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Eric Didio : “Nous voyons ce bien qui ne fait pas de bruit”

Éric Didio, fondateur et président de Credofunding, est l’invité de GENESE.

Depuis plus de 11 ans, CredoFunding accompagne plus de 1 500 projets portés par des associations, des communautés religieuses et des congrégations.

Un homme de finance… mais d’abord un homme de vision. De la banque à l’entrepreneuriat, son parcours raconte une fidélité intérieure : pour que l’argent reste un serviteur. Avec Credofunding, il a fait naître bien plus qu’une plateforme, c’est un lieu d’espérance entre ceux qui portent des projets et ceux qui choisissent de les soutenir.

Municipales à Nice : LR ne sait plus où habiter

Le président des Républicains Bruno Retailleau a refusé ce matin d’apporter son soutien à Christian Estrosi pour le second tour des élections municipales à Nice, laissant le choix aux électeurs “en leur âme et conscience”. Bruno Retailleau a rappelé que son parti “avait un accord national avec Horizons”, le parti de Christian Estrosi, dont la liste compte des représentants de LR. Mais il juge que ce dernier mène une “campagne délétère”, et lui reproche “l’appel à la gauche et au communautarisme”. 

Puis ensuite, face à la polémique naissante, il a précisé sur X qu’il ne soutient pas non plus Eric Ciotti :

 

 

Théâtre catholique à Bourges

A Paray le Monial, depuis plusieurs années, la Troupe du Onzième Talent monte des spectacles chrétiens et les joue dans toute la France. Ce sont des comédies drôles et profondes, accessibles à un public familial. Ils rendent les mystères chrétiens savoureux en jouant avec humour les méandres de la grâce à la conquête du cœur humain. Leurs deux spectacles actuels sont centrés sur le Sacré Cœur qui s’est révélé à Paray le Monial.

Après avoir donné celui sur Ste Marguerite Marie, ils sont de retour à Bourges ce 21 mars, 16h et 20h à la salle Familia, pour donner celui sur St Claude la Colombière. Vous y êtes chaleureusement invités. Entrée libre. Toutes les infos sur cette troupe : troupe11talent.fr

La troupe est portée par un grand désir : Dévoiler la folie de Dieu.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Missionnaire catholique à Taïwan : 8 mois avec les MEP

Rémi est parti 8 mois avec les ‪Missions Étrangeres‬ de Paris à Yuli, à Taïwan. Il raconte son expérience dans cet entretien avec la Fraternité Saint-Ephrem : la barrière de la langue, les épreuves et les joies de la mission, la situation religieuse à Taïwan, les rencontres inoubliables qu’il a pu faire ! Les Missions étrangères de Paris sont une société de vie apostolique catholique fondée en 1663. L’objectif de cette société est l’évangélisation des pays non chrétiens, spécialement en Asie, par la fondation d’églises et le développement d’un clergé local sous la juridiction d’évêques.

https://www.youtube.com/watch?v=rHwOKnBC2FQ

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Le Fascisme, mythes ou réalité

De Daniel Cadet pour Le Salon beige :

Et si l’origine du Fascisme se trouvait dans les Lumières, s’interroge l’historien Frédéric Le Moal, qui propose une définition :

« une idéologie socialiste et nationaliste, antilibérale, révolutionnaire et totalitaire, aspirant à former un homme nouveau, qui à l’aide d’un Parti unique, embrasserait l’ensemble de la société, de la vie de l’individu, en le coupant de ses traditions, sans oublier l’apologie de la violence ».

En fin de compte, le Fascisme hérita des Lumières et de Rousseau, de la Révolution Française et du jacobinisme, le concept de souveraineté populaire, sous la forme de volonté collective, le fantasme du Peuple-Un, le rêve de créer un peuple et un homme nouveau, le rejet viscéral du catholicisme. Le Fascisme se rattache à la grande facture de 1789. La culture fasciste n’est pas de droite ou « d’extrême droite », c’est en réalité un concept de démocratie totalitaire.

Rappelons aussi que la plupart des chefs du régime fasciste italien venaient de la gauche et Mussolini avait été un des dirigeants du Parti Socialiste italien, d’obédience marxiste. Le fascisme italien fit de l’Etat un mythe en s’appuyant sur la planification de l’économie et la redistribution des richesses. La vérité aujourd’hui c’est que le fascisme n’existe plus que par l’Antifascisme, concocté dans les années 1950 par Staline, le plus gigantesque assassin et manipulateur de l’Histoire, afin de déconsidérer de la manière la plus odieuse tout opposant quel qu’il soit…et cela fonctionne grâce à la naïveté du public.

D.Cadet

Le Fascisme, mythes et réalité Frédéric Le Moal, éditions de l’Homme Nouveau, 2025, 70 pages

Le Parlement écossais rejette l’euthanasie

Les parlementaires ont rejeté le texte par 69 voix contre 57, au terme d’un débat de plus de deux heures. Le texte aurait permis aux adultes atteints d’une maladie en phase terminale et une espérance de vie estimée à moins de six mois de demander une aide à mourir. Il a fait l’objet de plus d’un an de discussions et connu de nombreux amendements.

Les opposants au texte ont mis en avant l’absence de garde-fous, certains soutenant que des personnes vulnérables pourraient être poussées à mettre fin à leurs jours. D’autres encore redoutaient un impact sur les soins de fin de vie. Humza Yousaf, membre du SNP et ancien Premier ministre écossais, a souligné :

« Ma conscience me dit ceci : une société qui laisse une personne atteinte d’une maladie en phase terminale croire que ses seules options sont soit d’endurer des souffrances intolérables, soit de mettre fin à sa vie prématurément est une société qui l’a laissée tomber ».

Le rejet du texte va sans doute être scruté par Londres, où un projet de loi similaire sur l’aide à mourir en Angleterre et au Pays de Galles semble voué à l’échec. Il s’est enlisé à la Chambre des Lords, en raison des nombreux amendements déposés, rendant improbable l’adoption du texte avant la fin de la session parlementaire, prévue en mai.

Le sens chrétien de la mort – Le Père Gaston Courtois nous donne des clés pour le grand passage !

« Un regard plein d’espérance sur ce dernier instant qu’est la mort, souvent angoissant et difficile à la nature humaine. Seul Jésus, vainqueur de la mort, peut nous aider efficacement à nous préparer à faire une « bonne mort ». »

Gaston Courtois (21 novembre 1897 à Paris – 23 septembre 1970 à Rome) est un prêtre catholique français, membre de la congrégation des Fils de la Charité ; mais aussi auteur, éditeur, journaliste. Une figure sacerdotale discrète et pourtant hors du commun qui a laissé un héritage immense.

Les éditions Sainte Madeleine ont entrepris l’heureuse réédition de tous ses écrits. Dernière parution : LE SENS CHRETIEN DE LA MORT, d’une actualité percutante !

Le monde actuel ne nous encourage ni à vivre pleinement, ni à mourir en paix. Tout semble conçu pour nous détourner de la réalité de la mort, comme si elle n’avait aucune place dans l’existence. On nous incite à « réussir » notre vie selon des critères extérieurs, mais rarement à en chercher le sens profond. Pourtant, nous sommes mortels. Tous mortels. Et même si nous essayons de l’oublier, la mort revient parfois brusquement nous rappeler sa présence, en emportant un être cher.
Ce qui donne à la mort sa valeur aux yeux de Dieu, ce ne sont ni les paroles émouvantes ni les circonstances touchantes, mais les vertus incarnées au quotidien : la pureté et l’intensité de la charité présente dans notre cœur au moment ultime.
C’est pourquoi, dès aujourd’hui et chaque jour, aimons Dieu sans mesure, vivons dans la charité, suivons le Christ en portant nos croix, en accueillant les humiliations, et en persévérant dans la prière. C’est ainsi que nous nous préparons à une sainte mort.
Pour nous accompagner sur ce chemin, le Père Gaston Courtois offre ici des lumières précieuses sur la pensée de la mort — des lumières qui transfigurent notre existence et nous préparent au grand passage.

Le Père Gaston Courtois est un pasteur des âmes, tourné vers la formation des âmes jeunes qui seront les piliers de demain. Qui n’a pas connu Les BHBV, les Belles Histoires Belles vies, constamment rééditées, Fripounet et Marisette pour les plus anciens et d’autres périodiques (Ames vaillantes, Perlin et Pinpin) et sans compter que ce bâtisseur a été l’un des premiers à faire découvrir au grand public le père de Tintin, Hergé !

Son parcours ? Des études supérieures de lettres et de psychologie, 1915 la guerre,1916 le Front, 1917 gravement blessé il est démobilisé, en 1919 le Séminaire de Saint-Sulpice, puis Les Fils de la Charité en 1921. Ordonné prêtre en 1925, nommé en 1929 à l’Union des Oeuvres, il en devient le Directeur de 1937 à 1957.

En 1930, le journal Cœurs Vaillants paraît. Son succès immédiat donnera naissance, en 1936, au Mouvement des Cœurs Vaillants, qu’il fonde avec Jean Pihan, puis en 1937 les Âmes Vaillantes. Il reprendra le célèbre « A cœurs vaillants rien d’impossible » sous le pseudonyme de Jacques Cœur. A l’origine de nombreuses initiatives, il monte entre autres : les Éditions Fleurus en 1946, la revue Familial Digest, qui deviendra la revue Panorama Chrétien en 1949. En 1955, il est élu procureur général de son Institut à Rome. En 1960, il est nommé Secrétaire Général et Directeur du Secrétariat international de l’Union Pontificale Missionnaire du clergé. L’abbé Gaston Courtois meurt le 23 septembre 1970 à Rome après une vie bien remplie.

Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE
https://www.livresenfamille.fr/spiritualite/30120-le-sens-chretien-de-la-mort.html
Le sens chrétien de la mort, Père Gaston Courtois, Editions Sainte Madeleine, 7€

Retrouvez toute l’œuvre du père Gaston Courtois sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/1459_abbe-gaston-courtois

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Dérive liberticide en Espagne avec la plateforme HODIO

Lgouvernement socialiste a présenté HODIO, ou « Empreinte de la haine et de la polarisation », un outil développé par le ministère de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations. Ce système a été mis au point par l’Observatoire espagnol du racisme et de la xénophobie (OBERAXE), un organisme placé sous l’égide du ministère de l’Inclusion. Il fonctionnera grâce à une collecte massive de messages publiés sur les réseaux sociaux, qui seront ensuite analysés par des algorithmes capables de classer le contenu selon des « critères de polarisation, de discrimination ou de conflit politique ». Des critères définis par le gouvernement, bien entendu. 

L’outil, comme indiqué sur la page institutionnelle dédiée,

« analyse la présence de discours de haine et de polarisation sur les principaux réseaux sociaux utilisés en Espagne (Instagram, TikTok, X, YouTube et Facebook) et génère un classement public et transparent comparant le niveau d’exposition à la haine sur les différentes plateformes… HODIO mesure et évalue la présence de discours de haine et de polarisation sur les médias sociaux, en publiant périodiquement un classement qui mesure la prévalence des discours de haine et la diffusion des contenus. À partir de ces données, un rapport semestriel est établi, comprenant un classement, une véritable liste noire ou « index », permettant de suivre l’évolution de la situation sur chaque plateforme de médias sociaux. »

L’initiative, présentée à Madrid  le mercredi 11 mars lors du premier « Forum contre la haine » organisé par le gouvernement socialiste et de gauche espagnol, constitue une nouvelle étape dans la stratégie gouvernementale de contrôle du débat public en ligne et, plus généralement, dans l’espace numérique. Autrement dit, l’objectif est de signaler publiquement les utilisateurs et les conversations jugés indésirables par les autorités. HODIO ne se contentera pas d’identifier les infractions, mais mesurera également la « polarisation » et l’impact social de certaines opinions, un concept beaucoup plus large et nettement plus difficile à définir juridiquement.

Le recours à l’intelligence artificielle pour la classification des messages soulève un manque flagrant de transparence, les critères d’évaluation des contenus n’ayant pas été rendus publics. Qui contrôle les contrôleurs ? Le lancement de cette plateforme intervient après des semaines de critiques croissantes du gouvernement à l’encontre des réseaux sociaux, accusés d’attiser les conflits politiques et de diffuser des messages extrémistes. Ces critiques font suite à de nouvelles propositions restrictives du gouvernement Sánchez lui-même concernant le fonctionnement des plateformes de médias sociaux, le tout au nom de la réduction des contenus préjudiciables, de la protection de la jeunesse et de la promotion de la paix sociale.

En réalité, il s’agit d’une série de restrictions et de contrôles concrets de la liberté d’expression et de la vie sociale et civile des citoyens qui, très concrètement, sont de plus en plus surveillés et profilés. Sánchez, fortement incriminé par les enquêtes judiciaires menées depuis des mois contre son entourage politique et familial, semble s’irriter des critiques formulées à son encontre sur les réseaux sociaux par l’opposition et ses détracteurs en général, et souhaite donc les contrôler. 

L’initiative de Sanchez ressemble fortement à l’approche récemment adoptée par l’Union européenne, qui a approuvé l’an dernier le « règlement sur les services numériques », obligeant les plateformes à supprimer les contenus jugés « illégaux ou préjudiciables » et à soumettre leurs systèmes à un contrôle réglementaire. En novembre dernier , l’UE a également approuvé le « Bouclier européen de la démocratie », élément de sa stratégie de surveillance numérique, visant à contrer les pressions exercées sur la démocratie européenne par une approche systémique, à plusieurs niveaux et participative, pilotée depuis Bruxelles, selon les critères de la majorité au pouvoir.

Tout cela est très inquiétant, mais malheureusement rien de nouveau ; tout a déjà été vécu et vu à l’œuvre au siècle dernier, au-delà du rideau de fer, où le « soleil du futur » réchauffait le cœur de ceux qui étaient au pouvoir, tout en emprisonnant les dissidents. 

La Conférence de La Haye recule sur la GPA : un coup d’arrêt majeur au développement de cette pratique scandaleuse

Communiqué du Syndicat de la famille :

L’organisation internationale annonce la fin de ses travaux portant sur la reconnaissance internationale de la GPA auprès de ses 90 Etats-membres. Une bonne nouvelle pour l’intérêt supérieur de l’enfant et la dignité des femmes puisque la Conférence de La Haye renonce donc à faciliter le trafic international d’enfants qui résulte de la gestation pour autrui (GPA). Elle doit désormais s’engager dans la lutte contre cette pratique pour protéger l’intérêt supérieur de l’enfant et la dignité de la femme.

