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De la légitimité du Novus Ordo Missae : une question légitime

De François Savy :

Dans son article À quand la paix liturgique ?, dans la livraison de juillet-août 2025 (n°382) de La Nef, Christophe Geffroy posait une question à laquelle les sacres récemment conférés au sein de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X donnent un relief particulier. Il s’y faisait l’avocat de l’égalité en « valeur et sainteté » des deux formes du rite romain, et y reprochait aux « prêtres qui refusent toute célébration du nouvel ordo » de contester cete valeur et cete sainteté « parce qu’ils jugent cette liturgie ‘’déficiente’’ ». Or, il se trouve que le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a précisément mentionné la « légitimité du Novus Ordo Missae » en préambule de la procédure permettant aux clercs de la Fraternité Saint-Pie X de revenir à la pleine communion après les sacres (2026-07-02-Prassiriconciliazione.pdf).

Autant que je puisse en juger, cette notion de légitimité appliquée à la liturgie est d’un usage relativement récent. On connaissait les notions classiques de validité et de licéité. C’est le pape JeanPaul II qui semble l’avoir introduite, par la voix de la Congrégation pour le Culte divin, avec Quattuor abhinc annos (3 octobre 1984), posant comme condition à la faculté d’user de l’indult

« qu’il soit bien clair que ces prêtres et ces fidèles n’ont rien à voir avec ceux qui mettent en doute la légitimité et la rectitude doctrinale du Missel Romain promulgué par le Pape Paul VI en 1970 et que leur position soit sans aucune ambiguïté et publiquement reconnue. »

Il faut croire que ces conditions n’étaient pas si simples à remplir, puisque Monseigneur Marcel Lefebvre prenait ces engagements dans le protocole d’accord du 5 mai 1988 :

« 3. A propos de certains points enseignés par le Concile Vatican II ou concernant les réformes postérieures de la liturgie et du droit, et qui nous paraissent difficilement conciliables avec la Tradition, nous nous engageons à avoir une attitude positive d’étude et de communication avec le Siège Apostolique, en évitant toute polémique.

4. Nous déclarons en outre reconnaître la validité du Sacrifice de la Messe et des Sacrements célébrés avec l’intention de faire ce que veut l’Eglise et selon les rites indiqués dans les éditions typiques du Missel et des Rituels des Sacrements promulgués par les Papes Paul VI et Jean-Paul II. »

Dans ces engagements, il n’y a point de trace d’une quelconque légitimité qu’il faudrait reconnaître au Novus Ordo Missae. Or, ce protocole d’accord est le fondement sur lequel s’est établi dès l’origine la relation entre la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre et Rome. Ces engagements pris par Monseigneur Lefebvre, et acceptés au nom du Saint Père par le cardinal Josef Ratzinger constituent le socle commun des sociétés de vie apostolique ou communautés Ecclesia Dei, aux moins des trois « historiques », Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, Fraternité Saint-Vincent Ferrier, abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, dans leur rapport avec Rome. En bonne justice, on ne devrait exiger d’elles que la reconnaissance de la validité du Sacrifice de la Messe selon la liturgie nouvelle, et encore, uniquement selon les éditions typiques.

Ce que Josef Ratzinger, cardinal de la Sainte Église romaine avait accepté en 1988, le Saint Père Benoît XVI ne pouvait le remettre en cause. Ce n’est donc pas le motu proprio Summorum Pontificum (7 juillet 2007) qui va remettre sur la table la question de la légitimité, mais bien l’instruction d’application du motu proprio en date du 30 avril 2011 en son article 19 :

« Les fidèles qui demandent la célébration de la forme extraordinaire ne doivent jamais venir en aide ou appartenir à des groupes qui nient la validité ou la légitimité de la Sainte Messe ou des sacrements célébrés selon la forme ordinaire […] ».

Ainsi, avec l’instruction d’application du motu proprio Summorum Pontificum, la question de la légitimité de la liturgie nouvelle faisait son retour après une éclipse de 23 ans. Évidemment, cet article 19 ne pouvait pas manquer de susciter des interrogations sur le sens à donner à « légitimité », et donc des questions en forme de dubia adressée à la Commission. La réponse de la CPED, en date du 23 mai 2012 (ref. Prot. 156/2009), a consisté à affirmer que la légitimité était à comprendre comme strictement équivalente à la licéité. C’était évidemment une réponse minimaliste et la solution la plus conciliante, celle qui évitait de rejeter dans les ténèbres extérieures tous les fâcheux de mon acabit qui, malgré tous leurs efforts et toute leur bonne volonté, usant de leurs sens et de leur intelligence, ne pouvaient se résoudre à suivre les injonctions égalisatrices.

C’est assez logiquement et sans surprise que le motu proprio Traditionis Custodes, reprenant la question de la légitimité à son compte en son article 3, enfonçait donc le clou le 16 juillet 2021 :

L’évêque, dans les diocèses où jusqu’à présent se trouvent un ou plusieurs groupes qui célèbrent avec le Missel antérieur à la réforme de 1970 […] doit veiller à ce que ces groupes n’excluent pas la validité et la légitimité de la réforme liturgique, des écrits du concile Vatican II et du Magistère pontifical ;

Ce n’est pas faire un procès d’intention au pape François que d’imaginer qu’il avait en tête une définition beaucoup moins pacificatrice de la légitimité que celle de la simple licéité, à laquelle la Commission avait prétendu l’assimiler en 2012 : la teneur générale du document, son ton, laissent transparaître une compréhension beaucoup plus restrictive, et paradoxalement plus traditionnelle, en dépit de ses graves faiblesses – injustice de l’intention qui a présidé à sa rédaction, inapplicabilité partielle résultant de ses incohérences, irrationnalité juridique (cf. Le motu proprio Traditionis Custodes à l’épreuve de la rationalité juridique – Réginald-Marie Rivoire).

Et, s’il avait alors affirmé que la légitimité du Novus Ordo Missae, bien au-delà de la simple licéité, devait être jugée à l’aune de son adéquation au Bien Commun objectif de la Sainte Église, eh bien, nous aurions été en plein accord avec lui, notamment au regard de la Lex Credendi – il a eu ce mérite de rappeler ce lien entre la loi de la prière et la loi de la Foi. Il est tout aussi certain qu’avec Traditionis Custodes, les réfractaires de mon espèce couraient à nouveau, après des années de relative impunité, le risque d’être mis au ban.

Le protocole d’accord de 1988 nous montre, s’il en était besoin, que les deux signataires, et, on l’imagine, Jean-Paul II lui-même, soit admettaient ne serait-ce que la possibilité d’une déficience du rite nouveau, soit ne considéraient pas comme inconvenant et absurde d’en débattre. Aucun des signataires n’y voyait, apparemment, d’ateinte au dogme de l’indéfectibilité de l’Église.

Que le Novus Ordo Missae présente des « déficiences dans l’être liturgique », pour utiliser une formule chère à un certain père de Chémeré-le-Roi, il est possible de le montrer, et raisonnable de le soutenir. D’autres, bien plus éminents, à commencer par les cardinaux Ottaviani et Bacci (on pourra également lire ceci avec profit, repris de LA PENSÉE CATHOLIQUE N°122 du 4ème trimestre 1969), s’y sont employés, et il n’est pas besoin d’y revenir. Retenons l’offertoire, dégradé en simple présentation des dons, la substitution de – nombreuses et inégales – prières dites eucharistiques à une prière sacrificielle (le canon), la modification des paroles de la consécration (mots et contexte rituel). Tous ces éléments contribuent objectivement à estomper rien de moins que le dogme de la présence réelle du Christ, l’oblation et l’immolation de son sacrifice rédempteur (propitiatoire), et enfin le pouvoir sacramentel ministériel du prêtre, voire à en insinuer une compréhension erronée. Les conséquences ? Le Novus Ordo Missae dispose moins bien les âmes à recevoir tous les fruits du sacrifice divin, il diminue le témoignage de la Foi et la manifestation de la gloire de Dieu requis par toute action liturgique, en laissant la porte ouverte à une interprétation protestante. Anthropocentré, axé sur la présence des fidèles, il exprime moins les dimensions sacrificielle, propitiatoire et cultuelle de la messe et l’adoration de Dieu à qui le sacrifice est offert – pour s’en tenir au cas du ministre célébrant selon les éditions typiques. Une illustration très concrète des effets de cette déficience et de cette équivocité en a été fournie par une étude américaine sur la croyance en la Présence Réelle.

Ainsi, pour le dire prudemment, il est soutenable de dire que le Novus Ordo contribue moins puissamment et moins sûrement que l’usus antiquior ou d’autres rites vénérables, tel le rite dominicain, au Bien Commun de l’Église (ordonné à la Gloire de Dieu et à la sanctification des âmes). Et il l’est tout autant de dire que le Novus Ordo n’est pas le résultat d’un développement organique, mais bien le produit d’un travail de savants et d’experts, le fruit d’un processus anti-liturgique : si l’on faisait du mode d’élaboration d’un rite un critère de sa légitimité, le Novus Ordo échouerait à passer le test. Comme l’écrit le futur Benoît XVI,

« le nouveau missel a été édité comme un ouvrage revu par des professeurs et non comme le moment d’une croissance continue. Jamais rien de pareil ne s’était produit […] » (in Théologie de la liturgie – Parole et silence, p. 556).

Parvenu à ce point, il faut se rendre à cete évidence : contre l’avis de Christophe Geffroy, de l’Abbé Spriet ou encore de Dom Pateau, il est raisonnable et défendable de tenir l’inégalité en valeur et en sainteté des deux rites romains, l’ancien et le nouveau. Il est raisonnable et défendable de tenir le Novus Ordo pour déficient, et même équivoque dans son être liturgique, sans contester une seconde sa validité – ce qui, en tirant le fil, conduirait à nier l’indéfectibilité de l’Église. Il est raisonnable et défendable, pour un prêtre, de refuser absolument de le célébrer – et même de concélébrer – et d’argumenter en ce sens. Ceux qui bénéficient de l’abri canonique du charisme propre de leur société de vie apostolique ou institut d’appartenance doivent se souvenir qu’il a été obtenu par leurs fondateurs sur la base théologique d’une critique des déficiences liturgiques du Novus Ordo ; et il est raisonnable et prudent qu’ils argumentent le cas échéant en ce sens. Il est raisonnable et défendable, pour un simple fidèle, d’écarter de manière habituelle l’assistance à une messe Novus Ordo. Cete position est légitime. Pour ma part, je la tiendrai.

François Savy

La Fraternité Saint-Pie X maintient son pèlerinage à Lourdes

À la suite des consécrations épiscopales du 1er juillet 2026 à Écône, Mgr Jean-Marc Micas, évêque de Tarbes et Lourdes, a interdit à la Fraternité Saint-Pie X d’accéder aux sanctuaires de la cité mariale.

Chaque année, l’œuvre fondée par Mgr Lefebvre organise un pèlerinage à Lourdes, regroupant 10 000 personnes et qui a une longue histoire. À la fin des années 1970, l’abbé Louis Coache, prêtre du diocèse de Beauvais et proche du fondateur de la Fraternité Saint-Pie X, avait été l’initiateur de cet événement. À l’époque, on ne parlait pas de sacres ni d’excommunications mais la messe traditionnelle était purement et simplement interdite. Pendant plusieurs années les traditionalistes ont donc supporté les intempéries, allant même jusqu’à occuper par la force les basiliques (1979), comme furent jadis investies les églises Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris (1977) ou Saint-Louis de Port-Marly (1987).

Les années qui suivirent furent marquées par les consécrations de quatre évêques par Mgr Lefebvre en 1988 et leur excommunication latae sententiae par le Saint-Siège. Paradoxalement, Mgr Jacques Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes, qui n’était pas réputé pour être conservateur, décida d’ouvrir largement les sanctuaires à la Fraternité Saint-Pie X à la fin des années 1990, y compris à ses évêques officiellement excommuniés. Il faut dire que les sanctuaires se flattaient déjà de présenter une image d’ouverture à l’égard de communautés séparées.

Cette pratique s’est d’ailleurs intensifiée. Par exemple, l’association “Ensemble avec Marie” organise désormais des rencontres entre chrétiens et musulmans à l’intérieur des locaux des sanctuaires de Lourdes, en particulier la chapelle Sainte-Marie. Par ailleurs, il y a un an, le patriarche Bartholomé, primat de l’Église orthodoxe de Constantinople, séparée de Rome depuis 1054, a été reçu avec faste par les évêques de France à Lourdes. Il a déclaré à cette occasion :

“Je suis vraiment reconnaissant à nos frères catholiques qui nous donnent des lieux dans un esprit fraternel et d’amour pour nous permettre de célébrer, comme c’est le cas ici”

La Fraternité Saint-Pie X sera-t-elle la seule à ne pas bénéficier des largesses des sanctuaires et s’attirer toutes les foudres des autorités ecclésiastiques ?
Quoi qu’il arrive, son supérieur du district de France vient de déclarer que le pèlerinage annuel à Lourdes était maintenu du 24 au 26 octobre prochain.

Ce pèlerinage sera-t-il en plein air comme sur les routes de Chartres à la Pentecôte ? Ou bien existera-t-il néanmoins un arrangement comme l’avait jadis pensé Mgr Perrier ? En tout cas, les traditionalistes semblent décidés à poursuivre leur tradition dans la cité mariale.

Normandie catholique, lève-toi et marche vers le Sanctuaire de Montligeon !

De Bellême au Sanctuaire international Notre-Dame de Montligeon, participez au Grand Pèlerinage Régional de Normandie les 3 et 4 octobre 2026.

Thème : prier pour les âmes du Purgatoire

Cette année encore, DEX AÏE vous invite à prendre la route pour deux jours de pèlerinage, de Bellême jusqu’au sanctuaire de Notre-Dame de Montligeon.

Accompagnés par saint Michel Archange, notre saint patron, nous marcherons pour confier à Dieu nos défunts et prier pour les âmes du Purgatoire, avec confiance dans la miséricorde infinie de Dieu.

Ce pèlerinage n’est pas seulement une marche.

