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Censure bancaire

Des journalistes, militants, associations et élus classés à droite dénoncent la fermeture soudaine de leurs comptes bancaires, souvent sans explication.

Le directeur de la rédaction de L’Incorrect, Arthur de Watrigant, affirme que le compte du journal chez Qonto a été fermé en plein été, en même temps qu’un compte de secours ouvert dans un autre établissement.

Le vidéaste Vincent Lapierre, le collectif Némésis, Breizh Info, l’Institut Iliade, TV Libertés, le média Frontières et le site Fdesouche font également état de difficultés bancaires.

Alice Cordier, responsable du collectif Némésis, affirme qu’un directeur d’agence lui aurait expliqué que l’association avait été cataloguée comme un « compte politique à risques ». Après la fermeture de son compte au Crédit mutuel, le collectif aurait essuyé plusieurs refus et perdu une grande partie de sa collecte. Le Crédit mutuel affirme que Némésis n’aurait pas transmis certains justificatifs comptables, ce que les responsables du collectif démentent.

Des députés du Rassemblement national, parmi lesquels Stéphane Rambaud, Jean-Philippe Tanguy, Franck Allisio et Thomas Ménagé, auraient également été radiés de leur banque. Les établissements justifient notamment leur vigilance par les règles relatives aux « personnalités politiquement exposées » et par leurs obligations de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Pourtant des structures d’extrême gauche, communautaires ou islamistes continuent de disposer de comptes dans les mêmes banques : Justice pour Adama, Millî Görüş et Ummah Charity.

Incendies et enfer des normes

En cette période de graves incendies, les sapeurs-pompiers pointent du doigt certaines normes européennes.

Marc Vermeulen, directeur du Sdis 33, avait interpellé la préfecture sur les normes européennes «très contraignantes».

La première, l’AdBlue, ce dispositif anti-pollution obligatoire sur les véhicules diesel. L’AdBlue est un liquide composé d’urée et d’eau déminéralisée, stocké dans un réservoir séparé de celui du carburant. Son rôle : déclencher une réaction chimique qui transforme une partie des gaz polluants émis par le moteur en azote et vapeur d’eau, des substances beaucoup moins nocives pour l’environnement. Ce système équipe aujourd’hui la quasi-totalité des véhicules diesel afin de répondre aux exigences européennes en matière d’émissions d’oxyde d’azote. Une obligation qui touche également les véhicules d’incendie et de secours. Lorsque le réservoir est vide ou qu’une panne est détectée, le véhicule peut perdre en puissance, voire refuser de redémarrer après un arrêt. Pratique avec un camion de pompiers…

Le 14 juillet, le député socialiste Pascale Got avait interrogé le ministre délégué auprès du ministre de l’intérieur sur les conséquences opérationnelles des normes européennes d’émissions polluantes imposant l’utilisation du système AdBlue sur les véhicules lourds des services d’incendie et de secours.

Ce dispositif, conçu pour réduire les émissions d’oxydes d’azote des poids lourds effectuant de longs trajets routiers, s’applique de la même manière aux véhicules de lutte contre les incendies, dont le profil d’usage est pourtant radicalement différent : trajets courts entre la caserne et le sinistre, puis fonctionnement prolongé à l’arrêt ou à faible vitesse, souvent dans des conditions de chaleur et de poussière extrêmes qui perturbent le bon fonctionnement du système SCR. Les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) sont confrontés, sur le terrain, à des difficultés croissantes liées au fonctionnement de ce dispositif qui peut entraîner, en cas de défaillance technique, de défaut de détection ou d’absence de liquide, une limitation automatique des performances du moteur, voire une impossibilité de redémarrage du véhicule. Les représentants des sapeurs-pompiers alertent sur ces dysfonctionnements, qui peuvent survenir alors même que les véhicules sont entretenus conformément aux préconisations des constructeurs. Les engins d’incendie interviennent dans des situations d’urgence où chaque minute est déterminante pour sauver des vies, protéger les biens et préserver l’environnement. Toute immobilisation ou limitation de leurs capacités opérationnelles est susceptible de compromettre la continuité du service public de secours et de mettre en danger les intervenants comme les populations. Dans ce contexte, elle lui demande si le Gouvernement entend engager des discussions avec les autorités européennes afin d’obtenir une dérogation spécifique pour les véhicules d’incendie et de secours ou, à défaut, permettre la mise en œuvre d’aménagements techniques garantissant que les dispositifs antipollution ne puissent, en aucune circonstance, empêcher ou limiter l’engagement opérationnel d’un véhicule de secours en intervention.

La réponse se fait attendre.

Outre l’AdBlue, les sapeurs-pompiers souhaitent bénéficier d’exonérations similaires à celles déjà accordées aux véhicules militaires pour d’autres réglementations. Le règlement GSR2 impose depuis 2024 de nouveaux équipements de sécurité sur les véhicules neufs. Notamment le système d’évitement de collision piéton. Lorsque les véhicules interviennent en forêt ou dans le maquis, ce dispositif ne parvient pas toujours à distinguer un arbre d’un piéton, ce qui provoque un arrêt automatique du véhicule… Ce phénomène peut se produire à l’avant comme à l’arrière du véhicule, ce qui peut retarder l’évacuation rapide des équipes sur les lieux d’un incendie et compromettre leur sécurité.

La « protection » de la famille est une « mission primordiale » pour l’Église aujourd’hui

Commentant sur son blog les lectures de la liturgie du dimanche 26 juillet, le cardinal Zen a évoqué les paraboles de la graine de moutarde, du levain et de la perle :

[…] En rassemblant ces trois métaphores, on peut dire que la première étape pour entrer dans le Royaume des Cieux consiste à découvrir des trésors, à reconnaître des perles, à entendre l’appel de Dieu, à prendre la résolution de lui obéir et à faire vœu de l’aimer par-dessus tout.

Mais ce n’est que le début. Ayant entendu cet appel et y ayant répondu, nous devons persévérer jusqu’au bout, laissant la graine germer et la levure agir ; sinon, comme la courroie, elle pourrira et deviendra inutile.

N’avons-nous pas déjà trouvé le trésor, reconnu la perle et investi toute notre vie en elle ? Jésus nous a conduits dans son Église, et si nous lui sommes reconnaissants, nous devons suivre fidèlement ses enseignements au sein de cette Église, en devenant humblement et courageusement ses disciples. Nous ne sommes pas simplement sa ceinture, ni simplement revêtus de lui ; il vient en nous, et nous entrons en lui, devenant membres de son corps.

Qu’est-ce qui pourrait nous détourner de Lui ? Il ne devrait pas y en avoir, mais nous devons tout de même affronter les trois ennemis, les trois forces du mal qui nous tentent sans cesse : les désirs et les passions égoïstesles tendances du monde et le diable.

Le diable existe ; la Bible dit : « Il parcourt le monde à la recherche de proies à dévorer. » Nous devrions prier davantage l’archange Michel pour obtenir sa protection.

Les tendances mondaines, c’est-à-dire ceux qui ont cédé au diable, ne sont pas aussi laides que le diable lui-même. Elles useront de paroles douces pour vous gagner leur sympathie, alors soyez très prudent !

Mais ne devrions-nous pas être encore plus vigilants face à nos propres désirs et penchants égoïstes ? Nous ne devons pas baisser notre garde et ne jamais les considérer comme insignifiants. Même de petites choses, si elles deviennent des habitudes, peuvent miner notre volonté. Examinons-nous davantage, prions davantage ! Les mauvaises habitudes sont aussi néfastes que la drogue !

Bien sûr, l’éthique et la morale ne se limitent pas aux sixième et neuvième commandements , mais ces types de péchés sont les plus addictifs. En particulier, les péchés des personnes LGBTQ+, qui contreviennent totalement au dessein du Créateur pour l’humanité : un homme et une femme s’aimant pour la vie et se transmettant la vie. Les relations sexuelles entre personnes de même sexe sont non seulement qualifiées de péché dans la Bible , mais aussi d’abomination (particulièrement répugnantes) aux yeux de Dieu. Dieu, dans sa miséricorde, a également envoyé le feu pour détruire Sodome.

Je n’ai pas assisté à la réunion des cardinaux fin juin, mais j’ai lu attentivement tous les comptes rendus. Lors de la première réunion, les cardinaux ont débattu de la question suivante : « Dans quel monde sommes-nous appelés aujourd’hui à répandre l’Évangile ? » Parmi les nombreuses questions difficiles abordées, les cardinaux ont déclaré : « Le problème fondamental semble être que les gens ont perdu le sens de la vie. (Ils n’ont pas trouvé les trésors et les perles, ou bien ils les ont trouvés mais ont abandonné.) »

Si l’on nie la valeur inestimable de la vie et de la famille, que reste-t-il de beau dans la vie ? C’est comme abandonner une source et chercher de l’eau dans une piscine percée ! J’ai entendu dire que même le diable l’a admis : détruire la famille, c’est sa victoire.

Apprécions en silence le plan d’amour de Dieu, remercions-le et louons-le ; et soyons prêts à payer le prix pour la « santé » de nos familles !

La meilleure façon de lutter est d’agir : prendre soin des autres, les aider et accomplir de bonnes actions nous encourage à persévérer dans le bien. Mobilisons-nous tous : évêques, prêtres, moines, religieuses, paroissiens mariés et célibataires, familles heureuses et familles en difficulté, faisons des familles notre mission première, la priorité absolue de notre ministère pastoral. Demandons aux parents de la Vierge Marie d’intercéder pour nous, demandons aux parents de Thérèse de l’Enfant Jésus d’être nos patrons, et que la jeunesse soit remplie de foi dans le plan d’amour de Dieu.

Une “théologienne” nie le péché originel et l’existence du diable dans l’Osservatore Romano

Il y a longtemps que des « théologiens » nient le péché originel. Mais c’est la première fois semble-t-il qu’un théologien le fait dans l’Osservatore Romano (édition du 4 juillet).

Le titre d’un article est : « Dans la Genèse, il n’y a pas de “non”, à l’origine d’un malentendu », puis, juste en dessous, on lit avec insistance : « Le serpent, la femme et le fruit. Et Satan ? »  Marinella Perroni signe l’article dans Donne Chiesa Mondo – Il Diavolo in noi – Monthly magazine of the Osservatore Romano , n° 157, juillet 2026 (ici). Elle ne formule jamais clairement la réponse.

L’article comporte des passages très clairs :

  • a) « Les protagonistes de l’histoire sont (…) un serpent (…), une femme (…) et un fruit », donc dans le récit du péché originel, « il n’y a pas de diable » ;
  • b) à partir du VIe siècle et des spéculations sur les esprits surnaturels, « le diable apparaîtra comme une entité à part entière : “par l’envie du diable, la mort est entrée dans le monde, et ceux qui sont de son parti en font l’expérience” (Sg 2, 24) » ;
  • c) par conséquent, « les trois protagonistes du récit de la Genèse — le serpent, la femme et le fruit — deviendront le diable, la femme et le péché ».

La question se pose : que signifie « deviendront » ? S’agit-il d’un progrès dans la révélation, ou bien d’une assimilation du serpent au diable ?

