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La Vie Chrétienne Victorieuse – L’Église dans le monde : Séparation sans isolement

La question est devenue particulièrement actuelle. De plus en plus, nous entendons des tribunes, des prises de position et des appels à une Église davantage « ouverte au monde », plus proche de ses préoccupations, plus adaptée à ses évolutions et parfois même plus intégrée à ses valeurs. D’autres, au contraire, réclament une séparation plus nette et plus radicale. Entre ces deux positions, comment discerner le chemin biblique ?

Pour le chrétien, la première question n’est pas : « Que pense le monde ? » ni même : « Que souhaitent les hommes ? » Elle est : « Que dit la Parole de Dieu ? » C’est l’Écriture qui doit gouverner la pensée, la conduite et la mission de l’Église. Cette dernière doit-elle se retirer du monde ou y demeurer présente ? Que doit-elle lui dire, et jusqu’où peut-elle aller sans cesser d’être fidèle à son Seigneur ?
La réponse de l’Écriture est à la fois simple et profonde : l’Église est dans le monde, mais elle n’est pas du monde ; elle est envoyée vers le monde, mais elle ne doit jamais être façonnée par lui. Tout dépend de ce que nous entendons par « le monde ».

Le monde selon l’Écriture
Dans la Bible, le mot « monde » désigne tantôt la création et l’ensemble des hommes – ce monde que Dieu aime, et pour lequel Il a envoyé Son Fils (Jean 3:16) – tantôt un système moral et spirituel organisé indépendamment de Dieu. C’est ce second sens que vise l’apôtre Jean lorsqu’il écrit : « N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est point en lui » (1 Jean 2:15). Il en donne les traits caractéristiques : « la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie » (1 Jean 2:16-17).
Il ne s’agit évidemment pas de haïr les hommes ; le chrétien doit les aimer, prier pour eux et leur annoncer l’Évangile. Il s’agit de ne pas aimer ce système de pensée qui met l’homme à la place de Dieu – l’homme voulant vivre selon sa propre volonté, chercher son bonheur dans les choses terrestres, bâtir son existence indépendamment de son Créateur.
Cet amour du monde – cette mondanité – est donc bien plus profond que quelques habitudes extérieures. Il s’insinue dans l’Église sans bruit, lorsque les critères du monde deviennent peu à peu les siens : succès, influence, popularité, approbation humaine, adaptation aux opinions dominantes. La question cesse alors d’être : « Est-ce conforme à la Parole ? » pour devenir : « Est-ce acceptable pour le monde ? » C’est là que commence le danger.

Une Église céleste vivant sur la terre
Le Seigneur Jésus donne Lui-même la clé, dans Sa prière sacerdotale : « Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde » ; puis : « Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les garder du mal » (Jean 17:14-15). Ces deux paroles doivent demeurer inséparables.
Le chrétien n’est pas appelé à fuir physiquement la société humaine. Il travaille, exerce une profession, vit en famille, rencontre son prochain. Mais il appartient désormais à Christ : il est dans le monde sans être du monde. Son origine spirituelle est céleste, son espérance est céleste, son Seigneur est dans le ciel. L’Église n’a donc pas vocation à devenir terrestre pour mieux s’intégrer à la terre ; elle est appelée à manifester ici-bas quelque chose du ciel. Sa présence dans le monde est indispensable ; sa conformité au monde serait catastrophique.
Jésus déclare : « Vous êtes la lumière du monde » (Matthieu 5:14). Cette parole interdit tout repli sur soi : la lumière est faite pour éclairer les ténèbres. Mais il existe une différence essentielle entre être dans les ténèbres pour les éclairer et adopter les ténèbres pour être accepté par elles. Une lumière qui devient ténèbres cesse d’être lumière.
C’est précisément le danger d’une certaine « ouverture au monde » : on commence par vouloir mieux comprendre les hommes, puis leur parler dans leur langage, puis adoucir le message pour ne pas les choquer, et l’on finit par accepter ce que la Parole condamne. Le Seigneur n’a jamais procédé ainsi. Il était parfaitement proche des pécheurs et parfaitement séparé du péché ; Il pouvait entrer chez un publicain sans approuver sa conduite, accueillir les coupables sans jamais appeler le mal « bien ». Il était, dit l’Écriture, « plein de grâce et de vérité » (Jean 1:14). C’est aussi ce que l’Église est appelée à être.

« Allez par tout le monde »
Jésus donne une mission qui interdit tout isolement : « Allez par tout le monde, prêchez l’Évangile à toute la création » (Marc 16:15). L’Église doit aller vers les hommes tels qu’ils sont, porter l’Évangile là où Christ est inconnu ou méconnu. Mais remarquons ce que le Seigneur dit exactement : « Prêchez l’Évangile. » Il ne dit pas : « Adoptez le monde », ni : « Imitez ses valeurs », ni : « Faites de l’Église une copie de la société. »
La mission de l’Église n’est donc pas de rendre le monde chrétien par imitation, mais d’annoncer Jésus-Christ à des hommes qui ont besoin d’être sauvés. L’Évangile ne consiste pas à christianiser le système du monde, mais à appeler des hommes à en sortir pour appartenir à Christ. Nous ne sommes pas envoyés dans le monde pour lui ressembler ; nous y sommes envoyés pour lui annoncer Celui qui peut le sauver.

Le danger de la séduction
La deuxième épître de Jean met en garde contre « plusieurs séducteurs qui sont entrés dans le monde, ne confessant point Jésus-Christ venant en chair » (2 Jean 1:7). Le danger n’est pas seulement que le monde attaque de front la foi chrétienne ; il peut aussi chercher à la déformer de l’intérieur – un Christ sans croix, un Évangile sans repentance, une grâce sans vérité, un amour sans sainteté, une foi sans obéissance, une espérance tout entière centrée sur la terre. Tout cela peut garder une apparence chrétienne et pourtant éloigner les âmes de Christ.
Le péril le plus grave n’est donc pas nécessairement que le monde rejette l’Église, mais qu’il accepte une Église qui aurait cessé de lui dire toute la vérité de Dieu. Une Église qui veut à tout prix être approuvée par le monde risque de devenir incapable de lui annoncer ce qu’il a besoin d’entendre.
Fuir la corruption du monde
L’apôtre Pierre rappelle que le croyant a reçu, par grâce, de quoi « fuir la corruption qui existe dans le monde par la convoitise » (2 Pierre 1:4). La grâce ne nous sauve pas pour nous permettre de retourner à ce dont elle nous a délivrés ; elle nous enseigne à vivre autrement.
Précisons cependant : tout ce qui existe dans le monde n’est pas mauvais en soi. Le travail, la famille, la connaissance, l’art ne sont pas mauvais. Mais toute chose légitime peut devenir une idole lorsqu’elle occupe, dans le cœur, la place qui appartient à Dieu. La question n’est donc pas seulement : « Est-ce mauvais ? » mais aussi : « Quelle place cela prend-il dans ma vie ? »

L’amitié du monde est inimitié contre Dieu
Jacques déclare sans détour : « L’amitié du monde est inimitié contre Dieu » (Jacques 4:4). Pourquoi une parole si forte ? Parce que le monde, dans son principe même, veut vivre sans Dieu. Le monde dit : « Je décide. » La foi dit : « Seigneur, que veux-Tu ? » Le monde cherche sa propre gloire ; le chrétien cherche la gloire de Christ. Le monde s’attache au visible ; le chrétien apprend à regarder à l’invisible (2 Corinthiens 4:18). Ces deux orientations sont profondément opposées.
Il ne s’agit pas de mépriser la société, mais de refuser que ses principes deviennent ceux du peuple de Dieu. L’Église peut dialoguer avec le monde sans adopter sa pensée ; servir les hommes sans servir leurs convoitises ; écouter sans capituler ; aimer sans approuver le mal ; être respectueuse sans devenir silencieuse.
Le Seigneur dit : « Malheur au monde à cause des scandales ! » (Matthieu 18:7). Cette parole interdit toute vision naïve du monde, mais elle n’autorise aucun mépris : le chrétien se souvient qu’il a lui-même été sauvé par grâce. L’amour chrétien, pourtant, n’est jamais indifférent au mal. Lorsqu’un homme marche vers un précipice, l’amour ne dit pas : « Je respecte ton choix » ; il avertit.
L’Église doit donc parler – du péché, de la repentance, du jugement, du salut – mais toujours pour conduire les hommes vers Christ. Le but de l’avertissement n’est jamais de condamner pour condamner ; il est de sauver.
Jésus fait aussi cette distinction : « Car toutes ces choses, ce sont les nations du monde qui les recherchent » (Luc 12:30) – nourriture, boisson, sécurité matérielle. Ces choses ne sont pas mauvaises en elles-mêmes, mais le monde en fait le centre de son existence, tandis que le chrétien est appelé à « chercher premièrement le royaume de Dieu » (Matthieu 6:33). Le monde demande : « Que vais-je obtenir ? » Le chrétien demande : « Que veut mon Seigneur ? »

Séparation sans isolement
Nous pouvons maintenant répondre avec simplicité : l’Église doit être séparée du monde sans être isolée du monde. Séparée dans ses principes, mais présente dans son témoignage ; différente sans être inaccessible ; sainte sans être orgueilleuse ; ferme sur la vérité et aimante envers les personnes.
Le Seigneur Jésus Lui-même en est le modèle parfait. Il était dans le monde sans être du monde ; Il connaissait les hommes sans être gouverné par leurs pensées ; Il les aimait sans leur appartenir ; Il leur apportait la grâce sans jamais amoindrir la vérité. Telle est la position de l’Église : proche des hommes, mais attachée à Christ.
Le danger, aujourd’hui, serait de tant vouloir être présente dans le monde que l’Église finisse par s’y installer. Une Église qui perd conscience de sa vocation céleste cherche nécessairement une identité terrestre – influence, reconnaissance, prestige. Mais elle n’est pas appelée à devenir populaire ; elle est appelée à être fidèle. Son modèle n’est pas le succès du monde, mais Christ ; son message n’est pas dicté par les attentes du monde, mais par la Parole de Dieu ; son avenir n’est pas ici-bas, car elle attend le retour de son Seigneur.
Nous ne sommes pas appelés à sortir des hommes, mais à sortir du monde dans son sens moral ; non à fuir notre prochain, mais à fuir la corruption ; non à abandonner le monde, mais à lui annoncer Christ.
La question n’était donc pas simplement : « L’Église doit-elle être dans le monde ou hors du monde ? » La réponse biblique est claire : elle est dans le monde, mais elle n’est pas du monde ; envoyée dans le monde, mais jamais façonnée par lui ; elle aime les hommes sans aimer le système qui les éloigne de Dieu ; elle sert son prochain, mais appartient à son Seigneur ; elle annonce l’Évangile au monde sans jamais se compromettre pour être entendue.
Ne fuyons pas les hommes, mais allons vers eux. N’aimons pas le monde, mais aimons les âmes. N’imitons pas le monde, mais reflétons Christ. Ne modelons pas l’Église selon les exigences du monde, mais selon la Parole de Dieu.
Et lorsque le monde demande pourquoi nous sommes différents, notre réponse ne doit pas être d’abord une liste de règles : elle doit être une Personne, Jésus-Christ.

Le christianisme repose sur une Personne infaillible et un Livre infaillible ; nous avons les deux, en Christ et dans les Écritures.

C’est Lui que nous annonçons. C’est Lui que nous servons. C’est Lui que nous attendons – Celui qui est venu du ciel, qui a été rejeté, qui est mort pour nos péchés, qui est ressuscité, qui est glorifié auprès du Père, et qui reviendra chercher les Siens. Jusqu’à ce jour, marchons ici-bas comme ceux qui appartiennent déjà au ciel : dans le monde, mais avec Christ ; dans le monde, mais séparés du mal ; dans le monde, mais témoins de la vérité ; dans le monde, mais le cœur tourné vers le ciel.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Tiède réponse de Rome aux parents se plaignant de l’éducation imposée par un diocèse allemand

Le Dicastère pour la culture et l’éducation s’est posé du côté des parents qui s’opposent aux directives sur la « diversité » sexuelle imposées par l’évêque Hesse aux écoles catholiques de l’archidiocèse allemand.

Cette réponse provisoire a brisé le silence du Saint-Siège sur la protestation des parents à Hambourg contre l’imposition par l’archidiocèse de lignes directrices pour l’éducation sexuelle des mineurs dans les écoles catholiques. Les parents affirment que ces directives sont basées sur un document de la Conférence des évêques allemands découlant de la voie synodale. Ils soutiennent que le document

« promeut la sexualisation délibérée des enfants et des jeunes, dévalorise, déforme ou rejette la vision catholique de la sexualité, du mariage et de la famille, et propage activement un contenu idéologique lié à la sexualité et à l’identité sexuelle ».

En bref, il s’agit d’un autre « désordre fait en Allemagne » qu’un évêque militant essaie d’imposer d’en haut sans se soucier des familles. Monseigneur Stefan Hesse, l’archevêque que le Vatican a reconnu avoir des défauts organisationnels” et commis des erreurs de procédure” lors du traitement des dossiers d’abus en tant que chef du personnel de l’archidiocèse de Cologne, s’est heurté à la détermination de nombreux parents, en particulier une mère péruvienne nommée Varinia Arauco. Elle a écrit à tout le monde – jusqu’au Pape – pour dénoncer la situation.

Mme Arauco avait écrit au préfet, Mgr José Tolentino de Mendonça, mais c’est le sous-secrétaire allemand, Mgr Matthias Ambros, qui a répondu. Il ne s’agissait que d’une courte note reconnaissant la plainte et déclarant que le Dicastère confirme que, en ce qui concerne toute ligne directrice pour l’éducation sexuelle, la position énoncée dans le document Male and Female He Created Them : Towards a Path of Dialogue on the Question of Gender in Education reste inchangée”. Ce texte, signé en 2019 par le préfet de la Congrégation pour l’éducation catholique de l’époque, le cardinal Giuseppe Versaldi, rejette sans équivoque l’approche énoncée dans le document de la Conférence des évêques allemands sur la « reconnaissance de la diversité des identités sexuelles dans les écoles » et les lignes directrices qui en sont inspirées, que Mgr Hesse aimerait imposer aux écoles catholiques de Hambourg.

Selon le dicastère, « l’éducation à l’affectivité nécessite un langage approprié et mesuré » et « doit tenir compte du fait que les enfants et les jeunes n’ont pas encore atteint leur pleine maturité et se mettent en tête à découvrir la vie avec curiosité ».

Par conséquent, a écrit Versaldi, il est nécessaire d’aider les élèves à développer « un sens critique face à un assaut de messages, à une pornographie non vérifiée et à une surcharge de stimuli qui peuvent déformer la sexualité ». Il s’agit d’un guide pour contrer le « barrage de messages ambigus et vagues » dont le cadre conceptuel de l’archidiocèse de Hambourg pour l’éducation sexuelle est criblé.

Paradoxalement, le document défend « l’aspiration légitime des écoles catholiques à défendre leur propre vision de la sexualité humaine, conformément à la liberté des familles de fonder l’éducation de leurs enfants sur une anthropologie intégrale capable d’harmoniser toutes les dimensions qui constituent leur identité physique, psychologique et spirituelle », tout en notant qu’« un État démocratique ne peut pas réduire l’offre éducative à une seule façon de penser, en particulier sur un sujet aussi sensible touchant à la compréhension fondamentale de la nature humaine, et le droit naturel des parents de choisir librement l’éducation de leurs enfants, conformément à la dignité de l’homme. À Hambourg, cependant, ce n’est pas l’autorité civile qui impose un programme d’éducation sexuelle pro-genre aux écoles catholiques, mais l’autorité ecclésiastique qui le fait contre le consentement de centaines de parents.

Les directives émises par le diocèse allemand révèlent la « désorientation anthropologique » qui caractérise notre climat culturel (et qui a certainement contribué à l’éclatement de la famille en effaçant les différences entre les hommes et les femmes et en les considérant comme de simples effets du conditionnement historique et culturel). Les directives sont donc en violation ouverte du contenu du document de Versaldi, auquel le Dicastère de la Culture et de l’Éducation se réfère encore aujourd’hui. L’ancienne Congrégation en est consciente, comme en témoigne sa référence à ce texte lorsqu’elle répond à la mère de Hambourg.

