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La supposée agence de presse AFP ferait du journalisme

Lu sur une dépêche de l’AFP, reprise par l’ensemble de la presse française :

Euthanasie : comment agir après le rejet du texte par le Sénat ?

Trois scénarios se profilent suite au rejet par le Sénat du texte sur l’euthanasie :

    1. La commission mixte paritaire (CMP). Le gouvernement peut convoquer 7 députés et 7 sénateurs pour tenter un texte commun. En cas d’échec — très probable vu l’écart entre les chambres, il peut donner le dernier mot à l’Assemblée nationale, plus favorable au texte. Ce serait passer outre le rejet du Sénat.
    2. La poursuite de la navette. Une troisième lecture dans chaque chambre pour arriver à un texte commun. Très peu probable : aucun consensus ne se dessine.
    3. La voie référendaire. Le sénateur Francis Szpiner (LR) a déposé une proposition référendaire qui a largement dépassé le seuil des 185 soutiens parlementaires nécessaires. Si elle prospère (le conseil constitutionnel doit la valider, cela peut prendre un mois), les Français trancheraient directement.

Comment agir : écrivez au Premier ministre

C’est le Premier ministre qui détient la clé. Le président de la République s’était engagé en avril 2023 à une « co-construction transpartisane » sur ce sujet. Tenir cet engagement, c’est respecter le vote du Sénat et ne pas convoquer de CMP, cette procédure qui permettrait d’imposer la légalisation malgré le rejet du Sénat.

C’est pourquoi chacun d’entre vous, citoyens attachés à la dignité de la fin de vie, est invité à écrire au Premier ministre pour lui demander de respecter le vote du Sénat :
M. le premier Ministre, ne passez pas en force sur la mort administrée, ne décidez PAS de CMP. 

Le gouvernement a mis en place un formulaire en ligne. En 2 minutes, votre message est envoyé.

➡️ Écrire au Premier ministre

Un message compte. Mille messages pèsent. C’est maintenant que cela se joue.

L’euthanasie, ou la fin de l’amour fragile

Car l’amour véritable commence précisément là où cesse l’utilité.

La loi sur l’« aide à mourir » est présentée comme une conquête de l’autonomie. Mais une civilisation révèle toujours sa vérité profonde dans la manière dont elle traite ceux qui deviennent dépendants.

La question n’est donc pas seulement juridique. Elle est anthropologique, presque spirituelle : que devient une société lorsque la fragilité cesse d’être une réalité à accompagner pour devenir une condition dont il faudrait sortir ?

La souffrance réelle et le mirage de la solution technique.
Il faut partir de la souffrance réelle.
Celle des personnes en fin de vie, épuisées par la douleur, l’angoisse, la solitude ou l’effondrement progressif du corps. Nier cette réalité serait indécent. La force du projet de loi sur l’« aide à mourir » réside précisément là : dans des situations humaines bouleversantes auxquelles aucune conscience honnête ne peut rester insensible.
Mais parce que ces situations sont tragiques, elles exigent davantage qu’une réponse émotionnelle. Elles appellent une réflexion lucide sur ce que cette loi introduit dans le lien social et dans notre manière collective de regarder la vulnérabilité.

Car une question demeure : protège-t-elle réellement les plus fragiles, ou ouvre-t-elle une logique que nul ne maîtrisera pleinement ?

Notre époque répond spontanément à la souffrance par la technique. Lorsqu’une limite devient insupportable, nous cherchons à la supprimer. Cette logique a produit des progrès immenses. Mais appliquée à la fin de vie, elle porte une ambiguïté redoutable : la solution proposée au malheur risque alors d’être la disparition même du sujet qui souffre.

L’autonomie à l’épreuve du réel
L’argument central des défenseurs de la loi est celui de l’autonomie : chacun devrait pouvoir décider de sa propre fin.
Cet argument est moralement sérieux. Mais il ne vaut que dans les conditions concrètes de son exercice.
Or l’autonomie n’existe jamais dans l’abstrait. Elle s’inscrit toujours dans un contexte psychologique, familial, économique et culturel qui façonne silencieusement les choix. Consent-on toujours à mourir pour mourir ? Ou parfois pour ne plus dépendre, ne plus coûter, ne plus avoir le sentiment d’être une charge ?

Nous avons tous entendu cette phrase :
« Je ne veux pas être un poids. »
Rien, dans ces mots, ne relève d’une contrainte explicite. Pourtant, ils révèlent quelque chose de profond : dans une société où la valeur d’un individu tend à être liée à sa performance, à sa maîtrise de lui-même et à son autonomie, la vulnérabilité finit peu à peu par apparaître comme une déchéance.

C’est ici que le problème devient civilisationnel.

Car dès lors que la mort devient une option médicale légale, elle cesse d’être un droit abstrait : elle entre dans l’horizon psychologique du patient. Ce qui était présenté comme une liberté peut alors devenir, silencieusement, une attente. L’attente de ne pas prolonger « inutilement » sa dépendance.
Et dans ce glissement presque imperceptible, c’est l’autonomie elle-même qui se fragilise.

Le risque de la normalisation
Cette inquiétude n’est pas théorique. Dans plusieurs pays ayant légalisé l’euthanasie, le cadre initialement présenté comme exceptionnel s’est progressivement élargi. Non nécessairement par cynisme, mais parce qu’une logique culturelle finit toujours par déployer ses conséquences.

Une société qui considère qu’il peut exister des vies dont la continuation apparaît médicalement ou humainement moins souhaitable modifie inévitablement le regard porté sur la dépendance.
C’est pourquoi de nombreuses associations de personnes handicapées expriment leur inquiétude.

Le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU a lui-même formulé de sérieuses réserves : les critères d’« affection grave et incurable » ou de « souffrance insupportable » concernent aussi des millions de personnes vivant avec un handicap ou une maladie chronique.
Ont-elles été réellement entendues ?

Le danger n’est pas seulement juridique. Il est symbolique. Car toute loi éduque silencieusement une société. Elle dit ce que nous considérons comme digne d’être vécu, accompagné, protégé — ou non.

Le lien qui nous oblige
La vulnérabilité n’est pas un accident marginal de l’existence. Elle en constitue la trame même.
Nous naissons dépendants. Nous vieillissons en le redevenant. Et entre les deux, notre existence entière repose sur des formes invisibles de fragilité, de confiance et d’interdépendance.
Mais notre civilisation contemporaine supporte de moins en moins cette réalité. Elle célèbre la maîtrise, l’efficacité, l’optimisation permanente de soi. Le corps performant devient un idéal ; le corps dépendant, une anomalie.

Dès lors, la même société qui cherche à repousser indéfiniment les limites biologiques lorsque le corps est puissant tend logiquement à vouloir abréger la dépendance lorsqu’elle devient irréversible.
Dans les deux cas, c’est la même angoisse qui se manifeste : celle de ce qui échappe à la maîtrise.

Or aimer quelqu’un, ce n’est pas seulement admirer sa force, son autonomie ou sa réussite. C’est reconnaître que l’autre garde une valeur pleine lorsqu’il devient fragile, vulnérable, dépendant — parfois même silencieux.
La fragilité n’est pas l’ennemi de l’amour.
Elle en est peut-être la condition la plus profonde.
Car l’amour véritable commence précisément là où cesse l’utilité.
Une société qui ne supporte plus la vulnérabilité risque alors de ne plus savoir aimer autre chose que la performance.

Un choix de civilisation
Le véritable progrès humain ne consiste peut-être pas à supprimer toute dépendance, mais à apprendre à habiter nos limites sans perdre notre dignité.
Cela suppose un engagement massif pour les soins palliatifs, domaine dans lequel la France demeure profondément insuffisante. Le Comité consultatif national d’éthique, le Conseil d’État et le Sénat ont tous rappelé qu’aucune réflexion sérieuse sur l’euthanasie ne pouvait faire l’économie d’un accès universel préalable aux soins palliatifs.
Ce préalable n’est toujours pas honoré.

Introduire l’acte de donner la mort dans la relation de soin transforme aussi profondément ce que signifie « prendre soin ». Car soigner, historiquement, consiste à demeurer auprès de celui qui souffre, non à faire disparaître celui qui souffre pour faire disparaître la souffrance.

La question qui nous est posée dépasse donc largement la fin de vie.

Quelle civilisation voulons-nous devenir ?
Une civilisation où la valeur humaine dépend de la maîtrise de soi jusque dans la manière de mourir ?
Ou une civilisation capable de reconnaître une dignité jusque dans la vulnérabilité extrême, et de s’organiser pour que personne n’ait jamais à demander la mort parce qu’il se sent devenu un fardeau ?

Note personnelle
Comme catholique, ma conviction est que la dignité humaine ne disparaît jamais avec la perte d’autonomie, et que la dépendance peut devenir un lieu de présence, de relation et parfois même de vérité sur l’amour.
Cette conviction n’est pas le fondement de cet argumentaire. Elle en constitue simplement l’horizon personnel.
Les questions posées ici s’adressent à tous, quelle que soit leur vision de la transcendance.

illustration: Chaïm Soutine Peinture, 1924

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Le voyage du pape en France est confirmé

C’est annoncé dans le bulletin du jour du Saint-Siège :

Répondant à l’invitation du Chef de l’État et des Autorités ecclésiastiques du pays, ainsi qu’à celle du Directeur général de l’UNESCO, le Saint-Père Léon XIV effectuera un voyage apostolique en France du 25 au 28 septembre 2026 où il visitera le siège de ladite Organisation.

La FSSPX développe explicitement une ecclésiologie de suppléance étrangère à la Tradition catholique

Après avoir été membre de la Fraternité Saint-Pie-X jusqu’aux sacres de juin 1988, l’abbé Albert Jacquemin a rejoint le diocèse de Paris. Docteur en histoire du droit et en droit canonique, il est maître de conférences à la faculté de droit canonique de l’Institut catholique de Paris et préside depuis 2022 le Tribunal pénal canonique  national de la Conférence des évêques de France. Il vient de publier Le Choix de la rupture. Mgr Lefebvre, Rome, les sacres, 1974-2026. Ayant vécu de près les sacres de 1988, l’auteur apporte sa contribution sur la sacres à venir. Selon lui, on a souvent interprété ces sacres comme la conséquence immédiate de l’échec des négociations entre la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X et Rome. C’est voir trop court :  l’événement s’inscrit en réalité dans un processus plus ancien, engagé dès les années 1970 et marqué par une critique de plus en  plus radicale du concile Vatican II. En retraçant l’itinéraire doctrinal et ecclésiologique de Mgr Lefebvre, Albert Jacquemin montre que les sacres de 1988 ne relèvent pas d’une simple dissidence disciplinaire ou liturgique, mais touchent à des questions plus fondamentales : la nature de la Tradition, l’autorité du magistère vivant et les conditions de la communion hiérarchique dans l’Église.

Alors que de nouvelles consécrations épiscopales sont envisagées en 2026, cet ouvrage apporte un éclairage décisif sur une crise qui soulève plusieurs questions ecclésiologiques essentielles. Nous l’avons interrogé :

La FSSPX justifie les sacres de nouveaux évêques par l’état de nécessité dans lequel se trouve l’Eglise. Qu’en pensez-vous ? Un état de nécessité permet-il de consacrer de nouveaux évêques contre l’autorisation du pape ?

Dans l’Église, si l« état de nécessité » existe, il ne peut jamais être invoqué contre la volonté explicite du pape. Le droit canonique reconnaît ce principe, notamment lorsqu’il s’agit d’assurer le salut des fidèles dans des circonstances extraordinaires : guerres, persécutions, dangers de mort, impossibilité durable d’accès aux sacrements ou empêchement temporaire d’atteindre l’autorité ecclésiastique. Mais l’état de nécessité exige des conditions particulières. Le danger invoqué doit menacer un bien essentiel de l’Église : il doit être grave, objectif, actuel ou imminent. Surtout, aucune autre solution légitime ne doit être possible. Enfin, les moyens employés doivent demeurer proportionnés au danger et compatibles avec la constitution hiérarchique de l’Église. L’état de nécessité n’est donc pas un droit d’exception permettant de suspendre unilatéralement l’obéissance à l’Église.

En outre, l’état de nécessité ne peut pas être proclamé par un groupe particulier qui entend s’en prévaloir. Dans l’Église catholique, l’appréciation ultime d’une telle situation appartient toujours à l’autorité compétente, spécialement au Saint-Siège, lorsqu’est en cause un acte touchant à la structureecclésiale.

La Fraternité sacerdotale Saint-PieX (FSSPX) invoqua cet état de nécessité pour justifier les sacres épiscopaux de 1988. Selon elle, la crise doctrinale et liturgique consécutive au concile de Vatican II menaçait la transmission de la foi et du sacerdoce catholique. Ces sacres, selon Mgr Lefebvre, constituaient un acte exceptionnel destiné à préserver la Tradition. En pratique, ils conduisirent à l’autonomisation progressive de la Fraternité vis-à-vis de l’autorité romaine.

Or, déjà en 1988cet argument était privé de fondement par le fait que le Saint-Siège avait accepté le principe de la consécration d’un évêque issu de la Fraternité. Il fut d’ailleurs convenu que cet évêque serait consacré le 15 août 1988. Rome offrait ainsi une solution canonique permettant d’assurer la continuité de l’œuvre de Mgr Lefebvre sans rupture avec la communion ecclésiale. La condition essentielle d’absence d’autre solution légitime n’était donc pas remplie. La décision de Mgr Lefebvre ne répondait à aucun des critères de l’état de nécessité. C’est pourquoi Jean-Paul II, dans le motu proprio Ecclesia Deiqualifia ces consécrations d’« acte schismatique ».

Aujourd’hui, l’argumentation de la FSSPX s’est encore durcie. Elle affirme désormais que les moyens ordinaires de sanctification auraient pratiquement disparu de l’Église catholique et que la Tradition ne subsisterait plus réellement que dans la Fraternité. Mais outre qu’il n’appartient pas à une société sacerdotale particulière de poser un tel diagnostic sur l’état de l’Église universelle, cette affirmation contredit directement la doctrine catholique de l’indéfectibilité de l’Église. Soutenir que l’Église hiérarchique aurait substantiellement cessé d’assurer la transmission ordinaire de la foi, des sacrements et de la grâce revient à nier pratiquement que le Christ demeure présent et agissant dans son Église.

Nous touchons ici au cœur de la question : la FSSPX développe explicitement une ecclésiologie de suppléance étrangère à la Tradition catholique. Elle considère avoir reçu la mission – sans désigner de quelle autorité – de suppléer aux prétendues défaillances de l’Église elle-même. La reconnaissance du pape n’est plus que théorique, puisque l’autorité réelle est transférée de fait à la « juridiction »parallèle de la Fraternité qui décide elle-même où se trouve la Tradition authentique et quand l’obéissance au Saint-Siège peut être suspendue.

