Refus de marier un OQTF : le maire tient bon
Malgré sa condamnation, le maire de Chessy Olivier Bourjot persiste à refuser de marier une Finlandaise de 49 ans et un Algérien de 39 ans en situation irrégulière.
« À quoi bon délivrer des OQTF, chronophages en temps et en moyens pour finalement ne pas les exécuter ? Pourquoi refuser de tirer les conséquences de cette inexécution ? Pourquoi imposer aux services des mairies des auditions ne permettant pas au maire d’en tirer les conséquences ».
Le maire et ses adjoints avaient voulu démissionner pour protester.
« Ce qu’a refusé le préfet, trop content, sans doute, d’avoir en la personne du maire un serviteur lui permettant de pallier les carences de l’état dans l’exécution de ses propres décisions ».
Pour sortir de l’impasse, le maire évoque deux possibilités : soit « le préfet prend ses responsabilités en se substituant au maire pour célébrer ce mariage », soit le gouvernement et les parlementaires s’engagent à changer la loi, pour « permettre à l’avenir d’éviter aux maires d’avoir à vivre pareille et aussi désagréable situation. »


Fécondité, croissance, immigration : le « trilemme » occidental
Face à la crise démographique, Rodolphe Cart écrit dans le JDD :
[…] Pour la France, comme pour les autres nations, il faut choisir entre trois solutions en forme d’impasse : immigration massive, stagnation économique ou sursaut nataliste. C’est le « trilemme démographique » que met en lumière une étude de deux universitaires anglo-saxons, Paul Morland et Philip Pilkington. Un concept qui peut être résumé ainsi : on ne peut pas combiner simultanément faible fécondité, croissance économique et continuité ethnique. Il faut en sacrifier un, et choisir deux éléments parmi les trois. Choisissez une faible fécondité et la croissance économique, et vous devez accepter une immigration rapide et un changement ethnique (cas des pays d’Europe de l’Ouest) ; choisissez une faible fécondité et la continuité ethnique (donc une faible immigration), et vous vous condamnez à la stagnation économique (cas du Japon) ; choisissez la croissance économique et la continuité ethnique, il faut alors des taux de fécondité élevés et une politique nataliste assumée (cas d’Israël).
Concernant la France, c’est la première solution qui a été adaptée, malgré les diverses déclarations récentes. Nos élites politiques, financières et économiques parlent de réduire l’immigration, mais n’évoquent jamais le tabou d’un ralentissement possible de la croissance économique ou de la relance de la natalité. Qu’on songe aux régulières déclarations des différents patrons successifs du Medef : « Restons un pays ouvert, qui accueille de nouvelles cultures et profite du métissage », Laurence Parisot (2011) ; « Les réfugiés sont une bonne nouvelle économique pour notre pays », Pierre Gattaz (2017) ; « Ce ne sont pas les patrons qui demandent massivement de l’immigration, c’est l’économie […] d’ici 2050, nous aurions besoin de 3,9 millions de salariés étrangers », Patrick Martin (2023).
Une politique sérieuse et dure concernant l’immigration doit impérativement comporter un volet sur la question de la natalité et de la réindustrialisation. On ne réglera pas ce problème par une simple loi, mais par une vision politique totale. Mais pour cela, il faut être courageux et visionnaire.
Un pèlerinage de Chrétienté en Italie
Les 25, 26 et 27 avril aura lieu le premier Pèlerinage de Nostra Signora della Cristianità – Italia de Rome à Subiaco. L’aumônerie sera assurée par des prêtres de communautés traditionnelle (ex-Ecclesia Dei) et par des prêtres diocésain célébrant la messe traditionnelle. Giacomo Mollo un des organisateurs répond aux questions de InfoCatholica (interview en Espagnol) :
Comment est née l’idée du premier pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté en Italie ? Qui en sont les organisateurs ?
Les organisateurs sont Giacomo Mollo, Nicolò Toppi et moi-même, tous deux laïcs et pratiquants de la messe traditionnelle en latin, soutenus par une formidable équipe de jeunes bénévoles.
[…]
Comment vous êtes-vous inspirés d’autres pèlerinages, comme ceux de Chartres, Covadonga ou Luján ?
Nous avons cherché à nous inspirer d’autres pèlerinages, notamment en ce qui concerne l’organisation et la gestion du parcours. C’est pourquoi nous avons conservé une structure similaire, divisée en chapitres, étapes et camps, avec des haltes et des repas organisés. Bien sûr, pour cette première édition, nous sommes conscients qu’il reste beaucoup à améliorer et à optimiser pour les prochaines.
Il n’y a plus de communauté transatlantique : à quand la sortie de l’OTAN ?
Dans le JDNews, Philippe de Villiers estime qu’il faut sortir de l’OTAN :
Comme on dit dans l’armée, l’Otan « a pris un pète au casque ». L’Alliance atlantique traverse la plus grande crise de son histoire. Le fondateur de la charte qui avait pour ambition de protéger « l’Atlantique Nord », revendique un territoire de l’un des membres du pacte de sécurité collective. Le chien de berger n’assure plus la garde des brebis, qui le regardent comme un loup affamé. C’en est fini du fameux article 5 qui assurait le « un pour tous ». En d’autres termes, la crédibilité des garanties américaines est devenue aléatoire, voire illusoire. Il n’y a plus de communauté transatlantique. Que s’est-il donc passé pour qu’on en arrive à ce désamour ?
L’Otan a changé de nature depuis l’effondrement de l’empire soviétique. Jusqu’en 1991 – la fin de la guerre froide –, il y avait un bloc transatlantique, contrôlé par Washington, abrité par un dôme protecteur, et qui se nourrissait de l’affrontement entre l’Est et l’Ouest. À partir de la chute du rideau de fer, la vocation de l’Otan cesse d’être seulement défensive et régionale – euratlantique –, elle devient offensive et mondiale. James Baker fixe alors le nouveau cap et définit ainsi la nouvelle vision géostratégique : « Notre objectif est désormais de créer une communauté transatlantique, allant de Vancouver à Vladivostok. » Puis viendra la doctrine Brzezinski, encore en application : « Qui règne sur l’Eurasie contrôle le destin du monde. » Le cap, c’est l’hégémonie globale de « l’hyperpuissance américaine ».
Brzezinski voyait dans l’intégration européenne un outil de transformation de l’Europe en un protectorat des États-Unis. Dans le sillage de ses réflexions, on disait il y a encore peu de temps : l’Europe est une catharsis. La France vise la réincarnation, l’Allemagne vise la rédemption. Dès lors, la stratégie américaine considère qu’il faut faire basculer l’Ukraine et l’Asie centrale dans la sphère d’influence américaine. Le risque, pour la France, c’est d’être entraîné loin de ses intérêts vitaux et d’aligner ses positions stratégiques sur les velléités américaines : aujourd’hui l’Ukraine, le Groenland. Demain, le Panama, Taïwan, etc. La France doit recouvrer sa souveraineté, son indépendance diplomatique et militaire. Il faut sortir de l’Otan. En effet, l’Union européenne demeure, sur le plan stratégique, soumise au Conseil de l’Atlantique Nord. Elle est toujours la 51e étoile du drapeau américain. Il y a là un vice constitutif.
Conçue sans aucun ressort de puissance propre, elle est dotée, depuis sa fondation, d’un fédérateur extérieur, l’Amérique. Elle n’a de puissance qu’empruntée. D’ailleurs, les Européens ont pris soin d’écrire, dans le traité de Lisbonne : « L’Otan reste, pour les États qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l’instance de leur mise en œuvre. » Par ailleurs, les pays européens ont choisi la vassalité : 64 % des importations d’armements proviennent des États-Unis ; et ils sont soumis au concept de l’interopérabilité, ce qui suppose la compatibilité des matériels, des modes d’action, des opérations. La symbiose est fondée sur une asymétrie redoutable : ce sont les Américains qui définissent les infrastructures, les technologies ; la dépendance mécanique européenne est totale.
C’est la stratégie de « la pièce détachée ». Il faut que toutes les armes européennes soient « otano-compatibles ». Quand on est la France, que l’on possède le deuxième espace maritime du monde – cas unique en Europe –, que l’on a une industrie de défense indépendante, que l’on est un « État-monde », c’est-à-dire une puissance territoriale européenne mais aussi américaine, indo-océanique, pacifique – une puissance qui se déploie sur la moitié des fuseaux de l’univers –, il ne faut surtout pas renforcer l’hégémonie mondiale du grand voisin d’en face, mais chercher plutôt à lui faire contrepoids. La France doit pouvoir reparler au monde en tant que puissance et non plus par la médiation de la Commission européenne ou du secrétaire général de l’Otan.
Après la Corée du Nord, la Biélorussie, l’Irak, le Turkménistan, l’Iran et la Chine : la France
Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, souligne que « Les VPN, c’est le prochain sujet sur ma liste ».
Elle se félicite que la France soit le premier pays européen à prendre le sujet à bras le corps. Elle oublie de souligner quels pays interdisent déjà les VPN… La Corée du Nord, la Chine…
Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique : « Les VPN, c’est le prochain sujet sur ma liste »pic.twitter.com/l5tYM0ROUo
— Fdesouche.com est une revue de presse (@F_Desouche) January 30, 2026
Nous avions bien compris que l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans n’est qu’un prétexte.
Justice LGBTQXYZ
Qui a dit qu’il y avait un problème de disponibilité des salles d’audience ? Vendredi 16 janvier, le tribunal judiciaire de Tulle a accueilli une conférence « Être soi.e en 2026 », réunissant partenaires de l’institution judiciaire et artistes invités pour aborder les droits des personnes LGBTQIA+
Après un mot d’accueil de Marie-Sophie Waguette, présidente du tribunal judiciaire de Tulle, Céline Desphelippon, greffière du tribunal et initiatrice de la conférence, a introduit les échanges en développant le rôle des artistes dans l’évolution des mentalités et des lois.
Un représentant du Conseil de l’Europe a présenté les grandes lignes de la jurisprudence européenne en matière d’orientation sexuelle et d’identité de genre.
La Défenseure des droits a rappelé son rôle, ses missions et les motifs de saisines relatives aux personnes LGBTQXYZ, représentant environ 4 % des dossiers, principalement en lien avec l’accès aux soins, la situation des personnes détenues, l’indemnisation des parcours de transition ou encore le refus de prise de plainte.
Une psychologue experte judiciaire a apporté un éclairage sur la construction des identités sociale, corporelle, sexuelle, de genre et affective, soulignant que celle-ci se forge dans un dialogue constant entre le vécu intime et l’environnement social, au sein duquel les situations de rejet, d’invalidation ou de stigmatisation peuvent générer une souffrance psychique importante.
Maître Akakpovie, avocat du barreau de Tulle, a illustré l’actualité des discriminations à travers des situations concrètes liées au droit au séjour, au mariage ou au droit d’asile fondé sur la crainte de persécutions en raison de l’orientation sexuelle.
Enfin, François Tessier, procureur de la République de Tulle, a présenté l’évolution du droit civil, marqué par la simplification des procédures de changement de prénom et de sexe ainsi que par la reconnaissance des couples de même sexe et des filiations.
Quelqu’un a encore confiance dans la justice ?
Trump nous oblige à regarder en face ce que nous avons cessé d’être : des acteurs politiques capables de décider et d’assumer le conflit
De Bastien Frimas dans la revue Eléments, à propos de la condamnation de l’ICE par une certaine droite française :
[…] Voyons l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), la police chargée de lutter contre la criminalité transfrontalière et l’immigration illégale. Depuis quelques semaines, une certaine droite reprend sans honte les éléments de langage des Démocrates américains : agents mal formés, violents, surarmés, masqués (car menacés dans un pays où il est facile de se procurer des armes, rappelons-le)… Une police inquiétante. Brutale.
