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La liturgie et l’impasse à la mexicaine

D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:

Je ne sais pas si vous partagez cette impression, mais lorsqu’on observe aujourd’hui la situation de la liturgie, elle semble ressembler à celle d’une « impasse à la mexicaine ». Cette expression, peut-être forgée au XIXᵉ siècle, désigne une situation dans laquelle trois protagonistes ou plus se tiennent mutuellement en joue dans un climat de grande tension, où chacun peut être à la fois vainqueur ou perdant.
Bien entendu, dans notre cas, tous les « acteurs » ne sont pas sur un pied d’égalité. Il y a ces liturgistes qui voient dans la réforme liturgique du concile Vatican II une rupture avec le passé, inspirés par l’herméneutique promue par la soi-disant « école de Bologne ». Malheureusement, cette interprétation prévaut depuis des décennies, bien qu’elle soit intrinsèquement fausse. Il y a ensuite une minorité qui adopte l’herméneutique de la continuité, selon laquelle la réforme liturgique voulue par Vatican II ne doit pas être considérée en opposition à la tradition liturgique et musicale de l’Église. Ces personnes, souvent mal vues, sont fréquemment des voix qui crient dans le désert. Enfin, il y a le monde traditionaliste, qui se réfère au rite antérieur à la soi-disant « messe de Paul VI ». Lui aussi constitue une minorité qui tente de se ménager une place dans une Église qui, du moins dans son discours, se dit inclusive.
Malheureusement, la situation voit les premiers maintenir une approche idéologique de la réforme liturgique qui les empêche de reconnaître les problèmes et d’admettre les échecs, ce qui rend difficile l’instauration d’un dialogue sain avec les partisans de l’herméneutique de la continuité et avec les traditionalistes. Tout est envisagé à travers un prisme qui empêche une évaluation sereine des difficultés pourtant apparues au cours de ces décennies. Lorsqu’il est possible de parler en privé avec certains de ces défenseurs de la situation actuelle, on entend évidemment des aveux concernant les problèmes graves et non résolus de la liturgie ; mais publiquement, il semble qu’il faille défendre la ligne officielle et qu’on ne puisse s’en écarter. Le pape François, pour qui la liturgie ne figurait pas parmi les priorités, a quelque peu renforcé l’idéologie de ces personnes, notamment par un discours prononcé le 24 août 2017 devant les participants à la Semaine liturgique organisée par le Centre d’Action Liturgique, dans lequel il affirma : « Après ce magistère, après ce long chemin, nous pouvons affirmer avec certitude et avec l’autorité magistérielle que la réforme liturgique est irréversible. » Ce furent des « paroles claires et prononcées avec détermination », comme l’écrivit le liturgiste Corrado Maggioni dans un numéro de la Rivista di Pastorale Liturgica. Il s’agit assurément d’une affirmation lourde de conséquences, qui semble lier même les papes qui lui succéderont, ce qui paraît pour le moins singulier, puisqu’on ne peut exclure qu’un futur pontife ou un concile souhaite promouvoir une réforme de la liturgie modifiant de manière significative la réforme actuelle ou même, par hypothèse extrême, un retour à certaines formes rituelles antérieures.
Hélas, cette rigidité d’un côté se traduit par une rigidité dans les autres camps. C’est un peu ce qui se produit dans le domaine géopolitique : si un pays se réarme, les autres font de même. D’après ce que j’ai pu observer ces dernières années, il est évident que certains cherchent par tous les moyens à préserver le paradigme postconciliaire, en prenant le mot « paradigme » dans le sens que lui donne Thomas Kuhn dans The Structure of Scientific Revolutions (1962). Cette tentative de conservation engendre toute une série de paranoïas qui frappent tous ceux qui remettent en question le récit officiel.
Qu’on soit bien clair : ce paradigme postconciliaire n’est pas la réforme liturgique du concile Vatican II elle-même, mais une dérive de celle-ci, une interprétation qui s’est largement éloignée de ce que les documents mêmes du Concile suggéraient.
En réalité, si je devais décrire avec précision la situation actuelle, je la placerais assurément sous le signe de la paralysie, et c’est là que l’image de l’impasse à la mexicaine redevient pertinente. Je ne crois pas qu’un pape puisse résoudre un problème aussi profondément enraciné dans l’Église, même si l’approche plus pragmatique de Léon XIV, par rapport à l’attitude plus barricadière de François, peut certainement contribuer à un apaisement des tensions.
Il est certain que les nouvelles en provenance de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X pourraient laisser prévoir une augmentation des tensions avec le monde traditionaliste, en raison des ordinations épiscopales sans mandat pontifical annoncées pour le premier juillet. Et pourtant, je crois que le pape Léon XIV saura trouver une approche qui sauvegarde ses prérogatives légitimes tout en ne rompant pas le lien avec une réalité qui, dans la situation actuelle de l’Église, revêt une importance considérable.

L’Association américaine des chirurgiens plasticiens s’oppose au charcutage des adolescents

L’Association américaine des chirurgiens plasticiens prend position contre les opérations chirurgicale « de genre » chez les mineurs :

« A la lumière de publications récentes faisant état d’une certitude très faible ou faible des preuves concernant les résultats en matière de santé mentale, ainsi que des préoccupations émergentes concernant les dommages potentiels à long terme et la nature irréversible des interventions chirurgicales chez une population vulnérable sur le plan du développement, l’ASPS conclut qu’il n’existe pas de preuves suffisantes démontrant un rapport risques-bénéfices favorable pour les interventions endocriniennes et chirurgicales liées au genre chez les enfants et les adolescents. L’ASPS recommande aux chirurgiens de reporter les interventions chirurgicales liées au genre au niveau des seins/de la poitrine, des organes génitaux et du visage jusqu’à ce que le patient ait au moins 19 ans. »

C’est une première. L’association ajoute que les arguments courants en faveur des « transitions » chez les jeunes, tels que « les valeurs et les préférences des patients » et « l’autonomie naissante des adolescents », sont des justifications insuffisantes qui ne tiennent pas suffisamment compte du calcul à long terme, fondé sur des preuves, des risques par rapport aux avantages.

Le ministre de la Santé Robert Kennedy a déclaré :

« Nous félicitons l’Association américaine des chirurgiens plasticiens d’avoir résisté au lobby de la surmédicalisation et d’avoir défendu une science solide. En prenant cette position, ils contribuent à protéger les générations futures d’enfants américains contre des dommages irréversibles. »

“L’État va appliquer le principe de préférence nationale”

Lepénisation des esprits ? On découvre dans un article du Figaro que l’application de la préférence nationale est possible :

L’État va appliquer le principe de préférence nationale ou européenne dans la commande publique numérique. Anne Le Hénanff, ministre délégué au Numérique, et David Amiel, ministre délégué chargé à la Fonction publique, détaillent l’initiative au « Figaro ».

Charité bien ordonnée commence par soi-même. À la pointe du combat en Europe pour dénoncer la trop grande dépendance aux solutions américaines en matière de numérique, l’État français s’apprête à changer son logiciel en matière de commande publique. « Il y a une urgence à se désintoxiquer de nos dépendances à des outils extra-européens, notamment américains, pour les usages critiques de l’État, indique auprès du Figaro David Amiel, ministre délégué chargé de la Fonction publique. Ne nous accoutumons pas en période calme à des dépendances qui peuvent être utilisées contre nous en période de tensions. Le numérique est évidemment un des points majeurs de vulnérabilité. »

Dix ans après avoir obligé l’ensemble des personnels de l’Education dite Nationale ainsi que les élèves français a adopter la suite bureautique Microsoft en 2015, la France se réveille. Un véritable cadeau fait à la firme de Bill Gates, qui pour la ridicule somme de 13 millions d’euros, a pu ainsi mettre la main sur les données des centaines de milliers de personnels du ministère et accoutumer des millions de petits Français à l’utilisation de ses solutions.

Mais ce qui est possible pour le numérique peut être appliqué ailleurs ?

Macron/Trump : la politique de la saturation médiatique

Editorial d’Olivier Frèrejacques dans Liberté politique :

On reproche volontiers à Donald Trump une forme de populisme, critique qui épargne assez naturellement son homologue français. En revanche, la saturation du terrain médiatique rapproche les deux chefs d’État en dépit de différences idéologiques apparentes et bien réelles.

Finir la guerre en Ukraine en 24 heures, entrer « en guerre » contre le coronavirus, « qu’ils viennent me chercher », « Sleepy Joe ». Les sorties médiatiques chocs d’Emmanuel Macron et de Donald Trump ont été au cœur de leurs mandats respectifs.

Entre provocations, mépris, stratégie et calculs, menaces et prises de température, les deux personnages usent et abusent de leur position pour saturer l’espace médiatique.

Galvanisant leurs soutiens et agaçant passablement leurs adversaires, ils aiment être vus et occuper la Une. L’un joue la rupture totale, Donald Trump, l’autre se place en troisième voie entre le populisme de droite (RN) et de gauche (LFI) dans une partition bien orchestrée qui lui a permis de se maintenir au pouvoir en dépit d’une fin de règne chaotique.

L’un, Donald Trump, a beaucoup de pouvoir, mais moins qu’il ne le fait croire, quand l’autre, Emmanuel Macron, en a beaucoup moins, mais pourrait en avoir plus s’il admettait le rapport de force avec Bruxelles, et cela même sans en venir à une rupture avec l’Union européenne.

Ces deux chefs d’État sont probablement ceux qui font le plus réagir dans leurs pays et à l’étranger. C’est d’ailleurs ce qui donne paradoxalement une forme d’importance à Emmanuel Macron malgré ses échecs successifs en politique internationale. Il parvient toujours à faire parler, et même s’il faut jouer le clown avec une paire de lunettes fantasque…

Il est intéressant de noter cette proximité d’approche en communication qui semble tout à fait inédite. Erdogan, Poutine, Merz, Xi Jinping, Meloni, Starmer… Pas un de ces personnages politiques n’use autant que le binôme Trump/Macron de la surutilisation des médias et des réseaux sociaux.

Le risque avec une telle approche est le rejet final des citoyens. Lassés du spectacle parfois drôle, mais souvent pénible et rarement suivi d’effets immédiats, comme le vantent ces hommes pressés, le public voudra rapidement un changement de profil. De la même manière qu’à l’« hyperprésident » Sarkozy avait succédé le tout-mou François Hollande, le très affaibli Joe Biden avait succédé au trublion milliardaire Trump. En France comme aux États-Unis, les prochaines élections présidentielles pourraient donc aussi se jouer sur le profil, de préférence plus calme et rassurant, des candidats.

“La simple existence d’une nécessité pour le bien des âmes ne signifie pas que, pour y répondre, n’importe quelle initiative soit justifiée d’emblée”

Le Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X a donné un long entretien pour expliquer les raisons qui le poussent à demander le sacre de nouveaux évêques. Extraits :

[…]

  1. Cette annonce était une rumeur persistante, ces derniers mois. En particulier depuis le décès de Mgr Tissier de Mallerais, en octobre 2024. Pourquoi avez-vous attendu jusqu’à présent ?

Comme Mgr Lefebvre en son temps, la Fraternité a toujours le souci de ne pas précéder la Providence mais de la suivre, en se laissant guider par ses indications. Une décision aussi importante ne peut pas être prise à la légère, ou dans la précipitation.

En particulier, puisqu’il s’agit d’une affaire qui intéresse évidemment l’autorité suprême de l’Église, il était nécessaire d’entreprendre d’abord une démarche auprès du Saint-Siège – ce que nous avons fait – et d’attendre un délai raisonnable pour lui permettre de nous répondre. Ce n’est pas une décision que nous pouvions prendre sans manifester concrètement notre reconnaissance de l’autorité du Saint-Père.

  1. Dans votre homélie, vous avez dit en effet avoir écrit au Pape. Pourriez-vous nous en dire davantage ?

L’été dernier, j’ai écrit au Saint-Père pour lui demander une audience. N’ayant pas reçu de réponse, je lui ai écrit une nouvelle lettre, quelques mois plus tard, d’une manière simple, filiale, et sans rien lui cacher de nos besoins. J’ai mentionné nos divergences doctrinales, mais aussi notre désir sincère de servir l’Église catholique sans relâche : car nous sommes serviteurs de l’Église, malgré notre statut canonique non reconnu.

À ce second courrier, une réponse de Rome nous est parvenue il y a quelques jours, de la part du Cardinal Fernández. Malheureusement, celle-ci ne prend aucunement en considération la proposition que nous avons formulée, et ne propose rien qui réponde à nos demandes.

Cette proposition, compte tenu des circonstances tout à fait particulières dans lesquelles se trouve la Fraternité, consiste concrètement à demander que le Saint-Siège accepte de nous laisser continuer temporairement dans notre situation d’exception, pour le bien des âmes qui s’adressent à nous. Nous avons promis au Pape de dépenser toute notre énergie pour la sauvegarde de la Tradition, et de faire de nos fidèles de vrais fils de l’Église. Il me semble qu’une telle proposition est à la fois réaliste et raisonnable, et qu’elle pourrait, en soi, recevoir l’agrément du Saint-Père.

  1. Mais alors, si vous n’avez pas encore reçu cet agrément, pourquoi estimez-vous devoir tout de même procéder à des consécrations épiscopales ?

