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Vendredi saint : “Ô mon peuple, que t’ai-je fait ? En quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi.”

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.

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Les Impropères (première partie)

La liturgie du Vendredi saint est un sommet de l’année et les chants sont à la hauteur de l’événement commémoré. Voyons un des moments les plus importants, juste après l’Adoration de la Croix, les Impropères. Nous nous basons sur deux ouvrages édités par Solesmes : le Graduale Romanum de 1979 et le Missel grégorien de 1984. Les textes sont dans la langue de l’Église, le latin.

Les Impropères, en latin Improperia, du mot latin improperium, sont les « reproches » que le Messie adresse à son peuple ingrat qui, malgré toutes les faveurs accordées par Dieu, et en particulier pour l’avoir délivré de la servitude en Égypte et l’avoir conduit sain et sauf dans la Terre promise, lui a infligé les ignominies de la Passion. C’est un émouvant dialogue entre Dieu et le monde, entre le divin Crucifié et ceux qui le livrent au supplice.

A chaque fois, un bienfait de Dieu dans l’Exode est mis en contraste de façon saisissante avec un épisode de la Passion. Le texte est issu de l’Église syrienne antique (d’où la présence le la langue grecque) et a été conservé dans la liturgie romaine.

La 1ère partie commence par l’antienne Pópule meus, sur une mélodie plaintive, remontant à une haute antiquité. Il s’inspire du IVe Livre d’Esdras.

Pópule meus, quid feci tibi ? aut in quo contristávi te ? respónde mihi.
Ô mon peuple, que t’ai-je fait ? En quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi.

Elle est suivie du verset :

Quia edúxi te de terra Ægýpti : parásti Crucem Salvatóri tuo.
T’ai-je fait sortir du pays d’Égypte pour qu’à ton Sauveur tu fasses une croix ?

Puis alternativement le chœur chante le Trisagion ou triple invocation au Dieu trois fois saint, en grec et en latin.

Agios o TheosSanctus Deus
Agios ischyrós
Sanctus fortis
Agios athánatos, eléison imás.
Sanctus immortális, miserére nóbis
Dieu Saint Dieu Saint
Saint et fort
Saint et fort
Saint immortel, ayez pitié de nous.
Saint immortel, ayez pitié de nous.

Ensuite deux voix du 1er chœur chantent :

Quia edúxi te per desértum quadragínta annis…
Est-ce parce que je t’ai conduit dans le désert pendant quarante ans, que je t’ai nourri de la manne et que je t’ai fait entrer dans une terre excellente que tu as préparé une Croix à ton Sauveur ?

Et les deux chœurs reprennent alternativement Agios o Theos, etc.

*****

Les Impropères (deuxième partie)

La seconde partie des Impropères (ou petits Impropères) se poursuit par des petits versets psalmodiés sur une mélodie très simple. C’est toujours Notre Seigneur qui s’adresse à son peuple, et chaque verset comporte deux phrases commençant par « ego » = moi et « et tu » = et toi, suivies par la reprise de l’antienne du début, Pópule meus, véritable refrain de tous ces Impropères, avec cette envoûtante mélodie, grave, triste, mais pénétrée de tendresse.

Dieu rappelle tous les bienfaits qu’il a accomplis et rappelle toutes les indignités dont il a été accablé. Les chantres de Solesmes n’ont retenu que 4 des 9 versets qui peuvent être chantés :

Ego propter te flagellávi Ægýptum cum primogénitis suis : et tu me flagellátum tradidísti.
J’ai frappé, à cause de toi, l’Égypte avec ses premiers-nés, et tu m’as livré pour être flagellé.

Ego edúxi te de Ægýpto, demérso Pharaóne in Mare Rubrum : et tu me tradidísti princípibus sacerdótum.
Pour te tirer de l’Égypte, j’ai englouti Pharaon dans la mer Rouge, et tu m’as livré aux princes des prêtres.

Ego ante te apérui mare : et tu aperuísti láncea latus meum.
Je t’ai ouvert un passage à travers les flots, et tu m’as ou vert le côté avec une lance.

Ego ante te præívi in colúmna nubis : et tu me duxísti ad prætórium Piláti.
J’ai marché devant toi comme une colonne lumineuse, et tu m’as mené au prétoire de Pilate.

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La fonction liturgique de l’après-midi du Vendredi saint se poursuit avec l’antienne Crucem tuam, ancien chant byzantin :

Nous adorons votre Croix, Seigneur, et nous louons et glorifions votre sainte résurrection, car c’est par ce bois que la joie s’est répandue dans l’univers entier.

Puis c’est le début du verset du psaume 66 Deus misereátur nostri qui sera psalmodié avant la reprise de l’antienne :

Que Dieu ait pitié de nous et qu’il nous bénisse, que la lumière de sa face brille sur nous et qu’il ait pitié de nous.

*****

La dernière partie des Impropères commence par une antienne.

Crux fidélis, inter omnes arbor una nóbilis….
Croix fidèle, arbre unique, noble entre tous ! Nulle forêt n’en produit de tel par ses feuilles, ses fleurs et ses fruits !

Dulce lignum, dulces clavos, dulce pondus sústinet.
Douceur du bois, qui d’un doux clou, porte un si doux fardeau.

Puis l’on chante l’hymne Pange língua gloriósi dont les paroles sont de Venance Fortunat, à ne pas confondre avec l’autre Pange língua que Saint Thomas d’Aquin composa pour la Fête-Dieu.

Pange, língua, gloriósi prœlium certáminis….
Chante, ma langue, le combat, la glorieuse lutte ; dis le noble triomphe du trophée de la Croix : le rédempteur du monde, immolé, est vainqueur.

Lamure-sur-Azergues (69) : la chapelle Saint-Roch vandalisée

Portes attaquées, vitraux cassés :

Fin de vie : l’ingénierie du consentement et les silences du débat démocratique

Le débat sur la fin de vie en France ne relève plus seulement d’une confrontation d’arguments éthiques : il tend à s’organiser selon les mécanismes d’une véritable ingénierie du consentement. À mesure que s’impose l’idée d’un consensus présenté comme acquis, les conditions d’un débat réellement pluraliste semblent s’effacer. Ce qui devrait constituer l’un des arbitrages les plus graves qu’une démocratie puisse affronter apparaît ainsi de plus en plus comme une séquence médiatique accélérée, où la décision politique risque de précéder le temps nécessaire à la délibération collective.

Un pluralisme mis à l’épreuve

L’asymétrie de la représentation médiatique fragilise la qualité du débat. Selon les rapports de veille du collectif « Soulager mais pas tuer » [1], les représentants des associations favorables à l’euthanasie bénéficieraient d’une exposition nettement supérieure à celle des experts de la Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs (SFAP).

En regard, les acteurs de terrain — praticiens de soins palliatifs et associations engagées dans l’accompagnement de la vulnérabilité — demeurent singulièrement discrets dans les tranches de grande écoute. Cette marginalisation touche également certaines voix structurées de la société civile, comme la Fondation Jérôme Lejeune [2] ou Alliance VITA.

Elle s’accompagne d’un usage récurrent d’un chiffre devenu incantatoire : « 90 % des Français seraient favorables à l’euthanasie ». Selon une analyse de veille médiatique d’Alliance VITA [3], ce pourcentage a été largement repris dans l’audiovisuel public ces dernières années. Pourtant, plusieurs enquêtes montrent parallèlement que la priorité exprimée par les citoyens demeure l’accès effectif aux soins palliatifs et au traitement de la douleur [4].

Les zones d’ombre de l’expérience internationale

L’examen des modèles étrangers fournit des signaux d’alerte trop peu discutés dans le débat public français.

En Espagne, le cas de Noelia Pedrosa Castillo (26 mars 2026) [5] est emblématique : cette jeune femme de 25 ans, souffrant notamment de troubles psychiatriques associés à une situation médicale lourde, a été euthanasiée malgré l’opposition de son père.

Au Canada, les rapports officiels indiquent que 17,3 % des demandeurs d’aide médicale à mourir mentionnent notamment l’isolement ou la solitude parmi les facteurs de souffrance déclarés [6].

La pression budgétaire est également évoquée dans certains cas controversés, comme celui de Roger Foley [7], qui affirme s’être vu proposer l’aide médicale à mourir dans un contexte où le coût de son hospitalisation lui avait été rappelé.

Ces situations ont conduit plusieurs experts mandatés par les Nations unies à alerter dès 2021 sur les risques que pourraient faire peser certains dispositifs d’aide à mourir sur les personnes les plus vulnérables en l’absence de garanties sociales suffisantes [8].

Le risque d’une réforme par défaut

Le point le plus préoccupant demeure l’inégalité persistante d’accès aux soins palliatifs. Selon la Cour des comptes [9], les moyens consacrés à ces soins restent limités au regard des besoins identifiés. Aujourd’hui encore, 22 départements français ne disposent pas d’unité de soins palliatifs (USP), selon l’Atlas de la fin de vie publié par le Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie [10].

Dans ce contexte de pénurie, une question éthique radicale s’impose : peut-on ouvrir un droit aussi structurant sans avoir garanti auparavant l’accès effectif à l’accompagnement sur l’ensemble du territoire ? Le risque est immense que la réforme n’apparaisse, faute de moyens suffisants pour soulager et entourer, comme une réponse par défaut à une défaillance de la solidarité collective. Voter une « aide active à mourir » avant d’avoir garanti l’accès au soin de base ne constituerait pas un progrès, mais pourrait apparaître comme un renoncement collectif face à la souffrance.

Conclusion

Légiférer sur la fin de vie exige du temps, du pluralisme et une information exhaustive. La dignité ne réside pas seulement dans la maîtrise technique du geste médical, mais dans la fidélité à l’accompagnement des personnes les plus fragiles. À défaut de ces conditions, la décision publique pourrait donner le sentiment de précéder le débat démocratique qu’appelle pourtant une question engageant profondément notre conception commune de la dignité humaine.

Sergyl Lafont

Références documentaires

[1] Collectif « Soulager mais pas tuer » (2025) : Rapport annuel sur le pluralisme et l’accès aux médias des acteurs de la fin de vie (période 2024-2025).

[2] Arcom (2024) : Bilan annuel sur la représentation du handicap et de la fragilité dans les médias audiovisuels.

[3] Alliance VITA / Service de Veille Média (2025) : Analyse sémantique automatisée des archives numériques de Radio France (2023-2025).

[4] Fondapol (janvier 2026) : L’opinion face à la fin de vie : analyse des priorités de soin.

[5] Diario ABC / El Mundo (26-28 mars 2026) : Chroniques judiciaires et témoignages de la famille Pedrosa Castillo (Espagne).

[6] Santé Canada (2024) : Fourth/Fifth Annual Report on Medical Assistance in Dying (MAID) in Canada (2023).

[7] Chambre des Communes (Canada) : Dépositions certifiées de Roger Foley (Victoria Hospital, Ontario).

[8] Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (janvier 2021) : Communication OL CAN 2/2021.

[9] Cour des comptes (2023-2024) : Rapport public thématique sur l’organisation et le financement des soins palliatifs en France.

[10] Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (2025) : Atlas de la fin de vie en France.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

«Les musulmans prient cinq fois par jour, Dieu a une place fondamentale dans leur existence. On nous demande seulement d’aller à la messe le dimanche, mais le faisons-nous ?»

En cette semaine sainte, Eugénie Bastié reçoit le cardinal Robert Sarah dans Le Club Le Figaro Idées sur Le Figaro TV diffusé ce jeudi 2 avril à 22h30 :

«L’Islam peut réveiller les Chrétiens. Les musulmans prient cinq fois par jour, Dieu a une place fondamentale dans leur existence. On nous demande seulement d’aller à la messe le dimanche, mais le faisons-nous ? Si on ne se réveille pas spirituellement, leur nombre s’accroissant, ils imposeront leur loi et leur culture»

«En autorisant l’euthanasie, la France va au-delà de son pouvoir, c’est une loi inhumaine. Personne ne peut décider de qui doit mourir ou de qui doit vivre, si une vie est valable ou pas, sauf Dieu. Tuer quelqu’un, c’est de la barbarie»

«La décision d’ordonner des évêques sans l’accord du Saint-Siège et du Saint-Père, c’est une décision grave, qui va de nouveau lacérer et briser l’Église, qui va déchirer la tunique de Jésus, ça va faire du mal au Christ. On ne sauve pas les âmes dans la désobéissance»

«On a l’impression que depuis quelques temps, l’Église ne parle que de changement écologique, des migrants, de la paix… Mais l’Église n’est pas une ONG ! Ce n’est pas le rôle de l’Église de parler que des questions sociales. Elle doit mettre en lien l’Homme et Dieu»

«Ce n’est pas en supprimant le célibat des prêtres que l’Église suscitera davantage de vocations. Regardez l’anglicanisme, il est en destruction, pourtant les prêtres ont le droit de se marier. Surtout, le prêtre représente le Christ lui-même. Donc les prêtres doivent imiter le Christ dans sa vie concrète, et il ne s’est jamais marié»

«L’Église a abimé la liturgie de la messe. Elle est trop bruyante ! C’est comme si on se célébrait nous-même. C’est devenu un moment convivial, alors que nous sommes là pour adorer Dieu, il faut une liturgie qui adore Dieu. On ne parle plus du salut et de l’âme !»

1 126 000 avortements pratiqués aux Etats-Unis en 2025

D’après les chiffres publiés par le Guttmacher Institute (organisme favorable à l’avortement) le 24 mars, 1 126 000 avortements ont été pratiqués aux Etats-Unis en 2025, soit une hausse de moins de 0,2 % par rapport à 2024. Ce chiffre inclut les avortements médicamenteux pratiqués par télémédecine.