La note sur Genèse 3,1 de la Bible de Jérusalem précise que « la tradition sapientielle, puis le Nouveau Testament et toute la tradition chrétienne [ont reconnu le serpent comme l’adversaire (ou le tentateur), le diable ». Dans l’Écriture, il faut certes partir du sens littéral, mais « dans la tradition vivante de toute l’Église » (CEC 113), il faut demeurer attentif à « l’analogie de la foi », c’est-à-dire à la « cohérence des vérités de foi entre elles et dans la totalité du plan de la Révélation » (CEC 114). Autrement dit, toute interprétation littérale est possible, mais un texte doit aussi rendre compte des phases historiques successives de la Révélation et de son rapport à tout le mystère chrétien : ces éléments sont essentiels à sa compréhension, et l’on ne peut élaborer une théologie ni une pastorale sans les prendre en considération, comme semble le suggérer l’article en question.

Marinella Perroni a été pendant dix ans présidente de la Coordination des théologiennes italiennes, spécialiste des « études de genre », versions féministes, dans ce qu’on appelait autrefois la Sainte Ecriture. Elle affirme tranquillement :

« Dans l’ancien mythe biblique communément appelé la Chute, il n’y a ni diable, ni puissance divine à laquelle les êtres humains soient soumis. » Le récit ne parle que de la « contradiction » selon laquelle « être de Dieu, être choisi par Dieu, ne signifie pas être comme Dieu. Et c’est là que réside la tension inépuisable entre l’humanité et le divin – il n’y a pas de péché. »

Et il ne peut pas y avoir de péché puisque le récit biblique est le premier discours théologique féministe, sur le désir d’être comme Dieu :

« Il est tout à fait beau de voir que, dans l’Éden, la femme endosse le rôle de celle qui a le courage de s’engager dans ce désir, d’en revendiquer le droit et d’en discuter les limites, afin de contribuer à définir cette frontière infranchissable qui sépare les humains de Dieu, sans aucune possibilité de négociation. »

Le problème est que s’il n’y a pas de péché il n’y a pas non plus d’incarnation rédemptrice.

Et c’est écrit dans le journal officiel du Vatican.

“On est passé de la célébration de l’Eucharistie instituée par le Seigneur à une sorte de jeu entre amis, rien de plus”

Le cardinal Antonio María Rouco Varela, archevêque émérite de Madrid, né en 1936 va bientôt fêter ses 90 ans. Il a été longuement interrogé dans El Debate. Extraits :

[…] Il est important de noter que nous, cardinaux, ne sommes pas émérites ; nous sommes électeurs ou non-électeurs, mais nous sommes membres à part entière du Collège des cardinaux, avec tous les droits et devoirs que cela implique. Par conséquent, lorsque le Pape nous convoque en consistoire, et notamment en consistoire extraordinaire, nous y participons avec les mêmes droits et devoirs que les cardinaux électeurs, c’est-à-dire ceux qui ont moins de 80 ans. Le phénomène contemporain de l’allongement de l’espérance de vie affecte également l’Église et le Collège des cardinaux. Par exemple, lors du consistoire que nous avons tenu en juin dernier, le nombre de cardinaux de plus de 80 ans était considérable. Je crois qu’il y en avait une quarantaine ; pas moins.

À la suite de la réunion du consistoire, vous avez exprimé votre inquiétude – ainsi que celle d’autres cardinaux – concernant ce qu’on a appelé la « voie synodale allemande »…

Le consistoire est une forme de relation entre les évêques héritiers du Collège apostolique, le Collège des Douze. L’évêque de Rome est le chef du Collège. Les onze autres ne peuvent ignorer son autorité ni outrepasser ses prérogatives. Parallèlement, l’évêque doit tenir compte de l’avis des onze autres.

Mais tenter d’interpréter le corps qui exerce l’autorité dans l’Église à l’aide de catégories politiques n’est pas juste, car il ne devrait pas, dans son raffinement sacramentel, être soumis aux exigences d’une communauté humaine légalement organisée pour réaliser le bien commun des personnes qui vivent l’histoire dans le temps et dans l’espace concret.

Par conséquent, le Collège des évêques – successeur du Collège des apôtres – n’est pas une sorte de parlement ou de Sénat exerçant un contrôle sur le chef d’État ou le roi. Les catégories les plus pertinentes pour comprendre la constitution divine de l’Église sont la famille, la paternité et la fraternité, plutôt que le président de la République, le roi ou l’empereur.

Une définition circule selon laquelle le baptême serait la source de tout ministère. C’est une affirmation erronée. Le baptême est une condition indispensable pour recevoir un ministère, mais il n’en est pas la source. Le ministère principal et décisif dans la constitution de l’Église est le sacrement de l’Ordre. C’est pourquoi il existe une différence entre l’ecclésiologie protestante et l’ecclésiologie catholique.

Percevez-vous à Rome une inquiétude concernant l’Église allemande ?

Cette préoccupation ne concerne pas seulement le Saint-Siège et les papes. Le papeFrançois a exprimé à plusieurs reprises sa vive inquiétude face à la situation en Allemagne. Le pape Léon XIV est déjà intervenu à trois reprises dans les relations entre l’Église en Allemagne et le Saint-Siège.

Je n’aime pas dire Église espagnole, Église allemande , etc., car il n’existe pas d’Églises nationales. L’Église est catholique, et c’est pourquoi elle unit les réalités terrestres. Elle a le pouvoir d’unir toute l’humanité, la famille humaine tout entière.

J’ai vécu une expérience inoubliable. Lors d’un séminaire pour doctorants et professeurs à l’Université de Munich, j’ai participé à une discussion et j’ai utilisé l’expression « de l’Église allemande ». On m’a répondu : « Docteur Rouco, je ne connais pas cette Église ; je ne connais que l’Église une, sainte, catholique et apostolique . » Cette leçon m’a profondément marqué.

L’Église en Allemagne, donc. Merci pour cette précision. Certains affirment en effet qu’il y a eu une certaine protestantisation au sein de l’Église en Allemagne …

Oui, oui, oui. Il faut comprendre l’état général de la foi en Allemagne. On observe une crise de la foi qui précède une crise de l’Église, un phénomène qui se produit partout en Europe à des degrés divers. C’est particulièrement vrai pour l’Église enracinée dans l’Europe libre, celle qui s’est développée de ce côté-ci du rideau de fer. De l’autre côté, il y a eu une persécution terrible qui a duré un demi-siècle. Mais de ce côté-ci, il y a eu une crise de la foi.

Si la foi en Dieu vacille, si la foi en Jésus-Christ vacille, on ne peut comprendre l’Église. Si l’Église n’est pas conçue selon la définition de Vatican II – le sacrement universel du salut en Christ où il se rend présent –, elle se dissout en une sorte de réalité sociale vouée aux questions religieuses. Car, au plus profond de son être, l’homme aspire fondamentalement à l’au-delà ; au-delà de lui-même ; au-delà de la nature visible ; au-delà des catégories qu’il conçoit comme vérité, bonté, beauté, amour, etc.

Mais si vous ne Le connaissez pas, si vous ne croyez pas en Lui, vous restez sans réponse. Alors, que se passe-t-il en Europe ? Eh bien, c’est une crise qui s’aggrave avec la fin de la Renaissance, puis avec le protestantisme et les Lumières, largement louées et qui, il est vrai, ont apporté de nombreux éléments positifs à la construction de la société et de l’État. Mais, au cœur même des Lumières, il y a une réserve ; dans certains cas, une pensée athée, agnostique, empreinte de doute, d’hésitation.

Nous avons revécu cet héritage, et de surcroît, avec une gravité historique, les configurations politiques du XXe siècle – extrêmement puissantes – qui ont érigé l’athéisme en principe fondamental de leur idéologie. en principe fondamental de leur idéologie . D’abord le marxisme-léninisme, puis le national-socialisme. Ces deux mouvements l’étaient bien plus que le fascisme italien, qui n’était pourtant pas explicitement athée. L’expérience de l’athéisme communiste a ainsi été vécue après la guerre par notre génération de jeunes prêtres, ceux d’entre nous ordonnés principalement dans les années 1950, ceux qui ont vécu le concile Vatican II, ceux qui ont vécu la révolution de mai 1968, et ainsi de suite.

Au cours de cette année et quelques mois de pontificat de Léon XIV, nombreux sont ceux qui ont tenté – sans succès, à mon avis – de cataloguer le pape comme « conservateur », « progressiste », « de la continuité »… Quel est votre avis ?

J’ai eu une longue audience avec lui en avril. Puis, les deux consistoires. Et surtout, j’ai lu ses livres, ses écrits et ses discours. J’ai notamment pu lire attentivement tous ses enseignements depuis son voyage en Espagne, de son bref discours à la CEDIA à celui prononcé au Palais royal, où il interprète l’histoire de l’Espagne à la lumière de son histoire spirituelle. Son discours au Congrès était d’une importance capitale ; il y puise aux sources de la pensée et de la spiritualité espagnoles, notamment chez saint Jean de la Croix. aux maîtres de l’École de Salamanque. »

Dans chacun de ces écrits, on retrouve la préoccupation d’un Successeur de Pierre qui comprend clairement les vérités fondamentales de la foi et le principe fondamental de fidélité à la vérité. Les références au concept d’éternité et à l’idée que la vie ne s’achève pas ici-bas sont très éclairantes et centrales. On pourrait parler d’un magistère extraordinairement christologique, selon lequel l’Église existe pour vivre avec le Christ, en lui et par lui. Et une expression sacramentelle centrale : l’Eucharistie. Et avec une exigence première et fondamentale du profond « oui » à la vie, qui requiert la conversion, mais qui confère aussi l’espérance, une forme de liberté qui aspire à se transcender ; à surmonter les blessures de notre naissance et, par conséquent, à rappeler à l’Église, en ce moment, qu’il est indispensable de se concentrer sur l’essentiel. De là, on peut faire beaucoup de bien au monde, au sens le plus temporel du terme : par le biais de politiques sociales.

Mais surtout, j’ai profondément admiré l’importance qu’il accorde à la valeur de la vie, étroitement liée à celle de la dignité humaine, qu’il conçoit de manière transcendante. Au Parlement, il a déclaré que la dignité de la personne humaine est inviolable car la personne humaine est une création divine.

On pourrait dire, pour reprendre les mots du pape François, que la périphérie n’existe que si le centre – l’essentiel – fonctionne. Je crois que, de ce point de vue, il y a une continuité fondamentale avec le pontificat de son prédécesseur, mais aussi avec celui des papes post-conciliaires. Il est curieux de constater qu’il a déjà choisi le concile Vatican II comme thème de sa catéchèse, ce qui constitue un appel à la réflexion pour tous. Nous devons revenir au concile Vatican II, car il est la source immédiate, claire, évidente et sans équivoque de ce qui est demandé à l’Église depuis longtemps. L’application de Vatican II reste encore largement à venir.

