Le souffle du vouloir : retrouver l’équilibre au cœur de la foi
L’illusion de la psychologisation à outrance
Il est un sujet qui, aujourd’hui, semble avoir presque disparu de nos conversations sur le bien-être : celui de la force morale et de la discipline intérieure. Dans un monde qui privilégie le ressenti immédiat, parler de « vertu » ou de « volonté » paraît démodé, voire suspect d’austérité. Nous vivons une époque où l’on « psychologise » tout à l’excès. Au moindre signe de mal-être, le réflexe est de courir chez l’expert, cherchant un diagnostic libérateur ou une explication extérieure, sans jamais interroger la pratique de nos propres vertus. C’est un oubli dommageable : en déléguant notre paix intérieure à des thérapies, nous oublions que nous possédons, en nous-mêmes, les outils les plus robustes pour construire notre sérénité.
Ce sentiment d’être « mal dans sa peau » est trop souvent traité comme une simple panne mécanique. Pourtant, comme le soulignait Henri Daniel-Rops dans son essai prophétique Vouloir, la santé de l’esprit est d’abord une conquête de la volonté sur le laisser-aller de la sensibilité. Le drame de l’homme contemporain est celui de l’éparpillement : nous « voulons » mille choses contradictoires, nous dispersant dans une agitation qui épuise notre psychisme. Cette fragmentation nous rend vulnérables à l’émotion « subie », ce moment où la peur, la rancœur ou l’emportement prennent le commandement. Pour retrouver l’équilibre, il nous faut redécouvrir le miracle de l’action choisie. Transformer une émotion qui nous assaille en un acte volontaire, c’est décider que l’intelligence, soutenue par la Grâce, reprend le gouvernail.
Un retentissement social : l’urgence du Vouloir
Le non-respect de cette discipline individuelle ne s’arrête pas à la sphère privée ; il retentit sur toute la société. Une collectivité composée d’individus qui ne pratiquent plus la maîtrise de soi devient inévitablement une société plus violente, plus nerveuse, où l’échange s’efface devant le cri. Sans la vertu de tempérance, l’écoute d’autrui devient impossible, car chacun est prisonnier de sa propre tempête intérieure. Il y a donc une urgence sociale à réhabiliter le « Vouloir » : la paix publique n’est que la somme des paix intérieures.
Les piliers de la reconstruction
Cette maîtrise de soi commence par la tempérance, que l’on gagne à voir comme une véritable hygiène de la liberté. En réglant nos appétits — qu’il s’agisse de la consommation d’images, de bruits ou de paroles impulsives — nous protégeons notre système nerveux et créons ce confort sensoriel dont l’âme a besoin pour respirer. Pour le chrétien, cette tempérance trouve sa plénitude dans la prière. S’arracher au flux du monde pour se placer devant l’Éternel est l’acte de volonté par excellence ; c’est là que se forge une sécurité émotionnelle que les thérapies seules ne peuvent offrir.
À cette paix des sens doit s’ajouter la force d’âme, cette colonne vertébrale qui transforme la plainte en persévérance. La santé mentale ne consiste pas à éviter l’épreuve, mais à posséder une structure intérieure capable de la porter sans s’effondrer. Daniel-Rops nous enseigne que vouloir, pour un croyant, c’est d’abord « vouloir ce que Dieu veut ». Cette adhésion transforme le courage en Espérance : on ne porte plus sa croix seul, on la porte vers la Lumière. Cette force d’âme nous rappelle que nous sommes toujours plus grands que nos difficultés dès lors que nous acceptons d’être aimés et portés.
L’ancrage final de cet équilibre est la prudence, cette vertu du discernement qui nous ramène sans cesse au réel. L’angoisse est souvent une maladie de l’imaginaire qui invente des futurs sombres. La prudence, éclairée par le don de Conseil, nous demande simplement : « Que puis-je faire de juste, ici et maintenant ? ». En simplifiant ainsi notre regard, en triant l’essentiel de l’accessoire sous le regard de Dieu, nous apaisons notre esprit. La prudence nous garde des complications inutiles et nous ancre dans la vérité du moment présent. Elle est la condition d’un dialogue authentique avec l’autre, car elle impose la pause nécessaire à la compréhension.
Conclusion : La Joie comme Victoire
En définitive, pratiquer la maîtrise de soi, la force et le discernement, c’est se traiter avec la même miséricorde que le Seigneur a pour nous. Daniel-Rops affirmait que la tristesse est souvent le fruit d’une volonté démissionnaire, tandis que la joie est une conquête. L’équilibre psychologique est donc une amitié avec soi-même qui s’épanouit dans l’effort et se fortifie dans la prière. Le « Vouloir » n’est plus alors un fardeau moral, mais l’instrument de notre dignité retrouvée et le seul rempart contre une société du chaos. En habitant nos vertus, nous trouvons le chemin le plus sûr vers une paix qui, tout en nous guérissant, guérit aussi le monde autour de nous.
Épilogue : Le courage de commencer
Tout grand édifice commence par la pose d’une première pierre, souvent humble et invisible. Il en va de même pour la santé de l’âme. Si l’horizon de la maîtrise de soi et de la paix intérieure peut sembler lointain, il ne demande pas d’héroïsme immédiat, mais simplement le courage de commencer par un « petit vouloir ».
Choisissez une seule émotion subie — une impatience, un agacement ou une peur — et décidez, par un acte pur de votre volonté, d’y répondre par une action choisie. C’est dans ce décalage infime, là où vous reprenez les commandes avec l’aide de Dieu, que commence votre véritable guérison. Ce n’est pas seulement votre équilibre que vous restaurez, c’est votre dignité d’homme libre.
Le chemin est tracé. Il ne reste qu’à vouloir.
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Au pied de la Croix, la fidélité de Marie
Au fil de la Semaine Sainte, la liturgie nous conduit progressivement vers les heures les plus sombres : celles de l’abandon, de la trahison et du sacrifice.
Dans ce moment où tout vacille, l’Évangile montre une réalité sobre : beaucoup s’éloignent. Les foules changent, les disciples se dispersent, et même les plus proches chancellent.
Mais quelques-uns demeurent.
Parmi eux, la Vierge Marie occupe une place singulière. Elle ne parle pas, elle ne se révolte pas, mais elle est là. Sa présence au pied de la Croix est sans doute l’un des témoignages les plus profonds de fidélité que nous ait transmis la tradition chrétienne.
Contempler la Passion à travers son regard permet de retrouver une dimension essentielle de la foi : non pas chercher à comprendre à tout prix, mais consentir, offrir, demeurer.
C’est ce que propose également le parcours de prière « La Semaine Sainte vue du cœur de Marie », proposé par l’artiste Prénom Marlène sur Hozana, qui accompagne ces jours décisifs par une méditation quotidienne enracinée dans l’Écriture.
Dans un monde marqué par l’évitement de la souffrance et du sacrifice, cette invitation à rester au pied de la Croix prend une résonance particulière.
Euthanasie : quelles dispositions pour que la France ne soit pas mise en porte-à-faux avec ses engagements internationaux ?
Question écrite du député Marie-France Lorho au ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées concernant la mise en conformité de la France sur ses engagements internationaux :
Mme Marie-France Lorho interroge Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées sur les dérives contenues par la proposition de loi sur l’aide à mourir, pointées du doigt par le Comité des droits des personnes handicapées. Au mois de septembre 2025, le Comité des droits des personnes handicapées a fait part de ses inquiétudes quant à la proposition de loi sur l’aide à mourir. Cette institution considère dans un rapport que cette proposition de loi « constituerait une violation de l’obligation de la France de respecter, protéger et garantir le droit à la vie des personnes handicapées » : les critères d’éligibilité, qui sont directement associables au handicap ; les refus d’adoption d’amendements destinés à une meilleure information des personnes handicapées sur les soins et accompagnements disponibles ; la rapidité de la procédure ou le « délit d’entrave » constituent tant de points sur lesquels les personnes handicapées sont inquiètes. En vertu de la ratification qu’elle a apportée à la Convention relative aux droits des personnes handicapées, dont le comité est le relais, la France est tenue de faire primer cette autorité supérieure à celle des lois (article 55 de la Constitution). Aussi, elle souhaite savoir quelles dispositions elle entend prendre pour que la France ne soit pas mise en porte-à-faux avec ses engagements internationaux.
D’Artagnan aurait été retrouvé
Un squelette qui pourrait être celui de d’Artagnan a été découvert dans une église de Maastricht aux Pays-Bas, ville dans laquelle le célèbre mousquetaire est décédé il y a plus de 350 ans. Il a été retrouvé dans la nef d’une église dont les racines remontent au moins au XIIIe siècle, lors de travaux de réparations liés à l’effondrement d’une partie du sol.
Charles de Batz de Castelmore, dit d’Artagnan, mousquetaire des rois Louis XIII et Louis XIV, originaire de Lupiac (Gers) a passé sa vie au service de la couronne de France. Ce gentilhomme gascon a inspiré au XIXe siècle à Alexandre Dumas son héros des Trois mousquetaires.
Durant le siège de Maastricht en 1673, le mousquetaire a été tué, vraisemblablement par balle de mousquet. Son lieu de repos est depuis resté un mystère. Le diacre Jos Valke, présent lors de la première fouille, explique qu’une pièce française a été retrouvée à côté.
«De plus, l’emplacement de la tombe indique qu’il s’agit d’une personne importante : le squelette se trouvait à l’endroit où se trouvait l’autel et seules des figures royales ou autres figures importantes étaient enterrées sous un autel à l’époque».
Un échantillon d’ADN a été prélevé et est en cours d’analyse.
La fréquentation des sectes occultes, un phénomène croissant encouragé par les réseaux sociaux
Léon XIV a rencontré les dirigeants de l’Association internationale des exorcistes. Parmi leurs priorités figure le nombre croissant de personnes qui font appel à eux après avoir fréquenté une secte. Internet joue également un rôle, a expliqué le vice-président, le père Francesco Bamonte, au journal La Bussola.
L’audience accordée le 13 mars par Léon XIV à Mgr Karel Orlita et au Père Francesco Bamonte, respectivement président et vice-président de l’Association Internationale des Exorcistes (AIE), ne saurait être qualifiée de routinière, à en juger par les nombreux points à l’ordre du jour figurant dans le communiqué publié par l’association, qui regroupe plus de 900 exorcistes à travers le monde. La souffrance trop souvent ignorée de ceux qui subissent l’action extraordinaire du diable, l’engagement de l’Église à libérer ces personnes, les besoins et les lacunes de la formation des exorcistes et des évêques, ainsi que du clergé en général, ne sont que quelques-unes des priorités portées à l’attention du Saint-Père, qui concernent aussi bien ceux qui exercent leur ministère que ceux qui l’ont quitté. Un héritage du passé ? Bien au contraire : sans les diaboliser (il convient de le dire), même les nouvelles technologies peuvent ouvrir la voie à la perdition. Peut-être même en passant par une secte, un phénomène en constante expansion.
Parmi les points soulevés auprès du Saint-Père, « la situation douloureuse et de plus en plus fréquente de personnes profondément perturbées par l’action extraordinaire du diable suite à leur fréquentation de sectes occultes » est frappante. Ce phénomène ne se limite-t-il pas à des cas extrêmes et sporadiques ?
Nombre de personnes perturbées par l’action extraordinaire du diable consultent des exorcistes après avoir fréquenté des sectes occultes. Une telle fréquentation, à l’instar de l’appartenance à des cercles ésotériques ou néo-païens ou du recours à des pratiques magiques, représente sans aucun doute un phénomène croissant, plus répandu et transversal, encouragé par les réseaux sociaux et même l’intelligence artificielle. L’accès à ces milieux dangereux et l’entrée dans ces sphères dangereuses sont ainsi facilités par internet, ainsi que par les appareils électroniques portables du quotidien, comme un smartphone standard.
Les futurs prêtres sont-ils suffisamment formés en démonologie ?
Malheureusement, cette discipline est souvent absente ou insuffisamment abordée dans les programmes de formation des séminaires ou des facultés de théologie. Elle peut être traitée dans le cadre de l’enseignement du dogme, de l’anthropologie théologique, de l’exégèse biblique ou de l’histoire des religions. Depuis plusieurs années, nous constatons toutefois une ouverture croissante dans divers séminaires concernant l’accompagnement pastoral des exorcistes. Des rencontres annuelles y sont organisées avec un prêtre exorciste, reconnu pour sa solide doctrine et son expérience, capable de témoigner de son ministère. Ainsi, la figure du prêtre exorciste deviendra plus familière aux futurs prêtres, favorisant une collaboration plus fructueuse entre prêtres exorcistes et non-exorcistes, pour le bien de nos frères et sœurs victimes de l’action démoniaque.
Les fidèles ont-ils besoin, eux aussi, de quelques connaissances de base sur le sujet ?
Cela peut certainement se faire, par exemple, au sein même des paroisses, grâce à une catéchèse de qualité confiée à des experts. Beaucoup dépend de la sensibilité des curés à ce sujet. Les fidèles sont assurément attentifs et intéressés par des informations exactes sur cette question délicate. L’Association Internationale des Exorcistes, parmi les objectifs énoncés dans ses Statuts, inclut également la promotion d’une juste compréhension du ministère de l’exorcisme au sein du peuple de Dieu. Elle poursuit actuellement cet objectif par le biais d’un site web , de l’émission mensuelle « Père, délivre-nous du malin », aimablement diffusée par Radio Maria chaque deuxième samedi du mois à 21h00, et par des conférences pour les fidèles dans les paroisses qui en font la demande.
Et comment pourrait-on ou devrait-on renforcer la formation spécifique des nouveaux exorcistes ?
Grâce à ses conférences annuelles, ses formations et ses stages de perfectionnement organisés sur tous les continents, l’Association Internationale des Exorcistes, avec un grand engagement et un dévouement sans faille, assure aux exorcistes une formation initiale et continue. La demande est croissante en Italie et à l’étranger, ce qui confirme la valeur de notre travail. Par ailleurs, plusieurs professeurs de notre association sont invités depuis des années à présenter des exposés lors du cours annuel sur le ministère de l’exorcisme, organisé par l’Athénée pontifical Regina Apostolorum de Rome et par le GRIS.
Enfin, une dernière réflexion sur Léon XIV : il fut élu le jour de l’apparition de saint Michel dans la péninsule du Gargan et prit le même nom que le pape Pecci, qui pratiqua l’exorcisme de Léon XIII. Il semble que la référence à son prédécesseur insuffle également l’espoir dans la lutte contre le diable au sein du nouveau pontificat « léonin »…
Le pape Léon XIV nous a accueillis très aimablement et nous a écoutés avec une grande attention. À la fin de l’audience, nous lui avons offert une image en métal de saint Michel Archange, provenant du sanctuaire qui lui est dédié à Monte Sant’Angelo, dans la péninsule du Gargan, en l’assurant que, dans nos prières, nous invoquerions l’intercession de saint Michel et de la Vierge Immaculée auprès de Dieu pour lui, afin de soutenir sa mission très élevée et délicate de Pasteur suprême de l’Église.
