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Le président polonais a apporté son soutien à la Marche nationale de la vie à Varsovie

Dimanche 19 avril, la Marche nationale pour la vie, l’une des plus grandes manifestations pro-vie d’Europe, a défilé dans les rues de Varsovie. Le président polonais a pris part à l’événement.

Au moment où la tête du cortège est arrivée devant le palais présidentiel, le président Karol Nawrocki est sorti à la rencontre des participants. Il a souligné que la Marche nationale pour la vie était « une belle initiative qui montre comment le bien peut vaincre le mal ».

« Je soutiens les initiatives qui servent la Pologne, et cette initiative sert sans aucun doute la Pologne. Elle est également une réponse à la grave crise démographique. Aujourd’hui, la réponse à de nombreux problèmes polonais réside précisément dans les familles polonaises, dans notre identité, dans le fait que nous nous souvenions d’où nous venons et où nous allons », a déclaré le président.

Le président a également exprimé son soutien à la Marche nationale pour la vie dans un message publié sur la plateforme  X  :

« Des milliers de personnes, au cœur de Varsovie, montrent à quel point la vie est importante pour la Pologne, à quel point la famille est importante pour la Pologne – et c’est l’expression même de cela. C’est pourquoi le président de la Pologne ne peut manquer à l’appel aujourd’hui. Je remercie les organisateurs et les merveilleuses familles polonaises »

Sur le site officiel du président polonais, on peut notamment lire :

«Dimanche, le président Karol Nawrocki s’est joint à la Marche nationale pour la vie, qui se déroulait cette année sous le slogan « Foi et fidélité 966–2026 ». Cette marche est une initiative nationale visant à défendre la vie, la famille et les valeurs chrétiennes.

Pendant la marche, le président était accompagné de son aumônier, le père Jarosław Wąsowicz. »

La Marche nationale pour la vie est organisée en Pologne par la Fondation Saint-Benoît. Depuis des années, cette fondation entretient des relations étroites avec les monastères bénédictins français de Fontgombault et de Triors, et son chapitre participe chaque année au pèlerinage Paris – Chartres.

111 ans du génocide arménien : une mémoire toujours à vif

De Raphaëlle Auclert, docteur en études russes et enseignante-chercheuse à l’ICES, pour le Salon beige:

« Dans toute la noirceur de cette guerre, cela restera gravé dans nos mémoires comme le comble de la noirceur. Il n’existe rien d’équivalent à cette destruction planifiée et silencieuse d’une race. » Par ces mots, l’ambassadeur américain à Istanbul, Henry Morgenthau (1856-1946), évoquait à la fin 1916 le vertige qui le saisit face à la barbarie du génocide qui emporta la vie d’un million et demi d’Arméniens. Des rassemblements se sont tenus hier à Paris, Cannes, Lyon, Marseille, Bordeaux et d’autres grandes villes pour rendre hommage aux victimes. Et aujourd’hui, la cathédrale Notre-Dame de Paris accueillera une divine liturgie en rite arménien. Au-delà du destin tragique d’un peuple, c’est bien sûr la dimension religieuse de ces massacres qui nous interpelle, où les Arméniens rejoignent la trop longue cohorte des Chrétiens persécutés à travers les âges. Et n’oublions pas que l’Arménie, qui fit du christianisme sa religion d’État en 301, fut le premier État chrétien de l’humanité. A ce titre et au nom des liens historiques et spirituels qui nous unissent, les Chrétiens de France se doivent d’être aujourd’hui aux côtés de leurs frères arméniens.

«Un génocide sans fin »

La nuit du 24 au 25 avril 1915 vit l’arrestation d’environ 300 membres de l’élite arménienne dans les grandes villes de l’empire ottoman; puis ce furent les déportations systématiques mises en place par l’administration ottomane : 306 convois et un million de personnes arrachées à leurs terres ancestrales. « La race arménienne en Asie mineure a été de fait anéantie », déplorait encore Hans Morgenthau. Malheureusement, cette politique d’extermination a commencé bien avant et a continué bien après 1915. Un constat résumé par l’effroyable formule de « génocide sans fin » de l’historien Vincent Duclert.[i]

En effet, avec l’émergence de l’État-nation turc sur les ruines de l’empire ottoman, les Arméniens étaient devenus des cibles pour le sultan Abdul Hamid II avec les massacres perpétrés entre 1894 et 1896, puis ceux d’Adana en 1909. « Les prétentions des diverses nationalités nous ennuient souverainement, les aspirations ethniques (…) nous horripilent, il faut que les unes et les autres disparaissent, menaçait en 1913 le docteur Nâzim Bey, idéologue du parti des Jeunes Turcs. » Avant de conclure, hélas prophétiquement : « il ne doit y avoir sur notre sol qu’une seule nation, la nation ottomane. » Et, de fait, il ne restait après la guerre que 200 000 Arméniens dans l’ensemble de l’empire ottoman, contre deux millions en 1914. Les atrocités ont continué durant les années 1918 et 1922, avec l’élimination des rescapés arméniens et grecs de Turquie.

Plus récemment, c’est la même logique impitoyable qui se poursuit. On se souvient des massacres d’Arméniens par l’Azerbaïdjan entre 1988 et 1990 et du déplacement forcé des 120 000 Arméniens du Haut-Karabakh après les violences de 2020 et 2023.

Du génocide au mémoricide

De surcroît, le massacre physique se double d’un effacement des mémoires. Bien que la loi du 29 janvier 2001 constitue une reconnaissance officielle par la république française du génocide arménien, celle-ci reste silencieuse quant au coupable. Du reste, Ankara comme Bakou persistent à nier l’existence même du génocide. Un tel négationnisme porte en lui le risque que l’histoire ne se répète.

Et c’est bien le cas, puisque le président azéri tente par tous les moyens d’imposer un récit qui nie la présence arménienne millénaire dans le Haut-Karabakh. Il va même jusqu’à en effacer toute trace culturelle, avec la destruction méticuleuse, comme en Turquie, des édifices religieux.

Un pont de prières entre Notre Dame de Paris et Sainte-Mère de Dieu

Cruelle ironie de l’histoire, la même semaine des commémorations de l’assassinat de tout un peuple, des images satellites ont révélé la destruction de l’église Sainte-Mère-de-Dieu qui dominait Stepanakert, capitale du Haut-Karabakh passée sous le joug de Bakou en 2023. Début avril déjà, l’église Saint-Jacques de cette même ville avait été rasée.

Face à un tel déchaînement de haine contre l’Église arménienne, on peut s’étonner de la complaisance des autorités actuelles. En effet, le Premier ministre s’est rendu en février dernier à Abou Dhabi pour recevoir, conjointement avec son homologue azéri, le prix Zayed pour la fraternité humaine récompensant l’accord de paix signé en août 2025. Erevan s’apprête même à faire adopter, à la demande très insistante d’Aliyev, une nouvelle Constitution supprimant la mention à toute revendication sur le Haut-Karabakh. On peut s’interroger aussi sur les pressions dont font l’objet les autorités religieuses à l’intérieur du pays.

Dans ce contexte très incertain, l’union de prières entre les Catholiques et la communauté arménienne de France est crucial, à l’image de celles qui s’élèveront aujourd’hui de Notre-Dame de Paris vers les pauvres gravats de Sainte-Mère de Dieu à Stepanakert. Le vaillant combat des Arméniens pour la Foi, la Liberté et l’Avenir est aussi le nôtre.

[i] Vincent Duclert, Arménie : un génocide sans fin et le monde qui s’éteint, Les Belles Lettres, 2023.

L’algorithme apaise. La grâce réveille. Face à l’IA, le combat spirituel de notre liberté

On agite souvent le spectre d’une révolte des machines : un futur où l’intelligence artificielle prendrait le pouvoir par la force. Ce scénario nous fascine, car il nous donne le beau rôle — celui du résistant.

Mais il nous détourne de l’essentiel.

Le véritable danger est plus discret, plus doux, plus intime. Ce que l’IA risque de transformer, ce n’est pas seulement notre monde extérieur, mais notre vie intérieure.

Car l’IA ne nous contraint pas : elle nous facilite tout.

Elle anticipe nos besoins, suggère nos choix, simplifie nos décisions. Tout devient fluide, rapide, confortable.
Et c’est précisément là que se joue le basculement.

Dans un monde sans effort, nous risquons de perdre ce qui nous construit : la résistance du réel. Cette “porte étroite” dont parle l’Évangile — ce passage exigeant, mais vivant.

À force d’être assistés, nous ne choisissons plus vraiment : nous acquiesçons. Nos goûts sont devinés, nos hésitations absorbées, nos chemins déjà tracés.

Rien ne nous est imposé.
Mais tout est déjà orienté.

Peu à peu, une fatigue s’installe : fatigue de décider, fatigue d’exister.

Les anciens appelaient cela l’« acédie » — une lassitude de l’âme, un affaiblissement du désir de vivre pleinement. Aujourd’hui, elle prend une forme nouvelle : une acédie confortable, presque invisible.

Une vie trop facile devient une vie automatique.

Or vivre, ce n’est pas optimiser.

C’est hésiter.
C’est se tromper.
C’est recommencer.

Nous confondons souvent intelligence et performance. Mais comprendre, ce n’est pas seulement analyser : c’est aussi rencontrer, s’exposer, aimer.

Une machine peut produire des textes, des images, des réponses impressionnantes. Mais elle ne vit rien de ce qu’elle génère. Elle ne connaît ni l’effort, ni l’échec, ni l’espérance.

Créer, ce n’est pas assembler.
C’est traverser un doute, affronter un silence, chercher une forme qui n’existe pas encore.

Sans cette épreuve, il reste quelque chose… mais il manque l’essentiel.

Le même risque touche nos choix.

Quand tout est calculé pour nous proposer “le meilleur”, on oublie que décider, c’est répondre. Répondre à une situation, à une responsabilité — et, pour beaucoup, à un appel plus grand que soi.

La liberté n’est pas l’absence de contrainte.
C’est la capacité de s’engager.

Alors non, il ne s’agit pas de rejeter l’intelligence artificielle.

Mais de rester vigilants.

De ne pas lui confier ce qui nous appartient : notre attention, notre jugement, notre vie intérieure.

Cela suppose parfois de ralentir.
De choisir sans recommandation.
D’accepter de perdre du temps.
De garder des espaces de silence.

Car c’est souvent là, dans ce silence, que quelque chose de plus grand peut se faire entendre.

L’intelligence artificielle révèle en creux ce qui fait notre dignité : la capacité de désirer, de choisir et d’aimer, sans garantie de réussite.

Une vie entièrement prévisible serait sans doute plus confortable.

Mais serait-elle encore vivante ?

Le danger n’est pas que les machines pensent à notre place.

Le danger est que, séduits par la facilité, nous renoncions peu à peu à vivre pleinement — à choisir, à aimer, à répondre à ce qui nous appelle.

Illustration Automat (1927) d’Edward Hopper

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Objectif : 4000 pots de confitures pour aider les sœurs de l’abbaye ND des Gardes à racheter deux nouvelles marmites

Résumé de l’opération en cours

Installées au cœur de l’Anjou depuis 1818, les sœurs trappistines de l’abbaye ND des Gardes vivent au rythme de la règle de saint Benoît : prière et travail.

Depuis 1960, pour subvenir à leurs besoins, les moniales fabriquent d’exceptionnelles confitures « à l’ancienne » : fruits macérés dans le sucre de canne 24h avant la cuisson, sans aucun ajout de gélifiant ou pectine, et cuisson lente au chaudron.

Leur artisanat a d’ailleurs été salué au Concours Général Agricole de Paris à plusieurs reprises, notamment en 2026 pour leur confiture d’oranges amères qui a reçu la médaille d’argent !

Mais les deux marmites de leur confiturerie, en service depuis 1994, sont à bout de souffle… Et après une réparation de fortune faite en urgence l’année dernière, il faut désormais les remplacer pour permettre aux sœurs de continuer leur production sereinement !

Objectif minimum : vendre 4000 pots de confiture d’ici le 3 mai !

Pour participer à l’opération, vous pouvez :

Une soeur de ND des Gardes montrant fièrement les pots de confiture © Abbaye ND des Gardes

En savoir plus sur l’abbaye Notre-Dame des Gardes

Tout commence au Moyen Âge, lorsqu’une chapelle est érigée sur le puy des Gardes, dans le Maine-et-Loire. Au XVIIe siècle, des augustins s’installent près d’elle et constituent une communauté, mais ils sont chassés par la Révolution, laissant derrière eux des ruines…

Il faudra attendre 1818 pour que la vie monastique renaisse sur la colline. Dom Augustin de Lestrange déplace dix religieuses depuis Forges, dans l’Orne, jusqu’à Saint-Georges-des-Gardes, où elles s’installent dans les ruines du couvent de chanoines augustins, près d’un ancien pèlerinage marial. Les vocations affluent alors rapidement : la communauté grandit très vite, à tel point qu’au XIXe siècle on compte une centaine de sœurs.

Mais l’histoire est mouvementée : en 1904, la communauté est chassée et se réfugie en Angleterre, à Marnhull. Heureusement, un bienfaiteur rachète les biens et les terrains de l’abbaye, et en 1906, la communauté peut enfin revenir. De retour, les sœurs s’attellent à de nombreux projets, notamment celui de terminer la construction du sanctuaire marial, dont elles sont toujours gardiennes aujourd’hui.

Abbaye ND des Gardes vue du ciel © Abbaye ND des Gardes

Et aujourd’hui  ?

Fidèles à la règle de saint Benoît, les 26 sœurs consacrent leurs journées à la prière et au travail manuel, dont la confection de leurs célèbres confitures à l’ancienne, maintes fois récompensées au Concours Général Agricole, avec trois médailles d’or à la clé.

D’ailleurs, pour cette opération, voici les confitures que les soeurs proposent :

  • oranges (médaille d’or 2020)
  • oranges amères (médaille d’or 2022, médaille d’argent 2023,2024,2026)
  • cerises griottes (médaille d’or 2020)
  • citron vert (médaille de bronze 2022)
  • framboise
  • figue
  • banane / fraise
  • mûre
  • châtaigne
  • pomme / orange / noix
  • myrtille

Avis aux amateurs de (très) bonnes confitures !

Sœurs de l’abbaye ND des Gardes tenant leur médaille d’or obtenue pour la confiture d’orange © Abbaye ND des Gardes

Inde : une marche pour la vie pour dénoncer les 15 millions d’avortements

En Inde, où près de 15,6 millions d’avortements sont pratiqués chaque année, sœur Paulina Melite alerte sur une crise à la fois sociale, culturelle et spirituelle. À la tête du réseau pro-vie national, elle plaide pour une mobilisation renforcée face à l’évolution du cadre légal et au manque de sensibilisation dans le pays. Entre action pastorale, engagement public et initiatives interreligieuses, elle appelle à une prise de conscience immédiate pour défendre la dignité de toute vie humaine.

Sœur Paulina Melite, 46 ans, est active depuis 2016 dans la pastorale pro-vie en Inde. En 2024, cette membre des Sœurs Missionnaires de Marie Immaculée a été nommée à la tête de l’organisation Indian Catholics United for Life, un réseau national d’organisations pro-vie reconnu par la Conférence épiscopale indienne. Elle a débuté son ministère en 2016 en tant qu’animatrice diocésaine du mouvement dans le diocèse syro-malabar de Kalyan, dans l’ouest de l’Inde.

Par la suite, elle a occupé le poste de secrétaire nationale du Service international du Renouveau charismatique catholique, basé à New Delhi. Sœur Paulina a joué un rôle central dans l’organisation de la première marche nationale pour la vie en Inde en 2021, un événement devenu annuel depuis. Dans cette interview, elle revient sur son travail, les lois indiennes relatives à l’avortement, ses préoccupations pastorales et ses espoirs pour l’avenir.

Pourquoi avez-vous rejoint la lutte contre l’avortement en Inde ?

Sœur Paulina Melite : C’est en travaillant avec le mouvement pro-vie du diocèse de Kalyan que j’ai pris conscience des besoins des enfants à naître et de leurs mères en Inde. Pour moi, ce ministère est un appel de Dieu en ce moment. Depuis 2016, je travaille aux niveaux diocésain et national pour sensibiliser l’opinion publique, développer le mouvement pro-vie et unifier les efforts catholiques pour sauver les enfants à naître.

Quelle est la prévalence de l’avortement en Inde ?

La première estimation nationale du nombre d’avortements en Inde date de 2015 et a révélé qu’environ 15,6 millions d’avortements ont lieu chaque année dans le pays. Autrement dit, un enfant est avorté toutes les deux secondes en Inde. Ce sont les chiffres officiels. De nombreux autres avortements ont lieu et ne figurent pas dans les statistiques officielles. Nous sommes préoccupés par l’augmentation des grossesses chez les adolescentes dans le pays. Le manque d’informations sur l’avortement est une autre source d’inquiétude.

Quel est le statut légal de l’avortement en Inde ?

L’avortement a été légalisé en 1971 par la loi sur l’interruption médicale de grossesse. Initialement, cette loi autorisait l’avortement jusqu’à 12 semaines sous certaines conditions ; ce délai a ensuite été porté à 20 semaines. En 2021, la loi a été modifiée afin de fixer la limite maximale de l’avortement à 24 semaines – applicable lorsque la grossesse présente un risque pour la vie de la mère, en cas d’anomalies fœtales, de viol ou d’échec de la contraception pour certaines catégories de femmes.

Au-delà de 24 semaines, une femme devait s’adresser aux tribunaux pour obtenir une autorisation. Cependant, début 2026, la Cour suprême a autorisé l’avortement jusqu’à 30 semaines dans un cas particulier, une décision qui pourrait avoir des implications juridiques et sociétales importantes.

Quelles sont vos inquiétudes concernant cette décision de la Cour suprême ?

Je suis profondément déçue. De telles décisions non seulement affaiblissent la protection de l’enfant à naître, mais affectent également le respect culturel de la vie humaine. Une telle mesure entraînerait une forte augmentation du nombre d’avortements en Inde.

Comment comptez-vous contrer cela ?

Nous ne pouvons rester silencieux et nous devons nous exprimer avec plus de force contre l’avortement. Nous avons lancé une pétition demandant au gouvernement de reconnaître le droit fondamental à la vie de l’enfant à naître. Nous avons remis les signatures au cabinet du Premier ministre et au ministère fédéral de la Santé et du Bien-être familial. Loin de nous décourager, ces événements nous rendent plus forts. Nous avons reçu un soutien accru de la part des évêques, des prêtres et des responsables laïcs qui souhaitent une réponse catholique unifiée face à cette grave situation.

Veuillez expliquer votre ministère pro-vie. Quelle est sa pertinence aujourd’hui ?

Notre mouvement pro-vie repose sur la conviction que toute vie humaine est sacrée, de la conception à la mort naturelle. Nous menons des programmes de sensibilisation pro-vie auprès des diocèses, des paroisses, des universités, des écoles et de divers groupes. Ces programmes abordent l’avortement, la contraception, la fécondation in vitro, l’euthanasie, la morale sexuelle et la culture de vie.

Nous organisons également des retraites pro-vie, des expositions de sensibilisation et d’autres programmes. Nous avons animé des sessions dans plus de 40 diocèses en Inde, où nous avons abordé avec des couples, des jeunes, des adolescents, des enfants et des familles les thèmes de l’avortement et de ses conséquences sur les femmes, de la morale sexuelle et de la culture de mort.

Ce ministère est essentiel aujourd’hui car beaucoup de gens ignorent la gravité de l’avortement dans notre pays. Même au sein de la communauté catholique, le mouvement pro-vie est souvent mal compris et perçu comme un simple encouragement à avoir plus d’enfants. Pour nous, il ne s’agit pas seulement d’une campagne sociale, mais d’un combat spirituel. Nous prions, en particulier devant les centres d’avortement et les cliniques de FIV (fécondation in vitro). C’est pour nous une guerre pour les âmes et les vies affectées par la culture de mort moderne.

Je dis souvent que nous sommes comme David face à Goliath. Le défi est immense – lois, politiques, silence culturel, stigmatisation –, mais nous persévérons avec foi. Pour reprendre les mots de saint Jean-Paul II dans Evangelium Vitae, nous sommes appelés à témoigner de la dignité inviolable de chaque être humain et à combattre ce qu’il décrivait comme la « culture de mort » qui imprègne notre société.

Quels sont vos principaux défis ?

Le principal obstacle est le financement. Il est difficile d’obtenir des fonds car les bénéficiaires de ce ministère sont des enfants à naître. De nombreux donateurs privilégient les causes aux résultats visibles et immédiats. Un autre défi réside dans le manque de sensibilisation, même au sein des communautés ecclésiales. De nombreux catholiques affirment avoir rarement entendu parler de l’avortement dans les homélies ou les programmes paroissiaux.

Il existe également un silence culturel plus général. Des sujets tels que l’avortement, la contraception et la FIV sont souvent évités en famille et dans les débats publics. Nous avons besoin d’une défense juridique pour les enfants à naître. Je prévois de créer un forum d’avocats chrétiens afin d’assurer cette défense et d’impliquer plus systématiquement les décideurs politiques.

