À propos de la remigration
D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:
Neuvaine à Jérôme Lejeune contre l’euthanasie
On nous signale une neuvaine au vénérable Jérôme Lejeune (elle a commencé depuis deux jours, mais vous pouvez la “rattraper” en cours de route…) pour s’opposer à la légalisation de l’euthanasie dans notre pays. Lancée par l’Association des Amis de Jérôme Lejeune, elle a commencé le 13 juin, jour des 100 ans de la naissance du grand scientifique, et finira le 22 juin, jour de la reprise de la discussion en séance publique à l’Assemblée.
Prions avec ferveur le Vénérable Jérôme Lejeune, infatigable serviteur de la Vie, en ce 100eme anniversaire de sa naissance. Vous pouvez vous inscrire ici.
La profession intégrale de la Foi et la réception des sacrements suffisent-elles pour demeurer catholique en temps de crise ? (I/II)
Le père Marcelino Constant, qui nous a déjà fait parvenir deux articles sur l’acte de Foi, boussole doctrinale en temps de crise (ici et là), nous propose deux nouveaux articles d’actualité :
La réponse négative à cette question, présente dans tout catéchisme [1], est déterminante pour juger de certaines positions adoptées en réaction à la crise de l’Église et à ses causes.
Prétendre qu’il suffirait de professer intégralement la Foi et de recevoir validement les sacrements pour être catholique, reviendrait, d’une part, à nier la possibilité de se séparer de l’Église par le schisme [2], et, d’autre part, à méconnaître la nature du salut ainsi que le fait que l’Église est nécessairement une société dont l’unité doit demeurer, pour toujours, un signe distinctif de la vraie religion.
La profession intégrale de la Foi implique l’appartenance à l’Église par la soumission aux pasteurs légitimes
Certains affirment que la soumission à la hiérarchie ecclésiastique serait un lien d’appartenance à l’Église subordonné et conditionné par celui de l’appartenance par la profession intégrale de la Foi. Une telle affirmation est pourtant intenable pour deux raisons.
Premièrement, parce que l’unité de la Foi n’est possible que s’il y a une subordination hiérarchique aux pasteurs légitimes qui ont charge d’enseigner et de gouverner les âmes au nom du Christ.
Deuxièmement, parce que la soumission (réelle et non seulement verbale) au Pape, pasteur suprême de l’Église, relève de l’enseignement de l’Église auquel un catholique doit adhérer par la Foi, toujours nécessaire au Salut, en ce qu’elle appartient à la Révélation, telle que transmise par le magistère constant.
Ainsi, dans sa bulle Unam sanctam, Boniface VIII affirme : « dès lors, nous déclarons, disons, définissons et prononçons qu’il est absolument nécessaire au salut, pour toute créature humaine, d’être soumise au Pontife romain. ». Clément VI le redira dans sa lettre Super quibusdam du 29 septembre 1351 : « aucun homme (…) ne peut être sauvé à la fin en dehors de cette Eglise et l’obéissance au Pontife romain ». Sous Pie XII, une lettre du Saint-Office à l’Évêque de Boston précisera : « C’est pourquoi nul ne sera sauvé si, sachant que l’Eglise a été divinement instituée par le Christ, il n’accepte pas cependant de se soumettre à l’Eglise ou refuse l’obéissance au Pontife romain, vicaire du Christ sur terre. »
Réduire l’appartenance à l’Église à la seule profession intégrale de la foi et à la participation au même culte reviendrait à nier la possibilité de s’en séparer autrement que par l’hérésie ou l’apostasie.
Réduire l’appartenance au corps de l’Église à la profession intégrale de la foi et à la réception du baptême ne permet pas d’expliquer l’enseignement constant de l’Église, selon lequel on peut s’en séparer par le péché de schisme, qui consiste en un refus habituel de se soumettre à la hiérarchie catholique, en particulier au Pontife romain, et/ou en un refus de vivre comme une partie de l’Église [3].
Ainsi, le concile Vatican I enseigne infailliblement : « Ainsi donc, Nous enseignons et déclarons que l’Église romaine, par disposition du Seigneur, possède sur toutes les autres une primauté de pouvoir ordinaire et que ce pouvoir de juridiction du pontife romain, qui est vraiment épiscopal, est immédiat. Les pasteurs de tous rites et de tous rangs ainsi que les fidèles, tant chacun séparément que tous ensemble, sont tenus au devoir de subordination hiérarchique et de vraie obéissance, non seulement dans les questions qui concernent la foi et les mœurs, mais aussi dans celles qui touchent à la discipline et au gouvernement de l’Église répandue dans le monde entier… » [4]
Réduire l’appartenance à l’Église à la seule profession intégrale de la foi et à la participation au même culte implique de nier que le salut soit l’œuvre exclusive de Jésus-Christ.
De plus, une telle réduction revient à remettre en cause la nature même du salut, qui est l’effet de l’Alliance nouvelle et éternelle, et dont la communication suppose une ratification de la part de tous ceux qui ont l’usage de la raison [5]. Le salut d’une âme suppose toujours le don de la grâce sanctifiante, méritée par le Christ et communiquée par son unique Église. C’est en ce sens qu’il faut comprendre le dogme : « Hors de l’Église, point de salut », même pour ceux qui ne la connaissent pas explicitement.
Ce dogme ne signifie pas : « Hors de la réception des sacrements, point de salut ». En effet, la réception des sacrements en état coupable de péché grave — tel que le schisme, la désobéissance grave au Pontife romain ou le scandale causé par la participation active à des cérémonies religieuses non catholiques — rend cette réception non seulement infructueuse, mais encore sacrilège, même si les sacrements sont valides. Quelqu’un qui nierait cela aurait du mal à rendre compte de l’enseignement traditionnel de l’Église interdisant de manière habituelle la réception de sacrements valides au sein de communautés schismatiques.
En revanche, l’impossibilité de recevoir les sacrements n’empêche pas le salut, pourvu que l’on demeure dans l’Église ou que l’on y soit ordonné par un vrai désir surnaturel lorsque l’on ne la connaît pas explicitement comme étant la vraie religion [6].
Autrement dit, le salut est une amitié surnaturelle dont Dieu le Père est l’initiateur, par la mission qu’il confie à son Fils de sauver l’humanité. Cette mission est ensuite communiquée par le Christ — Roi, Prophète et Prêtre — à la hiérarchie de son Église, qui la prolonge dans le temps et dans l’espace par l’exercice de ses pouvoirs de juridiction (gouvernement), de magistère (enseignement) et de sanctification (sacrements), à travers ses ministres légitimes.
Ainsi, la légitimité des ministres pour sauver les âmes par l’administration des sacrements, et celle des fidèles pour les recevoir d’eux, dépend du fait que ces ministres sont véritablement envoyés par ceux qui ont été envoyés par les Apôtres choisis par le Christ, sous l’autorité de saint Pierre et de ses successeurs légitimes [7] : « Si quelqu’un dit (…) que ceux qui n’ont pas été légitimement ordonnés ni envoyés par une autorité ecclésiastique et canonique, mais viennent d’ailleurs, sont des ministres légitimes de la Parole et des sacrements : qu’il soit anathème » (concile de Trente, à la session XXIII, canon 7) [8]
Réduire l’appartenance à l’Église à la simple profession intégrale de la foi et à la participation au même culte implique de nier que l’Église soit nécessairement une société.
En effet, une telle réduction revient à concevoir l’Église comme une simple somme d’éléments sanctifiants, au détriment de sa nature de société visible, c’est-à-dire d’un corps organisé et gouverné par un chef visible ayant autorité sur ses membres.
Or, selon son enseignement constant et infaillible, l’Église est une société visible et parfaite, gouvernée par une hiérarchie divinement instituée : le Pontife romain et l’épiscopat qui lui est subordonné.
Dès lors, si l’Église est indéfectible, elle demeure nécessairement, en tout temps, une société, c’est-à-dire un corps organisé et gouverné par une hiérarchie dont l’autorité, fondée sur la volonté immuable du Christ, s’impose à chacun de ses membres. Cette autorité oblige, sauf dans des cas particuliers où l’obéissance impliquerait un péché, cas possibles en raison de la peccabilité des membres de la hiérarchie.
Réduire l’appartenance à l’Église à la seule profession de la foi et à la participation au même culte revient également à nier la visibilité de son unité comme signe de sa divinité.
Il apparaît donc que l’on ne peut réduire l’appartenance à l’Église ni au seul lien de la foi, ni au seul lien cultuel (les sacrements). On ne peut pas davantage subordonner le lien hiérarchique, qui fonde l’appartenance visible des fidèles comme membres du Corps de l’Église, à la réception des sacrements (même valides ou célébrés selon des rites traditionnels) ni à la profession de foi (même intégrale et sans compromis).
Cela est conforme à l’enseignement du concile Vatican I, cité précédemment qui se poursuit immédiatement par cette affirmation : « …de telle manière que, en gardant l’unité de communion et de profession de foi avec le pontife romain, l’Église est un seul troupeau sous un seul pasteur suprême (Jn 10,16). Telle est la doctrine de la vérité catholique, dont personne ne peut s’écarter sans danger pour la foi et le salut. » [9]
Autrement dit, affirmer que l’unité de professions de foi ou de culte puisse justifier l’insubordination et la désobéissance habituelles des fidèles envers la hiérarchie de l’unique Église du Christ, dont ils sont devenus membres par le baptême, revient à pouvoir rendre la divinité de l’Église indiscernable, à remettre en cause son indéfectibilité et à justifier l’ecclésiologie des communautés schismatiques.
Père Marcelino Constant
[1] Ainsi le catéchisme de saint Pie X enseigne : « L’Eglise catholique est la société ou la réunion de tous les baptisés qui, vivant sur la terre, professent la même foi et la même loi de Jésus-Christ, participent aux mêmes sacrements et obéissent aux pasteurs légitimes, principalement au Pontife Romain. » et précise un peu plus après : « Non, tous ceux qui ne reconnaissent pas le Pontife Romain pour leur chef n’appartiennent pas à l’Eglise de Jésus-Christ. »
[2] Le code de droit canon de 1917 définit ainsi le délit de schisme : « Toute personne qui après avoir reçu le baptême et tout en conservant le nom de chrétien, (…) refuse de se soumettre au Souverain Pontife et de rester en communion avec les membres de l’Eglise qui lui sont soumis, elle est schismatique » (Can. 1325, §2). Notons que cette définition canonique du schisme est reprise par le Code de droit canonique de 1983 qui affirme : « On appelle schisme, le refus de soumission au Pontife Suprême ou de communion avec les membres de l’Eglise qui lui sont soumis ». (Can. 751)
Il faut noter que ce n’est pas une simple désobéissance au Pontife romain qui suffit à rendre schismatiques des personnes devenues membres du corps de l’Eglise par le baptême mais un refus habituel de soumission effective à son autorité suprême. Ainsi, la Bulle Unam Sanctam du Pape Boniface VIII affirmait déjà : « En conséquence nous déclarons, disons et définissons qu’il est absolument nécessaire au salut pour toute créature humaine d’être soumise au pontife romain ».
[3] « Celui-là est schismatique qui refuse d’agir comme partie de l’Église. Peu importe les motifs : dès qu’on en vient à refuser de se comporter comme partie d’une unique Église catholique, on tombe dans le schisme. Quelque variées que soient les raisons et les passions qui poussent les chrétiens à se soustraire à la communion, à vouloir sanctifier et être sanctifiés, à instruire et à être instruits, à diriger et à être dirigés […], non plus comme parties de l’Église catholique, mais comme s’ils étaient eux-mêmes des « touts » à part, ils sont schismatiques. » (Cajetan, Commentaire sur la Somme de théologie, IIa IIæ, q. 39, a. 1, n°2.)
[4] Pastor Æternus, DS n° 3060.
[5] Au moins, par le baptême de désir implicite.
[6] Pour plus de précisions, on pourra se référer à la Lettre du Saint-Office à l’archevêque de Boston, du 8 août 1949 (DS n° 3837)
[7] « Or, la doctrine catholique la plus élémentaire nous apprend que personne ne peut passer pour évêque légitime s’il n’est pas rattaché par la communion de foi et de charité à la pierre sur laquelle a été bâtie l’Église du Christ, s’il n’adhère pas au pasteur suprême auquel ont été confiées, pour les conduire au pâturage, toutes les brebis du Christ, s’il n’est pas lié à celui qui confirme ses frères qui sont en ce monde ; et sans contredit « c’est à Pierre que le Seigneur a parlé, à un seul afin de fonder sur un seul l’unité » (Lettre encyclique Et si multa luctuosa, Sur l’obligation de croire à l’Église, 21 novembre 1873).
[8] Ainsi, Pie XII, s’inscrivant dans le magistère constant enseigne que la mission apostolique est juridictionnelle dans Mystici Corporis Christi : « En effet, en vertu de cette mission ” juridique “, par laquelle le divin Rédempteur envoya les Apôtres dans le monde comme lui-même avait été envoyé par son Père, c’est lui qui, par l’Église, baptise, enseigne, gouverne, lie, délie, offre, sacrifie. »
[9] Pastor Æternus, DS n° 3060.
Marche pour la vie à Rome
Des milliers de personnes ont participé samedi à Rome à une nouvelle édition de la Manifestation Nationale pour la Vie, un rendez-vous qui rassemble des associations pro-vie de toute l’Italie.

L’appel, soutenu par plus d’une centaine d’organisations, a traversé le centre de la capitale italienne depuis la Place de la République jusqu’à la basilique Saint-Jean-de-Latran.
Bien que la marche ait lieu chaque année, l’édition 2026 est marquée par la relance d’initiatives législatives sur le suicide assisté en Italie. Les organisateurs estiment que la manifestation vise à rappeler que la protection de la vie humaine reste une question fondamentale pour la société contemporaine, notamment dans un contexte où prolifèrent des propositions législatives liées à l’avortement, à l’euthanasie et à d’autres pratiques affectant les plus vulnérables.
