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Des reliques de sainte Jeanne d’Arc à Paris le 30 mai

L’Association Universelle des Amis de Jeanne d’Arc est heureuse de vous inviter à un évènement exceptionnel à Paris, le 30 mai, pour la fête de sainte Jeanne d’Arc.

L’une des trois lettres signées de la main de la Pucelle d’Orléans, et le reliquaire de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, exposé de façon permanente au sein de la chapelle Sainte-Thérèse d’Apprentis d’Auteuil, seront réunis :

le samedi 30 mai à 10h30

à ND de l’Assomption, Paris 16e,

pour une messe pour la France,

Ainsi seront mises à l’honneur et spécialement invoquées pour notre pays, la patronne principale de la France, Notre Dame de l’Assomption, qui nous accueillera dans la paroisse qui lui est consacrée, ainsi que les deux patronnes secondaires, Jeanne et Thérèse, toutes les deux réunies de façon exceptionnelle.

Il vous sera proposé de rester sur place à l’issue de la messe pour un temps de vénération des reliques, puis à midi, de partager un pique-nique dans les jardins de la paroisse.

Faites passer l’information, venez nombreux, et apportez votre pique-nique !

Église ND de l’Assomption – 88 rue de l’Assomption, Paris 16e

L’euthanasie: la question de confiance de Macron

De Roland Hureaux, ancien haut fonctionnaire, pour le Salon beige:

Contrairement à ce que tente de nous faire croire le gouvernement, l’euthanasie est une question politique et non pas technique.

Techniquement, la loi Léonetti résout l’essentiel des  problèmes. C’est l’idéologie et elle seule qui a réouvert le dossier. Derrière les débats parlementaires, il y a l’acharnement du président Macron, via ses relais, à faire passer sa loi tendant à légaliser l’euthanasie en France.

Plusieurs raisons à cela.

D’abord, comme tous les présidents, il veut laisser une « œuvre », même s’il s’agit d’une œuvre de mort. La mort, visiblement, le fascine, comme on le voit aussi à son insistance à vouloir préparer les Français à entrer un jour en guerre, à envoyer nos troupes en Ukraine, au Groenland ou ailleurs. Il est plus prudent, heureusement, sur l’Iran.

Il est pressé : il n’a plus que quinze mois pour agir, si tout va bien pour lui, c’est-à-dire s’il va jusqu’au bout de son mandat. Son « œuvre » ne doit plus attendre.

Or l’instauration de l’euthanasie figurait dans le programme qu’il avait présenté aux Français en 2017. Ce qui ne l’avait pas empêché de recueillir une partie importante du vote catholique, pas toujours éclairé. Disant cela, nous ne voulons pas laisser croire que l’euthanasie serait une question religieuse.  Elle ne l’est pas. Elle est une question anthropologique. Une société ne survit   qu’en tenant la mort à distance, ce qui passe par le maintien d’interdits ancestraux. Qu’une telle loi vienne en discussion au moment même où la natalité française s’effondre comme jamais n’est sûrement pas un hasard. L’instinct de mort est là.

Pas davantage, il ne s’agit d’une question de conscience. C’est du bien public, du bien objectif de la cité qu’il s’agit et non de telle ou telle doctrine morale ou religieuse.

Mais il y a une autre raison à l’obstination de Macron, plus politique. Avec sa dissolution calamiteuse (que fait-il encore qui ne soit pas calamiteux ?), il s’est retrouvé avec une chambre sans majorité, incapable de s’entendre sur quoi que ce soit.

Après tant de revers, et principalement la difficulté à faire adopter ses budgets par le Parlement ou les déboires successifs de ses gouvernements, Macron veut montrer qu’il a toujours la main, qu’il conserve, malgré tout, la confiance de la classe politique.

Seuls les premiers ministres peuvent poser une question de confiance. Ils ne s’y risquent guère ces temps-ci !

Pour le président, faire adopter par le Parlement un projet emblématique comme l’euthanasie vaudra, s’il est adopté par le Sénat, motion de confiance.

C’est ainsi, en tous les cas, que l’opinion le percevra. Qu’un tel vote aille à rebours de son sentiment actuel sur l’action du président ne pourra être que mal ressenti par les nombreuses catégories sociales qui souffrent de la situation actuelle et qui préféreraient sans doute que les Assemblées ne lui apportent pas leur soutien et, si possible, s’occupent d’autre chose.

Mourir peut attendre

Après le vote contre l’article 2, les sénateurs ont euthanasié la proposition de loi sur l’aide à mourir.

Mardi, la commission des affaires sociales a tiré les conclusions de ce choix. Les deux rapporteurs LR du texte, Alain Milon et Christine Bonfanti-Dossat, ont proposé des amendements de suppression de l’ensemble des articles suivants.

Après ce rejet, présidents de groupes et élus se sont mutuellement accusés de sabotage.

Laurent Panifous, ministre chargé des relations avec le Parlement, a déjà annoncé vouloir convoquer une commission mixte paritaire (CMP) sur cette proposition de loi.

Quand Robert Francis Prevost, futur Léon XIV, s’agenouillait lors d’une cérémonie dédiée à la Pachamama

Le 18 mars 2026 le site lifesitenews.com publiait des révélations sur une cérémonie dédiée à la Pachamama au Brésil en 1995, lors d’un symposium théologique organisé par les augustiniens. C’est le fruit d’une enquête menée par le P. Charles Murr. Il a trouvé aussi une photo où l’on voit clairement Robert Prevost agenouillé lors de cette cérémonie. Le P. Murr explique que c’est une désobéissance au premier commandement.

Cette photo apparaît dans les actes du symposium, IV Simposio-Taller “Lectura de San Agustín desde América Latina” (São Paulo, January 23-28, 1995) et édités sous la forme d’un livre, «Ecoteología: Una Perspectiva desde San Agustín» (México, 1996).

Dans une vidéo jointe à l’article de lifesitenews, le P. Murr explique qu’il ne hait pas le Pape et qu’il ne conteste pas son élection, et qu’il prie toujours pour lui. Il affirme qu’il veut juste clarifier ce qui se passe en ce moment au sein de l’Église. Dès l’élection de Léon XIV il avait expliqué qu’en réalité la formation du futur Léon XIV est en lien avec la Théologie de la Libération… Il explique que le marxisme, à l’origine de millions de morts durant le XXe siècle, a pu s’infiltrer au sein de l’Église à travers de la Théologie de la Libération. Il explique que cette théologie est une vision marxiste du christianisme. Le P. Murr explique que beaucoup de prêtres ont été formés avec cette théologie sans avoir étudié réellement la théologie de base. Il parle ainsi de l’existence d’augustiniens qui ne connaissent pas vraiment Saint Augustin et de dominicains qui ne connaissent pas Saint Thomas d’Aquin… Ils connaissent surtout la Théologie de la Libération, la Théologie de l’écologie, etc. Et c’est le cas actuellement de beaucoup de jeunes prêtres dans le monde. Et le P. Murr explique que ce sont ce genre de personnes qui tiennent les rennes du pouvoir au sein de l’Église actuellement. Il invite les fidèles à en prendre conscience et à réagir.

Continuons à prier pour l’Église en ce temps de crise.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Trump/Léon XIV : un nouveau conflit entre l’empereur et le pape ?

Cette semaine, les membres du Club s’arrêtent sur le conflit qui a opposé le président des États-Unis et le pape Léon XIV à propos de la guerre en Iran, de la paix et du rôle international du Souverain Pontife.

Pensez-vous comme J.D. Vance, le vice-président des États-Unis, que le pape devrait s’occuper de morale et non de politique ?

Pensez-vous que nous allions vers une nouvelle forme modernisée du conflit entre l’empereur et le pape ?

Au micro du Club des Hommes en noir, l’abbé Claude Barthe, l’abbé Grégoire Celier et les journalistes Laurent Dandrieu et Richard de Seze répondent à ces questions et à bien d’autres lors d’un débat ouvert, courtois mais déterminé, avec des positions souvent divergentes.

Les querelles politiciennes ont abîmé l’autorité morale des hommes politiques

A l’occasion de la prochaine journée des Maires pour le Bien Commun (voir ici pour les détails), nous avons interrogé Nathanaël Rosenfeld, maire d’Orry la Ville (60):

  • Quels sont les principaux moyens du maire aujourd’hui pour œuvrer au bien de sa commune et de ses administrés?  
En premier lieu l’exemplarité : le maire peut rendre confiance dans l’autorité politique par son engagement au service de sa commune, au-delà des intérêts partisans, par sa probité, par l’esprit de justice qui l’anime.
Ensuite, il est proche des gens : il peut réellement connaître leurs besoins, dans les circonstances sociales et économiques très difficiles où nous nous trouvons. Il peut contribuer à découvrir les gens en grande détresse, à susciter un esprit d’entraide au sein de la commune.
Il peut également travailler à restaurer l’autorité : là où le maire est présent sur le terrain, il retrouve la confiance des administrés et l’autorité morale que les querelles politiciennes ont abîmée à l’échelon national. Il peut contribuer à restaurer la sécurité là où elle est mise à mal, par son autorité de police judiciaire qui lui donne le droit, et parfois le devoir, d’intervenir pour éviter des débordements.
  • Quelles sont les principales difficultés s’opposant à l’action du maire aujourd’hui en faveur de sa commune et de ses administrés ?
Le maire fait face à de nombreuses difficultés :
– Une situation sociale et économique très tendue, avec de plus en plus de gens qui peinent à boucler leurs fins de mois, de plus en plus d’individualisme et d’incivilités,
– Une perte progressive de ses pouvoirs, centralisés à des échelons supérieurs comme les intercommunalités,
– Une perte progressive de son autonomie budgétaire, avec le remplacement des taxes autrefois décidées par la commune par des dotations de l’Etat,
– Une inflation réglementaire qui complique sa tâche administrative.
  • Quelles seraient les principales mesures d’une réforme de l’organisation territoriale selon vous ?  
Nous pensons qu’il est indispensable d’apporter au minimum les changements suivants :
– Rendre libre l’adhésion aux intercommunalités et réduire le nombre de strates du « millefeuille administratif »,
– Rendre au maire des marges de manœuvre budgétaires,
– Cesser d’ajouter des contraintes réglementaires nouvelles (ZAN par exemple, Zéro Artificialisation Nette),
– Permettre à nouveau le cumul des mandats : le député-maire connaît à la fois les enjeux locaux et nationaux, ce qui donne à son action une pertinence et une efficacité bien supérieures.

Enfin une bonne nouvelle !

Un homme achète un bol chinois 3 dollars dans un vide-grenier et découvre qu’il a un secret !

Sébastien CAIRN raconte une nouvelle histoire, qui nous donne une leçon essentielle pour le combat spirituel.
Qui aurait cru qu’un tel enseignement puisse venir d’un bol à 3 dollars acheté dans un vide-grenier ?

