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Paris est une quête ! Les aventures de Jacques, Vic et Otto continuent – Puy du Fou : tome 2 – Coup de coeur

Ce deuxième album regroupe la suite des aventures publiées dans la revue Panache éditée par les éditions Puy du Fou. Après le succès vertigineux du tome 1, le tome 2 s’arrache, même par les abonnés à la revue !

Il faut dire, que c’est du beau travail d’édition : grand format, beau papier, 56 pages et petit prix ! Les dessins de Louis Tailliez sont travaillés, expressifs. Le trait précis donne vie aux personnages et soutient un scénario passionnant. C’est à Gwenaelle Barussaud que l’ont doit la trame de l’histoire. Son talent d’écrivain historique tant pour la jeunesse que pour les adultes, n’est plus à présenter ! C’est un régal !

Et voilà donc notre trio, Jacques, Vic et Otto le chien, parti pour de nouvelles aventures. Il est préférable pour la bonne compréhension de l’histoire d’avoir dévoré le tome 1, En route pour la liberté ! Mais qu’importe on peut aussi prendre le train en marche.

En marche ? C’est tout à fait cela : direction la Capitale ! Au terme d’un périple semé d’embûches, Jacques, Vic et Otto arrivent enfin à Paris. Mais si la capitale est libérée, les pénuries et le marché noir font des ravages. Les pillards et mauvaises bandes pullulent. Le danger est à tous les coins de rue. Comment se loger et survivre sans ressource dans une ville inconnue ?
Les deux enfants intrépides, redoublent d’audace et d’inventivité… Mais quand Vic tombe malade, la situation se complique et Jacques va devoir affronter seul les dangers qui les guettent…
Suspens, originalité, émotion, psychologie, et fond historique, tous les ingrédients sont réunis pour de vraies aventures, sous la plume riche et colorée de G. Barussaud. En fin d’album quelques pages du journal de Vic appuient sur certains événements historiques vécus dans le scénario, pour une bonne compréhension de l’Histoire.
Quand je vous disais que c’est un très beau travail d’édition !

Retrouvez sur LIVRES EN FAMILLE, les aventures de Jacques, Vic et Otto le chien
https://www.livresenfamille.fr/de-6-a-12-ans/30335-les-aventures-de-jacques-vic-et-otto-paris-est-une-quete-tome-2.html?ref=043193205

– Tome 2 – Les aventures de Jacques, Vic et Otto : Paris est une quête ! G. Barussaud, Dessins de Louis Taillez, Editions Puy du Fou, 56 pages, 13€
– Tome 1 – Les aventures de Jacques, Vic et Otto : En route pour la liberté !, G. Barussaud, Dessins de Louis Taillez, Editions Puy du Fou, 56 pages, 13 €.
Bonne lecture !

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Le choc de deux absolus : quand Gustave Thibon raconte Simone Weil

Le Choc de deux Absolus : Quand Gustave Thibon raconte Simone Weil

Il est des rencontres qui marquent l’histoire de la pensée comme une traînée de feu. Celle de Gustave Thibon et de Simone Weil, à l’été 1941, appartient à cette catégorie d’événements providentiels. Dans cette conférence dont nous vous proposons la transcription, nous ne sommes pas face à une simple analyse académique, mais devant le témoignage bouleversant d’un génie sur un autre génie.

Une densité exceptionnelle

Lorsque la parole est donnée au « philosophe-paysan » pour évoquer la « vierge rouge » devenue mystique, le temps s’arrête. La densité de ce document est exceptionnelle car elle n’est pas faite de concepts abstraits, mais d’une vérité vécue. Thibon ne parle pas de ce qu’il a lu, mais de ce qu’il a vu, entendu et ressenti sur les terres d’Ardèche. C’est le récit d’une amitié entre deux sommets : l’un enraciné dans la glèbe et la tradition, l’autre tendue vers l’absolu et le dépouillement total.

La transcription : un exercice de méditation

Pourquoi proposer aujourd’hui une transcription mot à mot de ce récit ? Parce que la voix de Thibon, si puissante soit-elle, passe. Le texte, lui, demeure. L’importance capitale de cette transcription réside dans la possibilité qu’elle offre de se poser.

Lire ces lignes, c’est s’extraire du tumulte pour :

Savourer la précision chirurgicale des mots de Thibon, qui parvient à rendre sensibles les sommets de la pensée weilienne (la Pesanteur, la Grâce, la Décréation).

Méditer les « phrases-éclairs » qui ponctuent le récit : des fulgurances qui exigent que l’on s’arrête, que l’on reprenne sa respiration, pour laisser l’idée féconder l’âme.

Mesurer la cohérence héroïque d’une vie où chaque pensée était payée par un acte, souvent au prix de la souffrance physique.

Un phare dans la nuit de l’esprit

Ce témoignage est le reflet d’une exigence disparue. En écoutant Thibon parler de Weil, on comprend que la philosophie n’est pas un métier, mais une brûlure. Quand deux esprits de cette trempe se rencontrent, le résultat est un précipité de lumière qui éclaire nos propres obscurités.

Face au « Gros Animal » social que Simone Weil redoutait tant, et que Gustave Thibon n’a cessé de dénoncer, ce texte est un manuel de résistance spirituelle. C’est une invitation à retrouver le sens du Réel, à travers le regard de deux des plus grands voyants du XXe siècle.

« Elle n’était pas un “grand homme”, elle était une “ouverture”. » — Gustave Thibon

SIMONE WEIL TELLE QUE JE L’AI CONNUE Gustave THIBON

https://www.youtube.com/watch?v=ivUWVwFiJdE

Youtube Marc JEANSON

Vidéo et retranscription intégrale incluant les questions/réponses avec le public:
https://lafontsergyl.com/2026/04/15/simone-weil-telle-que-je-lai-connue-gustave-thibon/
blog Sergyl Lafont.

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Effondrement démographique et bouleversements géopolitiques 

D’Antoine de Lacoste dans Le Nouveau Conservateur consacré à la dénatalité :

La démographie est une donnée essentielle de la géopolitique et les grands bouleversements qui s’annoncent en raison de la dénatalité inédite d’une majeure partie du monde ne feront que renforcer son importance.

Pour comprendre les enjeux majeurs des grandes puissances et les rapports de force qui les sous-tendent, chacun comprend qu’il faut saisir le fonctionnement de leurs institutions politiques, de leurs économies, des richesses de leurs sous-sols, de la puissance de leurs forces armées. La démographie devrait attirer l’œil des analystes avec la même force, peut-être même davantage, car les perspectives observées entraîneront des changements majeurs aux conséquences difficiles à évaluer.

La progression de la population mondiale a été constante tout au long des siècles, hormis les grandes épidémies, surtout celle de la peste noire au XIVe siècle. A l’époque du Christ, la population mondiale se montait sans doute à 200/300 millions d’habitants. Elle atteignit 500 millions vers 1500, et dépassa le milliard vers 1800. Ensuite, ce fut l’explosion : 1,5 milliard en 1900, 3 en 1960, 6 en 2000 et un peu plus de 8 milliards aujourd’hui. Les progrès de la médecine, de l’hygiène et surtout la baisse de la mortalité infantile sont les explications concrètes de cette extraordinaire expansion, liée également à une posture morale et sociale : le désir d’enfants. Ce désir était plus ou moins explicité certes, mais il fut en symbiose avec l’inexistence du refus de l’enfantement.

Le XXe siècle marqua un tournant dans les mentalités. Le malthusianisme se développa, tirant le signal d’alarme et interrogeant gravement : comment arriverons-nous à nourrir la population mondiale si elle continue à augmenter autant ? Les progrès de l’agriculture avaient pourtant toujours accompagné l’expansion démographique. S’il y eut encore des famines au XXe siècle, elles furent liées à des décisions politiques absurdes (le grand bond en avant chinois, par exemple, qui fit au moins 50 millions de morts) ou des situations particulières régionales. Aujourd’hui, il n’y a plus guère de famine sur terre. Les malthusiens avaient tort, il y aura toujours assez de production agricole pour nourrir hommes et bêtes, pour peu qu’on le veuille.

De ce point de vue, il est intéressant de noter un évènement majeur qui s’est produit récemment. Afin de sanctionner la Russie pour l’annexion de la Crimée en 2014, les autorités françaises et européennes prirent des sanctions contre elle dans de nombreux domaines, financiers ou technologiques notamment. Les Russes, en représailles, suspendirent toutes les importations agricoles françaises.  C’était un client important pour les agriculteurs français dont on négligea les intérêts, la morale étant, n’est-ce pas, au-dessus des préoccupations nationales. Ces sanctions puis contre-sanctions permirent à la Russie de donner un coup de fouet à son secteur agricole : lait, viande, fruits et légumes étant particulièrement concernés. Des décisions furent prises, des moyens alloués et, aujourd’hui, hormis les fruits et légumes, la Russie est autosuffisante. Pour les fruits et légumes, elle a remplacé l’Europe par la Turquie, l’Iran, ou le Maroc notamment. Et quand il y a des problèmes d’approvisionnement, ils sont liés à des phénomènes conjoncturels, géopolitiques en l’occurrence, et non à des problèmes structurels de ressources. L’exemple russe démontre que la terre peut facilement offrir aux hommes de quoi se nourrir.

L’occupation de l’espace fut un autre cri d’alarme lancé par les Cassandre sur le soi-disant trop plein de population. Le seul vrai problème concerne en réalité la désertification des campagnes et la croissance désordonnée des nombreuses villes en Afrique ou en Asie notamment. Mais là encore, ce sont des décisions ou des absences de décisions politiques qui sont à l’origine de ces déséquilibres, d’ailleurs réversibles.

Malgré tout, ces alertes catastrophistes finirent par avoir des impacts sur l’état d’esprit général. Le concept de famille nombreuse renvoya progressivement une image d’excès voire de ridicule. Le recul de la pratique religieuse, notamment en occident, joua un autre rôle majeur, dans le début de la dénatalité. Mais le phénomène a aussi d’autres causes, comme en Asie.

Au Japon, dès les années 1970, le seuil du renouvellement des générations de 2,1 fut franchi à la baisse. Le taux de fécondité est aujourd’hui de 1,15. La population diminue depuis 2010 : 123 millions d’habitants aujourd’hui contre 128 il y a quinze ans. Inquiet, le gouvernement japonais multiplie les alertes et les aides, en vain. Symbole terrible : depuis plusieurs année, davantage de couches-culottes sont vendues pour des personnes très âgées, que pour des bébés. La Corée du Sud a également entamé ce processus et détient aujourd’hui le taux de fécondité le plus bas du monde avec 0,75 enfant par femme. Sa population est de 51,6 millions et si rien ne change elle pourrait tomber à 38 millions en 2070, c’est-à-dire demain compte tenu du temps long qui est la caractéristique de la démographie.

Le sujet le plus vertigineux est celui de la Chine. Après avoir été le pays le plus peuplé du monde pendant plus de 250 ans, elle a été dépassée par l’Inde en 2023 et voit sa population diminuer depuis quatre ans. En 2025 les décès ont dépassé les naissances de plus de trois millions. Les projections sont calamiteuses et la Chine pourrait voir sa population divisée par deux d’ici un siècle avec environ 750 millions d’habitants (1,4 milliard aujourd’hui). Certes les projections démographiques sont souvent infirmées mais la Chine perd chaque année plusieurs millions d’habitants et cela est parfaitement vérifié.

Dans le cas du Japon ou de la Corée du Sud comme dans celui de la Chine, il y a tout de même un élément commun frappant à signaler : les autorités ont, à une période donnée, incité les habitants à diminuer le nombre des naissances. Ce fut le cas dans les années 50-60 au Japon et en Corée où les messages diffusés en boucle prévenaient qu’un pays ne pouvait se moderniser s’il avait trop de naissances. Quant à la Chine, ce fut beaucoup plus brutal avec la politique de l’enfant unique, sanctions à la clé. L’assouplissement progressif avec deux enfants autorisés puis trois, n’y changea plus rien, le pli était pris. Dorénavant, c’est l’inverse qui est prôné. En ce moment, dans plusieurs grandes villes chinoises, des affiches monumentales montrent un couple et ses deux enfants avec la mention : « Pourquoi pas le troisième ? ». On croit rêver. La prise de conscience est là mais n’est-il pas trop tard ? Car le travail féminin et les difficultés pour se loger, sont, depuis plusieurs décennies, les nouveaux freins à la maternité. Les Chinois ont maintenant le droit d’avoir autant d’enfants qu’ils veulent, mais justement ils ne veulent plus en avoir.

Les ambitions chinoises sont connues : devenir la première puissance mondiale d’ici 2049, année du centenaire de la victoire des troupes communistes contre l’armée de Tchang Kaï-chek.

Aujourd’hui deuxième puissance économique mondiale, la Chine a les capacités de dépasser les Etats-Unis an cours des prochaines décennies car ses atouts sont très nombreux. Ses progrès technologiques sont fulgurants et, dans beaucoup de domaines, elle a surclassé les Etats-Unis. Le pays espion, copieur des technologies occidentales, est devenu un novateur très en avance sur ses concurrents. L’occident a négligé un point crucial : un pays ne peut se développer sans ingénieurs. La Russie, la Chine, l’Iran, l’Inde ont valorisé cette profession et « produisent «  des millions d’ingénieurs. Être ingénieur dans ces pays est un gage de reconnaissance sociale et patriotique. Ce n’est plus vrai en occident. Un ingénieur américain sera toujours moins riche qu’un trader ou un avocat : moins de 10% des étudiants américains ou européens s’orientent vers des études d’ingénieur tandis qu’ils sont plus de 40% en Russie, en Chine ou en Iran.

C’est pourquoi la Russie fabrique des missiles que les Etats-Unis découvrent, stupéfaits, et que la Chine, avec deux millions d’ingénieurs de plus chaque année, est à la pointe de l’innovation industrielle. L’occident, méprisant le monde de l’usine, a délégué ce secteur à la Chine dont elle ne peut plus se passer. Erreur fatale que Donald Trump a parfaitement saisie, mais il est presque trop tard pour corriger le tir. Les essais de réindustrialisation effectués en Europe ou aux Etats-Unis ne donnent pas grands résultats jusqu’à présent.

Ce constat fait, la Chine est appelée à dominer le monde de demain. Mais finalement est-ce possible avec une démographie en berne ? Il n’est pas facile de trancher ce dilemme mais il est certain que c’est le seul obstacle majeur sur la route triomphale chinoise. Comment continuer à investir massivement dans les nouvelles technologies s’il n’y a plus assez de jeunes pour les mettre au point et trop d’anciens qui coûteront cher à l’économie ? La Chine, plus encore que le Japon, est menacée d’être plus tard un immense EPHAD : elle ne peut devenir la première puissance mondiale avec un poids pareil. Bien sûr, ce vieillissement prendra du temps à faire sentir ses effets dévastateurs, l’exemple japonais est là pour le prouver. Malgré une démographie catastrophique depuis plusieurs décennies, le Japon ne s’est pas effondré. Mais il faut se rendre à l’évidence, il ne progresse plus et son poids dans le monde, si important à partir des années soixante, recule. Le Japon est par ailleurs un des investisseurs majeurs en Bons du Trésor américains, et son effondrement économique provoquerait une grave crise du dollar, qui n’est déjà pas en pleine forme.

Pour supprimer cet obstacle sur la route chinoise, un vaste programme d’investissement dans la robotique est à l’œuvre en Chine : des robots pour remplacer les humains manquants dans les usines et même dans l’armée. Elle est en avance sur tout le monde dans ce domaine, nécessité faisant loi. L’avenir dira si le robot peut remplacer l’homme mais il restera tout de même à gérer le poids financier des personnes âgées.

Le contraste démographique de ces trois pays asiatiques avec les Etats-Unis est saisissant : c’est le seul pays occidental à voir sa population augmenter régulièrement (+2,6 millions en 2024). Son médiocre taux de fécondité (1,6) ne suffirait pas à expliquer une telle hausse rendue finalement possible grâce à une importante immigration. Compte tenu de la politique très restrictive de Donald Trump sur le sujet, conformément d’ailleurs  à son programme, il sera intéressant d’en mesurer les effets dans quelques années. En attendant, avec une moyenne d’âge de 39 ans, les Etats-Unis ont un peu de marge. C’est paradoxalement aussi le cas de la Chine (41 ans) mais plus du tout du Japon qui est devenu le pays le plus vieux du monde avec une moyenne d’âge de 50 ans. L’Empire du soleil levant, qui domina si longtemps l’Asie, est aujourd’hui condamné.

