Le laxisme judiciaire et disciplinaire de l’Église catholique à l’encontre de ceux qui profèrent des hérésies ou qui bafouent les règles de l’Église
Suite à la déclaration de foi de l’abbé Paglariani, l’abbé Laurent Spriet propose deux articles sur le site de La Nef. Il y relève trois affirmations problématiques et difficilement conciliables avec la Tradition, et il propose une réflexion sur ce que cette déclaration de foi dit “en creux” de la FSSPX et de la crise actuelle dans l’Eglise. Extrait :
[…] “En creux”, cette déclaration dénonce la crise doctrinale qui sévit dans l’Église catholique (en Occident en particulier) depuis plus d’un siècle et spécialement depuis les années 50-60. N’est-il pas exact que des membres de l’Église, parfois clercs, nient certaines vérités de foi de l’Église ? N’existe-t-il pas un relativisme théologique qui nie que le Christ est l’unique Sauveur et Rédempteur ? Qui dénie à la Vierge Marie toute coopération à notre salut ? Qui enseigne qu’il n’existe pas une unique vraie religion ? Des personnes qui ne rappellent jamais les conditions demandées par saint Paul et par l’Église pour recevoir la sainte Communion ? Des personnes qui outrepassent leurs droits en matière de liturgie ? N’y a-t-il pas “un deux poids, deux mesures”, jusqu’à Rome, en matière d’accueil des personnes qui ne sont pas en pleine communion avec l’Église catholique ? Ne trouve-t-on pas aujourd’hui de nombreux baptisés qui nient : la nature sacrificielle de la Messe, la nécessité du baptême comme voie ordinaire du salut, la nécessité d’appartenir à l’Église pour être sauvé, l’existence et l’éternité de l’enfer ? Etc.
Il serait injuste et malhonnête de ne pas reconnaître que cette déclaration de foi de l’abbé Pagliarani dénonce des réalités du terrain (nonobstant les imperfections et les erreurs qu’elle comporte).
Si les sanctions canoniques vont s’appliquer, a priori, le 1er juillet prochain à l’encontre des évêques de la FSSPX (et des fidèles laïcs ?), ne faudrait-il pas s’interroger sur le laxisme judiciaire et disciplinaire de l’Église catholique à l’encontre de clercs et de laïcs qui profèrent des hérésies ou qui bafouent les règles de l’Église dans bien des domaines ?
Cependant la crise dans l’Église (et non de l’Église) ne justifie pas des ordinations épiscopales contre la volonté explicite du pape régnant. Elle ne justifie pas non plus que la FSSPX choisisse par elle-même des candidats à l’épiscopat (avec ou sans juridiction, cela ne change rien au problème).
3. Une nouvelle profession de foi venue de Rome ?
En vertu du canon 212 §2 et 3, j’ose formuler un souhait : devant la crise actuelle, notre pape Léon XIV pourrait publier une profession de foi (comme le fit en son temps saint Paul VI le 30 juin 1968). Il insisterait sur un certain nombre de vérités de foi mises à mal depuis 1968, non dans le Magistère mais dans la vie quotidienne de l’Église. Cette profession de foi confirmerait le Peuple de Dieu d’aujourd’hui dans la vraie foi.
De plus, pourquoi le Saint-Siège ne publierait-il pas, unilatéralement, un document dans lequel il préciserait “les différents degrés d’adhésion que requièrent les différents textes du Concile Vatican II” et leur interprétation, mais aussi “la différence entre l’acte de foi et l’hommage religieux de l’esprit et de la volonté” (cf. les propositions du Dicastère pour la Doctrine de la Foi du 12 février 2026) ? Ce document serait un critère sûr tant pour les membres de la FSSPX que pour tous les membres de l’Église catholique. Il viendrait enrichir l’instruction Donum veritatis sur la vocation ecclésiale du théologien en son numéro 23 (24 mai 1990). Ce serait très riche et très utile pour toute personne honnête et de bonne volonté. Même si ces précisions venaient après le 1er juillet.”
Loi Falorni : l’épreuve de vérité de la gauche
Préambule aux députés de gauche
Cet article procède d’une conviction simple : vous êtes sur le point de voter contre vous-mêmes.
Car enfin, vous n’ignorez rien des déserts médicaux, des inégalités sociales, des contraintes budgétaires ni de la vulnérabilité concrète dans laquelle vivent les plus fragiles. Vous avez consacré votre engagement politique à montrer que les choix humains sont toujours situés, conditionnés, influencés par des réalités matérielles. Et pourtant, au seuil de la mort, tout se passe comme si ces déterminations disparaissaient soudain, comme si l’individu redevenait une abstraction.
Loi Falorni : l’épreuve de vérité de la gauche
Lettre ouverte aux députés de gauche
Par le Dr Sergyl Lafont
Ancien interne des Hospices Civils de Lyon, médecin biologiste.
Emmanuel Macron ne pouvait pas faire passer cette loi seul. Il lui fallait davantage qu’une majorité parlementaire. Il lui fallait que cette réforme puisse être présentée comme un progrès social. Et cela supposait votre concours.
Car votre soutien ne s’ajoute pas simplement au texte : il en modifie profondément la signification politique. Sans vous, cette réforme est principalement interprétée à travers le prisme de la liberté individuelle. Avec vous, elle acquiert la légitimité d’une avancée portée au nom de la justice sociale et de l’émancipation. C’est précisément pour cette raison que votre responsabilité est particulière.
Et demain, si les soins palliatifs demeurent insuffisamment financés, si les associations de défense du handicap élèvent la voix, si les familles demandent des comptes, c’est aussi vers vous que les regards se tourneront.
Votre histoire politique repose sur une idée simple et exigeante : il n’existe pas de liberté réelle sans conditions réelles de liberté. Un choix n’est pas libre parce qu’il est juridiquement autorisé. Il ne l’est que lorsqu’il est rendu effectivement possible, humainement soutenable et socialement protégé.
C’est au nom de ce principe que vous avez construit le droit du travail, défendu les services publics, combattu les déterminismes sociaux et dénoncé les inégalités structurelles. Vous avez toujours refusé de confondre liberté formelle et liberté réelle.
Pourquoi cette exigence devrait-elle disparaître précisément au moment où la vulnérabilité est maximale ?
La gauche ne peut pas dénoncer les choix contraints dans tous les domaines de la vie, et sanctuariser comme libre une demande de mort née de ces mêmes contraintes. Car le renversement auquel vous êtes aujourd’hui confrontés est considérable. Pour la première fois, vous êtes invités à considérer comme pleinement libre une décision prise dans un contexte où la dépendance, la maladie, l’isolement et la peur de devenir une charge occupent souvent une place centrale.
Le piège de l’autonomie
On vous parle d’autonomie, de dignité, d’autodétermination. Mais ce sont précisément les catégories que votre tradition intellectuelle a appris à interroger.
Quand un salarié accepte un emploi dégradé faute d’alternative, vous ne parlez pas de liberté. Quand une personne renonce à un droit parce qu’elle ne dispose pas des moyens de l’exercer, vous ne parlez pas de liberté. Quand une situation sociale conduit un individu à consentir à ce qu’il n’aurait jamais souhaité dans d’autres circonstances, vous dénoncez les mécanismes qui fabriquent ce consentement.
Pourquoi cette vigilance critique s’interromprait-elle lorsqu’il s’agit de mourir ?
Pourquoi considérer comme parfaitement autonome une demande qui peut être traversée par la solitude, la dépendance, le sentiment d’être un poids ou l’absence d’accompagnement suffisant ? Poser cette question n’est pas manquer de respect aux malades. C’est prendre au sérieux ce que vous avez toujours affirmé sur la fragilité des choix humains lorsque les conditions sociales se dégradent.
Ce que disent les faits
Dans les pays ayant légalisé l’aide à mourir, les motivations invoquées sont remarquablement constantes : perte d’autonomie, peur de dépendre, sentiment d’être une charge pour les proches, isolement, perte de dignité. En Oregon, où l’aide à mourir est légale depuis 1997, les données officielles montrent que la peur de « peser sur l’entourage » figure régulièrement parmi les premières raisons invoquées, souvent devant la douleur physique.
Autrement dit, ce que la loi entérine n’est pas seulement une souffrance médicale. Elle entérine aussi des représentations sociales de la dépendance, de l’utilité et de la dignité. Or ces représentations ne naissent pas dans le vide. Elles sont produites par des sociétés qui valorisent l’autonomie, la performance et l’indépendance.
Lorsqu’une personne en vient à penser que sa vie vaut moins parce qu’elle dépend des autres, cette conviction n’est jamais purement individuelle. Elle reflète aussi le regard collectif porté sur la vulnérabilité.
L’injustice concrète
La France demeure profondément inégalitaire face à la fin de vie. L’accès aux soins palliatifs reste insuffisant. Les disparités territoriales sont considérables. Les ressources humaines manquent. La solitude touche de nombreux malades.
Dans certains territoires, on ne choisit pas entre plusieurs formes d’accompagnement. On espère simplement bénéficier d’un accompagnement.
Peut-on sérieusement parler d’un choix libre lorsque les conditions permettant de vivre dignement la fin de vie ne sont pas assurées de manière égale pour tous ? Vous avez toujours soutenu qu’un droit n’est réel que lorsque chacun dispose effectivement des moyens de l’exercer. Pourquoi ce principe cesserait-il de valoir ici ?
Légaliser l’aide à mourir dans un contexte aussi inégalitaire ne corrige pas une injustice : cela risque de la consacrer.
Ce que personne ne veut regarder en face
Il faut le dire clairement : ceux qui demandent à mourir ne mentent pas sur leur souffrance. Ils disent une vérité. La question n’est pas de contester leur vécu, mais d’examiner ce que la société a fait — ou n’a pas fait — pour qu’ils en soient arrivés là.
Ce ne sont pas des conservateurs qui alertent en premier. Ce sont des militantes féministes, des collectifs antivalidistes, des organisations de personnes handicapées qui se réclament elles-mêmes de la gauche radicale. Elles voient dans ce texte non pas une libération, mais le risque d’un message implicite : qu’une existence marquée par la dépendance puisse être perçue comme moins digne d’être vécue.
Toute politique publique est confrontée à des contraintes budgétaires. Les soins palliatifs exigent du temps médical, des équipes formées, des structures adaptées et une présence humaine continue. Ils représentent un investissement collectif important.
Il ne s’agit pas d’affirmer que le législateur rechercherait délibérément une solution moins coûteuse. Mais il serait imprudent d’ignorer qu’un système durablement sous tension financière peut progressivement privilégier les réponses les moins exigeantes en ressources.
Plusieurs associations représentant des personnes handicapées ou vulnérables alertent depuis des années sur ce risque. Leur inquiétude mérite d’être entendue.
D’autant que la décision dont il est ici question possède une caractéristique unique. Une réforme peut être corrigée. Une politique publique peut être réorientée. Une mort ne se répare pas.
L’instant de cohérence
Votre vote ne sera pas un vote ordinaire. Il dira si, oui ou non, la gauche demeure fidèle à son exigence intellectuelle la plus profonde.
Il dira si vous continuez à penser la liberté à partir des conditions réelles d’existence, ou si vous acceptez qu’elle devienne, dans les moments les plus tragiques, une abstraction juridique. Il dira si la vulnérabilité appelle d’abord davantage de solidarité — ou l’autorisation d’une sortie.
Il dira aussi ce que vous pensez, au fond, d’une personne qui dit vouloir mourir parce qu’elle a peur de peser sur sa famille. Est-ce une liberté qu’il faut honorer ? Ou une détresse qu’il faut soignant ?
La question n’est pas de nier la souffrance. Elle est de savoir ce que signifie, politiquement, y répondre.
Toute votre histoire politique repose sur une intuition fondamentale : lorsqu’un être humain se trouve acculé par la précarité, l’isolement ou la dépendance, la réponse juste n’est pas de valider sa résignation, mais de transformer les conditions qui la produisent. Et pourquoi cette vérité s’arrêterait-elle précisément là où la détresse prend la forme d’un désir de mourir ?
Le véritable progrès social n’est pas de rendre la mort accessible. Il est de rendre la vie, jusqu’à son terme, réellement habitable.
Tant que cette exigence n’est pas satisfaite, ce texte ne consacre pas pleinement une liberté. Il entérine une défaite. La défaite d’une société qui n’a pas su garantir à chacun la certitude qu’il demeurait digne d’être accompagné jusqu’au bout.
Une société juste n’offre pas aux plus fragiles le moyen de disparaître. Elle fait en sorte qu’ils n’en viennent jamais à le désirer.
Illustration : Le Retour du fils prodigue, Rembrandt, vers 1668, détail – Musée d’État de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg.
Note de l’auteur sur l’illustration : L’étreinte du Fils prodigue de Rembrandt dit ce que devrait être une société digne : une communauté qui accueille la fragilité sans condition, qui entoure au lieu d’écarter, qui soutient au lieu d’abréger. Face à la tentation de la mort administrée, l’honneur de la politique — et singulièrement d’une gauche fidèle à elle-même — est de protéger le plus vulnérable, jamais d’organiser sa disparition.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Dissous pour avoir dénoncé le grand remplacement
Par un Décret du 3 juin 2026, le gouvernement dissous le groupement de fait « Patria Albiges », mouvement identitaire albigeois. Je ne connais pas cette association mais les raisons de cette dissolution laissent songeur.
Il est notamment reproché à « Patria Albiges » de
« promouvoir de manière régulière la théorie du « grand remplacement » et de prôner régulièrement la « remigration » présentée comme la solution face à l’insécurité, les attentats mais aussi la criminalité, notamment le narcotrafic »
À ce compte là autant interdire les statistiques et considérer comme obligatoire de promouvoir l’immigration puisqu’il serait interdire de prôner l’immigration négative.
