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Le voyage immobile – Et si, cet été, le plus beau des voyages était précisément celui qui ne demande aucun billet ?

Illustration : Morning Sun (1952), Edward Hopper (1882-1967), Columbus Museum of Art.
« Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre. »
— Blaise Pascal

Et si, cet été, le plus beau des voyages était précisément celui qui ne demande aucun billet ?
Chaque année, des millions de personnes font leurs valises. Elles cherchent le repos, la liberté, un espace où reprendre souffle. Elles espèrent qu’un ailleurs rendra ce que le quotidien a usé. Mais pourquoi partir si loin lorsque le désir le plus intime est simplement de retrouver son centre, de laisser retomber les inquiétudes accumulées et de respirer enfin ?

Voyager est une chance. Découvrir d’autres lumières élargit le regard. Pourtant, n’espérons-nous pas avant tout une paix intérieure que le rythme de nos vies a peu à peu ensevelie ? Les émotions nous soulèvent, nous entraînent, nous réjouissent ou nous blessent. Les contrariétés s’accumulent en silence ; les tensions s’inscrivent en nous sans que nous en ayons toujours conscience. Même les joies, si précieuses soient-elles, paraissent trop fugitives pour contrebalancer durablement le poids des soucis.

Alors nous préparons nos bagages avec l’espoir qu’un changement de décor dissipera nos préoccupations. Nous oublions une évidence : où que nous allions, nous partons toujours avec nous-mêmes.

Je l’ai vérifié au fil des années. Les premiers jours des vacances apportent une joie réelle : le paysage change, le rythme ralentit, les obligations s’effacent. Puis, presque imperceptiblement, je retrouve celui que j’avais emporté sans le savoir : moi-même. Les mêmes interrogations ressurgissent, les mêmes inquiétudes cherchent à reprendre leur place.

Il m’est arrivé de chercher cette paix au bord de la mer ou au sommet d’une montagne. Je l’ai souvent retrouvée plus simplement, au petit matin, dans le silence de ma maison. Une tasse de café entre les mains, tandis que le jour se lève doucement, il m’arrive de découvrir que le véritable voyage commence lorsque je cesse enfin de courir. Ce n’est pas le paysage qui a changé, mais mon regard. Je comprends alors que les vacances peuvent commencer sans que l’on soit parti nulle part.

J’ai compris qu’il existe un pays où l’on peut entrer chaque matin sans faire sa valise : le silence retrouvé.

Changer de paysage ne transforme pas le paysage intérieur. Nous ne faisons que déplacer le décor ; notre monde intime voyage avec nous.

Lorsque l’océan est en furie, les vagues semblent vouloir tout engloutir. Pourtant, quelques mètres sous la surface règne un calme étonnant. La tempête existe toujours, mais elle ne possède plus toute la mer. Il en va de même pour notre vie intérieure. Si nous apprenons à plonger en nous-mêmes, à fermer les yeux, à interrompre un instant le flot incessant des sollicitations, nous découvrons qu’au-dessous de l’agitation demeure un lieu plus profond où la paix n’a jamais complètement disparu.

Ce voyage-là ne demande ni billet d’avion ni réservation. Il ne coûte rien, sinon un peu de silence, un peu de courage et beaucoup de vérité. Car descendre en soi oblige à rencontrer ses peurs avant de découvrir cette paix qui les dépasse.

Les paysages du monde méritent d’être contemplés — mais aucune plage, aucune montagne, aucun coucher de soleil ne fera à notre place le ménage de notre cœur. Les véritables devoirs de vacances sont peut-être là : retrouver notre unité intérieure, réapprendre le silence, laisser retomber la poussière des jours afin de redevenir pleinement présents à nous-mêmes.

Alors, où que nous soyons cet été — sur une plage, dans une forêt, au sommet d’une montagne ou simplement chez nous — puissions-nous entreprendre ce seul voyage qui donne un sens à tous les autres : celui qui nous ramène au plus profond de nous-mêmes.

Regardez la femme du tableau de Hopper. Elle est assise dans une chambre presque nue, baignée par la lumière du matin. Elle n’a pas de valise à ses pieds. Pourtant, elle est déjà arrivée quelque part d’essentiel. Ce n’est pas le monde qui a changé autour d’elle ; c’est sa façon d’être au monde. Elle nous rappelle que le plus long des voyages n’est pas celui qui mène d’un pays à l’autre, mais celui qui conduit de la dispersion à la présence.

Ce silence n’est pas un vide : c’est le lieu même où l’on est enfin attendu.

Bel été à ceux qui partent. Et à tous, où qu’ils soient, je souhaite ce bien plus précieux qu’aucun dépaysement : la paix du fond du cœur. Les valises peuvent parfois rester dans le placard. La lumière, elle, n’a besoin d’aucun billet pour entrer. Il suffit d’ouvrir la fenêtre du cœur.
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Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

« Le pape Léon ne modifiera pas Traditionis Custodes et ne reviendra pas à Summorum Pontificum »

C’est ce qu’a déclaré le cardinal Roche, préfet du Dicastère pour le culte divin, dans un entretien.

Et pendant ce temps, Mgr Trinidad Antonio Márquez Guerrero, évêque auxiliaire de San Juan de los Lagos, Jalisco, au Mexique, peut danser en ornements épiscopaux, le 19 juillet, devant l’autel où va être célébrée la messe de la Journée diocésaine de la jeunesse, dans les arènes de la ville.

Première édition du pèlerinage Utrique Fidelis en Vendée-Anjou

A l’image de Feiz e Breizh en Bretagne, Nosto Fe en Provence, Arrebastir en Gascogne et Dex Aïe en Normandie, la première édition du pèlerinage Utrique Fidelis s’inscrit dans la restauration des pèlerinages traditionnels régionaux.

Se déroulant les 3 et 4 octobre 2026, le pèlerinage partira de Tiffauges (Vendée), village martyrs des colonnes infernales en 1794 pour rejoindre le sanctuaire Notre-Dame du Marillais (Anjou), où la Très Sainte Vierge Marie est apparue en 430 à Saint Maurille 4ème évêque d’Angers. Sur un peu moins de cinquante kilomètres, les pèlerins chemineront à travers les Mauges, territoire fortement marqué par le soulèvement vendéen de 1793 et d’où sont originaires Jacques Cathelineau le « Saint de l’Anjou » et Charles de Bonchamps.

Accompagné d’une dizaine de prêtres provenant d’instituts traditionnels, ce pèlerinage repose sur trois piliers que sont la dévotion mariale, la tradition et la mission. A l’image du pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté, les pèlerins marcheront dans des chapitres (une vingtaine) existant ou créés pour l’occasion et provenant de tous l’Ouest de la France (Charente, Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Mayenne, Sarthe et Vendée)

La première édition de ce pèlerinage dont le thème est l’urgence de la mission « Parce que la Charité du Christ nous presse » (2Co 5, 14), accueillera notamment des unités scoutes, mais également le chapitre Saint Jean Bosco dédié aux pèlerins atteints d’un handicap et à leurs accompagnants, ainsi que le chapitre Saint-Georges regroupant des pèlerins à cheval.

Situé à égale distance de Nantes, Angers et la Vendée, l’itinéraire du pèlerinage qui permet d’accueillir les poussettes effectuera une halte à la chapelle Saint-Joseph du Chêne où la statue de l’époux de la Très Sainte Vierge Marie fut couronnée grâce à un bref de Saint Pie X en 1906.

Le monde va vite, beaucoup trop vite ! Les repères s’effacent et ont même disparu. Il est essentiel que l’Ouest catholique garde ses points d’ancrage dans ce monde moderne et refuse de pratiquer sa Foi en retrait. Car la Foi n’est pas une idée laissée par nos aïeux, elle est un héritage vivant que l’on reçoit autant qu’on le transmet. Alors nous ne marcherons pas pour honorer des cendres, mais pour raviver le feu de la Tradition reçue et la fidélité qui la fait vivre. C’est vraiment à nous catholiques de l’Ouest de rester ancrés dans la Tradition et résolument tournés vers l’avenir.

« Ce travail de restauration, faisons-le chacun sur nous-mêmes, en devenant meilleurs et plus forts. Ne vous laissez pas entraîner par les séductions du mal, par l’esprit d’erreur et de mensonge. Gardez avec l’aide de Dieu, gardez fidèlement vos bons principes, vos fortes convictions, vos gouts simples, vos idées saines, vos mœurs pures, vos habitudes viriles et austères. Restez les dignes fils de l’Anjou, de la Bretagne et de la Vendée, les enfants soumis et dévoués de la Sainte Eglise votre mère. » Mgr Charles-Emile Freppel à Notre-Dame du Marillais – 1873

Les inscriptions sont désormais ouverte sur le lien suivant: https://www.helloasso.com/associations/utrique-fidelis/evenements/1ere-edition-du-pelerinage-utrique-fidelis

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Se déroulant les 3 et 4 octobre 2026, le pèlerinage partira de Tiffauges (Vendée), village martyrs des colonnes infernales en 1794 pour rejoindre le sanctuaire Notre-Dame du Marillais (Anjou), où la Très Sainte Vierge Marie est apparue en 430 à Saint Maurille 4ème évêque d’Angers. Sur un peu moins de cinquante kilomètres, les pèlerins chemineront à travers les Mauges, territoire fortement marqué par le soulèvement vendéen de 1793 et d’où sont originaires Jacques Cathelineau le « Saint de l’Anjou » et Charles de Bonchamps.

Accompagné d’une dizaine de prêtres provenant d’instituts traditionnels, ce pèlerinage repose sur trois piliers que sont la dévotion mariale, la tradition et la mission. A l’image du pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté, les pèlerins marcheront dans des chapitres (une vingtaine) existant ou créés pour l’occasion et provenant de tous l’Ouest de la France (Charente, Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Mayenne, Sarthe et Vendée)

La première édition de ce pèlerinage dont le thème est l’urgence de la mission « Parce que la Charité du Christ nous presse » (2Co 5, 14), accueillera notamment des unités scoutes, mais également le chapitre Saint Jean Bosco dédié aux pèlerins atteints d’un handicap et à leurs accompagnants, ainsi que le chapitre Saint-Georges regroupant des pèlerins à cheval.

Situé à égale distance de Nantes, Angers et la Vendée, l’itinéraire du pèlerinage qui permet d’accueillir les poussettes effectuera une halte à la chapelle Saint-Joseph du Chêne où la statue de l’époux de la Très Sainte Vierge Marie fut couronnée grâce à un bref de Saint Pie X en 1906.

Le monde va vite, beaucoup trop vite ! Les repères s’effacent et ont même disparu. Il est essentiel que l’Ouest catholique garde ses points d’ancrage dans ce monde moderne et refuse de pratiquer sa Foi en retrait. Car la Foi n’est pas une idée laissée par nos aïeux, elle est un héritage vivant que l’on reçoit autant qu’on le transmet. Alors nous ne marcherons pas pour honorer des cendres, mais pour raviver le feu de la Tradition reçue et la fidélité qui la fait vivre. C’est vraiment à nous catholiques de l’Ouest de rester ancrés dans la Tradition et résolument tournés vers l’avenir.

« Ce travail de restauration, faisons-le chacun sur nous-mêmes, en devenant meilleurs et plus forts. Ne vous laissez pas entraîner par les séductions du mal, par l’esprit d’erreur et de mensonge. Gardez avec l’aide de Dieu, gardez fidèlement vos bons principes, vos fortes convictions, vos gouts simples, vos idées saines, vos mœurs pures, vos habitudes viriles et austères. Restez les dignes fils de l’Anjou, de la Bretagne et de la Vendée, les enfants soumis et dévoués de la Sainte Eglise votre mère. » Mgr Charles-Emile Freppel à Notre-Dame du Marillais – 1873

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Profanation de l’église Saint-Pierre à Nevers

Des actes de vandalisme ont été découverts samedi 25 juillet dans l’église Saint-Pierre, à Nevers : tabernacle dégradé, une toile lacérée

Une plainte a été déposée et une enquête est en cours.

Un nouveau bienheureux pour le Liban

Samedi 25 juillet 2026, le patriarche maronite Elias Boutros Hoyek a été béatifié au siège patriarcal de Dimane au Liban, en présence du président de la République Joseph Aoun.

Élie Pierre Hoyek, patriarche d’Antioche et de tout l’Orient de 1899 à 1931, est l’une des personnalités les plus marquantes de l’histoire religieuse et nationale contemporaine du Liban, ayant marqué ses contemporains tant par sa charité, notamment pendant la première guerre mondiale, que par son action en faveur du Liban. Ainsi, en 1919, il représente le Liban à la Conférence de paix de Versailles, défendant avec détermination le droit de son peuple à un État indépendant. Un an plus tard, le 1er septembre 1920, il est le témoin de la proclamation du Grand Liban par le général Gouraud. Cela lui vaut le surnom de « Père du Grand Liban ».

source : SOS Chrétiens d’Orient

Liban : La guerre n’est pas finie

Les opérations israéliennes se poursuivent au Liban, avec des bombardement aériens et d’artillerie dans le sud du pays. De même, les opérations de destructions se poursuivent à un rythme soutenu. Enfin, l’armée israélienne a annoncé avoir détruit d’importants tunnels souterrains du Hezbollah situés autour du château de Beaufort, toujours aux mains des soldats israéliens.

Son chef d’état-major, en visite au Sud-Liban, le 29 juillet, a déclaré que « la campagne sur tous les fronts n’est pas encore terminée ». Au Liban, a-t-il ajouté, « si nécessaire, nous avancerons plus loin encore et nous atteindrons d’autres zones ». Le 4 août prochain à Rome, un nouveau cycle de négociations sera ouvert entre le Liban et Israël.

source : SOS Chrétiens d’Orient

Moyen-Orient : Le conflit s’étend !

