Pédocriminalité : la famille n’est pas coupable, elle est trahie
Il faut reconnaître à la députée Laurence Rossignol un mérite réel : elle a raison de refuser le mot de « pédophilie » lorsqu’il s’agit de violences sexuelles commises contre des enfants. Le terme est piégé. Étymologiquement, il suggère une forme d’amour de l’enfant. Or il n’y a pas d’amour dans l’emprise, dans l’agression, dans l’inceste, dans la destruction d’une innocence. Il y a un crime, une prédation. Il y a une profanation du plus vulnérable. Parler de « pédocriminalité » est donc plus juste, plus net, plus moralement sain.
Mais c’est précisément parce que cette première distinction est bonne qu’il faut regretter que le raisonnement s’arrête en chemin.
Car lorsqu’on affirme ensuite que les violences sexuelles contre les enfants ont le plus souvent lieu dans la famille, et qu’on en tire une suspicion générale contre la famille, contre l’autorité, contre le père, alors on retombe dans un vieux réflexe idéologique. Un réflexe très installé à gauche : dès que le mal surgit dans une institution traditionnelle, on conclut que l’institution elle-même est le problème. La famille devient suspecte. Le père devient suspect. L’autorité devient suspecte. Et le drame réel des enfants devient l’occasion de remettre en marche le vieux logiciel anti-famille.
Or ce raisonnement est faux. Il est d’abord faux parce qu’un enfant passe une grande partie de sa vie dans sa famille. C’est là qu’il dort, qu’il mange, qu’il dépend, qu’il fait confiance, qu’il est vulnérable. Il n’est donc malheureusement pas absurde que beaucoup d’horreurs se produisent dans ce cadre-là. C’est même ce qui les rend si terribles : elles ne viennent pas d’un extérieur clairement identifié, mais du lieu qui devait être le refuge.
Mais surtout, ce raisonnement est faux parce qu’il confond l’institution avec sa trahison.
La violence sexuelle dans la famille n’est pas la vérité de la famille. Elle en est la corruption absolue. L’inceste n’est pas l’expression du lien familial : il est son inversion monstrueuse. Un père prédateur n’est pas l’incarnation de l’autorité paternelle : il en est la caricature démoniaque. Il ne représente pas le père ; il détruit la paternité. Il ne représente pas l’autorité ; il la souille.
C’est ici que la comparaison politique est éclairante. Le fait qu’il existe des dictateurs ne prouve pas que tout gouvernement soit mauvais. Il prouve qu’un pouvoir sans justice devient tyrannique. Le fait qu’un chef puisse opprimer ne signifie pas qu’une société doive renoncer à toute autorité. Cela signifie qu’il faut distinguer l’autorité légitime, qui protège, sert et ordonne, de la domination illégitime, qui écrase et possède.
Il en va de même dans la famille. L’autorité du père, lorsqu’elle est juste, n’est pas une permission donnée au plus fort. Elle est une charge. Elle est un service. Elle est une responsabilité devant les plus faibles. Elle n’existe pas pour enfermer l’enfant, mais pour le protéger. Elle n’existe pas pour imposer le silence, mais pour garantir la sécurité. Elle n’existe pas pour couvrir les abus, mais pour empêcher qu’ils soient possibles.
Il faut donc être très clair : défendre la famille ne signifie pas couvrir les crimes commis dans les familles. Défendre le père ne signifie pas défendre les pères indignes. Défendre l’autorité ne signifie pas défendre l’impunité. Bien au contraire. Une société qui croit vraiment à la famille doit être impitoyable envers ceux qui la profanent. Une société qui croit vraiment à la paternité doit être impitoyable envers ceux qui utilisent la position de père, de beau-père, d’oncle ou de proche pour détruire un enfant.
La vraie réponse n’est donc pas de déconstruire la famille. Elle est de rappeler ce qu’est une famille digne de ce nom : un lieu de protection, de transmission, de tendresse, de justice, de parole et de sécurité. Et lorsqu’elle devient l’inverse, lorsqu’elle devient le lieu du secret, de l’emprise et de la peur, alors elle ne mérite pas d’être excusée au nom de la famille. Elle doit être jugée au nom même de ce que la famille devrait être.
C’est pourquoi le mot « pédocriminalité » est juste. Mais il appelle une autre précision : ces crimes ne révèlent pas la vérité de la famille. Ils révèlent la profondeur de sa trahison. Et cette trahison doit être combattue non pas contre l’idée de famille, mais au nom de l’enfant, au nom de la justice, et au nom d’une autorité enfin rendue à sa vocation première : protéger les faibles.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Plus de 12000 personnes déjà engagées dans la lecture de Magnifica Humanitas
Quelques jours seulement après son lancement, le parcours de prière proposé par Hozana autour de l’encyclique Magnifica Humanitas rassemble déjà plus de 10.000 participants.
Ce succès témoigne d’une véritable attente des fidèles face aux grandes questions soulevées par le développement de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies. Dans cette encyclique très attendue, le pape Léon XIV appelle les catholiques à défendre la dignité humaine, la vérité et le bien commun dans un monde toujours plus dominé par la technique.
Loin d’un rejet simpliste du progrès, le Saint-Père invite au contraire à replacer la personne humaine au centre :
“La technique doit rester ordonnée au bien de l’homme et jamais l’homme au service de la technique.”
À travers cette encyclique, le pape rappelle que toute société qui oublie la transcendance de la personne humaine finit inévitablement par fragiliser la famille, la liberté et la paix sociale.
Pour aider les fidèles à s’approprier ce texte dense et majeur, Hozana propose un parcours gratuit intitulé :
“100 jours pour lire Magnifica Humanitas”
Chaque jour, les participants reçoivent :
- un extrait de l’encyclique disponible en format texte ou audio
- une prière.
Le format volontairement simple et accessible permet à chacun d’avancer progressivement dans cette lecture spirituelle et intellectuelle.
À l’heure où les débats sur l’intelligence artificielle se multiplient, il est heureux de voir des milliers de catholiques prendre le temps de réfléchir, prier et discerner à la lumière de l’enseignement de l’Église.
Le parcours est gratuit et accessible ici : https://tinyurl.com/5n8sumvs
Proposition de loi visant à lutter contre les violences en milieu scolaire : le secret de la confession préservé
L’Assemblée nationale a adopté le 1er juin à l’unanimité la proposition de loi issue de la commission d’enquête sur le scandale de Bétharram. Les députés ont finalement supprimé la mesure prévoyant d’obliger les prêtres à dénoncer les actes de pédocriminalité entendus lors de la confession. Deux propositions de ce texte ont été supprimées : le dispositif de renouvellement des contrats d’association et les dispositions relatives au secret de la confession.
Lors des débats le député LR Xavier Breton a défendu ce sacrement :
Par ailleurs, la remise en cause du secret de la confession irait à l’encontre des objectifs poursuivis par ce texte. En effet, ceux qui voudraient se confesser de la commission d’un crime ou d’un délit ne le feront pas, sachant que le secret n’existe plus. Au nom d’une vision d’un État qui contrôle tout, de haut en bas – y compris le fonctionnement des religions –, on supprimerait un espace de parole protégé où pourrait s’engager un chemin, un dialogue.
On pourrait avoir de longs débats sur ce sujet, mais ils n’ont pas leur place dans l’examen de ce texte. La précipitation avec laquelle nous légiférons à cette heure ne permet pas de le faire avec la sérénité qui s’impose. Il me paraît donc plus sage de supprimer ces alinéas. Ce serait une marque de respect pour un sujet aussi profond, qui mérite beaucoup mieux que des phrases lapidaires ou des prises de position pour faire le buzz.
Le député LFI Paul Vannier a déclaré :
Cela dit, les dispositions de l’article 9 en question permettent de traiter les causes des violences. En aucun cas elles ne remettent en cause le sacrement de la confession et le secret qui lui est lié. Elles ont été rédigées dans un esprit de respect des principes fondamentaux d’une République laïque de séparation des Églises et de l’État, de liberté de conscience et de liberté de culte. Il était bien sûr hors de question que l’Assemblée nationale s’ingère dans l’organisation d’un culte, en l’occurrence le culte catholique puisque c’est de celui-ci que parle M. Breton.
Ce que nous voulions dire – j’emploie le passé car nous y renonçons à l’instant –, c’est qu’en République, rien n’est supérieur à la loi. Monsieur Breton, vous vous gargarisiez d’être sensible à ce principe lorsque vous présidiez une certaine commission. Comme représentants du peuple, nous fixons ici des obligations en matière de lutte contre les violences qui doivent s’appliquer à tous, sans distinction, et, bien sûr, j’y insiste, dans le respect des cultes. Monsieur Breton, vous avez eu le sentiment de voir des formes d’entrisme et vous y avez même consacré une commission d’enquête. J’ai quant à moi le sentiment ce soir qu’un entrisme agit à l’Assemblée nationale, à travers vous.
Intox de M6 : Mgr Valentin écrit à l’ARCOM
— Bruno VALENTIN (@MgrValentin11) June 3, 2026

Consistoire : Les cardinaux débattront de la « guerre juste », et non de la liturgie
L’ordre du jour du prochain consistoire extraordinaire des cardinaux du pape Léon XIV a été dévoilé, offrant l’indication la plus claire à ce jour des questions que le pontife entend soumettre au Sacré Collège lorsqu’il se réunira au Vatican les 26 et 27 juin.
Selon une lettre récemment divulguée, envoyée aux membres du Sacré Collège par son doyen, le cardinal Giovanni Battista Re, la réunion portera sur la « situation internationale » dans le monde et au sein de l’Église, les thèmes abordés dans la nouvelle encyclique du pape Magnifica Humanitas , et la prochaine phase du Synode sur la synodalité.
La lettre, envoyée aux cardinaux le 3 juin, a été publiée par le blog italien Messa in Latino.
Bien que le sujet de la liturgie ne soit pas explicitement mentionné dans la lettre, les cardinaux seront invités, lors de la première session, à réfléchir aux « souffrances, tensions et questions » qui affectent les Églises locales et à identifier des « signes d’espérance » et une « réconciliation possible » à soumettre au Pape et au Sacré Collège.
Deux sessions seront ensuite consacrées à Magnifica Humanitas. L’une d’elles portera plus particulièrement sur les questions de guerre et de paix. Les cardinaux seront invités à examiner comment réaffirmer au mieux l’affirmation de l’encyclique selon laquelle « la théorie de la “guerre juste”, trop souvent utilisée pour justifier toute forme de guerre, est désormais dépassée » (n° 192), et quelles mesures concrètes pourraient être prises pour préserver et consolider la paix.
La dernière session sera consacrée à la mise en œuvre du Synode sur la synodalité, l’un des projets phares du pontificat du pape François et un processus que le pape Léon s’est engagé à poursuivre. Les cardinaux recevront un compte rendu basé sur le document récemment publié « Vers les assemblées 2027-2028 : étapes, critères et outils de préparation », avant d’entamer une période de dialogue libre entre les membres du Collège et le Saint-Père.
Selon la lettre, les interventions libres durant cet échange seront limitées à trois minutes chacune.
Le consistoire extraordinaire se tiendra les 26 et 27 juin dans la salle d’audience Paul VI et la salle synodale, et se terminera le 29 juin dans la basilique Saint-Pierre, où le Saint-Père présidera la messe pour la solennité des saints Pierre et Paul.
Proposer une conversation consentie sur l’avortement n’est pas un crime dans les rues d’Écosse
Rose Docherty, 75 ans, a été acquittée par le tribunal de Glasgow le 27 avril, lorsque le juge a rejeté deux accusations criminelles portées contre elle, en vertu de la législation de censure introduisant des « zones tampons » autour des établissements d’avortement au Royaume-Uni.
Le Crown Office and Procurator Fiscal Service, le procureur public écossais, a refusé de faire appel de la décision et n’a désormais plus le temps de le faire.
Cette grand-mère chrétienne de 75 ans a été arrêtée en septembre dernier pour avoir simplement proposé de parler aux personnes se trouvant à proximité de l’hôpital universitaire Queen Elizabeth de Glasgow, en brandissant une pancarte sur laquelle on pouvait lire : « La coercition est un crime, je suis là pour parler, seulement si vous le souhaitez », ce qui a provoqué un tollé dans le monde entier, y compris de la part du département d’État américain.
Elle n’a abordé personne, n’a pas parlé d’avortement, n’a eu aucun comportement d’obstruction, de harcèlement ou d’intimidation, et ne manifestait pas.
L’Égypte accorde un statut légal à 191 églises après des décennies de restrictions
Le gouvernement égyptien a accordé un statut légal à 191 églises et bâtiments affiliés à l’Église dans le cadre de son processus de légalisation en cours pour les lieux de culte chrétiens.
Le 19 mai, le gouvernement égyptien a promulgué un décret légalisant 191 églises et bâtiments de culte affiliés à diverses confessions chrétiennes à travers le pays. Cette décision fait suite à une réunion du Conseil des ministres présidée par le Premier ministre Mostafa Madbouly et s’inscrit dans le cadre d’un programme d’État de longue date visant à régulariser le statut juridique des églises et des lieux de culte qui fonctionnaient sans autorisation officielle depuis des décennies.
La légalisation a été approuvée suite à un examen mené par le Comité principal pour la légalisation des églises, un organisme chargé d’évaluer les demandes de reconnaissance officielle émanant des églises et des établissements apparentés. Selon les déclarations du gouvernement, le comité a examiné le statut juridique et technique de chaque bâtiment avant de recommander son approbation.
Cette décision récente marque une nouvelle étape dans les efforts déployés par l’Égypte pour régulariser le statut de milliers d’édifices religieux construits au cours des dernières décennies sans les permis requis par la loi. Depuis le début du processus de légalisation, les autorités annoncent régulièrement de nouvelles autorisations suite aux examens menés par la commission.
Le processus de légalisation actuel est lié à la loi égyptienne sur la construction d’églises. Approuvée par le Parlement égyptien le 30 août 2016, cette loi a instauré un nouveau cadre réglementaire pour la construction et la rénovation des églises. Elle a transféré aux gouverneurs de province le pouvoir d’approuver les projets de construction et de restauration d’églises. Auparavant, ces autorisations relevaient principalement des services de sécurité.
La loi s’applique spécifiquement aux églises chrétiennes et n’impose pas les mêmes exigences aux lieux de culte musulmans sunnites. Elle ne prévoit pas non plus de cadre pour les groupes religieux extérieurs aux confessions chrétiennes officiellement reconnues, notamment les communautés ahmadies, bahaïes et chiites.