Ou encore
lors de l’attaque au couteau dans un jardin municipal à Annecy, en réaction à laquelle, le 10 juin 2023, l’un des dirigeants du groupement et deux autres membres ont apposé des affiches sur les grilles de parcs municipaux d’Albi mentionnant : « Parc fermé – raison de fermeture : risque élevé de se faire poignarder – protégeons nos familles de l’immigration », action revendiquée par une publication sur le compte Instagram du groupement
Est-il vraiment possible de croire que l’Europe serait elle-même sans l’empreinte de la foi ?
Extrait du discours du pape Léon XIV avec le monde de la culture, de l’art, de l’économie et du sport :
[…] Est-il vraiment possible de croire que l’Europe – que nous aimons tant – serait elle-même sans l’empreinte de la foi ? Pourquoi craindre que l’éternité n’imprègne notre quotidien ? Le cri de mes prédécesseurs résonne encore : N’ayez pas peur ! Ouvrez grand les portes au Christ ! Jésus-Christ ne nous prend rien et nous donne tout.
Je veux demander à haute voix : qui sont exclus malgré leurs vertus et leurs capacités ? Nous ne pouvons ignorer que la condition des pauvres représente un cri qui, dans l’histoire de l’humanité, remet constamment en question nos vies, nos sociétés, nos systèmes politiques et économiques, et l’Église (cf. Dilexite , 9).
En effet, le Christ redonne au bien commun la place qui lui revient, celle d’un sage arbitre qui apaise la cupidité des uns et nourrit l’espoir des autres, tout en aspirant à tous les sauver.
Cette Église, « experte en humanité », bien qu’allant parfois à contre-courant, insiste sur le fait que « les structures économiques et institutionnelles ne sont justes que dans la mesure où elles servent le développement intégral de la personne et favorisent la participation responsable de tous » ( Magnifica humanitas , 34). […]
Un évêque assassiné au Mozambique
Mgr Osório Citora Afonso, évêque du diocèse de Quelimane, a été retrouvé mort samedi 6 juin au matin, à son domicile épiscopal de Quelimane. L’évêque a été tué par balles, dont une l’a atteint à la poitrine. Les forces de sécurité poursuivent l’enquête mais aucun détail précis n’a encore été livré.
Toutes les communautés chrétiennes pleurent la disparition du quatrième évêque du diocèse de Quelimane, érigé en 1954 sous le patronage de Notre-Dame de la Délivrance.
Depuis Madrid, «Léon XIV a appris avec tristesse le grave acte de violence» qui a causé la mort de Mgr Citora Afonso, a déclaré le directeur de la Salle de Presse du Saint-Siège. Le
«Pape s’unit dans la prière au peuple des diocèses et du Mozambique en cette heure de désarroi, afin que le Seigneur leur accorde la consolation, qu’il garde dans son amour chaque homme et chaque femme et qu’il arrête la main des violents».
Connu sous le nom de «Don Osorio», il a travaillé pour le dicastère pour l’Évangélisation, section pour la Première évangélisation et les nouvelles Églises particulières (2017-2023), avec lequel il entretenait des liens étroits.
Le président de la République du Mozambique, Daniel Francisco Chapo, a présenté ses plus sincères condoléances et a souligné dans son message que
«le décès de Mgr Osório représente une perte irréparable pour la société mozambicaine et la communauté chrétienne, mettant en lumière son témoignage d’humilité, son dévouement pastoral et sa promotion des valeurs de paix et de réconciliation».
Membre de l’Institut missionnaire Consolata, Mgr Citora était secrétaire de la Conférence épiscopale du Mozambique, évêque de Quelimane depuis août 2025 et, depuis avril de cette année, a été nommé par le Pape Léon XIV, administrateur apostolique intérimaire de l’archidiocèse de Beira.
Le territoire du diocèse de Quelimane s’étend sur 57 798 kilomètres carrés et compte actuellement 29 paroisses et missions, environ 1 930 communautés chrétiennes et 1 366 593 catholiques, selon les statistiques de 2025.
Italie : pas d’éducation sexuelle sans l’accord des parents
L’éducation sexuelle dans les écoles italiennes sera désormais soumise au consentement parental, le Sénat italien ayant définitivement adopté jeudi soir une réforme promue par le gouvernement de droite.
La réforme, portée par le ministre italien de l’Éducation Giuseppe Valditara, exclut également l’éducation sexuelle des crèches et des écoles primaires. Giuseppe Valditara a déclaré après l’adoption de la loi au Sénat que la réforme protégerait les mineurs “de la confusion engendrée par la propagande de genre” et rétablirait le principe constitutionnel selon lequel les parents sont responsables de l’éducation de leurs enfants.
Les écoles devront dorénavant informer les familles au moins sept jours à l’avance de toute initiative d’éducation sexuelle, en précisant notamment les experts ou organisations externes impliqués.
Pro Vita & Famiglia a salué cette mesure, affirmant qu’elle permettrait aux parents de rejeter les initiatives qu’ils jugeraient inappropriées.
“Les parents pourront s’informer, identifier et rejeter à l’avance les projets inappropriés qui promeuvent la fluidité de genre, l’avortement, la maternité de substitution et une vision idéologique de la sexualité chez les mineurs”.
Les processions solennelles ne sont pas une survivance folklorique mais la foi en la présence du Seigneur ressuscité
Lors de la messe ce matin à Madrid, le pape a déclaré dans son homélie :
[…] Ce mémorial du Seigneur présent dans le Pain eucharistique est au cœur de votre foi et de l’histoire de votre peuple. Ici à Madrid, mais aussi dans tant d’autres lieux d’Espagne, le Corpus Christi n’est pas une fête de plus dans le calendrier liturgique, mais un retour aux racines de la foi pour renouveler l’amour et la fidélité à Dieu. Les processions solennelles de ce jour ont façonné pendant des siècles la piété, l’art, la musique, l’architecture et la vie du peuple espagnol. Encore aujourd’hui, elles expriment et manifestent le sentiment spirituel de ce pays à travers la beauté et l’élégance des tapis de fleurs, des autels dans les rues, du soin apporté aux ostensoirs et à leur exposition, ainsi que des chants et des ornements. Il ne s’agit pas d’une manifestation extérieure, d’une survivance folklorique ou d’une simple parure esthétique : il s’agit ici de la foi en la présence du Seigneur ressuscité, qui est vivant et continue de passer au milieu de nous, qui se fait pain pour notre faim de vie et visite les recoins de notre cœur et de notre histoire, même les plus sombres.
Ainsi, si le Christ se donne en nourriture lors de la célébration eucharistique, la procession dit qu’Il ne reste pas enfermé dans le temple, mais qu’Il sort à notre rencontre. Jésus marche dans les rues, traverse les places, visite nos quartiers, habite les lieux de notre vie quotidienne. Il est le Dieu proche qui marche avec son peuple, le Seigneur de l’histoire, la consolation des faibles, la lumière pour les familles, l’espérance pour les malades, la paix pour ceux qui souffrent. Le Christ qui passe dans les rues dans l’ostensoir est le même qui s’identifie aux pauvres, aux opprimés, à ceux qui sont seuls et sans défense. Ce n’est pas un hasard si ici, en Espagne, l’Église a uni pendant des années la solennité du Corpus Christi à la Journée de la Charité.
Il ne s’agit pas seulement de sortir l’ostensoir, mais de sortir nous-mêmes de l’égoïsme, de l’indifférence, d’une foi confortable et privée, pour répondre à son invitation à la conversion, changer notre regard, accueillir sa présence qui nous transforme et fait de nous des bâtisseurs d’un monde nouveau.
C’est pourquoi la mémoire historique des processions du Corps et du Sang du Christ ne se laisse pas emprisonner dans la nostalgie ; elle devient, au contraire, une invitation aujourd’hui, pour notre vie personnelle, pour nos relations, pour la société, pour la construction de l’avenir. C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre l’invitation à “se souvenir” que nous avons entendue dans la première lecture : « Souviens-toi de tout le chemin que le Seigneur, ton Dieu, t’a fait parcourir ces quarante années dans le désert » ; souviens-toi de comment, quand tu avais faim, il t’a nourri de la manne. Il s’agit de “se souvenir” précisément pour ne pas oublier qui est le Seigneur et pour ne pas succomber à la tentation de se fier à d’autres idoles et de se nourrir d’un pain qui ne rassasie pas.
Voici donc une exhortation pour l’Espagne d’aujourd’hui et de demain : que la religiosité qui anime ce pays depuis des siècles ne soit pas un musée du passé, mais une école de foi où on peut encore s’abreuver. Une école qui nous enseigne à nous agenouiller devant Dieu et devant notre prochain, car personne ne peut s’agenouiller devant le Seigneur et mépriser son prochain ; une école qui nous enseigne la gratuité de l’amour qui se fait don, afin qu’il circule parmi nous et brise les chaînes de tout égoïsme ; une école où nous apprenons que Dieu est une présence réelle et que nous sommes nous aussi appelés à être présents dans les situations et les défis de la société, à ne pas fuir et à nous engager personnellement dans la construction du bien commun.
Frères et sœurs, je souhaite rappeler ici saint Manuel González, l’évêque des tabernacles abandonnés. Sa vie nous rappelle que l’Eucharistie ne doit pas être honorée uniquement lors des grandes célébrations ou de manière occasionnelle, mais aussi dans la fidélité silencieuse de celui qui accompagne le Seigneur par une amitié humble et discrète qui se nourrit jour après jour. Je voudrais également rappeler les vers poétiques de saint Jean de la Croix : « Je connais bien moi la source qui jaillit et coule, bien que de nuit » (Chant de l’âme qui se réjouit de connaître Dieu par la foi). Dans la prison conventuelle de Tolède, où il était incarcéré dans des conditions extrêmement dures, précisément aux alentours de la fête du Corps et du Sang du Christ en 1578, il reconnaît, depuis la nuit de cette prison, la présence cachée du Seigneur d’où jaillit une lumière qui ne connaît pas de crépuscule et d’où coule une vie qui ne s’épuise pas. Jésus Eucharistie est « cette source éternelle qui est cachée », source qui coule et étanche la soif sans éblouir, sans s’imposer par une puissance extérieure, sans se présenter de manière spectaculaire (cf. ibid.).
Revenons à Lui par un amour sincère. Ouvrons-nous à la rencontre avec Lui, laissons-Le désaltérer les aridités de notre cœur, pour ensuite sortir sur les chemins de la vie et de l’histoire et porter parmi les gens ce courant d’eau fraîche, ce courant d’amour, de paix, de justice et de joie. Buvons à nouveau à cette source eucharistique, qui ne nous enferme pas dans une dévotion privée, mais nous envoie arroser nos frères, les familles, les pauvres, ceux qui souffrent, ceux qui ont perdu espoir. La grâce eucharistique nous transforme, et fait aussi de nous des acteurs de la transformation de l’histoire et un signe d’espérance pour ceux que nous rencontrons.
“Vous pouvez changer le cours de l’histoire ! Faites-le avec amour !”
Samedi soir, la pape a rencontré les jeunes lors d’une veillée de prière et leur a dit :
[…] N’ayez pas peur du mariage et de fonder une famille !
Au cours des siècles d’histoire de l’Église, nous, chrétiens, avons vécu dans toutes sortes de sociétés, traversant les changements des cultures que nous avons partagées et contribué à façonner. Il y a un texte ancien, qui s’appelle la Lettre à Diognète, qui nous offre à ce sujet une belle intuition : « Les chrétiens sont au monde ce que l’âme est au corps » (VI). Telle est notre manière de vivre : les disciples de Jésus sont toujours contemporains, mais jamais prisonniers du temps qui passe. Nous sommes libres en Christ ! Et le Christ nous a libérés par son amour. Grâce à cet amour, nous sommes toujours libres face à toute contrainte et à toute tromperie. Nous sommes libres des modes, car nous sommes disciples de la vérité ; nous sommes ouverts à l’avenir, car nous savons que la mort ne nous attend pas. Au contraire, le sens de l’histoire culmine dans la communion éternelle de vie que Dieu prépare pour tous. Dans cette perspective, vous surtout, les jeunes, êtes appelés à donner une nouvelle orientation à la société, en devenant les protagonistes du changement à partir de vos liens quotidiens, de ce que vous vivez en famille, à l’université et au travail. En vous voyant, chers jeunes, pleins de cet enthousiasme motivé par la foi, je me réjouis de penser à votre capacité à témoigner du Christ dans le monde, y compris dans la réalité numérique, pour communiquer les valeurs et la beauté de l’Évangile (cf. Christus vivit, n. 105 ; Salutation lors du Jubilé des missionnaires numériques, 29 juillet 2025).
Je vous invite donc tous à être ensemble le sel de la terre et la lumière du monde (cf. Mt 5, 13). Pour vivre ainsi, il faut avant tout comprendre la société actuelle, en vivant avec sagesse, afin de pouvoir ensuite la transformer en tant que témoins de l’Évangile. Le jeune chrétien, en effet, rayonne tant dans la joie que dans l’épreuve, donnant du goût à la réalité parce qu’il l’habite comme une personne qui savoure la vie en son for intérieur, sans attendre que la richesse, le plaisir ou le pouvoir lui en donnent la saveur. Telle est notre liberté, qui trouve sa source dans la foi, capable de donner lumière et saveur à toute société, à toute expérience humaine. En revanche, quand la vie n’a plus de goût, c’est comme si elle nous était arrachée : nous ne la sentons plus comme la nôtre. Face au vide de l’indifférence et du conformisme, face à la violence de la guerre et du mensonge, soyez vous-mêmes l’étincelle d’une humanité nouvelle.
