L’église en banlieue : le renouveau spirituel ?
Aymeric Pourbaix reçoit :
- 𝐌𝐠𝐫 𝐄́𝐭𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞 𝐆𝐔𝐈𝐋𝐋𝐄𝐓, évêque de Saint-Denis
- 𝐒ɶ𝐮𝐫 𝐂𝐫𝐢𝐬𝐭𝐢𝐚𝐧𝐚, religieuse de la communauté des Béatitudes
- 𝐃𝐨𝐧 𝐀𝐥𝐞𝐱𝐢𝐬 𝐆𝐄𝐑𝐌𝐎𝐍, prêtre de la communauté Saint-Martin
- 𝐌𝐢𝐫𝐚𝐧𝐝𝐚 𝐂𝐀𝐑𝐓𝐈𝐄𝐑, déléguée générale du diocèse de Saint-Denis
Une école catholique saccagée, une autre avec des tags anticatholiques
L’école privée Sainte-Jeanne-Élisabeth à Pau (Pyrénées-Atlantiques) a été la cible de dégradations pendant le pont de l’Ascension. Les dégâts sont importants : projections de peinture sur les murs, placards fouillés, extincteurs vidés. L’école restera fermée lundi. La police scientifique a effectué des prélèvements sur place.
L’institution catholique Sévigné Saint-Louis d’Issoire a été couverte de graffitis insultants tagués dans la nuit de vendredi à samedi sur le mur de l’école et qui peuvent laisser supposer l’origine antifasciste.
Vol du tabernacle dans une église en Ariège
Une paroissienne a signalé la disparition du tabernacle et d’un ciboire de l’église Notre-Dame de Val-de-Sos, mercredi 13 mai en fin d’après-midi. Une plainte a été déposée auprès de la gendarmerie de Tarascon-sur-Ariège.
La messe de l’Ascension a été maintenue et une autre, de réparation, sera prévue.
Paris : vol dans l’église de Saint-Germain-des Prés
Je viens d’être informé qu’un vol a eu lieu cet après-midi dans l’église Saint-Germain des Prés par un individu qui a brisé un crucifix pour s’emparer d’un christ en argent.
Je fais confiance à la police pour que cette dégradation et ce vol intolérables ne restent pas impunis. pic.twitter.com/iO8KPqFi2b— Jean-Pierre Lecoq (@jp_lecoq) May 16, 2026
Juristes pour l’enfance au ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées
Communiqué des Juristes pour l’enfance :
Juristes pour l’enfance sera reçu avec les associations Mamans Louves et SOS Education demain lundi 18 mai au ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées par la conseillère de la Ministre Stéphanie Rist chargée de la protection de l’enfance, de lutte contre les violences faites aux enfants et de la parentalité.
Ce rendez-vous sera l’occasion de présenter au gouvernement la proposition de loi visant à étendre l’obligation de présentation d’une attestation d’honorabilité par toute personne exerçant une activité, rémunérée ou non, impliquant un contact habituel avec des mineurs (ICI). Juristes pour l’enfance, Mamans Louves et SOS Education insisteront sur l’urgence de protéger les mineurs, sur la facilité de l’élargissement du dispositif de l’attestation d’honorabilité, sur l’équilibre de ce texte entre les droits fondamentaux de chaque personne et la prévention des risques à l’encontre des mineurs, ainsi que sur la nécessité de l’information complète des parents le cas échéant.
La proposition de loi portée par les trois associations vise à franchir une nouvelle étape en généralisant et en simplifiant le mécanisme de l’attestation d’honorabilité. Elle vise à mettre en œuvre :
– Une généralisation de l’obligation de présenter une attestation d’honorabilité pour toutes les personnes exerçant une activité, rémunérée ou non, en contact habituel avec des mineurs, quels que soient la nature de cette activité, le statut des personnes concernées et le champ d’activité couvert (éducation, sport, loisirs, transport, spectacle, garde d’enfants, etc.).
– Un contrôle systématique et annuel avec obligation de présentation de l’attestation avant le début d’activité puis chaque année.
– La prise en compte systématique de l’existence d’une mention, même temporaire (mise en examen ou condamnation non définitive) au FIJAISV (Fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes), entraînant une incapacité d’exercice auprès des mineurs.
– L’impossibilité de recruter ou faire une intervenir une personne ne disposant pas d’une attestation d’honorabilité et l’obligation de mettre à l’écart immédiatement toute personne faisant l’objet d’une incapacité en cours d’exercice.
