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Le conseil constitutionnel censure l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs

Extrait du communiqué du Conseil :

Le Conseil constitutionnel censure l’article 1er de la loi qui prévoyait d’interdire l’accès des mineurs de moins de 15 ans aux services de réseaux sociaux en ligne.

Tout en relevant que l’exigence constitutionnelle de protection de l’intérêt supérieur de l’enfant et l’objectif de valeur constitutionnelle de prévention des atteintes à l’ordre public sont de nature à justifier une limitation de la liberté d’accès de mineurs à ces services, le Conseil juge que les dispositions contestées, d’une part, portent une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression et de communication et, d’autre part, n’ont pas prévu les garanties légales propres à assurer le droit au respect de la vie privée.

Le conseil constitutionnel valide la loi sur l’euthanasie avec quelques réserves

Extrait du communiqué du Conseil :

Le Conseil constitutionnel déclare conforme à la Constitution l’ensemble des dispositions déférées de la loi relative au droit à l’aide à mourir, en formulant trois réserves d’interprétation :

  • la première précise une garantie s’agissant de la décision prise sur demande d’un majeur protégé,
  • la deuxième étend aux pharmaciens la clause de conscience individuelle dont bénéficiaient les médecins et infirmiers,
  • la dernière prévoit que le responsable d’un établissement privé pourra, dans certaines conditions et limites, refuser que la procédure d’aide à mourir se déroule dans ses locaux. Un tel refus ne peut être opposé « que lorsque d’autres établissements sont en mesure de répondre aux besoins locaux », formulation identique à celle figurant à l’article L. 2212-8 du code de la santé publique en matière d’interruption volontaire de grossesse.

La Vie Chrétienne Victorieuse – Jésus-Christ : Lumière éclatante du monde aujourd’hui

Il est des images si puissantes qu’elles résument à elles seules une conception de la vie. L’une nous vient des mythes antiques : Atlas, ce géant condamné à porter sur ses épaules la voûte du ciel, les muscles tendus, le visage déformé par l’effort. L’autre nous est offerte par l’Évangile : Jésus-Christ, le Fils de Dieu, qui maintient toutes choses par Sa Parole et qui, sur la croix, a porté nos péchés par amour.

Entre ces deux figures, ce n’est pas seulement une différence de récit, mais une opposition radicale entre
deux façons de comprendre le monde et la place de l’homme en son sein. L’une parle de contrainte, de
souffrance, de fatalité. L’autre révèle un univers porté par l’amour, une création aimée, un Dieu qui se fait
proche pour nous sauver.

Atlas, ou le poids sans espérance
Atlas, dans la mythologie grecque, fit partie de ces Titans qui osèrent défier les dieux de l’Olympe. Leur
révolte fut vaincue, et Zeus leur infligea des châtiments exemplaires. Atlas reçut pour peine de porter le ciel sur ses épaules pour l’éternité. Les sculptures antiques le représentent courbé, les genoux fléchis, le visage contracté par un effort surhumain. Porter le monde, pour lui, c’est être écrasé par lui. Le cosmos n’est pas un lieu de vie ou de sens, mais une charge insupportable, une malédiction sans fin.

Cette image exprime une intuition profonde : l’homme se sent souvent accablé par le poids de l’existence. Les responsabilités, les épreuves, les échecs, la maladie, la mort – tout semble concourir à nous courber. Et parfois, nous nous identifions à ce Titan. Nous nous disons que c’est à nous de tout porter, que personne ne le fera à notre place. Alors nous serrons les dents, nous tendons nos forces, nous nous courbons sous le poids de nos obligations. Mais cette vision est tragique, car elle ne laisse aucune place à l’espérance. Atlas porte le ciel parce qu’il a été condamné. Il n’y a ni rédemption, ni libération possible.

Pire encore : ce mythe peut nous faire croire que nous sommes faits pour porter le monde par nous-mêmes.
Mais cette illusion d’autosuffisance est un piège. Car tôt ou tard, nos épaules fléchissent. Et quand elles
cèdent, c’est souvent la chute.

La Bible nous révèle une vision radicalement différente de Dieu et de Son rapport à la création. Elle ne nous présente pas un dieu écrasé sous le poids de l’univers, comme un Atlas condamné à porter éternellement le fardeau du monde. Elle nous révèle le Dieu vivant, Celui qui soutient toutes choses par la puissance de Sa Parole. Jésus-Christ n’est pas Celui qui ploie sous le poids de la création : Il est le Verbe éternel par qui tout a été créé, et en qui tout subsiste.
Dans cette lumière, le monde n’est donc pas un fardeau imposé à Dieu, mais l’expression libre et généreuse de Son amour. Dieu crée non par nécessité, mais par pure souveraineté d’amour. Il donne l’existence sans rien perdre de sa plénitude, et Il soutient chaque créature sans jamais être diminué par ce qu’Il lui donne.

Ainsi, Dieu ne se révèle pas d’abord comme un Souverain austère et distant, mais comme le Père qui appelle chaque être à l’existence et qui, dans une sollicitude infinie, veille sur toute Son œuvre. Et cette liberté souveraine de l’amour trouve son accomplissement en Jésus-Christ : en Lui, le Créateur se fait proche de sa créature, non parce qu’Il y serait contraint, mais parce que l’amour, dans sa liberté absolue, choisit de se donner.

Contrairement à Atlas, Christ ne subit pas le monde : Il le porte avec une liberté souveraine. Là où le Titan
est broyé, le Fils règne. Là où le mythe raconte une contrainte imposée, l’Évangile révèle un don d’amour.
Dieu n’a jamais été contraint de créer. Il a voulu donner l’être, et Il maintient à chaque instant l’existence de tout ce qui est. Sans Lui, rien ne tiendrait debout. Avec Lui, tout demeure.

Mais ce Dieu qui porte le monde n’est pas un Dieu lointain. En Jésus-Christ, le Verbe est entré dans notre histoire. Il a connu la faim, la fatigue, la douleur, la croix. Il n’a pas porté le ciel comme un poids extérieur :
Il a porté le péché du monde comme un acte d’amour. Sur la croix, Il a accompli jusqu’au bout Sa mission,
non par contrainte, mais par amour libre. Ainsi, le poids du monde n’est plus une malédiction, mais une
occasion de rencontre avec Celui qui nous aime.

Le vrai fardeau : le péché
Mais qu’est-ce que ce « fardeau » dont l’Évangile nous parle ? Si Atlas plie sous une masse matérielle et cosmologique, le fardeau humain est d’une tout autre nature : c’est le poids invisible, mais écrasant, du péché.

Le péché n’est pas une simple infraction morale ; c’est une rupture fondamentale, une dette spirituelle que nous accumulons et que nos propres forces ne peuvent éteindre. Il se manifeste par la culpabilité qui ronge la conscience, la honte qui isole et la rupture avec la source même de la vie. Vouloir porter soi-même le poids de ses fautes, de ses échecs et de sa finitude, c’est s’accorder la sentence d’Atlas : un châtiment éternel sous une charge que nous sommes incapables de soulever.

C’est précisément ici que resplendit la miséricorde du Seigneur. Contrairement à Zeus qui condamne, Jésus
S’abaisse. La miséricorde divine ne consiste pas à annuler le péché d’un simple revers de main en ignorant la justice, mais à en assumer le coût à notre place. Sur la croix, Christ prend sur Ses épaules la totalité de ce fardeau spirituel. Il n’est pas broyé par la fatalité, mais S’offre par un amour souverain. Le bois de la croix devient le lieu d’un échange inouï : Il prend notre condamnation et nous offre Sa justice ; Il porte notre honte et nous donne Sa paix.

La miséricorde de Christ ne nous soulage pas seulement de la culpabilité passée ; elle restaure notre relation avec le Père. Là où le fardeau du péché nous courbait vers la terre dans l’autosuffisance ou le désespoir, la grâce de Christ nous redresse. Le pardon n’est pas un vain mot : c’est l’acte par lequel le Seigneur brise les chaînes de la condamnation pour transformer notre fardeau en un « joug doux et léger », porté avec Lui.

Une invitation sans condition
La différence entre Atlas et Christ a des conséquences concrètes pour notre vie. Atlas nous dit : « Tu dois tout porter toi-même. » Jésus, Lui, nous dit :
« Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos » (Matthieu 11:28).
Un point important : Jésus n’attend pas que nous soyons prêts pour nous inviter. Il ne dit pas « venez quand vous irez mieux ». Il dit « venez » à ceux qui sont fatigués, maintenant, tels qu’ils sont. Cela change tout.

Dans beaucoup de logiques religieuses, il faut d’abord mériter le repos : se corriger, faire des efforts, devenir
meilleur. Ici, c’est l’inverse. Le repos vient en premier. Il n’est pas une récompense pour ceux qui ont réussi à se réformer seuls. C’est cela, la grâce : un don qui ne dépend pas de ce que nous avons déjà accompli.
Il faut aussi préciser une chose : ce repos n’enlève pas toute charge. Juste après, Jésus parle d’un « joug » qu’il faut prendre. Il n’annule donc pas le fardeau. Mais il le transforme. Il y a une différence entre porter
seul, dans l’épuisement, et porter avec quelqu’un d’autre. On retrouve ici l’opposition du début entre Atlas et Christ. Atlas doit tenir sans jamais s’arrêter. Christ, Lui, propose d’échanger le fardeau – pas de le supprimer, mais de ne plus le porter seul. Le chrétien n’est pas appelé à remplacer Atlas.

Notre vocation n’est pas de porter le monde sur nos épaules, mais de nous appuyer sur Celui qui porte tout. Toute la foi chrétienne est contenue dans ce « moi ». Jésus ne se présente pas comme Celui qui montre le chemin : Il se présente Lui-même comme le chemin. Il ne promet pas seulement un repos qu’il faudrait chercher ailleurs : Il est Celui qui donne le repos. Jésus ne réserve pas Son invitation aux forts, aux âmes parfaites. Il appelle ceux qui sont fatigués, ceux qui portent un poids, leurs échecs et parfois même leur propre impuissance.

Cela ne signifie pas que nous n’avons plus rien à porter. Mais cela change la manière dont nous portons ces fardeaux. Sans le Seigneur, nous sommes comme Atlas : nous portons nos charges seuls, et elles nous écrasent. Avec Lui, nous portons nos charges en Lui, et Il nous soutient. Cette confiance change tout : elle nous libère de l’illusion de l’autosuffisance, et elle nous permet de lâcher prise, de reconnaître nos limites.

Atlas est condamné à porter le ciel pour l’éternité, sans espoir de libération. Jésus a porté nos péchés une fois pour toutes sur la croix, et Il nous offre la vie éternelle. Ainsi, là où le mythe grec ne propose qu’un destin tragique, l’Évangile nous ouvre une espérance infinie.

La Bible n’est pas un livre de philosophies abstraites. C’est l’histoire d’une révélation, d’une lumière qui
grandit peu à peu pour devenir un visage : celui du Seigneur Jésus-Christ. Ce qui était annoncé en figures devient réalité. Jésus accomplit les Écritures. Il est la Parole faite chair. Il révèle le Père. Sa résurrection scelle Son identité : Il est bien le Fils de Dieu, le Sauveur du monde. L’Apocalypse achève cette révélation en nous montrant Christ glorifié, « l’Alpha et l’Oméga », Celui qui était, qui est et qui vient.

Le choix qui nous appartient
Entre Atlas et le Seigneur Jésus, il y a donc deux visions du monde, deux destins pour l’homme. Atlas nous parle d’un univers froid et indifférent, où l’homme est condamné à porter seul le poids de son existence. Dieu nous révèle un univers porté par l’amour, où le Seigneur Lui-même se fait proche pour nous relever. Le choix nous appartient. Continuerons-nous à vivre comme des Atlas modernes, courbés sous le poids de nos fardeaux, persuadés que tout dépend de nous ? Ou choisirons-nous de nous tourner vers le Seigneur, de Lui confier nos charges, de nous appuyer sur Celui qui porte tout ?La foi chrétienne ne nous promet pas une vie sans épreuves. Mais elle nous offre une certitude inébranlable : nous ne sommes pas seuls. Le Dieu qui a créé l’univers, qui a porté nos péchés sur la croix, porte aussi nos vies aujourd’hui. Là où Atlas est écrasé, le chrétien est relevé. Là où le mythe grec ne propose qu’un destin tragique, l’Évangile ouvre une espérance qui ne déçoit pas.

Que notre prière soit donc celle de David qui exprime sa confiance totale :
« En Toi, Éternel, je me repose ; mon Dieu, je me confie en Toi pour toujours. »

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Le mariage chrétien : un succès ! Quatrième édition pour ces allocutions de Pie XII. Un livre pour la saison !