C’est pourquoi je voudrais vous confier à tous une mission : soyez humains. Oui, soyez humains ! : des hommes et des femmes de chair et d’os. Pas des apparences mais des visages fiables. Des personnes qui recherchent la justice parce qu’elles en ont faim, comme du pain quotidien. Des personnes qui désirent une vie honnête et droite, parce qu’elles font volontiers aux autres ce qu’elles voudraient que les autres leur fassent. Soyez humains comme l’est le Christ, l’homme parfait, le Ressuscité qui partage avec nous l’histoire en tout temps. En cultivant cet engagement, regardez les Apôtres, les premiers chrétiens, habitants d’un monde païen. À leur exemple, soyez des missionnaires de l’Évangile face aux pauvretés matérielles et spirituelles de notre temps, sachant bien que notre foi est un style de vie qui s’accomplit dans la charité (cf. Ga 5, 6). Telle est, chers jeunes, la vertu qui change l’histoire plus que toute autre. Vous pouvez changer le cours de l’histoire ! Faites-le avec amour !
Joseph Nicolosi Jr : la liberté thérapeutique interdite aux dissidents du désir ?
Il y a des sujets où notre époque, qui se croit passionnément libre, redevient soudain très autoritaire. Elle proclame que chacun doit pouvoir “être soi-même”, choisir sa vie, son identité, son corps, son récit, sa vérité. Mais qu’un adulte dise : “Je ne veux pas être défini par mes attirances sexuelles ; je veux travailler sur elles, les comprendre, les ordonner, peut-être les voir diminuer”, et le grand libéralisme contemporain se transforme aussitôt en gardien de prison.
https://youtu.be/LrvHTmgbsmI?si=3Zsp9KtIzafna7Fe
C’est dans ce contexte qu’il faut regarder avec intérêt le travail de Joseph Nicolosi Jr., psychologue clinicien américain, fondateur de la Reintegrative Therapy Association. Fils de Joseph Nicolosi Sr., figure connue des anciennes thérapies dites “réparatrices”, Nicolosi Jr. a choisi une voie plus prudente, plus clinique, et sans doute plus recevable : il ne présente pas sa méthode comme une “machine à rendre hétérosexuel”, mais comme une thérapie du traumatisme, de l’attachement blessé, de la honte, des compulsions et des souvenirs sexuellement chargés. Selon sa présentation, la Reintegrative Therapy utilise des outils thérapeutiques employés dans le traitement du traumatisme et des addictions ; lorsque ces dynamiques se résolvent, la sexualité peut parfois changer comme effet secondaire, non comme injonction mécanique.
La nuance est capitale. Nicolosi Jr. ne dit pas : “Votre orientation est une maladie.” Il dit plutôt : “Vos désirs ont une histoire.” Et cette phrase, en elle-même, est déjà une révolution dans un monde qui sacralise le désir dès qu’il touche à la sexualité.
Car c’est bien ici que le débat devient passionnant. Notre société admet sans difficulté que les désirs alimentaires peuvent être désordonnés, que les désirs de domination peuvent être travaillés, que les addictions sexuelles peuvent être soignées, que les compulsions pornographiques peuvent déformer l’imaginaire, que les blessures d’enfance peuvent modeler la vie affective. Mais dès que l’on touche aux attirances homosexuelles, le désir devient soudain intouchable, presque sacré, comme s’il échappait par miracle à toute histoire personnelle, familiale, mimétique, culturelle ou pornographique.
Or le christianisme, lui, n’a jamais réduit la personne à ses impulsions.
C’est ici qu’il faut oser nommer ce que beaucoup d’hommes taisent : certaines fixations sexuelles ne naissent pas dans un ciel pur, mais dans une histoire affective blessée. Un garçon peut avoir connu le rejet du père, l’humiliation par les autres garçons, l’exclusion d’un groupe masculin, le sentiment d’être “moins homme”, trop sensible, trop faible, trop différent ; il peut avoir été moqué dans son corps, dans sa voix, dans sa manière d’être, ou privé de cette reconnaissance masculine simple dont un enfant a besoin pour grandir paisiblement. D’autres ont connu des intrusions sexuelles précoces, des images pornographiques découvertes trop tôt, une solitude immense, une confusion entre admiration, manque d’amour, honte et désir.
Dans certains cas, ce qui n’a pas été reçu comme affection, sécurité ou appartenance peut se charger d’érotisme : le masculin admiré devient le masculin désiré ; la blessure d’exclusion devient fascination ; la honte devient excitation ; le manque devient scénario. Ce n’est évidemment pas une mécanique universelle, ni une explication unique de toutes les attirances homosexuelles. Mais c’est une hypothèse clinique suffisamment sérieuse pour ne pas être interdite d’avance. Or notre société, au lieu d’aider à discerner ces blessures, tend souvent à sacraliser immédiatement leur traduction sexuelle : elle transforme une fixation possible en identité, une souffrance en drapeau, une blessure en destin. C’est précisément ce raccourci, à la fois psychologiquement paresseux et idéologiquement commode, que Nicolosi invite à contester.
L’Église demande que les personnes homosexuelles soient accueillies avec respect, compassion et délicatesse, et qu’on évite toute discrimination injuste ; mais elle rappelle aussi l’appel universel à la chasteté, à la maîtrise de soi, à la liberté intérieure et à la perfection chrétienne. Cette position n’est ni méprisante ni naïve : elle repose sur une anthropologie dans laquelle l’homme n’est pas ontologiquement défini par ses désirs sexuels. Il est davantage que ce qu’il éprouve. Il est une personne, une intelligence, une volonté, une histoire, une vocation, une âme.
C’est précisément ce que la théorie de Nicolosi Jr. permet de rouvrir : la possibilité de ne pas confondre respect de la personne et canonisation de toutes ses attractions. Un homme peut éprouver un désir sans vouloir en faire son identité. Il peut reconnaître une attirance sans vouloir l’organiser en destin. Il peut demander de l’aide pour comprendre pourquoi telle image, tel manque, telle blessure ou telle humiliation a pris une charge érotique. Il peut souhaiter vivre la chasteté, ou se libérer d’une sexualité compulsive, ou retrouver une unité intérieure plus conforme à sa foi.
On objectera évidemment que les “thérapies de conversion” ont donné lieu à des abus. C’est vrai. Il y eut des pratiques brutales, humiliantes, culpabilisantes, parfois sectaires, parfois infligées à des jeunes vulnérables sous pression familiale ou religieuse. Aucun catholique sérieux ne devrait défendre cela. L’Église ne demande pas de broyer les âmes au nom d’un idéal moral. Elle demande de conduire les personnes vers la vérité dans la charité.
Mais l’existence d’abus ne devrait pas conduire à interdire toute recherche thérapeutique à ceux qui, librement, veulent travailler sur leurs désirs. C’est là que la situation française devient inquiétante.
Depuis la loi de 2022, désormais codifiée à l’article 225-4-13 du Code pénal, les pratiques, comportements ou propos répétés visant à modifier ou à réprimer l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne, lorsqu’ils altèrent sa santé physique ou mentale, sont punis de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. L’intention affichée était de protéger les personnes contre des pratiques violentes ou manipulatoires. Mais le risque est évident : créer un climat de peur où un adulte volontaire ne pourra plus formuler honnêtement ses objectifs thérapeutiques sans mettre son praticien en danger.
C’est un paradoxe délicieux, si l’on a encore assez d’humour pour ne pas pleurer. Dans un pays où l’on ne cesse de célébrer “l’autodétermination”, il deviendrait suspect de s’autodéterminer contre l’idéologie dominante du désir. On peut vouloir changer de prénom, de genre social, de corps, de trajectoire affective, de modèle familial ; mais vouloir ne pas être gouverné par certaines attirances deviendrait presque illégitime. La liberté, oui, mais uniquement dans le sens prévu par le catéchisme progressiste.
Le cas Nicolosi oblige donc à poser une question simple : pourquoi un adulte libre ne pourrait-il pas choisir ses buts thérapeutiques ? Pourquoi un homme ayant des attirances homosexuelles non désirées ne pourrait-il pas dire : “Je ne veux pas que cela définisse ma vie ; je veux comprendre ce qui, dans mon histoire, nourrit ces désirs ; je veux travailler sur mes blessures, mes attachements, mes compulsions, mon rapport au masculin, à la honte, à la pornographie” ?
La pornographie, d’ailleurs, est l’énorme angle mort de ce débat. Notre époque prétend que le désir sexuel serait une vérité pure jaillissant des profondeurs intactes du moi. Mais elle oublie que des millions d’adolescents sont formés par des images violentes, mimétiques, addictives, de plus en plus extrêmes, qui ne reflètent pas seulement le désir : elles le fabriquent. Le désir humain est mimétique. Il imite, il absorbe, il répète, il s’excite de ce qu’on lui montre. La pornographie est une école clandestine de l’imaginaire sexuel. Faire comme si elle ne pouvait pas infléchir, troubler, amplifier ou orienter certaines attractions relève de l’aveuglement volontaire.
Il ne s’agit pas de dire que toute homosexualité viendrait mécaniquement de la pornographie, ni que toute personne homosexuelle aurait une blessure identifiable et réparable en quelques séances. Ce serait simpliste. Mais il est tout aussi simpliste, et beaucoup plus idéologique, d’interdire par avance toute enquête sur l’histoire du désir. Entre le déterminisme biologique absolu et la promesse thérapeutique magique, il existe un espace raisonnable : celui d’une liberté humaine capable de relire son histoire, de travailler ses blessures et d’ordonner ses désirs à un bien supérieur.
Les opposants à Nicolosi répondent que ces approches ne sont pas validées par le consensus dominant. Les grandes organisations psychologiques anglo-saxonnes restent très hostiles aux efforts visant à modifier l’orientation sexuelle, qu’elles considèrent comme non prouvés et potentiellement nocifs. Cette réserve doit être entendue. Une thérapie ne doit jamais promettre ce qu’elle ne peut pas garantir. Elle ne doit jamais fabriquer de honte. Elle ne doit jamais transformer la foi en pression psychologique.
Mais on peut aussi remarquer que le “consensus” contemporain n’est pas toujours chimiquement pur. Il est traversé par des présupposés anthropologiques, politiques et militants. Dès lors qu’un champ de recherche touche à l’homosexualité, au genre ou à la famille, certaines questions deviennent quasiment interdites avant même d’être étudiées. Celui qui les pose n’est plus seulement discuté ; il est soupçonné moralement. C’est une drôle de science qui commence par sanctuariser les conclusions.
La force de Nicolosi Jr., malgré les controverses, est donc de rappeler une évidence anthropologique : l’homme n’est pas condamné à subir passivement tout ce qui surgit en lui. Il peut relire, choisir, ordonner, renoncer, intégrer. Ce vocabulaire n’est pas celui de la violence ; c’est celui de la liberté intérieure.
Pour les catholiques, l’enjeu est immense. Il ne s’agit pas de ressusciter des méthodes dures, maladroites ou humiliantes. Il ne s’agit pas de promettre une hétérosexualité automatique à ceux qui suivraient le bon protocole. Il s’agit de défendre un principe plus profond : personne ne doit être enfermé dans une identité sexuelle contre sa conscience. Ni par sa famille. Ni par son milieu religieux. Mais pas davantage par l’État, les médias, les associations militantes ou les ordres professionnels.
La vraie compassion ne consiste pas à dire à quelqu’un : “Tes désirs sont ton essence, incline-toi.” Elle consiste parfois à lui dire : “Tu es plus grand que tes désirs, et tu as le droit de chercher la paix.” C’est cela que notre époque ne supporte plus. Elle confond accueil et validation, respect et approbation, liberté et soumission au désir.
Joseph Nicolosi Jr. n’a sans doute pas tout résolu. Sa théorie doit être discutée, éprouvée, critiquée, clarifiée. Mais il pose une question que la France ferait bien de ne pas enterrer sous le droit pénal : un adulte libre a-t-il encore le droit de ne pas vouloir devenir ce que ses désirs lui suggèrent ?
À cette question, une société vraiment libre devrait répondre oui. Et un catholique devrait même ajouter : heureusement, car toute vie chrétienne commence précisément là, dans cet espace mystérieux où l’homme découvre qu’il n’est pas l’esclave de ses passions, mais un être appelé à la liberté des enfants de Dieu.
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Djihad ou mission : les différences fondamentales entre l’islam et le christianisme
L’abbé Fabrice Loiseau, curé de la paroisse Saint-François-de-Paule à Toulon et fondateur des Missionnaires de la Miséricorde divine, publie un petit ouvrage sur le Dieu des chrétiens et celui des musulmans. Le lecteur l’aura compris : ce n’est pas vraiment le même. En 17 courts chapitres, l’auteur compare les différents aspects de nos deux religions : unicité de Dieu ou Trinité, Coran et Bible, Pacte et Alliance, Jésus et Mahomet, Oumma et Église, pratique religieuse, les fins dernières, le rapport à la loi… Malgré quelques éléments de convergence, les divergences fondamentales sont nombreuses et cela devrait éclairer le le dialogue islamo-chrétien.
Le djihad armé appartient aux sources et à l’histoire fondatrice de l’islam ; la lecture spirituelle apparaît surtout dans une vision plus spirituelle récente et dans la modernité réformiste.
La mission chrétienne, au contraire, naît dès l’origine comme une annonce libre de salut. Elle est l’expression de la charité du Christ et l’essence même de l’Eglise.
L’une se structure historiquement autour d’un ordre politico-religieux. L’autre s’enracine dans le mystère trinitaire, la liberté de la foi et l’adhésion pr le baptême à l’Eglise.
Terres de Mission : Survivre à un bombardement atomique
Eglise universelle : Exposition Takashi Nagaï en Mayenne
Du 8 mai au 28 juin aura lieu à Saint-Denis du Maine (53), une exposition intitulée : “Takashi et Midori Nagaï : de la puissance de l’atome à la puissance de l’amour”. Le frère Simon-Marie nous présente cet événement centré sur la personnalité de Takashi Nagaï, un des rares survivants du bombardement atomique sur Nagasaki le 9 août 1945 et auteur du célèbre ouvrage “Les cloches de Nagasaki”.