Le Syndicat de la Famille se réjouit que la Conférence de La Haye ait enfin mis un terme à la mission de son groupe de travail « filiation – maternité de substitution ». Celui-ci était en effet supposé élaborer un « instrument juridique international » qui aurait permis aux commanditaires d’enfants par GPA d’être considérés comme leurs parents par les 90 Etats-membres de la Conférence de La Haye, ce qui revenait à leur imposer de reconnaître de facto la GPA.

L’institution internationale de droit privé avait fait, jusque-là, comme si la gestation pour autrui ne posait pas de graves problèmes humains, éthiques et civilisationnels. Prétendant ne pas s’intéresser aux enjeux de fond, elle déclarait s’en tenir aux seuls aspects techniques qui permettraient d’aboutir à un système international instaurant une filiation juridique entre commanditaires et enfants nés de mères porteuses.

Son motif officiel était de protéger les droits de l’enfant alors que, à l’évidence, le respect de ses droits comme, plus largement, de son intérêt supérieur de l’enfant, ne peut impliquer qu’un seul objectif pour la Conférence de La Haye : la lutte contre le trafic international d’enfant généré par la gestation pour autrui, donc contre la pratique de la gestation pour autrui.

Le Syndicat de la Famille avait été auditionné à La Haye en 2018 et avait été reçu à ce sujet en 2019, 2022 et 2025 au ministère de la Justice. La France était en effet représentée au sein de ce groupe de travail par un conseiller du ministère de la Justice et ce, malgré le fait qu’Emmanuel Macron ait toujours déclaré que la GPA est une « ligne rouge » pour lui.

La gestation pour autrui consiste à utiliser une femme pour obtenir d’elle un enfant au profit de tiers, et à séparer celui-ci de sa mère. Ainsi, dans le cadre d’une GPA, les commanditaires disposent de l’enfant et de sa mère, ce qui relève d’une forme d’esclavage suivant la Convention relative à l’esclavage de 1926 (article 1er, alinéa 1).

La GPA est en outre contraire à la Convention internationale des droits de l’enfant, à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), au Protocole additionnel à la convention des Nations-Unies contre la criminalité transnationale organisée visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier la traite des femmes et des enfants, ainsi qu’à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.

Au nom du Syndicat de la Famille, sa présidente, Ludovine de La Rochère, en appelle aux responsables et Etats-membres de l’institution internationale : « dans le prolongement de la Convention du 29 mai 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption internationale qu’elle avait élaborée, la Conférence de La Haye doit désormais s’engager dans la lutte contre la gestation pour autrui ».

Sanctionnée pour ses propos sur Eric Ciotti, Nathalie Saint-Cricq ne participera pas à la soirée du second tour des municipales

Dimanche soir, l’éditorialiste politique de France Télévisions avait comparé Eric Ciotti à Benito Mussolini.

Les excuses qu’elle a aussitôt présentées n’y changeront rien : Mme Saint-Cricq n’apparaîtra plus à l’antenne jusqu’à dimanche 22 mars inclus, a décidé Philippe Corbé, le nouveau directeur de l’information de France Télévisions.

Le parti d’Eric Ciotti est à l’origine de la commission d’enquête parlementaire sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, en pause jusqu’au 23 mars.

À quoi sert le droit canonique ?

Parmi les causes, nombreuses, qui ont entraîné une crise dans l’Église, il semble que l’abandon et l’oubli de son droit propre – le droit canonique – ont joué un rôle important. Seulement pour beaucoup d’entre nous, ce droit de l’Église est une terre inconnue, presque un ovni, entouré d’un brouillard encore plus épais que celui qui recouvre la théologie ou la philosophie.

C’est pourquoi le Club des Hommes en Noir a interrogé le chanoine Marc Guelfucci, canoniste, pour qu’il nous dévoile les secrets du droit canonique, sa raison d’exister, son origine, le fonctionnement des tribunaux ecclésiastiques et sa relation avec la charité et le salut des âmes.

Cette semaine, l’abbé Guelfucci est donc L’invité du Club des Hommes en noir et Philippe Maxence en profite pour mieux nous faire connaître cet habitué du Club des Hommes en noir en le soumettant au questionnaire de Proust.

5ᵉ Congrès du Bien Commun, organisé par Academia Christiana

Le 5ᵉ Congrès du Bien Commun, organisé par Academia Christiana le samedi 14 mars à Paris (8 rue d’Athènes), s’est déroulé sous le thème : “Le monde qui vient : enjeux, périls et motifs d’espérance”.

Exposés :

https://www.youtube.com/live/E1H_CjLq8jM

Introduction — Victor Aubert
* 00 h : Illusions, prospérité et déclin (1975–2000) — Jean-Pierre Maugendre
* 14′ 20 : Ce que la France est devenue (2000–2025) — Xavier Van Lierde
* 46′ 00 : La fin du clivage droite–gauche ? — Nicolas Mirkovic
* 1h 14′ 20 : Le piège de l’intelligence artificielle — Emmanuelle DARLES
* 3h 04′ 50 : L’impact du numérique sur nos existences — Hubert Calmette
* 3h ’33 : Le défi migratoire : vérité et exigence humaine — Julien Rochedy
* 4h ’03 : Ce que le wokisme dit de notre époque — Rodolphe Cart

* 5h12 – 5h 46 : table ronde coordinatrice : Liselotte Dutreuil (Radio Courtoisie)
Julien Rochedy, Abbé Matthieu Raffray, Corentin DUGAST

* 5h’ 51: Génération Z : entre fragilité et radicalité — Raphaël Ayma
* 6h 19′ 50 : Qui sont les nouveaux convertis ? — Abbé Matthieu Raffray
* 6h 49′ 50 : Identitaires et christianisme — Victor Aubert
* 7h 25′ 25 : Conclusion : Quel projet pour l’Europe ? — Arno Guibert

Le monde bascule sous nos yeux.
Crise politique, révolution technologique, bouleversements démographiques, retour du religieux, tensions culturelles… Notre époque traverse une transformation profonde.
À l’occasion du 5ᵉ Congrès du Bien Commun, Academia Christiana réunit à Paris intellectuels, universitaires, essayistes et acteurs engagés pour analyser le monde qui vient et discerner les motifs d’espérance qui émergent au cœur de la crise.
Tout au long de cette journée exceptionnelle, conférences et tables rondes abordent les grandes questions de notre temps :
• mutations politiques et fin du clivage droite-gauche
• révolution numérique et intelligence artificielle
• défi migratoire et transformations démographiques
• montée du wokisme et crise culturelle
• génération Z : entre fragilité et radicalité
• conversions et retour du religieux
• avenir de l’Europe et projet de civilisation
Dans un monde marqué par l’incertitude, ce congrès propose une lecture du réel à la lumière de la foi, de la philosophie politique et de la tradition chrétienne, afin de comprendre les défis de notre temps et préparer l’avenir.

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Soros, l’étendue d’un empire

D’Antoine de Lacoste dans Fideliter :

George Soros naquit à Budapest le 12 août 1930 sous le nom de Gyorgy Schwartz. Son père, Tivadar Schwartz, était un mondialiste avant la lettre. Utopiste invétéré, il fut un adepte de l’esperanto, cette langue universelle inventée par le docteur Zamenhof à la fin du XIXe siècle. Sensé être un lien pacifiste entre les hommes, l’esperanto fut également le moyen pour les communautés juives d’Europe centrale, aux langues maternelles très différentes, de communiquer entre elles.

C’est en 1936 que Tivadar décida, face à la montée du nazisme, de changer de nom. Il choisit Soros, verbe tiré directement de l’esperanto et qui signifie « il s’élèvera ». Avec la guerre, la famille survécut comme elle put et, grâce à l’habileté de Tivadar, parvint à éviter le pire. Paul, l’aîné, fut déporté en camp de travail d’où il fut libéré en 1945 et partit après la guerre aux Etats-Unis où il mena une carrière d’ingénieur.

En 1944, Tivadar décida de placer George, qui avait alors 14 ans, chez un fonctionnaire qui travaillait pour les Allemands, ce dernier n’ayant sans doute pas le choix. C’était une façon de protéger l’adolescent. On peut donc supposer que cet homme était lié aux Soros et de toute confiance, mais les sources manquent à ce sujet.

Un épisode célèbre se passa alors, qui fit couler beaucoup d’encre. Le dit-fonctionnaire dut se rendre dans l’appartement d’une famille juive en fuite pour recenser ses biens en vue d’une future confiscation. George participa à cette visite malgré son âge et l’on ne sait pas pourquoi. Certains ont ensuite affirmé, à partir de cet unique fait, que Soros avait collaboré avec les Allemands et spolié des biens juifs. Il nous semble impossible de souscrire à cette thèse, compte tenu de son âge et de sa position d’enfant placé chez un adulte.

En 1947, George choisit de quitter la Hongrie pour l’Angleterre. Il n’avait pas de goût pour le régime communiste mis en place par les Soviétiques, système qu’il qualifia ensuite de société fermée, par opposition à la société ouverte. Ce concept lui fut inspiré par le philosophe Karl Popper dont Soros avait lu le livre phare : The Open Society and Its Enemies. Car ce n’est pas la finance, grâce à laquelle il fit ensuite fortune, qui fut son premier centre d’intérêt, mais la philosophie.

Karl Popper a tellement marqué Soros qu’il appela Open Society la fondation qu’il fonda et qui devint célèbre dans le monde entier. Certains spécialistes de Popper affirment que Soros a détourné le concept de société ouverte et falsifié le message du philosophe.

Des décennies plus tard, Soros confia qu’il aurait aimé poursuivre dans cette voie philosophique mais il se rendit vite compte qu’il n’en avait pas les capacités, selon ses propres dires, et se tourna vers la finance.

En arrivant à Londres, il s’inscrivit à la London School of Economics. C’est là qu’il écouta les cours de Karl Popper. Il exerça des petits métiers pour financer sa scolarité qui dura quatre ans. Sorti en 1951, il dut patienter avant d’entrer dans la finance. Il continua à gagner sa vie comme il put jusqu’en 1954 où il fut enfin recruté par la banque Singer & Friedlander où il apprit les rudiments du métier. En 1955, il entra dans une autre banque d’investissement, F.M.Mayer & Co, où il devint « trader », c’est-à-dire opérateur de marchés financiers. Cette fois, il était au cœur du système, en tant qu’acteur de ces fameux marchés où il excella. Mais c’était encore un poste modeste de simple opérateur anonyme avec, toutefois, une spécialité bien précise : les marchés de devises. C’est là qu’il apprit les techniques de ce marché hautement spéculatif grâce auquel il bâtit plus tard sa fortune.

Mais Londres, encore en pleine reconstruction, était une ville un peu étroite pour ses ambitions. Il rêvait de New York et parvint à s’y faire muter par Mayer, son employeur, en 1956. Il y resta trois ans, approfondit ses connaissance des marchés financiers, toujours dans les devises, puis rejoint Wertheim & CO.

Parallèlement, il poursuivit ses lectures philosophiques et réfléchit à la théorie de la réflexivité chère à Karl Popper, qu’il transposa vers son métier : ce sont les acteurs qui influencent et font les marchés et non l’inverse. Cela lui donna sa méthode pour spéculer, prendre les marchés, de devises ou autres, à revers, afin de pouvoir « dénouer » ses positions lorsque le marché change d’orientation et rejoint celle des spéculateurs. La méthode est presque infaillible mais elle nécessite de très gros moyens pour avoir le pouvoir de peser sur l’orientation des marchés.

Chez Wertheim, Soros changea de dimension. Il n’était plus simple et habile exécutant, mais proposait des stratégies et commença à envisager son avenir vers une indépendance totale.

En 1963, il rejoignit la banque Arnold & Bleichroeder puis créa son premier fonds d’investissement, Double Eagle, en 1969.Il n’avait pas encore fait fortune et s’appuya sur son réseau européen qui lui fournit les capitaux nécessaires. Aujourd’hui encore, les noms de ces investisseurs ne sont pas connus. Mais bien évidemment, ils étaient majoritairement Londoniens.

On peut souligner à ce stade que Double Eagle fut un fonds « offshore », c’est-à-dire situé en dehors des Etats-Unis. Soros se méfiait des contrôles des autorités de marché américaines, beaucoup plus strictes qu’en Europe. Il installa son fonds à Curaçao, dans les Antilles néerlandaises. Durant toute sa vie financière, Soros garda ses distances avec les Etats-Unis.

Double eagle dura quelques temps et, en 1973, il créa Quantum fund, le fonds qui fit basculer Soros dans le monde des grands. Parallèlement, le Soros fund vit le jour à la même époque : Soros avait maintenant un nom dans la finance américaine.

A partir de ces année soixante-dix, il concrétisa son vieux rêve idéologique. Il n’était pas encore richissime mais avait suffisamment d’argent pour en consacrer une partie à la création, en 1979, de l’Open Society Foundation. Le but est clair : promouvoir la société ouverte en valorisant les libertés individuelles dans tous les domaines. Pour cela , il faut lutter contre tout ce qui peut constituer une société fermée : la nation, la religion, la famille, c’est-à-dire toute société ou système qui peut donner un cadre contraignant à l’individu et freiner ainsi son épanouissement individuel.

Contrairement à ce que l’on croit parfois, le catholicisme n’est donc pas la seule religion ennemie, l’islam l’est tout autant. Les systèmes politiques autoritaires sont bien sûrs fermés et ennemis : le communisme, le fascisme et, plus largement, tout gouvernement qui met en avant les valeurs morales ou patriotiques. Ainsi, Viktor Orban, Vladimir Poutine sont des cibles permanentes et anciennes de l’Open Society. Donald Trump en est une nouvelle et plus tard tout mouvement « populiste » qui pourrait gagné les élections. La démocratie est d’ailleurs reléguée au second plan ; elle est une valeur si les résultats sont favorables mais devient une gêne si le peuple vote mal. D’où la célèbre phrase d’un document de l’Open society en 1979 : « La démocratie et la société ouverte ne peuvent être imposées que de l’extérieur parce que le principe de souveraineté fait obstacle à l’ingérence extérieure. » C’est en se basant sur ce type de principe que Soros a financé de nombreuses révolutions de couleur en Serbie, en Ukraine, en Géorgie, en Asie centrale, parfois avec succès, parfois non.

L’Open society a bien grandi depuis sa création. Elle est aujourd’hui présente dans 120 pays, subventionne des milliers d’associations (15600 subventions citées dans un des derniers rapports), aide 20 000 boursiers par an et dispose de 32 milliards de dollars de réserves.

