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Euthanasie: ils veulent passer en force…

Les partisans de l’euthanasie tentent de présenter comme inéluctable que le “dernier mot” appartienne à l’Assemblée. Ils “oublient” juste qu’il faut une décision du gouvernement pour réunir une commission mixte paritaire et interrompre la navette parlementaire – et que, en l’occurrence, cela s’appellerait un passage en force puisque le moins que l’on puisse dire est qu’il n’y a aucun consensus sur le texte (rejeté deux fois par le sénat).

Ce soir un parlementaire Renaissance du Cher, un certain François Cormier-Bouligeon, annonce sur son compte LinkedIn que le ministre Laurent Panifous l’aurait assuré que le texte sur l’euthanasie serait adopté avant l’été. Il serait surréaliste que nous apprenions ce grave bouleversement prévoyant la mise à mort d’innocents de cette façon totalement détournée. D’autant que Laurent Panifous est en cette affaire juge et partie puisqu’il fut rapporteur du texte.

L’excellente professeur de droit Aline Cheynet de Beaupré a très bien répondu à plusieurs sophismes de François Cormier-Bouligeon:

“Sauvés par le Sacré-Coeur”, après le film découvrez le livre, magnifiques témoignages !

Prolongement du film, ce livre préface par Antonia Salzano Acutis mère de Carlo Acutis, donne la parole à des témoins que le Sacré-Coeur est venu relever. De nombreux intervenants apportent des éclairages sur l’action de Dieu dans nos vies et sur les formes de dévotion par lesquelles nous pouvons lui rendre grâce et nous confier à lui pour, à notre tour, nous laisser sauver.

Qu’est-ce que le Sacré-Coeur de Jésus ? Que peut-il nous apprendre et faire pour nous aujourd’hui ? Cette mystérieuse vérité peut-elle changer notre vie ?
Suite du film exceptionnel, qui a réuni près d’un million de spectateurs en France et à l’étranger, ce beau livre-photos présente plus largement l’histoire de la spiritualité du Sacré-Coeur. De la Bible aux révélations faites par Jésus à sainte Marguerite-Marie lors des apparitions de Paray-le-Monial, le Sacré-Coeur brûlant d’amour pour chacun de nous est peu à peu dévoilé. Un amour qui, jusqu’à aujourd’hui, bouscule les destins et attire tout à lui.

À travers des clichés magnifiques et des récits historiques, plongez dans le mystère d’un Cœur qui a tant aimé les hommes. Un voyage spirituel qui traverse les siècles pour rejoindre notre époque
– Des témoignages forts : retrouvez les récits de Steven et Sabrina Gunnell, ainsi que de nombreuses personnes dont la vie a été transformée par cette rencontre intime avec le Christ.
– La puissance de l’Amour : découvrez comment la dévotion au Sacré-Cœur apporte consolation, guérison et espérance, même dans les moments les plus sombres de l’existence.

Une édition de prestige, sur papier glacé, tout illustré en couleurs, couverture avec rabats bel écrin pour ces témoignages de foi.
Un beau cadeau pour grand adolescent, baptisé, confirmé, fête des Pères ou des mères… Un livre à laisser sur la table du salon, à feuilleter, témoin de conversions et d’espérance.

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Sauvés par le Sacré-Cœur, Sabrina et Steven Gunnell, Editions Première Partie, 33.20 €

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Maximilien Kolbe, une vie donnée

De Bruno de Seguins Pazzis :

Auschwitz, 1941. Après qu’un prisonnier ait réussi à s’évader du camp de concentration, le SSHauptsturmführer Karl Fritzsch sélectionne dix hommes pour être affamés à mort dans une cellule souterraine. Lorsque le dernier prisonnier, un père de famille qui implore la clémence, le père Maximilian Kolbe s’avance pour prendre sa place. Au fil des jours, les prisonniers apprennent à se connaître. Peu à peu, les hommes meurent de faim et de déshydratation. Après deux semaines, Le père Maximilien Kolbe et trois autres hommes restent seuls et sont exécutés par injections létales. Avec : Marcin Kwaśny (Maximilein Kolbe), Rowan Polonski (Albert), Christopher Sherwood dans le rôle de Karl Fritzsch, Sharon Oiliphant (Franziska). Scénario : Anthony d’Ambrosio. Directeur de la photographie : Andrew Q Holzschuh. Musique : Thomas Farnon.

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime »… Avant Anthony D’Ambrosio, la figure de saint Maximilien Kolbe a été abordée par Krzysztof Zanussi avec Vie pour vie : Maximilien Kolbe (1991), cinéaste polonais qui a reçu le prix Robert-Bresson en 2005 en reconnaissance de compatibilité de son œuvre avec l’Évangile. Si le saint est bien au centre des deux films, le sujet est abordé de manière totalement différente par chacun des cinéastes. Krzysztof Zanussi évoque Maximilien Kolbe par le biais de Jen (dans la réalité Franciszek Gajowniczek, un sergent de l’armée polonaise, père de famille), l’homme que le saint a offert de remplacer pour qu’il soit sauvé. La figure de Maximilien Kolbe est donc évoquée au travers du parcours de Jen qui enquête après sa libération sur le père Maximilien Kolbe. L’enfermement en cellule et le martyre de Maximilien Kolbe ne sont évoqués qu’au travers de courtes scènes qui, mises bout à bout, ne représentent pas plus de quinze minutes sur un film qui dure 1h30. Tout le reste du film raconte donc la découverte progressive par Jen du passé de Maximilien Kolbe ainsi que les interrogations de Jen sur les raisons pour lesquelles il a été épargné. Le résultat est un film plutôt aéré et facile à voir.

L’approche d’Anthony D’Ambrosio est beaucoup plus radicale. Il choisit de plonger le spectateur dans un huis-clos en cellule. Sur deux heures de film, seules quelques très courtes échappées, pour évoquer très succinctement le passé de Maximilien Kolbe et de plusieurs autres des personnages enfermés avec lui ainsi que pour évoquer la personnalité de l’officier qui dirige le camp, permettent très brièvement au spectateur de sortir de l’univers carcéral. L’autre parti pris du film consiste à faire des codétenus de Maximilien Kolbe un ensemble d’hommes qui représentent l’âme fracturée de la Pologne en ce temps de guerre : le patriote, le communiste, le Juif, l’athée. Chacun devient un miroir qui reflète différents aspects de la réponse humaine à une situation de désolation absolue. Ainsi, le spectateur se trouve face à un cinéma exigeant qui montre à la fois l’horreur et la banalité du mal (le personnage du commandant du camp est une illustration parfaite et glaciale de cette banalité analysée par la philosophe Hannah Arendt). Le cinéaste refuse tout effet spectaculaire. Il filme cette destruction des corps avec une âpreté presque chirurgicale. Sa caméra serre au plus près le jeu des comédiens qui parviennent tous brillamment à transmettre les ravages physiques de la famine. Le spectateur voit les corps diminuer, observe les esprits se fragmenter, doit supporter les hallucinations qui brouillent les frontières entre mémoire et folie.

Mais de cette confrontation avec l’obscurité, le cinéaste parvient, avec un langage visuel qui fonctionne à travers une dialectique austère de lumière et d’ombre qui crée un clair-obscur qui reflète les tensions, à évoquer quelque chose d’indestructible dans la nature humaine. Bien sur l’obscurité domine le cadre, mais la lumière s’infiltre sans cesse, tranchant la pénombre de la cellule avec une précision chirurgicale. Cette interaction devient la métaphore principale du film : comment l’illumination peut exister dans une obscurité absolue sans la nier. Et c’est cette illumination qui empêche le spectateur de souffrir de claustrophobie, porté qu’il est par l’alchimie mystérieuse avec laquelle le père Maximilien Kolbe transforme ses compagnons de prisons. Une alchimie précieuse qui ne fait pas appel au prosélytisme, qui refuse toute représentation moraliste, mais qui crée un espace permettant à ses compagnons de découvrir leur propre capacité à la transcendance. Avec une rigueur toute « bressonienne », le cinéaste parvient à embrasser et à opposer la faiblesse humaine naturelle et la force spirituelle imposante de saint Maximilien Kolbe, allant tout naturellement donner à ce dernier une ressemblance christique dans les derniers instants du film. Touchant au cœur de l’idée chrétienne de la souffrance et du martyre, visuellement beau mais impressionnant et abordant des sujets intenses et sombres, Maximilien Kolbe, une vie donnée, ne peut pas être montré à des enfants.

Exigeant mais édifiant.

Bruno de Seguins Pazzis

Rome rappelle qu’aucun prêtre ni évêque ne peut refuser la communion à quiconque souhaite la recevoir à genoux ou sur la langue

Le Vatican serait intervenu pour rappeler à deux évêques argentins que les fidèles conservent le droit de recevoir la sainte communion à genoux et sur la langue, suite à plusieurs controverses en Argentine concernant les restrictions et les réprimandes publiques infligées à ceux qui tentaient de le faire.

Selon les informations diffusées par les médias catholiques argentins, le Dicastère pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements a tenu des entretiens avec l’archevêque de Mendoza et président de la Conférence épiscopale argentine, Marcelo Colombo, et avec l’évêque de San Luis, Gabriel Barba. L’instance du Vatican aurait réaffirmé que « les fidèles ont la liberté de recevoir la communion selon les méthodes établies par l’Église, et cette liberté ne peut être restreinte ».

La controverse a commencé après que Colombo a déclaré publiquement en 2025 qu’« en Argentine, la communion est reçue debout », citant les règles approuvées par la conférence épiscopale. À Mendoza, un incident particulièrement controversé s’est produit à la basilique San Francisco, où un prêtre aurait réprimandé plusieurs fidèles qui tentaient de s’agenouiller pour recevoir la communion. Selon certains témoignages, une personne se serait même vu refuser la communion jusqu’à ce qu’elle accepte de la recevoir debout, dans la main.

Dans le diocèse de San Luis, l’évêque Barba a également promu des directives visant à encourager la communion dans la main, en particulier parmi les ministres extraordinaires de l’Eucharistie. Cette mesure a suscité encore plus d’attention car ce diocèse s’était historiquement distingué par une forte culture eucharistique traditionnelle sous l’épiscopat de Juan Rodolfo Laise, un défenseur bien connu de la communion sur la langue.

Le Saint-Siège avait déjà clairement exprimé cette opinion dans l’instruction Redemptionis Sacramentum, publiée en 2004 par la Congrégation pour le Culte DivinLe document rappelle expressément que « tout fidèle a toujours le droit de recevoir la sainte communion sur la langue » et ajoute qu’« il n’est pas licite de refuser la sainte communion à un fidèle au seul motif qu’il souhaite recevoir l’Eucharistie à genoux ou debout ». Pour de nombreux catholiques, recevoir la communion à genoux et sur la langue est un geste d’adoration et de respect envers la Présence réelle du Christ dans l’Eucharistie

L’affaire argentine a ainsi rouvert un débat qui reste d’actualité au sein de l’Église : jusqu’où les conférences épiscopales et les diocèses peuvent-ils aller dans l’application des normes locales lorsqu’elles entrent en conflit avec les droits liturgiques universellement reconnus par Rome ?

“C’est une question de cœur, maintenant, et non de dispute. Léon a-t-il ce cœur de pasteur ? Les prêtres de la FSSPX ont-ils un cœur de fils ?”

Sur son blog, Father Z livre son analyse de la situation entre la FSSPX et Rome. Traduction :

J’ai reçu des courriels me demandant mon avis et mes prédictions concernant le fiasco de la FSSPX et du Saint-Siège.

Tout d’abord, je suis profondément attristé. J’ai travaillé au sein de la Commission pontificale « Ecclesia Dei » dès ses débuts. J’ai vu naître et grandir les communautés « Ecclesia Dei », la délivrance de nombreux celebret, des conflits acharnés avec les évêques et des résolutions émouvantes. La Commission était méprisée par le reste de la Curie. Nous étions le rempart des catholiques traditionalistes qui n’avaient pas de pasteurs suffisamment aimants, ou du moins disposés à obéir aux écrits de Jean-Paul II dans Ecclesia Dei adflicta (1988).