Lien de la vidéo ici :
https://youtu.be/sAeF0vCZVK4

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Pologne : Mgr Schneider raconte son enfance sous le communisme aux élèves d’une école de la FSSPX

https://fsspx.news/fr/news/pologne-mgr-schneider-raconte-son-enfance-sous-le-communisme-aux-eleves-dune-ecole-la-fsspx

Pologne : Mgr Schneider raconte son enfance sous le communisme aux élèves d’une école de la FSSPX
8 mai 2026
Source: FSSPX Actualités

Le 23 avril 2026, Mgr Athanasius Schneider a livré un témoignage personnel devant les élèves de l’école Saint-Thomas-d’Aquin de Józefów, près de Varsovie, établissement de la FSSPX en Pologne. Évoquant son enfance sous le communisme, la foi vécue dans la clandestinité et l’exemple héroïque de sa famille, l’évêque auxiliaire d’Astana a exhorté les jeunes à conserver intact le trésor de la foi catholique.

L’enfance sous le régime soviétique et la persécution communiste
Loué soit Jésus-Christ.
À jamais. Amen.

Malheureusement, je ne parle pas polonais, c’est pourquoi je m’exprimerai en anglais, et l’abbé Karol Stehlin traduira pour vous.

Je remercie beaucoup Monsieur le Directeur pour son invitation. Je suis très heureux d’être parmi vous dans votre école. Je voudrais simplement partager avec vous quelques expériences de ma vie.

Tout d’abord, je suis né dans l’ancienne Union soviétique. Vous êtes relativement jeunes, et vous n’avez donc pas connu le régime soviétique communiste. Mais probablement que vos parents, ainsi qu’une partie de vos professeurs, se souviennent encore de l’époque communiste ici en Pologne. C’était également une dictature idéologique.

Le communisme avait pour objectif d’éliminer complètement Dieu de la société. Il voulait établir une société totalement sans Dieu. Ils appelaient cela le matérialisme : seule comptait la réalité matérielle et temporelle. Il n’existait rien d’éternel, rien de surnaturel.

Et le plus grand danger pour les communistes était l’Église, parce que la foi catholique et la vie catholique constituaient l’opposition la plus radicale à l’idéologie communiste.

C’est dans ce système que j’ai grandi.

Mes parents étaient des Allemands qui avaient été déplacés dans l’Empire russe. Nous avions des villages : dans l’un vivaient des catholiques germanophones, dans l’autre des protestants. Jusqu’à l’époque de Staline, ils vivaient dans ces villages près de la mer Noire.

Vous savez que Staline fut l’un des plus grands dictateurs communistes. En 1936-1937, il décida d’entreprendre ce qu’il appelait une « purification » de la société. Ce furent deux années de terreur. Pendant ces deux années, des millions d’innocents furent assassinés dans l’Union soviétique.

Il appelait ces victimes des « ennemis potentiels du communisme ». Et qui étaient ces ennemis potentiels ? Tout d’abord les prêtres, ensuite les intellectuels, puis ceux qui possédaient des biens. Ainsi, pratiquement tous les catholiques et tous les croyants étaient considérés comme dangereux pour le communisme. De même, les personnes capables de réfléchir de manière indépendante et de comprendre ce qui se passait dans la société étaient aussi considérées comme des ennemis.

Le communisme affirmait qu’il ne devait pas exister de propriété privée.

L’une des victimes de cette purge fut mon grand-père, Sebastian Schneider. Il fut assassiné parce qu’il était catholique, allemand, et qu’il possédait quelques biens. Il n’avait que vingt-sept ans. Il venait de se marier. Ma grand-mère se retrouva veuve à vingt-cinq ans, et mon père n’était encore qu’un tout petit enfant.

Lorsque mon grand-père fut exécuté, la police vint perquisitionner la maison de ma grand-mère. Elle avait beaucoup d’images saintes accrochées aux murs. Les policiers lui dirent :

« C’est interdit. Nous vivons dans un État athée. Il faut enlever tout cela. »

Ils ordonnèrent à ma grand-mère de décrocher elle-même les images devant eux. Mais elle refusa :

« Je ne le ferai pas. »

Alors un policier s’approcha du mur pour les enlever lui-même. Ma grand-mère lui cria :

« Ce n’est pas toi qui as accroché ces images au mur ! Tu n’as donc pas le droit de les enlever ! »

Le policier fut tellement choqué qu’il ne toucha à rien et quitta la maison en silence.

Pour moi, cela a toujours été un événement extraordinaire, presque un miracle, car nous savons que Dieu protège particulièrement les veuves et les orphelins.

Après la Seconde Guerre mondiale, mes parents furent déportés dans l’Oural pour travailler dans les mines et les forêts. Les conditions étaient terribles : parfois moins quarante degrés en hiver, très peu à manger, un travail extrêmement dur. Beaucoup mouraient d’épuisement ou gelaient dans les forêts.

Chaque matin, ils ne savaient pas s’ils seraient encore vivants le soir.

Tous ces déportés étaient allemands : certains catholiques, d’autres protestants. Et lorsque, le matin, on les emmenait travailler dans les forêts, les catholiques récitaient le rosaire à haute voix. Après quelque temps, les protestants se joignirent à eux et commencèrent eux aussi à réciter le rosaire.

Face à la mort, même les protestants invoquaient la Sainte Vierge.

Dans ce ghetto allemand, ils réussirent à organiser une véritable vie ecclésiale clandestine. Mes parents faisaient partie des principaux animateurs de cette Église souterraine.

La foi clandestine et la naissance de la vocation
Un jour, ma mère sauva un prêtre poursuivi par la police. Il s’appelait le père Alexis Tsikiewicz, un prêtre gréco-catholique ukrainien qui célébrait aussi la messe latine. Il mourut plus tard martyr au Kazakhstan et fut béatifié par l’Église.

C’était en 1958. Dans ce ghetto allemand, le père Alexis célébrait secrètement la messe. Ma mère était présente. Pendant la messe, certains fidèles avertirent :

« La police va arriver ! »

Le père Alexis ne savait plus quoi faire. Ma mère lui dit :

« Venez avec moi. Je vais vous cacher. »

Elle l’emmena hors du ghetto, dans un quartier habité uniquement par des Russes qu’elle connaissait. Elle le cacha dans une petite pièce.

Elle lui proposa à manger et à boire, car depuis deux jours il n’avait rien pris : il passait tout son temps à confesser les fidèles. Il y avait environ mille catholiques qui, pour certains, ne s’étaient pas confessés depuis dix ans.

Le soir venu, dans l’obscurité, ma mère et ma tante conduisirent le prêtre à travers la forêt enneigée jusqu’à une autre gare, située à douze kilomètres, parce que la gare principale était surveillée par la police.

Le danger était immense. En tant qu’Allemande internée, ma mère n’avait pas le droit de quitter le ghetto. Si la police l’avait arrêtée, les conséquences auraient été graves. Et pourtant elle avait laissé à la maison ses deux petits enfants : mon frère et ma sœur.

Elles arrivèrent finalement à la gare. Ma mère acheta un billet au prêtre. Ils s’assirent dans la salle d’attente.

Soudain, la porte s’ouvrit : la police entra.

Le prêtre était pétrifié. Non pas pour lui-même — il avait déjà connu plusieurs fois la prison — mais pour ma mère, qui risquait énormément avec ses deux jeunes enfants.

Le policier demanda :

« Où allez-vous ? »

Le prêtre, paralysé de peur, ne répondit pas.

Alors ma mère dit calmement :

« C’est notre ami. Nous l’accompagnons. Voici son billet. »

Le policier regarda le billet, puis dit au prêtre :

« Ne montez pas dans le dernier wagon, car il sera détaché au prochain arrêt et n’ira pas plus loin. Je vous souhaite un bon voyage. »

Puis il partit.

Le père Alexis dit alors à ma mère :

« Dieu nous a envoyé un ange. »

En réalité, ce policier l’avait aidé à fuir la police.

Le prêtre ajouta :

« Je n’oublierai jamais ce que vous avez fait pour moi. À chaque messe, je prierai pour vous et pour vos enfants. Et si Dieu le permet, je reviendrai un jour vous voir. »

Plus tard, le père Alexis fut interné à Karaganda, au Kazakhstan.

Entre-temps, mes parents quittèrent l’Oural pour le Kirghizistan, où je suis né. Le père Alexis apprit notre déménagement et vint nous rendre visite depuis le Kazakhstan. Il célébra secrètement la messe dans notre maison.

J’étais alors un bébé d’un an. À côté de l’autel improvisé se trouvait mon berceau. Je plaisante parfois en disant qu’à un an déjà, je servais la messe.

Il bénit notre maison, mes frères, mes sœurs et moi-même. Puis il repartit à Karaganda, où il fut arrêté par le KGB et envoyé au célèbre camp de concentration de Karlag. Après un an et demi de souffrances supplémentaires, il mourut dans ce camp en 1963. C’est pourquoi il fut béatifié comme martyr.

Au Kirghizistan aussi, mes parents organisaient des messes clandestines. Nous avions très peu de prêtres ; beaucoup étaient en prison. Parfois, soudainement, un prêtre apparaissait secrètement. C’était pour nous une fête silencieuse et discrète, car il fallait constamment se méfier du KGB.

Quand je suis né, il n’y avait aucun prêtre au Kirghizistan. Ma mère ignorait quand le prochain viendrait : peut-être dans six mois, peut-être dans un an. Elle ne voulait pas que je reste si longtemps sans baptême.

Elle connaissait bien son catéchisme : en cas de nécessité, un laïc peut baptiser.

Une semaine après ma naissance, en présence de mon père, elle décida donc de me baptiser elle-même. Elle prit le catéchisme et suivit soigneusement toutes les instructions. Après le baptême, elle demanda à mon père :

« Ai-je bien fait ? »

Mon père répondit :

« Je ne sais pas… »

Alors elle recommença, parce qu’elle voulait être absolument certaine.

Quelques mois plus tard, un prêtre jésuite venu secrètement de Lituanie arriva. Il demanda qu’on lui apporte tous les enfants baptisés par leurs parents, car il ne pouvait vérifier si les baptêmes avaient été valides.

Ma mère m’emmena donc à lui. Et il me baptisa encore une fois.

Ainsi, j’ai été baptisé trois fois !

Je n’ai donc aujourd’hui absolument aucun doute sur la validité de mon baptême.

Je me souviens aussi très bien des veillées de Noël au Kirghizistan. Là-bas, Noël était un jour ordinaire de travail et d’école. On ne pouvait célébrer qu’en secret, la nuit. Le gouvernement interdisait sévèrement les réunions de prière.

Chaque année, mes parents organisaient une nuit entière de prières pour les Allemands catholiques vivant dans la région. Ces réunions avaient lieu dans notre maison.

