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Messe vespérale du Jeudi saint « In Cæna Domini »

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Cette Semaine sainte est bien sûr d’une richesse spirituelle, liturgique et…musicale exceptionnelle.

Le graduel de la Messe vespérale du Jeudi saint exalte le sacrifice du Christ sur la Croix. C’est un passage célèbre de l’Épître aux Philippiens dont vous pourrez lire le texte et sa traduction plus bas juste après l’Introït.

Ce graduel est également chanté à la fin de tous les offices du Triduum sacré, Jeudi, Vendredi et Samedi saints et particulièrement de l’office des Ténèbres. Le premier soir on ne chante que la première phrase, le deuxième est ajouté mórtem aútem crúcis, et le troisième l’on entend la deuxième partie triomphale qui annonce la résurrection. La mélodie de ce graduel est faite de formules que l’on retrouve dans de nombreux autres graduels, mais elles sont admirablement choisies pour exprimer toutes les nuances du texte avec un contraste frappant entre les deux parties.

Le Père Perrodon, dans son ouvrage Notre beau chant grégorien (1944),  écrit :

Nous nous trouvons là en face d’un sommet de beauté. Si l’on doutait encore de l’influence que le christianisme a pu exercer sur la musique, par son besoin de faire déborder dans le lyrisme du chant l’ivresse d’amour inspirée par le mystère du Christ, on n’aurait, pour s’en convaincre, qu’à écouter cette admirable pièce.

Introït : Nos autem

La messe vespérale du Jeudi saint commémore, on le sait, l’institution de la Sainte Eucharistie et du Sacerdoce. L’Introït et le Graduel de cette messe nous montrent le lien étroit qui existe entre la messe et la Croix, lien que nous avons trouvé en sens inverse dans la Communion du dimanche de la Passion. La première phrase de l’Introït est empruntée à l’Épître de saint Paul aux Galates, dans la conclusion de cette lettre, et la suite a été ajoutée par l’Église.

Nos autem gloriari oportet in cruce Domini nostri Jesu Christi : in quo est salus, vita et resurrectio nostra : per quem salvati, et liberati sumus.
Pour nous il faut nous glorifier dans la Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ, en qui est notre salut, notre vie et notre résurrection, et par qui nous avons été sauvés et délivrés.

La mélodie est, comme il convient, assez triomphale, pleine d’ardeur mystique et de ferveur, avec un beau crescendo dans la première phrase vers Domini nostri, qui se renouvelle dans la deuxième phrase vers vita. La troisième phrase est plus calme et contemplative. Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 66, petit psaume messianique annonçant la conversion de tous les peuples, ce qui sera un des fruits du sacrifice de la croix :

Deus misereatur nostri, et benedicat nobis : illuminet vultum suum super nos, et miseratur nostri.
Que Dieu ait pitié de nous et nous bénisse, qu’il fasse briller sur nous son visage et ait pitié de nous.

Graduel Christus factus est

Comme l’Introït, le Graduel de la messe vespérale du Jeudi saint exalte aussi le sacrifice du Christ sur la Croix, et son texte est également de saint Paul, ce qui est pourtant assez rare dans les chants de la messe. C’est un passage célèbre de l’Épître aux Philippiens :

Christus factus est pro nobis obediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus exsaltavit illum, et dedit illi nomen, quod est super omne nomen.
Le Christ s’est fait pour nous obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur la croix ; c’est pourquoi Dieu l’a exalté et lui a donné un nom au-dessus de tout nom.

Ce Graduel est également chanté à la fin de tous les offices du Triduum sacré, Jeudi, Vendredi et Samedi saints et particulièrement de l’office des Ténèbres. Le premier soir on ne chante que la première phrase, le deuxième on ajoute mortem autem crucis, et le troisième on ajoute la deuxième partie triomphale qui annonce la résurrection. La mélodie de ce Graduel est faite de formules que l’on retrouve dans de nombreux autres Graduels, mais elles sont admirablement choisies pour exprimer toutes les nuances du texte avec un contraste frappant entre les deux parties. La première est sombre et grave surtout le mot crucis qui s’enfonce dans les profondeurs. La deuxième, au contraire s’élève dans les hauteurs avec enthousiasme, particulièrement la grande vocalise aérienne ornant le mot illum, pronom qui désigne le Christ.

Ajoutons que cette messe ne comporte qu’un chant entre l’Épître et l’Évangile. Il n’y a donc pas d’Alléluia, bien entendu, mais il n’y a pas non plus de Trait.

Offertoire : Dextera Domini

Ce chant d’Offertoire était déjà celui du troisième dimanche après l’Épiphanie et l’on pourra s’y reporter. Ajoutons seulement qu’il est placé aujourd’hui dans la bouche du Christ, qui y rend grâce par avance à son Père pour la victoire de la résurrection, déjà mentionnée dans l’Introït. Le psaume 117 d’où est tiré ce chant est d’ailleurs, nous le verrons, le psaume pascal par excellence.

Communion : Dominus Jesus

Le chant de Communion de la messe vespérale du Jeudi saint est tiré de l’Évangile qui est lu à cette messe, celui du lavement des pieds, au chapitre 13 de saint Jean.

Dominus Jesus, postquam cenavit cum discipulis suis, lavit pedes eorum, et ait illis : Scitis quid fecerim vobis, ego Dominus et Magister ? Exemplum dedi vobis, ut et vos ita faciatis.
Le Seigneur Jésus, après avoir pris le repas avec ses disciples, leur lava les pieds et leur dit : Savez-vous ce que je viens de faire pour vous, moi qui suis votre Seigneur et Maître ? Je vous ai donné l’exemple pour que vous fassiez de même.

Après avoir lu les paroles de l’institution de l’Eucharistie dans l’Épître de saint Paul aux Corinthiens, l’Église a voulu retenir, pour être lue à l’Évangile de cette messe, cette sublime leçon d’humilité et de charité, qui en éclaire toute la signification.

La mélodie de ce chant est un simple récitatif, assez régulier ; seul le mot Scitis au moment où le Christ prend la parole, est souligné par une belle montée expressive.

Rappel de quelques obligations au sein de l’Église

En ce temps de Carême, il est aussi important de rappeler certaines obligations au sein de l’Église. Durant les dernières décennies, ces obligations n’ont pas été rappelées par beaucoup de prêtres et laïcs, en partie à cause d’une certaine idée de la «conciliarité» qui donnait beaucoup de libertés, comme l’expliquait le Pape Emérite Benoît XVI en 2019. Dans ce court article on va en voir trois.

La première est l’obligation d’assister à la messe le dimanche et les jours de fête de précepte. Dans le Code de Droit Canonique on lit :

«Can. 1246 – § 1. Le dimanche où, de par la tradition apostolique, est célébré le mystère pascal doit être observé dans l’Église tout entière comme le principal jour de fête de précepte. Et de même doivent être observés les jours de la Nativité de Notre Seigneur Jésus Christ, de l’Épiphanie, de l’Ascension et du très Saint Corps et Sang du Christ, le jour de Sainte Marie Mère de Dieu, de son Immaculée Conception et de son Assomption, de saint Joseph, des saints Apôtres Pierre et Paul et enfin de tous les Saints.

§ 2. Cependant, la conférence des Évêques peut, avec l’approbation préalable du Saint-Siège, supprimer certaines fêtes de précepte ou les reporter au dimanche.

Can. 1247 – Le dimanche et les autres jours de fête de précepte, les fidèles sont tenus par l’obligation de participer à la Messe; de plus, ils s’abstiendront de ces travaux et de ces affaires qui empêchent le culte dû à Dieu, la joie propre au jour du Seigneur ou la détente convenable de l’esprit et du corps.«

La deuxième est la pratique de la pénitence tous les vendredis de l’année, car on se rappelle de la mort de Notre Seigneur Jésus-Christ. Jusqu’il y a quelques décennies, les vendredis étaient des jours d’abstinence, on ne mangeait pas de viande. A présent, dans beaucoup de diocèses il est permis de manger de la viande les vendredis mais dans ce cas il faut pratiquer la pénitence autrement. Dans le Code de Droit Canonique on lit :

«Can. 1249 – Tous les fidèles sont tenus par la loi divine de faire pénitence chacun à sa façon; mais pour que tous soient unis en quelque observance commune de la pénitence, sont prescrits des jours de pénitence durant lesquels les fidèles s’adonneront d’une manière spéciale à la prière et pratiqueront des œuvres de piété et de charité, se renonceront à eux-mêmes en remplissant plus fidèlement leurs obligations propres, et surtout en observant le jeûne et l’abstinence selon les canons suivants.

Can. 1250 – Les jours et temps de pénitence pour l’Église tout entière sont chaque vendredi de toute l’année et le temps du Carême.

Can. 1251 – L’abstinence  de  viande ou d’une autre nourriture, selon les dispositions de la conférence des Évêques, sera observée chaque vendredi de l’année, à moins qu’il ne tombe l’un des jours marqués comme solennité; mais l’abstinence et le jeûne seront observés le Mercredi des Cendres et le Vendredi de la Passion et de la Mort de Notre Seigneur Jésus Christ.»

La troisième concerne l’habit des religieux et des clercs. Dans le Code de Droit Canonique on lit :

«Can. 284 – Les clercs porteront un habit ecclésiastique convenable, selon les règles établies par la conférence des Évêques et les coutumes légitimes des lieux

Can. 669 – § 1. En signe de leur consécration et en témoignage de pauvreté, les religieux porteront l’habit de leur institut selon la forme prescrite par le droit propre.

§ 2. Les religieux clercs d’un institut qui n’a pas d’habit particulier adopteront le vêtement du clergé selon le can. 284.»

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Les nouveaux rituels, conçus pour correspondre aux besoins fantasmés de l’homme d’aujourd’hui

Extrait de la recension du livre de l’abbé Barthe, par Yves Daoudal dans Una Voce :

Vous pouvez commander ou vous abonner à Una voce ici ou le retrouver chaque mois sur Le Club de la Presse.

Père Jerzy Popieluszko – Le combat d’un homme libre, assassiné ….

Cet album retrace avec force la vie et le destin bouleversant du Père Popieluszko, prêtre courageux et résistant face à la dictature communiste.

« Il naquit en 1947 dans une maison de deux-pièces où vivent ses grands-parents, parents, et ses quatre frères et sœurs. Son prénom de baptême, Alphonse, honore son oncle, abattu par l’Armée rouge en 1945, qui conquiert la Pologne au prétexte de la libérer de l’Allemagne nazie. Au séminaire de Varsovie en 1965, puis au service militaire (un officier le surprend méditant son chapelet. « Tu vas me piétiner ça ou je t’écrase !», lui intime-t-il. Son refus lui vaut un mois de cachot), le jeune Jerzy témoigne, témoignera, toujours, à en mourir. « Pour rester des hommes libres, nous devons vivre dans la vérité », a-t-il l’habitude de répéter. Il est ordonné prêtre en 1972.

En tant qu’aumônier du mouvement Solidarnosc le père Popiéluszko accompagne les ouvriers en lutte pour la dignité et la liberté. Ses homélies vibrantes, audacieuses profondément libres rassemblent des foules immenses. Il y défend inlassablement la vérité, la justice et les droits fondamentaux. Il devient alors la voix des sans voix, l’espoir des désespérés, dans un pays bâillonné par la peur et la surveillance. Malgré les intimidations, les filatures et les menaces le père Popieluszko refuse toujours de céder. Son message simple, fort, résonne dans tout le pays : « Le mal ne peut être vaincu que par le bien ». Ses sermons dénoncent « les prisons invisibles », l’asservissement de son pays, et encouragent à se sacrifier pour la Pologne. Son exemple en fait l’une des figures de l’opposition au régime qui ne cesse de l’intimider. « Tu seras pendu, tu seras crucifié !», reçoit-il un jour.

Le 19 octobre 1984, il est enlevé, séquestré, torturé puis assassiné par les services secrets du régime. Son corps n’est retrouvé que onze jours plus tard dans le fleuve Vistule, marqué par le sceau de la torture.

Ses funérailles, le 3 novembre 1984, rassemblent plus de 500.000 personnes à Varsovie. Sa tombe est surveillée et fleurie chaque jour. Son corps est revêtu de la chasuble rouge, celle du martyre. Ses funérailles secouent la Pologne et accélère la prise de conscience contre l’oppression. Pour des millions de Polonais, il devient un héros national, un pasteur fidèle jusqu’au bout et l’un des symboles les plus forts de la lutte non violente contre la tyrannie. Parmi les deux grands totalitarismes du XX° siècle, le plus actuel est bien le communisme qui tient toujours sous son joug un bon cinquième des habitants de notre planète. Aujourd’hui encore, cet appel du Père Popiéluszko à la résistance spirituelle, enracinée dans l’Evangile, garde toute son actualité.

