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Sacrilège

Le diocèse de Coire a annoncé dans un communiqué du 17 avril avoir terminé son enquête sur un incident survenu lors d’une bénédiction des animaux qui s’est tenue le 4 octobre dernier à la paroisse du Bon Pasteur à Zurich.

« En raison des mauvaises prévisions météorologiques, la bénédiction a été déplacée à l’intérieur et combinée avec une célébration eucharistique. Au cours de cette célébration, trois personnes ont partagé une partie de leurs hosties avec leurs chiens ».

L’évêque diocésain Joseph Bonnemain avait ouvert une enquête.

« Les conclusions de l’enquête ont clairement démontré que les trois individus n’ont pas agi avec une intention sacrilège. Par conséquent, ils ne peuvent être accusés de sacrilège, puisqu’ils n’avaient pas cette intention. Ils n’ont donc pas encouru l’excommunication réservée au Siège apostolique comme sanction pour leurs actes ».

Le droit canonique stipule que

« Celui qui jette les espèces consacrées ou qui, dans un but sacrilège, les emporte ou les conserve, encourt une excommunication latae sententiae réservée au Siège apostolique. »

La question en litige, selon la déclaration du diocèse, est de savoir si une personne peut commettre un sacrilège contre l’Eucharistie sans le vouloir. Selon le commentaire canonique de la Canon Law Society of America :

« Le canon envisage trois situations délictuelles possibles : jeter irrespectueusement les espèces sacrées (généralement des hosties consacrées) ou les disperser dans un lieu inapproprié, les prendre intentionnellement du tabernacle à des fins sacrilèges (par exemple, un rituel satanique), ou les conserver à de telles fins obscènes alors qu’elles ont été obtenues légitimement (par exemple, lors d’une eucharistie). »

L’évêque de Coire a conclu qu’un délit, ou crime canonique, n’aurait pu avoir lieu sans intention sacrilège de la part des catholiques impliqués.

Le droit canonique établit que les catholiques qui enfreignent une loi ne peuvent être punis s’ils sont « sans faute, ignorant qu’ils ont violé la loi ou le précepte ». Cependant, « l’ignorance grossière, passive ou affectée » n’exclut pas la possibilité d’une punition.

Si ces catholiques ne sont pas coupables car ils ignoraient la gravité de leur acte, faut-il alors condamner les clercs qui les ont gardés dans cette ignorance ?

Le diocèse a qualifié l’incident de « profondément regrettable » et a déclaré que l’évêque avait organisé une retraite avec toute l’équipe paroissiale pour approfondir l’exhortation apostolique du pape François sur l’Eucharistie, Desiderio desideravi.

Selon le site web local SwissCath, un chapelet de réparation a été récité le 3 janvier dans l’église même où l’incident s’est produit. Ce chapelet, organisé à l’initiative de laïcs locaux, a rassemblé une quarantaine de participants.

Mgr Bonnemain, prêtre de l’Opus Dei nommé par le pape François en 2021 à la tête du diocèse de Coire, a été confronté à un certain nombre de controverses ces dernières années. Il a essuyé des critiques de la part des prêtres diocésains après avoir publié un code de conduite enjoignant au clergé d’éviter « les jugements négatifs généraux sur des comportements prétendument non bibliques fondés sur l’orientation sexuelle » et de s’abstenir de poser des « questions offensantes sur la vie intime et la situation amoureuse » ou sur « les mariages et divorces antérieurs ». Plus de 40 prêtres ont refusé de signer le document, arguant que les normes les empêcheraient d’enseigner la doctrine catholique sur la sexualité, d’assurer une préparation adéquate au mariage et à l’ordination, et de poser des questions appropriées à leur rôle dans la confession sacramentelle. Les prêtres ont également critiqué les normes qui les obligeaient à « reconnaître les droits sexuels comme des droits humains, en particulier le droit à l’autodétermination sexuelle ».

L’évêque a également essuyé une vague de critiques après avoir déclaré qu’il ne sanctionnerait pas les prêtres bénissant les unions civiles entre personnes de même sexe , et pour sa proposition (retirée par la suite) de donner un nouveau nom au mariage entre un homme et une femme, tel que « mariage biologique », afin de le distinguer des autres types d’unions.

Le diocèse de Coire lui-même a également fait l’objet de nombreux incidents. En août 2022, une responsable paroissiale a récité des prières aux côtés d’un prêtre pendant la liturgie eucharistique lors d’une messe, ce qui a incité Mgr Bonnemain à ouvrir une enquête canonique préliminaire et à signer une lettre épiscopale conjointe le 5 janvier dernier, appelant au respect des normes liturgiques.

Le pèlerinage et les préfectures

Le dernier numéro de l’Appel de Chartres s’est intéressé à la Direction des Soutiens du pèlerinage et notamment aux relations entre Notre-Dame de Chrétienté et les autorités préfectorales :

Notre pèlerinage emprunte près de 180 km de voies publiques, toutes colonnes confondues et organise plusieurs grands rassemblements (messes et bivouacs) de plusieurs milliers de pèlerins. Cet évènement requiert des déclarations en préfectures afin que les services de l’Etat s’assurent de la bonne prise en compte de la sécurité des pèlerins lors du déroulement nominal du pèlerinage ou en cas de crise. Mon rôle d’adjoint du directeur des soutiens consiste à assurer la coordination des pôles de la direction des soutiens dans l’élaboration de nos dossiers de sécurité adressés aux préfectures et à maintenir une relation appropriée avec les services de l’Etat, en préparation comme en conduite du pèlerinage, afin de faire face à tous les imprévus.

Qui sont vos principaux interlocuteurs au sein des services de l’État (préfecture, gendarmerie, police, pompiers) et comment perçoivent-ils la croissance constante du nombre de pèlerins ?

Ce sont les directeurs de cabinet des quatre préfectures qui centralisent l’action de l’Etat dans leur département respectif et coordonnent sa réponse aux besoins du pèlerinage. De nombreux contacts sont également pris avec les services de police et de gendarmerie en fonction des zones de responsabilité, urbaines ou rurales, de chaque entité. Enfin, les services départementaux d’incendie et de secours (BSPP à Paris) et la force militaire Sentinelle veillent à disposer d’ un ensemble d’information leur permettant de se familiariser en amont avec l’organisation complexe du pèlerinage. Nos interlocuteurs saluent généralement la qualité de l’organisation du pèlerinage. La planification des colonnes de pèlerins, l’organisation des grands rassemblements que sont les messes et les bivouacs témoignent d’ une expertise avérée de Notre Dame de Chrétienté mais aussi de la capacité de l’association à gérer la croissance du nombre de pèlerins en toute sécurité.

Avec les records d’inscriptions de ces dernières années, y-a-t-il des exigences spécifiques des autorités en matière de gestion de flux et de sécurité incendie sur les bivouacs ?

La règlementation applicable aux grands rassemblements s’applique à partir de 5000 participants. Le pèlerinage est donc concerné depuis longtemps ! Notre croissance en effectifs s’est accompagnée d’ une montée en compétence des pôles de la direction des soutiens, qui est force de proposition vis-à-vis des autorités pour assurer la sûreté (lutte contre les menaces intentionnelles telles que terrorisme, vol, agression…) et la sécurité (lutte contre les menaces non intentionnelles telles que les accidents, incendies) du pèlerinage. Ainsi, Notre Dame de Chrétienté est le premier opérateur privé en France à avoir mis en œuvre des moyens de vidéo-surveillance par drone permettant de jour comme de nuit d’identifier toute intrusion et tout départ de feu sur le bivouac. […]

Il est encore temps de rejoindre la direction des soutiens du pèlerinage en contactant [email protected]

Les dangers de l’occultisme

Véronique Jacquier reçoit :

  • 𝐀𝐛𝐛𝐞́ 𝐆𝐮𝐲-𝐄𝐦𝐦𝐚𝐧𝐮𝐞𝐥 𝐂𝐀𝐑𝐈𝐎𝐓, exorciste, recteur de la basilique d’Argenteuil et auteur de “La citadelle imprenable – Petite méthode pour résister à l’ennemi et obtenir la libération”
  • 𝐂𝐞𝐜𝐲𝐥𝐢𝐚 𝐑𝐀𝐍𝐂̧𝐎𝐍, journaliste et réalisatrice de documentaires
  • 𝐀𝐝𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐁𝐎𝐔𝐇𝐎𝐔𝐑𝐒, auteur de “Frédéric Lenoir, héritier, témoin et acteur de la diffusion d’un christianisme ésotérique”
  • 𝐀𝐠𝐧𝐞̀𝐬 𝐃𝐄𝐕𝐈𝐋𝐋𝐄𝐑𝐒

Les idéologues du genre font leur propagande au collège, à l’insu des parents

Une mère témoigne auprès de Boulevard Voltaire que sa fille, après avoir été scolarisée dans un collège-lycée brestois, a, depuis, coupé les ponts avec sa famille et décidé de subir une « torsoplastie » pour se faire mutiler la poitrine. Un geste chirurgical irréversible contre lequel sa mère ne peut plus rien, puisque sa fille « en transition de genre » a maintenant 18 ans.

Cette mère de famille adresse une lettre à Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, pour dénoncer « l’influence des projets pédagogiques militants » dans les établissements scolaires qui ont précipité sa fille dans « des choix qu’elle pourrait un jour regretter ». Et insiste sur « l’urgence d’une réflexion sur la prise en charge de la transidentité au sein de l’Éducation nationale », précisant à BV vouloir alerter d’autres parents afin qu’« ils sachent où inscrire leurs enfants à la rentrée prochaine et là où il ne faut pas les mettre ».

Tout a commencé en classe de cinquième, lorsqu’elle découvre « fortuitement » que sa fille, alors âgée d’à peine 13 ans, se fait appeler par l’école du prénom masculin « Arthur » et qu’elle a, par ailleurs, été orientée par l’infirmière scolaire vers le Planning familial « en vue d’une éventuelle prise en charge hormonale ». La mère de famille qui déclare « n’avoir à aucun moment été ni consultée ni informée » apprendra, par la suite, que l’établissement scolaire a mis en place, au cours de la scolarité de sa fille, « un projet de deux ans consistant en la création de vidéos sur la transidentité en partenariat avec l’association (militante) Parlons Trans ». Au programme : la série brestoise TOPIC « dédiée aux jeunes et aux transidentités avec plusieurs jeunes transgenres et cisgenres » en quatre épisodes pour apprendre à vivre sa transidentité, mieux la comprendre, accompagner la transition de son enfant et autres.