C’est un acte de foi et d’amour pour ceux qui nous ont précédés dans la mort. Une prière incarnée qui s’élève à chaque pas, dans l’effort, le silence, la prière et la fraternité.

La liturgie du pèlerinage sera célébrée selon la forme traditionnelle du rite romain, avec l’accompagnement de l’aumônerie de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre (FSSP).

✝️ Un pèlerinage à vivre en famille et entre amis

Que vous soyez habitué des pèlerinages ou que ce soit votre première marche, venez avec votre famille, vos enfants, vos amis et tous ceux qui souhaitent marcher et prier pour leurs défunts.

Deux jours pour sortir de nos habitudes, prendre la route, retrouver le sens de la prière pour les morts et avancer ensemble vers Notre-Dame de Montligeon.

📅 3 & 4 octobre 2026
📍 De Bellême au Sanctuaire international Notre-Dame de Montligeon
⛪ Liturgie traditionnelle – Aumônerie FSSP

⚠️ Derniers jours pour bénéficier du tarif préférentiel !

Les tarifs préférentiels prennent fin le 31 août.

👉 Ne tardez plus à vous inscrire !
👉 Venez nombreux et invitez largement autour de vous.

🌐 Inscriptions et informations :
www.dexaie.org/fr

Normandie catholique, lève-toi et marche !

Saint Michel Archange, priez pour nous.
Notre-Dame de Montligeon, priez pour nos défunts.

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Considérations sur le voyage apostolique du pape Léon XIV en France

Nous savons depuis quelques semaines que le pape Léon XIV fera un voyage apostolique en France du vendredi 25 au lundi 28 septembre 2026.

C’est un bonheur pour la fille aînée de l’Église, qui n’a pas accueilli un souverain pontife depuis 18 ans, le voyage de Benoît XVI en 2008 à Paris et Lourdes.
Les venues de François à Marseille en 2023 et Ajaccio en 2024 ne furent pas, selon son expression, des voyages en France ; elles se résumèrent à de brèves visites d’encouragement aux cardinaux Aveline et Bustillo, qui figuraient parmi ses proches.

Le voyage de Léon XIV comprendra trois étapes : Paris, Lourdes et Metz.
Ces trois villes totalisent à ce jour sept visites papales :
– 3 à Paris (Jean-Paul II en 1980 et 1997, Benoît XVI en 2008)
– 3 à Lourdes (Jean-Paul II en 1983 et 2004, Benoît XVI en 2008)
– 1 à Metz (Jean-Paul II en 1988).

Les étapes de Paris et Lourdes sont des évidences, vu la France, son histoire, sa tradition catholique, sa culture judéo-chrétienne et son rayonnement international.
Par contre les tenants et aboutissants de la visite finale à Metz, qui ne durera que 8 heures, sont assez flous.

La venue du pape semble soulever un important engouement parmi les catholiques de France.
On en veut pour preuve la ruée sur les réservations pour la soirée du vendredi 25 au Stade de France.
Incidemment on peut se poser une question. Le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko y sera-t-il présent ?
Apparemment les messes du samedi 26 à Paris sur la place de la Concorde et du dimanche 27 à Lourdes sur la prairie du sanctuaire attirent un nombre important de fidèles.

Il faut espérer que le souverain pontife délivrera des messages forts, qui redonneront de la vigueur aux catholiques français et réveilleront les évêques de leur torpeur.
Il convient de noter que la rencontre du pape avec ces derniers à Lourdes le dimanche 27 à 9 heures, juste avant la grand’messe prévue à 11 heures, sera vraisemblablement courte et se limitera à des discours convenus.

Il faut aussi espérer que ce voyage chez la fille aînée de l’Église sera l’occasion d’un vrai départ du pontificat.
Sauf quelques mesures plutôt symboliques comme les retours au palais pontifical et à la résidence de Castelgandolfo Léon XIV reste beaucoup dans les bottes de François.
L’encyclique « Magnifica Humanitas » du 15 mai 2026 ne semble pas avoir rencontré jusqu’alors un franc succès.
La curie, d’où provient Léon XIV, est toujours grandement celle de François.
Quels que soient les qualités et mérites du cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège depuis près de 13 ans (15 octobre 2013), son remplacement par quelqu’un proche de Léon XIV n’oxygénerait-il pas le gouvernement de notre sainte mère l’Église ? Certains changements pourraient alors intervenir dans les dicastères.

Hervé

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« Ingérences intérieures » ou délit d’opinion ?

Lu dans Les 4 Vérités :

Le débat sur les « ingérences intérieures » a été vif pendant tout l’été. Pourtant, après plusieurs semaines, la caste jacassante ne semble pas plus avancée.

La première chose à faire est de clarifier les termes du débat. Cette expression d’ingérence intérieure ne se trouve pas dans un texte de loi, mais a été donnée par le sénateur centriste Laurent Lafon, lors d’une conférence de presse qu’il donnait, le 9 juillet, pour présenter le rapport de la mission sénatoriale d’information sur la « régulation de l’information dans l’espace numérique ».

Lors de cette conférence, Laurent Lafon a déclaré : « Sommes-nous prémunis de tout risque d’ingérence intérieure ? Notre réponse est clairement non. »

C’est cette déclaration qui a mis le feu aux poudres.

Précisons encore que la mission d’information était codirigée par les sénatrices Agnès Evren (LR) et Sylvie Robert (PS) mais qu’à la suite de la polémique, Agnès Evren a désavoué le terme d’ingérence intérieure, insistant sur le fait qu’il ne figurait pas dans le rapport.

C’est vrai, mais l’idée elle-même s’y trouve bel et bien – au point que la synthèse que le sénat lui-même a publiée parle des « manipulations étrangères ou intérieures ».

Inutile de dire que l’expression « ingérence intérieure » n’a aucun sens : l’ingérence étant le fait de s’immiscer dans les affaires d’autrui, parler d’ingérence étrangère est un pléonasme et parler d’ingérence intérieure un oxymore.

Pourtant, à lire le rapport (et sa synthèse), on comprend mieux ce qui était visé – et on comprend mieux l’origine de cette bouillie indigeste, dont les potentialités totalitaires n’échappent à personne.

Le point de départ est ainsi résumé : « La conséquence [du développement du numérique], c’est l’effondrement du modèle économique des médias journalistiques, la mal-information et la désinformation massives, les manipulations étrangères ou intérieures mettant à profit la nature même des algorithmes à des fins lucratives, politiques ou d’influence : donc une potentielle déstabilisation grave du fonctionnement de la démocratie libérale. »

Comment diable le changement de modèle économique des médias pourrait-il mettre en péril les institutions ?

En réalité, tout se passe comme si cette « démocratie libérale » était réduit à ce que l’on appelle généralement le « cercle de raison » : seuls les médias dominants sont de « vrais » médias et le fait qu’ils soient désormais concurrencés par d’autres met effectivement en péril, non pas la démocratie libérale elle-même, mais la domination idéologique de l’extrême centre. Il est d’ailleurs significatif que ce rapport soit signé par des sénateurs allant du centre gauche au centre droit, c’est-à-dire l’ensemble des opinions « raisonnables ».

Tout le problème réside dans le fait que, depuis des décennies, on prétend opposer média d’opinion et média d’information. Or, l’information n’existe pas à l’état brut dans la nature : il faut nécessairement l’extraire, en particulier selon le prisme d’une opinion particulière, de la masse des faits qui nous apparaissent, au contraire, insignifiants.

« Le Monde » n’est donc pas seulement un quotidien d’information, mais aussi, évidemment, un journal d’opinion. Cela n’a rien de répréhensible mais, tant que les parlementaires ne comprendront pas cela, ils ne comprendront rien au monde des médias – et, chaque fois qu’ils y toucheront, ils le feront dans une logique de censure (dont il est d’ailleurs douteux qu’ils aient les moyens) !

Le peuple contre les banquiers

Lu ici :

Les « démocraties libérales » occidentales semblent bloquées sur une route qui les mène nulle part. L’aspect le plus consternant dans tout cela est que les électeurs semblent totalement incapables de corriger le cap vers la ruine de leurs nations. Au contraire, nous ne faisons que nous précipiter vers l’effondrement, plus rapidement et avec plus de conviction. Les économies de tous les pays du G7 sont embourbées dans des crises chroniques auto-infligées causées par trop de dettes, trop d’aventurisme militaire et des politiques sociales pathogènes.

Et pourtant, nos élus semblent déterminés à nous offrir encore plus de la même chose. Même lorsque les gens votent pour le changement, les candidats qui proposent des changements sont soit disqualifiés, soit sabotés dans leur travail, soit cooptés pour perpétuer les programmes que les électeurs avaient pourtant rejetés. […]

Si les politiques économiques, sociales et étrangères sont à l’épreuve des électeurs, nous devons conclure que les politiques doivent être formulées, non pas à la base, mais ailleurs. Mais cet « ailleurs » est clairement caché à la vue et quiconque commence à le remarquer est rejeté comme étant un communiste, un théoricien du complot, transphobe, islamophobe, antisémite, antivax, ou une étiquette de ce genre. Il nous est également demandé de ne jamais attribuer à la malveillance ce qui peut être expliqué de manière adéquate par l’incompétence. Les choses arrivent simplement parce que nous élisons systématiquement les politiques les plus incompétents pour façonner notre avenir. Quel manque de bol !

Cependant, même s’ils sont des incompétents, nos politiciens semblent étrangement cohérents dans leurs politiques, et si nous traçons la ligne sous leur performance, il est clair que nous ne semblons jamais obtenir ce que nous voulons (paix, prospérité, rues propres et sûres, etc.), mais continuons à obtenir de plus en plus de ce que nous ne voulons pas (plus d’impôts, plus d’immigration, plus de surveillance, plus de censure, plus de guerres…). Les performances du système ne sont clairement pas aléatoires. Il s’ensuit qu’il doit y avoir une force motrice derrière tout cela, et que cette force motrice doit avoir certains objectifs en vue.

À ce sujet, nous avons de nombreux indices dès que nous ouvrons les yeux et observons ce qui se présente autour de nous. Peut-être que le meilleur indice a été donné par Mayer Amschel Rothschild, qui a dit : « Permettez-moi d’émettre et de contrôler l’argent d’une nation, et je me fiche de savoir qui fait ses lois ». Un autre indice a été donné par l’actuel Premier ministre du Canada, Mark Carney, ancien banquier de Goldman Sachs et gouverneur de la Banque du Canada et de la Banque d’Angleterre.

En novembre 2020, Carney était le tsar mondial nommé en charge de la lutte contre le changement climatique et à ce moment-là, il a expliqué avec suffisance comment il prévoyait de le faire :

Nous avons besoin d’une transition économique complète… il s’agit vraiment de rechercher et d’examiner les plans de transition de toutes les entreprises et de soutenir ceux qui font partie de la solution et de détourner le capital de ceux qui font partie du problème.

La déclaration de Carney révèle que les banquiers ont le pouvoir de financer leurs projets favoris et de tuer ceux dont ils ne se soucient pas. S’ils peuvent effectuer “une transition économique complète”, alors ils détiennent le pouvoir de façonner l’avenir de la société. Nous aimerions peut-être la liberté, mais ils préfèrent que nous soyons surveillés, alors nous sommes surveillés. Nous pourrions aimer la paix, mais ils ont besoin de guerres, alors nous obtenons des guerres. Nous aimerions peut-être nourrir nos enfants avec des aliments sains, mais ils préfèrent que nous mangions tous de la fausse viande et du fourrage pour insectes, alors ils tuent des vaches et construisent des fermes d’insectes. Cela fait d’ailleurs partie de la lutte de Carney contre le changement climatique, puisque la science dit que les vaches détruisent la planète.

Un autre indice important est venu de l’ancienne Première ministre britannique Liz Truss. En février 2024, elle est apparue dans la salle de guerre de Steve Bannon et a dit ceci :

Ce que j’ai découvert en arrivant au No 10, c’est que je pensais que si j’arrivais au sommet, je serais en mesure de mettre en œuvre ces politiques conservatrices… Et ce que j’ai découvert, c’est que je ne tenais pas les leviers. Les leviers étaient détenus par la Banque d’Angleterre, par le Bureau de la responsabilité budgétaire, ils n’étaient pas détenus par le Premier ministre ou le chancelier…

Truss a ensuite souligné le problème évident avec ceci : vous pouvez limoger le Premier ministre, mais vous ne pouvez pas limoger les fonctionnaires de la BOE qui détiennent les leviers du pouvoir. Tout cela concorde avec la citation suivante « le problème qui a traversé les siècles et qui devra être combattue tôt ou tard est le peuple contre les banquiers ».

Cette citation a été largement attribuée, mais à tort, à Lord Acton. Grâce à l’IA, j’ai pu vérifier et trouver son véritable auteur, alors j’en profite pour remettre les pendules à l’heure : apparemment, c’était Sir Alexander James Edmund Cockburn (également connu sous le nom d’Alexander Cockburn), Lord Chief Justice d’Angleterre de 1859 jusqu’à sa mort en 1880. […]

Marie, à la fenêtre – Lettre à ma petite-fille, au seuil d’un monde numérique.

Illustration: Caspar David Friedrich, Femme à la fenêtre, 1822.

I. — La lettre du grand-père

Le « rien » qui m’a arrêté

Marie,

Je n’ai rien à t’enseigner. Je dépose une graine.

Tu avais quinze ans. Dans la cuisine, tu consultais ton téléphone. À côté, une assiette, un morceau de pain inachevé. Je t’ai demandé : « Qu’est-ce que tu regardes ? »

Sans lever les yeux : « Rien, grand-papa. » Pas une vidéo, pas un message. Rien. Ce mot m’a arrêté.

J’ai parfois l’impression que le monde s’est usé, comme une étoffe. Quand j’avais ton âge, les rues avaient une consistance : le froid de la pierre, le bruit des pas, les livres qu’il fallait tenir à deux mains. Le silence avait une masse. On pouvait s’ennuyer sans que le vide devienne une menace. Ce monde n’était pas meilleur. Mais le réel résistait.