Antiracisme et racisme anti-blancs : l’affaire Henry bien pire que Georges Floyd
Au lieu de protéger l’étudiant de 18 ans qui agonisait, la police britannique l’avait… menotté.
Voici les terribles images de l’agonie d’Henry Nowak, jeune britannique arrêté et menotté pour une fausse accusation de racisme alors qu’il venait d’être poignardé a mort gratuitement par un immigré sikh Vickrum Digwa. C’est bien pire que Georges Floyd et pourtant qui en a…
— Damien Rieu (@DamienRieu) June 1, 2026
Le 3 décembre 2025, Henry Nowak rentre d’une soirée à Southampton, sur la côte sud de l’Angleterre. Il est agressé par un jeune homme sikh de 23 ans, Vickrum Digwa, qui le poignarde à cinq reprises avec un couteau ayant une lame de 20 centimètres. Quand les policiers arrivent, le meurtrier se pose en victime, accusant l’étudiant d’injures racistes. Il dit avoir agi en état de légitime défense après des insultes et des coups. Les agents croient ses mensonges et menottent Henry Nowak, alors que le garçon est en train de mourir.
🚨BREAKING: Henry Nowak’s father speaks out on the murder of his son:
“He told officers he could not breathe NINE TIMES, he said he had been stabbed FOUR TIMES, but the officer replied saying’ ‘I don’t think you have, mate.'”
What a brave man. pic.twitter.com/2cNtf8pzcx
— Inevitable West (@Inevitablewest) June 1, 2026
L’opposition et Nigel Farage dénoncent une police «à deux vitesses».
Grande-Bretagne : Après le meurtre d’Henry Nowak, le secrétaire d’État à l’Intérieur Chris Philp demande le retrait d’un document policier consacré à l’antiracisme. Ce texte encouragerait les policiers à traiter les personnes différemment en fonction de la couleur de leur peau. pic.twitter.com/bP4JcOFU9g
— Fdesouche.com est une revue de presse (@F_Desouche) June 3, 2026
Mgr Schneider : « L’aspect juridique est secondaire en raison de l’état d’urgence dans l’Église »
Au cours d’un voyage apostolique aux Philippines, Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana, a accordé un entretien à la chaîne YouTube Adrian Milag TV, publié le 22 mai 2026 dans l’émission Istoryang Katoliko. Il y a notamment abordé de nouveau la question de la Fraternité Saint-Pie X et des sacres épiscopaux à venir.
Un évêque face aux « virus spirituels » de notre époque
Au micro d’Adrian Milag, Mgr Athanasius Schneider a expliqué, en évoquant son livre Fuyez l’hérésie, quel est le rôle d’un évêque pour protéger les fidèles : « Des laïcs m’ont demandé de réaliser une synthèse des erreurs les plus répandues de notre époque. J’ai donc écrit cet ouvrage comme une aide pour les fidèles. Vous savez, lorsqu’une maladie se propage, lorsqu’une épidémie survient et que des virus se répandent partout, un bon médecin doit fournir aux personnes des remèdes capables de les guérir. Il doit aussi les avertir en leur disant : « N’allez pas là-bas » ou « Soyez vigilants ». Il en va de même pour un évêque. Il est le père spirituel des fidèles.
Un évêque est également un médecin spirituel, un docteur des âmes, chargé de procurer la santé spirituelle. Ce livre se veut donc un avertissement contre des virus spirituels dangereux. Il a été écrit avec une intention de véritable charité pastorale, de véritable amour du prochain. Lorsque j’aime les personnes et les âmes, je ne peux pas les laisser dans une situation de confusion. Je ne peux pas les laisser dans une situation où se répandent des virus spirituels. C’est pourquoi je considère cet ouvrage, cet avertissement contre les hérésies, comme un acte éminent d’amour du prochain. »
« Le véritable Philippin est catholique »
Revenant sur son voyage aux Philippines, Mgr Schneider explique ce qui caractérise, selon lui, le peuple philippin : « J’ai découvert que Dieu a accordé au peuple philippin un don particulier. Vous possédez, d’une certaine manière, un don naturel pour la foi catholique. Le véritable Philippin est catholique. Il ne peut pas ne pas être catholique. Cela est profondément enraciné dans le dessein de la Providence divine à l’égard du peuple philippin et dans toute l’histoire des Philippines. L’amour de la foi catholique, la profondeur de la dévotion, tout cela est remarquable.
J’ai également constaté l’amour particulier que vous portez à Notre-Seigneur, spécialement à Notre-Seigneur souffrant, ainsi qu’à sa Très Sainte Mère. J’ai aussi observé que le peuple philippin se distingue, je crois, de tous les autres pays catholiques du monde par son amour de l’Enfant Jésus. Cette dévotion à l’Enfant Jésus est quelque chose de très particulier aux Philippines. Elle manifeste la simplicité de la foi, la confiance filiale et l’amour profond que le peuple philippin porte à Notre-Seigneur dès son enfance. »
« Conservez cette messe, développez-la, faites-la renaître »
Plus loin, après avoir expliqué la vie qu’il a connue derrière le rideau de fer, Mgr Athanasius Schneider encourage les Philippins à garder et répandre la messe traditionnelle : « Mais aujourd’hui la situation est différente. À l’époque communiste, nous étions persécutés par des ennemis extérieurs à l’Église. De nos jours, nous sommes confrontés à la confusion à l’intérieur même de l’Église. Certains fidèles et certains prêtres sont, d’une certaine manière, persécutés, humiliés ou marginalisés par des membres du haut clergé qui détiennent l’autorité dans l’Église et qui empêchent des prêtres ou des évêques d’exprimer pleinement la foi catholique. Voilà la situation actuelle. Mais malgré cela, nous devons continuer à proclamer la vérité avec charité, mais aussi avec clarté. La charité et la clarté. Sans ambiguïté.
Nous devons annoncer la foi catholique traditionnelle et immuable de tous les temps. Nous devons faire connaître la beauté de la liturgie de tous les temps, celle qu’ont connue nos saints. Cette messe traditionnelle latine, je l’appelle la messe des Philippins. Car quelle fut la première messe célébrée aux Philippines ? C’était la messe traditionnelle latine.
À Mazaua, en 1521. C’était exactement la même messe, ce que l’on appelle aujourd’hui la messe traditionnelle latine. C’est donc la messe fondatrice des Philippines. C’est la messe qui est à l’origine même de l’histoire catholique des Philippines. C’est pourquoi je vous en prie : conservez cette messe. Développez-la. Faites-la renaître. Répandez-la à nouveau dans tout le pays. Vous pouvez dire qu’elle est la messe de vos origines. »
La franc-maçonnerie et les racines de la crise actuelle
Adrian Milag a ensuite interrogé le prélat au sujet du catéchisme qu’il a publié : « Là encore, ce n’était pas mon idée. À vrai dire, presque tous les livres que j’ai écrits ne sont pas nés de mes propres initiatives. On me les a demandés. Pour Credo, c’est un père de famille nombreuse des États-Unis qui m’a demandé de le faire. J’ai considéré que cette demande d’un père de famille était, en réalité, un appel que Dieu m’adressait. Je ne pouvais pas le refuser. En tant qu’évêque et pasteur, je me devais d’y répondre. Avec l’aide de plusieurs théologiens, j’ai donc travaillé pendant plus d’un an à l’élaboration de cet ouvrage intitulé Credo.
Cet ouvrage catéchétique, sous forme traditionnelle de questions et réponses, a ceci de spécifique qu’il consacre plusieurs questions à des sujets actuels ou inhabituels, notamment la franc-maçonnerie : « J’aborde notamment la question de l’idéologie du genre. J’ai également consacré un chapitre à la franc-maçonnerie, ce qui n’est généralement pas le cas dans les autres catéchismes. C’est un sujet important. Nous devons en parler. Je n’y fais que citer le magistère de l’Église, non mes propres opinions. J’ai même cité les francs-maçons eux-mêmes, à partir de leurs propres déclarations. Il ne s’agit donc nullement d’une théorie du complot. J’ai simplement repris les sources provenant des francs-maçons eux-mêmes, telles qu’ils se définissent. Il faut savoir qu’il s’agit d’une organisation très dangereuse, l’une des sectes secrètes les plus dangereuses, une secte à caractère religieux qui constitue une forme de gnose, de gnosticisme. Aux degrés les plus élevés, elle tend toujours davantage, selon moi, vers une forme de culte satanique.
Le dogme fondamental de la franc-maçonnerie est le relativisme. Le relativisme. Il n’existe aucune vérité religieuse objective. Toutes les religions sont égales et chacun peut choisir son propre dieu, pour ainsi dire, et lui rendre un culte. Voilà le premier dogme. Le second, plus profond encore, est l’anthropocentrisme : l’homme doit être au centre de tout. Non plus Dieu. Mais l’homme.
Et le plus grand obstacle à cette idéologie maçonnique est Jésus-Christ, Dieu incarné. Pour eux, c’est l’obstacle principal. Ce qu’ils rejettent le plus, c’est précisément l’Incarnation de Dieu en Jésus-Christ et l’unicité de Jésus-Christ. C’est ce qui est le plus opposé à tout l’édifice spirituel de la franc-maçonnerie. Par conséquent, la foi catholique intégrale et la véritable Église catholique constituent naturellement, à leurs yeux, leur principal adversaire. C’est pourquoi, depuis toujours, la franc-maçonnerie cherche à marginaliser la foi catholique et à la combattre.
Mgr Schneider explique qu’à ses yeux la crise de l’Église est due en grande partie à l’infiltration des idées maçonniques dans le corps ecclésial : « Aujourd’hui, elle aurait changé de tactique. Au lieu de combattre directement la foi catholique, elle chercherait à s’infiltrer dans l’Église afin de la corrompre par des idées de relativisme, de naturalisme et d’anthropocentrisme. Selon moi, c’est là l’une des racines de la crise actuelle de l’Église depuis le concile Vatican II. Nous pouvons l’observer. Je ne dis pas que cette crise est l’œuvre des francs-maçons. Non. Mais les similitudes sont réellement frappantes.
Depuis le Concile, depuis environ soixante ans, l’une des caractéristiques majeures de la crise est précisément la primauté accordée au relativisme. Par le biais de ce qu’on appelle l’œcuménisme et le dialogue interreligieux, l’unicité de Jésus-Christ se trouve comme diluée parmi les autres religions. Le second phénomène que l’on constate dans l’Église catholique depuis le Concile est la tendance à placer l’homme au centre de tout. Dans la liturgie également. Le Christ est relégué à l’arrière-plan. Même dans les églises, la Sainte Eucharistie — le Christ vivant, Dieu incarné vivant — est souvent placée dans un coin, tandis que le prêtre occupe le centre sur son siège. C’est, selon moi, une approche profondément anthropocentrique.
De même, célébrer la messe face au peuple, dans une sorte de cercle fermé autour de l’autel, transforme progressivement l’autel en table. Le centre visible devient alors le prêtre plutôt que le Christ. On affirme en théorie que le Christ demeure au centre. Mais, dans la pratique, l’impression donnée est souvent différente. Voilà une autre caractéristique fondamentale de la crise actuelle de l’Église catholique, laquelle présente, selon moi, certaines analogies avec l’idéologie maçonnique. Autrement dit, on en vient à accorder la primauté à la nature, à la vie présente, aux réalités terrestres, au détriment des vérités éternelles, de la grâce et de la vie spirituelle en Dieu. C’est là notre crise. »
« Nous devons remettre le Christ au centre »
La réponse à cette infiltration idéologique est, comme le voulait saint Pie X, la restauration de toutes choses en Jésus-Christ : « Nous devons remettre le Christ au centre. Le Christ doit être le centre de tout. Son unicité doit être proclamée à nouveau. Nous devons l’annoncer avec un nouvel élan missionnaire, prêts à donner notre vie, comme les Apôtres, pour proclamer qu’il n’existe pas d’autre voie de salut. Pour personne. Ni pour les musulmans, ni pour les juifs, ni pour les bouddhistes, ni pour les hindous. Pour personne. On ne peut être sauvé sans Jésus-Christ, sans croire en Jésus-Christ. Nous devons l’affirmer de nouveau avec amour et avec clarté. Proclamer le Christ comme l’unique chemin. Puis remettre l’Incarnation de Dieu au centre de notre culte et de nos églises. Placer le tabernacle au centre. Accorder au Dieu incarné vivant dans l’Eucharistie les plus grands honneurs dont nous sommes capables. Tourner à nouveau le prêtre et les fidèles vers Lui, vers le tabernacle, durant la sainte Messe. Se tourner vers Lui. C’est Lui qui compte.
Lorsque nous recommencerons à vénérer et à honorer le Christ au centre, comme Il le mérite en tant que Dieu véritablement incarné, alors seulement l’Église sera renouvelée. Il n’y aura pas de véritable renouveau de l’Église sans un renouveau de la vénération eucharistique. Sans un renouveau du respect manifesté envers l’Eucharistie, notamment lors de la réception de la sainte Communion. Nous devons nous agenouiller. C’est notre loi. S’agenouiller, et non rester debout. Pourquoi rester debout ? Ouvrez la bouche comme un enfant. Jésus a dit : « Si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume. » Agenouillez-vous donc et ouvrez la bouche comme les enfants. Alors le prêtre vous donnera le Corps du Christ avec toute la révérence, toute l’attention et tout le soin qui Lui sont dus.
Nous devons retrouver cela. Nous devons aussi retrouver la beauté du mariage chrétien, la beauté des familles catholiques, la chasteté de la jeunesse, la sainteté du sacerdoce. Nous avons besoin d’une nouvelle génération de saints prêtres, de prêtres animés d’un zèle apostolique ardent, ainsi que d’évêques partageant ce même esprit. Voilà l’avenir de l’Église. Et cet avenir viendra. Il est déjà en train de naître. Je le vois ici, chez vous, dans ces magnifiques jeunes familles, dans ces bonnes initiatives qui existent partout dans le monde, comme la vôtre, Adrian, et comme tant d’autres qui annoncent et défendent la foi catholique. »
Le document d’Abou Dhabi : « C’est une hérésie »
Interrogé dans le registre de l’indifférentisme religieux au sujet du document d’Abou Dhabi, l’évêque répond : « Malheureusement, un document a été signé à Abou Dhabi en 2019 par le pape François et des représentants musulmans. Il traitait de la fraternité humaine et de la coexistence pacifique. Nous n’avons évidemment rien contre la fraternité humaine ni contre la paix entre les hommes. Tout cela est bon.
