Sacres : le Saint-Père demande au Saint-Esprit d’éclairer les responsables de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X afin qu’ils reviennent sur leur décision
Déclaration de Son Éminence le Card. Víctor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi :
En ce qui concerne la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, ce qui a déjà été communiqué est réitéré. Les ordinations épiscopales annoncées par la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X n’ont pas le mandat pontifical correspondant. Ce geste constituera « un acte schismatique » (Jean-Paul II, Ecclesia Dei, n.3) et « l’adhésion formelle au schisme constitue une grave offense à Dieu et implique l’excommunication établie par le droit de l’Église » (idis, 5c ; cf. Conseil pontifical des textes législatifs, note explicative, 24 août 1996).
Le Saint-Père poursuit dans ses prières en demandant au Saint-Esprit d’éclairer les responsables de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X afin qu’ils reviennent sur leurs pas concernant la décision très grave qu’ils ont prise.
Du Vatican, 13 mai 2026
13 mai 1981
Ce matin avant l’audience, le Pape vient de s’agenouiller sur le lieu de l’attentat de Jean Paul II le 13 mai 1981.
Une plaque se trouve sur la place St-Pierre.
Lors de l’audience, le pape Léon XIV a déclaré :
[…] Le Concile nous a laissé un enseignement clair sur la place singulière réservée à la Vierge Marie dans l’œuvre de la Rédemption (cf. Lumen gentium, 60-62). Il a rappelé que le seul Médiateur du salut est Jésus-Christ (cf. 1 Tm 2, 5-6) et que sa Très Sainte Mère « n’offusque et ne diminue en rien cette unique médiation du Christ mais en manifeste au contraire la vertu. » (LG, 60). En même temps,
« la bienheureuse Vierge, prédestinée de toute éternité, à l’intérieur du dessein d’incarnation du Verbe, pour être la Mère de Dieu, […] apporta à l’œuvre du Sauveur une coopération absolument sans pareille par son obéissance, sa foi, son espérance, son ardente charité, pour que soit rendue aux âmes la vie surnaturelle. C’est pourquoi elle est devenue pour nous, dans l’ordre de la grâce, notre Mère. » (ibid., 61).
Le mystère de l’Église se reflète également dans la Vierge Marie : en Elle, le peuple de Dieu trouve représentés son origine, son modèle et sa patrie. En la Mère du Seigneur, l’Église contemple son propre mystère, non seulement parce qu’elle y retrouve le modèle de la foi virginale, de la charité maternelle et de l’alliance nuptiale à laquelle elle est appelée, mais aussi et surtout parce qu’elle reconnaît en elle son archétype, la figure idéale de ce qu’elle est appelée à être.
Comme on peut le voir, les réflexions sur la Vierge Mère rassemblées dans Lumen gentium nous enseignent à aimer l’Église et à servir en son sein l’accomplissement du Règne de Dieu qui vient et qui s’accomplira pleinement dans la gloire.
Laissons-nous donc interpeller par ce sublime modèle qu’est Marie, Vierge et Mère, et demandons-lui de nous aider, par son intercession, à répondre à ce qui nous est demandé à travers son exemple : est-ce que je vis avec une foi humble et active mon appartenance à l’Église ? Est-ce que je reconnais en Elle la communauté de l’alliance que Dieu m’a donnée pour correspondre à son amour infini ? Est-ce que je me sens partie intégrante de l’Église, dans l’obéissance aux pasteurs que Dieu lui donne ? Est-ce que je regarde Marie comme modèle, membre éminent et mère de l’Église, et est-ce que je Lui demande de m’aider à être un disciple fidèle de son Fils ?
Le cardinal Erdö aurait subi un accident vasculaire
Le cardinal Péter Erdő, archevêque métropolitain d’Esztergom-Budapest et primat de Hongrie, aurait subi un accident vasculaire cérébral.
Âgé de 73 ans – considéré comme un candidat de premier plan lors du dernier conclave – son état de santé est grave depuis février dernier. Il n’est plus apparu en public, et même à Pâques, il n’a envoyé qu’un message audio. Aujourd’hui, les personnes proches du cardinal ont déclaré qu’il « va bien » et qu’il est en rééducation.
Droit de Naître remercie les sénateurs et invite les députés à reconsidérer leur position
Communiqué de Droit de naître :
Le Sénat résiste à la folie qui s’est emparée de l’Assemblée nationale depuis quelques mois. Dans la nuit de lundi à mardi, les sénateurs ont nettement rejeté le principe d’un geste létal en fin de vie réclamé par leurs collègues députés. C’est la deuxième fois que la chambre haute vote contre le texte adopté par l’Assemblée à ce sujet. Le texte renforçant l’accès aux soins palliatifs a en revanche été approuvé.
La proposition de loi sur le suicide assistée voulue par les députés prévoit des conditions d’application très larges, crée un délit d’entrave extrêmement inquiétant pour les familles et le personnel soignant, viole la liberté de conscience des pharmaciens. S’il était malgré tout adopté, une épée de Damoclès serait suspendue au-dessus de la tête de tous nos compatriotes âgés, malades ou dépendants, de leur famille et leurs soignants.
Droit de Naître remercie les sénateurs d’avoir tenu bon et invite les députés à reconsidérer leur position. Tuer n’est pas un soin !
Remise des PRIX SAINT JEAN-PAUL II & PRIX QUAS PRIMAS en présence de son éminence le cardinal Burke
Remise des Prix, organisé par Life Editions :
Prix Saint Jean-Paul II pour la famille, l’amour et la vie – Prix Quas Primas, remis en présence du cardinal Burke, le vendredi 22 mai 2026 :
– 18 h remise du Prix Saint Jean-Paul II puis du Prix Quas Primas et dédicace des lauréats
– Prière d’intercession pour les souffrances familiales
– Salle Madeleine Delbrel, 20 rue de la Tombe Issoire, 75014 Paris – Entrée libre.
MEMBRES DU JURY :
Guillaume d’Alançon, Michel Deguy, Olivier Dehaut, Père Henri Delavenne, Père Jean-Claude Varin, Jojin de Irala, Anne Lecointre, Olivier Minvielle, Aude Mirkovic, Philippe Nicolardot, Auguste Oudot de Dainville, Gregor Puppinck, Yves Semen, Jean de Tauriers, Gabrielle Vialla.
LAUREATS :
PRIX JEAN PAUL II – Sixième édition :
– Section Foi : l’abbé De Giacomoni : la prière chrétienne, se blottir dans les bras du père – Editions l’Emmanuel
https://www.livresenfamille.fr/spiritualite/29185-la-priere-chretienne-se-blottir-dans-les-bras-du-pere.html
– Section Espérance : Stéphane Glogowski : Les tout-petits défunts, récits de foi et de consolation – Editions Pierre Téqui
https://www.livresenfamille.fr/temoignages/29694-les-tout-petits-defunts-recits-de-foi-et-de-consolation.html
– Section Charité : Adélaïde et Michel Sio : Se donner pour toute la vie, Editions Le Laurier.
https://www.livresenfamille.fr/hommefemme-mariage/30506-se-donner-pour-toute-la-vie-.html
PRIX QUAS PRIMAS.
Ce prix fut créé en 2025 à l’occasion du centenaire de l’encyclique Quas Primas du pape Pie XI qui porte sur la Royauté sociale de Notre-Seigneur pour la mission d’aujourd’hui. Il récompense un livre :
– François-Régis Legrier : Saint-Louis modèle des chefs d’Etat, Editions Via Romana.
https://www.livresenfamille.fr/les-lys-de-france/30169-saint-louis-modele-des-chefs-d-etat.html
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Il refusa le sabordage de la flotte : la fuite audacieuse de Jean L’Herminier avec son sous-marin Casabianca !
Dans le monde des sous-mariniers, il est une légende. En 1942, alors que la flotte française se sabordait dans le port de Toulon, le commandant L’Herminier avec son équipage du sous-marin Casabianca prenait la fuite sous les bombes allemandes et parvenait à rejoindre le port d’Alger pour continuer le combat. Il jouera ensuite un rôle majeur dans la libération de la Corse en apportant aux résistants des armes et du matériel.
De nombreux articles ont relaté cette épopée, et la vie haute en couleurs, jusqu’au sacrifice du Commandant L’herminier, livres et film. Ses funérailles furent annoncées dans la France entière. Le journal Ouest-France – Didier Gourin- le 5 février 2022 publia un long article pour souligner la parution du livre magnifique d’Isabelle de Saizieu : L’Herminier, une vie de combats :!
” Une enfance et une adolescence en bord de mer en Bretagne ne conduisent pas forcément à une carrière de marin. Mais au moins, ça aide. Pour Jean L’Herminier, né en 1902, ce sera près de Plougastel dans le Finistère, sur la rive gauche de l’Elorn, à portée de regard de la rade de Brest et de ses imposants navires militaires. C’est là qu’il est obligé de poser ses valises à l’âge de six ans, chez un oncle et une tante, après le décès de sa mère. Son père, Ferdinand, est médecin de la marine, et ne peut plus garder tout seul ses trois enfants au fil de ses affectations lointaines. Il n’y avait pas seulement le décor pour forger une carrière de marin. Il y a eu aussi une part d’atavisme familial, avec, en prime, cet oncle instructeur à l’École navale toute proche.
La Légion d’honneur à 30 ans
Jean L’Herminier est un courageux qui n’attend pas la guerre pour le montrer. En 1932, il est commandant en second du nouveau sous-marin le Persée, tout juste construit par le chantier naval de Blainville-sur-Orne, près de Caen. Les essais se poursuivent au large de Cherbourg lorsque le 23 septembre, une violente explosion se produit à bord. Il est grièvement brûlé, mais il s’occupe jusqu’au bout des blessés et organise les secours. Le bilan est lourd, six morts et trente-six blessés graves. Jean L’Herminier n’a que 30 ans, mais il recevra déjà la Légion d’honneur pour sa conduite.
L’audacieuse fuite de Toulon
Dix ans plus tard, en 1942, Jean L’Herminier ronge son frein dans le port de Toulon alors qu’il commande un autre sous-marin, le Casabianca. La France a connu la défaite mais il s’agit aussi de conserver tant bien que mal une marine pour des jours meilleurs. Et puis, les choses se précipitent. Les Allemands envahissent la zone libre le 11 novembre et foncent sur Toulon pour prendre possession des bâtiments français. L’état-major français décide de saborder ses propres bateaux. Inconcevable pour Jean L’Herminier qui tente et réussit son coup d’éclat et d’audace : sous les bombes allemandes, et au milieu des mines, il s’évade d’un port devenu une prison. Il parvient à rejoindre Alger où il est accueilli, avec son équipage, en héros.
Le Casabianca joue alors un rôle majeur dans la libération de la Corse en multipliant des missions plus périlleuses les unes que les autres pour apporter des armes et du matériel aux résistants. En secret, Jean L’Herminier souffre le martyre à cause d’une maladie insidieuse qui empêche le sang de bien irriguer ses jambes. En octobre 1943, il se résigne à être hospitalisé, mais les médecins ne peuvent plus faire de miracle : il subit l’amputation de ses deux jambes.
La guerre terminée, il entame un autre combat.
Il écrit deux livres pour faire connaître l’épopée du Casabianca auquel un film est aussi consacré. Et malgré son état de santé, il n’hésite pas à donner des conférences. On le demande beaucoup, comme à Laval (Mayenne) en octobre 1949, où il vient raconter, sans se lasser, son incroyable coup de force dans le port de Toulon. Lorsqu’il en parle, c’est aussi pour rendre hommage à son équipage : » Il y avait beaucoup de Bretons. Tout l’équipage était animé d’une volonté farouche mise au service de leur patrie. » Pour lui, tout le monde avait la même valeur. Dans son commandement, il insistait sur l’aspect humain. […]
L’aura de Jean L’Herminier est telle qu’il doit composer avec les honneurs et les distinctions même s’il ne court franchement pas après. En 1950, l’Académie de marine lui décerne un prix exceptionnel pour son livre Casabianca dont il a abandonné tous les droits au profit des mutilés de guerre. Raymond Laurent, secrétaire d’État à la Marine, lui remet la plaque de grand officier de la Légion d’honneur. En 1952, il sera élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d’honneur.
Seulement, son état de santé ne cesse de se dégrader, même s’il continue d’afficher un optimisme à toute épreuve. La disparition de Jean L’Herminier est annoncée à la une d’Ouest-France le 8 juin 1953. Ses obsèques seront célébrées en l’église Saint-Louis des Invalides avec « une solennelle simplicité, souligne le journal. Le catafalque très simple était entouré par les drapeaux d’organisations d’anciens combattants, une délégation d’anciens du Casabianca et de nombreux représentants des associations corses de Paris. »
« Il savait se faire aimer »
En mars 1954, c’est une forme d’hommage posthume qui lui est rendu à Cherbourg (Manche) lors du baptême de la promotion des apprentis de la direction des constructions et armes navales. Elle porte son nom. Et les discours d’usage sont l’occasion de rappeler le rôle de Jean L’Herminier lors de l’incendie à bord du Persée en septembre 1932, le sous-marin dont il était le commandant en second : Il prit les premières mesures de sécurité, ce qui lui valut d’être nommé chevalier de la Légion d’honneur, quelques semaines plus tard, à l’âge de 30 ans. Et aussi de souligner ses qualités humaines : Il savait entraîner les hommes puisqu’il savait se faire aimer. Il les aimait, comme il aimait son bateau et son pays. Il faut voir comment il parle dans ses livres de son bateau.
