André Bergevin, vingt ans après : la révolution permissive avait-elle une fin ?
Lorsqu’il publie Révolution permissive et sexualité en 2003, André Bergevin décrit un mouvement davantage qu’un état des mœurs : la tolérance invoquée pour lever l’interdit prépare la normalisation de ce qui le transgressait. Il écrit pourtant avant l’iPhone, Pornhub, Tinder, Instagram, TikTok et OnlyFans. Vingt-deux ans plus tard, la révolution numérique permet de mesurer la profondeur de son intuition : la libération du désir n’a pas seulement changé les conduites ; elle a rendu possible une immense industrie de sa stimulation, de sa comparaison et de sa marchandisation.
Un livre venu d’un autre monde
Il suffit parfois de quelques dates pour faire apparaître la distance historique. Révolution permissive et sexualité. De la tolérance comme argument à la transgression comme processus paraît le 20 novembre 2003 aux Éditions François-Xavier de Guibert. Le volume compte 401 pages et s’inscrit dans la collection « Combats pour la liberté de l’esprit ». Internet existe, naturellement, et la quatrième de couverture évoque déjà la « déferlante de la pornographie ». Mais, au troisième trimestre 2003, 27 % seulement des foyers français sont connectés et 8 % disposent du haut débit. L’ordinateur familial est encore un meuble ; la connexion, une activité ; l’accès aux images, une démarche.
Tout ce qui transformera ensuite l’image sexuelle en environnement permanent reste à venir. L’iPhone et Pornhub apparaîtront en 2007, Instagram en 2010, Tinder en 2012, OnlyFans en 2016, TikTok sous sa forme internationale en 2017. Bergevin écrit avant l’écran personnel constamment présent dans la poche, avant le défilement infini des profils, avant la recommandation algorithmique, avant que l’intimité puisse être photographiée, transmise, copiée et vendue en quelques secondes. La pornographie était déjà abondante ; elle n’était pas encore devenue une infrastructure quotidienne du désir.
L’époque n’a évidemment rien d’un âge innocent. La loi Neuwirth a autorisé la contraception en 1967, la loi Veil et le divorce par consentement mutuel datent de 1975, le Pacs de 1999. Mai 68 est passé de l’insurrection au slogan publicitaire ; la pornographie a ses cinémas, ses magazines, ses cassettes, son Minitel et ses chaînes payantes. Les années sida ont rappelé que le plaisir pouvait rencontrer la souffrance et la mort. Mais nous sommes encore dix ans avant le mariage entre personnes de même sexe et quatorze ans avant #MeToo. Le livre paraît ainsi dans un moment singulier : assez tard pour dresser le bilan de la révolution sexuelle, assez tôt pour ne pas connaître sa démultiplication numérique.
Qui est André Bergevin ? Il s’agit du pseudonyme de Jean-Michel Olivereau, docteur en neurosciences, ancien professeur de l’Université Paris-V et professeur honoraire de l’Université Paris-Descartes.
Le livre a connu une diffusion modeste et principalement catholique. On ne trouve guère de réception universitaire substantielle. Son hypothèse directrice n’en mérite que davantage d’être examinée, car elle est formulée avec une netteté remarquable dès le paratexte : « Les normes d’aujourd’hui sont les transgressions d’hier. » L’auteur entend analyser la permissivité sexuelle, « l’aliénation de la liberté » qu’elle induit et les mécanismes idéologiques et psychobiologiques qui la soutiennent.
La tolérance comme argument, la transgression comme processus
Le sous-titre du livre contient presque toute sa force. Bergevin ne met pas simplement en concurrence la sévérité et la tolérance. Il distingue un argument d’un processus. La tolérance est d’abord l’argument par lequel une pratique réprouvée demande à n’être ni empêchée ni condamnée publiquement. La transgression est le processus par lequel le déplacement d’une limite prépare celui de la suivante.
La demande initiale paraît modeste : il ne serait pas demandé d’approuver, seulement de laisser faire. Cette revendication peut être juste lorsque l’ancienne norme confond abusivement morale, droit pénal et persécution des personnes. L’ordre sexuel antérieur n’était pas sans hypocrisie : il pouvait appliquer aux femmes une police de la réputation dont les hommes s’exemptaient, tolérer secrètement ce qu’il condamnait publiquement, laisser certaines violences conjugales sans nom et faire peser sur les femmes l’essentiel des conséquences d’une grossesse non désirée. Une réflexion catholique crédible n’a rien à gagner à transformer ce passé en paradis perdu.
Mais la tolérance demeure une position instable. Au sens classique, tolérer signifie s’abstenir d’interdire ce que l’on continue de juger imparfait. Or une société qui fait de l’autonomie individuelle sa valeur souveraine peine à maintenir cette distinction. Si une pratique licite ne produit aucun dommage immédiatement assignable, pourquoi resterait-elle moralement inférieure ? La tolérance tend ainsi vers la neutralité, la neutralité vers l’acceptation, l’acceptation vers la normalisation. Ce qui a été normalisé peut enfin être valorisé comme signe d’ouverture, de courage ou d’authenticité, tandis que l’ancienne réserve apparaît répressive ou pathologique.
Cette séquence détaillée — tolérance, neutralité, acceptation, normalisation, valorisation, puis suspicion portée sur l’ancienne norme — constitue notre explicitation de la dynamique de Bergevin. Un texte postérieur confirme que l’auteur pensait bien en termes de mouvement cumulatif. Dans « Pornographie : quels enjeux pour la liberté ? », publié en 2018 dans Liberté politique, Olivereau de son vrai nom affirme que « la dérive se passe toujours dans le même sens » et que « les valeurs finissent toujours par s’aligner sur les comportements ». Quinze années séparent cet essai du livre ; elles n’empêchent pas d’y reconnaître une remarquable continuité.
L’intuition la plus profonde est que la révolution permissive ne peut aisément se stabiliser si elle valorise la transgression elle-même. Une société peut évidemment modifier une règle et en établir une autre. Mais si l’affranchissement de l’interdit devient en soi la preuve de la liberté, toute frontière nouvelle héritera du soupçon qui a emporté la précédente. Une transgression victorieuse perd d’ailleurs une part de son prestige dès qu’elle devient commune : l’avant-garde doit chercher un nouveau scandale sous peine de devenir l’académie qu’elle moquait.
Voilà ce que le mot « permissif » risque de dissimuler. Il ne désigne pas seulement une société dans laquelle davantage de comportements sont autorisés. Il désigne une culture qui ne sait plus très bien justifier une limite autrement que par le dommage direct et mesurable. Or la sexualité engage des biens que le seul contrat entre deux volontés ne suffit pas à épuiser : l’attachement, la vulnérabilité, la mémoire du corps, la différence des temporalités affectives, la possibilité de la conception, la filiation et la formation progressive des habitudes.
Le sociologue Michel Bozon, qui n’appartient nullement à l’univers intellectuel de Bergevin, décrivait précisément en 2002 le passage de contrôles extérieurs à des disciplines intérieures. Les transformations de la sexualité moderne devaient selon lui être « moins considérées comme une émancipation que comme une individualisation » : l’individu doit désormais produire sa propre norme, tout en restant soumis au jugement social. La convergence est éclairante. L’interdit ancien ne disparaît pas sans laisser de successeur ; il cède souvent la place à l’obligation de réussir sa liberté.
Lorsque « vous pouvez » devient « vous devez »
Une révolution commencée sous le signe de la permission peut donc engendrer ses propres conformismes. Vous pouvez dissocier sexualité, engagement et procréation ; vous pouvez expérimenter, rompre et recommencer. Mais lorsque ces possibilités deviennent des signes de maturité et d’autonomie, le « vous pouvez » tend insensiblement vers le « vous devez ». Il faut avoir de l’expérience sans paraître blessé par elle, être désirable sans sembler dépendant du regard d’autrui, se montrer disponible sans demander trop tôt la durée, accueillir la rupture sans manifester une jalousie jugée archaïque. Celui qui préfère l’abstinence, l’exclusivité ou l’engagement précoce n’est plus simplement libre de son choix : il doit parfois l’expliquer.
Les recherches contemporaines saisissent cette pression. À partir de l’enquête Envie sur les 18-29 ans, Marie Bergström observe que, dans certains milieux, la sexualité non conjugale peut devenir pour les jeunes femmes un moyen attendu de montrer qu’elles ont « profité de leur jeunesse ». Le verbe est révélateur. Il peut exprimer une liberté réellement choisie ; il peut aussi désigner un devoir biographique, comme s’il fallait accumuler les preuves d’émancipation avant d’avoir le droit de se « poser ».
Les contraintes nouvelles ne sont pas identiques pour les deux sexes. Pour beaucoup d’hommes, la pornographie propose un apprentissage du désir sans altérité réelle. L’attente, la parole, la maladresse, le refus et les conséquences disparaissent au profit de corps immédiatement disponibles et de pratiques dont la succession entretient l’excitation. Tous les usagers ne reproduisent évidemment pas ce qu’ils regardent, mais aucune culture n’expose massivement une génération à des scénarios sans contribuer à son imaginaire.
Pour les femmes, l’injonction est plus contradictoire encore : devenir pleinement sujet de son désir tout en demeurant un objet désirable sur un marché visuel incessant. La présentation de soi, les « likes », les messages et les classements implicites transforment facilement la désirabilité en mesure de la valeur personnelle. Une revue systématique publiée en 2025 conclut que les usages visuels des réseaux sociaux centrés sur l’apparence sont associés à davantage d’auto-objectivation, de surveillance du corps et de préoccupations liées à l’image.
Eva Illouz a montré comment l’élargissement du choix et les marchés de la rencontre rendent les relations plus réversibles, plus comparables et plus incertaines. Avec Dana Kaplan, elle analyse dans Le Capital sexuel la désirabilité, l’expérience et la présentation de soi comme des ressources susceptibles d’être converties en avantages sociaux. La libération n’a donc pas supprimé les asymétries entre hommes et femmes ; elle les a en partie déplacées. Elle propose aux hommes l’illusion de l’abondance et aux femmes une souveraineté de l’image, tout en exposant les uns et les autres à l’inquiétude de n’être ni assez désirables ni durablement choisis.
Le diagnostic de Bergevin prend ici une profondeur anthropologique. La permissivité ne modifie pas seulement la liste des actes autorisés. Elle apprend au sujet à se comprendre lui-même : son corps devient une ressource, le corps d’autrui une expérience possible, la relation un contrat révocable, le désir une preuve d’authenticité, la frustration une anomalie et l’engagement un coût d’opportunité. Le véritable triomphe de la révolution sexuelle n’est peut-être pas d’avoir multiplié les pratiques, mais d’avoir habitué l’homme à se penser comme consommateur de jouissance avant de se penser comme personne capable de communion.
L’expérience grandeur nature du numérique
Vingt années supplémentaires permettent désormais de confronter l’hypothèse de Bergevin aux faits. La première mutation est celle de la pornographie gratuite, instantanée et presque illimitée. Selon l’Arcom, 2,3 millions de mineurs fréquentaient chaque mois des sites pornographiques en 2023 ; dès 12 ans, plus de la moitié des garçons s’y rendaient en moyenne mensuellement. En 2024, près de 40 % des 12-17 ans consultaient un site adulte au cours d’un mois donné. Ces chiffres ne disent pas que tous regardent les mêmes contenus ni qu’ils en subissent les mêmes effets. Ils établissent néanmoins qu’une part immense de la jeunesse reçoit désormais ses premières représentations sexuelles d’industries qui ne cherchent ni son éducation affective ni son bien.
La prudence scientifique oblige à ne pas transformer cette exposition en causalité universelle. Une revue de quarante-quatre études longitudinales publiée en 2025 relève des associations avec certaines attitudes permissives, la disposition aux relations occasionnelles ou des conduites à risque, mais aussi des résultats hétérogènes et parfois contradictoires. La pornographie n’explique jamais seule une trajectoire. Elle agit parmi la famille, les pairs, le tempérament, les autres médias et l’histoire affective. Cette nuance ne diminue pourtant pas l’enjeu : même lorsqu’un scénario ne détermine pas mécaniquement les conduites, il fournit des images, des comparaisons, un vocabulaire et un horizon de possibilité.
La seconde mutation est celle de la rencontre numérisée. L’enquête nationale CSF-2023, menée auprès de 31 518 personnes, révèle que 63,9 % des femmes et 72,8 % des hommes de moins de 30 ans ont déjà connu une expérience sexuelle en ligne au sens large. Près de quatre jeunes sur dix ont rencontré en ligne un partenaire sexuel ; 36,6 % des jeunes femmes et 39,6 % des jeunes hommes ont envoyé une image intime. Lors du dernier échange de ce type, 28,7 % des femmes ayant reçu une image déclarent ne pas y avoir explicitement consenti, contre 6,3 % des hommes.
Les applications n’empêchent nullement l’amour ni la formation des couples. L’enquête Envie montre que 66 % des 18-29 ans ont connu une relation de couple dans l’année et que 76 % des jeunes couples non cohabitants souhaitent un jour vivre ensemble. Le désir d’engagement demeure donc puissant. Mais les interfaces modifient les conditions de la rencontre : les personnes deviennent des profils comparables, les alternatives restent toujours visibles, et l’existence d’un partenaire possible à un geste du pouce accompagne silencieusement la relation présente. Le choix s’élargit ; la certitude d’être choisi se fragilise.
Les statistiques françaises font apparaître un paradoxe saisissant. Entre 1992 et 2023, le nombre moyen de partenaires déclarés au cours de la vie est passé de 3,4 à 7,9 chez les femmes de 18 à 69 ans et de 11,2 à 16,4 chez les hommes. Les répertoires sexuels se sont diversifiés. Pourtant, la proportion de personnes ayant eu une activité sexuelle au cours de l’année est tombée de 86,4 % à 77,2 % chez les femmes et de 92,1 % à 81,6 % chez les hommes. La fréquence mensuelle des rapports a également diminué, y compris chez les couples cohabitants. L’hypersexualisation des représentations peut donc coexister avec une raréfaction de la rencontre charnelle : davantage d’images, de possibilités et de comparaisons, mais moins de sexualité vécue. Cette baisse ne saurait être attribuée au seul porno ou aux applications. Le logement, l’allongement des études, la précarité, la santé mentale, les rythmes de travail et l’usage général des écrans interviennent probablement.