Nouvelle union des droites au Parlement européen pour durcir la politique migratoire
Jeudi 26 mars, le Parlement européen a validé un règlement visant à faciliter les «retours» (les reconduites aux frontières). Exit la fameuse directive retour de 2008, jugée trop permissive par de plus en plus d’États membres. 20% seulement des décisions d’expulsion de migrants au sein de l’Union européenne (les OQTF en France) aboutissent réellement. Les députés du PPE et des partis nationalistes ont voté ce texte main dans la main avec des députés du centre.
- Le règlement permet aux États membres d’ouvrir des «hubs», ces fameux centres pour migrants dans des pays en dehors de l’UE. L’objectif, y envoyer des clandestins déboutés du droit d’asile à qui une obligation de quitter le territoire a été signifiée.
- Le texte prévoit aussi des règles et sanctions plus strictes pour les déboutés refusant de quitter le territoire de l’UE, comme des confiscations de documents d’identité, des détentions et des interdictions d’entrée prolongées sur le territoire.
- Le règlement prévoit de repousser le délai de rétention (aujourd’hui de 90 jours maximum en France) jusqu’à 24 mois maximum. Un délai qui peut être prolongé à la discrétion des États membres pour les personnes dangereuses.
- Il inclut une reconnaissance mutuelle des décisions prises par tel ou tel État membre, l’objectif étant par exemple qu’une décision prise en France puisse s’appliquer en Espagne et vice-versa.
Le règlement doit encore faire l’objet de négociations avec le Conseil européen. Pour être adopté définitivement, le règlement devra ensuite faire l’objet d’un dernier vote au Parlement. Le texte pourrait donc entrer en vigueur avant l’été. Si la procédure aboutit, le règlement entrera en vigueur immédiatement dans tous les États membres de l’Union, sans marge de manœuvre possible.
Giorgia Meloni a salué ce texte, y voyant «une politique migratoire enfin plus crédible».
«Il s’agit d’une étape importante pour rendre les retours plus efficaces, renforcer le contrôle des frontières et donner à l’Europe une politique migratoire enfin plus crédible». «L’Europe va enfin dans la bonne direction, sur une ligne que l’Italie a soutenue avec force».
Cette idée a déjà été testée par l’Italie en Albanie. Ce centre est longtemps resté largement vide, en raison d’une série de contestations judiciaires. En février, il accueillait environ 90 personnes, selon une source du ministère italien de l’Intérieur.
François-Xavier Bellamy se félicite :
« La gauche a tenté de faire tomber le texte que nous avions voté en commission il y a deux semaines, avec l’espoir de réunir une majorité en assemblée plénière jeudi, mais la manœuvre a échoué puisque notre texte a finalement été approuvé très largement ».
Marion Maréchal souligne :
C’était une étape historique de la coalition des droites en commission, c’est désormais une victoire en plénière du Parlement européen : le « règlement retour » pour plus de fermeté face aux clandestins a été voté par les députés.
Jordan Bardella salue cette victoire :
Grâce au travail, à l’influence et aux voix des Patriotes, et malgré l’opposition de la gauche, le « règlement retour » vient d’être adopté au Parlement européen. Il est désormais envoyé en trilogue en vue d’une adoption rapide. Une nouvelle étape franchie en faveur du durcissement des politiques migratoires, de la lutte contre l’immigration clandestine et du renforcement de la protection de nos frontières.
Nous venons de voter pour durcir la politique migratoire de l’Union européenne. Ce qui changera concrètement avec ces négociations sur la directive retour : Rétention jusqu’à 24 mois au lieu de 90 jours. L’appel ne suspendra plus l’expulsion. Un étranger pourra désormais être renvoyé vers un pays tiers : fini le blocage quand le pays d’origine refuse. Ce n’est pas aux clandestins de décider de notre politique d’éloignement, mais aux États. Cela n’a été possible que parce que la droite européenne s’est unie. La gauche et le centre s’y sont opposés. Les Français attendent des actes. Ce n’est qu’un premier pas.
Des maires sortants vilipendés par la “nouvelle France” d’extrême gauche
Emission I-Média sur TV Libertés du 26 mars
L’image de la semaine : Des maires sortants vilipendés par la “nouvelle France” d’extrême gauche !
À Creil, Vaulx-en-Velin, Mantes-la-Jolie ou encore Le Blanc-Mesnil, des maires battus ont été hués, insultés, parfois exfiltrés sous escorte policière. Des scènes d’humiliation massivement relayées sur les réseaux sociaux… mais largement minorées par les médias mainstream.
Le dossier du jour : Les fuites de données, un phénomène relativisé ?
243 000 agents de l’Education nationale, 800 000 étudiants du Crous, 1,2 million de comptes bancaires à Bercy, 16,4 millions de dossiers policiers… les piratages massifs se multiplient et des fichiers entiers avec noms, prénoms, adresse, numéro de téléphone, mail, codes, se baladent sur internet. Pourtant, aucun média ne fait le lien entre toutes ces failles alors que l’Etat promeut toujours plus l’identité numérique. Un aveuglement collectif qui met en danger la sécurité des Français et leur vie privée.
Les pastilles de l’info :
– Frontex : Le directeur poursuivi pour “complicité de crimes contre l’humanité” pour… avoir fait son métier
– Montargis : Un maire RN conspué par France Info dans le champ lexical de la peur
– Le Canard enchaîné s’inquiète de l’arrivée du RN et de l’arrêt des subventions aux associations…
– Nelson Monfort, Alain Bauer : les “toutologues”
– Affaire Quentin : Les suites d’un feuilleton médiatique révélateur des dérives de l’info
– Bolloré auditionné à l’Assemblée : Ses répliques cinglantes sur France Télévisions
– Duel Duhamel-Panot sur France Inter
Portrait piquant : Edwy Plenel et le journalisme militant
Chiens rouges : un film pour comprendre autrement les guerres de Vendée
Dans un cinéma français trop souvent oublieux de ses racines et de son histoire, « Chiens rouges », réalisé par Théophane Clochereau, apparaît comme une œuvre rare et courageuse — et d’autant plus remarquable qu’elle a été réalisée avec des moyens dérisoires : à peine 500 euros de budget !
Inspiré d’une histoire vraie, le film nous plonge au cœur de la Guerre de Vendée, cette tragédie longtemps occultée où des Français, enracinés dans leur foi et leur fidélité, se levèrent contre la violence révolutionnaire. Loin des relectures idéologiques habituelles, « Chiens rouges » choisit l’incarnation plutôt que le discours.
Quatre amis, engagés dans une mission secrète, se retrouvent pris dans une spirale qui les dépasse : traque, peur, loyauté, sacrifice. Ce qui devait être une action précise devient une épreuve intérieure, où se révèlent les fidélités profondes — et les failles. C’est dans cette tension que naît leur nom, « Chiens Rouges », à la fois stigmate et signe d’une fidélité poussée jusqu’au bout.
Mais ce qui frappe surtout, au-delà du sujet, c’est la force du résultat : avec presque rien, Théophane Clochereau parvient à créer une atmosphère saisissante, portée par l’engagement de ses acteurs et une réelle justesse de ton. Cette économie de moyens donne au film une authenticité rare, loin des productions formatées.
« Chiens rouges » n’est pas seulement un film : c’est une œuvre habitée, un témoignage, presque un acte de mémoire. À ce titre, il mérite largement d’être découvert, soutenu et diffusé.
https://www.youtube.com/watch?v=_DCC8uz2OE0
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Le Pape est plus libéral que Macron!
Un lecteur nous fait découvrir le podcast Histoire de France de Romain Croisade. La dernière vidéo s’intitule “Le Pape est plus libéral que Macron (et le Roi aussi)”. Bien sûr il y aurait beaucoup de nuances à apporter sur les termes, mais c’est un jeu de chamboule-tout assez divertissant (et souvent instructif):
Ordonner des hommes mariés ? Et les femmes ?
Vous l’avez probablement lu.
Le 19 mars, jour de la Saint-Joseph, l’évêque belge d’Anvers, Mgr Johan Bonny, a annoncé dans une lettre pastorale son intention d’ordonner prêtres des hommes mariés d’ici 2028, argumentant ce choix par le manque de vocation dans son diocèse.
Par ailleurs, il affirme vouloir s’atteler à l’ordination des femmes :
« Un point difficile reste la demande de rendre le sacrement de l’ordre accessible aux femmes, à commencer par l’ordination diaconale. » « L’alternative à l’ordination ne peut pas simplement être la “non-ordination”. »
Sans vouloir faire le tour du sujet dans cet article, voici quelques commentaires.
L’Évangile nous dit :
Matthieu 19, 12 : « Car il y a des eunuques qui le sont dès le ventre de leur mère ; il y en a qui le sont devenus par les hommes; et il y en a qui se sont rendus tels eux-mêmes, à cause du royaume des Cieux. Celui qui peut comprendre, qu’il comprenne ! »
Luc 18, 29-30 : « Jésus déclara : “Amen, je vous le dis : nul n’aura quitté, à cause du royaume de Dieu, une maison, une femme, des frères, des parents, des enfants, sans qu’il reçoive bien davantage en ce temps-ci et, dans le monde à venir, la vie éternelle.” »
Si vous voulez lire une histoire édifiante :
Alors que nous parlons d’ordonner prêtres des hommes mariés, je vous conseille de lire l’histoire de père Jean et de mère Claire. De leur nom de baptême, ils s’appelle Claude d’Elbée (1892-1982) et Louise de Sèze (1894-1980).
Le père Jean est connu pour avoir écrit le livre Croire à l’amour, qui a eu un grand succès et que l’on trouve encore en librairie. Il nous édifie sur l’amour de Dieu à l’école de sainte Thérèse de Lisieux.
Claude et Louise se sont mariés le 31 janvier 1918, dans un vrai mariage d’amour, mais ont reçu ensuite l’appel à se donner pleinement au Seigneur, lui comme prêtre et elle comme carmélite. Après la confirmation de cet appel et le choix d’y répondre, elle est entrée au Carmel de Louvain en 1921, et lui est devenu prêtre chez les pères du Sacré-Cœur de Picpus à Paris. Il a été ordonné le dimanche 2 août 1925.
Au moment de se quitter, ils ont laissé leurs alliances en ex-voto à Paray-le-Monial, pour que seul Jésus les unisse. Ils ont donc choisi la continence pour le Royaume, dans l’état du mariage, en vivant séparés.
Remarquons que plusieurs des apôtres et des premiers évêques ont eu un parcours similaire. En effet, certains comme saint Pierre étaient mariés avant leur appel et leur choix de se rendre « eunuques pour le Royaume ». C’était au début de l’Église, au moment où le célibat sacerdotal est devenu une évidence. Le père Jean et la mère Claire, vivant au siècle dernier, peuvent donc nous aider à comprendre ce choix du célibat sacerdotal.
Ils ont gardé une grande discrétion sur leur parcours particulier durant toute leur vie. Cependant, à la fin de sa vie, Mère Claire a fini par écrire leur histoire, pour éviter toute confusion, et encourager ceux qui ont « quitté femme ou mari » pour le Royaume.
Leur mariage a toujours été considéré comme valide, mais ils ont vécu toute leur vie séparée, par amour du sacerdoce et de la vie consacrée. Puisse cette offrande de leur vie encourager tous ceux qui ont fait ou qui feront le choix d’être « eunuques pour le Royaume ».
Vous trouverez l’introduction de leur biographie ici : https://excerpts.numilog.com/books/9782307091554.pdf
Le livre entier s’achète encore en eBook : https://www.furet.com/ebooks/histoire-de-deux-vocations-qui-n-en-sont-qu-une-pere-jean-et-mere-claire-louise-d-elbee-claire-marie-du-coeur-9782307091554_9782307091554_1.html
En ce qui concerne le projet d’ordination des femmes :
Si l’évêque d’Anvers dit qu’il veut ordonner des femmes, c’est probablement qu’il doit avoir des candidates, prêtes à choisir la virginité et le célibat, comme le font les prêtres, et à œuvrer pour la prière et la sanctification du peuple de Dieu. Des femmes qui ne perçoivent pas l’appel à entrer dans des monastères ou des communautés, mais à vivre leur consécration au milieu des fidèles et à leur service.
Dans ce cas-là, connaît-il l’existence de l’Ordo Virginum, ou Ordre des Vierges consacrées ?
Un Ordre qui remonte aux premiers temps de l’Église, puis qui a été en déclin à partir de la chute de l’Empire romain et des instabilités qui s’en sont suivies. La chrétienté médiévale n’a pas jugé utile de le restaurer, mais les nécessités missionnaires des deux derniers siècles lui ont donné un nouvel essor. Des grandes figures de Vierges consacrées ont été sainte Geneviève, sainte Marcelline et sainte Agnès.
https://ordovirginum.fr/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_des_vierges_consacr%C3%A9es
Cet évêque pourrait proposer à ces femmes la consécration dans l’Ordre des Vierges : une cérémonie publique avec l’évêque, qui a des tonalités entre les vœux religieux, l’ordination et le mariage, mais qui est encore autre chose. Et ensuite, à lui de solliciter l’aide de ces femmes pour les nécessités de son diocèse, comme par exemple : de soutenir les groupes de prière, d’accompagner la transmission de la foi, de veiller à rendre nos Églises accueillantes, de susciter et d’accompagner les vocations sacerdotales et consacrées, etc.
À ce propos, vous savez sûrement que le Synode sur la Synodalité, qui a eu lieu de 2021 à 2024, a laissé la place à 15 groupes de travail qui ont visiblement beaucoup travaillé depuis (vu la longueur des documents) et qui sont en train de rendre leurs rapports finaux ces semaines-ci (5 sont déjà sortis à la date du 24 mars 2026) :
https://www.synod.va/en/the-synodal-process/phase-3-the-implementation/the-study-groups/final-reports.html
J’aurais été content que, dans celui sur la participation des femmes dans la vie et le gouvernement de l’Église, ils réfléchissent au devenir et à l’intérêt de l’Ordo Virginum. Je n’ai rien vu à ce sujet. Probablement un oubli… À moins que cela soit prévu dans un autre rapport non encore publié.
À ce sujet du Synode sur la synodalité, on remarque que ce terme se retrouve un peu partout désormais dans le langage ecclésiastique. J’avais écrit un article sur la notion de synodalité à la lumière de saint Jean Chrysostome (dont une citation a été utilisée abusivement). Je remets le lien, si cela intéresse certains :
https://lesalonbeige.fr/synode-st-jean-chrysostome-utilise-abusivement-pour-rendre-synonymes-eglise-synode-et-marcher-ensemble/
https://sagessechretienne.fr/2024/09/28/synode-sur-la-synodalite-errare-humanum-est/
En ce qui concerne son projet d’ordonner des hommes mariés :
Mon expérience, c’est qu’il y a beaucoup de jeunes qui sont prêts à vivre le célibat consacré, ou au moins à l’envisager pour une certaine durée. Mais personne ne les appelle.
