Les sacres prévus par la FSSPX sont-ils légitimes ?
Source : https://claves.org/des-sacres-legitimes/
Œuvre d’un groupe de théologiens (Theologus), cet article a reçu un hommage appuyé du cardinal Sarah :
“Un immense merci pour ce texte lumineux. Il éclairera les âmes désireuses de vivre leur Foi dans la Vérité, c’est-à-dire dans le Christ et dans Son Église. Depuis 2001 je fais partie de ceux qui aident le Souverain Pontife à choisir les Candidats à l’Épiscopat, après une longue et minutieuse enquête sur chaque candidat. Je suis douloureusement surpris et choqué qu’une simple décision d’un Supérieur de Communauté décide d’ordonner des « Évêques véritablement catholiques ». Merci pour ce texte merveilleux, clair et bien étudié. Nous devons savoir que ce n’est pas nous qui sauvons les âmes. C’est le Christ Seul qui sauve. Nous, nous ne sommes que des instruments entre Ses Mains.
Continuons à prier pour qu’on ne déchire pas de nouveau le Corps du Christ.”Cardinal Robert Sarah
Quelle est l’argumentation fondamentale de la FSSPX en défense des sacres projetés pour le 1er juillet 2026 ?
Elle est résumée de façon officielle dans une Annexe à la réponse de l’abbé Pagliarani au Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, le 18 février 2026 :
« Une consécration épiscopale non autorisée par le Saint-Siège, lorsqu’elle ne s’accompagne ni d’une intention schismatique, ni de la collation de la juridiction, ne constitue pas une rupture de la communion de l’Église. La constitution Lumen gentium sur l’Église énonce au chapitre III, au n° 21 [LG 21], que le pouvoir de juridiction est conféré par la consécration épiscopale. […]
L’argumentation qui voudrait conclure que seraient schismatiques les consécrations épiscopales à venir au sein de la Fraternité, repose tout entière sur le postulat du Concile Vatican II selon lequel la consécration épiscopale donne à la fois le pouvoir d’ordre et celui de juridiction ».
En quoi cette argumentation est-elle critiquable ?
Elle comporte deux grosses erreurs : une sur ce qu’affirme le Concile ; une sur l’argumentation de ceux qui s’opposent aux futurs sacres.
Que dit en fait le Concile ?
Il n’affirme pas que la consécration épiscopale confère le pouvoir de juridiction.
Le saint Concile enseigne que, par la consécration épiscopale, est conférée la plénitude du sacrement de l’Ordre […]. La consécration épiscopale, en même temps que la charge (ou fonction : munus) de sanctification, confère aussi les charges d’enseigner et de gouverner, lesquelles cependant, de par leur nature, ne peuvent s’exercer que dans la communion hiérarchique avec le chef du collège et ses membres (LG 21).
Pour bien comprendre le texte de LG 21, il faut préciser qu’une Note (Nota explicativa prævia) a été ajoutée à Lumen gentium à la suite des demandes d’éclaircissements de pères conciliaires, dont ceux du groupe dont faisait partie Mgr Lefebvre, le Cœtus internationalis Patrum.
Que dit la Note qui explique LG 21 ?
« Dans la consécration épiscopale est donnée la participation ontologique aux fonctions (munera) sacrées comme il ressort de façon indubitable de la Tradition et aussi de la tradition liturgique. De propos délibéré on emploie le terme de fonctions (munera) et non pas celui de pouvoir (potestas), parce que ce dernier pourrait s’entendre d’un pouvoir apte à s’exercer en acte. Mais pour qu’un tel pouvoir apte à s’exercer existe, doit intervenir la détermination canonique ou juridique de la part de l’autorité hiérarchique. […] Une telle norme ultérieure est requise par la nature de la chose, parce qu’il s’agit de fonctions qui doivent être exercées par plusieurs sujets qui, de par la volonté du Christ, coopèrent de façon hiérarchique. Il est évident que cette “communion” a été appliquée dans la vie de l’Église suivant les circonstances des temps avant d’avoir été comme codifiée dans le droit.
C’est pourquoi on dit expressément qu’est requise la communion hiérarchique avec le chef et les membres de l’Église. La communion est une notion tenue en grand honneur dans l’ancienne Église (comme aujourd’hui encore, notamment en Orient). On ne l’entend pas de quelque vague sentiment, mais d’une réalité organique, qui exige une forme juridique et est animée en même temps par la charité. » (Nota prævia, n. 2).
Y a-t-il ici une nouveauté erronée de Vatican II ?
Contrairement à ce que soutient la FSSPX, selon Vatican II il n’est pas question, dans ce que confère la consécration épiscopale, du pouvoir de gouverner (de juridiction), mais de charges ou fonctions. La FSSPX affirme donc – sans le prouver – un « postulat de Vatican II » prétendument erroné.
D’ailleurs, un théologien « traditionaliste » reconnu, l’abbé Raymond Dulac, explique au contraire que dans le texte de LG 21, il n’y a pas de rupture avec la doctrine catholique antécédente : « Le sacre produit une destination innée, indélébile, inscrite dans le “caractère épiscopal” de gouverner une portion de l’Église, mais cette aptitude a besoin d’être réduite à l’acte par un vrai “pouvoir” de juridiction ». Et il parle « d’autorité radicale inscrite dans le sacre » (La collégialité épiscopale au deuxième concile du Vatican, Le Cèdre, 1979, pp. 119-120).
L’argumentation de ceux qui s’opposent aux futurs sacres repose-t-elle toute entière, comme le dit la FSSPX, sur cette supposée « erreur » de Vatican II ?
Non, car même si la FSSPX avait raison dans sa critique de Lumen gentium, ceux qui s’opposent à son raisonnement ne s’appuient pas sur cette question de la transmission du pouvoir de juridiction.
L’argumentation de ceux qui s’opposent aux sacres de la FSSPX repose sur la nature même de l’épiscopat catholique, dont l’essence comporte la communion hiérarchique.
Comment préciser l’argumentation de ceux qui s’opposent aux futurs sacres ?
Comme on vient de le dire, ce qui est en cause dans les futurs sacres, ce n’est pas la réception ou non d’un pouvoir de juridiction. C’est le fait que toutes les fonctions reçues dans le sacre – y compris celle de la sanctification des baptisés par la collation de la confirmation et de l’ordre – « ne peuvent s’exercer que dans la communion hiérarchique avec le chef du collège et ses membres » ; et que ceci tient à « la nature même » de ces fonctions épiscopales.
Cela vaut-il aussi pour un évêque sans juridiction, comme un évêque titulaire ou un évêque émérite ?
Oui, un évêque qui n’a pas reçu de sujets à gouverner (évêque titulaire) ou qui est retiré (évêque émérite), ne confirme ou n’ordonne pas les sujets d’autres évêques dans l’Église, sans la permission de leurs Ordinaires propres.
L’évêque titulaire est bien sacré sans qu’on lui ait conféré de juridiction actuelle, mais il exerce toujours cependant, dans l’ordre de la sanctification, sa « grâce de chef » reçue dans le sacre (cf. saint Irénée, Adversus hæreses, III, 17, 2) dans la communion hiérarchique avec le pape et les autres évêques.
Chaque fois qu’un évêque sans juridiction actuelle exerce son pouvoir sacramentel épiscopal, il le fait donc avec une mission reçue de ceux qui ont juridiction (évêques diocésains ou Supérieurs religieux).
Une mission particulière est-elle reçue pour les futurs évêques de la FSSPX ?
Non, ce n’est pas cela qui est envisagé pour les sacres de la FSSPX : « La situation présente, qui est celle d’une invasion généralisée et permanente du modernisme dans l’esprit des hommes d’Église, réclame, pour la sanctification et le salut des âmes, un épiscopat véritablement catholique et indemne des erreurs du concile Vatican II, tel qu’il ne saurait de fait se rencontrer en dehors de l’œuvre suscitée par Mgr Lefebvre » (Abbé Gleize, « Les sacres du 1er juillet 2026 », La Porte Latine, 11 février 2026).
Dans la présentation d’un livre en italien, la FSSPX affirme qu’est nécessaire « la consécration d’évêques intégralement catholiques pour l’ordination de prêtres intégralement catholiques qui continueront à transmettre sans altération le Dépôt de la foi » (AA. VV., Al servizio della Chiesa. Le consacrazioni episcopali della Fraternità San Pio X, Edizioni Piane, 2026).
Il est donc envisagé que les futurs évêques de la FSSPX soient consacrés non seulement sans juridiction ni mission reçues mais aussi en-dehors de la communion hiérarchique catholique, puisque seule la FSSPX peut, à son avis, transmettre sans altération le Dépôt de la foi.
Le sacre en dehors de (et a fortiori contre) la communion hiérarchique est-il un acte intrinsèquement mauvais ?
Oui, car un prêtre sacré sans recevoir de juridiction actuelle reçoit cependant toujours un pouvoir spirituel intrinsèquement ordonné au gouvernement de l’Église. Il ne peut recevoir, en dehors de toute injonction de ceux qui ont autorité dans l’Église (et a fortiori contre eux), une « grâce de chef », c’est-à-dire une puissance essentiellement ordonnée à un acte réservé, de droit divin, à ceux qui dans l’Église sont revêtus de l’autorité.
Un sacre en-dehors de la communion hiérarchique revêt donc une grave viciosité qui est, sinon schismatique, du moins dans la ligne même du schisme. Pie XII qualifie ainsi la consécration reçue sans l’institution apostolique de « très grave attentat à l’unité même de l’Église », et il qualifie de « gravement illicite et sacrilège » l’usage du pouvoir d’ordre par des évêques ainsi consacrés (Encyclique Ad apostolorum Principis, 29 juin 1958).
Conférer ou recevoir l’épiscopat en-dehors de la communion hiérarchique est-il contraire au droit divin ?
Oui, car le Christ n’a pas établi les apôtres, ni les apôtres institué les évêques, leurs successeurs, comme des entités autonomes, sans lien entre elles. Parlant de la détermination requise pour la communion hiérarchique, la Nota Prævia dit bien : « Une telle norme ultérieure est requise par la nature de la chose, parce qu’il s’agit de fonctions qui doivent être exercées par plusieurs sujets qui, de par la volonté du Christ, coopèrent de façon hiérarchique » (n. 2).
La réception de l’épiscopat par des prêtres de la FSSPX le 1er juillet se ferait donc de façon autonome et sans aucun lien avec le reste de l’épiscopat catholique. Elle s’opposerait au fait que rappelait l’abbé Berto, théologien (peritus) de Mgr Lefebvre durant le concile Vatican II : « De droit divin, les évêques, même dispersés, sont un corps constitué dans l’Église » (Pour la Sainte Église Romaine, Éd. du Cèdre, 1976, p. 242).
Et Pie XII souligne que les trois charges des évêques (y compris celle d’ordre) leur conviennent dans la subordination au Souverain Pontife : « par institution divine, vous appartient, à vous, successeurs des Apôtres, sous l’autorité du Pontife romain, en vertu d’une triple charge et prérogative (cf. can. 329), le magistère, le sacerdoce et le gouvernement (magisterium, sacerdotium, regimen) » (31 mai 1954, Allocution aux Cardinaux et évêques venus à Rome pour la canonisation de saint Pie X).
De tels sacres sont-ils exempts, comme le soutiennent leurs défenseurs, d’« intention schismatique » ?
Subjectivement, c’est possible. La grave et longue crise dans l’Église, notamment le fait que certains membres de la hiérarchie puissent parfois favoriser réellement l’erreur ou être complices de fauteurs d’erreurs, peut amener certains, de bonne foi, à perdre de vue des éléments essentiels de la doctrine catholique, comme la communion hiérarchique. Et l’intention subjective relève du jugement de Dieu.
Mais objectivement, l’épiscopat lefebvriste ne peut se constituer qu’en niant la qualité de catholiques aux autres évêques : la FSSPX le reconnaît lorsqu’elle affirme qu’il faut constituer « un épiscopat véritablement catholique » pour « le salut des âmes ».
Comme l’a rappelé Mgr Marian Eleganti, « il ne s’agit pas principalement d’intentions, mais de faits et de comportements objectifs » (thecatholicherald.com, 9 mars 2026). Et Mgr Robert Mutsaerts a écrit : « La FSSPX dispose d’une hiérarchie parallèle (des évêques sans mandat pontifical), elle procède à des ordinations sans juridiction, et ignore souvent les évêques locaux » (lifesitenews.com, 12 mars 2026).
La notion de l’épiscopat, telle que la FSSPX la met en avant, est-elle orthodoxe ?
Malheureusement la FSSPX forge de plus en plus clairement une notion de l’épiscopat manifestement contraire à la Tradition catholique. Elle prétend en effet faire des évêques qui n’ont pas de relation au gouvernement réel de l’Église, et qui ne sont pas de « vrais princes dans la hiérarchie ecclésiastique » (Léon XIII, encyclique Sapientiæ christianæ, 10 janvier 1890).
A contrario, la notion catholique de l’épiscopat est bien affirmée par saint Thomas : « L’évêque a un ordre par rapport au Corps mystique du Christ, qui est l’Église, sur laquelle il reçoit une charge principale et quasi royale » (Traité de la perfectione de la vie spirituelle, chap. 24, 4).
La Tradition s’exprime par ailleurs notamment dans les rites liturgiques et l’usage de l’Église, tant orientale qu’occidentale. Elle montre que, par les rites de la consécration épiscopale, les évêques, non seulement reçoivent un pouvoir d’ordre spécifique, mais tiennent la place du Christ comme Maître et Pasteur. Ainsi, le Pontifical romain traditionnel porte, pour tous les évêques, même ceux qui n’ont pas la charge d’un troupeau particulier : « Donnez-lui, Seigneur, une chaire épiscopale pour régir votre Église et le peuple qui lui est confié ». Et Benoît XIV invoque un autre texte du Pontifical : « Recevez l’Evangile, et allez l’annoncer au peuple qui vous est confié » (Lettre Apostolique au Cardinal delle Lanze, 4 août 1747).