Le schisme, rappelons-le, outre qu’il constitue une grave offense à Dieu, ne consiste pas à nier l’autorité du Pontife romain mais, concrètement, à refuser obstinément de s’y soumettre. En pratique, cela aboutit, en dépit de toutes les protestations de fidélité au successeur de Pierre, à constituer une structure et une vie ecclésiale autonomes en dehors de la communion hiérarchique. C’est la raison pour laquelle les sacres de 1988 furent qualifiés d’acte schismatique. L’ordination d’évêques contre la volonté explicite du pape porte gravement atteinte à l’unité visible de l’Église dans un domaine touchant directement sa constitution divine.

C’est pourquoi de nouveaux sacres épiscopaux sans mandat pontifical, le 1er juillet 2026, ne constitueraient pas une simple répétition de ceux de 1988, mais une aggravation considérable. En 1988, Mgr Lefebvre prétendit poser un acte exceptionnel lié à une situation transitoire. Près de quarante ans plus tard, la répétition du même geste manifesterait l’installation permanente de la Fraternité dans une logique de séparation. Après des décennies de refus persistant de régularisation canonique et d’autonomisation progressive, de nouveaux sacres afficheraient la volonté de perpétuer une succession épiscopale indépendante de l’autorité romaine. 

Ces sacres, s’ils sont célébrés, ne seront plus seulement un acte schismatique isolé, mais désormais, en raison même de leur réitération, l’aboutissement d’un schisme consommé dans les faits, même si ce terme continue d’être rejeté par ceux qui le provoquent.

 

L’accueil large et généreux demandé en 1988 par Jean-Paul II, puis le rappel par Benoît XVI que la forme extraordinaire n’avait jamais été abolie, ont été remis en cause par Traditionis custodes. Les autorités romaines ne portent-elles une part de responsabilité dans cette situation de blocage ? 

Le véritable enjeu des sacres envisagés par la FSSPX n’est pas liturgique mais ecclésiologique. La question de la célébration de la messe tridentine ne peut plus sérieusement être invoquée, comme en 1988, puisque cette liturgie continue d’être célébrée dans l’Église catholique, y compris en dehors de la Fraternité, par des instituts en communion avec Rome et même, malgré les restrictions récentes – qui peuvent toujours être assouplies –, dans de nombreux diocèses du monde.

C’est pourquoi le véritable point de fracture, entre la FSSPX et le Saint-Siège, ne porte pas sur la célébration de l’ancienne liturgie, mais sur l’autorité doctrinale du concile de Vatican II, sur l’interprétation de la Tradition et, finalement, sur la nature même de l’autorité dans l’Église.

En 1988, Mgr Lefebvre soutenait qu’il fallait garantir la survie du sacerdoce et du rite tridentin. Aujourd’hui, cette argumentation a perdu sa pertinence. La liturgie tridentine existe toujours dans l’Église ; des prêtres, des séminaires et des communautés reconnues par Rome en assurent la transmission. Dès lors, si la FSSPX envisage de nouveaux sacres, c’est moins pour préserver un rite liturgique que pour perpétuer une position doctrinale et ecclésiologique.

L’on affirme parfois que si Mgr Lefebvre n’avait pas procédé aux sacres de 1988, les instituts traditionnels, aujourd’hui en communion avec Rome, n’auraient jamais vu le jour. Il est possible de répondre que si le Saint-Siège manifesta longtemps de fortes réticences à l’égard de la messe tridentine, c’était précisément parce que Mgr Lefebvre avait associé la défense de cette liturgie à une contestation doctrinale du Concile et de l’autorité romaine. La question liturgique apparaissait alors inséparable d’une opposition ecclésiologique à l’autorité romaine.

Mais surtout, ces instituts célébrant aujourd’hui la liturgie traditionnelle dans l’Église bénéficient des dispositions que le Saint-Siège avait accordées à la Fraternité dans le protocole d’accord du 5 mai 1988, que Mgr Lefebvre finit par refuser. En d’autres mots, les conditions permettant la célébration de la messe de Saint-Pie-V dans la communion ecclésiale existaient déjà avant les sacres. Ceux-ci ne furent donc pas la condition nécessaire à la survie de la liturgie tridentine dans l’Église.

La question de fond, aujourd’hui, est beaucoup plus grave. Car la raison sous-jacente à de nouveaux sacres est la suivante : la Fraternité considère qu’elle doit assurer elle-même, indépendamment du jugement du Saint-Siège, la continuité authentique de la Tradition catholique. Autrement dit, elle s’attribue de fait une fonction normative supérieure au magistère de l’Église. La question n’est donc plus celle d’une forme liturgique insuffisamment accueillie, mais celle d’une autorité doctrinale parallèle.

Peut-être les restrictions introduites par Traditionis custodes ont-elles nourri chez les fidèles attachés à l’ancienne liturgie un sentiment d’incompréhension ou d’injustice. Mais elles ne suffisent pas à expliquer, ni surtout à justifier, des sacres épiscopaux sans mandat pontifical. Ceux-ci répondent à la logique d’une constitution permanente d’une succession épiscopale destinée à garantir, contre la prétendue « Rome néo-moderniste », ce que la FSSPX estime être la « vraie Tradition ». Cette prétention fait apparaître les futurs sacres non comme un simple conflit disciplinaire, mais comme l’aboutissement d’une logique de séparation doctrinale et hiérarchique, objectivement schismatique.

 

Pensez-vous que l’excommunication puisse être formalisée alors que, dans le même temps, il semble qu’il n’y ait aucune sanction à l’encontre des évêques allemands ni des membres du groupe synodal, qui justifient les unions entre personnes de même sexe ?

Le droit canonique (c. 1387) attache une peine d’excommunication latae sententiae (automatique), réservée au Saint-Siège, au fait même de l’ordination épiscopale réalisée sans mandat pontifical. Cette disposition vise à exprimer l’extrême gravité d’un tel acte, parce qu’il touche directement à la constitution hiérarchique de l’Église et à son unité visible. Un évêque agissant dans ces conditions se place lui-même hors de la communion ecclésiale. Le Saint-Siège, au terme de la célébration, ne fait donc que constater et déclarer une peine déjà encourue par le fait même de l’acte accompli.

Le 13 mai 2026, le préfet du dicastère pour la doctrine de la foi, se fondant sur le motu proprio Ecclesia Dei de Jean-Paul II, en 1988, ainsi que sur la Note explicative du Conseil pontifical pour les textes législatifs, en 1996, a rappelé quelle serait la situation canonique de ceux qui perpétreraient à nouveau un tel acte schismatique.

La comparaison avec la situation de certains évêques allemands engagés dans le « chemin synodal » appelle des distinctions, car les actes en cause ne sont pas de même nature. Dans le cas de sacres épiscopaux sans mandat pontifical, le droit prévoit explicitement une peine automatique déterminée par avance. Le délit canonique est objectivement constitué par l’acte lui-même. Une consécration épiscopale sans mandat pontifical constitue immédiatement un acte public de rupture dans l’ordre de la communion hiérarchique. Elle touche immédiatement à l’exercice du primat pontifical et à la structure apostolique de l’Église.

La situation des évêques allemands est différente. Certaines de leurs prises de position constituent assurément des contestations graves de la doctrine catholique sur la morale sexuelle, l’autorité ecclésiale et la nature même de l’Église. Rome l’a rappelé à plusieurs reprises. Mais il ne s’agit pas ici d’un acte canonique unique auquel le droit attacherait automatiquement une excommunication latae sententiae. Avec les évêques allemands, nous sommes confrontés à de graves erreurs doctrinales, des contestations ecclésiologiques ou des désobéissances susceptibles, à terme, de conduire à des sanctions, mais selon des procédures différentes.

Il est donc inexact de présenter la situation comme si Rome appliquait arbitrairement deux poids deux mesures à des réalités identiques. Les délits canoniques ne sont pas les mêmes et les mécanismes juridiques non plus. Dans un cas, le droit prévoit explicitement une peine automatique ; dans l’autre, l’autorité ecclésiastique doit établir progressivement la nature exacte des erreurs doctrinales ou disciplinaires, leur imputabilité et l’éventuelle obstination des intéressés.

Il faut ajouter que le Saint-Siège n’a jamais exclu le recours à des sanctions canoniques contre certains responsables allemands si ceux-ci persistaient dans des positions incompatibles avec la doctrine catholique ou engageaient concrètement l’Église d’Allemagne dans une voie contraire à la communion ecclésiale. Plusieurs interventions romaines récentes ont précisément cherché à empêcher qu’un processus synodal national ne prétende se constituer en autorité doctrinale autonome face au magistère universel de l’Église.

Dans les deux cas, la question fondamentale demeure celle de l’unité de l’Église et de la communion avec le successeur de Pierre. Mais les formes de rupture, leur nature canonique et les conséquences juridiques qui en découlent ne sont pas identiques.

Le choix de la rupture

 

À propos de la déclaration récente du cardinal Fernandez (13 mai) par l’abbé Gleize de la FSSPX

Source : https://fsspx.news/fr/news/propos-la-declaration-recente-du-cardinal-fernandez-13-mai-2026-59127

L’abbé Gleize, porte-parole officiel de la FSSPX, souligne dans une déclaration que la FSSPX s’assoit sur la déclaration du cardinal Fernandez, Préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi, lequel souligne pourtant que les ordinations épiscopales annoncées, sans mandat pontifical, constitueront « un acte schismatique » (Jean-Paul II, Ecclesia Dei, n° 3) et « l’adhésion formelle au schisme constitue une grave offense à Dieu et entraîne l’excommunication prévue par le droit de l’Église » (ibid., 5c ; cf. Conseil pontifical pour les textes législatifs, Note explicative, 24 août 1996) :

Plus fondamentalement encore, et comme ne cesse de le répéter Don Davide Pagliarani, à la suite de Mgr Lefebvre, la Fraternité cherche le bien de l’Eglise, qui est le bien des âmes. Et c’est pour cela qu’elle ne tient pas compte de cette mise en application de la loi ecclésiastique qui voudrait lui imputer un délit et lui infliger la peine correspondante. Pourquoi ? Tout simplement parce que la loi ecclésiastique ne peut pas être mise en application au détriment du salut des âmes. Et c’est précisément pour répondre à la nécessité grave et urgente du salut des âmes que la Fraternité envisage ces consécrations épiscopales.

La vie chrétienne victorieuse – au service du Seigneur

La Vie Chrétienne Victorieuse – Au service du Seigneur

« En recevant la Parole de Dieu, que nous vous avons fait entendre, vous l’avez reçue, non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu’elle l’est véritablement, comme la Parole de Dieu, qui agit en vous qui croyez. » 1 Thessaloniciens 2:13

La Parole de Dieu agit profondément dans le croyant. Elle opère sur la conscience, séparant progressivement du mal moral et de l’esprit du monde – ce système organisé sans Dieu et souvent en opposition à Lui. Elle fortifie également l’âme en apportant discernement, stabilité et force intérieure.

C’est pourquoi l’apôtre Paul affirme qu’elle « opère » dans ceux qui croient. Ce terme évoque une activité vivante, puissante et efficace.

Ainsi, la vie chrétienne trouve naturellement son expression dans le service – le troisième pilier. Un croyant qui marche avec Christ ne peut demeurer inactif. La grâce produit des œuvres, et l’amour pour le Seigneur se manifeste concrètement.

« Celui qui demeure en moi et en qui je demeure portera du fruit en abondance, car sans moi vous ne pouvez rien faire. » Jean 15:5

Cette parole du Seigneur Jésus est d’une richesse remarquable. « Demeurer en moi » ne signifie pas seulement croire une fois, mais vivre continuellement dans une relation de dépendance avec Lui. Cela implique la prière, l’attachement aux Écritures et une communion quotidienne.

La force de cette déclaration réside dans ces mots : « Sans moi vous ne pouvez rien faire. » Jésus ne dit pas « peu de choses », mais rien. Toute confiance dans la capacité humaine ou dans une religion sans vie est ainsi mise de côté.

Le service pour le Maître ne procède donc pas de l’effort humain, mais de la dépendance envers Christ. Plus la communion avec Lui est réelle, plus le fruit est abondant.

Si le croyant regarde à lui-même, il découvre rapidement sa faiblesse et son insuffisance. Même conscient d’avoir reçu un don du Seigneur et d’être appelé par Lui, il sait qu’il ne peut servir utilement par ses propres forces.

Considérons alors l’exemple de l’apôtre Paul. Le grand motif de son service était l’amour pour son Seigneur et pour les âmes. Il pouvait dire avoir été parmi les croyants « servant le Seigneur ».

Quels sont nos propres motifs dans le service ? Combien facilement nous devenons nous-mêmes le centre ! Servons-nous véritablement le Seigneur ? Travaillons-nous par amour pour Lui et pour ceux qui nous entourent ?

Nous avons tous reçu l’appel à servir le Seigneur Jésus. Jeunes ou âgés, le Seigneur désire nous employer là où Il nous a placés. Chacun devrait donc rechercher paisiblement devant Lui quelle tâche Il lui confie et à quel moment elle doit être accomplie.

Mais comment devons-nous travailler pour Lui ?

Il s’agit d’abord de reconnaître l’autorité du Seigneur Jésus sur toute notre vie, et particulièrement sur notre service :

« … afin que ceux qui ont cru en Dieu s’appliquent à pratiquer de bonnes œuvres. » Tite 3:8

Dans la vie professionnelle, un employé suit les directives de son supérieur terrestre ; à plus forte raison devons-nous obéir à notre Maître céleste. La Parole de Dieu contient des commandements, des instructions et des avertissements qui appellent notre obéissance. Mais toutes les situations ne sont pas détaillées à l’avance. D’où la nécessité d’une attitude de dépendance et de soumission.

« Quoi que vous fassiez, faites-le de cœur, comme pour le Seigneur et non pour les hommes. » Colossiens 3:23-24

Voilà ce qui doit caractériser le serviteur : un cœur engagé pour le Seigneur. Il doit vivre dans la communion avec son Maître afin de Lui plaire en toutes choses. Demandons-nous continuellement : comment puis-je Lui être agréable aujourd’hui ?

Servir le Maître… mais avec quelles ressources ? Avec quelle force ?

L’homme pense spontanément à l’effort, à l’activité et à la réussite. Pourtant, le Seigneur Jésus déclare : « Nous sommes des serviteurs inutiles ; nous avons fait ce que nous devions faire. »
Luc 17:10

Le Seigneur combat ici tout orgueil religieux. L’obéissance n’est pas un mérite, mais la réponse normale à la grâce de Dieu.

