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Message de Louis de Bourbon à l’occasion de la fête de Saint Louis

Chers Français,

Depuis plusieurs années, j’ai pris l’habitude d’exprimer, à l’occasion de la Saint-Louis, les constats et les vœux que m’inspire la situation du pays, à la lumière de la tradition multiséculaire dont je suis l’héritier.

En cette rentrée 2026-2027, l’année qui s’ouvre s’accompagne d’une échéance cruciale pour la France : celle d’une élection présidentielle.

Plus que jamais, l’avenir du pays paraît incertain. Au-delà des positionnements politiques souvent prévisibles, on ne peut que constater une grande absente : celle de la clarté et de la vision de long terme. Est-ce là ce qui explique la grande profusion des candidatures ? il semble que le pays soit frappé d’une dispersion des volontés à la mesure de la disparition du principe d’autorité. Cette absence fait d’autant plus cruellement défaut que les urgences se font pressantes.

Sur le plan de la Justice et de la sécurité, malgré un durcissement de son arsenal, l’État n’obtient pas de diminution des crimes et des délits. Il s’agit là de drames humains et non seulement de statistiques. Que dire lorsque se succèdent les affaires aussi retentissantes que désolantes ? En quatre ans, Quentin, Lyhanna, Louis ont succédé à Elias, Louise, Lorène, Mélanie et Mehdi, Shemseddine, Matisse, Philippine, Fayed, Dominique Bernard, Thomas, Lola et Justine… Cette litanie de crimes, qui touchent des victimes de plus en plus jeunes, est tout simplement intolérable. Une profonde mutation de l’esprit public et une rénovation complète de notre Justice sont nécessaires pour en venir à bout.

Sur le plan économique, la France poursuit sa descente aux abîmes de l’immobilisme et de l’endettement. Dès fin 2026, la charge de la dette dépassera celle de toutes les grandes politiques publiques non sociales, dont l’Éducation nationale et la Défense. Cette charge va comprimer l’espace disponible pour les autres dépenses publiques. Or, la France peine à se réindustrialiser, et à relancer sa croissance. Asphyxiée par la fiscalité, l’économie accuse un retard croissant face aux évolutions en cours aux États-Unis et en Asie. Le tableau n’est pas entièrement sombre : la France conserve des atouts solides dans plusieurs filières industrielles telles que l’aéronautique, le luxe, l’énergie, la défense, l’intelligence artificielle. Certains projets commencent à produire des effets. Mais la capacité du pays à transformer ces points forts en croissance durable dépendra de sa faculté à restaurer ses finances publiques et à simplifier ses règles.

Sur le plan de la santé, la première responsabilité des dirigeants est de protéger la vie. Or, le 15 juillet, l’Assemblée nationale a voté la loi légalisant l’euthanasie. Des institutions médicales et hospitalières, qui étaient consacrées à soulager les souffrances, à protéger la vie et la santé, administreront désormais la mort. J’ai eu l’occasion de dire à quel point cette loi constitue un basculement mortifère pour toute la société. Je regrette que les réserves du Conseil constitutionnel aient été si timides, et que cette institution, qui s’est réservé la mission de garantir les libertés, soit passée à côté de l’enjeu essentiel : éviter à nos personnes âgées et malades de se sentir un fardeau lorsque nous les entourons de nos soins. Cette responsabilité de veiller sur les patients jusqu’au terme naturel de la vie, qui incombait à toute la société, ne dépendra plus désormais que de la fragile conscience isolée de chaque personne : enfants, proches, soignants et de la ténacité des personnes âgées elles-mêmes. Je souhaite qu’au plus tôt, la garantie d’une loi intangible revienne au secours de la vie, notamment de la plus faible et la plus démunie.

Sur le plan des services publics, on répète souvent, à juste titre, que la France a été façonnée par son État. Or c’est un État affaibli qui se dévoile aujourd’hui. Malgré le dévouement des agents, l’été a été marqué par une succession de graves lacunes dans l’anticipation des crises et dans leur gestion. En voici trois illustrations : dès le mois de juin, face à la canicule, la climatisation des établissements s’est avérée lacunaire – en particulier celle des hôpitaux et des lieux accueillant des personnes âgées, provoquant une surmortalité de plus d’un tiers. En juillet et en août, face aux incendies forestiers, l’organisation et l’équipement se sont révélés gravement insuffisants, conduisant à des pertes majeures : près de 120 000 hectares ont brûlé, dont des habitations, plusieurs morts sont à déplorer ainsi que des centaines de blessés parmi les secours. Enfin, sur le plan névralgique du secret fiscal, l’administration, que l’on pensait hautement sécurisée, a été prise en défaut au détriment de plusieurs centaines de milliers de contribuables – cette nouvelle fuite succédant à celle ayant touché bien d’autres services publics. Ces trois illustrations matérialisent la désillusion des Français à l’égard d’un État dont la puissance et l’efficacité ont tant perdu de leur lustre.

Qui peut obtenir de l’État une réelle responsabilité ? La redevabilité des dirigeants est pourtant un principe cardinal, que nos institutions peinent à assurer.

Le modèle de Saint Louis peut nous paraître lointain. Pourtant, ses Enseignements à son fils Philippe sont d’une frappante actualité. Le roi ne s’est pas contenté de donner l’exemple, mais il a souhaité coucher lui-même par écrit ses préconisations : faire preuve de désintéressement, d’humilité et de redevabilité dans l’exercice du pouvoir, ne pas accabler le peuple d’impôts et de taxes, avoir compassion des pauvres, des malheureux et des personnes qui souffrent, rendre la Justice avec droiture et fermeté, préserver les libertés et les coutumes locales, nommer des administrateurs irréprochables et les contrôler régulièrement, ne pas provoquer ni intervenir dans un conflit guerrier sans une nécessité impérieuse… Que d’enseignements pour nos dirigeants contemporains !

La mise en œuvre de ces enseignements atemporels est d’autant plus urgente que dans le contexte général d’affaiblissement de l’État que nous venons de décrire, trois spectres menacent la France.

Le premier est celui de la lutte entre les générations. Alors que le système de redistribution sociale hérité de l’après-guerre n’a cessé de prendre de l’ampleur, il aspire désormais une part considérable de la production quotidienne des travailleurs actifs, de moins en moins nombreux, au profit des inactifs et des plus âgés, en proportion croissante. Face à ce constat, comment échapper à une nouvelle donne économique et sociale ? Comment rendre de l’air à une politique familiale, absolument nécessaire pour renouveler les générations dont la France a besoin ?

Le second spectre est celui de la division intérieure. Tandis que, depuis des décennies, de lancinantes offensives de dénigrement de l’Histoire de France frappent la fierté des Français et les détournent de leur identité, les vagues successives d’immigration ont confronté la population à un morcellement identitaire et culturel sans précédent. Les dernières élections municipales ont illustré comment plusieurs décennies de clientélisme complice peut laisser place à des attitudes d’éviction communautaristes. Dès lors, comment faire face aux enjeux d’unité nationale et de destin collectif ?

Le troisième spectre enfin est celui de la guerre extérieure. Les dirigeants français et européens sauront-ils, à l’image de Saint Louis, apaiser les conflits et mettre fin aux tensions internationales ? Avec les traités de Paris et de Corbeil, en 1258, mon aïeul, pourtant victorieux et en position de force, préféra consentir à l’Angleterre et à l’Espagne de lourdes concessions pour transformer des victoires militaires en paix durable, en supprimant les occasions futures de reprise de ces guerres. Puissent les dirigeants d’aujourd’hui retrouver une semblable magnanimité !

Face à ces menaces et contre tout déclin, j’appelle à un sursaut. Forte de sa longue histoire, les Français doivent s’en souvenir : rien n’est jamais perdu. C’est aux Français qu’il appartient de ressaisir les armes de la volonté, de la grandeur et du courage.

Ils sont nombreux ceux qui accomplissent avec ferveur et vaillance leurs responsabilités au service du bien commun : ceux qui veillent sur l’État, ceux qui conduisent leurs entreprises avec conscience, ceux qui se dévouent pour des œuvres associatives, caritatives et sociales, ceux qui ont consacré leur vie à l’enseignement ou à la contemplation, ceux qui, tout simplement, élèvent et éduquent leur famille. Chacun à leur façon, ils détiennent une part de l’intérêt national. Je sais combien l’avenir de la Patrie dépend de leur action, et combien nous pouvons placer en eux notre confiance.

Sous la protection de ses saints tutélaires de la France, en renouvelant l’affirmation de ma disponibilité selon la permanence du principe royal, je les assure de ma fidèle pensée et de ma plus profonde reconnaissance.

Louis de Bourbon,

Duc d’Anjou

Chef de la Maison de Bourbon

Source

Livres en Famille avant Amaz… et les autres ! Pour le livre de la rentrée : ” Eduquer” de Frédéric Gautier

Cela se confirme tous les jours Livres en famille fait du bon travail sur le net ! Ne boudons pas notre plaisir !

Ce livre « Eduquer – petit traité pour des temps chahutés » sera le livre de la rentrée ! Livres en famille y travaille et ma foi, le résultat est visible, nous sommes référencés juste après l’éditeur Le Cerf, normal, mais avant tous les marchands de papier !

L’auteur, Frédéric Gautier : Éducateur, enseignant, chef d’établissement scolaire à Reims et à Paris (Saint-Louis de Gonzague et Stanislas), et directeur diocésain de l’Enseignement catholique de Paris. Un parcours engagé au service de la jeunesse pendant plus de quarante ans.

C’est LE livre de la rentrée : Avec liberté de ton et sans céder aux modes pédagogiques actuelles, Frédéric Gautier bouscule bien des idées reçues et rappelle une évidence trop souvent oubliée : éduquer ne consiste pas seulement à transmettre des connaissances, mais à élever toute la personne. À rebours des discours dominants, il plaide pour une pédagogie de l’ambition, de la liberté et de la transcendance.
Enseigner, n’est-ce que transmettre des savoirs ? N’est-ce pas aussi, et surtout, nourrir des intelligences, former des caractères et fortifier des âmes ? Riche de plus de quarante années d’expérience dans l’enseignement, Frédéric Gautier rassemble ici ses libres propos sur l’éducation.

Ancien directeur de Stanislas, formateur et accompagnateur de chefs d’établissement, il partage les convictions, les intuitions et les leçons forgées au contact de générations d’élèves, de parents, d’éducateurs et de professeurs. Sous la forme vivante d’un abécédaire, ces pages conjuguent sagesse de terrain, exigence intellectuelle et regard spirituel.

Un livre de réflexion, de transmission et d’espérance.

Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/formation-humaine-religieuse-et-morale-/30838-eduquer-petit-traite-pour-des-temps-chahutes.html?ref=043193205
Eduquer, petit traité pour des temps chahutés, Frédéric Gautier, Editions du Cerf, 248 pages, 20.90 €

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Envisager de faire des économies sur le dos des familles quand la natalité s’effondre : un contresens historique

Communiqué du Syndicat de la famille :

Alors que la France connaît une crise démographique historique, un rapport gouvernemental publié ce 12 août envisage, à l’approche de l’élaboration du PLFSS, de faire des économies sur le dos des familles. Ses propositions pourraient coûter jusqu’à 2000 € par an pour les familles de deux enfants et plus de 3000 € pour celles de trois enfants. Le Syndicat de la Famille appelle le Gouvernement à rejeter ces pistes contre-productives et, au contraire, à rebâtir la politique familiale : la France n’a en effet pas d’autre choix que d’investir dans la famille pour assurer son avenir démographique, social et économique.

En 2025, seulement 645 000 enfants sont nés en France, soit 24 % de moins qu’en 2010. La fécondité est tombée à 1,56 enfant par femme et, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le solde naturel français est devenu négatif.

C’est pourtant dans ce contexte que l’IGF et l’IGAS proposent jusqu’à 4,2 milliards d’euros d’économies annuelles sur la politique familiale avec des mesures telles que la baisse de 20 % des plafonds de revenus pour les allocations familiales, l’exclusion de nombreuses familles de l’accès à certaines aides, la suppression de la réduction d’impôt pour frais de scolarité, …

Si ces mesures s’ajoutaient au report de 14 à 18 ans pour la majoration des allocations familiales, déjà acté, le choc serait considérable : par exemple, pour un couple biactif disposant de 78 000 € de ressources annuelles, la baisse atteindrait 2000 € avec deux enfants et plus de 3 000 € avec trois enfants.

L’essentiel de cette perte proviendrait de l’abaissement des plafonds : ces familles de classes moyennes basculeraient du taux plein à 50 % des allocations familiales.

Le paradoxe est saisissant : plus une famille a d’enfants, plus elle serait frappée par les économies imaginées dans ce rapport.

« On rendrait la réalisation du désir d’enfant et son éducation encore plus difficile pour les familles, souligne Ludovine de La Rochère, présidente du Syndicat de la FamilleCes pistes sont en contradiction directe avec l’urgence démographiqueNous demandons donc au Gouvernement de renoncer à toute réduction des dispositifs familiaux et, au contraire, de rebâtir une vraie politique familiale : la famille est un investissement incontournable et rentable. »

Le Chevalier suprême des Chevaliers de Colomb nommé membre du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie

Le Saint-Père a nommé le Docteur Patrick E. Kelly, Chevalier suprême des Chevaliers de Colomb, membre du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie.

Patrick E. Kelly est le quatorzième et actuel Chevalier suprême des Chevaliers de Colomb. Il a été le directeur exécutif fondateur du Sanctuaire national Saint Jean-Paul II à Washington, D.C, propriété des Chevaliers. En février 2021, il a été élu par le conseil d’administration pour succéder à Carl A. Anderson au poste de Grand Chevalier des Chevaliers de Colomb . Son mandat a débuté le 1er mars 2021 et il a été officiellement intronisé le 11 juin 2021. Les Chevaliers de Colomb sont une association catholique de bienfaisance qui regroupe 2 millions de membres à travers le monde, engagés dans la célébration de la foi, de la famille et de la fraternité, fondée en 1882 aux États-Unis par l’abbé Michael J. McGivney. L’organisation se développe en France.

Dans son premier discours à l’assemblée annuelle des Chevaliers après sa nomination, Kelly a déclaré que l’évangélisation serait une priorité absolue :

« Lorsque je regarde l’histoire de l’ordre, je vois l’évangélisation dans pratiquement tout ce que nous avons fait. Pourtant, aujourd’hui, il y a une urgence particulière. »

Kelly a lancé un programme appelé Cor, est conçu comme un pilier de ses efforts d’évangélisation. Selon Kelly, il repose sur « la prière, la formation et la fraternité ». Le programme comprend divers éléments, dont une étude biblique pour hommes catholiques et une série de vidéos sur « le mariage, la famille et la paternité ».

Kelly a souligné l’importance pour les Chevaliers de tendre la main aux jeunes hommes lors d’une conférence en novembre 2025, déclarant :

« Beaucoup de jeunes hommes sont perdus et déconnectés. Beaucoup viennent de familles brisées avec des pères qui ne font pas vraiment partie de leur vie. Beaucoup se noient dans les profondeurs d’Internet et des médias sociaux. »

Le soutien au Renouveau eucharistique national — un projet de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis lancé en 2020 — est l’une des façons dont les Chevaliers sous la direction de Kelly soutiennent l’évangélisation.

Sous la direction de Kelly, les Chevaliers ont produit Mother Teresa: No Greater Love, un film documentaire américain sur la vie de Mère Teresa.

Kelly était capitaine de réserve du corps des avocats généraux de la marine américaine (JAG). Spécialisé en droit international et opérationnel, il a pris sa retraite en 2016 après 24 ans de service. Il a également commandé l’unité de droit international du Collège de guerre navale des États-Unis. Il siège au conseil consultatif du Centre d’études sur l’art de gouverner de l’Université catholique.

Kelly a également occupé diverses fonctions, notamment celle de conseiller législatif auprès de la Commission permanente spéciale du renseignement de la Chambre des représentants des États-Unis et du département de la Justice. Il a aussi été conseiller principal de l’ambassadeur itinérant pour la liberté religieuse internationale au département d’État. À ce titre, il était le principal interlocuteur du département d’État auprès du Saint-Siège et d’autres nations sur les questions de liberté religieuse.

En 2012, il était président de la March for Life.

Kelly est un ancien député d’État du district de Columbia et a été élu au conseil d’administration en 2013.

Suite à la décision Dobbs c. Jackson Women’s Health Organization abrogeant le droit à l’avortement en 2022, Kelly a déclaré :

« Dans un monde post-Roe, les Chevaliers continueront d’être là pour les mères et leurs enfants, et nous continuerons de proclamer la dignité de chaque vie humaine. »

« L’arrêt Roe v. Wade est enfin caduc. Nous avons désormais une chance de gagner le combat pour la vie… En annulant Roe, la Cour nous a donné les moyens de mettre fin à l’une des pires injustices de l’histoire américaine. Roe est cassé, mais il nous reste encore du travail à accomplir. Nous continuerons à militer pour la vie jusqu’à ce que l’avortement soit impensable. » « Chaque État a un choix à faire. Au moins la moitié protégera la vie dans une certaine mesure. Mais d’autres maintiendront le statu quo en matière d’avortement. Et certains États iront même jusqu’à étendre l’accès à l’avortement, exposant ainsi les mères et les enfants à un danger accru. »

Kelly a exprimé son soutien à un programme lancé par les Chevaliers de Colomb en 2019 visant à faire don d’appareils d’échographie aux centres de suivi de grossesse. Le 2 000e appareil a été installé en août 2025. Le conseil national prend en charge la moitié du coût de chaque appareil, l’autre moitié étant à la charge des sections locales.

Le pape Léon XIV a rencontré Kelly au Vatican en octobre 2025. Le pape Léon a remercié les Chevaliers pour le financement de la restauration du baldaquin de Saint-Pierre, ajoutant que les Chevaliers

« cherchent à apporter la compassion et l’amour du Seigneur dans vos communautés locales, notamment par vos efforts pour défendre le caractère sacré de la vie humaine à toutes ses étapes, pour aider les victimes de guerre et de catastrophes naturelles, et aussi pour soutenir les vocations sacerdotales. »

Canada : Conflit entre l’Église et les autorités militaires

Depuis 2023, les autorités militaires canadiennes tentent de faire interdire la prière publique pour les aumôniers militaires en la faisant remplacer par une réflexion spirituelle. Le débat refait surface chaque année, surtout au Jour du Souvenir.

Or, depuis le 29 juillet 2026, un tournant a été effectué: l’ordre a été donné à tous les militaires de faire des réflexions spirituelles en excluant le nom de Dieu et toute référence religieuse. Cette nouvelle directive se trouve ici: Instruction du personnel militaire des Forces armées canadiennes 03/26 – Réflexions spirituelles dans des contextes militaires – Canada.ca

Le débat fait rage actuellement, et le conflit s’est envenimé entre les autorités militaires et les évêques de l’Église catholique.

En effet, l’évêque du diocèse militaire canadien – Mgr Scott McCaig – a dénoncé cette nouvelle politique dans une déclaration.

Cette instruction repose sur une prémisse erronée : le simple fait que certains systèmes de croyance ne professent pas l’existence de Dieu, ou d’une autre source divine, ne les rend pas neutres. Les systèmes de croyance athées exigent autant d’assentiment de l’intellect et de la volonté (foi) que n’importe quel système théiste de croyance. Eux aussi professent des croyances particulières sur Dieu (existence ou non-existence, nature, etc.), le monde et son existence, ses valeurs, ainsi que le sens et le but. C’est pourquoi les humanistes laïques ont à juste titre des aumôniers et des aumônières dans les Forces armées canadiennes. Elles font partie des nombreuses « traditions de foi spirituelle » et sont reconnues comme telles par le gouvernement. Il n’existe pas de réflexion sur le sens, le but et le bien-être spirituel sans présupposés philosophiques et religieux. Ce n’est pas au gouvernement de juger entre eux. C’est l’opposé de la neutralité de l’État.

Mais, ce n’est pas tout. La Conférence des Évêques Catholiques du Canada (CECC) a appuyé Mgr McCaig avec cette déclaration.

En somme, la plus haute autorité ecclésiale au pays s’oppose à cette nouvelle politique, et cette hiérarchie ecclésiale a demandé à tous les catholiques de s’informer à ce sujet.

L’affaire a beaucoup fait parler au Canada anglais. Le Toronto Sun parle même d’une ”guerre sainte”. Du côté politique, certains députés conservateurs ont également critiqué le gouvernement Carney sur cette question.

Indulgence payante ou calomnie gratuite ?

De l’abbé Guy Pagès :

[D]es amis en vacances dans les Alpes de Haute Provence ont eu la peine de découvrir à la chapelle Notre Dame de Beauvoir, du charmant village de Moustiers Sainte Marie, une plaque explicative affirmant que l’Église « vendait des indulgences ».

Or, l’Église n’a jamais vendu des indulgences ou autorisé un tel commerce ! Au contraire, elle a toujours combattu le péché de simonie, qui reste un délit grave dans le droit de l’Église. Il ne faut pas confondre l’indulgence, qui est la rémission de la peine temporelle due pour des péchés déjà pardonnés quant à la faute, rémission obtenue par l’action de l’Église (trésor des mérites du Christ et des saints) et les dispositions intérieures du pénitent manifestées par des œuvres de piété/charité/pénitence, et les abus commis par certains clercs ayant présenté l’aumône comme un « achat » d’indulgence. L’Église n’a jamais fait de la vente d’indulgences une doctrine ni une pratique officielle autorisée. Les aumônes pour de justes causes (construction d’églises, œuvres de charité) ont pu être indulgenciées, mais cela n’équivaut pas à une vente de grâces.

Le Décret sur les indulgences du Concile de Trente (Session XXV, 4 décembre 1563) établit :

« Le pouvoir de conférer des indulgences ayant été accordé par le Christ à l’Église, et celle-ci ayant usé de ce pouvoir qui lui avait été divinement communiqué même dans les temps les plus anciens, le saint concile enseigne et ordonne que l’usage des indulgences, très salutaire pour le peuple chrétien et approuvé par l’autorité des saints conciles, soit conservé dans l’Église ; et il frappe d’anathème aussi bien ceux qui affirment qu’elles sont inutiles que ceux qui nient qu’il y ait dans l’Église le pouvoir de les accorder. Cependant, il désire qu’on fasse preuve de mesure en les accordant […] pour éviter que la discipline ecclésiastique ne soit affaiblie par une trop grande facilité. Désirant amender et corriger les abus qui s’y sont glissés, et à l’occasion desquels ce beau nom d’indulgences est blasphémé par les hérétiques, par le présent décret le saint concile statue d’une manière générale que doivent être absolument abolis tous les déplorables trafics d’argent en vue de les obtenir [omnis turpis quaestus pro eis consequendis], source très abondante d’abus parmi le peuple chrétien. »

Le pape saint Pie V (1567) a annulé toutes les concessions d’indulgences qui impliquaient des frais, des taxes ou des transactions financières, et a interdit la quête sous prétexte d’indulgences (sauf exception très stricte et contrôlée). C’est la mesure disciplinaire qui a mis fin de façon durable aux abus monétaires.

Et encore en 1967, le Paul VI, par la Constitution apostolique Indulgentiarum doctrina, après avoir rappelé explicitement l’enseignement de Trente, reformule la doctrine et les normes pour l’obtention des indulgences (confession, communion, prière pour le pape, détachement du péché, œuvres de piété/charité/pénitence), sans aucune référence à un paiement.

J’ai donc demandé, à qui de droit, que soit supprimé, là et ailleurs, cette calomnie.

Kaliningrad, l’exclave de tous les dangers

D’Antoine de Lacoste dans la Nouvelle Revue d’Histoire :

Le 17 juillet 2025, le général américain Chris Donahue a remis l’exclave de Kaliningrad au goût du jour. Au cours d’une conférence sur la stratégie terrestre européenne qui se tenait à Wiesbaden, en Allemagne, il a déclaré : « Avec les moyens avancés de l’OTAN, nous pouvons détruire cette région depuis le sol, plus vite que jamais. » Les Russes ont évidemment réagi et rappelé que Kaliningrad, c’est la Russie et que toute attaque contre cette région serait considérée comme une agression directe contre la Russie elle-même.

Cette menace américaine n’est pas brandie par n’importe qui : Chris Donahue commande les forces américaines en Europe et il est également commandant des forces terrestres de l’OTAN. L’avertissement est donc à prendre au sérieux, et a d’ailleurs été plusieurs fois renouvelé depuis, par différentes voix otanesques.

Cette tension autour de l’exclave de Kaliningrad, n’est pas nouvelle. Elle est en réalité inhérente à son existence même.

Kaliningrad est l’ancien Königsberg, un territoire de la Prusse-Orientale du nord. C’est à la Conférence de Postdam (17 juillet-2 août 1945) que les alliés ont réglé le partage de la Prusse-Orientale : le nord fut attribué à l’URSS et le sud à la Pologne. Staline tenait beaucoup à Königsberg, seul port situé sur la Mer Baltique libre de glace toute l’année. Sa prise par l’Armée rouge avait d’ailleurs donné lieu à de furieux combats qui avaient duré plus de trois mois.

Königsberg était une vieille ville allemande fondée par les chevaliers teutoniques en 1255 au moment des croisades contre les Prussiens et les Baltes païens. Son nom signifie « Montagne du Roi » en Allemand afin de rendre hommage à Ottokar II de Bohême qui avait combattu aux côtés des Teutoniques.

Elle fut très belle, abritait des universités de haut niveau et Kant en fut un des habitants emblématiques. Il ne reste plus grand-chose de son patrimoine historique en raison des bombardements de la seconde guerre mondiale. Ce ne sont d’ailleurs pas les Soviétiques qui en furent les responsables mais les Anglais qui détruisirent à peu près tous les quartiers médiévaux au cours d’un bombardement aveugle et inutile en août 1944. Une bonne vieille marque de fabrique anglo-saxonne.

Quand les Soviétiques s’installèrent, ils chassèrent brutalement les 300 000 Allemands qui s’y trouvaient depuis des siècles. Staline en fit une grande base militaire et la baptisa (si l’on ose dire) Kaliningrad, en hommage à Mikhaïl Kalinine, chef du Soviet suprême qui venait de décéder. Dès lors, l’exclave fut un endroit secret, interdit aux étrangers. Le port était stratégique et c’est là que l’URSS puis la Russie concentrèrent la partie la plus moderne de leur flotte.

Lors de la chute du communisme en 1991, Kaliningrad fit comme le reste de la Russie : elle s’effondra. Pauvreté, corruption, chômage, rien ne manqua. Même la flotte n’était plus entretenue. Boris Eltsine décida d’en faire une zone franche afin d’attirer des investissements étrangers. Les Allemands, on s’en doute, furent intéressés. On vit même d’anciens habitants expulsés, ou leurs enfants, revenir voir leurs maisons familiales ou leurs châteaux en ruine pour les descendants de hobereaux prussiens.

L’Allemagne tenta alors d’aller plus loin et favorisa, dans l’anarchie de l’époque, l’installation des fameux Allemands de la Volga que Catherine II avait fait venir et que Staline déporta en Asie centrale, notamment au Kazakhstan. Après l’indépendance des pays d’Asie centrale, ils y furent maltraités et durent partir. Pourquoi pas à Kaliningrad afin de préparer une future autonomie favorisée par une présence allemande importante ?

L’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine mit fin à cette tentative de recolonisation. Depuis, l’exclave de 15 000 km2 et un million d’habitants dont 80% de Russes est redevenue stratégique. Coincée entre la Lituanie, dont la frontière est l’emblématique fleuve Niemen (non loin de Tilsit, Eylau et Friedland), et la Pologne au sud, Kaliningrad est régulièrement menacée. La Russie ne la lâchera jamais : il y a la flotte, 30 000 soldats et des ogives nucléaires.

Le général Donahue le sait bien mais menacer la Russie tout en l’accusant d’être une menace est une stratégie de communication qui fonctionne très bien en Europe.

25 août : saint Louis, modèle des chefs d’Etat

Eglise universelle : Saint Louis, modèle des chefs d’Etat

Il y a tout juste 800 ans, le 29 novembre 1226, saint Louis était sacré roi de France. A l’occasion de cet anniversaire, François-Régis Legrier publie une nouvelle biographie du saint : Saint Louis, modèle des chefs d’Etat, principalement centrée sur l’action politique du saint roi. Ou comment concilier fidélité à l’Evangile et responsabilités politiques.

Eglise en France : Quelques lectures estivales

Jean-Pierre Maugendre nous propose quelques lectures estivales :

Eglise en Marche : Rénove une statue

Raphael Castex, de l’association Rénove une statue, vient de démarrer un tour de France du patrimoine afin de restaurer 20 statues. Il nous présente son action et ses projets.

A quoi sert le Dicastère pour le service du développement humain intégral ?

Le pape Léon XIV a nommé mardi 18 août une douzaine de consulteurs au Dicastère pour le service du développement humain intégral, dont plusieurs personnes qui ont plaidé pour « l’ordination » des femmes, des changements dans l’enseignement catholique sur la moralité sexuelle, et même une personne ayant des liens avec le Forum économique mondial (WEF).

Parmi les nominations figure Peter G. Kirchschlager, éthicien social à l’Université de Lucerne (Suisse), qui a déclaré que l’Église est confrontée à un problème non résolu concernant l’impossibilité d’ordonner des femmes à la prêtrise. En 2018, Kirchschläger a critiqué l’Église catholique pour sa « mise en œuvre inadéquate des droits de l’homme en son sein » et pour son « problème non résolu » de ce qu’on appelle « l’égalité des sexes », notamment en ce qui concerne le fait de ne pas autoriser les femmes à être ordonnées prêtres. Kirchschläger a même soutenu que « l’État doit dire à l’Église : “Vous avez un problème en matière d’égalité” et insister pour que l’État fasse respecter “l’universalité des droits de l’homme” au sein de l’Église catholique et des autres religions, indépendamment de ce qu’elles enseignent.

Un autre, le père Peter Klasvogt, prêtre allemand, a adhéré au Chemin synodal allemand et a appelé à une révision de l’enseignement de l’Église sur les femmes prêtres et la morale sexuelle, dans un esprit de « transformation ».

Kathryn Koch, présidente et directrice générale de TCW, société internationale de gestion d’actifs indépendante, a auparavant passé 20 ans chez Goldman Sachs. Elle a notamment été nommée Jeune leader mondial par le Forum économique mondial en 2015.

Histoire remarquable d’un séminariste martyr qui a évangélisé ses ravisseurs musulmans

Dans un entretien accordé le 10 août à Catholic World Report (CWR), l’évêque Matthew Hassan Kukah de Sokoto, au Nigéria, a évoqué la foi vibrante des catholiques africains tout en avertissant que le continent n’est pas à l’abri des forces séculières qui ont vidé l’Église en Europe.

Au milieu des discussions sur l’essor de l’Église en Afrique, l’influence grandissante du matérialisme et l’insécurité persistante des fidèles dans son pays, l’évêque est revenu sur une histoire personnelle qui illustrait comment la force de l’Église se forge paradoxalement dans la persécution : le martyre d’un séminariste de 18 ans qui a courageusement évangélisé ses ravisseurs musulmans et qui, pour cette raison, a été assassiné.

« J’ai perdu un séminariste, un jeune homme de 18 ans qui a été enlevé avec trois de ses camarades ». « Après des négociations et le versement d’une rançon, ses trois camarades ont été libérés, mais lui a été assassiné. Par la grâce de Dieu, les ravisseurs ont été arrêtés un an plus tard et ont avoué l’avoir tué parce que, malgré leurs armes et sachant qu’ils étaient musulmans, il avait insisté pour qu’ils se repentent de leurs crimes et reviennent à Dieu ! »

Ce jeune homme était Michael Ikechukwu Nnadi, étudiant en première année de philosophie au Grand Séminaire du Bon Pasteur à Kakau, dans l’État de Kaduna, au Nigéria.

Dans la nuit du 8 janvier 2020, vers 22h30, des hommes armés en tenue de camouflage militaire ont franchi la clôture du séminaire, tiré des coups de feu, volé des téléphones et des ordinateurs portables, et enlevé Nnadi ainsi que trois de ses camarades de classe — Pius Kanwai, 19 ans ; Peter Umenukor, 23 ans ; et Stephen Amos, 23 ans. Les trois autres ont finalement été libérés après des négociations de rançon, mais pas Nnadi.

Nnadi a été inhumé le 11 février 2020 au séminaire, après une messe de funérailles célébrée par l’évêque Kukah. Dans son homélie, l’évêque a transformé le deuil en une proclamation de victoire. Il a expliqué comment l’Aide à l’Église en Détresse avait mobilisé une réponse internationale.

« Que le Seigneur l’accueille auprès de Lui et qu’il intercède pour nous. Si son sang peut apporter la guérison à notre nation, alors ses assassins n’auront jamais le dernier mot. Que Dieu lui accorde la paix éternelle ».

Fin avril 2020, la police a arrêté des membres du gang. Les ravisseurs ont avoué avoir tué Nnadi précisément parce qu’il leur prêchait sans cesse la repentance et l’Évangile, tout en connaissant leur appartenance à l’islam. L’évêque Kukah a décrit le jeune homme comme ayant « le courage d’un martyr ».

En hommage au jeune martyr, la résidence de l’évêque à Sokoto a été rebaptisée Maison Michael Nnadi, et les évêques de la province ecclésiastique de Kaduna ont approuvé la construction d’un sanctuaire en son honneur au séminaire du Bon Pasteur, où sa tombe se dresse près de l’entrée, témoin silencieux de son souvenir. L’évêque Kukah a exprimé l’espoir que l’Église reconnaisse un jour officiellement Nnadi comme martyr.

« l’histoire de notre Église est une histoire de sang innocent et de martyre… Nous ne pouvons pas les craindre car notre foi est bâtie sur le sang des martyrs. »

Obsèques catholiques pour un franc-maçon ?

Le sénateur de la Côte-d’Or François Patriat, ancien président de la région Bourgogne, est décédé le 19 août à l’âge de 83 ans. RIP.

Ses obsèques seront célébrées aujourd’hui à Semur-en-Auxois (Côte-d’Or) à 10 heures, à la collégiale Notre-Dame.

Or François Patriat était un franc-maçon notoire.

Pourtant

Le jugement négatif de l’Eglise sur les associations maçonniques demeure donc inchangé, parce que leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l’Eglise, et l’inscription à ces associations reste interdite par l’Eglise. Les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la sainte communion.

Comment l’archevêque de Dijon, Mgr Hérouard, compte-t-il concilier cet état de faits ? Il est permis de lui poser respectueusement la question : [email protected]

Addendum : l’archevêque a présidé les obsèques

«Les parents ont-ils encore le droit d’éduquer leurs enfants ? »

Communiqué de Juristes pour l’enfance :

Juristes pour l’enfance est fière d’annoncer la sortie de l’ouvrage « Les parents ont-ils encore le droit d’éduquer leurs enfants ? », le 10 septembre prochain aux éditions Artège.

Ce travail est né d’un constat et d’une question : à l’heure où les politiques publiques, l’école et les évolutions sociétales redéfinissent la place de l’enfant et de l’autorité parentale, les parents ont-ils encore le droit d’éduquer leurs enfants ?

Cet ouvrage réunit juristes, philosophes, médecins, responsables éducatifs et élus autour de questions particulièrement actuelles : autonomie du mineur, autorité des parents, liberté d’enseignement, instruction en famille ou encore place de l’État dans l’éducation.

Solidement documenté, il offre des repères concrets aux parents pour connaître et comprendre leurs droits et devoirs, dialoguer avec les institutions scolaires et retrouver confiance dans leur mission éducative.

Ce livre de référence s’adresse non seulement aux parents, mais aussi aux enseignants, chefs d’établissement, élus locaux et responsables d’associations soucieux de défendre une éducation respectueuse de la responsabilité première des familles.

Table des matières

• Propos introductifs – Aude Mirkovic Maître de conférences en droit privé à l’université d’Évry Paris-Saclay (HDR), présidente de Juristes pour l’enfance

Première partie – Un principe à redécouvrir

• Premier tour de piste autour du principe « Parents premiers et principaux éducateurs » – Claire de Gatellier, présidente émérite de l’association Famille et Liberté

• Fondements philosophiques du principe « Parents premiers et principaux éducateurs » – Constance Collin, professeur de philosophie

• Fondements juridiques du principe « Parents premiers et principaux éducateurs » – Aurélie Garand, ancien avocat, juriste chez Juristes pour l’enfance

• Les parents ont-ils encore le droit d’éduquer leurs enfants ? Fondements psychologiques du principe « Parents, premiers et principaux éducateurs » – Christian Flavigny, pédopsychiatre, psychanalyste

• L’enfantisme, un mouvement régressif – Matthieu le Tourneur, docteur en droit, juriste chez Juristes pour l’enfance, membre associé de l’Institut Droit et Santé (Inserm UMR_S 1145)

• L’influence des organisations internationales – Christophe Foltzenlogel, juriste à l’European Centre for Law and Justice (ECLJ)

Seconde partie – Un principe à faire respecter

• Peut-on déléguer l’éducation ? Quoi ? À qui ? Comment ? – Pascale Morinière, médecin, présidente de la Confédération nationale des associations familiales catholiques (CNAFC)

• Le choix de l’école privée sous contrat, un droit fondamental des parents – Olivia Sarton, ancienne avocate, directrice juridique de Juristes pour l’enfance

• Le choix de l’école hors contrat, un droit fondamental des parents – Adeline Le Gouvello, avocat au Barreau de Versailles

• Le choix de l’instruction en famille : un droit fondamental des parents – Hubert Veauvy, avocat, président de Liberté éducation

• Pour une collaboration fructueuse parents/école – Frédéric Gautier, ancien directeur de l’enseignement catholique de Paris, médiateur judiciaire et conventionnel

• Quand l’école outrepasse sa mission – Olivia Sarton, ancienne avocate, directrice juridique de Juristes pour l’enfance

• L’expérience du maire pour aider les parents à (re)devenir éducateurs – Xavier Lemoine, maire de Montfermeil, initiateur du programme de réussite éducative (PRE)

• Le rôle du médecin pour aider les parents à exercer leur responsabilité – Anne-Sophie Biclet, pédiatre

• L’expérience de l’éducateur pour aider les parents à (re)devenir éducateurs – François-Xavier Clément, ancien directeur d’établissement scolaire, président d’ALTE Academia

Les parents ont-ils encore le droit d’éduquer leurs enfants ?

 

7500 festivaliers à Paray le Monial

7500 festivaliers se sont retrouvés ce week-end à Paray le Monial pour célébrer le nom de Jésus.

7 500 festivaliers par jour se sont déplacés pour cette cinquième édition qui a vu défiler un panel d’artistes chrétiens, allant de la drill à la worship en passant par la scène Tremplins, le jazz manouche et la musique antillaise.

Parmi eux, For King and Country, Booshle G, Glorious, Souffle Nouveau, Momentum et Dan Luiten, Prince K-Mer, Nerih, EXO (reformé pour l’occasion), Jessy Elsa Palma, Uni’T, Maggie Blanchard…

Parmi les autres temps forts de ce week-end : le concert sous les étoiles avec Sam Olivier, le retour des 24h louange, la finale des Tremplins, Tendry & Mika et la célébration finale avec Gregory TURPIN.

Les 24h de louange non-stop à la basilique ont permis aux festivaliers de venir adorer dans la basilique à toute heure du jour ou de la nuit entre le samedi 8h et le dimanche 8h.

Telle mère telle fille

La différence d’âge entre Emmanuel Macron et Brigitte Macron est de plus de 24 ans.

  • Emmanuel Macron est né le 21 décembre 1977.
  • Brigitte Macron est née le 13 avril 1953.

Sa fille Tiphaine, 42 ans, a un compagnon de 22 ans.

Autre point commun : son compagnon, comme Macron, ne vit que grâce au brassage de vent. En effet, il “est à la tête de sa propre entreprise spécialisée dans la conception d’équipements de kitesurf au Touquet.”

Grandes soldes d’été des éditions Via Romana

Afin de permettre à Via Romana d’atteindre un point d’équilibre minimal de trésorerie, un effort s’avère indispensable avant la rentrée. Vous pouvez bénéficier de promotions exceptionnelles de 50% jusqu’au 30 août.

Commandez-nous donc des ouvrages à découvrir avant la rentrée, nous poursuivrons avec vous et pour vous le combat de l’identité et de la civilisation pour le doux royaume de France.

The Chosen dévoile la bande-annonce de sa saison 6

La bande-annonce officielle de la saison 6 de The Chosen a été dévoilée.

Dans une atmosphère éprouvante, elle entraîne les spectateurs au cœur de la Passion en retraçant avec émotions les dernières heures de la vie du Christ. Elle met en lumière les événements qui se déroulent entre le jardin des Oliviers et l’ensevelissement de Jésus.

Le tournage a lui-même été très intense pour les acteurs et l’équipe du film. Jonathan Roumie, qui incarne Jésus, raconte en juin 2025 que ces semaines de tournage ont été particulièrement éprouvantes, tant sur le plan physique qu’émotionnel. Plusieurs acteurs ont même confié avoir été profondément marqués par les scènes de la Crucifixion. D’après le réalisateur Dallas Jenkins  “Toutes les larmes n’étaient pas jouées”.

Les 6 premiers épisodes de la Saison 6 seront dévoilés fin novembre 2026. Le film conclusif de cette 6e saison, The Chosen : Crucifixion, sortira en exclusivité dans les salles de cinéma du monde entier mi-mars 2027.

 

Treizième dimanche après la Pentecôte : Guérison de dix lépreux

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Le treizième Dimanche prend aujourd’hui son nom de l’Évangile des dix lépreux qu’on lit à la messe. Les chants du propre de la messe de ce treizième dimanche après la Pentecôte sont encore tous extraits des psaumes, à l’exception de la Communion qui est comme celle du onzième dimanche empruntée à un autre livre de l’Ancien Testament. Mais ils présentent une particularité assez rare : c’est que l’Introït et le Graduel ont à peu près exactement le même texte.

Il provient du psaume 73, supplication collective du peuple élu à un moment où il est ruiné et livré à la fureur des impies, et se sent abandonné de Dieu. Il rappelle alors au Seigneur ses promesses et ses bienfaits passés pour le supplier de le sauver encore…

Introït Réspice, Dómine

Réspice, Dómine, in testaméntum tuum, et ánimas páuperum tuórum ne derelínquas in finem : exsúrge, Dómine, et iúdica causam tuam, et ne obliviscáris voces quæréntium te.
Souvenez-vous Seigneur de votre alliance et n’abandonnez pas à jamais les âmes de vos pauvres ; levez-vous Seigneur, faite justice à votre cause et n’oubliez pas la voix de ceux qui vous cherchent.

On remarquera la répétition des pronoms et possessifs à la deuxième personne, comme si le peuple élu voulait insister sur sa totale appartenance à Dieu. C’est le cas maintenant de l’Église, le peuple élu d’aujourd’hui, qui, malgré les tribulations que nous connaissons, ne doit jamais se sentir abandonné.
La mélodie divise cet Introït en deux parties qui commencent chacune par un grand élan suppliant vers l’aigu ; le deuxième sur les mots exsúrge Dómine est un véritable cri, mais à chaque fois la mélodie s’apaise aussitôt et se tient presque immobile et horizontale, comme si l’âme après avoir lancé son appel se tenait humblement prosternée.
Le verset qui accompagne cet Introït est le début du psaume 73.

Ut quid, Deus, repulísti in finem : irátus est furor tuus super oves páscuæ tuæ ?
Pourquoi, mon Dieu, nous repousser à jamais et faire éclater votre colère sur les brebis de votre pâturage ?

Graduel : Réspice, Dómine

Le texte du Graduel du treizième dimanche après la Pentecôte est à peu près le même que celui de l’Introït, tiré du psaume 73 ; seule la dernière phrase est changée, prise dans un verset voisin du psaume. On a donc toujours :

Réspice, Dómine, in testaméntum tuum : et ánimas páuperum tuórum ne obliviscáris in finem.
Souvenez-vous Seigneur de votre alliance, et n’abandonnez pas à jamais les âmes de vos pauvres ;

Exsúrge, Dómine, et iúdica causam tuam : memor esto oppróbrii servórum tuórum.
Levez-vous Seigneur faites justice à votre cause.

Mais au lieu de ne obliviscaris voces quærentium te, nous avons maintenant Memor esto approbrii servorum tuorum, souvenez-vous de l’humiliation de vos serviteurs. On voit que le sens général reste le même. Nous rappelons au Seigneur que la cause de l’Église pour laquelle nous le supplions, c’est la sienne. Et ici la mélodie, qui reprend des formules habituelles des Graduels, insiste fortement dans ce sens en plaçant toutes les grandes vocalises, en dehors du mot Domine, sur les adjectifs à la deuxième personne tuum, tuam, tuorum (2 fois). On remarquera même que le mot tuam de la deuxième partie comporte une note répétée six fois de suite.

Alléluia Dómine, refúgium

Nous retrouvons avec l’Alléluia du treizième dimanche après la Pentecôte la grande série des Alléluias de louange et d’action de grâces qui avait été interrompue dimanche dernier, comme au neuvième dimanche, pour faire place à une prière suppliante. Nous y retrouvons encore une fois, le premier verset d’un psaume, le psaume 89. Ce verset revient plusieurs fois dans la liturgie ; nous l’avons déjà rencontré au Graduel du sixième dimanche, dont il constituait la deuxième partie, et nous le retrouverons au Graduel du vingt et unième dimanche.

Dómine, refúgium factus es nobis a generatióne et progénie. Allelúia.
Seigneur, vous avez été pour nous un refuge de génération en génération.

C’est un chant d’action de grâces pour la protection que Dieu nous accorde tout au long de notre vie sur la terre, l’ensemble du psaume étant une grande méditation sur le temps et sur l’éternité. La mélodie ressemble assez à celles des dixième et onzième dimanches. Tous ces Alléluias ont un air de parenté, avec de grandes vocalises joyeuses et enthousiastes, exprimant bien les sentiments de louange et d’action de grâces du texte.

Offertoire : In te sperávi

Après l’extraordinaire Offertoire Precatus est du douzième dimanche, nous retrouvons dans celui du treizième dimanche après la Pentecôte les dimensions normales et le caractère calme et contemplatif de la plupart des Offertoires. Le texte est tiré du psaume 30 qui est souvent utilisé dans la liturgie. Nous l’avons rencontré récemment à l’Alléluia du sixième dimanche, à la Communion du septième et au Graduel du huitième qui reprend lui-même le texte de l’Introït de la Quinquagésime. Nous avons dit que c’était le psaume de l’abandon à la volonté divine et de la confiance dans les épreuves, c’est le psaume de l‘In manus tuas. Le texte de celui d’aujourd’hui exprime tout à fait ces sentiments.

In te sperávi, Dómine ; dixi : Tu es Deus meus, in mánibus tuis témpora mea .
En vous Seigneur, j’ai mis mon espérance, j’ai dit : vous êtes mon Dieu, ma destinée est entre vos mains

La mélodie fait de ce texte une méditation très intérieure, calme et paisible mais pleine d’assurance. On peut noter que cet Offertoire a été choisi pour la messe de mariage, car il exprime bien les sentiments de confiance et d’abandon à la divine Providence qui doivent être ceux des époux.

Communion : Panem de cælo

Le texte de la Communion du treizième dimanche après la Pentecôte n’est pas tiré d’un psaume mais du livre de la Sagesse, dans un chapitre consacré à méditer sur le grand épisode de l’histoire du peuple élu, la sortie d’Égypte et l’entrée dans la terre promise, en insistant sur les châtiments réservés aux impies et les bienfaits réservés aux fidèles. Parmi ces derniers, figure la manne que le Seigneur a envoyée du ciel pour nourrir son peuple. C’est elle qui est chantée dans ce verset.

Panem de cælo dedísti nobis, Dómine, habéntem omne delectaméntum et omnem sapórem suavitátis.
Seigneur vous nous avez donné le pain du ciel, qui possède tout ce qu’il y a de délectable et la plus douce saveur.

Ce verset est utilisé au salut du Saint Sacrement après le chant du Tantum ergo. Il n’est pas besoin de dire que ce pain du ciel est la figure de l’eucharistie, et que ce chant est particulièrement bien placé au moment de la Communion. La mélodie exprime notre reconnaissance pour le grand bienfait de cette nourriture spirituelle par un grand élan joyeux et affirmatif, et elle se termine en exprimant la douce saveur de cette nourriture par une belle courbe souple et élégante.

Une démocratie plus efficace, animée par l’inspiration chrétienne

Extrait du discours du pape aux autorités civiles de la République de Saint-Marin, prononcé aujourd’hui à l’occasion de sa visite pastorale :

[…]

Mesdames et Messieurs, cette visite – comme dans ce qui s’est passé dans la Principauté de Monaco – m’invite à souligner la valeur particulière d’un petit État, « à l’échelle de l’homme », dans lequel il est possible de faire l’expérience de la proximité de la politique avec les besoins des citoyens et, par conséquent, une démocratie plus efficace, d’autant plus si elle est également animée par l’inspiration chrétienne. Par conséquent, la République de Saint-Marin peut être un « laboratoire » de bonne politique, où, sans déroger à la laïcité de l’État, on peut puiser dans les principes de la doctrine sociale catholique : la recherche du bien commun, la destination universelle des biens, l’harmonie de la subsidiarité et de la solidarité, la justice sociale (cf., 59-81). Cet engagement apparaît aujourd’hui encore plus précieux, au moment où l’accord d’association avec l’Union européenne est sur le point de devenir opérationnel et votre République se retrouvera en relation permanente, bien que de manière particulière, avec une réalité complexe, qui pourra grandement bénéficier de votre contribution.

Pour aller encore plus loin, l’objectif principal à atteindre dans ce “laboratoire” est de prendre soin de l’humain. Une communauté comme la vôtre, en effet, à la fois riche en valeurs traditionnelles et en phase avec son temps sur le plan technologique, peut poursuivre efficacement cet objectif, grâce à un soin qui se traduit par la protection de chaque vie, à chaque étape, de la conception à la mort naturelle. […]

L’Arbre foudroyé – Une méditation sur la présence, la blessure et la fidélité silencieuse

Illustration: par « L’Arbre foudroyé » d’André Giroux (1801-1879) musée des Beaux-Arts de Lyon

I. Devant le tableau
Devant l’arbre foudroyé, je me suis arrêté. Je ne voulais pas. Je voulais traverser la salle, sortir, rentrer chez moi. Mais je suis resté.

Le tableau d’André Giroux, au musée des Beaux-Arts de Lyon : un chêne frappé par la foudre. Le tronc fendu, le bois à vif, une branche arrachée pend comme un bras disloqué. On dirait un homme décapité, tenu debout par on ne sait quelle obstination.

Il ne devrait plus être qu’un vestige. Pourtant, il tient. Les autres passaient, prenaient des photos, s’en allaient. Moi, je ne pouvais pas partir. Pas parce que j’étais ému. Parce que cet arbre me ressemblait.

II. La chambre
Chez moi, la chambre est le lieu que je fuis le plus. Le soir, j’y entre à reculons. Je scrolle sur mon téléphone, je cherche des nouvelles, des vidéos, n’importe quoi qui m’empêche d’entendre.
Parce que quand tout s’éteint, le silence s’installe. Pas un silence paisible. Un silence épais, qui pèse sur la poitrine. Un silence qui dit : personne n’écoute. Je connais ce silence. Je le connais trop.

Dans cette chambre, ce qui m’attend, ce n’est pas le repos. C’est un trou. Une béance. Un endroit où tout ce que j’essaie d’y jeter — pensées, prières, souvenirs — disparaît sans laisser de trace. Parfois je me réveille au milieu de la nuit. Je ne sais pas pourquoi. Je ne prie pas. Je ne pense pas. Je ne cherche rien. Je suis là.

III. Les racines
L’arbre de Giroux ne lutte pas. Il ne fuit pas. Il est planté dans sa terre, livré aux saisons, sans chercher à être ailleurs.

Moi aussi, j’ai des racines. Mais elles plongent dans une terre aride. Un sol qui ne donne plus rien. Une mémoire qui ne porte plus. Parfois, je les sens comme des chaînes.
Il faut se méfier des métaphores consolantes. Toute immobilité n’est pas fidélité. Il arrive que l’on reste parce que l’on n’a plus la force de partir.

IV. La blessure
Nous rêvons d’une vie sans rupture. Mais certaines blessures ne se réparent pas. Elles peuvent seulement être traversées. Le bois de Giroux ne retrouvera jamais son aspect d’avant. La branche arrachée demeurera une absence. Et pourtant, l’arbre est là.

J’ai lu une parole de saint Silouane : « Tiens ton esprit en enfer et ne désespère pas. » Je tiens mon esprit en enfer. Et je désespère.
Je pense à Gethsémani. Un homme, avant moi, a demandé que la coupe s’éloigne. Elle ne s’est pas éloignée. Il n’a reçu aucune réponse — seulement la force de rester. Je ne veux pas faire de ma fatigue une vertu. Je ne veux pas transformer mon impuissance en sagesse. Je demeure parce que je ne sais pas faire autrement. Voilà la vérité.

V. Au chevet
Un ami est mort cet hiver. Je suis allé à l’hôpital. Il était dans une chambre blanchie, les draps remontés jusqu’au menton. Sa main était chaude et molle. Il ne parlait plus. Il respirait par à-coups, comme un moteur qui s’arrête.

Je suis resté assis sur la chaise en plastique. Une heure. Peut-être deux. Je ne sais pas. Les infirmières entraient et sortaient. Les machines bipaient. Moi, je tenais sa main. Je ne pouvais rien faire. Rien du tout. Pas de parole qui guérit, pas de geste qui sauve. Juste cette main dans la mienne.

Il est mort vers quatre heures du matin. Je dormais presque. Je me suis réveillé parce que le bip continu s’était arrêté. Je suis resté encore un moment. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce que partir m’aurait semblé une trahison. Peut-être parce que je n’avais nulle part où aller. Ce geste — être là, main dans la main, dans le silence — peut-être était-ce le seul qui comptait vraiment.

VI. Le dénuement
Je ne sais plus agir. Je sais seulement survivre. Ne me dites pas que je peux agir depuis un foyer intérieur intact. Je ne le peux pas. Mon centre est une pièce où personne n’a laissé de lumière allumée.

Je ne peux agir qu’à partir de mon dénuement. Alors j’avance depuis ce rien, sans illusion, sans savoir si cela sert à quelque chose. J’accomplis le geste qui reste possible. Et j’essaie de ne pas ajouter de ténèbres à celles qui sont déjà là.

VII. La nuit
Cette nuit-là, je n’ai pas dormi. Je suis resté assis dans le noir, le dos contre le mur, les genoux remontés contre ma poitrine. Les volets étaient fermés, mais une lueur de réverbère filtrait par un interstice, traçant une ligne fine sur le parquet.
Je regardais cette ligne. Je ne priais pas. Je n’articulais aucun mot. Je pensais à l’arbre, à l’ami mort, à la main que j’avais tenue.

Et puis, sans raison, sans signe, sans voix, quelque chose a changé. Pas une lumière. Pas une consolation. Rien que le silence, mais un silence qui n’était plus vide. Comme si le mur, contre mon dos, avait une épaisseur que je n’avais jamais sentie. Comme si la nuit elle-même m’habitait, et que ce n’était plus une absence.

J’ai ouvert la bouche. J’ai dit, tout bas, sans y croire vraiment : « Je ne sais pas si tu es là. Mais je suis là. » Ce n’était pas une prière. Ce n’était pas une réponse. C’était juste une respiration. Je suis resté jusqu’à ce que la ligne de lumière s’élargisse et que le jour commence à blanchir les murs.

VIII. Ce qui demeure
À la fin de l’été, j’ai compris que je ne fuirais pas. Pas par héroïsme. Par épuisement. Et peut-être aussi parce que, dans cet épuisement même, quelque chose s’était noué.

Devant l’arbre foudroyé, je n’ai pas découvert une recette de sérénité. J’ai rencontré une présence. Muette. Blessée. Debout. Qui ne demande rien. Qui n’explique rien. Qui est simplement là.

Je ne sais pas si cela s’appelle la foi. Je ne sais pas si cela s’appelle l’amour. Je sais seulement que je suis resté. Devant l’arbre. Devant mon ami. Devant cette nuit où j’ai dit : je suis là.

Quand la prière n’était plus qu’une pierre dans ma bouche, je suis resté. Et peut-être qu’alors quelque chose m’a rejoint. Pas une réponse. Pas une lumière. Juste ceci : le Christ lui-même, sur la croix, a crié les mots du désespoir — « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Il n’a pas été épargné de la nuit. Il l’a traversée jusqu’au bout, et il en est sorti vivant.
Je n’ai pas besoin de comprendre pour demeurer fidèle. Je ne sais pas si c’est une vertu. C’est juste une respiration. Qui continue.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Tiers-mondisation de la France

Prendre le train avec 3 enfants, une aventure française… :

Loi sur l’euthanasie : un autre combat commence

Communiqué de Droit de naître :

Droit de Naître déplore vivement la promulgation de la loi instaurant un prétendu « droit à l’aide à mourir ». Malgré l’opposition du Sénat, les mises en garde de nombreux soignants et la mobilisation de milliers de citoyens, la France fait désormais entrer dans son droit la possibilité pour un médecin ou un infirmier de provoquer délibérément la mort d’un patient. Nous refusons cette rupture profonde avec la Loi de Dieu et la vocation de la médecine, qui doit rester de soigner, soulager et accompagner.

Si Droit de Naître regrette que le Conseil constitutionnel ait validé l’essentiel du texte, l’association salue les restrictions apportées par les Sages : les pharmaciens bénéficieront de la clause de conscience et certains établissements privés pourront, sous conditions, refuser que l’euthanasie soit pratiquée dans leurs murs. Ces garanties concèdent a posteriori que les inquiétudes exprimées pendant les débats étaient légitimes.

Mais la promulgation de la loi ne met pas fin au combat. Partout où l’euthanasie a été légalisée, ses critères ont suscité controverses, extensions ou situations profondément inquiétantes. Droit de Naître entend donc surveiller avec la plus grande attention l’application de la loi française, ses statistiques, ses premiers cas et toute tentative future d’en élargir les critères.

Dans les prochaines semaines, Droit de Naître annoncera une nouvelle initiative nationale destinée à documenter les faits, alerter l’opinion et les responsables politiques, et préparer le combat de long terme contre cette loi. Jusqu’à son abrogation.

4-5-6 septembre : fête médiévale à La Chapelle d’Angillon

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Édouard Philippe sollicite le soutien du Grand-Orient de France

Le candidat à la présidentielle a été reçu au Grand Orient de France, cette église de la République, le 24 juin pour donner une conférence sur La République face aux temps présent :

Nouvelle profanation dans le diocèse de Tours

Communiqué du diocèse de Tours :

C’est avec regret que nous vous annonçons une nouvelle profanation d’église lieu hier 20 août.
Il s’agit de l’église St Joseph de Joué-lès-Tours. La porte de la chapelle du St Sacrement et la porte du tabernacle ont été forcées. Les hosties consacrées ont été répandues à terre. Il s’agit bel et bien d’une profanation : cette fois-ci, on ne déplore pas de vol.
Nous sommes tous choqués et blessés, nous prêtres, diacres, et membres de nos communautés, au premier rang desquelles, cette fois, les fidèles de la paroisse St Marc de Joué.

Mgr Jordy célébrera une messe de réparation ce mardi 25 août à 19h en l’église st Joseph. Les fidèles de la paroisse de Joué sont bien sûr invités. Également invitation est donnée aux fidèles des paroisses dont l’église ou les églises ont déjà fait l’objet d’effraction, de profanation, ou de vol, au cours de ces deux mois de juillet et août : Ste Jeanne d’Arc, Chambray-les-Tours, Luynes, St Jean de Montjoyeux.
Nous pouvons aussi inviter tous les fidèles du diocèse à se joindre par la prière à cette célébration.
Restant à votre disposition, veuillez croire à notre proximité et en communion,
Mgr Jordy, P. Bruère et P. Raimbault

Biens chers paroissiens, cette nouvelle profanation nous blesse profondément dans notre foi.
Nous gardons l’église saint Joseph fermée jusqu’à la messe de réparation.

Gardons confiance et l’Espérance. Et que le Seigneur veille sur nous, nous console et fasse grandir en nous l’amour de sa sainte Eucharistie.
Union de prière, bien fraternellement, P.Rémy+

La Vie Chrétienne Victorieuse – L’Église dans le monde : Séparation sans isolement

La question est devenue particulièrement actuelle. De plus en plus, nous entendons des tribunes, des prises de position et des appels à une Église davantage « ouverte au monde », plus proche de ses préoccupations, plus adaptée à ses évolutions et parfois même plus intégrée à ses valeurs. D’autres, au contraire, réclament une séparation plus nette et plus radicale. Entre ces deux positions, comment discerner le chemin biblique ?

Pour le chrétien, la première question n’est pas : « Que pense le monde ? » ni même : « Que souhaitent les hommes ? » Elle est : « Que dit la Parole de Dieu ? » C’est l’Écriture qui doit gouverner la pensée, la conduite et la mission de l’Église. Cette dernière doit-elle se retirer du monde ou y demeurer présente ? Que doit-elle lui dire, et jusqu’où peut-elle aller sans cesser d’être fidèle à son Seigneur ?
La réponse de l’Écriture est à la fois simple et profonde : l’Église est dans le monde, mais elle n’est pas du monde ; elle est envoyée vers le monde, mais elle ne doit jamais être façonnée par lui. Tout dépend de ce que nous entendons par « le monde ».

Le monde selon l’Écriture
Dans la Bible, le mot « monde » désigne tantôt la création et l’ensemble des hommes – ce monde que Dieu aime, et pour lequel Il a envoyé Son Fils (Jean 3:16) – tantôt un système moral et spirituel organisé indépendamment de Dieu. C’est ce second sens que vise l’apôtre Jean lorsqu’il écrit : « N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est point en lui » (1 Jean 2:15). Il en donne les traits caractéristiques : « la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie » (1 Jean 2:16-17).
Il ne s’agit évidemment pas de haïr les hommes ; le chrétien doit les aimer, prier pour eux et leur annoncer l’Évangile. Il s’agit de ne pas aimer ce système de pensée qui met l’homme à la place de Dieu – l’homme voulant vivre selon sa propre volonté, chercher son bonheur dans les choses terrestres, bâtir son existence indépendamment de son Créateur.
Cet amour du monde – cette mondanité – est donc bien plus profond que quelques habitudes extérieures. Il s’insinue dans l’Église sans bruit, lorsque les critères du monde deviennent peu à peu les siens : succès, influence, popularité, approbation humaine, adaptation aux opinions dominantes. La question cesse alors d’être : « Est-ce conforme à la Parole ? » pour devenir : « Est-ce acceptable pour le monde ? » C’est là que commence le danger.

Une Église céleste vivant sur la terre
Le Seigneur Jésus donne Lui-même la clé, dans Sa prière sacerdotale : « Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde » ; puis : « Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les garder du mal » (Jean 17:14-15). Ces deux paroles doivent demeurer inséparables.
Le chrétien n’est pas appelé à fuir physiquement la société humaine. Il travaille, exerce une profession, vit en famille, rencontre son prochain. Mais il appartient désormais à Christ : il est dans le monde sans être du monde. Son origine spirituelle est céleste, son espérance est céleste, son Seigneur est dans le ciel. L’Église n’a donc pas vocation à devenir terrestre pour mieux s’intégrer à la terre ; elle est appelée à manifester ici-bas quelque chose du ciel. Sa présence dans le monde est indispensable ; sa conformité au monde serait catastrophique.
Jésus déclare : « Vous êtes la lumière du monde » (Matthieu 5:14). Cette parole interdit tout repli sur soi : la lumière est faite pour éclairer les ténèbres. Mais il existe une différence essentielle entre être dans les ténèbres pour les éclairer et adopter les ténèbres pour être accepté par elles. Une lumière qui devient ténèbres cesse d’être lumière.
C’est précisément le danger d’une certaine « ouverture au monde » : on commence par vouloir mieux comprendre les hommes, puis leur parler dans leur langage, puis adoucir le message pour ne pas les choquer, et l’on finit par accepter ce que la Parole condamne. Le Seigneur n’a jamais procédé ainsi. Il était parfaitement proche des pécheurs et parfaitement séparé du péché ; Il pouvait entrer chez un publicain sans approuver sa conduite, accueillir les coupables sans jamais appeler le mal « bien ». Il était, dit l’Écriture, « plein de grâce et de vérité » (Jean 1:14). C’est aussi ce que l’Église est appelée à être.

« Allez par tout le monde »
Jésus donne une mission qui interdit tout isolement : « Allez par tout le monde, prêchez l’Évangile à toute la création » (Marc 16:15). L’Église doit aller vers les hommes tels qu’ils sont, porter l’Évangile là où Christ est inconnu ou méconnu. Mais remarquons ce que le Seigneur dit exactement : « Prêchez l’Évangile. » Il ne dit pas : « Adoptez le monde », ni : « Imitez ses valeurs », ni : « Faites de l’Église une copie de la société. »
La mission de l’Église n’est donc pas de rendre le monde chrétien par imitation, mais d’annoncer Jésus-Christ à des hommes qui ont besoin d’être sauvés. L’Évangile ne consiste pas à christianiser le système du monde, mais à appeler des hommes à en sortir pour appartenir à Christ. Nous ne sommes pas envoyés dans le monde pour lui ressembler ; nous y sommes envoyés pour lui annoncer Celui qui peut le sauver.

Le danger de la séduction
La deuxième épître de Jean met en garde contre « plusieurs séducteurs qui sont entrés dans le monde, ne confessant point Jésus-Christ venant en chair » (2 Jean 1:7). Le danger n’est pas seulement que le monde attaque de front la foi chrétienne ; il peut aussi chercher à la déformer de l’intérieur – un Christ sans croix, un Évangile sans repentance, une grâce sans vérité, un amour sans sainteté, une foi sans obéissance, une espérance tout entière centrée sur la terre. Tout cela peut garder une apparence chrétienne et pourtant éloigner les âmes de Christ.
Le péril le plus grave n’est donc pas nécessairement que le monde rejette l’Église, mais qu’il accepte une Église qui aurait cessé de lui dire toute la vérité de Dieu. Une Église qui veut à tout prix être approuvée par le monde risque de devenir incapable de lui annoncer ce qu’il a besoin d’entendre.
Fuir la corruption du monde
L’apôtre Pierre rappelle que le croyant a reçu, par grâce, de quoi « fuir la corruption qui existe dans le monde par la convoitise » (2 Pierre 1:4). La grâce ne nous sauve pas pour nous permettre de retourner à ce dont elle nous a délivrés ; elle nous enseigne à vivre autrement.
Précisons cependant : tout ce qui existe dans le monde n’est pas mauvais en soi. Le travail, la famille, la connaissance, l’art ne sont pas mauvais. Mais toute chose légitime peut devenir une idole lorsqu’elle occupe, dans le cœur, la place qui appartient à Dieu. La question n’est donc pas seulement : « Est-ce mauvais ? » mais aussi : « Quelle place cela prend-il dans ma vie ? »

L’amitié du monde est inimitié contre Dieu
Jacques déclare sans détour : « L’amitié du monde est inimitié contre Dieu » (Jacques 4:4). Pourquoi une parole si forte ? Parce que le monde, dans son principe même, veut vivre sans Dieu. Le monde dit : « Je décide. » La foi dit : « Seigneur, que veux-Tu ? » Le monde cherche sa propre gloire ; le chrétien cherche la gloire de Christ. Le monde s’attache au visible ; le chrétien apprend à regarder à l’invisible (2 Corinthiens 4:18). Ces deux orientations sont profondément opposées.
Il ne s’agit pas de mépriser la société, mais de refuser que ses principes deviennent ceux du peuple de Dieu. L’Église peut dialoguer avec le monde sans adopter sa pensée ; servir les hommes sans servir leurs convoitises ; écouter sans capituler ; aimer sans approuver le mal ; être respectueuse sans devenir silencieuse.
Le Seigneur dit : « Malheur au monde à cause des scandales ! » (Matthieu 18:7). Cette parole interdit toute vision naïve du monde, mais elle n’autorise aucun mépris : le chrétien se souvient qu’il a lui-même été sauvé par grâce. L’amour chrétien, pourtant, n’est jamais indifférent au mal. Lorsqu’un homme marche vers un précipice, l’amour ne dit pas : « Je respecte ton choix » ; il avertit.
L’Église doit donc parler – du péché, de la repentance, du jugement, du salut – mais toujours pour conduire les hommes vers Christ. Le but de l’avertissement n’est jamais de condamner pour condamner ; il est de sauver.
Jésus fait aussi cette distinction : « Car toutes ces choses, ce sont les nations du monde qui les recherchent » (Luc 12:30) – nourriture, boisson, sécurité matérielle. Ces choses ne sont pas mauvaises en elles-mêmes, mais le monde en fait le centre de son existence, tandis que le chrétien est appelé à « chercher premièrement le royaume de Dieu » (Matthieu 6:33). Le monde demande : « Que vais-je obtenir ? » Le chrétien demande : « Que veut mon Seigneur ? »

Séparation sans isolement
Nous pouvons maintenant répondre avec simplicité : l’Église doit être séparée du monde sans être isolée du monde. Séparée dans ses principes, mais présente dans son témoignage ; différente sans être inaccessible ; sainte sans être orgueilleuse ; ferme sur la vérité et aimante envers les personnes.
Le Seigneur Jésus Lui-même en est le modèle parfait. Il était dans le monde sans être du monde ; Il connaissait les hommes sans être gouverné par leurs pensées ; Il les aimait sans leur appartenir ; Il leur apportait la grâce sans jamais amoindrir la vérité. Telle est la position de l’Église : proche des hommes, mais attachée à Christ.
Le danger, aujourd’hui, serait de tant vouloir être présente dans le monde que l’Église finisse par s’y installer. Une Église qui perd conscience de sa vocation céleste cherche nécessairement une identité terrestre – influence, reconnaissance, prestige. Mais elle n’est pas appelée à devenir populaire ; elle est appelée à être fidèle. Son modèle n’est pas le succès du monde, mais Christ ; son message n’est pas dicté par les attentes du monde, mais par la Parole de Dieu ; son avenir n’est pas ici-bas, car elle attend le retour de son Seigneur.
Nous ne sommes pas appelés à sortir des hommes, mais à sortir du monde dans son sens moral ; non à fuir notre prochain, mais à fuir la corruption ; non à abandonner le monde, mais à lui annoncer Christ.
La question n’était donc pas simplement : « L’Église doit-elle être dans le monde ou hors du monde ? » La réponse biblique est claire : elle est dans le monde, mais elle n’est pas du monde ; envoyée dans le monde, mais jamais façonnée par lui ; elle aime les hommes sans aimer le système qui les éloigne de Dieu ; elle sert son prochain, mais appartient à son Seigneur ; elle annonce l’Évangile au monde sans jamais se compromettre pour être entendue.
Ne fuyons pas les hommes, mais allons vers eux. N’aimons pas le monde, mais aimons les âmes. N’imitons pas le monde, mais reflétons Christ. Ne modelons pas l’Église selon les exigences du monde, mais selon la Parole de Dieu.
Et lorsque le monde demande pourquoi nous sommes différents, notre réponse ne doit pas être d’abord une liste de règles : elle doit être une Personne, Jésus-Christ.

Le christianisme repose sur une Personne infaillible et un Livre infaillible ; nous avons les deux, en Christ et dans les Écritures.

C’est Lui que nous annonçons. C’est Lui que nous servons. C’est Lui que nous attendons – Celui qui est venu du ciel, qui a été rejeté, qui est mort pour nos péchés, qui est ressuscité, qui est glorifié auprès du Père, et qui reviendra chercher les Siens. Jusqu’à ce jour, marchons ici-bas comme ceux qui appartiennent déjà au ciel : dans le monde, mais avec Christ ; dans le monde, mais séparés du mal ; dans le monde, mais témoins de la vérité ; dans le monde, mais le cœur tourné vers le ciel.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Tiède réponse de Rome aux parents se plaignant de l’éducation imposée par un diocèse allemand

Le Dicastère pour la culture et l’éducation s’est posé du côté des parents qui s’opposent aux directives sur la « diversité » sexuelle imposées par l’évêque Hesse aux écoles catholiques de l’archidiocèse allemand.

Cette réponse provisoire a brisé le silence du Saint-Siège sur la protestation des parents à Hambourg contre l’imposition par l’archidiocèse de lignes directrices pour l’éducation sexuelle des mineurs dans les écoles catholiques. Les parents affirment que ces directives sont basées sur un document de la Conférence des évêques allemands découlant de la voie synodale. Ils soutiennent que le document

« promeut la sexualisation délibérée des enfants et des jeunes, dévalorise, déforme ou rejette la vision catholique de la sexualité, du mariage et de la famille, et propage activement un contenu idéologique lié à la sexualité et à l’identité sexuelle ».

En bref, il s’agit d’un autre « désordre fait en Allemagne » qu’un évêque militant essaie d’imposer d’en haut sans se soucier des familles. Monseigneur Stefan Hesse, l’archevêque que le Vatican a reconnu avoir des défauts organisationnels” et commis des erreurs de procédure” lors du traitement des dossiers d’abus en tant que chef du personnel de l’archidiocèse de Cologne, s’est heurté à la détermination de nombreux parents, en particulier une mère péruvienne nommée Varinia Arauco. Elle a écrit à tout le monde – jusqu’au Pape – pour dénoncer la situation.

Mme Arauco avait écrit au préfet, Mgr José Tolentino de Mendonça, mais c’est le sous-secrétaire allemand, Mgr Matthias Ambros, qui a répondu. Il ne s’agissait que d’une courte note reconnaissant la plainte et déclarant que le Dicastère confirme que, en ce qui concerne toute ligne directrice pour l’éducation sexuelle, la position énoncée dans le document Male and Female He Created Them : Towards a Path of Dialogue on the Question of Gender in Education reste inchangée”. Ce texte, signé en 2019 par le préfet de la Congrégation pour l’éducation catholique de l’époque, le cardinal Giuseppe Versaldi, rejette sans équivoque l’approche énoncée dans le document de la Conférence des évêques allemands sur la « reconnaissance de la diversité des identités sexuelles dans les écoles » et les lignes directrices qui en sont inspirées, que Mgr Hesse aimerait imposer aux écoles catholiques de Hambourg.

Selon le dicastère, « l’éducation à l’affectivité nécessite un langage approprié et mesuré » et « doit tenir compte du fait que les enfants et les jeunes n’ont pas encore atteint leur pleine maturité et se mettent en tête à découvrir la vie avec curiosité ».

Par conséquent, a écrit Versaldi, il est nécessaire d’aider les élèves à développer « un sens critique face à un assaut de messages, à une pornographie non vérifiée et à une surcharge de stimuli qui peuvent déformer la sexualité ». Il s’agit d’un guide pour contrer le « barrage de messages ambigus et vagues » dont le cadre conceptuel de l’archidiocèse de Hambourg pour l’éducation sexuelle est criblé.

Paradoxalement, le document défend « l’aspiration légitime des écoles catholiques à défendre leur propre vision de la sexualité humaine, conformément à la liberté des familles de fonder l’éducation de leurs enfants sur une anthropologie intégrale capable d’harmoniser toutes les dimensions qui constituent leur identité physique, psychologique et spirituelle », tout en notant qu’« un État démocratique ne peut pas réduire l’offre éducative à une seule façon de penser, en particulier sur un sujet aussi sensible touchant à la compréhension fondamentale de la nature humaine, et le droit naturel des parents de choisir librement l’éducation de leurs enfants, conformément à la dignité de l’homme. À Hambourg, cependant, ce n’est pas l’autorité civile qui impose un programme d’éducation sexuelle pro-genre aux écoles catholiques, mais l’autorité ecclésiastique qui le fait contre le consentement de centaines de parents.

Les directives émises par le diocèse allemand révèlent la « désorientation anthropologique » qui caractérise notre climat culturel (et qui a certainement contribué à l’éclatement de la famille en effaçant les différences entre les hommes et les femmes et en les considérant comme de simples effets du conditionnement historique et culturel). Les directives sont donc en violation ouverte du contenu du document de Versaldi, auquel le Dicastère de la Culture et de l’Éducation se réfère encore aujourd’hui. L’ancienne Congrégation en est consciente, comme en témoigne sa référence à ce texte lorsqu’elle répond à la mère de Hambourg.

Néanmoins, le Saint-Siège ne peut prétendre avoir fait son devoir en envoyant seulement quelques lignes aux parents, reconnaissant implicitement qu’ils ont raison. Une action urgente est nécessaire pour mettre fin à la mise en œuvre des directives dans les écoles de l’archidiocèse. Le temps est compté : les directives entrent en vigueur le 20 août.

L’église catholique de Tel Aviv vandalisée

Un homme a été arrêté dimanche pour suspicion de vandalisme et de profanation d’une église catholique dans le quartier de Jaffa à Tel Aviv.

Selon les autorités, plusieurs statues à l’intérieur de St. L’église Antoine de Padoue avaient été brisées et un certain nombre de croix aussi . La police a identifié le suspect, un résident local d’une vingtaine d’années, et l’a placé en garde à vue pour être interrogé.

Cet incident s’est produit alors que des rapports évoquent le harcèlement et les attaques contre les chrétiens et les sites chrétiens en Israël.

Une organisation israélienne indépendante, le Religious Freedom Data Center (RFDC), a enregistré 83 actes de harcèlement contre des chrétiens au cours de 76 incidents entre avril et juin seulement. La forme la plus courante était de cracher sur les chrétiens (47 incidents), suivi d’agressions verbales, de comportements menaçants, d’attaques physiques, de défiguration de la signalisation et d’autres actes. Près de 90 % des incidents se sont produits à Jérusalem, en particulier dans la vieille ville.

Le RFDC, dirigé par Yisca Harani, a noté que de tels actes ont de plus en plus eu lieu ouvertement et en plein jour, parfois de manière délibérément démonstrative. Les tendances globales montrent une trajectoire à la hausse : 107 incidents en 2024, 181 en 2025, et déjà 120 depuis la mi-2026.

Le Patriarche latin de Jérusalem, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, a publiquement lié la montée des agressions au climat politique sous le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Dans des remarques précédentes, le cardinal franciscain a déclaré que les extrémistes se sentent protégés… que l’atmosphère culturelle et politique peut maintenant justifier, ou tolérer, des actions contre les chrétiens”. Il a décrit la fréquence des attaques comme « quelque chose de nouveau ». Les dirigeants de l’Eglise se sont plaints à plusieurs reprises que de nombreux auteurs sont confrontés à peu ou pas de responsabilité, de nombreux vandales étant traités comme ayant des problèmes de santé mentale plutôt que comme une malveillance délibérée. Un peu comme en France….

De tels crimes haineux anti-chrétiens ont inclus des Juifs radicaux qui ont tenté d’agresser un évêque et un prêtre orthodoxes lors d’une Divine liturgie le dimanche matin, un autre fracassant une statue de Jésus-Christ à l’église de la Flagellation, des gangs de juifs radicaux attaquant des pèlerins chrétiens et commettant du vandalisme, la profanation de cimetières chrétiens, de fréquents incidents de crachats sur les chrétiens et, à d’autres occasions, incendies de leurs églises.

« L’Isolée offre une héroïne qui sait pourquoi elle vit, pourquoi elle souffre, et pour quoi elle est prête à tout perdre »

À l’occasion de la réédition de L’Isolée de René Bazin, nous avons rencontré son éditeur suisse, Xavier Meystre, afin d’évoquer la redécouverte d’un écrivain qui fut pourtant, de son vivant, l’un des auteurs français les plus lus et les plus admirés.

Avec ce roman publié au début du XXᵉ siècle sur fond de crise religieuse et de bouleversements politiques, les Éditions Meystre proposent de remettre à l’honneur une œuvre dont les préoccupations ne se limitent pas à son époque. Cette nouvelle édition est en outre accompagnée d’une importante préface de Roland Thévenet.

Pourquoi certains écrivains disparaissent-ils ainsi de notre mémoire ? Que reste-t-il de leur œuvre lorsque le monde qui les a vus naître s’est profondément transformé ? Et pourquoi faudrait-il encore lire René Bazin aujourd’hui ? Xavier Meystre revient sur ces questions et sur la place singulière de L’Isolée dans l’œuvre de l’académicien angevin.

***

Comment expliquer que René Bazin, académicien admiré en son temps, ait presque disparu des bibliothèques françaises, tandis que son petit-neveu Hervé Bazin reste, lui, largement lu et étudié ?

Ce purgatoire littéraire tient à plusieurs causes conjuguées. D’abord une question de génération et de mémoire : le nom « Bazin » s’est déplacé vers Hervé, dont l’œuvre, plus rebelle et plus proche des sensibilités du second XXᵉ siècle, s’est imposée dans l’enseignement secondaire. Ensuite, et surtout, l’œuvre de René Bazin appartient à un monde — rural, catholique, enraciné — que l’école républicaine et la critique littéraire du siècle dernier ont eu tendance à congédier comme dépassé, voire réactionnaire. Un romancier qui défend ouvertement la terre, la paroisse et la tradition ne pouvait qu’être marginalisé par une critique longtemps encline à valoriser la rupture plutôt que l’enracinement.

Très modestement, nous pourrions dire que les Éditions Meystre se sont spécialisées dans la réédition des écrivains congédiés par la République.

L’Isolée est parfois présenté comme un « roman à thèse ». Est-ce une étiquette réductrice, ou Bazin assume-t-il pleinement de défendre sa vision du monde à travers la littérature ?

 L’étiquette n’est pas fausse, mais elle est incomplète si on l’entend au sens péjoratif. Bazin ne dissimule rien de sa conviction : il écrit pour défendre une liberté de conscience et une civilisation qu’il voit menacées. Mais un roman à thèse n’est réducteur que lorsque la thèse écrase les personnages. Or Bazin reste avant tout un romancier — il observe, il campe des figures vivantes, il fait sentir le poids concret d’une persécution avant de la théoriser. La thèse habite le roman, elle ne le remplace pas. À mon sens, ce qui fait et définit réellement un écrivain est sa capacité à décrire son époque, c’est-à-dire le réel afin d’être au plus près de la vérité.

Peut-on dire que L’Isolée est, au fond, l’un des grands romans de la défense de la chrétienté, et non seulement de la « liberté religieuse » comme on l’entend parfois ?

C’est bien là le mouvement profond du livre. Ce qui commence comme le récit d’une religieuse chassée par les lois de laïcisation s’élargit peu à peu en une méditation sur ce qu’une civilisation perd lorsqu’elle arrache ses institutions à leurs racines spirituelles. Bazin ne plaide pas seulement pour un droit — celui de croire et de se consacrer à Dieu — il plaide pour une manière d’être au monde, façonnée par des siècles de foi, et dont la disparition laisse un vide que la République laïque, malgré toute sa générosité proclamée, ne comble pas. Si l’on juge un arbre à ses fruits, nous pourrions même dire que c’est tout le contraire.

L’on remarquera aussi que cette fameuse « liberté religieuse » est possible et accessible à tous sauf aux catholiques.

Le roman s’inscrit dans le contexte des lois anticléricales de la IIIᵉ République. Que nous apprend cette œuvre sur la nature de ce régime ?

L’Isolée est un document autant qu’une œuvre littéraire. Il montre comment une République qui se voulait l’héritière des Lumières et de la tolérance a pu, dans son application concrète — expulsions de congrégations, fermetures d’écoles, inventaires des biens ecclésiastiques —, se faire elle-même intolérante envers une partie de ses citoyens. Bazin met en lumière ce paradoxe : au nom de la liberté, on a persécuté des consciences. C’est une leçon qui dépasse son époque, sur la manière dont tout pouvoir, même animé des meilleures intentions théoriques, peut se retourner contre ceux qu’il prétend émanciper.

Plus d’un siècle après sa publication, ce roman conserve-t-il une véritable actualité ?

Sans forcer le parallèle, on ne peut nier une résonance : la question de la place de la foi dans l’espace public, la suspicion parfois portée aux convictions religieuses affichées, l’idée qu’une certaine orthodoxie laïque doive s’imposer à tous — ces tensions n’ont pas disparu. L’Isolée invite moins à établir des équivalences directes qu’à réfléchir, avec la distance du temps, sur la fragilité toujours possible de la liberté de conscience, quel que soit le régime qui prétend la garantir. Bazin et tous les écrivains que je réédite ont, je le crois, cette force de combattre et de dénoncer les problèmes de leur époque mais aussi de s’inscrire dans une intemporalité.

Bazin ne caricature pas les partisans de la laïcisation ; son roman laisse une large place aux nuances psychologiques. Est-ce là ce qui distingue un grand romancier d’un simple polémiste ?

C’est très exactement ce qui distingue Bazin d’un pamphlétaire. Ses adversaires — les partisans de la laïcisation, les fonctionnaires zélés, parfois même des figures hostiles à l’héroïne — ne sont pas réduits à des caricatures. Bazin leur prête des motivations compréhensibles, parfois même une sincérité. C’est cette générosité de regard, cette capacité à faire vivre l’autre camp sans le trahir ni l’épargner, qui fait de lui un romancier au sens plein, et non un simple porte-voix de ses idées. Il est, en effet, très loin des caricatures et a vraiment une analyse très fine de l’état de l’esprit d’antan.

Quel serait votre principal argument pour convaincre un jeune lecteur d’ouvrir ce livre plutôt qu’un roman contemporain ?

Je lui dirais ceci : la littérature contemporaine excelle souvent à décrire le doute, la fragmentation, l’absence de sens. L’Isolée offre l’inverse — une héroïne qui sait pourquoi elle vit, pourquoi elle souffre, et pour quoi elle est prête à tout perdre. Dans un monde saturé d’ironie et de relativisme, découvrir un personnage habité par une conviction aussi entière est presque une expérience dépaysante, et salutaire.

Et plus simplement, puisque nous sommes tous conditionnés au marketing et aux publicités, je lui poserais la simple question : Comment se fait-il que René Bazin soit mis de côté alors qu’il n’a jamais écrit une ligne polémique mais est toujours resté dans la mesure et la finesse ?

Outre L’Isolée, quels titres conseilleriez-vous à qui voudrait découvrir René Bazin ?

On pourra recommander La Terre qui meurt, qui prolonge cette méditation sur l’enracinement rural face à l’exode et à la modernité ; Les Oberlé, roman de l’Alsace annexée et de la fidélité à la patrie française ; et De toute son âme, qui aborde la question sociale avec la même exigence morale. Ces trois titres permettent de mesurer l’ampleur d’une œuvre où la terre, la foi et la patrie forment un même tissu.

Entretien mené par F. d’Oteghem

À lire également, nos précédents entretiens avec Xavier Meystre :

La loi pervertie par la spoliation légale

Lu dans Les 4 Vérités :

Frédéric Bastiat a écrit, avec « La loi », un texte prémonitoire – comme souvent – dont je donne ci-après un abrégé. Notre situation actuelle en fournit une illustration caricaturale : L’énorme production législative n’est pas consacrée à édicter des règles de bonne conduite, mais à concocter des mesures qui, au fil des changements de majorité, favorisent telle ou telle fraction du corps social.

La loi pervertie ! La loi non seulement détournée de son but, mais mise en œuvre afin de poursuivre un but totalement contraire ! La loi accomplissant elle-même l’iniquité qu’elle a pour mission de punir !

C’est là un fait grave, sur lequel doit être attirée l’attention de nos concitoyens.

La déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 stipule en son article 2 : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, la résistance à l’oppression. »

Chaque homme a le droit de défendre, y compris par la force, sa personne, sa liberté, sa propriété. Plusieurs hommes ont le droit de s’associer, d’organiser une force commune pour pourvoir à cette défense.

De même que la force d’un individu ne peut avoir le droit d’attenter à la personne, à la liberté, à la propriété d’un autre individu, de même la force commune ne peut être légitimement utilisée pour attenter à la personne, à la liberté, à la propriété d’individus ou groupes d’individus.

La loi, c’est l’organisation du droit naturel de légitime défense. C’est la substitution de la force collective aux forces individuelles pour agir dans le domaine où celles-ci ont le droit d’agir, pour garantir les personnes, les libertés, les propriétés, pour maintenir chacun dans son droit, en un mot pour faire régner la justice.

Le but de l’homme, c’est de se développer grâce à l’utilisation de ses talents.

Certains hommes ont découvert qu’ils pouvaient aussi se développer aux dépens des autres. En effet, l’homme peut vivre et jouir en s’appropriant les produits des talents de ses semblables. C’est la spoliation.

C’est le cas lorsqu’un individu s’approprie, par force ou par ruse, le bien d’autrui. C’est alors un vol, et le coupable est sévèrement puni par le Code pénal.

Mais il existe une spoliation cachée, et même encouragée et protégée par la loi. En effet, sous prétexte d’organiser, de réglementer, de protéger, d’encourager, la loi peut prendre aux uns pour donner aux autres. Elle peut puiser dans les richesses acquises par l’ensemble de la population pour augmenter la richesse d’un groupe particulier. Ce sera tantôt les agriculteurs, tantôt les fabricants, les négociants, les artistes, etc. Il n’est pas de groupe qui ne prétende – dans son esprit avec juste raison – exploiter la loi à son profit.

C’est par la généralisation de ce procédé que s’est organisée la spoliation légale. Cette spoliation légale peut s’exercer d’une infinité de manières : taxes, primes, subventions, impôt progressif, etc.

Quand une fraction de richesse passe, sans son consentement, de celui qui l’a acquise à celui qui ne l’a pas créée, que ce soit par force ou par ruse, il y a atteinte à la propriété, il y a spoliation. Il y a même spoliation avec circonstances aggravantes, et c’est ce que la loi devrait réprimer !

Ce n’est pas celui qui profite de la spoliation qui en est responsable, c’est la loi, c’est le législateur, c’est la société, et c’est ce qui en fait un grave danger !

Dans une société efficace, le rôle de l’état n’est pas la satisfaction directe des intérêts de qui que ce soit, mais la réalisation de l’environnement dans lequel les individus et les groupes sont dans les conditions les plus favorables pour se fournir mutuellement de quoi satisfaire leurs besoins respectifs.

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