Mais Bergevin avait vu juste sur le mouvement général : ce qui était présenté comme transgression devient norme, puis marché. OnlyFans en offre l’image presque parfaite. Créée en 2016, la plateforme associe abonnement, pourboire, conversation et contenu personnalisé. Reuters lui attribuait en 2024 plus de 300 millions d’utilisateurs, 4,1 millions de créateurs et 1,3 milliard de dollars de chiffre d’affaires ; l’entreprise prélève 20 % des revenus des créateurs. Chacun peut désormais devenir simultanément consommateur, producteur et entrepreneur de sa propre visibilité sexuelle. Le corps n’est plus seulement libéré de l’ancienne morale : il devient un actif économique.
Le désir affranchi, puis administré
Romain Roszak prolonge ici puissamment Bergevin. Dans La Séduction pornographique, il montre que la pornographie a depuis longtemps cessé d’être principalement subversive. Elle s’accorde désormais au capitalisme consumériste, qui transforme la recherche indéfinie du plaisir en marché. La transgression nourrit la nouveauté ; la nouveauté retient l’attention ; l’attention produit de la donnée et du revenu. Ce qu’une génération croyait arracher à la morale bourgeoise est devenu l’un des secteurs les plus caractéristiques de l’économie contemporaine.
René Girard permet de comprendre pourquoi cette marchandisation atteint le cœur même de la liberté. Dans Mensonge romantique et vérité romanesque, il dévoile l’illusion d’un désir qui naîtrait souverainement du sujet. Nous désirons à travers des modèles : ce que l’autre désire devient désirable. La disparition des médiations traditionnelles ne produit donc pas nécessairement un désir autonome. Elle peut livrer davantage celui-ci aux médiateurs industriels : publicité, cinéma, pornographie, influenceurs, profils populaires, tendances et recommandations algorithmiques.
Bergevin parle lui-même du mimétisme dans son essai de 2018, mais l’application systématique aux plateformes est notre prolongement. L’algorithme observe ce qui retient le regard, propose les contenus qui ont retenu celui des autres, mesure la réaction et recommence. Il n’impose pas un désir à un sujet passif ; il amplifie les modèles, accélère l’imitation et rend les médiations presque invisibles. Le sujet se croit d’autant plus spontané qu’il ignore les puissances qui organisent son champ de vision.
Le paradoxe est redoutable. La révolution sexuelle promettait de soustraire le désir aux institutions qui le contraignaient. Mais le vide n’est pas demeuré vide. Aux médiations familiales, religieuses et communautaires, souvent imparfaites mais identifiables, ont succédé des médiations anonymes dont l’objectif est de retenir l’attention et d’en tirer profit. Le sujet qui se croit le plus libre peut devenir celui dont le désir est le plus continuellement suscité, comparé, orienté et monétisé.
Bergevin ne pouvait prévoir le smartphone, le défilement des profils, la persistance du sexting, la quantification de la désirabilité ou la fusion de la pornographie avec l’économie des créateurs. Il avait pourtant compris l’essentiel : la permissivité peut aliéner la liberté lorsqu’elle transforme la satisfaction du désir en critère de l’accomplissement humain. La révolution qu’il décrivait comme culturelle et idéologique est devenue logistique. Elle possède maintenant des centres de données, des moyens de paiement, des techniques de rétention et des algorithmes de recommandation.
La réponse chrétienne : être libre pour se donner
L’anthropologie chrétienne apparaît, avec ce recul, non comme un vestige embarrassé devant le plaisir, mais comme une intelligence profondément réaliste de la personne. Elle refuse deux réductions symétriques : le corps n’est ni une matière honteuse qu’il faudrait mépriser, ni un capital dont le moi souverain disposerait sans reste. Il est la personne rendue visible, vulnérable et capable de relation. Ce que nous faisons par lui contribue à ce que nous devenons.
Dans son audience du 16 janvier 1980, saint Jean-Paul II parle de la signification « sponsale » du corps : sa capacité d’exprimer l’amour dans lequel la personne devient don. Une telle capacité exige la maîtrise de soi, non parce que le désir serait mauvais, mais parce que celui qui ne peut rien lui refuser n’est pas encore libre de donner. Le puritanisme traite volontiers le désir comme un ennemi ; le consumérisme comme un ordre. Le christianisme demande qu’il soit éduqué et intégré à la vérité de l’autre.
On comprend alors autrement l’avertissement de Humanae vitae. Paul VI redoutait que la dissociation entre l’acte sexuel et la procréation ne facilite l’infidélité et ne conduise l’homme à considérer la femme comme un instrument de jouissance. Il serait simpliste de prétendre qu’une seule technique explique toutes les évolutions ultérieures. Mais l’encyclique posait la bonne question : lorsque les conséquences naturelles de l’acte deviennent plus faciles à écarter, grandissons-nous d’autant en responsabilité, ou l’autre devient-il plus aisément disponible ? Le numérique a donné à cette interrogation une portée que Paul VI lui-même ne pouvait imaginer.
La morale sexuelle catholique cherche ainsi à maintenir ensemble ce que la modernité rend techniquement séparable : le désir, le corps, l’altérité, l’engagement, la fécondité, le temps, la fidélité et le don. Elle a parfois été mal présentée, réduite à des interdits ou trahie par ceux qui l’enseignaient. Mais son architecture demeure d’une cohérence incomparable. Elle ne demande pas seulement : « que m’est-il permis de faire ? » Elle demande : « quel être humain suis-je en train de devenir, et quelle promesse mon corps est-il capable de porter ? »
Vingt-deux ans après Révolution permissive et sexualité, l’expérience historique donne largement raison à l’intuition centrale de Bergevin. La tolérance peut devenir normalisation ; la libération peut engendrer de nouveaux conformismes ; la transgression peut devenir un produit ; le désir affranchi des anciennes normes ne devient pas pour autant autonome. Il peut passer sous l’autorité de médiateurs marchands beaucoup plus puissants parce qu’ils ne se présentent jamais comme des autorités.
La réponse chrétienne ne consiste pas à rêver d’un retour à un passé sans hypocrisie ni blessure. Elle consiste à rappeler qu’une limite n’est pas toujours une oppression, qu’un désir n’est pas toujours une vérité et que le corps n’est pas une chose dont le moi aurait simplement à disposer. La culture contemporaine définit volontiers la liberté sexuelle comme la possibilité de disposer de soi. Le christianisme en donne une définition plus haute et plus exigeante : devenir suffisamment maître de soi pour pouvoir véritablement se donner.
Et si le diagnostic de Bergevin nous trouble encore, c’est peut-être parce que la question posée en 2003 est devenue la nôtre : sous couvert de libérer nos désirs, n’avons-nous pas construit la société la plus puissante de l’histoire pour les susciter, les imiter, les mettre en concurrence et les vendre ?
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Une Presse au service du pouvoir
Suite à l’invasion de plus de soixante mille migrants dans la petite enclave espagnole de Ceuta, notre ministre de l’intérieur déclarait la semaine dernière dans la Presse de propagande :
« Tous les états membres européens, tous sans aucune exception, ont marqué leur solidarité avec l’Espagne. Ils ont convenu que l’espace Schengen n’était pas le problème, mais plutôt la solution. Ils ont aussi déploré que la circulation de certaines images sur la crise de Ceuta dans les réseaux sociaux révélaient des ingérences de la part de pays étrangers pour diviser l’Union Européenne. »
Malheureusement pour lui, les faits ne cessent pas de le contredire depuis le week-end dernier !
Tout a commencé avec une intervention musclée de Georgia Meloni soutenue par le Danemark, la Hongrie et d’autres pays européens. Elle a décidé de suspendre la libre circulation des personnes en provenance d’Espagne. En réponse à ces mesures de restrictions, le premier ministre espagnol a imposé à son tour des contrôles à l’entrée des ports et des aéroports pour les voyageurs en provenance d’Italie. Autant l’un que l’autre prouve par là le niveau de solidarité régnant en Europe. Contrairement aux affirmation de Laurent Nunez, l’entente à l’intérieur de l’Union Européenne est loin d’être une évidence. Mais comme d’habitude, la Presse de propagande se garde bien d’évoquer ces querelles internes et de mettre notre ministre de l’intérieur en face de ses propres contradictions. De nos jours, la Presse semble plutôt faite pour conditionner la population et non pour poser à nos dirigeants les questions qui fâchent.
Lors des récents incendies dans le Sud-Ouest de la France, les médias ont ainsi focalisé notre attention sur le manque de canadairs, négligeant de la sorte les problèmes essentiels de manque d’entretien des pares-feux ou de la monoculture du Pin dans des zones à risque dont j’ai eu l’occasion de parler dans un récent article. **
Aujourd’hui, cette même Presse nous présente l’invasion de l’enclave de Ceuta par des milliers d’individus comme un problème d’immigration. Pour son public de tendance nationaliste, elle se sert de la peur provoquée par ces hordes de jeunes gens prenant d’assaut la petite enclave espagnole, et pour son public plutôt mondialiste, elle utilise la pitié en soulignant la détresse de ces pauvres jeunes fuyant la misère. Toujours les mêmes recettes : la Presse utilise la colère, la peur ou la pitié pour manipuler les foules, et nous tenir à l’écart des vrais problèmes.
Quand on voit plus de soixante mille jeunes adultes monter simultanément à l’assaut de la petite ville de Ceuta, on suspecte un minimum d’organisation. Pire, on a le sentiment que cette multitude de migrants est utilisée comme une arme !
En mai 2021, le gouvernement marocain avait déjà utilisé cette arme. A cette époque, le Maroc se disputait la région du Sahara occidental avec les indépendantistes du Front Polisario soutenu par l’Espagne. Pour rompre ce soutien, le Maroc avait laissé entrer plus de dix mille migrants dans l’enclave de Ceuta. Face à une telle crise, l’Espagne s’était plié aux désirs du gouvernement marocain, abandonnant toutes relations officielles avec le Front Polisario.
De leur côté, les États-Unis et Israël avait reconnu dès 2020 la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental faisant ainsi du Maroc un précieux allié. Aujourd’hui, alors que le gouvernement espagnol soutient les palestiniens de Gaza, alors que le gouvernement espagnol empêche l’armée américaine d’utiliser ses bases militaires pour attaquer l’Iran, on peut comprendre l’irritation d’un Donald Trump ou d’un Benjamin Netanyahou à l’encontre de Pedro Sanchez. Dans ce billard politique à trois bandes, on peut facilement imaginer Donald Trump, Benjamin Netanyahou et le roi du Maroc envoyer un message d’avertissement à Pedro Sanchez pour le rendre plus coopérant : la prochaine vague de migrants pourrait être pire !
Autrement dit, il ne serait pas étonnant que de tels personnages utilisent la misère humaine en guise d’arme politique.
Ce terrible constat fait penser à ce passage de l’Évangile de Matthieu où Jésus est ému de compassion devant une foule espérant en un avenir meilleur :
« Quand Jésus sortit de la barque, il vit une grande foule et fut ému de compassion pour eux parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses. Comme l’heure était avancée, ses disciples s’approchèrent de lui et dirent : ce lieu est désert et l’heure est avancée, renvoie les afin qu’ils aillent dans les campagnes des environs pour acheter de quoi manger.
Jésus leur répondit : donnez leur vous-mêmes à manger.
Mais ils lui dirent : nous n’avons ici que cinq pains et deux poissons.
Et il dit : apportez les moi. Il fit asseoir la foule et prit les cinq pains et les deux poissons et levant les yeux au ciel, il rendit grâce. Puis il rompit les pains et les donna aux disciples qui les distribuèrent à la foule. »
Jésus s’est intéressé à cette foule de miséreux, il a pris soin d’eux en leur procurant de la nourriture mais surtout, il leur a offert une espérance dans le Royaume de Dieu. Nos dirigeants au contraire utilisent les foules de malheureux pour régler leurs propres conflits, les manipulant sans l’ombre d’un remord : quel contraste !
* * – Parole de forestier
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Messe, rosaire et disco-polo : le phénomène des médias catholiques du père Rydzyk
Le 8 août, à Toruń, des milliers de Polonais ont célébré la 18e Action de grâce en famille (Dziękczynienie w Rodzinie), le rassemblement annuel de la mouvance de Radio Maryja. L’occasion de faire découvrir le phénomène des médias catholiques du père Tadeusz Rydzyk, régulièrement attaqués par les milieux libéraux et de gauche en Pologne.
Le père Tadeusz Rydzyk est un religieux de la congrégation de l’ordre missionnaire catholique des rédemptoristes. Il dirige le groupe médiatique Lux Veritatis qui comprend le quotidien national « Nasz Dziennik », Radio Maryja et la chaîne de télévision TV Trwam. Ce milieu est depuis des années régulièrement critiqué, et parfois ouvertement attaqué, par les médias libéraux de gauche en raison de ses positions catholiques, conservatrices, patriotiques et pro-vie, mais aussi en raison de son poids au sein d’une partie de l’électorat polonais.
L’Action de grâce en famille est une fête annuelle de plusieurs heures organisée depuis 2009. Le rassemblement a lieu au sanctuaire de Notre-Dame Étoile de la Nouvelle Évangélisation et de saint Jean-Paul II, près du « Port au bois » (Port Drzewny) à Toruń, une ville connue des touristes pour son architecture médiévale. Les organisateurs de cet événement annuel sont Radio Maryja et l’ordre des rédemptoristes, avec le concours des étudiants de l’Académie de Culture sociale et médiatique, un établissement d’enseignement supérieur fondé par les mêmes cercles médiatiques des pères rédemptoristes.
Le programme de cette dernière édition était minutieusement réglé : à 12 heures, une messe solennelle présidée par l’évêque Józef Szamocki ; à 15 heures, le Chapelet de la Miséricorde divine ; à 17 heures, le rosaire et une procession avec la statue de Notre-Dame de Fátima. À cela s’ajoutaient des consultations médicales gratuites, un village éducatif des pompiers et des concerts. La soirée s’achève traditionnellement avec le groupe Bayer Full, représentant du disco-polo, un genre de musique populaire en Pologne, de type « disco ».
L’ampleur de l’événement se mesure bien à l’édition de 2025, lorsque la messe fut présidée par le nonce apostolique en Pologne, l’archevêque Antonio Guido Filipazzi. Il transmit alors la bénédiction pontificale, évoquant la famille comme une « réalité positive, grande et belle ».
En 2021, c’est le ministre de l’Éducation Przemysław Czarnek, homme politique de Droit et Justice (PiS), la principale formation conservatrice de droite en Pologne, qui prit part à l’événement. Preuve que l’Action de grâce attire aussi les représentants des plus autres autorités de l’État, lorsque le pays est gouverné par le camp favorable aux médias des pères rédemptoristes.
