Terres de mission : pluie de grâces malgré la canicule
Eglise universelle: Rencontre avec l’Eglise cubaine
Martin Dousse a réalisé un reportage sur l’Eglise à Cuba en y accompagnant la Communauté des Missionnaires Serviteurs des Pauvres. De 1961 à 1998 une persécution violente a frappé l’Eglise, à la suite de la prise de pouvoir par Fidel Castro en 1959. Depuis la visite du pape Jean-Paul II en 1998, l’Eglise renaît dans un contexte politique et social très difficile.
Eglise en France: Les Français et l’école
Directeur Général de la Fondation Pour l’Ecole, Michel Valadier présente le colloque qui a eu lieu le 4 mai dernier au Sénat sur le thème: Les Français et l’école. Il présente, en particulier les résultats d’un sondage mené par l’Ifop et présenté par Jérôme Fourquet, Directeur du département “Opinions” de l’IFOP. De salutaires contats et réflexions à un an de l’élection présidentielle.
Eglise en Marche: 30 000 pèlerins de la Pentecôte
Le 44 éme pèlerinage de chrétienté a été marqué par un nouvel afflux de pèlerins: 20 000 de Paris à Chartres. Philippe Darantière, Président de l’association Notre-Dame de Chrétienté nous présente les enjeux logistiques, spirituels et ecclésiaux d’un tel événement. Il commente en particulier un sondage fait auprés de 4 000 pélerins: ce qu’ils sont, ce qu’ils pratiquent, ce qu’ils croient.
DEX AIE le pélé normand de tradition : les âmes du purgatoire à Montligeon les 3 & 4 octobre
Le grand pèlerinage de Normandie est lancé pour sa seconde édition.
Cette année, nos pas nous conduiront vers le Sanctuaire International de Montligeon, haut lieu de prière et d’espérance pour les âmes du purgatoire.
N’hésitez pas à nous rejoindre nombreux : enfant, parents, grands-parents et en parler autour de vous.
Au programme : 42 km de marche, veillée et adoration, banquet normand, messe selon le rite tridentin le samedi et le dimanche (dans la basilique de Montligeon).
Saint-Michel l’Archange, Consolateur des âmes du purgatoire, priez pour nous !
DEX AIE
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Conflit à Marjayoun au Sud Liban
Communiqué de l’Eouvre d’Orient :
Dans le conflit qui l’oppose à l’armée israélienne, plusieurs roquettes lancées par le Hezbollah sont tombées la nuit dernière dans le village à majorité chrétienne de Marjayoun au Sud-Liban, causant des dégâts sur l’école des sœurs des St Cœurs et sur l’église grecque-orthodoxe St Georges, classée au patrimoine historique libanais.
L’Œuvre d’Orient, qui soutient cet établissement scolaire et les habitants de cette localité, condamne fermement ces actes de guerre qui menacent les populations civiles, endommagent leur lieux de vie et de culte qui poussent les populations restées sur place à l’exode.
À l’instar des habitants vivant sur place, l’Œuvre d’Orient demande le retour à la paix et le droit des populations locales à rester sur leurs terres.
Quand la République cherche les délinquants dans les confessionnaux
Il fallait y penser. Dans une France où les violences physiques, les violences sexuelles, les trafics, les refus d’obtempérer, les fraudes et les atteintes du quotidien saturent de plus en plus l’expérience ordinaire des Français, une partie de la représentation nationale a trouvé l’une des urgences du moment : ouvrir une brèche dans le secret de la confession.
La proposition de loi n°2708, déposée le 28 avril 2026, prétend “protéger les enfants et lutter contre les violences en milieu scolaire”. Qui pourrait être contre un tel objectif ? Personne de bonne foi. Mais son article 9 va beaucoup plus loin : il entend explicitement soumettre les ministres du culte au régime commun de signalement, en écartant l’exception liée au secret professionnel lorsque des violences graves sur mineurs sont connues. Dans le rapport parlementaire, l’intention est claire : empêcher que le secret de la confession puisse être assimilé à un secret professionnel opposable à cette obligation.
Le texte est porté notamment par Violette Spillebout, députée Ensemble pour la République, anciennement Renaissance, et par Paul Vannier, député LFI. Il est donc transpartisan, ou plutôt typique de cette époque où le centre gouvernemental et la gauche radicale peuvent s’entendre quand il s’agit de rogner un peu plus les libertés concrètes de l’Église.
La Conférence des évêques de France a d’ailleurs réagi le 29 mai 2026, en alertant sur un texte qui, selon elle, touche à la liberté de conscience, au secret professionnel, à la liberté de culte et même à la liberté d’enseignement. Elle a raison de s’inquiéter : ce qui est présenté comme une mesure de protection des mineurs introduit en réalité un précédent très lourd dans le rapport entre l’État et la vie sacramentelle de l’Église.
Et c’est ici que la situation devient presque comique. Presque. Car “L’humour est la politesse du désespoir.”
Regardons la France réelle. Le service statistique du ministère de l’Intérieur a publié, en janvier 2026, son bilan provisoire de l’insécurité et de la délinquance pour l’année 2025. Les violences physiques enregistrées augmentent de 5 %. Les violences sexuelles augmentent de 8 %, les viols et tentatives de viol de 9 %. Les homicides atteignent 982 victimes, les tentatives d’homicide progressent encore de 5 %. Les usages de stupéfiants montent de 6 %, les trafics de 8 %, les escroqueries de 8 %, les refus d’obtempérer de 11 %.
Alain Bauer parle depuis des années d’un retour de la violence sur les corps, d’une société où les seuils de passage à l’acte s’abaissent. Il a encore récemment résumé le climat par une formule terrible : “plus rien n’empêche le passage à l’acte”. On peut discuter tel ou tel indicateur, mais l’intuition est largement partagée par les Français : la violence n’est pas seulement une statistique, elle devient une atmosphère.
Et face à cela, que découvre-t-on ? Que l’on va chercher le danger dans le confessionnal.
Sociologiquement, l’affaire est vertigineuse. Les catholiques pratiquants réguliers forment aujourd’hui une petite minorité. L’enquête INSEE-INED de 2019-2020 indiquait déjà que, chez les 18-59 ans en France métropolitaine, environ une personne sur deux déclarait une religion, et que les catholiques formaient la majorité des affiliés religieux ; mais, parmi ces affiliés, seuls 14 % déclaraient assister à une cérémonie religieuse au moins une fois par mois.
Une enquête IFOP pour Bayard-La Croix publiée en 2025 donne un ordre de grandeur encore plus parlant : 46 % des adultes français se disent catholiques, mais seulement 5,5 % vont à la messe au moins une fois par mois. Quant à la confession, elle concerne surtout une fraction de cette fraction : environ la moitié des messalisants hebdomadaires et un peu plus d’un tiers des messalisants mensuels déclareraient s’y confesser.
Autrement dit, le confessionnal n’est pas exactement le grand carrefour sociologique de la délinquance française. On cherchera longtemps les réseaux de stupéfiants, les bandes violentes, les auteurs de refus d’obtempérer, les cambrioleurs, les agresseurs de rue et les récidivistes endurcis dans la file d’attente du sacrement de pénitence, entre une vieille dame récitante, un père de famille scrupuleux et un étudiant qui vient accuser sa paresse ou ses colères.
Cela ne veut évidemment pas dire qu’un catholique pratiquant ne peut jamais commettre un crime. Le péché traverse toute l’humanité, y compris les bancs des églises. Mais faire comme si le secret de la confession constituait un verrou majeur de la politique pénale française relève moins du sérieux législatif que du théâtre idéologique.
Car enfin, que se passe-t-il dans une confession ? Un prêtre n’y tient pas un guichet administratif. Il ne collecte pas des renseignements pour l’État. Il reçoit, dans un cadre sacramentel, une conscience devant Dieu. Si un coupable vient réellement confesser un crime, le rôle du confesseur n’est pas de banaliser l’acte, mais de conduire à la vérité, à la réparation, à la dénonciation de soi quand elle est nécessaire, à la protection des victimes, à la sortie du mensonge. Briser le secret ne rendrait pas les criminels plus bavards : il les dissuaderait simplement de venir là où une parole de repentir peut encore naître.
C’est tout le paradoxe. En voulant transformer le prêtre en auxiliaire forcé de police judiciaire, on ne protège pas nécessairement mieux les victimes. On risque surtout de fermer l’un des très rares lieux où un homme coupable peut encore entendre qu’il doit cesser, réparer, se livrer, changer de vie. L’État moderne adore confondre efficacité et intrusion. Il croit résoudre un problème en violant un sanctuaire.
Que l’on renforce les contrôles des établissements, que l’on poursuive les prédateurs, que l’on protège les enfants, que l’on sanctionne les complicités, que l’on donne enfin à la justice les moyens de juger vite et bien : oui, mille fois oui. Mais qu’on ne fasse pas semblant de croire que la France va reprendre le contrôle de sa violence en installant la République dans le confessionnal.
Il y a là une inversion presque burlesque des priorités. Les chiffres officiels décrivent une société où la violence physique, sexuelle, sociale et délictuelle progresse sur plusieurs fronts. Des criminologues alertent sur la désinhibition du passage à l’acte. Les Français voient bien ce qui se passe dans les transports, dans certaines rues, dans certains établissements, dans certaines familles, dans certains quartiers, dans les trafics et dans les violences de mineurs. Et pendant ce temps, une partie de la classe politique désigne le secret sacramentel comme s’il était l’un des nœuds cachés de l’insécurité française.
Non : le confessionnal n’est pas le coffre-fort de la délinquance nationale. Il est l’un des derniers lieux où l’on ose encore dire que le mal est le mal, que la faute existe, que le pardon n’est pas l’excuse, que la réparation est nécessaire, que la conscience ne se réduit pas à une procédure.
La République n’a rien à gagner à piétiner ce qu’elle ne comprend plus. Elle a beaucoup à perdre, en revanche, à faire de la liberté religieuse une variable d’ajustement émotionnelle. Un État sûr de lui protège les enfants, poursuit les criminels, respecte les cultes et comprend la différence entre un secret qui protège le crime et un secret qui protège la possibilité même de la conversion morale.
Quand le pouvoir ne sait plus tenir la rue, il est toujours tenté de fouiller la sacristie. C’est peut-être cela, le plus désespérant. Ou le plus drôle, si l’on se souvient que l’humour reste, parfois, la dernière politesse du désespoir.
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Tirs du Hezbollah contre une école chrétienne au sud Liban
Communiqué de Yann BALY, Président de Chrétienté-Solidarité
Hier, vendredi 29 mai, des tirs de roquettes du Hezbollah ont touché l’école des Saints Coeurs et l’église grecque-orthodoxe de Marjayoun au sud-Liban. Ces tirs ont causé des dégâts matériels. Heureusement, aucune victime n’est à déplorer (les cours se font depuis mars en visioconférence).
Comme lors des attaques israéliennes ayant touché les chrétiens, Chrétienté-Solidarité condamne avec la plus grande fermeté ces frappes de la milice chiite pro-iranienne. Après avoir pris en otages les chrétiens du sud Liban, pour mener une guerre qui sert exclusivement les intérêts iraniens, le Hezbollah opère désormais des tirs directs contre des édifices chrétiens. Est-ce qu’il entend intimider les chrétiens de la région de Marjayoun pour les inciter à fuir ? Le Hezbollah apporterait une nouvelle preuve de son désintérêt total de la cause et de l’unité libanaises, oubliant que les Chrétiens apportent un service à tous les habitants du sud tant en matière scolaire que médicale.
On se souvient qu’en 2002, le parti Amal, allié du Hezbollah, a chassé les religieuses basiliennes qui tenaient parfaitement l’hôpital de Marjayoun, prenant possession de l’établissement pour en faire un élément du dispositif social et militaire du Hezbollah. La qualité des soins a progressivement chuté. Depuis la guerre récente, l’ensemble du personnel médical chiite a déserté l’hôpital qui est désormais à l’abandon.
En ces nouvelles épreuves, nous renouvelons notre soutien et l’assurance de nos prières à la direction, aux enseignants et aux élèves de l’école des Saints Coeurs (dont près de 50 sont parrainés par Chrétienté Solidarité). Nous les avons rencontrés il y a 1 mois, jour pour jour (voir ci-dessous). Sur fond de bombardements, ils nous ont dit leurs angoisses et leurs peines mais aussi leur courageuse volonté de tenir bon pour continuer à vivre, étudier et travailler sur leur terre.
Avec Chrétienté-Solidarité, plus que jamais, nous allons continuer de les aider !
Soutenez notre action : https://chretientesolidarite.fr/don-libre/
Le témoignage de fidélité, expression renouvelée de la foi
Léon XIV a publié ce lundi de Pentecôte son encyclique Magnifica humanitas dans laquelle il enseigne que
« La civilisation de l’amour ne naît pas d’un geste unique et spectaculaire, mais d’une somme de petites et tenaces fidélités faisant barrage à la déshumanisation ».
Ce même lundi de Pentecôte, Thomas Debesse proposait sur les chemins de Chartres sa méditation sur la fidélité comme témoignage renouvelé de la foi, rappelant comment la foi se témoigne dans une habitude renouvelée, exprimée de manière continuelle et durable, et comment le spectaculaire se retrouve également dans une vie de fidélité, dans l’obéissance, et pas seulement dans des actes isolés :
Vous serez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre.
Voici le thème de notre pèlerinage.
Et de quoi témoignons-nous ? De la foi que Dieu nous a sauvés. C’est-à-dire que nous sommes saints, nous sommes déjà saints, nous sommes déjà sauvés. Nous recevons l’état de grâce dans le baptême. Nous devons le conserver. Nous devons le retrouver dans le sacrement de pénitence. C’est notre sainteté qui nous permet de nous unir au Christ dans l’Eucharistie. C’est notre sainteté que nous a donné le Christ lui-même, par son sacrifice, dans notre baptême, par son Eucharistie.
Et ceci est un topo sur la fidélité comme expression renouvelée de la foi.
Vous serez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre. Il y a en quelque sorte dans cette affirmation un ordre, mais surtout un constat. Vous serez témoins parce que vous témoignerez. Mais alors qu’est-ce qu’un témoignage ? De quoi témoignons-nous ? De qui témoignons-nous ?
Nous témoignons du Christ, mais comment en témoignons-nous ? J’ai participé à diverses oeuvres missionnaires, d’évangélisation directe parfois. Et là où certains mouvements plus traditionnels insistent évidemment sur l’annonce de l’évangile et du kérygme. Donc le kérygme, c’est le condensé de la foi. Jésus est Messie, Fils de Dieu, il est mort et résuscité pour nous sauver. Et il nous appelle à la conversion.
Donc de toute façon, tous les mouvements missionnaires font ça. C’est notre premier témoignage.
Mais voilà, certains mouvements plus charismatiques insistent aussi beaucoup sur le témoignage personnel. En fait, notre expérience, comment ça nous a touchés, comment ça nous habite. Et c’est important aussi. Mais cette insistance sur le témoignage personnel a toujours été difficile pour moi.
Parce que je me suis rendu compte que le seul schéma qui était prévu, était en fait le témoignage du converti. Et c’est très bien d’avoir le témoignage des convertis. Les convertis ravivent la flamme de la foi. Mais pour quelqu’un qui a été éduqué dans la foi depuis tout petit, qui s’est affermi au fur et à mesure des années, eh bien on ne rentre pas dans ce cadre de celui qui un jour fait une rencontre, une expérience physique qui se fait retourner comme une crêpe, qui tombe à genoux, qui se convertit d’un coup progressivement, mais avec un avant et un après bien discernables.
Et le converti, lui, il a besoin de notre témoignage de fidélité.
