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Tribune libre

Le serment d’Hippocrate

Le serment d’Hippocrate

Tout récemment, j’ai eu l’occasion d’assister à la présentation d’une thèse pour l’obtention du diplôme d’État de docteur en médecine. A la fin de l’exposé, le président du jury a demandé au futur médecin de lire à voix haute le serment d’Hippocrate et de jurer de le respecter en restant fidèle aux lois de l’honneur et de la probité. Sans vouloir reprendre textuellement l’ensemble de cette déclaration, je voudrais en citer juste deux passages qui m’avaient alors particulièrement interpellé :

« Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions.
Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément. »

Face à de telles paroles, on est surpris du peu de réactions des milieux médicaux contre la loi pour l’aide à mourir. Qu’ont-ils fait de leur serment exprimé en public, promesse de ne jamais provoquer la mort délibérément ?

Déjà à l’époque du Covid-19, les médecins ne s’étaient guère fait entendre lorsque des personnalités du monde politique et même médical avaient criées haut et fort dans les médias qu’il fallait interdire l’accès aux hôpitaux pour toutes personnes refusant le vaccin contre le Covid-19. Qu’en était-il alors de cette obligation inscrite dans le fameux serment qu’ils avaient pourtant juré de suivre : respecter la volonté des gens et leurs convictions  ?
Dans un avenir proche, les personnels soignants risquent fort de se retrouver avec de terribles cas de conscience !

La semaine dernière, Tribune Chrétienne a publié le témoignage d’un médecin pour qui provoquer délibérément la mort remettait en question son engagement à accompagner ses patients jusqu’à la fin :

« Il faut non pas donner la mort mais favoriser les soins palliatifs dans leur qualité, et faire en sorte que chaque malade y ait accès. Je refuserai de pratiquer un acte de fin de vie au sens du suicide assisté. Je vais le mentionner au Conseil de l’Ordre des médecins. »

Heureusement, ce médecin n’est pas le seul à faire jouer la clause de conscience en refusant de participer à des actes provoquant la mort. Les évêques de France ont encouragé l’ensemble des responsables des établissements de santé confessionnels et leurs personnels à refuser tout acte contraire à leur conscience. Ainsi, une saine opposition se met en place contre cette loi injuste et totalement abusive. Mais comme toute forme de résistance, elle risque de déclencher des représailles de la part de nos dirigeants pour qui l’application de cette réglementation paraît étrangement urgente.

Les personnes et même les établissements qui refuseront d’appliquer cette loi pourraient bien se retrouver dans la situation des premiers chrétiens !
Face aux exigences de certains empereurs romains particulièrement tyrannique comme Néron ou Dioclétien qui réclamaient un culte impérial de la part du peuple, les chrétiens de l’époque se trouvèrent souvent face à de véritables dilemmes. Refuser de plier le genou devant l’empereur pouvait entrainer de sérieux problèmes mais accepter ce geste d’adoration pouvait être assimilé à de l’apostasie. Si nos dirigeants actuels continuent à dériver vers un totalitarisme de plus en plus assumé, nous risquons de nous retrouver rapidement dans la situation de ces premiers chrétiens : refuser d’obéir à des réglementations abusives ou se renier. A la vitesse où les choses évolues, nous pourrions ainsi être amenés à tester les limites de notre propre foi sous peu : serons nous capable d’assumer nos convictions quitte à perdre notre emploi ou voir nos comptes bancaires bloqués ?

La future loi sur l’ingérence intérieure pourrait bien être la prochaine étape pour certains d’entre nous !

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

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