Partager cet article

France : Société

Après son intervention aux César, une proposition de rôle pour Aïssa Maïga : porte-parole du gouvernement

Après son intervention aux César, une proposition de rôle pour Aïssa Maïga : porte-parole du gouvernement

C’était le 28 février 2020. C’était au moment où Emmanuel Macron encourageait les Français à sortir au théâtre, c’était avant le temps du confinement.

La cérémonie des César, séance convenue d’autosatisfaction entre gens forcément talentueux, bienveillants et ouverts, quoique dûment protégés par la barrière d’une exception culturelle soutenue par des avantages fiscaux solides, était marquée par la prestation d’une actrice sans doute inconnue pour beaucoup, Aïssa Maïga.

Son intervention devait introduire la remise du César du meilleur espoir féminin. Elle mérite d’être entièrement conservée pour mémoire sur le fond (la forme étant plutôt du genre négligé) :

« Bonsoir, bonsoir. Bonsoir la famille. Il y a quelques têtes que je reconnais [NDLR : et elle ne cite alors que des personnes noires présentes dans la salle]. En fait, excusez-moi, je vais vous faire une confidence [NDLR : éclat de rire généreux quoiqu’un peu solitaire]. Ca fait plus de deux décennies qu’à chaque fois, je me retrouve dans quelque chose comme ça, ben voilà, dans une grande réunion du métier, je ne peux pas m’empêcher, c’est plus fort que moi, je ne peux pas m’empêcher de compter le nombre de noirs dans la salle. [NDLR : elle poursuit par ce qui devait être un trait d’humour à l’adresse de Vincent Cassel : « J’en ai oublié un, c’est Vincent Cassel. C’était toi le renoi du cinéma français avant la diversité. Je peux te compter dans la diversité ? », ce qui là encore  la fait généreusement s’esclaffer. Seule.]. J’ai toujours pu compter sur les doigts d’une main le nombre de non-blancs. Alors je sais qu’on est en France et qu’on n’a pas vraiment le droit de compter. Voilà, mais là j’ai fait le compte et je crois qu’on est douze. Et douze, c’est un peu le nombre magique ce soir. Alors je ne vais pas revenir dessus, tout le monde a compris [Cellule décryptage : nombre de nominations du film de R.Polanski]. Ah, voilà, show must go on [NDLR : grand silence dans la salle]. Et tu vois, c’est la fête parce que douze, c’est quand même pas mal. Comment on dit : beur, black, nouache [??], chinois, beurette ? Bon appelez-nous comme vous pouvez ; nous on a survécu  au white washing, on a survécu au black face, n’est-ce pas, on a survécu aux tonnes de rôles de dealers, de femmes de ménage à l’accent bwash [???], on a survécu aux rôles de terroristes, on a survécu à tous les rôles de filles hypersexualisées et en fait on voudrait vous dire : on ne doit pas laisser le cinéma français tranquille. Donc, on refuse d’être les bons noirs, les bons asiatiques, l’arabe qui vous laisse tranquille. Voilà. On est une famille, on se dit tout, non ? La bonne nouvelle, c’est que l’inclusion, elle va pas se faire sans vous, vous tous, je crois qu’on est 1600, donc vous êtes 1588, vous tous qui n’êtes pas forcément impactés par les questions liées à la visibilité ou aux stéréotypes, ni à la couleur de la peau, la bonne nouvelle, c’est que ça va pas se faire sans vous. Donc quand vous allez voir des équipes de tournage, des équipes techniques, des castings, quand vous êtes dans les instances de décision, je sais qu’il y a des gens qui prennent des décisions ici, quand vous êtes dans les lieux où on décide où vont les financements, pensez inclusion. Pensez inclusion : vraiment ça passera par vous aussi, car nous on n’est pas assez nombreux et on n’a pas toutes les clés. Surtout, ce qui se joue dans le cinéma, ça ne concerne pas que notre milieu hyperprivilégié, ça concerne, allez, j’enfonce une porte ouverte, ça concerne toute la société. Mais, chers camarades de l’académie des César, faisons une maison plutôt qu’une vitrine, une maison qui soit fière d’inclure, d’inclure toutes les différences, fière pour que les gens qui nous regardent soient eux-mêmes fiers de la recevoir en héritage ».

Voilà, ça permet de juger sur pièce. Commentaire d’Alain Finkielkraut :

« L’actrice Aïssa Maïga a compté le nombre de Noirs dans la salle. «À Cannes, on bloque les comptes et on compte les Bloch», disait Tristan Bernard au début de l’Occupation. Sous le régime de la diversité, ce sont les antiracistes qui font l’inventaire. On appelle cela le devoir de mémoire ».

Et Gilles William Goldnadel lui décerne le lendemain «  le César de l’ineptie racialiste », 

Curieuse cette apologie apparente d’une représentation raciale diversifiée, alors que la page Twitter de cette acrice s’orne d’une photo ne représentant que des femmes noires.

On pourrait ajouter d’autres commentaires, comme ce tweet envoyé par quelqu’un plein d’humour : « Comment se fait-il qu’elle ait oublié d’aller compter le nombre de blancs qui ont vandalisé la gare de Lyon ? », cette même soirée du 28 février ayant connu une émeute violente gare de Lyon entre congolais, provoquée par la venue d’un chanteur congolais. Ou bien remarquer que, pour une petite fille sénégalo-malienne arrivée en France à l’âge de 4 ans et ayant, d’après des éléments biographiques, décidé qu’elle serait actrice après avoir vu Romy Schneider dans « L’important c’est d’aimer », s’inscrire à l’université après le bac où elle va suivre des cours de théâtre et avoir joué dans plusieurs dizaines de film, y compris avec des réalisateurs importants, c’est un cursus déjà plutôt honorable.