L’Inde est un pays multiconfessionnel. Les autres communautés sont-elles tout aussi préoccupées par l’avortement ?

Oui, c’est le cas. L’avortement n’est pas une préoccupation exclusivement catholique. Par exemple, des initiatives pro-vie ont également vu le jour au sein de la communauté jaïn de Mumbai. Des représentants de différentes confessions soutiennent des actions en faveur de la vie. Cela montre que l’avortement est fondamentalement une question humaine, et non seulement religieuse.

Pourquoi avez-vous lancé la marche nationale pour la vie ?

L’Inde ne disposait pas d’une plateforme visible et unifiée permettant à la population de se rassembler pour défendre la vie des enfants à naître. Différents groupes agissaient de manière isolée. Nous avons pris conscience de la nécessité de faire entendre aux législateurs et à la société le cri silencieux des enfants à naître. Ainsi, en 2021, cinquante ans après l’adoption de la loi sur l’avortement en Inde, nous avons organisé la première marche pour la vie à New Delhi, qui a rassemblé environ 250 participants. Depuis, nous organisons cette marche chaque année dans différentes villes.

Nous organisons la marche le 10 août, date anniversaire de la promulgation de la loi indienne sur l’avortement, comme une affirmation symbolique de notre engagement en faveur de la vie. Le diocèse local accueille cette marche, organisée en grande partie grâce à la collaboration des évêques, du clergé, des religieux et des bénévoles laïcs. Les préparatifs de la marche de 2026 à Chennai (capitale du Tamil Nadu, dans le sud de l’Inde) sont déjà en cours, avec un comité d’organisation de 180 membres. Nous attendons 100 000 participants.

Quelle a été la réaction du public à la marche ?

La mobilisation ne cesse de croître, notamment auprès des jeunes et du grand public. Les jeunes participent à la planification, à la mobilisation et même à la création de slogans et de banderoles. Dans le même temps, le mouvement a suscité des critiques, notamment des critiques en ligne provenant d’un portail féministe. Nous accueillons toutefois favorablement toute attention, qu’elle soit positive ou critique, car cela signifie que le problème est pris en compte.

Qu’est-ce qui vous donne de l’espoir pour l’avenir ?

Je suis optimiste car les jeunes s’engagent de plus en plus. Ils comprennent nos discours sur la dignité de la vie humaine et y répondent avec conviction. La Conférence des évêques catholiques d’Inde nous a permis d’aborder ce sujet lors de sa dernière assemblée plénière biennale. La collaboration entre les diocèses se développe. La participation des laïcs et le soutien interreligieux sont également en hausse.

Notre source d’inspiration est Mère Teresa. Dans son discours de réception du prix Nobel de la paix en 1979, elle a déclaré :

« Le plus grand destructeur de la paix aujourd’hui est l’avortement. »

Si l’Amérique a pu remettre en question les lois sur l’avortement après tant d’années, nous pouvons nous aussi œuvrer pour le changement. L’Inde est connue comme le pays de l’ahimsa (non-violence). Si nous croyons véritablement en la non-violence, elle doit commencer dès le ventre de la mère.

« Qui déchire la tunique du Christ ? » – Entretien avec le Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X

Source : https://fsspx.news/fr/news/qui-dechire-la-tunique-du-christ-entretien-avec-le-superieur-general-la-fraternite-saint-pie-x

« La rupture ne provient pas de la Fraternité Saint-Pie X,
mais de la divergence flagrante des enseignements officiels
avec la Tradition et le Magistère constant de l’Église. »

1. FSSPX.Actualités : Monsieur le Supérieur général, votre annonce de prochains sacres épiscopaux, le 2 février dernier, a suscité une série de réactions particulièrement vives. Que pensez-vous de cela ?

Don Davide Pagliarani : Cela est compréhensible, car on touche à une question très sensible dans la vie de l’Église. De plus, les motifs de cette décision sont objectivement graves : ce qui est en jeu – le bien des âmes – est une question capitale. Le débat que cette annonce a déclenché connaît donc logiquement une grande ampleur : au fond, personne n’est resté indifférent. C’est objectivement positif et, providentiellement, je pense que cela correspond à un besoin très actuel.
En effet, ces dernières années, la sphère conservatrice et traditionaliste – au sens large du terme – a parfois donné l’impression de se réduire à un milieu de commentateurs, où s’expriment analyses, attentes et frustrations, souvent légitimes, mais qui peinent à se traduire en prises de position réalistes et conséquentes. Parmi eux, certains attendent encore une réponse du Saint-Siège aux dubia formulés il y a dix ans par quatre cardinaux – dont deux sont aujourd’hui décédés – au sujet d’Amoris lætitia, ou bien la publication éventuelle d’un nouveau motu proprio sur la messe tridentine.
Dans ce contexte, la décision des sacres interpelle. Ce n’est pas une énième déclaration : c’est un geste significatif qui oblige à réfléchir, à saisir la gravité réelle des problèmes actuels, et à prendre concrètement position. Rien n’est plus urgent aujourd’hui. Sans l’avoir recherché, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X se trouve être l’instrument d’une secousse salutaire – secousse dont seule la Providence est, en définitive, l’artisan. Providentiellement, il lui est donné de contribuer à quelque chose dont l’Église a certainement besoin aujourd’hui plus que jamais, pour son bien et pour sa régénération.

2. Pourquoi considérez-vous qu’une telle secousse soit aujourd’hui particulièrement nécessaire ?

Lorsque l’on parle et que l’on discute sans relâche, souvent de manière frustrante, de problèmes extrêmement graves qui touchent à la foi, les thèmes mêmes qui font l’objet du débat ou du dialogue finissent, à long terme, par être perçus comme discutables, dans le respect systématique des idées d’autrui et des différentes sensibilités. Peu à peu, tout se relativise.
De fait, le fléau du pluralisme doctrinal, auquel l’homme moderne est naturellement enclin, finit par contaminer même les âmes les plus saines : on glisse graduellement dans l’indifférentisme ; une anesthésie lente et inexorable fait perdre le sens du réel ; on s’installe dans une zone de confort, on s’attache à des équilibres et à des privilèges qu’on ne veut surtout pas compromettre ; le zèle et l’esprit de sacrifice s’amenuisent. En un mot, le danger est de s’habituer à la crise et de la vivre comme une situation normale. Tout cela se produit progressivement, sans que l’on s’en rende compte. Ceux qui ont une responsabilité envers les âmes ont le devoir d’analyser en profondeur ces mécanismes, et d’essayer de les bloquer avant qu’ils ne deviennent irréversibles.
Or, ce qui est en jeu aujourd’hui, ce n’est pas une opinion, ni une sensibilité, ni une option préférentielle, ni une nuance particulière dans l’interprétation d’un texte : ce sont la foi et la morale qu’un catholique doit connaître, professer et pratiquer pour sauver son âme et aller au Paradis.
En d’autres termes, face à l’Éternité et au danger de perdre le Ciel, les bavardages, les dissertations et le dialogue doivent céder la place à la réalité.

3. Quelle est cette réalité dont vous parlez, et que le geste de la Fraternité peut éclairer ?

Cette réalité, c’est qu’aujourd’hui plus que jamais, il est nécessaire de réaffirmer, de proclamer et de professer les droits du Christ-Roi sur les âmes et sur les nations : il faut avoir le courage de prêcher que l’Église catholique est la seule arche de salut pour chaque homme, sans distinction ; il faut croire en la Rédemption, aux sacrements, à la destruction du péché ; il faut rappeler à l’humanité que l’Église a été établie pour arracher les âmes à l’erreur, au monde, à Satan et à l’enfer.
Il faut arrêter de faire croire à ceux qui vivent habituellement dans le péché, à ceux qui se vantent même de leur vice contre-nature, que Dieu pardonne tout, toujours et en toutes circonstances, sans véritable conversion, sans contrition, sans pénitence, sans l’exigence d’un changement radical ; il faut avoir la simplicité de reconnaître que la participation d’un pape à un rituel en l’honneur de la Pachamama, dans les jardins du Vatican, est une folie et un scandale inqualifiable ; enfin et surtout, il faut cesser de tromper les âmes et l’humanité en leur faisant croire que toutes les religions adorent le même Dieu sous des noms différents. En un mot : il faut arrêter de demander pardon au monde pour avoir essayé de le convertir, de le christianiser, et pour avoir condamné l’erreur pendant des siècles.
Dans ce contexte tragique, quelqu’un doit pouvoir dire : « Ça suffit ! » Non seulement en paroles, mais surtout par des gestes concrets.

Si, dans la confusion présente, la Providence fournit à la Fraternité Saint-Pie X les moyens de proclamer clairement les droits éternels de Notre-Seigneur, ce serait de notre part un péché très grave de nous soustraire à cette obligation que la foi et la charité nous imposent. Telles sont les prémisses qui permettent de comprendre pourquoi la Fraternité Saint-Pie X existe, et pourquoi elle procède aujourd’hui à des sacres épiscopaux.
Sans ces prémisses, la décision de la Fraternité, comme son discours lui-même, seraient vides de sens. Si l’on ne reconnaît pas que ce qui est en jeu, c’est la foi elle-même, alors inévitablement, l’actualité de la Fraternité Saint-Pie X ne peut être perçue que comme un problème de discipline, de rébellion ou de désobéissance. C’est la méprise que commettent, malheureusement, ceux qui affirment que la Fraternité Saint-Pie X ne consacre des évêques que pour garder sa propre autonomie.
Or, il ne s’agit pas de cela. Les prochaines consécrations sont un acte de fidélité qui vise à garder les moyens pour sauver son âme et celles des autres. La recherche d’une autonomie égoïste n’est pas la même chose que la sauvegarde d’une liberté indispensable pour professer la foi et la transmettre aux âmes.

4. Parmi les personnalités qui se sont prononcées contre les sacres du 1er juillet, on compte des cardinaux conservateurs très critiques à l’égard du pape François, tels le cardinal Gerhard Ludwig Müller ou le cardinal Robert Sarah. Comment expliquez-vous leur attitude ?

Il faut tout d’abord reconnaître qu’un conservateur critique à l’égard du pape François pourrait éprouver une certaine crainte d’être assimilé à la Fraternité Saint-Pie X et diabolisé avec elle. Il peut en découler le besoin de manifester clairement qu’il n’a rien à voir avec nous.
Cependant, au-delà de cet aspect, ces cardinaux ou évêques souffrent d’un malaise plus profond, typiquement moderne : celui de ne pas parvenir à concilier les exigences de la foi avec celles du droit canonique. La foi exige que l’on fasse tout son possible pour la professer, la préserver et la transmettre ; en même temps, si l’on interprète le droit à la lettre, en faisant abstraction des circonstances actuelles, une consécration d’évêques sans l’aval du pape paraît impossible. Alors que faire ? Ces cardinaux, comme d’autres, vivent dans une sorte de dichotomie permanente qui risque d’anéantir leurs bonnes intentions : ils placent ces deux exigences l’une à côté de l’autre, à la manière cartésienne, et se trouvent comme écrasés ou submergés par la contradiction apparente.

La Fraternité Saint-Pie X, elle, considère que ces deux postulats ne doivent pas être simplement juxtaposés mais hiérarchisés, l’un étant subordonné à l’autre. En effet, dans l’Église, la pureté et la profession de la foi précèdent toute autre considération, car les autres éléments qui composent la vie de l’Église dépendent tous de la foi elle-même : le Magistère existe pour enseigner la foi, et non pour l’inventer ; le droit existe pour la préserver, et garantir les conditions nécessaires pour la vie chrétienne qui doit en découler (1). Cette priorité découle du fait que Notre-Seigneur lui-même, en s’incarnant, manifeste au monde, avant tout, la Vérité éternelle ; et qu’en tant que Législateur, il indique dans l’Évangile les moyens de connaître cette même Vérité et de lui rester fidèle. Il existe une priorité logique entre le premier et le second élément.
En conséquence, la Providence divine n’a pas établi l’Église comme un ensemble parlementaire de ministères juxtaposés et indépendants les uns des autres. Au contraire, elle a établi une hiérarchie de priorités dans le but spécifique et premier de préserver le dépôt de la foi, de confirmer les fidèles dans cette foi, et d’organiser tout le reste en fonction de cette exigence prioritaire et fondamentale. Le droit, en particulier, sert à cela et non à entraver ou à condamner ceux qui veulent rester catholiques, c’est-à-dire ceux qui veulent vivre de la foi.

5. Pourquoi considérez-vous cette attitude comme typiquement moderne ?

L’homme moderne a du mal à organiser de manière harmonieuse les différents éléments de la réalité dans laquelle il vit, et du savoir qui les analyse. Pour employer un langage quelque peu technique, l’homme moderne tend à classer de manière nominaliste les éléments de la réalité qui l’entoure : il appose sur chacun d’eux des étiquettes superficielles, sans faire l’effort d’aller au fond des problèmes, et donc sans pouvoir les saisir dans toute leur complexité, leurs implications ou leur interdépendance.
Ainsi, dans le cas qui nous occupe, l’application de la loi est complètement dissociée de la réalité que la loi elle-même est censée protéger. C’est précisément de cette dissociation entre la loi et la réalité que naissent les approches idéologiques, typiquement modernes, tant dans le domaine religieux que civil. Cette attitude a deux conséquences distinctes et complémentaires.
Chez ceux qui souffrent de cette dichotomie et sont confrontés à ce dilemme, comme cela peut être le cas dans les milieux conservateurs, elle conduit au fatalisme et au découragement, car on se sent piégé, paralysé, incapable d’agir de manière adéquate et conforme aux exigences objectives de la Vérité et du Bien. Celui qui vit constamment dans cette contradiction existentielle finit par en être victime, et par confondre le fatalisme avec la confiance en la Divine Providence.
Ensuite, chez ceux qui détiennent l’autorité, cela risque de conduire à un aveuglement irréversible et à la dureté du cœur, conséquences inévitables de l’approche idéologique : « la loi, c’est la loi », indépendamment des circonstances, des exigences concrètes ou des bonnes intentions.
C’est pour cette raison que Notre-Seigneur condamne cette attitude en des termes très forts : « Alors Jésus dit : “C’est pour un jugement que je suis venu dans ce monde, afin que ceux qui ne voient pas voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles.” Quelques pharisiens, qui étaient avec lui, l’entendirent et lui dirent : “Est-ce que nous sommes aveugles, nous aussi ?” Jésus leur dit : “Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais maintenant vous dites : ‘Nous voyons.’ C’est pour cela que votre péché demeure.” » (Jn 9, 39-41)

6. Pensez-vous que l’enseignement de l’Évangile puisse, d’une certaine manière, éclairer la situation présente ?

Notre-Seigneur est l’exemple parfait de l’obéissance à la loi de Moïse : avec la très sainte Vierge Marie, il accomplit à la lettre toutes les prescriptions légales, dès les premiers jours de son existence. Et il en maintient l’observance rigoureuse jusqu’au dernier jour de sa vie : lors de la dernière Cène, Jésus suit à la lettre le rituel juif de l’époque.
Néanmoins, Notre-Seigneur accomplit des miracles même le jour du sabbat, provoquant la réaction légaliste et aveugle des pharisiens. Jésus, Législateur plus grand que Moïse lui-même, est le premier à respecter la loi, et le premier à reconnaître l’existence d’un bien supérieur qui peut dispenser de l’observance de la lettre de la loi. Ses paroles, comme toujours, valent mieux que mille traités :
« Et il arriva que Jésus entra, un jour de sabbat, dans la maison d’un des principaux pharisiens pour y manger du pain ; et ceux-ci l’observaient. Et voici qu’un homme hydropique était devant lui. Et Jésus, prenant la parole, dit aux docteurs de la loi et aux pharisiens : “Est-il permis de guérir le jour du sabbat ?” Mais ils gardèrent le silence. Alors lui, prenant cet homme par la main, le guérit et le renvoya. Puis, s’adressant à eux, il dit : “Qui de vous, si son âne ou son bœuf tombe dans un puits, ne l’en retirera pas aussitôt, le jour du sabbat ?” Et ils ne pouvaient rien répondre à cela. » (Lc 14, 1-6)
Ces paroles divines ne nécessitent aucun commentaire. La Fraternité Saint-Pie X les fait siennes sans réserve. Nous devons, nous aussi, faire tout notre possible pour sortir les âmes du puits, même si nous vivons un sabbat interminable. Notre-Seigneur n’était ni légaliste, ni nominaliste, ni cartésien : il était le Bon Pasteur.

7. Ces derniers mois, en dehors de la Fraternité, des voix se sont fait entendre pour la soutenir. Mgr Athanasius Schneider, notamment, a pris la parole à plusieurs reprises à propos des sacres. Comment expliquez-vous sa détermination ?

J’avoue que ce soutien à la Fraternité m’a profondément touché. Plusieurs prêtres diocésains nous ont témoigné leur reconnaissance et leurs encouragements, et plusieurs évêques également. Je tiens à les remercier tous.
Ne pouvant tous les nommer ici, je voudrais remercier à un titre particulier Mgr Strickland, pour son message plein de force, de clarté et de courage. Et bien sûr Mgr Schneider : cet évêque a fait preuve d’un grand courage et d’une liberté de parole qui montrent que l’on a affaire à un homme de Dieu, désintéressé, réellement préoccupé par le bien des âmes. Je crois que son soutien, et tout ce qu’il a pu dire au cours de ces derniers mois, va passer à l’histoire. Je suis persuadé que cela n’est pas important seulement pour la Fraternité, mais plus encore pour tous les évêques du monde. C’est un signe objectif d’espérance : sa parole montre que la Providence peut en tout temps susciter des voix qui disent la vérité avec courage et fermeté, sans craindre d’éventuelles conséquences personnelles.
Avant lui, Mgr Huonder, entré dans l’éternité il y a deux ans, nous encourageait déjà positivement à procéder à des sacres. Lui et Mgr Schneider avaient tous deux été chargés par le Vatican du dialogue avec la Fraternité : à la différence d’autres interlocuteurs, ils ont su écouter et comprendre.

8. Espérez-vous toujours voir le pape avant les sacres ?

Bien sûr, cela correspond à mon désir le plus sincère. Je suis toutefois étonné que de la part du Saint-Père, il n’y ait eu jusqu’ici aucune réponse ni réaction personnelle.
Avant de déclarer peut-être schismatique une société qui compte plus de mille membres, et qui constitue un point de référence pour des centaines de milliers de fidèles à travers le monde, il pourrait être souhaitable de connaître personnellement ceux qui doivent être jugés. La sanction envisagée ne touche pas seulement une institution – qui, d’ailleurs, n’existe pas aux yeux du Saint-Siège –, elle touche des personnes, et des personnes profondément attachées au pape et à l’Église.
J’avoue avoir de la peine à comprendre ce silence, alors même qu’on nous rappelle souvent la nécessité d’écouter le cri des pauvres, celui des périphéries, et même celui de la Terre…

9. Vous aviez pu rencontrer le pape François. Quel souvenir gardez-vous de lui ?

Le programme que le pape François a imposé à l’Église universelle est suffisamment connu et a été largement commenté par la Fraternité Saint-Pie X. Je crois que, malheureusement, le mot « désastre » est le plus approprié pour résumer l’héritage qu’il a laissé.
Malgré cela, le pape François a su reconnaître, à sa manière, le bien que la Fraternité Saint-Pie X fait aux âmes. De ce constat est née à notre égard une attitude apparemment équivoque, une forme de tolérance qui a surpris les observateurs les plus superficiels, et qui a parfois irrité profondément les milieux conservateurs.
De nombreux choix du pape François ont suscité une véritable tristesse dans de larges secteurs de l’Église, mais il serait injuste de l’accuser d’avoir été une personne rigide et schématique dans l’appréciation des personnes qu’il avait en face de lui, ou dans l’application du droit. Son attitude l’a souvent illustré. C’est sans doute un détail, mais lorsque j’ai demandé à le rencontrer au Vatican, j’ai obtenu une audience avec lui dans les vingt-quatre heures, et il s’est montré particulièrement affable.

10. Ces dernières années, au nom d’une tolérance érigée en principe, le Vatican a fait preuve d’une large ouverture face à certaines situations complexes. Pensez-vous que la Fraternité Saint-Pie X puisse en bénéficier ?