Le dessin de Fabrizio Russo est classique et sobre quant il faut, au fil des événements. Il accompagne un texte riche et historiquement travaillé favorisant ainsi la compréhension de cette histoire, en 48 pages !
La vie poignante et vraie de ce martyr pour la foi, est un encouragement pour chacun de nous à placer son existence au cœur de la vérité de l’Evangile.

Plus d’informations – Photos intérieures, recensions… – et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/de-12-a-15-ans/30297-pere-jerzy-popieluszko-le-combat-d-un-homme-libre.html

Père Jerzy Popieluszko, le combat d’une homme libre, de Camille de Prévaux, Editions Plein Vent, 48 pages, 15.90€

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Les origines de la Normandie chrétienne

Découvrez un chapitre méconnu et fascinant de l’histoire de France et de notre patrimoine. La version officielle affirme souvent que notre pays a été évangélisé tardivement, vers le IVe siècle. Pourtant, la tradition ancienne des Pères de l’Église nous rapporte une toute autre vérité sur les origines de la France chrétienne.

Dans ce documentaire immersif, plongez au cœur de la Normandie, dans le département de l’Orne, pour explorer la ville de Sées et le diocèse de Séez. De la fabuleuse cathédrale Notre-Dame — dont la majesté architecturale résonne comme un véritable chant des cathédrales — jusqu’au paisible sanctuaire de Cléray, Arnaud Bouan et Victor Aubert vous guident à la découverte de ces bijoux de notre histoire.

À travers des découvertes archéologiques stupéfiantes, comme les vestiges d’anciens temples préchrétiens cachés sous nos lieux de culte, et le récit des épreuves traversées par les premiers pionniers de la foi, ce voyage temporel retrace les racines spirituelles de notre nation. Des anciennes fontaines de guérison aux reliques préservées des invasions, redécouvrez l’héritage qui a forgé notre civilisation.

CHAPITRES DE LA VIDÉO :

  • 00:00 – Introduction : L’histoire cachée de l’évangélisation de la France.
  • 02:24 – Les vestiges du transept nord et la mission des premiers évêques.
  • 04:03 – Le “trésor des trésors” : la conservation des reliques fondatrices.
  • 05:00 – Quand l’archéologie confirme la tradition sous la cathédrale.
  • 07:19 – Les premiers baptêmes dans l’Orne et l’opposition romaine.
  • 09:00 – L’ermitage de Cléray : un refuge historique face aux épreuves.
  • 10:35 – La fontaine miraculeuse et la redécouverte de notre héritage spirituel.

Parquet national financier : poursuivre avant ou après les élections ?

En 2017, parquet national financier avait enquêté sur le candidat François Fillon pour mieux plomber sa campagne électorale.

Cette année, le parquet national financier a attendu la fin des élections municipales pour balancer ses infos contre Anne Hidalgo. Et là on ne parle pas que de quelques costumes :

Le parquet national financier s’intéresse à l’attribution du contrat de la cérémonie de commémoration des attentats du 13 novembre 2025 et a perquisitionné l’Hôtel de Ville. Tout juste partie, l’ancienne édile se rappelle déjà au bon souvenir d’Emmanuel Grégoire.

A peine installé dans le fauteuil d’Anne Hidalgo, voici Emmanuel Grégoire obligé de gérer une affaire judiciaire liée au mandat de sa prédécesseuse. Ce 31 mars midi, une perquisition était en cours à la Mairie de Paris. Envoyés par le parquet national financier, les enquêteurs de la section de recherche de la gendarmerie de Paris cherchaient à établir si un marché public attribué l’an passé à la société TRE Conseil était bien légal.

Dirigée par Thierry Reboul, directeur des cérémonies des JO de Paris, cette boîte a été chargée par Anne Hidalgo d’organiser la mise en scène des commémorations des attentats du 13 novembre 2025. Montant du marché : 1,5 million d’euros. Sans compter les frais de justice…

Pour paraphraser Anatole France, la gauche gouverne mal mais se défend bien.

Ces députés qui quittent l’Assemblée pour leur mairie : leur vote sur l’euthanasie

D’Olivier Frèrejacques dans Liberté politique :

Avec les élections municipales de mars 2026, l’Assemblée nationale va connaître un petit remaniement : une bonne vingtaine d’élus devraient quitter leur siège parisien.

Les élections locales auront aussi des conséquences dans la Chambre haute, avec le scrutin indirect pour l’élection des sénateurs de septembre prochain et le renouvellement de la moitié des élus. En tout, une petite quarantaine de députés ont été élus maires lors des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, sur environ 104 qui étaient têtes de liste. En raison de la loi de 2014 sur le non-cumul des mandats, un député ne peut pas cumuler son mandat parlementaire avec une fonction exécutive locale comme celle de maire. Les élus ont 30 jours après l’élection, soit jusqu’à mi-avril environ, pour choisir : devenir maire et quitter l’Assemblée (ils seront alors remplacés par leur suppléant), ou rester député et laisser la mairie à un adjoint ou à un colistier.

Parmi les maires fraîchement élus, une petite trentaine a déjà annoncé privilégier le mandat local. En réalité, ce sont généralement ceux qui ont été élus dans une commune de taille moyenne ou grande. Une petite dizaine a déjà indiqué qu’ils resteront députés et laisseront la mairie à un adjoint… se gardant ainsi le mandat sous le coude en cas de désaveu lors des élections législatives qui devraient suivre l’élection présidentielle de 2027.

Pour l’heure, les départs entraîneront l’arrivée de suppléants à l’Assemblée ou, dans quelques rares cas, provoqueront des législatives partielles si le suppléant refuse le mandat. Ces changements pourraient avoir des conséquences sur le vote de la loi sur l’euthanasie, qui pourrait se jouer à quelques voix près. L’identité des suppléants sera donc à observer de près. L’autre enjeu parlementaire de ces municipales concerne le Sénat, qui sera renouvelé pour moitié en septembre. Les résultats des élections locales devraient confirmer la domination de la droite dans la Chambre haute, tandis que le RN peut raisonnablement espérer former un groupe de sénateurs (10 élus). Les macronistes et la gauche, notamment écologiste, devraient, eux, voir leur nombre diminuer. Dans ce numéro spécial municipales de notre lettre mensuelle, nous vous proposons donc un état des lieux du « mercato » parlementaire.

Parmi ceux qui vont quitter l’Assemblée pour rejoindre leur mairie, on trouve ces députés qui ont voté contre l’euthanasie :

  • Christophe Barthès (RN)
  • Pascale Bordes (RN)
  • Éric Ciotti (UDR)
  • Hervé de Lépinau (RN)
  • Aurélien Lopez-Liguori (RN)
  • Nicolas Meizonnet (RN)
  • Antoine Valentin (UDR)
  • François-Xavier Ceccoli (LR)
  • Fabien Di Filippo (LR)
  • Philippe Juvin (LR)
  • Guillaume Lepers (LR)
  • Véronique Louwagie (LR)
  • Jérôme Nury (LR)
  • Michèle Tabarot (LR)
  • Michel Criaud (Horizons)
  • Didier Padey (Modem)

Et ceux qui ont voté pour :

  • Alexandra Masson (RN)
  • Bryan Masson (RN)
  • Jean-Pierre Taite (LR)
  • Olivier Falorni (Modem) : auteur de la PPL sur l’euthanasie
  • Philippe Vigier (Modem)
  • Franck Riester (Ensemble pour la République)
  • Antoine Armand (Ensemble pour la République)
  • Stéphane Mazars (Ensemble pour la République)
  • Julien Gokel (PS)
  • Stéphane Hablot (PS)
  • Emmanuel Grégoire (PS)
  • David Guiraud (LFI)

Et les abstentionnistes :

  • Paul Christophe (Horizons)
  • Philippe Bolo (Modem)
  • Harold Huwart (LIOT)
  • Thomas Cazenave (Ensemble pour la République)

Absents :

  • Ali Diouara (LFI)
  • Idir Boumertit (LFI)
  • Abdelkader Lahmar (LFI)

Une nouvelle affaire des fiches

Au soir des dernières élections municipales, Catherine Vautrin a établi un fichier secret qui recense, ville par ville, corps par corps, parti par parti et même étoile par étoile, les généraux élus et battus.

Au total, 57 haut gradés, parmi lesquels on dénombre une majorité de 32 « sans étiquette », suivis de 20 « divers-droite », et seulement un élu sur une liste qualifiée “d’extrême droite”. Il s’agit du général de l’armée de terre Bertrand de La Chesnais, conseiller municipal à Carpentras.

Cela rappelle le fichage des officiers catholiques par les franc-maçons en 1904, qui a vu tomber le gouvernement d’Emile Combes.

Les pédagogies propres au rite réformé sont celles de la profusion, la pédagogie traditionnelle est une pédagogie de la répétition

Suite à la proposition liturgique de Dom Kemlin, père abbé de l’abbaye de Solesmes (et reprise par Gregori Solari dans une tribune publiée dans La Croix), Philippe Darantière, président de Notre-Dame de Chrétienté, l’association organisatrice du pèlerinage de Paris à Chartres à la Pentecôte, a réagi dans L’Homme Nouveau. Extrait :

On peut tout d’abord se féliciter de voir que cette question fait l’objet d’une préoccupation ! Et que cette préoccupation incite le père abbé de Solesmes à écrire au Pape lui-même à ce sujet. Quant à la proposition elle-même, c’est autre chose. Elle consisterait à insérer dans le Missale Romanum l’ancien ordo, à côté du nouvel ordo : les deux cohabiteraient et pourraient être utilisés par tous les prêtres.

Dans l’esprit, cela rappelle ce que le pape Benoît XVI avait voulu faire en définissant la doctrine d’un unique rite romain avec deux formes : une forme ordinaire et une forme extraordinaire. Mais là où dom Kemlin s’écarte un peu de cette position, c’est qu’il indique que l’ancien ordo pourrait être « retouché a minima pour le rendre conforme à la Vatican II », notamment en l’ouvrant à l’usage de la langue vernaculaire, de la concélébration et des quatre prières eucharistiques

Nous lui ferons remarquer que ces éléments ne figuraient pas dans la constitution Sacrosanctum concilium promulguée par le concile Vatican II : ils ont été introduits a posteriori. Le pape Paul VI a toujours eu une certaine réticence à l’égard de l’abandon du latin et du grégorien ; la concélébration ne se généralisa qu’à partir de 1969. Quant aux prières eucharistiques, elles ont été imaginées par le Consilium, commission créée en 1964 par Paul VI pour mettre en œuvre la réforme liturgique, qui n’est donc pas directement issue du Concile. En retouchant l’ancien ordo, on l’imprègne donc de l’esprit de la réforme, cet esprit de nouveauté qui n’est pas le sien.

Comment caractériseriez-vous cet esprit ?

Un moine bénédictin, qui n’est pas de la congrégation de Solesmes, me donnait cette comparaison que je trouve très pertinente :

« Au fond, les pédagogies propres au rite réformé sont celles de la profusion. Tout est profusion : profusion de lecture, profusion de prières eucharistiques, profusion d’options pour le célébrant qui peut choisir en permanence entre telle proposition ou telle autre, ou même en inventer, puisque ça fait également partie des propositions liturgiques, pour s’adapter en permanence.

La pédagogie traditionnelle attachée au rite ancien, c’est le contraire : c’est une pédagogie de la régularité, de la répétition, une forme qui s’impose à nous, que prêtres et fidèles ne choisissent pas, qui est au service du culte rendu à Dieu. »

Les deux me semblent incompatibles.

Le père abbé va jusqu’à évoquer « une différence anthropologique » entre les deux rites…

En effet. D’une part, je trouve très positif qu’un célébrant habituel du nouveau missel reconnaisse qu’il puisse y avoir « une expérience spirituelle forte et authentique » dans l’ancien rite, que les fidèles qui y sont attachés « ne parviennent pas à vivre avec le nouveau missel ». Implicitement, c’est une reconnaissance qu’il puisse y avoir des manques dans le nouveau rite qui privent les fidèles, les prêtres, de l’accès à une certaine nourriture spirituelle. Ce discours est assez nouveau.

