Blogs avec images

CESE : L’élection de Claire Thoury est le hold-up d’une oligarchie associative et syndicale

Mercredi 20 mai, lors de la séance plénière d’installation de la mandature 2026-2031, les membres du CESE ont élu Claire Thoury Présidente de l’assemblée avec 97 voix sur 173 votants, à l’issue d’un scrutin auquel se présentait également Dominique Carlac’h.

Dans Le Nouveau conservateur, Francis Jubert dénonce le triomphe de la technocratie sociétale :

[…] La presse des affaires et les cercles progressistes saluent à l’envi une « première historique » : à 37 ans, cette sociologue devient la première femme à s’installer au plateau d’Iéna.

Pourtant, derrière le storytelling lénifiant de la « jeunesse », du « renouveau » et du rempart contre le « trumpisme ambiant » – formule qu’elle agitait encore sur BFM TV en avril –, se cache une réalité beaucoup plus sombre pour les défenseurs de la démocratie réelle.

​Récemment, la journaliste Eugénie Bastié résumait sur Europe 1 le sentiment d’un nombre croissant de contribuables :

« Le CESE coûte 34 millions par an au contribuable. Non seulement il ne sert à rien mais il est idéologiquement orienté. Supprimons-le. »

Loin d’être supprimé, le CESE vient de se donner pour chef l’architecte d’une redoutable ingénierie du consentement. L’élection de Claire Thoury n’est pas une victoire de la société civile ; c’est le hold-up d’une oligarchie associative et syndicale sur la troisième assemblée de la République.

​LE CARTEL DES CORPS INTERMÉDIAIRES DÉCONNECTÉS

​Pour hisser Claire Thoury à la présidence, la machinerie des réseaux de gauche a tourné à plein régime. Il suffit de regarder la liste de ses soutiens pour comprendre que le CESE n’est plus une chambre de neutralité consultative.

La candidate a bénéficié d’un appel commun inédit des syndicats les plus politisés : la CGT, la CFDT, FO, l’UNSA et la FSU se sont alliées au monde associatif pour lui garantir la victoire. À ce cartel s’est jointe la galaxie de la gauche managériale et de l’« économie sociale et solidaire » (Impact France, la Maif, la Mutualité française).

​On l’accusait d’être la candidate de Laurent Berger, l’ancien patron de la CFDT ? Sa victoire est celle d’un bloc idéologique homogène, qui refuse de voir le pays basculer du côté des permanences historiques et de l’enracinement.

Claire Thoury, pur produit du militantisme subventionné (ancienne déléguée d’Animafac, présidente du Mouvement associatif qui revendique coiffer 700 000 structures), utilise les associations non pas comme des vecteurs de solidarité locale ou de charité chrétienne, mais comme les bras armés d’une transformation sociétale permanente.

​DERRIÈRE LE MASQUE DU « DÉBAT APAISÉ » : LA CRIMINALISATION DE LA DISSIDENCE

​Mais c’est en se penchant sur ses interventions doctrinales que le fond de sa pensée se révèle, loin des sourires de façade. Lors d’une table ronde pour la revue Le Grand Continent consacrée au « complotisme Covid au cœur des mouvements antidémocratiques », Claire Thoury a dévoilé ses véritables arrière-pensées.

Pour la nouvelle présidente du CESE, toute contestation des récits officiels – qu’il s’agisse de la gestion sanitaire ou des dérives de l’État techno-médical – n’est pas une opinion politique légitime, mais une pathologie mentale ou une menace « antidémocratique ».

​Ce positionnement révèle le grand paradoxe – pour ne pas dire l’imposture –  de son logiciel intellectuel. D’un côté, elle vante une démocratie « continue », « ouverte » et « inclusive » ; de l’autre, elle théorise la disqualification morale et psychiatrique de quiconque refuse le consensus technocratique.

Pour Claire Thoury, le peuple n’est bon à être consulté que si ses conclusions sont préalablement certifiées conformes par les élites académiques. Le « complotisme » devient l’anathème commode pour exclure du champ de la respectabilité les sceptiques, les dissidents et les conservateurs. La « participation » qu’elle promeut n’est pas une libération de la parole, mais une entreprise de rééducation civique.

​LA FABRICATION DU CONSENSUS : UNE DÉMOCRATIE SOUS-TRAITÉE

​Cette grille de lecture totalisante éclaire d’un jour nouveau la mécanique de son grand œuvre : la Convention citoyenne sur la fin de vie (2022-2023), dont elle a dirigé le comité de gouvernance. Cet épisode a dévoilé une méthode d’effacement du politique. Le CESE ne produit plus sa propre réflexion : il en externalise la logistique et l’idéologie à des officines privées d’affaires publiques, à l’instar d’Eurogroup Consulting et de Missions Publiques (dirigé par Yves Mathieu).

​Le procédé est d’une efficacité clinique. On pose une question en apparence ouverte, mais le dispositif d’information et d’animation des citoyens tirés au sort est entièrement délégué à ces cabinets privés. Ce sont ces prestataires qui sélectionnent les experts auditionnés, cadrent le lexique autorisé et rythment les ateliers de groupe.

Sous couvert de neutralité pédagogique, les « conventionnels » subissent un conditionnement intellectuel, conçu pour neutraliser les réticences éthiques et les réflexes traditionnels. Claire Thoury a piloté la livraison d’une commande publique de l’exécutif, visant à légitimer le projet d’aide active à mourir en lui donnant un faux vernis populaire.

​Dans les colonnes du Figaro, Paul Sugy et Agnès Leclair avaient pourtant documenté le profond « malaise et les soupçons d’instrumentalisation » qui saturaient les sessions. Des observateurs de haut niveau, comme le professeur d’éthique médicale Emmanuel Hirsch, ont immédiatement dénoncé ce glissement dangereux où l’éthique de la vulnérabilité s’effaçait devant une pure logique managériale.

Le masque est définitivement tombé en janvier 2025 avec la réponse cinglante d’un membre de cette même Convention citoyenne, révélant dans Le Figaro Vox comment le pluralisme avait été étouffé de l’intérieur et comment les conclusions avaient été pré-orientées par la gouvernance Thoury. Les « cobayes » de la démocratie participative ont fini par se retourner contre leur ingénieur.

​LE CHOC DES DEUX CLAIRE : L’INGÉNIERIE FACE AU RÉEL DU SOIN

​Pour mesurer la fracture morale que représente cette élection, il faut opposer le profil de la nouvelle présidente à celui d’une autre figure majeure de notre époque : le Docteur Claire Fourcade, ancienne présidente de la SFAP (Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs).

Ce duel de figures incarne deux visions irréconciliables de la civilisation :

  • ​Claire Thoury est la technocrate de salon. Elle tire sa légitimité de la cooptation au sein de l’oligarchie associative et des salons parisiens. Son projet consiste à dissoudre les structures éthiques au nom d’un progressisme abstrait, en s’appuyant sur des outils de management privé payés par le contribuable et en traquant les « dérives » de ceux qui pensent mal.
  • ​Le Dr Claire Fourcade est la femme du réel. Adossée à l’expérience quotidienne de la souffrance et de l’agonie, elle porte la voix de 800 000 professionnels de santé. Ces soignants rappellent une vérité anthropologique intangible : la mission de la médecine est de soulager la vulnérabilité (dans le sillage de la loi Claeys-Leonetti) et non de programmer la mort.

​D’un côté, une habileté manœuvrière qui déconstruit le corps social depuis le plateau d’Iéna ; de l’autre, l’éthique du terrain et la fidélité au serment d’Hippocrate.

​2026-2031 : L’AVÈNEMENT DE LA DÉMOCRATIE DE FAÇADE

​Face aux critiques sur l’inutilité du CESE (qui se targue fièrement de « 140 avis » et « 60 000 citoyens consultés » pour un impact politique quasi nul), Claire Thoury annonce une « transformation ». Son programme ? Multiplier les commissions temporaires, créer des vice-présidences thématiques pour s’immiscer dans la programmation et la prospective du pays, et « produire des formats plus courts et percutants ». En clair : industrialiser la communication, saturer l’espace médiatique et faire du CESE une agence d’influence sociétale permanente.

​L’objectif à peine voilé est d’institutionnaliser le modèle des conventions citoyennes externalisées pour court-circuiter définitivement le Parlement. Chaque sujet de société majeur (famille, bioéthique, éducation) pourra désormais être confisqué aux élus du peuple, traité en sous-main par des cabinets de conseil complaisants, et validé par un échantillon de citoyens préalablement mis sous influence. Ceux qui rueront dans les brancards seront commodément renvoyés à leurs « dérives illibérales » ou à leur « complotisme ».

​Face à cette assemblée fantôme et parasite sans légitimité électorale, la seule alternative réside dans le retour au peuple souverain. Comme le suggérait Eugénie Bastié, la vraie démocratie passe par de vrais mécanismes directs, notamment l’élargissement du référendum d’initiative populaire (RIP), qui redonne la parole aux Français sans filtre technocratique.

L’élection de Claire Thoury est un avertissement dramatique : c’est l’installation officielle, à la tête de la troisième assemblée de la République, d’une ingénierie sociale qui travaille méthodiquement à la dissolution de nos repères les plus sacrés, sous couvert de nous protéger des « complots ».

Cannes face à Canal+ : la bataille des écrans

Les Bobards d’Or
Retour sur la cérémonie des Bobards d’Or avec une rétrospective de plus de 15 ans de bobards du service public. Lisa Beaujour a de nouveau remporté l’Or pour le bobard protéine “pur bœuf”, tandis que Patrick Cohen obtient l’Argent pour sa couverture de l’affaire Crépol.

Canal+ et le cinéma français, bras de fer sur le 7ème art
Une tribune signée par plus de 600 professionnels du cinéma publiée dans Libération, à l’occasion du Festival de Cannes 2025, dénonce l’influence de Vincent Bolloré sur la filière cinématographique. Ils estiment que Bolloré mène à “une prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif”. En plein festival de Cannes, Maxime Saada, patron de Canal+ a déclaré souhaiter arrêter de travailler avec des gens qui les traitent de “crypto-fasciste”. Canal+ finance massivement le cinéma français
chaque année (155 millions € pour 121 films), le rétropédalage est en cours…

Les pastilles de l’info :
– Le film sur Samuel Paty : entre hommage et récupération politique
– France 2 floute une statue grecque au JT : “erreur individuelle” selon la chaîne
– Violences sexuelles à Paris : une enquête qui pose question sur le timing médiatique
– Macron et les bouteilles en plastique : retour sur scène nationale
– Fdesouche lance une cagnotte : Pierre Sautarel sort du silence

L’Europe décide enfin de durcir le contrôle de l’immigration: la CEDH à la traîne

De l’ECLJ :

Le 15 mai 2026, les 46 États membres du Conseil de l’Europe ont adopté la Déclaration de Chișinău sur l’immigration. Cette Déclaration est formulée dans un langage diplomatique, mais envoie un message clair à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Les États:

  • réaffirment leur «droit d’établir souverainement leur politique d’immigration» (§18);
  • s’inquiètent des barrières les empêchant d’expulser des étrangers délinquants (§20);
  • appellent la CEDH à respecter les «particularités des systèmes juridiques et des traditions nationales» (§33);
  • promeuvent les frontières nationales face à l’immigration massive (§34);
  • encouragent de nouvelles approches contre l’immigration, telles que les «centres de retour» (§46).

De fait, la CEDH pose des obstacles majeurs à l’expulsion des délinquants étrangers. Les juges européens s’appuient notamment sur le droit à la vie privée et familiale de ces étrangers, protégé à l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme. En 2024, la CEDH a créé un nouveau principe: une forme de «garantie de retour» pour tout délinquant expulsé.

Les gouvernements ne sont pas seulement confrontés à la CEDH elle-même, mais aussi à l’ensemble des juridictions nationales appliquant la Convention. En France, le droit des étrangers représente la moitié de l’activité des juridictions administratives.

En parallèle, la question des expulsions d’étrangers est également discutée au niveau de l’Union européenne. Le Parlement européen s’est prononcé en première lecture sur le «règlement retour». Certains amendements, votés grâce à une union des droites, n’ont pas plu à la Commission européenne.

Malgré cela, le Parlement européen a obtenu notamment que les délinquants étrangers puissent faire l’objet d’expulsions assorties d’une interdiction d’entrée sur le territoire pour une durée indéterminée.

C’est l’une des questions qui se posent au sein des institutions de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe: pour les cas d’expulsion de délinquants étrangers, faut-il permettre aux États de leur interdire définitivement de revenir sur le territoire européen?

Le 19 mai 2026, l’ECLJ a organisé un séminaire réunissant des députés du Parlement européen et des diplomates du Conseil de l’Europe, dans ses locaux à Strasbourg. L’objectif était d’établir un point de situation et d’entendre plusieurs perspectives complémentaires, pour répondre aux défis liés à la question des expulsions des délinquants étrangers:

Euthanasie : le mirage de l’autonomie, le piège de l’abandon

« Une nation ne se définit pas par les issues qu’elle organise pour s’alléger de ses membres les plus fragiles, mais par l’accompagnement qu’elle leur rend effectivement possible. »

Des portes entrouvertes, une chaise vacante : non une scène d’événement, mais une scène de seuil. Ce qui s’efface dans cet intérieur de Vilhelm Hammershøi (Intérieur, Strandgade 30, v. 1900), ce n’est pas un objet, mais une présence humaine en train de se retirer silencieusement du champ du soin. Ce vide n’est pas une absence à combler par la technique ; il est le lieu même de notre responsabilité.

Une loi qui engage une conception de la société
La proposition de loi portée par M. Falorni ne se réduit pas à l’ajout d’un droit individuel supplémentaire. Elle introduit une rupture structurelle. Sous l’apparence d’un élargissement de la liberté, elle institue une nouvelle réponse médicale à la vulnérabilité extrême : la possibilité organisée de provoquer la mort.
La question posée au législateur dépasse la simple technique juridique. Elle est d’ordre politique et anthropologique : une société doit-elle organiser, à côté du soin, une issue médicalement administrée vers la mort ?

Une liberté dépendante de ses conditions réelles
Une liberté ne vaut que par les conditions effectives de son exercice. Or, l’accès aux soins palliatifs demeure aujourd’hui profondément inégal selon les territoires, les établissements et les situations sociales. Certains patients bénéficient d’un accompagnement structuré ; d’autres d’une prise en charge tardive, fragmentaire, voire inexistante.
Dans un système hospitalier en crise, une nouvelle option juridique ne s’ajoute pas à un paysage neutre : elle s’engouffre dans des déséquilibres préexistants. Dès lors, une question de justice publique s’impose : une liberté peut-elle être dite pleinement libre lorsque les alternatives de soulagement ne sont pas garanties ?

Offrir la mort à défaut d’offrir le soin, ce n’est pas libérer, c’est abandonner.