Les restrictions entrées en vigueur dans certains Etats ont eu une incidence sur le taux d’avortement. Ainsi, la Floride qui a adopté en 2024 un projet de loi, « Heartbeat Protection Act », visant à interdire l’avortement à partir du moment où le rythme cardiaque du fœtus est détecté, a vu les avortements diminuer de plus de 25 % entre 2023 et 2025. De même, dans l’Iowa, une baisse de plus de 24 % a eu lieu entre 2023 et 2025.

A l’inverse, le Missouri, qui a voté en faveur de l’inscription de l’avortement dans la Constitution de l’Etat en novembre 2024, a connu une augmentation des avortements de 48 %. Le Dakota du nord a connu une hausse de plus de 32 % des avortements en 2025 suite à l’invalidation de l’interdiction d’avorter par un juge.

Cette baisse a été « compensée » par la hausse de plus de 26 % des avortements par télémédecine pratiqués en 2025 sur des femmes résidant dans des Etats interdisant l’avortements. 91 000 femmes y ont eu recours, contre 72 000 en 2024. Huit Etats (Californie, Colorado, Massachusetts, Maine, New York, Rhode Island, Vermont et Washington) autorisent les professionnels de santé à proposer des avortements par télémédecine à des patientes résidant dans d’autres Etats, y compris ceux où l’avortement est totalement interdit.

Depuis 2023, la Food and Drug Administration (FDA) a autorisé la prescription de mifépristone par téléconsultation. Plusieurs recours judiciaires ont toutefois été initiés afin de contester cette autorisation. Actuellement, une procédure intentée par le procureur général de Louisiane, Liz Murrill, est en cours, le juge fédéral devrait bientôt rendre sa décision.

Désormais, les cliniques en ligne proposant des avortements à distance sont en forte progression dans les Etats n’interdisant pas l’avortement. 24 % des avortements pratiqués par des professionnels de santé aux Etats-Unis y sont réalisés.

A l’inverse, le rapport constate une baisse de 2 % du nombre de cliniques pratiquant des avortements. En 2025, 753 cliniques « physiques » pratiquant l’avortement sont en exercice aux Etats-Unis, soit 12 de moins qu’en mars 2024 et 54 de moins qu’en 2020. Cinq Etats ont connu une diminution du nombre de cliniques : la Californie, la Floride, l’Illinois, le Michigan et New-York.

Fin 2025, 13 Etats américains avaient instauré des législations interdisant totalement de l’avortement, et 6 Etats l’interdisent au-delà de 6 ou 12 semaines de grossesse.

Source : Gènéthique

Restriction de la liberté religieuse au Canada

Avec l’adoption du projet de loi C-9 en troisième lecture au Parlement, la liberté religieuse au Canada semble incroyablement fragile.

Depuis l’arrivée au pouvoir du Parti libéral sous la direction de Justin Trudeau en 2015, les politiciens progressistes et leurs alliés LGBT bénéficient d’une grande liberté d’action pour mettre en œuvre leur programme, et ils en profitent pleinement. Les conservateurs ont tendance à préserver le statu quo ; les révolutionnaires, quant à eux, saisissent l’opportunité. Au cours de la dernière décennie, ils ont accompli des progrès considérables.

Avant d’aborder le projet de loi C-9, qui est maintenant soumis au Sénat – un Sénat composé d’extrémistes antichrétiens– revenons un instant en arrière et résumons ce qui s’est passé au cours des dernières années :

Sans parler du flot incessant de décisions judiciaires rendues par des tribunaux composés de juges par le gouvernement libéral, restreignant la liberté religieuse; du gel des comptes bancaires par le gouvernement Trudeau et de la déclaration de la Loi sur les mesures d’urgence (maintenant déclarée inconstitutionnelle par deux tribunaux); de la colonisation du système scolaire public par les idéologues LGBT; et de la recommandation du Comité permanent des finances de retirer le statut d’exemption fiscale aux institutions religieuses.

Dans ce contexte, les tentatives maladroites du gouvernement libéral pour rassurer les chefs religieux indignés du Canada quant au projet de loi C-9 – qui supprime l’exemption spéciale pour les convictions religieuses sincères – paraissent non seulement peu crédibles, mais aussi ridicules. En effet, Marc Miller, ministre du cabinet de Carney, a explicitement cité des passages des Écritures pour justifier la poursuite des « discours haineux » et la suppression de l’exemption religieuse. Un gouvernement aussi inflexible dans ses positions s’emploie délibérément à opprimer les communautés chrétiennes, car il considère le christianisme traditionnel comme haineux.

Le projet de loi C-9 a été adopté le 26 mars par 186 voix contre 137. Des centaines de groupes religieux ont exhorté le gouvernement à le modifier ou à l’abandonner, notamment des représentants chrétiens de toutes confessions, ainsi que des représentants juifs, musulmans et mormons. Depuis la controverse de 2018 sur l’« attestation d’avortement », les chefs religieux canadiens ne s’étaient pas exprimés avec autant d’unanimité et de force; des milliers d’appels ont été adressés aux députés. Les assurances des libéraux selon lesquelles le projet de loi n’aurait aucune incidence sur les sermons ou les déclarations religieuses ont été jugées largement insuffisantes.

Si vous êtes tenté de penser que les inquiétudes suscitées par ce projet de loi ne sont que les craintes hyperboliques des religieux, sachez que la loi a également été contestée par le Black Legal Action Centre, l’Association des juristes progressistes du Québec, la British Columbia Civil Liberties Association, la Canadian Civil Liberties Association, le Congrès du travail du Canada, le Centre for Free Expression, la Chinese and Southeast Asian Legal Clinic, la Coalition for Charter Rights and Freedoms, Democracy Watch, l’International Civil Liberties Monitoring Group et des centaines d’autres organisations.

Au cours de la dernière décennie, le Parti libéral du Canada a mené une offensive tous azimuts contre la liberté de religion et les libertés civiles. Cette offensive a repris de plus belle et, malgré l’opposition courageuse des parlementaires chrétiens et les efforts considérables de la société civile pour bloquer le projet de loi C-9, le gouvernement Carney a persisté. 

Le franc-maçon Laurent Nunez favorable au port du voile islamique par les fillettes

Dans son discours le 12 mars lors de « l’Iftar des ambassadeurs » à la Grande Mosquée de Paris, le ministre de l’Intérieur se prononce en faveur du voile pour les fillettes et pour une diffusion toujours plus grande de l’islam :

« La France ne doit pas perdre en chemin ses enfants et elle ne doit perdre en chemin aucun de ses enfants parce qu’ils se seraient sentis stigmatisés ou blessés. C’est ce qui justifie d’ailleurs ma position sur l’interdiction du port du voile sur l’espace public par les mineurs. Je ne serai pas celui qui ira expliquer à des enfants qu’en portant le voile, elles menacent le vivre ensemble républicain. Je ne le ferai pas parce que je n’y crois pas et parce qu’une telle mesure ne ferait en réalité que détourner l’attention de la vraie menace. C’est une proposition qui, à mon sens, décrédibiliserait le vrai combat donné contre l’islam politique qui, lui, lui, est essentiel. C’est également ce qui justifie et justifiera que je pousse et défende, comme ministre des cultes, toute initiative qui puisse contribuer à mieux faire connaître l’islam. Et tu sais, mon cher Chems [recteur algérien de la Grande Mosquée], combien le président de la République est attaché à développer et à mieux faire connaître l’islam. »

Laurent Nuñez a été initié à la Grande Loge de France, précise Vincent Nouzille dans son livre “Le côté obscur de la force : Enquête sur les dérives du ministère de l’Intérieur et de sa police” :

Sous pression internationale, la Principauté d’Andorre va-t-elle dépénaliser l’avortement ?

Xavier Espot Zamora, chef de l’exécutif andorran, a déclaré être à « un stade de conversation très avancé avec le Saint-Siège » pour parvenir à une dépénalisation de l’avortement avant la fin de la législature, prévue au printemps 2027. Le droit andorran actuel expose les femmes qui avortent à six mois d’emprisonnement, et les médecins qui le pratiquent à trois ans de prison assortis de cinq ans d’interdiction d’exercice.

Le chef du gouvernement veut supprimer les peines encourues par les femmes qui mettent fin à leur grossesse. L’avortement demeurerait illégal sur le territoire andorran, mais ses ressortissantes pourraient y recourir à l’étranger. Un médecin pratiquant des avortements clandestinement en Andorre resterait, lui, passible de sanctions.

L’un des deux coprinces d’Andorre étant l’évêque catholique d’Urgell, Mgr Josep-Lluis Serrano Pentinat, Xavier Espot veut éviter une réforme qui le conduirait à « mettre en échec » le système institutionnel et pourrait contraindre le coprince à abdiquer. Selon lui, la structure de la coprincipauté — partagée entre le président de la République française et l’évêque d’Urgell — « a été à la base de huit siècles de paix, d’indépendance et de souveraineté », et il serait « une grave erreur d’y renoncer ».

En 2018, le Saint-Siège avait adressé une mise en garde aux autorités andorranes. Le souverain pontife a téléphoné au chef du gouvernement : si l’avortement est légalisé, le Vatican ordonnera l’abdication de l’un des deux co-princes d’Andorre, Mgr d’Urgell.

Le Comité des droits de l’homme des Nations unies, lors de sa 145e session tenue à Genève début mars 2026, a examiné pour la première fois le rapport initial d’Andorre sur la mise en œuvre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (ICCPR). Dans ses observations finales, le Comité a recommandé à Andorre de revoir sa législation pour « garantir un accès effectif à l’avortement légal et sécurisé » lorsque « la vie ou la santé de la femme est en danger », jugeant préoccupant que les dispositions pénales en vigueur conduisent les femmes à se rendre à l’étranger. Andorre devra rendre compte de ses avancées sur ce point d’ici le 19 mars 2029.

La visite officielle d’Emmanuel Macron, prévue les 27 et 28 avril à Andorre-la-Vieille, devrait également placer cette question en toile de fond diplomatique, la France ayant inscrit l’avortement dans sa Constitution en mars 2024.

Source : Gènéthique

I-Media : L’affaire Quentin relancée par BFMTV

L’image de la semaine : Philippe, le nouveau candidat du système

En une semaine à peine, Edouard Philippe est passé de simple ancien premier ministre à “candidat naturel” de la droite et du centre. Comment expliquer cette accélération médiatique ? Rien de plus simple : un sondage publié par BFMTV et La Tribune Dimanche, largement relayé par l’ensemble des rédactions, le donne comme “le seul capable de battre le RN” au second tour. Ce scénario, répété en boucle sur les plateaux, remplit toutes les cases du “storytelling médiatique”.

Le dossier du jour : L’affaire Quentin relancée par BFMTV

De nouvelles images prises par les Renseignements Territoriaux ont été diffusées par BFMTV dans un reportage dont la formulation grammaticale, volontairement ambiguë, laissait entendre que les responsables pourraient être “des membres d’un groupe d’ultragauche”… sans jamais l’affirmer clairement. Une zone de flou dans laquelle se sont immédiatement engouffrés les députés LFI.
Face à la polémique, la chaîne a dû publier un second tweet pour “repréciser” son propos. Trop tard. Manipulation grossière ou erreur, Raphaël Arnault a saisi l’opportunité pour se relancer médiatiquement et politiquement dans une interview complaisante d’1h15 chez Blast, media d’extrême gauche arrosé d’argent public, transformant un possible complice, son ami et assistant parlementaire Jacques-Elie Favrot, en victime du “Système”.

Les pastilles de l’info :

– CNC : des subventions militantes et idéologiques pour la gauche
– Emmanuel Grégoire et ses 36 adjoints : un adjoint aux “médias libres” ?
– Auditions parlementaires de Nagui entre salaire faramineux et leçon de morale
– Le Tasty Crousty de Valérie Hayer : une eurodéputée macroniste fait la pub de ce fast-food
– L’interview complaisante de Lavrov par Léa Salamé sur France 2

Portrait piquant : Léa Salamé, icône médiatique ou rouage du système ?

“La présence d’icônes dans l’espace public ne restreint la liberté de personne”

La Cour européenne des droits de l’homme examine en ce moment la plainte de l’« Union athée de Grèce » qui conteste la présence d’icônes dans les salles d’audience. Les tribunaux grecs ont rejeté la demande, d’où le recours à la CEDH. Laquelle a donc jugé la requête recevable, malgré le précédent italien.

Les évêques orthodoxes de Crète viennent de publier ce texte :

Le Saint Synode provincial de l’Église de Crète, à la suite du débat qui s’est récemment développé concernant la présence d’icônes sacrées et de symboles chrétiens dans la vie publique, juge nécessaire de rappeler que, dans l’Église orthodoxe, l’icône sacrée n’est pas simplement un symbole religieux ou seulement une œuvre d’art, mais qu’elle est liée à la foi même de l’Église, selon laquelle Dieu s’est fait homme et s’est manifesté au monde.

C’est pourquoi l’Église honore les icônes du Christ, de la Vierge Marie et des saints, non pas en tant que matière, mais en signe d’hommage aux personnes représentées, conformément à l’enseignement du 7e Concile œcuménique selon lequel : « l’honneur rendu à l’icône rejaillit sur l’original ». L’icône rappelle que la grâce de Dieu sanctifie tout, la matière et l’ensemble de la création.

En Crète, dans le reste de la Grèce et dans tout le monde orthodoxe, les icônes constituent un élément concret d’expression de la foi, de la vie et de la culture, des réalités qui ont donné un sens à notre peuple. Les symboles sont le langage d’une culture, et dans le cas de l’expérience orthodoxe, ils constituent des principes spirituels incarnés, à travers lesquels les hommes communiquent avec Dieu et découvrent leur histoire et leurs racines.