D’autre part, dire que « les deux ordo sous-tendent des anthropologies différentes » me semble préoccupant : ça voudrait dire que l’Église s’est trompée pendant des millénaires sur ce qu’est l’homme en profondeur ! Ou alors l’homme aurait-il lui-même changé depuis 60 ans ?

Ce qui est sûr, c’est que lorsqu’on propose la liturgie traditionnelle à la jeune génération, elle l’adopte sans coup férir. Certains nouveaux baptisés accèdent même directement à la foi catholique par l’ancien rite sans avoir connu le nouveau, ce qui ne s’était jamais produit depuis 60 ans. Donc je ne pense pas que l’homme ait vraiment changé !

Donc ce nouveau Missale Romanum que propose dom Kemlin ne serait pas une simple juxtaposition de deux missels ?

L’idée de dom Kemlin, c’est que les deux rites puissent se nourrir. Pour ceux qui suivent la messe Paul VI, il évoque l’ajout des prière au bas de l’autel, celles de l’offertoire. Pour ceux qui suivent le rite ancien, il propose le nouveau lectionnaire et le nouveau calendrier. Or le nouveau calendrier est précisément ce qui a dérouté les fidèles et provoqué le départ de nombreux pratiquants : on a provoqué à ce moment-là une rupture, on a bouleversé l’ensemble des repères sur lesquels s’était fondée la transmission.

Beaucoup de fêtes auxquelles nous étions attachés ont disparu, comme la fête du Précieux Sang, la fête du Saint Nom de Jésus, qui donnaient une centralité christologique au temps liturgique, ou encore celle de la Visitation de la Sainte Vierge… Le nouveau calendrier ne véhicule pas la même expression doctrinale.

Quant au nouveau lectionnaire, l’idée est qu’il enrichirait la connaissance de la Parole de Dieu par rapport à l’ancien. Mais je soulignerais que dans l’ancien missel, entre l’introït, le graduel, l’offertoire, la communion, il y a plus de 1 000 citations de la Parole de Dieu issues de l’Ancien et du Nouveau Testament au cours de l’année …

On ne peut pas dire qu’on soit « privé » de la parole de Dieu, comme cela a été dit par certains évêques : on y puise même directement, ce qui n’est pas le cas dans les célébrations selon nouveau rituel, où un chant d’entré remplace l’introït, un autre accompagne la « procession des oblats », et ainsi de suite jusqu’à la communion, en ne reprenant que rarement la parole de Dieu dans le texte.

En outre, les lectures, dans l’ancien rite, ne sont pas tant faites pour l’instruction des fidèles que pour être des moments de l’acte liturgique : elles s’adressent plus à Dieu qu’à l’homme. Ce qui n’empêche en rien d’inviter les fidèles à pratiquer la lectio divina pour approfondir leur connaissance de la parole de Dieu.

Peut-on se réclamer de dom Guéranger dans cette recherche liturgique, comme le fait dom Kemlin ?

Faire de dom Guéranger le lointain précurseur de la réforme liturgique de 1969 est quand même très ambitieux, voire abusif. Il me revient une citation du grand restaurateur de l’abbaye de Solesmes :

« Toute liturgie que nous aurions vue commencer, qui n’eût point été celle de nos pères, ne saurait donc mériter ce nom. »

Cela exclut totalement un ralliement hypothétique de dom Guéranger à la réforme liturgique. [Lire la suite]

Massacre au Nigéria le dimanche des Rameaux

Des hommes armés ont tué plus de dix personnes lors d’une attaque survenue le dimanche des Rameaux dans le nord du Nigeria, ce qui a incité les autorités à imposer un couvre-feu pour rétablir l’ordre.

Le 29 mars, dimanche des Rameaux, des hommes armés ont attaqué la communauté de Gari Ya Waye à Angwan Rukuba, dans la zone de gouvernement local de Jos Nord, dans l’État du Plateau, au Nigéria. L’attaque visait des civils dans une zone desservie par l’archidiocèse catholique de Jos. Bien que les motivations, les auteurs et le nombre exact de victimes restent inconnus à ce jour, la piste terroriste d’inspiration islamiste est forte. L’archevêque Matthew Ishaya Audu a exhorté la population à ne pas instrumentaliser cet événement à des fins religieuses.

« Il y a eu des rumeurs… selon lesquelles, après le jeûne du Ramadan, ils allaient nous attaquer, nous les chrétiens. Est-ce quelque chose qu’ils préparent ? Est-ce même un conflit communautaire ? Je ne sais pas de quoi il s’agit », a-t-il déclaré .

 

Le nombre exact de victimes reste inconnu, mais selon Mgr Audu, « les informations font état d’environ 11 morts ». La vérification de ces chiffres est compliquée par le couvre-feu imposé par le gouvernement de l’État du Plateau dans la zone touchée immédiatement après l’attaque. Plusieurs sources avancent toutefois un bilan compris entre 11 et 30 morts.

Certains témoins désignent le groupe djihadiste nigérian Boko Haram comme l’auteur direct de l’attentat, mais aucune revendication officielle n’a été faite à ce jour. Les victimes sont majoritairement chrétiennes et ont été prises pour cible le dimanche des Rameaux, dans une zone déjà touchée par des islamistes.

Mgr Audu a averti que le couvre-feu pourrait engendrer plus de problèmes qu’il n’en résout.

« Les restrictions sont très strictes, personne ne peut circuler, sauf peut-être la police. Ils ne veulent même pas vous voir marcher. Par conséquent, si le couvre-feu est mal géré, certains pourraient en profiter, ce qui entraînerait une augmentation des meurtres et la mort de nombreux innocents ».

L’archevêque a appelé les fidèles à prier face à l’incertitude, replaçant la situation dans le contexte spirituel de la Semaine sainte.

« Qu’ils prient : c’est ce dont nous avons besoin maintenant. La Croix n’est qu’un chemin vers la résurrection ». « Nous croyons que toutes les épreuves de la vie, y compris celle que nous traversons actuellement, deviendront un lointain souvenir. »

Le temps de la Passion

De l’abbé Pagès :

C’est la Semaine Sainte, le temps où Dieu est rejeté, tué, et qui ressuscite, pour la joie éternelle des fidèles et la perte non moins éternelle des mauvais. Sa croix signe le jugement du monde. Car c’est elle qui manifeste l’Amour. Et c’est maintenant que chacun se juge en portant ou non sa croix … Jésus et sa croix ne font qu’un. Impossible de L’aimer Lui, sans l’aimer, elle. À islam-et-verite.com nous proclamons la Croix victorieuse, « un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens (1 Co 1.23) », et nous déplorons que la Croix, si haïe par les musulmans, ne fasse pas davantage la fierté des chrétiens. En vérité, nous n’avons besoin ici-bas de rien d’autre que de l’amour parfait de la Croix de Jésus.

Mais maintenant que l’islam est solidement implanté en Europe, moins que jamais l’Église ne se sent la force de lancer une grande croisade d’évangélisation des musulmans, de crainte de susciter l’ire de cet antichrist caractérisé, de crainte de froisser la susceptibilité de ses émissaires patentés du Dialogue islamo-chrétien, de crainte de ne plus être comptée au rang des respectables membres de la société relativiste et maçonnique, à laquelle elle apporte sa contribution de défense de la prétendue liberté religieuse, au titre non plus seulement d’un droit civil, mais du droit naturel lui-même, depuis que le concile Vatican II en a fait l’expression majeure de la dignité humaine. Or, comment de fausses religions auraient-elles les mêmes droits que l’unique vraie religion par laquelle Dieu donne le salut au monde ? Dieu Se contredirait-Il en sorte que les âmes pourraient se sauver dans n’importe quelle religion ? Une chose est le droit civil établissant la tolérance momentanée de l’erreur, et autre chose le droit de la Vérité à être connue et défendue. Les chrétiens sont morts pour affirmer qu’il n’y a de salut qu’en Jésus-Christ, et qu’en conséquence tout autre chemin conduit à la perdition éternelle.

Le refus d’évangélisation les musulmans est justifié par cette fausse charité qui prétend épargner aux chrétiens le déversement de haine promis par Allah à qui rejette l’islam ou s’oppose à l’islamisation (Coran 5.33). Le dialogue qui lui est substitué ne sert, in fine, qu’à donner respectabilité et légitimité au loup qui devrait être démasqué et chassé. Mgr Aveline, alors archevêque de Marseille, le reconnaissait : « Le dialogue, ce n’est pas un luxe, c’est une nécessité : sinon, c’est la guerre. (Le Pèlerin, 2 juin 2021) » Mais le dialogue n’empêche pas que la guerre soit déjà là ! « Entre nous et vous, c’est l’inimitié et la haine à jamais jusqu’à ce que vous soyez musulmans ! (Coran 60.4) » Le Pape Pie II, lui, dans sa lettre au Sultan turc Mehmet II, ne se payait pas de mots : « La concorde ne sera donc que dans les mots ; sur le fond, c’est la guerre. (Enea Silvio Piccolomini, Lettre à Mahomet II, Payot & Rivages, 2002, p.48) » Seuls les aveugles volontaires ne voient pas cette guerre qui s’engraisse de leur pusillanimité, tandis qu’ils prétendent conduire d’autres aveugles sur les chemins de cette paix criminelle.1

C’est ainsi qu’au lieu d’être armés pour résister à leur islamisation et capables d’évangéliser les musulmans (2 Co 10.5-6), les chrétiens sont conduits à accueillir l’islam, non seulement dans la société, mais dans leur propre vie … L’Église ne s’est-elle pas fourvoyée en prêchant cette fausse paix, fruit nécessairement d’un faux Évangile, ainsi exprimé par le « vénéré prédécesseur » de Léon XIV : « Le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine, par laquelle Dieu a créé les êtres humains.2», en sorte que : « Toutes les religions sont un chemin vers Dieu (13.09.2024) » ? Le Christ a-t-Il décliné Sa mission sous le registre de la paix ou de la division (Lc 12.51) ? Ne sommes-nous pas entrés dans « l’épreuve finale devant ébranler la foi de nombreux croyants, dans cette imposture religieuse apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la vérité (Catéchisme de l’Église catholique, n°675) » ? Le désir de ne pas déplaire au monde n’a-t-il pas trop souvent transformé le Magistère de l’Église en servile relais du mondialisme, en des domaines tels non seulement que l’immigration, mais la politique dite sanitaire contre le covid, la condamnation de la peine de mort au nom de l’évolution de la société, la reconnaissance officielle des paires d’invertis … Aussi l’Église apparaît-elle aux yeux des populations occidentales prenant conscience des malheurs dont l’Enfer les accable sous le masque d’un irénisme toujours plus pervers, liberticide et criminel, comme un puissant ennemi, qui ne peut être que vouée à la malédiction du Christ (Lc 6.26 ; Ga 1.8-10) … Et l’augmentation des baptêmes d’adultes ne doit pas faire oublier les départs de l’Église, dont la moitié des néophytes la quittent eux-mêmes cinq ans après leur baptême, d’où la réflexion lancée par la province ecclésiastique de Paris sur leur accueil et leur fidélisation. En effet, selon les rapports statistiques de 2025 et 2026, la tendance est marquée par une baisse des effectifs officiels, une chute de la pratique régulière et une crise des vocations. Ainsi, sur les cinq dernières années, en Europe, l’Église a perdu environ 17 millions de fidèles … Le christianisme représentait 66,1 % de la population de l’UE en 2021, contre 72 % en 2012, mais les projections pour 2026 confirment ce déclin continu, avec une part de catholiques tombée à environ 39,5 % de la population européenne totale … Pendant ce temps, au Nigéria où sévit le génocide des chrétiens demandé par Allah (Coran 9.30), l’Église reçoit plus de candidats au sacerdoce qu’elle ne peut en former !

