« L’aide à mourir » : une imposture
Communiqué de Mgr Aillet :
Pour une juste compréhension, texte à lire dans son intégralité
En votant, le 7 juillet, en faveur de la motion de rejet préalable qui leur était présentée, les sénateurs ont, pour la troisième fois consécutive, rejeté la proposition de loi relative à « l’aide à mourir ».
Le gouvernement ayant décidé de donner le dernier mot à l’Assemblée nationale, le vote définitif de ce texte devrait intervenir le 15 juillet prochain…
Un mensonge organisé
On a tout d’abord voulu nous faire croire qu’une nouvelle loi était absolument nécessaire. Or, la « loi Léonetti » adoptée en 2005 à l’unanimité, proscrit toute « obstination déraisonnable » et la loi Claeys-Leonetti de 2016 va jusqu’à prévoir la possibilité de recourir à une sédation profonde et continue pour soulager une personne dont le pronostic vital est engagé à court terme. Dans son avis du 13 septembre 2022, le Comité Consultatif National d’Éthique reconnaît d’ailleurs à demi-mot que « la loi actuelle permet de répondre aux demandes de malades dans la quasi-totalité des cas ».
« L’aide à mourir », nous dit-on, répond à une forte attente des Français, qui seraient très majoritairement favorables à l’adoption rapide de cette loi.
Mais le sondage précis et rigoureux d’OpinionWay réalisé en octobre 2025 pour la Fondapol, démontre à l’inverse que pour la moitié au moins de nos concitoyens, l’introduction d’un éventuel « droit à mourir » ne saurait être envisagée tant que l’accès des soins palliatifs n’est pas effectivement garanti sur l’ensemble du territoire national.
La proposition de loi « relative à l’aide à mourir » repose quant à elle sur un mensonge sémantique, car elle n’a pas pour objet de « venir en aide » aux patients qui en ont le plus besoin (ce qui est le propre des soins palliatifs), mais bel et bien de légaliser le suicide assisté et l’euthanasie (mots qui n’apparaissent pourtant ni dans l’intitulé, ni dans le contenu du texte).
Plus grave encore, et contrairement à ce qu’imaginent un grand nombre de nos concitoyens, cette loi n’est nullement « une loi d’exception » ou « d’ultime recours » conçue pour un nombre limité de patients en « fin de vie », le critère principal retenu pour être « éligible » (souffrir d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital « en phase avancée ou terminale ») étant susceptible de concerner plusieurs centaines de milliers de personnes (en cas de cancer métastatique, de sclérose en plaques, de maladie de Parkinson, de certaines formes de diabète ou d’insuffisance respiratoire grave…).
Une « loi de compromis » ?
Cette proposition de loi n’est pas « une loi de compromis » car bien que le « délit d’entrave » ait notamment été retiré de la dernière version du texte à seule fin de rassurer les indécis, la quasi-totalité des amendements déposés pour renforcer la protection des personnes les plus vulnérables ont été balayés d’un revers de main par les défenseurs de « l’aide à mourir » :
- En principe, nul ne peut demander à « bénéficier » de « l’aide à mourir » s’il n’est pas reconnu « apte à manifester une volonté libre et éclairée »… mais les amendements qui proposaient que les personnes mentalement déficientes ou que les « majeurs protégés » (adultes sous tutelle ou sous curatelle, qui n’ont pas le pouvoir de signer un chèque ou un contrat) ne puissent demander le suicide assisté ou l’euthanasie, ont été écartés.
- Aucune clause de conscience n’est prévue pour les pharmaciens potentiellement chargés de préparer la potion létale : les députés s’y sont formellement opposés.
- Cette clause de conscience est également refusée aux établissements privés dont la charte éthique ou les valeurs sont fondées sur le respect absolu de la vie, comme c’est le cas de nombreux établissements de soins qui dépendent d’une communauté religieuse telle que les Petites Sœurs des Pauvres. Ces communautés seront-elles prochainement condamnées à de lourdes peines d’amendes ou de prison pour avoir refusé d’admettre que l’euthanasie puisse être mise en œuvre en leur sein ? Seront-elles un jour contraintes de mettre la clé sous la porte ou de quitter la France ?…
Cette proposition de loi n’a décidément rien d’« une loi de liberté individuelle qui crée un nouveau droit mais n’enlève rien à personne »…
Et quoi qu’en dise le gouvernement ou la présidente de l’Assemblée Nationale, cette loi n’est pas non plus un texte « équilibré » ni « strictement encadré ».
Un texte terriblement permissif
C’est ainsi qu’un délai de réflexion de 48 heures est jugé suffisant pour qu’un patient confirme ou non une demande de suicide assisté ou d’euthanasie, ce qui ferait de la loi française une des plus expéditives au monde (ce délai étant d’un mois en Belgique et de trois mois au Canada).
Quant aux garanties prévues par le texte, elles paraissent bien illusoires : c’est notamment le cas de la commission chargée de vérifier le respect de la procédure « d’aide à mourir », qui ne peut se réunir qu’a posteriori, c’est-à-dire après la mort du patient…
Il faudrait être bien naïf pour ne pas comprendre que ces prétendus garde-fous évolueront très rapidement, qu’ils seront progressivement élargis et qu’ils sauteront les uns après les autres, comme cela s’est effectivement produit dans l’ensemble des pays qui ont légalisé l’euthanasie (Belgique, Pays-Bas, Canada).
C’est d’ailleurs ce que reconnaissent, en privé, ses partisans les plus acharnés, parmi lesquels le professeur Jean-Louis Touraine (membre éminent de l’ADMD, l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité) selon qui « il faut obtenir le plus possible dans la première loi, et surtout, une fois qu’on aura mis le pied dans la porte, il faudra revenir tous les ans » pour l’étendre aux mineurs, aux malades mentaux ainsi qu’aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer
(cf. l’enregistrement vidéo du 30 novembre 2024).
Et puis, comment pourrait-on prétendre mener une politique de prévention du suicide digne de ce nom, tout en faisant du « suicide assisté » un véritable droit, dans un pays comme le nôtre où le suicide est hélas, la première cause de mortalité des jeunes ?
« L’interdit de tuer est une protection pour tous » rappelait il y a quelques jours Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune. Il n’est pas de garde-fou plus fiable et plus incontournable que celui-là.
Le témoignage des médecins et des soignants
Pour les personnes considérées comme « éligibles », la « proposition de loi Falorni » privilégie le « suicide assisté » ; elle prévoit néanmoins que l’euthanasie puisse être pratiquée par un médecin ou un infirmier si le patient n’est plus en mesure de se donner lui-même la mort…
Le fait est qu’une grande majorité de médecins, mais aussi des professionnels de santé (en particulier ceux qui exercent dans une unité de soins palliatifs), sont foncièrement hostiles à l’euthanasie, ou n’admettent pas que le fait de donner la mort puisse être assimilé à un soin.
La vocation du médecin et de l’ensemble du corps médical n’est-elle pas de soigner ou de soulager, et non de supprimer celui qui souffre ?
Un journaliste qui voulait connaître l’opinion d’un médecin généraliste sur l’ « aide à mourir », s’était entendu répondre : « Il existe des seuils que la médecine doit refuser de franchir pour rester humaine »…
Faut-il également rappeler l’importance du Serment d’Hippocrate (IVème siècle avant Jésus Christ) que prononce tout médecin en début de carrière (« Je ne provoquerai jamais la mort délibérément ») ? Faudra-t-il prochainement modifier le Code de déontologie médicale selon lequel « le médecin doit accompagner le mourant jusqu’à ses derniers instants, assurer par des soins et mesures appropriés la qualité d’une vie qui prend fin, sauvegarder la dignité du malade et réconforter son entourage. Il n’a pas le droit de provoquer délibérément la mort » (art. R 4127‑38.) ?
Or, les médecins et les professionnels de santé concernés le savent bien : il est toujours possible de soulager sans donner la mort, et la quasi-totalité des patients qui réclament l’euthanasie finissent par y renoncer lorsqu’ils sont correctement pris en charge dans une unité de soins palliatifs…
L’élimination programmée des plus vulnérables
En l’état actuel des choses, soit près de 30 ans après le vote de la loi du 9 juin 1999 « visant à garantir le droit à l’accès aux soins palliatifs », la moitié des Français n’ont toujours pas accès à des soins palliatifs de qualité et une vingtaine de départements en sont encore entièrement dépourvus.
Dans ces conditions, « la mort administrée ne risque-t-elle pas de devenir une partie de la réponse des pouvoirs publics aux défaillances de la prise en charge des malades ? » (Alain Milon, rapporteur du texte, le 7 juillet 2026 au Sénat) ?
Ceux de nos concitoyens qui vivent aujourd’hui dans de véritables déserts médicaux, subissent de plein fouet la dégradation de notre système de santé et ne peuvent pas non plus bénéficier d’une prise en charge au sein d’une unité de soins palliatifs, ne seront-ils pas nécessairement incités à demander le suicide assisté ou l’euthanasie ? Les plus vulnérables, les plus isolés ou les plus dépendants, qui n’ont ni les ressources ni les relations suffisantes pour s’en sortir par eux-mêmes, seront bel et bien les premières victimes de « l’aide à mourir » qu’on leur propose.
« L’idée d’une mort »digne et choisie » est une fiction bourgeoise dont les milieux populaires seront les premières victimes » déplore à juste titre le député socialiste Dominique Potier.
De fait, il sera demain « plus facile de demander la mort que d’obtenir un soin», mais aussi « plus facile et bien plus économique d’accéder à l’euthanasie qu’à une unité de soins palliatifs ».
Une députée Renaissance n’est-elle pas précisément allée jusqu’à reconnaître, en février dernier, en commission des affaires sociales, à l’Assemblée nationale, que le suicide assisté et l’euthanasie seraient proposés aux patients en fin de vie « qui n’ont pas accès aux soins palliatifs » ?
Les plus idéologues présentent volontiers le suicide assisté et l’euthanasie comme « l’ultime liberté » de l’homme ou « l’expression du libre arbitre absolu» (cf. le sénateur communiste Pierre Ouzoulias le 21 janvier 2026). Mais que vaut cette prétendue liberté individuelle ou ce prétendu droit de disposer de sa vie pour une personne vulnérable qui n’a pas la possibilité ni les moyens de se soigner et ne peut bénéficier des soins palliatifs ?
Enfin, comment ne pas voir ou ne pas comprendre qu’en réalité, la loi sur le suicide assisté et l’euthanasie fera peser sur les personnes malades, handicapées ou en fin de vie considérées comme « éligibles », une pression aussi terrible qu’insidieuse : celle qui consiste à se demander si l’on n’est pas devenu pour sa famille, ses proches, le corps médical et la Sécurité sociale, un poids ou une charge financière insupportables, à se demander s’il ne vaut pas mieux abréger son existence et s’en aller plutôt que de s’accrocher à la vie…
Le risque est d’autant plus avéré que si l’on en croit une étude de la Fondapol, l’euthanasie permettrait de réaliser 1,4 milliard d’euros d’économies par an, dont les principales mutuelles de santé, qui militent activement pour l’euthanasie, seraient naturellement les premières à profiter…
« L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures » prophétisait (si j’ose dire) Jacques Attali en 1981.
Puisse l’avenir ne pas lui donner raison…
« Tu ne tueras pas »
Nous ne nous lasserons jamais de dire et de répéter que la légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie est absolument contraire au Vème Commandement du Décalogue (« Tu ne tueras pas »), et qu’elle elle est inconciliable avec l’enseignement constant de l’Église selon lequel « L’euthanasie volontaire, quels qu’en soient les formes et les motifs, constitue un meurtre. Elle est gravement contraire à la dignité de la personne humaine et au respect du Dieu vivant, son Créateur. » (CEC 2324).
Indépendamment de toute considération religieuse ou confessionnelle, la protection de la vie humaine innocente et l’interdit de tuer sont non seulement des valeurs universelles qui s’imposent à tous et à chacun, mais des principes essentiels sur lesquels repose, depuis des millénaires, la vie en société.
Légaliser le suicide assisté et l’euthanasie constituerait donc bel et bien une rupture anthropologique majeure, dont on est encore loin de mesurer l’extrême gravité et les conséquences.
Nous ne cesserons pas non plus de rappeler que la seule alternative possible à « l’aide à mourir » réside, pour l’essentiel, dans le développement et la généralisation des soins palliatifs, de telle sorte qu’ils soient non seulement présents sur l’ensemble du territoire national, mais réellement accessibles à tous. Encore faut-il que les pouvoirs publics, qui se sont jusqu’à présent contentés de légiférer, se décident à faire des soins palliatifs une véritable priorité budgétaire.
Peut-on raisonnablement espérer que le Premier ministre se décide in extremis à suspendre l’examen de cette proposition de loi, il en a théoriquement le pouvoir ?
S’il est désormais permis d’en douter, il n’est en revanche pas trop tard pour écrire aux députés, qui devront, en tout état de cause, assumer la responsabilité de leur vote…
Puisse, enfin, le Seigneur, à qui rien n’est impossible, préserver la France d’une loi de mort dont les conséquences seraient terriblement dramatiques et probablement irréversibles.
« Je prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance » (Dt 30, 19).
+Marc Aillet
Évêque de Bayonne, Lescar et Oloron
Fait à Bayonne, le 10 juillet 2026
« La Syrie a besoin de tous ses enfants et chacun doit y trouver sa place »
Le 7 juillet, Emmanuel Macron était le premier chef d’Etat européen à se rendre à Damas, pour rencontrer le président Syrien, Ahmed Al-Charaa. « La Syrie a besoin de tous ses enfants et chacun doit y trouver sa place » a déclaré Emmanuel Macron, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue syrien. « Sans doute est-ce là un grand défi, car il vous faut rassembler les Syriens, convaincre ceux qui ont fui que leur avenir est désormais ici ».
Plusieurs protocoles d’accords avec des entreprises françaises ont été signés, notamment au sujet de l’exploitation du port de Lattaquié, de la construction du pont d’Idleb. Les sujets gaziers et pétroliers n’ont pas été oubliés. On notait dans la délégation, la présence de Patrick Pouyanné, PDG de Total Energies et de Rodolphe Saadé, PDG de la CMA-CGM.
La France rend des pièces de musée
Vingt-trois pièces des musées de Damas, Alep, Lattaquié et Palmyre avaient été prêtées par la Syrie à l’Institut du monde arabe en 2011, juste avant le début de la guerre. Après 16 ans, elles ont été enfin rendues à la Syrie, à l’occasion de la venue d’Emmanuel Macron à Damas. Parmi les œuvres, figuraient notamment, la Déesse al-Lât montée sur un chameau, un Bas-relief aux dieux syriens datant tous les deux du Ier siècle ou encore la Statuette omeyyade de femme couronnée datant du au VIIIe siècle.
Depuis 1979, la Syrie était considérée par les Etats-Unis comme un état « parrain du terrorisme ». Le 8 juillet dernier, Marco Rubio, secrétaire d’État américain a annoncé qu’après avoir levé les sanctions, « le président Trump a informé le Congrès de l’intention de son administration de retirer la désignation de la Syrie en tant qu’État parrain du terrorisme à l’issue d’une période de préavis de 45 jours. Il s’agit là d’une nouvelle mesure historique prise par le président Trump pour offrir au peuple syrien une chance de renouer avec la grandeur ». « Nous avons tourné la page d’un chapitre sombre de l’histoire de la Syrie » s’est réjoui Assaad al-Chaibani, ministre syrien des affaires étrangères.
Source : SOS Chrétiens d’Orient
Crimes sexuels : l’idéologie du genre compromet la capacité de la presse à dire la vérité
Un homme qui se prend pour une femme a été arrêté à Granby, au Québec, pour agressions sexuelles sur plusieurs enfants alors qu’il travaillait comme baby-sitter. Certains enfants avaient à peine quatre ans. Emma Grégoire, 27 ans, également connu sous les noms de Cédric Grégoire et Cédrick Grégoire, a comparu pour la première fois devant le tribunal à la mi-juin pour des accusations d’agression sexuelle sur mineur et de possession de matériel pédopornographique. Depuis, dix nouvelles accusations ont été portées contre lui, notamment pour « contact sexuel avec un mineur », agression sexuelle et « production de matériel pédopornographique ».