Devant les icônes, les hommes de toutes les époques prient, laissent derrière eux leur angoisse et leur douleur, espèrent et trouvent du réconfort. L’iconographie byzantine, comme par exemple l’école crétoise d’iconographie et ses créateurs tels que Théophane le Crétois, Domenikos Theotokopoulos (El Greco) et tant d’autres, constituent notre héritage inestimable, mais aussi une partie de la culture européenne.

L’Église orthodoxe respecte pleinement la liberté de conscience de chaque individu et ne cherche pas à imposer la foi, qui est toujours proposée librement.

La présence d’icônes dans l’espace public ne restreint la liberté de personne, elle est l’expression de l’histoire, de la tradition et de l’identité spirituelle de notre peuple.

À une époque de matérialisme et de relativisme spirituel, où beaucoup de gens ont le sentiment de perdre leurs repères et le sens de la vie, les visages du Christ, de la Vierge Marie et des Saints, représentés dans les icônes, rappellent que l’homme ne vit pas sans racines, mais au sein d’une foi vivante, au sein d’une culture qui s’est forgée au fil des siècles et qui continue d’éclairer le chemin de notre vie.

Noah : le petit garçon de Jounieh qui prie pour la Paix et qui a rencontré le Pape Léon XIV

De notre Envoyé spécial Antoine Bordier, auteur de Arthur, le petit prince du Liban

Il ressemble à un garçon comme les autres, mais, ce jour-là, ce Jeudi Saint, dans l’église Saint-Joseph des Jésuites, à Beyrouth, en pleine Messe chrismale, il est là avec sa maman, Micheline. Son papa, Joseph, n’a pu faire le déplacement.

De l’autre côté de la nef, une cinquantaine de prêtres ont pris place pour la célébration de la Messe présidée  par Mgr César Essayan, le Vicaire Apostolique de Beyrouth pour les catholiques de rite latin au Liban. Aux côtés de ce dernier, le Nonce Apostolique, Mgr Paolo Borgia, a fait le déplacement. Il n’est pas dans le sud, avec les chrétiens qui ont décidé de rester jusqu’à la fin dans leurs villages bombardés par Israël.

Avec ses grands yeux bleus, la présence de ce petit garçon aux cheveux bouclés, habillé de noir, dénote et interroge. Car, parmi les fidèles, il est le seul enfant de cet âge.

Reportage sur le petit garçon de Jounieh qui prie la nuit pour la Paix et qui a rencontré le Pape Léon XIV, le 30 novembre 2025 !

Souvenez-vous c’était sa première visite papale au Liban. “L’homme en blanc” comme l’appelle Pierre Bachelet, la main droite posée délicatement sur la rampe de l’escalier mobile descend les marches. Il s’arrête et salue plusieurs fois les officiels présents sur le tarmac de l’aéroport Rafiq Hariri. Au pied de l’escalier l’attendent le président de la République, Monsieur Joseph Aoun, et son épouse que l’on appelle “la première dame”, Nehmat Nehmeh. En retrait, le Patriarche Béchara Boutros Raï, le 77e patriarche maronite d’Antioche et de tout l’Orient, sourit, il est aux anges.

Il a connu trois papes : Benoît XVI, François et celui qu’il va saluer dans quelques secondes. D’un pas lent, mais assuré, aux sons des flûtes, des trompettes et des tambourins, le pape Léon XIV entre dans la grande tente officielle dressée pour cette occasion historique. C’est là que l’attendent les 200 invités, triés sur le volet, parmi lesquels se trouve Noah et ses parents.

Les papes et le Liban

Avant Léon XIV, il faut remonter à Paul VI, pour voir le premier chef de l’Eglise catholique fouler la terre sainte libanaise en 1964. La terre sainte ? Oui, le Liban est une terre sainte, celle du creuset de la création, celle des pas du Christ, celle de Cana, celle de Tyr et de Sidon, celle des cèdres, celle des montagnes de Dieu. Du Christ à Paul VI, il n’y a qu’un pas de 1964 ans à faire. Mais, on l’a vite oublié et les présentateurs non renseignés l’oublient encore de nos jours, car il ne s’agissait pas le 2 décembre 1964 d’une visite apostolique, mais plutôt d’une escale ! Il se rendait en Inde pour le Congrès eucharistique de Bombay. Une escale angélique, une escale divine, une escale papale…

Le monde entier s’arrête et écoute. Comme pour le Pape Léon XIV, cette visite-transit a fait s’envoler toutes les cloches des églises libanaises. Quelle musicalité, quelle sonorité dans le ciel levantin des années glorieuses. En 1964, le Liban est encore en paix. Il n’est pas crucifié. Le pays-confetti aussi grand que la Corse avec ses 10 452 km2, le pays du Cèdre est devenu la Suisse du Proche-Orient. Beyrouth où vécut Lamartine, sur les hauteurs d’Achrafieh, ressemble, alors, à Nice et à Paris, avec ses rues portant des noms bien français : avenue du Général de Gaulle (car le commandant de Gaulle y vécut entre 1929 et 1932), avenue de Paris, avenue des Français, rue Foch, rue Gouraud (du nom du général signataire du mandat français de 1920 à 1943), rue Monot, rue Pasteur, rue Huvelin (du nom du professeur d’histoire co-fondateur de la faculté de droit de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth en 1913), etc.

“Le pays messager”

Après lui, d’un pape à l’autre, Jean-Paul II fera une visite historique qui est restée dans les âmes, les coeurs et les mémoires. D’autant plus que les premiers mois du pontificat de Jean-Paul II sont tâchés des pages les plus tragiques du Liban, écrites avec le sang des femmes et des hommes, des enfants, des civils et des militaires : celle des guerres de 1975 à 1990. Elles firent des centaines de milliers de victimes. Les 18 communautés religieuses qui forment la mosaïque Liban sont touchées en plein cœur et s’entredéchirent. Le vivre-ensemble libanais implose, à cause des Palestiniens et de Yasser Arafat qui veut faire du Liban son bastion, sa citadelle, sa tour imprenable.

7 ans après la fin de la guerre, le Pape Jean-Paul II se rend au Liban en 1997. Il y exhorte la jeunesse à bâtir des ponts entre les communautés. Celui qui a fait chuter le socialo-communisme en Europe de l’Est, en commençant par la Pologne, son pays natal, puis la Russie, est un vrai lutteur, un saint. L’orphelin est devenu l’Homme de Dieu, il croit profondément que le Liban est un « pays messager ».

Il répétera : « Le Liban est bien plus qu’un pays : c’est un message de liberté et un exemple de pluralisme pour l’Orient et l’Occident. » Aujourd’hui cette liberté, ce message, ce pays, ce peuple est crucifié.

Noah rencontre le pape Léon XIV

Le pape Léon XIV poursuit la mission de ses prédécesseurs à temps et à contre-temps. Ce 30 novembre, il vient de franchir l’entrée de la tente officielle. A sa droite, l’orchestre militaire continue avec force et élévation sa fanfare. Sur sa droite, les 200 fidèles qui l’attendent depuis plusieurs heures sont récompensés. Une énergie nouvelle les dynamise. Ils essayent de l’arrêter, de l’accrocher, de lui glisser un geste d’affection, un mot d’amitié, une parole fraternelle. Certains le touchent, et lui, se laisse toucher. La sécurité est là, qui éloigne avec délicatesse les pèlerins d’un jour venus à la rencontre de « l’apôtre de la Paix ».

Noah, du haut de ses 1,10 m et des poussières essaye de se frayer un chemin. Son papa le porte. Par chance, par grâce, le pape regarde dans sa direction, il salue Noah, le bénit et lui fait un grand sourire. La première dame, dans son joli tailleur bleu et blanc, regarde dans sa direction en souriant.

 Le témoignage d’un enfant

Noah est aux anges. Son prénom est descendu des pentes adoucies par les eaux du déluge se retirant du mont Ararat, permettant ainsi à l’homme, à Noé, de passer de la mort à la vie, de la malédiction de Dieu, à sa bénédiction…

Oui, Noah est aux anges. Son attente est récompensée :

« Nous avons attendu près de 3 heures… C’était long. Mais, je ne regrette pas. Je m’en souviens comme si c’était hier. Ils ont lancé à son arrivée des coups de canon. Ce qui m’a fait sursauter. J’ai eu très peur, mais ce qui m’a rassuré, c’était la présence du pape. Quand il est entré dans la tente, j’ai réussi à me faufiler, malgré la foule. Il m’a béni et j’ai pu prendre un selfie et des photos. »

Plusieurs mois plus tard, ce Jeudi Saint, ce 2 avril qui commémore, également, le départ de Jean-Paul II en direction du Ciel (en 2005), à la sortie de la Messe chrismale, qui a duré deux heures, il témoigne encore. Son émotion reste grande, comme si cette rencontre le marquait à tout jamais, instant d’éternité : « Lorsque je l’ai vu passer devant moi, j’ai eu un frisson de joie et je ne sais pas pourquoi mais j’ai eu peur aussi. Après avoir pris mes photos, et lorsqu’il a quitté la tente, j’ai dit à ma mère que notre attente de trois heures debout en valait la peine… » Puis, il conclut, comme s’il s’agissait, pour lui, d’un commencement : « Je n’oublierai jamais ce jour-là ».

Une maman heureuse, malgré la guerre

Micheline, sa maman, sort de l’église Saint-Joseph et revient, aussi, sur cette rencontre.

« Nous avons tous été très émus. C’était, en effet, très impressionnant de voir le pape d’aussi près. Il nous a apporté l’espoir. Moi, vous savez, j’ai toujours vécu ici. Je suis née pendant les guerres, il y a 50 ans. Nous aimons le Liban, nous aimons l’espoir. J’ai été très heureuse que mon fils ait vécu ce moment historique très spécial. Ensemble, nous avons demandé au Seigneur de nous sauver. Le Liban est béni, il a plein de saints. Nous allons être sauvés, j’en suis certaine. »

Quelle foi !

La foi de Micheline est surprenante, elle déplacerait les montagnes que cela ne serait pas étonnant. Les montagnes qui font le Liban, le mont Liban et l’Anti-Liban, sont des montagnes saintes. Aucun doute n’est permis. Elles ont servi pendant des siècles de refuges pour les chrétiens persécutés pendant des siècles. Le mot que Micheline répète sans cesse est celui de « l’espoir ». Pour elle, la solution à la guerre actuelle, une guerre sans fin depuis 1975, repose sur les hommes et sur Dieu. Elle précise même cette dépendance, indiquant ainsi la hauteur et la profondeur, la largeur et la longueur de sa foi : « Un peu des hommes et beaucoup de Dieu ! »

Noah, une enfance dans la guerre

Depuis sa naissance en 2014, Noah Issa, a, déjà, connu plusieurs guerres : celle de 2023-2024 et celle de 2026, celle que nous sommes en train de vivre en pleine Semaine Sainte.

Pour le Liban, la guerre s’est plus ou moins arrêtée lors du cessez-le-feu du 27 novembre 2024. Presque, car, alors que son ennemi de toujours, le Hezbollah, lui, le respectait, Israël, en toute impunité et malgré les condamnations et les sanctions internationales, a continué à bombarder le sud du Liban. Terres et villages du sud qui feraient l’objet d’un marché, de spéculations entre Israéliens. Mais le sud Liban n’est pas à vendre !

Il serait bon de se rappeler que le 27 novembre 2026 n’est pas n’importe quelle date. C’est un jour de fête, celui de la Médaille Miraculeuse. Oui, ce jour-là, un miracle a eu lieu.

Puis, très vite, dès le lendemain, le diable, tel le dragon de l’Apocalypse, a remué sa queue. Il a continué à bombarder le sud, faisant des centaines de morts et des milliers de blessés. Et, le 2 mars 2026, tout le Moyen-Orient s’est embrasé. De nouveau Beyrouth la belle était frappée…

Noah vit à Jounieh, une ville côtière qui se situe à une vingtaine de km au nord de Beyrouth, dans le quartier de Zouk. Malgré cet éloignement, il entend les drones et les missiles qui frappent les quartiers sud chiites de la capitale.

« Oui, je souffre de la situation, de la guerre. J’ai peur. Mais, je prie. Quand les avions passent le mur du son, cela me réveille. J’ai, déjà, été réveillé plusieurs fois dans la nuit. J’ai fait des nuits blanches. Et, ma résolution c’est de prier ! »

Noah est un petit garçon enthousiaste, joyeux, souriant, bien dans ses baskets. Un saint qui prie !

De Noah à Carlo Acutis

Le petit garçon de 11 ans a des traits communs avec Carlo Acutis, canonisé en septembre dernier. Comme lui, il aime jouer sur son ordinateur. Mais, il aime surtout prier,

« aller à l’église, croire en Dieu, prier le chapelet, se confesser, adorer, aller à la Messe… »

Noah a entendu parler du saint de l’Eucharistie. Carlo Acutis ? Oui, il a entendu parler de Carlo Acutis, ce jeune italien de Milan mort d’une leucémie foudroyante à l’âge de 15 ans. Carlo Acutis a commencé par faire revenir ses parents à la foi. Puis, il s’est rapproché de saint François d’Assise. Comme lui, Noah prie le chapelet chaque semaine. Mais, il ne connaît pas bien les miracles eucharistiques, ces osties consacrées qui font apparaître des taches de sang, des morceaux du Cœur du Christ. Il ne connaît pas bien l’exposition universelle imaginée par le tout jeune Carlo Acutis quand il avait 11 ans. Qui a 11 ans a entendu parler des miracles eucharistiques ?