– L’information systématique des familles lorsque survient une incapacité d’exercice concernant une personne en contact avec leurs enfants.
Il s’agira également de convaincre le gouvernement de répondre à cette urgence avant la rentrée de septembre 2026 afin de protéger les enfants, quel que soit le secteur (éducation/enseignement, secteur associatif, structures sportives, musicales, de loisirs, transport de mineurs, garde d’enfants, enfants dans le spectacle, les professions ambulantes, l’audiovisuel, la publicité et la mode, etc.), dès lors que la personne a un contact habituel avec des mineurs.
Les mariages entre catholiques et musulmans sont de plus en plus nombreux. Mais connaît-on vraiment les enjeux?
Le 17 mai, Terres de mission reçoit Yves d’Amécourt, vigneron et élu local, pour son récent livre “L’humain, l’écologie et la politique” (Ed. du Bien commun) dans lequel l’auteur propose de revenir au bon sens, à la liberté et à la responsabilité de chacun.
Puis Agnès Ben Salem, issue elle-même d’un mariage mixte, présente son livre sur “Le mariage islamo-chrétien” (Salvator) dans lequel elle aborde les enjeux de ces mariages en nombre croissant entre musulmans et catholiques – où, trop souvent, on oublie que les visions de l’homme, de la femme et du mariage sont profondément différentes dans les deux religions, se préparant ainsi d’amères déconvenues, dont les enfants sont les principales victimes.
Mgr Schneider : “Nous devons avoir, dans l’Église, la liberté de discuter”
L’évêque auxiliaire d’Astana, Mgr Athanasius Schneider, invité de l’émission de Raymond Arroyo, a accordé ce 15 mai un entretien à EWTN, le plus vaste réseau de télévision catholique au monde, qui diffuse dans plus de 160 pays et touche plus de 435 millions de foyers.
Tout au long de cet entretien, Mgr Schneider a pris une défense très nette de la Fraternité Saint-Pie X face aux menaces d’excommunication brandies de nouveau par Rome ce 13 mai au sujet des futurs sacres épiscopaux du 1er juillet.
L’évêque a également livré une critique ferme du rapport du Groupe d’étude n°9 du Synode sur la synodalité, qu’il accuse ouvertement de promouvoir l’idéologie homosexuelle au cœur même des structures officielles du Vatican.
À plusieurs reprises, Mgr Schneider a opposé la sévérité déployée contre la Tradition à la grande tolérance manifestée aujourd’hui envers les courants progressistes et les dérives doctrinales.
« Ce texte n’a pas été écrit par un catholique »
L’entretien commence par une question sur le rapport final du Groupe d’étude n°9 du Synode, récemment publié au Vatican. Mgr Schneider répond :
« Lorsqu’on lit tout le texte, on voit clairement qu’il n’a pas été écrit par un catholique, ni même par un chrétien. C’est un texte de propagande, qui utilise de manière très soigneuse et rusée certains documents traditionnels ou certaines expressions bibliques, mais qui vise fondamentalement à promouvoir l’acceptation de l’idéologie homosexuelle. »
Mgr Schneider affirme que cette idéologie constitue
« une négation de l’ordre de la création, et même une révolte contre le bel ordre divinement établi des deux sexes. Il n’existe pas trois sexes. C’est le commandement de Dieu et la sagesse de Dieu. »
Le document du Saint-Siège « donne une plateforme et invite même des personnes vivant dans des unions de même sexe à faire leur propagande. »
L’entretien se poursuit sur le contenu doctrinal du rapport. Mgr Schneider explique avoir lu attentivement tout le texte. Sa première remarque est l’absence totale de conversion chrétienne :
« Il n’y a pas un mot sur la repentance. Comment pourrait-il s’agir d’un texte catholique et chrétien, alors que le premier mot de Dieu incarné adressé à toute l’humanité est : « Repentez-vous » ? C’est cela, le message du salut et de l’espérance. »
Il continue :
« il n’y a aucun mot sur la repentance. Il n’y a aucun mot sur la chasteté. Elle est absente. Dans le texte, il n’y a même pas de mot sur la conversion. Le seul sens donné à la conversion concerne les relations humaines : une « conversion relationnelle ». Mais la conversion vers Dieu est absente, alors qu’elle est la voie fondamentale de l’Évangile du salut. »
Mgr Schneider considère donc ce texte comme :
« un document hautement idéologique, qui promeut une nouvelle religion de l’homme, nettement anthropocentrique. Et ils osent même déclarer dans ce document que les sources de la Révélation incluent l’expérience humaine. C’est une hérésie. »
« Le Vatican donne au monde le signal qu’il accepte les unions homosexuelles »
Le journaliste souligne que le document a été présenté comme historique par le père James Martin et certains milieux progressistes.
