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Programme du voyage du pape en France

Vendredi 25 septembre 2026

ROME – PARIS – SAINT DENIS – PARIS

07h50 Départ en avion de l’aéroport international de Rome/Fiumicino à destination de Paris
10h00 Arrivée à l’aéroport international de Paris/Orly

CÉRÉMONIE DE BIENVENUE

11h00 VISITE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE à l’Élysée
11h45 RENCONTRE AVEC LES AUTORITÉS, LA SOCIÉTÉ CIVILE ET LE CORPS DIPLOMATIQUE à l’Élysée
15h00 VISITE À L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L’ÉDUCATION, LA SCIENCE ET LA CULTURE (UNESCO) au siège de l’UNESCO
17h15 CÉLÉBRATION DES VÊPRES AVEC LES ÉVÊQUES, LES PRÊTRES, LES DIACRES, LES PERSONNES CONSACRÉES ET LES SÉMINARISTES à la cathédrale Notre-Dame de Paris
21h00 VEILLÉE DE PRIÈRE AVEC LES JEUNES au « Stade de France » de Saint Denis

 

Samedi 26 septembre 2026

PARIS – LOURDES

09h00 VISITE AU CENTRE D’ACCOMPAGNEMENT ET D’INTÉGRATION SOCIALE
MAISON BAKHITA
10h15 RENCONTRE AVEC LES MEMBRES DE L’ASSEMBLÉE SYNODALE PROVINCIALE, LES CATÉCHUMÈNES ET LES NÉOPHYTESà l’« Institut catholique de Paris »
15h00 MESSE « Place de la Concorde »
17h45 Départ en avion de l’aéroport international de Paris-Orly à destination de Lourdes
19h05 Arrivée à l’aéroport international de « Tarbes-Lourdes-Pyrénées »
19h40 PRIÈRE À LA GROTTE DES APPARITIONS DE MASSABIELLE au Sanctuaire Notre Dame de Lourdes

 

Dimanche 27 septembre 2026

LOURDES 

09h00 RENCONTRE AVEC LES ÉVÊQUES DE LA CONFÉRENCE ÉPISCOPALE DE FRANCEdans l’hémicycle « Sainte-Bernadette » du sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes
11h00 MESSE à la Prairie du sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes
15h30 RENCONTRE AVEC LES ANIMATEURS ET LES PERSONNES ACCUEILLIES PAR L’ACCUEIL NOTRE-DAME au sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes
16h45 RENCONTRE PRIVÉE AVEC LES RELIGIEUSES DE VIE CONTEMPLATIVE au Monastère du Carmel de Lourdes
21h00 PRIÈRE DU SAINT ROSAIRE ET PROCESSION AUX FLAMBEAUX au Sanctuaire Notre Dame de Lourdes

 

Lundi 28 septembre 2026

LOURDES – METZ – ROME

07h40 Départ en avion de l’aéroport international de « Tarbes-Lourdes-Pyrénées » à destination de Metz
09h20 Arrivée à l’aéroport international de « Metz-Nancy-Lorraine »
10h00 RENCONTRE INTERRELIGIEUSE au Centre des Congrès Robert Schuman de Metz
11h00 RENCONTRE « AUX RACINES DE L’EUROPE POUR LA PAIX ET L’UNITÉ » au Centre des Congrès Robert Schuman de Metz
16h00 MESSE à la cathédrale Saint-Étienne
18h30 CÉRÉMONIE DE CONGÉ à l’aéroport international de « Metz-Nancy-Lorraine »
19h00 Départ en avion de l’aéroport international de « Metz-Nancy-Lorraine »
20h50 Arrivée à l’aéroport international de Rome/Fiumicino

Les  inscriptions pour assister aux célébrations seront possibles à partir du lundi 10 août à 12h sur le site inscription.pape-france.fr

«L’invasion de Ceuta est un test. La démographie est une arme ».

Le président de la Conférence épiscopale espagnole (CEE), Mgr Luis Argüello, a critiqué l’afflux d’immigrants illégaux du Maroc sur le territoire espagnol sur la côte africaine.

« La biopolitique est la clé de la puissance mondiale actuelle. On joue avec la vie, et les gens – leurs rêves, leur faim, leur sexualité et leurs données – sont exploités pour le profit et le pouvoir ».

« La migration fait partie de cette stratégie. L’invasion de Ceuta est un test. La démographie est une arme ».

Des milliers de Marocains ont envahi le petit territoire espagnol de Ceuta depuis le 31 juillet.Selon AP News, les migrants ont été stimulés par des rapports en ligne selon lesquels la frontière de l’Espagne avec le Maroc s’ouvrait.

Certains estiment que 60 000 personnes ont afflué à Ceuta. On pense maintenant que la plupart de ceux qui ont traversé illégalement sont retournés au Maroc, tandis qu’environ 3 000 à 5 000 migrants restent dans l’enclave espagnole, adjacente au détroit de Gibraltar.

Le président du gouvernement régional, Juan Jesús Vivas, a déclaré que les centres d’accueil locaux des migrants étaient débordés, avec des “centaines” d’immigrés dormant dans les rues, exhortant le gouvernement national à déclarer une urgence nationale et à envoyer des forces pour aider à “garantir l’inviolabilité de la frontière et la sécurité des citoyens”.

Le Daily Mail a rapporté que la situation a évolué avec des troubles dans les rues, les habitants se déplaçant pour protester et repousser les intrus, qui auraient fait irruption dans les magasins.

L’islam à l’épreuve de l’histoire : derrière le récit sacré, une construction humaine

La recherche historico-critique ne démontre pas l’existence d’un complot unique qui aurait fabriqué l’islam dans l’ombre. Elle établit quelque chose de plus sérieux : le récit traditionnel des origines est une mémoire religieuse élaborée après les événements, et le Coran est profondément inscrit dans les controverses juives et chrétiennes de l’Antiquité tardive. Pour les catholiques, cette crise n’appelle ni le mépris des musulmans ni le silence, mais la vérité, la liberté des consciences et la mission.

Il existe une question que notre époque ne veut presque plus poser au sujet de l’islam : est-ce vrai ? Non pas : les musulmans sont-ils victimes de discriminations ? Non pas : l’islam appartient-il désormais au paysage français ? Non pas même : peut-on vivre paisiblement avec des musulmans ? Ces questions ont leur légitimité. Mais elles ne répondent pas à la question première. Mahomet a-t-il réellement reçu de Dieu une révélation destinée à corriger le judaïsme et le christianisme ? Le Coran est-il la parole divine descendue sur un prophète, fidèlement transmise et préservée ? Jésus n’est-il qu’un prophète, qui n’aurait pas été crucifié et dont les disciples auraient déformé le message ?

Ces affirmations sont vraies ou fausses. Le respect dû aux personnes n’oblige jamais à suspendre l’intelligence devant une doctrine. Tout l’effort de la propagande contemporaine consiste pourtant à confondre les deux : critiquer l’islam serait attaquer les musulmans, examiner le Coran serait humilier une population, discuter Mahomet serait persécuter une minorité. Cette confusion protège peut-être les consciences d’un débat difficile, mais elle ne sert ni la vérité ni les musulmans eux-mêmes.

Ce que la recherche a déjà fait voler en éclats

Il faut commencer par une précision de méthode. L’histoire ne peut pas enfermer Dieu dans une éprouvette. Elle ne démontre directement ni la révélation ni son absence. En revanche, elle peut vérifier les affirmations historiques par lesquelles une religion justifie son autorité : l’ancienneté de ses sources, la formation de ses textes, les traditions qu’ils reprennent, les pouvoirs qui les ont canonisés et la distance entre les événements supposés et les récits qui les racontent.

Or, sur ce terrain, le récit islamique classique ne peut plus être reçu comme un compte rendu immédiat et transparent des origines. Les deux grandes sommes francophones dirigées par Mohammad Ali Amir-Moezzi et Guillaume Dye, Le Coran des historiens en 2019, puis par Amir-Moezzi et John Tolan, Le Mahomet des historiens en 2025, suffisent à mesurer le déplacement. La seconde rappelle que l’existence historique de Mahomet demeure largement admise. Ce qui ne l’est plus, c’est la lecture naïve de la biographie traditionnelle comme si elle avait été rédigée par un témoin muni d’un carnet de notes.

La grande biographie attribuée à Ibn Ishaq date de plusieurs générations après la mort de Mahomet, traditionnellement située en 632, et ne nous est connue que par des recensions plus tardives. Les grands recueils canoniques de hadiths appartiennent pour l’essentiel au IXe siècle. Cela ne signifie pas que tout y soit inventé. Cela signifie que l’historien doit distinguer les souvenirs anciens, les élaborations pieuses, les controverses juridiques, les nécessités politiques et l’hagiographie. Sean W. Anthony a montré tout l’intérêt d’une lecture croisée des sources musulmanes et non musulmanes, précisément parce qu’aucune tradition ne peut être transformée sans examen en procès-verbal des événements (University of California Press).

Le même déplacement affecte le Coran. Il n’apparaît plus comme une météorite littéraire tombée dans un désert religieux païen et culturellement vide. Il appartient au monde de l’Antiquité tardive, saturé de judaïsmes, de christianismes orientaux, de controverses christologiques, de récits bibliques et parabibliques, d’attentes apocalyptiques et de langues en contact. Les Sept Dormants, Jésus façonnant des oiseaux d’argile, certains épisodes concernant Marie et bien d’autres motifs ne surgissent pas sans généalogie. Le Coran reprend, déplace et corrige des matériaux qui circulaient déjà. Dans son ouvrage de 2025, Gabriel Said Reynolds va jusqu’à présenter le Coran comme un texte né au sein d’une culture largement chrétienne, engagé dans une discussion constante avec les traditions chrétiennes et parfois orienté vers la réfutation de leur apologétique (Yale University Press).

Ce constat ne suffit pas, à lui seul, à prouver une fraude. Tous les textes ont un contexte et les croyants peuvent toujours proposer une lecture théologique de leurs ressemblances. Mais il détruit l’image apologétique d’un discours sans histoire, apportant à des Arabes isolés des connaissances auxquelles ils n’auraient pu avoir accès. Le Coran a une généalogie humaine, linguistique et religieuse. La question n’est plus de savoir s’il ressemble aux traditions antérieures, mais comment il les a reçues, transformées et retournées contre les affirmations centrales du christianisme.

Il faut être aussi honnête sur un autre point. Certains travaux récents sur les manuscrits soutiennent l’existence d’un archétype écrit commun et très ancien. Marijn van Putten l’a notamment montré à partir d’irrégularités orthographiques partagées par les manuscrits anciens (Bulletin of the School of Oriental and African Studies). L’apologète catholique sérieux ne doit donc pas affirmer comme une certitude que le Coran entier aurait été composé deux siècles après Mahomet. Une fixation écrite précoce est aujourd’hui une hypothèse forte. Mais une fixation ancienne n’est pas une descente du ciel. Elle ne supprime ni la pluralité des lectures et des traditions, ni le travail de collecte et de canonisation, ni l’environnement littéraire du texte, ni les problèmes posés par la mémoire ultérieure de sa formation.

Une machination, vraiment ?

Le mot est tentant, parce que l’islam se présente lui-même comme le dévoilement final d’une vérité que Juifs et chrétiens auraient obscurcie. Pourtant, si l’on entend par « machination » un complot unique, conçu dès le premier jour par quelques hommes autour d’une table, la recherche ne le démontre pas. Elle montre quelque chose de plus ordinaire dans l’histoire des empires, et peut-être de plus redoutable : une construction progressive, faite de prédications, de conquêtes, de mémoires concurrentes, de sélections textuelles, de légitimations politiques, de controverses et de canonisations.

Des reconstructions plus radicales existent. Odon Lafontaine a popularisé, à la suite d’Édouard-Marie Gallez, l’hypothèse d’une matrice judéonazaréenne et d’un projet politico-religieux centré sur Jérusalem. Dan Gibson soutient, à partir de l’orientation d’anciennes mosquées, que Pétra aurait précédé La Mecque comme sanctuaire des origines. Patricia Crone et Michael Cook avaient, avec Hagarism, tenté une reconstruction extrêmement sceptique à partir de sources extérieures à la tradition musulmane. Ces travaux ont le mérite de rouvrir des dossiers que l’histoire sainte tenait fermés. Mais leurs conclusions les plus radicales ne constituent pas un consensus, et plusieurs ont été fortement contestées ou révisées par leurs propres auteurs.

Nous n’avons pas besoin de demander à une hypothèse fragile de porter une conclusion solide. Il suffit de constater que l’histoire racontée plusieurs siècles plus tard par l’orthodoxie musulmane est précisément cela : l’histoire que l’orthodoxie a retenue. Elle ne peut plus bénéficier d’un privilège méthodologique qui serait refusé à toute autre tradition religieuse. Si le mot « machination » désigne une falsification entièrement préméditée, il va trop loin. S’il désigne la fabrication rétrospective d’une mémoire sacrée, destinée aussi à fonder une autorité religieuse et politique, alors il touche une part du problème. Le terme historiquement le plus juste reste cependant celui de construction.

Pourquoi cette histoire est plus dangereuse pour l’islam que pour l’Église

On objectera que la Bible aussi possède une histoire, des auteurs, des genres littéraires et des étapes de rédaction. L’Église le sait. La foi catholique ne repose pas sur l’idée d’un livre matériel dicté mot à mot hors de toute médiation humaine. Dei Verbum enseigne que Dieu a parlé par de véritables auteurs humains, dont il faut étudier les intentions, les genres et les conditions historiques. Surtout, au centre du christianisme ne se trouve pas un livre descendu du ciel, mais une Personne : le Verbe fait chair, Jésus-Christ, mort sous Ponce Pilate et ressuscité.

La critique historique peut donc purifier une mauvaise lecture de la Bible sans abolir le principe même de la foi catholique. Elle oblige à mieux comprendre comment Dieu agit dans l’histoire. Pour l’apologétique islamique classique, notamment sunnite, la difficulté est plus profonde. Le Coran est présenté comme la parole même de Dieu, donnée au dernier prophète pour confirmer et corriger les révélations précédentes, puis miraculeusement préservée. Plus on met au jour ses médiations humaines, ses dépendances littéraires, ses variantes, sa canonisation et les reconstructions tardives entourant Mahomet, plus ce dispositif de garantie se fragilise.

La contradiction avec le christianisme demeure surtout frontale. Le Coran nie la filiation divine du Christ, attaque la foi trinitaire et paraît nier sa crucifixion, six siècles après les premiers témoignages chrétiens. Il prétend confirmer la Torah et l’Évangile tout en corrigeant ce que ceux-ci enseignent au cœur même de leur message. La polémique musulmane répondra que les Écritures ont été falsifiées. Mais où sont les traces manuscrites de cet Évangile islamique originel dans lequel Jésus n’est pas le Fils, ne meurt pas sur la Croix et annonce Mahomet ? Elles n’existent pas. Les manuscrits, les citations patristiques et les traditions chrétiennes dispersées dans tout le monde antique témoignent au contraire de la foi au Christ crucifié et ressuscité bien avant l’apparition de l’islam.

L’historien, en tant qu’historien, ne démontre pas le mystère de la Trinité. Il peut cependant constater qu’un texte du VIIe siècle ne possède aucune autorité historique pour annuler, par simple affirmation, les témoignages des premiers siècles. Le catholique peut alors formuler le jugement théologique que la seule histoire ne prononce pas : l’islam n’est pas l’accomplissement de la Révélation chrétienne, mais sa contradiction tardive.