Un francophone qui prie ?

Autre caractéristique étonnante, voire épatante, de Noah, pour son jeune âge : il parle très bien la langue française. Et ce qui est le plus surprenant sur le sujet, c’est sa réponse : « Oui, j’ai appris le français grâce à mes parents, sur Youtube, et à la télévision. » Incroyable mais vrai, Noah est bourré de talent. Ce petit garçon est en 6e au collège central de Jounieh. Et, il n’y apprend pas le français. Serait-il comme Carlo Acutis, un « geek de Dieu » ?

La conversation se termine, alors que les derniers prêtres et les derniers fidèles sortent de l’église Saint-Joseph. Les douze coups de midi viennent de sonner, Noah a envie de conclure en lançant son appel à la prière d’une façon très inattendue.

« Je demande à la France, aux Français, à tout le monde, de prier pour nous, pour les morts, pour les blessés, pour les personnes handicapées. Je demande aussi de prier pour l’armée qui ne peut rien faire. Et, laissons faire ce que Dieu veut : la PAIX ! »

Quelle maturité !

Mieux encore, Noah va plus loin que la prière. Il s’est engagé comme scout, et travaille chaque semaine à préparer des colis alimentaires et vestimentaires pour les réfugiés, pour les pauvres. Un exemple à suivre… à trois jours de Pâques. « Je rêve de la Paix à Pâques », conclut-il. Que Dieu l’entende…

Reportage réalisé par Antoine BORDIER, auteur, biographe et consultant

Copyright des photos A. Bordier et Noah Issa

“Se laisser servir par le Seigneur est donc une condition pour servir comme Il l’a fait, Lui”

Extrait de l’homélie de Léon XIV lors de la messe vespérale du Jeudi Saint :

[…] Se laisser servir par le Seigneur est donc une condition pour servir comme Il l’a fait, Lui. « Si tu ne te laisses pas laver – dit Jésus à Pierre – tu n’auras pas part avec moi » (Jn 13, 8). Si tu ne m’accueilles pas comme serviteur, tu ne peux pas croire en moi et me suivre comme Seigneur. En lavant notre chair, Jésus purifie notre âme. En Lui, Dieu a donné un exemple non de la manière dont on domine, mais de celle dont on libère ; de la manière de donner sa vie, non celle de la détruire.

Alors, face à une humanité à genoux, face à de nombreux exemples de brutalité, agenouillons-nous nous aussi en tant que frères et sœurs des opprimés. C’est ainsi que nous voulons suivre l’exemple du Seigneur, en accomplissant ce que nous avons entendu dans le livre de l’Exode : « Ce jour sera pour vous un mémorial » (Ex 12, 14). Oui, toute l’histoire biblique converge vers Jésus, véritable agneau pascal. À travers Lui, les figures anciennes trouvent leur pleine signification, car le Christ sauveur célèbre la Pâque de l’humanité, ouvrant à chacun le passage du péché au pardon, de la mort à la vie éternelle : « Ceci est mon corps, qui est pour vous ; faites ceci en mémoire de moi » (1 Co 11, 24).

En renouvelant les gestes et les paroles du Seigneur, précisément ce soir, nous faisons mémoire de l’institution de l’Eucharistie et de l’Ordre sacré. Le lien intrinsèque entre ces deux sacrements représente le don parfait de Jésus, Grand Prêtre et Eucharistie vivante pour l’éternité : dans le pain et le vin consacrés se trouve en effet le « sacrement de l’amour, signe de l’unité, lien de la charité, banquet pascal, dans lequel le Christ est mangé, l’âme est comblée de grâce et le gage de la gloire future nous est donné » (Const. dogm. Sacrosanctum Concilium, 47). Dans les évêques et les prêtres, constitués « prêtres de la nouvelle Alliance » selon le commandement du Seigneur (Concile de Trente, De Missae Sacrificio, 1), réside le signe de sa charité envers tout le Peuple de Dieu que nous sommes appelés à servir, chers confrères, de tout notre être.

Le Jeudi-Saint est donc un jour de profonde gratitude et de fraternité authentique. […]

“En cette heure sombre de l’histoire, il a plu à Dieu de nous envoyer répandre le parfum du Christ là où règne l’odeur de la mort”

Extrait de l’homélie du pape Léon XIV lors de la messe chrismale, au matin du Jeudi Saint :

Cher frères et sœurs, ce sont les saints qui font l’histoire. Tel est le message de l’Apocalypse. « À vous, la grâce et la paix […] de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier-né des morts, le prince des rois de la terre » (Ap 1, 5). Cette salutation résume le parcours de Jésus dans un monde déchiré entre des puissances qui le ravagent. En son sein naît un peuple nouveau, non pas de victimes, mais de témoins. En cette heure sombre de l’histoire, il a plu à Dieu de nous envoyer répandre le parfum du Christ là où règne l’odeur de la mort. Renouvelons notre “oui” à cette mission qui exige de nous l’unité et qui apporte la paix. Oui, nous sommes là ! Surmontons le sentiment d’impuissance et de peur ! Nous annonçons ta mort, Seigneur, nous proclamons ta résurrection, dans l’attente de ta venue.

Quatre Evangiles, vraiment ?

Dans son célèbre roman Da Vinci Code, Dan Brown met en scène ce dialogue :

« – Plus de quatre-vingts Evangiles auraient pu figurer dans le Nouveau Testament, mais seulement quatre d’entre eux ont été retenus […].
– Et qui a décidé de la sélection ?
– Ah ! s’esclaffa Teabing, c’est là l’ironie fondamentale du christianisme. La Bible, telle que nous la connaissons aujourd’hui, a été collationnée par un païen, l’empereur Constantin le Grand ». (Dan Brown, Da Vinci Code, Paris, Lattès, 2004, p. 289).

Sous l’influence des légendes anti-chrétiennes véhiculées par toutes les formes de la sous-culture contemporaine, beaucoup en viennent à imaginer que le choix des quatre Evangiles remonterait à l’époque de Constantin, et qu’il aurait été dicté par le pouvoir politique.

On ajoute alors que d’autres évangiles, occultés par le clergé, révèleraient un Jésus très différent, particulièrement gênant pour l’Eglise. Et les médias officiels, ordinairement si sévères contre le complotisme, n’ont ici aucun scrupule : dès qu’il s’agit de l’Eglise, ils relaient favorablement tous les doutes et tous les soupçons.

Beaucoup s’interrogent cependant légitimement sur les Évangiles transmis par l’Église :

• Pourquoi quatre ? Un seul ne suffisait-il pas ?
• Et pourquoi ces quatre-là, et non les autres, dits apocryphes ?
• L’Église n’a-t-elle pas imposé SA vision, éliminant tous les témoignages discordants ?

D’où viennent donc nos quatre évangiles ?

Dans toutes les Églises chrétiennes, dès le IIe siècle, l’avis est unanime : QUATRE Évangiles – ni plus, ni moins – sont l’héritage des Apôtres.

C’est ce que le Père Louis-Marie O.P. démontre dans un nouvel ouvrage : Quatre Evangiles solidement attestés, paru aux Editions du Sel.

Si cet héritage ne vient pas des Apôtres, comment expliquer cette unanimité, au 2e siècle, dans des Eglises qui ont chacune leurs traditions propres, et qui peinent à se mettre d’accord sur la façon de calculer la date de Pâques ?

L’auteur présente successivement les témoignages :

– de la Gaule (saint Irénée de Lyon),
– de l’Asie mineure (Papias et Apollinaire de Hiérapolis, Méliton de Sardes, Polycarpe de Smyrne, Polycrate d’Ephèse),
– de l’Égypte (Clément d’Alexandrie),
– de l’Afrique du Nord (Tertullien de Carthage),
– de saint Justin, qui se rapporte autant à la Palestine qu’à l’Italie (où l’on a également relevé le Canon de Muratori et la lettre de saint Clément de Rome),
– de la Syrie (Ignace, Théophile et Sérapion d’Antioche, puis Tatien à Édesse),
– et même, des ennemis de l’Église, qui déposent, malgré eux, en faveur des quatre Évangiles.

L’ouvrage présente ces témoignages et ces preuves de façon vivante et pédagogique, sous forme de questions-réponses, tel un dialogue clair et sans concession, à la recherche de la vérité, et sans éviter aucune objection.

Père Louis-Marie O.P., Quatre Evangiles solidement attestés, Editions du Sel, coll. « J’ai raison de croire », 2025, 112 p. (14 euros).

A commander ici : https://www.chire.fr/librairie/louis-marie-o-p-fr-quatre-evangiles-solidement-attestes-p-510326

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Messe vespérale du Jeudi saint « In Cæna Domini »

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Cette Semaine sainte est bien sûr d’une richesse spirituelle, liturgique et…musicale exceptionnelle.

Le graduel de la Messe vespérale du Jeudi saint exalte le sacrifice du Christ sur la Croix. C’est un passage célèbre de l’Épître aux Philippiens dont vous pourrez lire le texte et sa traduction plus bas juste après l’Introït.

Ce graduel est également chanté à la fin de tous les offices du Triduum sacré, Jeudi, Vendredi et Samedi saints et particulièrement de l’office des Ténèbres. Le premier soir on ne chante que la première phrase, le deuxième est ajouté mórtem aútem crúcis, et le troisième l’on entend la deuxième partie triomphale qui annonce la résurrection. La mélodie de ce graduel est faite de formules que l’on retrouve dans de nombreux autres graduels, mais elles sont admirablement choisies pour exprimer toutes les nuances du texte avec un contraste frappant entre les deux parties.

Le Père Perrodon, dans son ouvrage Notre beau chant grégorien (1944),  écrit :

Nous nous trouvons là en face d’un sommet de beauté. Si l’on doutait encore de l’influence que le christianisme a pu exercer sur la musique, par son besoin de faire déborder dans le lyrisme du chant l’ivresse d’amour inspirée par le mystère du Christ, on n’aurait, pour s’en convaincre, qu’à écouter cette admirable pièce.

Introït : Nos autem

La messe vespérale du Jeudi saint commémore, on le sait, l’institution de la Sainte Eucharistie et du Sacerdoce. L’Introït et le Graduel de cette messe nous montrent le lien étroit qui existe entre la messe et la Croix, lien que nous avons trouvé en sens inverse dans la Communion du dimanche de la Passion. La première phrase de l’Introït est empruntée à l’Épître de saint Paul aux Galates, dans la conclusion de cette lettre, et la suite a été ajoutée par l’Église.

Nos autem gloriari oportet in cruce Domini nostri Jesu Christi : in quo est salus, vita et resurrectio nostra : per quem salvati, et liberati sumus.
Pour nous il faut nous glorifier dans la Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ, en qui est notre salut, notre vie et notre résurrection, et par qui nous avons été sauvés et délivrés.

La mélodie est, comme il convient, assez triomphale, pleine d’ardeur mystique et de ferveur, avec un beau crescendo dans la première phrase vers Domini nostri, qui se renouvelle dans la deuxième phrase vers vita. La troisième phrase est plus calme et contemplative. Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 66, petit psaume messianique annonçant la conversion de tous les peuples, ce qui sera un des fruits du sacrifice de la croix :

Deus misereatur nostri, et benedicat nobis : illuminet vultum suum super nos, et miseratur nostri.
Que Dieu ait pitié de nous et nous bénisse, qu’il fasse briller sur nous son visage et ait pitié de nous.

Graduel Christus factus est

Comme l’Introït, le Graduel de la messe vespérale du Jeudi saint exalte aussi le sacrifice du Christ sur la Croix, et son texte est également de saint Paul, ce qui est pourtant assez rare dans les chants de la messe. C’est un passage célèbre de l’Épître aux Philippiens :

Christus factus est pro nobis obediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus exsaltavit illum, et dedit illi nomen, quod est super omne nomen.
Le Christ s’est fait pour nous obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur la croix ; c’est pourquoi Dieu l’a exalté et lui a donné un nom au-dessus de tout nom.

Ce Graduel est également chanté à la fin de tous les offices du Triduum sacré, Jeudi, Vendredi et Samedi saints et particulièrement de l’office des Ténèbres. Le premier soir on ne chante que la première phrase, le deuxième on ajoute mortem autem crucis, et le troisième on ajoute la deuxième partie triomphale qui annonce la résurrection. La mélodie de ce Graduel est faite de formules que l’on retrouve dans de nombreux autres Graduels, mais elles sont admirablement choisies pour exprimer toutes les nuances du texte avec un contraste frappant entre les deux parties. La première est sombre et grave surtout le mot crucis qui s’enfonce dans les profondeurs. La deuxième, au contraire s’élève dans les hauteurs avec enthousiasme, particulièrement la grande vocalise aérienne ornant le mot illum, pronom qui désigne le Christ.

Ajoutons que cette messe ne comporte qu’un chant entre l’Épître et l’Évangile. Il n’y a donc pas d’Alléluia, bien entendu, mais il n’y a pas non plus de Trait.

Offertoire : Dextera Domini

Ce chant d’Offertoire était déjà celui du troisième dimanche après l’Épiphanie et l’on pourra s’y reporter. Ajoutons seulement qu’il est placé aujourd’hui dans la bouche du Christ, qui y rend grâce par avance à son Père pour la victoire de la résurrection, déjà mentionnée dans l’Introït. Le psaume 117 d’où est tiré ce chant est d’ailleurs, nous le verrons, le psaume pascal par excellence.

Communion : Dominus Jesus

Le chant de Communion de la messe vespérale du Jeudi saint est tiré de l’Évangile qui est lu à cette messe, celui du lavement des pieds, au chapitre 13 de saint Jean.