Néanmoins, le Saint-Siège ne peut prétendre avoir fait son devoir en envoyant seulement quelques lignes aux parents, reconnaissant implicitement qu’ils ont raison. Une action urgente est nécessaire pour mettre fin à la mise en œuvre des directives dans les écoles de l’archidiocèse. Le temps est compté : les directives entrent en vigueur le 20 août.

L’église catholique de Tel Aviv vandalisée

Un homme a été arrêté dimanche pour suspicion de vandalisme et de profanation d’une église catholique dans le quartier de Jaffa à Tel Aviv.

Selon les autorités, plusieurs statues à l’intérieur de St. L’église Antoine de Padoue avaient été brisées et un certain nombre de croix aussi . La police a identifié le suspect, un résident local d’une vingtaine d’années, et l’a placé en garde à vue pour être interrogé.

Cet incident s’est produit alors que des rapports évoquent le harcèlement et les attaques contre les chrétiens et les sites chrétiens en Israël.

Une organisation israélienne indépendante, le Religious Freedom Data Center (RFDC), a enregistré 83 actes de harcèlement contre des chrétiens au cours de 76 incidents entre avril et juin seulement. La forme la plus courante était de cracher sur les chrétiens (47 incidents), suivi d’agressions verbales, de comportements menaçants, d’attaques physiques, de défiguration de la signalisation et d’autres actes. Près de 90 % des incidents se sont produits à Jérusalem, en particulier dans la vieille ville.

Le RFDC, dirigé par Yisca Harani, a noté que de tels actes ont de plus en plus eu lieu ouvertement et en plein jour, parfois de manière délibérément démonstrative. Les tendances globales montrent une trajectoire à la hausse : 107 incidents en 2024, 181 en 2025, et déjà 120 depuis la mi-2026.

Le Patriarche latin de Jérusalem, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, a publiquement lié la montée des agressions au climat politique sous le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Dans des remarques précédentes, le cardinal franciscain a déclaré que les extrémistes se sentent protégés… que l’atmosphère culturelle et politique peut maintenant justifier, ou tolérer, des actions contre les chrétiens”. Il a décrit la fréquence des attaques comme « quelque chose de nouveau ». Les dirigeants de l’Eglise se sont plaints à plusieurs reprises que de nombreux auteurs sont confrontés à peu ou pas de responsabilité, de nombreux vandales étant traités comme ayant des problèmes de santé mentale plutôt que comme une malveillance délibérée. Un peu comme en France….

De tels crimes haineux anti-chrétiens ont inclus des Juifs radicaux qui ont tenté d’agresser un évêque et un prêtre orthodoxes lors d’une Divine liturgie le dimanche matin, un autre fracassant une statue de Jésus-Christ à l’église de la Flagellation, des gangs de juifs radicaux attaquant des pèlerins chrétiens et commettant du vandalisme, la profanation de cimetières chrétiens, de fréquents incidents de crachats sur les chrétiens et, à d’autres occasions, incendies de leurs églises.

« L’Isolée offre une héroïne qui sait pourquoi elle vit, pourquoi elle souffre, et pour quoi elle est prête à tout perdre »

À l’occasion de la réédition de L’Isolée de René Bazin, nous avons rencontré son éditeur suisse, Xavier Meystre, afin d’évoquer la redécouverte d’un écrivain qui fut pourtant, de son vivant, l’un des auteurs français les plus lus et les plus admirés.

Avec ce roman publié au début du XXᵉ siècle sur fond de crise religieuse et de bouleversements politiques, les Éditions Meystre proposent de remettre à l’honneur une œuvre dont les préoccupations ne se limitent pas à son époque. Cette nouvelle édition est en outre accompagnée d’une importante préface de Roland Thévenet.

Pourquoi certains écrivains disparaissent-ils ainsi de notre mémoire ? Que reste-t-il de leur œuvre lorsque le monde qui les a vus naître s’est profondément transformé ? Et pourquoi faudrait-il encore lire René Bazin aujourd’hui ? Xavier Meystre revient sur ces questions et sur la place singulière de L’Isolée dans l’œuvre de l’académicien angevin.

***

Comment expliquer que René Bazin, académicien admiré en son temps, ait presque disparu des bibliothèques françaises, tandis que son petit-neveu Hervé Bazin reste, lui, largement lu et étudié ?

Ce purgatoire littéraire tient à plusieurs causes conjuguées. D’abord une question de génération et de mémoire : le nom « Bazin » s’est déplacé vers Hervé, dont l’œuvre, plus rebelle et plus proche des sensibilités du second XXᵉ siècle, s’est imposée dans l’enseignement secondaire. Ensuite, et surtout, l’œuvre de René Bazin appartient à un monde — rural, catholique, enraciné — que l’école républicaine et la critique littéraire du siècle dernier ont eu tendance à congédier comme dépassé, voire réactionnaire. Un romancier qui défend ouvertement la terre, la paroisse et la tradition ne pouvait qu’être marginalisé par une critique longtemps encline à valoriser la rupture plutôt que l’enracinement.

Très modestement, nous pourrions dire que les Éditions Meystre se sont spécialisées dans la réédition des écrivains congédiés par la République.

L’Isolée est parfois présenté comme un « roman à thèse ». Est-ce une étiquette réductrice, ou Bazin assume-t-il pleinement de défendre sa vision du monde à travers la littérature ?

 L’étiquette n’est pas fausse, mais elle est incomplète si on l’entend au sens péjoratif. Bazin ne dissimule rien de sa conviction : il écrit pour défendre une liberté de conscience et une civilisation qu’il voit menacées. Mais un roman à thèse n’est réducteur que lorsque la thèse écrase les personnages. Or Bazin reste avant tout un romancier — il observe, il campe des figures vivantes, il fait sentir le poids concret d’une persécution avant de la théoriser. La thèse habite le roman, elle ne le remplace pas. À mon sens, ce qui fait et définit réellement un écrivain est sa capacité à décrire son époque, c’est-à-dire le réel afin d’être au plus près de la vérité.

Peut-on dire que L’Isolée est, au fond, l’un des grands romans de la défense de la chrétienté, et non seulement de la « liberté religieuse » comme on l’entend parfois ?

C’est bien là le mouvement profond du livre. Ce qui commence comme le récit d’une religieuse chassée par les lois de laïcisation s’élargit peu à peu en une méditation sur ce qu’une civilisation perd lorsqu’elle arrache ses institutions à leurs racines spirituelles. Bazin ne plaide pas seulement pour un droit — celui de croire et de se consacrer à Dieu — il plaide pour une manière d’être au monde, façonnée par des siècles de foi, et dont la disparition laisse un vide que la République laïque, malgré toute sa générosité proclamée, ne comble pas. Si l’on juge un arbre à ses fruits, nous pourrions même dire que c’est tout le contraire.

L’on remarquera aussi que cette fameuse « liberté religieuse » est possible et accessible à tous sauf aux catholiques.

Le roman s’inscrit dans le contexte des lois anticléricales de la IIIᵉ République. Que nous apprend cette œuvre sur la nature de ce régime ?

L’Isolée est un document autant qu’une œuvre littéraire. Il montre comment une République qui se voulait l’héritière des Lumières et de la tolérance a pu, dans son application concrète — expulsions de congrégations, fermetures d’écoles, inventaires des biens ecclésiastiques —, se faire elle-même intolérante envers une partie de ses citoyens. Bazin met en lumière ce paradoxe : au nom de la liberté, on a persécuté des consciences. C’est une leçon qui dépasse son époque, sur la manière dont tout pouvoir, même animé des meilleures intentions théoriques, peut se retourner contre ceux qu’il prétend émanciper.

Plus d’un siècle après sa publication, ce roman conserve-t-il une véritable actualité ?

Sans forcer le parallèle, on ne peut nier une résonance : la question de la place de la foi dans l’espace public, la suspicion parfois portée aux convictions religieuses affichées, l’idée qu’une certaine orthodoxie laïque doive s’imposer à tous — ces tensions n’ont pas disparu. L’Isolée invite moins à établir des équivalences directes qu’à réfléchir, avec la distance du temps, sur la fragilité toujours possible de la liberté de conscience, quel que soit le régime qui prétend la garantir. Bazin et tous les écrivains que je réédite ont, je le crois, cette force de combattre et de dénoncer les problèmes de leur époque mais aussi de s’inscrire dans une intemporalité.

Bazin ne caricature pas les partisans de la laïcisation ; son roman laisse une large place aux nuances psychologiques. Est-ce là ce qui distingue un grand romancier d’un simple polémiste ?

C’est très exactement ce qui distingue Bazin d’un pamphlétaire. Ses adversaires — les partisans de la laïcisation, les fonctionnaires zélés, parfois même des figures hostiles à l’héroïne — ne sont pas réduits à des caricatures. Bazin leur prête des motivations compréhensibles, parfois même une sincérité. C’est cette générosité de regard, cette capacité à faire vivre l’autre camp sans le trahir ni l’épargner, qui fait de lui un romancier au sens plein, et non un simple porte-voix de ses idées. Il est, en effet, très loin des caricatures et a vraiment une analyse très fine de l’état de l’esprit d’antan.

Quel serait votre principal argument pour convaincre un jeune lecteur d’ouvrir ce livre plutôt qu’un roman contemporain ?

Je lui dirais ceci : la littérature contemporaine excelle souvent à décrire le doute, la fragmentation, l’absence de sens. L’Isolée offre l’inverse — une héroïne qui sait pourquoi elle vit, pourquoi elle souffre, et pour quoi elle est prête à tout perdre. Dans un monde saturé d’ironie et de relativisme, découvrir un personnage habité par une conviction aussi entière est presque une expérience dépaysante, et salutaire.

Et plus simplement, puisque nous sommes tous conditionnés au marketing et aux publicités, je lui poserais la simple question : Comment se fait-il que René Bazin soit mis de côté alors qu’il n’a jamais écrit une ligne polémique mais est toujours resté dans la mesure et la finesse ?

Outre L’Isolée, quels titres conseilleriez-vous à qui voudrait découvrir René Bazin ?

On pourra recommander La Terre qui meurt, qui prolonge cette méditation sur l’enracinement rural face à l’exode et à la modernité ; Les Oberlé, roman de l’Alsace annexée et de la fidélité à la patrie française ; et De toute son âme, qui aborde la question sociale avec la même exigence morale. Ces trois titres permettent de mesurer l’ampleur d’une œuvre où la terre, la foi et la patrie forment un même tissu.

Entretien mené par F. d’Oteghem

À lire également, nos précédents entretiens avec Xavier Meystre :

La loi pervertie par la spoliation légale

Lu dans Les 4 Vérités :

Frédéric Bastiat a écrit, avec « La loi », un texte prémonitoire – comme souvent – dont je donne ci-après un abrégé. Notre situation actuelle en fournit une illustration caricaturale : L’énorme production législative n’est pas consacrée à édicter des règles de bonne conduite, mais à concocter des mesures qui, au fil des changements de majorité, favorisent telle ou telle fraction du corps social.

La loi pervertie ! La loi non seulement détournée de son but, mais mise en œuvre afin de poursuivre un but totalement contraire ! La loi accomplissant elle-même l’iniquité qu’elle a pour mission de punir !

C’est là un fait grave, sur lequel doit être attirée l’attention de nos concitoyens.

La déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 stipule en son article 2 : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, la résistance à l’oppression. »

Chaque homme a le droit de défendre, y compris par la force, sa personne, sa liberté, sa propriété. Plusieurs hommes ont le droit de s’associer, d’organiser une force commune pour pourvoir à cette défense.

De même que la force d’un individu ne peut avoir le droit d’attenter à la personne, à la liberté, à la propriété d’un autre individu, de même la force commune ne peut être légitimement utilisée pour attenter à la personne, à la liberté, à la propriété d’individus ou groupes d’individus.

La loi, c’est l’organisation du droit naturel de légitime défense. C’est la substitution de la force collective aux forces individuelles pour agir dans le domaine où celles-ci ont le droit d’agir, pour garantir les personnes, les libertés, les propriétés, pour maintenir chacun dans son droit, en un mot pour faire régner la justice.

Le but de l’homme, c’est de se développer grâce à l’utilisation de ses talents.

Certains hommes ont découvert qu’ils pouvaient aussi se développer aux dépens des autres. En effet, l’homme peut vivre et jouir en s’appropriant les produits des talents de ses semblables. C’est la spoliation.

C’est le cas lorsqu’un individu s’approprie, par force ou par ruse, le bien d’autrui. C’est alors un vol, et le coupable est sévèrement puni par le Code pénal.

Mais il existe une spoliation cachée, et même encouragée et protégée par la loi. En effet, sous prétexte d’organiser, de réglementer, de protéger, d’encourager, la loi peut prendre aux uns pour donner aux autres. Elle peut puiser dans les richesses acquises par l’ensemble de la population pour augmenter la richesse d’un groupe particulier. Ce sera tantôt les agriculteurs, tantôt les fabricants, les négociants, les artistes, etc. Il n’est pas de groupe qui ne prétende – dans son esprit avec juste raison – exploiter la loi à son profit.

C’est par la généralisation de ce procédé que s’est organisée la spoliation légale. Cette spoliation légale peut s’exercer d’une infinité de manières : taxes, primes, subventions, impôt progressif, etc.

Quand une fraction de richesse passe, sans son consentement, de celui qui l’a acquise à celui qui ne l’a pas créée, que ce soit par force ou par ruse, il y a atteinte à la propriété, il y a spoliation. Il y a même spoliation avec circonstances aggravantes, et c’est ce que la loi devrait réprimer !

Ce n’est pas celui qui profite de la spoliation qui en est responsable, c’est la loi, c’est le législateur, c’est la société, et c’est ce qui en fait un grave danger !

Dans une société efficace, le rôle de l’état n’est pas la satisfaction directe des intérêts de qui que ce soit, mais la réalisation de l’environnement dans lequel les individus et les groupes sont dans les conditions les plus favorables pour se fournir mutuellement de quoi satisfaire leurs besoins respectifs.

Quelle sera la prochaine étape. Suite * *

A peine le Conseil Constitutionnel avait-il validé la loi sur l’aide à mourir que Emmanuel Macron publiait un communiqué dans la Presse pour saluer cette victoire historique :

« Cette décision parachève un débat démocratique exemplaire, et apporte une garantie essentielle à nos concitoyens. Le Conseil Constitutionnel consolide ainsi l’équilibre du texte adopté par le Parlement. Il est désormais possible de se tourner vers la mise en œuvre de cette réforme avec la certitude qu’elle repose sur des fondements démocratiques. »

On se demande bien en quoi cette loi est démocratique ?
Rejetée par l’ensemble du corps médical, passée au forceps après de nombreux aller et retours entre l’Assemblée nationale et le Sénat, puis validé par un Conseil Constitutionnel à la botte de notre Président, cette loi est tout sauf démocratique.

Par contre, pour de sombres motifs difficiles à expliquer, elle représente pour Emmanuel Macron une réforme majeure annoncée lors de sa campagne de 2022. Et ce qu’un Macron veut, un Macron l’obtient. Ses maîtres peuvent être fiers de lui !

Depuis le verdict des Sages ce vendredi 14 août, de nombreux articles paraissent dans la Presse pour nous vanter les bienfaits de l’euthanasie et du suicide assisté. Ainsi, l’Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité rappelle avec insistance les arguments en faveur de cette loi. D’abord elle permettra de soulager d’horribles douleurs et elle offrira à des malades atteints de maladies dégénératives la possibilité de préserver leur dignité, mais surtout elle donnera à chacun la liberté de pouvoir choisir le jour de sa mort. Sur ces derniers points, quelques défenseurs de cette loi tant décriée ont exhumé un témoignage paru dans le magazine « Elle » de juin 2025. Dans cet article, Nicole Croisille confiait sa volonté de mourir dignement :

« Je ne veux pas devenir dépendante, encore moins être un poids. La dignité n’a pas d’âge, elle ne disparaît pas parce qu’on est pauvre ou qu’on est vieux.
La religion c’est ça qui bloque : on ne peut pas faire ce que l’on veut de sa vie. »

Bien décidée à mourir dignement, elle avait décidé de se rendre en Belgique où l’euthanasie était déjà légale en 2025. Rendez-vous fut donc pris pour le 4 juin. Malheureusement pour elle, rien ne se passa comme prévu !