Il s’agit d’un moyen extrême, proportionné à une nécessité réelle et extrême, elle aussi. Bien sûr, la simple existence d’une nécessité pour le bien des âmes ne signifie pas que, pour y répondre, n’importe quelle initiative soit justifiée d’emblée. Mais dans notre cas, après une longue période d’attente, d’observation et de prière, il nous semble pouvoir dire aujourd’hui que l’état objectif de grave nécessité dans lequel se trouvent les âmes, la Fraternité et l’Église, exige une telle décision.

Avec l’héritage que nous a laissé le pape François, les raisons de fond qui avaient déjà justifié les sacres de 1988 subsistent encore pleinement et apparaissent même, à bien des égards, d’une acuité renouvelée. Le Concile Vatican II demeure plus que jamais la boussole qui guide les hommes d’Église, et ceux-ci ne vont vraisemblablement pas prendre une autre direction dans un avenir prochain. Les grandes orientations qui se dessinent déjà pour le nouveau pontificat, à travers le dernier consistoire en particulier, ne font que le confirmer : on y voit une détermination explicite à conserver la ligne de François comme un chemin irréversible pour toute l’Église.

C’est triste de le constater, mais c’est un fait : dans une paroisse ordinaire, les fidèles ne trouvent plus les moyens nécessaires pour assurer leur salut éternel. Cela concerne en particulier la prédication intégrale de la vérité et de la morale catholiques, ainsi que l’administration des sacrements comme l’Église l’a toujours fait. Voilà en quoi se résume l’état de nécessité. Dans ce contexte critique, nos évêques prennent de l’âge, et avec la croissance continuelle de l’apostolat, ils ne suffisent plus à répondre aux demandes des fidèles dans le monde entier.

[…]

  1. Vous parlez de service à l’Église mais, dans la pratique, la Fraternité peut donner l’impression de défier l’Église, surtout si l’on envisage des sacres épiscopaux. Comment expliquez-vous cela au Pape ?

Nous servons l’Église, d’abord, en servant les âmes. Cela est un fait objectif, indépendamment de toute autre considération. L’Église, fondamentalement, existe pour les âmes : elle a pour but leur sanctification et leur salut. Tous les beaux discours, les débats divers et variés, les grands thèmes sur lesquels on discute ou pourrait discuter, n’ont aucun sens s’ils n’ont pas pour objectif le salut des âmes. Il est important de le rappeler parce qu’il existe aujourd’hui un danger, pour l’Église, de s’occuper de tout et de rien. Le souci écologique, par exemple, ou la préoccupation des droits des minorités, des femmes ou des migrants, risquent de faire perdre de vue la mission essentielle de l’Église. Si la Fraternité Saint-Pie X lutte pour garder la Tradition, avec tout ce que cela comporte, c’est uniquement parce que ces trésors sont absolument indispensables au salut des âmes, et qu’elle ne vise rien d’autre que cela : le bien des âmes, et celui du sacerdoce ordonné à leur sanctification.

Ce faisant, nous mettons au service de l’Église elle-même ce que nous gardons. Nous offrons à l’Église, non un musée de choses anciennes et poussiéreuses, mais la Tradition dans sa plénitude et dans sa fécondité, la Tradition qui sanctifie les âmes, qui les transforme, qui suscite des vocations et des familles authentiquement catholiques. Autrement dit, c’est pour le Pape lui-même, en tant que tel, que nous gardons ce trésor, jusqu’au jour où l’on en comprendra à nouveau la valeur, et où un pape voudra s’en servir pour le bien de toute l’Église. Car c’est à cette dernière que la Tradition appartient.

  1. Vous parlez du bien des âmes, mais la Fraternité n’a pas de mission sur les âmes. Au contraire, elle a été canoniquement supprimée depuis plus de cinquante ans. À quel titre peut-on justifier une quelconque mission de la Fraternité auprès des âmes ?

Il s’agit tout simplement d’une question de charité. Nous ne voulons pas nous donner une mission que nous n’avons pas. Mais en même temps, nous ne pouvons pas refuser de répondre à la détresse spirituelle des âmes qui, de plus en plus, sont perplexes, désorientées, perdues. Elles appellent au secours. Et après avoir longtemps cherché, c’est tout naturellement dans les richesses de la Tradition de l’Église, intégralement vécue, qu’elles trouvent, avec une joie très profonde, la lumière et le réconfort. Sur ces âmes, nous avons une véritable responsabilité, même si nous n’avons pas de mission officielle : si quelqu’un voit dans la rue une personne en danger, il est tenu de lui venir en aide selon ses possibilités, même s’il n’est ni pompier ni policier.

Le nombre des âmes qui se sont ainsi adressées à nous a crû sans cesse au fil des années, et a même considérablement augmenté durant la dernière décennie. Ignorer leurs besoins et les abandonner, cela signifierait les trahir, et par là trahir l’Église elle-même car, encore une fois, l’Église existe pour les âmes, et non pour alimenter des discours vains et futiles.

Cette charité est un devoir qui commande tous les autres. C’est le droit lui-même de l’Église qui le prévoit ainsi. Dans l’esprit du droit de l’Église, expression juridique de cette charité, le bien des âmes passe avant tout. Il représente véritablement la loi des lois, à laquelle toutes les autres sont subordonnées, et contre laquelle aucune loi ecclésiastique ne prévaut. L’axiome « suprema lex, salus animarum : la loi suprême, c’est le salut des âmes » est une maxime classique de la tradition canonique, reprise explicitement, d’ailleurs, par le canon final du Code de 1983 ; dans l’état de nécessité actuel, c’est de ce principe supérieur que dépend ultimement toute la légitimité de notre apostolat et de notre mission auprès des âmes qui s’adressent à nous. Il s’agit pour nous d’un rôle de suppléance, au nom de cette même charité.

  1. Êtes-vous conscient que le fait d’envisager des sacres épiscopaux pourrait placer les fidèles qui ont recours à la Fraternité face à un dilemme : ou le choix de la Tradition intégrale avec tout ce que cela signifie, ou la « pleine » communion avec la hiérarchie de l’Église ?

Ce dilemme n’est qu’apparent, en réalité. Il est évident qu’un catholique doit à la fois garder la Tradition intégrale et la communion avec la hiérarchie. Il ne peut pas choisir entre ces biens qui sont tous deux nécessaires.

Mais on oublie trop souvent que la communion se fonde essentiellement sur la foi catholique, avec tout ce que cela implique : à commencer par une véritable vie sacramentelle, et l’exercice d’un gouvernement qui prêche cette même foi et la fait mettre en pratique, usant de son autorité non arbitrairement, mais réellement en vue du bien spirituel des âmes confiées à ses soins.

C’est justement pour garantir ces fondements, ces conditions nécessaires à l’existence même de la communion dans l’Église, que la Fraternité ne peut accepter ce qui s’oppose à cette communion et la dénature. Même lorsque cela vient – paradoxalement – de ceux-là mêmes qui exercent l’autorité dans l’Église.

[…]

  1. Ne pensez-vous pas que, malgré ses bonnes intentions, la Fraternité pourrait de quelque manière finir par se prendre elle-même pour l’Église, ou s’attribuer un rôle irremplaçable ?

En aucune manière la Fraternité ne prétend se substituer à l’Église, ou en assumer la mission : elle conserve au contraire la conscience profonde de n’exister que pour la servir, appuyée exclusivement sur ce que l’Église elle-même a toujours et universellement prêché, cru et accompli.

La Fraternité est également profondément consciente que ce n’est pas elle qui sauve l’Église, car Notre-Seigneur seul garde et sauve son Épouse, Lui qui ne cesse jamais de veiller sur elle.

La Fraternité est tout simplement, dans des circonstances qu’elle n’a pas choisies, un moyen privilégié de rester fidèle à l’Église. Attentive à la mission de sa Mère, qui durant vingt siècles a nourri ses enfants par la doctrine et les sacrements, la Fraternité se consacre filialement à la préservation et à la défense de la Tradition intégrale, en prenant les moyens d’une liberté sans équivalent pour rester fidèle à cet héritage. Selon l’expression de Mgr Lefebvre, la Fraternité n’est qu’une œuvre « de l’Église catholique, qui continue à transmettre la doctrine » ; son rôle est celui d’un « facteur qui porte une lettre ». Et elle ne désire rien tant que de voir tous les pasteurs catholiques se joindre à elle dans l’accomplissement de ce devoir.

  1. Revenons au Pape. Croyez-vous réaliste de penser que le Saint-Père puisse accepter, ou du moins tolérer, que la Fraternité consacre des évêques sans mandat pontifical ?

Un pape est d’abord un père. Comme tel, il est capable de discerner une intention droite, une volonté sincère de servir l’Église, et surtout un véritable cas de conscience dans une situation exceptionnelle. Ces éléments sont objectifs, et tous ceux qui connaissent la Fraternité peuvent le reconnaître, même sans nécessairement partager ses positions.

  1. Cela est compréhensible dans la théorie. Mais pensez-vous que, concrètement, Rome puisse tolérer une telle décision de la part de la Fraternité ?

L’avenir reste entre les mains du Saint-Père et, évidemment, de la Providence. Néanmoins, il faut reconnaître que le Saint-Siège est parfois capable de faire preuve d’un certain pragmatisme, voire d’une flexibilité étonnante, lorsqu’il est convaincu d’agir pour le bien des âmes.

Prenons le cas très actuel des relations avec le gouvernement chinois. Malgré un véritable schisme de l’Église patriotique chinoise ; malgré une persécution ininterrompue de l’Église du silence, fidèle à Rome ; malgré des accords régulièrement renouvelés et rompus par le gouvernement chinois : en 2023, le pape François a approuvé a posteriori la nomination de l’évêque de Shanghai par les autorités chinoises. Plus récemment, le pape Léon XIV a lui-même fini par accepter a posteriori la nomination de l’évêque de Xinxiang, désigné de la même manière pendant la vacance du siège apostolique, alors que l’évêque fidèle à Rome, plusieurs fois emprisonné, était encore en charge. Dans les deux cas, ce sont bien évidemment des prélats philo-gouvernementaux, imposés unilatéralement par Pékin dans le but de contrôler l’Église catholique chinoise. Notons bien qu’il ne s’agit pas ici de deux simples évêques auxiliaires, mais bien d’évêques résidentiels, c’est-à-dire de pasteurs ordinaires de leur diocèse (ou préfecture) respectif, ayant juridiction sur les prêtres et les fidèles locaux. À Rome, on sait très bien dans quel but ces pasteurs ont été choisis et imposés unilatéralement.

Le cas de la Fraternité est bien différent : il ne s’agit évidemment pas pour nous de favoriser un pouvoir communiste ou anti-chrétien, mais uniquement de sauvegarder les droits du Christ-Roi et de la Tradition de l’Église, dans un moment de crise et de confusion générales où ceux-ci se trouvent gravement compromis. Les intentions et les finalités ne sont bien évidemment pas les mêmes. Le Pape le sait. De plus, le Saint-Père sait pertinemment que la Fraternité, en aucune manière, n’entend donner à ses évêques une quelconque juridiction, ce qui équivaudrait à créer une Église parallèle.

Franchement, je ne vois pas comment le Pape pourrait craindre un danger plus grand pour les âmes du côté de la Fraternité, que du côté du gouvernement de Pékin.

[…]

  1. Le cardinal Roche a tout de même l’honnêteté de reconnaître qu’il y a encore certains problèmes dans la mise en œuvre de la réforme liturgique. Pensez-vous que cela puisse aboutir à une prise de conscience des limites de cette réforme ?

Il est intéressant de voir qu’après soixante ans, on avoue encore une difficulté réelle dans l’application de la réforme liturgique, dont il faudrait pouvoir découvrir la richesse : c’est un refrain que l’on entend depuis toujours, chaque fois que l’on aborde ce sujet, et que le texte du cardinal Roche n’élude pas. Mais au lieu de s’interroger sincèrement sur les déficiences intrinsèques de la nouvelle messe, et donc sur la faillite générale de cette réforme, au lieu de se rendre à l’évidence du fait que les églises se vident et que les vocations diminuent, au lieu de se demander pourquoi le rite tridentin continue à attirer tant d’âmes… le cardinal Roche ne voit comme unique solution qu’une urgente formation préalable des fidèles et des séminaristes.

Sans s’en rendre compte, il entre ici dans un cercle vicieux : en effet, c’est la liturgie elle-même qui est censée former les âmes. Pendant presque deux mille ans, les âmes, souvent analphabètes, ont été édifiées et sanctifiées par la liturgie même, sans besoin d’une quelconque formation préalable. Ne pas reconnaître l’incapacité intrinsèque du Novus Ordo à édifier les âmes, en exigeant encore une meilleure formation, me paraît être le signe d’un aveuglement irrémédiable. On arrive en effet à des paradoxes choquants : la réforme a été voulue pour favoriser la participation des fidèles ; or ceux-ci ont abandonné l’Église en masse, car cette liturgie fade n’a pas su les nourrir ; et cela n’aurait rien à voir avec la réforme elle-même !

[…]

  1. Espérez-vous toujours pouvoir rencontrer le Pape ?

Oui, certainement ! Il me semble extrêmement important de pouvoir m’entretenir avec le Saint-Père, et il y a bien des choses que je serais heureux de partager avec lui, que je n’ai pas pu lui écrire. Malheureusement, la réponse reçue de la part du cardinal Fernández ne prévoit pas d’audience avec le Pape. Elle évoque en revanche la menace de nouvelles sanctions.

