La loi contre les « thérapies de conversion » empêche les professionnels de santé mentale d’exercer leur métier
La Cour suprême des Etats-Unis, dans une décision du 31 mars, a donné raison à la psychologue Kaley Chiles qui entend suivre des patients transgenres mineurs sans obéir à la règle de l’« affirmation de genre » systématique. Elle a pour cela convoqué le premier amendement de la Constitution américaine sur la liberté d’expression. Selon elle, la loi actuelle du Colorado contre les « thérapies de conversion » empêche les professionnels de santé mentale d’exercer leur métier librement – et en accord avec l’intérêt des jeunes patients.
Le Colorado interdit les « thérapies de conversion » depuis 2019, les définissant comme des « pratiques visant à modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne ». Plus de 20 Etats ayant la même législation sur le sujet, dont la Californie et de nombreux Etats de la côte est, la décision de la Cour suprême pourrait avoir des conséquences majeures. La France a voté une loi similaire, à l’unanimité, en janvier 2022.
Ces textes de loi partent d’un présupposé : l’orientation sexuelle et l’« identité de genre » participeraient de la même logique et la « thérapie de conversion » s’appliquerait de la même manière et avec les mêmes effets sur une personne homosexuelle et une personne transgenre.
Or la « transidentité » ne répond pas de la même logique que l’orientation sexuelle. Une personne est considérée comme transgenre dès lors qu’elle affirme que son « identité de genre » ne correspond pas à son « sexe assigné à la naissance ». Une « transition de genre » est synonyme de traitement hormonal voire chirurgical, avec des conséquences irréversibles.
Comme l’explique Pauline Arrighi dans Les Ravages du genre, nous savons que dans une grande majorité des cas, ce mal-être adolescent interprété comme de la dysphorie de genre se résout de lui-même après la puberté, sans passer par une transition. Face à une demande de « transition de genre », un professionnel de la santé mentale doit s’interroger sur les mécanismes qui poussent un jeune patient à vouloir modifier son identité voire son corps. Ce mal-être peut être une interprétation de symptômes de divers troubles comme le trouble autistique ou la dissociation traumatique, aggravés par l’isolement social et l’utilisation des réseaux sociaux. Les psychologues et psychiatres doivent pouvoir explorer ces causes possibles avec chacun de leurs patients, en toute liberté. Ce n’est pas vouloir « modifier leur identité de genre » que de chercher les causes de leur souffrance pour la soulager.
L’une des huit juges assesseurs de la Cour suprême, Elena Kagan, considère dans une opinion individuelle que la loi du Colorado devrait laisser coexister les deux thèses en vigueur : celle de l’« affirmation de genre » systématique mais aussi la thèse de la prudence et de la recherche des causes de la demande de transition. Le principe de la liberté d’expression serait alors selon elle respecté.
La psychologue Kaley Chiles ne le pense pas. Elle déplore en effet qu’au contraire, les parents ont du mal à trouver des thérapeutes qui auront une vraie discussion avec leur enfant.
« Les psychothérapeutes ne devraient pas être obligés de se faire les promoteurs des directives de l’Etat sur la transition de genre, qui mènent le plus souvent vers des traitements hormonaux et chirurgicaux néfastes ; je suis soulagée de voir ma liberté d’expression protégée, mais surtout de voir que les familles qui souhaitent rencontrer des thérapeutes qui respectent la réalité biologique seront en mesure de le faire et de recevoir l’aide dont elles ont besoin. »
Source : Gènéthique
La Roumanie contrainte par la Cour de Justice européenne d’accepter l’idéologie du genre
Le Tribunal de Bucarest a tranché le 31 mars, sans possibilité d’appel, en faveur d’une personne qui avait effectué une « transition de genre » au Royaume-Uni. Son genre à l’Etat civil sera modifié au mépris de la loi roumaine, suite à une décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).
Après s’être installée au Royaume-Uni en 2008, Arian Mirzarafie-Ahi a obtenu la nationalité britannique ainsi qu’un changement de genre à l’Etat civil de ce pays en 2020. Dès lors binationale, cette personne était officiellement à la fois une femme roumaine et un homme britannique. Elle a formulé une demande de changement de genre sur son certificat de naissance roumain en 2021 et a essuyé un refus : la Roumanie n’autorise cette démarche qu’à condition que la personne requérante ait effectué une transition médicale.
Le cas a été porté devant la Cour de justice de l’Union européenne, qui, en octobre 2024, a statué que « le refus d’un Etat membre de reconnaître le changement de prénom et de genre légalement acquis dans un autre État membre est contraire aux droits des citoyens de l’Union ». La Cour a invoqué le « droit de circuler et de séjourner librement sur le territoire de l’Union ». Elle a récemment mobilisé le même argument pour imposer la reconnaissance d’un contrat de mariage entre deux hommes à une législation nationale qui ne le reconnait pas.
Le Tribunal de Bucarest a entériné cette décision de la CJUE, alors qu’elle relève d’un domaine où s’exerce la souveraineté des Etats membres.
Source : Gènéthique
La République est une utopie mortifère
« Une communauté subsiste tant que parmi ses membres les causes d’amitié et d’union restent supérieures aux causes d’inimitié et de division. Les tribunaux sont établis pour châtier, réprimer et, s’il le faut, exclure ceux de chaque communauté qui montrent envers leurs confrères ce visage de loup qu’ils doivent réserver à l’ennemi commun. De même les honneurs anthumes ou posthumes ont servi de tout temps à récompenser ceux des membres de la communauté qui se sont montrés les plus “loups” envers l’ennemi ou, s’il est permis d’ainsi dire, les plus “dieux” envers leurs amis et compatriotes. Beaucoup de héros ont été déifiés ainsi, à titre militaire ou civil. » (Charles Maurras, Mes idées politiques).
Tous nos compatriotes se lamentent sur la déliquescence de notre nation, sur son archipélisation pour reprendre les mots de Jérôme Fourquet. Il n’y a plus de socle civilisationnel commun, les religions sont nombreuses, les opinions politiques diverses, chaque petit détail de la vie quotidienne renvoyant au gouffre qui ne cesse de se creuser entre les citoyens ; essayez seulement d’organiser des repas dans une cantine scolaire – végétariens, halal, et j’en passe ! A contrario, encore trop peu de Français s’aperçoivent que cette atomisation n’est pas due à un concours de circonstances, ni à de simples mauvaises politiques, mais bien à une matrice politique initiale excessivement délétère qui se nomme République française.
A ce propos, un petit livret vient d’être réédité par les éditions d’Action française : Les idées royalistes (https://www.livresenfamille.fr/actualite-etudes-essais/30330-les-idees-royalistes.html) de Charles Maurras.
« D’abord écartons l’utopie » (Charles Maurras). Toute la sève de ce livret est contenue dans cette formule si simple ! L’utopie, emprunté du latin Utopia, qui signifie proprement « Lieu qui n’existe pas » et qui fut créé par Thomas More à l’aide du grec ou « non, ne pas » et topos « Lieu, endroit » avait pour but de désigner une île imaginaire dotée d’une organisation parfaite. Et quelle île imaginaire gangrène notre pays depuis plus de deux siècles ! Aucune autre que cette nation-contrat des jacobins qui identifie société et Etat en les fondant sur le principe de la volonté générale ! Cette République une et indivisible, c’est-à-dire totale pour ne pas dire totalitaire, qui ne reconnaît aucun intermédiaire entre la nation et les individus isolés les uns des autres. Cette nation qui n’a jamais existé et qui n’existera jamais, mais qui entretiendra l’utopie jusqu’à l’abîme.
A contrario, la conception de la nation chez Charles Maurras est une reconnaissance d’un topos, c’est-à-dire d’une réalité concrète, d’une construction historique donnée et unique. Chez le maître de Martigues la nation ne peut exister sans les corps qui la composent, sans les familles, sans les provinces ou sans les villes ; les hommes y sont liés par des corps intermédiaires, des cercles concentriques nécessaires. Que d’aucuns voient encore en Charles Maurras un nationaliste jacobin est proprement risible ! Précisément, celui-ci revient dans ce texte sur la nécessité d’une conception fédéraliste et décentralisatrice de la nation : « Qui voudra réorganiser notre nation en devra recréer les premiers éléments communaux et provinciaux. Qui veut réaliser le programme nationaliste doit commencer par une ébauche de fédération » (Charles Maurras, L’idée de la décentralisation). Car la nature ayant horreur du vide, si vous supprimez les corps intermédiaires naturels d’autres viendront prendre leur place : partis politiques, coteries, et autres, rarement au service de la nation.
Parce que les corps intermédiaires de solidarités furent détruits et que l’individu isolé a émergé, le terrain fut préparé pour que chaque nouvel élément de division puisse s’affirmer. Religions, idéologies, folies wokistes, etc ; chaque individu se sépare de ses semblables au nom d’un principe et reconstruit un cercle de solidarité au nom de ce même principe parce qu’il ne peut en être autrement – l’homme étant un animal social. Aucune solution viable ne pourra être trouvée à l’archipélisation de notre nation tant que son principe politique pervers demeure. “Ces institutions « meurtrières », comme les a précisément nommées M. Paul Bourget, travaillent depuis cent ans à affaiblir, faute de pouvoir les détruire complètement, la famille, l’association, la commune, la province et, en bref, tout ce qui seconde et fortifie l’individu, tout ce qui n’enferme pas le citoyen dans son maigre statut personnel. Chacune des faiblesses de la France moderne coule de ces institutions comme de sa source première.” (Charles Maurras, Enquête sur la monarchie).
Ce sera la mort de l’utopie ou la nôtre.
Disponible chez Livres en famille : https://www.livresenfamille.fr/ au prix de 5 euros.
Pour d’autres ouvrages du maître de Martigues : https://www.livresenfamille.fr/3861_charles-maurras
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États-Unis et Iran revendiquent tous deux la victoire après le cessez-le-feu
De Danny KEMP avec les bureaux de l’AFP à Téhéran, Jérusalem, Dubaï, Bagdad, Beyrouth et Washington, dans Conflits :
États-Unis et Iran revendiquent tous deux la victoire mercredi après s’être mis d’accord pour un cessez-le-feu de deux semaines en échange d’une réouverture du détroit d’Ormuz, une trêve qu’Israël dit soutenir, tout en estimant qu’elle ne s’applique pas au Liban.
« Une victoire totale et complète. 100 pour cent. Il n’y a aucun doute là-dessus », a dit le président américain Donald Trump à l’AFP, qui l’a joint au téléphone peu après l’annonce du cessez-le-feu.
Il a affirmé que la question de l’uranium iranien serait « parfaitement réglée », mais n’a pas voulu dire s’il réitérerait ses menaces initiales de détruire les centrales électriques et les ponts iraniens si l’accord venait à échouer. Selon lui, la Chine a pu inciter l’Iran à rejoindre la table des négociations en vue d’un cessez-le-feu.
« L’Iran a remporté une grande victoire », a également proclamé Téhéran, le Conseil suprême de la sécurité d’Iran, estimant que « l’ennemi a subi une défaite indéniable, historique et écrasante ».
Les autorités iraniennes ont indiqué mercredi que des pourparlers se dérouleront à partir de vendredi avec Washington, au Pakistan, médiateur clé dans la guerre au Moyen-Orient entamée le 28 février et qui a fait des milliers de morts. Mais les positions des belligérants restent très éloignées.
« Sous réserve que la République islamique d’Iran accepte l’OUVERTURE TOTALE, IMMÉDIATE et SÉCURISÉE du détroit d’Ormuz, j’accepte de suspendre les bombardements et les attaques contre l’Iran pour une période de deux semaines », avait écrit quelques heures avant le président américain sur Truth Social.
Il a également fait part de discussions « très avancées » en vue d’un accord de paix « à long terme » avec l’Iran. Téhéran a transmis « une proposition en 10 points » qui « constitue une base viable pour négocier », a-t-il noté. La Maison-Blanche a ensuite indiqué envisager des « discussions en personne » avec les Iraniens.
