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L’euthanasie, une liberté? Vraiment?

Eric Descheemaeker, Professeur de droit, nous autorise très aimablement à publier la lettre sur l’euthanasie qu’il a écrite à son député et diffusée sur Facebook:
Monsieur le député,
Comme des millions de nos concitoyens je suis extrêmement inquiet de la proposition de loi relative à « l’aide active à mourir » et vous demande instamment de vous y opposer si le texte devait, par malheur, revenir à l’Assemblée.
Cette proposition de loi est présentée par ses soutiens comme un moyen de respecter la dignité et l’autonomie des personnes en fin de vie. Mais il s’agit là d’un double mensonge.
Il n’y a aucune dignité dans le fait de voir sa condition réduite à un problème – la souffrance – qu’on peut régler en administrant la mort. Le respect ne peut s’adresser qu’aux vivants, et il consiste à être traité comme un être humain doté d’une valeur intrinsèque, et incommensurable, jusqu’à son dernier souffle. Ce qui préserve la dignité humaine c’est précisément l’interdit de tuer : personne n’est jamais suffisamment diminué que cela justifie qu’on lui enlève la vie. Penser l’inverse, c’est basculer dans une autre civilisation, qu’on pourrait qualifier de barbare.
Et puis l’autonomie : « les gens font ce qu’ils veulent de leur vie ». En un sens, c’est vrai – d’ailleurs le suicide est une liberté. Mais ce dont on parle ici est très différent : il s’agit de l’administration de la mort par la société. On prétend que c’est l’individu qui décidera. Mais cela n’est déjà pas vrai dans le texte actuel, puisqu’on fait valider (ou non) la revendication individuelle par des tiers. C’est donc bien la société qui décide.
Il est parfaitement évident, vu notre expérience de ce genre de lois et de phénomènes sociaux, que la volonté individuelle sera très vite dissoute dans la volonté des autres. Si être euthanasié est une possibilité, il deviendra rapidement un devoir de se poser la question : « est-ce que je mérite de continuer à vivre ? ». Un peu de pression sociale et médiatique pour donner mauvaise conscience à ceux qui s’accrochent – et qui coûtent cher, utilisent les ressources de l’hôpital, etc – fera le reste : très vite, beaucoup se sentiront obligés de demander à ce qu’on en finisse (et les partisans du texte avaient souhaité que les en dissuader puisse vous mener en prison !).
Vouloir mourir de sa mort naturelle ne sera plus une évidence mais un choix que, de plus en plus, il faudra justifier aux yeux de la société, aux yeux de ses proches et à ses propres yeux. Pour répondre à la « demande » ainsi induite, la loi sera indéfiniment assouplie jusqu’à ce que les produits létaux soient en vente libre en pharmacie. Tout cela est écrit d’avance ; prétendre l’inverse est faire preuve d’un aveuglement coupable.
Je vous demande donc, en tant que Français qui refuse catégoriquement que sa vie, ou celle de quiconque, puisse jamais être mise en balance avec des considérations instrumentales, de vous opposer à ce texte.
Veuillez recevoir, Monsieur le député, l’expression de mes meilleures salutations républicaines,
Eric Descheemaeker
Professeur de droit

Tournée générale : un film sur l’euthanasie avec Pascal Légitimus

Natalie Saracco a tourné un court-métrage, une comédie satyrique sur l’euthanasie, qui s’appelle TOURNÉE GÉNÉRALE.

Pascal Légitimus, un Inconnu bien connu, joue le rôle d’un médecin fou qui veut zigouiller tout le monde.

Les circuits classiques de diffusion n’osent pas distribuer ce film faisant de lui un objet interdit, pour ne pas dire un paria. C’est pourquoi ce film est diffusé sur youtube.

Le Salon beige va publier quelques petits épisodes pour “mise en bouche” avant la diffusion du film complet le 14 Juillet.

Terres de Mission : Approfondir nos raisons de croire

Eglise universelle : Estivales de l’Education intégrale

Les 8, 9 et 10 juillet aura lieu au sanctuaire Notre-Dame de Montligeon, dans l’Orne, la 5ème édition des Estivales de l’Education intégrale. Responsable de cet événement, François-Xavier Clément présente ces journées de rencontres et de réflexions destinées au personnel éducatif autour du thème : Eduquer au beau.

Eglise en France : Exposition d’œuvres d’Henri Charlier

Sculpteur, peintre et dessinateur, Henri Charlier nous a laissé une œuvre abondante, profondément catholique mais trop souvent méconnue. Du 18 juillet au 16 août aura lieu à l’abbaye de Saint-Paire-sur-Mer, dans la Manche, une exposition de ses œuvres que nous présente Lucie Théobald. Une journée des artistes aura également lieu les 17 et 18 juillet.

Eglise en marche : Ouverture de l’Institut apologétique Saint Irénée

A la rentrée scolaire prochaine ouvrira ses portes Apostolos. L’Institut apologétique Saint-Irénée. Initiateur de ce cycle de formation destiné aux missionnaires du continent numérique, monsieur l’abbé Raffray nous présente cette initiative.

“La vitalité d’un pays est profondément liée à la valeur qu’il accorde à la vie humaine”

Le pape américain a prononcé un discours à l’occasion de l’acceptation de la Médaille de la Liberté du Centre national de la Constitution des Etats-Unis. Extrait :

Le premier droit consacré par les fondateurs de la nation fut le droit à la vie, car nul ne peut, privé de la vie, jouir de la liberté ni rechercher le bonheur. La vitalité d’un pays est profondément liée à la valeur qu’il accorde à la vie humaine sous toutes ses formes et dans toutes ses conditions, reconnaissant la dignité inhérente à chaque personne humaine du simple fait de son existence. La valeur intrinsèque de chaque vie humaine a conduit les cœurs nobles de générations à louer les œuvres merveilleuses du Créateur (cf. Ps 139, 14) et à vénérer ce don si précieux. C’est précisément cette vénération que nous devons continuer à cultiver – une vénération qui touche les cœurs et inspire des lois qui reconnaissent et protègent ce don, de la conception à la mort naturelle. La vénération nous aidera aussi à prendre conscience de notre rôle de gardiens et d’intendants de ceux qui nous sont confiés. À cet égard, la grandeur morale d’une nation se manifeste avant tout dans sa capacité à soutenir, protéger et chérir la vie de tous, en particulier celle des plus vulnérables et de ceux dont la valeur est remise en question.

Et dans sa lettre à l’occasion du 250e anniversaire de la fondation des États-Unis, le Saint-Père souligne :

Parmi les principes qui ont guidé le développement de ce pays figure également la dignité inaliénable de toute vie humaine, chaque personne possédant une valeur intrinsèque qui appelle respect, protection et bienveillance. Dans cet esprit, la pleine compréhension de cette dignité conduit à reconnaître l’importance de préserver la vie humaine depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle, et de bâtir une société où les personnes vulnérables, souffrantes et oubliées sont toujours accueillies avec compassion, solidarité et amour.

Le cardinal Koch juge que le débat suscité par la FSSPX devrait conduire l’Église à réexaminer certaines interprétations postconciliaires

Le cardinal Kurt Koch, préfet du Dicastère pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens, s’est montré convaincu qu’il sera encore possible de rouvrir le dialogue avec la Fraternité fondée par Mgr Marcel Lefebvre. Dans le dernier épisode du podcast de la revue allemande Communio, le prélat suisse a affirmé qu’une excommunication a pour but d’inviter au repentir et de favoriser le retour à la pleine communion ecclésiale. C’est pourquoi il a exprimé l’espoir qu’à l’avenir les conversations puissent reprendre « afin qu’ils retrouvent le chemin vers l’Église catholique ».

Le préfet du dicastère œcuménique a soutenu que le débat suscité par la FSSPX devrait conduire l’Église à réexaminer certaines interprétations postconciliaires. En ce sens, il a affirmé qu’il serait opportun de « se frapper la poitrine » et de se demander quels aspects nécessitent une correction afin de pouvoir démontrer que de nombreux problèmes dénoncés par la Fraternité ne proviennent pas des documents conciliaires, mais de certaines tendances apparues après Vatican II.

Selon le cardinal Koch, seule une distinction entre le Concile et certaines interprétations postérieures permettra de répondre de manière crédible aux objections soulevées par la Fraternité.

Le cardinal s’est également exprimé directement sur les récentes consécrations épiscopales célébrées à Écône. Il a estimé que la justification avancée par la FSSPX constitue une forme d’« auto-attribution d’autorité » pour procéder à des ordinations sans le consentement du Pape. Koch a comparé cette attitude à celle de certains milieux progressistes qui prétendent également agir en marge des décisions de l’autorité ecclésiastique.

« Une fois de plus, on constate que traditionalistes et progressistes peuvent souffrir de la même maladie, même s’ils sont hospitalisés dans des salles très différentes du même hôpital ».

Le prélat a également critiqué la conception de la Tradition que défend la Fraternité Saint-Pie-X. Selon lui, son erreur consiste à considérer que la véritable Tradition a été interrompue avec le Concile Vatican II. Pour le cardinal Koch, cette interprétation est partielle car elle ne prend pas en compte l’ensemble des deux mille ans d’histoire de l’Église, mais seulement une partie.

Il a également remis en question l’interprétation que la Fraternité fait du célèbre axiome Extra Ecclesiam nulla salus (« Hors de l’Église, point de salut »). Il a rappelé que la tradition catholique a toujours soutenu que Dieu veut le salut de tous les hommes et que sa miséricorde peut aussi agir chez ceux qui n’ont jamais pleinement connu l’Évangile.

« Quand la Fraternité semble envoyer en enfer tous ceux qui n’appartiennent pas à l’Église catholique, je me demande comment peut se maintenir la conviction fondamentale de la Sainte Écriture selon laquelle Dieu veut sauver tous les hommes ».

La Cour de cassation trahit l’interdiction de la GPA visant à protéger les femmes et les enfants

Communiqué du Syndicat de la famille :

Par un arrêt rendu [vendredi] en Assemblée plénière, la Cour de cassation trahit l’interdiction française de la GPA visant à protéger les femmes et les enfants de cette exploitation et de ce trafic d’êtres humains. 

La cour de cassation a annulé les jugements de la cour d’appel pour un motif de procédure mais, jugeant ensuite aussi sur le fond, elle a estimé que les jugements canadiens étaient conformes aux exigences du droit international français, ce qui l’a conduit à accorder les exéquaturs demandés par deux couples ayant obtenu des enfants de mères porteuses canadiennes. Les exéquaturs consistant à reconnaître en France les effets de jugements étrangers, en l’occurrence établissant de filiations entre commanditaires et enfants nés de GPA, ils vident de leur substance l’interdiction française de la GPA : ils reviennent, dans les faits, à valider l’exploitation de femmes d’autres pays par des Français.

Le Syndicat de la Famille dénonce avec la plus grande fermeté cette décision.

Les juges ont en particulier invoqué l’intérêt supérieur de l’enfant, mais en omettant qu’aucun enfant n’a intérêt à être l’objet d’un contrat. Aucun enfant n’a intérêt à être volontairement privé de sa mère de naissance. Aucun enfant n’a intérêt à être conçu dans le cadre d’un marché où la grossesse, le corps des femmes et la filiation deviennent des objets de transaction.

En faisant progressivement produire tous ses effets en France à une GPA réalisée à l’étranger, la Cour de cassation vide peu à peu de sa substance l’interdiction pourtant inscrite dans notre droit. Son raisonnement est dangereux : il crée un appel d’air pour les futurs commanditaires de GPA, qui savent désormais que les conséquences juridiques de leur démarche seront de plus en plus largement reconnues en France.

Ce jeu est dangereux. À force de faire primer les conséquences d’une pratique illicite sur le principe même de son interdiction, la Cour fragilise la cohérence de notre droit et affaiblit le message de protection que la France prétend adresser aux femmes et aux enfants. L’interdiction de la GPA ne peut rester un principe théorique dont les effets seraient systématiquement neutralisés par la jurisprudence.