Bien évidemment, la montée en puissance prit du temps mais dès le début de son existence, l’Open society (OS) s’intéressa à l’Europe de l’Est. En 1984, elle eut l’autorisation de s’installer à Budapest. C’était le pays d’origine de Soros, bien sûr, mais c’était aussi le régime communiste le plus débonnaire d’Europe de l’Est. C’est d’ailleurs de Hongrie que partiront les premiers craquements qui entraîneront la chute du Mur de Berlin. Progressivement, l’OS s’installa en Pologne puis en URSS même. Les initiatives furent alors officiellement philanthropiques, pour reprendre l’expression consacrée que les médias complaisants attribuent aux réseaux Soros. Il s’agissait d’aider matériellement des étudiants, des associations, des opposants tolérés pour s’implanter petit à petit.

La chute de l’Union soviétique et de ses satellites en 1991 servit d’accélérateur. La même année, l’OS créa à Budapest l’Université d’Europe centrale. Elle fut la pionnière de l’infiltration des idées nouvelles qui devaient permettre l’ouverture des populations brimées d’Europe de l’Est vers les valeurs de l’occident. Les cours étaient en langue anglaise, les boursiers nombreux (Viktor Orban, ironie de l’histoire, fut l’un d’eux) et les programmes très progressistes.

Pour les mêmes raisons, Soros investit beaucoup en Russie. Boris Eltsine avait pris la suite de Gorbatchev, dernier dirigeant communiste, qu’il avait évincé, et s’était entiché d’économistes et de conseillers américains qui gravitaient autour de lui. L’OS put s’implanter, Soros avait les faveurs d’Eltsine ainsi qu’un célèbre économiste, Jeffrey Sachs. Le parcours de ce dernier, alors très lié à Soros, ne manque pas de sel puisqu’il est actuellement un pourfendeur acharné des néoconservateurs américains qu’il accuse d’avoir sciemment provoqué la guerre en Ukraine.

Soros et Sachs sont aujourd’hui dans deux camps différents après avoir œuvré ensemble à la destruction de la Russie dans les années 90. Car ce fut un désastre. Le libéralisme débridé prôné par ces économistes américains ruina le pays qui s’enfonça dans une crise sans fin. C’est cela qui provoqua l’élection de Vladimir Poutine : le peuple russe ne voulait plus entendre parler de libéralisme et attendait un homme qui lui redonnât la fierté d’être Russe. Poutine fit fermer les bureaux de l’Open Society en 2003, avant de l’interdire définitivement en 2015.

Ces années 90 furent prolifiques pour Soros. Il gagna beaucoup d’argent à ruiner la Russie, et réussit son coup de maître financier en attaquant la devise britannique, la livre sterling. Il vendit massivement à découvert la livre, aidé en cela par Bank of América et JP Morgan notamment. La banque d’Angleterre dépensa des milliards à tenter de soutenir sa monnaie, en vain. Lorsque le cours s’effondra, Soros et ses complices rachetèrent à bas prix leur découvert, empochant des bénéfices considérables. Soros lui-même, gagna 1,1 milliard de dollars dans l’opération. Il devint riche et célèbre : l’homme qui a fait sauter la banque d’Angleterre.

Il renouvela l’opération ailleurs, à plusieurs reprises : contre d’autres devises, des places boursières ou d’autres indices. Des milliers d’épargnants furent ainsi ruinés. Ce ne sont que des dégâts collatéraux, n’intéressant guère le « philanthrope » spéculateur.

L’Open Society put ainsi se développer. L’Europe occidentale, déjà très avancée sur la voie de la décomposition, n’était pas le premier objectif mais des bureaux furent tout de même créés un peu partout. Le responsable était un Espagnol, Jordi Vaquer, désigné par Soros. Il résuma un jour une partie de sa méthode : « Les thèmes identitaires sont sujets à la controverse. Quand on est une organisation globale, on fait des choix qui ne sont pas toujours dans la tradition culturelle et politique locales. » Intéressant éclairage, qui nous explique pourquoi tant de fêtes traditionnelles, même non catholiques, sont systématiquement attaquées. Il faut déraciner les populations afin de faire avancer la cause mondialiste, ultime étage de la société ouverte.

Jordi Vaquer exerça ensuite ses talents chez Metropolis, organisation qui regroupe des villes du monde entier. Il leur apprend notamment à « introduire l’intégration du genre dans le débat international ».

Metropolis est un exemple type, mais il y en a bien d’autres, d’organisation non créée par Soros mais activement infiltrée et soutenue par l’Open Society.

Parmi les sujets marquants auquel le »philanthrope » s’est intéressé, il faut citer le projet d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. De vieilles photos sont toujours visibles sur internet où l’on voit Soros et Erdogan discutant aimablement autour d’une table. Parmi les autres personnes présentes, la princesse hollandaise Mabel van Oranje, belle-fille de la reine Beatrix, qui fut un cadre important des réseaux Soros.

En rencontrant Erdogan à plusieurs reprises, sous couvert de réflexions sur des investissements potentiels en Turquie, Soros voulait surtout favoriser l’intégration de la Turquie dans l’Union européenne. Il déploya une énergie considérable à ce projet au début des années 2000. Nul ne sait s’il joua un rôle dans la conversion de Jacques Chirac et de toute une partie de la classe politique française à cette adhésion, mais le fait est que le président français changea totalement d’opinion à ce sujet. Les négociations n’aboutirent pas mais du fait de la Turquie et non des Européens. Nul doute que le sujet reviendra sur la table quand Erdogan ne sera plus là.

Mabel van Orange, pour revenir à elle, travailla beaucoup pour Soros. Elle s’activa notamment en Afrique du Sud, auprès de Nelson Mandela, se lia avec Kofi Anan, futur secrétaire général de l’ONU, et joua un rôle important à l’International Crisis Group. Cette ONG est typique de la nébuleuses sorosienne : elle n’a pas été créé par lui, mais poursuit les mêmes buts. Officiellement, elle œuvre pour la paix, la démocratie, etc. Dans la pratique, elle participe à la diffusion de la subversion et envoie sur le terrain des militants pour faire avancer ses idées progressistes. Elle participa ainsi aux évènements de Maïdan à Kiev en 2014 qui aboutit au renversement du président « pro-russe » Ianoukovitch. Soros y joua également un rôle financier important et il fut ensuite décoré par le nouveau président pro-occidental Porochenko. La CIA, quant  à elle, était à la manœuvre pour la partie « coup d’Etat ». Il est intéressant d’observer que la CIA et le Pentagone d’un côté, Soros et de nombreuses autres ONG progressistes de l’autre, ont agi de concert en Ukraine pour l’arracher à la Russie. Les uns pour des raisons géopolitiques, les autres pour l’occidentaliser et y permettre la diffusion des idées progressistes.

A Maïdan, il y avait également John Mc Cain. Ce politicien américain fut un tenant fanatique de l’interventionnisme américain dans le monde entier. Après sa mort en 2018, ses amis créèrent le Mc Cain Institute. Il faut s’y arrêter car c’est un exemple emblématique du fonctionnement des réseaux Soros en symbiose avec de multiples autres réseaux progressistes. Cet Institut a pour but, entre autres, de former des éléments d’avenir venant du monde entier. C’est un des nombreux programmes « young leaders » que les Américains affectionnent. Parmi les anciens élèves, on trouve des Géorgiens, des Ukrainiens, des Africains, c’est, comme toujours, assez varié. C’est la liste des financeurs qui est intéressante. Tout le monde est là : Open society, Bill and Melinda Gates Foundation, Bloomberg Philantropies, Microsoft, Carnegie Corporation, Ford Foundation, Rotschild Foundation, JP Morgan Foundation, la liste est encore longue.

Cet exemple aide à bien comprendre que les réseaux Soros, s’ils sont parmi les plus puissants et les plus pernicieux (en matière de mœurs notamment) ne sont qu’une nébuleuse parmi tant d’autres. Tous ne vont pas s’occuper de théories du genre ou de militants LGBT, mais tous vont s’intéresser à au moins une cause progressiste. Ils se croisent souvent mais pas toujours, se complètent sans pour autant se concerter, même s’ils se rencontrent à Davos. Il n’y a pas une autorité unique au-dessus de la nébuleuse, chacun tient son rôle de façon indépendante, et tous vont dans le même sens sans même avoir besoin de l’expliciter. L’empire du mal est multiforme. Il faut ouvrir beaucoup de poupées russes pour les observer. De Human Rights Watch à Reporters sans frontières en passant par Transparency international, ils sont très nombreux ceux qui bénéficient de subventions ou sont infiltrés par l’Open society. La Cour Européenne des Droits de l’Homme est un exemple type fameux.

L’immigration vers l’Europe est naturellement encouragée par Soros. L’ennemi avançant toujours masqué, c’est sous couvert d’humanitarisme que le soutien financier, moral ou médiatique s’organise. Lorsque la chancelière allemande Angela Merkel lança son fameux « Wir schaffen das » (nous y arriverons), pour ouvrir les bras aux Syriens fuyant la guerre,ils vinrent à pied, par millions, et ne furent évidemment pas que Syriens. Leur point commun, l’islam. Soros, nous l’avons dit, considère cette religion comme fermée, mais le but, chacun l’a compris, n’est pas d’ouvrir ce qui est soi-disant fermé, mais de détruire les fondements de la société occidentale bâtie sur le christianisme. L’Open society versa 500 millions de dollars à de nombreuses associations d’aide aux immigrés.

Il ne faut cependant pas croire que les réalisations sorosiennes soient toujours couronnées de succès. Viktor Orban incarne une grande défaite du « philanthrope » spéculateur : la fermeture de l’université de Budapest en 2019. Ce fut un combat homérique. Orban, ancien boursier de l’Université d’Europe Centrale, avait beaucoup évolué intellectuellement et religieusement. Il avait pris conscience de la dangerosité de cet enseignement sur la jeunesse hongroise et fit fermer l’université malgré une pression médiatique mondiale.

Le piratage de la messagerie de l’Open society en 2011 fut également un accroc douloureux. Les milliers de messages rendus publics (ce fut la fameuse affaire Wikileaks) révélèrent une connivence troublante entre Soros et la famille Clinton. Un exemple parmi d’autres : « Chère Hillary, l’Albanie est en proie à une situation sérieuse qui requiert une attention urgente des niveaux les plus élevés du gouvernement américain. » Hillary Clinton était alors secrétaire d’Etat de Barack Obama, c’est-à-dire la numéro un du gouvernement. L’inquiétude de Soros pour l’Albanie ne doit pas surprendre. Les Balkans, comme l’Europe centrale, ont toujours été dans les priorités de l’Open society.

Ce ne fut pas toujours le cas des Etats-Unis sous l’ère des Clinton et d’Obama, car, au fond, c’est un peu la famille de Soros. Mais les meilleures choses ont une fin et l’élection de Donald Trump fut considérée comme une catastrophe par les réseaux progressistes. Personne ne l’avait vue venir et l’Amérique devint alors une priorité. Des associations furent créées, comme Amerique vote, afin d’inciter les minorités des quartiers pauvres à voter ou à bloquer toute réforme demandant par exemple des pièces d’identité pour voter, permettant ainsi des votes de substitution d’immigrés. Beaucoup d’argent fut ainsi dépensé. Ce ne fut pas en vain et le progressiste Joe Biden gagna de justesse, dans des conditions douteuses.

George Soros commença à s’affaiblir et mit en scène son fils Alexander afin de préparer sa succession. On le vit beaucoup, avec les Clinton, Joe Biden, Kamela Harris, Emmanuel Macron, et, finalement, l’ensemble du gotha mondialiste. Soros lança ses derniers feux, contre la Chine, l’Inde, et son ennemi mortel, Vladimir Poutine. Il rappela son attachement à l’Europe pour des raisons bien précises : « Le concept de l’Union européenne me passionne. Là, toutes les nations sont minoritaires, et c’est la raison pour laquelle ce projet me tient à cœur. »

Hélas pour l’Open Society, Donald Trump fut élu en 2024 malgré les investissements considérables engagés contre lui. La société fermée l’a emporté, et pas n’importe laquelle. Sous la houlette d’Elon Musk, l’USAID fut rapidement démantelée. Ce n’était pas l’OS mais son clone.

Aujourd’hui, Alexander Soros est très riche et idéologiquement dans la lignée de son père, mais il n’est pas certain qu’il ait son talent. Et puis la roue a tourné, les nationalistes, ennemis absolus, ont le vent en poupe en Europe et aux Etats-Unis. Plus personne ne croit au mensonge de la mondialisation heureuse.

George Soros a cependant provoqué des dégâts considérables. L’avenir nous dira si l’Open Society saura poursuivre l’œuvre funeste de son fondateur.

Espagne : La Commission chargée d’approuver ou de rejeter les demandes d’euthanasie passe outre l’avis défavorable du médecin

Lu sur Gènéthique :

La Commission de garantie et d’évaluation de Catalogne (CGAC), l’organisme administratif chargé d’approuver ou de rejeter les demandes d’euthanasie, a accédé à la demande de Pere Puig Ribas, un homme de 54 ans souffrant de dépression chronique sévère. Il s’agissait de sa troisième requête. Pour la Commission, « aucune amélioration n’est prévue ».

Pour accéder à l’euthanasie en Espagne, il faut d’abord en faire la demande auprès de son médecin traitant. En cas d’avis « favorable », un deuxième médecin, qui doit être spécialiste de la maladie du patient, l’examine 15 jours plus tard. En l’espèce, le médecin de Pere Puig Ribas avait émis un avis défavorable mais la Commission est passée outre. Sans constituer pour le moment un feu vert, cette décision relance la procédure. […]

La Cour de justice de l’Union européenne statue que les 27 États membres doivent reconnaître les identités transgenres

Le 12 mars, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a rendu un arrêt stipulant que les 27 États membres de l’UE doivent désormais mettre en place un processus opérationnel de « reconnaissance légale du genre » (RLG) afin que les citoyens exerçant leur droit de circuler librement dans un autre pays puissent obtenir des documents d’identité correspondant à leur identité de genre vécue. Cet arrêt affirme la primauté du droit de l’UE sur les droits nationaux.

Plus précisément, le jugement vise des pays comme la Hongrie, la Slovaquie et la Bulgarie, qui n’autorisent pas le changement de sexe sur les pièces d’identité officielles et rejettent l’idéologie du genre.

L’affaire C-43/24  Shipova a été intentée par une personne transgenre résidant en Italie, qui tente depuis dix ans de faire modifier son nom et son genre sur ses documents officiels. Les tribunaux bulgares ont rejeté ses demandes. En 2023, la Cour suprême bulgare a émis une interprétation contraignante stipulant que les juridictions inférieures ne peuvent autoriser la reconnaissance légale du genre (LGR) ; cette décision faisait suite à un arrêt de la Cour constitutionnelle de 2021 affirmant que le « sexe » est une notion biologique et que le concept de « genre » utilisé par les personnes LGBT n’est pas reconnu par le droit bulgare.