Elle va même jusqu’à – horresco referens – traquer et expulser les clandestins. Elle obtient des résultats assez spectaculaires certes, avec plus de deux millions d’expulsions ou de départ volontaires, des centaines de milliers de criminels arrêtés et donc de nombreuses vies sauvées. Mais parfois, sur des photos ou à la télévision, des enfants pleurent. Et, parmi les manifestants qui ont interféré avec des opérations visant à arrêter des criminels – certains étant des tueurs et des pédophiles –, deux citoyens américains sont morts dans des circonstances regrettables.
Ce n’est pas très gentil. Nous ne ferions pas cela en Europe, non Madame. Nous ne détruirions pas non plus les embarcations de trafiquants de drogue avant qu’ils n’aient accosté et peut-être vendu leur cargaison. Il faut un procès, il y a des règles. Les criminels ont le droit d’être convoqués, puis remis en liberté par des juges que personne ne peut tenir responsables. Les clandestins et terroristes ont le droit de rester dans notre pays après un sermon républicain. Nous ne sommes pas des Américains !
La droite aux mains propres
Nous, à la vraie droite intelligente et morale, nous sommes scrupuleux. Nous avons des principes et refusons de nous abaisser à faire preuve de violence, même symbolique. D’ailleurs, nous refusons de défaire ce qu’ont fait nos adversaires. Restons purs, gardons les mains propres et restons des oies blanches, ils ne l’emporteront pas au Paradis. Perdons avec honneur ; ou plutôt, mettons un point d’honneur à perdre.
Ah certes, si nous parvenions au pouvoir… L’école, l’administration, la criminalité, l’immigration, l’économie… Nous avons les solutions. Mais aussi des valeurs. Les solutions seront donc appliquées dans le respect des règles juridiques, médiatiques et morales, bien que celles-ci soient imposées par d’autres.
Peu importe que ces mêmes règles soient allègrement bafouées par la gauche lorsqu’elle est au pouvoir et veut nous nuire. La gauche est violente, menteuse, injuste. Son indignation est à géométrie variable. Elle ne pipait mot quand Obama était le « déporteur en chef ». Elle ne prend pas la rue quand un conservateur ou un trumpiste sont tués par la police ou un assassin ; elle s’en réjouit même bruyamment.
La gauche est organisée et cherche systématiquement à entraver l’action de la droite. Elle a un projet total et l’applique au pas de charge. Si elle le pouvait, elle exécuterait les moins soumis d’entre nous et rééduquerait nos enfants dans des camps ; elle l’a déjà fait, et la radicalisation de son discours montre qu’elle n’hésiterait pas à recommencer. Si Trump échouait, la réplique serait bien plus terrible que tout ce qu’il s’autorise à faire.
Et la gauche réagit toujours sur un critère simple : quand on ne se soumet pas à ses règles. Faire le choix de n’agir que dans le cadre légal et rhétorique principalement délimité par l’adversaire n’est pas une preuve de raison, mais de soumission. Il est tragique de se persuader que faire preuve de bonne volonté, de modération ou d’ouverture est un choix qui permettra de démontrer, par notre bénévolence, que l’autre a tort car il est plus radical ; on travestit en choix la défaite.
Comment croire que la remigration sera polie ? Que, quelle que soit la dureté ou la bienveillance dont ferait preuve un gouvernement de droite, la gauche politique et médiatique n’organiserait pas des heurts violents pour l’empêcher ? Il faudra les reins solides pour rendre leur avenir aux Français et aux Européens. Et l’on voit pourtant que, déjà, une partie de la droite chancelle à la vue d’une action déterminée outre-Atlantique. Si, effarouchée, elle combat et délégitime ce qui est nécessaire là-bas, de quel côté sera-t-elle demain ici ?
De la volonté en politique
Ce que Trump dit de nous, c’est que nous n’avons plus la volonté, corsetés que nous sommes par des principes et des apparences qui nous sont imposés. Les appels à la puissance se multiplient, mais celle-ci doit toujours rester mesurée, restreinte, encadrée. Or, la puissance est avant tout la capacité à définir de façon autonome le cadre de l’action, à changer les règles pour accomplir des objectifs que l’on peut viser. Il y a une antinomie formelle dans l’aspiration à la puissance pour n’en rien exprimer.
Le droit international par exemple est largement une fiction : il n’est que le cadre défini par l’hégémon dans lequel s’exprime sa puissance et dont il peut s’émanciper à loisir, précisément car il en est à la fois la force normative (potestas) et le garant (imperium). Il est absurde de vouloir être en capacité de réaliser ce qu’a fait Trump avec Maduro si c’est pour s’interdire de le faire. Les moyens n’existent virtuellement pas s’il n’y a pas la volonté de les employer ; pas plus qu’il n’y a de réel projet de puissance sans velléité impériale.
Il ne s’agit pas d’admirer Trump, de croire qu’il est un sauveur, un modèle, ou, plus ridicule encore, qu’il nous veut du bien. Aucun Européen lucide ne peut plus le prétendre. En revanche, il faut moquer les cris d’orfraies de la droite molle face au trumpisme, cette réaction d’honnête bourgeois conservateur se pinçant le nez face à la volonté en acte. La propension à se vautrer dans le confort moral et la conviction que nous valons mieux parce que nous sommes prêts à ne rien accomplir caractérisent assez tristement les vaincus et cocus de la droite.
Trump ne gagne pas sur tout, c’est une évidence. Parfois, il abîme même au lieu de consolider et renforcer sa position. Il lui arrive aussi de reculer. Mais il ose, tente de s’imposer et progresse. Il pratique le pouvoir comme la gauche, avec les mêmes limites. La gauche n’a jamais reculé que temporairement, engrangeant des victoires au passage par effet de cliquet.
La brutalité de Trump n’est que la réalité nue de la volonté appuyée sur la puissance. Elle ne s’embarrasse d’aucun faux-semblant qui ferait passer la pilule. Que fait-il qui n’ait été fait par ses prédécesseurs ? Humilier, exploiter et contraindre ses partenaires-vassaux, expulser en masse les clandestins même si certains pleurent… Ce que l’on reproche vraiment à Trump est d’avoir brisé une illusion, celle que la force et l’autorité devaient être civilisées et polies pour que les faibles puissent quand même, eux aussi, croire qu’ils sont un peu forts. Il est vain de brandir un cérémonial qui passe avec l’empire qu’il servait, comme si la forme seule suffisait à maintenir la grandeur. La réaction émotionnelle et morale à Trump est une fuite en avant dans l’impuissance et la sortie de l’Histoire.
La morale ne fait pas une politique
Est-ce à dire qu’il faut abolir les convenances et tout ce qui fait l’homme civilisé ? Abandonner la noblesse, la décence, la retenue ? Ou bien que nous devons docilement suivre et applaudir Trump en tout car il est l’homme fort du moment ? Certainement pas. Il n’est pas non plus question de vénérer la force excessive, aveugle ou tyrannique, pas plus que la force pour la force, sans frein ni télos.
Mais il faut prendre conscience du message que Trump nous envoie involontairement. D’abord, il montre la volonté en action car politiquement capable, non entravée par la morale des autres quand elle empêche de faire ce qui est nécessaire ; il s’autorise à faire, à droite, ce qu’a toujours fait la gauche. Ensuite, il dit que l’éthique et l’esthétique auxquelles nous tenons sont elles-mêmes un cadre défini par la force que nous avons longuement possédée. La hauteur morale ne suffira pas à la retrouver. Elle ne pourra que jeter un voile pudique sur des ruines.
Jeanne revient… et a besoin de vous
Depuis des mois, *200 bénévoles* travaillent pour créer le plus grand « spectacle hommage » jamais rendu à Jeanne d’Arc.
375 000 € ont déjà été levés. Il manque 25 000 € pour boucler la production.
À partir de juin 2026, vivez JEANNE, le grand spectacle estival d’Orléans, une création immersive mêlant histoire, émotion et scènes épiques au cœur du Château de Charbonnière.
Obligé de marier un clandestin sous OQTF
En Seine-et-Marne, le maire de Chessy Olivier Bourjot a été condamné à 500 euros d’amende par jour tant qu’il ne publie pas les bans du mariage, que le maire juge arrangé.
Pour avoir refusé, malgré les injonctions répétées de la préfecture de célébrer le mariage d’un Algérien en situation irrégulière sur le sol français et sous le coup d’une OQTF, Olivier Bourjot (sans étiquette) a été condamné mardi par le tribunal judiciaire de Meaux. Une fois la date du mariage fixée, l’élu encourra une astreinte de 3000 euros par jour, pendant un mois, s’il ne la respecte pas.
La majorité des habitants de Chessy soutient l’édile dans son combat, dénonçant une procédure «kafkaïenne».
Les députés légifèrent sur le devoir conjugal…
La dette explose, l’insécurité gangrène notre quotidien, nous sommes toujours en vigi-pirate écarlate et pendant ce temps, nos députés grassement payés légifèrent sur nos chambres à coucher…
https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/scrutins/5243
Vivement qu’un parti de bon sens intègre ce funeste hémicycle…
« Il faut le dire : il y a trop de grands hommes dans le monde ; il y a trop de législateurs, organisateurs, instituteurs de sociétés, conducteurs de peuples, pères des nations, etc. Trop de gens se placent au-dessus de l’humanité pour la régenter, trop de gens font métier de s’occuper d’elle. » Bastiat
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Nouvelle proposition de loi contre la liberté scolaire
Une proposition de loi déposée mercredi 28 janvier entend octroyer un droit de regard à l’État sur les associations qui dispensent les séances d’éducation à la vie affective et relationnelle (Evar) dans le premier degré; d’éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité (Evars) dans les collèges et lycées.
Alexis Guitton, secrétaire national responsable droits et société de la Fep-CFDT, le premier syndicat de l’enseignement privé, dénonce la “vision catholique traditionaliste et conservatrice de l’éducation à la vie affective et à la sexualité”, avec par exemple l’association Cycloshow-XY, qui propose notamment des ateliers non mixtes pour les classes de 6e et 5e. L’atelier pour les filles de 10 à 14 ans – la présence des mères est recommandée – vise à découvrir “la beauté du cycle féminin et de la grossesse, ainsi que le sens des règles”. Le fil directeur de celui destiné aux garçons de 11 à 14 ans – avec les pères cette fois – est “la conquête spatiale” pour “se préparer à la mission amour et vie”. Ces ateliers proposeraient également une vision très genrée. Autre association dans le viseur : Com’ je t’aime, fondée par Inès de Franclieu. Dans son livre Dis, en vrai, c’est quoi l’amour? édité par la communauté de l’Emmanuel, la sexualité est toujours associée à la reproduction – et la masturbation proscrite. Autres associations visées : Cler amour et famille ou encore des Associations familiales catholiques (AFC).
La proposition de loi présentée par les députés Violette Spillebout (Renaissance) et Paul Vannier (LFI) prévoit un contrôle renforcé de l’honorabilité pour toutes les personnes intervenant dans les établissements scolaires, qu’ils soient publics ou privés, et y compris pour les bénévoles.
Espagne : 5 ans après la légalisation de l’euthanasie…
Lu sur Gènéthique :
Le 21 janvier, le Tribunal suprême a indiqué rejeter le recours d’un Espagnol qui tente d’empêcher l’euthanasie de sa fille de 25 ans.
La jeune femme, paraplégique, a formulé une telle demande mais son père essaie de faire valoir que sa fille souffre de troubles mentaux pouvant « affecter sa capacité à prendre une décision libre et consciente ». Elle est devenue handicapée après avoir tenté de mettre fin à ses jours en se jetant du cinquième étage d’un immeuble, en 2022.
Un combat qui n’est pas terminé
Deux juridictions inférieures ont considéré que cette euthanasie pouvait être autorisée selon les termes de la loi espagnole. Pour le Tribunal suprême, la requête du père est « irrecevable ». Il conteste également l’existence d’un vice de procédure.