Bien que cela ait été l’un des points de discorde qui ont conduit à l’excommunication récente des lefebvristes…

Dans l’histoire des conciles de l’Église, avant comme après les grands conciles, il y a toujours eu des divergences sur des points doctrinaux plus ou moins décisifs – parfois même très décisifs – comme les dogmes relatifs à la divinité de Jésus ou les dogmes christologiques, car ces derniers ont toujours été suivis par des groupes et des individus qui s’en sont écartés. Ce phénomène s’est également produit lors de Vatican II : une partie importante de l’Église, notamment en Europe, et plus particulièrement en France et en Suisse, n’a pas compris la doctrine de Vatican II sur la liberté religieuse. Un mouvement s’est donc formé autour de la figure d’un archevêque jouissant d’un prestige personnel considérable. Et à juste titre, car c’était un homme instruit, un évêque spirituellement cultivé, très estimé et plus que respectable. Autour de lui, le sentiment général était : « Nous ne franchirons pas ce pas . »

Mais bien sûr, cette décision impliquait une rupture avec le Concile, car sa doctrine s’étend à de nombreux aspects de la foi de l’Église. Le Magistère du Concile est tout aussi valable lorsqu’il s’agit du Collège des évêques, de la vie consacrée, des laïcs ou de la liberté religieuse.

La liturgie traditionnelle a également été un sujet de discorde. Vous avez récemment demandé de la « compréhension envers ceux qui souhaitent le rite ancien ».

Mais cela n’a jamais posé problème, car tous les papes ont fait preuve de compréhension à ce sujet. Et, bien sûr, cette messe peut être célébrée légalement, même après l’abrogation du décret de Benoît XVI. Le pape François n’a pas totalement interdit la célébration de l’ancien rite. Il en a considérablement limité la diffusion, par exemple en interdisant la création de nouvelles communautés ou de nouveaux groupes de fidèles souhaitant célébrer selon l’ancien rite. Je suis prêtre depuis mars 1959 et j’ai célébré cette messe pendant sept ans, jusqu’en 1966. Par conséquent, il ne s’agit pas d’une question de doctrine ou de foi, car l’Église vit avec ce rite depuis 500 ans.

Il y a toujours eu une variété de rites liturgiques. C’est donc une question de discipline et de pastorale liturgique. Mais, bien sûr, lorsque cela devient un acte de désobéissance manifeste, cela devient un problème grave, qui menace l’unité de l’Église.

Les réformes liturgiques de Vatican II sont souvent devenues une parodie de la liturgie. Et, bien sûr, lorsque cette parodie atteint un tel degré de profondeur qu’elle affecte la vérité même des sacrements, la conscience des fidèles, et même leur sensibilité esthétique, le manque quasi anarchique de discipline liturgique qui régnait dans de nombreux lieux et au sein de l’Église durant les années 1970 a incité certains fidèles à revenir aux traditions antérieures aux réformes de Vatican II.

Je me souviens, lorsque vous étiez archevêque de Madrid, de l’un de ces abus liturgiques très médiatisés survenus en 2007 à la paroisse San Carlos Borromeo, dont vous aviez ordonné la fermeture. José Bono et Pedro Zerolo s’y étaient même rendus pour « manifester leur solidarité » et faire un spectacle…

Bien sûr, lorsque de tels phénomènes d’abus se produisent, certaines personnes réagissent en prenant une direction opposée… Non pas en reniant la foi, ni en niant les fondements de la foi, mais en exagérant, dirions-nous, la formule de résolution du problème, ce qui peut engendrer la division, voire la perte d’unité dans ce qui est vrai et essentiel.

Des cas de ce genre se sont produits tout au long des années 1970. On y trouvait de tout, et pire encore, cela se passait dans les maisons de formation, pour religieux et religieuses, les séminaires… On célébrait l’Eucharistie dans le salon, autour d’une table basse. Assis, accroupis, on apportait le vin du réfrigérateur, un morceau de pain, et chacun parlait à sa guise… Presque seuls les mots de la consécration étaient ramenés à une vérité théologique.

Autrement dit, on est passé de la célébration de l’Eucharistie instituée par le Seigneur — le sacrement de sa présence sacrificielle sur la croix qui nourrit nos âmes, sa chair et son sang, la présence du Divin au cœur de notre vie et de notre histoire — à une sorte de jeu entre amis, rien de plus. Il y a un fossé infini entre les deux.

Environ 2000 personnes ont participé au VIe Pèlerinage traditionnel d’Oviedo à Covadonga

Environ 2000 personnes, en majorité des jeunes et des familles avec enfants, ont participé le WE dernier au VIe Pèlerinage traditionnel d’Oviedo à Covadonga (environ 100km) organisé par Notre-Dame de la Chrétienté en Espagne.

Le pèlerinage a débuté par une prière en la cathédrale d’Oviedo :

Samedi, la messe traditionnelle en la fête de saint Jacques a été célébrée à El Remedio (Asturies) après l’achèvement de la première journée du pèlerinage :

Dimanche, la messe solennelle a été célébrée dans le camp installé à Sebares (Asturies) :

Puis lundi, messe traditionnelle célébrée à l’aube, toujours au campement de Sebares, faute de pouvoir se tenir dans la basilique de Covadonga.

« Le dialogue n’est pas un dogme »

Lu dans La Nuova Bussola :

Aujourd’hui, les responsables de l’Église invitent souvent au dialogue, mais « le dialogue n’est pas un dogme », comme l’a dit le cardinal Biffi. Jésus a plutôt ordonné à ses disciples de prêcher l’Évangile et la nécessité de la conversion.

« Le dialogue n’est pas un dogme », disait avec un grand réalisme chrétien le regretté cardinal Giacomo Biffi, et malheureusement, la réalité le confirme abondamment. En effet, je constate que même parmi les catholiques, le dialogue est souvent loin d’être facile. Malgré cela, j’entends constamment des appels au dialogue de la part des responsables de l’Église, comme s’il s’agissait de la solution à tous les problèmes et conflits.

Le mandat du Christ à ses disciples n’était pourtant pas : « Allez et dialoguez avec toutes les nations », mais : « Allez dans le monde entier et prêchez l’Évangile à toute la création », avec son appel subséquent à la conversion et au baptême. Et si c’était précisément parce que nous ne nous sommes pas laissés convertir, interroger par Celui qui est le chemin, la vérité et la vie, que même le dialogue entre catholiques, bien que nécessaire, ne fonctionne pas, mais accentue souvent les divisions ? Le saint Siméon, en effet, a compris ce qui serait nécessaire lorsqu’après avoir reconnu que Celui qu’il tenait dans ses bras était « une lumière pour éclairer les nations et la gloire de son peuple Israël », il a poursuivi : « Voici, cet enfant est destiné à la chute et au relèvement de beaucoup en Israël, et à être un signe qui suscite la contradiction (afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient révélées) ». Et, se tournant vers Marie, il a dit : « Et toi aussi, une épée te transpercera l’âme. »

Le dialogue ne peut donc être véritablement fructueux qu’après que les interlocuteurs aient résolu leurs contradictions mutuelles face à la vérité d’un Dieu qui a envoyé son Fils afin que, s’offrant librement en victime pour nos péchés, il puisse nous libérer de notre égoïsme, de notre orgueil et de nos préjugés, mais surtout de la mort et de la mort éternelle ! C’est pourquoi saint Paul nous invite à nous tourner vers le ciel. Si nous le faisons, les choses ici-bas se dérouleront certainement mieux, y compris le dialogue ! Même l’œcuménisme tant désiré ne peut naître d’une cérémonie superficielle, mais du témoignage de l’amour mutuel, avant tout entre catholiques. Et, comme nous le savons, le véritable amour est contagieux, mais, pour l’être, il doit passer par l’épreuve et la croix.

« Tout se passe toujours bien avec Marie ! » – De l’angoisse à l’abandon

Illustration : Madonna della Misericordia Piero della Francesca. (1416-1420 ?- 1492)

L’énigme de la paix désarmée
Il est des phrases que l’on reçoit comme une brise légère au détour d’une conversation. Elles se déposent sans bruit dans les replis de la mémoire, puis poursuivent leur travail invisible, jusqu’au jour où elles éclatent en pleine conscience, comme de lentes bombes à retardement.

« Tout se passe toujours bien avec Marie ! »

Un ami profondément croyant me dit un jour cette phrase avec une simplicité désarmante. Je demeurai interdit. Elle me semblait presque insolente. Comment pouvait-on affirmer une chose pareille ? Comment concilier une telle sérénité avec cette existence ordinaire faite d’imprévus, de déceptions, d’inquiétudes et de ces mille petites blessures qui jalonnent nos journées ?

Il m’a fallu longtemps pour comprendre qu’il ne décrivait pas une vie sans épreuves. Il révélait, sans le savoir, quelque chose de beaucoup plus profond : mon propre manque de paix. Derrière cette agitation permanente se cachait un manque de foi que je ne soupçonnais pas moi-même. Cette découverte réveilla une mémoire inscrite dans ma chair.

Car l’angoisse n’est pas seulement une idée.

Elle possède un corps.

Elle habite les insomnies hachées, les réveils déjà épuisés, les crispations du ventre, les muscles qui demeurent tendus sans raison apparente. Elle fait du système nerveux une corde trop serrée, prête à vibrer au moindre souffle. Bien avant que l’esprit ne formule ses inquiétudes, le corps les porte déjà.

L’infirme de la sérénité et l’école de la faille
Notre époque admire les tempéraments solides. Elle célèbre ceux qui semblent toujours garder leur sang-froid, décider sans hésiter, traverser les tempêtes sans vaciller. Je ne me suis jamais reconnu dans cette image. J’ai longtemps eu le sentiment d’être un grand infirme de la sérénité. Mes journées ont souvent été traversées de sursauts, d’appréhensions diffuses, de remords silencieux devant un pauvre rencontré au seuil d’une boulangerie, ou de cette impression persistante de courir après une paix qui se dérobait toujours. Où trouver le repos lorsque l’on demeure étranger à soi-même, comme exilé dans un corps qui résiste autant qu’il trahit ?

Avec le recul des années, une autre question s’est pourtant imposée à moi. Si j’avais été naturellement paisible, serais-je devenu le même homme ? Si tout avait été plus simple, plus prévisible, plus confortable, aurais-je appris à regarder la souffrance des autres avec la même attention ? Je ne le crois plus. Car ce qui fut longtemps une blessure est devenu peu à peu une école. Ce qui me faisait souffrir s’est transformé, avec le temps, en source de compassion. Certaines douleurs creusent l’âme. Elles élargissent mystérieusement l’espace intérieur où pourra venir habiter la miséricorde.

La traversée de la nuit et les secours de la musique
Nous entretenons pourtant une illusion tenace : nous voudrions que la foi fonctionne comme une mécanique rassurante. Nous rêvons d’une recette qui ferait disparaître les tempêtes, d’un levier discret que l’on actionnerait pour retrouver aussitôt la paix. Mais il existe des jours où rien ne fonctionne. Des jours où l’angoisse monte comme une houle aveugle. Où l’on se sent seul dans la barque, avec cette impression terrible que le Christ dort… ou, plus douloureux encore, qu’il s’est absenté. C’est la traversée de la nuit, le silence du Ciel face au vacarme de nos peurs.

Heureusement, il existe des moyens de fortune pour traverser ces tempêtes. Ils ne guérissent pas la blessure, mais ils empêchent parfois qu’elle ne nous engloutisse. Depuis toujours, la musique est l’un de ces secours. Je ne cherche pas seulement des mots ; je cherche des notes. Selon les jours, j’ouvre intérieurement une véritable pharmacie de l’âme : Bach remet de l’ordre dans le chaos, Fauré élargit l’horizon lorsque tout semble se refermer, Brahms ou Schubert apprivoisent la mélancolie. Les harmonies descendent plus profondément que les raisonnements. Elles apaisent, l’espace d’un instant, ce que les arguments ne savent pas rejoindre.

