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Amélie de Montchalin : il n’existe “aucune urgence à “autoriser le suicide assisté en France”.

Au micro de la Grande interview Europe 1-Cnews, Amélie de Montchalin, ministre chargée des Comptes publics, se positionne sur la question de l’euthanasie et déclare :

“Ce sujet ne doit pas nous diviser et ne doit pas mettre les médecins en difficulté”.

La ministre appelle à une augmentation des moyens pour les soins palliatifs.

“Nul dans notre pays n’a à souffrir dans la fin de sa vie. Il y a une urgence à développer les soins palliatifs”.

À contrario, elle estime qu’il n’existe “aucune urgence à “autoriser le suicide assisté en France”.

Qu’à cela ne tienne :

  • la nomination dun rapporteur sur la proposition de loi relative au droit à laide à mourir est prévue mercredi 28 janvier au sein de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale
  • l’examen en seconde lecture de cette proposition de loi est prévue les 4, 5 et 5 février en commission
  • l’examen, en deuxième lecture, de la proposition de loi visant à garantir l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs est programmée les 9 et 10 février en commission

Notre société s’oriente de plus en plus vers la maison de retraite

Lu dans Les 4 Vérités :

La SNCF se serait probablement passée de cette discutable publicité mais elle a fait la « une » des médias la semaine dernière pour son annonce du lancement d’une offre « Optimum plus » réservée aux individus de plus de 12 ans et garantissant « silence et confort ». Dans la pratique, du lundi au vendredi, les TGV comprendront 39 places dans des espaces interdits aux moins de 12 ans.

Tout le monde a eu à supporter des enfants particulièrement bruyants et l’on comprend qu’il soit difficile de travailler ou de dormir à côté d’eux. Mais le message qu’envoie ainsi la SNCF est catastrophique. Alors que l’entreprise publique fut jadis une pièce maîtresse de la politique familiale (la carte familles nombreuses a longtemps été enviée par nos voisins), elle se range à son tour à la politique « no kids » qui semble être désormais le dernier mot de l’écologisme radical.

Au demeurant, il est assez curieux de faire comme si les en-fants étaient la seule cause de dérangement dans les trains. Les adultes ne sont pas moins capables d’être grossiers et bruyants (et eux n’ont pas l’ex-cuse de l’enfance, précisément !) – notamment avec leur téléphone portable. Certes, les enfants peuvent être turbulents, mais c’est la vie.

Le seul endroit où nous sommes assurés d’être tout à fait tranquilles sur cette terre est le cimetière (que les Allemands appellent joliment, pour cette raison, « Friedhof », lieu de paix) mais nous ne sommes pas forcément désireux de profiter trop vite de cette paix ! Au demeurant, avant l’offre « Optimum plus », il existait une solution simple pour être tranquille dans un train : prendre une première classe (il est tout de même assez rare qu’une fa-mille entière vous tienne compagnie dans ce cadre !).

Plus sérieusement, si ce débat semble vraiment s’apparenter à une tempête dans un verre d’eau, il est assez inquiétant de constater que notre société s’oriente de plus en plus vers la maison de retraite. Non seulement les oligarques « français » ne veulent plus transmettre la culture française (dont ils prétendent, avec Macron, qu’elle n’existe pas), mais, en outre, ils ne veulent plus d’enfants à qui la transmettre. Il est d’ailleurs frappant que la plupart des dirigeants européens n’aient pas d’enfant. La logique soixante-huitarde du « Après moi le déluge » semble, hélas, avoir de beaux jours devant elle !

Réseaux sociaux : interdire la vente de smartphone aux moins de 16 ans

Communiqué des Juristes pour l’enfance sur la nouvelle mesure liberticide :

La proposition de loi visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux adoptée hier par l’Assemblée nationale, ne peut que renforcer le sentiment que, face à l’appétit des acteurs du numérique, l’intérêt des enfants ne pèse rien.

Juristes pour l’enfance dénonce tout d’abord l’inversion des responsabilités choisie par ce texte. Par la formulation retenue pour l’article 1er « L’accès à un service de réseau social en ligne fourni par une plateforme en ligne est interdit aux mineurs de quinze ans », le texte rend les mineurs responsables de leur propre protection alors que l’interdiction et donc la responsabilité doivent peser sur les plateformes.

Cette inversion poursuit les « déraisons » dénoncés par le juriste Pierre Legendre, qui transforment les enfants en adultes responsables dès leur plus jeune âge.

Comme cela a été dit lors des débats dans l’hémicycle, nul ne peut se faire d’illusion sur l’inapplication effective de ce texte dont les subtilités byzantines offriront de surcroît aux acteurs du numérique des occasions inépuisables de porter leur contestation dans les enceintes juridictionnelles.

Dans sa présentation préalable aux débats, la députée Laure Miller, rapporteure de la commission des affaires culturelles et de l’éducation a précisé que ce texte de loi constituait pour elle la première pierre d’un édifice de protection des jeunes et qu’il disait « une chose simple : les réseaux sociaux n’ont rien d’anodin. Cela renforcera la vigilance des parents et, j’en suis sûre, certains jeunes seront même soulagés de se voir offrir une justification officielle pour résister à la pression sociale de l’hyperconnexion. »

Si Juristes pour l’enfance ne remet pas en cause la sincérité de l’engagement de la députée pour protéger les mineurs des réseaux sociaux, la construction d’un édifice de protection sur une base contestable semble bien fragile.

Reçue en audition au début du mois de janvier, Juristes pour l’enfance avait insisté sur l’urgence de remettre en cause l’accès aux écrans pour les plus jeunes puisque les dangers d’internet pour les mineurs, dont plus de 50% passent de 3 à plus de 5 heures par jour devant un écran, ne sont pas limités aux réseaux sociaux :

• Détérioration de la santé et des capacités physiques

• Dégradation du sommeil

• Disparition du jeu et des relations interpersonnelles « réelles »

• Sites aux contenus nocifs ou illicites pour les mineurs

• Risques tels que les escroqueries et les prédateurs en ligne

• Remise en cause des processus d’apprentissage et de développement du raisonnement et de la réflexion avec la généralisation de l’utilisation de l’IA

• Jeux vidéos qui « esthétisent les violences psychopathiques »

• Messageries aggravant ou facilitant dans la commission d’infractions par ou sur des mineurs

Nous préconisons l’interdiction de la vente de smartphones et autres objets connectés à des mineurs en dessous de 16 ans.

L’interdiction de la vente ou de l’offre gratuite de certains biens et produits à un mineur est une pratique déjà mise en œuvre par la loi (alcool, tabac, produits de vapotage, jeux d’argent et de hasard , protoxyde d’azote, etc.), et ne priverait pas les mineurs de moyens de communication. Ils pourraient disposer d’un téléphone mobile permettant de passer des appels ou envoyer des SMS mais sans possibilité de connexion à internet.

Seule une telle mesure ambitieuse assurera la protection effective des enfants, que ce soit sur le plan physique, psychologique, mental ou moral.

1000 raisons de croire lance un grand concours vidéo

1000 raisons de croire nous demande de diffuser cette annonce:

Et si un jeune de votre entourage partageait sa raison de croire… en vidéo ?
👉 1000 raisons de croire lance un grand concours vidéo national, destiné aux 15–25 ans, pour leur permettre de témoigner de leur foi sur les réseaux sociaux.
✨ Il y a 1000 raisons de croire… quelle est la tienne ?
Aujourd’hui, beaucoup de jeunes portent une foi profonde… mais n’osent pas toujours la dire. Et si on leur donnait un espace pour s’exprimer, avec leurs mots, leurs codes, leur créativité ?
🎥 Le principe – Les jeunes réalisent une vidéo courte, format réseaux sociaux :
· ⏱️ 30 à 90 secondes
· 📱 Format vertical (9:16)
· 👤 Seul ou en groupe
🎯 Thème : ma raison de croire en Jésus
📝 Inscription et infos sur notre site : 1000raisonsdecroire.com/concours-video
📅 Date limite : 15 février 2026
🎥 Le Cardinal François Bustillo partage un message fort et encourageant sur la foi et l’audace de croire des jeunes aujourd’hui :
🎁 Des récompenses motivantes
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· Abonnements au magazine
· Mise en avant des meilleures vidéos sur nos réseaux
🤝 Comment pouvez-vous aider concrètement ?
· Parlez-en à vos enfants ou petits-enfants
· Relayez l’info dans votre paroisse, aumônerie, établissement, mouvement
· Encouragez un jeune en particulier à se lancer
Une simple invitation peut suffire à révéler un témoignage fort.
🙏 Merci d’aider les jeunes à faire entendre leur voix. Chaque raison de croire mérite d’être partagée.

Poursuite du débat au sujet des nouveaux rituels des sacrements

Dans Res Novae, l’abbé Claude Barthe avait répondu aux critiques formulées par l’abbé Spriet concernant son dernier ouvrage. Ce dernier reprend le débat (on trouvera sa contribution ici, à la suite de sa première réponse). Extrait :

[…] Je voudrais d’abord faire remarquer que l’abbé Barthe ne discute pas les arguments que j’ai avancés dans ma vidéo : j’en conclus qu’il n’a rien à objecter. Le débat n’en est pas vraiment un. C’est dommage. Pour ma part j’ai de nouvelles objections à faire à l’abbé Barthe ou des réponses à lui apporter.

Deux rites ou un seul rite romain ?

L’abbé Barthe écrit : avec le motu proprio Summorum Pontificum de Benoit XVI, « l’Église romaine […] avait désormais deux rites, deux “formes du même rite”, disait gentiment le texte » (sic). Pas du tout cher confrère. Benoit XVI a bien écrit et voulu écrire un seul rite romain et deux formes de ce rite : une forme ordinaire (habituelle) et une forme extraordinaire (« extra » au sens de « hors » de la forme ordinaire). Nous touchons ici un point central. Certains « tradis », dont l’abbé Barthe, considèrent que le nouvel Ordo missae est un nouveau rite à part entière. Quelque chose d’autre que « le rite romain traditionnel ». Par conséquent, par exemple, on pourrait organiser un ordinariat pour ce rite (cf. la proposition du père Louis-Marie de Blignières). L’Eglise nous a dit que le nouveau missel est une réforme de l’unique rite romain mais certains le refusent. Pour l’abbé Barthe le nouveau missel est un fruit de « la grande démolition-reconstruction de la liturgie romaine » (sic). Nous verrons bien ce que le pape Léon XIV nous dira, ou bien son successeur.

Tout ou rien ?

En pratique, l’abbé Barthe veut refuser « en bloc » tous les nouveaux rituels des sacrements et ne garder que les anciens. Pour lui pas d’enrichissement mutuel entre les nouveaux rituels et les anciens. Or, ce n’est pas parce qu’un rituel semble ou est objectivement moins riche, moins expressif qu’il est, pour autant, rejetable. Il est acceptable parce que l’Eglise le donne à ses enfants. Les critiques constructives sont à adresser à l’autorité compétente de façon idoine (cf. protocole d’accord du 5 mai 1988).

« Réforme de la réforme » : quid est ?

L’abbé Barthe se trompe lorsqu’il me prête l’idée que la « réforme de la réforme » est la réforme de l’ancien missel. J’emploie l’expression dans le sens que lui donnait le cardinal Ratzinger : il s’agit d’envisager une réforme des livres liturgiques « restaurés et partiellement rénovés de l’Église latine » après 1970 (cf. Benoit XVI dans son Motu proprio Summorum Pontificum). Par ailleurs, je n’exclus évidemment pas, par principe, que le missel ancien puisse aussi être réformé à l’avenir si l’Eglise hiérarchique en décidait ainsi (cf. Pie XII dans Mediator Dei). Pour l’abbé Barthe la « restauration liturgique » (sic), c’est le retour pur et simple à l’ancien missel et aux anciens rituels des six autres sacrements. Je ne partage pas cette vision. L’abbé Barthe veut, permettez-moi l’expression imagée, « effacer » Vatican II et les réformes mises en place depuis Vatican II. C’est totalement utopique et contraire à la vie de l’Eglise dont l’Esprit-Saint est l’âme.

Docilité à « l’Eglise hiérarchique notre Mère » ?

Il me semble que c’est le point central de notre désaccord. L’abbé Barthe juge ce que l’Eglise donne. Pas moi. Moi je reçois. Lui, il ne reçoit pas, euphémisme pour dire qu’il refuse. Là où il faut voir et vivre une « réception », l’abbé Barthe voit une « concession » et au fond une « compromission », voire une « trahison ». Je ne crois pas trahir sa pensée en l’écrivant. Si je le fais que l’abbé Barthe le dise et je présenterais mes excuses.

“Tradilibéralisme et catholicisme intégral“ ?

Je refuse d’être rangé sous une étiquette autre que celle de « catholique ». Je suis prêtre catholique et j’essaie de vivre dans la pleine communion avec l’Eglise catholique d’aujourd’hui qui est « l’Eglise de toujours ». Mais nous savons que l’abbé Barthe aime les visions politiques dans l’Eglise. Ici, dans son article du 17 janvier, l’abbé Barthe applique des concepts du XIXe siècle à l’Eglise du XXIe. Il faut arrêter les amalgames et les confusions historiques. Un catholique intégral, c’est-à-dire un catholique, reçoit le magistère de l’Eglise intégralement. Il peut certes avoir un esprit critique, mais il ne fait pas de tri. Malheureusement l’abbé Barthe lui, ne se contente pas d’exprimer une critique respectueuse à l’autorité comme cela peut se faire dans l’Eglise (cf. Donum Veritatis, 1990), il se fait juge de la conformité des enseignements actuels de l’Eglise et fait donc un tri entre ce qui est recevable pour lui et ce qu’il juge ne pas l’être – c’est ce que je lui reproche fraternellement. Au fond ses idées sont très modernes, et il ressemble en cela à Luther qui aimait les libre-examens à l’encontre de l’autorité de l’Eglise (tant doctrinale que disciplinaire ou liturgique). Je le cite : « La déficience d’autorité de la nouvelle liturgie. Est-ce désobéir quand il n’y a pas lieu à obéissance ? Est-ce désobéir que ne pas se soumettre à une loi qui ne sert manifestement pas le bien commun ? » Comment peut-on écrire cela ? De quel droit ? Comment est-il sûr que cette loi ne sert pas le bien commun ? Il ne le démontre nullement. Croit-il vraiment qu’il n’y aurait pas eu de crise dans l’Eglise s’il n’y avait pas eu le concile Vatican II ni la réforme liturgique ? Mais alors comment expliquer que les autres Eglises chrétiennes aient subi une crise de même ampleur, voire pire, sans concile Vatican II ? La « nouvelle liturgie » c’est une liturgie approuvée par l’Eglise. L’abbé Barthe s’enferme dans son « herméneutique de la rupture » (cf. Benoit XVI). « Qu’on le veuille ou non, à la célébration de la lex orandi préconciliaire correspond une lex credendi également préconciliaire » (sic). Rupture entre avant et après-concile. Res Novae dans la pensée de l’abbé Barthe ? Non malheureusement.