L’application de toute loi, bonne ou mauvaise, dépend en définitive de la volonté du législateur. C’est à lui qu’il revient de déterminer la manière dont il entend traiter la Fraternité Saint-Pie X.
Cela dit, l’ouverture dont le Vatican a fait preuve ne peut être souhaitée pour elle-même, car elle va jusqu’à justifier l’absurde, bénissant des couples qui pratiquent le vice contre-nature, ou s’engageant solennellement à ne pas convertir les adeptes d’autres religions, pour ne donner que deux exemples. Nous sommes confrontés à une dictature idéologique et totalitaire de la tolérance.
Or, la Tradition de l’Église, que la Fraternité Saint-Pie X s’efforce d’incarner, représente en elle-même une condamnation de ces dérives, insupportable à ceux qui promeuvent une telle tolérance. Si l’on analyse bien la situation, les sanctions, passées ou futures, qui visent la Fraternité Saint-Pie X, ne s’opposent pas tant à un acte de désobéissance, qu’à la condamnation vivante qu’elle constitue à l’égard de la ligne ecclésiale actuelle.
Le rôle que la Providence semble réserver à la Fraternité Saint-Pie X est celui, singulier, d’être un signe de contradiction : ce qui signifie, concrètement, une épine dans le pied des réformateurs. Et la particularité de cette épine est que, plus on cherche à s’en débarrasser, plus elle s’enfonce : ce n’est pas elle qui détermine cet effet thérapeutique, mais les deux mille ans de Tradition qu’elle incarne et représente.
La Fraternité Saint-Pie X peut être sanctionnée, la messe tridentine interdite… mais ces deux mille ans ne pourront jamais être supprimés. Telle est la véritable raison pour laquelle, malgré les condamnations passées, la Fraternité n’a jamais cessé d’être une voix qui interpelle l’Église ; et voilà aussi pourquoi il n’est pas si simple d’être tolérant avec elle.
Un jour viendra où un pape décidera de retirer cette épine de son pied : il pourra alors l’utiliser comme un instrument docile pour contribuer – tel est notre souhait le plus profond – à tout restaurer en Notre Seigneur Jésus-Christ.

11. On entend dire que les prochains sacres pourraient créer un schisme. Pourtant certains, au sein de l’Église, considèrent que la Fraternité Saint-Pie X est déjà schismatique. Comment expliquer cette contradiction ?

La contradiction est réelle et met en évidence une jurisprudence que l’on pourrait qualifier de « fluide » de la part du Vatican. Essayons d’y voir plus clair.
Canoniquement parlant, après avoir été déclarée schismatique en 1988, la Fraternité Saint-Pie X n’a jamais été libérée de cette censure : en 2009, le pape Benoît XVI a levé les excommunications qui pesaient sur ses évêques, mais sans revenir sur la déclaration de schisme antérieure. Dans le même temps, la Fraternité Saint-Pie X n’a pas modifié ses positions doctrinales et a conservé exactement la même justification des consécrations épiscopales, passées ou futures. En d’autres termes, cohérente avec le fait de considérer nulles les censures qui l’ont frappée, elle ne s’est jamais rétractée.
Pour ces raisons, les canonistes « rigoureux » la considèrent toujours comme schismatique. C’est en ce sens qu’il faut comprendre les déclarations explicites du cardinal Raymond Burke, ancien préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique, ou de Mgr Camille Perl, ancien secrétaire de la Commission Ecclesia Dei – supprimée en 2019. C’est dans cette même perspective qu’il faut comprendre aussi la manière dont furent traités les prêtres qui quittaient la Fraternité Saint-Pie X pour intégrer les structures officielles : on levait pour eux l’excommunication pour schisme et la suspense, et on leur demandait de se confesser pour être également absous au for interne.

Contre cette interprétation s’érige la figure du cardinal Dario Castrillón Hoyos (2), beaucoup plus souple, et surtout celle du pape François, qui n’a jamais traité la Fraternité Saint-Pie X comme schismatique et qui nous a explicitement dit qu’il ne la condamnerait jamais. En fait, on pourrait également inclure dans cette liste le cardinal Fernández et le pape Léon XIV eux-mêmes : en effet, s’ils cherchent actuellement à éviter un schisme, cela signifie qu’ils ne nous considèrent pas comme déjà schismatiques. Il en va de même pour les cardinaux et évêques qui essayent actuellement de décourager les sacres pour éviter un schisme.
Mais alors, à ce stade, une double question se pose : d’abord, si telle est leur crainte, on ne comprend pas quand, comment ni pourquoi nous aurions cessé d’être schismatiques à leurs yeux. D’autre part, si le Saint-Siège lui-même, dans la pratique, ne considère pas comme valide la déclaration de schisme de 1988, quelle valeur pourrait avoir une nouvelle déclaration de schisme, prononcée pour des raisons et dans des circonstances tout à fait équivalentes ?
Ce qui est certain, c’est qu’en 1988, le Vatican prévoyait que la Fraternité Saint-Pie X, après avoir été déclarée schismatique, se dissoudrait en l’espace de quelques années. Or, non seulement celle-ci ne s’est pas dissoute, mais elle n’a cessé de croître. Et surtout, malgré une déclaration de schisme manifestement injuste, elle n’a jamais cessé d’être une œuvre d’Église et d’œuvrer pour l’Église : cette réalité s’impose avec une telle force que, malgré la condamnation de 1988, le Saint-Siège lui-même a fini par le reconnaître dans la pratique.
Une possible cause de ces incohérences canoniques réside dans le concept « fluide » et moderniste de « non-pleine communion », selon lequel un même sujet peut être considéré à la fois comme catholique et non catholique, membre et non membre de l’Église. Évidemment, si quelqu’un est « partiellement » fils de l’Église, la loi de l’Église ne pourra s’appliquer à lui que de manière également partielle, selon des appréciations et des critères arbitraires et variables…
Cela montre comment une erreur ecclésiologique conduit inévitablement à des erreurs juridiques, ou en tout cas, à des jugements confus, incohérents et « fluides ».

12. Pour étayer l’accusation de schisme, on affirme qu’un sacre épiscopal impliquerait toujours, en tout état de cause, la transmission au nouvel évêque du pouvoir de juridiction, avec pour conséquence inévitable, en l’absence de consentement du pape, la création d’une hiérarchie parallèle – et donc d’une Église parallèle. La Fraternité Saint-Pie X a déjà répondu à cette objection(3). Comme il s’agit d’un point extrêmement sensible, souhaiteriez-vous ajouter quelques considérations ?

Ce point est tout à fait central. En fait, l’accusation repose sur un postulat moderniste. Je pense qu’il est intéressant d’essayer de comprendre pourquoi l’ecclésiologie du Concile Vatican II enseigne qu’un nouvel évêque reçoit toujours, en toute circonstance, avec le pouvoir d’ordre, celui de juridiction.
Rappelons brièvement que le pouvoir d’ordre consiste dans la capacité d’administrer les sacrements, tandis que la juridiction désigne le pouvoir de gouverner, cum Petro et sub Petro, une partie du troupeau, habituellement un diocèse. Dans la théologie classique, confirmée par le droit canonique traditionnel et surtout par la pratique constante de l’Église – nous pouvons dire : selon la Tradition – le pouvoir de gouverner est conféré à l’évêque directement par le pape, indépendamment de la consécration. C’est pourquoi il peut exister des évêques régulièrement consacrés à qui n’est confiée aucune juridiction propre, comme les évêques auxiliaires ou ceux chargés de missions diplomatiques spécifiques.

À l’époque du Concile, cette vision était considérée comme trop traditionnelle, trop médiévale, trop romaine : l’intervention directe et exclusive du Vicaire du Christ dans l’attribution de la juridiction réduisait les évêques mandatés à de simples délégués ou représentants du pape. À l’inverse, l’idée que chaque évêque reçoive immédiatement de Dieu, dans son sacre, une juridiction universelle, permettait d’en faire, d’une certaine manière, un égal du pape, réduisant la place du Vicaire du Christ à celle d’un simple président de collège, « premier parmi ses pairs ». Ce postulat nouveau étayait ainsi, tout simplement, la théorie moderniste de la collégialité (4), fondement de la démocratisation de l’Église.
Par ailleurs, autre conséquence, cette redéfinition allait dans le sens d’un plus grand œcuménisme. En effet, pour pouvoir reconnaître une certaine « ecclésialité » aux communautés schismatiques orientales (c’est-à-dire à celles qui sont véritablement schismatiques) et les considérer comme des « Églises sœurs », établissant ainsi une base solide pour le dialogue œcuménique, il fallait valoriser leur succession apostolique au point de leur reconnaître une juridiction réelle sur leurs fidèles – malgré leur complète séparation de Rome et du pape. Leur qualité d’« Église » découlerait donc du fait d’avoir des évêques qui soient non seulement validement consacrés, mais également dotés d’une réelle autorité sur les âmes qui dérive de cette consécration elle-même, indépendamment de toute intervention du pape. Ce biais permettait de concevoir plus facilement, dans ces communautés, l’existence d’une véritable hiérarchie ecclésiastique, au sens plein du terme. Sans cette manipulation ecclésiologique préalable, il aurait été impossible de leur reconnaître une véritable « ecclésialité ».

C’est à cette même perspective œcuménique que se rattache une autre manipulation ecclésiologique,le concept élastique de « communion non-pleine », évoqué à la question précédente : concrètement, toutes les « Églises » chrétiennes feraient partie d’une « super-Église » – l’Église du Christ, plus vaste que l’Église catholique –, et entretiendraient avec celle-ci une communion plus ou moins complète, selon les lacunes de leur doctrine. Ce concept, lui aussi moderniste, a pour but de valoriser une soi-disant unité naissante avec les autres « Églises ». Mais il est trompeur. En effet, soit on est en communion avec l’Église catholique à tous égards, soit on en est séparé : il n’existe pas de position intermédiaire. Paradoxalement, cette notion conçue comme un instrument au service du dialogue œcuménique, destiné à justifier un cheminement commun entre des « Églises » qui se reconnaissent comme « sœurs », est aussi utilisée vis-à-vis de la Fraternité Saint-Pie X, qui la considère absurde.
Ce qui est particulièrement regrettable dans le reproche adressé à la Fraternité, c’est que cette accusation spécifique de schisme ou de « non-pleine communion », qui repose sur des postulats modernistes, collégiaux et œcuméniques, soit non seulement formulée par le Vatican, mais aussi par certains responsables des milieux et instituts dits « Ecclesia Dei »(5). Paradoxalement, ils attaquent la Fraternité Saint-Pie X en citant et en défendant les erreurs ecclésiologiques du Concile Vatican II… Au lieu de mettre ces erreurs en évidence de manière constructive – comme théoriquement ils pourraient le faire –, ils les utilisent pour lapider la Fraternité Saint-Pie X. Ce sont toutefois des pierres en caoutchouc.

13. En ce qui concerne la juridiction et l’autorité dans l’Église, comment la Fraternité Saint-Pie X analyse-t-elle la possibilité de nommer des religieuses ou des laïcs à des postes de responsabilité ?

La question est tout à fait pertinente, surtout si l’on considère qu’actuellement, un dicastère romain, celui chargé des instituts de vie consacrée, au lieu d’avoir un cardinal et un évêque respectivement comme préfet et secrétaire, est confié à deux religieuses.
Je ne veux pas faire preuve d’ironie, car cela serait désobligeant. Je me contenterai de souligner que le Vatican, à sa manière, prouve qu’il est encore parfaitement capable de faire la différence entre le pouvoir d’ordre et l’attribution du pouvoir de juridiction : en effet, à ma connaissance, Sœur Simona Brambilla, l’actuelle préfète, n’a jamais été ordonnée diacre, ni prêtre, ni évêque ; elle n’a même pas reçu la tonsure cléricale… Il en va de même pour la Sœur secrétaire.

14. En dehors de la Fraternité Saint-Pie X, beaucoup reconnaissent aujourd’hui avec sincérité qu’il existe une crise au sein de l’Église, notamment dans le domaine de la foi. Cependant, certains reprochent à la Fraternité Saint-Pie X de s’isoler dans sa propre ligne de conduite, sans tenir suffisamment compte de l’existence d’autres diagnostics. Cette critique vous paraît-elle fondée ?

Je pense que la Fraternité Saint-Pie X met, sur ce point précis, le doigt sur la plaie. Nous sommes nombreux à convenir qu’il existe une crise dans l’Église et que cette crise touche la foi : la Fraternité Saint-Pie X en prend acte et le confirme.
Mais on ne peut se limiter à déplorer des effets sans remonter à leurs véritables causes : il faut avoir le courage d’aller plus loin et de reconnaître que cette crise trouve son origine dans des enseignements officiels, souvent ambigus et parfois clairement en rupture avec la Tradition. Concrètement, il faut réaliser que la crise actuelle a ceci de spécifique qu’elle touche la hiérarchie de l’Église dans l’enseignement qu’elle propose.
Or, dans une telle situation, on ne peut pas ne pas dire ce qui est : les erreurs doivent être clairement reconnues et dénoncées par ceux qui sont en mesure de le faire. Il ne suffit pas de faire semblant de ne pas les voir ou d’espérer qu’elles disparaissent avec le temps. Des textes comme Amoris lætitia ou Fiducia supplicans, par exemple, ont provoqué des tollés assez importants ; puis tout s’est calmé, on est passé à autre chose, et plus grand monde n’en parle. Mais les décisions et les erreurs qu’elles contiennent restent en vigueur : on ne les corrige pas en espérant qu’elles soient oubliées.
La Fraternité Saint-Pie X existe pour le rappeler, aux fidèles comme à la hiérarchie. Elle considère que c’est là son devoir, non pas dans un esprit de défi ou de désobéissance, mais comme un service rendu à l’Église. En ce sens, il n’est pas juste de dire qu’elle s’isole : elle parle devant toute l’Église et s’adresse à tous les catholiques perplexes, sans distinction.
Pour qui aborde ces questions sans préjugé idéologique, une constatation s’impose : la rupture ne provient pas de la Fraternité Saint-Pie X, mais de la divergence flagrante des enseignements officiels avec la Tradition et le Magistère constant de l’Église.

15. Comment l’enseignement officiel de l’Église pourrait-il contenir des erreurs ?

La question est extrêmement délicate et complexe, et seule l’Église pourra un jour fournir une explication satisfaisante et définitive sur ce qui s’est passé et se passe encore aujourd’hui. Ce qui est certain, c’est qu’une erreur ne peut être enseignée par le Magistère de l’Église proprement dit. Or, les faits sont là : nous sommes confrontés, hélas, à l’enseignement de certaines erreurs graves. Mais qu’il s’agisse alors des textes d’un Concile qui s’est voulu non-dogmatique, ou bien de simples exhortations pastorales, homélies ou déclarations de circonstance – voire de dialogues avec le monde, de discours improvisés dans l’avion, ou de conversations avec des journalistes –, lorsque des éléments non dogmatiques sont présentés comme tels, cela ne peut pas correspondre à un Magistère authentique.

our prendre un exemple, un éminent prélat romain m’a récemment expliqué que la Déclaration d’Abu Dhabi ne doit pas être considérée comme relevant du Magistère, puisqu’il s’agit d’un simple texte de circonstance. Je pense qu’un jour, avec un peu de souplesse et de bon sens, un pape affirmera quelque chose d’équivalent – et publiquement – au sujet de toute une série de textes problématiques qui ne peuvent être considérés comme magistériels au sens technique du terme. La Curie romaine dispose d’une expérience et d’une finesse inégalables pour établir les distinctions nécessaires : il ne lui manque que la volonté de le faire.
Quoi qu’il en soit, une clarification définitive appartient à l’Église elle-même, et non à la Fraternité Saint-Pie X. Notre rôle se limite à rejeter fidèlement tout ce qui est en rupture avec la Tradition et avec le Magistère constant. Ce faisant, la Fraternité Saint-Pie X reste en parfaite communion avec tous les papes de l’Histoire, sans exception, dans ce qu’ils ont de commun entre eux : le depositum fidei, fidèlement reçu, conservé et transmis à travers les siècles.

16. Dans de nombreux domaines de la vie de l’Église, comme dans le domaine liturgique, il est évident qu’il y a des abus. Pourquoi la Fraternité Saint-Pie X parle-t-elle toujours d’erreurs et non d’abus ?

Il est évident qu’il existe des abus, qui outrepassent les limites des réformes elles-mêmes. La Fraternité Saint-Pie X le reconnaît sans difficulté.
Mais la rhétorique constante de l’abus, particulièrement en vogue sous le pontificat du pape Benoît XVI, ne suffit pas à rendre compte de la crise. Elle crée même un alibi systématique qui empêche d’aller au fond des problèmes. La réforme liturgique, par exemple, comporte des difficultés qui tiennent assurément à ses principes mêmes, indépendamment d’éventuels abus. Les prières œcuméniques et interreligieuses, pour prendre un autre exemple, sont l’expression d’une erreur théologique, même si on essaye d’éviter des actes explicites de syncrétisme, pour éviter ce qui pourrait paraître un abus.
Surtout, la rhétorique de l’abus liturgique, ou de l’abus dans l’interprétation des textes, tend à mettre en cause les personnes impliquées – considérées comme responsables de ces abus, ou incapables de les réprimer – plutôt que les principes erronés qui sont à l’origine de la catastrophe actuelle. Or, ce sont précisément ces principes qui méritent d’être dénoncés.

J’avoue avoir été moi-même frappé ces dernières années par la réaction amère et systématique d’un certain milieu conservateur un peu myope, qui s’en est pris de manière très personnelle à la figure du pape François, plutôt qu’au Concile et à la continuité de son application doctrinale jusqu’à nos jours. Une telle attitude fait qu’à chaque élection d’un nouveau pape, on espère, au moins pendant quelques mois, un redressement de la crise – sans remise en question des principes nouveaux, comme si tout dépendait de la volonté personnelle du nouveau pontife, plus ou moins déterminée à condamner ou à réprimer les abus. Il s’agit là d’une rhétorique superficielle qui ne convainc plus un observateur attentif et honnête.

17. Ne vous semble-t-il pas exagéré, comme l’a déjà souligné la Fraternité Saint-Pie X en d’autres occasions, de considérer qu’une vie chrétienne authentique est aujourd’hui impossible dans une paroisse ordinaire ? L’état de « nécessité » qui correspond à cette affirmation est-il si évident ? N’est-ce pas un concept « utile », élaboré pour justifier les sacres dont l’institution a besoin ?

La Fraternité Saint-Pie X est pleinement consciente du caractère tragique et douloureux de cette affirmation. C’est une considération extrêmement grave, qui demande à être bien comprise.
Tout d’abord, il ne s’agit pas de contester que, malgré tous les problèmes et les déficiences auxquelles sont confrontées les paroisses ordinaires, de bons prêtres et de bons fidèles puissent parvenir à se sanctifier quand même et à sauver leur âme. En dépit des circonstances foncièrement défavorables, la grâce de Dieu peut toucher les âmes, et nous en connaissons. Pour beaucoup, d’ailleurs, la souffrance réelle de leur situation devient une véritable source de sanctification, qui souvent les pousse vers la recherche de la Tradition.
Cela dit, ce que la Fraternité Saint-Pie X affirme doit être compris sur un plan objectif, et non subjectif. Pour apprécier en vérité la situation de ces paroisses, il appartient à chaque âme de bonne volonté de se poser des questions précises devant Dieu, dans la prière, en cherchant une réponse surnaturelle dictée, non par des impressions positives ou négatives, ni par un préjugé idéologique, mais par la raison éclairée par la foi.
La messe de Paul VI peut-elle exprimer et nourrir intégralement la foi catholique ? Transmet-elle de manière suffisante le sens du sacré, du transcendant, du surnaturel, du divin ? Ce rite permet-il de saisir le vrai sens du sacerdoce catholique ?
Dans une paroisse ou un centre pastoral ordinaire, c’est-à-dire là où l’on prêche conformément aux orientations doctrinales actuelles, enseigne-t-on encore la foi catholique dans toute son intégrité ? Le catéchisme dispensé aux enfants est-il encore catholique et capable de les former pour toute leur vie ?
Les questions très délicates et très actuelles de la morale conjugale, ou de l’accès à l’Eucharistie dans des situations irrégulières, sont-elles encore abordées conformément à la loi de l’Église ? Le sacrement de pénitence est-il encore administré avec un sens réel de la Rédemption et du péché, de sa gravité et de ses conséquences ?
Plus généralement, quels fruits les réformes ont-elles universellement produits dans la vie concrète des fidèles ?
À toutes ces questions – et à d’autres similaires –, la Fraternité Saint-Pie X répond de manière claire et cohérente ; puis à partir de cette analyse, parce que la réalité s’impose, elle en vient à constater l’« état de nécessité ».
L’affirmation de la Fraternité Saint-Pie X est donc le fruit d’un sain réalisme, non d’un a priori idéologique. Le caractère tragique de ce constat est tout simplement à la mesure de la tragédie de la réalité.

18. Ne pensez-vous pas que, malgré les meilleures intentions, la Fraternité Saint-Pie X risque de déchirer à nouveau les familles, le monde de la Tradition et l’Église elle-même ?