Le conflit au Moyen-Orient semble s’étendre à de nouveaux pays. En plus des bombardements sur l’Iran et des tirs de missiles et de drônes iraniens sur les alliés des Américains dans la région, le 27 juillet, les aviations américaines et saoudiennes ont visé en Irak, des milices chiites alliées des Iraniens.

Deux jours plus tard, une attaque de drone a visé le port de Damiette, en Egypte, le 29 juillet, perturbant les activités du terminal de gaz naturel liquéfié de Damiette, un maillon essentiel des exportations énergétiques de la région.

source : SOS Chrétiens d’Orient

Paroles de Forestier

Dans le journal « La Montagne » du dimanche 26 juillet, il y avait comme dans la plupart des journaux du jour un article sur l’évolution des incendies dans le Sud Ouest de la France : jusque là, rien de bien original direz-vous !

Par contre en illustration de l’article, il y avait une carte où figuraient les forêts brûlées en juillet 2026 mais aussi celles dévastées par les incendies de l’été 2022. La comparaison était déconcertante : les zones brûlées en 2022 étaient proches de Biscarosse mais aussi du Porge où sévissent les incendies cette année !

Suite à la gravité des feux de forêts en Gironde durant l’été 2022, Emmanuel Macron avait fait un discours officiel pour présenter à la nation sa nouvelle stratégie face aux incendies dans le cadre d’un vaste plan d’urgence. Trois axes composaient ce plan d’action :

– Mieux prévenir les incendies :
« Pour beaucoup d’entre vous, cet été fut une saison en enfer. L’enfer des flammes, de la fatigue, de la désolation. En Gironde, plus de 30 000 hectares de forêt ont été détruites. A La Teste-de-Buch, des milliers d’arbres centenaires ont été réduits à néant. Les habitants ont vu le crépi de leurs maisons roussir, certaines d’entre elles disparaître. Une vaste campagne de communication sera lancée sur les obligations légales de débroussaillement dans les prochains mois, accompagnée d’une évolution du cadre règlementaire applicable aux propriétaires. »

– Renforcer les moyens humains et matériels :
« Nous allons donc nous réarmer très puissamment en capacités humaines et en capacités matérielles. Ce réarmement passera par le doublement, dès la campagne 2023, du nombre de colonnes de renfort de sapeurs-pompiers. La France procédera également au renouvellement de sa flotte actuelle de 12 Canadairs et à l’achat de 4 Canadairs supplémentaires d’ici 2027. »

– Reboiser et gérer durablement :
« Le dernier axe, le troisième que j’évoquais, c’est celui de reboiser et de gérer durablement. Il nous faut d’abord réparer, replanter. Cela passera par un dispositif de soutien à la reconstitution des forêts incendiées comme je m’y suis engagé cet été,  avec la plantation d’un milliard d’arbres d’ici 10 ans. Je vais le dire aussi très clairement, l’État sera à vos côtés pour replanter, mais nous ne replanterons pas à l’identique. Nous devons adapter nos forêts aux nouvelles conditions climatiques à travers davantage de diversification. Je suis obligé de qualifier le caractère exceptionnel des feux de cette année 2022, mais aussi reconnaître à la lumière de ce que tous les experts nous disent que nous risquons de connaître désormais, à intervalles réguliers, des incendies de ce type et des saisons comme celle-ci. »

Belles paroles, belles promesses, quatre ans après qu’en reste-t-il ?

Je ne parlerai même pas de l’anecdote des Canadairs : les médias nous en ont rebattu les oreilles. La prévention est mille fois plus importante que les moyens de lutte contre le feu et pour une bonne prévention, il faut au préalable régler quelques problèmes évidents !

Le premier sujet, ce sont les coupe-feux. Dans une région qui compare son massif forestier à un océan de pins, dans une région où des incendies détruisent plusieurs milliers d’hectares régulièrement, l’importance des coupe-feux est primordiale. Même Emmanuel Macron le soulignait dans son discours. Malheureusement, rien n’a été fait dans ce sens, pire les quelques spécimens existants ne sont plus entretenus à cause de la protection de la faune et de la flore !

Ensuite, c’est l’acharnement de nos dirigeants contre les petites exploitations agricoles qui pose problème. En les faisant disparaître, ils font disparaître les prairies et les zones cultivées aux abords des villages alors qu’elles servent de protections naturelles contre le feu. Mais il y a pire, non seulement la forêt se rapproche des zones habitées mais en plus de nouvelles constructions s’implantent carrément en forêt !

En Juin dernier, j’étais en vacances près de Lacanau avec ma compagne. Passionnés de randonnées, nous avons eu l’occasion de parcourir les forêts entre Lacanau et le Porge : de sombres forêts de pins qui s’étendent jusqu’à la dune océane. Nous avons été surpris de découvrir au détour d’un chemin un hameau avec de nombreuses constructions récentes. Maisons et forêts s’entrelaçaient sans que l’on puisse deviner qui avait envahi l’autre. En tant que forestier, je n’ai pas pu m’empêcher de m’étonner devant une telle inconscience : qui avait pu donner l’autorisation de construire et pourquoi les règles de défrichements autour des habitations n’étaient elles pas respectées ?
Le danger était pourtant évident !

Enfin, dernier problème, c’est la promesse de planter un milliard d’arbres !
Pourquoi planter des arbres alors que l’on n’est pas capable de protéger ceux qui existent ?
Surtout, quel intérêt de reboiser avec des espèces résineuses comme le Pin ou le Douglas qui sont hautement inflammables ?
Tout forestier sait qu’une forêt naturelle mélangée de feuillus résiste mieux au feu et aux aléas climatiques qu’une plantation industrielle de résineux, c’est l’enfance de l’art !
Malheureusement, dans son discours notre président de la République s’est contenté d’afficher une arrogance belliqueuse là où il faudrait de l’humilité :
« Il faut renforcer la lutte contre le feu, nous allons nous réarmer en doublant les colonnes de renfort, nous allons procéder à l’achat de canadairs supplémentaires … »

Après la guerre contre un virus, après la guerre contre l’ingérence russe, voilà la guerre du feu !
C’est là le propre des gens en guerre contre Dieu, ils sont en guerre contre tout !

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

L’Odyssée de Christopher Nolan : une version grecque d’Ulysse ou son portrait modernisé ?

Mon chroniqueur cinéma étant en vacances, je me rabats sur la revue canadienne Le Verbe pour une analyse du dernier film de Christopher Nolan, que je n’ai pas vu. Extrait :

[…] Nolan s’éloigne à plusieurs égards de l’œuvre originale. La rencontre avec le cyclope Polyphème — très différente dans le film — et les regrets prêtés à Ulysse au sujet du cheval de Troie sont à cet égard des exemples frappants.

Le cinéaste représente de même un Ulysse plus honnête, plus franc, qui signale même sa présence aux bêtes avant de les chasser, pour rendre la «partie» plus égale.

Cet Ulysse apparait également moins orgueilleux que l’original. Certes, il s’enorgueillit d’être le premier homme à entendre le chant des sirènes, mais aucune autre scène ne manifeste clairement ce défaut en lui.

L’Ulysse de Nolan fait également preuve de plus de chasteté. Ainsi, contrairement à l’Ulysse d’Homère, il ne couche pas avec la sorcière Circé. Et s’il succombe à la nymphe Calypso, comme le sous-entend le film, c’est contre son gré: elle le drogue et lui fait oublier sa patrie et sa famille.

Nolan met encore en scène un héros plus miséricordieux que celui d’Homère. Son Ulysse épargne une partie des prétendants et des serviteurs qui l’ont trahi. Et la ligne interprétative principale du film repose sur son regret de la guerre de Troie et des morts qu’elle a causés.

Les soldats d’Ulysse revêtent aussi un visage différent: ils font preuve de moins de stupidité que dans le poème original. Chez Homère, par exemple, seul l’équipage mange des fleurs de lotus, drogue causant l’oubli. Encore, c’est l’équipage, curieux et désobéissant, qui ouvre le sac des vents qu’Éole confie à Ulysse pour les aider à retourner à Ithaque. Une scène absente du film de Nolan.

Ulysse, dans le texte initial, est présenté comme un maitre, comme un vrai aristocrate. Les dieux affirment qu’il l’emporte sur tous les mortels par l’esprit. Calypso lui propose, pour cette même raison, de le rendre immortel. Nolan offre quant à lui une vision plus démocratique et égalitaire des personnages.

À bien y penser, Nolan représente un Ulysse à saveur chrétienne — pensons surtout à la chasteté et à la miséricorde évoquées plus haut. En soi, je n’ai rien contre une telle réinterprétation. Je la désire, même, lorsque la culture grecque se retrouve rehaussée par le christianisme.

Pourrait-on, de toute manière, présenter au grand public d’aujourd’hui un Ulysse véritablement grec? L’homme moderne apprécierait-il l’histoire d’amour entre Ulysse et Pénélope s’il voyait celui-ci commettre l’adultère à plusieurs reprises? Des idées profondément ancrées dans l’esprit moderne l’amènent spontanément à refuser une telle vision. Des idées qui, même s’il n’en est pas conscient, proviennent du christianisme.

Cela dit, je regrette l’incapacité naturelle des hommes à représenter et à comprendre les diverses visions du monde. On devient alors comme le poisson, qui ne voit plus l’eau dans laquelle il nage. Ou, pour reprendre l’allégorie de Platon, comme un prisonnier, qui identifie les ombres sur le mur devant lui à la totalité de la réalité.

Non, la société grecque ne pensait pas comme la nôtre. Il y avait, par exemple, l’esclavage, la violence, la guerre, les sacrifices, le polythéisme ou encore une hiérarchie plus grande entre les hommes. Ne pas prendre acte de cette altérité, c’est perdre de vue l’impact de l’enseignement du Christ dans l’histoire humaine.

Par exemple, le film de Nolan identifie, étrangement, une certaine version de la règle d’or — fais aux autres ce que tu veux qu’ils te fassent — à la loi de Zeus. Cela, d’une certaine manière, efface l’originalité et la profondeur du christianisme, dont on trouve certes des germes dans l’Antiquité grecque, mais pas le plein accomplissement.

En ne mesurant plus l’impact du christianisme dans sa manière de concevoir le monde, l’homme moderne oublie également la déformation possible du christianisme. D’ailleurs, Gilbert Keith Chesterton ne dénonçait-il pas la modernité comme remplie de «ces vertus chrétiennes devenues folles»?

Par exemple, s’il est vrai que le christianisme reconnait la dignité de tout homme, fait à l’image de Dieu, il n’implique pas de facto l’égalité en tout et la démocratisation de toutes les relations.

Et le christianisme, même s’il est aussi pour les simples, comme l’exprime régulièrement Jésus, n’exclut pas du tout la grandeur du logos, de l’intelligence humaine. C’est après tout en raison de ce logos même que l’homme est dit fait à l’image de Dieu.

Les dieux, dans L’Odyssée, louent Ulysse pour son intelligence, pour sa capacité à leur ressembler plutôt qu’aux animaux (aux porcs dans le cas, par exemple, de son équipage). Cet éloge de la raison, il traverse ensuite tout le monde grec, pour trouver son apogée, en particulier, chez les philosophes, recherchant la sagesse, cette connaissance voulue pour elle-même des réalités les plus hautes. Le chrétien, loin de nier cet héritage, se doit de l’élever encore plus haut, et ce, grâce au Logos lui-même, qui s’est fait chair, pour se dévoiler tout entier.

« Les chrétiens sont une composante essentielle de la société irakienne. »

Le Premier ministre irakien, Ali al-Zaidi, a déclaré que le retour des familles chrétiennes était une priorité nationale et s’est engagé à inclure les rapatriés dans un programme gouvernemental offrant un million de parcelles résidentielles.

« Le retour des chrétiens contraints à l’exil en raison des circonstances difficiles qu’a connues l’Irak est une priorité nationale et gouvernementale. La véritable force de l’Irak réside dans sa diversité nationale, religieuse et culturelle, ainsi que dans l’unité, l’intégration et la cohésion sociale de son peuple. Les chrétiens sont une composante active et essentielle de la société irakienne, et un partenaire clé dans la construction de l’État et la construction de l’histoire et de l’avenir de l’Irak ».

L’Irak comptait environ 1,5 million de chrétiens en l’an 2000, mais des vagues successives de migration ont réduit ce nombre à moins de 300 000 aujourd’hui.

Outre l’instabilité résultant de l’invasion de 2003 et du renversement du régime de Saddam Hussein, les chrétiens ont été spécifiquement ciblés par les groupes djihadistes au cours des décennies suivantes, notamment en 2014, avec l’invasion de Mossoul et de la plaine de Ninive par l’État islamique.

Ces déclarations ont été faites lors d’une visite du patriarche nouvellement élu de l’Église chaldéenne, Sa Béatitude Paul III Nona, au Premier ministre à Bagdad, le 11 juillet.

L’archevêque chaldéen Bashar Warda d’Erbil était également présent lors de la réunion avec le Premier ministre et a déclaré à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) que le sujet serait abordé par les évêques lors d’une réunion dans quelques semaines.

Selon l’archevêque Warda, le Premier ministre a déclaré à la délégation chaldéenne qu’il envisageait une contribution chrétienne accrue dans certains domaines, et a invité les hommes d’affaires de la diaspora à revenir investir dans le pays. L’archevêque Warda souligne :

« Le Premier ministre a vécu parmi les chrétiens, il les connaît donc très bien ». « Il a dit qu’il serait ravi de voir des chrétiens œuvrer dans les domaines de la santé et de l’éducation, car il leur fait confiance et connaît la qualité de l’enseignement et des soins qu’ils dispensent. Il nous a dit de compter sur lui pour tout ce dont nous aurions besoin, et c’est très encourageant. »

Al-Zaidi, âgé de 41 ans, est le plus jeune Premier ministre d’Irak. Banquier et homme d’affaires, il est issu d’une importante famille chiite du sud du pays.