Malgré ces soutiens, ce milieu n’a pas la vie facile. Le reportage « 29 ans d’impunité. Le phénomène du père Tadeusz », diffusé par TVN24, la plus grosse chaîne d’information privée de Pologne, de profil libéral, reste emblématique de ces tensions. Le titre lui-même laissait entendre que le père Rydzyk s’était rendu coupable d’actes révoltants sans jamais en subir les conséquences, grâce à des arrangements politiques.
Dans un courrier adressé à la chaîne, l’avocat du père Rydzyk a formulé trois griefs : le reportage laissait entendre des actes punissables sans qu’aucune condamnation n’ait été prononcée ; il présentait le religieux comme le propriétaire d’un « empire médiatique », alors qu’en tant que religieux ayant prononcé des vœux de pauvreté il ne possède formellement aucun patrimoine ; enfin, il lui reprochait de profiter d’arrangements politiques.
L’ampleur des réactions fut considérable : après sa mise en ligne sur YouTube en 2023, le Conseil national de la radiodiffusion et de la télévision (KRRiT) — le régulateur polonais des médias, équivalent de l’Arcom française — a reçu plus de 26 656 plaintes de téléspectateurs.
Du point de vue même de la mouvance de Radio Maryja, ce différend s’inscrit dans un conflit de visions du monde plus large : entre le sécularisme libéral dominant dans une partie des médias polonais et l’ordre social chrétien que cette mouvance s’efforce de défendre et de promouvoir dans l’espace public.
Autre exemple de ces tensions : la « Hyène de l’année 2024 », un anti-prix satirique décerné chaque année par l’Association des journalistes polonais (SDP), l’une des deux grandes associations professionnelles de journalistes en Pologne. Il a été attribué aux journalistes Dorota Wysocka-Schnepf et Grzegorz Nawrocki, de TVP Info, la chaîne d’information de la télévision publique pour « récompenser » l’émission « Liaisons dangereuses » du 10 octobre 2024, consacrée au financement des activités du père Rydzyk par des fonds publics sous les gouvernements de Droit et Justice. Le vice-président de la SDP, Mariusz Pilis, a estimé que les journalistes avaient « enfreint presque toutes les règles » de la déontologie, en fondant leur reportage sur des « prétendus faits qui, en réalité, n’ont jamais eu lieu ».
Ce cas montre qu’une partie même du milieu journalistique polonais juge certains reportages critiques sur le père Rydzyk contraires aux normes professionnelles — cela révèle les moyens qu’emploient les médias désireux de salir le rédemptoriste. Le différend institutionnel le plus grave à l’heure actuelle est l’affaire du musée « Mémoire et Identité » à Toruń, consacré à Jean-Paul II. Il a été édifié en 2018-2019 en vertu d’une convention conclue entre la fondation Lux Veritatis et le ministre de la Culture de l’époque, Piotr Gliński.
Un contrôle de la cour des comptes polonaises (NIK) a mis au jour d’importants dépassements budgétaires : la construction aurait coûté 149 millions de zlotys au lieu des 74 millions prévus. L’actuel ministère de la Culture a assigné la fondation en remboursement de 210 millions de zlotys, et le Bureau central de lutte contre la corruption (CBA), le service polonais de lutte contre la corruption, a perquisitionné à deux reprises les locaux de la fondation.
Ces mesures ont commencé après la prise du pouvoir, en 2023, par la Coalition civique gaucho-libérale de Donald Tusk. La vice-ministre de la Culture Marta Cienkowska assure que le gouvernement ne cherche pas à supprimer l’institution, mais à revenir sur une convention patrimoniale qui aurait été défavorable à l’État. Plus de 500 000 personnes ont pourtant pris la défense du musée, en signant une pétition organisée par l’Équipe de soutien à Radio Maryja.
Radio Maryja et les autres médias de la fondation Lux Veritatis ne sont pas les seuls médias catholiques à avoir subi ce genre de procédés de la part du gouvernement de Donald Tusk. Bartłomiej Sienkiewicz fut ministre de la Culture au début de la législature de ce gouvernement. C’est à son initiative que fut adressée une lettre demandant aux institutions culturelles de préciser si, entre 2015 et 2023, elles avaient versé de l’argent à toute une liste d’organisations à sensibilité conservatrices et catholiques qui ont ensuite fait l’objet de répressions de la part du gouvernement de Donald Tusk. La liste en question, qui avait fuité dans les médias au début de l’année 2024, avait été qualifiée de « liste noire de Sienkiewicz ». Cette démarche concrétisait une revendication de la Coalition civique gaucho-libérale que le ministre de la Culture avait résumée, en février 2024, en ces termes : « c’est l’un de nos engagements de campagne : les hommes d’affaires liés à l’Église ne s’engraisseront pas sur l’argent public destiné à la culture ».
Les personnes pour qui Radio Maryja compte comme une radio importante affrontent aussi, depuis des années, des étiquettes. La plus célèbre est celle des « bérets en mohair » (moherowe berety) — une expression née du couvre-chef caractéristique que portent de nombreuses femmes âgées en Pologne. Elle a collé aux auditeurs de Radio Maryja après qu’en décembre 2005 le reporter-photographe Robert Górecki eut publié une photo des célébrations du 14e anniversaire de la radio, montrant une foule de femmes portant ce type de béret. Les auditeurs et téléspectateurs des médias des pères rédemptoristes ont aussi souvent été qualifiés de « secte », une formule employée par un sociologue, le professeur Ireneusz Krzemiński, en commentant un sondage pour Gazeta Wyborcza, le principal quotidien libéral national, dès septembre 2013.
Ces épithètes, répétées depuis vingt ans, montrent le caractère durable de la tension entre la mouvance de Radio Maryja et une partie des élites médiatiques et universitaires polonaises, pour qui le profil catholique et patriotique (et pro-vie) de ces médias reste inacceptable. Ces médias catholiques ne sont pourtant pas sur la défensive, bien au contraire. Ils se développent régulièrement. Selon le site Press.pl, entre 2021 et 2024, le nombre estimé d’auditeurs de Radio Maryja est passé d’environ 573000 à quelque 712000.
En juillet 2026, lors du 35e Pèlerinage de la Famille de Radio Maryja à Jasna Góra, le sanctuaire qui abrite la célèbre icône miraculeuse de la Vierge noire de Częstochowa, les messes ont été présidées par l’archevêque Zbigniew Zieliński et l’évêque Wiesław Szlachetka. Le pape Léon XIV lui-même a alors adressé ses salutations aux pèlerins de Radio Maryja lors de la prière de l’Angélus, et le président polonais Karol Nawrocki a adressé une lettre aux participants.
Les foules rassemblées au bord de la Vistule à Toruń le 8 août n’avaient rien d’un événement marginal : malgré deux décennies de controverses, la mouvance de Radio Maryja demeure une communauté de foi vivante, nombreuse et toujours croissante, et aussi une force d’évangélisation, au cœur de la Pologne catholique.
Jakub Miśkiewicz
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De Maria numquam satis
On connaît cette phrase de saint Bernard: on ne parlera jamais assez de Marie. Sous ce prestigieux patronage, un colloque international doit se tenir à Rome les 7 et 8 octobre prochains, dans les locaux de l’université des Augustiniens, à deux pas du Vatican. Ce colloque se tiendra en trois langues: italien, anglais et français. Vous pouvez découvrir le programme et vous inscrire en cliquant ici.
Le juste exercice de la force est la première des miséricordes
Le père Louis-Marie de Blignières a publié un ouvrage pour nous aider à vivre La Vie en Christ, avec les Pères de l’Eglise et saint Thomas d’Aquin. Le livre a été préfacé par Mgr Macaire, archevêque de Martinique, et a reçu l’Imprimatur de Mgr Dupont, évêque de Laval. Dans la préface, Mgr Macaire écrit :
Dans un monde où tant de repères vacillent – géopolitiques, culturels, spirituels –, ce livre a la saveur d’une parole ferme et paisible. Il rappelle que le dessein de Dieu pour l’homme n’a rien perdu de sa force, que les sacrements demeurent les lieux où l’on fait aujourd’hui encore l’expérience de la Trinité vivante, que la vocation chrétienne est une vocation à l’espérance.
Ce bel ouvrage, offert à la fin d’un jubilé précisément consacré à l’Espérance, en est comme l’un des fruits mûrs. Puissent ces pages aider le lecteur à redécouvrir, dans la clarté de la doctrine et la douceur de la vie spirituelle, la joie de suivre le Christ et de vivre vraiment en Lui.
Le fondateur de la communauté Saint-Vincent Ferrier évoque trois des sept sacrements, baptême, confirmation et eucharistie. Dans le chapitre sur la confirmation, il évoque tour à tour les sept dons du Saint-Esprit, parmi lesquels le don de conseil, qui lui permet d’aborder les concepts de miséricorde, de justice et de correction fraternelle :
Il faut avoir le courage d’affirmer que le juste exercice de la force est la première des miséricordes.
C’ets une miséricorde vis-à-vis des victimes potentielles, évidemment. Mais c’est aussi une miséricorde vis-à-vis des agresseurs : le premier droit du malfaiteur, c’est la peine. Faire preuve de lâcheté devant des fanatiques d’une religion dont la crédibilité tient essentiellement à la force, c’est commettre un crime : celui de les renforcer dans leur délire meurtrier qui, demain, frappera plus fort.
On peut dire que la miséricorde est une compassion active inspirée par la charité et éclairée par la vraie prudence et la foi. Si elle est ainsi réglée, la miséricorde est pour nous, plus qu’un sentiment que nous éprouvons, une action rationnelle inspirée de pitié. C’est la plus grande des vertus, celle qui nous rend actifs par rapport au prochain dans la misère, comme Dieu a fait par l’incarnation rédemptrice, pour nous sortir de la misère du péché et de la mort.
Le diocèse de Rome annule les obsèques religieuses d’un artiste franc-maçon
Bruno Battisti D’Amario, guitariste classique, compositeur et pédagogue italien, est mort le 5 août 2026 à Rome à l’âge de 88 ans. Ses funérailles, prévues le 7 août à la basilique Santa Maria in Montesanto (connue comme “l’église des artistes”) de Rome, ont finalement été annulées après la révélation de son appartenance à la franc-maçonnerie. L’hommage officiel publié sur le site du Grand-Orient d’Italie a mis en lumière cet engagement que l’artiste avait maintenu dans la discrétion de son vivant.
Fondateur de la loge romaine du Grand-Orient d’Italie et compositeur de l’hymne officiel de cette organisation, cet artiste était un proche collaborateur d’Ennio Morricone. Après la révélation de son appartenance maçonnique alors que ses obsèques était déjà programmés, le recteur de l’église des artistes, située sur la Piazza del Popolo, Mgr Antonio Staglianò, a expliqué au Corriere della Sera avoir été alerté par la secrétairerie d’État du Saint-Siège et avoir sollicité le cardinal Baldassare Reina, vicaire général du diocèse de Rome:
«Je lui ai demandé de me faire transmettre par le service juridique une déclaration concernant l’impossibilité de célébrer les obsèques dans l’église».
Une courte prière a toutefois pu se tenir comme geste de «charité chrétienne», car «nous, catholiques chrétiens, devons et pouvons espérer pour tous», a précisé Mgr Staglianò, par ailleurs président de l’Académie pontificale de théologie. La décision du vicariat de Rome concernait donc une distinction formelle entre les funérailles religieuses et une brève prière.
Le même jour, toujours en Italie, un cas similaire s’est produit dans le diocèse de Vintimille et San Remo concernant Mario Tarducci, 73 ans, ancien «maître vénérable» de la loge Mimosa n°985 de Bordighera. L’évêque de ce diocèse, Mgr Antonio Suetta, a suspendu les funérailles prévues à Camporosso après avoir appris l’appartenance maçonnique du défunt par la presse locale et les avis de décès, alors que la célébration était déjà annoncée.
Le Vatican avait rappelé en 2023 que la ferme interdiction édictée par le cardinal Joseph Ratzinger en 1983 demeure pleinement en vigueur.
La Déclaration de 1983, signée par le cardinal Ratzinger, rappelait que les catholiques inscrits dans les loges maçonniques sont «en état de péché grave».
Avorter jusqu’à la naissance
Maura Healey, gouverneur du Massachusetts, a signé la loi qui supprime les restrictions à l’avortement jusqu’à la naissance. Cette loi avait été adoptée par les députés de l’Etat le 22 juillet par 119 voix contre 33, et au Sénat le 31 juillet par 15 voix contre 4.
En mai 2024, Maura Healey, lesbienne militante, rencontrait le pape François :
As a Catholic, I believe in our responsibility to care for others, especially those who are the most vulnerable among us. That obligation must be at the center of our response to climate change as well.
It was a tremendous honor to meet His Holiness Pope Francis last week at… pic.twitter.com/RCdQ9vBrco
— Governor Maura Healey (@MassGovernor) May 23, 2024
« En tant que catholique, je crois en notre responsabilité de prendre soin des autres, en particulier des plus vulnérables d’entre nous. Cette obligation doit également être au cœur de notre réponse au changement climatique. Ce fut un immense honneur de rencontrer Sa Sainteté le pape François la semaine dernière lors du Sommet du Vatican sur le climat. Je lui suis profondément reconnaissant pour son leadership en matière de climat, ainsi que pour les paroles sages et inspirantes qu’il a adressées aux dirigeants du monde entier : pour protéger nos populations et notre planète, nous devons « agir avec urgence, compassion et détermination, car les enjeux ne pourraient être plus importants ».
Maura Healey devrait-elle se voir refuser la communion après avoir signé la loi autorisant les avortements jusqu’à la naissance ?
Réaction de Mgr Barron, évêque de Winona :
Le gouverneur du Massachusetts vient de signer une loi qui autorise l’avortement jusqu’au moment de la naissance, tant que la mère et le médecin donnent leur accord.
Comprenez bien ce que cela signifie. Un enfant complètement formé, quelques instants avant de sortir du canal utérin, peut être éviscéré, haché en morceaux, avoir le crâne écrasé ou la peau brûlée – tout cela sous la pleine protection de la loi du Massachusetts.
Ce que j’ai trouvé particulièrement répugnant, c’était la réaction de la foule entièrement féminine autour de la gouverneur féminine du Massachusetts alors qu’elle signait cette disposition barbare. Elles applaudissaient et riaient avec délice parce que ce qu’on ne peut qualifier que d’infanticide peut désormais être pratiqué en toute impunité dans leur État.
J’ai l’âge de me souvenir de l’époque où Mario Cuomo, le gouverneur de New York, fervent catholique, admettait que, bien qu’il trouvât personnellement l’avortement répugnant, il était, après une lutte tourmentée avec sa conscience, prêt à lui accorder une protection légale limitée.