Les juges ne se sont toutefois pas prononcés sur les mesures conservatoires qui suspendent la procédure. Elles relèvent en effet d’une autre juridiction.
Les avocats du père ont fait part de leur intention de saisir le Tribunal constitutionnel et, « si nécessaire », la justice européenne.
L’euthanasie a été dépénalisée en Espagne en 2021.
Le débat sur la fin de vie n’est pas fini
Communiqué de la Marche pour la vie :
La Marche pour la Vie a une nouvelle fois rassemblé des milliers de personnes pour rappeler une conviction simple et essentielle : chaque vie mérite d’être protégée, de son commencement à sa fin naturelle.
Mais dès le lendemain de notre marche, le Sénat examinait — et votait — un texte sur la fin de vie. Ce texte va désormais revenir à l’Assemblée Nationale.
Rien n’est joué. Les prochaines semaines seront décisives.
Si la Marche pour la Vie a pu avoir lieu, c’est grâce à un engagement concret :
- location d’infrastructures pour la manifestation (podium, tente pour le village des associations, matériel divers…)
- financement de bus gratuits, pour permettre à tous — jeunes, familles, personnes modestes — de venir de toute la France pour marcher, quelle que soit leur situation.
Ces choix sont assumés : ils garantissent une mobilisation large, accessible et visible.
Mais ils ont un coût.
👉 Aujourd’hui, la Marche pour la Vie fait face à un déficit de 20 000 €.
Nous ne cherchons pas à multiplier les appels, ni à exagérer l’urgence.
Nous avons simplement besoin de votre aide pour équilibrer ce budget, et pouvoir continuer à agir dans le débat public, au moment où la question de la fin de vie revient devant les députés.
Un don, quel qu’en soit le montant, est un acte concret :
- pour soutenir une mobilisation indépendante,
- pour permettre à chacun de s’engager,
- pour défendre les plus fragiles, aujourd’hui et demain.
ICE : la “police de Trump” qui existait déjà sous Obama
L’image de la semaine
L’ICE et Trump : American Panic !
Après des bavures policières à Minneapolis ayant coûté la vie à deux manifestants opposés à l’action de l’ICE, la police de l’immigration, les médias en France ont décidé de renommer cette police, la “Police de Donald Trump”. L’ICE existe pourtant depuis 2003 et a été bien plus mobilisée par Barack Obama. Mais dans la presse, Démocrates et Républicains ne sont définitivement pas à égalité !
Le dossier du jour
Censure des réseaux sociaux : Contraindre les mineurs avant d’agir sur la majorité !
La loi dite de “protection des mineurs aux risques des réseaux sociaux”, a été largement adoptée à l’Assemblée et poursuit son parcours législatif vers le Sénat. Emmanuel Macron qui a ordonné une procédure accélérée pour mettre en application cette loi dès septembre prochain se félicite de pouvoir bientôt protéger les cerveaux de nos enfants des géants chinois et américains pour mieux croire demain en la République et ses valeurs. Il y a un an, Clara Chappaz, l’ancienne ministre du Numérique, demandait déjà le retrait des “fausses opinions”. Cette mesure sur les moins de 15 ans est plus que le cheval de Troie d’une nouvelle tentative de censure des réseaux sociaux et la fin de l’anonymat sur internet.
Les pastilles de l’info :
– Jean-Marc Morandini sur CNews, la crise est déclarée !
– Mélenchon / Marianne : qui est le facho ?
– Macron : son “fore sure” et ses lunettes ridicules font le “Buzz”
– Discrimination au logement : les propriétaires accusés de racisme
– Coup de projecteur sur le magazine Frontière
Portrait piquant : Pascal Praud
La Grazia : Beaucoup de pesanteur, très peu de grâce
De Bruno de Seguins Pazzis pour Le Salon beige :
Le président de la République italienne Mariano De Santis est désormais âgé et arrive au terme de son mandat. Veuf, ancien juriste et profondément catholique, il se trouve confronté à deux derniers dilemmes : accorder la grâce à deux personnes qui ont commis un meurtre dans des circonstances pouvant être considérées comme atténuantes et promulguer la loi sur l’euthanasie…
Avec : Toni Servillo (Mariano De Santis), Anna Ferzetti (Dorotea De Santis), Orlando Cinque (colonel Massimo Labaro), Massimo Venturiello (Ugo Romani, ministre de la justice), Milvia Marigliano (Coco Valori, l’artiste amie de Mariano De Santis), Giuseppe Gaiani (le général Lanfranco Mare), Giovanna Guida (Valeria Cafiero), Alessia Giuliani (Maria Gallo), Roberto Zibetti (Domenico Samaritano), Linda Messerklinger (Isa Rocca), Vasco Mirandola (Cristiano Arpa), Rufin Doh Zeyenouin (Le Pape), Francesco Martino (Riccardo De Santis), Alexandra Gottschlich (L’ambassadrice lituanienne), Guè (lui-même). Scénario : Paolo Sorrentino. Direction de la photographie : Daria D’Antonio.
Récompense : Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine pour Toni Servillo à la Mostra de Venise (2025).
Pour son onzième long métrage le talentueux Paolo Sorrentino plonge à nouveau le spectateur dans le monde du pouvoir politique. Mais après Il divo (2008), son quatrième long métrage dans lequel il instruisait le procès à charge de Giulio Andreotti, sept fois président du conseil, vingt-cinq fois ministre, en cuisinant « una insalata mista » fortement assaisonnée avec de la farce, du drame, de l’outrance, de la sobriété et des effets visuels à satiété, Paolo Sorrentino choisit la fiction totale en forme de fable. La Grazia ambitionne de nous parler du poids du pouvoir, du doute qui peut envahir un président imaginaire de la République italienne au moment de prendre des décisions graves, et ici, assurément, et s’agissant d’euthanasie, d’une gravité exceptionnelle. Et donc, le cinéaste, dans une déambulation dans les couloirs présidentiels, déambulation longue, lente et mélancolique de son personnage taraudé par le souvenir de son épouse décédée quelques années auparavant, qui l’a trompé il y a quarante ans, mais qu’il aime toujours autant, pose au détour de deux scènes la question essentielle « A qui appartient notre vie ? ». Mais il esquive la réponse par une rencontre avec le Pape qui lui assure après une sorte de confession qu’il à « la Grazia » et que la grazia c’est la beauté du doute… Curieux pour le moins, en tous les cas abscons ! Mais plus encore, cette grâce (attention, il faut bien suivre), après des échanges philosophiques assez fumeux (exemple : « Si je ne signe pas la loi, je suis un tortionnaire, si je la signe, je suis un assassin ») avec divers personnages rencontrés dans des circonstances tout aussi diverses et destinées à « balader » le spectateur, se résume à se sentir léger au point d’être en apesanteur comme le suggère le dernier plan du film. Si pour le cinéaste la grâce se résume à se sentir en apesanteur, et surtout après avoir finalement signé la loi autorisant l’euthanasie, le spectateur a de quoi se sentir floué, pour ne pas dire méprisé. Pour arriver à cette « grâce », il lui faut supporter beaucoup de pesanteur, de redondance d’une stérilité confondante mais également des provocations « boboisantes » comme ces deux scènes avec un pape de couleur noir qui, plus qu’au cardinal Robert Sarah, ressemble à un Nelson Mandela au cheveux crépus et longs, coiffés en queue de cheval, ou cette scène dans le manège équestre du Quirinal avec en fond d’écran cette inscription sur la facade « virtus in periculis firmium », ou encore cette déambulation via Condotti au centre de Rome avec un robot animal qui précède le président ayant quitté ses fonctions et rentrant à pieds chez lui.
Bref, du sous Fellini. Une fois de plus, comme dans son précédent long métrage, Parthenope (2024), Paolo Sorrentino passe complètement à côté du sujet, se laissant aller à ses fantasmes boursouflés qui ressortent plus du delirium d’un bourgeois décadent que d’une imagination artistique baroque et féconde et rabaisse son film au niveau d’une autosatisfaction complaisante et même coupable s’agissant de la gravité du sujet. Et comme sur le plan esthétique la richesse visuelle n’est pas au niveau de ses œuvres précédentes, pour faire tenir le spectateur pendant ces deux heures dix, il faut bien tout le talent de Toni Servillo, mais aussi pour être honnête celui d’Anna Ferzetti qui met un peu d’ambiance dans le palais du Quirinal pour sauver partiellement la mise. Beaucoup de pesanteur, très peu de grâce.
La messe trésor de la foi : Oser dire « Notre-Père »
Lu sur Claves :
Avec le « Notre Père » [Pater], nous entrons dans le cycle de la communion, ensemble de rites et de prières qui préparent la communion du prêtre et des fidèles. La présence à la messe du Pater est attestée dès le IVe siècle, peut-être même dès le IIIe siècle[1]. Cette présence est d’ailleurs universelle : « pour toutes les liturgies, [le Pater] constitue un élément constant et primordial de [la] préparation à la communion. »[2]
Dans le rit romain, le Pater constitue le premier des actes préparatoires à la communion. Il assure donc la continuité entre le canon et la communion.
1. Lien du Pater avec le canon
… Per omnia saecula saeculorum [« Pour tous les siècles des siècles. »] Les derniers mots de la doxologie finale du canon sont chantés à haute voix, permettant ainsi aux assistants de signifier par leur réponse – Amen – leur adhésion à l’action qui vient de s’accomplir.
Par parallélisme avec le dialogue de la préface, ou avec la collecte, on s’attendrait à ce que le prêtre poursuive avec la salutation : Dominus vobiscum [« Le Seigneur soit avec vous »], avant l’invitation à la prière : Oremus [« Prions »].
Il n’en est rien : s’il y a bien une invitation à la prière, elle n’est pas précédée de l’habituelle salutation. C’est que nous sommes toujours, en un sens, sous la mouvance du Dominum vobiscum [« Le Seigneur soit avec vous »] et du Sursum corda [« Hauts les cœurs »] de la préface, « ce qui accentue la continuité avec le canon et donne toute leur importance aux graves paroles du Pater »[3].
De plus :
La première partie de l’oraison dominicale[4] constitue de fait comme un abrégé de la prière eucharistique :
sanctificetur reprend la triple acclamation du Sanctus ;
adveniat regnum tuum résume en quelque sorte les deux épiclèses, le Quam oblationem et le Supplices ;
fiat voluntas tua exprime l’obéissance et le don de soi d’où procède tout vrai sacrifice.
On ne saurait traduire avec plus de justesse l’esprit et l’attitude du Seigneur lui-même offrant son sacrifice, esprit et attitude que doit susciter en nous l’offrande, en union avec lui, du même sacrifice[5].
2. Lien du Pater avec la communion
À partir de la demande centrale du Pater – « Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien » [Panem nostrum quotidianum da nobis hodie] – c’est toutefois vers la communion que le regard se tourne. En effet, cette demande est communément appliquée à l’eucharistie[6].
Le lien du Pater à l’eucharistie est clairement identifiable le Vendredi saint, à la messe dite des « présanctifiés », où il n’y a pas de consécration, mais une communion solennisée. Or, le prêtre récite le Pater avant de communier.
Une autre demande du Pater reçoit à la messe un accent particulier, il s’agit de celle qui implore la rémission des péchés : Dimitte nobis debita nostra [« Remettez-nous nos dettes » ou « Pardonnez-nous nos offenses]. Pour saint Augustin, réciter le Pater, c’est comme se laver le visage avant de s’approcher de l’autel[7].
Pourquoi dit-on le Pater avant de recevoir le Corps et le Sang du Christ ? Pour le motif que voici : si, comme le veut notre humaine fragilité, notre esprit a conçu quelque pensée inconvenante, si notre langue s’est échappée en paroles légères, si notre œil s’est arrêté à des spectacles malséants, si notre oreille s’est ouverte avec complaisance à des futilités…, tout cela est effacé par la prière du Seigneur, à ces paroles : Remets-nous nos dettes, afin que nous puissions nous avancer rassurés et ne point manger et boire pour notre jugement[8].