L’annonce de ce cessez-le-feu est survenue une heure avant l’expiration du dernier d’une série d’ultimatums lancés par Donald Trump à l’Iran, dans lequel l’Américain menaçait d’éradiquer « une civilisation entière » si Téhéran n’ouvrait pas d’ici minuit heure GMT ce passage maritime stratégique où transitait avant la guerre 20 % du brut mondial.
De leur côté, les dirigeants iraniens ont confirmé qu’ils acceptaient de rouvrir « pendant une période de deux semaines » le détroit d’Ormuz « si les attaques contre l’Iran cessent », a écrit sur X le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.
La déclaration iranienne suggère que l’armée iranienne « surveillera » le « passage quotidien limité des navires » dans le détroit pendant le cessez-le-feu. Elle réclame aussi la levée des sanctions sur l’Iran.
Selon la déclaration en persan diffusée par les médias iraniens, le plan proposé par Téhéran prévoit aussi que Washington accepte l’enrichissement d’uranium ; une mention toutefois absente de la version anglaise transmise à l’ONU.
« L’Iran engagera, pendant une période de deux semaines (…), des négociations avec la partie américaine à Islamabad », a ajouté le Conseil suprême de la sécurité nationale dans un communiqué, précisant que « cela ne signifie pas la fin de la guerre » et que cette durée pourrait être prolongée « en accord avec les deux parties ».
[…] Mais Israël, qui a dit « soutenir » la décision américaine de suspendre les frappes contre l’Iran pendant deux semaines, a assuré mercredi que cet accord « n’inclut pas le Liban », dans un communiqué du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu transmis aux journalistes. Le bilan des frappes israéliennes dans ce pays depuis le 2 mars dépasse les 1 500 morts. […]
Vox Philo, un nouveau média de philosophie réaliste !
Vox Philo, un nouveau média de philosophie réaliste !
Dans un monde saturé d’informations, la philosophie offre ce que l’actualité ne peut donner : le recul nécessaire pour comprendre plutôt que simplement réagir. Les grandes questions qui préoccupent nos existences ne sont pas des abstractions. Elles sont le socle invisible de toutes nos décisions, de nos engagements, de notre manière d’habiter le monde.
VOX vous invite à redécouvrir cette sagesse intemporelle, non pas comme un refuge hors du temps, mais comme une lumière pour éclairer le présent.
L’objectif de Vox Philo est ambitieux mais net : permettre à chacun de reprendre la pratique de la philosophie, quel que soit son niveau. Le média ne s’adresse pas seulement à des spécialistes ; il cherche à rendre la philosophie à nouveau praticable, c’est-à-dire accessible, vivante et utile pour penser le réel. L’enjeu n’est pas de réciter des doctrines, mais d’ouvrir un espace de réflexion rigoureux.
Pour cela, Vox Philo s’organise autour de trois programmes complémentaires, chacun avec son identité propre et son format spécifique.
Penser la Politique propose des entretiens vidéo d’environ une heure consacrés à la philosophie politique. Le format est long et permet ainsi des discussions de fond, et un vrai discours intellectuel. Un premier épisode a notamment été publié sur la cohérence de la déconstruction avec Joël Hautebert :
Focus prend une forme différente : il s’agit de podcasts audio d’environ quinze minutes, centrés sur un auteur. Le format est plus court, plus direct, et vise à offrir une porte d’entrée claire vers une pensée et une œuvre. Un premier épisode a par exemple été consacré à Descartes. Le but de ce programme est d’aller à l’essentiel sans appauvrir le propos :
La question philo est construit selon la même logique. Le format est un podcast audio d’une quinzaine de minutes, pensé pour éclairer un problème philosophique précis. Un premier contenu a été proposé sur « Qu’est-ce que la philosophie ? » :
Un autre point important tient à l’organisation interne du média : chaque format est porté par l’un des cofondateurs, avec son équipe propre, dans un esprit de subsidiarité. Cette répartition permet à chaque programme de conserver sa cohérence, son autonomie éditoriale et sa tonalité spécifique, tout en restant uni au sein d’un même projet. Cette structure rend aussi possible une vraie fidélité au rythme annoncé : un contenu toutes les deux semaines, sans dilution ni précipitation.
Les podcasts de Vox sont disponibles sur toutes les plateformes d’écoute.
Découvrez le site internet : https://vox-media.fr/
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Mgr Aubert, nouvel évêque de Limoges
Par décision du pape Léon XIV, Monseigneur Benoît Aubert, prêtre de l’archidiocèse de Paris depuis 2006, a été nommé ce mercredi 8 avril, évêque de Limoges (en Haute-Vienne et Creuse).
Il demeure responsable du secteur pastoral de Dourdan dans l’Essonne jusqu’à son installation en la cathédrale de Limoges, le 14 juin prochain. Le diocèse reste administré par le père Pierre Morin jusqu’à l’installation du nouvel évêque.
Benoît Aubert est né le 30 mai 1973 à Porto-Vecchio (Corse).
Après un baccalauréat scientifique, il intègre les classes préparatoires scientifiques de Saint- Cyr l’Ecole puis l’Ecole d’ingénieur (UTC) à Compiègne, dans l’Oise. Dans le cadre de sa formation religieuse et sacerdotale, il entre au Séminaire diocésain de Paris et devient titulaire d’un baccalauréat en théologie. Puis, passe 6 mois à Jérusalem. Benoît Aubert est ordonné prêtre le 24 juin 2006 en la Cathédrale Notre- Dame de Paris, pour l’archidiocèse de Paris.
Son parcours
– De 2006 à 2010, il est vicaire des paroisses de Villemomble dans le diocèse de Saint-Denis, au titre de la Fraternité Missionnaire des Prêtres pour la Ville (FMPV), communauté sacerdotale diocésaine engagée dans l’évangélisation en milieu urbain.
– En 2010, il est nommé curé des paroisses d’Aubervilliers dans le diocèse de Saint-Denis, toujours au titre de la FMPV, mission qu’il exerce jusqu’en 2019. Dans ce contexte pastoral marqué par une grande diversité culturelle et sociale, il accompagne des communautés joyeuses et profondément croyantes, parfois confrontées à la précarité sociale, aux difficultés familiales et scolaires ainsi qu’aux problèmes de logement.
– En 2019, il rejoint l’archidiocèse de Paris où il est nommé recteur de l’église Saint-Joseph-des-Carmes et prêtre accompagnateur de l’aumônerie étudiante de l’Institut Catholique de Paris, assurant l’accompagnement spirituel des étudiants, l’organisation d’activités pastorales et la proposition de temps de formation et de prière. La même année, il devient vicaire épiscopal pour la pastorale des jeunes adultes dans l’archidiocèse de Paris, ainsi que délégué des évêques de la province ecclésiastique de Paris pour la mission étudiante. Sa mission consiste à favoriser la coordination des aumôneries étudiantes et des actions d’évangélisation auprès des étudiants dans les diocèses.
– De 2021 à 2022, il est aussi secrétaire particulier de l’archevêque de Paris.
– Depuis 2022, il est responsable du secteur pastoral de Dourdan – Bienheureuse – Marie-Poussepin dans le diocèse d’Évry-Corbeil-Essonnes, comme curé in solidum, modérateur de la charge pastorale et vicaire forain. Ce secteur comprend deux petites villes, Dourdan et Saint-Chéron, et quinze villages. Il considère que l’un des enjeux essentiels de sa mission consiste à promouvoir la « communion entre les personnes, les paroisses, les communes du secteur pastoral et, plus largement, entre les communautés chrétiennes et ceux qui ne fréquentent pas l’Église ».
Il est également aumônier de Notre-Dame de l’Ouÿe, maison d’accueil du diocèse de Paris située dans l’Essonne.
Depuis 20 ans, il accompagne des pèlerinages en Terre Sainte, notamment dans le cadre de la Bible sur le Terrain, où il perpétue modestement l’expérience des pèlerinages bibliques du père Jacques FONTAINE.
Ceux qui aiment la langue française — et les autres
« Si la langue cède, tout cèdera » J.P. Brighelli, dans Causeur du 5 avril.
Que notre chroniqueur aime la langue française, qui s’en étonnerait ? Encore faut-il s’entendre sur ce qu’est le français — et là, Jean-Paul Brighelli dérape salement : selon lui, la « langue de Molière » ne peut se laisser cannibaliser par les trublions contemporains qui éructent en patois banlieusards. Et de prendre en otage Leïla Slimani, qui avec Assaut contre la frontière (Gallimard, mars 2026), démontre une fois de plus qu’une immigrée peut sortir sans voile et parler (et écrire) avec brio un français parfait.
« J’ai eu brièvement la tentation d’écrire une chronique sur les déclarations péremptoires d’Yvan Attal, dans Marianne, expliquant que Marivaux et Molière « le gavent ». Que le français soit « la langue de Molière » comme l’anglais est celle de Shakespeare ne le dérange pas : comme les « linguistes atterrés » que Jérôme Serri a épinglés dans Causeur l’année dernière, Attal pense sans doute que le gloubi-boulga qui sert de lingua franca à la racaille et aux sous-doués mérite bien à son tour d’être appelé « français ».
Mais le tout récent petit chef d’œuvre de Leïla Slimani, Assaut contre la frontière, m’a convaincu qu’il était temps d’expliquer à ceux qui en valent la peine que la mosaïque de sous-langages qui sévit aujourd’hui dans l’Hexagone n’est pas du français. Et que ceux qui, à l’école, ont renoncé à enseigner notre langue dans ce qu’elle a de plus beau et de plus complexe, sous prétexte de coller à l’expression des élèves, sont eux-mêmes des cancres — ou des traîtres, comme vous voulez.
Leïla Slimani a été désignée ambassadrice de la francophonie en 2017 — elle, et pas Virginie Despentes ni Annie Ernaux. Elle explique son acceptation : « C’était d’abord pour m’insurger contre ce rapport idéologique aux langues alors même que dans mon pays [elle est marocaine d’origine] et ailleurs des figures conservatrices appelaient à cesser de parler français et stigmatisaient l’usage de toute autre langue que l’arabe. »
Quoi ! Une femme cultivée et intelligente choisissait de parler la langue des « colons », des « oppresseurs » ! Quel exemple déplorable pour la jeunesse !
Le Maroc a deux langues officielles, l’arabe et l’amazighe (la, ou plutôt « les » langues berbères). Un colloque auquel je participais à Casablanca il y a quelques années avait conclu qu’il est essentiel pour un enfant de maîtriser une langue maternelle — c’est même la condition première pour accéder à une autre langue. Peu importe que ce soit l’arabe ou le dialecte berbère. Ou le français : le Bulletin officiel du royaume traduit automatiquement en français les textes rédigés en arabe. Sans honte. Par pragmatisme. Parce qu’une bonne part des élites parle français. Et qu’à Casablanca, sur la place Mohammed-V, s’élève toujours la statue du maréchal Lyautey.
Ce n’est pas en Algérie qu’on se laisserait aller à célébrer l’envahisseur. C’est sans doute la raison pour laquelle l’Algérie, avec des ressources très supérieurs, est un pays arriéré par rapport au Maroc. Arriéré mais idéologiquement pur.
Leïla Slimani, qui a si bien choisi de parler français qu’elle a peu à peu désappris les mots arabes de son enfance, développe une idée brillante, en s’élevant contre la doxa issue du mythe de Babel : la variété des idiomes est une marque d’arriération, et la tour mythique, en s’élevant, doit aller vers une langue unique — mais certainement pas le globish qui sévit aujourd’hui dans notre monde décentré, mondialisé et barbare. Unique chacune dans sa sphère d’influence, bien sûr : Slimani utilise un français délicat qui heurte sans doute les oreilles des linguistes atterrés qui se sont cooptés dans cette réserve de grandes incompétences qu’est devenue l’université française.