Souvenons-nous que lors de l’évangélisation des premiers siècles de l’Église, ils étaient nombreux à avoir choisi le célibat pour le Royaume sans pour autant être prêtre ou évêque. Cela répondait aux nécessités d’un monde à évangéliser comme celui d’aujourd’hui. Et la plupart n’était pas religieux ou moines, car les ordres monastiques n’ont pris leur essor qu’à partir du troisième siècle, à partir du désert d’Égypte.
Pour tout dire, j’ai moi-même choisi le célibat pour le Royaume, ni comme prêtre, ni comme religieux, mais parmi les laïcs pour être disponible pour la prière et la mission. Je l’ai choisi par des promesses (ou vœux privés), comme l’ont fait Pauline Jaricot, Bartolo Longo, Pierre Goursat, et bien d’autres. Parmi ceux que j’ai cités, deux d’entre eux ont ensuite été conduits à une autre forme de consécration ; mais ce fut une étape essentielle dans leur parcours.
Or je constate que les autorités diocésaines se soucient trop peu de ce genre d’appel. Elles devraient. Car cela permet d’avoir des missionnaires et des chrétiens engagés pour aider les prêtres qui en ont bien besoin. Cela développe l’amour du célibat consacré pour le Royaume. Et cela permet à certains d’envisager plus sereinement l’appel au sacerdoce ou à la vie consacrée.
Aujourd’hui, de nombreux jeunes convertis se posent la question du sacerdoce ou d’un appel à la vie consacrée. Un prêtre me disait que les propédeutiques reçoivent ces temps-ci beaucoup de demandes. Mais la marche à franchir pour entrer au séminaire est parfois trop haute. Par ailleurs, certains qui sortent d’années sabbatique en écoles de vie ou autres formations chrétiennes (Philanthropos, etc) peinent à trouver des lieux de vie chrétienne missionnaire. C’est aussi le cas de ceux qui ont passé quelques années dans des communautés ou séminaires, et qui se retrouvent pour diverses raisons à nouveau dans le monde.
Mon avis est que les diocèses devraient appeler des jeunes (et moins jeunes) qui cherchent à suivre davantage le Seigneur, et sont prêts à envisager le célibat consacré par des vœux privés temporaires, dans des foyers ou colocations priantes et missionnaires. Selon leurs formations, certains pourraient même accéder aux ordres mineurs ou aux divers ministères laïcs institués. Ce serait pour eux une étape essentielle dans leur parcours, et pour l’Église une réponse à ses besoins actuels, notamment en ruralité.
L’Église saura-t-elle appeler des ouvriers à la moisson ?
Après quelques temps à vivre ainsi comme consacrés dans le monde, certains feront très certainement un autre choix vocationnel : séminaire, vie religieuse, ou mariage. Et il est probable que certains décideront de rester célibataires consacrés dans le monde (laïcs consacrés) pour garder une disponibilité pour aider là où le Seigneur les appelle. Car l’Église a besoin de personnes qui aient cette disponibilité et cette liberté : n’étant pas liés aux intérêts d’une famille, d’une paroisse ou d’une communauté, ils peuvent servir et donner leur vie là où le Seigneur les appelle, sans souci de notoriété ou de carrière. Ils peuvent aussi faire un lien indispensable entre les paroisses, les monastères, les villages, les écoles et les entreprises.
Notons que tel était l’état de vie du Seigneur Jésus lui-même : célibataire consacré dans le monde, sans être du monde. Avons-nous assez médité là-dessus ?
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Mai, le mois de Marie au jour le jour avec Aurélie Kervizic
C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau à la Vierge Chérie, chantons un chant nouveau.
Il est arrivé comme prévu pour cette belle fête de l’Annonciation. Le dernier « Kervizic » pour le mois de mai ! Un enchantement pour les yeux et l‘âme !
Savez-vous quelle est la personne la plus représentée au monde ? C’est la Vierge Marie. Elle est partout, dans les églises, les chapelles, les lieux de pèlerinages, les monastères, sur les calvaires au bord des chemins, dans les maisons, dans les niches creusées dans les murs… Peintures, sculptures, vitraux en hommage à Notre-Dame foisonnent. Et les litanies de la Vierge nous viennent à l’esprit, « Etoile du matin, Consolatrice des affligés, refuge des pêcheurs…. Comment connaître Notre Mère, Notre-Dame, la Douce Vierge Marie ?
Au fil des pages avec des illustrations délicieuses, l’auteur nous fait découvrir jour après jour la sainte Vierge : Qui est Marie ? La Bambina, Le saint Nom de Marie. Puis Marie Stella, Le sourire de Marie, Marie de tous les noms… Les enfants n’auront plus peur en écoutant l’histoire de Marie Clédor et du sourire de Marie. Les garçons seront enthousiastes avec les chevaliers de l’Ordre Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem. Connaissez-vous bien l’histoire de la Médaille miraculeuse et les mains de Marie ? La puissance de la médaille, du scapulaire à la « dernière heure » ? Que de belles histoires à découvrir, de miracles extraordinaires, de grâces reçues et d’amour à méditer, à garder comme un trésor dans son cœur.
C’est aussi un magnifique portrait de notre Maman du Ciel, soutenu par ces histoires vraies, originales et écrites avec une spiritualité mariale délicate, adaptée au jeune lecteur et si joliment illustrées.
Jour après jour, les enfants apprendront à regarder Marie avec tendresse. D’un chapitre à l’autre, ils pourront mieux la connaître, mieux l’aimer, mieux l’imiter jusqu’à s’approprier cette devise célèbre de saint Bernard : “Enfants de Marie, enfants du Paradis !”.
Aurélie Kervizic a mis son talent merveilleux d’écrivain et de dessinatrice au service des plus jeunes, pour les aider à vivre sous le regard du Bon Dieu. Et quand la plume et le pinceau s’allient pour un tel idéal, c’est enchantement pour les yeux, le cœur et l’âme.
Pas seulement pour les plus jeunes, mais aussi pour les parents, les grands-parents réquisitionnés pour la lecture. Quelle douce obligation !
Déjà des milliers de petites mains ont tourné les pages de ces album ravissants.
– Un texte aéré, des mots choisis pour accompagner l’enfant et lui faire lever les yeux vers le ciel. Une reliure solide pour les petites mains. Un format à l’italienne permet une lecture partagée et animée en découvrant ces dessins fourmillants de détails.
Ma Maman du Ciel, Mai jour après jour avec la Vierge Marie, Aurélie Kervizic, 106 pages, Editions Maélic, 17€ – Sur LIVRES EN FAMILLE.
Autres titres de cette collection, d’Aurélie Kervizic :
– Ma petite histoire de Noël
– Mon petit Jésus – Janvier
– Mon petit livre de carême,
– Ma Semaine Sainte
– Mon petit livre de l’été, juillet
– Mon petit livre de l’été, août
– Mon meilleur ami, septembre
– Mes amies les âmes, novembre
Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/3077_aurelie-kervizic
Livres en Famille, la librairie au service de la famille.
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Extension de la légalisation de l’avortement au Kirghizistan
La réglementation relative à l’avortement a été mise à jour en décembre 2025.
La réglementation précédente nécessitait l’obligation de justifier d’indications sociales pour accéder à un avortement entre 12 et 22 semaines. Ces « indications sociales » exigeaient une justification documentée (par exemple, le décès du conjoint ou la preuve que la grossesse résultait d’un viol). Ces pièces justificatives devaient être approuvées par un comité se réunissant une fois par semaine.
Cette extension est le fruit du militantisme du Planning familial.
Nouvelle hausse des baptêmes d’adolescents et d’adultes en France
Plus de 13.000 adultes recevront le baptême cette année à Pâques (+28% par rapport à 2025) et plus de 8.000 adolescents (+10%), selon des chiffres publiés mardi par la Conférence des évêques de France (CEF) en marge son assemblée de printemps à Lourdes.
Cette hausse confirme une tendance perceptible depuis plusieurs années puisqu’en dix ans, le nombre de ces baptêmes a plus que triplé.
Sondés par la CEF, 40% des catéchumènes affirment avoir vécu une épreuve (maladie, deuil…).
Le catholicisme semble profiter d’un regain de faveur chez les jeunes.
Il y a aussi un véritable défi d’intégration pour l’Église, qui peine parfois à répondre aux attentes des nouveaux venus en terme après leur baptême. Conscients de la difficulté, les évêques d’Ile-de-France ont lancé en avril 2025 un concile provincial (grande assemblée) sur l’accueil des catéchumènes, qui durera jusqu’à 2027.
Deux tiers des adultes sont des femmes, 34% des ouvriers ou employés, 25% des étudiants, 45% viennent d’une famille à tradition chrétienne.
Cette embellie du côté des catéchumènes ne fait pas oublier la chute des baptêmes de bébés: en 2024, l’Eglise n’a baptisé que 150.000 enfants de zéro à sept ans (sur 660 800 naissances).
Violée et euthanasiée
Noelia Castillo a demandé l’euthanasie, légale en Espagne.
Elle est la première personne à bénéficier de l’euthanasie pour dépression en Espagne.
Elle vivait dans un centre supervisé avec des mineurs non accompagnés lorsqu’elle a été victime d’un viol collectif.
Traumatisée, elle a tenté de se donner la mort en sautant du cinquième étage. Mais elle est devenue paraplégique en 2022. Elle a 25 ans.
Sa demande d’aide à mourir a été validée par les autorités catalanes et confirmée par les tribunaux.
Son père s’est battu pour la sauver. En vain. L’Espagne préfère euthanasier une victime brisée par son propre système plutôt que de la soigner et punir ses agresseurs.
« Confinements désastreux, vaccins inefficaces. » La vérité devant la commission
En Italie, la Commission Covid a procédé à la déconstruction la plus complète et systématique des mesures de confinement mises en place pour endiguer la propagation du SARS-CoV-2. L’audition a accueilli une véritable autorité en la matière : Jay Bhattacharya, directeur des Instituts nationaux de la santé (NIH) et professeur de médecine à l’université de Stanford. Cet organisme du département américain de la Santé supervise également l’Institut national des maladies infectieuses ( NIID), qui, durant la pandémie, sous l’impulsion d’Anthony Fauci, a joué un rôle prépondérant et a été l’autorité la plus consultée au niveau mondial pour la promotion des mesures de lutte contre le virus.
On s’attendait à une audition très importante, et Bhattacharya, fortement soutenu par la nouvelle politique de santé trumpienne de Kennedy, a été à la hauteur des attentes, démantelant complètement les confinements comme mesures de lutte contre le virus.
Bhattacharya l’a fait en direct des États-Unis, en comparant les données de la Suède, l’un des rares pays à ne pas avoir instauré de confinement, où les taux de mortalité sont nettement inférieurs à ceux de pays comme l’Allemagne, l’Italie et les États-Unis eux-mêmes, qui ont introduit des mesures restrictives plus strictes, notamment dans notre pays, qui a agi comme un État policier.
Les comparaisons de Bhattacharya portaient également sur certains États américains, comme la Californie et la Floride, où, dans le premier cas, un taux de mortalité très élevé a été observé suite aux confinements promus par le gouvernement démocrate et un taux de mortalité plus faible en Floride, qui n’avait pas choisi cette voie.
Bhattacharya était l’un des auteurs de la célèbre Déclaration de Great Barrington, qui postulait que l’immunité collective pouvait être atteinte sans politiques restrictives : « Mais nous avons été massacrés, humiliés, censurés », a déclaré le scientifique. « L’OMS a même tenté de nous contredire, mais les données ont finalement donné raison à nos yeux. »
Bhattacharya, qui occupe désormais un poste clé dans la gouvernance sanitaire au sein de l’administration américaine, a démontré, chiffres à l’appui, que « les confinements étaient inutiles pour freiner la propagation du virus et nuisibles aux objectifs sociaux ». Lors de son contre-interrogatoire par les commissaires, le scientifique a également abordé la question des vaccins. Plus précisément, face au sénateur Alberto Bagnai (Lega), qui l’interrogeait sur les preuves scientifiques démontrant que le vaccin n’empêchait pas l’infection : « Cela était déjà ressorti d’essais cliniques randomisés en décembre 2020 », a-t-il expliqué. « Aucune réduction de la probabilité de propagation de la maladie n’a jamais été démontrée, et cela était connu depuis décembre 2020, donc avant le début de la campagne de vaccination de masse dans le monde. Nous savions que le vaccin pouvait protéger contre l’infection au Covid-19 pendant deux mois maximum, mais pas qu’il pouvait empêcher la propagation de la maladie. Or, en mars 2021, il était clair que le vaccin n’empêchait pas l’infection, mais réduisait plutôt la protection. »
Le scientifique a cité des études scientifiques menées en Israël et à Gibraltar, les premiers pays à avoir vacciné, et a lui-même déclaré avoir été vacciné et avoir contracté la Covid-19 quelques mois plus tard. La première étude systématique démontrant la baisse d’efficacité du vaccin au fil du temps remonte à juin 2021 : « Elle a été publiée dans le New England Journal of Medicine en septembre 2021. »
Au cours de l’audience, la question ancestrale des personnes guéries a également été abordée : « Je me la suis moi-même posée, a-t-il déclaré, mais nous ne pouvions pas en discuter car l’idée d’immunité était injustement niée par de nombreux scientifiques et gouvernements. Le directeur de l’OMS lui-même rejetait l’idée d’immunité collective, tout en étant certain que seul un vaccin pouvait conférer une immunité : une illusion. »
Interrogé par Bagnai, il a alors déclaré : « Je ne veux pas spécule , mais les gouvernements avaient décidé que la vaccination obligatoire était nécessaire, notamment grâce à des outils comme le Pass Vert. C’est pourquoi autoriser des exceptions fondées sur l’immunité naturelle aurait compliqué ces mêmes politiques. Un certificat médical attestant que j’ai eu la Covid aurait suffi. » Mais les gouvernements ont ignoré cette voie pour imposer la vaccination obligatoire. Il est clair qu’ignorer l’immunité acquise après guérison a été une erreur coûteuse.