Mais dans ce document se trouvait, selon moi, un véritable poison. Un poison qui, fondamentalement, contredit l’Évangile. Je vais citer la phrase en question. Le document affirme que « la diversité des sexes, la diversité des nations, la diversité des langues, des cultures et des religions » est une expression de la sage volonté de Dieu Créateur. Cela est impossible. C’est une hérésie. Comment Dieu pourrait-Il vouloir la diversité des religions de la même manière qu’Il veut la diversité des sexes, homme et femme, qui fonde le mariage ? Il est impossible de placer ces réalités sur le même plan et de les présenter comme étant également voulues par Dieu, puisqu’elles sont simplement énumérées dans une même phrase.
Or Dieu ne veut pas l’idolâtrie. Il la condamne et la punit. Le premier commandement est clair : « Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face. » Le premier commandement exclut précisément les faux cultes. Notre-Seigneur Lui-même a déclaré : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » Et saint Pierre, premier pape, a proclamé au monde le jour de la Pentecôte : « Il n’a été donné sous le ciel aucun autre nom par lequel nous devions être sauvés que celui de Notre-Seigneur Jésus-Christ. » Cette phrase du document d’Abou Dhabi, telle qu’elle est rédigée, revient de fait à nier l’Évangile et le premier commandement de Dieu. Nous devons le dire. Nous ne pouvons pas l’accepter. Nous devons continuer à proclamer l’unicité de Notre-Seigneur Jésus-Christ. »
« L’œuvre de Mgr Lefebvre est une grande œuvre pour toute l’Église »
Adrian Milag emmène ensuite son invité sur le sujet très actuel des consécrations épiscopales prévues par la Fraternité Saint-Pie X le 1er juillet prochain, il explique comment il a connu cette œuvre sacerdotale et prend sa défense : « Je connais bien cette Fraternité. Il y a plus de dix ans, le pape François m’a envoyé, avec trois autres évêques, comme visiteur apostolique auprès de la Fraternité Saint-Pie X. J’ai donc pu acquérir une connaissance interne de cette œuvre. À l’époque, les quatre évêques chargés de cette visite ont remis au pape François un rapport fondamentalement positif. Je pense que c’est notamment à la suite de ce rapport favorable que le pape François a accordé aux prêtres de la Fraternité les facultés pour entendre les confessions, facultés qui demeurent valides aujourd’hui. Il leur a également accordé la possibilité d’assister officiellement aux mariages.
J’ai lu leurs documents, étudié leur vie et les écrits de Mgr Lefebvre. Et plus je les étudie, plus je suis convaincu que l’œuvre de Mgr Lefebvre est une grande œuvre pour toute l’Église. L’histoire le reconnaîtra. Bien sûr, comme toute communauté présente sur cette terre, elle possède ses limites et ses défauts. C’est normal. Mais ce n’est pas là la question essentielle. Il faut regarder ce qui constitue le cœur de cette œuvre. La Fraternité Saint-Pie X ne fait rien d’autre que transmettre et enseigner la même foi que celle qu’enseignaient les saints jusqu’au Concile. C’est la même foi que l’Église a toujours demandé d’enseigner. Elle n’a rien inventé de nouveau. Lorsqu’elle proclame la même foi que les saints et les papes du passé, il n’y a là rien de répréhensible.
Elle célèbre également la même sainte Messe, la même liturgie que celle qui a été célébrée pendant des siècles. Lorsque saint Pie V a codifié cette liturgie, il ne l’a pas inventée. Il ne l’a pas réformée. Il a simplement recueilli le rite romain traditionnel tel qu’il existait depuis des siècles avant le Concile de Trente et l’a donné à toute l’Église latine comme modèle, comme la manière la plus sûre de célébrer le saint sacrifice de la Messe. La plus sûre. C’est précisément ce que continue de faire la Fraternité Saint-Pie X.
La formation des séminaristes suit également les normes que le Saint-Siège a données pendant des siècles. Elle ne suit pas ses propres normes particulières. Elle suit celles que le Saint-Siège lui-même a prescrites. Elle utilise les mêmes catéchismes que ceux qu’ont connus nos grands-parents partout dans le monde : le catéchisme de saint Pie X et d’autres catéchismes traditionnels. La foi catholique n’a pas changé avant le Concile ni après le Concile. La Fraternité continue simplement à transmettre cette même foi. Pour cette raison, nous devons lui être reconnaissants de conserver et de transmettre la foi de nos pères, la foi des papes au cours des siècles, la liturgie des saints, la formation traditionnelle des prêtres et des fidèles, et ainsi de suite. »
« L’aspect juridique est secondaire »
Il explique ensuite pourquoi, tant que Rome veut imposer certaines nouvelles doctrines erronées ou ambiguës de Vatican II, l’accord est impossible : « Le problème est essentiellement d’ordre juridique. Il s’agit d’une question canonique : la Fraternité ne bénéficie pas encore d’une pleine reconnaissance juridique de la part du Saint-Siège. Mais, dans le contexte actuel, cet aspect juridique est secondaire. Il est secondaire en raison de la confusion manifeste et de la situation d’urgence qui règnent dans l’Église. Le Saint-Siège ne garantit pas toujours pleinement, aujourd’hui, le maintien intégral de la foi catholique dans toute sa pureté.
Par ailleurs, le Saint-Siège demande à la Fraternité Saint-Pie X, comme condition préalable à toute reconnaissance canonique et à toute permission concernant les consécrations épiscopales ou d’autres questions, d’accepter certaines affirmations du Concile qui demeurent ambiguës. Il lui est demandé d’accepter certaines méthodes œcuméniques qui, selon moi, sont ambiguës et tendent à relativiser l’unicité de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il en va de même pour certaines formes de dialogue interreligieux. On lui demande également d’accepter certaines conceptions nouvelles de la collégialité épiscopale permanente, telles qu’elles ont été formulées par le concile Vatican II. Or cette compréhension de la collégialité n’existait pas auparavant sous cette forme dans l’histoire de l’Église.
Ainsi, dans la pratique, l’épiscopat tend parfois à devenir, à travers les conférences épiscopales, une sorte d’organe démocratique qui étouffe parfois l’autorité propre de l’évêque diocésain. Or l’évêque diocésain est de droit divin. Il est le successeur des Apôtres. La conférence épiscopale, en revanche, n’est pas de droit divin ; c’est une institution créée à notre époque. Voilà l’une des principales difficultés entre le Saint-Siège et la Fraternité Saint-Pie X. La Fraternité affirme : « Nous ne pouvons pas accepter ce qui demeure ambigu. » Le Saint-Siège répond : « Vous devez accepter les nouvelles méthodes de l’œcuménisme, de la liberté religieuse, etc., ainsi que la nouvelle messe qui contient certains éléments du nouvel Ordo Missæ qui, au moins sur le plan doctrinal, ne sont pas toujours suffisamment clairs. » Vous voyez donc où se situe le problème. »
Un nouvel appel au pape Léon XIV
C’est pourquoi, inlassablement, Mgr Schneider interpelle le Saint-Père afin qu’il agisse en faveur de la Fraternité Saint-Pie X, qu’il fasse au moins preuve de réalisme pastoral devant tant de catholiques qui demandent à bon droit la Tradition intégrale : « C’est pourquoi j’ai lancé cet appel : Très Saint-Père, soyez un bon pasteur, un pasteur généreux. Ces fidèles sont aussi vos enfants. Il y a environ un demi-million de catholiques de la Fraternité Saint-Pie X à travers le monde, plus de huit cents prêtres, religieux, religieuses et séminaristes. Ils vous aiment sincèrement. Ils prient chaque jour pour vous à la messe. Ils vous reconnaissent comme pape ainsi que leurs évêques diocésains.
Pourquoi ne pourriez-vous pas leur accorder une exception ? Alors même que vous faites preuve d’une grande générosité envers d’autres confessions, recevant par exemple l’archevêque anglican de Cantorbéry, rencontrant des représentants d’autres religions ou visitant des mosquées. Pourquoi ne pourriez-vous pas faire un geste envers vos propres enfants ? Pourquoi ne pas leur accorder, de manière exceptionnelle, la permission de consacrer des évêques qui vous aimeront et prieront pour vous ? Ensuite, avec le temps, vous pourrez trouver une solution durable avec eux. Cela demande du temps. J’en appelle donc une nouvelle fois à vous, Très Saint-Père. »
Et l’évêque conclut son propos par un encouragement au pape à dépasser les pressions : « Vous pouvez éviter cette blessure faite d’excommunications et d’anathèmes par un geste pastoral généreux. Tel est mon appel, ainsi que celui de nombreux fidèles.
Très Saint-Père, soyez un père. Soyez un fils de saint Augustin qui œuvre pour la paix. Laissez parler votre cœur, et non votre entourage qui pourrait vous influencer et vous conseiller de les excommunier. Je vous en prie, agissez comme un véritable fils de saint Augustin. Écoutez votre cœur. Évitez cette blessure de la séparation. Vous pouvez le faire. Vous êtes le père de tous. »
Lien vers la vidéo en anglais de l’interview : https://www.youtube.com/watch?v=Izu9zf2iwjU
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Sortir de la prison numérique : le sursaut salutaire de Roland Thévenet
Sortir de la prison numérique : le sursaut salutaire de Roland Thévenet
Il est des voix qui, au milieu du vacarme assourdissant de notre époque, résonnent avec la clarté d’un angélus dans le soir. C’est précisément ce sentiment de salutaire lucidité qu’a laissé la récente intervention de l’écrivain et conférencier Roland Thévenet sur la chaîne Haltérophilo:
Face au flot ininterrompu de l’actualité anxiogène, des bruits de bottes et des effondrements sociétaux, son propos n’était pas une énième déploration stérile, mais une véritable feuille de route pour le combat spirituel contemporain. Comment vivre chrétiennement dans une société qui a délibérément choisi l’amnésie et le déracinement ? La réponse tient en un mot, exigeant et magnifique : la résistance par le réel et la verticalité.
La démoralisation par l’écran : le piège du « Codex » virtuel
Roland Thévenet pose d’emblée un diagnostic d’une grande acuité sur ce que l’on nomme abusivement la « société de l’information ». Ce déferlement continu de catastrophes, cette mise en scène perpétuelle du déclin ne relèvent pas du hasard : il s’agit, analyse-t-il, d’un véritable projet de démoralisation. L’objectif ? Atrophier l’autonomie de l’âme, plonger le chrétien dans une paralysie anxieuse pour mieux le soumettre aux structures de la modernité cybernétique.
Pour y parvenir, la technique a forgé son arme la plus redoutable : l’écran. Thévenet oppose avec force la page du livre au flux numérique. Là où le livre délimite un espace clos, propice à la vie intérieure et à la pensée longue, l’écran — ce « codex » moderne — fragmente l’attention par ses notifications incessantes, maintenant l’esprit à la surface de lui-même. Face à cette entreprise d’asservissement psychologique, l’urgence est de retrouver l’« indifférence » ignatienne. Non pas un jemenfoutisme ou un désintérêt du bien commun, mais cette sainte distance chrétienne qui consiste à ne pas se laisser consumer par un monde que l’homme n’a pas mission de sauver seul.
Le retour à la « Page » et aux maîtres oubliés
Pour briser les chaînes de cette matrice virtuelle et échapper à une production littéraire contemporaine trop souvent nombriliste, le remède réside dans le commerce quotidien avec les textes exigeants. Évoquant l’historien Godefroid Kurth (Les Origines de la civilisation moderne), Roland Thévenet rappelle comment les premiers clercs et moines ont su arracher la pensée aux artifices de la rhétorique païenne tardive pour l’élever vers la Vérité.
Contre les oukases d’une Université officielle qui a fait table rase du passé, il nous enjoint de redécouvrir ces grands témoins injustement relégués aux oubliettes de l’histoire littéraire. Il cite notamment René Bazin, dont le naturalisme chrétien sait intégrer la transcendance de l’homme et la beauté de la Création — à l’inverse du matérialisme désespérant d’un Zola —, mais aussi Léon Bloy ou Henri Béraud. Lire de telles œuvres, s’attaquer à des volumes denses, c’est refuser la paresse du divertissement de masse pour forcer notre intelligence à grandir.
La dissidence authentique se fait à genoux
Le cœur du message de Roland Thévenet touche cependant à l’essence même de notre foi. À ceux qui seraient tentés par un fatalisme désespéré, se persuadant que l’apostasie généralisée est une fatalité historique incontournable, il rappelle les mots de la Vierge à La Salette : l’effondrement est le plan de l’adversaire, mais le dessein divin exige notre fidélité.
La véritable dissidence chrétienne ne se déploie pas sur les réseaux sociaux ni dans les salons où l’on commente indéfiniment, avec une ferveur stérile, la géopolitique mondiale. La dissidence authentique est sacramentelle ; elle commence à genoux. Elle se déploie dans la fidélité absolue au Saint Sacrifice de la Messe — en confessant une nécessaire prédilection pour la liturgie traditionnelle, ce roc intemporel —, dans la pratique régulière de l’oraison et dans la piété filiale du chapelet récité pour nos morts.
Retrouver le réel : du potager à l’Eucharistie
Enfin, ce combat spirituel ne saurait faire l’économie d’un ancrage charnel. Pour rompre avec le virtuel, l’invitation est d’une simplicité désarmante : il faut réinvestir le réel. Contempler la nature telle que Dieu l’a faite plutôt que les décors bétonnés de nos cités ; réapprendre les gestes premiers, comme cultiver son potager ou faire son propre pain. Rappelons que le mot « culture » puise sa racine dans le latin colère, qui signifie cultiver la terre : le travail de l’esprit et celui du sol procèdent d’un même besoin d’enracinement.
À l’heure où la société spectaculaire s’apprête à saturer l’espace public de divertissements profanes et d’événements sportifs mondialisés, Roland Thévenet nous propose un magnifique exercice de Carême laïc : choisir le retrait volontaire. Préférons à ces grand-messes profanes le silence d’une page des Psaumes ou la méditation des écrits de Sainte Thérèse d’Avila.
En définitive, cette interview résonne comme un manifeste de survie spirituelle. Pour traverser le chaos moderne sans y perdre son âme, le chrétien doit « creuser l’écart ». En opposant à l’indignation horizontale et stérile des écrans la verticalité exigeante de la Croix, de la bonne lecture et de la terre, nous ne fuyons pas le monde : nous le reconstruisons, pas à pas, là où Dieu nous a plantés.