« Nous sommes 20 000 à défiler dans les rues de Rome pour rappeler qu’une société ne peut être considérée comme pleinement juste si elle “laisse dans l’ombre l’enfant à naître, les personnes âgées, les malades, ceux qui souffrent en silence”, car “la défense de la vie humaine est un but de la civilisation”, comme l’a déclaré le pape Léon XIV il y a quelques jours lors de sa visite au Parlement espagnol. Aujourd’hui, nous réaffirmons qu’une société véritablement saine est celle qui protège la vie de la conception à la mort naturelle, et nous sommes fermement convaincus de vouloir abroger toute loi qui autorise la violation de ces droits. »
Tels étaient les mots des organisateurs de la manifestation nationale « Choisissons la vie ».
Les deux porte-parole, Massimo Gandolfini et Maria Rachele Ruiu, se sont adressés aux sphères politique, culturelle et médiatique, lançant un appel à soutenir la natalité, à interdire la pilule du lendemain, à abroger la circulaire « Speranza » légalisant l’avortement médicamenteux par la RU486 prescrite en clinique, et à abolir les techniques de manipulation de l’être humain par la production, la sélection, la congélation et l’élimination d’embryons.
La défense de la vie naissante implique également la création d’un fonds dédié au droit de ne pas avorter, le soutien à la présence d’associations spécialisées dans l’accompagnement maternel au sein des centres de conseil et dans toute la communauté, ainsi que l’aide aux jeunes couples et aux familles nombreuses par des politiques structurelles.
Concernant les soins de fin de vie, le rassemblement appelle politiquement à « s’abstenir de toute législation relative au suicide assisté ou à l’euthanasie et à financer adéquatement le programme de soins palliatifs prévu, mais jamais véritablement mis en œuvre, par la loi 38/2010, qui constitue le véritable remède aux demandes de suicide assisté ».
Parallèlement, il réclame également « des mesures politiques visant à protéger pleinement le bien-être des enfants et, par conséquent, à bloquer les transitions hormonales et chirurgicales chez les mineurs ».
De nombreux responsables politiques étaient présents à la marche, notamment le député européen Paolo Inselvini, le député Maddalena Morgante, la conseillère régionale du Latium chargée de la jeunesse et des politiques familiales Simona Baldassarre, la conseillère régionale du Latium Chiara Iannarelli et l’ancien sénateur Simone Pillon. Le président de la Chambre des députés, Lorenzo Fontana, a adressé un message aux participants :
« Il est essentiel de renforcer les dispositifs de soutien à la maternité par des mesures favorisant l’emploi stable, la flexibilité organisationnelle et la valorisation du rôle parental. Choisir la vie, c’est promouvoir une culture qui s’oppose à la logique de sélection et de marginalisation, et construire une société capable de reconnaître, en toute circonstance, même la plus difficile et la plus douloureuse, un don précieux à accueillir et à protéger. Cela, a-t-il ajouté, exige un engagement constant pour lever les obstacles économiques et sociaux qui entravent souvent les choix individuels. »
Un message écrit a également été envoyé par Monseigneur Renzo Pegoraro, président de l’Académie pontificale pour la vie :
« Notre témoignage, en choisissant la vie vulnérable, est important, depuis la vie naissante dans le ventre de la mère jusqu’à la vie qui s’ouvre à l’éternité sur un lit d’hôpital ». « Prendre soin des plus petits et des plus démunis, des rejetés et des indésirables, tel est le défi qui nous attend. »
La manifestation a également été marquée par les témoignages de divers militants et personnalités. Parmi eux, Andrea Bocelli a évoqué la décision de sa mère, « dont les médecins avaient déconseillé la poursuite de la grossesse, mais qui a choisi de faire confiance à la vie et de ne pas se laisser abattre ». La vie, « lorsqu’elle est accueillie et non crainte, se multiplie », et, a ajouté Bocelli, « les civilisations qui ont prospéré l’ont compris en se tournant vers l’avenir, en investissant dans les nouvelles générations, en choisissant l’acceptation comme voie à suivre ».
Faisant écho à ses propos, présent sur scène et dans la procession, Monseigneur Antonio Suetta, évêque de Vintimille-San Remo et promoteur de l’initiative « Les Cloches de la Vie » :
« Nous sommes dans la rue car, parmi toutes les belles et importantes choses que nous voulons dire, nous voulons aussi nous opposer au complot du silence de ceux qui voudraient nous faire oublier nos idées, les garder pour nous. Au contraire, nous avons le devoir de dire que nous devons toujours protéger la vie. »
Ils ont également partagé leurs témoignages, notamment avec Stefano et Giovanna Mariani, les parents d’Arturo Mariani et d’Emmanuel Cosmin Stoica, écrivain et militant en situation de handicap. L’événement s’est conclu par un concert du groupe « The Sun » avec Angelo Maugeri.
Grazie al vescovo di Sanremo Ventimiglia mons. Suetta, che oggi alla marcia per la vita canta con noi “per sempre si”, insieme all’assessore Baldassarre, all’on. Inselvini e a molte migliaia di amici e famiglie da tutta Italia.
Per sempre si alla vita.
No all’aborto.
ScegliAmo… pic.twitter.com/alqtFwS5me— Simone Pillon (@SimoPillon) June 13, 2026
Le Vatican soutient la demande d’un coordinateur européen contre la haine anti-chrétienne
De Laurence Trochu, député au Parlement européen, vice-présidente d’Identité Libertés :
Depuis le début de mon mandat, je me bats pour que la Commission européenne crée un poste de coordinateur chargé de la lutte contre la haine anti-chrétienne, comme il en existe un pour la lutte contre l’islamophobie et un autre contre l’antisémitisme.
Ce deux poids deux mesure n’est pas acceptable, particulièrement dans une Europe qui a été façonné par le christianisme. Il confine à la haine de soi, qui aveugle nos institutions sur la réalité des actes anti-chrétiens, en forte hausse à l’échelle de l’Union.
Au cours des dernières semaines, j’ai rencontré le Nonce apostolique auprès de l’Union européenne, Monseigneur Auza, représentant diplomatique officiel du Saint-Siège, ainsi que le Secrétaire Général de la Conférence des évêques de l’Union européenne. Monseigneur Auza n’a pas hésité à apporter le plein soutien du Saint-Siège à notre projet.
Au-delà de cette urgence institutionnelle, nos entretiens avec les représentants de l’Église catholique auprès de l’Union ont également été l’occasion d’aborder des défis de civilisation majeurs.
Nous avons partagé nos vives préoccupations face aux dérives éthiques actuelles : les dangers de l’intelligence artificielle pour la jeunesse, le fléau de la dénatalité qui frappe notre continent, mais aussi le marché de la GPA qui exploite la précarité de jeunes femmes sous couvert de « consentement », ou encore les dérives de l’euthanasie qui condamnent les plus isolés et les plus vulnérables d’entre nous.
Cette démarche diplomatique marque une nouvelle étape indispensable vers la reconnaissance politique de la christianophobie et vers une réponse européenne à la hauteur des enjeux.
Le combat continue, à tous les niveaux, et nous ne relâcherons pas nos efforts.
Au sein de l’Union européenne comme sur la scène nationale, vos élus IDL se battent pour défendre notre civilisation et nos valeurs.
Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à avancer : faites un don, signez et faites signer la pétition européenne pour la création d’un poste de coordinateur européen contre la haine anti-chrétienne !
Edouard Philippe souhaite revenir sur la loi Taubira
Il ne s’agit pas de la loi dénaturant le mariage, qui pourrait aussi être abrogée, mais de la loi consacrant l’indépendance des magistrats.
Extrait de son entretien dans Le Parisien :
Depuis la loi Taubira, les magistrats sont pleinement indépendants et ne peuvent pas recevoir d’instructions individuelles du ministre de la Justice. Faut-il supprimer cette disposition ?
Le parquet met en œuvre la politique pénale, qui est une politique publique. Et je ne comprends pas qu’une politique publique puisse être faite indépendamment du gouvernement. Non seulement je pense que le parquet doit rester sous l’autorité du garde des Sceaux, mais, oui, le ministre devrait pouvoir donner des instructions individuelles.
Il faut revenir sur toutes les loi Taubira.
Quel est le destin du sel n’ayant plus de goût et qui à cause de cela n’est plus bon à rien ?
Voici le carton de vœux publié par le Diocèse de Saint Denis à l’occasion de la fête musulmane du mouton en 2026. Ce document est un bel exemplaire de ce que certains dénoncent comme l’apostasie manifeste de l’Église n’ayant finalement rien d’autre à proposer que le « vivre ensemble », la vertu républicaine.
Commençons par le titre : « Chers frères et sœurs musulmans ». Selon la profession de foi du pape François publiée à Abou Dhabi, et validée ensuite à de multiples reprises par Léon XIV pour qui « rien n’est plus précieux (2020.02.04) », nous sommes tous frères. Or, Jésus a déclaré « tous frères » seulement ses disciples (Mt 23.8), non tous les hommes, et encore moins les musulmans pour qui la foi chrétienne est, précisément, la pire abomination qui soit, le seul péché qu’Allah ne puisse pardonner, la raison d’être de l’islam venu l’éradiquer (Coran 4.48 ; 9.28-33). Jésus ne reconnait pour ses frères, non ceux qui lui sont unis par l’humanité, mais ceux qui font la Volonté de Dieu (Mc 3.33), laquelle est de croire en Lui (Jn 6.40), ce que refuse absolument l’islam (Coran 4.171 ; 5.73 ; 6.101 ; 72.3).
Il n’est pas question de juger la sincérité ou la piété des musulmans célébrant cette fête, mais nul homme n’étant dispensé du devoir de chercher la vérité, il revient en priorité aux chrétiens de les inviter à s’interroger : Quelle est la valeur théologique et sotériologique de l’égorgement rituel du mouton ? Où en est le véritable accomplissement : dans sa vaine répétition, ou dans le sacrifice du véritable Agneau de Dieu (Jn 1.29), offert une fois pour toutes (Rm 6.10 ; He 7.27 ; 9.26,28 ; 10.10) afin que soient expiés les péchés du monde (Mt 20.28), sacrifice rendu présent par la Messe pour que nous puissions nous offrir nous-mêmes « par Lui, avec Lui et en Lui », afin d’hériter avec Lui de la Résurrection et de la vie éternelle ? L’islam brise la suite : Isaac-Israël-Messie, pour la recomposer en un discours négateur du projet divin : il garde le mouton d’Abraham, mais tel celui qui regarde le doigt lui montrant la lune, il ne voit pas l’Agneau véritable ; il garde le signe prophétique, mais refuse le Sacrifice du Messie (Coran 4.157). La logique chrétienne de l’Alliance, qui va d’Abraham au Christ, est remplacée par la logique de la soumission … à l’inconnaissable Allah, c’est-à-dire à l’Islam. L’Église doit-elle donc taire que le sacrifice d’Abraham n’était qu’une étape de la Révélation du Mystère de l’Agneau divin, et le valoriser comme une preuve islamique contre la Révélation divine ? Car souhaiter « joyeux Aïd el-Kebir, rempli de paix et de lumière », c’est célébrer le refus du sacrifice du Christ … Comment les musulmans, et le monde entier, pourraient-ils ne pas se goberger d’une Église devenue si veule et lâche qu’elle s‘associe au rejet de sa foi ?
Souhaiter un Aïd el Kébir « rempli de paix et de lumière », c’est confesser le bien-fondé de la bonté de l’existence en reconnaissant les bons fruits qu’il porte, aussi vrai qu’aucun arbre mauvais ne donne de bons fruits. Or, qui peut venir APRÈS le Christ, sinon l’Antichrist ? Qui ne sait que l’islam considère tous les non-musulmans – et particulièrement les chrétiens -, comme n’étant « qu’impureté (Coran 9.28) », les « pires de la création (Coran 98.6) », « pires que des bêtes (Coran 8.55) » ? Manifestement, les chrétiens n’acceptent plus l’enseignement des Apôtres : « Ne formez pas d’attelage disparate avec des infidèles. Quel rapport en effet entre la justice et l’impiété ? Quelle union entre la lumière et les ténèbres ? Quelle entente entre le Christ et Satan ? Quelle association entre le fidèle et l’infidèle ? (2 Co 6.14-15) » ; « Si quelqu’un rejette l’Évangile, ne le recevez pas chez vous, et abstenez-vous de le saluer. Qui conque le salue participer à ses œuvres mauvaises. (2 Jn 1.10-11) » Quand les Apôtres vont-ils être condamnés comme non-inclusifs, et la Bible expurgée de certains écrits ? À moins que l’Église confesse n’être pas fidèle au commandement du Christ : « Que votre oui soit un oui, et que votre non soit un non. (Mt 5.37) » …
Le Pape François enseignait ouvertement que toutes les religions mènent à Dieu parce que toutes voulues par Dieu. Il n’a malheureusement pas été désavoué par son successeur. Ce nouvel évangile est maintenant partout prêché, y compris dans l’Église. C’est ainsi que le Diocèse de Saint Denis, comme tant d’autres, assure aux musulmans qu’ils sont dans la foi … méprisant allégrement l’obligation de « tenir fermement la distinction entre la foi théologale et la croyance dans les autres religions. (Dominus Iesus, n°7) » Mais si les musulmans sont dans la foi, pourquoi les évangéliser ? Pourquoi ne pas devenir musulman ? Plus rien n’a de sens … Quel est le destin du sel n’ayant plus de goût et qui à cause de cela n’est plus bon à rien ? C’est d’être jeté dehors et foulé aux pieds par les gens (Mt 5.13) …
Le Sacré-Cœur de Jésus
Aymeric Pourbaix reçoit :
- 𝐒𝐚𝐛𝐫𝐢𝐧𝐚 𝐆𝐔𝐍𝐍𝐄𝐋𝐋, co-réalisatrice du film “Sacré-Cœur” et co-auteur du livre “Sauvés par le Sacré-Cœur”
- 𝐀𝐫𝐧𝐚𝐮𝐝 𝐁𝐎𝐔𝐓𝐇𝐄́𝐎𝐍, représentant français des Chevaliers de Colomb
- 𝐏𝐞̀𝐫𝐞 𝐉𝐞𝐚𝐧-𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜̧𝐨𝐢𝐬 𝐓𝐇𝐎𝐌𝐀𝐒, prêtre jésuite
- 𝐂𝐡𝐚𝐫𝐥𝐞𝐬 𝐕𝐀𝐔𝐆𝐈𝐑𝐀𝐑𝐃, docteur en histoire et auteur de “Les racines françaises du catholicisme américain”
De plus en plus d’Américains considèrent l’avortement comme inacceptable
Selon un récent sondage Gallup, le pourcentage d’Américains qui considèrent l’avortement comme « moralement acceptable » a diminué. Ce pourcentage est passé de 54 % en 2024 à 49 % cette année. Parallèlement, 41 % des personnes interrogées estiment que l’avortement est moralement répréhensible.