De l’autonomie à la pression implicite
L’autonomie invoquée dans le débat est réelle dans son principe, mais fragile dans ses conditions concrètes. Dans la solitude de la grande vulnérabilité, les expressions de lassitude sont fréquentes : fatigue d’exister, sentiment d’être un poids pour ses proches, désir de ne plus dépendre. Ces paroles douloureuses ne sont pas des demandes de mort ; elles sont des appels au secours.
Mais dès lors que la loi institue l’aide à mourir, le statut de ces confidences bascule de manière irréversible : elles deviennent des demandes interprétables juridiquement, puis des options médicalement recevables, pour finir par s’imposer, à terme, comme des issues socialement attendues dans certaines situations de dépendance.
Ce glissement modifie en profondeur la nature même du choix et fait peser sur le patient une pression implicite redoutable. L’obligation de se justifier d’exister remplace le droit d’être protégé.

L’enseignement des expériences étrangères : la logique de l’engrenage
Les expériences étrangères doivent être regardées sans polémique, dans leur stricte dynamique réelle. Dans tous les pays ayant légalisé ces dispositifs, on observe une extension continue des critères d’accès : ouverture progressive aux souffrances psychiques, aux mineurs, et prise en compte de la simple perte d’autonomie.
Cette dérive n’est pas accidentelle. Elle tient à la logique même de notre droit : dès lors qu’un droit est ouvert, le principe constitutionnel d’égalité devant la loi conduit les tribunaux et les législateurs successifs à en étendre les critères pour ne pas créer de discriminations. Voter ce texte « en l’état », c’est enclencher un mécanisme juridique incontrôlable. C’est ouvrir une brèche qu’aucun législateur ne pourra plus refermer.

Une frontière structurante du soin
Il est parfois soutenu que sédation, arrêt de traitement et aide à mourir relèvent d’un continuum. Cette assimilation est une contre-vérité qu’il faut fermement dénoncer.
Dans le soin palliatif, l’intention première est le soulagement de la douleur ; le décès survient alors comme la conséquence naturelle de la maladie, et le médecin combat la souffrance. Dans l’aide à mourir, à l’inverse, l’acte a pour finalité directe et immédiate d’interrompre la vie : le médecin ne combat plus la souffrance, il combat le souffrant.
Cette distinction n’est pas sémantique ; elle est la clé de voûte éthique de la médecine. Elle conditionne la confiance absolue dans le système de soin. L’hôpital doit rester le lieu sacré où l’on accompagne la vulnérabilité, non le lieu où la mort est administrée comme une prestation de service public.

Une question de priorités et de responsabilité publique
Le débat engage une hiérarchie stricte des priorités de l’État. Face aux impératifs budgétaires, le risque est immense de voir s’installer un cynisme inconscient : l’aide à mourir coûte moins cher à la collectivité qu’un plan de développement des soins palliatifs. Deux orientations s’excluent mutuellement : garantir un accès effectif, budgétairement doté et opposable aux soins palliatifs sur l’ensemble du territoire, ou instituer une possibilité d’issue létale immédiate qui servira inévitablement de variable d’ajustement.
La responsabilité première du législateur est une responsabilité de bâtisseur : assurer l’effectivité du soin partout et pour tous, avant de légiférer sur l’exception de sa fin.

Le rôle d’une société humaine est d’ouvrir des bras, non de précipiter le départ.

Conclusion — Le point de décision d’une société
Ce débat ne porte pas sur des principes abstraits, mais sur l’architecture de notre modèle de civilisation. Adopter ce texte reviendrait à inscrire une réponse létale au sein d’un système de santé affaibli qui ne garantit pas encore l’accès élémentaire au soulagement.
Le refuser ne revient pas à nier la souffrance. Cela revient à refuser une inversion dramatique des priorités publiques.
C’est précisément là que se situe aujourd’hui le vote du député : non pas entre compassion et froideur, mais entre la tentation du renoncement et le devoir de la responsabilité collective face à la dignité humaine.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Prix “Etienne de la Boétie” pour Alexandre Devecchio – Ce qu’en dit Philippe de Villiers :

« Alexandre Devecchio nous parle de ces petits blancs que l’on passe par pertes et profits. « Nous vivions côte à côte » est une leçon pour tous les Français de désir qui voudraient ressembler aux Français de souche, à condition que ces derniers leur donnent envie d’une quelconque ressemblance. Ce livre est admirable intellectuellement, spirituellement et moralement. C’est un livre d’espérance ! » Ph. de Villiers.

Le PRIX ETIENNE DE LA BOÊTIE a été décerné par l’Association des Ecrivains combattants, à Alexandre Devecchio pour son ouvrage : “Nous vivions côte à côte, aux Editions Fayard. . Chaque année cette association attribue depuis 2019, quatre Prix littéraires dotés : dont le Prix Etienne de la Boétie pour un essai.
A. Devecchio : « Je suis profondément heureux et honoré de succéder à des lauréats aussi admirables que Jean‑François Colosimo, Christiane Rancé et Michael Edwards de l’Académie française. Ma gratitude va au jury et à son président Gérard de Cortanze, ainsi qu’aux lecteurs et à tous ceux qui ont cru en ce livre et permis sa publication, à commencer par les Editions Fayard et Lise Boell ! »

LE LIVRE :
« J’ai vu se transformer la Seine-Saint-Denis. Quand j’étais enfant, les villes étaient encore “black, blanc, beur”. Les différences étaient grandes, les violences courantes, mais la cohabitation possible grâce à une relative mixité. Si le “vivre ensemble” n’existait déjà plus, nous vivions côte à côte, pas encore face à face. Puis à la délinquance se sont ajoutés le communautarisme, l’islamisme, et ce monde s’est ghettoïsé, se muant en une véritable contre-société. Ce bouleversement a parfois été raconté, alors qu’étaient oubliés les principaux intéressés qui ont essuyé en première ligne cette transformation démographique, sociale et culturelle. Ces petits blancs de banlieue qui, lorsqu’ils refusaient de renoncer à leur identité, ont été culpabilisés, présentés comme “beaufs”, “racistes”, leurs inquiétudes criminalisées, leur voix recouverte par celle des sociologues, des associations dont le récit falsifié s’est imposé.
En proposant une contre-histoire des banlieues et de leur désintégration à travers les yeux de ceux qui l’ont subie, il ne s’agit pas de souffler sur les braises des divisions, mais de tirer les leçons des échecs passés pour envisager les contours d’une possible réconciliation. »

Au lecteur curieux de comprendre aussi bien un parcours qu’une époque, une seule lecture à conseiller : Nous vivions côte à côte. C’est l’occasion de découvrir un Devecchio aussi inattendu que profondément humain !

Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/actualite-etudes-essais/29904-nous-vivions-cote-a-cote-itineraire-d-un-petit-blanc-de-banlieue.html
Nous vivions côte à côte, Alexandre Devecchio, Editions Fayard, 266 pages, 21.90 €

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

La liturgie tridentine n’est pas un obstacle à la communion dans l’Église, mais un de ses joyaux

Philippe Darantière, président de l’association Notre Dame de Chrétienté, signe une tribune dans La Croix :

Écrivant le 18 mars 2026 de la part du pape Léon XIV aux évêques de France réunis à Lourdes, le cardinal Parolin a souligné « la croissance des communautés liées au Vetus Ordo ». Le fait est là : la liturgie traditionnelle attire, et attire les jeunes. Cette Pentecôte encore, 20 000 personnes vont participer au pèlerinage traditionaliste de Paris à Chartres, avec une moyenne d’âge de 22 ans et une hausse de fréquentation de 8 % en moyenne sur dix ans. Comment comprendre ?

La première réponse, et la plus commode, est celle de la « sensibilité » : le latin, l’encens, le grégorien, la beauté des ornements. Mais cela existe aussi ailleurs… On dira alors que c’est une affaire d’identité, un besoin de racines, la résistance à un monde liquide qui ne sait plus d’où il vient. Cet argument contient une part de vérité, mais ne suffit pas. Si la liturgie traditionnelle n’était qu’un conservatoire culturel, elle serait un musée, or elle est manifestement vivante. Elle fait passer du culturel au cultuel.

L’homme s’efface devant le rite

Voici le premier paradoxe : une liturgie qui, de l’extérieur, semble se dérouler « sans nous » attire profondément. Le prêtre est tourné vers l’Orient, vers le Christ dont il n’est que l’instrument visible. Il n’anime pas, il n’explique pas en temps réel. Les gestes sont ceux qui ont été accomplis invariablement et minutieusement depuis la nuit des temps. L’espace du sanctuaire sépare le sacré du profane. Tout parle d’un autre royaume, celui de Dieu.

Cette « mise à distance » n’est pas un archaïsme. Elle dit que l’on ne vient pas à la messe d’abord pour soi. On vient parce que l’on a envers Dieu une dette insolvable, que nulle générosité humaine ne saurait acquitter. On vient rendre à Dieu ce qui lui est dû. Et c’est précisément parce qu’on vient pour Dieu que l’on repart enrichi. La vertu de religion, ce devoir de culte envers le Créateur, est inscrite dans chaque geste de cette liturgie. L’homme s’efface devant le rite. Et loin de l’humilier, cet effacement l’élève. Dans une époque saturée d’horizontalité et de retour permanent sur soi, cette verticalité tranche et libère.

On objecte que cette liturgie serait hermétique. C’est méconnaître son rapport au corps et aux sens. Elle est au contraire extraordinairement incarnée. Les gestes ritualisés, les ornements, le latin, le silence, l’encens, les génuflexions, le chant grégorien : autant de signes concrets qui « ouvrent vers l’invisible », selon Benoît XVI. L’âme ne s’élève pas malgré le corps ; elle s’élève avec lui. Cette pédagogie sacramentelle répond à quelque chose de très profond que, depuis Abel, Noé, Abraham et Moïse, la Bible nous enseigne : l’homme est une créature, la seule de la nature, qui prie, qui offre, qui consacre.

La marque de la permanence

Certains ont affirmé que le sacré correspondait à un stade archaïque de l’humanité en voie de dépassement. La réalité du XXIe siècle est plus entêtée : le sacré attire toujours. Non pas malgré la modernité, mais peut-être à cause d’elle : ce que celle-ci essaye de détruire, la liturgie le garde et le redonne.

Dans un monde où tout change, où chaque institution, même dans l’Église, cherche à « se réinventer », cette liturgie porte la marque de la permanence. Les lectures sont les mêmes depuis des siècles. Le grégorien chante depuis plus d’un millénaire. Le canon romain murmure les mêmes mots qu’au temps de Grégoire le Grand. Et celui qui découvre cette messe pour la première fois comprend d’instinct qu’il entre dans quelque chose qui le dépasse, qui l’a précédé, qui lui survivra : il devient l’espace d’un moment participant d’une liturgie qui nous relie au ciel.

Cela ne signifie pas que la liturgie serait figée par essence. Elle évolue lentement, organiquement, mais toujours avec cette « infinie délicatesse » dont a témoigné le Concile de Trente, qui eut la sagesse de garder inchangés les rites ayant plus de deux siècles d’histoire. Et c’est cette permanence voulue, assumée, qui lui confère son autorité. La liturgie ne cherche pas à plaire à l’époque. Et c’est pourquoi l’époque y revient.

Le mystère rendu présent

Il reste un dernier paradoxe, peut-être le plus décisif. La liturgie traditionnelle est aussi, et peut-être surtout, une expression extraordinairement dense du mystère qu’elle célèbre. La messe, « trésor de la foi », est le mémorial de la Passion du Seigneur, non pas son souvenir mais son renouvellement non sanglant, le sacrifice rédempteur du Christ rendu présent sur l’autel. L’offertoire, la double consécration, les prières du Canon récitées en silence, la communion reçue à genoux : tout cela ne raconte pas la mort et la résurrection du Seigneur, tout cela les actualise.

La liturgie ancienne est ainsi un catéchisme vécu : elle enseigne non seulement qui est Dieu, mais qui est l’homme face à Dieu. Une anthropologie religieuse que nos contemporains n’ont pas désapprise, même quand ils ont cessé de la formuler. C’est peut-être cela, le secret de son attractivité : elle dit une vérité sur l’homme que l’homme porte en lui sans le savoir.

Liturgie missionnaire ? Assurément. Et pour un nombre croissant de baptisés et de convertis, elle est devenue la langue maternelle pour parler à Dieu et pour L’écouter. Elle est une richesse de l’Église, trésor de son passé, de son présent et de son avenir. Un trésor que 30 % des pèlerins de Chartres découvrent chaque année pour la première fois. Ce chiffre, à lui seul, montre que la liturgie tridentine célébrée au pèlerinage n’est pas un obstacle à la communion dans l’Église, mais un de ses joyaux.

Cet esprit de chrétienté

Ancien directeur du pèlerinage de Paris à Chartres entre 1983 et 1989, Max Champoiseau a été interrogé dans L’Appel de Chartres :

Comment donner une forme visible à la dimension d’un « tissu social chrétien » sur la route de Chartres ?

Pour moi, c’était le refus de la lutte des classes au sein du pèlerinage. Nous refusions les barrières entre les différentes couches de la population. J’ai été le témoin de cet esprit de chrétienté où chacun se tenait à sa place, mais dans une complémentarité totale : du PDG au paysan, du cadre à l’ouvrier. Je me souviens d’ une équipe où le responsable était un général trois étoiles aux côtés de deux chômeurs et d’ un artisan. Je les regardais et je leur disais : « C’est formidable, c’est ça le tissu social chrétien ». On ne mélange pas tout, mais on s’aime, comme le Christ nous le demande dans l’Évangile. À mon époque, l’âge moyen était de 40 ans ; les adultes venaient avec leurs enfants. Aujourd’hui, il y a 80 % de jeunes de 20 ans. Il ne faut pas que les adultes se disent « ce n’est pas pour moi ». Mon message pour les adultes est : « Réveillez-vous ! ». Le pèlerinage doit rester un mélange de générations, car la société est composée de parents et d’enfants côte à côte.

L’identité heureuse, ou une réponse au père Benoist de Sinety

Dans son livre “La cause du Christ. L’Évangile contre « l’identité chrétienne »” , le père Benoist de Sinety met en garde contre une instrumentalisation politique du christianisme et multiplie actuellement les interventions médiatiques sur ce thème. S’il existe en effet un danger à réduire le christianisme à une identité civilisationnelle, et si un christianisme sans vie spirituelle réelle peut devenir un « christianisme sans Christ », l’Évangile n’est pas davantage une simple vue de l’esprit adaptée aux sensibilités contemporaines, toujours éphémères et contingentes.