Les deux conformismes qui empêchent de poser la question

Pourquoi ces découvertes n’ont-elles pas encore provoqué une crise générale de l’islam ? Parce que les hommes n’adhèrent pas seulement à des propositions. Ils habitent une famille, une mémoire, une langue, un réseau d’amitiés, des habitudes et parfois une communauté dont dépend toute leur vie.

La France met face à face deux conformismes inverses. Le jeune Français sécularisé répète volontiers qu’on ne peut rien savoir en matière religieuse, que toutes les religions se valent et que chacun croit simplement ce que ses parents lui ont appris. Il prend ce relativisme pour une conclusion personnelle alors qu’il est souvent le catéchisme non examiné de son milieu. En face, certains jeunes élevés dans l’islam répètent que le Coran ne peut contenir aucune erreur, que « les savants ont déjà répondu » ou que l’imam connaît nécessairement les preuves. Là encore, l’assurance peut précéder toute lecture. L’un a hérité du doute obligatoire, l’autre de la certitude obligatoire. Ni l’un ni l’autre n’a toujours ouvert un livre sérieux.

Les données françaises ne permettent évidemment pas de juger les consciences, mais elles mesurent la force de la reproduction sociale. Selon l’enquête TeO2 de l’Insee, 91 % des personnes élevées dans une famille musulmane conservent la religion de leurs parents, contre 67 % de celles élevées dans une famille catholique. Près des trois quarts des musulmans interrogés déclarent aussi avoir grandi dans une famille où la religion avait assez ou beaucoup d’importance (Insee). Ces chiffres ne prouvent ni l’ignorance ni l’insincérité. Ils montrent seulement que l’appartenance musulmane bénéficie en France d’une continuité familiale exceptionnellement forte.

Dans certains milieux issus de sociétés où la famille élargie, l’honneur et l’appartenance communautaire structurent fortement l’identité, le doute religieux n’est pas reçu comme une simple évolution intellectuelle. Il peut être vécu comme une trahison des parents, des ancêtres et du groupe. Quitter l’islam peut coûter une famille, un mariage, des amitiés, parfois la sécurité. L’ouvrage de Sari Hanafi, Studying Islam in the Arab World, documente par ailleurs la rupture institutionnelle entre les sciences religieuses et les sciences sociales dans plusieurs formations universitaires du monde arabe. La recherche existe, mais elle ne pénètre pas automatiquement les lieux où se reproduit l’autorité religieuse.

À cela s’ajoute un argument apologétique involontaire : la décadence occidentale. Beaucoup de musulmans regardent la pornographie omniprésente, les familles brisées, la marchandisation des corps, l’individualisme et le vide spirituel de l’Europe, puis attribuent cet effondrement au christianisme. Ils confondent l’Occident post-chrétien avec la chrétienté. Leur erreur est réelle, mais notre responsabilité l’est aussi. Si les catholiques ne donnent à voir qu’une civilisation qui a renié son baptême, ils ne doivent pas s’étonner que l’islam paraisse, par contraste, offrir la pudeur, la discipline, la famille et le sens de Dieu. La réfutation de l’islam restera stérile si elle ne s’accompagne pas de la conversion des chrétiens eux-mêmes.

Quand la gauche remplace la vérité par le rapport de forces

Un autre bouclier protège aujourd’hui l’islam en France : une partie de la gauche identitaire ne considère plus les religions selon leur vérité, mais selon la position sociale supposée de leurs fidèles. Le musulman étant classé parmi les dominés, sa religion devient moralement intouchable. Le christianisme étant associé à l’histoire européenne et à la majorité, sa critique devient au contraire un geste d’émancipation. On ne demande plus : « Cette affirmation est-elle vraie ? » On demande : « Qui parle, et contre quel groupe ? »

Cette logique confond volontairement trois réalités différentes : des personnes musulmanes, qui ont la même dignité que tous les hommes ; une population issue de l’immigration, qui n’est ni homogène ni réductible à une religion ; et l’islam, ensemble de textes, de dogmes, de normes et d’institutions parfaitement soumis à la critique. L’islam n’est pas une race. Réfuter une affirmation coranique n’est pas attaquer une origine ethnique.

La coalition militante entre défense inconditionnelle de l’islam et causes LGBT révèle la nature de cette logique. Elle n’est pas fondée sur une doctrine commune, mais sur la désignation d’un adversaire commun, la droite, l’Occident, le christianisme ou « la domination ». Elle peut ainsi fermer les yeux sur la répression légale de l’homosexualité et de l’expression trans dans de nombreux pays, notamment au Moyen-Orient, alors même que les données mondiales continuent de recenser des dizaines d’États pénalisant les relations homosexuelles consenties (ILGA World, données 2026). Un catholique n’a pas besoin d’adopter l’anthropologie du militantisme LGBT pour voir cette incohérence, ni pour rappeler que toute personne doit être protégée de la violence, de l’humiliation et de la persécution.

Cette politique de coalition ne défend donc pas une « vérité islamique ». Elle défend une figure politique du musulman, construite comme victime utile dans les conflits occidentaux. Les musulmans réels, avec leurs convictions diverses, leurs doutes, leurs conversions et parfois leur désir de quitter l’islam, disparaissent derrière cette représentation. Le premier droit qu’on devrait défendre pour eux est pourtant celui que tant de militants oublient : le droit d’examiner, de douter, de critiquer et de changer de religion.

La vérité ne triomphera pas sans témoins

Faut-il donc annoncer l’effondrement prochain de l’islam ? Ce serait confondre la puissance d’une objection avec la vitesse de sa réception. Une religion peut survivre longtemps à la fragilisation de son récit historique, surtout lorsqu’elle est aussi une identité familiale, une norme sociale et un ordre politique. Les découvertes savantes ne descendent pas mécaniquement des bibliothèques vers les consciences.

Il faut également refuser de prédire une réaction collective des musulmans. Confrontées au doute, certaines personnes nieront, d’autres réinterpréteront leur foi, d’autres deviendront agnostiques, d’autres encore se tourneront vers le Christ. La colère est possible, comme elle l’est dans toute crise identitaire, mais nul n’a le droit de diagnostiquer à distance une population entière. Notre responsabilité consiste plutôt à faire en sorte que celui qui découvre la fragilité du récit islamique ne trouve pas devant lui seulement le néant consumériste ou la moquerie.

C’est ici que commence la responsabilité catholique. Il ne suffit pas de démonter. Il faut annoncer. Il ne suffit pas de gagner un débat. Il faut accueillir celui qui risque de perdre sa famille, lui offrir une amitié, une paroisse, une formation, parfois une protection. Des initiatives comme le Forum Jésus le Messie et sa ligne ESPERE répondent déjà aux personnes issues de milieux musulmans qui subissent des pressions ou des menaces à cause de leur conversion au Christ. Ce soutien devrait être une préoccupation normale de toute l’Église.

La doctrine catholique trace une ligne admirablement nette. Nostra aetate demande de regarder les musulmans avec estime, de reconnaître ce qui est vrai et bon dans leur recherche de Dieu, et de travailler avec eux à la justice et à la paix. Dignitatis humanae défend leur liberté religieuse comme elle défend celle de quitter l’islam. Mais aucune de ces exigences n’impose l’indifférentisme. La Congrégation pour la doctrine de la foi le rappelait en 2007 : le respect de la liberté religieuse ne doit jamais rendre indifférent à la vérité ; « c’est l’amour même qui pousse les disciples du Christ à annoncer à tous les hommes la vérité qui sauve » (Note doctrinale sur l’évangélisation).

L’heure n’est donc ni au mépris des musulmans ni au silence devant l’islam. Elle est à l’étude patiente, à la parole courageuse, à la protection absolue des consciences et à l’annonce sans honte de Jésus-Christ. L’islam affirme qu’un livre tardif est venu corriger le Christ. L’Église répond que la Révélation définitive n’est pas un livre descendu du ciel, mais le Verbe qui s’est fait chair, qui a donné sa vie sur la Croix et qui est ressuscité pour rendre les hommes libres.

« Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Edward Saïd relu par Rémi Brague : l’orientalisme au tribunal des faits

Depuis la parution de L’Orientalisme d’Edward Saïd, en 1978, le mot « orientaliste » a subi une singulière métamorphose. Il désignait un métier, celui de savants qui apprenaient des langues difficiles, éditaient des manuscrits, comparaient des textes et tentaient de comprendre des civilisations éloignées de la leur. Il est devenu, dans une partie du monde intellectuel, une accusation. Qualifier un auteur d’« orientaliste » ne sert plus toujours à situer son domaine de recherche. Cela permet parfois de le disqualifier avant même d’avoir examiné son travail.

Rémi Brague n’a pas consacré un livre entier à la réfutation d’Edward Saïd. Mais il l’a bien lu, il l’a explicitement critiqué, et le contraste entre les deux auteurs touche à une question décisive : devons-nous juger un savoir d’après les rapports de pouvoir dans lesquels il naît, ou d’après sa conformité aux textes et aux faits ?

Ce qu’Edward Saïd a réellement soutenu

Il serait injuste de réduire L’Orientalisme à un slogan. Saïd distingue plusieurs sens du mot. L’orientalisme est d’abord une discipline savante consacrée à l’Orient. Il est ensuite une manière de penser qui oppose un « Occident » et un « Orient » supposés posséder des essences différentes. Il est enfin, selon sa formule la plus célèbre, « un style occidental de domination, de restructuration et d’autorité sur l’Orient ».

Saïd a ainsi rappelé une vérité qu’il serait absurde de nier : un savoir peut servir un pouvoir. L’administration coloniale a classé des peuples, figé des identités, produit des stéréotypes et utilisé la connaissance des langues, des coutumes ou des structures sociales pour mieux gouverner. Aucun travail intellectuel ne tombe du ciel, parfaitement étranger aux intérêts et aux préjugés de son époque.

Rémi Brague lui-même ne nie pas ce point. Dans Sur l’islam, paru chez Gallimard en 2023, il reconnaît que la thèse de Saïd vaut en partie pour les administrateurs coloniaux. Son objection commence lorsqu’on applique indistinctement le même soupçon aux administrateurs, aux écrivains, aux voyageurs et aux savants. Signaler que le savoir peut être instrumentalisé est légitime. Faire de la domination l’essence du savoir occidental sur l’Orient est une tout autre proposition.

Brague a bien répondu à Saïd

Dans son article « Sur le “vrai” islam », publié en 2015 dans la revue Commentaire, Brague évoque directement le livre de Saïd et juge sa thèse « radicalement fausse ». La formule est brève, mais elle ne laisse aucun doute sur son appréciation.

L’article part d’une phrase du pape François dans Evangelii gaudium : « Le véritable islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence. » Brague ne conteste ni l’intention pacificatrice du pape, qu’il juge excellente, ni la nécessité d’éviter les généralisations odieuses contre les musulmans. Il pose une question préalable : selon quel critère distingue-t-on le « véritable islam » de sa contrefaçon, et qui a autorité pour effectuer cette distinction ?

Cette manière de procéder résume toute sa méthode. Avant de distribuer les brevets de modération ou d’extrémisme, il faut savoir ce que désigne le mot « islam » : une attitude religieuse, une religion déterminée, une civilisation historique ou des populations concrètes. Avant d’affirmer qu’une interprétation est « vraie », il faut préciser si l’on parle de fidélité à une origine, d’orthodoxie, de réalité historique ou d’un idéal moral que l’on souhaite voir advenir.

C’est précisément dans ce développement que Brague rencontre la postérité de Saïd. L’accusation d’orientalisme permet trop souvent d’éviter l’examen des textes en contestant d’avance la légitimité de celui qui les étudie.

Un administrateur colonial n’est pas un philologue

La première objection de Brague est une objection de bon sens : il faut distinguer les fonctions. Un administrateur peut commander une étude afin de mieux contrôler une population. Un philologue peut consacrer sa vie à établir correctement un texte sans jamais administrer ni dominer personne. Les deux activités peuvent se croiser dans l’histoire, mais elles ne se confondent pas par nature.

Dans l’extrait officiel de Sur l’islam, Brague remarque que plusieurs savants occidentaux ont au contraire défendu les populations locales contre l’exploitation coloniale. Il cite aussi les orientalistes allemands, scandinaves ou hongrois, notamment Ignaz Goldziher, qui venaient de pays n’ayant pas conduit d’entreprise coloniale dans les terres islamiques qu’ils étudiaient. Leur existence n’innocente évidemment pas tous les orientalistes. Elle suffit cependant à montrer qu’une explication générale par l’impérialisme laisse échapper une part considérable de la réalité.

Il faut en outre rappeler ce que ces savants ont produit : des dictionnaires, des grammaires, des concordances, des catalogues de manuscrits et des éditions critiques des textes fondateurs de l’islam. Ces instruments peuvent être utilisés par un diplomate, un militaire, un croyant musulman ou un historien agnostique. Leur valeur dépend pourtant de leur exactitude, non de l’identité de celui qui les consulte. Une conjugaison arabe n’est pas vraie ou fausse selon le drapeau qui flotte au-dessus de l’université où elle a été décrite.

Cette distinction ne revient pas à proclamer l’innocence de toute science. Elle oblige simplement à juger les œuvres une par une. Il faut identifier les préjugés lorsqu’ils existent, corriger les erreurs, mettre au jour les intérêts politiques et écouter les voix qui furent écartées. Mais rien de tout cela ne dispense de vérifier une traduction, une date, un manuscrit ou un raisonnement.

L’Europe a d’abord appliqué la critique à son propre héritage

Brague ajoute un fait historique trop souvent oublié. Les méthodes philologiques et historico-critiques n’ont pas été inventées pour soumettre l’islam. Elles furent d’abord élaborées pour étudier les textes grecs et latins, puis la Bible elle-même. Bien avant l’âge colonial, Origène et saint Jérôme comparaient les versions, examinaient les langues et cherchaient à établir le texte le plus sûr.

L’Europe n’a donc pas commencé par disséquer les livres des autres tout en plaçant les siens à l’abri. Elle a tourné ses instruments critiques vers ce qu’elle avait de plus précieux. L’Église catholique elle-même enseigne, dans Dei Verbum, au paragraphe 12, que l’interprète doit tenir compte des genres littéraires, des circonstances historiques, ainsi que des manières de parler propres au temps et à la culture des auteurs sacrés.

La foi chrétienne ne demande donc pas de choisir entre la vénération d’un texte et le travail de l’intelligence. Elle n’interdit pas davantage d’appliquer aux traditions islamiques les règles ordinaires de la recherche historique. On peut discuter une hypothèse, contester une datation ou réfuter une reconstruction. On ne peut pas déclarer la méthode illégitime au seul motif que le chercheur n’appartient pas à la religion étudiée.

Une civilisation est-elle seule compétente pour parler d’elle-même ?

C’est ici que l’opposition entre Saïd et Brague devient philosophique. La pensée issue de Saïd tend souvent à commencer par la question : « Qui parle ? » Brague commence par demander : « De quoi parle-t-on exactement, et est-ce vrai ? »

L’expérience intérieure d’une religion ou d’une culture est évidemment précieuse. Un croyant sait de l’intérieur ce que signifie pour lui une prière, un rite ou une appartenance. Mais cette expérience ne lui confère pas une infaillibilité historique. Dans l’article de 2015, Brague écrit que « l’auto-interprétation n’est pas toujours une garantie d’objectivité, et encore moins de vérité ».