Jean-Paul II, comme j’ai pu le constater par la suite, ne comprenait pas vraiment pourquoi les gens appréciaient les anciennes traditions. Il est vrai qu’il venait de Pologne, un pays stable et fort dans la foi en raison des persécutions qu’il avait subies. Malgré cela, il a enjoint aux évêques du monde entier, de par son autorité apostolique, d’être généreux envers ceux qui nourrissaient des aspirations légitimes.

À mon humble avis, le pape Léon XIV a eu tort de confier une rencontre avec le supérieur de la FSSPX, le père Pagliarani, à Mgr Fernandez, malgré sa fonction. Mais alors… à qui d’autre confier cette tâche, le cardinal Roche ? Bien sûr, les points essentiels pour la FSSPX sont davantage doctrinaux que liturgiques, raison pour laquelle la Commission a été intégrée à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi à l’époque.

J’espère et je prie pour que le pape Léon XIV trouve dans son cœur une petite place pour les aspirations légitimes décrites par Jean-Paul II, et qu’il ouvre son cœur à ces fils de l’Église. 

Les armoiries de Léon arborent le logo de l’Ordre des Augustins : un cœur en flammes, transpercé d’une flèche, reposant sur un livre. La conversion d’Augustin s’est opérée par une sorte de transpercement du cœur par la Parole. Je remarque que, dans le logo de l’Ordre des Augustins, le livre est généralement – ​​mais pas systématiquement –  ​​ouvert plutôt que fermé. J’espère que cette différence n’est pas significative.

Il est encore temps d’organiser une réunion.

Par ailleurs, j’ai eu l’occasion de rencontrer des prêtres de la FSSPX et de découvrir leurs actions auprès des prêtres diocésains en difficulté. J’ai discuté avec eux, échangé des messages. J’ai cherché à comprendre leur mission. J’ai même eu le plaisir de partager une longue soirée conviviale avec leur supérieur, en compagnie de prêtres de la FSSPX et de prêtres diocésains. Parlant italien, nous avons eu des échanges animés avant et pendant le repas.

Je comprends maintenant certaines choses concernant la FSSPX dans son ensemble, choses que je ne comprenais pas il y a de nombreuses années, lorsque j’étais membre de la Commission. De plus, j’ai vu le pape François les aider en Argentine, puis leur accorder la faculté de confesser et la possibilité de célébrer des mariages, ce qui semble confirmer qu’ils ne sont pas suspendus. Et comme je l’ai mentionné, j’ai constaté ce qu’ils ont fait pour les prêtres réguliers dans le besoin ou maltraités par leurs évêques.

J’ai été quelque peu consterné par la déclaration du Père Pagliarani. Il m’a immédiatement semblé évident, d’une évidence criante, qu’un tel texte ne serait pas compris par les instances concernées au Saint-Siège, ni par la Doctrine de la Foi. Ces dernières auront peut-être besoin d’une pierre de Rosette pour déchiffrer toutes ces idées, étrangement familières, comme sorties d’un vieux livre.

Cependant, un passage de la Déclaration m’a profondément attristé : l’affirmation selon laquelle le baptême est le seul moyen d’être sauvé.

Par conséquent, tout homme doit être membre de l’Église catholique pour sauver son âme, et il n’existe qu’un seul baptême pour y être incorporé. Cette nécessité concerne l’humanité entière sans exception et s’applique sans distinction aux chrétiens, aux juifs, aux musulmans, aux païens et aux athées.

Voilà qui va faire s’emporter les membres de la DDF. De plus, ce n’est pas tout à fait exact car, comme saint Augustin l’a justement expliqué, nous ne pouvons pas limiter le choix de Dieu quant aux personnes qu’il sauve. Lorsqu’il écrivait sur la nécessité du baptême, Augustin affirmait cette nécessité tout en admettant que Dieu peut sauver qui il veut, même s’il ignorait comment. C’est pourquoi j’aurais préféré une phrase comme : « Sans imposer de limites à Dieu, qui a voulu le sacrement du baptême comme moyen d’expression de son désir… etc. »

Politiquement, le pape Léon n’aurait rien à perdre à se montrer généreux et paternel envers la FSSPX, avec un peu d’attention personnelle. Je pense que les membres de la FSSPX seraient prêts à se sacrifier pour lui et pour l’Église. C’est incroyable ce qu’un peu d’eau par une chaude journée ensoleillée peut faire à mon pot de basilic sur mon petit patio romain.

D’un autre côté, Léon n’y perdrait rien politiquement en se montrant intransigeant envers la FSSPX, car les 99 % d’évêques libéraux se rallieraient sans hésiter, comme des lemmings à la mer. Et les anges pleureraient.

Voilà la politique. Ce serait une tragédie d’une ampleur colossale si le Saint-Siège gérait cette affaire comme une simple question de politique, de factions ou de points de vue.

C’est une question de cœur, maintenant, et non de dispute. Léon a-t-il ce cœur de pasteur ? Les prêtres de la FSSPX ont-ils un cœur de fils ?

J’ai mentionné plus haut, lorsque j’étais membre de la Commission, les conflits avec les évêques et les décisions prises.

Puis-je vous raconter une anecdote personnelle ? Elle concerne l’un des événements les plus importants de ma vie à Rome et a trait à la messe traditionnelle et aux positions rigides.

Quand j’étais à « Ecclesia Dei »,  au début, nous avions une correspondance très tendue avec un évêque américain inflexible, un ultra-libéral notoire, qui était en conflit ouvert avec les fidèles de son diocèse qui souhaitaient la messe traditionnelle. Les fidèles nous ont impliqués, l’évêque s’est mis en colère. C’était terrible.

Finalement, l’évêque nous a écrit une lettre franchement impolie, voire insultante. J’en avais assez. « Basta ! » J’ai rédigé une réponse au cardinal qui allait mettre un terme à cette affaire en faisant jouer l’autorité de sa fonction.

Mon regretté mentor et supérieur, le cardinal Mayer, l’homme le plus saint que j’aie jamais connu, m’a convoqué à son bureau, comme à son habitude, pour passer en revue différents brouillons de correspondance. Il avait gardé le dernier mot – mon coup de marteau sur l’évêque. Il m’a dit que ce que j’avais écrit était correct et approprié (un peu comme la « Déclaration »). « Voilà ce que nous devrions écrire, bien sûr. »

Il a ensuite posé une question sur la première phrase.

« Ici, vous avez écrit X. Pensez-vous que nous pourrions peut-être écrire Y à la place ? »

« Bien sûr, Votre Éminence ! C’est votre lettre. »

Des modifications ont été apportées à son écriture minutieusement microscopique.

« Et à cet endroit, vous avez écrit X. Y pourrait-il convenir ici ? »

« Oui, Eminenza ! », ai-je répondu.

Nous avons continué ainsi jusqu’à ce qu’il ne reste littéralement plus rien de mon brouillon – le marteau – si ce n’est quelques « et » et « le ». Nous riions aux éclats tandis que ma composition disparaissait inexorablement sous la toile d’araignée d’encre noire des corrections du Cardinal, chacune soigneusement et poliment formulée comme une question, une demande d’autorisation.

J’ai fini par dire : « Je n’ai manifestement pas la bonne vision des choses. Aidez-moi. Aidez-moi à comprendre comment vous voulez que j’aborde ce problème. »

Il marqua une pause, regarda le crucifix accroché au mur de son bureau et dit :

« À un certain moment, nous devons cesser de nous battre et essayer d’ouvrir leurs cœurs. »

Sur ce, je suis retourné à mon bureau et j’ai fixé les touches de la machine à écrire… oui, machine à écrire… et j’ai réfléchi.

« Comment gagner le cœur de cet évêque après toutes ces ruptures amères ? L’un de nous doit faire un geste, et il est clair que ce doit être nous. Redescendons sur terre et soyons simples. »

J’ai rédigé une autre ébauche et j’étais de retour au bureau du cardinal quelques minutes plus tard. Il a examiné ma nouvelle version, l’a approuvée et elle a été jetée dans le sac du courrier du soir.

Vous vous demandez peut-être ce que j’ai écrit dans cette deuxième version à cet évêque ? Ce n’était ni long, ni compliqué.

Je lui ai présenté mes excuses pour notre rôle dans la difficulté accrue des échanges et j’ai ensuite dit quelque chose comme :

« Excellence, tant de fidèles de votre diocèse souhaitent simplement avoir accès à la Sainte Messe selon le  Missel romain de 1962. S’il vous plaît, Excellence, ouvrez-leur votre cœur et exaucez leur vœu. Ils en seraient si heureux. Avec mes prières et mes meilleurs vœux à… »

Quelque temps plus tard, nous avons reçu un message d’un fidèle de ce diocèse, impliqué dans la querelle et les tensions. Il nous remerciait pour notre action et nous racontait que non seulement cet évêque ultra-libéral et hostile à la tradition avait donné l’autorisation requise pour la messe traditionnelle, mais qu’il était venu les rencontrer et lavait annoncée lui-même .

J’étais stupéfait, mais je ne pense pas que le cardinal l’ait été.

Aujourd’hui encore, mon cœur se glace et il m’arrive souvent de manquer de charité. Mais je suis, je le crois, en constante évolution. Ce fut une importante leçon de vie. J’ai appris que, particulièrement en ce qui concerne la dynamique de la tradition, le cœur est un prisme essentiel pour appréhender les conflits complexes. Car, j’en suis convaincu, l’Ennemi sait qu’il ne peut triompher si nous réussissons à renouveler la vie de l’Église par la redécouverte de nos rites liturgiques traditionnels.

Ainsi, le Diable attise les querelles, sème la discorde et endurcit les cœurs. De plus, le Diable et les démons sont les avocats par excellence. S’ils parviennent à nous maintenir dans la querelle et à nous enliser dans les détails, nous devenons impuissants.

Retrouver notre identité est tout autant une question de cœur que de choses que nous pouvons ruminer dans notre tête.

Je pourrais raconter des tas d’histoires comme celle-ci. J’ai aussi beaucoup d’anecdotes sur le zèle des bons prêtres de la FSSPX que nous avons aidés à Ecclesia Dei et que j’ai eu le plaisir de connaître personnellement. Ce que beaucoup de gens aujourd’hui ignorent, c’est l’atmosphère de cette époque, surtout dans certains pays. L’hostilité et la vindicte des évêques et des prêtres en position d’autorité étaient tout simplement diaboliques. C’était bien pire en Europe qu’aux États-Unis à cette époque. Et, de nos jours, surtout aux États-Unis, la situation s’est nettement améliorée après Summorum.

Il est donc très difficile, surtout pour les jeunes qui n’ont pas d’expérience du terrain, les nouveaux venus en quelque sorte, d’assimiler tous ces éléments, et surtout pour le grand public, de les comprendre de l’intérieur. Certains de ces jeunes experts prétentieux feraient bien de se taire un peu.

Pourriez-vous s’il vous plaît?

La situation de la FSSPX est complexe. Elle est anormale. Elle évolue.

Aujourd’hui commence la neuvaine de la Pentecôte. Voici une page avec les textes de la neuvaine : [LIEN].

Pour ma part, je dirai quotidiennement jusqu’au 1er juillet :

Flecte quod est rigidum,
fove quod est frigidum,
rege quod est devium.

Pliez ce qui est inflexible,
réchauffez ce qui est froid,
corrigez ce qui s’est égaré.

La famille reste la valeur à laquelle les Français sont le plus attachés

C’est ce que montre le baromètre des familles 2026 de l’Union nationale des associations familiales (Unaf), publié vendredi 15 mai, selon lequel, la vie de famille est une « dimension fondamentale » pour 97 % des parents interrogés :

Experte des réalités de vie des familles, l’Unaf s’est dotée il y a 4 ans d’un baromètre annuel. Pour son compte, l’institut OpinionWay prend ainsi chaque année le pouls des familles autour de 5 questions : famille, conciliation, politique familiale, difficultés parentales, budget.

Les chiffres 2026 confirment un décrochage du pouvoir d’achat et une attente accrue des parents vis-à-vis des pouvoirs publics.