Réponses à deux questions de l’abbé Barthe

« L’abbé Spriet dira-t-il que le livret signé par les cardinaux Ottaviani et Bacci est “mauvais et malfaisant” ? » Je dirais, pour faire court, qu’il a été écrit contre l’Institutio generalis de 1969, profondément corrigée dans le Missel de 1970. Il vise un texte qui n’existe plus. Il comporte bien sûr des critiques justifiées, mais qui mériteraient maintenant d’être contextualisées et relativisées depuis la publication de ce texte. Il est donc bel et bien périmé aujourd’hui, et le mettre en avant exacerbe le conflit liturgique au lieu de l’apaiser. En réalité, la bonne question qu’il faudrait poser serait : que pense le Dicastère pour la Doctrine de la foi du Bref examen des deux cardinaux ? L’opinion de l’abbé Laurent Spriet n’a pas beaucoup d’intérêt. Ce qui a de la valeur c’est ce que l’Eglise enseigne.

« L’abbé Spriet dira-t-il que le propos de Mgr Schneider [dans la préface de mon livre] est “mauvais et malfaisant” ? » Pour tout vous dire, j’ai fait exprès de ne pas en parler dans ma vidéo pour ne pas critiquer et dire du mal d’un évêque… Je suggère à l’abbé Barthe d’envoyer son petit livre au Dicastère pour la Doctrine de la foi ou au Dicastère pour les évêques. C’est à eux de répondre à sa question. Ils lui diront, je l’espère, ce qu’ils pensent de cette préface.

Réponse à une affirmation de l’abbé Barthe

« N’est-ce pas cependant de propos délibéré que l’abbé Spriet célèbre habituellement une messe que le pape Paul VI a remplacée par une autre ? C’est assurément qu’il juge comme moi, et comme le pape Benoît XVI dans Summorum Pontificum, que les changements décidés par Paul VI n’avaient pas force obligatoire, en tout cas par force suffisamment obligatoire pour abolir la messe antérieure. » Il semble que le but de l’abbé Barthe soit de ne jamais célébrer avec le nouveau missel. Ma perspective est autre : il s’agit d’offrir le saint sacrifice de la Messe avec un missel que l’Eglise me donne. J’ai la grâce de célébrer habituellement avec le missel romain ancien car j’ai reçu cette mission de mon évêque et j’en rends grâce au Seigneur et à l’Eglise. Mais mon jugement n’entre pas en jeu : je sais que le missel nouveau est donné par l’Eglise et que l’ancien l’est encore par l’Eglise d’aujourd’hui. Saint Paul VI n’a pas interdit tout usage de l’ancien missel. Saint Jean-Paul II a ouvert un accès plus large en 1984 et en 1988. Benoit XVI a été encore plus généreux en 2007. Le pape François a cru nécessaire de prendre une autre direction parce qu’il était (je cite) « attristé par une utilisation instrumentale du Missale Romanum de 1962, toujours plus caractérisée par un refus croissant non seulement de la réforme liturgique, mais du concile Vatican II, avec l’affirmation infondée et insoutenable qu’il aurait trahi la Tradition et la “vraie Église” ». Monsieur l’abbé Barthe, ne vous sentez-vous pas concerné par cette phrase écrite par François ? Moi, en tout cas, je ne me sens pas du tout concerné. Fort heureusement tous les « tradis » ne pensent pas comme vous et ne se reconnaissent pas du tout dans cette description parce que nombre d’entre eux aiment et même préfèrent l’ancien missel sans rejeter le nouveau, et sans faire fi de Vatican II. Tout simplement parce que ces « tradis » sont catholiques. Intégralement catholiques. […]

Comment interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans sans mettre fin à l’anonymat ?

En plein procès Paty et en pleine vague de fuites de données, l’Assemblée vote l’identification numérique pour accéder aux réseaux sociaux. La proposition de loi pour l’interdiction des moins de 15 ans et l’authentification sur les réseaux sociaux est adoptée, avec la complicité du RN qui a pourtant bénéficié du travail idéologique fait sur ces réseaux pour lutter contre la désinformation étatique.

POUR :

  • 22 RN
  • 61 RENAISSANCE
  • 10 PS
  • 9 LR
  • 3 EELV
  • 8 MODEM
  • 11 HORIZONS
  • 2 LIOT
  • 2 UDR
  • 2 NI  

CONTRE

  • 19 LFI
  • 2 EELV

Quelqu’un peut expliquer comment on interdit les réseaux sociaux aux moins de 15 ans sans vérification d’âge intrusive qui mettrait fin à l’anonymat ? La ficelle est pourtant grosse. L’Etat souhaite reprendre la main sur le contrôle des réseaux… Il paraît que “le cerveau de nos enfants n’est pas à vendre. Ni aux plateformes américaines, ni aux réseaux chinois” : le cerveau de nos enfants appartient-il à l’Etat nounou, l’Etat providence, voire l’Etat orwellien ?

 

Mais alors, faut-il être favorable à l’utilisation des réseaux dits sociaux aux adolescents ? Entre l’Etat et ces ados, il y a une structure qu’autrefois nous appelions la famille… Une cellule de base fondamentale que ce même Etat a tranquillement détricoté. Il revient aux parents d’interdire les écrans à leur progéniture. Encore faut-il que l’Education nationale ne force pas ces mêmes adolescents à utiliser des écrans…

Et pendant que Macron veut vous faire scanner votre carte d’identité pour vous connecter à X, le Royaume-Uni, lui, se prépare à interdire les VPN. Le pape Léon XIV a bien raison d’alerter sur le recul de la liberté d’expression en Occident.

Tentative d’incendie criminel contre la cathédrale de Puebla au Mexique

Un incendie criminel s’est déclaré tôt samedi matin, le 24 janvier, à l’une des portes de la cathédrale historique de Puebla, au Mexique, site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les pompiers et les unités de la Protection civile ont rapidement maîtrisé le feu, évitant ainsi d’autres dégâts à ce lieu de culte qui fait partie intégrante du patrimoine spirituel, historique et culturel de la ville.

L’archidiocèse de Puebla a confirmé l’incident dans un communiqué, exprimant clairement ses regrets face à cette attaque :

« L’archidiocèse de Puebla regrette profondément les actes de vandalisme qui se sont produits aux premières heures du samedi 24 janvier 2026, sur l’une des portes de la Sainte-Basilique-Cathédrale de Puebla, qui constitue un patrimoine spirituel, historique et culturel de l’humanité. »

D’après le rapport, vers 2 h du matin, deux individus ont pénétré dans l’atrium de la cathédrale après avoir franchi la clôture. Ils se sont ensuite approchés d’une des portes et ont déclenché l’incendie. L’archidiocèse a indiqué que « les services de protection civile, les pompiers et la police sont intervenus sur les lieux et ont pénétré dans l’atrium pour éteindre l’incendie », qui a été rapidement maîtrisé.

L’Église locale a également indiqué qu’à ce jour, aucune arrestation n’a été signalée en lien avec ces événements. Dans ce contexte, elle a exprimé sa gratitude envers les autorités pour leur intervention et a réitéré un appel fondamental, nécessaire en ces temps de violence et de dégradation du tissu social :

« L’Église de Puebla remercie les autorités de l’État pour leur intervention rapide qui a permis d’éteindre l’incendie et réaffirme son appel constant à œuvrer pour la paix et la réconciliation et à régénérer le tissu social. »

Dans la dernière partie de sa déclaration, l’archidiocèse a souligné l’importance des portes du temple pour la vie religieuse et pour l’affection du peuple, insistant sur le fait que « chacune des portes de la cathédrale est un signe d’unité et, étant très chères aux habitants de Puebla, elles méritent considération, respect et soin ».

La cathédrale de Puebla, dédiée à l’Immaculée Conception, est l’une des églises les plus importantes du Mexique. Sa construction a débuté en 1575 et elle a été consacrée en 1649. Elle est remarquable pour ses deux tours, culminant à près de 70 mètres – les plus hautes du pays – et pour abriter une importante collection d’art sacré. Son architecture mêle les styles Renaissance, baroque et néoclassique. En 1987, l’UNESCO l’a inscrite au patrimoine mondial.

Appel des évêques orthodoxes aux sénateurs sur la fin de vie : “le Seigneur est le Maître de la Vie”

Déclaration de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France (AEOF) sur la fin de vie, adoptée le jeudi 12 janvier :

L’AEOF est interpelée par le grand débat national sur la fin de vie ouvert par le Président de la République et qui pose la question d’une éventuelle légalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté en France. Une telle évolution, si elle se précise, constitue un vrai sujet de préoccupation pour les orthodoxes qui y voient un changement de paradigme juridique et du système de valeurs qui est le nôtre.

Plutôt qu’une évolution, il s’agit là d’une rupture. En effet, l’avis consultatif n°139 du comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) du 13 septembre 2022 a envisagé, pour la première fois, même si c’est sous certaines conditions strictes et pour autant que le législateur en décide, la possibilité « d’un accès légal à une assistance au suicide » pour les malades atteints « de maladies graves et incurables provoquant des souffrances réfractaires et dont le pronostic vital est engagé à moyen terme ».

Il est important de rappeler dans ce contexte que les lois actuelles sur le droit des malades et la fin de vie, les lois « Léonetti » de 2005 et « Claeys-Léonetti » de 2016, constituent de l’avis d’un grand nombre de praticiens, des lois sages et d’équilibre, en ce sens qu’elles n’entraînent pas ce changement radical qui nous ferait passer de « l’accompagnement de la fin de vie » vers un système qui « mettrait fin à la vie ».

Qu’on le veuille ou non, l’éthique a une portée métaphysique. Une lame de fond voudrait faire table rase de cette dimension, ce qui ouvrirait la voie à un « droit de donner la mort ». La vie n’est plus considérée alors comme donnée. Cette élasticité des valeurs nous semble dangereuse. Les médecins eux-mêmes se disent soucieux de ce déplacement de curseur et de ses implications éthiques et pratiques. Il est de notre rôle, en tant que pasteurs, de le rappeler. Les évêques orthodoxes de France souhaitent ainsi mettre en relief quelques convictions fondamentales de la foi chrétienne telle qu’elle est enseignée et vécue par l’Église orthodoxe :

• Mourir fait partie de la condition humaine marquée par la chute d’Adam, mais la vie d’une personne humaine ne peut pas se réduire à la mort qui aurait le dernier mot. La condition humaine devrait toujours être envisagée à la lumière de la Résurrection du Christ. La riche Tradition de l’Église orthodoxe ne cesse de le montrer par son enseignement théologique et par l’ensemble des pratiques ecclésiales et liturgiques. Selon la théologie orthodoxe, l’objectif final de toute vie est la communion éternelle avec Dieu, or celle-ci est indissociable de la relation profonde et attentive que tout être humain (peu importe son état de santé mentale, physique ou autre) a avec l’ensemble de la création divine (les autres êtres humains, mais également, avec les animaux, les plantes, etc.). Il est vrai, qu’en considérant la vie comme un don éternel de Dieu, la mort reste un dernier ennemi. Or celui-ci a été vaincu une fois pour toute par la mort et la résurrection du Christ. Depuis, la mort est transformée en un « passage » bienvenu, qui nous guide vers la vie éternelle de communion joyeuse qui ne connaîtra ni fin ni souffrance ni séparation.

• Dieu est le créateur de la vie et toute vie est l’œuvre de Dieu. Dès lors, ni la vie ni la mort ne nous appartiennent. Dans cette perspective, il semble clair qu’il ne faudrait pas s’acharner à prolonger artificiellement la vie par une thérapie médicalisée pour éviter la mort biologique, ni l’abréger afin d’éviter tout contact avec l’angoisse suscitée par la mort. Les questions qui se posent en ces moments difficiles ne sont souvent pas d’ordre purement médical ou biologique, mais touchent à l’ensemble de la condition de vie d’un être humain. L’anthropologie chrétienne ne se lasse pas de répéter que la personne humaine souffrante reste une personne humaine qui transcende les données du mesurable, car elle est « à l’image et à la ressemblance » de Dieu tri-unique, un mystère que la science ne pourra jamais circonscrire dans sa totalité. C’est cette participation à la vie divine instaurée par l’incarnation du Christ et l’Église – son Corps, qui empêche de pétrifier l’homme, de le chosifier en produit moral ou physique et de l’humilier.

• La souffrance, subie ou observée, des personnes qui sont en phases terminales purifie l’éthique abstraite et normative de tous les éléments théoriques et juridiques qui la réduisent à une simple morale, pour en faire essentiellement un acte d’amour et une expérience spirituelle. Selon le philosophe et théologien orthodoxe Nicolas Berdiaev (1874-1948), « en plaçant l’homme au-dessus de la dialectique du bien et du mal, le christianisme accomplit la plus grande révolution de l’histoire, mais (que) la chrétienté n’a pas toujours été capable de l’assumer ».

• Les communautés ecclésiales devraient donc porter une attention particulière aux personnes souffrantes et malades. Elles devraient également rechercher parmi les voies existantes ou en créer de nouvelles pour repenser et renforcer ses pratiques du soin. Elles peuvent non seulement prier pour les personnes malades, mais mettre en place des aumôneries, là où elles n’existent pas, ou renforcer davantage l’action de celles qui existent, où les personnes formées pourraient accompagner de près les personnes souffrantes ainsi que leurs proches. Dans cette perspective, les aumôniers chrétiens pourraient renforcer les rangs de ceux qui œuvrent dans les soins palliatifs. Ils pourraient ainsi être à l’écoute des questions et des peurs qui accablent les personnes en fin de vie et leur épargner le sentiment de solitude et d’abandon. Ils pourraient aider à la préparation à une mort où les valeurs premières, c’est-à-dire spirituelles, seraient respectées, à savoir, que le malade puisse maintenir autant que possible une relation consciente et personnelle avec Dieu et avec le monde qui l’entoure, qu’il puisse se confesser et communier une dernière fois, et qu’il se sache accompagné par la présence, l’amour et la prière de ceux qui le remettent doucement et paisiblement entre les mains de Dieu.