« Si la France veut réellement lutter contre cette pratique, elle doit se donner les moyens de dissuader les Français d’y recourir à l’étranger en l’interdisant explicitement. La GPA demeure une traite d’êtres humains. Elle est évidemment contraire à l’intérêt supérieur de l’enfant comme au respect de la dignité de la femme, ce que la France, pays des droits de l’Homme, ne peut pas tolérer sans se trahir elle-même. Nous poursuivons le combat avec détermination contre cette pratique esclavagiste ! », déclare Ludovine de La Rochère, présidente du Syndicat de la Famille.

Bénédiction d’un calvaire de la Sainte Famille à Cotignac

En ce week end du 50ème pélé des pères de famille à Cotignac aura lieu la bénédiction du calvaire de la Sainte Famille réalisé par Jean-Joseph Chevalier. “La Croix, c’est le mystère de notre foi, le signe de la rédemption”, confie le sculpteur qui affectionne les calvaires de campagne inspirés par saint Louis-Marie Grignion de Montfort. D’une hauteur de ‌2,2 mètres, la réalisation du calvaire a nécessité un bon mois de travail.

Jean-Joseph Chevalier a travaillé en taille directe une pierre du Poitou, un calcaire français très fin, réputé pour son homogénéité et sa capacité à absorber la lumière. La sculpture est un exercice d’humilité où le matériau impose sa loi : “C’est la pierre qui me dicte, je me laisse subjuguer “. L’apparition surprise de coquillages en plein cœur du bloc l’a ainsi obligé à recomposer les volumes au fil du ciseau, transformant l’imprévu en élément de l’œuvre.

Au premier plan, l’Enfant Jésus est debout sur un rocher. Derrière lui, la Vierge Marie l’accompagne et le pousse doucement vers nous, l’offrant avec tendresse. Saint Joseph, quant à lui, soutient le bras de Jésus qui montre son Père céleste. « C’est la spiritualité même de la Sainte Famille. Saint Joseph s’efface devant le Père », explique l’artiste.

Au pied du calvaire, une petite table de pierre fait office d’autel, invitant les pèlerins à y déposer une bougie ou une intention de prière. 

Cette division traverse le cœur de familles et de fidèles qui cultivent, avec une ferveur et un zèle apostolique réels, un sincère amour de l’Église

Communiqué de la Conférence des évêques de France :

Vivre une communion renouvelée au service de la mission

Le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a publié hier un décret confirmant l’excommunication des évêques de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, pour avoir commis « un acte de nature schismatique » : la consécration épiscopale de quatre prêtres, organisée le 1er juillet 2026 à Écône, en Suisse, « sans mandat pontifical et contre la volonté du Souverain Pontife ».

Le décret précise que les prêtres de la Fraternité, ainsi que les fidèles laïcs qui y adhèrent formellement, sont également concernés par cette peine d’excommunication. Le Saint-Siège avertit enfin les fidèles que les sacrements administrés par les prêtres de la Fraternité Saint-PieX sont illicites, et que le sacrement de pénitence et le mariage qu’ils célèbrent sont invalides.

Nous avons accueilli avec tristesse et douleur le choix de la Fraternité Saint-Pie-X, et prenons acte de ses conséquences canoniques. Cette situation porte gravement atteinte à la communion ecclésiale, pour l’Église universelle et, d’une façon particulière, dans notre pays.

En France en effet, où la Fraternité Saint-Pie-X est bien implantée, cette division traverse aussi le cœur de familles et de fidèles, jeunes et moins jeunes, qui sont attachés, pour des raisons historiques, affectives, personnelles ou familiales, à la Fraternité Saint-Pie X, mais qui cultivent aussi, avec une ferveur et un zèle apostolique réels, un sincère amour de l’Église et un profond désir de participer à sa mission, en communion avec le Pape et dans la fidélité à la grande Tradition de l’Église et du Magistère. À ces fidèles qui souffrent aujourd’hui de cette situation, nous voulons manifester notre sollicitude paternelle. Nous espérons que les mesures annoncées par le Saint-Siège les aideront à comprendre la gravité des décisions prises par les responsables de la Fraternité Saint-Pie-X et nous encourageons ces fidèles à revenir dans la pleine communion avec le Pape, avec les évêques et avec toute l’Église.

Nous invitons tous les catholiques de France à prier à cette intention, et à déployer la charité nécessaire pour accueillir ceux qui feront le choix courageux de l’unité et de la fidélité au SaintPère, pour que nous puissions vivre une communion renouvelée, au service de la mission.

+ Cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France

+ Mgr Vincent Jordy, archevêque de Tours et vice- président de la Conférence des évêques de France

+ Mgr Benoît Bertrand, évêque de Pontoise et vice- président de la Conférence des évêques de France

La Vie Chrétienne Victorieuse – S’approcher de Dieu : la prière selon la Bible

Quelqu’un a dit : « Un homme qui se tient à genoux devant Dieu peut tenir debout devant n’importe qui. »

Cette pensée résume bien l’importance de la prière. La Bible présente la prière comme une relation vivante avec Dieu. Elle n’est pas une méditation passive ni un exercice destiné à impressionner le Seigneur. Elle est l’expression sincère d’un cœur qui dépend de Dieu.

De la Genèse à l’Apocalypse, les hommes et les femmes de foi prient. Abraham intercède, Moïse supplie, David loue, Daniel persévère, Jésus prie, les apôtres enseignent la prière. Ainsi, la prière n’est pas une option dans la vie chrétienne : elle en est l’atmosphère naturelle.

Pourquoi devons-nous prier ?

Nous devons prier parce que Dieu l’ordonne. Jésus n’a pas dit : « Si vous priez », mais : « Quand vous priez » (Matthieu 6:5). La prière fait donc partie de la vie normale du croyant. Elle exprime notre dépendance envers Dieu et notre soumission à sa volonté.

Jacques écrit : « Vous ne possédez pas, parce que vous ne demandez pas » (Jacques 4:2). Dieu connaît nos besoins avant même que nous les exprimions, mais Il veut que nous les lui présentions afin que nous reconnaissions qu’Il est la source de toute bénédiction.

Nous devons aussi prier pour recevoir le secours de Dieu. Par la prière, le croyant reçoit le pardon quotidien lorsqu’il confesse ses fautes (1 Jean 1:9), la paix au milieu de l’inquiétude (Philippiens 4:6-7), la sagesse pour prendre de bonnes décisions (Jacques 1:5), la force dans l’épreuve et le secours face aux tentations.

Enfin, nous devons prier pour développer notre communion avec Dieu. La prière ne consiste pas seulement à obtenir quelque chose de Dieu ; elle consiste aussi à être avec Dieu. En sa présence, notre cœur est transformé. Peu à peu, nos pensées, nos désirs et nos priorités s’alignent sur les siens. La véritable prière ne cherche pas à faire descendre Dieu vers nos projets ; elle nous élève vers les siens.

Qui devons-nous prier ?

La Bible enseigne clairement que la prière chrétienne est adressée au Père, par le Fils et dans la puissance du Saint-Esprit. Jésus nous apprend à dire : « Notre Père qui es aux cieux » (Matthieu 6:9). Le chrétien ne s’adresse pas à une force impersonnelle, mais à un Père aimant. Cette relation filiale est l’un des plus grands privilèges du salut.
Nous prions au nom de Jésus-Christ. Jésus est l’unique médiateur entre Dieu et les hommes :

« Il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme » (1 Timothée 2:5).

Prier au nom de Jésus ne signifie pas simplement ajouter une formule à la fin d’une prière. Cela signifie venir devant Dieu sur la base de l’œuvre de Christ, en dépendance de sa grâce, et dans le désir sincère d’accomplir sa volonté.

Jésus a déclaré : « Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai » (Jean 14:13).

Nous prions aussi par le Saint-Esprit. Le Saint-Esprit aide le croyant dans sa faiblesse :

« Nous ne savons pas ce qu’il convient de demander dans nos prières » (Romains 8:26).

Lorsque les mots nous manquent, l’Esprit intercède selon la volonté de Dieu. Il éclaire notre intelligence par les Écritures et dirige nos prières.

Comment devons-nous prier ?

Lorsque les disciples demandèrent à Jésus : « Seigneur, enseigne-nous à prier » (Luc 11:1), ils exprimèrent le désir de tout croyant sincère.
Nous devons prier avec foi.

La foi est indispensable à la prière. Celui qui prie doit croire que Dieu existe, qu’Il répond et qu’Il agit. La foi ne repose pas sur nos sentiments, mais sur les promesses de Dieu.

Nous devons prier selon la volonté de Dieu.

Le modèle du « Notre Père » place d’abord Dieu au centre : « Que ton nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite… » (Matthieu 6:9-13). Avant de présenter nos besoins, nous reconnaissons la souveraineté de Dieu. La prière biblique cherche avant tout l’accomplissement de ses desseins.

Nous devons prier avec persévérance.

« Persévérez dans la prière » (Romains 12:12). Certaines réponses sont immédiates ; d’autres exigent une attente patiente. La persévérance ne cherche pas à convaincre un Dieu réticent, mais manifeste une foi constante et dépendante.

Nous devons prier avec un cœur obéissant.

Le péché entretenu affaiblit la communion avec Dieu, tandis que la confession sincère la restaure. Celui qui désire être entendu est appelé à rechercher une vie de droiture et d’obéissance.

Quels sont les obstacles à la prière ?

La Bible identifie plusieurs éléments qui peuvent entraver une vie de prière vivante et exaucée :
Les mauvais motifs. Jacques écrit : « Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal » (Jacques 4:3). Dieu ne répond pas favorablement aux demandes motivées par l’égoïsme ou la convoitise.

L’hypocrisie. Jésus condamne les prières destinées à impressionner les hommes, ainsi que les répétitions mécaniques dépourvues de sincérité (Matthieu 6:5-7). La prière véritable procède d’un cœur droit devant Dieu.

Les désordres relationnels. La Bible montre que des relations troublées, notamment dans le cadre familial, peuvent entraver la vie de prière (1 Pierre 3:7). Une communion juste avec les autres soutient la communion avec Dieu.

La prière doit s’accompagner d’un esprit de pardon. Jésus établit un lien étroit entre la prière et le pardon : l’amertume et les rancunes non réglées constituent un obstacle réel à la communion avec Dieu.

Quand devons-nous prier ? Nous devons prier continuellement.

Jésus dit : « … qu’il faut toujours prier et ne pas se décourager » (Luc 18:1). Paul donne cette exhortation simple : « Priez sans cesse » (1 Thessaloniciens 5:17). Cela ne signifie pas rester constamment à genoux, mais vivre dans une communion permanente avec Dieu. Le croyant peut transformer chaque circonstance en occasion de dialogue avec son Seigneur.

La Bible présente aussi des temps spécifiques de prière. David déclare : « Le matin, tu entends ma voix » (Psaume 5:3). Jésus lui-même se retirait tôt pour prier (Marc 1:35). Daniel priait trois fois par jour malgré les menaces qui pesaient sur lui (Daniel 6:10). Avant de choisir les douze apôtres, Jésus passa toute la nuit dans la prière (Luc 6:12). Ces exemples montrent qu’une vie de prière régulière nourrit la communion permanente avec Dieu.

La prière doit occuper une place centrale dans la vie spirituelle du croyant. Elle n’est pas seulement une pratique religieuse parmi d’autres, mais l’expression vivante de la communion de l’homme avec Dieu. Dans les Écritures, elle revêt des formes variées, allant de la supplication la plus simple aux intercessions les plus profondes, en passant par l’adoration et l’action de grâce.

Le Seigneur Jésus donne lui-même une instruction fondamentale sur la prière :

« Mais toi, quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra » (Matthieu 6.6).

Cette parole met en lumière le caractère intime et spirituel de la véritable prière. Elle n’est pas d’abord un acte public destiné à être vu, mais une rencontre personnelle avec Dieu dans le secret. Le croyant est invité à se tenir seul devant son Père, dans une relation de confiance et de sincérité.