La police a déclaré que le pédophile présumé « avait établi des liens de confiance avec de jeunes mères de sa communauté », leur avait proposé des services de garde d’enfants, puis avait abusé sexuellement des enfants qui lui avaient été confiés entre janvier 2022 et juin 2026. Selon Reduxx :
Parmi les victimes connues, l’une avait 4 ans au moment des faits, et une autre 6. La police croit qu’il y a d’autres victimes et lance un appel public aux parents qui auraient été en contact avec Grégoire dans les régions de la Haute-Yamaska, de l’Estrie et de la Montérégie afin qu’ils communiquent avec leur service de police local. Puisque plusieurs victimes ont déjà été identifiées dans diverses juridictions du Québec, la Structure intégrée de gestion des enquêtes sur les crimes majeurs, coordonnée par la Sûreté du Québec, a été déployée afin de mutualiser les ressources policières et de mieux protéger les victimes.
Une grande partie de la presse canadienne a présenté cette affaire comme celle d’une pédophile s’attaquant à des enfants. Si aucun média anglophone n’a encore couvert l’affaire, La Presse, Radio-Canada et TVA Nouvelles ont toutes désigné la suspecte comme une femme, tout comme la police.
Le fait d’identifier des criminels masculins – en particulier ceux coupables de crimes généralement commis par des hommes – comme étant des femmes est sans doute l’un des exemples les plus frappants de la façon dont l’idéologie du genre pervertit les institutions et compromet fondamentalement la capacité de la presse (sans parler des forces de l’ordre) à dire la vérité.
Pour ceux qui pensent que cette affirmation est exagérée, prenons quelques exemples.
Manfred Sperling, reconnu coupable en 2001 de délit sexuel dangereux pour une série d’agressions sexuelles contre des femmes et pour avoir agressé et menacé une fillette de 12 ans, se fait désormais appeler « Amanda Cooper » et affirme être une femme. Il a intenté une action en justice pour être transféré dans un établissement pénitentiaire pour femmes, le Service correctionnel du Canada ayant refusé sa demande de transfert en raison du danger qu’il représente pour les détenues. Radio-Canada, la chaîne de télévision publique canadienne, a déclaré :
« Un tribunal décidera s’il convient de la transférer dans un établissement pour femmes. »
En 2024, Levana Ballouz, un Québécois, a été reconnu coupable d’avoir poignardé mortellement sa conjointe, puis d’avoir étouffé leurs deux enfants, âgés de cinq et deux ans. Le juge l’a qualifié de « sadique » et de « dangereux ». Radio-Canada l’a décrit comme une femme, bien que même son dessinateur n’ait pas réussi à lui donner une apparence féminine. Jugez plutôt de cette magnifique formule de propagande :
« Ballouz, 38 ans, était connue sous le nom de Mohamad Al Ballouz au moment de son inculpation. Une fois reconnue coupable, elle a demandé à purger sa peine dans un pénitencier fédéral pour femmes. »
Un délinquant sexuel si dangereux qu’un juge albertain lui a infligé une peine indéterminée a été décrit par Radio-Canada comme suit : « Lucy Blackplume, 30 ans, qui a commis ses crimes en Alberta et en Saskatchewan sous le nom de Josiah Blackplume, a récemment plaidé coupable d’agression sexuelle armée et de voies de fait causant des lésions corporelles. » À un moment donné, Blackplume a tenté de violer une femme sous la menace d’un couteau. Radio-Canada ajoute : « La plupart de ses condamnations concernent des actes de violence sexuelle. »
À lire la presse canadienne, on pourrait croire qu’au cours de la dernière décennie, le nombre de femmes pédophiles et de femmes violant d’autres femmes a explosé. Cette impression serait due aux termes délibérément choisis par les journalistes et les rédacteurs. Or, ces termes sont mensongers et doivent être considérés comme tels.
Grand remplacement britannique
Muhammad a été le prénom le plus donné aux nouveaux-nés d’Angleterre et du Pays de Galles, en 2025, pour la troisième année consécutive.
Le CESE est “inapproprié”
Voici les justifications foireuses du CESE quant au cocktail visant à célébrer la loi sur l’euthanasie :

Pour mémoire, le CESE proposait de réserver transport et hébergement pour cette petite “sauterie” :

A quand la dissolution du CESE ?
Permis de tuer, surtout les vieux, les faibles, les déprimés, les sous-tutelle, et les pauvres…
De Marion Duvauchel pour Le Salon beige :
Il semblait acquis que la valeur d’une civilisation se mesure moins à sa capacité de conquérir et de s’armer qu’à celle de protéger la veuve et l’orphelin, (figure métonymique pour les plus fragiles). Jose Luis Borges avait écrit une Histoire universelle de l’infâmie. La cécité isolait ce vieil argentin élevé dans une bibliothèque. Son livre est un recueil délicat pour les bobos parisiens et leurs échanges mondains. L’histoire vraie de l’infâmie reste à écrire et la France y occupera une place centrale. En dehors de la noire période au cours de laquelle l’Allemagne nazie organisait son Aktion 4, je ne vois pas où on aura fait pire que sous la France de 2027, sous le mandat d’Emmanuel Macron ; je ne vois pas quand on sera allé aussi loin dans l’organisation légale du crime. Même les civilisations précolombiennes ne tuaient – par milliers – les nourrissons que rituellement.
Par les réseaux sociaux, qu’on s’apprête à mettre en coupe réglée, on peut écouter l’intervention du député Philippe Juvin. Il n’a pas la sirupeuse intonation du pape Léon XIV ni son sourire de Bouddha serein. Dans son juste emportement, il liste quelques points que la presse se garde bien de commenter… Délai de réflexion en Belgique pour mourir, un mois ; au Canada, deux mois ; en France… deux jours. L’avis souhaité, demandé, requis, du médecin traitant et d’un psychiatre ? refusé. C’est que le temps que la consultation se mette en place avec les deux experts, le patient aura eu le temps de changer d’avis douze fois, ou tout simplement de décéder paisiblement. Non, ce n’est pas une loi d’ultime recours : même les patients qui ne sont pas dans la dernière étape de la maladie pourront entrer sous le coup de cette loi d’une fabuleuse générosité.
Il était proposé une commission de contrôle avant le geste. Refusé. Elle se réunira ensuite. Il était proposé qu’un déficient mental, un bipolaire ne puisse être euthanasié. Refusé. Mais un majeur sous tutelle qui ne peut signer un chèque pourra demander l’euthanasie. Qui peut prétendre ignorer que toutes les familles ne sont pas aimantes, qu’il y a des héritages qui se font attendre et des maladies bien contraignantes pour des familles aux valeurs élastiques ? Il était proposé qu’un juge vérifie l’absence de pression ou d’abus de faiblesses. Refusé.
Quand on connaît les lenteurs de la justice et de la santé, ces restrictions auraient permis de mettre à cette loi de solides bâtons dans les roues. Aujourd’hui, même les enfants peuvent être euthanasiés. Les Pays-Bas ont ouvert le bal, les autres suivront, n’en doutons pas.
Quant à voir un prêtre ? Un membre habilité de sa confession d’appartenance ? ça n’a même pas été évoqué.
Que nous dit la presse « catho » ? Jetons un œil sur le Pèlerin. On chercherait en vain une analyse un peu sérieuse, un rappel de l’anthropologie chrétienne : « Tu ne tueras pas »… Mais on peut lire ce titre plein d’éclatant venin : En Belgique, l’euthanasie a changé le quotidien des soignants, titre qui ouvre sur tout un ensemble de témoignages divers. Allons sur le site Zénith où on peut lire ce propos du pape Léon XIV : La vérité est un bien à partager et non un territoire à défendre. La vérité n’est pas seulement un bien à transmettre et à communiquer, elle est aussi un bien à défendre. Comme la vie.
Devant cette littérature pour niaiseux, il est bon d’aller lire ou relire un « vieux » qui a gardé jusque dans la grande vieillesse l’invincible jeunesse de l’esprit et la sève de la jeunesse : François Mauriac. En 1969, (il était âgé de quatre-vingt-quatre ans), il commentait dans son Bloc-Notes la grande découverte du Danemark cette année-là : le mariage à quinze… Ce qui a frappé Mauriac, c’est le ton du reporter, un ton neutre, qui ne juge pas, ne critique pas : « ils cherchent un remède à la solitude des couples et à la lassitude conjugale ». Pourquoi ? Ils ont eu le temps de la connaître ? Et le reporter note qu’« il n’est pas obligatoire que toutes les filles couchent avec tous les garçons mais c’est presque toujours le cas ».
Cette voix d’outre-tombe nous rappelle que « la jeunesse n’est pas un état durable mais une vague qui ne reste nouvelle que le temps d’écumer et d’être recouverte par une autre ». Du haut de sa longue vie et depuis son âme chrétienne, il porte alors un jugement sans appel sur ce « mariage à quinze » : « toute considération morale ou religieuse écartée, il reste que cette folie dont vous traitez si gravement ne correspond pas à la condition humaine et ne pourra être le fait que de quelques privilégiés, si la chiennerie peut être considérée comme un privilège ».
Le grand obstacle du « mariage à quinze » c’est l’instinct de jalousie. C’est pourquoi assure le reporter, « rien n’aide mieux que la littérature porno qui habitue les garçons à l’amour en commun ».
Voilà pourquoi l’Education Nationale s’est employée depuis quelques décennies à libérer les instincts et en particulier l’instinct sexuel. « Ceux qui ont l’expérience de Dieu savent que la pureté de cœur est la première condition à l’union avec Lui ». Cette libération des instincts – et donc des mœurs – dont on voit aujourd’hui, me semble-t-il, le dernier acte (peut-on aller plus loin dans l’ignominie ?) a été facilitée parce que l’Eglise employait ses forces ailleurs : à développer sa nouvelle image, ses nouveaux outils, sa vision synodale, etc….
On tue, messieurs les curés, on a commencé par organiser la grande corruption des âmes à partir de la perversion de l’instinct sexuel et de l’identité sexuelle. Bientôt on tuera les corps vieux, les corps malades, les inutiles. Non pas pour la liberté, personne n’est dupe, mais parce que le pays est ruiné, qu’il faut rembourser la dette et qu’il n’y a plus d’argent. Or, les vieux, ça coûte et ça coûte cher.
De quoi nous bassine-t-on en ce moment sur les chaînes publiques ? De la clim. Mais pourquoi vouloir faire installer des clims dans les EPHAD ? Puisqu’on veut euthanasier les vieillards : qu’on les laisse mourir simplement de la canicule…
Croit-on qu’une société qui opte aussi délibérément, ouvertement, méthodiquement pour l’assassinat programmé de tous les faibles, les vieillards, les malades, et aussi les enfants, peut continuer à vivre ? Quand une société est devenue trop radicalement mauvaise, elle est rayée de la face de la terre. L’Eglise a consacré bien trop de temps à courir après le tramway appelé « modernité ». Elle y a gagné un schisme et une assistance à la messe qui est tombé à 2%. Et un immense discrédit. Il est temps pour elle de remettre en état et en circulation le vieux train qui courait à travers montagnes et vallées en sifflant, pas seulement trois fois : « justice et fidélité, justice et paix, préparez le chemin du Seigneur, car Il vient…. Car les choses vont par deux dans l’Ancien Testament. Et quand elles vont par trois c’est le Seigneur qui parle : Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie. Un chemin n’est pas un territoire, il le traverse et il le constitue.
N’en doutons pas, Il viendra.
En attendant, un collectif de solides couillons se mobilise pour demander la canonisation de Robert Schumann.
La Vie Chrétienne Victorieuse – L’État, l’Église et le chrétien : une perspective biblique
Si le monde entier était composé de vrais chrétiens, le gouvernement civil serait inutile. Mais le monde étant ce qu’il est, marqué par la Chute, Dieu a établi deux gouvernements distincts : le gouvernement spirituel, exercé par le Saint-Esprit sous l’autorité du Christ, et le gouvernement temporel, exercé par le glaive, pour contenir le mal parmi les hommes.
L’origine divine et le but du magistrat civil
L’origine de l’autorité civile n’est ni le fruit d’un contrat social, ni une invention humaine née de l’évolution des cultures. Selon le témoignage unanime des Écritures, le gouvernement civil est une institution divine, établie par Dieu pour la gestion d’un monde déchu. Après le déluge, Dieu confie pour la première fois la responsabilité du gouvernement humain à l’homme lui-même, afin de réprimer la violence. En Genèse 9:6, le principe de la justice rétributive est posé :
« Qui verse le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé.»
C’est le fondement de ce que la théologie appelle le « pouvoir du glaive ». Dans le Nouveau Testament, l’apôtre Paul formalise cette doctrine de manière définitive :
« Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; car il n’y a point d’autorité si ce n’est de par Dieu ; et celles qui existent sont ordonnées de Dieu. De sorte que celui qui résiste à l’autorité résiste à l’ordonnance de Dieu » (Romains 13:1-2).
Le texte inspiré va jusqu’à qualifier le magistrat civil de « serviteur de Dieu » (diakonos), établi pour le bien du citoyen. Sa mission est double : maintenir l’ordre public en punissant les malfaiteurs, et encourager ceux qui pratiquent le bien (1 Pierre 2:14). Sans cette barrière institutionnelle, la société sombrerait dans l’anarchie, un état que le livre des Juges décrit à plusieurs reprises et avec effroi : « Chacun faisait ce qui était bon à ses propres yeux ».
La responsabilité du chrétien envers les autorités
La Bible ne conditionne pas l’obéissance civile à la piété ou à la moralité des gouvernants. Lorsque Paul écrit aux Romains, ou lorsque Pierre rédige sa première épître, l’Empire romain est dirigé par des empereurs païens, parfois cruels et corrompus. Pourtant, le devoir du croyant reste entier et se décline en trois axes majeurs.
Le chrétien est appelé à se soumettre aux lois du pays, non par simple crainte du châtiment, mais « par motif de conscience » (Romains 13:5). Cela inclut le respect des institutions et des personnes qui les incarnent.
L’acquittement des obligations financières ; question tranchée par le Seigneur lui-même : « Rendez donc à César ce qui est à César » (Matthieu 22:21). Paul confirme qu’il faut rendre à chacun ce qui lui est dû : la taxe à qui l’on doit la taxe, le péage à qui l’on doit le péage (Romains 13:7).
Et l’intercession spirituelle ; un ordre formel transmis par Paul. Le peuple de Dieu doit prier pour les rois et pour tous ceux qui sont haut placés. Le but de cette prière n’est pas politique, mais pratique : « afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté » (1 Timothée 2:1-2).
Les limites absolues de l’autorité civile
Si l’autorité de l’État est légitime, elle n’est jamais absolue. Elle est déléguée par Dieu, et le délégué reste soumis au Souverain suprême. L’État dépasse ses prérogatives lorsqu’il exige ce qui appartient exclusivement à Dieu : la conscience, la foi et l’adoration. Le principe de la désobéissance civile légitime est clairement illustré dans le livre des Actes. Lorsque le Sanhédrin interdit aux apôtres de prêcher au nom de Jésus, Pierre et les apôtres répondent fermement :
« Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Actes 5:29).
Le chrétien doit donc refuser d’obéir si l’État lui ordonne de faire ce que Dieu interdit, ou s’il lui interdit de faire ce que Dieu ordonne. Même dans ce cas, la résistance chrétienne reste purement spirituelle et morale ; elle ne recourt jamais à la sédition ou à la violence charnelle, acceptant, s’il le faut, de souffrir injustement pour le nom du Christ.
L’autorité religieuse selon la Bible : l’ordre dans la maison de Dieu
Si Dieu a établi le gouvernement civil pour régler la vie des hommes dans le monde, il a instauré un tout autre mode de gouvernement pour son peuple assemblé. L’autorité ecclésiastique diffère radicalement de l’autorité civile, tant par sa nature que par ses méthodes et sa finalité. Elle ne s’exerce pas par la contrainte physique, mais par la puissance de la Parole de Dieu et du Saint-Esprit.
Le premier principe théologique de l’autorité dans l’Église est qu’elle n’appartient en propre à aucun homme. Jésus-Christ est le Chef suprême de l’Église, qui est son corps :
« Il a tout mis sous ses pieds, et il l’a donné pour chef suprême à l’Église, qui est son corps… » (Éphésiens 1:22).
Toute autorité humaine dans l’Église n’est qu’une intendance, un service rendu sous le regard du divin Maître. Jésus a mis en garde ses disciples contre la tentation de calquer le fonctionnement de l’Église sur celui des nations, où les chefs dominent et exercent le pouvoir avec autorité :
« Il n’en est pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur » (Matthieu 20:25-26).