Dès le premier juin, elle fut hospitalisée en urgence dans une clinique parisienne, son état s’étant soudainement aggravé. Elle y reçut pendant trois jours des soins palliatifs jusqu’à son décès naturel dans la nuit du trois au quatre juin. Pile à la date prévue mais pas comme prévu !

Avec beaucoup d’humour, Dieu venait de bousculer tous ses plans pourtant préparés avec minutie !
Malgré tous ses efforts pour contourner la loi, pour s’affranchir de la religion et organiser dans les moindres détails sa fin de vie, Nicole Croisille est morte sans rien maîtriser, de manière très banale. Finalement, on peine à voir dans son témoignage le moindre argument en faveur de l’euthanasie, bien au contraire : tout c’est passé simplement, malgré toute cette agitation bien inutile.

Autre affaire citée récemment dans les médias : le cas de Catalina Giraldo. Cette jeune Colombienne souffrant de troubles dépressifs persistants depuis l’âge de vingt ans a choisi de se faire euthanasier en juillet dernier. Pour elle, ses souffrances étaient incompatibles avec une vie digne. Il ne nous revient pas de juger de la pertinence d’un tel choix, certaines dépressions doivent être difficiles à endurer. Par contre, il n’est pas du tout sûr que l’euthanasie ait réglé son problème. Rien ne garantit qu’une âme tourmentée trouvera la paix après la mort. Etant ici-bas pour permettre à notre âme de trouver la paix en Dieu, ce n’est certainement pas en détruisant notre corps que l’on pourra faire taire les angoisses de notre âme. Si le corps est périssable, l’âme de son côté est éternelle, éternelle dans la paix de Dieu pour celui qui meurt en Christ mais éternelle aussi dans les tourments d’un mal-être non résolu, là où sont les pleurs et les grincements de dents !

* * Quelles seront ces prochaines étapes ?

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Rencontre entre le cardinal Bustillo et les franc-maçons

Le 7 août, au col de Vergio en Corse, une centaine de Francs-maçons corses de différentes obédiences ont reçu le cardinal François Bustillo. Le Canard relate l’événement ainsi :

Screenshot

Un journal maçonnique en parle là.

La déclaration romaine du 26 novembre 1983 maintient le jugement négatif de l’Église catholique sur les associations maçonniques et interdit aux fidèles d’y adhérer. En novembre 2023, le Dicastère pour la doctrine de la foi a encore rappelé cette incompatibilité.

Mortalité infantile

Lu dans Les 4 Vérités :

Le « Canard enchaîné » du 5 août dernier a signalé qu’un rapport sur la mortalité infantile dormait dans les tiroirs du ministre de la Santé depuis janvier dernier.

Il faut dire que la situation n’est pas brillante – et même assez radicalement différente du « réarmement démographique » annoncé à grand renfort de trompettes médiatiques par notre Jupiter national.

La France, qui disposait naguère de l’un des meilleurs systèmes de santé au monde, figure désormais en 23e position de l’Union européenne avec 4,1 décès avant l’âge d’un an sur mille naissances en 2024 (la moyenne européenne étant à 3,3).

Les causes de cet effondrement sont naturellement diverses et complexes – de la fermeture des petites maternités de province à la hausse de l’âge des parturientes, en passant par la précarité sociale de certaines jeunes mères (les femmes étant plus souvent touchées par la pauvreté que les hommes). Elles sont donc loin de relever toutes de la responsabilité gouvernementale.

Il paraît même que la mortalité infantile touche davantage les bébés nés de mères elles-mêmes nées hors de l’Union européenne.

Mais, au-delà des causes, le phénomène lui-même mérite qu’on s’y arrête.

On sait qu’Emmanuel Todd avait prédit dans les années 1980 la ruine prochaine de l’empire soviétique en analysant les statistiques de mortalité infantile : ces statistiques sont en effet un puissant indicateur de l’effondrement d’un pays ou d’un régime politique.

Tout porte à croire que, chez nous aussi, le collectivisme qui détruit toute entreprise, mais aussi toute recherche de performance médicale, est à bout de souffle.

D’autant que les mauvais chiffres de la mortalité infantile ne sont pas les seuls – il s’en faut de beaucoup ! – à être inquiétants.

À vrai dire, ce sont tous les indicateurs économiques, sociaux et culturels qui virent au rouge vif.

Mais le plus étrange, c’est que l’immense majorité des prétendants à la magistrature suprême nous proposent une aggravation de ce collectivisme en 2027.

Certes, ce dernier a « l’avantage » d’acheter, en piquant dans la poche des contribuables, des clientèles électorales qui assurent, en retour, une vie de nabab à leurs « représentants ». Mais, comme le disait Margaret Thatcher, « le problème avec le socialisme est que vous finissez un jour par avoir dépensé tout l’argent des autres ». Nous nous rapprochons de ce jour – et les chiffres de la mortalité infantile en sont un indicateur clair.

Emmanuel Macron a publié la loi sur l’euthanasie

À un peu plus d’un mois de la visite du chef de l’Eglise catholique, le président français, depuis le Fort de Brégançon, a promulgué au Journal officiel la loi permettant l’élimination des personnes considérées comme inutiles.

En 1939, Adolf Hitler signait une loi permettant la « mort miséricordieuse ». Derrière les mots, l’objectif est identique : exterminer les personnes jugées inutiles pour la société. Karl Brandt, médecin personnel d’Hitler, puis commissaire général pour la Santé et les Affaires sanitaires, a défendu lors de son procès, sa participation au programme d’« euthanasie » : selon lui, il ne s’agissait pas d’éliminer un être humain, mais « de le libérer de la souffrance qu’il subissait. »

L’Atelier et la Grâce – Lettre à l’artisan qui veille dans la nuit.

À ceux qui, comme moi, ont posé leurs mains sur un outil en se demandant si cela servait à quelque chose.
À ceux qui veillent, même quand la lumière tarde.
À Claire Oppert, dont l’archet est une main posée sur l’épaule du monde.

« L’attention est la forme la plus rare et la plus pure de la générosité. »
— Simone Weil, Lettre à Joë Bousquet, 13 avril 1942.

Illustration : Georges de La Tour, Saint Joseph charpentier, vers 1642. Huile sur toile, 137 × 102 cm, Paris, Musée du Louvre. Dans cette œuvre, l’Enfant tient la chandelle qui éclaire le visage et les mains de Joseph. L’artisan ne produit pas la lumière sous laquelle il travaille : il la reçoit.
Je ne sais pas qui tu es. Mais je sais que tu as déjà, dans le silence de minuit, regardé tes mains en te demandant si elles n’étaient que de la poussière inutile.

I. — L’obstacle
On t’a dit que l’art était une opinion, qu’il fallait crier son manifeste, faire du bruit sur la place publique. Tu as peut-être cru, comme moi, que la beauté se votait à main levée, qu’elle était une surface brillante. Mais toi qui passes des heures face au bloc de bois, à la toile muette ou à la page blanche, tu sais que l’art commence là où le mensonge s’arrête.

La matière n’est pas docile : elle est un mur. La couleur résiste, la note refuse de chanter, le mot se dérobe et trahit la pensée. Cet obstacle n’est pas un simple accident : c’est le poids de ta propre finitude qui te revient, intact, sans médiation.

L’établi n’est pas un meuble : c’est un tribunal secret. Une géographie intérieure où chaque rayure, chaque éclat, chaque fausse note devient la cicatrice d’un combat perdu d’avance. Le bois se fend, la pierre s’effrite, et la nausée monte devant l’imperfection de ce que l’on touche.

Et pourtant, tu recommences. Non par espoir triomphant, mais par une nécessité obstinée, comme si abandonner revenait à mourir avant l’heure. L’obstacle n’est pas une porte à forcer ; c’est un seuil à habiter.

L’échec ne t’interdit pas l’atelier. Il t’y renvoie.

II. — Deux portes, une même fatigue
Il y a deux manières d’éprouver cette solitude.

La première, c’est le concert. Tu es là, dans le noir, parmi des inconnus. Un archet mord la corde, une voix s’élève, et soudain le temps suspend sa chute. C’est la communion furtive, le miracle d’un souffle partagé qui fait taire, pour un instant, la peur d’être seul au monde.

La seconde, c’est le musée. Là, les morts veillent. La lumière demeure sur la toile, le marbre garde la trace de mains qui ne sont plus. Tu entres et tu te mesures à des générations de fantômes. C’est la fatigue des yeux et des jambes, mais surtout celle de savoir que l’œuvre te dépasse infiniment, qu’elle restera toujours une promesse non tenue.

Une œuvre ne se consomme pas ; elle se fréquente dans la patience des nuits. L’art, comme la foi, nous arrache à nos certitudes pour nous laisser désarmés devant ce que nous ne posséderons jamais.

III. — Servir la lumière
Je vais souvent au musée. Non pour y chercher des maîtres, mais pour y croiser des visages qui ont traversé le feu. Cette reconnaissance est un mystère, et le mystère est une grâce.

En regardant les mains de saint Joseph dans le tableau de La Tour, j’ai fini par comprendre que l’artiste n’est pas un démiurge souverain : il est un serviteur. Il ploie sous le silence et sous une exigence qui le précède. Joseph travaille sous une lumière qu’il ne produit pas ; cette lumière est tenue par l’Enfant. Comme l’artiste, il ne possède pas la lumière ; il la sert.

Tout est là. Les mains usées, le bois rugueux, l’ombre épaisse qui cerne l’atelier : rien n’est masqué de notre misère, mais tout est transfiguré par une clarté reçue. La grandeur de l’artisan n’est pas de posséder la beauté, mais d’accepter de s’y consumer.

Cependant, l’atelier n’est pas une forteresse spirituelle. Il ne vaut que s’il s’ouvre au cri de ceux qui crèvent de froid au-dehors. Une cellule, oui, mais ancrée au cœur de la cité des hommes.

IV. — Un geste qui n’a pas besoin de guérir
Je pense à Claire Oppert, violoncelliste jouant dans les unités de soins palliatifs. Elle ne vient pas faire diversion ; elle dépose la musique au bord du néant, là où les mots se brisent. L’art n’est plus un spectacle, il devient une présence nue. Une main posée sur l’épaule de la souffrance, sans rien exiger en retour.

Une main qui ne juge pas, qui ne sauve pas, mais qui tient compagnie.

Tu n’es pas appelé à briller dans les salons, mais à tenir ta place dans la tranchée. Ton geste le plus secret sauvera peut-être une âme de l’asphyxie, ou bien sombrera dans le silence total. Et ce sera juste, parce que tu auras été là, à ton poste.

Être là, sans garantie de salut ni d’utilité, c’est cela la fidélité de l’artisan. L’art ne supprime pas la mort, mais il refuse de céder le dernier mot à l’abjection du silence.

V. — Une pharmacie qui ne promet rien
Ma bibliothèque, mes disques, les quelques tableaux ancrés dans ma mémoire : ce n’est pas un panthéon, c’est une pharmacie. Une pharmacie qui ne guérit rien, mais qui empêche l’âme de s’effondrer. Quand le chaos intérieur menace de tout submerger, je cherche une forme, un accord, une ligne qui redonne un contour à l’esprit.

Et parfois, la pharmacie est vide. Les livres restent muets, les notes sonnent creux. Alors l’atelier devient une cellule d’agonie où l’on apprend à veiller sans remède — exactement comme on veille un malade que l’on sait condamné.

Et pourtant, dans ce vide, quelque chose tient — une présence sans nom, peut-être.

Nous bâtissons des œuvres sans filet, sans savoir si elles survivront à la nuit. C’est un acte de foi pure : jeter une bouteille à la mer sans espérer de réponse.

VI. — L’errance et l’attention
L’atelier m’a appris qu’il existe une errance qui n’est pas la paresse, mais le désert nécessaire. L’esprit se perd dans les replis d’une toile ou la scansion d’un vers, s’abîmant dans l’incapacité de comprendre.

Puis, dans le silence de l’épuisement, la lumière arrive. Non pas comme une récompense, mais comme un don gratuit. L’errance cède la place à l’attention, et l’attention se change en prière muette.

Ce désert de l’attente est une épreuve brûlante : il faut renoncer à toute maîtrise, accepter de ne plus savoir faire, pour tout recevoir du dehors — ou du silence de Dieu.

VII. — Tu n’es pas une réponse
Ton œuvre n’est pas un message à porter au monde : elle est une brèche, un langage précaire par lequel des exilés peuvent se reconnaître à travers les ténèbres.

Ne cherche pas à être de ton temps, ni à singer la modernité. Cherche à être vrai jusqu’à l’os, rivé à la matière, au grain du bois et à la sueur du front.

Tu n’as pas à être le meilleur. Tu as à être le plus fidèle.

Tu découvriras alors ce que l’établi murmure dès la première heure : la matière n’est pas un obstacle à abattre, elle est le seul corps que l’esprit puisse habiter. Et la beauté, servie dans le secret, devient le pont jeté vers l’Invisible.

VIII. — L’atelier n’est pas une île
Tu n’es pas seul à cet établi. Dans l’ombre, derrière toi, se tiennent ceux qui t’ont transmis le feu ; devant toi, ceux qui recueilleront tes débris sans que tu les voies jamais.

L’échec n’est pas une fin ; c’est le terreau obscur où la graine doit pourrir pour germer. L’artisan n’est qu’un passeur, un maillon fragile dans la chaîne des générations. Il reçoit un legs qu’il n’a pas mérité, et le transmet les mains tremblantes.

IX. — Ce qui reste
Et si tout cela n’était qu’une illusion dérisoire pour colmater l’angoisse d’exister ? Une piété esthétique pour fuir la boue du monde ?

C’est le doute qu’il faut traverser. Que reste-t-il lorsque l’on dépouille l’art de toute vanité, de toute promesse de gloire ou d’éternité ?

Il reste la main, encore crispée sur l’outil. Le geste têtu dans la nuit. La fidélité nue qui ne réclame ni salaire ni applaudissement.

Et peut-être, au fond, cette parole ancienne du Psaume 127 :
« Si le Seigneur ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain. »

Qu’on l’appelle Dieu, destin, ou l’ombre d’une présence, il reste que nous ne posons pas seuls la pierre. Nous ne sommes pas les architectes de nos œuvres ; nous en sommes les maçons obscurs. Nous posons la pierre, mais la maison ne tient que par une grâce qui nous dépasse.

Dans le tableau de La Tour, Joseph veille sous la flamme sans jamais chercher à l’emprisonner. C’est peut-être notre seule issue : accepter que la nuit ne soit jamais entièrement vaincue, tenir bon à sa place, et continuer.

La beauté te regardera — ou pas. Mais toi, tu veilles, la main crispée sur l’outil, au cœur des ténèbres. Et cela suffit.

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300 participants à l’université de l’Ouest d’Academia Christiana

Compte-rendu de l’Université d’été d’Academia Christiana :

Chers amis,

Nous venons tout juste de terminer notre grande université d’été de l’Ouest. Les dernières caisses de matériel sont triées et rangées, et nos bénévoles peuvent enfin se reposer.

Nous voulons d’abord les remercier. Préparation, tenue, rangement : sur nos deux universités d’été, ce sont plus de vingt jours que notre équipe a donnés, sans compter, pour que cette mission réussisse.

300 participants à l’université de l’Ouest. Plus de 750 personnes au Festival du bien commun. Et pourtant, cette année encore, nous avons dû refuser du monde, faute de place : la demande a dépassé les capacités logistiques du lieu qui nous accueillait, malgré le soutien de nos donateurs.

Un nouveau lieu, une nouvelle région : le pari était risqué. Il a confirmé notre intuition. Les participants sont venus malgré les différents changements. Nous avons su offrir, malgré un lieu où tout était à construire, un cadre propice à cette jeunesse en quête de sens.

À l’université d’été, les conférences forment l’intelligence. Mais former des hommes et des femmes ne s’arrête pas là. Le service s’apprend en épluchant les légumes, en essuyant la vaisselle, dans ces tâches que personne ne choisit et que tous acceptent. La vie en communauté, que beaucoup découvrent pour la première fois, devient un lieu réel, pas une idée. On y apprend l’échange par la danse, la foi par une conversation avec un prêtre, un soir, sur un banc. Chaque journée, portée par la messe, le chapelet, l’adoration, garde le regard tourné vers Dieu. Le cœur, l’âme, la main, le corps, l’intelligence : c’est cette éducation intégrale qui fait rayonner la joie.