Voilà un beau succès de librairie qui réjouit les cœurs ! Le mariage est donc d’actualité et mieux encore, il se veut réfléchi, profond et tourné résolument vers l’avenir, avec l’aide de Dieu ! C’est donc une quatrième édition pour ce classique : le mariage chrétien de Pie XII.

Au cours de ses audiences publiques, le pape Pie XII avait l’habitude de s’adresser aux nouveaux mariés, venus à Rome pour leur voyage de noces. Le Souverain Pontife parlait aux jeunes époux du rôle respectif de l’homme et de la femme, de leur harmonieuse collaboration, de l’amour qui les lie, des grâces sacramentelles auxquelles ils ont droit, des épreuves qu’ils pourront rencontrer, mais surtout des joies qui leur seront données, de la bénédiction des enfants et de l’éducation qui en est le corollaire. De nombreux thèmes sont abordés dans ce livre : la prière en famille, la chasteté conjugale, la mode, le mari et la femme, l’éducation, la collaboration des époux, les lois divines de la procréation, la famille nombreuse… Le Pasteur angélique possédait, à un degré étonnant, le don de renouveler un sujet, de varier son discours ou d’aborder un même thème sous des aspects différents. Chacune de ses allocutions est ainsi profondément originale et ouvre au lecteur des perspectives inédites.

De ces textes riches de doctrine, de fine psychologie, de conseils avertis, Pie XII n’a pas voulu faire un exposé technique. Ces pages s’adressent aussi aux jeunes du XXI° siècle ! Les vérités demeurent. Les principes s’appliquent aujourd’hui avec la même force et doivent guider notre jeunesse, l’armer contre les écueils, en faire des forteresses, fières, aimantes, et missionnaires. Ces écrits de Pie XII révèlent une âme vivante et sensible, celle d’un père qui communique à ses enfants son espérance surnaturelle en la valeur inestimable du mariage chrétien.

Voilà un petit paquet à rajouter à la pile des cadeaux de mariage !

Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/hommefemme-mariage/17363-le-mariage-chretien.html?ref=043193205

Le Mariage chrétien, Pie XII, Editions Clovis, 176 pages, 17€.

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Encore des mesures fiscales contre les familles ?

À la demande du Premier ministre, l’Inspection générale des finances (IGF) et l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) ont publié un rapport proposant de revoir les dépenses relatives aux politiques familiales.

L’IGF et l’IGAS avancent une dizaine de mesures pour économiser 4,2 milliards d’euros sur le dos des familles. Parmi les idées avancées, on trouve notamment : les droits familiaux de retraite et la majoration de pension de 10 % dont peuvent bénéficier les personnes ayant eu trois enfants ou plus. Les inspections proposent de la remplacer par une forfaitisation à hauteur de 125 euros par mois.

Concernant les allocations familiales, les inspections proposent d’abaisser de 20 % les plafonds de ressources à partir desquels leur montant diminue. La mesure affecterait 591 000 ménages.

L’IGF et l’IGAS souhaitent aussi revoir les aides personnalisées au logement versées aux étudiants
rattachés au foyer fiscal de leurs parents, « en prenant en compte les ressources parentales ». Cela conduirait à diminuer les aides perçues par 310 000 foyers, et 200 000 d’entre eux en perdraient même le bénéfice. Economies espérées : 550 millions d’euros.

Sur le volet fiscal, les inspections recommandent de supprimer la réduction d’impôt pour frais de scolarité dans le secondaire ou le supérieur : 450 millions d’euros d’économies.

A la rencontre des bénévoles de l’Accueil Louis et Zélie d’Ajaccio

De Guillaume d’Alançon :

L’Accueil Louis et Zélie est implanté à Ajaccio depuis la rentrée 2025. Aussi ai-je décidé d’y faire un petit saut pour prendre la température de la Corse.

En ce mois de juillet, il faisait très chaud, assurément. Quelle joie de retrouver Margot et Laurent ! Toujours disponibles et généreux, sur cette île de Beauté qui n’en comporte pas moins des misères humaines. Leur accueil a été merveilleux, qu’ils en soient encore remerciés. Nous avons pu parler longuement de tant de sujets que nous avons en commun. Cette joie de l’amitié dans le Christ est un merveilleux trésor.

J’ai pu aussi rencontrer l’évêque, le Cardinal Bustillo et son vicaire général, l’abbé Constant. Son Eminence m’a confirmé son désir d’ouvrir un deuxième accueil à Bastia, préfecture de Haute-Corse et dont la cathédrale est absolument magnifique.

Les connaisseurs disent que c’est le plus beau port de toute la Méditerranée. Puisse cette ville être toujours un abri sûr pour ceux qui peinent. Mais je ne voudrais pas terminer ce bref compte-rendu sans partager avec vous un petit fioretti.

Me trouvant à l’Île-Rousse, bourgade du nord de la Corse, et, venant de perdre mon portefeuille, je remuais ciel et terre pour le retrouver.

Le soir, reparti dans la direction de la montagne pour rejoindre mon hébergement, le téléphone se met à sonner. Numéro inconnu… je décroche quand même. Un homme avec un accent prononcé m’indique qu’il est en possession de mes papiers.

C’est un Corse bien évidemment.

Heureusement, quelques cartes de visite épaississaient le soufflet de mon porte-monnaie.
Nous convenons d’un rendez-vous. Quelques instants plus tard, tandis que j’attends tranquillement dans ma voiture, je vois arriver un homme jeune accompagné d’une femme. Celle-ci porte une jolie croix dorée autour de son cou. Comme saint Thomas qui peine à croire, j’attends de toucher le cuir pour être bien certain que tout cela est réel.

Ceux qui ont perdu leurs papiers savent à quel point il est pénible de faire opposition sur sa carte bancaire, de déclarer la perte ou le vol des différentes cartes d’identité…

Un portefeuille c’est aussi un coffre-fort : on conserve toujours des informations sur un post-it, une photo de ses enfants ou encore un numéro de téléphone écrit à la hâte.

Ce modeste maroquin comportait aussi un autre joyau, une relique de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, qui m’avait été offerte par un donateur de notre association. Aussi étais-je un peu tendu …
Les commerçants m’avaient dit:
“N’ayez pas peur, vous le retrouverez”. Je n’y croyais pas beaucoup.

En conversant avec ceux qui me ramenaient l’objet perdu, je découvrais des personnes magnifiques. Leur simplicité et leur ouverture de cœur ont touché le mien. Je leur racontais brièvement l’histoire de Louis et Zélie, puis celle de la petite Thérèse. Avant de nous séparer, dans un mouvement très faiblement prémédité, je leur donnais la relique de la sainte de Lisieux. C’était un bout de ses vêtements.

L’image évangélique de la femme qui touche la frange du manteau de Notre-Seigneur me semble la plus appropriée pour décrire la réaction qu’ils ont eue. Secrètement je remerciais Dieu. Je leur dis ensuite quelques mots sur l’accueil Louis et Zélie. Au moment de partir, mon nouvel ami corse me dit en montrant la relique “nous en prendrons grand soin”.
Il avait tout compris.

Puissions-nous prendre grand soin, les uns des autres.
Bonnes vacances à tous.

Guillaume

André Bergevin, vingt ans après : la révolution permissive avait-elle une fin ?

Lorsqu’il publie Révolution permissive et sexualité en 2003, André Bergevin décrit un mouvement davantage qu’un état des mœurs : la tolérance invoquée pour lever l’interdit prépare la normalisation de ce qui le transgressait. Il écrit pourtant avant l’iPhone, Pornhub, Tinder, Instagram, TikTok et OnlyFans. Vingt-deux ans plus tard, la révolution numérique permet de mesurer la profondeur de son intuition : la libération du désir n’a pas seulement changé les conduites ; elle a rendu possible une immense industrie de sa stimulation, de sa comparaison et de sa marchandisation.

Un livre venu d’un autre monde

Il suffit parfois de quelques dates pour faire apparaître la distance historique. Révolution permissive et sexualité. De la tolérance comme argument à la transgression comme processus paraît le 20 novembre 2003 aux Éditions François-Xavier de Guibert. Le volume compte 401 pages et s’inscrit dans la collection « Combats pour la liberté de l’esprit ». Internet existe, naturellement, et la quatrième de couverture évoque déjà la « déferlante de la pornographie ». Mais, au troisième trimestre 2003, 27 % seulement des foyers français sont connectés et 8 % disposent du haut débit. L’ordinateur familial est encore un meuble ; la connexion, une activité ; l’accès aux images, une démarche.

Tout ce qui transformera ensuite l’image sexuelle en environnement permanent reste à venir. L’iPhone et Pornhub apparaîtront en 2007, Instagram en 2010, Tinder en 2012, OnlyFans en 2016, TikTok sous sa forme internationale en 2017. Bergevin écrit avant l’écran personnel constamment présent dans la poche, avant le défilement infini des profils, avant la recommandation algorithmique, avant que l’intimité puisse être photographiée, transmise, copiée et vendue en quelques secondes. La pornographie était déjà abondante ; elle n’était pas encore devenue une infrastructure quotidienne du désir.

L’époque n’a évidemment rien d’un âge innocent. La loi Neuwirth a autorisé la contraception en 1967, la loi Veil et le divorce par consentement mutuel datent de 1975, le Pacs de 1999. Mai 68 est passé de l’insurrection au slogan publicitaire ; la pornographie a ses cinémas, ses magazines, ses cassettes, son Minitel et ses chaînes payantes. Les années sida ont rappelé que le plaisir pouvait rencontrer la souffrance et la mort. Mais nous sommes encore dix ans avant le mariage entre personnes de même sexe et quatorze ans avant #MeToo. Le livre paraît ainsi dans un moment singulier : assez tard pour dresser le bilan de la révolution sexuelle, assez tôt pour ne pas connaître sa démultiplication numérique.

Qui est André Bergevin ? Il s’agit du pseudonyme de Jean-Michel Olivereau, docteur en neurosciences, ancien professeur de l’Université Paris-V et professeur honoraire de l’Université Paris-Descartes.

Le livre a connu une diffusion modeste et principalement catholique. On ne trouve guère de réception universitaire substantielle. Son hypothèse directrice n’en mérite que davantage d’être examinée, car elle est formulée avec une netteté remarquable dès le paratexte : « Les normes d’aujourd’hui sont les transgressions d’hier. » L’auteur entend analyser la permissivité sexuelle, « l’aliénation de la liberté » qu’elle induit et les mécanismes idéologiques et psychobiologiques qui la soutiennent.

La tolérance comme argument, la transgression comme processus

Le sous-titre du livre contient presque toute sa force. Bergevin ne met pas simplement en concurrence la sévérité et la tolérance. Il distingue un argument d’un processus. La tolérance est d’abord l’argument par lequel une pratique réprouvée demande à n’être ni empêchée ni condamnée publiquement. La transgression est le processus par lequel le déplacement d’une limite prépare celui de la suivante.

La demande initiale paraît modeste : il ne serait pas demandé d’approuver, seulement de laisser faire. Cette revendication peut être juste lorsque l’ancienne norme confond abusivement morale, droit pénal et persécution des personnes. L’ordre sexuel antérieur n’était pas sans hypocrisie : il pouvait appliquer aux femmes une police de la réputation dont les hommes s’exemptaient, tolérer secrètement ce qu’il condamnait publiquement, laisser certaines violences conjugales sans nom et faire peser sur les femmes l’essentiel des conséquences d’une grossesse non désirée. Une réflexion catholique crédible n’a rien à gagner à transformer ce passé en paradis perdu.

Mais la tolérance demeure une position instable. Au sens classique, tolérer signifie s’abstenir d’interdire ce que l’on continue de juger imparfait. Or une société qui fait de l’autonomie individuelle sa valeur souveraine peine à maintenir cette distinction. Si une pratique licite ne produit aucun dommage immédiatement assignable, pourquoi resterait-elle moralement inférieure ? La tolérance tend ainsi vers la neutralité, la neutralité vers l’acceptation, l’acceptation vers la normalisation. Ce qui a été normalisé peut enfin être valorisé comme signe d’ouverture, de courage ou d’authenticité, tandis que l’ancienne réserve apparaît répressive ou pathologique.

Cette séquence détaillée — tolérance, neutralité, acceptation, normalisation, valorisation, puis suspicion portée sur l’ancienne norme — constitue notre explicitation de la dynamique de Bergevin. Un texte postérieur confirme que l’auteur pensait bien en termes de mouvement cumulatif. Dans « Pornographie : quels enjeux pour la liberté ? », publié en 2018 dans Liberté politique, Olivereau de son vrai nom affirme que « la dérive se passe toujours dans le même sens » et que « les valeurs finissent toujours par s’aligner sur les comportements ». Quinze années séparent cet essai du livre ; elles n’empêchent pas d’y reconnaître une remarquable continuité.