Pour Séverine Duminy, coordinatrice nationale du collectif Parents vigilants jointe par BV,

« cette affaire est bien une trahison de la confiance des familles. Elle est l’illustration tragique de ce que le réseau des Parents vigilants dénonce : l’intrusion de l’idéologie à l’école au détriment de l’autorité parentale. »

Une intrusion qui n’a fait que se renforcer, depuis la mise en place des programmes obligatoires Éducation à la Vie Affective et Relationnelle et à la Sexualité (EVARS), en septembre 2025. La responsable du collectif, qui recueille de nombreux témoignages de parents, l’atteste :

« Nous constatons une banalisation préoccupante du sujet du changement de sexe présenté comme un acte simple. »

À cet égard, la responsabilité de l’Éducation nationale dans ses choix de « ressources pédagogiques » en accompagnement des programmes EVARS interroge. Sur la plate-forme Eduscol du ministère est ainsi recommandé à des enfants de 7 ans l’ouvrage Les filles, les garçons et moi, aux Éditions Milan, dans lequel l’enfant peut lire :

« Tu n’as pas le choix de ton sexe biologique mais ce n’est pas parce que tu es née avec une vulve que tu te sens fille. Tu as aussi un genre. Le genre est un sentiment profond et fort, à l’intérieur de toi, d’être né une fille, un garçon ou les deux. »

Tandis qu’en classe de seconde, selon le livret d’accompagnement du programme et sous couvert de lutte contre les discriminations, les élèves sont invités à « prendre conscience que l’identité de genre peut ne pas correspondre au sexe biologique » (temps 4) à travers des témoignages vidéo d’acteurs et influenceurs qui tous témoignent dans le même sens et présentent leur réassignation sexuelle de manière idéalisée. Ainsi, une certaine Laura Badler, youtubeuse trans, explique s’être libérée de son mal-être de garçon aigri et mal dans sa peau en changeant de sexe. L’actrice trans américaine Laverne Cox, première trans à faire la couverture du Times, en évoquant sa tentative de suicide avant de transitionner, suggère implicitement aux jeunes que la transition résout les problèmes.

Fouad Abou Nader remercie les donateurs de Chrétienté-Solidarité

Communiqué de Chrétienté Solidarité :

Depuis 2 mois, grâce à la générosité de ses amis, Chrétienté-Solidarité a déjà envoyé 3 aides financières importantes pour soutenir les villages chrétiens du sud afin de leur procurer des produits de première nécessité.

A l’exception d’Alma-al-Shaab, tous les villages chrétiens de la zone de guerre ont tenu, malgré les ordres d’évacuation israéliens et les tentatives d’incursion du Hezbollah.

Ces Libanais donnent une formidable leçon de courage à leurs compatriotes en restant sur leur terre malgré les immenses risques de la guerre. Ils se font la preuve vivante du patriotisme libanais et de l’enracinement indéfectible des chrétiens sur la terre du Liban.

L’ONG Nawraj, notre partenaire libanais, coordonne parfaitement ce travail de soutien.

Fouad Abou Nader, son infatigable président, a tenu à saluer notre action et à remercier nos donateurs.

Nous poursuivons nos efforts en direction des écoles touchées par la guerre.

Rapport Alloncle et loi Falorni : la neutralité de l’information à l’épreuve de l’ultime frontière

L’attente du rapport de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, dont le sort se décide ce lundi 27 avril 2026, intervient dans un contexte de forte polarisation autour du projet de loi relatif à l’« aide active à mourir ». Au-delà du seul débat législatif, une question plus large s’impose : celle des conditions dans lesquelles une démocratie délibère aujourd’hui sur les sujets les plus sensibles. Et, en particulier, celle du rôle du service public audiovisuel dans cette délibération.

Un débat de société sous tension narrative

À la lumière des auditions parlementaires et des pistes soulevées par les travaux de la commission, un constat s’impose : sur le plan strictement quantitatif, le pluralisme des positions semble globalement respecté. Les temps de parole ne révèlent pas de déséquilibre manifeste entre partisans et opposants du texte.

Pourtant, réduire l’analyse à cet indicateur serait passer à côté de l’essentiel. Ce qui structure aujourd’hui la perception du débat public n’est pas seulement la répartition des opinions, mais la forme même sous laquelle elles sont exprimées.

Les témoignages individuels, souvent bouleversants, occupent une place centrale dans la médiatisation de la fin de vie. Leur force tient à leur évidence : ils donnent un visage à des situations de souffrance extrême, difficilement contestables dans leur humanité. Mais cette puissance narrative produit aussi un effet secondaire : elle tend à reléguer les autres registres de réflexion — médicaux, philosophiques, juridiques — au rang d’abstractions désincarnées.

Quand l’émotion structure le débat public

Il ne s’agit évidemment pas d’opposer froidement émotion et raison. Aucune délibération sur la fin de vie ne peut se passer de récits, ni ignorer ce que vivent les patients et leurs proches. Mais encore faut-il s’interroger sur l’effet de saturation émotionnelle que peut produire la mise en récit médiatique de la souffrance.

Dans ce cadre, une difficulté apparaît : comment maintenir un espace de réflexion réellement contradictoire lorsque le débat est d’abord structuré par l’identification empathique aux situations individuelles ? Autrement dit, comment délibérer lorsque l’émotion ne constitue plus seulement une composante du débat, mais son cadre dominant de réception ?

Une parole soignante en quête de place

Ce déséquilibre perçu ne concerne pas seulement les formats médiatiques. Plusieurs acteurs des soins palliatifs font état d’un sentiment de marginalisation dans l’espace public. Leur parole, centrée sur l’accompagnement, la complexité du soin et la temporalité de la fin de vie, serait trop souvent reléguée à une fonction technique, voire défensive.

Or, la question de la fin de vie ne se réduit pas à l’opposition entre deux positions idéologiques. Elle engage au contraire deux rationalités distinctes, toutes deux légitimes mais parfois difficiles à articuler : d’un côté, une logique d’autonomie individuelle, centrée sur la maîtrise de sa propre fin ; de l’autre, une éthique du soin fondée sur la protection des personnes vulnérables et l’accompagnement jusqu’au terme naturel de la vie.

Informer autrement que raconter

Dans une démocratie pluraliste, le service public de l’information ne peut se limiter à refléter les opinions existantes. Il a aussi pour responsabilité de structurer les conditions du débat, en rendant visibles les différentes dimensions d’un même enjeu.

Sur la fin de vie, cela implique au moins trois exigences simples mais souvent mises à l’épreuve :
• Ne pas réduire la discussion à une opposition entre autonomie et compassion, mais interroger leur articulation ;
• Distinguer clairement le soulagement de la souffrance de l’acte de donner la mort, distinction souvent brouillée dans les représentations publiques ;
• Intégrer pleinement la parole des soignants, y compris lorsqu’elle exprime des réserves ou des tensions éthiques.

Un enjeu démocratique plus large

La question posée dépasse donc largement le seul champ audiovisuel. Elle concerne la manière dont nos sociétés organisent aujourd’hui la confrontation des points de vue sur les sujets fondamentaux.

Le pluralisme ne se mesure pas uniquement à la diversité des opinions exprimées, mais aussi à la diversité des formes de rationalité reconnues comme légitimes dans l’espace public. À cet égard, le risque n’est pas tant l’absence de débat que sa réduction progressive à une dramaturgie de l’émotion, où l’argumentation cède le pas à l’identification.

Préserver un débat démocratique exige alors autre chose qu’un simple équilibre des temps de parole : cela suppose de maintenir les conditions d’une véritable mise en discussion des arguments, dans toute leur complexité, même lorsqu’ils résistent à l’évidence immédiate du récit. C’est à cette condition seulement que l’audiovisuel public pourra être ce qu’il prétend être : non pas un miroir de l’opinion, mais un espace de formation du jugement.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Les sacres vus du terrain

Chers amis, chers lecteurs,

On peut dire que, sur ce blog, la bataille des sacres fait rage. Les différents instituts y vont de leurs arguments, et se faire une opinion n’est peut-être pas chose évidente loin s’en faut. Aussi je ne résiste pas à l’envie de mettre mon grain de sel et d’expliquer quel peut être le point de vue d’un simple fidèle (de la FSSPX, n’avançons pas masqués, n’est-ce pas ?).

L’abbé Spriet, dans l’un de ses articles parus récemment sur ce même blog résume bien la situation : La FSSPX déclare qu’il y a un état de nécessité, c’est son seul (ou ultime argument) et décide pour cela de sacrer des évêques sans l’autorisation du pape. Les autorités romaines étant défaillantes il convient d’y suppléer, et le moyen utilisé est ici le sacre d’évêques.
A cet état de fait certains disent :

• Il y a un état de nécessité mais ce n’est pas une raison pour « désobéir » au pape.

• Il n’y a pas d’état de nécessité, l’Eglise a toujours connu des crises et il est néfaste de s’en « séparer » pour vouloir la sauver. D’ailleurs les instituts Ecclesia Dei œuvrent de l’intérieur et parviennent à leurs fins sans avoir à se « séparer » de Rome.

Alors n’étant ni juriste ni théologien, en aucun cas je ne rentrerai dans des considérations techniques. Voilà simplement ce que peut constater un simple fidèle (et à l’instar de l’abbé Spriet je ne parlerai que pour la France, situation que nous connaissons le mieux) :

L’état de nécessité est pour nous simples fidèles, une réalité très tangible pour les raisons ci-dessous :

a. Sans affirmer un lien de dépendance systématique, on peut raisonnablement penser que l’existence et le maintien des instituts Ecclesia Dei tiennent par l’équilibre créé par la FSSPX. Autrement dit ces mêmes instituts verraient inévitablement leur influence réduite à peu de chose si la FSSPX n’exerçait pas un rôle de contrepoids indispensable. Et les sacres version 1 et 2 sont la condition de cet équilibre.

Dès lors comment ne pas privilégier une œuvre appelée à durer dans le temps par rapport à d’autres dont la situation est précaire et dépend du bon vouloir de l’évêque du lieu dont on connaît bien souvent l’hostilité ?

b. Les instituts Ecclésia Dei œuvrent de « l’intérieur » certes ! mais il se pourrait très bien que dans un mois ils aient été sommés de quitter leur paroisse. Leur stabilité est douteuse et dépend de décisions locales parfois bien arbitraires.