C’est alors qu’une autre parole peut enfin être entendue : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos » (Mt 11, 28). Le Christ ne promet pas d’ôter le fardeau ; il promet d’y devenir présent.

Mais même la plus belle musique s’achève. Après la dernière note vient un silence. Et c’est souvent dans ce silence qu’une autre présence commence à se faire entendre. Lorsque l’esprit s’emballe et que tous les mécanismes de la maîtrise semblent se dérégler, une parole très simple remonte parfois du fond du cœur : « Tu n’as pas besoin de tout porter. » Ce n’est ni une illumination ni un miracle. Seulement un imperceptible relâchement. Une crispation qui cède. Une respiration qui revient. Une paix qui ne vient pas de moi et qui porte, pour moi, le visage de Marie.

La grâce ne fait jamais de bruit. Elle ressemble à une eau souterraine qui irrigue une terre desséchée sans que personne n’en voie le cheminement. Nous jugeons notre existence à la surface des choses ; Dieu, lui, travaille dans leurs profondeurs. C’est là, au sens où l’entendait Romano Guardini, que se joue notre destinée : non dans une mécanique aveugle, mais dans ce lieu fragile où la liberté consent enfin à la grâce. Nous ne connaîtrons jamais toute notre histoire ici-bas ; nous n’en apercevons que la surface, tandis que Dieu en façonne patiemment les profondeurs.

Alors la phrase de mon ami cesse d’être une formule pieuse. Elle devient une manière d’habiter la vie. Plus je m’approche de Marie, plus elle m’apprend à m’effacer devant son Fils. La foi cesse alors d’être une recherche de sécurité. Elle devient un consentement : ne plus tout comprendre, ne plus tout maîtriser, mais accepter de se laisser porter.

Mais que l’on ne s’y trompe pas : tout ceci n’est pas un état, c’est un combat de chaque instant. Il m’arrive encore, aujourd’hui même, de relire ces mots que j’écris et de me sentir aussi démuni qu’au premier jour. La paix ne m’appartient pas ; elle est une visite que je reçois parfois, et que je perds aussitôt. Seule la certitude que Marie ne se lasse pas de moi me permet de recommencer, encore et encore, les mains aussi vides que jamais.

La compassion et les mains vides
Marie ne m’épargne pas ce combat. Elle ne supprime ni mes fragilités, ni mes peurs, ni les réactions parfois imprévisibles de mon propre corps. Elle m’apprend simplement à les traverser sans désespérer.

Car voici le secret que j’ai découvert, presque malgré moi, au fil des années : la paix intérieure ne se trouve pas en se regardant soi-même, mais en se tournant vers les autres.

Il m’est arrivé, dans les moments les plus sombres, d’être invité à rendre service — un simple coup de main à un voisin, une visite à une personne isolée, un accompagnement pour une démarche administrative. J’y allais à contrecœur, parfois, le cœur lourd, les pensées embrouillées par mes propres tourments. Et puis, au contact de celui ou celle que j’aidais, quelque chose d’imprévisible se produisait. Mes soucis ne disparaissaient pas, mais ils cessaient d’être le centre de mon attention.

En m’occupant de l’autre, je m’oubliais moi-même. Pas par déni, pas par fuite, mais par une sorte de décentrement naturel. L’attention que je portais à la souffrance ou au besoin de mon frère faisait reculer, comme par enchantement, le brouhaha de mes propres angoisses. Elles n’étaient plus au premier plan ; elles reculaient, s’apaisaient, trouvaient leur juste place. Je découvrais, avec une joie presque enfantine, que le service possède une puissance thérapeutique insoupçonnée : la joie d’être utile. Cette joie-là, discrète et robuste, m’a souvent apporté plus de paix que toutes mes ruminations intérieures.

Mais pour que cette joie devienne possible, il faut que notre volonté soit orientée, soutenue, redressée. Et c’est là que la grâce et la prière interviennent. La grâce ne supprime pas la volonté : elle la redresse, doucement, comme une main guide une autre main qui tremble.

La prière, elle, est le lieu où nous apprenons à accueillir cette grâce, à l’écouter, à y consentir. Dans la prière, notre volonté, si souvent dispersée, se recentre. Elle apprend à dire : « Que ta volonté soit faite, et non la mienne » (Lc 22, 42). Cette parole n’est pas une résignation passive, mais un acte de volonté, un combat, un consentement renouvelé. C’est dans la prière que nous voyons les choses autrement : nos soucis se relativisent, la souffrance des autres devient visible, notre volonté s’ouvre au don. Et lorsque nous servons, la grâce nous soutient, elle donne à nos actes une efficacité qui ne vient pas de nous. Elle achève en nous ce que nous avons commencé par obéissance. Elle fait de nous des serviteurs joyeux, des donateurs qui ne comptent pas leurs dons, des êtres dont la paix est devenue une offrande.

J’ai compris progressivement que ce mouvement vers l’autre n’était pas une échappatoire, mais une école. Une école où j’apprenais à ne plus tout ramener à moi. À ne plus interpréter chaque événement à travers le filtre de mes inquiétudes. À accepter que la souffrance des autres puisse être plus urgente que la mienne. À faire confiance, non pas à mes capacités, mais à la grâce qui agit à travers mes mains vides.

Marie, aux noces de Cana, n’a pas gardé son inquiétude pour elle ; elle a vu le manque, elle a agi, elle a dit aux serviteurs : « Faites tout ce qu’il vous dira » (Jn 2, 5). Elle est la première servante, celle qui ne garde rien pour elle, qui tourne tout vers son Fils. En l’imitant, en servant à mon tour, je découvrais que la paix n’était pas une possession à défendre, mais une offrande à partager. Ce que je n’avais pas su garder pour moi, je le recevais soudain démultiplié, comme si le don appelait le don.

À mesure que l’angoisse desserre son emprise, notre plainte devient intercession et notre inquiétude découvre le visage des autres. La compassion ouvre les fenêtres que la peur avait fermées. Sortir de soi pour servir, ne serait-ce que par une présence, une écoute ou un sourire, demeure souvent le chemin le plus court vers la paix.

Ce ne sont pas les certitudes des forts qui ouvrent les portes du Royaume, ce sont les mains vides. Celles qui acceptent enfin d’être remplies. Si un homme aussi maladroit que moi peut encore trouver refuge sous le manteau de Marie, alors ce refuge demeure ouvert à chacun, car nous arrivons tous devant Dieu avec quelque chose de cassé.

La foi comme direction

Tout ne va pas toujours bien.

Mais tout se passe toujours bien avec Marie.

Parce qu’elle ne garde jamais celui qui vient à elle. Elle le conduit toujours au Christ. Et le Christ, lui, nous conduit aux frères. Dans ce mouvement, notre volonté, soutenue par la grâce, éclairée par la prière, trouve son accomplissement. La paix que nous cherchions si désespérément ne se trouve pas en nous ; elle naît entre nous et les autres, dans cet espace du don.

Prière finale

Marie, Mère du service,
Toi qui as dit « oui » à Dieu et aux hommes,
Apprends-nous à sortir de nous-mêmes.
Obtiens-nous la grâce d’orienter notre volonté vers le don.
Purifie nos intentions. Fortifie notre courage.
Apprends-nous à tendre les mains,
Même quand elles sont vides,
Même quand elles tremblent,
Même quand elles ne savent pas quoi donner.
Apprends-nous que la paix ne se garde pas,
Elle se donne.
Qu’elle se reçoit en se donnant.
Qu’elle se trouve en s’oubliant.
Amen.

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Les cardinaux Robert Sarah et Raymond Burke appellent le pape Léon XIV à intervenir

Ces derniers jours, les cardinaux Robert Sarah et Raymond Burke ont rendu publiques leurs analyses des besoins actuels de l’Église, appelant le pape Léon XIV à intervenir. Ce n’est pas la première fois que les deux cardinaux s’expriment sur la situation et l’avenir de l’Église, mais cette fois-ci, l’urgence était palpable, accompagnée d’une constatation implicite : les progrès sur certaines questions importantes sont trop lents. Si certains problèmes ne sont pas résolus, les processus sous-jacents se poursuivront et toute correction de cap deviendra impossible. Par ces deux interventions, c’est comme si les deux cardinaux avaient invité le pape à dire « ça suffit ! ».

Dans une interview accordée au  College  of Cardinals Report le 28 juin, le cardinal Burke a déclaré : « Nous devons insister pour que ce processus de synodalité soit stoppé » et a appelé à « une étude très sérieuse sur l’ensemble de la question, car il s’agit de la vie même de l’Église et du salut des âmes ». Burke avait déjà exprimé son opposition à la nouvelle synodalité, mais cet appel récent se veut nettement plus insistant. Le cardinal a rappelé ce que les documents synodaux eux-mêmes reconnaissent, à savoir que la nouvelle synodalité n’a aucun fondement théologique mais constitue une expérience : « Il n’y a pas de définition de la synodalité. Elle n’a pas d’histoire dans l’Église. » Le processus synodal vise plutôt à faire émerger la notion de synodalité à partir de la pratique synodale elle-même.

Durant ce nouveau pontificat, le processus initié par François s’est poursuivi sans entrave : les deux derniers consistoires en ont adopté la forme, le rapport du Groupe 9 au synode a souligné où mène la nouvelle pratique synodale, et Fiducia supplicans, l’un des fruits les plus néfastes de cette nouvelle synodalité, a été de fait confirmée par la distinction fallacieuse : bénédictions formelles non, bénédictions informelles oui.

Le cardinal Robert Sarah a également eu des mots durs pour la nouvelle synodalité lors d’un entretien avec Diane Montagna le 16 juillet. Selon lui, la synodalité n’est pas présente dans la tradition de l’Église ; sa signification est mal comprise ; en effet, le Synode des évêques a toujours été empêché de se transformer en une assemblée, comme cela semble être le cas aujourd’hui. À l’instar de Burke, il soutient qu’il n’existe aucune définition de la synodalité et que le mot lui-même est intraduisible dans de nombreuses langues africaines, notamment parce que la définir comme une « Église qui marche » est dénué de sens ; l’Église est, en réalité, missionnaire.

Le cardinal Sarah a également demandé à Léon d’examiner personnellement le synode, de ne pas autoriser sa diffusion dans les diocèses du monde entier sans un examen approfondi, de clarifier la position de l’Église sur l’homosexualité et d’éviter de reproduire les dégâts causés par la publication de Fiducia supplicans.

Le cardinal a été très sévère dans ses remarques concernant la Pachamama, restée exposée tout au long du Synode sur l’Amazonie de 2019. Il s’est demandé pourquoi une image de la Vierge vénérée en Amérique latine, comme Notre-Dame de Guadalupe, n’avait pas été choisie. À sa place, a-t-il affirmé, « ils ont apporté une idole inca » qui est entrée dans la basilique Saint-Pierre et a été portée en procession jusqu’à la salle Paul VI. D’où la demande de préserver l’Église de toute infiltration païenne, qu’elle provienne de religions primitives ou de cultures occidentales développées qui envisagent une synodalité démocratique.

En bref, les deux cardinaux ont demandé au Pape de dire « ça suffit ! » : de la nouvelle synodalité, à l’homosexualité catholique, à Fiducia supplicans, et même à Traditionis custodes, que Sarah espère voir annulé ou du moins réduit au silence et rendue inoffensif.

