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Monseigneur Joseph de Metz-Noblat nommé évêque de Verdun

Ce samedi 11 avril, le pape Léon XIV a nommé Monseigneur Joseph de Metz-Noblat évêque de Verdun.

Monseigneur Joseph de Metz-Noblat était depuis 2014 évêque du diocèse de Langres.

La messe d’installation aura lieu le samedi 6 juin en la basilique cathédrale Notre-Dame de Verdun.

Fils d’un capitaine de frégate, natif de Cherbourg, il effectue ses études de droit à Nancy, avant d’y entrer au séminaire en 1982 et d’être ordonné prêtre en 1987 pour le diocèse de Verdun. Ancien scout d’Europe, routier et chef de troupe à Nancy, il a également fait des études de droit canonique à l’Institut catholique de Paris dans les années 1990.

Le nouvel évêque de Verdun a également occupé plusieurs responsabilités au sein de la Conférence des évêques de France, notamment la présidence du Conseil pour les questions canoniques (de 2017 à 2023) puis la présidence du Conseil pour la liturgie et la pastorale sacramentelle (entre 2023 et 2024).

Biographie de Monseigneur Joseph de Metz-Noblat.

  • Né le 6 février 1959 à Cherbourg (Manche).
  • Ordonné prêtre le 28 mai 1987, pour le diocèse de Verdun.

Études

  • Grand Séminaire de Metz
  • Institut catholique de Paris
  • Institut de formation des éducateurs du clergé (IFEC)

Diplômes

  • Licence de droit civil
  • Licence de droit canonique

Ministères

  • 1987-1989 Vicaire à Saint Michel.
  • 1987-2005 Aumônier diocésain du Mouvement Eucharistique des Jeunes (MEJ) et aumônier d’équipes d’Action catholique.
  • 1988-2005 Délégué au Conseil presbytéral.
  • 1989-1995 Vicaire à Commercy.
  • 1990-2001 Responsable du Service diocésain des vocations.
  • 1994-1999 Secrétaire général du Conseil presbytéral.
  • 1995-2000 Curé des groupes paroissiaux de Triaucourt et Rembercourt.
  • 1995-2002 Défenseur du lien à l’Officialité diocésaine.
  • 1997-2000 Doyen du doyenné de l’Aire.
  • 1999-2005 Responsable diocésain de la Pastorale des jeunes.
  • 2000-2005 Curé de Verdun.
  • 2001-2006 Directeur national adjoint de l’Union Apostolique du Clergé.
  • 2004-2012 1er Conseiller international de l’Union Apostolique du Clergé – Vice-Président
  • 2003-2011 Vice-official de l’Officialité interdiocésaine.
  • 2005-2011 Supérieur de la Propédeutique interdiocésaine à Nancy.
  • 2006-2013 Délégué diocésain au diaconat permanent.
  • 2006-2012 Directeur national de l’Union apostolique du clergé (UAC).
  • 2011-2013 Vicaire général, administrateur de la paroisse Notre-Dame entre Argonne et Meuse.
  • 2014 – 2026  Evêque de Langres

Entretien du Cardinal Müller dans la revue Communio : “Le véritable problème ne réside pas dans la liturgie, mais dans la doctrine de la foi”

Il est très intéressant de lire cet entretien complet du Cardinal Müller qui a été grand ami et homme de confiance de Benoit XVI, préfet de la Doctrine de la Foi et cardinal de la Sainte Eglise.
Les lecteurs du Salon Beige doivent pouvoir lire tout ce que dit le Cardinal Muller avant de lire une critique très partielle et partiale d’un simple abbé de la Fraternité Saint Pie X.

Ce simple abbé qui commence sa critique en qualifiant les propos du Cardinal Sarah, lui aussi ancien préfet de la Doctrine de la Foi, de propos indigents ! (“Loin des déclarations indigentes d’un cardinal Sarah ou d’un Mgr Eleganti…”). Ce simple abbé ne semble pas avoir été particulièrement éduqué au respect et à la courtoisie !

Merci d’avance au Salon Beige pour la publication inédite en français de cet entretien du Cardinal Müller

Jan-Heiner Tück : Votre Éminence, en tant qu’évêque de Ratisbonne de 2002 à 2012, vous aviez déjà des relations avec la Fraternité Saint-Pie-X. Le séminaire international du Sacré-Cœur de Zaïtskofen se situe dans les limites du diocèse. Durant votre épiscopat, des diacres et des prêtres y ont été ordonnés sans autorisation. Comment avez-vous réagi, en tant qu’ordinaire du lieu ?

Cardinal Gerhard Ludwig Müller : Le conflit relatif aux ordinations illicites de prêtres et de diacres à Zaitzkofen s’est intensifié lorsque, suite à la levée de l’excommunication des quatre évêques ordonnés illégalement par l’archevêque Lefebvre en 2009, le négationnisme de l’un d’eux, Mgr Richard Williamson, a été rendu public. La presse et la communauté juive se sont interrogées sur la tolérance de cette opinion scandaleuse au sein de l’Église catholique. Par conséquent, en tant qu’évêque responsable, j’ai dû déclarer que la Fraternité Saint-Pie-X ne peut parler au nom de l’Église catholique, étant donné son état de division schismatique. Cela reste vrai malgré la volonté du Pape d’initier un processus de réconciliation avec l’Église catholique par la levée de l’excommunication. La Fraternité Saint-Pie-X a par la suite rompu ses liens avec Mgr Williamson. Cependant, en continuant d’administrer des ordres sacrés à Zaitzkofen sans l’autorisation de l’évêque local ni du Saint-Siège, les intentions schismatiques de ce groupe étaient manifestes. En programmant les ordinations à Zaitzkofen pour qu’elles coïncident avec l’ordination sacerdotale à la cathédrale de Ratisbonne (à 25 kilomètres de distance), les médias critiques envers l’Église ont eu amplement l’occasion de se délecter d’une prétendue désunion catholique, au grand dam des fidèles.

Tück : En tant que préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, vous aviez alors la responsabilité ultime de mener les pourparlers avec la Fraternité Saint-Pie-X au plus haut niveau, au nom des papes Benoît XVI et François. L’objectif était de clarifier les divergences doctrinales. Outre une conception anhistorique de la tradition, quels étaient les principaux enjeux ?

Müller : Le véritable problème ne réside pas dans la liturgie, c’est-à-dire dans la forme rituelle classique (post-tridentine) et renouvelée (post-Vatican II), mais dans la doctrine de la foi, qu’ils considèrent également compromise dans la liturgie renouvelée. Certaines formulations du concile Vatican II sont sujettes à des interprétations douteuses, par exemple que les musulmans, comme les chrétiens et les juifs, reconnaissent le Créateur dans la tradition abrahamique et adorent le Dieu unique avec nous. Ils y voient un relativisme de l’histoire religieuse qui présuppose une religion commune à toute l’humanité, au-delà de la révélation de Dieu en Jésus-Christ. Ce que l’on oublie ici, c’est l’enseignement catholique classique selon lequel la raison humaine est en principe capable de reconnaître l’existence et l’unité de Dieu, tandis que les mystères de la Trinité et de l’Incarnation ne sont révélés que par la foi surnaturelle (Thomas d’Aquin, Somme contre les Gentils, I, 2 et 6 ; Concile Vatican I, Constitution dogmatique Dei Filius , Canon I, 1 : DH 3026). En reconnaissance de la recherche sincère de la vérité divine, tous peuvent atteindre le salut éternel si, sans faute de leur part, ils ne parviennent pas à la connaissance de l’Évangile du Christ et de son Église, mais se laissent guider par la grâce de Dieu et s’efforcent d’atteindre le bien et le vrai, ce qui constitue toujours une préparation à l’Évangile (cf. Lumen gentium , art. 16). Si l’on replace les déclarations du Concile Vatican II, critiquées par la Fraternité Saint-Pie X, dans le contexte de toute la tradition de l’Église, une interprétation relativiste est exclue. Ceci vaut également pour les progressistes qui réduisent la révélation à une simple histoire religieuse et nient sa nature surnaturelle et l’unicité du Christ comme Rédempteur du monde. Concernant l’œcuménisme avec les chrétiens non catholiques, les communautés chrétiennes et les Églises orthodoxes, le Concile n’a nullement remis en question la nécessité de l’Église catholique pour le salut ni sa pleine identité avec l’Église des Apôtres. En matière de liberté religieuse, il convient de noter que l’Église n’a pas modifié sa position sur le fond, si l’on considère uniquement les contextes respectifs dans lesquels ce terme ambigu a été employé et selon les personnes concernées. Mgr Wilhelm von Ketteler, lors du Kulturkampf, avait déjà défini la liberté religieuse comme le droit de chaque personne, naturellement ancré dans l’esprit et la liberté individuelle, de défendre sa conscience contre toute ingérence de l’État, à l’instar du Concile Vatican II dans sa déclaration Dignitatis humanae. (Discours prononcé à l’Assemblée générale des catholiques allemands à Fribourg-en-Brisgau le 1er septembre 1875). Le premier droit est celui de toute personne, sans contrainte extérieure ni manipulation intérieure, de choisir et de pratiquer sa religion selon sa conscience ; le second est, sur un plan surnaturel, l’appel de Dieu dans la Parole révélée en Jésus-Christ, auquel, avec le secours de la grâce et à la lumière du Saint-Esprit, l’obéissance de la foi doit être rendue avec raison et libre arbitre (Dei verbum , art. 5).

Tück : En 2007, avec Summorum Pontificum, le pape Benoît XVI a fait d’importantes concessions à la Fraternité Saint-Pie-X, puis en 2009, avec la levée de l’excommunication des quatre évêques traditionalistes que vous avez déjà mentionnés. À l’époque, on espérait qu’un accord pourrait désormais être trouvé sur les questions doctrinales litigieuses. Comment avez-vous perçu les arguments théologiques des théologiens de la Fraternité ?

Müller : La Fraternité Saint-Pie X, malheureusement, n’a pas rendu la pareille à la générosité du pape Benoît XVI, malgré les campagnes de diffamation dont il a été victime de la part d’extrémistes opposés. Pour le bien de l’unité, elle a obtenu le droit de célébrer les sacrements selon l’ancienne liturgie, ce qui est parfaitement légitime et trouve des précédents dans la réunification historique des Églises séparées avec Rome. En matière de doctrine, cependant, je crois qu’il ne s’agit là que de prétextes pour se soustraire à la pleine soumission à l’autorité du Pape, qu’elle doit, en théorie, reconnaître au sens de la primauté du savant et de la juridiction définie par le concile Vatican I, si sa prétention d’être plus catholique que Rome a le moindre fondement. Précisément, lorsque la Fraternité Saint-Pie X invoque la tradition de l’Église, il faut la considérer dans son intégralité, y compris son évolution historique en réponse aux nouveaux défis, comme fondement de la théologie catholique. Il est également important de faire la distinction entre la Tradition apostolique, source et principe de la théologie, et les traditions ecclésiastiques, simples coutumes et styles vestimentaires liturgiques liés à une époque.

La Fraternité Saint-Pie X propose une herméneutique de la rupture, voire de la discontinuité. Le concile Vatican II a rompu avec la tradition doctrinale de l’Église ; il fut « le plus grand malheur de l’histoire de l’Église », selon le fondateur de la Fraternité, Marcel Lefebvre. Pourquoi cette interprétation est-elle problématique ?

Müller : Je me consacre personnellement à la théologie académique depuis soixante ans. De ce fait, et compte tenu de mon parcours biographique, je peux comparer la doctrine de la foi de mon enfance et de ma jeunesse avec le Concile Vatican II et la théologie orthodoxe qui s’en est suivie. En conscience, je ne perçois aucune rupture dans la continuité de la doctrine, ni même la négation ou l’affaiblissement d’aucun article de foi, car elle est fondée sur l’Écriture Sainte, développée dans la tradition apostolique et ecclésiastique, et présentée par le Magistère pour mon salut, avec la fermeté et l’inviolabilité requises. C’est pourquoi, lors de mes échanges avec la Fraternité Saint-Pie X, j’ai insisté sur le fait que leurs critiques de certaines déclarations du Concile Vatican II ne seraient justifiées que si le Concile avait effectivement enseigné ce qu’elles lui attribuent. Or, la phrase « Même les conciles peuvent se tromper », prononcée par Luther à Johannes Eck lors de la Dispute de Leipzig en 1519, marquant ainsi une rupture avec l’Église catholique, est incompatible avec une relation possible entre un catholique et le Magistère. Ceux qui attribuent de graves erreurs de foi au concile Vatican II légitime se trompent, contrairement à l’herméneutique catholique établie et détaillée que le Père de l’Église Irénée de Lyon a développée contre les gnostiques. De nombreux conciles ont connu des controverses sur l’interprétation orthodoxe de certains termes et arguments, comme par exemple l’ Homoousios de Nicée (325), le titre de Théotokos pour Marie d’Éphèse (431) ou l’ Union hypostatique du concile de Chalcédoine (451) – décisions conciliaires qui ont engendré les schismes des Ariens, des Nestoriens et des Monophysites. Mais il est également apparu clairement qu’en dernier ressort, c’est au Pontife romain, successeur de saint Pierre, qu’il incombe d’établir la validité des conciles et leur interprétation authentique (par exemple, le pape Pélage Ier, Lettres Relegentes autem : DH 447). Ce ne sont pas les donatistes d’Afrique du Nord qui décident en dernier ressort de la foi de l’Église universelle, pas plus que les vieux-catholiques qui, par une succession audacieuse menée par un évêque janséniste, préservent l’ancienne Église catholique face à une Église nouvellement créée par le premier concile du Vatican, comme le croyait Ignaz von Döllinger. L’idée que l’Église universelle est infaillible et qu’un petit groupe ne peut en aucun cas l’emporter sur l’Église tout entière fut l’une des motivations qui conduisirent John Henry Newman au catholicisme. Ce n’est pas Rome qui s’est séparée de l’Angleterre, mais bien l’Église d’Angleterre de l’Église universelle, qui trouve à Rome le principe de son unité : « Securus iudicat orbis terrarum » ( le monde jugera la terre).« — Saint Augustin s’écrie aux donatistes (Contra epistulam Parmeniani III, 4). À tous ceux qui en doutent, une visite à l’église Santa Maria in Trastevere à Rome est recommandée. L’épitaphe du grand théologien polémiste, le cardinal Stanislas Hosius (1504-1579), interpelle la conscience de tout esprit de division : « Catholicus non est, qui a Romana ecclesia in fidei doctrina discordat – Nul n’est catholique celui qui s’écarte de l’Église romaine dans la doctrine de la foi. » Ou encore, selon une formule attribuée à saint Ambroise : « Ubi Petrus, ibi Ecclesia – Là où est Pierre, là est l’Église. »

Tück: le préambule doctrinal, présenté à la Fraternité Saint-Pie X afin de parvenir à un accord sur les questions doctrinales, n’a pas été signé par le Supérieur général, Mgr Bernard Fellay, à l’issue du processus de dialogue. Pourquoi ?