La vieille Europe, qui n’a jamais aussi bien porté son nom, semble l’être également. Comme nous l’avons dit plus haut, l’effondrement spectaculaire de la pratique religieuse a joué un rôle important dans le recul de la démographie des pays catholiques. Mais il faut bien constater que la baisse de la natalité constatée au Japon, en Chine ou en Corée du sud touche des pays très peu catholiques. Les raisons religieuses ou morales ont leurs effets mais le l’absence de désir d’enfants a d’autres causes, liées au travail féminin, au coût des logements ou aux structures des pays concernés. Ainsi, le travail féminin est loin d’être toujours associé à une volonté de se libérer, il est devenu une nécessité économique. Dans les grandes villes françaises par exemple un couple ne pourra se loger qu’avec deux salaires. On répondra que c’est ainsi et qu’il n’y a rien à faire. C’est faux : dans les années soixante, un seul salaire permettait à toute une famille de se loger. Le coût du logement a évolué plus vite que les salaires, eux-mêmes plombés de surcroît par des charges prohibitives et confiscatoires destinées à soutenir un système social devenu absurde et de toutes façons condamné. C’est un choix politique qui pénalise particulièrement les couples en âge de procréer. Nous savons depuis longtemps que nous sommes gouvernés par des visionnaires.

En Allemagne, ce sont les retraités qui font les élections. Tout gouvernement a pour souci de flatter cet électorat coûteux au détriment d’une politique familiale inexistante. En France, le président Hollande a consciencieusement démantelé notre politique familiale, une des meilleures d’Europe, au profit du néant. En Italie, il y a des décennies que rien n’est fait pour favoriser les gardes d’enfant.

Tous ces dirigeants qui parlent de nos enfants et n’en n’ont pas sont fascinants à observer. Il fut un moment où, entre Angela Merkel, Theresa May et Emmanuel Macron, les trois plus grandes puissances européennes furent dirigées par des individus n’ayant pas d’enfants. C’est un symbole fort qui annonce l’effondrement d’un continent.

En Europe occidentale, la population devrait sensiblement diminuer chaque année. Or elle diminue peu, en raison de l’immigration. C’est un fait majeur : ce sont uniquement les phénomènes migratoires qui permettent la stabilité relative de la population. Dans ce contexte, subi et voulu à la fois en raison d’une étonnante absence de cohérence intellectuelle de la plupart des dirigeants européens, il est plaisant d’observer les appels à la jeunesse pour qu’elle s’engage dans des forces armées exsangues. Le Chancelier allemand, Friedrich Merz, atteint d’une étrange frénésie guerrière, rêve de refaire une grande armée allemande car, bien sûr, l’ogre russe risque d’envahir l’Allemagne demain. Qui va-t-il recruter puisque les berceaux sont vides depuis des décennies ? Des Turcs, des Kurdes, des Afghans ? Ce sera distrayant d’armer tous ces braves gens qui ne nous veulent que du bien.

On ne saurait trop conseiller la lecture du dernier Document de sécurité publié par la Maison-Blanche en décembre. Outre le fait qu’il marque un tournant géopolitique majeur dans plusieurs domaines, il annonce quasiment la disparition de l’Europe : « le continent sera méconnaissable d’ici vingt ans ». J.D.Vance avait déjà, dans son discours de Munich de février 2025, alerté l’Europe sur l’ennemi intérieur qui allait la détruire. Le Document va plus loin encore : « Nous voulons que l’Europe reste européenne ». Un propos qui, en France, pourrait envoyer son auteur devant un tribunal.

Mais le ressort moral des dirigeants d’un pays ne suffit pas toujours. La natalité en Hongrie ou en Russie est à peine meilleure que celle de l’Europe occidentale : les taux de fécondité sont de 1,4 en Russie et en Hongrie, 1,35 en Allemagne, 1,18 en Italie, 1,12 en Espagne. La situation est un peu meilleur en France et en Angleterre (1,6) mais cela est largement dû aux populations immigrés.

Viktor Orban et Vladimir Poutine n’ont pourtant pas ménagé leurs efforts. Les aides sont nombreuses, les exemptions d’impôts parfois spectaculaires. Vladimir Poutine se fait régulièrement filmer en train de décorer des mères de famille nombreuses, Orban parle de naissances nécessaires dans beaucoup de discours, rien n’y fait. Le désir d’enfants n’est plus là pour la majorité de la population. Une sorte de suicide assumé issu d’un mélange de peur et d’égoïsme. Le problème est moral et sociologique avant d’être religieux puisque la dénatalité a largement atteint les pays majoritairement musulmans du Maghreb ou du Proche-Orient.

Une région échappe pour le moment à la chute des naissances, l’Afrique subsaharienne. Le Niger, le Mali, le Tchad, la Somalie ou le Congo, dépassent 6 enfants par femme. La fécondité ne baisse que très peu et c’est une explosion démographique qui a commencé dans cette partie de l’Afrique, engendrant des mouvements migratoires qui ne feront que s’amplifier. Le Nigéria, même s’il n’a « que » 4,4 enfant par femme deviendra un des pays les plus peuplé du monde avec peut-être 500 millions d’habitants à la fin du siècle.

Ces pays ne peuvent avoir une influence qui pourrait bouleverser directement les équilibres géopolitiques mondiaux. Leurs sous-sols très riches pourront continuer à être exploités et à faire l’objet de la même concurrence entre les grandes puissances. En revanche, il est évident que les mouvements migratoires en cours vers l’occident, lieu privilégié de destination, connaîtront une croissance exponentielle si le laxisme tient toujours lieu de politique migratoire. Mais si un sursaut se produit, il est certain que l’immigration pourra être jugulée, c’est avant tout une question de volonté.

La démographie en berne est donc un phénomène mondial, hormis l’Afrique subsaharienne, et nouveau. On peut en saisir à peu près les causes, un peu moins les conséquences car cela ne s’était jamais produit dans l’histoire de façon consciente et assumée. Des jeunes occidentaux expliquent aujourd’hui qu’ils n’auront pas d’enfant car cela pollue « la planète », de nombreuses jeunes filles assument de ne pas envisager de vivre avec un homme, probable violeur en puissance, beaucoup de jeunes hommes sont perdus, n’osent plus aborder les jeunes filles et deviennent asexués. Et de doctes journaux de gauche nous explique que le danger qui nous guette est le masculinisme, ce qui est tout de même un peu fort.

Il sera intéressant de voir si l’émergence de nombreux partis ou mouvements dits populistes aux Etats-Unis dans la galaxie MAGA, en Europe occidentale ou centrale pourra participer à une prise de conscience et à retour aux fondamentaux de la loi naturelle : un homme, une femme, des enfants. Gardons l’espérance mais soyons lucide : à vue humaine le déclin de l’espèce humaine a commencé.

Nouveaux sacres de la FSSPX : Schisme ou survie de la Tradition ?

Face à l’échec d’une modernité “libertaire et narcissique”, de plus en plus de jeunes adultes se tournent vers le sacré et la liturgie traditionnelle. Dans cet entretien, Jean-Pierre Maugendre, directeur de Renaissance Catholique, décrypte les enjeux brûlants de notre temps : des nouveaux sacres de la FSSPX à la réélection de Donald Trump, en passant par l’urgence de la formation intellectuelle par la lecture. Pourquoi la Tradition attire-t-elle là où le monde moderne échoue ? Comment comprendre la situation canonique de la Fraternité Saint-Pie X face aux paradoxes du Vatican ? Jean-Pierre Maugendre livre une analyse sans concession sur le “retour au réel” et la nécessité de renouer avec l’histoire longue de la France.

Au programme de cet entretien :

  • 00:58 Le paradoxe des baptêmes d’adultes : Rebond ou déclin ? Analyse de la hausse des catéchumènes adultes face à la chute du baptême des enfants.
  • 06:04 Sacres de la FSSPX : Pourquoi de nouveaux évêques ? Comprendre la décision de la Fraternité Saint-Pie X de perpétuer le sacerdoce catholique.
  • 08:50 La crise des sacrements et la réforme liturgique Pourquoi la messe traditionnelle manifeste-t-elle mieux la réalité sacrificielle ?
  • 14:30 La FSSPX est-elle schismatique ? Vérités canoniques Les délégations données par le Pape François et le statut atypique de la Fraternité.
  • 19:48 Donald Trump et le retour au réel : La fin de l’idéologie ? Le “gramscisme de droite” et la victoire intellectuelle du conservatisme américain.
  • 23:30 L’heure des “prédateurs” : Trump, Poutine et Xi Jinping L’analyse du décalage entre l’idéologie européenne et la géopolitique mondiale.
  • 26:11 Assassinat de Quentin Deranque : Le logiciel révolutionnaire La violence “antifa” et l’héritage de Robespierre : “Pas de liberté pour les ennemis de la liberté”.
  • 29:22 La lecture : Arme de salut public contre les écrans Pourquoi l’immédiateté des réseaux sociaux détruit notre capacité d’analyse.
  • 33:28 Comment se mettre à la lecture à 20 ans ? Conseils pratiques, l’influence du Père Sertillanges et l’histoire comme mémoire nationale.

 

23 % de la population de notre pays est désormais d’origine immigrée sur deux générations

Nicolas Pouvreau-Monti est le directeur de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie. Il a travaillé pendant six ans dans le conseil en stratégie et en organisation pour l’État, en particulier pour le ministère de l’Intérieur. Il vient de publier Immigration, mythes et réalités. Interrogé dans le JDD, il explique :

Un constat s’impose, simple et incontestable : il n’y a jamais eu autant d’immigration en France qu’aujourd’hui. Notre pays est engagé dans une accélération migratoire absolument inédite, dont le rythme continue de s’emballer. La population immigrée a augmenté de 434 000 personnes sur la seule année 2024. Il s’agit de la plus forte croissance jamais enregistrée, trois fois supérieure à la moyenne des années 2000 – et vingt-cinq fois à la moyenne des années 1990 ! Le nombre de nouveaux titres de séjour que la France accorde chaque année a triplé depuis la fin du siècle dernier. La dynamique de l’immigration clandestine peut, quant à elle, être approchée par le nombre de bénéficiaires de l’Aide médicale d’État (AME) qui a triplé en vingt ans. En croisant l’ensemble des flux d’entrée, on peut estimer raisonnablement qu’au moins 400 000 nouveaux immigrés arrivent désormais en France chaque année.

Quelles sont les principales filières de l’immigration dans notre pays ?

La principale raison de délivrance des nouveaux permis de séjour est maintenant le motif « étudiant », qui a augmenté de 70 % en dix ans. Huit ans après leur arrivée pour ce motif, 61 % des Algériens disposent encore d’un titre valide en France – dont les deux tiers pour raison familiale. Sur le long terme, cette immigration pour motif familial continue de dominer. Elle constitue la plus grande part du « stock » des titres de séjour : trois fois plus que les motifs « économiques », c’est-à-dire liés au travail.

Ceux-ci sont structurellement minoritaires en France : ils ont représenté à peine 13 % des nouveaux titres accordés l’an dernier – étant d’ailleurs la seule catégorie à avoir diminué… La plus forte dynamique des dernières années est à trouver dans le droit d’asile, dont 700 000 étrangers sont aujourd’hui bénéficiaires sur le territoire français. Ce nombre, qui a triplé en dix ans, équivaut à la population d’une ville qui serait la troisième plus grande du pays. Les bénéficiaires les plus fréquents sont les Afghans, désormais plus de 100 000 en France.

Est-il juste d’affirmer que l’immigration rapporte plus qu’elle ne coûte aux finances de l’État ?

Notre politique d’immigration génère aujourd’hui une perte sèche pour les comptes de l’État et de la Sécurité sociale que nous avons pu estimer à environ 40 milliards d’euros par an. Ce coût massif est dû aux spécificités de l’immigration reçue en France, qui est l’une qui travaille le moins de toute l’Europe. Seuls 43 % des immigrés extra-européens récents en âge actif occupent un emploi : c’est vingt-cinq points de moins que la population générale. Lorsqu’ils travaillent, ces immigrés occupent le plus souvent des emplois peu qualifiés, donc peu rémunérés, qui rapportent peu en impôts et en cotisations sociales. De l’autre côté, ces profils migratoires consomment beaucoup de dépenses publiques – sociales en particulier. Par exemple : les immigrés vivent trois fois plus souvent en logement social que les non-immigrés.

Dispose-t-on d’éléments objectifs permettant d’évaluer l’intégration culturelle et économique des immigrés et de leur descendance en France ?

Nous parlons d’une réalité devenue majeure. La France compte 7,7 millions d’immigrés au sens strict (nés étrangers à l’étranger) et 8 millions de descendants de parents immigrés. Au total : 23 % de la population de notre pays est désormais d’origine immigrée sur deux générations, dont les profils les plus nombreux proviennent du continent africain. Ce bouleversement est encore plus marqué dans la natalité : plus de 30 % des naissances en France sont désormais issues d’au moins un parent né en dehors de l’Union européenne.

Le taux de chômage des descendants d’immigrés est aussi élevé que celui des immigrés eux-mêmes. Leur montant moyen de prestations sociales perçues est aussi similaire. Mais des différences fortes existent selon les populations. Par exemple, 40 % des descendants d’immigrés vietnamiens ont un diplôme supérieur à bac +2, soit le double des descendants d’origine algérienne.

Vous vous attachez à démonter plusieurs idées reçues au sujet de l’immigration, notamment celle qui voudrait que l’immigration soit un phénomène quasi « naturel », sur lequel la puissance publique n’aurait aucune prise. Est-ce le cas ? Que préconisez-vous ?

À rebours de cette rhétorique de « naturalisation », je considère que l’immigration est une question politique par excellence. Ailleurs en Europe, des politiques migratoires différentes de la nôtre produisent des résultats différents eux aussi. Le nombre de nouvelles demandes d’asile reçues au Danemark a baissé de 90 % en dix ans : c’est le résultat d’une politique efficacement dissuasive. Tout programme d’action sur le sujet migratoire doit être conçu en deux temps.

D’abord, ce qui peut être fait immédiatement – par exemple en réduisant l’attractivité de la France pour l’immigration à motivation sanitaire ou sociale. Puis ce qui nécessitera de modifier le cadre constitutionnel et européen, étape indispensable afin de traiter du droit d’asile ou du regroupement familial. L’élection présidentielle de 2027 doit être, pour chacun des candidats, l’occasion de faire savoir clairement quel est l’avenir migratoire qu’il propose à la France. La balle sera alors dans le camp des électeurs : il s’agira de trancher le nœud gordien de ce sujet, qui en détermine tant d’autres.

“Servir son pays c’est se consacrer, avec un esprit lucide et une conscience intègre, au bien commun de tout le peuple”

Lors de sa rencontre avec les autorités, la société civile et le corps diplomatique du Cameroun, le pape Léon XIV a rappelé quelques notions de la Doctrine sociale de l’Eglise :

[…] Il y a 1600 ans, saint Augustin écrivait des mots d’une grande actualité : « Ceux qui commandent sont au service de ceux qu’ils semblent commander. Ils ne commandent pas par soif de domination, mais par devoir de subvenir aux besoins ; non par orgueil pour s’imposer, mais par compassion pour protéger ». Dans cette perspective, servir son pays c’est se consacrer, avec un esprit lucide et une conscience intègre, au bien commun de tout le peuple : de la majorité, des minorités, dans leur harmonie réciproque.

Aujourd’hui, comme beaucoup d’autres nations, votre pays traverse des épreuves compliquées. Les tensions et les violences qui ont frappé certaines régions du nord-ouest, du sud-ouest et de l’extrême nord ont causé de profondes souffrances : des vies perdues, des familles déplacées, des enfants privés d’école, des jeunes qui ne voient pas d’avenir. Derrière les statistiques, il y a des visages, des histoires, des espérances brisées. Face à des situations aussi dramatiques j’ai, au début de cette année, invité l’humanité à rejeter la logique de la violence et de la guerre, pour embrasser une paix fondée sur l’amour et la justice. Une paix désarmée, c’est-à-dire qui n’est pas fondée sur la peur, la menace ou les armements ; et désarmante, car capable de résoudre les conflits, d’ouvrir les cœurs et de susciter la confiance, l’empathie et l’espérance. La paix ne peut être réduite à un slogan : elle doit s’incarner dans un style, personnel et institutionnel, qui rejette toute forme de violence. C’est pourquoi je le répète avec force : « Le monde a soif de paix. […] Assez de guerres, avec leur douloureux cortège de morts, de destructions, d’exilés ». Ce cri veut être un appel à la volonté de contribuer à une paix authentique, en la faisant passer avant tout intérêt partisan.