Un soir, l’équipe de vaisselle chante à tue-tête pour venir à bout de la pile d’assiettes. Un peu plus tard, des jeunes se retrouvent au rythme des danses traditionnelles. Ailleurs, un petit groupe reprend, dans le calme, ce qu’un conférencier leur a dit dans la journée, et qui, visiblement, porte ses fruits.

Cette semaine encore, des antifascistes se sont acharnés : dénonciations et calomnies dans la presse, collage d’affiches, dégradations et tags sur le lieu qui nous accueillait. Ce sont des attaques qui n’existent que dans leur monde médiatique, mais qui nous font pourtant beaucoup de tort. Elles paraissent bien peu de chose face à la vie débordante, à la soif ardente, à la joie de nos participants.

Une soif que seule la transmission peut combler.

La transmission du savoir, d’abord, par nos conférenciers, qui comblent le fossé entre les générations. Le thème de cette année, la génération Z, tombait juste : les échanges entre conférenciers et participants l’ont montré, cette jeunesse tant décriée attend d’être transmise, pas jugée.

La transmission se joue aussi entre bénévoles. Dès le lundi, l’équipe cuisine a transformé quatre cochons entiers : saucisses, terrines, pâtés de tête, côtes, chair à farcir. Le chef a transmis son savoir-faire à une dizaine de bénévoles plus jeunes. Côté logistique, on apprend à réagir dans l’instant. Le pôle liturgie forme de nouveaux servants de messe. Le savoir-faire se transmet ainsi, d’une main à l’autre.

Ces différents savoir-faire sont la véritable richesse de notre mission. Quel que soit le lieu, nos jeunes participants découvrent un monde enraciné : une cuisine traditionnelle, faite maison à partir de bons produits ; des journées tournées vers le vrai, le bien, le beau ; des soirées animées par de véritables musiciens, où la convivialité est de mise. Un cadre propice et réel pour répondre à cette quête de sens.

Nous voulons remercier, tout particulièrement, le domaine qui nous a accueillis. Un lieu qui, par son courage autant que par sa beauté, a porté cette semaine du premier au dernier jour. Malgré les pressions subies durant toute cette période, ils n’ont jamais reculé. Si nos participants ont pu vivre une telle expérience, c’est grâce à eux.

À la sortie de ces événements, on ressent souvent un manque. Une nostalgie. L’impression d’avoir vécu une parenthèse inoubliable, avant de retrouver un monde qui, lui, ne l’est pas.

C’est pourtant là notre véritable mission : transformer l’essai. Passer d’une parenthèse par an à une vie entière. Non pas en multipliant les événements, mais en aidant chacun de ces jeunes à retrouver du sens, à réorienter sa vie, à l’ordonner au service du bien commun.

Nous en attendons beaucoup et nous sommes convaincus que ces universités d’été porteront de grands et merveilleux fruits.

Bien à vous,

L’administration fiscale oblige à déclarer ses revenus en ligne puis se fait pirater

Depuis 2019, la déclaration en ligne est généralisée à tous les contribuables disposant d’un accès Internet. Néanmoins si et seulement si vous n’êtes pas en mesure de le faire, vous pouvez continuer à utiliser la déclaration papier.

Vendredi, la directrice générale de l’administration fiscale, Amélie Verdier, a présenté ses excuses aux contribuables suite au piratage du système d’information de la Direction générale des finances publiques (DGFIP) il y a quelques semaines. Un vol de données concerne 678.000 particuliers et professionnels. Amélie Verdier n’a pas daigné présenter sa démission.

Ces données fiscales sont désormais en vente. Gare aux arnaques dans les semaines à venir. Au-delà des coordonnées (nom, prénom, date et lieu de naissance, situation familiale, adresse postale et mail ou encore numéro de téléphone), les informations compromises dressent un profil d’une précision redoutable. On y trouve en effet :

  • L’identifiant fiscal
  • Le revenu fiscal de référence
  • Le taux de prélèvement à la source
  • Le nombre de parts fiscales et de personnes à charge
  • Les informations relatives au conjoint
  • L’historique des échanges avec l’administration.

Exigeons des candidats à la prochaine élection présidentielle d’abroger la loi sur l’euthanasie

Suite à la décision déplorable du Conseil constitutionnel, l’ECLJ poursuit le combat :

Nous allons maintenant poursuivre ce combat dans les autres pays ayant déjà légalisé l’euthanasie, afin d’y garantir aussi la liberté des établissements confessionnels. En France, nous nous préparons à contester les décrets d’application qui seront adoptés par le gouvernement dans les prochains mois. Nous nous préparons aussi, malheureusement, à conseiller des familles qui seront confrontées à une décision d’euthanasie d’un proche.

Pour le reste, la décision du Conseil constitutionnel est déplorable.

Il valide toute les autres dispositions de la loi, y compris le délai de 48h, l’absence d’information des proches, l’absence de voies de recours, l’euthanasie des personnes sous tutelle, etc.  Les risques graves d’abus créés par cette loi, que nous avons dénoncés dans notre intervention au Conseil, ne sont donc pas corrigés.

Face à cela, la réponse immédiate est d’exiger des candidats à la prochaine élection présidentielle d’abroger cette loi.

Il existe encore un autre angle d’attaque: la demande de récusation à l’égard de Jacques Mézard, le militant de l’euthanasie devenu membre du Conseil, n’a pas été acceptée par le Conseil. Il a donc participé à la décision. De même qu’Alain Juppé. Cette décision pourrait donc être contestée, pour partialité, devant la Cour européenne des droits de l’homme.

Nous allons poursuivre le combat.

Année jubilaire de saint François d’Assise

« Que cette année spéciale nous incite tous, chacun selon ses possibilités, à imiter le pauvre, à nous former autant que possible sur le modèle du Christ, à ne pas réduire à néant les résolutions de l’année sainte qui vient de s’écouler. » Pape Léon XIV

2026 est l’année du 800ème anniversaire de la mort de saint François d’Assise (ce dernier ayant rendu son âme à Dieu le 3 octobre 1226).

Cette année spéciale, du 10 janvier 2026 au 10 janvier 2027, a été proclamée comme année jubilaire par le pape Léon XIV, par un décret daté du 16 janvier 2026, qui invite « chaque fidèle chrétien, à l’exemple du saint d’Assise, se fera lui-même modèle de sainteté de vie et témoin constant de paix ». Par ailleurs, ce décret explique que l’indulgence plénière, signe de pardon, de réconciliation et d’espérance est accordée « aux conditions habituelles [confession sacramentelle, communion eucharistique et prière selon les intentions du Saint-Père], applicable également sous forme de suffrage pour les âmes du purgatoire ». Le décret poursuit en précisant : « Afin que cette opportunité d’obtenir la grâce divine par le pouvoir des clés de l’Église se réalise plus facilement, cette Pénitencerie – poursuit le document – demande fermement à tous les prêtres, réguliers et séculiers, dotés des facultés appropriées, de se rendre disponibles, avec un esprit prompt, généreux et miséricordieux, à la célébration du sacrement de la réconciliation ».

À Assise, exceptionnellement, des reliques du Poverello italien ont été exposées du 22 février au 22 mars 2026. Plus globalement, des temps de prière de liturgie et de méditation sont proposés dans toutes les paroisses et tous les couvents franciscains du monde entier. « Il ne s’agit pas d’abord d’un calendrier d’événements, mais d’un itinéraire spirituel à parcourir ensemble », souligne le frère Massimo Fusarelli, ministre général de l’Ordre des Frères mineurs.

Durant cette année, chaque chrétien est invité à redécouvrir la spiritualité de celui qui a été surnommé l’Alter Christus tant sa vie a été exemplaire. Marchons dans les pas de ce modèle de sainteté et cet artisan de paix afin de convertir nos cœurs et nous rapprocher du Seigneur. Que sa sagesse incite le monde à répondre à son appel à « réparer la maison » en œuvrant pour la fraternité, l’écologie et la paix.

Desiderio bla-bla-bla

Le cardinal Vesco, archevêque d’Alger, célèbre la messe dans le train de Lourdes :

Qu’en pense la cardinal Roche, préfet du Dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements, à qui le pape a demandé de promouvoir la célébration digne des mystères sacrés ?

L’effondrement de la liberté d’expression

Nous avons hélas pris l’habitude d’une réduction progressive de nos libertés, et notamment de notre liberté d’expression. De la loi Pleven à la loi Avia, ce sont maintenant des décennies de législations et de jurisprudences qui traquent les voix dissidentes – et même, désormais, les arrière-pensées non « conformes ».

Mais l’été 2026 sera à marquer d’une pierre noire dans l’histoire de cet effondrement (il devient presque impossible de se souvenir que notre pays fut nommé d’après les Francs, qui se désignaient eux-mêmes par leur qualité d’hommes libres – un nouveau symptôme du fait que la France est littéralement occupée par une puissance hostile à son être historique).

De Chat control à Bruxelles (adopté par une minorité au Parlement européen : pourquoi faire semblant d’être démocrate ?!) à la lutte contre les « ingérences intérieures » (idée proprement géniale qui interdit aux Français de se mêler de ce qui les regarde !), la Macronie finissante s’en donne à cœur joie.

Mais je voudrais surtout donner quelques exemples de jugements rendus ces dernières semaines, dans des domaines différents et contre des « cibles » tout aussi différentes, qui montrent concrètement où nous en sommes.

Jacques Boncompain, auteur de plusieurs ouvrages sur le Maréchal Pétain (voir, par exemple, ici, ou ), et dont le moins que l’on puisse dire est qu’il n’a rien d’un excité ni, a fortiori, d’un nazi, a été condamné pour « contestation publique de crimes contre l’humanité » pour avoir dit que le Maréchal Pétain avait sauvé des Juifs. On peut sans doute considérer que la phrase est trop rapide, mais il a écrit quelques centaines de pages pour expliquer ce qu’il voulait dire et qui ne fait guère de doute, sauf pour ses censeurs : de toute évidence, le malheureux faisait allusion au refus du gouvernement de Vichy de traiter les Juifs français comme les Juifs étrangers, malgré les pressions de l’occupant national-socialiste qui rejetait les critères de nationalité pour ne conserver que sa définition raciale. Pour l’aider à supporter ses frais d’avocat, vous pouvez participer à la cagnotte qu’il a mise en ligne ici.

Doura Moutot, féministe et co-auteur de Transmania, a été condamnée pour injure publique pour avoir dénoncé le fait que certains hommes « devenus femmes » soient internés dans les prisons de femmes et violent leurs codétenues. Son expression était pourtant prudente puisqu’elle avait pris soin de préciser que ce n’était pas un cas général. Par ailleurs, en bonne militante de gauche, elle observait soigneusement les canons du politiquement correct. Rien n’y a fait. Cela montre que l’on peut condamner désormais n’importe qui pour n’importe quel propos.

Dernier exemple : la Cour de cassation a renvoyé l’abbé Pagès et votre serviteur devant la Cour d’appel en cassant la relaxe que notre excellent avocat, le cher Jérôme Triomphe, avait obtenue. Parmi les motifs de cette cassation figure le fait que l’abbé Pagès aurait rabaissé les homosexuels au rang d’animaux alors qu’au contraire, il protestait énergiquement contre un « argument » prétendant prouver que l’homosexualité est naturelle puisque pratiquée par les animaux et refusait de traiter des êtres humains, quels qu’ils soient, comme des animaux. On peut donc désormais être condamné pour l’exact inverse de ce que l’on dit. C’est sans doute cela qu’on appelle pompeusement « l’état de droit ».

Je n’ai pas vraiment l’impression que les innombrables candidats à la prochaine présidentielle se préoccupent de ce grave sujet. Mais il est certain que, sans le rétablissement de la liberté de débattre, aucune des réformes majeures qui s’imposent pour sortir notre pauvre pays de l’ornière où l’ont enfoncé des générations de dirigeants anti-nationaux ne sera simplement envisageable.

Guillaume de Thieulloy

NB : Pour ceux qui veulent creuser la question, j’ai publié un petit opuscule sur le sujet que vous pouvez télécharger ici.

GPA : une mère porteuse refuse d’avorter, un bras de fer judiciaire s’engage

McKenna West, qui portait l’enfant à naître de deux Californiens, Omar Ahmed et Nausheen Gilkar, s’est enfuie après une demande d’avortement et a accouché au Texas. Le fœtus présentait une malformation cardiaque grave. Le procureur général du Texas, en campagne électorale, s’en est mêlé. Un bras de fer judiciaire commence.

Une fois la maladie connue, les Californiens pour qui elle portait l’enfant ont souhaité interrompre la grossesse.

« J’ai eu le sentiment, lorsque le diagnostic a été posé et que la décision de mettre fin à sa vie a été prise, que c’était un acte égoïste ».« Même s’il n’est pas biologiquement mien… il me connaît et pour lui, je suis sa mère ».

West, qui vit en Alaska, a déclaré avoir décidé de prendre le risque des conséquences financières importantes liées à la rupture du contrat de gestation pour autrui et s’être rendue au Texas pour accoucher. Le procureur général du Texas, Ken Paxton, candidat républicain au Sénat américain, a obtenu une ordonnance du tribunal stipulant que « dès la naissance vivante de l’enfant, des soins de stabilisation et de maintien en vie médicalement indiqués devront lui être prodigués… »

La veille de la naissance du bébé, les deux hommes de Los Angeles a déposé une demande d’ordonnance restrictive temporaire interdisant à West de « se présenter à qui que ce soit comme la mère, la tutrice ou la personne habilitée à prendre des décisions médicales concernant l’enfant… » Leur avocat a déclaré que les parents biologiques avaient la garde légale complète de l’enfant.

Une pharmacie de garde… à 30km : L’euthanasie est passée, les malades ont donc le choix de ne pas se soigner

L’Etat préfère légaliser l’euthanasie plutôt que de financer les soins :

 Incompréhension et colère. Ce sont les sentiments qui peuvent résumer l’état d’esprit de Louis Madeleine, un habitant de Flers (Orne). Dans la journée du samedi 15 août 2026, il a été incapable d’aider son voisin qui venait de sortir de l’hôpital.

« Mon voisin était à l’hôpital et en rentrant chez lui, à Flers, il m’a demandé si je pouvais aller lui chercher les médicaments prescrits par l’établissement. J’ai de très bonnes relations avec lui, donc j’ai évidemment dit oui ». Et c’est là qu’a démarré le marathon de Louis Madeleine.

Une à une, il a fait le tour des pharmacies de la ville. Elles étaient toutes fermées, 15 août oblige. « J’ai donc appelé le 32 37, et on m’a envoyé vers une pharmacie à Passais-la-Conception ! »

Une distance de 32 km, soit 64 aller-retour que Louis ne se voyait pas parcourir, son âge le pénalisant.

Le dilemme entre la préservation de l’ intégrité sans ambiguïté de la foi catholique et être canoniquement reconnu par le Pape

Déclaration de Mgr Athanase Schneider :

Il est utile de rappeler un cas historique où un grand saint fut confronté au dilemme suivant : choisir entre préserver l’intégrité sans équivoque de la foi catholique et être reconnu canoniquement par le pape. Ce saint était le Père de l’Église du IVe siècle, saint Athanase d’Alexandrie. En 357, le pape Libère, après avoir signé une formule de foi ambiguë (omettant le terme doctrinal crucial de « consubstantiel »), ordonna à saint Athanase d’entrer en communion avec les évêques ariens et semi-ariens – des évêques avec lesquels le pape lui-même, sous la pression de l’empereur, était malheureusement entré en communion. Saint Athanase refusa d’obéir au pape, qui, selon le témoignage de saint Hilaire de Poitiers et d’autres sources historiques, l’excommunia, l’accusant de troubler la paix de l’Église. Malgré son excommunication, saint Athanase continua de gouverner son diocèse d’Alexandrie et fit même preuve de compréhension face à la conduite regrettable du pape Libère. Cependant, le pape saint Damase, successeur du pape Libère, remercia saint Athanase et le consulta au sujet des évêques d’Orient. Le pape Libère fut le premier pape à ne pas être canonisé, tandis qu’Athanase fut non seulement canonisé, mais aussi proclamé Docteur de l’Église.

