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Mensonge législatif manifeste : pouvoir attaquer une loi qui ment (2/3)

Une démocratie admet déjà quʼune loi peut être mauvaise, injuste, disproportionnée ou contraire à la Constitution. En revanche, elle admet rarement quʼune loi puisse être contestée pour une raison plus simple et plus brutale : parce quʼelle ment. Or cʼest pourtant lʼun des mécanismes les plus décisifs de la servitude mémorielle. Une loi ne se contente pas dʼordonner ou dʼinterdire ; elle raconte parfois le passé, qualifie des faits, désigne des responsabilités, fixe des catégories morales et politiques qui deviennent ensuite des instruments dʼautorité contre ceux qui les contestent.

Quand une loi sʼappuie sur des prémisses factuelles fausses, truquées ou gravement trompeuses, il ne suffit pas de dire quʼelle est politiquement discutable. Il faut pouvoir lʼattaquer pour ce quʼelle est : un écrit normatif fondé sur une altération de la vérité. Cʼest ce que jʼappelle le mensonge législatif manifeste.

Ce second outil prolonge le habeas veritas. Le premier protège celui qui dit vrai devant le juge ; le second protège le droit lui-même contre les lois qui organisent dans leur texte ou dans leurs motifs un récit mensonger.

Le problème : des lois qui racontent le réel sans contrôle de vérité

Le débat public traite souvent la loi comme un pur dispositif normatif. Pourtant, de nombreuses lois comportent aussi des affirmations factuelles : elles décrivent des événements, reprennent des chiffres, retiennent une qualification historique, supposent une chaîne de causalité, identifient des groupes ou des institutions comme responsables dʼune situation donnée. Dans le cas des lois mémorielles, cette dimension est particulièrement visible, puisque le législateur intervient directement dans lʼécriture officielle du passé.

Le problème nʼest pas que le Parlement parle du passé. Le problème est quʼil peut le faire sans véritable procédure de vérification équivalente à celle quʼexigerait un procès lorsquʼil sʼagit pourtant de faits lourds de conséquences symboliques et juridiques. Une majorité vote, une formule est adoptée, et cette formule acquiert presque immédiatement un prestige de vérité publique simplement parce quʼelle est passée dans la loi.

Une fois cette étape franchie, le récit législatif produit des effets en cascade. Il oriente lʼenseignement, inspire les politiques de mémoire, sert dʼargument dans les controverses publiques et peut même alimenter des contentieux visant ceux qui remettent en cause la qualification retenue. La loi devient alors non seulement une norme, mais un levier de clôture du débat.

Ce quʼest un mensonge législatif manifeste

Il ne sʼagit pas ici de transformer toute erreur parlementaire en fraude. Une loi peut être discutable sans mentir. Une majorité peut interpréter des faits dʼune certaine manière sans quʼil y ait falsification. Le mensonge législatif manifeste vise un cas plus précis : celui où un texte normatif repose sur des affirmations factuelles identifiables qui sont fausses, gravement trompeuses, sciemment tronquées, ou incompatibles avec lʼétat sérieux des connaissances au moment où la loi est adoptée.

La distinction est essentielle. Le contrôle proposé ne porterait pas sur lʼopportunité politique dʼune loi, ni même sur lʼensemble de sa philosophie. Il porterait sur ses prémisses factuelles. Une démocratie peut choisir des finalités différentes ; elle ne devrait pas avoir le droit dʼhabiller ces finalités avec des contrevérités.

Autrement dit, la question ne serait pas : « Cette loi est-elle de gauche, de droite, morale, immorale, utile ou inutile ? » La question serait : « Les faits sur lesquels elle sʼappuie ont-ils été présentés avec une fidélité minimale au réel, ou bien ont-ils été manipulés pour produire un effet législatif ? »

Pourquoi le droit actuel ne suffit pas

Le droit français permet déjà de contester une loi sur le terrain constitutionnel, notamment par la question prioritaire de constitutionnalité, lorsquʼelle porte atteinte à un droit ou une liberté garantis par la Constitution. Mais cette voie ne répond que partiellement au problème. Elle contrôle la compatibilité normative dʼun texte avec les droits fondamentaux ; elle ne crée pas un recours autonome centré sur la vérité ou la fausseté des faits invoqués par le législateur.

Autrement dit, une loi peut reposer sur un récit tronqué ou mensonger et demeurer difficile à attaquer tant quʼelle ne viole pas explicitement un droit constitutionnel identifiable. La question de vérité est alors absorbée, contournée ou laissée à la marge.

Cʼest précisément cette lacune quʼexploite la servitude mémorielle. Si le législateur peut faire entrer un récit dans le droit sans avoir à répondre dʼun éventuel mensonge de fait, alors ce récit profite dʼun avantage décisif sur toutes les analyses concurrentes. Il nʼa plus seulement pour lui la force persuasive dʼun discours ; il a la force dʼinertie de lʼinstitution.

La procédure proposée

Une procédure de mensonge législatif manifeste devrait être simple dans son principe, mais exigeante dans son déclenchement.

1. La saisine

Le recours pourrait être ouvert à tout citoyen directement affecté, à des groupes de citoyens, à des associations, à des universités, à des sociétés savantes, voire à des parlementaires minoritaires qui considèrent quʼun texte a été adopté sur une base factuelle falsifiée. Le requérant devrait désigner avec précision les énoncés contestés : une date, un chiffre, une qualification, une attribution de responsabilité, une causalité présentée comme certaine.

2. Le filtre de recevabilité

Afin dʼéviter les recours purement idéologiques, une formation de filtrage devrait vérifier que la contestation porte bien sur des éléments objectivables et non sur un simple désaccord dʼopinion. Le recours ne serait recevable que sʼil présente un grief sérieux de falsification, de dissimulation déterminante ou dʼincompatibilité grave avec lʼétat des connaissances disponibles au moment du vote.

3. Lʼinstruction contradictoire

Si le recours est jugé recevable, la juridiction ouvre une instruction : consultation dʼarchives, expertises, auditions de chercheurs, confrontation des sources, et, lorsque cʼest pertinent, vérifications directes selon des méthodes déjà connues du droit de la preuve et des vérifications personnelles du juge. Le point essentiel est que la loi cesse dʼêtre intouchable sur le terrain des faits. Elle devient, elle aussi, un objet justiciable de vérité.

4. La décision

Au terme de cette instruction, la juridiction pourrait conclure à quatre issues distinctes.

  • Les prémisses factuelles sont suffisamment solides : la loi est maintenue.
  • Les prémisses sont incomplètes ou trompeuses, mais sans falsification décisive : une correction ou une réserve dʼinterprétation est demandée.
  • Les prémisses sont gravement erronées au point dʼaltérer le sens du texte : la disposition fondée sur elles est suspendue ou déclarée inapplicable jusquʼà révision.
  • Les prémisses révèlent une altération frauduleuse de la vérité dans un écrit normatif : le dossier peut être transmis au parquet sur le fondement des règles relatives au faux, dès lors que les éléments matériels et intentionnels sont réunis.

Ce que cela changerait dans le rapport entre loi et vérité

Une telle procédure modifierait profondément la culture politique. Aujourdʼhui, le législateur bénéficie souvent dʼune forme dʼimmunité narrative : ce quʼil dit du passé ou du réel acquiert une force publique par le seul fait dʼêtre voté. Demain, avec un recours en mensonge législatif manifeste, il devrait assumer la même exigence élémentaire que nʼimporte quel plaideur : ne pas construire un raisonnement juridique sur des faits faux.

Cette réforme créerait aussi un puissant effet de dissuasion. Savoir quʼune loi peut être contestée pour ses prémisses factuelles obligerait les rapporteurs, les cabinets ministériels, les administrations et les groupes de pression à documenter sérieusement ce quʼils affirment. Le débat public gagnerait en densité probatoire et perdrait une part de son arbitraire commémoratif.

Enfin, cette procédure inverserait une dynamique centrale de la servitude mémorielle. Aujourdʼhui, ceux qui contestent un récit officialisé supportent lʼessentiel de la charge : ils apparaissent comme des perturbateurs face à un texte investi de sacralité républicaine. Avec le contrôle du mensonge législatif manifeste, cʼest la loi elle-même qui devrait répondre à la question décisive : dit-elle vrai ?

Pourquoi cela ne reviendrait pas à donner un pouvoir illimité aux juges

Lʼobjection la plus prévisible est immédiate : un tel recours ferait des juges les arbitres ultimes de lʼhistoire. Cette critique mérite dʼêtre prise au sérieux, mais elle confond deux plans. Il ne sʼagirait pas de demander au juge de produire un récit historique exhaustif ni de clore les controverses savantes. Il sʼagirait de lui demander quelque chose de plus limité : vérifier si le législateur a fondé une norme sur des assertions factuelles suffisamment fidèles au réel pour justifier quʼelles entrent dans le droit.

Les juridictions accomplissent déjà des tâches voisines lorsquʼelles examinent des expertises scientifiques, ordonnent des mesures dʼinstruction ou apprécient la sincérité dʼéléments probatoires complexes. Lʼidée nʼest donc pas dʼintroduire un pouvoir métaphysique du juge sur la vérité, mais dʼassumer quʼaucune norme ne devrait bénéficier dʼune immunité totale lorsquʼelle repose sur des faits précis et contestables.