Puis, lors d’une conversation avec Claudio Borghi de la Ligue , il a réaffirmé : « Le confinement n’a protégé aucune vie humaine, le choix de l’Italie était mauvais. »
C’est pourquoi, à la fin de l’audition, Alice Buonguerrieri, membre du Parti démocrate italien (FdI) et présidente du groupe au sein de la commission Covid, a déclaré :
« Durant la pandémie, les gouvernements italiens ont pris des décisions drastiques qui ont gravement restreint les droits constitutionnels des citoyens. Ils l’ont fait en se fondant sur de prétendues raisons scientifiques, pourtant réfutées par des études et des avis d’experts. Aujourd’hui encore, nous subissons les conséquences de certaines mesures dépourvues de fondement scientifique, qui ont touché aussi bien les enfants que les adultes : pensons aux dépistages du cancer reportés, à l’impossibilité de pratiquer une activité physique et à la dépression engendrée par le confinement. Et il est paradoxal que, durant cette période, la Constitution italienne ait été bafouée par ceux qui, aujourd’hui, au nom de sa défense, ont empêché une réforme de la justice indispensable à la modernisation de l’Italie. »
Sacerdoce : le cardinal Hollerich s’écarte de la foi de l’Eglise rappelée par Jean-Paul II
Le cardinal Hollerich, archevêque de Luxembourg, a formulé une hérésie en se déclarant favorable à l’ordination des femmes :
«Je ne peux pas imaginer, à long terme, comment l’Église pourrait subsister si la moitié du peuple de Dieu souffrait de ne pas avoir accès au ministère ordonné». «J’ai également appris, en tant qu’évêque, que ce n’est pas seulement une revendication de quelques associations de femmes de gauche».
Le prélat luxembourgeois s’est exprimé ainsi lors d’un symposium, à Bonn, le 19 mars, intitulé «Synodalité et Praedicate Evangelium – deux éléments fondamentaux de la réforme de l’Église du pape François».
L’archevêque a admis avoir lui-même été plus conservateur sur cette question par le passé, mais aurait changé d’avis. Il a également constaté que l’accès à la prêtrise pour les femmes était largement soutenu par ces dernières.
L’archevêque a appelé à la patience, relevant qu’il s’agissait surtout d’une préoccupation dans l’Église occidentale. Pour les femmes issues d’autres cultures, l’ordination sacerdotale est un «problème artificiel (…) C’est aussi une réalité que nous devons accepter.» Il faudra encore du temps avant que cette question soit abordée de la même manière dans toutes les cultures.
Sera-t-il convoqué à Rome par le préfet du Dicastère pour la Doctrine de la foi ?
Rappelons la déclaration dogmatique définitive formulée ex cathedra par le pape Jean-Paul II dans la Lettre apostolique Ordination Sacerdotalis le 22 mai 1994 :
Bien que la doctrine sur l’ordination sacerdotale exclusivement réservée aux hommes ait été conservée par la Tradition constante et universelle de l’Église et qu’elle soit fermement enseignée par le Magistère dans les documents les plus récents, de nos jours, elle est toutefois considérée de différents côtés comme ouverte au débat, ou même on attribue une valeur purement disciplinaire à la position prise par l’Église de ne pas admettre les femmes à l’ordination sacerdotale.
C’est pourquoi, afin qu’il ne subsiste aucun doute sur une question de grande importance qui concerne la constitution divine elle-même de l’Église, je déclare, en vertu de ma mission de confirmer mes frères (cf. Lc 22,32), que l’Église n’a en aucune manière le pouvoir de conférer l’ordination sacerdotale à des femmes et que cette position doit être définitivement tenue par tous les fidèles de l’Église.
Nouvelle aide de Chrétienté-Solidarité aux villages chrétiens du sud Liban
Communiqué de Chrétienté Solidarité :
La guerre s’étend dans le sud du Liban et l’armée israélienne semble lancée dans une occupation prolongée du vaste zone allant de la frontière israélo-libanaise et le fleuve Litani.
De violents combats opposent Israël au Hezbollah.
Malgré les ordres d’évacuation répétés, les habitants de plusieurs villages chrétiens refusent toujours de quitter leur terre. Pour l’heure, ces communes sont épargnées mais les courageux résistants se trouvent de plus en plus isolés, surtout depuis que les bombardements israéliens ont détruit les ponts sur le Litani qui permettaient de relier cette zone au reste du Liban.
Cette situation complique le ravitaillement.
Cependant, nos partenaires de Nawraj empruntent des itinéraires de remplacement afin de poursuivre cette aide essentielle.
En ce début de semaine, grâce à la générosité de nos donateurs, nous avons pu faire parvenir à Nawraj un second virement qui a permis d’acheter de nouveaux stocks de fuel (essentiel pour les générateurs permettant l’approvisionnement électrique et donc en eau), de vivres et de produits de première nécessité.
Notre village partenaire de Kawkaba est au coeur de ce dispositif. Situé à l’est de la zone de guerre, il est une plate-forme stratégique pour l’acheminement de l’aide.
Merci à ceux d’entre vous qui nous ont déjà donné. Cette aide venant de France est importante pour nos frères chrétiens du Liban, dépassant le seul soutien matériel. Elle est un réconfort moral.
A l’approche de Pâques, il nous faut redoubler nos efforts pour que les chrétiens de cette terre foulée par le Christ puissent continuer de vivre enracinés chez eux.
Poursuivons ce magnifique élan de générosité !
Pour faire un don :
- en ligne avec ce lien : https://chretientesolidarite.fr/don-libre/
- Par chèque à l’ordre de Chrétienté-Solidarité 70, boulevard Saint Germain 75005 PARIS
Merci !
Yann BALY
Président de Chrétienté-Solidarité
“Il y a 170 ans, on pensait que l’esclavage ne prendrait jamais fin, mais il a disparu, grâce à Dieu. Le message est donc le suivant : nous pouvons aussi mettre fin à l’avortement”
Le 19 mars, la messe pour la vie à Springfield, dans l’Illinois, s’est déroulée d’une manière inattendue : non pas dans une cathédrale, une église ou un centre événementiel, mais sur la glace de la patinoire du Nelson Center. Près de 2 000 personnes ont rempli l’arène, la transformant en un lieu de recueillement, de prière et de témoignage de la vie.
La grande majorité des personnes présentes étaient des jeunes – des élèves d’écoles primaires catholiques, de lycées, des centres Newman universitaires de tout l’Illinois et des enfants scolarisés à domicile.
L’évêque Thomas John Paprocki du diocèse de Springfield (Illinois) a célébré la messe. L’homélie a été prononcée par l’évêque Louis Tylka du diocèse de Peoria. Des dizaines de prêtres venus de tout l’État ont concélébré la liturgie. Des religieuses étaient également présentes, notamment plusieurs sœurs de la congrégation des Sœurs de Saint-François-du-Martyr-Saint-Georges d’Alton (Illinois).
Après la messe, la foule s’est rassemblée au pied de la statue d’Abraham Lincoln, sur la Second Street, dans l’enceinte du Capitole de l’État de l’Illinois. Mgr Paprocki a mené la foule dans une prière d’ouverture et un discours.
« J’ai rappelé l’exemple d’Abraham Lincoln, qui a aboli l’esclavage ». « Il y a 170 ans, on pensait que l’esclavage ne prendrait jamais fin, mais il a disparu, grâce à Dieu. Le message est donc le suivant : nous pouvons aussi mettre fin à l’avortement. Malheureusement, notre assemblée législative a légalisé le suicide assisté, et nous devons prier et témoigner pour que cette pratique prenne également fin. »
Kramer Soderberg, l’entraîneur-chef de l’équipe de basketball de l’université Millikin, était l’un des nombreux orateurs présents au rassemblement.
« Ce qui est formidable avec le sport, c’est que ce n’est pas l’affaire d’une seule personne ». « Ce n’est pas seulement le travail de l’entraîneur principal. Ce n’est pas seulement le travail des joueurs. C’est le travail de chacun. C’est le travail de toute l’équipe. Voyez-vous, nous avons une équipe formidable. La communauté pro-vie est une équipe formidable, et chacun doit faire sa part, quelle que soit l’importance de son rôle, son influence, ou son infime contribution. Le rôle et le travail de chacun sont essentiels dans ce mouvement. »
L’atmosphère était joyeuse et empreinte d’espoir. Les étudiants applaudissaient, chantaient, dansaient, souriaient et priaient ensemble – une véritable marée d’enthousiasme vivifiant au cœur même du centre politique de l’État.
À 14 heures, la marche a débuté autour du Capitole. Les Croisés pour la Vie des paroisses Saint-Jean-Cantius de Chicago et Sainte-Catherine-Drexel de Springfield ont mené le cortège par des chants, des hymnes et des mouvements coordonnés qui ont galvanisé la foule. Les personnes rassemblées ne marchaient pas pour elles-mêmes, mais pour les enfants à naître et pour toutes les personnes vulnérables. Leurs visages rayonnaient de joie et leurs voix étaient empreintes de conviction. Leur message n’était pas la colère, mais l’amour. Les pancartes exprimaient l’espoir, la compassion et la conviction que chaque vie humaine est digne.
C’est la quatrième année que le rassemblement et la marche ont lieu à Springfield, attirant des participants de tout l’État qui cherchent à témoigner visiblement de la vie par la prière et la présence publique.
L’Illinois a promulgué certaines des lois sur l’avortement les plus permissives du pays. Sa loi sur la santé reproductive a supprimé toute mention de la personnalité juridique du fœtus. Les législateurs ont abrogé l’obligation d’informer les parents pour les mineures souhaitant avorter, malgré des sondages montrant un fort soutien du public à cette pratique. Les assurances privées et Medicaid prennent en charge les frais d’avortement. Les universités publiques disposant de centres de santé étudiants doivent garantir l’accès à l’avortement médicamenteux ou orienter les étudiantes vers des services spécialisés. L’avortement est autorisé pour quelque raison que ce soit jusqu’à environ 24 à 26 semaines de grossesse, et même après ce stade si un médecin l’approuve au regard de considérations de santé plus générales.
Par ailleurs, une loi sur le suicide assisté par un médecin devrait entrer en vigueur en septembre, permettant aux personnes souffrant de certaines affections médicales admissibles de se suicider à l’aide d’un médicament létal.
Participez à la consultation citoyenne pour la révision des lois bioéthiques
A l’appel du Syndicat de la famille :
La loi de bioéthique de 2011 avait rendu obligatoire sa propre révision tous les 7 ans.
Le processus de la prochaine révision de la loi de bioéthique a été enclenché fin 2025. C’est dans ce cadre que Ludovine de La Rochère a été auditionnée le lundi 2 mars 2026 par le Comité national d’éthique.
Chaque nouvelle loi bioéthique ouvre des transgressions supplémentaires du respect de la dignité et de la famille, c’est pourquoi il est URGENT de participer aux débats préparatoires de la révision de loi !
Nous vous proposons un document vous permettant d’investir activement ces débats. Merci de le diffuser largement autour de vous.
A télécharger ici: Consultation nationale des Etats généraux de la Bioéthique 2026
Première Marche pour la vie à Lisbonne
Un gauchiste a tenté de perturber la Marche en lançant un cocktail Molotov sur les militants pro-vie. L’homme a été rapidement maîtrisé par les manifestants avant l’arrivée de la police, et la mèche a été détachée de la bouteille sans s’enflammer. Personne n’a été blessé.
La première Marche pour la Vie de Lisbonne a rassemblé pas moins de 4 000 militants pro-vie venus témoigner en faveur des enfants à naître.
Au Portugal, l’avortement est actuellement légal jusqu’à 10 semaines de grossesse, sauf en cas de viol, d’inceste, de « risque pour la santé de la femme » ou d’« anomalie fœtale grave ». Il convient de rappeler que l’avortement, qui consiste à mettre fin à la vie d’un enfant à naître, n’est jamais médicalement justifié ni nécessaire.
Nuno Marques Afonso, coordinateur général de la Marche, a encouragé les militants pro-vie à ne pas avoir peur des agitateurs de gauche, comme ceux présents à Lisbonne ce week-end, mais à avoir le courage nécessaire pour défendre les enfants à naître.
« Nous constatons aujourd’hui que l’intimidation sociale dégénère en violence physique, comme cette horrible attaque au cocktail Molotov. Ils veulent nous empêcher de sortir de la rue ». « Je sais qu’il est extrêmement difficile de résister à cela, mais seul le courage permettra un véritable changement. » « Je sais que lorsqu’une seule personne a le courage de s’élever contre l’injustice, trois autres voix trouvent également le courage de se joindre à elle ». « Ne laissez pas la peur l’emporter. Soyez la lumière du monde et que votre courage soit un exemple qui encourage les autres à faire de même. »
L’archevêque Rui Rui Valério, patriarche de Lisbonne, a souligné dans une déclaration au journal Pillar que l’attaque de samedi et les actes de violence similaires sont « gravement inacceptables ».
« La violence n’est jamais la solution. Elle ne construit rien, elle ne rend pas justice, elle ne sert pas la vérité ». « Et elle est d’autant plus douloureuse lorsqu’elle menace les plus fragiles d’entre nous, notamment les enfants, qui devraient toujours être un signe d’espoir et non exposés à la peur. »
« La Marche pour la Vie est née précisément de la conviction que toute vie humaine est un don inviolable, de la conception à la mort naturelle ». « Par conséquent, tout acte de violence, en particulier contre une manifestation pacifique, doit être fermement condamné. »

Le gouvernement roumain défend un abbé catholique menacé d’expulsion par un lobby franc-maçon
Dans le conflit concernant l’abbaye norbertine d’Oradea, vieille de 900 ans, en Roumanie, les plus hautes autorités du pays soutiennent l’abbé contre les autorités locales, qui cherchaient à l’expulser afin de s’emparer des bâtiments de l’abbaye.
Dans des lettres officielles, le Premier ministre roumain et le Secrétariat d’État roumain aux Affaires religieuses ont tous deux confirmé que l’abbaye norbertine d’Oradea est protégée par la loi et ne peut être saisie par les autorités municipales d’Oradea.
Le 6 mars, le secrétariat a écrit à l’abbé Anzelm Fejes, que le maire d’Oradea cherche à expulser de l’abbaye, pour lui confirmer le statut légal de son monastère au regard du droit roumain. Le secrétariat a assuré l’abbé que cette réponse avait également été communiquée directement à la mairie d’Oradea.
La chancellerie du Premier ministre, par l’intermédiaire de sa Direction de la communication et des relations avec la presse, a envoyé la même réponse. La lettre affirme sans équivoque que
« les biens sacrés, à savoir ceux directement et exclusivement dédiés au culte religieux, établis conformément aux statuts internes, en conformité avec la tradition et les pratiques de chaque confession et acquis avec un titre légal, ne sont pas saisissables et ne sont pas soumis à prescription ».
Le jeudi 19 mars, la Cour d’appel réexaminera l’ensemble du dossier.