Si nous examinons ne serait-ce qu’un bref instant les événements survenus dans l’Église durant la même période que les deux interventions que nous venons d’évoquer, force est de constater qu’un « ça suffit ! » est plus que nécessaire.

  • Mgr Erio Castellucci, évêque de Modène, propose qu’une femme préside la Liturgie de la Parole lors de la messe ;
  • l’évêque de Bruxelles, au nom des évêques de Belgique, plaide pour l’ordination de prêtres mariés ;
  • le père James Martin demande qu’un homosexuel puisse également être ordonné prêtre ;
  • le cardinal Timothy Radcliffe préside une célébration religieuse pour l’anniversaire d’un couple de même sexe ;
  • à Los Angeles, une « Misa Azteca » avec des danses païennes a été organisée ;
  • La cathédrale de San Diego célèbre une messe « ouverte à tous » sur les questions LGBT ;
  • Christian Würtz, partisan du processus synodal allemand et de la bénédiction des couples de même sexe à l’église, est nommé évêque d’Eichstätt ;
  • Vatican News approuve l’insémination artificielle
  • L’Osservatore Romano nie le péché originel et l’existence de Satan…
  • le cardinal Mauro Gambetti inaugure un restaurant-bistro sur la terrasse de la basilique Saint-Pierre.

On comprend aisément l’urgence des interventions péremptoires de Burke et Sarah.

La Vie Chrétienne Victorieuse – Réflexions sur le mal, l’injustice et la fidélité du croyant

Alors surgissent des questions qui touchent au plus profond de l’âme : comment demeurer fidèle à Dieu lorsque l’injustice semble triompher ? Comment conserver un cœur paisible quand le mal nous atteint personnellement ? Comment rester ferme dans la vérité sans perdre la douceur de Christ ?

« Beaucoup sont les afflictions du juste, mais l’Éternel l’en délivre toujours » (Ps 34 :19).

L’Écriture ne détourne jamais le regard devant ces réalités. Elle ne les minimise pas et ne cherche pas à les rendre acceptables par des paroles rassurantes. Elle nous conduit à regarder les événements à la lumière du gouvernement de Dieu. La foi ne consiste pas à nier la souffrance, mais à la traverser en demeurant attaché au Seigneur. Elle ne supprime pas les questions ; elle nous apprend à les porter devant Celui qui voit tout, connaît tout et dont le jugement est parfaitement juste.

Il faut d’abord reconnaître que le mal est une réalité. La Bible ne demande jamais au croyant d’appeler bien ce qui est mal. Une injustice demeure une injustice. Une persécution demeure une persécution. Une parole méchante reste une blessure, une trahison demeure une trahison. La douceur chrétienne ne consiste pas à travestir la vérité ni à justifier le péché sous prétexte de préserver une apparence de paix. Dieu nous appelle à nommer les choses telles qu’elles sont, avec sobriété et sans compromis.

Le pardon biblique ne commence jamais par le déni du mal. Il reconnaît pleinement la gravité de la faute avant de la remettre entre les mains de Dieu. Plus la conscience du mal est claire, plus la grâce apparaît dans toute sa profondeur.

C’est pourquoi le psalmiste écrit : « Ne t’irrite pas à cause de ceux qui font le mal » (Ps 37:1). Cette exhortation ne signifie pas que le mal serait insignifiant. Elle rappelle que le jugement n’appartient pas à l’homme. Puisque Dieu demeure le juge souverain, le croyant n’a pas à porter le poids d’une justice qu’il ne pourrait exercer sans être influencé par ses propres blessures.
Mais l’Écriture met aussi en garde contre un danger plus subtil : laisser le mal pénétrer notre propre cœur. Il est possible de résister extérieurement à l’injustice tout en étant intérieurement affecté par elle. On peut devenir dur à force d’avoir été blessé, soupçonneux à force d’avoir été trompé, amer à force d’avoir souffert. Peu à peu, le mal que l’on dénonce finit par produire ses propres fruits dans notre âme.

L’aigreur naît lorsque les blessures cessent d’être déposées devant Dieu et deviennent l’objet d’une rumination mentale. Les mêmes scènes reviennent sans cesse, alimentant le ressentiment, ressassant des pensées négatives sans avancer vers une solution. À force de contempler les torts reçus, on finit par perdre de vue la bonté de Dieu. À force d’être blessé, on devient soi-même blessant.

Cette mise en garde résonne avec force devant l’apparente réussite de ceux qui pratiquent le mal. Il est parfois difficile de ne pas s’irriter devant un mal qui grandit, presque à vue d’œil. Pourtant, la confiance au Seigneur demeure notre refuge, car le croyant est appelé à garder son cœur dans la paix de Dieu. Cette paix n’est ni de l’indifférence ni de la résignation. Elle ne nie pas la douleur, mais refuse qu’elle devienne le centre de notre existence. La foi regarde au-delà des circonstances immédiates. Elle sait que le Seigneur voit ce qui échappe aux hommes, connaît les intentions cachées et agira au moment qu’Il a déterminé.

Le monde présente souvent un spectacle déroutant. Les violents semblent prospérer, les orgueilleux paraissent invincibles et ceux qui pratiquent l’injustice obtiennent parfois les honneurs tandis que les fidèles connaissent le mépris.

Asaph le reconnaît avec une remarquable honnêteté dans le Psaume 73 : « J’ai été jaloux des insensés, en voyant le bonheur des méchants. » Mais lorsqu’il entre dans le sanctuaire de Dieu, son regard change. Il comprend que leur prospérité est provisoire et que Dieu voit la fin de toute chose. La foi ne se nourrit pas des apparences, mais des promesses divines.

Cette perspective traverse toute l’Écriture. Pharaon semblait inébranlable, pourtant il fut englouti dans la mer Rouge (Psaume 136:15).

Saül perdit progressivement le royaume par sa désobéissance (1 Samuel 15 :22-23).

Judas obtint l’argent qu’il convoitait, mais ce gain se transforma en désespoir. Le mal sembla triompher pendant un temps ; pourtant, la fin révéla le jugement de Dieu (Matthieu 27:3-5).

À l’inverse, Joseph fut vendu comme esclave, accusé injustement et emprisonné avant que Dieu ne l’élève pour sauver un peuple entier (Genèse 50:20).

Daniel préféra perdre sa sécurité plutôt que sa conscience, et Dieu manifesta publiquement Sa fidélité (Daniel 6:22-23).

Mardochée refusa de s’incliner devant Haman et fut finalement honoré par le roi (Esther 3:2 ; 6:10).

Ces récits ne promettent pas que chaque croyant connaîtra une délivrance visible ici-bas. Ils révèlent une vérité plus profonde : Dieu n’oublie jamais ceux qui Lui demeurent fidèles.

Le Psaume 37 résume admirablement cette attitude : « Recommande ton sort à l’Éternel, mets en lui ta confiance, et Il agira. » Le croyant apprend à juger selon la fin plutôt que selon l’instant présent. Le juste peut posséder peu ; pourtant, ce peu reçu de Dieu vaut davantage que l’abondance acquise par l’injustice. La véritable prospérité réside dans la paix de la conscience, la communion avec Dieu et l’espérance qui ne sera jamais déçue.

Cette perspective nous apprend aussi à distinguer la justice de Dieu de la vengeance de l’homme. Lorsque nous sommes blessés, nous voulons spontanément rétablir nous-mêmes l’équilibre. Pourtant, cette réaction naît souvent de notre souffrance plus que de l’amour de la justice.

La justice divine est parfaite. Dieu connaît les actes, mais aussi les intentions, les circonstances et les motivations profondes. Son jugement n’est jamais excessif ni précipité. La vengeance personnelle, au contraire, naît du ressentiment et mêle facilement le désir légitime de justice à l’orgueil blessé.

C’est pourquoi l’Écriture déclare : « À moi la vengeance, à moi la rétribution » (Romains 12:19). Celui qui remet sa cause entre les mains de Dieu n’abandonne pas la justice ; il refuse simplement d’en devenir l’exécuteur.

Cependant, remettre le jugement à Dieu ne signifie pas accepter passivement toute injustice. La Bible appelle le croyant à unir deux exigences que le cœur humain sépare volontiers : l’amour et la vérité.

L’amour véritable ne consiste pas à excuser le péché. Vouloir le bien d’une personne, c’est aussi désirer sa repentance et sa restauration. À l’inverse, la vérité ne doit jamais devenir une arme destinée à humilier. L’amour sans vérité dégénère en complaisance ; la vérité sans amour devient dureté. La fidélité chrétienne cherche à parler avec franchise sans haine, à reprendre avec fermeté sans mépris et à dénoncer le mal sans perdre le respect de la personne.

Le Seigneur Jésus demeure le modèle parfait de cette attitude. Nul n’a parlé avec autant d’autorité contre l’hypocrisie, l’injustice et le mensonge. Pourtant, jamais sa fermeté ne fut animée par l’amertume. Même lorsqu’Il souffrait injustement, Il remettait sa cause à Celui qui juge justement.

La croix révèle ce mystère dans toute sa profondeur. Le seul homme parfaitement innocent est condamné comme un criminel. Pourtant, aucune haine ne sort de sa bouche. Au contraire, Il prie : « Père, pardonne-leur. » Le mal n’a pas réussi à produire le mal en Lui. Voilà la véritable victoire.

Cette attitude n’exclut pas la sagesse. Il est parfois nécessaire de reprendre un frère, de dénoncer une injustice, de poser une limite claire ou de s’éloigner d’une relation devenue destructrice. La charité n’est pas la naïveté. On peut dire non sans devenir violent, rechercher la paix sans sacrifier la vérité et protéger sa conscience sans nourrir la haine.

Mais le combat le plus décisif reste celui qui se déroule dans le secret du cœur. Le plus grand danger n’est pas toujours ce que les autres nous font subir ; c’est ce que leurs actes produisent en nous. « Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie » (Proverbes 4:23).

Pour combattre l’amertume, l’Écriture nous ramène constamment vers Dieu. La prière permet de déposer ce que nous ne pouvons porter seuls. La méditation de la Parole rétablit la vérité lorsque les émotions prennent toute la place. Enfin, le pardon coupe progressivement les racines du ressentiment.

Si l’amertume s’est déjà installée, il demeure toujours un chemin de restauration. Il commence par la vérité : reconnaître devant Dieu que le cœur s’est laissé envahir, confesser son ressentiment et renoncer à l’entretenir. Il convient ensuite de couper tout ce qui continue à l’alimenter et d’accompagner cette guérison par une obéissance concrète.

L’apôtre Paul résume admirablement cette dynamique : « Qu’aucune parole mauvaise ne sorte de votre bouche, mais, s’il y a lieu, quelque bonne parole qui serve à l’édification » (Éphésiens 4:29). La grâce reçue devient alors une grâce transmise.

Toutes ces vérités convergent vers le pardon. Le pardon n’efface pas la réalité du mal. Il ne nie ni la souffrance ni les conséquences de l’injustice. Il ne dispense pas davantage le coupable de répondre de ses actes. Pardonner consiste à remettre définitivement sa cause entre les mains du juste Juge.