Les confessions chrétiennes en Irak gèrent 18 écoles, dont certaines parmi les plus prestigieuses, ainsi qu’une université catholique à Erbil, un projet soutenu par l’AED et qui a rencontré un vif succès.

Al-Zaidi a déclaré que son gouvernement propose des mesures concrètes pour inciter les chrétiens à revenir au pays :

« Le gouvernement demeure pleinement engagé à consolider la stabilité et à garantir la sécurité, la justice et une paix civile durable pour tous les citoyens. Nous exprimons la pleine volonté du gouvernement de fournir toutes les facilités et le soutien nécessaires pour encourager et faciliter le retour des familles chrétiennes, notamment en garantissant leur admissibilité et leur inclusion immédiates dans le projet national en cours de construction d’un million de parcelles résidentielles. »

Marco Mencaglia, responsable du département des projets d’ACN, a déclaré :

« Nous nous réjouissons des propos du Premier ministre. Son message s’inscrit dans le cadre du soutien constant que nos bienfaiteurs apportent à la communauté chrétienne d’Irak. Après la défaite de l’État islamique en 2017, nous avons lancé le « Plan Marshall » pour aider à la reconstruction des habitations dans les villes et villages chrétiens, afin d’encourager les chrétiens à rester dans leur pays. Notre aide a permis à des milliers de personnes de rentrer chez elles. »

Suisse : Zurich interdit la Marche pour la vie dans le centre-ville

La ville suisse de Zurich n’a pas autorisé la tenue de la « Marsch fürs Läbe » (Marche pour la vie) dans le centre-ville pour la sixième fois consécutive.

Les autorités affirment que leur décision est fondée sur des préoccupations sécuritaires, mais les organisateurs soulignent que « quiconque souhaite garantir la sécurité doit s’attaquer à la source de l’agression, et non restreindre ceux qui exercent pacifiquement leurs droits constitutionnels fondamentaux ».

Le comité d’organisation de la Marche pour l’amour a annoncé qu’il ferait appel de la décision, mais l’événement de cette année aura lieu dans le quartier de Zurich-Oerlikon, le 19 septembre.

« Dans un État de droit, les menaces de violence ne doivent pas déterminer qui est autorisé à exprimer son opinion dans l’espace public. Autrement, le droit de manifester est déterminé par ceux qui sont prêts à l’empêcher ».

Dans un communiqué récemment publié, ils qualifient la mesure de « restriction disproportionnée à la liberté de réunion et d’expression » et soulignent que la visibilité publique est une composante essentielle de ces libertés, et qu’un lieu à Oerlikon attirerait beaucoup moins l’attention du public.

Les organisateurs soulignent également qu’aucune autre manifestation à vocation nationale ne soit déplacée en périphérie de la ville.

Pérou : la présidente Keiko Fujimori jure de reconnaître l’importance de l’Église catholique

La nouvelle présidente du Pérou, Keiko Fujimori, a prêté serment le 28 juillet de reconnaître « l’importance de l’Église catholique dans la formation culturelle et morale du Pérou » et a annoncé une politique visant à améliorer la qualité de vie des Péruviens « de la naissance à la vieillesse ».

Fujimori, élue à l’issue d’une élection serrée ayant nécessité un second tour, a pris ses fonctions lors d’une séance solennelle au Congrès de la République, où elle a reçu l’écharpe présidentielle pour le mandat 2026-2031. Elle est la première femme élue au suffrage universel à la tête du pays.

« Moi, Keiko Sofía Fujimori Higuchi, je jure devant Dieu, devant la patrie et devant les saints Évangiles d’exercer fidèlement la charge de présidente de la République que la Nation m’a confiée pour la période 2026-2031 ».

Le président a ensuite juré de défendre « cette terre, la souveraineté nationale, la liberté, la démocratie et l’indépendance des pouvoirs de l’État », ainsi que de faire respecter et d’appliquer la Constitution et les lois du Pérou.

« Je jure de préserver l’intégrité physique et morale de tous les Péruviens, en particulier ceux qui ont été historiquement marginalisés ».

« Je jure que, dans le respect de la liberté de culte, je reconnaîtrai l’importance de l’Église catholique dans la formation culturelle et morale du Pérou, et je travaillerai sans relâche pour un pays sûr, prospère et uni. »

Dans son premier discours à la nation , Fujimori a déclaré qu’il assumait la présidence avec « une profonde humilité » et « un cœur plein de foi dans le destin de notre pays ».

« Je rends grâce à Dieu et je remets entre ses mains le travail que nous commençons aujourd’hui au service du Pérou ».

Le nouveau président a demandé à Dieu « la sagesse de décider, la force de persévérer » et l’aide « de ne jamais oublier que le pouvoir ne trouve de sens que lorsqu’il est exercé au service des autres ». Fujimori a déclaré avoir prononcé devant Dieu, « devant l’histoire et devant vous tous », « le serment le plus sacré qu’un citoyen puisse prêter » : défendre la Constitution, protéger les libertés et consacrer chaque jour au bien-être du pays.

En présentant les priorités de son gouvernement, Fujimori a annoncé que l’un de ses objectifs nationaux serait « d’améliorer la qualité de vie de tous les Péruviens, de la conception à la vieillesse ». À cette fin, elle a promis d’approuver « une politique de protection globale pour la petite enfance, l’enfance, l’adolescence et la famille ».

« Nous allons réorganiser les programmes sociaux et les services publics actuellement dispersés, afin de construire un véritable système de protection global, avec une couverture universelle et une prise en charge continue à chaque étape de la vie ». « Protéger nos enfants et renforcer leurs familles, c’est protéger l’avenir du Pérou ».

« Comme beaucoup d’autres, j’ai hâte d’entendre ce que le Saint-Père dira à la classe politique française »

L’évêque de Lourdes, Mgr Jean-Marc Micas, a été interrogé sur NCR à propos de la portée spirituelle de la visite papale en France, à un moment marqué par la légalisation de l’euthanasie et un renouveau de la foi catholique chez les jeunes.

« Comme beaucoup d’autres, j’ai hâte d’entendre ce que le Saint-Père dira à la classe politique ». « Je suis convaincu que le Pape transmettra et même renforcera le message que l’Église de France n’a cessé de marteler sur ce sujet. »

Quelques jours avant la légalisation de l’euthanasie en France, Mgr Micas s’était distingué par une lettre intitulée « Mon cœur pleure ». Il y dénonçait l’idée que l’aide médicale à mourir puisse défendre la dignité de la vie, la qualifiant d’« absurdité anthropologique » et de l’un des « grands mensonges de l’histoire de l’humanité qui ont coûté la vie à des millions de personnes “pour les sauver” ! ». L’adoption de cette loi ne fait que renforcer le devoir pastoral de la hiérarchie catholique dans le pays. « Notre mission d’évêques est aussi de rappeler aux fidèles que l’existence même de cette loi ne signifie pas que tout est permis », affirmait-il, paraphrasant la Première Lettre de saint Paul aux Corinthiens.

« Lourdes, c’est le monde à l’endroit, comme on aime à le dire », « ce qui signifie que la pauvreté, la misère, la maladie et le handicap ont le droit d’exister et ne sont pas occultés ; ils font partie intégrante de la réalité de la vie, de la famille humaine. » « Un magnifique laboratoire d’une humanité épanouie », qui offre déjà « un avant-goût de ce que pourrait être le paradis ». 

 « Il est extrêmement attentif. Il avait préparé notre rencontre et m’avait posé des questions précises sur Lourdes, sur le sanctuaire et sur sa mission »

La Vie Chrétienne Victorieuse – Le péché originel dissous par une théologie du genre

Comme beaucoup, j’ai lu l’article de Madame Perroni, et je comprends le trouble qu’il a pu susciter. Qu’il me soit permis d’y apporter ma réflexion, non dans un esprit de polémique, mais par souci de fidélité à ce que l’Écriture nous a transmis, et à ce qu’une telle lecture engage pour notre foi. Car retirer la faute d’Adam, c’est retirer la nécessité même du Christ.

La Genèse nous dit quelque chose de très simple, mais de très important : Dieu avait donné une interdiction, et cette interdiction n’a pas été respectée. « Tu ne mangeras pas », dit Dieu, et pourtant, l’homme mange. Ce n’est pas un détail qu’on pourrait retirer de l’histoire sans que rien ne change : c’est justement ce qui fait tout le sens du récit. Si on enlève cet interdit, il n’y a plus de désobéissance, plus de rupture entre Dieu et l’homme, et donc plus besoin de réconciliation. Or c’est exactement sur cette réconciliation que repose toute notre foi.

L’apôtre Paul l’écrit avec une clarté qui traverse les siècles : « comme par la désobéissance d’un seul homme la multitude a été rendue pécheresse, ainsi par l’obéissance d’un seul la multitude sera rendue juste » (Romains 5 :19). Retirer la faute d’Adam, c’est retirer la nécessité du Christ. Ce n’est pas une nuance parmi d’autres : c’est toucher à l’architecture même de notre salut.

Je sais que certains diront que le serpent n’est qu’un serpent, que le diable n’apparaît « que plus tard ». Mais l’Écriture elle-même dément cela : Jésus s’adresse directement à Satan comme à un être réel, notamment lors de la tentation au désert : “Retire-toi, Satan !”( Matthieu 4:10). Il évoque aussi le diable comme père spirituel de ceux qui s’opposent à lui : “Vous avez pour père le diable” (Jean 8:44). Dans ses paroles, Satan et le diable ne sont donc pas présentés comme de simples symboles, mais comme des figures actives et personnelles.

Enfin, le livre de l’Apocalypse nomme sans détour « le serpent ancien, appelé le Diable et Satan » (Apocalypse 12:9). Ce n’est pas une invention tardive : c’est le témoignage cohérent de l’Écriture.

J’invite donc à ne pas laisser le trouble s’installer. C’est un article, signé par une personne, qui propose une lecture partielle et qui n’assume pas jusqu’au bout ses propres conséquences ; car si elle l’avait fait, elle aurait dû dire clairement qu’il n’y a plus besoin de rédemption. Elle ne le dit pas. C’est peut-être le signe qu’elle-même hésite devant l’abîme que sa thèse ouvre.

Restons debout sur le roc qui ne bouge pas : le péché existe, la grâce aussi, et l’un ne se comprend que par rapport à l’autre. Ne laissons donc pas un article, même largement diffusé, remplacer ce que le Christ et l’Écriture nous ont donné de plus précieux : la certitude d’être aimés malgré la faute, et sauvés par grâce.

Fraternellement en Christ,
Berny

Nota bene :

Satan & le Diable

Satan, aussi appelé le diable, est présenté comme l’Adversaire réel et redoutable dont il ne faut ni sous-estimer la puissance ni ignorer l’existence. Il porte plusieurs noms bibliques : Satan (l’adversaire, celui qui s’oppose à Dieu et aux siens), le diable (l’accusateur, le calomniateur), et le serpent, en référence à sa ruse et à la séduction d’Ève en Éden. L’Apocalypse le nomme aussi « serpent ancien » et « accusateur des frères ».

Certains passages du prophète Ézéchiel (28:11-19) sont traditionnellement interprétés comme une évocation voilée de la chute de Satan, bien que le texte s’adresse formellement au roi de Tyr. On y décrit un être d’une perfection et d’une sagesse exceptionnelles, séjournant en Éden, le jardin divin, et occupant la fonction de chérubin protecteur aux ailes déployées. Puis le récit bascule : cet être, grisé par sa propre beauté, laisse son cœur s’enorgueillir et sa sagesse se pervertir sous l’effet de son éclat ; ce qui entraîne sa chute et sa précipitation sur la terre.

Définition du péché originel

Le péché originel, c’est l’état de chute dans lequel se trouve toute la race d’Adam depuis la désobéissance de notre premier père en Éden. Cet acte historique de révolte contre Dieu a introduit le péché dans le monde et placé l’homme sous la puissance du mal et de la mort.

Depuis Adam, tous les hommes naissent dans cette nature corrompue, séparée de Dieu, inclinée au mal et incapable de lui plaire. Ce péché originel n’est donc pas un acte que chaque enfant commet, mais la condition spirituelle dans laquelle il vient au monde, parce qu’il appartient à une race déjà tombée.

Cette solidarité avec Adam entraîne à la fois culpabilité devant Dieu, mort spirituelle et incapacité morale. C’est pourquoi il ne suffit pas de corriger l’homme ancien : Dieu doit donner une nouvelle vie et placer le croyant dans une nouvelle position « en Christ », second Homme et dernier Adam.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

L’Assomption : et si nous retrouvions le désir du Ciel ?

Le mois d’août approche avec l’une des plus grandes fêtes de l’année liturgique : l’Assomption de la Vierge Marie.

Dans un monde où tout nous pousse à vivre le regard rivé vers l’immédiat, Marie nous rappelle une vérité essentielle : notre patrie est au Ciel.

Son Assomption n’est pas seulement une récompense personnelle. Elle est une promesse pour chacun de nous. En contemplant Marie élevée corps et âme dans la gloire, nous découvrons notre propre vocation : être appelés à partager la vie de Dieu. L’Église célèbre ainsi Marie comme la première des sauvés, celle qui nous précède sur le chemin de l’espérance.

À quelques jours du 15 août, Hozana propose une neuvaine originale intitulée :

« Avec Marie, devenons citoyens du Ciel »

Pendant neuf jours, les participants recevront une méditation quotidienne pour apprendre à vivre davantage tournés vers les réalités éternelles, à l’école de la Vierge Marie, ainsi qu’une prière. Le tout en format texte ou audio.