Lettre du Secrétariat d’État roumain aux affaires religieuses
SECRÉTARIAT D’ÉTAT AUX AFFAIRES RELIGIEUSES
Secrétaire d’État
n° C-444/06.03.2026
À la Prévôté de l’Ordre Canonique Prémontré
À Monseigneur Feies Rudolf Anzelm
Municipalité d’Oradea, rue Roman Ciorogariu, n° 14-16, comté de Bihor, code postal 410017
Révérend Père,
Suite à votre note de service n° 165/2026, enregistrée auprès du Secrétariat d’État aux Affaires religieuses sous le n° C-444/23.02.2026, nous vous communiquons ce qui suit :
- Le Secrétariat d’État aux Affaires religieuses, dans les limites des compétences établies par la décision gouvernementale n° 725/2024, a transmis les informations nécessaires à la mairie d’Oradea afin de clarifier le statut juridique de la prévôté de l’Ordre canonique prémontré sous le patronage de « Saint Étienne le Premier Martyr » du promontoire d’Oradea, dont le siège se trouve dans la municipalité d’Oradea, rue Roman Ciorogariu n° 16.
- L’Ordre canonique des Prémontrés, placé sous le patronage de saint Étienne, premier martyr, du promontoire d’Oradea, est une composante du diocèse catholique romain d’Oradea et constitue une personne morale de droit privé d’utilité publique, conformément à l’article 8, paragraphe 2, de la loi n° 489/2006 relative à la liberté religieuse et au régime général des confessions religieuses. Le diocèse est une composante de l’Église catholique romaine, confession religieuse reconnue et inscrite au point 3 de l’annexe I de la loi n° 489/2006.
- Conformément aux dispositions de l’art. 27 al. (2) de la loi n° 489/2006, les biens sacrés, à savoir ceux directement et exclusivement dédiés au culte religieux, établis conformément aux statuts internes, conformément à la tradition et aux pratiques de chaque confession et acquis avec un titre légal, ne sont pas soumis à la saisie et ne sont pas soumis à la prescription, et ne peuvent être aliénés que dans les conditions légales spécifiques à chaque confession.
Respectueusement,
Ciprian-Vasile OLINICI
Secrétaire d’État
Verdict dans le procès du père Bernard et de la FMND : ” C’est une quasi relaxe” selon l’avocat de la défense.
Il est 13h30 ce mardi 24 mars dans la salle d’audience du tribunal judiciaire de Privas lorsque le président fait son entrée, entouré des deux magistrats chargés de rendre collégialement leur verdict dans le procès du père Benard et de la Famille Missionnaire de Notre Dame (FMND). Dans la salle, une petite dizaine de journalistes, quelques curieux et surtout deux groupes que tout oppose : des opposants hostiles à la FMND et une vingtaine d’amis venus soutenir le père Bernard, accompagné de ses deux avocats. Les premiers rêvent depuis des semaines à la fermeture du foyer de Saint Pierre de Colombier, les seconds espèrent une relaxe totale.
La lecture du verdict va durer environ trente minutes. Après avoir rejeté toutes les demandes de nullité formulées par la défense et décrit le fonctionnement de la communauté de manière peu aimable, le président commence à enoncer le verdict. Il s’agit pour le tribunal de se prononcer sur la culpabilité du père Bernard mais aussi de la FMND, accusés d’abus de faiblesse, pour chacun des cinq plaignants. Cela fait donc 10 décisions.
Au fur et à mesure de la lecture du verdict, les dents se serrent du côté des opposants et les machoires se désserrent du côté des amis de la FMND et des membres de la communauté présents. Le président annonce pas moins de 7 relaxes et seulement 3 condamnations : le père Bernard est condamné une seule fois et relaxé pour les 4 autres plaignants tandis que la FMND est condamnée deux fois.
Tout ça pour ça ? Plus de deux années d’enquête exclusivement à charge. Un dossier d’accusation de près de 3 000 pages, des plaignants que l’on est allé chercher pour qu’ils portent plainte, des centaines d’articles de presse décrivant un système d’emprise, un procès où les droits de la défense ont été bafoués : 9 témoins à décharge entendus sur les 19 présents, la défense ayant été contrainte de renoncer à 10 témoins compte tenu du temps d’audience nécessaire qui leur a été refusé, une expertise psychologique du père Bernard réalisée sur la base des déclarations des plaignants…sans jamais que l’expert ne reçoive le principal intéressé, un faux témoignage dénoncé en direct par la défense, seules 7 auditions de religieux en amont sur les 156 que compte la FMND). Le père Bernard a été présenté comme un véritable gourou ayant mis en place un système d’emprise pour, au final, être reconnu coupable d’abus de faiblesse sur une seule personne…
Les journalistes présents n’ont visiblement pas compris la signification de ce verdict et insistent devant les caméras ou dans les premiers articles publiés : le père Bernard est condamné pour abus de faiblesse ! Point barre ! Après tout, c’est leur rôle. Ils n’ont pas vraiment de culture religieuse et continuent à parler d’une communauté traditionnaliste. On leur a dit que la FMND serait condamnée donc ils y croient. Ils vont déchanter une heure plus tard lorsque les avocats de la défense feront une déclaration après avoir interjeté appel et en profiteront pour leur reprocher leur partialité et leur manque de professionnalisme durant les 4 jours de procès où ils ont systématiquement minimisé ou oublié de rendre compte des arguments et témoignages de la défense.
Mais il y a des attitudes qui ne trompent pas. A peine la séance levée, les opposants, habituellement si prompts à provoquer ou insulter les amis de la FMND, disparaissent plus vite que leur ombre mais leurs visages décomposés n’ont trompé personne. Du côté des amis de la FMND, c’est tout d’abord l’expectative. Puis des sourires apparaissent montrant un réel soulagement. Maître Triomphe et maître Gousseau entraînent rapidement tout ce petit groupe à l’étage pour des explications techniques parce qu’il y a tout de même condamnation…
Au-delà de la FMND et de la personne du père Bernard, les enjeux sont en réalité immenses. Cette décision de justice était attendue et scrutée par tous les évêques de France réunis à Lourdes. Mais aussi par toutes les communautés religieuses qui pourraient être poursuivies de la même manière. En effet, ce sont bien les fondements de la vie religieuse qui étaient attaqués à travers une très mauvaise interprétation des voeux religieux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance (voir cet article et cet article). Je renvoie à cette réflexion publiée dans un article récent sur le Salon beige :
Si c’est un abus d’interdire à un jeune religieux de communiquer avec sa famille pendant certaines périodes, faudra-t-il interdire tous les monastères bénédictins ? Bien sûr qu’il est très facile d’utiliser de façon perverse les pouvoirs d’un supérieur religieux ; bien sûr que les conseils évangéliques de pauvreté, chasteté et obéissance, lorsqu’ils ne sont pas librement consentis, sont inhumains – et seraient sectaires s’ils étaient imposés. Mais la vie religieuse est le cœur battant de l’Eglise militante : si nous jetons la suspicion sur toute obéissance, toute chasteté, toute pauvreté, nous détruisons ce cœur.
Il est donc très important de ne pas s’arrêter aux premiers titres et articles publiés sans nuance et surtout sans aucune analyse juridique. Il s’agit en réalité d’une quasi relaxe puisque la majeure partie des accusations ont abouti à une relaxe et, en outre, le tribunal a refusé de faire droit aux réquisitions stupéfiantes du Parquet sur la fermeture du foyer de Saint Pierre de Colombier et l’interdiction de prêtrise de Père Bernard. Ce dernier et la FMND ayant fait immédiatement appel, ils sont donc présumés innocents jusqu’au jugement en appel qui aura lieu à Nîmes sans doute en 2028.
Voici la déclaration de maître Jérôme Triomphe qui considère cette affaire comme une des plus importantes de sa carrière d’avocat, notamment en raison des enjeux pour toutes les communautés religieuses catholiques en France :
Voici le communiqué de la FMND qu’il est important de diffuser aux évêques et aux communautés religieuses pour bien qu’ils en comprennent le sens :
Ce 24 mars 2026, le tribunal judiciaire de Privas a rendu son jugement à la suite des poursuites engagées par Madame le Procureur de la République de Privas il y a 2 ans, après une enquête préliminaire menée exclusivement à charge, et sur saisine de deux évêques.
La FMND et son Supérieur général contestent formellement et vigoureusement tout abus de faiblesse. Il est rappelé qu’ils ont dû se défendre dans des conditions contraires aux droits élémentaires de la défense. Ils se sont ainsi vu refuser la copie des 9 000 pages de supplément d’information qu’elle avait pourtant obtenu de la précédente formation. Ils se sont vu refuser de voir l’audience fixée sur un nombre de jours suffisants pour entendre leurs dix-neuf témoins à décharge et ont été contraints, contre leurs droits élémentaires, de renoncer à l’audition de dix d’entre eux. Ils ont versé aux débats près de 3 000 pages de pièces et attestations, démontrant point par point la fausseté et l’inanité des accusations portées contre eux.
Alors que Madame le Procureur avait requis le 22 janvier 2026 une condamnation de deux ans de prison avec sursis contre le Supérieur, cinq ans d’interdiction d’exercice de la prêtrise comme si une juridiction étatique en avait le droit, 100 000 euros d’amende et une fermeture d’un an du site de Saint-Pierre-de-Colombier, dans son jugement rendu ce 24 mars 2026, le tribunal a écarté 90% des accusations initiales et refusé de prononcer les condamnations stupéfiantes qui étaient réclamées.
Sur les cinq plaignants initiaux (sur 160 membres), seulement deux ont été déclarés victimes, ce qui reste évidemment contesté. S’agissant de ces deux plaignantes, l’une a quitté la communauté pour un homme qu’elle avait rencontré à l’extérieur tandis que l’autre avait été refusé aux engagements par le conseil unanime. Ce que ne disent pas les médias, c’est que le Père Bernard n’a été condamné à aucune indemnisation envers quiconque.
S’agissant des 10% d’accusations restantes, le tribunal a prétendu que les deux victimes déclarées auraient été coupées de leurs familles ce qui a été contredit par 360 membres des familles de religieux, et par les 160 religieux de la FMND ; qu’elles auraient été privées de moyens de communication, ce qui a pourtant été radicalement démenti par les pièces. Le tribunal a justifié également la condamnation par le fait que le Père Bernard allait visiter les foyers quand il y avait des difficultés à résoudre, alors que c’est le rôle d’un supérieur ; qu’il faisait des revues de presse faisant état de sa vision de l’actualité, alors que c’est l’usage commun dans les communautés religieuses dont les membres aspirent à se couper volontairement du monde ; que la FMND était hiérarchisée, ce qui est le propre de toute communauté religieuse ; que l’on pouvait y parler de péché d’orgueil, ce qui relève de la liberté de religion ; et encore qu’elle faisait référence aux écrits de la fondatrice, alors qu’il s’agit d’une règle du droit de l’Église rappelée dans les Constitutions approuvées et louées par le Saint-Siège et par l’ancien évêque de Viviers.
Il n’a été tenu aucun compte des contradictions, incohérences et même contre-vérités qui ont été démontrées par la défense de ces cinq plaignants sur 160 membres.
Sur un plan judiciaire, il s’agit d’une quasi-relaxe. Cependant, la FMND et le Père Bernard ne peuvent pas accepter une condamnation sur les 10% d’accusations retenues qui sont toutes fausses et ne résistent pas à l’examen réel des faits, outre qu’il s’agit d’une immixtion dans la vie religieuse et la liberté de religion protégées par la Cour européenne des droits de l’homme.
C’est pourquoi un appel a été immédiatement interjeté contre la condamnation portant sur les 10% d’accusations retenues. Cet appel anéantit le jugement, et tant la FMND que le Père Bernard restent présumés innocents.
Deux évêques ne font pas l’Eglise de France ; deux parties civiles ne font pas un système d’emprise et d’abus de faiblesse. A l’inverse, ce sont 160 religieux qui témoignent de leur engagement libre ainsi que 360 membres de leurs familles qui en sont les premiers témoins.
A ce stade, un seul article de presse semble avoir compris les enjeux et analysé la réalité de ce délibéré.
Les visites paroissiales du pape Léon XIV et la crise de la musique liturgique
D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:
Traditionalistes : le pape demande aux évêques de France d’être généreux
Dans un courrier adressé à l’épiscopat français actuellement réuni en Assemblée plénière, le pape écrit :

Screenshot
Fermeture de Riposte catholique
J’ai pris la décision de fermer le site Riposte catholique que je dirigeais depuis près de vingt ans.
Cette décision n’a pas été facile à prendre. D’autant que les raisons qui nous avaient poussés, le cher et regretté Daniel Hamiche et moi, à lancer le site sont toujours là. Notre objectif était d’en finir avec la « langue de buis » et, tout spécialement, d’en finir avec l’unité de façade de la conférence des évêques de France. Il y a de légitimes divergences entre fidèles. Il y a de légitimes divergences entre prêtres. Pourquoi n’y aurait-il donc aucune divergence légitime entre évêques ?
Vous pourriez me rétorquer que ce ne sont pas nos oignons et que, si les successeurs des apôtres veulent faire semblant, contre toute vraisemblance, d’être d’accord sur tout, cela les regarde. Certes, mais cela nous regarde aussi. Car cette unité de façade tue dans l’œuf toute initiative pastorale ou toute évangélisation efficace. On l’a bien vu voici quelques mois avec l’éviction de Mgr Rey du diocèse de Toulon. Il y avait sûrement bien des choses à critiquer dans son action. Mais la raison profonde et première de son éviction, c’est qu’il agissait différemment de ses confrères. Silence dans les rangs, je ne veux voir qu’une tête ! C’est déjà catastrophique quand tout va bien. Mais, en temps de crise comme aujourd’hui, c’est suicidaire : étouffer toute innovation sous l’ecclésiastiquement correct est le plus sûr moyen d’enterrer l’Eglise de France à moyen terme.
En un mot, je considère toujours que les raisons du lancement de Riposte catholique subsistent. Alors pourquoi fermer ?
Tout simplement parce que je n’ai pas su tenir la ligne de crête qui s’imposait dans le traitement des abus. Je dis bien « je », même si cela fait des années que je n’interviens plus dans la rédaction de Riposte catholique, me « contentant » d’assumer la responsabilité éditoriale et juridique et laissant les rédacteurs libres d’écrire ce qu’ils veulent – y compris quand je suis en désaccord frontal avec eux (mais je ne vois pas comment s’opposer à la langue de buis sans accepter le désaccord) –, car c’est bien moi le responsable. Et disons-le tout net : j’ai échoué.
Dans le traitement de la terrible crise des abus que traverse notre Eglise, il existait deux écueils : soit mettre les problèmes sous le tapis au risque de blesser une deuxième fois les victimes par notre inaction et de voir la plaie puruler ; soit dénoncer les abus et les prédateurs. Je ne pouvais pas accepter la première option. Mais, insensiblement, la deuxième option a révélé ses propres dangers : laisser croire que l’Eglise se résume à cette crise ; faire planer sur tous les prêtres un opprobre général ; et, de façon générale, amalgamer bien des choses qui n’ont rien à voir (un signalement n’est pas une preuve de culpabilité, une gouvernance « musclée » n’est pas un viol, etc.). Ainsi tel prêtre, pourtant blanchi par la justice pénale française, se voit-il systématiquement affublé d’un rappel infamant de son accusation. Ainsi tel autre, objet d’un signalement au Tribunal Pénal Canonique National (dont nous ignorons tout à ce stade), se voit-il immédiatement soupçonné d’être un violeur d’enfants. Il est facile de « signaler » que tel curé n’écoute pas assez tel membre de son conseil pastoral mais ce « signalement » (pour un comportement qui, notons-le, peut être parfaitement justifié), jeté en pâture aux médias, deviendra rapidement une présomption de culpabilité pour des turpitudes innommables.