Ceux qui ont été éduqués dans une famille catholique peuvent aussi vivre cela, cette conversion, mais pas tous. Enfin, pas une conversion aussi spectaculaire. Charles de Foucault ne grandit pas dans l’ignorance de la foi chrétienne. Il suit un chemin de débauche puis de conversion. Mais que se passe-t-il quand vous n’avez pas eu cette vie, et que vous avez bien sûr vos faiblesses ? Vous n’êtes pas parfaits, mais vous n’avez pas ce témoignage-là à donner.
Ça ne veut pas dire que vous n’avez pas de témoignage. Vous devez être témoin, et vous le serez. Vous serez témoin jusqu’aux extrémités de la terre. C’est une promesse. Et comment cette promesse se réalise-t-elle ? Comment serez-vous témoin jusqu’aux extrémités de la terre ?
Nous sommes déjà saints parce que nous sommes déjà sauvés. Le Christ est mort pour nous. Il a épousé l’Église sur la croix.
L’Église, dans son processus de canonisation, évalue ce qu’on appelle l’héroïcité des vertus. Et savez-vous à quelle vertu se rapporte la fidélité ? La fidélité se rapporte à la vertu de foi. En fait, la foi et la fidélité, c’est quasiment la même chose. La fidélité, c’est la façon d’où nous exprimons notre foi. Le mot latin pour la foi se dit « fidei ». Fidélité, c’est quasiment le même mot. La fidélité dérive directement de la foi. Nous disons d’ailleurs que les fidèles, ce sont les croyants. Les croyants, ce sont les fidèles. Et les infidèles, ce sont les incroyants.
Mais pourquoi cette distinction entre foi et fidélité ? La foi est un don. Mais si nous étions en dehors du temps, des purs esprits, et qu’un unique acte d’adhésion ou de refus décidait de nous pour l’éternité de notre vie, nous ne pourrions pas vraiment être fidèles. En fait, dans le langage courant, on pourrait dire que nous aurions été fidèles, que nous aurions agi par fidélité, que nous serions restés fidèles, mais c’est un anthropomorphisme de parler ainsi. Ça suppose un avant, un après, une temporalité, une incarnation.
Le propre de la foi de l’homme, c’est d’exprimer sa foi dans la fidélité. La fidélité est l’expression de la foi, donc l’expression renouvelée de la foi. Et la fidélité est un moyen inévitable de l’expression de la foi, car la foi est une vertu. Si on demande à quelqu’un : as-tu la foi ? Il peut répondre oui, et il peut répondre non, mais est-ce qu’il a vraiment la foi ? Comment on le vérifie ? Comment on le sait ? Peut-être est-il persuadé d’avoir la foi ? Peut-être ce qu’il appelle foi est une conviction et non une vertu ? Peut-être n’est-ce qu’un sentiment et non une vertu ? Peut-être que ce qu’il appelle foi n’est pas la foi ?
Quand on dit avoir la foi, on désigne quelque chose d’intérieur, d’intime. On ne peut pas vraiment évaluer cette prétention d’avoir la foi si elle n’est pas exprimée de manière qu’un autre puisse en témoigner pour soi. La foi n’est pas seulement une conviction, ce n’est pas seulement une adhésion interne.
Nous sommes prophètes, c’est-à-dire que nous sommes expression. Le fait d’être prophète, c’est d’exprimer une vérité. Notre vie est une prophétie, notre vie est une expression, notre personne est une expression. Notre vie est l’expression d’une vérité et nous sommes l’expression d’une vérité. Notre vie doit être l’expression de cette foi par le témoignage de la fidélité.
Notre nature incarnée fait qu’il n’y a pas d’acte de foi sans un acte matériel, par un geste, une parole ou un renoncement. La foi supporte notre agir quotidien et ce quotidien supporté par la foi est une fidélité. La sainteté est l’héroïcité des vertus.
La vertu est un habitus dans le bien, c’est-à-dire l’habitude de faire le bien. C’est un renouvellement de cette expression de foi et la fidélité nourrit la foi en retour. La foi est le renouvellement, la fidélité est le renouvellement de la foi exprimée. C’est une habitude renouvelée, exprimée de manière continuelle et durable.
Et donc, je disais que la foi appartient à l’intime, au for interne, alors que la fidélité appartient au for externe, et que la fidélité est le témoignage de notre foi.
Si, par exemple, on pose la question : « Nos pasteurs ont-ils encore la foi ? », on peut en discuter longtemps et, en fait, on parle pour ne rien dire. Par contre, si je pose la question : « Nos pasteurs sont-ils fidèles ? », là, nous pouvons évaluer la fidélité du pasteur.
Et si vous posez la même question : « Thomas a-t-il la foi ? », il y a peu de chances que je vous réponde. Et si je dis oui, est-ce que vous allez me croire ? Par contre, si vous posez la question : « Est-ce que Thomas est fidèle ? », ma fidélité parle pour moi. Mes actes parlent pour moi. C’est déjà là un témoignage. Je n’ai pas besoin d’en parler. Même d’autres personnes peuvent répondre à ma place. Car ma fidélité est mon témoignage.
Et donc, votre fidélité est aussi votre témoignage de foi. La sainteté se vit dans l’héroïcité des vertus. Et l’héroïcité des vertus se mesure de manière objective en jugeant le for externe. Donc la foi est une vertu théologale. Et l’expression de la foi s’appelle la fidélité.
Le martyr, tué pour sa foi, est fidèle jusqu’au bout. Sa fidélité est son témoignage. Et celui qui est fidèle toute sa vie, témoigne tout autant.
Le témoignage de la fidélité est difficile à discerner car notre siècle est centré sur l’instant. Le geste isolé est mieux valorisé. Et c’est très bien d’avoir des actes isolés et héroïques. Mais l’héroïcité s’applique aussi à la vertu, dans l’exercice renouvelé, de l’Espérance, de la Foi et de la Charité.
Il faut du courage pour demander quelqu’un en mariage, de proposer à quelqu’un le mariage. Mais cela ne suffit pas. Le sentiment que vous avez n’est pas une fidélité. C’est peut-être un pari au début, c’est au mieux un courage. Mais ce n’est pas encore de la fidélité.
La parole que vous avez eue en disant « je t’aime » un jour, elle doit être renouvelée tous les jours. Et c’est ça, l’héroïcité de la vertu.
Et je reprends l’exemple du témoignage de conversion. Certains pourraient dire que ce témoignage est favorisé parce qu’il est spectaculaire. J’ai employé ce mot tout à l’heure. Mais en disant cela, vous supposerez que le spectaculaire se réserve à un geste, à un moment, un fait particulier, à un instant précis.
Pourtant, on peut tout à fait dire que 40 ans de mariage, c’est spectaculaire. On peut aussi dire que 40 ans de virginité, c’est spectaculaire.
Trop souvent, nous faisons l’erreur de supposer, par habitude et donc par vice, que de tels qualificatifs ne s’appliquent pas à la fidélité. Mais la définition du spectacle, c’est la manifestation publique. Nous parlons donc bien du for externe, du témoignage remarquable ou admirable, qui peut donc être tout aussi spectaculaire quand il est exprimé dans le temps long.
La fidélité est admirable. 10 ans de fidélité, c’est admirable. 30 ans de fidélité, c’est admirable. Une vie de fidélité, c’est admirable et c’est spectaculaire. Et voilà où se trouve votre témoignage : dans la fidélité.
Le témoignage de fidélité ne ment pas, car la fidélité est le renouvellement de la vérité.
Dans le catéchisme de Saint-Pie X, la question est posée : « Êtes-vous chrétien ? » La réponse est : « Oui, je suis chrétien par la grâce de Dieu ». Car oui, nous sommes saints, nous sommes déjà sauvés par la grâce de Dieu. La foi est un don.
La question suivante demande : « Pourquoi dites-vous par la grâce de Dieu ? » À quoi nous répondons : « par la grâce de Dieu parce qu’être chrétien est un don gratuit de Dieu que nous n’avons pu mériter ».
Nous avons reçu la grâce. Nous sommes déjà sauvés. Nous devons garder la foi. Nous devons conserver notre état de grâce. Nous devons être fidèles. Et la foi est aussi une vertu.
Ensuite, la question est posée : « Quel est le vrai chrétien ? » Nous sommes là pour témoigner aux extrémités de la terre, quel est le vrai chrétien ? Réponse : « Le vrai chrétien est celui qui est baptisé, qui croit et professe la doctrine chrétienne et obéit aux pasteurs légitimes de l’Église ».
Nous croyons et nous professons. Nous sommes prophètes. Notre vie est une expression. Le témoignage de notre fidélité s’exprime particulièrement dans l’obéissance aux pasteurs légitimes de l’Église.
Je précise parce que ça ne s’entend pas à l’oral, mais « pasteurs légitimes » est au pluriel. Le pluriel est important parce que la légitimité du pasteur se trouve dans la filiation apostolique.
La fidélité est une fidélité envers une personne. Nous pouvons dire parfois que nous sommes fidèles à la vérité, mais plus exactement, nous sommes fidèles à une personne. Car la vérité a un nom et un visage. Nous sommes fidèles au Christ et donc à son Église.
La légitimité des pasteurs de l’Église n’est pas le produit d’un contrat social. Ce n’est pas notre conviction ni une convention sociale qui produit la légitimité des pasteurs. La légitimité des pasteurs de l’Église ne se retrouve pas non plus dans leur conviction personnelle, leur pratique des vertus ou la droiture de leur enseignement.
La légitimité des pasteurs de l’Église se trouve dans la succession apostolique. C’est d’ailleurs ce qui leur permet de se convertir. Et cette succession apostolique est une expression de fidélité.
Soyez fidèles et votre fidélité témoignera pour vous. Par votre fidélité, par votre obéissance, vous serez témoins jusqu’aux extrémités de la terre. Vous serez témoins du Christ et de son Église jusqu’aux extrémités de la terre.
Israël veut garder sa liberté d’action au Liban
Selon le Wall Street Journal, « Israël fait pression sur les États-Unis pour que la liberté d’opérations pour Israël au Liban soit incluse dans le projet d’accord de paix avec l’Iran ». Autrement dit, Israël souhaite pouvoir continuer à agir militairement et sans contrainte au Liban contre le Hezbollah. Pour le journal américain, cette volonté israélienne « risque de constituer un autre point de blocage dans les négociations avec l’Iran, qui insiste sur le fait que tout cessez-le-feu doit inclure la fin des combats au Liban ». Pendant ce temps, au Liban, la guerre continue.
Depuis quelques jours, l’armée israélienne intensifie ses opérations militaires au Liban. Beyrouth a été touché cette semaine, tandis que le sud du pays est bombardé quotidiennement. De nouveaux ordres d’évacuation forcée ont également été donnés dans plusieurs villages du Sud-Liban. Une réunion se tient aujourd’hui même aux Etats-Unis entre Libanais et Israéliens, notamment pour évoquer la question du désarmement du Hezbollah.
Selon l’Agence national d’information, le ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé, « a multiplié les contacts avec ses homologues à travers le monde et les organisations internationales compétentes, afin d’attirer leur attention sur les dégâts considérables causés aux sites archéologiques et aux quartiers patrimoniaux » dans le sud du pays. Deux grands sites historiques sont principalement touchés : la ville antique de Tyr et le château de Beaufort.
Source : SOS Chrétiens d’Orient
Fête de la Très Sainte Trinité
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Nous voici dans le temps après la Pentecôte, le plus long de l’année liturgique, puisqu’il en couvre à peu près la moitié, et va nous conduire jusqu’à la fin de novembre. En ce premier dimanche après la Pentecôte, l’Église célèbre la fête de la Très Sainte Trinité, Dieu unique en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint Esprit…
Autrefois, selon le rit romain, ce dimanche qui suivait la veillée nocturne du samedi des Quatre-Temps de la Pentecôte à Saint-Pierre, était consacré au repos : Domínica vacat. Mais vers le VIIIe siècle, les calendriers romains commencent à noter une octave de la Pentecôte – à l’imitation certainement du dimanche in Albis – avec la lecture évangélique du colloque du Seigneur et de Nicodème (Jn, 3, 1-16) où il est question de l’efficacité de l’action du Saint-Esprit dans la régénération baptismale. Presque en même temps apparaît en usage la leçon actuelle pour la messe du Ier dimanche après la Pentecôte (messe que l’on ne peut entendre qu’en semaine quand le calendrier le permet) de l’Évangile selon saint Luc (6, 36-42). Toutefois en 1334, l’un et l’autre passages devinrent à peu près inutiles, en raison de la fête nouvelle de la Très Sainte Trinité, qui fut introduite par Jean XXII dans le rit romain.
Pour la première fois depuis le début de l’année liturgique, nous trouvons une fête qui n’a pas pour but de commémorer un événement de l’histoire du salut, mais de nous remettre en mémoire et graver en notre esprit un des dogmes fondamentaux de la foi catholique. C’est seulement à la fin du Moyen Âge que l’Église en a éprouvé le besoin en raison du refroidissement des convictions et de la prolifération des théories hétérodoxes. Cette fête était célébrée en certains lieux dès le Xe siècle, à la suite de révélations privées, mais ce n’est qu’au XIVe siècle qu’elle a été instituée officiellement pour l’Église universelle et fixée au premier dimanche après la Pentecôte. Il s’agit donc ici d’un office composé, non de l’expression spontanée de la prière de l’Église comme pour les messes plus anciennes. Les mélodies ne sont pas originales, à part l’Alléluia qui a été repris dans un office existant. Ce sont des adaptations plus ou moins adroites, il faut le dire, de textes nouveaux à des mélodies qui avaient été faites pour d’autres.
Les textes de la messe de la fête de la Sainte Trinité ne constituent pas un exposé théologique du dogme, comme ce sera le cas dimanche prochain pour la fête du Saint Sacrement. Comment exprimer l’inexprimable ? Ils se contentent de répéter indéfiniment notre louange à Dieu, Père, Fils et Saint Esprit. En particulier les chants de la messe disent tous à peu près la même chose et on remarquera que les cinq pièces du propre : Introït, Graduel, Alléluia, Offertoire et Communion commencent toutes par le verbe bénir, benedicere c’est-à-dire : dire du bien. Et lorsque c’est l’homme qui est sujet, ce verbe est synonyme de louer. Ces textes s’inspirent plus ou moins de deux passages de la Bible, tous deux dans l’Ancien Testament, le cantique des trois jeunes hébreux dans la fournaise au livre de Daniel, qu’on trouvera au Graduel et à l’Alléluia, et les paroles de l’archange Raphaël au livre de Tobie, qu’on trouvera à la Communion et dont s’inspirent l’Introït et l’Offertoire, en y ajoutant la notion de Sainte Trinité dont l’Ancien Testament ne parlait évidemment pas.
L’idée d’une solennité spéciale en l’honneur de ce mystère, fondement de notre foi chrétienne, est belle, et le moment de sa célébration, à l’expiration du temps pascal, est heureusement choisi. On sentait comme le besoin de manifester toute notre reconnaissance à l’Auguste Triade, qui a daigné accomplir avec tant de miséricorde et tant d’honneur pour nous, l’œuvre de notre Rédemption (c’est la phrase que nous répétons à l’Introït, à l’Offertoire et à la Communion : « parce qu’il a fait éclater sur nous sa miséricorde »). Pour l’amour de nous, le Père éternel a daigné nous donner comme hostie et victime d’expiation son Fils unique lui-même ; Jésus nous a aimés in finem, c’est-à-dire jusqu’à s’immoler lui-même pour nous ; l’Esprit Saint s’est donné à nous si intimement qu’il est appelé donum, le don, précisément parce qu’il nous atteste l’amour du Père et du Fils à notre égard.