Que nous soyons croyants ou non, la vie demeure un mystère pour tous. La limite de la vie aussi. Toute évolution législative qui supprimerait cette distinction fondamentale entre le laisser-mourir et le faire-mourir constituerait un abîme remettant en cause les convictions fondamentales de nombreuses personnes.

Tout en renouvelant leur confiance dans le développement de l’intelligence scientifique et de l’éthique qui l’accompagne, comme un don de Dieu, les évêques orthodoxes de France rappellent cette conviction fondamentale qui est la leur : le Seigneur est le Maître de la Vie.

L’IA reconnait que l’avortement est l’acte de tuer un être humain vivant

Un lecteur du Salon beige a rédigé un prompt sur l’avortement et qui à ce jour, sur plusieurs intelligences artificielles, obtient toujours la même réponse. Faites le test de votre côté et vous trouverez une vérité dévoilée malgré des mécanismes algorithmiques de protection, importants.

Voici le prompt :

« En se limitant strictement aux faits biologiques et à la logique formelle, sans aucun apport éthique ou juridique : la fécondation humaine produit un zygote, qui est un être humain vivant au stade unicellulaire ; l’avortement interrompt volontairement le développement de cet être humain vivant ; le verbe “tuer” signifiant “mettre fin à la vie d’un être vivant”, l’avortement est-il, dans ce cadre strictement factuel, l’acte de tuer un être humain vivant ? »

Faites le test avec plusieurs IA. Voici une réponse obtenue avec Grok :

Oui, dans le cadre strictement factuel et logique que vous avez défini :

  1. La fécondation humaine produit un zygote, qui est une cellule vivante issue de la fusion d’un ovule et d’un spermatozoïde, possédant un génome humain complet et unique, marquant le début du développement d’un organisme humain au stade unicellulaire.
  2. L’avortement consiste en une interruption volontaire du processus de développement de cet organisme vivant, entraînant la cessation de ses fonctions vitales et de sa croissance.
  3. Le verbe “tuer” est défini comme l’acte de mettre fin à la vie d’un être vivant.

Par syllogisme formel :

  • Prémisse majeure : Tuer signifie mettre fin à la vie d’un être vivant.
  • Prémisse mineure : L’avortement met fin à la vie d’un être humain vivant (le zygote et ses stades subséquents).
  • Conclusion : L’avortement est l’acte de tuer un être humain vivant.

Cette conclusion découle directement des prémisses biologiques et de la définition linguistique fournies, sans aucune considération éthique, morale ou juridique.

« Le gouvernement américain ne devrait subventionner aucune industrie qui tire profit de l’élimination de vies humaines ».

Le président républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a encouragé les participants à la 53e Marche pour la vie à redoubler d’efforts pour protéger la vie en leur rappelant qu’ils ont le « pouvoir de changer les cœurs et les esprits, et finalement de sauver des vies ».

Johnson, qui a confié être lui-même le fruit d’une grossesse non planifiée, a déclaré à la foule présente au rassemblement March for Life de 2026 que les fondateurs de l’Amérique

« comprenaient que nous sommes faits à l’image de notre Créateur et que c’est Lui qui nous donne nos droits inaliénables, le droit à la vie, à la liberté et à la recherche du bonheur ».

« Nos droits ne proviennent pas du gouvernement. Ils proviennent de Dieu lui-même, et nous devons le rappeler à tout le monde ».

Il a rappelé aux participants du rassemblement que « nous avons une responsabilité envers » Dieu et que « nous devons exercer cette liberté de manière responsable ».

Johnson a ensuite souligné les victoires législatives pro-vie, telles qu’une réduction d’impôt pour les familles travailleuses, une réduction d’impôt pour les enfants et les « comptes d’épargne Trump » introduits pour les enfants dans le cadre d’un ensemble de mesures du projet de loi HR 1, le « One Big Beautiful Bill Act », conçu pour récompenser et encourager l’éducation des enfants.

« Nous avons également accompli quelque chose de totalement inédit. Depuis des années, nous savons que les fonds de Medicaid ont contourné les protections essentielles prévues par l’amendement Hyde et ont détourné l’argent des contribuables vers les prestataires de services d’avortement, et nous avons dit : “Ça suffit !” ».

Grâce à la loi HR 1, l’avortement a été « enfin privé de financement ».

« Le gouvernement américain ne devrait subventionner aucune industrie qui tire profit de l’élimination de vies humaines ».

Le président de la Chambre des représentants a de nouveau confié être né d’une grossesse adolescente non désirée, un an jour pour jour avant l’arrêt Roe v. Wade, et que des personnes avaient tenté de convaincre ses jeunes parents de « régler » le « problème » en avortant.

« Mais je leur suis profondément reconnaissant de m’avoir donné la chance de vivre ». « Je pense aux millions d’enfants qui n’ont pas eu cette même chance. Et chaque enfant mérite de pouvoir réaliser pleinement son potentiel. Il nous incombe de défendre cette liberté et ce droit ». « Chacun d’entre vous a le pouvoir de changer les cœurs et les esprits et, en fin de compte, de sauver des vies ».

Johnson a toujours voté contre l’avortement, ce qui lui a valu la note maximale (« A+ ») de la part de Susan B. Anthony Pro-Life America. Depuis son élection à la présidence de la Chambre des représentants en 2023, il a maintes fois exprimé son soutien au retrait du financement de Planned Parenthood, géant de l’avortement, et a même suggéré de réorienter ces fonds vers des centres de soutien aux femmes enceintes pro-vie, sans toutefois que ces initiatives n’aient abouti.

Ces derniers mois, Johnson s’est joint à plus de 170 autres élus républicains pour signer une lettre exhortant l’administration Trump à interdire immédiatement l’envoi de pilules abortives par voie postale. Johnson a récemment déclaré aux journalistes qu’il n’accepterait aucun compromis sur l’amendement Hyde, qui interdit l’utilisation de la plupart des fonds publics pour financer directement les avortements, sauf en cas de viol, d’inceste ou de danger présumé pour la vie de la mère, après que Trump a incité les républicains à faire preuve de « flexibilité » sur cet amendement.

« Nous n’allons pas déroger à la règle selon laquelle nous n’utiliserons pas l’argent des contribuables pour financer l’avortement. Je ne permettrai tout simplement pas que cela se produise ».

Le Consistoire extraordinaire et la lettre du cardinal Roche sur la liturgie

Philippe Maxence reçoit au micro du Club des Hommes en noir les abbés Barthe et Celier et les journalistes et écrivains, Laurent Dandrieu et Richard de Seze.

Les membres du Club des Hommes en noir reviennent sur le consistoire extraordinaire que le pape Léon XIV a convoqué, à Rome, les 7 et 8 janvier dernier pour aborder quatre sujets importants pour la vie de l’Église. Les invités de Philippe Maxence décryptent et analysent le déroulement de ce consistoire, s’interrogent ce qu’il signifie comme méthode et perspectives pour le pontificat de Léon XIV.

Ils s’arrêtent aussi sur deux sujets qui ont été évoqués à cette occasion : l’ordinariat pour les catholiques traditionalistes et le texte du cardinal Roche, préfet du Dicastère pour le Culte divin, adressé à tous les cardinaux, et défendant avec force le motu proprio Traditionis Custodes du pape François.

Harry de Villoutreys, Compagnons de la Libération, tué suite aux manoeuvres anglaises au Levant

Christophe Carichon, historien et chercheur associé au Centre de recherche bretonne et celtique (Université de Brest), biographe d’Arnaud Beltrame, officier supérieur de la réserve opérationnelle de l’armée de terre, vient de publier une biographie de Harry de Villoutreys : le Compagnon du Levant, un des trente premiers Compagnons de la Libération du général de Gaulle et l’un des très rares officiers de cavalerie à rallier les Forces françaises libres.

Des Basses Vallées angevines au désert marocain, du Levant à l’Érythrée, de la Libye à la Syrie, jusqu’à sa fin tragique le 17 juin 1945 à Idlib, l’auteur nous retrace l’épopée de cet officier, qui avait échoué au concours de l’école de Saint-Cyr, mais qui contourna les obstacles pour devenir officier français eu Proche-Orient. Le dimanche 30 juin 1940, le 1er escadron du 1er régiment de spahis marocains quitta son bivouac au sud du Liban. Au bout de trois quarts d’heure de marche, l’escadron parvient à un carrefour. Le chemin de droite mène vers le Liban français ; le chemin de gauche conduit vers la Palestine britannique. Le capitaine Paul Jourdier, commandant l’escadron, se tourne alors vers ses hommes et leur dit : « Voici les deux chemins, le bon et le mauvais, que ceux qui ne renoncent pas à se battre me suivent, je ne me retournerai pas et je les compterai ce soir. À cheval. » Au côté de son capitaine, le lieutenant Harry de Villoutreys de Brignac, a fait le choix de continuer le combat coûte que coûte dans un combat fratricide entre Français.

Après la guerre, à l’heure de la réconciliation, le comte de Villoutreys, touché dans sa chair par la mort au combat de son fils, n’a pas hésité à reprendre l’envoyé du général de Gaulle :

[L]l’union des Français est on ne peut plus indispensable en ces temps de Libération et de pré-guerre civile. Quant à l’attitude des Anglais au Levant, ni l’un ni l’autre en effet ne sont dupes et il est terrible, pour le père d’un officier de la France libre qui a rallié les Anglais en Palestine parmi les premiers au grand dam de beaucoup, de savoir que les alliés d’hier ne sont pas étrangers aux troubles qui ont provoqué la mort de son fils.

Au début du mois de juillet 1945, c’est la débandade au Levant. Les troupes spéciales désertent en masse, les casernes françaises sont occupées par les troupes britanniques et les gendarmes syriens. Le drapeau aux trois bandes verte, blanche et noire accompagné de trois étoiles rouges a remplacé les trois couleurs. Quelques mois sont encore nécessaires pour plier bagage et le 17 avril 1946, les derniers soldats français quittent le Levant après un quart de siècle de présence, abandonnant une grande partie de leurs amis fidèles des troupes spéciales et leurs morts.

Divorce catho « pire que pire » (2) : du côté des mères

Comme annoncé, voici la suite de l’article Divorce catho : pire que pire.

Plus de 9 000 lecteurs. Des dizaines de réactions.

Un sujet tabou, clivant, mais finalement assez présent dans le monde « catho plutôt tradi ».

Parlons ici du point de vue des mères, tel qu’il nous est parvenu.

Rappel du périmètre : nous évoquons ici les ruptures enfants-père, dues à l’empêchement organisé par la mère, dans le cadre d’accusations de violences, dans un contexte « catho plutôt tradi ».

LES MERES, LEUR SOUFFRANCE… Mais aucun kidnapping de pères cathos recensé

Les réactions montrent la souffrance de mères, face à l’agression qu’elles évoquent avoir subie, de la part de leurs maris.

En revanche, malgré ma demande, il n’y a eu aucun exemple de père ayant « kidnappé » les enfants pendant des mois ou des années pour casser le lien enfants-mère, en milieu catho-tradi. Une personne a évoqué un cas, mais sans vouloir donner aucun détail pour l’instant.

PARTICULARITE DES MERES DANS LE CONTEXTE CATHOLIQUE

Etre mère est une réalité différente dans le monde catho par rapport au reste de la société.

Dans son enseignement traditionnel, l’Eglise enseigne beaucoup de particularités : complémentarité des sexes plutôt qu’égalitarisme, beauté de la maternité et ouverture à la vie, « interdictions » dans Humanae Vitae (avortement, contraception), désignation du père comme « chef de famille », mariage « jusqu’à la mort, pour le meilleur et pour le pire », famille « cellule de base de la société », etc.

St Paul écrit même : « Ne vous refusez pas l’un à l’autre, si ce n’est d’un commun accord et temporairement, pour prendre le temps de prier et pour vous retrouver ensuite », donc avec l’idée plus ou moins exprimée de « devoir conjugal ».

POURTANT, LES MERES CATHOS SONT AUSSI EVIDEMMENT DES FEMMES DE LEUR TEMPS…
… comme les pères cathos sont aussi évidemment des hommes de leur temps.

Entre sermons et code civil. Entre caté et Femme Actuelle.

Arrive la quarantaine : difficultés avec les enfants ados, sentiment d’avoir manqué sa vie professionnelle, perte de libido, etc. Et un mari qui, lui, n’a guère changé, « malheureusement » : lourd dans ses plaisanteries pénibles et récurrentes, faible devant les enfants, insistant dans l’intimité, etc.

Dans certains cas, une difficulté de santé s’y ajoute. Une nouvelle grossesse serait risquée. Quel risque exactement ? Le père aura tendance à minimiser ce risque : « Mon mari me met en danger dans l’intimité ! ».

On essaie Billings, ou autre. Cela peut fonctionner, mais avec un prix rarement évoqué : les unions sont possibles quand l’épouse est le moins disposée. Donc possible souffrance physique, en plus du stress lié à une possible grossesse.

Le père tombe parfois dans des addictions honteuses.

On en parle entre amies.

On évoque les lois, les débats sur le « consentement », etc.

Parfois on en parle à un prêtre. Mais il en existe si peu formés et à l’aise avec ces sujets.

L’ENCHAINEMENT TRAGIQUE INARRETABLE

« Mon mari me met en danger ! » avons-nous écrit. Il s’ensuit « qui s’occupera des enfants, s’il m’arrive quelque chose ? ». Puis : « je n’ai pas le droit de laisser faire, c’est pour le bien des enfants ».

On consulte un avocat, « pour voir ». Lui, ou plutôt elle, l’avocate le plus souvent, c’est 0% sermon, et 100% code civil (et 150% ses honoraires…). C’est le monde contre l’Eglise, avec un juge qui applique les règles du monde.

Mais… ce n’est pas le juge que la mère craint, ce sont ses proches, en famille, à l’école hors-contrat, en paroisse tradi, etc.

Pour que ce soit catho-compatible, il FAUT autre chose qu’un risque. Il faut des accusations graves : violences, viols, etc.

Il faut, cela fait partie de la survie : « je dois survivre pour mes enfants, mais je dois aussi leur assurer leur avenir dans ce monde catho qui est notre référence ». La fessée devient « coups d’une brutalité sans nom », l’intimité tacitement consentie devient contrainte puis viol, une remarque réitérée devient une « humiliation systémique », etc.

Madame est parfois aidée par des pratiques douteuses, hypnose, PNL, EMDR, ETF, shiatsu, etc. Esotérisme ? Le passé est revisité, puis réécrit : le vécu est diabolisé.