Et cela ne s’arrête pas aux personnes (ce qui suffirait largement à justifier ma décision d’arrêter tout) mais cela a aussi des conséquences sur la structure même de l’Eglise. Si c’est un abus d’interdire à un jeune religieux de communiquer avec sa famille pendant certaines périodes, faudra-t-il interdire tous les monastères bénédictins ? Bien sûr qu’il est très facile d’utiliser de façon perverse les pouvoirs d’un supérieur religieux ; bien sûr que les conseils évangéliques de pauvreté, chasteté et obéissance, lorsqu’ils ne sont pas librement consentis, sont inhumains – et seraient sectaires s’ils étaient imposés. Mais la vie religieuse est le cœur battant de l’Eglise militante : si nous jetons la suspicion sur toute obéissance, toute chasteté, toute pauvreté, nous détruisons ce cœur.
Je réfléchis en ce moment à ce que nous pourrions faire dans l’avenir pour maintenir ce refus de la langue de buis et de l’ecclésiastiquement correct, sans pour autant tomber dans l’ornière d’une sorte de « Médiapart de droite », traquant toutes les déviances réelles ou supposées au nom d’une impossible transparence – et finalement au service d’un pharisaïsme dont le Christ nous a averti des méfaits. Ceux que cela intéresse peuvent laisser leur courriel ci-dessous pour être tenus au courant de cette éventuelle relance sur des bases assainies.
Le délit d’entrave à l’aide à mourir : une mesure incohérente et liberticide
Analyse de l’ECLJ :
La proposition de loi relative à l’aide à mourir (AAM) a été adoptée en seconde lecture par l’Assemblée nationale le 25 février 2026. Parmi ses dispositions les plus contestées figure celle portant création d’un « délit d’entrave » au suicide assisté et à l’euthanasie (article 17). Ce délit a été introduit par un amendement de députés de La France Insoumise (LFI-NFP) en mai 2024 au projet de loi antérieur relatif à l’accompagnement des malades et de la fin de vie. Aucun autre pays ayant légalisé l’euthanasie ou le suicide assisté n’a assorti sa législation d’une telle mesure pénale, ce qui fait du texte français le plus répressif au monde en la matière.
Grégor Puppinck, Docteur en droit, Directeur de l’ECLJ, avec la collaboration de Constance Avenel.
| Dispositions pénales
Article 17 |
| Le chapitre V du titre Ier du livre Ier de la première partie du code de la santé publique est complété par des articles L. 1115-4 et L. 1115-5 ainsi rédigés :
« Art. L. 1115-4. – I. – Est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende le fait d’empêcher ou de tenter d’empêcher de pratiquer ou de s’informer sur l’aide à mourir par tout moyen, y compris par voie électronique ou en ligne, notamment par la diffusion ou la transmission d’allégations ou d’indications de nature à induire intentionnellement en erreur, dans un but dissuasif, sur les caractéristiques ou les conséquences médicales de l’aide à mourir : « 1° Soit en perturbant l’accès aux établissements où est pratiquée l’aide à mourir ou à tout lieu où elle peut régulièrement être pratiquée, en entravant la libre circulation des personnes à l’intérieur de ces lieux ou les conditions de travail du personnel médical et non médical ou en perturbant le lieu choisi par une personne pour l’administration de la substance létale ; « 2° Soit en exerçant des pressions morales ou psychologiques, en formulant des menaces ou en se livrant à tout acte d’intimidation à l’encontre des personnes cherchant à s’informer sur l’aide à mourir, du personnel participant à la mise en œuvre de l’aide à mourir, des patients souhaitant recourir à l’aide à mourir ou de l’entourage de ces derniers ou des professionnels de santé volontaires mentionnés au III de l’article L. 1111-12-12 et enregistrés sur le registre de la commission mentionné au 3° du I de l’article L. 1111-12-13. « II. – Toute association régulièrement déclarée depuis au moins cinq ans à la date des faits dont l’objet statutaire comporte la défense des droits des personnes à accéder à l’aide à mourir peut exercer les droits reconnus à la partie civile en ce qui concerne les infractions prévues au I du présent article lorsque les faits ont été commis en vue d’empêcher ou de tenter d’empêcher l’aide à mourir ou les actes préalables prévus à la section 2 bis du chapitre Ier du présent titre. « Art. L. 1115-5 (nouveau). – Le fait d’exercer des pressions sur une personne afin qu’elle ait recours à l’aide à mourir est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. « La mise à disposition ou la fourniture d’informations sur les modalités d’exercice du droit à l’aide à mourir ne constitue pas une infraction. » |
Cette disposition pose une série de problèmes majeurs, pouvant être répartis en trois parties. La première vise l’intention du législateur d’instaurer un délit extrêmement large assorti d’un appareil répressif favorisant le harcèlement judiciaire, le tout produisant un texte confus, ce qui rendra son application hasardeuse. La deuxième partie expose les incohérences juridiques du délit d’entrave. Ce délit est en effet redondant et incohérent avec des dispositions du droit pénal existant telles que la provocation au suicide et l’abus de faiblesse. Il contredit en outre l’obligation pénale de porter assistance aux personnes en péril grave et imminent, ainsi que le devoir déontologique des professions médicales de porter secours.
La troisième partie identifie les atteintes portées par ce délit à six droits et libertés garantis, à savoir le droit au respect de la vie privée et familiale, la liberté d’expression, la liberté des établissements, en particulier confessionnels, la liberté de conscience des pharmaciens, la liberté de religion des aumôniers et ministres du culte, et l’inviolabilité du domicile.
L’ensemble de cette analyse démontre que le délit d’entrave à l’AAM constitue une forme de droit pénal d’exception visant à forcer la société à accepter la pratique de l’euthanasie et du suicide assisté. Ce délit verrouille une procédure d’AAM conçue pour empêcher toute intervention des tiers susceptible de faire obstacle au projet de mort. Il complète le choix de priver les proches du droit d’être informés de la demande d’AAM de leur parent et du droit de recours administratif contre la décision du médecin.
I. UNE REDACTION CONFUSE, EXTENSIVE ET FAVORISANT LE HARCELEMENT JUDICIAIRE
1. La rédaction inintelligible du délit d’entrave
La rédaction de cette infraction, calquée sur le délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), est très confuse, ce qui rendra son application hasardeuse, en violation de l’objectif de valeur constitutionnelle d’intelligibilité de la loi, qui exige que la loi pénale soit claire, précise et prévisible afin que chacun puisse connaître à l’avance la portée des interdictions pénales.
Ce texte est le résultat d’un bricolage législatif et d’une transposition des dispositions pénales du délit d’entrave à l’IVG (art. L2223 du code de la santé publique) au cas du suicide assisté et de l’euthanasie. La peine encourue est identique et les éléments constitutifs sont formulés en termes similaires.
La définition du délit d’entrave n’est pas intelligible. En effet, le texte définit le délit d’entrave de façon très large, comme pouvant être commis « par tout moyen », puis il précise qu’il peut être commis « y compris par voie électronique », puis il précise encore que ce délit peut être commis par des entraves de nature soit physique soit psychologique. L’alternative formée par « soit… soit…» exclut que le délit puisse être commis par tout autre moyen ; cela devrait exclure aussi qu’il puisse être commis par voie électronique, sauf à rattacher l’entrave numérique à l’entrave morale ou psychologique.
2. Un champ d’application extensif
Ce délit peut être commis par tout moyen, en tout lieu, à tout moment, y compris sur l’entourage. Il punit aussi la tentative.
Le délit d’entrave à « l’aide à mourir » peut être commis « en tout lieu où elle [l’aide à mourir] peut être régulièrement pratiquée », selon la proposition de loi. Cela signifie qu’une personne peut être poursuivie pour un délit d’entrave commis « à la maison » sur un proche, par exemple à l’occasion d’une conversation ou en empêchant l’entrée de son domicile à une personne venant y pratiquer l’euthanasie sur un proche.
Le délit d’entrave peut aussi être commis à tout moment, car la proposition de loi ne précise pas quand il peut être commis.
Le délit d’entrave peut aussi être opéré « par tout moyen », ce qui contribue à élargir encore davantage le champ d’application de cette disposition. Nous avons vu que l’étendue de cette notion est incertaine. La notion de « pressions morales et psychologiques » constitutives du délit, n’est pas définie de façon précise et autonome en droit. Elle peut donc être employée pour poursuivre toute forme de communication ou de message susceptibles d’être interprété comme ayant pour objet de dissuader une personne de mourir[1].
Le délit d’entrave peut aussi être commis sur « l’entourage » des personnes souhaitant mourir et des professionnels de santé concernés. Il s’agit de neutraliser totalement l’environnement de la personne souhaitant mourir contre tout message susceptible d’influencer la décision finale. Notons que la notion d’entourage est elle aussi extensive, et n’est pas définie en droit pénal.
Le texte prévoit d’incriminer aussi la tentative d’entrave. La tentative est systématiquement punie en matière criminelle, mais non en matière délictuelle. C’est donc un choix du législateur que d’étendre le plus possible le champ de cette incrimination.
Mais qu’est-ce que la tentative d’entrave morale par exemple ? Et quid si cette tentative parvient à son but, à savoir dissuader la personne de mourir ? Faudrait-il vérifier si ce résultat a été obtenu au moyen de pressions ou de menaces ? Tout renoncement à la mort deviendra suspect de la part d’une personne ayant fait une demande d’AAM, surtout si ce renoncement intervient après une discussion avec un tiers. Le risque sera d’autant plus grand pendant la période de réflexion précédant la mort (d’une durée minimale de 48h). Qui osera parler à cette personne pour tenter de la retenir ?
La mauvaise rédaction et l’étendue extensive du champ d’application du délit d’entrave sont contraires aux principes d’intelligibilité de la loi et de légalité des peines qui exigent que le législateur définisse le champ d’application des incriminations de manière suffisamment claire et précise. Le caractère extensif de ce délit d’entrave le rapproche d’un délit d’opinion. Il implique l’idée que l’opposition à l’euthanasie et au suicide assisté est en soi contraire au droit individuel à l’aide à mourir. Dès lors, cette opinion sera perçue comme liberticide et deviendra répréhensible socialement, à l’instar de l’opposition à l’IVG.
3. Un dispositif répressif favorisant le harcèlement judiciaire
Afin de donner le maximum d’effectivité au délit d’entrave, la proposition de loi confère aux associations militantes de l’euthanasie les droits reconnus à la partie civile pour initier des poursuites pénales contre toute personne ou institution qu’elles estiment coupables d’entrave à l’AAM. Au motif de défendre la liberté d’accès à l’AAM, cette disposition confère une véritable arme judiciaire à ces associations en leur permettant de dénoncer et de poursuivre les personnes opposées à la mort d’un patient, d’un proche ou d’un résident.
La principale association militante bénéficiaire de ce droit est l’ADMD[2]. Celle-ci est titulaire depuis le 11 août 2006 de l’agrément du ministère de la Santé pour représenter les usagers dans tous les hôpitaux, ce qui lui permet d’y relayer ses idées[3] et d’y « veiller au respect et à la promotion des droits des usagers ». L’ADMD se déclare « forte (…) de plus de 200 mandats de représentation des usagers (chiffre en constante augmentation) » et affirme se tenir prête à faire appliquer la loi, avec ses médecins et avocats militants[4]. Des militants de l’ADMD déclarent ainsi vouloir « Poursuivre en justice les médecins et établissements qui refusent d’appliquer la loi » (Journal de l’ADMD n° 152, juin 2021). Après avoir demandé et obtenu l’adoption de l’AAM, l’ADMD participerait à sa mise en œuvre, tant en « fournissant » des médecins et infirmiers, qu’en dénonçant ses opposants.
Cette crainte des poursuites judiciaires va générer un « climat de censure et de répression contraire aux principes fondamentaux de la démocratie et de la liberté d’expression »[5].
II. LES INCOHERENCES DU DELIT D’ENTRAVE
4. Des dispositions inutiles et redondantes
Le droit pénal existant punit déjà les comportements délictueux relatifs à l’entrave, sans qu’il soit nécessaire de créer un nouveau délit spécial plus sévère, plus étendu et moins précis.
En effet, le droit pénal « ordinaire » punit déjà l’abus de faiblesses, le harcèlement moral, les menaces, les violences physiques ou psychologiques. De même, concernant l’entrave physique à la réalisation de l’AAM, l’article l’431-1 du code pénal punit déjà « le fait d’entraver, d’une manière concertée et à l’aide de menaces, l’exercice de la liberté (…) du travail », et prévoit une peine d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Concernant l’incitation au suicide, elle est aussi déjà punie à article 223-13 du code pénal qui prohibe la provocation au suicide. La coexistence du délit spécial d’entrave à l’AMM et du droit pénal ordinaire cause des incohérences juridiques.
5. L’incohérence de la peine sanctionnant le délit d’incitation à l’AAM
L’Assemblée nationale a créé un délit d’incitation à l’AAM, pour faire pendant au délit d’entrave. Mais il est incohérent à triple titre.
L’entrave à l’AMM est deux fois plus grave que l’incitation à l’AAM
Le délit d’incitation à l’AAM punit d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende « le fait d’exercer des pressions sur une personne afin qu’elle ait recours à l’aide à mourir ». Cette peine est deux fois inférieure à celle appliquée au délit d’entrave. En droit pénal, l’importance d’une sanction reflète celle de la valeur qu’elle protège. La différence de peine entre délit d’entrave et délit d’incitation indique que, pour le législateur, la protection de la vie humaine a deux fois moins de valeur que celle de la volonté de mourir. Cela est contraire au principe de proportionnalité des peines garanti par le Conseil constitutionnel.
L’incitation à l’AAM est incohérente avec le délit de provocation au suicide
L’incitation ou provocation au suicide est déjà condamnée en droit français (article 223-13 du Code pénal). Elle est punie de trois ans d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende. La peine d’incitation à l’AAM lui est donc trois fois inférieure. Or, quelle est la différence entre ces deux délits ? Dans les deux cas, l’intention de la personne incitant à la mort et le procédé employé à cette fin sont identiques. Seul le moyen de la mort diffère très légèrement ; mais ce moyen est indifférent au regard de la commission du délit. La provocation au suicide existe quel que soit le moyen employé pour le suicide. Des députés ont proposé d’aligner la peine du délit d’entrave à l’AAM sur celle de la provocation au suicide, mais cet amendement a été refusé[6]. Cette différence entre les peines est elle aussi contraire au principe constitutionnel de proportionnalité des peines.
