Répondre à l’Islam – douze distinctions vitales
Les musulmans comprennent très souvent de travers la foi chrétienne, et nombre de leurs objections reposent sur des confusions. Pour les dissiper, il faut distinguer.
L’art de la distinction est essentiel à l’argumentation logique.
Dans cette intervention au forum « Jésus le Messie », à Paris, le 4 octobre 2025, le RP Louis-Marie expose douze distinctions fondamentales que tous les chrétiens devraient connaître et savoir manier pour répondre aux interrogations des musulmans et résoudre leurs difficultés :
CHAPITRES
00:00 — Annonce préalable : différents tracts d’apologétique
01:40 — Introduction : douze distinctions pour répondre à l’islam
06:19 — Première distinction : Dieu connu de façon naturelle (par la seule raison) / Dieu connu de façon surnaturelle(par révélation du mystère divin)
09:56 — Deuxième distinction : Mystère de la vie trinitaire de Dieu (mystère éternel) / mystère de l’incarnation du Verbe (mystère temporel)
12:07 — Troisième distinction : Ce que Dieu est de façon absolue (face aux créatures) / ce que Dieu est de façon purement relative (en Lui-même, dans ses relations intimes avec Lui-même)
15:11 — Quatrième distinction : Nature / personne
19:43 — Cinquième distinction : Privation d’un don gratuit perdu par le chef chargé de le transmettre / punition positive arbitrairement étendue à tous les enfants d’un coupable
22:05 — Sixième distinction : Châtiment au sens strict / Peine au sens large
25:02 — Septième distinction : Dette d’amour / Dette de peine
28:59 — Huitième distinction : Jésus victime / Jésus prêtre
31:36 — Neuvième distinction : miracle au sens fort (que Dieu seul peut accomplir) / miracle au sens faible (réalisable par un ange)
41:30 — Dixième distinction : Religion hébraïque, officiellement centrée sur l’attente du Messie (annoncé de façon de plus en plus précise par les prophètes successifs) / religion chrétienne, n’attendant plus personne (sinon le retour du Christ, à la fin des temps)
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Ne soyons pas hétérosexuels !
J’ai depuis longtemps trouvé le mot « hétérosexuel » suspect. D’ailleurs, je me définis rarement comme tel. Non que je ne sois pas attiré par les femmes, au contraire, mais plutôt parce que je le trouve extrêmement vulgaire. Cela revient à dire : « Je me tape des personnes d’un autre sexe. » Quelle blessure et quelle réduction pour le couple.
Je doute que l’hétérosexualité soit le seul moteur du couple. Sans en nier la dimension féconde et riche, si le couple dure, c’est qu’il n’est pas seulement hétérosexuel. Ce ne sont pas les « cinq minutes, douche comprise » qui permettent de tenir une vie.
Je me suis alors demandé d’où venait le mot « hétérosexuel ». Il apparaît dans la deuxième partie du XIXe siècle sous la plume d’un Austro-Hongrois, Károly-Mária Kertbeny. Ce terme émerge donc dans un monde post-chrétien qui se construit en rupture avec la philosophie chrétienne. Dieu n’étant plus, il faut redéfinir les termes, ce qui laisse place à cette confusion entre amour et sexualité.
Ne soyons pas hétérosexuels : c’est peut-être la meilleure façon d’éviter l’idolâtrie moderne de la sexualité. Rendons à la sexualité sa place véritable, d’abord dans la sphère intime, et surtout, considérons-la pour ce qu’elle est : une belle passion, source de fécondité, mais certainement pas une divinité.
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Servantes d’autel, une possibilité issue de la réforme liturgique
Dans L’Homme nouveau, Caroline Mercier évoque la présence de filles parmi les servants d’autel, autorisée sous certaines conditions dans l’Église latine depuis les années 1990. Extraits :
[…] L’histoire du service de l’autel s’enracine dans l’organisation liturgique ancienne. Dès le IIIe siècle, apparaît la figure de l’acolyte comme ordre mineur distinct : une lettre du pape Corneille (251-253) mentionne déjà 42 acolytes à Rome. Le mot vient du grec akolouthos, « celui qui accompagne ». Sa fonction est de porter les cierges, préparer les offrandes et assister les ministres sacrés. Les Ordines Romani montrent ensuite des acolytes également chargés des burettes, des linges liturgiques et de la préparation de l’autel. L’acolytat était un service inscrit dans une hiérarchie liturgique précise, liée à la distinction entre clercs et laïcs. Dans ce contexte, le chœur était réservé aux ministres ordonnés ou à ceux engagés dans une voie cléricale. Le jeune servant était ainsi progressivement introduit dans un univers sacré et familiarisé au sacerdoce par le service du sanctuaire.
À partir du Moyen Âge se développent deux figures complémentaires : le puer cantor, enfant de chœur des maîtrises cathédrales, et le serviens altaris, servant d’autel, assistant du prêtre. En pratique, les mêmes enfants remplissent souvent les deux fonctions, apprenant le latin liturgique, les gestes du culte et les réponses de la messe. Les auteurs médiévaux voient dans les ministres de l’autel l’image des anges entourant le trône divin. Saint Thomas d’Aquin suggère que les ministres inférieurs (acolytes et autres clercs mineurs) représentent symboliquement l’assemblée et contribuent à la dignité de la liturgie. Après le concile de Trente, malgré la création des séminaires, la proximité entre service liturgique et sacerdoce demeure forte. Pendant plusieurs siècles, de nombreux prêtres découvrent leur vocation en servant l’autel. […]
Avec Ministeria Quaedam (motu proprio du 15 août 1972), les anciens ordres mineurs sont supprimés et l’acolytat devient un ministère institué distinct du service ordinaire de l’autel. Le cadre théologique et disciplinaire s’en trouve profondément transformé.
Le nouveau Code de droit canonique de 1983 introduisit, au canon 230 § 2-3, la possibilité pour des laïcs d’exercer certaines fonctions liturgiques par suppléance, lorsque les besoins pastoraux le justifient. Le texte ne précisait pas si cette disposition concernait également les femmes. La clarification intervint en 1992, par un responsum de la Commission pontificale pour l’interprétation authentique du Code, indiquant que le canon s’appliquait indistinctement aux hommes et aux femmes. C’est dans ce contexte que la Congrégation pour le Culte divin adressa, le 15 mars 1994, une lettre aux présidents des conférences épiscopales (Prot. N.2482/93). Ce texte mentionnait pour la première fois spécifiquement les filles servantes d’autel et établissait un cadre disciplinaire précis. La décision appartient à l’évêque diocésain ; ni les conférences épiscopales, ni les paroisses, ni les prêtres ne peuvent imposer une pratique uniforme ; et même dans un diocèse où l’évêque autorise les filles, aucun prêtre n’est tenu de les admettre. Le document précise en outre qu’il s’agit d’une faculté disciplinaire et non d’un droit attaché aux paroissiens. Il demande explicitement « de toujours expliquer aux fidèles la signification de ce service liturgique et d’encourager les garçons à servir à l’autel, ce service pouvant constituer le début d’une vocation sacerdotale. » Ce cadre fut confirmé par l’instruction Redemptionis Sacramentum (2004). La position romaine est ainsi plus nuancée qu’on ne le présente souvent : l’Église n’a ni supprimé la tradition antérieure ni imposé une uniformisation générale. Elle a ouvert une possibilité disciplinaire, laissée au discernement pastoral des évêques et à la prudence des communautés, si les besoins pastoraux locaux le justifient. […]
Malheureusement, comme pour la communion dans la main, l’utilisation de la langue vernaculaire, etc., une simple possibilité, en rupture avec la tradition, est devenue un “droit”, une généralisation.
Le nouvel évêque de Wheeling-Charleston étend la messe traditionnelle pour favoriser une plus grande unité
Le diocèse de Wheeling-Charleston aux Etats-Unis a nommé un délégué épiscopal pour les questions relatives à la célébration de la messe traditionnelle et a étendu la disponibilité de cette messe au sein du diocèse, a annoncé l’évêque Mgr Menjivar vendredi 28 août.
« Dans un effort pour favoriser une plus grande unité parmi les fidèles catholiques et pour répondre à leurs divers besoins spirituels, Mgr Evelio Menjívar, évêque du diocèse de Wheeling-Charleston, a annoncé que le révérend père Timothy J. Grassi, VF, curé de la paroisse Saint-Jacques de Charles Town, a été nommé délégué épiscopal pour les questions relatives à l’usus antiquior dans le diocèse de Wheeling-Charleston, à compter du 24 août 2026 ».
Le diocèse de Wheeling-Charleston couvre l’intégralité de l’État de Virginie-Occidentale.
L’évêque a annoncé qu’il assisterait dimanche à la messe solennelle qui aura lieu au prieuré de l’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie à Charles Town. Le Prieuré de l’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie abrite les Chanoines Réguliers de la Nouvelle Jérusalem, un ordre de chanoines augustins. On y célèbre régulièrement la messe traditionnelle.
Par ailleurs, l’évêque porte de deux à cinq le nombre d’églises pour la célébration de la messe traditionnelle dans son diocèse.
La nomination du nouveau délégué épiscopal et l’expansion de la messe en latin témoignent « d’un effort de la part de l’évêque Evelio pour s’assurer que les besoins spirituels de chaque membre de son troupeau soient pris en charge par les prêtres de notre diocèse ». En tant que délégué épiscopal, le très révérend Grassi « veillera à ce que ces célébrations soient légalement autorisées selon le droit universel de l’Église et les dispositions du Siège apostolique », a déclaré l’évêque, et « assistera l’évêque dans la mise en œuvre coordonnée, dans tout le diocèse, des dispositions applicables du droit universel et particulier concernant l’Usus Antiquior ».
En outre, le révérend Grassi
« aidera à coordonner les célébrations autorisées, les lieux, les calendriers et les dispositions pastorales ; à maintenir une communication appropriée avec les délégués épiscopaux locaux et les autres prêtres désignés pour le soin pastoral des fidèles ».
Trois autres prêtres ont été nommés délégués pour différentes régions du diocèse.
Dans la région de Wheeling, en Virginie-Occidentale, la messe en latin sera désormais célébrée chaque dimanche à la mission Notre-Dame des Sept Douleurs à compter du 20 septembre. Auparavant, elle y était célébrée le troisième dimanche de chaque mois.
Les messes en latin actuellement célébrées à la paroisse universitaire Saint-Jean de Morgantown continueront d’avoir lieu chaque semaine le samedi à 9h et le dimanche à 13h. Et à Charleston, la troisième région du diocèse, la messe en latin sera célébrée dans un lieu « à déterminer ».
Nommé en 2023 évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Washington, Mgr Menjivar a été nommé par Léon XIV évêque de Wheeling-Charleston le 1er mai 2026. Cette décision est donc l’une des premières de son pontificat.
GODF : l’Eglise de la République prépare ses armes pour 2027, notamment contre l’école libre
Guillaume Trichard vient d’être élu grand-maître du Grand-Orient de France, un poste qu’il avait déjà occupé en 2023. Dans Le Figaro, il explique que l’école libre n’a pas sans place dans la République et que le GODF compte bien influencer la campagne de 2027 :


Macron pourrait rester comme le président du parc Dragon Ball Z
D’Alexandre Devecchio sur Europe 1 :
« Napoléon a légué à notre pays l’Arc de Triomphe. Mitterrand, la pyramide du Louvre et la Bibliothèque nationale de France. Macron pourrait rester comme le président du parc Dragon Ball Z. […] Ce nouveau parc d’attractions est moins une nouvelle manifestation du « en même temps » macronniste qu’une preuve de sa cohérence idéologique. Avant même son élection, Macron avait annoncé la couleur, comme un manifeste politique : «Il n’y a pas de culture française ». Plus tard, il a dit à un journal américain que « les Français [devaient] déconstruire leur propre histoire. » Du début à la fin de son règne, il s’y sera employé. L’imaginaire macronniste, comme celui de Mélenchon, est post-national. Tous deux rêvent d’une « nouvelle France ». Même si ce n’est pas exactement la même, il n’y a peut-être pas une grande différence entre la France créolisée de Mélenchon et la France mondialisée de Macron. »
Dans Le Figaro, Vianney d’Alançon, créateur du parc de spectacles historiques Rocher Mistral, propriétaire du château de La Barben et de la forteresse de Saint-Vidal, classés Monuments historiques et président de l’association Avenir Culture et Patrimoine, dénonce cette préférence étrangère en matière de culture :
«Tandis que le président déroule le tapis rouge aux investisseurs saoudiens, la culture française souffre»
France Inter : des syndicats ne veulent pas franchir le mur de la honte
Cela sent le sapin chez France Inter : deux syndicats protestent contre l’arrivée du directeur adjoint de la rédaction du magazine Valeurs Actuelles, Charles Sapin, comme éditorialiste. Ce dernier arrive du Point, où il couvrait la droite de la droite et les mouvements populistes.
Après de belles années au Point, où j’ai beaucoup appris et rencontré des confrères précieux, je suis fier de rejoindre aujourd’hui @Valeurs comme directeur adjoint de la rédaction et d’épauler @TugdualDenis à l’orée de cette présidentielle décisive.