Müller : La Fraternité Saint-Pie X considérait que ses objections à la liberté religieuse, à l’œcuménisme et aux relations de l’Église avec les autres religions, telles qu’exprimées dans les documents conciliaires pertinents, constituaient la mesure du catholicisme. Elle exigeait que l’Église, avec tous ses évêques et le Pape, successeur de Pierre, reconnaisse que le Concile avait présenté des enseignements erronés et ambigus et que la plus haute autorité doctrinale s’était égarée en matière de foi et de morale, trompant ainsi, intentionnellement ou par négligence, les fidèles et mettant en péril leur salut. Un tel aveu serait non seulement factuellement incorrect, mais constituerait également l’autodestruction herméneutique de « l’Église comme pilier et fondement de la vérité » (1 Timothée 3, 15). Les confusions qui ont maintes fois frappé l’Église au cours des siècles, dues aux hérésies ou à la décadence morale, ont été surmontées de l’intérieur par des figures telles qu’Athanase, Augustin, Bernard de Clairvaux, Catherine de Sienne, Robert Bellarmin, John Henry Newman, Hans Urs von Balthasar et Joseph Ratzinger, et non en se repliant sur soi dans le coin boudeur d’une « Église des Purs », dans un dernier bastion d’orthodoxie qui cherche à forcer la conversion de l’Église à son conventicule à chaque tentative de sa pleine réintégration dans l’Église catholique.

Tück : Le pape François a mené une stratégie pastorale durant l’« Année de la Miséricorde » 2015. Sans insister davantage sur l’unité doctrinale, il a autorisé les clercs de la Fraternité Saint-Pie-X à administrer le sacrement de la confession. Puis, en 2017, il a demandé aux évêques de l’Église universelle de confier également aux prêtres traditionalistes la possibilité d’assister aux mariages. Comment évaluez-vous cette concession avec le recul ?

Müller : Si les questions fondamentales demeurent irrésolues, même une approche personnelle et bienveillante ne suffira pas à résoudre la situation. Les licences accordées par le pape François visaient à aider les croyants confrontés à une crise de conscience. Un mariage ne saurait être invalidé du seul fait du non-respect intégral de la forme canonique (en l’occurrence, par manque de discernement de la part de certains catholiques fervents). Il ne pensait pas que sa jovialité puisse rapprocher la Fraternité Saint-Pie-X et l’Église catholique.

Tück : Ces dernières années, des voix se sont élevées à plusieurs reprises pour affirmer que le concile Vatican II était un « concile pastoral » n’ayant défini aucun dogme. Contrairement aux Constitutions dogmatiques, ses décrets et déclarations n’auraient qu’une faible force contraignante ; par souci de paix, on pourrait tout simplement dispenser la Fraternité Saint-Pie-X de reconnaître Nostra Aetate et Dignitatis humanae. Comment évaluez-vous une telle herméneutique conciliaire ?

Müller : Toute cette histoire de prétendu Concile pastoral relève davantage de la caricature journalistique et est dogmatiquement sans fondement. Un concile œcuménique est la plus haute autorité de l’Église catholique en matière de foi et de discipline. La doctrine de la foi n’est pas une construction théorique distincte de la pastorale, où les pasteurs de l’Église conduisent les fidèles au pâturage de la Parole et de la grâce du Christ. Le Christ, maître de la vérité et Bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis afin que nous recevions la vie de Dieu en plénitude, est une seule et même personne. Certes, il existe une hiérarchie des vérités, commençant par la foi en la Trinité et l’Incarnation, nécessaire au salut, et se terminant par la légitimité de la vénération des images, qui, bien que non nécessaire au salut, favorise assurément la piété. Ce que l’Église nous présente comme croyance doit être déterminé, dans son autorité graduée, par le contexte doctrinal et par l’intention des évêques et du Pape. Bien qu’un document conciliaire ne soit, au sens littéraire du terme, qu’une déclaration, ses affirmations sont contraignantes comme un dogme, par exemple lorsqu’il déclare que tous les peuples forment une seule communauté et ont leur origine et leur destinée en Dieu (NA 1). Lorsque le Concile évoque de manière générale les différends entre chrétiens et musulmans, il présente simplement un fait historique, sans imposer aux chrétiens une interprétation magistérielle de l’histoire. Le fait que chrétiens et juifs adorent le même Dieu est un dogme contraignant et, avec la décision anti-marcionite, il l’est depuis le IIe siècle. Le Concile de Trente a également souligné que Dieu est l’auteur de l’Ancien et du Nouveau Testament, et que cela ne peut donc être invoqué comme argument contre le Concile Vatican II. Le Concile en tire une mise en garde morale concernant la responsabilité de la mort du Christ : accuser les juifs dans leur ensemble, ou certains juifs vivant aujourd’hui, de complicité et, partant, de péché devant Dieu, contredirait la vérité de la foi chrétienne. Le Concile, avec l’ensemble de sa doctrine, doit être accepté par tout catholique, selon sa finalité : présentation de la vérité dogmatique, directive morale, ou référence aux mesures nécessaires aujourd’hui, telles que le dialogue avec les personnes d’autres confessions, l’éducation des enfants et des adultes adaptée à notre époque, le rôle de la théologie face aux philosophies modernes et à leurs conceptions de l’humanité, ainsi qu’aux sciences naturelles et aux technologies – comme l’intelligence artificielle – et aux conditions de vie qui en découlent pour les populations du monde moderne. Seule la foi révélée mérite une adhésion inconditionnelle, et non les contextes culturels, politiques et visions du monde dans lesquels l’Église s’est trouvée et auxquels elle doit s’adapter pour proclamer l’Évangile du Christ à tous les peuples de tous les temps et de tous les lieux.

Tück : L’Église catholique en Europe occidentale est en crise, tandis que la Fraternité Saint-Pie-X est en pleine expansion. Selon vous, les critiques des traditionalistes reflètent-elles aussi des lacunes dans la réception du concile Vatican II ?

Müller : L’Église catholique n’est en crise que là où ceux qui occupent des postes de responsabilité – évêques, curés, professeurs de théologie, catéchistes et laïcs engagés – proposent aux fidèles les artifices des idéologies agnostiques au lieu de leur offrir le pain de la Parole de Dieu et la grâce des sacrements. Là où l’on s’adonne à la sociologie et à la psychologie et où l’on garde le silence sur Jésus, seul Sauveur du monde, en qui nous pouvons avoir une confiance absolue dans la vie comme dans la mort, il est vain d’espérer une Église pertinente. Mais là où les questions existentielles trouvent une réponse à la lumière du Christ, l’intérêt naît ; là, grâce à la grâce que nous implorons chaque jour, la vie de Dieu grandit en nous ; là, les gens se font baptiser et les catholiques tièdes redécouvrent la puissance transformatrice de la liturgie, lorsqu’elle est véritablement un culte rendu à Dieu et non un divertissement vulgaire, comme les messes carnavalesques ou les drapeaux arc-en-ciel athées dans le sanctuaire qui obscurcissent la vision du Seigneur crucifié pour nous. La Fraternité Saint-Pie X a pleinement le droit de dénoncer de tels abus liturgiques et erreurs dogmatiques, mais toute critique demeure vaine si elle est formulée avec une suffisance morale insupportable. « Mieux vaut être traité injustement par les autorités ecclésiastiques que d’abandonner la communauté du salut » – telle était la devise de sainte Hildegarde de Bingen, que nous vénérons aujourd’hui comme Docteur de l’Église.

Tück : En février, le supérieur général de la Fraternité Saint-Pie-X, Davide Pagliarani, a annoncé qu’il consacrerait des évêques le 1er juillet, si nécessaire même sans mandat papal. Cette annonce a immédiatement suscité des réactions de la Curie romaine. La proposition du cardinal Fernández de reprendre les discussions sur les divergences doctrinales et d’examiner différents degrés de force contraignante des documents conciliaires, tout en suspendant les consécrations épiscopales, a été rejetée avec une rapidité surprenante par le Conseil général de la Fraternité. Y a-t-il désormais un risque de schisme ? 

Müller : L’idée d’une adhésion progressive au Concile est quelque peu problématique. Elle ne peut signifier qu’une adhésion objective, au sens de la doctrine classique des degrés de certitude théologique, et non qu’un individu ou un groupe choisisse, selon des critères subjectifs, ce qu’il accepte ou rejette, de sorte que le Magistère n’ait plus le dernier mot sur ce qui est catholique ou hérétique. Nul ne peut exiger du Pape qu’il vive en unité avec lui et ses coreligionnaires. C’est plutôt l’inverse : un vrai catholique vit en unité avec le Pape et les évêques, en communion hiérarchique et sacramentelle avec lui. Quiconque choisit librement de ne pas reconnaître l’autorité du Pape, que ce soit en théorie ou en pratique, entre en schisme. La désobéissance canonique n’est pas justifiée par la profession de foi selon laquelle on ne s’oppose pas au Pape lorsqu’il s’agit de consacrer des évêques pour le salut des âmes. Cela n’a rien à voir avec l’intention requise pour la validité de l’administration des sacrements. Car il y a d’abord l’intention d’un évêque validement consacré de conférer l’ordination épiscopale à un candidat approprié, ce qui – pour le dire en termes anti-donatistes – est valide et (ex opere operato). L’ordination illégale d’évêques permet effectivement d’obtenir la grâce. Mais elle constitue également un péché contre le caractère communautaire de l’autorité épiscopale, que le Pape garantit comme principe perpétuel et fondement de l’unité de l’Église catholique. L’excommunication pour cette grave offense contre l’unité de l’Église visible, en tant que péché mortel, entraîne l’exclusion de la vie de grâce et de la communion avec Dieu, ainsi que de l’espérance de la vie éternelle. Espérons que le supérieur de la Fraternité Saint-Pie-X et ses coreligionnaires en soient conscients. Ils ne peuvent invoquer l’urgence devant Dieu, car aucun de leurs fidèles n’est privé des sacrements du Baptême et de la Pénitence, nécessaires au salut. Il n’y a cependant pas lieu d’urgence à ce que leur communauté sacerdotale ne puisse subsister sans évêques ordonnés illégalement. Car Jésus-Christ a promis la continuité de l’Église jusqu’à la fin des temps uniquement à l’Église universelle, qu’il a bâtie sur le roc de Pierre, à qui il a également confié les clés du Royaume des Cieux et, avec les autres apôtres, le pouvoir de lier et de délier. Ce que Dieu veut dire à la Fraternité Saint-Pie X, compte tenu de l’âge avancé de ses deux évêques restants, c’est de se détourner de la voie erronée qui consiste à s’éloigner de l’Église et à s’isoler dans le cercle de personnes partageant les mêmes idées, et de s’en remettre pleinement aux dispositions du successeur de Pierre, à qui le Seigneur de l’Église a personnellement confié la charge de son troupeau. Et, à titre personnel et fraternel : avec le pape Léon XIV, une solution bonne et juste, mais aussi dogmatiquement solide, sera assurément trouvée.

Tück : Dans ce contexte tendu, certains sympathisants de la Fraternité Saint-Pie-X prennent la parole, affirmant que la consécration épiscopale annoncée n’est pas, à leurs yeux, un acte schismatique. Dom Alcuin Reid, non sans une pointe de polémique, a récemment qualifié de « fondamentalistes de Vatican II » ceux qui exigent de la Fraternité Saint-Pie-X l’acceptation inconditionnelle du concile Vatican II – comme si le texte conciliaire était un « superdogme ». Quel est votre avis à ce sujet ?

Müller : Ce sont là les jeux et les sophismes politico-ecclésiastiques qui minent la théologie catholique. Il n’y a ni fondamentalisme conciliaire, ni super-dogmes, ni sous-dogmes, comme si la doctrine de la foi dépendait des prédispositions psychologiques de ses représentants. Le concile Vatican II a été légitimement convoqué dans l’Esprit Saint. Ses enseignements ne sont autres que ceux de la foi catholique depuis 2000 ans, car ils sont fondés sur l’Écriture Sainte et la Tradition apostolique, présentés comme contraignants par tous les conciles précédents et clairement interprétés conceptuellement par tous les Docteurs de l’Église. Seule la manière de les proclamer diffère, et la nouveauté réside dans la volonté, après les Lumières, la critique de la religion, les idéologies politiques athées et les anthropologies agnostiques et laïques, d’orienter les hommes d’aujourd’hui vers Dieu, source, sens et finalité de la vie, qui transmet sa vérité et sa vie à tous les hommes dans l’Église de Jésus-Christ.

Tück : Le pape Léon XIV, en tant que pontife romain chargé de garantir l’unité de l’Église, est aujourd’hui soumis à une pression considérable. Face à des divergences apparemment insurmontables, peut-il encore bâtir des ponts ? Quelle marge de manœuvre dispose-t-il pour empêcher l’émergence d’une Église parallèle gouvernée par des évêques, afin qu’en fin de compte, deux autels ne s’opposent pas ?

Müller : L’unité de l’Église ne saurait être acquise au prix de la vérité par de simples manœuvres diplomatiques. Il n’est plus acceptable d’exiger ce qui est dogmatiquement essentiel à l’unité de l’Église. En aucun cas, l’Église ne peut se laisser contraindre ou arracher à l’interprétation erronée du Concile Vatican II par laquelle la Fraternité Saint-Pie X tente de justifier sa désobéissance de fait au successeur de Pierre. Une consécration épiscopale sans l’autorisation expresse du Pape, ou en négation manifeste de son autorité de successeur de Pierre désigné par le Christ et guidé par l’Esprit Saint, est injustifiable devant Dieu et devant les hommes, par quoi que ce soit ni par qui que ce soit. Quiconque confère et reçoit illicitement la consécration épiscopale est certes validement consacré, mais l’Esprit Saint témoigne contre lui car il agit non par amour, mais selon son propre caprice. Lorsque deux autels s’opposent, c’est un scandale pour le peuple de Dieu. Malheur à ceux qui en sont responsables ! Que tous ceux qui sont concernés, en cette heure d’examen de conscience devant le Dieu vivant, méditent les paroles de saint Augustin : « Celui qui n’aime pas l’unité de l’Église ne possède pas l’Esprit Saint. C’est pourquoi il est dit à juste titre : c’est seulement dans l’Église catholique que l’on reçoit l’Esprit Saint. » (De baptismo 3, 16).

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Comment comprendre les déclarations tonitruantes de Donald Trump ?

Il y a quelques jours, Yves Daoudal estimait que Donald Trump était en roue libre et illustrait cette affirmation avec quelques unes des citations du président américain :

« Une civilisation entière va disparaître ce soir pour ne plus jamais renaître. Je ne souhaite pas que cela arrive, mais c’est probablement ce qui va arriver. Cependant, maintenant que nous assistons à un changement de régime complet et total, où des esprits différents, plus avisés et moins radicalisés prennent le dessus, peut-être qu’un événement révolutionnaire et merveilleux va se produire, QUI SAIT ? Nous le découvrirons ce soir, lors de l’un des moments les plus importants de la longue et complexe histoire du monde. 47 ans d’extorsion, de corruption et de mort vont enfin prendre fin. Que Dieu bénisse le grand peuple iranien ! »

« Détruire leurs ponts et leurs centrales électriques n’est pas un crime de guerre : ce sont des animaux. »

Dans Conflits, Ophélie Roque, journaliste et professeur de français, estime au contraire que

  • Les médias analysent Trump à travers la grille de la cohérence, de la crédibilité et de la moralité politique — un prisme inadapté à un acteur qui a délibérément construit son autorité sur l’intensité de la parole, non sur sa vraisemblance.
  • Chaque déclaration trumpienne — qu’il s’agisse de « déchaîner les enfers » sur l’Iran ou d’ultimatums géopolitiques — est un acte de performance rhétorique destiné à plusieurs publics simultanément, et non une promesse d’action mesurable.
  • Comprendre Trump impose d’abandonner les critères classiques du fait politique rationnel pour saisir la logique interne d’un acteur qui se sait bouffon tout en jouant les rois.

Extrait de son analyse :

[…] En temps normal, un dirigeant politique est vulnérable sur trois points : la cohérence de son discours, la crédibilité de ses menaces, le décalage entre les promesses d’une part et les résultats d’autre part. Mais ce schéma ne fonctionne que si ce dernier fait le serment d’être crédible. Or, Trump n’a jamais construit son autorité sur la vraisemblance. Depuis le temps, ça se saurait et, de ceci, il n’en a cure.