Son propos souffre souvent d’une asymétrie étonnante. Lorsqu’un responsable politique évoque les racines chrétiennes de la France, on parle aussitôt de récupération ou de « taxidermie ». En revanche, lorsque le christianisme est mobilisé au service de causes migratoires, écologiques ou sociétales, qui ne sont pourtant pas dépourvues de légitimité lorsqu’elles sont véritablement discernées à la lumière de toute l’anthropologie chrétienne, cela devient spontanément l’expression authentique de l’Évangile. Comme si l’instrumentalisation n’existait que dans un sens unique.

Or le Christ est aussi venu annoncer la vérité, la conversion et le salut. Un christianisme qui ne parle plus que d’ouverture risque lui aussi de devenir un christianisme mutilé.

Benoît XVI avait diagnostiqué le problème avec davantage de profondeur : l’Occident souffre moins d’un « excès d’identité » que d’une crise de vérité et d’une fatigue spirituelle. Quand une civilisation ne sait plus ce qu’elle est, elle oscille entre dissolution molle et crispation brutale. Les phénomènes identitaires sont souvent les symptômes d’un vide préalable (parfois cultivé par un clergé progressiste pétri de bonne volonté mais dépourvu de discernement), non leur cause première.

Et l’on songe ici à la formule de Bossuet : « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » Après avoir déconstruit pendant des décennies les héritages culturels, spirituels et nationaux, on découvre avec inquiétude les réactions identitaires que produit précisément ce vide. Car lorsqu’une société ne transmet plus rien avec sérénité, tout revient sous forme de crispation.

La même ambiguïté apparaît dans cette idée d’« évolution permanente », devenue presque un dogme sous la plume du père de Sinety. Tout devrait évoluer sans cesse : les mœurs, les peuples, les cultures, et même l’Église. Mais évoluer vers quoi ? Une boussole qui tourne constamment n’indique plus le nord ; elle ne fait qu’indiquer sa propre agitation.

Il est d’ailleurs intéressant de constater que la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, contrairement à l’esprit plus abstrait et individualiste de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, reconnaît pleinement l’importance des appartenances concrètes, culturelles, familiales et nationales dans la construction humaine. L’identité n’y apparaît pas comme une menace en soi, mais comme une réalité dynamique et positive, appelée à s’ouvrir à l’universel sans se dissoudre dans l’indifférenciation.

L’Église n’a jamais eu pour mission de sanctifier chaque mutation du temps présent. Elle transmet quelque chose qui la précède pour ouvrir un chemin vers l’avenir, puis vers l’Éternité. Entre l’immobilisme et le relativisme mouvant, il existe encore la possibilité d’une fidélité vivante.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

La place centrale de la foi, de la prière et de l’espérance dans une vie de commando

Commando au sein du CPA 10, unité d’élite de l’armée de l’Air, Charles d’Azérat a servi la France dans le cadre de plusieurs missions à hauts risques. Dans son livre À cœur ouvert. Récit d’un commando du CPA 10, publié chez Mareuil Éditions, il revient sur son parcours, ses missions et ce qui fonde son engagement. De son baptême du feu en République centrafricaine à la libération d’otages au Burkina Faso, en passant par ses opérations au Levant, il raconte la réalité du combat, la confiance à gagner auprès de ses hommes, la solitude du commandement et le poids de la responsabilité. Mais ce témoignage est aussi celui d’un soldat chrétien. Charles d’Azérat évoque la place centrale de la foi, de la prière et de l’espérance dans sa vie de militaire. Un témoignage rare sur ce que signifie servir, commander et croire lorsque l’engagement peut aller jusqu’au don de sa vie.

À coeur ouvert – Récit d’un commando du CPA 10

 

Incendie de l’église de Cernay en Alsace

Un incendie a touché mercredi l’église Saint-Etienne de Cernay, en Alsace. De nombreux pompiers sont intervenus mais les dégâts à l’intérieur sont importants.

Le maire indique :

“Le feu est parti de l’intérieur”. “Tout le chœur a été détruit, ainsi que l’autel, des fauteuils mais aussi au moins une oeuvre d’art. On a pu récupérer le tabernacle avec le curé mais les dégâts sont vraiment importants”.

“Cela me peine énormément, car on venait de fêter les 100 ans de la reconstruction de l’édifice et qu’on avait beaucoup investi pour l’occasion. D’ailleurs toute l’électricité avait été refaite, c’est pour cela que je suis très étonné. Il n’y avait pas de travaux en cours. L’enquête dira quelle est l’origine du sinistre”.

Le capitaine des pompiers raconte :

“Le feu était au niveau de l’autel en bois”, “Nous avons dû casser deux vitraux pour évacuer les fumées, il n’y a pas eu de blessés”.

Il ne reste rien de l’autel en photo.

Les attaques antichrétiennes en Israël ont augmenté selon un rapport

Les chrétiens de Jérusalem et d’Israël ont été confrontés à une augmentation du harcèlement et des violences en 2025, selon un nouveau rapport sur les incidents récents. Le 1er avril, une nouvelle étude annuelle publiée par le Rossing Center for Education and Dialogue a mis en lumière la persistance du harcèlement et des violences contre les communautés chrétiennes en Israël et à Jérusalem-Est en 2025, avec 155 cas recensés allant des agressions physiques au vandalisme et à l’intimidation.

Ces cas ont été attribués à une combinaison de tensions sociales, de dynamiques religieuses et nationalistes, et au contexte plus large du conflit régional, les incidents se produisant dans des espaces publics tels que la vieille ville de Jérusalem et affectant principalement le clergé, les biens de l’Église et les symboles religieux.

« Comme en 2024, la majorité des agressions physiques visaient le clergé — moines, nonnes, frères et prêtres », indique le rapport du Rossing Center , ajoutant que « cracher restait l’expression d’hostilité la plus courante » et que de tels actes sont désormais souvent commis ouvertement, parfois devant la police ou les passants.

Le Centre Rossing pour l’éducation et le dialogue est une organisation israélienne qui se consacre à la promotion de la coexistence pacifique entre juifs, musulmans et chrétiens en Terre sainte.

Le rapport recense

  • 61 agressions physiques,
  • 52 cas de dégradation de biens contre des institutions religieuses,
  • 28 actes de harcèlement
  • 14 actes de vandalisme contre des panneaux publics à caractère chrétien.

Ces données, qui excluent la Cisjordanie, révèlent ce que le centre qualifie de « tendance persistante et inquiétante où violences manifestes et humiliations quotidiennes s’accumulent, créant un climat d’exclusion généralisé », notamment dans certains quartiers de Jérusalem.

Parmi les incidents décrits dans la vieille ville de Jérusalem, on compte des épisodes où des groupes de jeunes ont harcelé des membres du clergé en tenue religieuse visible, notamment en leur crachant dessus et en les insultant verbalement.

D’après les données du Rossing Center, de nombreux Juifs israéliens perçoivent de plus en plus le christianisme comme quelque chose de dangereux. Près de la moitié des personnes interrogées estiment qu’« entrer dans une église chrétienne n’est pas casher », c’est-à-dire interdit par la loi religieuse et contraire à la volonté de Dieu ; une proportion similaire considère le christianisme comme une « religion idolâtre ». Chez les Haredim ultra-orthodoxes — la branche la plus rigoriste et la plus repliée sur elle-même du judaïsme contemporain, caractérisée par une adhésion stricte et littérale aux lois religieuses juives et un mode de vie délibérément séparé du monde séculier —, ces chiffres atteignent respectivement 96 % et 79 %.

Le rejet de l’enseignement chrétien dans les écoles israéliennes s’accentue : 55 % des Juifs interrogés s’opposent à l’intégration du christianisme et de ses textes dans les programmes scolaires, et 74 % rejettent explicitement l’étude du Nouveau Testament. Parallèlement, de plus en plus de chrétiens israéliens envisagent de quitter le pays : 36 % songent à l’émigration, et ce chiffre dépasse les 50 % chez les jeunes.

Face au vide de la société moderne, 20 000 pèlerins rejoignent Chartres à pied

Chaque année pendant la Pentecôte, des milliers de pèlerins, dont une immense majorité de jeunes (avec une moyenne d’âge située dans la vingtaine), parcourent 100 km à pied entre Paris et la cathédrale Notre-Dame de Chartres. Il s’agit de l’un des plus grands rassemblements catholiques d’Europe.

Dans cet entretien, Philippe Darantière, président de Notre-Dame de Chrétienté, explique :

  • Pourquoi cette jeunesse ultra-connectée est attirée par trois jours de marche, de prière, de silence et de pénitence
  • Comment le pèlerinage devient une réponse au vide spirituel de la société moderne
  • La définition de la chrétienté et le rôle des catholiques dans la cité
  • La nouvelle « Route de Jérusalem » (70 km), pensée pour les familles et les personnes moins sportives
  • L’organisation hors norme du pèlerinage (1 300 bénévoles, 20 000 personnes en bivouac)

“Laissons-nous façonner intérieurement par les rites”

Lors de l’audience générale de ce matin, le pape Léon XIV a abordé la Constitution dogmatiqueSacrosantum Concilium, 1. La liturgie dans le mystère de l’Église :

Nous commençons aujourd’hui, une série de catéchèses sur le premier Document promulgué par le Concile Vatican II : La constitution sur la sainte liturgie, Sacrosantum Concilium (SC).

En élaborant cette Constitution, les Pères conciliaires ont voulu non seulement entreprendre une réforme des rites, mais aussi amener l’Église à contempler et à approfondir ce lien vivant qui la constitue et l’unit : le mystère du Christ. La liturgie, en effet, touche au cœur même de ce mystère : elle est à la fois l’espace, le temps et le contexte dans lesquels l’Église reçoit du Christ sa propre vie. En effet, dans la liturgie, « s’exerce l’œuvre de notre rédemption » (SC, 2), qui fait de nous une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple que Dieu s’est acquis (cf. 1 P 2, 9).

Comme l’a montré le triple renouveau – biblique, patristique et liturgique – qui a traversé l’Église au cours du XXe siècle, le Mystère en question ne désigne pas une réalité obscure, mais le dessein salvifique de Dieu, caché depuis l’éternité et révélé en Christ, selon l’affirmation de saint Paul (cf. Ep 3, 3-6). Voici donc le Mystère chrétien : l’événement pascal, c’est-à-dire la passion, la mort, la résurrection et la glorification du Christ, qui nous est rendu sacramentellement présent précisément dans la liturgie, de sorte que chaque fois que nous participons à l’assemblée réunie « en son nom » (Mt 18, 20), nous sommes plongés dans ce Mystère.

Le Christ lui-même est le principe intérieur du mystère de l’Église, peuple saint de Dieu, né de son côté transpercé sur la croix. Dans la sainte liturgie, par la puissance de son Esprit, il continue d’agir. Il sanctifie et associe l’Église, son épouse, à son offrande au Père. Il exerce son sacerdoce absolument unique, lui qui est présent dans la Parole proclamée, dans les Sacrements, dans les ministres qui célèbrent, dans la communauté rassemblée et, au plus haut degré, dans l’Eucharistie (cf. SC, 7). C’est ainsi que, selon saint Augustin (cf. Serm., 277), en célébrant l’Eucharistie, l’Église « reçoit le Corps du Seigneur et devient ce qu’elle reçoit » : elle devient le Corps du Christ, « demeure de Dieu par l’Esprit » (Ep 2, 22). Telle est « l’œuvre de notre rédemption », qui nous configure au Christ et nous édifie dans la communion.

Dans la sainte liturgie, cette communion se réalise « par les rites et les prières » (SC, 48). La ritualité de l’Église exprime sa foi – selon le célèbre adage lex orandi, lex credendi –, et façonne en même temps l’identité ecclésiale : la Parole proclamée, la célébration du sacrement, les gestes, les silences, l’espace, tout cela représente et donne forme au peuple convoqué par le Père, Corps du Christ, Temple du Saint-Esprit. Chaque célébration devient ainsi une véritable épiphanie de l’Église en prière, comme l’a rappelé saint Jean-Paul II (Lettre apostolique Vicesimus quintus annus, 9).

Si la liturgie est au service du mystère du Christ, on comprend pourquoi elle a été définie comme « le sommet vers lequel tend l’action de l’Église et, en même temps, la source d’où jaillit toute son énergie » (SC, 10). Il est vrai que l’action de l’Église ne se limite pas à la seule liturgie, mais toutes ses activités (la prédication, le service des pauvres, l’accompagnement des réalités humaines) convergent vers ce « sommet ». À l’inverse, la liturgie soutient les fidèles en les plongeant sans cesse dans la Pâque du Seigneur et, par conséquent, à travers la proclamation de la Parole, la célébration des sacrements et la prière commune, ils sont fortifiés, encouragés et renouvelés dans leur engagement de foi et dans leur mission. En d’autres termes, la participation des fidèles à l’action liturgique est à la fois « intérieure » et « extérieure ».

Cela signifie également qu’elle est appelée à se déployer concrètement tout au long de la vie quotidienne, dans une dynamique éthique et spirituelle, de sorte que la liturgie célébrée se traduise en vie et exige une existence fidèle, capable de concrétiser ce qui a été vécu dans la célébration : c’est ainsi que notre vie devient « un sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu », réalisant notre « culte spirituel » (Rm 12, 1).

Ainsi, «la liturgie édifie chaque jour ceux qui sont au-dedans pour en faire un temple saint dans le Seigneur » (SC, 2), et forme une communauté ouverte et accueillante envers tous. Elle est en effet habitée par l’Esprit Saint, elle nous introduit dans la vie du Christ, elle fait de nous son Corps et, dans toutes ses dimensions, elle représente un signe de l’unité de toute l’humanité en Christ. Comme le disait le pape François, « le monde ne le sait pas encore, mais tous sont invités au repas des noces de l’Agneau (Ap 19, 9) » (Lettre apostolique Desiderio desideravi, 5).

Très chers, laissons-nous façonner intérieurement par les rites, les symboles, les gestes et surtout par la présence vivante du Christ dans la liturgie, que nous aurons encore l’occasion d’approfondir lors des prochaines catéchèses.