La promesse du Seigneur « ton Père te le rendra » révèle un principe spirituel fondamental : aucune prière sincère n’est vaine. Ce que Dieu voit dans le secret, il ne l’ignore pas. Il y répond selon sa sagesse parfaite. Parfois, il exauce de manière visible et immédiate ; parfois, il agit plus profondément en transformant le cœur, en fortifiant la foi ou en alignant la volonté du croyant sur la sienne. Ainsi, la prière devient un lieu de communion vivante où le Père récompense la foi et travaille en secret à l’accomplissement de ses desseins.

Parmi les nombreuses prières rapportées dans les Écritures, trois se distinguent particulièrement par leur profondeur spirituelle et leur valeur exemplaire. Une quatrième, cependant, s’élève au-dessus de toutes les autres et demeure sans équivalent : la prière du Seigneur Jésus.

La prière de Jaebets : L’audace dans la dépendance
Elle est l’une des plus courtes, mais aussi l’une des plus riches d’enseignement :

« Jaebets invoqua le Dieu d’Israël, en disant : Si tu me bénis et que tu étendes mes limites, si ta main est avec moi, et si tu me préserves du malheur, en sorte que je ne sois pas dans la souffrance !… » (1 Chroniques 4:10).

Son nom, « Jaebets », qui évoque la douleur, rappelait les circonstances difficiles de sa naissance, et son contexte familial était lourd à porter. Sa prière fut donc un acte de foi pour demander l’intervention de Dieu. Il demanda la bénédiction divine, l’élargissement de son territoire, l’accompagnement de la main de Dieu et la protection contre le mal. Ses quatre requêtes ne constituaient pas une formule garantissant la prospérité, mais le témoignage d’un croyant qui remet entièrement sa vie entre les mains de Dieu.

Elle nous encourage à rechercher avant tout la bénédiction divine, à dépendre de sa puissance, à accepter les responsabilités qu’Il nous confie et à vivre sous sa protection. L’Écriture conclut par ces mots simples mais profonds : « Et Dieu accorda ce qu’il avait demandé. » Cette réponse souligne que Dieu prend plaisir à écouter la prière de ceux qui s’approchent de lui avec foi et humilité.

La prière d’Agur : La sagesse dans l’équilibre

« Ne me donne ni pauvreté, ni richesse… » (Proverbes 30:7-9).

Cette prière est l’une des plus profondes et des plus équilibrées de la Bible. Elle révèle un cœur qui recherche avant tout la fidélité envers Dieu plutôt que les avantages matériels.
Sa première requête est d’ordre moral et spirituel :

« Éloigne de moi la fausseté et la parole mensongère. »

Il désire vivre dans la vérité, avec une conscience pure et une conduite intègre. Sa seconde requête concerne ses besoins matériels :

« Ne me donne ni pauvreté, ni richesse ; accorde-moi le pain qui m’est nécessaire. »

Sa motivation est remarquable : la pauvreté pourrait le pousser au péché (le vol) ; la richesse pourrait l’éloigner de Dieu (l’orgueil). Cette prière rappelle que le plus grand besoin du croyant n’est pas l’abondance matérielle, mais la fidélité spirituelle. Elle nous enseigne qu’il est légitime de solliciter les bénédictions divines, non pour satisfaire notre égoïsme, mais avec le désir de porter davantage de fruit pour la gloire de Dieu.

La prière du publicain : La pureté de la repentance

Puis vient la prière du publicain dans l’Évangile selon Luc qui est l’une des expressions les plus pures de la repentance biblique et de la justification par la grâce.
Dans Luc 18:9-14, Jésus raconte l’histoire d’un pharisien et d’un publicain qui montent au temple pour prier. Le pharisien, sûr de lui, énumère ses qualités et ses mérites, se compare aux autres, et remercie Dieu d’être « meilleur ». Mais le publicain, au contraire, se tient à distance, n’ose même pas lever les yeux au ciel, et se frappe la poitrine, signe d’un cœur brisé. Il s’écrie :

« Ô Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur. »

Il reconnaît sa culpabilité et ne s’appuie sur aucun mérite personnel. Il ne négocie pas avec Dieu, il s’abandonne à Sa miséricorde. Il se reconnaît comme le pécheur, révélant une conscience aiguë de son indignité devant la sainteté divine.

Jésus conclut : « Celui-ci descendit dans sa maison justifié, plutôt que l’autre. » Ainsi, cette prière révèle un renversement radical : l’humilité reçoit la justice que l’orgueil ne peut obtenir. Elle enseigne que l’accès à Dieu ne passe pas par la performance religieuse, mais par la contrition et la foi en la miséricorde divine.

La prière du Seigneur Jésus (Jean 17)

Dans cette prière sublime, souvent appelée la prière sacerdotale, le Seigneur Jésus s’adresse à son Père avec une confiance, une intimité et une soumission parfaites. Rien n’y est dicté par la crainte ou par le besoin personnel ; tout y respire la communion éternelle entre le Père et le Fils, l’obéissance absolue du Fils à la volonté de son Père et son profond amour pour les siens. Cette prière constitue le modèle suprême de toute véritable prière. Elle nous révèle ce que signifie s’approcher de Dieu avec un cœur parfaitement soumis à sa volonté, animé du désir de sa gloire et du souci du bien spirituel de son peuple. Plus qu’un simple exemple, elle est le sommet de la révélation biblique sur la communion avec Dieu.

Mais cette prière révèle aussi plus profondément qui Il est : non seulement celui qui prie, mais le seul Médiateur, le seul Intercesseur et le seul Sauveur. Il prie pour lui-même, pour ses disciples et pour tous ceux qui croiront en lui, montrant ainsi que toute grâce, toute protection, toute sanctification et toute gloire éternelle procèdent de son œuvre parfaite.

La prière transforme profondément la vie chrétienne, la rendant victorieuse. Elle remplace l’inquiétude par la confiance, l’agitation par la paix, l’indépendance par la dépendance, la peur par l’assurance. Elle permet au croyant de déposer chaque fardeau devant Dieu et de recevoir la consolation de sa présence. Elle protège également contre le formalisme religieux. Elle maintient la foi vivante en rappelant que Dieu entend, répond et agit selon sa sagesse parfaite.

La prière selon la Bible est l’un des privilèges les plus précieux du croyant. Elle est à la fois un devoir, un honneur et une joie.

Notre salut ne repose sur aucun mérite humain, mais entièrement sur le sacrifice accompli de Christ et sur son intercession toujours efficace. Si nous pouvons aujourd’hui nous approcher de Dieu dans la prière, c’est uniquement par Lui, en Lui et grâce à Lui. Oui, tout ce que nous sommes, tout ce que nous recevons et tout ce que nous espérons dépend de Christ seul : Il est notre unique espérance, notre parfait Médiateur et notre salut accompli.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Bilan de l’activité de l’Oeuvre d’Orient

L’Oeuvre d’Orient présente le bilan de ses actions en 2025.

 

Exemples de réalisation :

En plein désert, le monastère syriaque catholique Mar Elian accueillait depuis des siècles des milliers de pèlerins, chrétiens et musulmans. En 2015, Daech enlève le prieur, saccage le monastère, incendie l’église et profane le tombeau du saint. La restauration a débuté en 2021. Aujourd’hui les pèlerins peuvent à nouveau se recueillir devant les reliques de St Julien qui ont retrouvé leur place dans le mausolée.

Les Sœurs de la Sainte Famille Française ont ouvert un grand dortoir dans leur couvent pour accueillir les familles de réfugiés venues du Sud Liban, de la Bekaa ou de la banlieue sud de Beyrouth. L’aide financière de l’Œuvre d’Orient a permis aux religieuses d’acheter des matelas et des housses de matelas, des couvertures, draps et oreillers ainsi que des serviettes de toilette pour les 150 personnes déplacées.

Fête des saints Apôtres Pierre et Paul

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

La fête des saints Apôtres Pierre et Paul du 29 juin est une des plus grandes fêtes de l’année. C’était autrefois fête d’obligation et un jour férié, mais elle ne l’est plus en France depuis le concordat de 1801, et la solennité doit obligatoirement être reportée, dans l’ancien ordo de 1962, au dimanche suivant. C’est le cas cette année 2026, le dimanche 5 juillet.

Ces deux saints sont vraiment les colonnes de l’Église : celui qui en a été fait le chef par Notre Seigneur lui-même, et celui qui l’a répandue dans le monde entier.

Même s’ils ne sont pas réellement morts le même jour, tous deux ont arrosé de leur sang cette ville de Rome qui allait devenir pour toujours la Ville éternelle, la capitale de la chrétienté, et l’Église ne les sépare pas dans le culte qu’elle leur rend. On notera cependant que tous les textes de la messe se rapportent uniquement à saint Pierre. En effet dans les premiers siècles, cette fête comportait deux messes dédiées l’une à saint Pierre, l’autre à saint Paul ; puis la deuxième messe fut reportée au lendemain 30 juin, appelé maintenant  » commémoration de saint Paul « .
Saint Pierre, premier Pape, parle au nom du Christ qui lui a communiqué son infaillibilité doctrinale. Aussi n’est-ce pas la chair et le sang qui le guident, mais le Père céleste qui ne permet pas non plus que les portes de l’enfer prévalent contre l’Église, dont il est le fondement.

Saint Pierre en recevant les clefs est préposé au « royaume des cieux » sur terre, c’est-à-dire à l’Église, et règne au nom du Christ qui l’a investi de sa puissance et de son autorité suprême. Les noms de S. Pierre et de S. Paul ouvrent la liste des apôtres au Canon de la Messe. Avec l’Église qui ne cessait d’adresser des prières à Dieu pour Pierre, prions pour son successeur, le serviteur de Dieu, notre Saint Père le Pape (Canon de la Messe).

Introït : Nunc scio vere

Le texte de l’Introït est tiré du livre des Actes des Apôtres, et plus précisément du récit de la libération miraculeuse de saint Pierre qui avait été emprisonné par le roi Hérode. On sait qu’un ange lui apparut dans sa prison pendant la nuit, lui ordonna de se lever, de s’habiller et de le suivre. Saint Pierre obtempéra, à moitié endormi, croyant encore rêver. Toutes les portes de la prison s’ouvrirent devant eux et ils se retrouvèrent dans la rue. C’est alors que saint Pierre reprit conscience et prononça ces paroles :

Nunc scio vere, quia misit Dominus Angelum suum : et eripuit me de manu Herodis, et de omni exspectatione plebis Judæorum.
Maintenant je sais vraiment que le Seigneur a envoyé son ange ; il m’a arraché aux mains d’Hérode et à l’attente du peuple juif.

La mélodie avec ses montées pleines d’élan et ses finales douces et mystiques exprime bien l’émerveillement et la reconnaissance de saint Pierre pour le grand miracle qui venait de s’accomplir. Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 138 qui est souvent utilisé aux fêtes des Apôtres :

Domine probasti me, et cognovisti me : tu cognovisti sessionem meam, et resurrectionem meam.
Seigneur vous m’éprouvez et me connaissez, vous savez quand je m’assieds et quand je me lève. 

Graduel : Constitues eos

Le texte du Graduel du 29 juin ne concerne pas seulement saint Pierre, mais les apôtres en général. Il est tiré du psaume 44 qui est très utilisé dans la liturgie, et que nous avons déjà rencontré notamment au temps de Noël. C’est un poème nuptial qui célèbre les noces du roi d’Israël, et qui se divise en deux parties : l’éloge du roi et l’éloge de la reine. Mais ce psaume est messianique ; le roi d’Israël est la figure du Christ et son épouse est la figure de l’Église. Les versets utilisés ici sont pris dans l’éloge de la reine et ils évoquent plus spécialement la renommée que lui apporteront ses fils :

Constitues eos principes super omnem terram : memores erunt nominis tui Domine. Pro patribus tuis nati sunt tibi filii : propterea populi confitebuntur tibi.