Il se conçoit plutôt en termes d’intensité, ce qui est très différent.

Quand il affirme qu’il va « déchaîner les enfers » et que, finalement, il ne les déchaîne pas, il ne perd strictement rien en crédibilité

Sa phrase se moque éperdument de la véracité, elle n’a existence qu’en tant que sensation produite au moment où elle fut énoncée. Trump est un acteur dans le sens plein du terme. Et ne nous y trompons pas, les mots suffisent à faire bouger les choses, c’est d’ailleurs pour cela que le terme d’acteur provient d’« ago », celui qui fait en latin. Trump est un impressionniste du verbe comme certains le sont de la toile. Il se moque de la notion de vérité, le monde est changeant, flottant et ses mots ont bien plus de pouvoirs que ceux d’un autre.

Une partie des médias semble attendre de lui qu’il se conforme davantage à l’idée même du fait politique : quelque chose d’argumenté, de rationnel et répondant à des normes logiques. Non seulement ceci n’est pas vrai, mais en plus ne l’a jamais été. Disons qu’on nous a souvent montré une façade ripolinée donnant l’illusion que tout ce qui était imprévisible, mesquin ou irrationnel était absent de l’équation, que la politique suivait des voies cohérentes et que les mots dits correspondaient aux actions envisagées.

C’est comme si une boussole interne s’évertuait à vouloir que la moralité soit toujours respectée, que le mensonge finisse par coûter et que la brutalité se retourne contre celui qui l’emploie. La contradiction répétée devrait aboutir à la dislocation de celui qui use et en abuse. Or c’est le contraire qui semble arriver !

Trump a construit un dispositif qui l’affranchit des règles qu’on souhaiterait lui appliquer. Mentir ne lui coûte rien, se contredire non plus, humilier ses alliés encore moins et repousser sans fin l’échéance n’a aucune incidence. Certains aimeraient lui faire payer cette vulgarité qui nous choque, mais force est de constater qu’il nous glisse toujours entre les doigts et finit par se rétablir là où l’on croyait qu’il allait échouer.

C’est ainsi que chaque nouvel « incident » est envisagé à l’aune de celui qui pourra le détrôner. L’imposteur enfin démasqué, un ordre plus rationnel pourrait enfin reprendre ses droits

La chose à faire serait de ne pas se focaliser uniquement sur ce qu’il dit ou sur ce qu’il tweete, mais d’observer comment il le dit, à quel moment et pour quel public. Trump n’est ni versatile ni incohérent. Ses propos, même les plus déstructurés en apparence, correspondent à une logique interne. S’il dit tout et son contraire dans la même journée, c’est qu’il s’adresse — en même temps et sur plusieurs lignes en parallèle — à différents interlocuteurs : sa base Maga, l’électorat américain au sens large, les nations amies et ennemies. Le président refuse de se limiter à un seul message. Il les multiplie et les superpose à l’infini, l’un d’entre eux finira bien par advenir.

Pour comprendre Trump, il faut oublier les questions de moralité, de savoir et d’élégance et accepter de se pencher sur la démesure d’un roi qui se sait bouffon.

Mahakala, le démon qui gouverne le bouddhisme tibétain

De Marion Duvauchel, historienne des religions, pour Le Salon beige :

Réduit à l’expression la plus simple et la plus primitive, l’enseignement du Bouddha se ramène à la formule des Quatre vérités. Débarrassé de son extravagant vêtement scolastique, on n’y trouve plus que deux propositions étroitement solidaires l’une de l’autre : l’existence humaine est transitoire et instable, tout y est douleur, la naissance, la vieillesse, la maladie, la mort, l’union avec ceux que l’on aime comme la séparation, ne pas voir son désir assouvi et seul l’enseignement du Bouddha peut mettre un terme à ce que la ronde karmique de la transmigration transforme en un interminable cauchemar. Les grands Dévots européens du bouddhisme tibétain présentent le Vajrayana ou « véhicule du diamant » ou bouddhisme tantrique, comme le troisième volet des enseignements du Bouddha et ils le tiennent pour la forme accomplie du bouddhisme. Avec la constitution du « Tibet libre » élaborée par le Dalaï-lama actuel, ils relaient adroitement la fiction d’un Tibet délocalisé, sorte de territoire mondial appuyé sur la cause de l’écologie et de la paix, (mondiale elle aussi) et réinventent une nature humaine, abstraite et désincarnée. Ce catéchisme – qualifié par un chercheur américain un peu lucide de « colonialisme spirituel – est relayé par une intelligentsia parisienne éprise de philosophie orientale, pourvu qu’elle reste une abstraction sans conséquences pratiques. Et il est gobé par tous ceux qui pratiquent à des titres divers le yoga et la méditation, et qui font du bouddhisme une philosophie, une spiritualité, une voie de sagesse et autres billevesées.

L’exploratrice (et orientaliste) Alexandra David-Neel, adepte du bouddhisme « authentique », celui du Bouddha, titre éponyme d’un de ses livres) – a largement contribué à populariser ce bouddhisme, tout en le « floutant ». Ce qu’elle connaissait, et fort bien, c’est le bouddhisme tibétain ou plus exactement un état de ce bouddhisme entre 1910 et 1950, avant la conquête chinoise. Dans la correspondance que tout au long de ses improbables pérégrinations, elle a entretenu  avec son mari Philippe Neel, elle décrit sans fard paysages somptueux et ensorcelants, soucis divers et dangers traversés, échanges ineffables avec de grands érudits tibétains, rencontres avec des lamas incultes et cupides,  mais aussi pratiques et rituels tibétains observés et entendus : « l’étrange musique ne ressemblant à rien de connu, où passent les rêves d’une nation bizarre perdue en ses montagnes arides, musique parfois terrible… si grave, si lente et qui vous fait frissonner la nuit ». (27 juillet 1912). Elle tenait le bouddhisme tibétain pour un bouddhisme dégénéré : un ensemble de cultes magiques dont certains sont proprement monstrueux ou terrifiants (Magie d’amour, magie de mort). Ce qui est parfaitement vrai. A la fin de sa vie, elle répétait que le bouddhisme (celui du Bouddha) n’était pas une religion mais une doctrine pour intellectuels. Elle n’y croyait plus guère mais puisqu’elle vivait du « mythe » édifié autour de ses exploits et qu’elle n’avait pas trouvé de place dans la sphère orientaliste savante, il lui était difficile d’avouer publiquement que la quête bouddhiste d’un détachement souverain n’était qu’une illusion inaccessible, même en passant des années au fond d’une grotte à 4000 m d’altitude. De même qu’il était difficile d’admettre (sauf conversion) qu’avoir pour but de se libérer de l’illusion que tout n’est qu’illusion est sans doute l’idée la plus absurde qui ait pu germer dans l’esprit d’un homme. Le mystère est que la graine s’est répandue…

En juillet 1912, à Gangtok, elle assiste à une singulière « pantomime », une danse avec masque qu’on appelle « cham » : « Les guerriers évoluent autour de Mahakala, et du génie de Kintjindjinga, (le génie de la montagne du même nom) tour à tour apaisés et en furie ». A. David-Neel ne manifeste qu’un respect modéré pour tout ce « pittoresque » : Le vieux maharadjah n’a aucune espèce de piété bouddhiste, il craint les mauvais esprits, a installé Padmasambhava sur l’autel de son sanctuaire et est un chasseur enragé. Ce qu’on chante pendant les danses est une fois de plus terrifique et horrifique comme tout ce lamaïsme qui n’est que magie et sorcellerie ». C’est un rituel à Mahakala, le « Mgon-po » qui gouverne le bouddhisme tibétain.

Sensiblement à la même époque d’autres explorateurs – Jacques Bacot, Sven Hedin, Henri d’Ollone- ont eux aussi assisté à ces danses et ils les ont interprétées comme mimant la lutte – victorieuse- contre les démons. Ils y ont vu, avec raison, l’expression symbolique d’un moment fondateur, le moment « originel », historique et légendaire de l’introduction du bouddhisme au Tibet par le « grand dompteur, Padmasambhava, au VIIe siècle. Le roi lui-même l’a appelé à l’instigation de ses deux épouses, une princesse chinoise et une princesse népalaise, toutes deux converties au bouddhisme et fermement décidées à faire tomber le roi dans le chaudron. Toutes les mouvances sectaires tibétaines admettent l’existence historique de Padmasambhava, même si toutes ne lui rendent pas un culte. C’est aussi un grand érudit, il arrive avec des textes, dont on fera des « textes-trésors », qu’il aurait enterré en attendant les élus qui les retrouveraient le temps venu. Et qui apparemment les ont retrouvés, si l’on en croit les polémiques tibétaines nourries, étudiées de près par les spécialistes européens.

Au Tibet comme en Chine, le bouddhisme arrive avec un panthéon dont l’origine védique est généralement admise :  deva, nâga, yaksa, dakini, rakasa, preta et bien sûr les yaksa … Les listes varient peu ou prou dans les textes brahmaniques, bouddhiques ou jaïna. Ces génies, qui existent surtout en « bandes », ont été distribués selon huit catégories (on doit ce premier inventaire à Emile Guimet). Pour les convertir à la nouvelle religion, il faut subjuguer ces grands Agités, il faut les dompter. Il revient à Padmasambhava, le grand dompteur (et à ses disciples) de les avoir convertis en protecteurs bienveillants du bouddhisme. Déjà en chemin, il s’entraine un peu et met KO quelques démons qui le retardent. Au Tibet, les génies ont leurs autels, leurs cultes, leurs adeptes, et c’est pour les sorciers et « chamans » d’obédiences diverses une activité fort lucrative que les exorcismes et rituels divers. Ces démons sont des « génies du sol », des « dieux-montagne », (comme Kindjinjinga mentionné par Alexandra David-Neel), on les appelle les « Lha », les divinités du cadastre : ils sont donc partout. Mais une fois fixés quelque part, ils deviennent beaucoup moins menaçants : on sait où les trouver pour se les propitier.

Padmasambhava est un « tantrika », un tantriste, c’est un Hindou, il arrive donc avec le panthéon hindouiste, et dans ce panthéon, un grand dieu émerge : Shiva. Son suivant s’appelle Mahakala. Dans le catalogue de ces divinités tibétaines, (établi par un anthropologue en 1936), il arrive en tête : c’est un démon éminent et même suréminent (un Mgon-po). Ce bouddhisme mahayana aux résurgences hindouistes donnera le lamaïsme, qui est la forme instituée prise par ce bouddhisme mahayana quelque peu composite. Ça n’ira pas sans quelques luttes, aux allures parfois de guerre civile.

Les rituels initiatiques bouddhistes, de quelque obédience qu’ils soient, sont des rituels de possession. Jacques Bacot a sans aucun doute le mieux pressenti le sens de ces danses sacrées « cham » qui rendraient visible deux espaces, l’espace sacré et l’espace profane (selon les catégories anthropologiques de l’époque). C’est une intuition presque juste. La danse figure de manière « sacramentelle l’espace des hommes et l’espace des démons. Pour qu’ils entrent dans le plan des hommes, il leur faut un « corps », il faut donc qu’un corps humain leur offre l’hospitalité, au moins le temps du rituel, le temps de la danse « cham ».

Mais on peut aussi leur offrir une hospitalité illimitée : c’est le but des rituels ésotériques, autrement dit réservés à des initiés. L’initiation consiste à devenir « un » avec la divinité de tutelle, ce qui requiert des années d’inlassables récitations de mantras divers et de méditations, jusqu’à l’hébétude. Un texte ancien décrit les dix actes rituels à accomplir pour la propitiation de la divinité. Il s’agit « de faire tomber le dieu dans le corps humain (de son médium) et de le faire parler par sa bouche ». C’est un rituel de possession en vue d’obtenir une parole oraculaire. Il s’agit, a confié un grand initié à un grand érudit, de « réaliser les vœux de la divinité (par des offrandes) » et de « renouveler le serment (établi jadis entre un lama du passé et le dieu) ». Autrement dit, on renouvelle un contrat. Ces rituels sont décrits dans des » tantras » d’où le terme « tantrisme ». Or, il existe bel et bien un tantra de Mahakala, par conséquent un rituel d’initiation au « Black One ».

Mahakala, c’est le « grand Noir » (le grand démon noir), Paul Mus l’appelle « le grand Yaksa (il gouverne tous les petits génies du sol), ou encore « le grand Temps ». Ce grand démon hirsute gouverne le bouddhisme tibétain. Il a huit faces, vingt-quatre yeux, quatre pieds et seize bras ; des attributs qui sont dans l’ambiance (des crânes humains, une épée…) et il est accompagné du groupe des dieux védiques (Indra, Brahma…). C’est un haut gradé…  Avec les deux bras libres, il tient la sagesse (une femme). Il est représenté sous la forme d’un gros nain noir (qui devient bleu quand on le pacifie) et il crie « ha ha ha ha he he ho ho ». Il porte une couronne des cinq bouddhas (les cinq Jinas ou bouddhas célestes de la tradition mahâyânique). Ne rions pas, il est supposé être une image effrayante pour les non-initiés. L’objectif transcendantal de l’initiation est de comprendre que cette union mystique revient à réaliser le côté noir de la conscience. Cette confrontation avec la noirceur est supposée constituer un antidote à la maladie et à la souffrance qui rendrait capable de transférer aux autres l’énergie qui guérit. On trouve ainsi le récit de cette initiation suivie par un anglo-saxon dans les années 50 (The black One).

Une image bien connue représente ce bibendum chevelu avec un gros ventre en forme de cercle parfait dans lequel on peut voir deux roues. L’une a douze cases, ce sont les douze causes, c’est la roue de la transmigration, la roue du karma. L’autre a six cases, c’est la ronde du Samsara : les dieux, les non dieux, les animaux, les hommes etc.… On se réincarne nécessairement dans l’une ou l’autre de ces catégories. C’est un double enfermement, on tourne en rond aussi longtemps que l’on n’a pas épuisé la réserve karmique. Le Bouddha est au-dessus, en dehors de la figure. Il ouvre l’autre Rive, celle d’une non-temporalité, vide d’à peu-près tout, sauf de ces Boddhisattvas qui ont réussi à regagner le ciel des Toushitas ou le vide intersidéral du Nirvana : une non-temporalité dans un espace aussi vide d’amour que l’est une vie occupée au salut en clé bouddhique.

La plupart des adeptes du yoga ou de la méditation transcendantale croient ingénument en l’innocuité de ces méthodes et pratiques. En réalité, ils font allégeance à Mahakala. Il est à souhaiter qu’ils se soient revêtus de l’armure de Dieu, comme saint Paul nous y invite dans son Epître aux Ephésiens, (6-12) :

« Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes (répandus dans les airs) ».

Un texte çivaïte qui raconte comment les démons sont arrivés dans ce monde le dit expressément : on ne se débarrasse pas d’eux, on les apprivoise, on les dompte et quand on ne peut pas les subjuguer, on les enferme…

Au Japon, au terme d’une série de métamorphoses, Mahakala est finalement devenu le dieu du riz, puis de la cuisine…

Il occupe là-bas les placards et les réserves de conserves… C’est une manière de le dompter.

 

Nota bene : un livre sur ce thème est en préparation dans lequel on pourra trouver développements et références précises.

« Ténèbres éternelles »

Mercredi 8 avril, l’armée israélienne a déclenché l’opération « Ténèbres éternelles ». En 10 minutes, 100 frappes aériennes coordonnées ont visé le Liban, Beyrouth – et notamment des quartiers résidentiels peuplés – le Sud-Liban et la Békaa. Le bilan, toujours provisoire, est effroyable : plus de 300 morts et au moins 1 150 blessés. Le premier ministre, Nawaf Salam, a demandé un jour de deuil national le 9 avril.