  1. Que va faire la Fraternité si le Saint-Siège décide de la condamner ?

Tout d’abord, rappelons que dans de telles circonstances, d’éventuelles peines canoniques n’auraient aucun effet réel.

Cependant, si elles devaient être prononcées, il est certain que la Fraternité, sans amertume, accepterait cette nouvelle souffrance comme elle a su accepter les souffrances passées, et l’offrirait sincèrement pour le bien de l’Église elle-même. C’est pour l’Église que la Fraternité travaille. Et elle ne doute pas que si une telle situation devait se produire, cela ne pourrait être que temporaire ; car l’Église est divine et Notre-Seigneur ne l’abandonne pas.

La Fraternité continuera donc à œuvrer de son mieux dans la fidélité à la Tradition catholique, et à servir humblement l’Église en répondant aux nécessités des âmes. Et elle continuera à prier filialement pour le Pape, comme elle l’a toujours fait, en attendant de pouvoir être un jour délivrée de ces éventuelles sanctions injustes, comme cela fut le cas en 2009. Nous sommes certains qu’un jour, les autorités romaines reconnaîtront avec gratitude que ces consécrations épiscopales auront providentiellement contribué à maintenir la foi, pour la plus grande gloire de Dieu et le salut des âmes.

Rélexions sur un joker théologique…

… ou comment perdre l’ordre en croyant sauver les âmes

La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X aime invoquer un principe à l’autorité redoutable, presque intimidante :
salus animarum suprema lex.

On le pose sur la table comme une évidence ultime.
On le brandit comme un talisman.
Et, quand la situation devient inconfortable, on en fait volontiers un joker théologique, capable d’emporter la partie contre toute autre considération : morale, ecclésiologique, hiérarchique.

Le principe est vrai.
L’usage qu’on en fait l’est beaucoup moins.

Car enfin, qui oserait être contre le salut des âmes ?
Il faudrait être bien cruel pour demander ce que ce principe permet réellement, et surtout ce qu’il ne permet pas.

1. Le salut des âmes n’est pas un droit opposable à l’Église

Dans la théologie catholique classique, le salut des âmes n’est jamais conçu comme une revendication subjective :
« j’en ai besoin, donc j’y ai droit ».

Il est une fin objective, reçue dans un ordre, et non arrachée contre lui.

Saint Thomas d’Aquin — qui n’était ni un bureaucrate romain ni un rigoriste desséché — est pourtant limpide :
la fin ne justifie jamais un acte mauvais par son objet (un acte bon en soi peut devenir mauvais par les circonstances)
Elle peut éclairer une loi douteuse, interpréter une norme obscure ;
elle ne suspend jamais la loi morale quand elle dérange. Le salus animarum est une boussole, pas un passe-partout. Il oriente l’action ; il ne la rend pas magiquement juste.

2. Une petite fiction, volontairement insistante

Imaginons une Église locale en temps de persécution.
Plus de prêtres.
Presque plus de sacrements.
Des fidèles sincères, pieux, inquiets.

Un évêque accepte d’ordonner de nouveaux prêtres.
Mais — détail fâcheux — il pose une condition, absurde et tordue, mais parfaitement assumée :
les candidats devront avoir des relations sexuelles hors mariage avant l’ordination.

Il précise, avec un sérieux pastoral touchant :
« Sans prêtres, plus de sacrements. Sans sacrements, les âmes se perdront. Le salut des âmes est en jeu. »

Soyons rigoureux.

L’acte sexuel n’est pas mauvais en soi.
Il est bon dans son ordre, celui du mariage.
Il devient péché grave hors de cet ordre.

Ajoutons même — pour ne rien céder à l’émotion — que ce péché, aussi réel soit-il, est objectivement moins grave qu’un acte qui touche à la constitution hiérarchique de l’Église, entraîne une excommunication et blesse l’unité visible voulue par le Christ.

Et pourtant, la réponse catholique est limpide : on refuse.

Non par purisme.
Non par cruauté.
Mais parce que le bien ne devient jamais bon contre son ordre.

3. Une contradiction qui ne dit pas son nom

C’est ici que le raisonnement de la FSSPX se retourne contre lui-même.

Car si l’on refuse — à juste titre — ce chantage sacramentel sexuel,
comment justifier un autre chantage, plus noble en apparence, mais structurellement identique :

« Sans ces sacres, plus de prêtres ;
sans prêtres, plus de sacrements ;
donc l’ordre ecclésial peut être contourné. »

Dans les deux cas :

la fin est sublime,
l’urgence est réelle,
le désordre est assumé.

La validité sacramentelle est invoquée comme un talisman,
comme si Dieu, agissant dans la misère humaine, donnait un quitus moral à la désobéissance.
Or la miséricorde de Dieu n’a jamais été une approbation du désordre :
elle en est le remède, non la règle.

4. Une ressemblance de famille embarrassante

C’est ici qu’une ironie s’impose, un peu mordante.

La FSSPX reproche souvent à certains chrétiens LGBT de vouloir les sacrements à tout prix,
de transformer l’Église en distributeur automatique de grâce,
et de subordonner la loi morale à une urgence existentielle :
« j’en ai besoin pour vivre ».

La critique est parfois rude, mais pas toujours infondée.

Ce qui l’est davantage, c’est de ne pas voir que le raisonnement est exactement le même.

D’un côté :
« J’ai besoin des sacrements pour être en paix avec moi-même,
donc l’Église doit s’adapter. »
De l’autre :
« Nous avons besoin des sacrements pour sauver les âmes,
donc l’ordre hiérarchique peut être contourné. »

Même logique.
Même absolutisation du besoin.
Même impatience vis-à-vis de l’ordre reçu.

Dans les deux cas, le sacrement devient un objet vital,
et l’Église un moyen parmi d’autres.

5. Les chrétiens du Japon : le contre-exemple qui dérange

Les chrétiens du Japon ont vécu plus de deux siècles :

sans prêtres,
sans eucharistie,
sans absolution.

Ils n’ont pas bricolé une hiérarchie parallèle.
Ils n’ont pas invoqué l’urgence pour réinventer l’Église.
Ils ont attendu.

Ils avaient perdu les sacrements.
Ils n’avaient pas perdu la foi.

Il semble donc que le salut des âmes puisse survivre à l’absence de sacrements,
mais non à la perte de l’ordre ecclésial.

6. La grande ironie : Vatican II à l’état chimiquement pur

C’est ici que l’ironie devient franchement délicieuse.

La FSSPX se présente comme l’anti–Vatican II par excellence.
Mais sur ce point précis, elle en est le produit chimiquement pur.

Car qu’est-ce que ce raisonnement, sinon :

le primat absolu de la conscience,
l’urgence vécue érigée en norme,
la situation devenant critère de vérité ?

On ne dit plus :
« L’Église juge ce qui est juste. »
Mais :
« La situation nous oblige, donc nous jugeons juste ce que nous faisons. »

Ce n’est pas la Tradition.
C’est exactement ce que Vatican II a rendu pensable — et parfois pratiqué.

Conclusion (sans joker, sans échappatoire)

On peut tout perdre, même les sacrements,
sans perdre l’Église, sans perdre la foi

Mais dès que l’on transforme le salus animarum en joker théologique,
dès que l’on absolutise l’urgence contre l’ordre,
dès que l’on exige la grâce à n’importe quel prix,
on ne défend plus la Tradition :
on la défigure.

Car l’Église n’a jamais promis le salut par le désordre,
ni la fidélité par l’exception permanente.

C’est ici qu’il convient de rappeler cette parole sévère du père Guérard des Lauriers :

« On ne soupe pas avec Satan.
C’est l’enfer qui est pavé de ces bonnes intentions
qui justifient le moyen par la fin,
un mal certain par l’illusion du bien. »

Le salut des âmes n’est pas un chantage fait à l’Église.
Il est une fin reçue dans l’obéissance,
ou bien il se renverse en son contraire.

L’Église n’est pas un distributeur. La grâce n’est pas un dû. La Tradition ne se sauve jamais en se lavant les mains de l’ordre qui la fonde. Elle exige, au contraire, le courage de la vérité : celui qui consiste à ne pas fuir les questions qui dérangent, sous peine de perdre toute crédibilité aux yeux d’un monde qui en a pourtant un besoin si pressant. Dans l’histoire de la FSSPX, nombreux sont les prêtres qui ont préféré la vérité et la croix — au prix de chemins parfois divergents — plutôt que le compromis commode avec ce qui les arrangeait : l’abbé Salleron, le père Guérard des Lauriers, l’abbé Lucien, le père de Blignières, ainsi que les fondateurs de la FSSP.

HILARION

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Fertilité : malgré sa bonne volonté, le Gouvernement prend des mesures contre-productives

Communiqué du Syndicat de la Famille :

Le Syndicat de la Famille se réjouit de l’intérêt du Gouvernement pour la problématique préoccupante de l’infertilité, mais regrette la pauvreté des annonces et même le caractère contre-productif de l’incitation à remettre sa maternité à plus tard par la congélation ovocytaire. Une mesure qui ne respecte pas la femme.

La prise de conscience et la volonté gouvernementale d’agir en faveur de la fertilité est une bonne nouvelle. En effet, les études de ces dernières années mettent en exergue les causes physiologiques, mais surtout sociales de la monté de l’infertilité. Des mesures sont donc les bienvenues et, bien ajustées, pourraient être efficaces.

L’âge à la première maternité ayant dépassé les 29 ans, l’une des mesures annoncées est l’envoi d’un sms de la Sécurité sociale aux jeunes de cet âge. Alors que l’âge de 30 ans est déjà celui d’une baisse de la fertilité des femmes, comment le Gouvernement peut-il espérer que l’envoi d’un sms, qui plus est à 29 ans, c’est-à-dire tardivement, pourrait changer quelque chose dans la trajectoire procréative des jeunes adultes ?

En outre, comment ce message sera-t-il reçu et vécu sachant qu’il viendra parfois percuter la souffrance intime de la solitude ou d’une difficulté déjà identifiée à concevoir un enfant en raison d’une pathologie de la fertilité.

Quant à l’incitation à faire congeler ses ovocytes, avec une extension du dispositif au secteur privé, elle revient à inciter les femmes en âge de procréer à reporter leur maternité à plus tard ! En effet, le message induit est la possibilité de renoncer à l’enfant « maintenant » pour l’avoir « plus tard ». Mais plus tard, ce sera physiologiquement plus difficile, même en ayant des ovocytes cryoconservés Le Syndicat de la Famille rappelle en effet que le taux de succès d’une FIV ne dépasse pas les 18% en France à ce jour.

Une telle mesure conduira des femmes à ne jamais avoir l’enfant ou les enfants qu’elles espéraient alors qu’elles étaient parfaitement fécondes plus tôt.

« A cela s’ajoute la violence faite aux femmes d’une incitation à suivre un processus médical lourd (prélèvement puis AMP) et allant à l’encontre de leur rythme naturel » déplore Ludovine de La Rochère, présidente du Syndicat de la Famille.

Le Syndicat de la Famille appelle à adapter le marché du travail à la maternité et non à adapter la maternité au marché du travail !

D’autres mesures, de nature sociale, seraient indispensables. Par exemple, faciliter l’installation en couple stable, avec une approche volontariste sur le logement, favoriserait une procréation moins tardive et donc plus aisée.

Léa Salamé auditionnée : les failles d’un service public partial

L’image de la semaine : Léa Salamé face à Charles Alloncle

C’était au tour de Léa Salamé de passer devant la commission d’enquête parlementaire menée par Charles Alloncle. Au programme : questionnement sur la neutralité du JT de France 2 mais aussi sur ses salaires cumulés de présentatrice (25 000 € mensuels), animatrice et productrice pour une coquette somme qui restera inconnue d’après une consigne de France Télévisions…

Le dossier du jour : L’affaire Epstein et le silence français

Pourquoi les médias français restent-ils si discrets sur les révélations des “Epstein Files” ? Malgré plusieurs noms français cités (Les Rothschild, Bruno Le Maire, les Lang, Olivier Colom), les protections politiques et les réseaux d’influence et de soutiens restent solides en polarisant l’attention médiatique autour de Jack Lang…

Les pastilles de l’info :
– Hautes tensions chez CNews : Sonia Mabrouk sur le départ ?
– Fin de l’anonymat : début de la censure numérique ?
– Carlos Bilongo : racialiste de plateau
– Nunez en plein déni : “on ne vit pas dans la France “Orange mécanique”
– France Inter en roue libre : Merwane Benlazar “prêche” dans une église et Camille Lorente appelle à la mort de Jordan Bardella et de Marion Maréchal

Portrait piquant : Céline Pigalle

Manifestation contre la légalisation de l’euthanasie le 16 février

Les députés de la commission des Affaires sociales ont largement adopté à main levée jeudi en deuxième lecture la proposition de loi créant un “droit à l’aide à mourir”, jalon supplémentaire pour une adoption définitive de ce texte avant l’été.

Le texte arrivera dans l’hémicycle le 16 février.