La paix, en effet, ne se décrète pas : elle s’accueille et se vit. Elle est un don de Dieu qui se développe à travers un travail patient et collectif. Elle est de la responsabilité de tous, en premier lieu celle des Autorités civiles. Gouverner, c’est aimer son pays, mais aussi les pays voisins. Le commandement “aime ton prochain comme toi-même” s’applique également aux relations internationales ! Gouverner, c’est écouter réellement les citoyens, estimer leur intelligence et leur capacité à contribuer à l’élaboration de solutions durables aux problèmes. Le Pape François a souligné la nécessité de dépasser « cette conception des politiques sociales comme une politique envers les pauvres, mais jamais avec les pauvres, jamais pour les pauvres, et encore moins inscrite dans un projet qui rassemble les peuples ».

Dans ce changement d’approche, la société civile doit être considérée comme une force vitale pour la cohésion nationale. Le Cameroun est lui aussi prêt pour cette transition ! Associations, organisations de femmes et de jeunes, syndicats, ONG humanitaires, chefs traditionnels et religieux : tous jouent un rôle irremplaçable dans la construction de la paix sociale. Ce sont eux les premiers à intervenir lorsque des tensions surgissent ; ce sont eux qui accompagnent les personnes déplacées, soutiennent les victimes, ouvrent des espaces de dialogue et encouragent la médiation locale. Leur proximité avec le terrain permet de comprendre les causes profondes des conflits et d’entrevoir des réponses adaptées. La société civile contribue en outre à former les consciences, à promouvoir la culture du dialogue et le respect des différences. C’est donc en son sein que se prépare un avenir moins exposé à l’incertitude. Je tiens à souligner avec gratitude le rôle des femmes. Malheureusement, elles sont souvent les premières victimes des préjugés et des violences ; elles restent cependant des artisans infatigables de paix. Leur engagement dans l’éducation, la médiation et la reconstruction du tissu social est sans égal et constitue un frein à la corruption et aux abus de pouvoir. C’est aussi pour cette raison que leur voix doit être pleinement reconnue dans les processus décisionnels.

Face à tant de dévouements dans la société, la transparence dans la gestion des ressources publiques et le respect de l’État de droit sont essentiels pour rétablir la confiance. Il est temps d’oser faire un examen de conscience et un saut qualitatif courageux. Que les institutions justes et crédibles deviennent des piliers de la stabilité. L’autorité publique est appelée à être un pont, et jamais un facteur de division, même là où l’insécurité semble régner. La sécurité est une priorité, mais elle doit toujours s’exercer dans le respect des droits de l’homme, en unissant rigueur et grandeur d’âme, avec une attention particulière pour les plus vulnérables. Une paix authentique naît lorsque chacun se sent protégé, écouté et respecté, lorsque la loi est un rempart sûr contre l’arbitraire des plus riches et des plus forts.

À bien y regarder, frères et sœurs, les hautes fonctions que vous assumez exigent un double témoignage. Le premier témoignage se concrétise dans la collaboration entre les différents organes et niveaux administratifs de l’État au service du peuple, et en particulier des plus pauvres ; le second témoignage se réalise en unissant vos responsabilités institutionnelles et professionnelles à une conduite de vie intègre. Pour que la paix et la justice s’affirment, il faut en effet briser les chaînes de la corruption qui défigurent l’autorité en la vidant de sa crédibilité. Il faut libérer le cœur de cette soif de gain qui est une idolâtrie. Le véritable gain c’est le développement humain intégral, c’est-à-dire la croissance équilibrée de tous les aspects qui font de la vie sur cette terre une bénédiction.

Le Cameroun dispose des ressources humaines, culturelles et spirituelles nécessaires pour surmonter les épreuves et les conflits, et avancer vers un avenir de stabilité et de prospérité partagée. Il faut que l’engagement commun en faveur du dialogue, de la justice et du développement intégral transforme les blessures du passé en sources de renouveau. Comme je le disais, les jeunes représentent l’espérance du pays et de l’Église. Leur énergie et leur créativité sont des richesses inestimables. Bien sûr, lorsque le chômage et l’exclusion persistent, la frustration peut engendrer de la violence. Investir dans l’éducation, dans la formation et dans l’esprit d’entreprise des jeunes est donc un choix stratégique pour la paix. C’est le seul moyen d’endiguer l’hémorragie de talents merveilleux vers d’autres régions de la planète. C’est aussi le seul moyen de lutter contre les fléaux de la drogue, de la prostitution et de la torpeur qui dévastent trop de jeunes vies, de manière toujours plus dramatique. […]

Lettre ouverte aux instituts qui servent la Tradition

**Lettre ouverte aux instituts qui servent la Tradition**

J’écris en père de famille.

Non en théologien, ni en canoniste et encore moins en homme d’institut.

J’écris comme un laïc qui essaie simplement de vivre et transmettre la foi à ses enfants, de (les) faire grandir dans l’amour de la messe traditionnelle, dans la solidité de la doctrine catholique, dans la beauté d’une vie chrétienne cohérente. Et c’est précisément à ce titre que je vous rebondis aujourd’hui, avec une forme croissante d’incompréhension.

Car enfin, que voyons-nous sur le terrain ?

Partout en France fleurissent des pèlerinages, des chapitres, des écoles, des foyers, des œuvres, des initiatives. On y croise des fidèles de la FSSPX, de la FSSP, de l’ICRSP, de l’IBP, de l’abbaye du Barroux, et bien d’autres encore. Les familles se parlent, les enfants se rencontrent, les jeunes se marient, les laïcs prient ensemble, marchent ensemble, espèrent ensemble. Il existe bel et bien un seul peuple catholique attaché à la Tradition.

Et pourtant, officiellement, les prêtres et les instituts demeurent distants les uns des autres : d’un côté la FSSPX, de l’autre les instituts dits *ex Ecclesia Dei*.

Combien de situations absurdes faut-il encore voir ? Des familles unies par le mariage de leurs enfants, et dans lesquelles pourtant certains prêtres ne s’autorisent pas, ou ne sont pas autorisés, à venir dans le chœur.

Des événements où les fidèles se retrouvent naturellement, tous instituts confondus, tandis que les clercs ne reflètent pas cette même proximité. Des œuvres semblables, des combats semblables, une même liturgie, un même amour de la messe, une même volonté de transmission, et malgré cela cette distance entretenue entre instituts.

Et pendant ce temps, lorsque l’un est frappé par quelques consignes incompréhensibles, chacun tourne la tête et regarde ailleurs.

Au Havre, un institut s’est vu interdire de célébrer le Triduum pascal au motif que sa lettre de mission ne le mentionnait pas. Voilà le genre d’événement qui devrait tous nous alerter, vous faire écrire, vous faire parler, vous faire vous lever. Quand l’un est atteint, tous devraient se sentir concernés. Quand un apostolat attaché à la Tradition est frappé, tous les catholiques attachés à la Tradition devraient réagir, se soutenir, faire bloc, aux quatre coins de la France.

Car ce qui atteint l’un finit toujours, tôt ou tard, par menacer les autres.

Je ne me reconnais dans aucun institut dans les passes d’armes que vous vous menez mutuellement. Je ne vous suis pas dans cette manière de traiter en rival celui qui poursuit, pour l’essentiel, le même but. Le feu brûle, et vous trouvez encore le moyen de frapper, critiquer ou décrédibiliser votre collègue pompier, qui porte la même lance et cherche à sauver la même maison.

De mon point de vue de père de famille, d’homme catholique, de militant, cela devient incompréhensible.

Car, dans les faits, ce qui vous sépare n’a rien d’une fracture insurmontable. Ce qui apparaît surtout, c’est une différence de stratégie, de tempérament, de méthode, de rapport au combat. Plusieurs lignes, plusieurs styles, plusieurs manières de tenir et chacun avec ses risques et ses faiblesses.

L’un a gardé davantage le sens du rapport de force, de la fermeté, de la vigilance, de la combativité. L’autre a développé une présence plus insérée, un rayonnement plus diffus, un travail de consolidation plus patient. Pourquoi faudrait-il opposer ce qui devrait se compléter ?

Je n’appartiens à aucun institut.
Je ne bâtis pas mon foyer sur des rivalités d’instituts.

Je suis attaché à la messe dite « tradi » et à son enseignement, à une vie sacramentelle, à un catéchisme clair, à la transmission d’une foi entière, à une civilisation chrétienne reçue comme un héritage à faire fructifier. Voilà ce que je cherche. Voilà ce que je défends. Et voilà pourquoi vos querelles me lassent, m’attristent et me blessent.

La FSSPX gagnerait sans doute à créer davantage de liens avec les instituts issus d’*Ecclesia Dei*, à sortir parfois d’un isolement qui nourrit aussi les malentendus. Et ces instituts, de leur côté, gagneraient parfois à retrouver un peu de la fermeté, de la combativité et du sens du combat que la FSSPX a su conserver. Chacun a quelque chose à apporter à l’autre. Chacun pourrait compléter l’autre sans se renier.

Et plus encore : tous ces instituts devraient passer davantage de temps à prier ensemble, à demander la reconnaissance et la validation des sacres, à œuvrer pour ce qui fortifie durablement la Tradition, plutôt qu’à se surveiller, à se répondre, ou à se frapper les uns les autres.

Mais pour cela, encore faut-il accepter de se connaître réellement, de se parler, et de chercher d’abord à mener les âmes au Bon Dieu.

Je vous pose donc la question, simplement, à vous qui êtes prêtres de Jésus-Christ, qui célébrez la même messe à la virgule près, et servez les mêmes âmes : jusqu’où irez-vous dans cette logique de division ? Jusqu’où penserez-vous qu’il est normal de vous tenir à distance, de vous jauger, de vous soupçonner, de vous analyser, de vous critiquer, alors que tant de fidèles vivent déjà, concrètement, une proximité assumée ?

Car si certains voulaient affaiblir, étouffer ou dissoudre la Tradition, ils ne s’y prendraient pas autrement : ils laisseraient ses défenseurs s’user entre eux, se fatiguer en luttes secondaires, gaspiller leurs forces dans des rivalités internes pendant que l’essentiel vacille.

Ce que j’attends de vous n’est pas une unité de façade, ni un geste symbolique sans lendemain, ni un silence poli couvrant des hostilités intactes.

J’attends un peu plus d’humilité, un peu plus de charité : Un peu plus de sens du réel et surtout un peu plus de courage aussi.

Le courage de reconnaître ce qu’il y a de bon chez l’autre.
Le courage de cesser de traiter en adversaire celui qui, dans l’essentiel, est un allié.
Le courage, enfin, de servir la Tradition avant de servir son camp.

Car pendant que vous passez du temps à légitimer votre institut ou à décrédibiliser l’autre, à polémiquer sur les sacres, nous essayons d’élevons nos enfants.

Pendant que vous entretenez vos fausses prudences réciproques et vos stratégies de sacristie, nous essayons de transmettre la foi dans un monde qui la détruit partout. Pendant que vous vous observez entre instituts, en cherchant le mot, la formule ou l’article qui permettra de disqualifier l’autre, nous voulons simplement des prêtres qui nous aident à sauver nos âmes et celles de nos enfants.

Voilà pourquoi cette situation n’est plus seulement regrettable.

Elle devient, humainement et spirituellement incompréhensible.

Par pitié messieurs les abbés en charge des instituts choisissez mieux vos adversaires !

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

La fondation Jérôme Lejeune attaquée à l’Assemblée au sujet de l’avortement

Le député escrolo Sandra Regol est intervenu à l’Assemblée nationale lors des questions au gouvernement pour défendre le Planning familial et le massacre des enfants à naître (ce qui n’est pas vraiment écologique…) :

En mars 2024, nous inscrivions l’IVG dans la Constitution. Le lendemain, alors que nous fêtions encore cette victoire historique, le planning familial de Strasbourg était couvert du tag « Planning assassin ». Ce n’est que l’une des six dernières attaques que le Planning familial a subies ces cinq dernières années. Partout en France, la même tendance glaçante se dessine. Malgré des plaintes systématiquement déposées, malgré le fait que les auteurs revendiquent parfois leurs actes, on ne constate ni arrêt des attaques ni pressions sur les auteurs et leurs réseaux. Les salariés ont peur et un climat d’insécurité plane sur les militants et les militantes, comme sur les bénéficiaires du Planning familial partout en France. Le travail de cette structure se trouve ainsi mis en péril.

Citons brièvement deux autres exemples : en juin 2025, dans le Nord, « Stop IVG » était tagué sur le mur d’un planning familial ; en mai 2025, dans les Alpes-Maritimes, des militants du Planning ont été harcelés et cyberharcelés par le collectif d’extrême droite Eros.

Ces attaques ne viennent pas de nulle part. Un rapport du Forum parlementaire européen sur les droits sexuels et reproductifs révèle ainsi que la France est le deuxième –⁠ le deuxième ! – pays d’Europe, derrière la Hongrie, où les financements de campagnes antigenre, anti-IVG, pro-thérapies de conversion, et j’en passe, sont les plus élevés. Derrière 166 millions d’euros investis, on trouve principalement deux nébuleuses : celle de Pierre-Édouard Stérin et celle de la fondation Jérôme Lejeune. Alors que le financement de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle disparaît et que les dotations au Planning familial s’écroulent, ces réseaux d’extrême droite investissent des millions pour détruire nos droits, briser des vies, diffuser leur dangereuse idéologie jusque dans les écoles, les médias et –⁠ au moyen de cette assemblée – la loi.

Nos droits brûlent et vous regardez ailleurs : on ne compte aucune protection pour les plannings ni aucun budget pour leur permettre de lutter à armes égales. Quand allez-vous réagir, assurer leur protection et condamner ces réseaux qui les détruisent ? 

Réponse du ministre délégué chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé :

C’est l’honneur du Parlement d’avoir inscrit le droit et la liberté d’accès à l’avortement dans la Constitution, à l’issue d’un travail transpartisan que nous avons réussi à mener ensemble –⁠ je le dis devant la présidente de votre groupe, Cyrielle Chatelain.

Cependant, les anti-droits et les anti-choix n’ont jamais désarmé dans notre pays. Ils continuent à taguer, à menacer, à intimider, à financer et à tenter de désorienter les jeunes femmes qui souhaiteraient avoir simplement accès à leur liberté, désormais constitutionnellement garantie.

Face à cela, nous agissons. D’abord, en protégeant les lieux –⁠ je suis en contact très régulier avec la présidente du Planning familial pour garantir, en lien avec le ministère de l’intérieur, la protection de ses structures et les accompagner vers des dépôts de plainte systématiques. Vous avez raison de rappeler que le Planning familial, notamment à Strasbourg, a été particulièrement ciblé, à plusieurs reprises –⁠ je m’y étais justement rendue pour témoigner du soutien du gouvernement et de l’État. Ensuite, les moyens alloués aux associations ont plus que triplé en dix ans –⁠ même s’il est vrai que ceux que leur allouent certaines collectivités locales ont parfois baissé.

Dans le budget pour 2026 que nous avons présenté, le soutien de l’État aux associations continue d’augmenter.

La mobilisation est donc générale pour nos libertés, nos droits, nos choix d’accès à l’IVG partout sur le territoire. Nous mettons tout en œuvre pour garantir le libre accès à l’avortement, soutenir les associations et lutter fermement contre ceux qui préfèrent désinformer, désorienter et manipuler –⁠ en France, ils ne doivent pas pouvoir gagner !

Réponse de Sandra Regol :

Ce sont des mots. La réalité, c’est que ces réseaux agissent dans l’impunité la plus totale. Vous n’en avez rien dit. Vous les laissez donc agir : c’est de la non-assistance à droits en danger !