L’autorité spirituelle ne dérive donc ni d’un diplôme, ni d’un statut social, ni d’un pouvoir politique. Elle se manifeste par une stature morale et spirituelle. Les termes employés dans le Nouveau Testament sont les anciens (presbytres) ou les surveillants (épiscopes). Ils désignent des hommes éprouvés, dont les caractéristiques sont énumérées en 1 Timothée 3 et Tite 1 : irréprochables, attachés à la vraie doctrine, capables d’enseigner, et manifestant de la sagesse dans la conduite de leur propre foyer.
Les outils de l’autorité spirituelle : le pouvoir des clés
Contrairement au magistrat civil qui porte le glaive, l’Église utilise des armes spirituelles :
« Car les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles » (2 Corinthiens 10:4) ;
« Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme » (Éphésiens 6:11).
L’autorité religieuse s’exerce ainsi principalement par deux moyens. D’une part, la proclamation de la vérité : l’autorité de l’enseignant ne réside pas dans sa propre parole, mais dans sa fidélité aux Écritures. Si ce qu’il enseigne n’est pas conforme à la Bible, sa parole n’a aucun poids spirituel légitime. D’autre part, la discipline ecclésiastique, que Matthieu 18:18 désigne par l’expression « lier et délier ». Si un membre de la communauté s’égare dans un péché flagrant ou une hérésie destructrice, les conducteurs spirituels ont le devoir de reprendre, d’exhorter et, en dernier recours, d’ôter le méchant du milieu d’eux (1 Corinthiens 5:13). Cette mesure n’est jamais punitive au sens pénal, mais restauratrice : elle vise à préserver la sainteté de la maison de Dieu et à amener le pécheur à la repentance.
Tous les croyants sont invités à respecter cette autorité partagée :
« Obéissez à vos conducteurs et soyez soumis, car ils veillent sur vos âmes, comme devant en rendre compte » (Hébreux 13:17).
La nécessaire séparation des sphères civile et religieuse
La lecture attentive de ces sources bibliques démontre le danger de la confusion des pouvoirs. En Israël, la royauté (le pouvoir politique et militaire) et le sacerdoce (le pouvoir religieux) devaient impérativement rester séparés. L’histoire biblique montre que chaque fois que les deux sphères se sont mélangées, le déshonneur en a découlé.
Dans l’Ancien Testament, « L’Esprit de l’Éternel se retira de Saül » parce que le roi Saül avait violé l’ordre théocratique établi par Dieu en offrant l’holocauste à la place de Samuel, ce qui conduisit à la déchéance de sa lignée royale (1 Samuel 13 & 16:14). Pareillement, le roi Ozias fut frappé de lèpre pour avoir voulu usurper les fonctions sacerdotales en offrant l’encens dans le temple (2 Chroniques 26).
L’Église n’est pas un État théocratique ; elle est composée de citoyens célestes qui traversent ce monde comme des étrangers et des voyageurs (1 Pierre 2:11). Par conséquent, l’Église n’a pas à dicter les lois civiles d’un monde incrédule, bien qu’elle agisse comme le sel et la lumière de la terre par son témoignage moral, et l’État n’a aucun droit de regard sur la doctrine, le culte, l’élection des conducteurs ou la discipline interne de l’Église.
Chaque autorité doit rester dans les limites du mandat que Dieu lui a confié. Le chrétien fidèle marche dans ce monde en respectant scrupuleusement le magistrat civil pour tout ce qui concerne la vie civique, tout en réservant l’allégeance absolue de sa conscience et de sa foi au Seigneur Jésus-Christ, qui gouverne son Église par sa Parole. En maintenant cette distinction claire, le croyant reflète l’ordre divin et rend un témoignage pur au milieu d’une génération corrompue.
L’attitude de Jésus face aux autorités : un paradoxe fécond
Quelle était donc l’attitude de Jésus face aux autorités ? Elle s’articulait autour d’un paradoxe central : une soumission absolue sur le plan spirituel, couplée à une liberté radicale sur le plan terrestre. Jésus ne manifeste ni rébellion politique, ni complaisance aveugle ; il redéfinit la source même du pouvoir. Au sommet de sa vie relationnelle se trouve une soumission absolue et filiale à Dieu son Père. Cette autorité spirituelle est son unique boussole ; elle légitime ses actes et dicte sa mission, résumée par sa volonté constante de ne pas faire sa propre volonté, mais celle de Celui qui l’a envoyé.
Face aux autorités religieuses juives de son temps (pharisiens et sadducéens), Jésus adopte une posture de contestation radicale. S’il respecte la Loi de Moïse, il rejette fermement l’hypocrisie et le poids des traditions humaines qui en dénaturent l’esprit. En se proclamant « maître du sabbat » et en plaçant l’amour et la miséricorde au-dessus des rituels, il désarme leur légitimité spirituelle, s’attirant leur hostilité mortelle.
Enfin, vis-à-vis du pouvoir romain, force d’occupation païenne, Jésus fait preuve d’une neutralité subversive. Sa célèbre formule « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Luc 20:25), pose une distinction nette entre le devoir civique et l’allégeance spirituelle. Devant Pilate, il ne conteste pas l’autorité de l’État pour le juger, mais il en rappelle la limite stricte :
« Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir, s’il ne t’avait été donné d’en haut » (Jean 19:11).
En somme, Jésus relativise toutes les autorités terrestres. En refusant le titre de messie politique, il démontre que son royaume n’est pas de ce monde.
Le renversement final : Christ, Magistrat suprême
L’étude des autorités, de leurs structures et de leurs limites, trouve son point culminant et sa résolution définitive dans la personne de Jésus-Christ. Tout au long de son ministère terrestre, Jésus s’est confronté aux pouvoirs de son époque. En acceptant de se soumettre au verdict du Sanhédrin et au décret de Ponce Pilate, il a semblé, aux yeux de l’Histoire, être le sujet impuissant d’un système judiciaire injuste. Le monde a cru le juger, le condamner et effacer son autorité dans le silence du tombeau.
Pourtant, l’Évangile opère ici le plus grand renversement de l’histoire humaine. Par sa résurrection et son ascension, le Christ est établi au-dessus de toute domination, de toute autorité et de tout pouvoir. Le paradoxe est absolu : l’accusé d’hier est le Magistrat suprême de demain. Ce monde qui l’a jugé, avec ses empires arrogants, ses tribunaux partiaux et ses dirigeants éphémères, devra un jour comparaître devant son tribunal. Les rôles seront alors définitivement inversés ; ceux qui ont exercé l’autorité terrestre plieront le genou devant l’autorité céleste.
Ainsi se referme le cercle théologique : les deux gouvernements, civil et religieux, institués par Dieu pour le temps présent, trouvent leur origine, leur légitimité et leur terme dans la Seigneurie du Christ, à qui tout jugement a été remis.
Par conséquent, au milieu de ces deux ordres d’autorité distincts, le chrétien véritable marche avec discernement, droiture et sans compromis. Il honore le magistrat comme serviteur de Dieu dans la sphère terrestre, sans jamais lui livrer ce qui appartient à Dieu seul. Il reconnaît les conducteurs spirituels, non comme des maîtres de sa foi, mais comme des serviteurs chargés de veiller sur son âme. Dans toutes choses, sa conduite est gouvernée par une conscience éclairée par la Parole de Dieu.
Étranger ici-bas, mais soumis pour l’amour du Seigneur, il rend à chacun ce qui lui est dû, tout en gardant son cœur inviolablement attaché au Christ. Ni la pression du monde, ni les dérives religieuses ne peuvent détourner celui qui a appris à placer toute autorité à sa juste place, sous le regard du Dieu souverain. C’est ainsi, dans une humble fidélité, qu’il rend témoignage à la vérité, attendant le jour où toute autorité sera manifestement soumise à Celui qui est Seigneur de tous.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
L’Institut Des Sciences Sociales Economiques Et Politiques s’installe à Paris
L’Institut fondé par Marion Maréchal ouvre un nouvel établissement à Paris :

“En demandant pour ses citoyens l’accès à l’euthanasie, c’est sa propre euthanasie que la France demande”
Dans Le Figaro, Michel Houellebecq publie une longue tribune contre l’euthanasie. Extrait :

Balades à Djeddah, la perle de l’Arabie saoudite
Troisième et dernière partie de la trilogie journalistique réalisée par Antoine Bordier, auteur, biographe et consultant
Nous sommes le 28 février 2026, je suis arrivé à Djeddah, hier, la veille du déclenchement des opérations militaires israélo-américaine contre l’Iran. Cette ville est une capitale à elle toute seule, peuplée de 4 millions d’habitants, dont la superficie tentaculaire fait 52 fois celle de Paris. Elle embrasse de ses longs bras la moitié de l’Ile de France. C’est dire !
Elle est une ville portuaire incontournable depuis l’Antiquité. C’est là que le prince héritier, Mohammed ben Salmane, reçoit ses hôtes prestigieux, loin des bruits et des regards de la capitale. La guerre change la donne et renforce le rôle stratégique de cette grande ville, qui pourrait voir ses investissements être multipliés par deux dans les 10 prochaines années. La guerre n’explique pas tout. Mais il est vrai que, pendant la semaine où je vais y résider les bruits de guerre resteront cantonnés à l’est du pays, au Golfe Persique, à 1 400 km de là.
Reportage sur cette ville que l’on appelle, aussi, « la porte sainte » de La Mecque.
Je n’ai jamais vu un aéroport d’une telle couleur : orange. C’est celui de Djeddah, le King Abdulaziz International Airport. J’ai l’impression d’être sur une autre planète, au milieu du désert. Vue du ciel, sa silhouette architecturale fait penser à un mollusque échoué sur le sable ou aux pinces d’un crabe. Sa conception architecturale est française.
La climatisation tourne à plein régime en cette période hivernale où les températures avoisinent les 30°C. Dehors, outre les autres passagers qui se rendent à La Mecque pour le Ramadan, il n’y a presque personne. C’est la première fois que je vois des musulmans habillés dans leur tenue religieuse traditionnelle : celle d’Ihram, qui est composée de deux pièces de tissu en coton blanc. L’épaule et le bras droit sont dégagés.
Ce blanc m’intrigue, j’y décèle – ce qui est le cas – plus qu’un simple symbole de pureté. Une nécessaire volonté de se purifier, car c’est cela finalement le pèlerinage à La Mecque : un temps de purification. Je remarque que les enfants portent aussi la même tenue. Ce qui n’est pas le cas des femmes devant uniquement porter une tenue pudique.
Son port illustre
Aujourd’hui, c’est ici qu’accostent les 69% des marchandises importées qui seront distribuées, par la suite, dans une grande partie du pays, et principalement dans la région du Hedjaz, La Mecque et Médine.
Avant l’avènement de l’islam, Djeddah a fait l’objet de nombreuses conquêtes, comme celles des Egyptiens au 10e siècle, et avant eux les Romains. Le port est un passage obligé, un carrefour entre la mer et les océans, et la route de la soie, celle de l’encens et des épices, celle du bois et de la bière, celle du vin.
Son existence daterait de 2 500 ans. Mais, bien avant, selon la légende, c’est là qu’Eve, la première femme de l’humanité aurait terminé ses jours. C’est, d’ailleurs, pour cela qu’elle s’appellerait ainsi : Djeddah (Jida en arabe). Cela signifie « grand-mère ».
Le petit village de pêcheurs a bien changé. Leurs cabanes sont devenues des palaces des Mille et Une Nuits.
Aujourd’hui, dans la matinée, il est difficile de voir des pêcheurs. Car, ils sont de moins en moins nombreux et la pêche est devenue industrielle. Les petits pêcheurs ont troqué leur barque pour une voiture ou un mini-bus dans lequel ils baladent les touristes. Certains anciens, des nostalgiques, continue à l’appeler « la fiancée de la mer Rouge ». Formule que reprend Ludovic Pouille, Envoyé spécial pour la reconstruction au Moyen-Orient, auprès du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

« La porte » des lieux saints
Depuis l’avènement de l’islam au 7e siècle, depuis Mahomet, Djeddah se situe à l’avant-poste de La Mecque. Il faut mettre près d’une heure en voiture pour parcourir les 80 km plein est qui séparent les deux villes. Pour des millions de musulmans venus du monde entier – ceux que j’ai rencontrés venaient d’Egypte, du Pakistan, du Turkménistan – Djeddah est, donc, la dernière étape, la dernière porte pour entrer dans la Ville Sainte.
Par nature une porte, s’ouvre et se ferme, indique un lieu, un passage, une pièce. Ici, la porte de Djeddah est grande ouverte pour les musulmans et les autres. Mais en arrivant à La Mecque, toutes les portes d’entrée se referment pour les non-musulmans. La raison ? C’est la loi islamique, la charia, qui commande et des mesures restrictives du gouvernement qui la mettent en œuvre.

Djeddah, la belle
Pour ma part, j’ai aimé pendant toute cette semaine me promener le long de ses rivages baignés de soleil. Il y règne une réelle insouciance, comme si vous étiez hors du temps, loin des bruits de la guerre, des missiles et des drones. La mer Rouge est là, belle dans son innocence, silencieuse dans son étendue, tragique dans son histoire lorsqu’elle fut le lit de nombreux combats.
Aujourd’hui, depuis l’Egypte, les pèlerins, par bateaux entiers, arrivent en masse. Ils passent la porte de Djeddah et continuent jusqu’à La Mecque. Ne pas s’arrêter à Djeddah est une erreur. Car le soir, la Fiancée de la mer Rouge y dévoile toute sa beauté. Oui, elle est belle le soir, lorsque la princesse de la nuit fait briller ses milliards d’étoiles au-dessus de ses eaux. Le conte des Mille et Une Nuits s’y miroite, alors qu’au-dessus déambulent dans l’insouciance la plus totale, tout le long de la corniche, les familles qui y grapillent la fraîcheur et les ombres. Les enfants mangent des glaces, vendues dans des petits cabanons en bois tout le long de la corniche.
Du côté du quartier d’AlHamra, au nord de la ville, au Hyatt Park Hotel, des Saoudiens et des Français travaillant au Consulat général ont pris place au bord de l’eau, non loin de la célèbre fontaine du roi Fahad, dont le jet d’eau est projeté à une hauteur qui dépasse celle du jet d’eau de Genève en Suisse. Sultan est là, attablé avec ses amis qui vont rompre le Ramadan, après le coucher du soleil. Ils discutent de la situation, de la guerre. Ils sont sereins. Khaled est un peu plus inquiet. Ahmed, quant à lui, a les yeux tournés vers La Mecque. Tous les deux sont des comptables, Sultan travaillant comme nutritionniste dans l’armée. Le restaurant est en plein air. Au-dessus de nos têtes, des lanternes se balancent au grès du vent, comme une traîne d’étoiles filantes. La lumière tamisée danse tout autour de nous avant de se jeter dans la mer Rouge. Ses embruns presque imprescriptibles caressent nos visages et les adoucissent de leurs vents venus du nord. Nous partageons le seul repas de la journée. Quel moment formidable, moment qui célèbre la rencontre, l’échange et l’amitié naissante.
Après le repas, Sultan nous emmène visiter Djeddah, la nuit. Direction la Trump Tower.

Trump, CMA CGM et le business
Alors qu’il fait la guerre à l’Iran, ici en Arabie et là à Djeddah, le président américain, via sa Trump Organization, investit à tour de bras. Ici, Trump Tower sera plus qu’une tour. Elle sera une résidence, un hôtel, un mall, des boutiques, des clubs sportifs, des restaurants gastronomiques, des parkings VIP. Une ville dans la ville. La fin des travaux est prévue en décembre 2029. Pour acquérir un appartement, il faut pouvoir débourser 450 000 euros pour un appartement avec une seule chambre. La guerre n’y a pas mis de terme. Les travaux continuent.
De son côté, il y a quelques semaines, CMA CGM et Red Sea Gateway Terminal (RSTG) ont signé un protocole d’accord pour créer une co-entreprise, une joint-venture, qui permettra la construction et l’exploitation du Terminal 4. Les travaux sont, déjà, en cours. Rodolphe Saadé s’est réjoui
« de ce partenariat avec RSGT, qui marque une nouvelle étape dans le développement du port de Djeddah et soutient la Vision 2030 de l’Arabie saoudite. En combinant l’expertise mondiale de CMA CGM à la force locale de RSGT, nous contribuerons à faire de Djeddah une porte logistique majeure sur la mer Rouge. Cet investissement reflète notre confiance dans les ambitions à long terme du Royaume et notre engagement à soutenir sa transformation économique. »
Al-Balad, l’histoire avec un grand H
Le quartier d’Al-Balad est quasiment désert dans la journée. Seuls y déambulent les chats et les ouvriers qui vont et viennent, travaillant à la restauration du plus vieux quartier de Djeddah, qui se situe près du musée de la mer Rouge, à trois jets de pierre du vieux port. Al-Balad, c’est un trésor architectural à ciel ouvert, à tel point que l’Etat, via son ministère de la culture, a mis sur la table plusieurs millions de dollars pour restaurer les vieux immeubles, les vieilles maisons de maître qui datent pour la plupart du 19e siècle.
Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ses ruelles se croisent et s’entrecroisent, formant des parcelles résidentielles et des petites placettes où il fait bon s’arrêter à l’ombre de ses grands arbres centenaires. Au rez-de-chaussée des bâtisses encore debout se trouvent des échoppes, des boutiques artisanales, des cafés, des coiffeurs, des petites galeries d’art. La plupart des façades sont embellies par les moucharabiehs, des panneaux sculptés en bois, de véritables œuvres d’art qui forment une sorte de caisson, de paravent fixe devant les fenêtres, ou devant des arcades. L’intérêt de cette structure qui vient habiller la façade est de filtrer les rayons du soleil tout en laissant passer l’air, qui se rafraichit en passant de la lumière à l’ombre.
Les ouvriers que j’interroge viennent d’Asie, d’Egypte, du Pakistan. Ils sont heureux de participer à la reconstruction du quartier. Ils se promènent de chantier en chantier en voiturette électrique.
Dans la soirée, le quartier se réveille enfin et se met à vivre paré de ses atours lumineux et de ses nombreux invités. On dirait un bal, une fête populaire. Nous vivons le moment de la rupture du jeûne, où tous les cafés sont pris d’assaut par les hommes, mais également par les femmes. Y sont servis des boissons non-alcoolisés. Plus loin, il faut marcher une dizaine de minutes pour se retrouver dans le quartier de l’or, c’est l’effervescence. Tout Djeddah s’est donné rendez-vous, et semble ne pas vouloir sommeiller.
Je dois partir. Sultan me fait rencontrer ses amis, dont un vit à Taïf. Hier, je le recontacte pour lui dire que je termine, enfin, ma trilogie journalistique sur l’Arabie saoudite. Et, il me donne quelques nouvelles : « Il n’y pas la guerre ici. L’Arabie saoudite est très sûre. Nous sommes en sécurité et tout va bien. »
Sur le chemin du retour, nous croisons Mutlaq qui nous vient du Qatar… Ici, tous sont des Bédouins !
Je décolle de Djeddah pour le… Liban. Je suis quasiment seul dans l’avion, guerres obligent !

Retrouvez la première partie de notre trilogie ici :
https://lesalonbeige.fr/voyage-en-arabie-saoudite-sous-les-bombes/
Et la seconde :
https://lesalonbeige.fr/a-lombre-des-jardins-de-riyad-et-de-larabie-historique/
De notre envoyé spécial Antoine BORDIER
Copyright des photos et montage A. Bordier
Le 15 juillet, la médecine française basculera-t-elle dans la schizophrénie ?
Illustration: « Au lit de mort» d’Edvard Munch (1863-1944).
“La vulnérabilité n’est pas une déchéance qu’il faut éliminer par la technique, elle est le dénominateur commun de notre condition humaine.”
À quelques jours de la trêve estivale, alors que les Français tournent légitimement le dos au bruit du monde, l’Assemblée nationale s’apprête à voter, à la lisière des vacances, une décision que le pays n’aura guère le loisir de peser. Une rupture anthropologique se joue, presque à bas bruit. Le choix du calendrier interroge : au moment où la nation ralentit, c’est l’un des fondements les plus anciens de la médecine qui pourrait être redéfini.
Médecin, je refuse de me taire devant ce basculement.
La schizophrénie éthique : trier les pulsions de mort
Depuis toujours, la psychiatrie mobilise des moyens considérables pour prévenir le suicide. Lorsqu’une personne exprime le désir de mourir, ce désir est compris comme l’expression d’une souffrance qui appelle une réponse médicale, jamais son accomplissement.
Demain, dans d’autres services, la même médecine pourrait être appelée à évaluer certaines demandes de mort pour y répondre favorablement. Le médecin deviendrait celui qui, selon des critères fixés par la loi, distinguerait les vies qu’il faut encore sauver de celles dont il pourrait provoquer la fin.
Quel message adressons-nous à la société ? Le désir de mourir d’un jeune dépressif appelle la mobilisation de tous les soignants ; celui d’une personne âgée, malade ou épuisée pourrait devenir un droit que la médecine aurait mission de mettre en œuvre. Les situations juridiques diffèrent, mais leur point commun est évident : elles naissent toutes deux de la souffrance. Une médecine cohérente peut-elle faire de cette souffrance, selon les circonstances, tantôt un mal à combattre, tantôt une volonté à exécuter ?
Le véritable basculement n’est pas juridique. Il est anthropologique. La médecine ne serait plus seulement l’art de soigner jusqu’au bout ; elle deviendrait aussi celui de décider dans quels cas donner la mort peut être considéré comme un soin. Cette contradiction ressemble à une véritable schizophrénie éthique.
Le calcul économique qui ne dit pas son nom
Accompagner une personne jusqu’au terme naturel de sa vie exige du temps, des équipes formées, des lits, des moyens humains. Les soins palliatifs représentent un engagement coûteux, mais ils manifestent le choix d’une société qui refuse d’abandonner les plus fragiles.
À l’inverse, chacun comprend que l’administration d’une substance létale représente un coût sans commune mesure avec celui d’un accompagnement prolongé. Le directeur parlementaire du budget canadien évaluait dès 2020 l’économie procurée par l’aide médicale à mourir à 149 millions de dollars — un montant qui a depuis doublé, comme le nombre d’euthanasies.
La France affirme vouloir développer parallèlement les soins palliatifs. L’intention est louable. Mais les crédits annoncés demeurent dépendants des lois de finances futures tandis que, sur le terrain, des milliers de Français n’ont toujours pas accès à des soins palliatifs dignes de ce nom. Les maisons d’accompagnement promises tardent encore à voir le jour.
Dans ce contexte, proposer la mort comme nouvelle possibilité interroge profondément. Peut-on parler d’un choix pleinement libre lorsque l’alternative — être correctement accompagné jusqu’au terme de sa vie — demeure, pour beaucoup, inaccessible ?
Au cours des débats parlementaires, le député Jean-François Rousset déclarait : « Il y a des gens qui sont en train de mourir dans une chaleur torride, il faut les aider, avançons ! » Cette phrase révèle malgré elle une inquiétude plus profonde, celle d’une médecine qui répond à l’épuisement de ses structures en facilitant la mort plutôt qu’en renforçant l’accompagnement.
Une liberté n’est véritable que lorsque toutes les options offertes existent réellement.
La boîte de Pandore
Les promoteurs de la loi promettent un dispositif exceptionnel, strictement encadré. L’expérience étrangère invite pourtant à la prudence.
Partout où l’interdit de donner la mort a été levé, les critères initiaux se sont progressivement élargis. Au Canada, en Belgique ou aux Pays-Bas, les indications se sont étendues bien au-delà des situations présentées au départ comme exceptionnelles. Ce constat n’est plus une hypothèse ; il appartient désormais aux faits.
Plus remarquable encore est l’évolution des oppositions. Les réserves ne viennent plus seulement des traditions religieuses ou des soignants. Des collectifs antivalidistes, des associations de défense des personnes handicapées et des mouvements critiques du libéralisme économique dénoncent eux aussi le risque qu’une société insuffisamment solidaire transforme progressivement le « droit de mourir » en pression diffuse sur ceux qui se vivent déjà comme une charge.
Lorsque des sensibilités aussi éloignées convergent pour exprimer la même inquiétude, il serait imprudent de ne pas les entendre.
Le choix de civilisation
La vulnérabilité n’est pas une déchéance que la technique devrait effacer. Elle est le dénominateur commun de notre condition humaine. Nous y passerons tous. C’est la seule égalité parfaite de notre existence.
Une civilisation ne se mesure pas à sa capacité d’organiser la disparition des plus fragiles. Elle se juge à sa fidélité à demeurer auprès d’eux, à soulager leur douleur, à reconnaître leur dignité jusqu’à leur dernier souffle. Ce choix ne se décrète pas à demi : on ne protège pas les plus vulnérables en leur ouvrant une issue que l’on n’aura pas su leur épargner.
Le 15 juillet, les députés ne voteront pas seulement un nouveau dispositif médical. Ils choisiront une certaine idée de la médecine. Et, au-delà, une certaine idée de l’humanité.
Ne capitulons pas devant le néant.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Un évêque propose que les femmes “co-président” la messe
Mgr Erio Castellucci, archevêque-abbé de Modène-Nonantola et évêque de Carpi, estime que, puisque, pour le moment, les femmes ne peuvent pas devenir prêtres, ni même diacres, on pourrait les faire coprésider la messe.
Une femme présiderait la « liturgie de la parole », et le prêtre présiderait la « liturgie eucharistique ».
Il appelle cela « la prophétie de la coprésidence ».
Les préfets du Dicastère pour la doctrine de la foi ou celui du culte divin et la discipline des sacrements interviendront-ils ?
Etats-Unis : le Planning familial retrouve son financement fédéral
Lu sur le blog d’Yves Daoudal :
Le mouvement pro-vie américain constate avec amertume que les députés républicains ont failli à leur engagement, « omettant » de prolonger la mesure de Trump qui interdisait pour un an le financement fédéral des organisations pratiquant des avortements autres que pour viol, inceste ou danger de mort de la mère. Le Planning familial perdait ainsi des millions de dollars.
C’était dans le fameux “One Big Beautiful Bill Act” (BBB), un « paquet » de centaines de mesures fiscales très diverses que Donald Trump avait fait voter par le Congrès et qu’il avait solennellement signé le 4 juillet 2025 (fête nationale).
Mais il fallait voter une loi avant le 4 juillet dernier pour pérenniser la mesure. Le président de la Chambre, Mike Johnson, avait déclaré qu’il « n’allait pas permettre » que l’argent des contribuables finance l’avortement. Mais il n’a rien fait. Et à la veille du 4 juillet 2026 il n’y a eu aucune tentative de mesure d’urgence.
Le Planning familial, au lendemain de la célébration du 250e anniversaire des Etats-Unis, va donc recevoir de nouveau des fonds fédéraux.
En raison de l’amendement Hyde, le Planning familial ne peut pas utiliser directement ces fonds pour l’avortement, mais ce retour du financement fédéral montre aussi que l’Etat profond ne perd jamais longtemps…
Et cela au moment où les statistiques montrent que l’avortement est en progression aux Etats-Unis, alors même qu’il est désormais interdit dans nombre d’Etats.
Le ministre Panifous ira-t-il danser sur les tombes des personnes euthanasiées ? [Add.]
Face à autant de cynisme, le Premier ministre doit renoncer au vote du 15 juillet.
Communiqué de Via la voix du peuple :
Alors que le Parlement se déchire de plus en plus à chaque lecture sur le texte proposant de légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, lance des invitations pour une réception en son ministère le 15 juillet au soir « à l’occasion du vote définitif sur la proposition de loi “Fin de vie”».
Ce pince-fesse ressemblant à une danse macabre républicaine, est un véritable scandale !
Il acte l’idéologisation d’un ministère qui devrait, alors même que la loi n’est pas adoptée, respecter une totale neutralité pour un texte émanant du Parlement, et faire preuve de retenue sur une proposition de loi qui, vidée de tout consensus, fracture plus qu’elle ne rassemble.
Il confirme la manipulation de la « consultation citoyenne » menée par un CESE qui coorganise cette célébration ministérielle, faisant exploser de fait l’image d’objectivité dont cette institution s’était mensongèrement drapée.
Il met en lumière le cynisme des promoteurs de l’injection létale légalisée qui se préparent à festoyer jusque sous les ors de la République, au frais du contribuable au passage, pour se féliciter d’avoir fait entrer dans la loi française le droit au meurtre et l’interdiction de l’empêcher.
VIA | PARTI CHRÉTIEN-DÉMOCRATE condamne avec la plus grande fermeté cette « fête » et demande officiellement au chef du Gouvernement Sébastien Lecornu de faire annuler cette réception.
VIA | PARTI CHRÉTIEN-DÉMOCRATE réitère sa demande solennel au Premier ministre de retirer ce texte sans aucune réelle adhésion de la représentation nationale, et qui fracturerait violemment la paix sociale s’il devait passer en force et être adopté contre tout accord des professionnels de santé, des « éligibles » et de leurs aidants, et de la population dans son ensemble qui n’aura pas pu se prononcer directement.

Addendum : suite au tollé le ministre annonce reporter ce cocktail.
Promotion d’un évêque favorable aux invertis
Le Saint-Père a nommé évêque d’Eichstätt (Allemagne) Son Excellence Monseigneur Christian Würtz, actuellement évêque titulaire de Germania di Dacia et auxiliaire de l’archidiocèse métropolitain de Fribourg-en-Brisgau.
Mgr Christian Würtz, 55 ans, fait partie des 38 évêques allemands qui ont voté en 2023 en faveur de la bénédiction des couples de même sexe et des couples divorcés « remariés ». Six mois plus tôt il avait déjà signé le document du chemin synodal définissant les actes de sodomie comme non peccamineux.
Malheureusement cette nomination ne peut que nourrir la défiance de la FSSPX envers Rome.
Un tableau préoccupant de la santé périnatale en France
La mortalité infantile qui augmente est le signe d’un pays qui s’effondre. Emmanuel Todd l’a montré :
En 1976, Emmanuel Todd avait étudié la remontée des taux de mortalité infantile en URSS et en avait déduit l’effondrement rapide du régime soviétique. Ce qui fit beaucoup rire. Mais en 1989, c’est la chute du mur de Berlin. “La mortalité infantile c’est le décès d’enfant de moins d’un an. Ce sont les êtres les plus fragiles et les performances dans ce domaine sont un indicateur avancé et très sensible de l’efficacité économique, de l’intégration familiale.“
Hausse de la mortalité périnatale et infantile, inégalités sociales et territoriales, santé mentale des mères dégradée… Les dernières données publiées par Santé publique France et le ministère de la Santé dessinent un tableau préoccupant de la santé périnatale en France.
La santé périnatale affiche une évolution « contrastée » en France, a résumé Élodie Lebreton, épidémiologiste au sein de l’Unité périnatalité, petite enfance et santé mentale de Santé publique France (SPF), lors d’une conférence de presse ce 7 juillet. Si quelques indicateurs comme le tabagisme s’améliorent, plusieurs tendances inquiètent, notamment concernant la mortalité.
En 2024, le taux de mortalité périnatale (soit le nombre d’enfants nés sans vie ou morts au cours des sept premiers jours, rapporté à l’ensemble des naissances, à partir de 22 semaines d’aménorrhée) atteint 11,2 pour 1 000, selon des données hospitalières reprises par la Drees. Une augmentation qui a commencé dès 2021 (ce taux se situait alors à 10,6 pour 1 000), mais « particulièrement » marquée entre 2023 et 2024 (+ 0,4 point).
En 2019, la France se classait au 16e rang sur 28 pays pour la mortinatalité périnatale calculée à partir de 24 semaines d’aménorrhée. Un mauvais classement qui se serait encore dégradé et la place désormais aux 21e et 22e rangs européens.
Mais pour les autorités françaises, il est plus important de promouvoir l’euthanasie, pour les bébés via l’avortement, pour les personnes âgées avec l’aide à mourir…
Les neurosciences pourraient-elles remettre en cause l’avortement ?
Concernant l’avortement, je note ce passage du rapport des états généraux de la bioéthique, à propos des neurosciences :
Certaines applications des neurosciences posent des questions plus spécifiques. Ainsi, les neurosciences sont de plus en plus employées en recherche pour mener des « diagnostics de conscience », c’est-à-dire, pour mesurer l’activité cérébrale d’une personne et déceler si elle est dans un état végétatif, un état de conscience minimale ou dans le coma. Certaines mesures pourraient conduire à arrêter de soigner une personne qui n’est a priori plus consciente et ne pourra être guérie, alors même que ces mesures comportent une marge d’erreur non négligeable. Ces mêmes technologies sont employées en recherche pour déterminer le moment de l’apparition de la conscience chez l’humain, de l’embryon jusqu’au jeune enfant. Les résultats de ces mesures peuvent avoir des conséquences sur le droit à l’avortement ou sur la prise en charge de la douleur chez les bébés par exemple.