Pour bien comprendre ce texte, il faut replacer ses versets dans l’ordre du psaume, qui a été modifié, en lisant la troisième phrase avant les deux premières, ce qui donne :

Pour remplacer vos pères des fils vous sont nés, vous les avez établis comme chefs sur toute la terre ; ils garderont le souvenir de votre nom. C’est pourquoi tous les peuples vous loueront.

De plus dans ce Graduel non seulement la liturgie a modifié l’ordre des versets, mais elle a ajouté à la fin de la deuxième phrase le mot Domine qui ne figure pas dans le psaume. Si bien que ce n’est plus à la reine ou à l’Église que l’on s’adresse, mais à Notre Seigneur. C’est lui qui a établi ses apôtres comme chefs sur toute la terre pour faire connaître son nom. La succession apostolique fait remplacer les pères par leurs fils spirituels pour inviter tous les peuples à la louange divine.

La mélodie, comme celle de tous les Graduels, est faite de formules que l’on retrouve souvent, mais l’adaptation au texte est parfaite, expressive et élégante. Elle est très ornée, bien entendu, mais ne comporte pas de très grandes vocalises, sauf sur le mot patribus au début de la deuxième partie, avec un crescendo enthousiaste vers le sommet de la pièce, suivi d’une belle descente dans le grave à la fin de la phrase.

Alléluia : Tu es Petrus

Le texte du verset de l’Alléluia du 29 juin nous ramène à saint Pierre. Il s’agit cette fois d’un passage de l’Évangile très célèbre, puisque c’est la réponse de Notre Seigneur à la profession de foi du chef des apôtres à Césarée de Philippe.

Tu es Petrus, et super hanc petram ædificabo Ecclesiam meam.
Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église.

Nous retrouverons ce même texte à la Communion, et on le retrouve également dans une petite antienne des Vêpres qui est souvent chantée comme prière pour le pape notamment au Salut du Saint Sacrement. Ce texte a également été mis en musique par de nombreux compositeurs.

La mélodie de cet Alléluia est une mélodie type que nous avons déjà rencontrée à plusieurs reprises, notamment au temps de Noël et tout récemment à la fête de la Nativité de saint Jean Baptiste. Elle est solennelle et affirmative, mais ici la formule initiale est un peu écourtée à cause de la brièveté du texte.

Offertoire Constitues eos

Nous retrouvons dans l’Offertoire du 29 juin le même texte que dans la première partie du Graduel, tiré du psaume 44, mais ici nous avons le texte exact du psaume, tandis que dans le Graduel la deuxième phrase était tronquée, et on y avait ajouté le mot Domine.

Constitues eos principes super omnem terram : memores erunt nominis tui, in omni progenie et generatione.
Vous les établirez chefs sur toute la terre : ils garderont le souvenir de votre nom d’âge en âge.

Cette prière peut donc s’adresser aussi bien à Notre Seigneur qu’à l’Église mais, n’est-ce pas, c’est tout un. Il s’agit toujours des Apôtres et de leurs successeurs dont la suite se poursuit sans interruption jusqu’à la fin des temps. Ils ont bien besoin de nos prières.

La mélodie assez complexe est très ornée, presque toutes les syllabes sont chargées de neumes. Elle est pleine de mouvement et de dynamisme sauf la vocalise finale de la dernière syllabe qui s’apaise et se termine de façon statique et contemplative.

Communion : Tu es Petrus

Les chants du propre de la messe du 29 juin comportent peu de textes, puisque l’Offertoire reprenait celui du Graduel, et celui de la Communion est le même que celui de l’Alléluia, tiré de l’Évangile.

Tu es Petrus, et super hanc petram ædificabo Ecclesiam meam.
Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église.

Mais la mélodie est très différente de celle qui ornait le même texte dans l’Alléluia. Nous n’avons ici qu’une petite antienne toute simple et légère, une corde de récitation avec quelques broderies. Les musiciens pourront noter qu’elle est pentatonique c’est-à-dire qu’il n’y a pas de demi-ton. Mais c’est quand même le Seigneur qui parle, et sur cette structure mélodique très simple les neumes assez chargés apportent une certaine solennité.

La FSSPX n’a pas voulu la main tendue de Benoît XVI, une frange radicale a prévalu

L’ancien secrétaire de de Benoît XVI Mgr Georg Gänswein, aujourd’hui nonce apostolique dans les pays baltes, a été interrogé à propos des sacres :

De quelle manière Benoît XVI pensait-il pouvoir les faire revenir ?

Il faut relire sa lettre aux évêques du monde entier. Il l’a écrite de sa propre main, mot à mot. Il voulait être un pontife, au sens propre du terme : un bâtisseur de ponts. Celui qui est excommunié, se repent et désire sincèrement revenir en communion avec l’Église, a droit à l’absolution. Il a levé l’excommunication des quatre évêques comme un père qui cherche à faire la paix. Une main tendue qu’ils, malheureusement, n’ont pas acceptée. Une frange radicale a prévalu ; elle ne voulait pas de réconciliation alors, et elle n’en veut toujours pas aujourd’hui.

Comment expliquer le paradoxe des traditionalistes qui n’obéissent pas au pape ?

« Il s’agit sans doute de la fameuse coïncidence des contraires. Ils sont comme les protestants d’il y a cinq siècles. Le cardinal Müller a raison. »

Pensez-vous qu’il soit encore possible de les faire revenir ?

« Je dois dire que je suis très déçu… La grâce peut tout faire, avec le temps, mais pour l’instant, je constate un éloignement et un durcissement encore plus profonds qu’auparavant. Un rejet de cette paix que, comme Benoît XVI, le pape Léon XIV désire également. Il y a cependant une chose qu’il faut d’abord clarifier : l’affaire Lefebvre n’est pas une question liturgique. »

Vous voulez dire la messe tridentine en latin — le Missale Romanum promulgué par Pie V en 1570 et republié par Jean XXIII en 1962 ?

« Oui. Dans l’Église, il y a des fidèles qui célèbrent selon le rite latin — par exemple, la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre — et ils le font cum Petro et sub Petro : jamais contre le Pape. La réforme liturgique du Concile, avec l’usage des langues nationales dans la messe, a maintenu le latin ; il y a aussi le Novus Ordo de Paul VI. De plus, Sacrosanctum Concilium de 1963 a été signé, en tant que père conciliaire, par l’archevêque Lefebvre lui-même. »

Et donc ?

« Franchement, je crois que Rome peut désormais s’ouvrir à la possibilité d’être plus flexible, généreuse et paternaliste quant à la possibilité de célébrer la messe en latin. »

Cela discréditerait-il un argument des lefebvriens ?

« Cela aussi, mais il ne s’agit pas uniquement de cela. Une mauvaise décision peut et doit être corrigée. Rome montrerait alors qu’elle a le courage et la conviction de le faire. »

Par « mauvaise décision », vous entendez les restrictions introduites par François dans la lettre Summorum Pontificum, par laquelle Benoît XVI avait libéralisé la messe en latin en 2007 ?

« Je crois que le pape François a commis une erreur, sans s’en rendre compte… »

François a déclaré que l’ouverture avait été utilisée « pour accroître les distances, durcir les différences et construire des oppositions »…

« Oui, mais cela a eu l’effet inverse. Summorum Pontificum avait porté ses fruits ; dix années d’expérience positive l’ont démontré. Il y a eu des abus, c’est vrai, mais abusus non tollit usum : le fait que certains abus aient existé n’était pas une raison valable pour interdire la messe tridentine à tous. De plus, la majorité des évêques étaient d’accord pour maintenir les ouvertures. On recouvrerait ainsi cette paix liturgique qui avait été compromise. »

Syrie : Le Parlement enfin complet

Le gouvernement syrien a annoncé, cette semaine, les noms des 70 députés choisis par le président Ahmed al-Charaa, pour compléter le parlement syrien. Les 140 autres parlementaires avaient été élus en octobre dernier. On se souvient que la taille du corps électoral – seuls 7 000 Syriens étaient électeurs et éligibles, ainsi que l’exclusion du scrutin de provinces entières – avaient marqué la faiblesse démocratique de ces premières élections. Parmi ces 70 parlementaires, on note la présence d’une quinzaine de femmes et d’au moins deux chrétiens… La première session parlementaire est prévue le 6 juillet.

Par ailleurs, le 2 juillet, un attentat a fait neuf morts et 20 blessés dans un café de Damas, situé dans une rue fréquentée. A ce jour, l’attentat n’a pas été revendiqué.

Source : SOS Chrétiens d’Orient

Discrimination à l’entrée du lycée militaire de La Flèche [Add : réaction du ministre]

Créer son école et la Fédération Nationale de l’Enseignement Privé dénoncent le traitement discriminatoire réservé par le Prytanée National Militaire aux lycéens provenant d’établissements privés hors contrat.

Des élèves brillants, admis sans problème en prépa ayant des classes étoile par ailleurs, ne sont même pas classés ni même en liste d’attente au Prytanée.

Plus dérangeant encore, un texte signé du chef d’établissement du Prytanée organise ou reconnaît cette éviction par principe de ces élèves au regard du profil de leur établissement. La même discrimination illégale aurait cours au lycée militaire d’Aix, sans texte le reconnaissant, tandis que ce n’est heureusement pas le cas à Saint-Cyr-l’École.

Des parents ont déposé un référé suspension le 2 juillet. L’association Créer son école, qui soutient et finance la défense des élèves des écoles libres injustement discriminés, ainsi que la FNEP interviendront à leurs côtés dans ce recours et organisent la conférence de presse pour présenter les faits, leur caractère inadmissible et exposer leur vision de ce qui se joue au travers de cette actualité.

Addendum : le ministre des Armées qualifie ces discriminations de « totalement inacceptables », diligente une enquête administrative immédiate et annonce de potentielles sanctions disciplinaires.

Lettre de Don Davide Pagliarani (FSSPX) au pape Léon XIV

Lettre du Supérieur général de la FSSPX à Sa Sainteté le Pape Léon XIV :

Écône, le 3 juillet 2026

« Quel est d’entre vous le père, à qui son fils demandera du pain, et qui lui donnera une pierre ? ou un poisson, et qui, au lieu du poisson, lui donnera un serpent ? ou encore, s’il lui demande un œuf, lui donnera un scorpion ? Si donc vous, tout méchants que vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père céleste donnera-t-il l’Esprit-Saint à ceux qui le lui demandent ! » (Lc XI, 11-13)

Très Saint-Père,

La notification de la décision prise par le Saint-Siège à l’égard de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, signée par Son Éminence le Cardinal Fernández, nous est parvenue et est désormais de notoriété publique.

Il nous semble que cette décision met une fois de plus en lumière le contexte extrêmement tragique dans lequel se trouve l’Église universelle. Ce que la Fraternité Saint-Pie X a fait et continuera de faire n’est rien d’autre qu’une initiative extrême de secours des âmes, au milieu de la confusion doctrinale et morale dans laquelle l’Église est plongée. Nous ne prétendons en aucune manière nous substituer à l’Église et nous n’avons d’autre ambition que de lui demeurer fidèles.

En conscience, nous n’avons pas estimé pouvoir nous soustraire au devoir moral que nous avons envers les âmes, comme nous l’avons déjà expliqué, tant en privé que publiquement, à Votre Sainteté.

Nous avions demandé du pain, c’est-à-dire un peu de compréhension pour un cas de conscience sincère, un geste de paternité non tant envers la Fraternité Saint-Pie X qu’envers les âmes, Vous promettant d’en faire de véritables fils de l’Église romaine ; malheureusement, nous avons reçu une pierre.

Nous avions demandé un poisson, c’est-à-dire la possibilité d’obtenir temporairement les moyens nécessaires pour continuer à former de bons prêtres, afin qu’ils poursuivent leur mission de faire connaître Notre-Seigneur aux âmes ; malheureusement, nous avons reçu un serpent.

Nous avions demandé un œuf, en promettant de le rendre dès que cela serait possible. En effet, la sainte Tradition que nous conservons dans les âmes appartient à l’Église, notre Mère — et non à la Fraternité Saint-Pie X —, et nous sommes certains qu’un jour un Pape voudra s’en servir pour le bien de l’Église universelle ; malheureusement, nous avons reçu un scorpion.