3. L’invitation à la prière
À la messe, le Pater est précédé d’une invitation à la prière et suivi d’un développement, ou « embolisme ». L’invitation se situe dans la ligne de l’Oremus [« Prions »], tout en soulignant la dignité particulière de la prière que Notre-Seigneur lui-même nous a transmise :
| Orémus. Præcéptis salutáribus móniti, et divína institutióne formáti, audémus dícere. | Prions. Instruits par les préceptes salutaires et formés par l’enseignement divin, nous osons dire. |
Le verbe employé est à noter : « nous osons » [audemus].
L’atmosphère de religion profonde qui imprègne le canon se nuance d’infini respect pour la prière du Sauveur[9].
Pour l’homme, poussière et cendre, c’est assurément une audace (audemus) de faire sienne cette prière dans laquelle il approche le Dieu infini comme un enfant son Père. […] Nous comprendrons mieux le respect tremblant […] [que l’emploi de ce verbe] manifeste envers la Prière du Seigneur, si nous nous souvenons qu’à cette époque [celle des Pères] non seulement on la tenait secrète à l’égard des païens, mais qu’à l’égard même des catéchumènes on en réservait la révélation jusqu’à l’approche du jour où, par le baptême, ils devenaient enfants du Père céleste. Mais le baptisé lui-même doit encore garder conscience de l’abîme qui le sépare de Dieu[10].
La crainte révérencielle cependant ne s’oppose pas à la confiance filiale. En effet : « […] le Fils de Dieu en personne a mis sur nos lèvres ces paroles et nous a ordonné de les dire : ce fut une injonction salutaire [præcéptis salutáribus], ce fut vraiment une instruction divine [divína institutióne]. »[11]
Ainsi :
L’attitude d’âme condensée en cette prière nous convient par excellence à l’heure où nous tenons entre nos mains l’offrande avec laquelle le propre Fils s’est présenté et se présente toujours devant le Père céleste[12].
4. L’embolisme du Pater
L’embolisme, quant à lui, se rattache logiquement à la dernière demande – Libera nos a malo [« Délivrez-nous du mal »], dont il est une reprise développée et, plus particulièrement « une supplication d’être préservé du mal et surtout de celui qui pourrait nous interdire l’accès au repas sacré »[13].
| Líbera nos, quǽsumus Dómine, ab ómnibus malis, prætéritis, præséntibus et futúris :
et intercedénte beáta et gloriósa semper Vírgine Dei Genitríce María, cum beátis Apóstolis tuis Petro et Páulo, atque Andréa, et ómnibus Sanctis, da propítius pacem in diébus nostris : ut, ope misericórdiæ tuæ adiúti, et a peccáto simus semper líberi et ab omni perturbatióne secúri. Per eúndem Dóminum nostrum Iesum Christum, Fílium tuum. Qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti Deus. Per omnia sǽcula sæculórum. R/. Amen. |
Délivrez-nous, Seigneur, de tous les maux passés, présents et à venir,
et par l’intercession de la bienheureuse et glorieuse Marie, mère de Dieu, toujours vierge, de vos bienheureux apôtres Pierre et Paul et André et de tous les Saints, daignez nous accorder la paix en notre temps ; qu’avec le soutien de votre miséricorde nous soyons à jamais délivrés du péché et préservés de toute sorte de troubles. Par notre Seigneur Jésus-Christ votre Fils, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous en l’unité du Saint-Esprit Dans tous les siècles des siècles. R/. Ainsi soit-il. |
Remarquons les adjectifs : il s’agit des maux « passés, présents et à venir ».
Ainsi, cette délivrance vise avant tout le mal moral. En effet, « seul le mal moral continue, même lorsqu’il est “passé”, à peser lourdement sur l’âme »[14], tandis que les maux « présents » et « futurs » sont à rapprocher des tentations dont nous avons demandé d’être préservés dans le Pater. La fin de l’embolisme formule d’ailleurs explicitement cette demande d’être délivré du péché.
Mais il n’y a pas d’exclusive, puisque l’on demande également le bien de la paix temporelle [in diebus nostris : « dans nous jours »] et la préservation de « toutes sortes de troubles » [omni perturbatione] :
Le bon ordre dans les affaires temporelles n’est pas indifférent au royaume de Dieu. D’une juste paix intérieure et extérieure résultera plus aisément, nous l’espérons, un double avantage que nous demeurions exempts de péché et à l’abri de toute espèce de trouble et d’égarement. Nous serons alors dans les plus favorables dispositions pour manger avec profit le pain du ciel[15].
Quant aux saints invoqués, on notera la présence de saint André aux côtés des saints Pierre et Paul et de la Sainte Vierge. Dans la liste du Communicantes, saint André était certes nommé le premier après saint Pierre et saint Paul, à l’instar des listes évangéliques[16], mais qu’il soit seul nommé avec eux est plutôt insolite. Rappelons qu’à Constantinople, où se trouvaient les reliques de saint André, on aimait souligner qu’il fut le « premier appelé » [πρωτόκλητος, prôtoklêtos] par Notre-Seigneur. C’est peut-être la raison de sa mention à cet endroit.
[NB : Les rites accompagnant le Libera nos, qui se rapportent à la fraction, seront exposés dans la prochaine vidéo et l’article correspondant.]
5. Rites accompagnant le Pater
Le prêtre chante seul Pater au célébrant, tandis que les assistants s’associent à lui formulant la dernière demande seulement – Sed libera nos a malo [« Délivrez-nous du mal »]. Cet usage est très ancien en occident, puisque saint Augustin en fait mention[17], de même que saint Grégoire[18]. De plus, le prêtre chante le Pater les mains étendues, comme pour le canon, et en regardant l’hostie consacrée. Ainsi, « la prière du Seigneur est dite sur son Corps »[19]. Une telle façon de faire confère au Pater un caractère de plus grande gravité, dans la ligne de l’invitation à la prière. Le prêtre prête en quelque sorte sa voix à la sainte victime ; c’est Jésus lui-même qui dit en notre nom « Notre Père » [Pater noster].
On développe la question de la manière de réciter le Pater à la messe dans l’article « Le Pater à la messe ».
Pour la question des traductions du « Notre Père » on consultera « Ne nous laissez pas succomber… ».
« Tiens voilà du boudin, voilà du boudin.. » Tapanar, le légionnaire à quatre pattes avec de longues oreilles qui marche au pas, connaissez vous Tapanar ?
Tapanar est un mulet pas comme les autres : il est caporal à la Légion étrangère ! Mascotte du 2° régiment étranger d’infanterie (REI) il a un matricule, vit avec les soldats et a même été décoré.
Autrefois, ses ancêtres remplissaient, dans les compagnies montées, les missions les plus difficiles dans les endroits les plus reculés. De la création de ces unités en 1881, -dans le Sud oranais le colonel de Négrier créa la première compagnie montée de mulets-, à la bataille d’El-Mougar où la légende chez les mulets raconte que l’un deux y a croisé Charles de Foucauld, les mulets sont opérationnels, chargés des mortiers, de l’intendance. S’ils n’ont pas la bosse des chameaux dans le désert, ils savent croiser leurs pattes pour escalader les pentes escarpées du Djebel ! La paix s’installe au Maroc en 1934 et les camions font leur apparition. Que vont devenir les mulets ? Les légionnaires vont-ils oublier les « brêles » ?
Ah Mascotte les Tapanar ! : Tapanar I, Tapanar II, III, IV .. !
Au fil des pages illustrées avec précision et humour, on chante avec les légionnaires, on défile au pas lent, on salue le lever des couleurs avec Tapanar, pas toujours docile !
Aujourd’hui à Nimes, Tapanar perpétue la tradition en marchant à la tête du régiment.
En fin d’ouvrage un dossier « Pour aller plus loin » donne le contexte historique des événements et raconte la glorieuse épopée des légionnaires du 2°REI.
Plus d’informations, illustrations intérieures du livre, et commande sur LIVRES EN FAMILLE
https://www.livresenfamille.fr/de-5-a-8-ans/29979-la-veritable-histoire-de-tapanar-le-legionnaire.html
La véritable histoire de Tapanar le légionnaire, Inès du Mérac, Illustrations de Clément Masson, Editions Pierre de Taillac, 14.90 €
Dans la collection « Les animaux héros de l’histoire » à retrouver sur LIVRES EN FAMILLE : https://www.livresenfamille.fr/module/eccollection/listing?id_collection=1639
– La véritable histoire de Simon, le chat héros de la Mer de Chine
– La véritable histoire de Rintintin, de Verdun à Hollywood
– La véritable histoire de Vizir, le cheval de Napoléon
– La véritable histoire de Gustav le messager du débarquement
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Les jeunes américains sont de plus en plus pro-vie
Selon un nouveau rapport du Daily Signal , des données récentes témoignent d’un changement surprenant : les opinions pro-vie sont en hausse chez les 18-29 ans.
Plusieurs enquêtes montrent une augmentation de la proportion de jeunes adultes se déclarant « pro-vie », tandis que le soutien à un accès sans restriction à l’avortement a diminué ces dernières années. Selon les données de Gallup et d’autres instituts de sondage, le pourcentage de jeunes adultes se disant pro-vie a atteint environ 37 % en 2025, soit une hausse de 8 à 11 points de pourcentage par rapport aux sondages de 2022 et 2023.
Les jeunes adultes américains ont également commencé à modifier leurs points de vue sur la politique d’avortement, « le pourcentage de jeunes adultes qui estiment que l’avortement devrait être légal en toutes circonstances [ayant fortement diminué], chutant d’environ 10 à 14 points de pourcentage, selon les données de Gallup ».
Bien évidemment, tout n’est pas rose. Lors des référendums sur l’avortement, les militants pro-avortement l’emportent, à l’exception du Nebraska, du Dakota du Sud et de la Floride. La perception de l’avortement comme question morale ne se traduit pas toujours par la même perception comme question juridique ; le mouvement pro-vie doit non seulement convaincre la majorité que l’avortement revient à tuer un être humain, mais aussi que ces êtres humains à naître ont droit à la protection de la loi.
Certains signes indiquent un changement, même s’il est trop tôt pour dire où cette tendance mènera.
Depuis l’annulation de l’arrêt Roe v. Wade, de nombreux revers ont été constatés , le plus significatif étant la suppression par l’administration Biden de l’obligation de consultation médicale en présentiel pour obtenir la pilule abortive. Cette mesure a engendré un vaste réseau national de distribution de pilules abortives, transitant par voie transfrontalière depuis des États démocrates pro-avortement comme la Californie et New York vers des États républicains anti-avortement comme la Louisiane et le Texas. Si la pilule abortive peut être commandée par correspondance, les lois anti-avortement ne peuvent plus être appliquées. Jusqu’à présent, malgré les pressions des groupes anti-avortement, l’administration Trump a refusé d’abroger la politique de Biden, mise en œuvre sous prétexte de la COVID-19.
Ce qui sous-tend cette histoire, c’est le fait que le sentiment pro-vie est resté largement stable malgré une demi-décennie de propagande incessante et alarmiste diffusée par tous les grands médias américains, martelant l’idée que les lois pro-vie tuent des femmes.
Le sondage Gallup de 2025 sur la question a indiqué que les Américains sont en réalité devenus légèrement plus pro-vie cette année ; comme l’a souligné le statisticien et chercheur Michael New : « Malgré le déferlement de critiques médiatiques concernant les lois pro-vie récemment adoptées, le sentiment pro-vie est resté remarquablement stable. » Compte tenu du volume considérable de désinformation qui inonde le public américain depuis l’ abrogation de l’arrêt Roe v. Wade, c’est tout simplement remarquable.