Comme nous sommes tombés bas, du Cuomo tourmenté et déchiré jusqu’à la gouverneur actuelle du Massachusetts et son entourage applaudissant avec joie le meurtre d’enfants.
En France, avec l’interruption Médicale de Grossesse (IMG) il est également possible d’avorter jusqu’à la naissance.
🤷🏼♀️🤷♂️Nos adversaires ont toujours refusé de répondre à cette question :
À partir de quand un être humain devient-il un être humain ?
Tant que cette question reste sans réponse, il devient facile de déplacer les limites : 10 semaines, 14 semaines, 24 semaines… Pourquoi pas… pic.twitter.com/5BzQAIYgWT
— Marche pour la Vie (@MarchePourLaVie) August 12, 2026
École Notre-Dame des Champs (Provins 77) : Inscriptions rentrée 2026
Face aux défis immenses que traverse l’Éducation nationale et à la perte progressive des repères fondamentaux, de plus en plus de parents font le choix légitime de se tourner vers l’enseignement libre. C’est pour répondre à cette exigence de vérité, de transmission et de construction intellectuelle et morale que l’école Notre-Dame des Champs, implantée à Provins (77), accueille vos enfants dans un cadre structurant et familial.
Une pédagogie de l’effort et de la rigueur
Notre établissement hors contrat s’attache à renouer avec les méthodes qui ont fait leurs preuves. L’apprentissage rigoureux de la lecture par la méthode syllabique, de l’écriture manuscrite, du calcul et de la grammaire constitue le socle indispensable de notre enseignement. L’histoire y est transmise avec le souci de la chronologie et de l’amour du patrimoine, permettant à chaque élève de comprendre ses racines pour mieux se projeter dans l’avenir.
Un climat propice à l’étude et au développement personnel
Parce que l’enfant a besoin de cadres clairs pour grandir en toute confiance, notre école veille scrupuleusement à maintenir un climat de respect, de discipline et de civisme. L’effectif maîtrisé de nos classes permet un suivi individualisé et attentif de chaque élève, tenant compte de ses talents propres comme de ses exigences de progression, afin de le mener vers l’excellence.
Rejoignez-nous pour la rentrée
Si vous souhaitez offrir à vos enfants un enseignement exigeant, respectueux de l’autorité des maîtres et enraciné dans les valeurs traditionnelles, nous vous invitons à nous contacter dès à présent.
Pour tout renseignement complémentaire, demande de documentation ou pour planifier une rencontre avec la direction, vous pouvez nous joindre par l’intermédiaire de notre secrétariat.
A très bientôt au sein de notre établissement
La Direction
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Euthanasie : le gouvernement s’autocritique
Lu dans Le Figaro. Le mémoire produit par le gouvernement à destination du Conseil constitutionnel contredit les propos tenus par les ministres lors des débats :

Demande de stage conventionné (1 à 2 mois dès Septembre 2026) – Assistant(e) Développement Commercial & Communication – Solution d’hébergement incluse
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Le grand mérite de saint Louis fut de distinguer clairement les pouvoirs temporels et spirituels sans les séparer comme aujourd’hui
A l’occasion du 800e anniversaire du sacre du roi saint Louis qui sera fêté le 29 novembre, L’Homme Nouveau consacre un numéro à ce grand roi de France. Le colonel (er) François-Régis Legrier, professeur de géopolitique, auteur de Saint Louis, modèle des chefs d’Etat, a été interrogé sur ce roi au service du bien commun. Extrait :
Saint Louis est une leçon à part entière, et pas seulement pour le chrétien : pour tous les chefs d’État et, plus largement, tous ceux qui ont une autorité. Car les principes de philosophie politique qu’il incarne dépassent le seul domaine de la foi et s’appliquent de manière universelle. Saint Louis n’était pas seulement un roi pieux ; il était doté d’un véritable sens politique nourri par sa foi. Donc, même en étant athée, on peut puiser dans l’exemple de saint Louis des leçons de bonne vertu politique. Je pense à l’exercice du bien commun, de la justice, au bon usage de la force… De plus, malgré le fait que le Moyen Âge soit une période extrêmement différente, on peut dégager un certain nombre de permanences. Si nous n’avons plus de grands barons, nous avons nos multinationales, nos grands corps d’État, qui parfois peuvent remettre en cause l’autorité de l’État. Et surtout, le cœur humain ne change pas : la soif de puissance, le désir d’argent sont de toutes les époques.
Cela en a-t-il fait une figure d’autorité éloignée de ses sujets ?
Le général De Gaulle disait que le pouvoir ne va pas sans prestige, et le prestige sans éloignement. Mais ce fut tout le contraire pour saint Louis : il avait à la fois une haute idée de sa fonction et une très grande proximité avec les gens de toutes conditions sociales. D’une manière générale, les rois capétiens avaient cette bonhomie naturelle, cette simplicité avec leur entourage, mais ce fut encore plus vrai chez lui. Il était particulièrement proche de sa famille. Il l’était aussi de ses conseillers, à commencer par Joinville qui deviendra son biographe, de ses soldats à qui il n’hésitait pas à donner l’exemple : en 1253, apprenant qu’une garnison chrétienne a été massacrée par les mamelouks à Sidon, saint Louis se rend sur les lieux et enterre lui-même les cadavres en décomposition, incitant ses chevaliers à faire de même. Il voulait être accessible à tous, à la fois au-dessus et au milieu des siens, exemple autant que présence.
Comment saint Louis envisageait-il la relation entre pouvoir spirituel et pouvoir temporel ?
Cette relation était compliquée au Moyen Âge, car le peuple chrétien demeurait sous une double juridiction, celle du roi et celle de l’Église. De plus, beaucoup d’évêques se trouvaient être aussi des seigneurs, gérants de domaines. Dans ce contexte, le grand mérite de saint Louis fut de distinguer clairement les deux pouvoirs sans les séparer comme aujourd’hui. Concrètement, s’il appliqua les principes chrétiens dans l’exercice du pouvoir, il sut s’opposer à certains empiétements du clergé. Par exemple, il s’opposa à ce qu’un seigneur, frappé d’excommunication, se vît confisquer ses biens temporels. Il n’hésita pas non plus à écrire au Pape pour lui faire des remontrances assez sévères sur des questions financières, notamment l’attribution des bénéfices ecclésiastiques. On aurait pu l’accuser de servir ses propres intérêts, mais sa générosité personnelle remarquable et sa grande piété l’exemptaient de tout soupçon ! […]
Quel est le secret de saint Louis ?
Je dirais : l’unité intérieure. On a tendance aujourd’hui à séparer la conviction et l’éthique. Saint Louis, précisément, les unifiait. Dans l’exercice de notre devoir d’état, il y a une façon de se comporter chrétiennement et saint Louis nous rappelle que c’est possible, y compris quand on occupe des postes de très haute responsabilité. Cette unité intérieure, saint Louis l’a trouvée dans le serment du sacre lui faisant un devoir d’exercer la justice et la charité, sacre dont nous fêterons le 29 novembre prochain le 800e anniversaire. Il l’a aussi puisée dans la récitation quotidienne des Psaumes et l’assistance à la sainte messe.
Pour que le monde ait la Vie
Les évêques de France ont dévoilé une intention particulière qui sera proposée lors de la prière universelle qui sera dite lors de la célébration de l’Assomption, le 15 août:
La solennité de l’Assomption marque l’anniversaire de la consécration de la France à la Vierge Marie. Prions pour notre pays: que le voyage apostolique de Léon XIV en France et à l’Unesco du 25 au 28 septembre soit une source de grâces pour notre Église, pour tous les habitants de notre pays et même au-delà, et qu’il nous encourage à prendre notre part dans l’annonce joyeuse de l’Évangile, pour que le monde ait la vie. Par l’intercession de la Vierge Marie, prions le Seigneur.
Une prière pour accueillir le pape Léon XIV a également été proposée:
Seigneur notre Dieu, Toi qui ne cesses de semer en nos cœurs le désir de vivre dans la justice et la paix, nous te rendons grâce pour la visite en France et à l’Unesco de notre Saint-Père, le pape Léon XIV. Bénis son voyage apostolique. Prépare nos cœurs à l’accueillir avec joie. Donne-nous de recevoir ses paroles avec confiance. Apprends-nous à servir la magnifique humanité que tu as créée. Fortifie notre foi, affermis notre espérance, stimule notre charité. Par l’intercession de Notre-Dame et de tous les saints de France, fais de nous des artisans d’unité, pour que le monde ait la vie. Que le voyage apostolique du pape Léon XIV porte des fruits abondants et heureux pour l’Église, notre pays et le monde, Toi l’Auteur de la vie pour les siècles des siècles. Amen.
Euthanasie : intervention de l’ONU auprès du Conseil constitutionnel
De l’ECLJ :
Alors que le Conseil constitutionnel va rendre sa décision sur « l’aide à mourir » dans les tout prochains jours, un juge fédéral américain de New York vient de donner raison à des congrégations catholiques, dont les Petites Sœurs des Pauvres. Il a en effet ordonné ce 31 juillet que ces congrégations ne soient pas obligées de participer à la procédure de suicide assisté. Cette première décision en référé est prise dans l’attente d’une décision sur le fond. C’est une première victoire qui doit encore être confirmée. Mais cela va dans le bon sens.
La seconde bonne nouvelle est l’intervention de Mme Nazila Ghanea, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la liberté de religion ou de conviction. Celle-ci a en effet écrit au gouvernement français puis au Conseil constitutionnel pour leur rappeler leur obligation, au titre du droit international, de respecter les libertés de conscience et de religion des professionnels de santé, y compris des pharmaciens, ainsi que la liberté des établissements religieux face à l’euthanasie et au suicide assisté.
Cette intervention est un fruit de l’engagement de Sœur Agnès aux Nations Unies à Genève le 3 marsdernier. Peut-être vous souvenez-vous du discours de cette religieuse et médecin des Petites Sœurs des Pauvres devant le Conseil des droits de l’homme ? Grâce à son statut d’ONG, l’ECLJ, l’avait alors accompagnée à l’ONU pour lui donner la parole et l’introduire auprès de Mme Nazila Ghanea à qui nous avons exposé la situation en détail.
L’intervention de Nazila Ghanea auprès du gouvernement français a déjà contribué à la suppression du « délit d’entrave » qui condamnait à 2 ans de prison et à 30 000 euros d’amende les établissements objecteurs, entre autres.
La nouvelle intervention de Nazila Ghanea auprès du Conseil constitutionnel est aussi très importante, car la Rapporteuse spéciale, élue par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, possède une grande autorité. Elle est la référence mondiale en matière de liberté de conscience et de religion. Son intervention vient renforcer la contribution extérieure cosignée par d’anciens juges de la Cour européenne et commissaires européens, ainsi que par des universitaires de renom, à l’initiative de l’ECLJ.
Le Conseil constitutionnel ne peut donc pas ignorer la question de la liberté des établissements. Il doit se prononcer en détail sur ce point, d’autant plus qu’il a été soulevé par le Président du Sénat, le Premier ministre, les sénateurs et les députés dans leurs saisines respectives.
Vous le savez, la liberté des établissements religieux est extrêmement importante. Elle l’est non seulement pour les religieuses, qui ne devraient jamais être contraintes de choisir entre participer à une euthanasie et perdre leurs établissements. Elle l’est aussi pour les patients et les résidents vulnérables, afin qu’existent encore en France des lieux où nous puissions être en sécurité et soignés avec une véritable charité.
Ces lieux doivent continuer à exister en France.
La décision du Conseil est attendue dans les tout prochains jours. D’ici là, nous pouvons prier à cette intention. Puissions-nous rendre grâce le 15 aoûtpour la décision du Conseil constitutionnel.
Mais quelle que soit cette décision, l’ECLJ poursuivra ce « bon combat » au service des congrégations confrontées, à travers le monde, à cette obligation gravement injuste. La « bataille » pour la liberté de conscience face à l’euthanasie s’étend à travers les pays occidentaux. Elle est menée actuellement non seulement en France et aux États-Unis, mais aussi au Canada, où des hôpitaux catholiques sont harcelés en justice, ainsi qu’en Belgique où la loi va jusqu’à condamner les établissements catholiques qui interdisent à leur personnel de pratiquer l’euthanasie. C’est une véritable persécution qui leur est infligée par les promoteurs de l’euthanasie. Le conflit couve aussi en Espagne et au Portugal.
L’intervention de Nazila Ghanea auprès du Conseil constitutionnel,
Même si vous pensez être un animal ou un fer à repasser vous pouvez être bénévole pour la venue du pape à Metz [Addendum]
On ne sait pas quelle mouche LGBTQXYZ a piqué le diocèse de Metz pour ajouter un troisième genre à définir dans son formulaire d’inscription pour être bénévole lors de la venue du pape :

Addendum :
Un lecteur facétieux propose de réécrire le texte introductif sur la page d’inscription du diocèse de Mos.elle.il ! :
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Prix des lecteurs Actu’ailes-123 Loisirs, 2026, 6ème édition – C’est vous qui déciderez !
Actu’ailes un bimensuel d’actualités gratuit pour les 10-15 ans : lancé en 2013 par une quinzaine de parents, il vise à offrir une information régulière qui fait grandir, éveille la curiosité et donne le goût des grandes choses. Les articles sont basés sur des descriptions de faits d’actualité dont ils expliquent les origines, souhaitant permettre à l’enfant de comprendre le monde qui l’entoure. Les articles sont courts et conçus comme un moyen d’initier une réflexion qui se poursuivra par la lecture d’un livre, la visite d’un site internet, ou encore une discussion en famille.
Le Prix des lecteurs Actuailes-123 loisirs est un prix littéraire jeunesse qui vous propose de voter pour votre coup de cœur parmi une sélection de cinq livres.
Le 28 novembre 2026, l’auteur du roman qui aura remporté le plus de voix sera récompensé grâce à vous ! Les votes ouvriront dès le 7 novembre, mais d’ici là, vous avez tout le temps de découvrir les livres de la sélection.
N’hésitez pas à en parler autour de vous : à vos amis, à vos cousins, mais aussi à vos professeurs de français ou à vos maîtresses. Peut-être pourrez-vous donner envie à toute votre classe de participer à ce prix !