À l’École navale de Lanvéoc-Poulmic, installée sur la rade de Brest, dont est issu Jean L’Herminier, l’espace tradition évoque les grandes figures qui sont passées par la pointe du Finistère. Il s’agit d’offrir aux élèves des modèles, explique le capitaine de frégate Laurent Chapuis, en charge de cette prestigieuse galerie de portraits. Jean L’Herminier y a sa place. Un magnifique exemple de combattant, doublé d’un meneur d’hommes, et d’un manœuvrier exceptionnellement habile et audacieux, souligne le panneau qui lui est consacré. »
Un livre poignant, un livre vrai. De l’honneur et du panache ! Nous le conseillons à tous les jeunes à partir de 15 ans !
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https://www.livresenfamille.fr/deuxieme-guerre-mondiale/21735-jean-l-herminier-une-vie-de-combats.html
Jean L’Herminier, une vie de combats, par Isabelle de Saizieu, 240 pages, 15 €.
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L’archevêque Michalik est décédé. Un défenseur infatigable de la Pologne chrétienne
De Bogusław Kiernicki pour Le Salon beige :
Il y a deux jours, les funérailles de Mgr Józef Michalik, ancien président de la Conférence épiscopale polonaise, ont eu lieu en Pologne. L’Église a fait ses adieux à celui qui, pendant des années, a été à sa tête et lui a donné le visage d’une Église engagée dans les affaires nationales. Dans son homélie lors de la messe funéraire, l’actuel président de l’Épiscopat, Mgr Tadeusz Wojda, a notamment déclaré :
« Le début de son ministère épiscopal a coïncidé avec une période de transition – la Pologne entrait dans une nouvelle réalité de liberté sociale et politique, porteuse à la fois d’espoirs et de menaces. Il s’engageait dans cette réalité avec le courage et la force de Celui qui l’avait choisi et établi Pasteur du peuple. Il cherchait, discernait, prenait des décisions – parfois difficiles, parfois incompréhensibles pour les autres. Il n’avait pas peur des sujets difficiles. Il avait le courage de dire la vérité, même lorsqu’elle était dérangeante. Dans un monde désorienté, il rappelait les fondements : l’Évangile, la conscience et la responsabilité devant Dieu. Il fortifiait la foi des personnes qui, pendant des années, avaient vécu sous la pression du système communiste », a souligné Mgr Wojda.
Le président de la Conférence épiscopale a estimé que feu l’archevêque Michalik comprenait que l’avenir de l’Église et de la Pologne dépendait aussi de la famille. C’est pourquoi, a déclaré le prédicateur, il a ardemment promu la pastorale familiale. « Il soutenait la préparation au mariage, renforçait les communautés familiales, défendait l’indissolubilité du mariage et la dignité de la vie humaine. Dans le débat public, il rappelait clairement et avec constance l’enseignement de l’Église, en prenant position « pour défendre les plus faibles – de la conception jusqu’à la mort naturelle. C’est ainsi qu’il a défendu la dignité humaine, qui est un droit fondamental de l’homme », a-t-il fait remarquer.
Mgr Wojda a rappelé que lorsque Mgr Michalik est devenu président de la Conférence épiscopale polonaise, « il s’est alors retrouvé au cœur de la vie de l’Église dans notre patrie, en une période de tensions, de conflits et de sécularisation croissante. Il était la voix des évêques, il représentait l’Église face au monde de la politique, de la culture et des médias. Ce n’était pas un rôle facile. Il a commencé ce ministère en revendiquant la place de Dieu dans la vie publique », a estimé le prédicateur.
« Il expliquait que la participation des croyants à la vie publique, aux débats sociaux, culturels, caritatifs ou politiques découle du fond de la foi chrétienne en Dieu. Il précisait en même temps que l’Église en Pologne ne souhaite ni s’emparer du pouvoir laïc ni empiéter sur ses compétences, mais qu’elle ne peut renoncer à dénoncer ce qu’elle considère, dans la réalité d’aujourd’hui, comme indigne et intolérable pour la dignité humaine, notamment face à l’émergence de formes très diverses de relativisme moral qui constituent une grave menace pour l’Église et la nation », a-t-il souligné.
Le président de la Conférence épiscopale a reconnu que les propos de feu Mgr Michalik avaient parfois suscité des critiques et des accusations d’ingérence dans la politique.
« Il répliquait et expliquait qu’elles découlaient d’un sens des responsabilités. Il était convaincu qu’un pasteur ne peut se taire lorsque la vérité sur l’homme est menacée. Il considérait que la vérité n’est pas un fardeau – c’est un chemin vers « libertés », a-t-il expliqué.
Alors qu’il n’était encore qu’un jeune évêque, Józef Michalik s’était fait connaître par une déclaration faite lors des premières élections législatives libres en Pologne. Ses propos de l’époque, selon lesquels « un catholique vote pour un catholique », avaient été interprétés comme un soutien à l’Action électorale catholique organisée par les militants de l’Union chrétienne-nationale. Cette coalition a obtenu un très bon résultat, ce qui a ensuite permis l’adoption du concordat, le rétablissement de l’enseignement religieux dans les écoles et l’adoption d’une loi protégeant la vie humaine dès la conception, en vigueur depuis plus de 30 ans.
L’archevêque Michalik était également connu pour son attitude critique envers l’Union européenne. Dans une interview accordée au trimestriel « Christianitas » juste après le référendum sur l’adhésion en 2005, il a notamment déclaré :
« Nous assistons à la construction d’une Europe idéologique qui méprise l’ordre de la création, l’histoire et tout simplement la vérité. Je suis un homme qui ne craint pas cette Union, mais qui ne lui fait pas non plus vraiment confiance. Et je ne compte pas sur elle pour résoudre tous les problèmes. De plus, je pense qu’elle ne fera qu’aggraver ces problèmes. »
L’une de ses dernières publications fut un essai dans le livre « La présence de la Couronne. Rapport sur la grande tradition d’État », une anthologie publiée par la Fondation Saint-Benoît à l’occasion du millénaire du Royaume de Pologne. Il y écrivait :
« Le monde a besoin de personnes de conscience – de monarques, de présidents et de dirigeants préparés, compétents, honnêtes et moralement intègres. (…) Les gardiens de l’« esprit royal » au sein de la nation polonaise ont été nombreux et il vaut la peine évoquer leurs modèles de comportement, car ce sont eux qui ont payé le prix fort pour avoir fait les bons choix dans la vie, ne serait-ce que pendant les périodes d’esclavage. Il s’agissait des poètes exilés : Mickiewicz, Słowacki, Norwid, du prince Adam Czartoryski et des prêtres de la Congrégation de la Résurrection, qui œuvraient à Paris pour préserver l’identité des Polonais ; les défenseurs de Monte Cassino, les victimes de Katyn et celles de Smolensk sont devenus des héros. Dans la mosaïque des grands gardiens d’un patriotisme sain figurent également saint Jean-Paul II et le bienheureux prêtre Jerzy Popiełuszko, ainsi que Ryszard Siwiec, de Przemyśl, qui s’est immolé par le feu au Stade du Dixième Anniversaire à Varsovie pour protester contre l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’Union soviétique. (…) Le Seigneur Jésus a également utilisé à maintes reprises l’image du royaume auquel l’homme aspire, bien qu’il ne puisse l’obtenir qu’à certaines conditions : il faut être juste (Mt 5, 20) et déterminé, car seuls « les violents s’en emparent » (Mt 11, 12). Le royaume ne peut être divisé en son sein (Mt 12, 25), mais y entrera celui « qui s’humilie comme un enfant » (Mt 18,3). Il ne fait donc aucun doute que les plans de Dieu incluent l’autorité du pouvoir et le leadership exercé par l’homme sur la communauté. (…) Un vieux dicton disait que nous avons les dirigeants que nous méritons. Ainsi, le moyen d’améliorer la qualité des personnes qui gouvernent la communauté consiste à se soucier de la qualité de chaque être humain et de chaque famille, ainsi qu’à créer une opinion publique qui soutienne la valeur du travail dévoué au service des autres et une atmosphere où la paresse, l’égoïsme, la corruption et toutes sortes de maux sont mal vus. Il convient toutefois de se rappeler que la noblesse engage et que « coruptio optima pessima » – la corruption de ce qu’il y a de meilleur devient la pire des choses.
Sa propre mission terrestre a pris fin. Il a laissé une empreinte marquante dans l’histoire de la Patrie et de l’Église.
Bogusław Kiernicki
Aide à mourir : la gauche peut-elle voter une loi que ses valeurs n’ont pas préparée ?
La tribune qui suit s’adresse aux parlementaires de gauche appelés à voter la loi Falorni. Elle est publiée ici parce que les arguments qu’elle développe transcendent les appartenances politiques.
Le Sénat vient de rejeter massivement, ce lundi 11 mai, le projet de loi sur la fin de vie. Le texte s’apprête désormais à retourner devant l’Assemblée nationale pour l’arbitrage définitif. Dans ce climat de tension, une tentation guette les parlementaires de gauche : voter par réaction, pour ne pas paraître du côté du refus, du conservatisme, de l’immobilisme.
Ce serait une erreur. Non pas parce que la compassion est une erreur — elle ne l’est pas. Mais parce que voter par réflexe politique sur une question de cette nature, c’est précisément trahir ce que la gauche a toujours défendu : la rigueur dans la protection des plus fragiles.
Vous avez vos raisons — la compassion, le respect de l’autonomie, le sentiment qu’il est temps que la France avance. Ces raisons sont sérieuses. Nous ne les contestons pas. Mais il vous faut regarder en face une tension que votre propre tradition politique n’a jamais résolue.
Ce que dit la loi — et ce qu’elle ne dit pas
Oui, le texte encadre : maladie grave et incurable, pronostic engagé, souffrance réfractaire. Les garde-fous existent, et ceux qui les invoquent ont, en partie, raison. Mais une loi ne vit pas seulement dans ses critères. Elle vit dans le contexte social où elle s’applique.
On vous dira qu’il s’agit d’un droit comparable à d’autres conquêtes. La comparaison mérite d’être interrogée : ici, l’acte implique l’intervention d’un tiers pour provoquer la mort, ce qui en modifie profondément la portée éthique et médicale. Se contenter d’un parallèle rapide serait céder à une facilité rhétorique.
Une liberté sans conditions est une fiction
C’est votre propre principe, celui de la liberté réelle. Appliquons-le. Aujourd’hui, 21 départements français ne disposent d’aucune unité de soins palliatifs. Deux tiers des Français n’y ont pas accès effectif. Il faudrait 5 lits pour 100 000 habitants — nous en sommes à 2,8. Nous nous apprêtons à organiser une sortie de la vie sans avoir garanti, partout, les conditions d’une fin de vie digne.
Ce n’est pas une abstraction. Une enquête récente de la Société française de gériatrie documente une réalité de terrain : des soignants constatent que certaines demandes d’aide à mourir émergent dans des contextes de solitude, de fatigue morale, ou de peur d’être un poids — et que ces demandes viennent parfois non des patients eux-mêmes, mais de leurs familles. Pour les plus fragiles, le « droit de mourir » peut alors devenir une pression silencieuse : ne pas peser, ne pas coûter. Ce n’est plus seulement un droit. C’est une réponse de substitution à ce que la politique sociale aurait dû construire.
Ce que montrent les expériences étrangères — sans les caricaturer
On vous dira que d’autres pays ont légalisé sans dérive. C’est en partie vrai : les cadres juridiques ont tenu. Mais les chiffres méritent d’être regardés en face. En Belgique, le nombre d’euthanasies est passé de 236 en 2003 à 4 486 en 2025 — soit une multiplication par dix-neuf.
Les partisans de la loi y voient l’effet du vieillissement démographique. Mais la Commission belge elle-même reconnaît une progression régulière des cas où la mort n’est pas imminente. Aux Pays-Bas, des études montrent que parmi les motivations invoquées figurent la perte de dignité ressentie, la peur de la dépendance, le sentiment d’une vie sans valeur. Ces raisons sont profondément humaines. Mais elles sont aussi sociales. Et traiter des raisons sociales par une réponse médicale pose une question politique centrale — précisément celle que la gauche a toujours eu vocation à poser.
La question que vous ne pouvez pas esquiver
En 2023, une tribune collective signée par 110 personnes malades, âgées ou handicapées avertissait : « Nous refusons un droit de mourir à la demande, parce qu’il finira par s’imposer à nous comme un devoir de mourir. » Ces voix ne parlent pas au nom de la droite. Elles parlent en leur nom propre.
Imaginez une femme âgée, isolée, sans accès réel aux soins palliatifs, qui dit à son médecin : « Je ne veux pas peser sur mes enfants. » Sa demande sera-t-elle l’expression d’une liberté — ou le reflet d’un manque que la société n’a pas su combler ? C’est cette question que votre vote engage.