Saint Augustin : ses écrits, ses enseignements, sa spiritualité et son invitation à la recherche de Dieu et de la vérité sont plus que jamais nécessaires 

S’adressant aux journalistes dans l’avion qui l’emmène au Cameroun, le pape Léon XIV est revenu sur sa visite en Algérie et a insisté sur saint Augustin :

Comme vous le savez, nous avons effectué des visites très spéciales, notamment à la basilique Notre-Dame d’Afrique et à la basilique Saint-Augustin, située sur la colline qui surplombe la ville moderne d’Annaba, ainsi qu’aux ruines de la cité romaine d’Hippone. Ce lieu revêt, à mon sens, une importance symbolique considérable, car saint Augustin, évêque d’Hippone pendant plus de trente ans, est une figure profondément ancrée dans le passé, qui nous parle de la tradition et de la vie de l’Église à ses débuts. Et pourtant, il demeure une figure essentielle aujourd’hui, car ses écrits, ses enseignements, sa spiritualité et son invitation à la recherche de Dieu et de la vérité sont plus que jamais nécessaires ; un message d’une grande actualité pour nous tous, croyants en Jésus-Christ, mais aussi pour tous les êtres humains.

La problématique de la guerre juste est une question morale

Suite aux critiques de Donald Trump contre le pape (je remarque en passant que depuis ces critiques, tout le monde soutient désormais le pape, y compris les gauchistes et les anti-cléricaux…), le vice-président américain JD Vance, qui est catholique, a également critiqué Léon XIV :

«De la même façon qu’il est important pour le vice-président des États-Unis de faire attention quand je parle de sujets de politiques publiques, je pense qu’il est très, très important pour le pape de faire attention quand il parle de sujets de théologie». «J’ai beaucoup de respect pour le pape. Je l’apprécie, je l’admire. J’ai pu le connaître un petit peu.» “Oui, je pense que, dans certains cas, il vaudrait mieux que le Vatican s’en tienne aux questions morales, à ce qu’il se passe au sein de l’Église catholique et laisse le président des États-Unis se charger de définir la politique publique américaine”

Réponse d’un prêtre catholique :

“Quand le Pape dit : « Dieu n’est pas du côté de ceux qui manient l’épée » (Matthieu 26:52), il ne nie pas la tradition de la “guerre juste” de l’Église. Il nous appelle à revenir au cœur du Christ. Dans Matthieu 26:52, Jésus dit : « Tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée. » Il nous enseigne aussi à aimer non seulement nos amis, mais nos ennemis (Matthieu 5:44), à refuser la riposte (Matthieu 5:39), et finalement, Il se soumet à la Croix sans violence. Cela montre une direction claire : le Royaume de Dieu ne se construit pas par la force. Comme Il le dit : « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés enfants de Dieu » (Matthieu 5:9). Le Christ ne présente pas la violence comme quelque chose qui reflète la nature de Dieu. Il se laisse tuer plutôt que de se défendre par la force. C’est là le cœur du message de l’Église.

Qu’est-ce que la théorie de la guerre juste ? La théorie de la guerre juste a été développée principalement par saint Augustin et affinée plus tard par saint Thomas d’Aquin. Ce n’est pas une justification de la violence, mais un cadre moral strict destiné à la limiter. Elle accepte que, dans un monde déchu, l’usage de la force puisse parfois être toléré, mais seulement sous des conditions graves. Il doit y avoir

1/ une cause juste, comme la défense de la vie innocente ou la résistance à une grave injustice. Elle doit être déclarée par

2/ une autorité légitime.

3/ L’intention doit être droite, non motivée par la vengeance, la haine ou la conquête, mais par le désir de restaurer la justice et la paix.

4/ La guerre doit vraiment être le dernier recours, après que toutes les options pacifiques sérieuses ont été épuisées.

5/ Il doit y avoir une réelle probabilité de succès, afin que des vies ne soient pas gaspillées dans un conflit sans espoir.

6/ La réponse doit être proportionnée, ce qui signifie que le mal causé ne doit pas être plus grand que le mal combattu.

7/ Et même en temps de guerre, les civils et les non-combattants ne doivent jamais être délibérément visés.

Même avec toutes ces conditions, l’Église ne dit jamais que Dieu soutient la guerre. Au plus, elle dit que la responsabilité morale peut, dans des circonstances très limitées, tolérer l’usage de la force pour prévenir un mal plus grand. La paix reste l’objectif. La violence n’est jamais l’idéal.

Ce que je trouve difficile dans la réponse de Vance, c’est le ton envers le Pape. Cela donne l’impression qu’il essaie de corriger un langage théologique, comme si le Pape n’offrait qu’une opinion parmi d’autres. Mais le rôle du Pape est précisément de s’exprimer sur les questions morales et théologiques, surtout quand elles touchent à des enjeux réels comme la guerre et le pouvoir. À un niveau plus profond, cela ressemble à un choc entre le raisonnement politique et la logique de l’Évangile. Le Christ est la norme, pas la stratégie politique, pas le précédent historique. Tout doit être mesuré à son aune. Donc oui, l’Église a lutté avec la réalité de la guerre. Mais cela n’affaiblit pas le point du Pape. Si quoi que ce soit, cela le rend plus nécessaire. Dans un monde qui ne cesse de trouver des moyens de justifier la violence, l’Église doit continuer à pointer vers le Christ, qui n’a pas conquis par l’épée, mais par la Croix”

Fr. James A. Faith-Chat Platform

La justice devient cinglée

La ville de Rennes a décidé d’accorder plus de subventions aux associations sportives en fonction de la part de jeunes filles et d’enfants non binaires parmi les inscrits.

L’association Juristes pour l’Enfance avait déposé un recours mais avait été déboutée en première instance, les magistrats considérant que le but était de garantir l’accès au sport pour tous sans créer de nouvelle catégorie sexuelle.

L’association a fait appel, dénonçant une mesure idéologique portant atteinte à la neutralité du service public, au respect de la vie privée et au droit à la santé psychique des mineurs.

La cour administrative d’appel de Nantes vient de se prononcer, dans un arrêt rendu le 27 mars, donnant raison à la Ville de Rennes. Elle souligne notamment que la non-binarité du genre « n’est pas une idéologie mais un fait social, biologique et médical attesté ». La loi permet de déroger au principe d’égalité pour des raisons d’intérêt général. Or, il s’agit ici de « renforcer l’égal accès à la pratique sportive ». Pourtant, le rapporteur public avait estimé que la différence de traitement choisie par la ville de Rennes entre les adhérents n’était « pas adéquate ».

Les requérants ont encore la possibilité de saisir le Conseil d’État.

Pour mémoire, une personne non-binaire peut ne se sentir ni homme ni femme, les deux, ou toute autre combinaison des deux. Le terme « non-binaire » désigne toutes les possibilités en dehors d’une identité strictement féminine ou masculine. Sic.

Canada : sortir dans les rues pour la Fête-Dieu avec le Saint-Sacrement, une sorte de désobéissance civile !

La nouvelle loi canadienne contre les « discours de haine » a finalement exclu les citations de la Bible, mais en revanche le fait de nommer une personne selon le prénom qu’elle avait avant sa « transition de genre », autrement dit selon son prénom normal, est un délit de « violence émotionnelle fondée sur le genre ».

Monseigneur Martin Laliberté, président de l’Assemblée des Évêques catholiques du Québec, a répondu aux questions du magazine Le Verbe sur cette loi :

L’Assemblée des évêques catholiques du Québec a été entendue aux audiences publiques le 4 février dernier. Sur les neuf recommandations que nous avons déposées, aucune n’a été retenue. Les évêques sont une quantité négligeable pour eux. On a fait notre part, mais la voix des évêques, ce n’est pas la voix du peuple. On encourage cette pétition pour que le peuple s’exprime.

Les politiciens accordent beaucoup d’importance à l’opinion populaire et leur idée au sujet de la loi 9, c’est qu’elle est acceptée par tout le monde. Ce n’est peut-être pas si vrai que ça. Si la pétition est signée par plusieurs, ce sera le meilleur argument contre cette idée préconçue.

Bon nombre de Québécois sont contre, c’est important de dire qu’on ne croit pas à ce projet de loi là. Le gouvernement veut évacuer tout ce qui est religieux de la sphère publique. Mais le droit de pratiquer sa religion, c’est un droit fondamental, c’est dans la Déclaration des Droits de l’Homme, c’est le fondement du droit international. Ce projet de loi est pernicieux, car le gouvernement se sert de la clause dérogatoire pour enlever des libertés et des droits sous prétexte de gros problèmes de religion au Québec. C’est faux!

Sur les neuf recommandations qui n’ont pas été retenues par le gouvernement, certaines sont plus importantes. Lesquelles?

La plus grave, c’est la question de la définition de la pratique religieuse. On leur a demandé de revoir leur définition. C’est bâclé et surtout ça démontre une ignorance du fait religieux. Ils n’ont consulté aucun expert en la matière, c’est évident. La religion, ce n’est pas que des pratiques; c’est ce qui donne sens à la vie pour le croyant, peu importe sa foi. On est croyant tout le temps; pas juste à la maison! C’est une manière d’être. C’est une identité profonde.

« Est une pratique religieuse au sens du présent article et de l’article 10.2 toute action, à l’exception du port d’un signe religieux, pouvant raisonnablement constituer, en fait ou en apparence, la manifestation d’une conviction ou d’une croyance religieuse. »

La deuxième, c’est l’interdiction de manifester dans l’espace public. Avec la loi 9, tout le monde a le droit de manifester, sauf les croyants. Ça s’appelle de la discrimination.

Et la troisième, c’est d’interdiction du port de signes religieux. On peut porter toutes sortes de signes dans notre société, mais pas celui d’une vie spirituelle? C’est, encore une fois, de la discrimination religieuse. C’est clair qu’on vise les femmes musulmanes qui portent le hijab, mais on étend cette interdiction à toutes les femmes, religieuses catholiques incluses, comme si ces femmes faisaient du prosélytisme à leur travail.

Qui est visé par la loi 9?

On veut toucher un groupe en particulier – les musulmans, mais encore là, une certaine catégorie de musulmans, les plus radicaux –⁠, mais on ne veut pas que ça paraisse. Alors, on fait une loi unilatérale, sans nuance, qui brime tout le monde. Et tout ça pour quelques prières de rues à Montréal, marginales, qui, dans les faits, étaient des manifestations politiques en soutien à Gaza. Comme les musulmans prient cinq fois par jour, ça s’adonne qu’ils ont prié pendant la manifestation. C’est tout!

Il y a des lois qui existent déjà pour contrôler ces choses-là. La municipalité a tous les leviers. On n’ose pas viser un groupe en particulier. Même chose avec l’école Bedford. Les centres de services scolaires ont déjà les règlements pour gérer ça. Qu’ils s’en servent!

Nous ne devions pas déjà obtenir l’autorisation de la municipalité pour les processions? Quelle sera la différence avec cette nouvelle loi ?

On n’a jamais eu besoin de demander la permission pour faire une procession religieuse. On s’entendait avec la ville pour respecter les questions de circulation, de sécurité, d’espace occupé. Là, ça change complètement; on n’a plus le droit de faire des processions avec cette nouvelle loi. Ça devient «une exception» que la municipalité peut accorder, ou non, dépendamment du fonctionnaire sur lequel tu tombes ce jour-là.

Le gouvernement du Québec passe par-dessus la Charte canadienne des droits et libertés de la personne. C’est grave! Le ministre Jean-François Roberge a voulu nous rassurer en nous disant qu’on allait pouvoir continuer à faire des processions, mais on sait bien qu’avec le temps, ça va devenir une impossibilité.

Au départ, le gouvernement refilait la décision aux conseils municipaux, lesquels allaient devoir voter chaque fois. Mais eux, ils ont refusé de gérer ça. Alors, le gouvernement a décidé de donner ça aux fonctionnaires. Pour nous, c’est du pareil au même! On sera lié au bon vouloir des fonctionnaires.

Si la pétition ne donne pas de résultat, allez-vous lâcher le morceau?

Je ne pense pas qu’on va lâcher le morceau. Si le vote passe rapidement – et ça, c’est mon opinion – je me dis qu’on pourrait tous sortir dans les rues pour la Fête-Dieu avec le Saint-Sacrement! Toutes les communautés, les paroisses, les groupes qui envahissent les rues, ça rendrait la tâche difficile pour les autorités! Une sorte de désobéissance civile, quoi.

Les sacres prévus par la FSSPX sont-ils légitimes ?

Source : https://claves.org/des-sacres-legitimes/

Œuvre d’un groupe de théologiens (Theologus), cet article a reçu un hommage appuyé du cardinal Sarah  :

“Un immense merci pour ce texte lumineux. Il éclairera les âmes désireuses de vivre leur Foi dans la Vérité, c’est-à-dire dans le Christ et dans Son Église. Depuis 2001 je fais partie de ceux qui aident le Souverain Pontife à choisir les Candidats à l’Épiscopat, après une longue et minutieuse enquête sur chaque candidat. Je suis douloureusement surpris et choqué qu’une simple décision d’un Supérieur de Communauté décide d’ordonner des « Évêques véritablement catholiques ». Merci pour ce texte merveilleux, clair et bien étudié. Nous devons savoir que ce n’est pas nous qui sauvons les âmes. C’est le Christ Seul qui sauve. Nous, nous ne sommes que des instruments entre Ses Mains.
Continuons à prier pour qu’on ne déchire pas de nouveau le Corps du Christ.”

Cardinal Robert Sarah

Quelle est l’argumentation fondamentale de la FSSPX en défense des sacres projetés pour le 1er juillet 2026 ?

 Elle est résumée de façon officielle dans une Annexe à la réponse de l’abbé Pagliarani au Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, le 18 février 2026 :

« Une consécration épiscopale non autorisée par le Saint-Siège, lorsqu’elle ne s’accompagne ni d’une intention schismatique, ni de la collation de la juridiction, ne constitue pas une rupture de la communion de l’Église. La constitution Lumen gentium sur l’Église énonce au chapitre III, au n° 21 [LG 21], que le pouvoir de juridiction est conféré par la consécration épiscopale. […]

L’argumentation qui voudrait conclure que seraient schismatiques les consécrations épiscopales à venir au sein de la Fraternité, repose tout entière sur le postulat du Concile Vatican II selon lequel la consécration épiscopale donne à la fois le pouvoir d’ordre et celui de juridiction ».

En quoi cette argumentation est-elle critiquable ?

Elle comporte deux grosses erreurs : une sur ce qu’affirme le Concile ; une sur l’argumentation de ceux qui s’opposent aux futurs sacres.

Que dit en fait le Concile ?

Il n’affirme pas que la consécration épiscopale confère le pouvoir de juridiction.

Le saint Concile enseigne que, par la consécration épiscopale, est conférée la plénitude du sacrement de l’Ordre […]. La consécration épiscopale, en même temps que la charge (ou fonction : munus) de sanctification, confère aussi les charges d’enseigner et de gouverner, lesquelles cependant, de par leur nature, ne peuvent s’exercer que dans la communion hiérarchique avec le chef du collège et ses membres (LG 21).

Pour bien comprendre le texte de LG 21, il faut préciser qu’une Note (Nota explicativa prævia) a été ajoutée à Lumen gentium à la suite des demandes d’éclaircissements de pères conciliaires, dont ceux du groupe dont faisait partie Mgr Lefebvre, le Cœtus internationalis Patrum.

Que dit la Note qui explique LG 21 ?

« Dans la consécration épiscopale est donnée la participation ontologique aux fonctions (munera) sacrées comme il ressort de façon indubitable de la Tradition et aussi de la tradition liturgique. De propos délibéré on emploie le terme de fonctions (munera) et non pas celui de pouvoir (potestas), parce que ce dernier pourrait s’entendre d’un pouvoir apte à s’exercer en acte. Mais pour qu’un tel pouvoir apte à s’exercer existe, doit intervenir la détermination canonique ou juridique de la part de l’autorité hiérarchique. […] Une telle norme ultérieure est requise par la nature de la chose, parce qu’il s’agit de fonctions qui doivent être exercées par plusieurs sujets qui, de par la volonté du Christ, coopèrent de façon hiérarchique. Il est évident que cette “communion” a été appliquée dans la vie de l’Église suivant les circonstances des temps avant d’avoir été comme codifiée dans le droit.

C’est pourquoi on dit expressément qu’est requise la communion hiérarchique avec le chef et les membres de l’Église. La communion est une notion tenue en grand honneur dans l’ancienne Église (comme aujourd’hui encore, notamment en Orient). On ne l’entend pas de quelque vague sentiment, mais d’une réalité organique, qui exige une forme juridique et est animée en même temps par la charité. » (Nota prævia, n. 2).