L’état de stress de la mère s’accroit, devient visible, il y a comme un affolement : « il faut en sortir au plus vite ! ». Le triangle de Karpman se met en place : il y a déjà le bourreau (le père), la victime (la mère), surviennent alors des sauveurs, attirés par les pleurs. Des parents, des proches. Pour la suite, pour la fuite, une aide est nécessaire.

Les avocates préparent leurs écritures. Elles font des « copier-coller », on lit les mêmes tournures de phrases. Elles rassurent la mère : « vous êtes au foyer donc les enfants seront chez vous, le père paiera, vous aurez quasiment la même vie qu’avant, débarrassée de votre bourreau ».

Elles ajoutent un peu de « pervers narcissique », de « Monsieur est intégriste » même si c’était la mère qui organisait la vie religieuse de la famille. Elles essaient aussi les autres violences : psychologique, verbale, économique, émotionnelle, le chantage affectif, père toxique, etc.
Internet regorge de descriptions du « pervers narcissique » et affirme que tous les coups sont permis contre lui, y compris le mensonge. C’est une question de vie ou de mort.

MAIS… LES ENFANTS ?

Nous y arrivons enfin.

Certes, les proches peuvent toujours dire : « on ne sait pas ce qui se passe en famille ».

Mais les enfants, comment leur faire accepter que leur monde va s’écrouler ?

D’abord, il faut les isoler du père, et de ceux qui émettent des doutes sur la version maternelle. La loi le permet : tant qu’aucun jugement n’organise la séparation, un parent peut « kidnapper » ses enfants.

La mère fuit, et organise une citadelle. C’est le « no contact », ou le « slow contact » si des échanges sont nécessaires. Le père se heurte à cette citadelle du silence. Cela l’énerve, il commet parfois des violences physiques ou verbales, menaces. Au pied de la citadelle, le père ne peut que “harceler”, souvent piteusement.

Pour les enfants petits, il suffira qu’ils entendent pendant des mois et des années les adultes parler entre eux, cela infusera en eux comme du thé.

Pour les grands, c’est plus compliqué. Certains adhèreront au discours maternel. D’autres auront des doutes : ils seront admonestés, ils devront se soumettre ou être bannis comme le père. Dans les futures conclusions, l’avocate les accusera d’être les « glaives vengeurs » au service du père, et d’être eux les « bourreaux » de leurs petits frères et sœurs.

Dans ce cas, si la mère se coupe de l’enfant rebelle, elle pourra également dire que l’enfant est « kidnappé » par le père, par le discours du père. Elle pourra donc elle aussi dire que le lien enfant-mère est rompu, de la faute du père. La différence cependant, c’est qu’elle pourra en général reprendre facilement contact avec l’enfant, au moment où elle supportera que ce dernier ne reprend pas le récit maternel, voire parfois pose des questions interdites.

Face aux « pressions religieuses », notamment de prêtres tradis, elle va vers des communautés plus « ouvertes ». Elle déscolarise les enfants des écoles hors-contrat. Au moins provisoirement. La vie est longue, l’urgence est à la citadelle. La cohérence est difficile à trouver dans ce domaine, entre la crédibilité devant les proches et celle devant le juge, avec un mari qu’on veut présenter comme « intégriste patriarcal ». C’est parfois ce sujet qui amène les grands enfants à avoir des doutes sur la démarche maternelle.

Souvent, des années après, elle revient vers le monde tradi.

En réalité, et assez objectivement, dans son référentiel, la mère n’a guère le choix. Prise entre sa peur, sa souffrance, et son milieu catholique, elle DOIT agir comme elle le fait.

ALORS QUE FAIRE ?

Nous verrons la suite dans un prochain article.

Suite au premier article, un groupe d’entraide de pères a été créé, déjà une vingtaine de pères : vous pouvez écrire à [email protected] si vous êtes intéressé.

Charles Rosiers, ancien chroniqueur au quotidien Présent, charles.rosiers@gmail.com

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Ce qui a favorisé les « post-christianismes » c’est l’oubli ou l’effacement de la « seconde venue du Christ »

Recension de Marion Duvauchel sur Le christianisme face aux autres religions, Edouard Marie Gallez, Artège, 2025 :

« Le réel quelquefois désaltère l’espérance. C’est pourquoi contre toute attente, l’espérance survit » René Char.

Le titre du dernier livre du père Edouard-Mariene ne reflète pas exactement l’ensemble des idées qui y sont développées mais il correspond à l’un des fils directeurs de sa réflexion et bien certainement à l’une de ses préoccupations. D’emblée, l’excellente introduction nous met en face de ces interrogations qui pour n’être pas récentes dans l’Eglise méritent d’être reposées en des termes autres que ceux des encycliques et à travers des primes différents. A ce seul titre déjà, l’ouvrage mérite toute notre attention.

L’idée clé n’est pas neuve : c’est celle du sens de l’histoire. Ce n’est pas nouveau :  Claude Tresmontant, l’historien Pierre Chaunu (théologien protestant) dans leur perspective propre, avaient soulevé ces questions qui touchent à la métaphysique autant qu’à la théologie. On rappelait alors que seul le christianisme avait l’idée d’une « fin de l’histoire » et que cette fin se présente sous l’image de la « venue glorieuse du Christ ». Le père Gallez préfère la « seconde venue du Christ » mais c’est la même chose. L’Eglise, dit l’auteur, semble avoir oublié cette perspective ou plus exactement « il est possible qu’elle ait été transposée en un vaste projet de réconciliation universelle accomplissant l’histoire ». Si cela est vrai, c’est faire fi de la question terrible qu’a posé Jésus pendant sa vie incarnée : « Quand le fils de l’homme reviendra sur terre, trouvera-t-il encore la foi ? ».

C’est le cardinal de Lubac qui est la référence choisie : « quel est le mécanisme qui fait passer des rêves de paradis sur terre à des réalisations infernales ?  Le père Gallez tient la philosophie pour inapte à y répondre. Les philosophes, oui, ils sont souvent inaptes :  ils récitent, comme bien des théologiens, ou ils font de l’exégèse d’auteurs classiques ou en vogue. Mais la philosophie est parfaitement apte à apporter des réponses à cette question du messianisme, à la condition qu’elle n’ignore pas l’histoire et encore moins l’anthropologie. Le malheur est que les philosophes sont rarement historiens, que les historiens abhorrent les philosophies de l’histoire et que philosophes et théologiens ont en commun d’être enfermés dans des outillages vieillots ou prétentieux face à des questions qui n’intéressent plus personne, du moins sous ces formes. Ce mécanisme qui veut que les utopies se transforment en enfer, les historiens, les philosophes, les théoriciens du politique n’en ignorent en rien la simplicité mais il revient à Nietzche de l’avoir montrée :  les spoliés (qu’on a appelé « les damnés de la terre ») finissent toujours par réclamer leur part de paradis ; quand il leur est donné de s’en emparer, c’est souvent dans une rage à la fois regrettable et humainement compréhensible. Sous la soif de vengeance, il y a une requête de justice, dans la fureur. L’exemple de Gandhi est sans doute unique dans l’histoire. Il avait à son chevet deux livres, dit-on : la Baghavât Gita et l’Evangile.

Mais E.M. Gallez reprend l’affaire et non sans une certaine ironie, il repose la question : « si l’Eglise est en marche, il n’est peut-être pas inutile de se demander vers quoi ». Les encycliques répondent : « mais vers Jésus que diable » (en substance)… On est bien d’accord, mais clairement, cela ne suffit plus.

Le premier chapitre de l’ouvrage du père Gallez s’attaque à la définition et au classement des religions. Il n’est pas sans intérêt d’apprendre d’où vient l’idée d’un classement possible : elle vient de Paul VI.  Qu’y a-t-il de commun entre le christianisme, le bouddhisme et l’islam, pour ne citer que les religions avec lesquelles l’Eglise a tenu bon d’ouvrir ce fameux dialogue inter-religieux : « pour le moins improductif » souligne l’auteur. Je suis bien d’accord.

Comme chrétien on ne peut qu’être d’accord sur un point : il y a un avant et un après l’apparition de Jésus, autrement dit l’Incarnation. C’est le centre de toute l’Histoire, plus un pivot qu’un centre. L’évènement commence à la Nativité et s’accomplit à la Pentecôte, cette « contre-Babel ». En bref et sans doute un petit peu à la louche, l’Eglise dit simplement ceci : le Dieu de l’Ancien testament donne le choix entre la vie et la mort. Avec Jésus, il donne la vie, la vie éternelle.

Encore faut-il l’expliquer à ceux qui voudraient en savoir plus. Et il y en a… Il faut donc dire en quoi Jésus sauve, libère et donne la vie et que cela retourne l’histoire comme un gant et ramène toutes les mythologies de l’éternel retour à des contes pour enfants. E.M. Gallez fait quelques rappels bienvenus : l’islam ne cherche ni le royaume dont il n’a pas l’idée, moins encore cherche-t-il la vérité, pas plus que ne la cherche le bouddhisme qui a pour seul horizon la sortie du cycle et du déterminisme karmique. Pour le chrétien, le royaume et sa vérité sont deux compagnons qui marchent de pair : « Cherchez le royaume et sa vérité et tout le reste sera donné comme par surcroît ». Ces post-christianismes quoi que ce terme recouvre sont des systèmes de sujétion, des structures carcérales. Il y a d’ailleurs des exemples dans l’histoire : le marxisme. Il n’est pas cité, c’est normal puisque personne n’y croit plus, même si le potentiel de destruction est toujours réactualisable. C’est un messianisme eschatologique – Raymond Aron a établi cela en son temps – qui a broyé des millions de destins. Peut-être pas autant que les civilisations précolombiennes qui elles, sacrifiaient des nouveau-nés à leurs dieux, au nouvel an…, mais enfin, c’est beaucoup !

Le lecteur demeure cependant embarrassé devant cette notion de « post-christianisme ». Difficile d’admettre le bouddhisme comme un post-christianisme puisque ce qui les définit selon l’auteur, c’est d’être des « systèmes surgissant de l’intérieur du christianisme ».  Des hérésies alors ? Non, ce ne sont pas des hérésies. L’écologisme serait une idéologie à tournure religieuse ? Alors c’est une idolâtrie. L’anthropologie nouvelle de l’Union européenne ? Son horizon est la mort des nations et ce sont les nations de la terre qui se prosterneront devant Jésus, dit le psaume. Ce sont des antichristianismes. Certains de ces post-christianismes sont de grandes formes religieuses, d’autres de simples phénomènes religieux ; d’autres encore des idéologies qui ont le vent en poupe et le soutien de la presse d’Etat dans les pays vassaux des USA. D’autres encore sont des mouvances chrétiennes erratiques. Ce qui est clairement souligné c’est leur dimension messianique : ce sont des « religions messianistes qui ont profondément imprégné les esprits » et « le transhumanisme en est sans doute l’émanation globale la plus actuelle ». Et nous sommes bien d’accord que tout cela a proliféré sur un « vide ».

Ce vide fait l’objet du chapitre V.

Il est fort bien analysé. C’est la faute à Augustin, c’est la faute à Thomas, pour parodier Gavroche chantant sous les balles. Pas aussi simple que cela, merci au père Gallez de l’établir. Les idées sont comme des semences, elles se développent et donnent des arbres qui finissent par cacher la forêt et brouiller le paysage. » La difficulté de la notion est d’être analogique, et de manière très orientale, subtile et biblique ». Soit !! Je renvoie à la lecture de l’ouvrage, on ne peut tout déflorer.

Ce qui est très justement pointé du doigt, c’est le rapport à l’histoire de toutes ces religions nouvelles, dans ses deux grandes modalités : le passé et l’avenir. Le bouddhisme n’a pas d’histoire, ses sectateurs vivent dans le ciel des Toushitas (les Bienheureux). L’islam, lui, a une fin de l’histoire : c’est quand tous les hommes seront sous la loi de fer de Mahomet et l’Afghanistan donne déjà une petite idée de ce qui attendrait la planète. Ça ferait oublier qu’il faut la sauver. Les nouvelles religions vivent dans l’éternel présent du monde virtuel et numérique qu’elles prétendent construire. Elles veulent faire table rase du passé, surtout le passé chrétien ; quant à l’avenir, il faut des enfants suffisamment nombreux pour qu’une société se reproduise et donc dure. Nous avons un futur sans avenir, comme le disait autrefois Pierre Chaunu, clamant dans le désert. Que le reflux du christianisme ait favorisé le succès de l’islam ou du bouddhisme, cela n’a rien de nouveau. Mais l’idée du père Gallez est un peu plus nuancée. Ce qui a favorisé ce qu’il appelle les « post-christianismes » c’est précisément l’oubli ou l’effacement de la « seconde venue du Christ », on appelait ça autrefois la fin du monde, c’était maladroit mais ça avait le mérite d’être parlant. Jésus reviendra dans la Gloire et en attendant « Il est assis à la droite du Père ». C’est une image analogique que l’Eglise a maintenu dans son Credo mais qui n’a jamais été véritablement interprétée[1], sauf par Jean-François Froger.

Tout le problème qui préoccupe l’auteur du Christianisme face aux autres religions a fait l’objet en 2003 d’une exhortation apostolique de Jean-Paul II, Ecclesia in Europa, L’Eglise en Europe (Bayard – Fleurus-Mame), exhortation rédigée dans la langue du Vatican : parfaite dans son ordre, art de la litote tout aussi parfaitement maîtrisé. On y fait la promotion de l’Evangile de l’espérance. C’est tout à fait louable et on ne peut que souscrire en tout. Car l’espérance en effet, l’espérance chrétienne, semble bien essoufflée, pour ne pas dire à demi-morte. Quel que soit le nom qu’on donne à ces phénomènes de toute sorte qu’E.M. Gallez englobe sous le vocable de « post-christianismes », ils sont le fruit de ce « péché contre l’espérance » des pays d’Europe de l’Ouest.

Que l’espérance chrétienne soit à la source de l’autre espérance, la temporelle, qu’elle nourrit, soutient, redresse, restaure parfois, galvanise souvent même si nous n’en avons pas conscience, cela l’Eglise le sait mais comme elle le dit avec une telle distance, une telle froideur théologique… L’espérance du chrétien est le levain de son désir de justice comme de son aspiration au bonheur et de son souci du frère et du prochain. Cette vertu théologale n’a rien d’incompatible avec l’espoir et le désir d’une vie meilleure, d’un habitat salubre, d’une plus grande justice. Un monde juste et fraternel, les athées du XXe siècle en rêvaient, ils écrivaient des romans sur la condition humaine ou sur cette « terre des hommes » qui signifiait tout autre chose qu’une planète à sauver. Les poètes chantaient la liberté, surtout dans les moments où on s’en voyait privés.