Aujourd’hui, saint Athanase serait considéré comme un schismatique selon la définition du « schisme » dans le Code de droit canonique actuel, puisqu’il a refusé d’être en communion avec les membres de l’Église (évêques hérétiques et semi-hérétiques) qui étaient canoniquement reconnus et donc soumis au pape.

Les consécrations épiscopales réalisées à Écône par la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) le 1er juillet 2026 illustrent ce rare dilemme : celui de choisir entre préserver l’intégrité sans ambiguïté de la foi catholique telle qu’elle a été enseignée par le Magistère à travers les siècles, et obtenir la reconnaissance canonique du Pape. Ce dilemme transparaît dans les conditions attachées à la reconnaissance canonique de la FSSPX par le Pape : celle-ci doit accepter certaines ambiguïtés doctrinales nouvellement introduites (reflétées dans certains enseignements non définitifs du Concile Vatican II et dans certaines affirmations et actes du Magistère post-conciliaire), et accepter non seulement la validité mais aussi la justesse (légitimité) du rite de la Nouvelle Messe – malgré son imprécision doctrinale et rituelle, qui marque une rupture nette avec le rite romain traditionnel.

Pour aborder cette question complexe, il est essentiel de conserver une perspective lucide, de clarifier la terminologie et de garder à l’esprit le but véritable et ultime de l’Église ainsi que sa grande tradition ; car cette tradition remonte bien au-delà des siècles ou des décennies récentes. Ce faisant, il convient également de considérer des situations analogues tirées des crises majeures de l’histoire de l’Église.

Deux évolutions néfastes au sein de l’Église, au cours des derniers siècles, ont conduit à une vision étriquée de la réalité : la tendance à considérer l’aspect juridique comme quasi absolu, c’est-à-dire le légalisme ; et la tendance à absolutiser la personne du pape et l’obéissance à celui-ci, c’est-à-dire le papauté. Le légalisme, soit l’adhésion rigide à la lettre de la loi, et le papauté, soit l’obéissance indifférenciée et quasi absolue au pape, ont pris le pas sur la nécessité d’une clarté dans la foi et la liturgie. Pourtant, lors de chaque grande crise doctrinale de l’histoire de l’Église, la règle d’or a été d’éviter toute ambiguïté doctrinale, comme ce fut le cas pour le pape Honorius Ier, dont les lettres doctrinales ambiguës, publiées dans le cadre de son magistère ordinaire, furent fermement condamnées par ses successeurs et par trois conciles œcuméniques, malgré les tentatives de son second successeur, le pape Jean IV, d’établir une forme d’herméneutique de continuité.

De nos jours, on affirme souvent au sein de l’Église qu’aucun conflit de conscience ne peut surgir entre l’obéissance au Pape et la préservation de la pureté absolue de la foi. Cela signifie en définitive que l’obéissance au Pape est si valorisée qu’il est préférable d’accepter les ambiguïtés en matière de foi et de rites liturgiques plutôt que d’agir contre un commandement papal – même si ce commandement est purement humain et peut comporter des erreurs. Par ailleurs, une conception restrictive de la communion, qu’elle soit avec le Pape ou avec l’Église, s’est également développée. L’obéissance au Pape est perçue comme indissociable de la communion avec l’Église. Cela risque d’élever l’obéissance au Pape au même rang que l’obéissance à la révélation divine.

Il convient également de distinguer entre le droit positif — c’est-à-dire les lois disciplinaires édictées par l’autorité humaine de l’Église — et le droit divin, c’est-à-dire les vérités de foi révélées par Dieu. Nul ne peut contredire le droit divin et demeurer catholique. Dans des circonstances véritablement exceptionnelles et rares, cependant, un catholique peut être amené en conscience à agir contrairement au droit positif, précisément pour rester inébranlablement fidèle au droit divin.

Les concepts mêmes de « schisme » et de « soumission » n’ont pas encore été pleinement clarifiés dans leur application concrète et pratique. Le Code de droit canonique (canon 751) définit le schisme comme « le refus de se soumettre au Souverain Pontife ou de communier avec les membres de l’Église qui lui sont soumis ». En réalité, une conception très restrictive du « schisme » et de la « soumission » s’est développée dans l’histoire récente de l’Église, où la désobéissance matérielle au Pape – quelles qu’en soient les intentions – est pratiquement assimilée à un schisme formel.

Il faut également tenir compte de l’état de schisme formel, qui signifie le rejet, en principe, de l’autorité papale par l’établissement d’une hiérarchie distincte – comme ce fut le cas pour l’Église orthodoxe grecque en 1054, puis pour les nombreux groupes sédévacantistes jusqu’à nos jours. Cependant, on ne peut parler d’état de schisme formel tant que persiste la foi surnaturelle dans le dogme de la primauté et de l’infaillibilité papales, ainsi que le désir de vivre en soumission concrète à l’autorité papale – même si, en raison d’une crise extraordinaire au sein de l’Église, cela ne peut être pleinement réalisé pour le moment. Une telle crise extraordinaire peut entraîner une obscurcissement ou une suspension temporaire du devoir principal du ministère papal, à savoir défendre et proclamer, sans ambiguïté, l’intégrité de la foi et de la liturgie catholiques.

Il en va de même pour la notion de « communion » avec le pape. Pendant très longtemps, les ordinations épiscopales se déroulaient sans l’intervention directe du pape, et les différentes Églises et les évêques exprimaient leur communion avec lui de diverses manières. Ce n’est que plus tard dans l’histoire de l’Église que les papes ont exigé que toute ordination épiscopale soit faite avec un mandat papal. Pourtant, même après cette évolution, le droit canonique ne considérait pas les ordinations épiscopales illicites — c’est-à-dire celles accomplies contre la volonté du pape — comme des atteintes à l’unité de l’Église, comme des actes intrinsèquement schismatiques, ni comme intrinsèquement mauvaises. Aujourd’hui encore, le Code de droit canonique en vigueur classe les ordinations épiscopales illicites parmi les offenses concernant la célébration des sacrements ou les qualifie d’usurpations de charge.

En réalité, la norme exigeant un mandat papal pour les consécrations épiscopales relève du droit positif, et non du droit divin. Autrement, cette norme aurait été observée tout au long de l’histoire de l’Église, toujours, partout et par tous, sans exception. Bien entendu, un mandat papal pour les consécrations épiscopales est généralement nécessaire et a été judicieusement institué afin de mieux garantir la soumission hiérarchique de l’épiscopat au pape.

Le caractère extraordinaire de la crise actuelle au sein de l’Église se révèle, dans le cas présent, par le fait qu’une communauté dont la caractéristique essentielle est le désir d’être fidèle au Pape — et la Fraternité Saint-Pie X se considère comme telle — est confrontée à un choix tragique : soit obéir au Pape, et être ainsi contrainte d’accepter des aspects incertains et obscurs de la doctrine et de la liturgie, soit désobéir au Pape sur une question d’une importance capitale, telle que la consécration des évêques, dans le seul but de préserver les moyens de transmettre la foi et la liturgie dans leur pleine intégrité — comme un service rendu aux âmes, et donc à toute l’Église, y compris à la papauté elle-même.

Il ne faut pas non plus sous-estimer l’ampleur de la crise actuelle de l’Église, mais plutôt l’examiner avec lucidité, en remontant à ses racines mêmes. Celles-ci résident dans certaines déclarations doctrinales vagues et ambiguës du Concile Vatican II qui, au cours des soixante dernières années, ont semé la confusion. C’est le cas notamment du relativisme doctrinal issu de l’enseignement et de la pratique de l’œcuménisme et du dialogue interreligieux, qui a contribué à remettre en cause le caractère unique de Jésus-Christ et de son Église comme seul chemin du salut. De plus, certaines failles doctrinales et rituelles de la réforme liturgique, avec ses tendances protestantes, ont occulté la dimension sacrificielle centrale de la messe et son orientation christocentrique.

Saint John Henry Newman a fait l’observation remarquable et opportune suivante : « Les évêques, lorsqu’ils n’enseignent pas formellement [ex cathedra], peuvent se tromper, comme nous le constatons au IVe siècle. Le pape Libère pouvait signer une formule eusébienne [arienne] à Sirmium, et la messe des évêques à Ariminum [Rimini] ou ailleurs, et pourtant, malgré cette erreur, ils pouvaient être infaillibles dans leurs décisions ex cathedra » ( Les Ariens du IVe siècle , Londres 1876, p. 464). Ce qu’a dit l’évêque de Ratisbonne, Mgr. Les propos tenus par Rudolf Graber il y a plus de cinquante ans caractérisent encore mieux la situation actuelle de l’Église : « Ce qui s’est produit il y a plus de 1600 ans se répète aujourd’hui, à deux ou trois différences près : Alexandrie représente aujourd’hui l’Église universelle tout entière, dont la stabilité est ébranlée, et ce qui était alors accompli par la force physique et la cruauté se transpose désormais à un autre niveau. L’exil est remplacé par le bannissement dans le silence de l’indifférence, le meurtre par l’assassinat de la réputation » (Athanase et l’Église de notre temps , Édimbourg, 1974, p. 23 ; original : Athanase et l’Église de notre temps , Abensberg, 1973).

La FSSPX est pratiquement la seule communauté de l’Église aujourd’hui à attirer ouvertement l’attention sur les ambiguïtés doctrinales manifestes de certaines déclarations conciliaires et du rite de la nouvelle messe, appelant à leur clarification sans équivoque et, si nécessaire, même à leur amendement, conformément au Magistère constant de l’Église. L’« herméneutique de la continuité » ou de la « réforme dans la continuité » — une approche en soi valable et utile — peut aussi devenir une sorte de carcan, ne faisant que masquer superficiellement les blessures causées par les ambiguïtés et la confusion doctrinales et liturgiques. En réalité, le Saint-Siège exige un raisonnement circulaire : tout serait en ordre, pourvu qu’on déploie des efforts intellectuels suffisamment soutenus.

En effet, par son insistance inlassable sur la clarté de la doctrine et de la liturgie, la FSSPX rend un grand service à toute l’Église – un service d’une valeur historique inestimable. Si le Saint-Siège prenait au sérieux cette position de la FSSPX – et, de surcroît, reconnaissait les ambiguïtés objectives de certaines déclarations du Concile Vatican II et du rite de la nouvelle messe –, cela marquerait le début de la fin du projet moderniste au sein de l’Église, projet qui, en réalité, a débuté il y a plus d’un siècle.

La crise actuelle entre le Saint-Siège et la FSSPX peut être illustrée par la parabole suivante : un incendie se déclare dans une grande maison. Le chef des pompiers n’autorise que l’usage des nouvelles méthodes d’extinction, bien que celles-ci se soient révélées moins efficaces que les anciennes, éprouvées et fiables. Un groupe de pompiers désobéit à cet ordre, continue d’utiliser les méthodes traditionnelles et recrute même de nouveaux pompiers – malgré l’interdiction du chef – et parvient effectivement à contenir le feu en de nombreux endroits. Pourtant, ces pompiers sont qualifiés de désobéissants et de schismatiques et sont punis pour cela.

Pour prolonger la parabole : le chef des pompiers n’accepte désormais que les pompiers qui reconnaissent les nouvelles méthodes et respectent le nouveau règlement de la caserne. Mais face à l’ampleur de l’incendie, à la lutte acharnée pour le maîtriser et à l’insuffisance des méthodes officielles, d’autres pompiers interviennent avec altruisme – malgré l’interdiction du chef – apportant leurs compétences, leurs connaissances et leur bonne volonté, et contribuant finalement à sauver la maison même que le chef des pompiers s’efforçait de protéger.

Avec le temps, le contexte historique évolue et un nouveau chef des pompiers fait son apparition. Conscient des effets néfastes des nouvelles méthodes de lutte contre les incendies, il autorise non seulement le retour aux méthodes éprouvées, mais en devient lui-même un fervent défenseur. Il reconnaît également la contribution des pompiers autrefois incompris, sévèrement punis, mis au ban et exclus comme rebelles, et les réintègre dans ses rangs. Finalement, une fois cette période de bouleversements passée, ce qui avait été condamné comme désobéissance et rébellion se révèle être un acte de dévouement désintéressé.

L’histoire révélera un jour si les paroles suivantes de saint Augustin s’appliquent à la situation actuelle de la FSSPX :

Souvent, la divine providence permet que même des hommes de bien soient chassés de l’Église par les séditions tumultueuses d’hommes charnels. Lorsque, pour la paix de l’Église, ils endurent patiemment l’insulte ou l’offense, et s’abstiennent de toute nouveauté en matière d’hérésie ou de schisme, ils enseignent aux hommes comment servir Dieu avec une disposition sincère et une grande charité. Ces hommes ont l’intention de revenir lorsque le tumulte se sera apaisé. Mais si cela n’est pas possible parce que la tempête persiste ou parce que leur retour pourrait en attiser une plus violente, ils demeurent fermes dans leur résolution de rechercher le bien, même chez ceux qui sont responsables des tumultes et des troubles qui les ont chassés. Ils ne forment pas de conventicules à part, mais défendent jusqu’à la mort et soutiennent par leur témoignage la foi qu’ils savent prêchée dans l’Église catholique. Ceux-là, le Père qui voit dans le secret, les couronne en secret. Il semble que ce soit un type de chrétien rare, mais les exemples ne manquent pas. Ainsi, la divine providence utilise toutes sortes d’hommes comme exemples pour veiller sur eux. des âmes et pour l’édification de son peuple spirituel » ( De vera religione , 6:11).

Ce que saint Athanase a écrit à ses confrères évêques du monde entier, au milieu d’une crise de foi extraordinaire, est également applicable à notre époque :

« Les canons et les décrets de l’Église n’ont pas été donnés à notre époque, mais nous ont été transmis fidèlement et sans faillir par nos ancêtres. La foi n’a pas non plus pris son origine à notre époque, mais elle nous a été transmise par le Seigneur par l’intermédiaire de ses disciples. Afin donc que les ordonnances conservées dans les Églises depuis les temps anciens jusqu’à présent ne soient pas perdues de nos jours, et que la charge qui nous a été confiée ne soit pas exigée de nous, ranimez-vous, frères, comme intendants des mystères de Dieu, en les voyant aujourd’hui accaparés par des étrangers. » ( Encyclique Ep. , 1)

Dans sa Providence, Dieu écrit droit, même avec des lignes qui, d’un point de vue purement juridique, semblent tortueuses. Puisse-t-il faire que ce jour arrive bientôt. Réjouissons-nous au milieu de l’épreuve et disons : Je crois en l’invincibilité de l’Église et de la Papauté, et je crois que le Saint-Siège resplendira de nouveau comme la Chaire de vérité devant le monde entier.

Cardinal Burke : « Il faut mettre fin à la synodalité »

S’adressant au College of Cardinals Report le 28 juin, à la suite du consistoire des 26 et 27 juin convoqué par le pape Léon XIV, le cardinal Burke s’est félicité de la réunion renouvelée des cardinaux, une chose qui, a-t-il noté, ne s’était pas produite depuis de nombreuses années sous le pape François, et a décrit l’opportunité d’un plus grand échange fraternel comme un « très grand fruit ».

Mais il s’est également inquiété du fait que la structure de la réunion limitait les discussions constructives, car elle avait adopté un format calqué sur les processus « synodaux », avec des cardinaux divisés en petits groupes et guidés par des questions prédéfinies.

Il a fait valoir que cette approche empêchait un dialogue approfondi et réduisait les retours d’information à des résumés consensuels, risquant ainsi d’empêcher que des points de vue dissidents mais importants ne parviennent au Pape. « Ces rapports ne font que relater les points sur lesquels tous les cardinaux se sont accordés », a déclaré le cardinal Burke, ajoutant que les points de vue non partagés par la majorité pourraient être omis malgré leur importance.

Il a décrit la séance finale, menée selon la formule traditionnelle du débat ouvert, comme la partie la plus productive de la réunion, malgré un temps limité. Cette discussion libre, en présence du Pape, était conforme à la manière dont se déroulaient les consistoires cardinaux par le passé.

Globalement, il a déclaré que le consistoire était un processus « très contrôlé », notamment en raison de la présélection apparente des animateurs de débat et des possibilités d’intervention libre limitées. Selon lui, cela risquait de réduire le rôle des cardinaux en tant que conseillers du pape.