En outre, le recours pourrait être encadré de façon stricte. Il ne viserait pas les désaccords honnêtes entre interprétations plausibles, mais les cas où lʼécart entre le texte et le réel devient trop important pour demeurer politiquement et juridiquement tolérable.

Un principe simple : la loi ne doit pas avoir le droit de mentir

Dans un État de droit digne de ce nom, la vérité ne doit pas être un luxe laissé à la discrétion du Parlement. La loi jouit dʼune puissance symbolique et coercitive telle quʼelle devrait être soumise à une exigence supérieure de fidélité aux faits lorsquʼelle prétend décrire le passé, les responsabilités ou la réalité sociale.

Le mensonge législatif manifeste ne résoudrait pas à lui seul toutes les dérives mémorielles. Il ne supprimerait ni les intérêts communautaires, ni la concurrence des victimes, ni la tentation permanente du politique de gouverner aussi par le récit. Mais il retirerait à ces stratégies un privilège essentiel : la possibilité dʼutiliser la loi comme refuge contre lʼépreuve du vrai.

Cʼest pourquoi cette réforme est nécessaire. Une démocratie libre doit certes permettre au Parlement de débattre du passé. Mais elle ne doit jamais lui reconnaître un droit implicite à mentir sur lui.

Dans la suite de la série

Le habeas veritas protège la personne poursuivie lorsquʼelle dit vrai ou cherche sérieusement à établir la vérité. Le recours en mensonge législatif manifeste protège le droit contre les textes qui travestissent le réel.

Reste pourtant un troisième problème. Même si lʼon protège mieux la parole et si lʼon contrôle mieux les lois, il demeure tout un stock de récits déjà installés dans les programmes scolaires, les institutions mémorielles, les commémorations et les politiques publiques. Cʼest à ce niveau quʼintervient la troisième proposition : la chambre de révision de la mémoire, conçue pour rouvrir les dossiers que lʼÉtat a figés trop vite et rendre enfin révisable une mémoire officielle qui se croit trop souvent irrévocable.

Jean-Baptise Perrier

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Habeas veritas : arrêter de punir ceux qui disent vrai (1/3)

Sortir de la servitude mémorielle

On parle beaucoup de devoir de mémoire, et beaucoup moins de droit à la vérité. Pourtant, dès lors que la mémoire devient un instrument législatif et judiciaire, la question décisive nʼest plus seulement de savoir ce quʼil faut commémorer, mais ce quʼil reste possible de dire, de discuter et de vérifier publiquement.

La servitude mémorielle commence quand la mémoire cesse dʼêtre un champ de recherche, de controverse et de délibération, pour devenir un territoire surveillé par des lois, des groupes de pression et des contentieux destinés à rendre certains récits intouchables. Dans un tel régime, la vérité nʼest plus ce quʼon cherche ; elle devient ce quʼil est prudent de ne pas contester.

Cette série propose trois outils pour sortir de cette logique. Le premier protège celui qui parle ou cherche à parler vrai ; le deuxième permet dʼattaquer les lois qui sʼappuient sur des prémisses factuelles mensongères ; le troisième vise à corriger, dans la durée, les erreurs et manipulations déjà installées dans la mémoire officielle.

Le premier outil est le plus élémentaire. Il consiste à poser un principe simple : on ne doit pas pouvoir punir quelquʼun pour avoir dit vrai, ou pour avoir tenté sérieusement dʼétablir la vérité dʼun fait historique ou politique.

Habeas veritas : arrêter de punir ceux qui disent vrai

Il y a quelque chose de profondément déréglé dans un ordre juridique qui prétend protéger la mémoire, mais qui en vient à menacer ceux qui décrivent les faits de manière argumentée. Lorsquʼune société permet que des analyses historiques ou politiques soient poursuivies comme des formes de haine, non parce quʼelles appellent à la violence mais parce quʼelles dérangent un récit installé, elle ne protège plus la dignité ; elle organise lʼintimidation intellectuelle.

Les lois mémorielles ont été défendues comme des instruments de reconnaissance et de protection, tandis que les dispositifs réprimant les discours de haine ont été conçus pour lutter contre la déshumanisation et lʼincitation à la violence. Mais de nombreux travaux montrent que, dans les controverses françaises sur les lois mémorielles, la frontière entre protection légitime des personnes et normalisation politique des récits est devenue de plus en plus incertaine.

Cʼest dans cet espace dʼincertitude que prospère la servitude mémorielle. Une phrase, une mise en contexte, une comparaison historique, une interrogation sur une responsabilité, un désaccord sur une qualification peuvent être traités moins comme des propositions à discuter que comme des fautes à poursuivre. Le procès devient alors non pas le lieu où lʼon vérifie dʼabord les faits, mais lʼinstrument qui permet dʼépuiser, dʼintimider et de disqualifier celui qui parle.

Quand la mémoire sert à faire taire

Le problème ne réside pas dans lʼexistence dʼun cadre juridique contre la haine. Une société libre a le droit, et même le devoir, de sanctionner les appels explicites à la violence, les injures dirigées contre des personnes en raison de leur appartenance, ou les entreprises de déshumanisation. Le problème apparaît lorsque des outils pensés pour ces cas sont utilisés pour poursuivre des analyses portant sur des faits, des archives, des politiques ou des responsabilités historiques.

À partir de là, la logique se renverse. Celui qui avance un fait dérangeant nʼest plus dʼabord invité à en produire la preuve ; il est sommé de démontrer quʼil nʼest pas animé dʼune intention coupable. Le terrain de la discussion se déplace de la vérité vers la suspicion morale.

Cette translation a des effets puissants. Même lorsquʼune plainte nʼaboutit pas, elle produit un coût : temps, argent, réputation, risque professionnel, épuisement psychologique. Les débats sur les lois mémorielles ont montré que lʼeffet principal du dispositif nʼest pas toujours la condamnation, mais lʼautocensure préventive quʼil suscite chez ceux qui comprennent quʼun sujet peut devenir judiciairement toxique.

Définir le habeas veritas

Le droit moderne connaît bien lʼidée quʼaucune privation de liberté ne doit intervenir sans garanties. Le habeas veritas appliquerait un raisonnement analogue au domaine de la parole et de la recherche : aucune sanction fondée sur un propos historique ou politique ne devrait intervenir avant quʼun examen sérieux de sa vérité factuelle nʼait eu lieu.

Le principe est simple : lorsquʼune personne est poursuivie pour un propos portant sur des faits historiques, sociaux ou politiques, elle doit pouvoir demander lʼouverture dʼune procédure spécifique de vérification de vérité. Le juge devrait alors examiner dʼabord la réalité des faits allégués, leur plausibilité, leur appui documentaire, lʼexistence éventuelle de controverses savantes sérieuses, avant de se prononcer sur une qualification telle que provocation à la haine ou diffamation.

Ce mécanisme ne créerait pas un privilège pour les polémistes. Il rétablirait lʼordre normal des choses. Avant de décider quʼune parole est illicite parce quʼelle offense ou inquiète, encore fautil savoir si elle décrit le réel, si elle sʼinscrit dans un effort de connaissance, ou si elle invente effectivement des faits dans une intention de nuire.

Comment la procédure fonctionnerait

Une procédure de habeas veritas pourrait reposer sur quatre étapes simples.

  • Dʼabord, le prévenu invoque son droit à la vérification de vérité dès lors que ses propos portent sur des faits identifiables et discutables par la preuve.
  • Ensuite, la juridiction ouvre une phase préalable dʼinstruction factuelle, avec consultation dʼarchives, auditions de chercheurs, expertises indépendantes et, lorsque cʼest utile, vérifications personnelles du juge telles que le Code de procédure civile les autorise déjà.
  • Puis le tribunal établit si les faits avancés sont faux, indémontrables, raisonnablement plausibles, ou confirmés de manière solide par les sources disponibles.
  • Enfin, ce nʼest quʼaprès cette étape que le juge examine la forme du propos : y a-t-il injure, appel à la violence, désignation de personnes à lʼhostilité, ou simple énoncé critique de faits ?

Lʼinnovation décisive tient à lʼordre de traitement. Dans le régime actuel, la procédure tend souvent à commencer par lʼoffense ressentie et à reléguer la vérité au second plan. Le habeas veritas impose lʼordre inverse : dʼabord la vérité des faits, ensuite seulement lʼexamen de la qualification pénale éventuelle.

Ce que cela changerait réellement

Le premier effet serait de distinguer clairement la description dʼun fait de lʼagression contre une personne. Décrire une politique, rappeler une responsabilité historique, citer une archive ou une statistique nʼéquivaut pas, en soi, à haïr qui que ce soit. Si les faits sont établis ou sérieusement soutenables, ils ne devraient plus pouvoir être assimilés automatiquement à une incitation à la haine simplement parce quʼils contredisent un récit protégé.