Laïcisme : même au Maryland
Un conseil de comté du Maryland a mis fin à sa tradition de commencer ses réunions par la prière du « Notre Père » après avoir reçu des lettres menaçant de poursuites judiciaires de la part du groupe athée « Freedom from Religion Foundation » (FFRF).
Bien que les experts juridiques affirment que la pratique de prier avant les réunions est parfaitement constitutionnelle, le conseil craint d’être accablé par des frais juridiques s’il continue à réciter le Notre Père.
Le conseil du comté de Wicomico, dans le sud-est du Maryland, envisage de remplacer sa pratique de longue date de prière par les membres du conseil par « une minute de silence, une prière dirigée par le clergé ou en laissant les électeurs du comté de Wicomico décider par référendum », selon le Salisbury Independent.
Le président du conseil, John Cannon, a déclaré lors d’une réunion législative le 20 janvier que la décision avait suscité « beaucoup de déception » et qu’il « partageait cette déception ». Il a souligné que la tradition de réciter le Notre Père était en place bien avant qu’il ne prenne ses fonctions au conseil il y a 20 ans.
« Notre conseil municipal ne recule pas devant un défi simplement parce qu’un procès est imminent ». « Mais lorsque nos conseillers juridiques sont clairs sur l’issue probable, lorsque le risque financier pour nos citoyens est si important, il est de notre responsabilité de mettre en balance la rigueur budgétaire et notre désir de préserver une tradition que nous honorons depuis tant d’années. »
David Cortman, conseiller principal et vice-président du contentieux américain chez Alliance Defending Freedom, affirme que la tradition de prier avant les réunions législatives remonte à la fondation des États-Unis et que sa légitimité a depuis été confirmée par la Cour suprême.
« Ce qui est amusant dans cette affaire récente, c’est qu’elle nous rappelle de vieilles histoires ». « Ces questions ont été tranchées par la Cour suprême il y a plus de dix ans ».
L’arrêt Marsh c. Chambers de 1983 a validé la pratique de l’Assemblée législative du Nebraska consistant à ouvrir ses sessions par une prière prononcée par un aumônier rémunéré par l’État. Cette décision soulignait que la prière au sein des assemblées législatives était pratiquée aux États-Unis depuis le premier Congrès.
« Ce type de prières parlementaires se pratique depuis, littéralement, l’adoption du Premier Amendement ». « Et le Congrès… a engagé un aumônier pour diriger les prières parlementaires dès la fondation de notre pays, et c’est pourquoi elles sont autorisées aujourd’hui. »
Des groupes comme la FFRF exploitent depuis des décennies une mauvaise interprétation de la soi-disant « séparation de l’Église et de l’État ».
« Ils envoient ces lettres alarmistes, ils menacent de poursuites judiciaires, ils menacent de réclamer le paiement des frais d’avocat, et les villes et les comtés se contentent de regarder leur budget et de dire : “Écoutez, nous sommes déjà à court d’argent. Nous ne voulons pas prendre le risque de devoir payer des frais d’avocat.” »
Cette vieille “Nouvelle République”
Gabriel Attal ambitionne de changer à nouveau le nom de son parti, tels des voyous en cavale changeant régulièrement de squatt pour tenter d’effacer leurs méfaits : après « En marche », « La République en marche », « Renaissance », « Ensemble », le choix se porterait « Nouvelle République ».
Problème : cela ne plaît pas au directeur de la rédaction du journal du même nom :
Avec « Nouvelle République », l’ancien premier ministre plagierait donc le nom d’un groupe de presse indépendant qui, depuis huit décennies, informe des générations de lecteurs dans le respect d’une ligne éditoriale pluraliste et humaniste. Un titre qui vend, chaque jour, 120.000 journaux dans cinq départements et dont les audiences numériques s’élevaient à 6.67 millions de visiteurs uniques en décembre 2025.
L’hommage est embarrassant même si la timidité de Gabriel Attal est émouvante. Le leader politique n’a en effet pas osé informer la NR de son idée. Selon RTL, il a tout de même pris soin de soumettre son « projet » à des juristes. Timide mais prudent.
« Le nom doit suivre un projet », indique Gabriel Attal sans parler de son projet. Puisqu’il associe ce changement de « nom » à une « devanture », La Nouvelle République espère qu’il s’arrêtera au nom et ne lui empruntera pas ses vieux logos et autres slogans fédérateurs.
La NR en a vu d’autres. Elle attend déjà que la macronie passe à autre chose. Si Gabriel Attal manque d’inspiration, qu’il s’intéresse aux municipales. Ce rendez-vous électoral dans lequel son parti peine à peser mais que La Nouvelle République chronique sans parti pris.
Ce ne serait pas une première : le parti Reconquête a bien plagié le nom du mensuel fondé par Bernard Antony.
Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans : un cadeau aux plateformes ?
Lu ici :
L’Australie l’a votée il y a trois mois. La France l’examine en procédure accélérée. Le Royaume-Uni y réfléchit. En Belgique, Jacqueline Galant (MR), ministre des Médias en Fédération Wallonie-Bruxelles, et Vanessa Matz (Les Engagés), ministre fédérale du Numérique, veulent également interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans dès cette année.
L’intention est certes louable. Le problème, c’est que cette mesure ne fonctionne pas — et qu’elle pourrait même aggraver ce qu’elle prétend combattre.
Partout, le même scénario se répète : les adolescents contournent, les plateformes se frottent les mains, et les États se retrouvent à gérer des bases de données dont on préfère ne pas imaginer l’usage sous des gouvernements moins bienveillants. Des gardes fous existent aujourd’hui. Mais demain ?
Et si l’interdiction protégeait surtout… les plateformes ? Le problème n’est pas l’âge des utilisateurs. C’est le modèle d’affaires des plateformes. Et tant qu’on refuse de le toucher, on légifère dans le vide — en se donnant bonne conscience. […]
Trois mois après l’entrée en vigueur de l’interdiction australienne, le bilan est sans appel. Les adolescents ont massivement migré vers des applications non couvertes par la loi — Lemon8 (propriété de ByteDance, maison-mère de TikTok), Yope, WhatsApp. Trois enfants sur quatre interrogés déclarent vouloir continuer à utiliser les réseaux sociaux. VPN, faux âges, comptes créés avant l’interdiction : les contournements sont massifs, documentés, prévisibles. Ce n’est pas un échec de mise en œuvre. C’est la démonstration qu’on ne régule pas des usages en interdisant des outils.
Le cadeau empoisonné fait aux plateformes
Mais le plus pervers est ailleurs. Olivier Ertzscheid pointe une conséquence que personne ne semble vouloir voir : si plus aucun mineur de moins de 15 ans, aux yeux de la loi, ne peut et ne doit être présent sur ces plateformes, alors le peu de retenue et de régulation auxquelles elles s’astreignaient jusqu’ici — par crainte d’une atteinte trop profonde à leur image — deviendra instantanément caduque.
En clair : pourquoi Meta ou TikTok continueraient-ils à modérer les contenus violents ou pornographiques accessibles aux adolescents, puisque, légalement, il n’y a plus d’adolescents ? L’interdiction ne protège pas les mineurs. Elle offre aux plateformes un alibi en béton pour cesser de s’en préoccuper.
Et la responsabilité ? Elle bascule intégralement sur les familles. Si un adolescent de 14 ans accède à des contenus violents malgré l’interdiction, la faute sera imputable à la « défaillance parentale » ou au « contournement délibéré » — jamais à l’architecture de la plateforme qui les a mis en avant. Olivier Ertzscheid résume : « Quoi qu’il puisse se passer, ce ne sera plus du tout la faute des plateformes. » […]
Il y a quelque chose de confortable à annoncer une interdiction. Ça ne coûte rien, ça donne l’impression d’agir, et ça permet de pointer du doigt les « mauvais usages » plutôt que les mauvaises architectures.
Sauf que protéger supposerait de s’attaquer à ce qui rend ces plateformes toxiques : les algorithmes de recommandation qui maximisent le temps passé, les métriques d’engagement qui récompensent l’outrance, les dark patterns qui piègent l’attention. Tout cela reste intact. On préfère vérifier l’âge des utilisateurs plutôt que d’auditer le code des plateformes.
Le piège de la vérification d’âge
Et puis il y a l’éléphant dans la pièce : pour qu’une interdiction soit effective, il faut pouvoir prouver l’âge de chaque utilisateur. En Belgique, Vanessa Matz plaide pour une authentification de type « Itsme ». En Malaisie, c’est le passeport ou la carte d’identité nationale qui sont exigés.
La CNIL française a documenté le problème: utiliser un système d’authentification étatique pour accéder à des services en ligne « conduirait l’État à disposer d’une liste de connexions de nature purement privée ». Et pour les contenus sensibles, « le recours à ces dispositifs conduirait à un risque d’association d’une identité officielle à des informations intimes ».
Itsme, en Belgique, est une entreprise privée — pas une base de données gouvernementale. Mais la question reste entière : qui conserve les logs de vérification ? Qui peut y accéder ? Sous quelles conditions ? La politique de confidentialité d’Itsme précise que les données peuvent être divulguées « si nous sommes tenus de le faire par la loi ou une procédure judiciaire », « aux autorités étatiques conformément à leurs compétences », ou « dans le cadre d’une enquête sur une activité frauduleuse ou illégale ».
C’est standard et encadré par le RGPD. Mais cela signifie aussi que les traces de vérification d’âge — même compartimentées — peuvent être croisées avec une identité dans certains contextes judiciaires.
La CNIL recommande un système « double aveugle » où personne ne peut croiser identité et sites visités. Ce système n’existe pas encore à grande échelle. Et en attendant, chaque mécanisme de vérification crée une trace.
En Malaisie, c’est plus direct : les plateformes devront vérifier l’âge via le passeport ou la carte d’identité nationale. On constitue donc, au nom de la protection de l’enfance, des bases de données centralisées.
Sous un gouvernement démocratique et stable, c’est déjà discutable. Mais l’Histoire a cette fâcheuse tendance à ne pas rester stable.
Il suffit de regarder ce qui se passe aux États-Unis, où l’administration a investi massivement dans les outils de surveillance. Et à ceux qui prétendent que “nous ne sommes pas les Etats-Unis !”, nous ne pourrions que rappeler les contrats signés avec Palantir par la DGSI ou par l’OTAN.
Dans tous les cas, une infrastructure de vérification d’identité, même bien conçue, crée un précédent. Et les précédents ont cette particularité de survivre aux intentions de ceux qui les créent. Vu le contexte, et les échéances électorales à venir, on pourrait s’abstenir.
Responsabiliser les plateformes, pas les familles
Le diagnostic est partagé par toutes les sources analysées : oui, les réseaux sociaux posent des problèmes pour certains adolescents. Mais l’interdiction par l’âge rate sa cible. Comme l’explique Olivier Ertzscheid, « les plateformes sont parfaitement en capacité de limiter voire de réduire à néant ces nuisances » — mais « elles ne le font pas parce que ce n’est pas bon pour leur modèle d’affaires ».
La vraie question n’est donc pas « à partir de quel âge ? » mais « qui doit changer son comportement ? ». […]
C’est la piste défendue par Olivier Ertzscheid : reconnaître que les réseaux sociaux ont un « rôle actif » dans la circulation des contenus. Aujourd’hui, ils bénéficient du statut d’hébergeur — ils ne sont pas responsables de ce qui circule. En les requalifiant comme éditeurs, on les rend juridiquement responsables des contenus qu’ils amplifient algorithmiquement. Ce n’est plus l’adolescent qui a cliqué qu’on punit, c’est l’entreprise qui a mis le contenu en avant.
Classifier les plateformes selon leur nocivité
Au Royaume-Uni, les Libéraux-Démocrates proposent de classer les réseaux sociaux comme on classe les films — selon leur niveau de nocivité. L’idée : créer une pression économique pour que les plateformes « réécrivent leur code » afin de reconquérir le marché adolescent. Plutôt qu’interdire l’accès, on conditionne l’accès à des standards de conception.