Dans le domaine spirituel, rien de véritablement utile pour Dieu ne peut provenir de nous-mêmes. Une activité sans communion avec Christ demeure vaine. Le sarment ne possède aucune vie en lui-même ; il doit demeurer attaché au Cep. Le service chrétien fructueux ne commence donc pas par l’action, mais par la communion : demeurer en Christ.

Demeurer en Lui, c’est vivre chaque jour dans une dépendance consciente, reconnaître notre incapacité et chercher auprès de Lui la direction nécessaire. Alors seulement le fruit apparaît.
Quel contraste !

D’un côté, une activité humaine sans portée éternelle : il est possible d’être très actif tout en demeurant spirituellement stérile. De l’autre, une œuvre peut-être discrète et peu remarquée des hommes, mais portant la marque de Dieu parce qu’elle procède de Lui.

Servir le Maître, ce n’est donc pas multiplier des efforts indépendants ; c’est laisser Christ agir en nous et par nous.

« Recommande à l’Éternel tes œuvres, et tes projets réussiront. » Proverbes 16:3

Servir le Seigneur est un immense privilège, mais aussi une responsabilité qui ne peut être assumée dans l’indépendance. Le principe est simple : sans Christ, rien n’a de valeur éternelle ; avec Lui, le plus petit fruit demeure éternellement. Cette vérité conduit naturellement à la question du Tribunal de Christ.

« Nous comparaîtrons tous devant le Tribunal de Christ. » Romains 14:10

« Il nous faut tous être manifestés… afin que chacun reçoive ce qu’il aura fait. » 2 Corinthiens 5:10

Il ne s’agit pas d’un jugement pour la condamnation – Christ a porté notre condamnation à la croix – mais d’une évaluation du service accompli.

« L’œuvre de chacun sera manifestée… » 1 Corinthiens 3:13

Le salut n’est pas en question, mais la récompense. Ce qui aura été fait dans la dépendance du Seigneur subsistera ; ce qui aura été accompli dans l’indépendance sera consumé. Cette perspective ne doit pas produire une crainte servile, mais une sainte lucidité. Un jour, tout sera manifesté devant le Seigneur : notre conduite, nos motifs et notre service.

Non pour décider de notre salut, mais pour révéler la réalité de notre marche. : « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi… » Éphésiens 2:8
Les œuvres suivent la foi. Ce qui aura été accompli avec Christ demeurera ; ce qui aura été fait sans Lui sera sans valeur éternelle.

« Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres que Dieu a préparées d’avance… » Éphésiens 2:10
Et si des couronnes nous sont données, ce ne sera jamais pour notre gloire, mais pour être déposées aux pieds du Seigneur.
Alors Il dira :

« C’est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton Maître. » Matthieu 25:23

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Diocèse de Milan : un “monastère” relativiste

Le diocèse de Milan a décidé de construire un monastère dans le quartier de Minde, près de l’ancien site de l’Expo. Il s’appellera le Monastère Ambrosien, mais oubliez toute atmosphère contemplative et transcendante. Le projet, présenté le 11 mai, a été conçu par l’architecte de renom Stefano Boeri et ressemble à un centre commercial surmonté d’un tremplin de saut à ski. Le futur monastère, qui accueillera une communauté permanente, probablement religieuse, s’étendra sur 2 700 mètres carrés, dont 1 100 seront consacrés à des espaces ouverts. Une église triangulaire est prévue car, pour éviter la banalité, on préfère parfois sombrer dans l’absurde. L’architecte Boeri explique que l’église aura également une vocation culturelle. En bref, une église multifonctionnelle, à l’image des centres commerciaux mentionnés précédemment. Le cloître sera lui aussi triangulaire.

Face à un investissement colossal (on ignore si le projet sera entièrement financé par le diocèse), il a été décidé de l’utiliser non pas à des fins catholiques, mais pour créer une homogénéisation religieuse. Un espace pour tous où Dieu, catholique, sera aussi musulman, juif, et un personnage de fiction pour les athées. C’est ainsi que le diocèse explique ce projet, à l’architecture futuriste mais au contenu digne d’un musée : l’objectif est de créer « un espace de spiritualité, de discussion et de réflexion, pour faire dialoguer les croyances, les cultures et les savoirs au XXIe siècle ». Et en effet, il y aura une Bibliothèque des Religions, un Cloître des Religions et un Jardin des Religions. Dans ce jardin, fidèle aux tendances écologiques les plus actuelles, chaque religion monothéiste sera représentée par une plante. On se demande bien quelles plantes les théologiens et les paysagistes ont décidé de nous imposer.

L’archevêque de Milan, Mgr Mario Delpini, explique le sens de ce projet, où

« le savoir, la recherche, le talent, les affaires, les loisirs, la nature et la vie, l’Italie et le monde se rencontrent. Au cœur de la ville de l’innovation, se pose la question du sens de tout cela, la raison de cet engagement et de cet investissement. Cette question appelle à la rencontre entre science et sagesse, entre innovation et éthique, entre technologie et humanisme, entre profit et solidarité. C’est ainsi que se dessine l’histoire de Milan : la ville vit et grandit sous l’égide de la Madonnina, car il n’y a pas de vie humaine sans transcendance. Ainsi Milan écrit son avenir : il n’y a ni coexistence, ni paix, ni bien commun sans Dieu. »

Les catholiques offrent un plateau d’argent aux athées et aux représentants d’autres religions pour catéchiser les catholiques du dimanche selon leurs croyances. Si cela se produit, ce sera une victoire pour la hiérarchie milanaise, car l’œcuménisme est désormais mort, et à sa place se dessine la tentative de construire une religion universelle – désirée seulement par des gens comme Soros et certains catholiques, certainement pas par les juifs et les musulmans – où les différences sont gommées et où tout le monde est regroupé sous le mot « Dieu », un mot désormais censé être vidé de toute identité et conçu pour être vague et englobant, séduisant ainsi tous les goûts. De même, la croix qui se dresse au bout du tremplin de saut à ski ne fait plus référence au Christ ; ce n’est plus qu’une marque ou un logo, et non plus le Logos. Un symbole qui, dans la conscience collective, exprime la paix, la solidarité, l’inclusion, le respect inconditionnel et autres stéréotypes similaires.

Le pape rappelle que la Vierge Marie a coopéré à la Rédemption d’une manière singulière

Lors de l’audience générale du mercredi 13 mai, entièrement consacrée à la très sainte vierge Marie, à l’occasion de la fête de Notre-Dame de Fatima, le Pape a souhaité rappeler l’enseignement du chapitre huit de la Constitution dogmatique Lumen Gentium (n° 52-69), présentant la Vierge comme « le modèle , […] l’ excellente membre et mère de toute la communauté ecclésiale », « icône féminine du Mystère ».

Dans son discours, le Pape présente Notre-Dame comme « la croyante par excellence » ; elle est l’exemple le plus parfait de la dynamique de la foi, notamment dans son ouverture à l’action divine et à sa volonté. Et c’est pourquoi elle est aussi le modèle « de ce à quoi toute l’Église est appelée ». Le Pape reconnaît ainsi que la Très Sainte Vierge est le modèle de l’Église. La Vierge est l’archétype de l’Église : c’est en se tournant vers elle que l’Église trouve le reflet de son propre mystère, de sa vocation authentique et essentielle à la virginité épouse et maternelle.

Pourtant, Marie transcende l’Église, étant non seulement un membre et un modèle d’excellence, mais aussi une mère, Mater Ecclesiæ , en ce qu’« elle engendre des enfants dans le Fils, aimés dans le Bien-Aimé éternel venu parmi nous », explique Léon XIV. Sans nier le rôle exemplaire de Marie pour tous les croyants, le Pape a néanmoins tenu à préciser qu’elle seule est la mère de l’Église, car elle a été appelée de toute éternité à engendrer les membres du Christ, elle qui a engendré le Christ, la Tête, en son sein.

Quand Marie a conçu et donné naissance virginalement au Christ est clair pour tous les chrétiens ; mais quand a-t-elle conçu et donné naissance aux membres du Christ ? Et comment accomplit-elle sa sollicitude maternelle envers eux ? Le Pape apporte la réponse en nous invitant à relire le passage des LG 60-62, « la place singulière réservée à la Vierge Marie dans l’œuvre de la Rédemption ». L’Église y enseigne que la Vierge Marie a coopéré à la Rédemption d’une manière singulière, étant associée à l’œuvre du Rédempteur « d’une manière absolument unique », notamment en souffrant avec lui sur le Calvaire et en devenant, de ce fait, « mère dans l’ordre de la grâce » (LG 61).

Le Pape avait déjà eu l’occasion de souligner cette participation féconde de Marie au sacrifice de la croix dans un message. À l’Assemblée plénière de la Commission biblique pontificale :

« Contemplons en particulier Notre-Dame souffrant avec Jésus au pied de la Croix : elle, en tant que Mère, endure les souffrances de son Fils sur le Calvaire et y participe d’un cœur rempli de foi, offrant ses souffrances atroces pour le bien de tous. »

Cette insistance sur l’offrande active de Marie pour le bien de tous fait écho à l’enseignement déjà explicite de LG 58 : Marie se tenait au pied de la croix, « souffrant profondément avec son Fils unique et s’associant d’un cœur maternel à son sacrifice, consentant avec amour à l’immolation de la victime qu’elle avait enfantée. » Le Pape y revient ; il prend soin de ne pas employer le titre de « co-rédemptrice » (qui, comme on le sait, a de nouveau suscité une vive controverse), mais il réaffirme la vérité de la coopération active et immédiate de Marie à la Rédemption, non pas en la réduisant à son rôle de Mère du Fils de Dieu, mais en soulignant sa dimension sacrificielle. Autrement dit, le contenu de la corédemption.

Le Pape a également rappelé, à la lumière du Concile, « que l’unique Médiateur du salut est Jésus-Christ (cf. 1 Tm 2 , 5-6) et que sa Très Sainte Mère “n’obscurcit ni ne diminue en aucune façon cette unique médiation du Christ, mais en démontre au contraire l’efficacité” (LG 60) ». LG enseigne précisément que la médiation de Marie ne dépend pas d’une « nécessité objective », comme si la médiation du Christ était insuffisante, mais d’une « disposition purement gratuite de Dieu » ; et de même, elle n’enlève rien à la médiation du Seigneur Jésus, car elle découle précisément de « la surabondance des mérites du Christ ».

Cette Audience Générale semble rectifier l’objectif de Mater populi fidelis sur plusieurs points, ramenant au moins l’enseignement du Magistère au sein des textes de Vatican II, dont la Note de 2025 s’était dangereusement éloignée. Dans le document du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, la contribution active et sacrificielle de la Vierge Marie à la Rédemption était passée sous silence. Le pape Léon XIV le souligne à nouveau. Dans le premier document, la Vierge Marie était « anéantie » sur le plan ecclésiotypique, en tant que membre de l’Église et modèle de foi et de docilité. Ici, Léon XIV rétablit son rôle unique en coopération avec la Rédemption, ce qui fait d’elle, à juste titre, la Mère de l’Église et la véritable mère spirituelle des âmes. Dans le second document, on perçoit, à chaque paragraphe, le souci d’exorciser une prétendue rivalité entre la Vierge et le Christ, ce qui a conduit à dissoudre le contenu authentique de la médiation mariale. Ici, le pape rappelle sereinement que la médiation de Marie n’obscurcit pas celle du Christ, mais s’y fonde.

Il s’agit toutefois d’un texte court, ce qui manifeste le choix de Léon XIV de ne pas aborder de front les nombreux problèmes soulevés par Mater populi fidelis. Et pourtant, cette intervention semble timidement réaffirmer la vérité de la corédemption de Marie. Même si le Dicastère ne souhaite pas que le sujet soit abordé.

Quel calendrier pour la proposition de loi sur l’euthanasie ?

L’exécutif pourrait miser sur la session extraordinaire de juillet – qui devrait a priori s’étendre sur deux ou trois semaines (alors que les sénateurs, qui vont entrer en campagne électorale pour leur renouvellement le 27 septembre, ne souhaitent pas siéger au-delà du 13 juillet). Mais cela suffira-t-il ?

“Avec le paquet de textes qu’on a, on ouvrirait jusqu’à mi-août qu’on n’aurait peut-être pas terminé”, ironise un cadre du camp gouvernemental.

Le gouvernement pourrait aussi décider de convoquer les seuls députés en session extraordinaire en septembre pour terminer la navette de certains textes (alors que les travaux parlementaires seront suspendus à la chambre haute pour cause d’élections sénatoriales).

Cela pourrait notamment être le cas de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir, rejetée mardi en deuxième lecture par le Sénat et qui devrait faire l’objet d’une convocation de la commission mixte paritaire (CMP) et à l’engagement d’une nouvelle lecture dans chaque chambre, suivie d’une lecture définitive par les députés. La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet s’est dite prête à siéger plus longtemps cet été si nécessaire.

L’acharnement à maintenir en vie ce texte controversé nuit à la crédibilité du gouvernement. A quand l’euthanasie de ce texte ?

“La guerre de Sécession fut une guerre de tarifs douaniers. Pas autre chose”

Frère du commandant Jacques-Yves Cousteau, Pierre-Antoine Cousteau (1906-1958) fut un journaliste prolixe et les éditions Via Romana publient un recueil de ses articles sur les Etats-Unis d’Amérique, où l’auteur séjourna plusieurs fois. Ces textes couvrent la période 1930-1958. PAC ayant vécu, à 14-15 ans, une année de scolarité à New York, une deuxième année à 23 ans, en 1928-29, parlait non pas l’anglais mais l’américain, accent et argot inclus. Il fut chargé, notamment par Je suis partout mais pas seulement (CandideL’Homme…) de reportages made in USA. C’est la première partie de ce livre : lynchage des Noirs de Scottboro, Ku Klux Klan, la prohibition, la police, Al Capone, Dillinger… Les deuxièmes restent des reportages mais prennent une tournure plus personnelle ; on le sent libre d’écrire ce qu’il pense avec son cœur : Roosevelt, Ford, la presse de Hearst, la guerre de Sécession… Les troisièmes, années 1940, sont devenus politiques. Il se passe des choses en France, en Allemagne, dans le monde. Finis les reportages, c’est le rédac-chef, le polémiste qui parle. Les quatrièmes, écrits à Clairvaux, n’ont été publiés que dans son Journal de prison, Intra Muros. Les cinquièmes sont ceux d’après sa libération, 1954-1958. Articles polémiques hebdomadaires, ainsi que quelques « interviews bidon » signées Alcide Jolivet.