Or, juste en face de chez nous habitait le chef de la police de la ville. Il s’appelait Anatoli. C’était un communiste, mais plutôt un communiste de façade, et il était ami avec notre famille.

La veille de Noël, mon père alla le voir :

« Tu sais, demain c’est Noël. Nous, catholiques, devons prier et chanter toute la nuit. »

Le policier répondit :

« C’est interdit… mais je te promets qu’aucun policier ne viendra cette nuit-là. Priez et chantez. »

Il nous protégea ainsi secrètement.

Ensuite, nous avons déménagé en Estonie. La première chose que firent mes parents fut de chercher une église catholique. Finalement, ils en trouvèrent une… à cent kilomètres de chez nous.

Mes parents s’exclamèrent avec joie :

« Les enfants, quelle grâce ! Une église si proche : seulement cent kilomètres ! Au Kazakhstan et au Kirghizistan, il fallait parfois parcourir mille kilomètres ! »

Ainsi, chaque dimanche, nous faisions deux cents kilomètres en train pour assister à la messe.

Pour éviter les contrôles de police, nous partions toujours de nuit et revenions par le dernier train, vers minuit.

Cette église se trouvait à Tartu, en Estonie. Là vivait un saint prêtre capucin letton, qui avait lui aussi passé de longues années au camp de Karlag.

Toutes les messes y étaient célébrées selon le rite traditionnel, comme ici chez vous. C’est là que j’ai fait ma première communion et reçu la confirmation.

Comme nous étions la famille vivant le plus loin de l’église, le prêtre nous proposa de venir passer les dimanches après-midi dans une chambre de son presbytère pendant l’attente du train.

Un jour — l’un des souvenirs les plus marquants de mon enfance — après la messe, alors que nous marchions avec ma mère vers le presbytère, je lui demandai simplement par curiosité :

« Maman, comment devient-on prêtre ? »

Le prêtre faisait une immense impression sur moi, mais je ne pensais pas sérieusement à devenir prêtre. Je voulais seulement comprendre.

Ma mère me répondit :

« Pour devenir prêtre, le plus important est que Dieu donne l’appel. »

Je ne comprenais pas ce qu’elle voulait dire. Je croyais qu’un appel de Dieu signifiait une voix venant du ciel !

À partir de ce moment-là, je ne demandai plus jamais comment devenir prêtre. Pourtant, je suis devenu prêtre… et même évêque.

Cette courte conversation avec ma mère est restée gravée dans ma mémoire toute ma vie.

Des années plus tard, je suis retourné à cet endroit en Estonie. Je me suis agenouillé précisément à l’endroit où cette conversation avait eu lieu et j’ai remercié Dieu pour ma vocation sacerdotale.

Le trésor de la foi catholique
Puis nous avons eu la grâce de pouvoir quitter l’Union soviétique et partir pour l’Allemagne.

Quand nous sommes arrivés dans une petite ville catholique allemande, nous sommes immédiatement allés à l’église. Et là, nous avons reçu un choc immense : pour la première fois de notre vie, nous avons vu des gens recevoir la communion dans la main.

C’était inimaginable pour nous.

Avant notre départ d’Estonie, le père Janis Pawlowskis nous avait avertis :

« Quand vous serez en Allemagne, si vous trouvez des églises où l’on distribue la communion dans la main, n’y allez pas. »

Nous le lui avions promis.

La réaction de ma mère fut immédiate :

« Quelle chose horrible ! Nous ne retournerons plus dans cette église. »

Mais dans l’église suivante, c’était pareil. Puis encore pareil ailleurs.

Un soir, après avoir visité plusieurs églises, ma mère nous réunit et se mit à pleurer :

« Mes enfants, je ne comprends pas comment on peut traiter Notre-Seigneur Jésus-Christ de cette manière… »

Les larmes de ma mère furent l’un des premiers éléments qui inspirèrent plus tard le livre que j’ai écrit contre la communion dans la main et debout.

C’est aussi à ce moment-là que j’ai commencé à servir la messe comme enfant de chœur, car c’était interdit aux enfants sous le régime soviétique.

Et c’est précisément en servant la messe que la vocation sacerdotale est née dans mon cœur. J’étais convaincu : je devais devenir prêtre.

Alors seulement j’ai compris ce que ma mère voulait dire lorsqu’elle parlait de « l’appel de Dieu ».

Quel est le plus grand don que j’ai reçu dans ma vie ? L’une des plus grandes grâces que Dieu m’a accordées est d’avoir reçu la véritable foi catholique, comme avec le lait de ma mère.

C’est le plus grand trésor.

Et ce don de la foi catholique est, à mes yeux, encore plus grand que le sacerdoce ou l’épiscopat.

La foi catholique intégrale est le plus précieux trésor que nous possédions.

Et c’est précisément ce que je vous souhaite, chers élèves : accueillir ce trésor et le conserver. Ce trésor est inestimable. Personne ne doit pouvoir vous le voler.

Il vaut bien plus que tous les titres ou toutes les réussites professionnelles que vous pourrez obtenir dans votre vie.

Peut-être qu’un garçon parmi vous dira un jour :

« Mon Dieu, si telle est votre volonté, je voudrais devenir prêtre. »

Et peut-être qu’une jeune fille priera ainsi :

« Mon Dieu, si vous le voulez, accordez un jour la vocation à l’un de mes futurs fils. »

Et vous tous qui êtes appelés au mariage et à fonder une famille, souvenez-vous que votre premier devoir sera de transmettre à vos enfants ce trésor de la foi catholique.

Je terminerai par une petite histoire.

Mon ancien archevêque de Karaganda, Mgr Lenga, qui vit aujourd’hui en Pologne, participait un jour à un synode à Rome. Un cardinal vint le saluer et demanda :

« Qui êtes-vous ? »

Mgr Lenga répondit :

« Je suis évêque au Kazakhstan. Et vous ? »

Alors le cardinal énuméra tous ses titres :

« Je suis cardinal, préfet de cette congrégation, président de ceci, membre de cela… »

Quand il eut terminé sa longue liste de titres, Mgr Lenga le regarda et lui demanda :

« Éminence… êtes-vous catholique ? »

Car ce cardinal avait oublié le plus important : dire qu’il était catholique.

Et c’est cela qui compte le plus.

Je vous remercie beaucoup pour votre attention. Je vous souhaite beaucoup de succès dans vos études.

Mais le plus grand succès de votre vie sera d’aimer, de défendre et de vivre votre foi catholique jusqu’à votre dernier souffle.

Merci beaucoup.

Loué soit Jésus-Christ.

Watch Bp Schneider: historia mojego powołania – wykład w Szkołach Akwinaty on YouTube.
(Sources : Ecole Saint-Thomas-d’Aquin de Józefów – FSSPX Actualités)

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« Dialogue politique de haut niveau » entre l’Union européenne et la Syrie : n’oublions pas les chrétiens de Syrie !

Communiqué de SOS Chrétiens d’Orient :

Ce lundi 11 mai, à l’issue du conseil des affaires étrangères de l’Union européenne, sera lancé le premier « dialogue politique de haut niveau » en présence des ministres des affaires étrangères de l’Union européenne et de leur homologue syrien, Assad al-Chaibani. L’objet de la réunion : faciliter la reprise économique de la Syrie.

Pour SOS Chrétiens d’Orient, organisation humanitaire présente en Syrie depuis 2013, après la reprise de relations diplomatiques et la levée des sanctions économiques, ce « dialogue politique de haut niveau » est donc une bonne nouvelle, alors que 90% des Syriens vivent sous le seuil de pauvreté et que le pays entier est à reconstruire.

Pour autant, les chrétiens de Syrie – et les autres minorités religieuses – ne peuvent être oubliés dans ces discussions diplomatiques et commerciales. Pour Benjamin Blanchard, directeur général de SOS Chrétiens d’Orient,

« si les déclarations des nouveaux dirigeants syriens se veulent rassurantes quant à l’avenir des communautés chrétiennes du pays, si la liberté de culte est globalement tolérée, force est de constater que depuis 18 mois, les chrétiens de Syrie, mais aussi les autres composantes de la société syrienne, notamment alaouites et druzes, vivent dans l’inquiétude et la peur de l’avenir ».

De nombreux faits récents viennent renforcer cette inquiétude :

– Le 22 juin 2025, un attentat contre l’église Saint-Elie de Damas fait 25 morts et plus de soixante blessés ;

– Au lendemain de cet attentat, le patriarche Jean X des grecs orthodoxes est victime d’une intense campagne de dénigrement ;

– Plus récemment, dans la nuit du 27 mars dernier, des bandes islamistes s’en sont pris aux habitants de Squelbieh, une ville chrétienne du centre de la Syrie, agressant les habitants et pillant les commerces, sans que les forces de sécurité gouvernementales ne réagissent rapidement. Cette attaque ultra-violente a contraint les chrétiens de toute la Syrie à annuler toutes les manifestations extérieures de joie et processions qui marquent habituellement la fête des Rameaux et celle de Pâques.

En résumé, le quotidien des Chrétiens de Syrie, comme de nombreux syriens, est fait d’attaques, d’enlèvements, de pillages et de rançonnages.

Aussi, SOS Chrétiens d’Orient, demande au Conseil de l’Union européenne, de lier ce « dialogue politique de haut niveau entre l’UE et la Syrie :

– à une vraie liberté religieuse, afin que les Chrétiens de Syrie puissent vivre publiquement leur foi sans crainte, ni limitation.

– au respect de la société civile et à l’intégration réelle de de toutes les composantes du peuple syrien dans la reconstruction du pays.

Les chrétiens de Syrie ne demandent pas autre chose que d’être reconnus comme des Syriens à part entière ; non pas comme des citoyens minoritaires et tolérés ou des citoyens de seconde zone, mais bien comme des Syriens qui veulent participer activement à la reconstruction institutionnelle, politique et sociale de leur pays.

La radicalisation des actes antichrétiens

Olivier Vial écrit dans l’Observatoire des radicalités :

Dans la nuit du 3 au 4 mai 2026, à Poleymieux-au-Mont-d’Or, petite commune de 1 300 âmes perchée dans les Monts d’Or au nord de Lyon, la statue de la Vierge Marie a été décapitée, ainsi que celle de l’Enfant Jésus qu’elle tenait dans ses bras. Les fragments de visage ont été laissés ostensiblement au pied du socle de pierre, sur lequel on peut encore lire « N.D. des Monts d’Or ». La statue datait de 1938. La gendarmerie a ouvert une enquête. La maire a porté plainte.

Un millier d’actes par an — et personne ne s’en émeut vraiment

La France est, et de loin, le pays d’Europe le plus touché par les actes antichrétiens. C’est le constat du Centre européen pour le droit et la justice qui est confirmé chaque année par les bilans du Service central du renseignement territorial (SCRT).

Les chiffres sont les suivants.

Contenu de l’article

Ces chiffres ne comptabilisent que les faits portés à la connaissance de la police ou de la gendarmerie. Le ministère de l’Intérieur admet que la réalité est « très certainement sous-estimée ».

