Le Dicastère pour la culture et l’éducation s’est posé du côté des parents qui s’opposent aux directives sur la « diversité » sexuelle imposées par l’évêque Hesse aux écoles catholiques de l’archidiocèse allemand.
Cette réponse provisoire a brisé le silence du Saint-Siège sur la protestation des parents à Hambourg contre l’imposition par l’archidiocèse de lignes directrices pour l’éducation sexuelle des mineurs dans les écoles catholiques. Les parents affirment que ces directives sont basées sur un document de la Conférence des évêques allemands découlant de la voie synodale. Ils soutiennent que le document
« promeut la sexualisation délibérée des enfants et des jeunes, dévalorise, déforme ou rejette la vision catholique de la sexualité, du mariage et de la famille, et propage activement un contenu idéologique lié à la sexualité et à l’identité sexuelle ».
En bref, il s’agit d’un autre « désordre fait en Allemagne » qu’un évêque militant essaie d’imposer d’en haut sans se soucier des familles. Monseigneur Stefan Hesse, l’archevêque que le Vatican a reconnu avoir des “défauts organisationnels” et commis des “erreurs de procédure” lors du traitement des dossiers d’abus en tant que chef du personnel de l’archidiocèse de Cologne, s’est heurté à la détermination de nombreux parents, en particulier une mère péruvienne nommée Varinia Arauco. Elle a écrit à tout le monde – jusqu’au Pape – pour dénoncer la situation.
Mme Arauco avait écrit au préfet, Mgr José Tolentino de Mendonça, mais c’est le sous-secrétaire allemand, Mgr Matthias Ambros, qui a répondu. Il ne s’agissait que d’une courte note reconnaissant la plainte et déclarant que le Dicastère “confirme que, en ce qui concerne toute ligne directrice pour l’éducation sexuelle, la position énoncée dans le document Male and Female He Created Them : Towards a Path of Dialogue on the Question of Gender in Education reste inchangée”. Ce texte, signé en 2019 par le préfet de la Congrégation pour l’éducation catholique de l’époque, le cardinal Giuseppe Versaldi, rejette sans équivoque l’approche énoncée dans le document de la Conférence des évêques allemands sur la « reconnaissance de la diversité des identités sexuelles dans les écoles » et les lignes directrices qui en sont inspirées, que Mgr Hesse aimerait imposer aux écoles catholiques de Hambourg.
Selon le dicastère, « l’éducation à l’affectivité nécessite un langage approprié et mesuré » et « doit tenir compte du fait que les enfants et les jeunes n’ont pas encore atteint leur pleine maturité et se mettent en tête à découvrir la vie avec curiosité ».
Par conséquent, a écrit Versaldi, il est nécessaire d’aider les élèves à développer « un sens critique face à un assaut de messages, à une pornographie non vérifiée et à une surcharge de stimuli qui peuvent déformer la sexualité ». Il s’agit d’un guide pour contrer le « barrage de messages ambigus et vagues » dont le cadre conceptuel de l’archidiocèse de Hambourg pour l’éducation sexuelle est criblé.
Paradoxalement, le document défend « l’aspiration légitime des écoles catholiques à défendre leur propre vision de la sexualité humaine, conformément à la liberté des familles de fonder l’éducation de leurs enfants sur une anthropologie intégrale capable d’harmoniser toutes les dimensions qui constituent leur identité physique, psychologique et spirituelle », tout en notant qu’« un État démocratique ne peut pas réduire l’offre éducative à une seule façon de penser, en particulier sur un sujet aussi sensible touchant à la compréhension fondamentale de la nature humaine, et le droit naturel des parents de choisir librement l’éducation de leurs enfants, conformément à la dignité de l’homme. À Hambourg, cependant, ce n’est pas l’autorité civile qui impose un programme d’éducation sexuelle pro-genre aux écoles catholiques, mais l’autorité ecclésiastique qui le fait contre le consentement de centaines de parents.
Les directives émises par le diocèse allemand révèlent la « désorientation anthropologique » qui caractérise notre climat culturel (et qui a certainement contribué à l’éclatement de la famille en effaçant les différences entre les hommes et les femmes et en les considérant comme de simples effets du conditionnement historique et culturel). Les directives sont donc en violation ouverte du contenu du document de Versaldi, auquel le Dicastère de la Culture et de l’Éducation se réfère encore aujourd’hui. L’ancienne Congrégation en est consciente, comme en témoigne sa référence à ce texte lorsqu’elle répond à la mère de Hambourg.
Néanmoins, le Saint-Siège ne peut prétendre avoir fait son devoir en envoyant seulement quelques lignes aux parents, reconnaissant implicitement qu’ils ont raison. Une action urgente est nécessaire pour mettre fin à la mise en œuvre des directives dans les écoles de l’archidiocèse. Le temps est compté : les directives entrent en vigueur le 20 août.