Sur la guerre de Sécession, il démonte une intox qui perdure :

Lorsqu’on nous explique, à l’école, que l’esclavage fut la cause et l’enjeu de la guerre de Sécession, on se moque effrontément de nous. La guerre de Sécession fut une guerre de tarifs douaniers. Pas autre chose. Le Nord était protectionniste, le Sud libre-échangiste. Le Nord s’est rapidement industrialisé, il avait besoin pour ses produits manufacturés d’une forte protection. Le Sud, au contraire, vivait de ses exportations de coton, trouvait plus avantageux d’acheter ses machines et ses étoffes dans les pays d’Europe où il écoulait ses récoltes. Mis en demeur de subir la loi du nombre, le Sud, à plusieurs reprises, menaça de se retirer de l’Union. C’eût été pour les businessmen yankees une catastrophe : ils eussent perdu à la fois d’immenses débouchés commerciaux et l’accès à la mer par le Mississippi – The old man river – dont le contrôle est indispensable à la prospérité du Middle West. Chaque fois, un compromis plus ou moins satisfaisant permit d’ajourner provisoirement le conflit. D’année en année cependant, la querelle devint plus aigüe, la sécession plus menaçante. Or il était bien évident que les nordistes n’accepteraient jamais un divorce, qu’ils iraient jusqu’à la guerre, s’il le fallait, pour maintenir l’Union et conserver leurs clients. Seulement, une guerre pour des tarifs douaniers, ça n’est pas très avouable. Il est beaucoup plus reluisant de proclamer que l’on se bat pour la fraternité humaine, le droit, la justice, la liberté, la démocratie et la libération des esclaves. La libération des esclaves fut l’alibi des businessmen yankees.

Plus loin, l’auteur évoque le roman Autant en emporte le vent paru en 1936 :

Autant en emporte le vent, c’était, pour nous, la révision d’un vieux procès que les libéraux barbus croyaient définitivement gagné. C’était aussi la clé de l’énigme américaine. Car il y a une énigme américaine : comment expliquer qu’une jeune nation riche de tant de promesses ait si mal tourné, qu’elle soit devenue dans toutes ses manifestations si parfaitement odieuse ?

Après avoir lu Autant en emporte le vent, on comprend : avec la débâcle des sudistes, c’est la civilisation qui a disparu du Nouveau Monde, c’est la barbarie puritaine, hypocriste, démocratique et mercantile des Yankees qui a triomphé, qui s’est imposée dans les quarante-huit Etats.

Sans Lincoln, ce vieux fourbe, sans le général Grant, cet ivrogne corrompu, Roosevelt ne serait pas possible. L’abomination américaine est l conséquence inévitable de le reddition d’Appomattox.

C’est cela surtout que j’avais retenu d’Autant en emporte le vent, une revanche sur l’imbécilité prétentieuse et sordide de La Case de l’oncle Tom

La mission : une urgence pour notre société

De Philippe Darantière, président de Notre-Dame de Chrétienté :

« Toute personne a le droit d’entendre la Bonne Nouvelle de Dieu ! »

Faisant sienne cette sentence du pape Jean Paul II, à laquelle fait écho l’appel pressant de Léon XIV à entrer dans une nouvelle ère missionnaire, Notre-Dame de Chrétienté a décidé de placer cette année le pèlerinage de Chartres sous le signe de la Mission.

Plus qu’un simple thème annuel, il s’agit d’un des trois piliers qui fondent l’existence, l’identité et l’action de notre association. Elle en est même le pilier ultime adossé à la Tradition qui nous permet de recevoir et de faire passer sans l’altérer le dépôt inviolable de la Foi, mais aussi à la Chrétienté qui structure les relations sociales et politiques de sorte qu’elles permettent la promotion au quotidien du règne de Notre Seigneur en ce monde, dans les moindres actes de nos existences, pour Sa gloire et le salut des âmes.

La croissance des conversions en France, la multiplication des blogs, sites, comptes de réseaux sociaux à ce sujet, les multiples initiatives d’apostolat dans les paroisses et dans la rue traduisent chez nos contemporains une soif de Vérité qui ne peut laisser aucun chrétien indifférent. Nous accueillons dans nos églises et dans nos communautés des âmes en recherche, des “ recommençants ” , des convertis et des catéchumènes qui aspirent à découvrir et à suivre le Christ. Notre-Dame de Chrétienté et son pèlerinage de Chartres sont au coeur de ce réveil spirituel de notre pays pour lequel nous avons prié depuis 44 ans. Pour y répondre, nous devons faire preuve d’audace et renouveler notre façon d’envisager la Mission.

Aujourd’hui, il y a un devoir “ d’assistance à personne en danger ” de permettre aux âmes qui ne connaissent pas Dieu d’accéder au Salut en Jésus-Christ, « car il n’y a en ce monde aucun autre nom par lequel l’homme puisse être sauvé » (Actes des Apôtres 4, 12). Avec Saint Paul, “ la charité du Christ nous presse !” (2Co 5, 14) !

Et la première des charités est de communiquer à notre prochain le Seigneur Jésus-Christ, qui est la Voie, la Vérité et la Vie. Lui-même nous fait la grâce, par le don de la liturgie, de se manifester en plénitude, en particulier dans le Saint Sacrifice de la messe. La liturgie est un puissant moyen d’apostolat, auquel nous associons les pédagogies traditionnelles de la foi, qui exigent de nous une formation toujours plus solide et une vie de prière toujours plus généreuse.

De cette manière, au-delà des trois jours de pèlerinage, c’est bien dans le quotidien de nos vies que nous serons missionnaires : tous les chapitres, cadres et pèlerins sont invités à réfléchir dès maintenant aux voies et moyens qui leur permettront dès après la Pentecôte, mais pourquoi pas avant, de traduire en actions régulières, en chapitre ou dans leur paroisse, cet engagement missionnaire renouvelé et nourri en profondeur.

Pour offrir au plus grand nombre de pouvoir vivre cet envoi en mission, Notre-Dame de Chrétienté inaugure cette année la nouvelle « Route de Jérusalem », destinée aux pèlerins marcheurs qui ne peuvent pas ou plus parcourir les 100 km de Paris à Notre-Dame de Chartres, mais qui souhaitent cependant participer physiquement au pèlerinage. Marchant sur un itinéraire adapté, les chapitres de la Route de Jérusalem bénéficieront d’un accompagnement spirituel dédié et de chefs de chapitres spécialement préparés pour ces pèlerins à qui nous souhaitons dès maintenant la bienvenue.

Voilà la résolution qui est la nôtre, œuvrer à faire connaître et aimer JésusChrist jusqu’aux extrémités de la terre, participant à l’effort missionnaire de notre Sainte Eglise pour que partout retentisse ce cri : « à lui soient la gloire et la puissance aux siècles des siècles ! Amen. » (Apocalypse 1,6)

Philippe Darantière

Président de Notre-Dame de Chrétienté

Programme du pèlerinage 2026 :

  • Samedi 23 mai : « Les fondements de la mission » avec saint François de Sales. La charité du Christ « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile » Réponse aux objections sur la mission
    • 6h50 : Messe Adultes à St Sulpice (Paris)
    • 11h15 : Messe Familles et Enfants à Choisel
    • 19h30 : Messe Adultes (2e colonne) à Choisel
  • Dimanche 24 mai :  « La mission à l’école de l’Esprit-Saint ». Le Saint-Esprit, source de toute mission Le Saint-Esprit, lumière de vérité La prière, âme de tout apostolat
    • 12h : Messe de la Pentecôte aux Courlis célébrée par le Père Antonius Maria Mamsery. Homélie par le Révérend Père Serge-Thomas Bonino
    • 16h : Erection d’ un calvaire à Saint Prest
    • 21H15 : Salut du Saint Sacrement avec l’abbé Fabrice Loiseau et adoration toute la nuit à Gas
  • Lundi 25 mai : « Allez ! Prêchez l’Évangile » avec le Bienheureux Isidore Ngei Ko Lat. Les outils de la mission au quotidien Les outils de la mission directe
    • 14h30 : Messe de clôture célébrée par le cardinal Burke à Chartres
  • Jeudi 4 juin : 19h : Messe d’action de grâces à Ste Odile (Paris)

Quelques chiffres :

  • 330 messes célébrées en 3 jours
  • 52 000 hosties
  • 280 tentes montées et démontées chaque jour
  • Longueur colonne : 10km (Adulte) 4km (Famille) 2km (Enfant)
  • + de 10ha de bivouac par soir
  • 120 tonnes d’eau consommée
  • 420 chapitres
  • 20 000 sacs chargés et déchargés chaque jour
  • 4 500 places de trains privatisées
  • 93 bénévoles santé

Pour rejoindre les bénévoles, vous pouvez encore contacter [email protected]. Il reste de la place dans les équipes de la logistique (montage des lavabos, des tentes, transport des sacs…).

L’abandon de la doctrine du règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ rend impossible la guerre juste

Dans son numéro du 2 mai, L’Homme Nouveau consacre un dossier au rôle de l’Eglise face à la guerre. Clément Millon, docteur en histoire du droit, est notamment interrogé sur la doctrine de la guerre juste :

La doctrine classique de la guerre juste est-elle aujourd’hui abandonnée par la papauté, ou simplement reformulée de manière implicite ?

Selon saint Thomas d’Aquin, la doctrine de la guerre juste requiert trois conditions précises et cumulatives (Somme théologique, II, II, 40. 1). Pour être juste, la guerre doit être déclarée par une autorité publique reconnue ; sa cause doit en être juste ; l’intention de celui qui la mène doit être droite. Aujourd’hui, si les deux derniers aspects peuvent sembler être reconnus de manière implicite, il n’en est pas de même pour le premier. Léon XIV ne dénie pas l’existence du droit d’un État à la légitime défense, dans son message de paix du 1er janvier 2026. De même, il condamne les frappes sur les infrastructures civiles iraniennes en avril 2026. Le premier critère, quant à lui, est paradoxalement le plus difficile à appliquer : les pouvoirs en place sont reconnus en tant que tels par le pape (« Il n’est de pouvoir qui ne t’ait été donné », Jn 19, 11). Cependant, cela fait bien longtemps que l’Église peine à reconnaître dans les États, même catholiques, d’authentiques manifestations du règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Aujourd’hui, il en ressort l’idée justement exprimée par Gérard Leclerc dans France Catholique en avril 2026 : « On ne conçoit pas un pape justifiant un conflit armé. » Déjà, Pie X, dans une formule restée célèbre, répond à l’ambassadeur d’Autriche-Hongrie venu lui demander en 1914 la bénédiction de ses armées : « Le Pape bénit la paix, pas la guerre. » Aussi, l’application concrète et explicite de la doctrine de la guerre juste semble hypothétique. Au final, l’abandon de la doctrine du règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ la rend impossible. Et pourtant, elle reste dans la Tradition de l’Église et elle ne demeurera peut-être pas toujours lettre morte. Qu’adviendra-t-il si l’Église est attaquée à Rome ?

Dans ce même numéro, L’Homme nouveau publie un court extrait des Institutions du droit public ecclésiastique, vol. I, Constitution sociale et pouvoir de l’Église du grand théologien romain que fut le cardinal Ottaviani, proche collaborateur de Pie XII puis propréfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sous Paul VI :

En pratique donc il ne sera jamais permis de provoquer une guerre, pour revendiquer ses droits. Bien plus, il ne faudra pas entamer une guerre défensive, à moins que l’autorité légitime, à qui il revient de discerner, ne possède avec la certitude de la victoire, des arguments valables de la supériorité du bien qui résulterait pour le peuple d’une guerre défensive par rapport aux maux immenses qui viendront de la guerre pour ce peuple et pour le monde entier.

Autrement le gouvernement des peuples aurait la même valeur que le gouvernement de massacre universel où, comme cela fut manifeste lors de la dernière guerre, les victimes innocentes sont plus nombreuses parmi les civils que parmi les militaires.

C’est pourquoi, face à un État totalitaire ou tyrannique, on applique encore, de facto, ce principe : « Si tu veux la paix, prépare la guerre. » Mais cela ne se justifie que si la société ou la coalition de sociétés, aimant véritablement la paix, préparent une force armée seulement en vue de se défendre. C’est évidemment la même raison pour laquelle « les objections de conscience », comme système général, ne peuvent être approuvées.

L’opinion répandue parmi les hommes politiques est qu’on pourrait ouvrir la voie pour la paix « en déposant les armes ou du moins en les limitant » (disarmo, désarmement). Mais ce remède suppose que toutes les parties sont vraiment sincères et aiment la paix ; en revanche si, d’une part, il y a quelque mensonge, ruse ou désir de domination, toutes choses propres à un régime totalitaire ou à une faction tyrannique, ce moyen, loin d’être un remède, serait dangereux pour la partie qui cherche sincèrement la paix, la prospérité et la liberté du peuple. Car, cependant qu’une partie sincère se prive d’armes, son adversaire conserve des armes en secret de diverses façons, ce qui n’a rien d’impossible. Quelle sera donc pour l’avenir la voie pour résoudre les conflits internationaux ? « Il y a deux manières de se disputer, l’une par la discussion, l’autre par la violence ; la première est propre à l’homme, l’autre aux bêtes. » Il faut toujours aller vers la première, c’est-à-dire toujours envisager la paix.

Exclure de la notion de soin la provocation active de la mort

C’est une proposition de loi déposée par de nombreux sénateurs, emmenés par le sénateur LR Francis Szpiner.

Elle est composée d’un article unique :

« La provocation active de la mort d’un patient ne peut être qualifiée ni de traitement, ni de thérapeutique, ni de soin. »

Dans l’exposé des motifs, le sénateur explique :

[…] Le soin, en droit comme en éthique médicale, désigne l’ensemble des actes qui visent à préserver, à restaurer ou à soulager la vie humaine dans une perspective thérapeutique. Cette finalité n’est pas accessoire : elle est constitutive de la notion même de soin et fonde la légitimité particulière dont bénéficie la relation médicale dans notre droit. C’est parce que le médecin oeuvre pour la vie et pour le soulagement de la souffrance qu’il se voit reconnaître des droits et des devoirs spécifiques, et que la société lui accorde sa confiance.

L’euthanasie, le suicide assisté ou toute forme d’aide active à mourir ont, quant à eux, pour objet direct et délibéré de provoquer le décès du patient. Peu importe la bienveillance des intentions ou la réalité de la souffrance qui les motive : leur finalité est la mort, et non sa prévention ni son adoucissement. Cette divergence d’intention et d’objet est absolue et insurmontable. Elle interdit toute assimilation juridique de ces actes à des soins.