La commission avait commencé ses travaux mercredi en repartant de sa propre version du texte, après le rejet du Sénat la semaine dernière. Durant les débats, les opposants ont de nouveau dénoncé une “rupture anthropologique” ou encore “une bascule de civilisation”. Mais leurs amendements visant à encadrer plus strictement le dispositif ont tous été rejetés.

Le parcours de cette proposition de loi est loin d’être terminé. Son adoption avant l’été supposerait que le gouvernement donne le dernier mot à l’Assemblée, après une 2e lecture au Sénat au printemps, un probable échec de la commission mixte paritaire censée accorder les deux chambres, et une nouvelle lecture dans chacune.

Rejoignez la mobilisation organisée par Alliance Vita, avec la Fondation Jérôme Lejeune, les Associations Familiales Catholiques (AFC) et le Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine (CPDH) : Lundi 16 février à 18h30, sur l’esplanade des Invalides.

Nous devons montrer aux députés et au gouvernement que nous n’en pouvons plus d’attendre des soins – notamment palliatifs – accessibles à tous, et que nous refusons la mise en place d’un guichet d’accès à la mort administrée.

Desiderio bla-bla-bla : des prêtres remettent en cause une décision anti-liturgique de leur évêque

Les bancs de communion sont désormais bannis à Charlotte, en Caroline du Nord. 31 des 147 prêtres actifs ont adressé une lettre au Vatican, remettant en cause cette décision de leur évêque.

Depuis le 16 janvier 2026, le diocèse de Charlotte, en Caroline du Nord, a officiellement supprimé une pratique liturgique traditionnelle. Mgr Michael Martin a interdit les bancs de communion, les agenouilloirs et les prie-Dieu.

Dans une lettre pastorale datée du 17 décembre 2025, nommée «Normes pour la Communion», l’évêque de Charlotte explique que le clergé, les catéchistes, les ministres extraordinaires de la communion et les enseignants catholiques n’ont plus le droit d’enseigner aux fidèles qu’il est préférable de s’agenouiller. Ils doivent au contraire apprendre que la communion debout constitue la norme, et veiller à ce que cette posture soit comprise comme telle. Selon l’évêque Martin, la communion debout symboliserait «l’Église en marche, en tant que peuple pèlerin» et permettrait de favoriser l’unité au sein de la communauté catholique.

Cette annonce a suscité un vif mécontentement parmi les fidèles, ainsi qu’au sein du clergé. Dirigé pendant plus de vingt ans par Mgr Peter Jugis, un évêque à la fois conservateur et populaire, le diocèse avait vu se développer une importante communauté attachée aux formes liturgiques traditionnelles. L’arrivée de Mgr Michael Martin à la tête du diocèse en 2024 avait déjà semé le trouble. La première confrontation ouverte a eu lieu en mai dernier, lorsque l’évêque a supprimé la messe en latin dans les quatre paroisses où elle était célébrée, la reléguant à une seule chapelle diocésaine. L’interdiction des bancs de communion annoncée en décembre a été, pour certains, la goutte de trop.

En réaction, 31 des 147 prêtres actifs du diocèse ont adressé une lettre au Vatican, remettant en cause l’autorité de leur supérieur à interdire certaines manières de recevoir la Communion.

Comment Rome va réagir ?

Il est tout à fait possible de déchoir de sa nationalité un franco-algérien

Le gouvernement algérien a déchu Boualem Sansal de sa nationalité algérienne. L’écrivain fraîchement élu à l’Académie française a affirmé ce jeudi dans le cadre d’une rencontre avec des lycéens n’être désormais plus qu’un «citoyen français».

Il est donc possible pour la France de déchoir un criminel franco-algérien de sa nationalité française et de l’expulser.

La communion hiérarchique des évêques est-elle de droit divin?

Le père Louis-Marie de Blignières est le fondateur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier. Il est docteur en philosophie, auteur de plusieurs livres de spiritualité et de théologie, et il a écrit de nombreux articles sur la situation de l’Église. 3 semaines avant l’annonce de nouveaux sacres par la FSSPX, il avait publié dans Sedes Sapientiæ (n°174 daté de décembre 2025) un article sur la question (en général) des sacres en dehors de la communion hiérarchique :

Dès juin 1987, Sedes Sapientiæ avait publié une étude approfondie sur le problème de l’épiscopat reçu sans mandat : Réflexions sur l’Épiscopat autonome. Sedes Sapientiæ, Supplément doctrinal n° 2. Cette étude est disponible en ligne. Dans le présent article, nous traitons le point particulier de savoir si cette question relève seulement du droit ecclésiastique, ou bien du droit divin.

Depuis quelque temps, des théologiens avancent que l’interdiction de conférer l’épiscopat sans mandat pontifical serait une loi purement ecclésiastique, et, à ce titre, susceptible de changer ou de connaître des exceptions. Il y a là une part de vérité. Mais il faut éviter de confondre la constitution même de l’Église et les normes juridiques qui l’expriment et la protègent. La première est immuable, les secondes peuvent évoluer. La constitution divine de l’Église comporte, selon la volonté du Christ qui a envoyé les apôtres, que l’épiscopat de ceux qui succèdent aux apôtres soit, non un simple agrégat de prélats dotés de certains pouvoirs, mais un véritable Corps.

Enseignement du magistère

Le concile de Trente est explicite dans son affirmation que l’ordre hiérarchique des évêques est de droit divin.

Le saint concile déclare que […] les évêques, en qualité de successeurs des apôtres, appartiennent principalement à l’ordre hiérarchique; qu’ils ont été établis par le Saint-Esprit, comme dit saint Paul (Ac 20, 28), pour gouverner l’Église de Dieu. […] Si quelqu’un dit que […] ceux qui n’ont été, ni légitimement ordonnés, ni envoyés par la puissance ecclésiastique canonique, mais sont venus d’ailleurs, sont de légitimes ministres de la parole et des sacrements, qu’il soit anathème.

Le pape Pie IX s’est fait l’écho des Pères de l’Église et du magistère de beaucoup de ses prédécesseurs en enseignant cet aspect particulier de la communion hiérarchique : la nécessité de la communion actuelle des évêques au siège apostolique de Rome.

La doctrine catholique la plus élémentaire nous apprend que personne ne peut passer pour évêque légitime s’il n’est pas rattaché par la communion de foi et de charité à la pierre sur laquelle a été bâtie l’Église du Christ, s’il n’adhère pas au pasteur suprême auquel ont été confiées, pour les conduire au pâturage, toutes les brebis du Christ, s’il n’est pas lié à celui qui confirme ses frères qui sont en ce monde; et sans contredit, « c’est à Pierre que le Seigneur a parlé, à un seul afin de fonder sur un seul l’unité ».

Le fait que Pie IX parle d’adhésion et de lien indique clairement qu’un évêque légitime ne peut se contenter d’une allégeance verbale quelconque («Je vous reconnais comme pape »), mais qu’il doit être dans une vraie relation hiérarchique avec le pape. Le renvoi aux paroles du Christ montre qu’il est de droit divin que les nouveaux évêques soient sacrés et qu’ils exercent leurs fonctions dans la communion hiérarchique du corps des évêques, structurée autour du Souverain Pontife. Ceci est manifesté par le fait que le nouvel évêque est sacré par plusieurs autres évêques. Il y a une exception : dans le cas du sacre d’un évêque par le Souverain Pontife, celui-ci peut légitimement sacrer sans évêques co-consécrateurs. Cela souligne le rôle particulier du pape au sein du corps des évêques.

Dans l’Antiquité chrétienne, le choix du peuple d’un diocèse était ratifié par la hiérarchie locale, souvent le métropolite et les évêques co-provinciaux. Le souci de communion se traduisait par l’envoi de lettres au pape de Rome et aux autres patriarches. Ce processus (variable selon les lieux et les époques) était la formulation canonique de l’exigence de droit divin de la communion hiérarchique dans l’épiscopat. Aucun sacre ne se faisait en tout cas contre la volonté du pape. C’est d’ailleurs une conséquence logique de ce qu’affirme saint Paul dans son épître aux Romains : «Comment prêcher, sans être d’abord envoyé ? » (Rm 10, 14). Il est clair en effet qu’un évêque sacré contre la volonté du chef du corps épiscopal n’est pas «envoyé ».

Enseignement de théologiens classiques récents

«De droit divin – écrit l’abbé Berto, théologien (peritus) de Mgr Lefebvre durant le concile Vatican II –, les évêques, même dispersés, sont un corps constitué dans l’Église. »

Les membres de ce corps reçoivent et exercent leurs pouvoirs dans la communion hiérarchique. Cette notion de communion hiérarchique est considérée comme centrale pour le corps épiscopal par un auteur aussi classique que Dom Adrien Gréa dans son maître livre L’Église et sa divine constitution. Elle a été enseignée par le magistère à Vatican II. L’abbé Dulac, théologien et canoniste qui fut parmi les premiers défenseurs de la liturgie traditionnelle, écrit, commentant le n° 21 de Lumen gentium :

Cette transmission, en continuant l’authentique « succession apostolique », scelle la légitimité à la fois du sacre et des fonctions. Elle est garantie officiellement par la « communion hiérarchique» dont parle la Nota explicativa. En dehors de ces enchaînements à la fois sacramentels et juridiques, il n’y a que ce que saint Cyprien et saint Léon appellent un «pseudo-épiscopat».

La doctrine catholique, de mieux en mieux explicitée, affirme que le successeur de Pierre est la tête du corps des évêques. C’est pourquoi, chez les latins, le droit divin de la communion hiérarchique a été traduit depuis longtemps par la nécessité canonique du mandat apostolique. Chez les orientaux, dès la plus haute Antiquité, le consentement collégial et l’aspect hiérarchique de l’ordre épiscopal sont présents et manifestés dans la liturgie de la consécration épiscopale. Dans la discipline orientale actuelle, cette communion hiérarchique se traduit par l’élection des évêques par le synode de leur Église et par la concession de la «communion ecclésiastique» de la part du pape aux nouveaux patriarches.

La différence avec le cas des simples prêtres

Transmettre et exercer l’épiscopat pose un problème particulier, qui n’existe pas pour la transmission du presbytérat (sacerdoce des simples prêtres). L’épiscopat comporte de soi les pouvoirs d’ordre, de juridiction et de magistère, alors que le presbytérat ne comporte de soi que le pouvoir d’ordre, et c’est par délégation que le prêtre peut exercer les pouvoirs de juridiction et de magistère. L’évêque est un «prince» de l’Église. «L’évêque – écrit saint Thomas – a un ordre par rapport au Corps mystique du Christ, qui est l’Église, sur laquelle il reçoit une charge principale et quasi royale. »

L’épiscopat est hiérarchique par nature. Ce qui le différencie du simple sacerdoce est son ordination au Corps mystique. Comme l’écrit un commentateur de saint Thomas : «L’évêque a un ordre relatif au Corps mystique du Christ, qui est l’Église ; relativement au Corps physique du Christ, l’évêque n’a pas d’ordre au-dessus du prêtre. » Par son ordination essentielle au Corps mystique, l’épiscopat est l’élément fondamental avec lequel est bâtie la hiérarchie de l’Église. En lui s’unifient les deux raisons diverses selon lesquelles s’ordonne l’unique hiérarchie de l’Église : l’ordre et la juridiction. L’unité de ces deux aspects existe dans l’épiscopat qui, par institution divine, prend place simultanément dans la hiérarchie d’ordre et dans la hiérarchie de juridiction.

En conséquence, par un sacre en dehors de la communion hiérarchique, c’est l’unité hiérarchique de l’Église catholique qui est mise en cause. Faire un évêque, c’est faire une hiérarchie. Si cet évêque n’est pas consacré avec l’accord du pape – fondement de la hiérarchie catholique –, c’est une autre hiérarchie qui est faite.

Selon la volonté du Christ, l’épiscopat est destiné à paître une partie du troupeau, et il a le pouvoir de se perpétuer, en sacrant de nouveaux évêques capables à leur tour de sacrer. C’est pour cela qu’en lui-même un sacre épiscopal en dehors de la communion hiérarchique constitue un « très grave attentat à l’unité même de l’Église», selon la formule de Pie XII. Une fois ce pouvoir de se perpétuer acquis, un groupe dissident a le moyen de continuer dans un séparatisme dont personne ne verra la fin, et il n’a plus de raison de rechercher l’unité. Dans l’histoire, la plupart de ces groupes dissidents ont en effet essayé d’obtenir l’épiscopat pour garantir leur autonomie.

Ainsi, au XVIIIe siècle, les ordinations épiscopales conférées sans lien avec Rome par un évêque français, Mgr Dominique-Marie Varlet, furent à l’origine du schisme d’Utrecht. Les évêques issus de ce schisme consacrèrent au XIXe siècle des Vieux-catholiques qui refusaient le concile Vatican I. L’«union d’Utrecht » regroupe aujourd’hui des centaines de milliers de fidèles en Europe. De fait, les sacres «autonomes » consolident la séparation car, une fois doté d’évêques, le groupe peut former une petite Église parallèle dotée de tous les sacrements. Un contre-exemple éloquent est celui des catholiques qui refusèrent le concordat de 1801 entre Napoléon Bonaparte et le Saint-Siège. La «Petite Église» anticoncordataire se prolongea quelques décennies en France. Son dernier chef de file, Mgr de Thémines, ancien évêque de Blois, refusa toujours de sacrer des évêques et même d’ordonner des prêtres pour éviter de créer une Église schismatique.