Ce que serait un vote cohérent
La cohérence de gauche, en ce moment précis, n’est pas de rétablir le texte contre le Sénat. C’est d’exiger qu’il soit digne des valeurs au nom desquelles vous votez. Trois conditions non négociables devraient précéder tout vote favorable :
1. Garantir un accès universel et effectif aux soins palliatifs, vérifiable sur l’ensemble du territoire — non pas une promesse budgétaire, mais une réalité constatée département par département, avant toute entrée en vigueur de la loi.
2. Prévoir un réexamen à échéance rapprochée, fondé sur des données transparentes quant au profil social des demandeurs et aux ressorts réels de leurs demandes.
3. Reconnaître pleinement la parole des premiers concernés — malades, personnes handicapées, personnes âgées — comme acteurs du débat à part entière, et non comme bénéficiaires passifs d’un droit conçu sans eux.
Voter ce texte sans ces garanties, ce n’est pas seulement ouvrir une liberté. C’est accepter que, pour certains, la liberté de mourir vienne combler l’absence de conditions pour vivre dignement jusqu’au bout.
Chers parlementaires, une question demeure : voulez-vous que votre vote soit compris comme l’extension d’un droit — ou comme l’aveu que la solidarité nationale n’a pas été portée à son terme ?
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Retour sur les nominations d’évêques hétérodoxes du pape Léon XIV durant sa première année de pontificat
Source : (LifeSiteNews)
[Voici un très large extrait de l’article écrit en anglais par John-Henry Westen, directeur général de LifeSiteNews :]
Parmi les évêques nommés par le pape Léon XIV figurent des prélats qui promeuvent l’« ordination des femmes » et les « bénédictions » homosexuelles, et même un qui a célébré une messe sur le thème LGBT avec une drag queen comme oratrice.
Mon ami et co-animateur du podcast Foi et Raison, le père Charles Murr, m’a dit un jour dans l’émission que, pour transformer l’Église, un pape n’a qu’à nommer de bons évêques à travers le monde.
Dans cette optique, revenons sur quelques nominations d’évêques effectuées par Léon XIV durant sa première année de pontificat.
28 mai – Le pape Léon XIV confirme la nomination d’un prêtre favorable à l’ordination des femmes comme nouvel évêque de Saint-Gall, en Suisse.
11 juin – Le pape Léon XIV nomme à la tête de l’Académie pontificale pour la vie un partisan de la contraception.
16 juin – Le pape vient-il de nommer un évêque chinois fidèle au Parti communiste ?
19 juin – Le pape Léon XIV nomme un évêque à Brisbane (Australie) favorable à l’ordination des femmes.[lien : https://www.lifesitenews.com/opinion/bishop-strickland-statement-on-the-appointment-of-bp-shane-mackinlay-as-archbishop-of-brisbane/]
24 juin – Le pape Léon XIV nomme le cardinal Roche et des partisans de la bénédiction des couples de même sexe, au Dicastère pour la vie consacrée.
30 juin – Un nouvel évêque espagnol se prononce publiquement en faveur des bénédictions des couples homosexuels.
17 octobre – Le pape Léon XIV nomme archevêque de Vienne un prêtre favorable à l’ordination des femmes.
29 octobre – Le pape Léon XIV nomme un évêque pro-LGBT qui a voté contre le refus de la communion à Biden.
17 décembre – Le pape Léon XIV nomme un évêque qui a célébré une messe LGBT avec une drag queen comme oratrice.
27 janvier – Le pape Léon XIV nomme un évêque qui rejette l’enseignement catholique sur la sexualité.
23 février – Le pape Léon XIV nomme un évêque ayant assisté à l’inauguration d’une loge maçonnique en Italie.
24 février – L’évêque nommé par le pape Léon XIV qualifie les « bénédictions » entre personnes de même sexe de « progrès » pour l’Église.
[…]
[Note sur l’auteur de l’article :]
John-Henry est cofondateur et directeur général de LifeSiteNews.com [[https://www.lifesitenews.com/]. Lui et son épouse Dianne ont huit enfants et vivent dans la vallée de l’Outaouais, en Ontario, au Canada.
Il a pris la parole lors de conférences et de retraites, et a été invité à la radio et à la télévision dans le monde entier. John-Henry a fondé le Rome Life Forum, une rencontre stratégique annuelle pour les leaders des questions de vie, de foi et de famille à l’échelle mondiale. Il siège au conseil d’administration de l’Académie Jean-Paul II pour la vie humaine et la famille. Il est consultant auprès de Campaign Life Coalition, la plus importante organisation pro-vie du Canada, et membre du comité exécutif de sa section ontarienne. Il s’est présenté à trois reprises à des élections en Ontario, sous l’étiquette du Parti de la coalition familiale.
John-Henry est titulaire d’une maîtrise en psychologie clinique scolaire et de l’enfant de l’Université de Toronto et d’un baccalauréat spécialisé en psychologie de l’Université York.
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La France dans le chaos du monde : « La spiritualité de la France »
La France a-t-elle perdu son âme ? Voyage au cœur de la spiritualité française.
« Je hais mon époque de toutes mes forces. L’homme y meurt de soif. » C’est par ce cri de détresse d’Antoine de Saint-Exupéry, extrait de sa célèbre Lettre au général X :
https://www.biblisem.net/etudes/stexlagx.htm, que s’ouvre le débat remarquable et profond, coordonné par Arnaud De La Grange, avec la participation de Jean-Pierre Maugendre, entouré de Paul-Marie Coûteaux et de l’abbé Guillaume de Tanoüarn, publié sur la chaine Youtube OMERTA le 11 mai 2026.
Dans cet échange de près d’une heure et demie, les trois intervenants se penchent sur le mystère de la spiritualité française : ce “supplément d’âme” qui a fait la France et dont l’absence aujourd’hui semble condamner notre pays à une lente agonie matérielle.
Une France née du souffle de l’Esprit
Pour comprendre la crise actuelle, il faut d’abord se souvenir de ce que fut la France. Depuis le baptême de Clovis, elle n’est pas seulement une nation, mais une vocation. Comme le rappellent les invités, notre pays s’est construit sur une spiritualité singulière : une alliance entre le temporel et le sacré, illustrée par nos cathédrales et nos saints.
Cette identité, que l’on pourrait presque qualifier de “féminine et maternelle”, se caractérise par un rayonnement qui ne cherche pas à écraser, mais à élever les autres peuples vers l’universel. C’est cette France-là, celle des “Madones aux fresques des murs” chère à de Gaulle, qui a guidé notre Histoire.
Le désert du néo-matérialisme
Mais que reste-t-il de cette source ? Le constat dressé dans l’émission est lucide, parfois sombre : nous subissons de plein fouet un néo-matérialisme qui assèche les cœurs. Saint-Exupéry, encore lui, le pressentait : « On ne peut plus vivre de frigidaires, de politique, de bilans et de mots croisés. »
Les invités analysent les causes de ce basculement :
• L’oubli de la vie intérieure : Comment le consumérisme a remplacé la quête du sens.
• La rupture avec le sacré : Pourquoi la décadence politique n’est que le symptôme d’une perte de verticalité.
• Nos faiblesses actuelles : Pourquoi le “néant” semble avoir pris la place de l’idéal.
Sortir de la fourmilière : l’espérance du renouveau
Enfin, comment sortir de cette « fourmilière » dont parlait l’auteur du Petit Prince ? L’émission ne se contente pas d’un constat d’échec. Elle propose des pistes pour une spiritualité moderne, dynamique et en phase avec les défis de notre temps.
Il ne s’agit pas d’un retour nostalgique en arrière, mais d’une réappropriation de notre héritage pour redevenir des êtres de “densité”. Comme le suggère le débat, le redressement français ne sera pas seulement économique ou institutionnel ; il sera spirituel ou il ne sera pas.
Une émission dense et habitée, qui nous rappelle que l’homme ne vit pas seulement de pain, et que la France n’est jamais aussi grande que lorsqu’elle se souvient de sa mission divine.
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Retrouvez l’intégralité de cet entretien avec Jean-Pierre Maugendre, Paul-Marie Coûteaux et l’abbé de Tanoüarn sur
LA FRANCE DANS LE CHAOS DU MONDE : « La spiritualité de la France » – Episode 8
https://www.youtube.com/watch?v=-yKnvtKzulM
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Des reliques de sainte Jeanne d’Arc à Paris le 30 mai
L’Association Universelle des Amis de Jeanne d’Arc est heureuse de vous inviter à un évènement exceptionnel à Paris, le 30 mai, pour la fête de sainte Jeanne d’Arc.
L’une des trois lettres signées de la main de la Pucelle d’Orléans, et le reliquaire de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, exposé de façon permanente au sein de la chapelle Sainte-Thérèse d’Apprentis d’Auteuil, seront réunis :
le samedi 30 mai à 10h30
à ND de l’Assomption, Paris 16e,
pour une messe pour la France,
Ainsi seront mises à l’honneur et spécialement invoquées pour notre pays, la patronne principale de la France, Notre Dame de l’Assomption, qui nous accueillera dans la paroisse qui lui est consacrée, ainsi que les deux patronnes secondaires, Jeanne et Thérèse, toutes les deux réunies de façon exceptionnelle.
Il vous sera proposé de rester sur place à l’issue de la messe pour un temps de vénération des reliques, puis à midi, de partager un pique-nique dans les jardins de la paroisse.
Faites passer l’information, venez nombreux, et apportez votre pique-nique !
L’euthanasie: la question de confiance de Macron
De Roland Hureaux, ancien haut fonctionnaire, pour le Salon beige:
Contrairement à ce que tente de nous faire croire le gouvernement, l’euthanasie est une question politique et non pas technique.
Techniquement, la loi Léonetti résout l’essentiel des problèmes. C’est l’idéologie et elle seule qui a réouvert le dossier. Derrière les débats parlementaires, il y a l’acharnement du président Macron, via ses relais, à faire passer sa loi tendant à légaliser l’euthanasie en France.
Plusieurs raisons à cela.
D’abord, comme tous les présidents, il veut laisser une « œuvre », même s’il s’agit d’une œuvre de mort. La mort, visiblement, le fascine, comme on le voit aussi à son insistance à vouloir préparer les Français à entrer un jour en guerre, à envoyer nos troupes en Ukraine, au Groenland ou ailleurs. Il est plus prudent, heureusement, sur l’Iran.
Il est pressé : il n’a plus que quinze mois pour agir, si tout va bien pour lui, c’est-à-dire s’il va jusqu’au bout de son mandat. Son « œuvre » ne doit plus attendre.
Or l’instauration de l’euthanasie figurait dans le programme qu’il avait présenté aux Français en 2017. Ce qui ne l’avait pas empêché de recueillir une partie importante du vote catholique, pas toujours éclairé. Disant cela, nous ne voulons pas laisser croire que l’euthanasie serait une question religieuse. Elle ne l’est pas. Elle est une question anthropologique. Une société ne survit qu’en tenant la mort à distance, ce qui passe par le maintien d’interdits ancestraux. Qu’une telle loi vienne en discussion au moment même où la natalité française s’effondre comme jamais n’est sûrement pas un hasard. L’instinct de mort est là.
Pas davantage, il ne s’agit d’une question de conscience. C’est du bien public, du bien objectif de la cité qu’il s’agit et non de telle ou telle doctrine morale ou religieuse.
Mais il y a une autre raison à l’obstination de Macron, plus politique. Avec sa dissolution calamiteuse (que fait-il encore qui ne soit pas calamiteux ?), il s’est retrouvé avec une chambre sans majorité, incapable de s’entendre sur quoi que ce soit.
Après tant de revers, et principalement la difficulté à faire adopter ses budgets par le Parlement ou les déboires successifs de ses gouvernements, Macron veut montrer qu’il a toujours la main, qu’il conserve, malgré tout, la confiance de la classe politique.
Seuls les premiers ministres peuvent poser une question de confiance. Ils ne s’y risquent guère ces temps-ci !
Pour le président, faire adopter par le Parlement un projet emblématique comme l’euthanasie vaudra, s’il est adopté par le Sénat, motion de confiance.
C’est ainsi, en tous les cas, que l’opinion le percevra. Qu’un tel vote aille à rebours de son sentiment actuel sur l’action du président ne pourra être que mal ressenti par les nombreuses catégories sociales qui souffrent de la situation actuelle et qui préféreraient sans doute que les Assemblées ne lui apportent pas leur soutien et, si possible, s’occupent d’autre chose.
Mourir peut attendre
Après le vote contre l’article 2, les sénateurs ont euthanasié la proposition de loi sur l’aide à mourir.
Mardi, la commission des affaires sociales a tiré les conclusions de ce choix. Les deux rapporteurs LR du texte, Alain Milon et Christine Bonfanti-Dossat, ont proposé des amendements de suppression de l’ensemble des articles suivants.
Après ce rejet, présidents de groupes et élus se sont mutuellement accusés de sabotage.
Laurent Panifous, ministre chargé des relations avec le Parlement, a déjà annoncé vouloir convoquer une commission mixte paritaire (CMP) sur cette proposition de loi.
