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Tribune libre

Mgr Schneider : “Nous devons avoir, dans l’Église, la liberté de discuter”

Mgr Schneider : “Nous devons avoir, dans l’Église, la liberté de discuter”

Source : https://fsspx.news/fr/news/mgr-schneider-defend-la-fsspx-sur-ewtn-premiere-chaine-catholique-du-monde-59143

L’évêque auxiliaire d’Astana, Mgr Athanasius Schneider, invité de l’émission de Raymond Arroyo, a accordé ce 15 mai un entretien à EWTN, le plus vaste réseau de télévision catholique au monde, qui diffuse dans plus de 160 pays et touche plus de 435 millions de foyers.

Tout au long de cet entretien, Mgr Schneider a pris une défense très nette de la Fraternité Saint-Pie X face aux menaces d’excommunication brandies de nouveau par Rome ce 13 mai au sujet des futurs sacres épiscopaux du 1er juillet.

L’évêque a également livré une critique ferme du rapport du Groupe d’étude n°9 du Synode sur la synodalité, qu’il accuse ouvertement de promouvoir l’idéologie homosexuelle au cœur même des structures officielles du Vatican.

À plusieurs reprises, Mgr Schneider a opposé la sévérité déployée contre la Tradition à la grande tolérance manifestée aujourd’hui envers les courants progressistes et les dérives doctrinales.

« Ce texte n’a pas été écrit par un catholique »
L’entretien commence par une question sur le rapport final du Groupe d’étude n°9 du Synode, récemment publié au Vatican. Mgr Schneider répond :

« Lorsqu’on lit tout le texte, on voit clairement qu’il n’a pas été écrit par un catholique, ni même par un chrétien. C’est un texte de propagande, qui utilise de manière très soigneuse et rusée certains documents traditionnels ou certaines expressions bibliques, mais qui vise fondamentalement à promouvoir l’acceptation de l’idéologie homosexuelle. »

Mgr Schneider affirme que cette idéologie constitue

« une négation de l’ordre de la création, et même une révolte contre le bel ordre divinement établi des deux sexes. Il n’existe pas trois sexes. C’est le commandement de Dieu et la sagesse de Dieu. »

Le document du Saint-Siège « donne une plateforme et invite même des personnes vivant dans des unions de même sexe à faire leur propagande. »

L’entretien se poursuit sur le contenu doctrinal du rapport. Mgr Schneider explique avoir lu attentivement tout le texte. Sa première remarque est l’absence totale de conversion chrétienne :

« Il n’y a pas un mot sur la repentance. Comment pourrait-il s’agir d’un texte catholique et chrétien, alors que le premier mot de Dieu incarné adressé à toute l’humanité est : « Repentez-vous » ? C’est cela, le message du salut et de l’espérance. »

Il continue :

« il n’y a aucun mot sur la repentance. Il n’y a aucun mot sur la chasteté. Elle est absente. Dans le texte, il n’y a même pas de mot sur la conversion. Le seul sens donné à la conversion concerne les relations humaines : une « conversion relationnelle ». Mais la conversion vers Dieu est absente, alors qu’elle est la voie fondamentale de l’Évangile du salut. »

Mgr Schneider considère donc ce texte comme :

« un document hautement idéologique, qui promeut une nouvelle religion de l’homme, nettement anthropocentrique. Et ils osent même déclarer dans ce document que les sources de la Révélation incluent l’expérience humaine. C’est une hérésie. »

« Le Vatican donne au monde le signal qu’il accepte les unions homosexuelles »
Le journaliste souligne que le document a été présenté comme historique par le père James Martin et certains milieux progressistes.

Mgr Schneider reconnaît que le texte n’est pas techniquement un document magistériel. Mais il ajoute immédiatement que « néanmoins, il a été publié par un organe du Saint-Siège, le Secrétariat du Synode. » Or, poursuit-il :

« La majorité des simples catholiques ne connaissent pas les distinctions entre un texte magistériel, un texte du Vatican ou un groupe d’étude. »

Par conséquent :

« le message donné au monde entier et aux catholiques est donc que, désormais, le Saint-Siège, le Vatican, accepte fondamentalement, de fait, les relations de même sexe, l’activité homosexuelle et l’agenda dit LGBTQ, qui est une idéologie mondiale non chrétienne. »

L’un des passages les plus frappants de l’entretien concerne une phrase du rapport affirmant que le péché dans les relations homosexuelles ne résiderait pas dans la relation elle‑même mais dans un manque de foi. Mgr Schneider rejette totalement cela :

« C’est faux. C’est une hérésie, parce qu’une relation homosexuelle est contraire au commandement de Dieu. C’est un péché en soi. »

Il poursuit :

« Affirmer que le péché ne consiste pas dans la relation de même sexe est contraire à la vérité révélée par Dieu, contraire à l’expérience, contraire au bon sens. Et dire ensuite que le péché consiste dans un manque de foi, cela se rapproche de Martin Luther, qui disait : sola fide ; ayez seulement la foi et la confiance, et ne vous préoccupez pas de vos péchés ni de vos actes. Ce n’est pas catholique du tout.»

Le journaliste évoque ensuite la tentative du Secrétariat du Synode de prendre ses distances avec le rapport en expliquant que les groupes d’étude travaillent indépendamment.