Cette étude a été réalisée par l’Institut OpinionWay du 29 janvier au 19 février 2026 auprès d’un échantillon national représentatif de 2 583 parents avec au moins un enfant de moins de 20 ans au foyer. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas. Il a ensuite été redressé pour être représentatif de la population étudiée sur les variables de sexe, âge, CSP, région et de nombre d’enfants au foyer.

Les principaux enseignements 2026

  1. La vie de famille est une dimension fondamentale pour 97 % des parents.
  2. 50 % des familles trouvent que le soutien de l’État aux familles est insuffisant : c’est 10 points de plus qu’en 2024. Une insatisfaction accentuée dans les petites agglomérations (55 %), pour les femmes (56 %) et les parents d’enfant de 0 à 5 ans (55 %).
  3. Et pour cause, la capacité financière des familles n’a jamais été si fragile depuis 4 ans. 53 % des parents déclarent ne pas avoir les moyens de préparer l’avenir de leur enfant, contre 43 % en 2024. 33 % des parents disent que leurs finances actuelles ne permettent pas de faire plaisir à leurs enfants, et 13 % avouent ne pas pouvoir répondre aux besoins essentiels de leurs enfants.
  4. Côté éducation, il n’est pas toujours facile d’être parent. Arrivent en tête des principales difficultés : la gestion des écrans (pour 49 %), lesrelations avec les autres enfants (pour 34 %) et les questions d’autorité (pour 30 %), juste avant les questions d’argent (29 %).
  5. Le temps de travail pose toujours des difficultés aux parents pour remplir leurs responsabilités familiales : 74 % des parents qui travaillent ont rencontré des difficultés au moins une fois au cours des 12 derniers mois pour assumer leurs responsabilités familiales parce qu’ils passent trop de temps à leur travail, dont 34 % plusieurs fois par mois. C’est encore plus le cas pour les parents de familles nombreuses (42 %) et pour les parents d’enfants de 0 à 10 ans (40 %).

À l’occasion de la journée internationale des familles, ces statistiques doivent encourager à mieux prendre en compte les besoins des familles. Sur la situation alarmante du pouvoir d’achat, l’Unaf et le réseau UdafUraf mènent actuellement une étude d’ampleur inédite dans le cadre de l’Observatoire des familles auprès de 8 000 parents dans 48 départements, à paraitre en septembre 2026.

S’ils ne veulent pas de Bolloré, ils n’auront pas son argent : « Je n’ai pas envie de travailler avec des gens qui nous traitent de crypto-fascistes »

Quelque 600 professionnels du cinéma avaient signé une tribune dans Libération dans laquelle ils accusaient Vincent Bolloré de mener un « projet civilisationnel ».

En réaction, Maxime Saada, président de Canal+, a annoncé que ces derniers seraient désormais « blacklistés » par le premier financeur du cinéma tricolore.

« J’ai vécu cette pétition comme une injustice vis-à-vis des équipes Canal qui s’attachent à défendre l’indépendance de Canal+, dans toute la diversité de ses choix, a lancé le président du directoire de Canal+ dimanche midi en marge du Festival de Cannes. En conséquence, je ne souhaite plus que Canal travaille avec les gens qui ont signé cette pétition. »

« Je n’ai pas envie de travailler avec des gens qui nous traitent de crypto-fascistes ».

L’utilité de la loi sur la fin de vie et l’amour désintéressé…

La communication intitulée « l’euthanasie ou la fin de l’amour fragile » pose en exergue que l’amour véritable commence là où cesse l’utilité.

Cette affirmation que je partage m’a très souvent servi pour analyser les spécialistes des bonnes œuvres et l’utilité de ces œuvres pour ceux auxquels elles s’adressent.
C’est malheureusement ainsi que fonctionne un esprit terre à terre comme le mien et je n’ose guère écrire les conclusions auxquelles j’ai souvent été conduit…
Le projet de loi relative à la fin de vie est, parait-il, élaborée pour notre bien à tous et représenterait un progrès de notre civilisation, puisque nous sommes tous appelés à mourir sur cette terre. Je me suis intéressé aux précédents et j’ai recherché précisément ce qu’avait fait le Führer qui passe pour un expert en ce domaine.

Une consultation détaillée de l’IA « Copilot » à ce sujet indique en conclusion :

“• Hitler n’a pas promulgué une loi simple disant : « tous les médecins doivent tuer leurs patients ».
“• En revanche, il a créé un dispositif où :
“• les médecins recevaient le pouvoir et la mission de décider de la mort,
“• la coopération (signalement, expertise, sélection) était souvent attendue voire imposée,
“• et une partie d’entre eux a activement exécuté les mises à mort.
“On peut donc dire que : ce n’était pas une obligation individuelle universelle, mais une politique d’État qui a transformé une partie du corps “médical en instrument de mise à mort.
“• Hitler n’a pas promulgué une loi simple disant : « tous les médecins doivent tuer leurs patients ».
“• En revanche, il a créé un dispositif où :
“• les médecins recevaient le pouvoir et la mission de décider de la mort,
“• la coopération (signalement, expertise, sélection) était souvent attendue voire imposée,
“• et une partie d’entre eux a activement exécuté les mises à mort.
“👉 On peut donc dire que : ce n’était pas une obligation individuelle universelle, mais une politique d’État qui a transformé une partie du corps “médical en instrument de mise à mort.

Notre Assemblée nationale, qu’il n’a même été nécessaire d’incendier, fait mieux que le Führer puisque son amour du peuple la pousse à vouloir sanctionner pénalement les médecins qui refuseraient de procéder à une euthanasie.
Tout serait donc prêt pour continuer à briser les structures familiales et l’obligation morale de prendre soin de ses parents et accessoirement pouvoir réduire les déficits de notre système de retraites et de notre assurance maladie, un « progrès » pour notre bien qui ne manquerait pas d’utilité !

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Si le pape Léon XIV va parler aux jeunes au parc des Princes…

sera-t-il plus suivi par l’Eglise de France qu’en 1980 quand Jean-Paul II avait dit : apprenez le latin !

A partir de 1h23 :

entendez l’enthousiasme des jeunes en réponse à cette demande du pape…et si l’Eglise de France avait remis le grégorien et le latin à l’honneur il y a 46 ans ?

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L’Église de France « organise son impuissance »

A l’approche de la visite du pape en France, le père Laurent Stalla-Bourdillon,

L’Église catholique en France entre dans les prochains mois dans un moment de vérité historique : le diagnostic d’un effondrement structurel est désormais indiscutable, mais ce même effondrement ouvre un espace inédit pour une refondation missionnaire courageuse, à la hauteur de la visite du pape Léon XIV et des fractures de la société française. […]

En vingt ans, la France est passée d’un catholicisme d’héritage à un catholicisme résiduel et minoritaire, ce que Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’Ifop, décrit comme la « dislocation de la matrice catholique » qui structurait culture, rythmes sociaux et représentations communes.

La baisse des baptêmes d’enfants illustre ce basculement : environ 380 000 baptêmes d’enfants au début des années 2000 contre près de 150 000 en 2024, et une chute de la proportion d’enfants baptisés d’environ 50 % à moins de 25 % en vingt ans, signe que l’appartenance catholique n’est plus le réflexe culturel majoritaire.

Le clergé suit la même pente descendante : la France comptait environ 12 000 prêtres en 2023, contre 24 000 vers 2000, avec seulement 90 ordinations en 2025, proches du plancher historique de 88 en 2023. Et plus de la moitié des diocèses sans aucune ordination certaines années. Cette contraction historique du corps presbytéral, conjuguée à l’effondrement de la pratique dominicale, produit un maillage territorial troué, dans lequel de larges zones du pays vivent déjà comme si l’Église n’existait plus.

Sur le plan financier, la situation demeure paradoxale : les ressources globales de l’Église (denier, quêtes, offrandes) atteignent environ 825 millions d’euros en 2024, en légère progression, notamment grâce à la modernisation des moyens de collecte (terminaux électroniques, dons en ligne).

Mais ces chiffres masquent une fragilité de fond : la forte dépendance à des donateurs âgés, les inégalités territoriales, la tension entre charges fixes et besoins pastoraux, et la difficulté à faire de la culture du don une dimension intégrée de la vie chrétienne plutôt qu’un réflexe de sauvetage budgétaire.

La fragmentation du paysage ecclésial en une centaine de diocèses largement autonomes produit de facto une Église archipélisée, calquant, parfois sans le vouloir, la société française décrite par Jérôme Fourquet. Chaque évêque demeure juridiquement responsable de son seul diocèse, sans véritable instance nationale dotée d’un mandat de décision, de priorisation et d’allocation concertée des ressources, ce qui nourrit des formes d’« égoïsmes locaux » et rend quasi impossible une stratégie partagée à l’échelle du pays.

Cette architecture se conjugue avec une culture ecclésiale peu familière du retour d’expérience : absence de procédures systématiques de « retex » sur les initiatives missionnaires, les restructurations paroissiales, la gestion des crises, ou l’expérimentation de nouveaux modèles pastoraux.

La conséquence est une forme de cercle vicieux : chaque diocèse expérimente isolément, sans capitalisation nationale ni mutualisation des apprentissages, si bien que l’Église de France « organise son impuissance » en multipliant les efforts dispersés plutôt qu’en construisant des plateformes communes d’innovation.

À cela s’ajoute une incapacité persistante à réformer en profondeur les structures administratives, souvent héritées d’un monde où l’Église disposait de personnels nombreux, de relais institutionnels puissants (écoles, réseaux politiques, presse catholique) et d’une légitimité sociale quasi évidente. […]

Et si nous offrions vraiment 5 millions de roses à la Sainte Vierge ?

À première vue, l’idée pourrait sembler symbolique, presque naïve : offrir “5 millions de roses” à Marie durant le mois de mai. Et pourtant, derrière cette initiative portée par l’application Rosario se cache quelque chose de profondément catholique : la conviction que la prière humble et répétée du chapelet peut transformer les cœurs et le monde.

Chaque dizaine récitée devient une rose spirituelle. Une rose invisible peut-être, mais offerte avec foi à celle que l’Église appelle depuis des siècles la Reine du Rosaire.

Dans toutes ses grandes apparitions modernes, de celle de Notre-Dame de Fatima à celle de Notre-Dame de Lourdes, la Sainte Vierge a demandé la même chose : prier le chapelet.

Le génie de Rosario est d’avoir remis au goût du jour le “Rosaire vivant” de Pauline Jaricot : une immense chaîne de prière où chacun porte une petite part du rosaire quotidien. Une manière simple de faire entrer la prière mariale dans les rythmes ordinaires de la vie.

À l’heure où tant d’applications captent notre attention pour nous disperser, voir un outil numérique devenir un support de prière et de communion mérite d’être souligné. Plusieurs paroisses françaises ont déjà rejoint l’initiative, preuve qu’il existe encore une véritable soif spirituelle dans notre pays.

Le défi est ambitieux : atteindre cinq millions de roses avant le 31 mai. Mais au fond, l’essentiel n’est peut-être pas le chiffre. L’essentiel est que des milliers de personnes prennent ou reprennent leur chapelet.

Et si le vrai miracle du mois de Marie était simplement celui-là ?

Pour rejoindre l’opération :
Participer aux 5 millions de roses pour Marie

L’église en banlieue : le renouveau spirituel ?

Aymeric Pourbaix reçoit :

  • 𝐌𝐠𝐫 𝐄́𝐭𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞 𝐆𝐔𝐈𝐋𝐋𝐄𝐓, évêque de Saint-Denis
  • 𝐒ɶ𝐮𝐫 𝐂𝐫𝐢𝐬𝐭𝐢𝐚𝐧𝐚, religieuse de la communauté des Béatitudes
  • 𝐃𝐨𝐧 𝐀𝐥𝐞𝐱𝐢𝐬 𝐆𝐄𝐑𝐌𝐎𝐍, prêtre de la communauté Saint-Martin
  • 𝐌𝐢𝐫𝐚𝐧𝐝𝐚 𝐂𝐀𝐑𝐓𝐈𝐄𝐑, déléguée générale du diocèse de Saint-Denis

Une école catholique saccagée, une autre avec des tags anticatholiques

L’école privée Sainte-Jeanne-Élisabeth à Pau (Pyrénées-Atlantiques) a été la cible de dégradations pendant le pont de l’Ascension. Les dégâts sont importants : projections de peinture sur les murs, placards fouillés, extincteurs vidés. L’école restera fermée lundi. La police scientifique a effectué des prélèvements sur place.