L’intuition la plus profonde est que la révolution permissive ne peut aisément se stabiliser si elle valorise la transgression elle-même. Une société peut évidemment modifier une règle et en établir une autre. Mais si l’affranchissement de l’interdit devient en soi la preuve de la liberté, toute frontière nouvelle héritera du soupçon qui a emporté la précédente. Une transgression victorieuse perd d’ailleurs une part de son prestige dès qu’elle devient commune : l’avant-garde doit chercher un nouveau scandale sous peine de devenir l’académie qu’elle moquait.

Voilà ce que le mot « permissif » risque de dissimuler. Il ne désigne pas seulement une société dans laquelle davantage de comportements sont autorisés. Il désigne une culture qui ne sait plus très bien justifier une limite autrement que par le dommage direct et mesurable. Or la sexualité engage des biens que le seul contrat entre deux volontés ne suffit pas à épuiser : l’attachement, la vulnérabilité, la mémoire du corps, la différence des temporalités affectives, la possibilité de la conception, la filiation et la formation progressive des habitudes.

Le sociologue Michel Bozon, qui n’appartient nullement à l’univers intellectuel de Bergevin, décrivait précisément en 2002 le passage de contrôles extérieurs à des disciplines intérieures. Les transformations de la sexualité moderne devaient selon lui être « moins considérées comme une émancipation que comme une individualisation » : l’individu doit désormais produire sa propre norme, tout en restant soumis au jugement social. La convergence est éclairante. L’interdit ancien ne disparaît pas sans laisser de successeur ; il cède souvent la place à l’obligation de réussir sa liberté.

Lorsque « vous pouvez » devient « vous devez »

Une révolution commencée sous le signe de la permission peut donc engendrer ses propres conformismes. Vous pouvez dissocier sexualité, engagement et procréation ; vous pouvez expérimenter, rompre et recommencer. Mais lorsque ces possibilités deviennent des signes de maturité et d’autonomie, le « vous pouvez » tend insensiblement vers le « vous devez ». Il faut avoir de l’expérience sans paraître blessé par elle, être désirable sans sembler dépendant du regard d’autrui, se montrer disponible sans demander trop tôt la durée, accueillir la rupture sans manifester une jalousie jugée archaïque. Celui qui préfère l’abstinence, l’exclusivité ou l’engagement précoce n’est plus simplement libre de son choix : il doit parfois l’expliquer.

Les recherches contemporaines saisissent cette pression. À partir de l’enquête Envie sur les 18-29 ans, Marie Bergström observe que, dans certains milieux, la sexualité non conjugale peut devenir pour les jeunes femmes un moyen attendu de montrer qu’elles ont « profité de leur jeunesse ». Le verbe est révélateur. Il peut exprimer une liberté réellement choisie ; il peut aussi désigner un devoir biographique, comme s’il fallait accumuler les preuves d’émancipation avant d’avoir le droit de se « poser ».

Les contraintes nouvelles ne sont pas identiques pour les deux sexes. Pour beaucoup d’hommes, la pornographie propose un apprentissage du désir sans altérité réelle. L’attente, la parole, la maladresse, le refus et les conséquences disparaissent au profit de corps immédiatement disponibles et de pratiques dont la succession entretient l’excitation. Tous les usagers ne reproduisent évidemment pas ce qu’ils regardent, mais aucune culture n’expose massivement une génération à des scénarios sans contribuer à son imaginaire.

Pour les femmes, l’injonction est plus contradictoire encore : devenir pleinement sujet de son désir tout en demeurant un objet désirable sur un marché visuel incessant. La présentation de soi, les « likes », les messages et les classements implicites transforment facilement la désirabilité en mesure de la valeur personnelle. Une revue systématique publiée en 2025 conclut que les usages visuels des réseaux sociaux centrés sur l’apparence sont associés à davantage d’auto-objectivation, de surveillance du corps et de préoccupations liées à l’image.

Eva Illouz a montré comment l’élargissement du choix et les marchés de la rencontre rendent les relations plus réversibles, plus comparables et plus incertaines. Avec Dana Kaplan, elle analyse dans Le Capital sexuel la désirabilité, l’expérience et la présentation de soi comme des ressources susceptibles d’être converties en avantages sociaux. La libération n’a donc pas supprimé les asymétries entre hommes et femmes ; elle les a en partie déplacées. Elle propose aux hommes l’illusion de l’abondance et aux femmes une souveraineté de l’image, tout en exposant les uns et les autres à l’inquiétude de n’être ni assez désirables ni durablement choisis.

Le diagnostic de Bergevin prend ici une profondeur anthropologique. La permissivité ne modifie pas seulement la liste des actes autorisés. Elle apprend au sujet à se comprendre lui-même : son corps devient une ressource, le corps d’autrui une expérience possible, la relation un contrat révocable, le désir une preuve d’authenticité, la frustration une anomalie et l’engagement un coût d’opportunité. Le véritable triomphe de la révolution sexuelle n’est peut-être pas d’avoir multiplié les pratiques, mais d’avoir habitué l’homme à se penser comme consommateur de jouissance avant de se penser comme personne capable de communion.

L’expérience grandeur nature du numérique

Vingt années supplémentaires permettent désormais de confronter l’hypothèse de Bergevin aux faits. La première mutation est celle de la pornographie gratuite, instantanée et presque illimitée. Selon l’Arcom, 2,3 millions de mineurs fréquentaient chaque mois des sites pornographiques en 2023 ; dès 12 ans, plus de la moitié des garçons s’y rendaient en moyenne mensuellement. En 2024, près de 40 % des 12-17 ans consultaient un site adulte au cours d’un mois donné. Ces chiffres ne disent pas que tous regardent les mêmes contenus ni qu’ils en subissent les mêmes effets. Ils établissent néanmoins qu’une part immense de la jeunesse reçoit désormais ses premières représentations sexuelles d’industries qui ne cherchent ni son éducation affective ni son bien.

La prudence scientifique oblige à ne pas transformer cette exposition en causalité universelle. Une revue de quarante-quatre études longitudinales publiée en 2025 relève des associations avec certaines attitudes permissives, la disposition aux relations occasionnelles ou des conduites à risque, mais aussi des résultats hétérogènes et parfois contradictoires. La pornographie n’explique jamais seule une trajectoire. Elle agit parmi la famille, les pairs, le tempérament, les autres médias et l’histoire affective. Cette nuance ne diminue pourtant pas l’enjeu : même lorsqu’un scénario ne détermine pas mécaniquement les conduites, il fournit des images, des comparaisons, un vocabulaire et un horizon de possibilité.

La seconde mutation est celle de la rencontre numérisée. L’enquête nationale CSF-2023, menée auprès de 31 518 personnes, révèle que 63,9 % des femmes et 72,8 % des hommes de moins de 30 ans ont déjà connu une expérience sexuelle en ligne au sens large. Près de quatre jeunes sur dix ont rencontré en ligne un partenaire sexuel ; 36,6 % des jeunes femmes et 39,6 % des jeunes hommes ont envoyé une image intime. Lors du dernier échange de ce type, 28,7 % des femmes ayant reçu une image déclarent ne pas y avoir explicitement consenti, contre 6,3 % des hommes.

Les applications n’empêchent nullement l’amour ni la formation des couples. L’enquête Envie montre que 66 % des 18-29 ans ont connu une relation de couple dans l’année et que 76 % des jeunes couples non cohabitants souhaitent un jour vivre ensemble. Le désir d’engagement demeure donc puissant. Mais les interfaces modifient les conditions de la rencontre : les personnes deviennent des profils comparables, les alternatives restent toujours visibles, et l’existence d’un partenaire possible à un geste du pouce accompagne silencieusement la relation présente. Le choix s’élargit ; la certitude d’être choisi se fragilise.

Les statistiques françaises font apparaître un paradoxe saisissant. Entre 1992 et 2023, le nombre moyen de partenaires déclarés au cours de la vie est passé de 3,4 à 7,9 chez les femmes de 18 à 69 ans et de 11,2 à 16,4 chez les hommes. Les répertoires sexuels se sont diversifiés. Pourtant, la proportion de personnes ayant eu une activité sexuelle au cours de l’année est tombée de 86,4 % à 77,2 % chez les femmes et de 92,1 % à 81,6 % chez les hommes. La fréquence mensuelle des rapports a également diminué, y compris chez les couples cohabitants. L’hypersexualisation des représentations peut donc coexister avec une raréfaction de la rencontre charnelle : davantage d’images, de possibilités et de comparaisons, mais moins de sexualité vécue. Cette baisse ne saurait être attribuée au seul porno ou aux applications. Le logement, l’allongement des études, la précarité, la santé mentale, les rythmes de travail et l’usage général des écrans interviennent probablement.

Mais Bergevin avait vu juste sur le mouvement général : ce qui était présenté comme transgression devient norme, puis marché. OnlyFans en offre l’image presque parfaite. Créée en 2016, la plateforme associe abonnement, pourboire, conversation et contenu personnalisé. Reuters lui attribuait en 2024 plus de 300 millions d’utilisateurs, 4,1 millions de créateurs et 1,3 milliard de dollars de chiffre d’affaires ; l’entreprise prélève 20 % des revenus des créateurs. Chacun peut désormais devenir simultanément consommateur, producteur et entrepreneur de sa propre visibilité sexuelle. Le corps n’est plus seulement libéré de l’ancienne morale : il devient un actif économique.

Le désir affranchi, puis administré

Romain Roszak prolonge ici puissamment Bergevin. Dans La Séduction pornographique, il montre que la pornographie a depuis longtemps cessé d’être principalement subversive. Elle s’accorde désormais au capitalisme consumériste, qui transforme la recherche indéfinie du plaisir en marché. La transgression nourrit la nouveauté ; la nouveauté retient l’attention ; l’attention produit de la donnée et du revenu. Ce qu’une génération croyait arracher à la morale bourgeoise est devenu l’un des secteurs les plus caractéristiques de l’économie contemporaine.

René Girard permet de comprendre pourquoi cette marchandisation atteint le cœur même de la liberté. Dans Mensonge romantique et vérité romanesque, il dévoile l’illusion d’un désir qui naîtrait souverainement du sujet. Nous désirons à travers des modèles : ce que l’autre désire devient désirable. La disparition des médiations traditionnelles ne produit donc pas nécessairement un désir autonome. Elle peut livrer davantage celui-ci aux médiateurs industriels : publicité, cinéma, pornographie, influenceurs, profils populaires, tendances et recommandations algorithmiques.

Bergevin parle lui-même du mimétisme dans son essai de 2018, mais l’application systématique aux plateformes est notre prolongement. L’algorithme observe ce qui retient le regard, propose les contenus qui ont retenu celui des autres, mesure la réaction et recommence. Il n’impose pas un désir à un sujet passif ; il amplifie les modèles, accélère l’imitation et rend les médiations presque invisibles. Le sujet se croit d’autant plus spontané qu’il ignore les puissances qui organisent son champ de vision.

Le paradoxe est redoutable. La révolution sexuelle promettait de soustraire le désir aux institutions qui le contraignaient. Mais le vide n’est pas demeuré vide. Aux médiations familiales, religieuses et communautaires, souvent imparfaites mais identifiables, ont succédé des médiations anonymes dont l’objectif est de retenir l’attention et d’en tirer profit. Le sujet qui se croit le plus libre peut devenir celui dont le désir est le plus continuellement suscité, comparé, orienté et monétisé.

Bergevin ne pouvait prévoir le smartphone, le défilement des profils, la persistance du sexting, la quantification de la désirabilité ou la fusion de la pornographie avec l’économie des créateurs. Il avait pourtant compris l’essentiel : la permissivité peut aliéner la liberté lorsqu’elle transforme la satisfaction du désir en critère de l’accomplissement humain. La révolution qu’il décrivait comme culturelle et idéologique est devenue logistique. Elle possède maintenant des centres de données, des moyens de paiement, des techniques de rétention et des algorithmes de recommandation.

La réponse chrétienne : être libre pour se donner

L’anthropologie chrétienne apparaît, avec ce recul, non comme un vestige embarrassé devant le plaisir, mais comme une intelligence profondément réaliste de la personne. Elle refuse deux réductions symétriques : le corps n’est ni une matière honteuse qu’il faudrait mépriser, ni un capital dont le moi souverain disposerait sans reste. Il est la personne rendue visible, vulnérable et capable de relation. Ce que nous faisons par lui contribue à ce que nous devenons.

Dans son audience du 16 janvier 1980, saint Jean-Paul II parle de la signification « sponsale » du corps : sa capacité d’exprimer l’amour dans lequel la personne devient don. Une telle capacité exige la maîtrise de soi, non parce que le désir serait mauvais, mais parce que celui qui ne peut rien lui refuser n’est pas encore libre de donner. Le puritanisme traite volontiers le désir comme un ennemi ; le consumérisme comme un ordre. Le christianisme demande qu’il soit éduqué et intégré à la vérité de l’autre.