L’incitation à l’AAM est incohérente avec le délit d’abus de faiblesse
L’incitation à l’AAM pourrait aussi être constitutive d’un abus de faiblesse qui consiste en l’abus frauduleux de la situation de faiblesse d’une personne particulièrement vulnérable en raison notamment de son âge ou état de santé, pour la conduire « à un acte ou à une abstention qui lui sont gravement préjudiciables ». Ce délit est puni de trois ans d’emprisonnement et de 375 000 euros (art. 223-15-2 du code pénal), contre un an et 15 000 euros d’amende pour l’incitation à l’AAM. Ici encore, l’incohérence est manifeste.
Notons en outre que la rédaction du délit d’incitation à l’AAM est sommaire, par rapport au délit d’entrave. En particulier, il ne prévoit pas de délit d’incitation numérique.
6. Une contradiction avec l’obligation de porter assistance aux personnes en péril grave et imminent
L’article 223-6 du Code pénal punit de 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende quiconque s’est abstenu volontairement de porter assistance à une personne en péril grave et imminent, lorsqu’il pouvait le faire sans risque. Cette obligation d’assistance s’applique notamment aux situations de tentatives de suicide. Dès lors, comment peuvent coexister deux obligations contradictoires imposant à la fois de porter assistance et de s’abstenir de le faire face à une même personne désirant mourir. Il suffit donc qu’une personne indique avoir l’intention de mourir par suicide assisté ou par euthanasie pour délier les tiers du devoir de lui porter assistance. L’existence du devoir pénal d’assistance dépend donc de la modalité du suicide, laquelle n’est pas nécessairement connue des tiers. Plus encore, si la personne veut mourir par suicide assisté, alors l’assistance est interdite, tandis que si elle veut mourir par suicide non assisté, alors l’assistance est obligatoire. Le devoir ou l’interdiction de porter assistance dépend donc de l’intention du suicidaire quant aux modalités de sa mort.
7. Une contradiction avec le devoir déontologique des professions médicales
Un médecin a l’obligation de porter secours à tout « malade ou blessé en péril » et de s’assurer qu’il reçoit les soins nécessaires (art. R.4127-9 du code de la santé publique). Par conséquent, tout médecin informé d’un risque suicidaire grave et immédiat a l’obligation déontologique d’intervenir, et il commet une faute disciplinaire en ne le faisant pas. Or, il suffirait à un patient d’affirmer vouloir exercer son droit à l’AAM pour empêcher le médecin de lui porter assistance, même lorsque le désir de mort est un symptôme de la maladie. Le même problème se pose en particulier pour les psychiatres et psychologues qui traitent souvent des personnes ayant des désirs de mort, et dont la mission consiste précisément à les en soigner[7].
Cette situation place en outre les soignants dans une situation d’insécurité juridique, car il peut leur être facilement reproché de tenter, par leurs soins et paroles, de dissuader le patient de mourir. Cela a fait dire au député Charles Sitzenstuhl (EPR) que le délit d’entrave « va faire peser une chape de plomb sur les soignants ». Un amendement visant à exclure les soignants du champ d’application du délit d’entrave a été rejeté[8], ainsi que les amendements visant spécifiquement les professionnels de la santé mentale[9].
III. CE DELIT D’ENTRAVE VIOLE DES LIBERTES FONDAMENTALES
Au-delà de l’obligation pénale de porter assistance aux personnes en péril grave et imminent, il existe un devoir moral pour les proches, et déontologique pour les professions médicales, de porter assistance à une personne en souffrance envisageant de demander la mort. Or, le fait de porter ainsi assistance à un proche ou à un patient, pour le dissuader de demander la mort, peut tomber sous le coup du délit d’entrave. Ce risque est accru par l’étendue du champ d’application du délit et par le droit conféré par la loi à des associations militantes d’initier les poursuites judiciaires.
8. La violation du droit au respect de la vie privée et familiale
Le délit d’entrave fait ainsi peser un risque pénal sur toute personne souhaitant porter secours à un proche envisageant de demander la mort. Plusieurs députés ont soulevé ce risque, évoquant le besoin de la personne malade, au seuil de la mort, de se sentir rassurée et aimée. Il serait terrible de ne pas pouvoir dire à une personne en souffrance que l’on ne souhaite pas sa mort. Le dire pourrait être qualifié de « pressions morales ou psychologiques », car ces pressions ne sont pas définies de façon stricte et autonome en droit, et peuvent consister en tout message susceptibles d’être interprété comme ayant pour objet de dissuader une personne de mourir[10]. Ainsi par exemple, en matière d’entrave à l’IVG, une personne a été condamnée pour avoir offert des chaussons de bébé à une femme venue se renseigner sur l’IVG[11]. Comme le souligne la sénatrice et rapporteur, Agnès Canayer, devant la commission des lois le 6 janvier 2026 : la « qualification juridique d’un tel élément matériel qui apparaît malaisée, tant la distinction entre la demande, la supplique, le chantage affectif et la pression morale et psychologique est incertaine ». Sur une question aussi sensible, toute discussion avec une personne envisageant de demander la mort comporte nécessairement une grande charge émotionnelle et une dimension morale. Comment avoir une telle discussion sans être exposé à un risque de poursuite ?
La faculté pour les proches d’accomplir ce devoir moral relève du champ de la vie privée et familiale, et est donc garantie à ce titre. L’application du délit d’entrave aux relations entre proches constitue une ingérence illégitime et excessive dans la vie privée et familiale.
La Cour européenne des droits de l’homme a déjà reconnu l’intérêt légitime des proches à contester les décisions relatives à la fin de vie, au regard du droit au respect de la vie privée et familiale dans son arrêt Koch c. Allemagne du 19 juillet 2012[12]. Elle reconnaît donc aux proches une place légitime dans le processus de fin de vie de la personne concernée. Or, c’est cette place légitime et nécessaire que le délit d’entrave criminalise.
L’interdiction faite aux proches de tenter de dissuader une personne de choisir la mort est doublée par celle qui leur est faite de contester en justice la décision du médecin d’autoriser la mort de leur proche.
9. La violation de la liberté d’expression
Le délit d’entrave viole aussi la liberté d’expression en faisant peser une menace de poursuites judiciaires pour toute action ou conversation visant à dissuader une personne de mourir. Le délit d’entrave ne vise pas seulement les entraves physiques à l’exercice de l’AAM, mais aussi les entraves informationnelles, y compris électroniques, constituées par la « transmission d’allégations ou d’indications » ou l’exercice de « pressions morales ou psychologiques ». Toutes ces notions sont dépourvues de définition précise, ce qui cause une situation d’insécurité juridique quant à ce qu’il est permis de dire, quand, où, à qui, par qui, etc.
On voit mal comment la simple consultation d’informations sur un site internet empêcherait de pratiquer une AAM ou de s’informer. Cette infraction vague se prête aux interprétations les plus extensives, en violation du principe constitutionnel de l’interprétation stricte de la loi pénale, en vertu duquel le législateur doit définir les infractions en termes suffisamment clairs et précis pour exclure l’arbitraire.
Cette insécurité juridique affecte non seulement les personnes susceptibles d’entrer directement en relation avec une personne envisageant de mourir, mais aussi toute personne s’exprimant « en ligne », au titre du délit d’entrave numérique. La création de ce délit visait initialement à poursuivre les sites internet établissant des relations téléphoniques ou numériques avec des femmes enceintes en détresse dans le but de leur apporter une aide afin de prévenir le recours à l’avortement. Or, cette action est similaire à celle menée par les diverses associations de prévention du suicide, dont l’objet est précisément de dissuader de recourir au suicide. Ce nouveau délit va donc faire peser sur ces association une forte insécurité juridique : la légalité de leur action de prévention du suicide dépendra des modalités de ce suicide. Si une personne est tentée par le suicide assisté ou l’euthanasie, vouloir l’en dissuader deviendrait risqué pénalement. Un amendement visant à exclure ces associations du champ d’application du délit d’entrave a également été rejeté[13].
Le Conseil constitutionnel a déjà observé le risque d’atteinte à la liberté d’expression causée par le délit d’entrave numérique dans sa décision du 16 mars 2017[14] relative à l’IVG, et a formulé deux réserves d’interprétation pour restreindre son champ d’application. Or, le législateur a ignoré ces réserves dans la rédaction relative à l’AAM.
La liberté d’expression est aussi garantie à l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme, y compris sur les sujets éthiques. Le fait que le sujet soit sensible n’est donc pas un motif légitime pour réduire la liberté d’expression. Au contraire, la Cour européenne des droits de l’homme est convaincue que « [l]a liberté d’expression vaut non seulement pour les ‟informations” ou ‟idées” accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent : ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l’esprit d’ouverture sans lesquels il n’est pas de ‟société démocratique” »[15]. Plus encore, selon la CEDH, la liberté d’expression suppose « le recours possible à une certaine dose d’exagération, voire de provocation »[16]. Cela s’applique concernant des sujets moraux controversés[17]. La CEDH a ainsi jugé qu’une campagne radicale contre l’avortement « contribu[e] à un débat d’intérêt public hautement controversé » et a souligné qu’« il ne peut y avoir aucun doute quant à la forte sensibilité des problèmes moraux et éthiques soulevés par la question de l’avortement ou concernant l’importance de l’intérêt public en jeu »[18]. En tant que sujet d’intérêt public, l’opposition à l’avortement bénéfice d’une très grande protection[19], équivalente à celle accordée au discours politique[20]. Ceci est applicable par analogie au discours relatif à l’AAM.
10. La violation de la liberté des établissements, en particulier confessionnels
L’article 14 de la proposition de loi fait obligation aux directeurs d’établissements de santé et médico-sociaux d’accueillir la pratique de l’AAM au sein de leurs établissements. Seront concernés tous les établissements publics et privés, qu’ils soient financés ou non par des fonds publics, y compris les établissements confessionnels.
Si un tel directeur d’établissement refuse l’entrée à une équipe extérieure venant y pratiquer une AAM sur l’un de ses résidents ou patients, celui-là se rendrait coupable d’entrave physique. Dès lors, tout établissement opposé par principe à l’euthanasie et au suicide assisté, et donc fondé sur une éthique du respect de la vie, serait placé en situation d’illégalité. Ces établissements pourraient en outre se trouver en difficulté avec les Autorités Régionales de Santé (ARS).
Or, la liberté éthique des établissements est une composante de la liberté de conscience et de religion. Les libertés d’association et de religion garantissent en effet, à toute organisation fondée sur une éthique, à fortiori une institution religieuse, la liberté de fonctionner dans le respect des règles religieuses et de ses convictions. La Cour européenne des droits de l’homme a désigné cette liberté institutionnelle au moyen du concept de « principe d’autonomie », réaffirmé à de nombreuses reprise[21]. L’ancienne Commission européenne des droits de l’homme a reconnu par exemple qu’un hôpital catholique[22] est une institution bénéficiant de cette liberté institutionnelle garantie par le « principe d’autonomie ». De même, la Cour de Justice de l’Union européenne a aussi reconnu à un hôpital catholique[23] la qualité « d’entreprise de tendance », bénéficiant à ce titre d’un statut spécial reflété notamment à l’article 4 de la directive 2000/78/CE[24]. En France, la Cour de cassation a reconnu « le principe d’autonomie des communautés religieuses, découlant de l’article 9 de la Convention » dans son arrêt en assemblée plénière, du 4 avril 2025.
11. La violation de la liberté de conscience des pharmaciens
Selon l’article 8 de la proposition de loi, tout pharmacien aura l’obligation de réaliser et de délivrer le poison, en violation du principe selon lequel « le pharmacien exerce sa mission dans le respect de la vie et de la personne humaine » (Art. R42-35-2 du Code de la santé publique). La France serait le seul pays à ne pas respecter la liberté de conscience des pharmaciens, parmi ceux ayant légalisé l’euthanasie ou le suicide assisté,
Le refus de délivrer le poison expose le pharmacien à des poursuites professionnelles et disciplinaires, mais il pourra aussi l’exposer à des poursuites pénales au titre du délit d’entrave si ce refus est perçu comme exprimant une pression morale ou psychologique à l’encontre du personnel participant à la mise en œuvre de l’AAM lui ayant demandé la délivrance du poison.
12. La violation de la mission des aumôniers et ministres du culte
L’article R1112-46 du code de la santé publique prévoit que « [l]es hospitalisés doivent être mis en mesure de participer à l’exercice de leur culte. Ils reçoivent, sur demande de leur part adressée à l’administration de l’établissement, la visite du ministre du culte de leur choix. » Il est fréquent qu’à l’approche de la mort, des personnes demandent à rencontrer un ministre du culte. Or, le suicide et l’euthanasie étant proscrits par les religions juive, chrétienne et musulmane, un ministre du culte ne peut donc que tenter de dissuader son fidèle d’y recourir. Il pourra lui être reproché de formuler des menaces quant à son salut, et d’exercer une pression religieuse, donc morale, sur la personne. Les amendements visant à exclure les ministres des cultes du champ d’application du délit d’entrave ont tous été rejetés[25]. L’ancienne ministre de la Santé, Catherine Vautrin, qui a porté le projet de loi à l’origine, tente de rassurer en assurant que « le colloque singulier avec un représentant du culte ne constitue pas un délit d’entrave car il s’agirait d’« échanges personnels »[26] », mais ces propos n’engagent qu’elle.
13. La violation de l’inviolabilité du domicile
Le délit d’entrave physique punit quiconque interdirait l’entrée de son domicile à un médecin ou à un infirmier s’y présentant pour y réaliser une AAM sur une personne résidant dans ce même domicile, par exemple un époux ou un parent. Il en est de même d’un responsable d’établissement qui en refuserait l’entrée à ces personnes pour empêcher qu’une AAM soit réalisée dans ses locaux.
Or, le principe de l’inviolabilité du domicile a valeur constitutionnelle et protège toute personne contre les intrusions non autorisées dans son domicile. Il garantit donc à chacun le droit de refuser de laisser entrer des tiers, notamment un médecin ou une infirmière, à son domicile ou dans son établissement. Le législateur n’a manifestement pas envisagé cette hypothèse.
Conclusion : le délit d’entrave est une incrimination liberticide et contre-productive
Le projet de délit d’entrave spécifique à l’AAM et mal rédigé, il a un champ d’application très étendu, se révèle incohérent juridiquement avec le droit pénal existant et porte gravement atteinte à des droits et libertés fondamentaux de valeur constitutionnelle.
S’il est adopté, son effet principal ne sera pas de « protéger » la personne suicidaire des pressions extérieures, mais d’accroître son isolement. Or, les personnes souffrantes ont déjà naturellement tendance à s’isoler et à se refermer sur elles-mêmes. La meilleure façon de les aider est à l’inverse de rompre cet isolement pour les sortir du désespoir. Mais une telle démarche pourra être perçue comme une pression et une tentative d’entrave.