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La Fête Dieu interdite, s’affiche à Genève
La Fête-Dieu s’affiche à Genève : 70 affiches pour rendre visible ce que la loi a rendu invisible
Du 1er au 14 juin 2025, l’association Perspective catholique lance une campagne d’affichage inédite dans six communes genevoises pour célébrer la Fête-Dieu, cette grande fête eucharistique que la loi cantonale genevoise sur la laïcité a rendue invisible dans l’espace public depuis 2021.
Une campagne d’affichage sur six communes
Soixante-dix affiches sont placardées sur les espaces publicitaires publics des communes de Genève, Carouge, Chêne-Bougeries, Chêne-Bourg, Le Grand-Saconnex et Thônex. Cette présence visuelle dans l’espace urbain vise à attirer l’attention des catholiques, des personnes qui le sont peu, et même de ceux qui ne le sont pas du tout, sur l’une des grandes solennités du calendrier chrétien.
Chaque affiche est accompagnée d’un QR code renvoyant vers une page du site de Perspective catholique, qui explique en quelques mots l’origine et le sens de la Fête-Dieu.
Qu’est-ce que la Fête-Dieu ?
La Fête-Dieu ou fête du Très Saint Sacrement est l’une des plus importantes solennités du calendrier catholique. Instituée au XIIIe siècle, elle célèbre la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie. Traditionnellement marquée par des processions solennelles dans les rues et les places publiques, elle témoigne de la foi des chrétiens dans l’espace commun de la cité.
Ce que la loi genevoise a voulu cacher
Depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur la laïcité, ainsi que la loi d’application décidée par le Conseil d’État, toute procession religieuse dans l’espace public est désormais interdite. Cette disposition, que Perspective catholique juge excessive au regard du principe de laïcité, a pour effet de rendre invisibles des pratiques religieuses pacifiques et séculaires.
Pendant une trentaine d’années, les catholiques de la paroisse Saint-Joseph, relevant de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, ont organisé chaque année une procession à l’occasion de la Fête-Dieu, sans qu’aucun incident notable n’ait jamais été recensé. Ce qui était possible jusqu’en 2021 ne l’est plus aujourd’hui.En réponse à cette situation, Perspective catholique a choisi une voie pacifique et légale : celle de l’affichage public. «Nos affiches rappelleront, silencieusement, la présence de Dieu sous les espèces de la sainte Eucharistie», précise l’association.
Euthanasie : faisons célébrer des messes pour que cette loi ne passe pas
C’est une excellente idée d’écrire aux députés pour essayer de les faire changer d’avis et les encourager à lutter contre l’euthanasie, et il faut le faire. Mais dans « L’âme de tout apostolat », Dom Chautard nous enseigne qu’il faut envelopper notre apostolat de prières, pour qu’il soit efficace.
La prière la plus efficace de toutes est la messe, car alors c’est Jésus lui-même qui prie à notre place et qui offre son sacrifice de la croix et son Sacré-Cœur pour nos intentions. Il me semble donc qu’il faudrait que nous assiégions le ciel de nos prières en faisant célébrer le plus de messes possible “pour la conversion de tous les députés et sénateurs et pour que l’euthanasie ne passe pas”. Il faudrait aussi faire célébrer des messes pour la conversion d’Emmanuel Macron et de tous les membres de son gouvernement.
Emmanuel Macron a fait la démarche courageuse d’aller se faire baptiser, quand il avait douze ans, alors que sa famille ne pratiquait pas. Il me semble que Dieu peut l’en récompenser en lui donnant une grâce de conversion. Jean-Luc Mélenchon était enfant de chœur et allait à la messe régulièrement, dans son enfance. Demandons à Dieu de lui en tenir compte également et de le convertir. Et prions de même pour chaque député, chaque sénateur, chaque membre du gouvernement.
Si vos prêtres ont un agenda de messes déjà très rempli et qu’ils ne peuvent dire de messes rapidement, il est possible de contacter des communautés de moines qui disent la messe traditionnelle et qui semblent moins prises. J’ai déjà fait dire plusieurs fois des messes par les moines de la communauté de Donezan qui étaient disponibles de suite. J’ai l’impression qu’ils ont une grande disponibilité. On peut leur envoyer un courrier accompagné d’un chèque à l’adresse suivante :
Abbaye Notre Dame de Donezan
Route du col des Hares
09460 Carcanières
Le tarif est de 18€ pour une messe mais il est de 180€ pour une neuvaine de messes.
On peut aussi leur envoyer un message sur ce lien : https://www.abbaye-donezan.fr/contact/
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Parcours d’excellence musicale au sein de l’école Saint-Dominique (Le Pecq – 78)
Le parcours CHAM (Classe à Horaires Aménagés Musique) de Saint-Dominique propose aux élèves du secondaire un parcours formateur et structuré, centré sur la musique sacrée.
À travers le chant choral, le chant grégorien, la technique vocale, la pratique du clavier (piano ou orgue) et une formation musicale approfondie, cet enseignement vise à favoriser l’épanouissement personnel, artistique et spirituel des élèves tout en les formant à mieux servir la liturgie.
Enseignement musical structuré sur 6 ans
Pratique collective (choeur de chambre ; chant grégorien)
Cours individuels de chant et d’instrument (piano ou orgue)
Validation des acquis
Auditions régulières avecles « Jeudis de la CHAM »
CONCERT DE FIN D’ANNÉE SUIVI D’UNE RENCONTRE AVEC LES PROFESSEURS
Mardi 16 juin à 16h45, chapelle du bâtiment Bosco, Collège-Lycée Saint-Dominique 20 avenue Charles-de-Gaulle 78230 Le Pecq
https://ecole-stdominique.fr/classe-cham/
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Boualem Sansal : entretien autour de “La Légende” sur Livres en famille.
La légende n’est pas seulement le récit d’une détention. C’est l’histoire d’un homme que l’on a voulu effacer – et qui devient un symbole.
Dans ce nouveau livre, l’écrivain franco-algérien transforme une expérience intime en un récit puissant, traversé par les questions de justice, de liberté et de pouvoir. Plus qu’un témoignage, La Légende est une prise de parole : celle d’un homme qui cherche à se réapproprier son histoire, à interroger les mécanismes qui façonnent les récits publics et parfois effacent les individus.
Un jour, on découvre que l’on vit dans un monde inversé – où la vérité dérange, où la justice inquiète, où la liberté fait peur. C’est dans ce «pays des miracles » que mon histoire commence. Ou peut-être qu’elle finit. J’ai compris que cette histoire ne m’appartenait pas. Elle circulait sans moi. Elle est née dans la tête du grand magistrat, elle est passée par un tribunal d’exception, par la prison, par les médias des cinq continents, elle s’est chargée des colères et des espoirs des uns et des autres. A aucun moment elle n’est passée par moi. Mon récit me permet de me réapproprier la légende, et rappelle ce qu’est une justice aux ordres, un pouvoir sans contrepoids, la peur quand elle s’installe dans la langue. Les bourreaux prospèrent dans l’anonymat ; la lumière commence par les désigner. Ces pages n’adoucissent rien : elles éclairent… » B.S.
Face à la caméra, Boualem Sansal évoque cette écriture de l’après, le besoin de dire, de comprendre, et de mettre en lumière ce qui reste souvent dans l’ombre. Un échange à la fois lucide, direct et essentiel, à l’image de son œuvre.
RETROUVEZ BOUALEM SANSAL FACE A LA CAMERA : https://www.livresenfamille.fr/recits-chroniques/30597-la-legende-libres-meditations-d-un-prisonnier-encombrant.html
SON LIVRE : La Légende – Libres méditations d’un prisonnier encombrant, de Boualem Sansal, Editions Grasset, 252 pages, 22€.
Plus d’informations et commandes des livres de Boualem Sansal sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/6702_boualem-sansal
Ce livre est un combat pour la liberté d’expression.
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Albert Moukheiber, ou le moment où la science du cerveau devient métaphysique de comptoir
Albert Moukheiber est un homme intelligent. Il suffit de l’écouter parler quelques minutes du cerveau, des biais cognitifs, de nos automatismes mentaux, de nos récits intérieurs, pour comprendre qu’on a affaire à quelqu’un de fin, de cultivé, de pédagogiquement doué. Il a ce talent rare de rendre clairs des mécanismes complexes sans les réduire à une soupe de développement personnel. Sur ce terrain-là, il est souvent excellent.
Le problème commence quand il quitte le cerveau pour parler de Dieu.
Dans une intervention récente, il explique qu’il est athée, puis raconte que ce qui l’aurait éloigné du « dieu monothéiste », c’est cette question : pourquoi préférer ce Dieu-là – celui du judaïsme, du christianisme et de l’islam, qu’il présente comme étant au fond le même – plutôt que Zeus, Baal ou d’autres divinités anciennes ?
La question peut sembler maligne. Elle est en réalité très révélatrice. Elle montre surtout qu’un esprit très compétent dans son domaine peut devenir étonnamment sommaire dès qu’il aborde la religion. Comme souvent, l’athéisme contemporain ne réfute pas tant le christianisme qu’une image très appauvrie du religieux : un marché des croyances où l’on choisirait entre Yahvé, Zeus, Baal, Thor ou Allah comme entre plusieurs marques de céréales spirituelles.
Or la foi biblique ne commence pas par une préférence tribale. Elle ne dit pas : « Nous avons choisi ce dieu plutôt qu’un autre parce qu’il nous plaisait davantage. » Elle dit tout autre chose : le Dieu d’Israël n’est pas un dieu parmi les dieux, mais Celui qui est, le Créateur, le Seigneur de l’histoire, Celui devant qui les idoles sont démasquées comme des puissances fabriquées, craintes ou imaginées par les hommes.
Zeus a une généalogie, des passions, des rivalités, un panthéon. Baal est lié à un monde cultuel, à la fécondité, à l’orage, aux puissances cananéennes. Le Dieu biblique, lui, n’appartient pas à cet ordre. Il n’est pas le plus fort des dieux locaux : il est d’une autre nature. Il n’est pas dans le monde comme une puissance parmi d’autres ; il est Celui par qui le monde existe.
Tout l’Ancien Testament est justement traversé par ce combat contre les faux dieux. Israël vit entouré de cultes concurrents. Il est tenté par eux, contaminé par eux, parfois fasciné par eux. Mais la pédagogie biblique consiste précisément à faire passer le peuple élu d’une compréhension encore imparfaite du type « notre Dieu nous protège » à une confession radicale : « le Seigneur seul est Dieu ». Les autres dieux ne sont pas seulement inférieurs ; ils ne sont pas Dieu.
C’est pourquoi la comparaison avec Zeus ou Baal ne tient pas. Elle suppose que la révélation biblique serait une mythologie parmi d’autres. Mais le christianisme ne repose pas sur le simple choix affectif d’une divinité. Il repose sur une histoire : Abraham, Moïse, les prophètes, l’attente messianique, puis l’Incarnation du Verbe en Jésus-Christ. On peut refuser cette histoire. On peut ne pas y croire. Mais on ne peut pas honnêtement la réduire à une préférence arbitraire entre plusieurs figures mythologiques.
Autre glissement révélateur : l’idée selon laquelle le judaïsme, le christianisme et l’islam adoreraient simplement « le même Dieu ». Cette formule peut être vraie dans un sens limité : ces traditions visent le Dieu unique, créateur, juge, Dieu d’Abraham. Mais elle devient fausse si elle signifie que les trois religions diraient substantiellement la même chose de Dieu.
Pour un chrétien, Dieu est Trinité. Le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne sont pas des options théologiques secondaires. Jésus-Christ n’est pas seulement un prophète, ni un maître moral, ni un envoyé parmi d’autres : il est le Verbe fait chair, vrai Dieu et vrai homme. L’islam nie précisément cela. Il refuse la Croix, la divinité du Christ, la filiation divine, la Trinité. Dire que « c’est le même Dieu » sans préciser cette différence fondamentale revient donc à écraser ce qui fait le cœur même de la foi chrétienne.
La formule juste serait plutôt celle-ci : les trois monothéismes ne parlent pas de trois divinités concurrentes comme Zeus, Baal ou Apollon ; mais ils ne connaissent pas Dieu de la même manière, et leurs affirmations sur Dieu sont parfois incompatibles.
Le fond de l’affaire est peut-être là. Beaucoup d’athées cultivés ne sont pas vraiment sortis d’une religion étudiée, méditée, comprise. Ils sont sortis d’une atmosphère religieuse. Ils ont rejeté un milieu, une pression sociale, une famille incapable de répondre, une société saturée de signes religieux, parfois une religion devenue politique, communautaire, conflictuelle. Dans certains pays comme le Liban, où les appartenances confessionnelles structurent si fortement la vie publique, ce réflexe peut être encore plus compréhensible. Mais il n’en devient pas plus profond pour autant.
On voit alors apparaître une sorte d’athéisme adolescent prolongé : brillant, ironique, rapide, sûr de lui, mais parlant de Dieu comme on parle d’un vieux catéchisme mal digéré. Ce n’est pas nécessairement de la malveillance. C’est souvent une fatigue. Une saturation. Une allergie au religieux avant même d’avoir rencontré la théologie.
Le paradoxe est cruel : celui qui sait si bien nous alerter sur les biais cognitifs semble parfois ne pas voir les siens dès qu’il parle de religion. Il sait que notre cerveau simplifie, reconstruit, sélectionne, caricature. Mais lorsqu’il aborde le christianisme, il tombe lui-même dans une simplification massive : Dieu devient une hypothèse parmi d’autres, les monothéismes deviennent interchangeables, la révélation devient une croyance collective, et la foi biblique se retrouve alignée sur Zeus ou Baal dans un musée imaginaire des divinités humaines.
Qu’Albert Moukheiber soit athée n’invalide pas ce qu’il dit sur le cerveau. Mais cela n’oblige pas non plus à recevoir ses propos sur Dieu comme s’ils relevaient de la même compétence. Quand il parle de neurosciences, il est dans son champ. Quand il parle de Dieu, il fait de la philosophie, souvent sans le dire. Et une philosophie implicite n’est pas une vérité scientifique.
Le christianisme n’a pas peur des questions. Il n’a pas peur qu’on lui demande pourquoi le Dieu d’Abraham plutôt que Baal. Mais il demande au moins qu’on comprenne ce qu’on critique. Car le Dieu chrétien n’est pas une idole plus réussie que les autres. Il est Celui qui entre dans l’histoire, parle à Israël, accomplit les Écritures, prend chair dans le sein de la Vierge Marie, meurt sur la Croix et ressuscite.