Le droit médical français s’est historiquement construit autour de principes cardinaux : sauvegarde de la dignité, respect de l’intégrité de la personne, non-malfaisance que consacre notamment l’article 16 du code civil, issu des lois bioéthiques. Dans ce cadre, la mort peut être acceptée, lorsque la poursuite des traitements relèverait d’une obstination déraisonnable ; elle peut être accompagnée, grâce aux soins palliatifs et à la sédation profonde et continue prévue par la loi du 2 février 2016. Mais en aucun cas, selon la tradition juridique et médicale française, elle ne peut être l’objectif recherché par le soignant.

Admettre qu’un acte létal puisse être qualifié de « soin » ou de « thérapeutique » au sens du code de la santé publique ne serait pas une évolution sémantique anodine ; ce serait altérer la finalité même de l’art médical, rompre la cohérence d’un droit de la santé tourné vers la protection de la vie, et fragiliser la relation de confiance fondamentale entre le patient et son médecin. Une telle requalification serait en outre susceptible d’exercer une pression intolérable sur les personnes les plus vulnérables, qui pourraient se sentir tenues de justifier leur désir de vivre. […]

Liban 1976 – France 2026 : 50 ans d’islamo-gauchisme

De Yann Baly président de l’AGRIF :

A l’occasion du 50e anniversaire du massacre perpétré par les milices palestiniennes dans la ville chrétienne libanaise de Damour en janvier 1976, nous avons organisé plusieurs conférences sur ce sujet, pas si éloigné qu’il n’y paraît de la réalité française actuelle.

1976 : le Liban à l’heure de l’islamo-progressisme

Depuis le début des années 1950, les Libanais, et spécialement les chrétiens, ont accueilli à bras ouverts, comme des frères, la masse immense des réfugiés palestiniens. La société libanaise, au premier rang de laquelle l’Église maronite, a tout mis en œuvre pour subvenir aux besoins des déplacés : mise à disposition de terrains, aide sociale, action scolaire, soutien financier voire politique… L’État libanais est même allé jusqu’à reconnaître le droit aux milices palestiniennes de s’armer ainsi qu’à accorder le statut d’extraterritorialité aux camps palestiniens, notamment ceux enserrant Beyrouth (ni la police, ni l’armée ne pouvaient plus y entrer). Cette générosité du peuple libanais et cette faiblesse des gouvernements ont été bien mal récompensées puisque les Palestiniens ont retourné leurs armes contre ceux qui les avaient accueillis, et leurs camps sont devenus des forteresses et des casernes d’où partaient les coups portés au Liban libre et chrétien. Les Palestiniens voulaient faire du Liban leur patrie de substitution. Pour cela, ils trouvèrent des complices dans la société libanaise : les musulmans fanatisés, des partisans du panarabisme nassérien, des collaborateurs de la grande Syrie, et aussi les partis de la gauche et de l’extrême gauche libanaises voyant dans la cause palestinienne un moyen de saper l’autorité de l’État et l’outil idéal pour faire triompher la révolution. Ce conglomérat se désignait lui-même comme le camp « islamo-progressiste ». La presse française bien-pensante se gargarisa de ce qualificatif mensonger, qui permettait de masquer la réalité de ces organisations terroristes et de ces bandes révolutionnaires qui ont plongé le Liban dans l’abîme. Il ne s’en remet toujours pas.

50 ans plus tard : la France au risque de l’islamo-gauchisme

L’histoire du drame libanais est saisissante pour un Français de 2026, tant le processus et les événements qui ont conduit à cette déchirure sont, en de nombreux points, similaires à ce que nous voyons progressivement se développer en France. Un grand nombre de nos quartiers et certaines de nos villes sont devenus des entités extraterritoriales, pas seulement des zones de non-droit mais bien souvent des zones soumises à un autre droit, à des règles coutumières qui ne sont pas les nôtres. La police, pas plus que les autres services publics, ne peuvent désormais y accéder. Ce sont les imams des mosquées salafistes et les caïds des mafias de la drogue qui y font régner un ordre bien à eux. Les armes de guerre y circulent en grand nombre. Dans le même temps, les Frères musulmans ont investi des strates importantes de la société, jusque dans les arcanes du pouvoir, à Paris comme à Bruxelles. Les administrations ne sont pas épargnées, y compris celles ayant à gérer la sécurité intérieure et l’immigration. L’islamo-progressisme s’est mué en islamo-gauchisme. On a vu le basculement progressif d’une certaine gauche et de l’extrêmegauche, notamment mélenchoniste, du côté de l’idéologie islamique. Les keffiehs palestiniens côtoient désormais les drapeaux rouges de la CGT ou de LFI dans les manifestations. Les disciples de Marx et de Lénine voient dans l’islamisme l’accélérateur de l’histoire qui va hâter la révolution et l’avènement du grand soir. L’école et l’université, les médias et la magistrature sont gangrenés par cette infection. Tandis que la violence s’installe chaque jour un peu plus dans le pays (crapuleuse, barbare, djihadiste et politique…), l’État est impuissant et les gouvernements sont tétanisés, empêtrés dans la peur, soumis à la repentance et à tous les courants de la haine anti-française. Si rien ne change rapidement, les mêmes causes produisant les mêmes effets, la France connaîtra un drame identique à celui du Liban. En 2027, y aura-t-il un candidat capable de comprendre ces enjeux et de relever ce défi existentiel ? C’est ce que nous souhaitons pour la France.

Le « régime » ou la disqualification médiatico-politique sans jugement

D’Olivier Frèrejacques dans Liberté politique :

Le « régime de Bachar al-Assad » n’existe plus. Désormais, la Syrie est aux mains des islamistes, mais ceux-ci sont appelés « les autorités de Damas » ou « le nouvel État ». Le terme « régime » n’a, en soi, rien d’infamant, mais il sert désormais à disqualifier ce qui est considéré comme un régime politique mauvais. On parlera ainsi de « régime des mollahs » ou de « régime iranien ». Le premier terme est particulièrement stupide, car il ne tient pas compte de la réalité du pouvoir dans le pays, qui repose davantage sur les Gardiens de la révolution que sur les religieux. En revanche, l’État hébreu n’est jamais qualifié de « régime de Tel Aviv », ce qui n’aurait d’ailleurs pas plus de sens que pour les cas précédents.

Qui décide des mots ?

Moscou, largement honni à l’Ouest, n’est pas non plus affublé de ce sobriquet, sauf par le chef d’état-major des armées françaises qui avait déclaré, dans une sortie très provocante et macronienne : « Si, pour dissuader le régime de Moscou, notre pays flanche parce qu’il n’est pas prêt à accepter de perdre ses enfants, nous serons face à un risque. » Qui détermine quand on parle de « régime » ou d’« État » ? Difficile à dire, sinon qu’il s’agit de grandes tendances admises, souvent de manière assez pavlovienne.

En politique intérieure, c’est la gauche qui continue de donner le « la ». Ainsi, le jeune Quentin, assassiné par des militants antifa proches de La France insoumise, est qualifié de « néo-nazi », tout comme les manifestants nationalistes du 9 mai dont le rassemblement a été interdit cette année. Quiconque s’intéresse un tant soit peu à cet espace de l’échiquier politique extraparlementaire sait qu’il s’agit d’une mouvance « nationaliste révolutionnaire ». Mais « néo-nazi » est plus vendeur et c’est surtout le terme imposé par La France insoumise, les antifas et la presse d’extrême gauche.

Les « artistes engagés », des criminels sexuels en puissance ?

Autre formule très usitée : celle d’« artiste engagé ». En réalité, un artiste n’est engagé que s’il est de gauche. Patrick Bruel, aujourd’hui accusé par des dizaines de femmes d’agressions sexuelles, a longtemps bénéficié de ce label après des années de soutien à SOS Racisme. Son compère Richard Berry a lui aussi été qualifié d’acteur engagé pour avoir milité au sein de l’association Enfance Majuscule, qui œuvre pour la protection de l’enfance. Aujourd’hui, celui qui avait appelé à faire barrage à Marine Le Pen en 2022 n’est plus qualifié d’« engagé » depuis que sa fille l’accuse de crimes d’inceste répétés.

Les mots ont un sens et doivent être remis en question dès que l’on lit un texte, particulièrement dans ces périodes de trouble politique.

La prolifération de formules aussi abominables qu’« impacter », « en responsabilité » ou « faire un bougé » sont également des marqueurs de notre époque : celle du vide des idées et d’une uniformisation abêtissante.

Costa Rica : la présidente confie son gouvernement à Dieu et à la Vierge Marie

La présidente costaricienne Laura Fernández, catholique, a commencé son mandat présidentiel en assistant à une messe au cours de laquelle elle a confié son gouvernement à Dieu et à la Vierge Marie. Laura Fernández a officiellement entamé son mandat par une messe à la Basilique de Notre-Dame des Anges, à Cartago, où elle a confié son gouvernement à la patronne nationale du pays et a remis symboliquement l’écharpe présidentielle à la Vierge.

La cérémonie a eu lieu le 8 mai, coïncidant avec le début du mandat de Fernández en tant que cinquantième chef d’État du pays centro-américain.

La nouvelle dirigeante a placé sa gestion sous la protection de Dieu et de la Vierge des Anges, connue populairement sous le nom de « La Negrita ». Lors de l’homélie, le président de la Conférence épiscopale du Costa Rica, monseigneur Javier Román, a appelé à reconstruire l’unité nationale et à travailler pour « une société plus humaine, juste et unie ». L’évêque a également souligné l’importance que la foi puisse inspirer la vie publique et politique, en particulier dans les questions liées à l’éthique, à l’honnêteté et au respect de la vie humaine.

« Quand une personne reconnaît qu’il existe une vérité supérieure à elle-même, elle comprend aussi que le pouvoir a des limites et que toute autorité doit s’exercer avec éthique, conscience et respect pour la vie ».

La cérémonie a été marquée par des références à l’unité nationale, à la réconciliation et à la nécessité de renforcer l’engagement éthique dans la vie publique.

Mgr Schneider : « L’hérésie homosexuelle infecte de plus en plus le Corps de l’Église »

Source : https://fsspx.news/fr/news/mgr-schneider-lheresie-homosexuelle-infecte-plus-plus-le-corps-leglise-59097

Dans un entretien accordé le 12 mai 2026 à la journaliste Diane Montagna, Mgr Athanasius Schneider a vigoureusement dénoncé le contenu du rapport final du Groupe d’étude n° 9 du Synode sur la synodalité, publié le 5 mai dernier par le Secrétariat général du Synode des évêques.

Consacré aux « questions doctrinales, pastorales et éthiques émergentes », ce document de trente pages a immédiatement provoqué une onde de choc dans les milieux catholiques en raison de son appel scandaleux à un « changement de paradigme » dans la manière d’aborder des vérités doctrinales et morales élémentaires.

« Une propagande d’idéologie sexuelle mondiale »

Dès le début de son entretien avec Diane Montagna, Mgr Athanasius Schneider dénonce avec une grande vigueur l’orientation générale du rapport publié par le Secrétariat du Synode des évêques.

L’évêque estime que le Vatican participe désormais à la diffusion d’une idéologie contraire à la loi naturelle et à la Révélation divine :

« En publiant le Rapport final du Groupe d’étude n° 9, le Secrétariat du Synode des évêques s’est abaissé à promouvoir la propagande d’une idéologie sexuelle mondiale qui est agressivement poussée en politique et dans les médias à travers le monde. »

L’entretien revient notamment sur le scandale provoqué par la présence, dans le rapport, du témoignage d’un homme vivant publiquement dans une relation homosexuelle et ayant reçu, avec son partenaire, une bénédiction du père James Martin, prêtre jésuite américain proche des milieux LGBT, au lendemain même de la publication de Fiducia Supplicans. Mgr Schneider déclare à ce sujet :

« Le père James Martin n’est qu’un homme de main clérical de cette idéologie anti-chrétienne et blasphématoire. »

Il poursuit :

« Les partisans de cette idéologie cherchent l’approbation morale et doctrinale de l’Église des actes et modes de vie homosexuels — c’est-à-dire des comportements contraires à la création de Dieu et à l’ordre naturel. »

Puis il accuse directement le Secrétariat du Synode de collaborer avec ces groupes de pression :

« Le Secrétariat du Synode — organe du Saint-Siège — collabore ainsi avec ses lobbyistes dans une véritable révolte contre l’œuvre de création de Dieu, contre l’ordre beau et sage des deux sexes, homme et femme. »

Fiducia Supplicans et « l’exégèse du doute »

Pour Mgr Schneider, le rapport du Groupe d’étude n° 9 constitue l’aboutissement logique d’un processus engagé depuis plusieurs années dans l’Église : « Le rapport final révèle que légitimer l’homosexualité — c’est-à-dire les actes homosexuels, les modes de vie et les relations homoérotiques — était déjà à l’ordre du jour clérical lors du premier Synode sur la famille du pape François. »

L’évêque estime que « cet ordre du jour a atteint un sommet avec la promulgation de Fiducia Supplicans par le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, sous la direction de son préfet actuel. » Mgr Schneider qualifie cette déclaration romaine de

« parodie du bon sens. Elle évoque la possibilité de bénir les couples homosexuels, non pas officiellement et liturgiquement, mais spontanément. Selon le document, l’objet de la bénédiction est le couple homosexuel, et non leur relation. Mais être un “couple” vient précisément de la relation elle-même. Fiducia Supplicans traite ainsi le monde entier comme des imbéciles. »

Il constate que « le rapport final du Groupe d’étude n° 9 va encore plus loin en proposant une possible justification doctrinale des actes homosexuels et des relations homoérotiques. » L’évêque considère que cette justification

« le fait en remettant indirectement en question la validité durable du témoignage de la Révélation divine concernant l’homosexualité dans les Saintes Écritures. »

Mgr Schneider dénonce alors ce qu’il appelle une « exégèse du doute » :

« Le rapport affirme en fait qu’“il est nécessaire d’aller au-delà d’une simple répétition de leur présentation actuelle et de prendre en compte les enseignements tirés de diverses lectures exégétiques” (2.4). Une telle exégèse usurpe effectivement la place de Dieu et prétend proclamer ce qui est bon et ce qui est mal. C’est précisément ce que le serpent a fait dans le Jardin d’Éden. »

L’évêque auxiliaire d’Astana estime également particulièrement révélateur le fait que les témoignages retenus dans le rapport soient exclusivement ceux de personnes vivant publiquement dans des unions homosexuelles, sans donner la parole à des fidèles cherchant à vivre dans la chasteté conformément à l’enseignement de l’Église.