Le deuxième effet serait de réduire la capacité dʼintimidation procédurale. Une association ou un groupe qui voudrait instrumentaliser la justice pour imposer son narratif devrait accepter une vérification contradictoire des faits quʼil conteste. Autrement dit, porter plainte reviendrait aussi à prendre le risque dʼexposer publiquement la faiblesse documentaire de son propre récit.

Le troisième effet serait culturel. Une société qui institue un habeas veritas envoie un message clair : la vérité factuelle nʼest pas un détail toléré à la marge des procès mémoriels, elle est le point de départ obligatoire. Cela ne supprime ni le désaccord ni la conflictualité, mais cela oblige à déplacer le conflit vers le terrain de la preuve plutôt que vers celui de la disqualification morale.

Ce que le habeas veritas ne permet pas

Une telle garantie ne constituerait pas un permis dʼinjurier, ni un blanc-seing pour les appels à la violence. Le droit pourrait continuer à sanctionner lʼinjure directe, la menace, la désignation dʼun groupe comme cible de violences, ou la déshumanisation explicite. Le habeas veritas ne protégerait pas la brutalité verbale en tant que telle ; il protégerait la part cognitive du discours, cʼest-à-dire le fait de décrire, dʼanalyser, de documenter et de discuter le réel.

Cette précision est essentielle, car elle évite la confusion la plus fréquente. Beaucoup imaginent que défendre la vérité contre la servitude mémorielle reviendrait à supprimer toute limite au discours public. Cʼest lʼinverse : il sʼagit de rétablir une limite cohérente, en cessant de punir des énoncés factuels ou analytiques sous prétexte quʼils produisent un choc moral, tout en maintenant lʼinterdit sur la violence verbale et lʼappel à la persécution.

Pourquoi cʼest la première brique

Le habeas veritas est la première brique dʼune réforme plus large parce quʼil agit au niveau le plus concret : celui de la personne poursuivie. Avant même de modifier les lois mémorielles ou de corriger les récits officiels, il faut empêcher que la justice serve à punir celui qui tente de dire vrai.

Sans cette garantie minimale, toute discussion sur la liberté pour lʼhistoire reste abstraite. Une société peut proclamer lʼimportance du débat intellectuel ; si, dans la pratique, une phrase documentée peut déclencher un contentieux ruineux, la vérité restera subordonnée à la peur.

Instituer un habeas veritas, cʼest donc remettre les choses dans le bon ordre. On ne commence pas par protéger les récits, on commence par vérifier les faits. On ne commence pas par sanctionner lʼécart au narratif dominant, on commence par demander si ce qui est dit est faux. Et si cela ne lʼest pas, ou si cela relève dʼune recherche sérieuse, alors la démocratie doit supporter cette vérité au lieu de la judiciariser.

Dans la suite de la série

Protéger celui qui dit vrai ne suffit pas si les lois elles-mêmes peuvent continuer à reposer sur des prémisses mensongères. La deuxième étape consiste donc à imaginer une procédure de « mensonge législatif manifeste » : un recours spécifique pour attaquer une loi lorsquʼelle sʼappuie sur des affirmations factuelles fausses ou gravement trompeuses.

La troisième étape ira plus loin encore. Même en protégeant la parole et en contrôlant mieux les lois, il restera tout un stock de récits déjà installés dans les manuels, les politiques publiques et les institutions mémorielles. Cʼest pour cela quʼune chambre de révision de la mémoire devient nécessaire : non pour imposer une vérité dʼÉtat supplémentaire, mais pour rendre enfin révisable une mémoire officielle qui ne lʼest presque jamais.

Jean-Baptise Perrier

Il squatte sa maison pour la récupérer

À Bergerac, un propriétaire a dû recourir à une méthode radicale pour reprendre possession de sa maison, occupée illégalement par ses anciens locataires après la fin de leur bail.

Le propriétaire prévient ses locataires six mois avant l’échéance du bail, soit le double du délai légal de trois mois. Malgré cette précaution, une semaine avant la fin du préavis, les occupants lui annoncent qu’ils n’ont pas l’intention de quitter les lieux.

Le propriétaire s’installe alors dans sa maison, aux côtés des locataires récalcitrants.

Les forces de l’ordre lui signifient qu’il ne peut légalement partager le logement avec les occupants en place.

Délogé de sa propre maison, le propriétaire installe alors une caravane devant le portail, qu’il raccorde à l’eau et à l’électricité du garage. Il y restera une dizaine de jours.

Il découvre une anomalie financière : le compteur d’eau du logement avait été rouvert à son nom pendant deux ans, lui occasionnant une facture de 2 038 euros. Face à cette découverte, il décide de couper l’arrivée d’eau juste après le compteur. En représailles, les locataires lui coupent l’électricité de sa caravane.

Il réagit en contactant son fournisseur d’énergie pour réduire la puissance électrique du logement au minimum, rendant l’usage simultané d’un réfrigérateur et d’un lave-linge impossible sans faire disjoncter l’installation. Quelques jours plus tard, les locataires annoncent leur départ.

Matignon, le suicide assisté et les suicides

Peu de temps après avoir fait voter la légalisation du suicide assisté, on apprend que deux suicides et deux tentatives ont eu lieu en quelques mois dans les services de Matignon. Une enquête préliminaire a été ouverte, et un audit sera lancé.

Les conditions de travail au sein des services du Premier ministre sont-elles en lien avec la série de tentatives de suicide survenues ces derniers mois parmi les agents rattachés à Matignon ?

Deux fonctionnaires ont mis fin à leurs jours en mars dernier et deux autres ont tenté de se suicider en 2025.

L’une des victimes a été hospitalisée en avril après avoir tenté de se jeter sur les voies de la gare la plus proche de chez elle. Elle travaillait depuis 2022 au service de la correspondance du Premier ministre et son avocate dénonce de nombreuses humiliations et une mise à l’écart ayant conduit à cet état de détresse. Des signalements ont été effectués mais la seule proposition qu’elle aurait reçue était de quitter son poste.

Les témoignages recueillis mettent en cause un « système » qui met en tension la majorité des services. Ils évoquent d’abord la grande instabilité gouvernementale – quatre Premiers ministres se sont succédé depuis janvier 2024 – qui donne lieu à une modification permanente de l’organisation et des pratiques des services rattachés au Premier ministre.

Face au “devoir de mémoire”, un droit à la vérité

Voici l’introduction d’une série de 3 articles envoyés par un lecteur, Jean-Baptise Perrier, consacrés à la liberté d’expression, au devoir de vérité versus le devoir de mémoire judiciarisé.

On répète partout qu’il faut un « devoir de mémoire ». On répète beaucoup moins qu’il faudrait aussi un droit à la vérité.

Depuis trente ans, les États ont multiplié les lois mémorielles, les journées commémoratives, les fondations, les mémoriaux, les programmes scolaires qui prétendent dire ce qu’il faut retenir du passé. Officiellement, il s’agit de reconnaître des crimes, de protéger des victimes, de prévenir la haine.

Mais, dans la pratique, un autre système s’est installé : des récits officiels se verrouillent, des groupes de pression s’approprient certains épisodes historiques, des tribunaux se retrouvent mobilisés pour sanctionner des analyses ou des questionnements, et la frontière entre la lutte contre la haine et la censure d’une critique devient de plus en plus floue.

C’est ce que j’appelle la servitude mémorielle : un régime où la mémoire n’est plus un terrain de recherche, de débat et de contradiction, mais un champ placé sous la surveillance de lois, d’associations et de juges qui prétendent dire ce qu’il est légitime de penser et de dire sur le passé.

Dans ce contexte, la question centrale n’est plus : « De quoi faut-il se souvenir ? » Elle devient : « Qui décide de ce qui est vrai, et par quels moyens ? »

Une trilogie pour changer l’architecture du problème

Cette série de trois articles ne propose pas « un autre récit », ni un nouveau catéchisme national. Elle propose quelque chose de plus radical et de plus modeste à la fois : changer l’architecture juridique et institutionnelle qui permet à la servitude mémorielle de prospérer.

Plutôt que d’ajouter une loi mémorielle de plus, l’idée est de créer trois outils transversaux, qui reposent tous sur une intuition simple :

une démocratie digne de ce nom ne devrait jamais punir la vérité, ni protéger le mensonge, ni figer ses récits officiels au‑delà de toute révision.

Les trois articles développent chacun un de ces outils.

1. Habeas veritas : ne pas punir ceux qui disent vrai

Le premier texte introduit le habeas veritas : un principe procédural qui exige qu’avant de condamner une parole pour « haine » ou « diffamation » lorsqu’elle porte sur des faits historiques ou politiques, la justice vérifie d’abord sérieusement la vérité ou la plausibilité de ces faits.

  • Si ce qui est dit est vrai, ou raisonnablement démontrable, cela ne peut plus, en soi, être assimilé à de la haine.
  • La sanction reste possible pour l’injure ou l’appel à la violence, mais plus pour la simple description du réel.

Autrement dit : on ne devrait pas pouvoir punir quelqu’un pour avoir décrit le réel, même s’il dérange un narratif officiel.

2. Mensonge législatif manifeste : attaquer une loi qui ment

Le deuxième texte propose un recours spécifique : la procédure de mensonge législatif manifeste.