Dominus Jesus, postquam cenavit cum discipulis suis, lavit pedes eorum, et ait illis : Scitis quid fecerim vobis, ego Dominus et Magister ? Exemplum dedi vobis, ut et vos ita faciatis.
Le Seigneur Jésus, après avoir pris le repas avec ses disciples, leur lava les pieds et leur dit : Savez-vous ce que je viens de faire pour vous, moi qui suis votre Seigneur et Maître ? Je vous ai donné l’exemple pour que vous fassiez de même.

Après avoir lu les paroles de l’institution de l’Eucharistie dans l’Épître de saint Paul aux Corinthiens, l’Église a voulu retenir, pour être lue à l’Évangile de cette messe, cette sublime leçon d’humilité et de charité, qui en éclaire toute la signification.

La mélodie de ce chant est un simple récitatif, assez régulier ; seul le mot Scitis au moment où le Christ prend la parole, est souligné par une belle montée expressive.

Rappel de quelques obligations au sein de l’Église

En ce temps de Carême, il est aussi important de rappeler certaines obligations au sein de l’Église. Durant les dernières décennies, ces obligations n’ont pas été rappelées par beaucoup de prêtres et laïcs, en partie à cause d’une certaine idée de la «conciliarité» qui donnait beaucoup de libertés, comme l’expliquait le Pape Emérite Benoît XVI en 2019. Dans ce court article on va en voir trois.

La première est l’obligation d’assister à la messe le dimanche et les jours de fête de précepte. Dans le Code de Droit Canonique on lit :

«Can. 1246 – § 1. Le dimanche où, de par la tradition apostolique, est célébré le mystère pascal doit être observé dans l’Église tout entière comme le principal jour de fête de précepte. Et de même doivent être observés les jours de la Nativité de Notre Seigneur Jésus Christ, de l’Épiphanie, de l’Ascension et du très Saint Corps et Sang du Christ, le jour de Sainte Marie Mère de Dieu, de son Immaculée Conception et de son Assomption, de saint Joseph, des saints Apôtres Pierre et Paul et enfin de tous les Saints.

§ 2. Cependant, la conférence des Évêques peut, avec l’approbation préalable du Saint-Siège, supprimer certaines fêtes de précepte ou les reporter au dimanche.

Can. 1247 – Le dimanche et les autres jours de fête de précepte, les fidèles sont tenus par l’obligation de participer à la Messe; de plus, ils s’abstiendront de ces travaux et de ces affaires qui empêchent le culte dû à Dieu, la joie propre au jour du Seigneur ou la détente convenable de l’esprit et du corps.«

La deuxième est la pratique de la pénitence tous les vendredis de l’année, car on se rappelle de la mort de Notre Seigneur Jésus-Christ. Jusqu’il y a quelques décennies, les vendredis étaient des jours d’abstinence, on ne mangeait pas de viande. A présent, dans beaucoup de diocèses il est permis de manger de la viande les vendredis mais dans ce cas il faut pratiquer la pénitence autrement. Dans le Code de Droit Canonique on lit :

«Can. 1249 – Tous les fidèles sont tenus par la loi divine de faire pénitence chacun à sa façon; mais pour que tous soient unis en quelque observance commune de la pénitence, sont prescrits des jours de pénitence durant lesquels les fidèles s’adonneront d’une manière spéciale à la prière et pratiqueront des œuvres de piété et de charité, se renonceront à eux-mêmes en remplissant plus fidèlement leurs obligations propres, et surtout en observant le jeûne et l’abstinence selon les canons suivants.

Can. 1250 – Les jours et temps de pénitence pour l’Église tout entière sont chaque vendredi de toute l’année et le temps du Carême.

Can. 1251 – L’abstinence  de  viande ou d’une autre nourriture, selon les dispositions de la conférence des Évêques, sera observée chaque vendredi de l’année, à moins qu’il ne tombe l’un des jours marqués comme solennité; mais l’abstinence et le jeûne seront observés le Mercredi des Cendres et le Vendredi de la Passion et de la Mort de Notre Seigneur Jésus Christ.»

La troisième concerne l’habit des religieux et des clercs. Dans le Code de Droit Canonique on lit :

«Can. 284 – Les clercs porteront un habit ecclésiastique convenable, selon les règles établies par la conférence des Évêques et les coutumes légitimes des lieux

Can. 669 – § 1. En signe de leur consécration et en témoignage de pauvreté, les religieux porteront l’habit de leur institut selon la forme prescrite par le droit propre.

§ 2. Les religieux clercs d’un institut qui n’a pas d’habit particulier adopteront le vêtement du clergé selon le can. 284.»

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Les nouveaux rituels, conçus pour correspondre aux besoins fantasmés de l’homme d’aujourd’hui

Extrait de la recension du livre de l’abbé Barthe, par Yves Daoudal dans Una Voce :

Vous pouvez commander ou vous abonner à Una voce ici ou le retrouver chaque mois sur Le Club de la Presse.

Père Jerzy Popieluszko – Le combat d’un homme libre, assassiné ….

Cet album retrace avec force la vie et le destin bouleversant du Père Popieluszko, prêtre courageux et résistant face à la dictature communiste.

« Il naquit en 1947 dans une maison de deux-pièces où vivent ses grands-parents, parents, et ses quatre frères et sœurs. Son prénom de baptême, Alphonse, honore son oncle, abattu par l’Armée rouge en 1945, qui conquiert la Pologne au prétexte de la libérer de l’Allemagne nazie. Au séminaire de Varsovie en 1965, puis au service militaire (un officier le surprend méditant son chapelet. « Tu vas me piétiner ça ou je t’écrase !», lui intime-t-il. Son refus lui vaut un mois de cachot), le jeune Jerzy témoigne, témoignera, toujours, à en mourir. « Pour rester des hommes libres, nous devons vivre dans la vérité », a-t-il l’habitude de répéter. Il est ordonné prêtre en 1972.

En tant qu’aumônier du mouvement Solidarnosc le père Popiéluszko accompagne les ouvriers en lutte pour la dignité et la liberté. Ses homélies vibrantes, audacieuses profondément libres rassemblent des foules immenses. Il y défend inlassablement la vérité, la justice et les droits fondamentaux. Il devient alors la voix des sans voix, l’espoir des désespérés, dans un pays bâillonné par la peur et la surveillance. Malgré les intimidations, les filatures et les menaces le père Popieluszko refuse toujours de céder. Son message simple, fort, résonne dans tout le pays : « Le mal ne peut être vaincu que par le bien ». Ses sermons dénoncent « les prisons invisibles », l’asservissement de son pays, et encouragent à se sacrifier pour la Pologne. Son exemple en fait l’une des figures de l’opposition au régime qui ne cesse de l’intimider. « Tu seras pendu, tu seras crucifié !», reçoit-il un jour.

Le 19 octobre 1984, il est enlevé, séquestré, torturé puis assassiné par les services secrets du régime. Son corps n’est retrouvé que onze jours plus tard dans le fleuve Vistule, marqué par le sceau de la torture.

Ses funérailles, le 3 novembre 1984, rassemblent plus de 500.000 personnes à Varsovie. Sa tombe est surveillée et fleurie chaque jour. Son corps est revêtu de la chasuble rouge, celle du martyre. Ses funérailles secouent la Pologne et accélère la prise de conscience contre l’oppression. Pour des millions de Polonais, il devient un héros national, un pasteur fidèle jusqu’au bout et l’un des symboles les plus forts de la lutte non violente contre la tyrannie. Parmi les deux grands totalitarismes du XX° siècle, le plus actuel est bien le communisme qui tient toujours sous son joug un bon cinquième des habitants de notre planète. Aujourd’hui encore, cet appel du Père Popiéluszko à la résistance spirituelle, enracinée dans l’Evangile, garde toute son actualité.

Le dessin de Fabrizio Russo est classique et sobre quant il faut, au fil des événements. Il accompagne un texte riche et historiquement travaillé favorisant ainsi la compréhension de cette histoire, en 48 pages !
La vie poignante et vraie de ce martyr pour la foi, est un encouragement pour chacun de nous à placer son existence au cœur de la vérité de l’Evangile.

Plus d’informations – Photos intérieures, recensions… – et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/de-12-a-15-ans/30297-pere-jerzy-popieluszko-le-combat-d-un-homme-libre.html

Père Jerzy Popieluszko, le combat d’une homme libre, de Camille de Prévaux, Editions Plein Vent, 48 pages, 15.90€

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Les origines de la Normandie chrétienne

Découvrez un chapitre méconnu et fascinant de l’histoire de France et de notre patrimoine. La version officielle affirme souvent que notre pays a été évangélisé tardivement, vers le IVe siècle. Pourtant, la tradition ancienne des Pères de l’Église nous rapporte une toute autre vérité sur les origines de la France chrétienne.

Dans ce documentaire immersif, plongez au cœur de la Normandie, dans le département de l’Orne, pour explorer la ville de Sées et le diocèse de Séez. De la fabuleuse cathédrale Notre-Dame — dont la majesté architecturale résonne comme un véritable chant des cathédrales — jusqu’au paisible sanctuaire de Cléray, Arnaud Bouan et Victor Aubert vous guident à la découverte de ces bijoux de notre histoire.

À travers des découvertes archéologiques stupéfiantes, comme les vestiges d’anciens temples préchrétiens cachés sous nos lieux de culte, et le récit des épreuves traversées par les premiers pionniers de la foi, ce voyage temporel retrace les racines spirituelles de notre nation. Des anciennes fontaines de guérison aux reliques préservées des invasions, redécouvrez l’héritage qui a forgé notre civilisation.

CHAPITRES DE LA VIDÉO :

  • 00:00 – Introduction : L’histoire cachée de l’évangélisation de la France.
  • 02:24 – Les vestiges du transept nord et la mission des premiers évêques.
  • 04:03 – Le “trésor des trésors” : la conservation des reliques fondatrices.
  • 05:00 – Quand l’archéologie confirme la tradition sous la cathédrale.
  • 07:19 – Les premiers baptêmes dans l’Orne et l’opposition romaine.
  • 09:00 – L’ermitage de Cléray : un refuge historique face aux épreuves.
  • 10:35 – La fontaine miraculeuse et la redécouverte de notre héritage spirituel.

Parquet national financier : poursuivre avant ou après les élections ?

En 2017, parquet national financier avait enquêté sur le candidat François Fillon pour mieux plomber sa campagne électorale.

Cette année, le parquet national financier a attendu la fin des élections municipales pour balancer ses infos contre Anne Hidalgo. Et là on ne parle pas que de quelques costumes :

Le parquet national financier s’intéresse à l’attribution du contrat de la cérémonie de commémoration des attentats du 13 novembre 2025 et a perquisitionné l’Hôtel de Ville. Tout juste partie, l’ancienne édile se rappelle déjà au bon souvenir d’Emmanuel Grégoire.

A peine installé dans le fauteuil d’Anne Hidalgo, voici Emmanuel Grégoire obligé de gérer une affaire judiciaire liée au mandat de sa prédécesseuse. Ce 31 mars midi, une perquisition était en cours à la Mairie de Paris. Envoyés par le parquet national financier, les enquêteurs de la section de recherche de la gendarmerie de Paris cherchaient à établir si un marché public attribué l’an passé à la société TRE Conseil était bien légal.

Dirigée par Thierry Reboul, directeur des cérémonies des JO de Paris, cette boîte a été chargée par Anne Hidalgo d’organiser la mise en scène des commémorations des attentats du 13 novembre 2025. Montant du marché : 1,5 million d’euros. Sans compter les frais de justice…

Pour paraphraser Anatole France, la gauche gouverne mal mais se défend bien.

Ces députés qui quittent l’Assemblée pour leur mairie : leur vote sur l’euthanasie

D’Olivier Frèrejacques dans Liberté politique :

Avec les élections municipales de mars 2026, l’Assemblée nationale va connaître un petit remaniement : une bonne vingtaine d’élus devraient quitter leur siège parisien.

Les élections locales auront aussi des conséquences dans la Chambre haute, avec le scrutin indirect pour l’élection des sénateurs de septembre prochain et le renouvellement de la moitié des élus. En tout, une petite quarantaine de députés ont été élus maires lors des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, sur environ 104 qui étaient têtes de liste. En raison de la loi de 2014 sur le non-cumul des mandats, un député ne peut pas cumuler son mandat parlementaire avec une fonction exécutive locale comme celle de maire. Les élus ont 30 jours après l’élection, soit jusqu’à mi-avril environ, pour choisir : devenir maire et quitter l’Assemblée (ils seront alors remplacés par leur suppléant), ou rester député et laisser la mairie à un adjoint ou à un colistier.

Parmi les maires fraîchement élus, une petite trentaine a déjà annoncé privilégier le mandat local. En réalité, ce sont généralement ceux qui ont été élus dans une commune de taille moyenne ou grande. Une petite dizaine a déjà indiqué qu’ils resteront députés et laisseront la mairie à un adjoint… se gardant ainsi le mandat sous le coude en cas de désaveu lors des élections législatives qui devraient suivre l’élection présidentielle de 2027.

Pour l’heure, les départs entraîneront l’arrivée de suppléants à l’Assemblée ou, dans quelques rares cas, provoqueront des législatives partielles si le suppléant refuse le mandat. Ces changements pourraient avoir des conséquences sur le vote de la loi sur l’euthanasie, qui pourrait se jouer à quelques voix près. L’identité des suppléants sera donc à observer de près. L’autre enjeu parlementaire de ces municipales concerne le Sénat, qui sera renouvelé pour moitié en septembre. Les résultats des élections locales devraient confirmer la domination de la droite dans la Chambre haute, tandis que le RN peut raisonnablement espérer former un groupe de sénateurs (10 élus). Les macronistes et la gauche, notamment écologiste, devraient, eux, voir leur nombre diminuer. Dans ce numéro spécial municipales de notre lettre mensuelle, nous vous proposons donc un état des lieux du « mercato » parlementaire.