En effet nous avons pu voir à plusieurs reprises la FSSP se faire remercier manu militari et ipso facto de certains diocèses (Quimper, Dijon, Grenoble, Versailles et j’en passe…). Alors qu’on m’explique comment je peux bénéficier des sacrements et de la doctrine traditionnelle avec un institut qui pourrait très bien ne plus être là dans une semaine, en fonction du caprice d’un évêque ? (Et qu’on ne me dise pas « mais il faut faire confiance à la Providence » ça ne marchera pas !).

En effet on reste songeur quand on voit des fidèles de la FSSP finir avec une banderole devant leur église fermée sur laquelle est inscrite « nous ne sommes pas des Catholiques de seconde zone ».

Je n’ai aucune envie de m’entendre dire par mon évêque que « la seule chose qui compte c’est l’obéissance ». Autrement dit, pas de panique, arrêtez de réfléchir, on pense pour vous ! Malheureusement pour eux, mon cerveau n’a pas encore besoin d’une prothèse intellectuelle, et je veux ma messe tradi le dimanche sans devoir me justifier ni craindre jour après jour l’humeur changeante de mon évêque.

On reste dubitatif lorsque ces mêmes fidèles se voient interdire de manière purement arbitraire la tenue d’un pèlerinage entre Vienne et Fourvière.

Les exemples sont nombreux et illustrent trop bien la dépendance de ces instituts face à des pasteurs souvent très hostiles.

c. Certains disent encore qu’il y a de bons évêques. En effet il en existe, mais il faut vraiment les trouver.

Par ailleurs on sait parfois ce qu’il advient des bons évêques. On se rappelle tous de Mgr Rey, évêque de Frejus-Toulon à qui l’on a refusé d’ordonner des prêtres jugés trop tradis pour des raisons plus que douteuses.

Il s’est fait remercier par la suite purement et simplement.

Alors pareil, comment être en confiance avec des autorités aussi distantes, ou tout ce qui ne fonctionne pas dans le sens qu’il souhaite est immédiatement étouffé ?

d. Comment expliquer que lorsqu’un évêque de la FSSPX se déplace pour confirmer des enfants dans une de leurs paroisses, une bonne partie des candidats soient des fidèles de la FSSP ?
Si l’évêque est un bon évêque, ou s’il faut lutter de l’intérieur, ou encore s’il faut obéir quoi qu’il arrive… Pourquoi venir chez nous ? Justement parque dans ce cas précis l’évêque du lieu n’effectue pas son travail et il est normal que l’évêque de la FSSPX (sacré illégalement !?) vienne pallier cette défaillance.

Les exemples ci-dessus ne sont pas des théories ni des concepts sur l’état de nécessité mais des réalités bien vécues par les fidèles. Là, on ne parle pas d’ecclésiologie ou de droit canonique on parle d’avoir un simple accès aux sacrements pour sauver son âme. Force est de constater qu’il est laissé à la discrétion des évêques. Cette situation est inacceptable.

Alors je n’ai pas la prétention de mettre tout le monde d’accord sur un sujet aussi pointu, néanmoins il faut retenir ceci : marié et père de quatre enfants je reste pragmatique. Mon objectif est de transmettre à ma famille une doctrine sûre et des sacrements accessibles.

L’état intérieur de l’Eglise est actuellement beaucoup trop instable, les autorités trop incertaines et les garanties trop faibles pour que je puisse y aller sereinement.

Si je suis fidèle de la FSSPX c’est parce que j’ai la certitude absolue :

  • Que leurs sacrements sont valides.
  • Que leur doctrine est sûre
  • Qu’ils seront là dimanche prochain pour célébrer la messe traditionnelle (ce qui n’est pas le cas des autres instituts).
  • Et accessoirement que leur liberté de parole permet de dire la vérité mais également de dénoncer les erreurs.

Ces quatre critères-là je ne les retrouve pas ailleurs.

Par ailleurs :

  • Le simple fidèle que je suis ne va pas s’embarrasser d’un étroit juridisme qui semble ne plus correspondre à la situation. En effet si ma maison brûle je ne me soucie pas de savoir si mon extincteur est bien aux normes NF EN 2 et NF EN 2/A1 du code de production de l’Union Européenne. Je prends les moyens à disposition et j’essaie d’éteindre le feu.
  • On nous annonce depuis 40 ans que ces sacres illégaux vont causer « tôt ou tard » (c’est le mot de l’abbé Spriet) un véritable schisme ou une dérive. Force est de constater qu’il n’en est rien. En revanche ça fait bien plus que 40 ans que l’Eglise compte parmi ses membres officiels de véritables hérétiques et de véritables schismatiques sans que ceux-là soient inquiétés le moins du monde.
  • Enfin, si je puis me permettre de lancer une pique à ces instituts Ecclésia Dei, je dirais qu’ils sont bien prompts à tacler la FSSPX pour ces histoires de sacres mais on aimerait bien les entendre un peu plus pour condamner les erreurs et les hérésies qui s’accumulent jour après jour au sein de l’Eglise officielle. Leur silence est parfois assourdissant !
    Mais de fait, le peuvent-ils vraiment ? A mon sens, non, ou difficilement, leur situation dépendant du bon vouloir de celui qu’ils voudraient peut-être « corriger » …

Moralité, entre s’en tenir à une lecture purement juridique de la situation ou regarder en face la réalité difficile du terrain, il y a un choix à faire. A chacun de se déterminer !
Amitiés !

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Les ordinations épiscopales de la FSSPX : un acte schismatique ?

Cinquième article de l’abbé Spriet. Le précédent est ici.

Pie XII a enseigné clairement dans son encyclique Mystici Corporis :

“Pierre, par la vertu du primat, n’est que le Vicaire du Christ, et il n’y a par conséquent qu’une seule Tête principale de ce Corps, à savoir le Christ ; c’est lui qui sans cesser de gouverner mystérieusement l’Eglise par lui-même, la dirige pourtant visiblement par celui qui tient sa place sur terre, car depuis sa glorieuse Ascension dans le ciel, elle ne repose plus seulement sur lui, mais aussi sur Pierre comme sur un fondement visible pour tous. Que le Christ et son Vicaire ne forment ensemble qu’une seule Tête, Notre immortel Prédécesseur, Boniface VIII, l’a officiellement enseigné dans sa Lettre apostolique Unam sanctam et ses successeurs n’ont jamais cessé de le répéter après lui. Ceux-là se trompent donc dangereusement qui croient pouvoir s’attacher au Christ Tête de l’Eglise sans adhérer fidèlement à son Vicaire sur la terre. Car en supprimant ce Chef visible et en brisant les liens lumineux de l’unité, ils obscurcissent et déforment le Corps mystique du Rédempteur au point qu’il ne puisse plus être reconnu ni trouvé par les hommes en quête du port du salut éternel  

Les ordinations épiscopales annoncées par la FSSPX posent des questions d’ordre canonique c’est-à-dire relatives aux lois qui régissent la société visible qu’est l’Eglise catholique fondée sur Pierre. Dans l’Eglise, les fidèles ont des droits et des devoirs. L’anarchie ne doit pas y régner.

Les responsables de la FSSPX nous expliquent qu’ils ne veulent pas ordonner des évêques ayant une juridiction (un pouvoir de gouvernement)Mais qui va donner une mission aux évêques qui seront peut-être ordonnés sans mandat pontifical le 1er juillet prochain ? La FSSPX ? Le supérieur général de la FSSPX ? Mais qui a donné un pouvoir de gouvernement à ces supérieurs ? N’ont-ils pas une hiérarchie parallèle et indépendante de celle de l’Eglise fondée sur le successeur de Pierre ? Qui enverra ces évêques en mission en vertu de quel pouvoir ? Mgr Valdrini, doyen de la Faculté de droit canonique de l’Institut catholique de Paris disait : “ ce n’est pas le sacre d’un évêque qui créé le schisme (…) c’est le fait de conférer ensuite à ces évêques une mission apostolique. Car cette usurpation des pouvoirs du Souverain Pontife prouve qu’on constitue ainsi une église parallèle” (cité dans Fideliter, n° 83 septembre-octobre 1991 p 13). Nous voyons bien que l’argument de la FSSPX d’ordonner des évêques sans juridiction ne tient pas.

Malheureusement les supérieurs de la FSSPX annoncent qu’ils sont prêts à désobéirde facto et non en théorie, au pape (jusqu’à preuve du contraire) et enfreindre des lois de l’Eglise (en particulier des lois relatives au chapitre 3 de la Constitution Pastor aeternus de Vatican I) (cf. note 1). Cela s’appelle commettre un délit. 

Un délit est “la violation extérieure et moralement imputable d’une loi à laquelle est attachée une sanction canonique au moins indéterminée” mais souvent déterminée (ou précisée) par l’autorité ecclésiale dans son droit (cf. CIC 83 / canon 2195). 

Dans l’Eglise catholique, tous les péchés graves ne sont pas des délits, mais tous les délits sont des péchés graves. 

Un antécédent historique qui éclaire la problématique des ordinations du 1er juillet prochain 

A la suite des ordinations à Ecône le 30 juin 1988, Saint Jean-Paul a publié un texte qui garde toute sa valeur théologiqu

“En lui-même, cet acte a été une désobéissance au Souverain Pontife en une matière très grave et d’une importance capitale pour l’unité de l’Eglise, puisqu’il s’agit de l’ordination d’évêques par laquelle se perpétue sacramentellement la succession apostolique. C’est pourquoi une telle désobéissance, qui constitue en elle-même un véritable refus de la primauté de l’évêque de Rome, constitue un acte schismatique (Lettre apostolique Ecclesia Dei adflicta). 

Il ne s’agissait pas de dire que tous les disciples de Mgr Lefebvre étaient automatiquement excommuniés parce que schismatiques. Mais il s’agissait de qualifier la nature de l’acte posé et de préciser sa gravité objective.  

Je ne mets nullement en doute l’intention de Mgr Lefebvre en 1988 : le for interne relève du Seigneur. Mais il s’agit de voir les choses objectivement. 

Si Mgr Fellay et Mgr de Galarreta procèdent à des ordinations épiscopales sans mandat pontifical le 1er juillet prochain (et même contre la volonté explicite du pape) : ils feront un acte schismatique et ils seront excommuniés en même temps que les évêques qu’ils auront ordonnés validement mais illicitement. 

Le fait de ne vouloir ordonner que des évêques sans juridiction ne change rien à la loi de l’Eglise. La bonne intention ne changera rien non plus au délit et donc à la sanction (la FSSPX veut sacrer des évêques pour le salut des âmes dans un contexte, jugé unilatéralement et subjectivement, comme étant de grave nécessité) : la peine d’excommunication sera latae sententiae (cf. note 2) c’est-à-dire automatique. 