Ces résultats proviennent de l’enquête annuelle « Valeurs et croyances » de Gallup, menée du 1er au 17 mai 2026. Depuis 2001, l’institut pose régulièrement les mêmes questions sur un large éventail de comportements, notamment sur des sujets liés à la sexualité, au mariage et à l’éthique médicale.
L’acceptation morale de l’avortement est donc inférieure à celle de nombreux autres comportements tels que la contraception (83 %), le divorce (74 %), les relations sexuelles hors mariage (65 %) ou les relations homosexuelles (62 %). Elle demeure toutefois supérieure à l’acceptation des relations sexuelles chez les adolescents (35 %) ou du clonage animal (27 %).
Les opinions sur l’avortement restent fortement influencées par l’appartenance politique. Alors que seulement 18 % des républicains considèrent l’avortement comme moralement acceptable, 73 % des démocrates partagent cet avis.
Vannesson : Requête en réconciliation de la France avec le Bon Dieu
L’avocat et écrivain François Vannesson, qui publie sur LinkedIn (https://www.linkedin.com/in/fvannesson/recent-activity/all/) avec un talent certain ses « Lettres de la déraison » pleines d’esprit, a récemment produit le texte suivant :
Dossier n° 496-33-AD
Objet : demande de reprise de la vie commune après cent vingt et un ans de séparation de corps et de biens spirituels
Exposé des faits :
Le 9 décembre 1905, la République française a signifié au Tout-Puissant, Créateur du ciel et de la terre, des choses visibles et invisibles, demeurant partout et nulle part, ce qui pose un problème de compétence territoriale que la Cour de cassation n’a jamais tranché, un acte de séparation unilatéral, non contradictoirement débattu, rédigé à la hâte par un Parlement qui venait de découvrir que l’athéisme était une opinion politique et que le curé était un adversaire électoral.
Depuis cette date, la France vit sans Dieu, comme un poisson vit sans eau, c’est-à-dire brièvement et dans des convulsions que les témoins prennent pour de la vitalité.
Cent vingt et un ans plus tard, force est de constater que la séparation n’a profité à aucune des deux parties.
Dieu s’en est remis, étant éternel, ce qui lui confère un avantage considérable dans les procédures longues.
La France, en revanche, présente les symptômes caractéristiques du conjoint qui regrette son divorce mais refuse de l’admettre par orgueil, cette vertu nationale qui nous a fait gagner Austerlitz et perdre tout le reste.
Par la présente, il est donc humblement sollicité qu’il plaise au Tribunal de l’Histoire de bien vouloir ordonner la reprise de la vie commune entre la République française et la foi catholique, pour les motifs ci-après développés, et ce sans qu’il puisse y avoir lieu de s’offusquer.
Premier motif : l’échec patent de la vie en célibataire spirituel
La France, depuis qu’elle vit seule, a développé tous les travers du célibataire endurci.
Elle mange mal, elle dort mal, elle se laisse aller. Son intérieur est en désordre. Ses cathédrales fuient, ses églises croulent, ses calvaires s’effritent, et le budget qu’elle consacre à leur entretien est inférieur à celui qu’elle alloue à la communication du ministère de la Transition écologique, organisme dont la transition la plus remarquable fut celle de son propre nom, changé sept fois en vingt ans, exploit administratif qui ferait passer la querelle des Investitures pour un modèle de stabilité institutionnelle.
Comme tout célibataire qui se respecte, la France s’est jetée dans les bras de partenaires de substitution.
Elle a essayé le positivisme d’Auguste Comte, qui proposait de remplacer Dieu par l’Humanité avec une majuscule, ce qui revenait à remplacer le Créateur par la créature, permutation ontologique dont les résultats furent aussi convaincants que ceux d’un cuisinier qui remplacerait le beurre par la margarine : ça ressemble, ça tartine, mais le goût n’y est pas.
Elle a essayé le marxisme, qui proposait de remplacer Dieu par l’Histoire, laquelle devait inéluctablement conduire au paradis prolétarien. L’Histoire a conduit au Goulag, ce qui constitue un écart avec le prospectus initial suffisamment significatif pour caractériser un vice du consentement.
Elle a essayé le consumérisme, qui propose de remplacer Dieu par Amazon, la communion des saints par la livraison Prime et le paradis par un abonnement premium sans engagement.
Elle essaie actuellement l’écologie apocalyptique, qui a l’avantage sur les religions traditionnelles de promettre la fin du monde sans proposer de vie éternelle, ce qui est, convenons-en, un rapport qualité-prix assez médiocre.
Aucun de ces substituts n’a donné satisfaction.
La France les a tous essayés comme ces patients qui changent de médecin chaque mois en espérant que le prochain leur prescrira un remède indolore, et qui finissent par consulter un magnétiseur à Forcalquier.
Deuxième motif : la dégradation continue du domicile conjugal
Au moment de la séparation, en 1905, la France laissait à l’Église un patrimoine immobilier considérable : trente-six mille églises communales, soixante-dix cathédrales, plusieurs centaines de basiliques, chapelles, abbayes, prieurés, commanderies, oratoires et ermitages, représentant la plus grande collection architecturale de l’histoire de l’humanité, surpassant l’Égypte ancienne en volume, Rome antique en ambition, et la chaîne Accor en nombre de lits, puisque les monastères pratiquaient l’hébergement bien avant que le concept de « chambre d’hôtes » ne fût inventé par des Parisiens reconvertis dans le Lubéron.
Ce patrimoine était alors en excellent état, entretenu par des fidèles qui avaient ce défaut incompréhensible de consacrer du temps et de l’argent à des choses qui ne leur rapportaient rien, comportement qualifié aujourd’hui d’irrationnel par les économistes comportementaux et autrefois de vertueux par les gens sensés.
En 2026, ce patrimoine s’effondre.
Littéralement.
Des clochers tombent. Des voûtes se fissurent. Des vitraux du treizième siècle, qui avaient survécu à la Guerre de Cent Ans, aux guerres de Religion, à la Révolution, aux deux guerres mondiales et à la pose de double vitrage dans les presbytères voisins, cèdent sous le poids de l’indifférence, ennemi plus redoutable que toutes les armées du monde réunies, car les armées détruisent par la force, tandis que l’indifférence détruit par l’abandon, et l’abandon est irréversible.
Un rapport sénatorial de 2024 estime à cinq mille le nombre d’églises menacées de destruction dans les quinze prochaines années. Cinq mille. Pour donner un ordre de grandeur, c’est davantage que le nombre de McDonald’s en France, ce qui signifie que nous aurons bientôt plus de restaurants servant des nuggets que d’édifices servant la messe, évolution que saint Thomas d’Aquin, s’il revenait parmi nous, qualifierait vraisemblablement de défaut de finalité, et que le Français moyen qualifierait de progrès.
Troisième motif : la prolifération incontrôlée des superstitions de remplacement
Nature et métaphysique ayant en commun l’horreur du vide, la disparition du catholicisme dans la vie publique française a été suivie, avec la ponctualité d’un huissier, par l’irruption de croyances alternatives dont le foisonnement eût émerveillé Frazer, consterné Voltaire et enrichi Molière.
La suite sur LinkedIn (https://www.linkedin.com/pulse/requ%C3%AAte-en-gr%C3%A2ce-fran%C3%A7ois-vannesson-ojwhe/)
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
L’épicerie afghane de Saint-Brieuc…
C’est un concept original, une épicerie afghane à Saint-Brieuc… Mais, c’est dommage : vous ne la verrez plus.
Le 9 juin, le tribunal de Saint-Brieuc a rendu son jugement concernant cette épicerie du centre-ville fermée administrativement en mars pour des faits liés au trafic de stupéfiants. Le gérant de l’établissement, un ressortissant afghan de 32 ans, a été reconnu coupable d’acquisition, de détention et d’usage de stupéfiants. Il écope de 18 mois de prison avec sursis simple, assortis d’une interdiction du territoire français de cinq ans.
Le prévenu avait sollicité en mai le renouvellement de son titre de séjour. L’interdiction de territoire de cinq ans met un terme à cette démarche. Mais il n’a pas été expulsé pour autant.
À Lyon, la beauté comme passage vers l’invisible – Du Palais Saint-Pierre à l’Auditorium Maurice Ravel
Ce matin-là, en traversant le cloître du musée du Palais Saint-Pierre, mes pas ont ralenti sans que je l’aie décidé. Comme si le lieu lui-même imposait un autre rythme. Alors que notre époque s’épuise dans le bruit et l’instantané, il demeure des espaces où l’expérience humaine retrouve sa profondeur — non comme un refuge hors du monde, mais comme une manière plus juste de l’habiter. À Lyon, entre le silence de ce cloître et le souffle du Quintette en fa mineur de Brahms, une même intuition se laisse approcher : la beauté n’est pas un divertissement. Elle forme le regard, elle oriente le désir. Elle conduit, sans bruit, du visible vers plus que lui.
I. L’éternité du regard
Traverser le cloître du Palais Saint-Pierre, c’est entrer dans une autre épaisseur du temps. Avant même que le regard ne se fixe, quelque chose s’apaise. Le monde, un instant, cesse de se disperser. Depuis quelques années, ma vie s’est peu à peu ordonnée entre deux lieux : le Musée des Beaux-Arts, dans la lumière du jour, et l’Auditorium Maurice Ravel, dans le recueillement du soir. Non comme une alternance, mais comme les deux versants d’une même recherche : que signifie demeurer lorsque tout passe ? Dans ces deux lieux, deux arts se répondent. La peinture inscrit la beauté dans l’espace et la donne à contempler. La musique, elle, la confie au temps : elle la fait naître, la transforme, puis la laisse disparaître. Et pourtant, toutes deux semblent conduire vers un même centre — plus intime que nous-mêmes.
Chaque tableau porte en lui une forme de silence. La peinture retient ce qui, autrement, se déroberait. Elle soustrait un fragment du réel au flux des heures. Devant certaines œuvres, une expérience s’impose : je ne choisis pas ce que je contemple — je suis choisi. Le regard s’avance, hésite, puis consent à s’arrêter. Ce n’est pas une idée que l’on saisit, mais une présence qui nous atteint — devant laquelle il suffit de demeurer.
Avec le temps, certaines toiles deviennent familières. Pourtant, rien n’y est jamais épuisé. Là où l’on croyait voir, un détail surgit, une lumière se déplace. Le regard s’approfondit, et avec lui le réel gagne en densité. Devant La Lecture de Henri Fantin-Latour, le temps semble céder. Deux femmes, une lumière douce venue de côté, des mains posées sur un livre. Rien ne cherche à retenir l’attention, et pourtant tout demeure. Leurs silences ne se rejoignent pas, mais une proximité discrète les unit. Une intimité est donnée — sans qu’il soit besoin de la formuler.
II. L’architecture de l’éphémère
Le soir venu, l’expérience change de nature. Ce que la peinture retient, la musique le laisse passer. Avant même la première note, un silence s’installe — non comme une absence, mais comme une disponibilité. Puis la musique advient. Le son naît, se déploie, s’efface. Et c’est peut-être dans cet effacement même qu’il atteint sa vérité.
Dans le Quintette avec piano en fa mineur de Brahms se laisse approcher quelque chose de fragile et d’irréversible : une tendresse, une mémoire, ces instants que l’on ne reconnaît pleinement qu’au moment où ils s’éloignent. Lorsque la musique s’interrompt, le silence revient. Mais il n’est plus intact. Il porte ce qui vient de disparaître. Le monde reprend, et pourtant quelque chose demeure en nous — sans forme précise, mais non sans poids. La musique ne démontre rien. Elle fait éprouver. Elle ne dit pas : elle fait naître.
III. Du visible à l’invisible
Ce que Fantin-Latour immobilise dans la lumière du jour, Brahms le confie à l’obscurité du soir ; et pourtant, quelque chose passe de l’un à l’autre. À leur manière, le musée et la salle de concert deviennent comme les parvis d’un même lieu intérieur — ces rares espaces où l’attention se fait attente, et où l’émotion esthétique peut s’ouvrir, presque à son insu, à une forme de recueillement. À travers ces deux expériences, une même tension apparaît : nous cherchons ce qui demeure, et tout nous est donné dans ce qui passe.
L’artiste ne résout pas cette tension. Il la rend sensible. Il prélève dans le réel certains éléments, les dispose, et les laisse parler autrement. Ce qui apparaît alors n’impose rien : cela appelle. Un travail discret s’engage en nous, en deçà des mots. Le visible n’est pas nié — il est recueilli, puis comme déplacé intérieurement.
Rilke écrivait que nous sommes les « abeilles du visible », chargés d’en recueillir le miel pour une autre demeure. L’image dit ce que l’argument ne peut qu’approcher : le visible n’est pas un obstacle, mais une matière à transmuer, patiemment et silencieusement. Fantin-Latour retient une présence. Brahms laisse affleurer une absence. Tous deux ouvrent un passage. L’art n’achève pas. Il laisse le cœur dans une attente singulière — à la fois comblée et inachevée. Ce manque n’en est pas un : il est la forme même du désir.
IV. Du seuil à la Présence
Peu à peu, cette attente engage toute l’existence. Elle ne contraint pas. Elle attire. Ce qui a été vu, entendu, reçu ne disparaît pas tout à fait. Cela demeure autrement en nous. Cela élargit l’âme. Parfois, cela devient prière — sans que l’on sache exactement quand le passage s’est opéré.