« Consécrations de la FSSPX 2026 : pourquoi ce n’est plus 1988 »

Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 12 mai 2026 sur The Remnant sous le titre : « SSPX 2026 Consecrations: Why It’s No Longer 1988 »
——————————-
Qu’on le déplore ou non, la plupart des catholiques jugeront les consécrations de la FSSPX en 2026 à l’aune de celles de 1988. Mais après Pachamama, la synodalité, Fiducia Supplicans et l’effondrement de la clarté doctrinale à Rome, les catholiques sincères peuvent-ils encore faire comme si rien n’avait changé ? La cause de la FSSPX est aujourd’hui bien plus évidente qu’elle ne l’était lorsque Mgr Lefebvre consacrait des évêques il y a près de quarante ans. Voici pourquoi :

Peu de choses, voire rien, n’ont changé dans les fondements de la position de la FSSPX depuis que Mgr Marcel Lefebvre a consacré des évêques sans l’approbation de Rome en 1988. En effet, le sermon prononcé par Mgr Lefebvre lors de ces consécrations de 1988 contient de nombreux passages qui continuent de définir toute la mission de la FSSPX, tels que le suivant :

« C’est pour cela que nous faisons cette cérémonie. Loin de moi de m’ériger en pape. Je ne suis qu’un évêque de l’Église catholique qui continue à transmettre, à transmettre la doctrine. Tradidi quod et accepi. C’est ce que je pense que je souhaiterais qu’on mette sur ma tombe, et cela ne tardera sans doute pas qu’on mette sur ma tombe Tradidi quod et accepi – ce que dit saint Paul – « Je vous ai transmis ce que j’ai reçu », tout simplement. Je suis le facteur qui porte une lettre. Ce n’est pas moi qui l’ai faite cette lettre, ce message, cette parole de Dieu, c’est Dieu Lui-même, c’est Notre Seigneur Jésus Christ Lui-même, et nous vous avons transmis, par l’intermédiaire de ces chers prêtres qui sont ici présents, et par tous ceux qui, eux-mêmes, ont cru devoir résister à cette vague d’apostasie dans l’Église, en gardant la Foi de toujours et en la transmettant aux fidèles. Nous ne sommes que des porteurs de cette nouvelle, de cet évangile que Notre Seigneur Jésus Christ nous a donné et des moyens pour nous sanctifier : la Sainte Messe, la vraie Sainte Messe, les vrais sacrements, qui donnent vraiment la vie spirituelle. »

Les évêques, les prêtres et les religieux de la FSSPX, ainsi que les laïcs qui y sont rattachés, souhaitent simplement la foi et les sacrements catholiques authentiques, tels qu’ils existaient avant les changements radicaux survenus après Vatican II. En 1988, Mgr Lefebvre poursuivit son sermon en replaçant cette idée centrale dans le contexte de l’enseignement constant des papes d’avant Vatican II :

« Il me semble entendre la voix de tous ces papes depuis Grégoire XVI, Pie IX, Léon XIII, saint Pie X, Benoît XV, Pie XI, Pie XII, nous dire : « Mais de grâce, de grâce, qu’allez-vous faire de nos enseignements ? de notre prédication ? de la Foi catholique ? Allez-vous l’abandonner ? Allez-vous la laisser disparaître de cette terre ? De grâce, de grâce, continuez à garder ce trésor que nous vous avons donné. N’abandonnez pas les fidèles ! N’abandonnez pas l’Église ! Continuez l’Église ! Car enfin, depuis le concile, ce que nous avons condamné, voici que les autorités romaines l’adoptent, et le professent, comment est-ce possible ? Nous avons condamné le libéralisme, nous avons condamné le communisme, le socialisme, le modernisme, le sillonnisme, toutes ces erreurs que nous avons condamnées, voici maintenant qu’elles sont professées, adoptées, soutenues par les autorités de l’Église : est-ce possible ? Si vous ne faites pas quelque chose pour continuer cette Tradition de l’Église que nous vous avons donnée, tout disparaîtra. L’Église disparaîtra, les âmes seront toutes perdues. »

Il n’y a rien de compliqué ici — c’est même très simple. La position de la FSSPX n’est autre qu’une ferme résolution de demeurer catholique d’une manière que Grégoire XVI, Pie IX, Léon XIII, saint Pie X, Benoît XV, Pie XI, Pie XII et tous les grands saints reconnaîtraient comme catholique. Et si Dieu avait miraculeusement permis à Mgr Lefebvre et aux évêques qu’il a consacrés de cesser de vieillir en 1988, peut-être n’y aurait-il pas eu besoin de consécrations en 2026. Mais il n’en fut rien, et aujourd’hui, la FSSPX compte deux évêques qui ne peuvent indéfiniment s’occuper d’un nombre de fidèles bien supérieur à celui de 1988, année où elle en comptait cinq. De ce fait, le besoin pratique de ces consécrations est sans doute plus pressant aujourd’hui qu’en 1988.

Ainsi, peu de choses, voire rien, n’ont changé dans les fondements de la position de la FSSPX depuis 1988. Cependant, Dieu a permis que certains aspects de la crise se précisent progressivement depuis lors. Dans la mesure où nous entreprenons de formuler un jugement sur les consécrations de 2026, il semble impossible d’ignorer ces développements.

Interlocuteurs. Du moins en apparence, il existe une profonde différence entre les hauts responsables du Vatican qui s’opposent à la FSSPX. En 1988, Jean-Paul II et le cardinal Joseph Ratzinger ont mené les négociations avec Mgr Lefebvre. Nombre de catholiques engagés qui s’opposent aujourd’hui à la FSSPX ont un respect bien plus grand pour ces deux hommes que pour Léon XIV et le cardinal Víctor Manuel « Tucho » Fernández. Parmi les nombreux signes qui illustrent la différence entre la situation actuelle et celle de 1988, il convient de noter que, tandis que le cardinal Fernández a récemment publié un document rejetant le titre de Médiatrice de toutes les grâces de la Vierge Marie, la Fraternité Saint‑Pie‑X a choisi la fête de Notre‑Dame Médiatrice de toutes les grâces pour lancer sa campagne de prière quotidienne pour les nouveaux évêques.

Scandales retentissants. Le plus grand scandale que Mgr Lefebvre pouvait dénoncer en 1988 était la réunion de prière d’Assise de 1986. Aujourd’hui, cependant, des événements comme celui d’Assise en 1986 sont si fréquents qu’ils ne font plus la une des journaux. Désormais, nous avons des Pachamamas, des Amoris Laetitia, des Fiducia Supplicans et des soutiens hebdomadaires d’évêques de haut rang à diverses initiatives anti-catholiques. Même nos frères protestants s’étonnent de la déchéance de l’Église catholique (aux yeux du monde) ces dernières décennies. Il est donc désormais impossible pour un catholique raisonnable de nier que Rome soit devenue une source intarissable de graves scandales.

Église synodale. Nous avons maintenant le Synode sur la synodalité et l’Église synodale. Même les catholiques dits conservateurs, qui jusqu’alors n’avaient guère de raisons de critiquer l’ecclésiologie post-conciliaire, ont découvert que l’ensemble du processus synodal est indubitablement anti-catholique. L’Église synodale est blasphématoire, hérétique et absurde… et pourtant, c’est l’initiative la plus en vue du Vatican aujourd’hui.

Domination homosexuelle. Si des problèmes existaient déjà en 1988 concernant le clergé homosexuel, ils étaient insignifiants comparés à la situation actuelle. À en croire les signaux envoyés par Rome, le Vatican défend l’homosexualité car il est contrôlé par le lobby homosexuel. Cela peut paraître anodin pour certains, mais pour beaucoup d’entre nous, cette situation rend la crise absolument impossible à ignorer.

L’omniprésence du catholicisme à la carte. Le catholicisme à la carte s’est largement répandu après le Concile, en grande partie à cause du rejet massif de la réaffirmation par Paul VI de l’enseignement catholique sur la contraception dans Humanae Vitae. Mais qu’a fait Rome pour endiguer ce fléau ? En dehors des communautés catholiques traditionnelles, aucun effort concret n’a été entrepris pour freiner cette acceptation désastreuse d’une situation qui offense Dieu et conduit d’innombrables âmes en enfer. Cela démontre clairement que Rome est soit totalement incompétente, soit n’a plus aucun intérêt à honorer Dieu et à guider les âmes vers le Ciel.

Remise en question de Vatican II. En 1988, rares étaient les catholiques, hormis Mgr Lefebvre et la FSSPX, à remettre en question les documents de Vatican II. Il fut donc relativement aisé pour Jean‑Paul II de condamner la FSSPX pour son refus d’accepter le Concile. Aujourd’hui, cependant, de nombreux catholiques influents reconnaissent la pertinence et la nécessité des critiques formulées par Mgr Lefebvre à l’égard du Concile. Comme l’a si éloquemment expliqué récemment le Père Robert McTeigue, s.j., il s’avère que presque personne – à moins d’être schizophrène ou d’ignorer le contenu des documents conciliaires – ne peut accepter Vatican II dans son intégralité. Quiconque a étudié les écrits de Mgr Lefebvre comprendra pourquoi : les parties adverses à l’origine des documents conciliaires n’ont pas cherché à harmoniser leurs points de vue divergents ; elles ont simplement laissé coexister des passages contradictoires, rendant ainsi impossible pour un catholique rationnel d’« accepter Vatican II dans son intégralité ».

La réhabilitation de Mgr Lefebvre. Avec le pape François en particulier, de nombreux catholiques fervents, initialement opposés à Mgr Lefebvre et à la FSSPX, ont fini par reconnaître la justesse de sa dénonciation des erreurs qu’il avait si clairement perçues, bien avant la plupart des autres. On comprend désormais parfaitement pourquoi Rome a déployé tant d’efforts pour persuader les catholiques ordinaires que Mgr Lefebvre avait tort : son œuvre aurait compromis la révolution si davantage de catholiques y avaient prêté attention. C’est pourquoi sa Déclaration de 1974 (qui résume parfaitement la position de la FSSPX) est aujourd’hui plus importante encore qu’en 1974, car elle expose la véritable réponse catholique à cette crise, que Dieu seul peut résoudre en définitive.

Les fruits de la FSSPX. Comme toute communauté au sein de l’Église catholique, la FSSPX n’est pas parfaite. Cependant, il est évident qu’elle a porté des fruits sains et abondants depuis 1988, malgré les ressources considérables que Rome a consacrées à sa destruction. De plus, bien qu’il soit naturel pour la FSSPX de rejeter le pape à la suite des événements de 1988, elle ne l’a jamais fait. Au contraire, la FSSPX a toujours soutenu que, jusqu’à ce qu’un futur pape ou concile en décide autrement, les hommes reconnus comme papes par l’Église sont véritablement les papes. Autrement dit, la FSSPX a constamment produit de sains fruits catholiques sans jamais céder à la tentation de rejeter les occupants actuels de Rome. Les sédévacantistes reprochent cela à la FSSPX, mais ceux qui professent aujourd’hui leur loyauté à Léon XIV devraient méditer sur cette fidélité paradoxale. Comme l’ont toujours affirmé Mgr Lefebvre et la FSSPX, le plus grand service que nous puissions rendre au pape et à l’Église est de rester fidèles à l’enseignement traditionnel de l’Église, surtout lorsque le prix à payer est si élevé.

Le revirement de Rome concernant les consécrations de 1988. Après les consécrations de 1988, Rome a déclaré la FSSPX schismatique et a excommunié ses évêques. Benoît XVI a levé les excommunications en 2009, et François a par la suite accordé à la FSSPX la faculté d’administrer le sacrement de Pénitence et de célébrer le sacrement de Mariage. Ces faits, ajoutés au constat évident que Rome ne mettrait pas en garde la FSSPX contre le schisme aujourd’hui si elle était déjà schismatique, montrent que Rome reconnaît que la FSSPX n’est pas schismatique. De ce fait, la FSSPX est fondée à affirmer avec conviction que les consécrations de 2026 ne conduiront pas au schisme.

Dieu a permis que toutes ces choses deviennent évidentes au cours des dernières décennies, et il nous appartient de décider comment nous voulons utiliser ces informations. De tous points de vue pertinents, la situation de la FSSPX en 2026 est bien plus claire qu’elle ne l’était en 1988. Devons-nous croire que notre Dieu d’amour, qui ne peut ni tromper ni être trompé, souhaite réellement que nous ignorions tous ces signes manifestes qu’il nous a donnés ? Alors qu’il est si évident que la crise orchestrée par Rome s’est aggravée jusqu’à devenir diabolique, et que la FSSPX a porté des fruits exemplaires malgré la persécution dont elle a été victime, sommes-nous vraiment justifiés d’agir comme si la situation était aussi obscure qu’en 1988 ?

Dieu nous a tous permis de voir suffisamment clair pour comprendre la véritable nature de cette crise. Les dégâts subis par l’Église ne sont pas dus à un simple hasard, mais bien aux manœuvres d’hommes qui voulaient la remodeler à des fins anti-catholiques. Les héritiers des premiers destructeurs dirigent toujours le Vatican et sont parvenus à séparer définitivement la vérité et l’autorité. Comme nous le constatons aujourd’hui, le seul vestige du catholicisme traditionnel auquel ces destructeurs ne renonceront pas est la seule mesure qui serait utilisée contre eux si Dieu venait à restaurer l’Église aujourd’hui : le pouvoir de Rome de déclarer certains hommes schismatiques ou de les excommunier. On peut imaginer que, si la joie pouvait exister en enfer, elle n’a jamais été aussi grande qu’à la simple pensée de Tucho excommuniant la FSSPX.

Quoi qu’il arrive, nous n’avons pas besoin de conforter Satan dans sa victoire éphémère en reprenant à notre compte les condamnations que Rome pourrait lancer contre la FSSPX. Nous ne sommes plus en 1988, et il nous semble bien plus judicieux d’ouvrir les yeux sur les réalités que Dieu nous a permis de voir depuis. Puisse Dieu accorder à Léon XIV la grâce de voir tout cela lui aussi et le courage héroïque de résister à ceux qui prétendent que la FSSPX doit être condamnée.

Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous !

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Louis Vachette : Renouer avec le temps long

Notre ami Louis Vachette a quitté la région parisienne pour renouer avec un savoir-faire ancien : la fabrication artisanale de bardeaux de châtaignier fendus à la main, à Janailhac, en Haute-Vienne,. Dans le hameau du Viallard, au cœur d’une propriété familiale entourée de forêt, il a fondé la Manufacture Saint Eutrope, avec l’ambition de redonner vie à un matériau qui couvrait autrefois les toits de nos campagnes, des chapelles rurales jusqu’au Mont-Saint-Michel. Nous l’avons interrogé sur cette reconversion:

Vous avez longtemps vécu en région parisienne. Comment le Limousin est-il devenu votre port d’attache ?

Avec mon épouse, nous avons acheté une propriété à Janailhac en 2013. Au départ, c’était simplement une maison de vacances. Nous y venions dès que possible avec nos cinq enfants. Pendant douze ans, nous avons restauré le domaine, appris à connaître la forêt, les habitants, le pays. Peu à peu, cet endroit est devenu le véritable centre de notre vie familiale. En 2025, après avoir vendu ma société, j’ai décidé de m’installer définitivement au Viallard. J’avais besoin de redonner du sens à ma vie. Ici, j’ai trouvé un pays heureux.

Comment est née l’idée de fabriquer des bardeaux de châtaignier ?

Le domaine réunissait déjà tout ce qu’il fallait : une vieille grange à réhabiliter et quinze hectares de forêt riches en châtaigniers. J’ai toujours aimé le travail manuel. Très naturellement, l’idée d’une manufacture de bardeaux s’est imposée. Le bois vient directement de notre forêt, et l’atelier a trouvé sa place dans la grange. Tout est cohérent : la matière première, le geste, le lieu.

