Sur X, depuis quelques jours, Vincent Bolloré publie par morceaux le Manifeste de l’Institut de l’Espérance :
Face aux crises multiples qui frappent la France, des personnalités et des entrepreneurs sont convaincus que ces menaces croissantes ne sont pas une fatalité.
L’espérance qui les anime les invite à identifier les chemins qui permettront de conduire au redressement du pays et à l’amélioration de la vie des Français, en particulier des plus fragiles.
À travers l’Institut de l’Espérance – think tank d’in
spiration chrétienne – ils entendent définir des solutions de bon sens au service du Bien de tous, et mobiliser toutes les personnes compétentes, courageuses et désintéressées pour les promouvoir à travers la société française.
Les Français voient leur pouvoir d’achat, leur sécurité, leur qualité de vie se dégrader. Beaucoup estiment que c’est la conséquence des crises mondiales, et pensent que le mouvement est inéluctable.
En réalité, la situation du reste du monde est en progrès malgré ce même environnement.
Il y a donc une anomalie française due aux erreurs de gestion qui ont été commises au cours des années par de nombreux dirigeants.
Si d’autres pays prospèrent, si beaucoup de pays européens proches ont réussi à surmonter leurs difficultés (Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Hongrie…), la France n’a aucune raison de ne pouvoir aussi y parvenir.
La France dans son histoire a déjà connu des situations désastreuses mais a toujours trouvé les moyens de s’en sortir et de retrouver sa prospérité et le mieux-être des Français.
Si la France y est déjà parvenue, et que beaucoup de ses voisins européens y parviennent, un redressement est possible au bénéfice de l’ensemble des Français.
Les personnalités réunies dans l’Institut de l’Espérance ont défini quatre axes prioritaires et réalistes pour le redressement de notre pays :
- Redonner du pouvoir d’achat aux Français.
- Redonner aux Français plus de liberté et de sécurité.
- Prendre soin des plus vulnérables.
- Retrouver une France plus heureuse, harmonieuse et unie.
Redonner aux Français du pouvoir d’achat
Le pouvoir d’achat est une lourde préoccupation pour les Français.
L’Institut de l’Espérance place ce sujet en tête de ses priorités, parce que la possibilité pour chaque citoyen de jouir décemment du juste fruit de son travail est une question de principe fondamentale : « Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine », énonce l’article 23 de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
La précarisation de l’emploi, la baisse des rémunérations pour les emplois non qualifiés (souvent confiés à des travailleurs arrivés en France dans des conditions indignes ou tragiques), la paupérisation de secteurs entiers de la population active (comme les agriculteurs), ne permettent plus de répondre aux exigences qui figurent en tête des textes fondamentaux de la République française.
Pour redresser le cap et ramener les Français sur la voie de la prospérité, l’Institut de l’Espérance a dégagé plusieurs priorités :
1) Ramener l’État à sa juste place
Il faut un État puissant, donc non dispersé, et concentré sur les besoins essentiels. L’omniprésence de l’État en France étouffe l’initiative et la responsabilité. En intervenant dans tous les domaines, il complexifie les règles, alourdit les charges et freine la compétitivité. Au lieu de garantir un cadre clair et efficace, il se substitue aux acteurs économiques et sociaux, limitant leur liberté d’action. Cette dépendance structurelle crée inertie, inefficacité et découragement, au détriment de l’innovation, de la croissance et de la confiance, ce qui pèse en particulier sur l’emploi et les salaires.
Dès lors, l’Institut propose que la dépense publique revienne de plus de 57% du PIB à la moyenne européenne soit 49%. Cette réduction des dépenses qui représente 250 milliards d’euros permettra un remboursement progressif de la dette et donc la diminution des intérêts financiers qui pèsent de plus en plus dramatiquement.
2) Améliorer l’efficacité de l’État
« Plus d’actifs, moins de contrôleurs ».
Alléger les normes et les contrôles étatiques, c’est redonner de la compétitivité aux entreprises et accélérer la création de richesse.
Parmi les axes de travail prioritaires de l’Institut de l’Espérance :
• Dans les services de santé : plus de soignants mieux rémunérés et moins d’administratifs ;
• Dans l’éducation nationale : plus de professeurs mieux rémunérés et moins d’administratifs ;
• Dans la police : plus de policiers de terrain mieux rémunérés et moins d’administratifs.
3) Réduire le millefeuille administratif
Cette réduction sera permise par la suppression de deux échelons sur les cinq existants : État, région, département, communauté de communes, commune (sans compter l’Europe en 6e échelon). Le retour à la situation des années avant 1982 (État, département, commune) peut être envisagé.
En plus de cette réduction, les missions de chaque type de collectivité doivent être clarifiées et spécifiées pour éviter les redondances de compétences et tous les emplois publics qui en sont la conséquence.