Jamais peut-être comme aujourd’hui, l’Église n’a connu la division, et personne ne peut s’en réjouir.
Cependant, cette division n’est pas provoquée par la fidélité à la Tradition, mais plutôt par l’éloignement de celle-ci : la crise du Magistère, les ambiguïtés, les erreurs, l’inculturation, poussent à tout interpréter et réinterpréter, augmentent les multiples façons de juger qui, à la longue, provoquent des divisions inévitables. Pour utiliser une image connue, c’est bien tout cela qui déchire la tunique du Christ. La Fraternité Saint-Pie X, par la fidélité à la Tradition, essaye tout simplement de contribuer à la recoudre sans cesse.
Quant à la possibilité pour tous les traditionalistes de travailler et de lutter ensemble, la Fraternité Saint-Pie X le souhaite de tout cœur. Mais cela ne doit pas se réaliser moyennant une sorte d’œcuménisme en miniature : cela ne peut se faire que dans une entière fidélité à la Tradition intégrale, si l’on veut que ce combat ouvert profite à tous, y compris à ceux qui ne sont pas d’accord avec nous.
Enfin, en ce qui concerne les possibles divisions à l’intérieur d’une même famille, il faut courageusement se rappeler ces paroles de Notre-Seigneur, sans se scandaliser, sans tomber dans l’amertume, en soutenant ceux qui souffrent :
« Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. Car je suis venu séparer l’homme d’avec son père, et la fille d’avec sa mère, et la belle-fille d’avec sa belle-mère ; et l’homme aura pour ennemis ceux de sa propre maison. Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi. » (Mt 10, 34-37)

19. Une question rétrospective. La période particulière que traverse actuellement la Fraternité Saint-Pie X ravive chez les plus âgés les souvenirs et les émotions de 1988. Cette date marque sans aucun doute un tournant décisif dans l’œuvre de Mgr Lefebvre. Quelle déclaration du fondateur de la Fraternité Saint-Pie X vous vient à l’esprit avant toute autre ?

Au cours d’une conversation privée, Mgr Lefebvre avait confié qu’il aurait préféré mourir plutôt que de se trouver en opposition avec le Vatican. Cela montre dans quel esprit il a préparé les consécrations de 1988. À l’époque, comme aujourd’hui, il ne s’agissait pas d’une rébellion, mais de la réponse à une cruelle nécessité : une décision nécessaire et inévitable, mais prise à contrecœur.
À une autre occasion, Mgr Lefebvre a déclaré, sereinement et d’une manière profondément surnaturelle, que si la Fraternité Saint-Pie X n’était pas l’œuvre de Dieu, elle ne se poursuivrait pas et ne lui survivrait pas. Ce n’est pas à nous d’apporter une réponse à cette question. Mais l’Histoire, déjà, a commencé à se prononcer.

20. Selon vous, quand et comment la crise de l’Église pourra-t-elle prendre fin, et avec elle ce sentiment de désagrégation générale, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Église elle-même ?

Seule la Providence détient la réponse précise à cette question. Pour ma part, je suppose qu’après avoir cherché en vain et désespérément la paix et l’unité dans la collégialité, le synode, l’œcuménisme, le dialogue, l’écoute, l’inclusion, le souci écologique partagé, la fraternité humaine, la proclamation incessante des droits de l’homme, etc., les autorités finiront par se rendre compte – bien trop tard – que la véritable unité, durable et inébranlable, n’a pour seul fondement possible que la Tradition de l’Église.
Aussi, lorsque la crise aura manifesté toutes ses conséquences, que l’apostasie sera encore plus généralisée et que les églises seront vides, ces autorités comprendront enfin qu’il n’y avait rien à inventer : il fallait simplement être fidèles au Christ-Roi et proclamer, à l’exemple des premiers martyrs, ses droits intangibles face à un monde néopaïen.
Une chose est sûre : dans la mesure où c’est de Rome que l’autodémolition de l’Église est venue, ce n’est que de Rome et par Rome que cette crise terrible prendra fin. Cependant, les germes de cette reconstruction de l’Église sont déjà à l’œuvre : ils fructifient humblement dans les âmes que vivifie l’esprit de Notre-Seigneur, et où se prépare silencieusement l’avènement de ceux qui, un jour, rétabliront dans sa splendeur la royauté de Jésus-Christ.

Certainement, la crise perdure plus que ce que l’on pouvait imaginer. Cela est dû, à mon humble avis, à la difficulté intrinsèque que l’Église rencontre aujourd’hui pour réagir. Un corps en bonne santé arrive assez aisément à réagir aux agents pathogènes qui l’attaquent ; mais plus un corps est affaibli, plus il a du mal. De même, la crise que nous vivons a été déterminée par l’attaque de principes pernicieux sur des esprits déjà affaiblis – affaiblissement qui avait commencé bien avant les réformes.
Cependant, comme dans toute épreuve, il faut voir la Providence à l’œuvre et s’armer de patience. Plus la crise est longue, plus Satan se déchaîne, plus alors le triomphe de la Tradition sera éclatant et, surtout, plus sera manifesté au monde que l’Église est indéfectible et divine.
Jamais autant qu’aujourd’hui la promesse de Notre-Seigneur ne nous remplit de joie et d’espérance : « les portes de l’Enfer ne prévaudront point contre Elle » (Mt 16, 18).
Et qui plus est, la certitude de ce triomphe est assurée en premier lieu par Celle qui écrase toutes les hérésies : « À la fin, mon Cœur immaculé triomphera. »

Entretien donné à Menzingen le 19 avril 2026,
dimanche du Bon Pasteur
1
Cet ordre fondé sur la transmission de la foi est une notion classique du droit canonique. Citons un auteur parmi d’autres : « Ut patet fundamentum vitæ supernaturalis Ecclesiæ curæ et potestati concreditæ est fides ; il est clair que la foi est le fondement de la vie surnaturelle confiée aux soins et à l’autorité de l’Église. » Le droit devra donc déterminer de manière organique tout ce qui concerne la foi : « quæ respiciunt fidei prædicationem, explicationem, susceptionem, exercitium, professionem externam, defensionem et vindicationem ; tout ce qui concerne la prédication de la foi, son explication, sa réception, son exercice, sa profession extérieure, sa défense et la réfutation des erreurs », in Gommarus Michiels OFM Cap., Normæ generales juris canonici, Paris, 1949, vol. 1, p. 258.

2
Le cardinal Castrillón Hoyos a affirmé à plusieurs reprises, dans les années 2000, que la Fraternité Saint-Pie X « n’est pas en schisme », mais se trouve dans une « situation canonique irrégulière », devant être régularisée au sein de l’Église.

3
Lettre de M. l’abbé Davide Pagliarani au cardinal Víctor Manuel Fernández du 18 février 2026, annexe 2.

4
Cette doctrine considère le collège épiscopal en tant que tel comme un second sujet de l’autorité suprême dans l’Église, à côté du pape : par conséquent, cela tend à transformer l’Église en une sorte de concile permanent, justifiant la toute-puissance des conférences épiscopales, et la réforme synodale en cours.

5
On distingue en particulier les études de l’abbé Josef Bisig, fondateur de la Fraternité Saint-Pierre, et du père Louis-Marie de Blignières, fondateur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier.

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La corruption de la famille romaine et l’effondrement démographique, causes de la chute de Rome

Walker Larson enseigne la littérature et l’histoire dans une académie privée du Wisconsin. Il est titulaire d’une maîtrise en littérature et langue anglaises. Il a écrit un article sur les cause de la décadence de Rome :

Les historiens ne se lassent jamais d’analyser la chute de Rome. Les causes furent multiples, mais l’une d’elles est souvent négligée : la corruption de la famille romaine et l’effondrement démographique qui s’est produit dans les siècles précédant la chute de l’Empire.

La grandeur originelle de Rome reposait en partie sur son attachement à la famille. Une vertu romaine classique, célébrée dans le poème romain par excellence, l’Énéide, était la « pietas » ou « piété ». Ce terme désignait un profond dévouement envers sa famille, en particulier ses parents, ainsi qu’envers les dieux et la patrie. Les premiers Romains accordaient une grande importance au mariage, à la fidélité et à l’honneur, et méprisaient l’auto-indulgence. Leur succès doit être attribué, au moins en partie, à ces vertus.

À l’inverse, le déclin de Rome s’est accompagné de l’abandon progressif de ces valeurs. Comme l’explique Jérôme Carcopino dans La vie quotidienne à Rome, les divorces étaient rares à l’époque de la République romaine, mais devinrent fréquents dans les dernières phases de l’Empire. Une véritable épidémie de divorces fragilisa la stabilité de la famille romaine et déchira le tissu social. « Dans la ville comme à la cour, les foyers éphémères de Rome étaient sans cesse bouleversés, ou plutôt se dissolvaient continuellement pour se reformer puis se dissoudre à nouveau, jusqu’à ce que l’âge et la mort finissent par les emporter », écrivait Jérôme Carcopino.

Le poète romain Marcus Valerius Martialis (Martial) affirmait que divorces et remariages étaient devenus si fréquents que le mariage avait perdu toute signification, se transformant presque en une forme d’adultère ou de prostitution légale. Les séparations se produisaient pour les motifs les plus futiles : il est vieux ; elle a quelques rides ; il est malade ; elle a oublié de porter son voile en public.

Évolution des mentalités

Le mariage ayant perdu de sa valeur, beaucoup optèrent pour le concubinage. Aux IIᵉ et IIIᵉ siècles après J.-C., les célibataires étaient davantage admirés que les maris et les pères. L’historien Christopher Dawson expliquait :

« Les conditions de vie dans la cité grecque comme dans l’Empire romain favorisaient l’homme sans famille, capable de consacrer toutes ses énergies aux devoirs et aux plaisirs de la vie publique. Les mariages tardifs et les familles peu nombreuses devinrent la norme, et les hommes satisfaisaient leurs instincts sexuels par l’homosexualité ou par des relations avec des esclaves et des prostituées. »

Les hommes n’étaient pas les seuls à fuir leurs responsabilités. Jérôme Carcopino rapporte que de nombreuses femmes romaines évitaient la maternité simplement par crainte de perdre leur beauté.

Même lorsque les couples se mariaient, ils avaient souvent peu d’enfants, voire aucun. « Que ce soit par contrôle volontaire des naissances ou par appauvrissement de la lignée, de nombreux mariages romains à la fin du Ier siècle et au début du IIᵉ siècle étaient sans enfants », notait Carcopino. Les couples romains avaient recours aux contraceptifs et à l’avortement. Et si cela échouait, ils n’hésitaient pas à tuer leurs nourrissons en les abandonnant aux éléments.

La conséquence naturelle de ces pratiques fut une chute des naissances et un déclin démographique. La situation devint suffisamment préoccupante pour que l’empereur Auguste tente d’encourager les couples à avoir davantage d’enfants, mais il était déjà trop tard pour inverser la tendance.

À mesure que les Romains renonçaient à se reproduire, la population de Rome diminua inévitablement. Ce processus fut accéléré par les maladies et les invasions. Entre le IIᵉ et le VIᵉ siècle après J.-C., la population de Rome passa d’environ un million d’habitants à seulement 30 000.

Faible population, grand problème

L’effondrement démographique annonce, à long terme, une catastrophe pour une civilisation. Les êtres humains constituent la ressource la plus précieuse d’une culture ; une population vieillissante et en déclin entraîne de nombreux problèmes. Pour les Romains, cela signifiait une base fiscale réduite, moins de travailleurs pour l’économie et moins de recrues pour une armée déjà sous pression.

Christopher Dawson attribuait en grande partie le déclin global de Rome à la baisse de la natalité et à l’effondrement du mariage :

« Cette aversion pour le mariage et la limitation délibérée de la famille par l’infanticide et l’avortement furent sans doute la principale cause du déclin de la Grèce antique, comme l’avait déjà observé Polybe au IIᵉ siècle av. J.-C. Les mêmes facteurs furent tout aussi puissants dans la société de l’Empire romain, où la classe des citoyens, même dans les provinces, était extraordinairement stérile et se renouvelait non par croissance naturelle, mais par l’introduction constante d’éléments étrangers, notamment issus de la classe servile. Ainsi, le monde antique perdit ses racines à la fois dans la famille et dans la terre et se trouva prématurément desséché. »

La faiblesse interne de Rome – commençant par la fragilité de ses familles – la rendit vulnérable aux invasions ultérieures.

Quelles sont les implications de tout cela pour nous ? Il suffit d’y réfléchir un peu pour voir les parallèles entre notre situation actuelle et celle des Romains à la fin de l’Antiquité. Nous partageons de nombreux traits avec les Romains : l’importance accordée à la liberté sexuelle en dehors du mariage, la tendance à se marier tardivement, le penchant pour le divorce, le mépris pour les familles nombreuses et la propension à recourir à la contraception et à l’avortement. Tout cela nous a placés dans la même situation, celle d’un effondrement démographique dont nous commençons seulement à mesurer les conséquences.

Il serait fataliste – et historiquement simpliste – d’affirmer que la civilisation occidentale moderne suivra nécessairement le même chemin que Rome sous prétexte de certaines similitudes. Néanmoins, l’histoire romaine devrait servir d’avertissement. Nous devons réapprendre – et rapidement – ce que nous et eux avons oublié : la stabilité et la réussite d’une société commencent par celles de ses familles, qui en constituent l’unité fondamentale.

De plus, une société qui a perdu son amour des enfants et abandonné la compréhension du caractère sacré du mariage devient, d’une certaine manière, suicidaire. Ses jours sont comptés si elle ne change pas de cap.

« Le mariage monogame et indissoluble a été le fondement de la société européenne et a conditionné tout le développement de notre civilisation », écrivait Christopher Dawson. Négliger ce pilier sociétal se ferait à nos risques et périls.

Dans la Famille Villiers, je demande le grand-père et le petit-fils ….

Une famille de France est à honneur en ce mois d’avril !

Philippe de Villiers reçoit le PRIX SPECIAL DES HUSSARDS pour l’ensemble de son œuvre, fidèle à l’esprit des Hussards, marqué par une liberté de ton assumée et une indépendance littéraire revendiquée.

L’esprit hussard par Pol Vandromme :
« C’est le désespoir avec l’allégresse.
C’est le pessimisme avec la gaité.
C’est la pitié avec l’ironie.
C’est l’honneur avec le courage et le courage avec la désinvolture.
C’est une fierté avec son charme.
C’est ce charme-là hérissé de pointes.
C’est une force avec son abandon.
C’est une fidélité.
C’est une élégance. »

Retrouvez sur LIVRES EN FAMILLE, les livres de Philippe de Villiers :
https://www.livresenfamille.fr/5640_philippe-de-villiers

Jacques de Villiers, petit-fils de Philippe de Villiers, reçoit le PRIX MÉDITERRANÉE – PREMIER ROMAN pour son livre Le bâtard du Roussillon.
La suite de ce grand roman historique “L’affaire lombarde” paraîtra le 6 mai prochain.

Retrouvez sur LIVRES EN FAMILLE les livres de Jacques de Villiers :
https://www.livresenfamille.fr/10382_jacques-de-villiers

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Lafarge : un scandale d’Etat

Texte du colonel Jacques Hogard sur l’affaire Lafarge. Témoin aux premières loges de ce scandale judiciaire, il revient sur cette histoire de trahison et d’abandon :

Le lundi 13 avril, durant quatre heures d’affilée au Palais de Justice de Paris, j’ai assisté au jugement de « l’affaire Lafarge en Syrie » par la juge Isabelle Prévost-Desprez, condamnant lourdement les dirigeants de Lafarge pour la gestion de leur cimenterie en Syrie, inaugurée en 2012 et fermée en septembre 2014.

Au terme d’une procédure marathon de six semaines déroulée en fin d’année 2025, ce jugement n’est pas de nature à restaurer l’image d’une justice qui semble davantage préoccupée de régler des comptes et d’affirmer sa toute-puissance absolue que d’établir ce qui est juste et vrai.

J’étais personnellement présent au titre de l’amitié et de l’estime que j’ai depuis longtemps pour l’un des « prévenus », Christian Herrault, ancien directeur général adjoint du Groupe Lafarge et, en tant que tel, bras droit de son PDG de l’époque, Bruno Laffont.

Comme je l’ai écrit immédiatement à Christian Herrault, sitôt la lourde sentence formulée envers lui — 5 ans de prison ferme, lourdes amendes et incarcération immédiate ! — :

« Je suis sous le coup de ce qui t’arrive. J’aurais voulu gueuler mon indignation devant ce simulacre de jugement, devant ce spectacle où la mauvaise foi le dispute à l’hypocrisie et au mensonge !

Je n’avais déjà plus beaucoup d’illusions sur la “justice” française… mais ce que j’ai vu ce matin me convainc définitivement qu’elle est pourrie jusqu’à la moelle et que c’est le chantier prioritaire auquel devront s’atteler ceux qui auront la lourde tâche de relever la France.

Je suis scandalisé par le comportement et l’attitude de la juge Prévost-Desprez, par son narratif délibérément à charge et déséquilibré, par sa volonté manifeste d’ignorer les arguments de la défense ainsi que la personnalité du condamné, en bref, de salir et d’humilier.

On est bien loin d’un jugement objectif et serein, bien loin d’un jugement de justice, on en sort assommé par le discours partisan, méprisant et injuste d’un véritable règlement de compte organisé. »

Cette affaire a suscité un certain nombre de réactions publiques.

Celle d’abord de l’avocat de Christian Herrault, Me Solange Doumic qui, tant dans la remarquable tribune qu’elle a signée dans Le Figaro au lendemain de cette séance qu’au micro de Vincent Roux sur Le Figaro TV, n’a pas mâché ses mots pour fustiger les conditions de déroulement de ce procès bâclé et des droits de la défense piétinés.

Elle n’a pas hésité à mettre en lumière les graves irrégularités du déroulement de la procédure, le tribunal ignorant purement et simplement les questions de la défense, accusant systématiquement cette dernière de créer de faux débats et des manœuvres dilatoires, assénant des contre-vérités manifestes comme s’agissant de faits indiscutables, ignorant délibérément et méprisant même les témoins — et non des moindres — tels Georges Malbrunot, journaliste au Figaro, Fabrice Balanche, géopolitologue, tous deux experts du Moyen-Orient, ou encore le général Christophe Gomart, à l’époque directeur de la DRM.

Celle aussi du journaliste Mériadec Raffray qui, rappelant les faits dans les colonnes de Valeurs Actuelles, s’est étonné de l’étonnant lâchage des prévenus « par ceux qui savaient », visant ainsi l’État français et ses services, et de la sévérité des sentences prononcées contre les huit anciens cadres et salariés de Lafarge :

« Les puissants ne sont pas épargnés, pensera-t-on en lisant leur crime : avoir financé le terrorisme et violé des sanctions internationales affectant la Syrie. Ils avaient autorisé la distribution de “bakchichs” à des “intermédiaires”, classés aujourd’hui comme terroristes et sur lesquels ils auraient fermé les yeux, pour continuer à faire fonctionner l’usine locale du groupe entre 2012 et 2014.

4,7 millions d’euros “qui se sont transformés en kalachnikovs, en explosifs, qui ont tué, mutilé, blessé et dévasté des vies en Syrie et en France”, a asséné la présidente du tribunal.

Les accusés ont plaidé l’ignorance d’une situation inextricable, la bonne foi et même le patriotisme. Ils ont “joué la montre” parce que leurs contacts haut placés dans l’appareil d’État — Quai d’Orsay, DGSE, DRM, DGSI, autant d’absents au procès — leur répétaient en 2012 : la fin du dictateur syrien n’est qu’une question de mois.

Ils ont d’abord pensé aux familles des salariés de l’usine, facilité le travail de nos services — ce qui est avéré —, tenu compte de l’intérêt du groupe en attendant les jours meilleurs promis.

Mais voilà. Tous leurs amis d’hier se sont défaussés pour mieux se démarquer de ces lampistes d’une histoire à tiroirs qui les dépassait, sur laquelle il était surtout urgent de refermer le couvercle pour éviter le scandale : le fait que l’État ait financé et armé des groupes rebelles estampillés “modérés”, malgré l’avis des experts, et qui se sont révélés être en grande partie des franchises terroristes. »

C’est le cas bien sûr du Front Jabbat Al Nosra, cité nommément par Mme Prévost-Desprez comme l’un des trois groupes terroristes ayant profité des « largesses » de Lafarge, celui-là même dont pourtant le ministre des Affaires étrangères et ancien Premier ministre Laurent Fabius disait alors qu’il faisait « du bon boulot en Syrie », celui-là même que la France a aidé matériellement et financièrement, celui-là même dont est issu l’actuel président de la Syrie, l’ex-terroriste coupeur de têtes Mohammad Al Jawlani, désormais reconverti sous le nom d’Ahmed Al Charaa comme chef d’État fréquentable et fréquenté par les dirigeants de ce monde.

En France, précise Mériadec Raffray :

« Ce n’est qu’après l’attentat de Charlie Hebdo, en janvier 2015, comme l’avait pourtant rappelé à la barre l’aventurier Patrice Franceschi, spécialiste des Kurdes syriens, venu défendre l’honneur de son ami Christian Herrault, qu’on a accolé le qualificatif de “terroriste” au mot “rebelle”. »

Ancien haut fonctionnaire, énarque et agrégé d’histoire, Roland Hureaux s’est lui aussi exprimé le 16 avril sur ce jugement :

« Presque chaque jour, nous sommes informés de décisions de justice suffocantes d’absurdités : c’est le cas de la condamnation à six ans de prison de l’ancien président de Lafarge, Bruno Laffont, et de plusieurs de ses collaborateurs pour financement de groupes terroristes »,

dont Christian Herrault, condamné à cinq ans de prison dans les mêmes conditions.

Leurs avocats ont aussitôt interjeté appel. Pour eux, l’unique erreur de leurs clients est d’avoir été simplement trop naïfs. De ne pas avoir su « anticiper » la suite de l’histoire. Ils auraient dû, et d’ailleurs regrettent de ne pas avoir fermé l’usine fin 2012 ou début 2013.