Pourquoi avoir choisi le nom « Manufacture Saint Eutrope » ?

La paroisse de Janailhac est placée sous le patronage de saint Eutrope, premier évêque de Saintes et martyr du IIIᵉ siècle. Il me semblait naturel de placer notre travail sous sa protection. Notre devise est une phrase de saint Paul : Laborare manibus suis – travailler de ses mains.

Le bardeau est aujourd’hui peu connu du grand public. Pourtant, il a longtemps couvert les toits français…

Oui, bien avant la tuile mécanique ou la tôle industrielle, les campagnes françaises étaient largement couvertes de bois fendu. Et ces couvertures duraient remarquablement longtemps : certains toits anciens ont tenu cent ans. Le bardeau est un matériau traditionnel, mais extraordinairement moderne dans ses qualités : durable, écologique, isolant et esthétique.

Concrètement, comment fabrique-t-on un bardeau ?

Tout commence par le choix de l’arbre. Nous sélectionnons des châtaigniers parfaitement droits, sans nœuds visibles, avec un diamètre suffisant et plusieurs mètres de tronc sans branches. Les billes sont ensuite débitées en morceaux plus courts, puis fendues selon une technique traditionnelle appelée débit sur quartier, ou débit hollandais. Cela permet d’obtenir un bois très stable, dont les fibres restent intactes.

Vous insistez beaucoup sur la différence entre bois fendu et bois scié. Pourquoi est-ce si important ?

Parce que tout repose là-dessus. Le bois est constitué de fibres longues, comme des milliers de petites pailles. Quand on scie le bois, on coupe ces fibres : l’eau pénètre, le matériau travaille, se déforme et finit par se détériorer. La fente, au contraire, suit naturellement le fil du bois. Les fibres restent fermées, l’eau glisse à la surface. Les couvreurs disent souvent :
« Le bois fendu repousse l’eau, le bois scié la boit. » C’est toute la différence entre un bardeau qui dure quelques années et un autre qui peut tenir un siècle.

Le châtaignier possède aussi des qualités naturelles particulières…

Absolument. C’est un bois dense, riche en tanins, naturellement imputrescible et insectifuge. Il n’a besoin d’aucun traitement chimique. Un bardeau bien posé peut durer entre quatre-vingts et cent ans.

On retrouve encore ce matériau sur certains monuments historiques ?

Oui, et parfois depuis très longtemps. Au Mont-Saint-Michel, certains bardeaux ont plus de cent ans. Ils ont même résisté à la tempête de 1999. On en voit aussi à Honfleur, sur l’église Sainte-Catherine, ainsi que sur des chapelles, des moulins, des clochers ou des tours partout en France. Le bardeau n’est pas réservé aux toitures : il sert aussi de bardage de façade. Il épouse très bien les formes complexes, les courbes, les tourelles ou les clochers.

Vous évoquez également ses performances thermiques…

Le bois est un excellent isolant. À épaisseur égale, il isole beaucoup mieux que la tuile, l’ardoise ou la pierre. Comme les bardeaux sont posés en plusieurs couches, on obtient naturellement plusieurs centimètres d’isolation, sans matériaux synthétiques. C’est efficace aussi bien contre le froid que contre la chaleur.

Qui fait appel aujourd’hui à la Manufacture Saint Eutrope ?

Nous travaillons avec des couvreurs, des architectes du patrimoine, des Monuments Historiques, mais aussi avec des particuliers qui restaurent une maison ancienne ou qui souhaitent construire quelque chose de durable. Nous produisons à taille humaine, sans compromis sur la qualité du bois ni sur le geste artisanal.

Au fond, que représente pour vous ce métier ?

C’est une manière de renouer avec le temps long. Aujourd’hui, beaucoup de matériaux promettent dix ans et n’en tiennent même pas cinq. Le bardeau de châtaignier, lui, s’inscrit dans une continuité. Il relie la forêt, la main de l’artisan, la maison et les générations futures. À notre échelle, nous essayons simplement de ne pas laisser disparaître un savoir-faire français ancien et profondément enraciné dans nos paysages.

Renseignements sur le site de la Manufacture Saint Eutrope

Prix Quas Primas, remis en présence du cardinal Burke, le vendredi 22 mai à Paris

Remise des Prix, organisé par Life Editions :

Prix Saint Jean-Paul II pour la famille, l’amour et la vie – Prix Quas Primas, remis en présence du cardinal Burke, le vendredi 22 mai 2026 :
– 18 h remise du Prix Saint Jean-Paul II puis du Prix Quas Primas et dédicace des lauréats
– Prière d’intercession pour les souffrances familiales
– Salle Madeleine Delbrel, 20 rue de la Tombe Issoire, 75014 Paris – Entrée libre.

MEMBRES DU JURY :
Guillaume d’Alançon, Michel Deguy, Olivier Dehaut, Père Henri Delavenne, Père Jean-Claude Varin, Jojin de Irala, Anne Lecointre, Olivier Minvielle, Aude Mirkovic, Philippe Nicolardot, Auguste Oudot de Dainville, Gregor Puppinck, Yves Semen, Jean de Tauriers, Gabrielle Vialla.

LAUREATS :

PRIX JEAN PAUL II – Sixième édition :

  • Section Foi : l’abbé De Giacomoni : la prière chrétienne, se blottir dans les bras du père – Editions l’Emmanuel
  • Section Espérance : Stéphane Glogowski : Les tout-petits défunts, récits de foi et de consolation – Editions Pierre Téqui
  • Section Charité : Adélaïde et Michel Sio : Se donner pour toute la vie, Editions Le Laurier.

PRIX QUAS PRIMAS.
Ce prix fut créé en 2025 à l’occasion du centenaire de l’encyclique Quas Primas du pape Pie XI qui porte sur la Royauté sociale de Notre-Seigneur pour la mission d’aujourd’hui. Il récompense un livre :

  • François-Régis Legrier : Saint-Louis modèle des chefs d’Etat, Editions Via Romana.

Sénatoriales : le RN écarte Stéphane Ravier

Le sénateur Stéphane Ravier avait accepté de ne pas se présenter à Marseille pour favoriser la candidature RN de Franck Allisio, qui a échoué à remporter la mairie. Pour les élections sénatoriales, il n’y aura pas de retour de bon procédé : le RN a débauché la vice-présidente du département Marie-Pierre Callet, transfuge du parti Les Républicains qu’elle a quitté en 2024, pour mener sa liste. Le sénateur sortant Stéphane Ravier est donc contraint de présenter une candidature concurrente. Elu sénateur des Bouches-du-Rhône en 2020 sous l’étiquette du Rassemblement national, Stéphane Ravier ne figure pas sur la liste présentée lundi 18 mai par Franck Allisio lors des élections sénatoriales en septembre.

Une réduction spéciale pour les lecteurs du Salon beige

Nous avions parlé voici quelques semaines de l’abbaye de Donezan, fille de Fontgombault, et de sa fromagerie. Et vous aviez été formidables, nous a dit le moine en charge de la fromagerie, qui avait vu sa toute nouvelle boutique en ligne décoller grâce à vous. En remerciement, il vient de créer un code de réduction pour les lecteurs du Salon beige: avec le code SB10, vous bénéficierez de 10% de réduction sur votre commande. Profitez-en. La boutique est accessible ici.

La servilité de l’État et des pouvoirs publics français à l’égard du régime d’Alger

Communiqué de Yann BALY, Président de Chrétienté-Solidarité :

Gérald Darmanin s’est rendu hier à Alger pour notamment y rencontrer Abdelmadjid Tebboune, “à la demande du Président de la République française, Emmanuel Macron” a précisé le Garde des Sceaux dans un communiqué publié sur son compte X.

Ce dernier a également rencontré le ministre de la justice algérien, Lotfi Boudjemaa et participé à plusieurs réunions de travail, accompagné de hauts magistrats français et algériens, “pour relancer notre coopération judiciaire qui était à l’arrêt depuis presque deux ans” a-t-il commenté dans un autre communiqué où il précise, qu’outre les dossiers relatifs à la “DZ Mafia” (dont on sait qu’elle est largement instrumentalisée par Alger), à la délinquance financière, les discussions ont porté sur des “dossiers individuels comme celui de notre compatriote Christophe Gleizes”.

Le niveau de servilité de l’État et des pouvoirs publics français à l’égard du régime d’Alger, le fait que Gérald Darmanin ait été missionné personnellement par Emmanuel Macron et les éléments de communication employés par le Garde des Sceaux à l’issue de sa visite en Algérie doivent nous mettre en alerte.

Chrétienté-Solidarité observe avec la plus grande inquiétude ces visites successives auprès du pouvoir algérien, du Ministre de l’intérieur français et du ministre de la Justice français et particulièrement l’évocation de la relance d’une “coopération judiciaire” avec le régime totalitaire algérien.

Nous espérons qu’en aucun cas, ces discussions n’ont porté ou ne porterons sur la question des opposants au pouvoir algérien, réfugiés en France ou bénéficiant de l’asile politique dans notre pays.

Nous pensons notamment à nos amis kabyles, militants de la liberté et pour l’autodétermination de leur nation. Pour leur action pacifique, certains sont condamnés à mort ou à de très lourdes peines de prison par la justice de l’actuel pouvoir algérien.

Aussi, Chrétienté-Solidarité appelle à la plus grande vigilance concernant cette question. A la moindre menace pesant sur les patriotes kabyles réfugiés en France, nous appellerons à une mobilisation massive afin de les soutenir, eux et leurs proches.

Quand le désir devient identité : James Alison et la nouvelle hérésie anthropologique

Mgr Athanasius Schneider a récemment employé une formule qui a de quoi faire sursauter : il parle d’une « hérésie homosexuelle » qui infecterait de plus en plus le Corps de l’Église. La phrase est rude. Elle choque d’autant plus qu’elle survient dans un climat ecclésial déjà saturé de tensions autour de Fiducia supplicans, du synode, des bénédictions, de l’Allemagne, de Rome, de la pastorale LGBT et de la morale sexuelle. Dans l’entretien accordé à Diane Montagna le 12 mai 2026, l’évêque auxiliaire d’Astana estime que certains textes récents ne se contentent plus d’appeler à l’accueil des personnes, mais ouvrent la voie à une normalisation doctrinale des actes et des modes de vie homosexuels. Il parle d’une ligne franchie « de l’orthodoxie vers l’hérésie ».

Il faut prendre cette formule au sérieux, non parce qu’elle dispenserait de penser, mais précisément parce qu’elle oblige à penser. De quelle hérésie parle-t-on ? Non pas seulement d’un désaccord disciplinaire, ni même d’un simple relâchement moral. Ce qui se joue est plus profond : une erreur sur l’homme lui-même, sur le désir, sur le corps, sur la conscience, sur la manière dont la grâce vient rejoindre et convertir la nature.

James Alison, prêtre et théologien britannique, lecteur de René Girard, offre un bon exemple de ce basculement. Il ne parle pas comme un militant grossier. Son écriture est subtile, pastorale, nourrie de vocabulaire chrétien. Il connaît la question de la victime, de la honte, du bouc émissaire, de la conscience blessée. C’est pourquoi sa pensée est plus intéressante – et plus dangereuse – qu’un simple slogan progressiste.

Dans un texte publié par Outreach, Alison explique que la question de la conscience, pour les catholiques LGBT, n’est pas d’abord celle de l’interprétation des passages bibliques traditionnellement invoqués contre les pratiques homosexuelles, mais celle de « ce qui est réellement ». Puis il pose l’alternative : ce que la personne découvre en elle-même est-il un défaut à redresser, ou bien est-ce ce qu’elle est « créée et donnée à être » ? Il affirme ensuite qu’il n’existe pas de preuve crédible que le fait d’être gay ou lesbienne soit une défectuosité d’une personne qui devrait être hétérosexuelle, et parle d’une « variante minoritaire non pathologique » de la condition humaine.

C’est ici que se trouve le cœur de la difficulté. Alison ne dit pas seulement : les personnes homosexuelles doivent être accueillies, respectées, écoutées, protégées du mépris. Cela, l’Église le dit déjà, et elle doit sans cesse apprendre à mieux le vivre. Alison dit davantage : il laisse entendre que l’orientation sexuelle appartient à l’être même de la personne, que la conscience doit reconnaître cette donnée comme vraie, et que l’agir moral doit ensuite découler de cette identité.

Autrement dit, le débat n’est plus seulement moral. Il devient ontologique.

La grande erreur de notre époque tient précisément là : elle transforme le désir en identité, puis l’identité en droit, puis le droit en exigence doctrinale. Ce qui était autrefois considéré comme une inclination, une tentation, une blessure possible, un désordre à discerner, une fragilité à accompagner, devient progressivement le noyau sacré du moi. On ne dit plus seulement : « j’éprouve ce désir ». On dit : « je suis ce désir ». Et bientôt : « si vous critiquez l’expression de ce désir, vous niez mon être ».

C’est une révolution anthropologique.

Le christianisme ne peut pas l’accepter sans se renier. Non parce qu’il mépriserait les personnes concernées, mais parce qu’il sait que l’homme est plus profond que ses inclinations. L’être de l’homme n’est pas son désir sexuel. L’être de l’homme est d’être une créature de Dieu, corps et âme, homme ou femme, blessée par le péché, appelée par la grâce, destinée à la sainteté et à la résurrection.

Une inclination peut être profonde sans être constitutive. Un désir peut être ancien sans être souverain. Une expérience peut être sincère sans être normative. Une blessure peut avoir façonné une vie sans devenir pour autant la vérité ultime d’une personne.

C’est ici que René Girard, paradoxalement, se retourne contre certains de ses disciples. Girard a montré que le désir humain n’est pas une pure source intérieure. Nous ne désirons pas comme des individus souverains, isolés, transparents à eux-mêmes. Nous désirons à travers des médiateurs. Nous imitons. Nous apprenons ce qui est désirable en voyant d’autres le désirer. Nous voulons l’objet, mais aussi l’être du modèle qui semble le posséder. Le désir humain est mimétique.

Dès lors, il est étrange d’utiliser Girard pour sacraliser le désir subjectif. Un lecteur vraiment girardien devrait être le premier à se méfier de la formule moderne : « je désire cela, donc cela révèle qui je suis ». Girard a précisément passé sa vie à défaire le mensonge romantique d’un désir autonome, innocent, jailli d’un moi pur.

Notre époque, de ce point de vue, n’est pas un espace de libération transparente. Elle est une gigantesque fabrique de médiateurs. Publicité, réseaux sociaux, applications de rencontre, pornographie, culture de l’exposition, marché des identités : tout concourt à faire du désir un produit, une image, une performance, un script. On ne se contente plus de désirer ; on apprend à désirer devant écran.