Quand Robert Francis Prevost, futur Léon XIV, s’agenouillait lors d’une cérémonie dédiée à la Pachamama
Le 18 mars 2026 le site lifesitenews.com publiait des révélations sur une cérémonie dédiée à la Pachamama au Brésil en 1995, lors d’un symposium théologique organisé par les augustiniens. C’est le fruit d’une enquête menée par le P. Charles Murr. Il a trouvé aussi une photo où l’on voit clairement Robert Prevost agenouillé lors de cette cérémonie. Le P. Murr explique que c’est une désobéissance au premier commandement.
Cette photo apparaît dans les actes du symposium, IV Simposio-Taller “Lectura de San Agustín desde América Latina” (São Paulo, January 23-28, 1995) et édités sous la forme d’un livre, «Ecoteología: Una Perspectiva desde San Agustín» (México, 1996).
Dans une vidéo jointe à l’article de lifesitenews, le P. Murr explique qu’il ne hait pas le Pape et qu’il ne conteste pas son élection, et qu’il prie toujours pour lui. Il affirme qu’il veut juste clarifier ce qui se passe en ce moment au sein de l’Église. Dès l’élection de Léon XIV il avait expliqué qu’en réalité la formation du futur Léon XIV est en lien avec la Théologie de la Libération… Il explique que le marxisme, à l’origine de millions de morts durant le XXe siècle, a pu s’infiltrer au sein de l’Église à travers de la Théologie de la Libération. Il explique que cette théologie est une vision marxiste du christianisme. Le P. Murr explique que beaucoup de prêtres ont été formés avec cette théologie sans avoir étudié réellement la théologie de base. Il parle ainsi de l’existence d’augustiniens qui ne connaissent pas vraiment Saint Augustin et de dominicains qui ne connaissent pas Saint Thomas d’Aquin… Ils connaissent surtout la Théologie de la Libération, la Théologie de l’écologie, etc. Et c’est le cas actuellement de beaucoup de jeunes prêtres dans le monde. Et le P. Murr explique que ce sont ce genre de personnes qui tiennent les rennes du pouvoir au sein de l’Église actuellement. Il invite les fidèles à en prendre conscience et à réagir.
Continuons à prier pour l’Église en ce temps de crise.
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Trump/Léon XIV : un nouveau conflit entre l’empereur et le pape ?
Cette semaine, les membres du Club s’arrêtent sur le conflit qui a opposé le président des États-Unis et le pape Léon XIV à propos de la guerre en Iran, de la paix et du rôle international du Souverain Pontife.
Pensez-vous comme J.D. Vance, le vice-président des États-Unis, que le pape devrait s’occuper de morale et non de politique ?
Pensez-vous que nous allions vers une nouvelle forme modernisée du conflit entre l’empereur et le pape ?
Au micro du Club des Hommes en noir, l’abbé Claude Barthe, l’abbé Grégoire Celier et les journalistes Laurent Dandrieu et Richard de Seze répondent à ces questions et à bien d’autres lors d’un débat ouvert, courtois mais déterminé, avec des positions souvent divergentes.
Les querelles politiciennes ont abîmé l’autorité morale des hommes politiques
A l’occasion de la prochaine journée des Maires pour le Bien Commun (voir ici pour les détails), nous avons interrogé Nathanaël Rosenfeld, maire d’Orry la Ville (60):
-
Quels sont les principaux moyens du maire aujourd’hui pour œuvrer au bien de sa commune et de ses administrés?
- Quelles sont les principales difficultés s’opposant à l’action du maire aujourd’hui en faveur de sa commune et de ses administrés ?
- Quelles seraient les principales mesures d’une réforme de l’organisation territoriale selon vous ?
Enfin une bonne nouvelle !
Un homme achète un bol chinois 3 dollars dans un vide-grenier et découvre qu’il a un secret !
Sébastien CAIRN raconte une nouvelle histoire, qui nous donne une leçon essentielle pour le combat spirituel.
Qui aurait cru qu’un tel enseignement puisse venir d’un bol à 3 dollars acheté dans un vide-grenier ?
Lien de la vidéo ici :
https://youtu.be/sAeF0vCZVK4
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Pologne : Mgr Schneider raconte son enfance sous le communisme aux élèves d’une école de la FSSPX
Pologne : Mgr Schneider raconte son enfance sous le communisme aux élèves d’une école de la FSSPX
8 mai 2026
Source: FSSPX Actualités
Le 23 avril 2026, Mgr Athanasius Schneider a livré un témoignage personnel devant les élèves de l’école Saint-Thomas-d’Aquin de Józefów, près de Varsovie, établissement de la FSSPX en Pologne. Évoquant son enfance sous le communisme, la foi vécue dans la clandestinité et l’exemple héroïque de sa famille, l’évêque auxiliaire d’Astana a exhorté les jeunes à conserver intact le trésor de la foi catholique.
L’enfance sous le régime soviétique et la persécution communiste
Loué soit Jésus-Christ.
À jamais. Amen.
Malheureusement, je ne parle pas polonais, c’est pourquoi je m’exprimerai en anglais, et l’abbé Karol Stehlin traduira pour vous.
Je remercie beaucoup Monsieur le Directeur pour son invitation. Je suis très heureux d’être parmi vous dans votre école. Je voudrais simplement partager avec vous quelques expériences de ma vie.
Tout d’abord, je suis né dans l’ancienne Union soviétique. Vous êtes relativement jeunes, et vous n’avez donc pas connu le régime soviétique communiste. Mais probablement que vos parents, ainsi qu’une partie de vos professeurs, se souviennent encore de l’époque communiste ici en Pologne. C’était également une dictature idéologique.
Le communisme avait pour objectif d’éliminer complètement Dieu de la société. Il voulait établir une société totalement sans Dieu. Ils appelaient cela le matérialisme : seule comptait la réalité matérielle et temporelle. Il n’existait rien d’éternel, rien de surnaturel.
Et le plus grand danger pour les communistes était l’Église, parce que la foi catholique et la vie catholique constituaient l’opposition la plus radicale à l’idéologie communiste.
C’est dans ce système que j’ai grandi.
Mes parents étaient des Allemands qui avaient été déplacés dans l’Empire russe. Nous avions des villages : dans l’un vivaient des catholiques germanophones, dans l’autre des protestants. Jusqu’à l’époque de Staline, ils vivaient dans ces villages près de la mer Noire.
Vous savez que Staline fut l’un des plus grands dictateurs communistes. En 1936-1937, il décida d’entreprendre ce qu’il appelait une « purification » de la société. Ce furent deux années de terreur. Pendant ces deux années, des millions d’innocents furent assassinés dans l’Union soviétique.
Il appelait ces victimes des « ennemis potentiels du communisme ». Et qui étaient ces ennemis potentiels ? Tout d’abord les prêtres, ensuite les intellectuels, puis ceux qui possédaient des biens. Ainsi, pratiquement tous les catholiques et tous les croyants étaient considérés comme dangereux pour le communisme. De même, les personnes capables de réfléchir de manière indépendante et de comprendre ce qui se passait dans la société étaient aussi considérées comme des ennemis.
Le communisme affirmait qu’il ne devait pas exister de propriété privée.
L’une des victimes de cette purge fut mon grand-père, Sebastian Schneider. Il fut assassiné parce qu’il était catholique, allemand, et qu’il possédait quelques biens. Il n’avait que vingt-sept ans. Il venait de se marier. Ma grand-mère se retrouva veuve à vingt-cinq ans, et mon père n’était encore qu’un tout petit enfant.
Lorsque mon grand-père fut exécuté, la police vint perquisitionner la maison de ma grand-mère. Elle avait beaucoup d’images saintes accrochées aux murs. Les policiers lui dirent :
« C’est interdit. Nous vivons dans un État athée. Il faut enlever tout cela. »
Ils ordonnèrent à ma grand-mère de décrocher elle-même les images devant eux. Mais elle refusa :
« Je ne le ferai pas. »
Alors un policier s’approcha du mur pour les enlever lui-même. Ma grand-mère lui cria :
« Ce n’est pas toi qui as accroché ces images au mur ! Tu n’as donc pas le droit de les enlever ! »
Le policier fut tellement choqué qu’il ne toucha à rien et quitta la maison en silence.
Pour moi, cela a toujours été un événement extraordinaire, presque un miracle, car nous savons que Dieu protège particulièrement les veuves et les orphelins.
Après la Seconde Guerre mondiale, mes parents furent déportés dans l’Oural pour travailler dans les mines et les forêts. Les conditions étaient terribles : parfois moins quarante degrés en hiver, très peu à manger, un travail extrêmement dur. Beaucoup mouraient d’épuisement ou gelaient dans les forêts.
Chaque matin, ils ne savaient pas s’ils seraient encore vivants le soir.
Tous ces déportés étaient allemands : certains catholiques, d’autres protestants. Et lorsque, le matin, on les emmenait travailler dans les forêts, les catholiques récitaient le rosaire à haute voix. Après quelque temps, les protestants se joignirent à eux et commencèrent eux aussi à réciter le rosaire.
Face à la mort, même les protestants invoquaient la Sainte Vierge.
Dans ce ghetto allemand, ils réussirent à organiser une véritable vie ecclésiale clandestine. Mes parents faisaient partie des principaux animateurs de cette Église souterraine.
La foi clandestine et la naissance de la vocation
Un jour, ma mère sauva un prêtre poursuivi par la police. Il s’appelait le père Alexis Tsikiewicz, un prêtre gréco-catholique ukrainien qui célébrait aussi la messe latine. Il mourut plus tard martyr au Kazakhstan et fut béatifié par l’Église.
C’était en 1958. Dans ce ghetto allemand, le père Alexis célébrait secrètement la messe. Ma mère était présente. Pendant la messe, certains fidèles avertirent :
« La police va arriver ! »
Le père Alexis ne savait plus quoi faire. Ma mère lui dit :
« Venez avec moi. Je vais vous cacher. »
Elle l’emmena hors du ghetto, dans un quartier habité uniquement par des Russes qu’elle connaissait. Elle le cacha dans une petite pièce.
Elle lui proposa à manger et à boire, car depuis deux jours il n’avait rien pris : il passait tout son temps à confesser les fidèles. Il y avait environ mille catholiques qui, pour certains, ne s’étaient pas confessés depuis dix ans.
Le soir venu, dans l’obscurité, ma mère et ma tante conduisirent le prêtre à travers la forêt enneigée jusqu’à une autre gare, située à douze kilomètres, parce que la gare principale était surveillée par la police.
Le danger était immense. En tant qu’Allemande internée, ma mère n’avait pas le droit de quitter le ghetto. Si la police l’avait arrêtée, les conséquences auraient été graves. Et pourtant elle avait laissé à la maison ses deux petits enfants : mon frère et ma sœur.
Elles arrivèrent finalement à la gare. Ma mère acheta un billet au prêtre. Ils s’assirent dans la salle d’attente.
Soudain, la porte s’ouvrit : la police entra.
Le prêtre était pétrifié. Non pas pour lui-même — il avait déjà connu plusieurs fois la prison — mais pour ma mère, qui risquait énormément avec ses deux jeunes enfants.
Le policier demanda :
« Où allez-vous ? »
Le prêtre, paralysé de peur, ne répondit pas.
Alors ma mère dit calmement :
« C’est notre ami. Nous l’accompagnons. Voici son billet. »
Le policier regarda le billet, puis dit au prêtre :
« Ne montez pas dans le dernier wagon, car il sera détaché au prochain arrêt et n’ira pas plus loin. Je vous souhaite un bon voyage. »
Puis il partit.
Le père Alexis dit alors à ma mère :
« Dieu nous a envoyé un ange. »
En réalité, ce policier l’avait aidé à fuir la police.
Le prêtre ajouta :
« Je n’oublierai jamais ce que vous avez fait pour moi. À chaque messe, je prierai pour vous et pour vos enfants. Et si Dieu le permet, je reviendrai un jour vous voir. »
Plus tard, le père Alexis fut interné à Karaganda, au Kazakhstan.
Entre-temps, mes parents quittèrent l’Oural pour le Kirghizistan, où je suis né. Le père Alexis apprit notre déménagement et vint nous rendre visite depuis le Kazakhstan. Il célébra secrètement la messe dans notre maison.
J’étais alors un bébé d’un an. À côté de l’autel improvisé se trouvait mon berceau. Je plaisante parfois en disant qu’à un an déjà, je servais la messe.
Il bénit notre maison, mes frères, mes sœurs et moi-même. Puis il repartit à Karaganda, où il fut arrêté par le KGB et envoyé au célèbre camp de concentration de Karlag. Après un an et demi de souffrances supplémentaires, il mourut dans ce camp en 1963. C’est pourquoi il fut béatifié comme martyr.
Au Kirghizistan aussi, mes parents organisaient des messes clandestines. Nous avions très peu de prêtres ; beaucoup étaient en prison. Parfois, soudainement, un prêtre apparaissait secrètement. C’était pour nous une fête silencieuse et discrète, car il fallait constamment se méfier du KGB.
Quand je suis né, il n’y avait aucun prêtre au Kirghizistan. Ma mère ignorait quand le prochain viendrait : peut-être dans six mois, peut-être dans un an. Elle ne voulait pas que je reste si longtemps sans baptême.
Elle connaissait bien son catéchisme : en cas de nécessité, un laïc peut baptiser.