La FSSPX au contraire promeut un épiscopat réduit à l’exercice du pouvoir d’ordre (ordonner des prêtres et confirmer des fidèles). Cela contredit le Concile de Trente, qui enseigne à deux reprises que « la prédication est la charge principale (præcipuum munus) des évêques » (Session 5, Decretum de reformatione, c. 2, et Session 24, Decretum de reformatione, c. 4 ; Mansi, 33, 30 et 159).
Y a-t-il un danger de dérives vers l’hétérodoxie ?
Oui. Pour la FSSPX, l’évêque est désigné par les supérieurs d’une société de vie apostolique particulière : la FSSPX. Un tel évêque n’est donc plus institué en union avec le pape et les autres évêques, il n’est plus membre d’un corps.
Il y a là une hérésie au moins dans la pratique : « La doctrine catholique la plus élémentaire, enseigne en effet Pie IX, nous apprend que personne ne peut passer pour évêque légitime :
- s’il n’est pas rattaché par la communion de foi et de charité à la pierre sur laquelle a été bâtie l’Église du Christ,
- s’il n’adhère pas au pasteur suprême auquel ont été confiées, pour les conduire au pâturage, toutes les brebis du Christ,
- s’il n’est pas lié à celui qui confirme ses frères qui sont en ce monde »
(Lettre apostolique Etsi multa luctuosa, 21 novembre 1873).
D’autre part, la notion de l’épiscopat formulée par la FSSPX est prétendument réduite à la fonction de distributeur des sacrements par les évêques sur l’injonction des supérieurs de la FSSPX.
De tels évêques disent ne pas avoir de juridiction mais ils s’attribuent pourtant, pour confirmer et ordonner, une juridiction sur des sujets qui ne sont pas les leurs. Un des signes de l’insincérité de cette absence de juridiction, c’est précisément l’usage dans les cérémonies pontificales de la FSSPX de nombreux signes des pouvoir d’enseignement et de gouvernement : la mitre, la crosse, le trône, etc. Alors que de tels signes liturgiques ne sont absolument pas requis à la validité de l’usage du pouvoir d’ordre épiscopal.
La conception d’un épiscopat réduit au pouvoir d’ordre s’oppose ainsi pratiquement à l’affirmation révélée selon laquelle les évêques sont « posés par le Saint-Esprit pour gouverner (paître, poimainein) l’Église de Dieu » (Ac 20, 28) .
Rencontre des Maires pour le Bien Commun vendredi 29 mai à Paris
Le thème central sera le nouveau mandat municipal 2026-2032 et le renforcement du réseau des élus des maires pour le bien commun.
L’invité politique sera Nicolas Dupont-Aignan, maire de Yerres (plébiscité avec 80% des voix au 1er tour pour son … 7ème mandat), ancien député de l’Essonne. Il viendra présenter son expérience d’élu local :
- Ses réalisations marquantes
- Sa vision de la nécessaire “réforme de la réforme” territoriale pour redonner aux maires le pouvoir et les moyens de servir véritablement le bien commun de leurs villes ou villages. Il faudra réclamer cette réforme aux candidats aux élections présidentielles 2027 !
Programme de la journée :
- 9h présentation de la charte qui inspirera le nouveau mandat municipal,
- 10h, des maires de MBC présenteront leurs réalisations conformes
- 11h30 Nicolas Dupont-Aignan, maire de Yerres, ancien député de l’Essonne, président de « Debout La France », présentera ses réalisations concrètes d’élu local et sa vision d’une « réforme de la réforme » territoriale.
- 13h : buffet
- 14h30, deux initiatives importantes pour les maires seront présentées :
- Maître Virginie de Araujo Recchia (présidente d’ONEST), avocat, détaillera les règles de la liberté d’expression des élus et la liberté religieuse au sens de l’article 9 de la CEDH (Cour Européenne des Droits de l’Homme)
- Guillaume de Thieulloy, directeur du Salon Beige, présentera ses initiatives de presse pouvant être utiles au réseau des élus locaux
- A 15h30, les actualités de « l’EVARS, un an après » seront présentées : bilan de la 1ère année du collectif RFE (Renaissance Famille Education), ainsi que l’expérience d’autres associations menant le même combat.
Chaque conférence sera suivie d’un débat que le déjeuner-buffet permettra d’approfondir.
Contact : contact.mairesmbc@gmail.com
Gustave Thibon : Une leçon de sagesse éternelle face au tumulte moderne
Les grands esprits sont de tous les temps. Dans le fracas de nos déroutes modernes, les certitudes de Gustave Thibon demeurent ce socle de pierre contre lequel l’écume vient se briser sans nous ébranler.
Gustave Thibon : Philosophe de l’Espérance et de l’Harmonie
Le site des archives de Radio-Canada propose un entretien exceptionnel datant de 1978 avec celui que l’on surnommait affectueusement « le philosophe-paysan », Gustave Thibon. Dans cet échange d’une profondeur rare, l’auteur de L’Équilibre et l’Harmonie livre une véritable leçon de sagesse chrétienne et de bon sens, plus que jamais prophétique pour notre temps.
Présentation:
La philosophie comme changement d’âme
Loin des systèmes clos et de l’intellectualisme desséché, Thibon rappelle que la philosophie ne vaut que si elle change l’homme intérieur. Pour lui, elle ne consiste pas à apporter des réponses définitives, mais à apprendre à « poser très sérieusement les questions ». Il fustige avec une ironie mordante ces « spécialistes » qui débattent de la vérité et du bien sans que leur propre vie en soit transformée.
« Si la philosophie ne change pas l’homme, à quoi sert-elle ? » interroge-t-il, faisant écho à Pascal pour qui toute la philosophie ne valait pas une heure de peine si elle ne conduisait pas à l’essentiel.
L’harmonie contre la “massification”
Un point central de l’entretien porte sur sa critique de la société moderne et de son péché originel : l’égalitarisme. Thibon y oppose deux concepts fondamentaux :
L’équilibre : purement quantitatif, qui peut n’être qu’un « équilibre de la terreur » ou de vices.
L’harmonie : qualitative, qui est la convergence d’inégalités vers un but commun, à l’image d’une mélodie.
Face à la « massification » qui broie les âmes, il préconise de « ventiler les masses » en revenant aux communautés naturelles : la famille, le village, les groupes organiques où l’homme n’est pas qu’une étiquette dans un casier.
Un regard sur la fin dernière
Enfin, Thibon aborde avec une sérénité poignante la question de la mort, définie comme un « apprentissage des valeurs que la mort ne nous enlèvera pas ». Il dénonce avec vigueur l’acharnement thérapeutique artificiel — qu’il qualifie de criminel — car il prive l’homme de la dignité de sa « propre mort ».
Pour Thibon, plus la pensée mûrit, plus le mystère s’épaissit, mais c’est un mystère habité. Un entretien essentiel pour redécouvrir une pensée qui ne cherche pas à expliquer l’univers, mais à nous préparer au moment où le voile se lèvera.
Un document à visionner et à méditer pour quiconque cherche à rester « vivant » jusqu’au bout.
Vous trouverez ci-dessous la vidéo de l’entretien et sa retranscription intégrale. La profondeur des propos de Gustave Thibon exige cette pause : ce grand Sage mérite que l’on sache habiter le silence entre ses phrases… Bonne écoute et bonne lecture !
VIDEO:
https://www.youtube.com/watch?v=mcke85qiK0I
et retranscription intégrale de cette interview exceptionnelle!:
https://lafontsergyl.com/2026/04/15/en-1978-rencontre-avec-le-philosophe-francais-gustave-thibon/
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
L’ecclésiologie en trompe-l’œil de la Fraternité Saint-Pierre par l’abbé Gleize de la FSSPX
Source : https://fsspx.news/fr/news/lecclesiologie-trompe-loeil-la-fraternite-saint-pierre-58510
Le légalisme de la Fraternité Saint-Pierre prend la fuite devant le loup et abandonne les brebis.
« Des sacres légitimes ? ». C’est l’intitulé d’un texte signé « Theologus » et publié sur la page du 11 avril 2026 de leur site internet « claves.org »(1) par les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre. Ceux-ci essayent d’y démontrer que l’argumentation présentée par la Fraternité Saint-Pie X pour établir la légitimité des consécrations épiscopales qu’elle s’apprête à accomplir, le 1er juillet prochain, serait vaine.
Ce genre de propos n’est pas nouveau. Depuis le début en effet, c’est-à-dire depuis « l’été 1988 », les prêtres décidés à ne pas suivre Monseigneur Lefebvre, dans la décision qu’il avait prise de se donner des successeurs dans l’épiscopat, se sont efforcés de justifier leur attitude. Ce furent principalement les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre alors naissante, et parmi eux l’abbé Josef Bisig(2). Et ils l’ont fait en présentant l’initiative des sacres comme aboutissant à un épiscopat non catholique, un épiscopat schismatique, un épiscopat véhiculant une hérésie implicite. Remise en avant par le Père de Blignières(3), l’étude de l’abbé Bisig inspire pour une bonne part la réflexion actuelle des prêtres de la Fraternité Saint-Pierre, en particulier telle qu’elle s’exprime dans le texte mis en ligne le 11 avril(4).
La nouveauté, s’il en est une, est de s’en prendre aux arguments avancés par la Fraternité Saint-Pie X à l’occasion de l’annonce des futurs sacres du 1er juillet 2026. Et de faire accompagner l’étude d’un « hommage appuyé » du cardinal Sarah.
L’hommage du cardinal Sarah qualifie le texte de « lumineux », de « merveilleux, clair et bien étudié ». Il réitère surtout ce qui apparaît comme l’un des postulats adopté par tous ceux qui contestent le bien-fondé des sacres d’Ecône : « Nous devons savoir que ce n’est pas nous qui sauvons les âmes. C’est le Christ Seul qui sauve. Nous, nous ne sommes que des instruments entre Ses Mains ». Ce n’est pas nous qui sauvons l’Eglise, mais c’est l’Eglise qui nous sauve, écrivait déjà l’abbé Bisig(5). Comme si le Corps mystique du Christ était autre que les membres du Christ … Il y a là une conception de l’Eglise qui tendrait à faire de ses membres de purs instruments inertes, ou de purs spectateurs, et non acteurs, de leur salut. Luther et Calvin y avaient pensé – mais le concile de Trente nous rappelle que Dieu nous invite à faire ce que nous pouvons et à demander ce que nous ne pouvons pas(6). Et faire ce que nous pouvons, n’est-ce pas contribuer chacun à son niveau, avec les grâces reçues de Dieu, à sauver l’Eglise en sauvant les âmes dans et par l’Eglise ?…
La réfutation des arguments avancés par la Fraternité Saint-Pie X voudrait tenir en deux points, et nous en montrerons l’inanité dans un prochain article du Courrier de Rome. Ce qu’il importe de souligner ici, c’est que, avant de s’affairer à cette réfutation, les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre commencent par présenter lesdits arguments comme constituant « l’argumentation fondamentale de la Fraternité Saint-Pie X en défense des sacres projetés pour le 1er juillet 2026 ». Et c’est ici que, déjà, tout s’écroule, puisque, à la vérité, là n’est pas « l’argumentation fondamentale » de la Fraternité Saint-Pie X. Les écrivains de la Fraternité Saint-Pierre l’avouent d’ailleurs eux-mêmes lorsqu’ils présentent cette argumentation comme étant « résumée de façon officielle dans une Annexe à la réponse de l’abbé Pagliarani au Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, le 18 février 2026 ».
Précisément, il s’agit ni plus ni moins que d’une « Annexe » et celle-ci a pour objet un point technique d’ecclésiologie, dont l’explication veut seulement servir d’appui – un appui annexe – à l’argumentation principale de la Fraternité, laquelle est ailleurs. Elle est précisément dans le texte de la Lettre adressée par l’abbé Pagliarani au cardinal Fernandez(7). Elle est aussi dans le sermon prononcé par le même Don Davide au Séminaire de Flavigny, le 2 février dernier, à l’occasion des cérémonies de prise de soutane et lorsque le Supérieur Général de notre Fraternité annonça les sacres pour le 1er juillet prochain(8). Elle est enfin, et encore, dans les réponses que Don Davide donna, le 7 février dernier, aux jeunes réunis pour l’Université d’hiver organisée par le District de France de la Fraternité(9).
Cette « argumentation fondamentale » repose sur la réalité de l’état de nécessité, réalité notablement aggravée depuis l’été 1988, et qui réclame, une fois encore, la consécration de nouveaux évêques pleinement catholiques pour le salut des âmes. Ne sont-ce d’ailleurs pas les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre qui sont bien obligés de reconnaître les premiers que les promesses qui leur avaient été faites le 2 juillet 1988 avec le Motu proprio Ecclesia Dei afflicta n’ont pas été tenues ? … Promesses que menace toujours le Motu proprio Traditionis custodes.
De cet état de nécessité, les prêtres de la mouvance Ecclesia Dei, on le voit bien, évitent trop souvent de parler. Le Père de Blignières le minimise de plus en plus10. Les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre n’en parlent pas. C’est pourtant cet état de nécessité qui justifie, à lui seul, l’initiative des sacres. Et il la justifie parce que la loi suprême, dans l’Eglise, est bel et bien le salut des âmes, contre lequel aucune disposition du droit de l’Eglise ne saurait prévaloir. Dans le texte paru le 11 avril dernier, cet argument fondamental est totalement occulté. Les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre, dans une analyse pointue et difficile, détournent l’attention de leurs lecteurs sur l’un ou l’autre point de la nouvelle ecclésiologie de Vatican II, dont la Fraternité Saint-Pie X a justement dénoncé la fausseté. Mais ce n’est pas la réfutation de ces points de la nouvelle ecclésiologie qui représente la raison profonde sur laquelle ladite Fraternité entend s’appuyer pour justifier les consécrations épiscopales.