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a toutefois affirmé que cette mesure violait le droit à la libre circulation au sein des 27 États membres et que le refus d’autoriser les citoyens à modifier leur sexe sur leurs documents officiels engendrait des « inconvénients considérables » lors de leurs déplacements et de leurs tentatives de vivre leur « identité de genre » à l’étranger. Elle a exigé que les États membres se soumettent aux revendications des militants transgenres. L’arrêt précise en outre que les lois interdisant la modification du sexe sur les documents officiels constituent une atteinte à la « dignité et à la liberté » des Européens en questionnement sur leur identité de genre.

La CJUE a également jugé que l’interdiction par la Bulgarie de la LGR constituait une violation du « droit à la vie privée » consacré par l’article 7 de la Charte des droits fondamentaux, même si l’affaire en question ne portait pas sur la manière dont une personne transgenre vivait sa vie privée, mais plutôt sur le fait de savoir si le gouvernement acceptait les prémisses de l’idéologie du genre et reconnaissait formellement l’identité choisie par les personnes sur les documents officiels.

Cette décision n’est pas surprenante ; la Cour européenne des droits de l’homme critique depuis des années la législation bulgare, notamment en 2020 dans l’affaire « YT » et en 2022 dans l’affaire « PH », qui ont toutes deux conclu à la violation par la Bulgarie de la Convention européenne des droits de l’homme pour son refus de faciliter l’accès à la reconnaissance légale du genre. Par ailleurs, en septembre 2024, l’avocat général Richard de la Tour a affirmé dans un avis que les États membres de l’UE sont tenus d’accorder cette reconnaissance légale aux personnes transgenres.

Les organisations LGBT se félicitent de cette décision. ILGA Europe a noté que la CJUE « a également actualisé son interprétation du droit européen de l’égalité entre les genres et son applicabilité aux personnes transgenres. La Cour a déclaré que “tolérer une discrimination fondée sur la différence entre le sexe biologique et l’identité de genre” violerait le respect de la dignité et de la liberté des personnes transgenres, respect que la Cour a le devoir de protéger. » On ignore encore comment cette décision pourrait s’appliquer aux autres législations nationales qui rejettent les fondements de l’idéologie du genre.

Les militants LGBT travaillent déjà à tirer parti de cette décision.

« Suite à la décision rendue aujourd’hui, toutes les affaires en cours en Bulgarie doivent reprendre sans délai, et les tribunaux et les autorités doivent rendre des jugements conformément au droit de l’UE et à l’arrêt de la CJUE dans l’  affaire Shipova  », a déclaré Denitsa Lyubenova, de l’organisation LGBT Desytvie.

Parallèlement, une lacune juridique importante persiste. Les citoyens bulgares qui n’ont pas exercé leur droit à la libre circulation ne disposent toujours d’aucun recours légal effectif pour modifier leurs données personnelles. Ceci souligne l’urgence d’une réforme législative afin de garantir une protection effective des personnes transgenres vivant en Bulgarie.

« Pour la première fois, la CJUE a interprété le droit de l’UE comme imposant aux États membres de reconnaître juridiquement l’identité de genre vécue », a déclaré Adina Portaru, conseillère principale chez Alliance Defending Freedom International. « Ce faisant, elle marginalise les protections constitutionnelles nationales du sexe biologique et restreint la compétence des États membres en matière de droit de l’état civil. »Dans une déclaration publiée sur X, ADF International a qualifié la décision de « nouvelle attaque contre la compétence et la souveraineté nationales » et a noté que

« lorsque les tribunaux utilisent des arguments détournés, tels que le droit à la libre circulation, pour remodeler les règles nationales en matière d’état civil, comme ils l’ont fait dans cette affaire, cela soulève de sérieuses préoccupations quant à la responsabilité démocratique et à la protection du sexe biologique en droit. »

Un colloque pour ouvrir le débat sur la théorie de l’évolution

Ce colloque du 25 et 26 avril est à destination particulièrement d’enseignants chrétiens en biologie désireux d’avoir des ressources intellectuelles sur ce sujet. Il rassemble d’une manière exceptionnelle des universitaires à la fois spécialistes du sujet mais aussi capables de l’aborder d’une manière transdisciplinaire.  Il comportera également des temps de prière et d’échanges fraternels. Il est aussi destiné à ceux qui sont impliqués dans la catéchèse ou qui ont des responsabilités dans l’enseignement. Il est aussi ouvert à ceux qui ont un intérêt particulier sur ce sujet.

Plus d’informations

 

Deux convois humanitaires acheminés par L’Œuvre d’Orient au Sud Liban

Communiqué de l’Oeuvre d’Orient :

L’Œuvre d’Orient  a acheminé deux convois d’aide humanitaire dans des villages du Sud Liban, à Qlayaa et Marjayoum le mercredi 11 mars et à Rmeich et Ain Ebel lundi 16 mars à Rmeich, un camion de 15 tonnes et deux camions de 25 tonnes.

Accompagnée lors de ses deux déplacements par le nonce apostolique du Liban Son Excellence Paolo Borgia, la Finul et aujourd’hui des Casques bleus, L’Œuvre d’Orient a pu fournir des produits alimentaires de première nécessité, riz, farine, produits laitiers, pates, shampoing, savons, etc.

Les habitants des villages chrétiens du Sud Liban refusent de partir, par crainte de ne pouvoir revenir dans leur village. La présence du nonce à leur côté est un signal fort, qui leur donne le courage de continuer à lutter pour garder leurs terres.

Face aux accusations d’idolâtrie d’un protestant, un diocèse catholique appelle à organiser massivement des processions

Après la diffusion d’une vidéo virale du prédicateur « nationaliste chrétien » Doug Wilson affirmant que les catholiques devraient être interdits d’organiser des processions mariales et eucharistiques et les qualifiant d’actes d’« idolâtrie », un diocèse a immédiatement réagi en proposant que des processions eucharistiques massives soient organisées dans tout le pays à l’occasion de la Fête du Saint-Sacrement cette année. 

« À tous les catholiques romains : notez la date du 7 juin 2026 – la fête du Saint-Sacrement », a exhorté l’archidiocèse de Portland sur les réseaux sociaux. 

« Organisons cette année des processions eucharistiques encore plus importantes dans nos villes et nos paroisses ». 

Le site catholique Catholic Arena  a déclaré sur X que l’archidiocèse de Portland avait répondu « avec défi » aux « propos anti-catholiques » de Wilson. 

Wilson, cofondateur de la Communion des Églises évangéliques réformées (CREC) et qui prêche fréquemment sur le « nationalisme chrétien », a déjà été invité au Pentagone par le secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, pour diriger un office religieux. Hegseth lui-même fréquente une église de la CREC.

Comme l’a rapporté Antonino Cambria de LifeSiteNews, Wilson a souligné que, dans une Amérique idéale, les catholiques seraient autorisés à conserver leurs églises et à faire sonner leurs cloches. Cependant, ils ne seraient pas autorisés à organiser de processions mariales publiques, ni probablement de processions eucharistiques publiques car, selon Wilson, ces dernières constitueraient des actes publics d’« idolâtrie », qu’il compare même aux processions hindoues.

« Nous sommes une nation chrétienne, donc les cloches des églises ne posent pas de problème, mais l’appel à la prière musulman dans l’espace public serait inacceptable ». « Les cloches des églises catholiques seraient acceptables, mais un défilé en l’honneur de la Vierge Marie, avec une image de la Vierge Marie sur la rue principale, non ! »

A propos des résultats de La France Insoumise

Thomas Bonnet, journaliste sur CNews, modère l’idée selon laquelle LFI aurait réalisé une percée lors de ce premier tour des municipales. Il montre que les résultats du parti de Mélenchon sont inférieurs à ceux des européennes et de la présidentielle dans de nombreuses villes, même s’ils vont diriger au moins 3 grandes villes (Roubaix, Saint-Denis et peut-être Toulouse). Il eut fallu comparer ce qui est comparable, c’est-à-dire le scrutin de 2026 avec les municipales de 2020, mais les chiffres sont intéressants.

A Saint-Denis, le maire LFI a été élu au premier tour avec 13 506 voix sur 63 901 inscrits. L’abstention s’élève à plus de 57%.

En 2020, Saint-Denis comptait 46 427 inscrits et le maire socialiste avait été élu au second tour avec 8604 voix ! Le candidat LFI, élu dimanche, avait alors récolté 2458 voix au premier tour.

La Maison Blanche retire la catholique Carrie Prejean Boller de la Commission sur la liberté religieuse

Le retrait de Carrie Prejean Boller de la Commission sur la liberté religieuse de l’administration Trump a été officiellement finalisé, selon une décision de la Maison Blanche que Boller a partagé sur X.

La commission, chargée de recommander à la Maison Blanche « des mesures pour garantir la liberté religieuse intérieure et identifier les possibilités de promouvoir la cause de la liberté religieuse dans le monde entier », a tenu sa cinquième réunion le 9 février, cette fois-ci pour entendre des témoignages et des points de vue sur le harcèlement et l’intimidation antisémites, en particulier sur les campus universitaires.

Boller, ancienne Miss Californie qui avait fait sensation en 2009 en défendant le mariage naturel et qui est depuis devenue une militante des droits parentaux, a engagé les autres intervenants dans un débat sur le sionisme, qu’elle a déclaré incompatible avec l’enseignement catholique. Elle a demandé à différents intervenants si, selon eux, cela faisait d’elle une personne antisémite, si toute critique d’Israël ou du sionisme constituait automatiquement de l’antisémitisme, et s’ils étaient favorables à des restrictions des propos antisémites ou antisionistes. Les autres membres ont convenu que la réponse à ces questions était « non », mais certains ont établi une distinction selon la définition que l’on donne au « sionisme », et ont soutenu que nier le droit d’Israël à exister et/ou le droit des Juifs à une patrie serait antisémite.

Après la réunion, le président de la commission, le lieutenant-gouverneur du Texas Dan Patrick, a annoncé que Boller avait été destituée pour avoir, selon lui, tenté de « détourner une audience à des fins personnelles et politiques sur n’importe quel sujet ».

Jeudi, Boller a partagé une brève lettre qu’elle a reçue de Mary Sprowls du Bureau du personnel présidentiel l’informant de la suppression de son poste, « avec effet immédiat ».

« La seule femme catholique opposée au sionisme a été destituée en prélude à la guerre contre l’Iran ».

Elle a également partagé une lettre adressée au président Donald Trump, dans laquelle elle exprimait son indignation d’avoir été informée de cette manière plutôt que par Trump lui-même, et accusait la conseillère spirituelle de Trump, le pasteur Paula White-Cain, d’être à l’origine de la « chasse aux sorcières » dont elle est victime.

« Pendant près de 20 ans, je vous ai soutenu ». « J’ai assisté à vos deux investitures. J’ai participé à vos rassemblements. Je vous ai défendu publiquement, même lorsque c’était impopulaire. Je vous ai soutenu quand vous avez été la cible de toutes les insultes. Je vous ai défendu contre les anti-Trump qui vous entourent aujourd’hui. J’ai porté fièrement la casquette rouge « Make America Great Again » alors que c’était impopulaire, voire dangereux, car je croyais en ce pour quoi vous vous battiez. Aujourd’hui, je ne vous reconnais même plus. »

Les détracteurs de Boller affirment que sa prestation lors de l’audience du 9 février a révélé une focalisation excessive sur les questions de politique étrangère et les débats théologiques, au détriment de la discrimination religieuse intérieure que la commission était chargée d’examiner. Ses défenseurs soutiennent qu’elle a en réalité été écartée uniquement pour avoir exprimé son désaccord avec la position pro-israélienne du reste de la commission et de la majeure partie de l’administration Trump.

Municipales : le grand vainqueur est quand même l’abstention

Le 1er tour des élections municipales s’est déroulé avec une participation estimée à 56%, soit le chiffre le plus faible depuis 1945 pour ce type de scrutin si l’on excepte 2020 où ces élections se déroulaient en pleine crise de Covid-19.

Vous pouvez retrouver les résultats de votre commune directement sur le site du Ministère de l’Intérieur.

Dans les trois plus grandes villes de France – Paris, Lyon, Marseille – pour la première fois les électeurs pouvaient voter pour élire directement leur maire.

  • A Paris, le gauchiste Emmanuel GREGOIRE arrive largement en tête en tête avec environ 36,4 %, devant la liste conduite par Rachida DATI qui obtient 24,8 %. Mme Sophia CHIKIROU LFI crée la surprise avec quelque 13 % devant M. Pierre-Yves BOURNAZEL soutenu par Horizons et Renaissance 11 % % et la candidate de Reconquête, Mme Sarah KNAFO qui peut se maintenir. Pour le second tour, Rachida Dati a annoncé une alliance avec Pierre-Yves Bournazel, mais sans Sarah Knafo, qui va donc certainement se maintenir.
  • A Marseille, le maire socialiste sortant Benoît PAYAN arrive en tête avec 36,8 %, devant la liste du RN de Franck ALLISIO 34 %. La liste de la LR Martine VASSAL soutenue par Horizons et Renaissance ne recueille que 13 %, mais elle se maintient au second. Le député LFI Sébastien DELOGU avec 11 % fait figure de faiseur de roi alors que la victoire du RN dans la seconde ville de France serait un séisme politique.
  • A Lyon, l’ancien président de l’Olympique Lyonnais Jean-Michel AULAS soutenu par LR, Renaissance, Horizons, et MoDem, est au coude à coude avec le maire sortant écologiste Gregory
    DOUCET soutenu par le PS, le PC autour de 37 %. DOUCET fera alliance avec la candidate LFI Anaïs BELOUASSA-CHERIFI en troisième position avec 10 %.

Le parti Renaissance est peu présent dans ces élections : le parti présidentiel n’a jamais réussi son ancrage local.

Horizons, formation qui s’est présentée comme le “parti des maires” et compte quelques 600 maires et 2300 élus locaux, visait de conserver Le Havre pour conforter Edouard PHILIPPE dans sa stature de présidentiable. Avec 43,8% il est bien parti pour le second tour.

Pour le MoDem, il est essentiel de conserver Pau où François BAYROU briguait un troisième mandat. Il arrive en tête avec 40 % devant le candidat de gauche 36 % et le RN à 16%.

Pour les Républicains, Bruno RETAILLEAU espérait une vague bleue qui permettrait à LR de revenir à la tête de grandes villes. Mais les résultats du 1er tour à Paris et Lyon sont très en deçà de ses attentes. A Nîmes, où le maire sortant M. FOURNIER ne se représentait pas, la droite s’est divisée entre M. Franck PROUST (LR, Horizons) avec 19,5% et M. Julien PLANTIER (Renaissance, MoDem) avec 15,5%. C’est l’eurodéputé RN Julien SANCHEZ et le communiste Vincent BOUGET qui sont arrivés en tête et sont au coude à coude avec environ 30 %.