On comprend alors autrement l’avertissement de Humanae vitae. Paul VI redoutait que la dissociation entre l’acte sexuel et la procréation ne facilite l’infidélité et ne conduise l’homme à considérer la femme comme un instrument de jouissance. Il serait simpliste de prétendre qu’une seule technique explique toutes les évolutions ultérieures. Mais l’encyclique posait la bonne question : lorsque les conséquences naturelles de l’acte deviennent plus faciles à écarter, grandissons-nous d’autant en responsabilité, ou l’autre devient-il plus aisément disponible ? Le numérique a donné à cette interrogation une portée que Paul VI lui-même ne pouvait imaginer.

La morale sexuelle catholique cherche ainsi à maintenir ensemble ce que la modernité rend techniquement séparable : le désir, le corps, l’altérité, l’engagement, la fécondité, le temps, la fidélité et le don. Elle a parfois été mal présentée, réduite à des interdits ou trahie par ceux qui l’enseignaient. Mais son architecture demeure d’une cohérence incomparable. Elle ne demande pas seulement : « que m’est-il permis de faire ? » Elle demande : « quel être humain suis-je en train de devenir, et quelle promesse mon corps est-il capable de porter ? »

Vingt-deux ans après Révolution permissive et sexualité, l’expérience historique donne largement raison à l’intuition centrale de Bergevin. La tolérance peut devenir normalisation ; la libération peut engendrer de nouveaux conformismes ; la transgression peut devenir un produit ; le désir affranchi des anciennes normes ne devient pas pour autant autonome. Il peut passer sous l’autorité de médiateurs marchands beaucoup plus puissants parce qu’ils ne se présentent jamais comme des autorités.

La réponse chrétienne ne consiste pas à rêver d’un retour à un passé sans hypocrisie ni blessure. Elle consiste à rappeler qu’une limite n’est pas toujours une oppression, qu’un désir n’est pas toujours une vérité et que le corps n’est pas une chose dont le moi aurait simplement à disposer. La culture contemporaine définit volontiers la liberté sexuelle comme la possibilité de disposer de soi. Le christianisme en donne une définition plus haute et plus exigeante : devenir suffisamment maître de soi pour pouvoir véritablement se donner.

Et si le diagnostic de Bergevin nous trouble encore, c’est peut-être parce que la question posée en 2003 est devenue la nôtre : sous couvert de libérer nos désirs, n’avons-nous pas construit la société la plus puissante de l’histoire pour les susciter, les imiter, les mettre en concurrence et les vendre ?

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Une Presse au service du pouvoir

Suite à l’invasion de plus de soixante mille migrants dans la petite enclave espagnole de Ceuta, notre ministre de l’intérieur déclarait la semaine dernière dans la Presse de propagande :

« Tous les états membres européens, tous sans aucune exception, ont marqué leur solidarité avec l’Espagne. Ils ont convenu que l’espace Schengen n’était pas le problème, mais plutôt la solution. Ils ont aussi déploré que la circulation de certaines images sur la crise de Ceuta dans les réseaux sociaux révélaient des ingérences de la part de pays étrangers pour diviser l’Union Européenne. »

Malheureusement pour lui, les faits ne cessent pas de le contredire depuis le week-end dernier !

Tout a commencé avec une intervention musclée de Georgia Meloni soutenue par le Danemark, la Hongrie et d’autres pays européens. Elle a décidé de suspendre la libre circulation des personnes en provenance d’Espagne. En réponse à ces mesures de restrictions, le premier ministre espagnol a imposé à son tour des contrôles à l’entrée des ports et des aéroports pour les voyageurs en provenance d’Italie. Autant l’un que l’autre prouve par là le niveau de solidarité régnant en Europe. Contrairement aux affirmation de Laurent Nunez, l’entente à l’intérieur de l’Union Européenne est loin d’être une évidence. Mais comme d’habitude, la Presse de propagande se garde bien d’évoquer ces querelles internes et de mettre notre ministre de l’intérieur en face de ses propres contradictions. De nos jours, la Presse semble plutôt faite pour conditionner la population et non pour poser à nos dirigeants les questions qui fâchent.

Lors des récents incendies dans le Sud-Ouest de la France, les médias ont ainsi focalisé notre attention sur le manque de canadairs, négligeant de la sorte les problèmes essentiels de manque d’entretien des pares-feux ou de la monoculture du Pin dans des zones à risque dont j’ai eu l’occasion de parler dans un récent article. **

Aujourd’hui, cette même Presse nous présente l’invasion de l’enclave de Ceuta par des milliers d’individus comme un problème d’immigration. Pour son public de tendance nationaliste, elle se sert de la peur provoquée par ces hordes de jeunes gens prenant d’assaut la petite enclave espagnole, et pour son public plutôt mondialiste, elle utilise la pitié en soulignant la détresse de ces pauvres jeunes fuyant la misère. Toujours les mêmes recettes : la Presse utilise la colère, la peur ou la pitié pour manipuler les foules, et nous tenir à l’écart des vrais problèmes.

Quand on voit plus de soixante mille jeunes adultes monter simultanément à l’assaut de la petite ville de Ceuta, on suspecte un minimum d’organisation. Pire, on a le sentiment que cette multitude de migrants est utilisée comme une arme !

En mai 2021, le gouvernement marocain avait déjà utilisé cette arme. A cette époque, le Maroc se disputait la région du Sahara occidental avec les indépendantistes du Front Polisario soutenu par l’Espagne. Pour rompre ce soutien, le Maroc avait laissé entrer plus de dix mille migrants dans l’enclave de Ceuta. Face à une telle crise, l’Espagne s’était plié aux désirs du gouvernement marocain, abandonnant toutes relations officielles avec le Front Polisario.
De leur côté, les États-Unis et Israël avait reconnu dès 2020 la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental faisant ainsi du Maroc un précieux allié. Aujourd’hui, alors que le gouvernement espagnol soutient les palestiniens de Gaza, alors que le gouvernement espagnol empêche l’armée américaine d’utiliser ses bases militaires pour attaquer l’Iran, on peut comprendre l’irritation d’un Donald Trump ou d’un Benjamin Netanyahou à l’encontre de Pedro Sanchez. Dans ce billard politique à trois bandes, on peut facilement imaginer Donald Trump, Benjamin Netanyahou et le roi du Maroc envoyer un message d’avertissement à Pedro Sanchez pour le rendre plus coopérant : la prochaine vague de migrants pourrait être pire !
Autrement dit, il ne serait pas étonnant que de tels personnages utilisent la misère humaine en guise d’arme politique.

Ce terrible constat fait penser à ce passage de l’Évangile de Matthieu où Jésus est ému de compassion devant une foule espérant en un avenir meilleur :

« Quand Jésus sortit de la barque, il vit une grande foule et fut ému de compassion pour eux parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses. Comme l’heure était avancée, ses disciples s’approchèrent de lui et dirent : ce lieu est désert et l’heure est avancée, renvoie les afin qu’ils aillent dans les campagnes des environs pour acheter de quoi manger.
Jésus leur répondit : donnez leur vous-mêmes à manger.
Mais ils lui dirent : nous n’avons ici que cinq pains et deux poissons.
Et il dit : apportez les moi. Il fit asseoir la foule et prit les cinq pains et les deux poissons et levant les yeux au ciel, il rendit grâce. Puis il rompit les pains et les donna aux disciples qui les distribuèrent à la foule. »

Jésus s’est intéressé à cette foule de miséreux, il a pris soin d’eux en leur procurant de la nourriture mais surtout, il leur a offert une espérance dans le Royaume de Dieu. Nos dirigeants au contraire utilisent les foules de malheureux pour régler leurs propres conflits, les manipulant sans l’ombre d’un remord : quel contraste !

* * – Parole de forestier

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Messe, rosaire et disco-polo : le phénomène des médias catholiques du père Rydzyk

Le 8 août, à Toruń, des milliers de Polonais ont célébré la 18e Action de grâce en famille (Dziękczynienie w Rodzinie), le rassemblement annuel de la mouvance de Radio Maryja. L’occasion de faire découvrir le phénomène des médias catholiques du père Tadeusz Rydzyk, régulièrement attaqués par les milieux libéraux et de gauche en Pologne.

Le père Tadeusz Rydzyk est un religieux de la congrégation de l’ordre missionnaire catholique des rédemptoristes. Il dirige le groupe médiatique Lux Veritatis qui comprend le quotidien national « Nasz Dziennik », Radio Maryja et la chaîne de télévision TV Trwam. Ce milieu est depuis des années régulièrement critiqué, et parfois ouvertement attaqué, par les médias libéraux de gauche en raison de ses positions catholiques, conservatrices, patriotiques et pro-vie, mais aussi en raison de son poids au sein d’une partie de l’électorat polonais.

L’Action de grâce en famille est une fête annuelle de plusieurs heures organisée depuis 2009. Le rassemblement a lieu au sanctuaire de Notre-Dame Étoile de la Nouvelle Évangélisation et de saint Jean-Paul II, près du « Port au bois » (Port Drzewny) à Toruń, une ville connue des touristes pour son architecture médiévale. Les organisateurs de cet événement annuel sont Radio Maryja et l’ordre des rédemptoristes, avec le concours des étudiants de l’Académie de Culture sociale et médiatique, un établissement d’enseignement supérieur fondé par les mêmes cercles médiatiques des pères rédemptoristes.

Le programme de cette dernière édition était minutieusement réglé : à 12 heures, une messe solennelle présidée par l’évêque Józef Szamocki ; à 15 heures, le Chapelet de la Miséricorde divine ; à 17 heures, le rosaire et une procession avec la statue de Notre-Dame de Fátima. À cela s’ajoutaient des consultations médicales gratuites, un village éducatif des pompiers et des concerts. La soirée s’achève traditionnellement avec le groupe Bayer Full, représentant du disco-polo, un genre de musique populaire en Pologne, de type « disco ».

L’ampleur de l’événement se mesure bien à l’édition de 2025, lorsque la messe fut présidée par le nonce apostolique en Pologne, l’archevêque Antonio Guido Filipazzi. Il transmit alors la bénédiction pontificale, évoquant la famille comme une « réalité positive, grande et belle ».

En 2021, c’est le ministre de l’Éducation Przemysław Czarnek, homme politique de Droit et Justice (PiS), la principale formation conservatrice de droite en Pologne, qui prit part à l’événement. Preuve que l’Action de grâce attire aussi les représentants des plus autres autorités de l’État, lorsque le pays est gouverné par le camp favorable aux médias des pères rédemptoristes.

Malgré ces soutiens, ce milieu n’a pas la vie facile. Le reportage « 29 ans d’impunité. Le phénomène du père Tadeusz », diffusé par TVN24, la plus grosse chaîne d’information privée de Pologne, de profil libéral, reste emblématique de ces tensions. Le titre lui-même laissait entendre que le père Rydzyk s’était rendu coupable d’actes révoltants sans jamais en subir les conséquences, grâce à des arrangements politiques.

Dans un courrier adressé à la chaîne, l’avocat du père Rydzyk a formulé trois griefs : le reportage laissait entendre des actes punissables sans qu’aucune condamnation n’ait été prononcée ; il présentait le religieux comme le propriétaire d’un « empire médiatique », alors qu’en tant que religieux ayant prononcé des vœux de pauvreté il ne possède formellement aucun patrimoine ; enfin, il lui reprochait de profiter d’arrangements politiques.

L’ampleur des réactions fut considérable : après sa mise en ligne sur YouTube en 2023, le Conseil national de la radiodiffusion et de la télévision (KRRiT) — le régulateur polonais des médias, équivalent de l’Arcom française — a reçu plus de 26 656 plaintes de téléspectateurs.

Du point de vue même de la mouvance de Radio Maryja, ce différend s’inscrit dans un conflit de visions du monde plus large : entre le sécularisme libéral dominant dans une partie des médias polonais et l’ordre social chrétien que cette mouvance s’efforce de défendre et de promouvoir dans l’espace public.
Autre exemple de ces tensions : la « Hyène de l’année 2024 », un anti-prix satirique décerné chaque année par l’Association des journalistes polonais (SDP), l’une des deux grandes associations professionnelles de journalistes en Pologne. Il a été attribué aux journalistes Dorota Wysocka-Schnepf et Grzegorz Nawrocki, de TVP Info, la chaîne d’information de la télévision publique pour « récompenser » l’émission « Liaisons dangereuses » du 10 octobre 2024, consacrée au financement des activités du père Rydzyk par des fonds publics sous les gouvernements de Droit et Justice. Le vice-président de la SDP, Mariusz Pilis, a estimé que les journalistes avaient « enfreint presque toutes les règles » de la déontologie, en fondant leur reportage sur des « prétendus faits qui, en réalité, n’ont jamais eu lieu ».