Nous avions demandé d’être instruits et confirmés dans la foi de toujours ; au lieu de cela, nous avons été déclarés schismatiques une seconde fois.

Malgré les sanctions qui nous frappent, la Fraternité Saint-Pie X renouvelle sincèrement la promesse qu’elle avait déjà formulée à Votre Sainteté. Permettez-moi, à ce propos, de reprendre librement ce que j’avais déjà exprimé :

« La Fraternité Vous promet […] de consacrer toutes ses énergies à préserver la Tradition et à la mettre au service de l’Église. Ce faisant, la Fraternité Saint-Pie X ne se contente pas de conserver d’anciens usages ; elle favorise et préserve les vocations sacerdotales, les vocations religieuses, les familles nombreuses et profondément chrétiennes ; en un mot, tout ce qui manifeste la vitalité de l’Église, de la grâce et de la foi catholique. Notre intention n’est pas d’offrir à l’Église un musée de choses anciennes, mais la Tradition intégrale, féconde, source de vie spirituelle, incarnée et vécue dans les âmes.

[…] Je suis certain qu’un jour Vous-même ou l’un de Vos successeurs pourra et voudra utiliser ce service, dont l’offrande, dans l’Église et pour l’Église, constitue notre unique raison d’être. » (Lettre personnelle adressée le 21 novembre 2025 à Sa Sainteté)

Mais surtout, la Fraternité Saint-Pie X Vous promet aujourd’hui de ne pas accueillir ces nouvelles sanctions — objectivement injustes et invalides — dans l’amertume ou la révolte.

Les condamnations récentes, comme celles du passé, nous atteignent dans ce que nous avons de plus cher : notre attachement à notre Mère, l’Église romaine. Pourtant, même dans cette épreuve, tout doit concourir au bien des âmes et de l’Église elle-même. C’est pourquoi ces condamnations nous poussent à aimer davantage encore la sainte Église et à subvenir à ses besoins de toutes nos forces, plus que jamais. Pour cette même raison, la Fraternité Saint-Pie X offre volontiers la souffrance causée par ces nouvelles sanctions, pour le bien de l’Église universelle et de Votre Sainteté.

Nous sommes certains qu’un jour Vous-même ou l’un de Vos successeurs voudra faire sien le programme de saint Pie X : « Tout restaurer dans le Christ », Instaurare omnia in Christo. En ce jour-là, le Saint-Père découvrira dans la Fraternité Saint-Pie X, non un amas de serpents et de scorpions, mais une petite armée de fils loyaux, prêts à tout pour Le soutenir dans la restauration de toutes choses en Notre-Seigneur, et pour revendiquer devant l’humanité entière les droits imprescriptibles du Christ-Roi sur toutes les âmes et sur toutes les nations.

En ce jour-là, le Saint-Père découvrira avec une grande joie et une profonde consolation des âmes authentiquement catholiques, dont le lien avec l’Église ne s’est jamais fondé sur les sables mouvants d’un dialogue ambigu, mais sur le roc de la foi de Pierre.

Nous demandons à la très sainte Vierge Marie de hâter la venue de ce jour, et nous souhaitons surtout à Votre Sainteté de connaître au plus tôt cette joie et cette consolation.

En attendant, si Vous le pouvez, malgré Votre récente décision, bénissez-nous comme Vos fils. Pour nous, rien n’a changé et jamais rien ne changera.

Confiant dans la divine Providence, à laquelle rien n’échappe et qui lit jusqu’au fond du cœur de chaque homme, je demeure, Très Saint-Père, votre très dévoué fils dans le Seigneur.

Don Davide Pagliarani

La Cour de cassation légalise la GPA

Communiqué de Juristes pour l’enfance :

Dans deux décisions rendues [vendredi] par l’Assemblée plénière de la Cour de cassation, la haute juridiction entérine la jurisprudence de la 1ère chambre civile et octroie l’exequatur à deux décisions canadiennes désignant comme pères deux hommes ayant commandé des enfants à des mères porteuses canadiennes.

La Cour de cassation ose brandir l’intérêt de l’enfant et prétend chercher un équilibre délicat entre la prohibition française de la GPA et l’intérêt de l’enfant. Autrement dit, l’intérêt de l’enfant sert de prétexte pour entériner par l’exequatur la violation de ses droits résultant des décisions canadiennes.

Un déni de justice à l’égard de l’enfant

Certes, une fois l’enfant victime de la GPA, il convient de tenir compte de la situation de fait, mais les juges français n’ont pas à aggraver le préjudice subi par l’enfant victime de la GPA. 

Or, c’est ce que font les deux décisions rendues aujourd’hui : l’exequatur permet la transcription directe des décisions canadiennes sur les registres français d’état civil, et l’établissement d’actes de naissance indiquant directement les deux hommes comme pères, effaçant sur l’état civil toute trace de l’histoire de l’enfant et assignant à ce dernier un état civil mensonger : la filiation biologique dont l’enfant a été privée est ignorée par les juges qui considèrent uniquement la parenté d’intention des clients de la GPA comme étant LA filiation de l’enfant.

Cette solution est d’autant plus inexplicable qu’une autre solution était envisageable, déjà pratiquée et imposée par le législateur en 2021 lors de la dernière loi de bioéthique, à savoir la transcription de la mention de l’acte de naissance étranger désignant le père biologique, et l’adoption ensuite par son conjoint ou concubin : une seconde paternité, adoptive, portée sur l’acte de naissance de l’enfant présente le grand avantage de préserver la véracité de l’état civil de l’enfant, et de ne pas effacer son histoire.

Autrement dit, le refus d’exequatur ne prive pas l’enfant de son acte de naissance étranger, et lui assure un état civil français conforme à la réalité de son histoire, qui lui permette de comprendre ce qu’il a vécu : la transcription de la mention du père biologique, puis l’adoption par le parent d’intention, conjoint(e) ou concubin(e) du père. Une telle situation n’a déjà rien d’idéal car elle ne répare pas le préjudice subi par l’enfant mais, au moins, elle l’évite de l’aggraver en ajoutant un déni de ce que l’enfant a subi et en préservant le droit de l’enfant à un état civil conforme à la réalité.

Le précédent de l’adoption internationale illégale: refus d’exequatur

D’ailleurs, dans des situations similaires issues de l’adoption internationale illégale, la Cour de cassation avait refusé l’exequatur de décisions étrangères prononçant l’adoption, afin d’exprimer le refus du droit français de cautionner l’adoption illégale et l’atteinte à la filiation d’origine de l’enfant qu’elle suppose : les adoptants français vivent ensuite en France avec les enfants, et des actes de naissance étrangers.

Aujourd’hui, la Cour de cassation aurait dû adopter la même fermeté et refuser de valider tant l’achat d’enfant dissimulé derrière la GPA, que l’atteinte à la filiation de l’enfant victime de la GPA.

Un déni de démocratie

La Cour de cassation usurpe la compétence du législateur et contourne sa volonté, pourtant clairement exprimée en 2021, faisant fi de la démocratie.

Elle donne l’exequatur sur la seule condition du consentement de la mère porteuse à la GPA et à la renonciation à ses droit parentaux.

La loi française déclare pourtant contraire à l’ordre public toute GPA. Le consentement de la mère porteuse n’est en rien un critère de validité de la GPA et on ne voit pas en quoi un tel consentement, quand bien même il existe, pourrait justifier l’atteinte à la filiation de l’enfant qui en résulte.

À titre de comparaison, apprécierait-on la conformité à l’ordre public international français d’un mariage polygame contracté par un Français à l’étranger au regard du consentement des intéressés ?

Alors même que le droit européen désigne explicitement désormais l’exploitation de la GPA comme une forme de traite humaine, se référer au consentement de la mère porteuse ajoute encore au cynisme.

Alors que la Conférence de La Haye, après 15 ans de travaux pour l’élaboration d’un instrument international définissant des critères au regard desquels les États devraient reconnaitre la filiation issue de GPA réalisées en dehors de leur territoire, vient de renoncer à ce projet, la Cour de cassation se comporte exactement comme si la France avait signé une convention internationale reconnaissant la GPA sur le seul critère du consentement de la mère porteuse.

« Nous déplorons l’hypocrisie de prétendre fonder ces décisions sur l’intérêt de l’enfant, déjà victime de la GPA et maintenant victime de la justice française », commente Aude Mirkovic, Présidente de Juristes pour l’enfance.

Juristes pour l’enfance rappelle que, avec l’exequatur :

1/ ce n’est pas du tout la situation de l’enfant qui est régularisée, mais celle des commanditaires. Pour l’enfant, donner l’exequatur à un jugement rendu post GPA réalise un déni de la violation de ses droits par la GPA, autrement dit un déni de justice.

2/ ce n’est pas la filiation de l’enfant qui est sécurisée, mais le désir de parenté du parent d’intention. Pour l’enfant, c’est l’atteinte à sa filiation qui est validée par l’établissement d’un état civil français mensonger.

Alors que la révision de la loi de bioéthique approche, Juristes pour l’enfance demande au législateur, comme il l’a fait en 2021, de mettre fin aux égarements de la Cour de cassation et de renforcer la loi française afin de rendre la prohibition actuelle efficace et dissuasive, notamment par l’introduction d’un délit de recours à la GPA, que ce soit en France ou à l’étranger.

« Il y aura sans doute toujours des personnes qui tenteront d’obtenir des enfants par tout moyen, y compris la GPA, mais la responsabilité des juges, qui ont failli, et par conséquent maintenant du législateur, est de faire en sorte que le minimum d’enfants ne subisse cette pratique », ajoute Aude Mirkovic.

« Les premiers bénéficiaires des deux décisions rendues aujourd’hui sont les sociétés internationales de GPA, les marchands d’enfants qui remercient sans doute déjà la Cour de cassation d’avoir levé un obstacle au développement de leur business auprès des clients français », ajoute-t-elle.

Vers un schisme allemand ?

Dans La Nef, Jean Bernard évoque le Katholikentag, qui a tenu sa 104e édition à Wurtzbourg à l’Ascension.

[L]e Katholikentag de Wurtzbourg a été l’occasion, une nouvelle fois, de prendre la mesure des tensions qui existent entre Rome et l’Église d’Allemagne, tensions qui se cristallisent pour l’essentiel sur deux domaines, les questions morales et l’exercice du pouvoir dans l’Église.

S’agissant des questions morales, la conférence des évêques d’Allemagne et le Comité central des catholiques allemands ont élaboré en avril 2025 un guide intitulé « Segen gibt der Liebe Kraft » (bénir donne force à l’amour), contenant des conseils d’accompagnement pour les bénédictions des couples ne voulant ou ne pouvant contracter un mariage catholique, en particulier pour les couples de même sexe. Or, alors que le pape Léon XIV, dans l’avion qui le ramenait de son récent voyage en Afrique, a redit publiquement son opposition à l’égard de telles bénédictions, les évêques allemands ont écarté d’un revers de main ces objections, prétendant que la voie choisie était conforme à la déclaration Fiducia Supplicans du pape François.

Quant à la question du pouvoir, elle présente, on le sait, une extrême sensibilité dans une Église allemande dotée d’une bureaucratie pléthorique, où des dizaines de milliers de laïcs exercent une activité professionnelle gravitant directement dans l’écosystème institutionnel, associatif ou universitaire de l’Église. D’ailleurs, la présidente du ZdK, Irme Stetter-Karp, représente un exemple achevé de ce parcours, puisqu’elle a été successivement, dans le cadre du diocèse de Rottenburg-Stuttgart, salariée du Bureau de la jeunesse, du Centre de formation pour adulte et de l’association Caritas. Or, le fait pour ces laïcs, en particulier pour ceux engagés dans des fonctions pastorales, d’être constamment subordonnés à des clercs et d’être privés du pouvoir réel – droit canonique oblige – constitue un puissant facteur de frustration, susceptible d’inciter certains d’entre eux à se retourner contre un prétendu ordre établi et les « élites cléricales ». Ce n’est donc pas un hasard si le Chemin synodal, ce grand chantier de réflexion et de réformes structurelles lancé en 2019 par la conférence épiscopale et le ZdK, s’est donné initialement comme objectif de parvenir à une codirection entre les clercs et les laïcs dans la gouvernance de l’Église allemande. Et si, en décembre 2025, en clôture de ses travaux, le Chemin synodal a décidé la mise en place d’une Synodalkonferenz (conférence synodale), structure permanente destinée à ancrer durablement les réformes projetées et composée de 81 membres, parmi lesquels une majorité de laïcs.