On voudrait souligner que, en réalité, Mme Maïga n’est pas isolée dans ses récriminations racialistes.

Ainsi, lors de la réception des diasporas africaines à l’Elysée le 22 juillet 2019, E.Macron avait été interrogé par une franco-béninoise, Mme Dramani-Sifou :

 « La France est souvent pensée, rêvée sans noirs, alors même que les travaux de chercheurs comme l’historien Pape Ndiaye par exemple attestent d’une présence datant de plus de trois siècles. Aussi l’histoire de notre pays est marquée par une idéologie et des imaginaires encore coloniaux. Alors que les nouveaux programmes de Terminale font quasiment l’impasse sur l’histoire du continent africain, qu’une partie de la population française témoigne d’une grande défiance vis-à-vis de ce que certains nomment les dangers d’un décolonialisme, que la France et l’Europe deviennent de véritables forteresses, repoussant les réfugiés africains et du monde [sic !], et que les projets valorisant les expressions culturelles africaines portée par des entrepreneurs de la diaspora ou non souffrent d’un accès insuffisant aux réseaux de financement. Alors, Monsieur le président, comment comptez-vous faire concrètement dans les champs de la culture et de l’éducation pour changer durablement les représentations de l’Afrique et des afro-descendants ? Comment faire de l’inclusion et de la diversité des réalités et non pas de simples vœux pieux ? »

Comme d’habitude quand il s’agit de la France, la réponse de M.Macron est complexe et un peu inquiétante :

«On a un problème dans le débat public. C’est qu’on a une surreprésentation des dénonciateurs en quelque sorte d’une perte de l’identité française. Moi, j’entends ce débat. J’aime le terme de personnalité française. J’ai toujours défendu l’idée que la France est avant tout un projet qui repose sur un peuple, une culture qui lui est propre, qui a toujours un rapport à l’universel géographique et de valeurs qui est très particulier…  Quand on a une sous-représentation de celles et ceux qui peuvent représenter une autre histoire de ce qu’est la France, on a un problème ».

E.Macron approuve donc sur le fond : il y a un problème. Et pour lui, le problème n’est pas la perte de l’identité française, c’est le fait qu’on la dénonce. De toutes façons, pour lui, la France n’est qu’un projet !

Ceci étant, il récuse en même temps l’usage de la discrimination positive, en ajoutant :

« Le message ne peut se faire que par l’exemple. Par la promotion de profits, de personnalités qui justement portent ces valeurs, ces histoires. Par les nominations. C’est ce que j’ai commencé à faire ».

Et c’est là où ça devient plutôt drôle. Car pour démontrer que des nominations peuvent se faire sans usage de la discrimination positive, il cite le cas de Sibeth Ndiaye :

« Moi, j’ai choisi que le porte-parole du gouvernement, elle soit franco-sénégalaise. Je pense que ça change quelque chose dans les esprits. SIbeth qui m’accompagnait depuis des années. Mais avec un point, je vais être clair. Elle n’est pas devenue porte-parole du gouvernement parce qu’elle était d’origine sénégalaise. C’est parce que c’était la meilleure pour le faire ».

Alors, pour contenter tout le monde, comme il semblerait que Sibeth-la meilleure ait quand même un peu lassé à force d’âneries, on suggère à E.Macron, l’acteur en chef, celui qui a tant aimé le théâtre qu’il en a épousé son professeur, de nommer Mme Maïga porte-parole du gouvernement. Elle ne déparera pas au milieu de la troupe de comédiens.

Et puis, après tout, on s’est déjà aperçu que, dans une période si prompte à dénoncer les conflits d’intérêt, cela ne semblait choquer personne d’avoir des ministres bi-nationaux. Ainsi, comme porte-parole du gouvernement français, on a déjà eu une Marocaine sujette du Commandeur des croyants (N.Vallaud-Belkacem) et une Sénégalaise (S.Ndiaye). On pourrait maintenant avoir une femme d’origine sénégalo-malienne. Cela élargirait encore cette part d’Afrique que, d’après le comédien en chef, la France a en elle. Et comme on l’éprouve aujourd’hui à Romans-sur-Isère…

Evidemment, avec la nomination d’une racialiste patentée à ce poste, l’amour pour la France pourrait être exprimé sur le mode Docteur Maboula. Vous vous rappelez,  Maboula Soumahoro, la suave franco-ivoirienne s’adressant à A.Finkielkraut à propos de la France :

« Votre pays, c’est le mien. Je fais ce que je veux de mon pays. Je fais ce que je veux de mon pays, que ce soit bien clair. C’est inacceptable. Je tiens seulement à répéter à Monsieur que je fais ce que je veux de mon pays ».

C’est en réalité l’amour du proxénète pour sa gagneuse

Partager cet article

3 commentaires

  1. De plus, quand on voit les invités de JUPITER à l’Élysée pour la fête de la musique de 2017 ou ses fréquentations antillaises, on comprend aisément ses préférences pour une culture “française” à construire au sein de la start-up sur laquelle il a fait une OPA agressive voilà bientôt 3 ans.

  2. racisme antiblanc accepté voire encouragé
    autoflagellation des bobos
    que les gaulois réfractaires s’en souviennent lors des élections

  3. Selon vous , la France se serait comportée en pillard esclavagiste de l’Afrique. Mais alors, cette Afrique libérée de ce pillard immoral qui ne leur a rien apporté serait devenue un continent prospère, apaisée, vivant en paix, dans l’opulence, les démocraties radieuses vivant en harmonie , les affrontements tribaux n’étant qu’affabulation……Je ne suis pas sur de cette réalité

Publier une réponse

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Paramètres de confidentialité sauvegardés !
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services