Abordant la question de l’usage croissant du terme « synodalité » au sein de l’Église, le cardinal Burke a fermement remis en question ses fondements théologiques et historiques, le décrivant comme un concept sans définition claire ni précédent dans la tradition ecclésiastique. Si les synodes existent depuis longtemps en tant qu’assemblées consultatives ponctuelles, il a souligné qu’ils ne constituent pas des éléments essentiels de la nature de l’Église. « Il n’existe aucune définition de la synodalité, ni aucune tradition à ce sujet dans l’Église », a-t-il déclaré, exprimant son inquiétude face à la fusion de structures établies, telles que les consistoires, avec ce qu’il considère comme un concept indéfini.

Citant l’enseignement de saint Paul sur la transmission de la foi — « Je vous transmets ce que j’ai reçu moi-même » —, Burke a fait valoir que la continuité est essentielle et absente des formulations actuelles de la synodalité.

« Nous devons donc insister pour que toute cette histoire de synodalité cesse et qu’une étude très sérieuse soit menée sur toute la question, car il s’agit de la vie même de l’Église et du salut des âmes ».

Le cardinal a également mis en garde contre toute refonte des structures ecclésiales établies autour de ce qu’il a qualifié d’idée contemporaine et insuffisamment étudiée. « L’Église ne connaît pas de changements de paradigme », a-t-il déclaré, rejetant le langage utilisé lors des synodes et autres discussions qui laissait entendre un changement radical d’orientation de l’enseignement ou de la mission de l’Église.

Le cardinal a également averti qu’une attention excessive portée aux préoccupations contemporaines risquait de conformer l’Église aux modes de pensée séculiers, au lieu de l’amener à aborder le monde moderne dans le cadre de sa propre continuité doctrinale et historique.

« Je suis convaincu que notre Seigneur protégera l’Église », « mais nous devons faire notre part pour dire : “Non, ce concept de synodalité, même s’il peut avoir une bonne intention en ce sens qu’il veut répondre à la foi de l’époque contemporaine, est fondamentalement erroné.” »

Une part importante de l’intervention du cardinal Burke lors du débat libre du consistoire a porté sur le Groupe d’étude synodal 9 — un rapport soumis le mois dernier au Secrétariat synodal et critiqué par les observateurs comme une tentative de saper l’enseignement de l’Église en normalisant les relations homosexuelles au sein de l’Église.

« La vérité concerne la nature des choses et leur finalité propre ». « Il ne s’agit pas de mes inclinations, de mes désirs ou de mes projets, qui sont très subjectifs, et qui m’amèneraient à conformer l’enseignement de l’Église à mes désirs ou à mes inclinations. »

« Les êtres humains, a-t-il ajouté, trouvent leur bonheur « à mesure qu’ils comprennent la vérité sur eux-mêmes, sur le monde et sur leur véritable finalité ».

Dans son intervention, le cardinal Burke a également critiqué le rapport, l’accusant de calomnier l’apostolat Courage, qui accompagne les catholiques attirés par les personnes du même sexe dans une vie de chasteté. Il a affirmé que les allégations formulées au sujet de Courage dans le rapport étaient inexactes et insuffisamment vérifiées.

« Comment l’Église a-t-elle pu, dans un rapport diffusé à l’ensemble de ses membres, ne pas vérifier la véracité des propos de ce témoin, quel qu’il soit, concernant Courage ? Elle ne l’a pourtant pas fait », a déclaré le cardinal Burke. Il a ajouté qu’il n’était donc pas surprenant que certains évêques « encouragent désormais la cause LGBTQ, en disant : “Regardez, l’Église change sa doctrine, ayez du courage, allez de l’avant.” »

Il a également souligné dans son intervention qu’un archevêque avait écrit une lettre affirmant qu’il était clair que le pape Léon partageait ce point de vue, au motif que Léon « ne parle pas de morale sexuelle ». « Eh bien, c’est totalement irresponsable de dire ou d’écrire une chose pareille », a déclaré le cardinal.

Réagissant à l’annonce du renvoi du rapport d’étude du Groupe 9 du Synode aux diocèses durant la phase de mise en œuvre du Synode sur la synodalité, il a déclaré : « C’est inique ; cela ne devrait pas se produire. » Il a indiqué avoir dit aux cardinaux que le processus synodal « doit être arrêté », ajoutant que « quoi qu’il en soit, il doit être parfaitement fidèle à l’enseignement de l’Église et à la sainteté de la vie de l’Église. »

Le cardinal, qui s’exprimait dans le College of Cardinals Report juste avant les consécrations illicites de quatre évêques de la Fraternité Saint-Pie-X, a également souligné l’absence de discussion sur cette question, qu’il considère comme un acte schismatique grave, et sur d’autres questions urgentes, notamment le statut de la messe traditionnelle en latin.

Il a critiqué les restrictions imposées par Traditionis Custodes , les qualifiant de « persécution » de ceux qui se nourrissent spirituellement du culte selon l’Usus Antiquior du rite romain. « Il ne peut y avoir aucun doute à ce sujet, et le pape Benoît XVI l’a si clairement affirmé : [le vetus ordo ] est un bien éternel pour l’Église », a-t-il déclaré, suggérant que le pape Léon pourrait réexaminer ou modifier cette législation, rappelant que les documents pontificaux peuvent être révisés par ses successeurs.

« Il s’agit d’une forme du rite romain célébrée pendant plus de quinze siècles ». « Elle est d’une grande beauté et les fidèles ont été spirituellement nourris par cette forme du rite latin. Sa pratique devrait être librement autorisée. »

« Cela a été un grand enrichissement pour moi en tant que prêtre et évêque ». « La plupart des fidèles sont des catholiques fervents qui s’efforcent de vivre leur foi le plus intensément possible et de la transmettre. L’une des caractéristiques de la communauté de la messe traditionnelle en latin est la présence de nombreux enfants, et les parents sont très soucieux de leur transmettre la foi catholique. »

Comme solution potentielle, il a plaidé pour la création d’un organe vaticanais dédié au soutien des catholiques attachés à l’ancien rite romain. « Il nous faut un dicastère », a-t-il déclaré, afin que les catholiques désirant célébrer le culte selon la forme extraordinaire « puissent recevoir tous les sacrements » selon les formes liturgiques antérieures.

Bien que critique à l’égard de la synodalité et du consistoire, le cardinal Burke a conclu sur une note d’optimisme prudent, exprimant sa confiance en la Divine Providence et en la guidance durable du Christ sur l’Église.

« Notre Seigneur est toujours le chef de son Église. Nous restons fidèles à lui. Nous ne nous éloignons pas de lui parce que nous sommes mécontents de la situation au sein de l’Église ». « Nous devons, avant tout, faire preuve de sagesse face à la situation, puis avoir le courage d’aborder ces questions et d’en découvrir la vérité. »

Crépol : nouvelle volte-face du Parquet

Communiqué de l’AGRIF :

L’AGRIF a pris connaissance de la nouvelle volte face du Parquet dans l’affaire de Crépol.

Ce dernier persiste dans une incroyable négation de ce que fut la réalité de l’attaque qui a coûté la vie au jeuneThomas Perroto.

Malgré l’avis du magistrat instructeur et contre toute évidence, le ministère public s’enferre dans ce déni du racisme anti français et anti blanc contre lequel l’AGRIF lutte sans relâche depuis 35 ans.

L’AGRIF prend acte de ces réquisitions. Après l’avis informatif du juge d’instruction de la mi-juillet, le Parquet avait un mois pour éventuellement les apporter. Il a tenu à le faire sans que cela ne lie le juge pour sa décision définitive avant renvoi en Assises.

L’AGRIF continue de soutenir les victimes qui l’ont sollicitée pour que la justice soit rendue sur la réalité des faits et la vérité.

Yann BALY

Président de l’AGRIF

Décès de Mgr Lalanne, RIP

Communiqué de Mgr Bertrand, évêque de Pontoise, suite au décès de l’ancien secrétaire général de la CEF, ancien évêque de Coutances puis de Pontoise :

En écrivant ces lignes, je suis en communion avec le diocèse de Versailles pour lequel Stanislas LALANNE fut ordonné prêtre le 8 novembre 1975 et le diocèse de Coutances auquel il fut donné comme évêque le 3 juin 2007. Avec tous les prêtres, les diacres et leur épouse, les consacré(e)s et les laïcs du diocèse de Pontoise, je rends grâce à Dieu pour la vie et le ministère énergique de notre frère Stanislas, de 2013 à 2024.

Beaucoup pourront faire mémoire, dans les jours à venir, de sa passion pour l’annonce de l’Evangile, de sa joie à célébrer les sacrements, et de son ardeur à communiquer« pour que le monde ait la vie ».

Vous serez informés de la date et du lieu de ses funérailles ultérieurement. Nous confions Mgr Stanislas LALANNE à la miséricorde du Seigneur.

Pontoise, le 17 août 2026

+ Benoît BERTRAND Evêque de Pontoise

Le Conseil constitutionnel valide le permis de tuer

Communiqué des AFC :

Un mois après le vote de la loi créant un « droit à l’aide à mourir », le Conseil constitutionnel qui avait été saisi de 5 recours, complétés de 38 contributions extérieures, dont celle des AFC, a rendu sa décision le 14 août.

Il a déclaré la loi conforme à la Constitution.

Cet avis de la plus haute juridiction de notre pays consacre un permis de tuer.

Alors qu’il était admis que la protection du malade devait s’exercer de manière absolue, y compris contre lui-même, l’approche individualiste consacre l’abandon des patients les plus vulnérables.

Cette décision est le reflet d’une renonciation générale pour prendre soin, alors que notre système de santé est en grande difficulté. Elle consacre une injustice scandaleuse puisque les familles elles-mêmes seront empêchées de prendre soin de leur proche qui demanderait à en finir. Elle témoigne d’un mensonge qui consiste à voir l’injection létale comme un soin, et la mort comme un bien.

« Une civilisation qui légalise l’euthanasie perd tout droit au respect », affirmait l’écrivain Michel Houellebecq. Une juridiction qui rend une telle décision alors que près de la moitié de ses membres s’est affirmée pour l’euthanasie entache durablement sa réputation.

Le Conseil Constitutionnel a estimé nécessaire d’apporter des réserves à propos de trois dispositions du texte :

  • Le Conseil constitutionnel élargit la clause de conscience des soignants aux pharmaciens qui seraient appelés à préparer la substance létale.
  • Il estime que les établissements privés qui le souhaitent peuvent refuser de laisser pratiquer une euthanasie ou un suicide assisté en leur sein à condition que d’autres établissements puissent localement pratiquer cet acte.
  • Enfin, pour les patients sous tutelle ou curatelle, il recommande que le médecin chargé de vérifier que les conditions d’accessibilité sont remplies prenne en compte l’avis du tuteur, mais sans que celui-ci soit déterminant.

Ces quelques réserves apportent un meilleur respect de la liberté de conscience, sans améliorer la protection des malades eux-mêmes.

Les AFC ne se résigneront pas à cette loi et continueront de s’y opposer par tous les moyens comme elles continueront de soutenir les familles qui accompagnent des membres fragiles. L’élection présidentielle à venir sera l’occasion d’encourager à revenir sur cette loi mortifère et honteuse.

Prix Humanisme chrétien 2026, décerné à Emeric Saucourt-Harmel pour son excellent ouvrage sur Léon Harmel

L’engagement social de Léon Harmel reconnu à travers cet ouvrage « Léon Harmel, l’origine catholique de la paix sociale dans le monde contemporain » est une référence désormais. A travers cet engagement, les concepts de la Doctrine sociale de l’Eglise nous deviennent accessibles de manière concrète.

Le Prix Humanisme chrétien est attribué depuis 2004 par un jury franco-suisse constitué de membres de l’AEES (Association d’éducation et d’entraide sociales) et de l’AES (Académie d’éducation et d’études sociales). Cette dernière association puise son inspiration dans la doctrine sociale de l’Eglise et entend œuvrer à son application dans tous les domaines de la vie. Le comité de l’AES est composé entre autres, de Marie-Joëlle Guillaume, Rémi Sentis, Antoine Renard, Joseph Touvenel, Chantal Delsol,…
Ce prix Humanisme chrétien récompense un ouvrage accessible à un large public et s’inspirant des principes de la doctrine sociale de l’Eglise.

Pour l’année 2026, il a été attribué à Emeric Saucourt-Harmel pour son livre :
LÉON HARMEL – L’origine catholique de la paix sociale dans le monde contemporain. Préface de Mgr Eric de Moulins-Beaufort.
Le prix sera remis à l’auteur Eric Saucourt-Harmel, le jeudi 17 septembre à 19h à la Maison Saint-François Xavier, 1 rue de Poitiers à Paris.

LÉON HARMEL : L’action de Léon Harmel (1829-1915) a été si multiforme qu’elle intéresse aujourd’hui non seulement les historiens, mais aussi les économistes, les politiques, les entrepreneurs, les syndicalistes ou encore les théologiens.
On cite bien souvent un seul des aspects de la vie de ce grand industriel – célébrant celui qui a été modèle des patrons, initiateur des allocations familiales et pionnier de la doctrine sociale de l’Église –, mais on ne peut saisir la cohérence de son oeuvre sans regarder l’ensemble de son existence. C’est l’objet de cet ouvrage et des archives qu’il présente.
Toutes les pensées et les actions de Léon Harmel trouvent leur source dans sa relation personnelle avec Dieu. Sa vie publique et sa vie privée s’unifient autour du message du Christ. Son approche innovante des responsabilités de chef d’entreprise s’inscrit dans la lignée de l’encyclique Rerum novarum de Léon XIII, dont il est proche.

Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/doctrine-sociale-de-l-eglise/29273-leon-harmel-l-origine-catholique-de-la-paix-sociale-dans-le-monde-contemporain.html?ref=043192905
« Léon Harmel », Eric Caucourt-Harmel, éditions Salvator, 2025, 384 pages, 24 €.

POUR MÉMOIRE : le Prix Humanisme chrétien 2016 avait été remis à Grégor Puppinck pour son essai « La famille, les droits de l’homme et la vie éternelle » par le Professeur Jean-Didier Lecaillon, Président de l’Académie d’éducation et d’études sociales, Professeur Jean-Didier Lecaillon, et par Maître Dominique Ducret, Président de l’Association d’Éducation et d’Entraide Sociales.

Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/defense-de-la-foi/11355-la-famille-les-droits-de-l-homme-et-la-vie-eternelle.html?ref=043192905
« La famille, les droits de l’homme et la vie éternelle », Gregor Puppinck, éditions de l’Homme Nouveau, 92 pages, 10 €

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Au-delà du bien-être : la vertu comme boussole

Vilhelm Hammershøi Intérieur avec femme lisant, 1900, Stockholm, Nationalmuseum.

À l’heure où les écrans bruissent de promesses sans lendemain et où la société de consommation organise méthodiquement la dispersion de l’attention, notre jeunesse navigue à vue dans un archipel de paradoxes. Jamais elle n’aura été aussi connectée ; jamais, pourtant, la solitude n’aura semblé aussi difficile à habiter. Jamais elle n’aura reçu autant de conseils pour « aller mieux » ; jamais peut-être elle n’aura eu autant de mal à répondre à une question plus simple et plus vertigineuse : pour quoi vivre ?

Derrière le vernis clinquant du divertissement permanent, un malaise sourd s’est installé. L’angoisse, la fatigue psychique, la perte de repères et le sentiment de vide sont devenus des réalités familières.

La psychologie peut beaucoup. Elle peut aider à comprendre une souffrance, à dénouer certains mécanismes, à mettre des mots sur une blessure, à retrouver une liberté intérieure entravée. La médecine peut également soigner lorsque la maladie l’exige. Mais une question demeure : que faire de cette liberté retrouvée ? Comprendre l’homme ne suffit pas à lui apprendre à vivre. Soigner une blessure ne suffit pas à donner une direction à une existence.

Et si cette direction se trouvait dans une sagesse que nous avons trop vite reléguée au musée des antiquités morales ? Et si les vertus, de Platon à Aristote et de saint Augustin à saint Thomas d’Aquin, n’étaient pas des vestiges d’un monde disparu, mais une véritable boussole pour l’homme contemporain ?

Le bruit qui disperse
Pour comprendre une partie du malaise contemporain, il faut regarder le milieu dans lequel grandissent nos jeunes. Le monde moderne supporte difficilement le vide et, par conséquent, le silence. Notifications, vidéos, publicités, musique, messages, informations : le flux ne s’interrompt presque jamais. À peine une sollicitation s’achève-t-elle qu’une autre prend sa place.