La pornographie occupe ici une place centrale. Elle n’est pas seulement une industrie de l’excitation. Elle est une initiation de masse au désir mimétique. Elle ne montre pas seulement des corps ou des actes ; elle apprend ce qu’il faudrait vouloir, comment il faudrait vouloir, quel corps serait désirable, quelle intensité serait normale, quelle transgression serait libératrice, quelle pratique devrait cesser de provoquer la honte pour devenir fierté.

Il serait évidemment simpliste de dire que la pornographie crée mécaniquement telle ou telle orientation. L’homme n’est pas une machine. Les histoires personnelles sont complexes. Les fragilités, les blessures, les tempéraments, les circonstances, les rencontres, les solitudes, les manques affectifs composent des trajectoires singulières. Mais il serait tout aussi naïf de croire que la consommation répétée d’images sexuelles extrêmes, scénarisées, valorisées, disponibles dès l’adolescence, ne forme pas le désir.

À force de regarder, on apprend. À force de regarder, on s’habitue. À force de regarder, on déplace ses seuils. À force de regarder, certaines répugnances tombent, certaines curiosités se renforcent, certains passages à l’acte deviennent pensables. Le Père John Culkin, proche de McLuhan, écrivait : « Nous devenons ce que nous contemplons. Nous façonnons nos outils, puis nos outils nous façonnent. » La formule est souvent attribuée à McLuhan, mais elle vient bien de Culkin ; elle n’en dit pas moins quelque chose de décisif sur notre monde d’écrans.

La tradition chrétienne sait depuis longtemps que le regard transforme. On devient, d’une certaine manière, ce que l’on contemple. C’est vrai dans l’adoration, dans la liturgie, dans la prière, dans la contemplation des saints. Mais c’est vrai aussi dans la dégradation. Une âme qui se nourrit sans cesse d’images de consommation sexuelle ne reste pas intacte. Elle ne se contente pas d’observer un spectacle extérieur. Elle intériorise des modèles de désir.

C’est pourquoi la question LGBT dans l’Église ne peut pas être isolée du contexte beaucoup plus vaste d’une civilisation pornographique, solitaire et numérique. Nous vivons dans un Occident où des adolescents découvrent la sexualité non par la parole pudique des parents, non par l’éducation morale, non par l’apprentissage progressif de l’amour, mais par des plateformes industrielles qui font commerce de l’excitation, de la comparaison, de la domination, de la transgression et de la répétition compulsive.

Dans ce contexte, parler du désir comme d’une pure donnée intérieure, immédiatement révélatrice de l’être, relève d’une naïveté anthropologique stupéfiante. Le désir contemporain est saturé de médiations. Il est stimulé, orienté, monétisé, encouragé, applaudi, algorithmisé. Ce que des générations antérieures auraient spontanément déconseillé, découragé ou soumis à la pudeur est aujourd’hui souvent magnifié comme courage, vérité de soi ou libération.

C’est ici que l’on comprend mieux l’expression de Mgr Schneider. L’« hérésie » ne consiste pas seulement à dire qu’il faudrait être plus accueillant envers des personnes qui ont parfois beaucoup souffert. L’hérésie commence lorsque l’on redéfinit l’homme à partir de son désir sexuel, puis que l’on demande à l’Église de plier la Révélation, la morale et les sacrements devant cette nouvelle anthropologie.

Car la foi catholique ne réduit pas l’homme à ses pulsions, ni même à ses inclinations affectives les plus profondes. Elle enseigne que la sexualité doit être intégrée dans la personne. Le Catéchisme définit la chasteté comme « l’intégration réussie de la sexualité dans la personne » et comme l’unité intérieure de l’homme dans son être corporel et spirituel. La chasteté n’est donc pas la haine du corps. Elle est l’unification de la personne.

Cette définition est décisive. Elle montre que l’Église ne dit pas : « nie ton être ». Elle dit : « laisse ton être être unifié ». Elle ne dit pas : « déteste ton corps ». Elle dit : « ne laisse pas ton corps être séparé de ton âme, ni ton désir être séparé de ta vocation ». Elle ne dit pas : « tu es impur ». Elle dit : « tu es appelé à la liberté intérieure ».

La chasteté est difficile pour tous. Elle n’est pas une peine spéciale infligée aux homosexuels. Elle concerne les célibataires, les fiancés, les époux, les prêtres, les religieux, les veufs, les personnes blessées, les personnes tentées, les personnes seules. Elle concerne le regard, l’imagination, le corps, la mémoire, l’usage des écrans, la parole, les gestes, les fidélités concrètes. Elle n’est pas l’opposé de l’amour. Elle est la condition d’un amour qui ne dévore pas.

Face à cela, le discours contemporain sur l’identité sexuelle paraît terriblement pauvre. Il promet la libération, mais enferme souvent l’homme dans une définition étroite de lui-même. Il prétend libérer le corps, mais le livre au marché. Il prétend libérer le désir, mais l’abandonne aux images. Il prétend libérer la conscience, mais la prive d’une vérité supérieure à elle.

La miséricorde chrétienne ne peut pas devenir cette abdication. Elle ne consiste pas à dire à chacun : « puisque vous avez souffert, votre désir est saint ». Elle consiste à dire : « vous n’êtes pas réductible à votre désir ; vous n’êtes pas votre blessure ; vous n’êtes pas votre tentation ; vous n’êtes pas votre histoire sexuelle ; vous êtes aimé de Dieu et appelé à plus grand que vous-même ».

La vraie pastorale n’a donc pas à choisir entre dureté et flatterie. La dureté écrase les personnes. La flatterie les abandonne. La vérité chrétienne fait autre chose : elle accueille pour convertir, elle accompagne pour relever, elle bénit pour ouvrir un chemin, elle aime sans mentir.

C’est pourquoi la question posée par James Alison est si grave. S’il s’agissait seulement de rappeler que des personnes homosexuelles ont été injustement traitées, il faudrait l’entendre. S’il s’agissait seulement de corriger des réflexes de mépris, il faudrait le faire. Mais lorsqu’il s’agit de faire de l’orientation sexuelle une vérité constitutive de l’être, puis d’en déduire une révision de la morale catholique, nous ne sommes plus dans la pastorale. Nous sommes dans une autre anthropologie.

Et cette anthropologie est fausse.

L’homme ne devient pas libre en se définissant par ses désirs. Il devient libre quand ses désirs sont ordonnés à la vérité de son être. Or cette vérité n’est pas inventée par le moi, ni confirmée par l’époque, ni produite par les écrans, ni décrétée par la sociologie. Elle est reçue de Dieu.

La grande erreur de notre temps n’est donc pas seulement d’avoir libéré les désirs. Elle est d’avoir fini par croire que les désirs étaient notre être. Le Christ ne vient pas confirmer l’homme dans toutes ses inclinations. Il vient le rendre à sa vérité plus profonde : celle d’une créature blessée, aimée, appelée, et capable d’être transfigurée.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Louis Massignon, ou la laïcité française fascinée par ses propres confusions

Il y a des noms que la France aime exporter comme des emblèmes de finesse, de culture et d’ouverture. Louis Massignon est de ceux-là. Le nom rassure : un grand islamologue français, professeur au Collège de France, savant immense, catholique fervent, homme de l’Orient, artisan du dialogue islamo-chrétien. Tout semble convenir à cette France qui se veut à la fois laïque, cultivée, universelle et délicatement spirituelle dès lors qu’elle parle à l’étranger.

Et pourtant, quelque chose cloche.

Que l’on donne à un lycée français au Maroc le nom de Louis Massignon n’est pas un simple détail administratif. Le Lycée français international Louis-Massignon de Casablanca est une vitrine scolaire française à l’étranger. Ce n’est donc pas une petite plaque oubliée au fond d’un couloir poussiéreux : c’est un symbole. Or baptiser une telle institution du nom de Massignon, c’est faire passer pour évidence humaniste ce qui relève en réalité d’une énorme ambiguïté spirituelle.

Massignon n’est pas seulement un savant. Il est une figure mystique, brûlante, tourmentée, dont le rapport à l’islam ne peut pas être réduit à une simple sympathie intellectuelle. Sa trajectoire mêle conversion catholique, fascination pour la mystique musulmane, vie intime sublimée, goût de l’intercession, obsession de la substitution et désir d’entrer “à la place” de l’autre. Il fut titulaire de la chaire de sociologie et sociographie musulmanes au Collège de France, puis prêtre dans le rite catholique melkite. Autrement dit : nous ne sommes pas devant un pur universitaire laïque, mais devant un homme religieux jusqu’à la moelle, dont l’œuvre savante est indissociable d’une aventure spirituelle très singulière.

Le cœur du problème tient à la Badaliya, cette union de prière fondée en 1934 par Massignon et Mary Kahil. Elle repose sur une logique de “substitution” : des chrétiens appelés à prier, à souffrir, à s’offrir spirituellement pour les musulmans. À première vue, l’intention peut sembler admirable. Qui refuserait la prière, l’amour, le sacrifice, l’intercession ? Mais très vite, une question surgit : de quelle charité parle-t-on exactement ? Car dans cette construction, la charité chrétienne ne se contente plus d’aimer le musulman, de prier pour lui, de l’accueillir ou de lui annoncer le Christ. Elle semble presque vouloir préserver l’islam dans son mystère propre, en entourant sa différence d’un respect si tremblant qu’il finit par rendre la mission suspecte.

Or le christianisme n’est pas cela. Le christianisme n’est pas une religion de la substitution sentimentale au détriment de l’annonce. Il ne consiste pas à tourner autour de l’autre avec des précautions infinies, comme si la vérité du Christ devait s’effacer devant la beauté supposée de son altérité. Aimer les musulmans, ce n’est pas idéaliser l’islam. Respecter une personne, ce n’est pas sanctuariser le système religieux qui peut l’enfermer. Prier pour l’autre, ce n’est pas renoncer à lui dire que Jésus-Christ est le Sauveur.

C’est ici que Massignon devient moins un modèle qu’un symptôme. Il incarne cette tentation très française, très catholique-libérale, très orientalisante aussi : transformer l’islam en miroir de nos propres scrupules. L’islam n’est alors plus étudié pour ce qu’il affirme réellement sur Dieu, le Christ, la Croix, la révélation, la loi, la conversion ou l’apostasie. Il devient une scène intérieure, un théâtre de la culpabilité chrétienne, un lieu où l’Occident vient réparer ses fautes, sublimer ses désirs, purifier ses violences, expier sa puissance.

Cette dérive prend chez Massignon une forme presque romanesque. En 1906, sur le bateau qui le conduit au Caire, il rencontre Luis de Cuadra, aristocrate espagnol, fils du marquis de Guadalmina, converti à l’islam. La rencontre est amoureuse, initiatique, spirituelle. Cuadra lui ouvre la voie d’al-Hallâj, cette figure du mystique musulman martyrisé qui deviendra centrale dans son œuvre. Dès l’origine, donc, l’islam n’est pas pour Massignon un simple objet savant : il est lié à une passion, à une blessure, à une faute ressentie, à un besoin de rachat.

Lorsque Cuadra meurt suicidé en 1921, cette histoire ne disparaît pas ; elle est transfigurée, reprise, spiritualisée. Et c’est précisément cela qui doit nous rendre méfiants. Car une chose est de prier pour un homme aimé et perdu ; autre chose est de faire de cette blessure privée une manière générale de penser le rapport chrétien à l’islam. Chez Massignon, le trouble intime devient méthode spirituelle. Le désir devient intercession. La culpabilité devient théologie. Et l’islam, au lieu d’être regardé dans sa vérité doctrinale, devient le grand réceptacle mystique d’un drame personnel.

Il ne s’agit pas ici de faire du voyeurisme biographique. Ce serait inutile et laid. Mais il est impossible de faire comme si cette matière intime n’avait aucun rapport avec sa théologie vécue de l’islam. Chez Massignon, l’Orient, le désir, la faute, la conversion, l’islam, la réparation et la prière semblent former une seule constellation. Fascinante, oui. Mais est-ce vraiment cela que la France doit choisir comme emblème scolaire ?

C’est précisément là que le choix du nom devient presque comique. La Mission laïque française, qui se présente comme l’un des grands vecteurs de l’enseignement français à l’étranger, donne à l’un de ses grands établissements marocains le nom d’un catholique mystique, ordonné prêtre, habité par une théologie de la substitution, fasciné par l’islam et par les figures marginales de la mystique musulmane. On peut admirer l’ironie : la laïcité française, dès qu’elle sort de ses frontières, se découvre soudain des goûts de chapelle, pourvu que la chapelle en question ne rappelle pas trop nettement le devoir d’annoncer le Christ.

Car c’est bien cela qui rend Massignon si commode. Il est catholique, mais d’un catholicisme compatible avec le malaise postchrétien. Il parle d’islam, mais avec assez de poésie pour éviter la confrontation doctrinale. Il parle du Christ, mais d’une manière suffisamment oblique pour ne pas effrayer les diplomates de la rencontre. Il est savant, mystique, orientaliste, hospitalier, tragique : bref, parfait pour une France qui aime les religions lorsqu’elles cessent d’être des vérités et deviennent des sensibilités.

Mais il y a dans cette opération quelque chose de profondément malhonnête. Faire de Massignon un nom consensuel, c’est travestir l’équivoque en vertu républicaine. C’est présenter comme modèle d’ouverture ce qui devrait d’abord être interrogé comme une confusion théologique. C’est, pour le dire poliment, demander au public d’admirer sans regarder de trop près. La France laïque prétend ne pas faire de religion ; mais elle sait très bien choisir ses saints. Elle ne choisit pas saint François Xavier, trop missionnaire. Elle ne choisit pas Charles de Foucauld dans toute sa radicalité chrétienne, trop brûlant. Elle choisit Massignon : le catholique du seuil, du détour, de l’entre-deux, celui qui permet de parler du christianisme sans jamais avoir l’air de vouloir convertir personne.

Cette préférence en dit long. Elle révèle moins une vraie connaissance de l’islam qu’une difficulté française à assumer le christianisme. L’islam y est souvent regardé non comme un système théologique concurrent, affirmant explicitement que Jésus n’est pas Dieu et que la Croix n’est pas le lieu du salut, mais comme une altérité précieuse devant laquelle le christianisme devrait apprendre à se taire élégamment. Ce silence poli passe pour de la profondeur. Il n’est souvent qu’une fatigue de croire.

Il faudrait pourtant tenir ensemble deux exigences. Oui, les musulmans doivent être aimés, respectés, défendus contre toute haine injuste. Oui, il faut connaître leur monde, leurs langues, leurs traditions, leurs blessures, leurs fidélités. Mais non, il n’est pas nécessaire pour cela d’esthétiser l’islam, de neutraliser l’Évangile, ni de faire de la mission chrétienne une gêne dont il faudrait s’excuser. Le respect de l’autre n’impose pas de suspendre la vérité. La charité ne demande pas l’amnésie doctrinale.