Au-delà, ce délit tend à imposer l’acceptation culturelle de l’euthanasie et du suicide assisté au sein de la société, notamment au sein de tous les établissements où il peut être pratiqué. Quant aux établissements confessionnels, ce délit les contraints à se renier moralement ou à disparaître, ce qui revient au même.
Ainsi, ce délit d’entrave est une incrimination liberticide et contre-productive.
L’Église est-elle « contre » l’épanouissement sexuel féminin, en favorisant des unions lorsque l’épouse est la moins disposée ?
De Gabrielle Vialla pour Le Salon beige :
Connue des lecteurs pour plusieurs ouvrages et articles, j’ai été récemment frappée par la recrudescence de questions qui m’ont été faites, tant de laïcs que de prêtres, autour de cette objection. Elle fait notamment écho à certains propos lus sur ce blog à propos du divorce dans les milieux traditionnels. On y a lu que les méthodes naturelles permettraient des unions à des moments où l’épouse est la moins disposée, avec à la clé une possible souffrance physique et un stress lié à une éventuelle grossesse.
Tout d’abord, rappelons qu’une union conjugale ne devrait jamais être douloureuse, ni pour la femme ni pour l’homme. Si une douleur existe, il est nécessaire d’en rechercher la cause (médicale, psychologique, relationnelle) et d’y remédier. Cela relève d’un devoir élémentaire de charité envers soi-même et envers le conjoint.
En ce qui concerne la femme, quelle que soit la période du cycle, l’union doit être préparée avec délicatesse. Elle ne doit jamais être douloureuse, mais vécue de manière positive (sans verser dans l’injonctif culpabilisant). L’Église n’a jamais valorisé le dolorisme ni justifié la violence dans les relations conjugales.
Ensuite, comme tout apprentissage humain, la vie conjugale demande une éducation. Il existe des ouvrages, des personnes à consulter et des pasteurs capables d’accompagner.
Par ailleurs, une certaine vision légaliste réduit parfois l’enseignement à l’interdiction de la contraception et de l’avortement, et à la notion de « refus du droit du conjoint » ou de « devoir conjugal ». C’est une réduction grave. On invoque alors saint Paul en oubliant l’équilibre de son enseignement : l’amour de l’époux à l’image du Christ, la réciprocité et le don mutuel.
Tous les états de vie sont appelés à la chasteté. Celle du mariage n’est pas une chasteté au rabais : elle implique aussi un combat spirituel.
Dans la vie conjugale, les époux sont appelés à examiner leur conscience, à demander et à accorder le pardon. Cela commence par la charité et le respect mutuel, notamment dans la reconnaissance des différences entre l’homme et la femme. Il est frappant de constater que, dans des milieux religieux où, avec raison, on rejette la théorie du genre sur le plan politique et éducatif, ces différences entre hommes et femmes, notamment dans le désir, la frustration et le rapport au temps, peuvent être quelquefois niées.
À l’époque d’une hégémonie de la mentalité contraceptive et pornographique, bien dangereux sont ceux qui enseignent un prétendu droit sur le conjoint mais négligent de rappeler l’amour oblatif, la maîtrise de soi, l’ascèse et l’attention réciproque.
Avec Humanae vitae, l’Église a parlé de continence périodique, ce qui correspond à la réalité de la vie conjugale, qui n’a jamais été, selon les mots d’un abbé, un « open bar ». L’Église rappelle les époux à la responsabilité conjointe face à la vie. Elle les enjoint à la générosité et à la prudence. L’un n’exclut pas l’autre. De même, il ne peut y avoir d’opposition entre « épanouissement féminin » et « épanouissement masculin », ni entre « épanouissement des époux » et « ouverture à la vie ».
L’enseignement de l’Église a connu un développement doctrinal équilibré qui veut le bonheur de ses enfants. Il reste, en pratique, grandement méconnu ou caricaturé. N’agissons pas comme des enfants ingrats qui, malgré la flûte, n’ont pas voulu danser (Matthieu 11, 16).
Gabrielle Vialla auteur de La chasteté, Recevoir le féminin, et tout récemment Prier avec le cycle féminin
Du bricolage paisible et liturgique à Solesmes ?
Du bricolage paisible et liturgique à Solesmes ?
Le 20 mars 2026, un article du Salon Beige diffuse une lettre au pape de Dom Geoffroy Kemlin, père abbé de Solesmes, datée du 25 novembre 2025, en la qualifiant de « bricolage liturgique ». Ne sachant si cette lettre est authentique et le cas échéant si on a le droit de la diffuser, j’aborderai uniquement les idées évoquées. Cette lettre de Dom Kemlin informerait donc le pape de travaux d’une commission de leur congrégation (de France) sur des solutions pour la paix liturgique, entre novus et vetus ordo. Cette commission intégrerait désormais des augustiniens. Cette lettre fait part de tensions qu’il y aurait eu à une époque sur ce sujet entre les divers monastères de la congrégation, maintenant bien apaisées par compréhension mutuelle ; elle constate qu’il n’est pas possible d’éradiquer le vetus ordo, les fidèles y étant très attachés pour des motifs profonds et non identitaires, et propose donc d’inclure dans le missel romain le vetus ordo pour permettre à chaque prêtre de choisir librement sa célébration, quitte à concélébrer en français la messe de St Pie V (cas extrême ! ). Néanmoins, le nouveau lectionnaire serait obligatoire, ce qui peut interpeller.
Si la solution n’est pas forcément parfaite, elle est intéressante et tout bon bricoleur sait que parfois seul un bon bricolage peut sauver une situation qui semble sans solution raisonnable à moyen terme.
L’article précité du Salon Beige semble dénigrer cette proposition (« irréaliste, mauvaise action ») pour deux raisons :
– tout d’abord, le nouveau lectionnaire (devenant obligatoire) étant bien plus riche que l’ancien, il tendrait à « confondre liturgie et lectio divina ». Pour mémoire, le nouveau lectionnaire comprend 3 lectures pour les dimanches et fêtes sur un cycle « années A-B-C », 2 lectures pour un temporal absolument complet (mardi de la Xème semaine ordinaire par exemple…) sur un cycle « années paire-impaire », et sanctoral (St Padre Pio le 23 septembre) plus complet que l’ancien.
Il me semble qu’il est difficile d’arguer que la richesse du lectionnaire va nuire à la méditation biblique, sachant qu’il n’y a sans doute qu’un très très faible pourcentage des laïcs adeptes de la lectio divina. La seule source de connaissance de la bible de la grand majorité reste l’écoute (en français) des lectures à la messe. L’argument serait aussi étrange que de dire que le silence à la messe tendrait à confondre liturgie et oraison.
Pour ma part, je suis fatigué d’entendre 10 fois par été lors des mariages l’épître de St Paul (éphésiens ch 5) mal tronçonné qui commence par « que les femmes soient soumises à leurs maris » alors que le verset précédent ordonne « Soyez soumis les uns aux autres dans la crainte du Christ ». Un peu de nouveau lectionnaire peut faire du bien.
– ensuite l’auteur évoque « l’affaiblissement des oraisons modernes ». C’est méconnaître les progrès en la matière, puisque le missel Laudate de la communauté Saint Martin, rajoute les anciennes antiennes déjà autorisées, pour chanter si l’on veut tout le grégorien, et donc bénéficier de prières qui seraient meilleures que les oraisons nouvelles [l’auteur de cette tribune semble confondre le propre de la messe (introït…) et les oraisons (collecte, secrète, post-communion. NDMJ]. L’auteur rappelle aussi l’absence d’offertoire, sans savoir que le pape François (tout en corrigeant les deux hérésies du Pater et du Credo) a ajouté les deux oraisons « Orate fratres » et « Suscipiat » à la prière « In spiritu humilitatis » (présente aussi bien à la messe de St Pie V que dans le nouvel ordo de 69. La notion de sacrifice y est donc maintenant bien explicitée dans l’offertoire, qui reste, je le concède, un peu court. [Le pape n’a rien ajouté, c’est la traduction défaillante qui a été revue et corrigée. NDMJ]
Pour s’opposer à cette idée de missel romain unique dans lequel on piocherait un peu ce qu’on veut, il faut donc trouver d’autres arguments. Le seul vrai problème pratique que j’entrevois serait le remplacement de nos missels, et leurs tailles ! En effet, ceux qui se sont intéressés au problème en compulsant le missel Laudate voient mal un nouveau « 800 » avec les partitions et le nouveau lectionnaire en latin et en français. Certains pourraient penser à un complot bénédictin, avec la congrégation de France inspirant un nouveau missel, et l’abbaye du Barroux devenue experte en la matière, publiant ce nouveau missel avec des dividendes juteux. Il me semble qu’il y a des complots plus crédibles.
On peut rétorquer que cela accentuera le bazar. Sans doute un peu, mais c’est peut être le prix à payer d’une paix liturgique, et avouons que certains de nos prêtres bricolent aussi en particulier dans des triduum d’avant la réforme de Pie XII, mais amputés par ci par là car trop longs… Le bricolage, ça marche, très longtemps parfois, c’est l’art de rechercher des solutions, mais comme disaient les shadoks, « chaque problème a une solution, et s’il n’y a pas de solution c’est qu’il n’y a pas de problème ».
Général (2S) Antoine PINOTEAU
bricolage et réparation de tracteurs à domicile
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
« Le socialisme, le communisme et la gauche démontrent qu’ils détruisent les sociétés »
Le Costa Rica a ordonné la fermeture de son ambassade à Cuba pour protester contre le gouvernement marxiste de ce pays insulaire.
« Nous devons débarrasser l’hémisphère des communistes », a déclaré la semaine dernière le président sortant Rodrigo Chaves.
La présidente élue Laura Fernández Delgado a réitéré son opposition à la politique cubaine dans une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux depuis quelques jours.
« Le socialisme, le communisme et la gauche démontrent qu’ils détruisent les sociétés » , s’est-elle exclamée.
Fernández , âgée de 39 ans, a remporté l’élection présidentielle avec 48 % des voix lors du scrutin du 1er février face à son adversaire Álvaro Ramos Chaves Catholique et militante anti-avortement, elle qualifie l’avortement de « meurtre, ni plus ni moins ».
Le gouvernement cubain a affirmé que le pays était influencé par les États-Unis et placé sous leur « subordination ». Cuba doit rappeler son ambassadeur de San José, la capitale du Costa Rica.
Le Costa Rica emboîte le pas à d’autres pays d’Amérique latine qui font pression sur Cuba, notamment l’Équateur, qui a interdit l’entrée sur son territoire à l’ambassadeur cubain au début du mois.
Le Costa Rica compte un peu plus de 5 millions d’habitants, dont environ 65 % se déclarent catholiques, le catholicisme étant la religion d’État officielle selon sa Constitution de 1949.
Les élections municipales ont fait émerger trois clivages majeurs
Sur Polémia, Jean-Yves Le Gallou analyse les résultats des élections municipales :
Trois clivages
Les élections municipales ont fait émerger trois clivages majeurs :
- le clivage ethnique,
- le clivage France profonde / France des métropoles,
- le clivage droite / gauche.
Il suffit d’ouvrir les yeux.
Le basculement démographique
Avec Saint-Denis, Creil est le symbole du Grand Remplacement. Les maires socialistes sont chassés par les nouveaux maîtres avec les mêmes égards que les Blancs d’Afrique du Sud.
En 1995, le FN avait présenté plus de 30 listes dans le 93. Son secrétaire départemental, Franck Timmermans, avait lui-même réuni 26 % des suffrages à Pierrefitte. Mais le PC avait gardé ses fiefs.
Trente ans plus tard, les Européens ont fui la Seine-Saint-Denis. Le RN n’y a présenté que trois listes, rassemblant moins de 10 % des suffrages. À Pierrefitte même, fusionnée avec Saint-Denis, c’est le lfiste Bayamoko qui l’a emporté. Fin de partie.
RN : bilan politique et désaveu stratégique
RN : succès dans la France profonde et à Nice, mais désaveu de la ligne stratégique de Marine Le Pen.
Marine Le Pen défendait le « ni droite, ni gauche » : mais il a volé en éclats à la base dans de nombreux endroits, sur la base d’alliances locales, et le clivage droite / gauche a puissamment structuré le deuxième tour.
Marine Le Pen défendait la « dédiabolisation », qui s’est avérée un double échec : elle a compliqué la constitution des listes par des purges à répétition pour de simples posts ; or, malgré — ou à cause ? — de la stratégie de dédiabolisation, le « cordon sanitaire » a été maintenu.
Marine Le Pen a multiplié les œillades à la gauche, parfaitement contreproductives : LFI mobilisant contre le RN des publics hostiles : Africains revanchards, musulmans revendicatifs, demi-intellectuels blancs frustrés.
Les défenseurs de cette stratégie font souvent valoir qu’elle s’accompagne d’une progression électorale : c’est vrai. Mais est-ce dû à la stratégie ou à la dégradation de la situation ? On notera qu’avec une stratégie différente, les partis nationaux progressent beaucoup plus rapidement qu’en France, en Italie, en Allemagne, en Autriche et dans beaucoup de pays européens.
Lyon : contestation et soupçons de fraude
À Lyon, Aulas conteste le résultat et évoque des fraudes. Elles sont évidemment probables avec un maire sortant qui a utilisé la Jeune Garde comme auxiliaire à la mairie et est allié avec LFI.
À noter aussi que Doucet a, dans ses remerciements, beaucoup insisté sur le personnel de mairie et de préfecture qui a tenu les bureaux de vote : peut-être une manière de pointer l’absence d’assesseurs de la part d’Aulas ?
On espère que ce dernier a des billes pour documenter la fraude de l’extrême gauche.
Vierzon : symbole de l’union des droites
T’as voulu voir Vierzon ? T’as vu Vierzon !
Quant à lui, Franck Timmermans s’est réfugié à Vierzon, ville communiste depuis près d’un siècle, restée européenne. Il y a dirigé la campagne de Yannick Le Roux, qui a emporté la ville, en triangulaire, avec 48 % des voix.
À la tête d’une liste de large union à la base, allant du Modem à Reconquête, en passant par LR, DLF et le RN. Bravo à eux, et bon courage pour redresser une ville sinistrée, aux rues dégradées et aux commerces fermés. Avec la communauté de communes, un grand travail est à entreprendre. Au cœur du Berry, à proximité de Salbris, un pôle de résistance municipale française est en cours de constitution.
Belle victoire de l’union des droites à Vierzon. Après un siècle de communisme, la liste de Yannick Le Roux, qui a dans ses rangs les têtes de liste Modem et RN de 2020, l’emporte grâce à une union à la base, sans avoir tenu compte des partis. Superbe leçon !