Les historiens lisent les mémoires d’un homme d’État, mais ils ne les prennent pas pour le jugement définitif sur son action. Un catholique peut se tromper sur l’histoire de l’Église. Un Français ne comprend pas nécessairement mieux la Révolution française qu’un Japonais ayant consacré trente ans à l’étude de ses archives. Un Européen peut comprendre Averroès, un Arabe saint Thomas d’Aquin, et ni l’un ni l’autre ne reçoit la vérité en héritage avec son état civil.

L’appartenance donne une expérience et parfois un accès privilégié à certaines sources. Elle ne donne pas la propriété de l’objet étudié. À l’inverse, la distance peut faire manquer des nuances, mais elle peut aussi faire apparaître ce que l’habitude ou la piété empêchent de voir. La seule réponse raisonnable consiste à confronter les interprétations, non à réserver chaque civilisation à ses membres comme un domaine interdit aux étrangers.

La « voie romaine » contre le face-à-face des blocs

La conception de l’Europe développée par Brague dans Europe, la voie romaine rend plus difficile encore l’opposition rigide entre un Occident sujet et un Orient réduit à l’état d’objet.

Pour Brague, l’Europe se caractérise par sa « secondarité culturelle ». Elle sait qu’elle ne constitue pas sa propre source. Rome reçoit de la Grèce une culture qu’elle juge supérieure à la sienne. Le christianisme reçoit les Écritures d’Israël. L’Europe médiévale lit, traduit et discute des œuvres grecques, juives et arabes. Son histoire est faite de transmissions, d’emprunts, de traductions et de renaissances.

Cela ne signifie pas que l’Europe aurait toujours reçu humblement ce qui venait d’ailleurs. Son histoire contient la conquête, le pillage et l’arrogance. Mais ceux-ci n’épuisent pas son rapport à l’altérité. On peut apprendre d’un autre sans vouloir le soumettre. On peut traduire un texte parce qu’on le tient pour supérieur à ce que l’on possède déjà. On peut même découvrir ce qui nous est propre par le détour de l’étranger.

La « voie romaine » n’est donc pas une auto-célébration de l’Occident. Elle lui rappelle au contraire qu’il est débiteur. Cette dette culturelle permanente s’accorde mal avec l’idée d’un savoir occidental essentiellement occupé à fabriquer un Orient inférieur pour assurer sa propre domination.

Ce qu’il faut conserver de Saïd, et ce qu’il faut refuser

Il serait tout aussi peu braguien de transformer Edward Saïd en épouvantail que d’en faire un oracle. Sa mise en garde demeure utile. Les savants ont des préjugés. Les institutions financent certaines recherches plutôt que d’autres. Les empires produisent les catégories dont ils ont besoin. Des représentations fausses peuvent préparer ou justifier la domination. Demander qui parle, dans quel contexte et avec quels intérêts est donc une question légitime.

Elle ne devient abusive que lorsqu’elle prétend rendre inutile la question de la vérité. Le contexte d’une affirmation peut expliquer pourquoi elle a été formulée ; il ne permet pas encore de savoir si elle est vraie ou fausse. Une découverte n’est pas réfutée par la biographie de son auteur. Une édition critique n’est pas invalidée par la nationalité de l’éditeur. Un argument ne devient pas colonial parce qu’il déplaît à ceux qu’il concerne.

Brague observe d’ailleurs que le mot « orientaliste » sert désormais souvent à délégitimer tout discours sur l’islam qui ne serait pas exclusivement laudatif, y compris lorsqu’il vient de musulmans. Le procédé est redoutablement efficace : au lieu de répondre au chercheur, on transforme son existence même en faute méthodologique.

Cette intimidation est particulièrement grave lorsqu’il s’agit d’appliquer au Coran, aux hadiths ou au récit traditionnel des origines de l’islam les méthodes ordinaires de l’histoire. Toute hypothèse n’est pas bonne. Toute critique occidentale n’est pas juste. Mais aucune tradition religieuse ne peut réclamer, au nom de l’anticolonialisme, une exemption générale du travail de la raison.

La leçon catholique de cette controverse

Pour un catholique, l’enjeu n’est pas de choisir entre l’hostilité envers les musulmans et la suspension de l’intelligence. La charité s’adresse aux personnes ; la recherche examine des affirmations, des textes et des faits. Respecter un musulman n’oblige pas à tenir le Coran pour incréé, Mahomet pour prophète ou le récit traditionnel des origines de l’islam pour historiquement certain. Inversement, contester ces croyances n’autorise ni le mépris ni la généralisation contre les personnes.

C’est pourquoi les distinctions de Brague sont si précieuses. Elles empêchent de confondre une religion, une civilisation, des régimes politiques et des millions d’êtres humains. Elles permettent en même temps de ne pas transformer le respect des personnes en privilège d’inexamen accordé à des idées.

On pourrait finalement résumer l’opposition ainsi. Saïd nous demande : qui parle, depuis quelle position de pouvoir ? Brague nous demande : de quoi parle-t-on, sur quels textes, à partir de quels faits, et est-ce vrai ? La première question peut éclairer la seconde. Elle n’a pas le droit de l’abolir.

Le contraire de la domination n’est pas l’ignorance. C’est une recherche libre, contradictoire et ouverte à tous. Et la charité chrétienne n’exige jamais que l’on sacrifie la vérité, car elle ne peut aimer réellement les personnes qu’en refusant de leur mentir.

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Le président polonais Karol Nawrocki : « Combattre Dieu et l’Église, c’est combattre l’armée polonaise »

Le 3 août, Karol Nawrocki a lié la sécurité de la Pologne à la foi, en disant à des soldats que
combattre Dieu et l’Église, c’était aussi combattre l’armée polonaise. C’est un exemple de plus du fait
que, malgré la neutralité formelle de la République polonaise en matière de religion, les présidents de
ce pays ne craignent pas de se référer publiquement à Dieu et à l’Église. Et cela ne choque personne
en Pologne, où règne un modèle de laïcité complétement différent du modèle français.

Le lundi 3 août, sur la place du Château à Varsovie, le président Karol Nawrocki a remis son étendard
à la 18e brigade de défense territoriale de la capitale. Les Troupes de défense territoriale (WOT)
constituent la cinquième composante des forces armées de la République de Pologne. Elles se
composent principalement de soldats volontaires, qui s’occupent entre autres de la lutte contre les effets des catastrophes naturelles. Elles ont toutefois été créées avant tout en réponse à la menace de guerre hybride venant de la Russie. C’était en réaction à ce qui se passait en Ukraine à partir de 2014. Comme les soldats des WOT sont des personnes qui mènent avant tout une vie de civils et qui servent près de leur lieu de résidence, ils peuvent aussi potentiellement servir d’appui local à l’Armée de Terre ou, en cas de besoin, mener une guerre de partisans sur les arrières de l’ennemi.

En remettant l’étendard à la 18e brigade de défense territoriale de la capitale, le 3 août à Varsovie, le président polonais a déclaré aux soldats, aux officiels, aux évêques et au public assemblés : « C’est ainsi que vous portez cette belle tradition inscrite dans l’histoire de l’Armée de l’Intérieur [l’Armia Krajowa, AK, mouvement polonais de résistance organisée qui combattait pendant la Seconde Guerre mondiale l’occupant allemand sous le commandement du gouvernement de la République de Pologne en exil à Londres, ndlr] et la disponibilité à défendre notre capitale. Mais sur l’étendard est aussi inscrite la devise autour de laquelle les soldats polonais se sont mobilisés au fil des siècles.
C’est Dieu, Honneur et Patrie, et Notre-Dame de Grâce, patronne de notre capitale, Varsovie. Je le
rappelle : Dieu, Honneur et Patrie. Oui, Dieu y figure, et ici les évêques sont avec nous.

Car combattre Dieu et l’Église catholique c’est combattre l’armée polonaise. Les soldats polonais se
sont toujours mobilisés, et se mobilisent encore aujourd’hui, autour de ce qui est sacré. Et ce que je
dis ici n’est pas une tentative d’évangéliser qui que ce soit, y compris vous, chers soldats.
Moi, pécheur, je ne suis pas digne de vous évangéliser, surtout en présence des évêques. Mais ce que je dis ici est une tentative de faire prendre conscience à tous qu’autour de Dieu, de l’Honneur,
de la Patrie et de Notre-Dame de Grâce se rassemblent aujourd’hui sur la place du Château
également les soldats de la défense territoriale de la 18e brigade. Car les valeurs chrétiennes font
partie de notre magnifique tradition nationale. »

Une messe pour commencer la présidence

Karol Nawrocki est historien et ancien président de l’Institut polonais de la mémoire nationale (IPN).
Il était soutenu par le parti conservateur Droit et Justice (PiS). Il est devenu président après sa victoire au second tour de l’élection présidentielle, le 1er juin 2025, grâce au soutien de tous les candidats de droite du premier tour.

Sa présidence a commencé par une sainte messe. Celle-ci a été célébrée le 6 août 2025,
immédiatement après sa prestation de serment, en l’archicathédrale Saint-Jean-Baptiste de Varsovie, à l’intention de la patrie et du nouveau président.

Elle était présidée par le primat de Pologne, Mgr Wojciech Polak, et l’homélie a été prononcée par
l’archevêque métropolitain de Varsovie, Mgr Adrian Galbas. Parmi les participants figurait également
le président précédent, Andrzej Duda.

La présidence d’Andrzej Duda avait commencé dans un cadre religieux semblable. En 2015, dans la
même archicathédrale, l’homélie avait alors été prononcée par le primat Wojciech Polak.

La présence du même primat lors des deux inaugurations peut être lue comme un signe de
continuité dans les relations entre l’Église catholique et la fonction présidentielle, surtout lorsque cette fonction est assumée par des hommes politiques du camp conservateur.

Le sanctuaire de Jasna Góra et la tombe de Jean-Paul II

Nawrocki, comme son prédécesseur, ne s’est toutefois pas limité à une seule cérémonie religieuse.
Comme l’a fait savoir la Chancellerie du président de la Pologne, la veille de son entrée en fonction, le 5 août 2025, le président élu avait participé à l’Appel de Jasna Góra. Il s’agit de la prière quotidienne du soir au sanctuaire de Częstochowa, où se trouve l’icône de Notre-Dame de Częstochowa, également connue sous le nom de Vierge noire de Częstochowa et particulièrement vénérée par les Polonais.

Comme l’a rapporté alors l’agence de presse catholique polonaise KAI, la méditation était conduite
par le père paulin Arnold Chrapkowski, qui a prié pour Nawrocki, demandant pour lui « la fidélité à Dieu et à la Constitution, le souci de la dignité de la nation, de l’indépendance et de la sécurité de l’État ».

Karol Nawrocki est retourné à Częstochowa, cette fois en tant que président en exercice de la Pologne, le 10 janvier 2026, à l’occasion du pèlerinage annuel des supporters de football à Jasna Góra. Comme l’a relaté l’hebdomadaire « Wprost » sur son site, un prêtre lui a offert avant la messe une écharpe portant l’inscription « Ciebie Boga wysławiamy » (« Nous te louons, Dieu », premiers mots du Te Deum en polonais). Selon l’agence de presse polonaise PAP, le président est supporter de deux clubs de football : le club polonais Lechia Gdańsk et le club anglais de Chelsea. S’adressant aux personnes rassemblées en ce jour glacial, le président Nawrocki a assuré : « Il gèle,
mais personne n’arrêtera les cœurs ardents des Polonais. Nous sommes ici pour montrer que nous
aimons la Pologne et que nous louons Dieu ». La foule des pèlerins supporters de foot se sont
ensuite mises à scander les trois mots que l’on peut entendre dans toutes les manifestations
patriotiques polonaises : « Dieu, honneur, patrie ! ».
Le 18 mai 2026, à l’occasion du 106e anniversaire de la naissance du pape Jean-Paul II, le président,
accompagné de son épouse Marta Nawrocka, s’est rendu à la basilique Saint-Pierre au Vatican et a
déposé des fleurs sur la tombe du pape polonais. La prière à l’intention de la patrie était alors conduite par l’évêque aux armées de Pologne, Mgr Wiesław Lechowicz, après une messe en langue
polonaise célébrée auparavant par l’évêque Jan Ozga.

Une foi personnelle, une fonction au service de tous

Dans ses déclarations publiques, Nawrocki présente la foi comme un élément important de son identité. Comme l’a cité l’agence KAI, lors de la traditionnelle rencontre du Nouvel An avec les représentants des Églises et des minorités religieuses au Palais présidentiel, le 14 janvier 2026, il a déclaré : « Je suis fier d’être chrétien et fier d’être catholique, mais la Pologne reste ouverte tant aux minorités nationales qu’à toutes les confessions que vous représentez ici aujourd’hui ». Il a cependant souligné qu’il se sentait responsable de tous les citoyens, « indépendamment de l’église dans laquelle ils prient le Bon Dieu ou de la minorité nationale dont ils sont issus ».

Le président a également exprimé sa sympathie envers les médias conservateurs catholiques et
nationaux liés au milieu du père Tadeusz Rydzyk, directeur du groupe médiatique des pères
rédemptoristes — qui possède un quotidien national, Radio Maryja et la chaîne de télévision Trwam
—, souvent attaqués par les médias de gauche pour leurs positions catholiques, conservatrices,
patriotiques et pro-vie. Dans une lettre lue lors des célébrations du 34e anniversaire de la fondation
de Radio Maryja, Nawrocki a qualifié cette radio catholique et sociale, la plus grande radio religieuse
de Pologne, de « messagère de la vérité, de l’unité et de la fidélité ».

De la profession de foi aux décisions politiques

Les déclarations religieuses publiques de Nawrocki s’accordent avec ses décisions sur les questions
de société. Le 17 juillet 2026, il a opposé son veto à la loi sur le statut de la personne la plus proche,
adoptée à l’initiative du gouvernement de Donald Tusk.

La loi prévoyait, pour deux personnes, y compris les couples de même sexe, la communauté de
biens, l’accès à l’information médicale, le droit au logement et la possibilité d’une déclaration fiscale
commune. Il s’agissait d’engager la Pologne dans la voie prise par la France en 1999 avec le PACS.
Pour motiver son veto, le président a invoqué l’article 18 de la Constitution de la République de Pologne, qui protège le mariage en tant qu’union d’une femme et d’un homme : « En tant que gardien de la Constitution, je ne peux accepter une solution qui conduirait à la perte du statut particulier du mariage défini à l’article 18 de la Constitution ». Il a alors ajouté que « rien de ce qui est un quasi-mariage ne peut compter sur mon soutien » — mentionnant expressément l’adoption d’enfants par les couples homosexuels — et qu’il n’était pas d’accord pour que soient introduites « par la porte de derrière » des unions destinées à se substituer au mariage. Et bien entendu, étant chrétien, le président polonais est pro-vie. Cela va de pair, même si, en France, des politiciens prétendument catholiques l’oublient souvent et si, malheureusement, les prêtres et les évêques français n’ont souvent pas le courage de les rappeler publiquement à l’ordre et de leur refuser la sainte communion. Dans le cas de Karol Nawrocki, ses positions sont claires et il ne les a jamais cachées, pas même pendant la campagne présidentielle de 2025. Il avait dit par exemple dans un entretien conduit avec lui à ce moment-là : « Personnellement, je suis pour la protection de la vie. Chaque candidat à la présidence doit savoir qu’une signature apposée au bas d’une loi allant à l’encontre de la Constitution [en autorisant l’avortement à la demande, ndlr] constituerait une violation de la loi fondamentale. En tant que président, je serai prêt à envisager un nouveau compromis conforme à la Constitution de la République de Pologne. Je ne pourrais pas permettre, en tant que futur président, que les enfants atteints de trisomie 21 puissent être
avortés ».