Une erreur d’appréciation lourde de conséquences, mais qu’il est facile de diagnostiquer après coup, surtout par ceux qui y sont étrangers.

Pour le tribunal, seule « la rentabilité financière » — notion étonnante pour une société qui ne représentait que 0,3 % du chiffre d’affaires du Groupe Lafarge et dont le résultat opérationnel était négatif, sans compter bien sûr l’amortissement du coût de l’usine ! — a pu guider les responsables de Lafarge en Syrie.

Cette idée fausse a été lancée dès la première semaine des débats par l’ONG SHERPA, financée par le milliardaire Soros, et elle a manifestement conquis le tribunal qui ne s’en est plus dès lors départie.

« Aucun des éléments principaux que les prévenus ont évoqués pour éclairer leur décision de ne pas fermer l’usine dès le début de la guerre civile n’a été jugé digne d’être approfondi.

Ni les propos des cadres expliquant s’être posé tous les jours la question de fermer ou de continuer à supporter le racket dont l’usine était l’objet, propos rejoignant ceux de salariés témoignant à l’audience que l’usine restait leur seul unique gagne-pain possible.

Ni le sentiment de se sentir encouragés à “tenir” jusqu’à la chute imminente de Bachar al-Assad par l’ambassadeur de France, et par “les services”, l’ancien directeur du renseignement militaire répondant à l’audience que “oui, Lafarge avait aidé à la lutte contre le terrorisme”.

Ni l’impossibilité de savoir à l’époque qui étaient les différents racketteurs, comme l’ont mis en évidence divers experts de cette région venus témoigner : le géographe Fabrice Balanche, l’écrivain combattant Patrice Franceschi, l’ancien otage et journaliste Georges Malbrunot, traités pour cela de façon cavalière sinon méprisante.

Et pourtant les vrais responsables du financement des groupes djihadistes ne sont-ils pas ailleurs ? »

En vérité, souligne Roland Hureaux :

« Ces groupes étaient nos alliés… les principaux pays occidentaux leur ont versé de l’argent et leur ont fait parvenir des armes. Pour finir ils ont pris le pouvoir en 2025 grâce à l’appui des États-Unis et de la Turquie. Macron déroule le tapis rouge à leur chef quand il vient à l’Élysée. Tout le monde le sait sauf, semble-t-il, le parquet anti-terroriste et les juges du tribunal judiciaire de Paris. »

Poussant un peu plus loin la logique — et l’insolence — il ajoute :

« Laurent Fabius, alors ministre des Affaires étrangères, a salué “les petits gars d’Al Nosra qui faisaient du bon boulot”. Qu’attend-on pour le poursuivre pour apologie du terrorisme ? »

Et pour manifester son pouvoir discrétionnaire, le tribunal a assorti sa condamnation de Bruno Lafont et Christian Herrault d’un mandat de dépôt immédiat qui ne peut être justifié par aucun des trois critères fixés par la loi : risque de fuite, de récidive, trouble à l’ordre public, malgré les efforts répétés du tribunal pour assurer que ce dernier critère serait réel !

Au terme d’un procès bâclé ignorant gravement les droits de la défense, nourri de contre-vérités, de contradictions et d’incohérences, en attendant désormais leur jugement en appel, les deux principaux responsables de l’ex-cimentier français Lafarge sont donc en prison à La Santé, où les a jetés la juge Prévost-Desprez, au fallacieux motif qu’ils représenteraient une menace pour l’ordre public !

Pour qui connaît Christian Herrault, « X Mines », officier de réserve des Commandos Marine auxquels il est très attaché, patriote et chrétien, fort d’une personnalité caractérisée par sa droiture, son intégrité, son désintéressement, sa générosité et sa modestie, il est évident qu’il restera dans ce jugement comme « un Juste victime de l’injustice terrible de la Justice ».

Colonel (er) Jacques Hogard

Lorient, le 23 avril 2026

Les obstacles structurels à l’européanisation de l’islam

N°110 de La petite Feuille Verte :

C’est le problème de l’assimilation des musulmans qui est ainsi posé. Être pleinement européen suppose de leur part le renoncement aux principes et au système de valeurs qui fondent l’anthropologie et l’organisation de la vie sociale dans l’islam. À défaut, il est utopique d’espérer une européanisation de l’Islam. Voici les principaux sujets d’incompatibilité entre les deux cultures.

1°/ La personne humaine : identité et dignité

Le concept de personne humaine et tout ce qui s’y rattache est une réalité inconnue en islam. Cette notion, d’origine biblique, se réfère au récit de la Création : « Dieu créa l’homme à Son image, à l’image de Dieu Il le créa, Il les créa homme et femme » (Genèse 1, 27). Elle a été précisée par l’Incarnation, Révélation de Dieu en Jésus-Christ : un Dieu trinitaire, Un en trois Personnes, qui instaure une relation personnelle avec ses créatures humaines.

Il convient de souligner que le mot « personne » est absent du vocabulaire arabe, langue qui sert de référence aux musulmans du monde entier (selon la croyance islamique, c’est l’arabe qu’Allah a utilisé pour dicter le Coran à Mahomet). Confrontés à cette lacune de langage, les chrétiens du Proche-Orient, arabisés lors des conquêtes islamiques, à partir du VIIème siècle, ont d’ailleurs conservé le mot araméen ouqnoum, la langue que parlait Jésus, pour traduire « personne ».

L’absence du mot « personne » en arabe implique celle du concept équivalent. Il y a certes des individus, des gens (ahl), ce qui est une évidence, mais ils n’ont pas une dignité de « personne » dans le sens ontologique, c’est-à-dire inhérente à leur nature humaine d’êtres créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Le Coran combat le dogme de la Trinité ainsi que la paternité et la filiation divines : « Ne dites pas Trois […]. Dieu est unique […]. Comment aurait-il un fils ? » (4, 171). Et il précise : « Dieu, rien ne lui est semblable » (42, 11). Ce disant, il adresse un reproche aux chrétiens, coupables selon lui, d’avoir divinisé Jésus.

L’islam est présenté comme la religion que Dieu a inscrite dans la nature humaine (Coran 30, 30) et qu’Adam, le premier homme, a acceptée. Cet échange constitue le « pacte primordial » (mithâq) (7, 172) qui n’est en rien l’alliance biblique. Tout être humain qui vient au monde est donc considéré comme musulman. Il lui est demandé de suivre cette religion constitutive, sous peine de se trouver dans un « profond égarement » (4, 136).

En fait, selon l’islam, l’identité et la dignité de l’homme lui viennent de son état de musulman, c’est-à-dire d’être « soumis » à Dieu, ce que signifie le mot « musulman », et de son appartenance à l’Oumma (la communauté des croyants musulmans), dont la racine Oum signifie mère ou matrice. C’est la « matrie » qui fait les frères et qui prévaut sur eux. L’individu est dépendant de l’Oumma qui lui assure protection et sécurité, mais ne lui consent ni liberté ni responsabilité. Elle est présentée dans le Coran comme « la meilleure communauté suscitée parmi les hommes » (3, 110).

Il convient de noter le sentiment de supériorité qui résulte d’une telle affirmation, si bien que dans les sociétés musulmanes, il n’y a en principe pas de place pour l’examen de conscience, comme c’est le cas dans les sociétés chrétiennes, ou pour l’autocritique admise dans les sociétés laïques. Cette attitude se vérifie dans les rapports des musulmans avec le monde non islamique. La responsabilité de ce qui ne va pas chez eux (par exemple, retard ou stagnation en matière de créativité technique ou culturelle) est le plus souvent attribuée aux « autres ».

De tout ce qui précède, il résulte que le musulman n’est pas sujet de droits fondamentaux attachés à sa nature, même si Dieu, dans sa souveraineté absolue et sa condescendance, lui en octroie certains. Ces droits découlent de l’arbitraire divin. En l’occurrence, le concept de « droits de l’homme » est juridique mais pas inhérent à la nature profonde de l’être humain.

Cette conception diverge des principes hérités de l’enseignement biblique et chrétien dont s’inspire la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée par l’ONU en 1948 : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité » (art. 1).

Parmi les pays dont l’islam est religion d’État ou qui fondent leur droit sur la charia, la loi divine transmise par le Coran et la Sunna (Tradition inspirée par les paroles et les actes de Mahomet, considéré comme le « beau Prophète »), deux États arabes n’ont pas ratifié la Déclaration de 1948 (Arabie-Séoudite et Yémen).

Mais ceux qui l’ont fait ont émis des réserves sur certains points. En outre, la plupart d’entre eux n’ont pas modifié leurs législations pour les mettre en conformité avec la Déclaration. Ils ont élaboré leurs propres documents et ceux-ci comportent des discriminations religieuses, sociales et juridiques. Ils constituent donc des textes confessionnels. En voici quelques exemples.

a) Supériorité des musulmans et liberté religieuse. 

Comparons la Déclaration de 1948 avec l’enseignement du Coran.

L’islam est la religion inscrite par Dieu dans la nature de l’homme (fîtra). C’est la religion innée. D’où cet avertissement : « Celui qui désire une autre religion que la soumission, son choix ne sera pas accepté par Dieu et il sera, dans la vie dernière, au nombre des perdants » (Coran 3, 85).

« Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites » (art. 18).

« Pas de contrainte en religion » (Coran 2, 256), affirment souvent les musulmans. Pour les commentateurs, ce verset ne concerne que les musulmans entre eux. Dieu leur demande de ne pas se disputer sur des questions liées à la pratique religieuse. Il aurait en outre été abrogé par cet ordre attribué à Allah : « Après que les mois sacrés se seront écoulés, tuez les associateurs (ou polythéistes), partout où vous les trouverez ; capturez-les, assiégez-les, tendez-leur des embuscades. Mais s’ils se convertissent, font la prière et acquittent l’impôt légal, alors laissez-les aller librement » (9, 5, appelé le « verset du sabre »).

Selon la tradition, Mahomet aurait dit : « Celui qui quitte la religion, tuez-le ». Cette phrase est le fondement du crime de la ridda : apostasie de la croyance et trahison de l’Oumma.

L’islam refuse totalement le droit à la liberté de conscience, donc celui d’opter pour une autre croyance.

Voici ce qu’enseigne la Déclaration des droits de l’homme dans l’islam, approuvée en 1990 par l’Organisation de la Coopération islamique (OCI), composée de 57 Etats, arabes et non arabes, dont le siège est à Djeddah (Arabie-Séoudite) : « L’islam est la religion naturelle de l’être humain. Rien ne saurait justifier un changement de religion » (art. 10).

La liberté de culte est autorisée par le Coran aux seuls « gens du Livre » (juifs et chrétiens) mais avec des limites (pas ou peu de visibilité) et en contrepartie d’un statut inégalitaire et humiliant : « Combattez : ceux qui ne croient pas en Dieu et au Jour dernier ; ceux qui ne déclarent pas illicite ce que Dieu et son Prophète ont déclaré illicite ; ceux qui, parmi les gens du Livre, ne pratiquent pas la vraie religion » (9, 29).

Ce statut est désigné par le mot dhimma = protection, d’où l’on a tiré le néologisme dhimmitude. Il implique de telles injustices qu’il constitue un facteur efficace pour amener les juifs et les chrétiens à se faire musulmans. L’histoire en témoigne amplement, y compris en Europe orientale.

b) Les rapports entre l’homme et la femme.

Le principe de l’inégalité entre l’homme et la femme s’applique surtout dans le cadre du mariage, qui est d’ailleurs une obligation liée à la religion, raison qui justifie le passage à la mosquée, sans être pour autant un acte sacramentel. Il s’agit d’un acte juridique : un contrat de droit privé qui rend licite l’acte sexuel. L’islam ignore la notion de conjugalité qui, pour les chrétiens, est le reflet de l’alliance entre Dieu et l’humanité.

Voici les principales prescriptions relatives au mariage figurant dans le Coran.

La fidélité n’est requise que de la seule épouse, d’où la permission polygamique (4, 3) et la répudiation (4, 130).

L’empêchement matrimonial : « Ne mariez pas vos filles à des polythéistes-associateurs avant qu’ils croient » (2, 221). Cette prescription explique le nombre important de conversions à l’islam d’Européens non musulmans désirant épouser une musulmane.

Enfin, le mari est explicitement autorisé à battre et à enfermer ses femmes (4, 34).

Le Coran demande à la femme de cacher ses atours (33, 59), sans pour autant décrire la forme précise du vêtement qu’elle doit porter. Les cheveux ne sont pas mentionnés. À partir de cette prescription, des formes vestimentaires diverses ont été conçues selon les traditions et les écoles juridiques. La tenue la plus répandue est le hidjab (mot arabe signifiant « tenture » ou « séparation »).

Voici quelques réflexions suscitées par le port de la tenue féminine islamique :

  • Le voile est l’expression de la méfiance envers la femme. Hors de chez elle, elle doit se couvrir pour ne pas tenter l’homme. Quel regard sur l’homme en résulte-t-il ?
  • Le voile intégral (niqab, burqa), dissimulant le visage, est la négation de la personne ; c’est aussi un obstacle à la convivialité sociale.
  • La propagation de la tenue islamique chez les musulmanes en Europe est l’expression du rejet de notre modèle social.
  • Elle pose un vrai problème pour la mixité entre adultes.
  • Attention au piège du religieux : le voile islamique a une signification politique, c’est un marqueur identitaire qui sert à étendre le domaine de l’islam.

3°/ L’organisation sociale. 

La laïcité est un concept inconnu en islam. Celui-ci ignore la distinction des pouvoirs politiques et religieux. À Médine, Mahomet a exercé à la fois le principat et le pontificat, selon la formule de l’écrivain franco-tunisien Abdel Wahhab Meddeb. La tradition musulmane attribue à Mahomet cette sentence : « L’islam domine et ne saurait être dominé ».

Cela n’implique pas forcément un régime théocratique, mais l’État ne peut être que confessionnel. Dans un pays où l’islam est majoritaire, le pouvoir doit en principe revenir à un musulman pour garantir l’identité religieuse et l’application de la charia.

Les musulmans sont tenus de se soumettre à la charia car celle-ci est d’origine divine. Allah est donc le seul Législateur ; il peut se faire seconder par Mahomet (le « beau modèle »). L’islam ignorant le concept de loi naturelle, il s’agit d’une loi arbitraire, qui ne cherche pas l’épanouissement de l’homme. Ces principes posent évidemment un problème en matière de formation de la conscience. Cette Loi règle la vie politique, sociale et personnelle dans tous les détails, d’où l’importance du licite et de l’illicite. Toute autre forme d’organisation ne peut être que provisoire, liée à des rapports de forces.

En outre, pour beaucoup de musulmans, la laïcité est synonyme d’athéisme, de rejet de Dieu de la cité. Il faut noter qu’ils ont su résister à la sécularisation des sociétés, à la désacralisation de la vie et à la privatisation des convictions religieuses.

La citoyenneté n’est pas comprise de la même façon par les musulmans et les non-musulmans. Dans ce domaine, l’islam comporte des dispositions incompatibles avec les valeurs qui ont façonné la civilisation et les traditions européennes et inspiré son droit, largement fondé sur la culture d’Athènes et de Rome ainsi que sur l’Évangile et la doctrine sociale de l’Église.

* * *

Confrontée à ces principes fondamentaux, l’Europe peut-elle espérer l’émergence en son sein d’un Islam renouvelé compatible avec ses propres valeurs ? La réponse à cette question repose sur une double démarche : la promotion de réformes définitives engagée par des élites musulmanes conscientes du défi à relever ; la lucidité et la responsabilité des États européens. Tels seront les thèmes présentés dans les deux prochaines Petites Feuilles Vertes.

Pachinian va-t-il suivre l’exemple d’Orbán ?

De Raphaëlle Auclert, docteur en études russes et enseignante-chercheuse à l’ICES, pour le Salon beige:

Dans un mois et demi se tiendront en Arménie des élections législatives cruciales qui s’apparentent de fait à un référendum sur la démission du Premier ministre actuel Nikol Pachinian. Au vu des sondages, qui créditent la formation au pouvoir d’environ 20 % d’opinions favorables, ses soutiens dans la population sont faibles. Et tandis que les Arméniens se préparent à se rendre aux urnes, les Hongrois débattent encore de la victoire triomphale de l’opposant Péter Magyar.

La recette perdante d’Orbán

La défaite de Viktor Orbán ne saurait être imputée à ses seuls revers économiques. L’un des piliers de son programme électoral reposait sur la figure du président américain Donald Trump. Or, les décisions erratiques et l’impopularité du dirigeant américain ont atteint de tels sommets que son « soutien » suffit à enterrer la carrière de n’importe quel responsable politique qu’il adoube publiquement. C’est précisément ce qui est arrivé à Orbán : le 7 avril, le vice-président J. D. Vance a exhorté les Hongrois à voter pour le parti au pouvoir, le Fidesz, précipitant ainsi la victoire écrasante de Péter Magyar. Les opposants du parti Tisza ont raflé 138 sièges sur 199 [1].

Il semblerait que Nikol Pachinian ne suive guère l’actualité internationale, ou du moins que cette loi des séries lui ait échappé. Sinon, comment expliquer son entêtement, dans sa campagne électorale, à mettre en exergue ses relations privilégiées avec la Maison-Blanche, à l’instar de ce que faisait Viktor Orbán ? Il n’est donc pas exclu que les élections législatives arméniennes du 7 juin offrent une réplique frappante du scénario hongrois.

Du reste, les parallèles entre Pachinian et Orbán sont nombreux. Tous deux ont bâti leur carrière politique sur le thème de la « rupture avec le passé ». Si la Hongrie s’est affranchie du système communiste, l’Arménie de Pachinian a, pour sa part, évincé du pouvoir ledit « clan du Karabakh ». Et l’un comme l’autre ont misé sur Washington et, plus précisément, sur Donald Trump.

En 2024, Orbán bénéficiait d’une posture particulièrement avantageuse. Il s’était imposé comme l’unique dirigeant européen disposant d’un accès direct au président américain. La rhétorique de l’administration républicaine se voulait alors offensive, iconoclaste et semait l’effroi sur la scène internationale. L’ensemble du monde occidental semblait au seuil d’un « virage conservateur et droitier ». Or, ce dernier peine à se concrétiser, et les incessantes frasques de Donald Trump n’y sont pas étrangères [2].

Le baiser de Donald

Le président des États-Unis semble être passé maître dans l’art de perdre ses amis et de les faire détester de tous. Comme il y a 2000 ans un baiser montra aux soldats romains Celui qui devait être capturé et livré à la vindicte populaire, les accolades du locataire de la Maison blanche sont elles aussi porteuses de conséquences funestes. Son soutien s’est transformé en un actif toxique, dont témoigne une véritable nécrologie politique. Ses alliés, tant intérieurs qu’extérieurs, prennent peu à peu leurs distances.

Aux États-Unis, la liste des déçus du trumpisme compte désormais le milliardaire Elon Musk, le célèbre présentateur Tucker Carlson ou encore l’ancienne membre du Congrès Marjorie Taylor Greene. Parmi ses alliés européens marris, on dénombre la Première ministre italienne Giorgia Meloni et son homologue britannique Keir Starmer, ainsi que le président français Emmanuel Macron, dont la récente décision d’interdire le survol de la France par les avions américains impliqués dans la guerre d’Iran a suscité l’ire du président américain. Le locataire de la Maison-Blanche est même allé jusqu’à faire offense au Pape, qui possède pourtant la nationalité américaine [3]. Viktor Orbán semble avoir fini par percevoir cette tendance mais son équipe, à l’instar de l’équipage du Titanic, a préféré maintenir le cap sur l’iceberg et rester à bord d’un navire en perdition. Pachinian a fait le même choix avec, très probablement, un dénouement identique à l’horizon.

Les élections en Arménie sont prévues le 7 juin prochain. La cote de popularité du « Contrat civil » stagne aux alentours de 20 %, tandis que la formation « L’Arménie forte » de Samvel Karapetian recueille déjà 13 à 14 % des intentions de vote. Ce score interpelle d’autant plus le chef de ce parti est actuellement assigné à résidence avec interdiction de s’exprimer dans la presse pour les trois prochains mois.

L’opposition, ayant tiré les leçons du scrutin hongrois, affiche ouvertement son intention de mener bataille dans les circonscriptions uninominales sur le modèle de Magyar : c’est précisément là que le parti Tisza avait surpassé le Fidesz, s’emparant ainsi de la majorité parlementaire [4].

Le projet TRIPP en panne

À Erevan, on est persiste à croire que la proximité avec Trump et Vance est un ticket gagnant pour les prochaines échéances électorales. Le projet TRIPP, l’accord pour la construction d’une centrale nucléaire avec les Américains ou encore la première visite historique d’un vice-président des États-Unis en Arménie en février 2026 sont autant d’éléments censés se muer en capital politique à la veille du scrutin.

Cependant, le projet phare TRIPP patine depuis bien trop longtemps. Le nouveau conflit au Proche-Orient a freiné unchantier à l’avancement déjà poussif. Tous les travaux le long de la frontière arméno-iranienne sont de facto gelés, tandis que l’Azerbaïdjan a restreint le trafic de marchandises en provenance de l’Iran. La visite prévue de représentants d’une entreprise américaine, destinée à évaluer les travaux d’aménagement du corridor, a été reportée [5].