Y a-t-il ici une nouveauté erronée de Vatican II ?

Contrairement à ce que soutient la FSSPX, selon Vatican II il n’est pas question, dans ce que confère la consécration épiscopale, du pouvoir de gouverner (de juridiction), mais de charges ou fonctions. La FSSPX affirme donc – sans le prouver – un « postulat de Vatican II » prétendument erroné. 

D’ailleurs, un théologien « traditionaliste » reconnu, l’abbé Raymond Dulac, explique au contraire que dans le texte de LG 21, il n’y a pas de rupture avec la doctrine catholique antécédente : « Le sacre produit une destination innée, indélébile, inscrite dans le “caractère épiscopal” de gouverner une portion de l’Église, mais cette aptitude a besoin d’être réduite à l’acte par un vrai “pouvoir” de juridiction ». Et il parle « d’autorité radicale inscrite dans le sacre » (La collégialité épiscopale au deuxième concile du Vatican, Le Cèdre, 1979, pp. 119-120).

L’argumentation de ceux qui s’opposent aux futurs sacres repose-t-elle toute entière, comme le dit la FSSPX, sur cette supposée « erreur » de Vatican II ?

Non, car même si la FSSPX avait raison dans sa critique de Lumen gentium, ceux qui s’opposent à son raisonnement ne s’appuient pas sur cette question de la transmission du pouvoir de juridiction. 

L’argumentation de ceux qui s’opposent aux sacres de la FSSPX repose sur la nature même de l’épiscopat catholique, dont l’essence comporte la communion hiérarchique.

Comment préciser l’argumentation de ceux qui s’opposent aux futurs sacres ?

Comme on vient de le dire, ce qui est en cause dans les futurs sacres, ce n’est pas la réception ou non d’un pouvoir de juridiction. C’est le fait que toutes les fonctions reçues dans le sacre – y compris celle de la sanctification des baptisés par la collation de la confirmation et de l’ordre – « ne peuvent s’exercer que dans la communion hiérarchique avec le chef du collège et ses membres » ; et que ceci tient à « la nature même » de ces fonctions épiscopales.

Cela vaut-il aussi pour un évêque sans juridiction, comme un évêque titulaire ou un évêque émérite ?

Oui, un évêque qui n’a pas reçu de sujets à gouverner (évêque titulaire) ou qui est retiré (évêque émérite), ne confirme ou n’ordonne pas les sujets d’autres évêques dans l’Église, sans la permission de leurs Ordinaires propres. 

L’évêque titulaire est bien sacré sans qu’on lui ait conféré de juridiction actuelle, mais il exerce toujours cependant, dans l’ordre de la sanctification, sa « grâce de chef » reçue dans le sacre (cf. saint Irénée, Adversus hæreses, III, 17, 2) dans la communion hiérarchique avec le pape et les autres évêques.

Chaque fois qu’un évêque sans juridiction actuelle exerce son pouvoir sacramentel épiscopal, il le fait donc avec une mission reçue de ceux qui ont juridiction (évêques diocésains ou Supérieurs religieux).

Une mission particulière est-elle reçue pour les futurs évêques de la FSSPX ?

Non, ce n’est pas cela qui est envisagé pour les sacres de la FSSPX : « La situation présente, qui est celle d’une invasion généralisée et permanente du modernisme dans l’esprit des hommes d’Église, réclame, pour la sanctification et le salut des âmes, un épiscopat véritablement catholique et indemne des erreurs du concile Vatican II, tel qu’il ne saurait de fait se rencontrer en dehors de l’œuvre suscitée par Mgr Lefebvre » (Abbé Gleize, « Les sacres du 1er juillet 2026 », La Porte Latine, 11 février 2026). 

Dans la présentation d’un livre en italien, la FSSPX affirme qu’est nécessaire « la consécration d’évêques intégralement catholiques pour l’ordination de prêtres intégralement catholiques qui continueront à transmettre sans altération le Dépôt de la foi » (AA. VV., Al servizio della Chiesa. Le consacrazioni episcopali della Fraternità San Pio X, Edizioni Piane, 2026).

Il est donc envisagé que les futurs évêques de la FSSPX soient consacrés non seulement sans juridiction ni mission reçues mais aussi en-dehors de la communion hiérarchique catholique, puisque seule la FSSPX peut, à son avis, transmettre sans altération le Dépôt de la foi. 

Le sacre en dehors de (et a fortiori contre) la communion hiérarchique est-il un acte intrinsèquement mauvais ?

Oui, car un prêtre sacré sans recevoir de juridiction actuelle reçoit cependant toujours un pouvoir spirituel intrinsèquement ordonné au gouvernement de l’Église. Il ne peut recevoir, en dehors de toute injonction de ceux qui ont autorité dans l’Église (et a fortiori contre eux), une « grâce de chef », c’est-à-dire une puissance essentiellement ordonnée à un acte réservé, de droit divin, à ceux qui dans l’Église sont revêtus de l’autorité. 

Un sacre en-dehors de la communion hiérarchique revêt donc une grave viciosité qui est, sinon schismatique, du moins dans la ligne même du schisme. Pie XII qualifie ainsi la consécration reçue sans l’institution apostolique de « très grave attentat à l’unité même de l’Église », et il qualifie de « gravement illicite et sacrilège » l’usage du pouvoir d’ordre par des évêques ainsi consacrés (Encyclique Ad apostolorum Principis, 29 juin 1958).

Conférer ou recevoir l’épiscopat en-dehors de la communion hiérarchique est-il contraire au droit divin ?

Oui, car le Christ n’a pas établi les apôtres, ni les apôtres institué les évêques, leurs successeurs, comme des entités autonomes, sans lien entre elles. Parlant de la détermination requise pour la communion hiérarchique, la Nota Prævia dit bien : « Une telle norme ultérieure est requise par la nature de la chose, parce qu’il s’agit de fonctions qui doivent être exercées par plusieurs sujets qui, de par la volonté du Christ, coopèrent de façon hiérarchique » (n. 2).

La réception de l’épiscopat par des prêtres de la FSSPX le 1er juillet se ferait donc de façon autonome et sans aucun lien avec le reste de l’épiscopat catholique. Elle s’opposerait au fait que rappelait l’abbé Berto, théologien (peritus) de Mgr Lefebvre durant le concile Vatican II : « De droit divin, les évêques, même dispersés, sont un corps constitué dans l’Église  » (Pour la Sainte Église Romaine, Éd. du Cèdre, 1976, p. 242).

Et Pie XII souligne que les trois charges des évêques (y compris celle d’ordre) leur conviennent dans la subordination au Souverain Pontife : « par institution divine, vous appartient, à vous, successeurs des Apôtres, sous l’autorité du Pontife romain, en vertu d’une triple charge et prérogative (cf. can. 329), le magistère, le sacerdoce et le gouvernement (magisterium, sacerdotium, regimen) » (31 mai 1954, Allocution aux Cardinaux et évêques venus à Rome pour la canonisation de saint Pie X).

De tels sacres sont-ils exempts, comme le soutiennent leurs défenseurs, d’« intention schismatique » ?

Subjectivement, c’est possible. La grave et longue crise dans l’Église, notamment le fait que certains membres de la hiérarchie puissent parfois favoriser réellement l’erreur ou être complices de fauteurs d’erreurs, peut amener certains, de bonne foi, à perdre de vue des éléments essentiels de la doctrine catholique, comme la communion hiérarchique. Et l’intention subjective relève du jugement de Dieu. 

Mais objectivement, l’épiscopat lefebvriste ne peut se constituer qu’en niant la qualité de catholiques aux autres évêques : la FSSPX le reconnaît lorsqu’elle affirme qu’il faut constituer « un épiscopat véritablement catholique » pour « le salut des âmes ».

Comme l’a rappelé Mgr Marian Eleganti, « il ne s’agit pas principalement d’intentions, mais de faits et de comportements objectifs » (thecatholicherald.com, 9 mars 2026). Et Mgr Robert Mutsaerts a écrit : « La FSSPX dispose d’une hiérarchie parallèle (des évêques sans mandat pontifical), elle procède à des ordinations sans juridiction, et ignore souvent les évêques locaux » (lifesitenews.com, 12 mars 2026). 

La notion de l’épiscopat, telle que la FSSPX la met en avant, est-elle orthodoxe ?

 Malheureusement la FSSPX forge de plus en plus clairement une notion de l’épiscopat manifestement contraire à la Tradition catholique. Elle prétend en effet faire des évêques qui n’ont pas de relation au gouvernement réel de l’Église, et qui ne sont pas de « vrais princes dans la hiérarchie ecclésiastique » (Léon XIII, encyclique Sapientiæ christianæ, 10 janvier 1890). 

A contrario, la notion catholique de l’épiscopat est bien affirmée par saint Thomas : « L’évêque a un ordre par rapport au Corps mystique du Christ, qui est l’Église, sur laquelle il reçoit une charge principale et quasi royale » (Traité de la perfectione de la vie spirituelle, chap. 24, 4).

La Tradition s’exprime par ailleurs notamment dans les rites liturgiques et l’usage de l’Église, tant orientale qu’occidentale. Elle montre que, par les rites de la consécration épiscopale, les évêques, non seulement reçoivent un pouvoir d’ordre spécifique, mais tiennent la place du Christ comme Maître et Pasteur. Ainsi, le Pontifical romain traditionnel porte, pour tous les évêques, même ceux qui n’ont pas la charge d’un troupeau particulier : « Donnez-lui, Seigneur, une chaire épiscopale pour régir votre Église et le peuple qui lui est confié ». Et Benoît XIV invoque un autre texte du Pontifical : « Recevez l’Evangile, et allez l’annoncer au peuple qui vous est confié » (Lettre Apostolique au Cardinal delle Lanze, 4 août 1747).

La FSSPX au contraire promeut un épiscopat réduit à l’exercice du pouvoir d’ordre (ordonner des prêtres et confirmer des fidèles). Cela contredit le Concile de Trente, qui enseigne à deux reprises que « la prédication est la charge principale (præcipuum munus) des évêques » (Session 5, Decretum de reformatione, c. 2, et Session 24, Decretum de reformatione, c. 4 ; Mansi, 33, 30 et 159).

Y a-t-il un danger de dérives vers l’hétérodoxie ?

Oui. Pour la FSSPX, l’évêque est désigné par les supérieurs d’une société de vie apostolique particulière : la FSSPX. Un tel évêque n’est donc plus institué en union avec le pape et les autres évêques, il n’est plus membre d’un corps. 

Il y a là une hérésie au moins dans la pratique : « La doctrine catholique la plus élémentaire, enseigne en effet Pie IX, nous apprend que personne ne peut passer pour évêque légitime : 

  • s’il n’est pas rattaché par la communion de foi et de charité à la pierre sur laquelle a été bâtie l’Église du Christ, 
  • s’il n’adhère pas au pasteur suprême auquel ont été confiées, pour les conduire au pâturage, toutes les brebis du Christ, 
  • s’il n’est pas lié à celui qui confirme ses frères qui sont en ce monde »

(Lettre apostolique Etsi multa luctuosa, 21 novembre 1873).

 D’autre part, la notion de l’épiscopat formulée par la FSSPX est prétendument réduite à la fonction de distributeur des sacrements par les évêques sur l’injonction des supérieurs de la FSSPX.

De tels évêques disent ne pas avoir de juridiction mais ils s’attribuent pourtant, pour confirmer et ordonner, une juridiction sur des sujets qui ne sont pas les leurs. Un des signes de l’insincérité de cette absence de juridiction, c’est précisément l’usage dans les cérémonies pontificales de la FSSPX de nombreux signes des pouvoir d’enseignement et de gouvernement : la mitre, la crosse, le trône, etc. Alors que de tels signes liturgiques ne sont absolument pas requis à la validité de l’usage du pouvoir d’ordre épiscopal.

La conception d’un épiscopat réduit au pouvoir d’ordre s’oppose ainsi pratiquement à l’affirmation révélée selon laquelle les évêques sont « posés par le Saint-Esprit pour gouverner (paître, poimainein) l’Église de Dieu » (Ac 20, 28) .

Rencontre des Maires pour le Bien Commun vendredi 29 mai à Paris

Le thème central sera le nouveau mandat municipal 2026-2032 et le renforcement du réseau des élus des maires pour le bien commun.

L’invité politique sera Nicolas Dupont-Aignan, maire de Yerres (plébiscité avec 80% des voix au 1er tour pour son … 7ème mandat), ancien député de l’Essonne. Il viendra présenter son expérience d’élu local :

  • Ses réalisations marquantes
  • Sa vision de la nécessaire “réforme de la réforme” territoriale pour redonner aux maires le pouvoir et les moyens de servir véritablement le bien commun de leurs villes ou villages. Il faudra réclamer cette réforme aux candidats aux élections présidentielles 2027 !

Programme de la journée :

  • 9h présentation de la charte qui inspirera le nouveau mandat municipal,
  • 10h, des maires de MBC présenteront leurs réalisations conformes
  • 11h30 Nicolas Dupont-Aignan, maire de Yerres, ancien député de l’Essonne, président de « Debout La France », présentera ses réalisations concrètes d’élu local et sa vision d’une « réforme de la réforme » territoriale.
  • 13h : buffet
  • 14h30, deux initiatives importantes pour les maires seront présentées :
    • Maître Virginie de Araujo Recchia (présidente d’ONEST), avocat, détaillera les règles de la liberté d’expression des élus et la liberté religieuse au sens de l’article 9 de la CEDH (Cour Européenne des Droits de l’Homme)
    • Guillaume de Thieulloy, directeur du Salon Beige, présentera ses initiatives de presse pouvant être utiles au réseau des élus locaux
  • A 15h30, les actualités de « l’EVARS, un an après » seront présentées : bilan de la 1ère année du collectif RFE (Renaissance Famille Education), ainsi que l’expérience d’autres associations menant le même combat.

Chaque conférence sera suivie d’un débat que le déjeuner-buffet permettra d’approfondir.

Contact : contact.mairesmbc@gmail.com

Gustave Thibon : Une leçon de sagesse éternelle face au tumulte moderne

Les grands esprits sont de tous les temps. Dans le fracas de nos déroutes modernes, les certitudes de Gustave Thibon demeurent ce socle de pierre contre lequel l’écume vient se briser sans nous ébranler.

Gustave Thibon : Philosophe de l’Espérance et de l’Harmonie

Le site des archives de Radio-Canada propose un entretien exceptionnel datant de 1978 avec celui que l’on surnommait affectueusement « le philosophe-paysan », Gustave Thibon. Dans cet échange d’une profondeur rare, l’auteur de L’Équilibre et l’Harmonie livre une véritable leçon de sagesse chrétienne et de bon sens, plus que jamais prophétique pour notre temps.

Présentation:

La philosophie comme changement d’âme
Loin des systèmes clos et de l’intellectualisme desséché, Thibon rappelle que la philosophie ne vaut que si elle change l’homme intérieur. Pour lui, elle ne consiste pas à apporter des réponses définitives, mais à apprendre à « poser très sérieusement les questions ». Il fustige avec une ironie mordante ces « spécialistes » qui débattent de la vérité et du bien sans que leur propre vie en soit transformée.

« Si la philosophie ne change pas l’homme, à quoi sert-elle ? » interroge-t-il, faisant écho à Pascal pour qui toute la philosophie ne valait pas une heure de peine si elle ne conduisait pas à l’essentiel.

L’harmonie contre la “massification”

Un point central de l’entretien porte sur sa critique de la société moderne et de son péché originel : l’égalitarisme. Thibon y oppose deux concepts fondamentaux :

L’équilibre : purement quantitatif, qui peut n’être qu’un « équilibre de la terreur » ou de vices.

L’harmonie : qualitative, qui est la convergence d’inégalités vers un but commun, à l’image d’une mélodie.

Face à la « massification » qui broie les âmes, il préconise de « ventiler les masses » en revenant aux communautés naturelles : la famille, le village, les groupes organiques où l’homme n’est pas qu’une étiquette dans un casier.

Un regard sur la fin dernière

Enfin, Thibon aborde avec une sérénité poignante la question de la mort, définie comme un « apprentissage des valeurs que la mort ne nous enlèvera pas ». Il dénonce avec vigueur l’acharnement thérapeutique artificiel — qu’il qualifie de criminel — car il prive l’homme de la dignité de sa « propre mort ».