L’institution catholique Sévigné Saint-Louis d’Issoire a été couverte de graffitis insultants tagués dans la nuit de vendredi à samedi sur le mur de l’école et qui peuvent laisser supposer l’origine antifasciste.

Vol du tabernacle dans une église en Ariège

Une paroissienne a signalé la disparition du tabernacle et d’un ciboire de l’église Notre-Dame de Val-de-Sos, mercredi 13 mai en fin d’après-midi. Une plainte a été déposée auprès de la gendarmerie de Tarascon-sur-Ariège.

La messe de l’Ascension a été maintenue et une autre, de réparation, sera prévue.

Paris : vol dans l’église de Saint-Germain-des Prés

Juristes pour l’enfance au ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées

Communiqué des Juristes pour l’enfance :

Juristes pour l’enfance sera reçu avec les associations Mamans Louves et SOS Education demain lundi 18 mai au ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées par la conseillère de la Ministre Stéphanie Rist chargée de la protection de l’enfance, de lutte contre les violences faites aux enfants et de la parentalité.

Ce rendez-vous sera l’occasion de présenter au gouvernement la proposition de loi visant à étendre l’obligation de présentation d’une attestation d’honorabilité par toute personne exerçant une activité, rémunérée ou non, impliquant un contact habituel avec des mineurs (ICI). Juristes pour l’enfance, Mamans Louves et SOS Education insisteront sur l’urgence de protéger les mineurs, sur la facilité de l’élargissement du dispositif de l’attestation d’honorabilité, sur l’équilibre de ce texte entre les droits fondamentaux de chaque personne et la prévention des risques à l’encontre des mineurs, ainsi que sur la nécessité de l’information complète des parents le cas échéant.

La proposition de loi portée par les trois associations vise à franchir une nouvelle étape en généralisant et en simplifiant le mécanisme de l’attestation d’honorabilité. Elle vise à mettre en œuvre :

– Une généralisation de l’obligation de présenter une attestation d’honorabilité pour toutes les personnes exerçant une activité, rémunérée ou non, en contact habituel avec des mineurs, quels que soient la nature de cette activité, le statut des personnes concernées et le champ d’activité couvert  (éducation, sport, loisirs, transport, spectacle, garde d’enfants, etc.).

– Un contrôle systématique et annuel avec obligation de présentation de l’attestation avant le début d’activité puis chaque année.

– La prise en compte systématique de l’existence d’une mention, même temporaire (mise en examen ou condamnation non définitive) au FIJAISV (Fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes), entraînant une incapacité d’exercice auprès des mineurs.

 L’impossibilité de recruter ou faire une intervenir une personne ne disposant pas d’une attestation d’honorabilité et l’obligation de mettre à l’écart immédiatement toute personne faisant l’objet d’une incapacité en cours d’exercice.

– L’information systématique des familles lorsque survient une incapacité d’exercice concernant une personne en contact avec leurs enfants.

Il s’agira également de convaincre le gouvernement de répondre à cette urgence avant la rentrée de septembre 2026 afin de protéger les enfants, quel que soit le secteur (éducation/enseignement, secteur associatif, structures sportives, musicales, de loisirs, transport de mineurs, garde d’enfants, enfants dans le spectacle, les professions ambulantes, l’audiovisuel, la publicité et la mode, etc.), dès lors que la personne a un contact habituel avec des mineurs.

Les mariages entre catholiques et musulmans sont de plus en plus nombreux. Mais connaît-on vraiment les enjeux?

Le 17 mai, Terres de mission reçoit Yves d’Amécourt, vigneron et élu local, pour son récent livre “L’humain, l’écologie et la politique” (Ed. du Bien commun) dans lequel l’auteur propose de revenir au bon sens, à la liberté et à la responsabilité de chacun.

Puis Agnès Ben Salem, issue elle-même d’un mariage mixte, présente son livre sur “Le mariage islamo-chrétien” (Salvator) dans lequel elle aborde les enjeux de ces mariages en nombre croissant entre musulmans et catholiques – où, trop souvent, on oublie que les visions de l’homme, de la femme et du mariage sont profondément différentes dans les deux religions, se préparant ainsi d’amères déconvenues, dont les enfants sont les principales victimes.

Mgr Schneider : “Nous devons avoir, dans l’Église, la liberté de discuter”

Source : https://fsspx.news/fr/news/mgr-schneider-defend-la-fsspx-sur-ewtn-premiere-chaine-catholique-du-monde-59143

L’évêque auxiliaire d’Astana, Mgr Athanasius Schneider, invité de l’émission de Raymond Arroyo, a accordé ce 15 mai un entretien à EWTN, le plus vaste réseau de télévision catholique au monde, qui diffuse dans plus de 160 pays et touche plus de 435 millions de foyers.

Tout au long de cet entretien, Mgr Schneider a pris une défense très nette de la Fraternité Saint-Pie X face aux menaces d’excommunication brandies de nouveau par Rome ce 13 mai au sujet des futurs sacres épiscopaux du 1er juillet.

L’évêque a également livré une critique ferme du rapport du Groupe d’étude n°9 du Synode sur la synodalité, qu’il accuse ouvertement de promouvoir l’idéologie homosexuelle au cœur même des structures officielles du Vatican.

À plusieurs reprises, Mgr Schneider a opposé la sévérité déployée contre la Tradition à la grande tolérance manifestée aujourd’hui envers les courants progressistes et les dérives doctrinales.

« Ce texte n’a pas été écrit par un catholique »
L’entretien commence par une question sur le rapport final du Groupe d’étude n°9 du Synode, récemment publié au Vatican. Mgr Schneider répond :

« Lorsqu’on lit tout le texte, on voit clairement qu’il n’a pas été écrit par un catholique, ni même par un chrétien. C’est un texte de propagande, qui utilise de manière très soigneuse et rusée certains documents traditionnels ou certaines expressions bibliques, mais qui vise fondamentalement à promouvoir l’acceptation de l’idéologie homosexuelle. »

Mgr Schneider affirme que cette idéologie constitue

« une négation de l’ordre de la création, et même une révolte contre le bel ordre divinement établi des deux sexes. Il n’existe pas trois sexes. C’est le commandement de Dieu et la sagesse de Dieu. »

Le document du Saint-Siège « donne une plateforme et invite même des personnes vivant dans des unions de même sexe à faire leur propagande. »

L’entretien se poursuit sur le contenu doctrinal du rapport. Mgr Schneider explique avoir lu attentivement tout le texte. Sa première remarque est l’absence totale de conversion chrétienne :

« Il n’y a pas un mot sur la repentance. Comment pourrait-il s’agir d’un texte catholique et chrétien, alors que le premier mot de Dieu incarné adressé à toute l’humanité est : « Repentez-vous » ? C’est cela, le message du salut et de l’espérance. »

Il continue :

« il n’y a aucun mot sur la repentance. Il n’y a aucun mot sur la chasteté. Elle est absente. Dans le texte, il n’y a même pas de mot sur la conversion. Le seul sens donné à la conversion concerne les relations humaines : une « conversion relationnelle ». Mais la conversion vers Dieu est absente, alors qu’elle est la voie fondamentale de l’Évangile du salut. »

Mgr Schneider considère donc ce texte comme :

« un document hautement idéologique, qui promeut une nouvelle religion de l’homme, nettement anthropocentrique. Et ils osent même déclarer dans ce document que les sources de la Révélation incluent l’expérience humaine. C’est une hérésie. »

« Le Vatican donne au monde le signal qu’il accepte les unions homosexuelles »
Le journaliste souligne que le document a été présenté comme historique par le père James Martin et certains milieux progressistes.

Mgr Schneider reconnaît que le texte n’est pas techniquement un document magistériel. Mais il ajoute immédiatement que « néanmoins, il a été publié par un organe du Saint-Siège, le Secrétariat du Synode. » Or, poursuit-il :

« La majorité des simples catholiques ne connaissent pas les distinctions entre un texte magistériel, un texte du Vatican ou un groupe d’étude. »

Par conséquent :

« le message donné au monde entier et aux catholiques est donc que, désormais, le Saint-Siège, le Vatican, accepte fondamentalement, de fait, les relations de même sexe, l’activité homosexuelle et l’agenda dit LGBTQ, qui est une idéologie mondiale non chrétienne. »

L’un des passages les plus frappants de l’entretien concerne une phrase du rapport affirmant que le péché dans les relations homosexuelles ne résiderait pas dans la relation elle‑même mais dans un manque de foi. Mgr Schneider rejette totalement cela :

« C’est faux. C’est une hérésie, parce qu’une relation homosexuelle est contraire au commandement de Dieu. C’est un péché en soi. »

Il poursuit :

« Affirmer que le péché ne consiste pas dans la relation de même sexe est contraire à la vérité révélée par Dieu, contraire à l’expérience, contraire au bon sens. Et dire ensuite que le péché consiste dans un manque de foi, cela se rapproche de Martin Luther, qui disait : sola fide ; ayez seulement la foi et la confiance, et ne vous préoccupez pas de vos péchés ni de vos actes. Ce n’est pas catholique du tout.»

Le journaliste évoque ensuite la tentative du Secrétariat du Synode de prendre ses distances avec le rapport en expliquant que les groupes d’étude travaillent indépendamment.

Mgr Schneider balaie complètement cette explication :

« ce n’est pas du tout convaincant. Ce rapport est officiellement placé sous un dicastère ou un organisme du Vatican, appelé le Secrétariat du Synode. Il a même été officiellement publié. Bien sûr, on dit qu’il s’agit d’un groupe d’étude, mais ce n’est qu’une ruse pour nous fermer les yeux, tout en transmettant et en offrant une plateforme de propagande à cette idéologie homosexuelle, afin d’infecter toujours davantage l’Église catholique par l’acceptation de ce style de vie. »

Les sacres du 1er juillet : « Je ne crois pas qu’il s’agisse d’un schisme »
L’entretien se tourne ensuite vers les futurs sacres épiscopaux de la Fraternité Saint-Pie X. Le journaliste rappelle que le cardinal Víctor Manuel Fernández a officiellement déclaré que les consécrations prévues le 1er juillet constitueraient un acte schismatique entraînant l’excommunication.

Mgr Schneider répond immédiatement :

« Je crois qu’ils réaliseront le projet de consécrations. Mais je ne suis pas d’accord avec l’affirmation selon laquelle ce serait schismatique. »

L’évêque s’appuie alors sur la récente déclaration doctrinale publiée par l’abbé Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X :

« Quand on la lit, elle est entièrement catholique. Elle est écrite avec une telle dévotion envers le Saint-Père. Ils disent : “Nous voulons seulement être, Saint-Père, vos bons fils de l’Église catholique romaine.” »

Il poursuit :

« Ils reconnaissent toute l’autorité du pape, sa juridiction, son enseignement, et lui demandent : “S’il vous plaît, affermissez-nous dans cette foi catholique que nous professons.” Et ce qu’ils professent, c’est la doctrine constante de l’Église. Tous les points qu’ils énumèrent dans cette déclaration ne sont rien d’autre que ce que l’Église a toujours professé, toujours. »

Mgr Schneider développe ensuite un argument historique et canonique :

« Dans la vision traditionnelle, dans la vision longue de l’Église, la désobéissance au pape, même dans le cas d’une consécration épiscopale illicite, n’a jamais été considérée par la tradition de l’Église comme schismatique en elle-même. Dans l’ancien droit canon, une consécration épiscopale illicite contre la volonté du pape était punie seulement par la suspense, et non par l’excommunication. Elle n’était donc pas considérée en elle-même comme schismatique. »

L’évêque insiste sur l’intention déclarée de la Fraternité :

« La Fraternité a écrit à plusieurs reprises au pape Léon et a expliqué publiquement, ainsi qu’en février à Rome au cardinal Fernández, qu’elle ne veut pas établir une hiérarchie parallèle. Elle ne donnera à ces évêques aucune juridiction, mais seulement la possibilité d’administrer les sacrements de l’ordre et de la confirmation, rien de plus. L’intention est donc claire : il n’y a pas d’intention schismatique. Ils désirent même être en collaboration avec le pape et lui demandent de permettre ces ordinations. Ils veulent simplement avoir la garantie de transmettre la foi de toujours sans aucune ambiguïté et sans aucun compromis. »

« Des ambiguïtés dans le Concile et le Magistère postconciliaire »
Le journaliste évoque ensuite la possibilité pour la Fraternité Saint-Pie X de suivre le modèle de la Fraternité Saint‑Pierre.