Pour lui, « ce fait parle de lui-même », ce choix révèle clairement l’orientation du Groupe d’étude,

« cela démontre clairement qu’un organe du Saint-Siège — le Secrétariat du Synode des évêques — prend parti pour un groupe idéologique et néo-gnostique au sein de l’Église, une minorité qui contredit explicitement l’enseignement constant de l’Église et le sensus fidelium. »

Mgr Schneider estime que le but poursuivi est extrêmement grave :

« Il est clair que l’objectif est d’initier un processus pour réinterpréter et finalement abolir la validité de la révélation de Dieu — en particulier celle du Sixième Commandement. »

« Une tactique ouvrant la porte au relativisme moral total »

L’évêque reconnaît certes que le document n’a pas formellement d’autorité magistérielle, mais il estime que sa publication officielle par le Vatican lui donne une portée considérable dans l’opinion publique catholique : « Bien qu’il ne s’agisse formellement que d’un document d’un groupe d’étude et qu’il n’ait pas d’autorité magistérielle, il est néanmoins publié par le Vatican, via un organe du Saint-Siège. En conséquence, un tel document transmet au monde entier, et à la plupart des catholiques — qui ne connaissent pas la distinction théologique concernant le poids de l’autorité accordée aux documents de l’Église — que l’Église catholique, et même le Vatican, s’ouvrent désormais à la possibilité de légitimer et de normaliser les actes et modes de vie homosexuels. »

Une stratégie progressive est à l’œuvre :

« C’est une tactique claire visant à habituer progressivement les fidèles à considérer les actes homosexuels comme normaux, ou du moins à les tolérer dans des cas individuels. »

Cette évolution s’appuie souvent sur des arguments affectifs ou psychologiques :

« Principalement par l’argument sophistiqué qu’un couple homosexuel peut posséder d’autres bonnes qualités morales ou intellectuelles. Ainsi, la porte s’ouvre au relativisme moral total. »

L’évêque auxiliaire d’Astana estime que ce

« rapport final a franchi sans équivoque la ligne qui sépare l’orthodoxie de l’hérésie. Le rapport emploie l’expression séduisante de “changement de paradigme” pour miner, par une rhétorique creuse, la Révélation de Dieu sur la nature binaire des sexes, ainsi que son interdiction claire de tout acte sexuel en dehors d’un mariage valide entre un homme et une femme. »

Mgr Schneider ajoute plus loin :

« Avec une audace scandaleuse, le rapport final remplace les commandements de Dieu — en l’occurrence le commandement divin interdisant les actes sexuels en dehors du mariage — par des traditions humaines qui ouvrent de fait la porte à l’acceptation des actes et des modes de vie homosexuels. »

Un silence de Rome lourd de conséquences

À ce jour, devant un tel scandale, aucune réaction du Successeur de Pierre n’est apparue. Mgr Schneider estime pourtant qu’une intervention claire est indispensable :

« Le premier devoir du pape Léon XIV est de protéger l’Église et les âmes des fidèles contre cette doctrine gnostique éhontée, qui cherche à justifier la fornication et le vice contre nature. »

L’évêque rappelle les avertissements adressés par Notre-Seigneur aux Églises de l’Apocalypse :

« La voix du Christ, qui reprocha à l’Église de Pergame de tolérer l’hérésie sexuelle des Nicolaïtes (cf. Ap 2, 14-15) et accusa l’Église de Thyatire de permettre à Jézabel — “qui se dit prophétesse” — de répandre l’immoralité sexuelle dans l’Église (Ap 2, 20-21), s’adresse aussi aujourd’hui au pape Léon XIV. »

Mgr Schneider met également en garde contre le silence d’une partie importante de la hiérarchie :

« L’hérésie homosexuelle infecte de plus en plus le Corps de l’Église ; et si le pape, avec les cardinaux et les évêques, ne se réveille pas et, comme médecins spirituels et pasteurs responsables, n’avertit pas clairement et courageusement les fidèles afin de les protéger d’une telle contagion spirituelle, ils seront coupables par leur inaction et leur silence. »

Puis il ajoute cette parole particulièrement grave :

« Il est tout à fait possible que les générations futures, regardant notre époque, lui appliquent des paroles semblables à celles du temps de l’hérésie arienne : “Le monde entier gémit et s’étonna d’avoir aboli le Sixième Commandement de Dieu.” »

Pour Mgr Schneider, ce sont les fondements mêmes de la morale naturelle et chrétienne qui sont désormais remis en cause. Une clarification publique du Saint-Siège apparaît donc absolument nécessaire.

L’évêque déclare :

« Le rapport final, rédigé dans un style typiquement sophistique et gnostique, présente les vérités immuables, saintes et très sages de la Révélation divine comme de simples “modèles théoriques” (cf. 2.3). Dans leur rapport, l’enseignement clair, infaillible et bimillénaire de l’Église sur l’ordre de la sexualité humaine voulu et ordonné par Dieu se trouve ainsi rabaissé au rang de “modèle” lié à une époque. »

Mgr Schneider souligne les conséquences :

« Cela prive également de leur force obligatoire toute la loi morale naturelle que Dieu a inscrite dans le cœur humain, ainsi que les vérités révélées dans la Sainte Écriture et la Sainte Tradition. Les auteurs du rapport final sont ceux qui, selon les paroles de l’apôtre Jude, changent la grâce de Dieu en occasion de débauche (cf. Jude 4). »

Et il lance cet avertissement :

« Si le Saint-Siège ne condamne pas sans équivoque ce rapport final n° 9, tout le clergé et tous les fidèles encore véritablement catholiques perdront confiance en ceux qui occupent des postes au Vatican. »

Les sacres de la FSSPX et l’état de nécessité

Interrogé sur les futurs sacres épiscopaux de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, prévus le 1er juillet prochain, Mgr Schneider considère que la crise actuelle de l’Église rend plus manifeste que jamais l’état de nécessité invoqué par la Fraternité :

« La situation actuelle de l’Église ne peut être décrite que comme un véritable état de nécessité, ce que la FSSPX affirme à juste titre. Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. »

L’évêque poursuit avec une comparaison frappante :

« Quiconque, dans l’Église, nie encore aujourd’hui ce véritable état de nécessité est soit spirituellement aveuglé, soit considère que l’empereur nu est décemment vêtu — comme dans le conte d’Andersen Les Habits neufs de l’empereur —, soit se comporte comme le serviteur qui, devant le château en flammes, s’écrie : “Tout va très bien, Madame la Marquise !” »

« Affermis tes frères dans la foi »

Alors que le pape Léon XIV entre dans la deuxième année de son pontificat et que la confusion doctrinale s’aggrave toujours davantage, Mgr Schneider affirme n’avoir qu’un seul conseil à adresser au Saint-Père :

« Je ne pourrais lui offrir de paroles meilleures ni plus actuelles que celles prononcées par Notre-Seigneur à Pierre, le premier pape : “Affermis tes frères dans la foi !” (Lc 22, 32). »

L’évêque explique concrètement cette mission :

« Cela signifie évidemment apporter la clarté là où règne la confusion dans la foi, la clarté là où règne l’ambiguïté dans la foi, et la clarté là où la foi est subvertie. Le pape devrait reconnaître que l’Église, comme au IIe siècle au temps de saint Irénée, est infectée par un gnosticisme qui, tel un renard, nie avec ruse la validité et le caractère concret de la Révélation et des commandements de Dieu. »

Mgr Schneider cite alors un long passage de saint Irénée dans l’Adversus haereses, qu’il juge particulièrement actuel, notamment celui-ci : « Ces hommes rassemblent des fables de vieilles femmes, puis s’efforcent, en détachant violemment de leur contexte propre des mots, des expressions et des paraboles trouvés çà et là, d’adapter les oracles de Dieu à leurs fictions sans fondement. »1

Le courageux évêque souahite unir sa voix à « celle d’innombrables catholiques simples et pieux que je rencontre sans cesse dans divers pays, qui aiment le pape d’un amour véritablement surnaturel, mais qui, en même temps, souffrent profondément du manque d’affirmation sans ambiguïté des vérités divines émanant de Rome, alors que se répandent impunément dans la vie de l’Église des hérésies et des blasphèmes propagés par des clercs — même des évêques et des cardinaux — qui sont des loups déguisés en pasteurs. »

Il renouvelle enfin un appel solennel au pape Léon XIV :

« Très Saint-Père, écoutez la voix de tant de catholiques pieux, de simples prêtres et religieux, d’enfants et de jeunes gens qui ont été poussés à la périphérie de la vie ecclésiale par les structures synodales, et même traités avec mépris uniquement parce qu’ils demeurent attachés à la foi et à la forme de la liturgie transmises par leurs pères ; à la foi et à la liturgie chéries par les saints ; à la foi et à la liturgie embrassées et offertes par l’écrasante majorité des papes. »

Puis :

« Très Saint-Père, ne vous rangez pas principalement du côté des bureaucrates et apparatchiks de l’Église, soutenus par les puissants de ce monde, mais écoutez les petits dans l’Église et tenez-vous à leurs côtés : les fidèles et le clergé traditionnels qui s’attachent fermement à la foi transmise aux saints une fois pour toutes (Jude 3). »

Et enfin :

« Très Saint-Père, soyez pour notre époque un autre saint Léon : faites une profession de foi d’une clarté cristalline, afin d’affermir toute l’Église et de dissiper les doutes pernicieux et les ambiguïtés empoisonnées, comme le fit jadis votre prédécesseur et homonyme. Alors les fidèles de notre temps, comme à l’époque de Léon le Grand, pourront dire : “Par la bouche du pape Léon XIV, Pierre a parlé !” »

1
Adversus haereses, I, 7, 1.

Interview en anglais : https://substack.com/@dianemontagna

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Déclaration de foi catholique adressée au pape Léon XIV, par l’abbé Davide Pagliarani, Supérieur général de la FSSPX

Source : https://fsspx.news/fr/news/declaration-foi-catholique-adressee-au-pape-leon-xiv-59110

Très Saint-Père,

Depuis plus de cinquante ans, la Fraternité Saint-Pie X s’efforce d’exposer au Saint-Siège son cas de conscience face aux erreurs qui détruisent la foi et la morale catholiques. Malheureusement, toutes les discussions engagées sont demeurées sans résultat, et toutes les préoccupations exprimées n’ont reçu aucune réponse véritablement satisfaisante.

Depuis plus de cinquante ans, la seule solution réellement envisagée par le Saint-Siège semble être celle des sanctions canoniques. À notre grand regret, il nous semble que le droit canonique soit donc utilisé non pour confirmer dans la foi, mais pour en éloigner.

Par le texte qui suit, la Fraternité Saint-Pie X est heureuse de Vous exprimer filialement et sincèrement, dans les circonstances présentes, son attachement à la foi catholique, sans rien cacher, ni à Votre Sainteté, ni à l’Église universelle.

La Fraternité remet cette simple Déclaration de Foi entre Vos mains. Elle nous paraît correspondre au minimum indispensable pour pouvoir être en communion avec l’Église, nous dire véritablement catholiques et, par conséquent, Vos fils.

Nous n’avons pas d’autre désir que celui de vivre et d’être confirmés dans la foi catholique romaine.

« Ainsi, demeurant fermement enracinés et établis dans la vraie foi catholique, efforcez-vous d’être toujours de dignes ministres du sacrifice divin et de l’Église de Dieu, qui est le Corps du Christ.

Car, comme le dit l’Apôtre : “Tout ce qui ne procède pas de la foi est péché (1)”, schismatique et en dehors de l’unité de l’Église (2). »

DÉCLARATION DE FOI CATHOLIQUE

Au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Sagesse divine, Verbe incarné, qui a voulu une seule religion, qui a rendu l’Ancienne Alliance définitivement caduque, qui a fondé une seule Église, qui a triomphé de Satan, qui a vaincu le monde, qui demeure avec nous jusqu’à la fin des temps et qui reviendra juger les vivants et les morts.

Lui, Image parfaite du Père, Fils de Dieu fait homme, a été constitué unique Rédempteur et Sauveur du monde par l’Incarnation et par l’offrande volontaire du sacrifice de la Croix. Notre-Seigneur satisfait à la justice divine en versant son très précieux Sang, et c’est dans ce Sang qu’il établit la Nouvelle et Éternelle Alliance, abolissant l’Ancienne. Il est par conséquent l’unique Médiateur entre Dieu et les hommes et l’unique voie pour parvenir au Père. Seul celui qui le connaît, connaît le Père.

Par un décret divin, la très sainte Vierge Marie a été associée directement et intimement à toute l’œuvre de la Rédemption ; dès lors, nier cette association — dans les termes reçus de la Tradition — revient à altérer la notion même de Rédemption telle que la Providence divine l’a voulue.

Il n’existe qu’une seule foi et une seule Église par lesquelles nous puissions être sauvés. Hors de l’Église catholique romaine, et sans la profession de la foi qu’elle a toujours enseignée, il n’y a ni salut ni rémission des péchés.

Par conséquent, tout homme doit être membre de l’Église catholique pour sauver son âme, et il n’existe qu’un seul baptême comme moyen d’y être incorporé. Cette nécessité concerne l’humanité tout entière sans exception et inclut indistinctement chrétiens, juifs, musulmans, païens et athées.

Le mandat reçu par les Apôtres, de prêcher l’Évangile à tout homme et de convertir tout homme à la foi catholique, demeure valable jusqu’à la fin des temps et répond à la nécessité la plus absolue et la plus impérieuse qui soit au monde. « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui ne croira pas sera condamné (3). » Dès lors, renoncer à accomplir ce mandat constitue le plus grave des crimes contre l’humanité.

L’Église romaine est la seule à posséder simultanément les quatre notes qui caractérisent l’Église fondée par Jésus-Christ : l’Unité, la Sainteté, la Catholicité et l’Apostolicité.

Son unité découle essentiellement de l’adhésion de tous ses membres à l’unique vraie foi, fidèlement conservée, enseignée et transmise par la hiérarchie catholique au cours des siècles.

La négation d’une seule vérité de foi détruit la foi elle-même et rend radicalement impossible toute communion avec l’Église catholique.

L’unique voie possible pour rétablir l’unité entre des chrétiens de confessions différentes consiste dans l’appel pressant et charitable adressé aux non-catholiques à professer l’unique vraie foi au sein de l’unique vraie Église.

En aucune manière l’Église catholique ne peut être considérée ou traitée sur un pied d’égalité avec un faux culte ou une fausse Église.

Le Pontife romain, Vicaire du Christ, est le seul sujet détenteur de l’autorité suprême sur toute l’Église. C’est lui seul qui confère directement aux autres membres de la hiérarchie catholique la juridiction sur les âmes.

« Le Saint Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu’ils fassent connaître, sous sa révélation, une doctrine nouvelle, mais pour qu’avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi (4). »

À une foi unique correspond un culte unique, expression suprême, authentique et parfaite de cette même foi.