Et maintenant, au boulot !
— Charles Sapin (@csapin) August 24, 2026
C’est une « ligne rouge inacceptable » selon le SNJ-CGT, qualifiant Valeurs actuelles d’« organe de l’extrême droite ».
La direction de France Inter explique que son arrivée s’inscrit dans une volonté d’« organiser la conversation entre toutes les opinions ». Il interviendra au sein d’un panel d’éditorialistes où « toutes les tendances seront représentées », et qui se succéderont les vendredis, samedis et dimanches : Anne Rosencher (L’Express) et Christian Chavagneux (Alternatives économiques) le vendredi, Camille Vigogne Le Coat (Nouvel Obs) et Béatrice Mathieu (L’Express) le samedi, et Charles Sapin et Leila Abboud (Financial Times) le dimanche.
Né au bout de 25 semaines de grossesse, il survit
Maraîchère à Mortroux, Sarah Quaghebeur vient de publier un livre pour raconter l’histoire de son bébé, né à seulement cinq mois de grossesse. La jeune femme y fait un parallèle entre la maternité et son travail de la terre.
“Il était vraiment à la limite. Je l’appelle souvent mon petit warrior, mon petit guerrier, parce qu’il a bravé plein d’épreuves dès son plus jeune âge”. “Jules pesait 880 grammes. Quand on m’a annoncé son poids, ça m’a marquée parce qu’un ou deux mois avant, on avait cueilli une très grosse tomate, qui pesait 890 grammes. Je me suis tout de suite dit que mon fils était plus petit qu’une tomate”. “C’était les montagnes russes émotionnelles pendant trois mois et demi. On ne savait pas si notre bébé allait survivre, personne ne peut nous le promettre. Pendant une heure ça allait bien, puis il désaturait donc ne pouvait plus respirer.” “Au bout de dix jours, il a fait un arrêt cardiaque et respiratoire. Il a fallu 25 minutes pour que les médecins le réaniment. On nous parlait de séquelles, on nous parlait même de tout arrêter. Finalement, au bout de trois jours, quand on a fait les examens, il n’avait aucune séquelle et aucune lésion.”
Aujourd’hui, son fils a 21 mois et court partout. Encore petit pour son âge, il rattrape peu à peu la normale.
Comment peut-on réaliser des avortements tardifs quand on voit que des bébés prématurés arrivent à s’en sortir ?
La Vie Chrétienne Victorieuse – Quand la terre tremble, Dieu parle encore…
La fragilité humaine face aux cataclysmes
Une nouvelle catastrophe vient de frapper — un séisme, un incendie, une tornade — et déjà les projecteurs de l’actualité se détournent des sinistres précédents. Les mémoires humaines sont courtes. Hier, c’étaient les forêts de France et d’Espagne qui brûlaient. Aujourd’hui, les caméras regardent ailleurs, au Népal. Mais la désolation, elle, demeure : le silence des ruines, les larmes des sinistrés.
À côté de ces séismes qui font trembler la terre, il en existe d’autres, plus discrets mais tout aussi puissants : ceux des réseaux sociaux. Une parole, une image, une rumeur peuvent en un instant bouleverser des milliers de consciences. Le chrétien est appelé, devant cette force nouvelle, au discernement et à la maîtrise de sa parole.
La mort, elle, ne cesse de réclamer son lot de victimes. Elle frappe sans pudeur, sans attendre que les plaies des précédents survivants aient seulement eu le temps de se refermer. Et le monde la suit, à bout de souffle, pour porter les premiers secours à des hommes et des femmes frappés de stupeur, se demandant pourquoi la nature s’est retournée contre eux.
Hommage aux « Samaritains » et dignité du secours
Que Dieu bénisse tous ces « Samaritains » modernes ! Secouristes, bénévoles, équipes médicales ou simples anonymes, ils se portent sans hésiter au-devant de ceux qui sont tombés sur le chemin de la vie. Il y a tant à faire pour les survivants, tant à faire pour consoler ceux qui ont été meurtris dans leur corps et dans leur âme.
Qu’ils soient bénis, tous ceux qui déblaient les gravats, reconstruisent les routes, consolident les digues, et rendent ces contrées de nouveau habitables. Cet élan de compassion honore l’humanité : il témoigne des vestiges de l’image de Dieu encore gravée dans le cœur humain.
Mais devant une telle accumulation de calamités, une question s’impose à notre conscience : qu’allons-nous faire, nous qui, par la grâce de Dieu, avons été épargnés jusqu’à ce jour ?
Sachons d’abord demeurer petits devant la face de l’Éternel. Gardons-nous de toute arrogance, de tout sentiment de supériorité morale. Nous pourrions, nous aussi, être les prochains à subir la rigueur des éléments ou la soudaineté d’un drame imprévisible. Être préservé n’est pas un brevet de justice personnelle ; c’est une invitation au questionnement intérieur. En effet :
« Examinez-vous vous mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi ; éprouvez-vous vous-mêmes » (2 Corinthiens 13:5).
La crainte de l’Éternel et l’inspection de nos brèches
Les circonstances actuelles nous obligent à revenir aux paroles du Seigneur Jésus-Christ. Ces vérités devraient s’afficher sur les panneaux de nos villes, à la place de tant d’images qui asservissent les cœurs à des convoitises trompeuses.
La crainte de l’Éternel – de ce Dieu unique, saint et juste, devant Lequel chacun de nous devra rendre compte de sa vie – ne devrait-elle pas nous porter à la prudence ? Ne devrait-elle pas nous inciter, nous chrétiens, à vérifier si nous ne conduisons pas notre existence sur des chemins qui Lui sont fermés ?
Regardons au fond de nous-mêmes : n’y a-t-il pas des points faibles prêts à céder sous la moindre tentation ? Des lézardes par lesquelles s’infiltre déjà ce qui est toxique pour notre âme ? Il est temps de réparer les brèches de notre propre vie. Ces brèches sont toujours la conséquence d’un laisser-aller, d’une tiédeur qui gagne peu à peu.
Réparons d’abord nos brèches, afin d’être en mesure de colmater ensuite celles du monde qui nous entoure, avant qu’il ne soit trop tard – pour lui comme pour nous.
Souvenons-nous que le Fils de Dieu a averti Ses disciples de la venue de temps difficiles. Il l’a fait pour que nous, rachetés à grand prix par Son sang, ne soyons pas pris au dépourvu lorsque ces secousses surviendront. Il l’a fait aussi pour qu’à notre tour nous avertissions nos contemporains du jugement qui vient, en leur montrant l’unique Refuge.
« Quand vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres, ne soyez pas troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin. Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume ; il y aura des tremblements de terre en divers lieux, il y aura des famines. Ce ne sera que le commencement des douleurs » (Marc 13.7-8).
« Il y aura de grands tremblements de terre, et, en divers lieux, des pestes et des famines ; il y aura des phénomènes terribles, et de grands signes dans le ciel » (Luc 21.11).
Une actualité déjà écrite dans les Écritures
Quand nous ouvrons nos journaux ou allumons nos écrans, nous oublions trop souvent que les nouvelles vraiment fraîches ne se trouvent ni dans nos quotidiens ni au journal télévisé, mais depuis des siècles dans les pages de la Bible. Rien n’est plus actuel que la Parole de Dieu. Nos médias ne font, en réalité, que transcrire à leur manière ce que les Écritures ont révélé d’avance.
« Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, Il vous conduira dans toute la vérité, […] et Il vous annoncera les choses à venir » (Jean 16.13).
En tant que croyants instruits par la Révélation, nous pouvons non seulement connaître les événements à venir, mais aussi en comprendre les causes profondes. Nous savons pourquoi de telles tragédies se produisent, et pourquoi elles continueront de se reproduire. Plus encore : il nous est confié le remède pour rendre la santé spirituelle à un monde qui gémit sous le poids de son propre péché.
Dieu indique toujours la voie de la délivrance. Si notre génération acceptait de revenir sincèrement à Lui, elle pourrait encore connaître des jours de tranquillité. Le Seigneur Jésus a clairement annoncé un avenir assombri pour une humanité qui persiste dans la désobéissance ; il nous est pourtant donné, aujourd’hui encore, la possibilité d’appliquer le remède pour que la terre ne soit plus consumée par cette fièvre.
Un peuple qui s’humilie et revient à Dieu a toutes les chances de voir le Seigneur différer l’heure de Sa colère – une colère qui se manifestera pleinement, comme au temps du déluge de Noé, ou lorsqu’elle s’abattit sur Sodome et Gomorrhe. Seul celui qui se repent de tout cœur peut recevoir la grâce.
L’endurcissement des cœurs et les leçons de l’Histoire
Faut-il toujours que le malheur frappe pour que les âmes prennent conscience de l’existence de Dieu et se tournent vers Lui ? Faut-il la brutalité d’un séisme pour qu’elles réalisent que, derrière le mur qui les sépare de l’éternité, siège un Dieu saint qu’elles ont offensé – un Dieu qu’elles ont refusé d’entendre lorsque tout allait bien ?
« Dieu parle cependant, tantôt d’une manière, tantôt d’une autre, et l’on n’y prend pas garde » (Job 33:14).
Le séisme le plus dangereux n’est pas celui qui ébranle la terre sous nos pieds, mais celui que nous refusons de voir dans notre propre cœur. Tant que l’homme n’a pas tremblé devant Dieu, il n’est pas prêt à se tenir debout.
Il semble parfois que Dieu soit obligé d’élever la voix par le fracas des éléments, pour réveiller les consciences engourdies. Et pourtant Il est si proche ! Il est prêt, en cet instant même, à venir habiter le cœur de quiconque répond à Son appel :
« Voici, Je Me tiens à la porte, et Je frappe. Si quelqu’un entend Ma voix et ouvre la porte, J’entrerai chez lui, Je souperai avec lui, et lui avec Moi » ( Apocalypse 3.20).
« Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés, afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur » (Actes 3.19)
La terre gémit, comme en travail d’enfantement. Chaque séisme, chaque incendie, chaque tornade est un appel – non pour nous effrayer, mais pour nous ramener à Celui qui tient toutes choses entre Ses mains. Que ce temps de secousses soit pour nous un temps de réveil : comblons les failles de nos vies, veillons sur notre parole, et tournons-nous, sans tarder, vers le seul Refuge qui ne tremble jamais.
« C’est pourquoi nous sommes sans crainte quand la terre est bouleversée, et que les montagnes chancellent au cœur des mers »(Psaume 46.3-4).
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Saint-Laurent-des-Autels : la Chapelle des Martyrs pour honorer les 230 habitants massacrés par les colonnes infernales
Dans le cadre d’une conférence organisée par l’association Les Amis de la Chapelle des Martyrs, vendredi 21 août à Saint-Laurent-des-Autels, Jean-François Couet, professeur d’histoire-géographie, a consacré son intervention à la résistance vendéenne et aux violences qui ont marqué les Mauges pendant la Révolution française.
Saint-Laurent-des-Autels a été touchée par le passage des colonnes infernales, les 16 et 17 mars 1794. 230 habitants ont été fusillés, parmi lesquels 71 enfants, 66 femmes et 93 hommes. Les victimes ont ensuite été enterrées dans plusieurs fosses communes.
La chapelle des martyrs fut construite en 1878 là où furent massacrés ces hommes, ces femmes et ces enfants. Elle fut bénie par l’évêque d’Angers, le lundi de Pentecôte 2 juin 1879, en présence de 8 000 fidèles.
Pour la Saint Augustin, offrez-vous un livre !
À l’occasion de la fête de saint Augustin, plongez dans le récit de sa vie mouvementée grâce à la l’excellente biographie de Louis Bertrand. Cet ouvrage, publié en 1913, a connu un immense succès et de très nombreuses rééditions. En ce jour, le 28 août, c’est l’occasion idéale pour de nouveaux lecteurs de découvrir ce personnage historique monumental et captivant.
Du grand art littéraire au service d’une biographie spirituelle. ” Scrutateur des abîmes et des contradictions du cœur humain, Louis Bertrand se révèle un peintre incomparable. J’ai succombé au charme d’une écriture talentueuse et c’est avec un vrai bonheur que j’ai poursuivi ma lecture de sa biographie passionnante, véritable histoire écoutée aux portes de la légende. ” Card. Poupard.
Un auteur passionné et injustement oublié
Louis Bertrand (1866-1941) est un écrivain aujourd’hui méconnu, pourtant membre de l’Académie française en son temps, – il succéda à Maurice Barrès en 1925. Sa vie bascule lorsqu’il s’installe en Algérie comme professeur. Sublimé par les paysages de l’Afrique du Nord, il se passionne pour l’histoire de cette région et décide de consacrer un livre à son plus illustre représentant : saint Augustin. Pour coller au plus près de la réalité, Bertrand voyage à Milan, Rome et Ostie, marchant directement dans les pas du saint pour reconstruire son histoire avec une précision et un style remarquables.