Sur 123 LOISIRS, un site de haute qualité de littérature pour la jeunesse, vous trouverez toutes les présentations de ces ouvrages : https://123loisirs.com/qui-sommes-nous/
Les cinq ouvrages sélectionnés pour ce prix 2026, sont disponibles sur LIVRES EN FAMILLE :
– CLOVIS, LA NAISSANCE D’UN ROYAUME, de Thomas Oswald. Collection « Grandes figures de l’Histoire de France », Plein Vent. 223 pages, 14,90 euros. Dès 12 ans. https://www.livresenfamille.fr/de-12-a-14-ans/29435-clovis-la-naissance-d-un-royaume-grands-figures-de-l-histoire-de-france.html
Une biographie qui se lit comme un roman, enrichie de notes historiques, repères chronologiques et lexique.
– LE ROYAUME PERDU D’ERIN. La trilogie, d’Anne-Elisabeth d’Orange. Emmanuel jeunesse, 460 pages env. et 22 euros chaque tome. Dès 13 ans. https://www.livresenfamille.fr/de-12-a-14-ans/25045-le-royaume-perdu-d-erin-livre-i-le-mercenaire.html
Esprit chevaleresque, souffle épique et fantaisie, dans une belle inspiration incarnée par des personnages bien campés.
– TAKASHI ET MIDOR – LES AMOUREUX DE NAGASAKI, d’Isabelle Stock, collection « Toi et moi vers Dieu ». Emmanuel jeunesse, 386 pages, 19,90 euros. Dès 14 ans. https://www.livresenfamille.fr/biographies-temoins-saints/30581-takashi-et-midori-les-amoureux-de-nagasaki.html
Style alerte, nombreux dialogues et profondeur psychologique.
– TITANIC – LA NUIT QUI CHANGEA TOUT, de Peggy Boudeville, Fleurus. 208 pages, 14,95 euros. Dès 11 ans. https://www.livresenfamille.fr/de-12-a-14-ans/30056-titanic-la-nuit-qui-changea-tout.html
Roman historique captivant, supplément pour les curieux et mise en valeur de l’amitié.
– INDICATIF OZYMANDIAS’EGYPTE 1942, de Saint Calbre et La Raudière. Via Romana, 228 pages, 14 euros. Dès 14 ans. https://www.livresenfamille.fr/a-partir-de-1516-ans-et-plus/29484-indicatif-ozymandias-egypte-1942-semblable-a-la-nuit-3.html
Récit trépidant, avec une bonne toile de fond historique et militaire. Style vif, suspense et émotion.
Nous vous souhaitons de très belles lectures et de joyeuses vacances.
Et que le meilleur gagne !
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Église Saint-Germain de Rouy
A l’est de Nevers, en direction d’Autun s’étend la région du Bazois. En suivant la D. 978, on arrive à Rouy, gros village d’environ 600 âmes, dominé par le clocher de l’église saint Germain.
Dans le chœur, on verra une représentation d’un Christ entouré de l’aigle de saint Jean et l’Homme symbolisant saint Matthieu. Le reste ayant été irrémédiablement perdu.
Bien proportionnée, et constituée d’une nef et deux bas-côtés, il faudra aux visiteurs prendre le temps d’en admirer l’ornementation parfois très riche, bien digne du goût des clunistes, le portail est, les chapiteaux et le portail ; notamment. C’était autrefois un prieuré relevant de Cluny.

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A l’orée du bourg, il est possible de voir le château de Vesvres.
Saint Louis, roi et saint
Dimanche 9 août, Terres de mission reçoit Jean-Noël Toubon, auteur de “Saint Louis sur le chemin de la canonisation” (Voxgallia), à l’occasion du huitième centenaire du sacre du grand roi. C’est l’occasion d’évoquer en profondeur un aspect central, mais trop souvent occulté par les historiens, de la vie de Saint Louis: sa profonde foi chrétienne, âme et moteur de toute son action politique.
De la Comédie-Française de Martin Darondeau et Bertrand Usclat
De Bruno de Seguins Pazzis :
Les tumultes des répétitions d’une pièce de la Comédie-Française, la première mise en scène de la comédienne Nina. Elle va devoir mener à bien cette mise en scène, d’autant plus que la règle d’or de l’institution est de ne jamais annuler une représentation.
Avec : Pauline Clément (Nina Cardi), Laurent Stocker (Philippe Vialle), Julien Frison (Antoine de Nombel), Marina Hands (Émilie Hamel), Adeline d’Hermy (Suzanne Paturel), Danièle Lebrun (Nadine Guimard), Sefa Yeboah (Issa Diawara, l’ouvreur), Christian Hecq (Jacques Berisset, le régisseur), Serge Bagdassarian (Thibault Fur, l’administrateur général), Séphora Pondi (Mélanie Touré, la maquilleuse), Florence Viala (Fabienne Pastaud, la costumière), Guillaume Gallienne (Stéphane Billot, le gardien), Benjamin Lavernhe (Molière), Françoise Gillard (la ministre de la Culture), Nicolas Chupin (Bastien Feiler, le père de Sacha), Elissa Alloula (la pompière), Nicolas Lormeau (le pompier), Gilles David (Pierre, l’agent de sécurité), Suliane Brahim (Héloïse Colinot), Denis Podalydès (la voix de Radio Molière), Julie Sicard (l’ouvreuse), Éric Ruf (l’homme de l’ascenseur), Noé Griveau Nadal (Sacha, le bébé). Scénario : Bertrand Usclat, Martin Darondeau, Pauline Clément et Clémence Dargent. Directeur de la photographie : Hugo Paturel. Musique : Clément Ducol
Récompenses : Prix spécial du jury, Prix du public, Prix Coup de cœur de la région, Prix Canal+ du meilleur film au (2026).
De la Comédie-Française et de la comédie française… « La mise en scène aussi erre entre couloirs et coulisses, tantôt en caméra collée aux basques de Nina façon Birdman d’Iñarritu, tantôt faisant apparaître Molière en personne pour encourager l’héroïne et parachever un plaidoyer pro domo dont l’institution séculaire n’avait pas besoin. » (Charlotte Garson dans Les Cahiers du cinéma). Cette critique de la revue emblématique de cinéma permet idéalement de rebondir sur tout ce qu’il y a de positif dans cette comédie qui s’avère bien française. Oui, bien française, parce que les scénaristes et les coréalisateurs ont au contraire réalisé une œuvre pouvant attirer un public large dont une partie est très éloignée du théâtre classique. Et ceci, en alliant un esprit précisément classique avec le genre vaudevillesque, même troupier par moment, burlesque et absurde. Ils utilisent toutes les facettes de la comédie, de la plus fine (certaines citations littéraires, certaines réparties) à la plus grossière (« Shakespeare c’est de la merde »). Il faut tout de suite reconnaître que le traitement de la liaison entre Emilie et Antoine aurait pu (même dû) être traitée plus subtilement ce qui aurait permis de rendre le film visible pour tout public. Il n’empêche que cet écart est facilement balayé par l’intelligence de l’ensemble.
Pour la forme, il faut saluer la mise en scène qui est rythmée et virevoltante comme les coulisses d’un théâtre (surtout avant une première ou une générale), qui alterne avec efficacité les plans serrés sur les comédiens qui sont très expressifs et les quasis plans séquences qui suivent dans les couloirs et les étages de l’institution tel ou tel personnage. Il faut enfin pour la forme ne pas oublier de signaler cette scène onirique qui introduit le personnage de Molière, une fulgurance qui ne manque pas de virtuosité, un genre que seul le cinéma peut permettre.
Une scène qui nous amène à évoquer le fond puisque le personnage de Molière, brillamment interprété par Benjamin Lavernhe (au cinéma : Comme un avion de Bruno Podalydès en 2015, Le Discours de Laurent Tirard en 2020, Jeanne du Barry de Maïwenn et L’Abbé Pierre : Une vie de combats de Frédéric Tellier en 2023) déclame la leçon qu’il faut retenir. Certes il ne s’agit pas d’une grande leçon de morale ; simplement du rappel des valeurs immuables de l’institution de la Comédie-Française qu’il n’est pas utile de développer ici et qui sont ici déclamées non sans créer une certaine émotion.
Notons également que les comédiens du Français se mettent en scène sans négliger de poser sur eux un regard critique. Pour quelqu’un qui connaît le monde du spectacle, ce qui est montré au spectateur dans un cadre comique est d’une authenticité parfaite à la limite du docu-fiction sur cette grande maison ! Toutes ces situations et ces dialogues parfois hilarants et mordants sont joués par ces acteurs et actrices forcément merveilleux exceptionnels (jusque dans les rôles les plus courts comme celui de Guillaume Galliene (au cinéma : Les Garçons et Guillaume, à table ! en 2013 également comme réalisateur) en modeste gardien du théâtre) puisque tous du Français, communiquent une énergie débordante, proprement jubilatoire. S’ils sont tous talentueux dans leurs rôles, Laurent Stocker (au cinéma : L’Art d’aimer d’Emmanuel Mouret en 2011, J’accuse de Roman Polanski en 2019, De Gaulle de Gabriel Le Bomin et Adieu les cons d’Albert Dupontel en 2020, Bernadette de Léa Domenach en 2023) et Pauline Clément dominent la situation.
Tout ceci permet de classer cette comédie parmi les belles réussites françaises du genre et de ces dix dernières années : Edmond d’Alexis Michalik en 2019 sur la genèse de Cyrano de Bergerac, Le Retour du héros de Laurent Tirard en 2018, pour ne citer que ces deux-là. Du cinéma qui n’est pas du théâtre filmé mais qui respecte les règles du théâtre classique : unité de temps, de lieu et d’action.Tout simplement français et jubilatoire.
Bruno de Seguins Pazzis
Nevers : exposition sur Cluny
Le musée de Nevers situé au 16 rue Saint-Genest propose une exposition temporaire sur l’ordre de Cluny.
La Nièvre, terre clunisienne s’enorgueillit de compter dans ses rangs le prieuré de La Charité-sur-Loire, une des filles ainées de Cluny ; à moins de cent kilomètres d’un autre très remarquable prieuré : Souvigny (Allier)
Exposition du 1er juillet 25 octobre.

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C’est bien beau de s’embrasser sur Skype, mais ça ne suffit pas…
Prêtre du diocèse de Bordeaux, l’abbé Pierre-Alain Lejeune a publié chez Artège un Eloge spirituel de la rencontre. « Malheur à l’homme seul ! » avertit la Bible. Les autres, mes frères, mes semblables, sont tout autant indispensables qu’insupportables bien souvent. Puisque les rencontres que nous tissons depuis le tout début de notre existence sont le lieu des plus grandes blessures comme des plus grandes joies, il se joue là quelque chose d’essentiel, de vital même pour notre vie d’homme.
Qui cherchons-nous ? Au fil de cet ouvrage, en mêlant des expériences concrètes et l’écoute de la parole de Dieu, se fait jour cette vérité profonde : chaque visage croisé nous prépare à une autre Rencontre. À quelles conditions et par quels chemins pouvons-nous trouver celui que notre coeur cherche ? Une profonde méditation pour découvrir combien nous sommes tous et chacun attendus et sauvés par une Rencontre.
L’auteur revient sur la pandémie et sur l’hystérique distanciation :
Depuis plusieurs années déjà, les guichetiers de La Poste remplacés par des machines, les caissières par des automates et la petite monnaie par le “sans contact” : tout allait vers l’élimination progressive de nos corps. Et voilà qu’un virus nous a rappelé que nous avons un corps ; que ce corps a besoin de contact, de toucher, de chair ; que c’est bien beau de s’embrasser sur Skype, mais ça ne suffit pas… Que ce corps existe bel et bien ! Nous l’avions presque oublié.
Voilà qui met en lumière l’ineptie de tout un ramassis de délires sociétaux de notre époque récente. Depuis quelques années, on nous promet l’homme augmenté, la quasi-immortalité, l’effacement de tout ce qui engage le corps, l’éradication de toute faille, de toute imperfection avant même la naissance. L’individu tout-puissant se rêve affranchi du corps et de ses conditionnements. Le corps modelé à loisir, le corps interchangeable, le coprs dépersonnalisé. Et cette funeste évolution, qu’on a le toupet d’appeler “progrès”, va évidemment de pair avec l’éloignement de la terre, l’émancipation orgueilleuse de la sagesse des anciens, la perte de l’odeur de l’herbe mouillée et l’oubli des saisons. Depuis plusieurs décennies, nous vivons “hors sol”, dans un monde irréel, un monde sans corps. Pensez donc : on nous vend même comme progrès la perspective d’enfanter sans relation… D’enfanter sans corps. Quand le corps n’y est plus… Mais voilà que, “grâce” au Covid, contraints à un confinement qui nous a privés de relations réelles, concrètes, charnelles, nous avons redécouvert que tout ce qui nie le corps contribue à nous déconstruire.
Avoir un directeur spirituel
Les éditions Life rééditent un petit ouvrage du père Raoul Plus, jésuite de la première moitié du XXe siècle (1882-1958) dont les ouvrages étaient très appréciés avant les années 1960. Dans celui-ci, paru originellement en 1933, L’accompagnement spirituel : d’après les maîtres spirituels, s’appuyant sur les saints et les grands maîtres de la vie spirituelle, le prêtre jésuite présente les fondements de l’accompagnement spirituel. Il en précise la nécessité, les limites, les qualités attendues du directeur spirituel et les dispositions de la personne accompagnée, offrant un guide pour progresser vers une relation plus profonde avec Dieu, à l’écoute de l’Esprit-Saint.
Le but de la direction spirituelle est d’avancer sur la voie de l’union intime avec Dieu. Sont notamment abordées les qualités du directeur spirituel et le juste positionnement que la personne doit avoir à son égard, réciproque d’ailleurs. En une série de cours chapitres, émaillés de citations de saints et de grandes figures de l’accompagnement spirituel, l’auteur donne de judicieux conseils qui aideront les prêtres à bien conduire les âmes et les fidèles à bien en profiter… à l’écoute de l’Esprit-Saint.
XIe dimanche après la Pentecôte : “Il fait entendre les sourds et parler les muets”
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Les textes du propre de la messe du onzième dimanche après la Pentecôte sont encore extraits des psaumes, sauf celui de la Communion, qui est pris, nous le verrons, dans un autre livre de l’ancien testament. Et aujourd’hui un sentiment domine tous ces chants, celui de l’action de grâces et de la reconnaissance.
► Introït
Le texte de l’Introït est tiré du psaume 67, cantique triomphal d’action de grâces pour toutes les victoires que le Seigneur a accordées à son peuple. Il est particulièrement utilisé aux fêtes de l’Ascension et de la Pentecôte, et nous avions dit à cette occasion qu’il évoque une grande procession liturgique, avec l’arche d’alliance en tête, depuis la sortie d’Égypte et le Sinaï jusqu’à la montée au mont Sion où sera bâti le temple. L’Introït de ce jour regroupe des versets pris au début et à la fin du psaume.