Je ne regrette pas mon monde. Je regrette d’avoir si souvent oublié de le toucher. Un jour, ta mère avait six ans. Elle m’a montré un dessin — un soleil bleu, des racines. J’ai dit « très beau » sans lever les yeux de mon journal. Le papier craquait entre mes doigts ; il faisait écran lui aussi, d’une autre manière. Elle l’a gardé des années. Moi, je ne l’ai jamais vraiment regardé. Voilà ce que j’ai volé : non pas le temps, mais le regard.

Une fenêtre n’est pas un écran

Tu es née dans ton époque. Les écrans ouvrent des horizons. Je ne voudrais pas t’en priver. Seulement que tu gardes cette certitude : le monde qui brille au bout de tes doigts n’est pas tout ce qui existe.

Un jour, au musée, devant un tableau — un homme penché sur un livre, une lumière douce — tu as murmuré : « Il n’a besoin de rien d’autre. » J’ai regardé tes doigts devenus immobiles.

Je pense à toi devant Femme à la fenêtre. Une femme, debout, de dos. Devant elle, une fenêtre ; au-delà, un monde qu’elle ne voit pas encore. Elle est immobile. Et tout commence.

Il y a une différence que je n’ai comprise que tard : une fenêtre n’a pas été conçue pour toi. Elle est indifférente, et c’est cela, justement, qui la rend hospitalière. Un écran, lui, a été pensé, ajusté, testé pour que ton regard y reste une seconde de plus. Des hommes sont payés pour cela. Ce n’est pas ta faiblesse qui te retient : c’est leur métier de te faire rester. Je ne te dis pas cela pour t’accuser, mais parce qu’on résiste mieux à ce qu’on sait nommer.

Tu es au seuil d’un monde que je ne connais pas. N’aie pas peur. Souviens-toi : un écran montre, séduit, reflète. Une fenêtre ouvre. Elle n’est pas une fin : elle est un commencement.

Apprendre à ne rien faire

Un jour, dans la rue, du vent. Tu avais retiré tes écouteurs. Tu m’as demandé : « Grand-papa, quand tu t’ennuyais, tu faisais quoi ? » — « Je regardais les nuages, les gens passer. » Tu as souri : « J’aimerais savoir faire ça. »

Le lendemain, dix minutes dans le jardin, sans téléphone. Sur la pierre bancale. Tu ne faisais rien. Tu regardais les feuilles, leur balancement inégal, celles qui bougeaient et celles qui restaient presque droites. Puis un vol d’étourneaux, une seconde de bruit, et de nouveau le silence. En rentrant, tu avais encore ton manteau sur les épaules quand tu as dit : « C’était long. Mais j’ai entendu les oiseaux. Un qui chantait plus fort. Le chef. »

Un soir, je t’ai appelée. Tu n’as pas répondu. Trois messages. J’étais à deux doigts d’appeler la gendarmerie. Tu as fini par répondre : « J’étais avec maman. Je n’avais pas mon téléphone. » Puis : « Tu es pire que mon téléphone. » Tu avais raison. J’étais ce que je redoutais.

Ce que nous pouvons encore nous donner

Je ne veux pas te sauver. Je veux te raconter.

Tu es plus rapide, plus connectée. Moi, j’ai mes fidélités anciennes. Ce que je peux t’apprendre est d’un autre ordre : ralentir, attendre, regarder un arbre sans le photographier, ne pas remplir chaque silence.

L’autre jour, tu m’as fait écouter une musique composée par une intelligence artificielle. Belle, troublante. Je t’ai demandé : « Est-ce qu’elle a eu peur en la composant ? » Tu as ri. Puis tu m’as regardé autrement. Tu avais compris : les machines imiteront l’émotion, mais elles ne vivront pas à notre place. Elles ne connaîtront pas ce frisson : t’entendre me dire que tu avais entendu les oiseaux.

Tout va vite. Certaines choses ne se font pas à la hâte : espérer, pardonner, grandir, aimer. Être là. Je voudrais que tu gardes un lieu que personne ne puisse occuper à ta place : te tenir devant le silence sans vouloir le remplir.

Le brouillard et la lumière

Ce qui demeure, je le reconnais : Dieu, l’amour, la fidélité. Ce qui passe, je l’accueille. Ma vie m’a appris que la lumière est parfois là avant qu’on sache la voir. Dieu demeure pour toi dans le brouillard. Mais le brouillard n’est pas une fermeture. Il est le lieu où l’on tend l’oreille autrement.

Un matin, en montagne, le brouillard était si épais qu’on ne voyait pas à dix mètres. Pourtant, des cloches. On savait que le village était là. L’espérance, c’est cela : le brouillard n’a pas le dernier mot.

Je ne te demande pas de le voir. Seulement de ne pas fermer la fenêtre.

La graine

Si, devant un écran, tu sens que tu te perds, souviens-toi : tu es plus grande que ce que tu regardes. Tu es une présence, pas une connexion. Il y a des arbres qu’on ne photographie pas, des silences qu’on ne remplit pas, des oiseaux qu’on n’enregistre pas. Une lumière qui entre sans permission. Et, dans tout cela, Quelqu’un qui t’attend.

Je ne serai peut-être plus là pour te le montrer. Mais j’aurai essayé. Je dépose cette graine. Je ne saurai pas si elle germe.

Parce que je suis ton grand-papa. Et parce que je t’aime.

II. — La réponse de Marie.

Tu ne m’as pas sauvée. Tu m’as arrêtée.

Cher grand-papa,

Tu ne veux pas me sauver. Alors je ne te dirai pas que tu m’as sauvée. Je te dirai ceci : tu m’as arrêtée.

Arrêtée dans ce défilement où je me reconnais ; dans ce « rien » que je regarde sans vraiment le voir. Ce pouce glissant machinalement sur le verre, ce n’était plus tout à fait ma volonté. C’était un réflexe d’automate. Tu écris que le monde a perdu du poids. Je ne sais pas si les rues de mon enfance avaient plus de consistance. Mais je sais ceci : nous avalons des images, des sons, des visages — et nous restons affamés.

Quand tu écris que le réel est l’endroit où l’on se cogne, j’ai senti quelque chose s’ouvrir en moi. Une porte dont je ne savais même pas qu’elle existait.

Un seuil, pas un problème

Tu écris : « Tu es au seuil d’un monde que je ne connais pas. » C’est là que ta lettre m’a touchée. Tu ne me regardes pas comme un problème. Tu me regardes comme un seuil.

Mais j’ai une chose à te dire, grand-papa. Une chose qui gratte.

Tu idéalises ton enfance. Tu oublies l’ennui qui pesait, les silences qui étouffaient, les jours où tu aurais donné n’importe quoi pour qu’un monde vienne jusqu’à toi. Ne fais pas de moi une nostalgique de ce que je n’ai pas connu. Et surtout, ne t’oublie pas toi-même : toi aussi, tu as regardé ailleurs. Toi aussi, tu as préféré le journal à la présence.

Alors ne me donne pas ton enfance en modèle. Donne-moi plutôt ta blessure.

Il y a une phrase, dans ta lettre, qui ne m’a pas touchée. Elle m’a mise en colère. Celle sur les hommes payés pour que je reste devant mon écran. Une vraie colère, pas polie. J’ai eu envie de vérifier, de chercher qui, comment, avec quoi. Je ne l’ai pas fait tout de suite — j’ai d’abord eu besoin d’être en colère un moment. Je n’avais jamais pensé qu’un objet puisse être fabriqué exprès pour moi, sans me connaître, sans même savoir que j’existe.

Quand tu m’as parlé des dix minutes dans le jardin, j’ai pleuré. Pas parce que c’était triste. Parce que personne ne m’avait jamais dit qu’il était normal que ce soit long.

Entendre les oiseaux

Depuis ta lettre, je repense à ta phrase : « Le silence n’est pas une absence. » Peut-être est-ce simplement le temps qu’une chose met à arriver.

Je suis allée m’asseoir sur un banc. Sans téléphone. Sans musique. Sans rien. C’était long. Très long. J’ai regardé devant moi. J’ai pensé que je n’avais rien à faire. Puis j’ai commencé à entendre des choses que je n’entendais plus : l’air dans les feuilles, des pas, une voiture au loin. L’air frais sur ma peau. La dureté de la pierre.

Je suis rentrée. J’ai repris mon téléphone. Je ne vais pas te mentir. Parfois, je le pose et je le reprends cinq minutes après. Parfois, je m’en veux.

Mais peut-être que je comprends maintenant quelque chose : il ne s’agit pas de détester le téléphone. Il s’agit de ne pas lui donner toute la place.

Le brouillard

Je ne sais pas si le brouillard se lèvera toujours. Il y a des jours où je ne sais pas très bien où je vais. Mais je sais maintenant que tu pries pour moi. Et cela change quelque chose.

Je ne vois pas Dieu comme toi. Mais quand tu me parles des cloches dans le brouillard, je comprends l’image : on peut ne pas voir le village et savoir pourtant qu’il est là.

Alors je te promets une chose — non pour te faire plaisir, mais parce que ta lettre m’en a donné le désir : je garderai un lieu que personne ne pourra occuper. Un lieu où je pourrai me tenir devant le silence sans vouloir immédiatement le remplir.

Je l’oublierai. Tu l’oublieras aussi. Mais nous reviendrons parfois à ce qui demeure.

Le tilleul

Merci d’avoir déposé cette graine. Elle est en terre.

Devant ma fenêtre, il y a un tilleul. Je ne l’avais jamais vraiment regardé. Maintenant, je connais la forme de ses feuilles. Je sais qu’elles ne bougent pas toutes ensemble. Certaines frémissent, d’autres restent presque immobiles.

Hier, je suis restée quelques minutes à le regarder. Je n’ai pas pris de photo. Puis je suis rentrée, j’ai ouvert l’appareil photo. J’ai cadré l’arbre. La lumière était belle. Et puis, au lieu d’appuyer, j’ai éteint l’écran. Je l’ai posé face contre la table.

Je ne t’ai pas envoyé la photo. Il n’y en a pas.

Tu m’as écrit qu’une fenêtre n’était pas un écran. Je crois que je commence à comprendre. Une fenêtre ne me demande pas de choisir. Elle me laisse regarder. Elle me laisse attendre. Elle me laisse être là.

Alors, grand-papa, je vais essayer.

Mais je te pose une question, une vraie :

Est-ce que tu es sûr que la fenêtre, c’est toi qui l’as ouverte ? Ou est-ce que c’est elle qui t’a attendu, patiemment, pendant que tu lisais ton journal ?

Parce que je crois que les fenêtres sont plus patientes que nous. Et que c’est cela qui nous sauve : non pas notre présence, mais l’obstination du monde à rester là, même quand nous ne le regardons pas.

Je ne sais pas ce que deviendra le monde dans lequel je vais grandir. Je ne sais pas ce que l’intelligence artificielle changera. Je sais seulement qu’au milieu de tout cela, il faudra encore des yeux pour regarder, des mains pour toucher, un silence où se tenir.

Et peut-être des grands-pères pour rappeler aux enfants ce qu’ils risquent d’oublier.

Tu dis que tu ne sauras pas si ta graine a germé. Tu te trompes : je suis là, devant mon tilleul.
Le vent dans les feuilles a repris. Je n’ai pas sursauté.

Et, pour quelques minutes encore, je ne regarde rien.

J’écoute.

Marie.

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La Vie Chrétienne Victorieuse – Franc-maçonnerie et foi chrétienne : le temple de la raison face à l’Évangile

Le chrétien et la franc-maçonnerie : peut-on servir deux maîtres ?

La question est délicate, car il convient ni de caricaturer la franc-maçonnerie, ni de fermer les yeux sur ce qu’elle représente. Elle mérite d’être abordée sous plusieurs angles à la fois : le droit, le fonctionnement organisationnel, et l’orthodoxie biblique.

Une secte ? Précisions sociologiques et juridiques

Le terme « secte » mérite prudence. D’un point de vue sociologique et légal, la franc-maçonnerie ne repose sur aucun gourou, n’exerce aucune emprise mentale destructrice et s’interdit d’imposer un dogme. Ses membres y entrent et en sortent librement. Elle s’apparente davantage à une société de pensée initiatique et philosophique, rassemblant des obédiences très diverses qu’il serait excessif de ranger dans une même catégorie. Néanmoins, l’usage de rites, le culte du secret et une hiérarchie stricte alimentent fréquemment cette suspicion populaire. Cette précision sociologique, si elle est honnête, ne règle cependant pas la question spirituelle qui se pose au croyant.

Le vrai problème : des principes inconciliables

Le véritable enjeu n’est pas de qualifier juridiquement la franc-maçonnerie, mais d’examiner ses principes à la lumière des Écritures. La Bible met le croyant en garde contre tout système prétendant conduire l’homme vers la lumière en dehors de la révélation de Dieu :

« Ta parole est une lampe à mon pied, et une lumière à mon sentier » (Psaume 119:105).

Pour le chrétien, la lumière n’est pas une connaissance secrète à conquérir, mais une Personne : Jésus-Christ, qui déclare :

« Moi, je suis la lumière du monde » (Jean 8:12).

Plusieurs points de tension théologique se dégagent.

Le salut et la révélation.

Pour le chrétien, le salut s’obtient exclusivement par la grâce de Dieu au travers de la foi en Jésus-Christ (Éphésiens 2:8). Or le cheminement maçonnique repose sur une quête d’illumination et de perfectionnement personnel par la connaissance symbolique, une progression initiatique degré après degré, ce qui contourne la centralité de la Croix.
L’Évangile ne présente pas plusieurs chemins vers Dieu :

« Il y a un seul Dieu, et un seul médiateur entre Dieu et les hommes, l’homme Christ Jésus » (1 Tim. 2:5).

La foi chrétienne repose sur une révélation reçue, tandis que l’initiation maçonnique implique une démarche progressive de recherche personnelle. Cette différence n’est pas secondaire : elle touche à la nature même de la vérité.

La nature de Dieu.