Canon 1314 “Ordinairement la peine est ferendæ sententiæ, de telle sorte qu’elle n’atteint pas le coupable tant qu’elle n’a pas été infligée ; mais elle est latæ sententiæ, si la loi ou le précepte l’établit expressément, de telle sorte qu’elle est encourue par le fait même de la commission du délit”. 

Peut-être que la peine d’excommunication sera aussi officiellement déclarée après les ordinations, comme elle le fut en 1988. 

Pour que la peine soit encourue et produise son effet, il faut que l’auteur du délit ait commis celui-ci matériellement, mais aussi volontairement, librement, en connaissance de cause et en sachant, avant de poser l’acte, qu’une telle sanction pénale automatique était attachée à ce délit (cf. CIC 83 / canons 1321 et 1323; cf note 3).

Ce sera le cas objectivement. 

Un problème de cohérence 

Après les ordinations épiscopales de 1988 les membres de la FSSPX ont expliqué que Mgr Lefebvre, Mgr de Castro Mayer, et les quatre prêtres ordonnés évêques n’étaient pas excommuniés. Pourtant, par une lettre du 15 décembre 2008 adressée au cardinal Dario Castrillon Hoyos, Mgr Bernard Fellay sollicitait la levée de l’excommunication latae sententiae déclarée en 1988. Comment comprendre cette demande de la FSSPX ? N’était-ce pas un aveu a posteriori ?

De facto, cette excommunication a été levée le 21 janvier 2009 sur mandat pontifical par le cardinal Ré, préfet de la congrégation pour les évêques. Ce décret précise que Mgr Fellay sollicitait de nouveau la levée de l’excommunication latae sententiae” (sic) : ce n’était donc pas la première demande de la part de la FSSPX qui considérait donc bien, de façon réitérée, que ses évêques étaient excommuniés.  

Est-ce que cette levée réglait toute la question canonique de la FSSPX ?  Non. Dans une note de la Secrétairerie d’Etat relative aux quatre évêques de la FSSPX du 4 février 2009, il était précisé : 

La levée de l’excommunication a libéré les quatre évêques d’une peine canonique très grave, mais n’a rien changé à la situation juridique de la Fraternité Saint-Pie X qui, à l’heure actuelle, ne jouit d’aucune reconnaissance canonique de la part de l’Église catholique. Les quatre évêques eux-mêmes, bien que déliés de l’excommunication, n’ont pas une fonction canonique dans l’Église et n’exercent pas un ministère licite en son sein”.  

Nous en sommes encore là aujourd’hui avant le 1er juillet prochain. 

Il faut, en outre, se rappeler que la quasi-totalité ou la totalité des prêtres de la FSSPX (ordonnés après 1976) sont susceptibles d’avoir encouru la suspense latae sententiae pour avoir reçu l’ordination illicite sans lettres dimissoriales d’un évêque ou d’un autre ordinaire légitime (cf. canon 1388). 

Oui vraiment, quel gâchis !

(2) : Littéralement : “la sentence a déjà été portée” par l’autorité ecclésiale dans la promulgation de la loi. 

(3) : Considérations canoniques sur deux affaires médiatisées de censures ecclésiastiques : les évêques lefebvristes et l’avortement de Recife, Père Philippe Toxé op, L’année canonique, n°51, 2009, pages 195-218.

9e Marche pour la vie à Lyon

Quelques images de la manifestation d’hier dans le centre de la ville de Lyon, de la place Louis-Pradel pour rejoindre Palais de Justice des 24 colonnes en passant par les quais du Rhône et la place Bellecour :

Mauvaise foi républicaine ?

Chronique de Gérard Leclerc dans France catholique :

Le Journal du Dimanche du 5 avril publie une intéressante confrontation de notre ancien ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, et de l’évêque de Nanterre, Mgr Matthieu Rougé, à propos de notre héritage civilisateur. Le premier vient de publier un essai intitulé Civilisation française, dont la thématique s’impose d’autant plus que nous sommes en butte à ce que le sociologue Norbert Elias appelait « des phénomènes de décivilisation », et donc de dissociation de ce qui permettait l’évolution harmonieuse de notre société.

Une rupture profonde

Forcément, au cours d’une telle discussion, se détache la question de la déchristianisation, de son ampleur, ainsi que des signes de réémergence qui attestent une continuité profonde : « La France est plus chrétienne qu’elle ne le sait », affirme Mgr Rougé.

Mais puisque la civilisation française se rapporte à une histoire qui n’est pas forcément linéaire, il n’est pas possible d’ignorer la Révolution de 1789 qui s’inscrit comme une rupture profonde. Jean-Michel Blanquer voudrait pourtant limiter son ampleur : « Je n’ai jamais opposé le christianisme et la République car j’ai trop conscience du caractère enchevêtré de ces deux histoires. » Et de se réclamer du juriste Maurice Hauriou, catholique et républicain « qui suppliait à 18 ans son évêque que l’Église reconnaisse la République ».

Il est vrai que l’ancien ministre donne à ce concept de République un contenu de générosité qui semble consonner avec l’esprit du christianisme. Mais n’est-ce pas au prix d’un sérieux oubli de la charge antichrétienne de la Révolution et de l’offensive d’une IIIe République acharnée dans son combat contre les Congrégations religieuses. De ce point de vue, son recours à Péguy apparaît d’autant plus paradoxal que le gérant des Cahiers de la quinzaine s’est opposé de toutes ses forces à ce qu’il appelait « la dictature combiste » et même à la loi de séparation de 1905 qu’il accusait d’être au service d’une métaphysique, dissimulée ou ouvertement exhibée.

Les hommes de la IIIe République avaient beau se prévaloir d’une liberté de conscience qu’ils opposaient aux contraintes dogmatiques, ils n’en étaient pas moins imprégnés des idéologies saint-simonienne et positiviste, quand ils n’étaient pas adeptes de cette contre-Église qu’était la franc-maçonnerie.

Un retour en arrière ?

Nous sommes très loin d’être sortis des querelles autour de la vraie nature de la Révolution française. François Furet s’était mis au travers de toute une historiographie classique, celle de l’université, en montrant la logique totalitaire d’un mouvement qui ne consistait pas seulement dans un changement institutionnel mais dans une régénération de l’espèce. On assiste aujourd’hui à un retour en arrière, notamment avec une extrême gauche qui n’hésite pas à se réclamer de Robespierre. Mgr Matthieu Rougé peut, dans le même sens, rappeler les propos de ce prédécesseur de Jean-Michel Blanquer, Vincent Peillon, qui allait jusqu’à écrire : « La Révolution française a échoué, car elle n’a pas réussi à éradiquer le catholicisme, religion intrinsèquement incompatible avec la liberté. » Même s’il y a quelque chose d’assez drôle dans cette affirmation si l’on songe au régime de Terreur imposé par la Révolution, elle a au moins le mérite d’imposer à nouveau un sérieux examen de notre héritage.

Valenciennes (59) : saccage de l’église Saint-Géry

L’église Saint-Géry de Valenciennes a été vandalisée ce dimanche 26 avril après-midi. Plusieurs éléments ont été endommagés, parmi lesquels une station du chemin de croix, une statue intitulée « Le Silence », des compositions florales, du mobilier ainsi que des cierges.

Alertés, les services de police sont rapidement intervenus sur place. Un homme a été interpellé et pris en charge par les forces de l’ordre.

Grâce à la mobilisation de plusieurs paroissiens, les lieux ont été réorganisés dans des délais rapides, permettant le maintien de la messe prévue de 18h30.

Déjà le 22 mars, trois jeunes s’étaient introduits dans l’église Saint-Géry, où ils avaient vidé un extincteur.

19ème année de la mission Rosa Mystica aux Philippines

Lettre aux amis de l’association Rosa Mystica :

Il y a un peu plus d’un mois, plus d’une quarantaine de volontaires se sont réunis aux Philippines pour la mission médicale annuelle Rosa Mystica.

Venus de plus de 10 pays différents (France, Suisse, Italie, Irlande, USA, Brésil, Belgique, Chine, Croatie, Australie, Philippines), ils ont aidé les populations les plus pauvres des Philippines. Comme les 3 dernières années, nous sommes allés dans la province de Sarangani, sur l’île de Mindanao, dans 6 villages différents.

Nous avons eu la chance de pouvoir compter sur la présence de 8 médecins aux spécialités variées : pédiatrie, médecine générale, rhumatologie, médecine d’urgence, ORL, psychiatrie. La présence d’un radiologue américain a permis de réaliser près de 200 échographies. Ce fut une aide immense pour exclure ou diagnostiquer un grand nombre de pathologies.

En 6 jours de travail, nous avons pu aider 2275 patients dont presque un millier d’adultes et plus de 500 enfants. Notre opticienne Alexandra a eu la joie d’être aidée par une ophtalmologue de Manille, la Dr Araneta et une nouvelle recrue opticienne Claire-Marie. Environ 290 patients ont pu donc « retrouver la vue » grâce à leur travail et aux lunettes récoltées en France.

Notre mission médicale prend tout son sens grâce au soin des âmes qui s’effectue en parallèle du soin de corps. Nos deux prêtres, Fr Tim Pfeiffer et Fr Yvon Fillebeen ont œuvré sans relâche pendant la semaine, distribuant des centaines de médailles miraculeuses et imposant tout autant de scapulaires. Aidés par les volontaires philippins de la légion de Marie, ils ont pu apporter un grand soutien spirituel à ces populations et aux volontaires.

La mission médicale 2026 aura été perturbée par le début de la guerre dans les pays du Golfe. Une volontaire est restée bloquée 4 jours à Dubai avant de rentrer saine et sauve chez elle. Grâce à Dieu, malgré des changements de vol de dernière minute, tout le monde a pu retrouver son pays, en sécurité.

 

Chrétienté-Solidarité au Liban

Chrétienté-Solidarité est au Liban depuis quelques jours, avec pour objectifs d’apporter un soutien aux villages chrétiens du sud, coordonner des actions avec les ONG Nawraj de Fouad Abou Nader et assurer le suivi des parrainages scolaires dans tout le pays.

Yann Baly fera des points réguliers de ce travail :

Vers l’euthanasie de la proposition de loi sur l’euthanasie en Angleterre ?

La proposition de loi sur l’euthanasie en Angleterre et au Pays de Galles a dû être abandonnée samedi matin au bout de 14 jours d’examen à la Chambre des lords, où avaient été déposés 1.200 amendements.