Mgr Schneider répond :

« Le problème est plus profond. Il y a des ambiguïtés dans certains textes du Concile. Il y a des ambiguïtés dans le Magistère postconciliaire. La Fraternité Saint-Pierre, elle, n’a pas la possibilité — le Saint-Siège le lui interdit — d’exprimer une critique, même constructive. Elle doit accepter tous ces enseignements du Concile et du Magistère postconciliaire. C’est un problème. »

Mgr Schneider estime au contraire que la Fraternité Saint-Pie X rend un véritable service à l’Église :

« Il y a des ambiguïtés. Nous devons les aborder. Nous devons être honnêtes. Et c’est pourquoi nous devons être reconnaissants à la Fraternité Saint-Pie X de les aborder publiquement. Nous devons avoir, dans l’Église, la liberté de discuter. »

Mgr Schneider compare l’attitude actuelle de Rome envers la Fraternité Saint-Pie X avec la grande tolérance manifestée envers d’autres situations :

« En même temps, alors que le pape Léon et le Vatican promeuvent l’inclusivité du chemin synodal, des méthodes synodales, alors qu’ils sont généreux avec la Voie synodale allemande, généreux avec le Parti communiste chinois en lui accordant d’ordonner des évêques là-bas, le contraste est immense. Et ces fidèles de la Fraternité Saint-Pie X, qui aiment le pape, qui prient pour le pape, qui veulent simplement avoir la garantie de transmettre la foi de toujours sans aucune ambiguïté — j’insiste : sans aucune ambiguïté — se voient refuser cela, et maintenant ils sont punis. »

Mgr Schneider cite alors saint Basile pendant la crise arienne :

« Le seul crime qui soit puni en notre temps, c’est la fidélité à la foi et aux traditions de nos pères, tandis que tout blasphème a libre parole dans l’Église. »

Mgr Schneider conclut en avertissant qu’une éventuelle excommunication de la Fraternité Saint-Pie X serait une tache dans l’histoire de l’Église :

« Je pense que si le pape fait cela, s’il ne leur accorde pas cette permission et les excommunie, cela restera dans l’histoire comme une immense erreur de rigidité, de rigidité pastorale, et de sévérité unilatérale envers la Tradition dans l’Église. »

Enfin, l’évêque adresse un appel solennel au pape Léon XIV :

« Saint‑Père, s’il vous plaît, évitez une telle blessure dans l’Église. Vous pouvez l’éviter. »

Lien youtube vers la vidéo de l’interview en anglais : https://www.youtube.com/watch?v=-miKWeBH3W0

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Dimanche après l’Ascension : “Vient l’heure où quiconque vous fera mourir croira rendre hommage à Dieu”

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Rappel : Le temps pascal (De tempore paschali) s’étend du début de la messe de la vigile pascale jusqu’à none du samedi dans l’octave de la Pentecôte, inclusivement. Ce temps liturgique  comprend :

  1. tempus Paschatisle temps de Pâques, qui court du début de la messe de la vigile pascale jusqu’à none de la vigile de l’Ascension, inclusivement.
  2. tempus Ascensionisle temps de l’Ascension, qui commence aux 1res vêpres de l’Ascension et se poursuit jusqu’à none de la vigile de la Pentecôte, inclusivement.
  3. octavam Pentecostesl’octave de Pentecôte, qui part de la messe de la vigile de Pentecôte et va jusqu’à none du samedi suivant, inclusivement.

Ce dimanche était appelé « Dimanche dans l’Octave de l’Ascension » avant 1960.

Nous célébrons l’Ascension du Seigneur avec droiture, avec fidélité, avec dévotion, avec sainteté et avec piété, dit saint Augustin, si nous montons avec lui et tenons en haut nos cœurs. Que nos pensées soient donc là où il est, et ici-bas ce sera le repos. Montons maintenant avec le Christ par le cœur ; et lorsque son jour sera venu, nous le suivrons aussi de corps. Cependant nous devons savoir que ni l’orgueil, ni l’avarice, ni la luxure ne s’élèvent avec le Christ. Si nous voulons suivre notre médecin dans son ascension, nous devons déposer le fardeau de nos vices et de nos péchés « (Matines).

Ce dimanche nous prépare à la Pentecôte. Avant de monter au ciel, Jésus, à la dernière Cène, nous a promis qu’il ne nous laisserait pas orphelins, mais qu’il nous en verrait son Esprit Consolateur (Év. All.) afin qu’en toutes choses nous glorifiions Dieu par Jésus- Christ (Ép.). Comme les Apôtres réunis dans le Cénacle, il faut donc nous préparer, par la prière et la charité (Ép.), au saint jour de la Pentecôte où Jésus « qui est notre avocat auprès du Père » (Ier Nocturne) nous obtiendra de Lui l’Esprit-Saint.

Introït : Exaudi, Domine… tibi dixit

Les trompettes et les acclamations se sont tues. Le Seigneur est au ciel où il trône à la droite du Père ; les apôtres sont redescendus de la montagne et se retrouvent bien seuls. Pendant quarante jours, nous nous étions habitués à cette présence du Christ ressuscité symbolisée dans nos églises par le cierge pascal allumé ; mais il a été éteint après l’évangile de l’Ascension. Dimanche prochain le Saint Esprit viendra éclairer nos intelligences et réchauffer nos cœurs, mais aujourd’hui en attendant cette lumière et cette force, nous sommes un peu désemparés et cherchons en tâtonnant. C’est ce qu’exprime l’Introït de ce dimanche dans l’octave de l’Ascension dont le texte est tiré du psaume 26. David y exprime d’abord sa confiance dans le Seigneur qui est sa lumière.

Dominus illuminatio mea, et salus mea, quem timebo ?
Le Seigneur est ma lumière et mon salut, qui craindrais-je ?

Ce début du psaume est le verset de l’Introït. Mais il y a des moments dans la vie où cette lumière semble se cacher, et à la fin du psaume, sans perdre confiance, David lance cette prière qui est celle des apôtres et qui est la nôtre en ce jour :

Exaudi, Domine, vocem meam qua clamavi ad te, tibi dixit cor meum, quæsivi vultum tuum, vultum tuum, Domine, requiram, ne avertas faciem tuam a me
Seigneur écoutez ma voix qui crie vers vous ; mon cœur vous dit : j’ai cherché votre visage ; Seigneur, je chercherai votre visage, ne détournez pas de moi votre face.

La mélodie exprime cette recherche et cette nostalgie d’une manière calme et douce, expressive mais sans angoisse. Les Alléluias de la fin sont même presque joyeux ; ils reprennent ceux de la Communion Cantate Domino de dimanche dernier.

Alléluia : Regnavit Dominus

Comme c’était le cas pour tous les dimanches précédents, le deuxième Alléluia de dimanche dans l’octave de l’Ascension est beaucoup plus long que le premier, et la vocalise de celui-ci est même une des plus courtes du répertoire, mais elle se caractérise par un rythme extrêmement souple. Le texte est tiré du psaume 46, comme le premier Alléluia de l’Ascension, mais cette fois c’est un verset de la fin du psaume :

Regnavit Dominus super omnes gentes, Deus sedet super sedem sanctam suam.
Le Seigneur règne sur toutes les nations, Dieu siège sur son trône saint.

L’Arche d’alliance est maintenant installée dans le temple et tous les peuples viennent l’adorer. Ainsi, le Christ est-il maintenant au ciel où il est assis à la droite du Père, et il est le roi universel.
La mélodie de ce verset, un peu plus développée que celle de l’Alléluia, que l’on retrouve à la fin, revêt une certaine solennité.

Alléluia : Non vos relinquam

Le deuxième Alléluia de ce dimanche dans l’octave de l’Ascension est tout à fait différent du premier. D’abord, comme nous l’avons dit, il est beaucoup plus long, et puis il y a entre ces deux Alléluias un contraste qui est celui des deux aspects de la fête de l’Ascension : l’aspect triomphal du Christ arrivant au ciel d’où il règne sur l’univers, et l’aspect plus mélancolique, celui de la séparation qui laisse les apôtres comme orphelins. C’est à eux que Notre Seigneur s’adresse dans le verset de ce deuxième Alléluia, dont le texte est extrait des entretiens après la Cène dans l’Évangile de saint Jean, comme celui du dimanche précédent.

Non vos relinquam orphanos : vado, et venio ad vos, et gaudebit cor vestrum.
Je ne vous laisserai pas orphelins, je m’en vais mais je reviendrai vers vous, et votre cœur se réjouira.

En disant aux apôtres,  » il reviendra  » dans le passage des Actes des Apôtres cité à l’Introït de l’Ascension, les anges ne faisaient que rappeler ce que le Christ lui-même avait annoncé. Et il ne s’agit pas seulement de son retour à la fin des temps, mais de sa présence dans son Église et dans les âmes, par le Saint Esprit qui va descendre dans quelques jours, et par l’Eucharistie. La mélodie est assez ample, comme celle de l’Alléluia Christus resurgens, du quatrième dimanche après Pâques, se déployant aussi comme une grande draperie, mais elle est beaucoup plus douce avec de nombreuses cadences en demi-ton. Notre Seigneur s’adresse à ses apôtres et à nous sur un ton de consolation, comme on parlerait à un malade. Cependant la grande vocalise de gaudebit qui annonce la joie est plus affirmative.

Offertoire Ascendit Deus

L’Offertoire du dimanche après l’Ascension est le même que celui du jour de l’Ascension. De plus le texte de l’Offertoire de la fête de l’Ascension est le même que celui du premier Alléluia. C’est toujours le fameux verset du psaume 46.

Ascendit Deus in jubilatione, Dominus in voce tubæ.

Dieu monte parmi les cris de joie, le Seigneur au son de la trompette.

Mais la mélodie est totalement différente. Chose curieuse ce sont le plus souvent les Offertoires qui ont un caractère contemplatif, tandis que les Alléluias sont plus joyeux et exubérants. Ici c’est l’inverse. Nous avons vu que la mélodie du premier Alléluia était assez douce et évoquait la mélancolie de la séparation ; dans celle de l’Offertoire nous retrouvons les acclamations et la trompette, la joie de monter au ciel à la suite du Christ, avec une mélodie ample et solennelle, commençant par une grande montée très expressive sur les mots Ascendit Deus, et se continuant d’une manière assez mouvementée. Cependant l’Alléluia final s’étire longuement et doucement, retrouvant l’ambiance plus contemplative qui est généralement celle des Offertoires.

Communion : Pater cum essem

Le texte de la Communion du dimanche après l’Ascension est encore tiré des entretiens de Notre-Seigneur avec ses apôtres dans l’Évangile de saint Jean, comme celui du deuxième Alléluia, ainsi que ceux des Communions des troisième et quatrième dimanches après Pâques. Cette fois Notre Seigneur ne s’adresse plus à ses apôtres, mais à son Père. C’est la grande prière pour l’unité que l’on appelle aussi prière sacerdotale. Si ces paroles ont été prononcées le soir du Jeudi Saint, on peut aussi bien les mettre dans la bouche du Christ le jour de l’Ascension.

Pater, cum essem cum eis, ego servabam eos quos dedisti mihi ; nunc autem ad te venio : non rogo ut tollas eos de mundo, sed ut serves eos a malo.
Père quand j’étais avec eux, je gardais ceux que vous m’avez donnés. Maintenant je viens à vous ; je ne vous demande pas de les retirer du monde mais de les garder du mal.