4) Faire remonter les salaires
La hausse des salaires de ceux qui travaillent est un objectif essentiel.
Aujourd’hui le pouvoir d’achat est insuffisant. Le salaire médian (2.190 € nets par mois en 2024) ne permet pas de vivre décemment ou d’épargner.
Il faut aussi rendre plus attractif le passage de l’inactivité à un emploi davantage rémunéré.
Cela bénéficiera à l’ensemble de l’économie en dynamisant la consommation, tout en augmentant les recettes fiscales de l’État.
Enfin, l’augmentation des salaires est un facteur essentiel pour la paix sociale.
Cette hausse des salaires dans notre pays profitera aussi aux personnes immigrées arrivées récemment qui ne peuvent toutes vivre dignement. La réduction de la part des emplois à très bas coût, qui sont essentiellement proposés à une main d’œuvre immigrée et fragile, et pèsent sur les grilles de salaires, jouera en faveur de la croissance des salaires.
Pour renforcer la cohésion sociale et la valeur du travail, la différence entre la rémunération de ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas devra être suffisamment significative.
5) Travailler plus pendant les 3 années du redressement
La situation désastreuse de la France demande un effort particulier et temporaire :
• Augmenter la durée du temps de travail hebdomadaire de 35h à 38h durant les 3 ans de redressement ;
• Passer l’âge du départ à la retraite – comme les principaux pays européens – à 67 ans ou après 44 années de travail.
6) Remettre au travail ceux qui ne travaillent pas assez et en souffrent
Le chômage et l’assistanat ne privent pas seulement d’un revenu : ils entraînent une perte d’estime de soi, une marginalisation sociale, une fragilisation des familles et un sentiment d’inutilité qui minent la dignité. Le travail n’est pas une servitude mais une source d’accomplissement : il permet de contribuer, de créer, de se sentir reconnu et d’accéder à une véritable autonomie. Changer la vision du travail comme contrainte, pour le redécouvrir comme vecteur de liberté et d’épanouissement, est donc essentiel pour renforcer à la fois la vitalité économique et la cohésion sociale. Il faut donc mettre fin à la culture de l’assistanat, notamment en réformant les mécanismes d’aides sociales qui rendent moins avantageux le retour à l’emploi que le maintien en situation de chômage.
7) Fournir l’eau et l’énergie à des coûts compétitifs
Dans le domaine de l’énergie, il est nécessaire de fournir l’électricité et l’eau aux Français au prix de revient bas qu’autorisait le système construit par nos prédécesseurs (nucléaire, barrages, infrastructures…). Sur la question de l’électricité, cela suppose de s’affranchir du marché européen de l’énergie et de lancer un moratoire sur les énergies renouvelables subventionnées. L’énergie nucléaire est la seule qui puisse à la fois répondre aux besoins croissants du pays (voiture électrique, data centers), réduire l’utilisation des énergies fossiles émettrices de CO2, et garantir la souveraineté énergétique de la France.
8) Soutenir nos 350.000 agriculteurs
Il est essentiel pour assurer la souveraineté alimentaire des Français de garder sur nos territoires des « veilleurs » qui en assurent la bonne tenue et de soutenir nos agriculteurs. En leur versant à terme 1.000€ mensuels assurant leur pérennité économique, l’État dépenserait 4 milliards d’euros par an.
9) Miser sur la jeunesse et l’entrepreneuriat
L’objectif est de permettre aux jeunes de 18 à 35 ans de considérer l’entrepreneuriat comme une véritable voie d’insertion sociale et professionnelle, fondée sur le travail, la responsabilité et l’initiative. Dans un contexte où l’État ne dispose plus des capacités financières pour soutenir des politiques publiques lourdes et coûteuses, il faut des leviers alternatifs, plus souples et plus soutenables, afin d’encourager l’engagement économique des jeunes. Pour cela, il faut mobiliser l’investissement privé via un dispositif de microcrédit défiscalisé.
Il est possible de soutenir la création d’entreprises par les jeunes grâce à des investissements sous forme de microcrédits de particuliers ou d’entreprises bénéficiant d’une défiscalisation d’une partie des sommes engagées.
Ce mécanisme favoriserait un double accompagnement : financier par l’apport de capitaux privés, et humain grâce à l’implication d’investisseurs jouant un rôle de Business Angels auprès des jeunes entrepreneurs.
Dans la mesure où, pour les jeunes entreprises, le capital financier et humain de départ constitue l’une des clés de la réussite future, cette mesure inciterait davantage de jeunes Français à prendre le risque d’entreprendre. Elle proposerait également une solution concrète pour corriger les inégalités de patrimoine de départ et d’accès au crédit pour les jeunes issus de milieux peu favorisés.
10) Assurer leur retraite à tous les Français
Il faut pour cela rajouter chaque année un pourcentage de retraite par capitalisation protégé de la fiscalité étatique.
A suivre