Une semaine après ma naissance, en présence de mon père, elle décida donc de me baptiser elle-même. Elle prit le catéchisme et suivit soigneusement toutes les instructions. Après le baptême, elle demanda à mon père :
« Ai-je bien fait ? »
Mon père répondit :
« Je ne sais pas… »
Alors elle recommença, parce qu’elle voulait être absolument certaine.
Quelques mois plus tard, un prêtre jésuite venu secrètement de Lituanie arriva. Il demanda qu’on lui apporte tous les enfants baptisés par leurs parents, car il ne pouvait vérifier si les baptêmes avaient été valides.
Ma mère m’emmena donc à lui. Et il me baptisa encore une fois.
Ainsi, j’ai été baptisé trois fois !
Je n’ai donc aujourd’hui absolument aucun doute sur la validité de mon baptême.
Je me souviens aussi très bien des veillées de Noël au Kirghizistan. Là-bas, Noël était un jour ordinaire de travail et d’école. On ne pouvait célébrer qu’en secret, la nuit. Le gouvernement interdisait sévèrement les réunions de prière.
Chaque année, mes parents organisaient une nuit entière de prières pour les Allemands catholiques vivant dans la région. Ces réunions avaient lieu dans notre maison.
Or, juste en face de chez nous habitait le chef de la police de la ville. Il s’appelait Anatoli. C’était un communiste, mais plutôt un communiste de façade, et il était ami avec notre famille.
La veille de Noël, mon père alla le voir :
« Tu sais, demain c’est Noël. Nous, catholiques, devons prier et chanter toute la nuit. »
Le policier répondit :
« C’est interdit… mais je te promets qu’aucun policier ne viendra cette nuit-là. Priez et chantez. »
Il nous protégea ainsi secrètement.
Ensuite, nous avons déménagé en Estonie. La première chose que firent mes parents fut de chercher une église catholique. Finalement, ils en trouvèrent une… à cent kilomètres de chez nous.
Mes parents s’exclamèrent avec joie :
« Les enfants, quelle grâce ! Une église si proche : seulement cent kilomètres ! Au Kazakhstan et au Kirghizistan, il fallait parfois parcourir mille kilomètres ! »
Ainsi, chaque dimanche, nous faisions deux cents kilomètres en train pour assister à la messe.
Pour éviter les contrôles de police, nous partions toujours de nuit et revenions par le dernier train, vers minuit.
Cette église se trouvait à Tartu, en Estonie. Là vivait un saint prêtre capucin letton, qui avait lui aussi passé de longues années au camp de Karlag.
Toutes les messes y étaient célébrées selon le rite traditionnel, comme ici chez vous. C’est là que j’ai fait ma première communion et reçu la confirmation.
Comme nous étions la famille vivant le plus loin de l’église, le prêtre nous proposa de venir passer les dimanches après-midi dans une chambre de son presbytère pendant l’attente du train.
Un jour — l’un des souvenirs les plus marquants de mon enfance — après la messe, alors que nous marchions avec ma mère vers le presbytère, je lui demandai simplement par curiosité :
« Maman, comment devient-on prêtre ? »
Le prêtre faisait une immense impression sur moi, mais je ne pensais pas sérieusement à devenir prêtre. Je voulais seulement comprendre.
Ma mère me répondit :
« Pour devenir prêtre, le plus important est que Dieu donne l’appel. »
Je ne comprenais pas ce qu’elle voulait dire. Je croyais qu’un appel de Dieu signifiait une voix venant du ciel !
À partir de ce moment-là, je ne demandai plus jamais comment devenir prêtre. Pourtant, je suis devenu prêtre… et même évêque.
Cette courte conversation avec ma mère est restée gravée dans ma mémoire toute ma vie.
Des années plus tard, je suis retourné à cet endroit en Estonie. Je me suis agenouillé précisément à l’endroit où cette conversation avait eu lieu et j’ai remercié Dieu pour ma vocation sacerdotale.
Le trésor de la foi catholique
Puis nous avons eu la grâce de pouvoir quitter l’Union soviétique et partir pour l’Allemagne.
Quand nous sommes arrivés dans une petite ville catholique allemande, nous sommes immédiatement allés à l’église. Et là, nous avons reçu un choc immense : pour la première fois de notre vie, nous avons vu des gens recevoir la communion dans la main.
C’était inimaginable pour nous.
Avant notre départ d’Estonie, le père Janis Pawlowskis nous avait avertis :
« Quand vous serez en Allemagne, si vous trouvez des églises où l’on distribue la communion dans la main, n’y allez pas. »
Nous le lui avions promis.
La réaction de ma mère fut immédiate :
« Quelle chose horrible ! Nous ne retournerons plus dans cette église. »
Mais dans l’église suivante, c’était pareil. Puis encore pareil ailleurs.
Un soir, après avoir visité plusieurs églises, ma mère nous réunit et se mit à pleurer :
« Mes enfants, je ne comprends pas comment on peut traiter Notre-Seigneur Jésus-Christ de cette manière… »
Les larmes de ma mère furent l’un des premiers éléments qui inspirèrent plus tard le livre que j’ai écrit contre la communion dans la main et debout.
C’est aussi à ce moment-là que j’ai commencé à servir la messe comme enfant de chœur, car c’était interdit aux enfants sous le régime soviétique.
Et c’est précisément en servant la messe que la vocation sacerdotale est née dans mon cœur. J’étais convaincu : je devais devenir prêtre.
Alors seulement j’ai compris ce que ma mère voulait dire lorsqu’elle parlait de « l’appel de Dieu ».
Quel est le plus grand don que j’ai reçu dans ma vie ? L’une des plus grandes grâces que Dieu m’a accordées est d’avoir reçu la véritable foi catholique, comme avec le lait de ma mère.
C’est le plus grand trésor.
Et ce don de la foi catholique est, à mes yeux, encore plus grand que le sacerdoce ou l’épiscopat.
La foi catholique intégrale est le plus précieux trésor que nous possédions.
Et c’est précisément ce que je vous souhaite, chers élèves : accueillir ce trésor et le conserver. Ce trésor est inestimable. Personne ne doit pouvoir vous le voler.
Il vaut bien plus que tous les titres ou toutes les réussites professionnelles que vous pourrez obtenir dans votre vie.
Peut-être qu’un garçon parmi vous dira un jour :
« Mon Dieu, si telle est votre volonté, je voudrais devenir prêtre. »
Et peut-être qu’une jeune fille priera ainsi :
« Mon Dieu, si vous le voulez, accordez un jour la vocation à l’un de mes futurs fils. »
Et vous tous qui êtes appelés au mariage et à fonder une famille, souvenez-vous que votre premier devoir sera de transmettre à vos enfants ce trésor de la foi catholique.
Je terminerai par une petite histoire.
Mon ancien archevêque de Karaganda, Mgr Lenga, qui vit aujourd’hui en Pologne, participait un jour à un synode à Rome. Un cardinal vint le saluer et demanda :
« Qui êtes-vous ? »
Mgr Lenga répondit :
« Je suis évêque au Kazakhstan. Et vous ? »
Alors le cardinal énuméra tous ses titres :
« Je suis cardinal, préfet de cette congrégation, président de ceci, membre de cela… »
Quand il eut terminé sa longue liste de titres, Mgr Lenga le regarda et lui demanda :
« Éminence… êtes-vous catholique ? »
Car ce cardinal avait oublié le plus important : dire qu’il était catholique.
Et c’est cela qui compte le plus.
Je vous remercie beaucoup pour votre attention. Je vous souhaite beaucoup de succès dans vos études.
Mais le plus grand succès de votre vie sera d’aimer, de défendre et de vivre votre foi catholique jusqu’à votre dernier souffle.
Merci beaucoup.
Loué soit Jésus-Christ.
Watch Bp Schneider: historia mojego powołania – wykład w Szkołach Akwinaty on YouTube.
(Sources : Ecole Saint-Thomas-d’Aquin de Józefów – FSSPX Actualités)
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« Dialogue politique de haut niveau » entre l’Union européenne et la Syrie : n’oublions pas les chrétiens de Syrie !
Communiqué de SOS Chrétiens d’Orient :
Ce lundi 11 mai, à l’issue du conseil des affaires étrangères de l’Union européenne, sera lancé le premier « dialogue politique de haut niveau » en présence des ministres des affaires étrangères de l’Union européenne et de leur homologue syrien, Assad al-Chaibani. L’objet de la réunion : faciliter la reprise économique de la Syrie.
Pour SOS Chrétiens d’Orient, organisation humanitaire présente en Syrie depuis 2013, après la reprise de relations diplomatiques et la levée des sanctions économiques, ce « dialogue politique de haut niveau » est donc une bonne nouvelle, alors que 90% des Syriens vivent sous le seuil de pauvreté et que le pays entier est à reconstruire.
Pour autant, les chrétiens de Syrie – et les autres minorités religieuses – ne peuvent être oubliés dans ces discussions diplomatiques et commerciales. Pour Benjamin Blanchard, directeur général de SOS Chrétiens d’Orient,
« si les déclarations des nouveaux dirigeants syriens se veulent rassurantes quant à l’avenir des communautés chrétiennes du pays, si la liberté de culte est globalement tolérée, force est de constater que depuis 18 mois, les chrétiens de Syrie, mais aussi les autres composantes de la société syrienne, notamment alaouites et druzes, vivent dans l’inquiétude et la peur de l’avenir ».
De nombreux faits récents viennent renforcer cette inquiétude :
– Le 22 juin 2025, un attentat contre l’église Saint-Elie de Damas fait 25 morts et plus de soixante blessés ;
– Au lendemain de cet attentat, le patriarche Jean X des grecs orthodoxes est victime d’une intense campagne de dénigrement ;
– Plus récemment, dans la nuit du 27 mars dernier, des bandes islamistes s’en sont pris aux habitants de Squelbieh, une ville chrétienne du centre de la Syrie, agressant les habitants et pillant les commerces, sans que les forces de sécurité gouvernementales ne réagissent rapidement. Cette attaque ultra-violente a contraint les chrétiens de toute la Syrie à annuler toutes les manifestations extérieures de joie et processions qui marquent habituellement la fête des Rameaux et celle de Pâques.
En résumé, le quotidien des Chrétiens de Syrie, comme de nombreux syriens, est fait d’attaques, d’enlèvements, de pillages et de rançonnages.
Aussi, SOS Chrétiens d’Orient, demande au Conseil de l’Union européenne, de lier ce « dialogue politique de haut niveau entre l’UE et la Syrie :
– à une vraie liberté religieuse, afin que les Chrétiens de Syrie puissent vivre publiquement leur foi sans crainte, ni limitation.
– au respect de la société civile et à l’intégration réelle de de toutes les composantes du peuple syrien dans la reconstruction du pays.
Les chrétiens de Syrie ne demandent pas autre chose que d’être reconnus comme des Syriens à part entière ; non pas comme des citoyens minoritaires et tolérés ou des citoyens de seconde zone, mais bien comme des Syriens qui veulent participer activement à la reconstruction institutionnelle, politique et sociale de leur pays.
La radicalisation des actes antichrétiens
Olivier Vial écrit dans l’Observatoire des radicalités :
Dans la nuit du 3 au 4 mai 2026, à Poleymieux-au-Mont-d’Or, petite commune de 1 300 âmes perchée dans les Monts d’Or au nord de Lyon, la statue de la Vierge Marie a été décapitée, ainsi que celle de l’Enfant Jésus qu’elle tenait dans ses bras. Les fragments de visage ont été laissés ostensiblement au pied du socle de pierre, sur lequel on peut encore lire « N.D. des Monts d’Or ». La statue datait de 1938. La gendarmerie a ouvert une enquête. La maire a porté plainte.
Un millier d’actes par an — et personne ne s’en émeut vraiment
La France est, et de loin, le pays d’Europe le plus touché par les actes antichrétiens. C’est le constat du Centre européen pour le droit et la justice qui est confirmé chaque année par les bilans du Service central du renseignement territorial (SCRT).
Les chiffres sont les suivants.
Ces chiffres ne comptabilisent que les faits portés à la connaissance de la police ou de la gendarmerie. Le ministère de l’Intérieur admet que la réalité est « très certainement sous-estimée ».
Si des mécanismes de signalement très rodés existent pour les actes antisémites (le SPCJ, Service de protection de la communauté juive) et antimusulmans, aucun équivalent institutionnel n’a été créé pour les chrétiens — ce que 86 sénateurs ont formellement dénoncé dans une tribune collective, en pointant une asymétrie de traitement difficile à justifier.
Le nombre de lieux de cultes frappés multiplié par 7 depuis 2008
Sur le seul indicateur des lieux de culte chrétiens touchés — chapelles, églises, cimetières, calvaires — la tendance de fond est inquiétante : 129 sites en 2008, 877 en 2018, soit une multiplication par 6,8 en une décennie. Cette hausse traduit une désacralisation du patrimoine, une banalisation de la transgression, un effritement du rapport collectif au sacré.
En 2025, l’Observatoire de l’Intolérance et de la Discrimination contre les Chrétiens (OIDAC) a recensé 2 211 actes antichrétiens en Europe pour la seule année 2024, dont 274 agressions physiques.