Mgr Schneider reconnaît que le texte n’est pas techniquement un document magistériel. Mais il ajoute immédiatement que « néanmoins, il a été publié par un organe du Saint-Siège, le Secrétariat du Synode. » Or, poursuit-il :
« La majorité des simples catholiques ne connaissent pas les distinctions entre un texte magistériel, un texte du Vatican ou un groupe d’étude. »
Par conséquent :
« le message donné au monde entier et aux catholiques est donc que, désormais, le Saint-Siège, le Vatican, accepte fondamentalement, de fait, les relations de même sexe, l’activité homosexuelle et l’agenda dit LGBTQ, qui est une idéologie mondiale non chrétienne. »
L’un des passages les plus frappants de l’entretien concerne une phrase du rapport affirmant que le péché dans les relations homosexuelles ne résiderait pas dans la relation elle‑même mais dans un manque de foi. Mgr Schneider rejette totalement cela :
« C’est faux. C’est une hérésie, parce qu’une relation homosexuelle est contraire au commandement de Dieu. C’est un péché en soi. »
Il poursuit :
« Affirmer que le péché ne consiste pas dans la relation de même sexe est contraire à la vérité révélée par Dieu, contraire à l’expérience, contraire au bon sens. Et dire ensuite que le péché consiste dans un manque de foi, cela se rapproche de Martin Luther, qui disait : sola fide ; ayez seulement la foi et la confiance, et ne vous préoccupez pas de vos péchés ni de vos actes. Ce n’est pas catholique du tout.»
Le journaliste évoque ensuite la tentative du Secrétariat du Synode de prendre ses distances avec le rapport en expliquant que les groupes d’étude travaillent indépendamment.
Mgr Schneider balaie complètement cette explication :
« ce n’est pas du tout convaincant. Ce rapport est officiellement placé sous un dicastère ou un organisme du Vatican, appelé le Secrétariat du Synode. Il a même été officiellement publié. Bien sûr, on dit qu’il s’agit d’un groupe d’étude, mais ce n’est qu’une ruse pour nous fermer les yeux, tout en transmettant et en offrant une plateforme de propagande à cette idéologie homosexuelle, afin d’infecter toujours davantage l’Église catholique par l’acceptation de ce style de vie. »
Les sacres du 1er juillet : « Je ne crois pas qu’il s’agisse d’un schisme »
L’entretien se tourne ensuite vers les futurs sacres épiscopaux de la Fraternité Saint-Pie X. Le journaliste rappelle que le cardinal Víctor Manuel Fernández a officiellement déclaré que les consécrations prévues le 1er juillet constitueraient un acte schismatique entraînant l’excommunication.
Mgr Schneider répond immédiatement :
« Je crois qu’ils réaliseront le projet de consécrations. Mais je ne suis pas d’accord avec l’affirmation selon laquelle ce serait schismatique. »
L’évêque s’appuie alors sur la récente déclaration doctrinale publiée par l’abbé Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X :
« Quand on la lit, elle est entièrement catholique. Elle est écrite avec une telle dévotion envers le Saint-Père. Ils disent : “Nous voulons seulement être, Saint-Père, vos bons fils de l’Église catholique romaine.” »
Il poursuit :
« Ils reconnaissent toute l’autorité du pape, sa juridiction, son enseignement, et lui demandent : “S’il vous plaît, affermissez-nous dans cette foi catholique que nous professons.” Et ce qu’ils professent, c’est la doctrine constante de l’Église. Tous les points qu’ils énumèrent dans cette déclaration ne sont rien d’autre que ce que l’Église a toujours professé, toujours. »
Mgr Schneider développe ensuite un argument historique et canonique :
« Dans la vision traditionnelle, dans la vision longue de l’Église, la désobéissance au pape, même dans le cas d’une consécration épiscopale illicite, n’a jamais été considérée par la tradition de l’Église comme schismatique en elle-même. Dans l’ancien droit canon, une consécration épiscopale illicite contre la volonté du pape était punie seulement par la suspense, et non par l’excommunication. Elle n’était donc pas considérée en elle-même comme schismatique. »
L’évêque insiste sur l’intention déclarée de la Fraternité :
« La Fraternité a écrit à plusieurs reprises au pape Léon et a expliqué publiquement, ainsi qu’en février à Rome au cardinal Fernández, qu’elle ne veut pas établir une hiérarchie parallèle. Elle ne donnera à ces évêques aucune juridiction, mais seulement la possibilité d’administrer les sacrements de l’ordre et de la confirmation, rien de plus. L’intention est donc claire : il n’y a pas d’intention schismatique. Ils désirent même être en collaboration avec le pape et lui demandent de permettre ces ordinations. Ils veulent simplement avoir la garantie de transmettre la foi de toujours sans aucune ambiguïté et sans aucun compromis. »
« Des ambiguïtés dans le Concile et le Magistère postconciliaire »
Le journaliste évoque ensuite la possibilité pour la Fraternité Saint-Pie X de suivre le modèle de la Fraternité Saint‑Pierre.