Mais ce n’est que partie remise. Le texte, adopté par les députés le 20 juin 2025, sera présenté de nouveau lors de la prochaine session parlementaire, qui débutera le 13 mai. Or si un projet de loi est adopté une deuxième fois en termes identiques par la Chambre des communes, la Chambre des lords ne peut s’opposer à son adoption. Il pourrait alors entrer en vigueur à la fin de cette deuxième session.

Kenya : « l’avortement n’est pas un droit fondamental garanti par la Constitution »

Lu sur le blog d’Yves Daoudal :

En 2019, au Kenya, un médecin avait provoqué un avortement chez une jeune fille de 16 ans qui alléguait des douleurs et des saignements. Le médecin et la jeune fille avaient été inculpés, conformément à la loi. En mars 2022, un tribunal avait annulé les inculpations et avait même qualifié l’accès à l’avortement de « droit fondamental ».

La cour d’appel de Malindi vient d’annuler ce jugement, rappelant que « l’avortement n’est pas un droit fondamental garanti par la Constitution » mais que, « au contraire, la Constitution l’interdit expressément », tout en prévoyant « des exceptions, dans des circonstances limitées, où il peut être autorisé ». De ce fait « les droits constitutionnels ne sauraient, en eux-mêmes, faire obstacle à une enquête appropriée, à l’inculpation et à la poursuite des infractions alléguées en cause ».

Arnaud Montebourg donne le tournis au quotidien Le Monde

En 2021, Le Monde aimait beaucoup la reconversion de Arnaud Montebourg qui défendait la France.

En 2026, Le Monde n’aime pas du tout la reconversion de Arnaud Montebourg qui défend la France, mais allié à Pierre-Edouard Stérin :

Arnaud Montebourg, associé à Pierre-Edouard Stérin, fâché avec la social-démocratie

L’ancien ministre de l’économie est proche depuis des années de l’entrepreneur radical, prêt à payer chèrement son entregent et son image de « souverainiste de gauche ». Sévère sur son ancienne famille politique, il se défend toutefois d’avoir basculé à l’extrême droite.

Où habite Arnaud Montebourg ? François Hollande s’est posé la question, quelques jours après le passage de son ex-ministre dans l’émission de Léa Salamé sur France 2, « Quelle époque ! » du 11 avril. Vague à l’âme, cet « orphelin » de la politique déplore que « la gauche [soit] passée à côté de la nation, de la frontière ». Et s’il la franchissait, la frontière, celle de l’extrême droite ? L’ancien président en a disserté avec le député de l’Eure Philippe Brun, l’un des derniers socialistes encore proches du Bourguignon.

Un autre homme a regardé l’émission avec attention : le nouveau conseiller spécial de Jordan Bardella, François Durvye. Un ami de Montebourg qui l’a longtemps imaginé comme un partenaire au sein d’une « alliance des souverainistes », sans succès jusqu’à présent. Dans la séquence du « Photocall », consistant à interroger des personnalités, Arnaud Montebourg interpelle Marine Le Pen en des termes presque bienveillants : « J’ai envie de lui demander le programme. »

Les prises de position d’Arnaud Montebourg, désormais présentateur d’une émission sur BFM-TV, soulèvent des questions à gauche autant qu’elles réjouissent ses « nouveaux amis de la droite » – l’expression est de lui. Depuis sa proposition, inspirée par Eric Zemmour, de bloquer les transferts d’argent privés vers les pays qui ne rapatrient pas leurs ressortissants en 2022, il a signé une tribune en avril 2024, appelant à un référendum sur l’Europe, aux côtés de Nicolas Dupont-Aignan et du conseiller du Rassemblement national (RN) Jérôme Sainte-Marie.

Un événement dans le monde religieux ! Réédition des missels traditionnels des abbé Guilhaim et Sutyn

L’édition ou la réédition d’un missel est toujours un événement important. C’est le baromètre certain d’une ferveur, d’une vitalité de la pratique religieuse, de conversions et d’un rayonnement toujours plus important de l’apostolat.

Les éditions DFT nous offre très belle édition en plein cuir, (plusieurs coloris), tout en rééditant à l’identique, l’édition plus simple du Missel Rituel et Vespéral des abbés Guilhaim et Sutyn, avec tranchefile, trois signets, tranche dorée, coins ronds, titre or : missel selon le rite traditionnel (imprimatur 1957, liturgie 1962) ; le « Grand Missel Rituel et Vespéral » édité à l’origine par les Ets Proost à Turnhout en Belgique et composé par l’Abbé A. Guilhaim et H. Sutyn. La dernière édition, 2011, était totalement épuisée.

Ce Missel contient vraiment tout ce que l’on peut attendre d’un Missel quotidien complet :

– Ordinaire de la Messe en deux couleurs avec explications, le Propre du Temps (Temporal) et le Propre des Saints (Sanctoral) pour tous les jours de l’année liturgique, avec tous les textes liturgiques (Introït, Collecte, Épître, Graduel, Alléluia, Évangile, Offertoire, Secrète, Communion, Post-Communion) en latin et en français (bonnes traductions d’après la Vulgate et avec vouvoiement) et avec une notice assez complète pour chaque jour (y compris tous les jours de carême).

– Avec également : les grandes prières du chrétien (matin et soir, Actes…), Litanies et dévotions diverses, Chants pour les Saluts, Vêpres (avec le Propre du Temps : antiennes et hymnes), Complies, Chemin de Croix, Psautier (85 psaumes pour la pénitence, la communion, etc)… Les Matines et les Laudes de Noël, des morts et du Triduo de la Semaine Sainte (latin-français).

– Le rituel complet des Sacrements (avec les prescriptions de l’Église, 1962, concernant le jeûne et l’abstinence), communion des malades et prières des agonisants, les Bénédictions, 29 Messes votives et les Oraisons, un Kyriale en notes grégoriennes, l’Exorcisme intégral de Léon XIII latin-français, ainsi qu’un grand choix de prières traditionnelles indulgenciées…

– Propre de France, de Belgique et du Canada.

« Ce nouveau Missel, très complet et composé avec soin, met à la portée des fidèles les richesses d’instructions et de prières de la liturgie catholique. Nous souhaitons qu’il reçoive de tous le meilleur accueil. » Monseigneur Georges Gauthier, Archevêque Coadjuteur de Montréal +.

Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/5930_abbes-guilhaim-sutyn

– Edition reliée plein cuir, 65 €, existe en noir, bordeaux ou vert. Nouveau.
– Edition reliée skyvertex, 55 €, existe en noir, bordeaux ou marron.

Découvrir le grand choix de missels traditionnels pour adultes et enfants :
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Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

“Permettre aux entreprises de créer, d’innover, d’investir et d’embaucher, en les libérant d’un carcan fiscal et normatif”

Après son déjeuner avec le Medef, Jordan Bardella précise au JDD les lignes de sa stratégie économique. On y retrouve les libertés économiques défendues par Jean-Marie Le Pen : défense du travail, liberté d’entreprendre et souveraineté :

[…] Nous avons identifié deux grands adversaires : les charges, et ce que j’appelle l’« impôt papier », c’est-à-dire l’inflation de normes qui pèse très lourdement sur le quotidien des entrepreneurs. C’était l’objet de ce déjeuner, qui s’est tenu dans un climat courtois, avec un diagnostic largement partagé, notamment sur la nécessité de relancer la production. J’ai exposé nos priorités, et j’ai également souhaité entendre celles que le Medef entend porter dans la campagne. Sur le chantier de la reconstruction du pays, je suis convaincu que nous avons tous un rôle à jouer. […]

Je l’ai dit : je ne suis pas de gauche, et je n’ai pas l’entreprise honteuse. Notre pays est riche de ses TPE-PME, de ses ETI bien souvent familiales, de ses grands groupes, mais aussi de son tissu d’artisans, de commerçants et d’industriels. Nous ne renouerons pas avec la puissance et la prospérité nationale sans des entreprises robustes, compétitives, capables de créer de la richesse. Je déplore que le rôle des entrepreneurs français dans le redressement du pays soit bien trop souvent minimisé. Le mur de la dette ne sera pas franchi uniquement par la baisse de la dépense publique – même si nous présenterons un plan rigoureux de redressement des finances publiques sur cinq ans. Il passe aussi par la relance de la production. Notre ambition est simple : permettre aux entreprises de créer, d’innover, d’investir et d’embaucher, en les libérant d’un carcan fiscal et normatif devenu insupportable. […]

Si vous deviez résumer votre doctrine économique en une phrase, quelle serait-elle ?

La liberté d’entreprendre, la souveraineté stratégique de la France et, par-dessus tout, la défense du travail qui paie. C’est d’ailleurs l’un de nos points de divergence majeurs avec la gauche, qui a érigé le droit à la paresse en quasi-vertu, considérant souvent l’entreprise comme une entité suspecte. Je ne partage absolument pas cette vision.

Mgr Joseph Brennan participe à une “ordination” anglicane

Mgr Joseph Brennan est évêque de Fresno en Californie depuis 2019. Il était auparavant évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Los Angeles en Californie de 2015 à 2019.

Dans cet extrait de 32 secondes d’une ordination anglicane, l’évêque catholique de Fresno, Mgr Joseph Brennan, à l’extrême gauche, participe en récitant la formule d’ordination et en étendant les mains.

 

L’encyclique Apostolicae Curae de 1896 du pape Léon XIII a déclaré les ordinations anglicanes absolument nulles et totalement invalides en raison de défauts à la fois dans la forme et dans l’intention. Ce jugement n’a jamais été renversé et s’applique pleinement à l’Église épiscopale. Un évêque catholique qui traite une telle cérémonie comme si elle conférait le sacrement des ordres sacrés sape publiquement cet enseignement solennel. Cela donne l’impression que des ordinations invalides sont d’une certaine manière équivalentes à celles transmises dans l’Église catholique par une succession apostolique ininterrompue.

Cette action entre également en conflit avec la loi de l’Église. Les Codes de droit canonique de 1917 et de 1983 interdisent la participation active aux rites des non-catholiques. La co-consécration n’est pas un geste de bonne volonté autorisé. Elle constitue une communicatio in sacris (communion dans les choses sacrées) sous sa forme la plus claire, quelque chose que l’Église a constamment restreint pour éviter la confusion et une fausse équivalence. Les directives œcuméniques permettent une présence limitée et passive dans certains cas, mais elles excluent explicitement tout ce qui pourrait impliquer une reconnaissance d’ordres que l’Église déclare nuls.