De plus, la révélation du dogme de la Très Sainte Trinité est un de ces secrets que les Hébreux avaient seulement entrevus mystérieusement, mais qui ne fut expressément révélé que dans la Nouvelle Loi. Il regarde la vie intime de Dieu ; or, les choses intimes ne se disent pas à tous, mais seulement aux amis. La connaissance de Dieu trine dans les Personnes et un dans son essence, marque le plus haut sommet de la science théologique et confère au peuple chrétien une perfection et une dignité si grandes qu’on peut bien dire qu’en ce dogme réside l’honneur, la gloire et le salut de l’Église. C’est donc fort à propos, après que l’Esprit Saint est venu instruire le troupeau des fidèles, les initiant à la possession intégrale de la vérité divine, que la famille chrétienne s’élève à la contemplation et à l’adoration in Spíritu et veritáte de l’auguste Triade, qui constitue la fin première et essentielle de l’Incarnation du Sauveur et de la rédemption du monde.
Introït : Benedicta sit
Voici le texte de l’Introït :
Benedicta sit Sancta Trinitas, atque indivisa unitas : confitebimur ei quia fecit nobiscum misericordiam suam.
Bénie soit la Sainte Trinité et son indivisible unité ; Proclamons sa louange car elle a exercé envers nous sa miséricorde.
La mélodie est calquée presque note pour note sur celle de l’Introït Invocabit me du premier dimanche de Carême, qui est affirmative, pleine d’une assurance paisible et assez solennelle. Le verset est le premier du psaume 8 :
Domine Dominus noster : quam admirabile est nomen tuum in universa terra !
Seigneur notre maître que votre nom est admirable sur toute la terre.
Ce verset est suivi comme toujours du Gloria Patri qui convient aujourd’hui plus que jamais.
Graduel : Benedictus es
En ce premier dimanche après la Pentecôte, fête de la Sainte Trinité, le temps pascal étant terminé, nous allons retrouver le Graduel pour la première fois depuis le dimanche de Pâques.
Le texte de ce Graduel est emprunté au cantique des trois jeunes hébreux dans la fournaise, au livre de Daniel, grand cantique d’action de grâces dont tous les versets commencent par le verbe » bénir « .
Benedictus es, Domine, qui intueris abyssos, et sedes super Cherubim. Benedictus es, Domine, in firmamento cæli et laudabilis in sæcula.
Vous êtes béni, Seigneur, qui contemplez les abîmes et trônez au-dessus des Chérubins. Vous êtes béni, Seigneur, au firmament du ciel, et digne des louanges dans les siècles.
La mélodie est calquée, à peu près note pour note là aussi, sur celle du Graduel Constitues eos de la fête des saints Apôtres Pierre et Paul le 29 Juin. Mais, comme on le sait, les Graduels sont généralement faits de formules toutes faites qui s’enchaînent les unes aux autres. Ils s’adaptent donc plus facilement à des textes différents. Ici l’adaptation est excellente et les grandes vocalises de la mélodie expriment bien la louange du texte. En particulier le mot Domine se retrouve une fois au grave et une fois à l’aigu sur des mélodies réservées habituellement au nom du Seigneur.
Alléluia : Benedictus es
L‘Alléluia de la fête de la Sainte Trinité est la seule pièce ancienne de cette messe. Il a été repris à la messe de la veille, le samedi des Quatre-Temps de la Pentecôte. Dans les premiers siècles, les samedis des Quatre-Temps étaient des jours d’ordinations et la messe était très longue ; commencée dans la soirée, elle se poursuivait une partie de la nuit, et servait de messe de dimanche. Cet Alléluia est donc bien à sa place aujourd’hui, d’autant que son texte convient parfaitement à la fête. Les messes des samedis des Quatre Temps comportent de nombreuses lectures, parmi lesquelles on trouve toujours le cantique des trois jeunes hébreux dont nous venons de parler à propos du Graduel. Le texte de l’Alléluia qui le suit en est également tiré.
Benedictus es, Domine, Deus patrum nostrorum, et laudabilis in sæcula.
Vous êtes béni Seigneur, Dieu de nos pères, et digne de louanges dans les siècles.
La mélodie cette fois, est originale. Elle est légère et très joyeuse.
Offertoire : Benedictus sit
Le texte de l’Offertoire de la fête de la Sainte Trinité est à peu près le même que celui de l’Introït. Les trois personnes y sont seulement en plus explicitement énumérées.
Benedictus sit Deus Pater, unigenitusque Dei Filius, Sanctus quoque Spiritus : quia fecit nobiscum misericordiam suam.
Béni soit Dieu le Père et le Fils unique de Dieu ainsi que le Saint Esprit, car il a exercé envers nous sa miséricorde.
On remarquera dans ce texte que, si les trois personnes sont énumérées, les verbes restent au singulier, montrant bien qu’elles forment un seul Dieu.
Comme celle du Graduel, la mélodie est calquée sur celle de la pièce correspondante de la messe des saints apôtres Pierre et Paul, dont le Graduel et l’Offertoire ont exactement le même texte. Mais ici l’adaptation est moins heureuse. Cette mélodie est assez complexe et très ornée, pleine de mouvement, mais se termine dans une ambiance contemplative.
Communion : Benedicimus
Nous trouvons dans l’antienne de Communion de la fête de la Sainte Trinité le texte du livre de Tobie dont ceux de l’Introït et de l’Offertoire étaient plus ou moins inspirés. Ce sont les paroles de l’Archange Raphaël lorsqu’il se fait connaître, et invite Tobie et sa famille à rendre grâces à Dieu pour tous les bienfaits qu’ils ont reçus par son intermédiaire.
Benedicimus Deum cæli, et coram omnibus viventibus confitebimur ei : quia fecit nobiscum misericordiam suam.
Bénissons le Dieu du ciel et proclamons sa louange devant tous les êtres vivants, car il a exercé envers nous sa miséricorde.
Ce texte nous rappelle ainsi que la Sainte Trinité est source d’amour. Seule petite différence avec le texte original, les verbes sont passés de la deuxième à la première personne : Bénissons au lieu de Bénissez. À part cela, c’est le texte exact de la Bible, tandis que l’Introït et l’Offertoire n’en avaient repris que les derniers mots et le verbe bénir au début. La mélodie est celle de la Communion Feci judicium de la messe d’une vierge martyre, avec quelques petites variantes. Elle est assez douce dans un mode contemplatif.
Les évêques de France dénoncent la proposition de loi visant à supprimer le secret de la confession
Nous avions évoqué le 1er février le dépôt d’une Proposition de loi visant à prévenir et lutter contre les violences en milieu scolaire, déposée par Violette Spillebout (Renaissance) et Paul Vannier (LFI), laquelle prévoit non seulement de restreindre la liberté des établissements scolaires, mais aussi de porter atteinte au secret de la confession.
La menace se précise puisque, le Gouvernement a engagé la procédure accélérée sur ce texte le lundi 11 mai. La commission parlementaire l’a examiné le 26 mai et cette proposition de loi sera discutée en séance le 1er juin.
Les évêques de France ont réagi à cette proposition de loi qui envisage de remettre en question le secret de la confession ou le contrat d’association pour l’Enseignement catholique. Cette réaction a été publiée dans Le Figaro le 29 mai :
La proposition de loi d’origine parlementaire visant à prévenir et lutter contre les violences en milieu scolaire, comme le projet de loi pour la protection de l’enfance porté par le gouvernement, manifestent l’intention de nos dirigeants d’engager résolument notre pays dans ces combats nécessaires et urgents. L’Eglise soutient cette intention. Elle est elle-même investie depuis plusieurs années dans un travail de vérité et mobilisée dans la lutte et la prévention contre les violences sexuelles.
Néanmoins, certains articles de la proposition de loi qui sera débattue lundi en séance publique à l’Assemblée nationale remettent en cause plusieurs libertés fondamentales, comme la liberté de conscience, le secret professionnel, la liberté d’enseignement ou la liberté de culte. C’est pourquoi la Conférence des évêques de France interpelle les parlementaires à ce sujet et exprime ici sa grande préoccupation.
Juifs et musulmans se convertissent au christianisme à un rythme historique
Si l’on en croit cet article :
Une nouvelle enquête de Lifeway Research menée aux États-Unis a révélé que 871 000 personnes d’origine juive reconnaissent désormais Jésus comme le Messie.
Rosenberg, du Joshua Fund, une organisation sioniste chrétienne, explique :
« Nous vivons à une époque où les gens ouvrent les yeux (en référence à la conversion de l’apôtre Paul sur le chemin de Damas, Actes 9:18). Plus nous avançons dans les temps de la fin, plus nous devrions nous attendre à ce que davantage de Juifs se convertissent à la foi en Jésus. »
Il fait référence aux promesses bibliques, comme dans Ézéchiel 36:24-26, concernant le rassemblement des Juifs à la fin des temps, d’abord sur leur terre, puis auprès de leur Sauveur lorsqu’il leur donnera un cœur nouveau. Ils peuvent être haïs du monde, mais ils sont aimés de Jésus, leur Messie.
Les musulmans aussi se tournent en grand nombre vers le Christ, avec plus de quatre millions de personnes rien qu’en Iran, selon Hormoz Shariat, surnommé le Billy Graham iranien, qui diffuse l’Évangile dans son pays par satellite « juste au-dessus de la tête des mollahs », comme le dit Rosenberg. Il ajoute :
« Malgré la plus grande persécution des chrétiens de toute l’histoire de l’humanité, nous assistons à une moisson d’âmes sans précédent dans le monde musulman. Alors que la sauvagerie se déchaîne au Moyen-Orient, l’Esprit du Dieu vivant agit avec puissance et gloire. Satan est à l’offensive, certes, mais le Christ l’est aussi. »
Joseph Steinberg, directeur général de la Mission internationale auprès du peuple juif, rapporte qu’environ deux fois plus de Juifs en Israël se sont convertis au christianisme l’an dernier par rapport à l’année précédente.
Elle aimerait que les prêtres parlent davantage de la fin de vie, notamment dans leurs homélies
La Croix du vendredi 22 mai dressait le portrait de 10 jeunes catholiques engagés, parmi lesquels Marie-Lys Pellissier, porte-parole de la Marche pour la vie :
La proposition de loi sur l’aide à mourir entre dans sa dernière ligne droite parlementaire. À mesure que l’échéance approche, et consciente des enjeux que cela implique pour le respect de la vie, Marie-Lys Pellissier, 24 ans, porte-parole du collectif Marche pour la vie, consacre quasiment tout son temps à ce combat. Professeure de philosophie l’an dernier dans le sud de la France, elle s’est installée en région parisienne pour suivre de près les débats et multiplier mobilisations, interventions médiatiques et conférences. Pourquoi un engagement aussi exposé ? Chez elle, la conviction remonte à l’enfance. Élevée dans une famille catholique pratiquante, elle grandit avec l’idée que la vie est sacrée, «de sa conception à sa fin naturelle ». Mais c’est au lycée que son engagement prend une dimension personnelle, au fil de discussions sur l’avortement avec des filles de sa classe. « Je voyais que le sujet était très sensible, qu’il blessait », raconte la jeune femme, attachée à écouter plutôt qu’à juger. Marie-Lys Pellissier constate alors que certaines femmes n’osent pas exprimer leur souffrance après un avortement tant l’acte lui semble « banalisé ». Comme un déclic, elle se mobilise à la Marche pour la vie en 2020, puis, en 2024, sort de l’ombre en devenant porte-parole. Depuis un an, elle est aussi diplômée d’un master de philosophie éthique et politique à la Sorbonne. Dans son engagement parfois difficile, celle qui est devenue l’un des visages du mouvement pro-vie trouve des raisons d’espérer. « Les députés qui ont changé d’avis entre les deux lectures, les prises de parole de soignants et de malades, la position ferme des évêques sur le sujet… », égrène-t-elle. Ce qu’elle aimerait ? Que les prêtres parlent davantage de la fin de vie, notamment dans leurs homélies.
“Les écoles libres jouent un peu le rôle d’aiguillon car elles sont le symptôme de l’échec des réformes”
À l’approche des élections présidentielles, la Fondation pour l’école a rendu public un sondage Ifop sur les attentes des Français en matière d’organisation scolaire, de liberté de choix et d’accompagnement des familles. Son directeur, Michel Valadier, a été interrogé dans L’Homme Nouveau. Extrait :
Quelles perspectives d’amélioration peut-on espérer pour le hors-contrat, qui demeure minoritaire et quasiment absent des programmes présidentiels, tous mouvements politiques confondus ?
En effet, le hors-contrat ne représente que 4,4 % des écoles en France, mais il faut observer leur dynamique car elles étaient inexistantes il y a trente ans. L’an dernier, il y a eu 5 000 fermetures de classes dans le public, 530 dans le privé sous contrat et 400 ouvertures de classes dans le privé hors contrat. Cela pourrait inspirer ceux qui veulent réformer l’école. Les écoles libres jouent un peu le rôle d’aiguillon car elles sont le symptôme de l’échec des réformes engagées par les « pédagogistes » depuis plus de cinquante ans. La Fondation pour l’école interrogera les candidats à l’élection présidentielle afin de leur demander comment ils comptent prendre en compte cette réalité. De plus, il se trouve que beaucoup de ces écoles hors contrat ne refuseraient pas de passer leurs classes sous un type de contrat prévu par la loi Debré de 1959 : le contrat simple. Celui-ci a malheureusement été délaissé par la plupart des écoles catholiques qui lui préfèrent le contrat d’association, alors que ce dernier est beaucoup plus contraignant, dans l’application des programmes notamment. Nous comptons donc demander la facilité d’accès au contrat simple pour les écoles primaires mais aussi secondaires qui le demandent car elles essuient aujourd’hui un refus quasi systématique pour des raisons budgétaires.
Sacres : une gestion calamiteuse depuis Rome
D’un lecteur :
Le titre de la lettre 1372 de Paix liturgique intitulée LA CALAMITEUSE GESTION DE L’AFFAIRE DE LA FSSPX a attiré l’attention de l’humble catholique du rang que je suis.
Calamiteuse gestion ? Certainement pas de la part de la FSSPX qui me semble au contraire avoir agi finement en demandant à Rome l’autorisation de procéder au sacre de quatre évêques en son sein.
Par cette demande elle se positionne comme une société catholique qui reconnait totalement l’autorité du Pape mais –plus subtilement- elle place Rome devant un dilemme :
- soit accepter (comme elle le fait avec la Chine et comme le lui ont demandé plusieurs cardinaux et évêques) et se voir reprocher de céder aux demandes d’une société en « communion imparfaite avec Rome » ;
- soit refuser en se comportant comme une mère qui donne des pierres à ses enfants qui lui demandent du pain.
En choisissant une de ces solutions (ce qu’elle a fait pour l’instant en choisissant la seconde) Rome pouvait en effet se voir reprocher sa « calamiteuse gestion ».
Est-ce à dire qu’elle n’a pas d’autre choix ?
Ne pourrait-elle pas au contraire choisir une solution qui lui permettrait de répondre au besoin de la FSSPX tout en imposant son autorité et en mettant ladite fraternité à son tour au pied du mur ?
Comment ? En choisissant elle-même discrètement quatre prêtres de la FSSPX, en s’assurant de leur accord et en annonçant officiellement leurs noms, le lieu et la date de leur sacre (dans la première quinzaine de juillet) ainsi que les noms des cardinaux et évêques consécrateurs (parmi lesquels devraient bien sur figurer les deux actuels évêques de la FSSPX…s’ils le désiraient, la balle serait alors dans leur camp).
Ces sacres auraient lieu quelle que soit la décision d’Ecône qui se trouverait à son tour forcée de choisir entre :
- l’acceptation des quatre évêques choisis par Rome. Prouvant ainsi son attachement à l’Eglise et que sa demande de sacrer des évêques était bien uniquement motivée par le souci des âmes de ses fidèles ;
- le refus des évêques choisis en son sein par Rome. Auquel cas elle démontrerait qu’elle refuse l’autorité de l’Eglise et que les motifs avancés n’étaient que des prétextes pour sacrer des évêques sans l’accord du Vatican. En outre ce refus entrainerait une crise au sein de cette institution entre :
-
- ceux qui veulent vraiment rester attachés à l’Eglise (au nombre desquels figureraient bien sûr les quatre évêques ordonnés, éventuellement le ou les évêques actuels de la FSSPX et également les fidèles qui suivraient ces évêques en communion avec Rome) ;
- et ceux qui ne rêvent que d’une « structure indépendante » (pour ne pas dire schismatique).
-
Il reste moins d’un mois pour que Rome sorte par le haut de cette affaire qu’elle a jusqu’à présent traitée de manière effectivement assez calamiteuse.
L’Esprit Saint soufflera-t-il assez fort pour lui inspirer une décision de bon sens…et de bonne gestion ?
Jean-Daniel TRIBORD
Peut-on être condamné pénalement pour avoir énoncé des faits exacts ? En Belgique oui
Le tribunal correctionnel de Louvain a condamné le militant nationaliste flamand Dries Van Langenhove à une amende de 4 000 euros pour une conférence prononcée début 2024 à la prestigieuse université catholique de Louvain (KU Leuven). Reconnu coupable d’incitation à la haine fondée sur la nationalité ou l’origine ethnique et de diffusion d’idées fondées sur la haine raciale, le fondateur du mouvement Schild & Vrienden voit s’allonger une liste déjà conséquente de poursuites judiciaires. Mais au-delà du cas particulier, cette condamnation soulève une question vertigineuse pour l’ensemble des démocraties européennes : peut-on désormais être condamné pénalement pour avoir énoncé des faits exacts ?
Car c’est bien là que réside le caractère proprement inquiétant de cette affaire. Le juge lui-même, dans son verdict, ne conteste pas l’exactitude des propos tenus. Il les condamne malgré leur véracité.
Une conférence transformée en procès des idées
Les faits remontent au début de l’année 2024. Invité par l’Association nationaliste des étudiants (NSV) à l’Institut pédagogique de la KU Leuven, Van Langenhove devait initialement intervenir sur le thème de l’agriculture régénérative. La conférence a rapidement dévié vers un exposé plus large de sa vision politique, au cours duquel il a établi un lien entre l’immigration de masse, la criminalité et la dégradation de la qualité de vie en Flandre.
L’université a porté plainte, et le parquet a estimé que le sujet annoncé n’était qu’un prétexte pour tenir un discours politique dans ses locaux. Le ministère public a considéré que le militant avait brossé un portrait systématiquement négatif de certains groupes de population, contribuant selon lui à la propagation d’idées racistes. Il a notamment indiqué qu’il est « logique que moins d’Africains noirs décrochent un diplôme d’ingénieur, mais qu’ils soient de meilleurs coureurs de fond car il existe des différences entre les groupes ethniques« .
Van Langenhove, lui, conteste fermement toute infraction. Sa ligne de défense est limpide : « Si je devais être condamné, ce serait pour avoir exprimé des faits vérifiables. » À l’issue de l’audience, il s’est dit déçu, estimant que le ministère public était incapable de démontrer le moindre élément constitutif d’une infraction réelle.
Le verdict le plus glaçant : la vérité ne constitue pas une défense
C’est dans la motivation même du jugement que se niche l’élément le plus alarmant de cette affaire. Le magistrat écrit noir sur blanc une phrase qui mérite d’être méditée par tout citoyen attaché à la liberté d’expression : même si l’ensemble des déclarations de Van Langenhove reposent sur des preuves scientifiques et des statistiques, cela ne change rien à l’intention délictuelle. Le juge précise que le prévenu n’est pas poursuivi pour avoir diffusé de fausses informations, mais pour avoir présenté des faits d’une manière susceptible d’inciter à la haine envers des personnes en raison de critères protégés par la loi anti-racisme.
En d’autres termes, la véracité des propos est explicitement déclarée sans pertinence juridique. On ne reproche pas au militant d’avoir menti. On lui reproche d’avoir dit vrai d’une manière jugée dérangeante.
Plus troublant encore, le jugement précise qu’il n’est nullement nécessaire que le prévenu ait incité à des actes concrets de haine ou de violence pour qu’une infraction soit caractérisée. Il suffit, selon le tribunal, que d’autres personnes puissent être amenées à adopter une « attitude générale d’intolérance ou de désapprobation » à l’égard d’un groupe protégé. Aucun acte, aucune violence, aucune incitation concrète : la simple possibilité qu’un auditeur puisse en venir à penser du mal d’un groupe protégé suffit à fonder une condamnation pénale. […]
La vie chrétienne victorieuse – L’Amour pour le Seigneur
L’Amour éternel du Père pour le Fils
« Tu es mon Fils bien-aimé » (Luc 3:22).
Avant que le monde existe, avant même que le temps commence son cours, l’amour était déjà pleinement manifesté au sein de la Trinité divine. Le Père trouvait ses délices éternelles dans son Fils bien-aimé. Rien ne troublait cette communion parfaite, immuable et infinie. Le Seigneur Jésus pouvait dire au Père : « Tu m’as aimé avant la fondation du monde » (Jean 17:24). Ces paroles nous introduisent dans un mystère sublime : avant toute création, avant l’existence des anges et des hommes, le Fils était l’objet éternel de l’amour du Père.
Cet amour n’a jamais connu ni commencement ni variation. Le Père aime le Fils d’un amour parfait, infini, saint et éternel. Le Fils répond à cet amour dans une communion absolue avec le Père. Toute l’Écriture nous présente cette relation merveilleuse. Lorsque le Seigneur Jésus marchait ici-bas, le ciel s’ouvrit à plusieurs reprises pour rendre témoignage à cette affection divine : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Matthieu 3:17). Le Père trouvait toute sa satisfaction en Jésus : dans ses paroles, ses œuvres, son obéissance parfaite et sa sainteté sans défaut.
Durant toute sa vie terrestre, le Seigneur a manifesté cette dépendance parfaite envers son Père. Il ne cherchait jamais sa propre volonté, mais celle de Celui qui l’avait envoyé. Dans un monde marqué par le péché, la désobéissance et l’indépendance de l’homme, Jésus a glorifié son Père à chaque instant. Son chemin fut celui d’une obéissance constante, humble et parfaite. Même dans les circonstances les plus douloureuses, son amour pour le Père demeurait intact. Au jardin de Gethsémani, alors que l’angoisse de la croix pesait sur son âme sainte, il pouvait encore dire : « Non pas ma volonté, mais la tienne. »
La croix n’a nullement diminué l’amour du Père pour son Fils. Au contraire, elle en révèle toute la profondeur. Le Père a livré son Fils bien-aimé afin que des pécheurs perdus puissent être sauvés. Quel mystère insondable ! Celui qui était éternellement aimé du Père a accepté de souffrir pour nous, de porter le jugement du péché et de mourir à notre place. Là où le péché de l’homme s’est manifesté dans toute son horreur, l’amour de Dieu a resplendi dans toute sa grandeur.
Le Père aime le Fils et lui a remis toutes choses entre ses mains (Jean 3:35). Après les souffrances de la croix, Dieu l’a souverainement élevé et glorifié. Désormais, le Seigneur Jésus est assis à la droite de Dieu, couronné de gloire et d’honneur. Les croyants sont introduits par grâce dans cette sphère d’amour éternel. Nous sommes « agréés dans le Bien-aimé ». Quelle grâce merveilleuse ! Celui qui croit en Christ est accepté devant Dieu dans toute la valeur de la personne du Fils.
Ainsi, le chrétien n’est pas seulement pardonné ; il est aimé. Il est introduit dans une relation de proximité avec Dieu par le moyen du Seigneur Jésus. Le même amour dont le Père aime le Fils repose désormais sur ceux qui appartiennent à Christ. Cette vérité remplit le cœur de paix, d’assurance et d’adoration. Contempler l’amour éternel du Père pour son Fils conduit l’âme à se prosterner dans l’adoration.
L’amour des anges pour le Fils de Dieu
Les saints anges manifestent depuis leur création un profond attachement au Fils de Dieu. Créés par Lui et pour Lui, ils contemplent sa gloire céleste et exécutent avec joie ses commandements. L’Écriture déclare : « Que tous les anges de Dieu lui rendent hommage » (Hébreux 1:6). Leur amour est un amour d’adoration, de service et d’obéissance envers Celui qui est le centre des conseils éternels de Dieu.
Déjà avant l’incarnation, les anges étaient témoins des desseins divins concernant Christ. Mais lorsque le Fils de Dieu vint dans ce monde sous la forme d’un petit enfant, leur joie éclata publiquement. Une multitude de l’armée céleste apparut aux bergers pour annoncer la naissance du Sauveur : « Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, et sur la terre paix » (Luc 2:14). Les anges reconnaissaient dans l’enfant couché dans une mangeoire le Seigneur de gloire venu accomplir l’œuvre de la rédemption.
Durant le ministère terrestre du Seigneur Jésus, les anges entourèrent constamment sa personne d’une sollicitude respectueuse. Après la tentation au désert, alors que Jésus avait remporté la victoire sur Satan, « les anges vinrent et le servirent » (Matthieu 4:11). Plus tard, dans le jardin de Gethsémani, lorsqu’il fut accablé d’angoisse devant la coupe des souffrances, « un ange lui apparut du ciel, le fortifiant » (Luc 22:43).
Quel spectacle pour les armées célestes ! Celui qu’ils adoraient depuis toujours était rejeté par les hommes. Leur Créateur était méprisé, insulté et crucifié. Pourtant, dans une parfaite soumission aux desseins de Dieu, ils n’intervinrent pas. Le Seigneur lui-même déclara qu’il pouvait demander à son Père plus de douze légions d’anges, mais le chemin de la croix devait s’accomplir.
Aujourd’hui encore, les anges trouvent leur joie dans l’exaltation du Christ glorifié. Ils adorent l’Agneau au ciel et contemplent avec admiration les merveilles de la grâce divine révélée dans l’Église. Leur regard demeure fixé sur Celui qui est digne de toute adoration.
L’amour des prophètes pour le Messie promis
Les prophètes de l’Ancien Testament ont profondément aimé le Dieu qu’ils servaient, mais aussi Celui que Dieu promettait d’envoyer : le Messie, Jésus-Christ. Bien qu’ils ne l’aient pas vu de leurs yeux, leurs cœurs étaient tournés vers sa personne et vers les gloires à venir. Ils annonçaient ses souffrances, sa royauté, sa grâce et son salut avec une foi vivante inspirée par l’Esprit de Dieu.
Le prophète Isaïe pouvait annoncer : « Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; et la domination reposera sur son épaule ; on l’appellera Merveilleux, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de paix » (Isaïe 9:5). Ces paroles témoignent déjà de l’admiration et de l’attente des prophètes pour la personne du Christ.
Ils contemplaient de loin les souffrances du Christ et les gloires qui suivraient. Ils vivaient dans l’espérance des promesses de Dieu. Leur exemple demeure précieux pour nous aujourd’hui. Nous aussi, nous sommes appelés à aimer la personne du Seigneur Jésus, même lorsque certaines vérités dépassent notre compréhension. La foi se nourrit des Écritures et apprend à demeurer humble devant les mystères divins.
L’adoration des mages et l’affection des saintes femmes
Les mages venus d’Orient représentent aussi ces cœurs attirés vers le Seigneur Jésus. Savants observant les astres, ils discernèrent dans l’apparition d’une étoile le signe de la naissance du Roi des Juifs. Ils entreprirent un long voyage afin de venir l’adorer. Lorsqu’ils trouvèrent le petit enfant : ” ils se prosternèrent et l’adorèrent » (Matthieu 2:11). Leur voyage, leur persévérance et leurs présents manifestaient l’honneur qu’ils rendaient au Christ.
Marie, la mère du Seigneur, exprime également une profonde adoration lorsqu’elle déclare : « Mon âme exalte le Seigneur, et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur » (Luc 1:46-47). Son cœur humble et soumis trouvait sa joie en Dieu.
Durant le ministère du Seigneur Jésus, plusieurs femmes manifestèrent un attachement fidèle à sa personne. Elles le suivaient, le servaient de leurs biens et écoutaient sa parole avec affection. Marie de Magdala, Jeanne, Suzanne et beaucoup d’autres demeuraient proches du Seigneur.
Au pied de la croix, alors que beaucoup avaient fui, ces femmes restèrent présentes dans le silence des larmes. Leur amour les retenait près du Sauveur souffrant. Puis, au matin de la résurrection, elles se rendirent au tombeau avec des aromates, poussées par une affection plus forte que la mort. Elles furent les premières témoins du Ressuscité, honorées d’annoncer la victoire du Seigneur sur la mort.
Pierre et l’amour restauré
Pierre aimait profondément le Seigneur Jésus. Son amour était ardent, sincère, mais souvent marqué par l’impulsivité de son caractère. Dès l’appel du Maître, il abandonna ses filets pour le suivre. Son cœur brûlait d’un attachement exclusif au Seigneur, au point de promettre fidélité jusqu’à la mort.
Pourtant, durant la nuit du reniement, Pierre tomba dans une profonde faiblesse. Devant une simple servante, il nia connaître son Maître. Mais lorsque le regard du Seigneur se posa sur lui, Pierre sortit et pleura amèrement. Son amour n’était pas éteint, mais brisé par la conscience de sa propre faiblesse.
Après sa résurrection, Jésus restaura avec grâce son disciple défaillant. À trois reprises, il lui demanda : « M’aimes-tu ? ». Humilié mais sincère, Pierre répondit : « Seigneur, tu sais toutes choses, tu connais que je t’aime ». Dès lors, son amour purifié devint plus humble et plus dépendant de la grâce divine. Il consacra sa vie au service du Seigneur jusqu’au martyre.
L’amour des premiers chrétiens pour Jésus-Christ
L’amour des premiers chrétiens pour le Seigneur Jésus se manifestait chaque jour. Animés par la foi en Celui qui était ressuscité, ils vivaient dans une communion fervente centrée sur sa personne. Rien ne pouvait éteindre leur attachement : ni les persécutions, ni les privations, ni les menaces de mort.
Leur amour pour Christ se traduisait par une vie fraternelle simple, sincère et généreuse. Leur regard était tourné vers le retour du Christ. Cette espérance vivante nourrissait leur fidélité et leur séparation du monde. Leur foi n’était pas centrée sur des institutions humaines, mais sur une personne vivante : le Seigneur glorifié.
Lorsque le Seigneur s’adresse à l’église de Thyatire, il peut encore dire : « Je connais tes œuvres, ton amour, ta foi, ton service et ta constance » (Apocalypse 2:19). Malgré les graves manquements de cette assemblée, le Seigneur reconnaît ce qui demeure pour Lui précieux : un amour sincère envers sa personne. Quelle grâce de voir que le Seigneur apprécie l’attachement de ses rachetés, même au milieu de beaucoup de faiblesse.
Notre amour pour le Seigneur aujourd’hui
Notre amour pour le Seigneur Jésus connaît souvent des variations. Comme l’assemblée d’Éphèse, nous pouvons abandonner notre « premier amour ». Les préoccupations de la vie, les occupations religieuses ou les attraits du monde risquent facilement d’affaiblir notre affection pour Christ.
Pourtant, le Seigneur demeure digne d’un amour entier et exclusif. Le Seigneur lui-même a déclaré : « Celui qui m’aime sera aimé de mon Père, et je l’aimerai » (Jean 14:21). Plus nous contemplons l’amour éternel du Père pour le Fils, plus nos propres cœurs sont attirés vers Lui. La communion avec Christ nourrit l’adoration, fortifie la foi et produit une vie consacrée.
Puissions-nous donc garder les regards fixés sur Jésus, l’objet éternel de l’amour du Père ; celui qui a donné sa vie pour nous sauver et qui revient bientôt chercher les siens. Alors nos cœurs répondront avec reconnaissance, adoration et fidélité à celui qui nous a aimés le premier.
« C’est avec raison que l’on t’aime » (Le Cantique des Cantiques 1:4).
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Sociologie d’une Église minoritaire
Lu sur Claves :
L’afflux récent des catéchumènes conduit l’Église de France à se poser l’enjeu de leur préparation et de leur persévérance : peut-on se satisfaire de recettes anciennes, continuer à amener les nouvelles générations vers les sacrements en conservant les vieilles habitudes, alors que tout le contexte semble avoir changé ? Cette réflexion ne peut faire l’économie d’un retour aux enjeux théologiques.
Constitué à partir des actes du forum « Garder la Parole de la Persévérance » tenu en 2025 en région parisienne, l’ouvrage collectif Renaître et vivre s’ouvre sur un constat que l’on serait tenté de qualifier de brutal, mais appuyé sur des données précises, indispensable état de lieux avant d’envisager les enjeux et les moyens d’un accompagnement adapté des catéchumènes et néophytes (sujet du Concile provincial qu’ouvriront les évêques d’Île de France dimanche prochain).
Une sécularisation à plusieurs visages
La France catholique est engagée dans un processus de “minorisation“, dont aucun signe ne laisse entrevoir l’inversion prochaine. Ainsi entre 2000 et 2023, le nombre de baptêmes annuels est passé de 400 000 à 200 000, les générations montantes apparaissant de plus en plus étrangères au catholicisme (les catholiques déclarés sont encore 48% parmi les plus de 60 ans, mais seulement 15% parmi les 18-29 ans[1]), jusque dans sa dimension culturelle.
Le sociologue Yann Raison du Cleuziou, dont la contribution ouvre la première partie de l’ouvrage, invite à distinguer trois dimensions dans ce processus de sécularisation (p. 27) : le déclin (quantitatif et qualitatif) de l’affiliation religieuse ; la « sectorisation de la foi » — la religion reléguée dans un espace privatisé, déconnectée de la vie publique, réduite à une option parmi d’autres ; et le déclassement des autorités religieuses, dont la parole ne bénéficie plus d’aucune présomption de légitimité dans le débat public. Cette combinaison représente l’aboutissement d’un long processus dans l’histoire du christianisme occidental.
Pour autant, Yann Raison du Cleuziou refuse de chercher les causes de cette sécularisation uniquement à l’extérieur de l’Église (p. 28). L’historien Marc Venard (1929-2014) avait déjà montré que des vagues de déchristianisation avaient historiquement suivi les réformes venues de Rome. François-André Isambert (1924-2017) avait décrit en 1976 une « sécularisation interne » ou « exchristianisation » du catholicisme : autonomisation par rapport au magistère, désacralisation des formes, déritualisation appuyée sur une confiance naïve dans les ressources de la modernité. Au plan strictement sociologique et statistique, le verdict est sans appel : aucun rebond ne s’est produit de ce côté, cette stratégie de l’accommodation avec l’évolution du monde moderne semble avoir accéléré le délitement qu’elle prétendait enrayer.
Trois groupes, trois logiques
L’analyse statistique permet encore de distinguer trois grands groupes parmi les Français qui s’éloignent de l’Église ou ne l’ont jamais rejointe. Le premier et le plus nombreux (59 % d’après une enquête IFOP pour la revue Mission en 2022, qui sert de base à cette clasification) est celui que Raison du Cleuziou appelle les « démobilisés déférents ». Ces personnes ne nourrissent aucun conflit de valeurs ouvert avec l’Église, ne revendiquent rien, ne contestent rien, mais se sont détachées progressivement de la communauté et de la pratique, comme par gravité, sans l’avoir véritablement décidé : le conformisme social a joué son rôle, mais aussi la rétractation de la présence paroissiale et de la visibilité de l’Église dans les lieux, les services…
Le deuxième groupe est celui des « contestataires en recherche », qui ont rompu avec l’Église pour des raisons de valeurs — positions morales, gestion des abus, inadéquation entre la parole institutionnelle et leurs choix de vie… — mais n’ont pas renoncé à une quête spirituelle et cherchent une alternative caritative ou sociale, voire dans d’autres religiosités.
Le troisième groupe, enfin, est celui des indifférents au sens fort : sans éducation religieuse, ni socialisation dans ce milieu, ni même désir de rupture puisqu’il n’y a rien à rompre. Ils sont de plus en plus nombreux aujourd’hui
La figure du « dernier représentant » (selon l’expression de l’abbé Guillaume de Menthière) est intéressante à cet égard. Les catéchumènes d’aujourd’hui appartiennent en effet massivement à la troisième génération après le décrochage. Or Guillaume Cuchet a montré de manière décisive que la « foi sans pratique » ne se transmet pas (deux ou trois générations suffisent à l’éteindre entièrement). Ce qui subsiste, parfois, c’est la figure d’un grand-père ou d’une grand-mère ayant prié toute leur vie : un souvenir, une empreinte affective, une lumière distante que certains cherchent à rallumer en poussant la porte d’une église ou (déjà) en se renseignant sur les réseaux sociaux.
Le constat ainsi posé semble peu réjouissant, mais empreint de réalisme, et c’est à partir de ce fond quasi vide que l’Église doit aujourd’hui travailler.
La différenciation générationnelle au sein du catholicisme
Un autre apport stimulant de cette étude sociologique est l’attention portée à la différenciation générationnelle. Yann Raison du Cleuziou observe que la sécularisation accélérée des années 1960 est devenue une « matrice de différenciation générationnelle » (p. 33). En effet, les contextes vécus par les catholiques de plus de 60 ans et ceux de 18-29 ans sont radicalement distincts : les premiers ont grandi dans une société encore majoritairement marquée par la référence chrétienne, même affaiblie ; tandis que les seconds grandissent dans un espace où les catholiques sont minoritaires et talonnés par les musulmans.
Ce changement de contexte engendre des comportements très différents. La pastorale héritée de la génération descendante est encore ancrée dans une expérience majoritaire : elle cherche à maintenir un consensus avec les valeurs sociales dominantes, à ne pas heurter, à rester audible pour tous (l’ouvrage parle de pastorale “de la mèche qui fume”, que l’on cherche à tout prix à ne pas éteindre). Les catholiques plus jeunes, ont quant à eu intériorisé leur condition minoritaire : ils cherchent l’intensité de l’expérience, réclament une formation doctrinale sérieuse et acceptent volontiers une posture contre-culturelle. La recherche catholique des jeunes générations est d’ailleurs intéressante à observer : elle est imprégnée, parfois de manière inconsciente, par la référence à l’islam (p. 35) — pratiques de jeûne, discipline corporelle, appartenance communautaire affichée — comme si la reconfessionnalisation dans un contexte minoritaire appelait des formes d’expression plus intensément identitaires. En réponse à l’analyse d’Isambert dans les années 1970, Yann Raison du Cleuziou ose ici parler de « désécularisation » (p. 39).
Le « U » catholique et ses implications
Yann Raison du Cleuziou rejoint Guillaume Cuchet[2] pour remarquer que la sociologie du catholicisme français dessine depuis plusieurs décennies une courbe en « U » : une classe modeste d’origine immigrée où se maintient une pratique fervente, une base populaire qui s’est effondrée au cours du XXe siècle et un second sommet relativement préservé dans les classes supérieures. Or les catéchumènes d’aujourd’hui proviennent massivement de cette base effondrée : de milieux populaires ou intermédiaires, sans formation religieuse préalable, sans codes culturels ecclésiastiques et souvent en situation de précarité existentielle (conjugale, professionnelle, affective).
L’analyse de l’abbé Thibaud Guespereau (diocèse de Nanterre), en conclusion de l’ouvrage, convoque sur ce point la figure du père Georges Michonneau (1899-1983, Fils de la Charité, longtemps curé dans les banlieues ouvrières de Paris), qui notait déjà dans les années 1940 un problème que l’on pourrait croire récent : la culture des prêtres est une culture bourgeoise, et cette dissymétrie culturelle rend difficile la rencontre avec le milieu populaire. Ainsi le bourgeois passe par le concept, le savoir, la distinction, tandis la personne modeste a besoin d’un modèle concret auquel se conformer, d’une religion en actes plutôt qu’en idées. Il note encore que le fait de la conversion singularise aujourd’hui une personne : or la singularisation est vécue très différemment selon les milieux sociaux. Pour une personne d’un milieu modeste où le conformisme est souvent la règle, devenir catholique pratiquant peut apparaître comme une revendication personnelle difficile à porter. Ce décalage et cette réalité ne doivent pas être sous-estimés pour une nouvelle approche de l’accompagnement des néophytes.
Les lueurs d’espoir et leurs limites
Le tableau n’est pas uniformément sombre cependant : les auteurs signalent plusieurs lueurs d’espoir. Ils relèvent la montée d’un fond de défiance à l’égard d’un laïcisme perçu comme idéologie dominante (p. 19), ou encore une curiosité diffuse pour le catholicisme dans certaines franges de la jeunesse, marquée par la hausse réelle des baptêmes d’adultes (autour de 20000 en 2026). L’enquête de La Croix à l’occasion des Journées Mondiales de la Jeunesse de 2023 (p. 42) atteste d’une recomposition interne du catholicisme français, avec une jeunesse catholique plus fervente, plus attachée à la sacramentalité, plus doctrinalement exigeante. L’étude sur le recrutement sacerdotal de décembre 2024 (p. 44) confirme cette tendance : les séminaristes d’aujourd’hui se situent davantage dans une logique de conversion et d’appel que dans une tranquille continuité sociologique.
Mais ces éléments d’analyse sociologique appellent à la prudence et à la réflexion sur plusieurs plans. S’il est difficile à évaluer (en l’absence d’étude statistique, les chiffres évoqués varient drastiquement selon les paroisses), le taux de persévérance des néophytes reste problématique (on parle de 10%, voir p. 20). En outre, l’âge des baptisés adultes (majoritairement jeunes) pose la question de leur insertion dans un tissu communautaire souvent vieillissant. Surtout, comme en avertit Yann Raison du Cleuziou, la recomposition minoritaire en cours dans le catholicisme français risque de poursuivre la sécularisation par d’autres moyens : en concentrant toujours davantage l’Église sur ses pratiquants convaincus, en élevant la frontière avec la société, elle pourrait contribuer à former un groupe très zélé mais élitiste, puriste, finalement décourageant pour ceux qui frappent timidement à la porte. [lire la suite]
Reportage de KTO sur le pèlerinage de Chartres
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L’alliance des réfractaires face à la doxa : quand la lucidité devient un acte de résistance
L’alliance des réfractaires face à la doxa
Il est des époques où l’oligarchie au pouvoir efface méthodiquement le passé d’un peuple pour lui confisquer son avenir. La France vit cette heure. De notre passé et du legs que nous ont laissé les générations qui ont fait la France, l’oligarchie au pouvoir fait chaque jour un peu plus table rase. Ce constat, on vous signifie que vous n’avez pas le droit de le poser. Les « experts » dépêchés sur les grands médias sont là pour vous signifier que ce que vous voyez de vos propres yeux ne correspond à aucune réalité.
C’est de ce présent sans passé ni avenir qu’il nous faut d’urgence faire table rase. C’est l’intuition qui traverse plus ou moins confusément la France d’en bas. C’est le cri poussé par quatre voix qui s’unissent pour décrire la réalité que tous perçoivent et provoquer le peuple de France au sursaut : André Bercoff, Daniel Cosculluela, Alain de Peretti della Rocca et Philippe Bornet, sous la bannière des « Coriaces ». Refusant les compromissions et le prêt-à-penser, ils unissent leurs plumes pour disséquer les mécanismes d’une société qui, sous couvert d’émancipation, s’enfonce dans une tyrannie douce et technocratique.
https://www.chire.fr/librairie/les-coriaces-du-present-faisons-table-rase-allons-enfants-de-la-matrix-p-513698
Le procès des illusions contemporaines
Le sous-titre de l’ouvrage, Allons enfants de la Matrix, annonce la couleur : nous vivons sous l’empire de narratifs artificiels fabriqués par ceux que les auteurs appellent les « Voraces » — ces mondialistes, globalistes, totalitaires qui rêvent d’« huit milliards de consommateurs rangés, assignés à résidence jusque dans leurs fors intérieurs, éternellement managés par le bâton de la peur et la carotte de la satisfaction strictement individuelle ». André Bercoff ouvre le feu en nommant la guerre que l’on nous fait : une offensive méthodique, de longue durée, qui « oppose les tenants d’un monde unifié, formaté, transhumanisé, défrontiérisé » à ceux qui refusent de disparaître sans combattre. Journaliste aguerri, il dresse un état des lieux clinique de la manipulation médiatique, de la dette abyssale et de l’infantilisation généralisée des peuples, avant de conclure par un appel au sursaut : « il importe plus que jamais d’être militant de la vie contre la survie, de la liberté stellaire contre la servitude volontaire ».
Daniel Cosculluela, psychiatre et anthropologue, sonde ensuite les soubassements de ce désastre. Son analyse est impitoyable : la fabrication du « nouvel homme », déraciné, standardisé, hypnotisé par ses écrans, « ne saura pas nécessairement ce qu’il porte en lui d’authentique et ce qui relève du conditionnement ». Ce sujet sans mémoire n’est pas le fruit d’une évolution naturelle. C’est un projet. Et la séquence Covid en a été « un laboratoire grandeur nature : management par la peur, fabrique du consentement, servitude volontaire confortable ».
Alain de Peretti della Rocca rappelle ce que nous perdons de chair et de sang à chaque génération qui passe sans transmettre. La langue d’abord, dont « la disparition progressive des temps grammaticaux donne lieu à une pensée au présent, limitée à l’instant, incapable de projection dans le temps ». L’histoire ensuite, sans laquelle un peuple privé de son passé devient une matière première docile. La famille enfin, seul creuset d’une transmission authentique. Sa conclusion est sans appel : « nous n’avons pas le droit moral d’être la génération qui aura laissé s’éteindre une civilisation bimillénaire par confort, par lâcheté ou par oubli. »
La sentence doctrinale
C’est Philippe Bornet qui referme le livre sur sa vérité la plus profonde, celle que Chiré n’a jamais cessé de professer. La République française n’est plus qu’un décor en carton-pâte que ses propres tricheries ont rongé de l’intérieur. Car la Révolution, en décapitant le roi, n’a transmis qu’une souveraineté sans enracinement, sans transcendance, sans verticalité : vouée à s’écrouler. Les folies de notre temps ne sont pas des accidents de parcours : elles sont les conséquences logiques et inexorables de la Révolution de 1789 et de la religion républicaine qu’elle a enfantée, et qui porte en elle-même sa propre ruine. « La République n’est plus réformable : elle est déjà morte. »
Le devoir du moment
La conclusion de l’ouvrage mérite d’être lue comme un ordre de marche : « Nous ne savons pas combien de temps durera l’agonie de la société présente. Nous savons en revanche que ce temps ne sera pas perdu si nous l’utilisons pour préparer autre chose. »
Préparer autre chose exige de rassembler les intelligences et les volontés. Une évidence que rappelait un authentique contre-révolutionnaire, l’abbé Charles Maignen, en 1901 dans Nationalisme, catholicisme, Révolution :
« Il y a toute une pléiade d’esprits en travail, très divers d’origines, d’éducation, de croyances, mais que l’amour de la France unit […]. Suivre ces travaux, profiter de ces études, encourager ces efforts, n’est-ce pas le devoir du moment ? »
Du présent faisons table rase est disponible aux Éditions de Chiré.
168 pages
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L’hôpital n’est pas un garage : plaidoyer pour le malade réel
Par Sergyl Lafont
Ancien interne des Hôpitaux de Lyon
Il suffit parfois d’entrer dans un hôpital contemporain pour éprouver une impression singulière : tout y est propre, fluide, efficace — et pourtant presque rien n’y semble habité. Les circulations sont optimisées, les protocoles maîtrisés, les surfaces impeccables. Tout fonctionne. Et cependant, quelque chose manque.
Ce manque n’est pas accessoire.
Peut-être vous souvenez-vous de ce plafond. Celui que l’on fixe, allongé sur un brancard, dans l’attente d’un résultat, d’un médecin, d’une décision. Ce blanc uniforme, sans aspérité. Ces néons qui n’éteignent jamais vraiment la nuit. Le bourdonnement continu, parfois coupé par un signal aigu. La sensation du drap synthétique sous les doigts, la fraîcheur un peu métallique de l’air. Le temps qui ne passe plus tout à fait — ou qui s’étire, indistinct.
Nous y serons tous un jour. C’est peut-être la dernière expérience universelle.
L’hôpital contemporain fonctionne — et c’est immense. Jamais la médecine n’a disposé d’une telle puissance diagnostique et thérapeutique. Et pourtant, jamais peut-être autant de malades n’ont eu le sentiment d’être anonymes dans les lieux mêmes où ils viennent chercher secours.
À force de penser l’hôpital comme une machine à performance, nous avons construit des lieux qui traitent des corps sans réellement habiter les âmes.
Le malade n’est pas une voiture, et la maladie n’est pas une panne.
Celui qui entre à l’hôpital traverse souvent l’une des expériences les plus décisives de son existence : arraché à sa vie ordinaire, confronté à sa vulnérabilité, parfois à sa mort. Il a besoin, autant que de molécules efficaces, d’un espace qui lui signifie silencieusement qu’il compte encore comme homme.
La personne face à l’individu-flux
Le malade n’est pas un organisme à réparer, mais une personne. La tradition philosophique a donné à ce mot toute sa profondeur : un être irréductible, doté d’une intériorité, d’une histoire, d’une fin qui excède sa seule biologie. Jacques Maritain le rappelait : l’individu peut être compté, classé, optimisé ; la personne ne se laisse jamais réduire à un dossier. Sa dignité précède toute performance clinique.
Soigner ne consiste donc pas seulement à intervenir sur un organisme. Cela consiste aussi à préserver, autour de la personne malade, un monde encore habitable, où le temps de la souffrance n’est pas entièrement confisqué par l’immédiateté technique.
L’hôpital moderne repose sur une exigence légitime : rationaliser, sécuriser, optimiser. Beaucoup de ces contraintes sont réelles. Mais elles n’expliquent pas tout. En se pensant comme une structure de flux, il a relégué l’environnement sensible du soin au rang d’ornement.
Or cette neutralité est une fiction.
Aucun espace n’est neutre pour celui qui souffre. Le blanc uniforme, les néons continus, les couloirs sans profondeur, l’absence de lumière naturelle ou de silence véritable signifient — silencieusement mais puissamment — que seule compte la lisibilité biologique du corps, comme si la personne devait s’effacer derrière son dossier.
Rien de cela n’est neutre.
L’espace soigne
L’histoire hospitalière témoigne d’une autre intelligence du soin. Les Hospices de Beaune n’ajoutaient pas la beauté au soin : ils en faisaient une condition. L’Hôtel-Dieu de Lyon portait une ambition analogue : par ses cours, ses galeries, ses seuils, il accompagnait le passage du monde extérieur vers l’espace de la vulnérabilité.
Ce que cette tradition avait compris empiriquement, l’architecture hospitalière fondée sur les preuves commence à le documenter. Roger Ulrich a montré dès 1984 que des patients disposant d’une vue sur la nature récupéraient plus vite et consommaient moins d’antalgiques. La lumière naturelle réduit l’anxiété et régule le sommeil ; le bruit continu augmente le stress et ralentit la cicatrisation.
L’environnement n’est pas un supplément d’âme. Il est une variable thérapeutique.
Dans le regard de la monomane peinte par Géricault — solitude enfermée, intériorité inaccessible — quelque chose nous avertit déjà de ce que devient un être humain lorsque le lieu qui l’accueille ne lui répond plus. À distance de deux siècles, la solitude a changé de forme, mais non de nature.
Une question aux soignants
Nous avons appris à traiter des corps avec une précision remarquable. Nous maîtrisons les protocoles, les scores de risque, les thérapeutiques. Mais quand avons-nous cessé de nous demander ce que ressent un homme seul, à trois heures du matin, face à un mur beige, sous un néon qui bourdonne ?
Cet homme passe l’essentiel de son temps dans un environnement que nous avons conçu — ou accepté — sans vraiment y penser. Ce que nous lui offrons comme espace est déjà une forme de soin. Ou son absence.
À force de réduire le soin à son efficacité biologique, nous risquons ce qu’un penseur comme Ivan Illich décrivait comme une possible dérive contre-productive : un système toujours plus performant, mais qui pourrait s’appauvrir humainement.
On ne demanderait jamais à un proche aimé de passer des nuits entières sous une lumière agressive, dans un vacarme continu, sans intimité véritable. Pourtant, nous l’acceptons quotidiennement pour des milliers de malades.
La question hospitalière n’est donc pas seulement organisationnelle. Elle engage une certaine idée de la civilisation.
Une question aux dirigeants
Un hôpital n’est jamais seulement un lieu technique. Il est la forme visible qu’une société donne à sa compassion.
Mais cette forme n’est pas une fatalité technique : elle résulte de décisions humaines, budgétaires et politiques parfaitement identifiables. Un hôpital déshumanisé n’est jamais un accident architectural. C’est toujours la conséquence de priorités collectives.
Elle dépend de ceux qui dirigent nos institutions de santé, arbitrent nos lois de financement et décident, concrètement, de ce que mérite un malade.
Tant que l’hôpital sera gouverné principalement par des indicateurs de flux, de rotation et de rentabilité, le malade réel — celui qui souffre, attend, angoisse et espère — restera secondaire dans l’organisation même du soin.
Tant que le financement hospitalier raisonnera presque exclusivement en actes et en durées moyennes de séjour, l’environnement du soin restera une variable d’ajustement — la première sacrifiée lorsque les budgets se tendent.
Il existe pourtant des leviers simples, immédiatement mobilisables : garantir un accès systématique à la lumière naturelle dans les chambres, réduire le bruit nocturne par des aménagements matériels et organisationnels, concevoir des espaces intermédiaires qui ne soient ni purement techniques ni impersonnels. Ces choix ne relèvent pas du luxe, mais d’une conception du soin.
Il faut dire clairement aux décideurs publics que soigner un homme, c’est aussi lui offrir un espace digne de ce qu’il est. Que la lumière naturelle, le silence, l’intimité, la qualité d’un lieu ne sont pas des ornements esthétiques, mais des réalités thérapeutiques — et plus profondément encore, des exigences de civilisation.
On reconnaît une civilisation à la manière dont elle traite ses morts ; on pourrait tout autant la reconnaître à la manière dont elle fait attendre ses malades.
La nôtre possède les connaissances, les moyens et les ressources pour faire mieux. Reste à savoir si elle en aura encore la volonté.
La médecine moderne saura réparer toujours davantage de corps. La question est désormais de savoir si nos hôpitaux sauront encore accueillir des hommes.
Bâtir pour le malade, c’est toujours témoigner de ce que l’on croit de l’homme. Et pour celui qui voit en l’homme une image de Dieu, cette exigence devient plus impérieuse encore.
Illustration : Théodore Géricault, Portrait d’une aliénée dite la monomane de l’envie — Musée des Beaux-Arts de Lyon. ( photographie: Sergyl Lafont).
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État de nécessité ! Mais de qui ?
D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:
Profanations du Saint-Sacrement
J‘ai écrit l’article ci-dessous il y a plus de dix ans, et je l’ai depuis republié moult fois, en espérant être entendu, mais en vain. J’ai eu beau l’adresser à un évêque d’un diocèse particulièrement touché par la profanation du Saint Sacrement, que je n’ai pas même reçu un accusé de réception, tandis que les profanations continuent d’aller bon train dans son diocèse … Comment comprendre cette inertie épiscopale à mettre en œuvre le code de droit canonique obligeant à rendre inviolables les tabernacles (can. 938 §3) ? Qui sont dès lors les plus gravement responsables de ces sacrilèges, les malfrats ou les évêques ? Dieu peut-Il agréer les messes de réparation dans ces conditions ensuite célébrées ? Il me semble entendre le prophète Isaïe :
“N’apportez plus d’oblation vaine : c’est pour moi une fumée insupportable ! Néoménie, sabbat, assemblée, je ne supporte pas fausseté et solennité. Vos néoménies, vos réunions, mon âme les hait ; elles me sont un fardeau que je suis las de porter. (Is 1.11-17)”
Ainsi, a-t-on pu déplorer que dans les diocèses d’Aire et Dax, et Bayonne, entre mai et septembre 2025, près de 27 à 30 églises ont vu leurs tabernacles fracturés, des ciboires et des ostensoirs être volés, des hosties subtilisées. Le 16 janvier 2026, dans le diocèse de Rouen, à l’église Saint-Sever, des hosties ont été volées dans le tabernacle de la chapelle du Saint-Sacrement. Du 19-20 février 2026, les églises de Buchy et de Rouvray-Catillon avaient connu ce triste sort. En août 2025, c’était celui de l’église Saint-Loup de Thillois, dans le diocèse de Châlons-en-Champagne : Ciboire avec hosties consacrées volé après effraction de deux tabernacles. Et ce 13 mai 2026 (veille de l’Ascension), cela a été le tour de Notre-Dame de Val-de-Sos, dans le diocèse de Pamiers, Couserans et Mirepoix …
——————
ASSEZ ! !
J’en ai assez de lire des articles annonçant la profanation de nos églises ! Assez d’apprendre que Jésus présent au tabernacle de celles-ci a été une nouvelle fois l’objet de sacrilèges! Assez de lire les piteuses déconvenues des responsables de ces lieux, alors qu’ils sont en grande partie eux-mêmes responsables de ces attentats contre Jésus-Christ !
En effet, le Code de droit canonique leur fait un devoir de conserver le Saint-Sacrement dans un tabernacle « inamovible, fait d’un matériau solide non transparent et fermé de telle sorte que soit évité au maximum tout risque de profanation. (can. 938 §3) ». Mais qui se soucie encore de ce que demande le Code de Droit canonique ?! “Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. (Mt 6.21)” A voir comment est gardé le Saint-Sacrement, on peut donc juger du trésor qu’il représente pour ceux qui sont chargés de sa garde … Que n’est-il pas traité avec au moins autant d’empressement que ne l’est généralement le produit de la quête dominicale, rapidement confié au coffre-fort de la sacristie ! La toute première chose que j’ai faite dans l’église dont j’ai été chargé, a été de sceller un petit coffre-fort dans son tabernacle.1 Qu’attendent donc nos curés pour faire la même chose et nos évêques pour le leur commander ?! Sont-ils excusables de continuer à conserver Jésus-Eucharistie dans des tabernacles que n’importe quel gamin est capable de forcer ?! Qui leur demandera des comptes pour leur négligence dans la conservation du « Trésor spirituel de l’Église » (CEC 1324), de notre Trésor ?!
Je dirais encore à ce sujet que ces profanations ne m’étonnent nullement, tant elles sont prévisibles à la lumière de la Parole du Christ annonçant que le sel dénaturé est voué à être piétiné par les gens (Mt 5.13). En effet, tant que l’on continuera à donner la communion dans la main, et donc à prendre le risque de voir Jésus-Eucharistie, sous l’espèce d’une miette du pain consacré, tomber à terre et être piétiné par les fidèles eux-mêmes, il n’y a pas de raison qu’Il ne soit pas aussi piétiné par ceux qui ne Le connaissent pas ― si tant est que les autres Le connaissent encore ! Honte donc aux Responsables de l’Église qui méprisent cet appel répété de l’Église :
« Que tout le monde se rappelle que la tradition séculaire est de recevoir l’Hostie dans la bouche. (Congrégation pour le Culte divin, Notitiae, mars 1999) » ;
«Il faut maintenir l’usage du plateau pour la communion des fidèles, afin d’éviter que la sainte Hostie, ou quelque fragment, ne tombe à terre. (Redemptionis Sacramentum, n°93, 2004) » !
Et que l’on ne vienne pas me dire que les prêtres sont tenus de donner la communion dans la main en vertu d’un prétendu droit que les fidèles auraient de la recevoir ainsi.
Jusqu’à quand, refuserons-nous de nous convertir tout en prétendant prêcher la conversion aux autres ?!
Abbé Guy Pagès
“Nous vivons des temps où ce qu’il y a de plus précieux risque d’être vu comme jetable : l’enfant à naître, l’innocence de l’enfance, la dignité humaine et la valeur de la famille”
Les évêques mexicains ont exprimé leur inquiétude concernant divers projets de décisions de la Cour suprême de justice de la nation (CSJN), qui promeuvent des « anti-valeurs » telles que « l’élimination de la vie innocente ou la confusion de la vérité sur l’être humain ».
La Conférence épiscopale mexicaine (CEM) a averti dans un communiqué que la vie humaine dans le pays est confrontée à de « multiples menaces », car « la vie de l’enfant à naître est attaquée en présentant l’avortement comme une fausse solution ». Elle a ajouté que « l’innocence de l’enfance est bafouée par des idéologies qui sèment la confusion quant à l’identité et à la dignité de la personne ».
Les évêques ont également mis en garde contre ce qu’ils considéraient comme un affaiblissement du « rôle fondamental de la famille » et ont souligné que, parfois, « les structures et institutions mêmes appelées à protéger les droits de l’homme finissent par s’éloigner de leur mission essentielle : défendre les plus faibles ».
Ils ont notamment souligné que « plusieurs projets de décisions devant la Cour suprême de justice des États-Unis promeuvent précisément ces valeurs contraires à la nôtre ».
« Lorsqu’une culture tente de normaliser le meurtre d’innocents ou de déformer la vérité sur les êtres humains, elle risque de perdre son humanité ».
La position des évêques a été rendue publique la veille de l’analyse et de la discussion que le Conseil supérieur de la magistrature (CSJN) mènera le 28 mai prochain sur le projet de décision du ministre Irving Espinosa Betanzo, relatif à la législation sur l’avortement dans l’État d’Aguascalientes.
Selon des experts en la matière, tels qu’Uriel Esqueda, chef de campagne de la plateforme Actívate, ou Rodrigo Iván Cortes, président du Front national pour la famille, l’objectif de l’analyse de ce cas est d’autoriser la pratique de l’avortement jusqu’à neuf mois et de créer un « précédent » qui serait ensuite reproduit dans d’autres États pour libéraliser l’accès à l’avortement.
Dans leur message, les prélats affirmaient que lorsque les êtres humains
« se considèrent comme les propriétaires absolus de la vie et de la vérité, ils finissent par justifier les divisions, les injustices et de nouvelles formes de violence au nom du bien-être ou du progrès ».
« Le Mexique doit considérer la vie comme un don sacré qu’il faut protéger à toutes ses étapes et en toutes circonstances. »
Les évêques ont précisé que le moyen d’y parvenir est d’accompagner, de prendre soin et de créer « les conditions permettant à chaque personne de vivre dans la dignité et l’espérance ».
Les évêques ont souligné que la défense des enfants à naître n’est pas seulement une conviction religieuse, mais aussi une exigence de justice et d’humanité. Ils ont ajouté que chaque fois que l’avortement est rejeté, c’est « oui aux femmes, à la famille, aux enfants et à l’avenir de notre société ».
Ils ont donc rendu hommage à ceux qui œuvrent pour la défense de la vie et ont réaffirmé que cette cause « n’est pas une position idéologique ; c’est la défense de l’essence même de notre humanité ».
« Aujourd’hui plus que jamais, le Mexique a besoin que nous soyons engagés, courageux et unis autour de ce qui compte le plus : la vie. La vie mérite toute notre voix, toute notre action et tout notre amour ».
Enfin, les évêques de la CEM ont invoqué l’intercession de Sainte Marie de Guadalupe pour « protéger notre pays et veiller sur chacun de ses enfants ».
Mon coup de cœur : Takashi et Midori les amoureux de Nagasaki. Isabelle Stock
“Takashi et Midori, les amoureux de Nagasaki” raconte la vie extraordinaire de Takashi et Midori Nagai, deux Japonais dont l’existence fut marquée par la foi et le couple brisé par la tragédie de Nagasaki.
Takashi, brillant étudiant en médecine converti au catholicisme grâce à l’influence de Midori et de la communauté chrétienne d’Urakami, épouse la jeune femme en 1934 et construit avec elle un foyer fondé sur la charité et l’espérance, même au cœur de la montée des conflits mondiaux. Radiologue talentueux, il devra affronter la brutalité de la guerre sino-japonaise et, plus tard, une leucémie contractée à force d’examens radiologiques, toujours soutenu par son épouse et sa foi. Le 9 août 1945, l’explosion atomique de Nagasaki emporte la vie de Midori, à compter de ce jour, Takashi portera un témoignage de paix et de réconciliation jusque dans ses dernières années.
Ce livre se situe à l’intersection du roman historique, du récit spirituel et de la biographie, accessible à partir de quinze ans. Il propose à la fois une plongée dans l’histoire du Japon du XXème siècle et un récit humain puissant, porteur de valeurs de paix, de résilience et de charité ; porteur de ce souffle puissant d’abandon à la Providence
– Histoire vraie marquante : biographie profonde d’un médecin converti puis survivant de l’attaque atomique de Nagasaki, et de son épouse, tous deux modèles de foi et d’engagement. La vie de ce couple marquera la jeune génération de lectrices : la place de la femme, son rôle d’épouse et de mère dans le foyer, si loin des clichés actuels ! Malgré la mort de deux enfants en bas âge, et de tant d’incertitudes quotidiennes Midori avance, sourit et chante, confiante dans l’amour de la Vierge Marie. S’appuyant sur les souffrances de l’Immaculée, elle devance l’appel à l’aide du prochain et même de son mari. Si Takashi lui a sauvé la vie, elle sera à son tour son bon ange dans la neige et la nuit noire de l’hiver.
– Dimension universelle : au-delà du contexte religieux, le livre traite de thèmes actuels comme la paix, la souffrance, la reconstruction personnelle et collective après la tragédie, et le sens de la vie.
– Actualité du sujet : la cause de béatification de Takashi et Midori Nagai, initiée en 2021, donne une résonance contemporaine forte.
C’est un livre passionnant, d’une écriture virile et belle, mêlée de tendresse et de sanglots. Les événements historiques qui sont le cadre de ce drame s’enchainement avec justesse.
J’en recommande vivement la lecture, à partir de quinze ans sans limite d’âge, ni modération !
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Takashi et Midori les amoureux de Nagasaki, Isabelle Stock, Editions de l’Emmanuel, 386 pages, 19.90 €
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Mgr Strickland : discussion catholique autour de l’encyclique Magnifica Humanitas
Source en français : https://fsspx.news/fr/news/mgr-strickland-discussion-catholique-autour-lencyclique-magnifica-humanitas-59333
Dans une lettre consacrée à l’encyclique Magnifica Humanitas du pape Léon XIV, Mgr Joseph Strickland, tout en reconnaissant plusieurs aspects positifs du texte — notamment sa critique du transhumanisme et de la technocratie — constate que l’encyclique place l’homme au centre au détriment de la primauté de Dieu, de la réalité du péché, de la Rédemption et du salut des âmes.
Chers frères et sœurs dans le Christ,
En tant que successeur des Apôtres, j’ai le devoir solennel non seulement de prêcher l’Évangile, mais aussi d’aider les fidèles à discerner les esprits de notre temps à la lumière de la vérité immuable confiée à l’Église par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Saint Paul exhortait Timothée à « prêcher la parole, intervenir à temps et à contretemps, reprendre, supplier, corriger avec une entière patience et une doctrine sûre » (2 Timothée 4, 2). Ce devoir appartient à tout évêque chargé de garder le dépôt de la foi.
C’est pourquoi je crois important d’aborder les préoccupations suscitées par la récente encyclique Magnifica Humanitas du Saint-Père Léon XIV. Certains y ont trouvé des passages éclairants et convaincants. D’autres ont éprouvé un profond malaise à sa lecture — la crainte que, sous de nombreuses affirmations vraies, le document ne reflète un déplacement théologique plus large risquant de placer l’homme au centre d’une manière qui obscurcit la primauté de Dieu.
Parce que ces questions touchent au cœur même de la foi catholique, je crois nécessaire d’offrir une réflexion doctrinale attentive. Cela n’est pas fait dans un esprit d’hostilité ou de rébellion, ni avec le désir de semer confusion ou division dans l’Église. Au contraire, la véritable charité exige la clarté. Les fidèles méritent des pasteurs prêts à parler honnêtement lorsque certaines orientations théologiques ou certains cadres de pensée semblent capables de conduire les âmes dans la confusion.
L’Église a toujours enseigné que chaque époque doit être jugée à la lumière du Christ — non pas d’un Christ réinterprété à travers les idéologies modernes, mais du Christ transmis par la Sainte Écriture, la Sainte Tradition et le Magistère pérenne de l’Église. La technologie, l’intelligence artificielle et les évolutions sociales exigent certes une réflexion morale sérieuse. Mais aucune époque, aucune crise et aucune révolution technologique ne peuvent modifier les vérités fondamentales de la foi catholique : l’homme est déchu par le péché, racheté uniquement par Jésus-Christ, appelé à la repentance et à la sanctification, et destiné non seulement à un épanouissement terrestre, mais à l’union éternelle avec Dieu.
C’est avec ce souci du salut des âmes et de la fidélité à la foi catholique que je propose la réflexion suivante.
La récente encyclique consacrée à l’intelligence artificielle, au transhumanisme, à la dignité humaine, à l’économie, à la guerre et à l’avenir de l’humanité se présente comme une réflexion majeure sur les implications morales et sociales de l’âge technologique. Elle contient de nombreuses affirmations authentiquement catholiques et même admirables : elle rejette le transhumanisme, met en garde contre la technocratie, condamne l’exploitation et la traite des êtres humains, défend la dignité de la personne humaine, affirme l’Incarnation, parle de la grâce, fait référence à l’Eucharistie et insiste sur le fait que l’homme ne doit jamais être réduit à une machine ou à des données.
Pourtant, malgré ces éléments positifs, beaucoup de catholiques fidèles éprouveront un profond malaise en la lisant. Ce malaise ne vient pas seulement de passages isolés, mais de l’orientation générale, de l’accent dominant et du centre de gravité théologique du document lui-même.
La préoccupation la plus profonde n’est pas que le texte dise des choses fausses sur l’humanité, mais qu’il semble réordonner la hiérarchie des vérités en plaçant l’humanité, l’épanouissement humain, la dignité humaine et les relations humaines au centre, d’une manière risquant d’éclipser la primauté de Dieu, du péché, de la rédemption, du culte et du salut.
La théologie catholique commence par Dieu. Elle commence par la gloire de Dieu, la souveraineté de Dieu, la sainteté de Dieu, la réalité du péché, la nécessité de la rédemption, la Croix du Christ, le jugement éternel et le salut des âmes. La dignité humaine est affirmée précisément parce que l’homme est créé par Dieu, racheté par le Christ et ordonné à la communion éternelle avec Lui. La dignité de l’homme découle de Dieu et demeure subordonnée à Dieu.
Dans ce document, cependant, l’accent paraît souvent inversé. À de nombreuses reprises, le langage se concentre sur l’épanouissement humain, la vulnérabilité humaine, la solidarité humaine, la fraternité humaine, la communion humaine, les relations humaines, la participation humaine et la préservation de l’humanité elle-même.
Certes, la doctrine catholique enseigne ces réalités. Mais cette insistance répétée donne l’impression que la crise principale du monde moderne serait la « déshumanisation », plutôt que le péché contre Dieu. Le mal y est souvent décrit en termes de fragmentation, de domination, d’exclusion, de réductionnisme technologique ou de relations brisées, plutôt qu’en termes de révolte contre la loi divine et de nécessité de repentance et de conversion.
Le traitement du Christ révèle particulièrement cette tendance. Traditionnellement, le Christ est proclamé — comme Il doit l’être — comme le Fils éternel de Dieu, le Rédempteur, le Sauveur du péché, l’Agneau sacrificiel, le Roi, le Juge des vivants et des morts.
Bien que ce document fasse effectivement référence au Christ, à l’Incarnation, à la grâce et à l’Eucharistie, le Christ y est fréquemment présenté avant tout comme : la révélation de l’humanité authentique, le modèle de la communion, celui qui révèle la dignité humaine, l’accomplissement de la relationalité humaine. Or, s’il est vrai que le Christ révèle l’homme à lui-même, cette vérité demeure toujours subordonnée à la réalité plus grande de la rédemption du péché et de la réconciliation avec Dieu. Le Christ ne révèle pas seulement l’humanité authentique ; Il sauve l’humanité déchue par sa Passion, sa Mort et sa Résurrection.
Dans ce document, cependant, il arrive que le Christ semble presque plus important comme accomplissement de l’humanité que comme Sauveur du péché. Cela donne l’impression d’une théologie anthropocentrique — une théologie où la personne humaine devient le centre d’interprétation. L’absence relative d’un traitement explicite du péché renforce encore cette inquiétude.
Ce document parle abondamment : des systèmes de pouvoir, de la technocratie, de la guerre, de l’injustice économique, de la manipulation, du contrôle algorithmique, de la fragmentation sociale et de la déshumanisation. Mais relativement peu est dit sur le péché originel, la concupiscence, la repentance personnelle, la culpabilité morale, le jugement, l’enfer, la pénitence ou la destinée éternelle de l’âme.
Ainsi, les racines du mal commencent à apparaître principalement comme structurelles plutôt que spirituelles. Or la doctrine catholique enseigne que le désordre dans la société découle ultimement du désordre du cœur humain blessé par le péché originel. La technologie n’est pas la crise la plus profonde ; l’homme séparé de Dieu est la crise véritable.
Cette préoccupation apparaît particulièrement dans les appels répétés du document à bâtir une « civilisation de l’amour ». Cette expression est authentiquement catholique et fut utilisée par des papes comme Paul VI et Jean-Paul II. Mais traditionnellement, cette vision était explicitement enracinée dans la conversion, l’évangélisation, le règne social du Christ-Roi, l’obéissance à la loi divine et la grâce surnaturelle.
Dans cette nouvelle présentation, la « civilisation de l’amour » peut parfois sembler moins être le fruit de la conversion au Christ qu’un projet humanitaire mondial centré sur la fraternité, la solidarité, l’inclusion et la paix. Encore une fois, aucun de ces objectifs n’est mauvais. La préoccupation est que la dimension surnaturelle du salut semble moins centrale que la construction d’un ordre social humain.
C’est pourquoi beaucoup de catholiques fidèles percevront ce document comme profondément troublant. La crainte n’est pas simplement que la doctrine soit explicitement niée, mais que tout le cadre de pensée se déplace subtilement : de Dieu vers l’homme, du salut vers l’épanouissement humain, du péché vers les systèmes, de la rédemption vers la relationalité, du culte vers l’humanitarisme.
L’Église a maintes fois mis en garde contre les formes d’humanisme religieux qui conservent un langage chrétien tout en déplaçant progressivement le centre du christianisme de Dieu vers l’homme. Lorsque la dignité humaine est détachée de la souveraineté de Dieu, lorsque la transformation sociale éclipse le salut, et lorsque le langage de la communion remplace celui de la repentance et de la sanctification, le christianisme risque d’être réduit à une vision éthique ou humanitaire.
Je reconnais cependant que ce document n’est pas dépourvu d’éléments authentiquement catholiques. Son rejet du transhumanisme est fort et important. Son insistance sur le fait que l’homme ne doit jamais être réduit à une machine ou à un algorithme est précieuse. Sa défense du corps, de la souffrance, des limites et de la dignité humaine s’oppose fermement à de nombreux courants dangereux de la culture moderne. De même, ses avertissements contre la guerre menée par l’IA, l’exploitation, la manipulation numérique et la domination technologique sont sérieux et souvent pénétrants.
Cependant, le problème est plus subtil et, en un sens, plus préoccupant encore. Il réside dans l’accent mis, l’orientation théologique et le centre anthropologique du document.
La théologie catholique enseigne clairement que l’homme ne peut être pleinement compris qu’en relation avec Dieu, et que la dignité humaine ne trouve son vrai sens qu’au sein de l’ordre de la création, de la rédemption, de la grâce et du salut éternel. Sans cette hiérarchie fermement préservée, même un noble langage sur la dignité, la paix, la fraternité et l’humanité dérive vers une forme d’humanisme christianisé dans laquelle l’homme devient pratiquement le centre.
Voilà pourquoi des catholiques fidèles peuvent ressentir, à la lecture de ce document, non seulement un désaccord, mais une profonde alarme spirituelle. L’inquiétude ne porte pas seulement sur ce qui est dit, mais sur ce qui semble être devenu central — et sur le fait que l’ordre surnaturel de la théologie catholique semble progressivement éclipsé par une anthropologie centrée principalement sur l’humanité elle-même.
Au cœur de cette discussion se trouve une question bien plus grande que l’intelligence artificielle, la technologie, l’économie ou même la politique mondiale. La véritable question est celle-ci : qui est au centre ?
Depuis deux mille ans, l’Église catholique proclame que Jésus-Christ n’est pas simplement la révélation de l’humanité authentique, ni seulement un modèle de communion et de solidarité. Il est le Fils éternel de Dieu, crucifié et ressuscité pour le salut des pécheurs. L’Église existe avant tout pour glorifier Dieu, proclamer l’Évangile, sauver les âmes et conduire l’humanité à la vie éternelle.
Certes, l’Église doit défendre la dignité humaine, résister à la déshumanisation technologique, s’opposer à l’exploitation et combattre l’injustice. Mais toutes ces préoccupations doivent demeurer enracinées dans l’ordre surnaturel. La dignité humaine ne peut être détachée de la vérité selon laquelle l’homme est une créature appartenant à Dieu et appelée à la conversion, à la sainteté et au culte. Lorsque l’humanité elle-même devient la principale grille d’interprétation de la théologie, même de beaux discours sur la fraternité, la paix, la communion et la dignité peuvent progressivement dériver vers une forme d’humanisme religieux qui ne place plus Dieu au premier plan.
C’est pourquoi le discernement est aujourd’hui d’une urgente nécessité.
Nous vivons à une époque profondément tentée par l’anthropocentrisme — une époque qui parle de plus en plus de l’humanité tout en oubliant Dieu, qui parle de solidarité tout en négligeant la repentance, et qui cherche le salut à travers les systèmes, la technologie, la psychologie ou les structures politiques plutôt qu’à travers la Croix de Jésus-Christ.
La réponse à la crise moderne ne se trouvera ni dans le transhumanisme, ni dans la technocratie, ni dans l’intelligence artificielle, ni dans une vision purement humanitaire du monde. Elle ne se trouvera pas davantage dans le désespoir ou la peur. La réponse demeure ce qu’elle a toujours été : Jésus-Christ, Roi des rois et Seigneur des seigneurs.
Seul le Christ révèle à la fois la grandeur et la misère de l’homme. Seul le Christ guérit ce que le péché a blessé. Seul le Christ restaure l’ordre divin. Seul le Christ peut apporter la véritable paix parce que seul le Christ réconcilie l’homme avec Dieu.
En tant que catholiques, nous devons donc demeurer fermement enracinés dans la foi pérenne de l’Église — dans la Sainte Écriture, la Sainte Tradition, le Saint Sacrifice de la Messe, la dévotion eucharistique, la prière, la pénitence, la fidélité à la vérité et la recherche de la sainteté. Nous devons résister à toute tentative de réduire le christianisme à un simple projet terrestre, même lorsqu’il est revêtu d’un langage compatissant ou spirituel.
Le monde n’a pas besoin d’une nouvelle religion centrée sur l’humanité. Le monde a besoin de l’Évangile.
Que Notre-Dame, Siège de la Sagesse et Destructrice des hérésies, intercède pour l’Église en ce temps de confusion. Qu’elle nous aide à demeurer fidèles à son divin Fils, afin qu’en tout temps et dans toute épreuve nous puissions proclamer avec clarté et courage : « Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et pour les siècles » (Hébreux 13, 8).
Bishop Joseph Strickland
Évêque émérite
Source en anglais : https://pillarsoffaith.net/a-catholic-discussion-of-the-encyclical-letter-magnifica-humanitas/
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Pendant que l’Elysée organise un comité contre le narcotrafic, un député organise un colloque pour libéraliser l’usage des drogues
L’Elysée organise ce vendredi un premier comité interministériel de lutte contre la criminalité organisée, dans un contexte de recrudescence des meurtres liés au narcotrafic.
Ce comité, présidé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, a pour objectif de mettre en place une action globale du gouvernement dans ce domaine, allant de la prévention (éducation, santé, travail) à la répression (police, justice, lutte contre le blanchiment).
Douze ministres seront autour de la table, parmi lesquels Laurent Nuñez (Intérieur), Jean-Pierre Farandou (Travail), Gérald Darmanin (Justice), Edouard Geffray (Education), Jean-Noël Barrot (Affaires étrangères), ainsi que la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.
Laurent Nuñez plaide depuis plusieurs semaines pour une action plus globale, estimant que cette “guerre” ne peut pas être menée par son seul ministère. Depuis le début de l’année, le gouvernement fait face à une succession de meurtres liés au narcotrafic, avec une implication croissante de mineurs, en tant que victimes ou auteurs. Nantes, Grenoble, Nice, Rennes, Lyon… la liste des villes concernées par ces drames s’allonge, Marseille n’ayant plus l’apanage des règlements de comptes.
L’argent de la drogue est considérable. La dernière estimation des autorités évaluait son chiffre d’affaires à environ 7 milliards d’euros en 2023 en France. Les “petites mains” du trafic, des mineurs ou jeunes majeurs, sont des proies faciles pour les réseaux. Un guetteur est rémunéré en moyenne 50 à 100 euros par jour, un vendeur entre 50 et 250 euros par jour.
En 2024 ont été recensés 367 assassinats et tentatives entre délinquants, quasi-systématiquement en lien avec le narcotrafic, avec un bilan de 110 morts et 341 blessés, en hausse de 33% depuis 2021, selon des données de l’Office central de lutte contre la criminalité organisée.
En même temps, le député LFI interpellé en 2024 pour achat de stupéfiants à un mineur, consommation financée avec ses frais de député, organise le 18 joint, pardon le 18 juin, un colloque au sein de l’Assemblée nationale sur le thème :
« Drogues et Addictions : contre les obsessions réactionnaires, changeons de paradigme »
Le député explique :
Notre événement se propose d’ouvrir le débat sur ces enjeux en trois temps :
1/ Ressorts psycho-sociaux des drogues : changer de regard sur les consommateur•ices et les conduites addictives;
2/ Prévention, santé mentale et réduction des risques : les leviers d’une politique sanitaire face aux addictions ;
3/ Les enjeux socio-économiques du trafic international et les opportunités de certaines évolutions législatives.
À cette occasion et dans une démarche transversale en vue de la prochaine élection présidentielle, nous avons l’ambition de promouvoir une vision étayée sur ces faits de société, à rebours des logiques réactionnaires, inefficaces et hypocrites, qui confinent une partie du peuple français à des spirales d’exclusion, de prises de risques, et d’insécurité.
Parmi les intervenants, on note la présence de Mabrouka Ben Ameur, ex-détenue pour trafic de stupéfiants…
Le président polonais ne soutiendra pas la dénaturation du mariage
Le président Karol Nawrocki ne soutiendra pas les dispositions légalisant les partenariats civils, a annoncé le chef de son cabinet, Paweł Szefernaker. Selon lui, le projet de loi examiné par la Diète polonaise assimile en pratique les partenariats civils au mariage et pourrait ouvrir la voie à d’autres changements, notamment la reconnaissance des mariages entre personnes du même sexe contractés à l’étranger.
Une politique des petits pas
« La première étape consiste à introduire les partenariats civils, la deuxième à transposer ce qui, à l’étranger, dans d’autres pays, est un mariage entre personnes de même sexe, puis cela mène à d’autres étapes – une telle politique des petits pas – vers l’adoption d’enfants. Lors de sa campagne présidentielle, le président avait déclaré qu’il ne donnerait pas son accord pour
Selon le chef de cabinet du président de la République de Pologne, le contexte de ces actions de la coalition parlementaire est une tentative d’introduire de force dans le droit polonais « des transcriptions inconstitutionnelles de partenariats civils, qui sont de facto appelés mariages homosexuels à l’étranger ».
« Aujourd’hui, conformément au droit polonais, à la Constitution et à la loi sur l’état civil, il n’est pas possible de procéder à de telles transcriptions », a estimé M. Szefernaker.
Pas d’accord sur les quasi-mariages – La personne proche
Dans le même temps, il a rappelé que le président Karol Nawrocki voit d’un bon œil les solutions qui introduiront le « statut de personne proche » et qui pourraient « aider les Polonais dans leur vie quotidienne ».
« Nous défendons la philosophie selon laquelle l’institution du proche est au cœur de notre action. Il s’agit de deux philosophies différentes. Nous voulons aider les gens dans leur vie quotidienne, mais sans créer une loi qui permettrait, de facto, la création d’unions bénéficiant des mêmes privilèges que le mariage », a-t-il précisé.
Texte tiré du portail ecclésiastique Opoka (Portail de l’Épiscopat polonais)
Victoire historique de l’ECLJ contre la Turquie à la CEDH
L’ECLJ vient de remporter une victoire majeure devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) dans l’affaire Mavrakis et autres c. Turquie.
La Cour a condamné la Turquie pour avoir arbitrairement empêché deux prêtres grecs orthodoxes de siéger dans les conseils d’administration de leurs propres fondations communautaires à Istanbul. Cette décision constitue un précédent historique pour la protection de l’autonomie des communautés chrétiennes en Turquie.
L’ECLJ a été autorisé par la Cour à lui remettre des Observations écrites et la CEDH reprend directement les éléments structurels que nous y dénoncions:
- contrôle étatique des fondations communautaires chrétiennes,
- expropriations massives,
- absence de reconnaissance juridique des Patriarcats…
avec pour conséquence la fragilisation progressive de la présence chrétienne en Turquie.
Ce que l’ECLJ dénonce depuis des années est désormais reconnu par la CEDH.
Dans notre rapport sur La persécution des chrétiens en Turquie, nous avons montré comment les chrétiens –qu’ils soient orthodoxes, arméniens, catholiques ou protestants– font l’objet d’une surveillance particulière, subissent des restrictions administratives, des discriminations institutionnelles et des violences.
Cette politique structurelle d’affaiblissement a fait passer le nombre de chrétiens en Turquie de deux millions au début du XXᵉ siècle à une minorité résiduelle aujourd’hui.
Le pape Léon XIV lui-même a rappelé, lors de son voyage en Turquie en novembre 2025, l’importance de garantir la liberté religieuse et la protection des minorités chrétiennes.
Hélas, le problème ne concerne pas seulement les communautés chrétiennes historiques. Il touche également les protestants étrangers.
L’ECLJ est actuellement engagé devant la CEDH dans plusieurs affaires concernant des pasteurs, missionnaires, enseignants et familles chrétiennes expulsés de Turquie sous le prétexte fallacieux de «sécurité nationale». Ils sont expulsés ou interdits de retour sans aucun procès équitable et alors même que leurs activités religieuses sont parfaitement légales en droit turc.
Selon l’Association des Églises protestantes de Turquie (TEK), au moins 178 protestants étrangers ont été visés entre 2019 et 2025, affectant plus de 380 personnes avec leurs époux et enfants.
Après avoir soumis des Observations écrites dans l’affaire Wiest c. Turquie, nous sommes à présent intervenus dans vingt nouvelles requêtes groupées (Wilson et autres c. Turquie). Toutes révèlent les mêmes mécanismes administratifs opaques fondés sur les codes sécuritaires N-82 et G-82.
L’ECLJ a également mobilisé des députés du Parlement européen, qui ont adopté le 12 février 2026 une résolution condamnant ces expulsions abusives. Quelques semaines plus tard, la Commission européenne appelait à son tour la Turquie à respecter ses obligations en matière de liberté religieuse et de garanties juridictionnelles effectives.
Ces avancées sont le fruit d’années de travail juridique rigoureux, de plaidoyer institutionnel et du soutien fidèle de nos donateurs.
Mais le combat est loin d’être terminé. Votre soutien est indispensable pour permettre à l’ECLJ de continuer à défendre les chrétiens persécutés devant les juridictions internationales et les institutions européennes.
Du mercenariat transactionnel à la crise du bien commun : quand plus rien n’est gratuit au travail
Lu sur Perspective catholique :
Vingt ans dans des entreprises industrielles suisses m’ont appris une chose simple : une partie croissante des nouvelles générations ne donne plus rien gratuitement. Et si cette attitude révélait une perte bien plus profonde ?
Dans les entreprises, on continue de vanter la communication franche, le rôle exemplaire du chef et l’esprit d’équipe. Mais dans la réalité quotidienne, une règle s’impose de plus en plus : « Je ne bouge pas le petit doigt si cela ne me rapporte rien de concret et immédiat. »
C’est le mercenariat généralisé. Et il transforme silencieusement le monde du travail.
1. Le mercenariat généralisé : le constat
Le travail est désormais vécu comme une pure transaction.
• Pas d’effort supplémentaire sans augmentation, promotion visible ou avantage immédiat.
• Changement d’employeur dès qu’une meilleure offre se présente.
• Équilibre vie professionnelle-vie privée érigé en principe absolu : le temps est strictement monétisé.
• L’engagement dans les projets, les améliorations ou les efforts collectifs est calculé au plus juste.
Ce n’est plus une question de motivation individuelle, mais un mode de fonctionnement systématique. Le vieux contrat implicite est devenu un contrat froid, explicite et constamment renégocié.
2. Est-ce satisfaisant ?
À court terme, pour l’individu, cela peut sembler libérateur : moins de frustrations, plus de contrôle sur son temps.
À moyen et long terme, c’est profondément insatisfaisant.
L’homme n’est pas fait pour vivre en mercenaire permanent. Le calcul incessant engendre un vide intérieur : absence de fierté véritable, de maîtrise, d’appartenance à une œuvre qui le dépasse. On accumule des expériences sur un CV sans jamais rien construire de durable.
Pour l’entreprise, le résultat est clair : silos renforcés, innovation ralentie, excellence impossible à atteindre durablement.
Pour la société entière : qui assurera les tâches ingrates, la continuité, les charges lourdes si personne n’accepte plus de donner sans retour immédiat ?
3. Le travail selon la loi naturelle et le bien commun
La tradition occidentale et catholique propose une vision radicalement différente.
• Aristote voyait dans le travail une voie vers l’épanouissement humain par l’exercice des vertus. L’effort n’est pas un coût à minimiser, mais un moyen d’atteindre l’excellence.
• Saint Benoît, dans sa Règle, plaçait le travail au cœur de la vie communautaire : ora et labora. Le travail est une discipline qui forme l’homme et sert la communauté, sans calcul permanent du retour.
• Saint Thomas d’Aquin enseigne que le travail s’inscrit dans la loi naturelle. L’homme, créé à l’image de Dieu, est appelé à ordonner le monde et à participer à l’œuvre de création. Le travail n’est pas d’abord une malédiction, mais une activité noble qui participe au bien commun.
Le bien commun, selon saint Thomas, n’est pas la simple somme des intérêts individuels, mais l’ensemble des conditions qui permettent aux personnes et aux groupes de s’épanouir pleinement.
Dans cette perspective, le travail peut être vécu comme satisfaisant en lui-même, parce qu’il est ordonné à quelque chose qui dépasse l’individu : la famille, la communauté, la société, et ultimement Dieu.
4. Une conséquence de la perte du sens chrétien
Ce mercenariat généralisé n’est pas un accident de l’histoire. Il est le fruit amer de ce que les générations précédentes ont semé : sécularisation massive, individualisme triomphant, éducation centrée sur l’estime de soi plutôt que sur le devoir, et dissolution progressive du sens du don gratuit.
Lorsque le sens chrétien s’efface :
• la charité (le don gratuit) cède la place à une justice froide et calculée ;
• la gratuité devient incompréhensible ;
• le sacrifice et le dépassement perdent leur noblesse.
On passe d’une vision où l’homme est fait pour donner et recevoir dans la communion à une vision où il n’est plus qu’un atome économique maximisant son utilité personnelle.
La génération actuelle n’est donc pas la cause première : elle est le produit logique de cette évolution culturelle profonde.
5. Le rôle du management et des responsables politiques
Face à ce constat, le management et les responsables politiques ont une responsabilité décisive.
Nous ne manquons pas de petits dictateurs qui multiplient les règles, les contrôles et les procédures pour masquer leur manque de leadership. Nous manquons cruellement de grands chefs : des hommes qui incarnent l’autorité légitime, qui montrent l’exemple, qui exigent sans cynisme et qui savent relier le travail quotidien au bien commun.
Le vrai chef aujourd’hui doit :
• Refuser la capitulation devant la mentalité transactionnelle ;
• Récompenser le mérite de façon juste et visible, tout en exigeant l’effort qui sert le bien de l’ensemble ;
• Former par l’exemple aux vertus classiques : prudence, justice, courage et tempérance.
Sans cette autorité courageuse et ordonnée, les entreprises et la société continueront à se fragmenter.
Conclusion
Nos mercenaires ont bien changé. Ils ont troqué la hallebarde contre une tablette et leur honneur pour 30 pièces d’argent. C’est un fait.
Il est le fruit d’une société qui a progressivement perdu la vision chrétienne de l’homme et du travail.
Redécouvrir que le travail s’inscrit dans la loi naturelle et sert le bien commun, ce n’est pas un retour nostalgique : c’est la condition pour que nos entreprises et notre pays restent vivants et humains.
La question urgente n’est plus «qu’est-ce que j’y gagne ?», mais «qu’est-ce que nous construisons ensemble, et pour qui ?».
Quels évêques oseront en parler demain au monde et à la cité ? Peut-être ceux qui nous semblent nécessaires.