« Si votre plateforme diffuse des contenus nocifs ou s’appuie sur des algorithmes addictifs et nuisibles, vous ne devriez être autorisé nulle part près de nos enfants. » — Ed Davey, Leader des Libéraux-Démocrates britanniques, BBC News
[…]
Exiger la transparence sur les données internes
Meta et TikTok mesurent en permanence l’impact de leurs choix de conception. Ces données existent, elles sont internes. Les rendre publiques — ou au moins accessibles aux régulateurs — permettrait de sortir du débat « études contre études ». C’est ce que demandent 42 organisations britanniques, dont le NSPCC (l’équivalent de Child Focus, en Belgique)
L’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs est une réponse politique à un problème systémique. Elle donne l’illusion de l’action sans toucher aux mécanismes qui rendent ces plateformes toxiques. Elle transfère la responsabilité des entreprises vers les familles. Et elle crée, au passage, des infrastructures de surveillance dont on préfère ne pas imaginer les usages futurs. […]
Le Groenland compte une paroisse catholique
Le Groenland appartient au Danemark et abrite quelques 57 000 personnes, dont 90% sont d’origine inuite. Le Verbe a recueilli les propos du curé de la seule paroisse catholique de cette région, un franciscain de Slovénie :
Quel est votre avis sur la situation politique actuelle, en particulier sur les propos de Donald Trump concernant une éventuelle prise de contrôle du Groenland?
Père Tomaž Majcen: J’essaie d’abord de parler de politique en tant que prêtre.
Lorsque de telles déclarations apparaissent dans les médias, les gens ici répondent principalement avec un calme ferme: le Groenland appartient à son peuple, et ils veulent décider de leur propre avenir avec dignité et respect. Beaucoup de Groenlandais sont sensibles aux étrangers parlant d’eux plutôt qu’avec eux, à cause de leur histoire.
D’après ce que j’entends dans mes conversations quotidiennes, les gens sont fiers de leur identité et de leur terre. Ils veulent une coopération avec le monde, oui, mais à armes égales, pas comme un objet à échanger.
En tant que prêtre, mon rôle n’est pas d’alimenter la peur ou la colère, mais d’encourager la paix, le dialogue et la prière. Je rappelle à mes paroissiens que chaque nation et chaque peuple mérite le respect, et que les enfants de Dieu ne sont jamais des biens.
En ces temps incertains, ce qui me donne de l’espoir, c’est la force tranquille des gens ordinaires ici – familles, pêcheurs, travailleurs, anciens – qui continuent de vivre, d’aimer et de faire confiance à Dieu dans ce lieu extraordinaire à la frontière du monde arctique.
Pouvez-vous me parler de la façon dont la foi est vécue au Groenland? Je crois comprendre que la vaste majorité de la population combine le luthérianisme et certains éléments de la culture inuite. Est-ce bien le cas?
La religion au Groenland se vit de manière très discrète et naturelle – tissée dans la vie quotidienne plutôt que manifestée haut et fort.
La plupart des gens appartiennent à l’Église luthérienne, et le christianisme a façonné la société groenlandaise pendant des générations. L’Église reste importante pour les moments majeurs de la vie: baptêmes, confirmations, mariages, funérailles et célébrations de Noël. Ce sont souvent des évènements profondément communautaires où familles et villages se rassemblent.
Parallèlement, de nombreuses personnes redécouvrent aujourd’hui les traditions inuites – leur langue, leurs symboles, leurs histoires, leur musique et leur proximité avec la nature. Pour certains, ce renouveau culturel coexiste en parallèle avec leur foi chrétienne. Je sens que les gens d’ici portent à la fois l’Évangile qu’ils ont reçu de leurs parents et grands-parents, et une fierté renouvelée pour leur héritage ancestral et leur relation avec la terre et la mer.
En vivant ici, j’ai souvent l’impression que la foi est façonnée par l’environnement lui-même. Quand vous voyez la vaste glace, la longue obscurité de l’hiver ou les aurores boréales dans le ciel, vous comprenez pourquoi les gens parlent de Dieu avec humilité et admiration. La vie ici enseigne la confiance, et c’est très proche de la foi.
Qu’en est-il de la situation des catholiques?
La communauté catholique au Groenland est très petite, mais très précieuse pour moi.
Il n’y a qu’une seule paroisse catholique dans tout le pays, ici à Nuuk. Le dimanche, nous nous réunissons en petite famille composée principalement de personnes venues au Groenland depuis l’étranger: ouvriers, étudiants, infirmières, techniciens et leurs familles. Beaucoup viennent des Philippines, d’Europe, d’Afrique ou d’autres régions du monde.
Il y a environ 500 catholiques à Nuuk, et environ 800 à travers le Groenland. Mais ce qui nous manque en taille, nous le compensons par la proximité. Les gens se connaissent, prient les uns pour les autres, et restent souvent après la messe pour prendre un café et discuter. Cette fraternité est très importante quand on vit loin de chez soi.
À Pituffik [à 1500 km au nord de la capitale], la situation est différente, car c’est une base militaire. Les offices catholiques y dépendent d’aumôniers visiteurs ou d’arrangements spéciaux, si bien que la participation change souvent. Pourtant, chaque fois que les catholiques se réunissent – même deux ou trois – le Christ est présent, ce qui apporte un grand réconfort.
Pour moi, en tant que prêtre, servir un si petit troupeau est très beau. Je connais vraiment mes paroissiens par leur nom.
Quels défis rencontrez-vous en pratiquant dans un pays aussi vaste?
Le Groenland enseigne chaque jour à un prêtre la patience et la confiance en Dieu.
Les distances sont énormes et les communautés sont dispersées le long de la côte. Le voyage dépend entièrement de la météo – tempêtes, brouillard, neige ou glace peuvent annuler les plans en un instant. Parfois, je me prépare à rendre visite aux gens et je dois attendre des jours ou des semaines. J’apprends à ne pas tout contrôler, mais à confier mon emploi du temps entre les mains de Dieu.
Le climat est un autre défi. De longs hivers sombres peuvent peser sur le cœur des gens, et la solitude peut être bien réelle. En tant que prêtre, j’écoute beaucoup et j’essaie simplement d’être présent.
Il y a aussi une grande diversité culturelle: des Groenlandais, des Danois et des personnes de nombreux pays vivent côte à côte. Le ministère ici signifie écouter attentivement, respecter les traditions et trouver des moyens de parler du Christ qui touchent la vie quotidienne.
Personnellement, je trouve cette mission humble. Il y a des moments où je me sens très petit face au paysage et c’est bon pour un prêtre. Cela me rappelle que je ne suis qu’un serviteur, marchant avec les gens dans un endroit que Dieu aime beaucoup.
Aide à mourir : le Sénat rejette le texte qu’il avait pourtant réécrit
Avec 122 voix pour et 181 contre, la proposition de loi profondément remaniée a été rejeté. Par conséquent, l’Assemblée nationale examinera en 2e lecture le texte voté en 1ère lecture et non le texte qui avait été réécrit au Sénat. Comme l’écrit Stéphane Ravier, le Sénat honorait sa réputation de sagesse en supprimant l’acte létal du texte sur la fin de vie, y ajoutant même l’interdiction de l’euthanasie. Mais une partie des LR (36 contre 82) vient de voter avec la gauche pour le rejeter… Voir ici le détail des votes.
Communiqué de la Fondation Lejeune :
Ce mercredi 28 janvier, les sénateurs ont rejeté la proposition de loi sur l’aide à mourir, preuve d’une absence de consensus sur la mort administrée. Ce rejet ouvre cependant la voie au retour, à l’Assemblée nationale, du texte initialement voté au printemps 2025, le plus permissif au monde en matière d’euthanasie. La Fondation Jérôme Lejeune alerte sur l’urgence absolue de la mobilisation citoyenne.
Le vote du Sénat envoie un signal politique clair : les sénateurs refusent de participer à l’instauration d’un droit à la mort organisée. Il confirme que ce projet ne s’impose ni comme une évidence démocratique, ni comme une attente des Français. Mais ce rejet a une conséquence immédiate : le texte initialement adopté au printemps 2025 par l’Assemblée nationale — le plus permissif au monde en matière d’euthanasie — reviendra lors de la deuxième lecture. La menace demeure donc, et elle est majeure.
La mobilisation citoyenne est donc plus urgente que jamais. Lors de la première lecture, les députés n’ont pas entendu les Français, qui s’opposent majoritairement aux dispositions prévues par le texte de l’Assemblée nationale. Ils devront les entendre lors de la seconde lecture. La Fondation appelle donc chaque citoyen à interpeller son député et à participer aux manifestations qui seront organisées. Le processus de légalisation de l’euthanasie est engagé ; il peut encore être stoppé. Il y a urgence à agir pour protéger les personnes les plus fragiles et refuser que la mort devienne une réponse sociale à la souffrance. D’ici là, un maximum de citoyens doivent se rassembler grâce à la pétition de la fondation Jérôme Lejeune, stop-euthanasie.fr, à signer et faire connaître largement autour de soi.
Pour Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, “le vote du Sénat n’est pas une victoire, mais c’est un avertissement : la résistance à la mort administrée est plus profonde que prévue. Il est temps que les citoyens prennent conscience de l’urgence et se mobilisent pour faire comprendre cela aux députés.”
Le Syndicat de la famille alerte sur ce vote lourd de conséquences pour les personnes vulnérables et leurs familles :
Le Syndicat de la famille prend acte avec une profonde inquiétude du rejet par le Sénat, à 181 voix « contre » et 122 « pour », de la proposition de loi sur l’assistance médicale à mourir que les sénateurs avaient réécrite en séance publique le 21 janvier.
Ce vote ouvre la voie à un retour, en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, du texte initial adopté par les députés, qui vise la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté. Pourtant, les débats au Sénat avaient permis de mettre en lumière une autre voie : celle de l’accompagnement, du soin et de la solidarité. En supprimant l’article ouvrant « l’assistance à mourir » et en consacrant un droit opposable au soulagement de la souffrance, les sénateurs avaient rappelé une évidence trop souvent oubliée : la priorité doit aller au développement effectif des soins palliatifs pour garantir leur accès à tous et partout.
Le rejet de l’ensemble du texte fait peser un risque majeur : celui de voir s’imposer une réponse brutale et définitive à des situations de détresse qui relèvent d’abord d’un manque de soins, de moyens et de soutien humain.
Le Syndicat de la famille alerte les parlementaires : légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, c’est introduire une rupture éthique profonde et créer une pression silencieuse sur les personnes âgées, malades ou handicapées, ainsi que sur leurs familles qui seraient confrontées à des déchirures profondes. La société doit au contraire protéger les plus fragiles et ne pas leur faire porter le poids de leur vulnérabilité.
A défaut du texte final, le Syndicat de la famille appelle les députés à prendre en compte le contenu des débats au Sénat. Ce serait une faute politique de renoncer à une fin de vie fondée sur le soin et la présence humaine, et à engager enfin un investissement massif et durable dans les soins palliatifs.
« La fin de vie mérite mieux qu’une réponse létale et brutale. Elle appelle des moyens, du temps, des soignants et une présence » souligne Ludovine de La Rochère, Présidente du Syndicat de la Famille.
Liban-Israël : vers la guerre ou vers la paix ?
D’Annie Laurent dans La Petite Feuille verte :
Après avoir retracé, dans la dernière PFV (n° 107), les principales étapes politiques et historiques qui ont conduit à l’instabilité chronique caractérisant le voisinage entre le Liban et Israël, nous revenons à l’examen des sujets d’actualité relative à cette situation tel que nous l’avons entamé dans les PFV n° 101 à 106.