Les tronçons ferroviaires stratégiques sur le territoire arménien, notamment les axes Erevan-Nakhitchevan et Gumri-Kars, sont placés sous la concession des « Chemins de fer russes » (RZD). Pachinian exige publiquement de Moscou la restauration de ces voies, faute de quoi l’Arménie dénoncera la concession. La Russie ne manifeste toutefois aucun empressement, ne voyant aucun intérêt stratégique à favoriser un projet porté par Washington. Erevan est d’autant moins en mesure de faire pression sur le Kremlin que le pays se trouve dans une situation de forte dépendance économique vis-à-vis de lui, à commencer par les tarifs très préférentiels du gaz dont elle bénéficie. En définitive, huit mois après la signature de l’accord à la Maison blanche,  il n’y a pour l’heure ni rails, ni route, ni financement, ni même documentation technique [6].

Une autre illusion du Premier ministre arménien réside dans sa foi en l’omnipotence des spin doctors américains. Il croit fermement que ces professionnels de l’ingénierié politique venus d’outre-Atlantique sauront compenser ses échecs intérieurs. Ironie du sort, Orbán nourrissait les mêmes espoirs. Selon certaines informations, des analystes de Palantir, sous-traitant du Pentagone spécialisé dans le traitement des mégadonnées pour les campagnes électorales, avaient été dépêchés à Budapest. Mais rien n’y a fait : l’impopularité de Trump et les revers économiques ont pesé plus lourd dans la balance électorale.

Un dirigeant au centre des critiques

En Arménie, les positions du pouvoir sont incertaines, particulièrement dans le domaine du commerce international. Afin de relancer les échanges commerciaux avec la Russie, tombés récemment de 11 à 6,4 milliards de dollars, Nikol Pachinian a effectué une visite de travail à Moscou le 1ᵉʳ avril. Au lieu du rapprochement espéré, la rencontre s’est soldée par une passe d’armes froide avec le président Poutine, immédiatement suivie d’une volée de bois vert contre Erevan dans les médias russes.

La population s’est alarmée de cette dégradation brutale des relations bilatérales avec son allié historique, contraignant le président du Parlement Alen Simonian à monter au créneau pour rassurer les électeurs. Mais en déclarant que l’Arménie n’entrerait « en guerre contre la Russie sous aucun prétexte », il n’a fait qu’aggraver la situation. Jamais les citoyens n’avaient envisagé de conflit armé avec Moscou, et les propos du responsable politique ont à l’inverse étaient perçus comme une porte ouverte à de possibles hostilités [7].

De son côté, Pachinian a organisé le 13 avril un petit-déjeuner de travail avec les principaux magnats du pays, dans une tentative de s’attirer leur loyauté à coups de promesses d’allègements de l’impôt sur les sociétés. Il a toutefois pris soin de ne pas y convier les milliardaires de l’opposition Karapetian et Tsaroukian. Au passage, la probabilité que ces entrepreneurs cautionnent la ligne antirusse du Premier ministre semble d’autant plus faible que la fortune de la moitié d’entre eux repose précisément sur la relation bilatérale avec Moscou [8].

La diaspora arménienne fait quant à elle bloc de manière quasi unanime contre le pouvoir en place. Lors d’une conférence à huis clos tenue à Paris, des participants venus de vingt-cinq pays se sont tous prononcés contre le « Contrat civil ». Aux États-Unis, l’organisation ARF a exigé l’exclusion du parti de Pachinian du scrutin pour violation de la Constitution et ingérence dans les affaires de l’Église, l’une des institutions fondamentales de la société arménienne.

L’Union européenne a déployé le 15 avril dernier une nouvelle mission civile en Arménie, forte de 20 à 30 officiers, officiellement chargée de « contrer les actions déstabilisatrices de la Russie » dans le sud Caucase [9]. Le parti d’opposition Dachnaktsoutioun a dénoncé, non sans fondement, une tentative manifeste d’ingérence dans le processus électoral.

Plus le temps passe, plus apparaissent de similitudes entre la trajectoire de Pachinian et celle de son homologue hongrois. Toutefois, si les deux pays souffrent d’une usure du pouvoir, les bilans économique et surtout sécuritaire d’Orbán sont ô combien plus flatteurs que les siens.

Quant à leur pari commun sur l’allié américain, force est de constater qu’il n’a pas porté chance au dirigeant hongrois. Et ce sera d’autant moins le cas en pleine tourmente iranienne et énergétique. Le seul cliché d’un Pachinian tout sourire serrant les mains de Donald Trump et Ilham Aliyev à la Maison blanche a l’effet d’un repoussoir pour les électeurs arméniens. Aucun citoyen ne saurait se résoudre à glisser un bulletin en faveur d’un homme qui fraternise avec l’ennemi juré de la nation arménienne. À ce tableau s’ajoutent l’inflation, le chômage et l’absence criante de volonté des autorités pour obtenir la libération des prisonniers de guerre détenus dans les geôles de Bakou.

Le scrutin du 7 juin révélera à quel point le peuple arménien est favorable à l’élection d’un « ami de Trump ». La peuple hongrois, quant à lui, a opposé à cette question un non catégorique.

Sources :

  1. Hungary’s political earthquake: End of Orbán and rise of Magyar, site de la fondation Friedrich Naumann, 15 avril 2026 // URL : https://www.freiheit.org/central-europe-and-baltic-states/hungarys-political-earthquake-end-orban-and-rise-magyar
  2. Hungarian voters oust Viktor Orbán, a close ally of Trump and Putin, Fortune, 12 avril 2026 // URL : https://fortune.com/2026/04/12/hungary-election-loser-viktor-orban-ally-trump-putin-campaign-push-jd-vance/
  3. How Trump’s ‘toxic’ Iran war broke the European Right, The Telegraph, 3 avril 2026 // URL: https://www.telegraph.co.uk/world-news/2026/04/03/how-trump-toxic-iran-war-broke-european-right/
  4. Mapped: Hungary’s 2026 Election — Orbán Falls, TISZA Wins Supermajority and What It Means for Europe, Mappr, 14 avril 2026 // URL: https://www.mappr.co/mapped-hungarys-2026-election-orban-falls-tisza-wins-supermajority-and-what-it-means-for-europe/
  5. Will the Iran War Trip up TRIPP? American Foreign Policy Council, 9 avril 2026 // URL: https://www.afpc.org/publications/articles/will-the-iran-war-trip-up-tripp
  6. Armenia and the TRIPP Corridor: Russia’s Calculated Risk in the South Caucasus, Special Eurasia, 28 janvier 2026 // URL: https://www.specialeurasia.com/2026/01/28/armenia-tripp-corridor-russia/
  7. Alen Simonyan: We will not go to war with Russia over any issue, Massis Post, 15 avril 2026 // URL: https://massispost.com/2026/04/alen-simonyan-we-will-not-go-to-war-with-russia-over-any-issue/amp/
  8. Pashinyan meets major employers to discuss jobs, economic policy and future development, Public radio of Armenia, 13 avril 2026 // URL: https://en.armradio.am/2026/04/13/pm-pashinyan-meets-major-employers-to-discuss-jobs-economic-policy-and-future-development/
  9. EU to send another mission to Armenia, Azatutyun, 15 avil 2026 // URL : https://www.azatutyun.am/a/33732836.html

Des médecins traumatisés après avoir pratiqué l’euthanasie

En Belgique, 4 486 personnes ont été euthanasiées en Belgique en 2025, dont un mineur. Et « derrière ces chiffres, certains généralistes disent leur malaise face à la charge humaine, organisationnelle et émotionnelle que représente cet acte ». Certains médecins décident même de ne plus pratiquer eux-mêmes d’euthanasies.

« Dans ma carrière de médecin généraliste, j’ai réalisé trois euthanasies et, à chaque fois, cela a été une expérience très éprouvante pour moi, sur le plan humain et sur le plan émotionnel », témoigne un généraliste.

« Après l’acte, j’ose dire que je devais prendre congé toute la journée parce que je me sentais vraiment mal à l’aise et rempli de questions, de questionnements intérieurs ».

Des « équipes spécialisées »

Après avoir pratiqué une euthanasie, la relation thérapeutique avec la famille du patient se trouve également bouleversée. « Il n’y a rien à faire, mais il y a quelque chose qui change », affirme le praticien.

« Certains changent de médecin, d’ailleurs ». « Revoir le médecin qui a fait l’euthanasie d’un membre de la famille peut rappeler quelque chose de douloureux ».

Même s’il ne s’oppose pas à cette pratique, ce médecin belge a décidé de ne plus l’effectuer lui-même. Désormais, « il fait appel à des équipes spécialisées comme celle de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) ou du consortium LEIF-EOL ».

« Je rédige le premier avis que je transmets à un médecin de l’ADMD ou d’EOL et ils rédigent le second avis. Ils s’occupent de l’organisation, de la logistique, de la commande des produits, de l’acte lui-même, du constat de décès et de toute la paperasserie avant et après. »

Source : Gènéthique

Logique de la culture de mort : des médecins formés à l’euthanasie et non aux soins palliatifs

Une nouvelle enquête révèle que les médecins, les infirmiers et les étudiants en médecine aux Pays-Bas « se sentent peu sûrs d’eux lorsqu’il s’agit de prodiguer des  ». Ils estiment que leur formation est « insuffisante ».

L’enquête a été menée auprès de 450 professionnels de santé et étudiants. Les résultats indiquent en effet que « plus de la moitié des personnes interrogées » attribuent « une note insuffisante » à la formation sur les soins de fin de vie. Et parmi les professionnels ayant déjà dispensé des soins palliatifs, 79% ont déclaré avoir ressenti un manque de confiance dans l’exercice de leur métier.

Une formation centrée sur les « procédures »

« Je vois beaucoup d’étudiants en médecine qui disent : “Les soins palliatifs ? On n’a rien appris là-dessus” », témoigne le pneumologue Sander de Hosson. Il a fondé l’organisation Carend il y a plusieurs années afin d’améliorer les connaissances en matière de soins palliatifs.

Il déplore que « la formation actuelle se concentre principalement sur les procédures médicales » :

« Il s’agit de morphine, de contrôle de la douleur et d’euthanasie. Mais les soins palliatifs consistent aussi à discuter à temps avec le patient de ce qui est important pour lui. »

L’Autorité sanitaire néerlandaise est récemment parvenue à une conclusion similaire, soulignant que « les soins prodigués en fin de vie ne sont pas toujours adaptés ». Ainsi,

« il arrive que les patients reçoivent des traitements qui font plus de mal que de bien et finissent par décéder aux urgences plutôt que paisiblement chez eux ».

« Une grande partie de notre travail consiste en réalité à soulager la souffrance »

Les personnes interrogées dans le cadre de l’enquête ont mentionné la communication comme l’aspect le plus difficile des soins palliatifs. « Comment parler à un patient en fin de vie et à sa famille ? Il s’agit souvent de situations extrêmement chargées en émotions qui exigent plus que de simples connaissances médicales », souligne le Dr de Hosson.

Outre l’opportunité d’arrêter un traitement, « une décision difficile pour les médecins », « les patients dans leurs derniers mois, semaines ou jours sont également aux prises avec des questions existentielles auxquelles les soignants ont parfois du mal à répondre », constate le pneumologue.

Même s’il considère que « les Pays-Bas obtiennent des résultats relativement bons en matière de soins de fin de vie par rapport à d’autres pays », le praticien appelle à revoir les pratiques. « Le problème sous-jacent, c’est que la médecine – le mot en dit long – est entièrement axée sur la guérison, pointe-t-il. Alors qu’une grande partie de notre travail consiste en réalité à soulager la souffrance. »

Source : Gènéthique

Obsessionnel

L’unanimité d’une certaine presse à l’encontre de Vincent Bolloré et douteuse…

Les ordinations épiscopales de la FSSPX : un aspect ecclésiologique

Quatrième article de l’abbé Spriet. Le précédent est ici.

Le Christ a-t-il oublié ses promesses relatives à son Eglise ? 

À en croire la FSSPX, “oui” puisque les portes de l’enfer semblent avoir prévalu contre Pierre et son Magistère (1), puisqu’il semble que Pierre a une foi qui a défailli. 

Si c’était vrai cela voudrait dire que Notre-Seigneur s’est trompé ou n’a pas tenu ses promesses. Ce n’est pas possible.  

“Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux” (Mt 16, 13-19). 

“Celui qui vous écoute m’écoute ; celui qui vous rejette me rejette ; et celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé” (Lc 10, 16). 

“Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le blé. Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères” (Lc 22, 31-32). 

Que fait-on de ses promesses ? N’y a-t-il pas un problème de foi dans le mystère de l’Eglise chez un certain nombre de théologiens de la FSSPX ? Il faut être cohérent. 

A en croire la FSSPX, les promesses du Seigneur sont bien toujours réalisées car la FSSPX garde la Tradition. Au fond, l’Eglise c’est eux. La vraie Eglise, celle qui est fidèle au Magistère de toujours, c’est eux (Mgr Lefebvre l’a affirmé à plusieurs reprises malheureusement). Donc il faut assurer la survie de l’Eglise (et donc de la Tradition, et vice-versa) en ordonnant de nouveaux évêques. Il en va du salut des âmes. N’y a-t-il pas une erreur d’identité et de perspective ? 

Récemment j’échangeais par courriels avec un bon père de famille qui m’écrivait : “Oui l’Eglise est Sainte, dans la mesure où elle est fidèle à Dieu. Oui le pape est le Pontife, le berger, le guide, dans la mesure où il est fidèle à Dieu. Oui les fumées de Satan ne prévaudront pas contre l’Eglise, dans la mesure où elle reste fidèle à Dieu”. Je lui ai répondu gentiment : “Non cher monsieur, l’Eglise est Sainte en soi. Le pape est le Pontife, le berger, le guide en soi. Les fumées de Satan ne prévaudront pas contre l’Eglise en soi, en vertu des promesses du Christ et en vertu de l’assistance de l’Esprit-Saint promis à l’Eglise”. C’est cela le mystère de l’Eglise. Il a été proclamé dogmatiquement en particulier au concile Vatican I. 

Saint Irénée de Lyon, Docteur de l’Unité, l’a dit magnifiquement :

C’est à l’Église elle-même, en effet, qu’a été confié le Don de Dieu. (…) C’est en elle qu’a été déposée la communion avec le Christ, c’est-à-dire l’Esprit Saint, arrhes de l’incorruptibilité, confirmation de notre foi et échelle de notre ascension vers Dieu (…) Car là où est l’Église, là est aussi l’Esprit de Dieu ; et là où est l’Esprit de Dieu, là est l’Église et toute grâce” (S. Irénée, Adv. hær3, 24, 1). 

Or, “Ubi Petrus, ibi Ecclesia” : là où est Pierre, là est l’Eglise nous dit saint Ambroise de Milan. Il ne faut jamais quitter “Pierre”. Plus près de nous, nous pouvons encore citer notre Jehanne d’Arc nationale :

De Jésus-Christ et de l’Église, il m’est avis que c’est tout un, et qu’il n’en faut pas faire difficulté”. 

Mgr Lefebvre, Mgr Fellay, Mgr de Galarreta ne sont pas successeurs de Pierre. “Loin de moi de vouloir m’ériger en Pape” disait Mgr Lefebvre le 30 juin 1988. Il ne le voulait pas (intention) mais il le faisait de facto en instituant une hiérarchie parallèle (acte intrinsèquement mauvais) contre la volonté du pape. Il est annoncé, jusqu’à preuve du contraire, que la FSSPX prend à nouveau le même chemin. 

Quel gâchis ! 

  1. Pour mémoire, le Magistère est l’interprète authentique de la Tradition apostolique. Personne ne peut se substituer au Magistère pour dire ce qui appartient à la Tradition ou lui est contraire. Le Magistère est au-dessus de nos interprétations de la Tradition. Mutatis mutandis, le Magistère n’est pas au-dessus de l’Ecriture, mais est au-dessus de nos interprétations de l’Ecriture. Vénérable Pie XII : “ce magistère [de l’Eglise], en matière de foi et de mœurs, doit être pour tout théologien la règle prochaine et universelle de vérité, puisque le Seigneur Christ lui a confié le dépôt de la foi – les Saintes Ecritures et la divine Tradition – pour le conserver, le défendre et l’interpréter” (…) “on ne doit pas penser que ce qui est proposé dans les lettres Encycliques n’exige pas de soi l’assentiment, sous le prétexte que les Papes n’y exerceraient pas le pouvoir suprême de leur magistère. C’est bien, en effet, du magistère ordinaire que relève cet enseignement et pour ce magistère vaut aussi la parole : “Qui vous écoute, m’écoute… ” (Lc 10, 16), et le plus souvent ce qui est proposé et imposé dans les Encycliques appartient depuis longtemps d’ailleurs à la doctrine catholique. Que si dans leurs Actes, les Souverains Pontifes portent à dessein un jugement sur une question jusqu’alors disputée, il apparaît donc à tous que, conformément à l’esprit et à la volonté de ces mêmes Pontifes, cette question ne peut plus être tenue pour une question libre entre théologiens. (…) Dieu a donné à son Eglise, en même temps que les sources sacrées, un magistère vivant pour éclairer et pour dégager ce qui n’est contenu qu’obscurément et comme implicitement dans le dépôt de la foi. Et ce dépôt, ce n’est ni à chaque fidèle, ni même aux théologiens que le Christ l’a confié pour en assurer l’interprétation authentique, mais au seul magistère de l’Eglise” (Humani Generis, 1950). Saint Paul VI, audience générale du 12 janvier 1966 : “Certains se demandent quelle est l’autorité, la qualification théologique qu’a voulu donner à son enseignement un Concile qui a évité de promulguer des définitions dogmatiques solennelles engageant l’infaillibilité du magistère ecclésiastique. La réponse, nous la connaissons. Rappelons-nous la déclaration conciliaire du 6 mars 1964, répétée le 16 novembre 1964 : étant donné le caractère pastoral du Concile, il a évité de prononcer d’une manière extraordinaire des dogmes comportant la note d’infaillibilité, mais il a muni ses enseignements de l’autorité du magistère ordinaire suprême ; ce magistère ordinaire et manifestement authentique doit être accueilli docilement et sincèrement par tous les fidèles, selon l’esprit du Concile concernant la nature et les buts de chaque document. » 

Consécrations FSSPX : interdit, invalide, schismatique, trois mots, trois réalités distinctes

Le 2 février 2026, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X annonce son intention de procéder à des consécrations épiscopales sans mandat pontifical. En quelques heures, le mot schisme envahit les réseaux, les chaires et les conversations de famille. Personne ne le définit. Personne n’explique pourquoi Rome dit « rupture » et pourquoi la Fraternité dit « devoir ». Personne ne donne les outils pour penser par soi-même.

Cette nuit-là, je n’ai pas dormi.

Je ne suis ni canoniste ni militant. Je suis père de famille, cadre dans le secteur privé, catholique pratiquant depuis l’enfance. Je fréquente une chapelle de la Fraternité depuis plusieurs années, non par idéologie, mais parce que j’y trouve ce que mes parents m’avaient transmis : une liturgie stable, un catéchisme clair, une communauté où l’on se connaît. L’annonce du 2 février m’a contraint à examiner sérieusement ce que j’avais jusqu’alors vécu sans le questionner.

J’ai lu les textes. Ceux de Rome. Ceux de la Fraternité. Avec le même niveau d’exigence.

Ce que j’ai découvert, c’est que le débat public confond systématiquement trois mots qui désignent trois réalités canoniques distinctes.

Interdit ne signifie pas invalide.

Un acte peut être interdit par l’autorité compétente et rester valide dans ses effets sacramentels. C’est précisément la distinction entre licéité et validité, entre ce qui est permis et ce qui est réellement accompli. Rome affirme que les consécrations FSSPX sont illicites, c’est-à-dire réalisées sans la permission requise. La Fraternité ne conteste pas ce point : elle invoque l’état de nécessité pour justifier qu’elle a agi sans cette permission, non pour prétendre qu’elle n’en avait pas besoin en théorie.

Invalide ne signifie pas schismatique.

Un acte invalide n’accomplit pas ce qu’il prétend accomplir. Un acte schismatique, au sens canonique strict, implique le refus de la communion avec le Souverain Pontife, une rupture formelle, délibérée, explicitement exprimée. Or la FSSPX n’a pas déclaré rompre avec Rome. Elle affirme au contraire agir pour le bien de l’Église, dans une situation d’exception qu’elle qualifie de nécessité. Qu’on adhère ou non à cette analyse, elle n’est pas celle d’un schisme au sens du canon 751.

Schismatique ne signifie pas excommunié.

L’excommunication automatique prévue par le droit canonique pour les consécrations sans mandat pontifical est distincte de la qualification de schisme. En 2009, Benoît XVI a levé les excommunications des évêques consacrés en 1988. Il ne l’aurait pas fait s’il avait considéré que la Fraternité était formellement schismatique. Ce précédent existe. Il est documenté. Il n’est pas cité.