Comment l’immigration islamique en Occident ne réaliserait-elle pas cette prophétie : « Les mille ans écoulés [c’est-à-dire le temps que dura la chrétienté : du IVe siècle à l’avènement des 3 R (Renaissance, Réforme, Révolution], Satan, relâché de sa prison, s’en ira séduire les nations des quatre coins de la terre, Gog et Magog, et les rassembler pour la guerre, aussi nombreux que le sable de la mer ; ils montèrent sur toute l’étendue du pays, puis ils investirent le camp des saints, la Cité bien-aimée. (Ap 20.7-9) » Et si l’Ennemi, le Diable, agit, c’est grâce au fait que les serviteurs du Christ dorment (Mt 13.24-43) … L’exclusion des non-musulmans partout où l’islam est devenu majoritaire, jusque dans les quartiers islamisés d’Europe, conformément à la volonté d’Allah (Coran 2.193 ; 9.33), pointe l’inaction de l’Église, devenue le chantre enthousiaste de l’immigration, et donc de l’islamisation de l’Occident … Quelle responsabilité pour les membres de sa hiérarchie ayant laissé le champ du Maître être empoisonné, de sorte que le salut et souvent la vie même des “Fils du Royaume” sont menacés par la proximité des “Fils du Mauvais” … Le peuple de Dieu a été trompé par nombre de ses chefs ayant falsifié la Parole de Dieu (2 Co 2.17) jusqu’à faire de l’accueil de l’étranger un devoir évangélique, confondant envahisseur et hôte de passage 3 tout en ignorant superbement le commandement de ne pas accueillir quiconque rejette l’Évangile, et donc, en particulier, tout musulman digne de ce nom (2 Jn 1.10-11) !

Alors que le Pape François lançait le synode sur la Famille,4 nous proposions l’ouverture d’un synode universel sur le défi lancé par l’islam, mais un synode où l’on ne se croirait pas obligés d’inviter des autorités musulmanes chargées de valider les considérants de la réflexion, et, partant, les décisions ! Quel état-major, en effet, demande à l’état-major ennemi de lui envoyer des conseillers pour élaborer sa stratégie ? Notre proposition ne rencontra, bien sûr, et hélas, qu’indifférence et mépris … tout comme le cri d’alarme de quelques évêques aux prises quotidiennes avec l’islam, tel celui de Mgr Beylouni, archevêque d’Alep, lors du Synode sur l’Europe en 1999 :

« Depuis l’apparition de l’Islam au VIIe siècle, les musulmans n’ont jamais accepté l’intégration dans une culture autre que la leur. Ils ont leur propre loi, la Charia, qui règle tout : la vie religieuse, sociale et politique. Pour eux, le monde est divisé en deux : la “Maison de l’Islam” (Dar al-Islam) et la “Maison de la Guerre” (Dar al-Harb). Tout ce qui n’est pas musulman doit le devenir, soit par la persuasion, soit par la force. En Europe, les musulmans jouissent de toutes les libertés : liberté de culte, liberté d’expression, liberté de construire des mosquées, de créer des écoles. On leur donne tout au nom de la démocratie et des Droits de l’Homme. Mais dans nos pays d’Orient, nous, chrétiens, nous n’avons rien de tout cela. Nous sommes des citoyens de seconde zone. Nous ne pouvons pas construire d’églises sans des permis impossibles à obtenir. Nous ne pouvons pas évangéliser. Si un musulman devient chrétien, il risque la mort ou l’exclusion sociale. Le dialogue ne peut pas être un monologue. L’Église et l’Europe doivent exiger la réciprocité. On ne peut pas accepter que les droits soient tous d’un côté et les devoirs de l’autre. Si l’Europe continue à ouvrir ses portes sans rien demander en échange pour les minorités chrétiennes en terre d’Islam, elle se prépare un avenir difficile. Les musulmans utilisent vos libertés pour implanter leur système, mais ils n’accepteront jamais votre laïcité s’ils deviennent majoritaires. L’Europe doit retrouver ses racines chrétiennes. Si elle reste un vide spirituel, elle sera absorbée. Le dialogue doit être un dialogue de vérité, et non une simple politesse diplomatique qui ignore la souffrance de nos fidèles. »,

ou celui de Mgr Amel Nona, archevêque chaldéen de Mossoul (Irak), en août 2014 :

« Notre souffrance actuelle est un prélude à celle que vous, Européens et chrétiens occidentaux, souffrirez dans un futur proche. J’ai perdu mon diocèse. Le siège de mon archevêché a été occupé par des radicaux islamistes qui veulent que nous nous convertissions ou que nous mourions. Mais ma communauté est toujours vivante. S’il vous plaît, essayez de nous comprendre. Vos principes libéraux et démocratiques n’ont aucune valeur ici. Vous devez reconsidérer la réalité de l’Islam, car vous accueillez un nombre croissant de musulmans en vos pays. Vous aussi, vous êtes ainsi en danger. Vous devez prendre des décisions courageuses et éclairées, au risque de contredire vos principes. Vous croyez que tous les hommes sont égaux, mais ce n’est pas une chose certaine. L’Islam ne dit pas que tous les hommes sont égaux. Vos valeurs ne sont pas leurs valeurs. Si vous ne comprenez pas cela assez vite, vous deviendrez les victimes d’un ennemi que vous aurez accueilli dans votre propre maison. »

Nous le redisons, même si le « vénéré prédécesseur » de Léon XIV a enseigné que « Dieu nous aime tous et nous sauvera tous (15.09.2021) » : « Les lâches n’hériteront pas du Royaume des Cieux ! (Ap 21.8) »

La Russie est enfermée dans cette guerre en Ukraine, qui l’affaiblit de plusieurs façons

Jean-Baptiste Noé, docteur en histoire et rédacteur en chef de la revue Conflits, a été interrogé dans La Nef du mois d’avril. Extrait :

La Russie est-elle le grand perdant des dernières séquences américaines, après la chute de ses alliés Bachar El-Assad, Nicolas Maduro et Ali Khamenei ?

Il est indéniable que la Russie, même si elle continue à contrôler le terrain en Ukraine, a perdu des soutiens importants. On le voit avec la chute d’Assad en Syrie, avec le Venezuela où une entente s’est nouée avec les États-Unis, et probablement, dans les mois qui viennent, avec Cuba également. La situation en Iran suit une logique similaire. La Russie se retrouve aujourd’hui dans l’incapacité de soutenir ses alliés, et le matériel qu’elle a fourni s’est révélé de moins bonne qualité que ce qui était annoncé.

La Russie est enfermée dans cette guerre en Ukraine, qui dure depuis cinq ans et l’affaiblit de plusieurs façons : pertes humaines, fuite de cadres et de populations éduquées, morts et blessés au combat, coût économique considérable, inflation générée par le conflit. Elle perd également ses alliés en Asie centrale, et ce qu’on appelait l’axe bolivarien n’est plus que l’ombre de lui-même. L’enjeu pour la Russie sera de parvenir à reconstituer ses réseaux d’alliances et à se réorganiser dans un monde où ses soutiens ont été soit renversés, soit très fortement affaiblis.

Comment voyez-vous l’issue de la guerre en Ukraine? Qui sont les gagnants et les perdants de ce conflit ?

L’issue de la guerre en Ukraine dépend de nombreux facteurs et il est impossible de prédire l’avenir. Il n’y a pas d’un côté des gagnants et de l’autre des perdants : chaque camp a à la fois gagné et perdu, selon l’angle d’analyse. Pour ce qui est de l’Ukraine, elle perdra des territoires: environ 20 % sont occupés par la Russie et son armée n’aura pas les moyens de les récupérer. L’Ukraine a perdu des hommes, morts ou blessés. Mais elle a gagné une indépendance totale, intellectuelle et culturelle. Pour elle, c’est une véritable guerre d’indépendance, qui l’a émancipée de la Russie, y compris sur le plan religieux avec l’orthodoxie ukrainienne. L’Ukraine a conquis son statut de pays occidental. Du côté de la Russie, le bilan est autre. Elle a gagné des territoires, elle a assuré le rattachement de la Crimée et la continuité territoriale avec celle-ci. Mais elle a perdu ce qu’on appelait autrefois son « étranger proche », c’est-à-dire l’Asie centrale. Elle a perdu une grande partie de sa jeunesse, décédée ou partie, et une partie de son crédit sur la scène internationale, notamment auprès de l’Inde et de la Chine. […]

Rien ne va plus au Planning familial

Mardi 31 mars, une vingtaine de personnes étaient présentes au piquet de grève tenu par les salariées CGT du Planning familial 41, en raison de dysfonctionnements structurels. Elles réclamaient de meilleures conditions de travail pour pallier la charge.

Sont notamment pointées du doigt de multiples démissions causées par un épuisement professionnel. La dixième date d’un peu plus d’un mois.

Le matin même, elles ont appris la démission de plusieurs membres du conseil d’administration.

Il serait temps de changer de métier.

Un monde s’effondre. Mais le Christ est vivant !

du Frère Edouard-Marie Gallez pour Le Salon beige :

Notre Semaine Sainte 2026 (celle de ceux qui suivent le calendrier julien sera la semaine prochaine) s’ouvre sur la perspective d’un monde qui s’écroule. C’est un monde de mensonges. La corruption généralisée qui y règne n’est qu’une autre manière de parler de ces mensonges et manipulations qui gangrènent l’économie, la finance et la morale. Le père du mensonge est Satan (Jn 8,44), faut-il rappeler. Depuis 2020, on a eu les mensonges mondiaux portant sur les injections de poison et les confinements ; il y en a davantage encore maintenant, et la misère qui en découle sera encore plus générale.

Le détroit d’Ormuz, l’Arabie à gauche et l’Iran à droite

La réalité dépasse toujours les analyses politiques, souvent si superficielles. Rationnellement, l’échec de la « guerre des 12 jours » (du 13 au 24 juin 2025) aurait dû détourner le premier ministre israélien Netanyahou de recommencer une guerre contre l’Iran, sans parler du pauvre Liban. Car ce qu’il a lancé est une folie destructrice entraînant son propre pays, dans une espèce de sacrifice absurde. Pourquoi ? Est-ce simplement en vue de la réalisation du Grand Israël selon le plan Oded Yinon de 1982 ? Ou est-ce une question de suprémacisme à la mode du ministre des finances, Bezalel Smotrich, dans une sorte d’affrontement entre deux suprémacismes – l’autre étant celui de l’islam –, qui conduit à des guerres d’anéantissement réciproque ? Un facteur plus déterminant semble entrer en jeu : des eschatologies radicalement perverses.

Ici, les analyses humaines tournent court ; la foi chrétienne est nécessaire pour comprendre : on se situe dans le domaine de fausses fois. En effet, certains groupes très puissants croient en un Messie apocalyptique qui, pour advenir, attendrait que le mal soit totalement répandu sur la terre. En conséquence, ils croient que, pour le faire venir, il faut causer le plus de chaos et de maux possibles. Cette conviction démente, qui revient à dire que le mal est un bien, était particulièrement au cœur de la doctrine du faux messie Jacob Frank (18e siècle) ; elle continue dans ceux de ses disciples actuels qui dominent le sionisme, mais elle inspire également certains dirigeants chiites.

Il ne s’agit pas du Messie Jésus réel, le vrai Rédempteur divin : ce n’est pas lui qu’attendent les uns et les autres. Du côté juif, un certain courant pseudo-spirituel va jusqu’à dire que le Messie serait Israël lui-même, qui doit dominer le monde. Du côté iranien chiite, ce n’est pas non plus Jésus Rédempteur qui est attendu mais un « Messie Jésus » musulman qui devrait redescendre du Ciel sur la terre, et, selon beaucoup, être précédé de peu par Mohammad al-Mahdi, le douzième Imam, qui surgira du puits situé derrière la mosquée de Jamkarân, en périphérie de Qom. L’une dans l’autre, ces eschatologies apocalyptiques prônent un même chaos universel : l’ennemi n’est plus simplement un État à abattre, mais le monde entier, qui doit être plongé dans le chaos et la misère pour qu’advienne le contrôle techno-planétaire absolu qu’établira le Messie. « Ordo ab chao » (l’ordre naîtra du chaos), selon une devise bien connue d’inspiration maléfique. Pour être complet, mentionnons encore les sionistes protestants américains qui, eux aussi, croient que les guerres d’Israël vont faire arriver le Messie – en l’occurrence un Jésus assez problématique.

Le chaos mondial et la misère, on va les avoir. Ils sont même déjà là. Spirituellement, l’Église latine aurait pu s’y opposer en enseignant la véritable eschatologie qui détourne des folies religieuses – une eschatologie que les chrétiens d’Orient n’ont jamais oubliée. Jésus va se manifester de façon à être vu par tous les hommes en même temps (donc il ne redescendra en aucun lieu particulier de la terre) ; de la sorte, il sera le Juge de ceux qui le refuseront, car ces derniers seront incapables de subsister face à son évidence. Pour l’humanité, ce sera une grande délivrance ; une période de reconstruction pourra s’ouvrir sous la direction « des Justes », indique saint Irénée. Mais d’abord, hélas, se sera manifesté l’anti-christ, le tyran mondial impie qui voudra se faire adorer par tous les humains à la place du Sauveur (2 Th 2,3-5).