Mercredi 8 avril, l’aviation israélienne a bombardé également le pont de Qasmiyé, qui enjambe le fleuve Litani. Ce pont était le dernier reliant Tyr et le sud du Liban au reste du pays. Les autres points de passage avaient déjà été détruits il y a quelques semaines. Les milliers de Libanais – notamment chrétiens – qui sont restés au Sud-Liban, malgré les ordres d’évacuation de l’armée israélienne, sont donc désormais isolés du reste du pays.

Le 9 avril, le gouvernement libanais, dirigé par Nawaf Salam a pris la décision « d’étendre le contrôle de l’État » dans Beyrouth afin d’y « assurer le monopole des armes ». Cette décision s’inscrit dans la droite ligne de celle prise au début du conflit, en rendant illégales les activités militaires du Hezbollah. Reste à savoir comment cette mesure pourra être appliquée.

Jusqu’alors Israël refusait de répondre aux demandes de trêves et de discussions du gouvernement libanais, relayées par plusieurs pays, et notamment la France. Le 9 avril, Benjamin Netanyaou a décidé « d’engager des négociations directes avec le Liban dans les plus brefs délais ». « Les négociations porteront sur le désarmement du Hezbollah et sur l’établissement de relations de paix entre Israël et le Liban. Les autorités libanaises réclament une trêve avant l’ouverture de ces discussions, qui commenceraient la semaine prochaine à Washington. En attendant, les bombardements continuent.

Source : SOS Chrétiens d’Orient

Israël préfère les critiques aux condoléances.

On critique Israël de son action au Liban. Des autorités religieuses chrétiennes et même des amis cathos pleurent le Liban chrétien ; tous dénoncent l’attitude de l’État Juif.

Sans moi !

Qui d’entre-nous accepterait que depuis l’outre-Quiévrain, une armée envoie chaque jour des roquettes, des drones, etc. sur Roubaix, Tourcoing, Lille ou Dunkerque ? Qui verrait sans frémir les autorités politiques d’un tel mouvement participer au gouvernement de Bruxelles ? Ce mouvement qui aurait comme programme politique de vouloir rayer la France et les Français de la carte.

Le Liban paye sa complaisance (sa collusion ?) envers une organisation classée terroriste. Il laisse le Qatar et l’Iran le financer et les milieux d’affaires profiter de cette manne dans le BTP, les services et toute l’industrie.

Israël, devenu un Etat, ne peut accepter plus longtemps la situation d’avoir à sa frontière, ce second Hamas qu’est le Hezbollah, une armée fanatisée, menaçante …et agissant depuis 47 ans selon les mêmes méthodes ! Construisant les mêmes tunnels, les mêmes caches d’armes, les mêmes drones, etc. Veut-on un 7 septembre bis ?

Puisque les autorités libanaises ne veulent pas se débarrasser de ce chancre, les autorités Israéliennes agissent. Elles agissent durement, avec l’espoir que ce qui reste de chrétien, de druze et de sunnite au Liban agisse politiquement et de concert quand l’intervention de Tsahal cessera.

Que l’on ne vienne pas me parler de la FINUL qui a plus que démontré son inutilité ou de la pantalonnade de Macron sur les ruines fumantes du port de Beyrouth.

La France est pleutre. Elle est lâche. Elle a trahi son amour privilégié et la reconnaissance qu’elle doit à un peuple Juif qui lui a tant donné. Et pas que le domaine essentiel des arts et des sciences, ces domaines qui forment une large part de notre culture et donc notre image.

Il ne nous reste qu’à avoir honte de nous-mêmes, à prier… Mais surtout à nous taire ! Car les critiques du jour deviendront demain les condoléances que leurs auteurs exprimeront.

Bertrand du Boullay

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

L’Assemblée nationale abroge une loi de Hollande

Le pseduo-mariage entre l’Alsace et la région Grand Est a été annulé par l’Assemblée nationale.

Les députés approuvent la sortie de l’Alsace de la région Grand-Est. Présentée par le groupe macroniste Ensemble pour la République, la proposition de loi a été adoptée par 131 voix contre 100. Elle a eu le soutien du Rassemblement national et de l’UDR d’Éric Ciotti, mais était combattue par la gauche, et a divisé le camp gouvernemental.

La question d’une collectivité alsacienne unique est un vieux serpent de mer. En 2013, un référendum visant à consacrer sa création n’avait pas abouti faute de participation suffisante et du fait de la victoire du « non » dans le Haut-Rhin. Le texte ambitionne de faire de l’actuelle collectivité européenne d’Alsace – issue de la fusion des conseils départementaux des Bas-Rhin et Haut-Rhin – une collectivité territoriale à statut particulier, exerçant les compétences départementales et régionales. L’entrée en vigueur serait reportée aux prochaines élections régionales, en mars 2028.

Mai, le mois de Jeanne

L’Association Universelle des Amis de Jeanne d’Arc invite à retenir les dates suivantes :

  • 10 mai : fête de Jeanne d’Arc et du patriotisme. Nous serons présents aux côté des autorités pour honorer Jeanne, place des Pyramides à Paris, et déposer comme chaque année une gerbe à ses pieds. Nous ne disposons pas encore des horaires officiels. La cérémonie ayant toujours lieu le matin vers 9h, nous communiquerons les informations précises dès que nous le pourrons.
  • Du vendredi 15 mai (soir) au dimanche 17 mai après-midi, la communauté des Béatitudes organise une retraite sur le thème : Dieu premier servi, à l’école de sainte Jeanne d’Arc. C’est à Nouan-Le-Fuzelier, dans le Loir-et-Cher. Possibilité de s’inscrire directement via le site.
  • Le 30 mai, fête de sainte Jeanne d’Arc, une messe pour la France sera célébrée à la demande de l’Association par l’abbé Guillaume Seguin à Notre-Dame de l’Assomption, Paris 16e.
    Au cours de cette messe, seront mises à l’honneur la patronne principale de la France, Notre-Dame de l’Assomption, ainsi que les deux patronnes secondaires, Jeanne et Thérèse. Messe à 10h30, suivie d’un pique-nique dans les jardins de la paroisse.

Manifestation à Paris en faveur des chrétiens d’Algérie

À l’occasion de la visite de Sa Sainteté le Pape Léon XIV en Algérie, la Ligue kabyle des droits de l’homme (LKDH) appelle à un rassemblement pacifique organisé place Saint-Augustin à Paris, le dimanche à 13h.

Ce rassemblement, organisé en collaboration avec plusieurs organisations engagées, notamment l’Aza Rouge, KHR (Kabyles for Human Rights), Chrétienté Solidarité, LÉA (Lutte pour l’Égalité dans l’Antiracisme), ainsi que le CSD (Comité de soutien aux détenus), vise à dénoncer une situation de plus en plus préoccupante en matière de droits fondamentaux en Algérie.

La Ligue kabyle des droits de l’homme tient à attirer l’attention de Sa Sainteté le Pape ainsi que de l’opinion internationale sur la répression persistante qui touche de nombreux citoyens, en particulier en Kabylie, ainsi que sur les atteintes graves à la liberté de conscience et de culte. Les chrétiens kabyles et algériens sont aujourd’hui confrontés à des restrictions croissantes dans l’exercice de leur foi. De nombreuses églises ont été fermées ces dernières années, souvent par décisions administratives, privant ainsi des communautés entières de leurs lieux de culte.

Au-delà de ces fermetures, des fidèles sont exposés à des pressions, à des formes d’intimidation et parfois à des poursuites, simplement pour avoir exercé leur liberté religieuse.

Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de restriction des libertés publiques, où l’expression, l’engagement citoyen et les droits fondamentaux sont régulièrement entravés.

Face à ces réalités, la Ligue kabyle des droits de l’homme appelle à une mobilisation pacifique afin de porter un message clair : celui du respect des libertés fondamentales, de la liberté de conscience et de la dignité humaine.

Le cardinal Aveline souhaite un dialogue avec la FSSPX

« Je suis persuadé qu’il n’y a que le dialogue qui permet de pouvoir continuer l’annonce de l’Evangile », a déclaré le cardinal Jean-Marc Aveline, dans une interview de Pâques à KTO, en réponse à une question sur la Fraternité Saint-Pie X. En 411, saint Augustin a fait dialoguer évêques catholiques et évêques partisans du donatisme, doctrine qui faisait dépendre la validité des sacrements de la sainteté de ses ministres :

« Beaucoup, évêques, empereurs, ont essayé la manière forte. Augustin a préféré réunir dans une même assemblée, à Carthage, catholiques et donatistes, pour qu’ils puissent échanger, comprendre quel était le problème ». « C’est vers ça que nous devons aller. Pour cela, il faut respecter, tâcher de comprendre, et savoir pourquoi on tient ce qu’on tient. »

Le cardinal Aveline est également revenu sur la lettre que les évêques de France ont reçue de Léon XIV, dans laquelle il invitait les évêques à « inclure généreusement » les fidèles attachés au vetus ordo. Le cardinal d’Aveline y voit un encouragement pour les évêques à « exprimer leur sollicitude pastorale à l’égard de tous ceux qui, à cause de la soif spirituelle qui les anime », choisissent la liturgie traditionnelle.

« Il ne s’agit pas de le juger, ou de dire qu’il faudrait mieux qu’ils aillent ici ou fassent comme ça ». « La sollicitude pastorale consiste à accueillir ce que l’Esprit dit à ces jeunes, à ces personnes, et en même temps à expliquer ce qu’est la tradition, qui va jusqu’aux derniers conciles » car « un concile n’abolit pas les conciles antérieurs ».

Le vrai enjeu des sacres selon le cardinal Müller, par l’abbé Gleize de la FSSPX

Source : https://fsspx.news/fr/news/le-vrai-enjeu-des-sacres-selon-le-cardinal-muller-58441

Le cardinal reproche à la Fraternité d’adopter l’attitude de ceux qui croient remédier aux crises « en se retirant dans le coin boudeur d’une Église des purs, dernier bastion d’orthodoxie qui voudrait imposer sa réintégration complète dans l’Église catholique en convertissant celle-ci à son propre cénacle ». Ne serait-ce pas plutôt l’inverse ? L’Eglise des purs de Vatican II n’est-elle pas en réalité le dernier bastion retranché du néo-modernisme qui voudrait imposer une pseudo-unité de l’Eglise, une « pleine communion ecclésiale » en convertissant tous les catholiques à la nouvelle liturgie et à la nouvelle théologie du Concile ?

Le cardinal Müller, prototype du conservateur dans l’Église ?

Le cardinal Gerhard Ludwig Müller, né en 1947 à Mayence, fut un homme selon le cœur de Benoît XVI. C’est d’ailleurs ce dernier qui a voulu, le 2 juillet 2012, l’élever à la dignité de Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et, par là même aussi, lui confier la responsabilité de la Présidence de la Commission pontificale Ecclesia Dei. Deux ans plus tard, le 12 janvier 2014 – le Pape Benoît ayant démissionné dans l’intervalle – le Pape François le crée cardinal.

Et c’est ce nouveau cardinal Müller qui, à l’automne 2014, cinq ans après les premières discussions doctrinales de 2009-2011, reprend – en sa qualité de Président de la Commission Ecclesia Dei – le dialogue avec la Fraternité Saint-Pie X et reçoit à Rome Mgr Bernard Fellay, pour lors Supérieur Général de ladite Fraternité. Dialogue qui atteignit un point de non-retour, le 6 juin 2017, lorsque le cardinal Müller, au nom du Saint-Siège, adressa à Mgr Fellay une lettre dans laquelle était exigé que, dans l’éventualité d’une normalisation canonique de la Fraternité, ou d’un rétablissement de « la pleine communion », les membres de la Fraternité « déclarent, de manière explicite, leur acceptation des enseignements du Concile Vatican II et ceux de la période postconciliaire, en accordant aux dites affirmations doctrinales le degré d’adhésion qui leur est dû » et qu’ils reconnaissent « non seulement la validité, mais aussi la légitimité du Rite de la Sainte Messe et des Sacrements, selon les livres liturgiques promulgués après le Concile Vatican II »1.

La suite est bien connue : dans l’impossibilité d’accepter ces conditions, une fois de plus, Mgr Fellay signifia ses regrets à Rome, regrets assortis d’une énième explication relative aux causes profondes de la crise qui sévit dans l’Église depuis le concile Vatican II. L’année 2018 vit l’élection de Don Davide Pagliarani à la tête de la Fraternité. Mais auparavant, à peine un mois après l’envoi de la lettre à Mgr Fellay, le 1er juillet 2017, le Pape François avait démis le cardinal Müller de sa charge de Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Son successeur, Préfet de ce qui est désormais devenu un Dicastère, fut le jésuite Luis Ladaria Ferrer. Gerhard Müller s’était déjà montré critique des orientations doctrinales et pastorales du Pape François et ne s’arrêta pas dans ce chemin.

Le 20 décembre 2023, le Préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi dénonçait, dans une prise de position, la Déclaration Fiducia supplicans par laquelle le Vatican autorisait la bénédiction des couples en situation irrégulière, concubins, divorcés remariés et même de même sexe. À l’entendre, il fallait voir dans ce document un « saut doctrinal » et un « risque de blasphème ». Outre cela, lors d’une session de questions-réponses à la Call to Holiness Conference 2025, tenue au Michigan, le cardinal Müller s’est montré critique sur la mise en application du Motu proprio Traditionis custodes, qualifiant de « problématique » et de « non pastoral » le fait que certains évêques limitent la célébration du rite romain traditionnel selon le Missel de 1962. Auparavant, le 20 mai 2024, Gerhard Müller avait célébré, selon l’ancien rite de 1962, la messe pontificale du lundi de Pentecôte lors de la clôture du pèlerinage de Chartres organisé par l’Association Notre-Dame de Chrétienté, ce qui lui valut d’être désigné comme « Ami des tradis et ennemi du Pape François » en première page du site du journal Libération2.

Les sacres du 1er juillet : conséquence d’un combat doctrinal

Il y a pourtant loin de la coupe aux lèvres, et l’on aurait eu bien tort de s’attendre à ce que le même cardinal Müller prît lui aussi position, aux côtés de Mgr Schneider et de Mgr Strickland, pour justifier et défendre les sacres du 1er juillet 2026. C’est exactement le contraire qui est malheureusement advenu3. Dans un entretien paru sur le site allemand de la revue internationale Communio, et qui s’est déroulé le 19 mars dernier, le cardinal répond longuement aux questions de Jan-Heiner Tück dans un sens qui ne va pas du tout à l’avantage de la décision prise par Don Davide Pagliarani, dénonçant au contraire « une attitude schismatique » et un « faux appel à l’état de nécessité ».

Au-delà des reproches et des accusations de « schisme », ce propos du cardinal Müller a le grand mérite de poser sur son véritable plan le problème qui met aux prises Rome avec la Fraternité Saint-Pie X. Loin des déclarations indigentes d’un cardinal Sarah4 ou d’un Mgr Eleganti5, ce genre de discours présente en effet le grand avantage de la clarté.

Le cardinal indique dès le début où se trouve exactement le point litigieux : « Le véritable problème ne réside pas dans la liturgie – c’est-à-dire dans la forme rituelle classique (post-tridentine) et renouvelée (post-Vatican II) –, mais dans la doctrine de la foi, qu’ils [les membres de la Fraternité Saint-Pie X] l’estiment compromise par la liturgie renouvelée. Certaines formulations du Concile Vatican II se prêtent à des interprétations douteuses, comme l’idée que les musulmans, à l’instar des chrétiens et des juifs dans la tradition d’Abraham, reconnaissent le Créateur et adorent le Dieu unique avec nous ». Le cardinal indique ensuite les points de l’enseignement du concile Vatican II, où la Fraternité dénonce une contradiction qui rend cet enseignement incompatible avec les enseignements constants du Magistère de l’Église : la doctrine sur la valeur des religions non chrétiennes dans Nostra aetate ; la doctrine de l’œcuménisme dans Unitatis redintegratio ; la doctrine de la liberté religieuse dans Dignitatis humanae.