Le problème n’est pas l’écran en lui-même. Il est dans la difficulté croissante à demeurer sans écran, à supporter quelques minutes de silence, à ne pas remplir immédiatement le moindre espace vacant.

Or le silence n’est pas un vide. Il est le lieu où l’esprit se rassemble. Comme cette femme que peint Hammershøi de dos, dans une pièce vidée de tout bruit, immobile devant une fenêtre qui ne donne sur rien qu’une lumière grise — ainsi le silence n’est pas absence, mais recueillement.

La tempérance, souvent caricaturée comme un catalogue d’interdits, est d’abord cette capacité à ne pas être livré sans défense à toutes les sollicitations. Elle apprend à garder les portes de l’âme — le regard, l’ouïe, le désir, l’imagination — afin que le monde extérieur ne devienne pas le maître de notre vie intérieure.

Celui qui ne sait plus s’arrêter finit par ne plus savoir demeurer. Et celui qui ne sait plus demeurer risque de ne jamais se rencontrer lui-même.

La tempérance n’est donc pas une privation triste. Elle est une libération de l’attention. Elle nous rend capables de choisir ce à quoi nous voulons donner notre présence.

Quand comprendre ne suffit plus
C’est ici qu’apparaît la question des rapports entre psychologie et morale. Il serait injuste de faire de la psychologie un adversaire. Elle a permis de mieux comprendre les mécanismes de la souffrance psychique, les traumatismes, les comportements, les émotions et les relations humaines. Elle a rendu de précieux services à des millions de personnes.

Mais une science de l’homme ne devient pas pour autant une sagesse de l’homme. Ce risque n’est pas celui de la psychologie clinique elle-même, attentive par nécessité à la liberté du patient, mais celui d’une vulgate diffuse — dans les discours de développement personnel, sur les réseaux, dans certains usages thérapeutiques mal digérés — qui transforme l’explication en excuse.

On peut expliquer une peur sans répondre à la question de savoir ce que nous devons faire malgré cette peur. On peut comprendre l’origine d’une colère sans décider si nous devons lui obéir. On peut identifier une blessure sans déterminer ce que nous ferons de cette blessure. On peut même mieux comprendre son passé et demeurer incapable de choisir son avenir. Comprendre n’est pas encore orienter.

C’est ici que le réductionnisme psychologique montre ses limites : lorsqu’il réduit l’homme à ses mécanismes, à ses conditionnements, à ses symptômes ou à ses ressentis, il risque d’oublier qu’il est aussi une liberté capable de se déterminer, de résister, de choisir et de grandir. L’homme n’est pas seulement ce qui lui arrive. Il est aussi ce qu’il décide d’en faire.

De la culpabilité à la responsabilité
L’histoire de la psychologie est en partie celle d’une libération. Il fallait délivrer l’homme de culpabilités morbides, de hontes héritées, de contraintes intérieures qui pouvaient étouffer sa liberté. Il fallait apprendre à regarder les blessures sans condamner celui qui les porte.

Mais une libération devient ambiguë lorsqu’elle finit par supprimer toute responsabilité. Si chacune de nos réactions est expliquée exclusivement par notre enfance, notre milieu, nos traumatismes ou notre biologie, que reste-t-il de notre capacité à nous reprendre ?

Bien sûr, nous ne choisissons pas tout ce qui nous arrive. Nous ne choisissons ni notre histoire, ni certaines de nos blessures, ni toutes nos fragilités. Mais nous pouvons parfois choisir ce que nous en faisons. C’est précisément là que se tient la dignité humaine.

La responsabilité ne consiste pas à nier nos déterminismes. Elle consiste à refuser qu’ils aient le dernier mot. Nous sommes conditionnés, certes. Mais nous ne sommes pas seulement nos conditionnements. La liberté commence peut-être précisément dans cet espace fragile entre ce qui m’arrive et ce que j’en fais.

Les quatre points cardinaux
C’est ici que les anciennes vertus retrouvent une étonnante actualité. Les quatre vertus cardinales — prudence, justice, force et tempérance — peuvent sembler appartenir à un vocabulaire ancien. Elles décrivent pourtant quatre dimensions essentielles d’une existence humaine équilibrée.

La prudence : apprendre à discerner
La prudence n’est pas la peur du risque ni l’art de ne jamais se décider. Elle est la capacité à regarder le réel avant d’agir. Dans un monde de réactions immédiates, de commentaires instantanés et de décisions prises sous l’effet de l’émotion, la prudence réhabilite le temps du discernement.

Elle pose une question devenue presque subversive : « Avant de réagir, que dois-je réellement faire ? » Elle nous apprend que toute émotion mérite d’être entendue, mais que toute émotion ne mérite pas d’être suivie.

La justice : découvrir que l’autre existe
La justice ne concerne pas seulement les tribunaux ou les grandes questions sociales. Elle commence dans la relation la plus ordinaire. Elle consiste à reconnaître à l’autre ce qui lui est dû : respect, vérité, fidélité, attention.

Dans une culture qui répète à longueur de journée « sois toi-même », la justice rappelle une vérité moins confortable : je ne suis pas seul au monde. Mon épanouissement ne peut pas être construit sur l’effacement des autres. La maturité commence lorsque le « moi » découvre le « tu ».

La force : apprendre à traverser
La force d’âme n’est pas la dureté. Elle n’exige pas de ne jamais pleurer, de ne jamais avoir peur ou de ne jamais demander de l’aide. Elle consiste à demeurer debout lorsque la vie ne correspond plus à ce que nous avions imaginé.

Échec, frustration, attente, maladie, deuil, déception : aucune existence n’en est préservée. Une société qui promet de supprimer toute souffrance prépare paradoxalement ses enfants à être démunis lorsqu’elle survient.

La force enseigne autre chose : tout ce qui fait mal ne doit pas nécessairement être supprimé ; certaines épreuves doivent être traversées.

La tempérance : redevenir maître de ses désirs
La tempérance est peut-être la vertu la plus urgente dans une civilisation de la stimulation. Elle ne consiste pas à mépriser le plaisir. Elle consiste à ne pas en devenir l’esclave.

Elle apprend à différer, à renoncer, à attendre, à choisir. Elle rend possible une expérience devenue rare : désirer quelque chose sans devoir immédiatement l’obtenir.

C’est pourquoi elle est intimement liée à la liberté. Celui qui doit satisfaire immédiatement chacun de ses désirs n’est pas libre. Il est dépendant.

Sortir de soi
Il existe enfin un paradoxe que notre époque oublie souvent : l’homme ne se trouve pas en se contemplant indéfiniment lui-même. Le jeune à qui l’on répète « sois toi-même », « réalise-toi », « écoute-toi » peut finir par être enfermé dans une surveillance permanente de son propre état intérieur.

Suis-je heureux ? Suis-je épanoui ? Suis-je reconnu ? Est-ce que je me sens bien ? Est-ce que cette relation me correspond ? Est-ce que cette activité me fait vibrer ?

À force de se regarder vivre, on peut finir par ne plus vivre.

Rilke, dans ses Lettres à un jeune poète, invitait son correspondant à aimer ses solitudes plutôt qu’à les fuir : il faut parfois habiter son intériorité plutôt que chercher immédiatement à la remplir.

La solitude apprivoisée ne sépare pas nécessairement des autres. Elle peut au contraire nous rendre disponibles à leur présence.

La vertu accomplit alors un mouvement exactement inverse de celui du narcissisme : elle nous fait sortir de nous-mêmes. La justice nous tourne vers autrui. La force nous apprend à ne pas nous effondrer sur nous-mêmes. La tempérance nous délivre de la tyrannie du désir immédiat. La prudence nous oblige à regarder le réel.

Peu à peu, le « moi » cesse d’être le centre du monde. Et c’est peut-être ainsi qu’il devient réellement une personne.

De la guérison à l’espérance
Il faut donc réconcilier ce que nous avons trop souvent séparé. La psychologie a sa place. La médecine a sa place. La philosophie morale a sa place. Et, pour celui qui croit, la vie spirituelle a la sienne.

Il ne s’agit pas de demander à la psychologie de répondre à toutes les questions, pas davantage de demander à la morale de remplacer les soins lorsque la souffrance relève d’une véritable pathologie. Il s’agit de reconnaître les niveaux.

La psychologie peut aider à comprendre. La médecine peut aider à soigner. La vertu apprend à orienter la liberté. Et la foi peut ouvrir cette liberté à une espérance qui la dépasse.

La guérison intérieure n’est donc pas nécessairement l’aboutissement. Elle peut être le commencement. Une fois le terrain assaini, le travail proprement humain commence. Il faut alors apprendre à choisir, à aimer, à renoncer, à persévérer, à servir, à pardonner. Il faut devenir quelqu’un.

Retrouver la boussole
Nous avons beaucoup appris à nos jeunes à se protéger de la souffrance. Nous leur avons appris à parler de leurs émotions, à identifier leurs fragilités, à prendre soin d’eux-mêmes. C’est nécessaire.

Mais peut-être avons-nous oublié de leur transmettre une question plus ancienne : « Quel homme veux-tu devenir ? »

Cette question change tout. Elle ne demande plus seulement : « Comment te sens-tu ? » Elle demande : « Vers quoi veux-tu aller ? » Elle ne nie pas les blessures. Elle leur refuse simplement le droit de définir toute une existence.

Redécouvrir les vertus, ce n’est donc pas restaurer une morale poussiéreuse ni imposer à la jeunesse un catalogue d’interdits. C’est lui rendre une boussole. La prudence pour discerner. La justice pour rencontrer l’autre. La force pour traverser l’épreuve. La tempérance pour demeurer libre. Et, au-dessus de ces quatre directions, l’espérance qui empêche de confondre la route avec l’horizon.

Car l’homme n’a pas seulement besoin d’être réparé. Il a besoin d’être orienté. Il n’a pas seulement besoin d’aller mieux. Il a besoin de savoir vers quel bien il veut aller.

Peut-être est-ce là ce que nous avons perdu : non pas la connaissance de l’homme, mais le sens de sa destination. Et si les vertus n’étaient pas les reliques d’un monde ancien, mais précisément la boussole dont notre monde saturé de moyens a oublié de demander la direction ?

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Les conséquences de la sécheresse

Raphaëlle Auclert, docteur en études russes et enseignante-chercheuse à l’ICES, a traduit un article de Rui André Santos Amiguinho. Ce dernier  est un enseignant portugais, éditeur et rédacteur en chef de revues d’opinion. Il a fondé en 2015 le parti «Portugueses Primeiro» ou «Portugal First», dont la doctrine en fait un équivalent portugais du MAGA. Il est membre du think tank Sovereignty, un réseau international d’experts, qui se veut une « plateforme d’échange fondé sur le respect de la souveraineté des nations, de la diversité des cultures et de la multipolarisation du monde. »

 

En France, l’alerte rouge est déclenchée pour les ressources en eau. Alors que le pays subit actuellement sa quatrième vague de chaleur depuis mai, la sécheresse s’aggrave. Par conséquent, la facture des compagnies d’assurance s’alourdit, leurs dépenses augmentant chaque année en raison, semble-t-il, d’événements climatiques exceptionnels de plus en plus intenses et récurrents.

Assureurs, industriels et paysans : une facture salée

Le 29 juillet, pas moins de 62 des 96 départements métropolitains étaient en situation de crise et 22 autres étaient en alerte. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a déclaré que le coût de la crise actuelle serait « supérieur » aux 5,6 milliards d’euros enregistrés en 2022, année marquée par la sécheresse la plus grave qu’ait connue la France depuis 1976, qui avait provoqué des incendies de forêt, comme c’est le cas actuellement.

Dès 2025, les assureurs ont versé entre 700 millions et 1 milliard d’euros d’indemnités pour dommages liés aux pénuries d’eau, selon le rapport annuel du Fonds central de réassurance (FCR), organisme public chargé de l’assurance et notamment de la gestion des catastrophes naturelles. Ce montant est nettement supérieur à celui des dommages causés par les tempêtes et les inondations. Au cours des dix dernières années, le FCR indique également que les dommages liés à la sécheresse représentent 53 % des sinistres (contre 41 % en 1982).

Dans les secteurs déclarés en « crise sécheresse », les industriels sont impactés par la forte réduction des prélèvements d’eau potable pour les sites de production consommant plus de 10 000 m³ par an. Fin juin, dans la commune de Pontivy, l’activité économique a été perturbée par la suspension temporaire de l’accès à l’eau sur plusieurs sites industriels. Les prévisions météorologiques ne sont pas encourageantes : dans les prochains jours, une aggravation de la sécheresse et de réelles difficultés de production d’eau potable sont attendues « en raison du faible débit des rivières et de la diminution accélérée des réserves d’eau », soulignent les autorités.

Mais la pénurie d’eau affecte également l’agriculture. En 2022, les pertes de production agricole étaient estimées à 1,1 milliard d’euros. Cela concerne les céréales, l’horticulture commerciale et l’élevage. Enfin, la production d’énergie est également impactée par le ralentissement des infrastructures hydroélectriques. Et n’oublions pas : les sanctions contre la Russie pénalisent fortement l’agriculture européenne, tant par la hausse du coût des engrais, les contre-sanctions sur les exportations que par le surcoût du gazole agricole.

La situation est d’autant plus préoccupante que la sécheresse est loin d’être terminée. Si des orages sont annoncés, les pluies qui en résulteront seront trop violentes pour pénétrer les sols, préviennent les experts. Et à long terme ? « D’ici 2050, la France pourrait connaître quatre fois plus de sécheresses qu’en 1960 », déclarait encore Monique Barbut, rappelant que « cette situation a un réel impact économique. Pour la sécheresse de 2022, ce coût a été estimé à 5,6 milliards d’euros, dont 3,5 milliards pour les seules fissures dans les maisons individuelles liées au retrait et au gonflement de l’argile, 1,1 milliard de pertes de production agricole et une baisse de 20 % de la production hydroélectrique. » Pour cette année, Monique Barbut annonçait le 12 août « de 10 à 15 milliards d’euros de coûts directs et indirects de la canicule de cet été. »

En Allemagne, inquiétudes sur le Rhin

L’Allemagne est également touchée par ce problème. L’inquiétude grandit dans les secteurs maritime et industriel. Le Rhin, deuxième plus grand fleuve d’Europe occidentale et centrale, dont dépendent neuf pays pour leur eau potable, leur eau douce, leur énergie hydroélectrique et le transport fluvial, atteignait le 1er août à Cologne un nouveau niveau historiquement bas, à 68 centimètres, soit un centimètre de moins que le précédent record établi en 2018.

Ce faible niveau d’eau pourrait affecter plusieurs secteurs clés de la première économie européenne, notamment la chimie et la sidérurgie, qui dépendent du fleuve pour le transport d’importantes quantités de marchandises. Thilo Schaefer, expert en changement climatique à l’institut économique IW, a mis en garde contre les conséquences potentielles de l’interruption de la navigation sur ce fleuve : « Un arrêt total de la navigation intérieure nécessiterait à lui seul environ 3 000 pétroliers supplémentaires par jour. Or, ces ressources ne sont pas disponibles. De réelles pénuries menacent donc les chaînes d’approvisionnement. Pour l’économie allemande, cela pourrait représenter un fardeau économique considérable », a-t-il ajouté.

Pour une gestion transfrontalière de l’eau

Partant, quelles solutions existe-t-il ? La France, comme d’autres pays européens, ne peut négliger la gouvernance transfrontalière et la gestion des bassins hydrographiques, ni la coopération réglementaire dans le cadre de l’Union européenne. Cette gouvernance passe par le renforcement des commissions du Rhin et de la Meuse, qui coordonnent avec l’Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique la garantie de débits écologiques minimaux et la prévention des conflits liés à l’utilisation de l’eau à des fins industrielles et agricoles. Cette politique européenne comprend en outre des accords sur les débits des Pyrénées et des négociations bilatérales avec l’Espagne pour gérer les ressources en eau partagées face à l’aggravation des sécheresses dans la péninsule Ibérique et dans le sud de la France.

Il est important de noter que la sécheresse affecte directement le refroidissement des réacteurs nucléaires français, engendrant une dépendance stratégique à l’égard de l’électricité. La solution réside dans le recours au marché ibérique de l’électricité, comprenant une coordination diplomatique pour garantir les importations d’énergie en provenance d’Espagne et du Portugal durant l’été, période où la capacité nucléaire française diminue en raison du faible débit des fleuves.