Si l’on a compris cela, on comprend en même temps la nécessité de dire à tous les adeptes des fausses eschatologies destructrices, qu’ils ne travaillent ni pour Dieu ni pour la venue du Messie : le chaos n’amène que la destruction et la mort, et les idéologies promettant un monde meilleur avant la venue du Christ en gloire servent seulement à tromper et à manipuler les gens de bonne foi. Naïfs ou pas, ceux qui s’imaginent œuvrer à un monde idéal travaillent en réalité pour l’anti-christ. Comme cela est dicible, cela doit être dit, et il faut que les chrétiens se forment à cette fin. Car le monde a besoin de leur parole pour ne pas sombrer dans ces eschatologies démentes.

Devant faire face, dès le début de son pontificat, à des oppositions très bien organisées, Benoît XVI n’a pu que dire par allusion ce qu’il voulait dire, en professeur qui s’adresse à ceux de ses élèves qui veulent bien comprendre (cf. Spe Salvi). Entretemps, des mystiques ont parlé de la Venue glorieuse (et de l’anti-christ), généralement en images. Il fallut attendre 2016 avec La venue glorieuse du Christ, espérance pour le monde de Françoise Breynaert (préface de Mgr Dominique Rey) pour avoir enfin un exposé rigoureux et théologique de la vraie eschatologie chrétienne. Dix ans plus tard, l’ouvrage reste tout aussi unique. Des milliers de chrétiens ont certes compris, mais rien n’a bougé dans une Eglise latine dont le souci principal semble être devenu « l’inclusion ». Quant à l’Orient, les chrétiens qui sont sous l’oppression et les bombes peuvent difficilement se faire entendre, la survie prenant toutes les énergies.

Nous sommes la lumière du monde (Mt 5,14). A un détail près : il faut la foi et l’espérance. Et les redécouvertes relatives au christianisme des origines y aideront beaucoup. Jésus est ressuscité, il est vraiment ressuscité !

Père Edouard-Marie

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Note sur l’Iran : Le régime iranien n’a rien de sympathique, il persécute les convertis chrétiens. On a parlé quelque peu de son oppression durant la deuxième semaine de janvier, à cause des émeutes qui avaient commencé le 28 décembre 2025 déjà, au départ du bazar de Téhéran, devant 65% d’inflation. Puis la contestation s’était étendue, non sans l’appui des services israéliens et américains. La répression a été terrible (voir ici, ici et ici), mais les médias ont vite classé l’affaire pour éviter de critiquer l’islam, qui est au fondement de la tyrannie des mollahs iraniens depuis 1979. A peine a-t-on entendu quelques témoignages.

Au demeurant, le prétexte d’aider le peuple iranien, invoqué par les israélo-américains pour attaquer le pays, a vite été abandonné. Car le but réel n’a jamais été un changement de régime, pas plus qu’en Irak ou en Lybie : le but est la destruction de l’Etat et l’instauration du chaos. Les missiles israélo-américains ont d’ailleurs visé la prison de Téhéran où sont détenus des opposants au régime iranien, et même la résidence d’autres de ses opposants. Et l’attaque contre une école de filles dès la première vague des missiles ne pouvait avoir comme effet que de souder la population derrière ses dirigeants, aussi cruels soient-ils. Car les Iraniens ont compris que c’est leur nation qui était visée comme telle.

Fermeture du Salon beige [Addendum : Poisson d’avril]

J’ai pris la décision de fermer le site Le Salon beige que j’anime depuis plus de vingt ans.

L’aventure avait commencé en décembre 2004, alors que le phénomène des blogs émergeait dans la sphère internet, nouveaux contre-médias venant perturber la pensée unique diffusée par l’ensemble des médias. A cette époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, Rocco Buttiglione pouvait être tranquillement lynché dans toute la presse pour ses positions pro-vie, sans que personne ne s’indigne de ce traitement. Le lundi de Pentecôte était sauvegardé par le militantisme de quelques groupes spontanés, alors que tous les corps intermédiaires ou presque, de même que l’épiscopat, étaient prêts à sacrifier ce jour férié hérité du Concordat. A peine élu, Benoît XVI était traité de nazi au moyen de grossiers montages, la caste politico-médiatique nous vantait les bienfaits de la Constitution européenne et les banlieues connaissaient des émeutes sanglantes. Le Salon beige a contribué à démonter les intox et autres fakes news qui ont fissuré l’archipel du mensonge.

Depuis, les temps ont changé, nos idées ont retrouvé droit de cité dans la société et c’est pourquoi Le Salon beige estime avoir accompli sa mission.

Le temps est loin où l’on pouvait lire dans le JDD : “des sites catholiques souvent proches de l’extrême droite, comme le Salon beige“. C’était le 3 décembre 2006 à propos du Téléthon :

Le Salon beige fêtait déjà ses deux ans. Aujourd’hui, le JDD a changé de patron et a rejoint, selon les médias mainstream, cette proximité avec la strème-droâte… tout comme CNews et Europe 1. Se sont ajoutés dans cet univers réactionnaire de nombreux médias comme TV Libertés, L’Incorrect, Frontières, Boulevard Voltaire, Causeur… et j’en oublie. Le Figaro a créé Figarovox et n’hésite plus à dénoncer l’euthanasie comme l’immigration, Marianne et Le Point évoquent aussi des sujets qui étaient hier tabous, Valeurs Actuelles s’est redroitisé et diffuse sans complexe des tribunes de la Marche pour la vie. France catholique connaît une nouvelle croissance…

Sur le plan du militantisme, Le Salon beige a accompagné la renaissance de la Marche pour la vie en 2005 et la création de Marches locales ainsi que d’associations pro-vie, l’institutionnalisation des Veillées pour la vie, la création de la Manif Pour tous, devenue Syndicat de la famille, et du formidable réveil de 2013, qui a permis la naissance de moult associations comme les Eveilleurs et les Juristes pour l’enfance. L’ECLJ, qui existe depuis plus longtemps, a bénéficié en 2007 d’un statut consultatif spécial auprès des Nations unies et est désormais accrédité auprès du Parlement européen. Des associations en faveur de la famille ont également été créées comme les Accueils Louis et Zélie, et les écoles libres connaissent une croissance extraordinaire. Le Salon beige se félicite d’avoir accompagné cette renaissance. Concernant la laïcité agressive, elle a reculé tandis que les crèches publiques se répandent à l’approche de Noël et il devient difficile de les recenser, les processions, marginales il y a quelques années, se sont répandues dans tous les diocèses, les pèlerinages se multiplient dans toutes les régions, de jour comme de nuit…

Sur le plan politique, nos idées ne sont plus isolées, même si le combat pro-vie est encore loin d’être gagné. L’Assemblée et même le Sénat voient des élus défendre le respect de la vie à la tribune, des mairies défendent les familles ou la liberté scolaire. Même au Parlement européen, les convictions pro-vie ont désormais droit de cité.

Fort de constat, je laisse le soin à tous ces organismes de poursuivre le combat et, pour ma part, je me retire pour une retraite que j’estime méritée.

Vous pouvez encore m’écrire quelques temps, avant que je ferme cette boîte mails, à [email protected] ou laisser votre commentaire sur ce livre d’or en ligne.

Addendum 18h30 : Ceux qui auront cliqué sur le lien juste au-dessus auront vu apparaître le gros poisson de ce 1er avril. Pour les autres, désolé de vous avoir fait peur, ou de vous avoir donné une fausse joie, c’est selon…, mais Le Salon beige ne compte pas fermer boutique, tant que Dieu me prête vie.

Vendredi Saint : le préfet de Moselle retire son arrêté

Sans attendre la décision du tribunal administratif de Strasbourg, suite au recours en référé déposé par l’intersyndicale FO, CFDT, CGT, CFTC, CFE-CGC, contre l’arrêté du préfet de la Moselle autorisant l’ouverture des commerces le Vendredi Saint, le préfet Pascal Bolot est revenu sur son arrêté.

Dans un communiqué, il explique :

«Par un arrêté en date du 23 mars 2026, j’ai autorisé, à titre exceptionnel, l’ouverture des commerces de détail dans l’ensemble des communes du département le vendredi 3 avril 2026.

Cette décision n’avait pour objet ni la remise en cause du droit local applicable en Alsace-Moselle, ni le caractère férié du Vendredi saint, auquel les Mosellans sont profondément attachés.

Elle s’inscrit pleinement dans le cadre des dispositions du droit local, aujourd’hui intégrées au Code du travail, qui permettent à l’autorité administrative que je représente d’adapter, de manière uniforme à l’échelle départementale, les conditions d’ouverture des commerces, sans se limiter aux seules communes dotées d’un temple protestant ou d’une église mixte.

Cette décision s’appuie donc sur les possibilités prévues par la loi et permet, de manière encadrée et exceptionnelle, d’adapter les règles en vigueur, tout en respectant pleinement les principes auxquels chacun demeure attaché.

Néanmoins, sans préjuger de la décision du tribunal administratif de Strasbourg, saisi par des organisations syndicales, je suis attentif aux réactions que cette décision a suscitées, tant au sein des communautés chrétiennes qu’auprès des commerçants, qui font part des difficultés concrètes rencontrées pour organiser l’ouverture de leurs établissements dans un délai contraint.

Conscient que ce changement appelle une concertation plus élargie et mieux anticipée, il m’apparaît préférable de reconduire, pour cette année, la fermeture des commerces de détail dans l’ensemble du département.

J’engagerai, dans les mois à venir, un dialogue avec l’ensemble des acteurs concernés afin d’envisager, de manière apaisée et collective, les conditions de sa mise en oeuvre à l’horizon 2027.»

Pourquoi faire des économies quand on peut balancer l’argent du contribuable par les fenêtres ?

Lu dans Les 4 Vérités :

Alors que la planète s’embrase et que les prix du gaz et du pétrole s’envolent, le gouvernement Lecornu vient enfin d’annoncer un « plan ».

Comme toujours dans ce monde de clientélisme électoral, ce plan ne consiste pas à baisser les charges mais à distribuer des chèques. Il n’est pourtant pas nécessaire d’être particulièrement doué en économie pour comprendre que les baisses de charges, redonnant instantanément à tous du pouvoir d’achat, sont considérablement plus justes que les aides et les subventions. Elles sont d’ailleurs aussi plus efficaces, puisqu’elles évitent de passer par des usines à gaz redistributrice – sans mauvais jeu de mots.

Les baisses de charges sont enfin mieux ciblées et évitent les effets d’aubaine puisque ceux qui en profitent le plus sont aussi ceux qui consomment davantage d’énergie.

Mais, la devise du gouvernement « français » est empruntée aux shadoks : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? (ajoutons : pourquoi faire des économies quand on peut balancer l’argent du contribuable par les fenêtres ?)

Bref, M. Lecornu et son équipe de pieds nickelés ont choisi de faire un « mini-plan » à base de « chèques ciblés ». Mini, il le sera, certes : alors que les Français achètent plus de 130 millions de litres de carburant par jour et qu’en moyenne, les carburants ont augmenté de 60 centimes par litre depuis le mois de janvier, le gouvernement propose un plan de 70 millions d’euros – c’est-à-dire un plan qui ne couvre même pas la hausse pour un seul jour de consommation !

Il n’est d’ailleurs pas inintéressant de noter qu’au prix actuel (autour de 2,20 euros le litre de gazole), l’État engrange plus de 170 millions d’euros de taxes sur les carburants par jour – soit pas loin de 50 millions d’euros de plus (je dis bien : par jour) qu’en 2025. Autant dire que nos « chers » dirigeants se moquent du monde. Il vaut mieux ne rien faire qu’agir ainsi.

Mais cette farce grotesque (et coûteuse) est révélatrice des obsessions de nos gouvernants : ils sont incapables de penser à des réductions de charges (persuadés de faire notre bonheur malgré nous) et ne peuvent imaginer que des chèques pour s’acquérir une nouvelle clientèle électorale. Le problème, comme disait naguère Margaret Tatcher, avec le socialisme, c’est que vous finissez un jour par avoir dépensé tout l’argent des autres. Nous y sommes.

Le diocèse de Paris annonce le pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté

Sur le site internet du diocèse de Paris. Merci à Mgr Ulrich pour cette délicate bienveillance :

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Et si on s’interrogeait sur les fondements de la démocratie ?