Si des mécanismes de signalement très rodés existent pour les actes antisémites (le SPCJ, Service de protection de la communauté juive) et antimusulmans, aucun équivalent institutionnel n’a été créé pour les chrétiens — ce que 86 sénateurs ont formellement dénoncé dans une tribune collective, en pointant une asymétrie de traitement difficile à justifier.

Le nombre de lieux de cultes frappés multiplié par 7 depuis 2008

Sur le seul indicateur des lieux de culte chrétiens touchés — chapelles, églises, cimetières, calvaires — la tendance de fond est inquiétante : 129 sites en 2008, 877 en 2018, soit une multiplication par 6,8 en une décennie. Cette hausse traduit une désacralisation du patrimoine, une banalisation de la transgression, un effritement du rapport collectif au sacré.

En 2025, l’Observatoire de l’Intolérance et de la Discrimination contre les Chrétiens (OIDAC) a recensé 2 211 actes antichrétiens en Europe pour la seule année 2024, dont 274 agressions physiques.

La France, avec près de 900 incidents officiels et non officiels cumulés, représente à elle seule plus d’un tiers du total continental — loin devant le Royaume-Uni (550) et l’Allemagne (311).

Quand les flammes remplacent la masse

84% des actes antichrétiens sont des atteintes aux biens. Mais leur nature se radicalise.

En 2024, les services de renseignement territorial ont recensé près de 50 incendies et tentatives d’incendie visant des lieux de culte chrétiens — une hausse de plus de 30% par rapport à 2023, alors même que le volume global des actes reculait de 10% cette année-là.

Le 2 septembre 2024, l’église de l’Immaculée Conception à Saint-Omer est ravagée par les flammes. Son clocher et sa toiture s’effondrent. L’auteur est identifié : un multirécidiviste de 39 ans portant 26 condamnations au casier, ayant déjà incendié six autres églises dans le Boulonnais. Un pyromane compulsif — mais dont les cibles, systématiquement, sont des édifices du culte.

Le 3 octobre 2024, l’église Saint-Hilaire-le-Grand de Poitiers — classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, datant du XIème siècle — est visée par deux départs de feu en une seule nuit. Toutes ses statues sont détruites. L’auteur sera déclaré pénalement irresponsable.

À Paris, en juillet 2025, l’église Notre-Dame-des-Champs subit deux incendies en vingt-quatre heures. Le premier, le 23 juillet, détruit l’orgue et noircit les tribunes. Le lendemain, un intrus s’introduit dans l’édifice fermé, renverse la statue de saint Joseph, y met le feu. Une toile récemment restaurée est détruite, des bancs consumés. Un suspect est interpellé deux jours plus tard : déjà connu pour des faits similaires depuis 2021. Il est également déclaré pénalement irresponsable.

Cinq motivations — cinq profils possibles

D’après les derniers chiffres disponibles datant de 2021, seuls 14 % des dossiers liés à des actes anti chrétiens avaient donné lieu à l’identification d’un auteur.

Dans ce contexte, il est très difficile d’établir avec précision l’importance relative de chacun des profils définis dans le rapport parlementaire (2022) des députés Florennes et Mendes dans la commission de ces actes. Les parlementaires évoquaient 5 profils pour les actes antichrétiens : un profil psychologique, les adeptes d’une forme de satanisme, des membres d’une ultragauche laïcarde, d’une ultradroite païenne ou d’islamistes.

1- Si l’instabilité psychologique semble le profil le plus fréquent. Il faut nuancer du fait du faible taux d’élucidation. Ces profils étant plus faciles à identifier car ils ne prennent pas de mesures pour éviter qu’on les retrouve. De plus leur trouble psychologique peut également cacher d’autres motivations.

Mais, pour les incendiaires de Saint-Omer, de Poitiers, de Notre-Dame-des-Champs : autant de dossiers, la maladie mentale semble primer sur la motivation idéologique.

2- Le satanisme, souvent surévalué dans le débat public, relève pour l’essentiel de ce que le sociologue Olivier Bobineau appelait le « braconnage satanique » : des adolescents qui partagent une partie de cet imaginaire de la transgression — black metal, culture de la subversion — sans appartenir à aucune organisation structurée. Les enquêtes du CNRS estiment à une centaine le nombre de « satanistes structurés » en France et engagés dans des groupes souvent internationaux — loin des 25 000 personnes qui peuvent partager une partie de cet imaginaire.

3 – L’ultragauche entretient une tradition anticléricale ancienne. Tags sur les façades, perturbations de processions, dégradations de calvaires.

4 – L’ultradroite païenne peut également cibler des édifices chrétiens avec des tags antisémites ou néonazis lors de profanations à l’identitarisme affiché. Bobineau notait en 2008 que certains actes attribués au « satanisme » étaient en réalité commis par des jeunes néonazis animés d’une haine diffuse à l’égard de toute institution.

5- La menace islamiste. La cinquième motivation est celle qui malheureusement est allée jusqu’au meurtre.

Le 26 juillet 2016, à Saint-Étienne-du-Rouvray, deux hommes se réclamant de l’État islamique pénètrent pendant la messe. Ils égorgent le père Jacques Hamel, 85 ans, et blessent grièvement un paroissien. Daesh revendique. C’est le premier assassinat d’un prêtre catholique en France depuis la Révolution.

Le 29 octobre 2020, Brahim Aouissaoui entre dans la basilique Notre-Dame-de-l’Assomption de Nice à 8h29. Il tue trois personnes au couteau. Vincent Loquès, sacristain, est égorgé. Nadine Devillers est quasiment décapitée. Simone Barreto Silva, mère de famille, reçoit vingt-cinq coups de couteau avant de s’enfuir dans un café voisin où elle succombe. Ce Tunisien de 21 ans est arrivé en France moins de 24 heures avant l’attentat. Il visait Paris — la Tour Eiffel — mais n’avait pas les 150 euros du billet.

Lors de son procès en février 2025, après quatre ans d’amnésie simulée écartée par les experts psychiatres, il reconnaît les faits : il voulait « venger les musulmans ». Sa formule devant la cour : « Le musulman a le droit de tuer celui qui le tue. » La DGSI, entendue à l’audience, a été explicite : l’attentat « visait clairement des chrétiens » et s’inscrit dans une stratégie visant à « saper le dialogue interreligieux prôné par le Vatican ». Le 26 février 2025, condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible.

Le passage à l’acte violent ne se limite pas aux attentats. Dans la nuit du 14 au 15 juillet 2024, l’église Notre-Dame-du-Travail (14e arrondissement de Paris) est saccagée. Ses murs sont couverts de tags : « Batard Jesus, un seul dieu allah », « la tête coupée à ceux qui dépasseront », « brule la première partie ». Un couteau est planté dans la gorge d’une statue de la Vierge — un égorgement métaphorique.

En mars 2024, les services antiterroristes avaient déjà interpellé un autre homme se réclamant de Daesh qui projetait d’attaquer une église française.

Ces cas relèvent d’une logique distincte des quatre autres motivations : idéologie explicite, cible délibérément chrétienne, violence nourrie par une théologie du takfir. Ce profil reste la fraction la plus dangereuse.

[…]

Angleterre : Nigel Farage bientôt Premier ministre ?

Lors des élections locales en Angleterre, le parti Reform UK de Nigel Farage a obtenu 1453 conseillers municipaux, soit 1451 de plus qu’aux élections précédentes. Le parti travailliste au pouvoir en perd 1496 et se retrouve nettement derrière. A noter que parmi les « indépendants » qui gagnent 34 conseillers il y a des militants islamiques.

En Ecosse le parti dit national (européiste) est toujours et de loin le premier, mais Reform UK (qui passe de zéro à 17 conseillers), fait jeu égal avec les travaillistes.

Au pays de Galles, le parti dit indépendantiste (européiste) Plaid Cymru renforce sa première place, suivi de Reform UK qui passe de zéro à 34 conseillers, et les travaillistes en perdent 35 et n’en ont plus que 9.

Si ces résultats se confirmaient aux législatives, Nigel Farage deviendrait Premier ministre…

Union des droites : “Nous avons des différences réelles de programme, de méthode, de convictions, et c’est très bien ainsi”

Interrogée dans le JDD, Sarah Knafo déclare :

La droite européenne arrive désormais à se réunir. C’est une excellente nouvelle. Quand nous votons ensemble, nous obtenons des victoires : nous venons de faciliter les expulsions de clandestins en durcissant la directive « Retour ». Nous avons allégé les normes qui pesaient sur les entreprises avec la directive CSRD. Si nous savons nous retrouver au Parlement européen, alors nous devrions en finir, en France, avec le théâtre du cordon sanitaire, la fable du front républicain et la manipulation qui consiste à insulter et accuser d’être « d’extrême droite » toute personne plus déterminée que Xavier Bertrand, (ça fait du monde !) Alors, nous réussirons à constituer des coalitions pour diriger des collectivités et bâtir une majorité à l’Assemblée nationale sur un programme commun.

Dans ce contexte, le RN et Reconquête restent-ils irréconciliables ?

Il n’y a pas besoin de réconciliation dès lors qu’il n’y a pas de fâcherie. Si c’était le cas, ce serait bien médiocre au regard des enjeux. Victor Hugo nous prévient  : « Ayons des cris de douleur pour les plaies de la France, et non pour nos égratignures. » Les choses sont bien plus simples. Nous avons des différences réelles de programme, de méthode, de convictions, et c’est très bien ainsi. Nous sommes, en revanche, proches de leurs électeurs et de nombre de leurs cadres qui se reconnaissent dans notre ligne : la fin des gabegies, le refus de l’islamisation, la liberté économique, la baisse des impôts, le droit de propriété, le travail, la défense de la civilisation française.

Quels sont les principaux obstacles ou écueils à la formalisation d’un rapprochement ?