Mgr Schneider répond :
« Le problème est plus profond. Il y a des ambiguïtés dans certains textes du Concile. Il y a des ambiguïtés dans le Magistère postconciliaire. La Fraternité Saint-Pierre, elle, n’a pas la possibilité — le Saint-Siège le lui interdit — d’exprimer une critique, même constructive. Elle doit accepter tous ces enseignements du Concile et du Magistère postconciliaire. C’est un problème. »
Mgr Schneider estime au contraire que la Fraternité Saint-Pie X rend un véritable service à l’Église :
« Il y a des ambiguïtés. Nous devons les aborder. Nous devons être honnêtes. Et c’est pourquoi nous devons être reconnaissants à la Fraternité Saint-Pie X de les aborder publiquement. Nous devons avoir, dans l’Église, la liberté de discuter. »
Mgr Schneider compare l’attitude actuelle de Rome envers la Fraternité Saint-Pie X avec la grande tolérance manifestée envers d’autres situations :
« En même temps, alors que le pape Léon et le Vatican promeuvent l’inclusivité du chemin synodal, des méthodes synodales, alors qu’ils sont généreux avec la Voie synodale allemande, généreux avec le Parti communiste chinois en lui accordant d’ordonner des évêques là-bas, le contraste est immense. Et ces fidèles de la Fraternité Saint-Pie X, qui aiment le pape, qui prient pour le pape, qui veulent simplement avoir la garantie de transmettre la foi de toujours sans aucune ambiguïté — j’insiste : sans aucune ambiguïté — se voient refuser cela, et maintenant ils sont punis. »
Mgr Schneider cite alors saint Basile pendant la crise arienne :
« Le seul crime qui soit puni en notre temps, c’est la fidélité à la foi et aux traditions de nos pères, tandis que tout blasphème a libre parole dans l’Église. »
Mgr Schneider conclut en avertissant qu’une éventuelle excommunication de la Fraternité Saint-Pie X serait une tache dans l’histoire de l’Église :
« Je pense que si le pape fait cela, s’il ne leur accorde pas cette permission et les excommunie, cela restera dans l’histoire comme une immense erreur de rigidité, de rigidité pastorale, et de sévérité unilatérale envers la Tradition dans l’Église. »
Enfin, l’évêque adresse un appel solennel au pape Léon XIV :
« Saint‑Père, s’il vous plaît, évitez une telle blessure dans l’Église. Vous pouvez l’éviter. »
Lien youtube vers la vidéo de l’interview en anglais : https://www.youtube.com/watch?v=-miKWeBH3W0
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Dimanche après l’Ascension : “Vient l’heure où quiconque vous fera mourir croira rendre hommage à Dieu”
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Rappel : Le temps pascal (De tempore paschali) s’étend du début de la messe de la vigile pascale jusqu’à none du samedi dans l’octave de la Pentecôte, inclusivement. Ce temps liturgique comprend :
- tempus Paschatis, le temps de Pâques, qui court du début de la messe de la vigile pascale jusqu’à none de la vigile de l’Ascension, inclusivement.
- tempus Ascensionis, le temps de l’Ascension, qui commence aux 1res vêpres de l’Ascension et se poursuit jusqu’à none de la vigile de la Pentecôte, inclusivement.