À une époque où tant d’inquiétudes nous accaparent, cette neuvaine offre une respiration spirituelle : retrouver le goût de la prière, remettre nos préoccupations entre les mains de Notre-Dame et laisser grandir en nous l’espérance chrétienne.

L’Assomption nous rappelle que le Ciel n’est pas une idée abstraite mais notre véritable destination.

Vous pouvez rejoindre gratuitement la neuvaine ici.

Les catholiques, champions du relativisme …

L’hérésie relativiste régnante dans la société n’impacte pourtant pas seulement les catholiques … Comment se fait-il qu’ils en soient cependant les champions ? Si la hiérachie de l’Eglise est, par devoir, responsable de la communauté et de son salut, que dit la situation actuelle ? Doit-elle rejeter l’idéologie qui guide sa pastorale depuis des décennies pour sauver ce qui peut encore l’être, ou bien doit-elle continuer à prêcher, avec “le vénéré prédécesseur” de Léon XIV, que ” toutes les religions sont voulues par Dieu et mènent à Dieu” ?

NB : Dans la section III du Syllabus, Pie IX condamne les affirmations suivantes :

– « Tout homme est libre d’embrasser et de professer la religion qu’il aura jugée vraie d’après la lumière de la raison. »
– « Les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir le salut éternel dans le culte de n’importe quelle religion. »
– « On peut au moins avoir une bonne espérance du salut éternel de tous ceux qui ne vivent pas dans la véritable Église du Christ. »
– « Le protestantisme n’est autre chose qu’une forme différente de la même vraie religion chrétienne, dans laquelle il est également possible de plaire à Dieu comme dans l’Église catholique.»
https://www.nationalsurveyreligiousleaders.org/publications-all

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Enfin, le gouvernement expulse les étrangers…

Les Français auraient-ils été entendus ?

Un arrêté ministériel d’expulsion a été remis à Xenia Fedorova, journaliste notamment au JD News. Au motif que « son comportement porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État » et que sa présence sur le territoire français « constitue pour ce motif une menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public ». Elle « s’inscrit comme un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes » dans le but « de déstabiliser l’ordre public » en France.

Xenia Fedorova va « immédiatement former un recours », annonce son avocat.

En attendant voici sa dernière chronique parue dans le JD News :

Enzo Bianchi, fondateur de la Communauté de Bose, a assisté à la célébration du Vetus Ordo

Les restrictions imposées à la forme extraordinaire du rite romain, introduites par le pape François en 2021 avec Traditionis Custodes, sont de plus en plus impopulaires. Les appels à leur levée se multiplient au sein de l’Église et dans l’opinion publique, et la semaine dernière a été marquée par un geste significatif en ce sens. Le dimanche 19 juillet, Enzo Bianchi, fondateur de la Communauté de Bose, a assisté à la célébration du Vetus Ordo à 11 heures en l’église de la Misericordia à Turin.

Il est en effet l’une des figures les plus influentes du catholicisme progressiste. Né en 1943 dans le Piémont, Enzo Bianchi, marqué par le concile Vatican II qui s’achève, laisse tomber ses études de comptabilité en 1965 pour fonder à Bose une communauté monastique, œcuménique et mêlant hommes et femmes dans le célibat. La règle qu’il écrit en 1968 est approuvée la même année par l’archevêque de Turin mais la communauté n’obtient qu’en 2001 le statut d’association privée de fidèles.

Le site web Lo Spiffero a rapporté que Bianchi a également adressé un bref message aux fidèles à la fin de la liturgie. L’ancien prieur de Bose a réaffirmé son soutien au concile Vatican II et à la réforme liturgique, ajoutant toutefois espérer que les deux rites « puissent coexister ». Ce même esprit anime le motu proprio Summorum Pontificum, mandaté par Benoît XVI, convaincu que « les deux formes d’usage du rite romain peuvent s’enrichir mutuellement ».

Ce geste fort de Bianchi intervient deux mois après sa prise de position publique en faveur d’un « climat d’accueil et d’inclusion » envers les traditionalistes. Dans un article paru dans la revue mensuelle Vita Pastorale, le fondateur de Bose relate une anecdote concernant l’une de ses nombreuses rencontres avec François, au cours de laquelle le pape argentin lui aurait demandé conseil sur la manière d’entamer une réconciliation avec les lefebvristes. Bianchi aurait alors suggéré « une miséricorde qui cherche à les inclure, en veillant à ce que l’Eucharistie redevienne l’origine et la source de la communion pour tous ».

Si Bergoglio s’inquiétait des traditionalistes non en communion avec Rome, Léon XIV a démontré dans sa récente lettre aux évêques français qu’il souhaitait une plus grande bienveillance envers ceux qui, au contraire, restaient fidèles au Pape et subissaient les conséquences des mesures restrictives introduites en 2021. La position conciliante de Prévost a été défendue par Bianchi, qui, dans son article, l’a définie comme « une invitation pressante à la compréhension mutuelle, à cesser de se juger les uns les autres, dans le désir d’une véritable compréhension de l’autre et de ses raisons ». La solution pour lui est une « paix liturgique » au sens de « pax eucharistica ».

C’est dans ce sens que semblent s’interpréter la présence de Bianchi dans l’église de Turin, via Barbaroux, et ses paroles à la fin de l’ancienne liturgie autorisée par l’ordinaire du diocèse. Plusieurs participants ont été touchés par ce geste de proximité et de pacification liturgique dans lequel l’un reconnaît l’autre comme un frère, démontrant ainsi qu’il est possible d’accepter leurs positions sur la base d’une seule foi, sans que personne ne perde son identité et toujours en communion avec l’Église.

Le 22 août, Bianchi interviendra lors du 84e Cours d’études chrétiennes à Assise, lors d’une rencontre consacrée à la liturgie. Il sera accompagné d’Andrea Grillo, l’un des plus farouches opposants au Vetus Ordo. Les arguments de l’ancien gourou de Bose parviendront-ils à atténuer, ne serait-ce qu’un peu, l’hostilité inflexible du théologien, connu pour avoir été réprimandé par l’Athénée pontifical de Sant’Anselmo suite à un texte irrespectueux envers saint Charles Acutis ? Quoi qu’il en soit, la présence de Bianchi à Turin confirme que l’appel à la levée des restrictions sur la messe tridentine n’est plus l’apanage du monde traditionaliste, mais une conviction désormais largement partagée, même par ceux qui défendent des sensibilités ecclésiastiques différentes. 

Censure bancaire

Des journalistes, militants, associations et élus classés à droite dénoncent la fermeture soudaine de leurs comptes bancaires, souvent sans explication.

Le directeur de la rédaction de L’Incorrect, Arthur de Watrigant, affirme que le compte du journal chez Qonto a été fermé en plein été, en même temps qu’un compte de secours ouvert dans un autre établissement.

Le vidéaste Vincent Lapierre, le collectif Némésis, Breizh Info, l’Institut Iliade, TV Libertés, le média Frontières et le site Fdesouche font également état de difficultés bancaires.

Alice Cordier, responsable du collectif Némésis, affirme qu’un directeur d’agence lui aurait expliqué que l’association avait été cataloguée comme un « compte politique à risques ». Après la fermeture de son compte au Crédit mutuel, le collectif aurait essuyé plusieurs refus et perdu une grande partie de sa collecte. Le Crédit mutuel affirme que Némésis n’aurait pas transmis certains justificatifs comptables, ce que les responsables du collectif démentent.

Des députés du Rassemblement national, parmi lesquels Stéphane Rambaud, Jean-Philippe Tanguy, Franck Allisio et Thomas Ménagé, auraient également été radiés de leur banque. Les établissements justifient notamment leur vigilance par les règles relatives aux « personnalités politiquement exposées » et par leurs obligations de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Pourtant des structures d’extrême gauche, communautaires ou islamistes continuent de disposer de comptes dans les mêmes banques : Justice pour Adama, Millî Görüş et Ummah Charity.

Incendies et enfer des normes

En cette période de graves incendies, les sapeurs-pompiers pointent du doigt certaines normes européennes.

Marc Vermeulen, directeur du Sdis 33, avait interpellé la préfecture sur les normes européennes «très contraignantes».

La première, l’AdBlue, ce dispositif anti-pollution obligatoire sur les véhicules diesel. L’AdBlue est un liquide composé d’urée et d’eau déminéralisée, stocké dans un réservoir séparé de celui du carburant. Son rôle : déclencher une réaction chimique qui transforme une partie des gaz polluants émis par le moteur en azote et vapeur d’eau, des substances beaucoup moins nocives pour l’environnement. Ce système équipe aujourd’hui la quasi-totalité des véhicules diesel afin de répondre aux exigences européennes en matière d’émissions d’oxyde d’azote. Une obligation qui touche également les véhicules d’incendie et de secours. Lorsque le réservoir est vide ou qu’une panne est détectée, le véhicule peut perdre en puissance, voire refuser de redémarrer après un arrêt. Pratique avec un camion de pompiers…

Le 14 juillet, le député socialiste Pascale Got avait interrogé le ministre délégué auprès du ministre de l’intérieur sur les conséquences opérationnelles des normes européennes d’émissions polluantes imposant l’utilisation du système AdBlue sur les véhicules lourds des services d’incendie et de secours.

Ce dispositif, conçu pour réduire les émissions d’oxydes d’azote des poids lourds effectuant de longs trajets routiers, s’applique de la même manière aux véhicules de lutte contre les incendies, dont le profil d’usage est pourtant radicalement différent : trajets courts entre la caserne et le sinistre, puis fonctionnement prolongé à l’arrêt ou à faible vitesse, souvent dans des conditions de chaleur et de poussière extrêmes qui perturbent le bon fonctionnement du système SCR. Les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) sont confrontés, sur le terrain, à des difficultés croissantes liées au fonctionnement de ce dispositif qui peut entraîner, en cas de défaillance technique, de défaut de détection ou d’absence de liquide, une limitation automatique des performances du moteur, voire une impossibilité de redémarrage du véhicule. Les représentants des sapeurs-pompiers alertent sur ces dysfonctionnements, qui peuvent survenir alors même que les véhicules sont entretenus conformément aux préconisations des constructeurs. Les engins d’incendie interviennent dans des situations d’urgence où chaque minute est déterminante pour sauver des vies, protéger les biens et préserver l’environnement. Toute immobilisation ou limitation de leurs capacités opérationnelles est susceptible de compromettre la continuité du service public de secours et de mettre en danger les intervenants comme les populations. Dans ce contexte, elle lui demande si le Gouvernement entend engager des discussions avec les autorités européennes afin d’obtenir une dérogation spécifique pour les véhicules d’incendie et de secours ou, à défaut, permettre la mise en œuvre d’aménagements techniques garantissant que les dispositifs antipollution ne puissent, en aucune circonstance, empêcher ou limiter l’engagement opérationnel d’un véhicule de secours en intervention.

La réponse se fait attendre.

Outre l’AdBlue, les sapeurs-pompiers souhaitent bénéficier d’exonérations similaires à celles déjà accordées aux véhicules militaires pour d’autres réglementations. Le règlement GSR2 impose depuis 2024 de nouveaux équipements de sécurité sur les véhicules neufs. Notamment le système d’évitement de collision piéton. Lorsque les véhicules interviennent en forêt ou dans le maquis, ce dispositif ne parvient pas toujours à distinguer un arbre d’un piéton, ce qui provoque un arrêt automatique du véhicule… Ce phénomène peut se produire à l’avant comme à l’arrière du véhicule, ce qui peut retarder l’évacuation rapide des équipes sur les lieux d’un incendie et compromettre leur sécurité.

La « protection » de la famille est une « mission primordiale » pour l’Église aujourd’hui

Commentant sur son blog les lectures de la liturgie du dimanche 26 juillet, le cardinal Zen a évoqué les paraboles de la graine de moutarde, du levain et de la perle :

[…] En rassemblant ces trois métaphores, on peut dire que la première étape pour entrer dans le Royaume des Cieux consiste à découvrir des trésors, à reconnaître des perles, à entendre l’appel de Dieu, à prendre la résolution de lui obéir et à faire vœu de l’aimer par-dessus tout.

Mais ce n’est que le début. Ayant entendu cet appel et y ayant répondu, nous devons persévérer jusqu’au bout, laissant la graine germer et la levure agir ; sinon, comme la courroie, elle pourrira et deviendra inutile.

N’avons-nous pas déjà trouvé le trésor, reconnu la perle et investi toute notre vie en elle ? Jésus nous a conduits dans son Église, et si nous lui sommes reconnaissants, nous devons suivre fidèlement ses enseignements au sein de cette Église, en devenant humblement et courageusement ses disciples. Nous ne sommes pas simplement sa ceinture, ni simplement revêtus de lui ; il vient en nous, et nous entrons en lui, devenant membres de son corps.

Qu’est-ce qui pourrait nous détourner de Lui ? Il ne devrait pas y en avoir, mais nous devons tout de même affronter les trois ennemis, les trois forces du mal qui nous tentent sans cesse : les désirs et les passions égoïstesles tendances du monde et le diable.

Le diable existe ; la Bible dit : « Il parcourt le monde à la recherche de proies à dévorer. » Nous devrions prier davantage l’archange Michel pour obtenir sa protection.

Les tendances mondaines, c’est-à-dire ceux qui ont cédé au diable, ne sont pas aussi laides que le diable lui-même. Elles useront de paroles douces pour vous gagner leur sympathie, alors soyez très prudent !

Mais ne devrions-nous pas être encore plus vigilants face à nos propres désirs et penchants égoïstes ? Nous ne devons pas baisser notre garde et ne jamais les considérer comme insignifiants. Même de petites choses, si elles deviennent des habitudes, peuvent miner notre volonté. Examinons-nous davantage, prions davantage ! Les mauvaises habitudes sont aussi néfastes que la drogue !