Actuellement, on peut contester une loi parce qu’elle viole un droit fondamental. On ne peut quasiment jamais la contester parce qu’elle repose sur des prémisses factuelles fausses (événements, chiffres, responsabilités, qualifications historiques).

La procédure de mensonge législatif manifeste permettrait :

  • d’identifier les passages où une loi affirme des faits précis ;
  • d’en vérifier la vérité par expertise et instruction contradictoire ;
  • et, en cas de falsification grave, d’imposer une correction, une suspension ou une abrogation partielle.

L’idée est simple : une loi ne devrait pas avoir le droit de mentir sur le réel.

3. Chambre de révision de la mémoire : corriger les mensonges installés

Le troisième texte élargit encore le champ en proposant une chambre de révision de la mémoire.

Même si l’on protège mieux la parole et que l’on contrôle mieux les lois, il reste tout ce qui est déjà installé : manuels, commémorations, musées, fondations, discours officiels. Ce « stock » de mémoire institutionnelle peut contenir des erreurs graves, des omissions massives, des narrations biaisées qui n’ont jamais été réexaminées.

La chambre de révision de la mémoire serait une instance mixte (historiens, magistrats, citoyens tirés au sort) chargée de :

  • rouvrir ces récits officialisés lorsqu’ils sont contestés sur le terrain des faits ;
  • instruire les dossiers à partir des travaux historiques, des archives, des preuves ;
  • et recommander des corrections publiques.

L’objectif n’est pas de produire une vérité d’État supplémentaire, mais de rendre la mémoire officielle révisable au lieu de la considérer comme intangible.

Un programme minimal pour une liberté maximale

Pris ensemble, ces trois outils ne forment pas une utopie abstraite. Ils dessinent un programme minimal :

  • que la justice ne puisse plus punir la vérité au nom de la mémoire ;
  • que la loi ne puisse plus s’appuyer tranquillement sur des mensonges ;
  • que la mémoire officielle ne puisse plus se soustraire à la possibilité de révision.

Ce programme n’impose aucun récit particulier. Il n’en protège aucun non plus. Il se contente d’installer une exigence : la vérité, la critique et la révision doivent rester possibles, y compris contre les narratifs les plus solennels.

Dans une époque où le mot « mémoire » sert souvent à fermer des discussions, cette trilogie cherche à rouvrir ce qui compte vraiment : la possibilité de vérifier, de contester et de corriger. Non pas pour le plaisir de contredire, mais parce qu’une communauté politique ne peut pas durer en paix sur des récits qu’elle interdit de questionner.

Les trois articles peuvent se lire séparément, mais ils sont conçus comme un ensemble :

  • Article 1 – Habeas veritas : arrêter de punir ceux qui disent vrai
  • Article 2 – Mensonge législatif manifeste : pouvoir attaquer une loi qui ment
  • Article 3 – Chambre de révision de la mémoire : corriger les mensonges installés

À partir de là, le débat reste ouvert : ces outils sont des propositions, pas des dogmes. Leur fonction est de déplacer la discussion sur le terrain qui a été abandonné trop longtemps : comment rendre la vérité à la fois possible et protégée dans un paysage saturé de lois mémorielles, de rentes victimaire et de récits officiels.

L’AGRIF poursuit LFI pour propos anti-chrétiens

Communiqué de l’AGRIF :

Du jeudi 21 août 2025 au dimanche 24 août 2025, se déroulaient à CHÂTEAUNEUF-SUR-ISÈRE, sous le nom d’« AMFIS 2025 », l’Université d’été de La France Insoumise (LFI).

Cette université d’été s’articulait autour de meetings, d’entretiens et de tables rondes thématiques.
L’une d’entre elles, intitulée « Les visages internationaux de l’extrême droite », se déroulait sous la forme d’une conférence animée par le député du Vaucluse Raphaël ARNAULT.

Au cours de cette conférence, un membre de l’auditoire s’adressait notamment au groupe des intervenants en ces termes :

« On parle de l’Inde, on parle de l’islamisme, mais en fait le pire fléau aujourd’hui, c’est le christianisme en fait. Ce sont les chrétiens qui sont les plus puissants et qui mènent la politique la plus inhumaine qui soit. »

Cette intervention est publiée sur la chaîne YouTube de LFI.

Ces propos sont constitutifs d’une injure publique aggravée envers les chrétiens, en raison de leur appartenance à la religion chrétienne, puisque cette dernière est qualifiée de pire fléau aujourd’hui et que les chrétiens sont désignés comme menant la politique la plus inhumaine qui soit, sans allégation d’aucun fait.

En conséquence, l’AGRIF vient de porter plainte contre LFI avec constitution de partie civile.

“La République n’est plus réformable : elle est déjà morte”

André Bercoff, Daniel Cosculluela, Alain de Peretti della Rocca et Philippe Bornet publient sous la bannière des « Coriaces », un petit ouvrage intitulé Du présent faisons table rase,  réquisitoire contre les illusions de notre temps. Ils y dénoncent cette tyrannie douce et technocratique sous laquelle nous vivons, avec la crise sanitaire et ses QR codes, le procès du mâle blanc, la confiscation de la mémoire, la crise de la langue française destinée à atrophier la pensée, le désastre culinaire, la montée de l’islam et la perte de l’identité.

Le sous-titre de l’ouvrage, Allons enfants de la Matrix, annonce la couleur : nous vivons sous l’empire de narratifs artificiels coupant l’homme de ses racines biologiques, historiques et spirituelles. L’analyse est d’autant plus percutante qu’elle croise les regards : le journalisme incisif de Bercoff, l’anthropologie de Cosculluela, l’engagement identitaire de de Peretti et la rigueur clinique de Bornet. Loin de se complaire dans un déclinisme stérile, cet essai est avant tout un appel au sursaut. Philippe Bornet constate avec justesse que la démocratie est une “fable pour grandes personnes” :

On répète au citoyen qu’il est libre, égale et souverain. Mais la liberté se réduit à signer des contrats qu’il ne peut négocier ; l’égalité l’oblige à nier tout ce qui fait de lui un être singulier ; la souveraineté se dissout dans les réunions d’oligarques qui décident hors de son champ de vision.

La démocratie ne gouverne pas : elle masque la guerre de tous contre tous, où l’individu atomisé, privé d’ordre, privé de transcendance, se dévore lui-même.

Hobbes l’avait prédit ; Bonald l’avait formulé : quand chacun veut être son propre dieu, il faut que l’un devienne le dieu de tous.

Et ce jour approche.

Le 15 août, un simple jour férié ?

Pour beaucoup de Français, le 15 août marque les vacances, les processions ou un simple jour de repos.

Pour les chrétiens, c’est bien davantage.

L’Assomption célèbre l’entrée de la Vierge Marie dans la gloire du Ciel, corps et âme. Cet événement manifeste déjà ce que Dieu prépare pour tous ceux qui mettent leur confiance en Lui : la victoire définitive sur la mort et la promesse de la résurrection.

Dans une société souvent marquée par le découragement, l’angoisse ou la perte de repères, cette fête vient rappeler une vérité profondément libératrice : notre espérance ne s’arrête pas aux limites de cette vie.

Pour aider chacun à préparer cette grande solennité, Hozana lance une neuvaine intitulée :

« Avec Marie, devenons citoyens du Ciel »

Pendant neuf jours, les méditations invitent à poser un autre regard sur notre quotidien : vivre davantage comme des hommes et des femmes déjà tournés vers le Royaume de Dieu, en laissant Marie nous conduire vers son Fils.

Une belle manière de préparer intérieurement la fête de l’Assomption, seul, en famille ou en paroisse.

Inscription gratuite à la neuvaine en cliquant ici.

Le cardinal Simoni célèbre la messe dans le camp de concentration communiste où il a survécu

Le cardinal Ernest Simoni, quatre-vingt-dix-sept ans, est revenu célébrer la sainte messe dans le camp de rééducation communiste où il a été incarcéré pendant de longues années.

Vendredi 31 juillet, dans l’ancien camp de Spaç, dans le nord de l’Albanie, le cardinal a présidé une messe de suffrage pour les prisonniers morts sous la dictature communiste d’Enver Hoxha. Un message du pape Léon XIV a été lu à la fin de la célébration.

Ukraine : les seuls gagnants sont ceux qui vivent de cette guerre

L’ancienne porte-parole de Volodymyr Zelensky a été interrogée dans le JDD :

Terres de Mission : Ils ont voté la mort !

Eglise universelle : Marie corédemptrice. Mère, médiatrice et avocate

Suite à une note doctrinale du cardinal Fernandez, la corédemption de Marie est de nouveau sous les feux de l’actualité. Guy Barrey, dans un ouvrage très documenté : “Marie corédemptrice. Mère, médiatrice et avocate”, démontre comment les Ecritures, la Tradition et même le magistère récent (de Paul VI à Benoît XVI) justifient l’usage de ce qualificatif attribué à la Très Sainte Vierge.

Eglise en France : Légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté

Le 15 juillet, l’Assemblée nationale a voté un texte de loi légalisant l’euthanasie et le suicide assisté. Depuis, le nombre de saisines du Conseil constitutionnel s’est multiplié. Patrick Hetzel, député LR du Bas-Rhin, auteur d’une de ces saisines fait le point sur ce douloureux dossier ouvrant la porte à la loi la plus permissive au monde.