Ce n’est pas Zeus avec une morale plus sérieuse. Ce n’est pas Baal devenu respectable. Ce n’est pas une projection collective parmi d’autres.
C’est le Dieu vivant. Et c’est précisément cela que l’athéisme mondain, souvent très intelligent sur tout le reste, refuse encore trop souvent de regarder en face.
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Saint Antoine et les choses perdues de notre temps
Nous vivons dans un monde paradoxal.
Jamais nous n’avons eu autant de moyens de communiquer, et pourtant beaucoup souffrent de solitude.
Jamais nous n’avons eu autant d’informations, et pourtant tant de confusion demeure.
Jamais nous n’avons autant couru… sans toujours savoir vers quoi.
À force d’aller vite, notre époque semble avoir perdu quelque chose d’essentiel.
Le silence.
La profondeur.
Le sens.
La présence de Dieu.
C’est dans ce contexte que la figure de saint Antoine de Padoue retrouve une étonnante actualité.
La tradition populaire l’invoque pour retrouver les objets perdus. Mais au fond, saint Antoine aide surtout les âmes à retrouver leur orientation intérieure.
Retrouver la paix après l’agitation.
Retrouver la confiance après l’épreuve.
Retrouver la prière après des années d’éloignement.
Retrouver le Christ au milieu d’une vie fragmentée.
Du 5 au 13 juin prochain, Hozana propose une grande neuvaine à saint Antoine sur le thème : « Retrouver ce qui compte vraiment ».
Animée par le Collège des Bernardins et les Franciscains, cette retraite spirituelle en ligne offrira chaque jour une méditation, un enseignement et une prière pour avancer pas à pas vers l’essentiel.
Des milliers de personnes y participeront pour confier à saint Antoine leurs intentions, leurs recherches intérieures et leurs combats spirituels.
À l’approche de l’été, cette neuvaine peut devenir une occasion providentielle de ralentir, de reprendre souffle et de laisser Dieu remettre de l’ordre dans nos vies.
👉 Inscriptions gratuites : https://tinyurl.com/5h9e988v
Euthanasie : passage en force, il reste 6 semaines pour agir
Communiqué de La Fondation Lejeune :
Le verdict est tombé : la commission mixte paritaire (CMP) réunie ce mardi après-midi a échoué. Sept députés, sept sénateurs, aucun accord, fidèle reflet du rejet du texte par le Sénat à deux reprises.
Mais avant même que la CMP ne se prononce, Laurent Panifous, ministre chargé des relations avec le Parlement annonçait le matin : le dernier mot ira aux députés, le 15 juillet.
Le calendrier était écrit d’avance.
Aucune obligation constitutionnelle n’imposait cela. La navette entre les chambres aurait pu se poursuivre. Sébastien Lecornu pouvait respecter les rejets du Sénat. Il pouvait entendre la demande de référendum portée par plus de 200 parlementaires (proposition de loi référendaire à l’étude au Conseil constitutionnel). Il a choisi de ne rien entendre ou a été forcé de se taire. Pendant ce temps, le ministre Panifous et la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, militants assumés de l’euthanasie, pilotent l’agenda.
Donner le dernier mot à l’Assemblée sur un sujet d’une telle gravité, est un passage en force. L’objectif se révèle : Emmanuel Macron tient à cocher la réforme sociétale de son quinquennat et à solder ce dossier avant la venue du Pape pour mieux réhabiliter sa réputation aux yeux des citoyens chrétiens.
Face à ce hold-up politique de notre civilisation qui menace les personnes âgées, handicapées, malades, mais aussi les soignants, nous ne devons pas nous taire.
Six semaines. Tout reste possible.
Souvenons-nous : l’euthanasie, plus on en parle, plus on la rejette. En deuxième lecture, 53 députés ont changé de camp. Les députés se réunissent en commission du 8 au 15 juin, puis en séance la semaine du 22 juin. C’est maintenant que tout se joue.
Comme vient de le rappeler le Pape Léon XIV dans Magnifique Humanité : « Une tentation subtile s’insinue : penser que les problèmes sont trop grands et nous trop petits. C’est une forme élégante de capitulation, déguisée en réalisme. Personne n’est sans responsabilité. »
Agissez dès aujourd’hui — et avant le 22 juin :
| Interpellez votre député |
Si chacun appelle son député, il est encore possible de renverser la balance. La perspective de voir la France abandonner les citoyens les plus vulnérables à la mort provoquée et les soignants au soin dévoyé doit nous faire réagir, maintenant.
| Participez à la web-conférence inter-associative |
La Fondation Jérôme Lejeune organise avec les AFC, Alliance Vita, la Fondation OCH et d’autres associations une web-conférence le 8 juin à 20h30.
L’objectif : rappeler les enjeux du texte, le calendrier et surtout les différentes actions possibles pour se mobiliser !
Communiqué de la Marche pour la vie :
Cet après-midi se réunissait, suite au rejet du sénat le mois dernier, une commission mixte paritaire en vue d’accorder les deux chambres sur un texte légalisant l’euthanasie et le suicide assisté. Mais une fois de plus, le consensus n’existe pas.
Nous remercions les parlementaires qui tiennent bon dans le refus de légaliser l’acte létal. Mais malgré ces oppositions, et la faible majorité qui vote en faveur de ce texte, le gouvernement affiche la volonté d’un passage en force le 15 juillet. Pourtant, il pourrait tout à fait prolonger les lectures, ou, ce que nous demandons, abandonner ce texte mortifère.
La Marche pour la Vie, avec VOUS, se bat depuis des années contre cette légalisation. Le permis de tuer pourrait être à nouveau voté d’ici 7 semaines. Allons-nous baisser les bras ?
Des cartes postales pour solliciter nos députés
Acteurs d’une large mobilisation inter-associative, nous avons envoyé dans tous les coins de France des milliers de cartes postales, afin que chacun écrive et demande un rendez-vous à son député !
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Le pape nomme la présidente d’EWTN à la tête du Dicastère pour la Communication
Le Saint-Père a nommé le Dr Maria Montserrat Alvarado, présidente et directrice générale d’EWTN News, préfète du Dicastère pour la Communication, qui prendra ses fonctions le 1er novembre.
Maria Montserrat Alvarado, née à Mexico, est diplômée de l’Université internationale de Floride et de l’Université George Washington. De 2009 à 2023, elle a occupé des postes à responsabilité au sein du Becket Fund for Religious Liberty. Pendant quatorze ans elle a travaillé sur plusieurs dossiers emblématiques devant la Cour suprême : les Petites Sœurs des pauvres contre la prise en charge de la contraception prévue par l’Obamacare, Hobby Lobby contre la même obligation faite aux entreprises, des écoles religieuses défendant leur autonomie dans le choix de leurs enseignants, une agence catholique de placement familial opposée à la certification de couples homosexuels. Maria Montserrat Alvarado a dirigé les opérations de communication, de levée de fonds et de lobby dans les cercles politiques de Washington.
Depuis 2023, elle est présidente et directrice générale d’EWTN News, la branche information du réseau Eternal Word Television Network , où elle supervise les plateformes médiatiques internationales produisant du contenu en sept langues pour la télévision, la presse écrite, la radio, le numérique et les réseaux sociaux. EWTN News comprend onze chaînes de télévision diffusées en continu, des radios, une maison d’édition, le National Catholic Register, Catholic News Agency ou encore l’ACI Group. L’ancien nonce aux États-Unis Carlo Maria Vigano, excommunié depuis 2024, y a trouvé une tribune complaisante ; Donald Trump y a été reçu à trois reprises, notamment pour parler avortement, liberté religieuse et vote catholique, au point de faire d’EWTN l’une des passerelles entre catholicisme conservateur et trumpisme. La rupture avec François fut telle que le pape avait fini par viser publiquement ce milieu EWTN. Devant les jésuites slovaques, en septembre 2021, il dénonça un « grand média catholique » qui « parle continuellement mal du pape », ajoutant que ces attaques contre l’Église « sont l’œuvre du diable ».
Institué par le Pape François le 27 juin 2015 dans le cadre de la réforme de la Curie romaine, le dicastère pour la Communication supervise les systèmes de communication du Saint-Siège, notamment Vatican News, Radio Vatican, L’Osservatore Romano, Vatican Media (services photo, audio et vidéo), la Salle de presse du Saint-Siège, les Éditions du Vatican (LEV), la typographie et la Cinémathèque vaticanes. Outre les fonctions opérationnelles et technologiques qui lui sont assignées, le dicastère explore et développe également les aspects spécifiquement théologiques et pastoraux de l’activité de l’Église dans le domaine de la communication.
Maria Montserrat Alvarado succédera à Paolo Ruffini, nommé en 2018 par le Pape François premier préfet laïc d’un dicastère de la Curie romaine, et qui fêtera ses 70 ans en octobre prochain.
Quand rien ne manque, tout manque
L’homme à l’épreuve de l’intelligence artificielle
Alors que le Souverain Pontife pose les balises éthiques face à l’intelligence artificielle, une question plus profonde traverse notre époque : que devient l’homme lorsque la technique tend à effacer jusqu’à ses manques ? À travers Hiroshi Sugimoto et la lumière des Écritures, Je vous invite à redécouvrir le vide — non comme une absence à supprimer, mais comme le seuil où naissent le désir, la création et l’accueil de la Grâce.
Alors que la récente encyclique Magnifica Humanitas de Léon XIV rappelle avec force que la dignité humaine ne saurait être ni déléguée ni absorbée par aucun dispositif technique, un enjeu plus discret, mais peut-être plus radical, se dessine : notre rapport intérieur au manque. Car si la dignité de l’homme est inviolable du dehors, elle peut se laisser vider du dedans — non par arrachement, mais par saturation. Les réponses précèdent désormais les questions, et les silences se trouvent comblés avant même d’avoir pu creuser le moindre sillage.
Pour la première fois, des dispositifs techniques sont capables de satisfaire quasi instantanément une part croissante de nos attentes. Leur promesse ne tient pas seulement à l’efficacité, mais à l’effacement progressif de l’attente, de l’effort et de l’incertitude. Or c’est précisément dans ces interstices que se forme la vie intérieure. L’homme n’est pas seulement un être de besoins, mais un être de désir. Or le désir naît d’un écart : il suppose une distance, une résistance, une absence qui ne se laisse pas immédiatement combler. Là où tout est donné sans délai, le désir se trouve menacé d’atrophie. Un monde saturé de réponses est un monde où les questions ne mûrissent plus.
Toute expérience créatrice en témoigne. Elle commence par une attention nue, un regard sans utilité immédiate, une disponibilité à ce qui ne s’impose pas encore. Une lumière sur un mur, un silence dans une pièce, une phrase qui tarde : rien encore n’est produit, mais déjà quelque chose travaille. Le créateur ne commence pas par faire ; il commence par recevoir.
Dans l’épaisseur du réel, il perçoit une tension, une promesse obscure, avant le travail lent et souvent ingrat de la matière. C’est dans la résistance même du matériau — pierre, langue ou son — que s’opère la transformation. L’art n’ajoute rien au monde : il révèle ce qui, en lui, attendait d’être vu. Mais cette révélation suppose une condition essentielle : consentir à ne pas combler trop vite le vide, accepter de demeurer dans ce qui ne répond pas immédiatement. C’est là que s’opère le véritable renversement intérieur : renoncer à maîtriser pour apprendre à accueillir.
Or c’est précisément cette disponibilité fondamentale que notre époque fragilise. L’intelligence artificielle n’augmente pas seulement nos capacités ; elle tend à rendre superflues certaines médiations essentielles, parmi lesquelles figurent l’attente, l’hésitation et la recherche tâtonnante. En réduisant les temps morts, en anticipant les demandes et en neutralisant les silences, elle nous dispense peu à peu de traverser ces zones d’incertitude où se forment pourtant les questions décisives. Dès lors, l’enjeu n’est pas seulement ce que la machine fait, mais ce qu’elle rend inutile en l’homme : une vie sans manque est une vie sans ouverture.
L’ennui, que nous cherchons spontanément à fuir, en est le signe révélateur. Nos sociétés saturées de sollicitations tendent à le considérer comme une anomalie qu’il faudrait aussitôt corriger par le divertissement, l’information ou la connexion permanente. Pourtant, l’ennui marque ce moment où les stimulations extérieures ne suffisent plus à nous remplir. Il met à nu une faille, qui n’est pas un défaut, mais une invitation. S’ennuyer, c’est refuser d’être artificiellement rempli pour consentir à être creusé. Si ce creusement est accepté, une autre profondeur devient possible. L’homme découvre alors qu’il ne se suffit pas à lui-même et pressent que le réel excède de beaucoup ce qui est immédiatement disponible.
C’est ici que l’expérience esthétique rejoint l’expérience spirituelle. Les horizons marins photographiés par Hiroshi Sugimoto en offrent une image saisissante : la mer et le ciel s’y confondent presque entièrement, dépouillés de tout objet et de tout repère mondain. Il n’y a presque plus rien à voir, sinon une ligne, une tension silencieuse où le regard, ne pouvant s’accrocher à aucune contingence, est contraint de demeurer.
Hiroshi Sugimoto, Seascapes, North Atlantic Ocean, Cliffs of Moher, 1989. Source : National Gallery of Art
Ce dépouillement n’est pas une privation, il ouvre un seuil. On peut y voir comme un écho visuel de la tradition mystique que l’on appelle la mystique du dépouillement : l’absence apparente n’y est pas la négation de la présence, mais le retrait de ce qui l’obscurcit. Lorsque les appuis familiers disparaissent, une autre forme d’attention s’éveille, non plus tournée vers la maîtrise, mais vers l’accueil. Dans cette vacuité consentie, quelque chose se révèle, non comme une évidence brute, mais comme une présence discrète qui ne s’impose pas.
Le manque devient alors le lieu par excellence de la vérité : il ordonne, purifie et détache, non par mépris du monde, mais par une juste lucidité sur son caractère passager.
Ce qui se défait sous le coup de la finitude n’est jamais l’essentiel. C’est souvent dans la perte que se précise ce qui demeure. Peu à peu, l’existence change de centre de gravité : il ne s’agit plus de combler un manque, mais de s’y tenir ; non plus de posséder, mais de recevoir ; non plus de durer, mais de se donner.
