Comme l’a rappelé le Pape Léon XIV lors de son voyage en France, ce qui est « légal n’est pas nécessairement moral ». Les dérives actuelles risquant « de détourner la science et la technologie en entreprises lucratives favorisant les manipulations génétiques, la gestation pour autrui, l’achat d’organes ou l’offre d’une mort programmée », le « discernement éthique » est plus que jamais nécessaire pour garder le cap et continuer à exercer une médecine hippocratique responsable.
Afin que la science reste au service de l’humain, la Chaire de Bioéthique Internationale Jérôme Lejeune souhaite apporter son expertise aux soignants en leur proposant différentes formations, comme la Master-Class « Science et Ethique Jérôme Lejeune ». Depuis 2017, plus de 950 étudiants ont été formés : un franc succès qui montre l’importance de cette formation d’expertise. Margaux, étudiante en médecine, a suivi la Master-Class. Elle témoigne ci-dessous de son expérience et de l’importance de cet enseignement.
Il est encore temps de s’inscrire pour cette année, n’hésitez pas à nous adresser rapidement votre candidature si vous êtes intéressés vous aussi !
Quel est votre parcours ? Pourquoi avoir choisi de suivre la Master-Class ?
Je suis étudiante en médecine. J’étais en 6e année lorsque j’ai suivi la Master-Class. J’ai choisi de la suivre pour avoir des cours d’éthique, ce qui manque cruellement dans notre cursus universitaire. J’ai aussi voulu écouter des arguments « moins entendus aujourd’hui » sur différents sujets qui nous touchent directement en tant que professionnel de santé, comme le début de la vie, la recherche médicale, la PMA, ou la fin de la vie.
Qu’est-ce que la Master-Class vous a apporté ? Que retenez-vous de cette année ?
La Master Class m’a apporté beaucoup de connaissances. Elle m’a permis d’étayer les choses par des faits, des données, des arguments. Elle m’a aussi conduit à me poser beaucoup de questions sur ce qu’est l’éthique, mais aussi sur mes valeurs et mes souhaits pour pratiquer mon métier. Je retiens d’ailleurs l’importance du questionnement sur des actes qui peuvent nous etre présentés comme « révolutionnaires » ou « évidents » lors de nos cours ou de nos stages, mais aussi dans la société actuelle ou les médias.
A-t- elle changé votre regard sur certaines pratiques professionnelles ? Vous a-t-elle aidé ou permis de prendre du recul dans des situations complexes ?
Cette formation m’a permis d’ouvrir les yeux sur certaines pratiques et de mieux les comprendre. Elle a notamment changé mon regard sur la procréation médicalement assistée. Elle m’a aussi permis de voir sous un nouvel angle des situations auxquelles j’avais été confrontée au cours de mes stages, mais face auxquelles je ne m’étais pas toujours posées les bonnes questions.
Qu’est-ce qui vous a paru le plus intéressant dans cette formation ? Quels sont ses atouts ?
Je dirai que l’un des atouts majeurs de cette formation est la diversité des sujets (début de la vie, genre, transhumanisme, fin de vie, cellules souches, recherche sur l’embryon, don d’organes, CRISPR,..), mais aussi d’intervenants. Les professeurs sont issus de différents métiers (juristes, philosophes, chercheurs, professeurs hospitaliers, …) , ce qui permet d’avoir différents angles sur les sujets abordés, mais aussi de découvrir l’apport de certaines disciplines comme l’anthropologie ou la philosophie.
Pourquoi vous semble-t-il important que les soignants se forment en bioéthique ?
Pour les soignants, se former en bioéthique me semble fondamental car nous sommes régulièrement confrontés à des situations complexes et à des choix éthiques très concrets, dont les conséquences sont souvent plus importantes que dans beaucoup d’autres métiers. Agir avec prudence et discernement, en sachant prendre du recul, est capital. Pourtant, nos études ne nous forment pas à discerner. Sans formation se poser les bonnes questions et imaginer une réponse est très compliqué. Ce n’est pas dans l’urgence, le stress et les injonctions contradictoires que nous pourons prendre les « bonnes » décisions si nous n’avons pas pris le temps de la réflexion en amont.
Etes-vous optimiste pour l’avenir de la médecine hippocratique ?
Je suis optimiste car je crois en l’homme. Les soignants choisissent souvent leur métier pour prendre soin d’autrui. Je suis en revanche moins optimiste sur les prochaines législations qui poseront surement de nouveaux problèmes éthiques. Nous l’avons d’ailleurs malheureusement vu cet été avec la légalisation de l’euthanasie.
Avez-vous un conseil à donner aux étudiants en santé ou futurs étudiants ?
Je leur dirai de ne pas oublier de toujours se poser des questions et de savoir s’interroger sur les pratiques comme sur les protocoles, même si les choses nous paraissent acceptées depuis longtemps.
Informations pratiques :
Pour qui ? médecins et étudiants en médecine (dès la 1ère année), infirmières, sages-femmes, chercheurs, biologistes.
Quelques places sont aussi réservées aux juristes et philosophes ayant une expérience dans le domaine de la santé (Bac+3 minimum).
Où ? sur place (Paris 15e), ou en e-learning et en différé
Quand ? de mi-octobre 2026 à mai 2027, les mardis soirs (20 h–22 h) et 2 samedis par semestre (9 h–19 h)
Tarifs : Pour les étudiants : 220 € ; Pour les professionnels : 300 €
Pour plus de renseignements et s’inscrire : https://chairebioethiquelejeune.org/master-class/