Le discours du 3 août à Varsovie a été prononcé quelques jours avant le premier anniversaire de la
présidence de Nawrocki. La Constitution polonaise prévoit, certes, la neutralité formelle des pouvoirs publics à l’égard des convictions religieuses ainsi que la séparation de l’Église et de l’État. Mais cela n’a rien à voir avec la laïcité à la française. Dans le cas de la République de Pologne, la neutralité et la séparation entre l’Église et le pouvoir séculier de l’État ne sont pas une négation de la tradition et de la foi des ancêtres. Il ne s’agit pas d’un rejet de l’identité nationale ancrée dans l’histoire. L’Église est séparée des pouvoirs séculiers, mais elle est une composante importante de l’État polonais. C’est pourquoi il est tout à fait normal, en Pologne, que les évêques de l’Église
catholique prennent part à toutes les grandes cérémonies d’État. La Pologne a peut-être perdu son
indépendance pendant plus de 120 ans à la fin du 18e siècle, mais elle a au moins eu la chance de ne
pas connaître de Révolution française.

Jakub Miśkiewicz

L’auteur est étudiant en journalisme à l’Académie de Culture sociale et médiatique de Toruń en Pologne et
stagiaire à l’Institut Ordo Iuris pour la Culture juridique.

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Ces cardinaux en rupture avec le Concile Vatican II

Le décret du Concile Vatican II sur la formation sacerdotale, *Optatam Totius*, demande aux séminaristes d’ « acquérir une connaissance du latin qui leur permettra de comprendre et d’utiliser les sources de tant de sciences et les documents de l’Église » (13).

Or plus de 65% des cardinaux n’ont aucune connaissance en latin, selon Francesco Capozza, journaliste au quotidien italien Il Tempo :

Mes recherches ont duré plusieurs mois, j’ai consulté des séminaires, des universités, des congrégations, et tout ce qui s’ensuit. Le résultat est embarrassant : plus de 65 % de l’actuel Collège Cardinalice ne connaît pas un mot de latin, ne l’a jamais étudié, ne l’a jamais compris. C’est l’héritage gravissime de Bergoglio, qui a donné à l’Église des princes de la pourpre ignorants, sans art ni partie, inconscients que le LATIN est la langue officielle de l’Église. Ces gens, pour la plupart, ne parlent même pas anglais, mais exclusivement leur idiome national. Ignorants, dépourvus de compétences spécifiques, sans aucune base juridique, théologique, liturgique. Voilà l’Église d’aujourd’hui et si LéonXIV ne fait pas table rase, ce sera un drame encore pire que les douze années écoulées.

Le problème c’est que la première encyclique de Léon XIV n’a pas de version latine officielle. Il paraît que c’est une première.

Par ailleurs ce même journaliste, vaticaniste, affirme que les déclarations du cardinal Roche sont totalement fausses et que Léon XIV songerait à restaurer Summorum Pontificum.

Chambre de révision de la mémoire : corriger les mensonges installés (3/3)

Il ne suffit pas de protéger ceux qui disent vrai. Il ne suffit pas non plus de pouvoir attaquer les lois qui reposent sur un mensonge manifeste. Même si ces deux garanties existaient, une question resterait entière : que faire de tout ce que lʼÉtat a déjà installé dans la mémoire officielle, dans les programmes scolaires, dans les commémorations, dans les musées, dans les institutions chargées de dire le passé au nom de la collectivité ?

La servitude mémorielle ne tient pas seulement à des poursuites individuelles ni à quelques textes contestables. Elle tient aussi à lʼinertie dʼun système. Une fois quʼun récit sʼest déposé dans les manuels, dans les politiques publiques, dans les discours officiels et dans les structures financées par lʼargent public, il acquiert une force de répétition qui le rend extraordinairement difficile à corriger, même lorsque les travaux historiques, les archives ou lʼexpérience du débat public révèlent ses simplifications, ses angles morts ou ses manipulations.

Cʼest pour cela quʼil faut une troisième institution. Après le habeas veritas, qui protège la parole vraie devant le juge, et après le recours pour mensonge législatif manifeste, qui permet dʼattaquer une loi fondée sur des prémisses falsifiées, il faut une chambre de révision de la mémoire : une instance capable de rouvrir les récits officialisés, dʼen examiner la solidité, et de recommander leur correction lorsquʼils reposent sur des erreurs graves ou des mensonges installés.

Le problème : la mémoire officielle ne se corrige presque jamais

Les démocraties modernes disposent de mécanismes pour corriger beaucoup de choses. Elles peuvent réviser des lois, annuler des décisions administratives, casser des jugements, reconnaître des erreurs de procédure, rouvrir certains dossiers lorsque des faits nouveaux apparaissent. Mais lorsquʼil sʼagit de mémoire officielle, lʼinverse domine souvent : ce qui a été consacré par lʼÉtat tend à se figer, même lorsque les raisons de cette consécration deviennent discutables.

Le problème nʼest pas théorique. Les lois mémorielles, les controverses quʼelles ont suscitées et leur prolongement dans les politiques publiques ont montré combien lʼenjeu mémoriel déborde la seule loi pour affecter lʼenseignement, les institutions, les symboles et les formes de reconnaissance officielle du passé. Une fois quʼun récit est repris par lʼécole, les commémorations et les organismes financés par la puissance publique, il cesse dʼêtre un simple discours parmi dʼautres. Il devient la version administrativement favorisée du réel.

Or cette version favorisée ne dispose presque jamais dʼun mécanisme normal de réexamen. Les historiens peuvent publier, contester, produire des sources nouvelles ; les intellectuels peuvent critiquer ; les citoyens peuvent protester. Mais il manque une instance qui transforme cette critique en procédure ordonnée de révision. Faute de quoi, les erreurs sʼaccumulent, les récits se rigidifient et la mémoire officielle devient un dépôt de vérités présumées irrévocables.

Pourquoi il faut une instance de révision

Lʼidée dʼune chambre de révision peut surprendre, mais le droit connaît déjà la logique qui la justifie. En matière pénale, on admet quʼune décision devenue définitive puisse être rouverte lorsquʼun fait nouveau ou un élément inconnu au moment du procès est de nature à faire douter de sa justesse. Autrement dit, lʼautorité de la chose jugée nʼest pas absolue quand la vérité risque dʼavoir été manquée.

Si lʼon accepte ce principe pour la liberté, lʼhonneur ou la responsabilité pénale dʼune personne, il est difficile de comprendre pourquoi on le refuserait lorsquʼil sʼagit de la mémoire collective, alors même que celle-ci oriente lʼéducation civique, la représentation du passé et les catégories morales à travers lesquelles une nation se pense. Une mémoire officielle fausse ou gravement biaisée peut ne pas envoyer quelquʼun en prison, mais elle déforme durablement la conscience historique dʼun peuple. Son impact nʼest pas moindre ; il est seulement plus diffus.

La chambre de révision de la mémoire partirait donc dʼun principe simple : tout récit officialisé doit pouvoir être rouvert si des éléments sérieux montrent quʼil repose sur des omissions déterminantes, des erreurs substantielles ou des constructions délibérément trompeuses.

Ce que la chambre examinerait

La chambre nʼaurait pas vocation à contrôler toutes les opinions sur lʼhistoire. Son rôle serait plus circonscrit : elle examinerait les récits bénéficiant dʼune consécration publique significative, cʼest-à-dire les formes de mémoire auxquelles lʼÉtat confère une autorité particulière.

Cela viserait notamment :

  • les lois à contenu historique ou mémoriel, lorsquʼelles portent ou prolongent un récit officiel sur le passé ;
  • les programmes scolaires et documents dʼorientation officiels, lorsquʼils présentent un récit fermé ou manifestement trompeur sur des faits historiques ;
  • les institutions financées ou labellisées par la puissance publique, comme certains mémoriaux, fondations, musées ou dispositifs commémoratifs, lorsquʼils reposent sur une narration gravement déséquilibrée ou factuellement contestable.

Il ne sʼagirait donc pas de surveiller la société entière, ni dʼarbitrer tous les débats dʼhistoriens.

Il sʼagirait de contrôler ce que lʼÉtat, lui, prétend dire au nom de tous.

Composition : éviter une nouvelle capture

Une telle instance serait inutile, voire dangereuse, si elle reproduisait simplement lʼemprise dʼun nouveau milieu idéologique sur la mémoire. Sa composition devrait donc empêcher autant que possible la capture par une seule école, un seul camp ou un seul réseau.

On peut imaginer une structure en trois collèges :

  • un collège dʼhistoriens, choisis pour leur compétence mais aussi pour la pluralité de leurs approches ;
  • un collège de magistrats, chargés de la procédure, de la recevabilité, de lʼadministration de la preuve et des garanties contradictoires ;
  • un collège de citoyens tirés au sort, apportant un contrôle démocratique et une distance salutaire à lʼégard des routines corporatistes.

Cette composition aurait deux vertus. Dʼune part, elle empêcherait de réduire la mémoire à une affaire exclusivement académique ouexclusivement judiciaire. Dʼautre part, elle rendrait plus difficile la transformation de la chambre elle-même en nouveau sanctuaire idéologique.

Comment elle fonctionnerait

Le fonctionnement devrait être à la fois simple dans son accès et rigoureux dans son instruction.

1. La saisine

La chambre pourrait être saisie par des citoyens, des associations, des enseignants, des universités, des sociétés savantes, des élus, voire par des juridictions confrontées à un contentieux où la mémoire officielle joue un rôle déterminant. Le requérant devrait présenter un dossier précis : quels énoncés sont contestés, sur quels supports, avec quelles sources à lʼappui, et en quoi lʼerreur alléguée est suffisamment grave pour justifier une révision.

2. La recevabilité

La chambre ne devrait pas accueillir de simples griefs idéologiques. Il faudrait quʼun dossier fasse apparaître soit une erreur factuelle importante, soit une omission décisive, soit un déséquilibre si profond quʼil trompe sur la compréhension générale de lʼévénement ou de la période.

3. Lʼinstruction

Une fois la saisine jugée sérieuse, la chambre ouvrirait une instruction contradictoire : auditions dʼexperts, consultation dʼarchives, analyses comparées de programmes et de documents officiels, visites éventuelles dʼinstitutions mémorielles, et examen des travaux scientifiques les plus solides disponibles.

4. La décision

La chambre pourrait :

  • constater que le récit officiel est compatible avec lʼétat sérieux des connaissances ;
  • constater quʼil est incomplet mais réformable sans remise en cause structurelle ;
  • constater quʼil repose sur une erreur ou une manipulation telle quʼune réécriture devient nécessaire ;
  • recommander la suspension dʼun support officiel particulièrement trompeur jusquʼà correction, lorsquʼil bénéficie dʼune autorité publique directe.

La chambre ne produirait pas elle-même un nouveau catéchisme. Elle nʼajouterait pas une vérité dʼÉtat à une autre. Sa fonction serait de rendre les récits officiels révisables, pas de les sanctuariser sous une autre forme.

Ce que cela changerait réellement

Le premier effet serait de briser lʼinertie mémorielle. Aujourdʼhui, lorsquʼun récit officiel est installé, sa remise en cause exige un coût intellectuel, politique et médiatique considérable, sans garantie dʼaucun effet institutionnel. Avec une chambre de révision, il existerait enfin un chemin formalisé entre la critique historienne et la correction publique.

Le deuxième effet serait de transformer le comportement des institutions mémorielles. Savoir quʼun musée public, un programme ou un dispositif commémoratif peut faire lʼobjet dʼune procédure de révision encouragerait les responsables à mieux documenter leurs choix, à exposer leurs sources et à reconnaître les zones de débat plutôt quʼà fermer le récit.

Le troisième effet serait plus profond encore. Une nation qui accepte que sa mémoire publique soit révisable reconnaît implicitement quʼelle ne possède pas le passé comme un dogme, mais quʼelle doit continuellement lʼexaminer à la lumière de preuves, de débats et de nouvelles connaissances. Cette humilité institutionnelle est exactement lʼinverse de la servitude mémorielle.

Ce que la chambre ne serait pas

Il faut aussi dire clairement ce quʼune telle chambre ne serait pas. Elle ne serait pas une police de lʼhistoire, puisquʼelle nʼaurait pas pour mission de surveiller les opinions privées ni de distribuer des autorisations de penser. Elle ne serait pas non plus un tribunal moral chargé de consacrer définitivement des innocents et des coupables à lʼéchelle des siècles.

Elle serait moins ambitieuse et plus utile : une institution de correction. Son modèle implicite nʼest pas lʼinquisition, mais la révision. Elle ne vise pas à dire une fois pour toutes ce quʼil faut croire ; elle vise à empêcher quʼun État démocratique transforme ses erreurs mémorielles en vérités administratives durables.

Pourquoi cette troisième brique est indispensable

Sans le habeas veritas, la vérité reste vulnérable dans les procès. Sans le recours pour mensonge législatif manifeste, les textes qui entrent dans le droit peuvent continuer à se protéger derrière leur prestige normatif. Mais sans chambre de révision de la mémoire, les récits déjà accumulés dans lʼappareil public continuent à peser de tout leur poids symbolique, même lorsquʼils ont perdu leur crédibilité.

Cʼest pourquoi cette troisième brique est indispensable. Elle prend acte dʼun fait simple : la servitude mémorielle nʼest pas seulement un abus ponctuel, cʼest un stock institutionnel. Pour la combattre sérieusement, il faut donc un instrument qui ne protège pas seulement la vérité à lʼinstant du procès ou du vote, mais qui permette aussi de nettoyer, dans la durée, les mensonges et les simplifications officiellement sédimentés.

Conclusion de la série : remettre la vérité au centre

La servitude mémorielle prospère dans les sociétés qui ont cessé de distinguer clairement la protection des personnes, la liberté de recherche et la fabrication politique des récits officiels. On croit défendre la mémoire, mais on finit par installer des dispositifs où la contestation devient suspecte, où la loi prend lʼhabitude dʼécrire lʼhistoire, et où les institutions mémorielles agissent comme si leurs narrations devaient être reçues avec déférence plutôt quʼéprouvées par la critique.

Pour sortir de cette logique, trois outils sont nécessaires.

Le premier est le habeas veritas. Il impose quʼaucune sanction visant un propos historique ou politique ne soit prononcée avant que la vérité des faits ait été sérieusement examinée. Il protège la personne poursuivie contre la confusion entre analyse du réel et discours de haine.

Le deuxième est le recours pour mensonge législatif manifeste. Il rappelle quʼune loi nʼa pas le droit de sʼabriter derrière sa dignité formelle pour imposer des contrevérités de fait. Il oblige le législateur à répondre non seulement de ses intentions politiques, mais aussi de la fidélité de ses prémisses au réel.

Le troisième est la chambre de révision de la mémoire. Elle rend enfin corrigeable ce qui, dans la mémoire officielle, a été figé trop vite, simplifié à lʼexcès ou construit sur des bases trompeuses. Elle introduit dans le rapport dʼun peuple à son passé une exigence essentielle : ce qui a été officialisé doit pouvoir être réexaminé.