La France, avec près de 900 incidents officiels et non officiels cumulés, représente à elle seule plus d’un tiers du total continental — loin devant le Royaume-Uni (550) et l’Allemagne (311).
Quand les flammes remplacent la masse
84% des actes antichrétiens sont des atteintes aux biens. Mais leur nature se radicalise.
En 2024, les services de renseignement territorial ont recensé près de 50 incendies et tentatives d’incendie visant des lieux de culte chrétiens — une hausse de plus de 30% par rapport à 2023, alors même que le volume global des actes reculait de 10% cette année-là.
Le 2 septembre 2024, l’église de l’Immaculée Conception à Saint-Omer est ravagée par les flammes. Son clocher et sa toiture s’effondrent. L’auteur est identifié : un multirécidiviste de 39 ans portant 26 condamnations au casier, ayant déjà incendié six autres églises dans le Boulonnais. Un pyromane compulsif — mais dont les cibles, systématiquement, sont des édifices du culte.
Le 3 octobre 2024, l’église Saint-Hilaire-le-Grand de Poitiers — classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, datant du XIème siècle — est visée par deux départs de feu en une seule nuit. Toutes ses statues sont détruites. L’auteur sera déclaré pénalement irresponsable.
À Paris, en juillet 2025, l’église Notre-Dame-des-Champs subit deux incendies en vingt-quatre heures. Le premier, le 23 juillet, détruit l’orgue et noircit les tribunes. Le lendemain, un intrus s’introduit dans l’édifice fermé, renverse la statue de saint Joseph, y met le feu. Une toile récemment restaurée est détruite, des bancs consumés. Un suspect est interpellé deux jours plus tard : déjà connu pour des faits similaires depuis 2021. Il est également déclaré pénalement irresponsable.
Cinq motivations — cinq profils possibles
D’après les derniers chiffres disponibles datant de 2021, seuls 14 % des dossiers liés à des actes anti chrétiens avaient donné lieu à l’identification d’un auteur.
Dans ce contexte, il est très difficile d’établir avec précision l’importance relative de chacun des profils définis dans le rapport parlementaire (2022) des députés Florennes et Mendes dans la commission de ces actes. Les parlementaires évoquaient 5 profils pour les actes antichrétiens : un profil psychologique, les adeptes d’une forme de satanisme, des membres d’une ultragauche laïcarde, d’une ultradroite païenne ou d’islamistes.
1- Si l’instabilité psychologique semble le profil le plus fréquent. Il faut nuancer du fait du faible taux d’élucidation. Ces profils étant plus faciles à identifier car ils ne prennent pas de mesures pour éviter qu’on les retrouve. De plus leur trouble psychologique peut également cacher d’autres motivations.
Mais, pour les incendiaires de Saint-Omer, de Poitiers, de Notre-Dame-des-Champs : autant de dossiers, la maladie mentale semble primer sur la motivation idéologique.
2- Le satanisme, souvent surévalué dans le débat public, relève pour l’essentiel de ce que le sociologue Olivier Bobineau appelait le « braconnage satanique » : des adolescents qui partagent une partie de cet imaginaire de la transgression — black metal, culture de la subversion — sans appartenir à aucune organisation structurée. Les enquêtes du CNRS estiment à une centaine le nombre de « satanistes structurés » en France et engagés dans des groupes souvent internationaux — loin des 25 000 personnes qui peuvent partager une partie de cet imaginaire.
3 – L’ultragauche entretient une tradition anticléricale ancienne. Tags sur les façades, perturbations de processions, dégradations de calvaires.
4 – L’ultradroite païenne peut également cibler des édifices chrétiens avec des tags antisémites ou néonazis lors de profanations à l’identitarisme affiché. Bobineau notait en 2008 que certains actes attribués au « satanisme » étaient en réalité commis par des jeunes néonazis animés d’une haine diffuse à l’égard de toute institution.
5- La menace islamiste. La cinquième motivation est celle qui malheureusement est allée jusqu’au meurtre.
Le 26 juillet 2016, à Saint-Étienne-du-Rouvray, deux hommes se réclamant de l’État islamique pénètrent pendant la messe. Ils égorgent le père Jacques Hamel, 85 ans, et blessent grièvement un paroissien. Daesh revendique. C’est le premier assassinat d’un prêtre catholique en France depuis la Révolution.
Le 29 octobre 2020, Brahim Aouissaoui entre dans la basilique Notre-Dame-de-l’Assomption de Nice à 8h29. Il tue trois personnes au couteau. Vincent Loquès, sacristain, est égorgé. Nadine Devillers est quasiment décapitée. Simone Barreto Silva, mère de famille, reçoit vingt-cinq coups de couteau avant de s’enfuir dans un café voisin où elle succombe. Ce Tunisien de 21 ans est arrivé en France moins de 24 heures avant l’attentat. Il visait Paris — la Tour Eiffel — mais n’avait pas les 150 euros du billet.
Lors de son procès en février 2025, après quatre ans d’amnésie simulée écartée par les experts psychiatres, il reconnaît les faits : il voulait « venger les musulmans ». Sa formule devant la cour : « Le musulman a le droit de tuer celui qui le tue. » La DGSI, entendue à l’audience, a été explicite : l’attentat « visait clairement des chrétiens » et s’inscrit dans une stratégie visant à « saper le dialogue interreligieux prôné par le Vatican ». Le 26 février 2025, condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible.
Le passage à l’acte violent ne se limite pas aux attentats. Dans la nuit du 14 au 15 juillet 2024, l’église Notre-Dame-du-Travail (14e arrondissement de Paris) est saccagée. Ses murs sont couverts de tags : « Batard Jesus, un seul dieu allah », « la tête coupée à ceux qui dépasseront », « brule la première partie ». Un couteau est planté dans la gorge d’une statue de la Vierge — un égorgement métaphorique.
En mars 2024, les services antiterroristes avaient déjà interpellé un autre homme se réclamant de Daesh qui projetait d’attaquer une église française.
Ces cas relèvent d’une logique distincte des quatre autres motivations : idéologie explicite, cible délibérément chrétienne, violence nourrie par une théologie du takfir. Ce profil reste la fraction la plus dangereuse.
[…]
Angleterre : Nigel Farage bientôt Premier ministre ?
Lors des élections locales en Angleterre, le parti Reform UK de Nigel Farage a obtenu 1453 conseillers municipaux, soit 1451 de plus qu’aux élections précédentes. Le parti travailliste au pouvoir en perd 1496 et se retrouve nettement derrière. A noter que parmi les « indépendants » qui gagnent 34 conseillers il y a des militants islamiques.
En Ecosse le parti dit national (européiste) est toujours et de loin le premier, mais Reform UK (qui passe de zéro à 17 conseillers), fait jeu égal avec les travaillistes.
Au pays de Galles, le parti dit indépendantiste (européiste) Plaid Cymru renforce sa première place, suivi de Reform UK qui passe de zéro à 34 conseillers, et les travaillistes en perdent 35 et n’en ont plus que 9.
Si ces résultats se confirmaient aux législatives, Nigel Farage deviendrait Premier ministre…
Union des droites : “Nous avons des différences réelles de programme, de méthode, de convictions, et c’est très bien ainsi”
Interrogée dans le JDD, Sarah Knafo déclare :
La droite européenne arrive désormais à se réunir. C’est une excellente nouvelle. Quand nous votons ensemble, nous obtenons des victoires : nous venons de faciliter les expulsions de clandestins en durcissant la directive « Retour ». Nous avons allégé les normes qui pesaient sur les entreprises avec la directive CSRD. Si nous savons nous retrouver au Parlement européen, alors nous devrions en finir, en France, avec le théâtre du cordon sanitaire, la fable du front républicain et la manipulation qui consiste à insulter et accuser d’être « d’extrême droite » toute personne plus déterminée que Xavier Bertrand, (ça fait du monde !) Alors, nous réussirons à constituer des coalitions pour diriger des collectivités et bâtir une majorité à l’Assemblée nationale sur un programme commun.
Dans ce contexte, le RN et Reconquête restent-ils irréconciliables ?
Il n’y a pas besoin de réconciliation dès lors qu’il n’y a pas de fâcherie. Si c’était le cas, ce serait bien médiocre au regard des enjeux. Victor Hugo nous prévient : « Ayons des cris de douleur pour les plaies de la France, et non pour nos égratignures. » Les choses sont bien plus simples. Nous avons des différences réelles de programme, de méthode, de convictions, et c’est très bien ainsi. Nous sommes, en revanche, proches de leurs électeurs et de nombre de leurs cadres qui se reconnaissent dans notre ligne : la fin des gabegies, le refus de l’islamisation, la liberté économique, la baisse des impôts, le droit de propriété, le travail, la défense de la civilisation française.
Quels sont les principaux obstacles ou écueils à la formalisation d’un rapprochement ?
Comme vous l’avez vu, il est difficile de faire l’union des droites avec un parti qui refuse l’union et qui refuse la droite. Marine Le Pen répète inlassablement qu’elle n’est pas, qu’elle ne veut pas être et qu’elle ne sera jamais de droite. Il faut la croire. Malheureusement, fort de ses sondages, le RN en veut quand même à toute formation de droite qui se présente aux élections. Ils réclament le monopole. Je ne crois pas aux vertus du parti unique. L’absence de concurrence, c’est l’arnaque : moins de choix, moins de qualité. En politique, la concurrence, c’est la démocratie : elle profite aux électeurs et révèle les candidats. Regardez Balladur et Chirac : ils s’opposaient, se concurrençaient, et cette rivalité n’a pas empêché la droite de gagner. Regardez Meloni et Salvini en Italie : deux formations proches, une concurrence saine ; aujourd’hui, c’est Meloni qui gouverne et Salvini qui est dans sa majorité. Notez d’ailleurs que, dans les deux cas, ce n’est pas celui qui part favori qui gagne ! Et pour ceux qui trouvent l’objectif trop ambitieux, regardez le scrutin parisien : le candidat du RN était à 9 % dans les sondages, quand j’étais à 4 %. Après une campagne de huit semaines à peine, j’ai obtenu 10,5 % des voix, et lui 1,5 %. Tout est possible, parce que les Français reconsidèrent leurs choix pendant les élections. […]
L’ADMD visée par un signalement pour fraude fiscale
Lu dans le JDD :
Le sénateur Stéphane Ravier a saisi le procureur de la République sur le fondement de l’article 40 du Code de procédure pénale, visant l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD). Dans un courrier du 9 mars consulté par le JDD, il dénonce une possible « émission irrégulière de reçus fiscaux ». L’ADMD collecte en effet des dons défiscalisés via un fonds de dotation créé en 2012, dont plus de 96 % des dépenses auraient été reversées à l’association ces dernières années. Un dispositif légal seulement si les fonds soutiennent des activités d’intérêt général.
Or selon le sénateur, l’ADMD consacre l’essentiel de ses moyens au lobbying et au plaidoyer législatif, pour plus d’un million d’euros par an. Lors d’une audition au Sénat, la Direction générale des finances publiques avait rappelé que « le plaidoyer seul ne correspond pas à une action concrète en direction d’un public » et ne suffit pas à justifier un statut d’intérêt général, a-t-il souligné dans sa lettre. Il pointe aussi une gouvernance commune entre l’ADMD et son fonds de dotation, ainsi que l’absence de publication des comptes au Journal officiel malgré une collecte importante de dons. Ces éléments pouvant « caractériser des délits d’escroquerie et de fraude fiscale », Stéphane Ravier a demandé l’ouverture d’une enquête préliminaire.
Le cardinal Müller dénonce les délires du Groupe 9 du Synode sur la synodalité
Le cardinal Gerhard Ludwig Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a fermement condamné (déclaration complète ci-dessous) les tentatives persistantes des groupes synodaux et des discussions de l’Église, émanant de Rome et des évêques allemands, de promouvoir l’idéologie LGBT.
Le 5 mai, le Groupe 9 du Synode sur la synodalité a publié son rapport final et a ouvertement promu les relations homosexuelles. Le groupe affirme qu’« il est nécessaire d’aborder avec prudence la question récurrente de savoir si l’on peut parler de “mariage” pour les personnes attirées par le même sexe ». Il ajoute ensuite la question de savoir si les « relations » homosexuelles peuvent être considérées comme équivalentes à l’« union conjugale hétérosexuelle », malgré « l’impossibilité manifeste de procréation ».
L’an dernier, les évêques allemands ont publié une « bénédiction » liturgique pour les « couples » homosexuels et autres « couples » non mariés ou irréguliers.
« Nulle part dans les Saintes Écritures ni dans toute la tradition de l’Église », écrit le cardinal allemand en réponse à ces nouvelles publications, « il n’y a rien à voir ni à entendre concernant une bénédiction des personnes en situation d’adultère, et certainement pas concernant l’autorisation donnée aux évêques d’ordonner ou de permettre des bénédictions trompeuses et blasphématoires. »
Le cardinal Müller appelle l’Église catholique à renoncer à ces adaptations à l’esprit du temps et à son matérialisme, et à revenir à une véritable conversion à Jésus-Christ, le Bon Pasteur. Pour lui, il est clair que nous sommes confrontés, au sein même de l’Église, à des tendances hérétiques. Il écrit :
« Dans les réactions du lobby homosexuel au sein de l’Église à la publication du rapport du groupe de travail synodal traitant de cette question et aux bénédictions des unions sexuelles hors mariage, même ordonnées par les évêques, la relativisation hérétique du mariage naturel et du mariage sacramentel est ouvertement saluée. »
Il fait ici référence au rapport récemment publié du groupe de travail synodal qui promeut ouvertement l’homosexualité, ainsi qu’à la « bénédiction » liturgique des « couples » homosexuels par les évêques allemands.