Parmi ceux qui vont quitter l’Assemblée pour rejoindre leur mairie, on trouve ces députés qui ont voté contre l’euthanasie :

  • Christophe Barthès (RN)
  • Pascale Bordes (RN)
  • Éric Ciotti (UDR)
  • Hervé de Lépinau (RN)
  • Aurélien Lopez-Liguori (RN)
  • Nicolas Meizonnet (RN)
  • Antoine Valentin (UDR)
  • François-Xavier Ceccoli (LR)
  • Fabien Di Filippo (LR)
  • Philippe Juvin (LR)
  • Guillaume Lepers (LR)
  • Véronique Louwagie (LR)
  • Jérôme Nury (LR)
  • Michèle Tabarot (LR)
  • Michel Criaud (Horizons)
  • Didier Padey (Modem)

Et ceux qui ont voté pour :

  • Alexandra Masson (RN)
  • Bryan Masson (RN)
  • Jean-Pierre Taite (LR)
  • Olivier Falorni (Modem) : auteur de la PPL sur l’euthanasie
  • Philippe Vigier (Modem)
  • Franck Riester (Ensemble pour la République)
  • Antoine Armand (Ensemble pour la République)
  • Stéphane Mazars (Ensemble pour la République)
  • Julien Gokel (PS)
  • Stéphane Hablot (PS)
  • Emmanuel Grégoire (PS)
  • David Guiraud (LFI)

Et les abstentionnistes :

  • Paul Christophe (Horizons)
  • Philippe Bolo (Modem)
  • Harold Huwart (LIOT)
  • Thomas Cazenave (Ensemble pour la République)

Absents :

  • Ali Diouara (LFI)
  • Idir Boumertit (LFI)
  • Abdelkader Lahmar (LFI)

Une nouvelle affaire des fiches

Au soir des dernières élections municipales, Catherine Vautrin a établi un fichier secret qui recense, ville par ville, corps par corps, parti par parti et même étoile par étoile, les généraux élus et battus.

Au total, 57 haut gradés, parmi lesquels on dénombre une majorité de 32 « sans étiquette », suivis de 20 « divers-droite », et seulement un élu sur une liste qualifiée “d’extrême droite”. Il s’agit du général de l’armée de terre Bertrand de La Chesnais, conseiller municipal à Carpentras.

Cela rappelle le fichage des officiers catholiques par les franc-maçons en 1904, qui a vu tomber le gouvernement d’Emile Combes.

Les pédagogies propres au rite réformé sont celles de la profusion, la pédagogie traditionnelle est une pédagogie de la répétition

Suite à la proposition liturgique de Dom Kemlin, père abbé de l’abbaye de Solesmes (et reprise par Gregori Solari dans une tribune publiée dans La Croix), Philippe Darantière, président de Notre-Dame de Chrétienté, l’association organisatrice du pèlerinage de Paris à Chartres à la Pentecôte, a réagi dans L’Homme Nouveau. Extrait :

On peut tout d’abord se féliciter de voir que cette question fait l’objet d’une préoccupation ! Et que cette préoccupation incite le père abbé de Solesmes à écrire au Pape lui-même à ce sujet. Quant à la proposition elle-même, c’est autre chose. Elle consisterait à insérer dans le Missale Romanum l’ancien ordo, à côté du nouvel ordo : les deux cohabiteraient et pourraient être utilisés par tous les prêtres.

Dans l’esprit, cela rappelle ce que le pape Benoît XVI avait voulu faire en définissant la doctrine d’un unique rite romain avec deux formes : une forme ordinaire et une forme extraordinaire. Mais là où dom Kemlin s’écarte un peu de cette position, c’est qu’il indique que l’ancien ordo pourrait être « retouché a minima pour le rendre conforme à la Vatican II », notamment en l’ouvrant à l’usage de la langue vernaculaire, de la concélébration et des quatre prières eucharistiques

Nous lui ferons remarquer que ces éléments ne figuraient pas dans la constitution Sacrosanctum concilium promulguée par le concile Vatican II : ils ont été introduits a posteriori. Le pape Paul VI a toujours eu une certaine réticence à l’égard de l’abandon du latin et du grégorien ; la concélébration ne se généralisa qu’à partir de 1969. Quant aux prières eucharistiques, elles ont été imaginées par le Consilium, commission créée en 1964 par Paul VI pour mettre en œuvre la réforme liturgique, qui n’est donc pas directement issue du Concile. En retouchant l’ancien ordo, on l’imprègne donc de l’esprit de la réforme, cet esprit de nouveauté qui n’est pas le sien.

Comment caractériseriez-vous cet esprit ?

Un moine bénédictin, qui n’est pas de la congrégation de Solesmes, me donnait cette comparaison que je trouve très pertinente :

« Au fond, les pédagogies propres au rite réformé sont celles de la profusion. Tout est profusion : profusion de lecture, profusion de prières eucharistiques, profusion d’options pour le célébrant qui peut choisir en permanence entre telle proposition ou telle autre, ou même en inventer, puisque ça fait également partie des propositions liturgiques, pour s’adapter en permanence.

La pédagogie traditionnelle attachée au rite ancien, c’est le contraire : c’est une pédagogie de la régularité, de la répétition, une forme qui s’impose à nous, que prêtres et fidèles ne choisissent pas, qui est au service du culte rendu à Dieu. »

Les deux me semblent incompatibles.

Le père abbé va jusqu’à évoquer « une différence anthropologique » entre les deux rites…

En effet. D’une part, je trouve très positif qu’un célébrant habituel du nouveau missel reconnaisse qu’il puisse y avoir « une expérience spirituelle forte et authentique » dans l’ancien rite, que les fidèles qui y sont attachés « ne parviennent pas à vivre avec le nouveau missel ». Implicitement, c’est une reconnaissance qu’il puisse y avoir des manques dans le nouveau rite qui privent les fidèles, les prêtres, de l’accès à une certaine nourriture spirituelle. Ce discours est assez nouveau.

D’autre part, dire que « les deux ordo sous-tendent des anthropologies différentes » me semble préoccupant : ça voudrait dire que l’Église s’est trompée pendant des millénaires sur ce qu’est l’homme en profondeur ! Ou alors l’homme aurait-il lui-même changé depuis 60 ans ?

Ce qui est sûr, c’est que lorsqu’on propose la liturgie traditionnelle à la jeune génération, elle l’adopte sans coup férir. Certains nouveaux baptisés accèdent même directement à la foi catholique par l’ancien rite sans avoir connu le nouveau, ce qui ne s’était jamais produit depuis 60 ans. Donc je ne pense pas que l’homme ait vraiment changé !

Donc ce nouveau Missale Romanum que propose dom Kemlin ne serait pas une simple juxtaposition de deux missels ?

L’idée de dom Kemlin, c’est que les deux rites puissent se nourrir. Pour ceux qui suivent la messe Paul VI, il évoque l’ajout des prière au bas de l’autel, celles de l’offertoire. Pour ceux qui suivent le rite ancien, il propose le nouveau lectionnaire et le nouveau calendrier. Or le nouveau calendrier est précisément ce qui a dérouté les fidèles et provoqué le départ de nombreux pratiquants : on a provoqué à ce moment-là une rupture, on a bouleversé l’ensemble des repères sur lesquels s’était fondée la transmission.

Beaucoup de fêtes auxquelles nous étions attachés ont disparu, comme la fête du Précieux Sang, la fête du Saint Nom de Jésus, qui donnaient une centralité christologique au temps liturgique, ou encore celle de la Visitation de la Sainte Vierge… Le nouveau calendrier ne véhicule pas la même expression doctrinale.

Quant au nouveau lectionnaire, l’idée est qu’il enrichirait la connaissance de la Parole de Dieu par rapport à l’ancien. Mais je soulignerais que dans l’ancien missel, entre l’introït, le graduel, l’offertoire, la communion, il y a plus de 1 000 citations de la Parole de Dieu issues de l’Ancien et du Nouveau Testament au cours de l’année …

On ne peut pas dire qu’on soit « privé » de la parole de Dieu, comme cela a été dit par certains évêques : on y puise même directement, ce qui n’est pas le cas dans les célébrations selon nouveau rituel, où un chant d’entré remplace l’introït, un autre accompagne la « procession des oblats », et ainsi de suite jusqu’à la communion, en ne reprenant que rarement la parole de Dieu dans le texte.

En outre, les lectures, dans l’ancien rite, ne sont pas tant faites pour l’instruction des fidèles que pour être des moments de l’acte liturgique : elles s’adressent plus à Dieu qu’à l’homme. Ce qui n’empêche en rien d’inviter les fidèles à pratiquer la lectio divina pour approfondir leur connaissance de la parole de Dieu.

Peut-on se réclamer de dom Guéranger dans cette recherche liturgique, comme le fait dom Kemlin ?

Faire de dom Guéranger le lointain précurseur de la réforme liturgique de 1969 est quand même très ambitieux, voire abusif. Il me revient une citation du grand restaurateur de l’abbaye de Solesmes :

« Toute liturgie que nous aurions vue commencer, qui n’eût point été celle de nos pères, ne saurait donc mériter ce nom. »

Cela exclut totalement un ralliement hypothétique de dom Guéranger à la réforme liturgique. [Lire la suite]

Massacre au Nigéria le dimanche des Rameaux

Des hommes armés ont tué plus de dix personnes lors d’une attaque survenue le dimanche des Rameaux dans le nord du Nigeria, ce qui a incité les autorités à imposer un couvre-feu pour rétablir l’ordre.

Le 29 mars, dimanche des Rameaux, des hommes armés ont attaqué la communauté de Gari Ya Waye à Angwan Rukuba, dans la zone de gouvernement local de Jos Nord, dans l’État du Plateau, au Nigéria. L’attaque visait des civils dans une zone desservie par l’archidiocèse catholique de Jos. Bien que les motivations, les auteurs et le nombre exact de victimes restent inconnus à ce jour, la piste terroriste d’inspiration islamiste est forte. L’archevêque Matthew Ishaya Audu a exhorté la population à ne pas instrumentaliser cet événement à des fins religieuses.

« Il y a eu des rumeurs… selon lesquelles, après le jeûne du Ramadan, ils allaient nous attaquer, nous les chrétiens. Est-ce quelque chose qu’ils préparent ? Est-ce même un conflit communautaire ? Je ne sais pas de quoi il s’agit », a-t-il déclaré .

 

Le nombre exact de victimes reste inconnu, mais selon Mgr Audu, « les informations font état d’environ 11 morts ». La vérification de ces chiffres est compliquée par le couvre-feu imposé par le gouvernement de l’État du Plateau dans la zone touchée immédiatement après l’attaque. Plusieurs sources avancent toutefois un bilan compris entre 11 et 30 morts.

Certains témoins désignent le groupe djihadiste nigérian Boko Haram comme l’auteur direct de l’attentat, mais aucune revendication officielle n’a été faite à ce jour. Les victimes sont majoritairement chrétiennes et ont été prises pour cible le dimanche des Rameaux, dans une zone déjà touchée par des islamistes.

Mgr Audu a averti que le couvre-feu pourrait engendrer plus de problèmes qu’il n’en résout.

« Les restrictions sont très strictes, personne ne peut circuler, sauf peut-être la police. Ils ne veulent même pas vous voir marcher. Par conséquent, si le couvre-feu est mal géré, certains pourraient en profiter, ce qui entraînerait une augmentation des meurtres et la mort de nombreux innocents ».

L’archevêque a appelé les fidèles à prier face à l’incertitude, replaçant la situation dans le contexte spirituel de la Semaine sainte.

« Qu’ils prient : c’est ce dont nous avons besoin maintenant. La Croix n’est qu’un chemin vers la résurrection ». « Nous croyons que toutes les épreuves de la vie, y compris celle que nous traversons actuellement, deviendront un lointain souvenir. »

Le temps de la Passion

De l’abbé Pagès :

C’est la Semaine Sainte, le temps où Dieu est rejeté, tué, et qui ressuscite, pour la joie éternelle des fidèles et la perte non moins éternelle des mauvais. Sa croix signe le jugement du monde. Car c’est elle qui manifeste l’Amour. Et c’est maintenant que chacun se juge en portant ou non sa croix … Jésus et sa croix ne font qu’un. Impossible de L’aimer Lui, sans l’aimer, elle. À islam-et-verite.com nous proclamons la Croix victorieuse, « un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens (1 Co 1.23) », et nous déplorons que la Croix, si haïe par les musulmans, ne fasse pas davantage la fierté des chrétiens. En vérité, nous n’avons besoin ici-bas de rien d’autre que de l’amour parfait de la Croix de Jésus.

Mais maintenant que l’islam est solidement implanté en Europe, moins que jamais l’Église ne se sent la force de lancer une grande croisade d’évangélisation des musulmans, de crainte de susciter l’ire de cet antichrist caractérisé, de crainte de froisser la susceptibilité de ses émissaires patentés du Dialogue islamo-chrétien, de crainte de ne plus être comptée au rang des respectables membres de la société relativiste et maçonnique, à laquelle elle apporte sa contribution de défense de la prétendue liberté religieuse, au titre non plus seulement d’un droit civil, mais du droit naturel lui-même, depuis que le concile Vatican II en a fait l’expression majeure de la dignité humaine. Or, comment de fausses religions auraient-elles les mêmes droits que l’unique vraie religion par laquelle Dieu donne le salut au monde ? Dieu Se contredirait-Il en sorte que les âmes pourraient se sauver dans n’importe quelle religion ? Une chose est le droit civil établissant la tolérance momentanée de l’erreur, et autre chose le droit de la Vérité à être connue et défendue. Les chrétiens sont morts pour affirmer qu’il n’y a de salut qu’en Jésus-Christ, et qu’en conséquence tout autre chemin conduit à la perdition éternelle.