Le président de LR Bruno RETAILLEAU a appelé dimanche soir au rassemblement

“des électeurs de droite derrière nos candidats qui sont en mesure de battre la gauche ou le Rassemblement national dimanche prochain”.

Pour le second tour, il a réitéré la consigne de vote qu’il répète depuis le début de la campagne : “pas une voix pour LFI”, élargissant sa consigne aux

“socialistes, écologistes ou communistes qui se sont alliés avec l’extrême gauche au premier tour ou qui vont s’allier (avec elle) cette semaine entre les deux tours”.

Côté PS, le problème est le rassemblement des voix de gauche au second tour et notamment les voix de LFI. Le PS n’a cessé d’affirmer qu’il n’y aurait pas d’accord national avec ce parti (PS et LFI ont néanmoins fait liste commune dans une soixantaine de villes). Mais cela n’exclut pas des arrangements locaux, justifiés généralement par le danger d’une victoire du RN.

Chez LFI, la stratégie islamo-gauchiste fonctionne, comme à Roubaix (46%) ou Saint-Denis. L’enjeu pour LFI est d’augmenter le nombre d’élus locaux, relai important pour la présidentielle, et faire son entrée au Sénat où LFI est absente. LFI est en position d’arbitre à Marseille ou Nantes. De quoi durcir les négociations qui vont se dérouler avec le PS. Dans de nombreuses grandes villes, les listes LFI se situent entre 10 et 15 % et sont dès lors les indispensables faiseurs de rois ou les fossoyeurs de la gauche. PS et écologistes n’excluent pas un accord au cas par cas avec LFI pour conserver des mairies importantes. Mais tel n’est pas le calcul de M. MELENCHON dont le seul but est l’élection présidentielle et qu’une défaite de la gauche aux municipales ne gênerait en rien.

S’il est puissant dans les scrutins nationaux, le RN était resté faible dans les scrutins municipaux. Afin de renforcer son maillage local, il a présenté avec son allié UDR quelque 600 listes. Laure LAVALETTE est arrivée en tête à Toulon avec environ 40 % mais est talonnée par Mme Josée MASSI (divers droite) autour de 30 %, le sénateur LR Michel BONNUS ayant 16 %. M. Louis ALIOT a été réélu à Perpignan de même que M. David RACHLINE à Fréjus. Comme pour LFI, l’enjeu de ces municipales est aussi d’augmenter le nombre de ses élus locaux et de renforcer sa représentation sénatoriale.

Du côté des candidats indépendants, Robert Ménard a été réélu à Béziers (65,6%), Nicolas Dupont-Aignan aussi à Yerres avec près de 80% et Jacques Bompard arrive en tête à Orange avec 32,9% devant le RN à 28,1%

Divorce catho « pire que pire » : des solutions ?

(3e et dernier article sur ce sujet explosif)

L’existence de la séparation injuste avec « enfants-otages privés de père » en milieu « catho plutôt tradi » semble établie. Des pères nous ont contactés. Des prêtres. Une grand-mère et même une mère. Des dizaines de témoignages. Pas des centaines, ouf, tant mieux. Mais pas négligeable non plus.

Les articles ont suscité de nombreux témoignages : https://lesalonbeige.fr/divorce-catho-pire-que-pire/ et https://lesalonbeige.fr/divorce-catho-pire-que-pire-2-du-cote-des-meres/

Un forum d’entraide s’est monté entre pères : pour en savoir plus, écrire à [email protected] .

Et maintenant, quelles solutions ? Les éléments suivants n’engagent que moi. Ils sont présentés de manière assez tranchées, alors que bien sûr les réalités seront nuancées.

Rappelons que ce 3e article se situe toujours dans le contexte d’une situation injuste, en milieu catho, où la mère empêche durablement et injustement toute relation enfants-père. De nombreux autres contextes existent, comme évoqué lors des articles précédents.

ETRE CONSCIENT QU’IL EXISTE DE TELLES SITUATIONS, MEME EN MILIEU CATHO

Essayez d’en parler avec un père malheureusement concerné, pour comprendre la réalité des choses. Il est formateur de lire les accusations écrites par les mères, par exemple une plainte, ou les « conclusions » d’une procédure juridique : on en reste scotché tant c’est violent.

Si possible, en parler au sein du couple, et se dire : « faisons tout pour que cela ne nous arrive pas, et donnons-nous nos lignes rouges ».

Prendre conscience qu’il n’y a que des perdants. Le père est détruit par son éviction. Les enfants sont détruits par l’absence de père, et aussi par le rejet de leur mère s’ils comprennent ce qui s’est passé. La mère elle-même peut être détruite par cette dernière circonstance, ou « simplement » par les dérives des enfants élevés sans père (apostasie, addictions, etc.).

CONNAITRE LES FACTEURS AUGMENTANT LE RISQUE QUE CELA ARRIVE

Beaucoup de mères concernées par ce problème n’ont pas eu de père, ou bien un père absent physiquement ou psychologiquement. Leur structuration s’est effectuée en l’absence d’un certaine « rugosité » de leur propre père. Maris, dans ce cas, votre éventuelle « rugosité » est un risque.

De même, le phénomène concerne plutôt les mères qui ont peu d’ambition professionnelle. Au contraire, une mère ayant des ambitions professionnelles fortes appréciera que le père s’occupe régulièrement des enfants.

Le risque d’accusations fortes s’accroît selon le comportement du père : « violence » sur les enfants ( = fessées, etc.), mensonges (réputation de menteur), actions illégales (au volant, etc.), pertes financières, etc.

Rappelons ici une évidence : en cas de violence sur la mère (coups, insultes, etc.), le père peut difficilement être défendu…

L’insistance concernant l’intimité est également un risque. Parfois il vaut mieux faire chambre à part.

Pour diminuer les risques, il faut être un père attentif, qui s’occupe des enfants, etc.

QUAND LES MOTS ARRIVENT : SEPARATION, DIVORCE

Le plus souvent, la mère prononce ces mots alors qu’un dialogue existe encore.

Même si cela fait mal, le père doit accepter le choix de la mère, qui est de vous quitter. En effet, la situation dégénère souvent à cause du refus du mari. La réaction de la mère est alors, en substance : « tu ne veux pas me laisser partir ? OK, tu vas dégager de ma vie d’une autre façon… ».

Nous préconisons ici d’envisager le « nesting » (ou « nid pour deux ») : les enfants restent dans la maison, avec présence alternative de chaque parent. Cela offre de nombreux avantages pour les enfants, avec cependant un risque : il est facile pour un parent d’accuser l’autre en cas de saleté, détérioration, etc. Cette situation doit donc être « surveillée » par des amis, si possible.

Si cela doit évoluer ensuite, les juges prendront en compte la situation en cours. Ils seront donc plus enclins à accepter une résidence alternée.

QUAND LA « GUERRE » EST DECLAREE

La « guerre » est vraiment ouverte au début de la judiciarisation : plainte, demandes d’ordonnance de protection et de séparation, etc. (cf les 2 articles précédents).

Pères, vous avez alors 2 choix « extrêmes », et toutes les nuances entre les deux : se laisser faire et tout accepter ; ou bien lutter pied à pied.

Il est très difficile de choisir.

Aucun choix n’assure la réussite. Tout dépendra des juges, de la mère, et parfois des enfants.

Concernant les enfants, ils souffriront dans tous les cas. Ils souffriront s’ils suivent leur mère, parce qu’ils se construiront sans père. Ils souffriront s’ils refusent, car ils seront conscients de la manœuvre, et leur mère sera abîmée à leurs yeux.

Conséquences fréquentes pour les enfants : abandon de la religion, difficulté à s’engager dans le mariage ou la parentalité, dépression voire suicide, etc.

SE LAISSER FAIRE ? UN CERTAIN LIEN ENFANTS-PERE PEUT PARFOIS ETRE MAINTENU

Si vous vous laissez faire, la mère pourra vous laisser des miettes, qui pourront permettre de conserver un certain lien avec les enfants. Mais pour ces derniers aussi, vous serez coupable, et donc possiblement rejeté.

Mais la mère n’accepte pas toujours de donner ces miettes. Elle évince parfois totalement le père quoi qu’il fasse : « c’est un pervers narcissique, il dégage ».

LUTTER ? SUR LES PLANS JURIDIQUE, SOCIAL ET RELATIONNEL

Pères, si vous luttez, tout va se durcir très vite : accusations et plaintes en tout genre.

Il faut alors convaincre tout le monde : juges, police, services sociaux, etc. Ainsi que famille, amis, et même parfois les enfants. Cette situation est déchirante. Les proches ont des liens d’affection avec les deux parents. Pourtant, les deux versions étant tellement différentes, il y a nécessairement au moins un menteur. Qui ?

Les moyens dont le père dispose légalement sont les procédures et la communication.

Procédures JAF, pénal si besoin, etc. : au risque de se faire taxer de « procédurier pour se venger du départ de la mère ».

Rappelons que ces procédures blessent les enfants : conflit de loyauté, enquêtes sociales, MJIE, AEMO, MDS, placement en ASE, etc. Lourdes blessures, sans même une garantie de résultat.

Les grands-parents peuvent aussi initier une procédure. Le Code civil précise en effet que l’enfant a le droit d’entretenir des relations personnelles avec ses ascendants.

Certaines procédures ne nécessitent d’ailleurs pas d’avocat : on peut rédiger ses conclusions seul, avec un ami, un huissier (peu onéreux), etc.

Concernant la communication avec les proches, il faut inviter chacun à écouter les deux parties.

DANS CETTE « GUERRE », IL N’Y A PAS DE BONNE SOLUTION… HORS L’EGLISE

Nous avons vu que toutes les « solutions » détruisent les enfants, le père, et même souvent la mère.

Dans sa sagesse, l’Eglise propose l’article 1153 du Droit Canon : « se séparer en vertu d’un décret de l’Ordinaire » et « à moins que l’autorité ecclésiastique n’en ait décidé autrement ». « Décider », donc un jugement, donc une enquête, pour démêler le vrai du faux.

Littéralement, cet article évoque la décision concernant la séparation des époux. Or l’Eglise ne s’engagera évidemment pas sur ce terrain, dans notre société. Mais cette enquête pourrait au moins juger l’éventuel degré de protection des enfants face au père, le cas échéant.

Malheureusement, dans notre France laïque, aucun évêque n’ordonnera une telle enquête, et aucun prêtre ne s’y risquera sans l’accord des 2 parents.

NOUS SOMMES L’EGLISE ?

Une solution pourrait alors être que cette enquête soient menée par des proches : une sorte de « conseil des sages » informel. Même en l’absence de l’accord d’un des parents.

Les éléments d’appréciation sont nombreux : écoute de la famille, conclusions devant le juge, plaintes, attestations, courriers, etc. Dans la réalité, il est facile de constater certains mensonges ou contradictions, et de demander des explications.

EN PRATIQUE

Clairement, je préconise de ne pas baisser les bras, pour 3 raisons : éviter une injustice sans fin contre les enfants s’il est bon pour eux de fréquenter leur père ; améliorer le climat général, quand la relation des enfants avec les 2 parents s’est équilibrée ; éviter que ce mode d’action se propage, s’il produit une victoire systématique.

Dans cette lutte, la partie juridique et sociale doit être menée avec les éléments cités au début : zéro violence, zéro mensonge, zéro illégalité, etc.

Le « conseil des sages » doit se former au plus vite, et être connu. Cela évite que chacun veuille se faire enquêteur et juge, propage des rumeurs, etc.

Point essentiel : ce « conseil » doit d’abord déterminer si la relation enfants-père peut reprendre sans risque. Il ne s’agit pas d’aider un père qui serait objectivement dangereux pour les enfants.

Sous cet œil amical et attentif, il est probable que les procédures juridiques et sociales seront elles aussi plus saines. En effet, il sera beaucoup plus difficile de mentir et de risquer une réprobation des proches.

Charles Rosiers, ancien chroniqueur au quotidien Présent, charles.rosiers@gmail.com

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Inversion sur la capitale – les Parisiens jaloux de la province ?

“- Tu es originaire de quel coin de la France ? demanda-t-il au premier.
De Montauban.
Oh le pays du cassoulet et du rugby ! s’exclama-t-il. Et toi ?
De Ploërmel, répondit le second.
L’irréductible Bretagne, ses chouans, son cidre et sa galette-saucisse !
Et toi, d’où est-ce que tu viens ? l’interrogèrent-ils à leur tour.
Moi je suis de région parisienne.”

Le mépris de la capitale pour la province est un lieu commun qui se vide peu à peu de ses habitants. Au sein d’espaces mondialisés où les différences s’estompent, l’identité des régions apparaît comme un roc. Enfin la ressemblance croissante de toutes les jeunesses occidentales inquiète fort le jeune parisien qui voue un culte à son originalité.

Paris est un creuset. La France entière s’y engouffre. Paris est la somme de toutes les régions : le béret est du Béarn, la marinière de la côte atlantique. Paris pioche, affine puis affiche les créations de nos terroirs avec succès. Mais derrière cette vitrine éclatante, le parisien s’interroge : quelle est ma part de contribution concrète dans cet étalage ?

Sous le règne de l’individu, la question de l’identité est centrale. Pour y répondre correctement, il faut d’abord se reconnaître une base commune. Ensuite, seule la réduction progressive de cette même base permet à terme l’émergence d’une individualité propre. Or, se dire citoyen du monde, français ou parisien semble de moins en moins satisfaisant à cet égard.

De nos jours, le parisien rêve d’enracinement, mais les racines ne prennent que mal dans le béton. Les familles de la métropole déménagent, donc s’en coupent toutes les quatre saisons. Dans nos villages, des générations naissent, vivent et meurent sous le même toit. Les mémoires régionales chantent des batailles que la république bâillonne, cependant que la capitale impose la libération de quelques criminels comme fête nationale.

Au sud, il y a l’ours des Pyrénées ; à l’ouest l’hermine de Bretagne ; et au centre le pigeon de Paris. Fluctuat nec mergitur : un navire médiéval pour symbole d’une ville où barbote des bâteaux-mouches. Enfin ces citoyens s’en réclament moins que d’une devise consensuelle et creuse composée de trois mots vagues. Pourtant, à quelques heures de là résonne encore : Potius mori quam foedari (plutôt mourir que se déshonorer).

Au cours de l’été précédent, avec plusieurs de mes amis, nous terminions une randonnée de quelques jours à Arzon, dans le Morbihan. Nous étions assis à la terrasse d’un café, face au port. Appuyé sur ma chaise, mon sac drapé du blason de de ma province ne tarda pas à attirer le regard de la table voisine. Autour de cette dernière, un groupe de jeunes hommes, proches de la vingtaine. Ils murmuraient encore lorsque je me mis à les observer. Profitant de ce contact visuel, l’un d’eux m’interrogea pour connaître l’origine de cet emblème. Des étoiles scintillaient du plus profond de ses yeux : les tours, les fleurs, les cœurs et la croix réveillaient son imaginaire.