Comme vous l’avez vu, il est difficile de faire l’union des droites avec un parti qui refuse l’union et qui refuse la droite. Marine Le Pen répète inlassablement qu’elle n’est pas, qu’elle ne veut pas être et qu’elle ne sera jamais de droite. Il faut la croire. Malheureusement, fort de ses sondages, le RN en veut quand même à toute formation de droite qui se présente aux élections. Ils réclament le monopole. Je ne crois pas aux vertus du parti unique. L’absence de concurrence, c’est l’arnaque : moins de choix, moins de qualité. En politique, la concurrence, c’est la démocratie : elle profite aux électeurs et révèle les candidats. Regardez Balladur et Chirac : ils s’opposaient, se concurrençaient, et cette rivalité n’a pas empêché la droite de gagner. Regardez Meloni et Salvini en Italie : deux formations proches, une concurrence saine ; aujourd’hui, c’est Meloni qui gouverne et Salvini qui est dans sa majorité. Notez d’ailleurs que, dans les deux cas, ce n’est pas celui qui part favori qui gagne ! Et pour ceux qui trouvent l’objectif trop ambitieux, regardez le scrutin parisien : le candidat du RN était à 9 % dans les sondages, quand j’étais à 4 %. Après une campagne de huit semaines à peine, j’ai obtenu 10,5 % des voix, et lui 1,5 %. Tout est possible, parce que les Français reconsidèrent leurs choix pendant les élections. […]

L’ADMD visée par un signalement pour fraude fiscale

Lu dans le JDD :

Le sénateur Stéphane Ravier a saisi le procureur de la République sur le fondement de l’article 40 du Code de procédure pénale, visant l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD). Dans un courrier du 9 mars consulté par le JDD, il dénonce une possible « émission irrégulière de reçus fiscaux ». L’ADMD collecte en effet des dons défiscalisés via un fonds de dotation créé en 2012, dont plus de 96 % des dépenses auraient été reversées à l’association ces dernières années. Un dispositif légal seulement si les fonds soutiennent des activités d’intérêt général.

Or selon le sénateur, l’ADMD consacre l’essentiel de ses moyens au lobbying et au plaidoyer législatif, pour plus d’un million d’euros par an. Lors d’une audition au Sénat, la Direction générale des finances publiques avait rappelé que « le plaidoyer seul ne correspond pas à une action concrète en direction d’un public » et ne suffit pas à justifier un statut d’intérêt général, a-t-il souligné dans sa lettre. Il pointe aussi une gouvernance commune entre l’ADMD et son fonds de dotation, ainsi que l’absence de publication des comptes au Journal officiel malgré une collecte importante de dons. Ces éléments pouvant « caractériser des délits d’escroquerie et de fraude fiscale », Stéphane Ravier a demandé l’ouverture d’une enquête préliminaire.

Le cardinal Müller dénonce les délires du Groupe 9 du Synode sur la synodalité

Le cardinal Gerhard Ludwig Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a fermement condamné (déclaration complète ci-dessous) les tentatives persistantes des groupes synodaux et des discussions de l’Église, émanant de Rome et des évêques allemands, de promouvoir l’idéologie LGBT. 

Le 5 mai, le Groupe 9 du Synode sur la synodalité a publié son rapport final et a ouvertement promu les relations homosexuelles. Le groupe affirme qu’« il est nécessaire d’aborder avec prudence la question récurrente de savoir si l’on peut parler de “mariage” pour les personnes attirées par le même sexe ». Il ajoute ensuite la question de savoir si les « relations » homosexuelles peuvent être considérées comme équivalentes à l’« union conjugale hétérosexuelle », malgré « l’impossibilité manifeste de procréation ».

L’an dernier, les évêques allemands ont publié une « bénédiction » liturgique pour les « couples » homosexuels et autres « couples » non mariés ou irréguliers.

« Nulle part dans les Saintes Écritures ni dans toute la tradition de l’Église », écrit le cardinal allemand en réponse à ces nouvelles publications, « il n’y a rien à voir ni à entendre concernant une bénédiction des personnes en situation d’adultère, et certainement pas concernant l’autorisation donnée aux évêques d’ordonner ou de permettre des bénédictions trompeuses et blasphématoires. »

Le cardinal Müller appelle l’Église catholique à renoncer à ces adaptations à l’esprit du temps et à son matérialisme, et à revenir à une véritable conversion à Jésus-Christ, le Bon Pasteur. Pour lui, il est clair que nous sommes confrontés, au sein même de l’Église, à des tendances hérétiques. Il écrit :

« Dans les réactions du lobby homosexuel au sein de l’Église à la publication du rapport du groupe de travail synodal traitant de cette question et aux bénédictions des unions sexuelles hors mariage, même ordonnées par les évêques, la relativisation hérétique du mariage naturel et du mariage sacramentel est ouvertement saluée. »

Il fait ici référence au rapport récemment publié du groupe de travail synodal qui promeut ouvertement l’homosexualité, ainsi qu’à la « bénédiction » liturgique des « couples » homosexuels par les évêques allemands.

Vous trouverez ici la déclaration complète du cardinal Müller :

Sur la bénédiction de Dieu et la fausse bénédiction du monde,

par le cardinal Gerhard Müller, Rome

“Les mutuelles qui protègent jusqu’à présent la vie en finançant les soins, vont devenir des machines à fric en investissant dans la mort”

Intervention du sénateur Stéphane Ravier à la tribune du Sénat lors de l’examen de la proposition de loi sur l’euthanasie (l’article 2 instituant l’aide à mourir a été rejeté cette nuit par 151 voix contre 118):

 

Comment se passe concrètement une euthanasie ?

Le débat sur le suicide assisté revient au Sénat mais un sujet a encore été très peu abordé: quels produits sont utilisés? Comment ça se passe? Quels sont les risques?

Des pharmaciens nous ont fait un résumé:

I. Une triade pharmacologique: substances, mécanismes et objectifs

Les protocoles d’EAS modernes s’articulent autour de trois catégories majeures de substances, chacune remplissant un rôle pharmacologique distinct pour assurer l’efficacité de la procédure.

1. Les barbituriques et les sédatifs-hypnotiques: l’induction du coma

La première étape, consiste à induire une perte de conscience profonde et irréversible et à ralentir la respiration

  • Substances utilisées: Les médecins privilégient les barbituriques tels que le pentobarbital et le sécobarbital, le thiopental ou des anesthésiques généraux comme le propofol à des doses plus élevées que celles des indications habituelles.
  • Action pharmacologique: ces produits inhibent l’activité neuronale et le centre respiratoire situé dans la moelle et le tronc cérébral.
  • Dosages et administration: Dans le cas du suicide assisté, le patient ingère généralement une solution liquide contenant entre 9 et 15 grammes de pentobarbital ou de sécobarbital. Pour l’euthanasie, le médecin injecte directement du thiopental ou du propofol à forte dose (1g) par voie intraveineuse (IV), provoquant un coma quasi immédiat.

2. Les relaxants neuromusculaires (curarisants): l’arrêt respiratoire

C’est seulement une fois que le patient est plongé dans un coma profond, qu’un agent curarisant est souvent administré pour garantir l’arrêt des fonctions vitales par manque d’oxygène. Sans sédation préalable, la mort surviendrait par suffocation alors que la personne est consciente.

  • Substances utilisées: Les produits les plus courants sont le rocuronium, le pancuronium et le cisatracurium.
  • Mécanisme: Ces substances bloquent la transmission nerveuse vers les muscles, y compris le diaphragme, ce qui interrompt toute tentative de respiration; le cœur s’arrête faute d’oxygène.

3. Les adjuvants: «confort et optimisation»

Pour faciliter la procédure et prévenir les complications, des médicaments associés peuvent être administrés en amont.

  • Antiémétiques: Des principes actifs comme le métoclopramide ou l’ondansétron sont administrés en prévention des vomissements, 30 minutes avant, surtout lors de l’ingestion orale de doses massives de substances, évitant leur rejet et favorisant leur activité létale.
  • Benzodiazépines: Le midazolam ou le diazépam sont souvent utilisés avant le début du protocole létal, pour réduire l’anxiété du patient.
  • Anesthésiques locaux: La lidocaïne peut être administrée pour réduire la douleur locale lors de l’injection des agents létaux.

II. Exemples de protocoles en usage dans les pays ayant dépénalisé l’euthanasie et/ou le suicide assisté

Les protocoles, bien que toujours construits à partir d’une association anesthésique/curarisant/adjuvant, varient selon les pays.

Benelux (Pays-Bas et Belgique)

Aux Pays-Bas et en Belgique, l’euthanasie par injection pratiquée par le médecin est la pratique la plus fréquente. Les protocoles de suicide assisté sont possibles, prévoyant l’ingestion d’une boisson létale par la personne en capacité de boire.

  • Protocole type: Après prémédication par midazolam et lidocaïne pour réduire l’anxiété et la douleur respectivement, le médecin injecte 2000 mg de thiopental ou 1000 mg de propofol pour induire le coma. Dès que ce dernier est confirmé, une dose massive de curarisant (100-200 mg de rocuronium) est administrée.
  • Statistiques: Plus de 99% des cas signalés aux Pays-Bas utilisent ce régime combiné barbiturique-curarisant.

Canada (MAiD) – et éventuellement Australie (Victoria et Western Australia) si le patient ne peut ingérer de boisson

Le Canada a développé une approche très standardisée de l’Aide Médicale à Mourir.

  • Le “Kit” standard: Près de 98% des cas, le protocole IV fixe comprend du midazolam (10 mg), du propofol (1000 mg) et du rocuronium (200 mg); la lidocaïne peut être associée comme anesthésique local.
  • Efficacité: Avec ce mélange, le décès survient généralement dans un délai médian de 9 minutes.

Etats Unis (Oregon, Washington), Suisse, Australie (Victoria, Western Australia) (Suicide Assisté)

Dans ces États, le cadre légal impose souvent que le patient réalise l’acte final lui-même.

  • Ingestion orale: après avoir ingéré un antiémétique trente minutes avant, le patient doit boire une préparation à base de barbituriques (9-15g de sécobarbital ou de pentobarbital) mélangé avec un jus sucré. Le coma survient en quelques minutes et l’arrêt respiratoire une demi-heure plus tard environ.
  • Contrôle médical: En Oregon, le rôle du médecin s’arrête après la prescription. En Suisse, un médecin doit prescrire la substance, mais l’acte est supervisé par des organisations non lucratives.

Par rapport aux exécutions légales par injection létale qui ajoutent une troisième substance pour arrêter le cœur (chlorure de potassium ou bupivacaine), l’euthanasie ou le suicide assisté provoquent un coma profond puis un arrêt respiratoire par manque d’oxygène. Les processus physiologiques sont assez proches ce qui est souvent noté par les critiques.

III. Complications et risques

L’EAS n’est pas toujours un processus simple et sans incident. Des enquêtes montrent une variabilité significative dans les résultats:

  1. Échecs du suicide assisté oral: Environ 15% des patients subissent des complications telles que des vomissements, des convulsions voire une reprise de conscience après avoir bu le mélange.
  2. Délais imprévisibles: Si l’injection est rapide, la voie orale est incertaine. Environ 33% des décès par ingestion prennent plus d’une heure et dans 7,6% des cas, le processus peut durer plus de 6 heures.
  3. Incertitude sur la douleur: L’utilisation de curarisants pose le problème de la “conscience accidentelle”. Si la sédation est insuffisante, le patient pourrait ressentir la douleur brûlante de certaines substances ou la sensation d’étouffement sans pouvoir émettre le moindre signe de détresse en raison de sa paralysie musculaire.
  4. Inefficacité des opioïdes: les opioïdes seuls (comme la morphine) ne sont pas recommandés pour l’euthanasie, car ils ne garantissent pas un décès rapide ou prévisible, menant parfois à des processus d’agonie prolongés, d’une à six heures.