Pour Thibon, plus la pensée mûrit, plus le mystère s’épaissit, mais c’est un mystère habité. Un entretien essentiel pour redécouvrir une pensée qui ne cherche pas à expliquer l’univers, mais à nous préparer au moment où le voile se lèvera.

Un document à visionner et à méditer pour quiconque cherche à rester « vivant » jusqu’au bout.

Vous trouverez ci-dessous la vidéo de l’entretien et sa retranscription intégrale. La profondeur des propos de Gustave Thibon exige cette pause : ce grand Sage mérite que l’on sache habiter le silence entre ses phrases… Bonne écoute et bonne lecture !
VIDEO:

https://www.youtube.com/watch?v=mcke85qiK0I

et retranscription intégrale de cette interview exceptionnelle!:
https://lafontsergyl.com/2026/04/15/en-1978-rencontre-avec-le-philosophe-francais-gustave-thibon/

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L’ecclésiologie en trompe-l’œil de la Fraternité Saint-Pierre par l’abbé Gleize de la FSSPX

Source : https://fsspx.news/fr/news/lecclesiologie-trompe-loeil-la-fraternite-saint-pierre-58510

Le légalisme de la Fraternité Saint-Pierre prend la fuite devant le loup et abandonne les brebis.

« Des sacres légitimes ? ». C’est l’intitulé d’un texte signé « Theologus » et publié sur la page du 11 avril 2026 de leur site internet « claves.org »(1) par les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre. Ceux-ci essayent d’y démontrer que l’argumentation présentée par la Fraternité Saint-Pie X pour établir la légitimité des consécrations épiscopales qu’elle s’apprête à accomplir, le 1er juillet prochain, serait vaine.

Ce genre de propos n’est pas nouveau. Depuis le début en effet, c’est-à-dire depuis « l’été 1988 », les prêtres décidés à ne pas suivre Monseigneur Lefebvre, dans la décision qu’il avait prise de se donner des successeurs dans l’épiscopat, se sont efforcés de justifier leur attitude. Ce furent principalement les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre alors naissante, et parmi eux l’abbé Josef Bisig(2). Et ils l’ont fait en présentant l’initiative des sacres comme aboutissant à un épiscopat non catholique, un épiscopat schismatique, un épiscopat véhiculant une hérésie implicite. Remise en avant par le Père de Blignières(3), l’étude de l’abbé Bisig inspire pour une bonne part la réflexion actuelle des prêtres de la Fraternité Saint-Pierre, en particulier telle qu’elle s’exprime dans le texte mis en ligne le 11 avril(4).

La nouveauté, s’il en est une, est de s’en prendre aux arguments avancés par la Fraternité Saint-Pie X à l’occasion de l’annonce des futurs sacres du 1er juillet 2026. Et de faire accompagner l’étude d’un « hommage appuyé » du cardinal Sarah.

L’hommage du cardinal Sarah qualifie le texte de « lumineux », de « merveilleux, clair et bien étudié ». Il réitère surtout ce qui apparaît comme l’un des postulats adopté par tous ceux qui contestent le bien-fondé des sacres d’Ecône : « Nous devons savoir que ce n’est pas nous qui sauvons les âmes. C’est le Christ Seul qui sauve. Nous, nous ne sommes que des instruments entre Ses Mains ». Ce n’est pas nous qui sauvons l’Eglise, mais c’est l’Eglise qui nous sauve, écrivait déjà l’abbé Bisig(5). Comme si le Corps mystique du Christ était autre que les membres du Christ … Il y a là une conception de l’Eglise qui tendrait à faire de ses membres de purs instruments inertes, ou de purs spectateurs, et non acteurs, de leur salut. Luther et Calvin y avaient pensé – mais le concile de Trente nous rappelle que Dieu nous invite à faire ce que nous pouvons et à demander ce que nous ne pouvons pas(6). Et faire ce que nous pouvons, n’est-ce pas contribuer chacun à son niveau, avec les grâces reçues de Dieu, à sauver l’Eglise en sauvant les âmes dans et par l’Eglise ?…

La réfutation des arguments avancés par la Fraternité Saint-Pie X voudrait tenir en deux points, et nous en montrerons l’inanité dans un prochain article du Courrier de Rome. Ce qu’il importe de souligner ici, c’est que, avant de s’affairer à cette réfutation, les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre commencent par présenter lesdits arguments comme constituant « l’argumentation fondamentale de la Fraternité Saint-Pie X en défense des sacres projetés pour le 1er juillet 2026 ». Et c’est ici que, déjà, tout s’écroule, puisque, à la vérité, là n’est pas « l’argumentation fondamentale » de la Fraternité Saint-Pie X. Les écrivains de la Fraternité Saint-Pierre l’avouent d’ailleurs eux-mêmes lorsqu’ils présentent cette argumentation comme étant « résumée de façon officielle dans une Annexe à la réponse de l’abbé Pagliarani au Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, le 18 février 2026 ».

Précisément, il s’agit ni plus ni moins que d’une « Annexe » et celle-ci a pour objet un point technique d’ecclésiologie, dont l’explication veut seulement servir d’appui – un appui annexe – à l’argumentation principale de la Fraternité, laquelle est ailleurs. Elle est précisément dans le texte de la Lettre adressée par l’abbé Pagliarani au cardinal Fernandez(7). Elle est aussi dans le sermon prononcé par le même Don Davide au Séminaire de Flavigny, le 2 février dernier, à l’occasion des cérémonies de prise de soutane et lorsque le Supérieur Général de notre Fraternité annonça les sacres pour le 1er juillet prochain(8). Elle est enfin, et encore, dans les réponses que Don Davide donna, le 7 février dernier, aux jeunes réunis pour l’Université d’hiver organisée par le District de France de la Fraternité(9).

Cette « argumentation fondamentale » repose sur la réalité de l’état de nécessité, réalité notablement aggravée depuis l’été 1988, et qui réclame, une fois encore, la consécration de nouveaux évêques pleinement catholiques pour le salut des âmes. Ne sont-ce d’ailleurs pas les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre qui sont bien obligés de reconnaître les premiers que les promesses qui leur avaient été faites le 2 juillet 1988 avec le Motu proprio Ecclesia Dei afflicta n’ont pas été tenues ? … Promesses que menace toujours le Motu proprio Traditionis custodes.

De cet état de nécessité, les prêtres de la mouvance Ecclesia Dei, on le voit bien, évitent trop souvent de parler. Le Père de Blignières le minimise de plus en plus10. Les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre n’en parlent pas. C’est pourtant cet état de nécessité qui justifie, à lui seul, l’initiative des sacres. Et il la justifie parce que la loi suprême, dans l’Eglise, est bel et bien le salut des âmes, contre lequel aucune disposition du droit de l’Eglise ne saurait prévaloir. Dans le texte paru le 11 avril dernier, cet argument fondamental est totalement occulté. Les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre, dans une analyse pointue et difficile, détournent l’attention de leurs lecteurs sur l’un ou l’autre point de la nouvelle ecclésiologie de Vatican II, dont la Fraternité Saint-Pie X a justement dénoncé la fausseté. Mais ce n’est pas la réfutation de ces points de la nouvelle ecclésiologie qui représente la raison profonde sur laquelle ladite Fraternité entend s’appuyer pour justifier les consécrations épiscopales.

La Fraternité Saint-Pie X, certes oui, conteste l’idée absolument nouvelle selon laquelle le sacre donnerait par lui-même non seulement le pouvoir d’ordre mais encore le pouvoir de juridiction et la même Fraternité montre aussi que conférer l’épiscopat à l’encontre de la volonté du Pape n’est nullement une action intrinsèquement mauvaise ou contraire au droit divin. Mais ces discussions de spécialistes, si elles gardent toute leur importance, font ici figure de miroir aux alouettes : elles évitent de regarder en face la véritable raison qui justifie les sacres : l’état de nécessité, la situation de crise généralisée dont l’Eglise est loin d’être sortie et où les détenteurs de l’autorité suprême abusent de leur pouvoir au grand et grave préjudice du salut des âmes.

Sans doute, oui, s’il n’y a pas d’état de nécessité, si l’Eglise est dans un état normal, si le Pape agit en véritable Vicaire du Christ pour exercer son pouvoir au bénéfice du salut des âmes, en condamnant toutes les erreurs qui menacent la foi des fidèles, alors oui, il n’est pas légitime de consacrer des évêques contre la volonté du Pape et les normes habituelles du droit de l’Eglise gardent toute leur force pour interdire une telle initiative. Mais c’est la circonstance extraordinaire de la crise, c’est la situation inhabituelle où la personne d’un Pape, comme le dit Cajetan, refuse de se soumettre à son office de Pape, qui fait toute la différence. Occulter cette circonstance et raisonner comme si l’Eglise de l’après Vatican II était dans le même contexte que sous saint Pie X ou Pie XII, c’est sombrer dans le légalisme le plus étroit – et s’interdire de venir au secours des âmes.

« Nous sommes bien obligés de constater » : c’est la phrase clé qui résume toute l’attitude de Mgr Lefebvre, phrase du Bon Pasteur qui donne sa vie pour les brebis. Le légalisme de la Fraternité Saint-Pierre, lui, prend la fuite devant le loup et abandonne les brebis.

Abbé Jean-Michel Gleize

1

Des sacres légitimes ?

2
« Du sacre épiscopal contre la volonté du Pape, avec application aux sacres conférés le 30 juin par Mgr Lefebvre ». Essai théologique collectif de membres de la Fraternité Saint Pierre, sous la direction de Monsieur l’abbé Josef Bisig, 1988, 2e édition partiellement augmentée et corrigée, sans date.

3
Sur la page du 30 septembre 2022 du site de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier.

4
Ce n’est pas la seule. Dans une conférence donnée le 8 avril dernier à Paris, l’abbé Hilaire Vernier développe le même type d’arguments pour tenter de prouver qu’il serait « contraire au droit divin de conférer l’épiscopat contre la volonté du Pape, même sans vouloir lui donner une juridiction ».

5
En guise de citation conclusive, à la page 75 de l’Essai déjà cité.

6
Concile de Trente, session 6 sur la justification, chapitre 11 (DS 1536).

7
https://fsspx.news/fr/news/lettre-labbe-pagliarani-au-cardinal-fernandez-57309

8
https://fsspx.news/fr/news/abbe-pagliarani-des-sacres-par-fidelite-leglise-et-aux-ames-57017

9
https://fsspx.news/fr/news/labbe-pagliarani-repond-aux-questions-des-jeunes-sur-la-decision-des-sacres-57769

10
https://fsspx.news/fr/news/le-pere-blignieres-et-lunite-leglise-58077

(Source : FSSPX Actualités)
Illustration : FSSPX – Mois de Rome des séminaristes – Basilique Saint-Paul-Hors-les-Murs

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Pourquoi est-ce maintenant que tout part en vrille ?

Demandez à votre député de soutenir le référendum sur l’euthanasie

Aujourd’hui, une actualité majeure ouvre une voie décisive : il est possible de porter ce débat au plus haut niveau démocratique.

Une initiative nouvelle au Sénat

Une proposition de loi vient d’être déposée : la proposition de loi n°510 (2025-2026), intitulée « Exclure de la notion de soin la provocation active de la mort ».

Déposée le 7 avril 2026 par le sénateur Francis Szpiner, elle est d’une grande clarté : un article unique affirmant que provoquer la mort ne peut être considéré comme un soin.

Cette initiative peut ouvrir la voie à une procédure référendaire prévue par la Constitution.

Une voie démocratique forte

Ce mécanisme permettrait :

  • de redonner la parole aux Français
  • de sortir d’un calendrier précipité
  • d’élever ce débat au niveau qu’il mérite

Sur un sujet aussi grave, donner la mort ou protéger la vie, il est juste que le peuple tranche.

Un moment politique décisif

Ce processus s’inscrit dans le temps long : il pourrait croiser le débat des prochaines élections présidentielles et obliger les responsables politiques à se positionner clairement.

Agissez dès maintenant !

Contactez votre député et demandez-lui clairement :

  • de co-signer la proposition de loi n°510 déposée par le sénateur Francis Szpiner
  • de permettre ainsi un référendum sur la fin de vie

Vous pouvez écrire simplement :

“Sur un sujet aussi grave que la fin de vie, je vous demande de soutenir en la co-signant la proposition de loi n°510 déposée par le sénateur Francis Szpiner et toute démarche permettant aux Français de s’exprimer par référendum.”

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La date limite est le 22 avril : contactez le dès maintenant.

Juristes pour l’enfance invite le Conseil des droits de l’Homme à recommander à la Grèce et à l’Irlande d’interdire toute forme de GPA

Communiqué de Juristes pour l’enfance :

A l’occasion de l’Examen Périodique Universel (EPU) de la Grèce et de l’Irlande par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, Juristes pour l’Enfance adresse deux contributions officielles.

Ces documents dénoncent auprès du Conseil des droits de l’Homme la législation de l’Irlande et la Grèce, deux États membres de l’Union européenne qui autorisent la gestation pour autrui (GPA), présentée comme « altruiste » et encadrée.

En Grèce, la GPA est autorisée depuis 2002 (lois 3089/2002, 3305/2005, 4272/2014 et 5197/2025) : la mère porteuse ne doit avoir aucun lien génétique avec l’enfant, issu obligatoirement de l’ovocyte d’une autre femme ; la loi prévoit une autorisation judiciaire préalable et un dédommagement de la mère porteuse de 10 000 € (ou 15 000 € en cas de grossesse multiple) pour « souffrance/fatigue ». Un scandale révélé en 2023 au Mediterranean Fertility Center en Crète a mis au jour un vaste réseau de traite de femmes migrantes, falsification de documents et exploitation, démontrant l’échec de la réglementation sur la GPA à protéger les femmes et les enfants de trafics les plus sombres.

En Irlande, la Health (Assisted Human Reproduction) Act 2024 encadre une GPA dite “altruiste”, avec approbation par l’AHRRA et possibilité de GPA internationale. La mère porteuse peut percevoir des indemnités incluant la perte de revenus (jusqu’à 12 mois), ce qui s’apparente à une rémunération indirecte.

Juristes pour l’Enfance rappelle, dans ses deux contributions, que la GPA, même prétendument « altruiste », contrevient à la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), et notamment :

– à l’article 7 (droit de l’enfant de connaître ses parents et d’être élevé par eux) ;

– à l’article 35 (protection contre la vente et la traite d’enfants).

La pratique de la GPA prive l’enfant de sa filiation maternelle de naissance par décision de justice et traite l’enfant comme un objet de contrat, réalisant un acte de disposition sur sa personne (abusus), assimilable à une nouvelle forme d’esclavage au sens de la Convention de Genève de 1926.

Juristes pour l’enfance souligne que la GPA constitue une forme de vente d’enfant au sens du Protocole facultatif à la CIDE (2000), comme cela a pu être considéré par plusieurs instances onusiennes :

– la Rapporteuse spéciale sur la vente et l’exploitation sexuelle d’enfants (2018) ;

– le Comité des droits de l’enfant (2019) ;

– et surtout le rapport de Reem Alsalem, Rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes et les filles (juillet 2025), qui qualifie la GPA d’exploitation et de violence systémique et appelle à son éradication sous toutes ses formes.

Constatant que la gestation pour autrui ne peut pas faire l’objet d’une législation respectueuse des droits de l’enfant, Juristes pour l’enfance invite le Conseil des droits de l’Homme à recommander à la Grèce et à l’Irlande d’interdire toute forme de gestation pour autrui sur leur territoire. C’est à cette condition qu’ils respecteront leurs engagements internationaux et protégeront réellement les droits fondamentaux des enfants.

La vie cachée de Catherine Labouré par Anne Bernet – “Tout le monde la connaissait mais personne ne savait son nom…”

Vient de paraître en poche, La Vie cachée de Catherine Labouré ou l’histoire extraordinaire de la Médaille miraculeuse.

C’est tout simplement l’histoire extraordinaire de la voyante bourguignonne à qui, rue du Bac, la Vierge Marie apparut et ordonna de faire frapper une médaille représentant sa vision.

Extraordinaire, oui et émouvante histoire que celle de cette paysanne devenue l’une des saintes les plus lumineuses et les plus humbles de la catholicité.

