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L'Eglise : L'Eglise en France

Pour un dialogue entre les autorités épiscopales et le milieu traditionaliste

Pour un dialogue entre les autorités épiscopales et le milieu traditionaliste

Mgr Olivier de Cagny, évêque d’Évreux, chargé des questions liturgiques à la Conférence des évêques de France, a été interrogé dans La Nef. Extrait :

Pour vous, les catholiques attachés au Vetus Ordo représentent-ils une richesse pour l’Église?

Oui, bien sûr ! Même s’ils ne sont pas la majorité, ils sont souvent fervents, ont le souci de transmettre la foi et de prier en mettant Dieu au centre. Il me semble néanmoins important d’éviter d’enfermer les fidèles dans des stéréotypes. Beaucoup de jeunes, par exemple, passent aisément d’une forme liturgique à une autre, si bien que les repères sont un peu brouillés et qu’il n’est ni juste ni utile de dire de quelqu’un qu’il est « tradi » ou ne l’est pas. Ce que je constate avec joie dans notre société très laïcisée, c’est qu’il y a un renouveau de la ferveur. On le voit avec les pèlerinages, les dévotions populaires, l’attachement au culte des saints. Il faut soutenir ces initiatives, mais en étant attentif à ce que la foi soit vraiment nourrie intérieurement, et que l’attachement à une forme extérieure du rite ne masque pas l’essentiel: notre participation au sacrifice du Christ, à son mystère pascal, dans la communion de toute l’Église.

N’y a-t-il pas depuis longtemps un déficit d’échanges et de dialogue entre les autorités ecclésiales et le monde « tradi » ? Seriez-vous prêts, par exemple, à inviter le Père Abbé de Fontgombault à Lourdes ? Et pourquoi ne pas intégrer aussi les fidèles à ce dialogue?

Je souhaite vivement que ce dialogue puisse exister sereinement sur des fondements théologiques solides. C’est le seul moyen de dépasser les blocages qui se manifestent ici ou là. Je suis attristé de voir que dans nos discussions sur la liturgie nous donnons trop souvent une image faussée de l’Église, comme si deux camps devaient s’y affronter, avec d’un côté des évêques un peu à la traîne ou trop tièdes, et de l’autre quelques fidèles fervents, défenseurs courageux d’une rigueur ritualiste qui garantirait en soi l’orthodoxie doctrinale. Cette présentation de la question me semble absurde et stérile. Il faut sortir de la logique du marchandage, d’où la nécessité de discussions de fond, et pas seulement sur des aspects affectifs ou réglementaires. Des pères abbés ou des supérieurs de communautés attachées au Vetus Ordo et qui sont en pleine communion avec l’Église peuvent bien sûr nous aider à avancer, et j’aimerais que nous puissions travailler avec eux. […]

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