Eglise en France : Le mariage islamo-chrétien
Les mariages islamo-chrétiens
Eglise en Marche : Cahier d’activités de Sciences, cours moyen
En complément des manuels de cours déjà existants vient de paraître aux éditions Contretemps un “Cahier d’activités” en deux tomes pour les Sciences d’observation du cours moyen. Mère Catherine de Sienne, des dominicaines de Fanjeaux, nous présente ce précieux outil pédagogique.
La vie chrétienne victorieuse – Créateur & Sauveur
« Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. » (Genèse1:1)
Les premiers chapitres de la Genèse ne sont pas de simples récits d’origine : ils sont le fondement sur lequel repose toute la révélation de Dieu. Là, nous découvrons un Dieu Créateur, souverain et bon, qui a établi l’homme dans un monde ordonné, mais aussi la tragédie de la chute, par laquelle le péché est entré dans l’histoire, entraînant la souffrance et la mort.
Si ces vérités sont mises de côté ou considérées comme de simples images, alors c’est la gravité du péché qui s’efface, et avec elle le besoin pressant du salut. Car l’Écriture nous enseigne clairement que par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et que par un seul homme aussi, Jésus-Christ, vient la grâce qui sauve (Romains 5). Affaiblir le premier Adam, c’est obscurcir la gloire du second.
De plus, le Seigneur Jésus lui-même a parlé de la création, d’Adam et Ève, de Noé et du déluge comme de réalités historiques. Mettre en doute ces récits, c’est ébranler la confiance dans l’autorité de ses paroles et, progressivement, dans l’ensemble du témoignage biblique.
« On crie contre la multitude des oppresseurs,
On se plaint contre la violence d’un grand nombre ;
Mais nul ne dit : Où est Dieu, mon Créateur… » (Job 35:9-10)
Tenons donc ferme : reconnaître Dieu comme Créateur n’est pas secondaire. C’est préserver la clarté de l’Évangile, la réalité du péché, et la magnificence de l’œuvre rédemptrice accomplie en Jésus-Christ.
Si la Genèse affirme Dieu comme Créateur souverain de tout, l’histoire suivante met en évidence, de façon claire et saisissante, l’incohérence de ceux qui admettent une intelligence pour une œuvre humaine, tout en attribuant l’univers au hasard.
– Un astronome gardait dans son cabinet de travail un petit globe céleste, d’une taille modeste mais d’une grande finesse. Un jour, un ami, convaincu que tout l’univers était né du hasard, s’arrêta longuement devant cet objet et s’extasia sur sa beauté et sa précision.
« Qui a pu réaliser une œuvre aussi admirable ? » demanda-t‑il.
L’astronome répondit avec douceur : « Je ne le sais pas… peut‑être le fruit du hasard. »
L’ami le regarda surpris : « Tu te moques de moi ! »
L’astronome poursuivit calmement : « Tu trouves absurde que ce petit globe ait pu surgir du néant sans un artisan, et pourtant tu affirmes que les cieux qu’il représente auraient pu naître sans l’intervention d’un Créateur ? »
Ce simple raisonnement le troubla profondément. L’ami garda le silence, mais la leçon fit son chemin dans son cœur. Il se mit à lire la Bible et finit par reconnaître son inconséquence. À travers les Écritures, il découvrit peu à peu la grandeur et la puissance de Dieu, Créateur de l’univers, et sa foi s’en trouva transformée.
« C’est par la foi que nous reconnaissons que l’univers a été formé par la parole de Dieu, en sorte que ce qu’on voit n’a pas été fait de choses visibles. » (Hébreux 11:3)
La Bible affirme clairement que le monde a été créé par la parole de Dieu. La foi biblique n’est pas une croyance aveugle, mais une confiance fondée sur le témoignage de Dieu révélé dans les Écritures. Ainsi, le croyant accepte que Dieu, par sa seule parole, a fait exister toutes choses à partir de rien, rejetant les théories humaines jugées incertaines ou spéculatives.
Malgré les progrès remarquables de la science dans l’étude de l’univers, la question ultime de son origine demeure hors de portée de l’observation expérimentale et conduit inévitablement à des présupposés philosophiques ou théologiques. C’est alors que la parole de Dieu peut guider notre cœur et illuminer notre raison, nous conduisant à reconnaître la main du Créateur dans la grandeur des cieux.
Jésus, sur terre, ne commentait pas littéralement « chapitre par chapitre » le récit de la Genèse, mais il le citait parfois dans ses enseignements, en reconnaissant implicitement son caractère historique et son autorité.
« Mais au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme. » (Marc10:6)
Jésus rattache la création de l’homme et de la femme à « au commencement de la création », ce qui montre qu’il se réfère au récit de la création comme à une réalité fondatrice et normative . En parlant du commencement du monde, il reprend le vocabulaire de la création, ce qui présuppose une vision du monde comme créé et non éternel.
David reconnaît que l’être humain n’est pas le produit du hasard, mais le fruit de la sagesse et de la puissance de Dieu. Chaque vie humaine porte la marque de son créateur et possède une dignité particulière.
« Je te louerai de ce que j’ai été fait d’une étrange et admirable manière ; tes œuvres sont merveilleuses, et mon âme le reconnaît bien. » (Psaume 139:14)
Jésus ne proclame pas un commentaire scientifique des premiers chapitres de la Genèse, il se réfère à la création comme à un événement historique réel, à l’origine de l’humanité, du mariage et de l’ordre moral, confirmant ainsi l’autorité du récit.
Dès les premiers chapitres de la Genèse Dieu est présenté comme l’origine de tout, avant toute réalité créée. Le récit n’essaie pas seulement d’expliquer comment le monde commence, mais surtout qui en est l’auteur : Dieu crée par sa parole, avec ordre, souveraineté et puissance. La création apparaît ainsi comme voulue, organisée et bonne, et non comme le fruit du hasard. Ce point fonde une vision du monde où l’univers a un sens et une finalité.
« Où étais-tu quand je fondais la terre? Dis-le, si tu as de l’intelligence. » (Job 38:4)
Le livre de la Genèse met en valeur la progression harmonieuse de l’œuvre créatrice : séparation, mise en ordre, remplissage, puis accomplissement. Le sommet de cette œuvre est la création de l’homme et de la femme à l’image de Dieu. L’être humain reçoit une dignité particulière, ainsi qu’une responsabilité de domination et de gestion sur la terre. Le repos du septième jour marque l’achèvement de l’œuvre divine et établit un rythme sacré pour la vie humaine.
Un accent plus précis est développé sur l’homme, le jardin d’Éden, le travail, la relation et le mariage. L’homme y apparaît comme une créature dépendante de Dieu, placée dans un cadre de bénédiction, mais aussi de responsabilité morale. La création de la femme souligne la complémentarité des sexes et l’institution divine du couple. Le mariage est présenté comme une union voulue par Dieu dès l’origine.
Le récit affirme que Dieu crée l’univers, la vie végétale, les animaux vivants selon leur espèce. Puis, Il crée l’être humain, lequel fut fait à l’image et à la ressemblance de Dieu, par un acte volontaire et ordonné. Cette idée soutient l’existence d’un Créateur intelligent ayant agi de manière volontaire et ordonnée, en contraste avec les explications naturalistes qui attribuent l’origine de la vie à des processus purement matériels.
La création d’Adam et d’Ève comme premiers humains uniques fonde aussi, pour cette interprétation, l’unité de l’humanité et la responsabilité morale. La chute dans le péché explique l’origine du mal et de la mort non comme un mécanisme biologique ancien, mais comme une conséquence spirituelle de la désobéissance humaine.
La désobéissance fait entrer le péché, la honte, le jugement et la mort. Pourtant, au cœur même du jugement, une espérance apparaît avec la promesse d’une descendance qui vaincra le serpent. Ainsi, les premiers chapitres de la Genèse unissent création, chute et espérance de rédemption. Ils montrent un Dieu créateur, personnel, juste et sauveur, qui révèle à la fois la nature de l’homme et sa faillite morale.
Cette vérité concernant Dieu Créateur ne demeure pas confinée aux premiers chapitres de la Genèse. Elle constitue également le fondement de la prédication apostolique, notamment dans ce discours de Paul. Lorsque l’apôtre arrive à Athènes, capitale intellectuelle et spirituelle du monde grec, cité cosmopolite, fière de son héritage philosophique, grouillante de débats d’idées, il croise des philosophes épicuriens et stoïciens, deux grandes écoles de pensée qui dominent alors la vie intellectuelle grecque. Intrigués, ces derniers l’invitent à exposer sa « nouvelle doctrine » devant l’Aréopage, cette haute assemblée athénienne réunie sur la colline du même nom.
Nullement intimidé, Paul saisit l’occasion avec une intelligence remarquable. Son discours est d’une portée universelle. Ce Dieu, dit-il, n’est pas une divinité locale enfermée dans un temple, dépendante des offrandes humaines. Il est le Créateur du monde entier, ‘Seigneur du ciel et de la terre’ donc antérieur à tout. Il n’a besoin de rien parce qu’il est la source de tout.
C’est un renversement complet : l’homme n’entretient pas Dieu par des offrandes ; c’est Dieu qui donne à l’homme vie, souffle et toutes choses. La relation est celle de la créature devant son Créateur. Mais ce Dieu Créateur est aussi un Dieu Sauveur. Paul met en lumière l’amour divin, manifesté dans le don de Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu. Celui par qui tout a été créé est venu sur terre sous forme humaine, vivant dans l’humilité, accomplissant des œuvres de bonté et de guérison.
Oui, il s’est fait homme et maintenant, comme Homme, il révèle Dieu aux hommes, bien qu’il soit Dieu et qu’il reste Dieu. Il n’a jamais renoncé à ce qu’il a toujours été pour devenir ce qu’il n’avait jamais été. Malgré cela, Jésus a été rejeté, humilié et crucifié. Sa mort n’était pas due à une incapacité, mais à un choix volontaire : il a accepté la croix pour porter le châtiment des péchés de l’humanité. Sa puissance aurait pu le délivrer, mais son amour l’a retenu. Ainsi, la croix devient le lieu où s’accomplit l’œuvre de rédemption.
En conclusion, nous sommes appelés à reconnaître la double œuvre de Dieu : Créateur et Sauveur. Face à une telle grandeur et à un tel amour, se pose la question solennelle :
« Quelle sera la fin de ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de Dieu ? » (1 Pierre 4:17)
L’homme a la possibilité de dire « non » et de ne pas obéir à l’Évangile. Il n’est pas libre pour autant, car :
« Dieu annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu’ils ont à se repentir. » (Actes 17:30)
Chacun est ainsi placé devant une responsabilité personnelle : reconnaître Dieu comme Créateur, recevoir Jésus-Christ comme Sauveur, et répondre à l’appel de la grâce.
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Les expressions de la foi populaire représentent une véritable mise en scène du salut au rythme de l’année
Le pape Léon XIV a débuté son voyage en Espagne par un discours aux autorités, à la société civile et au corps diplomatique, au palais royal à Madrid :
Je rends grâce au Seigneur pour cette rencontre et je vous exprime ma gratitude pour l’invitation à effectuer ce Voyage apostolique en Espagne : un itinéraire en plusieurs étapes, dont chacune révélera un aspect de la richesse multiforme d’un grand pays qui, depuis près de deux millénaires, a accueilli la Parole de l’Évangile. La tradition a toujours lié la première évangélisation de la Péninsule ibérique à la prédication de l’apôtre Jacques le Majeur. Ce lien revêt une importance théologique considérable, car il exprime la conscience de l’Église locale d’être en continuité avec la mission apostolique née à la Pentecôte. Ce lien très ancien entre la foi chrétienne et cette terre, sans épuiser l’identité multiforme de votre peuple, a profondément façonné sa culture et représente une source d’espérance et d’orientation face aux défis que nous devons aujourd’hui relever ensemble en tant que famille humaine. Je pense aux expressions de la foi populaire qui, dans chaque ville et chaque village, représentent une véritable mise en scène du salut au rythme de l’année et dans les divers contextes de la vie. Avec le patrimoine artistique et musical, avec les multiples confréries et associations à caractère caritatif, elles témoignent de la rencontre féconde entre Jésus-Christ et votre peuple. C’est un peuple plein de passion qui aime la vie et le montre ! […]
Fête du Très Saint Sacrement (Fête-Dieu)
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
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Une grande solennité s’est levée sur le monde : la Fête-Dieu, ainsi l’ont appelée nos pères, vraiment fête de Dieu, mais aussi fête de l’homme, étant la fête du Christ-médiateur présent dans l’Hostie pour donner Dieu à l’homme et l’homme à Dieu. L’union divine est l’aspiration de l’humanité ; à cette aspiration, ici-bas même, Dieu a répondu par une invention du ciel. L’homme célèbre aujourd’hui cette divine merveille. (Dom Prosper Guéranger)
Faisons un bref historique de cette belle Fête-Dieu naguère si populaire…
La fête du Très Saint Sacrement date du XIIIe siècle. Dans une vision, la bienheureuse Julienne, prieure du monastère de Mont-Cornillon, près de Liège, apprit que Dieu la chargeait de travailler de tout son pouvoir à l’établissement d’une fête en l’honneur du Saint Sacrement. Le pape Urbain IV la rendit obligatoire pour l’Église entière en 1264 et le pape Jean XXII, en 1318, ordonna de porter l’Eucharistie en procession dans les rues et sur les chemins.
On fait une procession solennelle le jour de la Fête-Dieu pour sanctifier et bénir, par la présence de Jésus-Christ, les rues et les maisons de nos villes et de nos villages.