La Fraternité Saint-Pie X, certes oui, conteste l’idée absolument nouvelle selon laquelle le sacre donnerait par lui-même non seulement le pouvoir d’ordre mais encore le pouvoir de juridiction et la même Fraternité montre aussi que conférer l’épiscopat à l’encontre de la volonté du Pape n’est nullement une action intrinsèquement mauvaise ou contraire au droit divin. Mais ces discussions de spécialistes, si elles gardent toute leur importance, font ici figure de miroir aux alouettes : elles évitent de regarder en face la véritable raison qui justifie les sacres : l’état de nécessité, la situation de crise généralisée dont l’Eglise est loin d’être sortie et où les détenteurs de l’autorité suprême abusent de leur pouvoir au grand et grave préjudice du salut des âmes.
Sans doute, oui, s’il n’y a pas d’état de nécessité, si l’Eglise est dans un état normal, si le Pape agit en véritable Vicaire du Christ pour exercer son pouvoir au bénéfice du salut des âmes, en condamnant toutes les erreurs qui menacent la foi des fidèles, alors oui, il n’est pas légitime de consacrer des évêques contre la volonté du Pape et les normes habituelles du droit de l’Eglise gardent toute leur force pour interdire une telle initiative. Mais c’est la circonstance extraordinaire de la crise, c’est la situation inhabituelle où la personne d’un Pape, comme le dit Cajetan, refuse de se soumettre à son office de Pape, qui fait toute la différence. Occulter cette circonstance et raisonner comme si l’Eglise de l’après Vatican II était dans le même contexte que sous saint Pie X ou Pie XII, c’est sombrer dans le légalisme le plus étroit – et s’interdire de venir au secours des âmes.
« Nous sommes bien obligés de constater » : c’est la phrase clé qui résume toute l’attitude de Mgr Lefebvre, phrase du Bon Pasteur qui donne sa vie pour les brebis. Le légalisme de la Fraternité Saint-Pierre, lui, prend la fuite devant le loup et abandonne les brebis.
Abbé Jean-Michel Gleize
1
2
« Du sacre épiscopal contre la volonté du Pape, avec application aux sacres conférés le 30 juin par Mgr Lefebvre ». Essai théologique collectif de membres de la Fraternité Saint Pierre, sous la direction de Monsieur l’abbé Josef Bisig, 1988, 2e édition partiellement augmentée et corrigée, sans date.
3
Sur la page du 30 septembre 2022 du site de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier.
4
Ce n’est pas la seule. Dans une conférence donnée le 8 avril dernier à Paris, l’abbé Hilaire Vernier développe le même type d’arguments pour tenter de prouver qu’il serait « contraire au droit divin de conférer l’épiscopat contre la volonté du Pape, même sans vouloir lui donner une juridiction ».
5
En guise de citation conclusive, à la page 75 de l’Essai déjà cité.
6
Concile de Trente, session 6 sur la justification, chapitre 11 (DS 1536).
7
https://fsspx.news/fr/news/lettre-labbe-pagliarani-au-cardinal-fernandez-57309
8
https://fsspx.news/fr/news/abbe-pagliarani-des-sacres-par-fidelite-leglise-et-aux-ames-57017
9
https://fsspx.news/fr/news/labbe-pagliarani-repond-aux-questions-des-jeunes-sur-la-decision-des-sacres-57769
10
https://fsspx.news/fr/news/le-pere-blignieres-et-lunite-leglise-58077
(Source : FSSPX Actualités)
Illustration : FSSPX – Mois de Rome des séminaristes – Basilique Saint-Paul-Hors-les-Murs
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Demandez à votre député de soutenir le référendum sur l’euthanasie
Aujourd’hui, une actualité majeure ouvre une voie décisive : il est possible de porter ce débat au plus haut niveau démocratique.
Une initiative nouvelle au Sénat
Une proposition de loi vient d’être déposée : la proposition de loi n°510 (2025-2026), intitulée « Exclure de la notion de soin la provocation active de la mort ».
Déposée le 7 avril 2026 par le sénateur Francis Szpiner, elle est d’une grande clarté : un article unique affirmant que provoquer la mort ne peut être considéré comme un soin.
Cette initiative peut ouvrir la voie à une procédure référendaire prévue par la Constitution.
Une voie démocratique forte
Ce mécanisme permettrait :
- de redonner la parole aux Français
- de sortir d’un calendrier précipité
- d’élever ce débat au niveau qu’il mérite
Sur un sujet aussi grave, donner la mort ou protéger la vie, il est juste que le peuple tranche.
Un moment politique décisif
Ce processus s’inscrit dans le temps long : il pourrait croiser le débat des prochaines élections présidentielles et obliger les responsables politiques à se positionner clairement.
Agissez dès maintenant !
Contactez votre député et demandez-lui clairement :
- de co-signer la proposition de loi n°510 déposée par le sénateur Francis Szpiner
- de permettre ainsi un référendum sur la fin de vie
Vous pouvez écrire simplement :
“Sur un sujet aussi grave que la fin de vie, je vous demande de soutenir en la co-signant la proposition de loi n°510 déposée par le sénateur Francis Szpiner et toute démarche permettant aux Français de s’exprimer par référendum.”
La date limite est le 22 avril : contactez le dès maintenant.
Juristes pour l’enfance invite le Conseil des droits de l’Homme à recommander à la Grèce et à l’Irlande d’interdire toute forme de GPA
Communiqué de Juristes pour l’enfance :
A l’occasion de l’Examen Périodique Universel (EPU) de la Grèce et de l’Irlande par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, Juristes pour l’Enfance adresse deux contributions officielles.
Ces documents dénoncent auprès du Conseil des droits de l’Homme la législation de l’Irlande et la Grèce, deux États membres de l’Union européenne qui autorisent la gestation pour autrui (GPA), présentée comme « altruiste » et encadrée.
En Grèce, la GPA est autorisée depuis 2002 (lois 3089/2002, 3305/2005, 4272/2014 et 5197/2025) : la mère porteuse ne doit avoir aucun lien génétique avec l’enfant, issu obligatoirement de l’ovocyte d’une autre femme ; la loi prévoit une autorisation judiciaire préalable et un dédommagement de la mère porteuse de 10 000 € (ou 15 000 € en cas de grossesse multiple) pour « souffrance/fatigue ». Un scandale révélé en 2023 au Mediterranean Fertility Center en Crète a mis au jour un vaste réseau de traite de femmes migrantes, falsification de documents et exploitation, démontrant l’échec de la réglementation sur la GPA à protéger les femmes et les enfants de trafics les plus sombres.
En Irlande, la Health (Assisted Human Reproduction) Act 2024 encadre une GPA dite “altruiste”, avec approbation par l’AHRRA et possibilité de GPA internationale. La mère porteuse peut percevoir des indemnités incluant la perte de revenus (jusqu’à 12 mois), ce qui s’apparente à une rémunération indirecte.
Juristes pour l’Enfance rappelle, dans ses deux contributions, que la GPA, même prétendument « altruiste », contrevient à la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), et notamment :
– à l’article 7 (droit de l’enfant de connaître ses parents et d’être élevé par eux) ;
– à l’article 35 (protection contre la vente et la traite d’enfants).
La pratique de la GPA prive l’enfant de sa filiation maternelle de naissance par décision de justice et traite l’enfant comme un objet de contrat, réalisant un acte de disposition sur sa personne (abusus), assimilable à une nouvelle forme d’esclavage au sens de la Convention de Genève de 1926.
Juristes pour l’enfance souligne que la GPA constitue une forme de vente d’enfant au sens du Protocole facultatif à la CIDE (2000), comme cela a pu être considéré par plusieurs instances onusiennes :
– la Rapporteuse spéciale sur la vente et l’exploitation sexuelle d’enfants (2018) ;
– le Comité des droits de l’enfant (2019) ;
– et surtout le rapport de Reem Alsalem, Rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes et les filles (juillet 2025), qui qualifie la GPA d’exploitation et de violence systémique et appelle à son éradication sous toutes ses formes.
Constatant que la gestation pour autrui ne peut pas faire l’objet d’une législation respectueuse des droits de l’enfant, Juristes pour l’enfance invite le Conseil des droits de l’Homme à recommander à la Grèce et à l’Irlande d’interdire toute forme de gestation pour autrui sur leur territoire. C’est à cette condition qu’ils respecteront leurs engagements internationaux et protégeront réellement les droits fondamentaux des enfants.
La vie cachée de Catherine Labouré par Anne Bernet – “Tout le monde la connaissait mais personne ne savait son nom…”
Vient de paraître en poche, La Vie cachée de Catherine Labouré ou l’histoire extraordinaire de la Médaille miraculeuse.
C’est tout simplement l’histoire extraordinaire de la voyante bourguignonne à qui, rue du Bac, la Vierge Marie apparut et ordonna de faire frapper une médaille représentant sa vision.
Extraordinaire, oui et émouvante histoire que celle de cette paysanne devenue l’une des saintes les plus lumineuses et les plus humbles de la catholicité.
Catherine Labouré a neuf ans lorsque sa mère meurt prématurément. Dans un geste spontané, Catherine se voue alors à Notre-Dame en l’appelant ” maman “. Contre la volonté de son père, elle entre, en 1830, chez les Filles de la Charité. C’est là que tout a commencé, le soir du 18 juillet 1830, vers 23h30. Catherine Labouré dort. Un enfant auréolé la réveille et l’invite à rejoindre la chapelle du couvent car la Sainte Vierge l’y attend. Catherine s’y rend en toute hâte. Quelques minutes plus tard, Marie apparaît : «Mon enfant, le bon Dieu veut vous charger d’une mission.» Elle lui précise que sa tâche sera délicate et difficile. Elle verra aussi saint Vincent de Paul, le Christ présent dans l’Eucharistie, et la Vierge Marie qui lui donne pour mission de faire frapper une médaille. Le 27 novembre, en fin d’après-midi, alors que la jeune religieuse prie dans la chapelle, elle voit se dessiner deux tableaux au-dessus de l’autel.
– Sur le premier, Marie se tient débout, face à elle. Sous ses pieds, elle écrase le serpent, symbole du mal. De ses mains jaillissent des rayons de lumière intense. « Ces rayons sont les symboles de grâces que je répands, si on me le demande », lui explique la Vierge. Un ovale se forme autour de la scène et des lettres d’or apparaissent : « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». L’image disparaît progressivement pour laisser place à une nouvelle représentation de la Vierge portant un globe surmonté d’une croix. Elle lui explique : « Cette boule représente le monde entier, la France et chaque personne en particulier ».
– Sur le second tableau, Catherine voit apparaître le «M» de Marie, entrelacé avec la croix de Jésus, comme pour rappeler le lien indéfectible qui les unit. Autour, sont dessinées les douze étoiles de la « Reine du ciel ». Deux cœurs se tiennent côte à côte. À gauche, celui de Jésus reconnaissable à la couronne d’épines qui l’entoure. Sur sa droite, un cœur transpercé par un glaive, comme pour représenter la douleur d’une mère voyant son enfant souffrir. C’est le cœur de Marie.
Catherine est d’abord contrée par son confesseur qui finit, en 1832, par faire réaliser la médaille alors que sévit une terrible épidémie de choléra. Celle-ci sera très vite mondialement célèbre sous le nom de ” médaille miraculeuse “.
Propagée à des dizaines de millions d’exemplaires, elle est à l’origine d’un renouveau du culte marial et de la promulgation du dogme de l’Immaculée Conception (1854). Mais personne, hormis ses confesseurs, ne connaît l’identité de la voyante. Envoyée soigner les vieillards à Reuilly, Catherine a choisi de garder, jusqu’au bout, l’anonymat.
Catherine Labouré a été canonisée le 27 juillet 1947.
Anne Bernet nous conduit au coeur de cette existence cachée, faite de fidélité, de compassion et d’abandon. Elle révèle comment, dans l’humilité la plus radicale, une jeune religieuse a pu transformer la vie spirituelle de millions de croyants.
La médaille miraculeuse est l’une des représentations les plus connues de la Vierge Marie dans le monde. Plus de deux millions de visiteurs franchissent, chaque année, la porte de la chapelle qui lui est dédiée, rue du Bac, à Paris.
Pour en savoir plus :
Informations, recensions… et commandes sur LIVRES EN FAMILLE
La vie cachée de Catherine Labouré ou l’histoire extraordinaire de la Médaille miraculeuse, Anne Bernet, Editions Ephata, Février 2026, 11€
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Le pape encourage les chrétiens d’Algérie à témoigner
Extrait de son homélie prononcée en la basilique Saint-Augustin:
[…] Sur cette terre, chers chrétiens d’Algérie, restez un signe humble et fidèle de l’amour du Christ. Témoignez de l’Évangile par des gestes simples, des relations authentiques et un dialogue vécu au jour le jour : Vous donnerez ainsi saveur et lumière là où vous vivez. Votre présence dans le pays fait penser à l’encens : un grain incandescent qui diffuse son parfum parce qu’il rend gloire au Seigneur, et apporte joie et réconfort à beaucoup de frères et sœurs. Cet encens est un petit élément précieux qui n’est pas au centre de l’attention mais qui invite à tourner nos cœurs vers Dieu, en nous encourageant mutuellement à persévérer dans les difficultés du temps présent. La louange, la bénédiction, la supplication s’élèvent de l’encensoir de notre cœur, en répandant la suave odeur (cf. Ep 5,1) de la miséricorde, de l’aumône et du pardon. Votre histoire est faite d’accueil généreux et de persévérance dans l’épreuve : c’est ici que les martyrs ont prié, c’est ici que saint Augustin a aimé son troupeau en cherchant la vérité avec passion et en servant le Christ avec une foi ardente. Soyez les héritiers de cette tradition en témoignant, dans la charité fraternelle, de la liberté de ceux qui naissent d’en haut comme une espérance de salut pour le monde.