« La beauté du monde est le sourire de tendresse du Christ pour nous à travers la matière. » — Simone Weil, Attente de Dieu
Ce que la peinture retient, ce que la musique laisse passer — tout cela semble orienter vers plus qu’elles-mêmes, vers ce Visage dont les formes terrestres portent, à leur insu peut-être, l’empreinte discrète. Pour le chrétien, cette attente peut être nommée. Mais elle ne se laisse jamais réduire aux mots que nous lui donnons. Elle est moins une idée qu’une Présence offerte, moins une réponse qu’un appel persistant.
« Tu étais avec moi, et je n’étais pas avec toi. Tu m’appelais, tu criais, et tu as brisé ma surdité. Tu brillais, tu resplendissais, et tu as mis en fuite mon aveuglement. » — Saint Augustin, Les Confessions
Ce que l’art accomplit à sa manière — appeler sans contraindre, éclairer sans s’imposer — participe de ce mouvement premier. Dès lors, la beauté change de statut. Elle ne se contente plus de toucher : elle appelle. Elle éduque le désir. Elle apprend à ne pas se satisfaire de ce qui passe, sans jamais cesser de l’aimer.
C’est ici, à Lyon, que cette orientation se découvre peu à peu — dans le silence du cloître Saint-Pierre un matin de juin, dans le bruissement d’une salle qui retient son souffle avant la première note à l’Auditorium Maurice Ravel, puis lorsque l’on reprend, seul, la rue Garibaldi après 22 heures, rendue à son calme nocturne, avec la certitude obscure que quelque chose vient d’avoir lieu. Car la beauté est peut-être cela : une visitation discrète qui nous attire hors de nous-mêmes et nous prépare, dans la fragilité des formes terrestres, à accueillir ce que nous ne saurions posséder.
Sergyl Lafont
Illustration
• Henri Fantin-Latour, La Lecture (1877). Cliché Sergyl Lafont, Musée des Beaux-Arts de Lyon, 10 juin 2026.
• Johannes Brahms, Quintette avec piano en fa mineur, interprété par Alexander Melnikov et les musiciens de l’Orchestre National de Lyon. Photographie Sergyl Lafont, Auditorium Maurice Ravel, 5 juin 2026.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Le lobby LGBT veut criminaliser la doctrine catholique
L’association Stop homophobie vient de se féliciter hautement que la Cour de cassation ait condamné pour « homophobie » l’abbé Pagès, en qualité d’auteur, et moi-même, en qualité de directeur de la publication (pour cet article). En réalité, nos censeurs vont un peu vite en besogne : la Cour de cassation ne nous a nullement condamnés ; elle a simplement cassé l’arrêt de la Cour d’appel qui nous avait relaxé en reconnaissant – à juste titre – que les propos de l’abbé Pagès s’inscrivaient dans un débat d’intérêt général relatif à la doctrine de l’Église catholique et ne visaient pas les personnes homosexuelles en tant que telles. Ce que je maintiens et que je maintiendrai lors de la prochaine audience puisque l’affaire sera donc rejugée. Au passage, je note que Stop homophobie n’est pas très sourcilleuse sur le droit: son article piétine notre présomption d’innocence puisque l’affaire est en cours.
J’ajoute que les associations LGBT, qui se réjouissent d’une prétendue condamnation inexistante, déforment dans leur article les propos de l’abbé Pagès. Ce dernier n’a jamais comparé les homosexuels à des animaux ! Il répliquait au contraire à « l’argument » selon lequel l’homosexualité serait naturelle au motif que des animaux la pratiqueraient (ce qui, soit dit en passant, mériterait d’être prouvé mais nos braves « progressistes » n’ont que faire de la science) – et refusait donc de traiter les êtres humains comme des animaux. Eh bien, aussi incroyable que cela puisse paraître, nous nous trouvons poursuivis pour avoir traité les homosexuels d’animaux ! Ce qui n’est pas très rassurant sur la possibilité de dénoncer l’absurdité ou la nocivité d’un argument…
Mais le plus grave est évidemment la volonté non dissimulée des diverses associations du lobby de criminaliser la doctrine catholique. L’article de Stop homophobie se termine par les phrases menaçantes suivantes :
Pour Me Étienne Deshoulière, avocat des associations, « tous les propos, y compris lorsqu’ils se revendiquent d’un cadre doctrinal ou religieux, restent soumis au droit pénal français dès lors qu’ils constituent des injures homophobes ».
Dans une précédente affaire, le tribunal correctionnel de Paris avait déjà condamné la publication Parole de Dieu pour la diffusion d’un extrait biblique incitant au meurtre à l’encontre des personnes homosexuelles.
Le problème, c’est que le simple catéchisme officiel de l’Eglise catholique est vécu comme injurieux envers les homosexuels.
Eh bien, non, de telles menaces ne nous feront pas taire. Et non, nous n’accepterons jamais la mensongère équivalence que voudraient imposer nos adversaires entre critique d’un acte et injures pour les personnes. Je crois même que nous respectons bien davantage les personnes homosexuelles en les invitant à la chasteté (à laquelle nous sommes tous appelés et qui constitue un combat pour tout le monde). C’est ce que nous redirons une nouvelle fois devant la Cour d’appel. Mais, plus profondément, nous redirons inlassablement que la prétendue lutte contre l’homophobie (terme dont je rappelle qu’il ne veut rigoureusement rien dire puisqu’étymologiquement, il suggère la peur du semblable et que d’une part la peur ne saurait être un délit et d’autre part les humains ont parfois peur du différent mais jamais du semblable !) ne saurait constituer un prétexte à limiter la liberté des catholiques à exposer et à défendre leur foi. Rappelons que ce sont les mêmes associations qui avaient déjà attaqué la publication par Renaissance catholique du rappel par 5 cardinaux et évêques de la doctrine catholique sur l’homosexualité. La même Cour d’appel avait déjà prononcé la relaxe. Nous sommes évidemment prêts à aller jusqu’en Cour européenne des droits de l’homme pour faire reconnaître notre droit à défendre la doctrine catholique, y compris dans le débat public. Et j’ai toute confiance dans notre avocat, l’excellent Jérôme Triomphe, pour faire triompher la vérité et notre bon droit. En attendant, je compte évidemment, chers amis lecteurs, sur vos prières.
Guillaume de Thieulloy
La laïcité, cette célèbre inconnue
Le 14 juin, Terres de mission reçoit François Billot de Lochner, président honoraire de la Fondation de Service Politique, pour évoquer les sacres épiscopaux annoncés par la Fraternité Saint Pie X début juillet.
Puis Benoît Dumoulin, directeur d’Ichtus, présente son dernier ouvrage: “Quelle laïcité pour demain?” (Boleine)
Les déclarations intenables de Mgr Schneider concernant la FSSPX
Le père Alfredo Morselli, né à Bologne en 1958, ordonné prêtre en 1986, avait été nommé par le cardinal Carlo Caffarra pour célébrer la messe traditionnelle à Bologne. Il est connu pour avoir critiqué certains textes récents du pontificat passé. Dans un message, il répond aux dernières déclarations, qu’il qualifie d’intenables, de Mgr Schneider :
Ces derniers jours, Son Excellence Mgr Athanasius Schneider a publié un texte intitulé « La question fondamentale concernant la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X », diffusé intégralement par Mme Diane Montagna [Traduction ici]. Il s’agit d’une tentative sincère de montrer que les prochaines consécrations épiscopales de la FSSPX sont licites et non schismatiques. S’il est difficile de ne pas admirer le cœur paternel de Mgr Schneider, je crois néanmoins que certaines de ses affirmations ne sont pas entièrement soutenables. J’en rapporte ci-dessous une traduction (en italique), suivie de mes observations.
Mgr Schneider : Aujourd’hui, cependant, pour être en pleine communion avec le Saint-Siège, il est nécessaire d’accepter ces affirmations et enseignements du Concile Vatican II qui sont de nature pastorale et certainement non définitifs quant à leur caractère magistériel. Cela soulève une question importante : pourquoi l’acceptation inconditionnelle des textes du Concile Vatican II est-elle présentée comme une conditio sine qua non pour la pleine communion avec le Saint-Siège, alors qu’il n’existe aucune exigence analogue concernant les enseignements pastoraux, disciplinaires ou non définitifs des vingt conciles œcuméniques précédents ?
Non tenable : dans le protocole d’accord signé par Mgr Lefebvre en 1988, puis abandonné, l’acceptation inconditionnelle des textes du Concile Vatican II n’a jamais été exigée : en effet, le § 3) du protocole stipule :
- En ce qui concerne certains points enseignés par le Concile Vatican II ou relatifs aux réformes ultérieures de la liturgie et du droit, qui nous paraissent difficiles à concilier avec la Tradition, nous nous engageons à adopter une attitude positive d’étude et de communication avec le Siège apostolique, en évitant toute polémique.
Mgr Schneider : le Saint-Siège demande à la FSSPX d’accepter non seulement la validité, mais aussi la légitimité et la bonté de la réforme liturgique dans le Novus Ordo Missae.
Non tenable : dans le protocole d’accord, le § 4 exige :
- Nous déclarons en outre que nous reconnaissons la validité du Sacrifice de la Messe et des sacrements célébrés avec l’intention de faire ce que fait l’Église et selon les rites indiqués dans les éditions typiques du Missel romain et des rituels des sacrements promulgués par les papes Paul VI et Jean-Paul II.
La limite requise par la foi en l’indéfectibilité de l’Église n’exige pas que le Novus Ordo ne soit pas critiqué ni que ses déficiences ne soient pas dénoncées, mais qu’il ne soit pas considéré comme un mal moral absolu, qu’il ne soit pas tenu pour non catholique, et qu’il soit possible de le célébrer et d’y assister sans commettre de péché.
Mgr Schneider : le canon 1387 du Code de droit canonique de 1983, qui interdit la consécration d’un évêque sans mandat pontifical, est classé parmi les « délits contre les sacrements », plutôt que parmi les « délits contre la foi et l’unité de l’Église », où est puni le schisme (can. 1364). Si la consécration épiscopale sans mandat pontifical était intrinsèquement schismatique, elle serait placée parmi les délits « contre l’unité de l’Église ».
Le fait que la consécration d’un évêque sans mandat pontifical soit classée parmi les « délits contre les sacrements » n’exclut pas qu’elle soit aussi une atteinte à l’unité de l’Église, de même que, par exemple, le fait que l’adultère soit un péché contre le mariage n’exclut pas qu’il soit aussi une fornication.
Le sacrement de l’Ordre confère nécessairement, comme grâce sacramentelle propre, une participation maximale au munus regendi propre au collège apostolique, qui ne peut être que cum Petro et sub Petro : détenir cette participation (à bien distinguer de la juridiction) contra Petrum constitue en soi un acte schismatique, car cela revient à établir un sujet d’autorité alternatif et opposé à l’unique véritable autorité.
Mgr Schneider : il est absolument évident que ceux qui ont exercé le pouvoir administratif au Saint-Siège au cours des dernières décennies, et qui l’exercent encore aujourd’hui, exigent de la FSSPX, comme conditio sine qua non de la pleine communion, l’acceptation du climat de fait d’ambiguïté doctrinale et liturgique et de relativisme, qui a atteint son apogée avec l’actuel processus synodal extrêmement confus dans toute l’Église.
Le problème auquel la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X doit faire face n’est pas difficile à comprendre. Le Saint-Siège exige que la FSSPX accepte, sans objections substantielles, certains enseignements objectivement ambigus et indéterminés du Concile Vatican II, des affirmations ambiguës du magistère papal postconciliaire, ainsi que des défauts doctrinaux et rituels objectifs dans le Novus Ordo. Pourtant, Dieu n’a jamais exigé l’acceptation de doctrines obscures ou formulées de manière ambiguë, et l’Église, tout au long de son histoire, a toujours agi en conséquence.
La tragédie de la situation actuelle est que le Saint-Siège exige de la FSSPX l’acceptation de l’état actuel d’ambiguïté doctrinale et liturgique comme condition indispensable à la pleine communion et à la régularisation canonique.
Non tenable : l’Église a montré qu’elle ne demande que ce qui était requis dans le protocole d’accord de 1988, et les nombreuses familles religieuses établies à l’époque de la Commission Ecclesia Dei en sont une preuve objective : des familles qui célèbrent selon le rite ancien et qui n’ont pas compromis avec le néo-modernisme (même si elles sont méprisées par certains fidèles de la FSSPX sous des appellations dépréciatives telles que « conservateurs », opposés aux supposés « vrais traditionalistes »).
Mgr Schneider : l’affirmation de Lumen gentium 16 selon laquelle les musulmans, avec les catholiques, « adorent le Dieu unique et miséricordieux ».
Non tenable : le texte latin est « nobiscum Deum adorant unicum », c’est-à-dire : comme nous, ils sont monothéistes ; unicum ne signifie pas « le même », ce n’est pas eundem, mais unicum.
Mgr Schneider : le Saint-Siège exige en outre de la FSSPX qu’elle reconnaisse formellement les affirmations et enseignements des papes postconciliaires qui relèvent du magistère authentique et ordinaire.
Non tenable : donner son assentiment au Magistère ne signifie pas adhérer à chaque affirmation particulière ni considérer que toutes ont la même valeur et exigent le même degré d’assentiment.
Il s’agit d’affirmer que le premier lieu théologique dans l’ordre de l’exercice est le Magistère de l’Église enseignante, ce qui n’empêche pas que chaque énoncé magistériel possède sa note théologique propre. Il est donc possible, selon les formes appropriées, de formuler des objections au Magistère.
Mgr Schneider : la FSSPX considère comme l’une de ses raisons essentielles d’exister celle d’appeler, avec parrhèsia, à un retour à la clarté et à la pureté absolues de la doctrine que l’Église a toujours cherché à préserver au cours des siècles.
Trompeur : ce que souhaite la FSSPX peut très bien se faire même sans ordonner des évêques, et les exemples de résistance légitime à des actes contestables récemment promulgués ne manquent pas.
Mgr Schneider : le fait même que certains enseignements du Concile Vatican II, ainsi que la réforme liturgique, aient donné lieu — et continuent de donner lieu, tant en théorie qu’en pratique — à un affaiblissement de la clarté doctrinale oblige le pape, à l’exemple de nombreux prédécesseurs héroïques, à clarifier et, si nécessaire, à corriger ces enseignements. Cela devrait se faire avec une précision doctrinale renouvelée et une clarté telle qu’elle ne laisse aucune place à des interprétations ambiguës ou erronées.