Les processions du Saint Sacrement exposé dans l’ostensoir n’ont pas commencé avant l’institution de la Fête-Dieu. Cependant, avant cette époque, il existait des processions dans lesquelles on transportait le saint Sacrement enfermé dans un tabernacle. Ce n’était pas le Saint Sacrement que l’on voulait spécialement honorer, mais Notre-Seigneur considéré dans quelqu’une des circonstances de sa vie terrestre.
C’est ainsi que, dès le VIIe siècle, dans quelques églises, on portait le Saint- Sacrement à la procession destinée à honorer l’entrée triomphale de Notre-Seigneur à Jérusalem, le jour des Rameaux.
La bulle du Pape Jean XXII, ordonnant « de porter l’Eucharistie en procession clans les rues et les places publiques », fut publiée en 1318 ; mais elle ne faisait sans doute que confirmer une coutume probablement aussi ancienne que la Fête-Dieu (1264).
Aussitôt que ces processions furent instituées, la piété des fidèles s’efforça de leur donner tout l’éclat possible. C’est au milieu des rues et des places richement pavoisées de draperies et de guirlandes, que s’avançait le Saint-Sacrement abrité sous un dais pour en souligner davantage la présence. Il était précédé d’une longue file d’enfants vêtus de blanc, qui balançaient des encensoirs ou jetaient des fleurs, pendant que la foule chantait les bienfaits de l’Eucharistie.
Malheureusement, aujourd’hui, dans beaucoup de villes, sous prétexte de respecter la liberté de conscience et de ne pas entraver la circulation, Jésus-Hostie ne peut sortir des églises que difficilement.
L’office du Très Saint Sacrement, composé par saint Thomas d’Aquin, est une admirable exposition de l’enseignement catholique sur l’Eucharistie.
Les hymnes Sacris solemniis des Matines, Verbum supernum des Laudes, Pange lingua des Vêpres et la prose Lauda Sion, qu’on a appelée le Credo du Saint Sacrement, sont des modèles par leur profondeur de doctrine, leur concision pleine de clarté et leur simplicité majestueuse.
Les mélodies, très belles aussi, existaient déjà avant saint Thomas.
Pour célébrer dignement la Fête-Dieu, les chrétiens contribuent à l’éclat des cérémonies, dans la mesure de leur pouvoir, en ornant les rues qui se trouvent sur le passage du saint Sacrement, assistent à la Messe et à la bénédiction du saint Sacrement, et prennent part à la Procession.
Introït : Cibavit eos
Cette fête comporte, en plus de la messe, la procession solennelle du Saint Sacrement dans les rues, aux chants d’hymnes et de cantiques, qui a valu à la fête son nom populaire de Fête Dieu, car on y adore le pain eucharistique sous l’apparence duquel Dieu se rend actuellement visible à nos yeux. Cette fête a été fixée au jeudi qui suit celle de la Sainte Trinité, en souvenir évidemment du Jeudi Saint et de l’institution du sacrement de l’Eucharistie. Mais en France depuis le concordat de 1801 ce jeudi n’est plus jour férié ni fête d’obligation, et la solennité de la fête a été reportée au dimanche suivant, supplantant ainsi le deuxième dimanche après la Pentecôte. On sait que l’office de cette fête, y compris la messe, a été composé entièrement par saint Thomas d’Aquin. Pour les chants du propre de la messe il a repris à l’Introït et au Graduel des pièces existantes. Les autres, Alléluia, Offertoire, Communion sont nouvelles.
Pour l’Introït saint Thomas d’Aquin a repris celui du Lundi de la Pentecôte, qui nous rappelle que dans les premiers siècles la fête de la Pentecôte était une fête baptismale comme celle de Pâques ; les chants des messes de la semaine de la Pentecôte, comme ceux de la semaine de Pâques, s’adressent tout particulièrement aux nouveaux baptisés, qui sont aussi des premiers communiants. C’est pourquoi il y est question de l’Eucharistie qu’ils ont reçue pour la première fois. Cette nourriture spirituelle est évoquée ici par un verset du psaume 80, invitation à célébrer une grande fête pour remercier le Seigneur de ses bienfaits.
Cibavit eos ex adipe frumenti, et de petra melle saturavit eos.
Il les a nourris de la fleur du froment, et Il les a rassasiés du miel du rocher...
La mélodie est peu développée, tournant simplement autour de quelques notes. Elle est douce et paisible avec seulement un accent plus marqué sur le mot saturavit qui évoque le bonheur d’être rassasié. Cet Introït est accompagné bien entendu du premier verset du psaume 80.
Exsultate Deo adjutori nostro : jubilate Deo Jacob.
Exultez pour Dieu qui est notre secours, poussez des cris de joie pour le Dieu de Jacob.
Graduel : Oculi omnium
Comme l’Introït, ce Graduel de la fête du Saint Sacrement est une pièce ancienne qui a été reprise pour cette messe : le Graduel du vingtième dimanche après la Pentecôte. Le texte est tiré du psaume 144, encore un chant d’action de grâces pour tous les bienfaits dont le Seigneur nous a comblés, et en particulier la nourriture qu’il nous accorde tous les jours, notre pain quotidien où nous voyons aujourd’hui une figure de l’Eucharistie.
Oculi omnium in te sperant, Domine, et tu das illis escam in tempore opportuno. Aperis tu manum tuam, et imples omne animal benedictione.
Les yeux de tous espèrent en vous, Seigneur, et vous leur donnez la nourriture en temps opportun. Vous ouvrez la main et vous comblez tout être vivant de vos bénédictions.
Le mot » animal » en latin désigne toutes les créatures vivantes, et en premier lieu les hommes. La mélodie comme c’est généralement le cas dans les Graduels est faite en grande partie de formules que l’on rencontre dans d’autres pièces, avec de grandes vocalises. C’est en particulier la même qui conclut la première et la deuxième partie. Cette mélodie est ample et enthousiaste avec des montées et des descentes bien équilibrées embrassant toute l’étendue de l’octave.
Alléluia : Caro mea
Le texte de l’Alléluia de la fête du Saint Sacrement est tiré de l’évangile de saint Jean, dans le discours sur le pain de vie.
Caro mea vere est cibus, et sanguis meus vere est potus : qui manducat meam carmen, et bibit meum sanguinem, in me manet, et ego in eo.
Ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment une boisson. Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui.
Si ces paroles du Christ scandalisèrent ses auditeurs au point qu’un grand nombre d’entre eux le quittèrent, elles nous sont devenues familières, et se passent de commentaires. La mélodie est celle d’un Alléluia existant auquel les nouvelles paroles ont été adaptées, mais d’une façon assez heureuse. Il y a un contraste entre la mélodie de l’Alléluia, qui se développe plus dans le grave que dans l’aigu, et celle du verset, qui se tient au contraire dans les hauteurs avec des envolées légères et enthousiastes, pour retrouver seulement à la fin la mélodie de l’Alléluia et sa profondeur.
Séquence : Lauda Sion
L‘Alléluia de la fête du Saint Sacrement est suivi d’une Séquence, comme à Pâques et à la Pentecôte, mais celle d’aujourd’hui est beaucoup plus longue : c’est le célèbre Lauda Sion. Après une invitation à la louange, saint Thomas d’Aquin y procède à un exposé précis et détaillé de la foi catholique concernant la Sainte Eucharistie, avant de terminer par une invocation au Christ qui se donne à nous en nourriture pour qu’il nous conduise au ciel.
Cette Séquence se compose de vingt-quatre strophes dont les mélodies se répètent deux par deux (avec une exception : sept et huit répètent cinq et six) ; chaque strophe est formée de trois petits vers de huit, huit et sept pieds, mais à la fin elles s’élargissent : à partir de la dix-neuvième, les strophes ont quatre vers, trois de huit et un de sept pieds, et les deux dernières ont même cinq vers, quatre de huit et un de sept pieds. Comme cette pièce est très longue, nous n’en reproduisons pas ici le texte latin, et en donnons seulement la traduction :
Sion, loue ton sauveur, ton chef et ton pasteur par des hymnes et des cantiques.
Ose autant que tu le peux, car il est supérieur à toute louange, et tu ne peux suffire à le louer.
Aujourd’hui est proposé un thème spécial de louange : le pain vivant qui donne la vie.
C’est ce pain qui fût donné sans ambiguïté au groupe des douze frères sur la table de la sainte Cène.
Que ta louange soit pleine, sonore et joyeuse, magnifique jubilation de l’âme.
Voici en effet le jour solennel où nous fêtons la première institution de ce banquet.
Cette table du nouveau Roi, la nouvelle Pâque de la nouvelle loi met fin à l’ancienne pratique.
Le nouveau succède à l’ancien, la vérité chasse l’ombre, la lumière dissipe la nuit.
Ce que le Christ accomplit à la Cène, il ordonna de le faire en mémoire de Lui.
Instruits par cette institution sacrée, nous consacrons le pain et le vin en hostie pour notre salut.C’est un dogme pour les chrétiens : le pain est changé en chair et le vin en sang.
Ce que tu ne comprends et ne vois pas, une foi vive l’atteste au-delà de l’ordre des choses.
Sous des apparences changées, par des signes seulement et non des réalités, se cachent des choses sublimes.La chair est une nourriture et le sang une boisson, mais le Christ demeure entier sous chaque espèce.
Il n’est ni brisé, ni rompu, ni divisé par celui qui le prend, mais il est reçu tout entier.
Un seul le reçoit, mille le reçoivent, ceux-ci autant que celui-là, et il est absorbé sans être consumé.
Les bons le reçoivent, les méchants le reçoivent, mais quel sort différent ! la vie ou la mort.
La mort pour les méchants, la vie pour les bons : vois les effets opposés d’une même absorption.
Si le sacrement est divisé, n’hésite pas, souviens-toi qu’il se cache autant dans une parcelle que dans la totalité.Aucune division de la chose, seul le signe est rompu : ni la nature ni la grandeur de ce qui est signifié n’est diminué.
Et voici les quatre dernières strophes que l’on chante souvent en dehors de leur contexte au salut du Saint Sacrement :
Voici le pain des Anges devenu la nourriture des voyageurs, vrai pain des fils qui ne doit pas être jeté aux chiens.
Il est désigné en figure lorsque Isaac est immolé, l’agneau pascal sacrifié, la manne donnée à nos pères.
Bon pasteur, pain véritable, Jésus, ayez pitié de nous, nourrissez-nous, protégez-nous, faites nous voir le bien souverain dans la terre des vivants
Vous qui savez et pouvez tout, qui nous nourrissez ici bas, faites-nous là-haut les commensaux, cohéritiers et compagnons des citoyens du ciel.
La mélodie est entièrement syllabique et d’une grande amplitude, montant très haut et descendant très bas mais toujours très affirmative.
Offertoire : Sacerdotes
Pour l’Offertoire de la fête du Saint Sacrement, saint Thomas d’Aquin a choisi un passage du Lévitique, livre de l’Ancien Testament dans lequel Dieu donne des lois très précises et très détaillées au peuple d’Israël ; ce passage concerne la sainteté des prêtres :
Sacerdotes Domini incensum et panes offerunt Deo, et ideo sancti erunt Deo suo et non polluent nomen ejus.
Les prêtres du Seigneur offriront l’encens et les pains à Dieu ; c’est pourquoi ils seront saints pour leur Dieu et ne profaneront pas son nom.
Ce texte nous rappelle qu’en instituant l’Eucharistie, le Christ a également institué le Sacerdoce, et qu’il ne peut y avoir d’Eucharistie sans sacerdoce.
La mélodie comme c’est généralement le cas pour les Offertoires est calme et contemplative, mais en même temps très affirmative. On remarquera les longues tenues sur panem angelorum, les mots même repris par saint Thomas d’Aquin dans la Séquence Lauda Sion.
Communion : Quotiescumque
Pour la Communion de la fête du Saint Sacrement, saint Thomas a choisi un passage de l’Épître de saint Paul aux Corinthiens qui est lue à la messe :
Quotiescumque manducabitis panem hunc et calicem bibetis, mortem Domini annutiabitis donec veniat ; itaque quicumque manducaverit panem vel biberit calicem Domini indigne reus erit corporis et sanguinis Domini.
Toutes les fois que vous mangerez de ce pain et boirez à cette coupe, vous annoncerez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne ; c’est pourquoi quiconque mangera de ce pain ou boira à cette coupe sans en être digne sera coupable vis-à-vis du corps et du sang du Seigneur.
Malheureusement, comme à l’Offertoire, la mélodie a été calquée sur celle de la Communion de la Pentecôte, mais elle convient encore moins : la mélodie pleine de mouvement qui traduisait à merveille l’irruption du Saint Esprit dans le Cénacle s’adapte très mal à un texte didactique, et en outre beaucoup plus long.
La véritable urgence n’est pas de légaliser la mort administrée, mais de bâtir enfin une grande politique nationale des soins palliatifs
Tribune du député Patrick Hetzel dans Valeurs Actuelles :
Dans les prochaines semaines, l’Assemblée nationale examinera à nouveau la proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté. Cette troisième lecture ne peut pas être considérée comme une simple étape parlementaire supplémentaire. Elle engage bien davantage qu’une réforme sociétale parmi d’autres : elle engage notre conception même de l’humanité, du soin, de la solidarité et de la dignité.
Car derrière les formulations techniques et les précautions de langage, une réalité demeure : pour la première fois dans notre droit, la société accepterait que l’on puisse donner délibérément la mort à un malade comme réponse à sa souffrance. C’est une rupture anthropologique majeure.
Depuis des siècles, notre civilisation repose sur un principe simple : lorsqu’une personne souffre, notre devoir collectif est de la protéger, de la soigner, de l’accompagner mais jamais de provoquer sa mort. La médecine a toujours été fondée sur une limite fondamentale : guérir parfois, soulager souvent, accompagner toujours, tuer jamais. Le texte actuellement débattu inverse cette logique. Il introduit l’idée qu’il pourrait exister des vies pour lesquelles la mort administrée deviendrait une solution acceptable.