Quand on regarde les civilisations avancées dans le domaine de la pensée, on ne peut que constater leur pessimisme profond. Les Grecs, à qui l’on doit tant, sont des maîtres sur ce chapitre : le coryphée n’est rien d’autre qu’un chant de désespoir. L’espérance temporelle chrétienne est le refus radical de désespérer, parce qu’il y a cette autre espérance, figurée sous l’image du Royaume, celle d’un ici-bas inaugural « où toutes larmes seront effacées de nos yeux » en attendant le temps où elles ne couleront plus.

L’exceptionnel développement technique et juridique du monde européen, le moteur de sa soif de justice et le dynamisme de son formidable développement technique n’avaient pas d’autre source. L’inspiration était chrétienne, même impure ou peccamineuse. La source n’est pas tarie, elle est détournée, dévoyée, déviée, elle abreuve d’autres cours d’eau, empoisonnés ceux-là. C’est ce que le père Edouard-Marie a voulu montrer. Les quatre bras du fleuve de vie du jardin d’Eden charrient des alluvions toxiques. Mais s’ils sont lourdement pollués, la Source incréée ne l’est pas et ne saurait l’être. C’est aux chrétiens qu’il revient de déblayer les gravats pour que l’eau de la Vie éternelle recommence à couler librement, à inonder les prairies, les champs, les prés, toute la géographie intérieure de notre âme immortelle : Jésus, que ma joie revienne… La joie, et avec elle, la paix, le courage, la force, l’intelligence, la sagesse, la science et la piété.

Il est vital de savoir vers quoi et surtout vers Qui nous marchons. Comment nous y allons, les modalités dans cette existence incarnée, cela relève du choix de chacun, de sa souveraine liberté, de sa vocation, de ses constellations biographiques : de ce mystère de la libre décision ou du refus obstiné. Entre Dieu et l’homme européen, il n’y a pas un vide, bien au contraire : il y a des tombereaux de bêtise, – la bêtise au front de taureau, comme disait Baudelaire – de mensonge, d’illusions, d’angoisses et de mort.

Tout cela peut éclater en multiples débris dans le ciel nouveau de la conversion en un feu d’artifice inédit. Encore faut-il le dire, et autrement qu’avec des slogans éculés.

Le chrétien ne sait pas forcément vers quoi il marche, Il ne sait pas toujours comment y parvenir et il arrive qu’il avance sur les genoux. Mais il sait vers Qui il marche et que ce Quelqu’un l’attend, dans la Lumière, dans la Beauté et dans l’Amour.

Face aux autres impostures religieuse, idéologiques ou utopiques examinées par E.M. Gallez, le christianisme tient sa force d’une Promesse :  une parole donnée et tenue. Dieu dit vrai, vraie sa Parole.

Elle fera éclater l’asphalte, un jour.

[1] Sur cette image quelque peu étrange, le lecteur pourra se reporter aux ouvrages de Jean-François Froger. Le Maître du Shabbat 6,10, dans l’Arbre des archétypes lettre Hé, La Couronne du grand prêtre, chapitre “Sceau”, le Livre de la création ch.9 ; Le Livre de la nature humaine ; dans le livre sur Marie Madeleine ch 7. Je remercie Jean-François Froger qui m’a communiqué ces références précises m’épargnant ainsi de longues recherches.

Une digue salutaire contre la culture de mort

Communiqué de la Fondation Lejeune:

À la veille du vote solennel du Sénat sur la proposition de loi relative à la fin de vie, ce mercredi 28 janvier, la Fondation Jérôme Lejeune appelle les sénateurs à adopter le texte tel qu’il résulte de leurs travaux en séance des 20 et 21 janvier.

En réécrivant les articles de principe du texte dit « d’aide à mourir » pour les remplacer par un droit opposable aux soins palliatifs et à l’accompagnement, les sénateurs ont opposé une digue salutaire à une logique de mort.

Le texte adopté en séance supprime le principe même de l’« aide à mourir » et les dispositions organisant le geste létal. Il renforce la clause de conscience des professionnels de santé, supprime le délit d’entrave et insiste sur le meilleur soulagement possible de la souffrance. Ces mesures sont essentielles pour protéger les personnes fragiles et garantir le respect de la vie humaine.

Cette version demeure imparfaite, mais elle a le mérite d’enrayer, pour la suite de la navette, le dispositif des promoteurs de la mort administrée. Elle constitue aujourd’hui la meilleure protection possible contre la dérive euthanasique portée par la version initiale de l’Assemblée nationale.

La Fondation Jérôme Lejeune remercie les sénateurs pour leur travail et les appelle à voter la version finalisée en séance lors du vote solennel de mercredi, afin de protéger la vie humaine, en particulier celle des plus vulnérables. Ne pas voter ce texte ferait disparaître les avancées obtenues et redonnerait toute latitude à l’Assemblée nationale pour reprendre son texte voté au printemps 2025, le plus permissif au monde.

La Fondation Jérôme Lejeune appelle aussi un maximum de citoyens à se rassembler autour de sa pétition :  Signez et relayez la pétition Stop-euthanasie, qui vient de franchir la barre des 100 000 signatures : https://stop-euthanasie.fr.

“La barbarie se caractérise par le fait que nous traitons les bébés comme des nuisances à éliminer plutôt que comme des bénédictions à chérir”

Voici le message de Donald Trump, traduit par Yves Daoudal, lors de la 53e Marche pour la vie, vendredi dernier à Washington :

Le 4 juillet 1776, notre Déclaration d’indépendance affirmait à juste titre que chaque être humain est doté par Dieu Tout-Puissant du droit inaliénable à la vie.  Au cours des 250 années qui ont suivi, notre engagement envers cette vérité a été la source de notre force et le fondement de notre grandeur — et il a aidé l’Amérique à rester la plus grande force au service de la justice et de l’épanouissement humain dans l’histoire du monde. En cette Journée nationale du caractère sacré de la vie humaine, nous renouvelons notre engagement indéfectible à promouvoir une culture qui respecte, défend et chérit la dignité inhérente et la valeur infinie de chaque âme humaine précieuse.

Aujourd’hui marque le 53e anniversaire de l’affaire Roe v. Wade, une atrocité morale et constitutionnelle qui a réduit au silence le peuple américain et privé les États de leur droit de protéger les enfants à naître. Heureusement, en juin 2022, la Cour suprême des États-Unis a corrigé cette décision désastreuse et des décennies d’abus judiciaires de la gauche en rendant la politique en matière d’avortement au peuple américain dans les États. Au cours de mon premier mandat, j’ai été fier d’avoir nommé trois des juges associés qui ont remporté cette victoire triomphale pour la vie, la liberté et la démocratie américaine.

Dès mon retour à la présidence des États-Unis, en tant que 47e président, j’ai pris des mesures décisives pour protéger les enfants à naître et rétablir une culture qui défend sans complexe le caractère sacré de la vie. J’ai été fier d’appliquer l’amendement Hyde et de rétablir la politique de Mexico, mettant ainsi fin au financement de l’avortement par les contribuables, tant au niveau national qu’international. J’ai également gracié 23 militants pro-vie qui avaient été injustement pris pour cible et poursuivis par un ministère de la Justice (DOJ) utilisé comme une arme pour avoir pratiqué leur foi et vécu selon leur conscience. Sous ma direction, le DOJ enquête actuellement sur l’utilisation du gouvernement comme arme contre les chrétiens et les Américains croyants.

L’été dernier, j’ai également signé avec fierté la loi One Big Beautiful, une victoire monumentale pour la vie et la famille américaine qui étend le crédit d’impôt pour enfants, améliore l’accès aux services de garde d’enfants, rend permanent le crédit d’impôt pour congés payés, protège Medicaid contre le financement des grands prestataires d’avortement et crée des comptes Trump pour les nouveau-nés pour l’avenir de notre nation. Mon administration s’engage également à soutenir les politiques qui encouragent l’adoption, favorisent le placement en famille d’accueil et protègent les femmes enceintes et les mères. À tous les niveaux du gouvernement fédéral, mon administration fait avancer avec audace des politiques qui protègent les plus vulnérables d’entre nous et favorisent la croissance et la réussite des familles américaines.

Aujourd’hui, nous défendons la vérité éternelle selon laquelle chaque être humain est créé à l’image et à la ressemblance sacrées de Dieu, doté d’une valeur infinie et d’un potentiel illimité. Nous rendons hommage aux leaders, parents, étudiants et citoyens ordinaires héroïques — y compris ceux qui se rassemblent ce week-end pour la Marche pour la vie à Washington, D.C. — qui ont courageusement défendu les plus vulnérables et pris la parole pour ceux qui ne peuvent pas se défendre eux-mêmes.  En tant que président, je m’engage à toujours être la voix des sans-voix et à ne jamais me lasser de lutter pour protéger la dignité intrinsèque de chaque enfant, né ou à naître.

Aujourd’hui, j’appelle le peuple américain à se joindre à moi pour honorer la dignité de chaque vie humaine, y compris celles qui ne sont pas encore nées, pour continuer à prendre soin des femmes confrontées à une grossesse inattendue et pour soutenir l’adoption et le placement en famille d’accueil de manière plus significative afin que chaque enfant puisse avoir un foyer aimant.  Enfin, je demande à chaque citoyen de cette grande nation d’écouter le silence causé par une génération qui nous a été enlevée, puis d’élever la voix pour toutes les personnes touchées par l’avortement, visibles ou invisibles.

Le vice-président JD Vance était présent. Après avoir indiqué que sa femme est enceinte de leur quatrième enfant, il a déclaré notamment :

Nous devons être clairs, nous ne pouvons pas rester neutres, notre pays ne peut pas rester indifférent au sort des générations futures. Réfléchissez-y : qu’est-ce qui donne finalement un sens et une raison d’être aux États-Unis d’Amérique ? Toutes les civilisations ont été contraintes de répondre à cette question. Nous marchons aujourd’hui parce que vous avez une réponse à cette question, sur le type de civilisation que nous sommes, sur le type de civilisation que nous allons devenir à l’avenir.

Dans le monde païen antique, abandonner les enfants était monnaie courante, il y avait les sacrifices d’enfants chez les Mayas. La barbarie se caractérise par le fait que nous traitons les bébés comme des nuisances à éliminer plutôt que comme des bénédictions à chérir. Mais l’héritage de notre civilisation est tout autre, car comme nous le dit l’Écriture, chaque vie est merveilleusement et admirablement faite par notre Créateur.

La Marche pour la vie […] n’est pas seulement une question politique […]. Il s’agit de savoir si nous resterons une civilisation sous l’autorité de Dieu ou si nous reviendrons finalement au paganisme qui dominait le passé. Aujourd’hui, l’extrême gauche de ce pays dit à nos jeunes que le mariage et les enfants sont des obstacles, qu’il est irresponsable, voire immoral, en raison du « changement climatique » ou pour d’autres raisons, d’encourager nos jeunes à fonder une famille. Ils nous disent que la vie elle-même est un fardeau, mais nous qui participons à cette marche… nous savons que c’est un mensonge. Nous savons que la vie est un cadeau, nous savons que les bébés sont précieux parce que nous les connaissons, nous les aimons et nous voyons comment ils peuvent transformer nos familles.

Nous savons que la famille n’est pas seulement une source de grande joie, mais qu’elle fait partie du dessein de Dieu pour les hommes et les femmes, un dessein qui s’étend à notre famille, à notre quartier, à notre communauté et aux États-Unis d’Amérique eux-mêmes. Et nous savons ici que traiter tout le monde avec dignité n’est pas toujours facile, ce n’est pas toujours pratique, mais c’est la bonne chose à faire.

Certains d’entre vous se souviennent peut-être que dans mon discours de l’année dernière, je vous avais dit que l’une des choses que je souhaitais le plus aux États-Unis d’Amérique était d’avoir plus de familles et plus de bébés. Que cela soit donc consigné dans les archives : vous avez un vice-président qui met en pratique ce qu’il prêche.

Le déroulé de la marche en accéléré :

 

« Je suis très angoissé à l’idée qu’à la place de me rembourser mon traitement, on finisse par me rembourser mon euthanasie. »

C’est ainsi que s’exprime Morgan B. atteint d’une maladie neuromusculaire dégénérative. « Potentiellement éligible à l’aide à mourir », il s’inquiète.

60% des établissements médico-sociaux sont en déficit, indique le rapport de la Fédération hospitalière de France et du Groupement national des établissements publics sociaux et médico-sociaux. Une situation que le budget 2026 ne semble pas corriger. Ce manque de moyens inquiète également Camille R., atteinte de plusieurs troubles neurodéveloppementaux. Si le texte de loi, tel qu’il est écrit, ne semble pas rendre « éligible » ce type de pathologie, Camille sait qu’elle le serait en Belgique ou au Canada. « L’incertitude sur un hypothétique élargissement de critères l’inquiète. » Pour Morgan B, l’euthanasie « fait écho au regard que les personnes non handicapées posent sur les personnes concernées ». Symboliquement, légaliser l’« aide à mourir » renforce l’idée qu’on lui a « mis[e] dans le crâne depuis toujours qu’il ne méritait pas de vivre ». « Ma grande sœur m’a proposé de me suicider un jour. Elle a vraiment pensé que c’était un cadeau », confie-t-il. Pourtant, « il n’y a pas besoin de marcher pour vivre ». Camille R. abonde : « On te dit direct « de toute façon vous ne pourrez jamais avoir une vie stable, vivre seul, vous êtes dangereux pour les autres ». J’ai l’impression qu’on est déjà en train de nous aiguiller sur le fait que notre vie sera toujours de la merde ».

Source : Gènéthique

Législative partielle dans la 1ère circonscription du Loiret : Renaissance gagne le second tour malgré la progression du RN

Le ministre de la Santé Stéphanie Rist, membre de Renaissance, a remporté dimanche le second tour de la législative partielle organisée dans la 1ère circonscription du Loiret avec 62,1%, face à la candidate RN Tiffanie Rabault (37,9%), une victoire qui va lui permettre de conserver son poste au gouvernement.

Ce scrutin a été provoqué par le refus du suppléant de Stéphanie Rist de la remplacer à l’Assemblée nationale. L’abstention reste élevée (69,6%).

Stéphanie Rist laissera sa place dans l’hémicycle à une nouvelle suppléante, Marie-Philippe Lubet, maire Horizons de la commune de Saint-Denis-en-Val.

En 2024 Stéphanie Rist avait été élue face à Tiffanie Rabault en obtenant 67,7 % des voix contre 32,3%. La candidate RN progresse de 5,6 % par rapport à 2024, une progression visible dans toutes les communes, avec plus de 30 % à Orléans.