Ce cas montre qu’une partie même du milieu journalistique polonais juge certains reportages critiques sur le père Rydzyk contraires aux normes professionnelles — cela révèle les moyens qu’emploient les médias désireux de salir le rédemptoriste. Le différend institutionnel le plus grave à l’heure actuelle est l’affaire du musée « Mémoire et Identité » à Toruń, consacré à Jean-Paul II. Il a été édifié en 2018-2019 en vertu d’une convention conclue entre la fondation Lux Veritatis et le ministre de la Culture de l’époque, Piotr Gliński.

Un contrôle de la cour des comptes polonaises (NIK) a mis au jour d’importants dépassements budgétaires : la construction aurait coûté 149 millions de zlotys au lieu des 74 millions prévus. L’actuel ministère de la Culture a assigné la fondation en remboursement de 210 millions de zlotys, et le Bureau central de lutte contre la corruption (CBA), le service polonais de lutte contre la corruption, a perquisitionné à deux reprises les locaux de la fondation.

Ces mesures ont commencé après la prise du pouvoir, en 2023, par la Coalition civique gaucho-libérale de Donald Tusk. La vice-ministre de la Culture Marta Cienkowska assure que le gouvernement ne cherche pas à supprimer l’institution, mais à revenir sur une convention patrimoniale qui aurait été défavorable à l’État. Plus de 500 000 personnes ont pourtant pris la défense du musée, en signant une pétition organisée par l’Équipe de soutien à Radio Maryja.

Radio Maryja et les autres médias de la fondation Lux Veritatis ne sont pas les seuls médias catholiques à avoir subi ce genre de procédés de la part du gouvernement de Donald Tusk. Bartłomiej Sienkiewicz fut ministre de la Culture au début de la législature de ce gouvernement. C’est à son initiative que fut adressée une lettre demandant aux institutions culturelles de préciser si, entre 2015 et 2023, elles avaient versé de l’argent à toute une liste d’organisations à sensibilité conservatrices et catholiques qui ont ensuite fait l’objet de répressions de la part du gouvernement de Donald Tusk. La liste en question, qui avait fuité dans les médias au début de l’année 2024, avait été qualifiée de « liste noire de Sienkiewicz ». Cette démarche concrétisait une revendication de la Coalition civique gaucho-libérale que le ministre de la Culture avait résumée, en février 2024, en ces termes : « c’est l’un de nos engagements de campagne : les hommes d’affaires liés à l’Église ne s’engraisseront pas sur l’argent public destiné à la culture ».

Les personnes pour qui Radio Maryja compte comme une radio importante affrontent aussi, depuis des années, des étiquettes. La plus célèbre est celle des « bérets en mohair » (moherowe berety) — une expression née du couvre-chef caractéristique que portent de nombreuses femmes âgées en Pologne. Elle a collé aux auditeurs de Radio Maryja après qu’en décembre 2005 le reporter-photographe Robert Górecki eut publié une photo des célébrations du 14e anniversaire de la radio, montrant une foule de femmes portant ce type de béret. Les auditeurs et téléspectateurs des médias des pères rédemptoristes ont aussi souvent été qualifiés de « secte », une formule employée par un sociologue, le professeur Ireneusz Krzemiński, en commentant un sondage pour Gazeta Wyborcza, le principal quotidien libéral national, dès septembre 2013.

Ces épithètes, répétées depuis vingt ans, montrent le caractère durable de la tension entre la mouvance de Radio Maryja et une partie des élites médiatiques et universitaires polonaises, pour qui le profil catholique et patriotique (et pro-vie) de ces médias reste inacceptable. Ces médias catholiques ne sont pourtant pas sur la défensive, bien au contraire. Ils se développent régulièrement. Selon le site Press.pl, entre 2021 et 2024, le nombre estimé d’auditeurs de Radio Maryja est passé d’environ 573000 à quelque 712000.

En juillet 2026, lors du 35e Pèlerinage de la Famille de Radio Maryja à Jasna Góra, le sanctuaire qui abrite la célèbre icône miraculeuse de la Vierge noire de Częstochowa, les messes ont été présidées par l’archevêque Zbigniew Zieliński et l’évêque Wiesław Szlachetka. Le pape Léon XIV lui-même a alors adressé ses salutations aux pèlerins de Radio Maryja lors de la prière de l’Angélus, et le président polonais Karol Nawrocki a adressé une lettre aux participants.
Les foules rassemblées au bord de la Vistule à Toruń le 8 août n’avaient rien d’un événement marginal : malgré deux décennies de controverses, la mouvance de Radio Maryja demeure une communauté de foi vivante, nombreuse et toujours croissante, et aussi une force d’évangélisation, au cœur de la Pologne catholique.

Jakub Miśkiewicz

L’auteur est étudiant en journalisme à l’Académie de Culture sociale et médiatique de Toruń en Pologne et stagiaire à l’Institut Ordo Iuris pour la Culture juridique.


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De Maria numquam satis

On connaît cette phrase de saint Bernard: on ne parlera jamais assez de Marie. Sous ce prestigieux patronage, un colloque international doit se tenir à Rome les 7 et 8 octobre prochains, dans les locaux de l’université des Augustiniens, à deux pas du Vatican. Ce colloque se tiendra en trois langues: italien, anglais et français. Vous pouvez découvrir le programme et vous inscrire en cliquant ici.

Le juste exercice de la force est la première des miséricordes

Le père Louis-Marie de Blignières a publié un ouvrage pour nous aider à vivre La Vie en Christ, avec les Pères de l’Eglise et saint Thomas d’Aquin. Le livre a été préfacé par Mgr Macaire, archevêque de Martinique, et a reçu l’Imprimatur de Mgr Dupont, évêque de Laval. Dans la préface, Mgr Macaire écrit :

Dans un monde où tant de repères vacillent – géopolitiques, culturels, spirituels –, ce livre a la saveur d’une parole ferme et paisible. Il rappelle que le dessein de Dieu pour l’homme n’a rien perdu de sa force, que les sacrements demeurent les lieux où l’on fait aujourd’hui encore l’expérience de la Trinité vivante, que la vocation chrétienne est une vocation à l’espérance.

Ce bel ouvrage, offert à la fin d’un jubilé précisément consacré à l’Espérance, en est comme l’un des fruits mûrs. Puissent ces pages aider  le  lecteur  à  redécouvrir,  dans  la  clarté  de  la  doctrine  et la douceur de la vie spirituelle, la joie de suivre le Christ et de vivre vraiment en Lui.

Le fondateur de la communauté Saint-Vincent Ferrier évoque trois des sept sacrements, baptême, confirmation et eucharistie. Dans le chapitre sur la confirmation, il évoque tour à tour les sept dons du Saint-Esprit, parmi lesquels le don de conseil, qui lui permet d’aborder les concepts de miséricorde, de justice et de correction fraternelle :

Il faut avoir le courage d’affirmer que le juste exercice de la force est la première des miséricordes.

C’ets une miséricorde vis-à-vis des victimes potentielles, évidemment. Mais c’est aussi une miséricorde vis-à-vis des agresseurs : le premier droit du malfaiteur, c’est la peine. Faire preuve de lâcheté devant des fanatiques d’une religion dont la crédibilité tient essentiellement à la force, c’est commettre un crime : celui de les renforcer dans leur délire meurtrier qui, demain, frappera plus fort.

On peut dire que la miséricorde est une compassion active inspirée par la charité et éclairée par la vraie prudence et la foi. Si elle est ainsi réglée, la miséricorde est pour nous, plus qu’un sentiment que nous éprouvons, une action rationnelle inspirée de pitié. C’est la plus grande des vertus, celle qui nous rend actifs par rapport au prochain dans la misère, comme Dieu a fait par l’incarnation rédemptrice, pour nous sortir de la misère du péché et de la mort.

Le diocèse de Rome annule les obsèques religieuses d’un artiste franc-maçon

Bruno Battisti D’Amario, guitariste classique, compositeur et pédagogue italien, est mort le 5 août 2026 à Rome à l’âge de 88 ans. Ses funérailles, prévues le 7 août à la basilique Santa Maria in Montesanto (connue comme “l’église des artistes”) de Rome, ont finalement été annulées après la révélation de son appartenance à la franc-maçonnerie. L’hommage officiel publié sur le site du Grand-Orient d’Italie a mis en lumière cet engagement que l’artiste avait maintenu dans la discrétion de son vivant.

Fondateur de la loge romaine du Grand-Orient d’Italie et compositeur de l’hymne officiel de cette organisation, cet artiste était un proche collaborateur d’Ennio Morricone. Après la révélation de son appartenance maçonnique alors que ses obsèques était déjà programmés, le recteur de l’église des artistes, située sur la Piazza del Popolo, Mgr Antonio Staglianò, a expliqué au Corriere della Sera avoir été alerté par la secrétairerie d’État du Saint-Siège et avoir sollicité le cardinal Baldassare Reina, vicaire général du diocèse de Rome:

«Je lui ai demandé de me faire transmettre par le service juridique une déclaration concernant l’impossibilité de célébrer les obsèques dans l’église».

Une courte prière a toutefois pu se tenir comme geste de «charité chrétienne», car «nous, catholiques chrétiens, devons et pouvons espérer pour tous», a précisé Mgr Staglianò, par ailleurs président de l’Académie pontificale de théologie. La décision du vicariat de Rome concernait donc une distinction formelle entre les funérailles religieuses et une brève prière.

Le même jour, toujours en Italie, un cas similaire s’est produit dans le diocèse de Vintimille et San Remo concernant Mario Tarducci, 73 ans, ancien «maître vénérable» de la loge Mimosa n°985 de Bordighera. L’évêque de ce diocèse, Mgr Antonio Suetta, a suspendu les funérailles prévues à Camporosso après avoir appris l’appartenance maçonnique du défunt par la presse locale et les avis de décès, alors que la célébration était déjà annoncée.

Le Vatican avait rappelé en 2023 que la ferme interdiction édictée par le cardinal Joseph Ratzinger en 1983 demeure pleinement en vigueur.

La Déclaration de 1983, signée par le cardinal Ratzinger, rappelait que les catholiques inscrits dans les loges maçonniques sont «en état de péché grave».

Avorter jusqu’à la naissance

Maura Healey, gouverneur du Massachusetts, a signé la loi qui supprime les restrictions à l’avortement jusqu’à la naissance. Cette loi avait été adoptée par les députés de l’Etat le 22 juillet par 119 voix contre 33, et au Sénat le 31 juillet par 15 voix contre 4.

En mai 2024, Maura Healey, lesbienne militante, rencontrait le pape François :

 

« En tant que catholique, je crois en notre responsabilité de prendre soin des autres, en particulier des plus vulnérables d’entre nous. Cette obligation doit également être au cœur de notre réponse au changement climatique. Ce fut un immense honneur de rencontrer Sa Sainteté le pape François la semaine dernière lors du Sommet du Vatican sur le climat. Je lui suis profondément reconnaissant pour son leadership en matière de climat, ainsi que pour les paroles sages et inspirantes qu’il a adressées aux dirigeants du monde entier : pour protéger nos populations et notre planète, nous devons « agir avec urgence, compassion et détermination, car les enjeux ne pourraient être plus importants ».

Maura Healey devrait-elle se voir refuser la communion après avoir signé la loi autorisant les avortements jusqu’à la naissance ?

Réaction de Mgr Barron, évêque de Winona :

Le gouverneur du Massachusetts vient de signer une loi qui autorise l’avortement jusqu’au moment de la naissance, tant que la mère et le médecin donnent leur accord.

Comprenez bien ce que cela signifie. Un enfant complètement formé, quelques instants avant de sortir du canal utérin, peut être éviscéré, haché en morceaux, avoir le crâne écrasé ou la peau brûlée – tout cela sous la pleine protection de la loi du Massachusetts.

Ce que j’ai trouvé particulièrement répugnant, c’était la réaction de la foule entièrement féminine autour de la gouverneur féminine du Massachusetts alors qu’elle signait cette disposition barbare. Elles applaudissaient et riaient avec délice parce que ce qu’on ne peut qualifier que d’infanticide peut désormais être pratiqué en toute impunité dans leur État.

J’ai l’âge de me souvenir de l’époque où Mario Cuomo, le gouverneur de New York, fervent catholique, admettait que, bien qu’il trouvât personnellement l’avortement répugnant, il était, après une lutte tourmentée avec sa conscience, prêt à lui accorder une protection légale limitée.

Comme nous sommes tombés bas, du Cuomo tourmenté et déchiré jusqu’à la gouverneur actuelle du Massachusetts et son entourage applaudissant avec joie le meurtre d’enfants.

En France, avec l’interruption Médicale de Grossesse (IMG) il est également possible d’avorter jusqu’à la naissance.