En somme, si la mesure de l’activité cérébrale permet de déterminer le niveau de conscience d’une personne humaine ou d’un animal, la détermination de ce niveau de conscience pourrait être utilisée, et même instrumentalisée, pour définir ou refuser certaines prises en charge.
Rapport de synthèse des États généraux de la bioéthique : protection de l’enfant et maintien de l’interdiction de la GPA
Communiqué de Juristes pour l’enfance :
La publication, [mardi], du rapport de synthèse du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), issu des États généraux de la bioéthique (EGB) organisés dans toute la France, constitue une étape importante dans la préparation de la prochaine révision de la loi de bioéthique. (voir ici)
Juristes pour l’enfance se félicite tout particulièrement d’un constat majeur formulé par le rapport concernant la gestation pour autrui (GPA) : « on retiendra qu’une levée de son interdiction en France ne semble pas majoritairement souhaitée. » Cette conclusion reflète les préoccupations largement exprimées par les citoyens tout au long des débats organisés sur l’ensemble du territoire.
Le rapport rappelle également avec justesse que « le fait que des personnes aient actuellement recours à la GPA par des voies illégales, parce que les pratiques sont autorisées dans certains pays, ne justifie pas l’ouverture de ce droit en France. » Cette affirmation constitue un rappel essentiel : l’existence de contournements de la loi par des tiers ne devrait en aucun cas entrainer une évolution de notre droit. Au moment où le CCNE procède à ce rappel cardinal, Juristes pour l’enfance souligne à nouveau avec force l’iniquité des décisions rendues le 3 juillet dernier par la Cour de Cassation. En accordant l’exequatur à deux décisions canadiennes désignant comme pères deux hommes ayant commandé des enfants à des mères porteuses canadiennes, la Cour de cassation a usurpé la compétence du législateur et contourné sa volonté pour régulariser la situation des commanditaires et sécuriser leur désir de parenté, au détriment de l’intérêt de l’enfant injustement brandi par la Cour.
Au-delà de la seule question de la GPA, nous saluons d’ailleurs l’importance accordée par les participants aux EGB à cette notion de l’intérêt supérieur de l’enfant, thème qui revient de manière récurrente dans le rapport de synthèse. Celui-ci souligne la nécessité de réfléchir aux conditions législatives permettant de mieux protéger les enfants, notamment en matière de filiation et de connaissance de leurs origines. Cette approche a le mérite de recentrer utilement le débat sur les droits de l’enfant, qui doivent demeurer au cœur de toute évolution de la législation bioéthique.
Par ailleurs, le Rapport fait état de notre proposition législative visant à mettre progressivement un terme à la congélation des embryons au profit du développement de la congélation des gamètes. Cette orientation permettrait de mettre fin à la constitution d’embryons surnuméraires et aux questionnements éthiques majeurs que soulève leur congélation et leur devenir.
En revanche, nous prenons acte du fait que plusieurs autres sujets sont envisagés sous un angle favorable dans ce rapport, notamment les pratiques de la ROPA (réception des ovocytes de la partenaire), de la PMA post mortem ou encore d’autres évolutions possibles de la PMA telles que son ouverture aux personnes transgenres.
À l’heure où s’engage la réflexion sur la prochaine loi de bioéthique, nous appelons les pouvoirs publics à tirer toutes les conséquences des enseignements de ces États généraux et des attentes exprimées par les citoyens montrant leur attachement à une bioéthique fondée sur la dignité humaine et la primauté de l’intérêt de l’enfant, et à résister à la tentation pointée du doigt au début du rapport que « tout ce qui est techniquement possible doit être fait tôt ou tard ».
Nous resterons pleinement mobilisés afin que ces principes continuent de guider les choix du législateur dans les mois à venir.
Cette loi crée un véritable «permis de tuer»
Voici la liste des 27 problèmes graves identifiés dans la proposition de loi « relative au droit à l’aide à mourir » :
- C’est un seul et même médecin qui décide de toute la procédure d’euthanasie (art. 5 et 6).
- La loi ne prévoit aucune exigence formelle quant à l’expression de la volonté de mourir ; elle peut être formulée par écrit ou « par tout autre mode d’expression adapté à ses capacités » (art. 5, III).
- Il suffit, en pratique, que le médecin affirme que la personne veut mourir. Aucun témoin n’est requis pour attester de la réalité de la demande de mourir. À chaque fois, le médecin rencontre seul la personne concernée (art. 5, 6 et 7).
- Ce médecin peut rencontrer la personne pour la première fois le jour de la “demande” de mort, il n’est pas nécessairement le médecin traitant (art. 5).
- L’euthanasie est possible sur les personnes sous tutelle et sous curatelle, et sur les personnes dont le discernement est altéré (art. 5).
- Il suffit que le discernement ne soit pas “gravement” altéré lorsque la personne est supposée exprimer sa demande de mort (art. 6, I).
- Une personne ayant un trouble psychique grave, telle une tendance suicidaire, n’est pas exclue du processus (art. 4, al. 4).
- Il n’est pas nécessaire que le malade soit en phase terminale ; une personne ayant encore des années de vie peut obtenir la mort (art. 4, al. 3).
- La personne n’a pas un « droit » à bénéficier de soins palliatifs, lesquels sont peu disponibles.
- Le médecin consulte deux personnes de son choix : un médecin, et un auxiliaire médical ou aide-soignant placé éventuellement sous son autorité hiérarchique (art. 6, II).
- La consultation avec ces deux personnes peut être réalisée en visioconférence, sans même avoir rencontré le demandeur, ni vérifié la réalité de sa demande de mort (art. 6, II).
- Même si une personne sous tutelle ou curatelle demande la consultation d’un proche, le médecin peut la refuser (art. 6, II, al. 4).
- Le médecin peut prendre sa décision définitive immédiatement après la consultation (art. 6, III).
- Le médecin n’a pas besoin d’ausculter le demandeur une seconde fois (art. 6, IV et V).
- Le délai de réflexion de la personne n’est que de deux jours à partir de la décision du médecin (art. 6, IV).
- L’ensemble du processus peut donc être réalisé en moins de trois jours.
- Les proches de la personne n’ont pas un droit à être informés qu’une procédure d’euthanasie est en cours (art. 6, II, al. 4 et art. 7).
- Les proches n’ont pas le droit de contester en justice la décision du médecin (art. 12).
- Le médecin ou l’infirmier doit veiller à ce que l’entourage de la personne objet de l’euthanasie n’exerce aucune pression pour lui faire « renoncer à l’administration de la substance létale » (art. 9, I).
- La personne n’est informée « des modalités d’action de la substance létale » qu’après avoir confirmé sa demande de mourir (art. 6, V).
- Les médecins objecteurs de conscience qui refusent l’euthanasie sont obligés de désigner un autre médecin qui accepte de pratiquer l’euthanasie à leur place (art. 14).
- Les établissements privés, en particulier religieux, même si tous leur personnel est objecteur, sont obligés d’accueillir des équipes mobiles d’euthanasie et d’accepter l’euthanasie de leurs résidents et patients, sous peine de poursuites et de sanctions administratives et financières (art. 14).
- Les pharmaciens sont privés de clause de conscience et obligés de préparer le poison, sous peine de sanctions disciplinaires (art. 8 et 14).
- Les amendements visant à séparer les procédures d’euthanasie de celles de prélèvements d’organes ont tous été rejetés (par exemple l’amendement n°547).
- Le « contrôle » est réalisé après la mort sur la base des informations transmises par le seul médecin (art. 11 et 15).
- Le « contrôle » est réalisé par une commission composée de quatre membres d’associations et professionnels en sciences humaines et sociales, ainsi que de deux médecins et de seulement deux juges (art. 15 IV).
- Tout le coût de la procédure, y compris les honoraires et les rémunérations, est pris en charge par la Sécurité Sociale (art. 18).
En outre, il faut tenir compte des réalités suivantes :
- 10% des Français sont sous antidépresseur.
- 1 000 000 de Français sont éligibles selon la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP).
- Une vingtaine de départements ne disposent d’aucune unité de soins palliatifs, et moins de la moitié des besoins en soins palliatifs sont actuellement satisfaits. En outre, cette couverture diminuera proportionnellement au vieillissement de la population.
- La légalisation de la mort anticipée permettra d’économiser environ 1,4 milliard d’euros par an en frais de santé, vieillesse et retraite (évaluation de la Fondapol, 2025).
Cette prétendue « liberté de mourir » que cette loi instaure sera aussi et surtout un « droit de tuer ». Il sera quasiment impossible de contester et de faire condamner tous les abus que cette procédure ne manquera pas de faciliter et de multiplier.
Les personnes séniles, grabataires et atteintes de déficiences mentales sont particulièrement menacées par ce texte. Si ce texte est adopté, il rendra possible leur suppression.
Ils ont tué un jumeau parce qu’ils ne voulaient qu’un enfant, pas deux. La Pologne de Donald Tusk comme la Corée du Nord
Une mère accepte que l’un de ses deux enfants soit tué. Le second jumeau survivra. Mais toute sa vie, il portera en lui une question que personne ne devrait jamais avoir à se poser : pourquoi pas moi ?
Justyna Wydrzyńska, militante de l’« Abortion Dream Team » (« Équipe de rêve pour l’avortement »), a récemment publié un enregistrement dans lequel elle raconte comment son organisation a aidé une femme enceinte de jumeaux à pratiquer ce que l’on appelle un avortement sélectif. Les parents voulaient un enfant, pas deux. L’un des jumeaux a donc été tué, tandis que l’autre doit naître. Wydrzyńska en parle avec satisfaction. Les militantes qui ont conseillé à la femme de tuer le frère ou la sœur de cet enfant doivent devenir ses « tatas ».
Ce n’est pas le scénario d’un film d’horreur. C’est la Pologne de l’année 2026.
Wydrzyńska évolue depuis des années dans le milieu pro-avortement, et ce n’est pas son premier démêlé avec la justice. En 2023, un tribunal de Varsovie l’a condamnée pour complicité d’avortement pharmacologique. Ce jugement aurait dû servir d’avertissement. Mais après l’arrivée au pouvoir de Donald Tusk, le parquet a trouvé le moyen de l’annuler. Le statut du juge qui avait rendu le jugement a été contesté, au prétexte que ce juge avait été avancé sous le gouvernement précédent, et l’affaire a dû recommencer depuis le début. Si la procédure s’était alors conclue au lieu de rester suspendue dans un vide juridique, Wydrzyńska pourrait aujourd’hui purger sa peine au lieu d’enregistrer de nouvelles vidéos sur la manière dont elle « aide » les femmes à tuer leurs enfants. On peut poser la question directement : si le droit avait fonctionné, ce jumeau serait-il en vie ?
L’Institut Ordo Iuris n’entend pas laisser cette affaire sans suite. Le think tank juridique polonais, doté d’un département d’intervention judiciaire, finit actuellement la préparation d’une dénonciation pour complicité présumée d’avortement visant les militantes de l’« Abortion Dream Team ». Il annonce vouloir obtenir l’interdiction légale de cette organisation. Ce ne sont pas de vaines paroles : cette année, les juristes de l’Institut ont déjà obtenu l’annulation de deux refus d’ouverture d’enquête opposés par le parquet, dont le gouvernement de Donald Tusk a pris le contrôle de manière illégale, l’un dans l’affaire de la « clinique d’avortement » varsovienne AboTak, l’autre concernant les « Kurierki ProAbo » (« Coursières ProAvortement »), qui distribuent des pilules abortives.
La Pologne recule dans le classement de la protection de la vie. Elle est proche de la Corée du Nord
Cette histoire n’est pas un incident isolé. Elle est le symptôme d’un système qui, ces dernières années, a cessé de protéger les plus faibles.
Le 17 juin, l’Institut Ordo Iuris et le Centre pour la Vie et la Famille (Centrum Życia i Rodziny) ont présenté la mise à jour du classement mondial de la protection de la vie, élaboré dans le cadre de l’« Encyclopédie Prolife ». Le résultat est accablant. Si l’on ne prend en compte que l’état formel du droit, la Pologne occupe la 84ᵉ place mondiale. C’est même une place de mieux qu’en 2023, non pas parce que la situation se serait améliorée chez nous, mais parce que d’autres pays ont dégradé leur législation.
Mais c’est nettement moins bien si l’on s’intéresse à la manière dont les autorités polonaises appliquent réellement la loi, où plutôt empêchent son application par des circulaires envoyées aux hôpitaux et par le chantage financier qu’il leur impose pour les obliger à procéder à des avortements sur présentation d’un simple certificat de psychiatre. La Pologne tombe alors à la 192ᵉ place. Elle se retrouve aux côtés de pays tels que le Canada, la Chine, le Vietnam communiste et la Corée du Nord. Soit une chute de 107 places en seulement trois ans.
Cela mérite d’être encore une fois souligné après 8 ans de gouvernements conservateurs accusés de violer par son opposition et par la Commission européenne et le Parlement européen de l’État de droit : aujourd’hui la Pologne gouvernée par l’ancien président du Conseil européen Donald Tusk, qui jouit d’un soutien sans faille de la Commission Von der Leyen (qui a débloqué les fonds dès son retour au pouvoir à Varsovie en décembre 2023), se retrouve parmi les pays les plus mal notés au monde non pas parce que la loi ou la Constitution auraient été modifiées — elles protègent toujours formellement la vie des enfants à naître —, mais parce que le gouvernement de Donald Tusk viole le droit en vigueur, en contraignant les hôpitaux à pratiquer des avortements et en menaçant les établissements qui refusent de perdre leurs contrats avec la Caisse nationale d’assurance maladie polonaise (NFZ). C’est ce même gouvernement qui, depuis des mois, refuse de publier plus de soixante-dix arrêts du Tribunal constitutionnel polonais. L’atteinte à l’État de droit et l’atteinte au droit à la vie vont ici, on le voit, de pair. Car si l’on peut ignorer les arrêts de la cour constitutionnelle, on peut tout aussi bien ignorer la protection de l’enfant conçu. Et cela se produit, hélas, avec le soutien actif — verbal et financier — de la Commission européenne, nullement gênée par la prise de contrôle des médias publics par la force en décembre 2023, la prise de contrôle du parquet par la force en janvier 2024, puis le remplacement des présidents et vice-présidents des tribunaux à travers le pays, sans respecter la loi en vigueur (car sans obtenir l’accord des collèges de juges de ces tribunaux ou, à défaut, celui du Conseil national de la magistrature), dans les mois qui ont suivi.
Le mécanisme grâce auquel cela se produit est simple et cynique. Le gouvernement de Donald Tusk cherche depuis longtemps à légaliser l’avortement sur demande jusqu’à la 12ᵉ semaine de grossesse par une loi ordinaire — bien qu’un tel changement soit contraire à la Constitution, qui protège la vie humaine dès la conception. Plusieurs projets ont pourtant été soumis à la Diète et rejetés à chaque fois, y compris par une partie des voix de la propre coalition au pouvoir. N’étant pas parvenu à faire aboutir ce changement par la voie législative, le gouvernement a emprunté une autre voie : les directives de l’ex-ministre de la Santé Izabela Leszczyna et la modification du décret relatif aux contrats avec les hôpitaux. Dans la pratique, ces textes imposent aux établissements de pratiquer des avortements sur la seule base d’un certificat délivré par un psychiatre. Sans force juridique contraignante, mais avec, en revanche, une menace bien réelle de sanctions financières et de perte de financement. Une « petite porte au lieu d’un grand portail » ouvert pour l’avortement sur simple demande, comme l’a lui-même formulé Tusk. Mais l’effet est identique.
Ce qui se passe réellement dans les hôpitaux polonais
Ce qui se passe réellement « en coulisses » est décrit sans détour par deux sages-femmes expérimentées, interrogées par le directeur de la communication d’Ordo Iuris, Olivier Bault. Depuis l’automne dernier, dans leur hôpital, des avortements sont pratiqués régulièrement, plusieurs fois par mois, sur la seule base d’un certificat psychiatrique, sans concertation médicale, sans même vérifier si la patiente est réellement suivie par un psychiatre. Selon leur témoignage, plus des trois quarts de ces avortements concernent des enfants suspectés d’être atteints de trisomie 21, qui, depuis une décision du Tribunal constitutionnel polonais de 2020, n’autorise pas en Pologne à procéder à un avortement.