Ce groupe ne donnait prise à aucune identification spécifique : ni accent, ni vêtements, ni visages typiques – ce qui est en soi déjà un trait de l’indifférenciation urbaine. Mon interlocuteur le confirma : ils vivaient en région parisienne.

Et du plus loin de cette région, tous semblaient désireux de connaître la fierté ressentie par le fait de porter un drapeau et d’en représenter les couleurs. Mais pour eux, une épineuse question demeurait en suspens : que représente le drapeau de la ville de Paris ?

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La population du monde francophone est estimée à 602,2 millions d’habitants au 1er janvier 2026, contre 590,0 millions début 2025

D’Ilyes Zouari :

Après avoir dépassé celles de l’espace hispanophone et de l’ensemble Union européenne – Royaume-Uni, la population du monde francophone est désormais estimée à 602,2 millions d’habitants, au 1er janvier 2026. Une progression essentiellement due à l’Afrique francophone, dont l’émergence démographique s’accompagne d’une remarquable montée en puissance économique, en ayant notamment affiché la croissance la plus élevée du continent pour la douzième année consécutive en 2025. 

Selon les données et projections publiées par l’ONU mi-2024, complétées par celles fournies par certains organismes nationaux de la statistique (notamment dans le cas des pays partiellement francophones), la population du monde francophone est estimée à 602,2 millions d’habitants au 1er janvier 2026, contre 590,0 millions début 2025. Avec une progression de 2,07 % (soit 12,2 millions d’habitants), l’espace francophone creuse notamment l’écart avec l’ensemble constitué par l’Union européenne et le Royaume-Uni, qu’il avait dépassé en 2018 (519 millions, hors territoires français d’outre-mer), et avec le monde hispanophone qu’il avait dépassé en 2011 (488 millions).  

Le dynamisme de l’espace francophone

Cette estimation correspond à la population du monde francophone dans sa définition géographique la plus stricte et la plus sérieuse, qui ne tient compte que des pays et territoires réellement francophones, c’est-à-dire dans lesquels la population est en contact quotidien avec la langue française, à différents degrés, et où l’on peut « vivre en français ». Dans ces pays et territoires, le français est par conséquent, seul ou avec une langue locale partenaire, la langue de l’administration, de l’enseignement (pour l’ensemble de la population scolaire, au moins à partir d’un certain âge), des affaires et des médias, ou au moins la langue maternelle de la population, sous sa forme standard ou sous une forme créolisée (un peu comme l’arabe dialectal par rapport à l’arabe standard dans les pays du Maghreb).

Le monde francophone est donc un vaste ensemble rassemblant non moins de 33 pays, répartis sur quatre continents, et pour lequel ne sont donc comptabilisés que les parties francophones des pays partiellement de langue française, comme la Belgique ou le Canada (respectivement la Fédération Wallonie-Bruxelles et l’ensemble Québec-Acadie du Nouveau-Brunswick). Par ailleurs, l’espace francophone ne tient pas non plus compte d’un certain nombre de pays membres à part entière de l’Organisation internationale de la francophonie (mais ne remplissant aucun des critères nécessaires afin de pouvoir être considérés comme francophones, tels que le Liban, la Roumanie ou encore la Guinée-Bissau), ainsi que des nombreux pays et territoires non francophones à travers le monde où l’apprentissage du français est obligatoire pour tous les élèves, à partir du primaire ou du secondaire. 

Ce vaste espace s’étend donc sur près de 16,3 millions de km2, soit près de quatre fois l’Union européenne tout entière. À cela, s’ajoutent de vastes territoires maritimes, et notamment la zone économique exclusive française, seconde plus grande au monde avec ses près de 10,2 millions de km2 (soit plus du double de la superficie terrestre totale de l’Union européenne). Les cinq premiers pays francophones sont aujourd’hui la République démocratique du Congo (ou RDC, 114,6 millions d’habitants), la France (69,7 millions, territoires ultramarins inclus, tous statuts confondus), l’Algérie (47,7), le Maroc (39,2) et Madagascar (33,1). Cette dernière est talonnée de très près par la Côte d’Ivoire, qui est sur le point de la dépasser (33,1 millions également).

Avec une croissance démographique de 2,07 % en 2025, et un taux de fécondité global de 3,94 enfants par femme (en légère baisse par rapport au taux de 4,01 observé l’année précédente), le monde francophone constitue l’espace linguistique le plus dynamique au monde. Il se classe devant l’espace arabophone, dont la croissance s’élève à 1,80 % et dont la population est estimée à 512,4 millions d’habitants début 2026 (avec un taux de fécondité global de 3,10 enfants par femme). Grâce à ce dynamisme, le monde francophone avait d’ailleurs dépassé en 2011 l’espace hispanophone, en progression de 0,71 % en 2025 et qui rassemble désormais 488,3 millions d’habitants (avec un taux de fécondité de 1,78 enfant par femme, et ayant donc aussi été récemment devancé par l’espace arabophone*). 

La croissance démographique du monde francophone devrait demeurer supérieure à celle des autres espaces linguistiques, et porter la population de cet ensemble à un peu plus d’un milliard d’habitants en 2060 (1,060 milliard, en se basant essentiellement sur les projections de l’ONU, contre 812 millions pour l’espace arabophone, et 541 millions pour l’ensemble hispanophone – graphique 1). Le rythme de cette progression est toutefois sur une tendance baissière, notamment du fait de la baisse continue du taux de fécondité en Afrique subsaharienne francophone, qui s’établit désormais à 4,90 enfants par femme, contre 4,98 en 2024 et non moins de sept enfants en 1975 (soit une diminution de près d’un tiers, mais qui demeure en bonne partie masquée par les conséquences démographiques de la hausse régulière de l’espérance de vie et de la chute de la mortalité pour toutes les classes d’âge).

Au passage, il convient toutefois de rappeler que l’espace francophone demeure assez largement sous-peuplé, même en tenant compte des territoires désertiques ou recouverts par de denses forêts équatoriales. À titre d’exemple, sa population actuelle n’est que 16 % supérieure à celle de l’ensemble Union européenne – Royaume-Uni, qui occupe pourtant une superficie près de quatre fois moins étendue. Autre exemple plus précis, la Côte d’Ivoire, pays le plus dynamique économiquement du continent africain (en tenant compte à la fois de ses taux de croissance économique et du niveau de richesse déjà atteint), ne compte que 33,1 millions d’habitants pour un territoire un tiers plus vaste que celui du Royaume-Uni, dans ses frontières européennes (et non deux ou trois fois plus petit, comme l’indiquent la plupart des cartes géographiques en circulation, terriblement déformantes de la réalité… et des esprits). Ce dernier ayant une population de presque 70 millions d’habitants, la Côte d’Ivoire devrait donc compter non moins de 92 millions d’habitants pour être aujourd’hui proportionnellement aussi peuplée.

Les chiffres involontairement trompeurs de l’OIF

Par ailleurs, il est à noter que le chiffre d’environ 300 millions de francophones fréquemment avancé par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ne correspond qu’au nombre de personnes ayant au moins une assez bonne maîtrise de la langue française. Ce chiffre est ainsi obtenu en ne comptabilisant, par exemple, que le tiers de la population ivoirienne et le quart de celle du Sénégal (en excluant notamment une bonne partie des personnes les plus âgées). Par conséquent, il ne traduit aucune réalité économique ou géopolitique, étant donné que seule la population totale doit être prise en compte pour l’évaluation de la taille du marché ou du poids géopolitique du pays concerné. De même, le critère retenu par l’OIF est largement inapproprié d’un point de vue social, pour la simple raison que de nombreuses choses de la vie courante se font en français dans les pays et territoires francophones (médias, internet, administration publique, documents commerciaux et comptables…), dans lesquels l’ensemble de la population est donc en contact quotidien avec la langue française, y compris dans les zones les plus reculées où le pourcentage de personnes ayant au moins une assez bonne maîtrise de la langue est moins élevé (en particulier chez les moins jeunes).

Toute statistique ne tenant pas compte de l’ensemble de la population des pays et territoires francophones, et diffusée à un large public (au-delà, donc, d’un nombre restreint de hauts fonctionnaires et de responsables politiques, en vue d’aider à l’élaboration des stratégies nationales en matière d’éducation), n’a donc pour seule et unique conséquence que d’induire en erreur les acteurs et décideurs économiques et politiques, ainsi que l’ensemble de la société civile, en dévalorisant considérablement à leurs yeux le monde francophone et la langue française. Une erreur d’appréciation dont peuvent même être victimes les organismes les plus prestigieux, à l’instar de l’organisme publique France Invest, qui publia en 2019 un Guide sur le capital-investissement destiné à de grandes entreprises (« Investir dans la croissance des entreprises en Afrique ») et dans lequel était rédigée, noir sur blanc, la phrase suivante au sujet de l’Afrique francophone, Maghreb inclus : « l’Afrique francophone regroupe 260 millions d’habitants » (alors qu’elle comptait déjà plus de 410 millions d’habitants). Plus grave encore, les données de l’OIF peuvent parfois être utilisées par certaines parties cherchant à dénigrer et attaquer la langue française, en faisant croire qu’elle ne concerne qu’environ 300 millions de personnes dans le monde. 

Toute diffusion médiatique des chiffres publiés par l’OIF, sans explication préalable et suffisamment claire du critère utilisé, peut donc avoir de gravissimes conséquences économiques et géopolitiques, contraires aux intérêts de l’ensemble des pays et peuples de la grande famille francophone. Il est donc satisfaisant de constater que certains organismes ont récemment commencé à prendre leurs distances avec les données de l’OIF, à l’instar de la direction du MEDEF (principale organisation patronale française) qui n’avait utilisé que le chiffre relatif à la population totale de l’espace francophone lors de la première « Rencontre des entrepreneurs francophones » (REF), organisée en France en août 2021.

Enfin, il convient de rappeler que la connaissance de la langue française dépasse largement les frontières du monde francophone et de ses 602 millions d’habitants, le français étant la deuxième langue la plus enseignée au monde, après l’anglais. Son apprentissage est d’ailleurs obligatoire dans les établissements d’enseignement primaire et/ou secondaire d’un certain nombre de pays (comme en République dominicaine, au Costa Rica ou encore, désormais, dans tous les pays anglophones et lusophones d’Afrique de l’Ouest, ainsi qu’en Angola, dernier pays à l’avoir rendu obligatoire, dès le primaire à partir de la rentrée 2024). À la population du monde francophone, s’ajoutent donc quelques centaines de millions de personnes à travers le monde ayant une connaissance de la langue française, à divers degrés (chiffre en constante hausse et que l’on peut aujourd’hui estimer à plus de 350 millions, toutes générations confondues). 

L’émergence démographique et économique de l’Afrique francophone 

La progression démographique du monde francophone résulte essentiellement du dynamisme de l’Afrique francophone, qui a connu une croissance de 2,39 % en 2025 (2,73 % pour sa partie subsaharienne). La population de ce vaste ensemble de 25 pays a d’ailleurs dépassé la barre des 500 millions d’habitants en 2025, pour s’établir à 504,6 millions début 2026 (soit 83,8 % de la population de l’espace francophone). Pour rappel, l’Afrique francophone ne rassemblait que 74 millions d’habitants en 1950, soit à peu près autant que l’Allemagne seule, à ce moment-là (69,5 millions). Cette même année, la population du monde francophone était d’ailleurs estimée à seulement 129 millions d’habitants, soit 4,7 fois moins qu’aujourd’hui. 

Ce dynamisme se traduit notamment par la montée en puissance des villes africaines, qui occupent désormais huit des dix premières places du classement mondial des métropoles francophones. La capitale de la RDC, Kinshasa, continue à dominer le classement avec son agglomération d’environ 15 millions d’habitants (chiffre variable selon les sources), devant la capitale française, Paris, qu’elle dépasse désormais largement (11,2 millions), et la ville d’Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire (6,7 millions). De son côté, la ville de Montréal, deuxième ville non africaine et capitale économique du Québec, arrive en septième position avec une population de 4,6 millions d’habitants.

Mais cet essor démographique s’accompagne également de l’émergence et de la montée en puissance économique de ce vaste ensemble qui réalise presque constamment les meilleures performances du continent en matière de croissance économique, tout en étant globalement la partie la moins touchée par l’inflation, la moins endettée, la plus industrialisée, ainsi que la partie la moins frappée par les inégalités, la criminalité et la corruption. Ainsi, et à partir des dernières données publiées par la Banque mondiale au mois de janvier, l’Afrique subsaharienne francophone, regroupant 22 pays, a été le moteur de la croissance économique continentale pour la douzième année consécutive en 2025, avec une progression globale de 4,9 %, contre 3,4 % pour le reste de l’Afrique subsaharienne. Sur la période de douze années allant de 2014 à 2025, la croissance annuelle de l’Afrique subsaharienne francophone s’est ainsi établie à 4,1 %, contre seulement 2,1 % pour le reste de l’Afrique subsaharienne (graphique 2).

Dans le même temps, et à partir des dernières estimations du FMI, l’Afrique subsaharienne francophone a continué d’afficher le niveau d’inflation le plus faible avec un taux estimé à seulement 4,0 %, contre 17,4 % pour l’Afrique subsaharienne non francophone (soit un taux annuel de 4,2 % pour la période 2014-2025, contre 19,8 %). Par ailleurs, et toujours selon les données du FMI, l’Afrique subsaharienne francophone a également affiché le niveau d’endettement le plus faible en Afrique subsaharienne, pour la neuvième année consécutive, avec une dette publique estimée à 51,6 % du PIB en 2025 (et la présence de seulement trois pays francophones parmi les dix pays subsahariens les plus endettés), creusant ainsi l’écart avec le reste de l’Afrique subsaharienne (64,6 %). Une triple performance majestueuse qui devrait d’ailleurs se répéter, encore une fois, en 2026, et des particularités que l’on observe également en Afrique du Nord, notamment avec des niveaux d’inflation et d’endettement plus faibles dans les pays francophones du Maghreb qu’en Égypte.

Sur les douze dernières années, l’Afrique francophone subsaharienne a donc connu une croissance économique supérieure à son rythme de croissance démographique, et même largement plus importante. À l’inverse, le reste de l’Afrique subsaharienne a connu une progression économique inférieure à sa croissance démographique, pourtant elle-même légèrement moins rapide que celle de la zone francophone.