Massignon mérite d’être lu, étudié, discuté, peut-être même admiré par endroits. Mais il ne mérite pas cette canonisation laïque qui fait de lui une évidence morale. Il est trop complexe pour cela, trop trouble, trop intensément religieux, trop marqué par des contradictions que l’on préfère aujourd’hui envelopper dans le mot facile de “dialogue”. À Casablanca comme ailleurs, son nom ne dit pas seulement l’ouverture française au monde musulman. Il dit aussi l’étrange incapacité française à distinguer la charité de la fascination, la rencontre de l’effacement, la connaissance de la confusion.

Et c’est peut-être cela, au fond, que ce nom sur un lycée français révèle malgré lui : une France qui croit exporter la raison, mais qui exporte parfois ses brouillards.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Le CHU de Tours supprime ses trois aumôniers catholiques qui intervenaient auprès des malades

Voilà une décision qui se télescope avec les lois soins palliatifs et l’euthanasie … :

Recréer du « lien social » autour des produits du terroir et des chansons françaises les ennuie

Lu dans Les 4 Vérités :

Le « Canon français » est une entreprise qui organise des banquets un peu partout en France, recréant du « lien social » autour des produits du terroir et des chansons françaises traditionnelles. Autant dire qu’il faut beaucoup d’imagination pour en faire une officine de militantisme néonazi.

C’est pourtant ce qu’a réussi à faire la députée LFI Emma Fourreau qui s’est récemment battue pour faire interdire le centième banquet organisé par cette entreprise – banquet qui a finalement bien eu lieu à Caen car, jusqu’à présent, il est toujours autorisé de recevoir des convives pour déjeuner et chanter dans des lieux privés (même si l’extrême gauche voudrait manifestement aussi nationaliser ces lieux de réception privés !).

Le « problème » du Canon français, c’est que Pierre-Édouard Stérin, le milliardaire conservateur devenu en quelques années l’une des principales bêtes noires de la gauche française, en est actionnaire minoritaire (à 30 %). Cela suffit pour que l’entreprise soit devenue un repère d’activistes d’extrême droite – au moins dans l’imagination fertile (et sectaire) de Mme Fourreau. D’ailleurs, quand cela serait, on ne voit pas très bien pourquoi cela invaliderait le modèle économique de la société. Si plus de 100000 Français ont dépensé près de 80 euros pour participer à l’un de ces banquets, c’est sans doute que cela répond à un besoin – d’identité, de convivialité, ou autre. Car, aussi curieux que cela puisse paraître aux députés d’extrême gauche, la plupart des êtres humains ne souhaitent pas être de pures monades et souhaitent vivre enracinés – dans un terroir, dans une famille, dans un réseau d’amitiés… « L’enracinement est peut-être le besoin le plus important et le plus méconnu de l’âme humaine, disait fort justement la philosophe Simone Weil. » Pourtant, les attaques gagnent en intensité.

Comme le faisait remarquer le « Figaro », peu suspect d’extrémisme, les insultes contre les participants s’aggravent de mois en mois : « Beaufs, réacs, électeurs du RN, puis néonazis… » C’est évidemment grotesque, mais cela dit aussi la haine de LFI pour nos racines. Pour les camarades de Mélenchon, il serait parfaitement légitime qu’un Algérien ou un Malien veuillent garder son identité, mais insupportable qu’un Breton ou un Alsacien en fassent autant. Pourquoi cette haine du « Français de souche »? Sans nul doute parce qu’il vote « mal »: aujourd’hui comme hier, il faut d’urgence conformer de force le peuple à l’image qu’en a la gauche morale!

L’Hôpital au bord du gouffre : le coût caché de la loi Falorni

L’effondrement des vocations ou le soin sans boussole

Par Sergyl Lafont
Ancien interne des Hôpitaux de Lyon

Mesdames et Messieurs les parlementaires,

L’hôpital français ne traverse pas seulement une crise de moyens ; il traverse une crise de sens.

Ce qui permet encore à notre système de tenir, malgré l’épuisement des équipes, les fermetures de lits et la dégradation continue des conditions de travail, repose sur une conviction simple, presque immémoriale : soigner consiste à accompagner, protéger, soulager — non à provoquer la mort.

Le projet de loi sur l’« aide à mourir » ne constitue pas une simple évolution technique ou administrative du droit médical. Il introduit au cœur du soin un acte dont la finalité n’est plus de guérir, ni même de soulager, mais de provoquer délibérément la mort. Ce faisant, il modifie en profondeur la définition même du rôle du soignant et brise le pacte de confiance séculaire qui unit le patient à l’institution.

L’angle mort : l’absence de conscience institutionnelle

Le point le plus préoccupant du texte réside dans l’absence totale de clause de conscience pour les établissements de santé eux-mêmes.
Or, les institutions de soin ne sont pas de simples structures neutres ou interchangeables. Certaines — notamment confessionnelles, associatives ou mutualistes — reposent sur une charte éthique explicite qui structure leur pratique, leur organisation interne et leur attractivité humaine. Elles jouent aujourd’hui un rôle subsidiaire essentiel, particulièrement dans les secteurs du grand âge, du handicap, de la dépendance et des soins palliatifs.

Ces établissements attirent encore des professionnels qui acceptent des conditions d’exercice difficiles parce qu’ils y trouvent une cohérence profonde entre leur pratique médicale et leurs convictions anthropologiques ou spirituelles. Cette cohérence intime constitue souvent l’un des derniers ressorts de la fidélité dans des métiers marqués par l’usure.
Leur imposer de participer, d’une manière ou d’une autre, à l’aide à mourir reviendrait à nier cette cohérence fondatrice. Ce ne serait pas une simple adaptation technique, mais une remise en cause directe de leur identité et de leur projet de soin. On ne peut décréter l’uniformisation éthique d’un système hospitalier qui ne tient déjà plus que par la diversité fragile de ses engagements historiques.

Une pression diffuse et silencieuse sur les soignants

À défaut de reconnaissance institutionnelle, la clause de conscience devient exclusivement individuelle — donc, en pratique, profondément vulnérable.
Dans les faits, le refus d’un soignant de participer à l’aide à mourir pourra entraîner des formes de marginalisation informelle : tensions au sein des équipes, difficultés d’intégration, limitation implicite de certaines responsabilités, sentiment d’isolement professionnel. Cette pression sera rarement explicite ; elle n’en sera pas moins réelle, pesante, quotidienne.
Dans un univers hospitalier déjà soumis à une tension extrême, cette conflictualité morale diffuse produira des effets redoutables : départs anticipés, désengagement progressif, réorientation vers d’autres secteurs ou abandon pur et simple de spécialités déjà en pénurie.

Le danger majeur de cette réforme réside précisément dans son caractère silencieux. L’impact ne sera pas spectaculaire au lendemain du vote ; il sera progressif, cumulatif, presque invisible dans un premier temps — et d’autant plus difficile à corriger lorsqu’il deviendra manifeste.

La fracture vocationnelle : une défection invisible

Les métiers du soin reposent sur un engagement qui dépasse très largement les seules considérations matérielles. Or, une partie croissante des jeunes générations exprime aujourd’hui une attente forte de cohérence éthique et de sens dans le travail. Cette aspiration traverse désormais l’ensemble des professions de santé.
Si cette cohérence devient impossible à maintenir dans nos institutions, une partie des vocations se détournera simplement de ces métiers — ou ne s’y engagera jamais. Ce phénomène est cruellement sous-estimé parce qu’il ne se mesure pas immédiatement. Une vocation perdue ne fait pas de bruit. Elle se traduit par une candidature qui n’arrive jamais sur le bureau d’un directeur, une spécialité désertée, un service qui ne recrute plus. Dans un contexte de pénurie déjà critique, ce risque de rupture de transmission ne peut être relativisé par le législateur.

Une responsabilité politique majeure : la prudence avant l’irréversible

Au moment précis où les besoins explosent sous l’effet mécanique du vieillissement de la population, la France devrait consolider, honorer et sanctuariser toutes ses forces soignantes. Une société qui peine déjà à garantir un accès équitable et universel aux soins palliatifs prend un risque majeur en introduisant simultanément l’aide à mourir dans le champ du soin. Ce texte pourrait, à l’inverse du but recherché, fragiliser davantage l’engagement des professionnels au moment même où ils deviennent indispensables.

Vouloir imposer cet acte à des structures et à des équipes bâties sur l’accompagnement de la vie constitue une aporie qui se heurtera tôt ou tard à la dure réalité du terrain. La question posée ne se limite donc pas à l’exercice d’une liberté individuelle. Elle engage l’équilibre global de notre système de santé, la survie de certaines structures de soin et la confiance fondamentale entre les soignants, les patients et l’institution hospitalière.

On ne réforme pas le sens d’une vocation par voie législative sans risquer de fragiliser profondément le soin lui-même.

Avant toute adoption d’un tel texte, il devrait au minimum être possible de garantir clairement la protection effective des soignants opposés à ces actes, la reconnaissance d’une véritable conscience institutionnelle pour certains établissements, et l’assurance que cette réforme n’aggravera pas une crise des vocations déjà préoccupante.

Or, à ce jour, ces garanties n’existent pas.

Dans ces conditions, voter ce texte en l’état reviendrait à engager l’hôpital français dans une transformation anthropologique majeure sans disposer des protections nécessaires pour en contenir les conséquences humaines et institutionnelles.

Ne prenez pas le risque d’une rupture silencieuse mais irréversible. Car lorsqu’un hôpital perd le sens de sa mission, ce ne sont pas seulement des soignants qu’il perd — c’est sa capacité même à tenir qui s’effondre.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

La cupidité et la perversité mènent le monde !

Ce sont deux concepts déviants, mais ultra présent malheureusement, chez nos « élites mondiales » qui, grâce à leur fortune, restent souvent intouchables.

Avec leur idéologie morbide, issue d’un messianisme déformé et pernicieusement interprété, mais malheureusement accepté par une grande majorité, de contrôler le monde et d’empiler l’argent, ils n’hésitent pas à massacrer autrui, mais toujours sous les auspices d’une mission « divine » et donc dictée par un « dieu bienveillant ».

Ils useront de toutes les justifications nécessaires pour vous faire croire du bien-fondé de leurs actes criminels. « Nous vous tuons et nous vous soumettons, mais c’est pour votre bien… » Cette idéologie, basée sur l’élitisme maladif, qu’il soit religieux ou pas, a pour conséquence depuis le 19e siècle d’avoir pour terrain de jeu la planète, de la piller et de s’approprier ce qui ne leur appartient pas. Les Anglo-Saxons sont les maîtres incontestés en la matière. Ils ont près de 400 millions de victimes sur la conscience… À condition qu’ils en aient une… https://reseauinternational.net/le-monde-est-divise-en-deux-dun-cote-les-anglo-saxons-et-de-lautre-les-etres-humains-2/

Il faut toujours chercher et identifier « la ou les causes » du problème. Et cette cause, est cette élite mondiale psychopathe qui se croit sorti de la cuisse de Jupiter et de facto, protégée par Dieu. C’est bien entendu une inversion, car Dieu, s’il existe, protégerait l’ensemble des peuples de la Terre et pas seulement une fraction élue. Peu importe les déclarations mensongères des chefs de guerre fanatiques, destinées à justifier leurs actes criminels. Les faits existent et sont prouvés.

Mais, depuis le début du 20e siècle, grâce aux médias félons et corrompus, les justifications ont pris de plus en plus d’importances. Les massacres sont légitimés au nom de la « démocratie », donc du camp du bien.

C’est sûr que vous seriez content d’apprendre, un beau matin, que votre famille a été massacrée en pleine nuit par un missile largué par un drone. Mais c’était nécessaire car pour votre bien… Quelle hypocrisie !

Je déteste cet abrutissement de masses par une caste de nantis, bien trop souvent cupide, corrompue et criminelle. Mais avec le temps, et heureusement, j’ai appris à faire le distinguo entre un individu et un corps d’armée, ou un groupe, quel qu’il soit.

Il y a des personnes de valeur partout, certes, mais ces dernières sont trop souvent obscurcies et mises à l’écart, à cause justement de leurs désaccords avec des ordres et des règlements liberticides, qui sont à l’opposé du bien-être du peuple. En réalité, il y a des gens de bien partout, mais il faut savoir qu’ils sont en minorité.

La majorité des gens obéit aux ordres liberticides sans se poser de questions et, faisant cela, elle se transforme en un vaste troupeau de moutons bêlants. Ne comprenant pas grand-chose et devenant, au final, très dangereuse, car elle s’oppose sans cesse à une réelle évolution positive de la société. Cerise sur le gâteau, elle ne dénoncera jamais les véritables ennemis du genre humain, à savoir les prédateurs cyniques et corrompus qui nous gouvernent bien trop souvent.

Ce vaste problème existe depuis l’aube de l’humanité, mais avec les progrès technologiques, et ce, depuis la fin du 19e siècle, il prend de plus en plus d’ampleur. La destruction des peuples par l’épée, puis par la poudre, par les bombes atomiques diverses et variées et, depuis peu par les drones hypersoniques, ne s’est jamais arrêtée. Aujourd’hui, on peut tuer des millions de gens en une fraction de seconde. Quel progrès !

Individuellement, les gens sont, en majorité, des moutons tranquilles. Mais cet état d’engourdissement routinier propre à ces paisibles quadrupèdes et à la meute des bipèdes en général, peut se transformer, subitement, en une horde sanguinaire n’ayant aucune compassion pour autrui. Désolé, si j’en choque certains, mais c’est, malheureusement, la triste et dure réalité.

En cause, et principalement, les marchands de chaos, à savoir les médias. Au lieu d’œuvrer à l’évolution des mentalités, la presse s’est spécialisée dans les mauvaises nouvelles, la propagande, la haine et dans le fait d’exacerber une certaine forme de fébrilité mentale chez les individus.

Car sinon, comment expliquer qu’un fermier en Auvergne puisse vouloir trucider un beau jour un fermier en Bavière ? Ces deux fermiers n’ont pas eu un déclic sur ce sujet un beau matin, devant leur tasse de café ! Il a bien fallu que des politiciens et des militaires criminels, aidés d’une presse machiavélique, attisent la haine des deux côtés. D’ailleurs je vous invite à la réflexion à propos de cette pensée : « Plus de police engendre plus de criminels, et plus d’armée engendre plus de guerre ». Les faits le prouvent.

Rappelez-vous les titres des journaux en 1914. Il fallait aller « bouffer du Boche ». Les Français sont partis la « fleur au fusil ». Le reste de l’histoire, vous la connaissez. La « grande boucherie » a fait place nette. Aujourd’hui, on nous agite et on nous inculque de la même manière la haine du peuple Russe ! Les médias ne sont, hélas, que des organes de propagande au service d’une caste malveillante.