Le personnel qui souhaite invoquer la clause de conscience est découragé et tourné en dérision. On a cessé d’informer les femmes recevant un diagnostic d’anomalie ou maladie létale de l’enfant à naître de l’existence des maisons de soins palliatifs périnataux, qui pourraient offrir un véritable soutien. À la place, il est devenu la norme de convaincre les mères qu’il ne sert à rien de poursuivre leur grossesse. C’est un renversement complet de la mission même de la profession de sage-femme, dont la vocation, par définition, est de protéger la vie de la mère et de l’enfant — et cela, rappelons-le une fois de plus, en violation de la loi et de la Constitution polonaise, alors même que les dirigeants actuels, lorsqu’ils étaient dans l’opposition, dénonçaient bruyamment de prétendues atteintes à l’État de droit et à la démocratie commises par le gouvernement plus conservateur de Mateusz Morawiecki (PiS).
La prière comme réponse à l’illégalité
Le droit et le témoignage des médecins et personnels médicaux constituent un premier front du combat mené par l’Institut Ordo Iuris dans ce domaine. Le second — spirituel — est mené par le Centre pour la Vie et la Famille, organisateur chaque année de dizaines de marches pour la vie et la famille dans toute la Pologne. Depuis mars 2026, l’organisation rassemble chaque mois, tous les troisièmes mercredis, des personnes en prière devant la clinique d’avortement « AboTak », rue Wiejska à Varsovie — littéralement à quelques dizaines de mètres de la Diète polonaise (Sejm). Les participants récitent le Rosaire et la litanie de Saint Joseph à l’intention des enfants à naître et de leurs mères. Sans slogans, sans discours. Rien que la prière, répétée avec constance, mois après mois.
Ce n’est pas un hasard si la « clinique d’avortement » AboTak est devenue le point de rencontre de ces deux fronts. C’est précisément là qu’en mars 2025, les militantes de l’« Abortion Dream Team » ont ouvert cette première « clinique d’avortement » ouvertement affichée en Pologne, proposant une aide à l’avortement pharmacologique — illégal au regard du droit polonais. Le Centre pour la Vie et la Famille et Ordo Iuris coorganisent également depuis des années la Marche nationale pour la Vie, qui rassemble chaque année des dizaines de milliers de Polonais à Varsovie. L’affaire de la clinique AboTak est devenue, pour les deux organisations, un nouveau terrain de collaboration étroite, à la fois juridique, militante et spirituelle.
L’histoire du jumeau tué, la chute de la Pologne au niveau de la Corée du Nord et le travail quotidien du personnel hospitalier contraint de participer à des avortements sont trois manifestations d’un même phénomène : celui d’un État qui a cessé de protéger les plus faibles, alors même que le droit reste formellement de leur côté. Des élections auront lieu l’année prochaine en Pologne, et les sondages montrent que ceux qui gouvernent aujourd’hui pourraient perdre le pouvoir, et qu’une coalition pourrait voir le jour en Pologne, le plus pro-vie et le plus pro-souveraineté depuis la chute du communisme il y a plus de 35 ans. Si cela se produit, ceux qui violent aujourd’hui le droit polonais et la Constitution polonaise protégeant le droit à vie de la conception à la mort naturelle devront répondre de leurs actes devant la justice, et ce même si la Commission européenne devait à nouveau geler des milliards de fonds destinés à la Pologne, comme elle l’avait fait sous le gouvernement du Parti Droit et Justice (PiS), avant le retour au pouvoir de Donald Tusk en Pologne en décembre 2023.
Jakub Miśkiewicz
L’auteur est étudiant en journalisme à l’Académie de Culture sociale et médiatique de Toruń en Pologne et stagiaire à l’Institut Ordo Iuris pour la Culture juridique
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Le jour où la Sainte Madeleine de Crespi m’a retenu
Illustration: Sainte Madeleine — Giuseppe Maria Crespi (1665-1747)
Musée des Beaux-Arts de Lyon. (photo: Sergyl Lafont)
C’est devant cette toile de Crespi, au Musée des Beaux-Arts de Lyon, que l’écho d’une voix a suspendu mon regard.
Je n’étais pas venu chercher ce visage.
Au Musée des Beaux-Arts de Lyon, je traversais les salles sans attente, comme on traverse une journée où rien ne doit arriver. On marche parmi les autres avec cette sensation familière que nos paroles se perdent, que personne ne nous écoute tout à fait. Mes pas résonnaient sur le parquet. Les œuvres glissaient sans accrocher mon regard. Puis, devant moi, quelque chose a cessé de bouger.
Devant la Sainte Madeleine de Giuseppe Maria Crespi, je ne me suis pas arrêté. C’est plutôt comme si le mouvement s’était retiré de moi. Mes pieds étaient encore là, mais je ne savais plus avancer.
Une femme penchée dans une ombre chaude. Son visage incliné, comme retenu par une pensée plus lourde que son corps. La lumière ne l’éclairait presque pas ; elle l’effleurait. Contre elle, un crucifix. Ses doigts ne semblaient pas le tenir, mais s’y retenir. Ses yeux étaient rouges — non d’une larme, mais d’une longue traversée.
Je ne pensais plus. Je restais là. Le silence avait pris toute la place. Ce visage m’était familier. Non pas reconnu : déjà là.
Le temps s’est défait. Je ne sais combien de minutes ont passé. Seulement qu’il y eut du silence. Beaucoup. Au musée, les heures ne s’écoulent pas. Elles s’épaississent.
Mon regard est descendu plus profondément dans la toile. Dans la pénombre, un crâne. Posé là, comme une présence muette. Et j’ai vu, sans le chercher, le triangle : le crâne, la croix, son visage. La mort, l’attente et ce bois qui les sépare autant qu’il les relie.
Puis une pensée est venue, sans forme, comme portée par l’air même de la salle. Et si, au matin de la Résurrection, elle ne l’avait pas reconnu avec les yeux ?
Il a fallu un mot. Un seul : « Marie. » Pas un visage rendu à la vue, mais une voix rendue à son nom. Elle l’avait vu, croyant voir le jardinier. C’est lorsqu’elle l’a entendu prononcer son nom qu’un second retournement a tout changé.
Je me suis souvenu, alors, d’une voix au téléphone : celle d’un ami cher, dans les derniers mois, quand la maladie avait changé son visage mais pas la manière dont il disait mon prénom. Comme s’il le déposait devant moi, pour que je le prenne. On oublie parfois un visage que l’on a contemplé durant des années. On n’oublie presque jamais la manière dont quelqu’un que l’on aime prononce notre nom.
Devant ce visage, je me suis senti pauvre. Non pas de ce qui me manquait, mais de ce que j’avais laissé, sans le savoir, s’endormir en moi.
Je me suis détourné. Pas brusquement. Comme on quitte une présence réelle. Dans le hall, la lumière s’est faite plus froide. Les voix redevenaient le bruit ordinaire du monde. Au-dehors, la ville était là, intacte, avec son agitation et ses urgences. Et pourtant, en moi, quelque chose ne coïncidait plus tout à fait avec le décor.
Je n’étais pas venu chercher ce visage. Je sais seulement qu’il m’avait trouvé.
Depuis ce jour, je suis retourné la voir. Et je suis revenu. Et je reviens encore. Peu à peu, elle est devenue une présence familière. Quand je vais mal, je la regarde. Quand je pense à ma mort, je la regarde. Quand je rencontre des êtres qui souffrent, je la regarde.
Le crâne, à côté d’elle, n’est plus une menace. Il est devenu un compagnon silencieux.
Je ne lui dis rien. Elle ne me dit rien. Nous échangeons un regard. Cela dure depuis des années. Cela suffit.
Lyon, 2026.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
OClocher, le réseau social de référence
Vous venez d’emménager dans une nouvelle ville ? Vous êtes en déplacement ? en vacances ? Vous cherchez une messe, un groupe de prière ou simplement des catholiques près de chez vous ? Aujourd’hui encore, il n’est pas toujours facile de savoir où se vit la foi autour de soi. Pourtant, partout en France, des prêtres, des bénévoles et des paroissiens se mobilisent chaque jour pour faire vivre leurs communautés. Des initiatives existent, des propositions fleurissent, des rencontres s’organisent… mais elles restent parfois méconnues. Et si le digital pouvait aider à recréer du lien, faciliter l’engagement des paroissiens et renforcer la communion au sein de nos paroisses ?
Xavier de Colombel, co-fondateur et président de Oclocher, et Antoine Desplanches, directeur associé et responsable des partenariats, sont interrogés dans Genèse. Avec leur équipe, ils ont fait le pari de mettre la technologie au service de l’Église, avec une ambition simple mais audacieuse : ré-enchanter la vie de nos paroisses ! Avec OClocher, ils ont créé le premier réseau social permettant aux catholiques de découvrir ce qui se vit autour d’eux, de participer plus facilement à la vie de leur paroisse et de devenir eux-mêmes acteurs de la mission. Une application pensée pour les paroissiens, mais aussi pour les prêtres et les bénévoles, afin de simplifier l’organisation, la communication et l’animation de la vie paroissiale. Alors comment est née cette idée ? Pourquoi l’Église a-t-elle besoin d’un tel outil aujourd’hui ? Pourquoi ont-ils besoin de nous aujourd’hui ? C’est ce que nous allons découvrir.
Pour vous qui nous regardez où nous écoutez, si vous souhaitez découvrir OClocher et rejoindre dès aujourd’hui le réseau social chrétien de référence, rendez-vous sur https://www.oclocher.fr/ et téléchargez dès maintenant l’application.
Épisode disponible sur toutes les plateformes d’écoute !
Vous souhaitez investir dans le magnifique projet OCLOCHER ?
Rendez-vous ici : https://www.credofunding.fr/fr/oclocher-capital
Et pendant ce temps-là au Synode sur la synodalité… objectif 2028 !
Vous croyez que le Synode sur la synodalité est terminé, et qu’on a fini de nous faire marcher ?
Détrompez-vous.
Ce grand chemin ecclésial initié par le pape François cinq années en arrière a accouché d’un rapport de synthèse en octobre 2024 au terme d’un long et coûteux processus où tout le peuple de Dieu a été soit-disant consulté.
Puis, pendant que tout le monde s’imagine que le chemin est fini, 16 groupes de travail sont institués pour approfondir diverses problématiques.
Le langage synodal s’installe dans le discours ecclésial et la mise en pratique du Synode est à l’ordre du jour des diverses rencontres épiscopales. Ce fut le cas du dernier consistoire de juin 2026 autour du pape Léon XIV.
Enfin, nous apprenons qu’un nouvel horizon nous est tracé pour octobre 2028 par la tenue de diverses assemblées :
– premier semestre 2027 : Assemblées d’évaluation diocésaines et éparchiales
– second semestre 2027 : Assemblées d’évaluation nationales ou régionales
– premier quadrimestre 2028 : Assemblées d’évaluation continentales
– octobre 2028 : Assemblée ecclésiale au Vatican
Le programme n’est pas de faire un nouveau « travail », et donc de réfléchir à nouveau en Église, mais de « relancer le chemin » pour qu’il devienne « expérience concrète » dans les Églises, par la « conversation dans l’Esprit ».
https://www.synod.va/en/news/towards-the-ecclesial-assembly-of-october-2028.html
Je vous invite à lire les rapports des 16 groupes de travail qui paraissent en cette année 2026, le soir pour vous endormir :
https://www.synod.va/en/the-synodal-process/phase-3-the-implementation/the-study-groups/final-reports.html
Sans faire de commentaires sur la plupart d’entre eux, j’attirerai simplement votre attention sur le groupe de travail numéro 9 intitulé :
« Critères théologiques et méthodologiques synodaux pour le discernement partagé de questions doctrinales, pastorales et éthiques émergentes »
https://www.synod.va/en/the-synodal-process/phase-3-the-implementation/the-study-groups/final-reports/group-9.html
Le monde d’aujourd’hui suscite des questions nouvelles, et le Synode se laisse interpeller. Dans sa sagesse, il nous explique une méthode pour appréhender ces questions : la conversation dans l’Esprit sans jugement, une écoute mutuelle en vue d’un consensus, la reconnaissance des aspirations au bien que toutes pratiques religieuses expriment, etc.
Et quelles sont les « questions nouvelles » que ce groupe de travail met en avant ? Il y en a deux :
→ les pratiques homosexuelles chez des personnes croyantes,
→ et la non-violence en situation de guerre.
Mais pourquoi ont-ils choisi ces deux questions ?
Il est facile de lister au moins une dizaine de « questions nouvelles » qui mériteraient d’être traitées par l’Église aujourd’hui.
Je peux vous donner des exemples (qui ne sont pas dans le rapport, je précise) : les dilemmes bioéthiques conduisant à des choix exigeants, le boursicotage et les nouvelles formes d’usure, la relecture de la gestion de la crise sanitaire qui nous a divisés et traumatisés, la montée du New-Age et de la magie dans un contexte de méconnaissance du monde angélique, le foisonnement des prophéties qui intéressent les fidèles mais visiblement pas le clergé qui n’a reçu aucune formation à ce sujet, les rencontres et prières par internet en visio et la confusion possible entre réel et virtuel, les projets de retour à la vie rurale et villageoise pour sortir des errances de la modernité, etc, etc.
Les « questions nouvelles » des fidèles ont donc été passées au crible du processus synodal, et voici les grands gagnants : les pratiques homosexuelles et la non-violence.
Le dossier comporte trois témoignages pour accompagner notre réflexion : deux pour l’homosexualité et un pour la non-violence.
Nous sommes conviés à lire le récit de deux croyants catholiques ayant fait le choix de pratiques homosexuelles, et même de « mariage homosexuel » et d’engagement LGBT. Nous découvrons que ce qui compte finalement c’est la confiance en Jésus et l’amour : ces pratiques ne sont donc pas un problème puisque Dieu veut notre bonheur et notre accomplissement.
C’est écrit dans le texte des témoignages. Quant au rapport du groupe de travail, il nous invite à nous laisser interpeller par ces témoignages, et à renoncer à « l’illusion d’une pensée qui prétend s’exercer a priori, sans reconnaître sa dette fondamentale envers les conditions réelles, les processus culturels et la concrétude de l’expérience. »
https://www.synod.va/content/dam/synod/process/implementation/10workinggroups/final-reports/sg9/Testimony-A1-Homosexuality.pdf
https://www.synod.va/content/dam/synod/process/implementation/10workinggroups/final-reports/sg9/Testimony-A2-Homosexuality.pdf
Ils auraient pu contrebalancer cela par des témoignages de croyants ayant entièrement renoncé à toute pratique homosexuelle au cours de leur chemin de foi. Je connais des personnes qui ont des témoignages édifiants à ce sujet : je peux donner des noms. Ce sont des exemples d’irruption de la grâce dans des “conditions réelles, processus culturels et concrétude de l’expérience”.
Mais non, ce n’est pas à l’ordre du jour.
Et voilà. D’ici 2028, nous sommes invités, non pas à débattre à nouveau de ces sujets, puisque la porte de l’interprétation de la Synodalité a été fermée en 2024, mais à mettre en pratique la méthode synodale en méditant sur ces merveilleux rapports des groupes synodaux.
Paix et homosexualité, tout un programme.
« Outre le Document final et les Pistes, les Rapports finaux des Groupes d’Étude institués par le Pape François après la première Session de l’Assemblée accompagnent également le parcours ; ils sont publiés progressivement sur le site www.synod.va. La Secrétairerie Générale du Synode mettra par ailleurs à disposition d’autres matériaux de travail et organisera des rencontres de formation en ligne pour soutenir les responsables du processus dans les Églises locales. »
https://www.synod.va/content/dam/synod/news/2026-05-20_doc_towardsassemblies/2026.05.20_FRA_Communique-de-presse.pdf
Là, franchement, ras-le-bol.
Je vais aller lire saint Cyprien de Carthage, cela va me remonter le moral :
https://www.patristique.org/sites/patristique.org/IMG/pdf/Cyprien.pdf
PS : Vous trouverez aussi ici un article que j’avais écrit au sujet du Synode sur la synodalité en 2024.
https://lesalonbeige.fr/synode-st-jean-chrysostome-utilise-abusivement-pour-rendre-synonymes-eglise-synode-et-marcher-ensemble/
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Une grave blessure pour l’Église, qui aurait pu être évitée si la FSSPX avait accepté la Déclaration doctrinale en 2018
L’histoire aurait pu prendre un tout autre tournant si, il y a huit ans, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) n’avait pas rejeté la Déclaration doctrinale proposée par Rome, fruit d’un effort commun, et n’avait pas exigé du Saint-Siège une autocritique. Ce travail de consolidation, alors interrompu, est aujourd’hui suivi par la rupture survenue le 1er juillet à Écône, une rupture douloureuse pour ceux qui ont été témoins des événements. Mgr Guido Pozzo, archevêque titulaire de Bagnoregio et actuel surintendant des finances du Chœur pontifical, s’est exprimé auprès de La Bussola. Il fut le dernier secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, de 2009 à 2018. Le prélat n’ignore rien des « turbulences » post-conciliaires qui affectent la communauté ecclésiale, mais réaffirme que rien de tout cela ne saurait justifier un acte schismatique, ni un prétendu « état de nécessité».