Il y a bientôt trois ans, j’expliquais dans ces colonnes ce qu’est la « bonne » langue française. On voudra bien m’excuser de me citer. Enseigner le bon français, disais-je, c’est « faire barrage aux barbares. Si l’on baisse la garde sur la langue, nous serons confrontés demain à une France éclatée en dialectes aussi divers que les « communautés » que l’on tente de nous imposer pour déchirer le tissu national. L’enjeu est non seulement normatif, il est politique. Ne pas enseigner rigoureusement la grammaire à l’école revient à ouvrir la porte aux fanatiques et aux dynamiteurs. Ceux qui penchent pour le laxisme ouvrent la voie (et ils en sont bien conscients, leurs options politiques le prouvent jusqu’à l’écœurement) à l’éparpillement façon puzzle de la République française. Allez, parions que Samuel Paty ou Dominique Bernard parlaient un bon français. Tolérer le magma linguistique où tant de nos concitoyens sont aujourd’hui embourbés, c’est tendre le couteau aux assassins : parions que le français des frères Kouachi était aléatoire. »
Et le français s’apprend dans les livres — c’est la langue la plus écrite qui soit. Elle s’apprend à travers La Fontaine ou Hugo, Molière ou Marivaux. Ou Proust. Ou Céline. Ou… Faites lire à vos enfants. Sinon, ils parleront bientôt un charabia que vous ne comprendrez plus. Ni vous, ni leurs futurs employeurs.
Le français s’apprend par les livres. Pas à travers les films d’Attal, dont Elisabeth Levy et Cyril Bennasar disaient ici il y a dix ans tout le bien qu’ils en pensent… C’était à propos de son film Ils sont partout, qui, comme le dit benoitement Wikipedia, « n’a pas fait de carrière internationale. » Attal voyait de l’antisémitisme partout, sauf là où il est : dans les banlieues et chez les députés de la France insoumise
Retrouvez tous les livres de J.-P. Brighelli sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/module/ambjolisearch/jolisearch?s=BRIGHELLI
Jean-Paul Brighelli / Agrégé de Lettres modernes, ancien élève de l’École normale supérieure de Saint-Cloud, Jean-Paul Brighelli est enseignant à Marseille, essayiste et spécialiste des questions d’éducation. Il est notamment l’auteur de La fabrique du crétin…
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L’art de l’enfumage
Sur le site de « France Soir », je viens de lire le texte suivant :
« Ces dernières semaines, la guerre que mènent Israël et les États-Unis contre l’Iran et, plus largement, les tensions générées par ce conflit au Moyen-Orient saturent l’espace médiatique. En continu, les images défilent, les analyses s’enchaînent, plus contradictoires que jamais. Dans ce brouillard et flux permanent, la désinformation prospère comme il se doit et la confusion s’installe, reléguant au second plan d’autres sujets tout autant essentiels.
L’affaire Epstein en est un exemple frappant. Malgré ses ramifications internationales et les questions qu’elle soulève en France, elle peine à exister dans le débat public. »
On ne peut mieux dire : tout semble fait pour étouffer l’affaire Epstein !
Déjà en février 2025, j’avais eu l’occasion d’écrire un article sur ce sujet étrangement passé sous silence par l’ensemble des médias officiels. * *
Malgré les trois millions de documents rendus publics par la justice américaine le 30 janvier 2026 et les centaines de personnes impliquées dans ce scandale planétaire, aucune condamnation n’a été prononcée à ce jour. La Presse, la Justice, même les responsables politiques semblent dans le déni le plus complet. Ainsi, Emmanuel Macron a déclaré sur BFM TV le 9 février dernier :
« Il faut que la justice américaine fasse son travail. C’est une affaire qui concerne surtout les Etats-Unis. »
Pourtant c’est bien en France qu’en lien avec l’affaire Epstein, Jean-Luc Brunel a été arrêté pour des accusations de « traite aggravée d’êtres humains » avant d’être retrouvé pendu dans sa cellule le 19 février 2022. Malheureusement, cette mort profondément suspecte a permis à des magistrats plutôt magnanimes de clore définitivement l’enquête au grand mépris des victimes.
Plus récemment, Jack Lang et sa fille Caroline cités à de nombreuses reprises dans les médias pour leurs liens particulièrement intimes avec Jeffrey Epstein, n’ont jamais été vraiment inquiété par la justice. Mise à part une enquête pour quelques malversations financières, aucune poursuite sérieuse n’a été engagée contre eux. Pourtant le nom de Jacques Lang figure dans plus de six cents documents déclassifiés et sa fille a reçu en héritage cinq millions de dollars de la part de Jeffrey Epstein sans la moindre justification. Heureusement pour eux, la justice française ne semble guerre soucieuse de clarifier cette sombre affaire.
De son côté, la présidente de l’Assemblée nationale a déclaré sur « Europe 1 » qu’elle était totalement opposée à la création d’une commission d’enquête parlementaire. A l’entendre, elle serait persuadée que les français sont davantage préoccupés par le gaspillage alimentaire que par les ramifications de l’affaire Epstein, oubliant au passage de préciser qu’elle avait travaillé sept années dans le cabinet d’avocats ayant défendu Jean Luc Brunel lors de son arrestation en 2020.
Malheureusement pour Yaël Braun Pivet et pour tous ceux qui semblent avoir intérêt à étouffer ce scandale, des mannequins de diverses nationalités viennent de demander à la justice française d’enquêter sur Gérald Marie. Cet ancien dirigeant de l’agence « Elite model management » vient en effet d’être accusé pour des actes de violence sexuelle sur une quinzaine de jeunes femmes. Ces dernières ont déclaré à la Presse :
« Nous avons été violées ou agressées sexuellement sur le territoire français. Deux d’entre nous étaient mineures au moment des faits commis par Gérald Marie. Nous sommes en possession de documents judiciaires prouvant une collaboration étroite entre Gérald Marie, Jean Luc Brunel et Jeffrey Epstein. »
Espérons que ces nouvelles accusations obligeront la justice française à aller au bout de cette enquête, mettant enfin en lumière toutes les abominations réalisées dans le plus grand secret par ces personnages monstrueux !
Dans son Evangile, l’apôtre Jean explique très bien cette tendance à dissimuler des pratiques aussi répugnantes :
« Le jugement de Dieu c’est que la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Car quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient pas à la lumière de peur que ses œuvres soient dévoilées. »
En dissimulant la vérité, tous ces personnages dépravés se mettent eux-mêmes sous le jugement de Dieu. En fin de compte, cette sombre affaire est la parfaite illustration des paroles de l’apôtre Jean : ils préfèrent les ténèbres à la lumière parce qu’ils savent que leurs œuvres sont mauvaises !
* * Journal d’un croyant de 2025 – Une bien étrange affaire
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Les ordinations des Hérauts de l’Évangile ont été débloquées
Après des années d’incertitude, d’impasse et de silence, les Hérauts de l’Évangile annoncent la reprise de leurs ordinations, une décision qui marque un tournant important dans l’un des processus les plus controversés de ces dernières années au sein de l’Église. Les Hérauts de l’Évangile sont une association internationale de fidèles de droit pontifical qui se veulent zélateurs du culte marial, selon l’expression de Jean Paul II qui suivit l’approbation pontificale de l’association : « Soyez messagers de l’Évangile par l’intercession du Cœur immaculé de Marie ». Ils «se fixent pour objectif d’être un instrument de sainteté dans l’Église en favorisant l’unité intime entre foi et vie et en agissant pour l’évangélisation des réalités temporelles, surtout à travers l’art et la culture ».
La Société cléricale de vie apostolique de droit pontifical a confirmé que, durant l’octave de Pâques, les ordinations diaconales et sacerdotales de dizaines de ses membres auront lieu, mettant ainsi fin — du moins en réalité — à une impasse qui durait depuis 2019.
Selon les informations publiées par les Hérauts de l’Évangile eux-mêmes, 31 nouveaux diacres seront ordonnés le 11 avril, tandis que 26 diacres recevront la prêtrise le 12 avril, dimanche de la Miséricorde divine.
L’ordination diaconale sera conférée par Monseigneur Fernando José Monteiro Guimarães, archevêque émérite de l’Ordinariat militaire du Brésil, tandis que l’ordination sacerdotale sera présidée par le cardinal Raymundo Damasceno Assis, archevêque émérite d’Aparecida et actuel commissaire pontifical.
Depuis l’intervention du Vatican qui a débuté en 2017 et a été renforcée par la nomination d’un commissaire pontifical en 2019, les ordinations dans les ordres ont été suspendues, affectant directement des dizaines de vocations qui sont restées en attente sans explication publique claire. Durant cette période, la situation a été décrite comme un processus prolongé, opaque et étouffant, au cours duquel aucune accusation formelle n’a été portée et aucun horizon clair de normalisation n’a été établi.
La reprise de l’application des ordonnances représente sans aucun doute un changement de cap. Mais elle ne met pas fin au débat. Des questions fondamentales demeurent sans réponse quant à la gestion du processus, sa durée, ses motivations et ses conséquences. Le rôle du Dicastère pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique, sous la direction de sœur Simona Brambilla – ainsi que, à l’époque, du cardinal João Braz de Aviz – a été déterminant dans la prolongation d’une intervention qui s’éternise depuis des années sans explication publique convaincante.
Ce qui commence à se concrétiser aujourd’hui — notamment la reprise des ordinations — attend encore une explication claire et complète de la part de ceux qui ont piloté ce processus depuis Rome. Néanmoins, ces ordinations prévues sont une source d’espoir. Après des années d’attente, des dizaines de vocations pourront enfin se concrétiser au service de l’Église, nous rappelant que, même au sein de processus complexes et de décisions controversées, la grâce continue de se manifester et de porter du fruit chez ceux qui ont persévéré dans leur vocation.
Cette annonce pourrait-elle en annoncer d’autres ? Des Missionnaires de la Miséricorde divine à Toulon attendent aussi d’être ordonnés.
Loi fin de vie : quand le service public oublie le pluralisme
L’agora médiatique, ce lieu où devrait se forger l’opinion par le choc des idées, ressemble parfois à une scène de théâtre où les rôles sont distribués d’avance. Le débat actuel sur le projet de loi « fin de vie », porté avec une ferveur constante par le député Olivier Falorni, en est une illustration frappante. Sous le vernis du progrès sociétal, se cache une mécanique de communication qui interroge les fondements mêmes de notre pluralisme.
Le miroir déformant du service public
L’unanimisme apparent des médias mainstream, et singulièrement des chaînes de l’audiovisuel public, soulève un malaise profond. Alors que la question de l’euthanasie touche aux racines mêmes de notre éthique et de notre conception de la dignité humaine, les voix discordantes — celles des soignants en soins palliatifs, des autorités morales ou des citoyens redoutant une dérive utilitariste — semblent reléguées aux marges, ou traitées avec une condescendance polie.
Cette sous-représentation notoire n’est pas qu’une impression subjective. Elle trouve un écho troublant dans les récentes secousses qui ont agité France Télévisions.
Les révélations de la commission d’enquête
Le voile s’est levé lors des auditions à l’Assemblée nationale, au sein de la commission d’enquête coordonnée par le député Charles Alloncle. Les témoignages et les documents produits ont mis en lumière des « anomalies » structurelles au sein du groupe public. Il ne s’agit plus seulement de choix éditoriaux isolés, mais d’un système de pensée qui semble avoir pris parti.
• Le déséquilibre du temps de parole : Les rapports évoquent une disproportion flagrante entre les partisans d’une « aide active à mourir » et les opposants au texte de loi.
• La mise en scène de l’émotion : La manipulation passe souvent par l’image. En privilégiant le témoignage individuel pathétique (au sens grec du terme) sur l’analyse de fond des enjeux de bioéthique, le média oriente le jugement du téléspectateur. L’émotion devient alors l’ennemie de la raison.