Le refus d’évangélisation les musulmans est justifié par cette fausse charité qui prétend épargner aux chrétiens le déversement de haine promis par Allah à qui rejette l’islam ou s’oppose à l’islamisation (Coran 5.33). Le dialogue qui lui est substitué ne sert, in fine, qu’à donner respectabilité et légitimité au loup qui devrait être démasqué et chassé. Mgr Aveline, alors archevêque de Marseille, le reconnaissait : « Le dialogue, ce n’est pas un luxe, c’est une nécessité : sinon, c’est la guerre. (Le Pèlerin, 2 juin 2021) » Mais le dialogue n’empêche pas que la guerre soit déjà là ! « Entre nous et vous, c’est l’inimitié et la haine à jamais jusqu’à ce que vous soyez musulmans ! (Coran 60.4) » Le Pape Pie II, lui, dans sa lettre au Sultan turc Mehmet II, ne se payait pas de mots : « La concorde ne sera donc que dans les mots ; sur le fond, c’est la guerre. (Enea Silvio Piccolomini, Lettre à Mahomet II, Payot & Rivages, 2002, p.48) » Seuls les aveugles volontaires ne voient pas cette guerre qui s’engraisse de leur pusillanimité, tandis qu’ils prétendent conduire d’autres aveugles sur les chemins de cette paix criminelle.1

C’est ainsi qu’au lieu d’être armés pour résister à leur islamisation et capables d’évangéliser les musulmans (2 Co 10.5-6), les chrétiens sont conduits à accueillir l’islam, non seulement dans la société, mais dans leur propre vie … L’Église ne s’est-elle pas fourvoyée en prêchant cette fausse paix, fruit nécessairement d’un faux Évangile, ainsi exprimé par le « vénéré prédécesseur » de Léon XIV : « Le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine, par laquelle Dieu a créé les êtres humains.2», en sorte que : « Toutes les religions sont un chemin vers Dieu (13.09.2024) » ? Le Christ a-t-Il décliné Sa mission sous le registre de la paix ou de la division (Lc 12.51) ? Ne sommes-nous pas entrés dans « l’épreuve finale devant ébranler la foi de nombreux croyants, dans cette imposture religieuse apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la vérité (Catéchisme de l’Église catholique, n°675) » ? Le désir de ne pas déplaire au monde n’a-t-il pas trop souvent transformé le Magistère de l’Église en servile relais du mondialisme, en des domaines tels non seulement que l’immigration, mais la politique dite sanitaire contre le covid, la condamnation de la peine de mort au nom de l’évolution de la société, la reconnaissance officielle des paires d’invertis … Aussi l’Église apparaît-elle aux yeux des populations occidentales prenant conscience des malheurs dont l’Enfer les accable sous le masque d’un irénisme toujours plus pervers, liberticide et criminel, comme un puissant ennemi, qui ne peut être que vouée à la malédiction du Christ (Lc 6.26 ; Ga 1.8-10) … Et l’augmentation des baptêmes d’adultes ne doit pas faire oublier les départs de l’Église, dont la moitié des néophytes la quittent eux-mêmes cinq ans après leur baptême, d’où la réflexion lancée par la province ecclésiastique de Paris sur leur accueil et leur fidélisation. En effet, selon les rapports statistiques de 2025 et 2026, la tendance est marquée par une baisse des effectifs officiels, une chute de la pratique régulière et une crise des vocations. Ainsi, sur les cinq dernières années, en Europe, l’Église a perdu environ 17 millions de fidèles … Le christianisme représentait 66,1 % de la population de l’UE en 2021, contre 72 % en 2012, mais les projections pour 2026 confirment ce déclin continu, avec une part de catholiques tombée à environ 39,5 % de la population européenne totale … Pendant ce temps, au Nigéria où sévit le génocide des chrétiens demandé par Allah (Coran 9.30), l’Église reçoit plus de candidats au sacerdoce qu’elle ne peut en former !

Comment l’immigration islamique en Occident ne réaliserait-elle pas cette prophétie : « Les mille ans écoulés [c’est-à-dire le temps que dura la chrétienté : du IVe siècle à l’avènement des 3 R (Renaissance, Réforme, Révolution], Satan, relâché de sa prison, s’en ira séduire les nations des quatre coins de la terre, Gog et Magog, et les rassembler pour la guerre, aussi nombreux que le sable de la mer ; ils montèrent sur toute l’étendue du pays, puis ils investirent le camp des saints, la Cité bien-aimée. (Ap 20.7-9) » Et si l’Ennemi, le Diable, agit, c’est grâce au fait que les serviteurs du Christ dorment (Mt 13.24-43) … L’exclusion des non-musulmans partout où l’islam est devenu majoritaire, jusque dans les quartiers islamisés d’Europe, conformément à la volonté d’Allah (Coran 2.193 ; 9.33), pointe l’inaction de l’Église, devenue le chantre enthousiaste de l’immigration, et donc de l’islamisation de l’Occident … Quelle responsabilité pour les membres de sa hiérarchie ayant laissé le champ du Maître être empoisonné, de sorte que le salut et souvent la vie même des “Fils du Royaume” sont menacés par la proximité des “Fils du Mauvais” … Le peuple de Dieu a été trompé par nombre de ses chefs ayant falsifié la Parole de Dieu (2 Co 2.17) jusqu’à faire de l’accueil de l’étranger un devoir évangélique, confondant envahisseur et hôte de passage 3 tout en ignorant superbement le commandement de ne pas accueillir quiconque rejette l’Évangile, et donc, en particulier, tout musulman digne de ce nom (2 Jn 1.10-11) !

Alors que le Pape François lançait le synode sur la Famille,4 nous proposions l’ouverture d’un synode universel sur le défi lancé par l’islam, mais un synode où l’on ne se croirait pas obligés d’inviter des autorités musulmanes chargées de valider les considérants de la réflexion, et, partant, les décisions ! Quel état-major, en effet, demande à l’état-major ennemi de lui envoyer des conseillers pour élaborer sa stratégie ? Notre proposition ne rencontra, bien sûr, et hélas, qu’indifférence et mépris … tout comme le cri d’alarme de quelques évêques aux prises quotidiennes avec l’islam, tel celui de Mgr Beylouni, archevêque d’Alep, lors du Synode sur l’Europe en 1999 :

« Depuis l’apparition de l’Islam au VIIe siècle, les musulmans n’ont jamais accepté l’intégration dans une culture autre que la leur. Ils ont leur propre loi, la Charia, qui règle tout : la vie religieuse, sociale et politique. Pour eux, le monde est divisé en deux : la “Maison de l’Islam” (Dar al-Islam) et la “Maison de la Guerre” (Dar al-Harb). Tout ce qui n’est pas musulman doit le devenir, soit par la persuasion, soit par la force. En Europe, les musulmans jouissent de toutes les libertés : liberté de culte, liberté d’expression, liberté de construire des mosquées, de créer des écoles. On leur donne tout au nom de la démocratie et des Droits de l’Homme. Mais dans nos pays d’Orient, nous, chrétiens, nous n’avons rien de tout cela. Nous sommes des citoyens de seconde zone. Nous ne pouvons pas construire d’églises sans des permis impossibles à obtenir. Nous ne pouvons pas évangéliser. Si un musulman devient chrétien, il risque la mort ou l’exclusion sociale. Le dialogue ne peut pas être un monologue. L’Église et l’Europe doivent exiger la réciprocité. On ne peut pas accepter que les droits soient tous d’un côté et les devoirs de l’autre. Si l’Europe continue à ouvrir ses portes sans rien demander en échange pour les minorités chrétiennes en terre d’Islam, elle se prépare un avenir difficile. Les musulmans utilisent vos libertés pour implanter leur système, mais ils n’accepteront jamais votre laïcité s’ils deviennent majoritaires. L’Europe doit retrouver ses racines chrétiennes. Si elle reste un vide spirituel, elle sera absorbée. Le dialogue doit être un dialogue de vérité, et non une simple politesse diplomatique qui ignore la souffrance de nos fidèles. »,

ou celui de Mgr Amel Nona, archevêque chaldéen de Mossoul (Irak), en août 2014 :

« Notre souffrance actuelle est un prélude à celle que vous, Européens et chrétiens occidentaux, souffrirez dans un futur proche. J’ai perdu mon diocèse. Le siège de mon archevêché a été occupé par des radicaux islamistes qui veulent que nous nous convertissions ou que nous mourions. Mais ma communauté est toujours vivante. S’il vous plaît, essayez de nous comprendre. Vos principes libéraux et démocratiques n’ont aucune valeur ici. Vous devez reconsidérer la réalité de l’Islam, car vous accueillez un nombre croissant de musulmans en vos pays. Vous aussi, vous êtes ainsi en danger. Vous devez prendre des décisions courageuses et éclairées, au risque de contredire vos principes. Vous croyez que tous les hommes sont égaux, mais ce n’est pas une chose certaine. L’Islam ne dit pas que tous les hommes sont égaux. Vos valeurs ne sont pas leurs valeurs. Si vous ne comprenez pas cela assez vite, vous deviendrez les victimes d’un ennemi que vous aurez accueilli dans votre propre maison. »

Nous le redisons, même si le « vénéré prédécesseur » de Léon XIV a enseigné que « Dieu nous aime tous et nous sauvera tous (15.09.2021) » : « Les lâches n’hériteront pas du Royaume des Cieux ! (Ap 21.8) »

La Russie est enfermée dans cette guerre en Ukraine, qui l’affaiblit de plusieurs façons

Jean-Baptiste Noé, docteur en histoire et rédacteur en chef de la revue Conflits, a été interrogé dans La Nef du mois d’avril. Extrait :

La Russie est-elle le grand perdant des dernières séquences américaines, après la chute de ses alliés Bachar El-Assad, Nicolas Maduro et Ali Khamenei ?

Il est indéniable que la Russie, même si elle continue à contrôler le terrain en Ukraine, a perdu des soutiens importants. On le voit avec la chute d’Assad en Syrie, avec le Venezuela où une entente s’est nouée avec les États-Unis, et probablement, dans les mois qui viennent, avec Cuba également. La situation en Iran suit une logique similaire. La Russie se retrouve aujourd’hui dans l’incapacité de soutenir ses alliés, et le matériel qu’elle a fourni s’est révélé de moins bonne qualité que ce qui était annoncé.

La Russie est enfermée dans cette guerre en Ukraine, qui dure depuis cinq ans et l’affaiblit de plusieurs façons : pertes humaines, fuite de cadres et de populations éduquées, morts et blessés au combat, coût économique considérable, inflation générée par le conflit. Elle perd également ses alliés en Asie centrale, et ce qu’on appelait l’axe bolivarien n’est plus que l’ombre de lui-même. L’enjeu pour la Russie sera de parvenir à reconstituer ses réseaux d’alliances et à se réorganiser dans un monde où ses soutiens ont été soit renversés, soit très fortement affaiblis.

Comment voyez-vous l’issue de la guerre en Ukraine? Qui sont les gagnants et les perdants de ce conflit ?

L’issue de la guerre en Ukraine dépend de nombreux facteurs et il est impossible de prédire l’avenir. Il n’y a pas d’un côté des gagnants et de l’autre des perdants : chaque camp a à la fois gagné et perdu, selon l’angle d’analyse. Pour ce qui est de l’Ukraine, elle perdra des territoires: environ 20 % sont occupés par la Russie et son armée n’aura pas les moyens de les récupérer. L’Ukraine a perdu des hommes, morts ou blessés. Mais elle a gagné une indépendance totale, intellectuelle et culturelle. Pour elle, c’est une véritable guerre d’indépendance, qui l’a émancipée de la Russie, y compris sur le plan religieux avec l’orthodoxie ukrainienne. L’Ukraine a conquis son statut de pays occidental. Du côté de la Russie, le bilan est autre. Elle a gagné des territoires, elle a assuré le rattachement de la Crimée et la continuité territoriale avec celle-ci. Mais elle a perdu ce qu’on appelait autrefois son « étranger proche », c’est-à-dire l’Asie centrale. Elle a perdu une grande partie de sa jeunesse, décédée ou partie, et une partie de son crédit sur la scène internationale, notamment auprès de l’Inde et de la Chine. […]

Rien ne va plus au Planning familial

Mardi 31 mars, une vingtaine de personnes étaient présentes au piquet de grève tenu par les salariées CGT du Planning familial 41, en raison de dysfonctionnements structurels. Elles réclamaient de meilleures conditions de travail pour pallier la charge.

Sont notamment pointées du doigt de multiples démissions causées par un épuisement professionnel. La dixième date d’un peu plus d’un mois.

Le matin même, elles ont appris la démission de plusieurs membres du conseil d’administration.

Il serait temps de changer de métier.