Eglise en Marche : Merry del Val. Un cardinal pour hier et pour aujourd’hui

Vient de paraître aux éditions Contretemps, sous la plume de Roberto de Mattei, une biographie d’un grand et saint prince de l’Eglise : “Merry del Val – Un cardinal pour hier et pour aujourd’hui (1865-1930)”. Jean-Pierre Maugendre présente cette biographie d’un cardinal qui servit quatre papes et fut pendant 11 ans le secrétaire d’Etat de Saint Pie X.

Des prières pour l’adoration eucharistique

Cédric Chanot, diacre dans le diocèse de Nancy, coordinateur de la revue Parole et Prière, publie un recueil de prières destinées à l’adoration eucharistique. On y trouve des prières de sainte Faustine, saint Maximilien Kolbe, saint Ambroise, saint Charles de Foucauld, saint Alphonse de Liguori, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus… Mgr Dupanloup, Monsieur Olier, père Doncoeur, Bossuet, Charles Péguy et bien d’autres.

Ces prières d’adoration devant le Saint-Sacrement, devant le Tabernacle, mais aussi à la sainte Vierge pour qu’elle nous aide à adorer son Fils, permettent d’accompagner et soutenir nos temps d’adoration eucharistique comme de recueillement auprès du Saint-Sacrement. Soigneusement choisis parmi les écrits des saints ou transmis par la tradition et la liturgie, ce sont autant de portes pour s’ouvrir à la prière et laisser Dieu entrer dans notre coeur.

« Ce recueil de prières est là pour que nos yeux, notre coeur et notre âme s’émerveillent devant une telle présence. Une véritable présence, parce qu’elle n’est pas un symbole, mais Jésus réellement présent, là, humblement, dans cette petite hostie. »

A la fin de cet ouvrage, le lecteur trouvera aussi les hymnes traditionnelles de l’Eglise : Adoro te, Ave verum, Ecce panis angelorum, pange lingua, O Salutaris hostia…

Xe dimanche après la Pentecôte : parabole du pharisien et du publicain

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

► Introït : Dum clamarem

Les chants du propre de la messe du dixième dimanche après la Pentecôte sont encore une fois tous extraits des psaumes.

Nous trouvons à l’Introït le psaume 54, qui fait suite à celui de l’Introït du dimanche précédent, et dans lequel David exprime également sa confiance dans la protection divine au milieu des épreuves,

Dum clamarem ad Dominum, exaudivit vocem meam ab his qui appropiquant mihi : et humiliavit eos, qui est ante sæcula, et manet in æternum : jacta cogitatum tuum in Domino, et ipse te enutriet.
Quand j’ai crié vers le Seigneur il a écouté ma voix, et m’a délivré de ceux qui approchaient de moi ; Il les a abaissés, Lui qui est avant les siècles et demeure à jamais. Jette tes soucis dans le Seigneur et lui-même te nourrira.

Chacun de nous peut faire sienne cette belle prière et confier ses soucis au Seigneur pour qui Il nous accorde la nourriture spirituelle, c’est-à-dire les grâces dont nous avons besoin pour affronter les difficultés et les tentations qui s’approchent de nous.
La mélodie de cet Introït, qui est d’une longueur inhabituelle, est elle-même ample et très développée avec de beaux élans plein de ferveur. Il est accompagné bien entendu par le premier verset du psaume 54 :

Exaudi Deus orationem meam, et ne despexeris deprecationem meam : intende mihi, et exaudi me.
O Dieu, écoutez ma prière et ne repoussez pas ma supplication ; soyez attentif et exaucez-moi.

► Graduel : Custodi me

Le texte du Graduel du dixième dimanche après la Pentecôte est tiré du psaume 16 que nous avons déjà rencontré à l’Offertoire du sixième dimanche, prière du juste qui se confie dans le Seigneur pour qu’il le garde dans la voie qu’il ne veut pas quitter malgré les embauches et les tentations :

Custodi me, Domine, ut pupillam oculi : sub umbra alarum tuarum protege me. De vultu tuo judicium meum prodeat : oculi tui videant æquitatem.
Gardez-moi Seigneur comme la pupille de votre œil, protégez-moi à l’ombre de vos ailes. De votre visage que provienne ma justification, que vos yeux voient ma droiture.

La première phrase est chantée comme verset à l’office des complies. Les belles images qu’elle emploie pour demander la protection divine conviennent tout à fait pour la prière du soir.
La mélodie de ce Graduel est nettement différente de celle des six dimanches précédents qui appartenaient tous au même mode grégorien ; celle-ci est plus douce et intime, mais avec de beaux élans, surtout dans la deuxième partie.

► Alléluia : Te decet hymnus

Nous retrouvons avec l’Alléluia du dixième dimanche après la Pentecôte la série des grands alléluias de louange et d’action de grâces au Seigneur pour tous ses bienfaits, qui avait été interrompue le dimanche précédent pour une prière suppliante. Une fois encore, le verset est le début d’un psaume. Cette fois c’est le psaume 64, beau cantique de reconnaissance à Dieu notamment pour les biens de la terre, ce qui convient tout à fait à cette saison.

Te decet hymnus, Deus, in Sion : et tibi reddetur votum in Jerusalem.
À vous est due une hymne, O Dieu, dans Sion. À vous est acquitté un vœu dans Jérusalem.

Sion (Jérusalem) c’est le temple, figure comme toujours de l’Église où nous venons remercier le Seigneur et figure du ciel où nous chanterons sa louange éternellement.
La mélodie de cet Alléluia est très enthousiaste, surtout dans le verset, avec de grandes envolées dans les hauteurs et une immense vocalise à la fin sur le mot Jérusalem, comme une contemplation éperdue qui ne veut plus finir.

► Offertoire : Ad te Domine

Comme celui du précédent dimanche, l’Offertoire du dixième dimanche après la Pentecôte est repris à un autre dimanche de l’année, cette fois au premier dimanche de l’Avent.

Nous y retrouvons le début du psaume 24, que nous avons déjà rencontré à plusieurs reprises, prière du pécheur qui se repent et se tourne vers Dieu avec confiance en sa miséricorde.

Ad te Domine levavi animam meam : Deus meus, in te confido, non erubescam : neque irrideant me inimici mei : etenim universi qui te exspectant, non confundentur.
Vers vous Seigneur j’élève mon âme, mon Dieu en vous je mets ma confiance, je n’aurai pas à en rougir. Que mes ennemis ne se moquent pas de moi ; en effet, aucun de ceux qui espèrent en vous ne sera confondu.

L’élévation de l’âme vers Dieu c’est la définition même de la prière, et on a ici une prière instante et fervente, dont la mélodie exprime d’une manière très profonde les sentiments de confiance et d’espérance qui sont ceux du texte.

► Communion : Acceptabis

Le texte de l’antienne de Communion du dixième dimanche après la Pentecôte est formé du dernier verset du psaume 50, le célèbre Miserere dans lequel David exprime son repentir après son crime.

Acceptabis sacrificium justitiæ, oblationes et holocausta super altare tuum, Domine.
Vous agréerez le sacrifice offert en toute justice, les oblations et les holocaustes sur votre autel, Seigneur.

Le futur qui est employé ici montre qu’il y a une condition à cet agrément par Dieu de nos offrandes ; elle nous est donnée par un verset précédent du psaume précisant que le sacrifice qui plaît à Dieu c’est un esprit humilié et un cœur contrit. Ce sont les sentiments qui étaient déjà exprimés dans l’Introït et l’Offertoire de cette messe, et avec lesquels nous pouvons nous offrir et approcher de l’autel au moment de la communion.
Après un bel élan à l’intonation, la mélodie est calme et douce, sans grands intervalles, avec juste une petite insistance sur le mot altare.

Pologne : une statue de 55m de haut sera bénie à l’Assomption

La plus haute statue de la Vierge Marie en Europe sera inaugurée en Pologne le 15 août. Déjà, les fidèles affluent pour observer le monument qui culmine à plus de cinquante mètres de hauteur.

Cette impressionnante statue de la Vierge Marie a été érigée dans la commune rurale de Konotopie au centre du pays. Culminant à 55 mètres de hauteur, cette statue constitue le plus haut monument marial d’Europe.

Une éleveuse torturée dans un camp de gitans

Douce France :

Une éleveuse de 25 ans a été victime d’un  guet-apens, lundi 27 juillet, en Mayenne.  Attirée dans un camp de gitans pour y vendre un poney,  plusieurs hommes l’ont agressée avant de lui voler son animal et ses effets personnels. Elle a été brûlée au visage avec un briquet. Le parquet de Laval indique qu’une enquête a été ouverte pour vol avec torture ou acte de barbarie.

La Vie Chrétienne Victorieuse – Les Sept Mystères Révélés à l’apôtre Paul

Il y a des vérités que Dieu a gardées cachées au plus profond de Son cœur depuis la création du monde. Pendant des siècles, l’humanité a marché dans l’attente. Même les prophètes de l’Ancien Testament, fidèles sentinelles sur les remparts de la foi, ne voyaient que des contours flous, comme au travers d’un miroir obscur (1 Corinthiens 13:12). Ils percevaient la promesse, mais le dessin d’ensemble leur échappait.