Le portrait d’une âme incandescente
Dès les premières pages, l’auteur nous transporte à Thagaste, la ville natale d’Augustin. Loin d’être un simple décor, cette description vivante reflète l’âme même du personnage : un homme de contrastes, passionné et tourmenté. Fils d’un père païen et de sainte Monique, Augustin est un jeune homme brillant mais rebelle. Professeur de rhétorique à Carthage puis en Italie, il mène une vie d’excès et de doutes intellectuels. C’est à Milan, grâce à sa rencontre avec saint Ambroise, qu’il retrouve la foi chrétienne abandonnée durant son enfance.
Un destin hors du commun
Revenu en Afrique pour devenir moine, il est finalement ordonné prêtre puis sacré évêque. Il passe le reste de sa vie à protéger son diocèse, guider les fidèles et combattre les hérésies. Auteur de l’incontournable La Cité de Dieu, il devient l’écrivain latin le plus prolifique de l’histoire, surpassant même Cicéron. Louis Bertrand redessine le vrai visage d’Augustin, bien plus humain et chaleureux que l’image austère laissée plus tard par le jansénisme. Le livre met aussi en lumière la richesse de la chrétienté africaine de l’Antiquité, qui s’éteindra face aux invasions des Vandales. C’est d’ailleurs durant le siège de sa ville par ces Barbares que saint Augustin rend son dernier soupir.
Ce livre, qui mêle habilement analyses de fond, anecdotes historiques et descriptions immersives, est la lecture idéale pour nourrir sa foi et enrichir sa culture chrétienne en ce jour de fête.
Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/biographies-temoins-saints/8382-saint-augustin.html?ref=043193205
Saint Augustin, Préface du cardinal Poupard, Louis Bertrand, Editions Via Romana, 390 pages, 25 €.
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Santé : la France ne peut pas avoir en même temps une politique de soin et une politique de mort
Samedi 22 août, à quelques semaines de l’ouverture des débats budgétaires pour 2027, le gouvernement a publié quatre décrets «relatifs à la soutenabilité de notre système de santé». Ils permettent de réduire la part remboursée par l’Assurance-maladie pour toute une série de soins : médicaments, soins dentaires, transports sanitaires… En revanche, l’avortement reste gratuit et l’Aide Médicale d’Etat n’est pas rabotée.
Mais ne vous inquiétez pas, si vous souffrez trop, le gouvernement vous propose l’euthanasie gratuite !
Un évêque de l’Ohio supprime les religieuses traditionnelles après le refus du Vatican de les reconnaître
L’évêque Earl K. Fernandes de Columbus, Ohio, a annoncé qu’une communauté traditionnelle de religieuses basée dans le diocèse depuis 24 ans sera supprimée.
Dans une lettre datée du 10 août, Mgr Fernandes annonçait que les Enfants de Marie, une communauté religieuse semi-contemplative et semi-apostolique fondée en 2002 et attachée aux pratiques traditionnelles dans le cadre de son charisme, seront officiellement supprimées en octobre. Cette décision fait suite au refus du Vatican d’établir la communauté comme « institut de droit diocésain », en raison de « problèmes de formation » non précisés.
Tout en louant les « œuvres apostoliques » de la communauté dans le diocèse et au-delà, en particulier leurs efforts pour promouvoir la dévotion au Saint-Sacrement et à la Vierge Marie, l’évêque a souligné qu’un responsable du Dicastère pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique du Vatican, dirigé par sœur Simona Brambilla, l’avait récemment informé que la communauté ne serait pas approuvée comme institut diocésain « ni maintenant ni à l’avenir ». Mgr Fernandes a ajouté que, puisque la communauté n’obtiendrait jamais cette approbation, il estimait que cette suppression était la « seule option » pour que ses membres puissent discerner leur vocation au sein d’un autre institut.
« En tant que communauté relativement nouvelle, les Enfants de Marie ont cherché à réformer et à affiner leurs Constitutions ; à clarifier leur charisme spécifique ; à clarifier la question de la propriété des biens ; et à assurer la formation des membres de la communauté ».
« Désireuses de devenir un institut de droit diocésain et agissant de bonne foi, les Sœurs ont fourni au Dicastère pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique les documents nécessaires pour entamer les démarches. Malgré tous leurs efforts, ces réformes se sont avérées difficiles ». « De plus, ces dernières années, certains problèmes de formation, voire des abus liés aux conseils évangéliques et au droit de séparation du forum intérieur et du forum extérieur, c’est-à-dire du forum de la conscience personnelle et du forum des actions extérieures observables, ont été portés à mon attention. »
Fernandes a poursuivi :
Après avoir sincèrement tenté de résoudre ces problèmes et d’en avoir tenu informé le Dicastère pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique à Rome, un responsable du Dicastère m’a informé que, malgré les réformes entreprises, en raison des problèmes de formation inhérents à la vie communautaire depuis ses débuts et de la persistance de ces problèmes, les Enfants de Marie ne seraient ni maintenant ni à l’avenir approuvés pour être érigés en institut de droit diocésain, ce qui aurait offert à leurs membres une plus grande stabilité et l’assurance d’une prise en charge spirituelle et matérielle perpétuelle.
Sachant que cela ne serait pas possible et reconnaissant que certaines femmes des Enfants de Marie peuvent avoir une vocation authentique de religieuse consacrée dans un ordre reconnu par l’Église, j’ai déterminé que la suppression était la seule option afin que les membres puissent discerner leur vocation dans une nouvelle association ou un nouvel institut, ou dans le monde.
Dans une lettre datée du 10 août, les Enfants de Marie ont exprimé leur tristesse face à cette décision, leur gratitude envers Mgr Fernandes et leur acceptation de la volonté de Dieu.
« Nous avons récemment appris que le Dicastère pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique a décidé que notre communauté ne sera pas prise en considération pour l’agrément en tant qu’institut de droit diocésain, ni maintenant ni à l’avenir ». « Des difficultés de formation imprévues sont apparues du fait de notre relative jeunesse ». « Notre cher évêque a pris soin de nous faire part des préoccupations du Dicastère. Suite à ces nouvelles informations et après de nombreuses prières, un temps de discernement et de consultation, Mgr Fernandes a pris la difficile décision de dissoudre les Enfants de Marie en tant qu’association publique de fidèles. Bien que cette décision soit douloureuse à accepter, nous l’accueillons dans un esprit de foi, d’humilité et d’obéissance filiale à l’Église que nous aimons. »
Les enfants de Marie ont continué :
Cette décision signifie que la communauté des Enfants de Marie cessera ses activités en octobre 2026. Bien que cette perspective nous attriste profondément, nous restons convaincus que Dieu n’abandonne pas l’œuvre qu’il a entreprise. Nous avons été témoins de sa grâce dans d’innombrables vies à travers cet apostolat, et nous avons la certitude que les graines qu’il a semées continueront de porter du fruit selon son plan parfait. Les amitiés tissées, les vies transformées et l’amour du Christ partagé par les Enfants de Marie perdureront d’une manière que Dieu seul connaît pleinement. Tandis que chacun de nous poursuit son discernement sur le chemin que le Seigneur trace devant nous, nous le faisons avec la certitude de sa fidélité et de la bienveillance de sa providence.
Mgr Fernandes a soutenu et célébré la messe traditionnelle en latin et a encouragé les pratiques liturgiques traditionnelles dans son diocèse.
Le Pape rappelle qu’un médecin ne doit jamais donner la mort
Le Pape rappelle qu'un médecin ne doit jamais donner la mort, que la médecine ne doit pas servir la mort. pic.twitter.com/r2QOkSANVa
— Grégor Puppinck (@Gregor_Puppinck) August 27, 2026
L’Illinois accepte de ne pas contraindre les médecins chrétiens à promouvoir l’euthanasie… pour le moment
L’État de l’Illinois a accepté une injonction d’un tribunal fédéral lui interdisant temporairement d’appliquer sa nouvelle loi sur l’aide médicale à mourir aux hôpitaux catholiques placés sous l’autorité de Mgr Thomas John Paprocki, évêque du diocèse de Springfield (Illinois), du Lutheran Care Center et de quatre médecins de l’Illinois, le temps que leur action en justice fédérale suive son cours. La Société Thomas More a déposé une plainte en leur nom le 11 août, demandant à un tribunal fédéral de bloquer la loi sur les options de fin de vie avant son entrée en vigueur le 12 septembre.
Dans l’affaire Mary Keen Kirchoff, MD, et al. c. Treto, et al., les autorités de l’Illinois ont accepté de suspendre l’application de la loi aux plaignants nommés et aux établissements de santé catholiques du diocèse de Mgr Paprocki pour une période potentiellement prolongée, le temps qu’une autre affaire, soulevant des questions similaires, soit tranchée en appel. Dans l’intervalle, cette décision évite à ces médecins et à ces établissements d’être contraints de faciliter le suicide de patients, en violation de leur foi, du serment d’Hippocrate et de plusieurs siècles de tradition médicale.
À court terme, cette décision signifie que lorsque la loi entrera en vigueur le 12 septembre, les plaignants nommés pourront continuer à soigner leurs patients selon leur conscience. L’Illinois ne peut les contraindre à vanter les prétendus « bienfaits » du suicide assisté, à orienter leurs patients vers un prescripteur disposé à prescrire des médicaments létaux, à consigner ces demandes de manière à déclencher la procédure d’« éligibilité » de l’État en matière de suicide assisté, à éviter de diffuser ce que l’État considère comme de la « désinformation » sur le suicide, ni à falsifier les certificats de décès pour dissimuler les circonstances du décès. L’État ne peut pas non plus appliquer les sanctions prévues par la loi en cas de refus : amendes pouvant atteindre 10 000 $ par infraction, retrait de l’autorisation d’exercer et poursuites pénales.
Chronique des cinglés
L’année dernière, une femme du Queensland en Australie a donné naissance à des jumeaux de parents biologiques différents.
La femme a conçu naturellement à peu près au même moment où elle a reçu un transfert d’embryon par FIV dans le cadre d’un accord de gestation pour autrui avec un couple.
Les deux enfants sont nés le même jour, en novembre 2025, par césarienne. Leur filiation n’a jamais été contestée ; ils ont été élevés séparément ces dix derniers mois par leurs parents biologiques respectifs.
Mais cette situation a nécessité une procédure complexe devant le tribunal pour enfants du Queensland, car les règles relatives à la gestation pour autrui interdisent les situations où les « frères et sœurs biologiques » nés d’une grossesse par mère porteuse soient séparés.
Le tribunal a finalement statué que, bien que les enfants sont des « jumeaux gestationnels », ils ne sont pas considérés comme des frères et sœurs biologiques au sens des lois sur la gestation pour autrui, et a rendu une ordonnance officialisant la filiation des parents biologiques.
Deux bébés ont donc partagé le même utérus, ont grandi ensemble, sont nés le même jour… et ont ensuite été séparés à la naissance pour deux couples de parents différents. Et maintenant, un tribunal dit qu’ils ne sont même pas des « frères et sœurs de naissance ».
Pour corriger les abus dans la célébration de la forme ordinaire, il faut libéraliser la forme extraordinaire
Le cardinal Robert Sarah, ancien préfet du Dicastère pour le Culte Divin, a été interrogé dans Il Giornale à propos de son dernier ouvrage, Le Cantique de l’Agneau : Musique sacrée et liturgie céleste, coécrit avec Peter Carter.
Éminence, pensez-vous qu’il existe une aversion pour le chant latin et grégorien dans certains secteurs de l’Église ?
Il me semble que l’aversion de certains cercles culturels autoréférentiels est plus psychologique que véritablement fondée, et je pense qu’il s’agit uniquement d’une question d’âge : lorsque la génération des ’68ards’ disparaîtra, disparaîtront également ces unilatéralismes infondés qui sapent le statut culturel même du catholicisme latin.
Benoît XVI était convaincu que la forme extraordinaire (la messe en latin) pouvait influencer positivement les célébrations de la forme ordinaire qui manquaient de sacralité. Avait-il raison ?
Parmi les effets de la libéralisation de la forme extraordinaire, on compte l’influence positive, voire la correction, des abus potentiels dans la célébration de la forme ordinaire. Ces abus sont des actes extrêmement graves, mais nous ne saurions les assimiler à la forme ordinaire elle-même. De nombreux prêtres témoignent que la découverte de la forme extraordinaire les a aidés à mieux célébrer. Je crois que l’intention de Benoît XVI était également profondément humble et démocratique : assurer sa diffusion la plus large possible afin de permettre au peuple de Dieu, au fil des décennies, de choisir la forme qui correspond le mieux à la mise en pratique de sa foi. Mais tout cela a été étouffé dans l’œuf par Traditionis Custodes, du vivant même du pape émérite.
Quel est votre avis là-dessus ?
Cela ne me semblait ni sage ni respectueux. Mais Benoît, homme doux comme un agneau, s’est laissé humilier et, dans le silence et la prière, il a offert sa souffrance à Dieu, afin de mieux s’identifier à la douleur du Christ pour son Église et de la purifier.
Que pensez-vous de la demande de levée des restrictions ?
L’accès aux formes rituelles reconnues et existant depuis des siècles ne saurait être artificiellement restreint par des décrets. Si un rite ne sert pas la foi, il disparaîtra de lui-même ; si, au contraire, il la préserve et la promeut, nous ne devons pas le limiter, car nous limiterions la préservation et la diffusion de la foi elle-même.