IV. Conclusion : une pratique normalisée mais faillible

En résumé, l’euthanasie et le suicide assisté dépénalisés reposent sur une médication utilisant des agents anesthésiques et curarisants puissants. Si ces protocoles visent à assurer une mort rapide et indolore, les retours des juridictions révèlent des incertitudes importantes: taux de complications notables, temps de survie peu prévisible, associée parfois à une agonie longue et pénible, liée à la variabilité physiologique du processus de la mort provoquée. L’EAS se distingue fondamentalement des soins palliatifs par sa volonté délibérée de mettre fin aux fonctions vitales de manière fiable et immédiate.

“Depuis toujours, l’interdit de tuer constitue l’un des fondements essentiels de toute société humaine”

Tribune de Mgr Rey dans le JDD :

À travers le débat actuel sur la fin de vie, notre société est confrontée à une question fondamentale : que vaut une vie humaine lorsqu’elle devient fragile, dépendante, souffrante ou diminuée ? Derrière les termes employés — « aide à mourir », « ultime liberté », « dignité » — se joue en réalité une transformation profonde de notre rapport à l’Homme. Car une civilisation bascule lorsqu’elle cesse de considérer la vulnérabilité comme une réalité à accompagner pour commencer à la regarder comme une condition dont il faudrait pouvoir s’extraire par la mort. Depuis toujours, l’interdit de tuer constitue l’un des fondements essentiels de toute société humaine.

Il protège la personne fragile contre l’abandon et rappelle que la vie humaine possède une valeur qui ne dépend ni de l’autonomie, ni de la performance, ni de l’état de santé. Or le projet de légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté introduit une rupture profonde : il ferait entrer dans le champ du soin un acte dont la finalité n’est plus de soulager ou d’accompagner, mais de provoquer délibérément la mort. Cette rupture est aussi spirituelle. Car une société qui accepte que certaines vies puissent être interrompues parce qu’elles sont jugées trop douloureuses ou trop dépendantes finit par modifier son regard sur la fragilité elle-même. Peu à peu, la personne malade peut se sentir de trop. La dépendance peut devenir une culpabilité.

La véritable question est donc la suivante : voulons-nous construire une société où la vulnérabilité appelle davantage de solidarité, ou une société où la mort devient une réponse possible à la détresse humaine ? L’Évangile nous enseigne exactement l’inverse de cette logique. Le Christ s’approche des malades, des mourants, des personnes abandonnées. Il révèle que toute vie humaine demeure infiniment digne parce qu’elle est voulue et aimée par Dieu. Toute vie est sacrée. La dignité humaine ne disparaît jamais avec la maladie, le handicap ou le grand âge. Elle demeure intacte jusqu’au dernier souffle.

Notre époque valorise l’autonomie et la maîtrise de soi. Dans une telle culture, la dépendance devient difficile à accepter parce qu’elle rappelle notre fragilité commune. Pourtant, une société humaine ne grandit pas en supprimant la vulnérabilité ; elle grandit lorsqu’elle apprend à la porter ensemble. C’est pourquoi la réponse juste à la souffrance ne peut jamais être la mort administrée. La véritable urgence est le développement des soins palliatifs, l’accompagnement des malades, le soutien aux familles, la présence humaine et spirituelle auprès de ceux qui traversent l’épreuve.

L’expérience des pays ayant légalisé l’euthanasie montre d’ailleurs que les critères s’élargissent toujours progressivement. Une fois que le principe de la mort provoquée est accepté, la frontière ne cesse de reculer. La médecine elle-même repose depuis toujours sur une promesse fondamentale : soigner, soulager, accompagner, mais ne jamais donner la mort. Brouiller cette frontière fragilise profondément la confiance entre le patient et le soignant.

Le progrès authentique ne consiste pas à rendre la mort plus accessible. Il consiste à rendre l’amour, le soin et la fraternité plus forts que l’abandon. Face à la tentation contemporaine d’effacer la fragilité, nous devons redire avec force qu’aucune vie humaine n’est indigne d’être vécue, accompagnée et aimée. Parce qu’une société véritablement humaine ne se construit jamais sur l’organisation de la mort, mais sur la fidélité à la vie.

La solitude de l’homme

D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:

En vieillissant, je me surprends à réfléchir de plus en plus au monde dans lequel nous vivons aujourd’hui : un monde véritablement difficile à interpréter et tout aussi difficile à habiter. C’est un monde qui a connu d’immenses changements au cours des dernières décennies, profondément différent de celui de ma jeunesse.
Aujourd’hui, il est difficile de savoir comment se comporter dans des situations qui autrefois semblaient relativement claires. Il existait des règles — même non écrites — que tout le monde comprenait et qui rendaient certains comportements acceptables au sein d’une communauté partageant les mêmes références.
Je crois que la plus grande difficulté touche aujourd’hui surtout les hommes, car presque tout ce qu’ils font, disent — ou peut-être même pensent — est regardé avec suspicion, comme si cela constituait automatiquement une forme de domination. Ce problème devient encore plus délicat lorsqu’il s’agit des relations entre hommes et femmes.
Il faut toutefois faire une précision importante : au cours de l’histoire, il y a effectivement eu des attitudes envers les femmes qui ne respectaient pas leur dignité. Cette dignité doit toujours être défendue et placée au centre de toute réflexion sur la relation entre l’homme et la femme. Devant Dieu, nous sommes tous égaux, et les femmes méritent le même respect que les hommes.
Cela dit, chaque geste ou parole d’un homme envers une femme ne peut pas être automatiquement considéré comme une forme de prévarication.
Depuis plusieurs décennies, on parle beaucoup des rapports de pouvoir entre hommes et femmes, notamment dans le monde du travail. Lorsqu’un homme occupe une position professionnelle supérieure à celle d’une femme, on estime souvent que toute approche sentimentale ou affective doit être considérée avec méfiance, car le pouvoir de l’homme pourrait influencer la liberté de la femme.
Sur ce point, il faut être très clair : si un homme fait du chantage à une femme, menaçant sa situation professionnelle pour obtenir des faveurs sexuelles, alors il s’agit d’un véritable abus de pouvoir. C’est quelque chose de profondément injuste, illégal, et qui doit être dénoncé sans hésitation.
Mais si deux personnes, malgré des positions professionnelles différentes, souhaitent librement entretenir une relation affective consensuelle, je ne vois sincèrement rien de mal à cela. Les déséquilibres de pouvoir existent partout. Sinon, il faudrait également considérer comme suspectes les relations entre actrices et réalisateurs, médecins et infirmières, ou entre personnes occupant des fonctions différentes dans n’importe quel environnement professionnel.
On pourrait même soutenir l’argument inverse : une actrice mariée à un réalisateur pourrait théoriquement bénéficier d’avantages professionnels par rapport à ses collègues. Pourtant, personne ne songerait à la dénoncer pour cette raison.
Ce qui m’inquiète, c’est le risque qu’au-delà des véritables cas de contrainte — que je répète être extrêmement graves — s’installe un climat général de peur et de suspicion, qui finit par créer une profonde solitude chez les hommes, de plus en plus effrayés à l’idée de dire ou de faire quoi que ce soit.
Je me souviens d’une interview de l’avocate italienne Anna Maria Bernardini de Pace, spécialiste du droit matrimonial et certainement pas hostile aux femmes. En parlant des lois sur le consentement, elle avait fait une remarque très intéressante : elle disait avoir aussi rencontré des femmes capables d’une grande méchanceté. Cette phrase peut sembler dure, mais elle souligne une réalité importante : à côté des femmes qui dénoncent à juste titre de véritables injustices, il existe aussi des personnes qui exploitent certaines situations à leur avantage personnel, en interprétant volontairement comme offensants des gestes qui étaient simplement aimables ou galants.
Je crois au contraire que nous devrions regretter une époque où les hommes étaient éduqués à la galanterie : à offrir des paroles aimables, des compliments élégants et des marques de respect envers les femmes. Dire : « Cette coiffure vous va très bien », ou « Vous portez une très belle robe », ou encore « Vous avez de très beaux yeux », ne devrait pas être considéré automatiquement comme offensant ou dégradant.
Ces gestes servaient autrefois à faire sentir la personne appréciée, tout en permettant aussi aux hommes de comprendre, avec discrétion et respect, s’il pouvait exister un intérêt réciproque. Les femmes véritablement élégantes ont toujours su répondre avec politesse, accepter un compliment tout en faisant comprendre, si nécessaire, qu’elles n’étaient pas intéressées.
C’était un langage non écrit, mais profondément compris par les hommes et les femmes : un langage fait de tact, de délicatesse et de respect mutuel.
Aujourd’hui, malheureusement, tout cela semble avoir disparu. Presque chaque parole prononcée par un homme risque d’être interprétée comme une offense, une usurpation ou une forme de domination envers les femmes.
Et cela constitue, selon moi, une véritable tragédie, car cela a profondément détérioré les relations entre hommes et femmes.
Il existe bien sûr de nombreuses femmes intelligentes et équilibrées qui ne partagent pas ces excès. Pourtant, beaucoup d’hommes vivent aujourd’hui dans une peur et une solitude croissantes, craignant que toute accusation portée contre eux soit automatiquement crue simplement parce qu’ils sont des hommes.

87e anniversaire de l’Aktion T4

De Roland HUREAUX, Agrégé d’histoire, pour le Salon beige:

C’est par beau printemps    comme celui que nous connaissons, qu’Hitler a conçu en 1939 l’Opération dite Aktion T4, un vaste plan d’euthanasie des handicapés physiques et mentaux.

La proposition de loi sur l’euthanasie dont débat aujourd’hui le Parlement français, excluait cette possibilité de s’en prendre aux plus vulnérables dont on ne saurait attendre un consentement. Elle a été rétablie par l’Assemblée. Dans le principe, si la loi est votée, une élimination des handicapés  analogue à celle du IIIe Reich est désormais possible en France.

Si le début officiel de l’opération T4 est le 1er septembre 1939, au commencement de la guerre, la décision avait été prise antérieurement et son exécution préparée tout au long de l’été. L’opération, pilotée par la Chancellerie, a reçu le nom de code T 4 parce que l’administration dédiée   avait été installée dans une villa confisquée à une famille juive au 4 de la Tiergartenstrasse (rue du Jardin des Plantes), une des avenues les plus huppées de Berlin.

C’est là que fut recrutée   une équipe restreinte    destinée à réaliser cette élimination, dirigée par Philip Bouhler, en liaison étroite avec le Dr Karl Brandt, médecin personnel du führer[1].