Une semaine après le second tour des élections municipales, la France reste un peu sonnée par les changements que certains résultats annoncent pour l’avenir de notre pays et, très concrètement, celui de nos enfants. Le projet de loi sur l’euthanasie que les plus hautes autorités civiles veulent à tout prix voir inscrit dans la loi « avant l’été » traduit également une terrible course aux abîmes. Derrière les projets d’une « Nouvelle France » et des lois de mort, le Christ continue d’être combattu, moqué, ridiculisé, flagellé afin que toute référence chrétienne disparaisse définitivement.

C’est pourquoi le Club des Hommes en noir a voulu aller au cœur des choses plutôt que de nous contenter de l’écume des résultats électoraux. Cette semaine, Philippe Maxence reçoit l’écrivain et philosophe Maxence Hecquard pour la quatrième édition de son livre, Les Fondements philosophiques de la démocratie moderne (éditions des Tilleuls, préface de Pierre Magnard). Cette plongée au cœur du monde dans lequel nous vivons permet de saisir les ressorts et la cohérence d’un système bâti comme une négation de Dieu et de l’ordre qu’il a créé.

“Etre missionnaire, avant même d’agir, requiert une manière d’être et de vivre les relations”

Lundi, le Saint-Père Léon XIV a reçu en audience trois communautés monastiques bénédictines : la communauté monastique de l’abbaye Sainte-Scholastique de Subiaco ; la communauté monastique de l’abbaye Santa Maria del Monte de Cesena ; et les moniales bénédictines de l’abbaye Sainte-Scholastique de Bari. Extrait de son discours :

[…] Saint Benoît, au chapitre IV de la Règle , nous exhorte, en indiquant ce que sont les « instruments des bonnes œuvres », à « veiller sans cesse sur les actions de notre vie » (48). Vous, moniales et moines bénédictins contemplatifs, savez combien la prière et la lecture priante de la Parole de Dieu, en particulier la Lectio divina, contribuent à cette vigilance, permettant à ceux qui les pratiquent de comprendre la vérité sur eux-mêmes, de reconnaître leurs faiblesses et leurs péchés, et de célébrer les grâces et les bénédictions du Seigneur. C’est ainsi que se fortifie en nous le désir de lui appartenir et que se confirme notre vœu de consécration. Que l’Écriture soit donc toujours « nourriture pour votre contemplation et votre vie quotidienne, afin que vous puissiez partager cette expérience transformatrice » (François, Constitution apostolique Vultum Dei quaerere , 19).

Le chemin de sanctification d’une personne consacrée, d’une religieuse, si riche soit-il de ferveur et d’inspiration, ne saurait se réduire à un simple parcours personnel. Il comporte une dimension communautaire essentielle, où la proclamation de la libération pascale prend forme dans le service fraternel, reflet de l’amour universel du Christ pour l’Église et pour l’humanité.

En ce sens, la synodalité, promue par le pape François comme fondamentale pour la vie de l’Église, se traduit, au monastère, par la pratique quotidienne du cheminement commun : l’écoute mutuelle, le discernement communautaire sous la conduite de l’Esprit Saint, la communion avec l’Église locale et la famille bénédictine. Elle se manifeste dans l’assemblée fraternelle, la prière commune et les décisions partagées, où autorité et obéissance s’unissent dans le dialogue, pour chercher ensemble la volonté de Dieu. La vie monastique ne saurait se réduire à un simple repli sur soi. Elle est un instrument pour faire naître dans le cœur des disciples un amour semblable à celui du Maître, un amour prêt à partager et à aider, même entre monastères. Ainsi, dans un monde souvent marqué par le repli sur soi et l’individualisme, la vie monastique sera de plus en plus un modèle pour tout le peuple de Dieu, nous rappelant qu’être missionnaire, avant même d’agir, requiert une manière d’être et de vivre les relations.

Il convient ici d’évoquer un aspect particulier du travail missionnaire cloîtré : l’intercession, par laquelle la Parole, faite prière, nous unit au Christ Médiateur, qui intercède pour nous (cf. He 7, 25). Intercéder est le privilège des cœurs qui battent à l’unisson avec la miséricorde de Dieu (cf. Catéchisme de l’Église catholique,  2635 ), prêts à recueillir et à présenter au Seigneur les joies et les peines, les espoirs et les angoisses des hommes d’aujourd’hui et de tous les temps (cf. Concile œcuménique Vatican II, Constitution pastorale Gaudium et Spes , 1), et c’est là un aspect primordial et fondamental de l’œuvre qui vous est confiée.

Anne, la prophétesse, en est un exemple. « Elle ne quittait jamais le temple, mais y servait Dieu nuit et jour, par le jeûne et la prière » ( Lc 2, 37) . Veuve et désormais âgée, elle avait fait de la maison de Dieu sa demeure. La prière et l’ascèse l’ont conduite à reconnaître le Messie dans l’enfant pauvre et anonyme présenté par Marie et Joseph : elles lui ont permis de saisir, au cœur de l’histoire, l’intervention divine et d’en faire une annonce prophétique de joie et d’espérance pour tout le peuple d’Israël. […]

Affirmer des vérités bibliques, chrétiennes et scientifiques expose à la raillerie, à la marginalisation et aux poursuites judiciaires

La « tolérance libérale » contemporaine révèle une fois de plus son vrai visage. Par une courte majorité de 3 voix contre 2, la Cour suprême finlandaise a reconnu coupable le député démocrate-chrétien Päivi Räsänen (ancienne ministre de l’Intérieur) d’« incitation à la haine » pour avoir exprimé ses convictions sur le mariage et l’éthique sexuelle dans une brochure publiée il y a plus de vingt ans.

Mme Räsänen avait été condamnée, avec l’évêque luthérien Juhana Pohjola, pour avoir publié une brochure pour leur église en 2004. La condamnation portait sur la « rédaction et la diffusion publique d’un texte insultant un groupe », à savoir les homosexuels. La Cour suprême a toutefois acquitté à l’unanimité Mme Räsänen d’un tweet de 2019 contenant un verset biblique. Mme Räsänen et M. Pohjola avaient auparavant été acquittés à l’unanimité de toutes les charges par deux juridictions inférieures.

Le jeudi 26 mars, la Cour suprême finlandaise a prononcé des amendes pénales s’élevant à plusieurs milliers d’euros. À ce jour, aucune autorité européenne n’est intervenue pour dénoncer ce scandale ni pour exiger des explications quant au fonctionnement du système judiciaire finlandais et à son respect des droits fondamentaux, notamment la liberté de religion, de pensée et d’expression. Lors d’une conférence de presse suivant sa condamnation, l’ancienne présidente des démocrates-chrétiens s’est dite

« choquée et profondément déçue que le tribunal n’ait pas reconnu mon droit fondamental à la liberté d’expression. Je reste fidèle aux enseignements de ma foi chrétienne et continuerai de défendre mon droit, ainsi que celui de toute personne, à exprimer publiquement ses convictions ».

Elle examine actuellement, avec ses avocats, dont une équipe de l’Alliance pour la défense des libertés, la possibilité de se pourvoir devant la Cour européenne des droits de l’homme.

Cette condamnation a été déclenchée par la publication en 2004 d’une brochure dont le titre peut se traduire par « Il les créa homme et femme : les relations homosexuelles remettent en question la conception chrétienne de l’humanité ». Ce titre n’a rien de choquant ni d’erroné ; pourtant, dans l’Europe libérale actuelle, affirmer des vérités bibliques, chrétiennes et scientifiques expose à la raillerie, à la marginalisation et aux poursuites judiciaires. La brochure a été publiée sur les sites web de la Fondation Luther Finland et du Diocèse missionnaire évangélique luthérien de Finlande, deux groupes au sein de l’Église évangélique luthérienne, dominante dans le pays, qui s’opposent au mariage homosexuel et à l’ordination des femmes. Outre Päivi Räsänen, le tribunal a également reconnu Juhana Pohjola coupable d’« incitation à la haine contre un groupe minoritaire », et l’a condamné à 20 jours de prison ou à une amende de 1 800 euros.

Le tribunal a estimé que la brochure rédigée par Räsänen et publiée par Pohjola décrivait l’homosexualité comme un « trouble du développement psychosexuel » et une « anomalie sexuelle », propos jugés dénigrants envers les homosexuels en tant que groupe, en raison de leur « orientation sexuelle ». Le procureur avait également requis une condamnation pour « incitation à la haine », en lien avec une publication de Räsänen sur les réseaux sociaux en 2019, mais cette accusation a été rejetée. Räsänen et Pohjola ont nié toutes les charges à chaque étape du procès, qui a débuté devant le tribunal de district d’Helsinki, lequel a prononcé un non-lieu début 2022. Cet acquittement a été confirmé à juste titre par la cour d’appel d’Helsinki fin 2023. Cependant, la Cour suprême, après avoir fait droit au pourvoi du parquet, a confirmé partiellement les charges.

En Islande, un prêtre catholique, le père Jakob Rolland, connaît une épreuve similaire, suite à une plainte déposée par la police de Reykjavik contre des propos tenus lors d’une interview accordée à la chaîne de télévision islandaise RÚV. Il y critiquait l’interdiction, dans le pays, des « thérapies de conversion », c’est-à-dire l’approche visant à aider les personnes en questionnement sexuel à retrouver leur identité sexuelle biologique. Le prêtre avait également déclaré que l’Église n’excluait pas l’aide aux homosexuels et leur offrait la possibilité de participer pleinement à la vie quotidienne de la communauté, aux offices et à la prière, car

« la conversion est un mot clé dans la vie quotidienne des catholiques. Nous nous efforçons constamment de nous détourner du mal pour nous tourner vers le bien. »

Les élèves réalisent un film muet… et vous invitent à soutenir leur école !

À la Maison d’éducation Pauline Marie Jaricot, nos élèves ne se contentent pas de suivre des cours : ils créent, inventent, osent ! Leur dernier projet ? Un film muet entièrement imaginé, mis en scène et joué par elles, fruit de leur créativité et de leur esprit d’équipe.

Ce film est bien plus qu’un simple exercice artistique : il est le reflet de l’énergie, du talent et de l’engagement de nos élèves et de notre équipe pédagogique. Et aujourd’hui, il devient le moyen de soutenir notre école pour que ces projets uniques continuent de voir le jour.

Pour que nos élèves puissent continuer à s’épanouir dans un cadre éducatif stimulant et complet, votre soutien est essentiel.
👉 Faites un don pour l’école via HelloAsso :  https://www.helloasso.com/associations/maison-d-education-pauline-marie-jaricot/formulaires/1

Et contribuez directement à leur réussite !

Le patriarche latin de Jérusalem peut à nouveau accéder au Saint-Sépulcre

Après avoir été empêché, par la police israélienne, d’accéder à la basilique du Saint-Sépulcre pour célébrer la messe des Rameaux, le patriarche latin de Jérusalem a de nouveau été autorisé à y accéder, a déclaré lundi 30 mars le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

“J’ai donné l’instruction aux autorités compétentes d’accorder au cardinal Pierbattista Pizzaballa un accès total et immédiat à la basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem”.

C’est pour des raisons de sécurité qu’Israël a demandé aux fidèles chrétiens, juifs et musulmans de “s’abstenir temporairement” de se rendre dans les lieux saints de la Vieille Ville, a-t-il soutenu, assurant que “les lieux saints des trois religions monothéistes à Jérusalem” ont dernièrement été ciblées par “des missiles balistiques” de l’Iran.

Sauf que le cardinal Pierbattista Pizzaballa devait célébrer la messe en petit comité, faute de fidèles, au Saint-Sépulcre et même cette célébration a été interdite.

Netanyahu a ajouté :

“Toutefois, compte tenu de la semaine sainte qui s’ouvre pour les chrétiens dans le monde, les forces de sécurité israéliennes élaborent un plan pour permettre aux responsables religieux de prier (au Saint-Sépulcre) dans les prochains jours”.

Prise en compte de l’impossibilité de l’application pratique de Traditionis custodes

De Jean-Pierre Maugendre sur Renaissance catholique :

À l’occasion de l’assemblée plénière de printemps de la Conférence des Evêques de France, du 23 au 27 mars, le cardinal Parolin, secrétaire d’Etat de Sa Sainteté, a adressé, au nom du pape Léon XIV, un message à l’auguste assemblée.