Mgr Schneider balaie complètement cette explication :

« ce n’est pas du tout convaincant. Ce rapport est officiellement placé sous un dicastère ou un organisme du Vatican, appelé le Secrétariat du Synode. Il a même été officiellement publié. Bien sûr, on dit qu’il s’agit d’un groupe d’étude, mais ce n’est qu’une ruse pour nous fermer les yeux, tout en transmettant et en offrant une plateforme de propagande à cette idéologie homosexuelle, afin d’infecter toujours davantage l’Église catholique par l’acceptation de ce style de vie. »

Les sacres du 1er juillet : « Je ne crois pas qu’il s’agisse d’un schisme »
L’entretien se tourne ensuite vers les futurs sacres épiscopaux de la Fraternité Saint-Pie X. Le journaliste rappelle que le cardinal Víctor Manuel Fernández a officiellement déclaré que les consécrations prévues le 1er juillet constitueraient un acte schismatique entraînant l’excommunication.

Mgr Schneider répond immédiatement :

« Je crois qu’ils réaliseront le projet de consécrations. Mais je ne suis pas d’accord avec l’affirmation selon laquelle ce serait schismatique. »

L’évêque s’appuie alors sur la récente déclaration doctrinale publiée par l’abbé Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X :

« Quand on la lit, elle est entièrement catholique. Elle est écrite avec une telle dévotion envers le Saint-Père. Ils disent : “Nous voulons seulement être, Saint-Père, vos bons fils de l’Église catholique romaine.” »

Il poursuit :

« Ils reconnaissent toute l’autorité du pape, sa juridiction, son enseignement, et lui demandent : “S’il vous plaît, affermissez-nous dans cette foi catholique que nous professons.” Et ce qu’ils professent, c’est la doctrine constante de l’Église. Tous les points qu’ils énumèrent dans cette déclaration ne sont rien d’autre que ce que l’Église a toujours professé, toujours. »

Mgr Schneider développe ensuite un argument historique et canonique :

« Dans la vision traditionnelle, dans la vision longue de l’Église, la désobéissance au pape, même dans le cas d’une consécration épiscopale illicite, n’a jamais été considérée par la tradition de l’Église comme schismatique en elle-même. Dans l’ancien droit canon, une consécration épiscopale illicite contre la volonté du pape était punie seulement par la suspense, et non par l’excommunication. Elle n’était donc pas considérée en elle-même comme schismatique. »

L’évêque insiste sur l’intention déclarée de la Fraternité :

« La Fraternité a écrit à plusieurs reprises au pape Léon et a expliqué publiquement, ainsi qu’en février à Rome au cardinal Fernández, qu’elle ne veut pas établir une hiérarchie parallèle. Elle ne donnera à ces évêques aucune juridiction, mais seulement la possibilité d’administrer les sacrements de l’ordre et de la confirmation, rien de plus. L’intention est donc claire : il n’y a pas d’intention schismatique. Ils désirent même être en collaboration avec le pape et lui demandent de permettre ces ordinations. Ils veulent simplement avoir la garantie de transmettre la foi de toujours sans aucune ambiguïté et sans aucun compromis. »

« Des ambiguïtés dans le Concile et le Magistère postconciliaire »
Le journaliste évoque ensuite la possibilité pour la Fraternité Saint-Pie X de suivre le modèle de la Fraternité Saint‑Pierre.

Mgr Schneider répond :

« Le problème est plus profond. Il y a des ambiguïtés dans certains textes du Concile. Il y a des ambiguïtés dans le Magistère postconciliaire. La Fraternité Saint-Pierre, elle, n’a pas la possibilité — le Saint-Siège le lui interdit — d’exprimer une critique, même constructive. Elle doit accepter tous ces enseignements du Concile et du Magistère postconciliaire. C’est un problème. »

Mgr Schneider estime au contraire que la Fraternité Saint-Pie X rend un véritable service à l’Église :

« Il y a des ambiguïtés. Nous devons les aborder. Nous devons être honnêtes. Et c’est pourquoi nous devons être reconnaissants à la Fraternité Saint-Pie X de les aborder publiquement. Nous devons avoir, dans l’Église, la liberté de discuter. »

Mgr Schneider compare l’attitude actuelle de Rome envers la Fraternité Saint-Pie X avec la grande tolérance manifestée envers d’autres situations :

« En même temps, alors que le pape Léon et le Vatican promeuvent l’inclusivité du chemin synodal, des méthodes synodales, alors qu’ils sont généreux avec la Voie synodale allemande, généreux avec le Parti communiste chinois en lui accordant d’ordonner des évêques là-bas, le contraste est immense. Et ces fidèles de la Fraternité Saint-Pie X, qui aiment le pape, qui prient pour le pape, qui veulent simplement avoir la garantie de transmettre la foi de toujours sans aucune ambiguïté — j’insiste : sans aucune ambiguïté — se voient refuser cela, et maintenant ils sont punis. »

Mgr Schneider cite alors saint Basile pendant la crise arienne :

« Le seul crime qui soit puni en notre temps, c’est la fidélité à la foi et aux traditions de nos pères, tandis que tout blasphème a libre parole dans l’Église. »

Mgr Schneider conclut en avertissant qu’une éventuelle excommunication de la Fraternité Saint-Pie X serait une tache dans l’histoire de l’Église :

« Je pense que si le pape fait cela, s’il ne leur accorde pas cette permission et les excommunie, cela restera dans l’histoire comme une immense erreur de rigidité, de rigidité pastorale, et de sévérité unilatérale envers la Tradition dans l’Église. »

Enfin, l’évêque adresse un appel solennel au pape Léon XIV :

« Saint‑Père, s’il vous plaît, évitez une telle blessure dans l’Église. Vous pouvez l’éviter. »

Lien youtube vers la vidéo de l’interview en anglais : https://www.youtube.com/watch?v=-miKWeBH3W0

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

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