Fr. Louis-Marie de Blignières

A propos de sacres

Le lundi 2 février, l’abbé Pagliarani, supérieur général de la FSSPX, a officialisé ce qui était attendu et déjà annoncé officieusement par certains, à savoir de nouveaux sacres pour la Fraternité. Cette information ne manque pas d’alimenter l’actualité de l’Église depuis son annonce. Après le décès de Mgr Tissier de Mallerais en octobre 2024, la Fraternité ne comptait donc plus que deux évêques. Alors que la FSSPX a en charge de nombreux prieurés dans le monde ainsi que plusieurs séminaires répartis sur la planète, la tâche qui incombait aux deux évêques restants semblait très lourde, surtout pour des hommes qui, malgré tout, vieillissent.

L’état de nécessité est, à nouveau, invoqué pour justifier ces futurs sacres, prévus pour le 1er juillet 2026. C’est une décision grave qui touche à l’unité de l’Église. Pendant son sermon lors des prises de soutanes à Flavigny, le 2 février dernier donc, on a bien senti que Don Pagliarani prenait toute la mesure de la gravité de cette annonce en invoquant, pour lui-même, la responsabilité de cette décision.

Les sacres de 1988 ont été la source de nombreuses tensions dans le milieu traditionaliste, qui vit notamment l’érection de la FSSP, composée d’anciens prêtres de la FSSPX qui refusèrent cet acte.

Cependant, comment pourrions-nous donner tort à la FSSPX de procéder à ces sacres alors même que le délabrement doctrinal, moral et liturgique continue d’être source de scandale pour de nombreux fidèles fidèles à la Tradition (ici entendue comme source de la Révélation) ? Ou même lorsque nous constatons les traitements infligés par les évêques de France aux communautés ex Ecclesia Dei, alors que ces communautés ne critiquent jamais publiquement le concile Vatican II ou les textes qui émanent du Vatican et qui mériteraient, pourtant, des critiques à plus d’un égard.

Quand des prêtres de la FSSP sont chassés de diocèses à Quimper, Valence ou Dijon, quand des séminaristes attendent depuis trois ans leur ordination à Toulon, quand les évêques mettent des restrictions en matière de baptême, de fiançailles ou de mariage, etc., à des catholiques qui pourtant suivent scrupuleusement la doctrine de l’Église dans ces domaines ; lorsque nous voyons des documents comme Mater populi fidelis, qui nie ou amenuise les titres de Co-rédemptrice et Médiatrice de toutes les grâces de la Sainte Vierge Marie, note doctrinale signée par le pape lui-même ; quand nous voyons des militants LGBT en pèlerinage jubilaire à Rome souillant la basilique Saint-Pierre sans que le pape non seulement n’empêche la tenue de cet événement scandaleux, mais ne daigne prononcer aucune excuse publique ou proposer aucun acte de réparation ; quand nous voyons les mauvaises nominations d’évêques dans le monde, dont l’une des dernières en date — un Philippin — remet en cause l’enseignement de l’Église en matière de vie conjugale.

Nous ne pouvons que comprendre le geste de la FSSPX de ne pas vouloir se rapprocher de Rome. Ceux qui crient au schisme, au manque d’unité de la FSSPX et qui jettent l’anathème sur la Fraternité, alors qu’ils semblent bien muets dans nombre d’autres circonstances, enfin tous ceux qui hurlent avec les loups devraient avant tout balayer devant leur porte, car ils sont en partie responsables de cette nouvelle crise qui s’annonce.

Il est temps de prier pour l’Église et le pape afin qu’il prenne les décisions nécessaires au bon déroulement de cette situation, ce qui ne manquera pas de lui demander du courage, dont on espère qu’il usera.

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Une belle occasion de restaurer le petit patrimoine religieux. En un clic

Voici une belle occasion de soutenir la restauration du petit patrimoine religieux.

C’est gratuit et très simple. Rendez-vous sur le site de la Fondation sauvegarde de l’art Français pour voter pour les objets religieux de votre choix : ALLIANZ FRANCE ET LE PLUS GRAND MUSÉE DE FRANCE – VOTES ÉDITION 2025-2026 – Sauvegarde de l’Art Français . Chaque vainqueur de chaque région reçoit un prix de 8000 € !

SOS Calvaires soutient la restauration du calvaire de Raids, en Normandie, chef d’œuvre en pierre de taille datant du XIXème siècle victime d’une tempête il y a deux ans.

Pour chaque région, il y a la possibilité d’aider à la restauration d’un objet religieux : stalles, statues, pieta, tableau, retable.

Sacré-Coeur disponible en DVD et VOD

Le film phénomène SACRÉ CŒUR, des réalisateurs Sabrina et Steven J. Gunnell, est disponible en VOD sur la plateforme SAJE+ et sur les plateformes VOD (MyCanal, Itunes, Orange…), et en DVD dans toutes les librairies (et sur la boutique en ligne La Boutique SAJE).

Le film cumule près de 500 000 entrées en France et près de 40 000 entrées supplémentaires à l’international. Il a déjà été diffusé en Belgique, en Suisse, au Luxembourg, à Monaco, en Tunisie, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Cameroun, en RDC, au Bénin, au Burkina Faso, Togo et au Liban. Il sera diffusé prochainement en Italie, en Pologne, en Espagne, en Allemagne, au Mexique, au Canada et enfin, aux Etats-Unis du 9 au 14 juin 2026,  à la faveur de la consécration des Etats-Unis au Sacré Cœur par les évêques Américains.

Deux médecins américains condamnés pour l’ablation des seins d’une adolescente

Aux Etats-Unis, un tribunal de l’État de New York a condamné vendredi un psychologue et un chirurgien esthétique pour faute professionnelle, à la suite de la plainte d’une jeune femme regrettant sa mastectomie, subie à l’âge de 16 ans.

C’est un jugement inédit, qui pourrait faire date aux États-Unis et même au-delà.

La victime avait porté plainte en 2023 contre son psychologue ainsi que le chirurgien esthétique, pour ne s’être pas suffisamment assurés qu’elle avait consenti de façon éclairée à cette opération d’ablation de la poitrine. Le tribunal lui a accordé 2 millions de dollars de dommages et intérêts.

Aux côtés de sa mère, la jeune femme aujourd’hui âgée de 22 ans a témoigné devant le tribunal de son histoire tumultueuse et des difficultés qu’elle a connues dans l’acceptation de sa puberté et de son identité féminine. Son récit est celui d’une petite fille puis d’une adolescente dont le mal-être n’a cessé de croître tout au long de l’enfance : ses parents se sont séparés quand elle avait 7 ans, puis se sont disputé sa garde pendant trois années supplémentaires, avant qu’elle et sa mère ne coupent les liens avec le père. Isabella Varian souffrait de problèmes psychiques, notamment d’anxiété et de phobie sociale, avant d’être diagnostiquée d’un trouble du spectre autistique. On l’a changée d’école à plusieurs reprises. Elle est devenue anorexique, avait du mal à accepter l’image renvoyée par son corps. Là-dessus, sont arrivées ses premières règles, et avec elles un changement brutal dans la perception qu’elle avait d’elle-même au seuil de l’adolescence. Les échanges avec son psychologue portent sur son identité de genre, et finissent par la convaincre qu’elle est née dans le mauvais corps, qu’elle n’est sûrement pas une femme.

Vers l’âge de 15 ans, la jeune fille a décidé de ne plus se faire appeler Isabella mais Gabriel, un prénom volontairement androgyne, puis s’est coupé les cheveux et a commencé à se bander la poitrine alors que ses seins commençaient à apparaître. Puis elle a opté pour le prénom Rowan, et a déclaré à son entourage qu’elle était transgenre. Elle a commencé alors une transition sociale : autour d’elle, il faudrait désormais la considérer comme un garçon, s’adresser à elle en employant des pronoms masculins.

En décembre 2019, près d’un an après le début de cette transition publique, la jeune fille a été opérée par le Dr Chin qui a pratiqué sur elle une mastectomie, une opération mammaire visant à retirer la poitrine d’une femme, plus couramment pratiquée dans le traitement du cancer du sein. Aux États-Unis comme en France, le nombre d’enfants trans ayant subi une mastectomie a été multiplié par 10 au cours des dernières années ; au moins 776 adolescents américains âgés de 13 à 17 ans ont subi cette opération entre 2019 et 2021, selon un décompte repris par Reuters et fondé sur l’analyse des données de l’assurance maladie.

Pour expliquer aujourd’hui le choix qu’elle a fait à l’époque, la jeune femme, âgée de 22 ans et qui se fait à présent appeler Fox, explique à la barre du tribunal :

«Je ne me sentais plus en sécurité en tant que femme. […] Je crois que le fait d’être perçue comme une femme me dérangeait, non pas parce que j’étais un homme, mais parce que je ne voulais pas qu’on me voie comme une femme.» «Je pense qu’il y a une différence entre vouloir être un homme, et ne pas vouloir être une femme, ne pas vouloir affronter tout ce que cela implique.»

Elle regrette dorénavant une opération dont les conséquences sont par nature en partie irréversibles. Sa «détransition» a commencé trois ans après sa mastectomie.

Le Dr Einhorn, le psychologue qui avait accompagné Fox Varian tout au long de son parcours de transition et avait donné son assentiment à cette opération, a reconnu devant le tribunal éprouver de la «honte» en raison de sa «faute professionnelle» après le témoignage de la jeune femme, au contraire du Dr Chin.

Projet d’aide à mourir: des conditions strictes? Par le Pr Aline Cheynet de Beaupré

Lien de la vidéo ( hébergée sur mon blog Sergyl Lafont, avec l’accord de l’auteur).

https://www.youtube.com/shorts/iiU4GgQAhNA

Ci-dessous le texte:

🔴 “Aide à mourir” : des “conditions strictes” pour demander la mort ?
Non, si on lit le texte (en 1 minute 40…).
par Aline Cheynet de Beaupré

Les conditions d’éligibilité sont posées à l’article 4 de la proposition de loi.
Elles supposent :
🟣 Une affection (maladie ou handicap)
– grave et incurable (tous les handicaps répondent à ces critères et de très nombreuses maladies (ALD…) aussi)
– qui engage le pronostic vital,
🕳️ en phase avancée : la Haute Autorité de Santé a dit être incapable de diagnostiquer la mort à moyen ou long terme. Alors on évoque un “processus irréversible” (le handicap est irréversible…), une “aggravation de l’état de santé” (très fréquent) qui “affecte qualité de vie” (n’est-ce pas toujours le cas ?)
🕳️ou en phase terminale (déjà prévu par la loi de 2016 avec la sédation profonde et continue jusqu’au décès pour les personnes en souffrance, sans provoquer la mort pour autant).

🟣 Une souffrance (subjectif, on ne parle pas ici de “douleur”) physique ou psychologique (toutes les souffrances sont donc éligibles) qui est :
🕳️ soit réfractaire aux traitements (très fréquent)
🕳️ soit insupportable selon la personne qui choisit de ne pas recevoir ou d’arrêter un traitement (la personne choisit elle-même de se rendre éligible à la mort)

🔴 Les médecins ont calculé qu’au vu de ces critères, 1 million de Français sont éligibles à mourir…

Ce ne sont pas des conditions strictes.
Ca va trop loin.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Une église menacée de démolition en Mayenne

L’association “Urgences Patrimoine ” se mobilise pour sauver l’église, en partie millénaire mais en mauvais état, du hameau de Saint-Gault en Mayenne. Faute de pouvoir financer sa restauration, la municipalité a choisi de démolir l’édifice, désaffecté depuis longtemps et dont le diocèse a acté la désacralisation en novembre dernier.

Théodore Catry, avocat de l’association, explique :

“Nous nous appuyons sur l’article L421-6 du code de l’urbanisme, qui peut faire barrage à une démolition si elle porte atteinte à la conservation du patrimoine”

Il a adressé lundi 2 février au tribunal administratif de Nantes, alors que l’évacuation du mobilier de l’édifice avait déjà commencé, une requête en référé visant à obtenir une “mise en pause” de la décision de démolir l’église.

Urgence Patrimoine. mis en ligne une pétition rassemblant aujourd’hui 25000 signataires.

L’église doit être “déconstruite” pour n’en conserver que la base des murs et reconvertie en “lieux de souvenir” ouvert à tous. La municipalité de Quelaines-Saint-Gault a choisi cette option au vu du coût que représenterait une restauration.

“Cette église remonte en partie au XIe siècle, et même si elle n’est effectivement pas en bon état, il y a forcément d’autres solutions à envisager. Des cas similaires ont existé ailleurs en France !”

L’église du hameau de Saint-Gault fait l’objet d’une “demande de mise en instance de classement” en cours d’instruction et “la Direction régionale des affaires culturelles comme l’Architecte des bâtiments de France ont reconnu son intérêt patrimonial et démenti l’état de péril que revendique le maire pour justifier son projet”.

Le maire de Quelaines-Saint-Gault, en accord avec les services de l’Etat, a suspendu les travaux dans l’attente de l’ordonnance de référé.

Le préfet du Dicastère de la doctrine de la Foi va rencontrer le supérieur de la FSSPX

Le cardinal Víctor Manuel Fernández rencontrera la semaine prochaine le supérieur général de la Fraternité Saint-Pie-X, l’abbé Davide Pagliarani.