Il sera ici question de l’affaiblissement du Hezbollah, le parti chiite soutenu par l’Iran. Il provient d’un sévère écrasement de ses forces par l’armée israélienne (Tsahal), en riposte à son engagement auprès du Hamas palestinien dans la guerre de Gaza, provoquée par le massacre commis le 7 octobre 2023 par ce mouvement sunnite contre des juifs israéliens. Le parti Hezbollah au Parlement libanais, grâce au droit du « tiers de blocage » dont il dispose, empêchait toute élection d’un président de la République ne correspondant pas à sa volonté politique. Après le cessez le feu de Novembre 2024, le Hezbollah n’a plus pu bloquer l’élection. Le Président Joseph Aoun élu a permis un tournant décisif dans la politique libanaise, après deux ans de vacance du pouvoir, et 20 ans de suprématie du Hezbollah dans la vie politique libanaise.
Nous verrons ainsi les perspectives ouvertes par le programme des nouveaux dirigeants bien que la résistance du Hezbollah à rendre ses armes pose problème, tant sur le plan interne qu’externe.
LE TOURNANT DE 2025
En janvier 2025, l’élection du général Joseph Aoun (maronite) comme président de la République, suivie de la formation d’un nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam (sunnite), a marqué un tournant dans la détermination du pouvoir libanais à faire prévaloir sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire comme le prévoyait la résolution 1701 adoptée par l’ONU le 11 août 2006 pour mettre fin à une guerre engagée par le Hezbollah contre l’État hébreu quelques semaines auparavant. Recouvrer le monopole de la sécurité imposait le désarmement des camps palestiniens (cf. PFV n° 104 et 105) et du Hezbollah (cf. PFV 106), missions qui ont été confiées à l’armée libanaise, avec l’aide des 10 800 Casques bleus composant la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) présente au Sud depuis 1978.
Concernant les camps, l’opération, agréée par l’Autorité palestinienne siégeant à Ramallah (Cisjordanie), a été lancée en août 2025, mais elle n’est pas achevée. La dernière phase, entreprise à la mi-décembre, a visé Aïn el-Héloué (près de Saïda), où vivent 80 000 réfugiés. Elle a été effectuée avec la collaboration du Fatah, le principal parti palestinien, mais le Hamas, son rival venu de Gaza, dont la présence est qualifiée d’illégitime par les autorités libanaises, a jusqu’à présent refusé de rendre ses propres armes.
Concernant le Hezbollah, la question est plus complexe dans la mesure où ses dirigeants persistent à lui conférer la qualité de « Résistance » à Israël. Ils se réfèrent pour cela à deux épisodes récents : d’abord, le soutien militaire apporté au Hamas sunnite par les hezbollahis chiites dans le cadre de la guerre de Gaza ; puis, la violation par Israël du cessez-le-feu négocié par les États-Unis et la France et conclu le 27 novembre 2024, après 13 mois de guerre dans le sillage du conflit de Gaza, Tsahal (l’armée israélienne) maintenant son occupation de cinq positions stratégiques dans le Sud (cf. PFV 103) : celles-ci sont situées dans les cazas (départements) de Tyr, Bint Jbeil et Marjayoun.
Tels sont les motifs qui ont poussé le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, à répéter son refus de rendre à l’État les armes de son parti.
« Quiconque appelle aujourd’hui à la remise des armes, qu’il soit Libanais ou étranger, sert le projet israélien […]. On ne peut pas nous obliger à choisir entre la résistance et la construction de l’État : la résistance est contre Israël et la construction de l’État est pour le citoyen » (L’Orient-Le Jour, OLJ, 30 juillet 2025).
LE DÉFI DU DÉSARMEMENT
Néanmoins, les dirigeants libanais ont tenu bon. Un plan de désarmement général préparé par l’armée, et appelé « Bouclier de la patrie », a été entériné en août 2025 par le Conseil des ministres. Sa première phase concernait la zone située entre le fleuve Litani et la frontière israélienne comme prélude à l’ensemble du territoire (cf. PFV n° 106). Elle s’est déroulée sous la surveillance d’un comité militaire appelé « Mécanisme », présidé par un délégué des États-Unis auquel sont associés des représentants de la France, d’Israël, du Liban et de la FINUL.
Les rapports détaillés publiés par ce comité montrent l’ampleur et la qualité du travail accompli par les soldats libanais. Le 29 octobre 2025, le général américain Joseph Claerfield a salué leur « professionnalisme […] et leur engagement remarquables » (OLJ, 7 novembre). Peu après, le général Nicolas Tabet, commandant du secteur, a détaillé un premier bilan de l’opération qui a mobilisé 10 000 militaires déployés dans 200 postes le long de la frontière : 177 tunnels ont été neutralisés, 11 passages par le Litani ont été fermés, 566 lance-roquettes et 230 000 pièces d’arsenal ont été saisis dans la bande frontalière où l’armée a annoncé avoir mené 300 011 missions. L’officier a insisté sur « la coopération totale » des habitants (OLJ, 28 novembre).
La mission de l’armée a cependant été entravée par les obstacles logistiques que lui a opposés Tsahal en multipliant les attaques, terrestres et aériennes, contre le Liban, y compris contre des institutions publiques et des habitations privées. À cet égard, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a assuré « n’avoir besoin d’aucun feu vert pour frapper les ennemis d’Israël », au Liban comme à Gaza (OLJ, 26 octobre).
En réponse, le président Joseph Aoun a demandé au général Rodolphe Haykal, commandant en chef de l’armée libanaise, d’organiser des ripostes à toutes les incursions israéliennes au Liban-Sud, et cela de manière unilatérale, sans plus passer par le « Mécanisme » mais en se fondant sur le droit international (OLJ, 4 novembre). Pour l’armée libanaise, les frappes israéliennes
« s’inscrivent dans la continuité de la politique destructrice de l’ennemi, qui cherche à déstabiliser le Liban, à étendre la destruction dans le Sud, à maintenir la guerre et la menace contre les Libanais, tout en empêchant le déploiement complet de l’armée conformément à l’accord de cessation des hostilités » (OLJ, 6 novembre).
Un an après le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah (27 novembre 2024), une seule violation a été commise par ce dernier, tandis que le bilan des attaques quasi quotidiennes de Tsahal contre le Liban s’élevait à plus de 12 000 : incursions et frappes aériennes, tirs d’artillerie, destruction de bâtiments au sol, tirs en direction de civils, de soldats libanais et de Casques bleus (FINUL), enlèvements, bâtiments piégés, construction de positions militaires en territoire libanais. Tsahal a justifié ses frappes par la nécessité d’empêcher une reconstitution des forces du Hezbollah au Liban-Sud. Il faut y ajouter les 7 500 incursions israéliennes dans l’espace aérien libanais et 2 500 terrestres au nord de la Ligne bleue. Celle-ci est un tracé défini en 2000 par l’ONU pour faire office de ligne d’armistice entre les deux pays. Fin novembre, le bilan humain de ces attaques était évalué à 343 morts, dont 136 civils, et à 945 blessés (OLJ, 26 novembre).
Ces opérations se sont donc étendues aux régions éloignées du Sud ; elles ont aussi visé des responsables du Hezbollah, notamment Haytham Ali Tabatabaï, chef d’état-major du parti chiite, qui a été assassiné à Beyrouth le 23 novembre, une semaine avant l’arrivée du pape Léon XIV au Liban où il a séjourné du 30 novembre au 2 décembre 2025.
QUELLE PLACE POUR LE HEZBOLLAH ?
Le 8 janvier 2026, le général Haykal a informé le Conseil des ministres du déroulement et de l’achèvement de la première phase du désarmement, puis il annoncé le démarrage de la seconde pour début février. Cette dernière concernera la région comprise entre les fleuves Litani et Awali. Viendront plus tard : Beyrouth, sa banlieue et ses environs, ensuite la Békaa et enfin l’ensemble du territoire. Mais aucun calendrier précis n’a encore été fixé pour ces étapes.
Le Hezbollah, pour qui l’accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024 ne concerne que le sud du Litani, a réagi en ces termes : « Que personne ne vienne nous parler de la deuxième phase du plan de désarmement avant le retrait israélien des points encore occupés au sud du Liban » (OLJ, 12 janvier 2026). Insatisfait de cette remarque, le président Aoun y a réagi à l’occasion d’un entretien à la presse destiné à marquer le bilan de sa première année à la tête de l’État : « La situation qui avait ouvert la voie à l’existence des armes au Liban a disparu […]. La présence de cet armement est devenue un fardeau pour son environnement et pour le Liban dans son ensemble ». Et il ajoutait à l’intention du parti chiite : « Le temps est venu d’être raisonnables ; vous avez des ministres et des députés » (OLJ, 11 janvier).
À plusieurs reprises ces derniers mois, le Hezbollah a annoncé qu’il n’abandonnerait pas ses armes présentes dans le reste du Liban tant que ce dernier serait menacé et en partie occupé par Israël. En outre, quel que soit son avenir, le parti chiite n’entend pas renoncer à son influence, a déclaré NaÏm Kassem : « Le Hezbollah a sauvé tout le Liban, pas seulement le Sud » et « il restera fort et un défenseur courageux du pays, quels que soient les difficultés et les sacrifices ». Il semblait ainsi réagir aux propos du président Aoun qui avait déclaré la veille :
« L’histoire a prouvé que l’armée libanaise a sauvé le Liban à plusieurs reprises, et l’avenir démontrera qu’elle est l’unique sauveur du pays […]. Elle est la seule institution qui œuvre pour l’intérêt national, loin de toute considération politique, partisane ou confessionnelle » (OLJ, 29 décembre 2025).
Que deviendrait le « parti de Dieu » si son désarmement complet se concrétisait ? Cette question fait l’objet de réflexions au Liban et elle inspire des idées parmi les médiateurs étrangers. « Le Hezbollah a reçu des messages clairs l’appelant à renoncer à la logique des armes au profit d’une solution politique, tout en préservant son rôle, sa position et son influence dans l’équation libanaise ». Parmi les solutions envisagées, il y aurait notamment la désignation d’un chiite comme chef de l’armée, ce poste étant jusqu’ici réservé à un maronite (OLJ, 11 janvier 2026).
Il faut toutefois souligner que le Hezbollah ne se confond pas avec la communauté chiite et que son avenir dépend aussi de la suite du soulèvement en cours contre le régime iranien, incertitude sur laquelle nous reviendrons ultérieurement.
QUEL AVENIR POUR LE LIBAN-SUD ?
Malgré les progrès effectués dans le désarmement du Hezbollah au Sud et son remplacement par l’armée libanaise, l’incertitude domine quant à l’avenir du territoire limitrophe d’Israël, explique la journaliste libanaise Scarlett Haddad qui évoque plusieurs hypothèses. La nouvelle situation va-t-elle favoriser la reconstruction de cette région ? Le doute est omniprésent pour plusieurs raisons. La plupart des localités frontalières (plus de 30 villages) auraient été totalement détruites par les Israéliens et leurs habitants sentent que ces derniers ne veulent plus qu’ils reviennent chez eux afin d’exécuter leur plan d’établir une zone sous leur contrôle à leur frontière nord. D’autres croient à un scénario qui ressemblerait à ce que le président Donald Trump appelle « une zone économique », autrement dit désertée par ses habitants et consacrée à des investissements économiques, industriels et touristiques, sous la supervision des Américains et avec la participation « évidente » des Israéliens. Le retrait de la FINUL, programmé pour décembre 2026, pourrait faciliter ce plan (OLJ, 2 janvier 2026).
La FINUL a par ailleurs indiqué que Tsahal a entrepris la construction d’un mur en béton le long de la frontière, information reprise dans un rapport du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Notant que les Israéliens « maintiennent cinq positions militaires et deux zones tampons au nord de la Ligne bleue », il précise que « le mur construit par Israël franchit la ligne bleue vers le nord et couvre environ 4 100 m2 de territoire libanais ». La pression israélienne y est décrite comme « massive, systématique et incompatible avec la résolution 1701 » (OLJ, 16 novembre).