L’Église catholique doit-elle alors craindre un schisme allemand, sur sa « gauche », symétriquement à celui qui s’annonce, sur sa « droite », avec les ordinations épiscopales de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X? À cette question, il est possible, sans prendre de risques inconsidérés, de répondre aujourd’hui par la négative, car aucune des deux questions mentionnées ci-dessus n’est susceptible, en l’état, de conduire à une telle issue.

D’une part, pour que la contestation frontale de la morale sexuelle de l’Église puisse provoquer une rupture, encore faudrait-il que le Siège apostolique prenne l’initiative de sanctionner les évêques qui en sont à l’origine. Or, les bénédictions de couples homosexuels sont devenues une pratique courante, non seulement acceptée mais encouragée par la majorité des diocèses allemands, sans que Rome n’ait, au-delà de critiques verbales, adopté une quelconque mesure disciplinaire. À ce sujet, le 6 mai dernier, le cardinal Parolin a seulement indiqué qu’il était « prématuré » de parler de sanctions et a souhaité que « les problèmes soient résolus de manière pacifique, comme il se doit dans l’Église ». Semble ici s’appliquer la formule bien connue en science économique, « too big to fail » : compte tenu du poids de l’Église allemande dans le catholicisme mondial, Rome n’est sans doute pas disposée à risquer un schisme sur cette seule question des bénédictions homosexuelles.

D’autre part, la rupture ne se produira pas non plus sur la question de l’exercice du pouvoir. En effet, cédant aux injonctions romaines, les organisateurs du Chemin synodal ont finalement vidé de sa substance le projet initial de partage du pouvoir : non seulement le champ d’application de la future Conférence synodale demeure vague (prendre position sur les « évolutions majeures de l’État, de l’Église et de la société », adopter des résolutions sur les « questions importantes de la vie ecclésiale ayant une incidence supra-diocésaine », etc.), mais ses statuts, actuellement en attente de recognitio à Rome, prévoient expressément le respect de « l’ordre constitutionnel de l’Église » (article 1er) ainsi que le droit de chaque évêque de refuser la mise en œuvre dans son diocèse des résolutions que la Conférence serait amenée à prendre (article 7). Bref, pour reprendre les propos amers mais lucides de canonistes allemands, le Chemin synodal pourrait n’avoir été qu’« une énième thérapie par la parole pour occuper le peuple de Dieu » (Bernhard Sven Anuth), qu’un « simulacre de participation » (Norbert Lüdecke). […]

Je vivrai mes hivers : chanson à transmettre aux députés

 

Je vivrai mes hivers

Couplet 1
Monsieur le Député,
Madame la Députée,
Je vous écris ce soir
Du fond d’un long couloir.

Couplet 2
J’ai quatre-vingt-deux ans,
Un corps qui m’abandonne,
Un cœur qui se cramponne
Au moindre instant présent.

Couplet 3
On vous dit liberté,
On vous dit délivrance,
Mais moi, dans mon silence,
J’entends : « abandonné ».

Couplet 4
Quand on coûte trop cher,
Quand on pèse à sa fille,
Le choix qui nous aiguille
N’a plus rien de sincère.

Couplet 5
Nul ne me poussera,
Mais j’entends qu’on chuchote :
« L’égoïste radote,
Pourquoi ne part-il pas ? »

Couplet 6
Je ne veux pas partir
D’un regard qui se lasse,
D’un lit qui embarrasse,
D’un cœur las de tenir.

Couplet 7
Je demande des soins,
Une main fraternelle,
Une France charnelle
Qui n’oublie pas les siens.

Couplet 8
Voyez chez nos voisins
La porte qu’on entrouvre :
Chaque année elle s’ouvre
Sur un plus grand chagrin.

Couplet 9
Voyez le Canada,
On y meurt de misère,
La piqûre est moins chère
Qu’un toit qu’on n’offre pas.

Couplet 10
Une corde, on s’indigne,
On retient, on console ;
Une blanche fiole,
Et la mort devient digne ?

Couplet 11
Demandez aux soignants
Qui bordent nos silences,
S’ils veulent qu’on avance
Vers ce geste effrayant.

Couplet 12
Hippocrate a juré :
« De poison, point ne donne,
Même à qui me l’ordonne » —
L’a-t-on désavoué ?

Couplet 13
Quand viendra le matin
Où votre main levée
Dira ma destinée,
Pensez aux lendemains.

Couplet 14
Je n’ai pas de colère,
Je n’ai que ma faiblesse,
Mais si la loi me laisse,
Je vivrai mes hivers.

Couplet 15 (final)
Monsieur le Député,
Madame la Députée,
C’est vous que l’avenir
Viendra interroger.

Ruliblute

Le Planning familial ne lui a proposé que l’avortement alors qu’elle voulait garder son enfant

Le Planning familial porte bien mal son nom.

Charlène, comme tant d’autres femmes en a fait les frais: elle est tombée enceinte sans le vouloir; elle voulait garder son bébé; son compagnon s’y opposait; alors elle est allée chercher de l’aide et du soutien au Planning familial. Le Planning familial ne lui a proposé que l’avortement.

Ils ne sont pas “pro-choix”, ils sont pro-avortement et c’est tout. Cette association internationale financée par des milliardaires et les États occidentaux a un objectif principal: faire avorter un maximum de femmes.

Le Parlement européen a été saisi, la Commission européenne est obligée de se prononcer sur cette réalité ainsi que tous les groupes parlementaires européens.

Leurs réactions sont instructives et encourageantes:

La Commission européenne et le groupe “Socialistes et Démocrates” s’enferment dans l’aveuglement. Face à une femme qui est allée voir le Planning familial et qui a été contrainte d’avorter par son petit-copain, ils continuent de prêcher la “liberté d’avorter”. Ils étaient cependant bien gênés de devoir dire cela à Charlène. La socialiste est vite partie après sa déclaration et les autres groupes du centre et de la gauche n’ont pas pris la parole.

À droite, le soutien est général. Tous les groupes étaient présents et ont félicité Charlène pour son courage, ont pris acte de la réalité qu’elle décrit et comptent faire des propositions pour donner des alternatives aux femmes enceintes.

Nous nous réjouissons particulièrement de l’appui du Parti populaire européen, par la voix du député maltais Peter Agius. Ce soutien du groupe le plus important du Parlement européen permet à la pétition de “rester ouverte“, c’est-à-dire que le Parlement va continuer de l’étudier et de réfléchir aux réponses à apporter à ce problème.

Cela signifie que toute personne peut se joindre à Charlène pour appuyer sa pétition, en se connectant au site du Parlement et en cliquant sur le bouton bleu pour soutenir la pétition:

Lire et soutenir la pétition de Charlène

En 2024, rien qu’en France, il y a eu 251 270 avortements et ce nombre ne cesse d’augmenter. Parmi ces femmes, des milliers n’ont pas avorté par envie, mais par dépit. Il faut venir en aide aux femmes qui seront confrontées aux pressions de leur partenaire et du Planning familial.

Lettre ouverte à toi qui envisages de rentrer au séminaire de la FSSPX en septembre 2026

De l’abbé Laurent Spriet :

Tu es jeune et généreux. Le Seigneur t’appelle à sauver les âmes. Tu veux enseigner la vérité et donner la miséricorde des sacrements aux âmes pour les conduire au Ciel. Ton intention est excellente. Ne la change pas.

Tu envisages ou tu as prévu de rentrer au séminaire au sein de la FSSPX en septembre prochain. Là, tu fais erreur et c’est mon devoir de te le dire.

Veux-tu aller dans un séminaire où tes formateurs, prêtres, sont excommuniés ? Ils n’ont pas le droit de recevoir ou de donner les sacrements. Ils n’ont plus la faculté de donner l’absolution sacramentelle depuis hier. Veux-tu recevoir des sacrements illicites voire invalides ?

Tu as fait une retraite de saint Ignace pour discerner ta vocation. Tu as bien fait. As-tu fait attention à cette règle de l’élection prévue par Saint Ignace ? “N°170 des Exercices spirituels. Il est nécessaire que toutes les choses dont nous voulons faire élection soient indifférentes ou bonnes en elles-mêmes, et admises dans l’Église catholique, notre sainte Mère. Elles ne peuvent donc jamais être mauvaises, ni contraires à ce que l’Église reçoit”. Or l’Eglise vient d’indiquer clairement que “les ministres sacrés appartenant à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X sont en schisme et doivent donc être considérés comme schismatiques (cf. Ecclesia De, 5 c ; Conseil pontifical pour les textes législatifs, Note explicative sur l’excommunication pour schisme encourue par les adhérents au mouvement de Mgr Marcel Lefebvre, 24 août 1996, 5-6), et sont donc soumis à l’excommunication prévue par le droit (can. 1364 § 1 du Code de droit canonique)”. Entrer dans un séminaire de la FSSPX n’est donc pas matière à élection.

Alors que faire ? Entrer au séminaire dans un lieu approuvé par notre sainte Mère l’Eglise catholique. Il y en a plusieurs. A toi de voir selon les aspirations et les désirs profonds que le Seigneur met en toi.

Compte sur ma prière pour que tu rectifies ton choix et pour que tu puisses devenir prêtre de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans son Eglise catholique et donc romaine.

Abbé Laurent Spriet +

Comment comprendre le véritable sens de la Sainte Écriture ?

Peut-on être sûr de bien interpréter la Bible ? Comment comprendre le véritable sens de la Sainte Écriture ? Le livre le plus lu de l’histoire de l’humanité pose d’immenses questions d’interprétation, à la racine de la douloureuse séparation entre catholiques et protestants.

En moins de 10 minutes, venez découvrir les grandes règles pour bien comprendre la Bible dans la tradition d’interprétation de l’Église : un chrétien n’est jamais isolé devant la Parole de Dieu, où trouver les bonnes références pour la comprendre et en vivre ?

Opérations de destruction dans le Sud Liban

Sept jours après la signature de l’accord-cadre entre Israël et le Liban, l’armée israélienne maintient sa pression sur le Sud-Liban. Si les combats ont à peu près cessé, les opérations de destruction systématique se poursuivent. De nombreuses détonations ont ainsi été entendues et des incendies signalés. Il s’agit pour Israël d’interdire tout retour de population dans la fameuse zone de sécurité le long de la frontière. Le premier juillet, le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a répété que l’armée israélienne resterait « pour une durée indéterminée » dans ces zones.

Source : SOS Chrétiens d’Orient

Bénédiction d’une union entre personnes du même sexe : le cardinal Radcliffe sera-t-il excommunié ?

Le 13 juin 2026, deux hommes homosexuels, membres d’une organisation LGBTQ+, ont réuni amis et famille pour célébrer une « Messe d’action de grâce pour 50 ans d’amitié, de partenariat et d’engagement dans la poursuite de la justice ». Plus de 150 personnes se sont réunies à l’église Holy Apostles de Londres.

Le célébrant principal de la messe était le père Jim O’Keefe, un ami de longue date. Les concélébrants étaient Mgr John Crowley, évêque émérite du diocèse de Middlesbrough ; Mgr John Rawsthorne, évêque émérite du diocèse de Hallam ; et le chanoine Chris Vipers, prêtre de la paroisse des Saints-Apôtres. Le cardinal Timothy Radcliffe, figure centrale des récents synodes de Rome et fervent défenseur du ministère auprès des personnes LGBTQ+, a prononcé l’homélie.