La maçonnerie invoque le « Grand Architecte de l’Univers », notion déiste et syncrétique pouvant assimiler toutes les divinités. Pour le croyant attaché à la Bible, Dieu n’est pas un concept philosophique modulable au gré des sensibilités, mais le Père céleste révélé de manière unique et définitive en Christ.

Les serments secrets.

Le chrétien est appelé à s’engager devant Dieu dans la clarté. Prêter serment d’allégeance ou de secret, fût-ce sous des formes symboliques, contredit l’enseignement de Jésus : « Que votre parole soit oui, oui ; non, non » (Matthieu 5:37).

La position des institutions.

L’Église catholique a formulé sur ce point une position particulièrement nette. La Congrégation pour la Doctrine de la foi, dans sa déclaration du 26 novembre 1983, a maintenu que les principes maçonniques sont inconciliables avec la doctrine de l’Église et que l’appartenance à une association maçonnique demeure interdite aux fidèles catholiques. Les Églises protestantes évangéliques partagent ce constat de rupture.

Respecter les personnes sans approuver le système

Le problème n’est donc pas de savoir si tous les francs-maçons sont de mauvaises personnes. Beaucoup peuvent rechercher sincèrement le bien, la fraternité et la justice. Le chrétien doit respecter les personnes engagées dans ces loges. Mais respecter une personne ne signifie pas approuver son système. Paul écrit aux Colossiens et il avertit :

« Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie » (Colossiens 2:8).

Un seul maître

Le disciple de Jésus n’a pas besoin d’une lumière supplémentaire cachée derrière des symboles : il possède Christ. Il n’a pas à monter degré après degré vers une vérité secrète ; en Christ, « tous les trésors de la sagesse et de la connaissance sont cachés » (Colossiens 2:3).

En somme, bien que la franc-maçonnerie ne constitue pas une secte au sens moderne et coercitif du terme, l’engagement dans une loge impose des compromis spirituels et philosophiques irréconciliables avec une foi fondée sur la suprématie et la suffisance de l’Évangile. Sans employer à la légère le mot « secte », il faut donc répondre avec gravité : un chrétien qui veut demeurer fidèle à l’Évangile ne devrait pas s’engager dans la franc-maçonnerie. Non par mépris pour ceux qui en sont membres, mais parce que le Seigneur Jésus ne demande pas une double appartenance. Il demande le cœur tout entier :

« Nul ne peut servir deux maîtres » (Matthieu. 6:24).

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« Prenez garde aux chiens ! Prenez garde aux mauvais ouvriers ! (Ph 3.2) »

De l’abbé Pagès :

Il m’est parfois demandé s’il est possible de participer à des messes célébrées par des prêtres professant une hérésie.

Selon le droit canonique, un prêtre qui professe formellement une hérésie encourt une excommunication latae sententiae, c’est-à-dire automatique (can. 751 ; 1364), laquelle, pour être effective, n’a donc pas besoin d’être déclarée par l’autorité, si bien que vous n’avez pas à attendre qu’elle vous en informe … L’excommunication interdit au prêtre hérétique de célébrer les sacrements (can. 1331 §1). Dès lors, participer à une messe qu’il célébrerait apparaît peccamineux. Mais, pratiquement, que faire ?

La question se pose, car il n’est malheureusement pas si rare de trouver un prêtre niant, par exemple, le rôle de l’Immaculée Conception ; l’existence du Diable et des démons ; le Jugement dernier ; l’Enfer ; les miracles ; la résurrection physique du Christ ; Sa divinité ; ou qui affirme que Jésus n’est devenu « Fils de Dieu » qu’à son baptême ; qu’Il n’a souffert que pour nous donner un exemple ; que le baptême non plus que la confession en cas de péché mortel ne sont obligatoires pour être sauvé ; que toutes les religions sont voulues par Dieu et mènent toutes à Dieu ; que tout le monde sera sauvé, même sans foi ni conversion ni fidélité jusqu’à la mort, puisque Dieu nous aime tous ; que la Messe n’est qu’un symbole ; que les femmes devraient être ordonnées prêtres ; que la contraception, la masturbation, les unions sexuelles hors mariage, ou homosexuelles, ne sont pas des péchés, ni l’avortement ; qui réduit la résurrection du Christ à n’être qu’une image ; la Bible à n’être qu’un beau texte humain ; le sacerdoce à une animation ; qui présente la Sainte Trinité non comme la communion de trois personnes divines, mais comme trois façons différentes d’agir du même Dieu ; etc.

Certes, la tentation est grande, dans un contexte de raréfaction dramatique du nombre de prêtres, de se convaincre qu’il n’y a pas de prêtres hérétiques, que tout va bien, et qu’il n’y a donc pas lieu d’intervenir pour enlever le mauvais du milieu de nous (1 Co 5.13). Or, rejeter ne serait-ce qu’un seul dogme de la Foi (qui non seulement ne doit pas être nié mais doit être explicitement enseigné), c’est ne plus avoir la Foi du tout, car la Foi est une ou elle n’est pas (Léon XIII, Satis Cognitum ; Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, II-II, q. 5, a. 3). Et « sans la Foi, il est impossible de plaire à Dieu (He 11.6) », en sorte que si la validité des sacrements n’est pas atteinte, les actions de l’hérétique sont dépourvues de valeur et d’efficience surnaturelles au service du bien et de la vie réelle de l’Église … C’est pourquoi, lorsque la plupart de ses disciples cessèrent de croire en Lui, Jésus n’a pas cherché à modifier Son enseignement pour les garder avec Lui – Il était même prêt à perdre les Douze (Jn 6.66-67) ! En effet, il vaut mieux un petit nombre de prêtres dignes de ce nom, qu’un grand nombre qui détruisent la vie surnaturelle des fidèles. « Tout sarment qui ne porte pas de fruits, mon Père l’enlève, et celui qui porte du fruit, Il l’émonde. (Jn 15.2) » Serait-ce que l’Église, spécialement en Occident, est devenue stérile pour avoir refusé de supprimer ses membres devenus hérétiques – et dans la même logique suicidaire, repoussé nombre de ses membres sains ?

Il doit toutefois être bien clair que l’hérésie formelle n’est pas une erreur théologique ou une opinion contestée, mais la négation obstinée, ou le doute obstiné, d’une vérité de foi divine et catholique (dogme), exprimée de manière externe. Les conditions d’imputabilité sont, en principe, réunies pour un prêtre : connaissance de la gravité de l’acte, volonté délibérée, absence de circonstances atténuantes comme l’ignorance invincible. Il est encore à noter que la validité des sacrements célébrés par un prêtre excommunié ne disparaît pas, du moins pour ceux qui reposent sur le pouvoir d’ordre, mais que seulement leur célébration est illicite. Ceux qui exigent une juridiction, comme c’est le cas pour la confession et le mariage, sont en principe invalides, sauf en certains cas prévus par le droit (si le fidèle est en danger de mort, ignore la censure qui frappe le prêtre, demande un sacrement pour une juste cause …). La responsabilité morale de l’illicéité pèse alors principalement sur le prêtre. Il ne suffit donc pas qu’un prêtre ait professé une hérésie pour qu’il soit réellement hérétique, encore faut-il qu’il la maintienne. Aussi faut-il le rencontrer pour s’assurer de ce qu’il en est exactement, et si tel est le cas et qu’il ne vienne pas à résipiscence, alors, parce que « Le peuple catholique a le droit d’obtenir que le Sacrifice de la sainte Messe soit célébré sans subir d’altération d’aucune sorte, en pleine conformité avec la doctrine du Magistère de l’Église. (Ibid. 11-12 ; Can. 213) », on peut bien estimer que disparaît aussi l’obligation de participer à une liturgie ne respectant pas ce droit (cf. Mgr Schneider, Fuyez l’hérésie, Éditions Contretemps, 2025, p.149). Reste au fidèle le devoir d’en avertir son évêque, et si cela devait n’avoir, là encore, aucun effet constatable, il doit s’adresser à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (Cf. Mt 18.17).

« Les délits contre la foi, ainsi que les graviora delicta commis au cours de la célébration de l’Eucharistie et des autres sacrements, doivent être déférés sans tarder à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. (Ibid. 179) »

L’Église, lasse du comportement trop souvent immoral de ses ministres, députe jusqu’au dernier de ses fidèles ce

« devoir de prêter une attention particulière à ce que le très saint Sacrement de l’Eucharistie soit défendu contre tout manque de respect et toute déformation, et que tous les abus soient complètement corrigésCe devoir, de la plus grande importance, qui est confié à tous et à chacun des membres de l’Église, doit être accompli en excluant toute acception de personnes. Il est reconnu à tout catholique, qu’il soit prêtre, diacre ou fidèle laïc, le droit de se plaindre d’un abus liturgique, auprès de l’Évêque diocésain ou de l’Ordinaire compétent équiparé par le droit, ou encore auprès du Siège Apostolique en raison de la primauté du Pontife Romain. Cependant, il convient, autant que possible, que la réclamation ou la plainte soit d’abord exposée à l’Évêque diocésain. Cela doit toujours se faire dans un esprit de vérité et de charité. (Redemptionis Sacramentum, 183-184) »

Et l’hérésie étant publique, il relève encore du droit et du devoir du fidèle d’en avertir les autres membres de la communauté. En effet,

« Selon le savoir, la compétence et le prestige dont ils jouissent, les fidèles ont le droit et même parfois le devoir de donner aux Pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l’Église et de la faire connaître aux autres fidèles, restant sauves l’intégrité de la foi et des mœurs et la révérence due aux pasteurs, et en tenant compte de l’utilité commune et de la dignité des personnes. (Can. 212 – § 3) »

Saint Jean Chrysostome estimait que la plupart des prêtres vont en Enfer (In Acta Apostolorum, Homilia III), aussi écoutons saint Paul nous dire :

« Prenez garde aux chiens ! Prenez garde aux mauvais ouvriers ! (Ph 3.2) »

Abbé Guy Pagès

Encore une théorie du complot qui s’avère vraie

Lu dans Les 4 Vérités :

Le Dr Anthony Fauci, dont le public français avait découvert l’existence lors de l’épidémie de Covid-19 (il dirigeait à l’époque l’Institut national des allergies et maladies infectieuses), a été interrogé le 29 juillet par une commission du sénat américain, présidée par l’élu libertarien du Kentucky Rand Paul.

Le moins que l’on puisse dire est que l’immunologiste n’a pas convaincu puisque, quelques jours plus tard, le sénat l’a déclaré « coupable d’entrave aux prérogatives d’enquête du Congrès » – ce qui est considérablement plus grave de l’autre côté de l’Atlantique que chez nous !

Que s’est-il passé? Tout simplement ceci: à chaque question embarrassante sur sa gestion de la pandémie (et la suspension des libertés publiques qui s’en est suivie), le Dr Fauci a « répondu » en objectant le 5e amendement de la constitution américaine, protégeant les citoyens contre les abus de pouvoir lors de procédures judiciaires.

Problème: de nombreux experts de la constitution américaine estiment qu’un justiciable qui a bénéficié d’une grâce présidentielle ne peut plus bénéficier, pour la même affaire, de la protection du 5e amendement. Ce qui est logique puisque la grâce présidentielle n’a de sens qu’en cas de condamnation.

Or, Joe Biden avait accordé à Anthony Fauci une grâce présidentielle préventive – objet juridique non identifié, à l’existence aussi nébuleuse qu’un cercle carré, puisqu’il s’agissait d’une grâce préalable à une condamnation (et donc anticipant le fait que les agissements du Dr Fauci méritaient condamnation).

En tout cas, les suites de cette audition sénatoriale promettent d’être intéressantes. D’abord pour mieux comprendre ce qui s’est passé aux États-Unis et comment un peuple si sourcilleux sur sa liberté a pu accepter de se laisser enfermer pendant si longtemps.

Mais cela pourrait aussi être intéressant pour la France. Car bon nombre de mensonges proférés aux États-Unis ont été réitérés chez nous.

Si le Dr Fauci est condamné, Olivier Véran, ministre de la Santé pendant cette étrange période, et plusieurs médecins de plateau télévisé ont du souci à se faire: nous ont-ils privés de liberté sur la base d’informations qu’ils savaient fausses ? Sont-ils à leur tour passibles de poursuites judiciaires ?

En attendant, l’accusation de complotisme – abondamment utilisée pendant cette crise sanitaire – a du plomb dans l’aile: beaucoup des « complotistes » d’alors étaient seulement des personnes qui posaient des questions légitimes – et parfois y apportaient des réponses aujourd’hui confirmées !

Message de Louis de Bourbon à l’occasion de la fête de Saint Louis

Chers Français,

Depuis plusieurs années, j’ai pris l’habitude d’exprimer, à l’occasion de la Saint-Louis, les constats et les vœux que m’inspire la situation du pays, à la lumière de la tradition multiséculaire dont je suis l’héritier.

En cette rentrée 2026-2027, l’année qui s’ouvre s’accompagne d’une échéance cruciale pour la France : celle d’une élection présidentielle.

Plus que jamais, l’avenir du pays paraît incertain. Au-delà des positionnements politiques souvent prévisibles, on ne peut que constater une grande absente : celle de la clarté et de la vision de long terme. Est-ce là ce qui explique la grande profusion des candidatures ? il semble que le pays soit frappé d’une dispersion des volontés à la mesure de la disparition du principe d’autorité. Cette absence fait d’autant plus cruellement défaut que les urgences se font pressantes.

Sur le plan de la Justice et de la sécurité, malgré un durcissement de son arsenal, l’État n’obtient pas de diminution des crimes et des délits. Il s’agit là de drames humains et non seulement de statistiques. Que dire lorsque se succèdent les affaires aussi retentissantes que désolantes ? En quatre ans, Quentin, Lyhanna, Louis ont succédé à Elias, Louise, Lorène, Mélanie et Mehdi, Shemseddine, Matisse, Philippine, Fayed, Dominique Bernard, Thomas, Lola et Justine… Cette litanie de crimes, qui touchent des victimes de plus en plus jeunes, est tout simplement intolérable. Une profonde mutation de l’esprit public et une rénovation complète de notre Justice sont nécessaires pour en venir à bout.

Sur le plan économique, la France poursuit sa descente aux abîmes de l’immobilisme et de l’endettement. Dès fin 2026, la charge de la dette dépassera celle de toutes les grandes politiques publiques non sociales, dont l’Éducation nationale et la Défense. Cette charge va comprimer l’espace disponible pour les autres dépenses publiques. Or, la France peine à se réindustrialiser, et à relancer sa croissance. Asphyxiée par la fiscalité, l’économie accuse un retard croissant face aux évolutions en cours aux États-Unis et en Asie. Le tableau n’est pas entièrement sombre : la France conserve des atouts solides dans plusieurs filières industrielles telles que l’aéronautique, le luxe, l’énergie, la défense, l’intelligence artificielle. Certains projets commencent à produire des effets. Mais la capacité du pays à transformer ces points forts en croissance durable dépendra de sa faculté à restaurer ses finances publiques et à simplifier ses règles.

Sur le plan de la santé, la première responsabilité des dirigeants est de protéger la vie. Or, le 15 juillet, l’Assemblée nationale a voté la loi légalisant l’euthanasie. Des institutions médicales et hospitalières, qui étaient consacrées à soulager les souffrances, à protéger la vie et la santé, administreront désormais la mort. J’ai eu l’occasion de dire à quel point cette loi constitue un basculement mortifère pour toute la société. Je regrette que les réserves du Conseil constitutionnel aient été si timides, et que cette institution, qui s’est réservé la mission de garantir les libertés, soit passée à côté de l’enjeu essentiel : éviter à nos personnes âgées et malades de se sentir un fardeau lorsque nous les entourons de nos soins. Cette responsabilité de veiller sur les patients jusqu’au terme naturel de la vie, qui incombait à toute la société, ne dépendra plus désormais que de la fragile conscience isolée de chaque personne : enfants, proches, soignants et de la ténacité des personnes âgées elles-mêmes. Je souhaite qu’au plus tôt, la garantie d’une loi intangible revienne au secours de la vie, notamment de la plus faible et la plus démunie.

Sur le plan des services publics, on répète souvent, à juste titre, que la France a été façonnée par son État. Or c’est un État affaibli qui se dévoile aujourd’hui. Malgré le dévouement des agents, l’été a été marqué par une succession de graves lacunes dans l’anticipation des crises et dans leur gestion. En voici trois illustrations : dès le mois de juin, face à la canicule, la climatisation des établissements s’est avérée lacunaire – en particulier celle des hôpitaux et des lieux accueillant des personnes âgées, provoquant une surmortalité de plus d’un tiers. En juillet et en août, face aux incendies forestiers, l’organisation et l’équipement se sont révélés gravement insuffisants, conduisant à des pertes majeures : près de 120 000 hectares ont brûlé, dont des habitations, plusieurs morts sont à déplorer ainsi que des centaines de blessés parmi les secours. Enfin, sur le plan névralgique du secret fiscal, l’administration, que l’on pensait hautement sécurisée, a été prise en défaut au détriment de plusieurs centaines de milliers de contribuables – cette nouvelle fuite succédant à celle ayant touché bien d’autres services publics. Ces trois illustrations matérialisent la désillusion des Français à l’égard d’un État dont la puissance et l’efficacité ont tant perdu de leur lustre.

Qui peut obtenir de l’État une réelle responsabilité ? La redevabilité des dirigeants est pourtant un principe cardinal, que nos institutions peinent à assurer.

Le modèle de Saint Louis peut nous paraître lointain. Pourtant, ses Enseignements à son fils Philippe sont d’une frappante actualité. Le roi ne s’est pas contenté de donner l’exemple, mais il a souhaité coucher lui-même par écrit ses préconisations : faire preuve de désintéressement, d’humilité et de redevabilité dans l’exercice du pouvoir, ne pas accabler le peuple d’impôts et de taxes, avoir compassion des pauvres, des malheureux et des personnes qui souffrent, rendre la Justice avec droiture et fermeté, préserver les libertés et les coutumes locales, nommer des administrateurs irréprochables et les contrôler régulièrement, ne pas provoquer ni intervenir dans un conflit guerrier sans une nécessité impérieuse… Que d’enseignements pour nos dirigeants contemporains !

La mise en œuvre de ces enseignements atemporels est d’autant plus urgente que dans le contexte général d’affaiblissement de l’État que nous venons de décrire, trois spectres menacent la France.

Le premier est celui de la lutte entre les générations. Alors que le système de redistribution sociale hérité de l’après-guerre n’a cessé de prendre de l’ampleur, il aspire désormais une part considérable de la production quotidienne des travailleurs actifs, de moins en moins nombreux, au profit des inactifs et des plus âgés, en proportion croissante. Face à ce constat, comment échapper à une nouvelle donne économique et sociale ? Comment rendre de l’air à une politique familiale, absolument nécessaire pour renouveler les générations dont la France a besoin ?

Le second spectre est celui de la division intérieure. Tandis que, depuis des décennies, de lancinantes offensives de dénigrement de l’Histoire de France frappent la fierté des Français et les détournent de leur identité, les vagues successives d’immigration ont confronté la population à un morcellement identitaire et culturel sans précédent. Les dernières élections municipales ont illustré comment plusieurs décennies de clientélisme complice peut laisser place à des attitudes d’éviction communautaristes. Dès lors, comment faire face aux enjeux d’unité nationale et de destin collectif ?

Le troisième spectre enfin est celui de la guerre extérieure. Les dirigeants français et européens sauront-ils, à l’image de Saint Louis, apaiser les conflits et mettre fin aux tensions internationales ? Avec les traités de Paris et de Corbeil, en 1258, mon aïeul, pourtant victorieux et en position de force, préféra consentir à l’Angleterre et à l’Espagne de lourdes concessions pour transformer des victoires militaires en paix durable, en supprimant les occasions futures de reprise de ces guerres. Puissent les dirigeants d’aujourd’hui retrouver une semblable magnanimité !

Face à ces menaces et contre tout déclin, j’appelle à un sursaut. Forte de sa longue histoire, les Français doivent s’en souvenir : rien n’est jamais perdu. C’est aux Français qu’il appartient de ressaisir les armes de la volonté, de la grandeur et du courage.

Ils sont nombreux ceux qui accomplissent avec ferveur et vaillance leurs responsabilités au service du bien commun : ceux qui veillent sur l’État, ceux qui conduisent leurs entreprises avec conscience, ceux qui se dévouent pour des œuvres associatives, caritatives et sociales, ceux qui ont consacré leur vie à l’enseignement ou à la contemplation, ceux qui, tout simplement, élèvent et éduquent leur famille. Chacun à leur façon, ils détiennent une part de l’intérêt national. Je sais combien l’avenir de la Patrie dépend de leur action, et combien nous pouvons placer en eux notre confiance.

Sous la protection de ses saints tutélaires de la France, en renouvelant l’affirmation de ma disponibilité selon la permanence du principe royal, je les assure de ma fidèle pensée et de ma plus profonde reconnaissance.

Louis de Bourbon,

Duc d’Anjou

Chef de la Maison de Bourbon

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Livres en Famille avant Amaz… et les autres ! Pour le livre de la rentrée : ” Eduquer” de Frédéric Gautier

Cela se confirme tous les jours Livres en famille fait du bon travail sur le net ! Ne boudons pas notre plaisir !

Ce livre « Eduquer – petit traité pour des temps chahutés » sera le livre de la rentrée ! Livres en famille y travaille et ma foi, le résultat est visible, nous sommes référencés juste après l’éditeur Le Cerf, normal, mais avant tous les marchands de papier !

L’auteur, Frédéric Gautier : Éducateur, enseignant, chef d’établissement scolaire à Reims et à Paris (Saint-Louis de Gonzague et Stanislas), et directeur diocésain de l’Enseignement catholique de Paris. Un parcours engagé au service de la jeunesse pendant plus de quarante ans.

C’est LE livre de la rentrée : Avec liberté de ton et sans céder aux modes pédagogiques actuelles, Frédéric Gautier bouscule bien des idées reçues et rappelle une évidence trop souvent oubliée : éduquer ne consiste pas seulement à transmettre des connaissances, mais à élever toute la personne. À rebours des discours dominants, il plaide pour une pédagogie de l’ambition, de la liberté et de la transcendance.
Enseigner, n’est-ce que transmettre des savoirs ? N’est-ce pas aussi, et surtout, nourrir des intelligences, former des caractères et fortifier des âmes ? Riche de plus de quarante années d’expérience dans l’enseignement, Frédéric Gautier rassemble ici ses libres propos sur l’éducation.

Ancien directeur de Stanislas, formateur et accompagnateur de chefs d’établissement, il partage les convictions, les intuitions et les leçons forgées au contact de générations d’élèves, de parents, d’éducateurs et de professeurs. Sous la forme vivante d’un abécédaire, ces pages conjuguent sagesse de terrain, exigence intellectuelle et regard spirituel.

Un livre de réflexion, de transmission et d’espérance.

Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/formation-humaine-religieuse-et-morale-/30838-eduquer-petit-traite-pour-des-temps-chahutes.html?ref=043193205
Eduquer, petit traité pour des temps chahutés, Frédéric Gautier, Editions du Cerf, 248 pages, 20.90 €

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Envisager de faire des économies sur le dos des familles quand la natalité s’effondre : un contresens historique

Communiqué du Syndicat de la famille :

Alors que la France connaît une crise démographique historique, un rapport gouvernemental publié ce 12 août envisage, à l’approche de l’élaboration du PLFSS, de faire des économies sur le dos des familles. Ses propositions pourraient coûter jusqu’à 2000 € par an pour les familles de deux enfants et plus de 3000 € pour celles de trois enfants. Le Syndicat de la Famille appelle le Gouvernement à rejeter ces pistes contre-productives et, au contraire, à rebâtir la politique familiale : la France n’a en effet pas d’autre choix que d’investir dans la famille pour assurer son avenir démographique, social et économique.

En 2025, seulement 645 000 enfants sont nés en France, soit 24 % de moins qu’en 2010. La fécondité est tombée à 1,56 enfant par femme et, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le solde naturel français est devenu négatif.

C’est pourtant dans ce contexte que l’IGF et l’IGAS proposent jusqu’à 4,2 milliards d’euros d’économies annuelles sur la politique familiale avec des mesures telles que la baisse de 20 % des plafonds de revenus pour les allocations familiales, l’exclusion de nombreuses familles de l’accès à certaines aides, la suppression de la réduction d’impôt pour frais de scolarité, …

Si ces mesures s’ajoutaient au report de 14 à 18 ans pour la majoration des allocations familiales, déjà acté, le choc serait considérable : par exemple, pour un couple biactif disposant de 78 000 € de ressources annuelles, la baisse atteindrait 2000 € avec deux enfants et plus de 3 000 € avec trois enfants.

L’essentiel de cette perte proviendrait de l’abaissement des plafonds : ces familles de classes moyennes basculeraient du taux plein à 50 % des allocations familiales.

Le paradoxe est saisissant : plus une famille a d’enfants, plus elle serait frappée par les économies imaginées dans ce rapport.

« On rendrait la réalisation du désir d’enfant et son éducation encore plus difficile pour les familles, souligne Ludovine de La Rochère, présidente du Syndicat de la FamilleCes pistes sont en contradiction directe avec l’urgence démographiqueNous demandons donc au Gouvernement de renoncer à toute réduction des dispositifs familiaux et, au contraire, de rebâtir une vraie politique familiale : la famille est un investissement incontournable et rentable. »

Le Chevalier suprême des Chevaliers de Colomb nommé membre du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie

Le Saint-Père a nommé le Docteur Patrick E. Kelly, Chevalier suprême des Chevaliers de Colomb, membre du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie.

Patrick E. Kelly est le quatorzième et actuel Chevalier suprême des Chevaliers de Colomb. Il a été le directeur exécutif fondateur du Sanctuaire national Saint Jean-Paul II à Washington, D.C, propriété des Chevaliers. En février 2021, il a été élu par le conseil d’administration pour succéder à Carl A. Anderson au poste de Grand Chevalier des Chevaliers de Colomb . Son mandat a débuté le 1er mars 2021 et il a été officiellement intronisé le 11 juin 2021. Les Chevaliers de Colomb sont une association catholique de bienfaisance qui regroupe 2 millions de membres à travers le monde, engagés dans la célébration de la foi, de la famille et de la fraternité, fondée en 1882 aux États-Unis par l’abbé Michael J. McGivney. L’organisation se développe en France.

Dans son premier discours à l’assemblée annuelle des Chevaliers après sa nomination, Kelly a déclaré que l’évangélisation serait une priorité absolue :

« Lorsque je regarde l’histoire de l’ordre, je vois l’évangélisation dans pratiquement tout ce que nous avons fait. Pourtant, aujourd’hui, il y a une urgence particulière. »

Kelly a lancé un programme appelé Cor, est conçu comme un pilier de ses efforts d’évangélisation. Selon Kelly, il repose sur « la prière, la formation et la fraternité ». Le programme comprend divers éléments, dont une étude biblique pour hommes catholiques et une série de vidéos sur « le mariage, la famille et la paternité ».

Kelly a souligné l’importance pour les Chevaliers de tendre la main aux jeunes hommes lors d’une conférence en novembre 2025, déclarant :

« Beaucoup de jeunes hommes sont perdus et déconnectés. Beaucoup viennent de familles brisées avec des pères qui ne font pas vraiment partie de leur vie. Beaucoup se noient dans les profondeurs d’Internet et des médias sociaux. »

Le soutien au Renouveau eucharistique national — un projet de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis lancé en 2020 — est l’une des façons dont les Chevaliers sous la direction de Kelly soutiennent l’évangélisation.

Sous la direction de Kelly, les Chevaliers ont produit Mother Teresa: No Greater Love, un film documentaire américain sur la vie de Mère Teresa.

Kelly était capitaine de réserve du corps des avocats généraux de la marine américaine (JAG). Spécialisé en droit international et opérationnel, il a pris sa retraite en 2016 après 24 ans de service. Il a également commandé l’unité de droit international du Collège de guerre navale des États-Unis. Il siège au conseil consultatif du Centre d’études sur l’art de gouverner de l’Université catholique.

Kelly a également occupé diverses fonctions, notamment celle de conseiller législatif auprès de la Commission permanente spéciale du renseignement de la Chambre des représentants des États-Unis et du département de la Justice. Il a aussi été conseiller principal de l’ambassadeur itinérant pour la liberté religieuse internationale au département d’État. À ce titre, il était le principal interlocuteur du département d’État auprès du Saint-Siège et d’autres nations sur les questions de liberté religieuse.

En 2012, il était président de la March for Life.

Kelly est un ancien député d’État du district de Columbia et a été élu au conseil d’administration en 2013.

Suite à la décision Dobbs c. Jackson Women’s Health Organization abrogeant le droit à l’avortement en 2022, Kelly a déclaré :

« Dans un monde post-Roe, les Chevaliers continueront d’être là pour les mères et leurs enfants, et nous continuerons de proclamer la dignité de chaque vie humaine. »

« L’arrêt Roe v. Wade est enfin caduc. Nous avons désormais une chance de gagner le combat pour la vie… En annulant Roe, la Cour nous a donné les moyens de mettre fin à l’une des pires injustices de l’histoire américaine. Roe est cassé, mais il nous reste encore du travail à accomplir. Nous continuerons à militer pour la vie jusqu’à ce que l’avortement soit impensable. » « Chaque État a un choix à faire. Au moins la moitié protégera la vie dans une certaine mesure. Mais d’autres maintiendront le statu quo en matière d’avortement. Et certains États iront même jusqu’à étendre l’accès à l’avortement, exposant ainsi les mères et les enfants à un danger accru. »

Kelly a exprimé son soutien à un programme lancé par les Chevaliers de Colomb en 2019 visant à faire don d’appareils d’échographie aux centres de suivi de grossesse. Le 2 000e appareil a été installé en août 2025. Le conseil national prend en charge la moitié du coût de chaque appareil, l’autre moitié étant à la charge des sections locales.

Le pape Léon XIV a rencontré Kelly au Vatican en octobre 2025. Le pape Léon a remercié les Chevaliers pour le financement de la restauration du baldaquin de Saint-Pierre, ajoutant que les Chevaliers

« cherchent à apporter la compassion et l’amour du Seigneur dans vos communautés locales, notamment par vos efforts pour défendre le caractère sacré de la vie humaine à toutes ses étapes, pour aider les victimes de guerre et de catastrophes naturelles, et aussi pour soutenir les vocations sacerdotales. »

Canada : Conflit entre l’Église et les autorités militaires

Depuis 2023, les autorités militaires canadiennes tentent de faire interdire la prière publique pour les aumôniers militaires en la faisant remplacer par une réflexion spirituelle. Le débat refait surface chaque année, surtout au Jour du Souvenir.

Or, depuis le 29 juillet 2026, un tournant a été effectué: l’ordre a été donné à tous les militaires de faire des réflexions spirituelles en excluant le nom de Dieu et toute référence religieuse. Cette nouvelle directive se trouve ici: Instruction du personnel militaire des Forces armées canadiennes 03/26 – Réflexions spirituelles dans des contextes militaires – Canada.ca

Le débat fait rage actuellement, et le conflit s’est envenimé entre les autorités militaires et les évêques de l’Église catholique.

En effet, l’évêque du diocèse militaire canadien – Mgr Scott McCaig – a dénoncé cette nouvelle politique dans une déclaration.

Cette instruction repose sur une prémisse erronée : le simple fait que certains systèmes de croyance ne professent pas l’existence de Dieu, ou d’une autre source divine, ne les rend pas neutres. Les systèmes de croyance athées exigent autant d’assentiment de l’intellect et de la volonté (foi) que n’importe quel système théiste de croyance. Eux aussi professent des croyances particulières sur Dieu (existence ou non-existence, nature, etc.), le monde et son existence, ses valeurs, ainsi que le sens et le but. C’est pourquoi les humanistes laïques ont à juste titre des aumôniers et des aumônières dans les Forces armées canadiennes. Elles font partie des nombreuses « traditions de foi spirituelle » et sont reconnues comme telles par le gouvernement. Il n’existe pas de réflexion sur le sens, le but et le bien-être spirituel sans présupposés philosophiques et religieux. Ce n’est pas au gouvernement de juger entre eux. C’est l’opposé de la neutralité de l’État.

Mais, ce n’est pas tout. La Conférence des Évêques Catholiques du Canada (CECC) a appuyé Mgr McCaig avec cette déclaration.

En somme, la plus haute autorité ecclésiale au pays s’oppose à cette nouvelle politique, et cette hiérarchie ecclésiale a demandé à tous les catholiques de s’informer à ce sujet.

L’affaire a beaucoup fait parler au Canada anglais. Le Toronto Sun parle même d’une ”guerre sainte”. Du côté politique, certains députés conservateurs ont également critiqué le gouvernement Carney sur cette question.

Indulgence payante ou calomnie gratuite ?

De l’abbé Guy Pagès :

[D]es amis en vacances dans les Alpes de Haute Provence ont eu la peine de découvrir à la chapelle Notre Dame de Beauvoir, du charmant village de Moustiers Sainte Marie, une plaque explicative affirmant que l’Église « vendait des indulgences ».

Or, l’Église n’a jamais vendu des indulgences ou autorisé un tel commerce ! Au contraire, elle a toujours combattu le péché de simonie, qui reste un délit grave dans le droit de l’Église. Il ne faut pas confondre l’indulgence, qui est la rémission de la peine temporelle due pour des péchés déjà pardonnés quant à la faute, rémission obtenue par l’action de l’Église (trésor des mérites du Christ et des saints) et les dispositions intérieures du pénitent manifestées par des œuvres de piété/charité/pénitence, et les abus commis par certains clercs ayant présenté l’aumône comme un « achat » d’indulgence. L’Église n’a jamais fait de la vente d’indulgences une doctrine ni une pratique officielle autorisée. Les aumônes pour de justes causes (construction d’églises, œuvres de charité) ont pu être indulgenciées, mais cela n’équivaut pas à une vente de grâces.

Le Décret sur les indulgences du Concile de Trente (Session XXV, 4 décembre 1563) établit :

« Le pouvoir de conférer des indulgences ayant été accordé par le Christ à l’Église, et celle-ci ayant usé de ce pouvoir qui lui avait été divinement communiqué même dans les temps les plus anciens, le saint concile enseigne et ordonne que l’usage des indulgences, très salutaire pour le peuple chrétien et approuvé par l’autorité des saints conciles, soit conservé dans l’Église ; et il frappe d’anathème aussi bien ceux qui affirment qu’elles sont inutiles que ceux qui nient qu’il y ait dans l’Église le pouvoir de les accorder. Cependant, il désire qu’on fasse preuve de mesure en les accordant […] pour éviter que la discipline ecclésiastique ne soit affaiblie par une trop grande facilité. Désirant amender et corriger les abus qui s’y sont glissés, et à l’occasion desquels ce beau nom d’indulgences est blasphémé par les hérétiques, par le présent décret le saint concile statue d’une manière générale que doivent être absolument abolis tous les déplorables trafics d’argent en vue de les obtenir [omnis turpis quaestus pro eis consequendis], source très abondante d’abus parmi le peuple chrétien. »

Le pape saint Pie V (1567) a annulé toutes les concessions d’indulgences qui impliquaient des frais, des taxes ou des transactions financières, et a interdit la quête sous prétexte d’indulgences (sauf exception très stricte et contrôlée). C’est la mesure disciplinaire qui a mis fin de façon durable aux abus monétaires.

Et encore en 1967, le Paul VI, par la Constitution apostolique Indulgentiarum doctrina, après avoir rappelé explicitement l’enseignement de Trente, reformule la doctrine et les normes pour l’obtention des indulgences (confession, communion, prière pour le pape, détachement du péché, œuvres de piété/charité/pénitence), sans aucune référence à un paiement.

J’ai donc demandé, à qui de droit, que soit supprimé, là et ailleurs, cette calomnie.

Kaliningrad, l’exclave de tous les dangers

D’Antoine de Lacoste dans la Nouvelle Revue d’Histoire :

Le 17 juillet 2025, le général américain Chris Donahue a remis l’exclave de Kaliningrad au goût du jour. Au cours d’une conférence sur la stratégie terrestre européenne qui se tenait à Wiesbaden, en Allemagne, il a déclaré : « Avec les moyens avancés de l’OTAN, nous pouvons détruire cette région depuis le sol, plus vite que jamais. » Les Russes ont évidemment réagi et rappelé que Kaliningrad, c’est la Russie et que toute attaque contre cette région serait considérée comme une agression directe contre la Russie elle-même.

Cette menace américaine n’est pas brandie par n’importe qui : Chris Donahue commande les forces américaines en Europe et il est également commandant des forces terrestres de l’OTAN. L’avertissement est donc à prendre au sérieux, et a d’ailleurs été plusieurs fois renouvelé depuis, par différentes voix otanesques.

Cette tension autour de l’exclave de Kaliningrad, n’est pas nouvelle. Elle est en réalité inhérente à son existence même.

Kaliningrad est l’ancien Königsberg, un territoire de la Prusse-Orientale du nord. C’est à la Conférence de Postdam (17 juillet-2 août 1945) que les alliés ont réglé le partage de la Prusse-Orientale : le nord fut attribué à l’URSS et le sud à la Pologne. Staline tenait beaucoup à Königsberg, seul port situé sur la Mer Baltique libre de glace toute l’année. Sa prise par l’Armée rouge avait d’ailleurs donné lieu à de furieux combats qui avaient duré plus de trois mois.

Königsberg était une vieille ville allemande fondée par les chevaliers teutoniques en 1255 au moment des croisades contre les Prussiens et les Baltes païens. Son nom signifie « Montagne du Roi » en Allemand afin de rendre hommage à Ottokar II de Bohême qui avait combattu aux côtés des Teutoniques.

Elle fut très belle, abritait des universités de haut niveau et Kant en fut un des habitants emblématiques. Il ne reste plus grand-chose de son patrimoine historique en raison des bombardements de la seconde guerre mondiale. Ce ne sont d’ailleurs pas les Soviétiques qui en furent les responsables mais les Anglais qui détruisirent à peu près tous les quartiers médiévaux au cours d’un bombardement aveugle et inutile en août 1944. Une bonne vieille marque de fabrique anglo-saxonne.

Quand les Soviétiques s’installèrent, ils chassèrent brutalement les 300 000 Allemands qui s’y trouvaient depuis des siècles. Staline en fit une grande base militaire et la baptisa (si l’on ose dire) Kaliningrad, en hommage à Mikhaïl Kalinine, chef du Soviet suprême qui venait de décéder. Dès lors, l’exclave fut un endroit secret, interdit aux étrangers. Le port était stratégique et c’est là que l’URSS puis la Russie concentrèrent la partie la plus moderne de leur flotte.

Lors de la chute du communisme en 1991, Kaliningrad fit comme le reste de la Russie : elle s’effondra. Pauvreté, corruption, chômage, rien ne manqua. Même la flotte n’était plus entretenue. Boris Eltsine décida d’en faire une zone franche afin d’attirer des investissements étrangers. Les Allemands, on s’en doute, furent intéressés. On vit même d’anciens habitants expulsés, ou leurs enfants, revenir voir leurs maisons familiales ou leurs châteaux en ruine pour les descendants de hobereaux prussiens.

L’Allemagne tenta alors d’aller plus loin et favorisa, dans l’anarchie de l’époque, l’installation des fameux Allemands de la Volga que Catherine II avait fait venir et que Staline déporta en Asie centrale, notamment au Kazakhstan. Après l’indépendance des pays d’Asie centrale, ils y furent maltraités et durent partir. Pourquoi pas à Kaliningrad afin de préparer une future autonomie favorisée par une présence allemande importante ?

L’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine mit fin à cette tentative de recolonisation. Depuis, l’exclave de 15 000 km2 et un million d’habitants dont 80% de Russes est redevenue stratégique. Coincée entre la Lituanie, dont la frontière est l’emblématique fleuve Niemen (non loin de Tilsit, Eylau et Friedland), et la Pologne au sud, Kaliningrad est régulièrement menacée. La Russie ne la lâchera jamais : il y a la flotte, 30 000 soldats et des ogives nucléaires.

Le général Donahue le sait bien mais menacer la Russie tout en l’accusant d’être une menace est une stratégie de communication qui fonctionne très bien en Europe.

25 août : saint Louis, modèle des chefs d’Etat

Eglise universelle : Saint Louis, modèle des chefs d’Etat

Il y a tout juste 800 ans, le 29 novembre 1226, saint Louis était sacré roi de France. A l’occasion de cet anniversaire, François-Régis Legrier publie une nouvelle biographie du saint : Saint Louis, modèle des chefs d’Etat, principalement centrée sur l’action politique du saint roi. Ou comment concilier fidélité à l’Evangile et responsabilités politiques.

Eglise en France : Quelques lectures estivales

Jean-Pierre Maugendre nous propose quelques lectures estivales :

Eglise en Marche : Rénove une statue

Raphael Castex, de l’association Rénove une statue, vient de démarrer un tour de France du patrimoine afin de restaurer 20 statues. Il nous présente son action et ses projets.

A quoi sert le Dicastère pour le service du développement humain intégral ?

Le pape Léon XIV a nommé mardi 18 août une douzaine de consulteurs au Dicastère pour le service du développement humain intégral, dont plusieurs personnes qui ont plaidé pour « l’ordination » des femmes, des changements dans l’enseignement catholique sur la moralité sexuelle, et même une personne ayant des liens avec le Forum économique mondial (WEF).

Parmi les nominations figure Peter G. Kirchschlager, éthicien social à l’Université de Lucerne (Suisse), qui a déclaré que l’Église est confrontée à un problème non résolu concernant l’impossibilité d’ordonner des femmes à la prêtrise. En 2018, Kirchschläger a critiqué l’Église catholique pour sa « mise en œuvre inadéquate des droits de l’homme en son sein » et pour son « problème non résolu » de ce qu’on appelle « l’égalité des sexes », notamment en ce qui concerne le fait de ne pas autoriser les femmes à être ordonnées prêtres. Kirchschläger a même soutenu que « l’État doit dire à l’Église : “Vous avez un problème en matière d’égalité” et insister pour que l’État fasse respecter “l’universalité des droits de l’homme” au sein de l’Église catholique et des autres religions, indépendamment de ce qu’elles enseignent.

Un autre, le père Peter Klasvogt, prêtre allemand, a adhéré au Chemin synodal allemand et a appelé à une révision de l’enseignement de l’Église sur les femmes prêtres et la morale sexuelle, dans un esprit de « transformation ».

Kathryn Koch, présidente et directrice générale de TCW, société internationale de gestion d’actifs indépendante, a auparavant passé 20 ans chez Goldman Sachs. Elle a notamment été nommée Jeune leader mondial par le Forum économique mondial en 2015.

Histoire remarquable d’un séminariste martyr qui a évangélisé ses ravisseurs musulmans

Dans un entretien accordé le 10 août à Catholic World Report (CWR), l’évêque Matthew Hassan Kukah de Sokoto, au Nigéria, a évoqué la foi vibrante des catholiques africains tout en avertissant que le continent n’est pas à l’abri des forces séculières qui ont vidé l’Église en Europe.

Au milieu des discussions sur l’essor de l’Église en Afrique, l’influence grandissante du matérialisme et l’insécurité persistante des fidèles dans son pays, l’évêque est revenu sur une histoire personnelle qui illustrait comment la force de l’Église se forge paradoxalement dans la persécution : le martyre d’un séminariste de 18 ans qui a courageusement évangélisé ses ravisseurs musulmans et qui, pour cette raison, a été assassiné.

« J’ai perdu un séminariste, un jeune homme de 18 ans qui a été enlevé avec trois de ses camarades ». « Après des négociations et le versement d’une rançon, ses trois camarades ont été libérés, mais lui a été assassiné. Par la grâce de Dieu, les ravisseurs ont été arrêtés un an plus tard et ont avoué l’avoir tué parce que, malgré leurs armes et sachant qu’ils étaient musulmans, il avait insisté pour qu’ils se repentent de leurs crimes et reviennent à Dieu ! »

Ce jeune homme était Michael Ikechukwu Nnadi, étudiant en première année de philosophie au Grand Séminaire du Bon Pasteur à Kakau, dans l’État de Kaduna, au Nigéria.

Dans la nuit du 8 janvier 2020, vers 22h30, des hommes armés en tenue de camouflage militaire ont franchi la clôture du séminaire, tiré des coups de feu, volé des téléphones et des ordinateurs portables, et enlevé Nnadi ainsi que trois de ses camarades de classe — Pius Kanwai, 19 ans ; Peter Umenukor, 23 ans ; et Stephen Amos, 23 ans. Les trois autres ont finalement été libérés après des négociations de rançon, mais pas Nnadi.

Nnadi a été inhumé le 11 février 2020 au séminaire, après une messe de funérailles célébrée par l’évêque Kukah. Dans son homélie, l’évêque a transformé le deuil en une proclamation de victoire. Il a expliqué comment l’Aide à l’Église en Détresse avait mobilisé une réponse internationale.

« Que le Seigneur l’accueille auprès de Lui et qu’il intercède pour nous. Si son sang peut apporter la guérison à notre nation, alors ses assassins n’auront jamais le dernier mot. Que Dieu lui accorde la paix éternelle ».

Fin avril 2020, la police a arrêté des membres du gang. Les ravisseurs ont avoué avoir tué Nnadi précisément parce qu’il leur prêchait sans cesse la repentance et l’Évangile, tout en connaissant leur appartenance à l’islam. L’évêque Kukah a décrit le jeune homme comme ayant « le courage d’un martyr ».

En hommage au jeune martyr, la résidence de l’évêque à Sokoto a été rebaptisée Maison Michael Nnadi, et les évêques de la province ecclésiastique de Kaduna ont approuvé la construction d’un sanctuaire en son honneur au séminaire du Bon Pasteur, où sa tombe se dresse près de l’entrée, témoin silencieux de son souvenir. L’évêque Kukah a exprimé l’espoir que l’Église reconnaisse un jour officiellement Nnadi comme martyr.

« l’histoire de notre Église est une histoire de sang innocent et de martyre… Nous ne pouvons pas les craindre car notre foi est bâtie sur le sang des martyrs. »

Obsèques catholiques pour un franc-maçon ?

Le sénateur de la Côte-d’Or François Patriat, ancien président de la région Bourgogne, est décédé le 19 août à l’âge de 83 ans. RIP.

Ses obsèques seront célébrées aujourd’hui à Semur-en-Auxois (Côte-d’Or) à 10 heures, à la collégiale Notre-Dame.

Or François Patriat était un franc-maçon notoire.

Pourtant

Le jugement négatif de l’Eglise sur les associations maçonniques demeure donc inchangé, parce que leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l’Eglise, et l’inscription à ces associations reste interdite par l’Eglise. Les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la sainte communion.

Comment l’archevêque de Dijon, Mgr Hérouard, compte-t-il concilier cet état de faits ? Il est permis de lui poser respectueusement la question : [email protected]

Addendum : l’archevêque a présidé les obsèques

«Les parents ont-ils encore le droit d’éduquer leurs enfants ? »

Communiqué de Juristes pour l’enfance :

Juristes pour l’enfance est fière d’annoncer la sortie de l’ouvrage « Les parents ont-ils encore le droit d’éduquer leurs enfants ? », le 10 septembre prochain aux éditions Artège.

Ce travail est né d’un constat et d’une question : à l’heure où les politiques publiques, l’école et les évolutions sociétales redéfinissent la place de l’enfant et de l’autorité parentale, les parents ont-ils encore le droit d’éduquer leurs enfants ?

Cet ouvrage réunit juristes, philosophes, médecins, responsables éducatifs et élus autour de questions particulièrement actuelles : autonomie du mineur, autorité des parents, liberté d’enseignement, instruction en famille ou encore place de l’État dans l’éducation.

Solidement documenté, il offre des repères concrets aux parents pour connaître et comprendre leurs droits et devoirs, dialoguer avec les institutions scolaires et retrouver confiance dans leur mission éducative.

Ce livre de référence s’adresse non seulement aux parents, mais aussi aux enseignants, chefs d’établissement, élus locaux et responsables d’associations soucieux de défendre une éducation respectueuse de la responsabilité première des familles.

Table des matières

• Propos introductifs – Aude Mirkovic Maître de conférences en droit privé à l’université d’Évry Paris-Saclay (HDR), présidente de Juristes pour l’enfance

Première partie – Un principe à redécouvrir

• Premier tour de piste autour du principe « Parents premiers et principaux éducateurs » – Claire de Gatellier, présidente émérite de l’association Famille et Liberté

• Fondements philosophiques du principe « Parents premiers et principaux éducateurs » – Constance Collin, professeur de philosophie

• Fondements juridiques du principe « Parents premiers et principaux éducateurs » – Aurélie Garand, ancien avocat, juriste chez Juristes pour l’enfance

• Les parents ont-ils encore le droit d’éduquer leurs enfants ? Fondements psychologiques du principe « Parents, premiers et principaux éducateurs » – Christian Flavigny, pédopsychiatre, psychanalyste

• L’enfantisme, un mouvement régressif – Matthieu le Tourneur, docteur en droit, juriste chez Juristes pour l’enfance, membre associé de l’Institut Droit et Santé (Inserm UMR_S 1145)

• L’influence des organisations internationales – Christophe Foltzenlogel, juriste à l’European Centre for Law and Justice (ECLJ)

Seconde partie – Un principe à faire respecter

• Peut-on déléguer l’éducation ? Quoi ? À qui ? Comment ? – Pascale Morinière, médecin, présidente de la Confédération nationale des associations familiales catholiques (CNAFC)

• Le choix de l’école privée sous contrat, un droit fondamental des parents – Olivia Sarton, ancienne avocate, directrice juridique de Juristes pour l’enfance

• Le choix de l’école hors contrat, un droit fondamental des parents – Adeline Le Gouvello, avocat au Barreau de Versailles

• Le choix de l’instruction en famille : un droit fondamental des parents – Hubert Veauvy, avocat, président de Liberté éducation

• Pour une collaboration fructueuse parents/école – Frédéric Gautier, ancien directeur de l’enseignement catholique de Paris, médiateur judiciaire et conventionnel

• Quand l’école outrepasse sa mission – Olivia Sarton, ancienne avocate, directrice juridique de Juristes pour l’enfance

• L’expérience du maire pour aider les parents à (re)devenir éducateurs – Xavier Lemoine, maire de Montfermeil, initiateur du programme de réussite éducative (PRE)

• Le rôle du médecin pour aider les parents à exercer leur responsabilité – Anne-Sophie Biclet, pédiatre

• L’expérience de l’éducateur pour aider les parents à (re)devenir éducateurs – François-Xavier Clément, ancien directeur d’établissement scolaire, président d’ALTE Academia

Les parents ont-ils encore le droit d’éduquer leurs enfants ?

 

7500 festivaliers à Paray le Monial

7500 festivaliers se sont retrouvés ce week-end à Paray le Monial pour célébrer le nom de Jésus.

7 500 festivaliers par jour se sont déplacés pour cette cinquième édition qui a vu défiler un panel d’artistes chrétiens, allant de la drill à la worship en passant par la scène Tremplins, le jazz manouche et la musique antillaise.

Parmi eux, For King and Country, Booshle G, Glorious, Souffle Nouveau, Momentum et Dan Luiten, Prince K-Mer, Nerih, EXO (reformé pour l’occasion), Jessy Elsa Palma, Uni’T, Maggie Blanchard…

Parmi les autres temps forts de ce week-end : le concert sous les étoiles avec Sam Olivier, le retour des 24h louange, la finale des Tremplins, Tendry & Mika et la célébration finale avec Gregory TURPIN.

Les 24h de louange non-stop à la basilique ont permis aux festivaliers de venir adorer dans la basilique à toute heure du jour ou de la nuit entre le samedi 8h et le dimanche 8h.

Telle mère telle fille

La différence d’âge entre Emmanuel Macron et Brigitte Macron est de plus de 24 ans.

  • Emmanuel Macron est né le 21 décembre 1977.
  • Brigitte Macron est née le 13 avril 1953.

Sa fille Tiphaine, 42 ans, a un compagnon de 22 ans.

Autre point commun : son compagnon, comme Macron, ne vit que grâce au brassage de vent. En effet, il “est à la tête de sa propre entreprise spécialisée dans la conception d’équipements de kitesurf au Touquet.”

Grandes soldes d’été des éditions Via Romana

Afin de permettre à Via Romana d’atteindre un point d’équilibre minimal de trésorerie, un effort s’avère indispensable avant la rentrée. Vous pouvez bénéficier de promotions exceptionnelles de 50% jusqu’au 30 août.

Commandez-nous donc des ouvrages à découvrir avant la rentrée, nous poursuivrons avec vous et pour vous le combat de l’identité et de la civilisation pour le doux royaume de France.

The Chosen dévoile la bande-annonce de sa saison 6

La bande-annonce officielle de la saison 6 de The Chosen a été dévoilée.

Dans une atmosphère éprouvante, elle entraîne les spectateurs au cœur de la Passion en retraçant avec émotions les dernières heures de la vie du Christ. Elle met en lumière les événements qui se déroulent entre le jardin des Oliviers et l’ensevelissement de Jésus.

Le tournage a lui-même été très intense pour les acteurs et l’équipe du film. Jonathan Roumie, qui incarne Jésus, raconte en juin 2025 que ces semaines de tournage ont été particulièrement éprouvantes, tant sur le plan physique qu’émotionnel. Plusieurs acteurs ont même confié avoir été profondément marqués par les scènes de la Crucifixion. D’après le réalisateur Dallas Jenkins  “Toutes les larmes n’étaient pas jouées”.

Les 6 premiers épisodes de la Saison 6 seront dévoilés fin novembre 2026. Le film conclusif de cette 6e saison, The Chosen : Crucifixion, sortira en exclusivité dans les salles de cinéma du monde entier mi-mars 2027.

 

Treizième dimanche après la Pentecôte : Guérison de dix lépreux

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Le treizième Dimanche prend aujourd’hui son nom de l’Évangile des dix lépreux qu’on lit à la messe. Les chants du propre de la messe de ce treizième dimanche après la Pentecôte sont encore tous extraits des psaumes, à l’exception de la Communion qui est comme celle du onzième dimanche empruntée à un autre livre de l’Ancien Testament. Mais ils présentent une particularité assez rare : c’est que l’Introït et le Graduel ont à peu près exactement le même texte.

Il provient du psaume 73, supplication collective du peuple élu à un moment où il est ruiné et livré à la fureur des impies, et se sent abandonné de Dieu. Il rappelle alors au Seigneur ses promesses et ses bienfaits passés pour le supplier de le sauver encore…

Introït Réspice, Dómine

Réspice, Dómine, in testaméntum tuum, et ánimas páuperum tuórum ne derelínquas in finem : exsúrge, Dómine, et iúdica causam tuam, et ne obliviscáris voces quæréntium te.
Souvenez-vous Seigneur de votre alliance et n’abandonnez pas à jamais les âmes de vos pauvres ; levez-vous Seigneur, faite justice à votre cause et n’oubliez pas la voix de ceux qui vous cherchent.

On remarquera la répétition des pronoms et possessifs à la deuxième personne, comme si le peuple élu voulait insister sur sa totale appartenance à Dieu. C’est le cas maintenant de l’Église, le peuple élu d’aujourd’hui, qui, malgré les tribulations que nous connaissons, ne doit jamais se sentir abandonné.
La mélodie divise cet Introït en deux parties qui commencent chacune par un grand élan suppliant vers l’aigu ; le deuxième sur les mots exsúrge Dómine est un véritable cri, mais à chaque fois la mélodie s’apaise aussitôt et se tient presque immobile et horizontale, comme si l’âme après avoir lancé son appel se tenait humblement prosternée.
Le verset qui accompagne cet Introït est le début du psaume 73.

Ut quid, Deus, repulísti in finem : irátus est furor tuus super oves páscuæ tuæ ?
Pourquoi, mon Dieu, nous repousser à jamais et faire éclater votre colère sur les brebis de votre pâturage ?

Graduel : Réspice, Dómine

Le texte du Graduel du treizième dimanche après la Pentecôte est à peu près le même que celui de l’Introït, tiré du psaume 73 ; seule la dernière phrase est changée, prise dans un verset voisin du psaume. On a donc toujours :

Réspice, Dómine, in testaméntum tuum : et ánimas páuperum tuórum ne obliviscáris in finem.
Souvenez-vous Seigneur de votre alliance, et n’abandonnez pas à jamais les âmes de vos pauvres ;

Exsúrge, Dómine, et iúdica causam tuam : memor esto oppróbrii servórum tuórum.
Levez-vous Seigneur faites justice à votre cause.

Mais au lieu de ne obliviscaris voces quærentium te, nous avons maintenant Memor esto approbrii servorum tuorum, souvenez-vous de l’humiliation de vos serviteurs. On voit que le sens général reste le même. Nous rappelons au Seigneur que la cause de l’Église pour laquelle nous le supplions, c’est la sienne. Et ici la mélodie, qui reprend des formules habituelles des Graduels, insiste fortement dans ce sens en plaçant toutes les grandes vocalises, en dehors du mot Domine, sur les adjectifs à la deuxième personne tuum, tuam, tuorum (2 fois). On remarquera même que le mot tuam de la deuxième partie comporte une note répétée six fois de suite.

Alléluia Dómine, refúgium

Nous retrouvons avec l’Alléluia du treizième dimanche après la Pentecôte la grande série des Alléluias de louange et d’action de grâces qui avait été interrompue dimanche dernier, comme au neuvième dimanche, pour faire place à une prière suppliante. Nous y retrouvons encore une fois, le premier verset d’un psaume, le psaume 89. Ce verset revient plusieurs fois dans la liturgie ; nous l’avons déjà rencontré au Graduel du sixième dimanche, dont il constituait la deuxième partie, et nous le retrouverons au Graduel du vingt et unième dimanche.

Dómine, refúgium factus es nobis a generatióne et progénie. Allelúia.
Seigneur, vous avez été pour nous un refuge de génération en génération.

C’est un chant d’action de grâces pour la protection que Dieu nous accorde tout au long de notre vie sur la terre, l’ensemble du psaume étant une grande méditation sur le temps et sur l’éternité. La mélodie ressemble assez à celles des dixième et onzième dimanches. Tous ces Alléluias ont un air de parenté, avec de grandes vocalises joyeuses et enthousiastes, exprimant bien les sentiments de louange et d’action de grâces du texte.

Offertoire : In te sperávi

Après l’extraordinaire Offertoire Precatus est du douzième dimanche, nous retrouvons dans celui du treizième dimanche après la Pentecôte les dimensions normales et le caractère calme et contemplatif de la plupart des Offertoires. Le texte est tiré du psaume 30 qui est souvent utilisé dans la liturgie. Nous l’avons rencontré récemment à l’Alléluia du sixième dimanche, à la Communion du septième et au Graduel du huitième qui reprend lui-même le texte de l’Introït de la Quinquagésime. Nous avons dit que c’était le psaume de l’abandon à la volonté divine et de la confiance dans les épreuves, c’est le psaume de l‘In manus tuas. Le texte de celui d’aujourd’hui exprime tout à fait ces sentiments.

In te sperávi, Dómine ; dixi : Tu es Deus meus, in mánibus tuis témpora mea .
En vous Seigneur, j’ai mis mon espérance, j’ai dit : vous êtes mon Dieu, ma destinée est entre vos mains

La mélodie fait de ce texte une méditation très intérieure, calme et paisible mais pleine d’assurance. On peut noter que cet Offertoire a été choisi pour la messe de mariage, car il exprime bien les sentiments de confiance et d’abandon à la divine Providence qui doivent être ceux des époux.

Communion : Panem de cælo

Le texte de la Communion du treizième dimanche après la Pentecôte n’est pas tiré d’un psaume mais du livre de la Sagesse, dans un chapitre consacré à méditer sur le grand épisode de l’histoire du peuple élu, la sortie d’Égypte et l’entrée dans la terre promise, en insistant sur les châtiments réservés aux impies et les bienfaits réservés aux fidèles. Parmi ces derniers, figure la manne que le Seigneur a envoyée du ciel pour nourrir son peuple. C’est elle qui est chantée dans ce verset.

Panem de cælo dedísti nobis, Dómine, habéntem omne delectaméntum et omnem sapórem suavitátis.
Seigneur vous nous avez donné le pain du ciel, qui possède tout ce qu’il y a de délectable et la plus douce saveur.

Ce verset est utilisé au salut du Saint Sacrement après le chant du Tantum ergo. Il n’est pas besoin de dire que ce pain du ciel est la figure de l’eucharistie, et que ce chant est particulièrement bien placé au moment de la Communion. La mélodie exprime notre reconnaissance pour le grand bienfait de cette nourriture spirituelle par un grand élan joyeux et affirmatif, et elle se termine en exprimant la douce saveur de cette nourriture par une belle courbe souple et élégante.

Une démocratie plus efficace, animée par l’inspiration chrétienne

Extrait du discours du pape aux autorités civiles de la République de Saint-Marin, prononcé aujourd’hui à l’occasion de sa visite pastorale :

[…]

Mesdames et Messieurs, cette visite – comme dans ce qui s’est passé dans la Principauté de Monaco – m’invite à souligner la valeur particulière d’un petit État, « à l’échelle de l’homme », dans lequel il est possible de faire l’expérience de la proximité de la politique avec les besoins des citoyens et, par conséquent, une démocratie plus efficace, d’autant plus si elle est également animée par l’inspiration chrétienne. Par conséquent, la République de Saint-Marin peut être un « laboratoire » de bonne politique, où, sans déroger à la laïcité de l’État, on peut puiser dans les principes de la doctrine sociale catholique : la recherche du bien commun, la destination universelle des biens, l’harmonie de la subsidiarité et de la solidarité, la justice sociale (cf., 59-81). Cet engagement apparaît aujourd’hui encore plus précieux, au moment où l’accord d’association avec l’Union européenne est sur le point de devenir opérationnel et votre République se retrouvera en relation permanente, bien que de manière particulière, avec une réalité complexe, qui pourra grandement bénéficier de votre contribution.

Pour aller encore plus loin, l’objectif principal à atteindre dans ce “laboratoire” est de prendre soin de l’humain. Une communauté comme la vôtre, en effet, à la fois riche en valeurs traditionnelles et en phase avec son temps sur le plan technologique, peut poursuivre efficacement cet objectif, grâce à un soin qui se traduit par la protection de chaque vie, à chaque étape, de la conception à la mort naturelle. […]

L’Arbre foudroyé – Une méditation sur la présence, la blessure et la fidélité silencieuse

Illustration: par « L’Arbre foudroyé » d’André Giroux (1801-1879) musée des Beaux-Arts de Lyon

I. Devant le tableau
Devant l’arbre foudroyé, je me suis arrêté. Je ne voulais pas. Je voulais traverser la salle, sortir, rentrer chez moi. Mais je suis resté.

Le tableau d’André Giroux, au musée des Beaux-Arts de Lyon : un chêne frappé par la foudre. Le tronc fendu, le bois à vif, une branche arrachée pend comme un bras disloqué. On dirait un homme décapité, tenu debout par on ne sait quelle obstination.

Il ne devrait plus être qu’un vestige. Pourtant, il tient. Les autres passaient, prenaient des photos, s’en allaient. Moi, je ne pouvais pas partir. Pas parce que j’étais ému. Parce que cet arbre me ressemblait.

II. La chambre
Chez moi, la chambre est le lieu que je fuis le plus. Le soir, j’y entre à reculons. Je scrolle sur mon téléphone, je cherche des nouvelles, des vidéos, n’importe quoi qui m’empêche d’entendre.
Parce que quand tout s’éteint, le silence s’installe. Pas un silence paisible. Un silence épais, qui pèse sur la poitrine. Un silence qui dit : personne n’écoute. Je connais ce silence. Je le connais trop.

Dans cette chambre, ce qui m’attend, ce n’est pas le repos. C’est un trou. Une béance. Un endroit où tout ce que j’essaie d’y jeter — pensées, prières, souvenirs — disparaît sans laisser de trace. Parfois je me réveille au milieu de la nuit. Je ne sais pas pourquoi. Je ne prie pas. Je ne pense pas. Je ne cherche rien. Je suis là.

III. Les racines
L’arbre de Giroux ne lutte pas. Il ne fuit pas. Il est planté dans sa terre, livré aux saisons, sans chercher à être ailleurs.

Moi aussi, j’ai des racines. Mais elles plongent dans une terre aride. Un sol qui ne donne plus rien. Une mémoire qui ne porte plus. Parfois, je les sens comme des chaînes.
Il faut se méfier des métaphores consolantes. Toute immobilité n’est pas fidélité. Il arrive que l’on reste parce que l’on n’a plus la force de partir.

IV. La blessure
Nous rêvons d’une vie sans rupture. Mais certaines blessures ne se réparent pas. Elles peuvent seulement être traversées. Le bois de Giroux ne retrouvera jamais son aspect d’avant. La branche arrachée demeurera une absence. Et pourtant, l’arbre est là.

J’ai lu une parole de saint Silouane : « Tiens ton esprit en enfer et ne désespère pas. » Je tiens mon esprit en enfer. Et je désespère.
Je pense à Gethsémani. Un homme, avant moi, a demandé que la coupe s’éloigne. Elle ne s’est pas éloignée. Il n’a reçu aucune réponse — seulement la force de rester. Je ne veux pas faire de ma fatigue une vertu. Je ne veux pas transformer mon impuissance en sagesse. Je demeure parce que je ne sais pas faire autrement. Voilà la vérité.

V. Au chevet
Un ami est mort cet hiver. Je suis allé à l’hôpital. Il était dans une chambre blanchie, les draps remontés jusqu’au menton. Sa main était chaude et molle. Il ne parlait plus. Il respirait par à-coups, comme un moteur qui s’arrête.

Je suis resté assis sur la chaise en plastique. Une heure. Peut-être deux. Je ne sais pas. Les infirmières entraient et sortaient. Les machines bipaient. Moi, je tenais sa main. Je ne pouvais rien faire. Rien du tout. Pas de parole qui guérit, pas de geste qui sauve. Juste cette main dans la mienne.

Il est mort vers quatre heures du matin. Je dormais presque. Je me suis réveillé parce que le bip continu s’était arrêté. Je suis resté encore un moment. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce que partir m’aurait semblé une trahison. Peut-être parce que je n’avais nulle part où aller. Ce geste — être là, main dans la main, dans le silence — peut-être était-ce le seul qui comptait vraiment.

VI. Le dénuement
Je ne sais plus agir. Je sais seulement survivre. Ne me dites pas que je peux agir depuis un foyer intérieur intact. Je ne le peux pas. Mon centre est une pièce où personne n’a laissé de lumière allumée.

Je ne peux agir qu’à partir de mon dénuement. Alors j’avance depuis ce rien, sans illusion, sans savoir si cela sert à quelque chose. J’accomplis le geste qui reste possible. Et j’essaie de ne pas ajouter de ténèbres à celles qui sont déjà là.

VII. La nuit
Cette nuit-là, je n’ai pas dormi. Je suis resté assis dans le noir, le dos contre le mur, les genoux remontés contre ma poitrine. Les volets étaient fermés, mais une lueur de réverbère filtrait par un interstice, traçant une ligne fine sur le parquet.
Je regardais cette ligne. Je ne priais pas. Je n’articulais aucun mot. Je pensais à l’arbre, à l’ami mort, à la main que j’avais tenue.

Et puis, sans raison, sans signe, sans voix, quelque chose a changé. Pas une lumière. Pas une consolation. Rien que le silence, mais un silence qui n’était plus vide. Comme si le mur, contre mon dos, avait une épaisseur que je n’avais jamais sentie. Comme si la nuit elle-même m’habitait, et que ce n’était plus une absence.

J’ai ouvert la bouche. J’ai dit, tout bas, sans y croire vraiment : « Je ne sais pas si tu es là. Mais je suis là. » Ce n’était pas une prière. Ce n’était pas une réponse. C’était juste une respiration. Je suis resté jusqu’à ce que la ligne de lumière s’élargisse et que le jour commence à blanchir les murs.

VIII. Ce qui demeure
À la fin de l’été, j’ai compris que je ne fuirais pas. Pas par héroïsme. Par épuisement. Et peut-être aussi parce que, dans cet épuisement même, quelque chose s’était noué.

Devant l’arbre foudroyé, je n’ai pas découvert une recette de sérénité. J’ai rencontré une présence. Muette. Blessée. Debout. Qui ne demande rien. Qui n’explique rien. Qui est simplement là.

Je ne sais pas si cela s’appelle la foi. Je ne sais pas si cela s’appelle l’amour. Je sais seulement que je suis resté. Devant l’arbre. Devant mon ami. Devant cette nuit où j’ai dit : je suis là.

Quand la prière n’était plus qu’une pierre dans ma bouche, je suis resté. Et peut-être qu’alors quelque chose m’a rejoint. Pas une réponse. Pas une lumière. Juste ceci : le Christ lui-même, sur la croix, a crié les mots du désespoir — « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Il n’a pas été épargné de la nuit. Il l’a traversée jusqu’au bout, et il en est sorti vivant.
Je n’ai pas besoin de comprendre pour demeurer fidèle. Je ne sais pas si c’est une vertu. C’est juste une respiration. Qui continue.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

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