Puis, au moment choisi par Dieu, le voile s’est déchiré. Cela ne s’est pas fait par l’effort d’un philosophe ou la sagesse d’un comité d’érudits, mais par l’action directe de l’Esprit de Dieu. Et pour porter ce message, Dieu n’a pas choisi un roi ou un chef religieux établi, mais un homme brisé : Saül de Tarse. Sur le chemin de Damas, ce persécuteur violent a été terrassé par la lumière du Christ, puis relevé pour devenir Paul, l’apôtre des nations.

Paul l’affirme clairement : son message ne vient pas d’une école rabbinique ou d’une tradition humaine. « L’Évangile que j’ai annoncé n’est pas de l’homme. Je ne l’ai ni reçu ni appris d’aucun homme, mais par une révélation de Jésus-Christ » (Galates 1:11-12). C’est là que repose toute l’autorité des Écritures : elles viennent du Ciel, non du raisonnement humain. « Ta Parole est établie à toujours dans les cieux » (Psaume 119:89), et « toute Écriture est inspirée de Dieu, utile pour enseigner, convaincre, corriger, instruire dans la justice » (2 Timothée 3:16).

À cet homme transformé par la grâce, Dieu a confié l’intendance de sept mystères ; vérités fondamentales, autrefois cachées, aujourd’hui révélées pour éclairer notre foi et transformer nos vies.

Le mystère de l’Incarnation : Dieu s’est fait homme
Au centre de toute la Révélation, il n’y a pas un système d’idées, mais une Personne : Jésus-Christ. Paul résume ce premier mystère avec une sobriété percutante : « Grand est le mystère de la piété : Dieu a été manifesté en chair, justifié en Esprit, vu des anges, prêché aux nations, cru dans le monde, élevé dans la gloire » (1 Timothée 3:16).

Le Verbe éternel, Créateur de l’univers, a quitté la gloire du Père pour habiter parmi nous. Il a pris un corps humain, Il a connu nos fatigues, nos joies et nos souffrances. Il s’est fait proche des brisés, des malades et des rejetés, manifestant ainsi la plénitude de la grâce et de la vérité.

Cette vérité n’est pas une théorie théologique réservée à des érudits. C’est le socle de notre foi. La vraie piété ne consiste pas à accumuler des connaissances religieuses, mais à laisser la vie même de Jésus s’exprimer en nous au quotidien. Cela demande de la dépendance et de l’humilité, même si le monde autour de nous – ou parfois le milieu religieux traditionnel – ne le comprend pas.

Le mystère du Christ en nous : une présence intérieure

La Révélation franchit une étape supplémentaire, encore plus intime : « Le mystère caché dès les siècles… c’est Christ en vous, l’espérance de la gloire » (Colossiens 1:26-27).

L’Évangile ne nous présente pas seulement un Sauveur qui a vécu il y a deux mille ans en Palestine, ni un Dieu lointain qui observe nos vies du haut du ciel. Il nous annonce un Christ qui vient habiter directement au-dedans de chaque croyant, qu’il soit Juif ou non-Juif.

Cette présence intérieure est une source de transformation permanente. Elle produit la paix, la force et le changement de cœur que nos propres efforts ne pourraient jamais accomplir. Et le plus frappant, c’est la façon dont Dieu opère : Il dépose ce trésor inestimable dans des « vases de terre » (2 Corinthiens 4:7), c’est-à-dire dans des êtres humains ordinaires, fragiles et imparfaits. C’est la preuve que toute la puissance et toute la gloire appartiennent à Dieu, et non à nous.

Le mystère de l’Église : un seul corps en Christ
Si Christ est la Tête, Il a un corps. S’Il est l’Époux, Il a une Épouse. Ce troisième mystère concerne la nature même de l’Église : « Ce mystère, c’est que les païens sont cohéritiers, forment un même corps, et participent à la même promesse en Jésus-Christ » (Éphésiens 3:6).

En Christ, les barrières historiques, sociales et culturelles qui séparaient les hommes se sont effondrées. Il n’y a plus de distinction de race, de rang social ou d’origine : tous ceux qui croient ont été baptisés dans un seul Esprit pour ne former qu’un seul corps (1 Corinthiens 12:13).

Le prophète Ésaïe l’avait entrevu quand il écrivait : « Ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples » (Ésaïe 56:7). Mais qui aurait pu imaginer que des nations étrangères aux alliances de la promesse deviendraient des pierres vivantes de cet édifice (1 Pierre 2:5) ? L’Église n’est donc pas une institution humaine ou un club social ; elle est le corps du Christ, animée par Son souffle et unie à Lui comme les sarments sont unis au cep de vigne.

Le mystère de l’Épouse : l’alliance et la fidélité
Pour faire comprendre la profondeur de cette relation, l’Esprit utilise l’image du mariage. Paul cite la création – l’homme et la femme devenant une seule chair – et ajoute : « Ce mystère est grand, je le dis par rapport à Christ et à l’Église » (Éphésiens 5:32).

L’amour de l’époux pour son épouse est appelé à refléter l’amour sacrificiel du Christ, qui s’est donné Lui-même pour l’Église afin de la rendre pure et sans tache (Éphésiens 5:25-27). En retour, l’attitude de l’épouse envers son mari illustre la confiance et la soumission paisible de l’Église envers son Seigneur.
Il n’y a ici aucune notion d’inégalité de valeur entre l’homme et la femme, car devant Dieu, « il n’y a plus ni homme ni femme, car tous vous êtes un en Jésus-Christ » (Galates 3:28). Il s’agit plutôt d’une complémentarité voulue par Dieu pour montrer au monde le visage de Son alliance. Modifier ou mépriser ce modèle, c’est brouiller l’image de l’amour de Christ pour Son peuple.

Le mystère de l’endurcissement d’Israël : la souveraineté de Dieu

Au milieu de ce plan de salut universel, une question douloureuse se posait à Paul : pourquoi la majorité de son propre peuple, Israël, avait-elle rejeté le Messie ? Le cinquième mystère apporte une réponse claire : « Une partie d’Israël est tombée dans l’endurcissement, jusqu’à ce que la totalité des païens soit entrée » (Romains 11:25).

Cet endurcissement n’est ni définitif, ni le fruit du hasard. Il est survenu parce qu’Israël a cherché la justice par ses propres œuvres et par un zèle sans intelligence (Romains 10:2), manquant ainsi le salut offert gratuitement par la foi. Mais dans Sa sagesse insondable, Dieu a utilisé ce refus pour faire parvenir l’Évangile jusqu’aux nations païennes. Leur chute a ainsi été la richesse du monde (Romains 11:12).
« Si Dieu n’a pas épargné les branches naturelles, Il ne t’épargnera pas non plus » (Romains 11:21). Cette mise en garde est solennelle. Les chrétiens venus des nations n’ont donc aucun sujet de fierté ou de supériorité envers le peuple juif. Ils sont comme des branches sauvages greffées sur l’olivier franc. Et la promesse de Dieu demeure ferme : un reste fidèle subsiste, et un jour, Israël dans son ensemble reconnaîtra Jésus comme son Messie, et « tout Israël sera sauvé » (Romains 11:26).

Le mystère de l’enlèvement : la victoire sur la mort
Le sixième mystère touche à notre avenir et à notre espérance ultime. Face à la peur de la mort, Paul proclame une vérité qui apporte une consolation immense : « Voici, je vous dis un mystère : nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons changés, en un instant, en un clin d’œil, à la dernière trompette » (1 Corinthiens 15:51-52).

La mort n’a pas le dernier mot. Au retour du Seigneur, au son de la trompette divine, les croyants qui sont morts ressusciteront en premier avec des corps incorruptibles. Puis, ceux qui seront encore vivants seront transformés instantanément, sans passer par la mort.

Le mystère de l’iniquité : la réalité du combat spirituel
Le plan de Dieu ne se déroule pas dans un monde neutre ou paisible. En parallèle du travail de l’Esprit, une force d’opposition est à l’œuvre : « Le mystère de l’iniquité agit déjà » (2 Thessaloniciens 2:7).
Ce mal ne se manifeste pas uniquement par des péchés évidents ou des attaques directes contre la foi. Il agit de manière plus subtile, notamment au sein même du milieu chrétien. Il s’infiltre par l’abandon silencieux des vérités bibliques au profit des idées à la mode ; le remplacement de la puissance de l’Esprit par des méthodes ou des traditions purement humaines ; le compromis avec la culture du monde sous prétexte de tolérance ; une religion de façade qui garde les apparences mais perd sa force intérieure.
Cette dérive prépare une rébellion finale contre Dieu. Si ce mal est encore retenu aujourd’hui, c’est par la présence du Saint-Esprit et la prière de l’Église fidèle. C’est pourquoi chaque croyant doit rester vigilant, discerner les pièges de son époque et garder sa foi fermement fondée sur les Écritures.