Sœur Jeannine Gramick, SL, cofondatrice de New Ways Ministry, a participé à une proclamation dialoguée de l’Évangile, le récit d’Emmaüs (Luc 24, 13-35), en compagnie du théologien homosexuel James Alison, ainsi que de ses amis Pat Jones et Anne Smith.

Les deux hommes avaient déjà célébré des messes d’action de grâce similaires pour leur union civile en 2006 et leurs noces d’argent en 2016. 

Lors de la messe du 25e anniversaire, l’évêque qui s’apprêtait à présider cette cérémonie avait reçu l’ordre de se retirer par le cardinal Cormac Murphy-O’Connor.

À la fin de la messe, les deux hommes ont reçu la bénédiction de tous les membres du clergé présents à l’autel :

« En rendant grâce à l’Église pour sa bénédiction envers ceux qui la recherchent en esprit et en vérité, nous te prions, Dieu d’amour, de répandre ta grâce sur Julien et Martin à l’occasion du 50e anniversaire de leur union. Que leur amour demeure généreux, toujours attentif aux besoins d’autrui, et qu’il approfondisse les liens qui les unissent. Que ta paix les accompagne et que ta lumière joyeuse illumine leur vie. Que la bénédiction de Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit les accompagne et demeure avec eux, maintenant et à jamais. Amen. »

Pour mémoire, le Dicastère pour la Doctrine de la foi avait publié en 2021 une réponse à un dubium au sujet de la bénédiction des unions de personnes du même sexe, soulignant :

il n’est pas licite de donner une bénédiction aux relations ou partenariats, même stables, qui impliquent une pratique sexuelle hors mariage (c’est-à-dire hors de l’union indissoluble d’un homme et d’une femme ouverte en soi à la transmission de la vie), comme c’est le cas des unions entre personnes du même sexe. La présence dans ces relations d’éléments positifs, qui en eux-mêmes doivent être appréciés et valorisés, n’est cependant pas de nature à les justifier et à les rendre ainsi légitimement susceptibles d’une bénédiction ecclésiale, puisque ces éléments se trouvent au service d’une union non ordonnée au dessein du Créateur.

Les membres du clergé qui ont participé à ce scandale seront-ils sanctionnés ?

Procédure du Dicastère pour la Doctrine de la Foi pour les prêtres et laïcs qui décident de quitter la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X

Le dicastère pour la Doctrine de la Foi a adressé aux évêques du monde entier une communication indiquant les mesures à prendre pour accueillir ceux, prêtres comme laïcs, qui décideraient de quitter la Fraternité Saint-Pie X après l’acte schismatique qui a conduit à la nouvelle excommunication. En voici une traduction non officielle :

Le Sénat demande au gouvernement de suspendre l’examen de la proposition de loi sur l’euthanasie

L’intelligence artificielle est-elle une menace pour notre âme ou un simple outil ?

Découvrez cette analyse de la nouvelle encyclique Magnifique humanité du pape Léon XIV sur l’intelligence artificielle, un texte prophétique pour aider les catholiques à affronter ces bouleversements technologiques.

Dans cet entretien d’Academia Christiana, Victor reçoit Philippe pour un décryptage intellectuel, spirituel et politique des défis posés par la révolution technologique. Alors que l’intelligence artificielle s’immisce dans notre quotidien et capte notre attention via les smartphones, comment réagir en tant que chrétiens enracinés ?

Analyse en profondeur des limites algorithmiques (le fameux piège de la chambre chinoise), du mythe du transhumanisme, et des conséquences anthropologiques d’une technique qui se prétend neutre. Loin d’un fatalisme stérile face à la machine, cet échange propose des solutions concrètes ancrées dans la tradition et la philosophie aristotélico-thomiste. En s’inspirant du modèle bénédictin et de l’éducation intégrale, nous appelons la jeunesse de France à retrouver le sens du véritable travail et du bien commun. Ne subissez plus l’algorithme : comprenez-le pour rester un bâtisseur libre.

CHAPITRES DE LA VIDÉO :

  • 00:00 – Les algorithmes décident déjà pour nous
  • 01:40 – Encyclique Magnifique Humanité du Pape Léon XIV
  • 02:55 – L’IA au quotidien : la menace invisible
  • 06:43 – Le piège de la bulle algorithmique
  • 10:50 – Philosophie et origines de la technique
  • 15:14 – Définition réelle de l’intelligence artificielle
  • 17:07 – L’illusion de l’IA : la chambre chinoise
  • 19:46 – Les dérives du projet transhumaniste
  • 26:46 – Désarmer l’IA face à la compétition armée
  • 30:21 – La technique moderne est-elle neutre ?
  • 34:44 – Conséquences écologiques de la toute-puissance
  • 41:58 – Symbiose machine-humain : le grand danger
  • 46:27 – Le travail au service de l’homme
  • 49:46 – S’inspirer du modèle des moines bénédictins
  • 52:22 – L’urgence de retrouver l’éducation intégrale
  • 56:03 – Jeunesse catholique : devenez des bâtisseurs !

Crépol : malgré une nouvelle pirouette judiciaire, l’AGRIF est bien présente dans cette affaire

Communiqué de Yann BALY, Président de l’AGRIF :

Par une ordonnance datée du 26 juin 2026, le juge d’instruction vient à nouveau de rejeter la demande de constitution de Partie-Civile de l’AGRIF dans l’affaire de l’attaque du bal de Crépol.

Le premier rejet, du 21 février 2024, était fondé sur le rejet (contre l’évidence) de la qualification raciste par le Parquet et le juge d’instruction et sur le fait que nous n’ayons pas été mandatés par une victime. Cela était déjà une aberration juridique.

La jurisprudence dit clairement que « l’accord des victimes n’est pas nécessaire dans le cas où l’infraction a été commise envers un groupe de personnes non individualisé ». Ce qui est exactement le cas dans l’attaque qui a visé le bal du 19 novembre 2023 mais cela fait partie des multiples évidences niées par la justice dans ce dossier.

Récemment, plusieurs victimes ont mandaté l’AGRIF.

Désormais, le rejet est motivé par le fait que nous ne soyons pas mandatés par TOUTES les victimes. Cela est encore plus aberrant et confine à l’obstruction judiciaire. On notera que l’absence de qualification de racisme a disparu des motivations du juge.

Heureusement, l’AGRIF a toujours un tour d’avance et nous avions prévu cette hypothèse. Me Jérôme TRIOMPHE, notre avocat coordinateur, est, bel et bien, personnellement désigné dans l’affaire et l’AGRIF prend en charge 100% les frais de défense de 2 victimes (d’autres victimes pourraient être prises en charge prochainement).

Nous sommes donc entrés dans le dossier et avons déjà contribué à remettre la qualification raciste des faits et celle de la bande organisée au cœur de la procédure.

Par ailleurs, nous ferons, une fois de plus, appel (pour la troisième fois puisque la Cour de Cassation avait fait droit à l’AGRIF en cassant la première décision de la Chambre de l’Instruction) de l’ordonnance de rejet pour l’AGRIF en tant que personne morale.

L’AGRIF ne lâche jamais rien !

SOUTENEZ NOTRE ACTION : lagrif.fr/nous-soutenir/

Regard juif nouveau sur le Nouveau Testament : les épreuves conduisent à l’union avec Dieu

Jésus annonce à plusieurs reprises que la foi sera éprouvée. Il dit à ses disciples : « Dans le monde, vous aurez des tribulations. Mais prenez courage, moi, j’ai vaincu le monde » (Jean 16,33). De même, Jacques écrit :

« Regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés, sachant que l’épreuve de votre foi produit la persévérance » (Jacques 1,2-3).

Cette perspective éclaire le sens des paroles de la Torah :

« Car l’Éternel, votre Dieu, vous met à l’épreuve afin de savoir si vous aimez l’Éternel, votre Dieu, de tout votre cœur et de toute votre âme » (Deutéronome 13,4 selon la numérotation chrétienne ; 13,3 dans la Bible hébraïque).

L’épreuve n’a pas pour but d’informer Dieu de ce qu’il ignorerait. Elle a pour finalité de conduire l’homme vers une connaissance plus profonde de Dieu. Ici, le mot da’at ne désigne pas une simple connaissance intellectuelle, mais une union vivante avec Dieu, une relation si profonde qu’elle transforme toute l’existence.

Pourquoi l’épreuve produit-elle cette union ?

Parce que toute épreuve comporte un voile. Elle donne parfois l’impression que Dieu est absent. Elle peut prendre la forme de difficultés matérielles, de l’absence de réponses, de souffrances, d’oppositions ou d’obstacles qui semblent empêcher l’homme de s’approcher de Dieu.

Dans ces moments, tout semble cacher la présence divine, aussi bien à l’extérieur qu’au plus profond du cœur. L’homme est alors appelé à continuer son chemin sans laisser les circonstances décider de sa relation avec Dieu.

La foi consiste précisément à demeurer attaché à Dieu lorsque rien ne semble confirmer sa présence. Elle refuse de se laisser détourner par les objections, les doutes ou les apparences. Elle poursuit son chemin avec fidélité.

C’est alors que l’épreuve produit son fruit. En traversant le voile sans rompre son lien avec Dieu, l’homme découvre une relation plus profonde que celle qu’il possédait auparavant. Ce qui était seulement une conviction devient une expérience intérieure.

comparons cette réalité à une pierre placée au sommet d’une muraille. Lorsqu’elle tombe, elle atteint une distance beaucoup plus grande qu’une pierre située plus bas. De la même manière, plus la présence de Dieu paraît cachée dans une épreuve, plus son origine est élevée. Ce qui descend le plus profondément dans le monde provient des hauteurs les plus élevées.
Lorsque l’homme demeure fidèle au milieu de l’épreuve, il déchire progressivement les voiles qui cachaient la présence de Dieu. Ce qui était dissimulé devient alors une réalité vécue. La présence divine cesse d’être seulement une vérité apprise : elle devient une réalité intérieure.

C’est dans ce sens que la Torah affirme : « L’Éternel, votre Dieu, vous met à l’épreuve… afin que vous connaissiez » (Deutéronome 13,4). L’épreuve conduit à la da’at, c’est-à-dire à une union si profonde avec Dieu que l’homme en vient à percevoir sa présence avec la même évidence qu’il perçoit la vie qui anime son propre corps.

Ainsi, l’épreuve n’est pas seulement un obstacle à surmonter ; elle devient le chemin par lequel le voile se déchire et par lequel l’homme entre plus profondément à l’intérieur de la présence de Dieu.

 

[NDLR : l’auteur de cette tribune est un juif converti au catholicisme]

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Juillet : prier avec le pape pour le respect de la vie humaine

Intention de prière du pape Léon XIV en ce mois de juillet :

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

Seigneur de la vie, Tu nous as créés par amour et appelés à vivre en plénitude. Chaque personne est un don sacré qui reflète ton visage, du premier instant de son existence jusqu’au dernier souffle de son chemin sur la terre. Aujourd’hui, nous te demandons la grâce de reconnaître et de protéger la valeur unique et irremplaçable de chaque être humain. Apprends-nous à accueillir la vie sans condition, à prendre soin de la fragilité avec tendresse, à accompagner chaque étape avec respect et à défendre avec courage ceux qui n’ont pas de voix.

Pardonne-nous, Seigneur, quand nous tombons dans l’indifférence ou la culture du rejet, quand nous cessons de voir en l’autre un être digne d’amour. Donne-nous un cœur nouveau, capable de toujours choisir la vie, et des mains généreuses pour la protéger par des gestes concrets.

Fais de ton Église un témoignage vivant de l’Évangile de la vie, une maison ouverte où toute existence est célébrée, où personne ne se sente de trop et où la dignité soit toujours respectée et protégée. Seigneur Jésus, fais que nous aimions la vie comme Toi tu l’aimes : avec tendresse, fidélité et don total de soi. Que nous sachions proclamer, par nos paroles et nos gestes, que chaque vie humaine mérite le don total de nous-mêmes.