Bien sûr, l’éthique et la morale ne se limitent pas aux sixième et neuvième commandements , mais ces types de péchés sont les plus addictifs. En particulier, les péchés des personnes LGBTQ+, qui contreviennent totalement au dessein du Créateur pour l’humanité : un homme et une femme s’aimant pour la vie et se transmettant la vie. Les relations sexuelles entre personnes de même sexe sont non seulement qualifiées de péché dans la Bible , mais aussi d’abomination (particulièrement répugnantes) aux yeux de Dieu. Dieu, dans sa miséricorde, a également envoyé le feu pour détruire Sodome.

Je n’ai pas assisté à la réunion des cardinaux fin juin, mais j’ai lu attentivement tous les comptes rendus. Lors de la première réunion, les cardinaux ont débattu de la question suivante : « Dans quel monde sommes-nous appelés aujourd’hui à répandre l’Évangile ? » Parmi les nombreuses questions difficiles abordées, les cardinaux ont déclaré : « Le problème fondamental semble être que les gens ont perdu le sens de la vie. (Ils n’ont pas trouvé les trésors et les perles, ou bien ils les ont trouvés mais ont abandonné.) »

Si l’on nie la valeur inestimable de la vie et de la famille, que reste-t-il de beau dans la vie ? C’est comme abandonner une source et chercher de l’eau dans une piscine percée ! J’ai entendu dire que même le diable l’a admis : détruire la famille, c’est sa victoire.

Apprécions en silence le plan d’amour de Dieu, remercions-le et louons-le ; et soyons prêts à payer le prix pour la « santé » de nos familles !

La meilleure façon de lutter est d’agir : prendre soin des autres, les aider et accomplir de bonnes actions nous encourage à persévérer dans le bien. Mobilisons-nous tous : évêques, prêtres, moines, religieuses, paroissiens mariés et célibataires, familles heureuses et familles en difficulté, faisons des familles notre mission première, la priorité absolue de notre ministère pastoral. Demandons aux parents de la Vierge Marie d’intercéder pour nous, demandons aux parents de Thérèse de l’Enfant Jésus d’être nos patrons, et que la jeunesse soit remplie de foi dans le plan d’amour de Dieu.

Une “théologienne” nie le péché originel et l’existence du diable dans l’Osservatore Romano

Il y a longtemps que des « théologiens » nient le péché originel. Mais c’est la première fois semble-t-il qu’un théologien le fait dans l’Osservatore Romano (édition du 4 juillet).

Le titre d’un article est : « Dans la Genèse, il n’y a pas de “non”, à l’origine d’un malentendu », puis, juste en dessous, on lit avec insistance : « Le serpent, la femme et le fruit. Et Satan ? »  Marinella Perroni signe l’article dans Donne Chiesa Mondo – Il Diavolo in noi – Monthly magazine of the Osservatore Romano , n° 157, juillet 2026 (ici). Elle ne formule jamais clairement la réponse.

L’article comporte des passages très clairs :

  • a) « Les protagonistes de l’histoire sont (…) un serpent (…), une femme (…) et un fruit », donc dans le récit du péché originel, « il n’y a pas de diable » ;
  • b) à partir du VIe siècle et des spéculations sur les esprits surnaturels, « le diable apparaîtra comme une entité à part entière : “par l’envie du diable, la mort est entrée dans le monde, et ceux qui sont de son parti en font l’expérience” (Sg 2, 24) » ;
  • c) par conséquent, « les trois protagonistes du récit de la Genèse — le serpent, la femme et le fruit — deviendront le diable, la femme et le péché ».

La question se pose : que signifie « deviendront » ? S’agit-il d’un progrès dans la révélation, ou bien d’une assimilation du serpent au diable ?

La note sur Genèse 3,1 de la Bible de Jérusalem précise que « la tradition sapientielle, puis le Nouveau Testament et toute la tradition chrétienne [ont reconnu le serpent comme l’adversaire (ou le tentateur), le diable ». Dans l’Écriture, il faut certes partir du sens littéral, mais « dans la tradition vivante de toute l’Église » (CEC 113), il faut demeurer attentif à « l’analogie de la foi », c’est-à-dire à la « cohérence des vérités de foi entre elles et dans la totalité du plan de la Révélation » (CEC 114). Autrement dit, toute interprétation littérale est possible, mais un texte doit aussi rendre compte des phases historiques successives de la Révélation et de son rapport à tout le mystère chrétien : ces éléments sont essentiels à sa compréhension, et l’on ne peut élaborer une théologie ni une pastorale sans les prendre en considération, comme semble le suggérer l’article en question.

Marinella Perroni a été pendant dix ans présidente de la Coordination des théologiennes italiennes, spécialiste des « études de genre », versions féministes, dans ce qu’on appelait autrefois la Sainte Ecriture. Elle affirme tranquillement :

« Dans l’ancien mythe biblique communément appelé la Chute, il n’y a ni diable, ni puissance divine à laquelle les êtres humains soient soumis. » Le récit ne parle que de la « contradiction » selon laquelle « être de Dieu, être choisi par Dieu, ne signifie pas être comme Dieu. Et c’est là que réside la tension inépuisable entre l’humanité et le divin – il n’y a pas de péché. »

Et il ne peut pas y avoir de péché puisque le récit biblique est le premier discours théologique féministe, sur le désir d’être comme Dieu :

« Il est tout à fait beau de voir que, dans l’Éden, la femme endosse le rôle de celle qui a le courage de s’engager dans ce désir, d’en revendiquer le droit et d’en discuter les limites, afin de contribuer à définir cette frontière infranchissable qui sépare les humains de Dieu, sans aucune possibilité de négociation. »

Le problème est que s’il n’y a pas de péché il n’y a pas non plus d’incarnation rédemptrice.

Et c’est écrit dans le journal officiel du Vatican.

“On est passé de la célébration de l’Eucharistie instituée par le Seigneur à une sorte de jeu entre amis, rien de plus”

Le cardinal Antonio María Rouco Varela, archevêque émérite de Madrid, né en 1936 va bientôt fêter ses 90 ans. Il a été longuement interrogé dans El Debate. Extraits :

[…] Il est important de noter que nous, cardinaux, ne sommes pas émérites ; nous sommes électeurs ou non-électeurs, mais nous sommes membres à part entière du Collège des cardinaux, avec tous les droits et devoirs que cela implique. Par conséquent, lorsque le Pape nous convoque en consistoire, et notamment en consistoire extraordinaire, nous y participons avec les mêmes droits et devoirs que les cardinaux électeurs, c’est-à-dire ceux qui ont moins de 80 ans. Le phénomène contemporain de l’allongement de l’espérance de vie affecte également l’Église et le Collège des cardinaux. Par exemple, lors du consistoire que nous avons tenu en juin dernier, le nombre de cardinaux de plus de 80 ans était considérable. Je crois qu’il y en avait une quarantaine ; pas moins.

À la suite de la réunion du consistoire, vous avez exprimé votre inquiétude – ainsi que celle d’autres cardinaux – concernant ce qu’on a appelé la « voie synodale allemande »…

Le consistoire est une forme de relation entre les évêques héritiers du Collège apostolique, le Collège des Douze. L’évêque de Rome est le chef du Collège. Les onze autres ne peuvent ignorer son autorité ni outrepasser ses prérogatives. Parallèlement, l’évêque doit tenir compte de l’avis des onze autres.

Mais tenter d’interpréter le corps qui exerce l’autorité dans l’Église à l’aide de catégories politiques n’est pas juste, car il ne devrait pas, dans son raffinement sacramentel, être soumis aux exigences d’une communauté humaine légalement organisée pour réaliser le bien commun des personnes qui vivent l’histoire dans le temps et dans l’espace concret.

Par conséquent, le Collège des évêques – successeur du Collège des apôtres – n’est pas une sorte de parlement ou de Sénat exerçant un contrôle sur le chef d’État ou le roi. Les catégories les plus pertinentes pour comprendre la constitution divine de l’Église sont la famille, la paternité et la fraternité, plutôt que le président de la République, le roi ou l’empereur.

Une définition circule selon laquelle le baptême serait la source de tout ministère. C’est une affirmation erronée. Le baptême est une condition indispensable pour recevoir un ministère, mais il n’en est pas la source. Le ministère principal et décisif dans la constitution de l’Église est le sacrement de l’Ordre. C’est pourquoi il existe une différence entre l’ecclésiologie protestante et l’ecclésiologie catholique.

Percevez-vous à Rome une inquiétude concernant l’Église allemande ?

Cette préoccupation ne concerne pas seulement le Saint-Siège et les papes. Le papeFrançois a exprimé à plusieurs reprises sa vive inquiétude face à la situation en Allemagne. Le pape Léon XIV est déjà intervenu à trois reprises dans les relations entre l’Église en Allemagne et le Saint-Siège.

Je n’aime pas dire Église espagnole, Église allemande , etc., car il n’existe pas d’Églises nationales. L’Église est catholique, et c’est pourquoi elle unit les réalités terrestres. Elle a le pouvoir d’unir toute l’humanité, la famille humaine tout entière.

J’ai vécu une expérience inoubliable. Lors d’un séminaire pour doctorants et professeurs à l’Université de Munich, j’ai participé à une discussion et j’ai utilisé l’expression « de l’Église allemande ». On m’a répondu : « Docteur Rouco, je ne connais pas cette Église ; je ne connais que l’Église une, sainte, catholique et apostolique . » Cette leçon m’a profondément marqué.

L’Église en Allemagne, donc. Merci pour cette précision. Certains affirment en effet qu’il y a eu une certaine protestantisation au sein de l’Église en Allemagne …

Oui, oui, oui. Il faut comprendre l’état général de la foi en Allemagne. On observe une crise de la foi qui précède une crise de l’Église, un phénomène qui se produit partout en Europe à des degrés divers. C’est particulièrement vrai pour l’Église enracinée dans l’Europe libre, celle qui s’est développée de ce côté-ci du rideau de fer. De l’autre côté, il y a eu une persécution terrible qui a duré un demi-siècle. Mais de ce côté-ci, il y a eu une crise de la foi.

Si la foi en Dieu vacille, si la foi en Jésus-Christ vacille, on ne peut comprendre l’Église. Si l’Église n’est pas conçue selon la définition de Vatican II – le sacrement universel du salut en Christ où il se rend présent –, elle se dissout en une sorte de réalité sociale vouée aux questions religieuses. Car, au plus profond de son être, l’homme aspire fondamentalement à l’au-delà ; au-delà de lui-même ; au-delà de la nature visible ; au-delà des catégories qu’il conçoit comme vérité, bonté, beauté, amour, etc.

Mais si vous ne Le connaissez pas, si vous ne croyez pas en Lui, vous restez sans réponse. Alors, que se passe-t-il en Europe ? Eh bien, c’est une crise qui s’aggrave avec la fin de la Renaissance, puis avec le protestantisme et les Lumières, largement louées et qui, il est vrai, ont apporté de nombreux éléments positifs à la construction de la société et de l’État. Mais, au cœur même des Lumières, il y a une réserve ; dans certains cas, une pensée athée, agnostique, empreinte de doute, d’hésitation.

Nous avons revécu cet héritage, et de surcroît, avec une gravité historique, les configurations politiques du XXe siècle – extrêmement puissantes – qui ont érigé l’athéisme en principe fondamental de leur idéologie. en principe fondamental de leur idéologie . D’abord le marxisme-léninisme, puis le national-socialisme. Ces deux mouvements l’étaient bien plus que le fascisme italien, qui n’était pourtant pas explicitement athée. L’expérience de l’athéisme communiste a ainsi été vécue après la guerre par notre génération de jeunes prêtres, ceux d’entre nous ordonnés principalement dans les années 1950, ceux qui ont vécu le concile Vatican II, ceux qui ont vécu la révolution de mai 1968, et ainsi de suite.

Au cours de cette année et quelques mois de pontificat de Léon XIV, nombreux sont ceux qui ont tenté – sans succès, à mon avis – de cataloguer le pape comme « conservateur », « progressiste », « de la continuité »… Quel est votre avis ?

J’ai eu une longue audience avec lui en avril. Puis, les deux consistoires. Et surtout, j’ai lu ses livres, ses écrits et ses discours. J’ai notamment pu lire attentivement tous ses enseignements depuis son voyage en Espagne, de son bref discours à la CEDIA à celui prononcé au Palais royal, où il interprète l’histoire de l’Espagne à la lumière de son histoire spirituelle. Son discours au Congrès était d’une importance capitale ; il y puise aux sources de la pensée et de la spiritualité espagnoles, notamment chez saint Jean de la Croix. aux maîtres de l’École de Salamanque. »

Dans chacun de ces écrits, on retrouve la préoccupation d’un Successeur de Pierre qui comprend clairement les vérités fondamentales de la foi et le principe fondamental de fidélité à la vérité. Les références au concept d’éternité et à l’idée que la vie ne s’achève pas ici-bas sont très éclairantes et centrales. On pourrait parler d’un magistère extraordinairement christologique, selon lequel l’Église existe pour vivre avec le Christ, en lui et par lui. Et une expression sacramentelle centrale : l’Eucharistie. Et avec une exigence première et fondamentale du profond « oui » à la vie, qui requiert la conversion, mais qui confère aussi l’espérance, une forme de liberté qui aspire à se transcender ; à surmonter les blessures de notre naissance et, par conséquent, à rappeler à l’Église, en ce moment, qu’il est indispensable de se concentrer sur l’essentiel. De là, on peut faire beaucoup de bien au monde, au sens le plus temporel du terme : par le biais de politiques sociales.

Mais surtout, j’ai profondément admiré l’importance qu’il accorde à la valeur de la vie, étroitement liée à celle de la dignité humaine, qu’il conçoit de manière transcendante. Au Parlement, il a déclaré que la dignité de la personne humaine est inviolable car la personne humaine est une création divine.