La sainte Messe est la perpétuation dans le temps du sacrifice de la Croix, offert pour beaucoup et renouvelé sur l’autel. Bien qu’offert de manière non sanglante, le saint sacrifice de la Messe est essentiellement expiatoire et propitiatoire. Aucun autre culte ne procure l’adoration parfaite. Aucun autre culte qui ne soit pas en relation avec lui n’est agréable à Dieu. Aucun autre moyen n’est suffisant pour la sanctification des âmes.

Par conséquent, le saint sacrifice de la Messe ne peut en aucune manière être réduit à une simple commémoration, à un repas spirituel, à une assemblée sacrée célébrée par le peuple, à la célébration du mystère pascal sans sacrifice, sans satisfaction de la justice divine, sans expiation des péchés, sans propitiation et sans Croix.

L’aide apportée aux âmes par les sacrements de l’Église catholique est suffisante en toute circonstance et à toute époque pour permettre aux fidèles de vivre en état de grâce.

La loi morale contenue dans le Décalogue et perfectionnée dans le Sermon sur la montagne est la seule praticable pour obtenir le salut des âmes. Tout autre code moral — par exemple fondé sur le respect de la création ou sur les droits de la personne humaine — est radicalement insuffisant pour sanctifier et sauver une âme. En aucune manière il ne peut remplacer l’unique vraie loi morale.

À l’exemple de saint Jean-Baptiste, la vraie charité nous oblige à avertir les pécheurs et à ne jamais renoncer à prendre les moyens nécessaires pour sauver leurs âmes.

Celui qui mange le Corps de Notre-Seigneur et boit son Sang en état de péché mange et boit sa propre condamnation, et aucune autorité ne peut modifier cette loi contenue dans l’enseignement de saint Paul et dans la Tradition.

Le péché impur contre-nature est d’une telle gravité qu’il crie toujours et en toute circonstance vengeance devant Dieu, et qu’il est radicalement incompatible avec toute forme d’amour authentique et chrétien. Dès lors, un tel « mode de vie » ne peut en aucune manière être reconnu comme un don de Dieu. Un couple pratiquant ce vice doit être aidé à s’en libérer, et ne peut en aucune manière être béni — formellement ou informellement — par les ministres de l’Église.

La soumission des institutions et des nations en tant que telles à l’autorité de Notre Seigneur Jésus-Christ découle directement de l’Incarnation et de la Rédemption. Dès lors, la laïcité des institutions et des nations constitue une négation implicite de la divinité et de la royauté universelle de Notre-Seigneur.

La chrétienté n’est pas un simple phénomène historique, mais le seul ordre voulu par Dieu entre les hommes.

Ce n’est pas à l’Église de se conformer au monde, mais au monde d’être transformé par l’Église.

C’est dans cette foi et dans ces principes que nous demandons à être instruits et confirmés par Celui qui a reçu le charisme pour le faire. Avec l’aide de Notre-Seigneur, nous préférons la mort plutôt que d’y renoncer. C’est dans cette foi immuable que nous désirons vivre et mourir, dans l’attente qu’elle cède la place à la vision directe de l’immuable Vérité éternelle.

Menzingen, le 14 mai 2026,
en la fête de l’Ascension de Notre-Seigneur

Davide Pagliarani

Notes :

1
Rm 14, 23.

2
Pontifical Romain, Monition aux ordinands au sous-diaconat.

3
Mc 16, 16.

4
Pastor Aeternus, chap. 4.

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Hantavirus : panique médiatique, le retour des télétoubibs

L’image de la semaine : Le maire de Saint-Denis appelle à l’insurrection

Bally Bagayoko, le nouveau maire de Saint-Denis, menace de refuser le verdict des urnes et d’appeler à une insurrection populaire en cas de victoire du RN.

Le dossier du jour : Télétoubibs, le retour de la médecine de plateau

Les “experts” du Covid-19 viennent de se reconvertir en experts de l’Hantavirus et sans surprise, ils racontent tout et son contraire. Une période qui signe le retour d’Agnès Buzyn, de la comédie des masques FFP2 et de la chasse aux complotistes.

Les pastilles de l’info :
– France Info s’emmêle les pinceaux avec Edouard Philippe
– Patrick Bruel : l’intouchable rattrapé par ses mœurs !
– Julien Dray : “Je ne veux pas vivre avec ces gens-là”
– La DJ des JO Barbara Butch rémunérée par la mairie de Paris : le gros scandale à 42 000 €

Un véritable rapport de force

Contre vents et marées, le rapport de Charles Alloncle a été publié ce mardi 5 mai. Après plusieurs mois de débats acharnés, des centaines d’heures de consultations et l’audition de plus de deux cent cinquante personnalités, la publication de ce dossier de quatre cents pages a été validé par l’Assemblée nationale !

On ne peut qu’avoir de l’admiration pour la ténacité et le courage de Charles Alloncle même si l’on n’est pas forcément en accord avec ses convictions. En tant que rapporteur de la commission sur l’audiovisuel public, il a dû faire face à de nombreuses pressions. En premier lieu, de la part de Jérémie Patrier-Leitus qui n’est autre que le président de cette même commission et dont les conflits d’intérêts avec Radio France, France 24 ou encore RFI sont connus de tous. Il a aussi été confronté à des obstructions de Delphine Ernotte et même de la présidente de l’Assemblée nationale. Cette dernière vient d’ailleurs de déclarer à une journaliste :
«  Je salue le travail de Charles Alloncle, mais il a été peut-être un peu trop dans la lumière ! »

On sait combien Yaël Braun-Pivet préfère que certaines vérités restent dans l’ombre. Il n’y a pas si longtemps, elle avait empêché la mise en place d’une commission d’enquête sur l’affaire Epstein. * *
En bonne gardienne du Temple, elle a certainement été nommée au poste stratégique de présidente de l’Assemblée nationale pour empêcher la révélation de certaines affaires embarrassantes pour le pouvoir en place. Heureusement, le vent semble tourner !
Leur monde d’hypocrisie se lézarde et laisse de plus en plus apparaître la réalité de leur mauvaise foi. A force de reproduire toujours les mêmes scénarios, leurs combines deviennent un peu trop prévisibles. Tous ces « Bien-pensants » qui défendent les valeurs humanistes du « Vivre ensemble », de la tolérance et du libéralisme à tout crin se révèlent tels qu’ils sont réellement. Grâce à ce rapport, on découvre que la présidente du service public bénéficie d’appuis hauts placés : Delphine Ernotte a ainsi été renommée à la tête de France télévision malgré des déficits de dizaine de millions d’euros entre 2017 et 2024. Pire, cette dernière trouve tout à fait normal de gaspiller l’argent public dans des dépenses pharaoniques, profitant par exemple de séjours dans des palaces somptueux pour assister au festival de Cannes. Mais surtout, en bonne militante de la nouvelle religion humaniste, elle désire profiter de son poste de présidente de l’audiovisuel pour aider à bâtir leur « Meilleur des mondes ». D’ailleurs, une phrase qu’elle a prononcé sans la moindre honte résume parfaitement cette obsession :
« France Télévision ne représente pas la France telle qu’elle est mais telle que l’on voudrait qu’elle soit ».
Le récent saccage de l’exposition sur le « Vivre ensemble » de Yann Arthus Bertrand par des jeunes de « La nouvelle France » a dû lui poser de sérieux problème pour permettre la diffusion de cette information sur les chaînes publiques : la France telle qu’elle la voudrait y est percutée de plein fouet par la réalité !

D’autres célébrités du monde de l’audiovisuel sont aussi mises à nu grâce à ce rapport. Xavier Niel, Mathieu Pigasse, Nagui et bien d’autres y sont abondamment cités pour des soupçons de conflits d’intérêts. Grâce à son travail acharné mais aussi avec beaucoup de courage, Charles Alloncle a ainsi mis en lumière les nombreuses dérives des services de l’audiovisuel public, mais comme le suggère si bien Delphine Ernotte :
« La lumière, point trop n’en faut ! »

Si Charles Alloncle a obtenu contre toute attente la publication de son rapport, il n’est malheureusement pas au bout de ses peines. On pourrait même dire que le pire pourrait être à venir !
De toutes parts, des critiques, des moqueries fusent déjà contre ce fameux rapport. Ne trouvant pas d’arguments crédibles pour le combattre, le monde des « Bien-pensants » s’en prend à l’auteur. Parmi eux, notre premier ministre actuel a déclaré sur les réseaux sociaux :
« Ce texte représente une opportunité ratée qui fait fi des enjeux fondamentaux touchant au secteur de la diffusion publique. »

Une association anti-corruption a quant à elle déposé plainte contre Charles Alloncle pour prise illégale d’intérêts et trafic d’influence. De son côté, Jérémie Patrier-Leitus a promis de réformer les futures commissions d’enquêtes après son échec à bâillonner son rapporteur. Enfin, un député du Modem vient d’indiquer sur France info qu’il produirait un « contre rapport ».

Tous les coups sont permis : Charles Alloncle est devenu l’homme à abattre, il dérange trop le « Système en place ». Cette caste à laquelle il a osé s’attaquer n’aime pas être mise en lumière. Comme l’a écrit Jean dans son Evangile, ils préfèrent les ténèbres à la lumière car leurs œuvres sont mauvaises !

* * https://L’art de l’enfumage – Le Salon Beige

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

La France au cœur des actes anti-chrétiens

Le 28 avril dernier, une religieuse est violemment agressée dans une rue de Jérusalem. Sur une caméra de surveillance, on voit un homme de confession juive la jeter à terre avant de lui donner plusieurs coups de pied. Insultes, crachats, agressions diverses, profanations…

Depuis quelques mois, les actes anti-chrétiens se multiplient en France et dans le reste du monde. Dans une enquête vidéo exclusive de près de quarante minutes – aucun média ne l’avait encore faite à ce jour – Armel Joubert des Ouches revient sur des drames ayant eu lieu en France : le meurtre du père Jacques Hamel en juillet 2016, celui du père Olivier Maire le 9 août 2021 à Saint-Laurent-sur-Sèvre en Vendée, la tentative de meurtre du père Olivier Marie à Bourg-lès-Valence en juin 2012.

Mais cette enquête tente surtout de comprendre les raisons de la multiplication de ces actes contre les communautés chrétiennes.

Pour réaliser cette enquête, Armel Joubert des Ouches s’est rendu en Bretagne, en Vendée, en Nouvelle Aquitaine, dans le Tarn-et-Garonne, dans la Drôme, dans les Bouches-du-Rhône et dans la ville de Strasbourg.

Face aux pressions, Academia Christiana tiendra-t-elle bon ?

Récemment, plusieurs institutions ont renoncé à accueillir l’université d’été par peur de représailles administratives ou médiatiques.

Dans cette vidéo importante, Victor Aubert revient sur les pressions sans précédent que subit Academia Christiana. Alors que des institutions catholiques ferment leurs portes sous la pression médiatique et administrative, Academia Christiana fait le choix de l’indépendance et de l’espérance.

Pourquoi cette peur ? Comment transformer cette épreuve en victoire pour le Bien Commun ? Découvrez le plan pour bâtir une infrastructure pérenne et autonome pour la jeunesse catholique de France.

5 millions de roses pour Marie : une grande opération de prière pour le mois de mai

Le mois de mai est traditionnellement consacré à la Vierge Marie. Cette année encore, l’application de prière Rosario lance une grande mobilisation spirituelle : offrir à la Sainte Vierge “5 millions de roses” à travers la récitation du chapelet.

Le principe est simple : chaque dizaine de chapelet priée sur l’application devient symboliquement une rose offerte à Marie. L’objectif est d’atteindre cinq millions de roses spirituelles entre le 1er et le 31 mai.

L’initiative connaît déjà un très fort écho dans de nombreuses paroisses et communautés catholiques en France. Plusieurs diocèses, sanctuaires et paroisses ont relayé l’opération, invitant les fidèles à rejoindre des groupes de “chapelet vivant” sur l’application Rosario.

L’an dernier, plus de 3 millions de roses avaient déjà été offertes par des dizaines de milliers de priants répartis dans plus d’une centaine de pays.

Au-delà des chiffres, cette initiative veut surtout remettre la prière du rosaire au cœur de la vie chrétienne. Rosario s’inspire du “Rosaire vivant” lancé au XIXe siècle par Pauline Jaricot : des petits groupes de fidèles se répartissent les dizaines pour porter ensemble une prière continue.

À l’issue du mois de mai, des milliers de vraies roses seront déposées au sanctuaire de Notre-Dame des Victoires à Paris en hommage à la Vierge Marie.

Dans un monde saturé de bruit et d’agitation, cette opération rappelle aussi la puissance discrète mais réelle du chapelet. Comme à Fatima, Lourdes ou Pontmain, Marie continue d’appeler les chrétiens à prier.

Pour participer :
5 millions de roses pour Marie

Proposition de loi LR sur l’entrisme islamique : grave danger pour les libertés publiques

Tribune de juristes contre la proposition de loi LR sur l’entrisme islamique, portée par Bruno Retailleau, et que nous avions évoquée :

Demain, émettre des réserves sur la politique migratoire, dénoncer les dangers de l’islamisme ou tout simplement critiquer la politique du gouvernement pourrait-il bloquer l’ensemble de vos comptes bancaires ? Cette inimaginable dérive anti-démocratique pourrait bien être une conséquence imprévue d’une loi contre l’entrisme islamiste actuellement discutée au Parlement.

Ce mardi 5 mai, le Sénat a voté en première lecture une proposition de loi visant à lutter contre l’entrisme islamiste, phénomène de plus en plus inquiétant. Saluons la Haute Assemblée de s’en être saisie. Mais si l’objet de cette initiative est parfaitement louable, le texte tel que formulé recèle en réalité un grave danger pour les libertés publiques. Quelques jours plus tard, en effet, le ministre de l’Intérieur défendait sur CNews un projet de loi reprenant les mêmes principes mais étendant clairement l’objet au-delà du seul entrisme islamiste.

Ainsi, l’article 6, dont l’objectif est de tarir le financement du séparatisme pourrait en réalité, dans son écriture, prévoir le gel des avoirs de citoyens ordinaires qui

« soit provoquent ou contribuent par leurs agissements à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine, de leur sexe, de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une prétendue race ou une religion déterminée, soit propagent des idées ou théories tendant à justifier ou encourager cette discrimination, cette haine ou cette violence et qui présentent une menace d’une particulière gravité pour la sécurité et l’ordre publics en raison de leur rôle dans ces actions, de leur caractère répété et de leur ampleur ».