Le cardinal l’a bien compris : l’état de nécessité dans l’Église trouve aux yeux de la Fraternité sa raison profonde dans ces points fautifs qui sont la source empoisonnée du relativisme doctrinal et moral dans l’Église. La décision de procéder à des consécrations épiscopales n’est que le moyen pris pour remédier à ce relativisme en assurant la continuité d’une prédication véritablement catholique car indemne de ces erreurs. « C’est pourquoi », conclut le cardinal, « j’ai insisté, lors des conversations avec la FSSPX, sur le fait que leur critique de certaines déclarations du Concile Vatican II ne serait justifiée que si le Concile avait effectivement enseigné ce qu’ils lui imputaient ». Or, selon lui, les enseignements de Vatican II ne seraient pas la source empoisonnée du relativisme, car ils ne renfermeraient pas ces erreurs que croit y voir la Fraternité. « Ce sont plutôt », dit-il, « ceux qui attribuent de graves erreurs de foi au Concile Vatican II légitime qui se trompent, contrairement à l’herméneutique catholique éprouvée ».

L’enjeu de la doctrine, au fondement de l’état de nécessité

Mais à l’évidence, c’est bien le cardinal qui se trompe, lorsqu’il entend disculper les textes du Concile des accusations formulées par la Fraternité. « L’idée », dit-il, « que les musulmans, à l’instar des chrétiens et des juifs dans la tradition d’Abraham, reconnaissent le Créateur et adorent le Dieu unique avec nous » devrait s’entendre dans le texte de Nostra aetate en conformité avec « l’enseignement catholique classique selon lequel la raison humaine est, en principe, capable de reconnaître l’existence et l’unité de Dieu, tandis que les mystères de la Trinité et de l’Incarnation ne se révèlent que par la foi surnaturelle ». Sans doute est-il vrai que la raison naturelle reste capable, en tout homme et quelle que soit sa religion, d’accéder à la connaissance d’un Dieu Créateur.

Cependant, force est de constater que le texte de la déclaration Nostra aetate va plus loin que cela, car selon lui ce n’est pas seulement la raison de l’homme mais ce sont bien « les règles et les doctrines » mêmes de ces religions fausses qui « quoiqu’elles diffèrent sous bien des rapports de ce qu’elle-même [l’Église] tient et propose, cependant reflètent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes » (§ 2). Il y a une différence entre dire que le rayon de la vérité qui illumine tous les hommes est la lumière de la raison naturelle, présente en tout homme et dire que ce même rayon trouve son reflet dans les règles et les doctrines des religions fausses. Nostra aetate parle non pas de la raison naturelle mais des règles et des doctrines religieuses. Le § 3 parle précisément de la « foi islamique ». Le § 4 établit la confusion au niveau du peuple juif, sans faire la distinction entre le peuple élu de l’Ancien Testament et le peuple déchu de cette élection et infidèle à Dieu dans le Nouveau Testament, confusion qui apparaît lorsqu’il est dit que « les Juifs restent encore, à cause de leurs pères, très chers à Dieu, dont les dons et l’appel sont sans repentance » et lorsque le texte évoque le « si grand patrimoine spirituel, commun aux chrétiens et aux Juifs », alors que les Juifs contemporains continuent de refuser de reconnaître Jésus de Nazareth comme le Messie annoncé dans les Écritures et comme le propre Fils de Dieu.

« En ce qui concerne l’œcuménisme avec les chrétiens non catholiques, les communautés chrétiennes et les Églises orthodoxes », le cardinal prétend que « le Concile n’a en aucune manière remis en cause la nécessité de l’Église catholique pour le salut ni sa pleine identité avec l’Église des Apôtres ». Sans doute, et ce n’est pas ce que la Fraternité reproche au décret Unitatis redintegratio. Ce qu’elle lui reproche c’est d’avoir obscurci jusqu’à induire à la nier l’idée selon laquelle l’Eglise catholique est nécessaire comme l’unique moyen de salut, à l’exclusion de toutes les communautés chrétiennes non catholiques. Et ce que la Fraternité reproche aussi à ce décret ainsi qu’à la constitution Lumen gentium, et aux documents subséquents de la Congrégation pour la doctrine de la foi, c’est d’affirmer que, si l’Eglise catholique est pleinement identique avec l’Eglise des apôtres, les communautés chrétiennes non catholiques lui sont partiellement identiques dans la mesure où s’y trouvent des « éléments de sanctification et de vérité » (Lumen gentium n° 8) et dans la mesure aussi où cette Église du Christ y est tout de même « présente et agissante » (Déclaration Dominus Jesus du 6 août 2000, n° 17).

« Et en ce qui concerne la liberté religieuse », continue le cardinal, la déclaration Dignitatis humanae enseigne ni plus ni moins que « le droit de tout être humain – naturellement ancré dans l’esprit et la liberté de la personne – de se défendre contre l’ingérence de l’État dans sa conscience », c’est-à-dire « le droit de toute personne de choisir et de pratiquer sa religion libre de toute contrainte extérieure ou manipulation intérieure, selon sa conscience ». Le cardinal Müller méconnaît ici des distinctions fondamentales. Autre chose est d’exercer la contrainte au for externe pour conduire les personnes à professer la vraie religion, autre chose est d’exercer la contrainte au for externe pour empêcher les personnes de professer une religion fausse. La doctrine sociale de l’Eglise exige que l’État exerce son autorité en faveur de la vraie religion, en exerçant la contrainte au for externe pour empêcher ou dissuader la profession de l’erreur. L’Eglise a condamné seulement le recours à la contrainte pour imposer la vraie religion.

Ce que la Fraternité reproche au n° 2 de Dignitatis humanae ce n’est pas de dire que « tout être humain a le droit de se défendre contre l’ingérence de l’État dans sa conscience » ni de dire que « la personne a le droit de choisir sa religion, libre de toute contrainte extérieure ou manipulation intérieure ». Cela l’Eglise l’a toujours enseigné au sens où elle a toujours dit qu’aucune autorité ne saurait exercer la contrainte pour conduire les personnes à embrasser et professer la vraie religion. Mais l’Eglise a aussi enseigné (c’est le sens de la doctrine énoncée par Pie IX dans Quanta cura) que l’autorité a le devoir d’empêcher au for externe la pratique d’une fausse religion. Il faut donc distinguer ici entre « le droit de choisir » et « le droit de pratiquer » sa religion, libre de toute contrainte extérieure. Selon la doctrine de l’Eglise, le choix doit être libre de toute contrainte, mais la pratique, s’il s’agit d’une religion fausse, ne doit pas l’être mais doit plutôt être empêchée par une certaine contrainte et c’est sur la négation de ce deuxième point que Dignitatis humanae pose un réel problème.

Comme nous allons le montrer à présent, ces difficultés posées par les textes du Concile sont graves au point de créer un véritable état de nécessité dans l’Église, car elles mettent en péril le salut des âmes.

Où est le schisme ?

Contrairement, en effet, à ce qu’affirme le cardinal Müller, les arguments développés par la Fraternité ne sont pas « des arguments fallacieux destinés à éviter de se soumettre pleinement à l’autorité du Pape ». Car il y a bel et bien contradiction, rupture si l’on veut, entre les enseignements de Vatican II sur les points signalés et la Tradition constante du Magistère de l’Église. A cette évidence que nous impose le principe de non-contradiction, que répond le Préfet émérite de la Congrégation pour la Doctrine de la foi ? « Admettre cela serait non seulement erroné sur le fond, mais constituerait aussi l’autodestruction herméneutique de l’Église, colonne et fondement de la vérité (I Tm III, 15) ».

Faudrait-il donc admettre que la Tradition de l’Eglise se réduise au seul concile Vatican II et que l’Eglise elle-même se réduise aux Papes de l’après-Concile ? Faudrait-il admettre que l’Eglise, colonne et fondement de la vérité exerce la juste herméneutique en prêchant tantôt le oui et tantôt le non ? Le cardinal reproche à la Fraternité d’adopter l’attitude de ceux qui croient remédier aux crises « en se retirant dans le coin boudeur d’une Église des purs, dernier bastion d’orthodoxie qui voudrait imposer sa réintégration complète dans l’Église catholique en convertissant celle-ci à son propre cénacle ». Ne serait-ce pas plutôt l’inverse ? L’Eglise des purs de Vatican II n’est-elle pas en réalité le dernier bastion retranché du néo-modernisme qui voudrait imposer une pseudo-unité de l’Eglise, une « pleine communion ecclésiale » en convertissant tous les catholiques à la nouvelle liturgie et à la nouvelle théologie du Concile ?

Nous pourrions ainsi nous renvoyer indéfiniment le reproche d’autocéphalisme – ou de schisme. Mais le critère de la véritable communion, celui de l’unité et de l’apostolicité de l’Eglise n’est pas celui du plus grand nombre : la partie la moins nombreuse n’est pas nécessairement la partie du bastion schismatique. Ce critère nous a été donné par saint Vincent de Lérins : c’est le critère de la constance et de l’universalité de la profession de foi, à travers le temps. Et ce critère positif se double lui-même d’un critère négatif : ce qui contredirait présentement la profession de foi explicite de l’Eglise ne saurait représenter le principe de l’unité et de l’apostolicité. Or, sur tous les points signalés, les documents du Concile cités par le cardinal représentent et expriment cette contradiction. Ce n’est donc pas la Fraternité qui s’éloigne de l’unité de l’Eglise en refusant d’admettre ces points de doctrine, mais ce sont bien plutôt tous ceux qui veulent les imposer à l’encontre de la Tradition constante du Magistère catholique.

Quel dialogue ?

Qui plus est, le cardinal Müller présente tous ces points de doctrine clairement opposés aux enseignements du Magistère de l’Eglise comme ayant une valeur absolument contraignante, quoique à des degrés divers6. On ne saurait donc arguer du propos de Jean XXIII, qui avait présenté le supposé « Magistère » du Concile comme « un Magistère de type pastoral » pour diminuer ou même nier la valeur contraignante des enseignements de Vatican II. « L’idée d’un prétendu concile pastoral », dit-il, « relève davantage d’une caractérisation médiatique et n’a aucune signification dogmatique. Un concile œcuménique est la plus haute autorité dans l’Église catholique en matière de foi et de discipline ». […] « Il existe bien sûr », précise-t-il, « une hiérarchie des vérités, allant de la foi en la Trinité et l’Incarnation – nécessaire au salut – jusqu’à la légitimité de la vénération des images, qui, sans être nécessaire au salut, favorise la piété. Ce que l’Église propose à croire doit être déterminé, dans son autorité graduée, par le contexte doctrinal et par l’intention des évêques et du Pape ».

Mais il n’en reste pas moins vrai que le contexte impose toujours un certain degré d’autorité. « Bien que Nostra Aetate » ajoute le cardinal à titre d’exemple, « soit, du point de vue littéraire, une simple déclaration, ses affirmations sont contraignantes comme un dogme, par exemple lorsqu’il est affirmé que tous les hommes forment une seule communauté et ont leur origine et leur fin en Dieu (NA 1). Que les chrétiens et les juifs adorent le même Dieu est une doctrine contraignante de la foi ». Et de conclure très catégoriquement : « Le Concile doit être accepté dans son ensemble par tout catholique, chacun selon l’intention des affirmations : explication doctrinale, instruction morale ou indication de mesures nécessaires aujourd’hui, comme le dialogue interreligieux ou l’engagement avec la modernité ».

L’état de nécessité n’en apparaît que davantage. D’une part parce que ces erreurs graves qui représentent le grand obstacle majeur au salut des âmes sont incontestablement présentées comme l’objet d’un enseignement dont la valeur est contraignante. D’autre part et surtout parce qu’il ne saurait être question de corriger quoi que ce soit : le cardinal Müller l’avait écrit dans sa lettre du 6 juin 2017 à Mgr Fellay où il exigeait de la part de la Fraternité une adhésion inconditionnelle aux textes du Concile et du post-Concile.

Apparaît aussi en pleine lumière le sens du « dialogue théologique » récemment proposé à Don Davide Pagliarani par le cardinal Fernandez, lors de l’entrevue du 12 février dernier et qui aurait eu pour but d’établir « les différents degrés d’adhésion requis par les divers textes du Concile œcuménique Vatican II et leur interprétation », le cardinal Fernandez ayant bien précisé que, si l’on pouvait dialoguer sur le Concile, on ne pourrait pas en corriger les textes. Voilà qui rejoint exactement les propos du cardinal Müller. L’intention du Saint Siège est de mener avec nous toujours le même dialogue, déjà entrepris, dans les années 2009-2011, à la demande du Pape Benoît XVI, et qui avait pour but de faire admettre à la Fraternité la fameuse herméneutique du « renouveau dans la continuité », d’après laquelle la rupture des textes du concile vis-à-vis de la Tradition de l’Eglise ne serait qu’apparente tandis que la continuité serait réelle.

Dialogue inutile et vain. Son seul intérêt, s’il en était, serait de confirmer l’urgence de l’état de nécessité et de justifier l’initiative des sacres du 1er juillet 2026.

Abbé Jean-Michel Gleize

1
https://fsspx.news/fr/news/lettre-du-cardinal-muller-mgr-fellay-du-6-juin-2017-57307

2
https://www.liberation.fr/societe/le-cardinal-muller-ami-des-tradis-et-ennemi-du-pape-francois-20240520_UF3PDEDLU5HQ5DXZD2ZLM4LCIU/

3
https://www.herder.de/communio/theologie/kardinal-mueller-ueber-den-konflikt-mit-der-piusbruderschaft-die-rede-von-einer-abgestuften-zustimmung-
zum-konzil-ist-problematisch-/

4
https://fsspx.news/fr/news/deja-trop-tard-57584 ; https://fsspx.news/fr/news/reponse-au-cardinal-sarah-57576

5
Voir l’article « Mgr Schneider et Mgr Eleganti » dans le présent numéro du Courrier de Rome.

6
Cela n’est pas nouveau et correspond à ce que disait déjà Mgr Pozzo dans les années 2010. Voir l’article « Rien de bien nouveau » dans le numéro d’avril 2016 du Courrier de Rome.

(Source : Courrier de Rome n° 695 de mars 2026 – FSSPX Actualités)
Illustration : Independent Photo Agency Srl/ID 3E48697- Banque d’images Alamy

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Vers la constitutionnalisation de l’avortement en Espagne

Après la France, le gouvernement espagnol a donné son feu vert à la réforme constitutionnelle destinée à consacrer un « droit à l’avortement », suite à l’avis favorable du Conseil d’Etat.

« L’exercice réel et effectif de ce droit sur l’ensemble du territoire national est menacé », considère la ministre de l’Egalité, Ana Redondo. « Il y a des femmes de première classe et des femmes de seconde classe selon l’endroit où elles résident », a-t-elle été jusqu’à déclarer lors de la conférence de presse qui a suivi le conseil des ministres.

La réforme consiste à ajouter un paragraphe à l’article 43.3 qui dispose que « les pouvoirs publics garantissent l’exercice du droit des femmes à l’interruption volontaire de grossesse dans des conditions d’égalité réelle et effective, avec toutes les prestations et tous les services nécessaires à cet exercice ». Le Partido Popular (PP) a d’ores et déjà annoncé qu’il la rejetterait.