Très vrai : mais tout cela n’implique pas la nécessité d’une consécration contra Petrum.
Mgr Schneider : le Saint-Siège devrait prendre en considération la Déclaration de foi catholique et le Message aux fidèles publiés par le Supérieur général de la FSSPX, et reconnaître ces documents et ces actes comme suffisants et conformes aux conditions minimales de la communion ecclésiale.
Non tenable : dans cette profession de foi, l’assentiment au magistère ordinaire fait défaut ; les mots « je crois ce que l’Église nous propose de croire » n’y figurent pas.
Le véritable nœud doctrinal a été exposé par Benoît XVI :
« …les problèmes à traiter sont essentiellement de nature doctrinale et concernent avant tout l’acceptation du Concile Vatican II et du magistère postconciliaire des papes […] L’autorité magistérielle de l’Église ne peut être figée à l’année 1962 ».
C’est là que se situe tout le cœur du problème : soit ce point est résolu, soit le temps est perdu et les fidèles sont scandalisés.
La FSSPX entend-elle figer l’autorité magistérielle à 1962 ?
Trois réponses sont possibles : oui, non, iuxta modum.
Si la FSSPX répondait iuxta modum, c’est-à-dire en acceptant les énoncés selon leur note théologique propre et avec la possibilité de présenter, même avec insistance, certains dubia (selon ce que permet par exemple l’instruction Donum Veritatis), la question serait réglée, au grand bénéfice de toute l’Église.
Mgr Schneider : malheureusement, malgré ce qu’elle considère comme un dilemme objectif de conscience, la FSSPX est, pour l’essentiel, caractérisée comme schismatique et orgueilleuse.
Pas toujours vrai : la majorité des bons chrétiens (je pense aux dizaines de milliers de pèlerins de Chartres, aux fidèles éprouvés par de nombreux évêques, aux victimes d’un « todos, todos, todos » hypocrite — « tous, tous, tous, sauf vous »…) aspirent surtout à l’unité du mouvement traditionaliste… Je suis de ceux-là (et je paie cher cette position), et je m’abstiens de tout jugement subjectif personnel (je ne dirais jamais que la FSSPX est « orgueilleuse », et si certains le sont, ce n’est certainement pas à moi d’en juger) ; quant à qualifier la FSSPX de schismatique, je me limite à évaluer le finis operis d’une consécration épiscopale, de fait contra Petrum.
Je conclus en renouvelant toute mon estime et mon affection filiale envers Mgr Schneider, avec qui je me sens, depuis de nombreuses années, cor unum et anima una, sauf sur ces dernières déclarations concernant les consécrations de la FSSPX.
Sainte Jeanne d’Arc ramène le politique au service du bien commun
Le 26 avril, Mgr Gourdon, évêque de Saint-Dié (Vosges), a nommé l’abbé Jacques Olivier, de la Fraternité Saint-Pierre, au service du sanctuaire de Domrémy et de la basilique Sainte-Jeanne d’Arc. L’abbé Olivier, qui prendra ses fonctions en septembre 2026, a été interrogé dans L’Homme nouveau. Extrait :
[…] Le sanctuaire de Domrémy comprend la basilique, l’église du village natal de sainte Jeanne d’Arc et la chapelle Notre-Dame de Bermont. Je continuerai à résider et à célébrer la messe à l’ermitage de Bermont, dans la continuité de mon ministère actuel, mais j’exercerai aussi un ministère régulier dans le reste du sanctuaire.
Pourquoi votre évêque a-t-il fait appel à un prêtre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre (FSSP) pour ce service ?
Je dirais plutôt que l’évêque a fait appel à un prêtre originaire du diocèse, historien et théologien de Jeanne d’Arc et qui peut donc accueillir les pèlerins sur ce thème-là ; j’ai également l’expérience d’un autre sanctuaire : j’ai été à Lourdes pendant neuf années. Cette nomination montre cependant que la FSSP peut rendre service à l’Église de France pour un tel ministère, comme c’est le cas à Lourdes où un chapelain dit la messe traditionnelle tout en étant au service habituel du sanctuaire. À Domrémy, cela permettra d’accueillir avec la même ouverture les fidèles de la messe traditionnelle.
Votre ministère actuel est au service du sanctuaire Notre-Dame de Bermont. Quelle en est l’importance dans la vie de sainte Jeanne d’Arc ?
Ce sanctuaire se situe à trois kilomètres et demi de la maison natale de Jeanne. Elle y venait à pied presque tous les samedis pour prier et allumer des cierges. C’est en ce lieu qu’elle a reçu une grande partie de ses apparitions de saint Michel, sainte Catherine d’Alexandrie et sainte Marguerite d’Antioche. Cette chapelle est restée un ermitage entre l’an mil et la Révolution française, très discret au fil des siècles : c’est un lieu de prière et de recueillement en retrait de la basilique et de la maison natale. La chapelle du temps de Jeanne n’a pas changé, on y trouve toujours les statues du Christ, de Notre-Dame de Bermont et de saint Thibault devant lesquelles elle a prié, ce qui en fait l’endroit le mieux conservé du Domrémy médiéval. En 1993, le diocèse a confié à l’association « Notre-Dame de Bermont » la restauration et la charge de cette chapelle où est célébrée depuis lors la messe traditionnelle.
Vous évoquiez votre travail de théologien. Quel message de sainte Jeanne d’Arc avez-vous voulu transmettre pour notre temps dans votre thèse Pouvoir royal et pouvoir ecclésial. Le prophétisme de sainte Jeanne d’Arc au service de la chrétienté ?
Le message de Jeanne est un message de Dieu qui s’adresse à ceux qui détiennent le pouvoir. Aux détenteurs du pouvoir politique, Jeanne vient rappeler que tout pouvoir vient de Dieu : « de par le roi du Ciel ». En pleine guerre de Cent Ans, qui n’est autre qu’une querelle dynastique, elle rappelle que la légitimité du pouvoir ne vient d’abord ni de la force, ni de la loi (comme la loi salique), ni du peuple (comme en démocratie) mais simplement de l’onction du sacre qui vient de Dieu par l’Église. Ce qui fait formellement le roi, c’est le fait d’être sacré. Jeanne transmet aussi un message aux évêques quant à l’exercice du pouvoir religieux, en adressant ces mots à Cauchon et à l’Université de Paris pendant son procès : « Dieu premier servi ». Ceux qui dirigent l’Église doivent s’occuper des choses religieuses et en aucun cas se soumettre au pouvoir politique comme ils l’ont fait dans la querelle dynastique. Le pouvoir spirituel doit être au service du spirituel. On peut ici parler de prophétisme au sens large : par la voix de Jeanne, Dieu prend la peine d’intervenir au crépuscule de la chrétienté pour transmettre un message, accompagné de miracles car ce qu’elle fait est manifestement impossible. Bien que personne ne l’ait écoutée – Charles VII l’a abandonnée après avoir été sacré et l’évêque Cauchon l’a fait brûler vive –, le message de Jeanne est universel et donc très actuel : il est vrai non seulement pour la France mais aussi pour tous les pays et à toutes les époques.
Quels sont les projets à venir pour le sanctuaire de Domrémy ?
Le grand projet est de relancer un culte à sainte Jeanne d’Arc et de transmettre son enseignement en évitant les récupérations et les défigurations. Il faut quitter le politicomédiatique pour se concentrer sur ce qu’elle a dit et ce qu’elle a fait, derrière son étendard. Jeanne ramène le politique au service du bien commun, elle est aimée au-delà de nos frontières : des pèlerins du monde entier viennent à Domrémy pour mieux la connaître. Des travaux de restauration et d’aménagement de la basilique sont donc prévus pour mieux accueillir les pèlerins sur place. L’événement de cette année est le centenaire de la dédicace de la basilique qui sera célébré par un grand festival le dernier week-end d’août 2026 : une grand-messe célébrée par l’évêque, une procession aux flambeaux, une nuit d’adoration et des conférences sont prévues autour du thème « Appelés à la sainteté avec sainte Jehanne de Domrémy ». […]
Suivez le compte Telegram du Salon beige
Méfiez-vous des usurpateurs : le seul et unique compte officiel du Salon beige sur Telegram est ici.
Fête du Sacré-Cœur de Jésus
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Vendredi 12 juin 2026, vendredi après le 2e Dimanche après la Pentecôte et solennité le dimanche qui suit, le 14 juin. Rappelons toutefois que cette solennisation, selon l’édition typique des Livres liturgiques de 1962, n’est pas obligatoire.
Comme celles de la Sainte-Trinité et du Saint-Sacrement que nous avons célébrées les deux précédents dimanches, la fête du Sacré-Cœur n’a pas pour but de commémorer un événement, mais de méditer sur un des grands mystères de notre foi, et cette fois-ci sur l’amour infini de Notre-Seigneur Jésus-Christ pour tous les hommes. On sait que cette fête a été demandée par Notre Seigneur lui-même à Sainte Marguerite-Marie, religieuse visitandine de Paray-le-Monial qui vivait au XVIIe siècle. Elle est donc d’institution encore plus tardive que les deux précédentes, et ce n’est d’ailleurs qu’en 1856, donc au siècle dernier, qu’elle a été étendue à l’Église universelle. Elle a été fixée à la demande de Notre-Seigneur au vendredi qui suit l’octave de la fête du Saint- Sacrement, en souvenir du Vendredi saint, car c’est en mourant sur la croix que le Christ a donné la plus grande preuve de son amour pour nous. On en fait généralement la solennité le dimanche suivant, bien qu’elle ne soit pas obligatoire, et elle prend donc la place du troisième dimanche après la Pentecôte. La fête du Sacré-Cœur a comporté plusieurs messes. Celle qui est célébrée actuellement date de 1929, et a été composée à l’occasion de la publication par le pape Pie XI de l’encyclique Miserentissimus sur la dévotion au Sacré-Cœur, grande dévotion des temps modernes. Il s’agit donc dans les chants de cette messe de grégorien récent ; ils sont à peu près contemporains de ceux de la fête du Christ-Roi. Mais il faut reconnaître qu’ils sont moins bien réussis…
Introït : Cogitationes
Le texte de l’Introït de la Fête du Sacré-Cœur de Jésus est tiré du psaume 32 Exultate justi in Domino, que nous avons déjà trouvé à l’Introït du deuxième dimanche après Pâques, le dimanche du Bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis ; le rapprochement n’est pas fortuit. Nous avions vu alors que ce psaume est un chant de louange et d’actions de grâce à Dieu pour sa toute puissance et sa bonté, dont il énumère toutes les manifestations dans l’univers. Les deux versets qui ont été ici réunis ne se suivent pas dans le psaume. Ils ont été choisis pour l’application qui peut en être faite au Cœur de Jésus.
Cogitationes Cordis ejus in generatione et generationem, ut eruat a morte animas eorum et alat eos in fame.
Les pensées de son Cœur demeurent d’âge en âge ; ainsi il arrache leurs âmes à la mort et les nourrit pendant la famine.
Les pronoms de la deuxième phrase désignent dans le psaume (le contexte le montre) ceux qui craignent le Seigneur et se soumettent à sa volonté. Ils s’appliquent ici à tous les hommes rachetés par le sang du Christ et nourris par son Eucharistie. La mélodie nous ramène curieusement en plein Carême. L’intonation est exactement celle du Graduel Tribulationes cordis mei du deuxième dimanche de Carême, dont le texte est tiré du psaume 24 comme celui du Graduel de cette messe. Le reste de l’Introït emprunte surtout ses formules à l’Introït Lætare du quatrième dimanche de Carême, dont nous retrouvons ici le caractère joyeux et très affirmatif avec une nuance de douceur à la fin. Bien entendu le verset de cet Introït est le début du psaume 32 :
Exsultate justi in Domino, rectos decet collaudatio.
Justes exultez pour le Seigneur, la louange convient à ceux qui ont le cœur droit.
Graduel : Dulcis et rectus
Le texte du Graduel de la Fête du Sacré-Cœur de Jésus est emprunté au psaume 24 qui est un des principaux psaumes de l’Avent et du Carême. C’est la prière du pécheur qui se repent et se confie à la miséricorde divine. Au milieu de sa prière il s’interrompt pour contempler cette bonté infinie du Seigneur qui se manifeste à ceux qui reviennent vers lui :
Dulcis et rectus Dominus ; propter hoc legem dabit delinquentibus in via. Diriget mansuetos in judicio, docebit mites vias suas.
Le Seigneur est doux et juste. C’est pourquoi il donne au pécheur égaré une règle de conduite. Il guide ceux qui sont dociles dans l’accomplissement de sa volonté ; il fait connaître ses voies à ceux qui sont doux.
Ce texte, on le voit, est plein de douceur, cette douceur qui est une qualité du Cœur de Jésus, il va nous le dire lui-même dans l’Alléluia. La mélodie est celle du Graduel Ecce quam bonum du vingt-deuxième dimanche après la Pentecôte, qui chante la douceur de se retrouver ensemble comme des frères dans le temple, avec de grandes courbes gracieuses et très expressives. Elle est très étendue dans la deuxième partie, s’élevant dans l’aigu jusqu’aux extrémités du mode, puis redescendant dans les profondeurs du grave pour une cadence solennelle.
Alléluia : Tollite jugum meum
Le texte de l’Alléluia de la Fête du Sacré-Cœur de Jésus est tiré de l’Évangile selon saint Matthieu. Ce sont les paroles que Notre Seigneur adresse à ses disciples, et à travers eux à tous les hommes, pour les inviter à se soumettre à sa loi :
Tollite jugum meum super vos et discite a me, quia mitis sum et humilis Corde, et invenietis requiem animabus vestris.
Prenez sur vous mon joug et suivez mes enseignements, car je suis doux et humble de Cœur, et vous trouverez le repos pour vos âmes.