Excellence, comment avez-vous réagi à l’annonce des consécrations épiscopales effectuées sans mandat papal le 1er juillet à Écône ?
Avec tristesse et un profond regret. C’est une grave blessure pour l’Église, qui aurait pu être évitée si la FSSPX avait accepté la Déclaration doctrinale proposée par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF), laquelle aurait été suivie d’une reconnaissance canonique sous la forme juridique établie. Mgr Fellay, lors de notre rencontre du 28 février 2018 au Dicastère avec le cardinal Ladaria, alors préfet de la Congrégation, et moi-même, Mgr Fellay a déclaré qu’il soumettrait le texte de la Déclaration à l’examen du Chapitre de la FSSPX, prévu en juillet 2018. À l’automne 2018, le cardinal Ladaria et moi-même avons rencontré le nouveau supérieur de la FSSPX, le père Davide Pagliarani, élu en juillet lors de la réunion du Chapitre. Pagliarani a fait savoir qu’il ne signerait pas la Déclaration, la jugeant insuffisante et inadéquate pour répondre aux difficultés et aux questions critiques soulevées par la FSSPX, et que Rome devait reconnaître ses erreurs. Ce refus a été pris en compte, et le pape François, informé de cette décision, a dissous la Commission Ecclesia Dei, qui, depuis 2009, menait des discussions doctrinales avec le supérieur de la FSSPX en vue d’une réconciliation, et a délégué la responsabilité des relations futures avec la FSSPX à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF). Je dois avouer avoir été profondément déçu par le refus de la FSSPX, d’autant plus que de nombreux points de la Déclaration étaient le fruit d’un travail commun mené dans le cadre du dialogue jusque-là.
Il existe une dimension que peu de commentateurs abordent, la dimension intérieure : quels sont les effets sur les âmes de ce geste revendiqué au nom du salut des âmes , mais qui, objectivement du moins, demeure schismatique ?
Il ne s’agit pas d’une question subjective dissociable de l’obéissance à l’autorité formelle et juridique du Pape. Il n’existe pas d’« Église d’urgence » qui puisse se soustraire à l’unité visible de l’Église pour établir un ordre ecclésial hors de la pleine communion avec le Successeur de Pierre. Aucun groupe catholique, ni aucun catholique individuellement, ne peut invoquer sa conscience subjective de vérité pour s’opposer à l’Église institutionnelle et à la juridiction du Pontife romain, non seulement en matière de foi et de morale, mais aussi en matière de discipline et de gouvernement de l’Église. Telle est la doctrine de la foi catholique, dont nul ne peut s’écarter sans compromettre sa foi et son salut (cf. Concile Vatican I, Constitution dogmatique sur l’Église , Pastor aeternus , chap. 3, DH 3060).
Même si le rite est l’élément le plus visible, nous savons que la question n’est pas d’ordre liturgique premier. Quels sont, selon vous, les principaux points de blocage ?
Il s’agit de l’acceptation de l’enseignement du Concile Vatican II et du Magistère qui lui a succédé. Lorsque je parle du Concile, je fais référence au contenu des documents, et non au Conseil des médias, au Concile virtuel ou para-concile, ni à l’« esprit » fantasmagorique du Concile qui, malheureusement, s’est confondu avec le véritable Concile dans l’opinion publique et dans de nombreux milieux ecclésiaux.
À cet égard, les points principaux de la Déclaration doctrinale de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF), proposée à l’adoption par la FSSPX, abordent précisément ces questions et, à mon avis, de manière satisfaisante.
a) Il a été demandé à la FSSPX d’accepter la vérité catholique selon laquelle « le Christ Seigneur a confié au Magistère le dépôt de la foi – c’est-à-dire l’Écriture sainte et la “tradition” divine – à sauvegarder, défendre et interpréter » (Pie XII, Lettre encyclique Humani generis , 18, Denz. 3884) et que « le Magistère n’est pas au-dessus de la Parole de Dieu, mais la sert, n’enseignant que ce qui a été transmis » (Concile Vatican II, Constitution dogmatique Dei Verbum , 10). Le Magistère de l’Église, à son tour, a l’autorité d’expliquer ou d’expliciter également les documents antérieurs du Magistère, y compris ceux du Concile Vatican II, conformément aux vérités de la foi catholique et à la lumière de la Tradition pérenne qui progresse dans l’Église avec l’assistance du Saint-Esprit, non par une nouveauté contraire, mais par une meilleure compréhension du dépôt de la foi, dans la mesure où il est dogmatique, et dont il est question dans le sens même de la sentence (cf. Concile Vatican I, Constitution dogmatique Dei Filius , 4, Denz. 3020 ; Concile Vatican II, Constitution dogmatique Dei Verbum , 8).
b) Il a été demandé de reconnaître que le Concile Vatican II soit compris à la lumière de toute la Tradition et sur la base du Magistère constant de l’Église, tout en restant ouvert à une discussion et à une clarification légitimes sur le plan théologique concernant la formulation de points particuliers dans les documents conciliaires ou concernant les réformes ultérieures de la liturgie et du droit canonique.
c) Il a été demandé que la validité du rite de la Sainte Messe et des sacrements légitimement célébrés selon les livres liturgiques dans leur editio typica, promulguée par les papes Paul VI et Jean-Paul II, soit reconnue.
Il serait cependant malhonnête d’aborder les questions concernant la FSSPX sans reconnaître que, depuis le Concile Vatican II et jusqu’à nos jours, le catholicisme a traversé une période de turbulences. Ces turbulences ne sont certainement pas dues à l’enseignement du Concile et du Magistère qui a suivi, mais à de nombreux facteurs internes et externes à la communauté ecclésiale. Cette turbulence se manifeste par de profondes divisions et des erreurs au sein de l’ Église (mais non de l’ Église elle-même), concernant la doctrine, l’identité catholique et la pratique pastorale, avec de nombreuses déviations et ambiguïtés qui engendrent confusion et incertitude parmi les fidèles. La critique et la lutte contre ces erreurs et déviations sont indispensables, mais l’acte schismatique de consacrer des évêques sans mandat papal est injustifiable, de même que la prétention de s’ériger en juge et de déclarer le Magistère actuel ou celui du Concile contraire à la Tradition de foi de l’Église. Des clarifications ou des précisions peuvent s’avérer nécessaires concernant certaines formulations ou orientations exprimées par le Magistère ordinaire, non définitif, ou d’ordre pastoral pratique, afin d’éviter des interprétations unilatérales ou réductrices du Magistère lui-même.
Mais est-il possible de vouloir « sauver » le sacerdoce catholique (comme l’a toujours affirmé la Fraternité) en le transplantant hors de l’Église visible ?
Je ne le crois pas. Rappelons l’enseignement de saint Robert Bellarmin, repris et précisé par le concile Vatican I dans Pastor Aeternus. L’Église y est décrite comme une assemblée de croyants professant la même foi, participant aux sacrements et guidés par des évêques légitimes en communion avec le Pontife romain. La communion avec le Pontife romain est la condition absolument nécessaire pour appartenir à l’Église catholique, et cela est d’autant plus vrai pour le sacerdoce catholique.
À cet égard, il me semblait improbable que la FSSPX affirme, d’une part, que l’on appartient à l’Église en vertu de la profession intégrale de foi (qui, en réalité, n’est qu’un élément essentiel, et non le seul), et d’autre part, qu’elle affirme (et juge) que les autorités ecclésiastiques manifestent une attitude contraire à la foi et agissent à l’encontre de la Sainte Tradition et du Magistère constant de l’Église. Il peut arriver (cela s’est produit par le passé et arrive malheureusement encore aujourd’hui) que certains évêques, prêtres, théologiens et laïcs tombent dans l’erreur et s’égarent en matière de foi et de morale, mais on ne saurait étendre cette critique à l’ensemble des autorités ecclésiastiques, et encore moins désobéir à la communion hiérarchique avec l’Autorité suprême. Il paraît pour le moins étrange que la FSSPX demande au Pape un geste paternel tout en accusant le Saint-Siège de s’éloigner de la Tradition et d’être soumis à une Église moderniste.
Les consécrations du 1er juillet reprennent celles accomplies par Mgr. Lefebvre en 1988 : sommes-nous face à une rupture définitive, ou subsiste-t-il une lueur d’espoir pour une future réconciliation entre la Fraternité et Rome ?
Il ne faut jamais dire jamais. Il faudrait repartir de la Déclaration doctrinale de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, mais surtout, il est nécessaire de changer l’attitude partiale de la FSSPX, qui considère Rome comme ayant tort et la FSSPX comme ayant forcément raison.
Excluez-vous la création d’une structure (proposée par le cardinal Müller) comme Ecclesia Dei ou, par exemple, la création d’ordinariats sur le modèle de ceux destinés aux anciens anglicans ?
Je n’exclurais pas de telles formes juridiques, à condition que les problèmes doctrinaux soient résolus et qu’un groupe suffisamment important de prêtres puisse se constituer, qui, comme cela a déjà été le cas pour la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre ou l’Institut du Bon Pasteur, aspirent à la pleine communion avec le Pontife romain.
Naturellement, la FSSPX suscite un grand engouement médiatique, mais il existe des « réalités traditionnelles » déjà présentes sous Petro : ne sont-elles pas ignorées, voire marginalisées au sein même du monde catholique, comme s’il s’agissait de réserves plutôt que d’un don offert à toute l’Église ?
Les Instituts auxquels il est fait référence sont des réalités vivantes et en constante évolution. Comme l’a enseigné et déclaré le pape Benoît XVI, les deux formes liturgiques, celle du Novus Ordo , qui est la forme commune, habituelle et universelle de la liturgie, et celle du Vetus Ordo pour des groupes particuliers et spécifiques, les pratiques s’enrichissent mutuellement et ne s’opposent pas. Les instituts et les fidèles qui suivent les disciplines liturgiques et spirituelles traditionnelles ne doivent pas être marginalisés ni isolés, mais doivent contribuer, en communion avec les autres réalités ecclésiales, à l’évangélisation et à l’apostolat chrétien. Il me semble urgent de renforcer les communautés ecclésiales et sacerdotales qui vivent fidèlement à la Tradition, à l’intégrité de la foi catholique et à la liturgie sacrée, en pleine communion avec l’ordre épiscopal sub Petro et cum Petro.
Seront-ils excommuniés ?
De Jean-Pierre Maugendre :
Ni l’un ni l’autre ne font mystère de leur catholicisme. Emmanuel Macron a demandé le baptême, à l’âge de 12 ans, contre l’avis de son père, alors qu’il était élève au collège La Providence, fondé en 1850 par les Jésuites à Amiens. Sébastien Lecornu est issu d’une famille de tradition catholique et a même envisagé, à l’âge de 16 ans, de rejoindre l’abbaye bénédictine de Saint Wandrille, en Normandie.
De nouvelles atteintes à la vie humaine innocente
Le premier a déjà à son palmarès la constitutionnalisation de l’avortement par vote solennel du parlement réuni en Congrès le 4 mars 2024. Il compte transformer l’essai en obtenant, le 15 juillet prochain, sous l’impulsion de son premier ministre Sébastien Lecornu, le vote d’une loi légalisant l’euthanasie et le suicide assisté. Dire que ces mesures sont en opposition frontale avec l’enseignement constant de l’Eglise sur la défense de la vie humaine innocente est une évidence qu’il est inutile de redémontrer ici. Le président de la Conférence des Evêques de France, le cardinal Jean-Marc Aveline, semble aux abonnés absents sur ce sujet laissant Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre, faire part des réticences de l’épiscopat français quant à ce projet de loi. Après avoir dénoncé en janvier « l’acharnement idéologique » du gouvernement puis sa « désinvolture institutionnelle », Mgr Rougé a fait part de son inquiétude quant à l’atteinte à la liberté de conscience que constituerait l’obligation pour tous les établissements de soins, en particulier catholiques, de proposer l’euthanasie ou le suicide assisté. Certaines congrégations comme les petites Sœurs des Pauvres auraient ainsi obligation de fermer leurs établissements en France et de s’exiler à l’étranger. Le choix a ainsi été fait, par l’Eglise de France, de ne placer le débat sur la fin de vie que sur le plan de la loi naturelle en appelant à la liberté de conscience de chacun dans une forme de plaidoyer pro domo qui semble occulter la portée universelle de la loi de Dieu. Mgr Rougé citant la récente encyclique du pape Léon XIV Sacra humanitas évoque des « choix gravement illicites » et en appelle au » choix salutaire du principe d’humanité ». Certes, mais est-il nécessaire d’être évêque pour tenir un tel discours ? Le temps est bien lointain où les évêques se voulaient les intendants de mystères de Dieu et les gardiens de la loi divine. Comment lutter contre la sécularisation de la société civile et politique si même les évêques s’interdisent de mentionner la loi de Dieu ? De plus, quelles conséquences compte tirer Mgr Rougé à propos des promoteurs de ces choix qu’il serait plus exact de qualifier de criminels plutôt que de simplement illicites ? Mgr Von Galen, évêque de Munster, dénonçant vigoureusement, en 1941, en chaire, le programme nazi Aktion T4 d’euthanasie des malades mentaux ne semble guère avoir fait d’émules ! Depuis le concile Vatican II, l’Eglise a fait le choix de ne plus condamner l’erreur. Il s’agit d’être positif. Le raisonnement a cependant ses limites comme vient de le démontrer la récente excommunication de la FSSPX.
Aux USA certains évêques diocésains refusent la communion aux politiciens notoirement partisans de l’avortement, arguant du canon 915 du code de Droit canonique qui prévoit que : « ceux qui persistent avec obstination dans un péché grave et manifeste, ne seront pas admis à la sainte communion ». Le 20 mai 2022 Mgr Salvatore Cordileone, archevêque de San Francisco, adressait la monition suivante à Nancy Pelosi, élue démocrate de Californie et partisane de l’avortement : « Vous ne devez pas vous présenter pour (recevoir) la Sainte-Communion et, si cela devait arriver, vous ne devrez pas être admise pour la Sainte-Communion, jusqu’à ce que vous répudiiez publiquement votre défense de la légitimité de l’avortement, et que vous vous confessiez et receviez l’absolution pour ce grave péché ». Voilà qui est clair !
Un risque d’instrumentalisation
L’opposition à l’avortement est, bien sûr, une des préoccupations du pape Léon XIV ce dont témoigne son accueil chaleureux le 22 juin dernier de Jean-Marie Le Méné, Président de la Fondation Jérôme Lejeune et de Marie-Lys Pellissier, porte-parole de la Marche pour la Vie. Sans vouloir offenser personne cette rencontre est restée très confidentielle. Il n’en sera pas de même des rencontres à venir entre le pape Léon XIV et MM. Macron et Lecornu en septembre prochain. Nous pouvons faire confiance à notre « Mozart de la finance » pour mettre en scène sa rencontre avec le pape à son bénéfice exclusif. Quel feu d’artifice final : peut-être la coupe du monde de football et des photos avec le pape, toujours souriant et affable, quels que soient les propos qu’il tiendra par ailleurs ! Le précédent espagnol est, à cet égard, extrêmement surprenant. Les Cortes Generales, à majorité socialiste et donc favorable à l’avortement et à l’euthanasie, ont applaudi debout, le 8 juin, pendant de longues minutes, le discours du pape qui venait d’exalter la défense de la vie humaine innocente, la famille, le droit des parents à choisir l’éducation de leurs enfants, la lutte contre les mafias qui exploitent les migrants et le maintien du secret de la confession. Une des grandes victimes de la confusion actuelle des esprits semble être le principe de non-contradiction. Emmanuel Macron constitutionnalise l’avortement, autorise par la loi l’euthanasie et le suicide assisté et « en même temps » participe le 30 juin au 9 ème Congrès contre la peine de mort.