Deus in loco sancto suo : Deus, qui inhabitare facit unanimes in domo : ipse dabit virtutem et fortitudinem plebi suæ.
Dieu est présent dans son lieu saint ; c’est Dieu qui fait habiter dans sa maison ceux qui sont unis d’un seul cœur. C’est lui qui donnera à son peuple la puissance et la force.
Le lieu saint où Dieu réside, c’est l’arche d’alliance qui va être placée dans le temple de Jérusalem, figure de l’Église. Maintenant c’est dans notre église de pierres que nous venons nous rassembler et trouver l’unité, la force et le courage. C’est elle que nous chantons aujourd’hui pour remercier le Seigneur des bienfaits que nous y avons reçus. On remarquera que les trois phrases commencent par le nom de Dieu, ou le pronom le représentant, énoncé à chaque fois de façon très affirmative. La mélodie revêt ainsi un caractère joyeux et plein d’assurance, avec un beau crescendo vers le mot unanimes. Toutefois à la fin les mots fortitudem plebi suæ s’enveloppent d’une certaine douceur et presque de tendresse. Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 67.
Exsurgat Deus, et dissipentur inimici ejus : et fugiant, qui oderunt eum, a facie ejus.
Dieu se lève et ses ennemis sont dispersés, et ceux qui le haïssent s’enfuient devant sa face.
► Graduel
Le texte du Graduel du onzième dimanche après la Pentecôte est tiré du psaume 27, dont nous avions déjà entendu les derniers versets à l’Introït du sixième dimanche, et nous avions dit que David, revêtu de l’onction royale, y étendait sa prière aux dimensions de tout son peuple. Nous trouvons ici le verset précédent du psaume, qui termine la prière plus personnelle du roi prophète par un magnifique élan d’espérance et de reconnaissance :
In Deo speravit cor meum, et adjutus sum : et refloruit caro mea : et ex voluntate mea confitebor illi.
En Dieu mon cœur a espéré et j’ai été secouru, et ma chair a refleuri et de toute ma volonté je le louerai.
La belle image de la chair qui refleurit évoque la nouvelle jeunesse qui pénètre l’être tout entier lorsqu’on se sent exaucé. Mais on ne peut s’empêcher d’y voir une allusion à l’espérance de la résurrection finale.
La mélodie de cette première partie est assez originale avec un contraste marqué entre ses deux phrases. La première phrase exprime le bonheur d’être exaucé par une mélodie peu étendue, simple et légère. La deuxième phrase au contraire s’élève en un grand élan de reconnaissance avec une belle modulation, puis elle s’achève sur le mot illi, le pronom qui désigne le Seigneur, par une contemplation presque immobile restant suspendue sur deux notes comme une sorte d’extase. La deuxième partie de ce Graduel reprend le premier verset du psaume qui commence d’une manière suppliante :
Ad te, Domine, clamavi : Deus meus, ne sileas : ne discedas a me.
Vers vous Seigneur je crie. Mon Dieu ne restez pas silencieux, ne vous éloignez pas de moi.
On retrouve ici pour la mélodie les formules habituelles et les grandes vocalises du cinquième mode grégorien, qui avaient été utilisées par tous les Graduels successifs du quatrième au neuvième dimanche.
► Alléluia
Comme la plupart de ceux des dimanches de ce temps liturgique, le texte de l’Alléluia du onzième dimanche après la Pentecôte est une acclamation de joie et de reconnaissance envers la bonté et la toute puissance divine. Il est formé encore une fois du début d’un psaume, le psaume 80 :
Exsultate Deo adjutori nostro, jubilate Deo Jacob : sumite psalmum jucundum cum cithara.
Exultez pour Dieu, notre secours, poussez des cris de joie pour le Dieu de Jacob ; entonnez un psaume joyeux avec la cithare.
La mélodie rend cette invitation pressante, insistante et assez appuyée, avec des formules d’intonation et de cadences que l’on retrouve parfois sur des textes de prières suppliantes. On est à l’opposé de la légèreté bondissante de l’alléluia Magnus Dominus du huitième dimanche. Cependant cette insistance reste pleine de joie, une joie contenue mais fervente.
► Offertoire
Comme c’est parfois le cas en ce temps liturgique (nous l’avons déjà constaté les deux dimanches précédents), l’Offertoire du onzième dimanche après la Pentecôte est emprunté à une autre messe de l’année. Ce n’est pas cette fois à une messe d’un dimanche mais à celle du mercredi des cendres au début du carême. Le texte est formé des premiers versets du psaume 29, encore un cantique d’action de grâces de David délivré des périls qui l’entouraient.
Exaltabo te Domine, quoniam suscepisti me, nec delectasti inimicos meos super me : Domine clamavi ad te, et sanasti me.
Je vous glorifierai Seigneur parce que vous m’avez relevé et que vous n’avez pas réjoui mes ennemis à mes dépens. Seigneur j’ai crié vers vous et vous m’avez guéri.
Le Mercredi de Cendres, c’est la prière du pécheur qui se repent et sait qu’il va être guéri de la blessure du péché. Ce sentiment est toujours d’actualité. Combien de fois avons-nous été pardonnés de nos infidélités et quelles actions de grâces ne devons-nous pas adresser sans cesse à Dieu pour cette délivrance ! La mélodie est assez solennelle avec de beaux élans pleins de ferveur, des tenues calmes et assurées, des cadences assez fermes avant de se terminer d’une façon plus intérieure et plus retenue.
► Communion
Le texte de l’antienne de Communion du onzième dimanche après la Pentecôte n’est pas tiré du livre des psaumes, mais d’un autre livre de l’Ancien Testament, le livre des proverbes, recueil de maximes et d’exhortations adressées par un sage à son disciple.
Honora Dominum de tua substantia, et de primitiis frugum tuarum : ut impleantur horrea tua saturitate, et vino torcularia redundabunt.
Fais hommage au Seigneur de tes biens et des prémices des fruits que tu en retireras, afin que tes greniers soient remplis à satiété et que tes pressoirs débordent de vin.
Le sens de ce texte est d’abord matériel. Si nous faisons hommage à Dieu de nos biens en lui consacrant une partie de nos revenus, il nous bénira et nous serons dans l’abondance. En ces mois d’été, période des moissons, il s’agissait d’abord d’appeler la bénédiction divine sur les récoltes, et nous retrouverons cette idée dans la Communion de dimanche prochain. Mais au moment de la communion ce texte possède un sens spirituel qui est encore plus important. Si nous nous offrons nous-mêmes au Seigneur pour nous mettre à son service dans tout ce qu’il nous demandera, il nous comblera de ses grâces.
La mélodie n’est pas sans parenté avec celle du Graduel que nous avons entendu tout à l’heure. La première phrase est simple et légère avec une belle cadence très expressive sur le mot substantia, puis la mélodie s’élève joyeusement, culminant sur horrea en une courbe élégante évoquant bien l’abondance. Enfin elle redescend dans le grave en un beau chant plein d’assurance, retrouvant sur torcularia la même formule que sur impleantur une quinte plus bas, et s’achevant par la même cadence expressive qui concluait la première phrase.
Attention aux ingérences de l’Union européenne
Toute la presse bruisse des ingérences russes sur l’élection présidentielle à venir. Mais personne ne dénonce les ingérences de l’Union européenne. Ce n’est pourtant pas une fake news…
Les autorités islandaises ont demandé à la Commission européenne de ne pas intervenir dans le prochain référendum national sur la poursuite des négociations d’adhésion à l’UE.
Le 29 août, les Islandais se rendront aux urnes pour décider si leur pays doit poursuivre ses négociations en vue d’une éventuelle adhésion à l’UE.
Bien que le gouvernement islandais fasse campagne en faveur du « oui », il semble estimer que la cause sera mieux servie si Bruxelles garde ses distances.
Le Premier ministre Kristrún Frostadóttir a déclaré :
« Si les citoyens se tournent vers l’UE pour obtenir des réponses à leurs questions, je ne pense pas qu’il soit déraisonnable que l’UE y réponde ».
Dans le même temps, elle a souligné qu’aucune ingérence étrangère ne serait tolérée.
Cet avertissement a été transmis aux responsables de l’UE à huis clos.
Néanmoins, de hauts responsables de l’UE cherchent des moyens d’aider le camp du « oui ».
Rien qu’en 2026, au moins sept personnalités politiques européennes de premier plan se sont rendues en Islande, la plupart d’entre elles plaidant ouvertement en faveur de la poursuite du processus d’adhésion de l’Islande à l’UE.
Parmi eux figurent des représentants de l’Espagne, de l’Autriche, de l’Allemagne et de la Slovaquie, ainsi que la présidente du groupe libéral au Parlement européen, Valérie Hayer.
Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, s’est rendu en Islande en juillet et a déclaré aux médias locaux que l’Islande n’a « rien à perdre » à voter « oui ».
De son côté, Costas Kadis, commissaire européen chargé de la pêche, a déclaré lors d’une visite en avril que Bruxelles pourrait chercher à convaincre les Islandais en leur accordant des concessions dans le domaine de la pêche. Ou comment acheter le vote des Islandais.
SOS Chrétiens d’Orient demande la libération des prisonniers politiques arméniens condamnés en Azerbaïdjan
Communiqué de SOS Chrétiens d’Orient :
Présentation du colloque du CEP des 10 et 11 octobre 2026 à Orsay sur : ” Le monde contemporain : un défi à relever”
Voici un entretien avec un membre du Centre d’Études et de Prospective sur la Science pour présenter le prochain colloque :
Qu’est-ce que le CEP ?
Fondé en 1997, le CEP (Centre d’Études de et de Prospective sur la science) se propose de développer une alternative à l’actuelle vision scientiste du monde qui, inspirée par un laïcisme étroit, impose d’étudier la Nature, les sociétés et leur histoire comme si Dieu n’existait pas. Il y a là un préjugé aussi anti-scientifique dans son fondement que stérilisant pour l’intelligence dont le rôle – le mot l’indique – est de tout relier. À l’inverse, le CEP développe une vision chrétienne du monde et défend tant l’historicité que la pertinence scientifique de la Bible.
Pour quoi ce thème « Le Monde Contemporain : un Défi à relever »
À se fier aux apparences, le monde contemporain, imposant à tous – et en particulier aux enseignants – sa pensée unique, son « scientifiquement correct », est en passe d’éliminer toute vision alternative de l’homme, de son histoire et même de l’univers. Or la roche tarpéienne est proche du Capitole et bien des indices annoncent un retour du pendule. Tel sera l’objet du prochain colloque du CEP à Orsay.
Que dire de ce colloque, quels seront les sujets abordés?
Un astrophysicien, Francis M. SANCHEZ, en montrant comment la théorie du Big-bang est réfutée, annoncera le déblocage de la physique, pourtant une « science dure ».
Brigitte FAU, auteur du livre Antoine Béchamp : la compréhension du vivant, signalera les failles de la compréhension pasteurienne du microbe et nous ouvrira ainsi à une approche positive de la santé.
Emmanuelle DARLES, mathématicienne et experte en IA, montrera qu’il est possible de réagir face aux menaces de la pensée mécanisée.
Laurent BILLAUD, fin connaisseur des arguments évolutionnistes, exposera pourquoi et surtout comment répondre à ceux qui sont victimes – souvent involontaires – du mythe darwinien.
Dans la foulée, Thomas SEILER, chercheur en développement électrochimique, fera l’inventaire critique des données sur l’âge et sur l’origine de la Terre, question fondamentale car elle commande notre vision du monde.
Maxence HECQUARD, auteur des Fondements philosophiques de la Démocratie moderne, s’interrogera sur les raisons qui font de ce régime politique une sorte d’impératif catégorique, un idéal absolu que l’histoire européenne et mondiale aurait méconnu durant deux millénaires.
Arnaud BOÜAN, auteur d’un livre sur l’évangélisation de la Gaule dès le Ier siècle, nous montrera, sur l’exemple de nombreux saints, que les racines chrétiennes de la France sont plus anciennes que ne le rapportent les historiens du XIXe siècle, qui se faisaient un principe et même une gloire de ne tenir compte que des sources écrites.
Enfin, dans le même esprit, Benoît GANDILLOT, auteur de La Bible, la lettre et le nombre (Le Cerf, 2021), exposera comment la Bible, le livre fondateur de l’Occident chrétien, sait répondre aux « déconstructeurs » qui avaient présomptueusement cru pouvoir clouer le cercueil de la chrétienté européenne.
Comment se déroulera le colloque ?
Il débutera le samedi 10 octobre et se tiendra jusqu’au dimanche 11 octobre dans l’après midi et se terminera par la messe et pendant tout le colloque la librairie sera ouverte.
Vianney d’Alançon reprend le magazine VSD
Fondateur de la Maison Laudate qui fabrique des médailles et des bijoux, propriétaire du château de Saint-Vidal où il crée des spectacles historiques, du château de La Barben, où il crée un parc à thème provençal, Président de l’École supérieure de journalisme de Paris, Vianney d’Alançon annonce sur Facebook :
Une nouvelle page s’ouvre pour VSD.
Je suis heureux d’annoncer la reprise du magazine VSD, une marque emblématique de la presse française, présente depuis des décennies dans les kiosques et dans le cœur de nombreux lecteurs.
Avec les équipes, nous allons poursuivre sa transformation en restant fidèles à ce qui fait son identité : l’information, les enquêtes, les grands reportages et la force des images.
Notre ambition est simple : faire de VSD un média toujours plus vivant, exigeant et proche de ses lecteurs.
L’aventure ne fait que commencer.
Nous comptons sur vous pour l’écrire avec nous.
La Vie Chrétienne Victorieuse – Vivre avec sagesse : Sortir des faux calculs de l’existence
Il existe des prières qui ne vieillissent jamais. Elles traversent les générations, les civilisations et les bouleversements de l’histoire sans perdre leur fraîcheur. Elles demeurent actuelles parce qu’elles parlent de réalités que personne ne peut éviter : la brièveté de la vie, la grandeur de Dieu et la nécessité d’une sagesse qui ne peut venir que de Lui.
Le Psaume 90 est l’une de ces prières. Il occupe une place particulière dans le Psautier, puisqu’il est présenté comme une prière de Moïse, « homme de Dieu ». Moïse a connu les grands contrastes de l’existence : la puissance et la faiblesse, la solitude et la responsabilité, la fidélité de Dieu et l’infidélité du peuple. Il a vécu à la cour de Pharaon, puis dans la solitude du désert. Il a vu le Seigneur agir avec puissance, mais il a aussi accompagné toute une génération vers la tombe.
