Mgr Maniago, président du Centro di Azione Liturgica (CAL) et archevêque de Catanzaro-Squillace, a prononcé un discours lors de la clôture de la Semaine liturgique nationale italienne, où il a averti que les difficultés rencontrées par l’initiation chrétienne ne peuvent être résolues simplement en modifiant les programmes pastoraux existants.
Plus de soixante ans après le concile Vatican II et la réforme liturgique qui s’en est suivie, l’archevêque Maniago a déclaré :
« Nous ne savons toujours pas comment célébrer de manière à faire ressortir toute la splendeur de la liturgie. »
Au cœur des réflexions figurait la question de l’initiation chrétienne et de l’adéquation des approches pastorales actuelles de l’Église aux réalités de la vie catholique contemporaine. L’archevêque Maniago a soutenu que les difficultés ne peuvent être résolues par de simples ajustements des programmes existants, insistant sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un simple lifting pour gommer quelques imperfections.
L’archevêque a établi un lien direct entre la proclamation, la liturgie et la vie chrétienne. L’initiation chrétienne ne saurait se réduire à la préparation à la réception d’un sacrement ; elle doit impliquer une rencontre avec le Christ au sein d’une communauté qui écoute la Parole, célèbre la liturgie et vit l’Évangile.
Il a déclaré que les points soulevés lors de la Semaine liturgique nationale devraient être abordés au sein de la Conférence épiscopale italienne et d’autres conférences épiscopales, car l’avenir de l’initiation chrétienne est étroitement lié à l’avenir de l’évangélisation et de la vie ecclésiale.
Il a également insisté sur une approche particulière de la liturgie. Il a parlé d’émerveillement devant l’action de Dieu et la splendeur déjà présente dans la liturgie, plutôt que d’une beauté à créer par des célébrations toujours plus fastueuses.
« La splendeur est inhérente à la liturgie, elle la possède ; il nous suffit de la faire rayonner ».
L’enjeu n’était pas simplement esthétique. La beauté liturgique réside dans la capacité de la célébration à laisser émerger le mystère qui en est le cœur, à travers la Parole, les gestes, les chants, le silence et la participation de l’assemblée.
Ce contexte a permis à l’archevêque d’admettre que l’Église ne maîtrise pas encore suffisamment la célébration de la liturgie réformée pour en révéler toute la splendeur. Cette remarque a été présentée comme un argument en faveur de la poursuite du travail de formation liturgique, et non comme la conclusion d’un échec de la réforme. 60 ans après cette réforme, ce serait cocasse si ce n’était tragique…