Ceci étant, il ne faut pas oublier, qu’un être humain n’est pas obligé d’obéir sans se poser de questions. La responsabilité finale incombe à chaque personne. Ce serait trop facile de se dédouaner totalement. Je sais que c’est un sport international de clamer que l’on est responsable de rien, mais c’est faux. Nous sommes responsables de notre vie, de notre famille, de notre entourage et de cette planète, que vous le vouliez ou non.

La vie sur cette planète de dingues ne tient qu’à un fil. Entre guerres, famines, maladies, rapacités et cupidités, cette planète ressemble à un enfer. D’ailleurs, si vous le cherchiez et que vous trouviez la terre, cette dernière ferait certainement l’affaire.

À nous de faire en sorte que cela ne soit plus le cas.

Claude Janvier. Écrivain, essayiste, chroniqueur, et auteur de dix ouvrages sur l’influence dans le monde de l’oligarchie financière mondiale apatride, sur l’Etat profond Français et Européen, sur la menace de l’OTAN, sur le conflit Russo-Otanien via l’Ukraine, sur le Proche-Orient et sur la géopolitique internationale. Depuis une vingtaine d’années, il fouille, déterre, décortique et analyse l’actualité, et n’hésite pas à se rendre sur des lieux de conflits comme en Syrie et au Donbass afin de mettre à jour les véritables informations, de les prouver, de les diffuser, et de montrer la puissance néfaste et les mensonges des médias propagandistes.

Extrait tiré de mon livre qui vient de sortir : « Pourquoi suis-je devenu un rebelle ? Mensonges d’Etat et Crimes contre l’Humanité ». The Book Edition. Lien pour commander le livre : https://www.thebookedition.com/fr/pourquoi-suis-je-devenu-un-rebelle–p-429597.html

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Un débat sur la natalité se prépare au Parlement européen

Chronique de Nicolas Bauer dans la matinale de Frontières : « Un débat sur la natalité se prépare au Parlement européen » (à partir de 1’19’08)

Le Parlement européen a décidé la semaine dernière, par un vote au sein de la commission des pétitions, d’examiner une pétition demandant de « renforcer le soutien à la maternité et de protéger la dignité des femmes et des enfants à naître ». Cette pétition a été initiée par une Française, Charlène, qui avait déjà témoigné sur son interruption volontaire de grossesse (IVG) au cours d’une conférence au Parlement européen. Le débat sur sa pétition aura lieu les 22-23 juin au Parlement européen à Bruxelles.

Le « Non possumus » de saint Pie X : pourquoi les chrétiens ne sont pas tenus d’être sionistes

Il y a des moments où l’histoire tranche avec une netteté que nos prudences contemporaines ont perdue. Le 26 janvier 1904, Theodor Herzl, fondateur du sionisme politique moderne, est reçu au Vatican par le pape Pie X. Herzl vient chercher un appui. Il veut obtenir de Rome une forme de soutien au projet sioniste en Palestine. La réponse du pape est claire, presque brutale dans sa simplicité : Non possumus. Nous ne pouvons pas.

Selon le récit qu’en donne Herzl lui-même dans son journal, Pie X lui déclare : « Nous ne pouvons pas favoriser ce mouvement. Nous ne pouvons pas empêcher les juifs d’aller à Jérusalem, mais le favoriser, jamais. La terre de Jérusalem, si elle n’était pas toujours sainte, a été sanctifiée par la vie de Jésus-Christ. Moi, comme chef de l’Église, je ne puis vous dire autre chose. Les juifs n’ont pas reconnu Notre Seigneur ; c’est pourquoi nous ne pouvons pas reconnaître le peuple juif. » Le texte transmis par les journaux de Herzl rapporte aussi cette formule décisive : « Gerusalemme must not get into the hands of the Jews » : Jérusalem ne doit pas tomber aux mains des juifs.

On peut trouver la phrase dure. Elle l’est. Mais elle a le mérite de rappeler une évidence que beaucoup de chrétiens ont oubliée : l’Église n’a jamais été tenue de transformer le retour politique des juifs en Terre sainte en impératif religieux chrétien. Elle peut reconnaître la détresse d’un peuple persécuté. Elle peut condamner l’antisémitisme. Elle peut prier pour Israël. Elle peut honorer les patriarches, les prophètes, la Vierge Marie, les Apôtres et tout ce que le christianisme doit à l’histoire sainte d’Israël. Mais elle ne peut pas faire de l’État moderne d’Israël l’objet d’une approbation sacrale automatique.

C’est précisément le problème du sionisme chrétien : il confond tout. Il confond Israël biblique et État israélien contemporain. Il confond l’Ancienne Alliance et la géopolitique moderne. Il confond le peuple de l’Écriture et les décisions d’un gouvernement. Il confond la Terre sainte, sanctifiée par la vie, la mort et la résurrection du Christ, avec un programme national moderne. Et, par un étrange renversement, il finit parfois par demander aux chrétiens d’avoir pour l’État d’Israël une fidélité politique plus forte que celle qu’ils ont pour l’Église.

Or l’État d’Israël n’est pas une catégorie théologique. C’est un État. Il a une armée, des services de renseignement, des élections, des coalitions, des frontières disputées, des intérêts stratégiques, des fautes, des raisons d’État, des opérations militaires, des injustices possibles, des angoisses réelles aussi. Au moment où ces lignes sont écrites, il est gouverné par Benjamin Netanyahou, dont la coalition a même engagé, en mai 2026, un processus pouvant conduire à de nouvelles élections. Nous sommes donc dans l’ordre politique, non dans l’ordre de la Révélation.

Cela devrait suffire à calmer les réflexes pavloviens. On peut défendre le droit d’Israël à exister sans sanctifier chacune de ses opérations. On peut reconnaître la réalité du terrorisme islamiste sans transformer toute critique du gouvernement Netanyahou en trahison spirituelle. On peut pleurer les morts juifs du 7 octobre sans perdre toute compassion pour les civils palestiniens. On peut refuser l’antisémitisme sans devenir l’auxiliaire théologique d’un nationalisme étranger.

Le cœur du sujet est là : pour un chrétien, l’Alliance trouve son accomplissement dans le Christ. La Torah, les prophètes, le Temple, le sacrifice, la Pâque, le sacerdoce, tout cela converge vers Jésus. Il est le vrai Temple, le véritable Agneau, le Grand Prêtre, la Pâque nouvelle, le médiateur de l’Alliance nouvelle. L’Église catholique et l’Église orthodoxe ne lisent pas l’Ancien Testament comme un livre aboli, mais comme un livre accompli. Le Nouveau n’efface pas l’Ancien : il le dévoile.

C’est pourquoi le judaïsme rabbinique contemporain ne peut pas être simplement identifié au judaïsme biblique dans son attente ouverte au Messie. Après la destruction du Temple, après le refus du Christ par une partie des autorités religieuses juives du temps, après la naissance de l’Église, le judaïsme rabbinique s’est développé comme une tradition religieuse propre, centrée sur la Torah interprétée par les rabbins et le Talmud. On peut l’étudier avec respect. On peut reconnaître sa profondeur, son intelligence, sa puissance de transmission. Mais il n’est pas, pour le chrétien, la continuation intacte de l’attente messianique biblique. Il est aussi une réponse religieuse construite contre la confession chrétienne de Jésus comme Messie.

C’est ici qu’il faut être précis. Il ne s’agit pas de dire que les juifs seraient un peuple maudit, ni de faire peser sur les juifs d’aujourd’hui une culpabilité collective. L’Église l’a clairement rejeté. Nostra Aetate rappelle que ce qui s’est passé dans la Passion du Christ ne peut être imputé indistinctement ni à tous les juifs du temps de Jésus, ni aux juifs d’aujourd’hui, et que les juifs ne doivent pas être présentés comme rejetés ou maudits par Dieu.

Mais ce refus de l’antisémitisme ne signifie pas que le chrétien doive renoncer à sa propre foi. Il ne signifie pas que Jésus ne soit plus le Messie. Il ne signifie pas que l’Église ne soit plus le peuple de Dieu dans la Nouvelle Alliance. Il ne signifie pas que l’État israélien moderne bénéficie d’un blanc-seing théologique. Là encore, la confusion règne : par peur de l’antisémitisme, certains chrétiens n’osent plus dire que le Christ accomplit Israël ; par fascination pour Israël, d’autres finissent par parler comme si l’Église devait s’effacer devant la synagogue et devant l’État hébreu.

Le Catéchisme de l’Église catholique garde pourtant la juste tension : la foi juive n’est pas une religion païenne parmi d’autres, puisqu’elle répond déjà à la révélation de Dieu dans l’Ancienne Alliance ; mais l’Église, peuple de Dieu dans la Nouvelle Alliance, découvre son lien avec le peuple juif précisément en contemplant son propre mystère. Autrement dit, le lien est réel, profond, irréductible ; mais il est compris à partir du Christ et de l’Église, non à partir d’un nationalisme moderne.

Pie X avait donc vu juste sur un point essentiel : Rome ne pouvait pas appuyer religieusement le sionisme politique. Non parce qu’il fallait mépriser les juifs. Non parce qu’il fallait ignorer leurs persécutions. Herzl insiste lui-même sur la détresse des juifs, et Pie X ne la nie pas. Mais le pape refuse de transférer à un projet national moderne la signification sacrée de Jérusalem. Jérusalem n’est pas d’abord un objet de revendication nationale. Elle est la ville de la Passion, du Calvaire, du Saint-Sépulcre, de la Résurrection. Elle est sainte parce que le Christ y a donné sa vie pour le salut du monde.

C’est cette hiérarchie que le sionisme chrétien renverse. Il lit la Bible comme si la venue du Christ n’avait pas eu lieu, ou comme si elle n’avait été qu’une parenthèse avant le retour au programme territorial de l’Ancien Testament. Il fait comme si saint Paul, l’Épître aux Hébreux, les Évangiles, les Pères de l’Église, la liturgie chrétienne, toute la théologie de l’accomplissement pouvaient être mis entre parenthèses au profit d’une lecture géopolitique des prophéties.

Le chrétien n’a pas à lire le Proche-Orient avec la carte mentale d’un pasteur évangélique américain. Il n’a pas à croire que chaque décision militaire israélienne s’inscrit dans un scénario biblique. Il n’a pas à transformer Benjamin Netanyahou en instrument providentiel intouchable. Il n’a pas à considérer que la colonisation, les bombardements, les humiliations, les violences ou les calculs électoraux d’un gouvernement seraient automatiquement couverts par la promesse faite à Abraham.

La promesse faite à Abraham s’accomplit dans le Christ, fils d’Abraham, par qui toutes les nations sont bénies. La Pâque s’accomplit dans la Croix. Le Temple s’accomplit dans le corps du Christ. Le sacrifice s’accomplit dans l’offrande du Golgotha. La manne s’accomplit dans l’Eucharistie. L’Alliance s’accomplit dans le sang du Christ. Voilà la lecture chrétienne. Voilà ce que nous devons redire, calmement mais fermement.

Il existe d’ailleurs des auteurs juifs devenus catholiques, comme Roy Schoeman, qui rappellent avec force que l’entrée dans l’Église n’est pas une sortie du dessein biblique, mais la reconnaissance de son accomplissement messianique en Jésus. Ce type de témoignage est précieux, précisément parce qu’il évite deux erreurs inverses : mépriser les racines juives du christianisme, ou faire comme si le judaïsme rabbinique contemporain et l’Église étaient deux voies parallèles également accomplies.

Reste donc une position chrétienne simple, mais devenue presque inaudible : respecter les juifs, refuser absolument l’antisémitisme, reconnaître la dette immense du christianisme envers Israël selon l’Écriture, mais refuser le sionisme chrétien comme doctrine. On ne combat pas l’antisémitisme en abdiquant la christologie. On ne répare pas les fautes de l’histoire chrétienne en faisant de l’État d’Israël une idole politique. On ne rend pas justice aux victimes juives en fermant les yeux sur toutes les victimes non juives. On ne sert pas la vérité en remplaçant l’Évangile par une diplomatie biblique frelatée.

Le « Non possumus » de Pie X à Herzl garde donc une actualité brûlante. Il ne doit pas être relu comme une permission de haïr les juifs ; ce serait une faute morale et spirituelle. Il doit être relu comme un rappel de l’ordre chrétien des choses. Le Christ est venu. Le Temple a trouvé son accomplissement. L’Alliance nouvelle a été scellée dans son sang. L’Église n’est pas une annexe spirituelle du sionisme. Et aucun chrétien n’est tenu de soutenir automatiquement tout ce que fait l’État d’Israël.

Il est temps de sortir de cette intimidation. Critiquer le gouvernement Netanyahou n’est pas nier la souffrance juive. Refuser le sionisme chrétien n’est pas haïr les juifs. Dire que le Christ accomplit Israël n’est pas insulter Israël : c’est professer la foi chrétienne.

Et si l’on veut vraiment aimer le peuple juif en chrétien, alors il ne faut pas lui offrir une idolâtrie politique. Il faut lui offrir ce que l’Église a de plus précieux : la prière, la vérité, la charité, et le témoignage du Messie déjà venu, Jésus-Christ, lumière des nations et gloire d’Israël.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

L’Etat refuse le soutien du Puy du Fou pour rénover le château de Chambord

Le Domaine national de Chambord a rejeté un projet de rénovation de près de 100 millions d’euros proposé par le Puy du Fou, alors que le château, construit sous François Ier, peine à réunir les 27 millions d’euros indispensables à sa sauvegarde.

Sur X, le parc vendéen a interpellé le ministère de la Culture, l’invitant à revenir vers lui « quand Chambord redeviendra sa priorité ».

Nicolas de Villiers, directeur du parc vendéen, a assuré la capacité du groupe à mobiliser « une centaine de millions d’euros […] autour d’un projet mobilisateur qui permettrait de regarder l’avenir avec confiance ». Or, le parc s’est vu opposer une fin de non-recevoir par le directeur du Domaine de Chambord.

« Dix jours plus tard, on m’a rappelé : à un an de la présidentielle, rien ne pouvait être lancé, faute de temps ; et l’État, m’a-t-on dit, allait libérer les crédits nécessaires car, finalement, l’argent avait été trouvé ! Sans avoir lancé quoi que ce soit, nous avions déjà sauvé Chambord ».

Selon la Fondation du patrimoine, 67 400 monuments non protégés se trouvent dans un « état critique » en France. En avril dernier, Stéphane Bern, président de la Fondation, avait déploré, sur le plateau de C à Vous :

 « Il y a 900 millions pour Notre-Dame de Paris, 600 millions pour le Grand Palais, 800 millions pour le Louvre. Mais la France, ce n’est pas Paris ! »

Gabriel Attal souhaite mettre la vente d’enfants par GPA comme un sujet de la présidentielle 2027

C’est Franck Riester qui a lancé ce ballon d’essai sur Public Sénat :

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Paramètres de confidentialité sauvegardés !
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services