Pourtant, au soir de sa vie, Moïse ne se glorifie pas de son expérience. Il ne dit pas : « J’ai suffisamment vécu pour savoir comment conduire mon existence. » Il se tourne encore vers Dieu et Lui adresse cette prière :
« Enseigne-nous à bien compter nos jours, afin que nous appliquions notre cœur à la sagesse » (Psaume 90:12).
En quelques mots, cette prière pose les bases d’une réelle transformation intérieure. Elle met en lumière notre incapacité naturelle à appréhender le temps à sa juste mesure. Loin de toute fatalité, elle remet notre existence face à nos choix et nous oriente vers une sagesse concrète, incarnée en Jésus-Christ.
Il y a une belle leçon de perspective dès les premiers mots : avant même de mesurer la brièveté de sa vie, Moïse contemple ce qui ne change pas. Il ne commence pas par nous, mais par Dieu. Les sociétés se font et se défont, nos corps s’épuisent et nos repères bougent, mais le Seigneur demeure. Savoir que notre existence repose sur une telle certitude apporte une paix profonde. Dieu n’est pas un concept abstrait, il devient notre chez-nous, un refuge toujours accueillant quand les tempêtes de la vie surviennent.
La prière commence par ces mots simples : « Enseigne-nous ». Elle exprime une profonde humilité. Moïse était un homme instruit. Il avait reçu une révélation particulière de Dieu. Il avait vu le buisson ardent, connu la délivrance d’Israël et assisté à de nombreux miracles. Il avait parlé avec Dieu « face à face » (Exode 33:11). Pourtant, il ne se considérait pas comme arrivé au terme de son apprentissage.
Cette attitude est une leçon pour chacun de nous. Il est possible d’avoir beaucoup d’années, beaucoup de connaissances et beaucoup d’expérience, tout en ayant encore besoin d’être enseigné par Dieu. La maturité spirituelle ne consiste pas à ne plus rien apprendre ; elle consiste à comprendre toujours davantage combien nous dépendons du Seigneur.
Nous sommes parfois prêts à recevoir les conseils de Dieu pour les autres, mais moins disposés à reconnaître que nous avons nous-mêmes besoin d’être corrigés. Dire « Enseigne-nous », c’est reconnaître que notre intelligence est limitée et que notre cœur peut nous tromper. Nous pouvons savoir organiser nos journées, administrer nos biens et prévoir notre avenir, sans discerner ce qui a réellement une valeur éternelle. C’est pourquoi nous devons demander au Seigneur de nous instruire. La Parole de Dieu ne nous donne pas seulement des informations religieuses. Elle redresse notre vision de la vie. Elle nous montre ce qui demeure, ce qui passe et ce qui doit être abandonné.
Après avoir demandé à être enseigné, Moïse demande ensuite à Dieu de lui apprendre à bien compter ses jours. Cette expression ne signifie pas vivre dans la peur, additionner anxieusement les années qui passent ou surveiller avec inquiétude le temps qui nous reste. Compter ses jours, dans la perspective biblique, c’est en discerner la valeur et en reconnaître la brièveté. Nous ne comptons que ce qui a de l’importance. Ainsi, compter ses jours, c’est comprendre que chaque journée est un don unique. Le matin qui se lève ne reviendra jamais sous la même forme. L’apôtre Paul écrit :
« Prenez donc garde de vous conduire avec circonspection, non comme des insensés, mais comme des sages ; rachetez le temps, car les jours sont mauvais » (Éphésiens 5:15-16).
Racheter le temps signifie utiliser nos journées d’une manière qui corresponde à la volonté de Dieu. Une vie peut être très occupée et pourtant stérile. À l’inverse, un acte humble, accompli dans l’amour, peut avoir un grand prix devant le Seigneur. Le Seigneur n’oublie pas ce qui est accompli pour Lui :
« Dieu n’est pas injuste, pour oublier votre travail et l’amour que vous avez montré pour son nom » (Hébreux 6:10).
Nos jours sont courts et s’achèvent avec notre passage terrestre ; mais le jour de Christ ouvrira devant nous la pleine lumière de sa présence. Alors, ce qui aura été accompli pour Lui sera manifesté et apprécié selon sa justice. Compter nos jours, c’est donc vivre aujourd’hui dans la perspective de ce jour-là : non pour rechercher la gloire des hommes, mais pour être trouvé fidèle devant notre Seigneur.
Nous pouvons mal compter nos jours de plusieurs manières. Il y a d’abord la comptabilité du regret. Elle demeure constamment tournée vers le passé. Il est juste de reconnaître nos fautes devant Dieu. La confession est nécessaire, et le croyant ne doit pas traiter le péché avec légèreté. Mais lorsque le regret refuse le pardon divin, il devient une forme d’incrédulité. Il prétend que notre passé est plus grand que la grâce de Dieu.
Or l’Écriture affirme : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1:9). Le croyant peut aussi entendre cette parole :
« Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ » (Romains 8:1).
Il y a ensuite la comptabilité de l’inquiétude. Elle cherche sans cesse à contrôler l’avenir. Elle imagine les dangers, anticipe les malheurs, et elle s’épuise aujourd’hui en voulant porter le fardeau de demain. Jésus nous enseigne : « Ne vous inquiétez donc pas du lendemain ; car le lendemain aura soin de lui-même » (Matthieu 6:34). Cette parole ne nous invite pas à l’insouciance, mais à la confiance. Dieu donne la grâce nécessaire pour aujourd’hui. Nous n’avons pas à porter à l’avance les fardeaux qui appartiennent à demain.
Enfin, il y a la comptabilité de l’égoïsme. Elle mesure chaque journée selon le profit personnel, le confort ou le plaisir. Elle demande : « Qu’est-ce que cela va m’apporter ? » plutôt que : « Comment puis-je honorer Dieu ? » La Parole nous rappelle : « Nul de nous ne vit pour lui-même, et nul ne meurt pour lui-même » (Romains 14:7). Notre temps appartient au Seigneur, comme toute notre personne.
Si nous voulons comprendre ce que signifie bien compter ses jours, nous devons tourner nos regards vers Jésus-Christ. Il vivait chaque moment dans une dépendance parfaite à l’égard de son Père. Jésus n’était jamais dominé par la précipitation. Il ne se laissait pas conduire par la pression des foules ni par les exigences des hommes. À la croix, il prononce cette parole emblématique : « Tout est accompli » (Jean 19:30). Sa vie n’a pas été gaspillée. Chaque parole, chaque geste, chaque souffrance et chaque larme s’inscrivait dans le dessein du Père.
En Lui, nous découvrons que la fidélité ne se mesure pas à la grandeur apparente de nos œuvres, mais à leur conformité avec la volonté de Dieu. Une tâche cachée, accomplie dans l’amour, peut avoir davantage de valeur qu’une réalisation admirée par tous.
Cependant, la prière ne s’arrête pas à la constatation que la vie est brève. Elle poursuit un but : « afin que nous appliquions notre cœur à la sagesse ». Dans la Bible, le cœur désigne le centre de la personne. Il comprend la pensée, la volonté, les affections et les décisions. Appliquer son cœur à la sagesse, c’est donc engager toute sa vie dans la recherche de la volonté de Dieu. Il ne suffit pas de savoir que nos jours sont courts. Cette vérité doit transformer nos priorités. Il ne suffit pas de reconnaître que Christ est la sagesse de Dieu ; il faut encore Lui soumettre notre cœur.
L’apôtre Paul écrit que Christ a été fait pour nous « sagesse, justice, sanctification et rédemption » (1 Corinthiens 1:30).
La sagesse chrétienne n’est pas seulement une connaissance plus approfondie de certaines doctrines. Elle est une vie vécue en communion avec Jésus-Christ, en qui « sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance » (Colossiens 2:3). Celui qui veut être sage doit donc demeurer près de Lui, écouter sa Parole et se laisser former par son Esprit.
Puis, le psaume se termine par une prière pleine d’espérance : « Que la grâce de l’Éternel, notre Dieu, soit sur nous ! Affermis l’ouvrage de nos mains ; oui, affermis l’ouvrage de nos mains ! » (Psaume 90:17). Dieu peut donner une portée durable à ce qui est accompli dans la foi. L’apôtre Paul déclare : « Votre travail ne sera pas vain dans le Seigneur » (1 Corinthiens 15:58).
La demande de Moïse est donc double. Il demande d’abord : « Enseigne-nous. » (la part de Dieu) Puis il demande : « Affermis l’ouvrage de nos mains. » (la part de l’homme qui agit avec foi). Dieu agit en nous par sa Parole afin d’agir ensuite par nous dans le monde. Il éclaire notre cœur afin que nos mains servent avec discernement.
Nous ne connaissons pas le nombre de nos jours. Cette ignorance peut nous inquiéter, mais elle peut aussi nous conduire à la confiance. Dieu ne nous demande pas de connaître tout le chemin ; il nous demande de marcher avec Lui dans la lumière qu’il accorde aujourd’hui. Ne laissons pas le passé nous emprisonner, puisque le pardon est en Christ. Ne permettons pas à l’avenir de nous accabler, puisque notre Père céleste en prend soin. Ne gaspillons pas le présent dans l’égoïsme, les rancunes ou les occupations sans valeur éternelle.
Cette méditation invite à quitter le regret, l’inquiétude et l’égoïsme, pour apprendre, à l’école de Dieu, à vivre chaque jour avec sagesse, en Jésus-Christ.
Que cette prière devienne alors le murmure quotidien de notre âme :
Seigneur,
Enseigne-moi par ta Parole.
Apprends-moi à compter mes jours avec sagesse.
Délivre-moi du regret qui m’empêche d’accueillir ton pardon,
de l’inquiétude qui cherche à maîtriser l’avenir,
et de l’égoïsme qui me détourne de ton appel.
Façonne mon cœur à la sagesse
et conduis-moi chaque jour vers Jésus-Christ.
Amen.
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Patriotisme, Marseillaise et République
La fibre patriotique et le « patriotisme républicain »
Le 17 juin 2004, Jean Raspail rédigeait une chronique pour Le Figaro sur le thème « Qu’est-ce qu’être français aujourd’hui ? ». Il l’avait titrée « La patrie trahie par la république ». Un extrait :
« … ils confondent la France avec la République. Les “valeurs républicaines” se déclinent à l’infini, on le sait jusqu’à la satiété, mais toujours sans référence à la France. Or, la France est d’abord une patrie charnelle. En revanche, la République, qui n’est qu’une forme de gouvernement, est synonyme pour eux d’idéologie, d’idéologie avec un grand “I”, l’idéologie majeure. Il me semble, en quelque sorte, qu’ils trahissent la première pour la seconde. »
Aujourd’hui, les Français chantent à tue-tête « la Marseillaise », l’hymne national de la République française, pour un oui ou pour un non.
Devrait-on s’en plaindre ?
Non, bien entendu, si cet engouement relève réellement d’un patriotisme sincère et bénéfique. Et pourquoi en douter ?
On a coutume de dire qu’un peuple qui ne chante plus court à son tombeau. Jadis, les Français chantaient beaucoup et souvent, au rythme des saisons et des fêtes traditionnelles, du Nord au Sud, d’Ouest en Est, en français ou dans les langues et dialectes ancestraux.
L’heureuse initiative des créateurs du fameux « banquet français », copieusement vilipendé par les amnésiques et pourfendeurs de l’âme française, contribue à faire retrouver cette tradition vocale identitaire, qui cimente les énergies et les fédère vers un même objectif : célébrer l’amour de sa patrie, de ses traditions et de ses chants d’autrefois.
Depuis quelque temps déjà, dans les stades, que ce soit pour le football ou le rugby, « la Marseillaise » n’est plus chantée uniquement au début, avant le commencement du jeu. Elle est chantée par les supporters plusieurs fois durant le déroulement des matchs. Il semblerait même que la plupart des Français ne connaissent que ce chant, la Marseillaise, pour exprimer leur encouragement, leur joie et leur sentiment patriotique.
« Sentiment patriotique », voilà deux mots qui s’entremêlent à foison à chaque fois que l’opinion publique semble s’émouvoir sous le contrôle « bienveillant » des élites gouvernantes.
Attention avec l’émotion patriotique !
Ne surtout pas la laisser s’envoler, ne pas la laisser exprimer autre chose que la communion aux « valeurs républicaines » ! Sinon, gare aux salves de tirs groupés !
Et pourtant, pourquoi devrait-on s’émouvoir devant tel ou tel événement touchant directement la patrie ? Depuis Valmy, et son moulin à vent, la République est passée maître en sursaut national, en sursaut patriotique et en levée en masse.
En 2015 et 2016, lors de la période d’attentats frappant la France et faisant plusieurs centaines de morts, le ministre de l’Intérieur de l’époque, le « charismatique » Cazeneuve, suite au terrible drame de Nice du 14 juillet 2016, faisait un vibrant « appel aux patriotes » pour suppléer nos forces de sécurité : la fameuse réserve opérationnelle !
Le gouvernement socialiste faisait donc, une fois de plus, « appel aux patriotes » ! À la levée en masse !
Autrement dit, quand tout va bien, suivant la vieille dialectique marxiste bien huilée, la patrie relève plutôt de la suspicion, du dangereux potentiel « nauséabond ». Mais, quand tout va mal, ça permet des envolées lyriques, la mine grave et le regard perçant de vérité, fustigeant les forces obscures voulant abattre la France, non, que dis-je, la république !
Car la France, on ne cesse de nous le répéter, c’est la république, et la république seulement « une et indivisible » !
Je sais, ça agace, mais c’est pourtant une réalité. Quand le sang coule, ce n’est pas de la France dont on parle et qui est menacée, c’est de la république dont on parle et de sa survie en péril.
Ne pas le voir et l’entendre relève de la cécité volontaire au mieux, de l’idéologie martelée au pire.
Eh bien, allons-y, de « la marseillaise », parlons-en.
Au risque de me faire interner avec une camisole de force dans un hôpital psychiatrique, coiffé d’un bonnet phrygien, « la Marseillaise », je n’arrive même pas à l’écrire avec une majuscule, et, plus grave encore, je n’arrive même plus à la chanter.
Si le chant est une communion, alors, je le confesse volontiers, je ne communie pas au « patriotisme républicain ».
Ce « patriotisme républicain » a joyeusement envoyé à la mort des centaines de milliers de Français en août 1914 au nom des grands principes, de la revanche et de la « der des ders ». Les caciques de la Troisième République avaient même osé l’appeler : « la guerre du droit ».