École Notre-Dame des Champs (Provins 77) : Inscriptions rentrée 2026

Face aux défis immenses que traverse l’Éducation nationale et à la perte progressive des repères fondamentaux, de plus en plus de parents font le choix légitime de se tourner vers l’enseignement libre. C’est pour répondre à cette exigence de vérité, de transmission et de construction intellectuelle et morale que l’école Notre-Dame des Champs, implantée à Provins (77), accueille vos enfants dans un cadre structurant et familial.

Une pédagogie de l’effort et de la rigueur
Notre établissement hors contrat s’attache à renouer avec les méthodes qui ont fait leurs preuves. L’apprentissage rigoureux de la lecture par la méthode syllabique, de l’écriture manuscrite, du calcul et de la grammaire constitue le socle indispensable de notre enseignement. L’histoire y est transmise avec le souci de la chronologie et de l’amour du patrimoine, permettant à chaque élève de comprendre ses racines pour mieux se projeter dans l’avenir.

Un climat propice à l’étude et au développement personnel
Parce que l’enfant a besoin de cadres clairs pour grandir en toute confiance, notre école veille scrupuleusement à maintenir un climat de respect, de discipline et de civisme. L’effectif maîtrisé de nos classes permet un suivi individualisé et attentif de chaque élève, tenant compte de ses talents propres comme de ses exigences de progression, afin de le mener vers l’excellence.

Rejoignez-nous pour la rentrée
Si vous souhaitez offrir à vos enfants un enseignement exigeant, respectueux de l’autorité des maîtres et enraciné dans les valeurs traditionnelles, nous vous invitons à nous contacter dès à présent.

Pour tout renseignement complémentaire, demande de documentation ou pour planifier une rencontre avec la direction, vous pouvez nous joindre par l’intermédiaire de notre secrétariat.
A très bientôt au sein de notre établissement

La Direction

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Euthanasie : le gouvernement s’autocritique

Lu dans Le Figaro. Le mémoire produit par le gouvernement à destination du Conseil constitutionnel contredit les propos tenus par les ministres lors des débats :

Demande de stage conventionné (1 à 2 mois dès Septembre 2026) – Assistant(e) Développement Commercial & Communication – Solution d’hébergement incluse

Vous cherchez un stage de 1 à 2 mois (sur l’année 2026 2027) riche de sens, responsabilisant et formateur dans le domaine du commerce, de la communication et du mécénat ?

L’Institution Notre-Dame des Champs (école primaire indépendante du CP au CM2, secteur Provins / Saint-Brice) recherche son/sa stagiaire dès septembre 2026 !
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Missions concrètes : développement des inscriptions, animation des réseaux sociaux, prospection de donateurs et commerces locaux.

Bonus : Une solution d’hébergement économique sur place ou à proximité immédiate (Ville Haute de Provins) est proposée pour accueillir un(e) étudiant(e) venant de loin !

📩 Postulez dès aujourd’hui en envoyant votre CV par courriel à la direction : [email protected]
(Voir tous les détails des missions sur le visuel ci-joint — Merci de partager dans vos réseaux !)

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Le grand mérite de saint Louis fut de distinguer clairement les pouvoirs temporels et spirituels sans les séparer comme aujourd’hui

A l’occasion du 800e anniversaire du sacre du roi saint Louis qui sera fêté le 29 novembre, L’Homme Nouveau consacre un numéro à ce grand roi de France. Le colonel (er) François-Régis Legrier, professeur de géopolitique, auteur de Saint Louis, modèle des chefs d’Etat, a été interrogé sur ce roi au service du bien commun. Extrait :

Saint Louis est une leçon à part entière, et pas seulement pour le chrétien : pour tous les chefs d’État et, plus largement, tous ceux qui ont une autorité. Car les principes de philosophie politique qu’il incarne dépassent le seul domaine de la foi et s’appliquent de manière universelle. Saint Louis n’était pas seulement un roi pieux ; il était doté d’un véritable sens politique nourri par sa foi. Donc, même en étant athée, on peut puiser dans l’exemple de saint Louis des leçons de bonne vertu politique. Je pense à l’exercice du bien commun, de la justice, au bon usage de la force… De plus, malgré le fait que le Moyen Âge soit une période extrêmement différente, on peut dégager un certain nombre de permanences. Si nous n’avons plus de grands barons, nous avons nos multinationales, nos grands corps d’État, qui parfois peuvent remettre en cause l’autorité de l’État. Et surtout, le cœur humain ne change pas : la soif de puissance, le désir d’argent sont de toutes les époques.

Cela en a-t-il fait une figure d’autorité éloignée de ses sujets ?

Le général De Gaulle disait que le pouvoir ne va pas sans prestige, et le prestige sans éloignement. Mais ce fut tout le contraire pour saint Louis : il avait à la fois une haute idée de sa fonction et une très grande proximité avec les gens de toutes conditions sociales. D’une manière générale, les rois capétiens avaient cette bonhomie naturelle, cette simplicité avec leur entourage, mais ce fut encore plus vrai chez lui. Il était particulièrement proche de sa famille. Il l’était aussi de ses conseillers, à commencer par Joinville qui deviendra son biographe, de ses soldats à qui il n’hésitait pas à donner l’exemple : en 1253, apprenant qu’une garnison chrétienne a été massacrée par les mamelouks à Sidon, saint Louis se rend sur les lieux et enterre lui-même les cadavres en décomposition, incitant ses chevaliers à faire de même. Il voulait être accessible à tous, à la fois au-dessus et au milieu des siens, exemple autant que présence.

Comment saint Louis envisageait-il la relation entre pouvoir spirituel et pouvoir temporel ?

Cette relation était compliquée au Moyen Âge, car le peuple chrétien demeurait sous une double juridiction, celle du roi et celle de l’Église. De plus, beaucoup d’évêques se trouvaient être aussi des seigneurs, gérants de domaines. Dans ce contexte, le grand mérite de saint Louis fut de distinguer clairement les deux pouvoirs sans les séparer comme aujourd’hui. Concrètement, s’il appliqua les principes chrétiens dans l’exercice du pouvoir, il sut s’opposer à certains empiétements du clergé. Par exemple, il s’opposa à ce qu’un seigneur, frappé d’excommunication, se vît confisquer ses biens temporels. Il n’hésita pas non plus à écrire au Pape pour lui faire des remontrances assez sévères sur des questions financières, notamment l’attribution des bénéfices ecclésiastiques. On aurait pu l’accuser de servir ses propres intérêts, mais sa générosité personnelle remarquable et sa grande piété l’exemptaient de tout soupçon ! […]

Quel est le secret de saint Louis ?

Je dirais : l’unité intérieure. On a tendance aujourd’hui à séparer la conviction et l’éthique. Saint Louis, précisément, les unifiait. Dans l’exercice de notre devoir d’état, il y a une façon de se comporter chrétiennement et saint Louis nous rappelle que c’est possible, y compris quand on occupe des postes de très haute responsabilité. Cette unité intérieure, saint Louis l’a trouvée dans le serment du sacre lui faisant un devoir d’exercer la justice et la charité, sacre dont nous fêterons le 29 novembre prochain le 800e anniversaire. Il l’a aussi puisée dans la récitation quotidienne des Psaumes et l’assistance à la sainte messe.

Pour que le monde ait la Vie

Les évêques de France ont dévoilé une intention particulière qui sera proposée lors de la prière universelle qui sera dite lors de la célébration de l’Assomption, le 15 août:

La solennité de l’Assomption marque l’anniversaire de la consécration de la France à la Vierge Marie. Prions pour notre pays: que le voyage apostolique de Léon XIV en France et à l’Unesco du 25 au 28 septembre soit une source de grâces pour notre Église, pour tous les habitants de notre pays et même au-delà, et qu’il nous encourage à prendre notre part dans l’annonce joyeuse de l’Évangile, pour que le monde ait la vie. Par l’intercession de la Vierge Marie, prions le Seigneur.

Une prière pour accueillir le pape Léon XIV a également été proposée:

Seigneur notre Dieu, Toi qui ne cesses de semer en nos cœurs le désir de vivre dans la justice et la paix, nous te rendons grâce pour la visite en France et à l’Unesco de notre Saint-Père, le pape Léon XIV. Bénis son voyage apostolique. Prépare nos cœurs à l’accueillir avec joie. Donne-nous de recevoir ses paroles avec confiance. Apprends-nous à servir la magnifique humanité que tu as créée. Fortifie notre foi, affermis notre espérance, stimule notre charité. Par l’intercession de Notre-Dame et de tous les saints de France, fais de nous des artisans d’unité, pour que le monde ait la vie. Que le voyage apostolique du pape Léon XIV porte des fruits abondants et heureux pour l’Église, notre pays et le monde, Toi l’Auteur de la vie pour les siècles des siècles. Amen.

Euthanasie : intervention de l’ONU auprès du Conseil constitutionnel

De l’ECLJ :

Alors que le Conseil constitutionnel va rendre sa décision sur « l’aide à mourir » dans les tout prochains jours, un juge fédéral américain de New York vient de donner raison à des congrégations catholiques, dont les Petites Sœurs des Pauvres. Il a en effet ordonné ce 31 juillet que ces congrégations ne soient pas obligées de participer à la procédure de suicide assisté. Cette première décision en référé est prise dans l’attente d’une décision sur le fond. C’est une première victoire qui doit encore être confirmée. Mais cela va dans le bon sens.

La seconde bonne nouvelle est l’intervention de Mme Nazila Ghanea, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la liberté de religion ou de conviction. Celle-ci a en effet écrit au gouvernement français puis au Conseil constitutionnel pour leur rappeler leur obligation, au titre du droit international, de respecter les libertés de conscience et de religion des professionnels de santé, y compris des pharmaciens, ainsi que la liberté des établissements religieux face à l’euthanasie et au suicide assisté.

Cette intervention est un fruit de l’engagement de Sœur Agnès aux Nations Unies à Genève le 3 marsdernier.  Peut-être vous souvenez-vous du discours de cette religieuse et médecin des Petites Sœurs des Pauvres devant le Conseil des droits de l’homme ?  Grâce à son statut d’ONG, l’ECLJ, l’avait alors accompagnée à l’ONU pour lui donner la parole et l’introduire auprès de Mme Nazila Ghanea à qui nous avons exposé la situation en détail.

L’intervention de Nazila Ghanea auprès du gouvernement français a déjà contribué à la suppression du  « délit d’entrave » qui condamnait à 2 ans de prison et à 30 000 euros d’amende les établissements objecteurs, entre autres.

La nouvelle intervention de Nazila Ghanea auprès du Conseil constitutionnel est aussi très importante, car la Rapporteuse spéciale, élue par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, possède une grande autorité. Elle est la référence mondiale en matière de liberté de conscience et de religion. Son intervention vient renforcer la contribution extérieure cosignée par d’anciens juges de la Cour européenne et commissaires européens, ainsi que par des universitaires de renom, à l’initiative de l’ECLJ.

Le Conseil constitutionnel ne peut donc pas ignorer la question de la liberté des établissements. Il doit se prononcer en détail sur ce point, d’autant plus qu’il a été soulevé par le Président du Sénat, le Premier ministre, les sénateurs et les députés dans leurs saisines respectives.

Vous le savez, la liberté des établissements religieux est extrêmement importante. Elle l’est non seulement pour les religieuses, qui ne devraient jamais être contraintes de choisir entre participer à une euthanasie et perdre leurs établissements. Elle l’est aussi pour les patients et les résidents vulnérables, afin qu’existent encore en France des lieux où nous puissions être en sécurité et soignés avec une véritable charité.

Ces lieux doivent continuer à exister en France.

La décision du Conseil est attendue dans les tout prochains jours. D’ici là, nous pouvons prier à cette intention. Puissions-nous rendre grâce le 15 aoûtpour la décision du Conseil constitutionnel.

Mais quelle que soit cette décision, l’ECLJ poursuivra ce « bon combat » au service des congrégations confrontées, à travers le monde, à cette obligation gravement injuste. La « bataille » pour la liberté de conscience face à l’euthanasie s’étend à travers les pays occidentaux. Elle est menée actuellement non seulement en France et aux États-Unis, mais aussi au Canada, où des hôpitaux catholiques sont harcelés en justice, ainsi qu’en Belgique où la loi va jusqu’à condamner les établissements catholiques qui interdisent à leur personnel de pratiquer l’euthanasie. C’est une véritable persécution qui leur est infligée par les promoteurs de l’euthanasie. Le conflit couve aussi en Espagne et au Portugal.

L’intervention de Nazila Ghanea auprès du Conseil constitutionnel, bien que réalisée dans le contexte français, sera aussi très utile pour ces combats, notamment auprès de la CEDH. Vous trouverez ici une présentation de l’état de ce conflit pays par pays.

Même si vous pensez être un animal ou un fer à repasser vous pouvez être bénévole pour la venue du pape à Metz [Addendum]

On ne sait pas quelle mouche LGBTQXYZ a piqué le diocèse de Metz pour ajouter un troisième genre à définir dans son formulaire d’inscription pour être bénévole lors de la venue du pape :

Addendum :

Un lecteur facétieux propose de réécrire le texte introductif sur la page d’inscription du diocèse de Mos.elle.il ! :

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Méfiez-vous des usurpateurs : le seul et unique compte officiel du Salon beige sur Telegram est ici.