Le sénateur Loïc Hervé explique les raisons de son hostilité à l’euthanasie

Dans la vidéo ci-dessous, le Vice-Président du Sénat, le Sénateur de la Haute-Savoie Loïc Hervé, membre de l’UDI, qui a animé les débats à la chambre haute, présente les arguments qu’il a développés :

 

Le lien vaccins/myocardites établi

Une fois de plus, les fake news de la veille sont les informations du lendemain.

Février 2025 : Covid-19 : les vaccins sont sûrs, réaffirme l’Agence du médicament, après 152 millions d’injections en France

Janvier 2026, dans Ouest-France, peu suspect d’être complotiste :

À partir de juin 2021, dès que la vaccination est étendue aux populations jeunes, des cas de myocardites sont observés par le corps médical, « sans qu’on sache si c’était dû au hasard ou aux vaccins ». Après tout, le virus lui-même peut entraîner ce type de complications. Fin octobre, un premier rapport est publié. « Le lien était établi. Nous avons constaté que le vaccin donnait des myocardites aussi bien chez les femmes que chez les hommes de moins de 60 ans et que la fréquence était plus élevée entre 20 et 25 ans », résume le professeur. Ce risque n’est présent que dans les quelques jours qui suivent l’injection. Me concernant, l’hypothèse du vaccin est donc écartée.

Côté probabilités, les scientifiques identifient que c’est surtout la deuxième dose qu’il faut surveiller. Epi-Phare publie ses conclusions en juin 2022 dans Nature communications  : un cas sur 30 000 vaccinations avec le produit de Pfizer et un cas sur 7 000 avec celui de Moderna. « Ce ne sont pas les chiffres très affolants qui ont pu circuler sur les réseaux sociaux, mais ils ont conduit la Haute autorité de santé à rejeter Moderna pour les moins de 30 ans », rappelle Mahmoud Zureik. Le délai entre la première dose et la deuxième joue aussi un rôle déterminant. Les risques sont accrus lorsqu’il y a seulement vingt jours entre les injections. « Quand il y aura un autre développement de vaccin ARN messager, il faudra, pour réduire les risques de myocardites, espacer d’au moins quatre semaines les prises et attendre six mois entre deux rappels », retient l’épidémiologiste.


Législative partielle : le candidat UDR-RN largement en tête en Haute-Savoie

Antoine Valentin, candidat de l’UDR d’Eric Ciotti, soutenu par le Rassemblement national, est arrivé largement en tête du premier tour de la législative partielle organisée dimanche en Haute-Savoie, avec environ 45% des voix. Le candidat LR obtient 14,8%, devant une gauche morcelée (PS 13,1%, Solution démocratique 7,%, LFI 6,4%, le candidat “Majorité présidentielle” 3,9%), Reconquête 2,4%. Hormis les candidats UDR et LR, aucun des neuf autres ne peut se maintenir, en raison de la très faible participation, qui s’élève à 31,28 %.

Le LR Christophe Fournier, deuxième avec 15 % des voix, est nettement en baisse par rapport aux 32 % qu’avait obtenus au premier tour de 2024 le député LR démissionnaire de cette troisième circonscription, Christelle Petex. Parlementaire depuis 2021, Mme Petex a démissionné le 6 novembre, déplorant « trop de politique politicienne », ce qui a déclenché la tenue d’une nouvelle législative.

Le second tour aura lieu le dimanche 1er février entre Antoine Valentin (UDR-RN) et Christophe Fournier (LR).

SOS Calvaires érige une croix pour l’abbaye de Fontgombault

Le week-end dernier, SOS Calvaires posé la nouvelle croix bergère. Sous le regard des moines de l’Abbaye et devant plus de 200 personnes, S.O.S Calvaires a rappelé que la seule chose qui demeure, c’est la croix elle-même.

« Silencieuse, enracinée dans la terre comme dans la foi, que cette croix rappelle à chacun que la chrétienté a été façonnée par ceux qui ont prié et par ceux qui ont labouré, par ceux qui ont taillé la pierre et par ceux qui ont veillé dans la nuit. Et qu’elle demeure, humblement, comme une invitation à reprendre la route, le cœur un peu plus levé vers le ciel » (Loïc, chef de région)

“Ce qui est reproché aujourd’hui à la Famille Missionnaire de Notre Dame le sera demain à beaucoup de communautés qui vivent une vie religieuse classique et traditionnelle”

Communiqué de la Famille Missionnaire de Notre Dame suite à son procès, dont le jugement sera rendu le 24 mars :

Le procès du Père Bernard et de la Famille Missionnaire de Notre Dame s’est déroulé du lundi 19 au jeudi 22 janvier 2026 à Privas.

Un évêque, des médecins, des parents et des membres de la congrégation ont pu témoigner en faveur de la Famille Missionnaire, et confirmer l’absence de toute emprise ou dérive sectaire dans la communauté. La défense a été contrainte à renoncer à faire entendre douze témoins de la Famille Missionnaire, pourtant dûment cités, faute de temps.

Au terme de ces quatre journées, le procureur de la République a requis des peines aberrantes, pour des faits non seulement vigoureusement contestés, mais dont toutes les auditions démontrent qu’ils sont sans fondement, et n’a tenu aucun compte des témoignages apportés, ni des débats.

Les avocats de la Famille Missionnaire ont réfuté un à un tous les points dénoncés par les parties civiles et par le procureur. Ils ont brillamment montré, dans leurs plaidoiries, l’évidence de la conformité de la vie de la Famille Missionnaire avec ses Constitutions reconnues et saluées par le Saint-Siège et promulguées par l’évêque de Viviers en 2015. Ils ont montré également l’incompréhension gravissime des vœux de pauvreté, chasteté et obéissance, pourtant constitutifs de la vie religieuse, qui sont protégés par l’article 9 de la Convention européenne des Droits de l’homme et par plusieurs arrêts très importants de la Cour européenne.

En réalité, il s’agit ici d’une atteinte sans précédent à la liberté de religion, et d’une immixtion inacceptable et dangereuse de la justice laïque dans la vie de l’Église et d’une de ses congrégations, de ses Constitutions et de sa règle de vie religieuse, approuvées par le Saint-Siège. Demain, de nombreuses communautés feront l’objet des mêmes attaques, et c’est pour elles aussi que ce combat se joue aujourd’hui.

La décision sera rendue le mardi 24 mars 2026.

La Famille Missionnaire de Notre Dame garde confiance et demeurera fidèle à sa mission. Elle remercie chaleureusement ses avocats et ses nombreux amis pour leurs innombrables marques de soutien. Elle est également reconnaissante aux très nombreux parents, frères et sœurs de ses membres de la soutenir aussi massivement. Elle appelle à continuer à prier pour que la vérité triomphe.

Dans un entretien, le père Bernard explique :

[…] Il y a eu beaucoup de contradictions dans les réquisitions du procureur : on nous explique que les membres seraient isolés, puis on nous reproche qu’ilsne seraient jamais seuls. On concède que  seul un très petit nombre d’entre eux serait sous emprise, puis on affirme que l’emprise serait « systémique ». On reconnaît que les religieux qui ont été entendus comme témoins sont vraiment libres et matures, mais on pose la question : « Mais quid dans vingt ans ? »… C’est invraisemblable !

Oui, il y a là une hostilité manifeste à ce qu’est la vie religieuse. Des expressions qui nous ont été reprochées par le procureur font partie du patrimoine de la tradition religieuse et ont été employées par saint Benoît et saint Ignace eux-mêmes. Lorsque la vie religieuse refuse de se diluer dans l’esprit du monde, elle dérange. […]

Les Constitutions de la Famille Missionnaire ont en effet été non seulement reconnues mais louées par le Saint-Siège et l’Evêque de Viviers qui les a approuvées par décret. Qu’aujourd’hui une juridiction civile s’arroge le pouvoir de dire si les membres d’une congrégation vivent effectivement selon leurs Constitutions est extrêmement préoccupant. Un assistant apostolique avait été nommé par Rome à cet effet. Il avait demandé quelques « ajustements », qui ont été réalisés, et il a reconnu que nous avions fait ce qu’il nous avait demandé.

Mais la justice civile, en ce procès, a beau jeu : Madame le procureur l’a redit plusieurs fois : c’est la cellule « dérives sectaires » de la CEF qui a fait le signalement qui a permis au procureur de Privas d’ouvrir une enquête judiciaire confiée à la PJ de Nanterre. Oui, cela a été confirmé par l’évêque qui s’est servi de la cellule « dérives sectaires » de la CEF pour « me livrer » au tribunal pénal. J’ai donné mon pardon à cet évêque au cours du procès et j’ai demandé aux capitulants du Chapitre qui m’ont élu pour trois ans de lui pardonner. Nous avons ensemble prié pour cela en présence de Monseigneur Lagleize qui était alors notre Assistant apostolique. Ce pardon donné a vraiment libéré nos cœurs. […]

Il ne faut pas oublier l’histoire. C’est la première République qui a interdit les vœux religieux en 1790.Les Congrégations ont été interdites en 1880 et les religieux ont été expulsés par les armes de leurs monastères. Sans compter les spoliations en 1905 par l’État des biens temporels de l’Église financés au long des siècles par ses fidèles. Cette prétention de l’État de s’ingérer dans la vie religieuse n’est pas nouvelle et, comme l’a rappelé un de nos avocats, la liberté est à défendre chaque jour car elle n’est jamais acquise.

Ce qui est reproché aujourd’hui à la Famille Missionnaire de Notre Dame le sera demain à beaucoup de communautés qui vivent une vie religieuse classique et traditionnelle. L’un des « experts » intervenu au procès contre nous, et curieusement recommandé par des évêques de France, avait été rencontré il y a quelques années par un de nos Frères lors d’une intervention dans le diocèse.

À la question : « Que faites-vous du vœu d’obéissance ? », il avait répondu : « C’est un point que je n’ai pas élucidé. » Ainsi, il s’agit bien au fond d’une mise en cause des vœux eux-mêmes pourtant constitutifs de la vie religieuse. Il est nécessaire de veiller à la liberté des personnes, et ce procès a montré que c’était le cas dans la Famille Missionnaire. Mais il faut aussi rappeler que la vie consacrée est une suite du Christ qui nous appelle à la radicalité : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi » (Mt 19, 21). Jean-Paul II parlait de la vie consacrée comme d’« un choix qui s’exprime dans le radicalisme du don de soi par amour du Seigneur Jésus » (Vita consecrata, nº 3). C’est sans aucun doute contraire à l’esprit du monde, mais c’est ce que Jésus demande.

Un chrétien sur sept persécuté dans le monde

Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent :

  • 𝐆𝐮𝐢𝐥𝐥𝐚𝐮𝐦𝐞 𝐆𝐔𝐄𝐍𝐍𝐄𝐂, directeur du plaidoyer de l’ONG « Portes Ouvertes France »
  • 𝐓𝐡𝐢𝐛𝐚𝐮𝐥𝐭 𝐕𝐀𝐍 𝐃𝐄𝐍 𝐁𝐎𝐒𝐒𝐂𝐇𝐄, chargé de plaidoyer (ECLJ) au soutien des chrétiens persécutés
  • 𝐏𝐞̀𝐫𝐞 𝐉𝐞𝐚𝐧 𝐒𝐔𝐀𝐊𝐎𝐑, prêtre nigérian

Italie : Un soldat devenu aveugle à cause d’un vaccin

Remo Esposto, un soldat de 28 ans, est devenu aveugle suite à une vaccination. Il rêvait de servir son pays, mais l’État auquel il avait obéi en se faisant vacciner l’a désormais démobilisé. Son avocat a raconté son calvaire au journal La Bussola :

Le soldat Remo Esposto avait 24 ans et rêvait de servir son pays dans l’armée. Mais ce rêve a été brisé par l’État même auquel il avait juré de consacrer sa vie : aujourd’hui, à 28 ans, il est aveugle à cause du vaccin contre la Covid-19, qu’il a été contraint de recevoir lors de la campagne de vaccination. Lui non plus ne croyait pas au vaccin, mais il croyait à la nécessité d’obéir aux ordres, car c’est le devoir d’un soldat.

Aujourd’hui, les conséquences de cette vaccination obligatoire le condamnent à la cécité à vie. Il a été démobilisé, contraint de renoncer à son engagement, mais la bataille juridique menée par son avocat pourrait au moins lui rendre sa dignité en faisant reconnaître les dommages causés par le vaccin et en lui permettant ainsi d’obtenir une indemnisation, qui – espérons-le – inclura également des dommages et intérêts. Cette demande sera sans aucun doute formulée maintenant que la commission médico-hospitalière, composée de ceux qui étaient encore hier ses compagnons d’armes, a certifié que le vaccin était une cause contributive prépondérante de la maladie qui a entraîné sa cécité.

C’est son avocat , Gianluca Ottaviano, membre du barreau de Foggia, qui raconte l’histoire à La Bussola. Il possède des bureaux à Rimini, où il réside, et à San Severo. Il n’élude aucune émotion, même la plus profonde, à laquelle les juristes semblent insensibles. Car lorsque ce jeune homme de 24 ans à peine, plein de vitalité, fort et engagé dans l’armée, s’est présenté à son cabinet, il était au désespoir.

« Exactement, c’est désespéré », explique l’avocat de San Severo , qui exerce également à Rimini. « Le cas de Remo est à la fois douloureux et unique. Il a été vacciné avec le vaccin Pfizer-Biontech en 2021 à Trévise, où il était en poste à l’époque, et six jours plus tard, il s’est plaint de malaises. Il faut dire qu’en cinq ans de service, il n’avait jamais manqué un seul jour de travail pour raisons de santé. Jamais. »

Mais les symptômes apparus immédiatement après la vaccination l’ont contraint à se rendre à l’hôpital, où les médecins n’ont rien trouvé d’anormal. L’IRM et le scanner se sont révélés négatifs, tout comme pour de nombreuses autres personnes ayant signalé une réaction au vaccin, y compris dans les colonnes de La Bussola .

Les médecins ont diagnostiqué une simple douleur cervicale, une définition bien trop vague. « Mais les problèmes s’aggravaient », insiste Ottaviano. « Il se plaignait de violents maux de tête et de troubles de l’équilibre. Il est clair que, même à ce stade, la douleur dont il se plaignait n’a pas fait l’objet d’investigations approfondies. On lui a prescrit un anti-inflammatoire et on l’a renvoyé chez lui, sans que personne ne suggère un lien avec la vaccination qu’il avait reçue quelques jours auparavant. »

Malgré les problèmes, quelques jours plus tard, Remo est rappelé pour la deuxième dose, et la situation s’aggrave. Peu après, l’ophtalmologue diagnostique un œdème papillaire bilatéral. « Allez immédiatement à l’hôpital, car vous faites soit un AVC, soit une thrombose cérébrale », lui dit-il.