Pris ensemble, ces trois instruments ne visent pas à abolir la mémoire, ni à humilier les victimes, ni à nier les crimes. Ils visent à empêcher que la mémoire serve de refuge à la censure, au mensonge et à la capture du débat public. Une société libre nʼest pas celle qui oublie ; cʼest celle qui accepte que même ses récits les plus solennels soient exposés à la preuve, à la contradiction et à la révision.

Ce programme peut paraître ambitieux. Il lʼest moins que la prétention inverse, qui consiste à croire quʼune nation peut rester libre tout en laissant la vérité dépendre de ceux qui contrôlent les lois, les tribunaux et les institutions chargées de parler du passé en son nom.

Jean-Baptise Perrier

Mensonge législatif manifeste : pouvoir attaquer une loi qui ment (2/3)

Une démocratie admet déjà quʼune loi peut être mauvaise, injuste, disproportionnée ou contraire à la Constitution. En revanche, elle admet rarement quʼune loi puisse être contestée pour une raison plus simple et plus brutale : parce quʼelle ment. Or cʼest pourtant lʼun des mécanismes les plus décisifs de la servitude mémorielle. Une loi ne se contente pas dʼordonner ou dʼinterdire ; elle raconte parfois le passé, qualifie des faits, désigne des responsabilités, fixe des catégories morales et politiques qui deviennent ensuite des instruments dʼautorité contre ceux qui les contestent.

Quand une loi sʼappuie sur des prémisses factuelles fausses, truquées ou gravement trompeuses, il ne suffit pas de dire quʼelle est politiquement discutable. Il faut pouvoir lʼattaquer pour ce quʼelle est : un écrit normatif fondé sur une altération de la vérité. Cʼest ce que jʼappelle le mensonge législatif manifeste.

Ce second outil prolonge le habeas veritas. Le premier protège celui qui dit vrai devant le juge ; le second protège le droit lui-même contre les lois qui organisent dans leur texte ou dans leurs motifs un récit mensonger.

Le problème : des lois qui racontent le réel sans contrôle de vérité

Le débat public traite souvent la loi comme un pur dispositif normatif. Pourtant, de nombreuses lois comportent aussi des affirmations factuelles : elles décrivent des événements, reprennent des chiffres, retiennent une qualification historique, supposent une chaîne de causalité, identifient des groupes ou des institutions comme responsables dʼune situation donnée. Dans le cas des lois mémorielles, cette dimension est particulièrement visible, puisque le législateur intervient directement dans lʼécriture officielle du passé.

Le problème nʼest pas que le Parlement parle du passé. Le problème est quʼil peut le faire sans véritable procédure de vérification équivalente à celle quʼexigerait un procès lorsquʼil sʼagit pourtant de faits lourds de conséquences symboliques et juridiques. Une majorité vote, une formule est adoptée, et cette formule acquiert presque immédiatement un prestige de vérité publique simplement parce quʼelle est passée dans la loi.

Une fois cette étape franchie, le récit législatif produit des effets en cascade. Il oriente lʼenseignement, inspire les politiques de mémoire, sert dʼargument dans les controverses publiques et peut même alimenter des contentieux visant ceux qui remettent en cause la qualification retenue. La loi devient alors non seulement une norme, mais un levier de clôture du débat.

Ce quʼest un mensonge législatif manifeste

Il ne sʼagit pas ici de transformer toute erreur parlementaire en fraude. Une loi peut être discutable sans mentir. Une majorité peut interpréter des faits dʼune certaine manière sans quʼil y ait falsification. Le mensonge législatif manifeste vise un cas plus précis : celui où un texte normatif repose sur des affirmations factuelles identifiables qui sont fausses, gravement trompeuses, sciemment tronquées, ou incompatibles avec lʼétat sérieux des connaissances au moment où la loi est adoptée.

La distinction est essentielle. Le contrôle proposé ne porterait pas sur lʼopportunité politique dʼune loi, ni même sur lʼensemble de sa philosophie. Il porterait sur ses prémisses factuelles. Une démocratie peut choisir des finalités différentes ; elle ne devrait pas avoir le droit dʼhabiller ces finalités avec des contrevérités.

Autrement dit, la question ne serait pas : « Cette loi est-elle de gauche, de droite, morale, immorale, utile ou inutile ? » La question serait : « Les faits sur lesquels elle sʼappuie ont-ils été présentés avec une fidélité minimale au réel, ou bien ont-ils été manipulés pour produire un effet législatif ? »

Pourquoi le droit actuel ne suffit pas

Le droit français permet déjà de contester une loi sur le terrain constitutionnel, notamment par la question prioritaire de constitutionnalité, lorsquʼelle porte atteinte à un droit ou une liberté garantis par la Constitution. Mais cette voie ne répond que partiellement au problème. Elle contrôle la compatibilité normative dʼun texte avec les droits fondamentaux ; elle ne crée pas un recours autonome centré sur la vérité ou la fausseté des faits invoqués par le législateur.

Autrement dit, une loi peut reposer sur un récit tronqué ou mensonger et demeurer difficile à attaquer tant quʼelle ne viole pas explicitement un droit constitutionnel identifiable. La question de vérité est alors absorbée, contournée ou laissée à la marge.

Cʼest précisément cette lacune quʼexploite la servitude mémorielle. Si le législateur peut faire entrer un récit dans le droit sans avoir à répondre dʼun éventuel mensonge de fait, alors ce récit profite dʼun avantage décisif sur toutes les analyses concurrentes. Il nʼa plus seulement pour lui la force persuasive dʼun discours ; il a la force dʼinertie de lʼinstitution.

La procédure proposée

Une procédure de mensonge législatif manifeste devrait être simple dans son principe, mais exigeante dans son déclenchement.

1. La saisine

Le recours pourrait être ouvert à tout citoyen directement affecté, à des groupes de citoyens, à des associations, à des universités, à des sociétés savantes, voire à des parlementaires minoritaires qui considèrent quʼun texte a été adopté sur une base factuelle falsifiée. Le requérant devrait désigner avec précision les énoncés contestés : une date, un chiffre, une qualification, une attribution de responsabilité, une causalité présentée comme certaine.

2. Le filtre de recevabilité

Afin dʼéviter les recours purement idéologiques, une formation de filtrage devrait vérifier que la contestation porte bien sur des éléments objectivables et non sur un simple désaccord dʼopinion. Le recours ne serait recevable que sʼil présente un grief sérieux de falsification, de dissimulation déterminante ou dʼincompatibilité grave avec lʼétat des connaissances disponibles au moment du vote.

3. Lʼinstruction contradictoire

Si le recours est jugé recevable, la juridiction ouvre une instruction : consultation dʼarchives, expertises, auditions de chercheurs, confrontation des sources, et, lorsque cʼest pertinent, vérifications directes selon des méthodes déjà connues du droit de la preuve et des vérifications personnelles du juge. Le point essentiel est que la loi cesse dʼêtre intouchable sur le terrain des faits. Elle devient, elle aussi, un objet justiciable de vérité.

4. La décision

Au terme de cette instruction, la juridiction pourrait conclure à quatre issues distinctes.

  • Les prémisses factuelles sont suffisamment solides : la loi est maintenue.
  • Les prémisses sont incomplètes ou trompeuses, mais sans falsification décisive : une correction ou une réserve dʼinterprétation est demandée.
  • Les prémisses sont gravement erronées au point dʼaltérer le sens du texte : la disposition fondée sur elles est suspendue ou déclarée inapplicable jusquʼà révision.
  • Les prémisses révèlent une altération frauduleuse de la vérité dans un écrit normatif : le dossier peut être transmis au parquet sur le fondement des règles relatives au faux, dès lors que les éléments matériels et intentionnels sont réunis.

Ce que cela changerait dans le rapport entre loi et vérité

Une telle procédure modifierait profondément la culture politique. Aujourdʼhui, le législateur bénéficie souvent dʼune forme dʼimmunité narrative : ce quʼil dit du passé ou du réel acquiert une force publique par le seul fait dʼêtre voté. Demain, avec un recours en mensonge législatif manifeste, il devrait assumer la même exigence élémentaire que nʼimporte quel plaideur : ne pas construire un raisonnement juridique sur des faits faux.

Cette réforme créerait aussi un puissant effet de dissuasion. Savoir quʼune loi peut être contestée pour ses prémisses factuelles obligerait les rapporteurs, les cabinets ministériels, les administrations et les groupes de pression à documenter sérieusement ce quʼils affirment. Le débat public gagnerait en densité probatoire et perdrait une part de son arbitraire commémoratif.

Enfin, cette procédure inverserait une dynamique centrale de la servitude mémorielle. Aujourdʼhui, ceux qui contestent un récit officialisé supportent lʼessentiel de la charge : ils apparaissent comme des perturbateurs face à un texte investi de sacralité républicaine. Avec le contrôle du mensonge législatif manifeste, cʼest la loi elle-même qui devrait répondre à la question décisive : dit-elle vrai ?

Pourquoi cela ne reviendrait pas à donner un pouvoir illimité aux juges

Lʼobjection la plus prévisible est immédiate : un tel recours ferait des juges les arbitres ultimes de lʼhistoire. Cette critique mérite dʼêtre prise au sérieux, mais elle confond deux plans. Il ne sʼagirait pas de demander au juge de produire un récit historique exhaustif ni de clore les controverses savantes. Il sʼagirait de lui demander quelque chose de plus limité : vérifier si le législateur a fondé une norme sur des assertions factuelles suffisamment fidèles au réel pour justifier quʼelles entrent dans le droit.

Les juridictions accomplissent déjà des tâches voisines lorsquʼelles examinent des expertises scientifiques, ordonnent des mesures dʼinstruction ou apprécient la sincérité dʼéléments probatoires complexes. Lʼidée nʼest donc pas dʼintroduire un pouvoir métaphysique du juge sur la vérité, mais dʼassumer quʼaucune norme ne devrait bénéficier dʼune immunité totale lorsquʼelle repose sur des faits précis et contestables.

En outre, le recours pourrait être encadré de façon stricte. Il ne viserait pas les désaccords honnêtes entre interprétations plausibles, mais les cas où lʼécart entre le texte et le réel devient trop important pour demeurer politiquement et juridiquement tolérable.

Un principe simple : la loi ne doit pas avoir le droit de mentir

Dans un État de droit digne de ce nom, la vérité ne doit pas être un luxe laissé à la discrétion du Parlement. La loi jouit dʼune puissance symbolique et coercitive telle quʼelle devrait être soumise à une exigence supérieure de fidélité aux faits lorsquʼelle prétend décrire le passé, les responsabilités ou la réalité sociale.

Le mensonge législatif manifeste ne résoudrait pas à lui seul toutes les dérives mémorielles. Il ne supprimerait ni les intérêts communautaires, ni la concurrence des victimes, ni la tentation permanente du politique de gouverner aussi par le récit. Mais il retirerait à ces stratégies un privilège essentiel : la possibilité dʼutiliser la loi comme refuge contre lʼépreuve du vrai.

Cʼest pourquoi cette réforme est nécessaire. Une démocratie libre doit certes permettre au Parlement de débattre du passé. Mais elle ne doit jamais lui reconnaître un droit implicite à mentir sur lui.

Dans la suite de la série

Le habeas veritas protège la personne poursuivie lorsquʼelle dit vrai ou cherche sérieusement à établir la vérité. Le recours en mensonge législatif manifeste protège le droit contre les textes qui travestissent le réel.

Reste pourtant un troisième problème. Même si lʼon protège mieux la parole et si lʼon contrôle mieux les lois, il demeure tout un stock de récits déjà installés dans les programmes scolaires, les institutions mémorielles, les commémorations et les politiques publiques. Cʼest à ce niveau quʼintervient la troisième proposition : la chambre de révision de la mémoire, conçue pour rouvrir les dossiers que lʼÉtat a figés trop vite et rendre enfin révisable une mémoire officielle qui se croit trop souvent irrévocable.

Jean-Baptise Perrier

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Habeas veritas : arrêter de punir ceux qui disent vrai (1/3)

Sortir de la servitude mémorielle

On parle beaucoup de devoir de mémoire, et beaucoup moins de droit à la vérité. Pourtant, dès lors que la mémoire devient un instrument législatif et judiciaire, la question décisive nʼest plus seulement de savoir ce quʼil faut commémorer, mais ce quʼil reste possible de dire, de discuter et de vérifier publiquement.

La servitude mémorielle commence quand la mémoire cesse dʼêtre un champ de recherche, de controverse et de délibération, pour devenir un territoire surveillé par des lois, des groupes de pression et des contentieux destinés à rendre certains récits intouchables. Dans un tel régime, la vérité nʼest plus ce quʼon cherche ; elle devient ce quʼil est prudent de ne pas contester.

Cette série propose trois outils pour sortir de cette logique. Le premier protège celui qui parle ou cherche à parler vrai ; le deuxième permet dʼattaquer les lois qui sʼappuient sur des prémisses factuelles mensongères ; le troisième vise à corriger, dans la durée, les erreurs et manipulations déjà installées dans la mémoire officielle.

Le premier outil est le plus élémentaire. Il consiste à poser un principe simple : on ne doit pas pouvoir punir quelquʼun pour avoir dit vrai, ou pour avoir tenté sérieusement dʼétablir la vérité dʼun fait historique ou politique.

Habeas veritas : arrêter de punir ceux qui disent vrai

Il y a quelque chose de profondément déréglé dans un ordre juridique qui prétend protéger la mémoire, mais qui en vient à menacer ceux qui décrivent les faits de manière argumentée. Lorsquʼune société permet que des analyses historiques ou politiques soient poursuivies comme des formes de haine, non parce quʼelles appellent à la violence mais parce quʼelles dérangent un récit installé, elle ne protège plus la dignité ; elle organise lʼintimidation intellectuelle.

Les lois mémorielles ont été défendues comme des instruments de reconnaissance et de protection, tandis que les dispositifs réprimant les discours de haine ont été conçus pour lutter contre la déshumanisation et lʼincitation à la violence. Mais de nombreux travaux montrent que, dans les controverses françaises sur les lois mémorielles, la frontière entre protection légitime des personnes et normalisation politique des récits est devenue de plus en plus incertaine.

Cʼest dans cet espace dʼincertitude que prospère la servitude mémorielle. Une phrase, une mise en contexte, une comparaison historique, une interrogation sur une responsabilité, un désaccord sur une qualification peuvent être traités moins comme des propositions à discuter que comme des fautes à poursuivre. Le procès devient alors non pas le lieu où lʼon vérifie dʼabord les faits, mais lʼinstrument qui permet dʼépuiser, dʼintimider et de disqualifier celui qui parle.

Quand la mémoire sert à faire taire

Le problème ne réside pas dans lʼexistence dʼun cadre juridique contre la haine. Une société libre a le droit, et même le devoir, de sanctionner les appels explicites à la violence, les injures dirigées contre des personnes en raison de leur appartenance, ou les entreprises de déshumanisation. Le problème apparaît lorsque des outils pensés pour ces cas sont utilisés pour poursuivre des analyses portant sur des faits, des archives, des politiques ou des responsabilités historiques.

À partir de là, la logique se renverse. Celui qui avance un fait dérangeant nʼest plus dʼabord invité à en produire la preuve ; il est sommé de démontrer quʼil nʼest pas animé dʼune intention coupable. Le terrain de la discussion se déplace de la vérité vers la suspicion morale.