Prix des lecteurs Actu’ailes-123 Loisirs, 2026, 6ème édition – C’est vous qui déciderez !

Actu’ailes un bimensuel d’actualités gratuit pour les 10-15 ans : lancé en 2013 par une quinzaine de parents, il vise à offrir une information régulière qui fait grandir, éveille la curiosité et donne le goût des grandes choses. Les articles sont basés sur des descriptions de faits d’actualité dont ils expliquent les origines, souhaitant permettre à l’enfant de comprendre le monde qui l’entoure. Les articles sont courts et conçus comme un moyen d’initier une réflexion qui se poursuivra par la lecture d’un livre, la visite d’un site internet, ou encore une discussion en famille.

Le Prix des lecteurs Actuailes-123 loisirs est un prix littéraire jeunesse qui vous propose de voter pour votre coup de cœur parmi une sélection de cinq livres.
Le 28 novembre 2026, l’auteur du roman qui aura remporté le plus de voix sera récompensé grâce à vous ! Les votes ouvriront dès le 7 novembre, mais d’ici là, vous avez tout le temps de découvrir les livres de la sélection.

N’hésitez pas à en parler autour de vous : à vos amis, à vos cousins, mais aussi à vos professeurs de français ou à vos maîtresses. Peut-être pourrez-vous donner envie à toute votre classe de participer à ce prix !

Sur 123 LOISIRS, un site de haute qualité de littérature pour la jeunesse, vous trouverez toutes les présentations de ces ouvrages : https://123loisirs.com/qui-sommes-nous/

Les cinq ouvrages sélectionnés pour ce prix 2026, sont disponibles sur LIVRES EN FAMILLE :

– CLOVIS, LA NAISSANCE D’UN ROYAUME, de Thomas Oswald. Collection « Grandes figures de l’Histoire de France », Plein Vent. 223 pages, 14,90 euros. Dès 12 ans. https://www.livresenfamille.fr/de-12-a-14-ans/29435-clovis-la-naissance-d-un-royaume-grands-figures-de-l-histoire-de-france.html
Une biographie qui se lit comme un roman, enrichie de notes historiques, repères chronologiques et lexique.

– LE ROYAUME PERDU D’ERIN. La trilogie, d’Anne-Elisabeth d’Orange. Emmanuel jeunesse, 460 pages env. et 22 euros chaque tome. Dès 13 ans. https://www.livresenfamille.fr/de-12-a-14-ans/25045-le-royaume-perdu-d-erin-livre-i-le-mercenaire.html
Esprit chevaleresque, souffle épique et fantaisie, dans une belle inspiration incarnée par des personnages bien campés.

– TAKASHI ET MIDOR – LES AMOUREUX DE NAGASAKI, d’Isabelle Stock, collection « Toi et moi vers Dieu ». Emmanuel jeunesse, 386 pages, 19,90 euros. Dès 14 ans. https://www.livresenfamille.fr/biographies-temoins-saints/30581-takashi-et-midori-les-amoureux-de-nagasaki.html
Style alerte, nombreux dialogues et profondeur psychologique.

– TITANIC – LA NUIT QUI CHANGEA TOUT, de Peggy Boudeville, Fleurus. 208 pages, 14,95 euros. Dès 11 ans. https://www.livresenfamille.fr/de-12-a-14-ans/30056-titanic-la-nuit-qui-changea-tout.html
Roman historique captivant, supplément pour les curieux et mise en valeur de l’amitié.

– INDICATIF OZYMANDIAS’EGYPTE 1942, de Saint Calbre et La Raudière. Via Romana, 228 pages, 14 euros. Dès 14 ans. https://www.livresenfamille.fr/a-partir-de-1516-ans-et-plus/29484-indicatif-ozymandias-egypte-1942-semblable-a-la-nuit-3.html
Récit trépidant, avec une bonne toile de fond historique et militaire. Style vif, suspense et émotion.

Nous vous souhaitons de très belles lectures et de joyeuses vacances.
Et que le meilleur gagne !

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Église Saint-Germain de Rouy

A l’est de Nevers, en direction d’Autun s’étend la région du Bazois. En suivant la D. 978, on arrive à Rouy, gros village d’environ 600 âmes, dominé par le clocher de l’église saint Germain.

Dans le chœur, on verra une représentation d’un Christ entouré de l’aigle de saint Jean et l’Homme symbolisant saint Matthieu. Le reste ayant été irrémédiablement perdu.

Bien proportionnée, et constituée d’une nef et deux bas-côtés, il faudra aux visiteurs prendre le temps d’en admirer l’ornementation parfois très riche, bien digne du goût des clunistes, le portail est, les chapiteaux et le portail ; notamment. C’était autrefois un prieuré relevant de Cluny.

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A l’orée du bourg, il est possible de voir le château de Vesvres.

Saint Louis, roi et saint

Dimanche 9 août, Terres de mission reçoit Jean-Noël Toubon, auteur de “Saint Louis sur le chemin de la canonisation” (Voxgallia), à l’occasion du huitième centenaire du sacre du grand roi. C’est l’occasion d’évoquer en profondeur un aspect central, mais trop souvent occulté par les historiens, de la vie de Saint Louis: sa profonde foi chrétienne, âme et moteur de toute son action politique.

De la Comédie-Française de Martin Darondeau et Bertrand Usclat

De Bruno de Seguins Pazzis :

Les tumultes des répétitions d’une pièce de la Comédie-Française, la première mise en scène de la comédienne Nina. Elle va devoir mener à bien cette mise en scène, d’autant plus que la règle d’or de l’institution est de ne jamais annuler une représentation.

Avec : Pauline Clément (Nina Cardi), Laurent Stocker (Philippe Vialle), Julien Frison (Antoine de Nombel), Marina Hands (Émilie Hamel), Adeline d’Hermy (Suzanne Paturel), Danièle Lebrun (Nadine Guimard), Sefa Yeboah (Issa Diawara, l’ouvreur), Christian Hecq (Jacques Berisset, le régisseur), Serge Bagdassarian (Thibault Fur, l’administrateur général), Séphora Pondi (Mélanie Touré, la maquilleuse), Florence Viala (Fabienne Pastaud, la costumière), Guillaume Gallienne (Stéphane Billot, le gardien), Benjamin Lavernhe (Molière), Françoise Gillard (la ministre de la Culture), Nicolas Chupin (Bastien Feiler, le père de Sacha), Elissa Alloula (la pompière), Nicolas Lormeau (le pompier), Gilles David (Pierre, l’agent de sécurité), Suliane Brahim (Héloïse Colinot), Denis Podalydès (la voix de Radio Molière), Julie Sicard (l’ouvreuse), Éric Ruf (l’homme de l’ascenseur), Noé Griveau Nadal (Sacha, le bébé). Scénario : Bertrand Usclat, Martin Darondeau, Pauline Clément et Clémence Dargent. Directeur de la photographie : Hugo Paturel. Musique : Clément Ducol

Récompenses : Prix spécial du jury, Prix du public, Prix Coup de cœur de la région, Prix Canal+ du meilleur film au (2026).

De la Comédie-Française et de la comédie française… « La mise en scène aussi erre entre couloirs et coulisses, tantôt en caméra collée aux basques de Nina façon Birdman d’Iñarritu, tantôt faisant apparaître Molière en personne pour encourager l’héroïne et parachever un plaidoyer pro domo dont l’institution séculaire n’avait pas besoin. » (Charlotte Garson dans Les Cahiers du cinéma). Cette critique de la revue emblématique de cinéma permet idéalement de rebondir sur tout ce qu’il y a de positif dans cette comédie qui s’avère bien française. Oui, bien française, parce que les scénaristes et les coréalisateurs ont au contraire réalisé une œuvre pouvant attirer un public large dont une partie est très éloignée du théâtre classique. Et ceci, en alliant un esprit précisément classique avec le genre vaudevillesque, même troupier par moment, burlesque et absurde. Ils utilisent toutes les facettes de la comédie, de la plus fine (certaines citations littéraires, certaines réparties) à la plus grossière (« Shakespeare c’est de la merde »). Il faut tout de suite reconnaître que le traitement de la liaison entre Emilie et Antoine aurait pu (même dû) être traitée plus subtilement ce qui aurait permis de rendre le film visible pour tout public. Il n’empêche que cet écart est facilement balayé par l’intelligence de l’ensemble.

Pour la forme, il faut saluer la mise en scène qui est rythmée et virevoltante comme les coulisses d’un théâtre (surtout avant une première ou une générale), qui alterne avec efficacité les plans serrés sur les comédiens qui sont très expressifs et les quasis plans séquences qui suivent dans les couloirs et les étages de l’institution tel ou tel personnage. Il faut enfin pour la forme ne pas oublier de signaler cette scène onirique qui introduit le personnage de Molière, une fulgurance qui ne manque pas de virtuosité, un genre que seul le cinéma peut permettre.

Une scène qui nous amène à évoquer le fond puisque le personnage de Molière, brillamment interprété par Benjamin Lavernhe (au cinéma : Comme un avion de Bruno Podalydès en 2015, Le Discours de Laurent Tirard en 2020, Jeanne du Barry de Maïwenn et L’Abbé Pierre : Une vie de combats de Frédéric Tellier en 2023) déclame la leçon qu’il faut retenir. Certes il ne s’agit pas d’une grande leçon de morale ; simplement du rappel des valeurs immuables de l’institution de la Comédie-Française qu’il n’est pas utile de développer ici et qui sont ici déclamées non sans créer une certaine émotion.

Notons également que les comédiens du Français se mettent en scène sans négliger de poser sur eux un regard critique. Pour quelqu’un qui connaît le monde du spectacle, ce qui est montré au spectateur dans un cadre comique est d’une authenticité parfaite à la limite du docu-fiction sur cette grande maison ! Toutes ces situations et ces dialogues parfois hilarants et mordants sont joués par ces acteurs et actrices forcément merveilleux exceptionnels (jusque dans les rôles les plus courts comme celui de Guillaume Galliene (au cinéma : Les Garçons et Guillaume, à table ! en 2013 également comme réalisateur) en modeste gardien du théâtre) puisque tous du Français, communiquent une énergie débordante, proprement jubilatoire. S’ils sont tous talentueux dans leurs rôles, Laurent Stocker (au cinéma : L’Art d’aimer d’Emmanuel Mouret en 2011, J’accuse de Roman Polanski en 2019, De Gaulle de Gabriel Le Bomin et Adieu les cons d’Albert Dupontel en 2020, Bernadette de Léa Domenach en 2023) et Pauline Clément dominent la situation.

Tout ceci permet de classer cette comédie parmi les belles réussites françaises du genre et de ces dix dernières années : Edmond d’Alexis Michalik en 2019 sur la genèse de Cyrano de Bergerac, Le Retour du héros de Laurent Tirard en 2018, pour ne citer que ces deux-là. Du cinéma qui n’est pas du théâtre filmé mais qui respecte les règles du théâtre classique : unité de temps, de lieu et d’action.Tout simplement français et jubilatoire.

Bruno de Seguins Pazzis

Nevers : exposition sur Cluny

Le musée de Nevers situé au 16 rue Saint-Genest propose une exposition temporaire sur l’ordre de Cluny.

La Nièvre, terre clunisienne s’enorgueillit de compter dans ses rangs le prieuré de La Charité-sur-Loire, une des filles ainées de Cluny ; à moins de cent kilomètres d’un autre très remarquable prieuré : Souvigny (Allier)

Exposition du 1er juillet 25 octobre.

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C’est bien beau de s’embrasser sur Skype, mais ça ne suffit pas…

Prêtre du diocèse de Bordeaux, l’abbé Pierre-Alain Lejeune a publié chez Artège un Eloge spirituel de la rencontre. « Malheur à l’homme seul ! » avertit la Bible. Les autres, mes frères, mes semblables, sont tout autant indispensables qu’insupportables bien souvent. Puisque les rencontres que nous tissons depuis le tout début de notre existence sont le lieu des plus grandes blessures comme des plus grandes joies, il se joue là quelque chose d’essentiel, de vital même pour notre vie d’homme.

Qui cherchons-nous ? Au fil de cet ouvrage, en mêlant des expériences concrètes et l’écoute de la parole de Dieu, se fait jour cette vérité profonde : chaque visage croisé nous prépare à une autre Rencontre. À quelles conditions et par quels chemins pouvons-nous trouver celui que notre coeur cherche ? Une profonde méditation pour découvrir combien nous sommes tous et chacun attendus et sauvés par une Rencontre.