- octavam Pentecostes, l’octave de Pentecôte, qui part de la messe de la vigile de Pentecôte et va jusqu’à none du samedi suivant, inclusivement.
Ce dimanche était appelé « Dimanche dans l’Octave de l’Ascension » avant 1960.
Nous célébrons l’Ascension du Seigneur avec droiture, avec fidélité, avec dévotion, avec sainteté et avec piété, dit saint Augustin, si nous montons avec lui et tenons en haut nos cœurs. Que nos pensées soient donc là où il est, et ici-bas ce sera le repos. Montons maintenant avec le Christ par le cœur ; et lorsque son jour sera venu, nous le suivrons aussi de corps. Cependant nous devons savoir que ni l’orgueil, ni l’avarice, ni la luxure ne s’élèvent avec le Christ. Si nous voulons suivre notre médecin dans son ascension, nous devons déposer le fardeau de nos vices et de nos péchés « (Matines).
Ce dimanche nous prépare à la Pentecôte. Avant de monter au ciel, Jésus, à la dernière Cène, nous a promis qu’il ne nous laisserait pas orphelins, mais qu’il nous en verrait son Esprit Consolateur (Év. All.) afin qu’en toutes choses nous glorifiions Dieu par Jésus- Christ (Ép.). Comme les Apôtres réunis dans le Cénacle, il faut donc nous préparer, par la prière et la charité (Ép.), au saint jour de la Pentecôte où Jésus « qui est notre avocat auprès du Père » (Ier Nocturne) nous obtiendra de Lui l’Esprit-Saint.
Introït : Exaudi, Domine… tibi dixit
Les trompettes et les acclamations se sont tues. Le Seigneur est au ciel où il trône à la droite du Père ; les apôtres sont redescendus de la montagne et se retrouvent bien seuls. Pendant quarante jours, nous nous étions habitués à cette présence du Christ ressuscité symbolisée dans nos églises par le cierge pascal allumé ; mais il a été éteint après l’évangile de l’Ascension. Dimanche prochain le Saint Esprit viendra éclairer nos intelligences et réchauffer nos cœurs, mais aujourd’hui en attendant cette lumière et cette force, nous sommes un peu désemparés et cherchons en tâtonnant. C’est ce qu’exprime l’Introït de ce dimanche dans l’octave de l’Ascension dont le texte est tiré du psaume 26. David y exprime d’abord sa confiance dans le Seigneur qui est sa lumière.
Dominus illuminatio mea, et salus mea, quem timebo ?
Le Seigneur est ma lumière et mon salut, qui craindrais-je ?
Ce début du psaume est le verset de l’Introït. Mais il y a des moments dans la vie où cette lumière semble se cacher, et à la fin du psaume, sans perdre confiance, David lance cette prière qui est celle des apôtres et qui est la nôtre en ce jour :
Exaudi, Domine, vocem meam qua clamavi ad te, tibi dixit cor meum, quæsivi vultum tuum, vultum tuum, Domine, requiram, ne avertas faciem tuam a me
Seigneur écoutez ma voix qui crie vers vous ; mon cœur vous dit : j’ai cherché votre visage ; Seigneur, je chercherai votre visage, ne détournez pas de moi votre face.
La mélodie exprime cette recherche et cette nostalgie d’une manière calme et douce, expressive mais sans angoisse. Les Alléluias de la fin sont même presque joyeux ; ils reprennent ceux de la Communion Cantate Domino de dimanche dernier.
Alléluia : Regnavit Dominus
Comme c’était le cas pour tous les dimanches précédents, le deuxième Alléluia de dimanche dans l’octave de l’Ascension est beaucoup plus long que le premier, et la vocalise de celui-ci est même une des plus courtes du répertoire, mais elle se caractérise par un rythme extrêmement souple. Le texte est tiré du psaume 46, comme le premier Alléluia de l’Ascension, mais cette fois c’est un verset de la fin du psaume :
Regnavit Dominus super omnes gentes, Deus sedet super sedem sanctam suam.
Le Seigneur règne sur toutes les nations, Dieu siège sur son trône saint.
L’Arche d’alliance est maintenant installée dans le temple et tous les peuples viennent l’adorer. Ainsi, le Christ est-il maintenant au ciel où il est assis à la droite du Père, et il est le roi universel.
La mélodie de ce verset, un peu plus développée que celle de l’Alléluia, que l’on retrouve à la fin, revêt une certaine solennité.