“Votre sécurité ne doit pas résider dans la fonction que vous occupez, mais dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus”

Extrait de l’homélie du pape ce matin, lors de la messe d’ordinations sacerdotales :

[…] Aujourd’hui, le besoin de sécurité rend les esprits agressifs, renferme les communautés sur elles-mêmes, pousse à chercher des ennemis et des boucs émissaires. La peur est souvent présente autour de nous et peut-être même en nous. Votre sécurité ne doit pas résider dans la fonction que vous occupez, mais dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus, dans l’histoire du salut à laquelle vous participez avec votre peuple. C’est un salut qui fait déjà beaucoup de bien accompli en silence, chez les personnes de bonne volonté, dans les paroisses et dans les milieux auxquels vous serez proches, comme des compagnons de route. Ce que vous annoncez et célébrez vous protégera, même dans les situations et les moments difficiles.

Les communautés où vous serez envoyés sont des lieux où le Ressuscité est déjà présent, où beaucoup l’ont déjà suivi de manière exemplaire. Vous reconnaîtrez ses plaies, vous distinguerez sa voix, vous trouverez ceux qui vous le montreront. Ce sont les communautés qui vous aideront, vous aussi, à devenir saints ! Et vous, aidez-les à marcher unies derrière Jésus, le Bon Pasteur, afin qu’elles soient des lieux – des jardins – ou la vie ressuscite et se communique. Souvent, il manque aux gens un lieu où découvrir qu’ensemble c’est mieux, qu’ensemble c’est beau, qu’il est possible de vivre ensemble. Faciliter la rencontre, aider à rapprocher ceux qui autrement ne se fréquenteraient jamais, rapprocher les opposés ne fait qu’un avec l’Eucharistie et la Réconciliation. Rassembler, c’est toujours et encore implanter l’Église.

Il y a une image significative dans l’Évangile par laquelle, à un certain moment, Jésus commence à parler de Lui-même. Il se décrit comme le « berger », mais ceux qui l’écoutent semblent ne pas comprendre. Il change alors de métaphore : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis » (Jn 10, 7). iIl y avait à Jérusalem une porte qui s’appelait justement ainsi : « la porte des brebis », près de la piscine de Bethzatha. C’est par là que les brebis et les agneaux entraient dans le temple, après avoir été plongés dans l’eau et avant d’être envoyés au sacrifice. On pense spontanément au Baptême. […]

“Être chrétien en politique ne signifie pas afficher ouvertement sa foi ; cela signifie plutôt laisser l’Évangile guider les décisions à prendre, même celles qui ne suscitent pas facilement l’adhésion”

Discours du pape Léon XIV aux membres du Parti populaire européen au Parlement européen, samedi 25 avril :

[…] À l’instar de Benoît XVI il y a vingt ans, j’apprécie moi aussi « la reconnaissance par votre Groupe de l’héritage chrétien de l’Europe » [1]. Le projet européen, né des cendres de la Seconde Guerre mondiale, est certes issu de la nécessité pratique d’empêcher qu’un tel conflit ne se reproduise. Cependant, il est tout autant imprégné d’une vision idéale : le désir de promouvoir une coopération qui surmonterait des siècles de division et permettrait aux peuples du continent de redécouvrir l’héritage humain, culturel et religieux qu’ils partagent. Les Pères fondateurs, inspirés par leur foi personnelle, considéraient les principes chrétiens comme un élément commun et unificateur susceptible de contribuer à mettre fin à l’esprit de vengeance et de conflit qui avait conduit à la Seconde Guerre mondiale.

Le pape François a forgé une expression belle et simple qui résume cette idée : « l’unité est plus forte que le conflit » [2]. En effet, la recherche de l’unité a le courage d’aller au-delà des apparences du conflit et de reconnaître la dignité profonde de chacun [3]. Ainsi, il devient possible de créer quelque chose de nouveau et de constructif, tandis que le conflit met en lumière les différences, encourage la quête et l’affirmation du pouvoir, et conduit finalement à la destruction.

La tâche première de toute action politique est de proposer une vision idéale, car la politique exige une vision large de l’avenir, sans craindre de faire des choix difficiles, voire impopulaires, lorsque cela s’avère nécessaire pour le bien commun. En ce sens, la politique est la « forme la plus élevée de charité » [4], car elle peut se consacrer pleinement à la construction du bien commun.

Cependant, poursuivre un idéal ne signifie pas glorifier une idéologie. En effet, l’idéologie résulte toujours d’une distorsion de la réalité et d’une forme de violence qui lui est infligée. Toute idéologie pervertit les idées et soumet les individus à son propre agenda, étouffant leurs véritables aspirations, leur désir de liberté, de bonheur et de bien-être personnel et social. L’Europe moderne elle-même est née de la prise de conscience de l’échec des projets idéologiques qui l’avaient détruite et divisée.

Comme l’a noté De Gasperi, poursuivre un idéal signifie placer la personne humaine au centre, « avec son esprit de fraternité évangélique, avec son respect pour la loi héritée de l’Antiquité, avec son appréciation de la beauté raffinée au fil des siècles et avec son engagement envers la vérité et la justice, aiguisé par des millénaires d’expérience ». [5]

C’est dans ce cadre que la politique peut encore se pratiquer aujourd’hui, et c’est là que l’activité politique doit être réintégrée. Votre parti s’appelle le Parti populaire européen. Le peuple est au cœur de votre engagement, et vous ne pouvez l’écarter. Il n’est pas un simple récepteur passif de propositions et de décisions politiques ; il est avant tout appelé à être un acteur à part entière, à partager la responsabilité de chaque action politique. Être présent auprès du peuple et l’associer au processus politique est le meilleur remède au populisme, qui ne recherche que l’approbation facile, et à l’élitisme, qui tend à agir sans consensus. Ces deux tendances sont très répandues dans le paysage politique actuel. Une politique authentiquement « populaire » exige du temps, des projets partagés et un amour de la vérité.

L’un des principaux problèmes de la politique ces dernières années a été le déclin constant de l’harmonie, de la coopération et de l’engagement mutuel entre le peuple et ses représentants. Il est nécessaire de recréer un véritable sentiment d’appartenance au peuple, impliquant un contact direct entre les citoyens et leurs représentants, afin de répondre efficacement à leurs problèmes concrets, dans une perspective idéale. On pourrait dire, métaphoriquement, qu’à l’ère du « triomphe numérique », une action politique véritablement orientée vers le bien commun requiert un retour à l’« analogique ».

C’est peut-être là le véritable remède à une politique souvent bruyante, faite de slogans et incapable de répondre aux besoins réels des citoyens. De plus, pour surmonter une certaine désaffection envers la politique, il est nécessaire de reconquérir le cœur des citoyens en allant à leur rencontre et en recréant un réseau de liens dans leurs quartiers, afin que chacun se sente partie intégrante d’une communauté et participe à son avenir.

Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour ceux qui fondent leurs actions sur des valeurs démocrates-chrétiennes ? Avant tout, cela signifie redécouvrir et embrasser l’héritage chrétien dont on est issu, tout en maintenant la distinction nécessaire entre le témoignage religieux prophétique – réservé à la communauté ecclésiale – et le témoignage chrétien exprimé par des choix politiques concrets. [6]  Être chrétien en politique ne signifie pas afficher ouvertement sa foi ; cela signifie plutôt laisser l’Évangile guider les décisions à prendre, même celles qui ne suscitent pas facilement l’adhésion. Cela signifie œuvrer à préserver le lien entre le droit naturel et le droit positif, et entre les racines chrétiennes et l’action politique.

Être chrétien et s’engager en politique exige une vision réaliste, ancrée dans les préoccupations concrètes des individus. Cette vision doit viser avant tout à promouvoir des conditions de travail dignes, propices à l’ingéniosité et à la créativité, face à un marché du travail de plus en plus déshumanisant et insatisfaisant. Elle doit permettre de surmonter la peur de fonder une famille, d’avoir des enfants, une peur particulièrement répandue en Europe. Elle doit également s’attaquer aux causes profondes des migrations, en prenant soin de ceux qui souffrent, tout en tenant compte des capacités réelles d’accueil et d’intégration des migrants. Elle implique aussi d’aborder, sans idéologie, les grands défis de notre époque, tels que la protection de la création et l’intelligence artificielle. Cette dernière recèle de formidables opportunités, mais aussi de nombreux dangers.

Être chrétien et s’engager en politique, c’est aussi investir dans la liberté – non pas une liberté banalisée réduite à de simples préférences personnelles, mais une liberté enracinée dans la vérité, qui garantit la liberté religieuse, la liberté de pensée et la liberté de conscience en tout lieu et en toute circonstance. Parallèlement, il faut éviter de favoriser un « court-circuit » des droits de l’homme [7] , car cela conduit inévitablement à la force et à l’oppression. […]

In memoriam 1796 – 230 ans de la capture et de l’exécution du Général Charette

Le 28 mars 2025, nous avons participé à la journée de « Commémoration de la capture et de l’exécution du général Charette » au Logis de la Chabotterie, organisée avec plusieurs associations vendéenne, et dédiée cette année particulièrement au souvenir de Louis XVII.

Les vidéos viennent d’être mises en ligne. Retrouvez la conférence de l’historienne Hélène Becquet, « Louis XVII, un règne brisé » :

Ainsi que la cérémonie à la Croix de Charette comprenant notre intervention :

Le bureau de l’Association du Jubilé de la Vendée

NDLR : Le lendemain, l’association organisait avec les Amis de la Chabotterie, dans les bois du même Logis, une très belle et émouvante cérémonie à la Croix de Charette, lieu où fut arrêté le Généralissime des Armées Catholiques et Royales, il y a 230 ans.

L’allocution prononcée au nom du Généralissime par Pascal Théry, secrétaire de l’association du Jubilé de la Vendée, avait alors été publiée en exclusivité sur Le Salon Beige : https://lesalonbeige.fr/il-y-a-230-ans-charette-pleurait-la-mort-de-louis-xvii/

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

La CEDH et le laïcisme

Le 26 avril, Terres de mission reçoit Nicolas Bauer, chercheur à l’ECLJ (Centre européen pour le droit et la justice), pour évoquer un certain nombre de dossiers récemment traités devant la Cour européenne des droits de l’homme au sujet des relations Eglises-Etats et de l’autonomie des organisations religieuses.

Puis Guillaume de Thieulloy propose de courtes présentations de quelques ouvrages:

  • “Saint Pierre Chanel” de l’abbé Le Bourgeois (Via Romana),
  • “Dieu Trinité avec Thomas d’Aquin” du P. Margelidon (St-Léger),
  • “Comment meurent les saints?” de Jacques Gauthier (Artège),
  • “L’Île-Bouchard” du P. Jean-Dominique (Chiré),
  • “Guérir avec saint Charbel” (LIFE),
  • “Eloge de l’altérité” de Marion Lucas (Artège)
  • “La vie en Christ” du P. de Blignières (DMM).