Les trois phrases de cette antienne sont assez différentes : la première et la troisième sont assez longues et se terminent par le même Alléluia, tandis que la deuxième est très courte. Dans la première la mélodie est assez développée et pleine de mouvement. La deuxième n’est qu’une grande montée vers une cadence joyeuse et affirmative sur les mots ad te venio je viens à vous : le Christ y exprime toute sa joie de retrouver son Père après sa mission accomplie. La troisième phrase est beaucoup plus douce. Notre Seigneur pense maintenant à ceux qu’il a laissés comme orphelins et qui doivent rester dans le monde ; elle s’achève dans une ambiance très contemplative.

La supposée agence de presse AFP ferait du journalisme

Lu sur une dépêche de l’AFP, reprise par l’ensemble de la presse française :

Euthanasie : comment agir après le rejet du texte par le Sénat ?

Trois scénarios se profilent suite au rejet par le Sénat du texte sur l’euthanasie :

    1. La commission mixte paritaire (CMP). Le gouvernement peut convoquer 7 députés et 7 sénateurs pour tenter un texte commun. En cas d’échec — très probable vu l’écart entre les chambres, il peut donner le dernier mot à l’Assemblée nationale, plus favorable au texte. Ce serait passer outre le rejet du Sénat.
    2. La poursuite de la navette. Une troisième lecture dans chaque chambre pour arriver à un texte commun. Très peu probable : aucun consensus ne se dessine.
    3. La voie référendaire. Le sénateur Francis Szpiner (LR) a déposé une proposition référendaire qui a largement dépassé le seuil des 185 soutiens parlementaires nécessaires. Si elle prospère (le conseil constitutionnel doit la valider, cela peut prendre un mois), les Français trancheraient directement.

Comment agir : écrivez au Premier ministre

C’est le Premier ministre qui détient la clé. Le président de la République s’était engagé en avril 2023 à une « co-construction transpartisane » sur ce sujet. Tenir cet engagement, c’est respecter le vote du Sénat et ne pas convoquer de CMP, cette procédure qui permettrait d’imposer la légalisation malgré le rejet du Sénat.

C’est pourquoi chacun d’entre vous, citoyens attachés à la dignité de la fin de vie, est invité à écrire au Premier ministre pour lui demander de respecter le vote du Sénat :
M. le premier Ministre, ne passez pas en force sur la mort administrée, ne décidez PAS de CMP. 

Le gouvernement a mis en place un formulaire en ligne. En 2 minutes, votre message est envoyé.

➡️ Écrire au Premier ministre

Un message compte. Mille messages pèsent. C’est maintenant que cela se joue.

L’euthanasie, ou la fin de l’amour fragile

Car l’amour véritable commence précisément là où cesse l’utilité.

La loi sur l’« aide à mourir » est présentée comme une conquête de l’autonomie. Mais une civilisation révèle toujours sa vérité profonde dans la manière dont elle traite ceux qui deviennent dépendants.

La question n’est donc pas seulement juridique. Elle est anthropologique, presque spirituelle : que devient une société lorsque la fragilité cesse d’être une réalité à accompagner pour devenir une condition dont il faudrait sortir ?

La souffrance réelle et le mirage de la solution technique.
Il faut partir de la souffrance réelle.
Celle des personnes en fin de vie, épuisées par la douleur, l’angoisse, la solitude ou l’effondrement progressif du corps. Nier cette réalité serait indécent. La force du projet de loi sur l’« aide à mourir » réside précisément là : dans des situations humaines bouleversantes auxquelles aucune conscience honnête ne peut rester insensible.
Mais parce que ces situations sont tragiques, elles exigent davantage qu’une réponse émotionnelle. Elles appellent une réflexion lucide sur ce que cette loi introduit dans le lien social et dans notre manière collective de regarder la vulnérabilité.

Car une question demeure : protège-t-elle réellement les plus fragiles, ou ouvre-t-elle une logique que nul ne maîtrisera pleinement ?

Notre époque répond spontanément à la souffrance par la technique. Lorsqu’une limite devient insupportable, nous cherchons à la supprimer. Cette logique a produit des progrès immenses. Mais appliquée à la fin de vie, elle porte une ambiguïté redoutable : la solution proposée au malheur risque alors d’être la disparition même du sujet qui souffre.

L’autonomie à l’épreuve du réel
L’argument central des défenseurs de la loi est celui de l’autonomie : chacun devrait pouvoir décider de sa propre fin.
Cet argument est moralement sérieux. Mais il ne vaut que dans les conditions concrètes de son exercice.
Or l’autonomie n’existe jamais dans l’abstrait. Elle s’inscrit toujours dans un contexte psychologique, familial, économique et culturel qui façonne silencieusement les choix. Consent-on toujours à mourir pour mourir ? Ou parfois pour ne plus dépendre, ne plus coûter, ne plus avoir le sentiment d’être une charge ?

Nous avons tous entendu cette phrase :
« Je ne veux pas être un poids. »
Rien, dans ces mots, ne relève d’une contrainte explicite. Pourtant, ils révèlent quelque chose de profond : dans une société où la valeur d’un individu tend à être liée à sa performance, à sa maîtrise de lui-même et à son autonomie, la vulnérabilité finit peu à peu par apparaître comme une déchéance.

C’est ici que le problème devient civilisationnel.

Car dès lors que la mort devient une option médicale légale, elle cesse d’être un droit abstrait : elle entre dans l’horizon psychologique du patient. Ce qui était présenté comme une liberté peut alors devenir, silencieusement, une attente. L’attente de ne pas prolonger « inutilement » sa dépendance.
Et dans ce glissement presque imperceptible, c’est l’autonomie elle-même qui se fragilise.

Le risque de la normalisation
Cette inquiétude n’est pas théorique. Dans plusieurs pays ayant légalisé l’euthanasie, le cadre initialement présenté comme exceptionnel s’est progressivement élargi. Non nécessairement par cynisme, mais parce qu’une logique culturelle finit toujours par déployer ses conséquences.

Une société qui considère qu’il peut exister des vies dont la continuation apparaît médicalement ou humainement moins souhaitable modifie inévitablement le regard porté sur la dépendance.
C’est pourquoi de nombreuses associations de personnes handicapées expriment leur inquiétude.

Le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU a lui-même formulé de sérieuses réserves : les critères d’« affection grave et incurable » ou de « souffrance insupportable » concernent aussi des millions de personnes vivant avec un handicap ou une maladie chronique.
Ont-elles été réellement entendues ?

Le danger n’est pas seulement juridique. Il est symbolique. Car toute loi éduque silencieusement une société. Elle dit ce que nous considérons comme digne d’être vécu, accompagné, protégé — ou non.

Le lien qui nous oblige
La vulnérabilité n’est pas un accident marginal de l’existence. Elle en constitue la trame même.
Nous naissons dépendants. Nous vieillissons en le redevenant. Et entre les deux, notre existence entière repose sur des formes invisibles de fragilité, de confiance et d’interdépendance.
Mais notre civilisation contemporaine supporte de moins en moins cette réalité. Elle célèbre la maîtrise, l’efficacité, l’optimisation permanente de soi. Le corps performant devient un idéal ; le corps dépendant, une anomalie.

Dès lors, la même société qui cherche à repousser indéfiniment les limites biologiques lorsque le corps est puissant tend logiquement à vouloir abréger la dépendance lorsqu’elle devient irréversible.
Dans les deux cas, c’est la même angoisse qui se manifeste : celle de ce qui échappe à la maîtrise.

Or aimer quelqu’un, ce n’est pas seulement admirer sa force, son autonomie ou sa réussite. C’est reconnaître que l’autre garde une valeur pleine lorsqu’il devient fragile, vulnérable, dépendant — parfois même silencieux.
La fragilité n’est pas l’ennemi de l’amour.
Elle en est peut-être la condition la plus profonde.
Car l’amour véritable commence précisément là où cesse l’utilité.
Une société qui ne supporte plus la vulnérabilité risque alors de ne plus savoir aimer autre chose que la performance.

Un choix de civilisation
Le véritable progrès humain ne consiste peut-être pas à supprimer toute dépendance, mais à apprendre à habiter nos limites sans perdre notre dignité.
Cela suppose un engagement massif pour les soins palliatifs, domaine dans lequel la France demeure profondément insuffisante. Le Comité consultatif national d’éthique, le Conseil d’État et le Sénat ont tous rappelé qu’aucune réflexion sérieuse sur l’euthanasie ne pouvait faire l’économie d’un accès universel préalable aux soins palliatifs.
Ce préalable n’est toujours pas honoré.

Introduire l’acte de donner la mort dans la relation de soin transforme aussi profondément ce que signifie « prendre soin ». Car soigner, historiquement, consiste à demeurer auprès de celui qui souffre, non à faire disparaître celui qui souffre pour faire disparaître la souffrance.

La question qui nous est posée dépasse donc largement la fin de vie.

Quelle civilisation voulons-nous devenir ?
Une civilisation où la valeur humaine dépend de la maîtrise de soi jusque dans la manière de mourir ?
Ou une civilisation capable de reconnaître une dignité jusque dans la vulnérabilité extrême, et de s’organiser pour que personne n’ait jamais à demander la mort parce qu’il se sent devenu un fardeau ?

Note personnelle
Comme catholique, ma conviction est que la dignité humaine ne disparaît jamais avec la perte d’autonomie, et que la dépendance peut devenir un lieu de présence, de relation et parfois même de vérité sur l’amour.
Cette conviction n’est pas le fondement de cet argumentaire. Elle en constitue simplement l’horizon personnel.
Les questions posées ici s’adressent à tous, quelle que soit leur vision de la transcendance.

illustration: Chaïm Soutine Peinture, 1924

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Le voyage du pape en France est confirmé

C’est annoncé dans le bulletin du jour du Saint-Siège :

Répondant à l’invitation du Chef de l’État et des Autorités ecclésiastiques du pays, ainsi qu’à celle du Directeur général de l’UNESCO, le Saint-Père Léon XIV effectuera un voyage apostolique en France du 25 au 28 septembre 2026 où il visitera le siège de ladite Organisation.

Neuvaine à l’Esprit-Saint

L’abbé Billot (IBP) nous prie de signaler qu’il anime une neuvaine à l’Esprit Saint du 16 au 24 mai, pour préparer la Pentecôte en méditant la vie de Jeanne d’Arc et sur la façon dont les dons du Saint Esprit peuvent nous aider dans notre quotidien.

Inscription : [email protected]

La FSSPX développe explicitement une ecclésiologie de suppléance étrangère à la Tradition catholique

Après avoir été membre de la Fraternité Saint-Pie-X jusqu’aux sacres de juin 1988, l’abbé Albert Jacquemin a rejoint le diocèse de Paris. Docteur en histoire du droit et en droit canonique, il est maître de conférences à la faculté de droit canonique de l’Institut catholique de Paris et préside depuis 2022 le Tribunal pénal canonique  national de la Conférence des évêques de France. Il vient de publier Le Choix de la rupture. Mgr Lefebvre, Rome, les sacres, 1974-2026. Ayant vécu de près les sacres de 1988, l’auteur apporte sa contribution sur la sacres à venir. Selon lui, on a souvent interprété ces sacres comme la conséquence immédiate de l’échec des négociations entre la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X et Rome. C’est voir trop court :  l’événement s’inscrit en réalité dans un processus plus ancien, engagé dès les années 1970 et marqué par une critique de plus en  plus radicale du concile Vatican II. En retraçant l’itinéraire doctrinal et ecclésiologique de Mgr Lefebvre, Albert Jacquemin montre que les sacres de 1988 ne relèvent pas d’une simple dissidence disciplinaire ou liturgique, mais touchent à des questions plus fondamentales : la nature de la Tradition, l’autorité du magistère vivant et les conditions de la communion hiérarchique dans l’Église.

Alors que de nouvelles consécrations épiscopales sont envisagées en 2026, cet ouvrage apporte un éclairage décisif sur une crise qui soulève plusieurs questions ecclésiologiques essentielles. Nous l’avons interrogé :

La FSSPX justifie les sacres de nouveaux évêques par l’état de nécessité dans lequel se trouve l’Eglise. Qu’en pensez-vous ? Un état de nécessité permet-il de consacrer de nouveaux évêques contre l’autorisation du pape ?