Que diriez-vous aux nombreux fidèles attirés par la liturgie ancienne mais qui doivent peut-être parcourir des kilomètres pour assister à la messe ?
Je ne peux qu’admirer cette magnifique expression d’amour pour Dieu. Ce phénomène se répand de plus en plus. Si la hiérarchie est véritablement capable de discerner les signes des temps actuels – et non ceux de 1968, qui sont encore trop tard – alors des espaces de dialogue fraternel et serein pourront s’ouvrir. En tant qu’Église, nous ne pouvons pas faire la guerre à ceux qui assistent avec ferveur à la messe simplement parce qu’ils préfèrent une forme de célébration à une autre : c’est une attitude à courte vue et purement idéologique, donc contraire à l’esprit pastoral et non chrétien. Elle est nuisible et destructrice pour l’Église.
Venez fêter les 20 ans de l’Institut du Bon Pasteur au château de Courtalain (28) !
Érigé canoniquement en septembre 2006 sous le pontificat de Benoît XVI, l’Institut du Bon Pasteur a connu un bel essor en vingt ans : il compte aujourd’hui 65 prêtres et 45 séminaristes et est présent dans 10 pays.
Pour rendre grâce pour ces vingt années et célébrer cet anniversaire, l’Institut vous donne rendez-vous le 5 septembre prochain pour une grande journée de fête et d’action de grâce.
Au programme de cette journée :
– Messe solennelle à 10h30 en l’église Saint-Jean-Baptiste de Courtalain (28)
– Déjeuner et dîner (plusieurs propositions payantes sur place)
– Conférence avec l’abbé Philippe Laguérie et Laurent Dandrieu, animée par l’abbé Matthieu Raffray
– Démonstration de béhourd
– Animations musicales
– Kermesse familiale
– Buvette
– Veillée de chants
Pour ceux qui le souhaitent, il sera possible de loger sur place :
– Des chambres et gîtes, à partir de 95 €, sont à réserver directement auprès du château de Courtalain à l’adresse [email protected].
– Il sera également possible de planter sa tente pour les nuits du vendredi et/ou du samedi soir.
Nous vous attendons nombreux pour cette belle journée et n’hésitez pas à inviter vos proches et amis !
Informations et inscriptions : https://www.helloasso.com/associations/les-missions-du-bon-pasteur/evenements/les-20-ans-de-l-ibp
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Pour une bonne rentrée en septembre : Mon Meilleur Ami jour après jour avec les anges
“Rien n’est beau comme un enfant qui s’endort en faisant sa prière sous l’aile de son Ange Gardien, dit Dieu, et qui sourit aux Anges en commençant à s’endormir”.
Cette citation de Charles Péguy pourrait, à elle seule, résumer l’intention de l’auteur de ce nouvel ouvrage.
A la suite des petits livres de l’été, Aurélie Kervizic s’appuie désormais sur le cadre parfois déstabilisant de la rentrée scolaire pour apprendre aux enfants à vivre avec leur Ange Gardien.
Ainsi, en lisant chaque jour ces petites histoires vraies merveilleusement illustrées, ils pourront mieux le connaître pour mieux l’aimer. Ils sauront alors se confier et faire appel à lui comme à leur ami. Une protection garantie.
Mon Meilleur Ami, d’Aurélie Kervizic, sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/1630_editions-maelic
Vous y retrouverez ou découvrirez toute la Collection des petits livres d’Aurélie Kervizic. Les incontournables des bibliothèques familiales.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Lorsque la foi disparaît, l’image chrétienne de l’humanité disparaît également
Homélie de Mgr Stefan Oster, évêque de de Passau, en Allemagne, pour la solennité de l’Assomption à Altötting :
Chères sœurs, chers frères,
Ces derniers mois, j’ai beaucoup réfléchi à la relation entre l’État et la religion, entre la société d’une part, et la question suivante : de quelle religion une société a-t-elle besoin ? Ou plutôt : de quel type de religion a-t-elle besoin ? Et surtout : quelle image de nous-mêmes, en tant qu’êtres humains, est nécessaire au fonctionnement d’un État libre et démocratique comme le nôtre ?
En 1949 – peu après la catastrophe du régime nazi et la Seconde Guerre mondiale – nous avons reçu ce que je considère comme une Loi fondamentale magnifique. Elle s’ouvre sur un préambule affirmant que le peuple allemand s’est donné cette Loi fondamentale « sous responsabilité devant Dieu et devant l’humanité ». Et dans son premier article, elle formule cette phrase de manière véritablement remarquable : « La dignité humaine est inviolable. La respecter et la protéger est le devoir de toute autorité de l’État. » Cette phrase constitue, en un sens, la pierre angulaire de tous les articles suivants de la Loi fondamentale, et elle souligne avec force que l’État n’est pas au-dessus du peuple, mais a au contraire le devoir de le servir.
Descriptif ou normatif ?
À ma connaissance, rares sont ceux, dans notre pays, qui contesteraient l’affirmation : « La dignité humaine est inviolable. » Cependant, un débat persiste quant à savoir si cette affirmation est purement descriptive ou si elle constitue une exigence. Est-elle descriptive ou normative ? La grande majorité de ceux qui se penchent sur cette question estiment qu’elle est normative, en ce sens que la dignité humaine ne doit pas être bafouée. Il s’agit là d’un principe juridique fondamental, car nous sommes, bien sûr, trop souvent témoins de violations de la dignité humaine. Lorsque des personnes sont réduites en esclavage, violées ou tuées, par exemple, la dignité humaine est bafouée. Et cela, fondamentalement, ne devrait pas être toléré dans notre pays. Par conséquent, la dignité humaine bafouée doit être rétablie.
Que signifie la dignité ?
Mais la question essentielle est désormais : que signifie réellement la dignité ? Pour nous, chrétiens, la réponse n’est pas si difficile : nous croyons avoir été créés à l’image de Dieu, de manière unique. Dotés de raison et de liberté, nous sommes capables de dire la vérité, même lorsque nous mentons, commettons le mal ou nous asservissons par notre propre faute, par exemple par le biais d’addictions. Nul ne peut nous ôter l’image de Dieu, source de notre dignité ; nous ne pouvons que l’obscurcir par nos propres fautes. Et inversement – ce qui nous amène à la célébration d’aujourd’hui : Notre Seigneur Jésus est pleinement Dieu et pleinement homme. Au sens le plus profond, par son incarnation, il a confirmé ce que signifie être humain. Et, d’une certaine manière, il a aussi pleinement restauré la possibilité pour notre dignité inaliénable de se manifester à nouveau en nous. Et en sa Mère, il nous a donné la nouvelle création : celle en qui et par qui Dieu vient au monde. Ce faisant, il nous a aussi révélé notre propre vocation, qui est au fond la vocation de tout être humain : nos cœurs sont capables d’accueillir Dieu en nous. Et il nous a rendus capables de vivre de telle sorte que cette dignité insondable puisse aussi se manifester extérieurement dans nos relations avec lui et avec les autres. Autrement dit, de façonner nos vies comme le dit le préambule de la Loi fondamentale : dans la responsabilité devant Dieu et devant les hommes.
Serait-ce une question purement philosophique ?
Et si nous prenons cela au sérieux, chers frères et sœurs, nous constatons soudain que pour nous, chrétiens, le sens de la dignité est en réalité bien plus clair que pour ceux qui tentent de l’expliquer uniquement par la philosophie. Prenons l’exemple d’Emmanuel Kant, qui, au XVIIIe siècle, expliquait pourquoi les êtres humains ne doivent jamais être de simples moyens, mais, selon sa formulation, sont toujours une fin en soi. Car, par leur raison et leur liberté, ils sont uniques au monde et possèdent donc la dignité. Or, nous voyons qu’une explication purement philosophique nous permet de comprendre le premier article de la Loi fondamentale uniquement de manière normative, c’est-à-dire comme une simple exigence, sans bien sûr préciser ce qui est exigé quant au contenu. Nous, chrétiens, avons l’avantage que, pour nous, l’affirmation « La dignité humaine est inviolable » est toujours comprise aussi de manière descriptive. Notre compréhension est déjà plus large. Et, sans la perspective divine, elle doit toujours être redéfinie et débattue à nouveau, selon le temps et la situation.
Il s’agit de l’image de l’humanité.
Qu’entend-on par là ? Eh bien, derrière le discours sur la dignité humaine se cache une image précise de l’humanité – et donc une compréhension de ce qu’est fondamentalement un être humain. Ainsi : l’embryon dans le ventre de sa mère est-il déjà un être humain, une personne humaine, et par conséquent porteur d’une dignité humaine inviolable ? Nous, chrétiens, répondons : Oui, bien sûr ! De même, une personne dans le coma, qui va très probablement mourir prochainement, est-elle encore porteuse de cette dignité ? Et nous répondons : Oui, bien sûr ! Selon notre foi, nous ne retirons rien à l’humanité et à sa dignité, même lorsqu’une personne ne possède pas encore ou ne possède plus certaines caractéristiques et qualités telles que la raison ou la liberté. Mais elle est un être humain, créé par Dieu, et donc porteur d’une dignité personnelle. Et par conséquent, dans notre conception chrétienne, le lieu où et par lequel une personne vient au monde est également spécialement protégé et porteur de dignité, en particulier les femmes, et plus particulièrement le mariage et la famille. En conséquence, la Loi fondamentale formule déjà cette phrase dans son article 6 : « Le mariage et la famille bénéficient de la protection spéciale de l’État. » Il est clair que les rédacteurs de la Loi fondamentale entendaient, premièrement, la monogamie et non la polygamie, et deuxièmement, l’unité du père, de la mère et de leur(s) enfant(s). La plupart des auteurs de la Loi fondamentale étaient influencés par le christianisme. Nombre d’entre eux partageaient la conception catholique du mariage comme sacrement, comme alliance sacrée. Ces exemples nous montrent que la foi nous enseigne : Dieu existe et Dieu est la réalité même. Il est Seigneur de la vie et de la mort. Et l’humanité, en tant que sa créature bien-aimée, faite à son image, est, dans toutes ses dimensions, porteuse de la dignité qu’elle a reçue. Et à ce titre, elle doit être protégée. La foi dit donc : « Voilà comment il en est. » Elle est descriptive, et non simplement normative.
Lorsque la foi disparaît, l’image chrétienne de l’humanité disparaît également.
Mais si nous nous sécularisons de plus en plus, c’est-à-dire si la foi s’estompe ou est remise en question, si l’influence des Églises chrétiennes dans notre pays diminue, alors le caractère descriptif du concept de dignité humaine s’efface peu à peu. Il ne reste que le caractère normatif, la conviction que la dignité doit être protégée. Or, cela engendre un débat permanent sur le sens même de la dignité. Elle ne peut plus être l’image de Dieu. Dès lors, une question se pose : qui est donc, au sens le plus plein du terme, cet être humain porteur de cette dignité digne de protection ?
Quelques exemples de changement
Et maintenant, voici quelques exemples de points que, je suppose, la grande majorité des rédacteurs de notre Loi fondamentale n’ont même pas envisagés lorsqu’ils ont formulé le principe de l’inviolabilité de la dignité humaine : par exemple, le débat sur l’avortement en tant que droit humain, qui a également lieu fréquemment dans notre pays. La France est allée plus loin à cet égard, en inscrivant le droit à l’avortement comme un droit fondamental dans sa Constitution. Autre exemple : en 2020, la Cour constitutionnelle fédérale allemande a souligné le droit à mourir dans la dignité, et depuis lors, il est devenu possible dans notre pays de faire du suicide assisté un modèle commercial. Pour moi, c’est une violation flagrante des principes fondamentaux – et une perversion de ce que nous entendons par dignité humaine, don de Dieu, qui est aussi Seigneur de la vie et de la mort. Ou encore : un homme politique influent, membre d’un parti démocrate-chrétien, vote contre la légalisation de la gestation pour autrui dans notre pays. Et il le fait alors même que lui et sa compagne avaient déjà convenu d’avoir un enfant par gestation pour autrui à l’étranger. Et alors que la mère porteuse était déjà enceinte.
Tout est-il permis si Dieu n’existe pas ?
Ou encore : lorsque l’on considère la Christopher Street Day [journée de célébration, de commémoration et de manifestation LGBT], avec ses multiples facettes d’expression ouverte des modes de vie, des préférences sexuelles et des identités revendiquées, on constate immédiatement à quel point la société a fondamentalement changé. Et oui, c’est une expression de la liberté humaine, explicitement permise par notre démocratie. Parallèlement, il devient évident combien il est difficile pour nous, croyants, de concilier tout ce qui s’y montre ou y est prôné avec notre conception chrétienne de l’humanité. Face à certaines choses, nous posons la question légitime : cela correspond-il à la dignité que Dieu nous a donnée, ou la contredit-il ? L’écrivain Dostoïevski avait-il finalement raison lorsqu’il disait : « Si Dieu n’existe pas, tout est permis » ?