Cette translation a des effets puissants. Même lorsquʼune plainte nʼaboutit pas, elle produit un coût : temps, argent, réputation, risque professionnel, épuisement psychologique. Les débats sur les lois mémorielles ont montré que lʼeffet principal du dispositif nʼest pas toujours la condamnation, mais lʼautocensure préventive quʼil suscite chez ceux qui comprennent quʼun sujet peut devenir judiciairement toxique.

Définir le habeas veritas

Le droit moderne connaît bien lʼidée quʼaucune privation de liberté ne doit intervenir sans garanties. Le habeas veritas appliquerait un raisonnement analogue au domaine de la parole et de la recherche : aucune sanction fondée sur un propos historique ou politique ne devrait intervenir avant quʼun examen sérieux de sa vérité factuelle nʼait eu lieu.

Le principe est simple : lorsquʼune personne est poursuivie pour un propos portant sur des faits historiques, sociaux ou politiques, elle doit pouvoir demander lʼouverture dʼune procédure spécifique de vérification de vérité. Le juge devrait alors examiner dʼabord la réalité des faits allégués, leur plausibilité, leur appui documentaire, lʼexistence éventuelle de controverses savantes sérieuses, avant de se prononcer sur une qualification telle que provocation à la haine ou diffamation.

Ce mécanisme ne créerait pas un privilège pour les polémistes. Il rétablirait lʼordre normal des choses. Avant de décider quʼune parole est illicite parce quʼelle offense ou inquiète, encore fautil savoir si elle décrit le réel, si elle sʼinscrit dans un effort de connaissance, ou si elle invente effectivement des faits dans une intention de nuire.

Comment la procédure fonctionnerait

Une procédure de habeas veritas pourrait reposer sur quatre étapes simples.

  • Dʼabord, le prévenu invoque son droit à la vérification de vérité dès lors que ses propos portent sur des faits identifiables et discutables par la preuve.
  • Ensuite, la juridiction ouvre une phase préalable dʼinstruction factuelle, avec consultation dʼarchives, auditions de chercheurs, expertises indépendantes et, lorsque cʼest utile, vérifications personnelles du juge telles que le Code de procédure civile les autorise déjà.
  • Puis le tribunal établit si les faits avancés sont faux, indémontrables, raisonnablement plausibles, ou confirmés de manière solide par les sources disponibles.
  • Enfin, ce nʼest quʼaprès cette étape que le juge examine la forme du propos : y a-t-il injure, appel à la violence, désignation de personnes à lʼhostilité, ou simple énoncé critique de faits ?

Lʼinnovation décisive tient à lʼordre de traitement. Dans le régime actuel, la procédure tend souvent à commencer par lʼoffense ressentie et à reléguer la vérité au second plan. Le habeas veritas impose lʼordre inverse : dʼabord la vérité des faits, ensuite seulement lʼexamen de la qualification pénale éventuelle.

Ce que cela changerait réellement

Le premier effet serait de distinguer clairement la description dʼun fait de lʼagression contre une personne. Décrire une politique, rappeler une responsabilité historique, citer une archive ou une statistique nʼéquivaut pas, en soi, à haïr qui que ce soit. Si les faits sont établis ou sérieusement soutenables, ils ne devraient plus pouvoir être assimilés automatiquement à une incitation à la haine simplement parce quʼils contredisent un récit protégé.

Le deuxième effet serait de réduire la capacité dʼintimidation procédurale. Une association ou un groupe qui voudrait instrumentaliser la justice pour imposer son narratif devrait accepter une vérification contradictoire des faits quʼil conteste. Autrement dit, porter plainte reviendrait aussi à prendre le risque dʼexposer publiquement la faiblesse documentaire de son propre récit.

Le troisième effet serait culturel. Une société qui institue un habeas veritas envoie un message clair : la vérité factuelle nʼest pas un détail toléré à la marge des procès mémoriels, elle est le point de départ obligatoire. Cela ne supprime ni le désaccord ni la conflictualité, mais cela oblige à déplacer le conflit vers le terrain de la preuve plutôt que vers celui de la disqualification morale.

Ce que le habeas veritas ne permet pas

Une telle garantie ne constituerait pas un permis dʼinjurier, ni un blanc-seing pour les appels à la violence. Le droit pourrait continuer à sanctionner lʼinjure directe, la menace, la désignation dʼun groupe comme cible de violences, ou la déshumanisation explicite. Le habeas veritas ne protégerait pas la brutalité verbale en tant que telle ; il protégerait la part cognitive du discours, cʼest-à-dire le fait de décrire, dʼanalyser, de documenter et de discuter le réel.

Cette précision est essentielle, car elle évite la confusion la plus fréquente. Beaucoup imaginent que défendre la vérité contre la servitude mémorielle reviendrait à supprimer toute limite au discours public. Cʼest lʼinverse : il sʼagit de rétablir une limite cohérente, en cessant de punir des énoncés factuels ou analytiques sous prétexte quʼils produisent un choc moral, tout en maintenant lʼinterdit sur la violence verbale et lʼappel à la persécution.

Pourquoi cʼest la première brique

Le habeas veritas est la première brique dʼune réforme plus large parce quʼil agit au niveau le plus concret : celui de la personne poursuivie. Avant même de modifier les lois mémorielles ou de corriger les récits officiels, il faut empêcher que la justice serve à punir celui qui tente de dire vrai.

Sans cette garantie minimale, toute discussion sur la liberté pour lʼhistoire reste abstraite. Une société peut proclamer lʼimportance du débat intellectuel ; si, dans la pratique, une phrase documentée peut déclencher un contentieux ruineux, la vérité restera subordonnée à la peur.

Instituer un habeas veritas, cʼest donc remettre les choses dans le bon ordre. On ne commence pas par protéger les récits, on commence par vérifier les faits. On ne commence pas par sanctionner lʼécart au narratif dominant, on commence par demander si ce qui est dit est faux. Et si cela ne lʼest pas, ou si cela relève dʼune recherche sérieuse, alors la démocratie doit supporter cette vérité au lieu de la judiciariser.

Dans la suite de la série

Protéger celui qui dit vrai ne suffit pas si les lois elles-mêmes peuvent continuer à reposer sur des prémisses mensongères. La deuxième étape consiste donc à imaginer une procédure de « mensonge législatif manifeste » : un recours spécifique pour attaquer une loi lorsquʼelle sʼappuie sur des affirmations factuelles fausses ou gravement trompeuses.

La troisième étape ira plus loin encore. Même en protégeant la parole et en contrôlant mieux les lois, il restera tout un stock de récits déjà installés dans les manuels, les politiques publiques et les institutions mémorielles. Cʼest pour cela quʼune chambre de révision de la mémoire devient nécessaire : non pour imposer une vérité dʼÉtat supplémentaire, mais pour rendre enfin révisable une mémoire officielle qui ne lʼest presque jamais.

Jean-Baptise Perrier

Il squatte sa maison pour la récupérer

À Bergerac, un propriétaire a dû recourir à une méthode radicale pour reprendre possession de sa maison, occupée illégalement par ses anciens locataires après la fin de leur bail.

Le propriétaire prévient ses locataires six mois avant l’échéance du bail, soit le double du délai légal de trois mois. Malgré cette précaution, une semaine avant la fin du préavis, les occupants lui annoncent qu’ils n’ont pas l’intention de quitter les lieux.

Le propriétaire s’installe alors dans sa maison, aux côtés des locataires récalcitrants.

Les forces de l’ordre lui signifient qu’il ne peut légalement partager le logement avec les occupants en place.

Délogé de sa propre maison, le propriétaire installe alors une caravane devant le portail, qu’il raccorde à l’eau et à l’électricité du garage. Il y restera une dizaine de jours.

Il découvre une anomalie financière : le compteur d’eau du logement avait été rouvert à son nom pendant deux ans, lui occasionnant une facture de 2 038 euros. Face à cette découverte, il décide de couper l’arrivée d’eau juste après le compteur. En représailles, les locataires lui coupent l’électricité de sa caravane.

Il réagit en contactant son fournisseur d’énergie pour réduire la puissance électrique du logement au minimum, rendant l’usage simultané d’un réfrigérateur et d’un lave-linge impossible sans faire disjoncter l’installation. Quelques jours plus tard, les locataires annoncent leur départ.

Matignon, le suicide assisté et les suicides

Peu de temps après avoir fait voter la légalisation du suicide assisté, on apprend que deux suicides et deux tentatives ont eu lieu en quelques mois dans les services de Matignon. Une enquête préliminaire a été ouverte, et un audit sera lancé.

Les conditions de travail au sein des services du Premier ministre sont-elles en lien avec la série de tentatives de suicide survenues ces derniers mois parmi les agents rattachés à Matignon ?

Deux fonctionnaires ont mis fin à leurs jours en mars dernier et deux autres ont tenté de se suicider en 2025.

L’une des victimes a été hospitalisée en avril après avoir tenté de se jeter sur les voies de la gare la plus proche de chez elle. Elle travaillait depuis 2022 au service de la correspondance du Premier ministre et son avocate dénonce de nombreuses humiliations et une mise à l’écart ayant conduit à cet état de détresse. Des signalements ont été effectués mais la seule proposition qu’elle aurait reçue était de quitter son poste.

Les témoignages recueillis mettent en cause un « système » qui met en tension la majorité des services. Ils évoquent d’abord la grande instabilité gouvernementale – quatre Premiers ministres se sont succédé depuis janvier 2024 – qui donne lieu à une modification permanente de l’organisation et des pratiques des services rattachés au Premier ministre.

Face au “devoir de mémoire”, un droit à la vérité

Voici l’introduction d’une série de 3 articles envoyés par un lecteur, Jean-Baptise Perrier, consacrés à la liberté d’expression, au devoir de vérité versus le devoir de mémoire judiciarisé.

On répète partout qu’il faut un « devoir de mémoire ». On répète beaucoup moins qu’il faudrait aussi un droit à la vérité.

Depuis trente ans, les États ont multiplié les lois mémorielles, les journées commémoratives, les fondations, les mémoriaux, les programmes scolaires qui prétendent dire ce qu’il faut retenir du passé. Officiellement, il s’agit de reconnaître des crimes, de protéger des victimes, de prévenir la haine.

Mais, dans la pratique, un autre système s’est installé : des récits officiels se verrouillent, des groupes de pression s’approprient certains épisodes historiques, des tribunaux se retrouvent mobilisés pour sanctionner des analyses ou des questionnements, et la frontière entre la lutte contre la haine et la censure d’une critique devient de plus en plus floue.

C’est ce que j’appelle la servitude mémorielle : un régime où la mémoire n’est plus un terrain de recherche, de débat et de contradiction, mais un champ placé sous la surveillance de lois, d’associations et de juges qui prétendent dire ce qu’il est légitime de penser et de dire sur le passé.

Dans ce contexte, la question centrale n’est plus : « De quoi faut-il se souvenir ? » Elle devient : « Qui décide de ce qui est vrai, et par quels moyens ? »

Une trilogie pour changer l’architecture du problème

Cette série de trois articles ne propose pas « un autre récit », ni un nouveau catéchisme national. Elle propose quelque chose de plus radical et de plus modeste à la fois : changer l’architecture juridique et institutionnelle qui permet à la servitude mémorielle de prospérer.

Plutôt que d’ajouter une loi mémorielle de plus, l’idée est de créer trois outils transversaux, qui reposent tous sur une intuition simple :

une démocratie digne de ce nom ne devrait jamais punir la vérité, ni protéger le mensonge, ni figer ses récits officiels au‑delà de toute révision.

Les trois articles développent chacun un de ces outils.

1. Habeas veritas : ne pas punir ceux qui disent vrai

Le premier texte introduit le habeas veritas : un principe procédural qui exige qu’avant de condamner une parole pour « haine » ou « diffamation » lorsqu’elle porte sur des faits historiques ou politiques, la justice vérifie d’abord sérieusement la vérité ou la plausibilité de ces faits.

  • Si ce qui est dit est vrai, ou raisonnablement démontrable, cela ne peut plus, en soi, être assimilé à de la haine.
  • La sanction reste possible pour l’injure ou l’appel à la violence, mais plus pour la simple description du réel.

Autrement dit : on ne devrait pas pouvoir punir quelqu’un pour avoir décrit le réel, même s’il dérange un narratif officiel.

2. Mensonge législatif manifeste : attaquer une loi qui ment

Le deuxième texte propose un recours spécifique : la procédure de mensonge législatif manifeste.

Actuellement, on peut contester une loi parce qu’elle viole un droit fondamental. On ne peut quasiment jamais la contester parce qu’elle repose sur des prémisses factuelles fausses (événements, chiffres, responsabilités, qualifications historiques).

La procédure de mensonge législatif manifeste permettrait :

  • d’identifier les passages où une loi affirme des faits précis ;
  • d’en vérifier la vérité par expertise et instruction contradictoire ;
  • et, en cas de falsification grave, d’imposer une correction, une suspension ou une abrogation partielle.

L’idée est simple : une loi ne devrait pas avoir le droit de mentir sur le réel.

3. Chambre de révision de la mémoire : corriger les mensonges installés

Le troisième texte élargit encore le champ en proposant une chambre de révision de la mémoire.

Même si l’on protège mieux la parole et que l’on contrôle mieux les lois, il reste tout ce qui est déjà installé : manuels, commémorations, musées, fondations, discours officiels. Ce « stock » de mémoire institutionnelle peut contenir des erreurs graves, des omissions massives, des narrations biaisées qui n’ont jamais été réexaminées.

La chambre de révision de la mémoire serait une instance mixte (historiens, magistrats, citoyens tirés au sort) chargée de :

  • rouvrir ces récits officialisés lorsqu’ils sont contestés sur le terrain des faits ;
  • instruire les dossiers à partir des travaux historiques, des archives, des preuves ;
  • et recommander des corrections publiques.

L’objectif n’est pas de produire une vérité d’État supplémentaire, mais de rendre la mémoire officielle révisable au lieu de la considérer comme intangible.

Un programme minimal pour une liberté maximale

Pris ensemble, ces trois outils ne forment pas une utopie abstraite. Ils dessinent un programme minimal :

  • que la justice ne puisse plus punir la vérité au nom de la mémoire ;
  • que la loi ne puisse plus s’appuyer tranquillement sur des mensonges ;
  • que la mémoire officielle ne puisse plus se soustraire à la possibilité de révision.

Ce programme n’impose aucun récit particulier. Il n’en protège aucun non plus. Il se contente d’installer une exigence : la vérité, la critique et la révision doivent rester possibles, y compris contre les narratifs les plus solennels.

Dans une époque où le mot « mémoire » sert souvent à fermer des discussions, cette trilogie cherche à rouvrir ce qui compte vraiment : la possibilité de vérifier, de contester et de corriger. Non pas pour le plaisir de contredire, mais parce qu’une communauté politique ne peut pas durer en paix sur des récits qu’elle interdit de questionner.

Les trois articles peuvent se lire séparément, mais ils sont conçus comme un ensemble :

  • Article 1 – Habeas veritas : arrêter de punir ceux qui disent vrai
  • Article 2 – Mensonge législatif manifeste : pouvoir attaquer une loi qui ment
  • Article 3 – Chambre de révision de la mémoire : corriger les mensonges installés

À partir de là, le débat reste ouvert : ces outils sont des propositions, pas des dogmes. Leur fonction est de déplacer la discussion sur le terrain qui a été abandonné trop longtemps : comment rendre la vérité à la fois possible et protégée dans un paysage saturé de lois mémorielles, de rentes victimaire et de récits officiels.