Dès avant son accession au pouvoir, Hitler avait ce projet   en tête. Il découlait de son     idéologie préconisant l’élimination des faibles et des tarés, à la fois pour améliorer la race et pour débarrasser le pays de la charge des improductifs. Il ne fallait   pas trembler pour le faire car, selon lui, le monde appartenait aux forts aptes à surmonter les sentiments de pitié. Cela n’a cependant pas empêché Hitler de dire aux familles que l’opération visait à infliger « une mort miséricordieuse » (sic)  à des gens plongés dans la souffrance. Entre les deux-guerres, l’idée d’une élimination des tarés, portée par la philosophie de Nietzsche[2], était déjà   dans l’air du temps, non seulement en Allemagne mais aussi dans le monde anglo-saxon.

Dès 1933, les nazis avaient pris des mesures d ’ « hygiène raciale » : stérilisation obligatoire des porteurs de maladies héréditaires, légalisation de l’avortement dans le cas où un de parents en serait affligé.  Mais pour des raisons politiques, Hitler préféra attendre la guerre pour aller plus loin tout en préparant les esprits par une propagande insistant sur le coût social des handicapés. A partir de 1938, la même propagande prétendit que des parents de handicapés de plus en plus nombreux écrivaient pour demander leur élimination. Comme aujourd’hui, on entend  encore des « témoins » déclarant avec le maximum de pathos souffrir de ne pas pouvoir mettre fin aux jours d’un parent qui souffre.

Dans le plus grand secret

La difficulté à surmonter était la résistance prévisible des familles et des Eglises. Tout se fit donc dans le secret. Si l’opération débuta avec la guerre de Pologne, c’est que le régime espérait que le bruit médiatique lié à la déclaration de guerre la couvrirait.

On commença par les enfants : dès le 18 aout, une circulaire imposa au médecins et sage-femmes de déclarer ceux qui naissaient handicapés. Les parents étaient informés de leur transfert dans des unités dispensant des soins spécialisés ; ils   devaient signer une autorisation. L’opération fut très vite étendue aux adultes : furent particulièrement visés les psychopathes, les alcooliques, les infirmes, les faibles d’esprit, les incurables.  L’inaptitude au travail était   le critère déterminant.

L’opération se fit hors des hôpitaux psychiatriques, dans six centres spécialisés, dont des châteaux isolés, répartis sur tout le territoire. Les malades y étaient amenés dans des autobus gris aux vitres opaques   de la société d’Etat Gekrat. Ignorant leur destination, les familles recevaient plus tard un faire-part de décès pour cause d’épidémie et quelquefois une urne funéraire.

La majorité du corps médical était au courant comme l’a montré le procès des médecins qui s’est tenu à Nuremberg en 1948. Après avoir essayé les piqures de morphine ou scopolamine, l’administration du T4 jugea plus expéditif le recours au   monoxyde de carbone, suivi d’une crémation.

On estime que, pendant les deux années (août 1939-août 1941) où elle se déroula, l’opération fit environ 75 000 victimes. Mais l’élimination des malades mentaux ou enfants handicapés se poursuivit hors de l’opération T4, dépassant au total   les 100 000 victimes.

Le secret presque absolu dans lequel elle fut menée   fit que les réactions furent lentes. D’autant qu’en régime totalitaire, les   familles sont isolées les unes des autres et sous surveillance policière. Quand la chose filtra, des pasteurs protestants et de prêtres catholiques écrivirent à la Chancellerie. La protestation la plus spectaculaire fut celle de Mgr Clemens-August von Galen, évêque de Munster qui, à l’été 1941, saisit la justice et interpella avec véhémence le gouvernement du haut de sa chaire.  Que l’opération ait cessé peu après   est-il l’effet de cette interpellation ou cette phase de l’opération était-elle terminée ? Toujours est-il que l’évêque fit mis au secret et plusieurs de ses prêtres déportés.

Une autre raison de mettre fin à l’opération, était qu’à l’automne 1941, après l’invasion de la Russie, commençait l’élimination des juifs, d’abord par balle dans les terres occupées de l’Union soviétique puis, de manière plus « scientifique », dans des camps. L’Aktion T4 aura servi en quelque sorte à tester   cette méthode de massacre de masse, prévu lui aussi depuis longtemps. Le personnel qui avait été recruté pour éliminer les malades mentaux fut en partie transféré dans les camps d’extermination.

[1] Condamné à mort à Nuremberg , Bouler s’est suicidé en prison.

[2] Le philosophe a à plusieurs reprises recommandé l’élimination des tarés.

Prière pour le respect de la vie et de l’objection de conscience

Des religieuses amies (et directement concernées par la question de l’objection de conscience à l’euthanasie) nous prient de signaler ce triduum de prières pour le respect de la vie et de l’objection de conscience, à l’occasion de la deuxième lecture du texte sur l’euthanasie au sénat:

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Les maires peuvent s’engager pour le bien commun et redonner de l’espoir à leurs administrés

A l’occasion de la prochaine journée des Maires pour le Bien Commun (voir ici pour les détails), nous avons interrogé Eric Viaud, président de l’association (et maire de La Bussière, 86):

  • Que vous disent vos administrés dans la France d’aujourd’hui : qu’attendent-ils de leur maire ?   
    Pour la majorité d’entre eux, ils sont inquiets de la crise économique qui leur rend les fins de mois difficiles, avec l’augmentation des prix des biens de première nécessité : essence (surtout à la campagne où la voiture est nécessaire quotidiennement), alimentation. Ils sont également inquiets de l’insécurité et des incivilités grandissantes, pas seulement dans les grandes villes, mais même dans les petites villes ou les villages.  Ils attendent du maire qu’il les aide dans ces difficultés de la vie quotidienne, selon ses pouvoirs.
  • En quoi la politique locale vous semble-t-elle importante aujourd’hui ?  
    Nos administrés perdent confiance dans les autorités nationales, lointaines, qui semblent déconnectées des difficultés de la vie quotidienne des citoyens. La politique locale, dont les élus sont encore proches des citoyens, est essentielle pour redonner confiance dans une autorité politique à visage humain, proche des préoccupations réelles des gens. Elle permet également d’éviter les étiquettes politiques, souvent vues comme des postures politiciennes au service de calculs électoraux plutôt que du bien des citoyens. Nous devons et nous voulons montrer que les élus sont bien au service de la population.
  • Vous avez publié une charte de MBC pour les élus locaux : pourquoi ?  
    Dans les difficultés actuelles, nos administrés nous demandent de soutenir leur espoir en l’avenir de notre société. C’est pourquoi nous, maires, voulons contribuer à restaurer localement les biens et services qui sont de notre ressort. Forts de leur proximité avec la population, qui leur conserve sa confiance, les maires peuvent restaurer l’espoir en concentrant le nouveau mandat municipal 2026-2032 sur les grandes priorités mentionnées dans notre charte : exemplarité de l’autorité politique, soutien à l’économie locale, aux populations les plus vulnérables, à notre art de vivre, à l’initiative locale

Les sacres du Cardinal Slipyj et ceux de la FSSPX ou le jeu des 7 différences

Suite à l’article du père Joseph d’Avallon (capucin de Morgon), Ludwik précise sur Le Forum catholique :

Pas contradictoire ni décisif, me semble-t-il.

En tout cas, je l’espère, car le père Joseph m’avait gentiment fait passer son article en préparation avant publication et a bien voulu tenir compte des faits que j’ai pu porter à sa connaissance.

Mon post étant postérieur à ma lecture dudit article, j’espère bien que mon ajout sur le FC est complémentaire et non contradictoire avec l’article en question.

L’article du père Joseph est intéressant du point de vue historique ; l’interprétation qui en est tirée relève, elle, de la responsabilité de l’auteur.

Pour comprendre pourquoi l’article n’est pas décisif, il faut, comme je le proposais, jouer au jeu des sept différences.

Je vous les propose en accéléré.

Tout d’abord, quatre raisons pour lesquelles Joseph Slipyj pouvait revendiquer ce droit (sacrer sans permission explicite du pape) :

1) Il était cardinal et ne tombait donc pas sous le coup de la loi pénale de l’Église (c’est l’apport de l’article du père Joseph). Note 36.

2) Son prédécesseur avait ce droit, explicitement donné par saint Pie X et confirmé par ses successeurs. Droit justifié par la persécution de l’Église ukrainienne. La persécution se poursuivait, et Rome n’avait pas remis en cause ce privilège.(note 39)

3) Depuis l’Union de Brest (1596), tous ses prédécesseurs avaient ce droit (l’Union de Brest le mentionne), même si celui-ci a pu être malmené par l’histoire et par la Curie en particulier. (note 25).

4) Sa demande de reconnaissance du patriarcat était conforme au droit de l’Église et aux dispositions du concile Vatican II pour les Eglises orientales (note 20) et un patriarche d’une Eglise sui iuris a le droit de sacrer sans demander l’autorisation du pape. Ceci dit, il doit nécessairement informer le pape du sacre, condition logique pour l’intégration au corps épiscopal du nouveau consacré, par la tête de ce corps, c’est à dire le pape.

=> C’est sans doute l’argument le moins fort juridiquement pour Rome, mais le plus motivant pour les Ukrainiens.

Puis trois autres différences avec les sacres qu’effectuera Mgr Lefebvre :

5) Sacres en secret.

6) sacres uniquement pour l’Église clandestine, au cas où la succession apostolique s’interromprait en Union soviétique.

7) Aucune mission épiscopale confiée aux évêques jusqu’à leur reconnaissance par Rome.

J’ajoute un huitième point à ces 7 éléments et qui n’est pas le moindre même s’il est assez évident: l’absence de permission explicite (fût-ce parce que la permission n’est pas demandée) n’est pas un refus explicite.

Voici pourquoi un parallèle m’apparaît impossible.

Maintenant, venons-en à la motivation de ces sacres de 1977 :

==> Sacres en secret parce que ces évêques constituaient une réserve épiscopale pour un éventuel passage dans la clandestinité en URSS ? Ou secret pour éviter un refus en cas de demande officielle (Ostpolitik de Paul VI) ?

Probablement les deux. Le premier élément est certain. Le second, non (note 32).

C’est pour cela que vous trouverez dans l’article du père Joseph des notes qu’il faut impérativement lire. Que Paul VI et son Ostpolitik aient été insupportables pour Slipyj, c’est certain ; qu’il n’ait pas été au courant des sacres l’est moins.

Il faudra attendre l’ouverture des archives et leur publication.

_________________________________________________

Pour continuer sur l’article du père Joseph, je ne reprendrai qu’un seul élément de conclusion, qui relève donc d’une interprétation libre de l’auteur.

C’est le paragraphe où l’auteur imagine quelles ont pu être les circonstances atténuantes de Joseph Slipyj face à Rome.

Je passe sur le fait de présenter Joseph Slipyj comme partisan de la liberté religieuse, la note 43 détruisant, à mon sens, l’argument.

Je voulais seulement dire un mot sur l’idée selon laquelle Joseph Slipyj n’aurait pas rejoint le combat de Mgr Lefebvre pour la messe.

Et là, je trouve cela assez baroque.