Ce n’est pas la Fraternité qui a changé depuis 1988. C’est le droit qui a changé, avec Summorum Pontificum en 2007, avec la levée des excommunications en 2009, avec les évolutions progressives du statut canonique de la Fraternité dans les années qui ont suivi. Et cette distinction est celle que personne n’avait formulée clairement avant que la crise de 2026 ne l’impose.
Je n’écris pas cet article pour absoudre la Fraternité. Je ne l’écris pas non plus pour la condamner. J’écris parce que les lecteurs du Salon Beige qui connaissent ce dossier, qui le suivent depuis des années, qui ont les outils pour évaluer un argument rigoureux, méritent mieux que le bruit ambiant.

Ils méritent les distinctions. Et la liberté de juger par eux-mêmes.

Gérald Houzé de l’Aulnoit est l’auteur de “Ni Absolution ni Condamnation; Les consécrations de la FSSPX décryptées par une méthode de discernement contradictoire”, disponible en eBook (9,99 €) et broché (17,99 €) sur Amazon à partir du 5 mai 2026.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Vandalisme à l’église de Surgères (17)

Communiqué du diocèse de La Rochelle :

Le mardi 21 avril au soir, les paroissiens de Surgères ont découvert que l’église Notre-Dame avait été vandalisée dans la journée. Deux statues de Notre-Dame et de saint Joseph ont été brisées, des bancs, des bougies et des fleurs jetés à terre, l’orgue endommagé.

Mgr Pierre-Antoine Bozo, évêque coadjuteur de La Rochelle, déplore et condamne cet acte de vandalisme dans cette église chère à la communauté paroissiale, mais aussi à l’ensemble des habitants de la commune dont l’église Notre-Dame est le patrimoine.

Il remercie le Maire, les élus et les services de la Ville de Surgères pour leur action, ainsi que la Gendarmerie Nationale auprès de laquelle une plainte a été déposée.

L’église Notre-Dame de Surgères restera fermée jusqu’à la célébration d’une messe de réparation, qui aura lieu le dimanche 26 avril à 10h30.

Mgr Pierre-Antoine Bozo et les chrétiens de Charente-Maritime assurent le P. Sesuraj Alphonse, curé de la paroisse Saint-Joseph en Pays Surgérien, et tous les paroissiens et habitants de Surgères de leur compassion et de leurs prières fraternelles.

Le Saint-Siège s’est entretenu avec les évêques allemands et a indiqué n’être pas d’accord avec la bénédiction formelle des couples, homosexuels ou en situation irrégulière

Dans l’avion de retour vers Rome, un journaliste allemand a demandé au Saint-Père comment il évalue “la décision du cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich et Freising, d’autoriser la bénédiction des couples de même sexe dans son diocèse. Et compte tenu des différentes perspectives culturelles et théologiques, notamment en Afrique, comment comptez-vous préserver l’unité de l’Église universelle sur cette question?”

Tout d’abord, je pense qu’il est très important de comprendre que l’unité ou la division de l’Église ne devrait pas tourner autour de questions sexuelles. Nous avons tendance à penser que lorsque l’Église parle de morale, le seul sujet moral est celui de la sexualité. En réalité, je crois qu’il existe des questions bien plus vastes et importantes, telles que la justice, l’égalité, la liberté des hommes et des femmes, la liberté religieuse, qui devraient avoir la priorité sur cette question particulière. Le Saint-Siège s’est déjà entretenu avec les évêques allemands. Le Saint-Siège a clairement indiqué que nous ne sommes pas d’accord avec la bénédiction formelle des couples –en l’occurrence des couples homosexuels, comme vous l’avez demandé– ou des couples en situation irrégulière, au-delà de ce qui a été spécifiquement autorisé par le Pape François, c’est-à-dire que toutes les personnes reçoivent la bénédiction. Lorsqu’un prêtre donne la bénédiction à la fin de la messe, lorsque le Pape donne la bénédiction à la fin d’une grande célébration comme celle que nous avons eue aujourd’hui, il y a des bénédictions pour toutes les personnes. La célèbre expression de François «tous, tous, tous», exprime la conviction de l’Église que tous sont accueillis, tous sont invités, tous sont invités à suivre Jésus et tous sont invités à rechercher la conversion dans leur vie. Aller au-delà de cela aujourd’hui, je crois que ça peut causer plus de désunion que d’unité, et que nous devrions chercher à construire notre unité sur Jésus-Christ et sur ce que Jésus-Christ enseigne. Voilà ma réponse à la question.

“Personnellement, je crois qu’un État a le droit d’imposer des règles à ses frontières”

Le Pape Léon XIV a conclu son long voyage apostolique en Afrique et, lors de son vol de Malabo, dernière étape en Guinée équatoriale, vers Rome, il a répondu aux questions de cinq des quelque 70 journalistes qui l’accompagnaient. La guerre, la question migratoire, la peine de mort et la bénédiction des couples de même sexe figuraient parmi les sujets abordés lors de l’entretien, précédé d’une réflexion de Léon XIV sur son récent séjour en Afrique.

«Lorsque je voyage, je m’exprime en mon nom propre, mais aujourd’hui, en tant que Pape et évêque de Rome, il s’agit avant tout d’un voyage pastoral apostolique pour aller à la rencontre du peuple de Dieu, l’accompagner et apprendre à le connaître. Souvent, l’intérêt est plutôt politique: “Que dit le Pape sur tel ou tel sujet? Pourquoi ne critique-t-il pas le gouvernement de tel ou tel pays?” Et il y a assurément beaucoup à dire. J’ai parlé de justice, et il y a des enjeux à ce sujet. Mais ce n’est pas le sujet principal: ce voyage doit avant tout être interprété comme l’expression du désir d’annoncer l’Évangile, de proclamer le message de Jésus-Christ, qui est une manière de se rapprocher des gens dans leur bonheur, au plus profond de leur foi, mais aussi dans leurs souffrances. Il est alors nécessaire d’intervenir ou de chercher des moyens d’encourager les gens à prendre des responsabilités dans leur vie. C’est également important de s’entretenir avec les chefs d’État, afin d’encourager un changement de mentalité, une plus grande ouverture à la réflexion sur le bien commun, et la possibilité d’examiner des questions telles que la répartition des richesses d’un pays. Lors de nos discussions, nous avons abordé divers sujets, mais surtout, j’ai été ravi de voir et de rencontrer des gens animés d’un tel enthousiasme. Je suis très heureux de ce voyage, mais vivre, accompagner et cheminer avec les habitants de Guinée équatoriale a été une véritable bénédiction, avec la pluie… Ils étaient heureux des pluies de l’autre jour, mais surtout de partager avec une Église universelle ce que nous célébrons dans notre foi.»

Sur l’immigration :

La question de l’immigration est très complexe et touche de nombreux pays, pas seulement l’Espagne, pas seulement l’Europe ou les États-Unis: c’est un phénomène mondial! Ma réponse commence donc par une question: que fait le Nord du monde pour aider le Sud du monde, ou ces pays où les jeunes ne trouvent aujourd’hui aucun avenir et nourrissent donc ce rêve de partir vers le Nord? Tout le monde aspire à aller vers le Nord, mais bien souvent, le Nord n’a pas de solutions à leur offrir. Beaucoup souffrent… La question de la traite des êtres humains, le «trafic», fait également partie de la migration. Personnellement, je crois qu’un État a le droit d’imposer des règles à ses frontières. Je ne dis pas que tout le monde doit entrer sans autorisation, ce qui peut parfois, là où ils vont, générer des situations plus injustes, que celles laissées derrière eux. Cela dit, je me demande: que faisons-nous dans les pays les plus riches pour changer la situation dans les pays les plus pauvres?

Pourquoi ne pouvons-nous pas essayer, tant par le biais d’aides d’État que par les investissements des grandes entreprises riches et des multinationales, de changer la situation dans des pays comme ceux que nous avons visités lors de ce voyage? Pour beaucoup de gens, l’Afrique est considérée comme un endroit où l’on peut aller extraire des minerais, s’approprier ses richesses pour enrichir d’autres pays. Peut-être devrions-nous, à l’échelle mondiale, travailler davantage pour promouvoir plus de justice, d’égalité et le développement de ces pays d’Afrique afin qu’ils n’aient pas besoin d’émigrer vers d’autres pays, comme l’Espagne, etc. Et l’autre point que je voudrais aborder est que, quoi qu’il en soit, ce sont des êtres humains et nous devons traiter les êtres humains de manière humaine, et non pas souvent pire que des animaux. Il y a là un très grand défi: un pays peut dire qu’il ne peut pas en accueillir davantage, mais lorsque ces personnes arrivent, ce sont des êtres humains et elles méritent le respect qui revient à tout être humain en raison de sa dignité.

Un sentiment de cyber-insécurité

L’image de la semaine :

ANTS piratée : nos données sont-elles vraiment protégées ?

Alors que l’État français échoue à sécuriser sa propre plateforme de titres sécurisés, que nos données sont dans la nature, l’Union européenne, au nom de la protection de l’enfance, lance en fanfare son application de vérification de l’identité et lance une campagne “Democracy” et “Free speech”… C’est la cybersurveillance avant la cybersécurité : bienvenue au royaume d’Orwell !

Le dossier du jour :

Tempête dans une coupette chez Grasset : la gauche s’émeut !

Olivier Nora, dirigeant grassement payé (1 million d’euros) vient d’être remercié. Il quitte une maison d’édition en crise avec des résultats en chute libre, mais les médias parlent de “séisme” provoqué par Bolloré.

Les pastilles de l’info :

– Liban : un soldat israélien profane une statue du Christ
– M6 s’offre un point Godwin en comparant des croix “illégales” à des autocollants Adolf Hitler
– Xavier Niel : “empêchement urgent” pour échapper à une commission… mais on le retrouve au ski à Courchevel
– 800 armes blanches saisies à l’école : Libération fait une caricature avec un élève nommé Kylian…
– Elon Musk : convoqué par le parquet de Paris, il refuse le traquenard !
– Gabriel Attal : son storytelling s’effondre face au réel

Portrait piquant : Elisabeth Lemoine : l’icône médiatique décortiquée par l’OJIM

Des milliers de participants à la Marche nationale pour la vie ont défilé dans les rues de Varsovie

« Foi et Fidélité 966-2026 » : sous ce slogan (en référence au 1060e anniversaire du Baptême de la Pologne), une nouvelle Marche nationale pour la vie a défilé dans les rues de Varsovie, la capitale polonaise. L’événement a débuté à le 19 avril à 11 h par des messes célébrées à l’archicathédrale du Martyre de Saint-Jean-Baptiste, ainsi qu’à la cathédrale Saint-Michel-Archange et Saint-Florian de Varsovie-Praga. Plus tard, la place du Château s’est remplie de milliers de personnes brandissant des banderoles aux slogans prônant la vie, des drapeaux aux couleurs nationales polonaises, ainsi que des banderoles représentant des mouvements et des associations et des figures historiques importantes.

Dans la première partie de la réunion, les participants ont écouté de brèves allocutions de représentants des organisateurs et des mouvements pro-vie, ainsi que d’invités. Parmi eux figurait l’aumônier du président de la République de Pologne, le père Jarosław Wąsowicz, qui a remercié les personnes présentes pour leur témoignage, leur présence et pour avoir perpétué l’héritage des générations précédentes.

« Jean-Paul II a qualifié les vœux de Jasna Góra de la nation polonaise de charte des droits de l’homme de la Pologne », a déclaré le religieux.

Dans le même temps, il a rappelé le soutien du président Karol Nawrocki, qui a accueilli les participants de la Marche nationale pour la vie à leur arrivée au palais présidentiel.

« Des milliers de personnes, rassemblées au cœur de Varsovie, témoignent de l’importance que la vie et la famille revêtent pour la Pologne. C’est pourquoi la présence du Président de la Pologne est indispensable aujourd’hui. Merci aux organisateurs et aux formidables familles polonaises », a déclaré Karol Nawrocki. Il a souligné que cette marche est essentielle et répond à la grave crise démographique.

Tout au long du parcours de la Marche pour la vie, empruntant les rues Senatorska et Wierzbowa, traversant la place du Maréchal Józef Piłsudski, puis se dirigeant vers la place du Château – via les rues Królewska et Krakowskie Przedmieście –, des chants, des slogans pro-vie et des discours ont retenti.

« Nous participons à cette marche car nous savons que la vie humaine commence dès la conception. Et nous devons la défendre. Cette Marche nationale pour la vie est un signe d’opposition à tous ceux qui lèvent la main contre les enfants à naître », a déclaré Marcin Perłowski, directeur du Centre pour la vie et la famille et vice-président de l’Institut Ordo Iuris, dans un autre discours.

Il a souligné que, dans la réalité actuelle, la vie animale a plus de valeur que la vie humaine.

« Des affiches dans le métro de Varsovie ont lancé des appels à protéger la vie des rats ; la semaine dernière, une manifestation a eu lieu devant l’hôtel de ville de Varsovie pour défendre les sangliers ; récemment, toute la Pologne a été mobilisée par la question de la protection de la vie des chiens ».

« Et les droits des enfants à naître ? Leur vie ? » 

Comme il l’a souligné, de nombreux indices laissent penser que les projets de loi sur l’avortement seront de nouveau examinés à la Diète de la République de Pologne.

« Nous n’y consentons pas ! Cette marche est l’étincelle. De cette marche, un message clair est lancé à la Diète et dans tous les coins de la Pologne : Halte à l’avortement ! Halte à l’avortement ! Oui à la vie ! »

Sur la place du Château, le professeur Tonio Borg, président de la Fédération européenne « L’un de nous », venu à la marche à l’invitation de la Fédération polonaise des mouvements pro-vie, a appelé au courage pour s’engager activement dans la défense de la vie et témoigner de la solidarité envers les plus vulnérables menacés par l’avortement.

« N’ayez pas peur d’être calomniés et ridiculisés parce que vous cherchez à protéger la vie dès sa conception. N’ayez pas peur lorsqu’on vous marginalise et qu’on vous insulte de toutes les manières, parce que vous défendez la vie. N’ayez pas peur de manifester ouvertement votre engagement pour la vie et de faire pression sur les législateurs et les personnes influentes afin de la défendre. N’ayez pas peur de vous organiser pour montrer à l’Europe et au monde que l’enfant à naître est l’un des nôtres », a-t-il déclaré, faisant référence à l’appel de saint Jean-Paul II aux Polonais en 1979.

Le professeur Borg a cité l’exemple de Malte, son pays d’origine. L’avortement y est interdit. Dans les cas difficiles où la vie de la mère est en danger, les médecins sauvent les deux patients, mais c’est la seule situation où l’enfant peut mourir pour sauver la mère. Le professeur Tonio Borg a souligné que l’Église catholique de Malte soutient les mouvements pro-vie, mais a rejeté la rhétorique des partisans de l’avortement qui insinuent que les valeurs chrétiennes sont imposées aux non-croyants.

« Notre réponse est la suivante : l’avortement n’est pas immoral parce que les Églises chrétiennes le condamnent ; au contraire, les Églises chrétiennes condamnent l’avortement parce qu’il est immoral ».

Dans le même temps, le président de la Fédération européenne « Un de nous » a souligné que, pour la première fois, dans le cadre du Fonds social européen, qui existe depuis 70 ans, les fonds cotisés par tous les contribuables seront utilisés pour financer les avortements dans tous les pays de la Communauté.

« C’est illégal. C’est contraire au principe de subsidiarité ».

« Par égoïsme, nous avons détourné le regard de cet holocauste moderne. Mais tout n’est pas perdu. Si nous parvenons à rassembler nos forces, à les unir et à rester unis, nous pouvons obtenir des résultats ».

La Marche pour la Vie de Varsovie de cette année s’est conclue par un concert de la jeune chanteuse polonaise anMari et un pique-nique sur la place du Château.

La Marche pour la Vie était organisée par la Fondation Saint-Benoît et de nombreuses associations et institutions pro-vie. L’événement se déroulait sous le haut patronage de la Conférence des évêques polonais. Le Centre pour la Vie et la Famille et l’Institut Ordo Iuris étaient partenaires de l’événement.

Source

L’Essence de l’Offertoire

Le contenu de cet article est reproduit dans une vidéo réalisée par l’association La Phalange Liturgique :

https://www.youtube.com/watch?v=mXq5Wd8PaLU

L’Offertoire est l’une de ses 3 parties essentielles du sacrifice de la messe. Il est ce moment où la victime est présentée sur l’autel pour être offerte, en plus d’être une préparation matérielle à ce sacrifice. Cette définition que je viens de donner est très grossière, nous allons au cours de cet enseignement en peaufiner progressivement les contours dont le tracé n’est pas si évident qu’on le pourrait croire.

Liturgie Naturelle

Pour dresser une ébauche de la place qu’occupe l’offertoire dans le sacrifice de la messe, revenons d’abord à une liturgie plus naturelle. La messe est pourrait-on dire grandement altérée par tous les miracles qui s’y produisent. C’est un petit peu une liturgie naturelle sur laquelle on a ajouté un versant surnaturel. Par conséquent, nous enlevons pour l’instant ce dernier aspect, pour ne garder que le squelette plus facile à déterminer.

D’autant plus que la messe, selon ce caractère de sacrifice n’invente rien, dans les cultes païens ou dans le culte hébreux, on rend le plus gloire à Dieu lorsqu’on conduit justement un sacrifice.

Le sacrifice est un culte très naturel qu’on voit se produire dans une vaste majorité des religions. Que ce soit chez les Aztèques qui venaient arracher le cœur de la victime bien humaine pour le présenter au dieu solaire, que ce soit chez les grecs et les romains qui scrutaient dans les entrailles d’animaux le dénouement de la bataille qu’ils allaient mener, il y a le rite d’un sacrifice, comme il y en a un dans les sacrifice d’animaux des celtes, des gaulois, des germains, des Nordiques. Quelquefois par ailleurs dans les rites des tribus primitives d’Amérique, d’Afrique ou d’Océanie des sacrifices humains très sanglants qui découlaient souvent sur la consommation cannibale de la victime. On retrouve en Orient des pratiques semblables, mais non sanglantes, ainsi chez les égyptiens la consumation par le feu d’encens et d’arômes pour honorer les dieux, chez les zoroastriens de Perse, qui à l’origine sacrifiaient aussi des animaux avant de faire brûler divers bois de grande qualité et d’offrir la lumière du feu sacré. Chez les shintoïstes, les fidèles de Confucius ou les fidèles de Bouddha, des dons d’aliments, d’objets, quelquefois brûlés solennellement. Et bien sûr dans la religion d’Abraham, ces sacrifices divers d’animaux immolés dans le Temple, rites qui furent réglementés très précisément dans le livre du Lévitique.

Déroulement du sacrifice

Il convient pour tout Sacrifice de rassembler trois choses, d’abord un sacrificateur, un prêtre, ensuite une victime, quelque animal, quelque plante, quelque objet, enfin une personne à qui on offre le sacrifice. Pour dernier acteur, c’est bien évidement Dieu à qui le sacrifice doit plaire.

Dans le déroulement de ce sacrifice, il convient d’abord pour le sacrificateur de présenter à Dieu la victime tout en signifiant les intentions pour lesquels le sacrifice est offert. La victime est ensuite immolée, c’est-à-dire détruite, ou entièrement ou en partie, pour un animal, il est tué, son principe vital est détruit, mais pas son corps. Enfin, il convient de faire communier l’ensemble du peuple à ce sacrifice, notamment pour en affirmer le caractère public, et solennel.

Regroupement de tous les actes de la liturgie dans l’Immolation

Ainsi que ce soit chez les chrétiens ou chez les juifs, l’acte d’immolation comprend en lui-même tout la réalité du sacrifice.

Toujours en est-il qu’il convient de voir dans le sacrifice de la messe un seul acte, l’Immolation, dans lequel sont rassemblés, réalisés formellement, les actes de l’Oblation et de la Consommation.

La liturgie comme prisme

Pour nos faibles yeux humains, la compréhension de cette haute réalité – qui rassemble dans les quelques mots de la consécration et la transformation du pain en corps de Jésus, l’offrande du Fils au Père, la Mort salvifique du Christ, la communion de tous les membres du corps mystique du Christ à cette grande adoration – est impossible.

C’est pourquoi il est convenable que cet acte soi décomposé. Bien sûr cette convenance repose en premier lieu sur la réalité de la séparation et ensuite seulement dans sa perception.

Il est convenable et naturel que la victime soit présentée à Dieu avant d’être sacrifiée. Il découle également du Sacrifice que celui-ci soit partagé par le peuple, il est certain que ceci doit être fait postérieurement au sacrifice, dans cet ordre très naturel.

Au rapport de sa perception, la liturgie joue le rôle d’un prisme de verre à travers lequel passe une lumière blanche trop vive et intense. Le prisme la décompose en un arc-en-ciel dont on peut alors apprécier les parties. La liturgie de la messe décompose le sacrifice pour nous le faire comprendre.

Ainsi en est-il de la distinction de ces trois parties essentielles de la messe, Offertoire, Consécration, Communion, ainsi en est-il aussi des distinctions entre les divers actes de l’Offertoire, offrande du pain puis du vin, du célébrant, des fidèles, son agrément par la Trinité, purification du célébrant.