Une gestion locale, résiliente et publique : l’exemple de la région de l’Algarve au Portugal

En parlant du Portugal, l’Algarve, région du sud du pays, constitue une bonne étude de cas en matière de gestion efficace des ressources en eau.

Une stratégie européenne locale de résilience de l’eau y a été adoptée, avec le renforcement des mécanismes de gestion. Les efforts y ont porté sur :

  • la réduction des pertes d’eau en milieu urbain, en ciblant les réseaux de distribution présentant le plus fort potentiel de réduction des pertes réelles et en prévoyant la rénovation et la réhabilitation des infrastructures dégradées ou techniquement déficientes, l’optimisation et la gestion de la pression, ainsi que la mise en place de zones de mesure et de contrôle dans les réseaux.
  • la réduction des pertes d’eau et l’amélioration de l’efficacité dans le secteur agricole.
  • le renforcement de la gouvernance des ressources en eau (garantissant une meilleure capacité de surveillance de la quantité et de la qualité de l’eau, et prévoyant la mise en œuvre de débits écologiques et de technologies de télédétection pour la surveillance et le contrôle des ressources en eau).
  • la réutilisation des eaux usées traitées.
  • l’augmentation de la capacité et de la résilience de l’approvisionnement en eau.
  • la promotion du dessalement de l’eau de mer.

Avant tout, il est essentiel d’investir dans la gestion locale et d’éviter les politiques de privatisation. Une gestion locale de l’eau est toujours plus efficace pour les raisons suivantes :

  1. Moins de fuites : détection rapide des pertes dans les canalisations ;
  2. Maîtrise de la consommation : mesure de la consommation en temps réel ;
  3. Utilisation intelligente : adaptation de l’irrigation et des services publics aux conditions météorologiques du jour ;
  4. Soutien local : protection des rivières, lacs et sources de la région ;
  5. Anticipation par la constitution de réserves : meilleure préparation des villes et villages aux périodes de faibles précipitations ;
  6. Maîtrise des coûts : réduction des dépenses par rapport au transport de l’eau depuis des zones éloignées.

Eviter la privatisation garantit ainsi que :

  1. l’eau demeure un bien national et ne tombe pas entre les mains de multinationales déracinées et soucieuses de leur seul profit ;
  2. les hausses tarifaires soient évitées, car la priorité donnée au profit financier peut souvent alourdir la facture des ménages ;
  3. qu’il n’y ait pas de monopole de fai mais un service public : l’impossibilité pour le consommateur de choisir son fournisseur permet au secteur privé d’imposer des conditions sans réelle concurrence ;
  4. l’égalité d’accès des territoires soit assurée, quand les entreprises privées ont tendance à ne pas investir dans les zones périphériques ou à faibles revenus, et à favoriser les zones plus rentables.

L’eau est un besoin vital, elle doit être accessible à tous et ne doit jamais servir la spéculation ni les intérêts économiques privés.

Tournée des Petits Chanteurs de Saint-Charles (Versailles) en Vendée

Ne manquez pas leurs quatre concerts

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La Mecque a-t-elle été inventée par les califes?

Dimanche 16 août, Terre de missions reçoit Odon Lafontaine, auteur du “Grand secret de l’islam”. Ce dernier vient d’éditer avec le collectif Nour al Aalam (fondé par l’ancien prédicateur salafiste converti au christianisme, Bruno Guillot), un livre qui sera en librairie fin août sur “l’invention” de La Mecque.

La thèse de l’ouvrage est que La Mecque ne pouvait pas être la ville sainte décrite par le Coran – et que le Coran parle davantage de Jérusalem. “La Mecque ville imaginaire” (Ed Nour al Aalam) fait ainsi l’état des connaissances sur les origines de l’islam et pourrait bien être une base solide pour une critique profonde de l’islam.

XIIe dimanche après la Pentecôte : le Bon samaritain

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.

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C’est l’Évangile du bon Samaritain qui donne aujourd’hui son nom au douzième dimanche après la Pentecôte.

L‘Introït débute par le beau verset du psaume 69 : O Dieu, venez à mon aide ; Seigneur, hâtez-vous de me secourir ! Dans sa dixième Conférence, Cassien montre comment ce cri de l’âme convient à tous les états et répond à tous les sentiments. Durand de Mende en fait application dans la circonstance présente à Job, parce que les lectures de l’Office de la nuit tirées du Livre où sont racontées ses épreuves se rencontrent quelquefois, quoique rarement, avec ce Dimanche. Rupert y voit de préférence les accents du sourd-muet, dont la guérison mystérieuse faisait, il y a huit jours, l’objet de nos méditations. « Le genre humain dans la personne de nos premiers parents, dit-il, était devenu sourd pour écouter les commandements du Créateur, et muet pour chanter ses louanges ; le premier mouvement de sa langue déliée par le Seigneur est pour invoquer Dieu. » C’est aussi chaque matin le premier élan de l’Église, comme sa première parole à chacune des Heures du jour et de la nuit.
Dom Guéranger  L’Année Liturgique

► Introït : Deus in adjutórium

Dans l’Introït de ce douzième dimanche après la Pentecôte c’est le psaume 69, supplication adressée au Seigneur pour obtenir son secours au milieu des dangers et des épreuves de cette vie. Le premier verset est très connu, car il est chanté au début de toutes les heures de l’Office divin sans exception, appel plein de confiance en Dieu qui est prêt à nous accorder ses grâces, mais qui veut qu’on les lui demande :

Deus, in adjutórium meum inténde : Dómine, ad adjuvándum me festína : confundántur et revereántur inimíci mei, qui quærunt ánimam meam.

À ce premier verset du psaume, le texte de l’Introït ajoute le deuxième verset.

Avertántur retrórsum et erubéscant : qui cógitant mihi mala…
Qu’ils soient couverts de honte et de confusion les ennemis qui en veulent à ma vie.

La mélodie de cet Introït est assez originale. Elle se lance d’abord dans l’aigu en une affirmation pleine d’assurance. Si le texte est très suppliant la mélodie exprime une confiance absolue. Puis elle devient plus calme et statique, tournant toujours autour des mêmes notes pour s’achever par une cadence au grave très paisible. Le verset suivant qui est psalmodié à la suite redit à peu près la même chose :

Avertantur retrorsum et erubescant, qui volunt mihi mala.
Qu’ils s’en retournent en rougissant ceux qui me veulent du mal.

► Graduel : Benedícam Dóminum

Comme celui de l’Introït, le texte du Graduel du douzième dimanche après la Pentecôte est le début d’un psaume. Il s’agit ici du psaume 33, psaume de louange et d’action de grâces pour la délivrance d’un grand danger, qui est souvent utilisé dans la liturgie. Nous l’avons rencontré récemment au Graduel du septième dimanche et à la Communion du huitième et nous le retrouverons à l’Offertoire du quatorzième. Ses deux premiers versets sont entièrement consacrés à la louange.

Benedícam Dóminum in omni témpore : semper laus eius in ore meo.
Je bénirai le Seigneur en tous temps, sa louange sera toujours dans ma bouche.

V/. In Dómino laudábitur ánima mea : áudiant mansuéti, et læténtur.
Mon âme sera glorifiée dans le Seigneur ;
que les doux entendent et qu’ils se réjouissent.

Semper laus ejus in ore meo – Que sa louange soit toujours dans ma bouche. ” Cela doit être la devise de tous les chanteurs et plus spécialement des grégorianistes, mais ce sont seulement les doux, ceux qui n’ont au cœur aucun sentiment d’orgueil ou de violence qui sont invités à se réjouir de tous les bienfaits que le Seigneur nous accorde.

C’est pour cela que la mélodie, si elle est très développée comme celles des Graduels avec de grandes vocalises, reste dans l’ensemble assez modérée et paisible, avec seulement une belle envolée dans l’aigu sur in omni tempore et un crescendo enthousiaste sur le mot meo à la fin de la première partie. La deuxième partie, contrairement à la plupart des Graduels est encore plus calme et retenue. C’est vraiment une joie intérieure avec, sur le mot mansueti (les doux), une longue vocalise contemplative tournant sur elle-même.

► Alléluia : Dómine, Deus salútis meæ

Comme celui du neuvième dimanche, l’Alléluia du douzième dimanche après la Pentecôte fait exception dans la série des Alléluias de ce temps liturgique, qui sont généralement des exclamations enthousiastes et triomphales. Nous retrouvons ici un texte de supplication, et comme à l’Introït et au Graduel de cette messe, et comme pour la plupart des Alléluias de ce temps, c’est encore le début d’un psaume, cette fois le psaume 87. Ce psaume est la prière d’un malheureux abandonné de tous, et c’est un des rares de tout le psautier à n’être qu’une longue plainte, sans aucune parole de confiance ou d’espérance. On le chante à la semaine sainte, où il est évidemment mis dans la bouche du Christ souffrant, mais ici on ne trouve que le premier verset :

Dómine, Deus salútis meæ, in die clamávi et nocte coram te
Seigneur, Dieu de mon salut, jour et nuit j’ai crié en Votre présence.

Ce texte peut très bien être détaché de son contexte scripturaire et être interprété seulement comme l’affirmation de notre prière incessante mais aussi confiante. La mélodie nous y invite.

Elle est pleine de ferveur mystique, mais aussi d’abandon calme et paisible, en une grande ligne souple et très liée. C’est note pour note la même que celle de l’Alléluia Cognoverunt du deuxième dimanche après Pâques, le dimanche du Bon Pasteur : ” Ils reconnurent le Seigneur Jésus à la fraction du pain “. Nous y exprimions notre reconnaissance au Seigneur pour la grâce de Le connaître intimement ; nous retrouvons cette même ferveur pour Le supplier jour et nuit.

► Offertoire : Precátus est

L’Offertoire du douzième dimanche après la Pentecôte présente un caractère exceptionnel, ne serait-ce que par sa longueur et par son intensité dramatique. Le texte n’est pas tiré d’un psaume, mais du livre de l’Exode.

Il y a ainsi dans ce temps après la Pentecôte six grands Offertoires tirés de divers livres de l’Ancien Testament. Nous en avons entendu un au septième dimanche, emprunté au livre de Daniel, et nous en retrouverons aux dix-septième, dix-huitième, vingt et unième et vingt-deuxième dimanches. Mais celui-ci est le plus long, dépassant même par ses dimensions le grand Jubilate du deuxième dimanche après l’Épiphanie. Il a la forme d’un triptyque, dont la partie centrale est la prière de Moïse pour son peuple qui s’était éloigné de Dieu pour adorer le veau d’or et que le Seigneur voulait exterminer. Cette prière est encadrée de deux courts récits, un récit d’introduction et un récit de conclusion.

Precátus est Moyses in conspéctu Dómini, Dei sui, et dixit : Quare, Dómine, irascéris in pópulo tuo ? Parce iræ ánimæ tuæ : meménto Abraham, Isaac et Iacob, quibus iurásti dare terram fluéntem lac et mel. Et placátus factus est Dóminus de malignitáte, quam dixit fácere pópulo suo..

Moïse pria en présence du Seigneur son Dieu en disant : Pourquoi, Seigneur, vous irriter contre votre peuple ? Apaisez la colère de votre âme, souvenez-vous d’Abraham, d’Isaac et Jacob, à qui vous avez juré de donner la terre où coulent le lait et le miel. Et le Seigneur apaisé renonça au mal qu’il avait voulu faire à son peuple.

On remarquera que la première phrase, le récit introductif, est répétée deux fois, comme dans le grand Jubilate, mais cette fois avec la même mélodie ; seule la cadence finale est un peu différente. La mélodie de ce récit est calme et bien affirmée avec de souples ondulations. La prière de Moïse, ensuite, comporte trois phrases. On sent tout de suite plus de mouvement et de tension. La première est presque angoissée, la deuxième très suppliante. Enfin la troisième phrase Memento, Abraham…s’élève brusquement à l’aigu avec véhémence. On retrouve le calme pour la conclusion, le Seigneur a renoncé au châtiment, c’est l’apaisement et la détente.

► Communion : De fructu

Nous retrouvons dans l’antienne de Communion du douzième dimanche après la Pentecôte la même idée que dans la Communion du dimanche précédent : en ce plein été, période de moissons, offrir au Seigneur les récoltes et Le remercier pour les fruits de la terre qu’Il nous donne en profusion. Le texte d’aujourd’hui est tiré du psaume 103, grand cantique de louange et de reconnaissance pour toutes les splendeurs de la création, qui sont énumérées avec une poésie admirable. La liturgie a choisi ici les versets qui se rapportent à la matière des sacrements, le pain, le vin et l’huile :

De fructu óperum tuórum, Dómine, satiábitur terra : ut edúcas panem de terra, et vinum lætíficet cor hóminis : ut exhílaret fáciem in oleo, et panis cor hóminis confírmet.
Seigneur, la terre est comblée du fruit de vos œuvres. Ainsi, vous tirez le pain du sein de la terre et le vin réjouit le cœur de l’homme ; l’huile met la joie sur son visage et le pain réconforte le cœur de l’homme.

Le sens eucharistique de ces paroles est évident au moment de la communion : le pain qui donne la force et le vin qui donne la joie sont chantés avec une mélodie très simple et légère, exprimant le bonheur confiant des petits enfants à qui leur bon père donne tout ce qu’il leur faut.

Remettre en question bon nombre de canons esthétiques, principalement de nature hédoniste et consumériste

Extrait de l’homélie prononcée par le pape Léon XIV en cette fête de l’Assomption, lors de la messe célébrée à Castel Gandolfo :

Le Magistère de l’Église nous enseigne que « Marie, une fois achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée à la gloire céleste, corps et âme » (Pie XII, Const. Ap. Munificentissimus Deus, 1er novembre 1950) et nous montre, dans ce Mystère, l’accomplissement de la plénitude de grâce que Dieu lui a donnée lors de sa Conception immaculée (cf. ibid.).

C’est pourquoi de nombreuses œuvres d’art la représentent, à la fin de sa vie terrestre, comme une très belle jeune femme s’élevant physiquement de la terre vers la voûte céleste. Elles s’inspirent de la scène décrite dans le passage de l’Apocalypse que nous avons entendu dans la première lecture : « Une femme vêtue du soleil, ayant la lune sous ses  pieds » (cf. Ap 12, 1), pour signifier que le cœur de Marie est le lieu de rencontre entre le ciel et la terre, le temps et l’éternité.

Cette image semble, à première vue, contraster avec l’expérience de ce que le passage des années produit en nous. Avec l’âge, en effet, notre corps devient moins agile et plus lourd ; notre peau devient moins fraîche et montre les signes de la vieillesse ; nos cheveux ne prennent ni couleur ni éclat, mais deviennent gris puis blancs. Alors, qu’avons-nous en commun avec la merveilleuse jeune femme que l’on voit représentée sur les retables de nos autels ?

Pour le comprendre, nous devons associer les deux signes que nous avons évoqués : le corps incorruptible de la Mère de Dieu et son cœur immaculé. C’est en effet la pureté de l’âme qui, en Marie – comme en nous –, par la grâce de Dieu, illumine et transfigure toute la personne, la conduisant à la gloire du Ciel.

La glorification de Marie, corps et âme, nous enseigne que notre véritable beauté ne consiste pas à dissimuler les signes du temps qui passe, mais à montrer, même gravés dans notre chair, les signes de l’amour qui ne passe jamais (cf. 1 Co 13, 8).

Elle nous invite ainsi à remettre en question bon nombre de canons esthétiques, principalement de nature hédoniste et consumériste, que le monde nous impose et qui risquent de nous emprisonner dans de lourds conditionnements, nous faisant gaspiller des énergies précieuses dans ce qui n’a vraiment pas d’importance et ne dure pas éternellement. Dans notre expérience quotidienne, nous pouvons rencontrer des personnes dont le visage est marqué par les années et les souffrances, mais qui sont pourtant capables de rayonner de sérénité, de bienveillance et de paix autour d’elles ; tout comme nous pouvons en observer d’autres, peut-être séduisantes en apparence, mais dures et froides au fond d’elles-mêmes. Il est facile de comprendre où réside la vraie beauté et où, au contraire, il y a encore besoin de conversion, de pardon et de guérison.

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