La logique de l’exception finit toujours par se banaliser
Ce basculement n’est pas anodin. Il modifie en profondeur le regard porté sur la vulnérabilité, la dépendance, le handicap, la vieillesse et la fin de vie. Les promoteurs de cette loi parlent de liberté. Mais quelle liberté réelle existe-t-il lorsque des personnes âgées se sentent déjà être un poids pour leurs proches ? Lorsque des malades redoutent davantage l’abandon, la solitude ou la douleur que la mort elle-même comme nous le disent si bien les membres du mouvement des « éligibles » ? Lorsque les soins palliatifs demeurent encore insuffisamment accessibles sur une grande partie du territoire ? Avant de proposer la mort, avons-nous réellement garanti à tous le droit d’être soulagés, accompagnés, entourés et aimés jusqu’au bout ? La réponse est clairement non.
Des milliers de Français n’ont toujours pas accès à des soins palliatifs de qualité. Des départements entiers manquent d’unités spécialisées. Des familles vivent des situations d’extrême détresse faute d’accompagnement humain, médical et psychologique suffisant. Dans un tel contexte, légaliser l’euthanasie reviendrait non pas à consacrer une nouvelle liberté, mais à entériner un immense échec collectif et créer une demande de mort par défaut d’accès aux soins et palliatifs.
L’expérience des pays étrangers devrait également nous alerter. Partout où l’euthanasie a été légalisée, les critères initiaux ont progressivement été élargis. Ce qui était présenté comme exceptionnel devient peu à peu une pratique intégrée au système de santé. La logique de l’exception finit toujours par se banaliser.
Aujourd’hui, certains pays autorisent déjà l’euthanasie pour des souffrances psychiques, des dépressions sévères, des personnes très âgées sans pathologie terminale ou encore des mineurs. Chaque étape avait pourtant été présentée au départ comme une limite infranchissable. Ce phénomène n’est pas un fantasme : il est documenté, observable et profondément inquiétant. Les défenseurs du texte assurent qu’il existera des garde-fous. Mais aucun garde-fou juridique ne peut effacer la transformation culturelle induite par une telle loi.
Bâtir enfin une grande politique nationale des soins palliatifs
Dès lors que la société reconnaît qu’il est légitime de provoquer la mort dans certaines situations, la frontière morale se déplace inexorablement. Ce débat ne concerne donc pas seulement la fin de vie. Il concerne le modèle de société que nous voulons transmettre. Voulons-nous d’une société où la vulnérabilité appelle davantage de solidarité ou d’une société où la mort administrée devient une réponse possible à la souffrance et à la dépendance ? Voulons-nous renforcer la fraternité humaine ou institutionnaliser une forme de renoncement collectif ? Entre la première et la deuxième lecture, les lignes ont bougé. De plus en plus de députés mesurent désormais les conséquences profondes de ce texte. Beaucoup comprennent qu’il ne s’agit pas seulement d’un débat technique ou compassionnel mais bien d’un choix de civilisation. Cette troisième lecture doit être celle de la lucidité.
Les parlementaires doivent entendre les inquiétudes du monde médical, des spécialistes des soins palliatifs, des associations de personnes handicapées, des familles et de tous ceux qui refusent que la mort puisse devenir une prestation légale organisée par la société. Le combat doit donc se poursuivre avec détermination et sans caricature mais avec une immense clarté morale. Refuser l’euthanasie, ce n’est pas refuser la compassion. C’est au contraire affirmer que la dignité humaine ne disparaît jamais avec la maladie, la faiblesse ou la dépendance. C’est rappeler que la grandeur d’une civilisation se mesure à la manière dont elle accompagne les plus fragiles et non à sa capacité à organiser leur disparition.
La véritable urgence n’est pas de légaliser la mort administrée. Elle est de bâtir enfin une grande politique nationale des soins palliatifs, de lutter contre l’isolement des personnes vulnérables, de soutenir les aidants et de redonner du sens à l’accompagnement de la fin de vie. Une société humaine ne progresse pas lorsqu’elle donne la mort plus facilement. Elle progresse lorsqu’elle aime, soigne et protège jusqu’au dernier instant.
3 associations réagissent au projet de loi relatif à la protection des enfants
Communiqué de Juristes pour l’enfance, Mamans Louves et SOS Education :
Alors que deux propositions de loi, présentées au Sénat et à l’Assemblée Nationale et votées en séance plénière respectivement le 27 mai et le 1er juin 2026, prévoient toutes deux le contrôle des antécédents judiciaires des personnels en contact avec des mineurs, le Gouvernement a déposé le 27 mai 2026 à l’Assemblée nationale le projet de loi n° 2841 relatif à la protection des enfants prévoyant le même type de dispositions.
En son article 5, le projet de loi prévoit une extension du contrôle des antécédents judiciaires à plusieurs catégories de personnes intervenant auprès de mineurs, notamment dans le cadre des placements chez un tiers digne de confiance ou un membre de la famille, de l’adoption, de la kafala, ainsi que dans certains établissements scolaires, accueils périscolaires, accueils de loisirs et structures de santé.
Juristes pour l’Enfance, les Mamans Louves et SOS Éducation saluent la volonté du Gouvernement de renforcer le contrôle des antécédents judiciaires des personnes exerçant une activité impliquant un contact habituel avec des mineurs et de mieux prendre en compte les impératifs de protection de l’enfance. Si cette évolution constitue une avancée importante, les trois associations considèrent néanmoins que le dispositif envisagé pourrait et devrait être largement amélioré.
Des lacunes à combler
Tout d’abord, le dispositif demeure sectoriel et partiel. En se limitant à certaines catégories d’activités, il laisse de côté d’autres domaines dans lesquels des adultes exercent pourtant régulièrement une activité auprès des enfants : soutien scolaire privé, enseignement artistique, écoles de musique ou de danse, certaines activités culturelles, certains pans du secteur associatif, ou bien d’enfants entourés d’adultes dans le secteur de l’audiovisuel, de la publicité, du mannequinat…
Ensuite, le texte ne prévoit pas la fréquence des contrôles. Il se contente d’évoquer une vérification « à intervalles réguliers ». Une telle imprécision risque d’entraîner des pratiques différentes selon les secteurs et les administrations concernées.
De plus, le projet de loi ne rend pas automatique la mise à l’écart d’un personnel en cas de mise en examen ou de condamnation non définitive pourtant inscrites au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV). Le dispositif laisse aux employeurs ainsi qu’aux autorités administratives une large faculté d’appréciation dans l’évaluation du risque pour les mineurs. Cette latitude est susceptible de créer une hétérogénéité dans les décisions prises et, par conséquent, un risque quant à la protection effective des mineurs.
Des absences à rectifier
Les trois associations déplorent l’absence, dans le projet de loi, de disposition relative à l’information des familles sans qu’aucune annonce relative à l’adoption d’un acte réglementaire sur ce sujet n’ait, à ce stade, été formulée.
De même, le texte ne semble pas prévoir la transmission de l’ajout ou de la suppression d’une mention aux fichiers judiciaires entre l’administration chargée du fichier et l’employeur ou le responsable de la structure qui accueille la personne en contact habituel avec des mineurs.
Pour une véritable protection des mineurs
La protection des mineurs ne peut efficacement reposer sur une liste toujours incomplète de secteurs concernés. Elle doit s’appliquer partout où une personne exerce une activité en contact habituel avec des enfants, quel que soit le cadre juridique.
C’est pourquoi Juristes pour l’Enfance, les Mamans Louves et SOS Éducation continuent de défendre une réforme législative ambitieuse visant à généraliser l’obligation de présentation d’une attestation d’honorabilité pour toute personne exerçant une activité, rémunérée ou non, impliquant un contact habituel avec des mineurs (voir la proposition de modification législative ICI).
Pour les trois associations, la protection effective des enfants impose une approche transversale et cohérente, indépendante des secteurs d’activité concernés, afin de garantir un même niveau d’exigence dès lors qu’un mineur est en contact habituel avec un adulte.
Nos recommandations :
- une protection identique pour tous les mineurs, quel que soit le secteur concerné.
- un contrôle de l’attestation d’honorabilité préalable avant toute prise de fonction ;
- un renouvellement annuel obligatoire de l’attestation ;
- une incapacité d’exercice dès l’existence d’une mention au FIJAISV (mise en examen, condamnation définitive ou non) ;
- une mise à l’écart immédiate de toute personne ne pouvant présenter une attestation valide;
- une information systématique des familles ;
L’importance du travail parlementaire
Dans les prochaines semaines, Juristes pour l’Enfance, les Mamans Louves et SOS Éducation poursuivront leurs échanges avec les parlementaires et le gouvernement afin de défendre les amendements nécessaires à l’adoption d’un dispositif plus cohérent, plus protecteur pour l’ensemble des mineurs.
Les trois associations restent pleinement mobilisées afin que les textes débattus au Parlement constituent une avancée effective et durable dans la protection des mineurs contre les violences sexuelles.
La véracité des Evangiles
Matthieu Lavagna, auteur-conférencier travaillant dans le domaine de l’apologétique pour l’association Marie De Nazareth depuis 2021, diplômé de mathématiques, passionné de philosophie et de théologie, vient de publier un petit ouvrage pour montrer la véracité des Evangiles, contre ceux qui estiment que la vérité de la Bible et des Évangiles ne concerne que les croyants et relève d’une simple affaire de foi personnelle, étrangère à la réalité des faits.
Cet ouvrage examine les écrits fondateurs du christianisme avec les méthodes de l’enquête historique, selon les mêmes exigences appliquées à tout texte de l’Antiquité : que savons-nous des manuscrits originaux et ont-ils été biaisés par la transmission ? Les récits correspondent-ils à la réalité de l’époque ? Que peut-on affirmer de l’authenticité des textes et de leurs auteurs, les évangélistes ? Croire les Évangiles, c’est aussi être assuré qu’ils ne reposent pas sur un mythe, mais bien sur un récit historique véridique qui traverse les siècles.
Contrairement à des textes que personne ne remet en cause, comme les écrits des philosophes Platon ou Aristote ou encore le récit de la guerre des Gaules par Jules César, les Evangiles se trouvent contestés par des ignorants, alors qu’il existe plus de 24000 manuscrits des textes du Nouveau Testament, textes eux-mêmes cités dans des ouvrages des Pères de l’Eglise plus de 36 000 fois. En comparaison, les manuscrits les plus anciens de la Guerre des Gaules de Jules César datent du début du Xe siècle et nous n’en avons que 251 copies. Le premier manuscrit de l’Iliade date du Xe siècle après Jésus-Christ, soit plus de 1800 ans après l’original.
Tout au long du livre, l’auteur démonte ainsi les objections sur la véracité des Evangiles. Même les historiens athées ne remettent pas en cause ces textes, qui ne sont aujourd’hui contestés que par quelques idéologues.
Zabou : l’espérance au bout de l’enfer de la drogue
C’était en juillet 1992 à l’occasion du tournage du documentaire « Drogue retour à la vie » que nous avions fait la connaissance d’Isabelle. Celle-ci avait été initiée à la drogue par sa mère à l’âge de 12 ans. S’en était suivie une longue descente aux enfers et l’annonce de la terrible nouvelle du Sida qui venait de la frapper… À Saint Jean espérance, cette belle association d’aide aux toxicomanes fondée par les Frères de Saint Jean, celle que tout le monde surnommait affectueusement Zabou venait régulièrement faire des séjours durant lesquels elle s’occupait principalement de l’accueil des jeunes et de leur accompagnement. Puis elle repartait et finalement revenait comme aimantée dans ce lieu où elle se sentait si bien et si aimée… Mais déjà, elle savait que ses jours étaient comptés…
Hervé de Lépinau, maire RN de Carpentras, annonce supprimer les subventions au Planning familial
Le maire de Carpentras, Hervé de Lépinau, a annoncé lors du conseil municipal de vendredi 5 juin supprimer les subventions allouées au Planning (anti)-familial. Cette association “ne cesse de taper sur le RN”.
“Le planning familial prend ouvertement fait et cause contre le Rassemblement national”.
Selon l’élu, des “lignes rouges ont été franchies”.
Avec cette suppression, l’association perd 3 000 euros de financement.
Hervé de Lépinau a également décidé de supprimer les subventions de plusieurs associations à caractère social ou artistique.
Droits des parents attaqués : l’ECLJ au Conseil d’État et à l’Assemblée nationale
Une mission d’information sur l’instruction en famille a été établie à l’Assemblée nationale et que l’ECLJ y sera auditionné.
C’est une bonne nouvelle à double titre.
D’abord sur le principe, cette mission parlementaire permet de faire la lumière sur l’une des attaques en règle de l’État contre les droits des parents et des enfants.
Depuis la loi de 2021, les parents sont dépossédés du droit d’instruire directement leurs enfants. C’est à présent l’Éducation nationale qui apprécie souverainement ce qui est dans l’intérêt de l’enfant. Ainsi, même si votre enfant est victime de harcèlement à l’école ou au collège, vous n’avez plus le droit de le retirer : vous devez demander une autorisation.
Au-delà de la seule instruction en famille, l’Éducation nationale continue de mener une guerre ouverte contre toute initiative privée.
Les sénateurs viennent d’adopter un projet de loi pour contrôler davantage les établissements privés ; un autre projet de loi est en préparation à la suite de la grande vague de contrôles de tous les établissements privés. Contrôles dont les conditions ont été dénoncées par le secrétaire général de l’enseignement catholique.
L’Éducation nationale appelle à aller plus loin et à faciliter les fermetures des établissements privés hors-contrat en supprimant les mises en demeure.
On constate toujours plus de restrictions contre les écoles privées sous-contrat, hors contrat et contre l’instruction en famille.