* * *
Pour l’heure, Israël poursuit ses attaques régulières contre le Liban, dans le droit fil de ses violations du cessez-le-feu du 27 novembre 2024. Un plan d’attaque général contre le Hezbollah, présenté par Netanyahou au président Donald Trump, aurait reçu l’accord de ce dernier (OLJ, 7 janvier 2026).
Mais, au même moment, le peuple libanais vit sous l’impact pacificateur de la visite de Léon XIV, venu lui délivrer ce message « Heureux les artisans de paix » pour encourager ses auditeurs à la responsabilité. Dans un commentaire substantiel, contenu dans son message des vœux de Noël (24 décembre), le cardinal Béchara Boutros Raï, patriarche de l’Église maronite, tout en exprimant sa gratitude envers la démarche du pape, s’est adressé directement aux dirigeants du pays du Cèdre : « Le Liban aujourd’hui n’a pas besoin de gestion des crises successives, mais d’une vision nationale globale et d’une volonté politique sincère pour le sortir de la logique de l’attente à celle de la construction responsable […]. Nous vous appelons à choisir la réconciliation plutôt que la division, le dialogue plutôt que le blocage et l’intérêt public plutôt que les intérêts personnels ».
Le patriarche s’est aussi réjoui d’une nouvelle rassurante annoncée au lendemain du retour du pape à Rome : l’approbation américaine et israélienne pour le lancement de négociations directes entre le Liban et Israël, initiative censée dépasser le cadre sécuritaire pour aboutir à une normalisation bilatérale. Ce projet, encouragé par plusieurs alliés du pays du Cèdre, dont la France, ainsi que sa mise en œuvre, seront examinés dans la prochaine Petite Feuille Verte.
Un monde sans Dieu
Lors de ses vœux à la Presse ce jeudi 22 janvier, Yaël Braun-Pivet a prononcé ces mots mémorables :
« L’aide à mourir répond à une attente forte des français, c’est une loi de liberté. Mon engagement est clair : permettre l’adoption du texte sur l’aide à mourir avant l’été 2026 pour une application avant la fin du quinquennat. »
Pourquoi tant d’acharnement à vouloir faire passer une telle loi alors que la France prend l’eau de toutes parts. Un gouvernement digne de ce nom, devrait en priorité régler les problèmes essentiels de la population comme le manque de sécurité, la protection du monde agricole ou encore la sauvegarde des services de santé. Alors pourquoi déployer autant d’énergie à légiférer sur un sujet dont l’urgence ne paraît guère évidente ?
Au mois de juin de l’année dernière, je m’interrogeais déjà sur les motivations d’une telle obstination. * *
Aujourd’hui, certains y voient une tendance morbide : après avoir sanctifié l’avortement en inscrivant le droit à l’interruption volontaire de grossesse dans la Constitution le 4 mars 2024, après avoir encouragé le « dépeuplement » des troupeaux de bovins durant tout l’hiver, Emmanuel Macron légaliserait à présent l’euthanasie par pur plaisir de tout détruire ?
D’accord, venant de lui cette volonté de tout saccager pourrait bien être réelle. Mais en réalité, l’affaire est bien plus grave !
Elle dépasse largement les travers d’une seule personne. Il s’agit davantage d’un besoin de tout maîtriser plutôt que d’un simple penchant morbide. Depuis des années, une volonté affichée de refuser toutes formes d’autorités supérieures domine parmi les élites de nos sociétés occidentales : ces bien-pensants veulent être libre d’organiser le monde selon leur propres choix.
En remontant le cours du temps, on pourrait trouver toutes sortes d’exemples de cette révolte de nos dirigeants contre les lois naturelles. Ainsi en avril 2013, François Hollande avait, tout juste un an après son élection, obtenu l’autorisation du mariage pour des couples de même sexe. Cette réforme sociétale faisait en réalité partie de ses promesses de campagne électorale.
Tous ces beaux parleurs s’en prennent aux fondements de notre civilisation, persuadés que l’être humain est assez intelligent pour se débrouiller sans Dieu. Yuval Noah Harari décrit mieux que personne ce monde où l’homme veut tout contrôler, de la naissance à la mort. Pour ce prophète de la nouvelle religion humaniste, les progrès de la biotechnologie et de la science en générale offrent à l’être humain la maîtrise de sa destinée. Il nous promet de devenir l’égal des dieux. Grâce à notre intelligence, nous contrôleront toutes choses. Mieux, nous aurons accès au bonheur et nous serons bientôt en mesure d’augmenter nos capacités intellectuelles grâce à l’intelligence artificielle. Toutes ces belles paroles ne sont pas sans nous rappeler une scène bien connue du Jardin d’Eden :
« Le Serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs. Il demanda à Eve : Dieu a-t-il réellement dit de ne pas manger de tous les arbres du jardin ?
Elle répondit : nous mangeons du fruit des arbres du jardin, mais le fruit de celui qui est au milieu, nous n’en mangeons pas. Dieu nous a dit : vous n’en mangerez pas de peur que vous ne mouriez. Alors le Serpent dit à la femme : vous ne mourrez pas mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et que vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal.
La femme vit que l’arbre était bon à manger et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence. »
Aujourd’hui, notre Serpent poursuit son discours par la voix de quelques intellectuels éloquents et l’humanité continue à être dupée à l’image d’Adam et Eve. Les personnages ont changé mais les promesses restent les mêmes : bâtir le meilleur des mondes. On pourrait même ajouter : un monde sans Dieu !
* * Journal d’un croyant de 2025 – Quelles seront ces prochaines étapes ?
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Chili : Vote unanime et transversal pour l’interdiction de la GPA
Communiqué du Groupe d’experts de Casablanca :
Le Groupe d’experts de Casablanca se félicite du vote unanime et transversal par lequel la Commission de la famille de la Chambre des députés du Chili a approuvé, le projet de loi visant à interdire et sanctionner la gestation pour autrui. Ce vote, réunissant des élus de gauche, du centre et de droite, marque une étape décisive du processus législatif et reconnaît clairement la nécessité de prohiber cette pratique.
Cette avancée traduit une prise de conscience partagée des atteintes graves que la gestation pour autrui porte aux droits fondamentaux des femmes et des enfants. Elle a été saluée au niveau international par Reem Alsalem, Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la violence contre les femmes et les filles, qui a rappelé publiquement que lorsque les gouvernements examinent les conséquences du marché de la gestation pour autrui, la seule issue cohérente est son interdiction.
Le Groupe d’experts de Casablanca salue le travail des experts mobilisés au Chili pour la protection des femmes et des enfants, ainsi que l’engagement du député Juan Irarrázaval Rossel, président de la Commission de la famille, dont l’action a permis une convergence politique large et inédite.
À l’heure où 2026 marquera le centenaire de la Convention relative à l’esclavage, le Groupe d’experts de Casablanca appelle le Chili à rejoindre les pays engagés, au niveau des Nations unies, dans l’élaboration d’un traité international visant l’abolition universelle de la gestation pour autrui, aux côtés notamment de l’Italie, qui suit les recommandations formulées dans le rapport publié en 2025 par Reem Alsalem.
Immigration en France : de nouveaux records ont été battus en 2025
Voici les chiffres officiels du grand remplacement analysés par Marc Vanguard :
1⃣ Le nombre de titres de séjour accordés EXPLOSE et atteint un nouveau record historique.
🔴 Le précieux sésame a été remis à environ 380 000 immigrés en 2025, sans compter :
– les renouvellements
– les étrangers européens (EEE)
– les étrangers mineurs ⬇️ pic.twitter.com/bT09mmNINu— Marc Vanguard (@marc_vanguard) January 27, 2026
🔴 Concrètement, on a donné en 2025 au total 40 000 nouveaux titres de séjour en plus par rapport au record de 2024.
On fait 12% de plus que le RECORD HISTORIQUE de l’an dernier. Oui.
Et vous n’êtes pas au bout de vos surprises⬇️
— Marc Vanguard (@marc_vanguard) January 27, 2026
3⃣ Alimentée par la hausse des entrées légales, la population bénéficiant d’un titre de séjour en France ne cesse d’augmenter.
👉 Environ 4,3 Millions de titres de séjour valides sont actuellement en circulation ⬇️ pic.twitter.com/4KgtTvzC00
— Marc Vanguard (@marc_vanguard) January 27, 2026
4⃣ En parallèle, les premières demandes d’asile reculent : 116 000 premières demandes enregistrées en 2025.
👉 Ça reste un niveau historiquement élevé, l’équivalent des populations réunies de Troyes et Lorient en un an⬇️ pic.twitter.com/s2y9Vg1hCh
— Marc Vanguard (@marc_vanguard) January 27, 2026
6⃣ Les nationalités du Maghreb et d’Afrique subsaharienne restent majoritaires parmi les octrois de titres de séjour.
🇺🇦 Concernant les demandes d’asile, les Ukrainiens restent n°1⬇️ pic.twitter.com/XErdkQV0SI
— Marc Vanguard (@marc_vanguard) January 27, 2026
Imaginez les villes de Metz, Nancy et Poitiers entièrement peuplées d’immigrés clandestins.
👉 C’est l’équivalent du nombre d’immigrés en situation irrégulière qui ont obtenu un titre de séjour depuis 2012 ⬇️ pic.twitter.com/1tvZaykAHP
— Marc Vanguard (@marc_vanguard) January 27, 2026
Merci beaucoup d’avoir pris le temps de lire cette synthèse.
👉 Dans la même veine, je couvrirai cette semaine la publication des chiffres de l’insécurité en 2025, avec une synthèse détaillée (nombre d’infraction, nationalités,…) ⬇️ pic.twitter.com/MKZkOs0IyG
— Marc Vanguard (@marc_vanguard) January 27, 2026
Jusqu’où Google a-t-il enregistré des conversations privées
Encore une idée “complotiste” qui se révèle exacte… :
Le 26 janvier 2026, à San Jose, en Californie, Google a officiellement déposé un règlement judiciaire visant à clore une plainte majeure liée à l’espionnage de conversations privées par Google Assistant. L’affaire, qui remonte à mai 2016, repose sur des accusations graves : des enregistrements audio captés sans activation volontaire, puis exploités dans l’écosystème publicitaire du géant technologique.
L’espionnage dénoncé par les plaignants repose sur un mécanisme précis. Selon la plainte collective, Google Assistant se déclenchait par erreur, sans commande vocale intentionnelle. Dès lors, l’appareil enregistrait des conversations privées, parfois longues, parfois intimes. Ces enregistrements n’étaient ni clairement signalés ni explicitement autorisés, selon les documents judiciaires examinés par Reuters. Ce dysfonctionnement technique n’était donc pas marginal. Toujours selon Reuters, ces activations accidentelles, appelées « fausses acceptations », se produisaient sur une large gamme d’appareils. Smartphones, enceintes connectées et écrans domestiques étaient concernés.
Plus encore, la plainte affirme que ces conversations n’étaient pas seulement stockées sans le consentement des utilisateurs et à leur insu. Elles auraient servi à alimenter les systèmes de ciblage et d’optimisation publicitaire de Google. Ce point est central. Il transforme un problème de confidentialité en soupçon d’exploitation commerciale illicite, souligne Reuters. […]
Face à ces accusations d’espionnage, Google a toujours nié toute intention frauduleuse. La firme affirme que les enregistrements litigieux servaient avant tout à améliorer la reconnaissance vocale. Toutefois, comme l’a souligné Reuters, cette défense n’a pas suffi à écarter le risque d’un procès long et coûteux. D’où la stratégie de défense de Google, présentée comme pragmatique plutôt qu’aveu de faute. L’accord conclu est lourd de sens. Google s’engage à verser 68 millions de dollars, soit environ 62 millions d’euros, pour mettre fin à la plainte. […]