Des serviteurs fidèles
Paul se considérait simplement comme un « serviteur de Christ et dispensateur des mystères de Dieu » (1 Corinthiens 4:1). Il n’était pas le propriétaire de ce message, mais un intendant chargé de le transmettre fidèlement à tous les hommes, sans distinction d’origine ou de condition.

Aujourd’hui, nous sommes les bénéficiaires et les gardiens de ces sept mystères. Ils ne nous sont pas donnés comme une connaissance spéculative, mais comme une lumière pratique pour conduire notre vie quotidienne, notre vie de famille et la vie de nos Églises.

Restons donc attachés avec fermeté à ce que nous avons appris dans les Saintes Écritures (2 Timothée 3:14). Elles seules font autorité pour notre foi. N’y ajoutons rien, n’en retranchons rien. Transmettons-les avec simplicité, intégrité et amour, car nous aurons à rendre compte de ce qui nous a été confié. En attendant ce grand jour où nous verrons notre Seigneur face à face, marchons dans la clarté de ces vérités révélées et laissons-les transformer nos vies pour Sa gloire.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Invasion

Dans la nuit de jeudi à vendredi 31 juillet, entre 50.000 et 60.000 migrants, soit environ 70 % de la population de Ceuta, ont franchi illégalement la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole, faisant 34 morts dont 18 noyés.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez est arrivé sur place pour dénoncer une « attaque » et une « violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne ».

Selon le gouvernement espagnol, la quasi-totalité de ces dizaines de milliers de migrants sont désormais retournés au Maroc.

De son côté, l’Italie a suspendu les accords de Schengen avec l’Espagne.

La baisse du nombre de naissances se poursuit

Le nombre de naissances a encore reculé en France au premier semestre 2026, selon les données provisoires de l’Institut national de la statistique (Insee), publiées jeudi 30 juillet.

Entre janvier et juin, un peu moins de 314 000 bébés ont vu le jour, contre plus de 317 000 au premier semestre 2025. Cela représente une baisse de 1,1% du nombre quotidien de naissances moyen entre les deux périodes.

Sur l’ensemble de l’année 2026, les naissances pourraient atteindre un nouveau point bas historique. Le déclin s’inscrit dans une tendance de plus long terme. En 2025, 644 000 bébés ont vu le jour, soit près d’un quart de moins qu’en 2010, date du dernier pic des naissances, selon l’Insee.

Mgr Cordileone répond au cardinal Roche : le maintien de Traditionis custodes n’est pas réaliste

L’archevêque Salvatore Cordileone a répondu au cardinal Arthur Roche en se demandant si les restrictions imposées à la messe latine traditionnelle par Traditionis Custodes peuvent être maintenues à long terme.

Mgr Cordileone, qui a récemment été nommé à la Signature apostolique, a déclaré qu’il était réticent à spéculer sur les intentions du pape Léon, mais a fait valoir que l’accent répété du pontife sur l’unité devrait encourager une approche pastorale plus large envers les catholiques attachés à la liturgie traditionnelle.

« Je ne sais pas à quel point il connaît l’esprit du Saint-Père, mais je pense qu’une chose qui est claire pour tout le monde est que le Saint-Père veut rassembler tout le monde. Il est soucieux au sujet de l’unité ».

L’archevêque a averti que le maintien de restrictions strictes pourrait avoir des conséquences inattendues en encourageant certains des fidèles à rechercher des communautés en dehors de la pleine communion avec Rome.

« Ma préoccupation est que si ces restrictions restent en place, comme je l’ai dit dans ma déclaration, les gens auront l’impression qu’ils n’ont pas d’autre choix que de trouver de la nourriture spirituelle de la manière plus traditionnelle ».

« Je pense qu’il y a une préoccupation pour l’unité des deux côtés. Une préoccupation est que, si les restrictions restent en place, les gens iront dans des groupes qui ne sont pas en pleine communion avec le Siège de Rome. »

Dans le même temps, l’archevêque Cordileone a déclaré que l’accès plus large à la messe traditionnelle latine devrait être accompagné de garanties pour s’assurer que les participants restent pleinement engagés dans l’enseignement de l’Église.

« S’ils sont autorisés généreusement, nous devons nous assurer que les personnes qui accèdent à la messe sont en pleine communion en termes de croyance et d’acceptation des enseignements du Concile Vatican II. »

L’archevêque Cordileone a déclaré qu’il croyait que c’était déjà vrai pour la plupart des fidèles qui fréquentaient l’ancienne liturgie.

« Notre expérience ici aux États-Unis, et je pense que dans d’autres pays aussi, est que, pour la plupart, c’est le cas. »

L’archevêque Cordileone est allé plus loin lorsqu’on lui a demandé si Traditionis Custodes représentait une politique durable à long terme, arguant que l’intérêt croissant des jeunes catholiques suggérait le contraire.

« Pour être honnête, je ne pense pas que ce soit réaliste ». « Nous regardons la jeune génération. Ils aiment tous la tradition. Ils aiment la façon plus classique que l’Église adore. »

Il a déclaré que l’attraction s’étendait au-delà de la célébration de la liturgie préconciliaire et comprenait des célébrations plus traditionnelles de la messe post-conciliaire.

« Même l’ordo de la messe actuel , célébré d’une manière plus traditionnelle avec le prêtre ad orientem et la musique sacrée, avec une grande solennité et révérence : ils désirent cette profonde tradition. »

« Cela les emmène dans un endroit très profond. C’est imparable. Cela attirait les jeunes et continuera de le faire. »

La charité en actes à destination des adolescents

Professeur de français, Inès de Chantérac propose aux adolescents 25 petits textes sur divers sujets de savoir-être : dire merci, faire passer les autres avant soi-même, être serviable, développer son goût pour la culture, la conversation, la lecture, l’alcool,… Les textes sont amusants mais on se demande comment en est-on arrivé à publier un tel livre pour enseigner le minimum de savoir-vivre à des jeunes, alors que ce minimum s’acquiert normalement dans toute famille. Et c’est ainsi que l’on constate que la destruction méthodique de la cellule familiale provoque un bouleversement éducatif majeur.

Loin d’être « rasoir » ou moralisateur, Jésus disait merci ou pas ? se veut léger et humoristique avec des illustrations de presse du talentueux Ixène. Un livre pour exprimer aux adolescents que la politesse et la rectitude morale, loin d’être des habitudes de « coincés », sont bien une charité faite à l’autre, une manière de prendre soin de lui. Un véritable outil pour leur permettre de devenir des adultes droits !

Nouvelles censures sur X [Addendum]

Les comptes X de la Marche pour la vie, Notre-Dame de Chrétienté, abbé Raffray et Academia Christiana viennent d’être suspendus sans préavis :

Screenshot

Addendum dimanche : tous ces comptes sont rétablis suite à l’intervention d’Elon Musk.

Le voyage immobile – Et si, cet été, le plus beau des voyages était précisément celui qui ne demande aucun billet ?

Illustration : Morning Sun (1952), Edward Hopper (1882-1967), Columbus Museum of Art.
« Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre. »
— Blaise Pascal

Et si, cet été, le plus beau des voyages était précisément celui qui ne demande aucun billet ?
Chaque année, des millions de personnes font leurs valises. Elles cherchent le repos, la liberté, un espace où reprendre souffle. Elles espèrent qu’un ailleurs rendra ce que le quotidien a usé. Mais pourquoi partir si loin lorsque le désir le plus intime est simplement de retrouver son centre, de laisser retomber les inquiétudes accumulées et de respirer enfin ?

Voyager est une chance. Découvrir d’autres lumières élargit le regard. Pourtant, n’espérons-nous pas avant tout une paix intérieure que le rythme de nos vies a peu à peu ensevelie ? Les émotions nous soulèvent, nous entraînent, nous réjouissent ou nous blessent. Les contrariétés s’accumulent en silence ; les tensions s’inscrivent en nous sans que nous en ayons toujours conscience. Même les joies, si précieuses soient-elles, paraissent trop fugitives pour contrebalancer durablement le poids des soucis.

Alors nous préparons nos bagages avec l’espoir qu’un changement de décor dissipera nos préoccupations. Nous oublions une évidence : où que nous allions, nous partons toujours avec nous-mêmes.

Je l’ai vérifié au fil des années. Les premiers jours des vacances apportent une joie réelle : le paysage change, le rythme ralentit, les obligations s’effacent. Puis, presque imperceptiblement, je retrouve celui que j’avais emporté sans le savoir : moi-même. Les mêmes interrogations ressurgissent, les mêmes inquiétudes cherchent à reprendre leur place.

Il m’est arrivé de chercher cette paix au bord de la mer ou au sommet d’une montagne. Je l’ai souvent retrouvée plus simplement, au petit matin, dans le silence de ma maison. Une tasse de café entre les mains, tandis que le jour se lève doucement, il m’arrive de découvrir que le véritable voyage commence lorsque je cesse enfin de courir. Ce n’est pas le paysage qui a changé, mais mon regard. Je comprends alors que les vacances peuvent commencer sans que l’on soit parti nulle part.

J’ai compris qu’il existe un pays où l’on peut entrer chaque matin sans faire sa valise : le silence retrouvé.