On pourrait dire, pour reprendre les mots du pape François, que la périphérie n’existe que si le centre – l’essentiel – fonctionne. Je crois que, de ce point de vue, il y a une continuité fondamentale avec le pontificat de son prédécesseur, mais aussi avec celui des papes post-conciliaires. Il est curieux de constater qu’il a déjà choisi le concile Vatican II comme thème de sa catéchèse, ce qui constitue un appel à la réflexion pour tous. Nous devons revenir au concile Vatican II, car il est la source immédiate, claire, évidente et sans équivoque de ce qui est demandé à l’Église depuis longtemps. L’application de Vatican II reste encore largement à venir.

Bien que cela ait été l’un des points de discorde qui ont conduit à l’excommunication récente des lefebvristes…

Dans l’histoire des conciles de l’Église, avant comme après les grands conciles, il y a toujours eu des divergences sur des points doctrinaux plus ou moins décisifs – parfois même très décisifs – comme les dogmes relatifs à la divinité de Jésus ou les dogmes christologiques, car ces derniers ont toujours été suivis par des groupes et des individus qui s’en sont écartés. Ce phénomène s’est également produit lors de Vatican II : une partie importante de l’Église, notamment en Europe, et plus particulièrement en France et en Suisse, n’a pas compris la doctrine de Vatican II sur la liberté religieuse. Un mouvement s’est donc formé autour de la figure d’un archevêque jouissant d’un prestige personnel considérable. Et à juste titre, car c’était un homme instruit, un évêque spirituellement cultivé, très estimé et plus que respectable. Autour de lui, le sentiment général était : « Nous ne franchirons pas ce pas . »

Mais bien sûr, cette décision impliquait une rupture avec le Concile, car sa doctrine s’étend à de nombreux aspects de la foi de l’Église. Le Magistère du Concile est tout aussi valable lorsqu’il s’agit du Collège des évêques, de la vie consacrée, des laïcs ou de la liberté religieuse.

La liturgie traditionnelle a également été un sujet de discorde. Vous avez récemment demandé de la « compréhension envers ceux qui souhaitent le rite ancien ».

Mais cela n’a jamais posé problème, car tous les papes ont fait preuve de compréhension à ce sujet. Et, bien sûr, cette messe peut être célébrée légalement, même après l’abrogation du décret de Benoît XVI. Le pape François n’a pas totalement interdit la célébration de l’ancien rite. Il en a considérablement limité la diffusion, par exemple en interdisant la création de nouvelles communautés ou de nouveaux groupes de fidèles souhaitant célébrer selon l’ancien rite. Je suis prêtre depuis mars 1959 et j’ai célébré cette messe pendant sept ans, jusqu’en 1966. Par conséquent, il ne s’agit pas d’une question de doctrine ou de foi, car l’Église vit avec ce rite depuis 500 ans.

Il y a toujours eu une variété de rites liturgiques. C’est donc une question de discipline et de pastorale liturgique. Mais, bien sûr, lorsque cela devient un acte de désobéissance manifeste, cela devient un problème grave, qui menace l’unité de l’Église.

Les réformes liturgiques de Vatican II sont souvent devenues une parodie de la liturgie. Et, bien sûr, lorsque cette parodie atteint un tel degré de profondeur qu’elle affecte la vérité même des sacrements, la conscience des fidèles, et même leur sensibilité esthétique, le manque quasi anarchique de discipline liturgique qui régnait dans de nombreux lieux et au sein de l’Église durant les années 1970 a incité certains fidèles à revenir aux traditions antérieures aux réformes de Vatican II.

Je me souviens, lorsque vous étiez archevêque de Madrid, de l’un de ces abus liturgiques très médiatisés survenus en 2007 à la paroisse San Carlos Borromeo, dont vous aviez ordonné la fermeture. José Bono et Pedro Zerolo s’y étaient même rendus pour « manifester leur solidarité » et faire un spectacle…

Bien sûr, lorsque de tels phénomènes d’abus se produisent, certaines personnes réagissent en prenant une direction opposée… Non pas en reniant la foi, ni en niant les fondements de la foi, mais en exagérant, dirions-nous, la formule de résolution du problème, ce qui peut engendrer la division, voire la perte d’unité dans ce qui est vrai et essentiel.

Des cas de ce genre se sont produits tout au long des années 1970. On y trouvait de tout, et pire encore, cela se passait dans les maisons de formation, pour religieux et religieuses, les séminaires… On célébrait l’Eucharistie dans le salon, autour d’une table basse. Assis, accroupis, on apportait le vin du réfrigérateur, un morceau de pain, et chacun parlait à sa guise… Presque seuls les mots de la consécration étaient ramenés à une vérité théologique.

Autrement dit, on est passé de la célébration de l’Eucharistie instituée par le Seigneur — le sacrement de sa présence sacrificielle sur la croix qui nourrit nos âmes, sa chair et son sang, la présence du Divin au cœur de notre vie et de notre histoire — à une sorte de jeu entre amis, rien de plus. Il y a un fossé infini entre les deux.

Environ 2000 personnes ont participé au VIe Pèlerinage traditionnel d’Oviedo à Covadonga

Environ 2000 personnes, en majorité des jeunes et des familles avec enfants, ont participé le WE dernier au VIe Pèlerinage traditionnel d’Oviedo à Covadonga (environ 100km) organisé par Notre-Dame de la Chrétienté en Espagne.

Le pèlerinage a débuté par une prière en la cathédrale d’Oviedo :

Samedi, la messe traditionnelle en la fête de saint Jacques a été célébrée à El Remedio (Asturies) après l’achèvement de la première journée du pèlerinage :

Dimanche, la messe solennelle a été célébrée dans le camp installé à Sebares (Asturies) :

Puis lundi, messe traditionnelle célébrée à l’aube, toujours au campement de Sebares, faute de pouvoir se tenir dans la basilique de Covadonga.

« Le dialogue n’est pas un dogme »

Lu dans La Nuova Bussola :

Aujourd’hui, les responsables de l’Église invitent souvent au dialogue, mais « le dialogue n’est pas un dogme », comme l’a dit le cardinal Biffi. Jésus a plutôt ordonné à ses disciples de prêcher l’Évangile et la nécessité de la conversion.

« Le dialogue n’est pas un dogme », disait avec un grand réalisme chrétien le regretté cardinal Giacomo Biffi, et malheureusement, la réalité le confirme abondamment. En effet, je constate que même parmi les catholiques, le dialogue est souvent loin d’être facile. Malgré cela, j’entends constamment des appels au dialogue de la part des responsables de l’Église, comme s’il s’agissait de la solution à tous les problèmes et conflits.

Le mandat du Christ à ses disciples n’était pourtant pas : « Allez et dialoguez avec toutes les nations », mais : « Allez dans le monde entier et prêchez l’Évangile à toute la création », avec son appel subséquent à la conversion et au baptême. Et si c’était précisément parce que nous ne nous sommes pas laissés convertir, interroger par Celui qui est le chemin, la vérité et la vie, que même le dialogue entre catholiques, bien que nécessaire, ne fonctionne pas, mais accentue souvent les divisions ? Le saint Siméon, en effet, a compris ce qui serait nécessaire lorsqu’après avoir reconnu que Celui qu’il tenait dans ses bras était « une lumière pour éclairer les nations et la gloire de son peuple Israël », il a poursuivi : « Voici, cet enfant est destiné à la chute et au relèvement de beaucoup en Israël, et à être un signe qui suscite la contradiction (afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient révélées) ». Et, se tournant vers Marie, il a dit : « Et toi aussi, une épée te transpercera l’âme. »

Le dialogue ne peut donc être véritablement fructueux qu’après que les interlocuteurs aient résolu leurs contradictions mutuelles face à la vérité d’un Dieu qui a envoyé son Fils afin que, s’offrant librement en victime pour nos péchés, il puisse nous libérer de notre égoïsme, de notre orgueil et de nos préjugés, mais surtout de la mort et de la mort éternelle ! C’est pourquoi saint Paul nous invite à nous tourner vers le ciel. Si nous le faisons, les choses ici-bas se dérouleront certainement mieux, y compris le dialogue ! Même l’œcuménisme tant désiré ne peut naître d’une cérémonie superficielle, mais du témoignage de l’amour mutuel, avant tout entre catholiques. Et, comme nous le savons, le véritable amour est contagieux, mais, pour l’être, il doit passer par l’épreuve et la croix.

« Tout se passe toujours bien avec Marie ! » – De l’angoisse à l’abandon

Illustration : Madonna della Misericordia Piero della Francesca. (1416-1420 ?- 1492)

L’énigme de la paix désarmée
Il est des phrases que l’on reçoit comme une brise légère au détour d’une conversation. Elles se déposent sans bruit dans les replis de la mémoire, puis poursuivent leur travail invisible, jusqu’au jour où elles éclatent en pleine conscience, comme de lentes bombes à retardement.

« Tout se passe toujours bien avec Marie ! »

Un ami profondément croyant me dit un jour cette phrase avec une simplicité désarmante. Je demeurai interdit. Elle me semblait presque insolente. Comment pouvait-on affirmer une chose pareille ? Comment concilier une telle sérénité avec cette existence ordinaire faite d’imprévus, de déceptions, d’inquiétudes et de ces mille petites blessures qui jalonnent nos journées ?

Il m’a fallu longtemps pour comprendre qu’il ne décrivait pas une vie sans épreuves. Il révélait, sans le savoir, quelque chose de beaucoup plus profond : mon propre manque de paix. Derrière cette agitation permanente se cachait un manque de foi que je ne soupçonnais pas moi-même. Cette découverte réveilla une mémoire inscrite dans ma chair.

Car l’angoisse n’est pas seulement une idée.

Elle possède un corps.

Elle habite les insomnies hachées, les réveils déjà épuisés, les crispations du ventre, les muscles qui demeurent tendus sans raison apparente. Elle fait du système nerveux une corde trop serrée, prête à vibrer au moindre souffle. Bien avant que l’esprit ne formule ses inquiétudes, le corps les porte déjà.

L’infirme de la sérénité et l’école de la faille
Notre époque admire les tempéraments solides. Elle célèbre ceux qui semblent toujours garder leur sang-froid, décider sans hésiter, traverser les tempêtes sans vaciller. Je ne me suis jamais reconnu dans cette image. J’ai longtemps eu le sentiment d’être un grand infirme de la sérénité. Mes journées ont souvent été traversées de sursauts, d’appréhensions diffuses, de remords silencieux devant un pauvre rencontré au seuil d’une boulangerie, ou de cette impression persistante de courir après une paix qui se dérobait toujours. Où trouver le repos lorsque l’on demeure étranger à soi-même, comme exilé dans un corps qui résiste autant qu’il trahit ?

Avec le recul des années, une autre question s’est pourtant imposée à moi. Si j’avais été naturellement paisible, serais-je devenu le même homme ? Si tout avait été plus simple, plus prévisible, plus confortable, aurais-je appris à regarder la souffrance des autres avec la même attention ? Je ne le crois plus. Car ce qui fut longtemps une blessure est devenu peu à peu une école. Ce qui me faisait souffrir s’est transformé, avec le temps, en source de compassion. Certaines douleurs creusent l’âme. Elles élargissent mystérieusement l’espace intérieur où pourra venir habiter la miséricorde.

La traversée de la nuit et les secours de la musique
Nous entretenons pourtant une illusion tenace : nous voudrions que la foi fonctionne comme une mécanique rassurante. Nous rêvons d’une recette qui ferait disparaître les tempêtes, d’un levier discret que l’on actionnerait pour retrouver aussitôt la paix. Mais il existe des jours où rien ne fonctionne. Des jours où l’angoisse monte comme une houle aveugle. Où l’on se sent seul dans la barque, avec cette impression terrible que le Christ dort… ou, plus douloureux encore, qu’il s’est absenté. C’est la traversée de la nuit, le silence du Ciel face au vacarme de nos peurs.

Heureusement, il existe des moyens de fortune pour traverser ces tempêtes. Ils ne guérissent pas la blessure, mais ils empêchent parfois qu’elle ne nous engloutisse. Depuis toujours, la musique est l’un de ces secours. Je ne cherche pas seulement des mots ; je cherche des notes. Selon les jours, j’ouvre intérieurement une véritable pharmacie de l’âme : Bach remet de l’ordre dans le chaos, Fauré élargit l’horizon lorsque tout semble se refermer, Brahms ou Schubert apprivoisent la mélancolie. Les harmonies descendent plus profondément que les raisonnements. Elles apaisent, l’espace d’un instant, ce que les arguments ne savent pas rejoindre.

C’est alors qu’une autre parole peut enfin être entendue : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos » (Mt 11, 28). Le Christ ne promet pas d’ôter le fardeau ; il promet d’y devenir présent.

Mais même la plus belle musique s’achève. Après la dernière note vient un silence. Et c’est souvent dans ce silence qu’une autre présence commence à se faire entendre. Lorsque l’esprit s’emballe et que tous les mécanismes de la maîtrise semblent se dérégler, une parole très simple remonte parfois du fond du cœur : « Tu n’as pas besoin de tout porter. » Ce n’est ni une illumination ni un miracle. Seulement un imperceptible relâchement. Une crispation qui cède. Une respiration qui revient. Une paix qui ne vient pas de moi et qui porte, pour moi, le visage de Marie.

La grâce ne fait jamais de bruit. Elle ressemble à une eau souterraine qui irrigue une terre desséchée sans que personne n’en voie le cheminement. Nous jugeons notre existence à la surface des choses ; Dieu, lui, travaille dans leurs profondeurs. C’est là, au sens où l’entendait Romano Guardini, que se joue notre destinée : non dans une mécanique aveugle, mais dans ce lieu fragile où la liberté consent enfin à la grâce. Nous ne connaîtrons jamais toute notre histoire ici-bas ; nous n’en apercevons que la surface, tandis que Dieu en façonne patiemment les profondeurs.