Ainsi donc il faudrait pour avoir liturgiquement droit de cité dans l’Eglise être fidèle aux « orientations voulues par Vatican II en matière de liturgie ». Il est à craindre qu’à l’aune de ce principe, 95% des célébrations selon le rite réformé ne soient déclarées objectivement infidèles aux orientations du dit concile. Ainsi l’article 36 de la constitution sur la liturgie Sacrosanctum concilium (4 décembre 1963) rappelait : « L’usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins ». Chacun sait qu’il n’en fut rien et qu’il n’en est toujours rien sans que cela ne semble susciter la moindre réaction épiscopale. Il en est de même de la célébration face au peuple, générale dans les célébrations Novus ordo. Il n’en est nulle part question dans Sacrosanctum concilium. Quant à la communion dans la main, largement répandue aujourd’hui, on ignore de quel texte conciliaire elle serait la mise en œuvre. L’impression désagréable qui se dégage de ce constat est que l’invocation du Saint Concile et l’exigence d’y être fidèle ne concernent que les traditionalistes, les forces de progrès ayant depuis longtemps dépassé ce stade de fidélité à la lettre du Concile pour en respecter l’esprit. Il serait pédagogiquement pertinent et intellectuellement cohérent que ceux qui n’ont que le concile Vatican II à la bouche commencent par en respecter les textes !

Il faut néanmoins observer qu’il n’est plus question dans ce document d’œuvrer à la disparition de la célébration de la messe romaine traditionnelle, qui était l’objectif affirmé du motu proprio Traditionis custodes (16/07/2021) du pape François affirmant que le missel réformé était « l’unique expression de la lex orandi du rite romain ». L’impossibilité de l’application pratique de Traditionis custodes semble ainsi avoir été prise en compte en haut lieu. Il faut ainsi espérer que va s’atténuer la véritable guérilla menée par un certain nombre d’évêques de France contre les communautés ou les prêtres célébrant selon le Vetus ordo. Hostilité active qui se manifeste selon les diocèses par la limitation du nombre de personnes pouvant suivre le catéchisme, l’interdiction de célébrer les sacrements (baptêmes, confirmations) autres que la messe selon la forme traditionnelle, l’impossibilité de célébrer des mariages ou des baptêmes en dehors des lieux affectés à la célébration de la messe traditionnelle, voire l’éviction de certains diocèses. Il y a tout juste 60 ans, en 1966 donc avant la réforme liturgique, paraissait le célèbre ouvrage de Michel de Saint Pierre : Ces prêtres qui souffrent. L’auteur y narrait la manière dont a été marginalisée, ostracisée, mise à l’écart, voire persécutée toute une catégorie de prêtres dont le seul tort était de vouloir rester fidèles à la Tradition de l’Eglise. La situation ne s’est pas améliorée et croît chaque année la liste des prêtres, généreux et zélés, dont on apprend qu’ils ont pris un « temps de repos » pour se remettre d’une situation conflictuelle qu’ils ne parvenaient plus à assumer avec leur évêque.

Comment, enfin, dans le contexte actuel ne pas prendre en compte le fait que l’argumentation principale de la Fraternité Saint-Pie X pour justifier des sacres épiscopaux, éventuellement sans mandat pontifical, repose sur la précarité du statut des communautés globalement ex Ecclesia Dei, en butte aux vexations et marques d’hostilité des autorités épiscopales ? Vexations dont la Fraternité Saint-Pie X n’est d’ailleurs pas exempte puisque, dans certains diocèses, l’évêque diocésain n’accorde la délégation de pouvoir nécessaire à la validité des mariages que si ce mariage est célébré dans un lieu de culte de la Fraternité Saint-Pie X. « Qui n’a pas souffert par l’Eglise n’a pas souffert pour l’Eglise », Cardinal John Henry Newman.

Jean-Pierre Maugendre

Le “militant” libanais était un assassin…

Le nouveau maire RN de Grenay, Daisy Duveau, ainsi que Bruno Bilde, député RN du Pas-de-Calais, ont retiré à Grenay la plaque qui faisait du terroriste Georges Ibrahim Abdallah un citoyen d’honneur de la commune.

Mais pour BFM, il s’agit d’un “militant” :

Georges Ibrahim Abdallah a été condamné en à la perpétuité en 1987 pour complicité d’assassinat terroriste de diplomates américain et israélien.

Louisville verse 800 000 $ à un photographe qui avait contesté une ordonnance pro-LGBT

La ville de Louisville, dans le Kentucky, a conclu un accord avec une photographe de mariage qui contestait une ordonnance l’obligeant à travailler lors de cérémonies de « mariage » homosexuelles, en vertu duquel la ville doit payer 800 000 $ en frais d’avocat.

Chelsey Nelson, propriétaire d’un studio de photographie à Louisville, a intenté un procès à la ville en 2019 concernant son « Ordonnance sur l’équité », qui stipule que les entreprises ne peuvent refuser à un client la pleine et égale jouissance de biens, de services, de privilèges, d’avantages ou d’établissements publics en raison de divers attributs, notamment l’orientation sexuelle. Cette ordonnance interdit également aux entreprises de publier des communications suggérant une telle discrimination.

Selon l’Alliance pour la défense de la liberté (ADF), qui la représentait, cela signifiait que Nelson devait non seulement photographier des « mariages » homosexuels, mais qu’elle ne pouvait pas expliquer publiquement pourquoi elle souhaitait ne photographier que des unions monogames entre un homme et une femme. L’ordonnance n’avait pas encore été appliquée à son encontre, mais elle a intenté une action préventive afin de se protéger contre d’éventuelles atteintes à ses droits.

En octobre dernier, le juge Benjamin Beaton du district ouest du Kentucky a confirmé des décisions antérieures selon lesquelles la ville ne pouvait pas forcer Nelson à violer ses convictions religieuses, s’appuyant sur la décision de la Cour suprême des États-Unis de 2023 dans une affaire distincte selon laquelle le premier amendement de la Constitution américaine protégeait le droit d’un concepteur de sites web chrétien de ne pas produire de sites web pour des « mariages » homosexuels.

Mardi, l’ADF a annoncé que Louisville avait accepté de payer les honoraires des avocats.  Bryan Neihart, avocat principal de l’ADF, explique :

« Le gouvernement ne peut contraindre les Américains à dire des choses auxquelles ils ne croient pas ». « Pendant près de six ans, les autorités de Louisville ont tenté de le faire en menaçant de forcer Chelsey à promouvoir des opinions sur le mariage contraires à ses convictions religieuses. Ces menaces contredisent les principes fondamentaux du Premier Amendement, qui confèrent au peuple, et non au gouvernement, le droit de décider de ce qu’il convient de dire. Cet accord devrait servir d’exemple à Louisville : violer la Constitution américaine peut coûter cher. »

Nelson souligne :

« Le mariage étant très important pour moi, je prends soin de photographier et de partager sur mon blog chacune de ces cérémonies solennelles de manière à refléter ma vision du mariage ». « Mon but ultime dans la vie est d’honorer Dieu, et cela guide tout ce que je fais, y compris mes affaires ». « Quand je repenserai à ma vie, plus tard, je veux pouvoir dire que je suis restée fidèle à cet objectif, que j’ai mené ma course à bien et que j’ai terminé avec brio. »

Depuis des années, des militants LGBT tentent de contraindre des petits commerçants chrétiens, boulangersfleuristes ou prestataires de salles de réception, à proposer leurs services pour des « mariages » homosexuels. Malgré une décision de la Cour suprême sur la question, plusieurs États et collectivités locales persistent dans leur entreprise ; Cathy Miller, une boulangère chrétienne californienne, a saisi la Cour suprême en août dernier suite aux tentatives l’obligeant à réaliser un gâteau de mariage pour des lesbiennes.

Trois enfants renvoyés d’une l’école car leurs parents refusent d’appliquer les règles d’idéologie du genre

Une famille allemande vit un cauchemar : ses trois enfants, âgés de 9, 11 et 14 ans, ont été exclus sans délai de l’école Rudolf Steiner, un établissement Waldorf réputé pour son approche alternative. Leur crime ? Leurs parents ont refusé de signer un « code de conduite » imposant l’adhésion à la « diversité des genres et des identités sexuelles ».

Tout commence en septembre 2025, lors d’une réunion de parents. Le professeur de biologie, Mme Weber, emploie un langage « inclusif » systématique sur les questions de genre. Christoph Schröter, le père, interroge : « Pourquoi ce vocabulaire, alors que la biologie reconnaît deux sexes ? » La réponse ne tarde pas. Lors d’une réunion ultérieure, l’enseignante lâche, sans ironie : « Si un enfant s’identifie comme un chiot, il faut le prendre au sérieux. »

Pour les Schröter, c’est la goutte d’eau. Ils demandent des éclaircissements. L’école, au lieu d’engager un débat, impose à tous les parents un nouveau code de conduite : « Nous accueillons la diversité des genres et des identités sexuelles. » Le couple refuse de signer, jugeant cette exigence idéologique et contraire à l’esprit du contrat éducatif initial.

La riposte de l’établissement est brutale : fin février 2026, les trois enfants sont exclus sur-le-champ, en pleine année scolaire. Aucun motif disciplinaire ne leur est reproché. Leur seul tort ? Avoir des parents qui osent contester une doctrine.

Christoph Schröter, engagé à l’AfD, dénonce une mesure « arbitraire et militante ». Sa femme évoque le traumatisme des enfants, « arrachés à leur quotidien sans sommation ». L’école, contactée, se défend mollement : l’exemple du « chiot » aurait été « sorti de son contexte », et le code de conduite ne serait « qu’une mesure d’inclusion ».

Les Schröter cherchent désespérément une nouvelle école. En attendant, leurs enfants restent à la maison, victimes collatérales d’un conflit qu’ils n’ont pas choisi.

Adoption de la loi Veil, une nouvelle date de fête nationale ?

Dix heures du matin, dimanche quinze mars deux-mille-vingt-six, ciel dégagé et soleil de printemps sur Budapest en Hongrie. Dans les rues et sur les grandes places, les locaux que je rencontre arborent à leur veste une cocarde rouge, blanche et verte.

En France, le quatorze juillet, avez-vous déjà surpris un citoyen affublé d’une cocarde bleue, blanc, rouge ? Lorsque la nuit tombe et que les Français lèvent les yeux au ciel, lequel songe une seule seconde à l’événement commémoré ? Dans notre pays, la célébration du jour le plus sacré de la république, s’il en est, n’est rien d’autre qu’un divertissement.

Par ailleurs, pourquoi le quatorze juillet ? Chaque citoyen le sait : le quatorze juillet est le jour de la prise de la Bastille. Pourquoi ce symbole ? Parce qu’on y a libéré des opposants à la monarchie absolue. Non, même le site du gouvernement reconnaît qu’il n’y avait dans les cellules que quatre faux-monnayeurs, deux fous et un libertin. En revanche, cette page s’abstient de préciser que ce dernier était accusé de crimes et d’inceste, que les faux-monnayeurs furent réarrêtés et les fous internés peu après. Finalement, l’héroïque prise de la Bastille n’aura libéré qu’un noble violent, présumé incestueux.

Certes, mais la Bastille a d’abord été prise pour récupérer de la poudre afin de faire face à l’imminence d’une répression royale. Mais encore ? Il y eut un combat épique que le peuple remporta.

Épique ?

Une centaine de soldats invalides et quelques gardes suisses dominaient les milliers d’insurgés depuis les remparts. La forteresse médiévale aurait pu tenir encore longtemps lorsque le gouverneur de Launay capitula. En signe de reconnaissance, la foule éleva sa tête sur l’extrémité d’une pique pour la mettre aux premières loges de la liesse parisienne.

Donc notre fête nationale célèbre la libération d’aliénés et de criminels. La France, pays qui compte le plus de victoires militaires au monde, célèbre la reddition d’une centaine d’infirmes et la décapitation d’un gouverneur ayant refusé d’ordonner un bain de sang.

Il y aurait un malentendu. Le quatorze juillet ne représente pas la prise de la Bastille, comme tout le monde le pense à tort, mais un événement qui eut lieu un an plus tard : la Fête de la Fédération. Est-il possible d’instituer fête nationale l’anniversaire d’une date dont la moitié du pays ignore l’existence ?

Enfin, contrairement à la prise de la Bastille, cette cérémonie-là a l’avantage de présenter une apparente communion : le Roi, les délégués de toutes les provinces, la garde nationale, les représentants politiques et une foule immense y participèrent.

Ce joli titre et les belles paroles que nous conservons de ce jour semblent être trop beaux pour être authentiques. En vérité, le Roi vivait assigné à résidence aux Tuileries ; monarchistes et patriotes se tenaient déjà par le col ; les questions religieuses agitaient les esprits (cependant que pour cette fête, un évêque athée célébrait une messe sur l’autel de la patrie) et la crise économique persistait.