Dans l’Église, si l« état de nécessité » existe, il ne peut jamais être invoqué contre la volonté explicite du pape. Le droit canonique reconnaît ce principe, notamment lorsqu’il s’agit d’assurer le salut des fidèles dans des circonstances extraordinaires : guerres, persécutions, dangers de mort, impossibilité durable d’accès aux sacrements ou empêchement temporaire d’atteindre l’autorité ecclésiastique. Mais l’état de nécessité exige des conditions particulières. Le danger invoqué doit menacer un bien essentiel de l’Église : il doit être grave, objectif, actuel ou imminent. Surtout, aucune autre solution légitime ne doit être possible. Enfin, les moyens employés doivent demeurer proportionnés au danger et compatibles avec la constitution hiérarchique de l’Église. L’état de nécessité n’est donc pas un droit d’exception permettant de suspendre unilatéralement l’obéissance à l’Église.

En outre, l’état de nécessité ne peut pas être proclamé par un groupe particulier qui entend s’en prévaloir. Dans l’Église catholique, l’appréciation ultime d’une telle situation appartient toujours à l’autorité compétente, spécialement au Saint-Siège, lorsqu’est en cause un acte touchant à la structureecclésiale.

La Fraternité sacerdotale Saint-PieX (FSSPX) invoqua cet état de nécessité pour justifier les sacres épiscopaux de 1988. Selon elle, la crise doctrinale et liturgique consécutive au concile de Vatican II menaçait la transmission de la foi et du sacerdoce catholique. Ces sacres, selon Mgr Lefebvre, constituaient un acte exceptionnel destiné à préserver la Tradition. En pratique, ils conduisirent à l’autonomisation progressive de la Fraternité vis-à-vis de l’autorité romaine.

Or, déjà en 1988cet argument était privé de fondement par le fait que le Saint-Siège avait accepté le principe de la consécration d’un évêque issu de la Fraternité. Il fut d’ailleurs convenu que cet évêque serait consacré le 15 août 1988. Rome offrait ainsi une solution canonique permettant d’assurer la continuité de l’œuvre de Mgr Lefebvre sans rupture avec la communion ecclésiale. La condition essentielle d’absence d’autre solution légitime n’était donc pas remplie. La décision de Mgr Lefebvre ne répondait à aucun des critères de l’état de nécessité. C’est pourquoi Jean-Paul II, dans le motu proprio Ecclesia Deiqualifia ces consécrations d’« acte schismatique ».

Aujourd’hui, l’argumentation de la FSSPX s’est encore durcie. Elle affirme désormais que les moyens ordinaires de sanctification auraient pratiquement disparu de l’Église catholique et que la Tradition ne subsisterait plus réellement que dans la Fraternité. Mais outre qu’il n’appartient pas à une société sacerdotale particulière de poser un tel diagnostic sur l’état de l’Église universelle, cette affirmation contredit directement la doctrine catholique de l’indéfectibilité de l’Église. Soutenir que l’Église hiérarchique aurait substantiellement cessé d’assurer la transmission ordinaire de la foi, des sacrements et de la grâce revient à nier pratiquement que le Christ demeure présent et agissant dans son Église.

Nous touchons ici au cœur de la question : la FSSPX développe explicitement une ecclésiologie de suppléance étrangère à la Tradition catholique. Elle considère avoir reçu la mission – sans désigner de quelle autorité – de suppléer aux prétendues défaillances de l’Église elle-même. La reconnaissance du pape n’est plus que théorique, puisque l’autorité réelle est transférée de fait à la « juridiction »parallèle de la Fraternité qui décide elle-même où se trouve la Tradition authentique et quand l’obéissance au Saint-Siège peut être suspendue.

Le schisme, rappelons-le, outre qu’il constitue une grave offense à Dieu, ne consiste pas à nier l’autorité du Pontife romain mais, concrètement, à refuser obstinément de s’y soumettre. En pratique, cela aboutit, en dépit de toutes les protestations de fidélité au successeur de Pierre, à constituer une structure et une vie ecclésiale autonomes en dehors de la communion hiérarchique. C’est la raison pour laquelle les sacres de 1988 furent qualifiés d’acte schismatique. L’ordination d’évêques contre la volonté explicite du pape porte gravement atteinte à l’unité visible de l’Église dans un domaine touchant directement sa constitution divine.

C’est pourquoi de nouveaux sacres épiscopaux sans mandat pontifical, le 1er juillet 2026, ne constitueraient pas une simple répétition de ceux de 1988, mais une aggravation considérable. En 1988, Mgr Lefebvre prétendit poser un acte exceptionnel lié à une situation transitoire. Près de quarante ans plus tard, la répétition du même geste manifesterait l’installation permanente de la Fraternité dans une logique de séparation. Après des décennies de refus persistant de régularisation canonique et d’autonomisation progressive, de nouveaux sacres afficheraient la volonté de perpétuer une succession épiscopale indépendante de l’autorité romaine. 

Ces sacres, s’ils sont célébrés, ne seront plus seulement un acte schismatique isolé, mais désormais, en raison même de leur réitération, l’aboutissement d’un schisme consommé dans les faits, même si ce terme continue d’être rejeté par ceux qui le provoquent.

 

L’accueil large et généreux demandé en 1988 par Jean-Paul II, puis le rappel par Benoît XVI que la forme extraordinaire n’avait jamais été abolie, ont été remis en cause par Traditionis custodes. Les autorités romaines ne portent-elles une part de responsabilité dans cette situation de blocage ? 

Le véritable enjeu des sacres envisagés par la FSSPX n’est pas liturgique mais ecclésiologique. La question de la célébration de la messe tridentine ne peut plus sérieusement être invoquée, comme en 1988, puisque cette liturgie continue d’être célébrée dans l’Église catholique, y compris en dehors de la Fraternité, par des instituts en communion avec Rome et même, malgré les restrictions récentes – qui peuvent toujours être assouplies –, dans de nombreux diocèses du monde.

C’est pourquoi le véritable point de fracture, entre la FSSPX et le Saint-Siège, ne porte pas sur la célébration de l’ancienne liturgie, mais sur l’autorité doctrinale du concile de Vatican II, sur l’interprétation de la Tradition et, finalement, sur la nature même de l’autorité dans l’Église.

En 1988, Mgr Lefebvre soutenait qu’il fallait garantir la survie du sacerdoce et du rite tridentin. Aujourd’hui, cette argumentation a perdu sa pertinence. La liturgie tridentine existe toujours dans l’Église ; des prêtres, des séminaires et des communautés reconnues par Rome en assurent la transmission. Dès lors, si la FSSPX envisage de nouveaux sacres, c’est moins pour préserver un rite liturgique que pour perpétuer une position doctrinale et ecclésiologique.

L’on affirme parfois que si Mgr Lefebvre n’avait pas procédé aux sacres de 1988, les instituts traditionnels, aujourd’hui en communion avec Rome, n’auraient jamais vu le jour. Il est possible de répondre que si le Saint-Siège manifesta longtemps de fortes réticences à l’égard de la messe tridentine, c’était précisément parce que Mgr Lefebvre avait associé la défense de cette liturgie à une contestation doctrinale du Concile et de l’autorité romaine. La question liturgique apparaissait alors inséparable d’une opposition ecclésiologique à l’autorité romaine.

Mais surtout, ces instituts célébrant aujourd’hui la liturgie traditionnelle dans l’Église bénéficient des dispositions que le Saint-Siège avait accordées à la Fraternité dans le protocole d’accord du 5 mai 1988, que Mgr Lefebvre finit par refuser. En d’autres mots, les conditions permettant la célébration de la messe de Saint-Pie-V dans la communion ecclésiale existaient déjà avant les sacres. Ceux-ci ne furent donc pas la condition nécessaire à la survie de la liturgie tridentine dans l’Église.

La question de fond, aujourd’hui, est beaucoup plus grave. Car la raison sous-jacente à de nouveaux sacres est la suivante : la Fraternité considère qu’elle doit assurer elle-même, indépendamment du jugement du Saint-Siège, la continuité authentique de la Tradition catholique. Autrement dit, elle s’attribue de fait une fonction normative supérieure au magistère de l’Église. La question n’est donc plus celle d’une forme liturgique insuffisamment accueillie, mais celle d’une autorité doctrinale parallèle.

Peut-être les restrictions introduites par Traditionis custodes ont-elles nourri chez les fidèles attachés à l’ancienne liturgie un sentiment d’incompréhension ou d’injustice. Mais elles ne suffisent pas à expliquer, ni surtout à justifier, des sacres épiscopaux sans mandat pontifical. Ceux-ci répondent à la logique d’une constitution permanente d’une succession épiscopale destinée à garantir, contre la prétendue « Rome néo-moderniste », ce que la FSSPX estime être la « vraie Tradition ». Cette prétention fait apparaître les futurs sacres non comme un simple conflit disciplinaire, mais comme l’aboutissement d’une logique de séparation doctrinale et hiérarchique, objectivement schismatique.

 

Pensez-vous que l’excommunication puisse être formalisée alors que, dans le même temps, il semble qu’il n’y ait aucune sanction à l’encontre des évêques allemands ni des membres du groupe synodal, qui justifient les unions entre personnes de même sexe ?

Le droit canonique (c. 1387) attache une peine d’excommunication latae sententiae (automatique), réservée au Saint-Siège, au fait même de l’ordination épiscopale réalisée sans mandat pontifical. Cette disposition vise à exprimer l’extrême gravité d’un tel acte, parce qu’il touche directement à la constitution hiérarchique de l’Église et à son unité visible. Un évêque agissant dans ces conditions se place lui-même hors de la communion ecclésiale. Le Saint-Siège, au terme de la célébration, ne fait donc que constater et déclarer une peine déjà encourue par le fait même de l’acte accompli.

Le 13 mai 2026, le préfet du dicastère pour la doctrine de la foi, se fondant sur le motu proprio Ecclesia Dei de Jean-Paul II, en 1988, ainsi que sur la Note explicative du Conseil pontifical pour les textes législatifs, en 1996, a rappelé quelle serait la situation canonique de ceux qui perpétreraient à nouveau un tel acte schismatique.

La comparaison avec la situation de certains évêques allemands engagés dans le « chemin synodal » appelle des distinctions, car les actes en cause ne sont pas de même nature. Dans le cas de sacres épiscopaux sans mandat pontifical, le droit prévoit explicitement une peine automatique déterminée par avance. Le délit canonique est objectivement constitué par l’acte lui-même. Une consécration épiscopale sans mandat pontifical constitue immédiatement un acte public de rupture dans l’ordre de la communion hiérarchique. Elle touche immédiatement à l’exercice du primat pontifical et à la structure apostolique de l’Église.

La situation des évêques allemands est différente. Certaines de leurs prises de position constituent assurément des contestations graves de la doctrine catholique sur la morale sexuelle, l’autorité ecclésiale et la nature même de l’Église. Rome l’a rappelé à plusieurs reprises. Mais il ne s’agit pas ici d’un acte canonique unique auquel le droit attacherait automatiquement une excommunication latae sententiae. Avec les évêques allemands, nous sommes confrontés à de graves erreurs doctrinales, des contestations ecclésiologiques ou des désobéissances susceptibles, à terme, de conduire à des sanctions, mais selon des procédures différentes.

Il est donc inexact de présenter la situation comme si Rome appliquait arbitrairement deux poids deux mesures à des réalités identiques. Les délits canoniques ne sont pas les mêmes et les mécanismes juridiques non plus. Dans un cas, le droit prévoit explicitement une peine automatique ; dans l’autre, l’autorité ecclésiastique doit établir progressivement la nature exacte des erreurs doctrinales ou disciplinaires, leur imputabilité et l’éventuelle obstination des intéressés.

Il faut ajouter que le Saint-Siège n’a jamais exclu le recours à des sanctions canoniques contre certains responsables allemands si ceux-ci persistaient dans des positions incompatibles avec la doctrine catholique ou engageaient concrètement l’Église d’Allemagne dans une voie contraire à la communion ecclésiale. Plusieurs interventions romaines récentes ont précisément cherché à empêcher qu’un processus synodal national ne prétende se constituer en autorité doctrinale autonome face au magistère universel de l’Église.