Appelé à aimer
Il est toutefois important pour moi de souligner que si, en tant que chrétiens, nous prenons au sérieux la question de la dignité humaine, il doit être clair pour nous, même à l’occasion de la Christopher Street Day, que sans exception, toutes les personnes présentes sont des enfants bien-aimés de Dieu, dotés d’une dignité inaliénable. Et que nous devons respecter leur liberté, sans pour autant cautionner ce qui y est montré ou prôné. Quoi qu’il en soit, je crois que la perception d’une absence ou d’une inexistence de Dieu a considérablement élargi le champ des possibles dans le contexte entourant la question du sexe et du genre. Et que la plupart de ces perceptions ne correspondent pas à l’image biblique de l’humanité.
Et puis, considérant l’aspect politique sous un autre angle : ce même principe, la reconnaissance de la dignité de chaque être humain comme enfant bien-aimé de Dieu, s’applique également au respect des réfugiés, des personnes d’autres cultures, ethnies et croyances, des personnes marginalisées, des personnes handicapées, des personnes âgées, des femmes et des enfants. Ce principe s’applique toujours. Nous sommes toujours appelés à respecter chaque être humain et, surtout, à ne jamais recourir à la violence. Nous pouvons et devons affirmer clairement ce qui correspond à notre conception de l’humanité et ce qui n’y correspond pas, mais nous sommes aussi appelés à le faire dans l’amour, cet amour qui nous anime lorsque nous vivons en union avec le Christ.
La vision biblique de l’humanité – et les nombreuses autres visions de l’humanité
Chers frères et sœurs, je suis convaincu que notre Loi fondamentale, et par conséquent notre démocratie libérale, repose essentiellement sur l’image biblique de l’humanité. Or, je crains que ce soit précisément l’éloignement croissant de notre société par rapport à cette image qui mette en péril notre démocratie. Pourtant, c’est précisément cette démocratie qui permet et rend cet éloignement possible. Mais je pense aussi que les conceptions de l’humanité différentes de la nôtre, surtout dans toute leur diversité, tendent presque automatiquement à exacerber les conflits d’intérêts. Et avec cela, la demande d’une solution simple et rapide, imposée par une autorité forte au sommet, qui prévaut et assure la cohésion du système, se fait de plus en plus pressante.
Quelle est la vision ?
Il y a quelques jours, j’ai vu une interview de Juli Zeh, une écrivaine importante de notre pays, également avocate et juge constitutionnelle au Brandebourg. Elle y évoquait le manque de vision de notre nation : où voulons-nous aller ensemble, positivement ? Qu’est-ce qui nous unit ? Je crois qu’elle a raison. Mais nous, catholiques, proposons une vision que nous célébrons aujourd’hui. Nous pouvons croire : quoi qu’il arrive, bonheur ou malheur, succès ou échec, quelle que soit la forme de société qui émergera, notre contribution sera là. Nous connaissons notre Seigneur, nous l’aimons, ainsi que notre Église, dont Marie est l’archétype. Et plus nous nous connectons intérieurement à elle, plus nous nous connectons, presque naturellement, à son Fils. Notre vision pour ce temps est la suivante : garder le ciel ouvert – et ce ciel n’est pas qu’une simple pensée, pas une vague intuition. Le ciel commence dès maintenant dans nos cœurs, et il s’ouvre particulièrement lors des fêtes et des jours comme celui-ci. Car nous sommes les enfants de la Mère que notre Seigneur a déjà accueillie au ciel. Allons de l’avant avec gratitude et invitons les autres à se joindre à nous – et à découvrir ensemble l’immensité du ciel, en tant qu’enfants bien-aimés de Dieu. Ce faisant, contribuons aussi au succès de notre démocratie. Amen.
L’Occident a besoin de l’exemple et du témoignage des catholiques africains qui subissent le martyre
L’archevêque de San Francisco, Mgr Salvatore Cordileone, a proclamé que l’Occident a besoin de l’exemple et du témoignage des catholiques africains qui subissent le martyre pour leur foi. Il a fait cette déclaration lors de l’ordination de quatorze nouveaux prêtres pour le diocèse de Makurdi, dans l’État de Benue, au Nigéria, le 22 août.
« Outre la voix de l’Afrique, l’Occident a également besoin du témoignage de l’Afrique, et en particulier du témoignage du Nigéria »
Mgr Cordileone a établi un contraste entre la persécution sanglante subie par les chrétiens nigérians et la crise spirituelle qui ronge les sociétés occidentales.
D’après le rapport « Liste rouge 2025 » de Global Christian Relief (GCR), le Nigéria est considéré comme le pays le plus dangereux au monde pour les chrétiens. Environ 8 000 chrétiens ont été tués par des militants islamistes en 2023, et plus de 50 000 ont perdu la vie au Nigéria depuis 2009. Des prêtres, des séminaristes et des religieux sont régulièrement enlevés par des groupes armés qui exigent une rançon ou les torturent avant de les tuer.
« Dans notre génération de chrétiens, c’est le Nigéria que le Christ appelle à sanctifier le monde, devoir du prêtre, en s’identifiant à lui comme victime au sens le plus littéral du terme ».
L’archevêque a reconnu devant les ordinands que c’était à eux de prêcher, car
« c’est vous qui donnez votre vie pour notre Seigneur ; trop de vos frères et sœurs le font littéralement avec leur sang, d’autres avec la destruction et le bouleversement total de leur vie. »
Il a fait remarquer que les nations occidentales n’étaient pas « envahies par une persécution sanglante et armée, mais par une persécution intérieure marquée par l’isolement, la dépression, la solitude et l’anxiété ». Les taux de suicide augmentent, de même qu’un « malaise spirituel » né d’une « culture hédoniste qui ne recherche que son propre intérêt et qui utilisera tous les moyens nécessaires pour l’obtenir, quitte à détruire autrui ».
L’Occident, jadis berceau de la civilisation chrétienne, ne comprend plus les « vérités fondamentales », notamment « ce que signifie être une famille née de l’amour et du dévouement mutuels d’un mari et d’une femme ». Cette perte a rendu l’Occident « sans vie et sans couleur ».
Mgr Cordileone a dénoncé les pressions exercées par les élites occidentales sur le continent africain, notamment par le biais de programmes d’aide conditionnés à la promotion de l’idéologie du genre ou à la facilitation de l’accès à la contraception et à l’avortement. L’archevêque a félicité le Nigéria pour sa résistance face aux forces puissantes à l’origine de ces mesures.
« Je sais que la pression est forte sur les dirigeants nationaux de ce continent, mais nous autres, en Occident, qui défendons la vérité du Christ et la dignité humaine, nous tournons vers l’Afrique pour obtenir du soutien ». « Nous sommes avec vous, nous vous soutenons et vous nous soutenez. L’Occident a besoin de la voix de l’Afrique, et la voix de l’Afrique ne sera pas réduite au silence ! »
Cordileone a averti que ceux qui choisissent d’ignorer la réalité « le font à leurs risques et périls ».
« Le confort matériel et cette culture de l’égoïsme ont affaibli notre résilience spirituelle ». « Trop nombreux sont ceux qui ne comprennent pas ce que signifie souffrir pour sa foi en Jésus-Christ. »
« Il est réconfortant de savoir que l’Église sera renouvelée par le témoignage du sang nigérian, tandis que vous guidez votre peuple dans l’œuvre de ce martyre intérieur qui est la mort à tout ce qui empêche une identification plus parfaite avec lui pour son peuple. »
Le clergé nigérian, a conclu l’archevêque américain, « souffre jusqu’à verser son sang et pourtant reste joyeux dans sa foi chrétienne ».
Miracle eucharistique au Guatemala ?
Un miracle a attiré l’attention des fidèles au Guatemala : une hostie consacrée serait restée intacte dans un verre d’eau avec des taches qui « pourraient être du sang ».
Bien que l’incident ait attiré l’attention de la communauté catholique, l’Église a demandé aux fidèles de faire preuve de « prudence et de retenue ».
La cathédrale Niño Dios du diocèse de Santa Rosa de Lima a rapporté dans un communiqué que l’événement s’est produit le jeudi 30 juillet, lors d’une messe pour la Semaine eucharistique missionnaire qui s’est tenue dans une école privée de Cuilapa, une ville située à environ 65 kilomètres au sud-est de Guatemala City. Selon le communiqué, au moment de la communion, le prêtre qui présidait la célébration a remarqué que l’un des jeunes hommes qui avait reçu l’Eucharistie « retirait l’hostie consacrée de sa bouche et il s’est rapidement approché de lui, parvenant à l’empêcher de la jeter par terre ».
« Conformément aux directives en vigueur dans ces cas-là, le prêtre a placé l’Hostie consacrée dans un verre d’eau dans la chapelle du presbytère ».
L’objectif était que l’hostie se dissolve naturellement. Cependant, le 6 août, ils ont constaté que cela ne s’était pas produit.
« Le jeudi suivant, en nettoyant la chapelle, un collaborateur de la paroisse a remarqué que l’hostie ne s’était pas dissoute et qu’elle présentait des taches rouges, qui pouvaient être du sang ».
La découverte a été signalée au curé, qui a interrogé et recueilli la déposition du salarié ayant constaté la situation. L’affaire a ensuite été portée à la connaissance de Mgr José Cayetano Parra Novo, évêque du diocèse de Santa Rosa de Lima. La cathédrale a expressément demandé aux fidèles de faire preuve de « prudence et de retenue ».
« Tout au long de son histoire, l’Église a reçu le témoignage de la présence réelle et substantielle de Jésus-Christ dans l’Eucharistie, sous cette forme unique de manifestation ».
Il a été noté que ces cas « n’étaient ni courants ni faciles à discerner, ils ne peuvent donc pas être qualifiés de miracles tant qu’une enquête complète n’aura pas été menée, ce qui doit être fait et prendra du temps. »
Il a également été annoncé que l’hostie est conservée « dans un lieu spécial et ne sera pas exposée au public », tandis que Monseigneur Parra Novo donne « les instructions pour le discernement nécessaire et pour pouvoir mener à bien une étude de cette possible manifestation eucharistique ».
« Les médias traditionnels ne décident plus seuls de ce qui mérite d’être vu »
Pierre Sautarel, fondateur de FDesouche, a été interrogé dans le JDD. Extraits :
Comment jugez-vous le chemin parcouru ?
Le bilan est contrasté. C’est une réussite éditoriale, puisque les sujets que nous voulions rendre visibles sont désormais au centre du débat public. Il y a vingt ans, les évoquer suffisait parfois à vous faire qualifier d’extrémiste ; aujourd’hui, ils ouvrent les journaux télévisés et structurent les campagnes électorales. Mais c’est aussi un échec politique : la reconnaissance tardive des problèmes n’a pas permis de les résoudre.
Vous regardez la France tous les jours. Quelles leçons en tirez-vous ?
J’ai appris que la France ne se comprend ni depuis Paris ni à travers une seule grille de lecture. Il faut regarder les classes sociales, les territoires, les origines, la religion et les modes de vie. Les habitants d’un village du Morvan, d’une cité de banlieue, d’un quartier bourgeois ou d’une ville moyenne vivent officiellement dans le même pays, mais ne sont pas confrontés aux mêmes réalités. Longtemps, le débat public a voulu tout ramener aux inégalités économiques.
Or, on ne peut plus comprendre la société française sans prendre en compte les réalités ethniques, culturelles et religieuses. Elles influencent les solidarités, les rapports entre les sexes, les comportements électoraux, les conflits scolaires, le rapport à l’autorité, à la violence, à la nation et à l’histoire. Cela ne signifie pas que chaque individu soit réductible à son origine ou à sa religion. Mais refuser de voir ces appartenances lorsqu’elles structurent concrètement la vie sociale empêche de comprendre ce qui se passe.
Qu’est-ce qui a le plus changé dans le paysage médiatique en vingt ans ?
Le principal changement est la perte du monopole de la distribution. Les médias traditionnels continuent à produire une grande partie de l’information originale, mais ils ne décident plus seuls de ce qui mérite d’être vu ni de la manière dont un fait doit être interprété. Les réseaux sociaux permettent de comparer les articles, de retrouver des archives, de contester un titre et de faire émerger des sujets négligés. CNews a prolongé cette révolution dans l’audiovisuel. Son succès montre qu’elle n’a pas créé cette demande : elle a su l’entendre.
Est-ce pour cela qu’on cherche à museler les réseaux sociaux ?
Les réseaux sociaux ont rendu visibles des millions de personnes jusque-là privées d’accès aux médias. Ils ont ainsi réduit le pouvoir de médiation des institutions, des partis et des médias traditionnels. Ceux qui décidaient autrefois quelles informations et opinions méritaient d’être entendues ont vu apparaître un espace qu’ils ne contrôlaient plus entièrement. Il était prévisible qu’ils cherchent à reprendre la main. Le danger ne réside pas dans une mesure isolée, mais dans leur accumulation.
Vérification de l’âge, identification des utilisateurs, analyse des communications, classement des contenus et réduction de leur visibilité peuvent, une fois combinés, former une véritable infrastructure de contrôle. La censure moderne se présente rarement comme une censure : elle se présente comme une protection. Et lorsqu’un système d’identification devient obligatoire en pleine campagne électorale, une simple erreur technique peut suffire à priver temporairement un citoyen de l’un des principaux lieux du débat public.