En dépit de ces circonstances, les organisateurs de cette célébration étaient probablement de bonne volonté. Peut-être voulaient-ils même vraiment l’unité. L’unité, oui, mais laquelle ?
Moins d’un an plus tard, au même endroit, la garde nationale tirera sur la foule.

Finalement, cette date reflète l’idéal abstrait que des hommes tentèrent d’imposer à tout le pays, fût-ce au prix de plusieurs centaines de milliers de morts.

Cette question de la fête nationale est révélatrice de la scission française. Il existe pléthore d’autres jours éligibles à ce titre : le 27 novembre, pour l’appel de Clermont ; le 25 août, pour la mort de Saint Louis ; le 30 mai, pour le martyre de Sainte Jeanne d’Arc.

Malheureusement, toutes ces dates sont du mauvais côté de l’Histoire. L’Ancien Régime est méchant, la république est bonne. L’éloge d’événements ayant eu lieu sous un autre modèle de gouvernance constitue une menace. La république n’a pas les épaules pour porter l’immensité de notre héritage. Elle en abandonne alors la majeure partie au sol, la piétine, trie, sélectionne minutieusement quelques exemples épouvantails, puis s’en sert comme d’un marchepied pour mettre en scène le juste triomphe de ses valeurs.

Cependant le sang dont celles-ci sont tachées ne disparaît pas malgré les efforts de réécriture. Le modèle républicain souffre en effet d’une violente dissonance cognitive. Comment se construire sainement sur un récit de défense de la liberté, tout en s’étant fondé sur le génocide d’une région qui voulait être libre de la définir autrement ?

Là où de nombreux pays préparent leur fête nationale avec des ateliers pédagogiques, des chorales et une myriade d’autres activités, la France, elle, reste discrète d’abord, puis soudainement tapageuse avec un feu d’artifice qui occupe les esprits et ne dit rien de l’événement commémoré. Le malaise persiste donc malgré une distance de deux siècles. Le récit classique ne retient que les grandes lignes dans une perspective purement manichéenne. Nous pouvons comprendre pourquoi le registre réaliste n’est pas de mise : les décapitations en place publique, les noyades, les incendies d’églises pleines de vieillards, de femmes et d’enfants, la torture du Dauphin Louis XVII qui n’avait même pas dix ans…

Le consensus national est en voie d’extinction. L’exemple de Sainte Jeanne d’Arc l’illustre fort bien. Après la Révolution, cette martyre catholique est reprise par de farouches républicains qui voient en elle une héroïne du peuple, l’incarnation de la nation française et un symbole de résistance à l’étranger. Si sa piété est passée sous silence, elle n’en reste pas moins une figure admirable pour tout le pays. De nos jours, le patriotisme ayant été à son tour sacrifié au mondialisme, la figure de cette sainte est déchirée par divers groupes qui se l’arrachent. Les fidèles prient son intercession ; les nationalistes la prennent pour modèle ; les féministes y voient une victime du patriarcat et les théoriciens du genre surinterprètent sa volonté de garder son armure.

Les événements de gloire nationale sont progressivement broyés à mesure qu’une certaine grille d’acceptation morale se resserre. Finalement la révolution française était bourgeoise et patriarcale. Il faut maintenant puiser dans l’histoire récente pour mettre le progrès à l’honneur. Lequel de ses triomphes la république pourrait-elle célébrer ? L’abolition de la peine de mort ou la légalisation de l’avortement ?

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Le procès contre la FMND marque un tournant périlleux pour la liberté religieuse en France

Suite à la décision de justice rendue le 24 mars par le tribunal de Privas contre la FMND et son supérieur, The European Times publie un article de fond (en anglais et traduit en français) qui montre que les enjeux sont très importants car ce sont bien les fondements de la vie religieuse qui sont attaqués :

Une affaire qui a suscité une vive inquiétude au sein des communautés religieuses et parmi les défenseurs des libertés civiles en France concerne la condamnation d’un abbé français en vertu d’une nouvelle loi controversée visant à lutter contre la « sujétion psychologique » (…).

Les accusations, émanant principalement de cinq anciens membres, dressaient le portrait d’une communauté où la vie était excessivement exigeante, avec peu de repos, une intimité limitée et des contacts restreints avec le monde extérieur. Ils évoquaient une pression constante de la part des supérieurs, notamment par le biais de la confession et de règles strictes, contribuant à ce qu’ils qualifiaient de « climat toxique ». Cependant, la défense et les soutiens de la FMND affirment que ces éléments ne constituent pas des abus, mais plutôt des aspects intrinsèques d’une vie consacrée librement choisie. Comme le soulignait un article : « Quiconque connaît un tant soit peu les exigences de la vie religieuse sait qu’elle implique des règles, une hiérarchie, des contraintes, des pratiques obligatoires et des interdits. C’est exigeant – parfois trop – et tout le monde n’a pas la vocation. C’est ainsi. »

En effet, la vie monastique, dans diverses traditions religieuses, est par nature rigoureuse. Elle implique souvent des vœux d’obéissance, de pauvreté et de chasteté, une routine quotidienne structurée et une certaine mise à l’écart de la société séculière. Ces pratiques, que certains trouvent épanouissantes et spirituellement enrichissantes, ont été présentées par l’accusation comme preuves de manipulation psychologique. Les détracteurs du verdict soulignent que les plaignants étaient des adultes ayant librement choisi d’entrer dans la communauté et étaient tout aussi libres de la quitter, comme plusieurs l’ont fait. L’absence de contrainte physique ou d’exploitation financière soulève des questions fondamentales quant à la nature des « abus » allégués.

Au cœur de cette controverse se trouve la nouvelle loi française sur la « sujétion psychologique », adoptée dans le cadre d’une lutte plus large contre les « déviances sectaires ». Si la notion de « sujétion psychologique » a été introduite en droit français en 2001 comme circonstance aggravante du délit d’« abus de faiblesse », la situation a considérablement évolué avec la loi de mai 2024. Cette législation récente érige la « sujétion psychologique » en infraction pénale à part entière, indépendante de tout « abus de faiblesse ». Dans l’affaire FMND, il n’est pas clair si la condamnation s’est fondée sur le cadre de 2001 ou sur les dispositions élargies de la loi de 2024, ce qui ajoute une ambiguïté juridique à une situation déjà complexe. Or, la loi a été largement critiquée pour son manque de précision. Des termes comme « sujétion psychologique » et « emprise » ne sont pas définis scientifiquement ni juridiquement, ce qui les rend sujets à une interprétation large et potentiellement arbitraire.

Plus de soixante sénateurs auraient exprimé des inquiétudes quant à la constitutionnalité de ce nouvel article (le Sénat lui-même a d’ailleurs voté contre la loi, mais cette décision a été annulée par l’Assemblée nationale), arguant qu’il pourrait porter atteinte aux libertés fondamentales. Les organisations de défense des droits humains et les défenseurs de la liberté religieuse ont relayé ces inquiétudes, soulignant que de tels concepts juridiques vagues peuvent facilement être instrumentalisés contre tout groupe dont les pratiques s’écartent des normes sociales ou sont perçues comme excessivement exigeantes. La procureure dans l’affaire FMND, Céline Nainani, aurait décrit la communauté comme « l’épicentre des abus liés aux manifestations sectaires », tout en reconnaissant que les « déviances sectaires » ou les « manifestations sectaires » ne font l’objet d’aucune définition juridique. Ce recours à des concepts mal définis dans une procédure pénale constitue un point de controverse majeur.

Cette condamnation marque un tournant majeur dans les relations entre l’État et les institutions religieuses en France. Traditionnellement, l’État s’est largement abstenu d’intervenir dans les pratiques spirituelles internes des communautés religieuses, pourvu qu’elles ne contreviennent pas aux lois pénales relatives aux violences physiques, à la fraude ou aux abus sexuels. En criminalisant la « sujétion psychologique » fondée sur les exigences de la vie monastique, l’État semble s’aventurer sur le terrain de l’évaluation et du jugement des engagements spirituels.

Comme l’a fait remarquer un commentateur : « Si ce raisonnement est poussé à son terme, il devient impossible de distinguer une religion exigeante d’une religion suspecte. Nombre de confessions sérieuses font appel à la conscience, mobilisent la crainte du mal, la crainte du péché et l’espoir du salut. Toute communauté religieuse structurée propose des normes, des interdits, des pratiques contraignantes et une hiérarchie spirituelle. Si ces éléments deviennent, en eux-mêmes, la preuve d’une influence indue, alors la liberté religieuse n’est rien de plus qu’une liberté conditionnelle, accordée uniquement aux croyances jugées « raisonnables » ou « modérées » par les autorités civiles. »

Les implications vont bien au-delà de la FMND. De nombreuses traditions religieuses, notamment diverses formes de catholicisme, le bouddhisme et d’autres voies spirituelles, impliquent une discipline rigoureuse, l’obéissance aux chefs spirituels et un certain détachement du monde matériel. Si ces pratiques peuvent être réinterprétées comme une « assujettissement psychologique » criminelle, alors tout chef spirituel qui inspire un engagement profond et une adhésion à un mode de vie exigeant pourrait potentiellement faire face à des accusations similaires. Cela crée un climat où les communautés religieuses peuvent se sentir contraintes d’édulcorer leurs principes ou pratiques fondamentaux pour éviter des répercussions juridiques, sapant ainsi l’essence même du pluralisme religieux et de la liberté de conscience.

Le danger réside dans la nature hautement subjective de la « soumission psychologique ». Ce qu’une personne perçoit comme un cheminement spirituel librement choisi et transformateur, une autre pourrait le considérer rétrospectivement comme une manipulation ou une coercition, surtout si elle éprouve par la suite désillusion ou regret. Dans ce contexte, la loi risque de devenir un instrument permettant à d’anciens membres mécontents de criminaliser des expériences qui, bien que parfois difficiles ou finalement inadaptées à leurs besoins, avaient été initialement entreprises volontairement.

De plus, le concept de « lavage de cerveau », souvent invoqué dans les débats sur les « déviances sectaires », est largement discrédité dans les milieux scientifiques et juridiques, car considéré comme une théorie pseudo-scientifique. Son application devant un tribunal soulève de sérieuses questions quant au respect des droits de la défense et au recours à des interprétations psychologiques subjectives plutôt qu’à des preuves objectives d’intention criminelle ou de préjudice. Le procès du père Bernard ne concerne donc pas seulement le sort d’un abbé ou d’une communauté religieuse ; il constitue un test pour l’avenir de la liberté religieuse en France et un avertissement pour les autres nations envisageant une législation similaire.

La condamnation du père Bernard Domini en vertu de la nouvelle loi française sur la « soumission psychologique » marque un tournant périlleux pour la liberté religieuse. Si l’État a un intérêt légitime à protéger les individus contre les abus avérés, cette loi, telle qu’appliquée dans l’affaire FMND, brouille la frontière entre accompagnement spirituel et manipulation criminelle. Elle risque de criminaliser des convictions et des pratiques religieuses profondes qui exigent un engagement et une obéissance significatifs, imposant de fait une définition étatique de ce qui constitue un niveau acceptable de dévotion religieuse.

Cette décision pourrait ouvrir la voie à de nouvelles ingérences judiciaires dans les affaires internes des communautés religieuses, érodant ainsi l’autonomie essentielle à la liberté de culte. Elle envoie un message inquiétant : en France, la rigueur de la vie monastique, jadis témoignage d’une profonde conviction spirituelle, peut désormais être considérée comme une infraction pénale. Le monde observe la France aux prises avec le délicat équilibre entre la protection de ses citoyens et la sauvegarde du droit fondamental à la liberté de religion.

Il faut tout de même rappeler que la FMND et son supérieur ont bénéficié de 7 relaxes et n’ont été condamnés que dans 3 décisions. C’est pour cela que la défense parle d’une quasi relaxe. Il n’y a donc aucun système d’emprise ou d’abus de faiblesse généralisée. Il s’agit de deux jeunes femmes qui ont quitté la communauté dans des conditions conflictuelles et douloureuses, ce qui arrive dans toute organisation humaine, et sans aucune volonté de nuire de la part de la FMND ou du père supérieur. L’une d’elle avait d’ailleurs quitté une autre communauté religieuse au bout de 6 années dans des conditions également compliquée…

Enfin, la FMND et son supérieur de l’époque ayant fait appel, ils sont donc présumés innocents jusqu’à leur procès en appel.   

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