Des lions et des prophètes
Chacun conviendra, pour s’en réjouir ou s’en désoler, que l’Eglise n’a plus sur la société française l’influence qu’elle eut pendant des siècles. Les catholiques pratiquants représentent moins de 2% de la population. Les années qui passent voient enfler le flot des lois qui nient toute forme de loi naturelle sans même parler de la loi de Dieu, mettant ainsi en péril le salut de nombreuses âmes. Face à ce déferlement d’immoralité, trop souvent les évêques de France s’inquiètent, alertent, se préoccupent, etc. Ainsi le programme EVARS (Education à la Vie Affective Relationnelle et Sexuelle) sera-t-il déployé à la prochaine rentrée scolaire dans toutes les écoles catholiques sous contrat, au détriment de la responsabilité première des parents dans ce domaine. Les promoteurs de l’avortement Valéry Giscard d’Estaing ou Jacques Chirac sont benoîtement enterrés avec grand concours d’évêques sans qu’il n’ait été fait mention de leurs éventuelles repentances pour les centaines de milliers d’avortements dont ils sont, en partie, responsables. Il n’est pas interdit de penser que certains parlementaires ne seraient pas insensibles à une monition épiscopale qui les préviendrait qu’à moins de rétractations publiques ils ne pourraient bénéficier d’obsèques religieuses. Il nous faudrait des évêques qui soient les lions et des prophètes, à l’exemple de Mgr Von Galen (1878-1946) le « lion de munster » ou de Mgr Cazaux (1897-1975), évêque de Luçon organisant de gigantesques manifestations pour la défense de l’enseignement catholique dans les années 50, et non de simples fonctionnaires ecclésiastiques. Mais, les méritons-nous ?
François-Noël Buffet, hostile à la loi Taubira et à la constitutionnalisation de l’avortement, bientôt Défenseur des droits ?
Emmanuel Macron a proposé, mardi 7 juillet, de nommer au poste de Défenseur des droits le sénateur et ancien ministre François-Noël Buffet (Les Républicains) pour remplacer Claire Hédon. Son mandat doit prendre fin durant le mois de juillet après un mandat de six ans, non renouvelable.
L’ancien ministre auprès de Bruno Retailleau à l’Intérieur et brièvement ministre chargé des Outre-mer est critiqué pour ses positions passées sur l’avortement ou la dénaturation du mariage. Le sénateur avait participé aux manifestations contre le mariage pour tous en 2013 et signé la charte de la Manif pour tous.
En 2021, François-Noël Buffet avait ensuite voté contre l’extension de la procréation médicalement assistée. Quelques années plus tard, en 2024, il avait voté contre la constitutionnalisation de l’avortement. Le sénateur s’est aussi prononcé pour diminuer ou réformer l’Aide médicale d’État pour les sans-papiers.
Unicef France, Médecins du monde, la Ligue des droits de l’homme, le MRAP, Act-Up et tous les lobbys perfusés aux subventions militent contre cette possible nomination.
Créée en 2011 et inscrite dans la Constitution, cette autorité administrative est chargée de veiller au respect des libertés et des droits des citoyens.
Les commissions des Lois du Sénat et de l’Assemblée nationale doivent encore entériner ou repousser cette nomination, après avoir successivement auditionné François-Noël Buffet.
Cette manœuvre politico-judiciaire vise à nous tuer
L’ancien député national et européen FN, ancien vice-président de ce parti, conseiller régional et conseiller municipal de Lyon, Bruno Gollnisch, a vu sa condamnation atténuée, mais confirmée en appel à trois ans de prison avec sursis ce 7 juillet, lors du procès en appel des assistants parlementaires européens du Rassemblement national. Il réagit :
Vous attendiez-vous à une telle décision ?
Je m’attendais au pire et je me suis abstenu de venir à la lecture de l’arrêt, parce que j’aurais peut-être été porté à pratiquer l’outrage à magistrat. Depuis le début de dette « affaire », je sais que la manœuvre politico-judiciaire vise à nous tuer : dans notre réputation d’intégrité, en nous ruinant, moralement, financièrement, et en nous privant de nos droits civiques.
Il en est ainsi, et je suis bien sûr indigné, car ce procès méconnaît tous les principes fondamentaux du droit. Et je ne suis pas le seul à le dire. D’autres se sont exprimés, comme les professeurs Pierre Avril et Jean Gicquel, qui sont des sommités incontestées en matière de droit constitutionnel, Monsieur Gicquel ayant été en outre le déontologue, assez exigeant d’ailleurs, de l’Assemblée nationale. Aussi M. Jean-Eric Schoettl, ancien Secrétaire Général du Conseil constitutionnel. Le pouvoir judiciaire n’avait absolument pas à se mêler des activités des assistants parlementaires, car, sinon, il se mêlait directement de l’activité des députés, ce qui est contraire au principe de séparation des pouvoirs. Principe dont la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 nous dit qu’il est fondamental dans nos institutions.
Toutes les règles de droit ont été violées, dont la prescription, puisque l’on est remonté à des années pour obtenir le total des salaires versés à nos assistants, en présumant qu’ils n’ont jamais travaillé le moins du monde pour nous, ce qui est non seulement faux, mais absurde.
Quels éléments avez-vous opposés pour votre défense ?
Tout est ahurissant dans cette affaire. J’ai prouvé que mes assistants avaient travaillé pour moi, et notamment l’un d’entre eux qui, devant un huissier procédant par sondages aléatoires, a montré qu’il connaissait parfaitement le contenu de mes 600 dossiers ! L’instruction avait même retrouvé une série d’entretiens entre nous portant sur 14 points de politique européenne. Il n’en a pas été tenu compte. Ce jugement reprend, en les atténuant légèrement, les extravagantes réquisitions du Parquet. Mais il faut surtout se souvenir que tout cela part de nos adversaires au sein de l’Union européenne, les euro-mondialistes, partisans de l’établissement de la dictature du super-État « eurocratique », qui craignent de plus en plus la progression de nos analyses dans l’opinion, en France et dans le reste de l’Europe. Il s’agit en particulier de l’ancien chancelier allemand M. Schulz, qui, pour le coup, avait des assistants qui se sont plaints d’être utilisés à des travaux domestiques, et un autre qui, sous statut d’accrédité, devait résider à Bruxelles ou à Strasbourg, mais dirigeait en réalité depuis Aix-la-Chapelle la Société « Euregio Tours », agence de tourisme du SPD, le parti socialiste allemand !
Mais nos ennemis ne se gênent pas de pratiquer l’inversion accusatoire et de prétendre que, l’activité de nos assistants n’ayant pas été mise au service de la « construction » européenne, nous aurions « détourné » des millions ! Alors que le Parlement européen, contrairement à ces allégations, n’a pas subi le moindre préjudice, pas même d’un centime. On se moque du monde. Cette dotation nous était due. Et l’on nous dit qu’elle devait n’être utilisée que dans l’intérêt de l’Europe, ce qu’a d’ailleurs répété le tribunal, alors que l’on confond là l’intérêt de l’Europe et les ambitions de la Commission européenne.
Or, nous n’avons pas été élus pour servir ces ambitions, mais élus sur des listes nationales pour contester les évolutions de l’Union européenne et défendre les intérêts français. Les trois assistants pour lesquels je suis mis en cause étaient des assistants locaux qui, selon le propre règlement du Parlement européen, n’avaient pas à venir à Bruxelles ou à Strasbourg. Donc, ils ne pouvaient pas assister aux votes. Ils ne pouvaient pas assister aux réunions des groupes politiques dans lesquels sont décidées les politiques législatives, ni assister aux travaux des commissions. Que pouvaient-ils, alors, faire d’autre que de participer à l’activité politique de leur député ?
Comment expliquez-vous une telle décision ?
J’ai dit aux magistrats, qui n’en ont tenu aucun compte, que nous sommes en quelque sorte comme des joueurs de football à qui les dirigeants de leur club auraient dit qu’ils avaient le droit de jouer, mais individuellement, et pas en équipe ! C’est exactement la substance de ces décisions aberrantes, qui ne tiennent aucun compte ni des usages du parlementaire, ni des réalités de la vie politique, laquelle est un « sport collectif », surtout à l’Europe, où nous sommes élus sur un scrutin de liste nationale ! Autant de choses que ces juges ignorent d’ailleurs, et c’est pourquoi existe le principe de la séparation des pouvoirs : imaginez, un instant, qu’à l’occasion d’une décision de justice aberrante, comme la libération d’un individu dangereux pour un tampon oublié sur un formulaire, je me mêle de cela en excipant de ma qualité de député, demandant aux magistrats de me communiquer les brouillons de leurs décisions et en les questionnant sur le rôle de leur greffier ou la nature de leurs relations avec leurs assesseurs… Mais on aurait eu vite fait de me répondre : « Mêlez-vous de vos affaires, vous n’avez pas à vous immiscer dans le fonctionnement du pouvoir judiciaire » ! Eh bien, le pouvoir judiciaire n’a pas à s’immiscer dans les activités d’un assistant parlementaire.
Estimez-vous que nous sommes, désormais, face à la tyrannie d’une République des juges ?
Oui, assurément. Cela a été une évolution progressive, due à plusieurs facteurs. D’une part des juges partisans, puisque le Syndicat de la magistrature recueille un tiers des suffrages aux élections professionnelles, et il s’est fait gloire, sur un « mur des cons » installé dans ses locaux, de désigner à la vindicte de ses adhérents un certain nombre de justiciables, y compris le père d’une malheureuse jeune fille assassinée pour s’être refusée à un viol dans un train de banlieue. Mais il y a aussi l’hybris, que j’ai pu observer aussi chez les élus européens – pas les nôtres bien sûr -, qui les pousse à vouloir augmenter le pouvoir de l’institution par une dynamique de groupe délétère. Ils deviennent ainsi des instruments dociles de la conquête du pouvoir par l’Eurocratie.
Eh bien, cette ivresse du pouvoir existe aussi chez certains juges. C’est formidable, de pouvoir « se faire » des politiques ! Ils veulent condamner un ancien président de la République à sept ans de taule sur des présomptions, et deux anciens ministres de l’Intérieur, en prime. Ils ont arbitré la présidentielle de 2017 en inculpant avec une célérité exceptionnelle ce pauvre Fillon, qui pensait qu’il avait le temps devant lui, qu’on n’oserait pas… Lui qui avait eu l’imprudence de dire : « Imagine-t-on le général de Gaulle mis en examen ? »
Quant aux élus du MoDem, poursuivis pour des motifs similaires à notre affaire, ils ont tous été condamnés, injustement d’ailleurs, comme nous, mais beaucoup plus légèrement. Tous condamnés… sauf monsieur Bayrou ! LFI, aussi, est concernée par une affaire du même type. Et même bien plus grave : que faisaient les assistants parlementaires de M .Raphaël Arnault, député du Vaucluse, à Lyon, où ils sont inculpés de participation au lynchage atroce du malheureux Quentin Deranque ? Mais étonnamment, ces affaires traînent en longueur, ou ne perturbent pas la vie des Assemblées. Pour LFI, cela fait sept ans et rien ne bouge. Je pourrais aussi citer le cas d’un socialiste alsacien, haut responsable du groupe socialiste au Parlement européen, qui m’a d’ailleurs envoyé un message honnête, me disant : « Avec des motifs comme celui qu’on invoque contre vous, on pourrait envoyer 500 députés en correctionnelle à chaque législature. »
Je vais examiner avec mes avocats les recours encore possibles, mais je dois avouer qu’il y a déjà longtemps que j’ai perdu confiance dans la justice de notre pays…
Le canal Saint-Martin, symbole de la faillite de l’éducation, de l’immigration mal assimilée et des « incivilités »
Lu dans Les 4 Vérités :
Le canal Saint-Martin était jusqu’ici connu comme lieu fétiche de la gauche bobo qui se vante de pouvoir s’y baigner (vu la propreté des lieux et de l’eau, je déconseillerais plutôt la baignade mais c’est une autre affaire!). Il est désormais le symbole de la faillite de l’éducation, de l’immigration mal assimilée et des « incivilités » qui pourrissent le quotidien de tant de Français.
Un jeune garçon, prénommé Hamza et surnommé « la Douane », rackette les badauds avec un pistolet à eau (!) pour leur faire payer un ou deux euros avant de bénéficier de la relative fraîcheur des lieux. Naturellement, comme toujours en notre époque exhibitionniste, il a diffusé ses « exploits » sur les réseaux sociaux. Inutile de dire que la plupart de ses contemporains ne sont pas tombés en pâmoison devant le jeune prodige. D’autant que l’on a appris assez rapidement que l’intéressant énergumène avait été interpellé une dizaine de fois depuis 2025 (il a 14 ans : cela promet une jolie carrière!).
Que croyez-vous qu’il arriva? Que ses parents l’ont repris en main? Que les forces de l’ordre ont sévi ? Point du tout. Son père a doctement expliqué aux médias bien-pensants que son sympathique rejeton était « gentil ». Ce qui doit sans doute dispenser de l’éduquer! Quant aux institutions, une certaine Annah Bikouloulou, élue écologiste et adjointe au maire de Paris en charge de la lutte contre les discriminations, a dénoncé « les influenceurs d’extrême droite » (sic !) qui présentait le garçon comme un délinquant (je suppose qu’il aurait fallu le présenter comme un saint de vitrail). Mieux, SOS Racisme, association copieusement financée par nos impôts, dénonce une campagne de « harcèlement raciste ». Encore un peu et ce sera le jeune Hamza qui va porter plainte contre les personnes qu’il a insultées – selon la perpétuelle inversion des valeurs chère à la gauche (de même que les squatteurs sont vus comme victimes).
Tout ceci serait grotesque si ce n’était pas révélateur. À force d’avoir voulu « interdit d’interdire », à force d’avoir refusé toute manifestation d’autorité, nous avons des hordes de gamins mal dégrossis qui prétendent faire la loi. Le cas Hamza ne serait rien s’il ne manifestait pas au grand jour la faillite de l’éducation permissive, la ruine de l’autorité parentale, et l’échec de l’intégration. Et s’il n’était pas un symbole de l’auto-aveuglement de la gauche prétendument libertaire (et vraiment liberticide) qui pourrit la vie des honnêtes gens pour flatter les racailles.
Fin de vie : après trois rejets du Sénat, le Gouvernement ne peut plus passer en force
Communiqué du Syndicat de la famille :
En prenant ses fonctions, le Premier ministre s’était engagé à gouverner avec le Parlement et à dépasser les logiques partisanes et idéologiques. Il ne peut aujourd’hui ignorer le message adressé par le Sénat. Persister reviendrait à imposer une réforme qui ne rassemble ni le Parlement, ni le pays, au mépris de l’esprit de dialogue qu’il avait lui-même revendiqué.
Le Premier ministre doit prendre acte du choix exprimé par le Parlement.
Mardi 7 juillet, le Sénat a adopté, par 169 voix contre 164, la motion de rejet préalable de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Pour la troisième fois, la Haute Assemblée refuse d’examiner ce texte. Ce vote confirme les profondes réserves éthiques, médicales et juridiques qu’il continue de susciter.
Ce nouveau rejet, ajouté à la très courte majorité obtenue à l’Assemblée nationale, démontre qu’une réforme d’une telle gravité ne bénéficie d’aucun consensus parlementaire. Plus de 400 parlementaires ont exprimé leur opposition au texte. Une loi qui bouleverse la vocation de la médecine et modifie profondément notre pacte de solidarité ne peut être imposée sur la seule base d’une majorité aussi étroite.
Sur un sujet qui touche à la vie et à la mort, le doute devrait conduire à la prudence, non à l’obstination. La responsabilité du Gouvernement est désormais de mettre un terme à l’examen de cette proposition de loi et d’ouvrir enfin le véritable chantier attendu par les Français : celui du développement des soins palliatifs, de la lutte contre les déserts médicaux, de l’accès aux centres antidouleur et de l’accompagnement des personnes les plus vulnérables.
Le Syndicat de la Famille appelle le Premier ministre à retirer ce texte et à respecter l’esprit de nos institutions. On ne transforme pas le rôle de la médecine, ni le rapport de notre société à la vulnérabilité, sans un large consensus national.
Enfin, le Gouvernement ne peut ignorer que cette réforme est également rejetée par ceux qui auront la responsabilité de l’appliquer. Une immense majorité des soignants, des sociétés savantes, des professionnels des soins palliatifs et des représentants du monde médical, mais aussi de nombreux patients et familles, ont exprimé leurs réserves ou leur opposition à cette légalisation. Gouverner contre le Sénat est une chose. Gouverner contre les soignants en est une autre. Lorsqu’un texte ne convainc ni une chambre du Parlement, ni une part considérable des députés, ni ceux qui consacrent leur vie à accompagner les plus fragiles, il n’est plus temps de passer en force : il est temps d’y renoncer.