Dès lors, agir ne consiste plus à laisser une trace de sa propre puissance, mais à répondre humblement à un appel. Les gestes les plus simples — enseigner, soigner, écouter, servir — acquièrent alors une densité nouvelle. Ils ne visent plus à s’imposer dans le temps, mais à s’inscrire dans une fidélité invisible.
« Votre vie est cachée avec le Christ en Dieu » (Col 3,3).
Au terme de l’histoire, tout ce qui aura été accumulé, construit et maîtrisé se défera, non comme une perte absurde, mais comme un passage. Ne restera alors que ce qui aura consenti à être donné. Alors le manque, que nous redoutions tant, apparaîtra pour ce qu’il était depuis l’origine : non une menace de néant, mais une ouverture. Et nous découvrirons que ce que la technique cherchait à abolir était précisément ce qui rendait possible notre accomplissement. L’homme ne grandit pas en supprimant toute limite, mais en apprenant à habiter l’espace qu’elle ouvre. L’essentiel n’était pas au terme de la quête ; il était déjà là, silencieusement présent, dans l’appel même qui nous mettait en chemin.
L’illustration suggérée est l’œuvre d’Hiroshi Sugimoto, Seascapes (North Atlantic Ocean, Cliffs of Moher, 1989), dont le dépouillement fait écho au cœur de l’article.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Situation « globalement sous contrôle » : la gauche a, depuis les origines, des problèmes avec le réel.
De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :
Le bilan des « débordements » après la victoire du Paris Saint-Germain en coupe des champions, samedi 30 mai, est lourd : 57 blessés parmi les forces de l’ordre, 219 parmi les participants aux « rassemblements festifs », dont 8 graves, et même un mort (qui a heurté à moto les blocs de béton qui fermaient l’accès au périphérique).
Pourtant, le ministre de l’Intérieur se félicite que la situation ait été « globalement sous contrôle » ! Le vocabulaire même qu’emploient les médias et les politiciens contribue à occulter la réalité : non, il ne s’agit pas de « débordements », ni de « rassemblements festifs ». Mais bel et bien de nouveaux symptômes de l’ensauvagement. On jurerait être revenu aux « beaux temps » de la propagande communiste quand des discours fleuris nous décrivaient une réalité idyllique et occultaient délibérément la monstrueuse réalité ou que Georges Marchais évoquait le bilan « globalement positif » des pays de l’Est. L’avantage de ce « globalement », c’est qu’il permet de passer sous silence les faits « gênants ».
Il est vrai que la gauche a, depuis les origines, des problèmes avec le réel. Souvenons-nous de Rousseau, le prophète de Robespierre et de ses amis, et son célèbre « Commençons donc par écarter tous les faits car ils ne touchent point à la question ». Naturellement, ce choix des nuées et de l’utopie permet de rebâtir une cité idéale où tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le problème, c’est que, « dans la vraie vie », les tentatives de bâtir des sociétés utopiques ont toutes viré au cauchemar. En l’occurrence, la gauche (au sens philosophique ou culturel – et cela va, hélas, bien au-delà de la gauche au sens partisan du terme) ne voit que d’innocents sauvageons qui s’amusent, là où nous subissons de véritables émeutes, parfois même des scènes de guerre.
En sanctionnant mollement de tels « débordements », les autorités les encouragent. D’année en année, la situation s’aggrave, malgré des dispositifs policiers chaque fois plus massifs (22 000 policiers et gendarmes étaient mobilisés samedi). À vrai dire, on se demande même si le gouvernement n’a pas partie liée avec les émeutiers car cet ensauvagement n’est que l’une des mâchoires de la tenaille qui détruit méthodiquement notre France, l’autre étant la suppression de nos libertés. Toute personne dotée d’un minimum de bon sens ne peut, en effet, que s’interroger sur l’effrayant « deux poids, deux mesures » qui fait que les braves gens sont de plus en plus visés par la police ou la justice, tandis que les criminels sont de moins en moins sanctionnés. Dépasser d’un kilomètre par heure la limite de vitesse autorisée semble ainsi plus grave que vendre de la drogue. Dans un autre ordre d’idée, ceux qui ne font rien pour sanctionner les violeurs d’enfants qui sévissent dans le périscolaire ou l’aide sociale à l’enfance nous « proposent » un flicage généralisé d’internet pour « protéger les enfants ». Comme on peut difficilement croire à leur parfaite imbécillité, on ne peut se défendre de penser que l’ensauvagement est une belle occasion pour faire de notre pauvre France une société où les personnes ont autant d’autonomie que les termites dans une termitière ! Ainsi l’accroissement de la violence et l’allergie de nos diri-eants pour nos libertés s’allient pour rendre la société française de plus en plus invivable. Les étrangers l’ont abondamment commenté après les scènes de samedi, mais les amis de M. Macron y restent aveugles !
Communier sur les lèvres : autoriser ou interdire ?
Si l’actualité religieuse est riche ces jours-ci, le Club des hommes en noir a toutefois choisi de traiter un sujet de fond concernant le mode de transmission de la sainte communion. Récemment, un évêque américain aurait refusé de distribuer la communion dans la bouche alors que, de son côté, Rome aurait tancé deux évêques argentins agissant dans le même sens.
Peut-on aujourd’hui recevoir la communion sur les lèvres ? Ce mode de distribution de la sainte communion n’est-il réservé qu’à la messe traditionnelle ? Comment s’est imposée la communion dans la main et a-t-elle une origine ancienne ? Peut-on se lancer dans n’importe quel type d’action pour promouvoir une forme de distribution de la communion ou en dénoncer une ?
À ces questions et à bien d’autres, l’abbé Grégoire Celier, l’abbé Claude Barthe, Anne Le Pape et Jean-Pierre Maugendre apportent des réponses tirées de l’Histoire, des règles liturgiques, du droit canonique et de l’expérience des uns et des autres.
Bernard Antony, des mémoires de combat au service de la France
LE NOUVEAU PRESENT, 27 mai 2026, Michel Festivi : Bernard Antony, des mémoires de combat au service de la France
Bernard Antony qui fut pendant 15 ans, entre 1984 et 1999, député français au parlement européen pour le Front national, ainsi que conseiller régional de Midi-Pyrénées, pendant près de 20 ans entre 1986 et 2004, vient de publier ses mémoires, et elles sont passionnantes à plus d’un titre. Elles nous remémorent pour les plus anciens, une partie de l’histoire politique mouvementée de la France depuis les années 1950/1960, jusqu’à nos jours. Les plus jeunes y apprendront beaucoup de choses sur le combat politique et culturel des plus pugnaces de Bernard Antony, face aux gauches omnipuissantes et totalitaires, et sur les relations internationales. Mais ce qui rend surtout ses mémoires captivantes, c’est que Bernard Antony a eu plusieurs vies, qu’il a été à l’origine ou au commencement d’aventures extraordinaires, et toujours pour la défense de la France, son histoire, la chrétienté, car pour lui et ceux nombreux qui l’ont accompagné et qui l’accompagnent encore et qui continuent ses oeuvres, la France est indissociable du christianisme et singulièrement du catholicisme qui ont forgé l’âme profonde de notre pays, et ce que l’on soit croyants ou pas.
Très jeune, il s’est éveillé à la vie de la cité au moment du tragique abandon de l’Indochine française. Puis rapidement, encore pré-adolescent, il endosse avec vigueur la cause de l’Algérie française. La fin de l’Empire lui laissera un goût amer, mais qui renforcera plus encore sa détermination. Tout jeune, il militera pour les Comités Tixier-Vignacour, lors de l’élection présidentielle, la première de toute au suffrage universel en décembre 1965. C’est là qu’il fait ses premières armes en politique. Ces comités ont formé tant de militants de la cause nationale, ils furent loin d’être négligeables. Ce sera ensuite ses études de lettres, et ses luttes en mai 1968 contre les gauchistes, qu’ils soient des « stals » des « maos » ou des « anars », des déconstructeurs de la nation. Après avoir été jeune professeur de Lettres et d’Histoire dans un établissement privé de Castres, il fera son entrée aux laboratoires Pierre Fabre, où il y poursuivra toute sa carrière professionnelle, dans différents postes de responsabilités. Mais parallèlement, Bernard Antony va multiplier les initiatives politiques, culturelles, intellectuelles qui pour beaucoup d’entre elles perdurent encore. Cet homme multidimensionnel fondera une famille, il dédie d’ailleurs son livre à son épouse, ses enfants, ses petits-enfants et arrière-petits-enfants.
De la création à Castres en 1975 du mensuel catholique de tradition « Présent », au comité de boycott des jeux olympiques à Moscou en 1980, – (le totalitarisme communiste dominait alors presque la moitié de la planète) -, jusqu’à la création du Centre Henri et André Charlier avec sa revue mensuelle Reconquête, Bernard Antony n’arrête jamais. Cette même année, il sera à l’origine de la première journée des Amitiés françaises, qui connaîtront ensuite un immense succès au fil des ans. Le Centre Charlier va prendre position pour la candidature de Jean Marie Le Pen dès 1981. À cette époque, Bernard Antony sera aussi l’un des fondateurs du quotidien Présent, le premier quotidien national depuis la guerre, qui défendait l’identité française et chrétienne, avec Jean Madiran et François Brigneau à la manœuvre, parmi d’autres talents. Toutes ces personnalités participeront aux immenses manifestations en 1983 et 1984 pour la défense des Écoles libres. Elles seront aussi des combats culturels si nécessaires, comme en 1989, où elles ne célèbreront pas, et pour cause, le bicentenaire de la révolution française, et elles le feront savoir.
Peu de gens se rappellent que le Pèlerinage de Tradition, qui de Paris à Chartres sur la route de Péguy, qui rassemble désormais 20 000 marcheurs tous les week-ends de Pentecôte, -(et encore les organisateurs sont contraints pour de strictes raisons de sécurité de refuser de nombreux pèlerins) -, c’est encore et toujours Bernard Antony avec Rémi Fontaine notamment, qui ont décidé lors de l’université d’été du Centre Charlier de 1982, de relancer ce grand pèlerinage de Tradition. Un immense succès a été au rendez-vous au fil des ans.
Bernard Antony va prendre une autre dimension, lorsqu’il sera élu député français au parlement européen en juin 1984, sur la liste intitulée « Front d’opposition nationale pour l’Europe des patries ». Elle enverra 10 députés à Strasbourg et à Bruxelles, et Bernard Antony sera réélu en 1989 et 1994. Cette élection de 1984 fut un coup de tonnerre formidable, une surprise absolue. Personne quelques semaines auparavant, n’aurait pu imaginer un seul instant que cette liste puisse faire jeu égal avec celle du Parti communiste, alors totalement bolchévisé. Dans la foulée il sera élu conseiller régional Midi-Pyrénées en 1986, réélu plusieurs fois, et prendra quelques années plus tard la présidence du groupe Front National à la région. Parallèlement au sein du Parti, il deviendra délégué national et dirigera son Institut de formation. Jusqu’en 2004, il siégera au Bureau politique du Front national. Bernard Antony a beaucoup écrit, outre des milliers d’éditoriaux et d’articles, j’ai décompté pas moins d’une vingtaine de livres. Il écrit toujours et encore, et dirige une émission toutes les quatre semaines sur Radio Courtoisie.
Ses fonctions au Parlement européen vont lui permettre de rencontrer les plus éminentes personnalités de l’époque, comme le Pape Jean Paul II, Lech Walesa, Boris Eltsine, le Président de la Lituanie encore occupée par les soviétiques, Lansbergis, et bien d’autres comme le Prince Naradith du Cambodge. Il parcourra le monde, du Liban en guerre, au Honduras pour défendre les Contras nicaraguayens anticommunistes. Il rencontrera les représentants des maquis anticommunistes d’Angola et ceux du Cambodge. Il visitera la Croatie catholique au moment de la guerre en ex-Yougoslavie. Il se rendra en Irak et sera reçu par son ministre des affaires étrangères, le chrétien Tarek Aziz, le numéro 2 du régime de Saddam Hussein. La lecture de ses mémoires nous fait comprendre que deux pays l’ont profondément marqué, le Liban d’abord « son cher Liban », y apportant son soutien absolu aux Chrétiens en guerre, il y fut reçu par les plus hautes personnalités politiques et religieuses, dont la famille Gemayel. La Pologne ensuite, au moment de son basculement vers la liberté, avec la geste de Solidarnosc. Là-bas aussi il aura des contacts directs avec les plus hauts représentants de la résistance polonaise au communisme, qui deviennent les dirigeants d’un pays désormais libre, à la foi catholique ardente.
Je ne peux pas terminer cette chronique sans rappeler que Bernard Antony, qui fut et est toujours un inlassable militant anticommuniste, organisa en 1997 une journée entière à la Mutualité, qui rencontra un succès sensationnel sur le thème du « Procès international des crimes contre l’humanité des régimes communistes », où des témoins de plusieurs nationalités vinrent rappeler ces atteintes considérables aux droits humains, qu’ils connurent et subirent. Bernard Antony est l’un de ceux qui pensent à juste titre, qu’il aurait fallu au moment de la chute du communisme en Europe, un véritable Nuremberg du communisme qui fit rappelons le plus de 100 millions de victimes, et dont ses effets mortifères se font toujours sentir dans plusieurs pays du monde.
Mais je garde pour la fin la création de l’AGRIF en 1984 – (l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne) -. Cette association édite un bulletin, La Griffe. Elle a essentiellement pour vocation d’attaquer en justice tous ceux et celles qui portent atteinte aux Français et aux catholiques, en raison de leur origine et de leur foi. Malgré de multiples obstacles politico-judiciaires, elle a remporté, hier grâce à Maître Georges Paul Wagner et son regretté fils François, puis aujourd’hui avec Maître Jérôme Triomphe son avocat coordonnateur, de très beaux succès judiciaires, qui font avancer la jurisprudence sur la défense de l’identité française et chrétienne, de plus en plus bafouée. Bernard Antony à bien des égards fut un précurseur. Les mille vies de Bernard Antony ont été d’une fécondité exceptionnelle. Le Centre Charlier et ses universités d’été continuent, comme sa revue mensuelle Reconquête. L’Agrif poursuit sa tâche plus que salutaire, alors que le racisme antiblanc, anticatholique et antifrançais redouble d’intensité. Les graines que Bernard Antony a semées lèvent, on le constate tous les jours avec les divers mouvement patriotes et nationaux. Il faut lire ce livre, il faut lire ses mémoires, car comme il le souligne « il faut surtout s’efforcer d’œuvrer pour l’avenir ».