Le cardinal Fernández a déclaré au journal The Pillar le 4 février que la lettre à laquelle Pagliarani faisait référence avait été envoyée par le Dicastère pour la Doctrine de la Foi. Le préfet a déclaré que la lettre « répondait simplement par un refus à la possibilité de procéder dès maintenant à de nouvelles ordinations épiscopales ».

Plusieurs sources ont indiqué à The Pillar que des conversations antérieures impliquaient également les deux évêques de la FSSPX, Mgr Bernard Fellay et Mgr Alfonso de Galarreta, et du côté du Vatican, le cardinal Kurt Koch, préfet du Dicastère pour la promotion de l’unité des chrétiens, et l’archevêque Guido Pozzo, ancien secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, aujourd’hui disparue.

Le cardinal Fernández a indiqué que la prochaine réunion se limiterait à lui et à l’abbé Pagliarani.

Le pape François a accordé aux prêtres de la FSSPX la faculté d’entendre les confessions pendant l’Année de la Miséricorde en 2015, puis a prolongé cette faculté indéfiniment. François a rencontré en 2016 le supérieur de la FSSPX de l’époque, Mgr Bernard Fellay.  « À l’issue de la réunion, il a été décidé de poursuivre les échanges en cours. Le statut canonique de la fraternité n’a pas été abordé directement, le pape François et l’évêque Fellay ayant estimé que ces échanges devaient se poursuivre sans précipitation. »

En 2017, Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, chargé du dialogue avec la FSSPX à l’époque, a déclaré qu’un groupe de travail « travaillait actuellement à l’amélioration de certains aspects de la structure canonique [de la FSSPX], qui sera une prélature personnelle », indiquant qu’un accord potentiel pourrait être imminent.

En 2017, le pape François a également déclaré que, dans des circonstances très limitées, les évêques diocésains pouvaient donner aux prêtres de la FSSPX la faculté de célébrer validement des mariages catholiques.

La même année, Mgr Fellay, alors supérieur, a affirmé avoir reçu en 2016 une lettre de Rome indiquant que la FSSPX pouvait ordonner des prêtres sans l’autorisation de l’ordinaire du lieu.

Les concessions sacramentelles de Rome se sont concentrées sur le bien spirituel des catholiques fréquentant les chapelles administrées par la FSSPX, le pape François soulignant qu’il ne voulait pas que les catholiques fréquentant ces chapelles soient privés de la possibilité de se confesser ou de se marier validement.

Le réveil du néant : quand l’angoisse devient un motif de mort

On se lève ce matin avec la sensation d’une « gueule de bois » éthique, abasourdi par ce qui s’est joué hier à l’Assemblée nationale. Le réveil est douloureux : la France s’est réveillée dans un monde où les derniers remparts de la civilisation ont vacillé. Ce que les adeptes de la « biologie heureuse » ont acté hier, ce n’est plus une loi de compassion, mais le triomphe d’un nihilisme qui ne prend même plus la peine de se cacher.

Alors que l’on nous promettait des conditions « strictes », le masque est tombé. Le bilan de la journée d’hier est un séisme anthropologique : les députés ont ouvert les vannes de l’irréparable en incluant la seule souffrance psychique comme critère d’accès à la mort provoquée.

L’administration du désespoir

La liste des motifs d’éligibilité qui ressort des débats hier soir donne le vertige. Ce matin, l’angoisse permanente, le sentiment de vide, la fatigue psychique ou même la peur de ne jamais aller mieux sont devenus des raisons suffisantes pour que l’État organise la fin d’une vie.

Le deuil et le choc du diagnostic : Désormais, le choc légitime qui suit l’annonce d’une maladie grave ne sera plus accueilli par une main tendue, mais pourra justifier une injection létale.
La fin de la médecine du soin : On passe d’une médecine qui soulage à une technique qui liquide. Si la « fatigue de vivre » devient un critère légal, c’est que notre société a renoncé à sa mission de fraternité.

L’abdication de l’esprit devant la matière

Pour cette vision réductionniste et matérialiste, le corps n’est plus le temple de l’esprit, mais une machine défaillante que l’on jette lorsqu’elle devient trop lourde à porter pour soi-même ou pour la collectivité. En niant l’âme, on réduit la dignité humaine à une simple équation d’utilité sociale. On préfère supprimer le souffrant plutôt que d’assumer le coût de l’amour, de la présence et des vrais soins palliatifs.

Ce que les députés préparent, sous les traits d’une loi qu’on ne peut qualifier que de scandaleuse, c’est l’abandon de toute verticalité. Les Français ne demandent pas qu’on les aide à mourir par désespoir, mais qu’on les aide à vivre jusqu’au bout. Ce texte est un dogme au service du vide, une rupture imposée d’en haut contre le bon sens et le respect de la vie reçue.

Redresser la tête face au cynisme

Malgré la stupeur de ce matin, il est temps de proclamer que nous ne sommes pas des machines biologiques. Notre grandeur réside dans notre aptitude à nous offrir mutuellement l’espérance, surtout quand l’angoisse se fait sombre. Le vrai bonheur n’est pas une sortie technique par décret, mais une rencontre humaine et spirituelle.

La France ne peut se résoudre à n’être qu’un laboratoire du néant. Face à ce matérialisme qui veut tout niveler, l’âme de notre pays doit se lever et affirmer que la vie, même blessée, même fatiguée, garde une valeur infinie que nulle loi inique ne pourra jamais effacer

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

“Celui qui ouvre béant le gouffre de la culture de mort finit par y être emporté, comme l’histoire l’a montré”

Homélie du Très Révérend Père Dom Jean Pateau, Abbé de Notre-Dame de Fontgombault, prononcée le 2 février 2026 en la fête de la Présentation de l’Enfant-Jésus au Temple :

Dimittis servum tuum… in pace. Tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix. (Lc 2,29)

Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils,

Arrêtons-nous ce matin à la figure du saint vieillard Siméon. Comme le Baptiste, il se situe au point de rencontre entre l’Ancien et le Nouveau Testament. L’un et l’autre ont reçu des siècles passés l’héritage de la première alliance. Ils en sont comme les dépositaires. Mais à celle-ci succède dans le Christ une nouvelle alliance. Comme le Baptiste, Siméon doit accueillir le Seigneur et exercer sur lui comme un ministère. Pour le Baptiste, il s’agira de conférer le baptême dans l’eau. En Siméon, le charisme de prophétie se manifestera.

Qui est Siméon ? Saint Luc le présente comme : « Un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël. » (Lc 2,25) Cette attente est en réalité celle d’un peuple, le peuple d’Israël. Les siècles ont passé. La voix des prophètes s’est tue. Bien peu attendent désormais la venue du Messie promis. Chez Siméon pourtant, cette attente est demeurée vive. Il sait que cette attente sera la consolation de son peuple.

Et cette attente oriente sa vie. « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » (Mt 6,21) Aussi, « l’Esprit Saint était sur lui. » (Lc 2,25) Siméon vivait dans une vraie intimité avec Dieu. « Ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. » (Rm 8,14)

Dépositaire de la promesse faite à Israël, Siméon est aussi dépositaire d’une promesse personnelle :

Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. (Lc 2,26)

Mais être dépositaire d’une promesse est une chose, savoir comment cette promesse va se réaliser et attendre paisiblement son accomplissement en est une autre.

Siméon demeure docile. Il se laisse conduire par Dieu, demeurant dans la paix et dans la joie. C’est ainsi que sous l’action de l’Esprit, il vint au Temple au moment même où les parents s’apprêtaient à présenter l’Enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi.

La scène est touchante. On imagine aisément le vieillard recevant des mains de ses jeunes parents l’Enfant Dieu dans ses bras. L’antienne de Magnificat des premières vêpres nous fait plonger dans le mystère :

Le vieillard portait l’Enfant, mais c’était l’Enfant qui conduisait le vieillard. Une Vierge l’a mis au monde, et après cette naissance, elle est demeurée Vierge ; Celui qu’elle a enfanté, elle l’a adoré.

À travers ces mots, on retrouve le mystère déjà évoqué dans l’office de la fête de Marie, Mère de Dieu :

O admirable échange ! Le Créateur du genre humain prenant un corps et une âme, a daigné naître d’une Vierge ; en entrant dans l’humanité sans le concours de l’homme, Il nous a donné part à sa divinité. (1ère antienne des Laudes du 1er janvier)

Cet admirable échange, Siméon en est l’heureux bénéficiaire. Les paroles prononcées alors par lui l’attestent. Elles constituent le troisième cantique tiré de l’Évangile que l’Église, dans l’office romain, a assigné à l’heure des Complies, et qui achève la journée par une note d’espérance :

Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : Lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. (Lc 2,29-32)

La lecture de l’Évangile de ce matin s’arrête là. Avant de s’éloigner, Siméon bénit la sainte famille et s’adressant à Marie, ajoute cette prophétie :

Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. (v. 34-35)

Le contraste est saisissant. Le vieillard, après avoir rencontré l’Enfant Jésus, part en paix tout en annonçant une guerre. Le glaive qui transpercera le cœur de Marie, transpercera aussi au long de l’histoire humaine le cœur des artisans de paix, des témoins de l’amour de Dieu pour les hommes. L’admirable échange offert à tout homme se heurtera au cœur dur et fermé des ennemis de Dieu.

Ceci demeure vrai alors que se déroule sous nos yeux, dans notre pays même, un épisode douloureux de cette « troisième guerre mondiale par morceaux », selon la formule du pape François.

Ici se dévoilent les pensées des cœurs, en particulier ce profond mépris pour l’être humain, pour sa vie qui devrait être respectée de son premier instant jusqu’à sa mort naturelle, pour la conscience de tant d’hommes et de femmes qui devrait être protégée par la loi dans des choix légitimes et qui les honorent.

À l’enfant dans le sein maternel, au vieillard sur le lit d’hôpital, l’Enfant-Dieu ouvre le chemin de cet admirable échange. Rendons grâces pour tant de congrégations religieuses, tant d’instituts qui, depuis des siècles, entourent les personnes âgées d’amour, les invitant à se préparer à la rencontre du Dieu des consolations. Il faut soutenir ces maisons de notre prière et de manière concrète. Bientôt une loi inique pourrait ne plus leur permettre de demeurer dans notre pays, devenu le lieu où s’exercerait un pouvoir totalitaire méprisant la conscience humaine, et le droit à respecter et accompagner la vie dans sa faiblesse.

Non, un pays ne se grandit pas en légalisant l’euthanasie ou l’avortement. Bien plus, il se déshonore. Non, il n’est pas sur un chemin de progrès. Celui qui ouvre béant le gouffre de la culture de mort finit par y être emporté, comme l’histoire l’a montré. Ajoutons qu’il est inadmissible et révoltant que des parlementaires s’arrogent le droit d’imposer à des établissements, à des professionnels de santé de concourir à de telles pratiques.

Au soir de son élection, le pape Léon a invité à vivre « une paix désarmée et désarmante ». Emboîtons le pas du vieillard Siméon qui s’éloigne en paix. Souhaitons cette paix aux hommes de notre temps, en particulier aux vieillards, une paix née de la rencontre avec le Christ. La lumière se lève. Espérance. Amen.

Préparer son coeur à la communion (épisode 21/23) – La messe, trésor de la foi

L’Agnus Dei

1 – Le « chant de la fraction »

D’origine orientale, le chant de l’Agnus Dei fut introduit dans la messe romaine au VIIe siècle pour accompagner le rite de la fraction. Il était « destiné à combler […] l’intervalle de silence résultant de l’accomplissement du rite »[1] qui, dans l’antiquité, tant qu’on ne faisait pas encore usage de pain azyme, ni de petites hosties, pouvait durer un certain temps.

Le chant Agnus Dei couvre désormais l’intervalle qui court de la fraction à la communion du prêtre[2] – et il s’inscrit opportunément entre ces deux rites, ainsi que nous allons le voir.

2 – Signification sacrificielle

Nous avons déjà eu l’occasion de mentionner que la fraction peut être regardée comme une évocation des souffrances du Seigneur. C’était déjà le cas en Orient au IVe siècle. Or, en Orient également, on désignait depuis fort longtemps les oblats eucharistiques sous le nom d’“agneau”, expression suggérée par maints passages de l’Écriture. L’agneau – l’agneau de Dieu – est en effet la figure par excellence du Christ-victime, du Christ offert et immolé en sacrifice :

– Ainsi, Isaac demandant à son père Abraham : « Où trouverons-nous l’agneau pour l’holocauste ? » Et Abraham répondant : « C’est Dieu qui pourvoira à l’agneau pour l’holocauste. »[3]

– Également le rite sacrificiel de la Pâque, initié à l’occasion de la sortie d’Égypte, où le sang de l’agneau répandu sur le linteau des portes préserve les Hébreux de l’ange exterminateur[4].

– Ou encore, la prophétie d’Isaïe, le chant du serviteur souffrant : « Maltraité, il s’humiliait, il n’ouvrait pas la bouche, comme l’agneau qui se laisse mener à l’abattoir, comme devant les tondeurs une brebis muette, il n’ouvrait pas la bouche. »[5]

 Il faut ajouter à cela l’agneau égorgé de l’Apocalypse[6].

