SAINTE CATHERINE DE SIENNE
1347-1380 DOCTEUR DE L’EGLISE
LETTRE N°49 AUX SEIGNEURS DE FLORENCE
En étant en guerre avec Dieu par l’injure que vous avez faite à son Vicaire, à notre Père, je dis que vous vous êtes affaiblis, puisque vous avez perdu son secours, je sais que beaucoup ne croient pas avoir offensé Dieu, et qu’ils s’imaginent lui avoir été agréables en persécutant l’Eglise et ses pasteurs ; ils se défendent en disant : ils sont coupables, et font beaucoup de mal ; et moi je vous dis ce que Dieu veut et vous ordonne : lors même que les Pasteurs de l’Eglise et le Christ de la terre (le pape) seraient des démons incarnés, au lieu d’avoir la douceur et la bonté d’un père, il faudrait leur être SOUMIS et OBEISSANT, non pas à cause d’eux, mais à cause de l’obéissance que nous devons à Dieu, qu’ils représentent.
Vous savez qu’un fils n’a jamais raison contre son père, lors même que celui-ci est mauvais et qu’il lui a fait injure ; car l’existence qu’il a reçue de son père est un si grand bienfait, que rien ne pourra l’acquitter envers lui. Songez que l’existence et la grâce que nous tirons du corps mystique de la sainte Eglise sont des bienfaits si grands, qu’aucun hommage, aucun acte ne pourront jamais acquitter cette dette. Hélas ! Hélas ! mes enfants, je vous le dis en pleurant et je vous en conjure de la part de Jésus crucifié, réconciliez-vous, faites la paix avec lui, ne continuez pas la guerre, et n’attendez pas que la colère de Dieu éclate sur vous. Car je vous le dis : Dieu regarde cette injure comme faite à lui-même.
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