 

La vie chrétienne victorieuse

On peut voir la vie chrétienne comme une élévation progressive vers Dieu, semblable à une structure dont les bases sont distinctes mais convergentes. (Cf. La Tour Eiffel)

La sanctification est comme un pilier intérieur : elle parle du cœur mis à part pour Dieu, du travail discret mais essentiel de transformation. Sans elle, tout le reste manque de profondeur.

La Parole de Dieu est le fondement qui éclaire et dirige. Elle donne l’orientation, corrige les écarts, nourrit la foi et empêche l’édifice de pencher selon nos propres pensées.

Le service pour le Seigneur exprime extérieurement ce que Dieu fait intérieurement. Il donne une forme visible à la foi, non pour s’élever soi-même, mais pour être utile et porter du fruit.

Enfin, l’attente du Seigneur donne la direction vers le haut. Elle empêche de s’installer ici-bas, elle oriente toute la vie vers un accomplissement futur, vers la rencontre avec Christ.

Ces quatre aspects ne sont pas indépendants : ils se rejoignent et s’équilibrent. Une sanctification sans la Parole peut dériver, un service sans attente céleste devient terrestre, une attente sans service peut devenir passive. Mais réunis, ils s’élèvent ensemble, dans une harmonie qui dirige toute la vie vers Dieu.

Ainsi, comme des piliers convergents, ils ne s’opposent pas : ils portent ensemble une même espérance et orientent le croyant vers le ciel.

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10 minutes avec Jésus – Des réflexions pour t’aider à prier

10 minutes avec Jésus : L’oraison à portée de voix

Présentation:
Dans le tumulte d’un monde qui semble avoir perdu le sens du silence, et face aux sollicitations incessantes de nos écrans, une initiative spirituelle redonne du souffle à la vie intérieure : 10 minutes avec Jésus.
Ce projet, né de l’intuition d’une mère de famille et d’un prêtre soucieux de rendre la prière quotidienne accessible à tous, repose sur une promesse simple mais exigeante : consacrer chaque jour dix minutes à une conversation familière et profonde avec le Christ.

Une pédagogie de l’intimité divine
L’originalité de ce service réside dans son format. Loin des discours théoriques ou des conférences académiques, les méditations — portées par des voix de prêtres et de laïcs — s’apparentent à des confidences. Elles ne se contentent pas de commenter l’Évangile ; elles nous apprennent à regarder Jésus, à l’écouter et, surtout, à lui parler dans le concret de notre existence.
Que l’on soit dans les transports, à son bureau ou au calme dans un oratoire, ces dix minutes agissent comme un contre-poison au matérialisme ambiant. Elles rappellent que la vie chrétienne n’est pas une morale, mais une rencontre.

Un rayonnement international
Si l’aventure a commencé en Espagne sous le nom de 10 minutos con Jesús, elle a rapidement franchi les frontières pour s’incarner dans le monde francophone. Ce succès témoigne d’une soif immense chez les fidèles : celle de retrouver une vie d’oraison structurée mais souple, fidèle au Magistère et profondément ancrée dans la réalité.

Pourquoi s’y intéresser ?
Cet outil est une aide précieuse. Il permet de :
• Sanctifier le quotidien en plaçant Dieu au centre de la journée.
• Méditer les Écritures avec une exégèse simple et incarnée.
• Former son cœur à une piété filiale et joyeuse.
À une époque où la culture de l’éphémère nous fragmente, choisir de donner « 10 minutes » au Seigneur n’est pas un luxe, c’est une nécessité vitale pour tenir bon dans la Charité et la Vérité.

Pour aller plus loin : Les méditations sont disponibles gratuitement sur le site :
https://10minutesavecjesus.org/
ainsi que sur les principales plateformes de podcast et via l’application dédiée.

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🥰 10 minutes avec Jésus
Des réflexions pour t’aider à prier
* Qui sommes-nous?
Nous sommes un groupe de prêtres et de laïcs, catholiques du monde entier, heureux de vous aider à grandir en amitié avec Jésus. Pour cela, nous diffusons tous les jours une méditation audio à travers des réseaux sociaux : 10 minutes de conversation avec Jésus.
Tu veux prier, apprendre à faire silence, prendre un moment pour écouter Jésus ?
Tu es au bon endroit 🤍
Avec 10 minutes par jour, prends une pause, recentre-toi et laisse une place à l’essentiel.
10 min avec Jésus, c’est ton rendez-vous quotidien pour nourrir ta foi, simplement.
📲 Télécharge l’application et commence dès aujourd’hui

10 minutes avec Jésus.
https://www.instagram.com/10minavecjesus/

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Troisième dimanche après Pâques : “votre coeur se réjouira, et personne ne vous ravira votre joie”

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Introït : Jubiláte Deo, omnis terra

Les deux premiers versets du psaume 65 qui fournissent le texte de l’introït de ce dimanche sont une éclatante invitation  à louer Dieu.

Jubiláte Deo, omnis terra psalmum dícite nómini ejus, date glóriam láudi ejus.
Poussez des cris de joie pour Dieu, toute la terre, chantez un psaume à son nom, rendez glorieuse sa louange.

« La mélodie exprime bien cette hymne de louange à Dieu. Tout sonne clair, soit dans le quasi syllabisme du début, soit dans les belles courbes mélodieuses de la deuxième phrase. Et c’est pour finir le triple alléluia qui, après une descente au grave, se redresse soudain et jaillit comme une splendide acclamation ». (Dom Joseph Gajard)

C’est le verset suivant du psaume 65 qui est ensuite psalmodié.

Dícite Deo, quam terribília sunt ópera tua, Dómine ;
Dites à Dieu, Seigneur, que vos œuvres sont redoutables ;

In multitúdine virtútis tuæ mentiéntur tibi inimíci tui.
Devant l’étendue de votre puissance vos ennemis vous mentent.

 Précisons que ce mensonge est dû au fait que les ennemis du Seigneur seront obligés de le louer !

Alléluia 1 : Redemptiónem misit Dóminus 

Les dimanches du temps pascal ne comportent pas de graduel mais deux alléluias qui sont généralement très différents l’un de l’autre, le second étant en particulier beaucoup plus long que le premier. C’est le cas en ce IIIe dimanche après Pâques où le 1er alléluia est très court. Le texte du verset est tiré du psaume 110, Confitébor, psaume d’action de grâces que l’on chante aux vêpres du dimanche.

Redemptiónem misit Dóminus pópulo suo.
Le seigneur a envoyé la Rédemption à son peuple.

C’est le thème central du mystère pascal, et l’objet de notre reconnaissance qui sont ici résumés en ces quelques mots. La mélodie de l’alléluia est une mélodie type que nous avons déjà entendue plusieurs fois, notamment au temps de Noël, mais la mélodie du verset n’est pas ici celle qui va habituellement avec cet alléluia. Elle est originale et débute par un bel élan sur le mot Redemptiónem, puis s’apaise sur Dóminus en une cadence élargie pleine de révérence pour le nom du Seigneur, et elle reprend pour finir la mélodie de l’alléluia.

Alléluia 2 : Oportébat pati Christum

Oportébat pati Christum et resúrgere a mórtuis, et ita intráre in glóriam suam.
Il fallait que le Christ souffrît et ressuscitât des morts, et qu’ainsi il entrât dans sa gloire.

Vous aurez reconnu, j’en suis sûr, dans ce texte du second alléluia de cette messe du IIIe dimanche après Pâques, les paroles du Christ à ses compagnons d’Emmaüs lorsqu’il leur expliquait les Écritures. Nous les avons entendues en début d’émission dans l’antienne du Bénédictus de vendredi. Elles sont complétées par la mention de la résurrection, tirée des explications données par Notre Seigneur aux apôtres réunis au cénacle au soir de ce même jour.

Reprenons pour la mélodie de cet alléluia, les commentaires de Dom Gajard :

« Exemple typique d’un alléluia où l’on chercherait vainement la joie. Aussi est-ce bien une méditation sur la Passion du Christ considérée comme la rançon obligée de sa gloire.

Aucun mode n’était plus indiqué que le 4e, le mode extatique par excellence. Impossible d’entendre sans être impressionné monter cette vocalise serrée, lourde, alourdie encore par les répétitions.

Le verset reprend à peu près les mêmes thèmes avec, pour mettre l’idée en valeur, la descente au grave de resúrgere et la double insistance à l’aigu sur les mots essentiels : et ita, in glóriam ».

Offertoire : Láuda ánima mea Dóminum

L’offertoire du IIIe dimanche après Pâques est encore un chant d’action de grâces dont le texte est formé des premiers versets du psaume 145, cantique de louange au Seigneur pour sa bonté et sa toute-puissance.

Láuda ánima mea Dóminum ;
Mon âme loue le Seigneur ;

Laudábo Dóminum in vita mea,
Je louerai le Seigneur toute ma vie,

 Psallam Deo meo quámdiu ero.
Je chanterai un psaume à mon Dieu tant que je vivrai.

Mais ici la mélodie n’est pas éclatante et enthousiaste comme dans l’introït. Elle possède le caractère de méditation intérieure et contemplative commun à la grande majorité des chants d’offertoire.

Communion : Módicum et non vidébitis me

Achevons les chants du propre de ce IIIe dimanche après Pâques avec l’antienne de communion.

Módicum et non vidébitis me ;
Un peu de temps et vous ne me verrez plus !

ĺterum módicum et vidébitis me, quia vado ad Patrem
Puis encore un peu de temps et vous me reverrez, car je vais vers mon Père.

Ces paroles, rapportées par saint Jean, ont été prononcées par N.S. après la Cène.

Il prédisait là sa mort et sa glorieuse Résurrection, mais aussi son retour, à la fin des temps pour son triomphe complet et définitif.

La mélodie, en ce temps pascal, s’oppose à la gravité du discours de la Cène et est légère et pleine d’allégresse, à peine voilée par l’évocation de la Paternité divine qui évoque la séparation.

Le président polonais a apporté son soutien à la Marche nationale de la vie à Varsovie

Dimanche 19 avril, la Marche nationale pour la vie, l’une des plus grandes manifestations pro-vie d’Europe, a défilé dans les rues de Varsovie. Le président polonais a pris part à l’événement.