Sa Béatitude était patriarche de l’Église ukrainienne. Il n’a jamais célébré de sa vie le rite latin. Il aurait été assez insensé de se révolter ouvertement contre une réforme liturgique qui ne concernait ni lui ni son Église.

C’était aux évêques latins de le faire, et aucun — sauf deux — ne l’a fait.

L’Église latine n’est pas l’Église universelle !

PS:

– la note 44 souligne qu’il fut horrifié par la messe normatrice.

– Le Salon beige a repris mon post précédent, avec ma permission. Mais mon post ne se veut pas contradictoire avec l’article du père Joseph mais complémentaire. Et il faut bien distinguer la partie des faits établis et celle de l’interprétation.

– Je m’arrête ici, j’espère que quelqu’un lira jusqu’au bout !

Ludwik

(Repris du post du Forum Catholique intitulé « Pas contradictoire et pas décisif » par Ludwik 2026-05-09 04 :25 :19)

Et si l’éthique permettait de mieux comprendre la personne, mieux prendre soin d’elle, mieux l’accompagner ?

L’Institut Karol Wojtyla annonce une nouvelle série sur le thème «Éthique et Écoute»

4 visio-conférences pour comprendre le rôle de l’éthique dans l’écoute.

S’INSCRIRE

Mais que vient faire l’éthique quand on parle d’écoute ? S’agit-il de porter un jugement moral sur la personne quand on l’écoute ? L’éthique ne risque-t-elle pas d’introduire du jugement là où l’écoute demande d’abord accueil, empathie et délicatesse ?

La personne écoutée est une personne en souffrance, souvent bloquée dans son chemin de vie. C’est là que l’éthique est éclairante, car elle est la connaissance objective du chemin de vie. Il ne s’agit pas de juger et de condamner la personne mais l’éthique donne une connaissance de la finalité du chemin et des moyens qu’a notre liberté de le parcourir. Elle éclaire les problèmes que la personne partage et permet de mieux entendre sa souffrance.

Quatre thèmes, une pédagogie originale

L’une des richesses de ces visioconférences est leur pédagogie concrète et vivante : partir de situations pratiques pour découvrir, de l’intérieur, comment l’éthique éclaire l’écoute et l’accompagnement.

Chaque séance entrera par une situation réelle, humaine, souvent familière, dans laquelle les grands repères de l’éthique apporteront une lumière :

  • Une personne en quête de sens,
  • Une personne paralysée dans ses choix,
  • Une personne mal assurée, fuyante.
  • Une personne débordée par ses émotions.

Ainsi, au fil des quatre rencontres, les participants pourront découvrir comment une réflexion juste et vraie sur la personne humaine rejoint très concrètement les défis de l’écoute et de l’accompagnement de la personne humaine. Autant de portes d’entrée pour goûter à la fécondité d’une éthique chrétienne capable d’éclairer les situations concrètes.

Pour qui ?

  • Pour tous ceux qui accompagnent, écoutent, soutiennent, forment, conseillent.
  • Pour ceux qui veulent mieux comprendre la personne humaine.
  • Pour ceux qui pressentent qu’une écoute vraie demande à la fois délicatesse, justesse et profondeur.
  • Pour ceux qui désirent découvrir, même pour la première fois, la richesse de l’éthique chrétienne.

Ces visios ne demandent pas d’être spécialiste. Elles invitent à entrer dans une intelligence plus unifiée de la personne, afin de mieux aimer, mieux écouter, mieux accompagner.

31 mai : Journée Nationale pour La Vie, une journée pour fêter les mères et accueillir la vie

Pourquoi cette journée dédiée à la maternité ?

Car il est urgent de promouvoir la grandeur de la maternité alors que notre société franchit un cap démographique sans précédent.

RAPPEL : Au 1er janvier 2026, la France franchit un cap démographique historique en entrant dans une phase de “décroissance naturelle”.

  • 645 000 bébés nés en 2025, c’est le niveau le plus bas depuis 1945.

  • Un taux de fécondité de 1,56 enfant par femme en 2025 (le seuil de renouvellement des générations est de 2,1).

  • Un solde naturel négatif en 2025 (651 000 décès vs 645 000 naissances), 1ère fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Des acteurs de la vie soutiennent cette journée 

L’association Choisir La Vie coordonne cette journée en lien avec 

– Les Petites Soeurs des Maternités Catholiques (Annoncer, célébrer et servir “l’Évangile de la vie” auprès des familles, notamment au
moment du désir, de l’attente et de l’accueil de l’enfant)
– La Vigne de Rachel (Oeuvre de consolation pour toute personne touchée par la perte d’enfants non-nés)
– Foyer El Paso (Foyer d’accueil et de soutien de femmes enceintes seules)
– La Maison de Rosalie (Maison d’accueil pour femmes enceintes seules)
– Veillées pour la Vie (Renouveler la culture de la vie à l’intérieur des communautés chrétiennes)
– Les Associations Familiales Catholiques (AFC) (Depuis 120 ans, la mission des AFC est de mettre la famille au coeur de la société)

 

Comment ? 

Chacun est invité à se mobiliser là où il vit :

  • En montrant la beauté de la maternité quelles que soient les situations : vidéo témoignage de 4 mamans.

  • En parlant des antennes d’écoute qui accompagnent les femmes dont la grossesse est difficile : SOS femmes enceintes 09 62 69 22 04 https://www.sosfemmesenceintes.fr/ Facebook  Instagram Ma fille est enceinte 09 62 69 22 04 https://www.mafilleestenceinte.fr/ Facebook 

  • En proposant des maisons d’accueil pour les mamans et leurs bébés
  • En quêtant pour ces maisons d’accueil
  • En organisant des expositions, des conférences, des veillées, des lâchers de ballons
  • En rédigeant des intentions de prières universelles

Commandez nos outils de communication sur journeepourlavie.fr 

Le mythe du «divorce enchanté»

Le Figaro démonte les histoires idylliques des divorces “qui se passent bien” :

[…] Ce que ces récits ne montrent jamais, c’est l’autre côté du miroir. Le sociologue Julien Damon, enseignant à l’École des Ponts et à Sciences Po, résume le phénomène d’une formule : «J’ai l’impression que tout cela relève du divorce enchanté». Une vision où la séparation deviendrait la solution à l’ennui conjugal, à la fatigue du quotidien, au désir de liberté. Mais les séparations se passent rarement ainsi. «Il y a souvent un divorcant et un divorcé.» Dans bien des cas, l’un est déjà parti intérieurement quand l’autre reçoit encore le choc.

Les vidéos sur les enfants ravis d’avoir «deux chambres, deux vies, et deux fois plus de cadeaux» oublient aussi une réalité plus banale : divorcer coûte cher. Pour avoir deux chambres, il faut pouvoir s’offrir un plus grand logement. «C’est une appréciation assez bourgeoise de ce qu’est la vie des gens», tranche le sociologue. Selon l’Insee, le niveau de vie médian baisse de 13% l’année de la séparation. Pour les femmes, la chute peut atteindre le double.

Ce que les enfants disent vraiment

Qu’en est-il des avantages revendiqués pour les enfants ? Les situations diffèrent selon les conflits, l’âge, les ressources, la qualité de la coparentalité. Mais selon Julien Damon, les études montrent en moyenne des fragilités accrues dans certaines trajectoires de séparation, notamment scolaires. «Il y a des gens qui rebondissent très bien. Et d’autres jamais.»

Catherine Tobin, auteure de L’Enfant du divorce (Odile Jacob), a choisi d’aller vérifier ce qu’en pensent les premiers concernés : les enfants de parents divorcés, devenus adultes. Dans les témoignages qu’elle a recueillis, plusieurs figures «types» reviennent.

Il y a d’abord l’ «enfant valise», celui qui passe son temps à faire et défaire ses affaires, d’un foyer à l’autre. Et puis il y a l’enfant qui s’adapte en silence, qui tait ce qu’il vit pour ne pas alourdir une situation déjà fragile. «Un enfant ne va pas dire à ses parents que ça ne va pas. Il ne va pas ajouter des problèmes aux problèmes. Il a un côté protecteur», observe-t-elle. Elle raconte le cas de ce garçon qui voulait faire du football, mais y a renoncé parce que la résidence alternée compliquait trop les matchs. Il a choisi la piscine : un sac, un maillot, moins de logistique.

Autre point aveugle : la manière dont certains adultes mettent leurs enfants en scène pour valider publiquement leur bonheur retrouvé. «C’est une façon inconséquente de placer l’enfant au milieu d’une situation qui ne concerne que les parents», dit-elle. Jamais, dans aucun témoignage, un enfant ne dira que le divorce de ses parents a été «réussi»«Associer ces deux mots, ça n’existe tout simplement pas.»Cela ne signifie pas que toute séparation soit néfaste. Catherine Tobin rappelle que certains divorces apaisent des climats de tension destructeurs. Mais elle invite à une vigilance simple : ne pas confondre l’adaptation des enfants avec leur assentiment, ni leur silence avec un soulagement.

Elle garde toutefois un peu d’espoir. Cette nouvelle génération de parents, celle qui a grandi au temps de la banalisation du divorce et en a vécu les conséquences de l’intérieur, regardera peut-être les promesses du «divorce effect» avec plus de recul.

France Travail, financé par vos cotisations, publie des offres pour recruter des imams

La République a fait la preuve de son incompatibilité avec la res publica

Lu dans Le Bien commun à propos de l’ouvrage de Jérôme Fehrenbach :

Vous pouvez commander ou vous abonner au Bien commun ici ou le retrouver chaque mois sur Le Club de la Presse.

Face aux situations bloquées, la prière : une neuvaine à sainte Rita

Certaines situations humaines semblent aujourd’hui sans issue.

Crises familiales durables, solitude, maladies, tensions sociales : beaucoup font l’expérience d’une forme d’impuissance.

La tradition chrétienne n’ignore pas ces réalités. Elle y répond d’abord par la prière.

À ce titre, la figure de sainte Rita demeure particulièrement actuelle. Épouse, mère, puis religieuse, elle a traversé des épreuves graves, sans céder ni au désespoir ni à la violence. C’est ce qui explique qu’elle soit invoquée depuis longtemps dans les situations les plus difficiles.

Une neuvaine lui est consacrée du 14 au 22 mai 2026, à l’occasion de sa fête.

Proposée en ligne par Hozana, elle permet à chacun de s’associer à une démarche de prière simple : quelques minutes par jour, à partir d’un contenu envoyé par email.

Ce type d’initiative manifeste aussi une réalité souvent ignorée : la persistance d’une vie spirituelle concrète, y compris dans un contexte largement sécularisé.

Il ne s’agit pas d’une démarche spectaculaire, mais d’un acte de foi élémentaire : demander à Dieu d’agir, là où les moyens humains atteignent leurs limites.

👉 Pour participer :
https://tinyurl.com/56ek97x2

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