Catherine Labouré a neuf ans lorsque sa mère meurt prématurément. Dans un geste spontané, Catherine se voue alors à Notre-Dame en l’appelant ” maman “. Contre la volonté de son père, elle entre, en 1830, chez les Filles de la Charité. C’est là que tout a commencé, le soir du 18 juillet 1830, vers 23h30. Catherine Labouré dort. Un enfant auréolé la réveille et l’invite à rejoindre la chapelle du couvent car la Sainte Vierge l’y attend. Catherine s’y rend en toute hâte. Quelques minutes plus tard, Marie apparaît : «Mon enfant, le bon Dieu veut vous charger d’une mission.» Elle lui précise que sa tâche sera délicate et difficile. Elle verra aussi saint Vincent de Paul, le Christ présent dans l’Eucharistie, et la Vierge Marie qui lui donne pour mission de faire frapper une médaille. Le 27 novembre, en fin d’après-midi, alors que la jeune religieuse prie dans la chapelle, elle voit se dessiner deux tableaux au-dessus de l’autel.

– Sur le premier, Marie se tient débout, face à elle. Sous ses pieds, elle écrase le serpent, symbole du mal. De ses mains jaillissent des rayons de lumière intense. « Ces rayons sont les symboles de grâces que je répands, si on me le demande », lui explique la Vierge. Un ovale se forme autour de la scène et des lettres d’or apparaissent : « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». L’image disparaît progressivement pour laisser place à une nouvelle représentation de la Vierge portant un globe surmonté d’une croix. Elle lui explique : « Cette boule représente le monde entier, la France et chaque personne en particulier ».

– Sur le second tableau, Catherine voit apparaître le «M» de Marie, entrelacé avec la croix de Jésus, comme pour rappeler le lien indéfectible qui les unit. Autour, sont dessinées les douze étoiles de la « Reine du ciel ». Deux cœurs se tiennent côte à côte. À gauche, celui de Jésus reconnaissable à la couronne d’épines qui l’entoure. Sur sa droite, un cœur transpercé par un glaive, comme pour représenter la douleur d’une mère voyant son enfant souffrir. C’est le cœur de Marie.

Catherine est d’abord contrée par son confesseur qui finit, en 1832, par faire réaliser la médaille alors que sévit une terrible épidémie de choléra. Celle-ci sera très vite mondialement célèbre sous le nom de ” médaille miraculeuse “.

Propagée à des dizaines de millions d’exemplaires, elle est à l’origine d’un renouveau du culte marial et de la promulgation du dogme de l’Immaculée Conception (1854). Mais personne, hormis ses confesseurs, ne connaît l’identité de la voyante. Envoyée soigner les vieillards à Reuilly, Catherine a choisi de garder, jusqu’au bout, l’anonymat.
Catherine Labouré a été canonisée le 27 juillet 1947.

Anne Bernet nous conduit au coeur de cette existence cachée, faite de fidélité, de compassion et d’abandon. Elle révèle comment, dans l’humilité la plus radicale, une jeune religieuse a pu transformer la vie spirituelle de millions de croyants.

La médaille miraculeuse est l’une des représentations les plus connues de la Vierge Marie dans le monde. Plus de deux millions de visiteurs franchissent, chaque année, la porte de la chapelle qui lui est dédiée, rue du Bac, à Paris.

Pour en savoir plus :
Informations, recensions… et commandes sur LIVRES EN FAMILLE

https://www.livresenfamille.fr/biographies-temoins-saints/30123-la-vie-cachee-de-catherine-laboure-ou-l-histoire-extraordinaire-de-la-medaille-miraculeuse-poche.html

La vie cachée de Catherine Labouré ou l’histoire extraordinaire de la Médaille miraculeuse, Anne Bernet, Editions Ephata, Février 2026, 11€

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Le pape encourage les chrétiens d’Algérie à témoigner

Extrait de son homélie prononcée en la basilique Saint-Augustin:

[…] Sur cette terre, chers chrétiens d’Algérie, restez un signe humble et fidèle de l’amour du Christ. Témoignez de l’Évangile par des gestes simples, des relations authentiques et un dialogue vécu au jour le jour : Vous donnerez ainsi saveur et lumière là où vous vivez. Votre présence dans le pays fait penser à l’encens : un grain incandescent qui diffuse son parfum parce qu’il rend gloire au Seigneur, et apporte joie et réconfort à beaucoup de frères et sœurs. Cet encens est un petit élément précieux qui n’est pas au centre de l’attention mais qui invite à tourner nos cœurs vers Dieu, en nous encourageant mutuellement à persévérer dans les difficultés du temps présent. La louange, la bénédiction, la supplication s’élèvent de l’encensoir de notre cœur, en répandant la suave odeur (cf. Ep 5,1) de la miséricorde, de l’aumône et du pardon. Votre histoire est faite d’accueil généreux et de persévérance dans l’épreuve : c’est ici que les martyrs ont prié, c’est ici que saint Augustin a aimé son troupeau en cherchant la vérité avec passion et en servant le Christ avec une foi ardente. Soyez les héritiers de cette tradition en témoignant, dans la charité fraternelle, de la liberté de ceux qui naissent d’en haut comme une espérance de salut pour le monde.

À l’approche du 1er mai, une grande neuvaine pour confier son travail à saint Joseph

Alors que le travail est souvent vécu aujourd’hui dans l’angoisse, la pression ou le découragement, une belle initiative spirituelle est proposée aux fidèles à l’approche de la fête de saint Joseph travailleur, célébrée le 1er mai.

Du 23 avril au 1er mai, la plateforme de prière Hozana lance une grande neuvaine intitulée « Confier son travail à saint Joseph et grandir en sainteté », accompagnée par le père Père Benoît Pouzin.

Pendant neuf jours, les participants recevront chaque jour une méditation, une prière et une proposition concrète pour remettre à Dieu leur vie professionnelle : fatigue, surcharge, inquiétudes, chômage, manque de sens, équilibre de vie…

Car saint Joseph n’est pas seulement le protecteur des familles : il est aussi le modèle du travail humble, fidèle, silencieux, accompli dans l’amour de Dieu. Artisan de Nazareth, il a connu l’effort quotidien, les responsabilités concrètes, les soucis matériels. Il est donc un intercesseur tout proche de nos réalités.

Le programme de cette neuvaine est particulièrement beau :

  • glorifier Dieu dans son travail ;
  • confier à saint Joseph ceux qui peinent ;
  • offrir ses soucis professionnels ;
  • prier pour ceux qui souffrent au travail ;
  • porter ceux qui cherchent un emploi ;
  • retrouver un juste équilibre ;
  • redonner du sens à son activité ;
  • découvrir comment se sanctifier dans son métier.

Dans une société qui sépare trop souvent foi et vie professionnelle, cette neuvaine rappelle une vérité essentielle : le travail peut devenir un chemin de sainteté.

Que l’on soit salarié, artisan, parent au foyer, étudiant, chef d’entreprise, en recherche d’emploi ou à la retraite, chacun peut présenter au Seigneur ce qu’il vit et demander la grâce de vivre son devoir d’état dans la paix.

Pour rejoindre gratuitement la neuvaine : s’inscrire ici

La légitimité de l’autorité ne repose pas sur l’accumulation de puissance, mais sur la sagesse et la vertu avec lesquelles elle est exercée

Message du Saint-Père à l’occasion de l’Assemblée plénière de l’Académie pontificale des sciences sociales :

[…] La doctrine sociale de l’Église catholique considère le pouvoir non comme une fin en soi, mais comme un moyen ordonné au bien commun. Cela implique que la légitimité de l’autorité ne repose pas sur l’accumulation de puissance économique ou technologique, mais sur la sagesse et la vertu avec lesquelles elle est exercée (cf. Catéchisme de l’Église catholique, 1903 ). Car la sagesse nous permet de discerner et de rechercher le vrai et le bien, plutôt que les biens apparents et la vaine gloire, dans les circonstances de la vie quotidienne. Cette sagesse est indissociable des vertus morales, qui renforcent notre désir de promouvoir le bien commun. En particulier, nous savons que la justice et la force d’âme sont indispensables pour prendre des décisions éclairées et les mettre en œuvre. La tempérance se révèle également essentielle à l’usage légitime de l’autorité, car la véritable tempérance freine l’orgueil démesuré et constitue un rempart contre l’abus de pouvoir.

Cette conception du pouvoir légitime trouve l’une de ses plus hautes expressions dans la démocratie authentique. Loin d’être une simple procédure, la démocratie reconnaît la dignité de chaque personne et appelle chaque citoyen à participer de manière responsable à la poursuite du bien commun. Reflétant cette conviction, saint Jean-Paul II affirmait que l’Église valorise la démocratie car elle garantit la participation aux choix politiques et « la possibilité d’élire et de demander des comptes à ceux qui nous gouvernent, et de les remplacer par des moyens pacifiques lorsque cela est approprié » (Centesimus Annus , 46). La démocratie ne demeure cependant saine que si elle s’enracine dans la loi morale et une juste conception de la personne humaine. Faute de ce fondement, elle risque de devenir soit une tyrannie majoritaire, soit un masque dissimulant la domination des élites économiques et technologiques.

Les mêmes principes qui régissent l’exercice de l’autorité au sein des nations doivent également guider l’ordre international – une vérité qu’il est particulièrement important de rappeler à l’heure où les rivalités stratégiques et les alliances mouvantes redessinent le paysage des relations mondiales. Il convient de rappeler qu’un ordre international juste et stable ne saurait se fonder sur un simple équilibre des puissances ni sur une logique purement technocratique. La concentration des pouvoirs technologiques, économiques et militaires entre quelques mains menace la participation démocratique des peuples et la concorde internationale.

À cet égard, mes prédécesseurs ont exprimé la nécessité d’institutions modernisées et d’une autorité universelle (cf. Jean-Paul II, Centesimus Annus , 58 ; Pacem in Terris , 137), marquée par le principe de subsidiarité (cf. Benoît XVI, Caritas in Veritate , 57). L’avènement d’une telle communauté fraternelle mondiale exige « une politique plus juste, véritablement au service du bien commun » (François, Fratelli Tutti , 154). En effet, il est « plus que jamais nécessaire de repenser avec audace les modalités de la coopération internationale » ( Visite au siège de la FAO à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation , 16 octobre 2025, p. 7).

En définitive, lorsque les puissances terrestres menacent la tranquillité de l’ordre – la définition augustinienne classique de la paix –, nous devons puiser notre espérance dans le Royaume de Dieu qui, bien que n’étant pas de ce monde, éclaire les affaires terrestres et en révèle le sens eschatologique. Dans cette perspective de foi, il nous est rappelé que l’omnipotence de Dieu se manifeste particulièrement dans la miséricorde et le pardon (cf. Thomas d’Aquin, Somme théologique , I, q. 25, a. 3, ad 3) ; la puissance divine ne domine pas, mais guérit et restaure. C’est précisément cette logique de la charité qui doit animer l’histoire, car l’activité humaine inspirée par la charité contribue à façonner la « cité terrestre » dans l’unité et la paix, faisant d’elle – si imparfaite soit-elle – une anticipation et une préfiguration de la « Cité de Dieu » (cf. Benoît XVI, Caritas in Veritate , 7). Une telle foi renforce notre détermination à bâtir une culture de réconciliation capable de surmonter les pièges de l’indifférence et de l’impuissance (cf. Discours en présence des chefs religieux , 28 octobre 2025).

Dans cet esprit, j’espère sincèrement que vos réflexions durant ces journées vous apporteront des éclairages précieux sur les usages légitimes du pouvoir, les critères d’une démocratie authentique et le type d’ordre international qui serve le bien commun. Ainsi, votre travail contribuera de manière significative à l’édification d’une culture mondiale de réconciliation et de paix – une paix qui ne se réduit pas à une fragile absence de conflit, mais qui est le fruit de la justice, née d’une autorité humblement mise au service de chaque être humain et de l’humanité tout entière. […]

L’Etat s’invite dans notre chambre à coucher

De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :

A mesure que l’État devient plus impotent – et plus hostile aux Français qu’il est supposé servir –, il se dote de prérogatives toujours plus intrusives dans nos vies. C’est ainsi que le sénat a adopté, le 9 avril, un texte déjà voté par l’Assemblée sur le « devoir conjugal ». Une bonne partie de la droite sénatoriale n’a pas pris part au vote mais le texte a été largement adopté, à la faveur de cette sorte d’unanimisme entourant généralement les « bonnes causes progressistes ». Avec le soutien du gouvernement et de la majeure partie des parlementaires (du moins ceux qui prennent part au vote), il ne fait guère de doute qu’il ait bientôt force de loi. Ce texte est, à l’origine, une proposition de loi de la députée EELV Marie-Charlotte Garin et du député Horizons Paul Christophe. Il a manifestement suscité l’enthousiasme de l’inénarrable girouette Aurore Bergé, actuellement « ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes », selon la novlangue en vigueur.

Pourtant, ce texte ne servira à rien: le « devoir conjugal » n’existant dans aucun texte de loi, il est absurde d’imaginer le supprimer. Tout ce que l’on peut trouver dans les textes est une jurisprudence considérant que l’absence prolongée de rapports sexuels sans motif légitime est un cas de divorce – ce que notre nouvelle loi progressiste ne semble pas contester. Bref, aucun devoir n’a été supprimé, aucun droit n’a été créé. En revanche, une nouvelle fois, nous avons autorisé Big Brother à entrer dans nos chambres à coucher. Je me demande souvent ce qui passe par la tête de nos « chers » parlementaires, quand ils votent ce genre de loi fumeuse.

En tout cas, ce qui est certain, c’est qu’en l’occurrence, ils n’ont pas fait progresser d’un iota la dignité de la femme, mais ils auront soumis la vie sexuelle de l’ensemble des Français au contrôle étatique. Ce qui est troublant, c’est que ce modèle de loi de plus en plus attentatoire à notre vie privée, doublé d’un État de plus en plus inefficace, semble se répandre en tout domaine.

Pour en donner un exemple, quittons un instant le Code civil afin d’observer l’éducation. Là aussi, l’État est de plus en plus inefficace: chaque année apporte son lot de mauvaises nouvelles sur l’effondrement du niveau de la France en mathématiques ou en français. Les principes d’un redressement sont bien connus et extrêmement simples : il suffit de restaurer une forme de sélection, d’encourager le travail, et de ne pas faire semblant de croire que tous les élèves sont faits pour des années d’études supérieures. Au lieu de quoi, le ministère dit par antiphrase « de l’Éducation nationale » détruit méthodiquement, à chaque changement de programme, tout ce qui reste encore debout. Mais, surtout, ledit ministère se croit investi de la mission d’apprendre aux enfants de 4 ans comment changer de sexe ou multiplier les expériences sexuelles. En d’autres termes, si nous poursuivons dans cette géniale direction, nous aurons bientôt 100 % d’une classe d’âge détentrice du bac (preuve que le niveau monte!), les mêmes 100 % de cette classe d’âge qui ne sauront ni lire, ni écrire, ni compter – mais qui sauront nommer dès la maternelle toutes les perversions imaginables.

Je ne vois qu’une interprétation rationnelle possible: l’objectif n’est nullement de former à l’esprit critique ou à la connaissance des classiques, mais bel et bien de dresser un troupeau de veaux obéissants au service de nos merveilleux oligarques.

Liban : Le prix du fer et l’illusion de la morale

Le Liban brûle une nouvelle fois sous les bombes, et avec lui, s’embrase le débat sur la légitimité de la force. Entre ceux qui invoquent la protection des minorités et ceux qui justifient une éradication sécuritaire, des voix s’élèvent souvent à droite en France pour présenter l’action militaire israélienne comme une fatalité nécessaire, voire une œuvre de salubrité publique contre le terrorisme. Pourtant, derrière les discours de fermeté, se cache une réalité humaine et politique que le pragmatisme froid ne saurait occulter.

Il est parfois avancé qu’aucun État ne tolérerait des menaces à sa frontière. Mais poussons la logique jusqu’au bout. Pour reprendre une métaphore citée sur ce blog, imagine-t-on un État limitrophe de la France rasant méthodiquement des quartiers entiers de Roubaix ou de Tourcoing, pulvérisant les ponts de la métropole lilloise pour empêcher tout retour, et dévastant les cultures agricoles sous prétexte de traquer une milice ? Imagine-t-on ce voisin clamant, entre deux frappes, posséder « l’armée la plus morale du monde » au motif qu’il prévient par SMS avant de transformer des vies en poussière ? Ce n’est pas de la légitime défense, c’est une entreprise de démolition étatique doublée d’un cynisme sans frontières que personne, en Occident, n’accepterait pour soi-même.