L’AGRIF poursuit LFI pour propos anti-chrétiens

Communiqué de l’AGRIF :

Du jeudi 21 août 2025 au dimanche 24 août 2025, se déroulaient à CHÂTEAUNEUF-SUR-ISÈRE, sous le nom d’« AMFIS 2025 », l’Université d’été de La France Insoumise (LFI).

Cette université d’été s’articulait autour de meetings, d’entretiens et de tables rondes thématiques.
L’une d’entre elles, intitulée « Les visages internationaux de l’extrême droite », se déroulait sous la forme d’une conférence animée par le député du Vaucluse Raphaël ARNAULT.

Au cours de cette conférence, un membre de l’auditoire s’adressait notamment au groupe des intervenants en ces termes :

« On parle de l’Inde, on parle de l’islamisme, mais en fait le pire fléau aujourd’hui, c’est le christianisme en fait. Ce sont les chrétiens qui sont les plus puissants et qui mènent la politique la plus inhumaine qui soit. »

Cette intervention est publiée sur la chaîne YouTube de LFI.

Ces propos sont constitutifs d’une injure publique aggravée envers les chrétiens, en raison de leur appartenance à la religion chrétienne, puisque cette dernière est qualifiée de pire fléau aujourd’hui et que les chrétiens sont désignés comme menant la politique la plus inhumaine qui soit, sans allégation d’aucun fait.

En conséquence, l’AGRIF vient de porter plainte contre LFI avec constitution de partie civile.

“La République n’est plus réformable : elle est déjà morte”

André Bercoff, Daniel Cosculluela, Alain de Peretti della Rocca et Philippe Bornet publient sous la bannière des « Coriaces », un petit ouvrage intitulé Du présent faisons table rase,  réquisitoire contre les illusions de notre temps. Ils y dénoncent cette tyrannie douce et technocratique sous laquelle nous vivons, avec la crise sanitaire et ses QR codes, le procès du mâle blanc, la confiscation de la mémoire, la crise de la langue française destinée à atrophier la pensée, le désastre culinaire, la montée de l’islam et la perte de l’identité.

Le sous-titre de l’ouvrage, Allons enfants de la Matrix, annonce la couleur : nous vivons sous l’empire de narratifs artificiels coupant l’homme de ses racines biologiques, historiques et spirituelles. L’analyse est d’autant plus percutante qu’elle croise les regards : le journalisme incisif de Bercoff, l’anthropologie de Cosculluela, l’engagement identitaire de de Peretti et la rigueur clinique de Bornet. Loin de se complaire dans un déclinisme stérile, cet essai est avant tout un appel au sursaut. Philippe Bornet constate avec justesse que la démocratie est une “fable pour grandes personnes” :

On répète au citoyen qu’il est libre, égale et souverain. Mais la liberté se réduit à signer des contrats qu’il ne peut négocier ; l’égalité l’oblige à nier tout ce qui fait de lui un être singulier ; la souveraineté se dissout dans les réunions d’oligarques qui décident hors de son champ de vision.

La démocratie ne gouverne pas : elle masque la guerre de tous contre tous, où l’individu atomisé, privé d’ordre, privé de transcendance, se dévore lui-même.

Hobbes l’avait prédit ; Bonald l’avait formulé : quand chacun veut être son propre dieu, il faut que l’un devienne le dieu de tous.

Et ce jour approche.

Le 15 août, un simple jour férié ?

Pour beaucoup de Français, le 15 août marque les vacances, les processions ou un simple jour de repos.

Pour les chrétiens, c’est bien davantage.

L’Assomption célèbre l’entrée de la Vierge Marie dans la gloire du Ciel, corps et âme. Cet événement manifeste déjà ce que Dieu prépare pour tous ceux qui mettent leur confiance en Lui : la victoire définitive sur la mort et la promesse de la résurrection.

Dans une société souvent marquée par le découragement, l’angoisse ou la perte de repères, cette fête vient rappeler une vérité profondément libératrice : notre espérance ne s’arrête pas aux limites de cette vie.

Pour aider chacun à préparer cette grande solennité, Hozana lance une neuvaine intitulée :

« Avec Marie, devenons citoyens du Ciel »

Pendant neuf jours, les méditations invitent à poser un autre regard sur notre quotidien : vivre davantage comme des hommes et des femmes déjà tournés vers le Royaume de Dieu, en laissant Marie nous conduire vers son Fils.

Une belle manière de préparer intérieurement la fête de l’Assomption, seul, en famille ou en paroisse.

Inscription gratuite à la neuvaine en cliquant ici.

Le cardinal Simoni célèbre la messe dans le camp de concentration communiste où il a survécu

Le cardinal Ernest Simoni, quatre-vingt-dix-sept ans, est revenu célébrer la sainte messe dans le camp de rééducation communiste où il a été incarcéré pendant de longues années.

Vendredi 31 juillet, dans l’ancien camp de Spaç, dans le nord de l’Albanie, le cardinal a présidé une messe de suffrage pour les prisonniers morts sous la dictature communiste d’Enver Hoxha. Un message du pape Léon XIV a été lu à la fin de la célébration.

Ukraine : les seuls gagnants sont ceux qui vivent de cette guerre

L’ancienne porte-parole de Volodymyr Zelensky a été interrogée dans le JDD :

Terres de Mission : Ils ont voté la mort !

Eglise universelle : Marie corédemptrice. Mère, médiatrice et avocate

Suite à une note doctrinale du cardinal Fernandez, la corédemption de Marie est de nouveau sous les feux de l’actualité. Guy Barrey, dans un ouvrage très documenté : “Marie corédemptrice. Mère, médiatrice et avocate”, démontre comment les Ecritures, la Tradition et même le magistère récent (de Paul VI à Benoît XVI) justifient l’usage de ce qualificatif attribué à la Très Sainte Vierge.

Eglise en France : Légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté

Le 15 juillet, l’Assemblée nationale a voté un texte de loi légalisant l’euthanasie et le suicide assisté. Depuis, le nombre de saisines du Conseil constitutionnel s’est multiplié. Patrick Hetzel, député LR du Bas-Rhin, auteur d’une de ces saisines fait le point sur ce douloureux dossier ouvrant la porte à la loi la plus permissive au monde.

Eglise en Marche : Merry del Val. Un cardinal pour hier et pour aujourd’hui

Vient de paraître aux éditions Contretemps, sous la plume de Roberto de Mattei, une biographie d’un grand et saint prince de l’Eglise : “Merry del Val – Un cardinal pour hier et pour aujourd’hui (1865-1930)”. Jean-Pierre Maugendre présente cette biographie d’un cardinal qui servit quatre papes et fut pendant 11 ans le secrétaire d’Etat de Saint Pie X.

Des prières pour l’adoration eucharistique

Cédric Chanot, diacre dans le diocèse de Nancy, coordinateur de la revue Parole et Prière, publie un recueil de prières destinées à l’adoration eucharistique. On y trouve des prières de sainte Faustine, saint Maximilien Kolbe, saint Ambroise, saint Charles de Foucauld, saint Alphonse de Liguori, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus… Mgr Dupanloup, Monsieur Olier, père Doncoeur, Bossuet, Charles Péguy et bien d’autres.

Ces prières d’adoration devant le Saint-Sacrement, devant le Tabernacle, mais aussi à la sainte Vierge pour qu’elle nous aide à adorer son Fils, permettent d’accompagner et soutenir nos temps d’adoration eucharistique comme de recueillement auprès du Saint-Sacrement. Soigneusement choisis parmi les écrits des saints ou transmis par la tradition et la liturgie, ce sont autant de portes pour s’ouvrir à la prière et laisser Dieu entrer dans notre coeur.

« Ce recueil de prières est là pour que nos yeux, notre coeur et notre âme s’émerveillent devant une telle présence. Une véritable présence, parce qu’elle n’est pas un symbole, mais Jésus réellement présent, là, humblement, dans cette petite hostie. »

A la fin de cet ouvrage, le lecteur trouvera aussi les hymnes traditionnelles de l’Eglise : Adoro te, Ave verum, Ecce panis angelorum, pange lingua, O Salutaris hostia…

Xe dimanche après la Pentecôte : parabole du pharisien et du publicain

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

► Introït : Dum clamarem

Les chants du propre de la messe du dixième dimanche après la Pentecôte sont encore une fois tous extraits des psaumes.

Nous trouvons à l’Introït le psaume 54, qui fait suite à celui de l’Introït du dimanche précédent, et dans lequel David exprime également sa confiance dans la protection divine au milieu des épreuves,

Dum clamarem ad Dominum, exaudivit vocem meam ab his qui appropiquant mihi : et humiliavit eos, qui est ante sæcula, et manet in æternum : jacta cogitatum tuum in Domino, et ipse te enutriet.
Quand j’ai crié vers le Seigneur il a écouté ma voix, et m’a délivré de ceux qui approchaient de moi ; Il les a abaissés, Lui qui est avant les siècles et demeure à jamais. Jette tes soucis dans le Seigneur et lui-même te nourrira.

Chacun de nous peut faire sienne cette belle prière et confier ses soucis au Seigneur pour qui Il nous accorde la nourriture spirituelle, c’est-à-dire les grâces dont nous avons besoin pour affronter les difficultés et les tentations qui s’approchent de nous.
La mélodie de cet Introït, qui est d’une longueur inhabituelle, est elle-même ample et très développée avec de beaux élans plein de ferveur. Il est accompagné bien entendu par le premier verset du psaume 54 :

Exaudi Deus orationem meam, et ne despexeris deprecationem meam : intende mihi, et exaudi me.
O Dieu, écoutez ma prière et ne repoussez pas ma supplication ; soyez attentif et exaucez-moi.

► Graduel : Custodi me

Le texte du Graduel du dixième dimanche après la Pentecôte est tiré du psaume 16 que nous avons déjà rencontré à l’Offertoire du sixième dimanche, prière du juste qui se confie dans le Seigneur pour qu’il le garde dans la voie qu’il ne veut pas quitter malgré les embauches et les tentations :

Custodi me, Domine, ut pupillam oculi : sub umbra alarum tuarum protege me. De vultu tuo judicium meum prodeat : oculi tui videant æquitatem.
Gardez-moi Seigneur comme la pupille de votre œil, protégez-moi à l’ombre de vos ailes. De votre visage que provienne ma justification, que vos yeux voient ma droiture.

La première phrase est chantée comme verset à l’office des complies. Les belles images qu’elle emploie pour demander la protection divine conviennent tout à fait pour la prière du soir.
La mélodie de ce Graduel est nettement différente de celle des six dimanches précédents qui appartenaient tous au même mode grégorien ; celle-ci est plus douce et intime, mais avec de beaux élans, surtout dans la deuxième partie.

► Alléluia : Te decet hymnus

Nous retrouvons avec l’Alléluia du dixième dimanche après la Pentecôte la série des grands alléluias de louange et d’action de grâces au Seigneur pour tous ses bienfaits, qui avait été interrompue le dimanche précédent pour une prière suppliante. Une fois encore, le verset est le début d’un psaume. Cette fois c’est le psaume 64, beau cantique de reconnaissance à Dieu notamment pour les biens de la terre, ce qui convient tout à fait à cette saison.

Te decet hymnus, Deus, in Sion : et tibi reddetur votum in Jerusalem.
À vous est due une hymne, O Dieu, dans Sion. À vous est acquitté un vœu dans Jérusalem.

Sion (Jérusalem) c’est le temple, figure comme toujours de l’Église où nous venons remercier le Seigneur et figure du ciel où nous chanterons sa louange éternellement.
La mélodie de cet Alléluia est très enthousiaste, surtout dans le verset, avec de grandes envolées dans les hauteurs et une immense vocalise à la fin sur le mot Jérusalem, comme une contemplation éperdue qui ne veut plus finir.

► Offertoire : Ad te Domine

Comme celui du précédent dimanche, l’Offertoire du dixième dimanche après la Pentecôte est repris à un autre dimanche de l’année, cette fois au premier dimanche de l’Avent.

Nous y retrouvons le début du psaume 24, que nous avons déjà rencontré à plusieurs reprises, prière du pécheur qui se repent et se tourne vers Dieu avec confiance en sa miséricorde.

Ad te Domine levavi animam meam : Deus meus, in te confido, non erubescam : neque irrideant me inimici mei : etenim universi qui te exspectant, non confundentur.
Vers vous Seigneur j’élève mon âme, mon Dieu en vous je mets ma confiance, je n’aurai pas à en rougir. Que mes ennemis ne se moquent pas de moi ; en effet, aucun de ceux qui espèrent en vous ne sera confondu.

L’élévation de l’âme vers Dieu c’est la définition même de la prière, et on a ici une prière instante et fervente, dont la mélodie exprime d’une manière très profonde les sentiments de confiance et d’espérance qui sont ceux du texte.

► Communion : Acceptabis

Le texte de l’antienne de Communion du dixième dimanche après la Pentecôte est formé du dernier verset du psaume 50, le célèbre Miserere dans lequel David exprime son repentir après son crime.

Acceptabis sacrificium justitiæ, oblationes et holocausta super altare tuum, Domine.
Vous agréerez le sacrifice offert en toute justice, les oblations et les holocaustes sur votre autel, Seigneur.

Le futur qui est employé ici montre qu’il y a une condition à cet agrément par Dieu de nos offrandes ; elle nous est donnée par un verset précédent du psaume précisant que le sacrifice qui plaît à Dieu c’est un esprit humilié et un cœur contrit. Ce sont les sentiments qui étaient déjà exprimés dans l’Introït et l’Offertoire de cette messe, et avec lesquels nous pouvons nous offrir et approcher de l’autel au moment de la communion.
Après un bel élan à l’intonation, la mélodie est calme et douce, sans grands intervalles, avec juste une petite insistance sur le mot altare.

Pologne : une statue de 55m de haut sera bénie à l’Assomption

La plus haute statue de la Vierge Marie en Europe sera inaugurée en Pologne le 15 août. Déjà, les fidèles affluent pour observer le monument qui culmine à plus de cinquante mètres de hauteur.

Cette impressionnante statue de la Vierge Marie a été érigée dans la commune rurale de Konotopie au centre du pays. Culminant à 55 mètres de hauteur, cette statue constitue le plus haut monument marial d’Europe.

Une éleveuse torturée dans un camp de gitans

Douce France :

Une éleveuse de 25 ans a été victime d’un  guet-apens, lundi 27 juillet, en Mayenne.  Attirée dans un camp de gitans pour y vendre un poney,  plusieurs hommes l’ont agressée avant de lui voler son animal et ses effets personnels. Elle a été brûlée au visage avec un briquet. Le parquet de Laval indique qu’une enquête a été ouverte pour vol avec torture ou acte de barbarie.

La Vie Chrétienne Victorieuse – Les Sept Mystères Révélés à l’apôtre Paul

Il y a des vérités que Dieu a gardées cachées au plus profond de Son cœur depuis la création du monde. Pendant des siècles, l’humanité a marché dans l’attente. Même les prophètes de l’Ancien Testament, fidèles sentinelles sur les remparts de la foi, ne voyaient que des contours flous, comme au travers d’un miroir obscur (1 Corinthiens 13:12). Ils percevaient la promesse, mais le dessin d’ensemble leur échappait.