Dans les deux cas, la question fondamentale demeure celle de l’unité de l’Église et de la communion avec le successeur de Pierre. Mais les formes de rupture, leur nature canonique et les conséquences juridiques qui en découlent ne sont pas identiques.

Le choix de la rupture

 

À propos de la déclaration récente du cardinal Fernandez (13 mai) par l’abbé Gleize de la FSSPX

Source : https://fsspx.news/fr/news/propos-la-declaration-recente-du-cardinal-fernandez-13-mai-2026-59127

L’abbé Gleize, porte-parole officiel de la FSSPX, souligne dans une déclaration que la FSSPX s’assoit sur la déclaration du cardinal Fernandez, Préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi, lequel souligne pourtant que les ordinations épiscopales annoncées, sans mandat pontifical, constitueront « un acte schismatique » (Jean-Paul II, Ecclesia Dei, n° 3) et « l’adhésion formelle au schisme constitue une grave offense à Dieu et entraîne l’excommunication prévue par le droit de l’Église » (ibid., 5c ; cf. Conseil pontifical pour les textes législatifs, Note explicative, 24 août 1996) :

Plus fondamentalement encore, et comme ne cesse de le répéter Don Davide Pagliarani, à la suite de Mgr Lefebvre, la Fraternité cherche le bien de l’Eglise, qui est le bien des âmes. Et c’est pour cela qu’elle ne tient pas compte de cette mise en application de la loi ecclésiastique qui voudrait lui imputer un délit et lui infliger la peine correspondante. Pourquoi ? Tout simplement parce que la loi ecclésiastique ne peut pas être mise en application au détriment du salut des âmes. Et c’est précisément pour répondre à la nécessité grave et urgente du salut des âmes que la Fraternité envisage ces consécrations épiscopales.

La vie chrétienne victorieuse – au service du Seigneur

La Vie Chrétienne Victorieuse – Au service du Seigneur

« En recevant la Parole de Dieu, que nous vous avons fait entendre, vous l’avez reçue, non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu’elle l’est véritablement, comme la Parole de Dieu, qui agit en vous qui croyez. » 1 Thessaloniciens 2:13

La Parole de Dieu agit profondément dans le croyant. Elle opère sur la conscience, séparant progressivement du mal moral et de l’esprit du monde – ce système organisé sans Dieu et souvent en opposition à Lui. Elle fortifie également l’âme en apportant discernement, stabilité et force intérieure.

C’est pourquoi l’apôtre Paul affirme qu’elle « opère » dans ceux qui croient. Ce terme évoque une activité vivante, puissante et efficace.

Ainsi, la vie chrétienne trouve naturellement son expression dans le service – le troisième pilier. Un croyant qui marche avec Christ ne peut demeurer inactif. La grâce produit des œuvres, et l’amour pour le Seigneur se manifeste concrètement.

« Celui qui demeure en moi et en qui je demeure portera du fruit en abondance, car sans moi vous ne pouvez rien faire. » Jean 15:5

Cette parole du Seigneur Jésus est d’une richesse remarquable. « Demeurer en moi » ne signifie pas seulement croire une fois, mais vivre continuellement dans une relation de dépendance avec Lui. Cela implique la prière, l’attachement aux Écritures et une communion quotidienne.

La force de cette déclaration réside dans ces mots : « Sans moi vous ne pouvez rien faire. » Jésus ne dit pas « peu de choses », mais rien. Toute confiance dans la capacité humaine ou dans une religion sans vie est ainsi mise de côté.

Le service pour le Maître ne procède donc pas de l’effort humain, mais de la dépendance envers Christ. Plus la communion avec Lui est réelle, plus le fruit est abondant.

Si le croyant regarde à lui-même, il découvre rapidement sa faiblesse et son insuffisance. Même conscient d’avoir reçu un don du Seigneur et d’être appelé par Lui, il sait qu’il ne peut servir utilement par ses propres forces.

Considérons alors l’exemple de l’apôtre Paul. Le grand motif de son service était l’amour pour son Seigneur et pour les âmes. Il pouvait dire avoir été parmi les croyants « servant le Seigneur ».

Quels sont nos propres motifs dans le service ? Combien facilement nous devenons nous-mêmes le centre ! Servons-nous véritablement le Seigneur ? Travaillons-nous par amour pour Lui et pour ceux qui nous entourent ?

Nous avons tous reçu l’appel à servir le Seigneur Jésus. Jeunes ou âgés, le Seigneur désire nous employer là où Il nous a placés. Chacun devrait donc rechercher paisiblement devant Lui quelle tâche Il lui confie et à quel moment elle doit être accomplie.

Mais comment devons-nous travailler pour Lui ?

Il s’agit d’abord de reconnaître l’autorité du Seigneur Jésus sur toute notre vie, et particulièrement sur notre service :

« … afin que ceux qui ont cru en Dieu s’appliquent à pratiquer de bonnes œuvres. » Tite 3:8

Dans la vie professionnelle, un employé suit les directives de son supérieur terrestre ; à plus forte raison devons-nous obéir à notre Maître céleste. La Parole de Dieu contient des commandements, des instructions et des avertissements qui appellent notre obéissance. Mais toutes les situations ne sont pas détaillées à l’avance. D’où la nécessité d’une attitude de dépendance et de soumission.

« Quoi que vous fassiez, faites-le de cœur, comme pour le Seigneur et non pour les hommes. » Colossiens 3:23-24

Voilà ce qui doit caractériser le serviteur : un cœur engagé pour le Seigneur. Il doit vivre dans la communion avec son Maître afin de Lui plaire en toutes choses. Demandons-nous continuellement : comment puis-je Lui être agréable aujourd’hui ?

Servir le Maître… mais avec quelles ressources ? Avec quelle force ?

L’homme pense spontanément à l’effort, à l’activité et à la réussite. Pourtant, le Seigneur Jésus déclare : « Nous sommes des serviteurs inutiles ; nous avons fait ce que nous devions faire. »
Luc 17:10

Le Seigneur combat ici tout orgueil religieux. L’obéissance n’est pas un mérite, mais la réponse normale à la grâce de Dieu.

Dans le domaine spirituel, rien de véritablement utile pour Dieu ne peut provenir de nous-mêmes. Une activité sans communion avec Christ demeure vaine. Le sarment ne possède aucune vie en lui-même ; il doit demeurer attaché au Cep. Le service chrétien fructueux ne commence donc pas par l’action, mais par la communion : demeurer en Christ.

Demeurer en Lui, c’est vivre chaque jour dans une dépendance consciente, reconnaître notre incapacité et chercher auprès de Lui la direction nécessaire. Alors seulement le fruit apparaît.
Quel contraste !

D’un côté, une activité humaine sans portée éternelle : il est possible d’être très actif tout en demeurant spirituellement stérile. De l’autre, une œuvre peut-être discrète et peu remarquée des hommes, mais portant la marque de Dieu parce qu’elle procède de Lui.

Servir le Maître, ce n’est donc pas multiplier des efforts indépendants ; c’est laisser Christ agir en nous et par nous.

« Recommande à l’Éternel tes œuvres, et tes projets réussiront. » Proverbes 16:3

Servir le Seigneur est un immense privilège, mais aussi une responsabilité qui ne peut être assumée dans l’indépendance. Le principe est simple : sans Christ, rien n’a de valeur éternelle ; avec Lui, le plus petit fruit demeure éternellement. Cette vérité conduit naturellement à la question du Tribunal de Christ.

« Nous comparaîtrons tous devant le Tribunal de Christ. » Romains 14:10

« Il nous faut tous être manifestés… afin que chacun reçoive ce qu’il aura fait. » 2 Corinthiens 5:10

Il ne s’agit pas d’un jugement pour la condamnation – Christ a porté notre condamnation à la croix – mais d’une évaluation du service accompli.

« L’œuvre de chacun sera manifestée… » 1 Corinthiens 3:13

Le salut n’est pas en question, mais la récompense. Ce qui aura été fait dans la dépendance du Seigneur subsistera ; ce qui aura été accompli dans l’indépendance sera consumé. Cette perspective ne doit pas produire une crainte servile, mais une sainte lucidité. Un jour, tout sera manifesté devant le Seigneur : notre conduite, nos motifs et notre service.

Non pour décider de notre salut, mais pour révéler la réalité de notre marche. : « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi… » Éphésiens 2:8
Les œuvres suivent la foi. Ce qui aura été accompli avec Christ demeurera ; ce qui aura été fait sans Lui sera sans valeur éternelle.

« Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres que Dieu a préparées d’avance… » Éphésiens 2:10
Et si des couronnes nous sont données, ce ne sera jamais pour notre gloire, mais pour être déposées aux pieds du Seigneur.
Alors Il dira :

« C’est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton Maître. » Matthieu 25:23

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Diocèse de Milan : un “monastère” relativiste

Le diocèse de Milan a décidé de construire un monastère dans le quartier de Minde, près de l’ancien site de l’Expo. Il s’appellera le Monastère Ambrosien, mais oubliez toute atmosphère contemplative et transcendante. Le projet, présenté le 11 mai, a été conçu par l’architecte de renom Stefano Boeri et ressemble à un centre commercial surmonté d’un tremplin de saut à ski. Le futur monastère, qui accueillera une communauté permanente, probablement religieuse, s’étendra sur 2 700 mètres carrés, dont 1 100 seront consacrés à des espaces ouverts. Une église triangulaire est prévue car, pour éviter la banalité, on préfère parfois sombrer dans l’absurde. L’architecte Boeri explique que l’église aura également une vocation culturelle. En bref, une église multifonctionnelle, à l’image des centres commerciaux mentionnés précédemment. Le cloître sera lui aussi triangulaire.

Face à un investissement colossal (on ignore si le projet sera entièrement financé par le diocèse), il a été décidé de l’utiliser non pas à des fins catholiques, mais pour créer une homogénéisation religieuse. Un espace pour tous où Dieu, catholique, sera aussi musulman, juif, et un personnage de fiction pour les athées. C’est ainsi que le diocèse explique ce projet, à l’architecture futuriste mais au contenu digne d’un musée : l’objectif est de créer « un espace de spiritualité, de discussion et de réflexion, pour faire dialoguer les croyances, les cultures et les savoirs au XXIe siècle ». Et en effet, il y aura une Bibliothèque des Religions, un Cloître des Religions et un Jardin des Religions. Dans ce jardin, fidèle aux tendances écologiques les plus actuelles, chaque religion monothéiste sera représentée par une plante. On se demande bien quelles plantes les théologiens et les paysagistes ont décidé de nous imposer.

L’archevêque de Milan, Mgr Mario Delpini, explique le sens de ce projet, où

« le savoir, la recherche, le talent, les affaires, les loisirs, la nature et la vie, l’Italie et le monde se rencontrent. Au cœur de la ville de l’innovation, se pose la question du sens de tout cela, la raison de cet engagement et de cet investissement. Cette question appelle à la rencontre entre science et sagesse, entre innovation et éthique, entre technologie et humanisme, entre profit et solidarité. C’est ainsi que se dessine l’histoire de Milan : la ville vit et grandit sous l’égide de la Madonnina, car il n’y a pas de vie humaine sans transcendance. Ainsi Milan écrit son avenir : il n’y a ni coexistence, ni paix, ni bien commun sans Dieu. »

Les catholiques offrent un plateau d’argent aux athées et aux représentants d’autres religions pour catéchiser les catholiques du dimanche selon leurs croyances. Si cela se produit, ce sera une victoire pour la hiérarchie milanaise, car l’œcuménisme est désormais mort, et à sa place se dessine la tentative de construire une religion universelle – désirée seulement par des gens comme Soros et certains catholiques, certainement pas par les juifs et les musulmans – où les différences sont gommées et où tout le monde est regroupé sous le mot « Dieu », un mot désormais censé être vidé de toute identité et conçu pour être vague et englobant, séduisant ainsi tous les goûts. De même, la croix qui se dresse au bout du tremplin de saut à ski ne fait plus référence au Christ ; ce n’est plus qu’une marque ou un logo, et non plus le Logos. Un symbole qui, dans la conscience collective, exprime la paix, la solidarité, l’inclusion, le respect inconditionnel et autres stéréotypes similaires.

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