Ces paroles célèbres nous rappellent les qualités du Cœur de Jésus que nous fêtons aujourd’hui et que nous devons imiter. La mélodie de cet Alléluia est originale, tout au moins n’a-t-elle pas d’équivalent dans le répertoire actuel. Elle est ample et très développée, surtout dans le verset où son étendue dépasse l’octave. Chose curieuse, c’est sur les mots humilis et requiem que ces grandes vocalises s’élèvent avec le plus d’éclat dans l’aigu, en contraste avec le texte qui parle d’humilité et de repos.
Offertoire : Improperium
L‘Offertoire de la Fête du Sacré-Cœur de Jésus reprend celui de la messe du dimanche des Rameaux, qui commémorait la passion et la mort de notre Seigneur Jésus-Christ sur la croix, la plus grande preuve d’amour qu’il ait donné aux hommes. À vrai dire, dans le texte qui figure au missel, l’Offertoire du dimanche des rameaux est amputé de ses deux dernières phrases, ce qui nous paraît incompréhensible, ces phrases étant le sommet de la pièce et tout à fait accordées au mystère de cette fête, demandée par Notre Seigneur spécialement en réparation pour l’indifférence que les hommes opposent à son amour ; or c’est précisément la soif d’une réponse généreuse à cet amour qu’exprime la dernière phrase.
Le texte est extrait du psaume 68 qui est, comme le psaume 21, un des grands psaumes prophétiques de la passion, annonçant tout spécialement la solitude du Christ et l’abandon de tous ses amis :
Improperium exspectavit cor meum et miseriam, et sustinui qui simul contristaretur et non fuit ; consolantem me quæsivi et non inveni ; et dederunt in escam meam fel, et in siti mea potaverunt me aceto.
Mon cœur s’est attendu à l’outrage et au malheur ; j’ai espéré quelqu’un qui s’attristât avec moi, mais il n’y a eu personne ; j’ai cherché un consolateur et je n’en ai pas trouvé ; pour nourriture ils m’ont donné du fiel, et pour étancher ma soif ils m’ont abreuvé de vinaigre.
La mélodie exprime parfaitement cette souffrance. Tous les mots sont soulignés par des neumes longs et lourds ; de nombreuses cadences en demi-ton sonnent douloureusement. Cette mélodie culmine à l’aigu dans la dernière phrase sur le mot siti la soif, qui éclate comme un cri. Ce n’est pas seulement la soif physique dont il est question ici, mais la soif d’une réponse généreuse à l’amour infini dont notre Seigneur a fait preuve en mourant pour nous.
Communion : Unus militus
L’antienne de Communion de la Fête du Sacré-Cœur de Jésus est très courte, et ressemble plus à une antienne de l’office qu’à un chant du propre de la messe. Le texte est tiré de l’Évangile du jour dans le récit de la passion selon saint Jean :
Unus militum lancea latus ejus aperuit, et continuo exivit sanguis et aqua.
L’un des soldats lui ouvrit le côté d’un coup de lance, et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau.
L’Église voit dans l’eau et le sang coulant du Cœur de Jésus transpercé par la lance la figure du baptême et de l’Eucharistie, qui répandent sur nous les grâces acquises par son sacrifice. La mélodie de cette petite antienne est simple et légère, soulignant bien les articulations du texte.
Léon XIV en France : le piège de l’instrumentalisation
Tribune publiée sur le JDD :
Faut-il se réjouir de la venue du pape Léon XIV en France du 25 au 28 septembre 2026 ? Oui, certainement, car la venue d’un pape est toujours accompagnée de nombreuses grâces pour les pays qui l’accueillent chaleureusement. C’est à la fois un honneur fait à la France, et un défi lancé pour recevoir dignement le Saint-Père.
Toutefois, ce sera une visite très périlleuse, en raison de son contexte politique et social. Il est à craindre, en effet, que le président Macron et son gouvernement cherchent à se prévaloir publiquement d’une bénédiction apostolique, à quelques mois de l’élection présidentielle, et après avoir gravement bafoué l’enseignement de l’Église sur tant de sujets essentiels. Puisse le Saint Père être bien inspiré et savoir, comme le fit Jean Paul II en 1996, rappeler la France à son devoir de fidélité envers les promesses de son baptême.
La visite du Saint Père, fin-septembre, interviendra quelques jours à peine après la promulgation de la loi légalisant l’euthanasie et le suicide assisté. En effet, si le texte est voté définitivement le 15 juillet par l’Assemblée nationale, comme le veut le gouvernement, le Conseil constitutionnel devra alors se prononcer sur le texte dans la deuxième quinzaine du mois d’août, ouvrant alors la voie à sa promulgation. Pourtant, l’article 45 de la Constitution confère au gouvernement le pouvoir de prolonger la navette entre les deux assemblées, et donc de repousser l’examen final du texte. Ce serait sagesse. Mais, lors de sa rencontre avec le pape Léon XIV le 10 avril 2026, le président Macron s’est montré « inflexible » sur sa volonté d’imposer cette loi. Récemment, il a encore confirmé cette inflexibilité auprès du cardinal Aveline. Le président Macron en porte donc toute la responsabilité.
S’il est adopté, ce texte violerait effrontément le commandement divin de l’interdit de tuer. Il exposerait largement les plus fragiles à l’euthanasie et au suicide assisté, et ferait la promotion d’une conception relativiste de la dignité humaine. Il violerait aussi les droits des familles et la conscience des pharmaciens. Il ferait aussi obligation aux établissements catholiques d’accepter ces pratiques en leur sein. Puisse le Saint Père venir visiter de tels établissements en septembre, et les conforter dans la foi !
La visite du pape est annoncée alors que le gouvernement fait peser une autre menace encore sur l’Église. Il a entrepris de renforcer drastiquement son contrôle sur les écoles privées. La lutte contre les violences faites aux enfants est employée comme prétexte pour attenter à la réputation de toutes les écoles catholiques, et pour créer un « Conseil académique de l’enseignement privé ayant vocation à renforcer la capacité de pilotage de l’État ». Autrement dit, « l’enseignement libre » sera encore moins libre, et son « caractère propre » réduit à bien peu de choses. Or, les écoles catholiques sont, avec les paroisses, les principaux lieux d’évangélisation de la France. Priver ces écoles de leur liberté, c’est empêcher l’Église d’accomplir sa mission.
La visite du pape, enfin, interviendra pendant la campagne des élections présidentielles, et pourra difficilement échapper aux récupérations politiques. Il est à parier que ceux-là mêmes qui dénient au Saint Père le droit de critiquer une loi ne manqueront pas de lui attribuer des recommandations de vote.
C’est donc en terrain miné que le Saint Père vient visiter la France. Il lui faudra respecter le protocole tout en évitant de donner l’impression désastreuse de bénir M. Macron et les crimes politiques qu’il a commis. Au contraire. Une parole forte et prophétique est attendue.
Alors que le président Macron est en fin de règne, et que la France déchoit chaque année davantage de sa grandeur passée, un miracle est possible, car c’est du fond de sa détresse que la France a le plus besoin du Christ. « De profondis clamavi ad te Domine ».
Dans cette déchéance et errance d’une France qui a oublié son destin, puisse la venue du pape nous rappeler que notre peuple n’est grand qu’en proportion de sa fidélité au Christ. Ce message sonnerait comme un dernier rappel et avertissement adressé à notre peuple avant son effacement de l’histoire. Puisse le Vicaire du Christ, inspiré par l’Esprit Saint, nous rappeler à la grandeur de notre vocation de Fille aînée de l’Église.
Signataires :
Guillaume Drago, professeur agrégé des facultés de droit, président de l’Institut Famille & République
Geoffroy de Vries, avocat au barreau de Paris, délégué général de l’Institut Famille & République
Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune
Grégor Puppinck, directeur général de l’ECLJ Centre Européen pour le Droit et la Justice
La vie chrétienne victorieuse – Le chrétien face au sexualisme contemporain
La Bible n’est pas silencieuse sur ce sujet. Dès les premières pages de l’Écriture, Dieu révèle son dessein pour l’humanité :
« Dieu créa l’homme à son image ; il le créa à l’image de Dieu ; il les créa homme et femme. » (Genèse 1:27)
L’identité fondamentale de l’être humain trouve son origine dans le dessein du Créateur et non dans ses perceptions ou constructions personnelles. Elle s’enracine d’abord dans l’acte créateur de Dieu, puis est pleinement révélée et restaurée en Jésus-Christ pour ceux qui lui appartiennent.
Récemment, un responsable chrétien déclarait :
« Qu’il est douloureux de reconnaître que, face à une réalité humaine aussi complexe que l’homosexualité, nous peinons tant, en Église, à trouver les mots justes. »
Cette difficulté est compréhensible et révélatrice des tensions auxquelles l’Église est confrontée aujourd’hui. Les situations humaines sont souvent marquées par la souffrance, les blessures, les questionnements et les luttes intérieures. Pourtant, le croyant n’est pas laissé sans lumière. Les “mots justes” se trouvent ultimement dans la révélation de Dieu, même si leur mise en œuvre pastorale exige souvent sagesse, discernement et dépendance du Saint-Esprit.
Nous vivons dans une époque où de nombreuses doctrines et conceptions s’affrontent. Plus que jamais, les croyants sont appelés à « combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes. » (Jude 3)
Cette foi désigne l’ensemble de la vérité révélée par Dieu dans les Écritures. La révélation divine étant complète, les chrétiens sont appelés à la conserver fidèlement, sans la modifier pour l’adapter aux évolutions culturelles.
Dans un climat marqué par le relativisme moral, le croyant doit examiner ses convictions à la lumière de la Parole de Dieu. L’amour véritable ne peut être séparé de la vérité. De même, la vérité biblique ne doit jamais être présentée sans amour.
Aujourd’hui, l’homosexualité, entre autres, est souvent présentée comme une identité fondamentale de la personne. L’Écriture adopte cependant une autre perspective.
La Bible enseigne que l’identité profonde du croyant se trouve en premier lieu dans sa relation avec Dieu et dans son union avec Jésus-Christ. Il convient donc de distinguer plusieurs réalités : l’attirance ou la tentation, l’identité revendiquée, la pratique sexuelle.
L’existence d’une attirance n’est pas en elle-même un acte. Comme toute autre tentation résultant de la condition humaine déchue, elle peut constituer un combat réel et parfois durable. De nombreux chrétiens connaissent des luttes profondes dans différents domaines de leur vie.
Les Écritures appellent cependant chaque croyant à soumettre ses désirs, ses pensées et ses comportements à la volonté de Dieu. Seul l’Évangile de Jésus-Christ apporte une réponse véritable aux besoins les plus profonds du cœur humain.
L’Église rencontre aujourd’hui diverses interprétations du sujet. Certaines insistent davantage sur l’expérience humaine, d’autres sur les exigences morales. Le défi consiste à maintenir ensemble la sainteté de Dieu et sa grâce.
« En ce temps-là, il n’y avait pas de roi en Israël ; chacun faisait ce qui lui semblait bon. » (Juges 17:6)
Lorsque Dieu n’exerce plus son autorité sur le cœur, l’homme devient sa propre référence et suit ses propres pensées. Or, le cœur humain, marqué par le péché, n’est pas un guide infaillible. Pour les chrétiens, la question essentielle est donc celle-ci : Christ règne-t-il réellement en nous, dirigeant nos choix, nos désirs et notre conduite par sa Parole et par son Esprit ? »
Cependant, Dieu demeure riche en miséricorde. Il connaît parfaitement les combats de chacun et invite tout homme et toute femme à venir à lui.
« Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs, à la repentance. » (Luc 5:32)
Cette parole souligne la grâce de Dieu : nul n’est trop pécheur pour être sauvé, mais il faut reconnaître son besoin du Sauveur.
L’Église ne peut ignorer l’enseignement biblique concernant la sexualité. Elle ne peut pas davantage oublier que chaque personne porte l’image de Dieu et mérite respect, écoute et compassion. Les personnes confrontées à une attirance homosexuelle ne doivent pas être considérées comme des cas particuliers de péché. Tous les êtres humains sont pécheurs et ont besoin de la grâce divine : « Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. » (Romains 3:23)
L’accompagnement pastoral exige donc humilité, patience et discernement. Il ne s’agit ni de minimiser le péché ni d’écraser les consciences, mais de conduire chacun vers Christ. Car la Bible présente les relations sexuelles comme faisant partie du dessein de Dieu pour l’union d’un homme et d’une femme dans le cadre du mariage et prévient des conséquences terribles du péché. Comme toute forme de péché, le rejet du dessein de Dieu produit des conséquences morales et spirituelles profondes qui affectent l’ensemble de l’être humain.
L’apôtre Paul rappelle cependant que l’Évangile ne s’arrête jamais à la constatation du péché :
« Et c’est là ce que vous étiez, quelques-uns de vous ; mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus. » (1 Corinthiens 6:11)
La bonne nouvelle de l’Évangile est que le péché n’a pas le dernier mot. Jésus est venu chercher et sauver ce qui était perdu. Il accueille le pécheur avec bienveillance, mais l’appelle aussi à une vie nouvelle.
L’épisode de la femme adultère illustre parfaitement cet équilibre. Jésus ne condamne pas immédiatement la femme, car en lui il y a une compassion sans limites pour le pécheur, et une séparation infinie d’avec son péché.
« Je ne te condamne pas non plus : va, et désormais ne pèche plus. » (Jean 8:11)
La repentance chrétienne ne consiste pas seulement à regretter ses fautes. Elle implique un changement de direction, fondé sur la foi en Christ. Cette transformation est l’œuvre du Saint-Esprit. Elle peut être progressive et s’accompagner de combats parfois prolongés. La Bible ne promet pas nécessairement la disparition immédiate de toutes les tentations, mais elle promet la présence, la grâce et la puissance de Dieu pour persévérer dans l’obéissance.
Pour ceux qui professent la foi chrétienne, l’Église possède une responsabilité particulière. Elle doit encourager la fidélité à la Parole de Dieu, offrir un accompagnement spirituel fidèle et exercer, lorsque cela est nécessaire, une discipline visant toujours la restauration.
« Les blessures d’un ami prouvent sa fidélité, mais les baisers d’un ennemi sont trompeurs. » (Proverbes 27:6)
Refuser le compromis doctrinal ne signifie pas manquer d’amour. L’amour véritable dit la vérité avec douceur, accompagne les personnes dans leurs luttes et garde ouverte la perspective de la restauration.