Bernard Antony a aussi côtoyé de nombreuses intelligences comme Gustave Thibon, Jean Madiran, Jules Monnerot, Monseigneur Lefebvre, Dom Gérard, Yvan Gobry, Jean Dumont, Jean de Viguerie, François Brigneau, Jean-Baptiste Biaggi, Pascal Arrighi, Le commandant Yvan Tommasi, Jean Cassagneau, Georges-Paul Wagner, Alain Sanders, Martine Lehideux, Marie-France et Jean-Pierre Stirbois, Judith Cabaud, Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch, Thibaut de La Tocnaye, et bien d’autres que j’oublie, ils me le pardonneront.
Michel Festivi, Le Nouveau Présent, 27 mai 2026.
Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/actualite-etudes-essais/30412-memoires-bernard-antony-raconte.html?ref=043193205
Bernard Antony, Mémoires, Godefroy de Bouillon, 2026, 338 pages, 35 euros.
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Marion Maréchal est d’une droite antirévolutionnaire
Dans La Nef, Mathieu Bock-Côté recense le livre de Marion Maréchal, Si tu te sens Le Pen. Extrait :
[…] Marion Maréchal est aussi d’une droite antirévolutionnaire. Si elle ne veut pas revenir sur la Révolution française, elle refuse de l’idolâtrer.
« J’éprouve une prévention spontanée pour les mouvements et convulsions révolutionnaires et les violences privées ou étatiques qu’ils engendrent. Les grands soirs aspirant à fabriquer un homme nouveau ne m’inspirent aucun frisson, ou alors un frisson d’effroi! C’est pourquoi j’ai toujours regardé avec circonspection la Révolution française, matrice de la Terreur, qui fascina tant la Russie des bolcheviks. »
Cette histoire est encore la nôtre. Le communisme, dans sa forme classique, n’est plus, mais la révolution est encore, elle a muté, elle a changé de visage. Elle est désormais woke, veut détruire les sexes, et derrière son hostilité radicale à la civilisation occidentale, trouve son carburant dans un racisme antiblanc virulent, qui n’ose toutefois dire son nom, et dont on va même jusqu’à nier l’existence. Elle prend au sérieux la gauche, et la combat. Maréchal ne cherche pas seulement à préserver les dernières ruines d’une société vaincue, elle veut reconstruire la cité sur des bases justes et vraies.
Celle qui ne cède pas
La présidentielle est dans moins d’un an, et Marion ne sera pas candidate. Mais bien sot serait le camp national s’il décidait de se priver d’elle. Quel est son rôle, alors ? Elle sera celle qui prend les idées au sérieux et qui ne cède pas. Une position serait-elle impopulaire, si elle la croit juste, elle la défendra.
« Je ne me suis pas engagée en politique pour me fondre dans le moule des sondages d’opinion ou pour me contenter d’accompagner l’air du temps. Je me fais une plus haute idée de la politique. Je continue de croire que le rôle de l’homme public est d’indiquer le chemin, fut-il escarpé, vers l’idée que l’on se fait du bien commun. »
Qui cède dans l’opposition pour plaire au régime ne fera rien au pouvoir s’il y parvient. De cela, elle est certaine. C’est probablement pour cela que Marion Maréchal aime les militants, les activistes, ceux qui sacrifient le confort de la vie pour ne pas renier leurs convictions. Si vous la croisez, et parlez un peu de politique avec elle, elle vous expliquera qu’en dernière instance, ce qui manque aux hommes de notre temps, c’est moins un fin diagnostic de nos dérèglements civilisationnels ou une subtile doctrine de professeur qu’une véritable virilité – elle vous le dira plus crûment, comme la Le Pen gouailleuse qu’elle est assurément.
Le Japon catholique, de saint François Xavier à la princesse Nobuko : la foi gardée sous la cendre
Une actualité venue du Japon a quelque chose de discret, presque silencieux, mais profondément émouvant. Le 30 septembre 2025, le Conseil économique de la Maison impériale japonaise a reconnu une nouvelle organisation interne de la famille impériale : la princesse Nobuko, veuve du prince Tomohito de Mikasa, quitte la maison Mikasa pour établir une nouvelle branche, tandis que sa fille aînée, la princesse Akiko, devient cheffe de la maison Mikasa. L’Agence impériale japonaise présente désormais séparément la princesse Nobuko dans ses notices officielles.
Or Nobuko est née Nobuko Asō, dans une grande famille catholique japonaise. Des notices biographiques spécialisées indiquent qu’elle a été baptisée dans l’Église catholique et qu’elle a été formée à la Sacred Heart School de Tokyo, établissement catholique féminin. Son frère, Tarō Asō, ancien Premier ministre du Japon, est lui aussi connu comme catholique.
Il ne faut pas travestir l’événement : le Japon impérial n’a pas “proclamé” le catholicisme. La Maison impériale ne fait pas de confession de foi. Mais le fait demeure considérable par sa portée symbolique : une princesse catholique, issue d’une famille marquée par l’histoire chrétienne de Kyūshū, se trouve désormais à la tête d’une branche reconnue de la famille impériale. Pour un pays où les catholiques restent une infime minorité, et où l’histoire chrétienne a été longtemps une histoire de sang, de silence et de clandestinité, ce simple fait résonne comme une braise retrouvée.
L’histoire catholique du Japon commence avec saint François Xavier, arrivé à Kyūshū en 1549. Le grand missionnaire jésuite ne vient pas offrir une sagesse vague, ni un humanisme exotique, mais annoncer Jésus-Christ, baptiser, catéchiser, fonder une Église. Très vite, la mission prend racine. Les conversions touchent des pauvres, des familles, mais aussi des samouraïs, des notables, des seigneurs locaux. On voit naître une chrétienté japonaise réelle, avec ses catéchistes, ses confréries, ses chants, ses images, ses enfants instruits dans la foi.
Ce point est essentiel : le catholicisme japonais ne fut pas simplement une religion étrangère plaquée sur un peuple passif. Il devint japonais. Les convertis ne cessaient pas d’être fils de leur pays ; ils recevaient le Christ dans leur langue, leur culture, leur chair. La foi catholique prenait un visage japonais.
C’est précisément ce qui inquiéta le pouvoir. Le Japon sortait d’une longue période de guerres civiles. Les nouveaux maîtres voulaient pacifier, centraliser, contrôler. Or le catholicisme introduisait une liberté intérieure que l’État ne pouvait pas absorber. Le chrétien japonais pouvait être loyal à son seigneur, respectueux des coutumes justes, attaché à sa patrie ; mais il savait aussi qu’au-dessus du shogun, de l’empereur, des ancêtres et des puissances terrestres, il y avait Dieu.
En 1597, les vingt-six martyrs de Nagasaki sont crucifiés. Parmi eux, saint Paul Miki et ses compagnons. Le pape François, lors de son voyage à Nagasaki, a rappelé cette lignée de martyrs qui commence avec Paul Miki et ses compagnons, mis à mort le 5 février 1597. La scène est immense : des chrétiens japonais meurent publiquement pour le Christ, dans un pays qui aurait pu devenir l’un des grands territoires catholiques d’Asie.
Puis, au XVIIe siècle, la répression se durcit. Les missionnaires sont expulsés ou exécutés, les églises détruites, les fidèles traqués. On oblige les suspects à piétiner des images du Christ ou de la Vierge, les fameux fumi-e. Ceux qui refusent sont emprisonnés, torturés, mis à mort. L’Église visible est presque entièrement arrachée du sol japonais.
Alors commence l’un des épisodes les plus étonnants de toute l’histoire chrétienne : les chrétiens cachés, les Kakure Kirishitan. Pendant plus de deux siècles, des communautés japonaises vont conserver la foi sans prêtres, sans messe, sans confession, sans évêque, presque sans contact avec l’Église visible. Elles gardent des prières, parfois déformées par le temps, des noms sacrés, la mémoire du baptême, l’attente du retour des prêtres, la vénération de Marie, parfois dissimulée sous des formes ressemblant à des figures bouddhiques pour échapper aux autorités. L’UNESCO et les sites patrimoniaux de Nagasaki rappellent cette transmission clandestine des communautés chrétiennes cachées jusqu’à leur redécouverte au XIXe siècle.
Bien sûr, cette foi clandestine n’est pas demeurée intacte partout. Comment aurait-elle pu l’être, humainement parlant, sans sacrements réguliers, sans doctrine enseignée publiquement, sans clergé ? Certains groupes ont mêlé au fil du temps des éléments catholiques, bouddhistes, shintoïstes ou populaires. Mais le miracle n’est pas que tout ait été parfaitement conservé ; le miracle est que quelque chose ait tenu. Une braise sous la cendre, une parole transmise à voix basse, un souvenir de Marie. Un baptême murmuré.
Puis vient la redécouverte. Au XIXe siècle, le Japon se rouvre peu à peu. Des missionnaires catholiques reviennent à Nagasaki et construisent l’église d’Ōura, dédiée aux martyrs japonais. En 1865, des chrétiens cachés d’Urakami viennent discrètement rencontrer le père Bernard Petitjean. L’un d’eux lui dit cette phrase bouleversante : « Nous sommes d’un seul cœur avec vous. » Ce moment est connu comme la “découverte des chrétiens cachés”.
Il faut prendre la mesure de cette scène. Un prêtre français, pensant peut-être retrouver une terre spirituellement morte, découvre que des familles japonaises ont gardé la foi pendant environ deux siècles et demi. Elles reconnaissent le prêtre à des signes profondément catholiques : le célibat sacerdotal, l’amour de la Vierge, l’obéissance au pape. Ce n’est pas une vague religiosité qui a survécu ; c’est la trace d’une appartenance catholique, pauvre, blessée, mais réelle.
Nagasaki devient alors le grand cœur catholique du Japon moderne. C’est le lieu des martyrs, des chrétiens cachés, des retrouvailles avec Rome, des cathédrales rebâties, des familles catholiques japonaises. Il y a des villes qui portent dans leurs pierres une vocation singulière. Nagasaki est de celles-là.
Et c’est là que tombe la bombe atomique, le 9 août 1945.
Le fait militaire n’épuise pas le fait symbolique. La bombe explose au-dessus du quartier d’Urakami, cœur catholique de Nagasaki. La cathédrale d’Urakami, dédiée à l’Immaculée Conception, est détruite ; elle se trouvait à environ 500 mètres de l’hypocentre. Des sources catholiques et historiques rappellent que la communauté catholique locale fut frappée de manière terrible, avec des milliers de fidèles tués parmi les catholiques d’Urakami.
Il y a quelque chose de presque insoutenable dans cette histoire. Les chrétiens japonais avaient déjà connu la croix sous les shoguns ; ils la rencontrent à nouveau sous la forme d’un soleil artificiel, d’une lumière de mort, d’un progrès devenu apocalypse. La cathédrale détruite, les statues calcinées, les fidèles anéantis, les familles disparues : tout cela donne à Nagasaki une place particulière dans la mémoire catholique du XXe siècle.
Et pourtant, même là, la foi ne disparaît pas. La cathédrale d’Urakami est reconstruite. Les statues brisées deviennent des reliques de douleur. Les survivants portent dans leur chair une double mémoire : celle des martyrs anciens et celle de la catastrophe moderne. Le catholicisme japonais demeure minoritaire, mais il possède une profondeur que les statistiques ne peuvent pas mesurer. Il est une Église de fidélité plus que de puissance, de mémoire plus que de domination, de survivance plus que de triomphe apparent.
C’est dans cette longue histoire que l’actualité de la princesse Nobuko prend son relief. Elle n’est pas une revanche politique. Elle n’est pas une conversion officielle du Japon. Elle est un signe discret, ce qui est peut-être plus japonais encore : la foi catholique, après avoir été persécutée, cachée, presque ensevelie, n’a jamais cessé d’exister dans des familles, des lignées, des institutions, des consciences. Elle réapparaît parfois là où on ne l’attend pas, non comme un drapeau agité, mais comme une présence qui dure.
La famille Asō, dont vient la princesse Nobuko, permet justement de relier cette actualité à l’histoire plus ancienne de Kyūshū, région de la première évangélisation du Japon. Tarō Asō, frère de Nobuko, porte lui aussi cette singularité d’un catholicisme japonais enraciné dans une grande famille nationale, jusque dans les plus hautes sphères politiques. Là encore, rien de bruyant ; mais quelque chose demeure.
Le Japon catholique nous enseigne ainsi une vérité que l’Occident oublie souvent : l’Église ne vit pas seulement par ses majorités sociales, ses monuments, ses écoles, ses habitudes culturelles. Elle vit d’abord par la grâce de Dieu dans les âmes. Elle peut être réduite à quelques familles, à des prières murmurées, à une image cachée, à une tradition transmise dans une cuisine ou une arrière-pièce. Elle peut être privée de prêtres pendant des générations et pourtant garder l’attente du prêtre. Elle peut être forcée au silence et pourtant garder le Nom.
Il serait trop facile de ne voir dans cette histoire qu’une tragédie. Elle est aussi une consolation. Les puissants du Japon ancien ont cru pouvoir effacer le christianisme. Ils ont interdit, surveillé, torturé, tué. Mais lorsque l’Église revint, elle trouva des enfants qui l’attendaient encore. Nagasaki fut dévastée, mais la foi catholique de Nagasaki n’a pas été anéantie.
Le Japon catholique est donc une parabole. Il rappelle que la foi peut sembler vaincue alors qu’elle est seulement cachée. Il rappelle que les martyrs ne sont pas les perdants de l’histoire, mais des semences. Il rappelle que Marie demeure auprès des peuples silencieux, même quand tout semble perdu. Il rappelle enfin que la catholicité n’est pas une affaire d’Occident : elle peut prendre un visage japonais, parler japonais, souffrir japonais, prier japonais, et confesser le même Christ.
Au fond, toute cette histoire tient peut-être dans cette phrase murmurée en 1865 par les chrétiens retrouvés : « Nous sommes d’un seul cœur avec vous. » Après deux siècles et demi de nuit, l’Église reconnaissait ses enfants, et ses enfants reconnaissaient leur mère.