• La crise de gouvernance : Les révélations pointent un entre-soi idéologique où la contradiction est perçue comme un archaïsme plutôt que comme une nécessité démocratique.
L’illusion du consensus
Le danger de cette hégémonie médiatique est de créer une « spirale du silence ». En faisant croire que l’opinion est unanime derrière le projet d’Olivier Falorni, on décourage l’expression de ceux qui, pourtant nombreux, s’inquiètent des conséquences d’une telle rupture anthropologique.
Le service public a pourtant un devoir d’exemplarité. S’il devient le porte-voix d’une seule vision de la société, il cesse d’être un outil d’information pour devenir un instrument d’ingénierie sociale. La dignité de la fin de vie mérite mieux qu’un débat tronqué par des stratégies de communication ; elle exige une confrontation loyale des consciences, loin des projecteurs biaisés et des silences organisés.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
“Mon fils avait 11 ans quand on nous a dit qu’il ne retrouverait jamais la conscience. Aujourd’hui, il a 20 ans.”
Dans un livre publié par Via Romana, Laurence Trochu, député européen, témoigne du terrible accident subi par son fils de 11 ans, miraculé, qui témoignera, une fois être sorti du coma et après retrouvé quelques facultés, qu’il a vu Jésus juste après l’accident. Aujourd’hui son enfant, malgré quelques séquelles, vit une vie normale.
«Stanislas a été opéré d’un hématome extra-dural, le pronostic vital est engagé. Nous allons vivre au jour le jour, les yeux rivés sur les écrans de surveillance de la PIC, la pression intra-crânienne, plongés dans une attente dont on ne connaît pas l’objet. Qu’il se réveille ou qu’il meure. Oui, mais comment ? »
Le livre a été préfacé par Mgr Boulle, vicaire général du diocèse de Versailles.
Mon fils a été renversé par une voiture.
Après le drame qui a bouleversé notre famille, bien au-delà de notre cercle familial ou paroissial, un élan de générosité et de prière a déferlé sur le monde entier. pic.twitter.com/emBiBYm6iz
— Laurence Trochu (@LaurenceTrochu) April 6, 2026
Quand une chose pareille arrive, la question qui se pose, c’est : POURQUOI ?
Dieu fait des miracles et ça n’est pas que dans les textes sacrés, c’est dans la vie de tous les jours ! pic.twitter.com/qiGi3yYp0q
— Laurence Trochu (@LaurenceTrochu) April 6, 2026
Mon fils avait 11 ans quand on nous a dit qu’il ne retrouverait jamais la conscience. Aujourd’hui, il a 20 ans.
J’ai voulu témoigner sur @Europe1 de ce chemin de résurrection. La vie d’une personne, quel que soit son état, vaut la peine d’être vécue. C’est le message… pic.twitter.com/L6pKLlMcUJ
— Laurence Trochu (@LaurenceTrochu) April 2, 2026
💥 “Je ne sais pas si tu m’entends, mais donne-nous un signe que ta vie est possible. Si elle ne l’est pas, meurs et va rejoindre le bon Dieu !”
🗣️ @LaurenceTrochu, eurodéputée @ID_Libertes et auteur de “Maman, j’ai vu Jésus” cite les paroles prononcées au chevet de son fils… pic.twitter.com/4NgvssbOpv
— Ligne Droite • La matinale de RC (@Ligne__Droite) April 7, 2026
Un évêque peut-il empêcher des jeunes de donner leur vie à Dieu et en détruire d’autres dans leur vie religieuse ? [Addendum : réaction de Mgr Giraud]
Suite au verdict du procès intenté à la FMND et à son supérieur de l’époque, considéré comme une quasi relaxe par maître Triomphe, l’évêque de Viviers (Ardèche) a publié un communiqué entraînant incompréhension, inquiétude et même colère. En effet, faisant fi de la présomption d’innocence consécutive à l’appel interjeté immédiatement, Mgr Giraud “demande à la FMND de ne plus accepter de postulants ou de novices, ni d’accueillir des vœux d’aucune sorte jusqu’à nouvel ordre“.
Outre le moment choisi pour sa diffusion, la veille de la messe Chrismale où se sont rendus plusieurs membres de la FMND, il semblerait que Mgr Giraud ne se soit rendu compte ni de la réalité du verdict, ni des conséquences juridiques d’un appel. Nous en voulons pour preuve l’échange lunaire entre un fidèle du diocèse et l’évêque au cours d’une visioconférence le 30 mars :
Le fidèle : “Sans même parler du fait que cette décision pourrait empêcher des vocations dont l’Église a tant besoin et blesser les religieux qui doivent prononcer des vœux notamment perpétuels, pourquoi agissez vous comme si il y avait eu un jugement exécutoire alors que le fait de faire appel anéantit ce jugement et que la présomption d’innocence s’applique ?“
Mgr Giraud : “Il y a tout dans le communiqué. Il n’y a rien à ajouter. Tout a été fait selon le droit.”
De nombreux parents de religieux de cette communauté étaient déjà blessés par le fait que Mgr Giraud refuse d’ordonner de nouveaux diacres et prêtres depuis des mois. Cette nouvelle décision arbitraire, prise sans aucun dialogue, a poussé une cinquantaine d’entre eux à accorder une interview à Tribune Chrétienne dans laquelle ils expliquent envisager de “saisir toutes les instances concernées, tant au niveau ecclésial qu’au niveau civil, ainsi que des associations de victimes” et demander à “être reçus par l’évêque de Viviers, par le nonce” mais également “entamer des démarches sur les plans civil et juridique pour mettre fin à ces abus d’autorité qui sont extrêmement nocifs et font eux aussi des victimes d’un autre type” car “c’est une porte ouverte à toutes les accusations injustes voire fausses contre des prêtres ou des consacrés, qui malgré la présomption d’innocence, pourraient être accusés par des membres de la hiérarchie de l’Église“.
Voici l’interview :
Vous êtes des parents de membres de la FMND. Comment se passent les relations avec vos enfants et avec la communauté ?
Nos enfants ont choisi de répondre à un appel de Dieu. Chacun a un chemin unique. Nous sommes de très nombreux parents à être vraiment touchés par l’accueil qui nous est toujours fait dans la communauté. Nous en avons témoigné nombreux sur le blog www.parentsdomini.fr. Nous voyons nos enfants s’épanouir dans cette communauté. Nous avons des temps personnels avec nos enfants. Et nos enfants voient également régulièrement leurs frères et sœurs, neveux et nièces et viennent dans leurs familles lors d’événements particuliers. Par ailleurs, nous rencontrons quand nous le souhaitons les supérieurs qui ont le souci de cet épanouissement de chacun, et nous leur en sommes reconnaissants. Lorsqu’il y a une difficulté, un problème, un accroc de santé, nous pouvons en parler en transparence. Il est important de signaler que nous n’avons jamais été interrogés à l’occasion de ce procès, ni par le tribunal, ni par leur évêque.
Comment comprenez-vous le communiqué de l’évêque de Viviers ?
Ce communiqué est incompréhensible ! Il est tout d’abord d’une grande violence dans sa forme, sans aucune humanité ni aucune considération ni pour nos enfants ni pour nous, leurs familles. Il prétend viser à retrouver la sérénité, mais ne fait que mettre de l’huile sur le feu. La sérénité existe dans la FMND, nous en sommes tout de même les premiers témoins. Ici, c’est l’évêque qui la fait perdre. Il empêche des jeunes de donner leur vie à Dieu, alors même que leurs familles sont d’accord. Il casse des jeunes qui se préparent depuis neuf années à leur engagement perpétuel. Il empêche des jeunes de répondre positivement à l’appel de Dieu. C’est une atteinte grave à la liberté et une forme d’abus de pouvoir et d’infantilisation d’adultes qui ont cheminé avec maturité dans ce choix de vie et de réponse libre à l’appel de Dieu.
N’y a-t-il pas une volonté de protéger d’éventuels abus ?
C’est un prétexte. En réalité, après le jugement du 24 mars par le tribunal de Privas, il ne reste presque plus rien des accusations. On a entendu pendant des années, y compris de l’évêque de Viviers qui l’a dit dans la presse, que la communauté recrutait trop jeune, or le tribunal a écarté cela. Et tant d’autres choses ont été écartées. L’un des points qui restent reprochés au supérieur et à la communauté, c’est… la relation aux familles. C’est un comble, après les centaines de témoignages que nous avons apportés !
Par ailleurs, il est scandaleux que la présomption d’innocence soit respectée par la République mais pas par l’évêque. Lorsqu’en 2019 le cardinal Barbarin a été condamné à six mois de prison avec sursis (comme le Père Bernard), il a remis sa démission au pape François. Le pape François l’a refusée, en raison de la présomption d’innocence, tant que la décision n’était pas définitive. Et heureusement, car plusieurs mois après, le cardinal Barbarin était totalement blanchi. L’évêque de Viviers devrait avoir le même respect de ces procédures et de la présomption d’innocence.
Quelles sont, à votre avis, les raisons de cet acharnement ?
Pour nous, il est malheureusement assez clair que le discours de la FMND gêne. Aujourd’hui, la communauté a le souci de transmettre la foi selon le Catéchisme de l’Église Catholique, de garder la fidélité à l’enseignement du Magistère, et de vivre totalement le concile Vatican II dans la fidélité à la Tradition de l’Église. C’est ce que Benoît XVI appelait l’herméneutique de la continuité. La FMND a également à cœur de transmettre fidèlement aux familles l’enseignement moral de l’Église, et l’encyclique Humanae vitae de Paul VI. Cette ligne gêne manifestement, en France, jusque dans notre Église… Nous espérons que le fait que la communauté ait de jeunes vocations ne suscite pas de jalousies. Mais comment comprendre une pareille décision. Il est possible aussi qu’après avoir validé oralement le projet de construction d’une église pour la communauté qui a reçu tous les accords de l’État, ainsi que de structures d’accueil, l’évêque précédent ait pris ombrage du succès des pèlerinages et évènements proposés par la Famille Missionnaire de Notre Dame.
Qu’envisagez-vous devant cette situation ?
Tout ! Actuellement, nous sommes très inquiets pour nos enfants, car la situation est la suivante : un évêque est en train de les détruire dans leur vie religieuse, c’est-à-dire dans toute leur vie. Ils en souffrent beaucoup, et nous ne pouvons pas l’accepter. Nous ne pouvons plus laisser faire ces agissements qui sont de l’ordre de l’abus de pouvoir. Nous allons nous organiser et saisir toutes les instances concernées, tant au niveau ecclésial qu’au niveau civil, ainsi que des associations de victimes. Cela ne peut plus durer.
Si l’évêque suspend les entrées dans la FMND, est-ce pour vérifier le discernement ?
Nous sommes là encore les premiers témoins que le discernement n’est pas pris à la légère. D’ailleurs, les Vœux perpétuels ne sont prononcés dans la FMND que neuf années après l’entrée, ce qui laisse un temps très long pour ce discernement. Naturellement, tout le monde peut faire des erreurs. Lorsque Mgr Giraud était évêque de Sens, il a ordonné un seul prêtre en neuf ans, le Père Matthieu Jasseron, et il l’a ordonné contre l’avis des formateurs du séminaire… Ce prêtre a quitté le sacerdoce dans des conditions tragiques. Va-t-on interdire les ordinations dans ce diocèse jusqu’à nouvel ordre ? C’est absurde.
Qu’attendez-vous désormais ?
Nous attendons d’être entendus par les autorités de l’Église, qui sont tellement tétanisées par les accusations qu’elles en viennent à prendre des mesures totalement disproportionnées, et extrêmement injustes. Nous voulons être reçus par l’évêque de Viviers, par le nonce, et nous allons aussi entamer des démarches sur les plans civil et juridique pour mettre fin à ces abus d’autorité qui sont extrêmement nocifs et font eux aussi des victimes d’un autre type. C’est une porte ouverte à toutes les accusations injustes voire fausses contre des prêtres ou des consacrés, qui malgré la présomption d’innocence, pourraient être accusés par des membres de la hiérarchie de l’Église. Nous nous battrons pour eux.
Addendum :
Mgr Giraud, évêque de Viviers, a immédiatement réagit à cette interview en déclarant à Tribune Chrétienne qu’il s’engageait à recevoir les parents des religieux concernés :
“Je m’engage à les recevoir avant l’été, afin qu’un climat apaisé et serein puisse prévaloir. Je suis parfaitement conscient de la souffrance des familles et des religieux de la Famille Missionnaire de Notre-Dame. Je me dois d’avancer avec une grande prudence, car je reçois des témoignages contradictoires de toutes parts … je souhaite que l’on lise et parle avec précision (acribie). Trop d’approximations nuisent à la vérité et font le jeu du Diviseur.”
C’est un premier pas mais dire qu’il entend des témoignages contradictoires de toutes parts est peu conforme à la vérité. En effet, Mgr Giraud est très peu présent auprès de la FMND et les 156 religieux et religieuses attendent depuis de trop longs mois que leur évêque vienne les visiter et s’entretenir avec eux. Et il n’y a pas que les religieux qui sont concernés : de nombreux amis qui n’ont pas d’enfants dans la communauté souffrent également de cette prise de distance, pour ne pas dire hostilité, de l’évêque à l’égard de la FMND. Ils étaient plus de 600 lors du Triduum Pascal…
Fractures françaises et crise au Moyen Orient
Retrouver l’intervention de Gilles Kepel & Alexandre Devecchio chez les Eveilleurs le 16 mars dernier :
« Si j’avais quelque chose à dire aux jeunes, c’est qu’ils ne sont pas des victimes. Servez-vous de vos marges de manœuvre, participez à la reconstruction de votre pays ! »
« Le message à la jeunesse, c’est l’exigence »
« Aujourd’hui on n’apprend plus à analyser des faits mais à réciter un texte woke »
« L’idéologie post-moderne fabrique des individus qui s’inscrivent dans une forme d’isolement, on finit par avoir des individus parcellarisés à l’extrême ( sexe, couleur de peau, régime alimentaire etc..) »
« Le rôle d’un universitaire c’est d’essayer d’analyser les faits sociaux dans toute leur dimension »
« Le voilement des femmes s’est accéléré après le 11 septembre »
« L’importance du flux migratoire rend l’assimilation extrêmement difficile aujourd’hui »
La réinsertion par la marche : Compostelle
Saje Distribution accompagne Apollo Films à l’occasion de la sortie au cinéma du film COMPOSTELLE, le 1er avril, avec Alexandra Lamy, Julien Le Berre et Mélanie Doutey, film inspiré d’une histoire vraie.
Le parcours d’Adam illustre celui de nombreux mineurs délinquants : à la suite de plusieurs infractions il a été confié à la Projection Judiciaire de la Jeunesse. Au début du film il est placé en Centre éducatif fermé. Après une nouvelle récidive il est à nouveau déféré devant un juge des enfants. Il risque cette fois d’aller en prison. La juge lui propose une mesure alternative à la prison : la marche de rupture proposée par l’association Seuil.
Seuil est une association habilitée Lieu de Vie et d’Accueil. Elle propose aux jeunes, suivis par l’Aide Sociale à l’Enfance ou la Protection Judiciaire de la Jeunesse, de mettre en œuvre une mesure éducative alternative à la prison : des marches de rupture. Seuil accompagne en moyenne chaque année une trentaine de filles ou garçons âgés de 14 à 18 ans. Les principes de la marche de jeunes de 14 à 18 ans, se fait en duo, avec un adulte accompagnant, dure 3 mois environ, à raison de 20 / 25 km par jour, sans téléphone portable, écran ou musique, avec des temps de silence imposés chaque jour et écriture quotidienne d’un carnet de route.
Frédérique, une enseignante mise à pied pour avoir perdu son sang-froid face à un élève, en cours de séparation avec son mari, et Adam ne se connaissent pas. Pourtant, grâce à une association, ils entreprennent ensemble le pèlerinage du Puy-en-Velay à Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle cherche à apaiser son passé, il tente de canaliser sa colère et son sentiment d’abandon. Au fil des kilomètres, entre affrontements et instants suspendus, face aux épreuves, un lien fragile se tisse. Si l’adolescent sacrifie le couteau qu’il a dérobé, il est regrettable que Frédérique renonce à son mariage en abandonnant son alliance.
Sans politique de « remigration », ce qui nous attend, c’est le « grand remplacement »
De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :
Les lecteurs des « 4 Vérités » connaissent bien Jean-Yves Le Gallou. Cet ancien haut fonctionnaire, qui fut député européen FN, est le créateur de la fondation Polémia et le principal animateur des Bobards d’or qui « récompensent » les « meilleurs » journalistes de grand chemin pour leur collaboration à la vaste entreprise de désinformation.
Il est aussi l’un des meilleurs spécialistes français de l’immigration. Son dernier petit livre s’inscrit dans ce cadre. Résumons en quelques mots la thèse de l’ouvrage: sans politique de « remigration », ce qui nous attend, c’est le « grand remplacement », c’est-à-dire le fait de devenir d’ici 20 ans minoritaires sur la terre de nos ancêtres. Beaucoup de commentateurs jugeront sans doute cette thèse excessive et contesteront qu’il soit possible de pratiquer une politique de remigration réelle et concrète. Mais l’un des principaux apports de cet ouvrage est précisément de montrer que, dans l’histoire (même récente), la remigration a souvent été pratiquée – et parfois même volontairement.
Pour ne prendre qu’un exemple à la fois proche et récent, que j’ignorais, l’auteur cite le cas de la Lettonie qui, après avoir recouvré son indépendance à la chute de l’empire soviétique, a refusé d’accorder la nationalité lettone aux descendants de Russes qui l’avaient colonisée – provoquant ainsi le départ (volontaire) d’une bonne part de cette minorité russe.
Jean-Yves Le Gallou propose de mettre en place à la fois une préférence nationale (dont on rappellera, une nouvelle fois, qu’elle fut jadis instaurée par des gouvernements de gauche pour sauvegarder les emplois des nationaux) et une préférence de civilisation. Il me semble qu’il a évidemment raison quand il remarque que la nationalité ne suffit plus à définir un Français, tant la France compte de « Français de papier ». Il est clair qu’être Français, c’est aussi recevoir une histoire et partager des mœurs.
Le problème est que c’est beaucoup plus difficile à définir juridiquement que la nationalité. C’est pourquoi l’auteur propose une remigration par étapes, en commençant par cesser de délivrer de nouveaux titres de séjour et en expulsant les étrangers clandestins et délinquants. Pour les naturalisés (donc français), il distingue les assimilés (qui ont vocation à demeurer Français en France), les non-assimilées mais non hostiles, et les hostiles ou délinquants à déchoir de leur nationalité. La catégorie intermédiaire est logiquement la plus difficile à traiter mais Jean-Yves Le Gallou note justement que, si les Européens reviennent aux sources de leur civilisation, les non-assimilés deviendront hostiles ou s’assimileront.
Ce petit livre peut naturellement être contesté (personnellement, je ne suis pas certain du tout que le caractère ethnique soit aussi important que le pense Le Gallou: il me semble que le cardinal Sarah est plus européen que bien des députés LFI, quoique leur couleur de peau puisse indiquer l’inverse – et je crois donc que la question civilisationnelle est largement prioritaire). Cependant, je ne saurais trop en conseiller la lecture pour réfléchir enfin sérieusement à une politique migratoire menée pour l’intérêt de nos enfants.
Pays-Bas : élimination des fous par euthanasie
Aux Pays-Bas, le nombre de personnes ayant été euthanasiées en raison d’une démence a presque triplé depuis 2020. De 170 en 2020, ce nombre est passé à 499 en 2025, d’après les données publiées par les commissions régionales d’examen de l’euthanasie (RTE). La plupart de ces patients étaient conscients. L’année dernière, sept personnes qui n’étaient plus « mentalement compétentes » ont été euthanasiées.
L’euthanasie et le suicide assisté sont autorisés aux Pays-Bas depuis 2002, à condition que les médecins jugent que les souffrances sont « insupportables » et ne peuvent être soulagées.
Près de 10 000 personnes sont décédées par euthanasie en 2025.
Source : Gènéthique
Former les intelligences et les âmes
Nouvel épisode de Genèse, avec Mère Marie de la Miséricorde et Mère Marie Eugène de l’Enfant Jésus, soeurs de l’Institut des Dominicaines du Saint-Esprit. Une communauté féminine qui s’inscrit dans la grande tradition de l’Ordre de saint Dominique et dont la mission est de former les intelligences et les âmes à travers l’éducation chrétienne. Elles vivent les conseils évangéliques de pauvreté, de chasteté et d’obéissance… et consacrent leur vie à Dieu et à la transmission. Elles dirigent notamment l’Institution Saint-Pie-X à Saint-Cloud.
Comment répond on à l’appel de Dieu aujourd’hui ? À quoi ressemble la vie dans un couvent ? Pourquoi l’éducation est-elle au cœur de leur mission ? Quels sont leurs projets ?
- 00:00 Introduction
- 01:26 Présentation
- 02:12 Ma Sœur ou ma Mère ?
- 04:34 Pourquoi changer de prénom ?
- 06:51 L’Institut des Dominicaines du Saint-Esprit…
- 12:30 Quel style de filles quand vous étiez jeunes ?
- 13:37 Aviez-vous des rêves “classiques” (mariage, métier) ?
- 15:50 À quel moment votre vie a changé ?
- 22:31 La réaction de votre famille
- 24:40 Un moment de doute ?
- 26:32 Les moments difficiles ?
- 30:17 Une journée type
- 31:22 Les activités en dehors des offices
- 33:41 Vœu de pauvreté
- 35:12 La tenue des Dominicaines
- 37:44 Les réactions des gens dans la rue
- 39:50 L’éducation au cœur de votre vocation
- 41:20 Saint Pie X
- 42:53 École hors contrat
- 44:30 Pourquoi des familles viennent chez vous ?
- 47:13 Les Humanités
- 52:48 Qu’est-ce que les enfants vous apprennent ?
- 55:26 La chose la plus belle dans une âme d’enfant
- 56:30 Le plus grand défi éducatif
- 59:08 Des mots devenus tabous
- 1:02:04 Le projet Communio
- 1:03:25 Une chapelle au cœur d’un établissement
- 1:08:25 Combien ça coûte ?
- 1:10:08 La jauge des dons pour Communio
- 1:12:02 Un mot pour les donateurs
- 1:13:20 Top 3 livres et films
- 1:19:09 Intentions de prière
- 1:21:12 Conclusion
L’honnêteté de la communication humaine
Extrait des paroles du pape lors du Regina Caeli, lundi de Pâques :
[…]
L’Évangile d’aujourd’hui (Mt 28, 8-15) nous demande de choisir entre deux récits : celui des femmes, qui ont rencontré le Ressuscité (v. 9-11), ou celui des gardes, qui ont été soudoyés par les chefs du Sanhédrin (v. 11-14). Les premières annoncent la victoire du Christ sur la mort ; les seconds annoncent que la mort l’emporte toujours et quoi qu’il arrive. Dans leur version, en effet, Jésus n’est pas ressuscité, mais son cadavre a été volé. D’un même fait, le tombeau vide, jaillissent deux interprétations : l’une est source de vie nouvelle et éternelle, l’autre de mort certaine et définitive.
Ce contraste nous invite à réfléchir sur la valeur du témoignage chrétien et sur l’honnêteté de la communication humaine. Souvent, en effet, le récit de la vérité est occulté par les fake news, comme on dit aujourd’hui, c’est-à-dire par des mensonges, des insinuations et des accusations sans fondement. Face à ces obstacles, cependant, la vérité ne reste pas cachée, bien au contraire : elle vient à notre rencontre, vivante et rayonnante, illuminant les ténèbres les plus épaisses. Comme aux femmes arrivées au tombeau, Jésus nous dit aujourd’hui : « N’ayez pas peur ! Allez annoncer » (v. 10). Il devient ainsi lui-même la bonne nouvelle à témoigner au monde : la Pâque du Seigneur est notre Pâque, la Pâque de l’humanité, car cet homme, qui est mort pour nous, est le Fils de Dieu, qui a donné sa vie pour nous. Tout comme le Ressuscité, toujours vivant et présent, libère le passé d’une fin destructrice, de même l’annonce pascale rachète notre avenir du tombeau. […]
R.I.P. Professeur Jean-Claude Lozac’hmeur qui nous laisse une oeuvre magistrale !
Jean-Claude Lozac’hmeur, né en avril 1940 à Toulona a été rappelé à Dieu en ce Jeudi Saint, 2026 à Saint-Malo, passionné et passionnant combattant de la Foi, linguiste, médiéviste, critique littéraire et essayiste français.
Pour ceux qui l’ont connu son attachement viscéral à l’église et à la Messe était indéfectible. Homme profondément religieux, l’une de ses épreuves intimes fut certainement cette crise de l’Église qui paraissait sans fin. Il n’eut donc pas le triomphalisme d’un combat d’une vie mais connut l’épreuve douloureuse de l’échec apparent dudit combat. Pourtant, sans son opiniâtreté la messe traditionnelle n’aurait pas été implantée avec tant de vigueur en Bretagne. Et, contrairement à l’opinion répandue, son premier combat ne fut pas la messe mais les catéchismes, l’éthique (humanae vitae et l’avortement).
Il a grandi sur l’île de Molène, puis intègre le collège des Frères de Lamennais à Saint Renan, passe le Certificat d’études, puis le Baccalauréat section “math-élèm”. Il se marie en 1961 et aura 5 enfants. À 23 ans, il est reçu deuxième au CAPES, réussit le concours de l’IPES. Il fut premier et prit un poste au Collège de Combourg, dirigé par François Baibled. Désormais jeune élève-professeur, il termine le premier cycle universitaire puis intègre le second avec l’aide de Charles Foulon, qui l’introduit à Rennes-II. Il y assure successivement les postes de chargé de cours, assistant, maître de conférences, professeur de première classe. Il entame son troisième cycle avec le DEA à 29 ans, et le doctorat à 38 ans. Sa thèse, qu’il soutient en 1978, s’intitule La Genèse de la légende d’Yvain : essai de synthèse. Il la réalise en étant conseillé par le professeur Léon Fleuriot (neveu de Zénaïde Fleuriot), directeur de la section celtique à Rennes II. Ensemble, ils publièrent, avec Léon Prat et une introduction de Per Jakez-Elias, une anthologie de poésie celtique qui demeure une référence.
En 1985, il co-édite avec Maud Ozzava une traduction de la chanson d’Aiquin. Il travailla aussi avec Shigemi Sazaki, médiéviste japonaise, enseignante à l’université de Tokyo-Misei ; ils publièrent ensemble plusieurs articles et études consacrées à la légende du Graal
Dans un autre registre, il fut aussi pendant de longues années professeur de français à l’université d’été de Saint-Malo, dépendante de Rennes 2, dirigée par Charles Foulon. Convaincu que l’éducation et un enseignement supérieur différent du gauchisme ambiant était essentiel, il fut l’un des fondateurs de la Faclib de saint Malo, et le lien universitaire avec la Sorbonne pour l’ouverture et la délivrance des diplômes. Malgré les résultats des étudiants, l’asphyxie par les manoeuvres politiques qui étranglèrent les financements, la fit fermer et ce fut encore pour cet ouvrier de la première heure une grande souffrance.
Lorsqu’il était professeur émérite, il préparait ses étudiants de Rennes II mais aussi d’autres universités à l’Agrégation de lettres classiques, en assurant des cours de linguistique et de littérature française médiévale. Il continue à publier régulièrement ses recherches tout en sillonnant les châteaux européens au fil des invitations aux colloques universitaires. Il fut membre de la Société internationale arthurienne et de la Société de linguistique romane. Parmi ses écrits, dont un article sur le Roi pêcheur, il faut mentionner son Énigme du Graal et son article sur Mabonagrain qui sont cités dans le Dictionnaire de mythologie arthurienne de Philippe Walter.
Il est également l’auteur d’ouvrages antimaçonniques. Il fournit dans ce domaine « un travail fiable et documenté : oui, la franc-maçonnerie est bien une religion héritière des cultes à mystère de l’Antiquité ; et c’est par l’étude de leur symbolique, souvent d’abord hermétique, et de sa signification profonde, que l’on peut en déduire les finalités modernes. A mesure des découvertes explicatives de Jean-Claude Lozac’hmeur, c’est tout le mondialisme actuel qui se dessine et les contours d’une « religion d’État ». De l’Alchimie à la Rose-Croix, en passant par la Kabbale, la certitude s’installe : « Malgré leurs différences apparentes, l’objectif de ces traditions occultistes est le même : l’instauration d’un État mondial unifié dans lequel l’Homme sera devenu dieu par le développement des sciences et des techniques. » J.C. L
Ses ouvrages toujours disponibles :
• Actualité de l’Apocalypse, aux éditions des Cîmes,
• De la Ré-volution – Essai sur la politique maçonnique, aux éditions Sainte Jeanne d’Arc,
• Fils de la veuve – Recherches sur l’ésotérisme maçonnique, aux éditions de Chiré,
• De la Gnose au Graal – Aperçu sur une tradition initiatique, éditions des Cîmes,
• Les origines occultistes de la franc-maçonnerie – Recherches sur une religion d’Etat, éditions des Cîmes.
Vous retrouverez tous ces ouvrages sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/3597_jean-claude-lozac-hmeur
Jean-Claude Lozac’hmeur s’est éteint un Jeudi Saint. Lui, si attaché aux symboles nous invite certainement à y voir le combat qui continue, dans l’instauration de l’Eucharistie, ce grand mystère de Dieu qui s’est donné à nous et se donne toujours…
Ses obsèques seront célébrées jeudi 9 avril, à 14h30 en la chapelle Sainte-Anne de Saint Servan (52 rue Jean XXIII) à Saint-Malo -35400.
Sources diverses : Wikipédia, Les Cîmes, Livres en Famille, Chiré, Facebook.
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La Hongrie à l’heure de la décision
Extrait d’un article :
Il ne reste plus que quelques jours avant de connaître le résultat de l’élection hongroise (le 12 avril). Cette élection est probablement la plus suivie en Europe et dans le monde.
Cette élection déterminera l’avenir de la Hongrie, mais aussi de l’idéologie politique. En effet, depuis 2010, la Hongrie a adopté une politique patriote, indépendante, rendant jaloux un certain nombre de pays européens et l’Union Européenne. Ainsi, puisque la Hongrie progresse et est un pays respecté par l’ensemble des nations, l’Union Européenne (avec leurs amis les mondialistes et les wokistes) souhaite installer un gouvernement dépendant de la Commission de Bruxelles (mettant fin à l’indépendance de la Hongrie). Le candidat choisi par l’Union Européenne est : Peter Magyar.
Peter Magyar est accompagné par un conseiller financier considéré comme étant le « Mozart de la finance » : István Kapitány.
En France, en 2017, nous avons entendu ce surnom de « Mozart de la finance », inutile de dire le résultat neuf ans plus tard (dettes, impôts et prélèvements fiscaux les plus élevés, et j’en passe).
Le Fidesz-KDNP est le choix sûr ! Un début de réveil d’adhésion à une politique patriote déboute en Europe, ainsi la réélection de Viktor Orbán sera une bonne nouvelle !
Alors que les peuples français et européens sont pour une majorité, favorables à une politique patriote, d’indépendance, Hongroise, Hongrois, le destin de la Hongrie, de la France et de l’Europe est entre vos mains. Le 12 avril, votez Fidesz-KDNP !
Hajrá Orbán Viktor !
Hajrá FIDESZ-KDNP !
(Si par malheur Peter Magyar gagne (évidemment que c’est le peuple qui choisit), il ne faudra pas venir pleurer et regretter par la suite) !
Source de l’article : https://journallespoir.wordpress.com/2026/04/07/la-hongrie-a-lheure-de-la-decision/
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Arpajon (91) : aux cris de « Allah Akbar », un homme entre dans une église durant le week-end de Pâques
Dans l’après-midi du samedi saint 4 avril, Aymen B., un homme né en Tunisie, a été interpellé après être entré dans l’église Saint-Clément d’Arpajon, dans l’Essonne, et avoir crié « Allah Akbar » à de multiples reprises.
Il s’est agenouillé avant de se mettre au sol pour prier, puis de se relever et de renverser plusieurs objets. Le mis en cause a bousculé une fidèle dans l’église. Le prêtre a immédiatement alerté la police.
Après son interpellation, Aymen B. a fait l’objet d’un examen psychiatrique, qui a conclu à son discernement. Son domicile a également été perquisitionné. L’individu avait consommé une forte quantité de cannabis.
En fouillant son téléphone portable, les agents ont découvert qu’il avait effectué des recherches intrigantes. En effet, l’individu avait notamment tapé sur internet « Al Jazeera » et « Ben Laden ». Il a été placé en garde à vue, avant que celle-ci ne soit levée.
La FPEEI : une fédération de parents pour défendre et promouvoir les écoles libres
Extrait de la tribune de Marie des Neiges Guillotel, présidente de la Fédération des parents d’élèves des écoles indépendantes (FPEEI), dans l’Homme Nouveau :

Des antifas s’en prennent au sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray la nuit de Pâques
Dans la nuit de Pâques, du samedi 4 au dimanche 5 avril, à Sainte-Anne-d’Auray, de nombreux tracts ont été collés sur le mobilier urbain de la ville et dans le sanctuaire pour dénoncer les violences sexuelles au sein de l’Eglise. Une action revendiquée par les antifas des collectifs Gwened Antifa Crew et Action antifasciste du Pays d’Auray.
Ces faits interviennent après que le recteur de la basilique et du sanctuaire de Sainte-Anne d’Auray, a été suspendu de ses fonctions suite à une plainte pour harcèlement sexuel. L’intéressé nie les faits mais, en attendant l’enquête, le diocèse a décidé de le mettre en retrait.
Les collectifs antifas se prennent pour des justiciers, salissant l’honneur d’un prêtre. L’anticlériclalisme ou la christianophobie, à peine voilée, y compris chez certains catholiques, qui s’auto-investissent d’une mission sur laquelle ils n’ont aucune compétence, pratiquant l’amalgame derrière le terme fourre-tout d'”abus”, transformant une plainte ou un soupçon en une accusation, mélangeant parfois la discipline monastique avec des abus spirituels, ajoutent à la confusion et au scandale et provoquent de nouvelles injustices.
Le diocèse de Vannes a réagi dans un communiqué :
“Nous souhaitons rappeler que le Diocèse de Vannes, à l’instar de la Conférence Episcopale de France, est pleinement engagé pour que l’Eglise soit une maison sûre. Un service diocésain de prévention et d’accompagnement est très actif sur ce sujet.
L’équipe du sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray est particulièrement touchée par cette action violente menée le dimanche de Pâques. Les propriétaires (mairie et association propriétaire) ont décidé de porter plainte pour les dégradations apportées dans leurs espaces”.
Les quatre Evangiles en un seul
Prêtre du diocèse de Montpellier, le père René-Luc a effectué son séminaire à Rome, à l’Angelicum, où il a découvert le père Marie-Joseph Lagrange. Après avoir obtenu une licence de spiritualité à l’Institut Notre-Dame-de-Vie, il exerce un ministère de prédication et de mission dans son diocèse et au-delà. Il vient de publier L’Evangile puissance 4, texte des 4 évangiles fusionnés en un seul. Ce travail avait déjà été réalisé par le chanoine Weber au XIXe siècle et qui remporta un immense succès : plus d’un million d’exemplaires vendus. Son travail avait été salué par les papes Léon XIII et saint Pie X.
A son tour, le père René-Luc propose les quatre Évangiles réunis en un seul, avec une version qui utilise la nouvelle traduction liturgique. Le récit se fonde sur la mise en parallèle des quatre Évangiles du père Marie-Joseph Lagrange, grand exégète dominicain de l’école biblique de Jérusalem.
En outre, l’auteur propose à chaque page, en face d’une page de l’Evangile, des commentaires personnels qui s’enracinent dans les écrits des Pères de l’Église, du père Lagrange et d’exégètes contemporains.
Une bonne façon de méditer la Sainte Ecriture au quotidien.
Rosny-sous-Bois : intrusion et dégradations dans l’église Saint-Laurent, le Jeudi Saint
Communiqué du diocèse de Saint-Denis :
Jeudi 2 avril 2026, l’église Saint-Laurent située au 89 rue du Général Leclerc, à Rosny-sous-Bois (93), a fait l’objet d’une effraction et de dégradations. Le portail a été forcé avec une voiture bélier. Les grosses portes d’entrée ont été fracassées, les lampes arrachées, la porte de la sacristie et son encadrement ont été attaqués à la hache.
Le père Marcel Martinko, curé de la paroisse, a constaté avec consternation les faits à 10h30, en se rendant à l’église pour préparer la célébration du Jeudi Saint prévue le soir même à 19 h. Une douloureuse nouvelle au premier jour du Triduum pascal.
Aucun objet ne semble avoir été dérobé. Mgr Etienne Guillet, évêque de Saint-Denis, a fait part de sa préoccupation face à ces malveillances, alors que le 14 mars dernier, l’église Sainte-Thérèse des Joncherolles de Pierrefitte-sur Seine (Saint-Denis) avait également fait l’objet d’une intrusion.
Une plainte a été déposée.
Euthanasie : Le vote au Sénat approche, voici ce que vous pouvez faire
L’examen du texte au Sénat est repoussé aux 11, 12 et 13 mai. Ce délai est précieux : il nous permet d’agir sans précipitation sur un sujet aussi grave. Mais le danger n’est pas écarté : le texte reste une priorité politique, avec pour objectif une adoption avant l’été.
Noelia avait 25 ans. L’État a organisé sa mort.
Le 26 mars, Noelia Castillo Ramos, une jeune Espagnole de 25 ans, a été euthanasiée après vingt mois de combat judiciaire mené par son père pour tenter d’éviter l’issue fatale. Paraplégique à la suite d’une tentative de suicide, souffrant de troubles psychiatriques, elle avait confié dans sa dernière interview publique : “J’ai toujours eu le sentiment d’être seule.” L’État, qui avait failli à la protéger et à la soigner, a réussi à organiser sa mort.
Les partisans du texte français s’empressent de dire que cela ne pourrait pas arriver ici. Mais des parlementaires, des psychiatres et des associations de personnes handicapées alertent : les critères du texte en débat sont suffisamment flous pour que la France suive le même chemin.
Son histoire n’est pas un cas isolé espagnol. C’est un avertissement.
Le moment n’a jamais été aussi peu favorable à ce texte
Dans un contexte de crise budgétaire, économique et géopolitique, légaliser l’euthanasie est moins que jamais une priorité pour les Français. Mais sans mobilisation, le texte passera quand même.
Nous sommes 150 000. Doublez ce chiffre !
La pétition “Stop-Euthanasie : Ne Nous Laissons Pas Abattre !” approche 150 000 signataires, un record sur ce sujet. Des parlementaires nous ont confié que cette mobilisation les aide à convaincre leurs collègues encore indécis. Si chacun des signataires convainc une seule personne, nous atteignons 300 000.
✍️ Agissez maintenant
👉 https://www.stop-euthanasie.fr
👉 Partagez autour de vous
L’euthanasie et le suicide assisté ne doivent pas être légalisés en France. Merci de rester mobilisés, plus que jamais.
26 avril : Marche pour la vie à Lyon
L’examen en deuxième lecture de la réforme de la fin de vie par le Sénat, initialement prévu le 1er avril, est reporté au mois de mai.
Si ce report de dernière minute ne signifie pas que le projet de loi est mis de côté, cela nous donne encore du temps pour faire entendre nos voix ! Il est en effet de notre devoir d’exprimer notre désaccord profond avec cette proposition de loi en allant rencontrer nos députés dans leur permanence, mais aussi en venant manifester publiquement dans la rue, à Lyon le 26 avril à la Marche pour la Vie locale !
Pourquoi marcher (encore et encore) pour la vie ?
Si manifester n’a certes pas fait changer le cours de l’histoire ces précédentes années, cela a cependant permis non seulement de délivrer un témoignage public, mais aussi de changer des cœurs de personnes que nous avons pu rencontrer le long du parcours. Oui, témoigner notre attachement à la vie fragile, naissante ou touchant à son terme, c’est montrer au monde entier qu’il existe une autre voie que celle de l’abandon : la voie de l’entraide.
Nous est-il permis de nous plaindre que des lois passent, si derrière nous ne nous engageons pas au service de la vie ?
Nous est-il permis de nous étonner que des députés fassent voter des lois mortifères, si face à eux ne s’élève aucune voix pour leur faire obstacle ?
Nous est-il permis de critiquer ces politiques, ces promoteurs de l’euthanasie comme de l’avortement, si nous, nous nous taisons ?
Le 26 avril, les Lyonnais et les sudistes ont cette occasion de se mobiliser localement.
Chers amis, la Marche pour la vie de Lyon compte sur votre présence et votre soutien.
Et si la résurrection de Jésus n’était pas seulement une croyance… mais un fait historique ?
Dans cette vidéo, Matthieu Lavagna analyse la résurrection du Christ comme le ferait un historien, en s’appuyant sur des critères rigoureux utilisés pour étudier les événements de l’Antiquité. Pas besoin de foi ici. Seulement des faits. Et une question : quelle est la meilleure explication ?
Au programme :
- La mort de Jésus (confirmée par des sources non chrétiennes)
- Le tombeau vide
- Les apparitions à des centaines de témoins
- Le retournement total des apôtres
- La conversion de Paul et de Jacques
Ces éléments sont reconnus par une large majorité d’historiens, y compris sceptiques.
Une enquête rationnelle
Hallucination, complot, erreur, survie à la croix… ….Ou résurrection réelle ? Laquelle explique tous les faits sans exception ?
- 00:00 Introduction : La résurrection est-elle un fait historique ?
- 01:28 Les 5 faits historiques reconnus
- 02:14 Fait n°1 : La mort de Jésus sur la croix
- 03:08 Fait n°2 : L’ensevelissement dans le tombeau
- 07:22 Fait n°3 : La découverte du tombeau vide par les femmes
- 11:40 Fait n°4 : Les apparitions de Jésus vivant
- 17:51 Fait n°5 : Le changement radical des disciples et le martyre
- 24:43 Analyse des hypothèses explicatives
- 26:06 Pourquoi le corps ne peut pas avoir été volé par les disciples
- 27:57 Pourquoi les ennemis n’auraient pas volé le corps
- 28:38 Réfutation de l’hypothèse des pilleurs de tombe
- 30:08 Pourquoi Jésus n’a pas pu survivre à la croix
- 33:35 L’hypothèse de l’erreur de tombeau est-elle crédible ?
- 35:10 Explication des récits d’apparition
- 36:45 Pourquoi la théorie du complot ne tient pas
- 37:53 Réfutation de l’hallucination collective
- 41:17 L’hypothèse de la mauvaise identification (le frère jumeau)
- 45:45 Conclusion : La résurrection, meilleure explication historique
- 47:06 Le témoignage de l’expert juridique Sir Lionel Luckhoo
L’ombre douce et le silence des agneaux: Plaidoyer contre l’anesthésie collective face à la fin de vie
« Le danger n’est pas la loi, c’est le soulagement qu’elle procure à ceux qui restent. »
Sergyl Lafont.
On nous murmure que la passivité est une sagesse, une sorte de politesse faite au progrès. C’est un mensonge de velours. En réalité, rien n’est plus addictif que ce lent glissement vers l’absence. On s’habitue au silence comme on s’habitue à une pénombre : au début, on plisse les yeux, puis on finit par croire que l’obscurité est la couleur naturelle du monde.
La proposition de loi portée par Olivier Falorni, qui vise à légaliser une aide active à mourir sous certaines conditions, s’avance précisément dans ce clair-obscur de nos consciences. Elle ne surgit pas dans un désert moral : elle arrive dans une société fatiguée, inquiète devant la souffrance, et tentée de confondre soulagement et solution.
Personne ne peut regarder sans trembler certaines douleurs extrêmes. Personne ne peut juger trop vite ceux qui demandent à partir. Dans une chambre d’hôpital, quand la fatigue devient plus lourde que les mots, la question de mourir n’est jamais une théorie. Elle est un vertige.
Mais c’est justement parce que cette question est tragique qu’elle engage toute la société.
Le paradoxe du « choix »
Sous le mot superbe d’« autonomie », se cache parfois une réalité plus rugueuse. Pour le fort, le bien-portant, le maître de son destin, le choix est une bannière. Mais pour le fragile ? Pour celui dont le corps s’effrite et dont la voix tremble ?
Dans une société qui a divinisé la performance et la rentabilité, l’autonomie peut devenir une injonction silencieuse. Elle risque de se transformer en un message implicite adressé aux plus vulnérables : puisque vous ne pouvez plus courir, pourquoi encombrer le chemin ?
Ce n’est pas la liberté qui menace alors. C’est la solitude.
La dignité n’est pas une île
On nous présente cette évolution comme l’ultime liberté. Mais la liberté sans la fraternité n’est qu’un abandon.
Le risque n’est pas seulement le geste autorisé.
Le risque est l’absence de regard.
Le danger n’est pas la loi elle-même.
Le danger est le soulagement qu’elle procure à ceux qui restent.
Une civilisation ne se juge pas seulement à sa capacité d’ouvrir des issues. Elle se mesure à sa force pour rendre le séjour supportable, même dans l’épreuve. Elle se reconnaît à la manière dont elle entoure ceux qui vacillent.
La tentation du moindre effort moral
Il est si tentant de se dire : « La loi est là, le cadre est fixé, je peux dormir tranquille. »
C’est là que commence l’anesthésie collective.
Peu à peu, nous risquons de déléguer notre compassion à un protocole chimique. De transformer le mystère de la fin en procédure administrative. D’évacuer la fragilité plutôt que de la porter ensemble.
Sortir de cette torpeur, ce n’est pas brandir des pancartes. C’est accepter d’être dérangés par la vulnérabilité d’autrui. C’est refuser la propreté clinique d’une solution qui dispense de présence.
Le réveil commence par un refus : refuser de croire que la compassion puisse se résumer à une issue de secours.
La vraie politesse de l’esprit, c’est l’attention. Et l’attention est le contraire exact de cette passivité douce qui nous berce.
Ne laissons pas le silence des lois couvrir le murmure des fragiles. 🕊️
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“Benoît XVI estimait que la crise actuelle de nos sociétés n’est pas d’abord une crise morale, mais une crise de la vérité”
L’Académie des Sciences morales et politiques s’est réunie en séance solennelle le 30 mars sous la coupole pour la cérémonie d’installation de Sa Sainteté le Patriarche œcuménique Bartholomée Ier, comme membre associé étranger au fauteuil laissé vacant par le décès du Cardinal Joseph Ratzinger, Sa Sainteté le Pape Benoît XVI (1927 – 2022). Le Cardinal Joseph Ratzinger avait été élu membre associé étranger le 13 janvier 1992 au fauteuil laissé vacant par le décès d’Andreï Sakharov.
Extrait du Discours de Bartholomée Ier, Patriarche œcuménique de Constantinople :
[…] Cependant, aucune de ces joies ne saurait égaler celle qui nous est offerte de rendre hommage à notre prédécesseur sur ce siège, le vénérable pape Benoît XVI, de bienheureuse mémoire.
[…] Le pape Benoît XVI a témoigné de manière singulière que la foi et la raison ne s’opposent pas, mais se soutiennent et s’éclairent mutuellement. Dans sa trilogie Jésus de Nazareth, il a proposé une lecture christocentrique de l’Écriture, ouvrant un chemin où recherche scientifique et foi ne s’excluent pas, mais se rencontrent.
Son œuvre théologique, à la fois biblique et patristique, est entièrement orientée vers cette conviction fondamentale qu’il n’a cessé de rappeler : la vérité n’est pas une idée abstraite, mais une personne — le Christ lui-même, « le chemin, la vérité et la vie ». Dans la fidélité à l’héritage commun des Pères de l’Église d’Orient et d’Occident, il affirmait que le Verbe incarné constitue le principe d’intelligibilité du monde et de l’histoire.
C’est pourquoi Benoît XVI estimait que la crise actuelle de nos sociétés n’est pas d’abord une crise morale, mais une crise de la vérité. Son analyse du relativisme touchait à l’anthropologie et à l’épistémologie : lorsque la vérité est réduite à une construction arbitraire, la foi elle-même se réduit à une expérience subjective. Sa réponse reposait sur une ontologie du Logos, comme rencontre historique entre la révélation divine et la raison humaine, élevée, transformée et accomplie par l’Incarnation. Sur le plan scientifique, cela le conduisit à refuser toute tentative de « déhellénisation » du christianisme et à souligner au contraire l’unité profonde entre l’unicité du Dieu biblique et l’être de la pensée grecque. Sur le plan pastoral, il rappelait avec force que la crise spirituelle de notre temps trouve son origine dans l’oubli de Dieu et que la redécouverte de la dimension transcendante de l’existence humaine est une condition essentielle de la dignité de la personne et de la paix du monde.
C’est précisément ici, Mesdames et Messieurs, que sa pensée rejoint de manière remarquable la tradition intellectuelle qui inspire cette Académie et qui a trouvé en France une expression particulièrement significative. Les grandes valeurs issues de la Révolution française — liberté, égalité, fraternité — ne peuvent durablement subsister dans l’abstraction. Elles requièrent un fondement solide qui dépasse le changeant et garantit la dignité inaliénable de la personne humaine.
Sans enracinement dans la vérité, la liberté devient arbitraire, l’égalité se transforme en nivellement et la fraternité en simple exhortation morale sans force unifiante. En ce sens, la pensée de Benoît XVI nous rappelle que ces idéaux trouvent leur fondement ultime non pas seulement dans des conventions sociales, mais dans la vérité de l’homme lui-même, créé à l’image de Dieu et appelé à devenir, par la théosis, reflet du divin dans l’histoire.
Ainsi, la tâche qui vous incombe, à vous, membres de cette Académie, et à laquelle nous nous savons désormais associés, devient une responsabilité éminente : la recherche inlassable d’une vérité qui ne divise pas, mais unit ; qui ne domine pas, mais sert. Car seule une telle vérité peut fonder un ordre juste et ouvrir l’horizon d’un avenir où liberté, égalité et fraternité ne seront pas seulement proclamées, mais réellement vécues.
Benoît XVI. s’est efforcé de mettre fidélité et créativité au service d’une ecclésiologie renouvelée. Déjà comme Joseph Ratzinger, il avait marqué de son empreinte, lors du Concile Vatican II, des textes fondamentaux tels que Lumen Gentium, Dei Verbum et Gaudium et Spes, notamment en ce qui concerne la compréhension de l’Église comme peuple de Dieu, la Révélation comme rencontre vivante entre Dieu et l’homme, ainsi que le dialogue responsable de l’Église avec le monde. Plus tard, en tant que pape, il développa cette vision : dans Deus Caritas Est, il présenta l’Église comme expression de l’amour divin ; dans Spe Salvi, l’espérance comme réponse à la crise de la modernité ; et dans Caritas in Veritate, la nécessité de critères éthiques pour l’économie.
Ce n’est pas un hasard si nous évoquons ici ses discours prononcés en 2008 au Collège des Bernardins à Paris, en 2010 à Westminster Abbey et en 2011 devant le Bundestag allemand. Ces lieux ne représentent pas seulement des nations, mais les dimensions fondamentales de la civilisation européenne : la culture, la politique et le droit. À Paris, il rappela que la culture européenne est née de la quête de Dieu ; à Westminster, il souligna le rôle de la religion dans l’espace public ; à Berlin, il affirma que le droit doit être fondé sur la vérité.
Cependant, cet ensemble ne révèle toute sa profondeur qu’à la lumière de ses racines : Athènes, Rome et Jérusalem. À Jérusalem se manifeste la révélation du Dieu vivant et la dignité de l’homme créé à son image ; à Athènes, la quête de la raison pour la vérité et le sens ; à Rome, l’ordre du droit et de la vie civique. Dans la rencontre de ces trois héritages, Benoît XVI reconnaissait l’origine la plus profonde de l’Europe : l’unité de la foi, de la raison et du droit.
Permettez-nous toutefois d’ajouter que ce tableau demeure incomplet sans Constantinople, la « Nouvelle Rome ». C’est là que la tradition patristique a été conservée et transmise de manière vivante — une tradition qui a profondément marqué la pensée de Benoît XVI. Dans ses catéchèses sur les Pères de l’Église, il a mis en lumière de façon particulière l’actualité durable des Pères cappadociens et de saint Jean Chrysostome, chez qui se conjuguent la vérité de la foi, la profondeur liturgique et la responsabilité envers l’homme.
Dans cette tradition vivante, nous nous tenons nous-mêmes, en tant que successeurs de saint Jean Chrysostome sur le trône de Constantinople. Son témoignage nous rappelle que la liturgie ne peut jamais être séparée du souci du prochain et que la vérité se vérifie dans l’unité de l’adoration et de la charité agissante. Nous nous souvenons avec gratitude de la restitution de ses reliques en 2004 de Rome à Constantinople, signe spirituel de réconciliation entre nos Églises.
Les Pères cappadociens, en particulier saint Basile le Grand, ont montré que la connaissance de Dieu est inséparable de la responsabilité envers le prochain. Ainsi, Constantinople devient un lieu où se manifeste l’unité de la vérité, de la liturgie et de la responsabilité sociale — une unité essentielle pour l’équilibre spirituel de l’Europe.
Dans ce contexte, nous ne pouvons passer sous silence une dimension qui nous est particulièrement chère et dans laquelle nous nous sentions profondément unis à notre vénéré frère Benoît XVI : la responsabilité de l’homme envers la création. La crise écologique de notre temps n’est pas seulement une question technique, politique ou économique, mais, en son cœur, une crise spirituelle — une crise de la relation entre l’homme, le monde et Dieu.
Nous avons souvent souligné que toute atteinte à l’environnement naturel constitue en même temps une atteinte à l’ordre de la création divine. Lors de notre intervention, à l’invitation de Benoît XVI, dans la chapelle Sixtine en 2008, nous avons rappelé que l’homme ne doit pas considérer le monde comme un simple objet à sa disposition, mais comme un don, comme un sacrement de la présence de Dieu. Lorsque cette attitude eucharistique disparaît, le monde cesse d’être un lieu d’action de grâce pour devenir un champ d’exploitation.
Bien qu’il ait rejeté toute instrumentalisation idéologique de la foi, Benoît XVI n’a jamais renoncé à dialoguer avec le monde sur les questions éthiques et politiques, dans un esprit qui ne cherchait pas à imposer, mais à témoigner de l’amour du Créateur pour sa créature. Cela ne l’empêchait pas d’exprimer avec lucidité la gravité de la situation contemporaine.
Dans un dialogue avec Jürgen Habermas en 2004, il constatait avec inquiétude l’érosion de l’universalité à laquelle avaient contribué « les deux grandes cultures de l’Occident : la foi chrétienne et la rationalité séculière ».
Que dirait-il aujourd’hui face au désordre croissant de l’ordre international ? Il nous rappellerait sans doute que la crise est d’abord de nature théologique. Que l’obscurcissement du Dieu vivant et la disparition de son icône — remplacée par le vide, le masque ou l’idole — privent l’homme de la dynamique de son être à l’image de Dieu, accentuent la fragilité de son existence, affaiblissent sa capacité de conversion et approfondissent en lui le vertige du nihilisme. Car sans vérité, la liberté se dissout.
Cette intuition appelle aujourd’hui une réflexion renouvelée, à l’heure où la question de la vérité se pose dans le contexte d’une transformation technologique sans précédent. Dans un monde où l’intelligence artificielle intervient de plus en plus dans les processus de connaissance et de décision, la tentation est grande de réduire la vérité à la fonctionnalité ou au calcul.
Or, la vérité de l’homme dépasse l’algorithmique. Elle est relation, révélation et sens. Lorsque la vérité est réduite à un produit technique, l’homme lui-même risque de devenir objet. Ici encore, l’avertissement de Benoît XVI conserve toute son actualité : une raison privée de vérité perd son orientation, et une liberté sans vérité se détruit elle-même.
Nous sommes donc appelés à unir le progrès technique à une responsabilité renouvelée envers la vérité — une vérité qui ne se fabrique pas, mais se reçoit ; qui ne se domine pas, mais se cherche ; et qui ne remplace pas l’homme, mais le confirme dans sa dignité.
Ainsi, la mission qui nous est confiée par cette Académie prend aussi une dimension profondément personnelle. Ce que nous avons tenté d’exprimer conceptuellement, nous l’avons vécu dans la rencontre avec lui. Nous gardons le souvenir lumineux d’une fraternité fondée sur le respect, la confiance et le désir sincère d’avancer sur le chemin du dialogue entre Rome et Constantinople.
Nous nous souvenons en particulier de l’année 2006, lorsque, dans le contexte délicat qui suivit le discours de Ratisbonne, le pape Benoît XVI se rendit à Istanbul. Si ce voyage fut perçu comme un geste envers le monde musulman, il s’inscrivait aussi dans la tradition ecclésiale des rencontres fraternelles entre Rome et Constantinople.
Nous avons eu la joie de l’accueillir au Phanar le 30 novembre. Ce fut un jour d’une grande densité spirituelle : prière commune, échange du baiser de paix, et engagement renouvelé à poursuivre le chemin ouvert par Paul VI et Athénagoras.
Joseph Ratzinger a su unir, d’une manière rare, intelligence et spiritualité, fidélité et ouverture, clarté et humilité. Sa vie est devenue un témoignage de l’unité entre théologie et prière, vérité et amour.
Son héritage demeure avant tout l’amour de la vérité — une vérité qui unit, transforme et éclaire. Son œuvre continuera de porter du fruit, même si sa voix et sa présence nous manquent.
Mais nous croyons qu’une vie vécue dans la vérité ne s’éteint pas dans le silence, mais se prolonge dans la lumière, dans la prière des fidèles et dans l’espérance.
C’est aussi la responsabilité liée à ce siège qui nous est confié: poursuivre ce dialogue dans l’esprit de vérité et d’amour, au service de l’unité de l’Église et de la paix du monde.
Permettez-moi, avant de prendre place, de saluer notre frère Benoît selon la tradition byzantine :
Αἰωνία σου ἡ μνήμη, ἅγιε Ἀδελφέ,
«Que ta mémoire soit éternelle, saint frère !»