Jésus déclare :
« Entrez par la porte étroite… Spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et étroit le chemin qui mène à la vie. » (Matthieu 7:13-14)
Le chemin large représente la vie vécue indépendamment de Dieu. Le chemin étroit est celui de la repentance, de la foi et de l’obéissance. Ce chemin peut être difficile. Il implique parfois de renoncer à des désirs profondément enracinés. Mais il conduit à la vraie vie, celle qui se trouve dans la communion avec Dieu.
L’espérance chrétienne demeure entière. Aucun péché n’est plus grand que la grâce de Dieu. Aucun combat n’échappe à sa connaissance. Aucun homme ni aucune femme n’est hors de portée de son amour.
« Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner et pour nous purifier de toute iniquité. » (1 Jean 1:9)
Dieu appelle chacun à venir à Christ tel qu’il est. Mais il ne laisse jamais celui qui vient à lui dans son état initial. Par l’action du Saint-Esprit, il le transforme progressivement à l’image de son Fils.
« Si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création. » (2 Corinthiens 5:17)
Ami, si vous vous reconnaissez dans ces lignes, sachez que Dieu vous connaît parfaitement. Il connaît vos luttes, vos blessures, vos questionnements et vos aspirations les plus profondes. Mais Il vous appelle aussi à trouver votre identité non dans vos désirs, quels qu’ils soient, mais dans la vérité de sa Parole.
L’Évangile ne demande pas simplement de croire que Dieu existe ; il appelle chacun à croire Dieu, à recevoir ce qu’Il dit sur notre condition, sur notre péché et sur son salut en Jésus-Christ.
La repentance n’est pas une condamnation, mais une invitation. Christ reçoit tous ceux qui viennent à lui avec foi. Il pardonne, restaure et transforme progressivement ceux qui lui appartiennent.
La question ultime n’est donc pas : Que ressentez-vous ? mais : À qui appartenez-vous ? Car celui qui appartient à Jésus-Christ trouve en lui son identité, son pardon, sa force et son espérance.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
La ferme condamnation des passeurs d’immigrés par le pape
Hier matin, lors d’une rencontre avec les organisations d’intégration des migrants, le pape Léon XIV s’est élevé contre les marchands de chair humaine :
[…] Depuis cette place, je tiens à adresser un message clair à ceux qui exploitent le désespoir ; à ceux qui organisent des routes de la mort, font du trafic d’êtres humains, retiennent des documents, exploitent les travailleurs, menacent les femmes, trompent les familles et transforment la souffrance des autres en affaire. Arrêtez-vous. Convertissez-vous (cf. Mc 1, 15). Les larmes et le sang de ces frères crient à Dieu et leurs souffrances arrivent jusqu’à Lui (cf. Gn 4, 10 ; Ex 3, 7-9). L’argent arraché à la vulnérabilité des pauvres ne donnera ni paix, ni honneur, ni avenir (cf. Jr 22,13 ; Jc 5, 1-6).
Pour chaque vie perdue, chaque famille trompée, chaque corps soumis, chaque femme menacée, chaque travailleur exploité, ils devront comparaître devant la justice divine (cf. 2 Co 5, 10). Brisez ces chaînes et affranchissez ceux qui sont sous le joug (cf. Is 58, 6). Restituez ce qui a été pris et faites réparation dès que possible. Revenez pendant qu’il est encore temps, car la miséricorde de Dieu peut atteindre même le pécheur le plus endurci, mais elle n’entre que par la porte étroite de la vérité, de la justice et de la conversion (cf. Ez 33, 11). […]
Loi euthanasie : Prions la Très Sainte Vierge Marie pour qu’Elle évite ce malheur à la France
Communiqué de Notre-Dame de Chrétienté :
Chers pèlerins et amis de Notre-Dame de Chrétienté,
À l’approche du 18 juin, date ultime à laquelle le Conseil constitutionnel doit se prononcer sur la demande de référendum concernant la loi sur l’euthanasie, nous invitons tous les pèlerins et amis de Notre-Dame de Chrétienté à prier chaque jour le chapelet pour demander à la Sainte Vierge de protéger la France et ceux qui y habitent de la malice de cette loi mortifère. Dans ses derniers remaniements du 8 au 10 juin dernier, la proposition de loi aboutit au pire :
⚠️ Tous ceux qui se sentiront seuls, auront peur de peser sur leur entourage, n’auront pas accès aux soins palliatifs ou seront victimes de pression implicites ou explicites, n’auraient plus qu’à “choisir” entre suicide assisté et euthanasie ;
⚠️ La mort provoquée par euthanasie ou suicide assisté serait qualifiée de « mort naturelle » sur les actes de décès ;
⚠️ Les personnes vulnérables – sous curatelle ou tutelle, déficients intellectuels… – (qui ne peuvent même pas signer un chèque) pourraient demander à être « suicidées » ;
⚠️ Les dirigeants des établissements catholiques de santé ou de retraite auraient l’obligation d’organiser la mise en œuvre de tels actes si des patients ou résidents le leur demandaient ;
⚠️ Les pharmaciens n’auraient pas non plus droit au respect de leur liberté de conscience et seraient tenus de fabriquer les produits létaux sur demande.
🗓️ Le calendrier parlementaire prévoit de faire passer cette loi d’ici le 15 juillet. Seule la procédure référendaire offrirait le temps d’un véritable débat national sur un sujet aussi grave : la décision du Conseil constitutionnel revêt donc une importance capitale.

🙏 Face à cet enjeu de civilisation, confions à Notre-Dame de la Sainte Espérance les membres du Conseil constitutionnel et nos gouvernants. Alors que la France, Fille aînée de l’Église, s’apprête à accueillir le Saint-Père dans les prochains mois, demandons la grâce d’un sursaut spirituel pour notre pays, afin qu’il demeure fidèle à sa vocation de défense de la vie et de la dignité de toute personne humaine.
Du 13 au 18 juin, unissons nos chapelets avec confiance : Notre-Dame de la Sainte Espérance, convertissez nous et sauvez la France !
Identité ou Foi : qui sont ces identitaires catholiques ?
L’enquête récente de La Croix L’Hebdo accuse la jeunesse patriote et enracinée d’instrumentaliser le catholicisme à des fins politiques. Mais qu’en est-il réellement ? Dans cette vidéo, Academia Christiana brise les caricatures médiatiques pour répondre aux polémiques et expliquer pourquoi l’amour de la Patrie charnelle trouve son accomplissement naturel dans la découverte de l’Église et l’amour du Christ.
Son objectif est de répondre aux interrogations régulières du public et dévoiler la réalité concrète des actions. Cette vidéo aborde notamment un phénomène marquant : l’accueil massif de nouveaux convertis. Aujourd’hui, environ la moitié des participants sont des jeunes qui n’ont pas grandi dans des familles chrétiennes. Animés par une quête de sens, ils trouvent un carrefour de rencontres où ils ne sont jamais jugés. Ce cadre de convivialité devient bien souvent la première étape d’un retour à la foi ou d’une démarche vers le baptême.
Nuit Blanche à Paris : la réponse du curé de l’église Saint-Laurent
Communiqué de l’abbé Paul Dollié, curé de l’église Saint-Laurent à Paris, à propos de la participation de sa paroisse à la Nuit Blanche :
La vérité vous rendra libres (Jean 8,32)
Pourquoi ai-je accepté l’œuvre de Marie-Luce Nadal Sous la peau du ciel à l’église Saint-Laurent ?
Voici les faits. L’association « Art, culture et foi », intermédiaire entre la mission Nuit Blanche de la Ville de Paris et le diocèse, est venue vers moi le 3 février 2026 pour me proposer d’accueillir une œuvre sonore dans le cadre de la Nuit Blanche. Voici comment la proposition m’a été faite : « Parmi les œuvres retenues par la Ville, nous cherchons à sélectionner celles qui présentent un caractère de spiritualité ou, à défaut, au moins de méditation. Nous y voyons l’occasion de montrer que le monde religieux est ouvert à l’art contemporain, qui est lui aussi une façon de rendre sensible l’invisible. »
J’ai vu que cette œuvre était respectueuse du lieu, qu’il n’y avait pas d’éléments contraires à la foi. L’autel, l’espace liturgique et les confessionnaux, qui représentent le tiers de l’église, n’ont pas été occupés et, dans les souhaits ou vœux émis tout au long de la soirée sur le « tissu sonore », il n’y avait pas de propos blasphématoires (CEC 2148).
J’ai accepté, car l’œuvre artistique, dans sa mise en place, n’empêchait pas l’adoration du Saint-Sacrement, qui est continue dans notre église. Pour information, je n’accepte aucun concert pendant les heures d’ouverture de l’église, qui sont des heures consacrées à la prière.
J’ai vu dans cette proposition une chance pour notre paroisse d’accueillir un public différent, une façon d’offrir à des personnes qui visitent rarement les églises d’amorcer un chemin vers un questionnement sur le sens de leur vie et la vérité de l’Évangile. Bref, pour reprendre le canon 1210 du Code de droit canonique, d’être un lieu de religion, au sens étymologique, re-ligare, un lieu qui relie à Dieu. J’ai eu, durant la Nuit Blanche, des rencontres dans ce sens.
Face à ce projet, sans chercher à me rencontrer, des défenseurs de la pureté du lieu, qui n’ont aucun lien avec mes paroissiens, ont, en début de soirée, empêché l’accès à l’église en utilisant le nom de Dieu à faux (Ex 20,7 ; CEC 2146). Quel dommage ! N’étaient-ils pas ceux qui pouvaient montrer à ses visiteurs que l’Église n’est pas simplement un édifice de pierres, mais une communauté capable de mettre le pied du visiteur sur la première marche de la foi ?
Pour information, je n’ai pas reçu un centime pour avoir ouvert mon église ; l’intérêt n’était pas lucratif mais pastoral : puisque nous sommes si timides pour rencontrer le monde, acceptons que le monde vienne à nous sans lui fermer la porte.
Je fais un vœu. Que tous ceux qui ont un zèle pour la pureté de nos temples de pierre aient la même passion pour le temple de chair que sont nos frères en humanité (Mt 25,40 ; 1 Co 12,27).
J’aimerais que nous, chrétiens, défenseurs du sacré, nous ayons la même énergie pour prendre concrètement en charge ceux qui croisent notre route, dans leurs besoins matériels et spirituels.
J’ai malheureusement, sur mon territoire paroissial, plusieurs visages bien concrets qui, aujourd’hui, attendent une main tendue pour sortir de l’humiliation.
La Cour de justice de l’Union européenne attendue sur la lutte contre la pornographie
Communiqué de Juristes pour l’enfance :
Le droit français sanctionnant l’exposition des mineurs à la pornographie est-il applicable aux sites internet établis dans un autre État membre de l’Union européenne mais diffusant leur contenu pornographique sur le territoire français ?
Voilà la question à laquelle la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) doit répondre mardi prochain 16 juin 2026, dans l’affaire WebGroup Czech Republic et NKL Associates.
La CJUE a été saisie par le Conseil d’État en mars 2024 dans le cadre d’un renvoi préjudiciel. Les questions préjudicielles posées à la CJUE visent à trancher un point crucial pour la protection des enfants français, que l’on peut résumer ainsi : la France est-elle en droit d’imposer ses règles de protection des mineurs à des sites internet établis dans un autre État membre mais accessibles depuis son territoire ? Et peut-elle les sanctionner lorsque ces sites ne se conforment pas à ces règles, c’est à dire se refusent à contrôler l’âge des internautes qui accèdent à leur contenu pornographique ?
En l’espèce, les sociétés WebGroup Czech Republic et NKL Associates, établies en République tchèque et exploitant des sites à caractère pornographique, contestent le principe de l’application de la réglementation française interdisant l’exposition des mineurs à des contenus pornographiques. À l’appui de leur recours, elles invoquent le droit de l’Union européenne, et plus particulièrement le principe du « pays d’origine », selon lequel un prestataire de services en ligne est en principe soumis à la législation de l’État membre dans lequel il est établi hormis quelques exceptions prévues au texte notamment en matière de protection des mineurs.
Parallèlement, depuis le 14 juillet 2025, l’Union européenne a adopté, par l’intermédiaire de la Commission européenne, des lignes directrices relatives à l’article 28 du Digital Service Act. L’article 28 du DSA impose aux plateformes accessibles aux mineurs de garantir un niveau élevé de protection de confidentialité, sûreté et sécurité des mineurs. Les lignes directrices accordent une importance particulière au contrôle de l’âge notamment pour l’accès aux sites pornographiques. Elles préconisent le recours à des mécanismes de vérification ou d’estimation de l’âge qui soient fiables, efficaces et respectueux de la vie privée.
Grâce à ces lignes directrices établies par l’Union européenne, certaines obligations européennes harmonisées s’imposent directement aux plateformes, ce qui modifie partiellement l’articulation avec le principe du pays d’origine.
Si les mécanismes prévus par le DSA et ses lignes directrices permettent désormais de mettre en demeure ou même de poursuivre un État membre qui ne garantirait pas une protection suffisante des mineurs contre l’exposition à des contenus pornographiques, une décision de la CJUE consacrant une interprétation favorable à un niveau élevé de protection des mineurs constituerait néanmoins un signal fort. Elle renforcerait les efforts visant à inciter les États membres encore réticents à mettre en œuvre des dispositifs de protection efficaces et contribuerait ainsi à une harmonisation plus homogène de la protection des mineurs au sein de l’Union européenne.
Academia Christiana lance une formation en ligne gratuite
Bien commun, justice, autorité, liberté, loi naturelle… Ces mots reviennent sans cesse dans le débat public, et pourtant rares sont ceux qui pourraient en donner une définition précise.
Academia Christiana lance une formation en ligne gratuite : une introduction claire et vivante à la philosophie politique classique.
En 7 jours, à raison de 5 à 10 minutes par jour sur téléphone ou ordinateur, ce parcours propose de se réapproprier l’héritage d’Aristote et de saint Thomas d’Aquin.