La critique est facile envers la FINUL. Comme pour les opérations militaires au Sahel, il est facile d’accuser un marteau de mal enfoncer un clou quand que celui qui le tient refuse de frapper. Les militaires sont souvent les expiateurs silencieux d’une politique sans cap. La résolution 1701 est certes bancale, mais elle reste le seul rempart international dans un Conseil de sécurité fracturé. Blâmer les Casques bleus pour la paralysie d’un État libanais sous hypnose est une malhonnêteté intellectuelle criante. Le mandat de la FINUL n’a jamais été de désarmer le Hezbollah de force (ce qui serait une déclaration de guerre) mais d’appuyer l’armée libanaise pour qu’elle le fasse. Or, cette armée se trouve dans une collusion structurelle avec la milice, une réalité dont l’imbrication est proprement incompréhensible vue de France.

De même, parler de « se débarrasser d’un chancre » pour évoquer une organisation ancrée dans le paysage social libanais est une métaphore dangereuse. Depuis quand soigne-t-on un malade en brûlant sa maison ? Accuser le peuple libanais de « complaisance », c’est l’insulte suprême faite à une population otage, étranglée entre l’impérialisme iranien et le militarisme israélien. On ne « libère » pas une nation en détruisant son économie, on ne fait que fertiliser le terreau du ressentiment qui produira les monstres de demain.

Il est par ailleurs paradoxal de voir certains défenseurs de la cause israélienne accuser la France de « lâcheté » ou de « trahison ». Un soupçon de patriotisme devrait pourtant alerter : lorsque des tirs visent sciemment des soldats français au Liban, l’indignation devrait être la règle, pas l’exception. Plus grave encore est la confusion entre le peuple juif et la politique de l’État d’Israël. Réduire l’histoire millénaire du judaïsme – sans rentrer dans le débat de son apport à la France – à la seule stratégie militaire d’un gouvernement dans le tunnel de la guerre n’est pas un hommage, c’est un outrage. Confondre une identité spirituelle et une culture avec les choix de défense d’un Etat est une erreur de catégorie fondamentale.

Israël affirme préférer les critiques aux condoléances. Soit. Mais on ne récolte que ce que l’on sème. La tragédie d’un État guerrier est de finir par ne définir sa cohésion interne que par l’existence de ses ennemis, voyant le monde uniquement à travers le viseur d’un fusil. Le jour où ce cycle de sang devra cesser, le chemin de la paix se heurtera au mur des souvenirs. Les générations nées dans les ruines de Beyrouth, de Bint Jubayl, de Khiam ou Rumaysh n’auront pas oublié l’odeur du phosphore.

Dans ce contexte, les appels à la prière pour les chrétiens d’Orient confinent au cynisme lorsqu’ils s’accompagnent d’une approbation des bombardements. C’est oublier qu’aux yeux d’une bonne partie des israéliens (à tout le moins la frange radicale de l’actuel gouvernement), ces « frères » chrétiens ne sont que des Arabes et des infidèles (ce que ne sont d’ailleurs pas les musulmans). Dans cette logique implacable, ils sont les perdants systématiques, sacrifiés sur l’autel d’une sécurité qui ne les inclut pas. Prétendre défendre la chrétienté tout en applaudissant la destruction de ses berceaux libanais est un affront à la foi autant qu’à la raison.

Au fond, cette vision du conflit trahit un mal bien occidental : celui du raisonnement mathématique appliqué à la chair humaine. On tente de traiter la géopolitique comme un chantier où les briques doivent s’emboîter et où les problèmes s’extraient comme des pièces défectueuses. Mais le monde n’est pas une équation balistique et les peuples ne sont pas des variables d’ajustement. Il est temps d’arrêter de confier le destin des nations aux seuls techniciens pour redonner enfin de la voix aux philosophes.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

« La médecine hippocratique au cœur de ma profession, de ma vocation, de ma mission » Séminaire de formation à l’éthique médicale du 8 au 11 mai

Le premier séminaire de novembre 2025 coordonné par M. Boyancé a réuni une cinquantaine de professionnels de santé de tous âges, des quatre coins de la France qui témoignent de leur enthousiasme.

« C’était magnifique ! », témoigne Béatrice, médecin. « Intervenants de haute volée, en même temps que personnes d’expérience du réel et pas seulement théoriciens (…) bref des personnes que l’on admire et qu’on a envie d’écouter, qui donne du sens. Merci pour le spectacle de Mehdi Djaadi, une note très belle dans le séminaire : détente et profondeur (…) »

Inès, jeune étudiante sage-femme repart enthousiaste pour poursuivre ses études : « Cette formation a répondu à de nombreuses (…) questions et m’a ouvert les yeux sur la difficulté du combat. Ce combat pour la vie qui n’est pas simple ! ». « Nous ne sommes pas seuls à chercher à comprendre et à porter des valeurs éthiques dans le monde des soignants », précise Pierre, heureux de rejoindre ce réseau d’entraide. « Merci pour ces 4 jours de formation exceptionnels ! ».

C’est de cette soif de se former, afin d’exercer une véritable médecine Hippocratique, dont témoigne Marie : « J’ai enfin trouvé une formation philosophique très précise et très claire, articulée avec la pratique médicale. J’ai beaucoup apprécié à la fois les interventions et témoignages des médecins et éducateurs, et les interventions des philosophes pour la formation du discernement .». « J’ai été énormément nourri. Avec une qualité de l’accueil dans ce cadre si ressourçant. Je serais bien resté quelques jours de plus ! » ajoute joyeusement Timothée.

  • VOUS ÊTES PROFESSIONNELS DE SANTÉ, étudiants, bénévoles accompagnants et vous sentez vous aussi le besoin de vous former, de réfléchir, de discerner, d’échanger, de rejoindre un réseau d’amitié, de retrouver le sens de votre vocation et de l’enthousiasme ? Inscrivez-vous dès maintenant sur centreculturelsimoneweil.fr – Participation financière spéciale étudiant –
  • QUAND ? Du 8 au 11 mai 2026
  • OÙ ? Centre Port Royal, St Lambert des Bois, Vallée de Chevreuse (78) – Pension complète
  • Les questions éthiques que vous vous posez : Anthropologie, fertilité, parentalité et sens de la nature, psychisme humain, maternités blessées, recherche et innovation, soins palliatifs et fin de vie, dons d’organe et transplantation, droit de la santé.
  • Conférences-débat en binôme philosophe-médecin, table ronde, ateliers d’écoute, spectacle seule en scène de Clémence de Vimal : « J’ai besoin d’air, c’est pour ça que je fume ».
  • Nombreux intervenants experts dans leur domaine : Dr. B . Bayle, M. Boyancé, E. Brochier, A. Certain, Dr. Fr. Coulomb, A. Henrion-Caude, Père E. Divry O.P., P. Jacob, B. Mathonat, Fl. Laguens, Maître J. Paillot Dr. P. Pissochet, Cl. Potez, Dr. J. Sainton.

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Nouveau portail de la cathédrale d’Angers : “comment voulez-vous demander à un architecte de renom de s’effacer devant le monument ?”

Dans Famille chrétienne, Thomas Cauchebrais s’est intéressé au nouveau portail de la cathédrale d’Angers, qui fait débat :

[…] Ce « tampon climatique » voulu par l’État a été conçu par l’architecte japonais Kengo Kuma comme un espace de transition entre l’extérieur et le sanctuaire. Ce portail de protection a été inauguré en grande pompe le 9 avril. […]

Dans le milieu des historiens de l’art et, plus largement, parmi les professionnels du patrimoine en Anjou, les critiques publiques se font rares, même si les opinions restent partagées. « Avec ses lignes trop dures, trop froides – notamment au niveau du toit -, je ne trouve pas qu’elle s’inscrive dans la sensibilité chrétienne », confie officieusement l’un d’entre eux. Seul François Jeanneau, architecte en chef honoraire des monuments historiques et président de l’association des Amis du Vieil Angers, ose porter ouvertement un regard critique mais tout de même nuancé sur cet ajout. S’il reconnaît « une belle œuvre, bien dessinée et très bien réalisée » signée Kengo Kuma, il estime néanmoins que l’ouvrage assume une rupture trop marquée avec l’édifice médiéval. Selon lui, les proportions du projet s’éloignent trop de l’édifice d’origine, au risque de nuire à sa lisibilité, notamment dans le traitement des arcades et des colonnettes. […]

« Mais comment voulez-vous demander à un architecte de renom de s’effacer devant le monument en y adjoignant une œuvre modeste et intégrée ? Alors que précisément c’était très probablement la bonne direction, le bon parti architectural qu’il aurait fallu adopter. C’est impossible. Donc on obtient bien ce que l’on a souhaité : une œuvre contemporaine ».

[…] Un point de vue partagé par son prédécesseur à la tête de l’association des Amis du Vieil Angers, Guy Massin-Le Goff. Ancien conservateur des antiquités et objets d’art de Maine-et-Loire, il se montre toutefois bien moins nuancé que François Jeanneau. « Je trouve que c’est une grave erreur. Mais que voulez-vous, vous avez des gens au ministère qui veulent faire moderne… c’est la mode », tranche-t-il. Et d’ajouter, non sans malice : « Je garde en mémoire ces architectes contemporains me dire dans de grandes réunions patrimoniales… “Mais enfin, Monsieur, n’oubliez pas que nous construisons pour une durée de 30 ans” ». […]

Investissez dans OClocher pour ré-enchanter nos paroisses 

Le projet OClocher est né au printemps 2022 d’une conviction : la vie paroissiale est riche et diverse, mais trop peu de paroissiens sont au courant de tout ce qu’il s’y passe. OClocher est né pour aider à renouveler le lien entre les paroissiens et leur paroisse. C’est un outil numérique simple, unifié et accessible, conçu pour informer, inviter et relier. Sans jamais remplacer la relation humaine, mais au contraire pour la rendre plus vivante. Les premières expérimentations, menées avec des paroisses pionnières, ont immédiatement confirmé cette intuition : quand les outils sont adaptés, la communication devient facile, rapide et plus vivante.

Trois ans après son lancement officiel, OClocher est devenu le socle numérique choisi par plus de 200 paroisses aux quatre coins de la France, rassemblant des dizaines de milliers de chrétiens actifs chaque mois. Au cœur de cette mission : une application mobile et web qui rassemble, en un seul lieu, tout ce qui fait vivre une communauté : actualités, événements, horaires de messes, intentions de prière, appels à bénévoles, dons, discussions…

L’ambition est de devenir le véritable réseau social chrétien – sans les dérives des plateformes traditionnelles. Un espace où toutes les générations se retrouvent, des plus jeunes aux plus âgées. Tout est centralisé, clair, accessible. OClocher n’est pas d’ajouter un outil de plus : il remplace la dispersion par une interface unique, simple et collaborative, connectée aux autres outils existants. A la date de Pâques 2026, OClocher équipe déjà 209 paroisses en France, réparties dans plus de 60 % des diocèses — dont 15 comptent déjà au moins 5 paroisses utilisatrices.

Cette 1ère levée de fonds d’un montant cible de 500 K€ marque une étape clé : faire d’OClocher un standard à l’échelle de l’Église francophone. L’objectif est d’équiper progressivement l’ensemble des paroisses en France, puis étendre le modèle à tous les pays francophones (Belgique, Luxembourg, Suisse, Canada, Afrique francophone).

Souhaitez-vous accompagner le développement et l’ambition d’OClocher pour le rayonnement des paroisses en y devenant actionnaire ?

Pour découvrir ce projet et y investir , il vous faut cliquer sur le lien ci-après qui vous dirigera sur la Page de Présentation officielle : https://www.credofunding.fr/fr/oclocher-capital

Vous pouvez contacter Edouard Vieilfault ([email protected]) pour toute demande de précision si nécessaire.

L’investissement comporte des risques de perte partielle ou totale du capital investi – Des frais sont dus par le porteur de projet et les investisseurs (18 € TTC).

Informations contradictoire sur Péter Magyar

Pour Yves Daoudal, la défaite de Viktor Orban signe la “normalisation” de la Hongrie.

Orban avait cru pouvoir sanctuariser la définition de la famille et l’interdiction de la propagande LGBT, mais le nouveau pouvoir va s’empresser de les rayer de la Constitution, et sans aucun doute de faire pire, aux applaudissements de l’UE. La Hongrie normalisée par l’UE c’est aussi un pays russophobe de plus, et dans l’immédiat le pays qui va permettre de verser 90 milliards d’euros dans le trou sans fond de l’Ukraine. (A moins que Robert Fico, éventuellement épaulé par Andrej Babiš, ne prenne le relais, mais Orban était le poids lourd…)

De son côté Ouest-France qualifie le nouveau Premier ministre de “populiste” :

le populiste Péter Magyar va remplacer l’autoritaire Viktor Orban

Selon ce compte X, Magyar est un conservateur-libéral, ex-membre du même parti qu’Orbán, mais il a démissionné à cause de tous les cas de corruption qui existaient dans le parti.

  • Immigration — Contre les politiques de l’Union européenne. Pour le maintien de la barrière frontalière. En campagne, il a déclaré : « Nous choisissons le peuple hongrois et nous ne voulons pas d’immigrants ».
  • Économique — Pro-marché, libéral. Pour la baisse des impôts. Réduire le pouvoir de l’État.
  • Géopolitique — Anti-Poutine, mais en ce qui concerne l’Ukraine, il pense très similairement (rappelons-le, ils viennent tous deux du même parti).
  • Social — « Anti-woke », il a en fait présenté des programmes pour prioriser la famille hongroise et augmenter la natalité.
  • Défense — Il prévoit d’augmenter les dépenses militaires à 5 % du PIB d’ici 2035.

Péter Magyar a promis de durcir la politique migratoire de Viktor Orban :

« Nous protégeons les travailleurs hongrois : à partir du 1er juin 2026 et jusqu’à nouvel ordre, nous n’autoriserons zéro, c’est-à-dire zéro importation de travailleurs invités non hongrois en dehors de l’UE. »

Jean-Dominique Merchet, journaliste sur LCI et L’Express, souligne :

  1. La Hongrie de Orbán n’était pas une dictature. La preuve par les élections d’hier. Orbán avait le soutien d’une majorité d’électeurs, il l’a perdu, il s’en va. Le pays est donc resté une démocratie, certes “illibérale”, mais une démocratie quand même.
  2. Son échec s’explique par plusieurs raisons. D’abord, l’économie. Le pays se porte mal depuis 2020 et les prix ont fortement augmenté. Le contraste est frappant avec le dynamisme économique de la Pologne, voire de la Roumanie, ce qui est vécu comme une humiliation. La politique économique “non-orthodoxe”, avec un fort interventionnisme du pouvoir, n’a pas donné de brillants résultats.
  3. Dans ce contexte, la corruption massive des cercles du pouvoir, et les atteintes inhérentes à l’Etat de droit qui l’accompagnent, ont été rejeté par une majorité de Hongrois, qui ne profitaient plus des fruits de la croissance.
  4. L’usure naturel du pouvoir après quatre mandats consécutifs (16 ans) et même cinq s’il l’on tient compte du premier (1998-2002). Viktor Orban est sur la scène politique hongroise depuis 1989.
  5. Faute de pouvoir présenter un bon bilan économique, Orbán avait choisi de faire campagne sur le thème de la paix (éviter d’être entrainer dans la guerre d’Ukraine). Cela n’a pas marché.
  6. Une question reste ouverte : son illibéralisme a-t-il été rejeté ? En partie, mais en partie seulement. Le futur Premier ministre Peter Magyar est un homme de droite (il siège avec LR et la CDU au Parlement européen), même s’il a bénéficié du soutien des progressistes. Il se réconciliera avec Bruxelles (à la manière de Giorgia Meloni) ce qui lui permettra de bénéficier des fonds européens mais conservera une ligne anti-immigration et une certaine prudence vis-à-vis de l’Ukraine dont la cause n’est pas populaire en Hongrie – tout en s’éloignant de Moscou. Toutefois, le pays reste extrêmement dépendant de la Russie pour son approvisionnement en énergie (pétrole, gaz, nucléaire).

Cela nous indique que les médias sont en décalage sur l’actualité hongroise. Viktor Orban a été battu par un conservateur ancien membre de son parti, ce qui montre que la gauche est inexistante sur le plan électoral.

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