Personne n’est épargné dès lors qu’il conteste le monopole de cette administration. Comme si les Français étaient forcés d’accompagner docilement le désastre éducatif à l’œuvre. On peut penser à l’imposition absolue du programme d’éducation sexuelle à tous les enfants de 3 à 18 ans, ce qui est contraire aux engagements internationaux de la France.
En effet, notre pays a signé le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et s’est engagée à « respecter la liberté des parents de choisir pour leurs enfants des établissements autres que ceux des pouvoirs publics […] et de faire assurer l’éducation religieuse et morale de leurs enfants, conformément à leurs propres convictions. »
Face à ces atteintes fondamentales à l’autorité parentale et aux intérêts des enfants, l’ECLJ pourra exposer à cette mission parlementaire le non-sens de la législation actuelle.
L’ECLJ a non seulement publié des articles et des vidéos sur ces sujets, mais a également agi :
Nous venons de déposer un double recours devant le Conseil d’État pour une famille franco-américaine injustement privée du droit de faire l’école à la maison.
Il y a quelques mois, nous avions informé tous nos abonnés qui avaient signé notre pétition pour restaurer la liberté de pratiquer l’instruction en famille, et lancé un appel à contribution pour financer ce recours.
Grâce à eux, nous avons pu faire :
- Un recours contre le refus arbitraire de l’Éducation nationale d’autoriser l’instruction en famille à des parents qui faisaient la demande dans l’intérêt médical et culturel de leurs enfants.
- Une question prioritaire de constitutionnalité contre la jurisprudence du Conseil d’État qui permet à l’Éducation nationale de juger en lieu et place des parents ce qui est dans l’intérêt supérieur des enfants.
L’ECLJ a également déposé des observations écrites devant la Cour européenne des droits de l’homme dans une affaire portant sur l’éducation religieuse.
Les parents d’une jeune fille étaient en désaccord sur l’instruction religieuse à donner à leur fille : catholique ou laïque. Et alors que les juridictions avaient tenté de trouver un équilibre dans l’intérêt de l’enfant (qualité de l’établissement, continuité pédagogique, liberté religieuse…), la Cour constitutionnelle espagnole a jugé qu’un enfant devait par principe recevoir une éducation neutre et donc laïque ; et que le simple fait d’être dans une école privée catholique, sans assister à des cours de catéchisme portait atteinte à la liberté religieuse de l’enfant.
Enfin, nous préparons une nouvelle requête que nous soumettrons dans quelques semaines aux Nations unies, pour continuer de défendre les droits des enfants à recevoir une éducation de qualité, le droit des parents d’y pourvoir et la liberté de transmettre leurs convictions morales, religieuses et philosophiques.
Vatican et FSSPX : débat entre un prêtre diocésain et un prêtre de la FSSPX
RCF propose un dialogue avec la Fraternité Saint-Pie X. Où en est réellement la relation entre l’Église catholique et ce mouvement ? Peut-on encore espérer une réconciliation ? À travers cet échange, découvrez les enjeux théologiques, historiques et spirituels qui divisent encore aujourd’hui. Entre fidélité à la tradition, interprétation du Concile Vatican II et volonté d’unité, ce dialogue soulève des questions essentielles pour l’avenir de l’Église. Une discussion éclairante pour mieux comprendre les tensions, les espoirs et les blocages autour de cette situation complexe.
- 00:00 – Présentation des invités
- 00:59 – Les ordinations d’évêques sans l’accord de Rome
- 02:30 – L’absence de dialogue avec le Vatican
- 05:14 – Le risque d’excommunication des évêques
- 06:49 – Qu’est-ce que “l’état de nécessité” ?
- 07:26 – Le débat sur le salut dans les paroisses ordinaires
- 11:41 – Le flou doctrinal et l’accès à la communion
- 14:36 – Peut-on critiquer l’Église de l’intérieur ?
- 15:22 – Prolongation du débat (Version YouTube)
- 16:45 – Qui est responsable de la rupture avec Rome ?
- 20:46 – Les objections contre le Concile Vatican II
- 21:52 – La baisse de la foi en la présence réelle
- 23:08 – Les critiques contre la messe de Paul VI
- 25:51 – La situation difficile des communautés traditionnelles
- 30:54 – La soif de sacré chez les jeunes catholiques
- 36:57 – La figure du Pape et l’unité de l’Église
- 39:37 – L’exemple d’obéissance de Padre Pio
- 44:53 – Débat sur la liberté religieuse (Dignitatis Humanae)
- 47:45 – La place de la religion dans la société
- 49:40 – Débat sur le dialogue interreligieux (Nostra Aetate)
- 54:24 – Le salut pour les non-catholiques
- 55:42 – Conclusion de l’échange
Arménie : Tensions avec la Russie
Depuis le 1er juin, de nouvelles sanctions russes touchent l’Arménie, en réaction au rapprochement avec l’Union européenne, engagé par le premier ministre Nikol Pachinian. Ainsi, la Russie interdit-elle désormais l’importation de fruits et légumes arméniens, mettant en grande difficulté le secteur agricole arménien. Le gouvernement russe a également menacé de mettre fin au tarif avantageux du gaz dont l’Arménie bénéficie, gaz vital pour le pays. De son côté, l’Union européenne s’est engagée à fournir une aide économique d’urgence d’au moins 50 millions d’euros.
Elections législatives
C’est ce dimanche 7 juin que les élections législatives auront lieu en Arménie. Le scrutin se tient dans un contexte très tendu entre le gouvernement de Nikol Pachinian, pro-européen et son opposition, plutôt proche de la Russie. Pour le premier ministre sortant, il s’agit aussi de faire approuver son souhait de paix avec l’Azerbaïdjan et la Turquie. La campagne a été extrêmement difficile, avec, notamment l’arrestation de dizaines de militants des partis d’opposition, à commencer par Samuel Karapetian, chef de file du parti Arménie forte et opposé à tout rapprochement avec l’Union européenne, actuellement en résidence surveillée.
Source : SOS Chrétiens d’Orient
Hubert de Torcy : le cinéma est un levier de foi
Vous aimez regarder de beaux films en famille, confortablement installés dans votre canapé… ou vivre l’émotion du grand écran au cinéma. Des films qui marquent, qui élèvent, qui rassemblent. Sacré Cœur, Le Roi des Rois, David et bien d‘autres… des histoires fortes, qui traversent le temps et qui parlent au cœur. Et bien derrière ces films, il y a une vision et une conviction : celle que le cinéma peut être un véritable levier de sens, de foi et de transmission.
Hubert de Torcy, fondateur et président de SAJE Distribution et de SAJE+, est un entrepreneur engagé… mais d’abord un passeur d’histoires. Depuis plus de 10 ans, il œuvre pour faire rayonner des films porteurs de sens, qui élèvent, interrogent et nourrissent l’âme. Avec SAJE, il a contribué à structurer et faire grandir la distribution de films chrétiens en France. Avec SAJE+, la plateforme de référence des films chrétiens, il poursuit cette mission en proposant un accès à tous pour découvrir et regarder des vies de saints, des classiques du cinéma français, des documentaires, des biopics, des séries, des comédies… pour les grands, pour les enfants et les familles.
- 00:00 Introduction
- 01:48 Présentation
- 02:10 Sortie du film “David”
- 04:52 Redécouvrir les histoires bibliques
- 08:17 Parcours professionnel
- 12:32 Cette attirance pour le cinéma
- 15:40 La création de SAJE
- 20:31 “Le Prince d’Égypte” et “Il était une fois Jésus”
- 22:10 Le film “Cristeros”
- 30:55 Remplir une salle de 100 personnes
- 32:50 C’est quoi un beau film ?
- 36:18 “La Passion du Christ” : le film qui a bousculé le cinéma chrétien
- 42:40 Mauvais films : “Noé” et “Exodus”
- 44:53 L’incarnation par les réalisateurs
- 47:29 Covid : face à la fermeture des cinémas
- 54:25 Le catalogue SAJE
- 57:09 Comment fonctionnent les droits ?
- 1:00:46 Le film le plus vu sur SAJE
- 1:00:58 Un film impossible à avoir ?
- 1:04:46 Combien de films et d’abonnés ?
- 1:06:32 Le film “De mauvaise foi”
- 1:11:11 Pascal Demolon et Philippe Duquesne
- 1:15:17 Le film “Éternité”
- 1:16:44 La relation avec les Américains
- 1:19:47 Le public de SAJE+
- 1:23:04 Consécration de SAJE à Paray-le-Monial
- 1:26:30 Quelle aventure avec “Sacré-Cœur” !
- 1:34:18 L’export à l’international
- 1:37:27 Levée de fonds pour les films chrétiens
- 1:39:36 SAJE dans le cinéma mainstream
- 1:41:06 Les 3 films recommandés sur SAJE
- 1:42:00 Ton souhait pour la suite
- 1:42:26 Remerciements
- 1:42:55 Conclusion
Face à l’intelligence artificielle, le pape appelle les catholiques à défendre l’homme
L’intelligence artificielle progresse à une vitesse fulgurante. Beaucoup s’en émerveillent. D’autres s’en inquiètent. Mais peu prennent réellement le temps de réfléchir aux conséquences spirituelles, culturelles et anthropologiques de cette révolution.
C’est précisément l’objet de Magnifica Humanitas, la première encyclique du pape Léon XIV.
Dans ce texte fort, le Saint-Père met en garde contre une société où la personne humaine risquerait d’être réduite à une donnée, un profil ou un simple rouage économique. Il rappelle avec force que l’homme n’est pas une machine performante mais une créature voulue et aimée par Dieu.
À contre-courant de l’idéologie technicienne dominante, le pape affirme que :
- la vérité ne peut être produite par des algorithmes,
- la conscience humaine ne peut être remplacée,
- la dignité de la personne reste intangible.
Dans un contexte où les nouvelles technologies bouleversent déjà l’éducation, le travail, la transmission et même les relations humaines, cette encyclique apparaît comme un texte majeur du pontificat.
Pour accompagner les fidèles dans cette lecture, Hozana vient de lancer un parcours de prière intitulé :
“100 jours pour lire Magnifica Humanitas”
Le principe est simple :
chaque jour pendant quelques minutes, les participants découvrent un passage de l’encyclique en version texte ou audio accompagné d’une prière.
Et déjà plus de 12.000 personnes ont rejoint cette retraite spirituelle en ligne.
Une belle initiative pour former les consciences et approfondir l’enseignement social de l’Église dans une époque particulièrement troublée.
Le parcours est accessible gratuitement ici : https://tinyurl.com/5n8sumvs
L’Arménie va-t-elle disparaître ?
D’Antoine de Lacoste dans Le Nouveau conservateur :
Le plus vieil Etat chrétien du monde vit des heures difficiles. Ce n’est pas la première fois : les Arméniens semblent marqués du sceau de la souffrance. Cernée par la Turquie et l’Azerbaïdjan, dirigée par un premier ministreantirusse qui a rompu des liens presque charnels avec Moscou, lui substituant une protection américaine très théorique, la toute petite Arménie semble bien menacée.
C’est sous l’influence de Saint Grégoire l’Illuminateurque le roi Tiridate s’était converti au christianisme en 301.Mais les décennies qui suivirent furent difficiles pour le jeune Etat chrétien, entouré de deux géants peu commodes : l’Empire byzantin et l’Empire perse. Bien que l’un fût chrétien et l’autre païen, ils se mirent d’accord pour se partager la malheureuse Arménie qui n’avait aucun moyen de s’opposer à cette brutale mainmise.
Par ce qu’on a appelé le Partage de 387, les Perses occupèrent les deux-tiers de l’Arménie à l’est et les Byzantins le dernier tiers à l’ouest. Contrairement à une légende bien ancrée, la religion des Perses, le zoroastrisme, n’était guère tolérante. Son clergé chassa les prêtres catholiques arméniens des églises et pris leur place. Les princes arméniens se révoltèrent et constituèrent une armée qui fut vaincue à la bataille d’Alvaïr en 451. Malgré la défaite, le peuple arménien n’accepta jamais de changer de religion et se lança dans une guérilla impitoyable qui finit par avoir raison des zoroastres. Grâce à ses fidèles, l’église arménienne survécut.
Elle se sépara malheureusement de Rome lors du concile de Chalcédoine en 451 dont elle refusa la nouvelle définition de la double nature, divine et humaine, du Christ. Elle avait pourtant accepté la définition quasi-identique du concile d’Ephèse de 431. Mais elle rejeta, pour des raisons obscures,la nouvelle version destinée à mieux lutter contre l’hérésie monophysite. En 506, l’église arménienne se proclama église indépendante, appelée dorénavant Eglise apostolique arménienne. Elle est aujourd’hui schismatique alors qu’elle croit, comme l’Eglise catholique, que le Christ est vrai Dieu et vrai homme. Plusieurs discussions se déroulèrent au fil des siècles pour retrouver l’unité, en vain. L’existence d’une église arménienne indépendante est devenue un marqueur identitaire pour les Arméniens.
L’irruption de l’islam, après la bataille de Yarmouk en 636, changea tout. Les conquérants arabes, finalement peu nombreux, traitèrent convenablement les Arméniens car ils avaient d’autres objectifs plus urgents. C’est alors qu’eut lieu l’âge d’or arménien. Le pays se couvrit d’églises dont plusieurs, en bon état, se visitent encore dans des paysages parfois éblouissants. L’Arménie est un des seuls pays au monde à posséder autant d’églises de cette époque.
L’affaiblissement des arabes permit aux Arméniens de créer deux royaumes au IXe siècle. L’un au nord dirigé par la famille Bagratouni, avec comme capitale Ani, « la ville aux mille et une églises », l’autre au sud avec la famille Arstrouni qui installa sa capitale sur le lac de Van.
