« Nouvelle » Étude doctrinale du livre Prier avec le cycle féminin
Le livre Prier avec le cycle féminin propose une réflexion originale sur la vie spirituelle de la femme en intégrant la réalité du cycle menstruel dans la prière et la croissance intérieure. Son objectif est clairement pastoral : aider les femmes à vivre leur féminité comme un don de Dieu et à remettre au Christ leurs blessures corporelles et spirituelles. Dans son ensemble, l’ouvrage est profondément enraciné dans la foi catholique et manifeste un amour sincère du Christ, des sacrements et de l’Église.
Une anthropologie conforme à la doctrine catholique
Le premier point remarquable est la vision unifiée de la personne humaine. L’auteure refuse toute séparation entre le corps et l’âme. Elle affirme que le corps féminin participe pleinement à la vie spirituelle et que la grâce ne détruit pas la nature mais la suppose et la perfectionne. Cette approche correspond à l’enseignement du Catéchisme, selon lequel la personne humaine est une unité de corps et d’âme (CEC 362-365).
Le livre rappelle constamment que le corps est un don de Dieu, destiné à sa gloire, en s’appuyant sur saint Paul (1 Co 6,19-20). On lit notamment : « Il s’agissait de recevoir, d’accueillir ce corps et son fonctionnement comme un don de Dieu. ». Cette insistance est pleinement conforme à la doctrine catholique.
Une spiritualité profondément christocentrique
L’ouvrage ne cherche jamais à remplacer le Christ par une méthode psychologique ou énergétique. Au contraire, toute la démarche conduit à Jésus-Christ. La méditation de la guérison de la femme hémorroïsse occupe une place centrale et devient une invitation à présenter au Seigneur les blessures physiques et affectives de la femme.
Cette orientation est conforme au Catéchisme, qui enseigne que toute prière chrétienne est une rencontre avec le Christ et que lui seul est le Médiateur entre Dieu et les hommes (CEC 2558-2565).
De même, l’auteure insiste sur la confession, l’oraison, l’Eucharistie, la vie liturgique et la conversion personnelle. Elle écrit notamment : « Seul Jésus guérit. » Puis : « Seul Jésus lit totalement la vérité en nous, dans notre histoire. » Rien, dans ces développements, ne contredit la doctrine catholique.
Une juste valorisation de la féminité
Le livre cherche à réhabiliter une dimension souvent négligée de l’expérience féminine. Il refuse de considérer le cycle menstruel comme une simple contrainte biologique ou comme un sujet exclusivement médical. Il y voit un lieu où la grâce peut agir.
Cette perspective est compatible avec le Catéchisme, qui affirme que la différence sexuelle appartient au dessein créateur de Dieu (CEC 369-373). L’auteure refuse toute opposition entre nature et grâce et souligne que la féminité possède une véritable dignité spirituelle.
Elle rappelle également la vocation universelle à la sainteté des femmes, mariées, célibataires ou consacrées, ce qui est pleinement conforme à l’enseignement de l’Église.
Des intuitions spirituelles plus que des affirmations doctrinales
Le Catéchisme n’enseigne jamais une éventuelle correspondance entre les fluctuations hormonales et les mouvements spirituels. Ces développements relèvent donc d’une réflexion personnelle, qui peut être utile pastoralement mais ne possède pas d’autorité doctrinale.
De même, la description des quatre éléments (air, eau, terre, feu) comme symboles des différentes phases du cycle constitue une méthode pédagogique intéressante, mais elle n’appartient pas au patrimoine doctrinal de l’Église. Elle ne pose pas de difficulté tant qu’elle demeure une analogie.
Une lecture symbolique de l’Écriture
L’ouvrage repose largement sur la méditation du récit de la femme hémorroïsse (Mc 5). L’auteure en tire de nombreuses applications concernant le cycle menstruel, la ménopause, les blessures de la féminité et même les relations entre femmes et prêtres.
Ces méditations sont souvent riches spirituellement. Toutefois, elles dépassent le sens littéral du texte biblique. L’exégèse catholique distingue en effet le sens littéral des sens spirituels. Certaines interprétations proposées ici relèvent clairement de l’application spirituelle personnelle.
Cela n’est pas illégitime : la tradition catholique a toujours pratiqué la lecture spirituelle de l’Écriture.
Conclusion
Prier avec le cycle féminin apparaît compatible avec la doctrine fondamentale de l’Église catholique. Son anthropologie, sa christologie, sa vision des sacrements, de la prière, de la chasteté et de la vocation à la sainteté sont conformes au Catéchisme.
L’ouvrage ne relève pas du Magistère mais de la théologie spirituelle. Plusieurs développements doivent être reçus comme des propositions de méditation, non comme des enseignements doctrinaux.
Cette distinction est importante, mais elle ne remet pas en cause la valeur spirituelle de l’ensemble. Au contraire, le livre constitue une tentative originale de montrer que la grâce rejoint la femme dans toute la réalité de son existence corporelle. En rappelant que le Christ veut sanctifier la personne tout entière, corps et âme, il s’inscrit dans une intuition profondément catholique. La conclusion de l’ouvrage exprime bien cette perspective traditionnelle :
« Accordez-nous, Seigneur, de ne pas aimer la prière pour ce qu’elle nous apporte, mais de voir dans les différents temps de notre prière un don gratuit et surabondant de votre miséricorde envers nous. »
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La persécution ne pourra pas arrêter le mouvement croissant de la messe en latin
Lettre de Mgr Hector Aguer, parue sur LifeSiteNews :
Le pape Benoît XVI, dont la mémoire est à jamais gravée dans les mémoires et qui sera très probablement proclamé Docteur de l’Église un jour, a cherché, dans Summorum Pontificum , son motu proprio de 2007 sur les deux usages du rite romain unique, ordinaire et extraordinaire, à libéraliser la célébration de la messe communément appelée « traditionnelle », « tridentine », « de saint Pie V » ou « des siècles ». Il l’a fait dans le but de contribuer à la paix liturgique et par respect pour une coutume ancienne et vénérable. Ainsi, tout prêtre peut célébrer la messe en latin sans avoir besoin d’une autorisation spéciale ni risquer des représailles idéologiques de la part de certains évêques.
Dans sa lettre aux évêques du monde entier accompagnant le motu proprio , le pape a souligné que « ce qui était sacré pour les générations précédentes demeure sacré et grand pour nous aussi, et ne saurait être soudainement totalement interdit ni même considéré comme nuisible ». Dieu seul sait combien le pape allemand a souffert lorsque, quatorze ans plus tard, le 16 juillet 2021, son successeur a abrogé cette législation d’un trait de plume et imposé des restrictions draconiennes au Vetus Ordo . Une part de cette souffrance a été révélée ces derniers jours par son fidèle secrétaire particulier, l’archevêque Georg Gänswein.
Le Motu proprio Traditionis Custodes, publié il y a cinq ans, loin de panser les plaies, n’a fait que les raviver. Contrairement à ce que recherchait son promoteur, ce document a contribué à un regain d’intérêt pour la tradition et l’orthodoxie, notamment chez les jeunes. Aujourd’hui, on observe de nombreuses conversions parmi ceux qui privilégient l’usus antiquior. La transmission de la foi ne se fait plus, en grande partie, de parents à enfants, mais de jeunes à jeunes. Je rappelle ici ce que j’ai dit à maintes reprises : j’ai été ordonné prêtre en 1972 selon le Novus Ordo, et je n’ai jamais célébré la forme extraordinaire.
Sans aucun doute, le Mystère continue de captiver les cœurs. Dans un monde aux relations instables, noyé dans le vide et la déshumanisation – un monde qui prétend avec arrogance vivre dans un monde post-vérité, post-humaniste et post-christianisme –, le Christ, « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6), réaffirme toute sa légitimité. Il montre qu’à travers lui, en se tournant vers le Père et dans l’Esprit Saint, l’existence humaine trouve tout son sens, avec la perspective d’un avenir meilleur. L’exhortation de l’apôtre Paul aux Colossiens résonne ainsi avec une vigueur renouvelée : enracinés et édifiés dans le Christ, affermis dans la foi que vous avez reçue (Col 2, 7). Il s’agit de ne pas se laisser asservir par le vide d’une philosophie trompeuse, inspirée par des traditions purement humaines et les éléments du monde plutôt que par le Christ (cf. Col 2, 8).
Ce ne sont donc ni la persécution ni les mesures progressistes extrêmes qui pourront enrayer ce mouvement grandissant, qui, comme nous l’avons constaté, dépasse largement le simple effet de mode. Car la mode, ces soixante dernières années, a été de faire du Novus Ordo – même à l’encontre des préceptes de Sacrosanctum Concilium – un terrain propice à une dévastation liturgique totale.
Les quatre prières eucharistiques du missel réformé semblent avoir été supplantées par une « prière eucharistique zéro », c’est-à-dire une prière improvisée, laissée à l’appréciation du célébrant. Ce phénomène, parmi d’autres effondrements doctrinaux, moraux et disciplinaires, a vidé les séminaires et les couvents, provoqué des exodes massifs du clergé et de la vie religieuse, et engendré une véritable hémorragie au sein de l’Église. Diverses confessions évangéliques ont prospéré, alimentées par la colère des catholiques. Le nombre d’incroyants a également augmenté, de même que celui des personnes se déclarant sans appartenance religieuse. En Argentine, par exemple, au cours des soixante dernières années, la proportion de catholiques est passée de 90 % à 57 %, et cette tendance à la baisse se poursuit. C’est là où nous a conduit le modernisme, avec le « tournant anthropologique » rahnérien : la théologie de la libération et sa variante argentine, la théologie du peuple . On constate que ce schéma se répète, sous différentes formes, dans de nombreux pays. Un peuple sans théologie solide finit par ne pas connaître Dieu — et les conséquences sociales de cela sont dramatiques.
Ce qui me frappe, c’est que l’Église prêche aujourd’hui très peu sur la vie éternelle, les fins dernières et le retour glorieux de Notre Seigneur. Pendant ce temps, certains magnats de la tech parlent de l’Antéchrist et organisent des réunions avec des hommes d’affaires et des personnalités influentes pour s’en protéger. La « Silicon Valley apocalyptique » affirme que la Terre n’est plus un lieu sûr, que même Mars, où ils envisagent de s’installer, ne le sera pas, car ils craignent qu’une intelligence artificielle incontrôlable et vengeresse finisse par y arriver. Qui aurait pu imaginer, il y a quelques années encore, que nous serions témoins d’une telle chose ?
Il est indéniable que guérir les nombreux maux qui rongent l’Église, maux qui se sont aggravés durant la deuxième décennie de ce siècle et bien au-delà, au début du troisième, n’est pas chose aisée. L’heure est venue de faire preuve de grandeur, de solidité doctrinale et, par conséquent, de rétablir la discipline, sans favoritisme ni parti pris idéologique. On nous exhorte sans cesse à discerner les signes des temps et à savoir les écouter. Puissions-nous aujourd’hui entendre la voix du Seigneur et ne pas endurcir nos cœurs (cf. Ps 95, 7-8).
J’ai 83 ans et je vis dans une maison de retraite pour prêtres, une sorte d’établissement pour le clergé. Je me déplace très peu et ne quitte presque jamais ma chambre, sauf pour aller à la chapelle. Je sais que très bientôt le Seigneur m’appellera auprès de Lui, Lui que j’ai cherché à aimer et à servir du mieux que j’ai pu, malgré mes péchés et mes limites. Et je m’efforce de me préparer à ce moment par la prière et en lui offrant mes souffrances présentes.
En cette fin de vie, l’une des plus grandes satisfactions qui me restent est d’avoir ordonné, comme archevêque de La Plata, quarante-neuf prêtres et trois diacres en vue de sacerdoce. Plusieurs d’entre eux – jeunes et courageux, zélés gardiens de la saine doctrine – servent aujourd’hui dans des communautés dynamiques, caractérisées par une liturgie soignée, une pastorale attentive et un zèle missionnaire. De ces communautés naissent des vocations pour toute l’Église : au mariage et à la famille, au sacerdoce et à la vie religieuse. Eux et leurs enfants spirituels constituent une grande source de consolation et d’espérance pour cet évêque âgé.
+ Héctor Aguer
Archevêque émérite de La Plata
Buenos Aires, lundi 13 juillet 2026. Mémoire de Saint Henri.
Réaction des évêques catholiques à l’inscription de leur nom sur la liste « anti-droits » d’Amnesty International
La Conférence des évêques catholiques d’Angleterre et du Pays de Galles (CBCEW) a défendu ses efforts pour protéger les « droits donnés par Dieu » à l’enfant à naître et à toute l’humanité après qu’Amnesty International Royaume-Uni l’ait incluse sur une liste d’organisations « anti-droits » qui menacent le Royaume-Uni.
Dans un courriel adressé à LifeSiteNews le 14 juillet, en réponse à sa mention dans le rapport d’Amnesty International intitulé « Une menace croissante : le mouvement anti-droits au Royaume-Uni », la CBCEW a défendu son action et celle de l’Église catholique en faveur des « droits inaliénables » et de la dignité de toute personne « de la conception à la mort naturelle », ainsi que son soutien à la liberté de conscience. Ce rapport d’Amnesty International, depuis retiré, classait également le Catholic Herald, Right to Life UK, le Centre for Bioethical Reform UK (CBR UK) et plusieurs organisations pro-vie et chrétiennes parmi les organisations « anti-droits » en raison de leur plaidoyer pour la protection de l’enfant à naître et la défense du mariage traditionnel et de « l’identité de genre ».
Le rapport déplore également le récent « déclin significatif » de la protection des soi-disant « droits LGBT+ » et la montée du « mouvement critique du genre » en Grande-Bretagne, et demande que tous les groupes mentionnés soient privés de leur statut d’organisme de bienfaisance officiel. Les évêques déclarent :
« L’Église catholique s’efforce de défendre les droits fondamentaux de toute l’humanité, sans exception ». « Cela inclut les droits des personnes injustement emprisonnées, des réfugiés et des migrants, des victimes de la traite des êtres humains, ainsi que le droit à la vie de toute personne, de la conception à la mort naturelle. »
« Par ailleurs, nous défendons le droit à la liberté de religion, de conscience et d’expression tel qu’il est exposé dans le document du Concile Vatican II, Dignitatis Humanae ». « Notre conviction de la dignité de chaque personne, fondement d’une juste compréhension des droits humains, anime tout notre travail en matière de justice sociale en Angleterre et au Pays de Galles. »
Comme l’a rapporté lundi Jonathon Van Maren de LifeSite, la liste d’Amnesty International comprend 49 groupes « critiques du genre » ; 25 groupes pro-vie (dont 13 centres de crise de grossesse) ; 11 groupes sous l’étiquette « pratiques de conversion » ; 12 groupes « de défense des droits chrétiens » ; et une catégorie « Autres » très large.
Le rapport cite notamment les centres de soins de grossesse qui cherchent à aider les femmes confrontées à des grossesses en crise, par opposition à ceux qui permettent aux femmes de tuer leur enfant, et inclut même la Déclaration des femmes travailleuses , un groupe féministe de gauche qui s’oppose à l’agenda transgenre, dans sa liste.
L’Église catholique a toujours condamné l’avortement, le meurtre d’enfants innocents à naître, comme un « mal moral » en toutes circonstances.
Malgré l’appel inquiétant du rapport demandant la révocation du statut d’organisme de bienfaisance officiel de chaque organisation pro-vie et chrétienne répertoriée, plusieurs des « principales conclusions » d’Amnesty International sont encourageantes. L’organisation observe que le mouvement dit « critique du genre » au Royaume-Uni, qui s’oppose à l’idéologie du genre, « est en pleine expansion », 60 % de ces groupes ayant « émergé depuis 2017 ».
L’Église catholique enseigne également que « les actes homosexuels sont intrinsèquement désordonnés » et « contraires à la loi naturelle », et que l’inclination homosexuelle est « objectivement désordonnée ». Le Catéchisme est très clair : l’activité homosexuelle ne peut jamais être approuvée et il rappelle que « les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté ».
L’enseignement catholique condamne également les mutilations corporelles et la stérilisation comme étant « contraires à la loi morale » et dénonce l’idéologie du genre.
Amnesty International a également noté que les 117 groupes recensés dans son rapport ont dépensé « 144 millions de livres sterling entre 2019 et 2024, soit une augmentation de 47 % », et que « les plus gros dépensiers sont des organisations chrétiennes ultra-conservatrices de plaidoyer et de défense des politiques publiques », suivies par « les antennes britanniques de groupes américains et les organisations anti-avortement ». L’organisation précise en outre que ces groupes sont « répartis géographiquement et ne sont pas concentrés à Londres ».
Amnesty International Royaume-Uni a répondu à plusieurs plaintes concernant son rapport en présentant ses excuses pour l’avoir publié sur son site web « sans avoir suivi les procédures de révision interne établies ». L’organisation a réaffirmé son engagement à défendre les « droits » des femmes (à l’avortement) ainsi que les « droits des personnes transgenres », mais a semblé suggérer de manière vague qu’il était inapproprié de cibler certaines communautés.
Ce vote ne marque pas la fin de notre mobilisation. Nous nous battrons pour faire abroger ce texte
Communiqué de la Marche pour la vie:
Fin de vie : l’Assemblée nationale légalise l’euthanasie : un renversement majeur et tragique pour notre société
L’Assemblée nationale vient d’adopter définitivement la proposition de loi instaurant un « droit à l’aide à mourir » en France. La Marche pour la Vie exprime sa profonde révolte face à cette légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté.
Après trois lectures au Parlement, Sébastien Lecornu a choisi de donner le dernier mot à l’Assemblée nationale, sans accorder de crédit à l’opposition large et répétée du Sénat, aux inquiétudes des médecins et aux appels des très nombreux patients concernés par ce texte. C’est un débat bâclé, conclu à la veille des vacances, qui ouvre la voie à un basculement civilisationnel.
Cette loi crée une confusion qui entamera profondément la confiance que l’on peut accorder aux soignants en assimilant la mort à un soin. Contrairement à ce qui a été soutenu par ses promoteurs, ce texte n’ouvre pas simplement un droit pour ceux qui l’attendaient, mais crée une incitation pour toutes les personnes vulnérables qui n’auront pas la chance de pouvoir être accompagnées comme il se doit. Désormais, la loi reconnaît que certaines vies ne méritent pas d’être vécues et bientôt, la mort provoquée cessera d’être une exception. Alors que le nombre de personnes âgées ne cesse de croître et que notre système de santé est loin de pouvoir s’y adapter, le gouvernement a fait un choix irresponsable en cédant à l’idéologie, ou au cynisme.
Ce vote ne marque pas la fin de notre mobilisation. Nous nous battrons pour faire abroger ce texte. La Marche pour la Vie continuera à défendre, aux côtés des soignants et des familles, le vrai accompagnement, fondé sur le respect de la dignité humaine, sur la solidarité, et non sur la mort donnée.
Euthanasiée en raison de souffrances exclusivement psychiques
Ce n’est pas encore en France, mais en Colombie :
Le 9 juillet, une Colombienne âgée de 30 ans est décédée après une euthanasie. Cette psychologue souffrait depuis des années de troubles psychiatriques graves et affirmait que « ses souffrances étaient incompatibles avec une vie digne ». A l’âge de 20 ans, on lui avait diagnostiqué un trouble dépressif « sévère et persistant », un trouble de la personnalité limite et un trouble anxieux non spécifié.
Catalina Giraldo souhaitait recourir au suicide assisté. Toutefois, en raison de l’absence de réglementation en la matière, la jeune femme a finalement choisi de demander l’euthanasie, « une procédure pour laquelle il existe des protocoles établis au sein du système de santé colombien ». Elle avait introduit une action en justice pour obtenir gain de cause et a interpellé la Cour constitutionnelle à la veille de son décès.
Cette affaire a ravivé le débat autour la question de l’accès à ces procédures lorsque la souffrance est exclusivement psychique. L’euthanasie et le suicide assisté sont tous deux dépénalisés en Colombie dans les cas où la personne souffre d’une « maladie grave et incurable qui lui cause une souffrance physique ou psychologique incompatible avec sa conception d’une vie digne ». En 2024, 352 personnes ont eu recours à l’euthanasie et ce nombre augmente d’année en année.
Source : Gènéthique
Euthanasier pour prélever les organes
Dans un article publié dans le New England Journal of Medicine, trois médecins de la Harvard Medical School, du Boston Children’s Hospital aux Etats-Unis, et de la Western University au Canada, posent la question non pas du don d’organe qui suit un décès lié à une euthanasie, mais du « décès par don d’organe » dans le cadre d’une euthanasie.
Avec la « mort par don d’organe », le décès ne serait pas provoqué par l’injection létale requise pour une euthanasie mais le patient serait anesthésié avant qu’un médecin ne prélève ses organes encore vivants, et c’est le prélèvement lui-même qui entraînerait sa mort.
Cette pratique contreviendrait au « principe du donneur décédé » (Dead Donor Rule), qui s’applique actuellement quelle que soit la législation d’un pays sur l’euthanasie et le suicide assisté : il est interdit de prélever les organes d’un patient encore en vie.
Les chercheurs avancent qu’avec la « mort par don d’organe », les médecins contournent les risques liés à l’ischémie chaude. Il s’agit de la période critique pendant laquelle l’organe n’est plus perfusé, du fait d’un arrêt cardiaque ou du clampage de l’artère l’irriguant, avant qu’il ne soit placé dans un dispositif visant à le conserver à froid. Cette phase entraîne une détérioration des tissus qui peut rendre l’organe impropre à la transplantation.
Pour les auteurs de la proposition, l’abandon de la règle du donneur mort pourrait permettre un prélèvement dans des conditions plus favorables pour la transplantation.
Dans les régions où don d’organe et « aide à mourir » sont autorisés, il pourrait être « logique », selon ces trois médecins, que des patients veuillent combiner les deux procédures pour « donner un sens à leur mort ».
Le Dr Robert Truog de la Harvard Medical School considère la demande de mort par don d’organe « éthique, puisque c’est ce que le patient a choisi ». Il parle d’une « grande générosité ».
Source : Gènéthique
Les cancers avant l’âge de 50 ans touchent principalement les femmes. La faute à la contraception hormonale ?
La revue Science et Pseudo-Sciences de juillet 2026 aborde le sujet des cancers.
En France, le nombre total de cancers diagnostiqués chaque année a presque doublé :
- 1990 : 218 000 cas, dont 32 300 chez les 20-49 ans, soit 15 % du total.
- 2023 : 435 000 cas, dont 40 600 chez les 20-49 ans, soit 9,3 % du total.
En France, entre 1990 et 2023, chez les 20-49 ans, les chiffres bruts montrent deux évolutions radicalement différentes :
- Hommes : environ 13 500 → 13 200 cas, soit une quasi-stabilité.
- Femmes : environ 16 700 → 25 300 cas, soit +52 %. La dynamique observée avant 50 ans est donc avant tout féminine.
Même constat lorsque l’on corrige les effets de structure d’âge avec les taux d’incidence standardisés :
- Hommes : 103 → 106 pour 100 000 = stabilité globale.
- Femmes : 127 → 198 pour 100 000 = hausse d’environ 56 %.
En 2023, les femmes représentent ainsi environ 2/3 des cancers diagnostiqués entre 20 et 49 ans.
Qu’est-ce qui porte cette hausse chez les femmes ? Très largement, le cancer du sein. Entre 1990 et 2023 :
- Sein : 57 → 89,9/100 000 = environ 46 % de la hausse totale.
- Colorectal : environ 7 %.
- Poumon : environ 6 %.
À eux trois, ces cancers expliquent près de 59 % de l’augmentation de l’incidence féminine.
Le cancer du sein représente donc à lui seul près de la moitié de l’incidence des cancers féminins avant 50 ans ; près de la moitié de leur augmentation depuis 1990. C’est probablement le résultat le plus important de cette analyse : derrière le récit global sur les « cancers des jeunes » se cache surtout une évolution spécifique des cancers féminins, dominée par le sein.
Pourquoi cette augmentation des cancers du sein avant 50 ans ? Il n’existe bien sûr pas de facteur unique. L’hypothèse principale de l’article est celle d’un effet de cohorte (qui est expliqué dans l’article), notamment reproductif et hormonal : – premier enfant plus tardif ; – évolution de la parité ; – allaitement plus court ou moins fréquent ; – exposition hormonale cumulée différente selon les générations. À cela peuvent s’ajouter plusieurs facteurs de risque plus modestes et indépendants, dont les effets peuvent se cumuler : alcool, certaines expositions hormonales, modes de vie et détection plus fréquente avec des dépistages personnalisés plus fréquents aujourd’hui chez les femmes entre 40 et 50 ans.
Au matin d’une « longue défaite », l’exigence de notre engagement
Le soleil se lève sur la France, comme il se levait hier. Pourtant, quelque chose en nous, en ce matin du 16 juillet, semble avoir basculé. Le vote de la loi sur l’aide à mourir n’est pas une surprise, et pourtant il nous laisse meurtris, le cœur en miettes devant cette dénaturation de l’accompagnement humain. 291 voix pour, 241 contre : un écart infime pour un pas de géant dans un changement de civilisation que nous redoutions.
Il est tentant, devant l’ampleur de ce renoncement sociétal, de laisser la colère prendre les commandes. Mais j’ai repensé, dans le silence de ce matin lyonnais, à ces mots de J.R.R. Tolkien : « Je suis chrétien, et à vrai dire catholique, si bien que je ne m’attends pas à ce que l’Histoire soit autre chose qu’une longue défaite — même si elle comporte quelques aperçus de la victoire ultime. »
Cette phrase est un appel à la lucidité. Si nous voulons protéger les plus faibles et témoigner de notre foi dans l’espace public, nous devons sortir de la tiédeur et assumer une cohérence radicale. Cela implique de tirer les conséquences des actes posés par nos élus.
Mais soyons justes : ce vote n’a pas rassemblé un bloc monolithique. Les clivages ont traversé les groupes politiques. Au sein du MoDem, 20 voix pour et 16 contre. À droite, quelques élus se sont élevés contre le choix de leur camp. Même au Rassemblement national, 12 députés ont voté pour. La majorité présidentielle elle-même s’est déchirée. Boycotter indistinctement tous les députés ayant voté cette loi reviendrait à ignorer ces fractures et à affaiblir les voix qui, en leur sein, ont porté jusqu’au bout le combat de la vie.
Ces élus qui ont voté cette loi, et qui préparent déjà les prochaines étapes — idéologie du genre, GPA — ne sont guère sensibles au débat d’idées, mais d’avantage à la sanction électorale. Dans cette perspective, ne plus accorder notre crédit à ces élus, c’est leur signifier, par un retrait net, que le lien de confiance a été fragilisé par leur vote. Ce n’est pas un refus définitif du dialogue, mais le rappel nécessaire que la confiance se mérite et qu’elle est intimement liée à la défense de la dignité humaine. Il ne s’agit pas de fermer la porte, mais d’exiger un changement de cap : nous restons des citoyens attentifs, prêts à reconsidérer notre position si, à l’avenir, le respect de la vie redevient la boussole de leur engagement politique.
Cependant, la sanction électorale ne suffira pas. La véritable exigence, pour nous qui croyons en la dignité infinie de tout être humain, est de ne pas laisser ce vote clore le débat, mais de l’ouvrir plus largement. L’Église de France elle-même, dans son communiqué, ne s’est pas contentée de dénoncer ; elle a appelé à un sursaut de l’accompagnement, à une présence renouvelée auprès des malades et des personnes âgées. C’est dans les soins palliatifs, dans le soutien aux familles, dans notre présence au chevet des plus vulnérables que se joue l’essentiel.
Cette action n’a de sens que si elle est portée par notre espérance. C’est parce que nous croyons en la dignité infinie de chaque être humain — le plus fragile, le plus vulnérable — que nous ne pouvons plus faire comme si de rien n’était. La rechristianisation du monde passe par cette exigence : être capables de dire « non » à ce qui défigure l’homme, mais aussi, et surtout, de dire chaque jour « oui » à la Vie, par des actes et des visages, avec une détermination qui, elle, ne connaît pas de défaite.
Nous avons perdu une bataille parlementaire. Mais la « longue défaite » dont parle Tolkien n’est pas une fatalité ; elle est le cadre de notre fidélité. C’est dans cette tension, dans cette espérance obstinée, que nous trouverons la force de continuer.
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La liturgie traditionnelle est missionnaire, par son sens du sacré et de la transcendance
À l’occasion du 44e pèlerinage de Chartres, le cardinal Raymond Leo Burke a accordé un entretien à Notre-Dame de Chrétienté au presbytère de la cathédrale, dans les heures qui ont suivi son arrivée parmi les pèlerins.
Le cardinal répond aux questions sur la mission de l’Église selon l’appel du pape Léon XIV, sur la place des sacrements et de la transmission de la foi, sur la dévotion mariale. Il s’attarde particulièrement sur le Vetus Ordo : il rappelle que les livres de 1962 étaient encore ceux des Pères conciliaires pendant le Concile, et invite à revenir, sans anachronisme et à la lumière des archives qui commencent à s’ouvrir, sur le processus qui a mené, après Vatican II, à la réforme liturgique, un travail historique qu’il juge encore largement à approfondir. Selon lui, on peut être pleinement catholique en vivant les sacrements selon les livres de 1962, et cette liturgie séculaire garde aujourd’hui toute sa force missionnaire, en particulier auprès des jeunes générations.
Le cardinal évoque aussi l’avenir de l’Église en France et en Europe, la prochaine visite du pape Léon XIV dans notre pays, et ce qu’il a vécu et ressenti au contact des pèlerins de Chartres.
Face à l’euthanasie, renouveler notre engagement au service de la vie
Communiqué des évêques de France :
Ce 15 juillet 2026 marque une rupture grave dans l’histoire de notre pays. En choisissant de légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, les députés ont inscrit dans la loi française la possibilité de provoquer la mort. Ce choix rompt avec la longue tradition du soin dont la vocation est de soulager la souffrance et d’accompagner chaque personne jusqu’au terme naturel de sa vie.
Depuis quatre ans, avec les évêques de France, nous avons participé de façon sérieuse et responsable au débat sur la fin de vie, par l’expression de nos convictions et en dialogue avec tous. Forts de l’expérience multiséculaire de l’Église dans l’accompagnement des personnes malades, des mourants et de leurs familles, nous avons tenu à partager nos réflexions sur la dignité de toute vie humaine. Le Président de la République avait annoncé un débat serein, éclairé et respectueux mais force est de constater que les enjeux politiques, idéologiques et sans doute même économiques, déguisés par des mots trompeurs, ont eu raison de cette ambition. Une question aussi essentielle pour notre pacte social méritait pourtant que les conséquences humaines, médicales, éthiques et sociales de l’euthanasie et du suicide assisté soient pleinement considérées.
Les effets d’une telle législation ne se mesurent pas encore mais ils se dessinent déjà. Notre rapport à la vulnérabilité, à la vieillesse, au handicap ou à la maladie, changera. Le lien de confiance entre les générations mais aussi entre les soignants, les patients et leurs familles sera dégradé et le regard de la société sur la fragilité, abîmé. Les plus pauvres risquent d’être les premiers à en payer le prix : ne voulant pas être une charge pour leurs enfants ou petits-enfants, les personnes âgées en précarité pourraient se sentir poussées à partir. En outre, l’expérience d’autres pays montre que les critères d’accès à l’aide à mourir tendent toujours à s’élargir, au détriment des soins palliatifs.
Par-delà la désapprobation, ce vote du 15 juillet nous appelle donc à un engagement renouvelé, avec les familles, les soignants, les bénévoles, les proches aidants, les associations, les aumôniers, pour témoigner qu’une autre voie est possible, celle d’une présence fidèle et d’un accompagnement attentif qui apaisent les souffrances physiques ou psychologiques, sans jamais abandonner quiconque.
La Conférence des évêques de France exprime sa profonde gratitude à tous ceux qui, chaque jour, servent les personnes malades, handicapées, âgées ou en fin de vie. Elle encourage aussi les établissements catholiques de soin à être des témoins fidèles de l’indispensable attention éthique au respect des valeurs humaines fondamentales, en s’abstenant de comportements clairement illicites d’un point de vue moral, en vertu de la dignité de toute vie humaine.
Enfin, elle suivra avec attention les saisines annoncées du Conseil Constitutionnel ainsi que les contributions volontaires associatives, afin que soit garanti en particulier le respect de l’éthique des établissements engagés dans l’accompagnement de personnes en fin de vie et qui excluent le recours à l’euthanasie ou au suicide assisté.
Les catholiques de France continueront, avec beaucoup d’autres hommes et femmes de bonne volonté, croyants ou non, à servir la vie. Ils le feront animés par la ferme espérance que leur donne l’Évangile, esprit de résignation ni d’affrontement, convaincus que la grandeur d’une société ne réside jamais dans le fait de donner la mort aux plus fragiles, ou leur permettre de se la donner, mais au contraire de les accompagner, par une fraternité réelle, jusqu’au bout. Car le Christ en qui ils croient est venu pour que le monde ait la vie.
Cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, président de la Conférence des évêques de France
Mgr Vincent Jordy, archevêque de Tours, vice-président de la Conférence des évêques de France
Mgr Benoît Bertrand, évêque de Pontoise, vice-président de la Conférence des évêques de France
291 députés votent pour l’assassinat des indésirables
Le détail des votes est ici. Ceux qui ont voté pour ou se sont abstenus méritent d’être battus aux prochaines élections, quel que soit leur adversaire.
Selon le Syndicat de la famille, le vote de la loi ouvre une nouvelle bataille juridique :
L’Assemblée nationale a définitivement adopté la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Après plusieurs années de débats, la France légalise l’euthanasie et le suicide assisté. Ce vote constitue une violence inédite. Une violence faite aux malades, aux soignants, aux familles, à nos institutions et à la société tout entière.
Une violence faite, d’abord, à tous ceux qui souffrent, à qui l’on offre désormais plus facilement la mort qu’un accompagnement médical. Il sera plus rapide d’obtenir une injection létale qu’un lit en soins palliatifs ou un rendez-vous dans un centre antidouleur. Faute de garantir à chacun les moyens de vivre dignement jusqu’au bout, notre société choisit de rendre la mort accessible.
Une violence faite aux soignants, qui se sont massivement opposés à cette loi, refusant cette trahison du sens de leur profession. Jamais la mort ne sera un soin, ni même un accompagnement. La médecine considère le malade, le soigne, le soulage et l’accompagne. L’euthanasie met fin à sa vie.
Une violence faite aux familles et aux proches, dont le traumatisme généré par un suicide est connu, auquel s’ajoutera le risque de divisions profondes entre ceux qui savaient et ceux qui ne savaient pas, entre ceux qui seront vus comme n’ayant pas empêché et les autres.
Une violence faite, aussi, à notre démocratie et à nos institutions. Rarement une réforme sociétale aura rencontré une opposition politique aussi large avec, notamment, le rejet du Sénat à trois reprises, l’opposition de près de 400 parlementaires au cours du processus législatif et une adoption, au final, à quelques voix alors que ce texte est un changement de paradigme pour tous les malades et tous les personnels de santé.
Les alertes ont pourtant été nombreuses, venant notamment d’anciens ministres de la Santé, de rapporteurs des lois précédentes sur la fin de vie et de pays étrangers confrontés aux dérives de l’euthanasie. Gérard Larcher, deuxième personnage de l’État, et le Premier ministre ont d’ores et déjà annoncé qu’ils saisiraient le Conseil constitutionnel à la suite de l’adoption de la loi, signe de la profonde fébrilité que suscite ce texte. Mais le pouvoir a voulu aller jusqu’au bout.
Mais l’ultime violence est celle de la question existentielle que cette loi fera désormais peser sur chaque personne vulnérable : « Ma vie vaut-elle encore la peine d’être vécue ? »
« Suis-je devenu un poids ? Mes proches seraient-ils libérés si j’avance ma mort ? Est-ce que je coûte trop cher ? » Voilà l’injonction que l’État et la société font désormais entrer dans la vie des plus fragiles de nos concitoyens. Une société digne devrait leur répondre sans hésiter qu’ils ont toute leur place parmi nous. Désormais, elle leur indique aussi le suicide comme réponse.
Depuis plusieurs années, Le Syndicat de la Famille s’est opposé sans relâche à cette proposition de loi. Aux côtés de nombreux acteurs et associations, il a été auditionné à l’Assemblée nationale et au Sénat, rencontré de nombreux parlementaires, proposé des amendements, alerté l’opinion et agi pour faire connaître la réalité d’une loi profondément contraire à ce qui fait la grandeur d’une société : protéger, soigner et accompagner les plus fragiles.
La loi est votée, mais elle est loin d’être promulguée. Le Syndicat de la Famille saisira tous les recours possibles dans les jours et les semaines qui viennent.

La Fondation Lejeune ne se résigne pas :
Ce soir, la légalisation de l’euthanasie a été votée.
Pour la Fondation Jérôme Lejeune, la mort administrée inscrit dans la même logique que celle qui, il y a 50 ans, légalisait l’avortement eugéniste. Les premières victimes de cette nouvelle loi seront toutes les personnes vulnérables, et notamment les personnes porteuses d’un handicap mental. La Fondation dénonce une vision de la société eugénique, portée par des contre-valeurs s’appuyant sur une fausse conception du progrès, de l’autonomie et de la liberté à des fins utilitaristes.
Avant même le vote définitif on savait que quatre saisines du Conseil constitutionnel seraient déposées : à commencer par celle du Premier ministre et celle du président du Sénat Gérard Larcher. Mais comment les députés ont-ils pu voter un texte manifestement illégal au regard de la Constitution ?
Ces quatre saisines sont la preuve que ce texte ne tient pas. Il est le fruit du coup de force d’une maigre majorité à l’Assemblée nationale.
📍La Fondation Jérôme Lejeune ne se résignera jamais.
Le combat est loin d’être fini, la mobilisation continue. Il le faut pour tous ceux qui risquent de subir la pression de cette loi – les malades et les soignants et tous ceux qui n’en mesurent pas encore la portée mais qui la subiront un jour.
La Fondation Jérôme Lejeune déploie ainsi dès à présent plusieurs volets d’une stratégie de contre-offensive :
-
- contribution extérieure auprès du Conseil constitutionnel;
- vigilance absolue sur les décrets d’application du texte;
- appel aux candidats à l’élection présidentielle pour abroger cette loi,
La Fondation rappelle aussi l’urgence de la protection des personnes avec une déficience intellectuelle.
Vous pouvez compter, chers amis, sur la vigilance et la détermination de la Fondation Jérôme Lejeune pour continuer le combat contre l’euthanasie
L’équipe de la Fondation Jérôme Lejeune

Alliance vita dénonce un basculement dramatique :
Ce soir, quelque chose a basculé.
⚫ Avec le soutien de 291 députés contre 241, le suicide assisté et l’euthanasie entreront dans le code de la santé publique. Ce n’est pas qu’un texte de loi. C’est la vie, la fragilité, la fraternité qui sont attaquées.
Nous le savons, beaucoup d’entre vous ont suivi ce combat de près — parfois avec un proche malade en tête, parfois avec la mémoire d’un accompagnement bouleversant, parfois simplement avec la conviction intime que toute vie mérite d’être protégée jusqu’au bout. Ce soir, cette conviction est mise à l’épreuve.
Depuis des années, Alliance VITA défend une autre voie : celle des soins palliatifs, de la présence, de l’accompagnement qui ne laisse personne seul face à la souffrance. Cette voie n’a pas été choisie. Et pourtant, elle reste la seule digne d’une société qui refuse de trier les vies.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Ce vote fragilise trois choses essentielles :
-
- L’équilibre patiemment construit depuis 2005, qui refusait à la fois l’acharnement thérapeutique et le fait de provoquer la mort.
- La prévention du suicide, alors que la loi devrait, plus que jamais, protéger ceux qui traversent la détresse.
- Et surtout, l’égalité fondamentale entre toutes les vies — celle qui empêche qu’une existence soit un jour jugée « trop lourde » ou « de trop ».
Nous ne pouvons pas rester silencieux face à cela. Et vous non plus, nous le savons.
C’est pourquoi notre mobilisation ne s’arrête pas ici — elle commence une nouvelle phase, plus déterminée encore.
👉 Alliance VITA engagera tous les recours juridiques possibles pour limiter les dérives que cette loi rendra, hélas, inévitables : divisions dans les familles, détresse des soignants, pressions insidieuses sur les personnes malades ou en situation de handicap.
👉 Nous lançons dès maintenant un Comité national de vigilance sur la fin de vie, pour documenter, alerter, et donner une voix à ceux que ce texte risque de fragiliser en silence.
La grâce ne supprime pas nature, même pour une femme
Tribune en réponse aux 3 articles de Dollie.
Tu aimeras Dieu plus que tout et ton prochain comme toi-même.
La pensée grecque est infusée de ce « comme toi-même » et l’Aquinate n’y a pas perçu contrairement à vous « une vénération de soi ou une introspection abusive qui évincerait Dieu. »
Cela nous rappelle que rien en l’homme, fusse-t-il une femme, n’est purement une fonction biologique ou purement une fonction spirituelle. Tout ce que mon âme vit, mon corps le vit et tout ce que mon corps traverse, mon âme aussi. L’être humain n’est pas en tranches, chez lui tout est lié, raison pour laquelle par exemple le grand sportif a un préparateur mental. Ainsi, l’Eglise affirme depuis longtemps cette unité à la suite d’Aristote et rappelle que « qui veut faire l’ange fait la bête ». Toutes les grandes hérésies contre lesquelles l’Eglise a dû lutter s’attaquent à cette unité fondamentale.
Gabrielle Vialla n’a pas besoin d’affirmer que « la femme doit s’intéresser à son cycle menstruel » telle une nouveauté doctrinale que vous semblez avoir perçue en pourchassant l’hérésie. En effet, toutes les femmes le savent, chacune vit avec et à travers son cycle, respire avec, dort avec, pense avec…et même prie avec. Et même celles qui en souffrent et rêveraient d’obtenir un répit connaissent cette évidence : il est impossible de s’en départir, pas même le temps d’un Notre Père.
Faire croire le contraire relève d’une anthropologie qui ne s’inscrit guère dans la Tradition de l’Eglise que vous revendiquez pourtant. Votre vision réductrice de l’être humain se double très logiquement d’une vision erronée de la complémentarité des sexes, drapée de thomiste pour lui donner bonne prestance. Pour l’Eglise, heureusement c’est plus clair : l’image de Dieu en l’homme n’est évidemment pas corporelle. Mais la complémentarité des sexes, qui est autre chose que la différence sexuée, a conduit l’Eglise à ne jamais confondre la vocation de la femme et la finalité de toutes les formes de maternité (au sein du couple ou dans le célibat consacré) avec celle de l’homme et toutes les déclinaisons de la paternité (qu’elle soit conjugale ou sacerdotale). Tous deux sont appelés à la sainteté, à la suite du Christ, chacun avec ses spécificités. Ne faites pas dire à Saint Paul ce qu’il n’a pas dit. Il défend la même dignité pour l’homme comme pour la femme, mais jamais ne confond leur vocation respective.
Sur 3 articles, vous surfez sur l’argument d’autorité en mode Protagoras, mêlant confusion et sophisme. Vous confondez par exemple l’humilité et le mépris de soi, difficile à concilier avec le « comme toi-même » commandé pour l’amour du prochain, mais peu importe si c’est sous le sceau de Saint Augustin. Il semble vous manquer les notions les plus élémentaires d’anthropologie et de physiologie et là, même la doctrine la plus pure ne vous sera d’aucun secours.
Il pourrait alors sembler paradoxal que votre discours rejoigne celui des déconstructeurs d’aujourd’hui. Pourtant comme eux vous niez la nature, vous au nom de grâce, eux au nom de la culture. Mais l’humain depuis toujours se conçoit entre animalité et divinité, entre immanence et transcendance, le spirituel s’incarnant dans le charnel. « La grâce ne supprime pas la nature, elle l’achève ».
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
“Il n’y a peut-être aucun autre « lieu » humain où, mieux qu’à l’hôpital, les notions de conversion et de renouveau prennent un sens plus vrai et plus complet”
Extraits de l’homélie de Saint Jean Paul II, lors de la Messe célébrée à l’hôpital Saint Camille, à Rome, le 3 juillet 1983 :
N’y a-t-il pas lieu de se demander si Saint Camille de Lellis n’a pas quelque chose à nous dire en cette Année de grâce que nous célébrons ? Il a en effet un message à nous transmettre, et un message important. Il nous rappelle qu’il existe un lien très étroit entre la souffrance, tant spirituelle que corporelle, et la finalité première de l’Année Sainte, qui réside dans les engagements fondamentaux de la conversion et du renouveau.
Chez celui qui souffre, la conversion est un besoin qui puise aux racines mêmes de l’existence, qui redécouvre les valeurs humaines essentielles, qui sanctifie le lieu de la souffrance et qui devient évangélisation. Le renouveau devient alors, chez le malade, le cœur même de l’espérance, non seulement en ce qui concerne sa santé, mais souvent aussi quant à l’orientation générale de sa vie et aux perspectives vers lesquelles orienter son chemin. C’est précisément pour cette raison qu’il n’y a peut-être aucun autre « lieu » humain où, mieux qu’à l’hôpital, les notions de conversion et de renouveau prennent un sens plus vrai et plus complet, englobant toutes les valeurs humaines authentiques dans la synthèse supérieure de la vision chrétienne.
De cette communauté et de cette Famille de soins émerge certainement une exigence de vie qui ne se manifeste nulle part ailleurs : la vie physique et psychique, la vie individuelle et la vie sociale, la vie en tant que survie et en tant que créativité pleine et entière, la vie en tant que capacité à se donner. Les lieux d’hospitalisation et de soins sont des lieux de vie, et ceux qui y travaillent ne peuvent pas, ne doivent pas oublier qu’ils sont au service de la vie, de toute la vie et de la vie de chacun.
La personne malade, et toute personne ayant besoin d’assistance et de soins, sait parfaitement à quel point il est impensable de se convertir aux valeurs de l’existence si la vie, racine et condition de toute valeur, n’est pas d’abord défendue et affirmée. Mais ce n’est pas tout : c’est précisément là où aboutissent les victimes de la fragilité de la condition humaine, des catastrophes, des accidents et de toute forme de violence qui s’abat sur l’homme et la société, que le commandement premier – dont les responsables et les professionnels de santé sont les destinataires – est celui de défendre et de célébrer la vie depuis le premier instant de sa conception, et non à permettre qu’elle soit anéantie ou détruite. Dans cette lumière se manifeste la haute signification du choix de ceux qui, s’étant consacrés au service de la vie, refusent, par cohérence avec leur conscience, de se prêter à la supprrimer. À tous ceux-là, je tiens à témoigner de mon estime et de mes encouragements dans cet engagement humain et chrétien.
Aucun homme, croyant ou non, ne peut refuser de croire en la vie et de ressentir le devoir de la défendre, de la sauver, surtout lorsqu’elle n’a même pas encore la voix pour proclamer ses droits. Si cette prise de conscience et le message qui en découle viennent de vous, malades, médecins, infirmiers, aumôniers, religieuses, bénévoles, proches des malades, ils deviennent nécessairement crédibles, car ils ne se fondent pas sur des énoncés abstraits, mais sur votre expérience personnelle et quotidienne. C’est la traduction en termes de vie, de votre foi en Dieu et en l’homme et, en définitive, de votre foi en Jésus-Christ, qui est à la fois Dieu et homme.
Nous savons toutefois – et vous l’expérimentez avec un réalisme particulier – que les forces humaines ne suffisent pas à elles seules pour faire face à des tâches aussi nobles et exigeantes. La prière est nécessaire, véritable remède pour le corps et l’esprit, canal et pont de notre expérience. Face à Jésus qui guérissait, un homme implorant la guérison a demandé au Seigneur d’accroître sa foi (Mc 9, 24). Sa demande était une prière et c’est peut-être nulle part ailleurs sur terre, autant que dans les lieux destinés à accueillir des personnes éprouvées par la souffrance, que la demande de foi est vraie et spontanée, essentielle et, en même temps, efficace.
Cesser de prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages
Autour d’un long article
Monsieur l’Abbé Gleize est une figure éminente de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. C’est une plume de référence, un théologien respecté – au moins par les fidèles qui se sentent liés à la FSSPX – dans l’espace francophone, et un écrivain prolifique, dont les écrits occupent une place éminente dans de nombreux médias liés à la Fraternité ou proche d’elle.
Sa position d’ancien professeur au séminaire d’Écône, comme l’admiration que lui vouent les fidèles, ont pu avoir une influence néfaste sur notre cher abbé. On avait pu observer dans un passé pas si lointain, sa capacité à affirmer l’adhésion des prêtres et des fidèles dits « ralliés » aux erreurs de l’après-Concile, à l’aide de pseudo-démonstrations et de raisonnements grossiers qui faisaient insulte à l’intelligence de ses lecteurs (il gagnerait à lire l’excellent communiqué de la Fraternité Saint-vincent-Ferrier Sacres épiscopaux : communiqué de la FSVF, malheureusement bien seule à tenir la ligne de crête). La première de ces insultes était de considérer ceux qu’il appelle les « fidèles ralliés » comme un troupeau uni, stupidement et irrémédiablement liés à l’une ou l’autre des sociétés de vie apostolique ECCLESIA DEI, montrant par-là en quelle estime il tenait lui-même le troupeau des fidèles attachés à sa propre fraternité.
J’ai commencé à lire le long papier qu’il a commis pour le Courrier de Rome de juin 2026 (N°698) en réponse aux entreprises de quelques prêtres et fidèles catholiques intégraux, sous le titre méprisant « Autour d’un petit livre ». Je dis que j’ai commencé, parce que je ne suis pas allé au bout de la démonstration. Dès la deuxième page, et les premières lignes du deuxième paragraphe, notre cher abbé retombe dans le travers du mépris, et se moque de son lecteur. Que nous disent en effet l’abbé Vernier, et avec lui les auteurs du « petit livre » au titre illisible ? Cette chose simple, éminemment simple : qu’aucune circonstance, aucun contexte, aucun événement, aucune menace, aucun danger ne peuvent jamais permettre de violer le droit divin. Si donc sacrer un évêque, non pas sans l’accord du Souverain Pontife, mais bien contre sa volonté, est une violation du droit divin, alors, aucun « état de nécessité », supposé ou réel, ne saurait en annihiler la malice et le caractère peccamineux. Or, que fait notre abbé dès les premières lignes de ce deuxième paragraphe, en son 5ème alinéa ? Il nous ressert « la circonstance pourtant prévalente de l’état de nécessité ».
Que les choses soient bien claires : je ne reproche pas à l’abbé Gleize un manque de profondeur dans ses analyses, ni un manque d’intelligence, même s’il insulte la mienne. Mais je souhaiterais qu’enfin – et c’est malheureusement bien tard – il ne se dérobe pas devant la question centrale : sacrer un évêque contre la volonté du pape relève-t-il du droit divin ou bien du droit ecclésiastique ? Dans le premier cas, il faudrait tirer le fil de la pelote jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’aux sacres de 1988, et ce serait le grand mérite des travaux de l’abbé Vernier et des anonymes qui ont travaillé avec lui, de donner l’éclairage final de la raison et du droit à cet événement douloureux. Dans le second, on pourrait recommencer à discuter de l’état de nécessité et de sa réalité – s’il est possible, en cessant une bonne fois de prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages.
À propos de canards sauvages, il faudra bien qu’on explique aux plus irrévérencieux de ces volatiles pourquoi l’on dépose un recours (cf. Communiqué de la Maison générale : La Fraternité dépose un recours contre le décret du 2 juillet 2026 | FSSPX Actualités ) contre une décision que l’on estime invalide (cf. Lettre au Saint-Père concernant le décret du Dicastère pour la Doctrine de la Foi | FSSPX Actualités ).
François Savy
“Si tuer est soigner, alors brûler est rafraîchir. Si empoisonner est un geste fraternel, alors incendier est un geste ombratif”
Article de François Vanesson :
Plaidoirie en défense de m. Kévin B., pyrothérapeute atmosphérique, nébulosophe diplômé et ombragiste agréé
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les jurés
Mon client n’est pas un incendiaire.
Mon client est un fournisseur d’ombre en zone de carence.
Je vous demande de méditer cette distinction avec le sérieux qu’elle mérite, c’est-à-dire aucun, ce qui la met exactement au niveau du sérieux avec lequel 295 députés s’apprêtent, après-demain, à voter qu’un mort tué est un mort naturel.
Mais n’allons pas trop vite. Ne brûlons pas les étapes.
Les faits d’abord.
Dans la nuit du 5 au 6 juillet 2026, alors que cinquante-quatre départements français agonisaient en alerte incendie et que la France entière ressemblait à une crème brûlée oubliée au chalumeau, mon client a procédé à treize allumages successifs dans la plaine viticole entre Béziers et Pézenas.
Treize.
Comme les treize desserts provençaux, sauf qu’au lieu du nougat c’était de la garrigue, et qu’au lieu de Noël c’était l’Apocalypse.
Le parquet y voit de la pyromanie. La défense y voit de la nébuloculture.
Car le raisonnement de Kévin est d’une rigueur aristotélicienne que Bachelard lui-même, dans sa Psychanalyse du feu, n’aurait pas reniée.
Prémisse majeure : il fait trop chaud parce qu’il y a trop de soleil.
Prémisse mineure : les nuages font de l’ombre.
Conclusion : il faut fabriquer des nuages.
Et qu’est-ce qui fabrique des nuages ?
La fumée
Et qu’est-ce qui fabrique de la fumée ?
Du feu.
Kévin n’a pas incendié le Languedoc : il a ensemencé l’atmosphère.
Il n’a pas détruit treize hectares de vignobles : il a inauguré treize stations d’ombrage biomassique à combustion lente.
C’est du circuit court atmosphérique. Du parasol artisanal et vertical en open source.
Kévin est tout feu tout flamme pour le bien public. Il a le feu sacré. Il pète le feu. Il fait feu de tout bois, littéralement, et c’est tout le problème, mais c’est aussi toute sa grandeur.
On l’accuse d’avoir ravagé 250 hectares ?
Je rétorque qu’il a ombragé 250 hectares.
Tout dépend du point de vue.
Quand on regarde un verre à moitié vide, on est pessimiste.
Quand on regarde une forêt à moitié calcinée, on est procureur.
Kévin, lui, regarde le ciel : il le voit enfin couvert.
Mission accomplie. Le soleil ne passe plus. Certes, la forêt non plus, mais on ne fait pas d’ombre-lette sans casser des chênes.
Vous invoquerez Prométhée, qui vola le feu aux dieux et fut enchaîné pour l’éternité. Mais Prométhée donna le feu aux hommes pour les éclairer. Kévin, plus modeste, le donne à la garrigue pour les ombrager. L’un fut cloué au Caucase ; l’autre risque quinze ans à Béziers. L’histoire bégaie, mais elle tousse davantage.
Vous citerez Néron, qui contemplait Rome en flammes en jouant de la lyre. Mais Néron brûlait par esthétique. Kévin brûle par prophylaxie thermique. Néron était un artiste ; Kévin est un urgentiste atmosphérique.
On ne confond pas un incendiaire mélomane et un pompier de l’ombre qui a pris le problème par le mauvais bout de l’allumette.
Vous me direz : « Maître, un pompier de vingt-deux ans est mort en Savoie. Baptiste Gerfaud-Valentin, caporal volontaire d’Albertville, écrasé par un bloc rocheux en combattant les flammes au Planay. »
Et vous aurez raison de le dire. Et je m’inclinerai. Car cette mort-là, nul ne la qualifiera de « naturelle ».
Personne n’inscrira au certificat de décès que ce garçon de vingt-deux ans est mort « des suites de sa condition humaine ».
Sa mort sera dite ce qu’elle est : violente, injuste, héroïque.
Et c’est là, Monsieur le Président, que la plaidoirie prend feu.
Si j’ose dire.
Car voici l’incandescent paradoxe. Le 15 juillet, dans quarante-huit heures, cette même Assemblée nationale qui débloque des Canadair pour éteindre les flammes votera une loi disposant qu’une mort provoquée par injection d’une substance létale constitue une « mort naturelle, des suites de l’affection ».
L’administration délibérée d’un poison deviendra la conséquence naturelle d’une maladie. Comme si l’on inscrivait sur le certificat de décès d’un chêne-liège calciné au lance-flammes :
« mort de sécheresse, cause climatique ».
L’Assemblée nationale invente l’auto-da-fé sémantique.
On appelle cela « aide à mourir » comme on pourrait appeler mes incendies « aide à rafraîchir ».
On parle de « libre choix » comme Kévin parlerait de « combustion consentie ».
On invoque la « dignité » comme un pyromane invoquerait la « dignité thermique ».
Mêmes mots, même fumée, même escamotage.
Et quel choix, au demeurant ?
On propose au malade deux portes : souffrir ou mourir. Mais la troisième porte, celle qui dit « soulager », on l’a murée. On l’a condamnée, si l’on ose ce verbe. Vingt et un départements sans unité de soins palliatifs. La moitié des patients éligibles qui n’y accèdent jamais. La loi Claeys-Leonetti, qui permet déjà la sédation profonde et continue, inappliquée faute de moyens. La quasi-totalité des souffrances physiques réfractaires pourrait être apaisée. On le sait. On le documente. On détourne le regard. Puis on offre la mort comme on offre un ventilateur à un homme dont on a muré les fenêtres, en lui expliquant qu’il a la liberté de choisir entre étouffer et se jeter dans le vide.
Kévin, lui, a au moins tenté de fournir l’ombre. Il n’a pas proposé aux gens de crever de chaud ou de brûler vifs en appelant cela « parcours de rafraîchissement personnalisé ».
Il a mis le feu, certes. Mais il n’a pas prétendu que les arbres étaient morts de mort naturelle.
Monsieur le Président, je résume. Si tuer est soigner, alors brûler est rafraîchir. Si empoisonner est un geste fraternel, alors incendier est un geste ombratif. Si 295 députés peuvent voter que la mort administrée est naturelle, alors Kévin peut affirmer que la combustion volontaire est météorologique.
Je ne demande pas l’acquittement. Je demande que mon client soit nommé directeur de Météo-France. Ou, à défaut, chevalier de l’Ordre du Mérite agricole, section « jachères accélérées ».
Subsidiairement, s’il plaît au tribunal de le condamner, je demande que le jugement soit qualifié de « rafraîchissement judiciaire naturel ».
L’audience est levée. Ouvrez les fenêtres.
Il fait encore chaud.
Homo festivus : la logique d’une France orwellienne qui fête une mort administrée par une substance qualifiée de « mort naturelle »
Tribune parue dans le JDD :
En 2026, les institutions françaises s’apprêtaient à célébrer à coups de champagne et petits fours la très probable future loi sur l’administration de la mort. Pour fêter cet événement que le gouvernement et le Cese doivent trouver joyeux, ils ont aussi pensé à inviter des citoyens aux frais du contribuable, finançant hôtel, transport et cocktail. Si ce cocktail n’avait pas été rendu public, ils auraient peut-être même pu, en fin de soirée, danser sur des musiques endiablées.
Que des personnes attachées à la valeur suprême de la vie et à un juste accompagnement des personnes souffrantes dans ce chemin si difficile de la maladie puissent être heurtées par un tel esprit festif autour de la mort ne les a sans doute même pas effleurés.
Telle est la France de 2026. Celle où célébrer la mort devient joyeux. L’homo festivus que Philippe Muray avait prédit juste avant Michel Houellebecq rayonne dans sa triste lumière. C’est aussi une France orwellienne où le mensonge s’érige en vérité normative : la mort administrée par une substance devient « mort naturelle » dans la loi ; l’euthanasie est rebaptisée « aide à mourir dans la dignité », et l’ensemble est présenté comme une « loi de fraternité ».
Ces festivités annoncées pour célébrer l’une des lois les plus radicales du monde en matière de mort assistée nous tendent ainsi un miroir. Le visage qui s’y lit est celui d’une société qui a renoncé à ses fondements civilisationnels et a oublié que la dignité de la personne humaine est précisément celle qui demeure tant que la vie n’a pas rendu son dernier souffle. Notion certes controversée, la dignité est pourtant, philosophiquement comme juridiquement, celle qui est attachée de façon indissoluble à l’être humain, indépendamment de ses capacités physiques, intellectuelles, de son « utilité », de sa condition sociale, ou de tout autre critère. L’égale dignité signifie que chaque être humain est digne d’appartenir à la communauté humaine – et d’y demeurer –, quels que soient ses caractéristiques et son état de vie.
Lui administrer la mort au motif que sa douleur lui est insupportable – fût-ce provisoirement – ne vient pas restaurer sa dignité : cela la suppose déjà perdue. Or, la dignité n’est pas atteinte par la souffrance que la vie inflige ; elle l’est par l’abandon que la société choisit – lorsqu’elle réduit la personne à l’état d’objet, l’instrumentalise, ou la prive des soins qui lui sont dus.
C’est ce principe supérieur au cœur de notre civilisation qui a conduit le Conseil d’État à considérer dans son célèbre arrêt Morsang-sur-Orge que le lancer de nain lui était contraire et pouvait dès lors être interdit, nonobstant l’accord dudit « nain ». Car cette dignité n’appartient pas à l’individu : elle est un attribut de l’humanité tout entière, dont nul ne saurait disposer.
L’expression « aide à mourir dans la dignité » est ainsi un contresens. On vit jusqu’au dernier souffle, habité de notre dignité. Même dans la souffrance, même dans la solitude, même dans une prison, une personne garde sa dignité d’homme. Au sens strict, donner la mort ne peut donc être regardé comme permettre à une personne de mourir dans la dignité : c’est lui permettre d’abréger sa vie et d’en finir avec l’inconfort parfois extrême de la douleur. Nul n’ignore ce que la fin de vie peut imposer. Et chacun sait, sans qu’il soit nécessaire de rompre notre assise anthropologique par un large droit à mourir et droit de tuer, que des médecins trouvent déjà dans la discrétion et l’humanité une issue apaisée – sans ouvrir, avec si peu de garde-fous, un droit à mourir et un droit de « tuer ».
L’accompagnement d’une personne jusqu’au terme de sa vie – soins palliatifs de qualité, liens sociaux soutenus, thérapies – est le seul chemin qui respecte sa dignité et son droit à la santé. Nul ne devrait se réjouir qu’une courte majorité de parlementaires règle bientôt le scandale de l’accès défaillant aux soins palliatifs – moins d’un Français sur deux qui en aurait besoin, selon la Cour des comptes – par un accès aussi large à l’administration de la mort.
Dans ses Tusculanes, Cicéron rappelle que ce n’est pas la souffrance qui définit la condition de l’homme, mais la vertu avec laquelle il la traverse. Ironie de l’histoire : le Lorem ipsum de ce même Cicéron, écrit depuis cinq siècles par tous les typographes sans que personne le lise, est le passage où, pour mieux la rejeter, il décrit une société qui fuit la douleur et ne vit que pour le plaisir.
À quoi mène alors cette douleur consentie ? À accepter jusqu’au bout sa condition humaine. Sa vie. À laisser un sourire et une main tendue d’un proche s’exprimer. À permettre à l’avenir d’offrir autre chose que la douleur et, peut-être, l’apaisement de celle-ci. Et pour tous les croyants, à préparer son âme immortelle à ce grand passage.
En refusant en amont toute vérification des pressions subies pour solliciter la substance létale, toute collégialité réelle pour décider d’administrer la mort et jusqu’à l’examen obligatoire du malade par un médecin spécialiste, ce texte ne peut susciter l’esprit de fête que chez des personnes ayant perdu tout sens de l’humanité, de l’éthique et du sacré.
Signataires
Carine Chaix, avocate au barreau de Paris, présidente de l’association La France en partage ; François-Xavier Bellamy, professeur de philosophie, député au Parlement européen ; Marie-Thérèse Avon-Soletti, maître de conférences honoraire d’histoire du droit ; Pierre-Hugues Barré, docteur en droit, rédacteur en chef de la Revue de philosophie du droit ; Tanguy Barthouil, avocat au barreau d’Avignon ; Nicolas Bauer, docteur en droit, chercheur associé au Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) ; Henri de Beauregard, avocat au barreau de Paris ; Grégoire Belmont, avocat au barreau de Paris ; Françoise Besson, avocat honoraire ; Francesco Biuso, docteur en philosophie et chargé de cours en histoire du droit ; Camille Bisbarre, avocate au barreau de Paris ; Solenne Brugère, avocate au barreau de Paris ; Louis Cailliez, avocat au barreau de Paris ; Mathilde Haas, avocate au barreau de Paris ; Benoît de Lapasse, avocat au barreau de Paris ; Didier Lemaire, professeur de philosophie, essayiste ; Bérénice Levet, docteur en philosophie, essayiste ; Gaëlle Lionel-Marie, avocate au barreau de Paris ; Alexandre Laure, avocat au barreau de Paris ; Valentin Le Dily, avocat au barreau de Rennes ; Delphine Loiseau, avocate au barreau de Paris ; Philippe Marion, avocat à la Cour d’appel ; Grégor Puppinck, juriste, essayiste, directeur du think tank ECLJ ; Guillaume Sergent, avocat au barreau de Paris ; Thibaud Troublaïewitch, avocat au barreau de Paris ; Monette Vacquin, psychanalyste, écrivain, membre du Conseil scientifique du département d’éthique biomédicale du Collège des Bernardins ; Balthasar van Roosendaal, avocat au barreau de Paris ; Dr Catherine Vierling, médecin, fonctionnaire européen ; Philippe Stoffel-Munck, professeur agrégé de droit privé.
Le cardinal Sarah au Parlement européen
Le cardinal Robert Sarah interviendra ce mercredi 15 juillet au Parlement européen, à Bruxelles, à l’invitation des eurodéputés Paolo Inselvini et Nicolas Bay. La rencontre sera consacrée à une réflexion sur les relations entre l’Europe et l’Afrique, avec une attention particulière portée au christianisme, à la culture, à la dignité humaine et à l’avenir des deux sociétés.
L’événement, organisé par le groupe des Conservateurs et Réformistes européens (ECR), débutera à 14 h 00 dans la salle Spaak 5B1 du Parlement européen. La conférence s’intitulera Europe and Africa. In conversation with Cardinal Robert Sarah et bénéficiera d’une interprétation simultanée en anglais, italien et français.
La session s’ouvrira par les interventions des eurodéputés Paolo Inselvini et Nicolas Bay, suivies des salutations institutionnelles de la vice-présidente du Parlement européen, Antonella Sberna, et du nonce apostolique auprès de l’Union européenne, Mgr Bernardito Cleopas Auza.
Le moment central de la rencontre sera une lectio magistralis prononcée par le cardinal Sarah. Interviendront ensuite Antonio Brandi, président de Pro Vita & Famiglia, et Charles de Meyer, représentant de SOS Chrétiens d’Orient, avant un tour de questions avec les participants.
Tournée générale : version intégrale
Une comédie satirique avec Pascal Légitimus qui ose rire là où personne ne l’attend.
Une fiction écrite, produite et réalisée par Natalie Saracco. Avec Pascal Légitimus et pour la première fois à l’écran, Colette Pesleux et Maurice Dupont.
Retrouvons nous le 15 juillet à 19h près de l’Assemblée nationale
De l’équipe de la Fondation Jérôme Lejeune :
Le vote ultime sur la proposition de loi légalisant le suicide assisté et l’euthanasie est programmé le mercredi 15 juillet à l’Assemblée nationale.
Retrouvons nous le 15 juillet à 19h près de l’Assemblée nationale (esplanade des Invalides, à l’angle des rues de Constantine et de l’Université) :
- pour encourager et remercier tous les députés qui portent, avec courage, la voix de la raison et du cœur,
- et pour témoigner avec force notre solidarité aux malades et aux soignants
Notre présence silencieuse et déterminée devant l’Assemblée nationale sera aussi le symbole puissant :
- de notre opposition ferme à l’euthanasie,
- de notre résistance durable et de notre vigilance de chaque instant
- et de notre engagement à défendre sans faiblir les plus vulnérables, aujourd’hui, et demain !
Encore de la censure à Bruxelles
Nous vous avons déjà parlé de la campagne Save Europe Act, soutenue par le Salon beige (et que vous pouvez rejoindre ici). Il était prévu qu’une manifestation ait lieu demain devant le Parlement européen. Eh bien, ladite manifestation a été tout simplement interdite! On peut manifester pour tout et n’importe quoi à Bruxelles, mais pas pour défendre la civilisation européenne…
BANNED IN BRUSSELS: Europe proving @JDVance right again and again. Insane that Leftists have no problem protesting in front of European Parliament, but as soon as Patriots who want to protect their borders want a demo, NO. https://t.co/oG7IqQNhRP
— Brian Brown (@briansbrown) July 14, 2026
La vie chrétienne victorieuse – Le couple chrétien : appel, épreuves et espérance
Le mariage n’est pas un sujet théorique réservé à la réflexion : il est le lieu concret où se vivent les plus grandes joies humaines, mais aussi les blessures les plus profondes. C’est dans le couple que se révèlent la patience, la fidélité, mais aussi les fragilités du cœur humain.
Rappelez-vous une vérité essentielle : Dieu vous connaît. Il voit ce que personne ne voit. Il comprend les efforts silencieux, les tensions non exprimées, les prières parfois essoufflées, et Il vous aime infiniment plus que vous ne pouvez l’imaginer.
Bien avant qu’il n’y ait des lois, des nations ou des institutions religieuses, Dieu a regardé Adam, seul dans le jardin, et il a déclaré avec une tendresse profonde :
« Il n’est pas bon que l’homme soit seul » (Genèse 2:18).
Ce n’est pas un reproche, mais une parole de compassion. Dieu révèle ici qu’il connaît intimement le besoin humain de relation, de réciprocité et d’amour partagé.
Alors Dieu créa la femme. Et il ne la créa pas comme une simple assistante ou une aide secondaire. Le terme hébreu utilisé pour « aide » est employé pour désigner Dieu lui-même venant au secours de son peuple. Ainsi, dans la pensée biblique, cette aide n’a rien d’inférieur : elle exprime une force complémentaire, une présence indispensable. Lorsque la femme aime, soutient, relève et encourage, elle reflète quelque chose du cœur même de Dieu.
Homme et femme viennent de la même source, portent la même dignité, et sont appelés à marcher ensemble dans une unité profonde, non dans une hiérarchie de valeur.
« Ils deviendront une seule chair » (Genèse 2:24).
Cette unité ne se limite pas à l’union physique : elle engage toute la vie. Elle implique le détachement des attaches premières, la construction d’un nouveau foyer, et la formation d’une alliance qui touche le corps, le cœur, l’âme, les projets, les blessures et les joies.
Puis le péché est entré dans le monde, et avec lui la méfiance, l’orgueil, les incompréhensions, et les blessures parfois profondes infligées à ceux que l’on aime le plus (Genèse 3). Depuis lors, aucun foyer n’échappe aux tensions de la condition humaine déchue. Si votre couple porte des cicatrices, vous n’êtes pas seuls. C’est la réalité de toute l’humanité. Mais l’Évangile annonce une espérance : en Jésus-Christ, la restauration est possible. Dieu ne se contente pas de réparer superficiellement ; il peut renouveler, guérir et refleurir ce qui semble mort.
L’Écriture affirme que le mari est le chef de la femme (Éphésiens 5:23). Mais cette affirmation ne peut être comprise correctement qu’à la lumière du modèle suprême : Jésus-Christ lui-même. Avant toute notion d’autorité, il faut contempler un Sauveur qui s’abaisse, qui lave les pieds de ses disciples, et qui donne sa vie pour ceux qu’il aime.
Si vous êtes le mari, votre appel n’est pas de dominer, ni de contrôler, ni d’imposer votre volonté. Votre appel est d’aimer. Et Paul insiste en plaçant cette responsabilité au premier plan :
« Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l’Église et s’est livré lui-même pour elle » (Éphésiens 5:25).
Cet amour n’est pas sentimental uniquement, il est concret comme un dévouement actif et volontaire pour le bien-être de l’autre. Il accepte de renoncer à ses intérêts personnels lorsque l’autre en a besoin.
Il est un amour protecteur : il veille sur le bien-être spirituel, émotionnel et matériel de son épouse. Il est un amour édifiant : il cherche à faire grandir, à encourager, à fortifier plutôt qu’à écraser (Éphésiens 5:29).
Il est un amour fidèle : il demeure constant dans les saisons difficiles. Il est un amour spirituel : il conduit le foyer dans la prière, la Parole de Dieu et la communion avec l’Église.
Ce modèle est exigeant, mais il n’est pas une performance humaine. C’est une œuvre de grâce. Le mari chrétien n’est pas appelé à produire cet amour par ses seules forces, mais à le recevoir continuellement de Christ pour le refléter.
L’apôtre Paul écrit ensuite :
« Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur » (Éphésiens 5:22).
Cette parole a souvent été mal interprétée et parfois utilisée pour justifier des formes d’autorité injustes ou d’abus. Une telle utilisation contredit l’ensemble de l’enseignement biblique. La soumission biblique n’est ni une diminution de la dignité, ni une disparition de la personnalité. Devant Dieu, homme et femme ont la même valeur et la même dignité (Galates 3:28).
La soumission décrite par Paul est une attitude volontaire de confiance, librement consentie, semblable à celle que Christ manifeste envers le Père dans l’harmonie parfaite de la Trinité. Il s’agit d’une disposition du cœur, non d’une contrainte imposée. L’apôtre Pierre parle d’un « esprit doux et paisible », d’une grande valeur aux yeux de Dieu (1 Pierre 3:1-6). Ce n’est pas une faiblesse, mais une force intérieure capable d’apaiser, de construire et parfois même de transformer un climat familial difficile.
La valeur d’une épouse ne réside pas dans son apparence ou dans son rôle social, mais dans la profondeur de son cœur : sa sagesse, sa fidélité, sa capacité à aimer dans la vérité. Un couple chrétien ne se construit pas sur des droits revendiqués, mais sur des dons librement offerts. Le mari aime, la femme respecte ; l’un protège, l’autre encourage ; l’un conduit avec humilité, l’autre soutient avec confiance. Et dans cette dynamique, chacun apprend le pardon, encore et encore.
Paul résume cette harmonie ainsi :
« Que chacun de vous aime sa femme comme lui-même, et que la femme respecte son mari » (Éphésiens 5:33).
L’amour et le respect ne s’opposent pas : ils s’alimentent mutuellement et créent un cercle vertueux voulu par Dieu. Voici une vérité profonde : votre mariage dépasse votre propre histoire. Il est un signe visible d’une réalité invisible. Christ est l’époux qui s’est donné pour son Église, et l’Église est l’épouse qu’il a aimée et rachetée.
Chaque geste d’amour fidèle, chaque acte de pardon, chaque effort de persévérance dans le couple reflète quelque chose de cet amour divin dans le monde. Paul appelle cela « un grand mystère » (Éphésiens 5:32). Ce mystère n’est pas une énigme à résoudre, mais une réalité spirituelle à contempler : le mariage devient une image vivante de l’alliance entre Christ et son peuple. Vos enfants, vos proches, votre entourage observent votre couple, parfois sans le dire. Ils y lisent quelque chose de Dieu ou de son absence.
Soyons réalistes : aucun mariage n’est parfait.
L’orgueil, la lassitude, les blessures anciennes ou les non-dits peuvent fragiliser même les couples les plus sincères. C’est pourquoi la prière commune, la lecture de la Parole, la vie d’Église et le pardon quotidien ne sont pas optionnels : ce sont des moyens de grâce indispensables.
Concernant le divorce, Jésus rappelle toujours le dessein originel :
« Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni » (Matthieu 19:6).
La concession de Moïse n’était pas l’idéal divin, mais une réponse à la dureté du cœur humain (Matthieu 19:8). Le divorce apparaît ainsi comme une conséquence de la chute, non comme une volonté première de Dieu. Lorsque des crises surviennent, la grâce de Dieu ouvre toujours un chemin de restauration. Mais cette grâce ne nie jamais la gravité des situations destructrices. Là où la dignité ou la sécurité sont menacées, la protection des personnes reste prioritaire. L’amour biblique ne couvre pas l’injustice : il la confronte avec vérité et responsabilité.
Il est nécessaire de distinguer clairement la séparation du divorce.
Le divorce met fin à l’alliance conjugale sur le plan civil et soulève ensuite la question d’un éventuel remariage. La séparation, elle, ne met pas fin au mariage : les époux demeurent liés devant Dieu, même s’ils ne vivent plus ensemble. Le Nouveau Testament reconnaît implicitement cette réalité :
« Que la femme ne se sépare pas de son mari ; mais si elle est séparée, qu’elle demeure sans se remarier ou qu’elle se réconcilie avec son mari » (1 Corinthiens 7:10-11).
Paul n’encourage pas la séparation, mais il reconnaît qu’elle peut exister dans un monde marqué par la rupture. L’objectif reste toujours la réconciliation. Dans des situations graves – violences, abus, danger réel – la séparation peut devenir une mesure de protection légitime. Préserver la vie et la dignité humaine est pleinement cohérent avec la volonté de Dieu. L’amour chrétien ne consiste jamais à exposer une personne au mal. La séparation peut donc être temporaire, visant à interrompre une situation destructrice et, si possible, à ouvrir un chemin de repentance et de restauration. Le divorce, lui, constitue une rupture définitive.
Le célibat
Le Nouveau Testament honore également le célibat. Paul affirme que chacun reçoit de Dieu un don différent (1 Corinthiens 7:7) et souligne que le célibat peut offrir une disponibilité particulière pour servir le Seigneur sans les contraintes familiales (1 Corinthiens 7:32-35). Il ne dévalorise jamais le mariage, mais il montre que les deux états peuvent être pleinement bénis de Dieu. Le célibat, lorsqu’il est reçu comme un don, n’est ni une attente ni une privation : il est une vocation à part entière. Ainsi, le célibataire n’est pas dans une vie incomplète. Sa vie est pleinement significative devant Dieu, ici et maintenant.
Que vous soyez marié depuis longtemps, jeune couple, en difficulté ou célibataire, la même vérité demeure : Dieu vous aime, il connaît votre histoire, et il vous appelle à une communion vivante avec lui. Le mari est appelé à aimer comme Christ. L’épouse est appelée à vivre dans la confiance et la dignité. Et tous, quels que soient leur état, sont appelés à demeurer en Christ, car c’est en lui seul que se trouvent l’amour véritable, le pardon et la persévérance.
Et quel que soit votre état aujourd’hui, il n’est jamais trop tard pour revenir à Celui qui promet de ne jamais abandonner les siens. La victoire dans la vie chrétienne ne se mesure pas à l’absence de luttes, mais à la présence de Christ au cœur du foyer. Là où il est honoré, l’amour renaît, le pardon circule, et l’espérance demeure, même au milieu des faiblesses.
Que chaque couple, et chaque croyant, se souvienne que Dieu cherche des cœurs tournés vers Lui. Car c’est en demeurant en Christ que le mariage devient non seulement un lieu de vie, mais un témoignage vivant de sa grâce et de sa fidélité.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Réponse à Dollie: Cycle féminin et vie spirituelle
Cher Dollie,
Vous en conviendrez, vos échanges avec Madame Vialla au sujet de son livre « Prier avec le cycle féminin » relève de plusieurs débats à la fois actuels et extrêmement anciens : L’Eglise et les femmes, l’Eglise et la sexualité, les sacrements, la psychologie et la foi…
Sur la forme, il est regrettable que soit brandie fréquemment dans vos écrits la menace de l’hérésie. Le catholicisme n’a jamais interdit l’exercice de l’intelligence, même quand elle tâtonne et se trompe. Et sur des sujets comme la place du cycle féminin dans la vie spirituelle d’une femme, il n’y pas de condamnation directe ou de déclaration magistérielle. Il y a, de fait, tout un tas de réalités théologiques et morales qui peuvent encadrer ce débat de manière indirecte, mais rien qui permettent de brandir la condamnation pour hérésie de facto. Depuis les universités du Moyen-âge, l’Eglise pratique la disputatio. Il est nécessaire que cela continue, dans la prudence, pour ne déclarer bon ce qui est mauvais. Mais aussi dans l’intelligence, il n’y aucune question interdite d’avance, l’Eglise n’est pas une secte, cela fait 2000 ans qu’elle cherche à comprendre et à soutenir l’être humain tant du point de vue individuel que social. Et cela fait aussi 2000 ans qu’Elle répond aux questions des catholiques de l’Eglise militante qui doivent faire leur salut ici et maintenant et éduquer leurs enfants. Toutes les questions légitimes ne se sont pas arrêtées avec le Concile et la crise de l’Eglise.
Sur le fond, ce livre est l’occasion de remettre sur la table des questions qui reviennent souvent : Est-ce que l’Eglise a quelque chose à dire de pertinent sur la femme, la vocation spécifique ordonnée à sa nature spécifique qui est la sienne ?
Vous reprochez à Madame Vialla de mauvaises interprétations qui, même si elles ne sont pas explicites, transparaitraient (Sur l’épitre aux Ephésiens, Partie I, 3 de vos écrits)
Mais sur le fond : il est clair que vos écrits trahissent également une conception anthropologique et philosophique, très problématique et du point de vue du Magistère et du point de vue de la femme.
Pour ne pas assommer les lecteurs, je ne reprendrai que les points qui semblent à vous lire les plus problématiques.
– « Vouloir faire intervenir le corps sexué dans cet acte de connaissance et affirmer qu’il pénètre les pensées les plus intellectuelles est méconnaître le mode de fonctionnement de l’âme, voulu par Dieu. L’acte d’intelligence est indépendant de la notion de sexe et n’a rien à voir avec lui. Il y a une sorte de perversité à vouloir faire intervenir dans les pensées intellectuelles humaines la notion de sexe. De plus on ne peut dire que le corps pénètre des pensées ».
Si, on pourrait le dire puisque comme le rappelle le paragraphe 365 du catéchisme de l’Eglise catholique « l’esprit et la matière, dans l’homme, ne sont pas deux natures unies, mais leur union forme une unique nature. ».
Il n’y a rien que l’homme fasse qui soit donc purement spirituel ou purement corporel. Même la sexualité est spirituelle, ce qui explique tout l’enseignement et toute la réflexion de l’Eglise autour de la sexualité et de la vocation du mariage, consommée dans l’union sexuelle des époux.
Quant à Saint Thomas, s’il fait une hiérarchie de capacité à la connaissance entre le corps et l’esprit, ce n’est absolument pas pour condamner le corps ou même nier sa place dans la connaissance, ou sur le fait que l’homme soit un esprit incarné. Et je ne vous apprendrai rien sur ce qu’il appelle le « sensus communis »…
– Vous confondez la réalité du cycle féminin et la sexualité féminine et vous prenez sans prudence l’un pour l’autre. C’est un abus de langage. Le cycle féminin est une réalité quotidienne, scientifique, parfois relevant du médical, qui rythme la vie d’une femme. Les religieuses sont aussi soumises au cycle féminin et les Mères Supérieures le savent bien ! Parlez du cycle féminin n’est pas sale, ni dégradant et ce n’est pas la même question que celle de la sexualité. Et poser la question de « comment vivre son cycle féminin et sa vie spirituelle en même temps » ce n’est absolument pas sexualiser la prière (Partie I,1) Par contre, il est tout à fait possible que la prière soit « genrée », que les hommes et les femmes ne prient pas de la même manière. Et que cela ne soit ni regrettable ni à éliminer. L’Eglise n’effacera jamais la différence ni la complémentarité des sexes.
-La couverture de Madame Vialla n’est pas une offense à Dieu, le corps humain est une création divine et le représenter n’est pas dégradant ni offensant. « Je te rends grâce pour tant de prodiges : merveille que je suis, merveille que tes œuvres. » Psaume 138
Vous précisez « organe génital » mais là encore ce n’est pas dégradant. L’être humain n’est pas un pur esprit, il est création divine en tant que corps et esprit. Cet organe génital est aussi un des paramètres qui encadre le chemin vers le salut pour la femme. (idem chez l’homme) Le puritanisme est un fruit du protestantisme pas du catholicisme.
– L’unité de la personne. Il n’y a pas besoin d’aller sur un site ésotérique pour savoir que l’Eglise défend le « tout » de l’être humain. Et si, il faut affirmer qu’elle cherche bien à unifier intelligence et sensibilité, corps et esprit et vers le plein épanouissement de la personne et vers Dieu. L’un va avec l’autre. « La grâce ne détruit pas la nature, mais la perfectionne. » St Thomas d’Aquin, Somme théologique, I, q. 1, a. 8, ad 2. C’est le principe de l’ascèse monastique, de l’éducation chrétienne, de la morale catholique.
– Le cycle féminin a donc bien une valeur sur le plan surnaturel contrairement à ce que vous écrivez.
L’être humain n’est pas « en tranches », d’un côté le corps, d’un côté l’esprit. L’Eglise prend toujours soin de l’être humain en tant qu’esprit incarné. La réalité du cycle féminin est vécue au quotidien par les femmes, l’Eglise même encourage que cette réalité soit connue et intégrée dans la vie de couple afin qu’homme et femme puissent ensemble être en mesure d’accueillir des enfants de manière prudente et responsable. Il est évident que le cycle féminin a une valeur directe et indirecte sur le plan surnaturel : il rythme la vie de la femme qui doit faire son salut sur Terre, il a des répercussions sur la vie sexuelle et morale du couple. Comme absolument rien dans la vie de l’être humain, il n’est pas une simple « fonction biologique », il est une fonction biologique assumée et vécue par une âme qui doit faire son salut et qui participe à celui de son époux. Le dualisme est incompatible avec la foi.
– Vous rappelez souvent que la vocation de l’être humain, homme ou femme, est la même : le salut par la vie de la Grâce, comme l’enseigne l’Eglise catholique. Mais cela n’exclut pas la proposition qui vient dire qu’il y a une spécificité et une vocation propre à la nature féminine ou masculine. Les deux sont appelés à faire leur salut et le cadre de ce cheminement vers Dieu est leur nature d’être humain, avec un corps d’homme et des hormones d’homme ou avec un corps de femme et des hormones de femme. En somme, exactement ce que la Transidentité ne supporte pas de s’entendre dire.
Cet article est déjà trop long, mais le débat ne fait que commencer. Les femmes et les jeunes femmes en devenir ont besoin de réponses vraies et de compassion authentique. Les idéologies modernes sont prêtes à les blesser voire à les détruire, l’Eglise doit être à leur côtés sans rien nier ni de son Magistère ni de la spécificité propre de la femme.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Euthanasie : Sébastien Lecornu saisit le Conseil constitutionnel
Le premier ministre, Sébastien Lecornu, va saisir le Conseil constitutionnel sur une partie des dispositions du texte qui légalise l’euthanasie et le suicide assisté. Cette annonce surprise intervient la veille vote solennel de la proposition de loi, prévue le 15 juillet.
D’après l’entourage de Sébastien Lecornu, il s’agit d’une initiative personnelle, sans demande d’Emmanuel Macron ni même concertation.
3 aspects de la loi sont contestés dans ce recours : le délai de rétractation des malades, la situation des majeurs protégés et l’obligation de tous les établissements de santé ou médico-sociaux de pratiquer l’aide à mourir.

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Cette annonce pourrait elle faire pencher quelques votes ? Réponse demain.
Fin de vie : Louis Sarkozy et l’erreur de la « propriété de soi »
Dans son intervention du lundi 13 Juillet sur RMC,
Louis Sarkozy a vivement critiqué Mgr Marc Aillet et l’abbé Michel Viot après leurs prises de position contre la loi sur la fin de vie. Au-delà de la polémique, une phrase mérite qu’on s’y arrête :
« Si un individu n’est pas propriétaire de sa propre mort, de quoi est-il réellement propriétaire ? »
La question est habile. Elle a l’allure d’une évidence. Pourtant, elle repose sur un présupposé rarement interrogé : notre rapport à nous-mêmes relèverait du droit de propriété. C’est précisément là que se loge l’une des grandes ruptures anthropologiques de notre temps.
L’erreur consiste à confondre la personne et la chose. Être propriétaire, c’est disposer librement d’un bien. Or une personne n’est pas un bien. Elle possède une dignité qui interdit précisément de la réduire à un objet dont on pourrait disposer à sa guise.
Bien avant le christianisme, la philosophie classique avait déjà récusé cette assimilation de la personne à une propriété. Pour Aristote comme pour saint Thomas d’Aquin, l’homme ne s’appartient pas comme une maison appartient à son propriétaire. Sa liberté ne consiste pas à faire tout ce qu’il veut de lui-même, mais à orienter son existence vers le bien.
L’idée de la « propriété de soi », développée par une partie de la philosophie politique moderne puis radicalisée par l’individualisme contemporain, rompt avec cette tradition. Elle fait de l’individu un propriétaire absolu de son corps, de sa vie et, par conséquent, de sa mort. Dès lors, toute limite apparaît comme une atteinte à sa liberté.
Mais cette logique conduit à une impasse. Si je suis véritablement propriétaire de ma vie, pourquoi ne pourrais-je pas la vendre, la louer ou y renoncer comme à n’importe quel bien ? Une telle conception finit inévitablement par transformer la personne humaine en objet de droit.
Pour les chrétiens, cette vérité reçoit un éclairage supplémentaire : la vie est un don reçu, non un bien dont nous pourrions disposer comme d’une propriété privée. Nous en sommes les gardiens, non les propriétaires.
La véritable question n’est donc pas : « De quoi suis-je propriétaire ? » Elle est : « De quoi suis-je responsable ? »
Responsable de ma propre vie, certes. Mais aussi de ceux auxquels ma vie est liée : mes proches, les soignants, la société tout entière.
La mort n’est jamais un acte purement privé. Elle engage le médecin qui accomplit le geste, la famille qui devra vivre avec cette décision, et la communauté politique qui choisit de reconnaître ou non un tel pouvoir.
Revendiquer la propriété de sa mort, c’est oublier une évidence : nul ne s’est donné la vie à lui-même. Nous arrivons dans un monde que nous n’avons pas choisi et nous le quittons sans pouvoir en fixer souverainement le terme. Notre liberté s’exerce à l’intérieur de cette condition ; elle ne l’abolit pas.
La dignité humaine ne réside pas dans la toute-puissance. Elle réside dans la capacité de demeurer pleinement homme jusque dans la vulnérabilité, la dépendance et l’épreuve.
Louis Sarkozy reproche ensuite à l’Église d’adopter une posture « contre-parlementaire » et accuse certains évêques de vouloir faire pression sur les élus.
Mais depuis quand une autorité spirituelle perdrait-elle le droit d’interpeller les consciences lorsqu’est en jeu la légitimation juridique de l’acte de donner la mort ?
L’Église ne retire aucun mandat électif. Elle ne vote aucune loi. Elle rappelle simplement qu’aucune décision politique n’échappe à une responsabilité morale.
L’histoire montre d’ailleurs que les grandes voix religieuses ont souvent été accusées de sortir de leur rôle lorsqu’elles dénonçaient l’esclavage, l’eugénisme ou les totalitarismes. Faut-il leur reprocher d’avoir parlé ?
Dans une démocratie, les croyants ont, comme tous les citoyens, le droit de participer au débat public. Leur demander de se taire au motif que leurs convictions sont religieuses reviendrait à instaurer une étrange conception de la liberté d’expression : une liberté ouverte à tous… sauf à ceux qui parlent au nom de leur foi.
Le véritable paradoxe n’est donc pas celui que dénonce Louis Sarkozy. Il consiste à trouver normal qu’une société reconnaisse un droit à provoquer délibérément la mort, tout en jugeant scandaleux que des responsables religieux rappellent les conséquences morales d’un tel choix.
Une démocratie n’a certes pas à recevoir ses lois d’une religion. Mais elle aurait tort de croire qu’elle peut se construire durablement sans reconnaître qu’il existe des limites que le pouvoir politique ne devrait jamais franchir.
Car la question ultime n’est pas de savoir si l’homme est propriétaire de sa mort. Elle est de savoir quelle conception de la personne humaine une civilisation choisit d’inscrire dans son droit.
Au fond, ce débat n’oppose ni des croyants à des laïcs, ni des conservateurs à des progressistes. Il oppose deux conceptions de la personne humaine : l’une fait de l’homme le propriétaire absolu de lui-même ; l’autre reconnaît qu’il reçoit son existence avant d’en exercer la liberté.
Une civilisation commence rarement par renier l’homme ; elle commence par changer les mots avec lesquels elle le définit. Lorsqu’elle remplace la responsabilité par la propriété, la dignité par l’autonomie absolue, elle prépare déjà le terrain où la mort pourra devenir un droit.
La liberté ne naît jamais de la toute-puissance. Elle naît de la reconnaissance de ce qui nous dépasse. Une civilisation grandit lorsqu’elle protège la vie jusque dans sa fragilité ; elle décline lorsqu’elle croit résoudre la souffrance en donnant à la mort le visage d’un droit.
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La FSSPX dépose un recours
Communiqué de la FSSPX :
La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X informe que, en réponse au décret publié le 2 juillet 2026 par le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, elle a déposé le 11 juillet un recours préliminaire auprès de ce même Dicastère, conformément aux canons 1734 et suivants du Code de droit canonique.
Cette démarche, qui constitue le préalable requis avant l’introduction éventuelle d’un recours hiérarchique, a pour effet de suspendre l’exécution du décret, conformément au canon 1353 du Code de droit canonique.
Par ce recours, la Fraternité entend exercer le droit que l’Église reconnaît à toute personne qui s’estime lésée par un acte administratif de demander sa rectification, dans un esprit de respect envers l’autorité ecclésiastique et de fidèle attachement à la justice, à la vérité et au bien de l’Église.
La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X remet cette demande entre les mains des autorités compétentes et confie cette démarche à la prière de tous les fidèles.
Menzingen, le 13 juillet 2026
Euthanasie : le message de Mgr Turini
Message de Mgr Turini, archevêque de Montpellier :
Madame, Monsieur le Député,
Au moment où vous allez voter la loi relative à la fin de vie, je me permets de vous adresser cette lettre, non pour entrer dans un débat partisan, mais pour faire entendre une parole humaine, spirituelle et profondément fraternelle.
Les évêques de France ont exprimé avec clarté leur opposition à ce texte. Je m’inscris dans cette prise de position, par fidélité à l’enseignement de l’Église, mais aussi par souci du bien commun et du respect de la dignité de toute personne humaine.
L’Église ne parle pas ici au nom d’une idéologie, encore moins d’un pouvoir moral qui s’imposerait de l’extérieur. Elle parle à partir de l’expérience millénaire de l’accompagnement des personnes fragiles, souffrantes, âgées, en fin de vie. Elle parle à partir de visages, de mains tenues, de silences habités, de paroles murmurées au seuil de la mort.
La vie humaine, de son commencement à son terme naturel, n’est pas un bien disponible. Elle est relation, elle est don, elle est confiée. Introduire dans la loi la possibilité de provoquer intentionnellement la mort, même au nom de la compassion, constitue une rupture anthropologique majeure. Ce n’est pas seulement un nouveau droit que l’on crée : c’est un changement profond dans le regard que notre société porte sur la vulnérabilité.
La souffrance appelle la solidarité, non l’élimination de celui qui souffre. La dépendance appelle la présence, non la disparition. La dignité d’une personne ne se mesure ni à son autonomie, ni à son utilité sociale, mais au simple fait qu’elle est humaine.
L’Église affirme avec force qu’il existe une autre voie : celle du développement réel et équitable des soins palliatifs, celle de l’accompagnement global – médical, psychologique, social, spirituel –, celle du refus de l’acharnement thérapeutique comme de l’abandon. Soulager sans supprimer. Accompagner sans provoquer la mort.
Nous savons aussi combien la notion de liberté peut être fragilisée lorsque la solitude, la peur de devenir un poids, la pression économique ou sociale s’invitent dans la décision. Une société juste ne peut faire peser, même implicitement, sur les plus fragiles la question : « Pourquoi es-tu encore là ? »
Enfin, je veux redire l’importance absolue de la liberté de conscience des soignants. On ne peut construire une société fraternelle en contraignant celles et ceux qui ont fait le choix de soigner à poser des gestes contraires à leur conscience la plus intime.
Madame, Monsieur le Député, votre responsabilité est grande. La loi ne dit pas tout, mais elle dit quelque chose de ce que nous voulons devenir ensemble et c’est cela qui m’inquiète. Au nom de l’Évangile de la vie, au nom de la fraternité humaine, au nom des plus fragiles qui n’ont pas toujours voix au chapitre, je vous appelle respectueusement à ne pas ouvrir une voie dont nous ne mesurerions que trop tard les conséquences.
Avec l’assurance de ma considération respectueuse,
+ Norbert TURINI
Le rapporteur de la loi sur l’euthanasie croit pouvoir assister tranquillement à la messe
Lors de la messe dominicale du 5 juillet en l’église de la Madeleine, le curé de Châteaudun a condamné la proposition de loi sur l’aide à mourir devant le député-maire, Philippe Vigier, qui en est le rapporteur général. L’élu s’est senti « attaqué personnellement » et s’est « ouvertement expliqué » avec le prêtre qui est soutenu par l’évêque de Chartres.
Le père François Yambressinga a tenu à évoquer la proposition de loi dans son homélie.
Selon plusieurs témoignages, il a rappelé le profond respect de l’Église pour les personnes confrontées à la fin de vie, la maladie grave ou incurable, à la souffrance et la peur de dépendre des autres. Il a assuré que la tentation de maîtriser la mort ne doit pas faire oublier le devoir d’accompagner, de soulager et de ne jamais abandonner.
« On ne prend pas soin de la vie en donnant la mort », a insisté le curé de Châteaudun avant d’inviter les fidèles à « prier pour la vie » et à « prier pour les parlementaires pour qu’ils ne fassent pas n’importe quoi ».
Philippe Vigier, député (Les Démocrates) et maire de Châteaudun, était assis au premier rang…
Le christianisme est-il devenu un sucre d’orge ?
Le christianisme d’aujourd’hui est-il devenu un simple “sucre d’orge à sucer” ? Le Christ a-t-il été pris en otage par nos peurs et nos idéologies modernes ?
Dans ce grand entretien pour Academia Christiana, le Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine livre un constat sans concession sur l’état de l’Église et de notre société. À l’occasion de la sortie de son ouvrage « On n’est jamais trahi que par les siens ? » (Éditions Pierre Téqui), il nous appelle à un véritable bain d’Évangile. Face aux divisions internes, au déracinement et à la dureté de la justice humaine, découvrez un plaidoyer vibrant pour retrouver la radicalité de la foi catholique et de l’amour chrétien, sans filtre ni compromission mondaine.
⏱️ CHAPITRES DE LA VIDÉO :
00:00 Introduction
01:32 Le parcours d’un curé marseillais en soutane
02:46 La trahison du Christ : Lâcheté et peur du jugement
05:01 Un christianisme “vidé de son collagène” ? (Léon Bloy)
07:59 Le démon, l’Église et la saturation de la modernité
13:18 Divisions dans l’Église : Le piège des querelles internes
19:44 La miséricorde divine face à la justice des hommes
30:15 Peut-on pardonner à ceux qui ne demandent pas pardon ? (La femme adultère)
35:48 Le cas de l’abbé Pierre : La miséricorde est-elle de la naïveté ? 42:19 Droite vs Gauche : La charité n’est pas la lâcheté
55:07 L’Incarnation et la religion du “touchant”
01:01:25 Accueillir l’imprévu et “absolutiser le relatif”
01:04:49 Conclusion et présentation du livre
Pour bien et mieux… fêter Marie, reine de tous les saints, Dom Aubourg dans six méditations spirituelles nous élève vers la Reine du Ciel
Voilà un petit livre fort à propos pour la belle fête de Marie à venir !
Sous la plume de Dom Aubourg la théologie devient poème : Marie, “commencement du commencement”, incarne la transparence de Dieu dans la chair, la victoire de la grâce sur le péché et la joie du monde restauré.
Dans ces six homélies retrouvées, prononcées entre 1931 et 1943, Dom Aubourg médite les grandes fêtes mariales comme un chemin d’incarnation :
La Nativité de Marie
La Présentation de Marie au Temple
L’Immaculée Conception
La Visitation
L’Assomption, la maternité éternelle
L’Assomption, Marie la joie de Dieu
Notre-Dame des Sept Douleurs.
Langue ample, rythme d’office, rigueur doctrinale — ce texte, d’une beauté rare, redonne à la parole spirituelle française son éclat et sa verticalité. Entre Bérulle et Claudel, un grand moment de littérature théologique.
Moine bénédictin né à May-sur-Orne en 1887, dom Gaston Aubourg intègre après son ordination en 1916 l’abbaye de Solesmes. Il est l’archétype du moine savant fidèle à la règle et à la spiritualité de saint Benoît. Après la condamnation de l’Action française en 1926, il devient l’aumônier des religieuses de Saint-Vigor, et s’adresse aussi à celles de Couvrechef, de Bayeux ou de la Vierge Fidèle.
Étroitement mêlé à la vie littéraire de son temps, il fut l’une des figures spirituelles les plus fines de la Normandie du XX° siècle. Il échange avec L. Salleron, J. Maritain, L. Massignon, G. Bernanos, J. de La Varende et L. Delarue-Mardrus. Il rencontre Saint-Exupéry en 1939, partage une vraie fraternité spirituelle avec la pensée de Simone Weil. Il meurt à Caen en 1967, profondément affecté par la déchristianisation, l’effondrement des vocations et celui de la formation du clergé.
Présentation et commentaires de soeur Ambroise-Dominique Salleron, avec les illustrations expressives en couleurs de Nicolaï Greshny.
Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/spiritualite/30795-marie-reine-de-tous-les-saints-six-meditations-theologiques-et-mystiques-sur-les-fetes-mariales.html
Marie reine de tous les saints, Dom Aubourg osb, Editions Saint-Léger, 66 pages, 14 €.
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