L’auteur revient sur la pandémie et sur l’hystérique distanciation :

Depuis plusieurs années déjà, les guichetiers de La Poste remplacés par des machines, les caissières par des automates et la petite monnaie par le “sans contact” : tout allait vers l’élimination progressive de nos corps. Et voilà qu’un virus nous a rappelé que nous avons un corps ; que ce corps a besoin de contact, de toucher, de chair ; que c’est bien beau de s’embrasser sur Skype, mais ça ne suffit pas… Que ce corps existe bel et bien ! Nous l’avions presque oublié.

Voilà qui met en lumière l’ineptie de tout un ramassis de délires sociétaux de notre époque récente. Depuis quelques années, on nous promet l’homme augmenté, la quasi-immortalité, l’effacement de tout ce qui engage le corps, l’éradication de toute faille, de toute imperfection avant même la naissance. L’individu tout-puissant se rêve affranchi du corps et de ses conditionnements. Le corps modelé à loisir, le corps interchangeable, le coprs dépersonnalisé. Et cette funeste évolution, qu’on a le toupet d’appeler “progrès”, va évidemment de pair avec l’éloignement de la terre, l’émancipation orgueilleuse de la sagesse des anciens, la perte de l’odeur de l’herbe mouillée et l’oubli des saisons. Depuis plusieurs décennies, nous vivons “hors sol”, dans un monde irréel, un monde sans corps. Pensez donc : on nous vend même comme progrès la perspective d’enfanter sans relation… D’enfanter sans corps. Quand le corps n’y est plus… Mais voilà que, “grâce” au Covid, contraints à un confinement qui nous a privés de relations réelles, concrètes, charnelles, nous avons redécouvert que tout ce qui nie le corps contribue à nous déconstruire.

Avoir un directeur spirituel

Les éditions Life rééditent un petit ouvrage du père Raoul Plus, jésuite de la première moitié du XXe siècle (1882-1958) dont les ouvrages étaient très appréciés avant les années 1960. Dans celui-ci, paru originellement en 1933, L’accompagnement spirituel : d’après les maîtres spirituels, s’appuyant sur les saints et les grands maîtres de la vie spirituelle, le prêtre jésuite présente les fondements de l’accompagnement spirituel. Il en précise la nécessité, les limites, les qualités attendues du directeur spirituel et les dispositions de la personne accompagnée, offrant un guide pour progresser vers une relation plus profonde avec Dieu, à l’écoute de l’Esprit-Saint.

Le but de la direction spirituelle est d’avancer sur la voie de l’union intime avec Dieu. Sont notamment abordées les qualités du directeur spirituel et le juste positionnement que la personne doit avoir à son égard, réciproque d’ailleurs. En une série de cours chapitres, émaillés de citations de saints et de grandes figures de l’accompagnement spirituel, l’auteur donne de judicieux conseils qui aideront les prêtres à bien conduire les âmes et les fidèles à bien en profiter… à l’écoute de l’Esprit-Saint.

XIe dimanche après la Pentecôte : “Il fait entendre les sourds et parler les muets”

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Les textes du propre de la messe du onzième dimanche après la Pentecôte sont encore extraits des psaumes, sauf celui de la Communion, qui est pris, nous le verrons, dans un autre livre de l’ancien testament. Et aujourd’hui un sentiment domine tous ces chants, celui de l’action de grâces et de la reconnaissance.

► Introït

Le texte de l’Introït est tiré du psaume 67, cantique triomphal d’action de grâces pour toutes les victoires que le Seigneur a accordées à son peuple. Il est particulièrement utilisé aux fêtes de l’Ascension et de la Pentecôte, et nous avions dit à cette occasion qu’il évoque une grande procession liturgique, avec l’arche d’alliance en tête, depuis la sortie d’Égypte et le Sinaï jusqu’à la montée au mont Sion où sera bâti le temple. L’Introït de ce jour regroupe des versets pris au début et à la fin du psaume.

Deus in loco sancto suo : Deus, qui inhabitare facit unanimes in domo : ipse dabit virtutem et fortitudinem plebi suæ.
Dieu est présent dans son lieu saint ; c’est Dieu qui fait habiter dans sa maison ceux qui sont unis d’un seul cœur. C’est lui qui donnera à son peuple la puissance et la force.

Le lieu saint où Dieu réside, c’est l’arche d’alliance qui va être placée dans le temple de Jérusalem, figure de l’Église. Maintenant c’est dans notre église de pierres que nous venons nous rassembler et trouver l’unité, la force et le courage. C’est elle que nous chantons aujourd’hui pour remercier le Seigneur des bienfaits que nous y avons reçus. On remarquera que les trois phrases commencent par le nom de Dieu, ou le pronom le représentant, énoncé à chaque fois de façon très affirmative. La mélodie revêt ainsi un caractère joyeux et plein d’assurance, avec un beau crescendo vers le mot unanimes. Toutefois à la fin les mots fortitudem plebi suæ s’enveloppent d’une certaine douceur et presque de tendresse. Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 67.

Exsurgat Deus, et dissipentur inimici ejus : et fugiant, qui oderunt eum, a facie ejus.
Dieu se lève et ses ennemis sont dispersés, et ceux qui le haïssent s’enfuient devant sa face.

Graduel 

Le texte du Graduel du onzième dimanche après la Pentecôte est tiré du psaume 27, dont nous avions déjà entendu les derniers versets à l’Introït du sixième dimanche, et nous avions dit que David, revêtu de l’onction royale, y étendait sa prière aux dimensions de tout son peuple. Nous trouvons ici le verset précédent du psaume, qui termine la prière plus personnelle du roi prophète par un magnifique élan d’espérance et de reconnaissance :

In Deo speravit cor meum, et adjutus sum : et refloruit caro mea : et ex voluntate mea confitebor illi.
En Dieu mon cœur a espéré et j’ai été secouru, et ma chair a refleuri et de toute ma volonté je le louerai.

La belle image de la chair qui refleurit évoque la nouvelle jeunesse qui pénètre l’être tout entier lorsqu’on se sent exaucé. Mais on ne peut s’empêcher d’y voir une allusion à l’espérance de la résurrection finale.

La mélodie de cette première partie est assez originale avec un contraste marqué entre ses deux phrases. La première phrase exprime le bonheur d’être exaucé par une mélodie peu étendue, simple et légère. La deuxième phrase au contraire s’élève en un grand élan de reconnaissance avec une belle modulation, puis elle s’achève sur le mot illi, le pronom qui désigne le Seigneur, par une contemplation presque immobile restant suspendue sur deux notes comme une sorte d’extase. La deuxième partie de ce Graduel reprend le premier verset du psaume qui commence d’une manière suppliante :

Ad te, Domine, clamavi : Deus meus, ne sileas : ne discedas a me.
Vers vous Seigneur je crie. Mon Dieu ne restez pas silencieux, ne vous éloignez pas de moi.

On retrouve ici pour la mélodie les formules habituelles et les grandes vocalises du cinquième mode grégorien, qui avaient été utilisées par tous les Graduels successifs du quatrième au neuvième dimanche.

► Alléluia 

Comme la plupart de ceux des dimanches de ce temps liturgique, le texte de l’Alléluia du onzième dimanche après la Pentecôte est une acclamation de joie et de reconnaissance envers la bonté et la toute puissance divine. Il est formé encore une fois du début d’un psaume, le psaume 80 :

Exsultate Deo adjutori nostro, jubilate Deo Jacob : sumite psalmum jucundum cum cithara.
Exultez pour Dieu, notre secours, poussez des cris de joie pour le Dieu de Jacob ; entonnez un psaume joyeux avec la cithare.

La mélodie rend cette invitation pressante, insistante et assez appuyée, avec des formules d’intonation et de cadences que l’on retrouve parfois sur des textes de prières suppliantes. On est à l’opposé de la légèreté bondissante de l’alléluia Magnus Dominus du huitième dimanche. Cependant cette insistance reste pleine de joie, une joie contenue mais fervente.

► Offertoire 

Comme c’est parfois le cas en ce temps liturgique (nous l’avons déjà constaté les deux dimanches précédents), l’Offertoire du onzième dimanche après la Pentecôte est emprunté à une autre messe de l’année. Ce n’est pas cette fois à une messe d’un dimanche mais à celle du mercredi des cendres au début du carême. Le texte est formé des premiers versets du psaume 29, encore un cantique d’action de grâces de David délivré des périls qui l’entouraient.

Exaltabo te Domine, quoniam suscepisti me, nec delectasti inimicos meos super me : Domine clamavi ad te, et sanasti me.
Je vous glorifierai Seigneur parce que vous m’avez relevé et que vous n’avez pas réjoui mes ennemis à mes dépens. Seigneur j’ai crié vers vous et vous m’avez guéri.

Le Mercredi de Cendres, c’est la prière du pécheur qui se repent et sait qu’il va être guéri de la blessure du péché. Ce sentiment est toujours d’actualité. Combien de fois avons-nous été pardonnés de nos infidélités et quelles actions de grâces ne devons-nous pas adresser sans cesse à Dieu pour cette délivrance ! La mélodie est assez solennelle avec de beaux élans pleins de ferveur, des tenues calmes et assurées, des cadences assez fermes avant de se terminer d’une façon plus intérieure et plus retenue.

► Communion 

Le texte de l’antienne de Communion du onzième dimanche après la Pentecôte n’est pas tiré du livre des psaumes, mais d’un autre livre de l’Ancien Testament, le livre des proverbes, recueil de maximes et d’exhortations adressées par un sage à son disciple.

Honora Dominum de tua substantia, et de primitiis frugum tuarum : ut impleantur horrea tua saturitate, et vino torcularia redundabunt.
Fais hommage au Seigneur de tes biens et des prémices des fruits que tu en retireras, afin que tes greniers soient remplis à satiété et que tes pressoirs débordent de vin.

Le sens de ce texte est d’abord matériel. Si nous faisons hommage à Dieu de nos biens en lui consacrant une partie de nos revenus, il nous bénira et nous serons dans l’abondance. En ces mois d’été, période des moissons, il s’agissait d’abord d’appeler la bénédiction divine sur les récoltes, et nous retrouverons cette idée dans la Communion de dimanche prochain. Mais au moment de la communion ce texte possède un sens spirituel qui est encore plus important. Si nous nous offrons nous-mêmes au Seigneur pour nous mettre à son service dans tout ce qu’il nous demandera, il nous comblera de ses grâces.

La mélodie n’est pas sans parenté avec celle du Graduel que nous avons entendu tout à l’heure. La première phrase est simple et légère avec une belle cadence très expressive sur le mot substantia, puis la mélodie s’élève joyeusement, culminant sur horrea en une courbe élégante évoquant bien l’abondance. Enfin elle redescend dans le grave en un beau chant plein d’assurance, retrouvant sur torcularia la même formule que sur impleantur une quinte plus bas, et s’achevant par la même cadence expressive qui concluait la première phrase.

Attention aux ingérences de l’Union européenne

Toute la presse bruisse des ingérences russes sur l’élection présidentielle à venir. Mais personne ne dénonce les ingérences de l’Union européenne. Ce n’est pourtant pas une fake news…

Les autorités islandaises ont demandé à la Commission européenne de ne pas intervenir dans le prochain référendum national sur la poursuite des négociations d’adhésion à l’UE.

Le 29 août, les Islandais se rendront aux urnes pour décider si leur pays doit poursuivre ses négociations en vue d’une éventuelle adhésion à l’UE.

Bien que le gouvernement islandais fasse campagne en faveur du « oui », il semble estimer que la cause sera mieux servie si Bruxelles garde ses distances.

Le Premier ministre Kristrún Frostadóttir a déclaré :

« Si les citoyens se tournent vers l’UE pour obtenir des réponses à leurs questions, je ne pense pas qu’il soit déraisonnable que l’UE y réponde ».

Dans le même temps, elle a souligné qu’aucune ingérence étrangère ne serait tolérée.

Cet avertissement a été transmis aux responsables de l’UE à huis clos.

Néanmoins, de hauts responsables de l’UE cherchent des moyens d’aider le camp du « oui ».

Rien qu’en 2026, au moins sept personnalités politiques européennes de premier plan se sont rendues en Islande, la plupart d’entre elles plaidant ouvertement en faveur de la poursuite du processus d’adhésion de l’Islande à l’UE.

Parmi eux figurent des représentants de l’Espagne, de l’Autriche, de l’Allemagne et de la Slovaquie, ainsi que la présidente du groupe libéral au Parlement européen, Valérie Hayer.

Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, s’est rendu en Islande en juillet et a déclaré aux médias locaux que l’Islande n’a « rien à perdre » à voter « oui ».

De son côté, Costas Kadis, commissaire européen chargé de la pêche, a déclaré lors d’une visite en avril que Bruxelles pourrait chercher à convaincre les Islandais en leur accordant des concessions dans le domaine de la pêche. Ou comment acheter le vote des Islandais.

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