Cette modification devra être approuvée à la majorité des trois cinquièmes tant au Congrès qu’au Sénat. Si cette majorité n’est pas atteinte, une commission mixte élaborera une nouvelle proposition de texte qui devra être approuvée par le Parlement à la majorité des deux tiers et obtenir la majorité absolue au Sénat.

En cas de rejet, Ana Redondo a déclaré qu’« ils feraient tout ce qui est en leur pouvoir pour contraindre des communautés autonomes comme Madrid ou l’Andalousie, mais aussi d’autres dirigées par le PSOE comme Castille-La Manche, à développer les avortements dans les établissements publics ». A Madrid et en Andalousie, le taux y est inférieur à 1%.

Source : Gènéthique

Chronique de l’administration française

Ubuesque :

Après plus de 1 000 jours de captivité en Iran, Benjamin Brière, libéré en mai 2023, a découvert que son retour marquait le début d’un autre combat. Celui de la réinsertion face à une administration inflexible. Radié de la Sécurité sociale et de France Travail, il s’est heurté à une série d’obstacles administratifs, notamment du côté des services fiscaux, qui ont semblé ignorer sa situation d’ancien otage détenu à 4 000 kilomètres de Paris, rapporte Le Journal du Net.

Dans sa volonté de régulariser sa situation, il a narré avoir été confronté à des questions irréalistes. « On m’a demandé pourquoi je n’avais rien déclaré depuis quatre ans », a-t-il expliqué. « Même en prison, on fait sa déclaration », lui a lancé le fisc. Avant d’assurer, après avoir appris qu’il était détenu en Iran : « Votre famille aurait pu le faire. »

Une exigence d’autant plus incompréhensible que sa situation rendait toute communication impossible. « La première année de détention, je n’ai pas pu dire un mot à ma famille » a-t-il précisé. Les rares appels autorisés, un quart d’heure toutes les six semaines, étaient consacrés à sa survie plutôt qu’à des démarches administratives. Sans ressources suffisantes pour se loger ou financer des soins psychiatriques, Benjamin Brière a dû entreprendre de longues démarches pour récupérer environ 8 000 euros d’indemnités chômage. […]

L’affaire Epstein, une bombe à fragmentation

D’Antoine de Lacoste dans Politique Magazine :

Après des décennies de silences, de complicités, de menaces, de morts suspectes, l’affaire Epstein a fini par éclater. Trop tard pour écouter le principal protagoniste opportunément retrouvé « suicidé » dans sa cellule. Pas tout à fait trop tard pour sa complice, Ghislaine Maxwell, condamnée à 20 ans de prison à l’issue d’un procès où elle n’a strictement rien dit. Une assurance-vie assurément. Trop tard pour des milliers de très jeunes filles, souvent mineures, odieusement exploitées, violées, frappées, retenues prisonnières. Beaucoup se taisent encore. L’une, Virginia Giuffre (née Roberts) s’est « suicidée » en avril 2025 après avoir affirmé plusieurs fois qu’elle ne le ferait jamais. Accessoirement, on ne sait pas toujours très bien comment elle se serait suicidée. Enfin, peut-être pas tout à fait trop tard pour les très nombreuses relations du couple Epstein-Maxwell, dont beaucoup tremblent.

Certains se taisent, d’autres s’agitent en jurant qu’ils connaissaient le couple mais ne savaient rien de leurs odieuses pratiques. La bonne blague : tout le monde savait et tout le monde se taisait. Les uns parce qu’ils étaient complices et/ou tenus (Epstein filmait tout), d’autres parce qu’ils profitaient des largesses et des relations du réseau exceptionnel tissé par le couple, d’autres enfin parce qu’ils étaient fiers d’appartenir à cette coterie, d’être invités avec des princes, des ministres, des gens célèbres. Ce sera le rôle de la justice américaine mais aussi anglaise et française, de déterminer qui fut complice ou non. Pour peu que cela les intéresse enfin, après des années d’indifférence inexpliquée à ce jour.

Cette affaire comporte encore un nombre incroyable de zones d’ombre. A commencer par les débuts du couple.

Ghislaine Maxwell est la fille de Jan Hoch, juif tchèque né en 1923 à Solovtvyno (en Ukraine aujourd’hui). Après l’annexion de la Tchécoslovaquie par l’Allemagne en 1939, il s’enfuit en France puis au Royaume-Uni et s’engage dans l’armée anglaise, semble-t-il en 1943. Il finit capitaine et participe à l’occupation de Berlin en 1945, dans la section presse du ministère des affaires étrangères. Il crée là ses premières entreprises d’import-export avec profit, les pénuries étant générales.

Il s’associe avec une maison d’édition allemande dont il devient le distributeur exclusif pour le monde anglo-saxon. C’est le début de son empire de presse. Il est naturalisé britannique en 1946 et choisit alors de s’appeler Robert Maxwell. Il mena une carrière tumultueuse jusqu’en 1991 où son groupe de presse sombra dans une faillite frauduleuse. Il avait notamment détourné les centaines de millions de livres des fonds de retraite de ses milliers d’employés. Convoqué par la Banque d’Angleterre pour s’expliquer sur les défauts de paiement qui apparaissent, il préfère monter sur son yacht et voguer vers les Canaries au large desquelles son corps est retrouvé le 4 novembre 1991.

La thèse officielle de la noyade accidentelle ne trompe personne : c’est un meurtre ou un suicide. Ses funérailles ont lieu au Mont des Oliviers à Jérusalem quelques jours après. Tout le Mossad est là, ainsi que le président Chaim Herzog, le premier ministre Ytzhak Shamir, et même le chef de l’opposition, Shimon Peres. L’union sacrée autour d’un mort. Bien évidemment, le fait qu’on ait tenté de défendre la thèse de l’accident plaide pour le meurtre, sinon pourquoi cacher le suicide d’un homme ruiné ? Certains réseaux affirment que le Mossad s’est débarrassé d’un agent devenu gênant. C’est tentant mais il n’y a aucune preuve. Ce qui est sûr c’est qu’un enterrement au Mont des Oliviers devant une telle assistance prouve que Robert Maxwell fut un agent important comme l’ont démontré plusieurs enquêtes de journalistes britanniques.

Sa fille Ghislaine travailla-t-elle également pour le Mossad ? Il est difficile de répondre à cette question mais il est certain que son démarrage spectaculaire dans la société new-yorkaise après la mort de son père laisse perplexe. Elle est censée être ruinée, comme ses six frères et sœurs. Pourtant, elle est invitée partout et c’est dans une réception huppée qu’elle aurait fait la connaissance de Jeffrey Epstein « au début des années 90 » a-t-elle toujours affirmé. On sait maintenant que c’est faux. Plusieurs témoins les ont vus ensemble dans les années quatre-vingt, et lors de la cérémonie de souvenir à Londres pour Robert Maxwell en novembre 1991, Epstein était présent et parlait avec Ghislaine de façon très amicale.

Elle travaillait dans une agence immobilière de New York affirment gravement Wikipédia et toutes les IA. En réalité, ce sont les affirmations de Ghislaine elle-même qui n’ont jamais été vérifiées ni corroborées. De même, il est écrit partout qu’elle habitait dans un appartement prêté par « un ami iranien ». Personne ne sait qui il est, personne n’a vérifié mais tout le monde recopie la même affirmation de cette référence morale qu’est Ghislaine Maxwell. Ni les juges, ni le FBI (très démocrate à l’époque avant d’être récemment épuré) ne se sont donnés beaucoup de mal pour découvrir qui était ce soi-disant iranien.

Les débuts de Jeffrey Epstein sont tout aussi mystérieux. Il est né en 1953 à Brooklyn dans une famille ashkénaze très modeste. Après de brèves études de mathématiques ratées, il enseigne dans une école privée prestigieuse de Manhattan, la Dalton School. Personne ne sait comment il a pu avoir ce poste avec un si petit niveau d’études. Tout juste peut-on noter que Donald Barr, le directeur de l’école qui le recrute, est un ancien membre de l’OSS, l’ancêtre de la CIA. Il est renvoyé en 1976 pour insuffisance pédagogique mais est « repêché » chez Bear Stearns, une des plus grosses maisons de titres américaines. C’est Alan Greenberg lui-même, c’est à dire le patron de l’entreprise, qui organise le recrutement, finalisé par Michael Tennenbaum. Greenberg a lui-même une fille à Dalton School qui lui a chaleureusement parlé de son professeur de mathématiques…

Ce recrutement dans un des plus célèbres établissements financiers au monde est tout aussi étrange que celui de Dalton School.

Epstein quitte Bear Starns en 1981 après que l’entreprise ait découvert que son CV était falsifié et qu’il se livrait à des délits d’initiés. Aucune poursuite bien sûr, et il a pu commencer son ascension financière grâce à un salaire très généreux. Il crée alors sa société de conseil, Assets group dont les revenus sont opaques pendant des années. Son objet, étrange lui aussi, consiste à récupérer des sommes d’argent volées par des courtiers, des avocats, des hommes d’affaires. Quelques escroqueries apparaissent de-ci de-là, comme celle de 400 000 dollars aux dépens d’un entrepreneur, Michael Stroll, qui ne reverra jamais l’argent.

En 1987, il s’associe avec Steven Hoffenberg, un autre escroc. Ils ont été présentés par un Anglais, Douglas Leese, spécialiste des problèmes de défense, architecte du plus gros contrat d’armement britannique passé avec l’Arabie Saoudite.  On ne voit pas le rapport avec les activités financiaro-délictuelles d’Epstein et Hoffenberg, mais là encore, on n’en saura pas plus alors qu’à l’évidence les trois hommes ne jouent pas dans la même cour et n’étaient pas appelés à se rencontrer.  Ensemble, au sein d’une structure nommée Towers Financial, les deux escrocs s’entendent parfaitement bien et captent des fonds grâce à leur habileté et à leurs réseaux qui commencent à s’étoffer. Ils volent les investisseurs au lieu de placer leur argent, une classique pyramide de Ponzi, la plus importante avant celle de Madoff avec près de 500 millions de dollars détournés.

Les deux hommes se séparent en 1993. Aussitôt après, l’édifice véreux s’effondre. La justice poursuit Hoffenberg mais pas Epstein et Hoffenberg est condamné à 20 ans de prison. Il en fera 18 et sera libéré en 2013.

Par la suite, il mettra en cause le fait qu’Epstein n’ai jamais été inquiété et évoquera ses liens avec la CIA qui le protégeait. Il n’y bien sûr aucune preuve pour appuyer les dires d’Hoffenberg mais il certain que l’incroyable parcours d’Epstein laisse constamment penser qu’il n’était pas seul, qu’il était protégé. Le corps d’Hoffenberg sera retrouvé chez lui, en 2022, sans trace de violence. Les autorités ont conclu à une mort naturelle.

Selon la grande enquête du New-York Times de décembre 2025 (il n’est jamais trop tard), Epstein pèse 15 millions de dollars en 1988 lorsque se produit le tournant de sa vie : sa rencontre avec le milliardaire Les Wexner, spécialiste de lingerie sous la marque Victoria’Secret.

A suivre

Appel à se rassembler pour prier pour la paix au Liban, le samedi 11 avril à 18 heures

Communiqué de Mgr Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, Président de la Conférence des évêques de France :

Ce 8 avril 2026, des frappes israéliennes massives ont touché, sans avertissement, plusieurs quartiers au cœur de Beyrouth, ainsi que la banlieue sud de la capitale, le Liban-Sud et la Békaa, faisant plus de 300 morts et des centaines de blessés, qui s’ajoutent aux 1 500 victimes et aux 1,2 millions de personnes déplacées depuis le début de ce conflit entre le Hezbollah et Israël. Une fois de plus, le Liban est la victime des puissants de ce monde, mais aussi l’otage de ceux qui prétendent le défendre. Tous semblent n’avoir qu’un objectif : détruire le message qu’il représente, celui d’une convivialité possible entre personnes de cultures et religions différentes.

En ce jour de deuil pour le peuple libanais, je tiens à lui exprimer ma tristesse, mon indignation et ma pleine solidarité. Je condamne avec la plus grande fermeté cette opération intolérable, perversement appelée « obscurité éternelle », ainsi que le cynisme de son déroulement, au moment même où entrait en vigueur un cessez-le-feu entre les belligérants. La spirale de la violence doit cesser et le droit international doit être respecté. L’histoire nous apprend que la sécurité d’un peuple ne peut s’obtenir en entretenant la haine de l’autre.

Mgr Hugues de Woillemont, Directeur général de l’Œuvre d’Orient, le cardinal Raï, Patriarche de l’Église maronite et Mgr Paolo Borgia, Nonce apostolique au Liban, ont participé hier à l’acheminement d’une aide humanitaire aux populations civiles du Sud-Liban. Ils ont vu la désolation provoquée depuis des semaines dans la région de Tyr et de Saïda, par un conflit dont la finalité territoriale se précise, au détriment de populations présentes sur ces terres depuis des siècles. Rentrant à Beyrouth, ils ont été les témoins des désastres provoquées par les frappes meurtrières de l’armée israélienne sur la population civile en plein cœur de la ville.

J’invite tous les catholiques de France à répondre à l’invitation du pape Léon XIV à se rassembler pour prier pour la paix, le samedi 11 avril 2026 à 18 heures. J’encourage aussi ceux qui le souhaitent et le peuvent, à soutenir l’Œuvre d’Orient par leurs dons, afin de venir concrètement en aide aux Libanais, aux communautés chrétiennes du Moyen-Orient et, à travers elles, à tous les peuples qui aspirent à y vivre en paix.

L’homme moderne, à l’agir sous-traité, à la mémoire externalisée et à l’intelligence délocalisée, peut-il encore prononcer une parole qui engage sa vie ?

Début de l’homélie du Très Révérend Père Dom Jean Pateau, Abbé de Notre-Dame de Fontgombault, lors de la Vigile pascale :

Alors que machines et robots prennent la place, et selon certains de façon très avantageuse, de ce qu’on nommait autrefois le savoir-faire et que va s’évanouissant l’amour de la belle ouvrage, de l’art au sens le plus noble du terme ; alors que l’intelligence artificielle est désormais en capacité d’entasser des mots les uns à côté des autres en donnant l’illusion d’un langage cohérent, d’un message original ; alors que fake news et promesses électorales sont le plat servi quotidiennement par les médias et les réseaux sociaux à tant de nos contemporains, saturant les cerveaux, aveuglant les facultés de jugement, alimentant haines, critiques et conduisant finalement au désespoir, on est en droit de se demander si l’homme moderne à l’agir sous-traité, à la mémoire externalisée et à l’intelligence délocalisée peut encore prononcer une parole humaine, une parole vraie qui engage sa vie, son cœur, son âme.

Poser un tel acte peut sembler aujourd’hui inhumain, surhumain, et pourtant c’est ce que nous venons de faire lors de la rénovation des promesses de notre baptême, à la fin de la Vigile pascale : nous avons confessé notre foi. [Lire la suite]

Les chrétiens assyro-chaldéens d’Irak sont en voie d’extinction programmée

Dans un entretien accordé à The European Conservative, Juliana Taimoorazy, fondatrice de l’Iraqi Christian Relief Council et deux fois nominée au prix Nobel de la Paix, livre un témoignage accablant sur le génocide lent des chrétiens d’Irak. Et lance un avertissement à l’Europe sur les dangers de l’immigration massive sans intégration.

Juliana Taimoorazy est assyrienne, née en Iran, héritière de l’une des plus anciennes communautés chrétiennes au monde. Celle qui parle encore une forme d’araméen, la langue du Christ. Depuis 2007, elle dirige l’Iraqi Christian Relief Council, organisation qui a secouru des centaines de milliers de personnes dans 13 pays.