À l’approche du 1er mai, une grande neuvaine pour confier son travail à saint Joseph
Alors que le travail est souvent vécu aujourd’hui dans l’angoisse, la pression ou le découragement, une belle initiative spirituelle est proposée aux fidèles à l’approche de la fête de saint Joseph travailleur, célébrée le 1er mai.
Du 23 avril au 1er mai, la plateforme de prière Hozana lance une grande neuvaine intitulée « Confier son travail à saint Joseph et grandir en sainteté », accompagnée par le père Père Benoît Pouzin.
Pendant neuf jours, les participants recevront chaque jour une méditation, une prière et une proposition concrète pour remettre à Dieu leur vie professionnelle : fatigue, surcharge, inquiétudes, chômage, manque de sens, équilibre de vie…
Car saint Joseph n’est pas seulement le protecteur des familles : il est aussi le modèle du travail humble, fidèle, silencieux, accompli dans l’amour de Dieu. Artisan de Nazareth, il a connu l’effort quotidien, les responsabilités concrètes, les soucis matériels. Il est donc un intercesseur tout proche de nos réalités.
Le programme de cette neuvaine est particulièrement beau :
- glorifier Dieu dans son travail ;
- confier à saint Joseph ceux qui peinent ;
- offrir ses soucis professionnels ;
- prier pour ceux qui souffrent au travail ;
- porter ceux qui cherchent un emploi ;
- retrouver un juste équilibre ;
- redonner du sens à son activité ;
- découvrir comment se sanctifier dans son métier.
Dans une société qui sépare trop souvent foi et vie professionnelle, cette neuvaine rappelle une vérité essentielle : le travail peut devenir un chemin de sainteté.
Que l’on soit salarié, artisan, parent au foyer, étudiant, chef d’entreprise, en recherche d’emploi ou à la retraite, chacun peut présenter au Seigneur ce qu’il vit et demander la grâce de vivre son devoir d’état dans la paix.
Pour rejoindre gratuitement la neuvaine : s’inscrire ici
La légitimité de l’autorité ne repose pas sur l’accumulation de puissance, mais sur la sagesse et la vertu avec lesquelles elle est exercée
Message du Saint-Père à l’occasion de l’Assemblée plénière de l’Académie pontificale des sciences sociales :
[…] La doctrine sociale de l’Église catholique considère le pouvoir non comme une fin en soi, mais comme un moyen ordonné au bien commun. Cela implique que la légitimité de l’autorité ne repose pas sur l’accumulation de puissance économique ou technologique, mais sur la sagesse et la vertu avec lesquelles elle est exercée (cf. Catéchisme de l’Église catholique, 1903 ). Car la sagesse nous permet de discerner et de rechercher le vrai et le bien, plutôt que les biens apparents et la vaine gloire, dans les circonstances de la vie quotidienne. Cette sagesse est indissociable des vertus morales, qui renforcent notre désir de promouvoir le bien commun. En particulier, nous savons que la justice et la force d’âme sont indispensables pour prendre des décisions éclairées et les mettre en œuvre. La tempérance se révèle également essentielle à l’usage légitime de l’autorité, car la véritable tempérance freine l’orgueil démesuré et constitue un rempart contre l’abus de pouvoir.
Cette conception du pouvoir légitime trouve l’une de ses plus hautes expressions dans la démocratie authentique. Loin d’être une simple procédure, la démocratie reconnaît la dignité de chaque personne et appelle chaque citoyen à participer de manière responsable à la poursuite du bien commun. Reflétant cette conviction, saint Jean-Paul II affirmait que l’Église valorise la démocratie car elle garantit la participation aux choix politiques et « la possibilité d’élire et de demander des comptes à ceux qui nous gouvernent, et de les remplacer par des moyens pacifiques lorsque cela est approprié » (Centesimus Annus , 46). La démocratie ne demeure cependant saine que si elle s’enracine dans la loi morale et une juste conception de la personne humaine. Faute de ce fondement, elle risque de devenir soit une tyrannie majoritaire, soit un masque dissimulant la domination des élites économiques et technologiques.
Les mêmes principes qui régissent l’exercice de l’autorité au sein des nations doivent également guider l’ordre international – une vérité qu’il est particulièrement important de rappeler à l’heure où les rivalités stratégiques et les alliances mouvantes redessinent le paysage des relations mondiales. Il convient de rappeler qu’un ordre international juste et stable ne saurait se fonder sur un simple équilibre des puissances ni sur une logique purement technocratique. La concentration des pouvoirs technologiques, économiques et militaires entre quelques mains menace la participation démocratique des peuples et la concorde internationale.
À cet égard, mes prédécesseurs ont exprimé la nécessité d’institutions modernisées et d’une autorité universelle (cf. Jean-Paul II, Centesimus Annus , 58 ; Pacem in Terris , 137), marquée par le principe de subsidiarité (cf. Benoît XVI, Caritas in Veritate , 57). L’avènement d’une telle communauté fraternelle mondiale exige « une politique plus juste, véritablement au service du bien commun » (François, Fratelli Tutti , 154). En effet, il est « plus que jamais nécessaire de repenser avec audace les modalités de la coopération internationale » ( Visite au siège de la FAO à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation , 16 octobre 2025, p. 7).
En définitive, lorsque les puissances terrestres menacent la tranquillité de l’ordre – la définition augustinienne classique de la paix –, nous devons puiser notre espérance dans le Royaume de Dieu qui, bien que n’étant pas de ce monde, éclaire les affaires terrestres et en révèle le sens eschatologique. Dans cette perspective de foi, il nous est rappelé que l’omnipotence de Dieu se manifeste particulièrement dans la miséricorde et le pardon (cf. Thomas d’Aquin, Somme théologique , I, q. 25, a. 3, ad 3) ; la puissance divine ne domine pas, mais guérit et restaure. C’est précisément cette logique de la charité qui doit animer l’histoire, car l’activité humaine inspirée par la charité contribue à façonner la « cité terrestre » dans l’unité et la paix, faisant d’elle – si imparfaite soit-elle – une anticipation et une préfiguration de la « Cité de Dieu » (cf. Benoît XVI, Caritas in Veritate , 7). Une telle foi renforce notre détermination à bâtir une culture de réconciliation capable de surmonter les pièges de l’indifférence et de l’impuissance (cf. Discours en présence des chefs religieux , 28 octobre 2025).
Dans cet esprit, j’espère sincèrement que vos réflexions durant ces journées vous apporteront des éclairages précieux sur les usages légitimes du pouvoir, les critères d’une démocratie authentique et le type d’ordre international qui serve le bien commun. Ainsi, votre travail contribuera de manière significative à l’édification d’une culture mondiale de réconciliation et de paix – une paix qui ne se réduit pas à une fragile absence de conflit, mais qui est le fruit de la justice, née d’une autorité humblement mise au service de chaque être humain et de l’humanité tout entière. […]
L’Etat s’invite dans notre chambre à coucher
De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :
A mesure que l’État devient plus impotent – et plus hostile aux Français qu’il est supposé servir –, il se dote de prérogatives toujours plus intrusives dans nos vies. C’est ainsi que le sénat a adopté, le 9 avril, un texte déjà voté par l’Assemblée sur le « devoir conjugal ». Une bonne partie de la droite sénatoriale n’a pas pris part au vote mais le texte a été largement adopté, à la faveur de cette sorte d’unanimisme entourant généralement les « bonnes causes progressistes ». Avec le soutien du gouvernement et de la majeure partie des parlementaires (du moins ceux qui prennent part au vote), il ne fait guère de doute qu’il ait bientôt force de loi. Ce texte est, à l’origine, une proposition de loi de la députée EELV Marie-Charlotte Garin et du député Horizons Paul Christophe. Il a manifestement suscité l’enthousiasme de l’inénarrable girouette Aurore Bergé, actuellement « ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes », selon la novlangue en vigueur.
Pourtant, ce texte ne servira à rien: le « devoir conjugal » n’existant dans aucun texte de loi, il est absurde d’imaginer le supprimer. Tout ce que l’on peut trouver dans les textes est une jurisprudence considérant que l’absence prolongée de rapports sexuels sans motif légitime est un cas de divorce – ce que notre nouvelle loi progressiste ne semble pas contester. Bref, aucun devoir n’a été supprimé, aucun droit n’a été créé. En revanche, une nouvelle fois, nous avons autorisé Big Brother à entrer dans nos chambres à coucher. Je me demande souvent ce qui passe par la tête de nos « chers » parlementaires, quand ils votent ce genre de loi fumeuse.
En tout cas, ce qui est certain, c’est qu’en l’occurrence, ils n’ont pas fait progresser d’un iota la dignité de la femme, mais ils auront soumis la vie sexuelle de l’ensemble des Français au contrôle étatique. Ce qui est troublant, c’est que ce modèle de loi de plus en plus attentatoire à notre vie privée, doublé d’un État de plus en plus inefficace, semble se répandre en tout domaine.
Pour en donner un exemple, quittons un instant le Code civil afin d’observer l’éducation. Là aussi, l’État est de plus en plus inefficace: chaque année apporte son lot de mauvaises nouvelles sur l’effondrement du niveau de la France en mathématiques ou en français. Les principes d’un redressement sont bien connus et extrêmement simples : il suffit de restaurer une forme de sélection, d’encourager le travail, et de ne pas faire semblant de croire que tous les élèves sont faits pour des années d’études supérieures. Au lieu de quoi, le ministère dit par antiphrase « de l’Éducation nationale » détruit méthodiquement, à chaque changement de programme, tout ce qui reste encore debout. Mais, surtout, ledit ministère se croit investi de la mission d’apprendre aux enfants de 4 ans comment changer de sexe ou multiplier les expériences sexuelles. En d’autres termes, si nous poursuivons dans cette géniale direction, nous aurons bientôt 100 % d’une classe d’âge détentrice du bac (preuve que le niveau monte!), les mêmes 100 % de cette classe d’âge qui ne sauront ni lire, ni écrire, ni compter – mais qui sauront nommer dès la maternelle toutes les perversions imaginables.
Je ne vois qu’une interprétation rationnelle possible: l’objectif n’est nullement de former à l’esprit critique ou à la connaissance des classiques, mais bel et bien de dresser un troupeau de veaux obéissants au service de nos merveilleux oligarques.
Liban : Le prix du fer et l’illusion de la morale
Le Liban brûle une nouvelle fois sous les bombes, et avec lui, s’embrase le débat sur la légitimité de la force. Entre ceux qui invoquent la protection des minorités et ceux qui justifient une éradication sécuritaire, des voix s’élèvent souvent à droite en France pour présenter l’action militaire israélienne comme une fatalité nécessaire, voire une œuvre de salubrité publique contre le terrorisme. Pourtant, derrière les discours de fermeté, se cache une réalité humaine et politique que le pragmatisme froid ne saurait occulter.
Il est parfois avancé qu’aucun État ne tolérerait des menaces à sa frontière. Mais poussons la logique jusqu’au bout. Pour reprendre une métaphore citée sur ce blog, imagine-t-on un État limitrophe de la France rasant méthodiquement des quartiers entiers de Roubaix ou de Tourcoing, pulvérisant les ponts de la métropole lilloise pour empêcher tout retour, et dévastant les cultures agricoles sous prétexte de traquer une milice ? Imagine-t-on ce voisin clamant, entre deux frappes, posséder « l’armée la plus morale du monde » au motif qu’il prévient par SMS avant de transformer des vies en poussière ? Ce n’est pas de la légitime défense, c’est une entreprise de démolition étatique doublée d’un cynisme sans frontières que personne, en Occident, n’accepterait pour soi-même.
La critique est facile envers la FINUL. Comme pour les opérations militaires au Sahel, il est facile d’accuser un marteau de mal enfoncer un clou quand que celui qui le tient refuse de frapper. Les militaires sont souvent les expiateurs silencieux d’une politique sans cap. La résolution 1701 est certes bancale, mais elle reste le seul rempart international dans un Conseil de sécurité fracturé. Blâmer les Casques bleus pour la paralysie d’un État libanais sous hypnose est une malhonnêteté intellectuelle criante. Le mandat de la FINUL n’a jamais été de désarmer le Hezbollah de force (ce qui serait une déclaration de guerre) mais d’appuyer l’armée libanaise pour qu’elle le fasse. Or, cette armée se trouve dans une collusion structurelle avec la milice, une réalité dont l’imbrication est proprement incompréhensible vue de France.
De même, parler de « se débarrasser d’un chancre » pour évoquer une organisation ancrée dans le paysage social libanais est une métaphore dangereuse. Depuis quand soigne-t-on un malade en brûlant sa maison ? Accuser le peuple libanais de « complaisance », c’est l’insulte suprême faite à une population otage, étranglée entre l’impérialisme iranien et le militarisme israélien. On ne « libère » pas une nation en détruisant son économie, on ne fait que fertiliser le terreau du ressentiment qui produira les monstres de demain.
Il est par ailleurs paradoxal de voir certains défenseurs de la cause israélienne accuser la France de « lâcheté » ou de « trahison ». Un soupçon de patriotisme devrait pourtant alerter : lorsque des tirs visent sciemment des soldats français au Liban, l’indignation devrait être la règle, pas l’exception. Plus grave encore est la confusion entre le peuple juif et la politique de l’État d’Israël. Réduire l’histoire millénaire du judaïsme – sans rentrer dans le débat de son apport à la France – à la seule stratégie militaire d’un gouvernement dans le tunnel de la guerre n’est pas un hommage, c’est un outrage. Confondre une identité spirituelle et une culture avec les choix de défense d’un Etat est une erreur de catégorie fondamentale.
Israël affirme préférer les critiques aux condoléances. Soit. Mais on ne récolte que ce que l’on sème. La tragédie d’un État guerrier est de finir par ne définir sa cohésion interne que par l’existence de ses ennemis, voyant le monde uniquement à travers le viseur d’un fusil. Le jour où ce cycle de sang devra cesser, le chemin de la paix se heurtera au mur des souvenirs. Les générations nées dans les ruines de Beyrouth, de Bint Jubayl, de Khiam ou Rumaysh n’auront pas oublié l’odeur du phosphore.
Dans ce contexte, les appels à la prière pour les chrétiens d’Orient confinent au cynisme lorsqu’ils s’accompagnent d’une approbation des bombardements. C’est oublier qu’aux yeux d’une bonne partie des israéliens (à tout le moins la frange radicale de l’actuel gouvernement), ces « frères » chrétiens ne sont que des Arabes et des infidèles (ce que ne sont d’ailleurs pas les musulmans). Dans cette logique implacable, ils sont les perdants systématiques, sacrifiés sur l’autel d’une sécurité qui ne les inclut pas. Prétendre défendre la chrétienté tout en applaudissant la destruction de ses berceaux libanais est un affront à la foi autant qu’à la raison.
Au fond, cette vision du conflit trahit un mal bien occidental : celui du raisonnement mathématique appliqué à la chair humaine. On tente de traiter la géopolitique comme un chantier où les briques doivent s’emboîter et où les problèmes s’extraient comme des pièces défectueuses. Mais le monde n’est pas une équation balistique et les peuples ne sont pas des variables d’ajustement. Il est temps d’arrêter de confier le destin des nations aux seuls techniciens pour redonner enfin de la voix aux philosophes.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
« La médecine hippocratique au cœur de ma profession, de ma vocation, de ma mission » Séminaire de formation à l’éthique médicale du 8 au 11 mai
Le premier séminaire de novembre 2025 coordonné par M. Boyancé a réuni une cinquantaine de professionnels de santé de tous âges, des quatre coins de la France qui témoignent de leur enthousiasme.
« C’était magnifique ! », témoigne Béatrice, médecin. « Intervenants de haute volée, en même temps que personnes d’expérience du réel et pas seulement théoriciens (…) bref des personnes que l’on admire et qu’on a envie d’écouter, qui donne du sens. Merci pour le spectacle de Mehdi Djaadi, une note très belle dans le séminaire : détente et profondeur (…) »
Inès, jeune étudiante sage-femme repart enthousiaste pour poursuivre ses études : « Cette formation a répondu à de nombreuses (…) questions et m’a ouvert les yeux sur la difficulté du combat. Ce combat pour la vie qui n’est pas simple ! ». « Nous ne sommes pas seuls à chercher à comprendre et à porter des valeurs éthiques dans le monde des soignants », précise Pierre, heureux de rejoindre ce réseau d’entraide. « Merci pour ces 4 jours de formation exceptionnels ! ».
C’est de cette soif de se former, afin d’exercer une véritable médecine Hippocratique, dont témoigne Marie : « J’ai enfin trouvé une formation philosophique très précise et très claire, articulée avec la pratique médicale. J’ai beaucoup apprécié à la fois les interventions et témoignages des médecins et éducateurs, et les interventions des philosophes pour la formation du discernement .». « J’ai été énormément nourri. Avec une qualité de l’accueil dans ce cadre si ressourçant. Je serais bien resté quelques jours de plus ! » ajoute joyeusement Timothée.
- VOUS ÊTES PROFESSIONNELS DE SANTÉ, étudiants, bénévoles accompagnants et vous sentez vous aussi le besoin de vous former, de réfléchir, de discerner, d’échanger, de rejoindre un réseau d’amitié, de retrouver le sens de votre vocation et de l’enthousiasme ? Inscrivez-vous dès maintenant sur centreculturelsimoneweil.fr – Participation financière spéciale étudiant –
- QUAND ? Du 8 au 11 mai 2026
- OÙ ? Centre Port Royal, St Lambert des Bois, Vallée de Chevreuse (78) – Pension complète
- Les questions éthiques que vous vous posez : Anthropologie, fertilité, parentalité et sens de la nature, psychisme humain, maternités blessées, recherche et innovation, soins palliatifs et fin de vie, dons d’organe et transplantation, droit de la santé.
- Conférences-débat en binôme philosophe-médecin, table ronde, ateliers d’écoute, spectacle seule en scène de Clémence de Vimal : « J’ai besoin d’air, c’est pour ça que je fume ».
- Nombreux intervenants experts dans leur domaine : Dr. B . Bayle, M. Boyancé, E. Brochier, A. Certain, Dr. Fr. Coulomb, A. Henrion-Caude, Père E. Divry O.P., P. Jacob, B. Mathonat, Fl. Laguens, Maître J. Paillot Dr. P. Pissochet, Cl. Potez, Dr. J. Sainton.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Nouveau portail de la cathédrale d’Angers : “comment voulez-vous demander à un architecte de renom de s’effacer devant le monument ?”
Dans Famille chrétienne, Thomas Cauchebrais s’est intéressé au nouveau portail de la cathédrale d’Angers, qui fait débat :
[…] Ce « tampon climatique » voulu par l’État a été conçu par l’architecte japonais Kengo Kuma comme un espace de transition entre l’extérieur et le sanctuaire. Ce portail de protection a été inauguré en grande pompe le 9 avril. […]
Dans le milieu des historiens de l’art et, plus largement, parmi les professionnels du patrimoine en Anjou, les critiques publiques se font rares, même si les opinions restent partagées. « Avec ses lignes trop dures, trop froides – notamment au niveau du toit -, je ne trouve pas qu’elle s’inscrive dans la sensibilité chrétienne », confie officieusement l’un d’entre eux. Seul François Jeanneau, architecte en chef honoraire des monuments historiques et président de l’association des Amis du Vieil Angers, ose porter ouvertement un regard critique mais tout de même nuancé sur cet ajout. S’il reconnaît « une belle œuvre, bien dessinée et très bien réalisée » signée Kengo Kuma, il estime néanmoins que l’ouvrage assume une rupture trop marquée avec l’édifice médiéval. Selon lui, les proportions du projet s’éloignent trop de l’édifice d’origine, au risque de nuire à sa lisibilité, notamment dans le traitement des arcades et des colonnettes. […]
« Mais comment voulez-vous demander à un architecte de renom de s’effacer devant le monument en y adjoignant une œuvre modeste et intégrée ? Alors que précisément c’était très probablement la bonne direction, le bon parti architectural qu’il aurait fallu adopter. C’est impossible. Donc on obtient bien ce que l’on a souhaité : une œuvre contemporaine ».
[…] Un point de vue partagé par son prédécesseur à la tête de l’association des Amis du Vieil Angers, Guy Massin-Le Goff. Ancien conservateur des antiquités et objets d’art de Maine-et-Loire, il se montre toutefois bien moins nuancé que François Jeanneau. « Je trouve que c’est une grave erreur. Mais que voulez-vous, vous avez des gens au ministère qui veulent faire moderne… c’est la mode », tranche-t-il. Et d’ajouter, non sans malice : « Je garde en mémoire ces architectes contemporains me dire dans de grandes réunions patrimoniales… “Mais enfin, Monsieur, n’oubliez pas que nous construisons pour une durée de 30 ans” ». […]
Informations contradictoire sur Péter Magyar
Pour Yves Daoudal, la défaite de Viktor Orban signe la “normalisation” de la Hongrie.
Orban avait cru pouvoir sanctuariser la définition de la famille et l’interdiction de la propagande LGBT, mais le nouveau pouvoir va s’empresser de les rayer de la Constitution, et sans aucun doute de faire pire, aux applaudissements de l’UE. La Hongrie normalisée par l’UE c’est aussi un pays russophobe de plus, et dans l’immédiat le pays qui va permettre de verser 90 milliards d’euros dans le trou sans fond de l’Ukraine. (A moins que Robert Fico, éventuellement épaulé par Andrej Babiš, ne prenne le relais, mais Orban était le poids lourd…)
De son côté Ouest-France qualifie le nouveau Premier ministre de “populiste” :
le populiste Péter Magyar va remplacer l’autoritaire Viktor Orban
Selon ce compte X, Magyar est un conservateur-libéral, ex-membre du même parti qu’Orbán, mais il a démissionné à cause de tous les cas de corruption qui existaient dans le parti.
- Immigration — Contre les politiques de l’Union européenne. Pour le maintien de la barrière frontalière. En campagne, il a déclaré : « Nous choisissons le peuple hongrois et nous ne voulons pas d’immigrants ».
- Économique — Pro-marché, libéral. Pour la baisse des impôts. Réduire le pouvoir de l’État.
- Géopolitique — Anti-Poutine, mais en ce qui concerne l’Ukraine, il pense très similairement (rappelons-le, ils viennent tous deux du même parti).
- Social — « Anti-woke », il a en fait présenté des programmes pour prioriser la famille hongroise et augmenter la natalité.
- Défense — Il prévoit d’augmenter les dépenses militaires à 5 % du PIB d’ici 2035.
Péter Magyar a promis de durcir la politique migratoire de Viktor Orban :
« Nous protégeons les travailleurs hongrois : à partir du 1er juin 2026 et jusqu’à nouvel ordre, nous n’autoriserons zéro, c’est-à-dire zéro importation de travailleurs invités non hongrois en dehors de l’UE. »
Jean-Dominique Merchet, journaliste sur LCI et L’Express, souligne :
- La Hongrie de Orbán n’était pas une dictature. La preuve par les élections d’hier. Orbán avait le soutien d’une majorité d’électeurs, il l’a perdu, il s’en va. Le pays est donc resté une démocratie, certes “illibérale”, mais une démocratie quand même.
- Son échec s’explique par plusieurs raisons. D’abord, l’économie. Le pays se porte mal depuis 2020 et les prix ont fortement augmenté. Le contraste est frappant avec le dynamisme économique de la Pologne, voire de la Roumanie, ce qui est vécu comme une humiliation. La politique économique “non-orthodoxe”, avec un fort interventionnisme du pouvoir, n’a pas donné de brillants résultats.
- Dans ce contexte, la corruption massive des cercles du pouvoir, et les atteintes inhérentes à l’Etat de droit qui l’accompagnent, ont été rejeté par une majorité de Hongrois, qui ne profitaient plus des fruits de la croissance.
- L’usure naturel du pouvoir après quatre mandats consécutifs (16 ans) et même cinq s’il l’on tient compte du premier (1998-2002). Viktor Orban est sur la scène politique hongroise depuis 1989.
- Faute de pouvoir présenter un bon bilan économique, Orbán avait choisi de faire campagne sur le thème de la paix (éviter d’être entrainer dans la guerre d’Ukraine). Cela n’a pas marché.
- Une question reste ouverte : son illibéralisme a-t-il été rejeté ? En partie, mais en partie seulement. Le futur Premier ministre Peter Magyar est un homme de droite (il siège avec LR et la CDU au Parlement européen), même s’il a bénéficié du soutien des progressistes. Il se réconciliera avec Bruxelles (à la manière de Giorgia Meloni) ce qui lui permettra de bénéficier des fonds européens mais conservera une ligne anti-immigration et une certaine prudence vis-à-vis de l’Ukraine dont la cause n’est pas populaire en Hongrie – tout en s’éloignant de Moscou. Toutefois, le pays reste extrêmement dépendant de la Russie pour son approvisionnement en énergie (pétrole, gaz, nucléaire).
Cela nous indique que les médias sont en décalage sur l’actualité hongroise. Viktor Orban a été battu par un conservateur ancien membre de son parti, ce qui montre que la gauche est inexistante sur le plan électoral.
“L’histoire et la culture de la France sont évidemment inséparables du christianisme”
Dans un entretien croisé dans le JDD, Mgr Matthieu Rougé débat avec Jean-Michel Blanquer de la civilisation française :
[…] Pour un catholique, l’appartenance à une patrie terrestre est seconde par rapport à la destination qu’est la patrie céleste, c’est-à-dire l’expression accomplie de la fraternité universelle. Mais pour une religion de l’incarnation telle que le christianisme, qui affirme que Dieu se fait chair, l’expérience d’une patrie terrestre, si elle n’est pas absolutisée, est un moyen terme en vue d’appartenir à une communauté de destin. Comme chrétien, je ne néglige pas l’appartenance à une patrie terrestre. L’histoire et la culture de la France sont évidemment inséparables du christianisme, cela au moins depuis le baptême de Clovis. Il y a là une forme de paradoxe français : nous sommes l’un des pays les moins religieux au monde et en même temps l’un des plus profondément catholiques. […]
Le mouvement de sécularisation ne fait aucun doute, mais notre pays reste profondément marqué par son histoire chrétienne. Certains de nos acquis sociaux trouvent leur inspiration dans l’expérience chrétienne – ainsi de notre attachement à une protection sociale pour tous. Le désir congénital de solidarité en France s’enracine dans les grands efforts des congrégations religieuses, des moines du haut Moyen Âge aux associations chrétiennes d’aujourd’hui en passant par saint Vincent de Paul et le renouveau spirituel et caritatif du XVIIe siècle. La France est plus chrétienne qu’elle ne le sait. Certains persistent pourtant à croire qu’il faut délivrer la France du « carcan » chrétien. J’ai été frappé par la formule de votre prédécesseur Vincent Peillon [ministre de l’Éducation nationale de 2012 à 2014 sous le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, NDLR], qui a écrit dans l’un de ses livres que « la Révolution française a échoué car elle n’a pas réussi à éradiquer le catholicisme, religion intrinsèquement incompatible avec la liberté ». Malgré les coups de boutoir donnés à l’Église catholique, on voit de nos jours surgir un nombre inattendu de conversions et d’adultes catéchumènes. L’Église reste une réalité vivante et significative en France aujourd’hui. Le dialogue suivi entre préfets et évêques ou maires et curés reste un véritable point d’appui pour la santé de nos territoires. Contrairement à un certain folklore laïcard, qu’on peut prendre avec humour mais qui est en fait malfaisant, l’appartenance pleine et entière de citoyens à la foi catholique n’est en rien une menace envers l’indivisibilité de la République française.
Le pape évoque les racines chrétiennes de l’Algérie
Dans la basilique Notre-Dame d’Afrique à Alger, Léon XIV s’est adressé aux fidèles :
Votre communauté a des racines très profondes. Vous êtes les héritiers d’une multitude de témoins qui ont donné leur vie, poussés par l’amour de Dieu et du prochain. Je pense en particulier aux 19 religieux et religieuses martyrs d’Algérie qui ont choisi d’être aux côtés de ce peuple dans ses joies et dans ses peines. Leur sang est une semence vivante qui ne cessera jamais de porter du fruit.
Vous êtes également les héritiers d’une tradition encore plus ancienne qui remonte aux premiers siècles du christianisme. La voix ardente d’Augustin d’Hippone a résonné sur cette terre, précédée par le témoignage de sa mère, sainte Monique, et d’autres saints. Leur mémoire est un appel lumineux à être, aujourd’hui, des signes crédibles de communion, de dialogue et de paix. […]
À la lumière de ce que nous avons entendu, je voudrais que nous nous arrêtions pour réfléchir ensemble sur trois aspects de la vie chrétienne que je considère comme très importants, en particulier pour votre présence ici : la prière, la charité et l’unité.
D’abord, la prière. Nous en avons tous besoin. Saint Jean-Paul II le soulignait en s’adressant aux jeunes : « L’homme, disait-il, ne peut vivre sans prier, tout comme il ne peut vivre sans respirer » (Rencontre avec des jeunes musulmans à Casablanca, 19 août 1985, n. 4). Il présentait ainsi le dialogue avec Dieu comme un élément indispensable non seulement pour la vie de l’Église, mais aussi pour celle de toute personne. Saint Charles de Foucauld l’avait aussi compris, lui qui dans le fait d’être une présence priante, avait reconnu sa vocation. Il écrivait : « Je vis ici dans la joie, aux pieds du Très Saint Sacrement » (Lettre à Raymond de Blic, 9 décembre 1907) et recommandait : Priez beaucoup pour les autres. Consacrez-vous au salut de votre prochain par tous les moyens en votre pouvoir : prière, bonté, exemple (cf. Lettre à Louis Massignon, 1er août 1916). […]
Fin de vie, déni de l’humain : le manuel de survie chrétienne en politique
Bien que paru fin octobre 2024, l’ouvrage de Christine Boutin, Lettre ouverte à qui veut s’engager en politique pour servir la France et les Français, prend en ce printemps 2026 une dimension prophétique et impérative. Face à l’oubli de ce qui fait la dignité de l’homme et aux débats sur la fin de vie, ce livre n’est plus une simple lecture : c’est un acte de passage de témoin indispensable.
Quarante ans d’expérience au service de la jeunesse
On ne s’improvise pas serviteur de l’État. Christine Boutin offre ici le fruit de quarante années de combats, de mandats et de responsabilités ministérielles. Cette TRANSMISSION est le cœur battant du livre. Elle s’adresse à cette jeunesse qui a soif de vérité, mais qui manque parfois de repères historiques et méthodologiques pour agir efficacement.
Transmettre, ce n’est pas imposer le passé, c’est donner les armes intellectuelles pour conquérir l’avenir. En partageant ses succès comme ses épreuves, l’auteure livre un véritable « code de conduite » pour que la relève ne reparte pas de zéro, mais s’appuie sur une sagesse politique éprouvée au feu de l’action.
L’urgence d’une rechristianisation par l’engagement
La France s’étiole car elle oublie l’âme qui l’a bâtie. Ce manuel affirme une nécessité vitale : la rechristianisation de notre pays par une présence chrétienne décomplexée dans la cité. Pour que la France redevienne elle-même, elle doit retrouver ses racines.
La politique, telle que Christine Boutin l’a vécue et la transmet, est la forme la plus élevée de la charité. Face à la « culture du déchet » et aux menaces législatives sur la fin de vie, la foi catholique doit redevenir la boussole de l’action publique. Défendre la vie n’est pas une option parmi d’autres, c’est le socle de toute civilisation digne de ce nom.
Le sens du « Kairos » : Discerner l’heure de Dieu dans l’action
L’un des huit chantiers stratégiques du livre repose sur le concept de Kairos. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec ce terme grec, il désigne le « moment opportun », cette fraction de seconde où l’occasion se présente et où il faut agir. Si le Chronos est le temps qui s’écoule de manière linéaire, le Kairos est le temps de la décision, celui où l’action politique rencontre la volonté divine.
Savoir discerner l’urgence de protéger la dignité humaine face à la déconstruction de notre vision de l’homme, c’est précisément saisir notre Kairos. L’auteure nous enseigne que le responsable politique ne doit pas seulement gérer le temps, il doit savoir habiter ce moment de vérité où l’histoire peut basculer si l’on a le courage de témoigner de sa foi.
Un appel au rebond : Ne laissons pas ce message s’éteindre
Faut-il s’offusquer du succès feutré rencontré lors de sa parution fin octobre 2024 ? Sans doute l’urgence n’était-elle pas encore assez criante pour le plus grand nombre. Mais aujourd’hui, le moment est venu. Nous appelons à un véritable rebond de lecture.
Ce livre est un outil de formation de fer. Il doit être mis entre toutes les mains des jeunes engagés, dans les mouvements de jeunesse et les cercles de réflexion. Nous souhaitons ce sursaut parce que les clés qu’il contient sur l’autorité, la vraie liberté et le service du Bien Commun sont les seules capables de restaurer une France fidèle à sa vocation.
Un acte de résistance et d’espérance
En tant que témoins des mutations de notre époque, nous avons le devoir de transmettre ces outils à ceux qui porteront le monde de demain. Comme le souligne l’auteure, désormais diplômée en théologie, l’action politique ne sera féconde que si elle s’enracine dans la Foi.
Ne laissons pas cette expérience se perdre. Lisez ce livre, comprenez-en les messages, offrez-le à vos enfants et petits-enfants. C’est un acte de transmission, de résistance et, par-dessus tout, d’espérance.
Lettre ouverte à qui veut s’engager en politique pour servir la France et les Français, Christine Boutin (avec Marie-Joëlle Guillaume), Éditions Téqui. 352 pages.
https://www.librairietequi.com/lettre-ouverte-a-qui-veut-s-engager-en-politique-pour-servir-la-france-et-les-francais.html
Cette interview souligne l’importance de l’engagement des jeunes générations pour la protection de la vie, un thème central du “sursaut” appelé par l’ouvrage.
“La vie gagnera !” : Christine Boutin, l’espérance face à la loi sur la mort
https://www.youtube.com/watch?v=VlJ4fPBY2pE
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
De Rome à Subiaco : un pèlerinage traditionaliste en Italie du 25 au 27 avril
« Nostra Signora della Cristianità – Italie » est un pèlerinage annuel de Rome à Subiaco (91km), en passant par Castel Gandolfo, organisé par un groupe de fidèles laïcs, indépendant de toute institution, communauté ou organisation religieuse.
Le pèlerinage partira de la basilique papale Sainte-Marie-Majeure, construite à la demande de la Vierge Marie elle-même, qui était apparue en rêve au pape Libère pour lui suggérer de l’ériger à un endroit qui lui serait miraculeusement indiqué. C’est ainsi que, le 5 août, une chute de neige inhabituelle recouvrit de blanc la colline romaine de l’Esquilin, permettant au pape Libère de tracer le périmètre de la nouvelle basilique.
Le parcours traversera ensuite la Via Appia Antica, classée au patrimoine mondial de l’humanité. Au début de cette voie se trouve l’église « Quo Vadis », qui tire son nom du témoignage oral selon lequel l’apôtre Pierre, fuyant la ville pour échapper au martyre, rencontre Jésus à qui il adresse les paroles suivantes : « Domine, quo vadis ? (Seigneur, où vas-tu ?) » et le Seigneur répondit : « Venio Romam iterum crucifigi (Je viens à Rome pour être crucifié à nouveau) ». Pierre, comprenant le reproche, fait demi-tour pour affronter son destin et Jésus disparaît, mais, en disparaissant, il laisse ses empreintes sur la route. En témoignage de cet événement, à l’intérieur de l’église se trouve une pierre portant les empreintes « de ses pieds sacrés », celles laissées par Jésus à l’endroit où se dresse aujourd’hui l’église. La pierre est en réalité une copie : l’original est en effet conservé dans la basilique Saint-Sébastien. C’est de cet épisode que dérive le deuxième nom sous lequel l’église est connue : Santa Maria « in Palmis ».
Le pèlerinage traversera la commune de Castelgandolfo, où se trouve la résidence d’été des papes.
Le deuxième jour, on arrivera au sanctuaire de Genazzano, qui abrite l’image de la Vierge du Bon Conseil. Le 25 avril 1467, une peinture représentant la Vierge à l’Enfant Jésus apparut sur un mur de l’église : cette image devint rapidement l’objet d’une grande dévotion populaire. La peinture, qui se trouvait à Shkodër, en Albanie, est arrivée miraculeusement à Genazzano, échappant ainsi à la domination turque. Aujourd’hui encore, elle reste extraordinairement suspendue sur une très fine couche de plâtre.
Nigéria : des églises attaquées le jour de Pâques
L’archidiocèse nigérian de Kaduna a appelé le gouvernement à secourir les chrétiens enlevés après une attaque perpétrée par des hommes armés contre plusieurs églises le dimanche de Pâques.
Le 5 avril, pendant les offices de Pâques, un important groupe d’hommes armés a pris pour cible deux églises du village d’Ariko, dans la zone de gouvernement local de Kachia, dans l’État de Kaduna. Selon un communiqué du diocèse, cinq personnes ont été tuées et une trentaine enlevées lors de l’attaque.
Dans un communiqué publié mercredi dernier, l’archidiocèse de Kaduna a déclaré que l’attaque s’est produite alors que les chrétiens célébraient Pâques.
« Nous sommes profondément attristés par la perte d’êtres chers perdus par des familles, tandis que d’autres restent détenus. Nous appelons les autorités à tout mettre en œuvre pour assurer leur retour en toute sécurité ».
« L’attaque d’Ariko a fait cinq morts parmi les fidèles et une trentaine d’autres personnes ont été enlevées. Parmi les victimes figuraient des membres de congrégations catholiques, baptistes et de l’ECWA. »
L’archidiocèse a exhorté les autorités gouvernementales à renforcer la sécurité lors des rassemblements religieux afin de prévenir de futures attaques.
Selon Channels TV, les deux églises visées étaient l’église ECWA (« Église évangélique qui gagne tout ») et l’église catholique Saint-Augustin d’Ariko. Cependant, l’archidiocèse a également mentionné une congrégation baptiste qui aurait été attaquée, ce qui signifie qu’une troisième église a potentiellement été visée elle aussi.
Des habitants ont rapporté que les hommes armés sont arrivés en grand nombre, ont encerclé le quartier des églises et ont ouvert le feu sur les personnes rassemblées pour prier.
Suite à un appel de détresse, des troupes de l’armée nigériane sont arrivées sur les lieux pour empêcher de nouvelles attaques. Les troupes ont engagé un échange de tirs avec les assaillants et les ont pris en défaut grâce à une puissance de feu supérieure, les forçant à abandonner certains des otages qu’ils avaient pris.
L’armée a déclaré avoir libéré 31 otages. Cependant, ces chiffres sont contestés par les responsables communautaires locaux, qui affirment que nombre de ces chrétiens prétendument libérés restent aux mains de leurs ravisseurs.
Ces dernières années, les chrétiens nigérians ont été ravagés par ce type d’attaques perpétrées par des groupes islamistes radicaux. Une semaine auparavant, le dimanche des Rameaux, des hommes armés avaient tué au moins 11 personnes dans le nord du Nigeria lors d’une attaque similaire.
“J’exhorte donc ceux d’entre vous qui détiennent l’autorité dans ce pays à promouvoir une société civile vivante, dynamique et libre”
Extrait du discours du pape aux autorités algériennes et au corps diplomatique :
[…] Si vous savez dialoguer avec les aspirations de tout le monde et vous montrer solidaires avec les souffrances de nombreux pays, proches ou lointains, votre expérience pourra contribuer à imaginer et à instaurer une plus grande justice entre les peuples. Ce n’est pas en multipliant les incompréhensions et les conflits, mais en respectant la dignité de chacun et en vous laissant toucher par la souffrance d’autrui, que vous pourrez devenir les acteurs d’un nouveau cours de l’histoire, aujourd’hui plus urgent que jamais, face aux violations constantes du droit international et aux nouvelle tentations coloniales.
Mes prédécesseurs avaient déjà clairement perçu l’importance historique de ce défi. Benoît XVI fit remarquer que « les processus de mondialisation, convenablement conçus et gérés, offrent la possibilité d’une grande redistribution de la richesse au niveau planétaire comme cela ne s’était jamais présenté auparavant; s’ils sont mal gérés ils peuvent au contraire faire croître la pauvreté et les inégalités, et contaminer le monde entier par une crise ». (Lett. enc. Caritas in veritate, n. 42). Le Pape François, fort d’une longue expérience au cœur des contradictions du Sud global, a ensuite souligné l’importance de ce qui ne peut être compris qu’à la périphérie des grands centres de pouvoir et de décision : « Il faut penser à la participation sociale, politique et économique de telle manière qu’elle inclue les mouvements populaires et anime les structures de gouvernement locales, nationales et internationales, avec le torrent d’énergie morale qui naît de la participation des exclus à la construction d’un avenir commun » (Lettre encyclique Fratelli tutti, n. 169).
J’exhorte donc ceux d’entre vous qui détiennent l’autorité dans ce pays à ne pas craindre cette perspective et à promouvoir une société civile vivante, dynamique et libre, dans laquelle on reconnaisse en particulier aux jeunes la capacité de contribuer à élargir l’horizon de l’espérance pour tous. La véritable force d’un pays réside dans la coopération de tout le monde à la réalisation du bien commun. Les Autorités sont appelées non pas à dominer, mais à servir le peuple et son développement. Le critère de l’action politique réside donc dans la justice, sans laquelle il n’y a pas de paix authentique, et s’exprime par la promotion de conditions équitables et dignes pour tous. L’Église catholique, elle aussi, à travers ses communautés et ses initiatives, souhaite contribuer au bien commun de l’Algérie, en renforçant son identité particulière de pont entre le Nord et le Sud, entre l’Orient et l’Occident.
La Méditerranée, d’un côté, et le Sahara, de l’autre, constituent en effet des carrefours géographiques et spirituels d’une portée considérable. Si nous approfondissons leur histoire, sans simplifications ni idéologies, nous y trouverons cachés d’immenses trésors d’humanité, car la mer et le désert sont depuis des millénaires des lieux d’enrichissement mutuel entre les peuples et les cultures. Malheur à nous si nous en faisons des cimetières ou meurt même l’espérance ! Libérons du mal ces immenses bassins d’histoire et d’avenir ! Multiplions les oasis de paix, dénonçons et éliminons les causes du désespoir, combattons ceux qui tirent profit du malheur d’autrui ! Les gains de la spéculation sur la vie humaine, dont la dignité est inviolable, sont illicites. Unissons donc nos forces, nos énergies spirituelles, toute intelligence et toute ressource qui font de la terre et de la mer des lieux de vie, de rencontre, d’émerveillement. Que leur beauté majestueuse touche notre cœur ; que leur étendue infinie nous interroge sur la transcendance. La Méditerranée, le Sahara et le ciel immense qui les surplombe nous murmurent que la réalité nous dépasse de toutes parts, que Dieu est vraiment grand et que nous vivons tout en sa présence mystérieuse.
Cette réflexion a d’énormes conséquences sur la réalité. Nombreux sont ceux qui, aujourd’hui, en sous-estiment la portée. À y regarder de plus près, la société algérienne connaît elle aussi la tension entre le sens religieux et la vie moderne. Ici, comme partout ailleurs dans le monde, des dynamiques opposées ont tendance à se manifester, celles du fondamentalisme ou de la sécularisation, qui font que beaucoup perdent le sens authentique de Dieu et de la dignité de toutes ses créatures. Alors, les symboles et les mots religieux peuvent devenir, d’une part, langages blasphématoires de violence et d’oppression, et d’autre part, signes sans signification, dans ce grand marché de consommation qui ne rassasie pas.
Ces polarisations absurdes ne doivent toutefois pas nous effrayer. Il faut y faire face avec intelligence. Elles sont le signe que nous vivons une époque extraordinaire, marquée par un grand renouveau, où celui qui garde son cœur libre et éveille sa conscience peut puiser dans les grandes traditions spirituelles et religieuses de nouvelles visions de la réalité et des motivations inébranlables d’engagement. Il faut éduquer au sens critique et à la liberté, à l’écoute et au dialogue, à la confiance qui nous fait reconnaître dans celui qui est différent un compagnon de route, et non une menace. Nous devons œuvrer à la guérison de la mémoire et à la réconciliation entre d’anciens adversaires. C’est le don que je demande pour vous, pour l’Algérie et pour tout son peuple, sur lequel j’invoque l’abondance des Bénédictions du Très-Haut.
“Chaque peuple garde un patrimoine unique d’histoire, de culture et de foi”
Alors que deux terroristes se sont fait exploser à Alger, le pape a prononcé un discours devant le mémorial des Martyrs Maqam Echahid, monument aux morts surplombant la ville d’Alger, érigé en 1982 à l’occasion du 20ᵉ anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, en mémoire des combattants terroristes de la guerre d’Algérie. Extrait :
[…] Chaque peuple garde un patrimoine unique d’histoire, de culture et de foi. L’Algérie possède elle aussi cette richesse qui a soutenu son cheminement dans les moments difficiles et continue d’orienter son avenir. Dans ce patrimoine, la foi en Dieu occupe une place centrale : elle illumine la vie des personnes, soutient les familles et inspire le sens de la fraternité. Un peuple qui aime Dieu possède la richesse la plus authentique, et le peuple algérien garde ce joyau dans son trésor. Notre monde a besoin de croyants comme ceux-là, d’hommes et de femmes de foi, assoiffés de justice et d’unité. C’est pourquoi, face à une humanité désireuse de fraternité et de réconciliation, c’est un grand don et un engagement béni que de nous affirmer avec force et d’être toujours, ensemble, des frères entre nous et des enfants de Dieu !
À ceux qui recherchent des richesses éphémères, trompeuses et décevantes, qui finissent malheureusement souvent par corrompre le cœur humain et créer l’envie, la rivalité et les conflits, Jésus répète encore la question qu’il a posée il y a deux mille ans : « Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? » (Mt 16, 26). C’est une question fondamentale pour chacun à laquelle les défunts que nous honorons ici ont donné leur réponse : ils ont perdu la vie, mais dans un autre sens, en la donnant par amour pour leur peuple. Que leur histoire soutienne le peuple algérien et nous tous dans notre cheminement : car la vraie liberté ne s’hérite pas seulement, elle se choisit chaque jour.
Permettez-moi donc de conclure en reprenant les paroles que Jésus a adressées à ses disciples, celles que nous appelons le Sermon sur la montagne ou les Béatitudes :
« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux » (Mt 5, 3-10)
Liberté de culte : il faut défendre les chrétiens d’Algérie
Le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) est à l’initiative d’un texte publié dans le JDD et signé par de nombreuses personnalités, dont Guillaume de Thieulloy, directeur du Salon beige, rappelant la dramatique situation des chrétiens dans le plus grand pays d’Afrique :
À la veille d’une visite historique du pape Léon XIV en Algérie, alors que la quasi-totalité des églises protestantes y ont été fermées et que la liberté de religion y est réduite à une simple formulation dans la Constitution, nous, signataires de cette tribune, chrétiens algériens, responsables politiques, experts des droits de l’homme, journalistes, philosophes, juristes et écrivains, appelons la France et l’Europe à regarder en face la réalité que vivent les chrétiens en Algérie. Une souffrance méconnue, pourtant à nos portes. Selon la Constitution algérienne, l’islam est la religion d’État, ce qui fait dire à l’ancien président du Haut conseil islamique qu’« un Algérien ne peut qu’être musulman » (2021).
On recense pourtant plus de 150 000 chrétiens en Algérie, la plupart convertis depuis les années 1990. Une grande majorité est protestante évangélique, mais subsiste également une petite communauté catholique, composée essentiellement d’étrangers. Par leur engagement au service du bien commun, les chrétiens constituent une richesse pour la société algérienne.
Pourtant, ils vivent dans un climat de pression constante, subissant les effets d’une politique qui vise à étouffer toute expression religieuse autre que l’islam. L’Algérie impose en effet une identité unique, à la fois arabe et musulmane, au détriment des minorités : en particulier juives, ahmadies et chrétiennes. En 2020, la liberté de conscience était purement et simplement retirée de la Constitution.
Le système est bien rodé. De sa naissance à sa mort, le chrétien subit le poids d’une administration qui lui est ouvertement hostile. Le Code de la famille, inspiré du droit musulman, interdit notamment à une femme musulmane d’épouser un chrétien et la prive d’héritage en cas d’apostasie. Les prénoms chrétiens sont refusés à l’état civil, et certains se voient refuser une sépulture chrétienne.
Lois répressives
Par ailleurs, les autorités ont progressivement verrouillé toute forme de « dissidence spirituelle » à coups de lois répressives. Une ordonnance de 2006 soumet le culte chrétien à un régime d’autorisation restrictive, tandis qu’une loi de 2012 sur les associations renforce le verrouillage administratif quant aux lieux de culte. En conséquence, aujourd’hui, 58 églises évangéliques ont été fermées par l’État, contraignant les fidèles à la clandestinité.
Pratiquer sa foi chrétienne expose aussi à des sanctions pénales. Cette même ordonnance de 2006 punit de cinq ans de prison et d’une lourde amende le chrétien « prosélyte », qui aurait tenté de « séduire » un musulman, ou d’ébranler sa foi. Ces dispositions servent à traquer les symboles chrétiens et les témoignages publics de foi. L’interdiction du blasphème complète cet arsenal. Les autorités sanctionnent le chrétien missionnaire mais aussi le musulman apostat, soumis par ailleurs à la stigmatisation sociale. Selon l’ONG Portes Ouvertes, plus de cinquante chrétiens ont été poursuivis ces dernières années. Parmi eux, les chrétiens kabyles sont en première ligne.
La situation de l’Église catholique, plus discrète mais non moins contrainte, reste difficile. Elle évolue dans un cadre étroitement surveillé, où toute attitude missionnaire lui est interdite. En septembre 2022, Caritas Algérie a ainsi été fermée par le gouvernement. Dans ce contexte, la visite du Saint-Père du 13 au 15 avril constitue un moment charnière pour mettre en lumière la situation des chrétiens. La France doit s’en saisir dans le cadre de son dialogue avec l’Algérie. De plus, l’accord d’association de 2002 qui lie l’Union européenne avec l’Algérie fait du respect des droits de l’homme une condition essentielle de la coopération : il doit être appliqué.
Il appartient aussi aux dirigeants français d’inscrire explicitement la question de la liberté religieuse en Algérie à l’agenda diplomatique et de demander en particulier la réouverture des lieux de culte chrétiens. La France garantit pleinement la liberté du culte musulman sur son territoire : les quelque 2 300 mosquées sont majoritairement fréquentées par des fidèles d’origine algérienne. Elle est légitime à exiger du régime algérien que les droits des chrétiens soient respectés.
Léon XIV : un pape missionnaire en Algérie
Aymeric Pourbaix reçoit :
- 𝐏𝐞̀𝐫𝐞 𝐒𝐢𝐥𝐯𝐢𝐨 𝐌𝐎𝐑𝐄𝐍𝐎, prêtre missionnaire et archéologue
- 𝐅𝐫𝐞́𝐝𝐞́𝐫𝐢𝐜 𝐏𝐎𝐍𝐒, journaliste spécialiste de géopolitique
- 𝐆𝐫𝐞́𝐠𝐨𝐫 𝐏𝐔𝐏𝐏𝐈𝐍𝐂𝐊, directeur du Centre européen pour le droit et la justice
“Nos élites dirigeantes fonctionnant en circuit fermé ne comprennent tout simplement pas qu’on puisse penser autrement qu’elles”
Marcel Gauchet est interrogé dans l’Incorrect à propos de l’audiovisuel public. Extrait :
[…]
En France, plusieurs médias dénoncent une forme de censure : CNews est régulièrement épinglée par l’Arcom, C8 a été fermée, le magazine satirique La Furia s’est vu supprimer son numéro d’agrément par la CPPAP à la suite de plaintes d’associations finalement classées sans suite. Emmanuel Macron a souhaité pour sa part une labellisation des sites d’information. La liberté de la presse est-elle menacée ?
Cette tendance à la censure existe et elle est le fruit des pesanteurs sociologiques que j’évoquais précédemment. Nos élites dirigeantes fonctionnant en circuit fermé ne comprennent tout simplement pas qu’on puisse penser autrement qu’elles. Elles sont hantées par le spectre menaçant d’un « populisme » qu’elles voudraient conjurer, sans très bien savoir en quoi il consiste. Tout ce qu’elles savent, c’est que ces dangereux manants qui évoluent en dehors du « cercle de la raison » doivent être mis au pas. Cela ne concerne pas que la presse et les médias. Cet enfermement intellectuel est une menace pour la démocratie tout court. Il est temps de constitutionnaliser sa règle non-écrite, mais constitutive : la démocratie suppose de discuter librement de tout avec tout le monde.
Comment comprendre la déclaration d’Emmanuel Macron : « La liberté d’expression ? Du pur bullshit » ?
La capacité d’Emmanuel Macron de dire n’importe quoi étant désormais parfaitement répertoriée, je pense qu’il ne faut pas attribuer à cette déclaration plus de portée qu’elle n’en a. Au-delà d’un témoignage de plus de l’outrecuidance désinvolte du personnage, j’y vois une sorte d’aveu de la parfaite indifférence des princes qui nous gouvernent pour les acquis les plus fondamentaux de l’ordre démocratique. Cela doit se manipuler comme le reste.
La presse se communautarise de plus en plus, avec des audiences de plus en plus polarisées. Quelles sont les causes profondes de ce phénomène, et comment cela impacte-t-il le fonctionnement d’une démocratie ?
La presse ne fait en cela que répercuter les tendances à l’œuvre dans la société. La polarisation des opinions est un phénomène général, comme le durcissement des positions personnelles à l’échelle des acteurs individuels. Si paradoxal que cela puisse paraître au premier abord, j’y vois le résultat d’une dépolitisation profonde. La dépolitisation ne se traduit pas mécaniquement par un désintérêt pour la politique. C’est vrai pour une partie, mais il y en a une autre, qui procède de la même source, mais qui se traduit tout autrement. La dépolitisation, au plus profond, c’est la perte du sens de l’appartenance à une communauté politique. Cette appartenance obligeait à penser en termes d’action sur le tout de la société, avec ce que cela supposait de prise en compte de l’existence de ses opposants et des compromis avoués ou inavoués que cela exigeait au final. Quand cette dimension s’évanouit de la conscience des acteurs, cela peut entraîner la désertion de l’arène publique et le repli dans la vie privée, mais cela peut se traduire aussi par l’intervention dans l’arène publique sur la base de ses convictions privées, sans souci de convaincre qui que ce soit comme sans la moindre perspective de compromis. Si étrange que cela puisse paraître, encore une fois, la dépolitisation se solde par une radicalisation des positions personnelles et le refus de transiger. C’est en cela qu’elle représente une menace grave pour la démocratie. Il en résulte une stérilisation du débat public qui achève de dégoûter la masse des citoyens.
La démocratie devient ce régime démoralisant dont il n’y a rien à attendre. C’est peut-être ce qui peut lui arriver de pire.
En 2020, avec Pierre Nora, vous décidiez de mettre un terme à la parution de la revue Le Débat. Cet art si français de la conversation est-il définitivement perdu ? Comment l’expliquer ?
Il y a deux choses qui nous ont décidés à mettre la clé sous la porte : le désintérêt croissant pour la discussion argumentée, mais aussi derrière, plus gravement, la démobilisation vis-à-vis de l’approfondissement intellectuel. Deux démarches voulant dire « emmerdant » et « prise de tête » pour le consommateur actuel, y compris culturel. L’idée que les problèmes compliqués demandent de faire des diagnostics rigoureux qui supposent des échanges de points de vue sans concession est apparemment devenue obsolète pour une partie grandissante de nos contemporains, à commencer par nos responsables publics. Cela va au-delà de l’art français de la conversation, même si le souci de la forme compte pour beaucoup dans la qualité des débats. Mais il paraît que nous avons trouvé mieux : la communication. Cela dit, rien n’est jamais définitivement perdu dans ces domaines. Les échecs auxquels conduisent les solutions de facilité vont finir par donner à réfléchir. Il faut raisonner en termes de reconstruction sur de nouvelles bases, avec d’autres moyens.
Un nouvel acteur a pris une place très importante dans la diffusion d’information : les réseaux sociaux. Bonne ou mauvaise nouvelle ? La volonté de contrôle est-elle un moyen de plus du « camp du bien » pour contrer la montée populiste, ou est-ce une nécessité ?
La meilleure des nouvelles par la barrière qu’elle oppose à toute tentative de contrôle de l’expression collective, sauf passage à un pouvoir carrément totalitaire. Ce pourquoi, soit dit au passage, je ne suis pas très inquiet devant les tentatives de reprise en main qu’on nous concocte : elles ne pourront qu’échouer. Mais en même temps la pire des nouvelles par la porte qu’elle ouvre à la connerie et à la méchanceté humaine.
C’est la triste image de notre espèce que renvoient les réseaux qui me semble leur poison le plus redoutable. On a besoin d’un peu d’estime de ses pareils pour se mobiliser en tant que citoyen. La seule mesure de contrôle qui me semblerait salutaire, de ce point de vue, serait la fin de l’anonymat, le retour au principe libéral de base de la responsabilité personnelle. On assume ce qu’on raconte. C’est une question qui dépasse de loin le champ ordinaire de la politique.
Le 800e anniversaire du sacre du saint roi (29 novembre 1226) est l’occasion de redécouvrir le règne de Saint Louis
Ancien colonel de l’armée française, François-Régis Legrier est aujourd’hui professeur de géopolitique dans l’enseignement supérieur, spécialiste des conflits modernes et écrivain. Il est l’auteur d’un ouvrage remarqué sur la guerre juste, Si tu veux la paix prépare la guerre.
Il vient de publier une biographie de Saint Louis, modèle des chefs d’Etat. Nous l’avons interrogé :
Il existe déjà de nombreuses biographies de saint Louis, et vous en citez d’ailleurs plusieurs. Pourquoi une nouvelle biographie ?
Vous avez raison, il existe de nombreuses et excellentes biographies de Saint Louis, notamment celle de Jacques Le Goff en 1996. Si elles divergent parfois, et c’est bien naturel, dans leurs appréciations sur la personnalité et les décisions du petit-fils de Philippe-Aguste, elles rapportent peu ou prou les mêmes événements que nous connaissons bien et dont je ne rappelle ici que les plus marquants : le sacre à l’âge de 12 ans et la « régence » de Blanche de Castille, l’intervention du peuple parisien pour faire échouer la conspiration de Monthléry, l’affaire de l’Université, la victoire de Taillebourg en 1242 contre les Anglais, la VIIe croisade en Egypte suivie du séjour en Terre Sainte (1248-1254), le traité de Paris de 1259, souvent critiqué car il rend des terres au roi d’Angleterre, et la mort du roi devant Tunis le 25 août 1270 au cours de la VIIIe et dernière croisade.
Néanmoins, le 800e anniversaire du sacre du saint roi (29 novembre 1226) est l’occasion de redécouvrir le règne de Saint Louis. A travers un petit livre facile à lire et à emporter avec soi (format poche), j’ai voulu montrer comment Louis IX a répondu aux enjeux politiques de son temps. J’ai souhaité aussi en tirer quelques enseignements pour notre époque. En effet, Saint Louis n’a eu de cesse de lutter pour consolider la souveraineté de l’Etat tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il a œuvré sans répit pour réprimer la corruption et la violence féodale, n’hésitant pas à s’attaquer aux puissants de son époque. On lui doit notamment un vaste mouvement de réforme de la justice, condition de l’unité du pays et de la légitimité du pouvoir. Dans les relations extérieures, Louis IX a agi avec une persévérance inébranlable pour préserver la paix en Europe refusant de se laisser guider par la seule satisfaction des intérêts matériels. Il a rempli ses obligations internationales cherchant à faire du royaume de France une puissance d’équilibre entre les Grands de l’époque, le Saint empire romain et l’Eglise catholique et en se portant au secours du royaume latin de Jérusalem menacé de disparition. Ce Moyen-âge apparemment si lointain nous est en réalité étrangement familier par bien des aspects.
Avec Saint Louis, nous avons aussi une véritable leçon de philosophie politique. Le bien commun, l’exercice de l’autorité, la puissance et le bon usage de la force, la distinction des pouvoirs temporel et spirituel ne sont plus des principes abstraits mais des repères pour le décideur politique.
Mais par-dessus tout, j’ai souhaité pénétrer l’âme de Saint Louis. De par son tempérament, Louis aurait pu être un très bon roi mais un roi autoritaire et colérique. En exerçant l’autorité à l’imitation du Christ, il a témoigné d’une étonnante proximité avec le peuple sans amoindrir le prestige attaché à la fonction royale. Son ardent désir de justice et de paix n’a rien à voir avec un quelconque sentiment philanthropique ou une idéologie chimérique de paix universelle, mais se nourrit de la lecture quotidienne des Psaumes. Son amour des pauvres trouve sa source chez le Poverello d’Assise et comment ne pas être frappé par la ressemblance entre la mort de Saint François et celle de Louis ? En réalité, Saint Louis vit pleinement le serment prononcé lors de son sacre et son secret, s’il y en a un, réside dans sa profonde unité intérieure, sa présence auprès des grands et des petits et sa volonté d’être exemplaire. A l’opposé de Machiavel, Louis IX montre qu’il est possible de concilier l’Evangile et la politique. C’est, me semble t-il, une magnifique leçon pour notre époque et pour tous ceux qui sont en situation de responsabilité.
Ce saint modèle du chef d’Etat a-t-il quelque chose à enseigner à notre démocratie, malade d’ambitieux, d’aventuriers du pouvoir et de nihilistes ?
L’ambition, la soif de puissance et le goût des richesses sont inhérents à la nature humaine et source de grands désordres. Le Moyen-âge ne fait pas exception à la règle loin s’en faut. C’est une période de violences où la force prime bien souvent le droit. Or, si l’autorité politique a été instituée, c’est justement pour établir la paix, ce « fruit de la justice » selon le prophète Isaïe. Et la justice elle-même est « la ferme et constante disposition de la volonté de rendre à chacun ce qui lui est dû » selon la définition qu’en donne le jurisconsulte Ulpien au début du IIIe siècle avant Jésus-Christ. C’est la raison et l’unique raison qui donne au pouvoir politique le droit d’user légitimement de la force. Saint Louis a placé la justice et la paix au cœur de son action. « Bataille n’est pas voie de droit » avait-il l’habitude de dire. Pour reprendre le mot de Pascal, il a fait en sorte que ce qui est juste soit fort sans céder à la tentation du pouvoir absolu ou des conquêtes territoriales. Rappelons qu’il refusa la couronne impériale que lui proposait le pape après la déposition de Frédéric II.
Notre époque ne souffre pas seulement des maux évoqués supra, elle est fondamentalement l’expression d’une révolte métaphysique contre la condition humaine. Par le progrès technique, l’homme veut se faire Dieu. L’efficacité est le principe supérieur qui régit nos sociétés et non plus le bien et le mal. Cherchant à comprendre le nihilisme historique et la racine philosophique des idéologies totalitaires, Albert Camus évoquait dans l’Homme révolté, « les camps d’esclaves sous la bannière de la liberté et les massacres justifiés par amour de l’homme ». S’il revenait, il écrirait l’Homme survolté pour décrire cette excitation paroxystique qui pousse l’humanité dans un nihilisme toujours plus profond, illustré entre autres par la promotion de l’euthanasie au nom de la dignité humaine.
Dans ce contexte, le règne de Saint Louis offre bien sûr un contre-modèle civilisationnel. C’est la civilisation chrétienne qui n’est pas, faut-il le préciser une théocratie, mais une société irriguée par les valeurs de l’Evangile et la reconnaissance du règne social du Christ. Sans cette reconnaissance, le pouvoir politique trouve en lui-même sa propre fin et n’a de cesse d’étendre son emprise. L’histoire du XXe siècle le prouve abondamment et notre époque confirme cette tendance. Rejetant toute règle morale, le « temple de César » absorbe progressivement toutes les libertés à commencer par celle des familles à éduquer leurs enfants. La loi faisant obligation de scolariser son enfant dès l’âge de trois ans en est un exemple parmi d’autres. Même les bolchéviques n’avaient pas osé aller aussi loin dans la négation des droits fondamentaux de la famille.
Ajoutons que Saint Louis n’est pas seulement un modèle pour les chefs d’Etat mais un modèle pour tous les chrétiens qui sont en situation de responsabilité par cette unité intérieure qui le caractérise. Ce n’est pas un homme déchiré entre sa foi et l’exercice du pouvoir, une éthique de conviction et une éthique de responsabilité mais un homme qui se sanctifie dans les épreuves et les échecs – son règne n’en n’est pas exempt – et surtout dans l’exercice de son devoir d’état qui ne se résume pas au service de l’Etat mais qui inclut ses responsabilités familiales. Rappelons que Saint François de Sales a proposé en son temps Louis et sa femme Marguerite de Provence comme modèle des époux chrétiens.
Saint Louis organisa deux croisades afin de libérer la Terre sainte. A l’heure où le conflit au Proche-Orient semble s’intensifier, alors que le patriarche latin de Jérusalem a été empêché de célébrer la messe des Rameaux au Saint-Sépulcre, que peut apporter la France ?
L’actualité nous ramène une fois de plus à une terre qui est chère aux yeux de tous les chrétiens d’où qu’ils soient. La Terre sainte et l’ensemble de la région sont à nouveau ensanglantés et entraînés dans une spirale de violence inimaginable. Le déploiement en urgence du groupe aéronaval français de la mer Baltique à la Méditerranée orientale nous rappelle d’ailleurs à une réalité géopolitique bien vivante : la place de la France est d’abord au Levant et plus largement en Méditerranée. Depuis les Capitulations signées entre François 1er et Soliman le Magnifique en 1536, la ligne directrice de la politique étrangère française au Levant a toujours été inspirée, au moins en partie, par le souci de protéger les minorités chrétiennes et garantir l’accès aux Lieux Saints. « Cette tradition est constitutive de l’histoire de France, au-delà des clivages politiques. Elle est constitutive de notre identité même, mais aussi de celles du Moyen-Orient. J’entends que nous soyons fidèles à cette tradition. » reconnaissait Laurent Fabius en 2015[1]. Cette politique menée avec constance a permis à la France d’exercer une influence profonde et durable pendant cinq siècles. Il est donc à souhaiter que la France retrouve une capacité à peser sur le cours des choses. Cela passe par une crédibilité retrouvée sur un plan militaire, un travail diplomatique de fond et, bien sûr, du courage politique.
[1] Rapport de groupe interparlementaire d’amitié n° 147 – 28 mars 2018. Source : https://www.senat.fr/ga/ga147/ga147.html#toc14
Les propos d’un évêque allemand en contradiction avec le catéchisme
Mgr Ludger Schepers, évêque auxiliaire d’Essen, est responsable de la « pastorale queer » de la Conférence épiscopale allemande. Il a osé déclarer que l’homosexualité, la transidentité et l’intersexualité font partie du plan de Dieu. Le prélat a également réclamé un changement de l’Église sur les questions de sexe et de genre.
« La diversité des identités humaines, qu’elles soient homosexuelles, transgenres ou intersexuées, n’est pas une construction moderne, mais fait partie du plan créateur de Dieu ».
Sera-t-il convoqué à Rome par le préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi ?
En mai 2022, Mgr Ludger Schepers avait participé à un service œcuménique de bénédiction de couples homosexuels. Depuis, il n’a pas été rappelé à l’ordre par la Congrégation des évêques. Il n’a pas été incité à remettre sa charge, comme d’autres ont pu y être contraints.
L’évêque auxiliaire d’Essen est également un partisan de l’ordination des femmes au diaconat : le 15 avril 2024, il a célébré la messe de clôture d’une formation pour « diaconesses », visant à préparer leur introduction dans l’Église.
Rappelons l’enseignement du catéchisme :
S’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves (cf. Gn 19, 1-29 ; Rm 1, 24-27 ; 1 Co 6, 10 ; 1 Tm 1, 10), la Tradition a toujours déclaré que ” les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés ” (CDF, décl. ” Persona humana ” 8). Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas.