Sur la période 2014-2025, sept des dix plus fortes croissances réalisées l’ont été par des pays francophones, à savoir la Côte d’Ivoire (6,3 %), la Guinée (6,1 %), le Niger (5,8 %), la RDC (5,8 %), le Bénin (5,7 %), Djibouti (5,6 %) et le Sénégal (5,5 %). Il convient là de noter que ce classement n’intègre pas le cas très particulier du Rwanda anglophone, qui ne peut plus être pris en compte dans les classements économiques africains étant donné que ses performances officielles sont largement faussées par le pillage massif des richesses de la RDC voisine, qui représentent désormais près de 50 % des exportations rwandaises de biens (et régulièrement accompagné de massacres de populations civiles). Un cas unique au monde, permis par une protection américaine… et par le silence de la quasi-totalité des pays africains. Par ailleurs, cette injustice n’empêche pas le Rwanda de demeurer parmi les pays les plus pauvres du continent, avec un PIB par habitant de seulement 1 000 dollars exactement en 2024 (classé 38e en Afrique, selon les dernières données disponibles auprès de la Banque mondiale, après intégration d’une mise à jour concernant le Soudan du Sud). […]

IA et fin du salariat : Vers un nouvel équilibre économique forcé

Nous regardons l’océan depuis le rivage en concluant qu’il est peu profond, alors que l’abîme se creuse déjà sous nos pieds. Tandis que la majorité des actifs s’amuse avec des versions gratuites et obsolètes de l’IA , l’automatisation silencieuse démantèle méthodiquement les fondations de notre modèle de société.

Ce n’est plus une question de “si” les machines remplaceront l’humain, mais de savoir comment survivra un système qui détruit mécaniquement ses propres consommateurs.

I. Une accélération que personne ne regarde en face

Aujourd’hui, bien trop peu de gens se rendent compte des avancées exponentielles en matière d’intelligence artificielle. Il est vrai que la moitié de la population active utilise désormais l’IA dans son travail, mais cette utilisation se limite le plus souvent à des tâches basiques — rédaction d’emails, reformulation de textes, requêtes simples.

Trop de gens restent sur une expérience datant de quelques mois avec une IA gratuite, sans percevoir l’abîme colossal entre modèles payants et gratuits. Pourtant, 62,7 % des personnes utilisant l’IA au travail n’ont accès qu’à un modèle gratuit. Ces modèles légers, optimisés pour la rapidité et l’économie de ressources, donnent une image radicalement tronquée de l’état réel de la technologie. Obtenir un code fonctionnel de plus de cent lignes y relève déjà du défi.

Avec un plan payant, les derniers modèles de pointe peuvent travailler plusieurs heures de façon autonome et livrer une application complète de plus de dix mille lignes. En trois mois, un modèle gagne entre 15 et 20 % sur les benchmarks de référence — et la fréquence de ces améliorations est elle-même croissante.

En 2023, GPT-4 échouait au test élémentaire « Qui est le père du fils de Paul ? ». Aujourd’hui, les meilleurs modèles créent des sites web complets, écrivent des workflows automatisés, naviguent sur des interfaces graphiques, composent et corrigent du code complexe, tout en gérant des chaînes de raisonnement approfondies — un ensemble de tâches professionnelles de bout en bout qui pouvaient mobiliser des équipes entières pendant des semaines. Le dernier modèle d’Anthropic a été en partie conçu grâce à son prédécesseur. À chaque génération, la part humaine dans la conception du suivant diminue.

Baser son jugement sur une IA gratuite ou sur une expérience datant de plus de six mois n’est pas une évaluation objective. C’est regarder l’océan depuis le rivage et conclure qu’il est peu profond.

II. Une intelligence fondée sur les mêmes bases que la nôtre

Beaucoup affirment que l’IA ne pourra jamais les remplacer dans leur travail, car elle manquerait de souplesse, de créativité, de bon sens. Cet argument repose sur une incompréhension fondamentale de ce qu’est l’intelligence — humaine ou artificielle.

L’IA, comme notre cerveau, apprend à partir de données, en déduit des patterns, des règles abstraites. Son savoir n’est pas codé en dur ; il est acquis par déduction et inférence. Ce n’est pas du tout différent du fonctionnement neuronal : le cerveau humain est lui aussi un système de reconnaissance de patterns appris, opérant sur une base probabiliste. Il s’en distingue par certaines subtilités — des raccourcis heuristiques, un apprentissage en peu d’exemples, une intégration sensorielle incarnée — mais le socle computationnel est identique.

Or ces subtilités s’effacent à mesure que les modèles grandissent. La souplesse contextuelle, jadis inaccessible aux machines, est aujourd’hui leur terrain naturel. Cela conduit à une conclusion inévitable : tout ce que l’humain peut accomplir à partir de données, de patterns, de langage et de raisonnement — c’est-à-dire la quasi-totalité des travaux intellectuels — l’IA pourra le faire. Et mieux. Si un plafond existe, nous ne l’avons pas encore approché, et il serait scientifiquement irresponsable de parier qu’il se trouve à portée de main.

III. Les deux phases de l’automatisation

L’automatisation du travail ne se produira pas en une vague uniforme. Elle s’articulera en deux phases majeures, distinctes par leur nature, leur rythme et leurs impacts sociaux.

Phase 1 — L’automatisation du travail intellectuel : rapide, brutale, imminente

Les secteurs en première ligne

La première phase est déjà engagée. Elle concerne l’ensemble des travaux de traitement de l’information : le droit (rédaction de contrats, analyse juridique, recherche de jurisprudence), la finance (audit, comptabilité, analyse de marchés), le journalisme et la production de contenu, la programmation informatique, la traduction, la médecine diagnostique, le marketing et le service client. Ces domaines partagent une caractéristique structurelle décisive : ils opèrent déjà sur des infrastructures numériques. Aucun investissement matériel n’est à déployer, aucune chaîne de production à reconvertir. L’intégration de l’IA s’y fait par simple abonnement logiciel. C’est précisément ce qui rend cette phase à la fois la plus rapide et la plus dangereuse.

Une disruption sans précédent historique

Les révolutions industrielles précédentes ont détruit des métiers en quelques décennies, laissant le temps aux générations de s’adapter et aux institutions de se réorganiser. La première révolution industrielle a mis quatre-vingts ans à transformer structurellement le marché du travail. La révolution informatique des années 1980-2000 a étalé ses effets sur deux décennies.

L’automatisation par l’IA générative opère sur une échelle temporelle radicalement différente. Un cabinet juridique peut réduire de 60 % ses besoins en jeunes associés en l’espace d’un seul cycle budgétaire. Un département de traduction peut être dissous en quelques mois. Ces mutations ne prennent pas une génération — elles prennent une décision de direction.

Là où l’industrialisation a donné aux sociétés le temps de souffrir et de s’adapter, l’IA leur donnera le temps de souffrir, sans celui de s’adapter.

Le double facteur de brutalité

Cette première phase sera particulièrement violente pour deux raisons qui se renforcent mutuellement. D’abord, personne ne s’y attend réellement. La réaction dominante reste le déni ou la minimisation, fondée sur une expérience des outils gratuits et obsolètes. Cette sous-estimation collective retarde la préparation individuelle et institutionnelle. Ensuite, aucun système politique n’anticipe ce changement. Les gouvernements actuels consacrent leurs débats à la réforme des retraites, à la transition énergétique, aux tensions géopolitiques. On prépare minutieusement la guerre ; on ignore superbement le changement de civilisation.

Phase 2 — L’automatisation du travail physique : profonde, étalée, inéluctable

Un déploiement contraint mais inévitable

La seconde phase concerne l’automatisation des tâches manuelles et physiques : agriculture, logistique, construction, transport, restauration, soins à la personne. Elle est déjà amorcée dans certains secteurs, mais son déploiement massif est contraint par trois verrous majeurs.

Le premier est le coût d’investissement initial : remplacer un ouvrier par un robot implique de repenser les espaces de production, adapter les processus, former les techniciens de maintenance. Pour les PME, ce saut reste considérable. Le second est la robustesse en environnement non structuré : un robot performant dans un entrepôt calibré devient nettement moins fiable sur un chantier de construction ou dans la chambre d’un patient. Le troisième est réglementaire et culturel — certains secteurs bénéficieront temporairement d’une protection non pas technique mais politique.

Ces freins signifient que la transformation sera plus progressive — pas qu’elle sera évitée. Sur un horizon de vingt à trente ans, la conjugaison des progrès de la robotique, de la réduction des coûts et de l’accumulation d’expérience en conditions réelles rendra le déploiement massif économiquement rationnel dans la quasi-totalité des secteurs physiques. Cette seconde phase offrira davantage de temps pour des transitions négociées — si et seulement si la première phase a permis de construire les infrastructures politiques et sociales nécessaires. Dans le cas contraire, elle arrivera sur un terrain déjà dévasté.

IV. L’effondrement économique structurel — logique et inévitable

L’automatisation progressive de l’ensemble du travail humain entraîne une contradiction fondamentale au cœur du modèle économique contemporain. Cette contradiction n’est pas un risque théorique ; c’est une conséquence logique déductible des principes premiers du système.

La boucle production-consommation brisée

Le système économique actuel repose sur une boucle simple et robuste : les individus vendent leur travail contre un salaire ; ce salaire leur permet d’acheter des biens et services produits par d’autres individus rémunérés pour leur travail. La production nourrit la consommation, et la consommation finance la production.

L’automatisation rompt cette boucle à son point d’origine. Lorsque le travail humain est remplacé par des machines, les revenus distribués aux travailleurs disparaissent, mais les biens continuent d’être produits — voire en plus grande quantité. On se retrouve alors dans une situation structurelle de surproduction relative : les usines tournent, les serveurs traitent, les algorithmes génèrent, mais de moins en moins de personnes disposent des revenus nécessaires pour acheter ce qui est produit.

Le paradoxe de l’automatisation totale

La logique peut être formulée simplement : plus une économie automatise, moins elle peut vendre ce qu’elle produit. Une économie à 100 % automatisée — dans laquelle aucun être humain ne travaille — est une économie dans laquelle personne ne dispose de revenus issus du travail. Sauf redistribution extérieure des profits de l’automatisation, cette économie ne trouve plus d’acheteurs solvables.

Les propriétaires des systèmes automatisés concentrent des richesses sans précédent, mais leur consommation individuelle, aussi extravagante soit-elle, ne peut absorber la totalité de la production d’une économie de masse. Le marché de masse — fondement du modèle industriel depuis Ford — disparaît avec les revenus de la masse.

Une économie qui automatise sans redistribuer creuse sa propre tombe : elle détruit les consommateurs dont elle a besoin pour exister.

V. Le Revenu Universel de Base — non pas une solution, mais l’équilibre vers lequel le système tend

Le Revenu Universel de Base (RUB) est presque toujours présenté comme une proposition idéologique : généreuse pour certains, irresponsable pour d’autres. Ce cadrage est un contresens complet. Le RUB n’est pas une solution qu’une société choisirait d’adopter par idéal de justice. C’est l’état d’équilibre vers lequel toute économie suffisamment automatisée sera mécaniquement contrainte de converger — parce que c’est la seule configuration dans laquelle elle peut continuer à fonctionner. C’est une loi économique, pas un programme électoral.

La boucle achat-vente et son point de rupture

Toute économie de marché repose sur une boucle d’une simplicité absolue : des entités produisent des biens et des services ; d’autres entités les achètent ; les revenus tirés de ces ventes permettent de produire de nouveau. Ce cycle ne peut tourner qu’à une condition sine qua non : que les acheteurs existent, c’est-à-dire qu’une masse suffisante de la population dispose du pouvoir d’achat nécessaire pour écouler la production.

Or le salaire est, dans le modèle actuel, le mécanisme central par lequel ce pouvoir d’achat est distribué à la population. C’est en travaillant que les individus obtiennent les revenus qui leur permettent de consommer. L’entreprise verse des salaires ; ses salariés dépensent ; d’autres entreprises encaissent ; et le cycle se perpétue. Retirer le travail de cette équation, c’est retirer le mécanisme de distribution lui-même.

C’est exactement ce que fait l’automatisation. À mesure que les machines remplacent les travailleurs, la masse salariale distribuée par les entreprises à leur personnel se contracte. La production, elle, ne se contracte pas — elle augmente, car les machines produisent plus vite, sans arrêt, à coût marginal décroissant. On arrive à une contradiction structurelle irréductible : une économie dont la capacité de production croît, mais dont la capacité d’absorption — le pouvoir d’achat de la population — décroît simultanément.

La spirale de régression

La mécanique qui s’ensuit est arithmétique, non politique. Les stocks s’accumulent faute d’acheteurs solvables. Pour écouler les invendus, les entreprises baissent leurs prix. Les marges s’effondrent. Pour restaurer la rentabilité, elles réduisent leurs coûts — ce qui signifie réduire leur production ou accélérer encore l’automatisation, aggravant le chômage. La demande se contracte davantage. De nouveaux secteurs perdent leurs débouchés. L’État, privé d’assiette fiscale par la disparition des salaires, voit ses recettes s’effondrer et ne peut plus amortir le choc. La spirale est auto-entretenue.

Ce n’est pas une projection catastrophiste : c’est la description du mécanisme classique d’une crise de surproduction, amplifié à une échelle et à une vitesse sans précédent par l’automatisation généralisée. John Maynard Keynes en avait posé les bases théoriques dans les années 1930 en montrant qu’une économie peut se stabiliser à un niveau d’équilibre bas, bien en dessous de son potentiel de production, si la demande effective est insuffisante. L’automatisation totale pousse cette logique à son terme absolu.

Une économie qui automatise sans redistribuer ne détruit pas seulement des emplois — elle détruit ses propres acheteurs. Et une économie sans acheteurs ne produit plus. Elle régresse.

Le RUB comme point d’équilibre forcé

C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre le RUB — non pas comme une intervention bienveillante de l’État, mais comme le mécanisme de correction que le système lui-même appelle pour ne pas s’auto-détruire. Si le salaire ne peut plus assumer la fonction de distribution du pouvoir d’achat, quelque chose d’autre doit la remplir. Dans une économie automatisée, ce quelque chose ne peut provenir que d’une redistribution des gains de la production automatisée elle-même vers ceux qui en sont exclus — mais qui demeurent les acheteurs sans lesquels la production n’a aucune raison d’être.

L’économie tend vers cet équilibre par deux chemins. Soit de manière organisée et anticipée : un RUB financé par les gains de l’automatisation reconstitue le pouvoir d’achat de la population, permettant aux machines de continuer à produire pour des acheteurs qui peuvent consommer. Soit de manière désordonnée : l’effondrement successif des débouchés entraîne des crises économiques majeures, des tensions sociales extrêmes, et finalement des réponses politiques d’urgence imposées sous contrainte dans des conditions infiniment moins favorables.