Vous avez beaucoup ferraillé contre le récent rapport sénatorial sur « les zones grises de l’information »…
Il y a un service de l’État créé pour détecter les opérations d’influence numérique étrangères : Viginum. Mais ce rapport introduit explicitement la notion d’« ingérence intérieure ». Il propose d’observer les comportements informationnels des citoyens français eux-mêmes et d’inciter les plateformes à modifier leurs algorithmes ou à invisibiliser certains comptes en période électorale.
Le changement est majeur. Il ne s’agirait plus seulement de sanctionner une infraction définie par la loi et jugée par un tribunal, mais de considérer qu’un comportement parfaitement légal peut nuire à la qualité du débat public. Le mot essentiel est « invisibilisation ». Le compte n’est pas supprimé et son auteur n’est pas condamné : sa portée est simplement réduite sans qu’il puisse le contester. […]
Le RN disposerait-il des leviers pour gouverner s’il arrivait au pouvoir ?
Il disposerait des pouvoirs que la Constitution accorde à un gouvernement. Mais gagner une élection et gouverner sont deux choses différentes. Il lui faudrait une majorité parlementaire, des cadres compétents, une connaissance précise de l’administration, des textes juridiquement solides et une stratégie pour surmonter les obstacles constitutionnels, européens et budgétaires.
Il rencontrerait aussi une forte opposition dans la rue, les médias, les syndicats, le monde culturel et une partie de l’administration. Cette opposition serait légitime tant qu’elle resterait démocratique, mais croire qu’elle ne prendrait que cette forme relève de la naïveté. La vraie question est donc de savoir si le RN a préparé les hommes, les textes et les procédures nécessaires pour transformer une victoire électorale en action publique réelle. Un parti prêt à gagner n’est pas nécessairement prêt à gouverner. […]
Les rédacteurs de la catéchèse du mercredi du pape Léon XIV ne lui ont pas rendu service
Dom Alcuin Reid, dont la thèse de doctorat sur la réforme liturgique a été publiée sous le titre « Le développement organique de la liturgie », avec une préface du cardinal Joseph Ratzinger — analyse les propos du pape à l’audience du mercredi 26 août :
Guerres liturgiques – Dernier épisode : Un « Ainsi » papal
Dom Alcuin Reid
Les papes sont des hommes très occupés et, à juste titre, ils se font assister par des rédacteurs pour préparer leurs discours. Lorsqu’ils abordent des sujets particuliers, ces ébauches proviennent souvent du dicastère ou du département compétent de la Curie romaine, et il est presque certain que les allocutions prononcées lors des audiences générales de ces derniers mois sur la Constitution du Concile Vatican II sur la sainte liturgie, Sacrosanctum Concilium , ont été rédigées par le Dicastère pour le Culte divin. Il n’y a rien d’exceptionnel à cela et, dans l’ensemble, ces allocutions constituent une catéchèse liturgique pertinente, abordant parfois des points importants.
L’annonce faite aujourd’hui à l’audience générale ne portait cependant pas sur la liturgie elle-même. Elle abordait plutôt le sujet politique délicat de ce que l’on appelle depuis quelques décennies les « guerres liturgiques », dont la question centrale est de savoir si la réforme liturgique consécutive au Concile était effectivement fidèle au mandat qu’il avait donné (et au développement organique de la liturgie, comme l’exigeait l’article 23 de la Constitution). Dans le cas contraire, les rites promulgués ultérieurement pourraient être légitimement remis en question, voire écartés au profit des rites non réformés ou faire l’objet d’une « réforme de la réforme » visant à se conformer aux directives du Concile.
Une fois prononcé, un projet de texte devient un texte papal, et le fait que le Pape exprime une opinion dans un discours (rappelons-le, une allocution prononcée lors d’une audience générale ne constitue pas en soi un enseignement contraignant et infaillible) représente assurément un coup d’éclat. Et lors de son audience générale d’aujourd’hui, le Saint-Père – intentionnellement ou non – a sans aucun doute rallié les troupes des fondamentalistes du concile Vatican II (qui s’accrochent aux rites réformés avec une rigidité sans précédent parmi les prétendus « traditionalistes »).
Il l’a fait en ces termes simples : « La réforme liturgique promue par le Concile Vatican II est ainsi fermement enracinée dans la tradition vivante de l’Église. » Son « ainsi » sous-entend que les exigences de Sacrosanctum Concilium n° 23, selon lesquelles « il ne doit y avoir d’innovations que si le bien de l’Église l’exige véritablement et certainement ; et il faut veiller à ce que toute forme nouvelle adoptée découle organiquement des formes déjà existantes », ont été respectées. Et si tel était le cas, il n’y aurait aucun problème ; il n’y aurait aucune raison de parler d’une « réforme de la réforme » ni de la nécessité de continuer à célébrer les rites non réformés.
Le problème, cependant, est que celui ou celle qui, au sein du Dicastère du Culte Divin, a très probablement mis ces paroles dans la bouche du Saint-Père, lui a fait proférer la plus grande aberration liturgique de ces soixante dernières années. De même, bien que le rédacteur adhère manifestement à ce « ainsi », cela ne découle pas des éléments du texte. Un étudiant de premier cycle d’une faculté réputée se verrait refuser un tel travail pour cause d’insuffisance.
On relève ici de nombreuses lacunes dans la rédaction : le Concile a appelé à un renouveau de la liturgie (« instauratio »), et non à sa « rationalisation » – un terme a posteriori qui révèle clairement ce que les partisans des nouveaux rites souhaitent croire. Le Magistère n’est pas intervenu concrètement dans l’histoire de la liturgie pour en adapter les formes aux besoins des différentes époques ; il a étendu les développements locaux à l’Église universelle ou les a intégrés à l’usage romain à titre d’exemple, lequel fut ensuite souvent imité ailleurs. Comme l’a observé le cardinal Ratzinger, ce qui s’est produit après le dernier concile œcuménique était sans précédent dans l’histoire de l’Église. Il n’existait pas de dicastère liturgique centralisé (la Sacrée Congrégation pour les Rites) avant la fin du XVIe siècle. Même alors, il n’avait pas pour mandat de réviser périodiquement la liturgie. Les Églises locales et les ordres religieux conservaient leurs propres rites traditionnels. Une réforme radicale des rites liturgiques n’était en réalité pas nécessaire pour rendre la liturgie plus accessible après le concile Vatican II – une réalité que la participation pleine, consciente, réelle et extraordinairement féconde aux rites non réformés aujourd’hui met parfaitement en évidence. On pourrait en dire bien plus, mais il convient peut-être de souligner trois points plus importants.
Le premier problème réside dans la citation malheureuse, quoique enthousiaste, de la lettre du cardinal Montini de 1962, dans laquelle le futur Paul VI affirme que la liturgie est « d’une part… un véhicule pour l’enseignement divin ; d’autre part… une voix en dialogue avec Dieu ». Or, si la liturgie est effectivement formatrice, elle n’est pas pour autant didactique ou catéchétique. Elle est une activité cultuelle, c’est-à-dire un culte qui nous forme en tant que chrétiens en nous faisant entrer dans l’action divine à travers ses rites sacrés. De même, la liturgie ne constitue pas un dialogue avec Dieu au sens moderne du terme, où nous nous asseyons en partenaires égaux pour élaborer une solution. La liturgie est le lieu privilégié où nous écoutons la Parole de Dieu avec attention et réceptivité, où nous participons aux fruits de l’œuvre salvifique du Christ et où nous répondons de manière appropriée par la conversion de nos vies et en vivant fidèlement notre vocation et notre mission chrétienne. Il faut reconnaître que le texte cite plus loin le discours de Paul VI à la clôture de la deuxième session du Concile, où il décrit à juste titre la liturgie comme « la source première de ce dialogue divin par lequel la vie de Dieu nous est communiquée ». Les rédacteurs de Paul VI étaient manifestement plus compétents. Il en va de même de la théologie liturgique de Sacrosanctum Concilium (voir notamment les articles 7 et 8).
La seconde est cette exégèse plutôt banale de l’article 48 [1] :
« À travers les actions rituelles de l’Église, lors de la célébration du mémorial de l’œuvre du salut, se présente l’occasion de vivre une véritable relation avec Dieu, d’entrer en contact avec l’événement salvifique. Puisque les gestes et les paroles de la liturgie sacrée sont essentiels à la réalisation de cette expérience, la participation des fidèles ne peut être passive. »
Rien de tout cela n’est faux, mais c’est anémique — et le Saint-Père mérite mieux pour son discours.
Car la sainte liturgie n’est pas une simple « occasion » parmi d’autres de vivre une véritable relation avec Dieu. Elle est, comme l’enseigne le Concile, le « sommet vers lequel tend toute l’activité de l’Église ; en même temps, elle est la source d’où jaillit toute sa force » (Constitution, art. 10). Autrement dit, elle jouit d’une primauté, d’une objectivité dans la vie chrétienne à laquelle les autres « occasions » sont subordonnées.
Dans ce contexte, « les gestes et les paroles » ne sont pas seulement « essentiels à la réalisation de cette expérience », ils sont les véhicules mêmes de cette rencontre divine privilégiée – d’où les termes « liturgie sacrée » et « rites sacrés ». L’ensemble des actions et des paroles qui constituent un rite liturgique acquiert ainsi une sacralité, devenant lui-même sacramentel. L’encens, le latin, le chant grégorien et la prière en direction de l’Orient n’ont certes pas le même statut que l’usage du pain et du vin et les paroles mêmes du Seigneur à la messe, mais l’Église les a, à juste titre, employés dans sa tradition, non seulement comme éléments appropriés des rites liturgiques, mais comme éléments plus que pertinents, devenus privilégiés par leur usage dans la tradition de l’Église. C’est précisément pourquoi le Concile Vatican II n’a pas appelé à leur abolition ou à leur remplacement, mais a au contraire souligné leur place privilégiée dans le rite occidental tout en appelant à une formation liturgique généralisée du clergé et des laïcs afin de faciliter une participation pleine, réelle et consciente aux rites dont ils sont des piliers importants, afin de nourrir et de soutenir davantage la vie et la mission chrétiennes.
Nous abordons ici le troisième point : la distinction, dans la liturgie, entre les éléments divins et immuables et les éléments apparemment purement humains. Cette distinction conduit à minimiser l’importance de ces derniers qui, dit-on, « admettent diverses modifications, selon les besoins de l’époque, les circonstances et le bien des âmes ». Dans une certaine mesure, cela est vrai, et la liturgie s’est développée (organiquement) au cours de l’histoire. Mais, à un autre niveau, cette distinction est pernicieuse en ce qu’elle permet de réduire tout ce qui n’est pas « immuable » à un état quasi-transmissible. Ce n’est pas du tout ce que le Concile avait prévu, mais, comme l’a observé le cardinal Ratzinger, cela peut devenir :
« La voie erronée sur laquelle pourrait nous mener une théologie sacramentelle néoscolastique déconnectée de la réalité vivante de la liturgie. Sur cette base, on pourrait réduire la « substance » à la matière et à la forme du sacrement et dire : le pain et le vin sont la matière du sacrement ; les paroles de l’institution en sont la forme. Seules ces deux choses sont réellement nécessaires ; tout le reste est interchangeable… Tant que les dons matériels sont présents et que les paroles de l’institution sont prononcées, alors tout le reste est librement dispensable. »
On peut sans doute pardonner cette erreur au rédacteur : les subtilités en jeu sont certes complexes, mais bien réelles, et les ignorer risque de réduire les rites liturgiques à de simples préférences passagères (comme le démontrent si clairement les divers abus des rites modernes). Le Concile a appelé à une instauratio (renouvellement) des rites dans la continuité, et non à une rupture substantielle avec la tradition liturgique reçue, qui les avait modifiés et remaniés au gré des préférences des personnes concernées, ne conservant que ce qui était nécessaire à leur validité sacramentelle.
Ces dernières décennies ont vu un nombre considérable d’études se pencher sur toutes ces questions, parmi lesquelles figure bien sûr le futur pape Benoît XVI lui-même. Le pape Léon XIV n’est pas un spécialiste de la liturgie – et il n’y a aucune raison qu’il le soit. Cependant, le Saint-Père devrait être servi et soutenu par ceux qui peuvent lui fournir des textes moins embarrassants et, disons, plus « inclusifs ».
Malheureusement, le texte de l’audience générale d’aujourd’hui sera perçu par certains comme une manœuvre politique et par d’autres comme une déception. Je suis certain que le Saint-Père n’a ni l’intention ni le désir de susciter de telles réactions. Ses appels constants à l’unité et à l’inclusion, dans le respect de la diversité légitime, sont au-dessus de toute considération politique. Il en va de même pour une érudition rigoureuse et une histoire liturgique authentique.
Continuons de prier pour le Saint-Père, en particulier pour qu’en matière de liturgie, il promeuve une politique d’inclusion et de respect mutuel, se détachant des manœuvres de ceux qui instrumentalisent ses paroles. Le pape Benoît XVI a donné un sage conseil face aux controverses liturgiques : « Ouvrons généreusement nos cœurs et faisons place à tout ce que la foi elle-même permet. » Sa politique a instauré la paix liturgique. Le pape Léon XIV aurait intérêt à s’en inspirer.