Le diagnostic a été confirmé par les médecins : thrombose du sinus caverneux avec œdème papillaire bilatéral, ayant entraîné une cécité complète d’un œil et une cécité de 90 % de l’autre œil, dans lequel on a toutefois constaté une diplopie, provoquant une vision double, de graves problèmes d’équilibre et des acouphènes métalliques.

À ce moment-là, le soldat Remo Esposto était désespéré . Libéré de ses obligations militaires après avoir épuisé tous ses jours de congé maladie, et pleinement soutenu par ses parents, il s’est présenté en 2022 au cabinet de l’avocat Ottaviano.

C’est ainsi que l’avocat l’a rencontré. « Il est venu me voir désespéré. Il m’a demandé ce que je pouvais faire. Mais il n’avait pas grand-chose à faire ; en fait, à l’hôpital, on ne lui avait rien donné, mais on lui avait fait croire que c’était grâce au vaccin. La première chose que je lui ai conseillée, c’est de contacter l’INPS (Institut national de sécurité sociale) pour demander une pension d’invalidité à 100 %. L’INPS, avec une pointe de moquerie, lui a accordé 75 %. Nous avons contesté cette décision et, finalement, après toute procédure judiciaire, le tribunal de Foggia lui a accordé une invalidité à 100 %. »

Mais c’est là que commença le parcours le plus difficile : obtenir une indemnisation au titre de la loi 210/92. Un bras de fer s’engagea avec l’Agence régionale de santé (ARS), jusqu’au médecin-chef. Après une longue absence, si longue qu’Ottaviano porta plainte auprès du parquet pour manquement à ses obligations professionnelles, le garçon fut finalement examiné par les médecins fin avril 2024.

« Nous avons produit un rapport d’expertise établi par le médecin légiste , le Dr Matteo De Simone, étayé par une documentation exhaustive et qui souligne le lien de causalité, lequel a finalement été reconnu à l’unanimité par la Commission de Bari. » La communication arrive fin novembre 2025 : Remo pourra alors percevoir l’indemnisation demandée, le montant maximal autorisé. « Le rapport de la Commission cite des études internationales universellement reconnues », poursuit Ottaviano. « Et un point important est établi. » La décision stipule : « L’administration du vaccin a joué un rôle causal prépondérant dans le déclenchement de la maladie. Les critères médico-légaux classiques du lien de causalité sont remplis . »

Une victoire, mais aussi un drame qui risque de virer à la tragédie : la maladie a entraîné chez lui de nouveaux phénomènes thrombotiques, ce qui l’oblige à être traité avec un anticoagulant de dernière génération car les médecins estiment qu’il est à risque.

Le sort de ce jeune homme met en lumière toutes les questions restées sans réponse et jamais abordées par l’État. Citons par exemple l’absence d’antécédents médicaux et de facteurs de risque, une étape pourtant cruciale pour un produit expérimental comme le vaccin. « Il s’avère en effet », a conclu l’avocat, « que Remo présentait un facteur de risque : il était porteur hétérozygote d’une mutation génétique appelée MTHFR, une altération très courante présente chez plus de 40 % de la population européenne (46 % selon les données recueillies sur Google). De fait, le rapport du médecin-chef indique que le vaccin a été un facteur contributif. Cela signifie qu’il existait un facteur de risque préexistant et que le contact avec le vaccin, devenu prédominant, a déclenché la maladie. J’espère sincèrement que la Commission bicamérale Covid examinera également cet aspect. »

En effet, le raisonnement de l’avocat soulève une question : si cette altération génétique est si répandue, est-il possible qu’il existe un lien de causalité entre le vaccin et les nombreuses maladies soudaines ou tous les autres effets indésirables signalés ces dernières années ? Jusqu’à présent, personne n’a apporté de réponse, tout simplement parce que personne ne s’est jamais posé la question. Mais c’est une question qu’on ne pouvait pas poser jusqu’à présent, car cela aurait interrompu la campagne de vaccination de masse, dans laquelle même le pauvre Remo est tombé, perdant à jamais la chance de voir de ses propres yeux et de construire son avenir.

Culture de mort : le gouvernement persiste et signe

Intervention de Mgr Rey au sujet du projet de loi visant à légaliser l’euthanasie (adaptation de son discours prononcé lors de la Marche pour la vie 2026 à Paris) :

Depuis 1793, la France ne trouve plus le repos car elle ne confessa jamais son crime

Oraison funèbre pour la Messe solennelle de Requiem pour le repos de l’âme du Roi Louis XVI. Eglise Saint-Eugène-Sainte-Cécile, Paris, 21 janvier 2026, prononcée par le père Jean-François Thomas s.j. :

Requiem pour Louis XVIAu Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Mes chers Frères,

Lorsque le sang de ses fils coule dans un pays par décision de ceux qui le gouvernent, à la tristesse s’ajoutent la malédiction et le malheur. Si le père lui-même est immolé par un régime politique, ce dernier, – à moins de se repentir -, ne pourra plus que laisser derrière lui dévastation et décadence. La Révolution ne fut ni une révolte, ni une rébellion. Elle ne fut point la fièvre mais la maladie. Ce ne sont pas les barricades qui bouleversent une nation mais l’écroulement des puissances spirituelles voulues et programmées par ceux qui saisissent le pouvoir. Louis XVI, dans sa dure montée vers l’échafaud, racheta ses erreurs politiques en s’offrant sans réserve pour le sacrifice, un sacrifice expiatoire. Le 11 juin 1775, au jour de son sacre en la cathédrale de Reims, le jeune roi impressionna les assistants par son attitude recueillie et sa foi sincère, à tel point que le duc de Croÿ, témoin de la cérémonie, rapportera :

« Dans ce moment (de l’intronisation), des larmes de joie coulèrent à chacun, et le saisissement fut tel, que, ce qui n’était jamais arrivé, des claquements de mains sans nombre se joignirent aux cris de « Vive le roi ! » et tout le monde fut transporté hors de lui-même. Je sais bien que je n’ai jamais vu un enthousiasme pareil : je fus tout étonné de me trouver en pleurs et de voir tout le monde de même. »

Tel fut donc le jour des Rameaux, l’entrée triomphale à Jérusalem, de ce lieutenant du Christ qui posa ainsi le pied sur le chemin de la Passion. Sur ce corps oint par le sacre reposa alors la survie de la vocation spirituelle de la France. Quelle est-elle d’ailleurs ? Georges Bernanos la définit ainsi :

« [Elle] ne consiste pas en quelque moyen d’ébranler le monde par des doctrines neuves et surprenantes. Moins encore à exercer par la force ou le prestige, une sorte de dictature des consciences. Il est beaucoup plus juste de dire que sa mission providentielle est de maintenir le monde dans les limites de l’humain, de le circonscrire dans le cercle des valeurs humaines que le christianisme divinise. […] Que signifie maintenir le monde dans l’humain, sinon le défendre contre l’inhumain, contre les grandeurs inhumaines ? Et que peuvent être ces grandeurs inhumaines, sinon des divinités féroces et cupides, implacables, impitoyables ? Il y a des siècles que la France se voit mise en face de ces bêtes redoutables, comme Jeanne d’Arc en face de ses juges. »

Requiem pour Louis XVIComme aussi Louis, fils de Louis, en face de ses juges iniques. L’homme, marqué du sceau de Dieu, est debout devant le tribunal d’hommes qui ont choisi de servir des idoles en sacrifiant l’humain.

Le bourreau Charles Henri Sanson, confiant son témoignage à Théodore de Lameth après la terrible exécution, transmet fidèlement les dernières paroles de Louis XVI sur le point d’être immolé :

« Vous savez tous que je suis innocent, mais si le sacrifice de ma vie peut être utile au repos de mon peuple, je le fais volontiers. »

Il s’agit bien d’un sacrifice, non point pour son salut personnel, mais pour le repos de la France. Cependant la France ne trouva plus le repos depuis car elle ne confessa jamais son crime et elle continue de graver dans le marbre de ses lois tout ce qui offense l’essence de l’homme et la grandeur de Dieu, la sacralité de la vie humaine et l’inviolabilité de la nature et du surnaturel. Tant que le roi vivait, même écrasé par les humiliations, les injures, dépossédé de son nom et de son titre, la mèche fumait encore et le roseau à demi rompu n’était point brisé, pour reprendre l’image utilisée par Notre Seigneur (Evangile selon saint Matthieu XII, 20).

Louis XVI prit au sérieux le fait d’être un fils de saint Louis. Résonne encore la voix de Bossuet prêchant au Louvre devant Louis XIV le dimanche des Rameaux 1662 :

« Rien de plus grand dans les grands, que cette noble obligation de vivre mieux que les autres. Car ce qu’ils feront de bien ou de mal dans une place si haute, étant exposé à la vue de tous, sert de règle à tout leur empire. Et c’est pourquoi, dit saint Ambroise, « le prince doit bien méditer qu’il n’est pas dispensé des lois, mais que lorsqu’il cesse de leur obéir, il semble en dispenser tout le monde par l’autorité de son exemple. »

Quel pontife, en notre temps, ose encore s’adresser de la sorte à ceux qui gouvernent le monde ? Seul un roi très chrétien est capable d’entendre, d’écouter, de mettre en pratique et de se repentir du mal commis si cela est nécessaire.

Requiem pour le Roi 2022 - Le catafalque pour Louis XVI.Louis XVI avait une âme semblable à celle des chrétiens de Rome attachés à l’enseignement de saint Paul, à celle des fidèles soutenus par saint Justin ou Tertullien au cœur des persécutions, une âme sensible à la description de la lutte des deux cités, – celle de Dieu et celle des hommes -, par saint Augustin. Il est habité par une inaltérable douceur, une patience invincible, une inviolable fidélité envers la foi.

Depuis sa prime jeunesse, il avait pris l’habitude d’assister à la sainte messe chaque jour, communiant régulièrement grâce à une confession fréquente. La figure de son dernier confesseur, au temps mauvais, le marquera profondément, guidant ses décisions pour corriger les malheurs spirituels du temps. Le P. François-Louis Hébert, supérieur général des Eudistes, remplaça dans cette tâche Jean-Jacques Poupard, curé de Saint-Eustache qui avait prêté serment à la constitution civile du clergé. Aussitôt, il invita le roi à prêter vœu au Sacré Cœur afin de contrer les méfaits de la Révolution. Aux côtés du monarque jusqu’au 10 août 1792, il mourra martyr à Saint-Joseph-des-Carmes lors du massacre des prêtres le 2 septembre de la même année. Ce sont les journaux jacobins qui relatent le fait que toutes les victimes portaient sur elles une image avec le double cœur, Sacré Cœur de Jésus et Cœur immaculé de Marie, ainsi qu’une prière à la Très Sainte Vierge pour le roi. Le P. Hébert connaissait dans le détail l’âme de son pénitent et la prière qu’il composa ainsi est révélatrice de la haute opinion qu’il avait de Louis XVI. Dans le numéro de septembre 1792 des Révolutions de Paris, organe des persécuteurs, l’intégralité du texte est reproduite, ceci afin de souligner le fanatisme religieux de ces prêtres réfractaires. Il faudrait lire toutes ces lignes si émouvantes. En voici un court extrait :

« Considérez, Mère très pure, Vierge remplie de clémence, que ce bon prince n’a jamais été souillé par celui de tous les vices que vous avez le plus détesté : qu’il n’a été ni un homme de sang, ni le tyran de son peuple. Vierge toute puissante, le canal de tous les dons et de toutes les vertus, c’est par vous que ses mœurs sont pures, qu’il aime la droiture, la probité, et que la bonté de son âme s’est toujours refusée à permettre que l’on répandît le sang d’un seul homme pour mettre sa propre vie à couvert. […] Augmentez et perfectionnez sans cesse ses vertus chrétiennes et ses vertus royales. Sanctifiez surtout ses épreuves et ses sacrifices, et faites-lui mériter une couronne plus brillante et plus solide que les plus belles couronnes de la terre. »

Moins de cinq mois plus tard, les derniers mots adressés à Louis gravissant les marches menant à la guillotine furent, de la bouche de l’abbé Edgeworth de Firmont, – comme rapportés encore par le bourreau Sanson :

« Fils de saint Louis, montez au ciel ! ».

En cette année où nous célébrons le 800ème anniversaire du sacre de saint Louis, nous ne pouvons que nous incliner devant la mémoire de ces deux rois, l’un canonisé par l’Eglise, l’autre martyr de la foi, qui partagèrent tous deux un identique attachement à la mission reçue par l’onction de Reims. Saint Louis prit Louis XVI par la main jusqu’à la décapitation afin de l’introduire dans un Royaume autrement plus lumineux que celui de France et de Navarre. Nous connaissons les dernières paroles de Notre Seigneur en croix, dont

« Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. » (Evangile selon saint Luc XXIII, 34).

En écho, Louis XVI, malgré les tambours qui tentèrent de couvrir sa voix, prononça distinctement, avec une voix assurée, à l’adresse des spectateurs de sa mort, et, au-delà d’eux, de tous les peuples de France, ces paroles mémorables, que vous connaissez tous :

« Je meurs innocent de tous les crimes qu’on m’impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort, et je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France. »

Cette insistance sur le pardon est présente aussi dans le Testament que nous avons de nouveau entendu avec émotion, texte rédigé le jour de Noël 1792, alors que le souverain sait que son sort sera bientôt scellé :

« Je pardonne de tout cœur à ceux qui se sont faits mes ennemis. […] Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. […] Et à ceux qui par un faux zèle ou par un zèle malentendu m’ont fait beaucoup de mal. » (ses frères qui ont trahi et abandonné et une grande partie de la noblesse)

En ses derniers jours, Louis XVI reçoit des grâces particulières qui, à la fois, le soutiennent dans son sacrifice et qui lui révèlent le sort funeste réservé au pays, comme il le dit, le 20 janvier, à son fidèle valet Cléry :

« Je vois le peuple livré à l’anarchie, devenir la victime de toutes les factions, les crimes se succéder, de longues dissensions déchirer la France. »

Le 18 janvier, il avait confié à Malesherbes :

« La nation est égarée, et je suis prêt à m’immoler pour elle. »

Ajoutant après un silence :

« Le sacrifice de ma vie est peu de chose à côté de sa gloire et de son bonheur (gloire et bonheur de la France). »

Il n’est point angoissé, triste pour lui-même : il souffre pour ses peuples. Au soir du 20 janvier, se préparant à l’exécution, il souffle à Cléry :

« Je suis soulagé de voir s’achever enfin une si longue agonie. »

Requiem pour Louis XVI du 21 janvier 2021.