– Enfin, saint Jean-Baptiste, qui désigne Notre-Seigneur à ses disciples par ces mots : « Voici l’agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. »[7]

D’où, en Orient d’abord, puis bientôt à Rome, ce chant de l’Agnus Dei célébrant, en particulier au moment de la fraction, l’agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde. On comprend donc que :

[…] l’invocation à l’Agneau de Dieu s’adresse, non au Christ en général, mais au Christ en tant que victime du sacrifice dans l’eucharistie ; l’idée [sera la même à] l’instant de la communion, lorsque le prêtre [présentera] le Saint-Sacrement aux fidèles en disant : Ecce Agnus Dei. [Voici l’Agneau de Dieu]. »[8]

3 – L’invocation

Le texte lui-même du chant est donc emprunté au témoignage de saint Jean-Baptiste. Deux détails sont à mentionner.

Le premier semble purement grammatical : puisqu’il s’agit d’une invocation, le nom agnus – « agneau » en latin – devrait normalement être décliné en agne. Ainsi, nous disons fréquemment Domine, au lieu de Dominus, lorsque nous invoquons le Seigneur. Dans l’Agnus Dei, il n’en est rien. Ce fait semble répondre « à une loi grammaticale qui joue dans beaucoup de langues : un sentiment de respect tend à rendre indéclinables [certains] termes religieux »[9]. Il y a là une précieuse nuance que seul le latin nous permet de saisir.

Le deuxième détail est le passage au pluriel pour le terme « péchés » [peccata], qui est au singulier dans l’évangile [peccatum]. On trouvait déjà ce pluriel dans la prophétie d’Isaïe que nous avons mentionnée à l’instant : « Mais lui, il a été transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautesIpse autem vulneratus est propter iniquitates nostras adtritus est propter scelera nostra. »[10]

Comme l’explique saint Thomas : « Il est certain que le Christ est venu en ce monde pour effacer non seulement le péché qui s’est transmis par origine à la postérité, [c’est-à-dire le péché originel] mais encore tous les péchés qui s’y sont ajoutés par la suite. »[11] Il s’agit, certes, principalement du péché originel[12] – et c’est ainsi que l’on peut entendre le singulier de l’évangile[13] – mais il s’agit également de nos péchés personnels – et c’est ainsi que l’on peut entendre le pluriel de la liturgie.

4 – Les supplications

L’invocation Agnus Dei qui tollis peccata mundi est donc répétée à trois reprises, et suivie à chaque fois d’une supplication : Miserere nobis [« Ayez pitié de nous »] pour les deux premières ; Dona nobis pacem [« Donnez-nous la paix »] pour la dernière. Cette variante remonte au Xe siècle. Elle est une « conséquence probable du voisinage avec le baiser de paix »[14].

Le jeudi saint, en effet, où l’on ne donne pas la paix, on dit trois fois Miserere nobis [« Ayez pitié de nous »]. Aux messes des morts, la supplication vise plus directement les défunts : Dona eis requiem… [« Donnez-leur le repos… »], et l’on ajoute, la troisième fois : … sempiternam [« … éternel »].

5 – Les répétitions

L’Agnus Dei n’ayant plus à couvrir l’intervalle occupé par la fraction, il a fallu fixer le nombre de répétitions.

 […] peu à peu l’on s’arrêta au nombre sacré de trois répétitions […]. Ainsi naquit une hymne d’une extrême brièveté, mais d’une gravité puissante, qui, surtout dans le cadre où elle apparaît, peut se mesurer avec les hymnes de l’Apocalypse[15].

L’agneau qui est la victime de notre sacrifice et qui devient notre nourriture, en qui l’agneau pascal de l’Ancien Testament a trouvé sa réalisation suréminente, est l’agneau triomphant de l’universelle consommation, qui seul peut ouvrir le livre des destinées de l’humanité ; et si l’Église du ciel lui adresse les chants d’action de grâces des élus, vers lui montent aussi les supplications de la communauté des rachetés, qui poursuit son pèlerinage terrestre.

Ces perspectives se dégagent plus distinctes encore, si nous gardons présente à l’esprit l’évocation symbolique des souffrances et du triomphe du Seigneur, contenue dans la fraction et la commixtion[16].

Le baiser de paix

1 – Place

À la messe solennelle, tandis que la schola poursuit le chant de l’Agnus Dei, prend place le rite du baiser de paix. Il faut dire un mot de la place qu’occupe cette cérémonie dans la messe romaine. En effet : « dans toutes les autres liturgies, [le baiser de paix] apparaît dès le début de la messe des fidèles »[17], c’est-à-dire avant la réalisation du sacrifice.

Dans la liturgie romaine, sa place est bien différente. Au début du Ve siècle, Innocent Ier précise qu’il doit être annoncé « une fois que tout est accompli »[18]. Toutefois, l’ordre actuel des rites entre la fin du canon et la communion résulte de la réforme de saint Grégoire le Grand, au VIe siècle. Dans cette structure, où le Pater est mis en continuité avec la conclusion du canon, le baiser de paix et l’invitation que constitue le Pax Domini sont tout naturellement compris dans la résonance de l’avant-dernière demande du Pater : « Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. » [Dimitte nobis debita nostra, sicut et nos dimittimus debitoribus nostris.]

Comme le Pater, le baiser de paix est une préparation à la communion. Il s’agit d’obéir au précepte du Seigneur :

Lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande[19].

Nous avons déjà dit que l’on ne donne pas la paix le Jeudi saint, probablement par horreur pour le baiser par lequel Judas livra le Seigneur à ses bourreaux.

2. Oraison préparatoire : Domine Jesu Christe qui dixisti

Le baiser de paix est précédé d’une oraison préparatoire que le prêtre récite seul, médiocrement incliné, après qu’il a dit l’Agnus Dei avec les ministres. Pendant ce temps, le diacre s’agenouille :

Domine Iesu Christe, qui dixísti Apóstolis tuis : Pacem relínquo vobis, pacem meam do vobis : ne respícias peccáta mea, sed fidem Ecclésiæ tuæ ; eámque secúndum voluntátem tuam pacificáre et coadunáre dignéris : Qui vivis et regnas Deus per ómnia sǽcula sæculórum. Amen. Seigneur Jésus-Christ qui avez dit à vos Apôtres : C’est la paix que je vous laisse en héritage, c’est ma paix que je vous donne, ne regardez pas mes péchés mais la foi de votre Église ; daignez, comme vous l’avez voulu, lui donner la paix et la rassembler dans l’unité, vous qui, étant Dieu, vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Domine Iesu Christe… Cette oraison d’origine allemande, qui semble remonter au XIe siècle, est directement adressée au Christ, tout comme l’Agnus Dei qui la précède et les deux oraisons qui la suivent. Cette particularité par rapport aux autres oraisons de l’ordinaire de la messe est due à l’imminence de la communion[20].

… qui dixisti Apostolis tuis… Le prêtre en appelle à la promesse du Seigneur : « Je vous laisse la paix ; c’est ma paix que je vous donne. »[21] S’apprêtant à distribuer la paix, le prêtre prie le Seigneur d’avoir égard, non à ses propres péchés, mais à la foi de l’Église et de daigner, malgré l’indignité de son représentant, octroyer à celle-ci, par le signe sacré de ce baiser, la paix et l’unité[22].

Nous retrouvons ici l’idée, brièvement à propos de la commixtion, que l’eucharistie est le sacrement de l’unité de l’Église. Saint Thomas d’Aquin enseigne que l’effet de grâce particulier que signifie et réalise l’eucharistie est l’unité du corps mystique[23]. Saint Jean Damascène, que cite saint Thomas, précise comment se réalise cette unité : le sacrement de l’eucharistie mérite le nom de communion « parce que c’est lui qui nous unit au Christ, nous fait participer à sa chair et à sa divinité, et c’est lui qui nous relie, nous met en communication les uns avec les autres »[24].

3 – Ordre et forme

L’unité de l’Église est donc structurée de la manière suivante : unité des membres avec le Christ-tête, d’où découle l’unité des membres entre eux. Tel est l’ordre que manifeste le rite du baiser de paix, puisqu’il part de l’autel et du célébrant, et qu’il est reçu par les assistants. Le prêtre, en effet, ayant récité l’oraison préparatoire, et le diacre s’étant relevé, tous deux baisent l’autel, puis le prêtre donne la paix au diacre sous la forme d’une accolade accompagnée du souhait Pax tecum[25], auquel le diacre répond : Et cum spiritu tuo[26]. Puis le diacre rejoint le sous-diacre au pied de l’autel et lui donne la paix de la même manière. Enfin le sous-diacre porte la paix aux membres du clergé qui se tiennent dans le chœur.

Actuellement, le baiser de paix n’est donné qu’à la messe solennelle et aux membres du clergé seulement. Les rubriques n’excluent pas une autre possibilité, qui n’est cependant guère plus pratiquée, à savoir l’usage d’un « instrument de paix » ou « osculatoire » que le prêtre baisait et qui était ensuite présenté à baiser aux assistants. Sous cette forme, le baiser de paix pouvait être donné également dans les messes non solennelles, aux clercs comme aux laïcs.

Christ en croix, Agneau de Dieu, Sacré-Cœur, Nativité… les figures représentées sur ces instruments suggéraient également cette idée que c’est de Jésus-Christ que viennent la paix et l’unité de l’Église.

Costa Rica : Victoire de Laura Fernández, une pro-vie élue présidente

Laura Fernández Delgado a été élue présidente de la République du Costa Rica avec 48,5 % des voix. Son parti, Pueblo Soberano, a remporté la majorité des sièges (31 sur 57). La candidate qui a offert le plus de garanties concernant la défense de la vie et de la famille a été élue.

Le 1er février, des élections présidentielles ont eu lieu au Costa Rica, avec une nette victoire de la droite conservatrice et l’élection de Laura Fernández Delgado, qui entrera en fonction le 8 mai 2026. Environ 3,7 millions de citoyens étaient inscrits sur les listes électorales pour élire le successeur du président sortant Rodrigo Chaves, les deux vice-présidents et les 57 membres de l’Assemblée législative.

Le gouvernement en place ne détenait que huit des 57 sièges au Congrès, ce qui avait freiné l’adoption de plusieurs de ses initiatives, mais le vote du 1er février a changé la donne.

Laura Fernández a remporté une victoire écrasante aux élections générales, et son parti est en passe d’obtenir la majorité au Congrès. Avec 48,5 % des voix, elle est devenue la 50e présidente de la République du Costa Rica. Le candidat du parti de la libération, Álvaro Ramos Chaves, a recueilli 33,3 % des suffrages. Le taux de participation s’est élevé à 70 %, tandis que l’abstention (30 %) est la plus faible enregistrée depuis l’élection présidentielle de 1998. Au Costa Rica, un candidat est élu dès le premier tour s’il obtient au moins 40 % des voix. Avec 48,5 % des suffrages lors des élections du 1er février 2026, Laura Fernández a donc franchi ce seuil, accédant à la présidence sans avoir à se présenter au second tour, initialement prévu le 5 avril.

Fernández gouvernera avec une majorité absolue de 31 sièges sur 57. Le Parti de libération nationale (centre) a remporté 17 sièges ; le Frente Amplio (gauche) n’en a obtenu que sept, tandis que la Coalition démocratique et le Parti chrétien-social (unité sociale) n’en auront chacun qu’un.

« Le changement sera profond et irréversible », a déclaré Fernández dans son discours de victoire, annonçant l’entrée du Costa Rica dans une nouvelle ère politique. Le pays que laisse derrière lui le président sortant Rodrigo Chaves bénéficie d’une « bonne gestion économique », avec des taux de chômage et de pauvreté en baisse, le chômage ayant chuté de 12 % à 6,9 % entre 2022 et juillet 2025. Cependant, l’un des principaux problèmes du Costa Rica aujourd’hui est l’insécurité de ses citoyens, car ces dernières années ont été marquées par une forte augmentation de la violence dans les rues du pays, généralement attribuée au trafic de drogue et au crime organisé.

Concernant les questions et principes non négociables, dans une interview accordée à EWTN le 28 janvier, le Dr Sadie Morgan a analysé les positions des principaux candidats sur la vie et la famille : Laura Fernández Delgado « s’est prononcée en faveur de la vie à plusieurs reprises » et a estimé possible de poursuivre plusieurs projets pro-vie et pro-famille lancés sous l’administration de Rodrigo Chaves. Elle a rappelé que, sous l’administration actuelle, les directives relatives à l’éducation sexuelle jugées « idéologiquement motivées » — c’est-à-dire favorables à l’idéologie du genre, à la contraception et à l’avortement — avaient été retirées, et l’utilisation du drapeau LGBT dans l’espace public avait été interdite. De plus, les conditions d’accès à l’avortement légal ont été durcies. Álvaro Ramos, le grand perdant, « n’a pas clairement affirmé sa position sur les questions pro-vie et pro-famille », tandis que Claudia Dobles a toujours été ouvertement « favorable à l’avortement ».

En octobre dernier, le président Rodrigo Chaves a abrogé le règlement technique en vigueur depuis 2019 relatif à la mise en œuvre de l’avortement dit thérapeutique et l’a remplacé par une nouvelle réglementation, réduisant ainsi la marge d’interprétation et protégeant la mère et l’enfant. Depuis lors, M. Chaves a réaffirmé que « l’avortement n’est possible sans sanction que lorsqu’il n’existe que deux options : le danger certain de mort pour la mère ou l’enfant », excluant de fait toute possibilité d’avortement en cas de problèmes de santé, même graves, chez la femme. Rien ne permet de penser que la présidente élue, Laura Fernández Delgado, renoncera à défendre et à promouvoir le droit à la vie, à la famille et à l’éducation, à l’instar des autres présidents d’Amérique centrale et du Sud élus ces derniers mois.