[1] 48. L’Église désire donc ardemment que les fidèles du Christ, lorsqu’ils sont présents à ce mystère de la foi, ne le soient pas en étrangers ou en spectateurs silencieux ; au contraire, par une bonne compréhension des rites et des prières, ils participent à l’action sacrée en pleine conscience de ce qu’ils font, avec dévotion et pleine collaboration. Ils doivent être instruits par la Parole de Dieu et se nourrir à la table du Corps du Seigneur ; ils doivent rendre grâce à Dieu ; en offrant la Victime Immaculée, non seulement par les mains du prêtre, mais aussi avec lui, ils doivent apprendre à s’offrir eux-mêmes ; par le Christ Médiateur, ils doivent être conduits jour après jour à une union toujours plus parfaite avec Dieu et entre eux, afin que Dieu soit enfin tout en tous.
« La remigration doit désormais devenir une question de gouvernement »
Extrait d’un entretien donné par Jean-Yves Le Gallou dans les Observateurs à propos d’une journée organisée le 31 octobre par Polémia autour du thème de la remigration :
[…] L’élection présidentielle doit être l’occasion de poser des questions beaucoup plus précises. Acceptez-vous ou non une inversion des flux migratoires ? Êtes-vous prêt à expulser réellement ceux qui doivent l’être ? À supprimer les mécanismes qui encouragent l’installation ? À favoriser les retours ? À modifier les règles juridiques qui empêchent ces décisions ?
Il ne s’agit pas pour Polémia de choisir un candidat. Il s’agit de contribuer à imposer une question.
Vous avez organisé la journée autour de trois thèmes : l’histoire de la remigration, sa faisabilité juridique et logistique, puis sa dimension morale. Pourquoi cette architecture ?
Parce que ce sont précisément les trois objections que l’on nous oppose.
La première consiste à dire : « Cela n’a jamais existé. » Il faut donc revenir à l’histoire. Les déplacements de populations, les retours organisés, les échanges de populations, les politiques de rapatriement ou d’incitation au retour ne sont absolument pas des phénomènes inconnus.
La deuxième objection consiste à affirmer : « C’est impossible. » Impossible juridiquement, impossible matériellement, impossible diplomatiquement. C’est là qu’il faut quitter les slogans et entrer dans le fonctionnement concret de l’État : quels textes modifier ? Quels accords internationaux renégocier ? Quels moyens administratifs mobiliser ? Combien cela coûte-t-il ? Comment négocier avec les pays d’origine ?
Enfin vient l’argument ultime : « Même si c’était possible, ce serait immoral. »
C’est sans doute le débat le plus important. Parce que depuis cinquante ans, la morale migratoire est presque toujours envisagée du seul point de vue du migrant. Or les populations d’accueil existent, elles aussi. Elles ont des droits, des intérêts, une histoire, un patrimoine, une sécurité et un avenir collectif. Il faut réintroduire ces éléments dans la réflexion morale.
[…] Une politique de remigration ne se mène pas avec trois slogans et un compte Twitter. C’est une politique d’État. Elle suppose des policiers, des magistrats, des préfets, des diplomates, des juristes, des administrations, des négociations internationales et une doctrine claire.
Il faut donc entendre des gens qui connaissent réellement le fonctionnement des institutions.
La présence de représentants religieux ou de philosophes est également importante parce que nous ne voulons pas esquiver la question morale. Une mesure peut être techniquement réalisable et politiquement souhaitable sans que cela dispense de s’interroger sur les principes qui doivent encadrer son application.
Notre ambition est précisément de faire mûrir le débat.
C’est justement sur ce terrain moral que vos adversaires vous attendent. Ils diront qu’au nom des droits de la population d’accueil, vous risquez de sacrifier les droits individuels de personnes parfois installées en France depuis très longtemps. Où placez-vous la limite ?
Il faut d’abord sortir d’une présentation caricaturale dans laquelle la remigration consisterait à mettre des millions de personnes dans des autobus du jour au lendemain.
Une politique de remigration serait nécessairement graduée et reposerait sur plusieurs instruments différents.
Il y a d’abord des situations qui ne devraient même pas faire débat : un étranger qui n’a aucun droit au séjour doit quitter le territoire ; un débouté du droit d’asile doit retourner dans son pays ; un étranger condamné pour des crimes ou des délits graves n’a pas vocation à demeurer dans le pays qui l’a accueilli.
Il y a ensuite toute la question des incitations au retour volontaire. Les États consacrent aujourd’hui des sommes considérables à favoriser l’installation. Rien n’interdit politiquement d’inverser les incitations.
Et puis il existe les situations individuelles complexes, qui doivent évidemment être traitées comme telles.
Mais il faut cesser de considérer que seuls les individus ont des droits et que les peuples n’en ont aucun. Un peuple a également le droit de vouloir demeurer lui-même. C’est ce droit collectif qui a disparu du débat européen.
Vous avez déjà évoqué la nécessité d’un « JUGEXIT ». Mais êtes-vous prêt à aller jusqu’à bouleverser l’ordre juridique français pour rendre une politique de remigration possible ? Concrètement, faudrait-il borner les pouvoirs du Conseil constitutionnel, du Conseil d’État et des tribunaux administratifs lorsque leurs décisions font obstacle à la volonté exprimée par le suffrage universel ?
La question est incontournable. On ne peut pas expliquer aux électeurs qu’ils sont souverains, leur demander de voter, puis leur annoncer ensuite que les décisions qu’ils ont approuvées ne peuvent pas être appliquées parce qu’un juge, national ou européen, s’y oppose.
Le problème français ne tient pas seulement aux textes. Il tient aussi à l’extension considérable du pouvoir des juges depuis plusieurs décennies. Le Conseil constitutionnel, le Conseil d’État et les juridictions administratives ont progressivement construit une jurisprudence qui réduit la marge de manœuvre du politique, particulièrement en matière d’immigration.
Le JUGEXIT consiste donc à remettre le juge à sa place. Cela ne signifie évidemment pas supprimer les tribunaux ni abolir l’État de droit. Cela signifie rétablir une hiérarchie claire : dans les grandes orientations qui engagent l’avenir du pays, le dernier mot doit revenir au peuple et à ses représentants, non à des juridictions qui transforment progressivement leur pouvoir d’interprétation en pouvoir de gouvernement.
Cela supposera probablement des révisions constitutionnelles, une redéfinition du champ de certains contrôles et, dans certains cas, de rompre avec des jurisprudences ou des engagements qui rendent impossible l’application d’une politique démocratiquement décidée. Si l’on refuse d’aborder cette question, alors il faut avoir l’honnêteté de reconnaître que l’alternance politique est devenue en partie fictive.
Admettons que demain un gouvernement français arrive au pouvoir en faisant de la remigration une priorité. Quelle serait la première année ? Par où commencer pour ne pas rester, une fois encore, au stade des intentions ?
Il faut distinguer les mesures immédiatement applicables de celles qui supposent une rupture juridique plus importante.
La première décision doit être de fermer le robinet. Une politique de remigration est absurde si, pendant que vous organisez dix mille retours, cent mille nouvelles personnes entrent.
Il faut donc agir immédiatement sur les différentes filières d’immigration, faire appliquer les décisions d’éloignement, expulser effectivement les étrangers délinquants, revoir les aides qui constituent des facteurs d’attraction et développer une véritable politique de retour volontaire.
Dans le même temps, il faut ouvrir le chantier juridique et diplomatique : reprendre le contrôle des normes migratoires, réexaminer certains engagements internationaux lorsqu’ils rendent toute politique démocratiquement décidée impossible et négocier avec les États d’origine.
Cela suppose surtout une chose qui a manqué à tous les gouvernements jusqu’à présent : la volonté.
L’appareil d’État français est capable de choses extrêmement complexes lorsqu’une décision politique claire est prise. L’impuissance migratoire n’est donc pas seulement administrative. Elle est d’abord politique. […]
Mexique : un évêque s’élève contre les abus liturgiques
L’évêque Carlos Enrique Samaniego du diocèse de Texcoco, situé dans l’État de Mexico, a publié un décret visant à empêcher la poursuite dans le diocèse de « pratiques irrégulières qui dénaturent le ministère sacerdotal et le caractère sacré des actes liturgiques ».
Dans le document, le prélat a exprimé son inquiétude quant à la tenue de célébrations dans des lieux « non approuvés », tels que des jardins et des salles, qui, a-t-il noté, sont utilisés par des « pseudo-ministres ordonnés et par des “célébrants” qui portent gravement atteinte à la communion ».
Pour cette raison, il a été établi que, dans le diocèse de Texcoco, il est interdit à tout laïc qui n’est pas institué dans le ministère stable d’acolyte de présider
« les célébrations de la Parole, les funérailles, les sacramentaux ou tout type de célébration ou d’acte liturgique propre au ministre ordonné dans les églises du diocèse ou en dehors de celles-ci ».
Le règlement couvre également les vêtements portés lors de ce type de célébrations.
Le décret interdit « l’usage ou le port, à l’intérieur comme à l’extérieur des actes liturgiques, de l’aube ou de tout ornement ou vêtement sacré réservé exclusivement au clergé ».
L’appel de Monseigneur Samaniego s’adresse également aux prêtres, auxquels il a enjoint de
« ne pas permettre, consentir à ou promouvoir des pratiques illicites, des abus ou des tromperies tels que ceux mentionnés dans le paragraphe précédent ».
« Empêchez tout fidèle laïc de s’arroger tout ce qui appartient exclusivement au ministère ».
Le prélat a souligné que « la préservation de la véritable identité ecclésiale des ministres ordonnés » contribue à éviter « les abus, la confusion, la tromperie et la fraude à l’encontre du peuple de Dieu ».
L’évêque a mis en garde contre certaines personnes qui, « usurpant le ministère sacerdotal », se présentent comme des « ministres célébrants » offrant et facilitant tout type de service religieux dans des maisons privées, des salles, des jardins événementiels, des cimetières privés, etc.
Cette mesure, établie par Monseigneur Samaniego, vise à « promouvoir la discipline ecclésiastique » et à empêcher « l’introduction d’abus dans la pratique », notamment dans le ministère de la Parole, la célébration des sacrements, les sacramentaux et le culte de Dieu et des saints.
Le problème c’est que le nouvel ordo de la messe a validé des pratiques qui étaient auparavant considérées comme des abus, comme l’accession des filles à l’acolytat ou la communion dans la main. Nous pourrions aussi souligner que le texte du Concile sur la liturgie demandait à ce que la langue latine et la chant grégorien occupent la première place dans la liturgie. Où commencent les abus liturgiques : dans le respect de rubriques fluctuantes ou dans le nouvel ordo lui-même ?
De la légitimité du Novus Ordo Missae : une question légitime
De François Savy :
Dans son article À quand la paix liturgique ?, dans la livraison de juillet-août 2025 (n°382) de La Nef, Christophe Geffroy posait une question à laquelle les sacres récemment conférés au sein de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X donnent un relief particulier. Il s’y faisait l’avocat de l’égalité en « valeur et sainteté » des deux formes du rite romain, et y reprochait aux « prêtres qui refusent toute célébration du nouvel ordo » de contester cette valeur et cette sainteté « parce qu’ils jugent cette liturgie ‘’déficiente’’ ». Or, il se trouve que le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a précisément mentionné la « légitimité du Novus Ordo Missae » en préambule de la procédure permettant aux clercs de la Fraternité Saint-Pie X de revenir à la pleine communion après les sacres (2026-07-02-Prassiriconciliazione.pdf).
Autant que je puisse en juger, cette notion de légitimité appliquée à la liturgie est d’un usage relativement récent. On connaissait les notions classiques de validité et de licéité. C’est le pape Jean-Paul II qui semble l’avoir introduite, par la voix de la Congrégation pour le Culte divin, avec Quattuor abhinc annos (3 octobre 1984), posant comme condition à la faculté d’user de l’indult
« qu’il soit bien clair que ces prêtres et ces fidèles n’ont rien à voir avec ceux qui mettent en doute la légitimité et la rectitude doctrinale du Missel Romain promulgué par le Pape Paul VI en 1970 et que leur position soit sans aucune ambiguïté et publiquement reconnue. »
Il faut croire que ces conditions n’étaient pas si simples à remplir, puisque Monseigneur Marcel Lefebvre prenait ces engagements dans le protocole d’accord du 5 mai 1988 :
« 3. A propos de certains points enseignés par le Concile Vatican II ou concernant les réformes postérieures de la liturgie et du droit, et qui nous paraissent difficilement conciliables avec la Tradition, nous nous engageons à avoir une attitude positive d’étude et de communication avec le Siège Apostolique, en évitant toute polémique.