Cette belle période ne dura malheureusement pas car de nouveaux venus arrivèrent des steppes d’Asie centrale, les Seldjoukides. Ces Turcomans vainquirent les Byzantins en 1071 à la bataille de Manzikert. Ils s’islamisèrent rapidement et une de leurs familles, les Otmans, prit le dessus. Ce sont eux qui fondèrent le funeste Empire ottoman.
De nombreux Arméniens quittèrent alors leurs territoires de l’est pour s’installer dans le sud, en face de Chypre, dans le Royaume de Cilicie. Appelé aussi petite Arménie, ce pays connut la prospérité jusqu’au XIIIe siècle. Tarse et Adanafurent le centre de ce royaume chrétien qui disparut sous les coups des hordes de Genghis Kahn puis des Mamelouks égyptiens. Le dernier roi de Cilicie, Léon VI de Lusignan, fut déposé en 1375. Il finit ses jours à la Cour de France.
Au fil des siècles suivants, l’Empire ottoman connut son apogée, qui le porta jusqu’à Vienne à la fin du XVIIe siècle, puis son reflux qui en fit « l’homme malade de l’Europe » au XIXe siècle.
Ce fut au cours de cette période que l’Arménie perdit sa province du Nakhitchevan, victime de la lutte entre l’Empire perse et l’Empire ottoman. Le Shah emblématique, Abbas Ier, décida en 1604 de vider la Nakhitchevan de ses habitants arméniens pour pratiquer la politique de la terre brûlée face aux avancées ottomanes. Les habitants azéris furent épargnés car Abbas Ier avait une autre idée en tête : transplanter dans sa capitale, Ispahan, ces Arméniens connus pour être des commerçants hors pair. On leur donna un quartier, ils y sont toujours et vendent à l’ombre de leurs églises les plus beaux tapis d’Iran.
Progressivement, les Arméniens, et les autres populations chrétiennes soumises au joug turc, virent l’étau se desserrerprogressivement. En 1856, les chrétiens acquirent enfin les même droits que les populations musulmanes.
Profitant de l’affaiblissement ottoman, la Russie, qui achevait sa conquête du Caucase, se porta sur les terres arméniennes afin de les libérer. Il fut alors envisagé de créer une grande Arménie indépendante sous la protection de la Russie.
Naturellement les Anglais, comme vingt ans auparavant lors de la funeste guerre de Crimée, firent capoter ce beau projet qui eût sauvé les Arméniens du génocide à venir. Ils provoquèrent la tenue du Congrès de Berlin en 1878 qui décida de confier l’ouest de l’Arménie à la Turquie et l’est à la Russie. C’est cette partie orientale qui est l’Arménie d’aujourd’hui. Les Arméniens supplièrent d’être entièrement placés sous la protection russe, en vain. Les Russes finirent hélas par accepter et retirèrent leurs troupes, on se demande encore pourquoi.
Les premiers massacres commencèrent peu après. Entre 1894 et 1896, 300 000 Arméniens furent exterminés par les Ottomans. L’arrivée au pouvoir des Jeunes Turcs puis la première guerre mondiale seront les éléments déclencheurs du grand massacre qui tua 1,5 million d’Arméniens. Il y eut également 300 000 Assyro-Chaldéens massacrés, en Irak notamment. Il est probable que dans l’histoire, personne n’a ciblé et tué autant de chrétiens que les Turcs, les communistes s’attaquant à tout le monde.
La révolution bolchévique faillit provoquer la disparition définitive de l’Arménie. L’armée russe explosa , la guerre civile commença et il n’y eut évidemment plus de soldats russes pour protéger l’Arménie orientale. Les Turcs, malgré leur défaite de 1918, conservait une armée et attaquèrent le dernier territoire arménien pensant ainsi achever le travail de 1915. Mais les Arméniens vainquirent les troupes turques près d’Erevan, leur capitale. La Turquie dut reconnaître l’indépendance du petit pays qui fut hélas bientôt absorbé dans l’URSS, tout comme la Géorgie et l’Azerbaïdjan, les deux autres Etats caucasiens.
C’est à cette époque que Staline décida de rattacher le Haut-Karabagh à l’Azerbaïdjan. Totalement chrétien, il devint une enclave entourée des chiites azéris. Mais la discipline soviétique empêcha les Azéris de détruire ce territoirearménien historique et le statu quo prévalut. Ce ne pouvait être que transitoire et, en 1988, avant même la chute de l’Union soviétique, la province du Haut-Karabagh fit sécession de l’Azerbaïdjan. En 1991, chaque territoire proclama son indépendance : Arménie, Haut-Karabagh et Azerbaïdjan. La guerre devint inévitable et pendant trois ans, Arméniens et Azéris s’affrontèrent rudement. Ils utilisaient le même matériel soviétique et la valeur des Arméniens fit la différence.
Les Arméniens commirent alors une erreur qui coûtera cher. Tous les territoires situés entre l’Arménie et le Haut-Karabagh furent vidés de leurs habitants azéris, soit 600 000 personnes. De leur côté, les Azéris massacrèrent les nombreux Arméniens installés dans leur capitale, Bakou.
Certes, stratégiquement, cette déportation massive pouvait se comprendre : comment protéger efficacement le Haut-Karabagh depuis l’Arménie si des centaines de milliers d’Azéris hostiles se trouvaient entre les deux ? Mais évidemment l’opinion internationale, pourtant pro-arménienne, fut mal à l’aise et l’Azerbaïdjan ne songea plus qu’à se venger. La zone évacuée ne fut plus habitée, et un corridor, appelé Latchine, relia l’Arménie au Haut-Karabagh.
Le dictateur azéri Ilham Aliev, qui avait succédé à son père en 2003, mit tout en œuvre pour la revanche. Il se rapprocha de la Turquie et, grâce à l’argent du pétrole de Bakou et de la Mer Caspienne, modernisa son armée. Il acheta massivement des drones Bayraktar (du nom du gendre d’Erdogan), technologie dans laquelle la Turquie était en pointe.
En septembre 2020, Aliev envoya son armée attaquer le Haut-Karabagh. Les Arméniens se battirent courageusement mais leurs chars furent décimés par les drones turcs. Ils avaient une guerre de retard. De plus, des milliers d’islamistes syriens furent envoyés en renfort par la Turquie aux côtés de l’armée azérie.
Les Russes ne bougèrent pas dans un premier temps. Ils avaient de bonnes relations avec l’Azerbaïdjan et surtout un nouveau premier ministre arménien était en place depuis 2018 : Nico Pachinian. Pro-occidental, il prit ses distances avec la Russie. Donald Trump puis tous les dirigeants européens défilèrent chez lui, ravis de serrer la main d’un anti-russe.
Vladimir Poutine décida finalement d’intervenir et Aliev arrêta les combats après avoir conquis la moitié du Haut-Karabagh. Pachinian, aveuglé par les promesses occidentales, continua de repousser les avances russes. Aliev, sentant l’aubaine, lança une nouvelle attaque en septembre 2023 et prit l’intégralité du Haut-Karabagh, provoquant l’exode des 110 000 Arméniens qui y vivaient. L’armée arménienne est restée l’arme au pied, abandonnant pour toujours le Haut-Karabagh.
Aujourd’hui, les Turcs et les Azéris ont les regards tournés vers le Nakhitchevan. Limitrophe de la Turquie au nord-ouest, sa partie sud, située contre l’Iran, peut être l’occasion d’y créer un corridor qui donnerait un accès à la Mer Caspienne, rêve d’Erdogan. Mais juste après, il y a l’extrémité sud de l’Arménie entre le Nakhitchevan et l’Azerbaïdjan.
Trump est intervenu et a convaincu Pachinian d’accepter de céder une partie du territoire de l’Arménie pour permettre la réalisation de ce corridor qui serait routier, ferroviaire et technologique. L’Arménie n’a de toutes façons pas le choix, la protection américaine a un coût.
Ce corridor, qui, tant qu’à faire, s’appellera le « corridor Trump », coupera l’Arménie de l’Iran avec qui elle entretient d’excellentes relations. Si l’on ajoute que les azéris grignotent, progressivement et impunément, des petits territoires à l’est, on mesure le danger couru par l’Arménie, encerclée par la Turquie et l’Azerbaïdjan, deux ennemis implacables et protégés par les Etats-Unis dont la fidélité n’est pas vraiment la marque de fabrique. Oui, aujourd’hui, l’Arménie est en danger de mort.
“Tombé du Ciel” : le catholicisme vu par ceux qui n’en parlent plus la langue
Il y a une fatigue particulière devant certaines comédies françaises. Non pas parce qu’elles se moquent du catholicisme, car les catholiques peuvent survivre à une plaisanterie, et même à une bonne satire, mais parce qu’elles donnent souvent l’impression de parler d’un monde qu’elles ne comprennent plus.
Avec Tombé du ciel, à en croire son dispositif, son synopsis et ses premiers échos, le cinéma français semble une nouvelle fois confondre le catholicisme avec ses souvenirs de pensionnat rance.
La recette paraît désormais connue. Un jeune homme venu d’un univers populaire et urbain est envoyé dans un pensionnat catholique strict. D’un côté, la spontanéité, la débrouillardise, l’énergie contemporaine. De l’autre, les messes, les règles, le latin, les religieux, les réveils matinaux, les couloirs austères et tout un petit théâtre de vieilles habitudes supposées ridicules.
Le problème n’est pas que l’on rie des catholiques. On peut rire des catholiques, des curés, des messes mal chantées, des pensionnats trop sévères, des guitares liturgiques et des scouts en bermuda. Le catholicisme a produit assez de saints, de pécheurs, de génies, de médiocres, de mystiques, de notables, de tartuffes et de braves gens pour fournir de la matière comique jusqu’à la fin des temps.
Le problème est ailleurs. On ne rit plus d’un monde connu de l’intérieur ; on rit d’un monde dont on ne possède plus ni la grammaire, ni le vocabulaire, ni la mémoire profonde.
C’est souvent cela, aujourd’hui, le catholicisme dans une partie du cinéma français : non pas une religion vivante, non pas une civilisation de signes, non pas une manière de comprendre la personne, la faute, le pardon, la transmission, les pauvres, les morts, les enfants, la beauté ou le sacrifice ; mais un décor. Des soutanes, des messes, des murs anciens, quelques mots latins, des interdits, des surveillants, une atmosphère supposément moisie, et des personnages assez excentriques pour que leur seule apparition déclenche le rire.
Ce n’est même plus vraiment de l’anticléricalisme. L’anticléricalisme, le vrai, avait parfois de la force parce qu’il connaissait son adversaire. Il savait ce qu’il attaquait. Il avait lu, observé, combattu. Ici, nous sommes plutôt devant une paresse culturelle devenue réflexe : catholique égale coincé ; tradition égale poussière ; latin égale absurdité ; pensionnat égale prison mentale ; religieux égale personnage pittoresque.
Ce vieux logiciel comique donne surtout une étrange impression de retard. Ceux qui croient railler un monde ancien semblent souvent prisonniers de leurs propres souvenirs défraîchis. Ils ont gardé l’image d’un catholicisme d’avant-hier, celui du pensionnat, de la discipline, du curé ridicule ou de la religieuse sévère. Mais ils en ont perdu le sens. Ils ont retenu les formes mortes et oublié ce qu’elles pouvaient contenir de charité, d’intelligence, d’éducation, de beauté et de profondeur.
C’est peut-être cela le plus frappant : le catholicisme est devenu, pour certains, une langue familiale mal apprise. On en reconnaît quelques sons, quelques objets, quelques gestes, mais on ne sait plus traduire. Alors on caricature.
On exigera aujourd’hui d’un scénariste qu’il se documente avec prudence sur presque toutes les cultures. On lui demandera d’éviter les stéréotypes, de consulter, de nuancer, de contextualiser, de comprendre les blessures et les codes. Très bien. Mais lorsqu’il s’agit du catholicisme, cette prudence disparaît souvent. On pioche dans le vieux stock national : une messe, un frère un peu absurde, une autorité ridicule, une chorale qui bascule dans la pop, et l’affaire est faite.
C’est pourtant une étrange légèreté. Car le catholicisme n’est pas un folklore étranger à la France. Il a façonné ses villes, ses paysages, ses fêtes, ses hôpitaux, ses écoles, ses œuvres d’art, ses noms de lieux, son rapport aux morts, aux pauvres, aux enfants, à la faute et au pardon. Il n’est pas un accessoire poussiéreux posé dans un coin du décor national. Il est l’une des grandes matrices de ce pays.
Que l’on critique l’Église, très bien. Que l’on rie des catholiques, pourquoi pas. Que l’on montre leurs ridicules, leurs lâchetés, leurs raideurs, leurs hypocrisies même, cela peut être nécessaire. Mais encore faut-il savoir de quoi l’on parle.
Le paradoxe est que ces films se présentent souvent comme des œuvres d’ouverture et de réconciliation. Ils veulent montrer que les mondes peuvent se rencontrer, que les préjugés tombent, que les différences se dépassent. Mais la réconciliation commence rarement par la caricature d’un des deux mondes. Elle suppose au contraire de le prendre au sérieux.
Or, dans ce type de récit, la répartition des rôles est presque toujours la même. Le monde contemporain, populaire, métissé, urbain, est présenté comme vivant, imparfait mais porteur d’avenir. Le monde catholique traditionnel, lui, est convoqué comme un vieux décor comique auquel on accorde finalement, dans un geste de générosité, un petit brevet d’humanité. C’est très aimable. C’est aussi très condescendant.
Le cinéma français croit parfois faire preuve d’audace en se moquant des catholiques. Il ne voit pas qu’il ne transgresse plus rien. Il répète simplement une blague de famille dont il a oublié l’origine. Il croit dépoussiérer un vieux monde, mais il révèle surtout son incapacité à comprendre ce qui l’a précédé.
Le vrai scandale n’est donc peut-être pas que le cinéma français se moque encore des catholiques. Le vrai scandale est qu’il ne sache même plus de quoi il se moque.
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