Une aide précieuse… pour une période riche !

Depuis dimanche, dans le calendrier liturgique de la forme tridentine du rite romain, l’Église est entré dans le temps de la Septuagésime, qui précédé le carême.
Sans bruit mais avec richesse, elle commence à nous conduire vers le mystère de la Passion.

Le Carême n’est pas d’abord une question de pratiques extérieures.
C’est un chemin intérieur, une lente préparation de l’âme à la Croix et au mystère de la Rédemption.

Mais ce chemin est exigeant.
Et trop souvent, faute de temps, de préparation ou de soutien,nous traversons ces semaines sans en goûter toute la richesse.

Une aide concrète pour vivre pleinement ce temps :

Pour accompagner ce temps de conversion, nous avons réuni, pour une durée très limitée, une sélection d’œuvres de référence du chant grégorien et de la liturgie de la Semaine Sainte.

Ces enregistrements vous aideront à :
– entrer plus profondément dans l’esprit propre du Carême,
– préparer les messes et les offices avec plus de recueillement,
– de vous laisser former intérieurement par le chant de l’Église,
– nourrir votre prière personnelle et communautaire.

Le chant grégorien ne cherche pas à impressionner.
Il apaise, éclaire, et oriente l’âme vers l’essentiel.
Une offre exceptionnelle… et brève

Cette sélection couvre tout le chemin liturgique :
– de la Septuagésime,
– au Carême,
– jusqu’aux Matines des Jours Saints et aux Offices des Ténèbres, 
accompagnée du livre latin-français de la Semaine Sainte.
tri
L’offre « De la Septuagésime aux Jours Saints – Offre spéciale de Carême » est proposée avec une réduction globale de 30 %,
par rapport à l’achat des volumes séparément.

👉 Elle prendra fin le mercredi des Cendres, 18 février inclus.
Passé cette date, les produits retrouveront leur tarif habituel.

Si nous connaissions la juste valeur de la prière de l’Église,
nous nous empresserions d’en servir la beauté.
Ne laissons pas ce temps de grâce passer sans y entrer pleinement.

👉 Découvrir l’offre spéciale à durée limitée :
https://www.musique-liturgique.com/offre-carême-2026

L’équipe de Sacra Musica

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

L’importance de la lecture

A l’occasion de la sortie de son ouvrage sur La Lecture en question, nous avons interrogé Jean-Pierre Maugendre, ancien élève de l’École navale, ancien président du Mouvement de la Jeunesse Catholique de France, directeur de Renaissance catholique et co-animaneeur de l’émission Terres de Mission sur TV Libertés.

Vous publiez un livre pour inciter à lire. Ne craignez-vous pas de ne prêcher qu’à des convaincus ?

Effectivement ce risque existe, c’est pour cela qu’avec mon éditeur nous avons fait le choix d’un livre de taille réduite qui se lit en 1h30. Nous nous sommes, de plus, attachés à un plan clair qui nous semble susceptible de susciter l’intérêt des lecteurs même occasionnels:

1- Pourquoi lire?
2- Quels sont les obstacles à la lecture?
3- Comment lire?
4- Apprendre à lire aux enfants.
5- Que lire?

A la fin de votre ouvrage, vous proposez une petite bibliothèque de base dans laquelle il n’y a aucun roman. Pourquoi ce choix ?

Cette bibliothèque de base, composée de 11 rubriques: apologétique, spiritualité, doctrine, philosophie, politique, éducation-famille, etc., ne contient effectivement pas de rubrique romans. La raison en est que le sujet des romans est abordé dans la partie: Lectures de détente. Ces lectures sont, par nature très personnelles. Sont ainsi mis en valeur quelques romanciers célèbres contemporains: Eugenio Corti (Le cheval rouge), Mickael O’Brien (Père Elijah), Jean Raspail (Le camp des saints) ou plus anciens: Jean de La Varende (Les manants du roi) ou Vladimir Volkoff ( Le montage).

Vous dites que la lecture est en crise et pourtant 436 millions de livres sont vendus chaque année en France, 78000 nouveaux titres sont versés à la BNF chaque année, ce qui fait environ 200 nouveaux livres chaque jour. La lecture est-elle réellement en crise ?

La lecture est en crise parce que en moyenne le temps consacré, par chacun, à la lecture diminue. Les Français consacrent à la lecture le même temps, par semaine- 3h40- qu’ils consacrent aux écrans par jour- 3h21- Quant aux ventes de livres, parmi les 200 nouveaux livres parus chaque jour 90% ne seront pas vendus à plus de 500 exemplaires. Il suffit d’observer une rame de métro ou un wagon de train pour observer que la lecture d’un livre est devenue une originalité.

Arnaque à la solidarité

L’abbaye de La Lucerne alerte sur une arnaque circulant à son sujet :

Attention, un mail frauduleux circule depuis hier soir avec un faux appel aux dons pour l’abbaye qui aurait été l’objet d’actes de vandalisme… Il n’en est rien !
L’image qui circule a été générée par l’IA, c’est une arnaque :
Aucun vol, aucune dégradation sur le site ne sont à déplorer. Ne donner surtout pas si vous recevez cet appel au don !
L’adresse électronique est fausse : lalucerne.centrespirituel@gmail.com
Une plainte a été déposée.

Avez-vous les deux « Kervizic » indispensables pour le carême : Mon petit livre de carême et Ma Semaine Sainte ? C’est sur LIVRES EN FAMILLE

Voilà une collection qui rencontre un très grand succès mérité.

DEUX OUVRAGES INDISPENSABLES POUR LE CARÊME :
– Le Carême, qui accompagne les enfants jour après jour, du Mercredi des cendres au Lundi de Pâques.
– La Semaine Sainte, pour bien vivre ces Grands Jours avec la Passion illustrée et le Chemin de Croix
Déjà des milliers de petites mains ont tourné les pages de ces album ravissants. Dessins clairs, frais, illustrant à merveille des vies de saints, des anecdotes véridiques. Un texte aéré, des mots choisis pour accompagner l’enfant et lui faire lever les yeux vers le ciel. Un format à l’italienne permet une lecture partagée et animée en découvrant ces dessins fourmillants de détails.

CE SONT TOUJOURS DES HISTOIRES VRAIES
A la fin de chaque histoire, une parole, un rappel de la fête du saint du jour, ou une courte prière, parfois une strophe d’un cantique, ou un exemple d’effort à faire, de sacrifice, de prière. En regard de chaque texte, un dessin en pleine page, illustre le propos. Comment ne pas être captivé par “l’histoire d’un chapelet”, ou bien celle des petits souliers rouges de sainte Véronique Giuliani, lorsqu’elle était enfant, et les miracles du Saint-Sacrement exposé, ou lorsqu’une Hostie consacrée fut oubliée dans un tiroir, l’action miraculeuse d’un scapulaire, l’histoire de sainte Anne d’Auray, de Notre-Dame du Liban…et tant d’autres récits qui feront vibrer les âmes des jeunes lecteurs, les entrainant à la suite de ces modèles ordinaires et extraordinaires !

Aurélie Kervizic a mis son talent merveilleux d’écrivain et de dessinatrice au service des plus jeunes, pour les aider à vivre sous le regard du Bon Dieu. Et quand la plume et le pinceau s’allient pour un tel idéal, c’est enchantement pour le cœur et l’âme. Pas seulement pour les plus jeunes, mais aussi pour les parents, les grands-parents réquisitionnés pour la lecture.

SONT PARUS :
– Mon petit Jésus, pour le mois de janvier,
– Le petit livre de l’été, juillet, de belles histoires pour penser au Bon Dieu pendant les vacances…
– Le petit livre de l’été, 31 nouvelles histoires pour penser au Bon Dieu pendant le mois d’août…
– Mon Meilleur Ami, septembre jour après jour avec les Anges
– Mes amies les âmes, novembre avec les âmes du purgatoire
– Mon petit livre de Noël, véritable calendrier de l’Avent : 26 histoires – 51 dessins pour cheminer jusqu’à Noël… Et une préparation excellente pour la Première Communion.

RETROUVEZ TOUS LES TITRES D’AURELIE KERVIZIC SUR LIVRES EN FAMILLE
https://www.livresenfamille.fr/3077_aurelie-kervizic

Vous pourrez y découvrir les illustrations de chaque ouvrage , les sommaires, les recensions et avis des lecteurs.
Albums en belle édition reliée, format à l’italienne, 100 pages, Editions Maélic, 17€.

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Carême 2026 : 40 jours de méditation biblique avec l’apôtre Paul

Communiqué de Meditatio :

A partir du 18 février, l’application de méditation chrétienne Meditatio propose à ses utilisateurs de se mettre en route vers Pâques avec l’apôtre Paul. Pendant 40 jours, chacun est invité à méditer les lettres du disciple en pratiquant la lectio divina, une manière très ancienne de prier avec les textes de la Bible.

Rédigées entre les années 50 et 60 après Jésus-Christ, les lettres de saint Paul sont les écrits chrétiens les plus anciens, antérieurs aux Évangiles. Ces lettres sont d’une importance capitale pour les chrétiens puisqu’elles offrent le témoignage le plus ancien qui existe sur le Christ et sont animées d’une foi vive, marquée par l’urgence, l’espérance et la foi missionnaire. Deux mille ans plus tard, ces textes demeurent d’une étonnante actualité et continuent d’éclairer la vie spirituelle des chrétiens.

Concrètement, Meditatio proposera chaque semaine de s’arrêter sur une lettre spécifique adressée à une communauté chrétienne ou à un disciple et de méditer les paroles de l’apôtre Paul en pratiquant la lectio divina.

A partir du mercredi 18 février, l’utilisateur sera invité chaque jour à suivre une session audio de 10 ou 15 minutes (au choix), centrée sur un extrait d’une des lettres de Paul. Dans chaque séance, il lui sera proposé d’écouter attentivement un passage biblique puis de le méditer en profondeur avant d’y répondre par la prière puis de demeurer quelques instants en présence de Dieu dans le silence. Ce parcours est constitué de 40 séances et s’achèvera le dimanche 5 avril, jour de Pâques.

S’appuyant sur plus de 2000 ans de tradition chrétienne, Meditatio est une application qui propose des méditations audio accessibles à tous pour apprendre à méditer au quotidien et développer une intimité avec Dieu. Avec plus de 500 000 téléchargements, elle s’adresse à tous les Chrétiens où qu’ils en soient dans leur vie, avec des parcours variés : cultiver la gratitude, gérer son stress, pratiquer l’oraison, s’endormir paisiblement, découvrir la méditation ignatienne, écouter les signes de Dieu, trouver la paix…

Avec ce nouveau parcours de Carême, Meditatio offre à chacun la possibilité de prendre quelques minutes chaque jour pour rencontrer personnellement Dieu et faire grandir sa vie
intérieure.

L’application est disponible sur iOS et Android.

En Belgique, les croque-mort, pardon…, les mutuelles, vantent l’euthanasie dans les maisons de retraite

Pierre Jova, journaliste à La Vie, a enquêté sur l’euthanasie en Belgique. Extrait : croque-mort

Prétendre que cela ne va « forcer personne », c’est faire fi, encore une fois, des dynamiques de la société et de l’aliénation dont nous pouvons être victimes. La loi envoie un message. La loi est normative, et même performative. La Belgique le prouve. Au départ, les euthanasies restaient parcimonieuses. Nous sommes passés de 235 en 2003 à près de 4000 en 2024. Toute personne est en mesure de l’envisager. Des gens qui ne l’auraient pas voulu, qui ne l’auraient pas demandé, se retrouvent à le faire. La loi créé sa propre dynamique, et une véritable promotion se met en place : qui sait qu’en Belgique, les grandes mutuelles visitent les maisons de retraite pour vanter les mérites de l’euthanasie aux personnes âgées ?

Chronique de la censure, suite

Le chanteur Bénabar a critiqué France Inter, accusant la radio publique de jouer un rôle de censeur culturel, lors d’une récente interview dans l’émission “Le Figaro la nuit”.

“Télérama, France Inter, ce sont des censeurs”. “Il faut éviter les gens qui décident ce qui est bien, ce qui n’est pas bien. Parce que c’est ça la censure en fait. Alors que la chanson populaire, c’est justement le public qui décide”.

Bénabar dénonce également une ligne éditoriale prescriptive, estimant que certaines radios publiques orientent les goûts des auditeurs au détriment d’une diversité musicale plus large.

“Il y a trois quarts des artistes français qui ne renvoient même pas leur disque à France Inter. Et c’est le service public, donc ça pose un problème”.

Ce week-end, France Inter s’est retrouvée au cœur d’une nouvelle polémique après la diffusion d’une chronique humoristique jugée choquante par une partie des auditeurs. Lors de cette séquence, une humoriste, vêtue d’un costume d’époque, a improvisé une chanson évoquant la mort de Jordan Bardella et Marion Maréchal, qui auraient été emportés par une variole mortelle.

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