Si cette mesure se justifie évidemment s’agissant des avoirs qui «appartiennent à ou sont possédés, détenus ou contrôlés par des personnes physiques ou morales ou toute autre entité qui présentent, par leur forme et leur organisation militaire, le caractère de groupes de combat ou de milices privées » également ciblées par le texte, un tel article – si demain un personnage autoritaire remportait l’élection présidentielle – pourrait être utilisé comme véritable lettre de cachet moderne pour mettre à mort économiquement toute personne ou structure politiquement active dans l’opposition à la politique gouvernementale au sens large (associations, cercles de réflexions, ONG, influenceurs, activistes, etc) et sur des thèmes aussi variés et fondamentaux que la politique migratoire, la lutte contre l’islamisme ou encore la théorie du genre. Aussi est-il regrettable que le texte même de la proposition ne mentionne pas expressément la lutte contre l’entrisme islamiste, ce qui est l’objet même du texte.

La gravité de ce mécanisme découle du fait que cette sanction prévue serait une mesure de police administrative, à la discrétion des ministres, et pourrait donc être décidée arbitrairement, même en l’absence de condamnation pénale par un tribunal.

Plus généralement, enfin, cette mesure s’inscrit dans un étrange climat que certains qualifieraient d’«illibéral», entretenu par les discussions sur la vérification de l’identité sur les réseaux sociaux, sur la labellisation des médias ou encore l’alourdissement continu des obligations fiscales. Ce climat déjà délétère serait particulièrement amplifié par l’extension d’une mesure aussi attentatoire aux libertés individuelles que l’est le gel des avoirs, habituellement réservé au terrorisme ou au haut du spectre du narcotrafic.

Un pouvoir de confiscation administrative aussi flou, aussi large et emportant des conséquences aussi graves s’inscrit-il dans le cadre de l’État de droit, auquel le gouvernement se dit pourtant si attaché ? Pour perdurer et triompher, la démocratie doit mettre en œuvre la libre expression des opinions, dont la concurrence permet de faire émerger les meilleures décisions collectives. Quant aux opinions même tranchées et qui déplaisent, on ne les combat pas par la mise au pilori économique, mais dans le débat d’idées.

Via Caritatis lance une campagne nationale de vente de vins pour financer son futur Cellarium

Via Caritatis lance une campagne exceptionnelle de vente de 5 000 cartons de vins afin de financer l’aménagement de son futur Cellarium, un lieu unique de transmission de la culture du vin au cœur du vignoble du Haut-Ventoux.

Inspiré de la tradition monastique, le Cellarium sera un lieu vivant consacré au vin, au patrimoine et à la culture des grands vignobles d’abbayes qui ont façonné les grands terroirs européens.

Construit au milieu des vignes, face au Mont Ventoux et à proximité immédiate de l’abbaye bénédictine du Barroux, le Cellarium réunira un espace muséal, des espaces de dégustation, un caveau de vente.

« Cet héritage constitue une part essentielle de notre civilisation et il devient aujourd’hui urgent de le défendre », explique Gabriel Teissier, directeur de Via Caritatis.

La création du Cellarium intervient dans un contexte particulièrement difficile pour la filière viticole française, marqué par la baisse de consommation, les difficultés économiques, la fragilisation des exploitations.

Le projet se veut une réponse concrète au service des vignerons et de la transmission de la culture du vin.

« Ces hommes sont aussi les jardiniers de nos paysages. Sans vignerons, ce sont des terres abandonnées et des paysages qui disparaissent. »

Pour lancer la construction du Cellarium, Via Caritatis a déjà réalisé une levée de fonds de 2 millions d’euros en dette privée et lance désormais une campagne nationale avec un objectif clair :

OBJECTIF : 5 000 cartons vendus !

Chaque achat contribuera à l’aménagement du futur Cellarium, au soutien des vignerons partenaires, à la préservation d’un patrimoine culturel, paysager et viticole unique.

https://cellarium-via-caritatis.com/

Qu’est-ce que le Cellarium ?

Le Cellarium, qui signifie « cellier » en latin, s’enracine dans l’héritage de la tradition monastique.

Depuis l’Antiquité, puis dans les abbayes, le Cellarium occupait une place centrale. Le cellerier était le moine responsable des biens matériels et des vins.

Héritier de cette histoire, Via Caritatis souhaite aujourd’hui faire renaître ce lieu de transmission au cœur du vignoble.

Bien plus qu’un simple lieu de conservation, le futur Cellarium sera un espace vivant dédié à l’élévation, à la conservation, à la transmission des « bonnes choses » : les grands vins, les histoires, les racines, le patrimoine culturel.

Un lieu unique au cœur des vignes

Le Cellarium sera construit au milieu des vignes, face au Mont Ventoux, à proximité immédiate de l’abbaye bénédictine du Barroux.

Pensé comme un lieu de découverte et de transmission, il comprendra :

  • un espace muséal consacré aux racines culturelles des grands vignobles d’abbayes,
  • une mise en valeur de l’histoire de Via Caritatis et des vignerons de Provence,
  • des espaces de dégustation,
  • un caveau de vente.

Le futur Cellarium ambitionne de devenir un lieu incontournable du patrimoine viticole provençal.

Une réponse à la crise viticole

Depuis plusieurs années, la crise du vin s’est intensifiée baisse de consommation, difficultés économiques, faillites, abandon de terres, fragilisation des exploitations.

« Partout, la vigne et le vin sont attaqués dans leur réalité économique mais aussi symbolique », souligne Via Caritatis.

Le Cellarium se veut ainsi l’incarnation concrète d’un engagement au service des vignerons et de la transmission de la culture du vin.

« Nous sommes dépositaires de grands terroirs, mais les vignerons peinent de plus en plus à vendre leur production à un prix juste permettant de faire vivre leurs familles et leurs domaines. »

À propos de Via Caritatis

Via Caritatis est le vignoble de l’abbaye bénédictine du Barroux.

Depuis plus de dix ans, les moines soutiennent les vignerons du Haut-Ventoux et défendent un patrimoine viticole, culturel et paysager unique.

Aujourd’hui, plus de 60 familles vivent directement de cette initiative.

Lien du site du Cellarium pour commander le vin

https://cellarium-via-caritatis.com/

 

L’Ascension de Notre-Seigneur : “Celui qui croira et qui sera baptisé, sera sauvé ; mais celui qui ne croira pas sera condamné”

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Pendant les quarante jours qui suivirent sa Résurrection, le Sauveur posa les fondements de son Église à laquelle il allait bientôt envoyer l’Esprit-Saint. L’Épître et l’Évangile de ce jour résument tous ces enseignements du Maître. Puis Jésus quitta cette terre et l’Introït, l’Oraison, l’Épître, l’Alléluia, l’Évangile, l’Offertoire, la Secrète, la Préface et la Communion célèbrent sa glorieuse élévation au ciel, où les âmes qu’il a délivrées des limbes lui font escorte (All.), et entrent à sa suite dans le céleste royaume où elles participent plus amplement à sa divinité (Préf.)

L’Ascension nous prêche le devoir d’élever nos cœurs vers Dieu. Aussi l’Oraison nous fait-elle demander d’habiter en esprit avec Jésus dans les régions célestes, où nous sommes appelés à habiter un jour corporellement.

Introït : Viri Galilæi

Le texte de l’Introït est tiré du livre des Actes des Apôtres, dans le récit de l’Ascension. Ce sont les paroles que les anges adressèrent aux apôtres après que le Christ se fut dérobé à leurs regards :

Viri Galilæi, quid admiramini aspicientes in cælum ? Quemadmodum vidistis eum ascendentem in cælum, ita veniet.
Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous stupéfaits à regarder le ciel ? Comme vous l’avez vu monter au ciel, ainsi il reviendra.

Dans le texte des Actes, Jésus est explicitement nommé. Ici il est seulement désigné par un pronom. Autre différence, le texte original dit quid statis ? Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? La liturgie a remplacé statis par admiramini, introduisant une nuance d’étonnement et même de stupéfaction. Les apôtres n’ont toujours pas compris ce qui se passait. Il faudra la descente du Saint Esprit dans dix jours pour les éclairer. Les Anges semblent s’adresser à eux avec une certaine condescendance pleine de gentillesse que la mélodie exprime d’une manière légère et assez calme. La deuxième phrase tourne autour des mêmes notes tout en progressant vers les mots ita veniet, il reviendra. Et après cette promesse pleine d’espérance le premier des trois Alléluias de la fin s’élève dans une belle envolée très joyeuse avant la paisible cadence finale.

Cet Introït est accompagné par le premier verset du psaume 46, qui est par excellence le psaume de l’Ascension, principalement à cause du verset que nous trouverons au premier Alléluia et à l’Offertoire :

 Omnes gentes plaudite manibus, jubilate Deo in voce exsultationis.
Tous les peuples battez des mains, poussez des cris de joie pour Dieu.

Alléluia : Ascendit Deus

Les Alléluias de la fête de l’Ascension ne ressemblent pas à ceux des dimanches du temps pascal, dont nous avons constaté que le deuxième était plus long que le premier avec une mélodie très développée et un texte tiré du Nouveau Testament, le plus souvent de l’Évangile. Les textes de ceux-ci sont tous deux tirés des psaumes, et leurs mélodies sont toutes deux des mélodies types, que l’on retrouve dans un certain nombre d’Alléluias tout au long de l’année, et qui sont donc assez connues.

Le premier de ces deux Alléluias a pour texte le verset du psaume 46 qui en fait le psaume de l’Ascension par excellence :

Ascendit Deus in jubilatione, et Dominus in voce tubæ.
Dieu monte parmi les cris de joie, le Seigneur, au son de la trompette.

Il s’agit dans le psaume de l’arche d’alliance, présence symbolique de Dieu au milieu de son peuple, qui monte sur la montagne de Sion pour entrer triomphalement dans le temple, figure du ciel. En ce jour de l’Ascension le fils de Dieu monte directement au ciel où il fait une entrée triomphale, mais il n’y a plus sur la terre ni acclamations ni trompette, seulement le silence un peu hébété des disciples. C’est pourquoi la mélodie de cet Alléluia, que nous avons déjà entendue au troisième dimanche de l’Avent ou au deuxième dimanche après l’Épiphanie, n’est pas triomphante mais douce et contemplative, traduisant ainsi l’ambiance un peu mélancolique de la séparation plutôt que la joie extérieure de ce qui n’en était que la figure.

Alléluia Dominus in Sina

Dans le deuxième Alléluia de la fête de l’Ascension nous trouvons un autre psaume triomphal d’action de grâces après une grande victoire, le psaume 67, qui raconte l’entrée du peuple d’Israël dans la terre promise avec l’arche d’alliance à sa tête, depuis le Sinaï où lui fut donnée la Loi, jusqu’à la montagne de Sion, où sera bâti le temple de Jérusalem et où nous voyons de nouveau l’arche monter. Sur le chemin de nombreux ennemis ont été vaincus, aussi le peuple emmène-t-il une troupe de prisonniers avec lui ; ainsi le Christ monte-t-il aujourd’hui au ciel entraînant à sa suite les hommes qu’il a rachetés de la captivité du péché.

Dominus in Sina in sancto, ascendens in altum captivam duxit captivitatem.

 Ce texte n’est pas très facile à traduire. Il semble qu’il faudrait lire a Sina plutôt que in Sina ce qui donnerait littéralement :

Le Seigneur s’avance depuis le Sinaï, il monte dans le lieu saint sur la hauteur emmenant les captifs.

La mélodie est encore une mélodie type, celle de la messe de minuit de Noël, mais aussi du premier dimanche de l’Avent ou du troisième dimanche après l’Épiphanie. Elle est très joyeuse ; ici nulle trace de mélancolie. Nous pensons au ciel où, si nous sommes fidèles, nous monterons à notre tour, délivrés de la captivité du péché.

Offertoire : Ascendit Deus

Le texte de l’Offertoire de la fête de l’Ascension est le même que celui du premier Alléluia. C’est toujours le verset du psaume 46.

Ascendit Deus in jubilatione, Dominus in voce tubæ.
Dieu monte parmi les cris de joie, le Seigneur au son de la trompette.

Mais la mélodie est totalement différente. Chose curieuse ce sont le plus souvent les Offertoires qui ont un caractère contemplatif, tandis que les Alléluias sont plus joyeux et exubérants. Ici c’est l’inverse. Nous avons vu que la mélodie du premier Alléluia était assez douce et évoquait la mélancolie de la séparation ; dans celle de l’Offertoire nous retrouvons les acclamations et la trompette, la joie de monter au ciel à la suite du Christ, avec une mélodie ample et solennelle, commençant par une grande montée très expressive sur les mots Ascendit Deus, et se continuant d’une manière assez mouvementée. Cependant l’Alléluia final s’étire longuement et doucement, retrouvant l’ambiance plus contemplative qui est généralement celle des Offertoires.

Communion : Psallite Domino

Le texte de l’antienne de Communion de la fête de l’Ascension est tiré du psaume 67, comme le deuxième Alléluia. C’est un des psaumes importants de cette fête, après le psaume 46 que nous avons trouvé au premier Alléluia et à l’Offertoire. Il célèbre aussi, mais de manière beaucoup plus développée, la royauté du Dieu d’Israël sur toutes les nations. Nous trouvons ici un verset pris à la fin du psaume :

Psallite Domino qui ascendit super cælos cælorum ad Orientem.
Célébrez le Seigneur qui s’élève au plus haut des cieux vers l’Orient.

Incontestablement ce passage évoque, par-delà le règne de Dieu sur tous les peuples, la grande théophanie du jugement dernier, quand Dieu viendra à l’Orient sur les nuées du ciel. On rejoint ainsi les mots ita veniet de l’Introït : de même il reviendra.

Comme celle de l’Offertoire, la mélodie est assez solennelle et commence aussi par une grande montée, mais plus étalée, culminant sur le mot super avant de redescendre au grave pour une cadence très expressive sur les mots ad Orientem.

Sacres : le Saint-Père demande au Saint-Esprit d’éclairer les responsables de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X afin qu’ils reviennent sur leur décision

Déclaration de Son Éminence le Card. Víctor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi :

En ce qui concerne la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, ce qui a déjà été communiqué est réitéré. Les ordinations épiscopales annoncées par la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X n’ont pas le mandat pontifical correspondant. Ce geste constituera « un acte schismatique » (Jean-Paul II, Ecclesia Dei, n.3) et « l’adhésion formelle au schisme constitue une grave offense à Dieu et implique l’excommunication établie par le droit de l’Église » (idis, 5c ; cf. Conseil pontifical des textes législatifs, note explicative, 24 août 1996).

Le Saint-Père poursuit dans ses prières en demandant au Saint-Esprit d’éclairer les responsables de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X afin qu’ils reviennent sur leurs pas concernant la décision très grave qu’ils ont prise.

Du Vatican, 13 mai 2026

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