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L’abbaye de Notre-Dame-des-Neiges menacée par des éoliennes
Le JDNews relaie le combat des religieuses de de l’abbaye de Notre-Dame-des-Neiges contre l’implantation d’éoliennes :
Dans les hauteurs cévenoles, à la frontière entre l’Ardèche et la Lozère, le paysage semble encore échapper au temps. Les forêts de sapins recouvrent les plateaux d’altitude, les vallons s’ouvrent sur des étendues silencieuses et le vent traverse les crêtes sans autre bruit que celui des cloches de l’abbaye de Notre-Dame-des-Neiges. Perché à plus de 1 000 mètres, ce monastère cistercien fondé au XIXe siècle s’est imposé au fil des années comme une halte incontournable pour les marcheurs du chemin de Stevenson, les retraitants et les visiteurs en quête d’isolement. Le site accueille aujourd’hui près de 70 000 personnes par an selon la communauté religieuse, une fréquentation en constante hausse depuis l’arrivée des religieuses cisterciennes, venues de l’abbaye de Boulaur en 2022. Mais ce calme, qui fait la réputation du lieu, pourrait être profondément bouleversé. À quelques centaines de mètres seulement, sur la commune de Laveyrune, EDF Power Solutions porte un projet d’implantation de six à dix éoliennes industrielles. Des mâts pouvant atteindre 150 mètres en bout de pale, visibles à plusieurs kilomètres à la ronde, installés sur des crêtes encore largement préservées. Si le projet n’a pas encore été officiellement déposé en préfecture de l’Ardèche, les études techniques et environnementales sont engagées depuis plusieurs années. Une étape politique a d’ailleurs été franchie à l’automne 2025 avec l’avis favorable du conseil communautaire Montagne d’Ardèche, qui met en avant les retombées fiscales attendues pour ce territoire rural.
Dans ce contexte, la mairie de Laveyrune n’a pas souhaité répondre à nos questions. Selon plusieurs interlocuteurs locaux, les élus défendent toutefois l’intérêt économique du projet pour une commune confrontée à la baisse de ses ressources et au déclin démographique. Une position qui alimente un clivage déjà visible sur le terrain, entre partisans du développement énergétique et défenseurs du paysage. Car la contestation, elle, s’est structurée rapidement. Une pétition lancée par l’association Urgence Nature a dépassé les 21 000 signatures. « Une première mobilisation avait déjà eu lieu l’an dernier, mais les habitants ont compris que le projet avançait concrètement », explique Bruno Ladsous, secrétaire de l’association et président de la Fédération nationale Vent de colère. Selon lui, le dossier dépasse largement le seul périmètre local : « On parle d’un site emblématique, connu des marcheurs, des touristes, mais aussi des habitants attachés à ces paysages. » Le monastère, lui, se retrouve au cœur du dossier. Depuis leur arrivée il y a quatre ans, les religieuses ont profondément relancé la vie de l’abbaye, développant l’accueil des visiteurs et engageant d’importants travaux pour adapter le site à une fréquentation grandissante. Fin décembre 2025, le Vatican a officiellement reconnu Notre-Dame-des-Neiges comme monastère autonome, consacrant l’implantation durable de la communauté dans le diocèse de Viviers. Pour sœur Marine, en charge de l’activité agricole et sylvicole du monastère, le projet éolien entre directement en contradiction avec ce qui fait l’identité du lieu. « Ce que viennent chercher les gens ici, c’est vraiment le silence, la sérénité et cette nature qui a une force incroyable, explique-t-elle. On a la chance d’avoir un immense domaine autour de l’abbaye où l’on peut marcher pendant des heures sans croiser personne. » La religieuse assure que la communauté n’est « pas opposée à l’éolien par principe », ni aux énergies renouvelables. Mais elle estime que l’implantation choisie menace l’équilibre du territoire. « La richesse de notre région, c’est la beauté de ses paysages. Le tourisme qui fonctionne aujourd’hui, c’est le tourisme vert », affirme-telle, évoquant les milliers de randonneurs qui empruntent chaque année le chemin de Stevenson et la Régordane. Selon les chiffres avancés par la communauté, environ 17 000 marcheurs passent chaque année sur le sentier de Stevenson, auxquels s’ajoutent plusieurs milliers d’autres visiteurs.
Les religieuses disent également craindre un impact durable sur la biodiversité locale. « Plus on découvre le site, plus on s’émerveille de la richesse de la forêt, de sa faune, de ses oiseaux, poursuit sœur Marine. Nous réfléchissions même à développer une forme de réserve naturelle sur certaines parcelles. » La communauté travaille déjà avec des gestionnaires forestiers pour préserver certaines espèces présentes sur le domaine. DR EDF Power Solutions assure de son côté que les études environnementales en cours concluent à un impact global limité, sous réserve de mesures de réduction et de compensation. Parmi les dispositifs envisagés figurent des systèmes d’arrêt temporaire des éoliennes lors du passage de certaines espèces protégées, comme l’aigle royal, le milan royal, le vautour moine ou plusieurs espèces de chauves-souris recensées dans la zone. Des conclusions contestées par les opposants, qui estiment que les risques résiduels restent importants et que les dispositifs techniques ne garantissent pas une protection suffisante de la biodiversité locale. Sur les plateaux de la montagne ardéchoise, le débat semble s’être déjà installé durablement entre élus, habitants, associations et acteurs du territoire, chacun avançant sa propre vision de l’avenir de ces paysages. « On s’est engagées à rester ici jusqu’à notre mort, affirme sœur Marine. Alors, s’il faut cohabiter avec ces éoliennes, on cohabitera. Mais on continue de penser que ce n’est pas la bonne solution pour ce territoire. »
Ceux qui attendent la casse et ceux qui attendent ces premiers
Il y a des publications qui disent plus qu’elles ne croient dire. Libération publie, à propos de la finale de la Ligue des champions, un billet sur « ceux qui attendent plus les casseurs que le match ». La formule vise juste. Il existe en effet une droite de la jubilation catastrophiste, toujours prête à transformer le moindre désordre en preuve définitive que la France est morte, que tout est perdu, que le pays n’est plus qu’un décor de fin du monde.
Il existe une autre obsession, symétrique : celle qui consiste à ne plus regarder la casse elle-même, mais seulement l’usage politique que d’autres pourraient en faire. Le problème n’est plus que des vitrines soient brisées, que des familles soient inquiétées, que des policiers soient attaqués, que des habitants se demandent dans quelle ville ils vivent. Le problème devient : « Attention, cela va profiter à l’extrême droite. »
À partir de là, la politique ne regarde plus le réel. Elle surveille le commentaire du réel.
C’est une vieille maladie française, mais elle s’est aggravée. Devant un attentat, une émeute, un fait divers atroce, un drame national, certains ne pensent plus d’abord aux victimes, aux familles, au pays blessé, à la cité abîmée. Ils pensent au score électoral du camp adverse. Ils ne se demandent plus : « Que s’est-il passé ? Que devons-nous réparer ? Qui devons-nous protéger ? » Ils se demandent : « Qui va en profiter ? »
C’est peut-être cela, le signe le plus sûr que la pensée de camp a remplacé la pensée politique.
Charles Péguy distinguait la mystique et la politique. La mystique, chez lui, c’est l’élan premier, la fidélité vivante, la source morale. La politique, lorsqu’elle se dégrade, c’est l’appareil, la boutique, la tactique, le calcul, la petite mécanique des positions. Tout commence en mystique et finit en politique, écrivait-il en substance. Aujourd’hui, on pourrait dire : tout commence en drame humain et finit en commentaire électoral.
Or, pour un chrétien, la politique ne peut pas être seulement cela. Elle n’est pas d’abord une gestion de narratif, un exercice de communication, une guerre de camps, une surveillance angoissée de ce que dira l’adversaire. La politique est une forme de charité ordonnée. Elle a pour tâche de protéger les personnes, de transmettre un monde habitable, de servir le bien commun, de défendre les faibles, de garder les lieux, de permettre aux familles de vivre en paix.
Protéger n’est pas un gros mot. L’ordre n’est pas une lubie bourgeoise. La tranquillité publique n’est pas un fantasme réactionnaire. Une ville où l’on ne craint pas de sortir, où les vitrines ne sont pas fracassées, où les transports ne deviennent pas des zones d’angoisse, où la fête ne se termine pas en théâtre de violences, ce n’est pas une exigence policière abstraite. C’est une condition minimale de la vie commune.
Et transmettre suppose aussi cela. On ne transmet pas seulement des valeurs dans des discours. On transmet des rues, des places, des habitudes, des fêtes, des rites populaires, des soirs de match, des cafés ouverts, des familles dehors, une confiance élémentaire dans le monde. Quand tout événement collectif devient immédiatement une occasion de tension, de casse ou de peur, ce n’est pas seulement la sécurité qui est atteinte. C’est la possibilité même d’un peuple joyeux.
Il faut donc refuser deux mensonges à la fois. Le premier consiste à jouir du désordre parce qu’il confirme notre pessimisme. Le second consiste à nier le désordre parce que le reconnaître pourrait servir le camp d’en face. Les casseurs ne deviennent pas imaginaires parce que Libération se méfie de ceux qui les attendent. Mais l’inquiétude devant la casse ne devient pas automatiquement noble parce qu’elle arrange la droite.
La politique chrétienne devrait nous obliger à sortir de ce piège. Elle ne peut pas donner le bon Dieu sans confession à ceux qui n’ont rien à faire du pays réel, ni aux professionnels de la récupération, ni aux entrepreneurs du déni. Elle doit regarder les faits, mais les regarder chrétiennement : non pour se repaître de la peur, non pour humilier l’adversaire, non pour fabriquer du ressentiment, mais pour protéger ce qui doit l’être.
Un pays n’est pas une matière première électorale. Une ville n’est pas un plateau de télévision. Une fête populaire n’est pas seulement un événement à commenter selon qu’il sert ou non notre camp. C’est un morceau du monde commun.
Et si nous ne savons plus dire simplement qu’il est triste qu’une fête soit abîmée par la violence, sans immédiatement calculer qui va gagner trois points dans les sondages, alors ce n’est pas seulement notre sensibilité qui est malade. C’est notre intelligence politique.
La vraie question n’est donc pas de savoir qui attend les casseurs, ni qui attend ceux qui attendent les casseurs. La vraie question est plus simple, plus grave, plus chrétienne : qui protège encore les habitants ? Qui protège la ville ? Qui protège la joie commune ? Qui transmettra à nos enfants autre chose qu’un pays réduit à des réflexes de camp ?
La politique commence peut-être là : dans le refus de laisser le réel disparaître sous la propagande de ceux qui le nient comme sous la jubilation de ceux qui s’en servent.
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Une messe perturbée à Triel-sur-Seine (78)
Un homme a perturbé la messe du dimanche matin, à Triel-sur-Seine, dans les Yvelines. Vers 10h30, un individu a tenté d’entrer dans l’église Saint-Martin en criant « Allahou akbar ». Il sortait du bar et visiblement il en recherchait l’entrée…
Deux paroissiens l’en ont empêché et l’homme est remonté dans sa voiture avant l’arrivée de la police. L’église a dû être sécurisée alors que l’individu n’a pas été retrouvé.
L’homme a été identifié. « C’est quelqu’un qui habitait la commune auparavant et vit désormais aux Mureaux », confie le maire Cédric Aoun.
La messe du dimanche soir a été annulée.
Composition de la commission mixte paritaire chargée de proposer un texte sur l’euthanasie
Les membres de la CMP ont été désignés. En cliquant sur leurs noms vous trouverez leur groupe d’appartenance ainsi que leurs coordonnées :
- M. Christophe Bentz (député)
- Mme Christine Bonfanti-Dossat (Sénatrice)
- Mme Corinne Bourcier (Sénatrice)
- Mme Marie-Noëlle Battistel (député)
- M. Théo Bernhardt (député)
- Mme Marie-Pierre de La Gontrie (Sénatrice)
- M. Stéphane Delautrette (député)
- Mme Sandrine Dogor-Such (député)
- Mme Chantal Deseyne (Sénatrice)
- Mme Nicole Dubré-Chirat (député)
- Mme Justine Gruet (député)
- Mme Pascale Gruny (Sénatrice)
- Mme Jocelyne Guidez (Sénatrice)
- M. Olivier Henno (Sénateur)
- M. Xavier Iacovelli (Sénateur)
- M. Bernard Jomier (Sénateur)
- Mme Annie Le Houerou (Sénatrice)
- Mme Élise Leboucher (député)
- Mme Brigitte Liso (député)
- M. Alain Milon (Sénateur)
- M. Philippe Mouiller (Sénateur)
- M. Yannick Monnet (député)
- M. René Pilato (député)
- Mme Sandrine Rousseau (député)
- Mme Silvana Silvani (Sénatrice)
- Mme Anne Souyris (Sénatrice)
- M. Vincent Trébuchet (député)
- M. Philippe Vigier (député)
Xavier Moreau élu conseiller consulaire en Russie et Biélorussie
La liste conduite par Xavier Moreau, « Patriotes français », a remporté deux des trois sièges de conseillers consulaires en Russie et Biélorussie.
Le gouvernement français l’avait inscrit en décembre dernier sur la liste noire des personnes sanctionnées par l’UE. Leurs avoirs sont gelés. Toute relation financière avec eux devient illicite. Leur accès au territoire de l’Union est interdit. Le tout sans procès.
Xavier Moreau, qui vit en Russie, est l’animateur du site Stratpol, il est aussi chroniqueur sur RT en français. Et il représente donc les Français de Russie auprès des services du ministère des affaires étrangères. Il a porté plainte contre le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot pour diffamation et a lancé une série d’actions en justice contre les institutions françaises et européennes après que le Conseil européen l’a mis sous sanctions le 15 décembre 2025.
100 000 € de dons de particuliers pour sauver trois églises du Morbihan
A Bignan, Billio et Camors, trois églises qui ont besoin d’être sérieusement rénovées, font l’objet d’une collecte de dons par l’intermédiaire de la Fondation du Patrimoine. Alors que les opérations de collecte ne sont pas terminées, les trois monuments ont déjà reçu près de 100 000 € de dons.
522 donateurs pour une somme de 64 776 € sur un objectif fixé de 80 000 €. Et ce alors qu’il reste encore plus de 300 jours de collecte. L’appel à l’aide concernant l’église Saint-Pierre Saint-Paul de Bignan suscite un bel engouement. Et ce d’autant plus qu’il faut rajouter à cela 62 000 € de mécénat. Les travaux, dont le coût total est estimé à environ 3,5 M€, sont prévus en cinq tranches.
A Billioque, la collecte, qui doit encore durer environ un an et demi, atteint aujourd’hui 11 527 € sur un objectif de 60 000 €.
A Camors, la collecte pour l’église Saint-Sané atteint aujourd’hui la somme de 20 555 € sur les 50 000€ nécessaires.