Dans les deux cas, l’équilibre final est identique : une forme de redistribution du produit de l’automatisation vers la population, pour que la production trouve preneur et que le cycle économique puisse se perpétuer. La seule variable est le niveau de destruction sociale subi avant d’y parvenir.

Vers une société du loisir — une transition anthropologique

Si l’automatisation libère l’humain de la contrainte du travail productif, elle pose une question que l’économie seule ne peut résoudre : à quoi une société consacre-t-elle son temps lorsque ce temps n’est plus contraint par la nécessité de subsistance ? Keynes lui-même anticipait, dès 1930, que les gains de productivité conduiraient ses petits-enfants à ne travailler que quinze heures par semaine, libérant le reste au profit de la culture, du lien social et de l’épanouissement personnel. L’automatisation par l’IA rend cette perspective non plus graduelle mais abrupte.

Une société organisée autour du loisir n’est pas une société oisive. Elle est une société dans laquelle la valeur n’est plus exclusivement définie par la productivité marchande, mais par la création, le soin, la transmission et la vie commune — des activités que les machines peuvent assister mais jamais remplacer dans leur dimension humaine. Le revenu universel n’est alors pas seulement un mécanisme économique de stabilisation : il est aussi la condition matérielle d’une recomposition du sens collectif, dans un monde où le labeur n’est plus le centre de gravité de l’existence.

Cette transition anthropologique est à la fois la plus nécessaire et la moins préparée. Aucun système éducatif, aucun discours politique, aucune institution culturelle ne prépare aujourd’hui les sociétés à habiter un monde post-travail. C’est pourtant vers ce monde que nous nous dirigeons — lentement ou brutalement, selon les choix que nous ferons dans les années qui viennent.

Le financement : l’État gestionnaire de la production

La question du financement du RUB est souvent présentée comme l’obstacle dirimant. Elle est en réalité la moins complexe des questions, car la richesse produite par l’automatisation existe et croît — le problème est uniquement sa distribution.

Le modèle le plus cohérent avec la logique décrite ci-dessus est celui de l’État gestionnaire de la production automatisée. À mesure que les machines remplacent les travailleurs, la question de la propriété des systèmes productifs devient centrale : si une usine entièrement robotisée n’emploie plus personne, qui perçoit ses bénéfices ? Dans le modèle actuel, exclusivement ses actionnaires. Mais ce modèle devient économiquement insoutenable dès lors que la masse des exclus du travail représente une fraction significative de la population — car cette même masse constitue le marché dont dépend la survie de l’entreprise.

L’évolution logique est celle d’une copropriété collective, partielle, des infrastructures de production automatisées. L’État — agissant comme gestionnaire au nom de l’ensemble des citoyens — prend position dans le capital des systèmes productifs déployés sur son territoire : fonds souverains d’IA, participations publiques dans les entreprises hautement automatisées, licences d’exploitation conditionnées à une redistribution de revenus. Les dividendes de cette copropriété sont redistribués à la population sous forme de revenu universel, reconstituant ainsi le pouvoir d’achat nécessaire à l’écoulement de la production.

Ce modèle n’est pas une nationalisation idéologique. C’est une actualisation du contrat économique : de même que les ressources naturelles d’un territoire appartiennent à ses habitants, les gains de productivité générés par des infrastructures automatisées sur ce territoire doivent revenir, en partie, à l’ensemble de la société qui en constitue le marché. La Norvège en offre un précédent crédible avec son fonds souverain pétrolier — l’extension de ce principe à l’économie automatisée est une projection logique, non fantaisiste.

Lorsque la machine remplace le travailleur, la richesse ne disparaît pas — elle augmente. La question est uniquement de savoir si elle circule ou si elle s’accumule. Sans circulation, la production elle-même s’arrête faute de débouchés.

Ce que les expérimentations confirment — et ce qu’elles ne prouvent pas

Plusieurs expérimentations ont produit des données préliminaires utiles. En Finlande, l’expérience de 2017-2018 a réfuté l’hypothèse de passivité induite par un revenu garanti. Le programme SEED à Stockton (2019-2021) a montré que les bénéficiaires augmentaient leur taux d’emploi à temps plein plus vite que le groupe de contrôle. GiveDirectly au Kenya observe une hausse de l’entrepreneuriat sans réduction du travail productif. Ces résultats sont des signaux d’orientation, non des preuves de faisabilité à grande échelle. Ils ne peuvent être extrapolés directement au contexte d’une automatisation massive et nationale.

L’argument central du RUB ne repose pas sur ces expériences. Il repose sur la logique économique exposée ci-dessus : sans redistribution du pouvoir d’achat, la production automatisée ne trouve plus de débouchés et le système s’effondre. Les expérimentations confirment simplement que la redistribution ne détruit pas l’incitation à travailler — ce qui lève un obstacle comportemental souvent avancé, sans être l’argument de fond.

La fenêtre temporelle : pourquoi l’anticipation est décisive

Si le RUB est l’équilibre vers lequel le système tend inévitablement, la seule vraie variable est le moment et les conditions dans lesquels cet équilibre est atteint. Anticipé et organisé, il préserve la cohésion sociale, maintient la capacité fiscale de l’État, et permet une transition progressive. Subi, il arrive dans un contexte de crise économique majeure, de tensions sociales extrêmes, et de capacités institutionnelles dégradées.

Pour être viable, le RUB doit être préparé avant que la crise de chômage technologique n’atteigne une masse critique. Une fois que 40 ou 50 % de la population active est privée d’emploi structurel, la base fiscale s’est effondrée, les entreprises ont perdu leurs marchés, et la cohésion nécessaire à toute réforme est irrémédiablement brisée. À ce stade, le RUB reste la seule issue — mais ses conditions de mise en œuvre sont catastrophiques.

Le RUB doit précéder la crise, pas la suivre. Ce n’est pas une question d’idéologie — c’est une question de calendrier économique.

VI. Le vrai danger : le déni organisé

Le danger existentiel ne réside pas dans l’intelligence artificielle elle-même. Une technologie n’est ni bonne ni mauvaise en soi — elle est ce que les sociétés décident d’en faire. Le danger réside dans le déni collectif qui empêche de prendre les décisions nécessaires pendant qu’elles sont encore possibles.

Ce déni opère à trois niveaux. Au niveau individuel, il se manifeste par la conviction persistante que « mon métier est trop complexe pour être automatisé » — souvent formulée par des personnes dont la connaissance de l’IA repose sur des outils gratuits obsolètes. Au niveau institutionnel, il se manifeste par l’absence totale de législation anticipatoire, de plans de reconversion structurels, de fiscalité adaptée aux nouvelles formes de création de valeur. Au niveau culturel, enfin, il se nourrit du récit dominant selon lequel le progrès technologique crée toujours plus d’emplois qu’il n’en détruit — un récit valide pour les révolutions passées, mais peut-être faux pour la première fois dans l’histoire.

L’analogie avec le changement climatique est ici pertinente. La communauté scientifique a alerté pendant des décennies sur une transformation systémique lente mais irréversible. Les premières réponses politiques ont été retardées par le déni et les intérêts à court terme. Nous en payons aujourd’hui le prix croissant. La transformation technologique suit exactement le même schéma — avec une différence : l’échelle de temps est incomparablement plus courte. Nous n’avons pas des décennies. Nous avons peut-être des années.

Conclusion — Anticiper ou subir

L’automatisation est en cours. Elle ne peut pas être arrêtée, et il serait vain de le souhaiter — les gains de productivité, de qualité de vie et de connaissance qu’elle promet sont réels et précieux. La question n’est pas si la transformation aura lieu, mais comment elle aura lieu.

Elle peut avoir lieu dans le chaos, sans préparation, avec une concentration croissante des richesses, une paupérisation de masse et une désintégration de la cohésion sociale. Ou elle peut avoir lieu dans le cadre d’une transition organisée, équitable, qui redistribue les gains de l’automatisation à l’ensemble de la société et réinvente le rapport humain au travail, à la contribution et au sens.

Ce choix — et c’est bien un choix — ne sera pas fait par les marchés. Il ne sera pas fait par les entreprises technologiques. Il devra être fait par les citoyens, les démocraties, les institutions capables de décision collective. Mais ce choix ne peut être fait que s’il est d’abord reconnu comme nécessaire.

La stratégie de l’autruche n’a jamais protégé personne. Elle n’a fait que transformer les risques prévisibles en catastrophes subies.

Il est encore temps d’anticiper. Il ne sera bientôt plus temps de choisir.

Références

Le Monde Emploi — « 53 % des actifs utilisent l’IA dans leur vie professionnelle » (avril 2025)

Ipsos — AI at Work Survey Report 2025

Digital Applied — GPT benchmark comparisons 2024-2025

KELA Finland — Basic Income Experiment Results (2019)

Stockton SEED Program — Longitudinal Study (2021)

GiveDirectly — Kenya Basic Income Research

 

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Et si nous arrêtions de courir après le néant ?

Et si nous arrêtions, un instant, de nous laisser distraire par les paillettes du néant ?

La température monte, et pas seulement dans les rapports climatiques. Entre les bruits de bottes qui résonnent aux frontières de l’Europe et du Moyen-Orient, et l’angoisse qui grimpe à chaque passage à la pompe, nous sentons bien que l’avenir nous échappe.

Nous sommes là, tels des canards sans tête, pris au piège d’un système qui multiplie les ruses pour accéder à notre portefeuille. On nous vend des « agents IA » censés tout gérer à notre place, des algorithmes qui prétendent anticiper nos moindres désirs, alors qu’ils ne sont que de nouveaux gadgets sophistiqués pour nous manipuler et, disons-le franchement, nous prendre pour des imbéciles.

On a l’impression aujourd’hui que nous sommes tous prisonniers d’une course à l’immédiateté, un cercle vicieux où la consommation sert de paravent à notre peur de l’avenir ou du déclassement social. Mais ces « sucreries » numériques ne produisent que du vide. Puisque nous voyons bien que ce jeu est perdant, arrêtons tout simplement de jouer. Posons-nous ; respirons un bol d’air, et regardons enfin ce qui, au fond, ne passe pas : le monde invisible.

La source de notre malaise, c’est cette peur grandissante devant un monde qui ouvre chaque jour une nouvelle boîte de Pandore. Nous nous enfermons dans un numérique omniprésent, nous nous inquiétons pour la stabilité financière ou la fragilité de nos services publics, en oubliant que rien ne subsistera de tout ce bazar matériel. « Quand il n’y a plus d’avoine, les chevaux se battent dans l’écurie », dit le dicton… mais l’agitation frénétique, que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans les débats télévisés, ne produira jamais le sens que nous cherchons désespérément.

Je n’ai pas plus de solutions miracles que quiconque. Par contre, l’observation de ce monde et la conscience de la fragilité de notre existence — « misérablement courte », pour reprendre le mot de Pascal — me persuadent que nous avons autre chose à faire. Autre chose à faire que de se regarder le nombril ou d’amasser de l’avoir en ignorant la pauvreté du sens autour de nous.

Il est urgent de contempler nos vies dans le rétroviseur. C’est là, dans cette relecture, que l’on perçoit que tout n’est pas chaotique. Derrière le fracas des titres de presse sur les crises géopolitiques, il y a « autre chose », un enchantement, une destinée, ou des « clins d’œil » qui viennent nous dire que nous ne sommes pas seuls. La grande ruche de l’invisible nous échappe peut-être, mais elle est là, au cœur de nos vies. Car, comme le rappelait Maurice Zundel, l’au-delà est au dedans. Il nous faut reprendre en urgence ce dialogue avec notre âme, car c’est là, et nulle part ailleurs, que se trouve la véritable chaleur.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Une liste noire de médecins pour limiter le droit à l’objection de conscience

Lu sur Gènéthique :

Le 9 mars, le Tribunal supérieur de Madrid a enjoint au gouvernement de la Communauté de Madrid d’entamer « immédiatement » le processus administratif d’élaboration et d’approbation d’un registre de professionnels de santé qui se déclarent objecteurs de conscience vis-à-vis de la pratique de l’avortement.

Pour la ministre de la Santé, Mónica García, un tel registre de praticiens refusant de pratiquer un avortement, qui doit être confidentiel, permettra de « garantir l’avortement dans le système de santé publique ». Le gouvernement régional s’était opposé à cette mesure, défendant le droit des professionnels de santé à l’objection de conscience. En octobre 2025, le Collège des Médecins de Madrid avait également rejeté cette disposition : « Ce que recherche le gouvernement, c’est de limiter le droit à l’objection de conscience, et cela se fait avec ces listes noires de médecins objecteurs », dénonçait son président, le Dr Manuel Martínez-Sellés.

Suite au refus du gouvernement régional, le ministère de la Santé avait intenté un recours devant le Tribunal supérieur. Trois communautés n’avaient pas entamé la création de ce registre après l’adoption d’une loi de 2023 l’exigeant. Mais les Baléares et l’Aragon s’étaient exécutés après l’envoi d’une « demande officielle » du ministère en octobre dernier. Madrid, en revanche, avait à nouveau pointé qu’il s’agissait d’une « liste noire ».

Jersey : le délai pour avorter passe de 12 à 22 semaines

Lu sur Gènéthique :

Les législateurs de Jersey ont adopté un projet de loi, par 44 voix contre 2, faisant passer le délai autorisé pour avorter de 12 à 22 semaines.

Pour la ministre déléguée à la Santé, Andy Howell : « cela donne simplement plus de temps aux femmes pour réfléchir à la décision qu’elles ont à prendre ». « C’est la décision la plus difficile qu’elles aient probablement à prendre et parfois elles ont besoin de plus de temps », poursuit-elle. Elle recommande toutefois que le recours à l’IVG intervienne le plus tôt possible, « quand c’est plus sûr ».

Après le vote, le député Lucy Stephenson réclamait déjà une augmentation du délai, se référant à la limite de 24 semaines en vigueurs au Royaume-Uni.

Contrairement à la volonté de certains législateurs, l’avortement restera « un service payant », sauf pour les mineures, les étudiantes, les victimes de viol et les personnes bénéficiant d’une aide au revenu.

Par ailleurs, jusqu’ici, l’avis de deux médecins était requis pour confirmer que la femme enceinte était en « situation de détresse ». Cela ne sera plus nécessaire.

La nouvelle loi nécessite l’assentiment royal. La date de la promulgation n’a pas été précisée.

Une église cambriolée en Seine-Saint-Denis

A Pierrefitte-sur-Seine (93), l’église Sainte-Thérèse de Joncherolles a été cambriolée.

Une plainte a été déposée et l’enquête se poursuit.

Les malfaiteurs auraient dérobé «une enceinte acoustique» avant de s’emparer d’un calice, trois patènes, un ostensoir. Le tabernacle aurait également été dégradé.

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