L’oblation

Pour désigner la réalité de l’acte par lequel les choses offertes, les oblats sont présentés à Dieu, on utilise en liturgie le terme d’Oblation. Le terme exprime cette même réalité d’un objet offert. Offrir en latin c’est porter devant, Ob-fero, porter devant quelqu’un les dons qu’on lui souhaite, de sorte à ce que cette personne en ait connaissance. L’offrande est donc l’exact opposé du don anonyme. C’est la solennité, la publicité qui les distingue. En latin, au temps du passé le verbe fero prend la forme latum, ainsi on arrive à l’expression oblation, qui ainsi hérite étymologiquement d’un caractère accompli.

On désigne en liturgie comme Oblation la partie de la messe qui commence au chant d’Offertoire, et se termine à la fin de la prière de Secrète. Parfois ce terme est aussi utilisé pour désigner toutes les cérémonies qui commencent au chant d’Offertoire, jusqu’à la fin du Canon. Puisque le Canon est aussi une oblation. L’offertoire fait l’oblation de la matière du sacrifice tandis que le Canon fait l’oblation du sacrifice en lui-même.

On peut ainsi dire en traits grossiers que l’Oblation est l’acte qui est conduit pendant l’Offertoire. Alors que l’Offertoire est la cérémonie pendant laquelle se déroule l’Oblation. Donc essayons de garder cette idée de contenant et de contenu.

Historicité.

Une grande majorité des rites qui composent aujourd’hui l’offertoire sont d’un ajout tardif, que l’on peut dater du milieu du moyen âge. Avant ces changements successifs, l’offertoire ne se composait que de deux éléments, une procession, accompagnée d’un chant, et la prière de Secrète, qui en elle-même résumait les prières apparues plus tard.

C’est important, pour comprendre la disposition et la cohérence de la cérémonie aujourd’hui de connaître un petit peu son histoire, c’est pourquoi je commence par vous décrire rapidement les quelques cérémonies disparues.

Missa catechumenorum

Un élément disparu de l’offertoire se trouvait également au tout début de la cérémonie d’offertoire, il s’agit du renvoi des catéchumènes. En latin missa catechumenorum, donc messe des catéchumènes, qui désigne en premier lieu ce moment de la messe, où ils s’en vont, puis fini par désigner toute la première partie de la messe jusqu’à ce moment-ci. Et donc par opposition, le reste de la cérémonie, jusqu’au renvoi des fidèles est appelée missa fidelis, messe des fidèles. On en arrive ainsi au terme de messe. Messe signifie donc renvoi.

Le missa catechumenorum, le renvoi des catéchumènes est un signe très fort qui marque l’importance des cérémonies à venir. Ce qui se passait réellement c’est qu’on demandaient solennellement à ceux qui n’étaient pas encore baptisés de sortir de l’Église, avant de fermer les portes à clé, comme on peut le faire encore aujourd’hui dans les rites orientaux. Dans les rites occidentaux la pratique disparaît entre le Xème et le XIIème siècle. Dans un ancien sacramentaire du rite romain, on pouvait entendre vers le IXème siècle cette expression : « Sortez d’ici hérétiques, Juifs, païens, ariens, vous qui n’avez rien à y faire ». On voit bien que le sacrifice commence et qu’il n’est plus question maintenant de simples enseignements qu’on aurait pu recevoir semblablement à un autre moment de la journée par exemple.

Ce renvoi se justifiait aussi de manière à signifier le caractère mystérieux de la messe, seul pourrait-on dire les initiés on le droit d’assister au sacrifice. Comme s’était le cas chez les hébreux, seuls, les circoncis pouvaient rentrer dans le Temple.

Bien sûr depuis lors, l’Église a trouvé d’autre moyens de signifier ce fait, et elle permet aux catéchumènes et mêmes aux païens d’assister à la messe en entier, puisque les grâces peuvent s’y révéler nombreuses.

L’ancienne Procession d’offertoire.

Une seconde cérémonie aujourd’hui disparue est cette procession, par laquelle les fidèles offraient en premier lieu du pain et du vin pour le sacrifice. Le clergé venaient chercher dans la foule les offrandes et venait les déposer dans le choeur. Cette cérémonie a connu de nombreuses évolutions quand aux objets qui étaient donnés. D’abord primait le fait de venir offrir les oblats pour le sacrifice. Mais rapidement, puisqu’il était clair qu’il n’y avait pas besoin d’autant de miche de pain et de bouteille de vin qu’il y avait de fidèles, on s’est mit à offrir plutôt des biens nécessaires à la vie du clergé, en nature. On est passé enfin à accepter quel bout de papier sur lequel on inscrivait les choses que l’on offrait, plutôt que de devoir les porter dans l’Église. On a facilement transformé tout ceci en sommes d’argent, offertes donc aujourd’hui pendant la Quête, qu’on a un peu avancé dans le moment de la cérémonie de sorte à ce qu’elle ne vienne pas déranger la profondeur des prières et des méditations pendant l’offertoire.

Pendant cette procession d’offertoire, on chantait cette pièce grégorienne qui subsiste toujours, l’antienne d’Offertoire. Une hymne qui se chantait à deux chœurs qui se répondaient l’un l’autre, le chant devait durer pendant toute la procession, le célébrant faisait signe aux chantres de s’arrêter une fois la chose faite. Nous ne conservons du chant aujourd’hui que l’antienne, c’est-à-dire le premier verset. « Il faut mieux chanter 5 psaume la joie au cœur que dire tout le psautier dans l’angoisse, car ce n’est pas par le nombre de mots que le bon Dieu se laisse fléchir » nous rappelle saint Jérôme.

Louis Djeddi, Association la Phalange Liturgique

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Artsakh : génocide et mémoricide

Communiqué de SOS Chrétiens d’Orient :

Des photos satellites semblent confirmer que la cathédrale arménienne Sainte-Mère-de-Dieu de Stepanakert, la capitale de l’Artsakh, avait été détruite ces dernières semaines. Déjà début avril, l’église Saint-Jacques de la même ville avait été démolie. C’est actes ne sont malheureusement pas isolés. Partout en Artsakh, le patrimoine arménien est menacé quand il n’est pas totalement supprimé.

Benjamin Blanchard, directeur général de SOS Chrétiens d’Orient rappelle qu’ “après la destruction systématique du patrimoine arménien dans l’actuelle Turquie, cette destruction systématique du patrimoine arménien d’Artsakh était annoncée et prévisible. L’Azerbaïdjan n’a jamais caché sa volonté de faire disparaître toute trace arménienne en Artsakh, après en avoir chassé toute sa population il y a bientôt trois ans“.

Alors que l’Arménie et les Arméniens du monde entier célèbreront demain, 24 avril,  la mémoire du génocide, la destruction de la cathédrale de Stepanakert est vécue comme une profonde blessure et une provocation supplémentaire” continue Benjamin Blanchard. “Au génocide suit désormais le mémoricide, avec la négation de la mémoire arménienne de l’Artsakh“.

Présente en Arménie depuis 2020, notamment auprès des populations déplacées de l’Artsakh, SOS Chrétiens d’Orient appelle les autorités françaises à garantir :

-le respect des églises et du patrimoine arménien en Artzakh

-le droit au retour des réfugiés d’Artzakh et la restitution de leurs biens

-le retour en Arménie des prisonniers politiques artsakhiotes détenus par l’Azerbaïdjan

Dignité et solidarité : faisons entendre la voix des plus fragiles

 

🔎 Débat de société en cours : une proposition de loi sur le droit à l’aide à mourir est actuellement examinée.

👥 Pour de nombreuses personnes malades, en situation de handicap, âgées ou dépendantes — ainsi que pour leurs proches — ce sujet soulève des préoccupations majeures.

🗣️ C’est dans ce contexte que l’association Les Éligibles et leurs Aidants s’engage : porter la voix de celles et ceux directement concernés et contribuer activement au débat public.

🎯 La position est claire : la dignité humaine est intrinsèque et inviolable.
🕳️ Une société juste se définit par sa capacité à protéger et accompagner les plus vulnérables.
🕳️ Choisir d’aider à vivre plutôt qu’à mourir.

👉 Pourquoi adhérer ?
▶️ Soutenir les personnes vulnérables et leurs aidants ;
▶️ Donner plus de poids à leur voix dans le débat public ;
▶️ Participer à une mobilisation citoyenne essentielle ;
▶️ Contribuer aux actions d’information, de sensibilisation et de représentation.

🤝 Dans un moment clé pour notre société, rejoindre l’association, c’est faire un choix de solidarité et de responsabilité.

👇 Adhérez et soutenez :
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Un cardinal et des militants pro-vie tirent la sonnette d’alarme face au projet de loi anti-chrétien C-9 au Canada

Des groupes canadiens pro-vie et religieux, dont un cardinal, ont tiré la sonnette d’alarme concernant un nouveau projet de loi qui criminalise l’expression et les croyances religieuses lorsqu’ils citent des passages de la Bible, notamment des passages sur l’homosexualité et le genre.

Les préoccupations concernent le projet de loi C-9, dit « Loi contre la haine ». Ce projet de loi a récemment été adopté par la Chambre des communes et est sur le point d’être approuvé par le Sénat.

Dans une  lettre adressée le mois dernier aux sénateurs canadiens, le cardinal Frank Leo, archevêque métropolitain de Toronto, a déclaré que si l’Église catholique reconnaît « l’importance de lutter contre la haine et de protéger les individus et les communautés contre la violence », des modifications doivent être apportées au projet de loi.

« Chaque personne doit pouvoir vivre et pratiquer sa religion en toute sécurité et dans la dignité, et nous soutenons les efforts qui contribuent véritablement à faire progresser ces nobles objectifs ».

Le cardinal Leo a déclaré que de nombreux « chefs religieux » ainsi que des « experts en libertés civiles » avaient averti que le projet de loi, tel qu’il était rédigé, comportait de « graves préoccupations » qui n’avaient pas été prises en compte.

« Tout au long du processus législatif, des recommandations judicieuses ont été formulées afin de garantir que la loi s’attaque efficacement à la malveillance de la haine tout en cherchant consciencieusement à protéger certaines libertés fondamentales chères aux Canadiens ».

« Malheureusement, la législation, dans sa forme actuelle, ne répond manifestement pas de manière adéquate à ces graves préoccupations. »

La suppression de l’exemption religieuse a suscité la condamnation de la Conférence des évêques catholiques du Canada, qui a publié  une lettre ouverte critiquant l’amendement proposé et demandant son abrogation.

« Il est impératif que les engagements pris par le gouvernement en matière de garanties soient intégrés au projet de loi lui-même. Ce n’est qu’une fois inscrits dans la loi que ces protections – ces droits – pourront être véritablement respectés et garantis. »

« Il existe une solution, et je prie pour que le Sénat s’efforce de la trouver – une solution permettant d’introduire des mécanismes législatifs pour éliminer les terribles expressions de haine, tout en veillant à ce que les violations des libertés acquises et reconnues, en particulier pour les personnes et les communautés de foi, soient préservées, consacrées, honorées et protégées ».

« L’avenir de nos communautés religieuses dépend en grande partie des libertés qui nous permettent de faire ce que nous faisons, dans le plus grand respect de toutes les personnes, croyantes ou non, au sein de notre société canadienne multiculturelle et pluraliste. »

Le cardinal Leo a demandé au Sénat d’examiner « attentivement » la modification du projet de loi C-9 afin de préciser que les droits des Canadiens à la « liberté de religion, de conscience et d’expression » garantis par la Charte sont protégés.

David Cooke, directeur des campagnes de Campaign Life Coalition (CLC) et pasteur chrétien, a déclaré à LifeSiteNews que les Canadiens croyants devraient « se préparer à une hostilité croissante » en raison du projet de loi C-9.

« Avec l’adoption du projet de loi C-9 à la Chambre, les chrétiens et les défenseurs du droit à la vie seront presque certainement confrontés à un tout nouveau niveau d’hostilité, car la porte s’ouvre à une véritable persécution sous couvert d’une prétendue légalité ».

Jack Fonseca, directeur des opérations politiques de CLC, a déclaré que les catholiques et tous les chrétiens doivent  être prêts  à « se battre » pour leurs droits religieux.

De plus, le Centre de justice pour les libertés constitutionnelles (JCCF) a déclaré que le projet de loi C-9 « donnerait aux forces de l’ordre » et au gouvernement le pouvoir de poursuivre ceux qu’ils estiment avoir violé les « sentiments » d’une personne d’une manière « haineuse ».

Où sont les ‘intellos’ défenseurs de Kamel Daoud ?

Les 170 auteurs qui ont annoncé quitter Grasset pour défendre la liberté d’expression ont courageusement décidé de se taire concernant Kamel Daoud.

L’écrivain franco-algérien était poursuivi par la justice algérienne pour un roman évoquant la guerre civile ayant opposé le régime algérien aux islamistes entre 1991 et 2002. Un sujet interdit en Algérie. Kamel Daoud a annoncé sur X avoir été condamné par les tribunaux algériens à trois ans de prison ferme et à cinq millions de dinars algériens d’amende pour son roman Houris  (Gallimard, 2024). Dans la foi musulmane, ce terme désigne les jeunes filles promises au paradis. Cet ouvrage, qui lui avait valu le prix Goncourt en 2024, raconte l’histoire d’Aube, une jeune coiffeuse algérienne rescapée de la décennie noire (1991-2002), cette guerre civile algérienne taboue pour le régime d’Alger.

Kamel Daoud indique avoir été condamné « en application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale », un texte qui, selon l’auteur, « réprime l’évocation publique de la guerre civile ». À cause de la loi algérienne qui réprime de fait tout ouvrage sur la décennie noire, Houris ne peut pas être édité en Algérie.

« Dix ans de guerre, près de 200 000 morts selon les estimations, des milliers de terroristes amnistiés… et un seul coupable : un écrivain», souligne l’auteur sur X. Kamel Daoud est en outre visé par deux mandats d’arrêt internationaux émis par l’Algérie en mai 2025.

Boualem Sansal a réagi sur le site de la Nouvelle Revue politique =

«Une semaine après la visite historique du pape Léon XIV en Algérie, les 13 et 14 avril, placée sous le signe du pardon, de la paix et de la réconciliation, le pouvoir algérien retombe dans sa vieille méthode : punir, intimider, faire taire». «Cette décision n’est pas un accident judiciaire. C’est une méthode de gouvernement par la peur. Le pouvoir veut la soumission du peuple et le silence des écrivains. En condamnant Kamel Daoud, c’est aussi un écrivain français qu’il prétend juger et punir. Nous lui disons ici notre soutien total.»

La naissance du couple germano-italien

D’Antoine de Lacoste pour la Revue d’Histoire Européenne :

Dans l’Union européenne, il y avait un socle. Il s’appelait le couple franco-allemand. Il naquit avec le duo De Gaulle-Adenauer et fut suivi des couples Giscard-Schmidt, Mitterrand-Kohl, Sarkozy-Merkel, même si ce dernier fut un peu plus agité. Avec François Hollande, il ne se passa évidemment rien. Le comportement d’Emmanuel Macron était attendu avec intérêt, d’autant que son inexpérience internationale engendrait beaucoup d’incertitudes.

Au cours de son premier mandat, notre sémillant stratège fut à peu près sage. Il n’était sans doute pas facile pour un débutant d’expliquer le monde à la diva de l’Europe. Mais Angela Merkel prit sa retraite et c’est le pâle et froid social-démocrate Olaf Scholz qui devint chancelier. Le courant ne passa pas. Le discours de la Sorbonne du 25 avril 2024 prononcé avec l’emphase qu’on lui connaît par le président français résonna en creux Outre-Rhin, et le concept d’«Europe puissance» n’intéressa guère. Les divergences se sont amplifiées avec le conservateur Friedrich Merz qui remporta les élections de 2025.

Quand deux hommes caractérisés par une arrogance frisant la pathologie doivent se parler souvent, il est peu probable qu’il en sorte quelque chose de constructif. Mais cela a aidé à révéler au grand jour des intérêts stratégiques devenus sérieusement contradictoires.

Emmanuel Macron a accéléré le surendettement de la France et jette maintenant son dévolu sur les finances européennes. Il plaide pour des « Eurobonds d’avenir », jolie formule qui veut dire qu’on va beaucoup emprunter. Merz n’en veut pas, tout en acceptant un emprunt de 90 milliards destiné à l’Ukraine qui ne remboursera jamais, peu importe, c’est pour une œuvre. Viktor Orban bloque ce funeste projet, mais pour combien de temps ? Le chancelier allemand veut même aller plus loin dans l’aide au pays le plus corrompu d’Europe et pour cela voler les avoirs russes placés dans les banques du vieux continent. Il y en a pour 200 milliards, mais là c’est Macron qui ne veut pas en raison des risques juridiques qui pourraient survenir après la guerre. S’il fallait rembourser aux Russes l’argent que les Ukrainiens auront dépensé, cela risque en effet d’être un peu compliqué.

Certains se demandent pourquoi l’Allemagne tient tant à soutenir l’Ukraine, dépassant même les ambitions françaises ou scandinaves. La réponse est simple : Rheinmetall. Ce conglomérat industriel spécialisé dans l’armement gagne des fortunes avec la guerre. Il vend à l’Ukraine des armes qu’il fabrique et l’Ukraine paye avec l’argent que l’Europe lui donne. C’est simple, ça marche et Rheinmetall est la seule réussite industrielle allemande de ces dernières années, grâce au contribuable européen, impuissant.

Une divergence plus importante encore est apparue. L’Allemagne veut se doter d’une grande armée. Industriellement, elle en est parfaitement capable, démographiquement un peu moins, mais passons. Or elle veut le faire seule, sans la France. Le fameux projet franco-allemand SCAF (Système de Combat aérien du Futur) de 100 milliards d’euros a donc du plomb dans l’aile. Mais l’Allemagne n’a pas l’arme atomique et veut continuer à bénéficier du parapluie américain.

L’Italie, moins ambitieuse pour son armée, tient aussi beaucoup à la protection de Washington. La tradition atlantiste italienne est bien ancrée et les bonnes relations de Giorgia Meloni et Donald Trump ont renforcé les liens entre les deux pays. De plus Giorgia Meloni n’aime pas Emmanuel Macron comme son visage très expressif l’a souvent montré. Elle n’a pas oublié qu’il était très lié avec Mario Draghi et avait été mécontent de sa victoire électorale en 2022.

C’est donc avec un grand sourire qu’elle a accueilli le 23 janvier dernier Friedrich Merz, flanqué d’une bonne dizaine de ses ministres. De nombreux accords bilatéraux ont été signés dans une ambiance fort chaleureuse, et Giorgia Meloni a conclu que « 2026 sera l’année de l’Italie et de l’Allemagne. » Une jolie pierre dans le jardin français.

Isolé, discrédité, moqué, Macron n’a plus qu’un atout pour inverser la tendance : l’arme nucléaire que la France est la seule à posséder de façon autonome en Europe, celle de la Grande-Bretagne étant sous contrôle américain. Il lui reste un an pour organiser son « partage » avec l’Allemagne et peut-être d’autres pays. Ce sera le dernier fleuron de la « start-up nation » ainsi bradé par le plus anti-français de tous nos présidents.

Pèlerinage de saint Michel – 8 au 10 mai

Du 8 au 10 mai 2026, le Pèlerinage de toute la France au Mont Saint-Michel connaîtra sa deuxième édition consécutive, reliant à pied Saint-Malo au Mont-Saint-Michel, lieu emblématique de foi et de rassemblement.

Pensé comme un pèlerinage de toute la France, cet événement spirituel a pour vocation de rassembler les catholiques dans leur diversité, au-delà des parcours et des sensibilités, afin de manifester concrètement l’unité de l’Église.

Par sa date, son itinéraire et son ambition, le pèlerinage de Saint Michel entend s’inscrire durablement dans le calendrier spirituel français, avec l’objectif d’ancrer le 8 mai comme une date de référence pour un grand rendez-vous annuel de pèlerinage national, appelé à se renouveler chaque année.

L’édition 2026 s’inscrit dans le prolongement de l’année jubilaire, en écho à l’appel du pape à avancer ensemble sur un chemin d’espérance, autour du thème : « Dieu nous aime, Dieu vous aime tous, et le mal ne prévaudra pas ! »

Sous la protection de Saint Michel Archange, saint patron et protecteur de la France, les pèlerins marcheront dans une démarche ouverte à tous, seuls ou en familles, croyants engagés ou personnes en recherche.

Après une première édition fondatrice en 2025, qui a réuni 500 pèlerins venus de toute la France, les organisateurs anticipent en 2026 une participation en forte hausse, signe du rayonnement croissant et de l’ancrage rapide de ce pèlerinage à l’échelle nationale.

Messe d’ouverture – vendredi 8 mai à 8h30, cathédrale de Saint-Malo, célébrée par Mgr Jean Bondu,
Messe de clôture – dimanche 10 mai à 7h30, abbatiale du Mont-Saint-Michel, célébrée par Mgr Pierre-Antoine Bozo, avec la présence de Mgr Grégoire Cador (procession à partir de 6h45).

S’inscrire au Pèlerinage : https://tally.so/r/lbedaW

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