Le pardon libère avant tout celui qui pardonne. Il le délivre de la prison du ressentiment. Il lui permet de continuer à aimer sans naïveté, de rechercher la vérité sans nourrir la haine et de vivre dans la paix sans abandonner la justice. Être artisan de paix ne signifie pas éviter tout conflit à n’importe quel prix. Cela signifie agir de telle sorte que la vérité, la justice et la grâce puissent se rencontrer. La paix biblique n’est jamais un compromis avec le mal ; elle est le fruit d’un cœur réconcilié avec Dieu.

Ainsi, devant le mal, les injustices et les persécutions, le croyant est appelé à suivre une voie exigeante mais profondément libératrice. Il refuse l’envie devant la prospérité apparente des méchants. Il renonce à l’irritation qui consume l’âme. Il abandonne la vengeance entre les mains de Dieu. Il parle avec vérité, pose les limites que la sagesse exige, protège sa conscience sans nourrir la haine et veille sur son cœur avec persévérance.

Le mal ne disparaîtra pas avant l’accomplissement du dessein de Dieu. Jusqu’à ce jour, le croyant continuera de rencontrer l’opposition, l’incompréhension et parfois la persécution. Mais il sait également que le mal n’aura jamais le dernier mot. Celui qui gouverne l’histoire est aussi Celui qui a vaincu le péché et la mort par la croix et la résurrection de Jésus-Christ.

Cette espérance transforme déjà notre manière de vivre. Elle nous permet de marcher avec patience lorsque la justice tarde, avec douceur lorsque la violence nous atteint et avec fidélité lorsque l’obéissance semble coûter plus qu’elle ne rapporte. Elle nous rappelle que nous avons nous-mêmes été aimés, pardonnés et gardés par grâce.

En attendant ce jour, le croyant avance les yeux fixés sur Jésus-Christ. C’est en Le contemplant qu’il apprend à vaincre le mal par le bien, à aimer sans faiblesse, à dire la vérité sans dureté et à garder, au milieu des épreuves les plus profondes, cette paix qui surpasse toute intelligence et qui garde les cœurs et les pensées en Lui.

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Marine Le Pen peut-elle gagner ?

De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :

Depuis que la décision de la cour d’appel a permis à Marine Le Pen d’annoncer sa candidature à la prochaine présidentielle, plusieurs sondages la donnent, non seulement largement en tête au premier tour, mais également victorieuse au second – dans toutes les configurations.

J’avoue que, si je crois volontiers à la nette avance de la candidate du RN au premier tour, je suis plus dubitatif sur la victoire au second. On nous a trop souvent « fait le coup ». Les sondages permettent le deuxième tour voulu par le « système »: Marine Le Pen face à un autre candidat, du « cercle de la raison », et quinze jours de propagande sur le danger fasciste et sur l’amateurisme du RN suffisent à la victoire du second. Certes, la propagande anti-fasciste fonctionne de moins en moins bien. Mais les dernières législatives ont permis de constater qu’elle n’était pas sans effet. Et le procès en amateurisme pourrait s’avérer encore plus efficace. Bien sûr, il est facile de répondre que le bilan des « non-amateurs » est tellement cataclysmique qu’un singe ferait mieux qu’eux. Mais encore faut-il passer ce message aux destinataires – spécialement aux retraités qui demeurent l’électorat le plus rétif au vote RN et qui « s’informent » principalement avec la télévision dont nous pouvons, sans risque, parier qu’elle fera campagne pour l’adversaire de Marine Le Pen.

La victoire de cette dernière ne me paraît pas impossible, mais il est urgent de combler les manques – à moins, bien sûr, qu’elle ne désire pas vraiment gagner, ce qui, dans l’état actuel du pays, pourrait se comprendre, mais serait fort inquiétant!

La première chose qui manque, me semble-t-il, est une alliance de second tour. Il est assez habituel de dire que le RN est le nouveau RPR (un parti de masse, taillé pour la présidentielle). Mais, en ce cas, il lui faut une nouvelle UDF (un parti fondé sur les « notables de province » et disposant d’un programme différent de celui du RPR).

Le RN n’a jamais vraiment eu d’alliés (parce que la « droite parlementaire » le jugeait infréquentable et que lui-même n’a guère l’esprit de coalition et préfère les ralliés aux alliés). La naissance de l’UDR d’Éric Ciotti est une première étape. Mais nous verrons quelle indépendance ce mouvement pourra avoir pendant la campagne – notamment pour aller chercher les élus LR qui pourraient soutenir publiquement la droite nationale au second tour, surtout dans l’hypothèse d’un second tour face à Jean-Luc Mélenchon. Mais cette droite conservatrice, qui devrait logiquement être alliée (au moins au deuxième tour) du RN, n’aurait pas seulement un intérêt pour la conquête du pouvoir. Elle permettrait surtout de gouverner.

Car le plus grand risque, selon moi, serait une victoire de Marine Le Pen suivie d’une grande déception parce que les cent premiers jours n’auraient pas été correctement préparés. Cette préparation exige des contacts suivis avec les meilleurs représentants des élites et je ne crois pas me tromper en disant que la plupart des cadres du RN demeurent indifférents au soutien des chefs d’entreprise et des hauts fonctionnaires. On peut les comprendre en termes de poids électoral. En revanche, il sera impossible de gouverner sans un soutien d’une partie au moins des élites. C’est cela aussi que pourrait apporter la droite conservatrice.

Prier le Seigneur pour que cesse ce drame et que les vies humaines soient épargnées

Communiqué de l’archevêque de Bordeaux :

Deux jeunes pompiers sont décédés cette semaine à Mérignac. Et des centaines de pompiers luttent contre un incendie terrible, en risquant leur vie. Ils ont un courage extraordinaire.

Les habitants de la paroisse du Cap-Ferret Sud Médoc et les vacanciers ont été évacués et sont dans une grande inquiétude.

Au cours des messes du prochain week-end, je vous remercie tous de prier le Seigneur pour que cesse ce drame et que les vies humaines soient épargnées.

J’encourage les initiatives de groupes de prière qui vont porter ces intentions, le temps qu’il faudra.

Je soutiens les gestes de solidarité et d’accueil à destination des personnes qui ont dû être évacuées, ainsi que de tous les personnels pompiers et autres engagés.

Diocèse de Bordeaux, nous sommes tous unis à celles et ceux qui sont éprouvés par cet incendie et luttent pour l’éteindre.

Nous prions et nous sommes solidaires.

+Jean-Paul James
Le 24 juillet 2026

Demeurons attentifs les uns aux autres…

Communiqué de la Présidence de la Conférence des évêques de France. Il est regrettable qu’hormis une brève assurance de prière, il n’y ait pas un appel à organiser des processions, messes de suffrage, veillées de prières, neuvaines… pour implorer le secours du Ciel :

Depuis le début de l’été 2026, les incendies que connaît la France ont déjà parcouru près de 100 000 hectares, provoqué le déplacement d’environ 170 000 personnes et détruit de très nombreuses habitations et forêts. Des pompiers ont été grièvement blessés et certains ont même perdu la vie dans ce combat acharné contre les flammes. Au même moment, d’autres territoires subissent des épisodes de grêle d’une violence exceptionnelle. En quelques minutes, des récoltes entières sont anéanties, laissant des agriculteurs démunis face à la disparition de leurs cultures, de leurs vignes, de leurs vergers ou de leurs champs.

À toutes les personnes touchées par ces catastrophes et contraintes d’évacuer leur maison, à celles qui ont perdu leurs biens ou le fruit de leur travail, aux pompiers blessés, ainsi qu’aux familles de ceux qui ont offert leur vie, nous voulons exprimer notre proximité. Nous les assurons de notre prière.

Nous invitons les catholiques à prendre généreusement part aux élans de solidarité qui se mettent en place. Nous encourageons les paroisses à laisser leurs églises ouvertes, lorsque cela est possible : beaucoup offrent un refuge de fraîcheur au cœur de la chaleur estivale. Les salles paroissiales peuvent également devenir des lieux d’accueil pour les personnes déplacées, afin de leur offrir le repos, le réconfort et l’aide concrète dont elles ont besoin.

Nous savons que la canicule se poursuivra et que ces phénomènes climatiques extrêmes risquent de se répéter. C’est pourquoi, en cette période où beaucoup prennent quelques jours de repos, nous appelons aussi les communautés chrétiennes à ne pas oublier les personnes malades, âgées ou isolées, mais à redoubler d’attention à leur égard et à s’organiser, en paroisse, pour leur manifester une présence fraternelle et fidèle.

La fidélité à l’Évangile nous pousse à nous engager. Elle passe parfois par des gestes aussi simples qu’offrir un verre d’eau (Marc, 9, 41). Dans ces circonstances éprouvantes, demeurons attentifs les uns aux autres et ayons à cœur de témoigner de la charité du Christ pour tous.

Cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille,
Président de la Conférence des évêques de France

Mgr Vincent Jordy, archevêque de Tours,
Vice-président de la Conférence des évêques de France

Mgr Benoît Bertrand, évêque de Pontoise,
Vice-président de la Conférence des évêques de France

Profanation d’églises dans le diocèse de Tours

Communiqué de l’évêché :

Le serment d’Hippocrate

Tout récemment, j’ai eu l’occasion d’assister à la présentation d’une thèse pour l’obtention du diplôme d’État de docteur en médecine. A la fin de l’exposé, le président du jury a demandé au futur médecin de lire à voix haute le serment d’Hippocrate et de jurer de le respecter en restant fidèle aux lois de l’honneur et de la probité. Sans vouloir reprendre textuellement l’ensemble de cette déclaration, je voudrais en citer juste deux passages qui m’avaient alors particulièrement interpellé :

« Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions.
Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément. »

Face à de telles paroles, on est surpris du peu de réactions des milieux médicaux contre la loi pour l’aide à mourir. Qu’ont-ils fait de leur serment exprimé en public, promesse de ne jamais provoquer la mort délibérément ?

Déjà à l’époque du Covid-19, les médecins ne s’étaient guère fait entendre lorsque des personnalités du monde politique et même médical avaient criées haut et fort dans les médias qu’il fallait interdire l’accès aux hôpitaux pour toutes personnes refusant le vaccin contre le Covid-19. Qu’en était-il alors de cette obligation inscrite dans le fameux serment qu’ils avaient pourtant juré de suivre : respecter la volonté des gens et leurs convictions  ?
Dans un avenir proche, les personnels soignants risquent fort de se retrouver avec de terribles cas de conscience !

La semaine dernière, Tribune Chrétienne a publié le témoignage d’un médecin pour qui provoquer délibérément la mort remettait en question son engagement à accompagner ses patients jusqu’à la fin :

« Il faut non pas donner la mort mais favoriser les soins palliatifs dans leur qualité, et faire en sorte que chaque malade y ait accès. Je refuserai de pratiquer un acte de fin de vie au sens du suicide assisté. Je vais le mentionner au Conseil de l’Ordre des médecins. »

Heureusement, ce médecin n’est pas le seul à faire jouer la clause de conscience en refusant de participer à des actes provoquant la mort. Les évêques de France ont encouragé l’ensemble des responsables des établissements de santé confessionnels et leurs personnels à refuser tout acte contraire à leur conscience. Ainsi, une saine opposition se met en place contre cette loi injuste et totalement abusive. Mais comme toute forme de résistance, elle risque de déclencher des représailles de la part de nos dirigeants pour qui l’application de cette réglementation paraît étrangement urgente.