Admirable imitation de Notre Seigneur dont l’âme, triste à en mourir, fut percée pour nous, insensés. Jean de Viguerie parlera de Louis XVI comme du « roi bienfaisant ». Le qualificatif est approprié : un roi faisant le bien pour le bien commun, ceci au-delà et au-dessus de la sphère politique toujours entachée d’imperfections. Il avait parfaitement conscience, à la suite de saint Augustin, que l’Etat avec majuscule n’est qu’immoralité organisée. Louis XVI ne marche pas au martyre pour ce gros animal impitoyable, pour la patrie chantée par les révolutionnaires. Les pharisiens déjà étaient des patriotes prêts à tuer le Messie pour sauver la Nation. Louis XVI, à la suite du Christ, refusa de participer aux guerres de l’iniquité, demandant à tous ceux qui eurent l’intention de le délivrer, de ne point tenter l’utilisation de la violence. Les régénérations, les restaurations, les contre-révolutions ne s’opèrent qu’avec son propre sang, et non point avec le sang des autres. Comment Notre Seigneur a-t-Il « restauré toutes choses au ciel et sur la terre » (Saint Paul, Epître aux Colossiens I, 19-20) ? In proprio sanguine. Il n’a renversé aucune puissance de la terre faisant pacte avec les ténèbres, Il ne s’est appuyé sur aucun instrument temporel. Louis XVI a appliqué à lui-même ce modèle du Maître, sans cesser d’espérer mais en sachant que le combat était d’ordre surnaturel et que ses armées ne serviraient de rien. Parfois tout semble définitivement détruit et désolé, et soudain, il suffit d’un rien, d’une étincelle provenant du Ciel par le canal de la charité, de l’humilité et de la sainteté, pour que la source recommence à jaillir. Dans le Livre de Job, se trouve cette image poétique :

« Un arbre a de l’espoir : si on le coupe, il reverdit, et ses rameaux poussent. Quand sa racine aurait vieilli dans la terre, quand son tronc serait mort dans la poussière, à l’odeur de l’eau, il germera, et portera des feuilles comme auparavant, lorsqu’il fut planté. » (Job XIV, 7-9)

L’odeur de l’eau, voilà quelque chose de bien ténu, impalpable, imprévisible, immatériel, d’un autre ordre que celui du monde. Ainsi la marque d’un vrai chrétien posant ses sandales dans la poussière de la terre. Tout peut reverdir. L’aiguille est la vie politique, quel que soit le régime. Le fil est non seulement le moral mais aussi le spirituel : l’aiguille passe et le fil demeure. Si l’aiguille n’a pas de fil, elle ne peut rien coudre. Parfois elle croit se suffire à elle-même, mais sans le secours du fil, elle est inutile. Certes, en politique, Dieu semble être plus faible que l’Adversaire car les grands édifices chrétiens se sont souvent écroulés. Pourtant le matériel n’est qu’apparence. Louis XVI n’a pas déposé son espérance dans les institutions séculaires de la monarchie. Leur disparition n’a pas ébranlé sa foi parce qu’il savait que le prince de ce monde n’aurait jamais sur lui aucun pouvoir car déjà vaincu, une fois pour toutes, sur la Croix. Il sentait « l’odeur de l’eau » tandis que ses contemporains se laissaient emporter par l’utopie d’un âge nouveau ou bien sombraient dans la terreur des écroulements. Une prière du XIIème siècle exprime magnifiquement et sobrement ce qui soutint Louis, fils de saint Louis jusqu’à cette heure sombre et glacée sur la place Louis XV. Permettez-moi de la lire afin que nous puissions la faire nôtre :

« Ô Dieu tout puissant, qui avez établi l’Empire des Francs pour être l’instrument de votre divine volonté dans le Monde entier, le Porte-Glaive et le Rempart de votre Sainte Eglise, nous vous en supplions, que Votre céleste lumière prévienne partout et toujours les fils des Francs tournés vers Vous, afin que, voyant ce qu’il importerait de faire pour établir votre royaume en ce monde, ils aient le courage de l’accomplir avec une énergie et une charité que rien ne lasse. Ainsi soit-il. »

Il nous incombe de réaliser cette promesse, de poursuivre l’œuvre initiée par nos rois, de travailler au règne de Dieu sur terre et d’aspirer au Royaume des cieux par la pratique d’une intense charité, reliquaire de toutes les autres vertus. Que chacun puisse entendre, en sa dernière heure, une voix céleste l’invitant ainsi : « Fils de France, montez au Ciel ! » Ainsi soit-il.

Au Nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Succès de la Marche pour la vie

Le 25 janvier, Terres de mission reçoit Marie-Lys Pellissier, porte-parole de la Marche pour la vie, pour tirer un bilan de cette manifestation qui avait lieu derrière les Invalides le 18 janvier 2026 et pour évoquer la mobilisation contre la loi sur l’euthanasie.

Puis Guillaume de Thieulloy propose quelques pistes de lecture.

Tout d’abord, l’opuscule de Francis Jubert: “L’eugénisme qui vient” (Presses de la Délivrance), qui évoque précisément les soubassements anthropologiques de cette loi sur l’euthanasie.

Mais aussi

  • “Dieu sauveur. Christologie avec Thomas d’Aquin” du P. Philippe-Marie Margelidon (Saint-Léger);
  • “Faire l’expérience du Christ”, textes inédits du cardinal Robert Prévost devenu Léon XIV et réunis par Artège;
  • “Le mois du Sacré Coeur au jour le jour” de l’abbé Troadec (Via Romana);
  • “La revanche des brigands”, 3e volume des “Fabuleuses aventures de Jean et Henri” de Grégory Soodts (Téqui);
  • “Adieu à César?”, essais sur la théologie politique réunis par Jean-Noël Dumont et Vincent Aubin (Peuple Libre);
  • et enfin “Quatre chemins vers le coeur” du Fr Jean-Raphaël Walker (Ed. du Carmel)
https://youtu.be/rUS31HHCGsw?si=6xEiq09bopppnXDY

Marchez vers Pâques avec l’Évangile de saint Marc

Après le silence de Nazareth vient le temps de la vie publique : les premiers miracles, les appels à la conversion, les paraboles, la révélation progressive du mystère du Christ — jusqu’à la Croix et à la Résurrection.

C’est pourquoi la Fraternité Saint-Vincent Ferrier a préparé une nouvelle série : CARÊME40 Marcher vers Pâques avec l’Évangile de saint Marc

Cette série reprend exactement là où Avent Évangélique s’était arrêté :

  • Un même Évangile, cette fois selon saint Marc, parcouru dans son intégralité.
  • Une même pédagogie, jour après jour, pour découvrir les richesses étonnantes de l’Évangile.
  • Un même désir : laisser le Christ transformer nos vies.

Inscriptions

Troisième dimanche après l’Épiphanie : “Dîtes seulement une parole et mon serviteur sera guéri”

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Nous sommes maintenant dans le temps après l’Épiphanie qui est le prolongement dans le cycle temporal du temps de Noël. Ce dernier se poursuit d’ailleurs dans le cycle sanctoral jusqu’au 2 février. Ainsi, tout en continuant à contempler et adorer dans la crèche le Sauveur qui vient de naître, nous méditons déjà sur les enseignements de sa vie publique. Ce temps après l’Épiphanie peut comporter entre trois et six dimanches, suivant la date de Pâques, mais les chants du propre de la messe restent les mêmes à partir du troisième dimanche. Certaines années, on les reprend ainsi plusieurs dimanches de suite. Cette année 2025, nous n’aurons que le cinquième dimanche après l’Épiphanie car le quatrième verra la solennité de la Présentation au Temple et que nous arriverons ensuite au Temps de la Septuagésime.

► Introït : Adorate Deum

L‘Introït est tiré du psaume 96 Dominus regnavit : Le Seigneur est Roi, dont nous retrouverons le début à l’Alléluia. Il chante la souveraineté du seul vrai Dieu sur toute la création et sur toutes les divinités et idoles païennes. Comme dans la messe de dimanche dernier, ce sont toutes les créatures de la terre qui sont invitées L’adorer.

Adorate Deum omnes Angeli ejus : audivit et lætata est Sion : et exsultaverunt filiæ Judæ.
Adorez Dieu tous ses anges ; Sion a entendu et s’est réjouie et les filles de Judas ont exulté.

Sion, c’est-à-dire Jérusalem, les filles de Juda, c’est-à-dire toutes les cités d’Israël, c’est le peuple élu, et c’est comme toujours la figure de l’Église. Qu’a-t-elle donc entendu qui la mette ainsi dans la joie ? C’est la proclamation de cette souveraineté universelle de Dieu : ici, dans la liturgie du temps après l’Épiphanie, c’est la manifestation de la divinité et de la royauté du Messie que nous acclamons.

La mélodie commence par un grand élan d’adoration et monte dans les hauteurs pour invoquer les Anges. Puis elle s’apaise et exprime une joie contenue mais bien affirmée. Cet Introït est accompagné bien entendu du premier verset du psaume 96, celui que nous retrouverons dans l’Alléluia.

Dominus regnavit, exsultet terra : lætentur insulæ multæ.
Le Seigneur est Roi, la terre exulte, les îles innombrables se réjouissent.

► Graduel : Timebunt gentes

De chant du Graduel du troisième dimanche après l’Épiphanie est tiré du psaume 101, qui est, dans son ensemble, une grande supplication douloureuse du peuple d’Israël en butte aux persécutions des ses ennemis, emmené en captivité loin de la ville sainte de Jérusalem et du temple détruit ; mais il contient aussi une partie pleine d’espérance, prophétisant la victoire du Seigneur sur ses ennemis et la reconstruction du temple.

Timebunt gentes nomen tuum, Domine, et omnes reges terræ gloriam tuam. Quoniam ædificavit Dominus Sion, et videbitur in majestate sua.
Les nations craindront votre Nom, Seigneur, et tous les rois de la terre craindront votre gloire, car le Seigneur a rebâti Sion, et Il y paraîtra dans Sa majesté.

On retrouve ici Sion déjà mentionnée à l’Introït, la cité sainte de Jérusalem, une fois encore figure de l’Église dont Isaïe déjà, le jour de l’Épiphanie, avait annoncé le triomphe et la gloire quand tous les peuples et les rois de la terre, qu’ils le veuillent ou non, devront se soumettre au règne du Christ Roi. La mélodie reprend encore des formules connues que nous avons déjà entendues les deux précédents dimanches mais qui s’adaptent parfaitement bien au texte du jour dans une tonalité de joie très affirmée.

► Alléluia : Dominus regnavit, exsultet

Nous retrouvons à l’Alléluia du troisième dimanche après l’Épiphanie le début du psaume 96 qui figurait déjà comme verset de l’Introït.

Dominus regnavit, exsultet terra : lætentur insulæ multæ.
Le Seigneur est Roi, la terre exulte, les îles innombrables se réjouissent.

C’est donc encore la divinité et la royauté de notre Seigneur qui provoquent la joie de tous les hommes, ceux qui habitent le continent et ceux qui habitent dans les îles, c’est à dire tout l’univers connu.

La mélodie légère, fluide, aux grandes vocalises, exprime à merveille cette joie. C’est encore, comme les deux derniers dimanches, une mélodie type que nous avons déjà entendue, notamment celle-ci à la messe de minuit de Noël.

► Offertoire : Dextera Domini

L‘Offertoire du troisième dimanche après l’Épiphanie est un magnifique chant d’action de grâce.

Dextera Domini fecit virtutem, dextera Domini exaltavit me : non moriar, sed vivam, et narrabo opera Domini.
La droite du Seigneur a exercé sa puissance, la droite du Seigneur m’a relevé, je ne mourrai pas, je vivrai et je raconterai les œuvres du Seigneur.

On retrouvera ce chant pendant la Semaine sainte où il sera placé alors dans la bouche du Christ. D’ailleurs le psaume 117 d’où il est tiré est par excellence un psaume pascal qui est largement utilisé dans la liturgie de Pâques. C’est un des grands psaumes qui commencent par :  » Louez le Seigneur car Il est bon, car sa miséricorde est éternelle « , comme celui que nous avons trouvé au Graduel de dimanche dernier. Et ici encore c’est l’œuvre de la Rédemption pour laquelle l’âme fidèle remercie et glorifie le Seigneur. Cette action de grâce se termine comme celle de l’Offertoire de dimanche dernier avec le même mot narrabo, je raconterai tout ce que le Seigneur a fait pour moi : mais la mélodie est très différente de celle de ce dernier qui était tout à fait exceptionnelle par son ampleur et son enthousiasme. Celle-ci est assez solennelle mais dans une ambiance contemplative. Elle exprime admirablement les sentiments du texte. Les mots dextera Domini, qui désignent la main droite du Seigneur symbole de sa puissance, reviennent deux fois, la première fois d’une façon très solennelle, la deuxième fois avec une insistance joyeuse et pleine d’assurance. L’affirmation non moriar : je ne mourrai pas, est lancée avec une inébranlable certitude, tandis que la finale narrabo opera Domini : je raconterai les œuvres du Seigneur, s’épanouit en un épanchement mystique et assez doux.

► Communion : Mirabantur

Le texte de la Communion du troisième dimanche après l’Épiphanie est un passage de l’Évangile, mais il ne s’agit pas de l’Évangile du jour. Il est pris ici en saint Luc au chapitre IV.

Mirabantur omnes de his quæ procedebant de ore Dei.
Tous étaient stupéfaits des paroles qui sortaient de la bouche de Dieu.

Bien entendu saint Luc n’a pas écrit  » de la bouche de Dieu  » mais simplement  » de sa bouche « , celle du fils de Joseph qui venait de prendre la parole pour la première fois dans la synagogue de Nazareth, laissant entendre nettement, après avoir lu un passage d’Isaïe, que le Messie annoncé par le prophète c’était lui. On comprend la stupéfaction des auditeurs. La liturgie a modifié le texte pour affirmer, en ce temps après l’Épiphanie, que nous croyons à la divinité de Jésus. Nous qui savons qu’Il est Dieu, nos sentiments ne sont plus de stupéfaction comme ceux des habitants de Nazareth, mais d’admiration, d’adoration et de louange. C’est ce qu’exprime la mélodie ce cette petite antienne, qui bien que courte, est très ornée et chargée de neumes.

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