Alors la phrase de mon ami cesse d’être une formule pieuse. Elle devient une manière d’habiter la vie. Plus je m’approche de Marie, plus elle m’apprend à m’effacer devant son Fils. La foi cesse alors d’être une recherche de sécurité. Elle devient un consentement : ne plus tout comprendre, ne plus tout maîtriser, mais accepter de se laisser porter.

Mais que l’on ne s’y trompe pas : tout ceci n’est pas un état, c’est un combat de chaque instant. Il m’arrive encore, aujourd’hui même, de relire ces mots que j’écris et de me sentir aussi démuni qu’au premier jour. La paix ne m’appartient pas ; elle est une visite que je reçois parfois, et que je perds aussitôt. Seule la certitude que Marie ne se lasse pas de moi me permet de recommencer, encore et encore, les mains aussi vides que jamais.

La compassion et les mains vides
Marie ne m’épargne pas ce combat. Elle ne supprime ni mes fragilités, ni mes peurs, ni les réactions parfois imprévisibles de mon propre corps. Elle m’apprend simplement à les traverser sans désespérer.

Car voici le secret que j’ai découvert, presque malgré moi, au fil des années : la paix intérieure ne se trouve pas en se regardant soi-même, mais en se tournant vers les autres.

Il m’est arrivé, dans les moments les plus sombres, d’être invité à rendre service — un simple coup de main à un voisin, une visite à une personne isolée, un accompagnement pour une démarche administrative. J’y allais à contrecœur, parfois, le cœur lourd, les pensées embrouillées par mes propres tourments. Et puis, au contact de celui ou celle que j’aidais, quelque chose d’imprévisible se produisait. Mes soucis ne disparaissaient pas, mais ils cessaient d’être le centre de mon attention.

En m’occupant de l’autre, je m’oubliais moi-même. Pas par déni, pas par fuite, mais par une sorte de décentrement naturel. L’attention que je portais à la souffrance ou au besoin de mon frère faisait reculer, comme par enchantement, le brouhaha de mes propres angoisses. Elles n’étaient plus au premier plan ; elles reculaient, s’apaisaient, trouvaient leur juste place. Je découvrais, avec une joie presque enfantine, que le service possède une puissance thérapeutique insoupçonnée : la joie d’être utile. Cette joie-là, discrète et robuste, m’a souvent apporté plus de paix que toutes mes ruminations intérieures.

Mais pour que cette joie devienne possible, il faut que notre volonté soit orientée, soutenue, redressée. Et c’est là que la grâce et la prière interviennent. La grâce ne supprime pas la volonté : elle la redresse, doucement, comme une main guide une autre main qui tremble.

La prière, elle, est le lieu où nous apprenons à accueillir cette grâce, à l’écouter, à y consentir. Dans la prière, notre volonté, si souvent dispersée, se recentre. Elle apprend à dire : « Que ta volonté soit faite, et non la mienne » (Lc 22, 42). Cette parole n’est pas une résignation passive, mais un acte de volonté, un combat, un consentement renouvelé. C’est dans la prière que nous voyons les choses autrement : nos soucis se relativisent, la souffrance des autres devient visible, notre volonté s’ouvre au don. Et lorsque nous servons, la grâce nous soutient, elle donne à nos actes une efficacité qui ne vient pas de nous. Elle achève en nous ce que nous avons commencé par obéissance. Elle fait de nous des serviteurs joyeux, des donateurs qui ne comptent pas leurs dons, des êtres dont la paix est devenue une offrande.

J’ai compris progressivement que ce mouvement vers l’autre n’était pas une échappatoire, mais une école. Une école où j’apprenais à ne plus tout ramener à moi. À ne plus interpréter chaque événement à travers le filtre de mes inquiétudes. À accepter que la souffrance des autres puisse être plus urgente que la mienne. À faire confiance, non pas à mes capacités, mais à la grâce qui agit à travers mes mains vides.

Marie, aux noces de Cana, n’a pas gardé son inquiétude pour elle ; elle a vu le manque, elle a agi, elle a dit aux serviteurs : « Faites tout ce qu’il vous dira » (Jn 2, 5). Elle est la première servante, celle qui ne garde rien pour elle, qui tourne tout vers son Fils. En l’imitant, en servant à mon tour, je découvrais que la paix n’était pas une possession à défendre, mais une offrande à partager. Ce que je n’avais pas su garder pour moi, je le recevais soudain démultiplié, comme si le don appelait le don.

À mesure que l’angoisse desserre son emprise, notre plainte devient intercession et notre inquiétude découvre le visage des autres. La compassion ouvre les fenêtres que la peur avait fermées. Sortir de soi pour servir, ne serait-ce que par une présence, une écoute ou un sourire, demeure souvent le chemin le plus court vers la paix.

Ce ne sont pas les certitudes des forts qui ouvrent les portes du Royaume, ce sont les mains vides. Celles qui acceptent enfin d’être remplies. Si un homme aussi maladroit que moi peut encore trouver refuge sous le manteau de Marie, alors ce refuge demeure ouvert à chacun, car nous arrivons tous devant Dieu avec quelque chose de cassé.

La foi comme direction

Tout ne va pas toujours bien.

Mais tout se passe toujours bien avec Marie.

Parce qu’elle ne garde jamais celui qui vient à elle. Elle le conduit toujours au Christ. Et le Christ, lui, nous conduit aux frères. Dans ce mouvement, notre volonté, soutenue par la grâce, éclairée par la prière, trouve son accomplissement. La paix que nous cherchions si désespérément ne se trouve pas en nous ; elle naît entre nous et les autres, dans cet espace du don.

Prière finale

Marie, Mère du service,
Toi qui as dit « oui » à Dieu et aux hommes,
Apprends-nous à sortir de nous-mêmes.
Obtiens-nous la grâce d’orienter notre volonté vers le don.
Purifie nos intentions. Fortifie notre courage.
Apprends-nous à tendre les mains,
Même quand elles sont vides,
Même quand elles tremblent,
Même quand elles ne savent pas quoi donner.
Apprends-nous que la paix ne se garde pas,
Elle se donne.
Qu’elle se reçoit en se donnant.
Qu’elle se trouve en s’oubliant.
Amen.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Les cardinaux Robert Sarah et Raymond Burke appellent le pape Léon XIV à intervenir

Ces derniers jours, les cardinaux Robert Sarah et Raymond Burke ont rendu publiques leurs analyses des besoins actuels de l’Église, appelant le pape Léon XIV à intervenir. Ce n’est pas la première fois que les deux cardinaux s’expriment sur la situation et l’avenir de l’Église, mais cette fois-ci, l’urgence était palpable, accompagnée d’une constatation implicite : les progrès sur certaines questions importantes sont trop lents. Si certains problèmes ne sont pas résolus, les processus sous-jacents se poursuivront et toute correction de cap deviendra impossible. Par ces deux interventions, c’est comme si les deux cardinaux avaient invité le pape à dire « ça suffit ! ».

Dans une interview accordée au  College  of Cardinals Report le 28 juin, le cardinal Burke a déclaré : « Nous devons insister pour que ce processus de synodalité soit stoppé » et a appelé à « une étude très sérieuse sur l’ensemble de la question, car il s’agit de la vie même de l’Église et du salut des âmes ». Burke avait déjà exprimé son opposition à la nouvelle synodalité, mais cet appel récent se veut nettement plus insistant. Le cardinal a rappelé ce que les documents synodaux eux-mêmes reconnaissent, à savoir que la nouvelle synodalité n’a aucun fondement théologique mais constitue une expérience : « Il n’y a pas de définition de la synodalité. Elle n’a pas d’histoire dans l’Église. » Le processus synodal vise plutôt à faire émerger la notion de synodalité à partir de la pratique synodale elle-même.

Durant ce nouveau pontificat, le processus initié par François s’est poursuivi sans entrave : les deux derniers consistoires en ont adopté la forme, le rapport du Groupe 9 au synode a souligné où mène la nouvelle pratique synodale, et Fiducia supplicans, l’un des fruits les plus néfastes de cette nouvelle synodalité, a été de fait confirmée par la distinction fallacieuse : bénédictions formelles non, bénédictions informelles oui.

Le cardinal Robert Sarah a également eu des mots durs pour la nouvelle synodalité lors d’un entretien avec Diane Montagna le 16 juillet. Selon lui, la synodalité n’est pas présente dans la tradition de l’Église ; sa signification est mal comprise ; en effet, le Synode des évêques a toujours été empêché de se transformer en une assemblée, comme cela semble être le cas aujourd’hui. À l’instar de Burke, il soutient qu’il n’existe aucune définition de la synodalité et que le mot lui-même est intraduisible dans de nombreuses langues africaines, notamment parce que la définir comme une « Église qui marche » est dénué de sens ; l’Église est, en réalité, missionnaire.

Le cardinal Sarah a également demandé à Léon d’examiner personnellement le synode, de ne pas autoriser sa diffusion dans les diocèses du monde entier sans un examen approfondi, de clarifier la position de l’Église sur l’homosexualité et d’éviter de reproduire les dégâts causés par la publication de Fiducia supplicans.

Le cardinal a été très sévère dans ses remarques concernant la Pachamama, restée exposée tout au long du Synode sur l’Amazonie de 2019. Il s’est demandé pourquoi une image de la Vierge vénérée en Amérique latine, comme Notre-Dame de Guadalupe, n’avait pas été choisie. À sa place, a-t-il affirmé, « ils ont apporté une idole inca » qui est entrée dans la basilique Saint-Pierre et a été portée en procession jusqu’à la salle Paul VI. D’où la demande de préserver l’Église de toute infiltration païenne, qu’elle provienne de religions primitives ou de cultures occidentales développées qui envisagent une synodalité démocratique.

En bref, les deux cardinaux ont demandé au Pape de dire « ça suffit ! » : de la nouvelle synodalité, à l’homosexualité catholique, à Fiducia supplicans, et même à Traditionis custodes, que Sarah espère voir annulé ou du moins réduit au silence et rendue inoffensif.

Si nous examinons ne serait-ce qu’un bref instant les événements survenus dans l’Église durant la même période que les deux interventions que nous venons d’évoquer, force est de constater qu’un « ça suffit ! » est plus que nécessaire.

  • Mgr Erio Castellucci, évêque de Modène, propose qu’une femme préside la Liturgie de la Parole lors de la messe ;
  • l’évêque de Bruxelles, au nom des évêques de Belgique, plaide pour l’ordination de prêtres mariés ;
  • le père James Martin demande qu’un homosexuel puisse également être ordonné prêtre ;
  • le cardinal Timothy Radcliffe préside une célébration religieuse pour l’anniversaire d’un couple de même sexe ;
  • à Los Angeles, une « Misa Azteca » avec des danses païennes a été organisée ;
  • La cathédrale de San Diego célèbre une messe « ouverte à tous » sur les questions LGBT ;
  • Christian Würtz, partisan du processus synodal allemand et de la bénédiction des couples de même sexe à l’église, est nommé évêque d’Eichstätt ;
  • Vatican News approuve l’insémination artificielle
  • L’Osservatore Romano nie le péché originel et l’existence de Satan…
  • le cardinal Mauro Gambetti inaugure un restaurant-bistro sur la terrasse de la basilique Saint-Pierre.

On comprend aisément l’urgence des interventions péremptoires de Burke et Sarah.

La Vie Chrétienne Victorieuse – Réflexions sur le mal, l’injustice et la fidélité du croyant

Alors surgissent des questions qui touchent au plus profond de l’âme : comment demeurer fidèle à Dieu lorsque l’injustice semble triompher ? Comment conserver un cœur paisible quand le mal nous atteint personnellement ? Comment rester ferme dans la vérité sans perdre la douceur de Christ ?

« Beaucoup sont les afflictions du juste, mais l’Éternel l’en délivre toujours » (Ps 34 :19).

L’Écriture ne détourne jamais le regard devant ces réalités. Elle ne les minimise pas et ne cherche pas à les rendre acceptables par des paroles rassurantes. Elle nous conduit à regarder les événements à la lumière du gouvernement de Dieu. La foi ne consiste pas à nier la souffrance, mais à la traverser en demeurant attaché au Seigneur. Elle ne supprime pas les questions ; elle nous apprend à les porter devant Celui qui voit tout, connaît tout et dont le jugement est parfaitement juste.

Il faut d’abord reconnaître que le mal est une réalité. La Bible ne demande jamais au croyant d’appeler bien ce qui est mal. Une injustice demeure une injustice. Une persécution demeure une persécution. Une parole méchante reste une blessure, une trahison demeure une trahison. La douceur chrétienne ne consiste pas à travestir la vérité ni à justifier le péché sous prétexte de préserver une apparence de paix. Dieu nous appelle à nommer les choses telles qu’elles sont, avec sobriété et sans compromis.

Le pardon biblique ne commence jamais par le déni du mal. Il reconnaît pleinement la gravité de la faute avant de la remettre entre les mains de Dieu. Plus la conscience du mal est claire, plus la grâce apparaît dans toute sa profondeur.

C’est pourquoi le psalmiste écrit : « Ne t’irrite pas à cause de ceux qui font le mal » (Ps 37:1). Cette exhortation ne signifie pas que le mal serait insignifiant. Elle rappelle que le jugement n’appartient pas à l’homme. Puisque Dieu demeure le juge souverain, le croyant n’a pas à porter le poids d’une justice qu’il ne pourrait exercer sans être influencé par ses propres blessures.
Mais l’Écriture met aussi en garde contre un danger plus subtil : laisser le mal pénétrer notre propre cœur. Il est possible de résister extérieurement à l’injustice tout en étant intérieurement affecté par elle. On peut devenir dur à force d’avoir été blessé, soupçonneux à force d’avoir été trompé, amer à force d’avoir souffert. Peu à peu, le mal que l’on dénonce finit par produire ses propres fruits dans notre âme.