Les personnes et même les établissements qui refuseront d’appliquer cette loi pourraient bien se retrouver dans la situation des premiers chrétiens !
Face aux exigences de certains empereurs romains particulièrement tyrannique comme Néron ou Dioclétien qui réclamaient un culte impérial de la part du peuple, les chrétiens de l’époque se trouvèrent souvent face à de véritables dilemmes. Refuser de plier le genou devant l’empereur pouvait entrainer de sérieux problèmes mais accepter ce geste d’adoration pouvait être assimilé à de l’apostasie. Si nos dirigeants actuels continuent à dériver vers un totalitarisme de plus en plus assumé, nous risquons de nous retrouver rapidement dans la situation de ces premiers chrétiens : refuser d’obéir à des réglementations abusives ou se renier. A la vitesse où les choses évolues, nous pourrions ainsi être amenés à tester les limites de notre propre foi sous peu : serons nous capable d’assumer nos convictions quitte à perdre notre emploi ou voir nos comptes bancaires bloqués ?

La future loi sur l’ingérence intérieure pourrait bien être la prochaine étape pour certains d’entre nous !

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

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Euthanasie : la résistance cette loi continuera à s’inspirer du respect de la dignité de toute personne humaine

De Mgr Jacques Benoit-Gonnin, évêque de Beauvais :

Réalisme – résistance – espérance

C’est une bien étrange et douloureuse gesticulation que nos dirigeants nous font vivre. Alors que nous avons célébré la fête nationale qui remettait sur le devant de la scène, ces trois grandes valeurs qui rassemblent encore les françaises et les français, la liberté, l’égalité et la fraternité, une majorité de députés a voté une loi sur la fin de vie, le suicide assisté et l’euthanasie.

Malgré les aller-retour entre le Sénat et l’Assemblée Nationale, c’est une proposition de loi qui ne tient même pas compte des derniers échanges, ni d’une majorité qui s’est délitée au fur et à mesure des votes que cette majorité a voté. La version finale est la plus dure et téméraire qui soit, en écartant les garde-fous et des précautions votés auparavant, refusant la clause de conscience aux pharmaciens et établissements servant les malades avec des règles protectrices des personnes qui sont ignorées.

Dans une sémantique anesthésiante, qui change les mots pensant que le réel s’y conformera, les députés ont rétabli une forme à peine déguisée de mise à mort organisée. On voudra nous faire croire que poser ou accompagner un acte qui donne volontairement la mort est un soin et honore la fraternité ! A force de manipulations et de matraquages, nos concitoyens doivent accepter de prendre des vessies pour des lanternes et se convaincre qu’ils ont franchi une nouvelle étape sur la voie du progrès ?!…

Les chrétiens catholiques, pour leur part, se rappelant les propos réitérés du Pape Léon XIV, se rappelleront que la solidarité et la fraternité ne peuvent consentir à la mort provoquée d’hommes et de femmes qui, dans leur fragilité et leur vulnérabilité, approchent de leur fin naturelle.

Certains diront encore : « et la souffrance, vous en faites quoi ? » Personne n’a le monopole de la compassion, et vouloir que la mort puisse être administrée n’est certainement pas signe d’une plus grande considération, d’une grande proximité et d’une authentique solidarité avec les personnes atteintes dans leur fragilité.

La page qu’une majorité de députés, bien limitée au regard des défis et enjeux d’une telle loi, a commencé à écrire, suscite une grande tristesse. Beaucoup auraient souhaité que la représentation nationale investisse ses énergies et ses responsabilités sur des champs sociaux qui touchent et éprouvent davantage le présent et l’avenir de notre pays et sa population …

Notre gratitude renouvelée va à nos élus qui ont su rester fidèles à leurs convictions ou se laisser éclairer par les réflexions, notamment celles de nombreux soignants trop souvent ignorés.

Nous espérons que la résistance à la loi qui vient d’être votée continuera à s’inspirer du respect de la dignité de toute personne humaine, d’une fraternité orientée vers la vie et de la solidarité envers les plus fragiles et vulnérables.

+ Jacques Benoit-Gonnin, évêque de Beauvais

Le député européen et général (2S) Gomart répond à l’Express

Suite à un article publié le 24 juin, le député européen LR Christophe Gomart a exercé un droit de réponse qui a été refusé pour vice de forme.

Le voici :

Voter Mélenchon au 1er tour: vraiment?

Cher Charles,

Mettons tout de suite d’accord sur la finalité à obtenir : « la victoire de RN-UDR, ou de tout candidat propice à limiter l’immigration, notamment musulmane » et venons directement au fait : les moyens d’y parvenir.

Votre papier veut montrer l’urgence de créer les conditions favorables à une victoire du pôle RN UDR et vous proposez un scénario dans l’hypothèse que LE PEN soit largement devant les sondages.

Et ce scénario, comme la stratégie qui le sous-tend, soulève mille questions (même si LE PEN était haut dans les sondages) :

Votre argumentaire est tel que vous le décrivez : parfaitement logique. Mais rien dans la vie humaine, dans les évènements politiques ne relèvent de la pure logique. Et si cela nous échappait ? Et si nous étions pris à notre propre jeu ? Comme vous ne l’écrivez « rien n’est gagné » et les 10 mois qui nous séparent de la présidentielle sont une éternité politique où tout peut se passer.

Pire encore : le symbolique est souvent largement plus puissant en politique que la logique, Fillon peut vous parler de ses costumes…

Et il est symboliquement très problématique que Mélenchon accède même au 2nd second, même sous couvert de stratégie électorale ! Imaginez-vous qu’il se privera de revendiquer la légitimité que cette place au 2nd tour lui donnerait ? Lui donneriez l’occasion de se saisir du symbole que représente celui de « l’opposition légitimée par les urnes » au fascisme d’extrême droite» ?

Personnellement je préférai qu’un score ridicule dès le premier tour le remette à la place qui lui revient : le néant. Il y a tout à perdre d’un scénario où Méluch peut tisser son récit de résistant, là encore le symbole sera plus fort que tous les tweets dénonçant les dérives de l’extrême gauche.

Et je ne peux pas m’empêcher de noter que, paradoxalement, vous avez les mêmes arguments que LFI :

Comme eux vous pensez pouvoir tirer profit des heurts d’entre deux tours. Eux pensent mettre la pression grâce à ça. Vous, vous imaginez que l’ultime gouvernement Macron « prendra en charge » ces heurts. Macron n’a pas pris en charge les incendies, la dette, la sécurité, l’immigration, les crises successives, les couteaux dans les écoles, les attentats, les dégradations à chaque match…mais il prendrait en charge ces heurts ? Pour quelle raison ? Et quel intérêt pourrait le motiver à agir ici alors qu’il ne l’a fait nulle part ?

Macron ne traitera aucune rébellion ni aucun mort, et la justice ne sera dure qu’avec le camp national. Et les médias ne condamneront que l’extrême droite. Regardons Crépol, Quentin, etc…
Il est fort probable que si Mélechon fait un très bon score au 1er tour, il y aura des heurts. Autant lui mettre une droite démocratique par les urnes dès début.

Enfin, et pardon pour la métaphore mais le site s’y prête, mais il semble compliquer de pactiser avec Satan, sous un prétexte de logique, et d’espérer s’en sortir avec un Jésus au bout du compte.

Toute la littérature reconnue dans ce monde parle de cette tentation universelle d’utiliser le mal pour faire le bien. Spoiler alert : ça ne marche jamais et je préfère me couper la main que d’effleurer un bulletin LFI, quand bien même cela aurait toutes les apparences du choix logique.

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« 1926 : un tournant pour le monde et l’Église ? »

Les conférences données dans le cadre du colloque universitaire du CEP, qui s’est tenu en février 2026; sont en ligne. Cette journée intitulée : “1926 : un tournant pour le monde et l’Église ?” avait pour thématique le centenaire de l’Action-Française et des Cristeros.

Parmi les dix interventions qui traitent de ces deux thèmes, l’introduction de Dominique Tassot est en libre consultation, tandis que le reste des interventions est réservé aux abonnés “Complet”.

Le département d’État de Trump lutte contre l’avortement en Afrique

La seconde administration Trump a été une immense déception pour les défenseurs du droit à la vie. Les avancées de la première administration Trump étaient en grande partie le fruit du travail acharné de militants pro-vie tels que l’ancien vice-président Mike Pence, qui a œuvré sans relâche pour que les droits de l’enfant à naître soient au cœur des préoccupations pendant quatre ans.

Le seul point positif de la seconde administration a été le ministère des Affaires étrangères de Marco Rubio. « Nous allons commencer à empêcher toute ONG internationale qui pratique ou promeut l’avortement à l’étranger de recevoir un seul dollar de fonds américains », a déclaré le vice-président JD Vance lors de la Marche pour la vie en janvier, annonçant une nouvelle version élargie de la politique de Mexico, qui interdit l’utilisation de l’argent des contribuables américains pour financer des avortements à l’étranger.

Le 18 juillet, un rapport de l’Associated Press a détaillé le programme international pro-vie du département d’État américain. Selon l’Institute for Journalism and Social Change, une organisation militante pro-avortement, 17 organisations américaines pro-vie « ont dépensé plus de 9,3 millions de dollars à travers l’Afrique en 2023 et 2024 », ce qui s’ajoute aux « 16 millions de dollars qu’elles ont envoyés sur le continent de 2019 à 2022 – ce qui est une sous-estimation, ont déclaré les chercheurs ».

Bien que 25 millions de dollars puissent paraître une somme importante, l’Associated Press omet de préciser que les groupes pro-avortement – ​​souvent financés massivement par l’argent du contribuable –  dépensent des milliards de dollars en Afrique pour promouvoir leur programme de « planification familiale ». MSI Reproductive Choices (anciennement Marie Stopes International) a dépensé des centaines de millions de dollars rien qu’en 2025. International Planned Parenthood investit également des millions sur le continent.

La guerre contre l’avortement en Afrique est un combat de David contre Goliath, mais, heureusement, les pro-vie gagnent du terrain.

En mai, une cour d’appel kényane a cassé un jugement affirmant que l’accès à l’avortement est un droit fondamental. 

En juin, lors d’une conférence au Ghana, les représentants de 20 pays africains ont finalisé un projet de charte appelant au rejet des droits à la santé sexuelle et reproductive. Ce texte sera soumis au vote de l’Union africaine l’année prochaine. Sharon Slater, cofondatrice de l’organisation américaine anti-avortement Family Watch International, a participé cette année à la collecte de fonds en faveur de l’adoption de cette charte au Parlement européen à Bruxelles.

Le département d’État américain a souligné :

« Les Américains attendent de leurs impôts qu’ils servent à financer des programmes qui sauvent des vies et qui reflètent les valeurs américaines, et non des activités liées à l’avortement, des programmes sociaux de gauche ou des bureaucraties étrangères dispendieuses ». « L’aide américaine continue de soutenir un large éventail de services de santé maternelle et infantile dans le cadre de la stratégie mondiale de santé « America First ». »

Est-ce que quelqu’un craint l’annonce du Jugement dernier et de l’Enfer ?

De l’abbé Guy Pagès :

Dans la dernière version du lectionnaire de la messe dominicale, revue sous l’autorité du cardinal Sarah, alors Préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, on trouve encore des textes tirés de la Sainte Ecriture dont la lecture d’une partie est laissée à la discrétion du célébrant, et ce afin de ménager “la capacité des fidèles d’écouter avec fruit la lecture plus ou moins longue (Présentation générale du Missel romain, n° 360).