Son constat est sans appel : les chrétiens assyro-chaldéens d’Irak sont en voie d’extinction programmée.

De 1,4 million à 100 000 en trois décennies

Les chiffres glacent le sang. En 1990, l’Irak comptait 1,4 million de chrétiens, soit 8% de la population totale. Aujourd’hui, il n’en reste qu’environ 100 000, concentrés dans le nord du pays. Leur part dans la population est tombée entre 0,3% et 0,5%.

« Après l’invasion américaine de l’Irak, près d’un million et demi d’Assyriens encore présents sont tombés sous l’épée. Nos églises ont été bombardées. Nos femmes ont été enlevées et violées. Nos hommes ont été assassinés. Nos enfants ont été enlevés. Notre clergé et nos religieuses ont été décapités ».

Mais contrairement à ce que beaucoup croient, la persécution n’a pas commencé avec ISIS. « Avant ISIS, il y avait Al-Qaïda ; avant cela, Saddam Hussein ; et bien avant les régimes modernes, notre persécution a commencé avec notre conversion au christianisme, il y a près de 2000 ans. »

Le moment le plus révélateur de l’interview survient lorsqu’elle raconte une conversation avec un ancien membre du Congrès américain en novembre 2015, alors qu’ils se trouvaient sur le plateau du Golan en Israël.

Interrogé sur la situation dramatique des Assyriens en Irak, le parlementaire lui répond, visiblement peiné, que les Assyriens sont considérés comme « dispensables » pour la politique étrangère américaine, qu’ils ne servent pas d’intérêts stratégiques et ne figurent donc même pas à l’ordre du jour.

« Ce moment fut profondément révélateur ». « Cela nous dit que les vies assyriennes n’ont pas été considérées comme suffisamment précieuses, non seulement par les États-Unis, mais par l’Europe et d’autres acteurs puissants, parce qu’on nous voit comme n’offrant aucun bénéfice politique. Quand un peuple est jugé stratégiquement non pertinent, sa dignité humaine, sa sécurité et sa survie sont facilement ignorées. »

Pour Juliana Taimoorazy, il s’agit bien d’un génocide, même s’il prend des formes différentes des massacres de masse. « Le génocide des chrétiens du Moyen-Orient peut être retracé jusqu’au milieu du 19e siècle », explique-t-elle, rappelant le rôle des milices kurdes utilisées comme forces supplétives par l’Empire ottoman dans le massacre des Arméniens et des Assyriens.

« Le génocide n’est pas seulement l’acte de tuer un peuple ; c’est aussi la destruction de sa continuité, de sa culture et de sa présence sur ses terres ancestrales. Ce qui rend ce génocide particulièrement dangereux, c’est qu’il est lent, fragmenté et souvent nié. Il se déroule à travers le déplacement, la discrimination légale, l’effacement culturel et la migration forcée, ce qui rend plus facile pour le monde de l’ignorer. »

La discrimination prend des formes insidieuses. La Constitution irakienne, basée sur la charia, stipule que si un parent se convertit à l’islam, ses enfants sont automatiquement considérés comme musulmans. Les sièges parlementaires réservés aux chrétiens peuvent être votés par n’importe qui, y compris des groupes islamistes ou pro-iraniens, sapant toute représentation authentique.

Dans le nord de l’Irak, les Assyriens sont systématiquement appelés « chrétiens kurdes », un effacement identitaire délibéré.

« Notre histoire, notre patrimoine et notre identité assyrienne indigène sont appropriés ou réécrits comme faisant partie de l’histoire kurde. Cet effacement systématique de l’identité assyrienne est extrêmement grave et rarement discuté au niveau international. »

Sur le terrain, la situation est catastrophique. Des veuves vivent dans une pauvreté extrême après avoir perdu leurs maris. D’innombrables orphelins ont besoin de soins, d’éducation et de soutien. Le système médical est effondré pour tous les Irakiens, mais les chrétiens assyriens souffrent de manière disproportionnée car ils sont toujours traités comme des citoyens de seconde ou troisième classe.

Les jeunes diplômés universitaires, souvent avec mention, ne trouvent pas d’emploi en raison de l’économie effondrée et de la discrimination.

« Cela conduit à la démoralisation et, finalement, à l’exil. »

Parmi les réfugiés, certaines femmes, par désespoir, ont été contraintes de se prostituer pour nourrir leurs enfants après que leurs maris ont été assassinés. Les taux de cancer sont alarmants.

« Ce sont des gens qui menaient autrefois des vies honorables. Ils étaient médecins, avocats, commerçants, agriculteurs, des membres autosuffisants et dignes de la société. Aujourd’hui, beaucoup sont piégés dans le désespoir et la misère sans qu’ils y soient pour rien. »

Paradoxalement, la destruction par ISIS des portes antiques de Ninive et de la cité de Nimrod en 2015 a provoqué un réveil identitaire. « ISIS a réveillé par inadvertance un géant appelé Assyrie », affirme Juliana Taimoorazy.

« Nous voyons maintenant un renouveau parmi la jeune génération. De jeunes hommes et femmes assyriens choisissent de se marier au sein de la communauté pour préserver la culture et la continuité. Beaucoup apprennent activement la langue. »

Elle raconte avoir assisté à une célébration du Nouvel An assyrien fin 2025 :

« J’ai été profondément émue de voir tant de jeunes danser des danses traditionnelles assyriennes et chanter en néo-araméen. Je ne peux décrire à quel point j’ai été encouragée de constater ce changement. »

L’interview prend une tournure particulièrement actuelle lorsque Juliana Taimoorazy est interrogée sur les leçons que l’Europe devrait tirer de la quasi-disparition de ses communautés sœurs au Moyen-Orient.

Sa réponse est sans détour :

« L’idéologie islamiste a pris racine dans la plupart des pays européens et est de plus en plus visible aux États-Unis. Lorsqu’une migration illégale à grande échelle se produit, elle crée des communautés parallèles plutôt que cohésives. Cette fragmentation engendre l’instabilité, la radicalisation et le ressentiment, tant au sein des populations migrantes que dans la société au sens large. »

Elle poursuit :

« L’échec à insister sur l’intégration, les valeurs civiques partagées et l’État de droit sape la confiance sociale et affaiblit les institutions démocratiques. Ce que l’Europe vit aujourd’hui devrait être compris comme un avertissement : le multiculturalisme sans intégration ne produit pas l’harmonie ; il produit la tension, l’insécurité et la division. »

Un constat qui résonne douloureusement avec la situation actuelle de nombreux pays européens.

Juliana Taimoorazy ne se contente pas de témoigner, elle interpelle directement les gouvernements occidentaux avec des propositions concrètes :

Reconnaître les chrétiens persécutés comme peuples indigènes du Moyen-Orient, pas simplement comme minorités religieuses. Conditionner l’aide à la reconstruction à des garanties réelles de sécurité et d’égalité pour les chrétiens. Réformer les politiques d’asile pour qu’elles ne remplacent pas le droit au retour. Affronter directement la discrimination légale et structurelle dans les pays partenaires. Collaborer avec des organisations enracinées dans les communautés elles-mêmes.

« L’Occident ne peut pas défendre les droits de l’homme tout en ignorant la destruction lente de l’une des plus anciennes communautés chrétiennes du monde. Protéger ce peuple ancien n’est pas une faveur ; c’est une responsabilité. »

À la question de savoir quel serait son espoir pour les 10 à 20 prochaines années, Juliana Taimoorazy répond :

« Mon espoir est que les Assyriens d’Irak soient toujours là, menant des vies prospères, non seulement survivant mais s’épanouissant, reconstruisant notre nation sur notre terre ancestrale. »

Elle conclut :

« C’est la mission à laquelle j’ai dédié ma vie. Mon cœur bat pour mon peuple et je donnerai ma vie pour l’Assyrie. »

Un témoignage poignant qui rappelle que pendant que l’Occident débat de questions secondaires, les derniers héritiers de la civilisation mésopotamienne, ceux qui parlent encore la langue du Christ, disparaissent en silence de leurs terres ancestrales.

Nebraska : procession eucharistique devant le centre Planned Parenthood à Lincoln

Mgr James Conley, évêque de Lincoln, dans le Nebraska, a conduit les fidèles lors d’une procession eucharistique et d’un chemin de croix devant un centre Planned Parenthood à Lincoln pendant la Semaine sainte.

Le Vendredi saint, 3 avril, il a également conduit les fidèles catholiques dans la prière du Chemin de croix devant le centre de planning familial de Lincoln. Prier le Chemin de croix devant ce centre d’avortement est une tradition bien ancrée à Lincoln.

Mgr Conley est connu pour son engagement en faveur du droit à la vie et pour avoir organisé de nombreuses processions de prière pour cette cause. En 2018, il a participé à une « croisade du rosaire » à l’Université du Nebraska-Lincoln, où environ 4 000 catholiques ont récité publiquement le rosaire en l’honneur de la Vierge Marie. Le rosaire est une « arme puissante » qui peut contribuer à « ramener Dieu au sein de la famille et de notre société », a déclaré Conley lors de ce rassemblement.

En 2026, il a apporté son soutien à l’évêque Kevin Rhoades qui dénonçait la promotion d’un professeur farouchement pro-avortement à l’Université de Notre-Dame. L’année dernière, il a publiquement dénoncé le projet du cardinal Blase Cupich de décerner un « Prix pour l’ensemble de sa carrière » au sénateur démocrate américain Dick Durbin, partisan du droit à l’avortement et des droits des personnes LGBT.

En 2023, il a condamné l’idée du cardinal Robert McElroy d’une « inclusion radicale » des personnes impliquées dans des péchés sexuels sans repentir et a vivement critiqué ce qu’il a appelé un « accompagnement superficiel » tolérant les comportements pécheurs.

Elargissement de l’attestation d’honorabilité pour les personnes en contact avec des mineurs, 3 associations saluent la position de Sarah El Haïry

Communiqué de Juristes pour l’enfance – Mamans Louves – SOS Éducation :

Les associations Juristes pour l’enfance, Mamans Louves et SOS Éducation saluent les déclarations de la Haute Commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, qui a plaidé, le 7 avril 2026 sur France 2 (ici), pour un « contrôle généralisé » et une « harmonisation » des vérifications d’antécédents judiciaires de toutes les personnes exerçant une activité, professionnelle ou bénévole, au contact régulier des mineurs.

Le dispositif de l’attestation d’honorabilité, créé par la loi n° 2024-317 du 8 avril 2024 et déjà opérationnel dans l’accueil du jeune enfant et la protection de l’enfance (près de 3 000 personnes écartées depuis octobre 2025), constitue la solution la plus efficace et la plus protectrice de la vie privée.

En effet, l’attestation d’honorabilité est un dispositif selon lequel avant tout recrutement ou engagement de bénévole et fréquemment (tous les trois ans) au cours de l’activité, la personne en contact régulier avec des mineurs adresse à l’administration une demande d’attestation d’honorabilité via un portail unique sur internet. Cette demande est traitée par les services compétents qui ont accès aux fichiers (bulletin numéro 2 du casier judiciaire et fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes). L’administration délivre à la personne une attestation d’honorabilité s’il n’existe pas dans les fichiers de mentions révélant une incompatibilité avec le contact régulier avec des mineurs. Ensuite, la personne peut produire cette attestation au responsable de l’établissement, lieu de vie et d’accueil ou service accueillant régulièrement des mineurs afin de garantir son honorabilité. Le responsable dispose également d’un mécanisme de vérification de l’authenticité de l’attestation.

A ce jour, sauf dispositions spécifiques, les établissements scolaires et les structures relevant du code de l’éducation ne sont pas inclus dans le dispositif de l’attestation d’honorabilité.

C’est pourquoi Juristes pour l’enfance, Mamans Louves et SOS Education soutiennent la Haute Commissaire à l’Enfance Sarah El Haïry dans sa proposition d’étendre ce mécanisme d’attestation d’honorabilité à l’ensemble des établissements , professions et activités accueillant régulièrement des mineurs. Cette extension, qui ne nécessite aucune création de nouveau fichier ni aucune atteinte supplémentaire à la vie privée, garantit un contrôle rapide, fiable et uniforme sur tout le territoire.

Depuis novembre 2025, les trois associations analysent le cadre légal et la jurisprudence concernant le contrôle d’honorabilité dans les divers contextes scolaire et périscolaire. Elles se tiennent à disposition des élus et responsables du gouvernement, pour partager les résultats de leurs travaux de recherche ainsi que leurs préconisations afin de mieux lutter contre les risques d’actes violents et d’abus sexuels commis par des adultes sur des mineurs.

Juristes pour l’enfance, Mamans Louves et SOS Éducation demandent notamment à ce que le contrôle régulier soit effectué tous les ans, avant chaque rentrée scolaire et non tous les trois ans comme c’est le cas actuellement.

Le projet de loi sur la protection de l’enfance préparé par la ministre des Familles Stéphanie Rist et le garde des Sceaux Gérald Darmanin sera le moment idéal pour opérer les changements législatifs que la protection des enfants requiert de manière urgente. Juristes pour l’enfance, Mamans Louves et SOS Éducation feront des propositions précises et seront vigilants quant à la rédaction des dispositifs de contrôle des antécédents judiciaires.

 

La Modernité est finie, vive le Thomisme !

Que la modernité, mouvement marqué par la Raison, la liberté, etc. soit finie, cela n’est bien sûr pas une nouvelle, puisque depuis des décennies on annonce et surtout on constate l’essor de la post-modernité, mouvement marqué par le relativisme, etc. dans beaucoup de milieux. En fait ce qui est particulier en ce moment c’est que justement dans beaucoup de ces milieux où la post-modernité avance, on continue à promouvoir, en même temps, les valeurs de la modernité, des Lumières, etc.

Par exemple, dans les manuels de philosophie destinés au lycée, on laisse encore une large place à Descartes, Hobbes, Hume, Rousseau, Voltaire, Kant et même parfois à Luther. Et un président proclamait récemment qu’il fallait défendre l’«esprit des Lumières». Or, son gouvernement a soutenu les idéologies du genre, qui sont aussi l’une des conséquences de l’effondrement de la recherche de la vérité dans la post-modernité. Il y a aussi un soutien au suicide assisté et à l’euthanasie alors que, selon Hobbes, les hommes construisent une société pour garantir leur sécurité, donc leur survie. Ces projets sont donc hautement antimodernes.

Dans les milieux réformés, beaucoup de nos frères séparés ont abandonné la «Sola Scriptura» pour soutenir les idéologies du genre, le «mariage pour tous», etc.(https://www.france24.com/fr/france/20210726-%C3%A0-montpellier-l-%C3%A9glise-protestante-c%C3%A9l%C3%A8bre-le-premier-mariage-de-pasteures-lesbiennes).

Si la modernité s’est effondrée, c’est notamment parce qu’elle comptait seulement sur la «Raison» et sur les sciences particulières pour donner des solutions aux problèmes humains. Tout cela est insuffisant. Il manquait la Foi, mais la foi en lien aussi avec le christianisme et le Magistère catholique, éclairé par le Saint Esprit.

La solution à l’effondrement de la Modernité n’est donc pas le renoncement à la raison, la post-modernité, mais le retour de la raison éclairée par la foi catholique. Et cette raison éclairée par la foi catholique est on ne peut mieux réalisée par la philosophie thomiste depuis des siècles. Dans le thomisme on tient compte de la loi naturelle, ce qui nous aidera à ne pas être séduits par les idéologies du genre, l’euthanasie, etc.

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Commission Alloncle : publication ou destruction ?

Charles Alloncle et la fin de la commission d’enquête parlementaire

Après près de six mois d’auditions et plus de 200 personnes interrogées, la commission d’enquête parlementaire présidée par Charles Alloncle s’est achevée le 8 avril. Mais son rapport sera-t-il voté ? L’enjeu est colossal : soit le rapport est publié, avec l’intégralité des vidéos des auditions, soit il est détruit, plongeant dans l’oubli des mois de travail et des témoignages clés. Une bataille qui se joue dans l’ombre des institutions et dans une virulence médiatique hors norme.

CNews dépassée par BFMTV : Le poids de l’actualité internationale et des lignes éditoriales

Phénomène que l’on sous-estime parfois, les guerres et le positionnement des médias sur ces sujets brûlants ont un impact direct sur les audiences. Et quand les oligarques médiatiques poussent leur rédaction à orienter le narratif vers l’un des camps… le public ne suit pas toujours !

Les pastilles de l’info :

– Trump est-il fou ? Les médias commencent à se poser la question
– Rima Hassan en garde à vue, drogue de synthèse, apologie du terrorisme : la méthode LFI
– Bagayoko invité sur M6 par Lapix : “Etes-vous un Obama français ?”
– Tensions internes, ça secoue chez Libération
– Ultia, la streameuse qui a cassé le CNC !
– Immigration en Inde et émigration en France…
– “Les rayons et les ombres” : le film à voir sur la collaboration

Portrait piquant : Daniel Kretinsky, le médiatique milliardaire tchèque

La toute petitesse, un chemin de sainteté !

Dans un monde marqué par l’orgueil, la quête de réussite et l’émancipation de toute transcendance, l’homme semble avoir peu à peu évacué Dieu de son jugement. Les guerres incessantes, les divisions profondes et la confusion morale en sont les fruits amers. Pourtant, la vérité demeure : nous ne pouvons marcher sans Dieu. Notre nature, faite de cendre, de poussière et de vapeur, nous incline souvent à agir selon notre seul égo, mais c’est précisément en reconnaissant notre petitesse que nous retrouvons notre juste place.

Car c’est dans l’humilité vécue au quotidien que l’homme peut véritablement marcher avec Dieu et accomplir Sa volonté. Dans cette perspective, la réédition de La toute petitesse apparaît comme une réponse précieuse pour notre temps. Ceux qui s’y plongeront y découvriront une voie de salut, un appel pressant à revenir à l’essentiel : vivre humblement sous le regard de Dieu.
Ce livre, joliment illustré, est avant tout un rappel brûlant de l’amour de Dieu pour les hommes. Un amour si grand que, par Sa justice même, le Seigneur nous fait comprendre combien nous en sommes indignes. Face à cette réalité, une seule attitude s’impose : le repentir, la conversion, la prière. Il nous faut revenir à Dieu de tout notre cœur, pour espérer retrouver la vocation qui fut la nôtre, celle de « fille aînée de l’Église ».

Ce livre propose ainsi un véritable chemin de sainteté, accessible à tous, mais exigeant : celui de la petitesse. Un chemin semblable à un flacon de parfum d’une valeur inestimable : si l’on l’ouvre avec précipitation, il s’échappe ; mais si l’on en prend soin, son parfum peut embaumer durablement l’âme. Il en va de même de ces pages, inspirées du Ciel : elles doivent être accueillies avec délicatesse, afin que leur fragrance de sainteté transforme intérieurement celui qui les lit et l’élève vers une vie plus parfaite.

Enfin, ce chemin trouve son modèle parfait en la Très Sainte Vierge Marie. Elle seule a été pleinement petite — toute petite, la plus petite — privilège unique de son Immaculée Conception. C’est précisément cette petitesse qui a attiré sur elle le regard du Très-Haut. À son école, ces pages nous invitent à apprendre l’humilité véritable, celle qui plaît à Dieu et ouvre le cœur à Sa grâce.

Commander le livre paru aux Editions Resiac : https://www.resiac.fr/livres-resiac/12104-la-toute-petitesse-ou-la-vie-in-ipsa-.html

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Soutenez l’abbaye de Donezan!

Les moines de l’abbaye de Donezan (fille de Fontgombault) nous informent que l’on peut désormais commander des fromages sur leur site internet. Un excellent moyen de soutenir cette jeune abbaye (dont les religieux vivent principalement de la vente de ces fromages). N’hésitez pas à commander – et à faire connaître leur boutique autour de vous.

Associer le nouveau lectionnaire et le Vetus ordo serait incohérent

Dom Pateau a été longuement interrogé par le blogue Silere non possum. Il revient notamment sur la proposition de Dom Kemlin :

[…] Comment ne pas accueillir avec gratitude, joie et reconnaissance des interventions qui cherchent à apaiser les tensions malheureusement accumulées pendant des décennies autour de l’autel et du sacrement de l’amour ? Le Saint-Père ne cache pas son inquiétude à ce sujet et nous invite à « un nouveau regard que chacun porte sur l’autre, avec une plus grande compréhension de sa sensibilité… un regard capable de permettre à des frères, enrichis par leur diversité, de s’accueillir mutuellement, dans la charité et dans l’unité de la foi ». Il implore la lumière de l’Esprit Saint afin que « des solutions concrètes soient trouvées, qui incluent généreusement ceux qui sont sincèrement attachés au Vetus Ordo », en ce qui concerne les orientations liturgiques souhaitées par le Concile Vatican II. » Le missel de 1965 est précisément la mise en œuvre des orientations souhaitées par le Concile Vatican II. Saint Paul VI l’a reconnu. Quant à la proposition de l’abbé Geoffroy Kemlin, elle permettrait aux prêtres utilisant le Novus Ordo de bénéficier de la richesse des signes et des gestes de l’ Ordo Missae de 1962 , tout en conservant les lectures et certaines prières du missel de 1969. Pour les communautés utilisant le Vetus Ordo, cependant, sa mise en œuvre serait difficile. Il n’y aurait plus de cohérence entre les lectures de la messe et celles de l’Office divin contenues dans le bréviaire et l’antiphonaire. À ce propos – et cela est peu connu – un lectionnaire a été élaboré en 1966, enrichissant celui du missel de 1962. Il conserve toutes les lectures existantes et, pour les jours de semaine où les lectures du dimanche étaient auparavant répétées, propose des lectures appropriées. Son utilisation était laissée à la discrétion de l’ordinaire du lieu. Il a été utilisé en France. Elle répond à la demande des Pères conciliaires d’enrichir le lectionnaire et permet de préserver la cohérence avec l’Office divin. En tout état de cause, la décision d’aborder la question de l’enrichissement des missels de manière pragmatique, quelle que soit la solution proposée, me semble très positive et la seule voie fructueuse à long terme. Elle permet d’éviter deux écueils : la rigidité et l’idéologie. La liturgie est, après tout, avant tout une pratique. […]

L’oppression des chrétiens en Algérie

Alors que l’Algérie s’apprête à accueillir pour la première fois un pape, le Centre européen pour le droit et la justice publie aujourd’hui un nouveau rapport qui jette une lumière crue sur la situation des chrétiens du pays.

Fermeture d’églises, poursuites judiciaires, discrimination institutionnelle: ces communautés font face à une véritable oppression d’un pouvoir qui souhaite leur disparition.

Les chrétiens subissent de plein fouet une politique qui impose une identité nationale unique arabe et musulmane. La diversité religieuse n’a pas sa place dans l’Algérie de Tebboune.

Il y a pourtant plus de 150 000 chrétiens en Algérie. Une grande majorité est protestante évangélique, avec une petite communauté catholique, composée essentiellement d’étrangers.

Ce nouveau rapport qui dénonce la politique d’oppression des chrétiens en Algérie s’appuie sur un travail d’enquête approfondi, fondé sur de nombreux entretiens menés avec des chrétiens algériens.

Voici l’entretien du mois avec les deux principaux auteurs du rapport, Thibault van den Bossche et Constance Avenel:

Crédit social : vers une dictature du bien ? – Jean-Frédéric Poisson

Référence : La Dictature du bien, Jean-Frédéric Poisson, Éditions du Verbe Haut, 2024.

Crédit social : vers une dictature du bien ? – Jean-Frédéric Poisson
L’entretien accordé par Jean-Frédéric Poisson mercredi 8 avril au média Le Verbe Haut à propos de son dernier ouvrage :

constitue une plongée rigoureuse dans les thèses de son dernier ouvrage. Il y dépeint une métamorphose radicale de la souveraineté, où la contrainte physique s’efface au profit d’une normalisation morale des comportements.

1. Le Paradoxe de la « Dictature du Bien »

L’argument central repose sur un paradoxe saisissant : le basculement vers un contrôle total ne s’opère pas par la force brute, mais sous le couvert de la vertu.
• Un pouvoir invisible et moral : Contrairement aux tyrannies classiques, ce pouvoir est diffus. Il ne s’exprime plus par l’interdiction, mais par l’injonction morale. On n’obéit plus par crainte du châtiment, mais par peur de l’exclusion sociale et du jugement de « déviance » civique.
• Le crédit social comme outil : Poisson utilise l’exemple du modèle chinois pour illustrer comment des mécanismes de notation citoyenne s’installent progressivement. En parant la surveillance des atours de la sécurité, de la santé ou de l’écologie, le système désarme toute velléité de résistance.

2. La « Démocrature » ou l’évidement de la politique

L’analyse met en lumière la transition vers une « démocrature », où les formes démocratiques subsistent alors que le fond s’évapore :
• Le règne de la norme : On assiste à une substitution de la Politique (le débat sur le bien commun) par la Police (la gestion administrative des comportements).
• L’identité numérique et monétaire : À travers l’identité numérique et les monnaies programmables, le citoyen devient un usager dont les droits d’accès à la vie sociale sont conditionnés par son « score » de bonne conduite.

3. Une rupture anthropologique et philosophique

Jean-Frédéric Poisson remonte à la généalogie des idées pour expliquer ce basculement. Il identifie les ruptures doctrinales qui ont permis d’ériger la transparence en dogme et la gestion technique en idéal de gouvernement.
• L’étouffement du libre-arbitre : Si l’individu n’agit que pour obtenir une récompense ou éviter une pénalité algorithmique, l’acte moral disparaît. C’est la fin de la responsabilité individuelle et du secret de la conscience.
• La pensée comme résistance : Face à cette attention « animale » et utilitariste imposée par la surveillance de masse, l’auteur appelle à retrouver le sens du loisir intellectuel et de la liberté intérieure.

Conclusion : Préserver l’humain

Jean-Frédéric Poisson souligne ici l’urgence d’une prise de conscience. La Dictature du bien n’est pas seulement un cri d’alarme sur une dérive technologique, c’est une autopsie de la mutation de nos démocraties modernes. La réponse à ce pouvoir redoutablement efficace ne peut être que philosophique : il s’agit de réaffirmer la dignité de l’homme contre sa réduction à une simple donnée statistique ou comportementale.

La dictature du bien

 

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Agir pour la famille au niveau local : l’exemple d’Asnières-sur-Seine

Le Figaro relaie la politique familiale déployée par la municipalité d’Asnières-sur-Seine, visant à renforcer la stabilité des couples, ce qui montre qu’il est possible d’agir au niveau local en faveur de la famille, malgré la politique anti-familiale du gouvernement :

Cette ville déploie depuis une dizaine d’années tout une panoplie de mesures pour « redonner une place politique à la famille ».

 

 

L’Allemagne se prépare-t-elle à une mobilisation ?

Depuis début 2026, l’Allemagne a introduit une mesure inédite concernant les séjours prolongés hors de son territoire. Les hommes âgés de 17 à 45 ans doivent désormais obtenir une autorisation préalable de l’armée pour quitter le pays plus de trois mois. Cette disposition, issue d’une réforme du service militaire, suscite de nombreuses interrogations et débats.

Cette obligation concerne aussi bien les départs initiaux que les prolongations de séjour. La mesure ne se limite pas aux situations exceptionnelles, mais vise des cas courants, comme les études à l’étranger, les stages longs ou encore les années de césure.

Les autorités n’ont pas encore précisé les conséquences en cas de non-respect de cette obligation.

« Pour moi, il est impossible d’être une fidèle disciple de Jésus-Christ tout en restant membre du Parti démocrate tel qu’il existe aujourd’hui »

La représentante démocrate de l’État du Michigan, Karen Whitsett, démissionne de ses fonctions politiques et du Parti démocrate, déclarant publiquement qu’elle ne pouvait plus concilier les valeurs et les priorités démocrates avec sa foi chrétienne.

« Je ne briguerai pas un nouveau mandat et je ne me présenterai plus jamais à aucune élection. Il ne s’agit pas d’un calcul politique, mais d’une décision spirituelle ». « Je n’ai pas de conception du paradis ou de l’enfer. Seul Dieu en a une. Mais je peux m’appuyer sur la Parole inébranlable de Dieu et je ne peux plus la compromettre pour servir un programme politique ou plaire à qui que ce soit. »

Elle a notamment cité les positions favorables du parti à « l’avortement, à la normalisation du mode de vie homosexuel et à la volonté de redéfinir le genre » comme étant incompatibles avec la morale biblique.

« Je comprends que ces sujets soient très personnels pour de nombreuses familles, car votre fils, votre fille, votre cousin, votre tante ou votre oncle pourrait être concerné. Mais la proximité personnelle ne change rien à la définition du bien et du mal selon Dieu. Aimer son prochain n’implique pas d’approuver le péché, et la compassion ne nous autorise pas à réécrire les Écritures ». « On dit que la criminalité entre Noirs n’existe pas, mais à mon sens, l’avortement en est un exemple flagrant. On s’étonne qu’il n’y ait pas d’hommes bien – trop d’enfants ont été avortés, et nous avons brisé la virilité de beaucoup d’hommes qui sont encore parmi nous. On ne peut pas détruire la vie et s’étonner ensuite que nos familles et nos quartiers en subissent les conséquences. »

« Pour moi, il est impossible d’être une fidèle disciple de Jésus-Christ tout en restant membre du Parti démocrate tel qu’il existe aujourd’hui. Je ne peux concilier cette position avec les Écritures ».

Whitsett a attribué son réveil spirituel au fait que Dieu lui avait « donné le temps de se repentir, de se convertir et de se consacrer pleinement à Lui » plutôt que de « l’abandonner » ; et aux paroles du représentant républicain de l’État, Bradley Slagh : « Vous devez voter pour votre circonscription, mais vous ne devez pas vendre votre âme. » Whitsett a conclu qu’elle avait « trop longtemps compromis sa relation avec Jésus ».

« Je ne prétendrai pas que la Parole de Dieu puisse être déformée par n’importe quel prêtre, évêque, pasteur ou prédicateur pour que les gens se sentent à l’aise dans le péché – que ce soit pour maintenir les dons, éviter d’offenser qui que ce soit ou se conformer à la culture ambiante ». « Ce n’est pas parce que des personnalités importantes ne s’élèvent pas contre ces pratiques que Dieu les approuve. Dieu est immuable. Ma foi est inébranlable. Mon allégeance va à Jésus-Christ, et je choisis la volonté de Dieu plutôt que l’approbation des hommes. »

Au niveau national, le Parti démocrate soutient systématiquement l’avortement pendant toute la durée de la grossesse, aux frais du contribuable, et les démocrates du Congrès ont même voté à maintes reprises contre la loi de protection des nouveau-nés vivants issus d’avortements, qui imposerait des soins médicaux de base pour ces enfants, assortis de sanctions actuellement inexistantes dans la législation en vigueur.

Le parti a également embrassé sans réserve l’ensemble de l’idéologie LGBT, y compris le soutien aux transitions de genre chirurgicales et chimiques pour les mineurs en questionnement sur leur identité de genre, ainsi qu’au « mariage » et à l’adoption homosexuels. 

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