Changer de paysage ne transforme pas le paysage intérieur. Nous ne faisons que déplacer le décor ; notre monde intime voyage avec nous.

Lorsque l’océan est en furie, les vagues semblent vouloir tout engloutir. Pourtant, quelques mètres sous la surface règne un calme étonnant. La tempête existe toujours, mais elle ne possède plus toute la mer. Il en va de même pour notre vie intérieure. Si nous apprenons à plonger en nous-mêmes, à fermer les yeux, à interrompre un instant le flot incessant des sollicitations, nous découvrons qu’au-dessous de l’agitation demeure un lieu plus profond où la paix n’a jamais complètement disparu.

Ce voyage-là ne demande ni billet d’avion ni réservation. Il ne coûte rien, sinon un peu de silence, un peu de courage et beaucoup de vérité. Car descendre en soi oblige à rencontrer ses peurs avant de découvrir cette paix qui les dépasse.

Les paysages du monde méritent d’être contemplés — mais aucune plage, aucune montagne, aucun coucher de soleil ne fera à notre place le ménage de notre cœur. Les véritables devoirs de vacances sont peut-être là : retrouver notre unité intérieure, réapprendre le silence, laisser retomber la poussière des jours afin de redevenir pleinement présents à nous-mêmes.

Alors, où que nous soyons cet été — sur une plage, dans une forêt, au sommet d’une montagne ou simplement chez nous — puissions-nous entreprendre ce seul voyage qui donne un sens à tous les autres : celui qui nous ramène au plus profond de nous-mêmes.

Regardez la femme du tableau de Hopper. Elle est assise dans une chambre presque nue, baignée par la lumière du matin. Elle n’a pas de valise à ses pieds. Pourtant, elle est déjà arrivée quelque part d’essentiel. Ce n’est pas le monde qui a changé autour d’elle ; c’est sa façon d’être au monde. Elle nous rappelle que le plus long des voyages n’est pas celui qui mène d’un pays à l’autre, mais celui qui conduit de la dispersion à la présence.

Ce silence n’est pas un vide : c’est le lieu même où l’on est enfin attendu.

Bel été à ceux qui partent. Et à tous, où qu’ils soient, je souhaite ce bien plus précieux qu’aucun dépaysement : la paix du fond du cœur. Les valises peuvent parfois rester dans le placard. La lumière, elle, n’a besoin d’aucun billet pour entrer. Il suffit d’ouvrir la fenêtre du cœur.
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« Le pape Léon ne modifiera pas Traditionis Custodes et ne reviendra pas à Summorum Pontificum »

C’est ce qu’a déclaré le cardinal Roche, préfet du Dicastère pour le culte divin, dans un entretien.

Et pendant ce temps, Mgr Trinidad Antonio Márquez Guerrero, évêque auxiliaire de San Juan de los Lagos, Jalisco, au Mexique, peut danser en ornements épiscopaux, le 19 juillet, devant l’autel où va être célébrée la messe de la Journée diocésaine de la jeunesse, dans les arènes de la ville.

Première édition du pèlerinage Utrique Fidelis en Vendée-Anjou

A l’image de Feiz e Breizh en Bretagne, Nosto Fe en Provence, Arrebastir en Gascogne et Dex Aïe en Normandie, la première édition du pèlerinage Utrique Fidelis s’inscrit dans la restauration des pèlerinages traditionnels régionaux.

Se déroulant les 3 et 4 octobre 2026, le pèlerinage partira de Tiffauges (Vendée), village martyrs des colonnes infernales en 1794 pour rejoindre le sanctuaire Notre-Dame du Marillais (Anjou), où la Très Sainte Vierge Marie est apparue en 430 à Saint Maurille 4ème évêque d’Angers. Sur un peu moins de cinquante kilomètres, les pèlerins chemineront à travers les Mauges, territoire fortement marqué par le soulèvement vendéen de 1793 et d’où sont originaires Jacques Cathelineau le « Saint de l’Anjou » et Charles de Bonchamps.

Accompagné d’une dizaine de prêtres provenant d’instituts traditionnels, ce pèlerinage repose sur trois piliers que sont la dévotion mariale, la tradition et la mission. A l’image du pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté, les pèlerins marcheront dans des chapitres (une vingtaine) existant ou créés pour l’occasion et provenant de tous l’Ouest de la France (Charente, Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Mayenne, Sarthe et Vendée)

La première édition de ce pèlerinage dont le thème est l’urgence de la mission « Parce que la Charité du Christ nous presse » (2Co 5, 14), accueillera notamment des unités scoutes, mais également le chapitre Saint Jean Bosco dédié aux pèlerins atteints d’un handicap et à leurs accompagnants, ainsi que le chapitre Saint-Georges regroupant des pèlerins à cheval.

Situé à égale distance de Nantes, Angers et la Vendée, l’itinéraire du pèlerinage qui permet d’accueillir les poussettes effectuera une halte à la chapelle Saint-Joseph du Chêne où la statue de l’époux de la Très Sainte Vierge Marie fut couronnée grâce à un bref de Saint Pie X en 1906.

Le monde va vite, beaucoup trop vite ! Les repères s’effacent et ont même disparu. Il est essentiel que l’Ouest catholique garde ses points d’ancrage dans ce monde moderne et refuse de pratiquer sa Foi en retrait. Car la Foi n’est pas une idée laissée par nos aïeux, elle est un héritage vivant que l’on reçoit autant qu’on le transmet. Alors nous ne marcherons pas pour honorer des cendres, mais pour raviver le feu de la Tradition reçue et la fidélité qui la fait vivre. C’est vraiment à nous catholiques de l’Ouest de rester ancrés dans la Tradition et résolument tournés vers l’avenir.

« Ce travail de restauration, faisons-le chacun sur nous-mêmes, en devenant meilleurs et plus forts. Ne vous laissez pas entraîner par les séductions du mal, par l’esprit d’erreur et de mensonge. Gardez avec l’aide de Dieu, gardez fidèlement vos bons principes, vos fortes convictions, vos gouts simples, vos idées saines, vos mœurs pures, vos habitudes viriles et austères. Restez les dignes fils de l’Anjou, de la Bretagne et de la Vendée, les enfants soumis et dévoués de la Sainte Eglise votre mère. » Mgr Charles-Emile Freppel à Notre-Dame du Marillais – 1873

Les inscriptions sont désormais ouverte sur le lien suivant: https://www.helloasso.com/associations/utrique-fidelis/evenements/1ere-edition-du-pelerinage-utrique-fidelis

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Profanation de l’église Saint-Pierre à Nevers

Des actes de vandalisme ont été découverts samedi 25 juillet dans l’église Saint-Pierre, à Nevers : tabernacle dégradé, une toile lacérée

Une plainte a été déposée et une enquête est en cours.

Un nouveau bienheureux pour le Liban

Samedi 25 juillet 2026, le patriarche maronite Elias Boutros Hoyek a été béatifié au siège patriarcal de Dimane au Liban, en présence du président de la République Joseph Aoun.

Élie Pierre Hoyek, patriarche d’Antioche et de tout l’Orient de 1899 à 1931, est l’une des personnalités les plus marquantes de l’histoire religieuse et nationale contemporaine du Liban, ayant marqué ses contemporains tant par sa charité, notamment pendant la première guerre mondiale, que par son action en faveur du Liban. Ainsi, en 1919, il représente le Liban à la Conférence de paix de Versailles, défendant avec détermination le droit de son peuple à un État indépendant. Un an plus tard, le 1er septembre 1920, il est le témoin de la proclamation du Grand Liban par le général Gouraud. Cela lui vaut le surnom de « Père du Grand Liban ».

source : SOS Chrétiens d’Orient

Liban : La guerre n’est pas finie

Les opérations israéliennes se poursuivent au Liban, avec des bombardement aériens et d’artillerie dans le sud du pays. De même, les opérations de destructions se poursuivent à un rythme soutenu. Enfin, l’armée israélienne a annoncé avoir détruit d’importants tunnels souterrains du Hezbollah situés autour du château de Beaufort, toujours aux mains des soldats israéliens.

Son chef d’état-major, en visite au Sud-Liban, le 29 juillet, a déclaré que « la campagne sur tous les fronts n’est pas encore terminée ». Au Liban, a-t-il ajouté, « si nécessaire, nous avancerons plus loin encore et nous atteindrons d’autres zones ». Le 4 août prochain à Rome, un nouveau cycle de négociations sera ouvert entre le Liban et Israël.

source : SOS Chrétiens d’Orient

Moyen-Orient : Le conflit s’étend !

Le conflit au Moyen-Orient semble s’étendre à de nouveaux pays. En plus des bombardements sur l’Iran et des tirs de missiles et de drônes iraniens sur les alliés des Américains dans la région, le 27 juillet, les aviations américaines et saoudiennes ont visé en Irak, des milices chiites alliées des Iraniens.

Deux jours plus tard, une attaque de drone a visé le port de Damiette, en Egypte, le 29 juillet, perturbant les activités du terminal de gaz naturel liquéfié de Damiette, un maillon essentiel des exportations énergétiques de la région.

source : SOS Chrétiens d’Orient

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