L’aigreur naît lorsque les blessures cessent d’être déposées devant Dieu et deviennent l’objet d’une rumination mentale. Les mêmes scènes reviennent sans cesse, alimentant le ressentiment, ressassant des pensées négatives sans avancer vers une solution. À force de contempler les torts reçus, on finit par perdre de vue la bonté de Dieu. À force d’être blessé, on devient soi-même blessant.

Cette mise en garde résonne avec force devant l’apparente réussite de ceux qui pratiquent le mal. Il est parfois difficile de ne pas s’irriter devant un mal qui grandit, presque à vue d’œil. Pourtant, la confiance au Seigneur demeure notre refuge, car le croyant est appelé à garder son cœur dans la paix de Dieu. Cette paix n’est ni de l’indifférence ni de la résignation. Elle ne nie pas la douleur, mais refuse qu’elle devienne le centre de notre existence. La foi regarde au-delà des circonstances immédiates. Elle sait que le Seigneur voit ce qui échappe aux hommes, connaît les intentions cachées et agira au moment qu’Il a déterminé.

Le monde présente souvent un spectacle déroutant. Les violents semblent prospérer, les orgueilleux paraissent invincibles et ceux qui pratiquent l’injustice obtiennent parfois les honneurs tandis que les fidèles connaissent le mépris.

Asaph le reconnaît avec une remarquable honnêteté dans le Psaume 73 : « J’ai été jaloux des insensés, en voyant le bonheur des méchants. » Mais lorsqu’il entre dans le sanctuaire de Dieu, son regard change. Il comprend que leur prospérité est provisoire et que Dieu voit la fin de toute chose. La foi ne se nourrit pas des apparences, mais des promesses divines.

Cette perspective traverse toute l’Écriture. Pharaon semblait inébranlable, pourtant il fut englouti dans la mer Rouge (Psaume 136:15).

Saül perdit progressivement le royaume par sa désobéissance (1 Samuel 15 :22-23).

Judas obtint l’argent qu’il convoitait, mais ce gain se transforma en désespoir. Le mal sembla triompher pendant un temps ; pourtant, la fin révéla le jugement de Dieu (Matthieu 27:3-5).

À l’inverse, Joseph fut vendu comme esclave, accusé injustement et emprisonné avant que Dieu ne l’élève pour sauver un peuple entier (Genèse 50:20).

Daniel préféra perdre sa sécurité plutôt que sa conscience, et Dieu manifesta publiquement Sa fidélité (Daniel 6:22-23).

Mardochée refusa de s’incliner devant Haman et fut finalement honoré par le roi (Esther 3:2 ; 6:10).

Ces récits ne promettent pas que chaque croyant connaîtra une délivrance visible ici-bas. Ils révèlent une vérité plus profonde : Dieu n’oublie jamais ceux qui Lui demeurent fidèles.

Le Psaume 37 résume admirablement cette attitude : « Recommande ton sort à l’Éternel, mets en lui ta confiance, et Il agira. » Le croyant apprend à juger selon la fin plutôt que selon l’instant présent. Le juste peut posséder peu ; pourtant, ce peu reçu de Dieu vaut davantage que l’abondance acquise par l’injustice. La véritable prospérité réside dans la paix de la conscience, la communion avec Dieu et l’espérance qui ne sera jamais déçue.

Cette perspective nous apprend aussi à distinguer la justice de Dieu de la vengeance de l’homme. Lorsque nous sommes blessés, nous voulons spontanément rétablir nous-mêmes l’équilibre. Pourtant, cette réaction naît souvent de notre souffrance plus que de l’amour de la justice.

La justice divine est parfaite. Dieu connaît les actes, mais aussi les intentions, les circonstances et les motivations profondes. Son jugement n’est jamais excessif ni précipité. La vengeance personnelle, au contraire, naît du ressentiment et mêle facilement le désir légitime de justice à l’orgueil blessé.

C’est pourquoi l’Écriture déclare : « À moi la vengeance, à moi la rétribution » (Romains 12:19). Celui qui remet sa cause entre les mains de Dieu n’abandonne pas la justice ; il refuse simplement d’en devenir l’exécuteur.

Cependant, remettre le jugement à Dieu ne signifie pas accepter passivement toute injustice. La Bible appelle le croyant à unir deux exigences que le cœur humain sépare volontiers : l’amour et la vérité.

L’amour véritable ne consiste pas à excuser le péché. Vouloir le bien d’une personne, c’est aussi désirer sa repentance et sa restauration. À l’inverse, la vérité ne doit jamais devenir une arme destinée à humilier. L’amour sans vérité dégénère en complaisance ; la vérité sans amour devient dureté. La fidélité chrétienne cherche à parler avec franchise sans haine, à reprendre avec fermeté sans mépris et à dénoncer le mal sans perdre le respect de la personne.

Le Seigneur Jésus demeure le modèle parfait de cette attitude. Nul n’a parlé avec autant d’autorité contre l’hypocrisie, l’injustice et le mensonge. Pourtant, jamais sa fermeté ne fut animée par l’amertume. Même lorsqu’Il souffrait injustement, Il remettait sa cause à Celui qui juge justement.

La croix révèle ce mystère dans toute sa profondeur. Le seul homme parfaitement innocent est condamné comme un criminel. Pourtant, aucune haine ne sort de sa bouche. Au contraire, Il prie : « Père, pardonne-leur. » Le mal n’a pas réussi à produire le mal en Lui. Voilà la véritable victoire.

Cette attitude n’exclut pas la sagesse. Il est parfois nécessaire de reprendre un frère, de dénoncer une injustice, de poser une limite claire ou de s’éloigner d’une relation devenue destructrice. La charité n’est pas la naïveté. On peut dire non sans devenir violent, rechercher la paix sans sacrifier la vérité et protéger sa conscience sans nourrir la haine.

Mais le combat le plus décisif reste celui qui se déroule dans le secret du cœur. Le plus grand danger n’est pas toujours ce que les autres nous font subir ; c’est ce que leurs actes produisent en nous. « Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie » (Proverbes 4:23).

Pour combattre l’amertume, l’Écriture nous ramène constamment vers Dieu. La prière permet de déposer ce que nous ne pouvons porter seuls. La méditation de la Parole rétablit la vérité lorsque les émotions prennent toute la place. Enfin, le pardon coupe progressivement les racines du ressentiment.

Si l’amertume s’est déjà installée, il demeure toujours un chemin de restauration. Il commence par la vérité : reconnaître devant Dieu que le cœur s’est laissé envahir, confesser son ressentiment et renoncer à l’entretenir. Il convient ensuite de couper tout ce qui continue à l’alimenter et d’accompagner cette guérison par une obéissance concrète.

L’apôtre Paul résume admirablement cette dynamique : « Qu’aucune parole mauvaise ne sorte de votre bouche, mais, s’il y a lieu, quelque bonne parole qui serve à l’édification » (Éphésiens 4:29). La grâce reçue devient alors une grâce transmise.

Toutes ces vérités convergent vers le pardon. Le pardon n’efface pas la réalité du mal. Il ne nie ni la souffrance ni les conséquences de l’injustice. Il ne dispense pas davantage le coupable de répondre de ses actes. Pardonner consiste à remettre définitivement sa cause entre les mains du juste Juge.

Le pardon libère avant tout celui qui pardonne. Il le délivre de la prison du ressentiment. Il lui permet de continuer à aimer sans naïveté, de rechercher la vérité sans nourrir la haine et de vivre dans la paix sans abandonner la justice. Être artisan de paix ne signifie pas éviter tout conflit à n’importe quel prix. Cela signifie agir de telle sorte que la vérité, la justice et la grâce puissent se rencontrer. La paix biblique n’est jamais un compromis avec le mal ; elle est le fruit d’un cœur réconcilié avec Dieu.

Ainsi, devant le mal, les injustices et les persécutions, le croyant est appelé à suivre une voie exigeante mais profondément libératrice. Il refuse l’envie devant la prospérité apparente des méchants. Il renonce à l’irritation qui consume l’âme. Il abandonne la vengeance entre les mains de Dieu. Il parle avec vérité, pose les limites que la sagesse exige, protège sa conscience sans nourrir la haine et veille sur son cœur avec persévérance.

Le mal ne disparaîtra pas avant l’accomplissement du dessein de Dieu. Jusqu’à ce jour, le croyant continuera de rencontrer l’opposition, l’incompréhension et parfois la persécution. Mais il sait également que le mal n’aura jamais le dernier mot. Celui qui gouverne l’histoire est aussi Celui qui a vaincu le péché et la mort par la croix et la résurrection de Jésus-Christ.

Cette espérance transforme déjà notre manière de vivre. Elle nous permet de marcher avec patience lorsque la justice tarde, avec douceur lorsque la violence nous atteint et avec fidélité lorsque l’obéissance semble coûter plus qu’elle ne rapporte. Elle nous rappelle que nous avons nous-mêmes été aimés, pardonnés et gardés par grâce.

En attendant ce jour, le croyant avance les yeux fixés sur Jésus-Christ. C’est en Le contemplant qu’il apprend à vaincre le mal par le bien, à aimer sans faiblesse, à dire la vérité sans dureté et à garder, au milieu des épreuves les plus profondes, cette paix qui surpasse toute intelligence et qui garde les cœurs et les pensées en Lui.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Marine Le Pen peut-elle gagner ?

De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :

Depuis que la décision de la cour d’appel a permis à Marine Le Pen d’annoncer sa candidature à la prochaine présidentielle, plusieurs sondages la donnent, non seulement largement en tête au premier tour, mais également victorieuse au second – dans toutes les configurations.

J’avoue que, si je crois volontiers à la nette avance de la candidate du RN au premier tour, je suis plus dubitatif sur la victoire au second. On nous a trop souvent « fait le coup ». Les sondages permettent le deuxième tour voulu par le « système »: Marine Le Pen face à un autre candidat, du « cercle de la raison », et quinze jours de propagande sur le danger fasciste et sur l’amateurisme du RN suffisent à la victoire du second. Certes, la propagande anti-fasciste fonctionne de moins en moins bien. Mais les dernières législatives ont permis de constater qu’elle n’était pas sans effet. Et le procès en amateurisme pourrait s’avérer encore plus efficace. Bien sûr, il est facile de répondre que le bilan des « non-amateurs » est tellement cataclysmique qu’un singe ferait mieux qu’eux. Mais encore faut-il passer ce message aux destinataires – spécialement aux retraités qui demeurent l’électorat le plus rétif au vote RN et qui « s’informent » principalement avec la télévision dont nous pouvons, sans risque, parier qu’elle fera campagne pour l’adversaire de Marine Le Pen.

La victoire de cette dernière ne me paraît pas impossible, mais il est urgent de combler les manques – à moins, bien sûr, qu’elle ne désire pas vraiment gagner, ce qui, dans l’état actuel du pays, pourrait se comprendre, mais serait fort inquiétant!

La première chose qui manque, me semble-t-il, est une alliance de second tour. Il est assez habituel de dire que le RN est le nouveau RPR (un parti de masse, taillé pour la présidentielle). Mais, en ce cas, il lui faut une nouvelle UDF (un parti fondé sur les « notables de province » et disposant d’un programme différent de celui du RPR).

Le RN n’a jamais vraiment eu d’alliés (parce que la « droite parlementaire » le jugeait infréquentable et que lui-même n’a guère l’esprit de coalition et préfère les ralliés aux alliés). La naissance de l’UDR d’Éric Ciotti est une première étape. Mais nous verrons quelle indépendance ce mouvement pourra avoir pendant la campagne – notamment pour aller chercher les élus LR qui pourraient soutenir publiquement la droite nationale au second tour, surtout dans l’hypothèse d’un second tour face à Jean-Luc Mélenchon. Mais cette droite conservatrice, qui devrait logiquement être alliée (au moins au deuxième tour) du RN, n’aurait pas seulement un intérêt pour la conquête du pouvoir. Elle permettrait surtout de gouverner.

Car le plus grand risque, selon moi, serait une victoire de Marine Le Pen suivie d’une grande déception parce que les cent premiers jours n’auraient pas été correctement préparés. Cette préparation exige des contacts suivis avec les meilleurs représentants des élites et je ne crois pas me tromper en disant que la plupart des cadres du RN demeurent indifférents au soutien des chefs d’entreprise et des hauts fonctionnaires. On peut les comprendre en termes de poids électoral. En revanche, il sera impossible de gouverner sans un soutien d’une partie au moins des élites. C’est cela aussi que pourrait apporter la droite conservatrice.

Prier le Seigneur pour que cesse ce drame et que les vies humaines soient épargnées

Communiqué de l’archevêque de Bordeaux :

Deux jeunes pompiers sont décédés cette semaine à Mérignac. Et des centaines de pompiers luttent contre un incendie terrible, en risquant leur vie. Ils ont un courage extraordinaire.

Les habitants de la paroisse du Cap-Ferret Sud Médoc et les vacanciers ont été évacués et sont dans une grande inquiétude.

Au cours des messes du prochain week-end, je vous remercie tous de prier le Seigneur pour que cesse ce drame et que les vies humaines soient épargnées.

J’encourage les initiatives de groupes de prière qui vont porter ces intentions, le temps qu’il faudra.

Je soutiens les gestes de solidarité et d’accueil à destination des personnes qui ont dû être évacuées, ainsi que de tous les personnels pompiers et autres engagés.

Diocèse de Bordeaux, nous sommes tous unis à celles et ceux qui sont éprouvés par cet incendie et luttent pour l’éteindre.

Nous prions et nous sommes solidaires.

+Jean-Paul James
Le 24 juillet 2026

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