Aucun prérequis n’est nécessaire. Chaque leçon quotidienne comprend un texte de fond, un lexique, une lecture classique commentée, une vidéo et un quiz. Une occasion unique de s’extraire du prêt-à-penser pour acquérir des repères solides au service de la Cité.
Du traditionalisme aux sacres contre la volonté du pape : un ouvrage de circonstances… !
Cette présentation du livre intitulé « Est-il possible de conférer l’épiscopat contre la volonté du pape ? » d’un « collectif de catholiques perplexes » est un extrait de son « Préambule » (pp. 5-9).
Le traditionalisme : une fidélité catholique mise en péril par une crise sans précédent ?
Si le traditionalisme existe et perdure, c’est en raison de la crise profonde que traverse l’Église. Cette crise apparaît sans précédent, en ce qu’elle implique depuis le dernier concile une majorité de la hiérarchie ecclésiastique, jusqu’au pape lui-même, dans l’exercice souvent déficient des pouvoirs de gouvernement, d’enseignement et de sanctification.
Face à cette situation, de nombreux fidèles — laïcs comme membres du clergé — ont choisi de demeurer fidèles à la tradition de l’Église afin de conserver et de transmettre intégralement la foi catholique. Leur réaction se manifeste notamment par le refus de certains enseignements, de liturgies ou d’abus d’autorité qu’ils considèrent contraires ou étrangers à la Révélation, telle que vécue et exprimée par la discipline, la liturgie et l’enseignement multiséculaires de l’Église.
Pour ceux qui douteraient de la gravité ou de la réalité encore actuelle d’une crise sans précédent, deux de ses signes objectifs devraient les alerter.
Le premier concerne la pratique de la communion dans la main. […]
Le second signe réside dans le manque de clarté doctrinale, voire la propagation d’erreurs graves observée dans les enseignements épiscopaux et même pontificaux depuis le Concile Vatican II. […]
Le traditionalisme : une résistance fidèle durement combattue
À cela s’ajoute une véritable marginalisation, voire une persécution des prêtres et des fidèles désireux de demeurer attachés, au moins à titre prudentiel, à la liturgie et au catéchisme traditionnels.
La possibilité pour les prêtres de vivre pleinement de ces canaux de la Tradition hérités de l’Église, dans la subordination aux papes et aux pasteurs légitimes, est bien souvent rendue très douloureuse. En effet, la plupart des membres de la hiérarchie considèrent cela non comme un droit légitime que le Siège Apostolique leur demanderait de reconnaître, mais comme une simple concession pouvant être accordée au cas par cas et révocable à tout moment.
Pire, cet attachement aux canaux de la Tradition est même présenté comme un obstacle à la communion ecclésiale. Celle-ci tend alors à être définie, dans les faits, davantage par une obéissance servile que par une vertueuse subordination aux pasteurs légitimes, une profession intégrale de la même foi et une participation au même culte.
Aucune position traditionaliste n’est sans risque malgré les intentions catholiques de leurs défenseurs…
Force est de constater qu’aucune des réponses institutionnelles apportées à la crise de l’Église — qu’il s’agisse de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X ou des communautés dites ex-Ecclesia Dei — n’est exempte de risques au regard de la communion ecclésiale bien comprise.
Pour la première, le danger souvent évoqué est celui d’un schisme pratique, marqué par une autocéphalie de plus en plus revendiquée et une remise en cause de la théologie catholique de l’Église, notamment en ce qui concerne son indéfectibilité, son magistère ou la nécessité de lui appartenir par le lien de la subordination effective à la hiérarchie.
Pour les secondes, le risque serait plutôt celui d’une relativisation des problèmes doctrinaux, liturgiques et pastoraux suscités par les réformes récentes et certains enseignements de la hiérarchie, au point de prendre le risque de compromettre la profession intégrale et claire de la foi que l’on doit, sinon en justice du moins en charité, aux âmes troublées.
Cela étant posé, il convient de distinguer ce qui, dans les prises de position de ces communautés, relève des limites et des faiblesses humaines, de ce qui procède d’une véritable position de principe.
Une étude sur la possibilité de sacrer des évêques contre la volonté du pape que nous espérons constructive
Cette étude n’est pas une remise en cause des intentions catholiques de Monseigneur Lefebvre ou de sa fraternité, qui sont victimes de la crise de l’Église comme tous les catholiques soucieux de le demeurer entièrement. D’autant plus qu’il est probable que, sans son œuvre, la liturgie traditionnelle aurait quasi-disparu et que la plupart des communautés traditionnelles de tous bords n’existeraient pas.
S’autoriser à remettre en cause la possibilité de consécrations épiscopales réalisées contre la volonté du pape n’implique pas de réduire la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X à cette seule décision, ni d’adhérer nécessairement à l’ensemble des positions défendues par certains supérieurs ou théologiens des communautés ex–Ecclesia Dei.
Nous sommes bien conscients qu’aborder la question des sacres épiscopaux contre la volonté du pape est une question chargée d’histoire et de passions, qui nous replonge fatalement vers les sacres de 1988 et l’œuvre de Monseigneur Lefebvre… Cependant, il ne faudrait pas que le poids de l’histoire, de la piété filiale pour les uns, de la douleur pour les autres, nous empêche d’analyser la question à nouveaux frais. Les circonstances qui ont conduit Monseigneur Lefebvre à sacrer quatre évêques en 1988 sont-elles les mêmes aujourd’hui ? L’hypothèse de la vacance du Siège Apostolique pour rendre compte de la crise de l’Église n’est-elle pas encore plus invraisemblable aujourd’hui qu’hier ?
De même que les historiens ont pu s’emparer de la question avec une attitude moins passionnée, il nous semble que l’approche théologique reste possible aujourd’hui sans s’ancrer dans l’événement du 30 juin 1988.
C’est dans cette perspective que nous souhaitons aborder la catholicité des consécrations épiscopales prévues le 1er juillet prochain par la Fraternité Saint-Pie X, dans le cas où elles auraient lieu en opposition avec le pape. Ainsi, nous entendons offrir des éléments de réflexion et de discernement à tous les catholiques de bonne volonté qui ne doivent pas demeurer dans l’ignorance des difficultés que soulèveraient de tels sacres au regard de la constitution divine de l’Église et de la Tradition, constitutive de la Révélation.
Dans ce qui suit, nous souhaitons présenter au lecteur le fruit d’une réflexion menée par plusieurs prêtres et laïcs autour de cette question particulièrement délicate. Notre intention est de l’aborder avec honnêteté, rigueur et sérénité, en évitant aussi bien les jugements passionnels que les approches purement pratiques ou utilitaires. C’est d’ailleurs la principale raison de l’anonymat des auteurs de cette étude. Puisse cet anonymat permettre au lecteur d’examiner les arguments exposés sans être influencé par la sympathie ou l’antipathie qu’il pourrait spontanément éprouver à l’égard des communautés auxquelles ces auteurs appartiennent, ou dont ils sont proches en tant que fidèles.
Collectif de catholiques perplexes
(composé de prêtres et de fidèles proches de différentes communautés traditionnelles, y compris de la Fraternité Saint-Pie X.)
Ps : Le livre est disponible sous 48h pour le modeste prix de 9,5 euros, ici : https://www.amazon.fr/possible-conf%C3%A9rer-l%C3%A9piscopat-contre-volont%C3%A9/dp/B0H2Q9FLGQ
“Très chers prêtres, renouvelez chaque jour votre “me voici” devant le Cœur transpercé du Christ”
Message du Saint-Père aux prêtres à l’occasion de la Journée pour la sanctification sacerdotale :
Très chers frères prêtres,
en ce jour où l’Église contemple le Cœur transpercé de son Seigneur, d’où jaillit une source inépuisable de paix et d’unité pour tout le genre humain, j’adresse d’abord à moi-même et à vous tous les paroles que Dieu a dites au peuple d’Israël : « Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint » (Lv 19, 2 ; cf. 1 P 1, 16). Cet appel divin traverse les siècles, résonnant encore aujourd’hui avec force pour chaque croyant et, d’une manière particulièrement exigeante, pour nous, prêtres. La sainteté n’est pas une option parmi d’autres ni un idéal abstrait : elle met en jeu l’identité même de toute personne qui veut participer à la vie du Ressuscité.
La sainteté est une participation au mystère du Christ
Dieu nous invite à participer à sa propre sainteté. Lorsqu’il nous appelle à être saints parce que Lui est saint, il nous montre le chemin à suivre : nous laisser modeler selon son Cœur. Et pour nous, très chers frères, cet appel est particulièrement radical. Le Seigneur a promis : « Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur, qui vous guideront avec science et intelligence » (Jr 3, 15). La sainteté qui nous est demandée est un abandon confiant : nous laisser transformer par son Saint-Esprit. Et pourtant, c’est précisément là qu’apparaît le grand paradoxe de notre vie sacerdotale : nous sommes appelés à participer à la sainteté même de Dieu, mais nous portons ce trésor dans des vases d’argile (cf. 2 Co 4, 7), nous sommes limités et imparfaits, souvent marqués par des faiblesses et des fatigues, parfois par des blessures. Comment un cœur humain, si vulnérable, peut-il répondre à un appel si élevé ? Le prêtre vit cette tension, mais il sait où trouver la paix : dans le côté ouvert du Seigneur Jésus.
Un chemin d’union
L’union de notre cœur avec le Cœur du Christ n’est pas une expérience réservée à quelques élus, mais un chemin sacramentel, eucharistique, qui se réalise au quotidien. Très chers frères, lors de notre ordination, nous avons été configurés au Christ, mais il convient de raviver sans cesse en nous le don de la grâce par la célébration quotidienne de l’Eucharistie, la prière, la méditation de la Parole de Dieu et le service humble envers nos frères et sœurs. Restons unis au Christ en tout : dans ce que nous faisons et dans ce qui nous arrive au quotidien. Alors la sainteté, recherchée en vain par des efforts isolés, se révélera pour ce qu’elle est : une réponse à la grâce qui nous précède, nous soutient, nous transfigure. Il n’y a pas, en effet, de séparations dans notre humanité. La prière, le ministère, les relations, la fatigue, les joies et les échecs, même le temps apparemment perdu ou l’amour qui semble gaspillé, tout devient un lieu privilégié où se révèle Dieu et son amour infini.
Le prêtre au cœur intègre, simple et pur, est contemplatif au beau milieu de l’action, miséricordieux, fidèle dans l’épreuve, joyeux dans le don de soi. Le monde a grand besoin de pasteurs qui n’offrent pas seulement des paroles ou des programmes, mais le témoignage vivant d’un cœur réconcilié, répandant le bon parfum de la sainteté du Christ. Une vie sacerdotale solide et configurée au Cœur de Jésus est un signe crédible d’unité, de paix et de miséricorde. Ainsi, en une époque marquée par les divisions et les peurs, nous pouvons être des artisans de paix, des témoins de la tendresse du Bon Pasteur, qui sait rassembler ceux qui sont dispersés et soigner ceux qui sont blessés, et notre zèle n’est pas de l’agitation, mais le débordement d’un amour qui « est extase, sortie, don, rencontre » (François, Lettre encyclique Dilexit nos, n. 28).
Le Cœur du Christ est le cœur des saints
La réponse à la vocation à la sainteté ne réside pas tant dans l’effort d’ascèse et de perfection, bien que nécessaire, mais dans l’adhésion confiante à l’amour révélé dans le Cœur transpercé de Jésus. L’apôtre Jean nous fait contempler le côté ouvert du Crucifié (cf. Jn 19, 34), dans lequel Dieu nous montre définitivement comment Il est saint : non pas dans la distance inaccessible d’une perfection séparée, mais dans un amour qui se donne jusqu’à se laisser blesser et qui peut ainsi devenir source de miséricorde et de vie. Le Sacré-Cœur de Jésus est l’icône par excellence de l’amour de Dieu : un amour tout-puissant précisément parce qu’il est capable de se rendre vulnérable, de transformer la souffrance en grâce, la douleur en espérance.
Ce Cœur béni est donc le “lieu” où la sainteté se manifeste comme proximité et tendresse. La sainteté du prêtre peut alors s’exprimer dans une proximité humble et courageuse, en étant de tous et pour tous, en gardant ouverte la porte de l’enclos afin que beaucoup puissent entrer et trouver pâturage et repos (cf. Jn 10, 9). C’est pourquoi il nous est demandé une relation avec Dieu qui ne nous éloigne pas des hommes, mais qui nous rende proches de tous, qui façonne en nous des cœurs patients, tendres, capables de proximité, de compassion et d’écoute. Ainsi, l’union de notre cœur imparfait avec le Cœur transpercé de Jésus, réalise notre chemin de sainteté. Ce n’est plus nous qui vivons, mais le Christ qui vit en nous (cf. Gal 2, 20). Une telle sainteté ne se vit pas tout seul. Prenez soin de la fraternité sacerdotale : recherchez-vous, écoutez-vous, soutenez-vous. Le prêtre qui s’isole s’éteint peu à peu ; le prêtre qui marche avec ses frères grandit. Saint Augustin nous le rappelle encore : « Comment ne pas nous retrouver dans les ténèbres ? En aimant nos frères. Quelle est la preuve que nous aimons nos frères ? Celle-ci : que nous ne rompions pas l’unité et que nous observions la charité » (In Epist. Io. ad Parthos II, 3).
Très chers prêtres, renouvelez chaque jour votre “me voici” devant le Cœur transpercé du Christ. Abandonnez-vous totalement à Lui, afin de pouvoir aimer son peuple de l’amour même dont Il l’aime. Et rappelez-vous avec joie, comme aimait à le répéter le Saint Curé d’Ars, que « le sacerdoce, c’est l’amour du Cœur de Jésus » (cf. Benoît XVI, Lettre pour la proclamation de l’Année sacerdotale [16 juin 2009], 569). Cet amour est le gage et la garantie que rien de nous ne sera perdu, si tout de nous est remis et offert. Je vous confie tous et chacun à la Vierge Marie, Mère des prêtres. Elle qui a gardé dans son cœur le mystère de son Fils, qu’elle nous enseigne à garder et à faire battre en nous le Cœur du Christ, Sauveur du monde.
12 juin 2026, solennité du Sacré-Cœur de Jésus.
LÉON PP. XIV