Vous trouverez ici la déclaration complète du cardinal Müller :
Sur la bénédiction de Dieu et la fausse bénédiction du monde,
par le cardinal Gerhard Müller, Rome
Les groupes d’étude nommés par le pape François lors du Synode sur la synodalité de 2024 publient progressivement leurs conclusions, pourtant fortement contestées. Ils présentent deux similitudes fondamentales :
1. Leur méfiance envers le cœur même de la doctrine catholique, qu’ils confondent avec un système de pensée historiquement conditionné, au lieu de le reconnaître comme la transmission intégrale et inaltérable de la Révélation divine aux générations présentes et futures ;
2. Leur tentative, par un prétendu « changement de paradigme, passant d’une dogmatique rigide à une approche pastorale plus humaine », de se rallier aux idéologies dominantes afin de gagner la faveur de leurs partisans. Ils ne nient pas ouvertement les vérités révélées, mais ils les ignorent et bâtissent à leurs côtés l’édifice d’un christianisme confortable, conformé au monde. Pour tromper les croyants naïfs, ils ornent cet édifice de formules bibliques et spirituelles creuses : « ce que l’Esprit dit aux Églises », le discernement plutôt que la condamnation, un Jésus miséricordieux et approuvant tout, opposé aux docteurs rigoristes de la loi et aux professeurs de théologie conservateurs prisonniers de leurs systèmes, qui se soucieraient davantage de la fidélité à la lettre et d’une doctrine rigide que des personnes dans leur faiblesse et leur vulnérabilité. Par mépris ou par ignorance de la tradition catholique, cela conduit à l’affirmation sophistique que le péché ne consiste pas en un acte conscient et volontaire contre les commandements de Dieu, mais plutôt en le refus d’accorder une miséricorde absolue à ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas les accomplir.
En réalité, l’Église enseigne que le Christ est mort sur la croix pour les péchés de tous les hommes et que le Saint-Esprit ne refuse la grâce de Dieu à personne qui se convertit à l’Évangile, afin qu’il puisse mener une vie nouvelle et sainte à la suite du Christ. C’est pourquoi l’Apôtre peut dire aux baptisés : « Ne vivez plus comme les païens, qui se perdent dans la vanité de leurs pensées… On vous a enseigné à vous dépouiller de votre ancienne manière de vivre, du vieil homme corrompu et séduit par ses convoitises, à être renouvelés dans l’Esprit de votre intelligence, et à revêtir l’homme nouveau, créé à l’image de Dieu dans une justice et une sainteté véritables. » (Éphésiens 4, 17.22-24)
Dans le contexte des synodes épiscopaux et des parcours synodaux nationaux au sein des Églises locales, un thème cher à certains évêques, théologiens et laïcs influencés par l’air du temps revient sans cesse. Au lieu de conduire les fidèles à Jésus-Christ, Dieu-Homme, unique et véritable Médiateur entre Dieu et les hommes, ils envisagent – de manière monothématique et intellectuellement restrictive – l’avenir de l’Église dans l’adoption de l’idéologie du genre et de l’arc-en-ciel. De ce fait, ils mettent en péril l’unité visible de l’Église dans la vérité du Christ, telle que le Seigneur l’a confiée au Collège épiscopal, sous l’autorité du Pape, successeur personnel de Pierre sur le Siège romain. La bénédiction privée, voire paraliturgique, des « couples » de même sexe ou de sexe opposé en situation irrégulière repose sur le rejet hérétique de la vérité révélée selon laquelle Dieu a créé l’homme et la femme. Et Jésus, qui en sa personne est le Chemin, la Vérité et la Vie, a confirmé, contre la casuistique des pharisiens concernant le divorce, la volonté originelle du Créateur et a révélé définitivement que l’homme et la femme ne deviennent une seule chair que par le « oui » du mariage (cf. Mt 19, 3-9). Ainsi, dans le mariage, l’homme et la femme forment une unité personnelle et sexuelle à deux, unis par l’amour mutuel, la vie commune et l’ouverture aux enfants que Dieu veut leur donner. Et seuls l’homme et la femme unis par les liens du mariage sont bénis par Dieu pour être féconds, se multiplier, peupler la terre et (avec sagesse) régner sur toutes les autres créatures (cf. Gn 1, 28). Nulle part dans l’Écriture sainte ni dans toute la tradition de l’Église, il n’est question d’une bénédiction des personnes adultères, et certainement pas d’une autorisation donnée aux évêques d’ordonner ou de permettre des bénédictions trompeuses et blasphématoires. La bénédiction liturgique ou privée ( benedictio = approbation), dont nous sommes bénis en Christ, est une prière de l’Église fondée sur la confiance en l’aide et le soutien de Dieu pour les hommes, afin qu’ils soient fortifiés dans tout ce qui est bon, et non une approbation d’une vie contraire à Dieu et marquée par le péché. La faiblesse humaine ne saurait être une excuse, car l’Esprit Saint nous secourt par sa grâce, que Dieu n’exclut pas pour celui qui la lui demande sincèrement (cf. Rm 8, 26). Quant à ceux qui « ont échangé la vérité de Dieu contre le mensonge » et substituent à l’ordre divin leurs propres idéologies et des pseudo-théologies mêlées de sociologie et de psychologie, l’Apôtre déclare qu’ils pensent mal et vivent dans le péché, ce qui signifie la mort de la vie de grâce. Pourtant, conscients de leur erreur, ils approuvent ceux qui agissent ainsi en contradiction avec Dieu (cf. Rm 1, 25-32).
Dans les réactions du lobby homosexuel au sein de l’Église à la publication du rapport du groupe de travail synodal consacré à cette question et aux bénédictions des unions sexuelles hors mariage, même ordonnées par les évêques, la relativisation hérétique du mariage naturel et sacramentel est ouvertement saluée. Elle est présentée comme un premier pas vers la reconnaissance de l’idéologie LGBT, qui ne représente rien d’autre qu’une image matérialiste de l’homme sans Dieu, Créateur, Rédempteur et Perfectionneur de l’homme. Quiconque, en tant que maître de la foi et pasteur des fidèles désigné par le Christ, se soucie véritablement de la paix intérieure des âmes et du salut éternel des fidèles qui lui sont confiés, ne fait pas des personnes en difficulté les jouets d’une idéologie impie ou les instruments de sa propre soif de reconnaissance dans le milieu « woke », mais les conduit personnellement vers Jésus-Christ, le Fils de Dieu. « Car nous n’avons pas un souverain sacrificateur incapable de compatir à nos faiblesses ; au contraire, il a été tenté en tout point comme nous, mais sans commettre de péché. Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce pour être secourus dans nos besoins. » (Hébreux 4:15-16). Car Lui seul est le véritable Messie et Lui seul peut secourir chaque personne sans exception, la sortir de toute détresse spirituelle et de toutes les tensions de l’âme, contrairement aux sauveurs terrestres qui, par leurs doctrines d’auto-rédemption, ont si souvent causé le malheur à l’humanité. L’idéologie du genre contredit frontalement l’anthropologie chrétienne. Et avec ses 60 à 80 genres arbitrairement inventés, elle s’oppose frontalement aux sciences biologiques. Elle viole le bon sens, qui sait que chaque être humain est issu de l’union de son père et de sa mère. Avec l’idéologie « woke », initialement athée et matérialiste, une hérésie destructrice et une source de division schismatique ont pénétré l’Église catholique. Par son opposition à la vérité révélée de Dieu, cette hérésie correspond au manichéisme ou au pélagianisme. L’étude de l’histoire de l’Église nous enseigne que seule la résistance constante du Magistère des papes et des conciles, et la puissance intellectuelle des grands Pères de l’Église, d’Augustin à Thomas d’Aquin et John Henry Newman, ont permis de conjurer ces dangers existentiels et d’autres encore. Tous les empires mondiaux construits par l’homme et toutes les forteresses de la pensée athée sont voués à s’effondrer. Mais les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre l’Église, car Jésus, le Fils du Dieu vivant, l’a bâtie sur le roc de saint Pierre.
Ce n’est pas la reconstruction de l’Église en un mouvement philanthropique à dimension religieuse et sociale qui ramène les peuples sécularisés et déchristianisés de l’Occident aux bras ouverts du Bon Pasteur Jésus-Christ, « Lumière des nations ». On ne peut l’affirmer qu’avec les Pères conciliaires de Vatican II : « le désir est d’illuminer tous les hommes de sa gloire, qui resplendit sur le visage de l’Église, lorsqu’elle proclame l’Évangile à toute créature. » ( Lumen gentium 1)
Les véritables disciples de Jésus ne recherchent ni l’approbation des hommes ni la fausse bénédiction des « puissants, des notables et des influenceurs de ce monde » (cf. 1 Co 2,6). Car, dans l’amour et la vérité, « Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes, en communion avec le Christ » (Éph 1,3).
“Les mutuelles qui protègent jusqu’à présent la vie en finançant les soins, vont devenir des machines à fric en investissant dans la mort”
Intervention du sénateur Stéphane Ravier à la tribune du Sénat lors de l’examen de la proposition de loi sur l’euthanasie (l’article 2 instituant l’aide à mourir a été rejeté cette nuit par 151 voix contre 118):
Les mutuelles qui protègent jusqu’à présent la vie en finançant les soins, vont devenir des machines à fric en investissant dans la mort.
C’est d’ailleurs l’ancien président des MUTUELLES qui était à la tête de la convention citoyenne en faveur de l’EUTHANASIE.
Le veau d’or… pic.twitter.com/Yc0q75NwiH
— Stéphane Ravier (@Stephane_Ravier) May 11, 2026
Comment se passe concrètement une euthanasie ?
Le débat sur le suicide assisté revient au Sénat mais un sujet a encore été très peu abordé: quels produits sont utilisés? Comment ça se passe? Quels sont les risques?
Des pharmaciens nous ont fait un résumé:
I. Une triade pharmacologique: substances, mécanismes et objectifs
Les protocoles d’EAS modernes s’articulent autour de trois catégories majeures de substances, chacune remplissant un rôle pharmacologique distinct pour assurer l’efficacité de la procédure.
1. Les barbituriques et les sédatifs-hypnotiques: l’induction du coma
La première étape, consiste à induire une perte de conscience profonde et irréversible et à ralentir la respiration
- Substances utilisées: Les médecins privilégient les barbituriques tels que le pentobarbital et le sécobarbital, le thiopental ou des anesthésiques généraux comme le propofol à des doses plus élevées que celles des indications habituelles.
- Action pharmacologique: ces produits inhibent l’activité neuronale et le centre respiratoire situé dans la moelle et le tronc cérébral.
- Dosages et administration: Dans le cas du suicide assisté, le patient ingère généralement une solution liquide contenant entre 9 et 15 grammes de pentobarbital ou de sécobarbital. Pour l’euthanasie, le médecin injecte directement du thiopental ou du propofol à forte dose (1g) par voie intraveineuse (IV), provoquant un coma quasi immédiat.
2. Les relaxants neuromusculaires (curarisants): l’arrêt respiratoire
C’est seulement une fois que le patient est plongé dans un coma profond, qu’un agent curarisant est souvent administré pour garantir l’arrêt des fonctions vitales par manque d’oxygène. Sans sédation préalable, la mort surviendrait par suffocation alors que la personne est consciente.
- Substances utilisées: Les produits les plus courants sont le rocuronium, le pancuronium et le cisatracurium.
- Mécanisme: Ces substances bloquent la transmission nerveuse vers les muscles, y compris le diaphragme, ce qui interrompt toute tentative de respiration; le cœur s’arrête faute d’oxygène.
3. Les adjuvants: «confort et optimisation»
Pour faciliter la procédure et prévenir les complications, des médicaments associés peuvent être administrés en amont.
- Antiémétiques: Des principes actifs comme le métoclopramide ou l’ondansétron sont administrés en prévention des vomissements, 30 minutes avant, surtout lors de l’ingestion orale de doses massives de substances, évitant leur rejet et favorisant leur activité létale.
- Benzodiazépines: Le midazolam ou le diazépam sont souvent utilisés avant le début du protocole létal, pour réduire l’anxiété du patient.
- Anesthésiques locaux: La lidocaïne peut être administrée pour réduire la douleur locale lors de l’injection des agents létaux.
II. Exemples de protocoles en usage dans les pays ayant dépénalisé l’euthanasie et/ou le suicide assisté
Les protocoles, bien que toujours construits à partir d’une association anesthésique/curarisant/adjuvant, varient selon les pays.
Benelux (Pays-Bas et Belgique)
Aux Pays-Bas et en Belgique, l’euthanasie par injection pratiquée par le médecin est la pratique la plus fréquente. Les protocoles de suicide assisté sont possibles, prévoyant l’ingestion d’une boisson létale par la personne en capacité de boire.