Puis, au moment choisi par Dieu, le voile s’est déchiré. Cela ne s’est pas fait par l’effort d’un philosophe ou la sagesse d’un comité d’érudits, mais par l’action directe de l’Esprit de Dieu. Et pour porter ce message, Dieu n’a pas choisi un roi ou un chef religieux établi, mais un homme brisé : Saül de Tarse. Sur le chemin de Damas, ce persécuteur violent a été terrassé par la lumière du Christ, puis relevé pour devenir Paul, l’apôtre des nations.

Paul l’affirme clairement : son message ne vient pas d’une école rabbinique ou d’une tradition humaine. « L’Évangile que j’ai annoncé n’est pas de l’homme. Je ne l’ai ni reçu ni appris d’aucun homme, mais par une révélation de Jésus-Christ » (Galates 1:11-12). C’est là que repose toute l’autorité des Écritures : elles viennent du Ciel, non du raisonnement humain. « Ta Parole est établie à toujours dans les cieux » (Psaume 119:89), et « toute Écriture est inspirée de Dieu, utile pour enseigner, convaincre, corriger, instruire dans la justice » (2 Timothée 3:16).

À cet homme transformé par la grâce, Dieu a confié l’intendance de sept mystères ; vérités fondamentales, autrefois cachées, aujourd’hui révélées pour éclairer notre foi et transformer nos vies.

Le mystère de l’Incarnation : Dieu s’est fait homme
Au centre de toute la Révélation, il n’y a pas un système d’idées, mais une Personne : Jésus-Christ. Paul résume ce premier mystère avec une sobriété percutante : « Grand est le mystère de la piété : Dieu a été manifesté en chair, justifié en Esprit, vu des anges, prêché aux nations, cru dans le monde, élevé dans la gloire » (1 Timothée 3:16).

Le Verbe éternel, Créateur de l’univers, a quitté la gloire du Père pour habiter parmi nous. Il a pris un corps humain, Il a connu nos fatigues, nos joies et nos souffrances. Il s’est fait proche des brisés, des malades et des rejetés, manifestant ainsi la plénitude de la grâce et de la vérité.

Cette vérité n’est pas une théorie théologique réservée à des érudits. C’est le socle de notre foi. La vraie piété ne consiste pas à accumuler des connaissances religieuses, mais à laisser la vie même de Jésus s’exprimer en nous au quotidien. Cela demande de la dépendance et de l’humilité, même si le monde autour de nous – ou parfois le milieu religieux traditionnel – ne le comprend pas.

Le mystère du Christ en nous : une présence intérieure

La Révélation franchit une étape supplémentaire, encore plus intime : « Le mystère caché dès les siècles… c’est Christ en vous, l’espérance de la gloire » (Colossiens 1:26-27).

L’Évangile ne nous présente pas seulement un Sauveur qui a vécu il y a deux mille ans en Palestine, ni un Dieu lointain qui observe nos vies du haut du ciel. Il nous annonce un Christ qui vient habiter directement au-dedans de chaque croyant, qu’il soit Juif ou non-Juif.

Cette présence intérieure est une source de transformation permanente. Elle produit la paix, la force et le changement de cœur que nos propres efforts ne pourraient jamais accomplir. Et le plus frappant, c’est la façon dont Dieu opère : Il dépose ce trésor inestimable dans des « vases de terre » (2 Corinthiens 4:7), c’est-à-dire dans des êtres humains ordinaires, fragiles et imparfaits. C’est la preuve que toute la puissance et toute la gloire appartiennent à Dieu, et non à nous.

Le mystère de l’Église : un seul corps en Christ
Si Christ est la Tête, Il a un corps. S’Il est l’Époux, Il a une Épouse. Ce troisième mystère concerne la nature même de l’Église : « Ce mystère, c’est que les païens sont cohéritiers, forment un même corps, et participent à la même promesse en Jésus-Christ » (Éphésiens 3:6).

En Christ, les barrières historiques, sociales et culturelles qui séparaient les hommes se sont effondrées. Il n’y a plus de distinction de race, de rang social ou d’origine : tous ceux qui croient ont été baptisés dans un seul Esprit pour ne former qu’un seul corps (1 Corinthiens 12:13).

Le prophète Ésaïe l’avait entrevu quand il écrivait : « Ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples » (Ésaïe 56:7). Mais qui aurait pu imaginer que des nations étrangères aux alliances de la promesse deviendraient des pierres vivantes de cet édifice (1 Pierre 2:5) ? L’Église n’est donc pas une institution humaine ou un club social ; elle est le corps du Christ, animée par Son souffle et unie à Lui comme les sarments sont unis au cep de vigne.

Le mystère de l’Épouse : l’alliance et la fidélité
Pour faire comprendre la profondeur de cette relation, l’Esprit utilise l’image du mariage. Paul cite la création – l’homme et la femme devenant une seule chair – et ajoute : « Ce mystère est grand, je le dis par rapport à Christ et à l’Église » (Éphésiens 5:32).

L’amour de l’époux pour son épouse est appelé à refléter l’amour sacrificiel du Christ, qui s’est donné Lui-même pour l’Église afin de la rendre pure et sans tache (Éphésiens 5:25-27). En retour, l’attitude de l’épouse envers son mari illustre la confiance et la soumission paisible de l’Église envers son Seigneur.
Il n’y a ici aucune notion d’inégalité de valeur entre l’homme et la femme, car devant Dieu, « il n’y a plus ni homme ni femme, car tous vous êtes un en Jésus-Christ » (Galates 3:28). Il s’agit plutôt d’une complémentarité voulue par Dieu pour montrer au monde le visage de Son alliance. Modifier ou mépriser ce modèle, c’est brouiller l’image de l’amour de Christ pour Son peuple.

Le mystère de l’endurcissement d’Israël : la souveraineté de Dieu

Au milieu de ce plan de salut universel, une question douloureuse se posait à Paul : pourquoi la majorité de son propre peuple, Israël, avait-elle rejeté le Messie ? Le cinquième mystère apporte une réponse claire : « Une partie d’Israël est tombée dans l’endurcissement, jusqu’à ce que la totalité des païens soit entrée » (Romains 11:25).

Cet endurcissement n’est ni définitif, ni le fruit du hasard. Il est survenu parce qu’Israël a cherché la justice par ses propres œuvres et par un zèle sans intelligence (Romains 10:2), manquant ainsi le salut offert gratuitement par la foi. Mais dans Sa sagesse insondable, Dieu a utilisé ce refus pour faire parvenir l’Évangile jusqu’aux nations païennes. Leur chute a ainsi été la richesse du monde (Romains 11:12).
« Si Dieu n’a pas épargné les branches naturelles, Il ne t’épargnera pas non plus » (Romains 11:21). Cette mise en garde est solennelle. Les chrétiens venus des nations n’ont donc aucun sujet de fierté ou de supériorité envers le peuple juif. Ils sont comme des branches sauvages greffées sur l’olivier franc. Et la promesse de Dieu demeure ferme : un reste fidèle subsiste, et un jour, Israël dans son ensemble reconnaîtra Jésus comme son Messie, et « tout Israël sera sauvé » (Romains 11:26).

Le mystère de l’enlèvement : la victoire sur la mort
Le sixième mystère touche à notre avenir et à notre espérance ultime. Face à la peur de la mort, Paul proclame une vérité qui apporte une consolation immense : « Voici, je vous dis un mystère : nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons changés, en un instant, en un clin d’œil, à la dernière trompette » (1 Corinthiens 15:51-52).

La mort n’a pas le dernier mot. Au retour du Seigneur, au son de la trompette divine, les croyants qui sont morts ressusciteront en premier avec des corps incorruptibles. Puis, ceux qui seront encore vivants seront transformés instantanément, sans passer par la mort.

Le mystère de l’iniquité : la réalité du combat spirituel
Le plan de Dieu ne se déroule pas dans un monde neutre ou paisible. En parallèle du travail de l’Esprit, une force d’opposition est à l’œuvre : « Le mystère de l’iniquité agit déjà » (2 Thessaloniciens 2:7).
Ce mal ne se manifeste pas uniquement par des péchés évidents ou des attaques directes contre la foi. Il agit de manière plus subtile, notamment au sein même du milieu chrétien. Il s’infiltre par l’abandon silencieux des vérités bibliques au profit des idées à la mode ; le remplacement de la puissance de l’Esprit par des méthodes ou des traditions purement humaines ; le compromis avec la culture du monde sous prétexte de tolérance ; une religion de façade qui garde les apparences mais perd sa force intérieure.
Cette dérive prépare une rébellion finale contre Dieu. Si ce mal est encore retenu aujourd’hui, c’est par la présence du Saint-Esprit et la prière de l’Église fidèle. C’est pourquoi chaque croyant doit rester vigilant, discerner les pièges de son époque et garder sa foi fermement fondée sur les Écritures.

Des serviteurs fidèles
Paul se considérait simplement comme un « serviteur de Christ et dispensateur des mystères de Dieu » (1 Corinthiens 4:1). Il n’était pas le propriétaire de ce message, mais un intendant chargé de le transmettre fidèlement à tous les hommes, sans distinction d’origine ou de condition.

Aujourd’hui, nous sommes les bénéficiaires et les gardiens de ces sept mystères. Ils ne nous sont pas donnés comme une connaissance spéculative, mais comme une lumière pratique pour conduire notre vie quotidienne, notre vie de famille et la vie de nos Églises.

Restons donc attachés avec fermeté à ce que nous avons appris dans les Saintes Écritures (2 Timothée 3:14). Elles seules font autorité pour notre foi. N’y ajoutons rien, n’en retranchons rien. Transmettons-les avec simplicité, intégrité et amour, car nous aurons à rendre compte de ce qui nous a été confié. En attendant ce grand jour où nous verrons notre Seigneur face à face, marchons dans la clarté de ces vérités révélées et laissons-les transformer nos vies pour Sa gloire.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Invasion

Dans la nuit de jeudi à vendredi 31 juillet, entre 50.000 et 60.000 migrants, soit environ 70 % de la population de Ceuta, ont franchi illégalement la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole, faisant 34 morts dont 18 noyés.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez est arrivé sur place pour dénoncer une « attaque » et une « violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne ».

Selon le gouvernement espagnol, la quasi-totalité de ces dizaines de milliers de migrants sont désormais retournés au Maroc.

De son côté, l’Italie a suspendu les accords de Schengen avec l’Espagne.

La baisse du nombre de naissances se poursuit

Le nombre de naissances a encore reculé en France au premier semestre 2026, selon les données provisoires de l’Institut national de la statistique (Insee), publiées jeudi 30 juillet.

Entre janvier et juin, un peu moins de 314 000 bébés ont vu le jour, contre plus de 317 000 au premier semestre 2025. Cela représente une baisse de 1,1% du nombre quotidien de naissances moyen entre les deux périodes.

Sur l’ensemble de l’année 2026, les naissances pourraient atteindre un nouveau point bas historique. Le déclin s’inscrit dans une tendance de plus long terme. En 2025, 644 000 bébés ont vu le jour, soit près d’un quart de moins qu’en 2010, date du dernier pic des naissances, selon l’Insee.

Mgr Cordileone répond au cardinal Roche : le maintien de Traditionis custodes n’est pas réaliste

L’archevêque Salvatore Cordileone a répondu au cardinal Arthur Roche en se demandant si les restrictions imposées à la messe latine traditionnelle par Traditionis Custodes peuvent être maintenues à long terme.

Mgr Cordileone, qui a récemment été nommé à la Signature apostolique, a déclaré qu’il était réticent à spéculer sur les intentions du pape Léon, mais a fait valoir que l’accent répété du pontife sur l’unité devrait encourager une approche pastorale plus large envers les catholiques attachés à la liturgie traditionnelle.

« Je ne sais pas à quel point il connaît l’esprit du Saint-Père, mais je pense qu’une chose qui est claire pour tout le monde est que le Saint-Père veut rassembler tout le monde. Il est soucieux au sujet de l’unité ».

L’archevêque a averti que le maintien de restrictions strictes pourrait avoir des conséquences inattendues en encourageant certains des fidèles à rechercher des communautés en dehors de la pleine communion avec Rome.

« Ma préoccupation est que si ces restrictions restent en place, comme je l’ai dit dans ma déclaration, les gens auront l’impression qu’ils n’ont pas d’autre choix que de trouver de la nourriture spirituelle de la manière plus traditionnelle ».

« Je pense qu’il y a une préoccupation pour l’unité des deux côtés. Une préoccupation est que, si les restrictions restent en place, les gens iront dans des groupes qui ne sont pas en pleine communion avec le Siège de Rome. »

Dans le même temps, l’archevêque Cordileone a déclaré que l’accès plus large à la messe traditionnelle latine devrait être accompagné de garanties pour s’assurer que les participants restent pleinement engagés dans l’enseignement de l’Église.

« S’ils sont autorisés généreusement, nous devons nous assurer que les personnes qui accèdent à la messe sont en pleine communion en termes de croyance et d’acceptation des enseignements du Concile Vatican II. »

L’archevêque Cordileone a déclaré qu’il croyait que c’était déjà vrai pour la plupart des fidèles qui fréquentaient l’ancienne liturgie.

« Notre expérience ici aux États-Unis, et je pense que dans d’autres pays aussi, est que, pour la plupart, c’est le cas. »

L’archevêque Cordileone est allé plus loin lorsqu’on lui a demandé si Traditionis Custodes représentait une politique durable à long terme, arguant que l’intérêt croissant des jeunes catholiques suggérait le contraire.

« Pour être honnête, je ne pense pas que ce soit réaliste ». « Nous regardons la jeune génération. Ils aiment tous la tradition. Ils aiment la façon plus classique que l’Église adore. »

Il a déclaré que l’attraction s’étendait au-delà de la célébration de la liturgie préconciliaire et comprenait des célébrations plus traditionnelles de la messe post-conciliaire.

« Même l’ordo de la messe actuel , célébré d’une manière plus traditionnelle avec le prêtre ad orientem et la musique sacrée, avec une grande solennité et révérence : ils désirent cette profonde tradition. »

« Cela les emmène dans un endroit très profond. C’est imparable. Cela attirait les jeunes et continuera de le faire. »

La charité en actes à destination des adolescents

Professeur de français, Inès de Chantérac propose aux adolescents 25 petits textes sur divers sujets de savoir-être : dire merci, faire passer les autres avant soi-même, être serviable, développer son goût pour la culture, la conversation, la lecture, l’alcool,… Les textes sont amusants mais on se demande comment en est-on arrivé à publier un tel livre pour enseigner le minimum de savoir-vivre à des jeunes, alors que ce minimum s’acquiert normalement dans toute famille. Et c’est ainsi que l’on constate que la destruction méthodique de la cellule familiale provoque un bouleversement éducatif majeur.

Loin d’être « rasoir » ou moralisateur, Jésus disait merci ou pas ? se veut léger et humoristique avec des illustrations de presse du talentueux Ixène. Un livre pour exprimer aux adolescents que la politesse et la rectitude morale, loin d’être des habitudes de « coincés », sont bien une charité faite à l’autre, une manière de prendre soin de lui. Un véritable outil pour leur permettre de devenir des adultes droits !

Nouvelles censures sur X [Addendum]

Les comptes X de la Marche pour la vie, Notre-Dame de Chrétienté, abbé Raffray et Academia Christiana viennent d’être suspendus sans préavis :

Screenshot

Addendum dimanche : tous ces comptes sont rétablis suite à l’intervention d’Elon Musk.

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