Cette guerre fratricide sur le glacis européen aurait même pu être évitée, selon certains historiens, soulignant qu’en juillet 1914, rien ne semblait présager la déflagration à venir. Elle sonnera, au fond, le glas de la vieille Europe et de ses fondations profondes illustrées par sa géographie, ses traditions séculaires et ses cathédrales.
Les paroles de ce chant de l’armée du Rhin, adopté définitivement comme hymne national en 1879 par la Troisième République, sont intéressantes à décortiquer.
Les Français, dans leur grande majorité, n’en connaissent que le premier couplet et le refrain. Et pourtant, les autres ne seraient-ils pas de bon ton, ou plutôt à cacher sous le manteau comme un pamphlet sordide ?
Le troisième couplet pourrait être de circonstance, et l’on imagine notre locataire élyséen le chanter de sa voix pointue et chevrotante :
Quoi ! Des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! Des phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers !
Dieu ! Nos mains seraient enchaînées !
Nos fronts sous le joug se ploieraient !
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !
On devine les débats enflammés de nos élites, remplies de certitudes ampoulées, dissertant sur les mots :
Mais non, mais non, tout cela n’a rien à voir avec notre idéal républicain du « vivre ensemble » ! Et puis qu’est-ce que Dieu vient faire là-dedans !
Le quatrième couplet n’est pas mal non plus, dans le genre « pousse-au-crime » et « bras vengeur » — euh, pardon, « sentiment patriotique » :
Tremblez, tyrans et vous, perfides,
L’opprobre de tous les partis ! (On ne rigole pas)
Tremblez ! Vos projets parricides
Vont enfin recevoir leur prix. (On ne rigole pas, s’il vous plaît)
Tout est soldat pour vous combattre.
Et le dernier couplet, celui que le monde entier nous envie :
Amour sacré de la Patrie
Conduis, soutiens nos bras vengeurs !
Liberté ! Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs !
Sous nos drapeaux que la Victoire
Accoure à tes accents mâles !
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !
Celui-là sonne presque comme une prière, comme un testament universel, ou comme une dernière sommation avant d’être fusillé sur place.
Et « la Patrie », le grand mot, celui qui fait pleurer, qui fait trembler d’émotion le Français en mal de reconnaissance et de souveraineté perdue. Le mot est lâché et il reviendra à chaque fois que les gouvernants en auront besoin.
« Accoure à tes mâles accents » !
On voit tout de suite la bouche de travers de notre président, comme un clerc de notaire agité descendant de l’échelle, à la limite de l’entorse de la mâchoire et de l’écrasement de la luette !
Il faudrait d’abord savoir ce que le mot « Patrie » veut dire, monsieur le Picard en transit !
Pourquoi ? Pour qui ? De quelle Patrie parle-t-on ?
Deux patries, deux conceptions du citoyen
Jean de Viguerie, dans son livre magistral — Les deux patries —, l’exprime clairement :
« Il existe bien deux patries. L’une est la terre des pères, le pays de la naissance et de l’éducation. Celle-ci a toujours existé. L’autre est récente. Elle date des Lumières et de la Révolution.
Elle représente l’idéologie révolutionnaire.
Les paroles de la Marseillaise expriment son idéal. La première est la France. La seconde n’est pas la France, mais la France est son support et son instrument. »
L’attachement charnel à la patrie de nos pères n’est pratiquement plus enseigné dans nos écoles où l’on enseigne pratiquement que des litanies lénifiantes et les plus creuses possibles à la gloire de « l’amour entre les peuples, de toutes les couleurs, de tous les genres… », de peur de voir surgir, sait-on jamais, un enfant en chantant un chant martial, banni du manuel scolaire, et qu’il aurait appris de son arrière-grand-père.
Même dans l’armée, institution où l’on enseigne le don de soi, on surveille aussi de près, de très près, ceux qui voudraient faire de leur vocation un attachement trop fort au roman national.
Voici un autre mot souvent suspecté par les tenants de la levée en masse : « vocation ». Il ne faudrait surtout pas l’écrire avec une majuscule, ça sentirait trop « l’ordre moral » et le retour sournois de la calotte « tertiaire » qui, comme chacun sait, pourrait vitrifier la pensée du bon républicain.
« L’ordre moral nauséabond », cette affirmation si souvent assénée dans les écoles de la république depuis les années 60, et à grands coups de marteau médiatique, avec tous leurs outils de propagande, fusionnant deux mots comme pour mieux les étouffer : « ordre » et « morale ».
Ils s’approprient ces mots pour les adosser à leur catéchisme indépassable :
Ordre républicain ;
Morale républicaine.
Les esprits les plus dociles en deviennent imprégnés, comme un sirop pour une toux sèche, pour bien les relayer à leur tour.
Alors, je sais, on me rétorquera que j’exagère, que je suis péremptoire et sommaire, que « la Marseillaise » est plus qu’un hymne national, que nombre de Français sont morts en la chantant avant leur dernier soupir.
Je sais tout ça. Néanmoins, on ne m’ôtera pas de l’esprit que ce régime, en raison de sa construction, sert une autre cause que celle de « la Patrie ».
« Aux armes aux citoyens ! Formez vos bataillons ! »
Et du « citoyen », de qui parle-t-on ?
C’est Jean de Viguerie, historien courageux, dans son livre — Histoire du citoyen —, qui écrit :
« Le citoyen est la créature de la Révolution française. Il est “l’être nouveau”. Les manuels de droit l’ignorent. Il est encore sous nos yeux. Il ne se reproduit pas lui-même. C’est l’Éducation nationale qui le reproduit.
Il est armé depuis sa naissance. “Aux armes citoyens” est sa devise. Il combat pour les Droits de l’homme, prend la Bastille, renverse le trône, fait inlassablement la guerre aux rois, aux empereurs et aux dictateurs. Il fournit en victimes les grandes tueries des guerres contemporaines. »
« Marchons, marchons ! Qu’un sang impur abreuve nos sillons ! »
Et de ce « sang impur », peut-on encore en parler, et peut-on savoir où il se trouve ?
Avant-hier, il coulait, entre autres, dans les veines de l’aristocrate et du monarque de droit divin. Hier, il coulait dans les artères de ceux pour qui la parole donnée relevait de l’honneur le plus sacré. Aujourd’hui, il coule dans nos villes et nos villages, au gré d’agressions aveugles abreuvant le sillon d’une immigration sauvage et incontrôlée.
Le « citoyen », accessoirement français, s’est vu attribuer une nouvelle mission depuis l’abandon de la souveraineté : promouvoir la « diversité ».
Ce nouveau combat tellurique mobilise le citoyen et avec lui la société tout entière.
Comme le souligne encore Jean de Viguerie :
« L’entreprise, la banque, les équipes sportives, les actions humanitaires, tout doit être citoyen. C’est encore un combat. Le citoyen ne doit jamais cesser de combattre. »
Chantez, chantez ce chant à l’unisson, cette « marseillaise » pour bien voir et entendre « le bruit sourd du pays qu’on enchaîne ».
Ce « bruit sourd », comme en 2016, quand un pouvoir irresponsable a osé faire piétiner le cimetière du Fort de Douaumont pour commémorer la bataille de Verdun. Cette insulte faite à la mémoire des poilus, au milieu des croix, par des centaines de « citoyens », figurants, adultes et enfants éberlués, hébétés, devenus incapables de ressentir le mal qu’ils faisaient à ceux qui dormaient sous leurs pieds !
Le « patriotisme » de monsieur Hollande, le locataire élyséen du moment, ce pitoyable « Bourvil » des pauvres, se voyait grossièrement dévoyé sur un des linceuls sacrés de la patrie meurtrie.
Il était honteusement détourné à des fins toutes partisanes en escamotant volontairement le sens même du mot « patrie » : la terre de nos pères, de nos aïeux, de nos ancêtres, de notre sol natal.
Le patriotisme enraciné
Tenez, arrêtons-nous un instant sur un autre hymne national, l’hymne gallois. Le magnifique « Land of my fathers », que nos Bretons ont même repris en en faisant leur chant identitaire, chanté maintenant avant les matchs de rugby dans le stade de Vannes.
« Le Pays de mes pères » ou « Le vieux pays de mes ancêtres » prend souvent aux tripes quand il résonne dans le grand stade de Cardiff, lors des belles empoignades rugbystiques du Tournoi des Six Nations :
La terre de mes ancêtres m’est chère ;
Pays ancien où les trouvères sont honorés et libres ;
Les guerriers si nobles et si vaillants
Donnent leur sang et leur vie pour la Liberté.
Ô mon foyer, je te suis fidèle,
Alors que les mers protègent la pureté de mon pays,
Puisse être éternelle, ma langue ancienne.
Vieux pays de montagnes, l’Eden des bardes,
Chaque gorge, chaque vallée conserve son charme ;
Pour l’amour de mon pays, des voix clameront avec enchantement
Pour moi, ses torrents, ses rivières.
Ce chant gallois puise au plus profond de l’âme de ce vieux peuple, farouche et fier de sa langue gaélique. Il décrit un paysage, fait référence aux anciens « trouvères » et « troubadours » du Moyen Âge et clame la fierté de ses racines. Et « la marseillaise » n’est manifestement pas dans le même registre, ses références sont ailleurs, dans l’éternel appel aux armes.
C’est comme ça, et depuis… 1879.
Pour terminer mon propos quelque peu provocateur et iconoclaste, voici deux couplets de ce vieux chant à la gloire du Vert Galant, Henri IV, qui résume bien l’esprit français et concentre son énergie vers un patriotisme enraciné et multiséculaire :
Au diable guerres,
Rancunes et partis !
Au diable guerres,
Rancunes et partis !
Comme nos pères
Chantons en vrais amis,
Au choc des verres
Les roses et les lys.
Chantons l’antienne
Qu’on chantera dans mille ans ;
Que Dieu maintienne
En paix ses descendants
Jusqu’à ce qu’on prenne
La Lune avec les dents.
Jusqu’à ce qu’on prenne
La Lune avec les dents.
Alors chantez, continuez à chanter « la Marseillaise », bien entendu, si elle parle à votre cœur et qu’elle contribue à remuer ce qu’il y a de plus noble dans votre âme de Français.
Toutefois, je me permets de vous souffler un petit conseil de réfractaire. Gardez-vous de la chanter au son de ceux pour qui la patrie n’est plus une histoire, n’est plus un espace géographique, n’est plus un coudoiement face aux menaces extérieures, mais une construction abstraite servant leur idéal planétaire.
Billet paru ce vendredi 7 août 2026 sur Polemia
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Programme du voyage du pape en France
Vendredi 25 septembre 2026
ROME – PARIS – SAINT DENIS – PARIS
| 07h50 | Départ en avion de l’aéroport international de Rome/Fiumicino à destination de Paris |
| 10h00 | Arrivée à l’aéroport international de Paris/Orly
CÉRÉMONIE DE BIENVENUE |
| 11h00 | VISITE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE à l’Élysée |
| 11h45 | RENCONTRE AVEC LES AUTORITÉS, LA SOCIÉTÉ CIVILE ET LE CORPS DIPLOMATIQUE à l’Élysée |
| 15h00 | VISITE À L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L’ÉDUCATION, LA SCIENCE ET LA CULTURE (UNESCO) au siège de l’UNESCO |
| 17h15 | CÉLÉBRATION DES VÊPRES AVEC LES ÉVÊQUES, LES PRÊTRES, LES DIACRES, LES PERSONNES CONSACRÉES ET LES SÉMINARISTES à la cathédrale Notre-Dame de Paris |
| 21h00 | VEILLÉE DE PRIÈRE AVEC LES JEUNES au « Stade de France » de Saint Denis |
Samedi 26 septembre 2026
PARIS – LOURDES
| 09h00 | VISITE AU CENTRE D’ACCOMPAGNEMENT ET D’INTÉGRATION SOCIALE MAISON BAKHITA |
| 10h15 | RENCONTRE AVEC LES MEMBRES DE L’ASSEMBLÉE SYNODALE PROVINCIALE, LES CATÉCHUMÈNES ET LES NÉOPHYTESà l’« Institut catholique de Paris » |
| 15h00 | MESSE « Place de la Concorde » |
| 17h45 | Départ en avion de l’aéroport international de Paris-Orly à destination de Lourdes |
| 19h05 | Arrivée à l’aéroport international de « Tarbes-Lourdes-Pyrénées » |
| 19h40 | PRIÈRE À LA GROTTE DES APPARITIONS DE MASSABIELLE au Sanctuaire Notre Dame de Lourdes |
Dimanche 27 septembre 2026
LOURDES
| 09h00 | RENCONTRE AVEC LES ÉVÊQUES DE LA CONFÉRENCE ÉPISCOPALE DE FRANCEdans l’hémicycle « Sainte-Bernadette » du sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes |
| 11h00 | MESSE à la Prairie du sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes |
| 15h30 | RENCONTRE AVEC LES ANIMATEURS ET LES PERSONNES ACCUEILLIES PAR L’ACCUEIL NOTRE-DAME au sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes |
| 16h45 | RENCONTRE PRIVÉE AVEC LES RELIGIEUSES DE VIE CONTEMPLATIVE au Monastère du Carmel de Lourdes |
| 21h00 | PRIÈRE DU SAINT ROSAIRE ET PROCESSION AUX FLAMBEAUX au Sanctuaire Notre Dame de Lourdes |
Lundi 28 septembre 2026
LOURDES – METZ – ROME
| 07h40 | Départ en avion de l’aéroport international de « Tarbes-Lourdes-Pyrénées » à destination de Metz |
| 09h20 | Arrivée à l’aéroport international de « Metz-Nancy-Lorraine » |
| 10h00 | RENCONTRE INTERRELIGIEUSE au Centre des Congrès Robert Schuman de Metz |
| 11h00 | RENCONTRE « AUX RACINES DE L’EUROPE POUR LA PAIX ET L’UNITÉ » au Centre des Congrès Robert Schuman de Metz |
| 16h00 | MESSE à la cathédrale Saint-Étienne |
| 18h30 | CÉRÉMONIE DE CONGÉ à l’aéroport international de « Metz-Nancy-Lorraine » |
| 19h00 | Départ en avion de l’aéroport international de « Metz-Nancy-Lorraine » |
| 20h50 | Arrivée à l’aéroport international de Rome/Fiumicino |
Les inscriptions pour assister aux célébrations seront possibles à partir du lundi 10 août à 12h sur le site inscription.pape-france.fr