- Protocole type: Après prémédication par midazolam et lidocaïne pour réduire l’anxiété et la douleur respectivement, le médecin injecte 2000 mg de thiopental ou 1000 mg de propofol pour induire le coma. Dès que ce dernier est confirmé, une dose massive de curarisant (100-200 mg de rocuronium) est administrée.
- Statistiques: Plus de 99% des cas signalés aux Pays-Bas utilisent ce régime combiné barbiturique-curarisant.
Canada (MAiD) – et éventuellement Australie (Victoria et Western Australia) si le patient ne peut ingérer de boisson
Le Canada a développé une approche très standardisée de l’Aide Médicale à Mourir.
- Le “Kit” standard: Près de 98% des cas, le protocole IV fixe comprend du midazolam (10 mg), du propofol (1000 mg) et du rocuronium (200 mg); la lidocaïne peut être associée comme anesthésique local.
- Efficacité: Avec ce mélange, le décès survient généralement dans un délai médian de 9 minutes.
Etats Unis (Oregon, Washington), Suisse, Australie (Victoria, Western Australia) (Suicide Assisté)
Dans ces États, le cadre légal impose souvent que le patient réalise l’acte final lui-même.
- Ingestion orale: après avoir ingéré un antiémétique trente minutes avant, le patient doit boire une préparation à base de barbituriques (9-15g de sécobarbital ou de pentobarbital) mélangé avec un jus sucré. Le coma survient en quelques minutes et l’arrêt respiratoire une demi-heure plus tard environ.
- Contrôle médical: En Oregon, le rôle du médecin s’arrête après la prescription. En Suisse, un médecin doit prescrire la substance, mais l’acte est supervisé par des organisations non lucratives.
Par rapport aux exécutions légales par injection létale qui ajoutent une troisième substance pour arrêter le cœur (chlorure de potassium ou bupivacaine), l’euthanasie ou le suicide assisté provoquent un coma profond puis un arrêt respiratoire par manque d’oxygène. Les processus physiologiques sont assez proches ce qui est souvent noté par les critiques.
III. Complications et risques
L’EAS n’est pas toujours un processus simple et sans incident. Des enquêtes montrent une variabilité significative dans les résultats:
- Échecs du suicide assisté oral: Environ 15% des patients subissent des complications telles que des vomissements, des convulsions voire une reprise de conscience après avoir bu le mélange.
- Délais imprévisibles: Si l’injection est rapide, la voie orale est incertaine. Environ 33% des décès par ingestion prennent plus d’une heure et dans 7,6% des cas, le processus peut durer plus de 6 heures.
- Incertitude sur la douleur: L’utilisation de curarisants pose le problème de la “conscience accidentelle”. Si la sédation est insuffisante, le patient pourrait ressentir la douleur brûlante de certaines substances ou la sensation d’étouffement sans pouvoir émettre le moindre signe de détresse en raison de sa paralysie musculaire.
- Inefficacité des opioïdes: les opioïdes seuls (comme la morphine) ne sont pas recommandés pour l’euthanasie, car ils ne garantissent pas un décès rapide ou prévisible, menant parfois à des processus d’agonie prolongés, d’une à six heures.
IV. Conclusion : une pratique normalisée mais faillible
En résumé, l’euthanasie et le suicide assisté dépénalisés reposent sur une médication utilisant des agents anesthésiques et curarisants puissants. Si ces protocoles visent à assurer une mort rapide et indolore, les retours des juridictions révèlent des incertitudes importantes: taux de complications notables, temps de survie peu prévisible, associée parfois à une agonie longue et pénible, liée à la variabilité physiologique du processus de la mort provoquée. L’EAS se distingue fondamentalement des soins palliatifs par sa volonté délibérée de mettre fin aux fonctions vitales de manière fiable et immédiate.
“Depuis toujours, l’interdit de tuer constitue l’un des fondements essentiels de toute société humaine”
Tribune de Mgr Rey dans le JDD :
À travers le débat actuel sur la fin de vie, notre société est confrontée à une question fondamentale : que vaut une vie humaine lorsqu’elle devient fragile, dépendante, souffrante ou diminuée ? Derrière les termes employés — « aide à mourir », « ultime liberté », « dignité » — se joue en réalité une transformation profonde de notre rapport à l’Homme. Car une civilisation bascule lorsqu’elle cesse de considérer la vulnérabilité comme une réalité à accompagner pour commencer à la regarder comme une condition dont il faudrait pouvoir s’extraire par la mort. Depuis toujours, l’interdit de tuer constitue l’un des fondements essentiels de toute société humaine.
Il protège la personne fragile contre l’abandon et rappelle que la vie humaine possède une valeur qui ne dépend ni de l’autonomie, ni de la performance, ni de l’état de santé. Or le projet de légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté introduit une rupture profonde : il ferait entrer dans le champ du soin un acte dont la finalité n’est plus de soulager ou d’accompagner, mais de provoquer délibérément la mort. Cette rupture est aussi spirituelle. Car une société qui accepte que certaines vies puissent être interrompues parce qu’elles sont jugées trop douloureuses ou trop dépendantes finit par modifier son regard sur la fragilité elle-même. Peu à peu, la personne malade peut se sentir de trop. La dépendance peut devenir une culpabilité.
La véritable question est donc la suivante : voulons-nous construire une société où la vulnérabilité appelle davantage de solidarité, ou une société où la mort devient une réponse possible à la détresse humaine ? L’Évangile nous enseigne exactement l’inverse de cette logique. Le Christ s’approche des malades, des mourants, des personnes abandonnées. Il révèle que toute vie humaine demeure infiniment digne parce qu’elle est voulue et aimée par Dieu. Toute vie est sacrée. La dignité humaine ne disparaît jamais avec la maladie, le handicap ou le grand âge. Elle demeure intacte jusqu’au dernier souffle.
Notre époque valorise l’autonomie et la maîtrise de soi. Dans une telle culture, la dépendance devient difficile à accepter parce qu’elle rappelle notre fragilité commune. Pourtant, une société humaine ne grandit pas en supprimant la vulnérabilité ; elle grandit lorsqu’elle apprend à la porter ensemble. C’est pourquoi la réponse juste à la souffrance ne peut jamais être la mort administrée. La véritable urgence est le développement des soins palliatifs, l’accompagnement des malades, le soutien aux familles, la présence humaine et spirituelle auprès de ceux qui traversent l’épreuve.
L’expérience des pays ayant légalisé l’euthanasie montre d’ailleurs que les critères s’élargissent toujours progressivement. Une fois que le principe de la mort provoquée est accepté, la frontière ne cesse de reculer. La médecine elle-même repose depuis toujours sur une promesse fondamentale : soigner, soulager, accompagner, mais ne jamais donner la mort. Brouiller cette frontière fragilise profondément la confiance entre le patient et le soignant.
Le progrès authentique ne consiste pas à rendre la mort plus accessible. Il consiste à rendre l’amour, le soin et la fraternité plus forts que l’abandon. Face à la tentation contemporaine d’effacer la fragilité, nous devons redire avec force qu’aucune vie humaine n’est indigne d’être vécue, accompagnée et aimée. Parce qu’une société véritablement humaine ne se construit jamais sur l’organisation de la mort, mais sur la fidélité à la vie.
La solitude de l’homme
D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:
87e anniversaire de l’Aktion T4
De Roland HUREAUX, Agrégé d’histoire, pour le Salon beige:
C’est par beau printemps comme celui que nous connaissons, qu’Hitler a conçu en 1939 l’Opération dite Aktion T4, un vaste plan d’euthanasie des handicapés physiques et mentaux.
La proposition de loi sur l’euthanasie dont débat aujourd’hui le Parlement français, excluait cette possibilité de s’en prendre aux plus vulnérables dont on ne saurait attendre un consentement. Elle a été rétablie par l’Assemblée. Dans le principe, si la loi est votée, une élimination des handicapés analogue à celle du IIIe Reich est désormais possible en France.
Si le début officiel de l’opération T4 est le 1er septembre 1939, au commencement de la guerre, la décision avait été prise antérieurement et son exécution préparée tout au long de l’été. L’opération, pilotée par la Chancellerie, a reçu le nom de code T 4 parce que l’administration dédiée avait été installée dans une villa confisquée à une famille juive au 4 de la Tiergartenstrasse (rue du Jardin des Plantes), une des avenues les plus huppées de Berlin.
C’est là que fut recrutée une équipe restreinte destinée à réaliser cette élimination, dirigée par Philip Bouhler, en liaison étroite avec le Dr Karl Brandt, médecin personnel du führer[1].
Dès avant son accession au pouvoir, Hitler avait ce projet en tête. Il découlait de son idéologie préconisant l’élimination des faibles et des tarés, à la fois pour améliorer la race et pour débarrasser le pays de la charge des improductifs. Il ne fallait pas trembler pour le faire car, selon lui, le monde appartenait aux forts aptes à surmonter les sentiments de pitié. Cela n’a cependant pas empêché Hitler de dire aux familles que l’opération visait à infliger « une mort miséricordieuse » (sic) à des gens plongés dans la souffrance. Entre les deux-guerres, l’idée d’une élimination des tarés, portée par la philosophie de Nietzsche[2], était déjà dans l’air du temps, non seulement en Allemagne mais aussi dans le monde anglo-saxon.
Dès 1933, les nazis avaient pris des mesures d ’ « hygiène raciale » : stérilisation obligatoire des porteurs de maladies héréditaires, légalisation de l’avortement dans le cas où un de parents en serait affligé. Mais pour des raisons politiques, Hitler préféra attendre la guerre pour aller plus loin tout en préparant les esprits par une propagande insistant sur le coût social des handicapés. A partir de 1938, la même propagande prétendit que des parents de handicapés de plus en plus nombreux écrivaient pour demander leur élimination. Comme aujourd’hui, on entend encore des « témoins » déclarant avec le maximum de pathos souffrir de ne pas pouvoir mettre fin aux jours d’un parent qui souffre.
Dans le plus grand secret
La difficulté à surmonter était la résistance prévisible des familles et des Eglises. Tout se fit donc dans le secret. Si l’opération débuta avec la guerre de Pologne, c’est que le régime espérait que le bruit médiatique lié à la déclaration de guerre la couvrirait.
On commença par les enfants : dès le 18 aout, une circulaire imposa au médecins et sage-femmes de déclarer ceux qui naissaient handicapés. Les parents étaient informés de leur transfert dans des unités dispensant des soins spécialisés ; ils devaient signer une autorisation. L’opération fut très vite étendue aux adultes : furent particulièrement visés les psychopathes, les alcooliques, les infirmes, les faibles d’esprit, les incurables. L’inaptitude au travail était le critère déterminant.
L’opération se fit hors des hôpitaux psychiatriques, dans six centres spécialisés, dont des châteaux isolés, répartis sur tout le territoire. Les malades y étaient amenés dans des autobus gris aux vitres opaques de la société d’Etat Gekrat. Ignorant leur destination, les familles recevaient plus tard un faire-part de décès pour cause d’épidémie et quelquefois une urne funéraire.
La majorité du corps médical était au courant comme l’a montré le procès des médecins qui s’est tenu à Nuremberg en 1948. Après avoir essayé les piqures de morphine ou scopolamine, l’administration du T4 jugea plus expéditif le recours au monoxyde de carbone, suivi d’une crémation.
On estime que, pendant les deux années (août 1939-août 1941) où elle se déroula, l’opération fit environ 75 000 victimes. Mais l’élimination des malades mentaux ou enfants handicapés se poursuivit hors de l’opération T4, dépassant au total les 100 000 victimes.
Le secret presque absolu dans lequel elle fut menée fit que les réactions furent lentes. D’autant qu’en régime totalitaire, les familles sont isolées les unes des autres et sous surveillance policière. Quand la chose filtra, des pasteurs protestants et de prêtres catholiques écrivirent à la Chancellerie. La protestation la plus spectaculaire fut celle de Mgr Clemens-August von Galen, évêque de Munster qui, à l’été 1941, saisit la justice et interpella avec véhémence le gouvernement du haut de sa chaire. Que l’opération ait cessé peu après est-il l’effet de cette interpellation ou cette phase de l’opération était-elle terminée ? Toujours est-il que l’évêque fit mis au secret et plusieurs de ses prêtres déportés.
Une autre raison de mettre fin à l’opération, était qu’à l’automne 1941, après l’invasion de la Russie, commençait l’élimination des juifs, d’abord par balle dans les terres occupées de l’Union soviétique puis, de manière plus « scientifique », dans des camps. L’Aktion T4 aura servi en quelque sorte à tester cette méthode de massacre de masse, prévu lui aussi depuis longtemps. Le personnel qui avait été recruté pour éliminer les malades mentaux fut en partie transféré dans les camps d’extermination.
[1] Condamné à mort à Nuremberg , Bouler s’est suicidé en prison.
[2] Le philosophe a à plusieurs reprises recommandé l’élimination des tarés.
Prière pour le respect de la vie et de l’objection de conscience
Des religieuses amies (et directement concernées par la question de l’objection de conscience à l’euthanasie) nous prient de signaler ce triduum de prières pour le respect de la vie et de l’objection de conscience, à l’occasion de la deuxième lecture du texte sur l’euthanasie au sénat:





