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La Suède et le Danemark autorisent la remigration. En Italie, c’est un sujet tabou

De Luca Volontè :

En Italie, le débat sur la remigration est devenu tabou, voire une source de culpabilité indélébile pour quiconque défend sa nécessité rationnelle. Il n’en va pas de même dans les pays scandinaves : dans ces « défenseurs des droits civiques », aussi vantés que surfaits, des lois sont adoptées en la matière, bien plus rigides et discrétionnaires que les propositions italiennes.

Le 15 juin, la Suède a notamment adopté une loi sur la « bonne conduite » visant à expulser les immigrés ayant un comportement inapproprié. Le texte a été adopté de justesse, à deux voix près (174 contre 172), révélant de profondes divisions au sein du Parlement. Des « défenseurs professionnels des droits humains » dénoncent un « climat de peur généralisé » et des « atteintes à la santé physique et mentale » des migrants les plus démunis, oubliant que ceux qui respectent les règles du pays scandinave et sont bien intégrés n’ont rien à craindre de cette nouvelle réglementation. La loi autorise les autorités à révoquer les permis de séjour des immigrés en cas de mauvaise conduite, comme des dettes impayées, un travail non déclaré ou des liens avec des organisations extrémistes.

Cette loi, qui concerne aussi bien les titulaires de permis de séjour en cours d’examen que ceux déjà accordés, s’inscrit dans un durcissement plus large des règles d’immigration entrepris par le gouvernement de centre-droit et son allié parlementaire, le parti nationaliste de droite des Démocrates de Suède, à l’approche des élections législatives de septembre. Le gouvernement suédois a déjà annoncé la nécessité de prendre des mesures supplémentaires pour garantir le rapatriement dans leur pays d’origine des personnes en situation irrégulière. Cette nouvelle loi a été critiquée par l’opposition socialiste, qui a gouverné le pays pendant 60 ans, et par les organisations de défense des droits humains car, selon elles, « la loi sur la bonne conduite laisse planer l’incertitude quant aux actions ou expressions qui peuvent leur être imputées », portant ainsi atteinte à « l’État de droit et au principe d’égalité devant la loi ». La loi ne précise pas quels comportements sont considérés comme inacceptables ; le gouvernement publiera un décret administratif à ce sujet, mais a déjà indiqué que les dettes impayées, le non-paiement des impôts, les casiers judiciaires et les liens avec des organisations extrémistes seront concernés. « Quiconque n’est pas déterminé à agir de manière responsable et à respecter les règles ne devrait pas être autorisé à rester », a déclaré le ministre de l’Immigration, Johan Forssell, lors de la présentation de la nouvelle réglementation en mars dernier. Il convient de rappeler qu’à compter du 1er janvier 2026, le gouvernement suédois a considérablement augmenté les aides financières destinées aux ressortissants de pays tiers (y compris les réfugiés) résidant légalement en Suède et qui décident de retourner définitivement dans leur pays d’origine.

Par ailleurs, conformément aux nouvelles règles , à compter du 12 juillet, les demandeurs d’asile et certaines autres catégories de migrants ne se verront accorder que des permis de séjour temporaires. L’aide s’élève à un maximum de 350 000 SEK (environ 32 000 €) par adulte et de 25 000 SEK par enfant, avec un maximum de 600 000 SEK par famille.

Mais la Suède n’est pas la seule concernée. Le gouvernement danois promeut une importante réforme législative visant à faciliter l’expulsion des ressortissants étrangers condamnés à au moins un an de prison pour des crimes graves, à condition que la peine soit « irrévocable ». Autrement dit, les personnes bénéficiant d’un sursis ou d’une assignation à résidence pour des délits mineurs seraient vraisemblablement exclues du champ d’application de cette nouvelle loi. La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, socialiste, a annoncé que cette mesure entrera en vigueur dans les prochaines semaines et concernera tous les ressortissants étrangers présents au Danemark, quels que soient leur origine et leur pays d’origine. Elle a souligné que cette loi vise à lutter contre les actes de violence tels que les agressions graves et les agressions sexuelles. En Scandinavie, aucun parti politique (centre-droit, droite, libéral, gauche ou socialiste) ne peut empêcher un débat franc sur la réimmigration, tout comme il n’y a jamais eu de clivage radical sur les différentes lois et les aides à la parentalité et aux familles.

En Italie, c’est tout le contraire : quiconque évoque la remigration est stigmatisé à vie, étiqueté au minimum comme fasciste et islamophobe. Pourtant, à y regarder de plus près, une proposition de loi d’initiative populaire sur la « remigration et la promotion de la natalité » a été présentée au ministère de la Justice le 30 janvier et a déjà recueilli plus de 130 000 signatures. Ce texte est plus constructif que ceux de la Suède et du Danemark et « prévoit des mesures plus efficaces pour lutter contre l’immigration irrégulière, la traite des êtres humains et l’exploitation du travail, grâce à des sanctions pénales et financières plus sévères, une augmentation des expulsions et des rapatriements, ainsi que des dispositions spécifiques pour les étrangers condamnés pour des crimes graves, y compris la révocation de la nationalité acquise par naturalisation dans les cas prévus ». Il s’agit d’une proposition louable, nullement discriminatoire, d’autant plus qu’elle prévoit de nouvelles mesures pour encourager la natalité par le biais d’un « Fonds pour la natalité italienne » (article 17). Sur ces questions également, se libérer des catégories étroites de la rectitude politique imposées par la gauche serait extrêmement bénéfique pour le pays et pour la coalition au pouvoir elle-même.

Protection des mineurs face à la pornographie : la CJUE lève un obstacle juridique majeur

Communiqué de Juristes pour l’enfance :

Le droit français, protecteur des mineurs contre l’exposition à la pornographie, est-il applicable aux sites pornographiques établis dans un autre État membre de l’Union européenne mais diffusant leur contenu sur le territoire français ? 

C’est par l’affirmative que la Cour de justice européenne (CJU) vient de répondre à cette question dans un arrêt très attendu rendu ce mardi 16 juin 2026 dans l’affaire WebGroup Czech Republic et NKL Associates.

Dans cette affaire, le Conseil d’État avait saisi la CJUE en mars 2024 (dans le cadre d’un renvoi préjudiciel) afin de déterminer si la France est en droit d’imposer ses règles de protection des mineurs à des sites internet pornographiques établis dans un autre État membre, mais accessibles depuis son territoire, lorsque ces sites ne garantissent pas un niveau de protection des mineurs contre l’exposition à des contenus pornographiques équivalent à celui prévu par le droit français: il s’agit notamment d’imposer à ces sites la vérification de l’âge via le dispositif sécurisé dit du « double anonymat ».

Étaient en cause des sites pornographiques établis en République tchèque qui contestaient la possibilité de se voir imposer la réglementation française interdisant l’exposition des mineurs à des contenus pornographiques. À l’appui de leur recours, ces derniers invoquaient le droit de l’Union européenne, et plus particulièrement le principe du « pays d’origine », selon lequel un prestataire de services en ligne est en principe soumis à la législation de l’État membre dans lequel il est établi, hormis quelques exceptions prévues par la Directive 2000/3 dite « e-commerce », notamment en matière de protection des mineurs.

La Cour considère qu’ “une mesure nationale imposant, au prestataire d’un service donné, la mise en place d’un système de vérification de l’âge des utilisateurs des sites pornographiques doit être considérée comme étant proportionnée à l’objectif de protection des mineurs et de la dignité humaine” (Considérant 94).

Selon la Cour, la Directive e-commerce ne s’oppose pas à ce qu’un État membre prévoie des mesures visant à obliger les prestataires d’un service donné, établis dans d’autres États membres, à mettre en place un système de vérification d’âge des utilisateurs des sites pornographiques, lorsque ces prestataires n’ont pas pris les mesures appropriées visées à l’article 28 ter de la directive 2010/13/UE du Parlement européen et du Conseil, du 10 mars 2010 appelée « Services de médias audiovisuels », à savoir mettre en place et utiliser des systèmes permettant de vérifier l’âge des utilisateurs des plateformes de partage de vidéos en ce qui concerne les contenus susceptibles de nuire à l’épanouissement physique, mental ou moral des mineurs.

La Cour ajoute que, si la libre circulation et la liberté d’entreprise sont des principes fondamentaux, l’intérêt supérieur de l’enfant et la dignité humaine (consacré par la Charte des droits fondamentaux de l’UE) confèrent aux États une légitimité forte pour agir, à condition de cibler individuellement les acteurs récalcitrants.

Par conséquent, l’Arcom conserve son droit d’agir par le biais de notifications individuelles et d’engager la procédure de blocage ou de déréférencement d’une plateforme pornographique récalcitrante, qu’elle soit située sur le territoire national, au sein de l’Union européenne ou ailleurs dans le monde.

Pour Aude Mirkovic, Présidente de Juristes pour l’enfance, « La décision de la CJUE, qui reconnaît l’application, à des sites établis dans des États membres de l’UE, du dispositif français de protection des mineurs contre l’exposition aux contenus pornographiques, constitue une avancée importante et mérite d’être saluée.

Comme notre association le fait depuis des années, la Cour établit un lien explicite entre l’exposition des mineurs à la pornographie et l’atteinte à la dignité de la personne humaine. Il appartient désormais à l’Arcom de poursuivre et de renforcer son action de contrôle afin de garantir le respect effectif de ces obligations de vérification de l’âge par les sites diffusant des contenus pornographiques accessibles depuis le territoire français.

Missionnaires catholiques à travers le monde

Deuxième partie du reportage Traditio sur l’oeuvre missionnaire de la FSSPX :

Allemagne : passé à tabac par la police pour avoir tenté d’organiser une marche avec une croix

Robert Bąkiewicz, dont nous évoquions hier la condamnation pour avoir défendu une église contre des féministes, a été violemment passé à tabac par la police allemande à Berlin pour avoir tenté d’organiser une marche avec une croix afin de prier pour les 6 millions de victimes polonaises de la Seconde Guerre mondiale déclenchée par les Allemands.

Robert Bąkiewicz a été passé à tabac, interpellé, puis transporté à l’hôpital. Des images de cette intervention brutale de la police allemande ont notamment été diffusées par la plus grande chaîne d’information polonaise, REPUBLIKA :

Mobilisation le 22 juin contre l’euthanasie et le suicide assisté

Avec Alliance Vita :

À l’occasion de l’examen en troisième lecture à l’Assemblée nationale de la proposition de loi sur l’euthanasie et le suicide assisté, Alliance VITA organise une mobilisation nationale le lundi 22 juin 2026 à Paris et dans toute la France.

À Paris, un rassemblement se tiendra à proximité immédiate de l’Assemblée nationale, au moment même de la reprise des débats parlementaires.

Cette mobilisation s’inscrit dans la campagne : « Nos mourants ne sont pas des encombrants » Elle réunira autour d’une scénographie symbolique tous ceux qui partagent la conviction qu’aucune vie n’est de trop.

Choisir sa ville

Ruptures de couple : une étude OpinionWay pour les AFC montre qu’une séparation sur trois aurait pu être évitée

Les Associations Familiales Catholiques (AFC) publient une enquête réalisée par OpinionWay auprès de 1 013 Français âgés de 30 à 49 ans ayant vécu une rupture de couple au cours des dix dernières années. L’étude met en lumière les causes des séparations et montre qu’une part importante d’entre elles pourraient être prévenues.

Parmi les personnes interrogées, 18 % étaient mariées, 15 % pacsées et 67 % vivaient en union libre. Un tiers avaient au moins un enfant. La durée médiane de la relation était de cinq ans.

La première cause de séparation réside dans la différence de projets de vie et de valeurs. Viennent ensuite les difficultés liées au caractère du conjoint, la déception vis-à-vis du partenaire et l’usure du temps. L’infidélité n’arrive qu’en sixième position.

La communication ressort comme un enjeu majeur. Près des trois quarts des répondants jugent qu’elle était insatisfaisante dans les mois précédant leur séparation. Avec le recul, 22 % considèrent qu’une meilleure communication aurait constitué le premier moyen de prévenir leur rupture.

Plus largement, 34 % des personnes interrogées reconnaissent que leur propre séparation aurait pu être évitée. Et 76 % se déclarent favorables à des mesures de préparation ou d’accompagnement des couples.

Pour les AFC, ces résultats révèlent que les couples se forment parfois trop rapidement, sans avoir suffisamment échangé sur leurs attentes respectives. 77 % des personnes interrogées estiment ainsi que les séparations pourraient être évitées si les partenaires prenaient davantage de temps pour se connaître avant de s’engager.

« L’histoire d’une séparation est souvent celle d’un échec qui aurait parfois pu être évité. Prévenir les ruptures, c’est permettre aux couples de mieux se connaître, mieux communiquer et traverser les difficultés », soulignent les AFC.

Les AFC proposent trois mesures :

  • une préparation à la vie de couple en mairie lors du mariage, du PACS ou d’une demande de certificat de vie commune, incluant une formation à la communication et à la résolution des conflits ;
  • le remboursement par les CAF des séances de conseil conjugal afin d’encourager un accompagnement plus précoce ;
  • enfin, une meilleure différenciation entre mariage, PACS et union libre, pour montrer que les régimes comportant davantage de devoirs ouvrent également davantage de droits.

Pour les AFC, une telle politique de prévention est devenue un enjeu de bientraitance intrafamiliale et de paix sociale.

Baudouin, un roi face aux crises de son temps : les révélation des archives inédites

« Le roi Baudouin était un homme d’espérance. Il puisait sa force dans une foi profonde », le roi Philippe.

Le roi Baudouin de Belgique 1930-1993, par la longueur exceptionnelle de son règne, a été un acteur et un témoin privilégié des bouleversements politiques et sociaux de la seconde moitié du XX° siècle. A travers son histoire, ce livre raconte celle de l’Europe et du monde, de l’immédiat avant-guerre à la chute du mur de Berlin, en passant par la décolonisation et la construction européenne.

Grâce à l’accès aux archives personnelles du roi Baudouin jusque-là inédites, à de nombreuses autres archives et à des témoignages de première main, cet ouvrage livre de nombreuses révélations et lève des zones d’ombre, depuis son enfance, marquée par la guerre et la souffrance, jusqu’aux circonstances exactes de son décès brutal.

Comment le roi a-t-il vraiment rencontré la reine Fabiola ? Pourquoi les conclusions de l’affaire Lumumba, doivent-elles être fondamentalement revues ? Quels liens entretenait-il avec les dirigeants de son temps, tels De Gaulle, Habyarimana, Franco, Reagan, Mobutu, Sadate, Gorbatchev, Bush, Elizabeth II, Juan Carlos, le Shah d’Iran, les présidents chinois, l’empereur du Japon, Mitterrand ou Jean-Paul II ?

Comment a-t-il vécu les semaines qui ont précédé sa décision de ne pas cautionner la loi sur l’avortement ? C’est un chapitre touchant que celui-ci : « Belges, il n’y a plus de roi ! ». Il est des moments dans la vie où le plus difficile n’est pas de faire son devoir, mais de savoir où il est.

Comment a-t-il pesé dans le dénouement de la “grève du siècle” de 1960 ou dans les débats institutionnels belges ? Pourquoi des centaines de milliers de belges lui ont-ils rendu hommage avant ses funérailles grandioses rassemblant des dirigeants venus du monde entier ?

Finalement qui était l’homme derrière le roi ? « Ce grand roi aura continûment incarné les vertus auxquelles notre peuple dans ses meilleurs moments aspire. Il ne les aura pas seulement rappelées, conseillées, il les aura vécues de façon exemplaire. Et si tant de reconnaissance déferle maintenant – en 1993 – c’est que le roi Baudouin a, sans cesse, avec simplicité et persévérance, aidé notre peuple à mieux être ». F.X. de Donnea, le 15 décembre 1996, ancien premier ministre.

L’auteur, Vincent Dujardin est professeur ordinaire à l’Université catholique de Louvain et professeur invité à l’université de Strasbourg. Il a également enseigné à la KU Leuven et à l’université Jagellonne de Cracovie. Son travail porte sur l’histoire politique belge, l’intégration européenne et les relations internationales. Fruit d’une enquête menée durant vingt ans à traves la Belgique, l’Europe ou les Etats-Unis, cet ouvrage propose une immersion au coeur des secrets d’un règne d’exception.

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Baudouin un roi face aux crises de son temps, Vincent Dujardin, Editions Mame, 800 pages, 30€.

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Réaction du pape Léon XIV sur les sacres de la FSSPX

Interrogé par un journaliste devant la Villa Barberini à Castel Gandolfo, le 16 juin, le pape Léon XIV a déclaré :

« Nous les avons invités, et j’envisage encore de leur adresser un nouvel appel, pour leur dire : “Ne faites pas cela. Essayons de vivre la communion dans l’Église.” Mais c’est leur choix. Ils doivent comprendre ce que cela signifie pour eux-mêmes et pour l’Église ». « Assurément, la division entre les chrétiens est toujours une réalité douloureuse ». « Mais ils refusent d’accepter certains éléments fondamentaux de l’Église, à commencer par plusieurs points du concile Vatican II. Et s’ils font ce choix, je le regrette. Mais nous devons avancer. »

Louis XVIII, un roi méconnu

Deux siècles après sa mort, le roi Louis XVIII (1757-1814-1824) reste méconnu. Dans un ouvrage collectif voulant montrer que ce règne a voulu allier restauration et modernité, Jean-François BELHOSTE, Arnaud BELLAMY-BROWN, Jean-Paul CLÉMENT, François de COUSTIN, Francis DEMIER, Alain LAQUIÈZE, Jean-Michel LENIAUD, Catherine MASSIP, Pierre MICHON, Martin MOTTE, Eric PEUCHOT reviennent sur ces dix années durant lesquelles le frère de Louis XVI, héritant d’un royaume sous occupation étrangère, tente de redonner à la France sa place dans le concert des nations par une diplomatie et une marine renouvelée. Il reconstitue l’économie, qui avait durablement souffert durant l’anarchie révolutionnaire et les guerres napoléoniennes. L’ouvrage se penche aussi sur les arts, du néoclassicisme au romantisme, qui connaissent, dans une France apaisée, une période particulièrement féconde.

L’ouvrage est préfacé par le prince Louis de Bourbon.

 

Quand l’homélie de France Culture court-circuite le texte sacré

Dimanche 14 juin, les auditeurs de la messe radiodiffusée sur France Culture ont pu assister à une homélie assez déconcertante. Le texte du jour, tiré de l’Évangile selon saint Matthieu (10, 5-6), livrait pourtant des consignes claires et sans ambiguïté de la bouche même de Notre-Seigneur à ses Douze apôtres :

« Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païennes et n’entrez dans aucune ville des Samaritains ; allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. »

Face à la dureté et à la spécificité de cet ordre de mission — qui s’inscrit dans le cadre historique et eschatologique précis du salut proposé au peuple élu —, le prédicateur a choisi de faire l’impasse sur toute explication textuelle. Pourtant, dès les premières minutes du sermon, ce passage a été immédiatement instrumentalisé pour justifier un discours sur l’amour universel du Christ.

Comment peut-on, sans sourciller, utiliser un verset de stricte restriction géographique et communautaire pour en faire une justification universaliste ?

Cette approche n’est pas isolée. Elle fait écho aux thèses développées par le Père Benoist de Sinety dans son ouvrage La cause du Christ. Il qualifie de « faussaires » ceux qui passent leur temps à défendre une identité chrétienne ou des réflexes de préservation, affirmant :

« Ne cherchons pas le Christ dans les discours de haine ou les replis identitaires ; il n’y en a pas. Il est là où l’on panse les plaies, là où l’on accueille l’étranger… »

Mais les véritables « faussaires » ne sont-ils pas ceux qui pratiquent le tri sélectif dans les Écritures pour évacuer ce qui dérange le dogme officiel d’amour universel du Christ ? L’Évangile selon saint Matthieu regorge de structures rudes que le dogme officiel tente aujourd’hui d’édulcorer. Pensons à Matthieu 15, 26, face à la Cananéenne : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » Les tentatives des traducteurs modernes pour adoucir le terme en « chiots » ou « petits chiens » n’y changent rien : dans le monde sémitique antique, le mot marque une frontière d’exclusion étanche. Que dire également de la radicalité absolue de saint Luc 14, 26 :

« Si quelqu’un vient à moi, et s’il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants […] il ne peut être mon disciple. »

En refusant d’affronter la réalité littérale et historique du texte, l’Église ouvre la porte aux critiques les plus destructrices pour la foi. Les historiens de l’exégèse historico-critique, à l’instar de Simon Claude Mimouni, mettent au jour de telles contradictions. Pour la critique profane, ce grand écart permanent démontre que l’Église a opéré une relecture universelle artificielle pour gommer le nationalisme initial du Jésus de l’histoire.

Nos prêtres doivent cesser d’avoir peur de la sainte rigueur des textes. À force de vouloir lisser l’Évangile pour le rendre compatible avec les valeurs du monde, on finit par vider la Parole de Jésus de sa substance.

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Contre l’euthanasie, l’arme de la prière

Un prêtre ami nous demande de diffuser cette prière qu’il a écrite pour épargner à la France le fléau de l’euthanasie:

Seigneur Jésus, nous avons recours à Vous dans la situation catastrophique que vit notre pays : d’ici quelques semaines risque d’être adoptée une loi autorisant l’euthanasie, ce qui va directement contre Vos lois et menace les plus faibles. Par la miséricorde de Votre Coeur uni à celui de la Vierge Marie que nous prenons comme avocate dans cette situation, nous Vous supplions qu’il n’y ait pas d’ euthanasies dans notre pays.

(Lire la prière si possible chaque jour et faire suivre.)

Michael Gasparro et l’origine de l’homosexualité : quand le désir a une histoire

L’un des grands interdits contemporains consiste à poser une question simple : d’où viennent les attirances homosexuelles ? Non pas pour accuser, humilier ou réduire les personnes concernées à un problème, mais pour refuser un autre réductionnisme, plus moderne et plus puissant encore : celui qui prétend que le désir n’aurait pas d’histoire.

C’est précisément ce que Michael Gasparro, thérapeute américain invité par Lila Rose, remet en question. Il ne parle pas de l’homosexualité comme d’une maladie. Il ne propose pas une formule magique destinée à transformer une personne. Il ne réduit pas non plus toutes les attirances homosexuelles à un seul traumatisme, à un seul type de famille, à une seule blessure. Sa thèse est plus fine, et donc plus dérangeante : certaines attirances, notamment lorsqu’elles sont vécues comme non désirées, douloureuses ou contradictoires avec la foi d’une personne, peuvent être comprises à partir d’une histoire affective, relationnelle et parfois traumatique.

En un mot : le désir n’est pas toujours une identité. Il peut aussi être une mémoire.

Le premier intérêt de Gasparro est de sortir du slogan “born gay”, souvent utilisé comme argument politique définitif. L’idée est simple : si l’on naît ainsi, il n’y a rien à comprendre, rien à interroger, rien à accompagner autrement que par l’acceptation. Or la réalité humaine est rarement aussi plate. Les recherches contemporaines elles-mêmes ne permettent pas de ramener l’orientation sexuelle à un déterminisme génétique unique. Elles indiquent plutôt un enchevêtrement complexe : facteurs biologiques, tempérament, environnement, expériences précoces, attachements, blessures, maturation psychologique.

Gasparro s’inscrit dans cette brèche. Il ne dit pas : “tout est éducatif”. Il ne dit pas non plus : “tout est biologique”. Il dit plutôt : regardons ce qui s’est passé dans la vie d’une personne. Regardons comment elle a appris à habiter son corps. Regardons comment elle a été regardée, reconnue, blessée, sécurisée ou insécurisée. Regardons ce qui a pu être aimé, admiré, craint, idéalisé, puis parfois sexualisé.

C’est ici qu’apparaît l’un des points les plus importants de son approche : certains besoins non comblés peuvent devenir sexualisés. Un besoin d’approbation masculine, de sécurité, de tendresse, d’appartenance, d’admiration ou de reconnaissance peut, dans certaines histoires, prendre une forme érotique. Ce n’est pas une accusation. C’est une hypothèse clinique. Un garçon qui s’est senti exclu du monde masculin, humilié par les autres garçons, étranger à son propre sexe, trop sensible, trop différent ou trop peu confirmé, peut parfois développer une fascination pour ce monde dont il s’est senti privé. L’autre homme devient alors plus qu’un autre : il devient le signe d’une virilité, d’une assurance, d’une beauté ou d’une puissance que le sujet ne se sent pas posséder.

L’attirance homosexuelle, dans cette lecture, n’est pas d’abord un caprice sexuel. Elle peut être la forme érotisée d’une quête d’unité avec ce dont on s’est senti séparé.

Cette phrase est capitale, parce qu’elle permet d’éviter deux erreurs symétriques. La première serait de dire : “tout homosexuel a été traumatisé”. C’est faux, brutal et indéfendable. La seconde serait de dire : “aucune blessure, aucun attachement, aucune expérience précoce ne peut jamais jouer un rôle dans le développement du désir”. C’est tout aussi idéologique. L’homme n’est pas un pur programme biologique. Il est un être de chair, de mémoire, de liens, de blessures, de honte et de consolation.

Gasparro insiste aussi sur l’importance de l’exposition sexuelle précoce et des abus. Là encore, il faut parler avec précision. Il ne s’agit pas de dire que tout abus produit une homosexualité, ni que toute homosexualité vient d’un abus. Il s’agit de reconnaître qu’une expérience sexuelle précoce, surtout lorsqu’elle est imposée, confuse, honteuse ou traumatique, peut profondément marquer l’imaginaire, le corps et les scénarios futurs du désir. Une mémoire sexuelle blessée peut revenir sous forme d’attirance, de compulsion, de répétition ou de trouble intérieur. Refuser d’examiner cette possibilité au nom d’un dogme politique, ce n’est pas protéger les personnes. C’est parfois les empêcher de comprendre leur propre souffrance.

Un autre point intéressant concerne ce que l’on appelle trop vite un “enfant gay”. Gasparro invite à une grande prudence. Un garçon plus sensible, plus doux, moins intéressé par les codes virils classiques, plus artistique, plus proche de sa mère ou moins à l’aise avec les groupes masculins ne doit pas être enfermé dans une prophétie identitaire. Il n’est pas “déjà gay”. Il est d’abord un enfant. Il a besoin d’être accueilli, reflété, sécurisé, et non corrigé avec brutalité ni étiqueté avec empressement.

C’est peut-être l’un des points les plus précieux pastoralement. Beaucoup d’adultes ont cru aider des enfants en les assignant très tôt à une identité sexuelle. D’autres, à l’inverse, ont cru les aider en les humiliant parce qu’ils ne correspondaient pas assez aux attentes de leur sexe. Dans les deux cas, on peut manquer l’enfant réel. Gasparro propose une autre voie : ne pas corriger violemment, ne pas étiqueter idéologiquement, mais refléter. Aider l’enfant à se recevoir lui-même sans honte, dans son corps sexué, dans son tempérament propre, dans sa manière singulière d’être garçon ou fille.

Cette nuance est décisive. Il ne s’agit pas de fabriquer des garçons caricaturalement virils ou des filles caricaturalement féminines. Il s’agit d’éviter que la différence de tempérament devienne une blessure d’appartenance. Un garçon doux n’est pas moins garçon. Une fille vive, combative ou indépendante n’est pas moins fille. La vraie réponse chrétienne n’est pas le stéréotype ; c’est l’intégration.

Le mot “réintégrative” prend alors tout son sens. Il ne s’agit pas de convertir une personne comme on changerait une opinion politique. Il s’agit de réunifier ce qui a été séparé : le corps et l’âme, le désir et la mémoire, le besoin affectif et son expression sexuelle, la blessure et la dignité. La thérapie réintégrative, telle que Gasparro la présente, cherche moins à imposer une conclusion qu’à permettre à la personne de revisiter les lieux intérieurs où certains scénarios se sont formés.

Cette approche choque notre époque parce qu’elle conteste une nouvelle sacralisation du désir. La modernité sexuelle affirme volontiers que chacun doit explorer, déconstruire, transformer, fluidifier son identité. Mais elle devient soudain très rigide lorsqu’une personne souhaite interroger des attirances homosexuelles non désirées. Là, l’exploration devient suspecte. Là, la liberté thérapeutique devient dangereuse. Là, le désir cesse d’être fluide et redevient intangible.

Il y a donc une contradiction profonde. On nous explique que l’identité est partout construite, sauf quand il s’agit de l’orientation sexuelle, qui devrait être reçue comme une essence intouchable. On nous explique que chacun doit être libre de se réinventer, sauf celui qui désire se réconcilier avec son sexe, sa foi, son histoire et une possible orientation différente de sa vie affective.

Pour un regard chrétien, cette contradiction est révélatrice. L’Église ne réduit jamais la personne à son désir. Elle sait que le désir humain est profond, puissant, parfois magnifique, parfois blessé, souvent ambigu. Elle sait aussi que l’homme ne se comprend vraiment qu’à partir de sa vocation à l’amour, et non à partir de la seule intensité de ses attirances. Dire cela n’est pas mépriser ceux qui éprouvent des attirances homosexuelles. C’est refuser de les enfermer dans une catégorie plus petite que leur âme.

Le mérite de Michael Gasparro est de rappeler que certaines souffrances ne peuvent être guéries si l’on interdit d’en chercher l’origine. Certaines personnes ne demandent pas qu’on les confirme dans une identité. Elles demandent qu’on les aide à comprendre pourquoi elles souffrent, pourquoi elles répètent certains scénarios, pourquoi tel désir leur semble à la fois puissant et étranger, pourquoi leur corps paraît parfois parler une langue plus ancienne que leur volonté.

Le débat sur l’origine de l’homosexualité ne devrait donc pas être confisqué par les slogans. Il doit rester ouvert, prudent, humain. Il faut refuser les caricatures : non, toute personne homosexuelle n’est pas un malade ou un traumatisé ; non, toute tentative d’exploration thérapeutique n’est pas une violence ; non, la compassion ne consiste pas toujours à valider immédiatement ce qu’une personne ressent ; non, la liberté ne consiste pas à interdire à certains d’espérer un chemin d’intégration différent.

Le christianisme ne promet pas une vie sans blessures. Il promet que les blessures peuvent devenir des lieux de vérité. C’est peut-être cela que notre époque supporte le moins : l’idée que le désir, lui aussi, puisse avoir besoin d’être sauvé.

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Gloria sort son 40e numéro

Le dossier thématique porte sur saint Pierre, que nous fêterons fin juin.

Le 29 juin, l’Église fête saint Pierre et saint Paul. C’est l’occasion pour Gloria de consacrer un dossier au Prince des Apôtres. (Re)découvrez la vie de saint Pierre, apôtre placé à la tête de l’Église, à partir des Évangiles et des Actes, dans un grand dossier illustré.

Connaissez-vous la chapelle Brancacci (Florence) ? Dédiée à saint Pierre, elle est décorée par trois grands peintres du XVe siècle.

Qu’est-ce que la chaire de saint Pierre ?

Saint-Pierre-et-Miquelon

A commander ici.

La profession intégrale de la Foi et la réception des sacrements suffisent-elles pour demeurer catholique en temps de crise ? (II/II)

Le père Marcelino Constant, qui nous a déjà fait parvenir deux articles sur l’acte de Foi, boussole doctrinale en temps de crise (ici et ), nous propose deux nouveaux articles d’actualité. Le premier a été publié hier. Voici le second :

En quoi consiste le lien d’appartenance à l’Église par la soumission aux pasteurs légitimes ? 

Il reste à déterminer en quoi consiste le lien de soumission aux pasteurs légitimes, nécessaire à l’appartenance à l’Église. Ce lien ne consiste ni en une soumission servile et inconditionnelle aux membres de la hiérarchie, ni en une simple déclaration verbale de reconnaissance de leur autorité.

Il s’agit, en réalité, de la traduction pratique de la foi dans l’autorité du Christ, qu’il a confiée à ceux qui ont reçu légitimement un pouvoir de juridiction — ordinaire ou délégué — sur son Église, rendant ainsi leur mission de prédication et de sanctification véritablement légitime, c’est-à-dire catholique.

Ce lien d’appartenance se manifeste concrètement de deux manières.

D’une part, par l’obéissance aux préceptes légitimes de cette hiérarchie. Il convient toutefois de bien distinguer ce qu’est l’obéissance de ce qu’elle n’est pas.

D’autre part, cette soumission se traduit par la subordination hiérarchique : la réception des sacrements et de la prédication faite au nom de l’Église doit s’effectuer par ses ministres légitimes, c’est-à-dire par ceux qui sont envoyés aux âmes par le Christ, à travers la hiérarchie de son Église, à laquelle il a confié de manière exclusive la mission de sauver les âmes, reçue du Père.

Obéir à ses supérieurs n’implique pas d’être d’accord avec eux

Obéir aux préceptes d’un supérieur n’implique pas nécessairement l’adhésion de l’intelligence aux motifs du précepte ni à ses enseignements, qu’ils soient vrais ou erronés, à moins que l’ordre ne consiste précisément à y adhérer.

Il n’est donc ni incohérent ni hypocrite de se conformer, par la volonté, à un ordre donné en raison de l’autorité reçue de Dieu, tout en demeurant, dans l’intelligence, en désaccord avec ses motifs ou en rejetant d’éventuelles erreurs, notamment lorsqu’elles s’opposent au magistère constant ou infaillible de l’Église.

Ainsi, un moine doit obéir à la consigne de son abbé concernant la méthode de chant grégorien à employer pour instruire ses confrères, même si celle-ci ne lui paraît pas, à juste titre, la plus appropriée. De même, un prêtre ne peut pas refuser la décision de son évêque de le relever de sa charge de curé, même si cette décision lui semble motivée par la jalousie ou si cet évêque enseigne, par ailleurs, ne pas croire en la réalité de la présence réelle sous les espèces consacrées.

Obéir peut impliquer de résister aux abus de pouvoir

Il faut distinguer la désobéissance à un précepte légitime de la résistance à un précepte illégitime, c’est-à-dire à un abus de pouvoir, surtout lorsque cette résistance est nécessaire pour éviter de commettre un péché.

Il y a abus de pouvoir lorsque ce qui est demandé est contraire au précepte d’un supérieur légitime ou à la loi divine, lorsque cela sort du champ d’autorité de celui qui commande, ou encore lorsque le supérieur prétend gouverner des personnes ne relevant pas de son autorité.

En ce qui concerne les supérieurs ecclésiastiques, leur autorité s’exerce dans les domaines de la foi, de la morale, du culte et de tout ce qui est nécessaire au bien de l’Église et concerne les fidèles résidant dans le territoire de la paroisse ou du diocèse dont ils ont reçu la charge.

Dans de tels cas, résister à des abus de pouvoir, même à plusieurs reprises, ne constitue pas un péché contre la vertu d’obéissance. Au contraire, l’obéissance véritable, en tant que vertu, exige d’éviter toute désobéissance à la loi divine ainsi que toute complicité avec le péché d’un supérieur abusant de son autorité, surtout si cette complicité irait à l’encontre du bien commun.

Ainsi, un prêtre pourrait, sans désobéir, estimer devoir refuser de donner la communion dans la main ou continuer à témoigner du Christ et de l’enseignement de l’Église, malgré l’interdiction de son supérieur légitime.

Résister aux abus de pouvoir ne justifie ni la désobéissance habituelle ni l’usurpation de pouvoir

En revanche, la constatation d’abus de pouvoir, même répétés, ne saurait justifier une soustraction habituelle à l’autorité de celui qui en demeure le dépositaire légitime.

À fortiori, de tels abus ne peuvent justifier l’usurpation d’un pouvoir attaché à un office de droit divin ou ecclésiastique, même si cet office est exercé de manière dévoyée. D’autant plus que, dans l’Église, l’autorité de ses ministres découle de sa mission reçue du Christ.

Ainsi, un prêtre diocésain n’est jamais habilité à gouverner son diocèse au seul motif qu’il constaterait des abus de pouvoir répétés de la part de son évêque ; de même, un évêque émérite ou auxiliaire ne peut, de sa propre initiative, constituer un tribunal ecclésiastique sous prétexte d’un laxisme récurrent et avéré des juges du tribunal de sa province.

La soumission aux pasteurs légitimes : un lien d’appartenance à l’Église nécessaire au salut

Le lien d’appartenance à l’Église par la subordination hiérarchique et l’obéissance aux pasteurs légitimes est, pour le salut, aussi nécessaire que la profession de la foi et que le baptême permettant la participation à un même culte.

Il en résulte que l’on ne peut réduire cette soumission à une simple reconnaissance verbale ou affective de l’autorité, ni en faire un élément purement disciplinaire dont on pourrait s’exonérer en temps de crise, même si celle-ci est provoquée ou entretenue par certains membres de la hiérarchie dont il peut être nécessaire de résister aux abus de pouvoir :

« A quoi sert en effet de proclamer le dogme catholique de la primauté du Bienheureux Pierre et de ses successeurs, et d’avoir répandu tant de déclarations de foi catholique et d’obéissance au Siège Apostolique, quand les actions en elles-mêmes démentissent ouvertement les paroles ?

Et même l’obstination n’est-elle pas d’autant moins excusable que l’on reconnait davantage l’obligation du devoir d’obéissance ? L’autorité du Siège Apostolique ne s’étend-elle pas au-delà de ce que Nous avons disposé, ou bien suffit-il d’avoir avec elle la communion de foi, sans obligation d’obéissance, pour que soit considérée comme sauve la foi catholique ? (…)

Il s’agit en effet, Vénérables Frères et chers Fils, de l’obéissance que l’on doit prêter ou refuser au Siège Apostolique ; il s’agit de reconnaître le pouvoir suprême, même dans vos Églises, au moins pour ce qui concerne la foi, la vérité et la discipline ; qui l’aura niée est un hérétique. Qui par contre l’aura reconnue, mais par orgueil refuse de lui obéir, est digne de l’anathème » (Pie IX, Encyclique Quæ in patriarchatu)

La réalité du schisme n’implique pas nécessairement un refus explicite ou théorique de la hiérarchie légitime 

La réalité du schisme n’implique pas nécessairement un refus explicite ou revendiqué de l’autorité du pape et de la hiérarchie.

Ainsi, Pie IX met en garde ceux qui se laisseraient séduire par les protestations de catholicité émanant de groupes schismatiques :

« La principale fraude dont les auteurs et les disciples du nouveau schisme se servent pour le masquer, c’est surtout le nom de catholiques qu’ils ne craignent pas d’usurper, malgré la sentence de condamnation émanée de Notre autorité.

Telle a toujours été, du reste, la coutume des hérétiques et des schismatiques : ils s’appellent catholiques et s’attribuent avec orgueil de grandes choses, pour induire en erreur tout à la fois et les peuples et les princes.

(…)

Il est en effet aussi contraire à la constitution divine de l’Église qu’à la tradition perpétuelle et constante que quelqu’un puisse prouver la catholicité de sa foi et s’appeler véritablement catholique lorsqu’il n’obéit pas à ce Siège Apostolique, car il est nécessaire que ce siège, par sa primauté plus élevée, domine toutes les autres églises, c’est-à-dire tous les fidèles répandus dans le monde, et celui qui abandonne cette chaire de Pierre, sur laquelle l’Église est fondée, se persuade faussement qu’il est dans l’Église, puisque celui-là est déjà schismatique et pécheur qui élève une chaire contre la chaire unique de Pierre, de laquelle découlent sur toutes les autres les droits sacrés de communion.

(…)

Aussi les hérétiques jansénistes ayant osé enseigner que sous prétexte d’injustice on pouvait mépriser l’excommunication lancée par son légitime prélat, et continuer à remplir, malgré tout, ce qu’ils appellent son propre devoir, (…)

 Il peut arriver parfois, il est vrai, que par suite de la faiblesse humaine, quelqu’un soit frappé de censure par son prélat ; mais il faut, comme le fait observer saint Grégoire le Grand Notre prédécesseur, « que celui qui est sous la dépendance d’un pasteur craigne d’être lié, même injustement, et ne critique pas le jugement de son pasteur avec témérité, de peur que, même s’il est lié injustement, il ne se rende coupable, par le fait de son orgueil et de sa critique passionnée, d’une faute qui n’existait pas d’abord. »

Si donc ceux-là mêmes qui sont liés par une sentence injuste du pasteur doivent craindre, que faut-il dire de ceux qui sont liés précisément parce que, rebelles à leur pasteur et à ce Siège Apostolique, ils ont déchiré et déchirent par un nouveau schisme la robe sans couture du Christ, c’est-à-dire l’Église ? (…)

Mais les néo-schismatiques disent qu’il n’a pas été question de dogme, mais de discipline, (…) par conséquent on ne peut refuser le nom de catholiques à ceux qui refusent de la reconnaître.

Mais vous comprenez aisément, Nous n’en doutons point, combien un tel subterfuge est inutile et vain. L’Église catholique, en effet, a toujours considéré comme schismatiques ceux qui résistent opiniâtrement à ses légitimes prélats, et surtout au Pasteur suprême, et qui refusent d’exécuter leurs ordres et même de reconnaître leur autorité.

Les membres de la faction arménienne ayant suivi une pareille ligne de conduite, personne ne pourrait en aucune manière les croire exempts du crime de schisme, alors même qu’ils n’auraient pas été condamnés comme tels par l’Autorité Apostolique. En effet, l’Église, ainsi que l’ont enseigné les Pères, est le peuple réuni au prêtre et le troupeau adhérent à son pasteur ; d’où il suit que l’évêque est dans l’Église, et que l’Église est dans l’évêque, et si quelqu’un n’est point avec l’évêque, il n’est plus dans l’Église. » (Pie IX, Encyclique Quartus supra)

La soumission aux pasteurs légitimes : un lien d’appartenance à l’Église insuffisant mais nécessaire au salut

Bien sûr, l’appartenance à l’Église par la soumission effective aux pasteurs légitimes ne suffit pas, à elle seule, pour demeurer membre de l’Église ; mais elle est absolument nécessaire, au même titre que la profession de la foi et le baptême.

En ce sens, le schisme n’est pas moins grave que l’hérésie, même en temps de crise.

La tentation de réduire la sanctification des âmes à la seule réception de sacrements valides et à la profession intégrale de la foi provient souvent de l’oubli que la gloire de Dieu est la finalité ultime de la création et du mystère de l’Incarnation rédemptrice. Or, cette gloire ne saurait se réduire à la simple somme des âmes sanctifiées.

Ainsi, le pouvoir royal du Christ, qui découle de la mission qu’il a reçue de son Père en tant que nouvel Adam, est au principe de l’exercice de son sacerdoce, par lequel il fait régner Dieu dans les âmes par la grâce, et de son ministère prophétique, par lequel il fait régner Dieu dans les intelligences par la révélation de la Vérité.

On comprend dès lors que la finalité ultime de notre existence et de notre sanctification implique, avant tout, la soumission au règne du Christ, notamment par la subordination hiérarchique et l’obéissance effective aux ministres légitimes de son unique Église, exerçant en son nom son pouvoir de gouvernement et détenant de lui la mission de sauver les âmes :

« C’est lui qui, (…), a appris, tout Fils qu’il est, par ses propres souffrances, ce que c’est qu’obéir ; et maintenant que le voilà au terme, il sauve à jamais tous ceux qui lui obéissent. » (Hb, 5, 7-9)

Père Marcelino Constant

Anesthesia, un film documentaire exceptionnel sur la fin de vie

Dans quelques jours, la France s’apprête à prendre une décision historique sur la fin de vie.

Au même moment sort ANESTHESIA, le nouveau documentaire de Damien Boyer. Un film qui pourrait bien changer le regard de nombreux Français sur ce débat.

Et aujourd’hui, son succès dépend aussi de nous.

En salle le 24 juin, avec des avant-premières dès le 15 juin à Valence • Crest • Nantes • Nice • Gap • Roubaix • Orange • Toulon • Guingamp • Millau • Bayonne • Bordeaux • Paris 14e

Pendant plusieurs mois, Damien Boyer est allé en Belgique, aux Pays-Bas, en Suisse, au Québec et en Écosse rencontrer des personnes malades, handicapées, des familles et des soignants confrontés aux conséquences concrètes de la légalisation de l’euthanasie. À travers leurs témoignages, le film nous emmène au-delà des slogans et des oppositions de principe pour poser une question essentielle : Quelle société construisons-nous lorsque nous sommes confrontés à la souffrance, à la dépendance et à la fragilité ?

ANESTHESIA est un film d’enquête, mais surtout un film profondément humain. Il donne la parole à celles et ceux que l’on entend rarement : les personnes directement concernées par ces choix de société. Il interroge :

  • Quel regard portons-nous sur la vie lorsque la maladie, le handicap ou la dépendance s’invitent dans notre histoire ?
  • Que devient une société lorsque la dépendance est perçue comme une charge ?
  • Que signifie réellement accompagner quelqu’un jusqu’au bout ?

Le film montre également le trésor que représentent les soins palliatifs et l’accompagnement, souvent méconnus alors qu’ils sont au cœur des situations les plus difficiles.

Le succès de ce film dépendra avant tout du bouche-à-oreille et de la mobilisation de chacun.

➡️ Invitez votre famille, vos amis, vos collègues.

➡️ Venez participer aux débats organisés après les projections.

➡️ Faites connaître le film autour de vous.

Si ce film vous semble important, ne le gardez pas pour vous. Faites-le circuler. C’est ainsi que les grandes conversations commencent.

Toutes les informations, les séances et les réservations : https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=1000047054.html

Pologne : condamné pour avoir défendu une église

Robert Bąkiewicz, aujourd’hui à la tête du Mouvement pour la défense des frontières, a été condamné à dix mois de mise à l’épreuve après avoir défendu une église de Varsovie contre une attaque féministe en 2020.

Le 15 mai 2020, quelques jours après le centenaire de la naissance de Karol Wojtyła, Wanda Półtawska lançait un appel dans les colonnes de L’Osservatore Romano :

« Si nous voulons véritablement honorer le centenaire de sa naissance et sa mémoire [de Jean-Paul II, ndlr ], je ne vois qu’une seule voie : convertir les consciences afin qu’elles comprennent que chaque enfant et chaque personne a droit à la vie […]. Je suis convaincue qu’une loi internationale interdisant l’avortement pourrait être un “don” de l’humanité à ce grand homme. »

Ce « don » est venu de Pologne, où, le 22 octobre de la même année, jour de la mémoire liturgique de saint Jean-Paul II, la Cour constitutionnelle polonaise a statué que le droit à la vie, protégé par la Constitution, est accordé à l’être humain à chaque étape de son développement, y compris pendant la période prénatale. La Cour a ainsi statué que l’avortement eugénique était inconstitutionnel, ne restant légal « que » dans les cas d’inceste, de viol et de danger pour la vie et la santé de la mère.

Suite à cette décision, de puissants groupes de pression pro-avortement en Pologne ont déclenché une manifestation brutale, scandant le slogan sans équivoque : « C’est la guerre ! ». Les partis d’opposition de l’époque étaient également à l’origine de ce mouvement, cherchant à profiter de l’occasion pour attaquer le gouvernement conservateur du parti Droit et Justice (PiS). Selon les manifestants, le verdict du Tribunal constitutionnel avait été influencé par des pressions de l’Église catholique. C’est pourquoi, outre les attaques contre le siège du PiS, des églises et des symboles religieux ont été pris pour cible. Le dimanche 25 octobre 2020, des manifestants ont perturbé des messes, agressé des fidèles et profané des édifices religieux avec des graffitis injurieux et blasphématoires.

Les fidèles durent s’organiser pour défendre les églises et les monuments sacrés contre la profanation. Robert Bąkiewicz avait lancé l’idée de créer une nouvelle organisation dont les objectifs incluraient la défense des églises. Un groupe mené par Bąkiewicz lui-même avait protégé l’entrée de l’église historique de Varsovie, la basilique Sainte-Croix, contre l’assaut de féministes. L’une d’elles avait forcé le cordon de police et voulait manifester à l’intérieur de l’église, mais elle fut arrêtée et escortée de force dans les escaliers par Bąkiewicz, manifestement par la force, car elle résistait. C’est cette femme qui porta plainte contre Bąkiewicz, l’accusant de voies de fait et de « coups et blessures légers ».

Six ans après ces événements, le 28 mai, le verdict est tombé : la juge Marta Pilsnik a condamné le leader du Mouvement de défense des frontières à dix mois de probation, assortis de travaux d’intérêt général. Le tribunal l’a également condamné à verser 5 000 zlotys de dommages et intérêts au procureur. Bąkiewicz a réagi :

« Ce qui s’est passé aujourd’hui est une véritable farce et un scandale. La juge Marta Pilsnik a prononcé un verdict de culpabilité, esquivant effrontément la vérité. Lorsque j’ai fait valoir mes droits, j’ai été escorté hors de la salle d’audience par la police pour la deuxième fois depuis le début du procès ! Nous sommes face à une illégalité totale : le tribunal n’a pas admis mes témoins ; le tribunal n’a pas visionné les enregistrements vidéo qui montrent clairement ce qui s’est passé. Résultat ? Les auteurs de la grève des femmes, comme Andzelika Domanska, qui a attaqué les églises, sont considérés comme des « victimes ». Et ceux qui ont défendu des valeurs, la foi et les lieux de culte sont condamnés. Les criminels peuvent se croire à l’abri dans ce système, tandis que les honnêtes gens en subissent les conséquences ».

L’ancien ministre de la Justice, Zbigniew Ziobro, a également réagi à la décision, commentant sur X :

« La juge Marta Pilsnik est une fervente défenseure de l’ingérence illégale de Bruxelles dans le système judiciaire polonais. Il s’avère qu’elle est tout aussi fervente défenseure des perturbations illégales des lieux de culte. Je l’ai suspendue pour raisons disciplinaires en 2021 lorsqu’elle a libéré un procureur qui avait accepté un pot-de-vin d’un million de zlotys pour entraver une enquête pour meurtre. Oui, meurtre ! Et malgré la gravité de l’affaire et les preuves de corruption, Pilsnik a abandonné les poursuites pénales contre le procureur, soupçonné de corruption. Et maintenant, elle a condamné Robert Bąkiewicz pour avoir défendu le droit des croyants à pratiquer paisiblement leur religion face à une attaque vulgaire et virulente de militants pro-avortement. Parallèlement, il a défendu l’église contre le vandalisme. Quiconque pénètre dans les locaux d’une église et trouble la tranquillité des personnes qui y pratiquent leur culte, y compris la prière, viole leur liberté de culte garantie par la Constitution. La légitime défense implique l’atteinte à la liberté et la commission d’un acte illégal. Ceci s’applique à toutes les églises de Pologne, quelle que soit leur confession. Le juge en était parfaitement conscient. Il savait également que la légitime défense inclut la protection de tous les droits légalement protégés, notamment le droit à la liberté de culte et au recueillement.

La vidéo, que le juge Pilsnik a refusé d’analyser lors du procès, montre clairement Domanska, qui voulait entrer dans l’église pour perturber la messe, saisie par le bras et conduite en bas des escaliers. Les policiers présents sur les lieux ne sont pas intervenus. La vidéo démontre que c’est le médecin pratiquant l’avortement, et non Bąkiewicz, qui aurait dû être condamné pour tentative de perturbation d’un office religieux. Mais il est clair que dans la Pologne de Donald Tusk et de son ministre de la Justice, Waldemar Žurek, la défense des droits constitutionnels des croyants n’a aucune importance ; seule compte la vengeance politique à travers des procès spectacles.

CNEWS conteste fermement les griefs formulés par l’ARCOM

Suite à une mise en demeure par l’ARCOM, CNews réagit :

La chaîne rappelle qu’elle respecte scrupuleusement les obligations qui lui sont imposées en matière de pluralisme politique et de temps de parole, conformément à sa convention et aux règles en vigueur ce qui a été régulièrement constaté par l’ARCOM elle-même depuis de nombreux mois.

CNEWS considère en revanche que l’appréciation portée par l’Autorité sur le pluralisme des courants de pensée et d’opinion conduit à une interprétation excessivement restrictive de la liberté
éditoriale dont doivent bénéficier les médias dans une démocratie.

Attachée à la liberté d’expression, au pluralisme des débats et à l’indépendance de sa ligne éditoriale, CNEWS estime que cette décision porte une atteinte injustifiée à ces principes démocratiques fondamentaux.

En conséquence, la chaîne exercera les voies de recours appropriées devant le Conseil d’État afin de faire valoir ses droits et, le cas échéant, devant les juridictions européennes compétentes pour assurer la pleine protection de la liberté d’expression et de la liberté des médias.

Vienne : Face à la Gay Pride, ils affichent le Sacré-Coeur

Le jour de la fête du Sacré-Cœur de Jésus, à Vienne, de jeunes catholiques se sont rassemblés devant le Burgtheater, sur le Ringstrasse, sous la devise « Vienne appartient au Sacré-Cœur de Jésus ». En ce mois d’intense propagande LGBTQXYZ, une vingtaine de jeunes militants catholiques ont manifesté leur soutien au cœur de la ville. Pendant vingt minutes, ils sont restés unis dans le silence, brandissant une grande banderole impressionnante ornée du Sacré-Cœur de Jésus.

Leur action visait à appeler publiquement à la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus ; d’autre part, ils ont délibérément créé un précédent au mois de juin, un mois qui, dans le monde occidental contemporain, est largement récupéré par les groupes d’extrême gauche.

Au printemps 1796, face aux troupes napoléoniennes, les Tyroliens consacrèrent leur terre au Sacré-Cœur de Jésus. Durant ces jours fatidiques, l’abbé Sebastian Stöckl de l’abbaye de Stams proposa aux États tyroliens de confier le Tyrol au Sacré-Cœur de Jésus. Le 1er juin 1796, les États tyroliens firent à l’unanimité leur vœu solennel de consacrer le Tyrol au Sacré-Cœur de Jésus. Grâce à ce pacte, la milice tyrolienne reçut un afflux exceptionnellement important de volontaires pour combattre les troupes napoléoniennes.

Ce lien est maintenu, au moins symboliquement par les groupes traditionalistes, jusqu’à nos jours grâce aux feux du Sacré-Cœur allumés chaque année dans les montagnes tyroliennes le week-end du 12 juin. Autrefois, les flammes servaient de signal pour mobiliser la milice. Aujourd’hui encore, les « Flammes du Sacré-Cœur » ou l’inscription « IHS » brillent sur les sommets des vallées tyroliennes, commémorant la consécration au Sacré-Cœur de Jésus.

L’influence et l’importance de cette dévotion n’ont cessé de croître au cours des décennies suivantes, jusqu’à se placer au cœur de l’Église universelle et de l’ordre étatique. Le pape Léon XIII voyait dans le Sacré-Cœur de Jésus le remède à un monde en proie à une sécularisation croissante et consacra toute l’humanité au Cœur de Jésus en 1899. En Autriche également, la protection du Sacré-Cœur de Jésus fut invoquée dans les moments difficiles : durant les batailles dévastatrices et les troubles de la Première Guerre mondiale, l’empereur François-Joseph Ier consacra solennellement toute la monarchie austro-hongroise au Sacré-Cœur de Jésus en 1915, implorant la protection de son peuple.

C’est précisément cette idée d’une profession de foi publique que les jeunes catholiques souhaitent développer par leur action dans la capitale autrichienne.

Le choix du lieu de cet événement n’a pas été laissé au hasard. Le Burgtheater se trouve juste en face de l’Hôtel de Ville de Vienne, devant lequel le « Village des Fiertés » est installé en prévision de la Gay Pride.

L’archevêque de Milan célèbre une messe pour la communauté LGBT à l’occasion de la fête du Sacré-Cœur

Source : Lifesitenews : https://www.lifesitenews.com/news/archbishop-of-milan-offers-mass-for-lgbt-group-on-feast-of-sacred-heart/?utm_source=most_recent

L’archevêque Mario Delpini a présidé une messe pour les lobbyistes LGBT « Il Gruppo del Guado », où un participant a été vu portant une chemise représentant Jésus aux couleurs de l’arc-en-ciel.

Lundi 15 juin 2026 – 7h17 EDT

MILAN (LifeSiteNews) — L’archevêque de Milan, Mario Delpini, a célébré une messe pour une association de défense des droits LGBT à l’occasion de la fête du Sacré-Cœur de Jésus-Christ.

Le 12 juin, Mgr Delpini a présidé une messe organisée pour les membres de l’association italienne de défense des droits LGBT « Il Gruppo del Guado » en l’église San Carlo al Lazzaretto de Milan, selon un article de La Nuova Bussola Quotidiana (lien : https://lanuovabq.it/it/il-vescovo-di-milano-sposa-il-pride-e-si-piega-alle-blasfemie-lgbt )

« Le Seigneur s’est lié à vous et vous a choisis, non pas parce que vous êtes le peuple le plus nombreux – en réalité, vous êtes le plus petit – mais parce qu’il vous aime », a déclaré Mgr Delpini lors de son homélie.

La messe était organisée par Il Gruppo del Guado (lien : https://gruppodelguado.altervista.org/chi-siamo/), une association milanaise fondée en 1980 qui se donne pour mission d’« offrir un accompagnement spirituel et un soutien aux catholiques homosexuels ». Les documents promotionnels pour la liturgie présentaient une église décorée aux couleurs de l’arc-en-ciel et soulignaient que la célébration aurait lieu le jour de la fête du Sacré-Cœur.

Après la messe, des images et des commentaires de participants ont circulé sur les réseaux sociaux. L’un d’eux a publié des photos montrant un t-shirt représentant Jésus vêtu d’un habit aux couleurs de l’arc-en-ciel, accompagné des mots « Ah Men », une expression à connotation érotique jouant sur le mot liturgique « Amen ». Ce même participant a déclaré sur Instagram avoir répété cette phrase en recevant la communion des mains de Delpini.

En octobre 2025, la Conférence des évêques italiens a publié un document synodal invitant explicitement l’Église d’Italie à soutenir les manifestations civiles « contre l’homophobie et la transphobie », telles que le Mois des fiertés en juin, et d’autres événements organisés par des associations pro-LGBT, y compris non catholiques.

Ce document synodal, intitulé Lievito di Pace e di Speranza (lien)(« Semence de paix et d’espérance »), a adopté une terminologie pro-LGBT, encouragé les programmes d’éducation à la sexualité et à l’identité de genre pour les mineurs et fait référence à la « reconnaissance » de l’identité homosexuelle et transgenre.

Elle anticipait également le rapport (lien : https://www.lifesitenews.com/news/vatican-synod-report-uses-fr-james-martins-homosexual-activist-friend-as-testimony/) controversé du Groupe d’étude 9 du Vatican, publié le mois dernier, selon lequel le péché « ne consiste pas dans la relation entre couples de même sexe ».

Dans son encyclique Dilexit Nos de 2024, le pape François a réinterprété la dévotion au Sacré-Cœur sous un angle émotionnel et sentimental.

Cette réinterprétation présente notamment le cœur comme « ce qu’il y a de plus intime en l’homme, l’animal et le végétal », une fonction de synthèse commune à toutes les créatures. Or, selon la Bible, le cœur est le siège de la volonté, ordonnée par l’intellect éclairé par la foi, et non un centre de synthèse émotionnelle. En particulier, le Sacré-Cœur de Jésus doit être adoré et imité car il reflète la volonté du Christ, « doux et humble de cœur », précisément parce qu’il s’est totalement soumis à la volonté du Père.

Fin de l’article de lifesitenews.

Sur son site, le groupe LBGT écrit :”L’association « Gruppo del Guado » a été fondée le 20 décembre 1980 et s’est progressivement structurée en un groupe d’organisations diverses partageant le désir d’approfondir le lien entre la foi et l’homosexualité.” […] Le groupe propose un “témoignage” “Pour montrer à l’Église et à la communauté LGBT+ que la foi et les réalités LGBT+ peuvent être harmonieusement intégrées et que les contributions des personnes homosexuelles, bisexuelles et transgenres croyantes peuvent être une source d’enrichissement.”

Nous devons réparer cette messe sacrilège. Nous pouvons réciter pour cela les prières apprises aux enfants de Fatima :

“Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime. Je Vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne Vous aiment pas.”

“Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les Très Précieux Corps,
Sang, Âme et Divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles du monde, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Et par les mérites infinis de son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs.”

“Ô mon Jésus, pardonnez-nous tous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, et conduisez au Ciel toutes les âmes, spécialement celles qui ont le plus besoin de votre sainte miséricorde.”

Amen

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Regards croisés sur Magnifica Humanitas de Léon XIV

Magnifica Humanitas, tel est le titre de la première encyclique du pape Léon XIV consacrée principalement à l’Intelligence artificielle.

Publié le 25 mai dernier, elle a été signée le 15 mai, jour où le pape Léon XIII avait signé sa célèbre encyclique Rerum novarum sur la condition des ouvriers. Dans cette filiation revendiquée explicitement par Léon XIV, Magnifica Humanitas se veut une encyclique sociale et rappelle plusieurs principes de la doctrine sociale de l’Église.

Pour parler de ce texte pontifical, Philippe Maxence reçoit au micro du Club des Hommes en noir l’abbé Grégoire Celier, le chanoine Marc Guelfucci et la journaliste Jeanne Smits.

Pendant près d’une heure, ils échangent, analysent et débattent des grands thèmes de cette première encyclique et notamment de l’apport de l’Église sur la réalité et les dangers de l’Intelligence artificielle.

À propos de la remigration

D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:

Ces derniers jours en Italie, on parle beaucoup du thème de la soi-disant remigration. Ce sujet est étroitement lié au problème plus général de l’immigration et à la question de la manière de réguler un phénomène qui atteint des proportions colossales non seulement en Italie, mais dans le monde entier, surtout dans les pays disposant d’une plus grande richesse économique, qui se trouvent souvent non pas “envahis”, mais certainement fortement sollicités par de nombreuses personnes provenant d’autres parties du monde à la recherche de fortune et de travail.
L’Église s’est beaucoup occupée de cette question de l’immigration, en particulier sous le pontificat du pape François, qui a mis un accent très fort sur le respect des migrants. On voit également que Léon XIV semble montrer combien ce thème est cher à l’Église catholique et à ses activités pastorales.
On parle beaucoup ces jours-ci de remigration parce qu’il s’agit d’un thème qui concerne surtout certains mouvements de droite, qui estiment nécessaire de réglementer de manière plus restrictive le phénomène migratoire, lequel apparaît souvent hors de contrôle.
Je vis dans un quartier de Rome qui est certainement concerné par une forte présence de migrants, et je dois dire que la grande majorité de ces personnes est parfaitement intégrée, a un emploi et mène une vie régulière. Personnellement, j’entretiens des relations avec de nombreux étrangers, également en raison de mon activité de musicien, et cela ne me pose aucun problème. Toutefois, je pense que, précisément parce que je ne me considère pas comme un extrémiste ou un fanatique sur ce sujet, il est nécessaire de l’aborder de manière sereine et honnête.
Le fait qu’il faille accueillir certaines personnes afin de soutenir aussi l’économie locale, parce qu’elles accomplissent des travaux que les Italiens ne souhaitent souvent pas faire, est une nécessité difficile à contester. Cependant, l’accueil indiscriminé est certainement un problème sérieux, car il affecte le tissu même de la société dans son ensemble.
Précisément parce que je n’ai aucun problème avec les personnes qui migrent pour travailler honnêtement et qui ont la possibilité de trouver un emploi, j’ai en revanche un problème avec ceux qui arrivent sans moyens de subsistance et qui sont ensuite contraints de recourir à des moyens illicites pour survivre. C’est un problème sérieux qui doit être traité.
Malheureusement, même au sein de l’Église catholique, il y a des personnes qui abordent cette question d’une manière que je ne partage pas, en tendant à la radicaliser, comme s’il s’agissait d’une maladie chronique avec laquelle il faudrait simplement vivre sans possibilité de guérison. Je ne pense pas que cela doive être l’objectif d’un gouvernement politique : accepter l’immigration incontrôlée comme un phénomène chronique.
Il existe au contraire des lois qui, si elles étaient appliquées, pourraient réellement réguler ce problème. Ce phénomène, en plus de créer des difficultés tant pour les migrants que pour les citoyens qui travaillent honnêtement, contribue également à générer des radicalisations, car la colère est mauvaise conseillère et engendre des extrémismes.
Si le gouvernement appliquait réellement les lois, en régulant les flux migratoires et en montrant que ceux qui entrent illégalement seront renvoyés dans leur pays d’origine, cela pourrait également contribuer à réduire les tendances extrémistes. Le phénomène migratoire ne peut pas seulement être contrôlé — il doit être contrôlé.
Quiconque vit dans une grande ville italienne se rend compte que de nombreuses personnes d’origine étrangère sont malheureusement contraintes de recourir à des moyens illégaux pour survivre ou se trouvent dans des conditions de dégradation qui ne sont dignes ni pour elles ni pour la société. Ce n’est pas leur rendre service que de les laisser dans de telles conditions : si un pays n’est pas en mesure d’offrir du travail et un logement adéquat, il est plus juste de favoriser leur retour dans leur pays d’origine, où elles pourraient peut-être trouver des opportunités plus adaptées.
C’est aussi une manière de protéger les personnes, car ceux qui vivent de la criminalité ne nuisent pas seulement à la société, mais se mettent eux-mêmes en danger, s’exposant à la détention ou à la violence. La solution n’est pas “d’intégrer à tout prix”, mais de créer des conditions réalistes et durables.
Je pense également que certaines positions exprimées ces dernières années par l’Église catholique ont parfois été mal comprises ou mal interprétées. Je donne deux exemples. Premièrement : si certaines personnes viennent me demander de l’aide et que j’ai la possibilité de les héberger, je peux le faire ; mais si elles deviennent des centaines, ce n’est plus possible sans compromettre ma vie et celle de ma famille. C’est une question de simple bon sens.
Deuxièmement : l’Église a raison de rappeler le respect de la dignité de toute personne, mais elle se protège elle-même aussi. L’État de la Cité du Vatican, par exemple, n’est pas un lieu ouvert à tous : il existe des contrôles et des limites d’accès. Cela montre que la protection est également un principe légitime.
De la même manière, les États doivent eux aussi se réguler. L’appel à l’accueil ne peut pas être indiscriminé. L’identité, par ailleurs, est souvent ridiculisée ou mal comprise, mais je la considère comme un élément fondamental de la vie des peuples. Elle ne signifie pas affirmer une supériorité, mais reconnaître ce que l’on est.
L’identité est une richesse qui ne doit pas être opposée aux autres, mais partagée. Lorsque je rencontre des personnes d’autres nations, il est important de connaître leur culture et leurs valeurs. L’identité n’est pas quelque chose dont il faut avoir honte, mais une richesse qui nous enrichit et qui, avec les identités des autres peuples, contribue à enrichir l’ensemble de la communauté humaine.

Neuvaine à Jérôme Lejeune contre l’euthanasie

On nous signale une neuvaine au vénérable Jérôme Lejeune (elle a commencé depuis deux jours, mais vous pouvez la “rattraper” en cours de route…) pour s’opposer à la légalisation de l’euthanasie dans notre pays. Lancée par l’Association des Amis de Jérôme Lejeune, elle a commencé le 13 juin, jour des 100 ans de la naissance du grand scientifique, et finira le 22 juin, jour de la reprise de la discussion en séance publique à l’Assemblée.
Prions avec ferveur le Vénérable Jérôme Lejeune, infatigable serviteur de la Vie, en ce 100eme anniversaire de sa naissance. Vous pouvez vous inscrire ici.

La profession intégrale de la Foi et la réception des sacrements suffisent-elles pour demeurer catholique en temps de crise ? (I/II)

Le père Marcelino Constant, qui nous a déjà fait parvenir deux articles sur l’acte de Foi, boussole doctrinale en temps de crise (ici et ), nous propose deux nouveaux articles d’actualité :

La réponse négative à cette question, présente dans tout catéchisme [1], est déterminante pour juger de certaines positions adoptées en réaction à la crise de l’Église et à ses causes.

Prétendre qu’il suffirait de professer intégralement la Foi et de recevoir validement les sacrements pour être catholique, reviendrait, d’une part, à nier la possibilité de se séparer de l’Église par le schisme [2], et, d’autre part, à méconnaître la nature du salut ainsi que le fait que l’Église est nécessairement une société dont l’unité doit demeurer, pour toujours, un signe distinctif de la vraie religion.

La profession intégrale de la Foi implique l’appartenance à l’Église par la soumission aux pasteurs légitimes

Certains affirment que la soumission à la hiérarchie ecclésiastique serait un lien d’appartenance à l’Église subordonné et conditionné par celui de l’appartenance par la profession intégrale de la Foi. Une telle affirmation est pourtant intenable pour deux raisons.

Premièrement, parce que l’unité de la Foi n’est possible que s’il y a une subordination hiérarchique aux pasteurs légitimes qui ont charge d’enseigner et de gouverner les âmes au nom du Christ.

Deuxièmement, parce que la soumission (réelle et non seulement verbale) au Pape, pasteur suprême de l’Église, relève de l’enseignement de l’Église auquel un catholique doit adhérer par la Foi, toujours nécessaire au Salut, en ce qu’elle appartient à la Révélation, telle que transmise par le magistère constant.

Ainsi, dans sa bulle Unam sanctam, Boniface VIII affirme : « dès lors, nous déclarons, disons, définissons et prononçons qu’il est absolument nécessaire au salut, pour toute créature humaine, d’être soumise au Pontife romain. ». Clément VI le redira dans sa lettre Super quibusdam du 29 septembre 1351 : « aucun homme (…) ne peut être sauvé à la fin en dehors de cette Eglise et l’obéissance au Pontife romain ». Sous Pie XII, une lettre du Saint-Office à l’Évêque de Boston précisera : « C’est pourquoi nul ne sera sauvé si, sachant que l’Eglise a été divinement instituée par le Christ, il n’accepte pas cependant de se soumettre à l’Eglise ou refuse l’obéissance au Pontife romain, vicaire du Christ sur terre. »

Réduire l’appartenance à l’Église à la seule profession intégrale de la foi et à la participation au même culte reviendrait à nier la possibilité de s’en séparer autrement que par l’hérésie ou l’apostasie.

Réduire l’appartenance au corps de l’Église à la profession intégrale de la foi et à la réception du baptême ne permet pas d’expliquer l’enseignement constant de l’Église, selon lequel on peut s’en séparer par le péché de schisme, qui consiste en un refus habituel de se soumettre à la hiérarchie catholique, en particulier au Pontife romain, et/ou en un refus de vivre comme une partie de l’Église [3].

Ainsi, le concile Vatican I enseigne infailliblement : « Ainsi donc, Nous enseignons et déclarons que l’Église romaine, par disposition du Seigneur, possède sur toutes les autres une primauté de pouvoir ordinaire et que ce pouvoir de juridiction du pontife romain, qui est vraiment épiscopal, est immédiat. Les pasteurs de tous rites et de tous rangs ainsi que les fidèles, tant chacun séparément que tous ensemble, sont tenus au devoir de subordination hiérarchique et de vraie obéissance, non seulement dans les questions qui concernent la foi et les mœurs, mais aussi dans celles qui touchent à la discipline et au gouvernement de l’Église répandue dans le monde entier… » [4]

Réduire l’appartenance à l’Église à la seule profession intégrale de la foi et à la participation au même culte implique de nier que le salut soit l’œuvre exclusive de Jésus-Christ.

De plus, une telle réduction revient à remettre en cause la nature même du salut, qui est l’effet de l’Alliance nouvelle et éternelle, et dont la communication suppose une ratification de la part de tous ceux qui ont l’usage de la raison [5]. Le salut d’une âme suppose toujours le don de la grâce sanctifiante, méritée par le Christ et communiquée par son unique Église. C’est en ce sens qu’il faut comprendre le dogme : « Hors de l’Église, point de salut », même pour ceux qui ne la connaissent pas explicitement.

Ce dogme ne signifie pas : « Hors de la réception des sacrements, point de salut ». En effet, la réception des sacrements en état coupable de péché grave — tel que le schisme, la désobéissance grave au Pontife romain ou le scandale causé par la participation active à des cérémonies religieuses non catholiques — rend cette réception non seulement infructueuse, mais encore sacrilège, même si les sacrements sont valides. Quelqu’un qui nierait cela aurait du mal à rendre compte de l’enseignement traditionnel de l’Église interdisant de manière habituelle la réception de sacrements valides au sein de communautés schismatiques.

En revanche, l’impossibilité de recevoir les sacrements n’empêche pas le salut, pourvu que l’on demeure dans l’Église ou que l’on y soit ordonné par un vrai désir surnaturel lorsque l’on ne la connaît pas explicitement comme étant la vraie religion [6].

Autrement dit, le salut est une amitié surnaturelle dont Dieu le Père est l’initiateur, par la mission qu’il confie à son Fils de sauver l’humanité. Cette mission est ensuite communiquée par le Christ — Roi, Prophète et Prêtre — à la hiérarchie de son Église, qui la prolonge dans le temps et dans l’espace par l’exercice de ses pouvoirs de juridiction (gouvernement), de magistère (enseignement) et de sanctification (sacrements), à travers ses ministres légitimes.

Ainsi, la légitimité des ministres pour sauver les âmes par l’administration des sacrements, et celle des fidèles pour les recevoir d’eux, dépend du fait que ces ministres sont véritablement envoyés par ceux qui ont été envoyés par les Apôtres choisis par le Christ, sous l’autorité de saint Pierre et de ses successeurs légitimes [7] : « Si quelqu’un dit (…) que ceux qui n’ont pas été légitimement ordonnés ni envoyés par une autorité ecclésiastique et canonique, mais viennent d’ailleurs, sont des ministres légitimes de la Parole et des sacrements : qu’il soit anathème » (concile de Trente, à la session XXIII, canon 7) [8]

Réduire l’appartenance à l’Église à la simple profession intégrale de la foi et à la participation au même culte implique de nier que l’Église soit nécessairement une société.

En effet, une telle réduction revient à concevoir l’Église comme une simple somme d’éléments sanctifiants, au détriment de sa nature de société visible, c’est-à-dire d’un corps organisé et gouverné par un chef visible ayant autorité sur ses membres.

Or, selon son enseignement constant et infaillible, l’Église est une société visible et parfaite, gouvernée par une hiérarchie divinement instituée : le Pontife romain et l’épiscopat qui lui est subordonné.

Dès lors, si l’Église est indéfectible, elle demeure nécessairement, en tout temps, une société, c’est-à-dire un corps organisé et gouverné par une hiérarchie dont l’autorité, fondée sur la volonté immuable du Christ, s’impose à chacun de ses membres. Cette autorité oblige, sauf dans des cas particuliers où l’obéissance impliquerait un péché, cas possibles en raison de la peccabilité des membres de la hiérarchie.

Réduire l’appartenance à l’Église à la seule profession de la foi et à la participation au même culte revient également à nier la visibilité de son unité comme signe de sa divinité.

Il apparaît donc que l’on ne peut réduire l’appartenance à l’Église ni au seul lien de la foi, ni au seul lien cultuel (les sacrements). On ne peut pas davantage subordonner le lien hiérarchique, qui fonde l’appartenance visible des fidèles comme membres du Corps de l’Église, à la réception des sacrements (même valides ou célébrés selon des rites traditionnels) ni à la profession de foi (même intégrale et sans compromis).

Cela est conforme à l’enseignement du concile Vatican I, cité précédemment qui se poursuit immédiatement par cette affirmation : « …de telle manière que, en gardant l’unité de communion et de profession de foi avec le pontife romain, l’Église est un seul troupeau sous un seul pasteur suprême (Jn 10,16). Telle est la doctrine de la vérité catholique, dont personne ne peut s’écarter sans danger pour la foi et le salut. » [9]

Autrement dit, affirmer que l’unité de professions de foi ou de culte puisse justifier l’insubordination et la désobéissance habituelles des fidèles envers la hiérarchie de l’unique Église du Christ, dont ils sont devenus membres par le baptême, revient à pouvoir rendre la divinité de l’Église indiscernable, à remettre en cause son indéfectibilité et à justifier l’ecclésiologie des communautés schismatiques.

Père Marcelino Constant

[1] Ainsi le catéchisme de saint Pie X enseigne : « L’Eglise catholique est la société ou la réunion de tous les baptisés qui, vivant sur la terre, professent la même foi et la même loi de Jésus-Christ, participent aux mêmes sacrements et obéissent aux pasteurs légitimes, principalement au Pontife Romain. » et précise un peu plus après : « Non, tous ceux qui ne reconnaissent pas le Pontife Romain pour leur chef n’appartiennent pas à l’Eglise de Jésus-Christ. »

[2] Le code de droit canon de 1917 définit ainsi le délit de schisme : « Toute personne qui après avoir reçu le baptême et tout en conservant le nom de chrétien, (…) refuse de se soumettre au Souverain Pontife et de rester en communion avec les membres de l’Eglise qui lui sont soumis, elle est schismatique » (Can. 1325, §2). Notons que cette définition canonique du schisme est reprise par le Code de droit canonique de 1983 qui affirme : « On appelle schisme, le refus de soumission au Pontife Suprême ou de communion avec les membres de l’Eglise qui lui sont soumis ». (Can. 751)

Il faut noter que ce n’est pas une simple désobéissance au Pontife romain qui suffit à rendre schismatiques des personnes devenues membres du corps de l’Eglise par le baptême mais un refus habituel de soumission effective à son autorité suprême. Ainsi, la Bulle Unam Sanctam du Pape Boniface VIII affirmait déjà : « En conséquence nous déclarons, disons et définissons qu’il est absolument nécessaire au salut pour toute créature humaine d’être soumise au pontife romain ». 

[3] « Celui-là est schismatique qui refuse d’agir comme partie de l’Église. Peu importe les motifs : dès qu’on en vient à refuser de se comporter comme partie d’une unique Église catholique, on tombe dans le schisme. Quelque variées que soient les raisons et les passions qui poussent les chrétiens à se soustraire à la communion, à vouloir sanctifier et être sanctifiés, à instruire et à être instruits, à diriger et à être dirigés […], non plus comme parties de l’Église catholique, mais comme s’ils étaient eux-mêmes des « touts » à part, ils sont schismatiques. » (Cajetan, Commentaire sur la Somme de théologie, IIa IIæ, q. 39, a. 1, n°2.)

[4] Pastor Æternus, DS n° 3060.

[5] Au moins, par le baptême de désir implicite.

[6] Pour plus de précisions, on pourra se référer à la Lettre du Saint-Office à l’archevêque de Boston, du 8 août 1949 (DS n° 3837)

[7] « Or, la doctrine catholique la plus élémentaire nous apprend que personne ne peut passer pour évêque légitime s’il n’est pas rattaché par la communion de foi et de charité à la pierre sur laquelle a été bâtie l’Église du Christ, s’il n’adhère pas au pasteur suprême auquel ont été confiées, pour les conduire au pâturage, toutes les brebis du Christ, s’il n’est pas lié à celui qui confirme ses frères qui sont en ce monde ; et sans contredit « c’est à Pierre que le Seigneur a parlé, à un seul afin de fonder sur un seul l’unité » (Lettre encyclique Et si multa luctuosa, Sur l’obligation de croire à l’Église, 21 novembre 1873).

[8] Ainsi, Pie XII, s’inscrivant dans le magistère constant enseigne que la mission apostolique est juridictionnelle dans Mystici Corporis Christi : « En effet, en vertu de cette mission ” juridique “, par laquelle le divin Rédempteur envoya les Apôtres dans le monde comme lui-même avait été envoyé par son Père, c’est lui qui, par l’Église, baptise, enseigne, gouverne, lie, délie, offre, sacrifie. »

[9] Pastor Æternus, DS n° 3060.

Marche pour la vie à Rome

Des milliers de personnes ont participé samedi à Rome à une nouvelle édition de la Manifestation Nationale pour la Vie, un rendez-vous qui rassemble des associations pro-vie de toute l’Italie.

L’appel, soutenu par plus d’une centaine d’organisations, a traversé le centre de la capitale italienne depuis la Place de la République jusqu’à la basilique Saint-Jean-de-Latran.

Bien que la marche ait lieu chaque année, l’édition 2026 est marquée par la relance d’initiatives législatives sur le suicide assisté en Italie. Les organisateurs estiment que la manifestation vise à rappeler que la protection de la vie humaine reste une question fondamentale pour la société contemporaine, notamment dans un contexte où prolifèrent des propositions législatives liées à l’avortement, à l’euthanasie et à d’autres pratiques affectant les plus vulnérables.

« Nous sommes 20 000 à défiler dans les rues de Rome pour rappeler qu’une société ne peut être considérée comme pleinement juste si elle “laisse dans l’ombre l’enfant à naître, les personnes âgées, les malades, ceux qui souffrent en silence”, car “la défense de la vie humaine est un but de la civilisation”, comme l’a déclaré le pape Léon XIV il y a quelques jours lors de sa visite au Parlement espagnol. Aujourd’hui, nous réaffirmons qu’une société véritablement saine est celle qui protège la vie de la conception à la mort naturelle, et nous sommes fermement convaincus de vouloir abroger toute loi qui autorise la violation de ces droits. »

Tels étaient les mots des organisateurs de la manifestation nationale « Choisissons la vie ».

Les deux porte-parole, Massimo Gandolfini et Maria Rachele Ruiu, se sont adressés aux sphères politique, culturelle et médiatique, lançant un appel à soutenir la natalité, à interdire la pilule du lendemain, à abroger la circulaire « Speranza » légalisant l’avortement médicamenteux par la RU486 prescrite en clinique, et à abolir les techniques de manipulation de l’être humain par la production, la sélection, la congélation et l’élimination d’embryons.

La défense de la vie naissante implique également la création d’un fonds dédié au droit de ne pas avorter, le soutien à la présence d’associations spécialisées dans l’accompagnement maternel au sein des centres de conseil et dans toute la communauté, ainsi que l’aide aux jeunes couples et aux familles nombreuses par des politiques structurelles.

Concernant les soins de fin de vie, le rassemblement appelle politiquement à « s’abstenir de toute législation relative au suicide assisté ou à l’euthanasie et à financer adéquatement le programme de soins palliatifs prévu, mais jamais véritablement mis en œuvre, par la loi 38/2010, qui constitue le véritable remède aux demandes de suicide assisté ».

Parallèlement, il réclame également « des mesures politiques visant à protéger pleinement le bien-être des enfants et, par conséquent, à bloquer les transitions hormonales et chirurgicales chez les mineurs ».

De nombreux responsables politiques étaient présents à la marche, notamment le député européen Paolo Inselvini, le député Maddalena Morgante, la conseillère régionale du Latium chargée de la jeunesse et des politiques familiales Simona Baldassarre, la conseillère régionale du Latium Chiara Iannarelli et l’ancien sénateur Simone Pillon. Le président de la Chambre des députés, Lorenzo Fontana, a adressé un message aux participants :

« Il est essentiel de renforcer les dispositifs de soutien à la maternité par des mesures favorisant l’emploi stable, la flexibilité organisationnelle et la valorisation du rôle parental. Choisir la vie, c’est promouvoir une culture qui s’oppose à la logique de sélection et de marginalisation, et construire une société capable de reconnaître, en toute circonstance, même la plus difficile et la plus douloureuse, un don précieux à accueillir et à protéger. Cela, a-t-il ajouté, exige un engagement constant pour lever les obstacles économiques et sociaux qui entravent souvent les choix individuels. »

Un message écrit a également été envoyé par Monseigneur Renzo Pegoraro, président de l’Académie pontificale pour la vie :

« Notre témoignage, en choisissant la vie vulnérable, est important, depuis la vie naissante dans le ventre de la mère jusqu’à la vie qui s’ouvre à l’éternité sur un lit d’hôpital ». « Prendre soin des plus petits et des plus démunis, des rejetés et des indésirables, tel est le défi qui nous attend. »

La manifestation a également été marquée par les témoignages de divers militants et personnalités. Parmi eux, Andrea Bocelli a évoqué la décision de sa mère, « dont les médecins avaient déconseillé la poursuite de la grossesse, mais qui a choisi de faire confiance à la vie et de ne pas se laisser abattre ». La vie, « lorsqu’elle est accueillie et non crainte, se multiplie », et, a ajouté Bocelli, « les civilisations qui ont prospéré l’ont compris en se tournant vers l’avenir, en investissant dans les nouvelles générations, en choisissant l’acceptation comme voie à suivre ».

Faisant écho à ses propos, présent sur scène et dans la procession, Monseigneur Antonio Suetta, évêque de Vintimille-San Remo et promoteur de l’initiative « Les Cloches de la Vie » :

« Nous sommes dans la rue car, parmi toutes les belles et importantes choses que nous voulons dire, nous voulons aussi nous opposer au complot du silence de ceux qui voudraient nous faire oublier nos idées, les garder pour nous. Au contraire, nous avons le devoir de dire que nous devons toujours protéger la vie. »

Ils ont également partagé leurs témoignages, notamment avec Stefano et Giovanna Mariani, les parents d’Arturo Mariani et d’Emmanuel Cosmin Stoica, écrivain et militant en situation de handicap. L’événement s’est conclu par un concert du groupe « The Sun » avec Angelo Maugeri.

Le Vatican soutient la demande d’un coordinateur européen contre la haine anti-chrétienne

De Laurence Trochu, député au Parlement européen, vice-présidente d’Identité Libertés :

Depuis le début de mon mandat, je me bats pour que la Commission européenne crée un poste de coordinateur chargé de la lutte contre la haine anti-chrétienne, comme il en existe un pour la lutte contre l’islamophobie et un autre contre l’antisémitisme.

Ce deux poids deux mesure n’est pas acceptable, particulièrement dans une Europe qui a été façonné par le christianisme. Il confine à la haine de soi, qui aveugle nos institutions sur la réalité des actes anti-chrétiens, en forte hausse à l’échelle de l’Union.

Au cours des dernières semaines, j’ai rencontré le Nonce apostolique auprès de l’Union européenne, Monseigneur Auza, représentant diplomatique officiel du Saint-Siège, ainsi que le Secrétaire Général de la Conférence des évêques de l’Union européenne. Monseigneur Auza n’a pas hésité à apporter le plein soutien du Saint-Siège à notre projet.

Au-delà de cette urgence institutionnelle, nos entretiens avec les représentants de l’Église catholique auprès de l’Union ont également été l’occasion d’aborder des défis de civilisation majeurs.

Nous avons partagé nos vives préoccupations face aux dérives éthiques actuelles : les dangers de l’intelligence artificielle pour la jeunesse, le fléau de la dénatalité qui frappe notre continent, mais aussi le marché de la GPA qui exploite la précarité de jeunes femmes sous couvert de « consentement », ou encore les dérives de l’euthanasie qui condamnent les plus isolés et les plus vulnérables d’entre nous.

Cette démarche diplomatique marque une nouvelle étape indispensable vers la reconnaissance politique de la christianophobie et vers une réponse européenne à la hauteur des enjeux.

Le combat continue, à tous les niveaux, et nous ne relâcherons pas nos efforts.

Au sein de l’Union européenne comme sur la scène nationale, vos élus IDL se battent pour défendre notre civilisation et nos valeurs.

Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à avancer : faites un don, signez et faites signer la pétition européenne pour la création d’un poste de coordinateur européen contre la haine anti-chrétienne !

 

Edouard Philippe souhaite revenir sur la loi Taubira

Il ne s’agit pas de la loi dénaturant le mariage, qui pourrait aussi être abrogée, mais de la loi consacrant l’indépendance des magistrats.

Extrait de son entretien dans Le Parisien :

Depuis la loi Taubira, les magistrats sont pleinement indépendants et ne peuvent pas recevoir d’instructions individuelles du ministre de la Justice. Faut-il supprimer cette disposition ?

Le parquet met en œuvre la politique pénale, qui est une politique publique. Et je ne comprends pas qu’une politique publique puisse être faite indépendamment du gouvernement. Non seulement je pense que le parquet doit rester sous l’autorité du garde des Sceaux, mais, oui, le ministre devrait pouvoir donner des instructions individuelles.

Il faut revenir sur toutes les loi Taubira.

Quel est le destin du sel n’ayant plus de goût et qui à cause de cela n’est plus bon à rien ?

De l’abbé Guy Pagès :

Voici le carton de vœux publié par le Diocèse de Saint Denis à l’occasion de la fête musulmane du mouton en 2026. Ce document est un bel exemplaire de ce que certains dénoncent comme l’apostasie manifeste de l’Église n’ayant finalement rien d’autre à proposer que le « vivre ensemble », la vertu républicaine.

Commençons par le titre : « Chers frères et sœurs musulmans ». Selon la profession de foi du pape François publiée à Abou Dhabi, et validée ensuite à de multiples reprises par Léon XIV pour qui « rien n’est plus précieux (2020.02.04) », nous sommes tous frères. Or, Jésus a déclaré « tous frères » seulement ses disciples (Mt 23.8), non tous les hommes, et encore moins les musulmans pour qui la foi chrétienne est, précisément, la pire abomination qui soit, le seul péché qu’Allah ne puisse pardonner, la raison d’être de l’islam venu l’éradiquer (Coran 4.48 ; 9.28-33). Jésus ne reconnait pour ses frères, non ceux qui lui sont unis par l’humanité, mais ceux qui font la Volonté de Dieu (Mc 3.33), laquelle est de croire en Lui (Jn 6.40), ce que refuse absolument l’islam (Coran 4.171 ; 5.73 ; 6.101 ; 72.3).

Il n’est pas question de juger la sincérité ou la piété des musulmans célébrant cette fête, mais nul homme n’étant dispensé du devoir de chercher la vérité, il revient en priorité aux chrétiens de les inviter à s’interroger : Quelle est la valeur théologique et sotériologique de l’égorgement rituel du mouton ? Où en est le véritable accomplissement : dans sa vaine répétition, ou dans le sacrifice du véritable Agneau de Dieu (Jn 1.29), offert une fois pour toutes (Rm 6.10 ; He 7.27 ; 9.26,28 ; 10.10) afin que soient expiés les péchés du monde (Mt 20.28), sacrifice rendu présent par la Messe pour que nous puissions nous offrir nous-mêmes « par Lui, avec Lui et en Lui », afin d’hériter avec Lui de la Résurrection et de la vie éternelle ? L’islam brise la suite : Isaac-Israël-Messie, pour la recomposer en un discours négateur du projet divin : il garde le mouton d’Abraham, mais tel celui qui regarde le doigt lui montrant la lune, il ne voit pas l’Agneau véritable ; il garde le signe prophétique, mais refuse le Sacrifice du Messie (Coran 4.157). La logique chrétienne de l’Alliance, qui va d’Abraham au Christ, est remplacée par la logique de la soumission … à l’inconnaissable Allah, c’est-à-dire à l’Islam. L’Église doit-elle donc taire que le sacrifice d’Abraham n’était qu’une étape de la Révélation du Mystère de l’Agneau divin, et le valoriser comme une preuve islamique contre la Révélation divine ? Car souhaiter « joyeux Aïd el-Kebir, rempli de paix et de lumière », c’est célébrer le refus du sacrifice du Christ … Comment les musulmans, et le monde entier, pourraient-ils ne pas se goberger d’une Église devenue si veule et lâche qu’elle s‘associe au rejet de sa foi ?

Souhaiter un Aïd el Kébir « rempli de paix et de lumière », c’est confesser le bien-fondé de la bonté de l’existence en reconnaissant les bons fruits qu’il porte, aussi vrai qu’aucun arbre mauvais ne donne de bons fruits. Or, qui peut venir APRÈS le Christ, sinon l’Antichrist ? Qui ne sait que l’islam considère tous les non-musulmans – et particulièrement les chrétiens -, comme n’étant « qu’impureté (Coran 9.28) », les « pires de la création (Coran 98.6) », « pires que des bêtes (Coran 8.55) » ? Manifestement, les chrétiens n’acceptent plus l’enseignement des Apôtres : « Ne formez pas d’attelage disparate avec des infidèles. Quel rapport en effet entre la justice et l’impiété ? Quelle union entre la lumière et les ténèbres ? Quelle entente entre le Christ et Satan ? Quelle association entre le fidèle et l’infidèle ? (2 Co 6.14-15) » ; « Si quelqu’un rejette l’Évangile, ne le recevez pas chez vous, et abstenez-vous de le saluer. Qui conque le salue participer à ses œuvres mauvaises. (2 Jn 1.10-11) » Quand les Apôtres vont-ils être condamnés comme non-inclusifs, et la Bible expurgée de certains écrits ? À moins que l’Église confesse n’être pas fidèle au commandement du Christ : « Que votre oui soit un oui, et que votre non soit un non. (Mt 5.37) » 

Le Pape François enseignait ouvertement que toutes les religions mènent à Dieu parce que toutes voulues par Dieu. Il n’a malheureusement pas été désavoué par son successeur. Ce nouvel évangile est maintenant partout prêché, y compris dans l’Église. C’est ainsi que le Diocèse de Saint Denis, comme tant d’autres, assure aux musulmans qu’ils sont dans la foi … méprisant allégrement l’obligation de « tenir fermement la distinction entre la foi théologale et la croyance dans les autres religions. (Dominus Iesus, n°7) » Mais si les musulmans sont dans la foi, pourquoi les évangéliser ? Pourquoi ne pas devenir musulman ? Plus rien n’a de sens … Quel est le destin du sel n’ayant plus de goût et qui à cause de cela n’est plus bon à rien ? C’est d’être jeté dehors et foulé aux pieds par les gens (Mt 5.13) …

Le Sacré-Cœur de Jésus

Aymeric Pourbaix reçoit :

  • 𝐒𝐚𝐛𝐫𝐢𝐧𝐚 𝐆𝐔𝐍𝐍𝐄𝐋𝐋, co-réalisatrice du film “Sacré-Cœur” et co-auteur du livre “Sauvés par le Sacré-Cœur”
  • 𝐀𝐫𝐧𝐚𝐮𝐝 𝐁𝐎𝐔𝐓𝐇𝐄́𝐎𝐍, représentant français des Chevaliers de Colomb
  • 𝐏𝐞̀𝐫𝐞 𝐉𝐞𝐚𝐧-𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜̧𝐨𝐢𝐬 𝐓𝐇𝐎𝐌𝐀𝐒, prêtre jésuite
  • 𝐂𝐡𝐚𝐫𝐥𝐞𝐬 𝐕𝐀𝐔𝐆𝐈𝐑𝐀𝐑𝐃, docteur en histoire et auteur de “Les racines françaises du catholicisme américain”

De plus en plus d’Américains considèrent l’avortement comme inacceptable

Selon un récent sondage Gallup, le pourcentage d’Américains qui considèrent l’avortement comme « moralement acceptable » a diminué. Ce pourcentage est passé de 54 % en 2024 à 49 % cette année. Parallèlement, 41 % des personnes interrogées estiment que l’avortement est moralement répréhensible.

Ces résultats proviennent de l’enquête annuelle « Valeurs et croyances » de Gallup, menée du 1er au 17 mai 2026. Depuis 2001, l’institut pose régulièrement les mêmes questions sur un large éventail de comportements, notamment sur des sujets liés à la sexualité, au mariage et à l’éthique médicale.

L’acceptation morale de l’avortement est donc inférieure à celle de nombreux autres comportements tels que la contraception (83 %), le divorce (74 %), les relations sexuelles hors mariage (65 %) ou les relations homosexuelles (62 %). Elle demeure toutefois supérieure à l’acceptation des relations sexuelles chez les adolescents (35 %) ou du clonage animal (27 %).

Les opinions sur l’avortement restent fortement influencées par l’appartenance politique. Alors que seulement 18 % des républicains considèrent l’avortement comme moralement acceptable, 73 % des démocrates partagent cet avis.

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