Amen.

Quelques promenades littéraires pour cet été avec Antoine de Lacoste

De Russie en Grande-Bretagne, de la campagne française au désert de Sibérie, Antoine de Lacoste invite à redécouvrir la littérature française et internationale pour un été ludique et formateur.
Découvrez son blog : https://leslivresdantoine.com/

Il serait bon de bannir une fois pour toutes l’expression « c’est une bonne lecture de plage », comme si le fait de contempler la mer autorisait à tenir en main un médiocre roman. Ce devrait être le contraire. Il n’y a pas de temps à perdre avec la très pauvre et très abondante production littéraire : on n’a jamais autant écrit et jamais aussi mal.

DE BONS ROMANS ET DE BONS ÉCRIVAINS

Les bons romans ne manquent pas pourtant, les bons écrivains non plus, mais il faut vouloir traverser le temps et l’espace, et peut-être accepter parfois de se laisser guider.
Une promenade sur les plages ou dans les campagnes françaises peut être l’occasion de découvrir des auteurs dont on parle peu, mais qui ne vous décevront pas. Jeunes et moins jeunes se délecteront des aventures de Gaspard des Montagnes (1922), d’Henri Pourrat. La tension est forte dès le début du récit lorsqu’Anne-Marie, 14 ans, est attaquée chez elle par des inconnus. Elle vient d’hériter et tout se sait dans les petits villages d’Auvergne. Grâce à un redoutable couteau et une main imprudemment passée sous la porte, elle sectionne le petit doigt de l’homme. Ce sera sa marque. Anne-Marie est en danger constant, mais Gaspard, héros populaire et joyeux, part en campagne contre les malandrins. C’est un roman de la terre, aux rebondissements incessants, merveilleusement écrit.

Plus tragiques sont les aventures de Don Luis racontées dans Le Flagellant de Séville (1951) de Paul Morand. Ce Jeune aristocrate espagnol épris d’idées nouvelles, lecteur de Voltaire, accueille avec joie les troupes bonapartistes en 1809. Sa femme, la belle et pieuse Maria, n’a pas le même point de vue : « Nous chasserons les Français ». Les époux s’aiment mais la guérilla commence et Don Luis aura des choix terribles à faire. Les premières pages austères racontant une procession de flagellants le Vendredi Saint ne doivent pas inquiéter le lecteur, on ne lâche pas ce roman flamboyant. Paul Morand a trop écrit mais certaines nouvelles méritent le détour : Parfaite de Saligny (1958), Le Bazar de la Charité (1944), et ce petit roman L’homme pressé (1942) plus léger, mais où le style de l’auteur est éclatant de talent.

EN VENDÉE

Vous pouvez arpenter la Vendée avec Michel Ragon qui nous gratifie d’une belle et émouvante évocation des guerres de Vendée, vue du côté paysan (Les Mouchoirs rouges de Cholet (1984), La Louve de Mervent (1985)), avec Ernest Pérochon (Au cri du Chouan, 1933) ou Marie de Sainte-Hermine (Une famille de brigands, 1848). Hors de « la guerre des géants », restons un peu en Vendée avec René Bazin (à ne pas confondre avec son neveu Hervé, guère recommandable), et La terre qui meurt (1899) ou Magnificat (1931). C’est beau, c’est catholique et c’est très bien écrit.

Avec plus d’insouciance, vous pouvez retrouver Le Fantôme de l’Opéra (1910) qui hante les souterrains de l’Opéra de Paris. Gaston Leroux est indémodable, tout comme Maurice Leblanc qui envoie Arsène Lupin rôder du côté des falaises d’Etretat dans L’aiguille creuse (1909). Ces auteurs sont constamment réédités et c’est justice : c’est bien écrit et il n’y a jamais rien de malsain. Pour les amateurs de romans policiers plus modernes, mais plus sanglants de ce fait, ne manquez pas Les Brumes de Capelans (2022), la traque d’un meurtrier avec un dénouement incroyable. L’auteur, Olivier Norek, est ensuite sorti de sa spécialité pour nous offrir un superbe roman de guerre, Les Guerriers de l’Hiver (2024). Nous sommes en Finlande en 1939, l’armée rouge attaque et les skieurs nordiques résistent, c’est inoubliable et pour tout public.

RESTONS EN NORMANDIE

Nous étions en Normandie, restons-y un peu avec Jean de La Varende. Une trilogie de haut niveau mérite une halte, même un peu prolongée : Le Centaure de Dieu (1938), Le Troisième jour (1947) et La Dernière Fête (1953) vous feront passer de délicieux moment avec Amélien de La Barre, ce hobereau royaliste, qui voit disparaître petit à petit son monde et ses traditions. Il est égoïste et maladroit, sa femme compense avec discrétion, mais il est touchant au fond. Et c’est si bien raconté. Ceux que trois volumes effraient (mais il ne faut pas), pourront se tourner vers Heureux les humbles (1951), où La Varende, dans plusieurs petites nouvelles drôles ou tristes, rend hommage aux humbles, aux héros discrets. La dernière, qui nous raconte l’épopée du docteur Costard, vaut le détour à elle seule.

Passons courageusement la Manche et allons en Angleterre. Tout le monde connaît Jane Austen (Orgueil et préjugés, 1813) qui fut un précurseur essentiel pour ce beau XIXe siècle littéraire. Allons-nous promener avec George Eliot. Le Moulin sur la Floss (1860) est un chef d’œuvre, Marcel Proust en était convaincu, nous aussi. Si vous êtes séduits, ce qui est probable, j’en prends l’engagement, vous pourrez poursuivre avec Silas Marner (1861) et Middlemarch (1872). Anthony Trollope, méconnu en France mais si populaire en Angleterre, vous régalera avec Le Directeur (1855), Les Tours de Barchester (1857) et surtout Le Docteur Thorne (1858) et La Cure de Framley. Trollope est un merveilleux conteur.

LES ROMANS DU XX° SIECLE

Passons au XXe siècle et accompagnons Elizabeth Goudge avec Le Pays du Dauphin vert (1944) ou La Colline aux Gentianes (1950). Rien de mièvre, contrairement à une légende bien ancrée. Ce sont d’excellents romans, tout simplement. Daphné du Maurier vous tiendra en haleine avec Le Bouc émissaire (1957), tout comme Charles Paliser, dont Le Quinconce (1989) fit le tour du monde.

Une mention spéciale pour Le Seigneur des anneaux (1954), abordé avec circonspection, avalé avec enthousiasme. Tolkien a créé un univers unique où le talent pur côtoie de discrètes pistes catholiques, discrètes mais bien réelles. Beaucoup de jeunes ont retrouvé le goût de la lecture grâce à Tolkien, aux exploits d’Aragorn, à la sagesse de Gandalf, au dévouement des petits hobbits qui auraient préféré rester bien au chaud mais ne se dérobent pas. Les orques sont vaincus et nous sommes bien contents d’avoir participé à cette lutte épique entre le bien et le mal.
La littérature allemande ne saurait être négligée et trois auteurs (mais la liste n’est pas close) méritent particulièrement notre attention. Thomas Mann a écrit, très jeune, Les Buddenbroeck (1901), superbe description de l’apogée et du déclin d’une grande famille de l’Allemagne du Nord. Ernst Wiechert nous entraîne, avec Missa Sine nomine (1953), au retour difficile d’un aristocrate allemand, libéré d’un camp en 1945, qui voit la ruine du château familial et va affronter le destin avec un recul et une profondeur impressionnante. Avec Narcisse et Goldmund (1948), Hermann Hesse nous offre une belle réflexion métaphysique, grave et picaresque à la fois. Narcisse, moine d’une grande intelligence, mais menacé par le terrible péché d’orgueil est ami de Goldmund qui quitte le monastère et va parcourir le monde en quête d’émotions charnelles. Ils se quittent et se retrouveront. C’est une superbe histoire, on ne s’ennuie jamais.
Tout près, en Autriche, il y a Stefan Zweig. Ses nouvelles sont inégales, mais il y a Le joueur d’échecs (1943), impressionnant. Hors des sentiers battus, il ne faut pas hésiter à s’aventurer vers La Pitié dangereuse (1939), unique roman du Viennois, un grand livre. Et bien sûr ses biographies, Zweig était un des maîtres du genre, avec notamment Marie-Antoinette (1932) pour une belle et intelligente réhabilitation. En Hongrie, Miklos Banffy, après avoir été ministre de l’Amiral Horthy, a écrit dans sa solitude aristocratique, la trilogie transylvaine aux trois titres somptueux : Vos jours sont comptés (1934), Vous étiez trop légers (1937), Que le vent vous emporte (1940). Vous aurez peut-être reconnu la fameuse prophétie de Daniel et son Mane, Tecel, Fares, asséné au roi Balthazar, puni, avec toute sa cour, d’avoir profané les vases sacrés du Temple de Jérusalem. Une lecture un peu exigeante au début mais le lecteur sera vite pris par les amours d’Adrienne et de Balint, sur fond de tension entre l’Autriche et la Hongrie.

ROMANS HISTORIQUES

Il est également question de Mane, Tecel, Fares, dans le grand roman historique de Piotr Krasnov, De l’Aigle impérial au drapeau rouge (1921), enfin réédité après avoir été introuvable pendant presque un siècle. Une fresque inoubliable de 1900 jusqu’au triomphe de la révolution bolchévique.

C’est le moment, puisque nous sommes en Russie, de parler du chef d’œuvre d’Irina Golovkina, Les Vaincus (1992). Ecrit toute une vie dans la clandestinité, le manuscrit fut retrouvé après la mort de l’auteur et la chute du communisme quasi concomitantes. Ce fut un grand succès. La parution en France fut discrète et c’est bien dommage, l’histoire des vaincus de la révolution bolchévique est un des plus beaux livres écrits en Russie ces dernières décennies.

Restons en Russie avec Andreï Makine (Français d’adoption) et participons à une incroyable course-poursuite dans la taïga avec L’archipel d’une autre vie (2016), ou évoquons les souvenirs politiques d’une vieille dame dans Croix rouges (2017), très beau roman du Biélorusse Sacha Filipenko. Elle n’a que peu de temps pour les raconter car Alzheimer est là. Son voisin de palier, en plein drame, n’est pas très intéressé. Il faudra bien l’écouter pourtant.

UN COUP DE MAÎTRE

Une nouvelle venue a fracassé les lettres russes : Gouzel Iakhina, une tatare du Kouban, rien que ça ! Son coup d’essai fut un coup de maître avec Zouleikha ouvre les yeux (2015), elle a brillamment poursuivi avec Les enfants de la Volga (2021) et l’inoubliable Convoi pour Samarcande (2023), un très grand moment littéraire.

Un retour par la Roumanie s’impose. Vous ne devez pas manquer les chefs d’œuvres de Virgil Gheorghiu, Le meurtre de Kyralessa (1966), Dracula dans les Carpathes (1982), titre étrange masquant une très belle aventure et surtout Dieu ne reçoit que le dimanche (1975). Gheorghiu, c’est le fond et la forme, un style unique qui nous envahit, une histoire profonde chantant les souffrances de son pays à travers des êtres d’exception.

Finissons en Italie, où tant de choses ont commencé. On ne lit plus Le Guépard (1958) à cause du film, très réussi il est vrai. Cela ne doit pas nous laisser détourner de ce grand roman, aux réflexions très fines, contant le passage de témoin entre le Prince vieillissant et Tancredi, le neveu fringant à qui tout réussit. Et la Sicile est si belle.

L’Italie c’est aussi Le Cheval rouge (1983), le chef d’œuvre d’Eugenio Corti. Ne craignez pas ses mille pages, il se déguste comme un grand vin, avec beaucoup d’émotion.
La place manque pour citer beaucoup d’autres titres en Europe, aux Etats-Unis, en Australie ou en Chine. C’est un premier choix.

Bonnes vacances et bonnes lectures.
Article paru dans l’Homme Nouveau, N°1858 du 27 juin 2026.

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Bel été et bonnes lectures.

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