Au moment où la tête du cortège est arrivée devant le palais présidentiel, le président Karol Nawrocki est sorti à la rencontre des participants. Il a souligné que la Marche nationale pour la vie était « une belle initiative qui montre comment le bien peut vaincre le mal ».

« Je soutiens les initiatives qui servent la Pologne, et cette initiative sert sans aucun doute la Pologne. Elle est également une réponse à la grave crise démographique. Aujourd’hui, la réponse à de nombreux problèmes polonais réside précisément dans les familles polonaises, dans notre identité, dans le fait que nous nous souvenions d’où nous venons et où nous allons », a déclaré le président.

Le président a également exprimé son soutien à la Marche nationale pour la vie dans un message publié sur la plateforme  X  :

« Des milliers de personnes, au cœur de Varsovie, montrent à quel point la vie est importante pour la Pologne, à quel point la famille est importante pour la Pologne – et c’est l’expression même de cela. C’est pourquoi le président de la Pologne ne peut manquer à l’appel aujourd’hui. Je remercie les organisateurs et les merveilleuses familles polonaises »

Sur le site officiel du président polonais, on peut notamment lire :

«Dimanche, le président Karol Nawrocki s’est joint à la Marche nationale pour la vie, qui se déroulait cette année sous le slogan « Foi et fidélité 966–2026 ». Cette marche est une initiative nationale visant à défendre la vie, la famille et les valeurs chrétiennes.

Pendant la marche, le président était accompagné de son aumônier, le père Jarosław Wąsowicz. »

La Marche nationale pour la vie est organisée en Pologne par la Fondation Saint-Benoît. Depuis des années, cette fondation entretient des relations étroites avec les monastères bénédictins français de Fontgombault et de Triors, et son chapitre participe chaque année au pèlerinage Paris – Chartres.

111 ans du génocide arménien : une mémoire toujours à vif

De Raphaëlle Auclert, docteur en études russes et enseignante-chercheuse à l’ICES, pour le Salon beige:

« Dans toute la noirceur de cette guerre, cela restera gravé dans nos mémoires comme le comble de la noirceur. Il n’existe rien d’équivalent à cette destruction planifiée et silencieuse d’une race. » Par ces mots, l’ambassadeur américain à Istanbul, Henry Morgenthau (1856-1946), évoquait à la fin 1916 le vertige qui le saisit face à la barbarie du génocide qui emporta la vie d’un million et demi d’Arméniens. Des rassemblements se sont tenus hier à Paris, Cannes, Lyon, Marseille, Bordeaux et d’autres grandes villes pour rendre hommage aux victimes. Et aujourd’hui, la cathédrale Notre-Dame de Paris accueillera une divine liturgie en rite arménien. Au-delà du destin tragique d’un peuple, c’est bien sûr la dimension religieuse de ces massacres qui nous interpelle, où les Arméniens rejoignent la trop longue cohorte des Chrétiens persécutés à travers les âges. Et n’oublions pas que l’Arménie, qui fit du christianisme sa religion d’État en 301, fut le premier État chrétien de l’humanité. A ce titre et au nom des liens historiques et spirituels qui nous unissent, les Chrétiens de France se doivent d’être aujourd’hui aux côtés de leurs frères arméniens.

«Un génocide sans fin »

La nuit du 24 au 25 avril 1915 vit l’arrestation d’environ 300 membres de l’élite arménienne dans les grandes villes de l’empire ottoman; puis ce furent les déportations systématiques mises en place par l’administration ottomane : 306 convois et un million de personnes arrachées à leurs terres ancestrales. « La race arménienne en Asie mineure a été de fait anéantie », déplorait encore Hans Morgenthau. Malheureusement, cette politique d’extermination a commencé bien avant et a continué bien après 1915. Un constat résumé par l’effroyable formule de « génocide sans fin » de l’historien Vincent Duclert.[i]

En effet, avec l’émergence de l’État-nation turc sur les ruines de l’empire ottoman, les Arméniens étaient devenus des cibles pour le sultan Abdul Hamid II avec les massacres perpétrés entre 1894 et 1896, puis ceux d’Adana en 1909. « Les prétentions des diverses nationalités nous ennuient souverainement, les aspirations ethniques (…) nous horripilent, il faut que les unes et les autres disparaissent, menaçait en 1913 le docteur Nâzim Bey, idéologue du parti des Jeunes Turcs. » Avant de conclure, hélas prophétiquement : « il ne doit y avoir sur notre sol qu’une seule nation, la nation ottomane. » Et, de fait, il ne restait après la guerre que 200 000 Arméniens dans l’ensemble de l’empire ottoman, contre deux millions en 1914. Les atrocités ont continué durant les années 1918 et 1922, avec l’élimination des rescapés arméniens et grecs de Turquie.

Plus récemment, c’est la même logique impitoyable qui se poursuit. On se souvient des massacres d’Arméniens par l’Azerbaïdjan entre 1988 et 1990 et du déplacement forcé des 120 000 Arméniens du Haut-Karabakh après les violences de 2020 et 2023.

Du génocide au mémoricide

De surcroît, le massacre physique se double d’un effacement des mémoires. Bien que la loi du 29 janvier 2001 constitue une reconnaissance officielle par la république française du génocide arménien, celle-ci reste silencieuse quant au coupable. Du reste, Ankara comme Bakou persistent à nier l’existence même du génocide. Un tel négationnisme porte en lui le risque que l’histoire ne se répète.

Et c’est bien le cas, puisque le président azéri tente par tous les moyens d’imposer un récit qui nie la présence arménienne millénaire dans le Haut-Karabakh. Il va même jusqu’à en effacer toute trace culturelle, avec la destruction méticuleuse, comme en Turquie, des édifices religieux.

Un pont de prières entre Notre Dame de Paris et Sainte-Mère de Dieu

Cruelle ironie de l’histoire, la même semaine des commémorations de l’assassinat de tout un peuple, des images satellites ont révélé la destruction de l’église Sainte-Mère-de-Dieu qui dominait Stepanakert, capitale du Haut-Karabakh passée sous le joug de Bakou en 2023. Début avril déjà, l’église Saint-Jacques de cette même ville avait été rasée.

Face à un tel déchaînement de haine contre l’Église arménienne, on peut s’étonner de la complaisance des autorités actuelles. En effet, le Premier ministre s’est rendu en février dernier à Abou Dhabi pour recevoir, conjointement avec son homologue azéri, le prix Zayed pour la fraternité humaine récompensant l’accord de paix signé en août 2025. Erevan s’apprête même à faire adopter, à la demande très insistante d’Aliyev, une nouvelle Constitution supprimant la mention à toute revendication sur le Haut-Karabakh. On peut s’interroger aussi sur les pressions dont font l’objet les autorités religieuses à l’intérieur du pays.

Dans ce contexte très incertain, l’union de prières entre les Catholiques et la communauté arménienne de France est crucial, à l’image de celles qui s’élèveront aujourd’hui de Notre-Dame de Paris vers les pauvres gravats de Sainte-Mère de Dieu à Stepanakert. Le vaillant combat des Arméniens pour la Foi, la Liberté et l’Avenir est aussi le nôtre.

[i] Vincent Duclert, Arménie : un génocide sans fin et le monde qui s’éteint, Les Belles Lettres, 2023.

L’algorithme apaise. La grâce réveille. Face à l’IA, le combat spirituel de notre liberté

On agite souvent le spectre d’une révolte des machines : un futur où l’intelligence artificielle prendrait le pouvoir par la force. Ce scénario nous fascine, car il nous donne le beau rôle — celui du résistant.

Mais il nous détourne de l’essentiel.

Le véritable danger est plus discret, plus doux, plus intime. Ce que l’IA risque de transformer, ce n’est pas seulement notre monde extérieur, mais notre vie intérieure.

Car l’IA ne nous contraint pas : elle nous facilite tout.

Elle anticipe nos besoins, suggère nos choix, simplifie nos décisions. Tout devient fluide, rapide, confortable.
Et c’est précisément là que se joue le basculement.

Dans un monde sans effort, nous risquons de perdre ce qui nous construit : la résistance du réel. Cette “porte étroite” dont parle l’Évangile — ce passage exigeant, mais vivant.

À force d’être assistés, nous ne choisissons plus vraiment : nous acquiesçons. Nos goûts sont devinés, nos hésitations absorbées, nos chemins déjà tracés.

Rien ne nous est imposé.
Mais tout est déjà orienté.

Peu à peu, une fatigue s’installe : fatigue de décider, fatigue d’exister.

Les anciens appelaient cela l’« acédie » — une lassitude de l’âme, un affaiblissement du désir de vivre pleinement. Aujourd’hui, elle prend une forme nouvelle : une acédie confortable, presque invisible.

Une vie trop facile devient une vie automatique.

Or vivre, ce n’est pas optimiser.

C’est hésiter.
C’est se tromper.
C’est recommencer.

Nous confondons souvent intelligence et performance. Mais comprendre, ce n’est pas seulement analyser : c’est aussi rencontrer, s’exposer, aimer.

Une machine peut produire des textes, des images, des réponses impressionnantes. Mais elle ne vit rien de ce qu’elle génère. Elle ne connaît ni l’effort, ni l’échec, ni l’espérance.

Créer, ce n’est pas assembler.
C’est traverser un doute, affronter un silence, chercher une forme qui n’existe pas encore.

Sans cette épreuve, il reste quelque chose… mais il manque l’essentiel.

Le même risque touche nos choix.

Quand tout est calculé pour nous proposer “le meilleur”, on oublie que décider, c’est répondre. Répondre à une situation, à une responsabilité — et, pour beaucoup, à un appel plus grand que soi.

La liberté n’est pas l’absence de contrainte.
C’est la capacité de s’engager.

Alors non, il ne s’agit pas de rejeter l’intelligence artificielle.

Mais de rester vigilants.

De ne pas lui confier ce qui nous appartient : notre attention, notre jugement, notre vie intérieure.

Cela suppose parfois de ralentir.
De choisir sans recommandation.
D’accepter de perdre du temps.
De garder des espaces de silence.

Car c’est souvent là, dans ce silence, que quelque chose de plus grand peut se faire entendre.

L’intelligence artificielle révèle en creux ce qui fait notre dignité : la capacité de désirer, de choisir et d’aimer, sans garantie de réussite.

Une vie entièrement prévisible serait sans doute plus confortable.

Mais serait-elle encore vivante ?

Le danger n’est pas que les machines pensent à notre place.

Le danger est que, séduits par la facilité, nous renoncions peu à peu à vivre pleinement — à choisir, à aimer, à répondre à ce qui nous appelle.

Illustration Automat (1927) d’Edward Hopper

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