Or, l’extrait d’Evangile de ce dimanche 26 juillet (Mt 13.44-52), déjà passablement court, pouvait être réduit à seulement ces trois versets :

“En ce temps-là, Jésus disait à la foule ces paraboles : « Le royaume des Cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ.

Ou encore : Le royaume des Cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète la perle.”

… tandis que pouvaient être supprimés les versets suivants :

“Le Royaume des Cieux est encore comparable à un filet que l’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons. Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s’assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien.

Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes et les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »

« Avez-vous compris tout cela ? » Ils lui répondent : « Oui ». Jésus ajouta : « C’est pourquoi tout scribe devenu disciple du Royaume des Cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. »”

Cela n’aurait-il donc pas de sens que l’Evangéliste ait voulu donner à la suite ces trois paraboles sur le Royaume des Cieux ? Ou bien serait-ce que quelqu’un (Mais qui cela pourrait-il bien être ?) craint l’annonce du Jugement dernier et de l’Enfer où vont la plupart des hommes … faute d’en avoir été prévenus ?

En effet, « Nous affirmons qu’une grande partie de ceux qui sont condamnés aux supplices éternels subissent ce châtiment sans fin à cause de leur ignorance des mystères qu’il est nécessaire de savoir et de croire pour être placés parmi les élus. » (Saint Pie X, Lettre encyclique Acerbo nimis, 15 avril 1905)

Que l’on me permette de recommander mon ouvrage : 

Le rééducation LGBTQXYZ

Le gouvernement veut “former 100 % des cadres du ministère de l’Education nationale” afin de mieux lutter contre les discriminations anti-LGBT+, selon un nouveau plan dévoilé samedi par le ministre chargé de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, Mme Aurore BERGE.

Cette mesure vise à “mieux qualifier et signaler les actes anti-LGBTI+” au sein des établissements scolaires, souligne le ministère dans un communiqué de présentation du nouveau Plan national pour l’égalité, contre la haine et les discriminations anti-LGBTI+ pour la période 2026-2029.

Cela prendra la forme d’un “module dédié à la lutte contre la haine anti-LGBT+ (…) ajouté à la formation des directeurs comme des inspecteurs” et d’un renforcement de la formation continue, a détaillé Mme Aurore Bergé.

Elle souhaite également que soit disponible dans tous les établissements scolaires, à la rentrée 2027, un vademecum sur la lutte contre les discriminations anti-LGBT+.

Nos enfants ne sauront pas plus lire, écrire ni compter, mais ils seront bien formatés…

Edouard Vieilfault : servir l’investissement chrétien

Vous souhaitez investir pour le Bien Commun ? Rendez-vous ici :https://www.credofunding.fr/fr/menu_item_pages/investir

Aujourd’hui, Genèse reçoit Edouard Vieilfault, directeur associé chez Credolending, la plateforme chrétienne de l’investissement, qui a accompagné depuis 5 ans plus de 60 projets dans de nombreux domaines tels que le patrimoine, l’éducation, la culture, la fragilité humaine, l’écologie.

Un homme de finance… mais surtout un homme de liens. Du conseil en gestion de patrimoine à l’ouverture d’un bar, jusqu’à l’investissement au service du Bien commun, son parcours raconte une même quête : créer de la valeur sans jamais perdre le sens. Avec CredoLending, il bâtit un pont inédit entre investisseurs et porteurs de projets. Un lieu où la finance devient féconde.

Chronique des cinglés

Nouvelle attaque au couteau à Paris

Vers 11h30 ce lundi, un homme armés de deux couteaux s’est attaqué à des femmes au nord-ouest de Paris.

Les victimes, âgées de 19, 24 et 36 ans, «ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier», indique la préfecture de police de Paris. Deux d’entre elles, touchées au niveau des lombaires et de l’abdomen, sont actuellement en urgence absolue, la troisième est en urgence relative, mais aucun pronostic vital n’est engagé. L’une de ces femmes serait enceinte.

L’homme armé a été repéré par un policier hors service alors qu’il trottinait avec deux couteaux dans les mains. L’agent a immédiatement appelé des renforts et pris le suspect en filature pour finalement l’interpeller avec l’aide d’un équipage de police.

Sur une vidéo postée sur les réseaux sociaux, l’homme avoue : «C’est Allah qui m’a ordonné.»

Attentat islamiste contre une manifestation LGBTQXYZ

Actualité symptomatique de la chute de l’Occident, à Berlin samedi, coincé entre le lobby LGBTQXYZ et l’islamisme conquérant

Samedi soir, une femme est morte, et 29 personnes ont été blessées, après qu’un homme en camionnette a foncé dans un groupe de participants, dans le bois de Tiergarten. Après une longue cavale, le suspect, Abdul Ballout, a été abattu par la police, dimanche soir, dans le quartier de Spandau.

Agé de 21 ans, Abdul Ballout, serait un partisan de l’État islamique, qu’il aurait tenté de rejoindre en Syrie, en 2025, avant qu’il ne soit arrêté au Liban. Il aurait couru en direction des forces d’intervention muni d’une arme blanche. Les membres de l’unité spéciale SEK-Berlin ont alors fait usage de leurs armes à feu. Abdul Ballout a été libéré d’un centre de détention pour mineurs en mai dernier. Il était connu des services de police notamment pour coups et blessures graves et extorsion avec violence.

Dans Le Monde, à part les mots croisés…

Bernard Arnault, patron de LVMH, a réagi à une enquête à charge publiée dans Le Monde :

Cholet : 4000 victimes de la Terreur recensées

Professeur d’histoire-géographie au lycée français international de Bangkok en Thaïlande et originaire du Maine-et-Loire, auteur d’un livre sur les massacres de masse commis par les révolutionnaires à Angers en 1793-1794, Jean-François Couet donnera une conférence à Cholet, mercredi 29 juillet. Il a été interrogé dans Ouest-France. Extrait :

Vote Mélenchon au 1er tour : une évidence

Certes, c’est un peu provocateur, et pourtant le constat s’impose de manière absolument logique.

AUTREFOIS 2 BLOCS, AUJOURD’HUI 3

Avant 2017, à part la surprise de 2002, la vie politique française s’articulait autour de 2 pôles : « Droite molle + Centre Droit », contre « Gauche modérée ». Le reste, c’étaient des extrêmes exclus, ou bien des supplétifs de ces 2 pôles.
Le 1er tour des élections présidentielles promettait alors peu de surprises.

Aujourd’hui, il y a 3 pôles : ce que nous appellerons par simplicité la « Droite dure » (RN-UDR), la « Gauche dure » (LFI et ses affidés), et un Centre allant de la « Droite molle » à la « Gauche modérée ».

Il y a donc 3 pôles, pour seulement 2 places en « finales », au 2e tour.

FAIRE GAGNER LE PEN, OU TOUT AUTRE CANDIDAT SI IMPARFAIT ?

Je postule ici qu’il faut souhaiter la victoire de RN-UDR, ou de tout candidat propice à limiter l’immigration, notamment musulmane.

J’en ai déjà présenté les arguments, notamment ici : https://archive.is/SuJvA.

Par ailleurs, l’urgence de la situation est démontrée ici : https://lesalonbeige.fr/nous-sommes-plus-de-50-a-vouloir-reagir-cela-ne-suffit-plus/ et ici https://lesalonbeige.fr/encore-des-maths-au-service-des-elections/

DES SONDAGES ACTUELS TROMPEURS

Certes, les sondages actuels donnent Marine LE PEN gagnante « dans tous les cas ».

Mais beaucoup d’électeurs n’ont pas encore choisi : entre 15 et 30 % d’indécis, selon les sondages.

Rien n’est donc gagné.

En effet, nous nous souvenons de 2002, des intimidations gauchistes dans la rue, dans les médias, des menaces/risques d’insurrection. C’est d’ailleurs ce que suggère M. BAGAYOKO. Tout cela fera peur à certains électeurs, qui préféreront l’agonie lente avec le Centre, plutôt que le bazar que promet la Gauche en cas de victoire patriote. Nous y reviendrons.

UNE SEULE CERTITUDE : LA FRANCE REJETTE MASSIVEMENT MELENCHON

Profitons des rencontres estivales pour faire ce test.

Certes, la diabolisation du RN persiste : difficile de dire publiquement qu’on est RN ou R! ou etc. En revanche, il est tout à fait admis de déclarer qu’on ne votera pas MELENCHON en cas de 2e tour contre LE PEN.

Essayez !

Vous verrez, les discussions qui suivront seront passionnantes. Vous n’aurez même pas besoin de parler, vous aurez juste libéré la parole grâce à une question socialement acceptée.

BILLARD A 2 BANDES : 1/ MELENCHON, POUR 2/ LE PEN

Nous nous plaçons ici dans l’hypothèse où LE PEN est largement devant dans les sondages.
Inutile de prendre des risques…

Dans ce cas, nous reprenons le principe ébauché ici : https://lesalonbeige.fr/presidentielle-ver-un-second-tour-rn-zemmour/ . Pour faire simple : s’il y a de la marge au 1er tour, comment utiliser cette marge pour préparer la suite ?

Réponse : voter MELENCHON au 1er tour, pour viser un 2e tour LE PEN – MELENCHON, seul cas de figure où il y a une quasi-certitude de victoire.

POLARISATION DROITE DURE – GAUCHE DURE : L’HEURE DES CLARIFICATIONS

Le Centre mène au même monde que la Gauche dure : moins de liberté (nos écoles, etc.), plus d’immigration-islamisation, d’injustice, de censure, des lois sociétales abominables, etc.

Certes, le RN déclare qu’il ne reviendra pas sur ces lois.

Retailleau dit d’ailleurs la même chose… (https://www.youtube.com/watch?v=ZTrufBwLlso&t=1700s)
Il ne reviendra pas sur l’inscription de l’IVG dans la Constitution, ni sur l’euthanasie : « tout ce qui a été fait avant, je n’y reviens pas ». Il précise aussi qu’il ne croit pas en la remigration.

Avec un 2e tour LE PEN – MELENCHON, le débat se polarisera sur le projet de société de long terme.

Chaque personnalité politique devra se déterminer par rapport à ces 2 projets. Quid des Valérie PECRESSE, des Xavier BERTRAND, etc. ? LR explosera, et c’est tant mieux.

POLARISATION DROITE DURE – GAUCHE DURE : PRESERVER LES PREMIERS TEMPS DU GOUVERNEMENT

Cette polarisation risque de provoquer des heurts dès l’entre deux-tours, beaucoup plus qu’en 2002.

Très cyniquement, je pense qu’il vaut mieux que ces heurts soient pris en charge par l’ultime gouvernement Macron de ce moment-là, plutôt que par le premier gouvernement RN-UDR.

Si cela devient vraiment dur, avec des morts, il vaut mieux que cette rébellion soit traitée par un ministre de l’Intérieur macroniste, au moins au début.

Les premiers temps d’un gouvernement RN-UDR seront très difficiles : il est alors préférable d’hériter d’une situation déjà dégénérée, plutôt que de la voir surgir quand on est aux commandes. Nous y reviendrons.

Charles Rosiers, ancien chroniqueur au quotidien Présent, [email protected]

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

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