Un monde s’effondre. Mais le Christ est vivant !

du Frère Edouard-Marie Gallez pour Le Salon beige :

Notre Semaine Sainte 2026 (celle de ceux qui suivent le calendrier julien sera la semaine prochaine) s’ouvre sur la perspective d’un monde qui s’écroule. C’est un monde de mensonges. La corruption généralisée qui y règne n’est qu’une autre manière de parler de ces mensonges et manipulations qui gangrènent l’économie, la finance et la morale. Le père du mensonge est Satan (Jn 8,44), faut-il rappeler. Depuis 2020, on a eu les mensonges mondiaux portant sur les injections de poison et les confinements ; il y en a davantage encore maintenant, et la misère qui en découle sera encore plus générale.

Le détroit d’Ormuz, l’Arabie à gauche et l’Iran à droite

La réalité dépasse toujours les analyses politiques, souvent si superficielles. Rationnellement, l’échec de la « guerre des 12 jours » (du 13 au 24 juin 2025) aurait dû détourner le premier ministre israélien Netanyahou de recommencer une guerre contre l’Iran, sans parler du pauvre Liban. Car ce qu’il a lancé est une folie destructrice entraînant son propre pays, dans une espèce de sacrifice absurde. Pourquoi ? Est-ce simplement en vue de la réalisation du Grand Israël selon le plan Oded Yinon de 1982 ? Ou est-ce une question de suprémacisme à la mode du ministre des finances, Bezalel Smotrich, dans une sorte d’affrontement entre deux suprémacismes – l’autre étant celui de l’islam –, qui conduit à des guerres d’anéantissement réciproque ? Un facteur plus déterminant semble entrer en jeu : des eschatologies radicalement perverses.

Ici, les analyses humaines tournent court ; la foi chrétienne est nécessaire pour comprendre : on se situe dans le domaine de fausses fois. En effet, certains groupes très puissants croient en un Messie apocalyptique qui, pour advenir, attendrait que le mal soit totalement répandu sur la terre. En conséquence, ils croient que, pour le faire venir, il faut causer le plus de chaos et de maux possibles. Cette conviction démente, qui revient à dire que le mal est un bien, était particulièrement au cœur de la doctrine du faux messie Jacob Frank (18e siècle) ; elle continue dans ceux de ses disciples actuels qui dominent le sionisme, mais elle inspire également certains dirigeants chiites.

Il ne s’agit pas du Messie Jésus réel, le vrai Rédempteur divin : ce n’est pas lui qu’attendent les uns et les autres. Du côté juif, un certain courant pseudo-spirituel va jusqu’à dire que le Messie serait Israël lui-même, qui doit dominer le monde. Du côté iranien chiite, ce n’est pas non plus Jésus Rédempteur qui est attendu mais un « Messie Jésus » musulman qui devrait redescendre du Ciel sur la terre, et, selon beaucoup, être précédé de peu par Mohammad al-Mahdi, le douzième Imam, qui surgira du puits situé derrière la mosquée de Jamkarân, en périphérie de Qom. L’une dans l’autre, ces eschatologies apocalyptiques prônent un même chaos universel : l’ennemi n’est plus simplement un État à abattre, mais le monde entier, qui doit être plongé dans le chaos et la misère pour qu’advienne le contrôle techno-planétaire absolu qu’établira le Messie. « Ordo ab chao » (l’ordre naîtra du chaos), selon une devise bien connue d’inspiration maléfique. Pour être complet, mentionnons encore les sionistes protestants américains qui, eux aussi, croient que les guerres d’Israël vont faire arriver le Messie – en l’occurrence un Jésus assez problématique.

Le chaos mondial et la misère, on va les avoir. Ils sont même déjà là. Spirituellement, l’Église latine aurait pu s’y opposer en enseignant la véritable eschatologie qui détourne des folies religieuses – une eschatologie que les chrétiens d’Orient n’ont jamais oubliée. Jésus va se manifester de façon à être vu par tous les hommes en même temps (donc il ne redescendra en aucun lieu particulier de la terre) ; de la sorte, il sera le Juge de ceux qui le refuseront, car ces derniers seront incapables de subsister face à son évidence. Pour l’humanité, ce sera une grande délivrance ; une période de reconstruction pourra s’ouvrir sous la direction « des Justes », indique saint Irénée. Mais d’abord, hélas, se sera manifesté l’anti-christ, le tyran mondial impie qui voudra se faire adorer par tous les humains à la place du Sauveur (2 Th 2,3-5).

Si l’on a compris cela, on comprend en même temps la nécessité de dire à tous les adeptes des fausses eschatologies destructrices, qu’ils ne travaillent ni pour Dieu ni pour la venue du Messie : le chaos n’amène que la destruction et la mort, et les idéologies promettant un monde meilleur avant la venue du Christ en gloire servent seulement à tromper et à manipuler les gens de bonne foi. Naïfs ou pas, ceux qui s’imaginent œuvrer à un monde idéal travaillent en réalité pour l’anti-christ. Comme cela est dicible, cela doit être dit, et il faut que les chrétiens se forment à cette fin. Car le monde a besoin de leur parole pour ne pas sombrer dans ces eschatologies démentes.

Devant faire face, dès le début de son pontificat, à des oppositions très bien organisées, Benoît XVI n’a pu que dire par allusion ce qu’il voulait dire, en professeur qui s’adresse à ceux de ses élèves qui veulent bien comprendre (cf. Spe Salvi). Entretemps, des mystiques ont parlé de la Venue glorieuse (et de l’anti-christ), généralement en images. Il fallut attendre 2016 avec La venue glorieuse du Christ, espérance pour le monde de Françoise Breynaert (préface de Mgr Dominique Rey) pour avoir enfin un exposé rigoureux et théologique de la vraie eschatologie chrétienne. Dix ans plus tard, l’ouvrage reste tout aussi unique. Des milliers de chrétiens ont certes compris, mais rien n’a bougé dans une Eglise latine dont le souci principal semble être devenu « l’inclusion ». Quant à l’Orient, les chrétiens qui sont sous l’oppression et les bombes peuvent difficilement se faire entendre, la survie prenant toutes les énergies.

Nous sommes la lumière du monde (Mt 5,14). A un détail près : il faut la foi et l’espérance. Et les redécouvertes relatives au christianisme des origines y aideront beaucoup. Jésus est ressuscité, il est vraiment ressuscité !

Père Edouard-Marie

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Note sur l’Iran : Le régime iranien n’a rien de sympathique, il persécute les convertis chrétiens. On a parlé quelque peu de son oppression durant la deuxième semaine de janvier, à cause des émeutes qui avaient commencé le 28 décembre 2025 déjà, au départ du bazar de Téhéran, devant 65% d’inflation. Puis la contestation s’était étendue, non sans l’appui des services israéliens et américains. La répression a été terrible (voir ici, ici et ici), mais les médias ont vite classé l’affaire pour éviter de critiquer l’islam, qui est au fondement de la tyrannie des mollahs iraniens depuis 1979. A peine a-t-on entendu quelques témoignages.

Au demeurant, le prétexte d’aider le peuple iranien, invoqué par les israélo-américains pour attaquer le pays, a vite été abandonné. Car le but réel n’a jamais été un changement de régime, pas plus qu’en Irak ou en Lybie : le but est la destruction de l’Etat et l’instauration du chaos. Les missiles israélo-américains ont d’ailleurs visé la prison de Téhéran où sont détenus des opposants au régime iranien, et même la résidence d’autres de ses opposants. Et l’attaque contre une école de filles dès la première vague des missiles ne pouvait avoir comme effet que de souder la population derrière ses dirigeants, aussi cruels soient-ils. Car les Iraniens ont compris que c’est leur nation qui était visée comme telle.

Fermeture du Salon beige [Addendum : Poisson d’avril]

J’ai pris la décision de fermer le site Le Salon beige que j’anime depuis plus de vingt ans.

L’aventure avait commencé en décembre 2004, alors que le phénomène des blogs émergeait dans la sphère internet, nouveaux contre-médias venant perturber la pensée unique diffusée par l’ensemble des médias. A cette époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, Rocco Buttiglione pouvait être tranquillement lynché dans toute la presse pour ses positions pro-vie, sans que personne ne s’indigne de ce traitement. Le lundi de Pentecôte était sauvegardé par le militantisme de quelques groupes spontanés, alors que tous les corps intermédiaires ou presque, de même que l’épiscopat, étaient prêts à sacrifier ce jour férié hérité du Concordat. A peine élu, Benoît XVI était traité de nazi au moyen de grossiers montages, la caste politico-médiatique nous vantait les bienfaits de la Constitution européenne et les banlieues connaissaient des émeutes sanglantes. Le Salon beige a contribué à démonter les intox et autres fakes news qui ont fissuré l’archipel du mensonge.

Depuis, les temps ont changé, nos idées ont retrouvé droit de cité dans la société et c’est pourquoi Le Salon beige estime avoir accompli sa mission.

Le temps est loin où l’on pouvait lire dans le JDD : “des sites catholiques souvent proches de l’extrême droite, comme le Salon beige“. C’était le 3 décembre 2006 à propos du Téléthon :

Le Salon beige fêtait déjà ses deux ans. Aujourd’hui, le JDD a changé de patron et a rejoint, selon les médias mainstream, cette proximité avec la strème-droâte… tout comme CNews et Europe 1. Se sont ajoutés dans cet univers réactionnaire de nombreux médias comme TV Libertés, L’Incorrect, Frontières, Boulevard Voltaire, Causeur… et j’en oublie. Le Figaro a créé Figarovox et n’hésite plus à dénoncer l’euthanasie comme l’immigration, Marianne et Le Point évoquent aussi des sujets qui étaient hier tabous, Valeurs Actuelles s’est redroitisé et diffuse sans complexe des tribunes de la Marche pour la vie. France catholique connaît une nouvelle croissance…

Sur le plan du militantisme, Le Salon beige a accompagné la renaissance de la Marche pour la vie en 2005 et la création de Marches locales ainsi que d’associations pro-vie, l’institutionnalisation des Veillées pour la vie, la création de la Manif Pour tous, devenue Syndicat de la famille, et du formidable réveil de 2013, qui a permis la naissance de moult associations comme les Eveilleurs et les Juristes pour l’enfance. L’ECLJ, qui existe depuis plus longtemps, a bénéficié en 2007 d’un statut consultatif spécial auprès des Nations unies et est désormais accrédité auprès du Parlement européen. Des associations en faveur de la famille ont également été créées comme les Accueils Louis et Zélie, et les écoles libres connaissent une croissance extraordinaire. Le Salon beige se félicite d’avoir accompagné cette renaissance. Concernant la laïcité agressive, elle a reculé tandis que les crèches publiques se répandent à l’approche de Noël et il devient difficile de les recenser, les processions, marginales il y a quelques années, se sont répandues dans tous les diocèses, les pèlerinages se multiplient dans toutes les régions, de jour comme de nuit…

Sur le plan politique, nos idées ne sont plus isolées, même si le combat pro-vie est encore loin d’être gagné. L’Assemblée et même le Sénat voient des élus défendre le respect de la vie à la tribune, des mairies défendent les familles ou la liberté scolaire. Même au Parlement européen, les convictions pro-vie ont désormais droit de cité.

Fort de constat, je laisse le soin à tous ces organismes de poursuivre le combat et, pour ma part, je me retire pour une retraite que j’estime méritée.

Vous pouvez encore m’écrire quelques temps, avant que je ferme cette boîte mails, à [email protected] ou laisser votre commentaire sur ce livre d’or en ligne.

Addendum 18h30 : Ceux qui auront cliqué sur le lien juste au-dessus auront vu apparaître le gros poisson de ce 1er avril. Pour les autres, désolé de vous avoir fait peur, ou de vous avoir donné une fausse joie, c’est selon…, mais Le Salon beige ne compte pas fermer boutique, tant que Dieu me prête vie.

Vendredi Saint : le préfet de Moselle retire son arrêté

Sans attendre la décision du tribunal administratif de Strasbourg, suite au recours en référé déposé par l’intersyndicale FO, CFDT, CGT, CFTC, CFE-CGC, contre l’arrêté du préfet de la Moselle autorisant l’ouverture des commerces le Vendredi Saint, le préfet Pascal Bolot est revenu sur son arrêté.

Dans un communiqué, il explique :

«Par un arrêté en date du 23 mars 2026, j’ai autorisé, à titre exceptionnel, l’ouverture des commerces de détail dans l’ensemble des communes du département le vendredi 3 avril 2026.

Cette décision n’avait pour objet ni la remise en cause du droit local applicable en Alsace-Moselle, ni le caractère férié du Vendredi saint, auquel les Mosellans sont profondément attachés.

Elle s’inscrit pleinement dans le cadre des dispositions du droit local, aujourd’hui intégrées au Code du travail, qui permettent à l’autorité administrative que je représente d’adapter, de manière uniforme à l’échelle départementale, les conditions d’ouverture des commerces, sans se limiter aux seules communes dotées d’un temple protestant ou d’une église mixte.

Cette décision s’appuie donc sur les possibilités prévues par la loi et permet, de manière encadrée et exceptionnelle, d’adapter les règles en vigueur, tout en respectant pleinement les principes auxquels chacun demeure attaché.

Néanmoins, sans préjuger de la décision du tribunal administratif de Strasbourg, saisi par des organisations syndicales, je suis attentif aux réactions que cette décision a suscitées, tant au sein des communautés chrétiennes qu’auprès des commerçants, qui font part des difficultés concrètes rencontrées pour organiser l’ouverture de leurs établissements dans un délai contraint.

Conscient que ce changement appelle une concertation plus élargie et mieux anticipée, il m’apparaît préférable de reconduire, pour cette année, la fermeture des commerces de détail dans l’ensemble du département.

J’engagerai, dans les mois à venir, un dialogue avec l’ensemble des acteurs concernés afin d’envisager, de manière apaisée et collective, les conditions de sa mise en oeuvre à l’horizon 2027.»

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