4. Nous déclarons en outre reconnaître la validité du Sacrifice de la Messe et des Sacrements célébrés avec l’intention de faire ce que veut l’Eglise et selon les rites indiqués dans les éditions typiques du Missel et des Rituels des Sacrements promulgués par les Papes Paul VI et Jean-Paul II. »
Dans ces engagements, il n’y a point de trace d’une quelconque légitimité qu’il faudrait reconnaître au Novus Ordo Missae. Or, ce protocole d’accord est le fondement sur lequel s’est établi dès l’origine la relation entre la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre et Rome. Ces engagements pris par Monseigneur Lefebvre, et acceptés au nom du Saint Père par le cardinal Josef Ratzinger constituent le socle commun des sociétés de vie apostolique ou communautés Ecclesia Dei, aux moins des trois « historiques », Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, Fraternité Saint-Vincent Ferrier, abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, dans leur rapport avec Rome. En bonne justice, on ne devrait exiger d’elles que la reconnaissance de la validité du Sacrifice de la Messe selon la liturgie nouvelle, et encore, uniquement selon les éditions typiques.
Ce que Josef Ratzinger, cardinal de la Sainte Église romaine avait accepté en 1988, le Saint Père Benoît XVI ne pouvait le remettre en cause. Ce n’est donc pas le motu proprio Summorum Pontificum (7 juillet 2007) qui va remettre sur la table la question de la légitimité, mais bien l’instruction d’application du motu proprio en date du 30 avril 2011 en son article 19 :
« Les fidèles qui demandent la célébration de la forme extraordinaire ne doivent jamais venir en aide ou appartenir à des groupes qui nient la validité ou la légitimité de la Sainte Messe ou des sacrements célébrés selon la forme ordinaire […] ».
Ainsi, avec l’instruction d’application du motu proprio Summorum Pontificum, la question de la légitimité de la liturgie nouvelle faisait son retour après une éclipse de 23 ans. Évidemment, cet article 19 ne pouvait pas manquer de susciter des interrogations sur le sens à donner à « légitimité », et donc des questions en forme de dubia adressée à la Commission. La réponse de la CPED, en date du 23 mai 2012 (ref. Prot. 156/2009), a consisté à affirmer que la légitimité était à comprendre comme strictement équivalente à la licéité. C’était évidemment une réponse minimaliste et la solution la plus conciliante, celle qui évitait de rejeter dans les ténèbres extérieures tous les fâcheux de mon acabit qui, malgré tous leurs efforts et toute leur bonne volonté, usant de leurs sens et de leur intelligence, ne pouvaient se résoudre à suivre les injonctions égalisatrices.
C’est assez logiquement et sans surprise que le motu proprio Traditionis Custodes, reprenant la question de la légitimité à son compte en son article 3, enfonçait donc le clou le 16 juillet 2021 :
L’évêque, dans les diocèses où jusqu’à présent se trouvent un ou plusieurs groupes qui célèbrent avec le Missel antérieur à la réforme de 1970 […] doit veiller à ce que ces groupes n’excluent pas la validité et la légitimité de la réforme liturgique, des écrits du concile Vatican II et du Magistère pontifical ;
Ce n’est pas faire un procès d’intention au pape François que d’imaginer qu’il avait en tête une définition beaucoup moins pacificatrice de la légitimité que celle de la simple licéité, à laquelle la Commission avait prétendu l’assimiler en 2012 : la teneur générale du document, son ton, laissent transparaître une compréhension beaucoup plus restrictive, et paradoxalement plus traditionnelle, en dépit de ses graves faiblesses – injustice de l’intention qui a présidé à sa rédaction, inapplicabilité partielle résultant de ses incohérences, irrationnalité juridique (cf. Le motu proprio Traditionis Custodes à l’épreuve de la rationalité juridique – Réginald-Marie Rivoire).
Et, s’il avait alors affirmé que la légitimité du Novus Ordo Missae, bien au-delà de la simple licéité, devait être jugée à l’aune de son adéquation au Bien Commun objectif de la Sainte Église, eh bien, nous aurions été en plein accord avec lui, notamment au regard de la Lex Credendi – il a eu ce mérite de rappeler ce lien entre la loi de la prière et la loi de la Foi. Il est tout aussi certain qu’avec Traditionis Custodes, les réfractaires de mon espèce couraient à nouveau, après des années de relative impunité, le risque d’être mis au ban.
Le protocole d’accord de 1988 nous montre, s’il en était besoin, que les deux signataires, et, on l’imagine, Jean-Paul II lui-même, soit admettaient ne serait-ce que la possibilité d’une déficience du rite nouveau, soit ne considéraient pas comme inconvenant et absurde d’en débattre. Aucun des signataires n’y voyait, apparemment, d’atteinte au dogme de l’indéfectibilité de l’Église.
Que le Novus Ordo Missae présente des « déficiences dans l’être liturgique », pour utiliser une formule chère à un certain père de Chémeré-le-Roi, il est possible de le montrer, et raisonnable de le soutenir. D’autres, bien plus éminents, à commencer par les cardinaux Ottaviani et Bacci (on pourra également lire ceci avec profit, repris de LA PENSÉE CATHOLIQUE N°122 du 4ème trimestre 1969), s’y sont employés, et il n’est pas besoin d’y revenir. Retenons l’offertoire, dégradé en simple présentation des dons, la substitution de – nombreuses et inégales – prières dites eucharistiques à une prière sacrificielle (le canon), la modification des paroles de la consécration (mots et contexte rituel). Tous ces éléments contribuent objectivement à estomper rien de moins que le dogme de la présence réelle du Christ, l’oblation et l’immolation de son sacrifice rédempteur (propitiatoire), et enfin le pouvoir sacramentel ministériel du prêtre, voire à en insinuer une compréhension erronée. Les conséquences ? Le Novus Ordo Missae dispose moins bien les âmes à recevoir tous les fruits du sacrifice divin, il diminue le témoignage de la Foi et la manifestation de la gloire de Dieu requis par toute action liturgique, en laissant la porte ouverte à une interprétation protestante. Anthropocentré, axé sur la présence des fidèles, il exprime moins les dimensions sacrificielle, propitiatoire et cultuelle de la messe et l’adoration de Dieu à qui le sacrifice est offert – pour s’en tenir au cas du ministre célébrant selon les éditions typiques. Une illustration très concrète des effets de cette déficience et de cette équivocité en a été fournie par une étude américaine sur la croyance en la Présence Réelle.
Ainsi, pour le dire prudemment, il est soutenable de dire que le Novus Ordo contribue moins puissamment et moins sûrement que l’usus antiquior ou d’autres rites vénérables, tel le rite dominicain, au Bien Commun de l’Église (ordonné à la Gloire de Dieu et à la sanctification des âmes). Et il l’est tout autant de dire que le Novus Ordo n’est pas le résultat d’un développement organique, mais bien le produit d’un travail de savants et d’experts, le fruit d’un processus anti-liturgique : si l’on faisait du mode d’élaboration d’un rite un critère de sa légitimité, le Novus Ordo échouerait à passer le test. Comme l’écrit le futur Benoît XVI,
« le nouveau missel a été édité comme un ouvrage revu par des professeurs et non comme le moment d’une croissance continue. Jamais rien de pareil ne s’était produit […] » (in Théologie de la liturgie – Parole et silence, p. 556).
Parvenu à ce point, il faut se rendre à cete évidence : contre l’avis de Christophe Geffroy, de l’Abbé Spriet ou encore de Dom Pateau, il est raisonnable et défendable de tenir l’inégalité en valeur et en sainteté des deux rites romains, l’ancien et le nouveau. Il est raisonnable et défendable de tenir le Novus Ordo pour déficient, et même équivoque dans son être liturgique, sans contester une seconde sa validité – ce qui, en tirant le fil, conduirait à nier l’indéfectibilité de l’Église. Il est raisonnable et défendable, pour un prêtre, de refuser absolument de le célébrer – et même de concélébrer – et d’argumenter en ce sens. Ceux qui bénéficient de l’abri canonique du charisme propre de leur société de vie apostolique ou institut d’appartenance doivent se souvenir qu’il a été obtenu par leurs fondateurs sur la base théologique d’une critique des déficiences liturgiques du Novus Ordo ; et il est raisonnable et prudent qu’ils argumentent le cas échéant en ce sens. Il est raisonnable et défendable, pour un simple fidèle, d’écarter de manière habituelle l’assistance à une messe Novus Ordo. Cette position est légitime. Pour ma part, je la tiendrai.
François Savy
La Fraternité Saint-Pie X maintient son pèlerinage à Lourdes
À la suite des consécrations épiscopales du 1er juillet 2026 à Écône, Mgr Jean-Marc Micas, évêque de Tarbes et Lourdes, a interdit à la Fraternité Saint-Pie X d’accéder aux sanctuaires de la cité mariale.

Chaque année, l’œuvre fondée par Mgr Lefebvre organise un pèlerinage à Lourdes, regroupant 10 000 personnes et qui a une longue histoire. À la fin des années 1970, l’abbé Louis Coache, prêtre du diocèse de Beauvais et proche du fondateur de la Fraternité Saint-Pie X, avait été l’initiateur de cet événement. À l’époque, on ne parlait pas de sacres ni d’excommunications mais la messe traditionnelle était purement et simplement interdite. Pendant plusieurs années les traditionalistes ont donc supporté les intempéries, allant même jusqu’à occuper par la force les basiliques (1979), comme furent jadis investies les églises Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris (1977) ou Saint-Louis de Port-Marly (1987).
Les années qui suivirent furent marquées par les consécrations de quatre évêques par Mgr Lefebvre en 1988 et leur excommunication latae sententiae par le Saint-Siège. Paradoxalement, Mgr Jacques Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes, qui n’était pas réputé pour être conservateur, décida d’ouvrir largement les sanctuaires à la Fraternité Saint-Pie X à la fin des années 1990, y compris à ses évêques officiellement excommuniés. Il faut dire que les sanctuaires se flattaient déjà de présenter une image d’ouverture à l’égard de communautés séparées.
Cette pratique s’est d’ailleurs intensifiée. Par exemple, l’association “Ensemble avec Marie” organise désormais des rencontres entre chrétiens et musulmans à l’intérieur des locaux des sanctuaires de Lourdes, en particulier la chapelle Sainte-Marie. Par ailleurs, il y a un an, le patriarche Bartholomé, primat de l’Église orthodoxe de Constantinople, séparée de Rome depuis 1054, a été reçu avec faste par les évêques de France à Lourdes. Il a déclaré à cette occasion :
“Je suis vraiment reconnaissant à nos frères catholiques qui nous donnent des lieux dans un esprit fraternel et d’amour pour nous permettre de célébrer, comme c’est le cas ici”
La Fraternité Saint-Pie X sera-t-elle la seule à ne pas bénéficier des largesses des sanctuaires et s’attirer toutes les foudres des autorités ecclésiastiques ?
Quoi qu’il arrive, son supérieur du district de France vient de déclarer que le pèlerinage annuel à Lourdes était maintenu du 24 au 26 octobre prochain.
Ce pèlerinage sera-t-il en plein air comme sur les routes de Chartres à la Pentecôte ? Ou bien existera-t-il néanmoins un arrangement comme l’avait jadis pensé Mgr Perrier ? En tout cas, les traditionalistes semblent décidés à poursuivre leur tradition dans la cité mariale.
Normandie catholique, lève-toi et marche vers le Sanctuaire de Montligeon !
De Bellême au Sanctuaire international Notre-Dame de Montligeon, participez au Grand Pèlerinage Régional de Normandie les 3 et 4 octobre 2026.
Thème : prier pour les âmes du Purgatoire
Cette année encore, DEX AÏE vous invite à prendre la route pour deux jours de pèlerinage, de Bellême jusqu’au sanctuaire de Notre-Dame de Montligeon.
Accompagnés par saint Michel Archange, notre saint patron, nous marcherons pour confier à Dieu nos défunts et prier pour les âmes du Purgatoire, avec confiance dans la miséricorde infinie de Dieu.
Ce pèlerinage n’est pas seulement une marche.
C’est un acte de foi et d’amour pour ceux qui nous ont précédés dans la mort. Une prière incarnée qui s’élève à chaque pas, dans l’effort, le silence, la prière et la fraternité.
La liturgie du pèlerinage sera célébrée selon la forme traditionnelle du rite romain, avec l’accompagnement de l’aumônerie de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre (FSSP).
✝️ Un pèlerinage à vivre en famille et entre amis
Que vous soyez habitué des pèlerinages ou que ce soit votre première marche, venez avec votre famille, vos enfants, vos amis et tous ceux qui souhaitent marcher et prier pour leurs défunts.
Deux jours pour sortir de nos habitudes, prendre la route, retrouver le sens de la prière pour les morts et avancer ensemble vers Notre-Dame de Montligeon.
📅 3 & 4 octobre 2026
📍 De Bellême au Sanctuaire international Notre-Dame de Montligeon
⛪ Liturgie traditionnelle – Aumônerie FSSP
⚠️ Derniers jours pour bénéficier du tarif préférentiel !
Les tarifs préférentiels prennent fin le 31 août.
👉 Ne tardez plus à vous inscrire !
👉 Venez nombreux et invitez largement autour de vous.
🌐 Inscriptions et informations :
www.dexaie.org/fr
Normandie catholique, lève-toi et marche !
Saint Michel Archange, priez pour nous.
Notre-Dame de Montligeon, priez pour nos défunts.
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