Alléluia : Non vos relinquam
Le deuxième Alléluia de ce dimanche dans l’octave de l’Ascension est tout à fait différent du premier. D’abord, comme nous l’avons dit, il est beaucoup plus long, et puis il y a entre ces deux Alléluias un contraste qui est celui des deux aspects de la fête de l’Ascension : l’aspect triomphal du Christ arrivant au ciel d’où il règne sur l’univers, et l’aspect plus mélancolique, celui de la séparation qui laisse les apôtres comme orphelins. C’est à eux que Notre Seigneur s’adresse dans le verset de ce deuxième Alléluia, dont le texte est extrait des entretiens après la Cène dans l’Évangile de saint Jean, comme celui du dimanche précédent.
Non vos relinquam orphanos : vado, et venio ad vos, et gaudebit cor vestrum.
Je ne vous laisserai pas orphelins, je m’en vais mais je reviendrai vers vous, et votre cœur se réjouira.
En disant aux apôtres, » il reviendra » dans le passage des Actes des Apôtres cité à l’Introït de l’Ascension, les anges ne faisaient que rappeler ce que le Christ lui-même avait annoncé. Et il ne s’agit pas seulement de son retour à la fin des temps, mais de sa présence dans son Église et dans les âmes, par le Saint Esprit qui va descendre dans quelques jours, et par l’Eucharistie. La mélodie est assez ample, comme celle de l’Alléluia Christus resurgens, du quatrième dimanche après Pâques, se déployant aussi comme une grande draperie, mais elle est beaucoup plus douce avec de nombreuses cadences en demi-ton. Notre Seigneur s’adresse à ses apôtres et à nous sur un ton de consolation, comme on parlerait à un malade. Cependant la grande vocalise de gaudebit qui annonce la joie est plus affirmative.
Offertoire : Ascendit Deus
L’Offertoire du dimanche après l’Ascension est le même que celui du jour de l’Ascension. De plus le texte de l’Offertoire de la fête de l’Ascension est le même que celui du premier Alléluia. C’est toujours le fameux verset du psaume 46.
Ascendit Deus in jubilatione, Dominus in voce tubæ.
Dieu monte parmi les cris de joie, le Seigneur au son de la trompette.
Mais la mélodie est totalement différente. Chose curieuse ce sont le plus souvent les Offertoires qui ont un caractère contemplatif, tandis que les Alléluias sont plus joyeux et exubérants. Ici c’est l’inverse. Nous avons vu que la mélodie du premier Alléluia était assez douce et évoquait la mélancolie de la séparation ; dans celle de l’Offertoire nous retrouvons les acclamations et la trompette, la joie de monter au ciel à la suite du Christ, avec une mélodie ample et solennelle, commençant par une grande montée très expressive sur les mots Ascendit Deus, et se continuant d’une manière assez mouvementée. Cependant l’Alléluia final s’étire longuement et doucement, retrouvant l’ambiance plus contemplative qui est généralement celle des Offertoires.
Communion : Pater cum essem
Le texte de la Communion du dimanche après l’Ascension est encore tiré des entretiens de Notre-Seigneur avec ses apôtres dans l’Évangile de saint Jean, comme celui du deuxième Alléluia, ainsi que ceux des Communions des troisième et quatrième dimanches après Pâques. Cette fois Notre Seigneur ne s’adresse plus à ses apôtres, mais à son Père. C’est la grande prière pour l’unité que l’on appelle aussi prière sacerdotale. Si ces paroles ont été prononcées le soir du Jeudi Saint, on peut aussi bien les mettre dans la bouche du Christ le jour de l’Ascension.
Pater, cum essem cum eis, ego servabam eos quos dedisti mihi ; nunc autem ad te venio : non rogo ut tollas eos de mundo, sed ut serves eos a malo.
Père quand j’étais avec eux, je gardais ceux que vous m’avez donnés. Maintenant je viens à vous ; je ne vous demande pas de les retirer du monde mais de les garder du mal.
Les trois phrases de cette antienne sont assez différentes : la première et la troisième sont assez longues et se terminent par le même Alléluia, tandis que la deuxième est très courte. Dans la première la mélodie est assez développée et pleine de mouvement. La deuxième n’est qu’une grande montée vers une cadence joyeuse et affirmative sur les mots ad te venio je viens à vous : le Christ y exprime toute sa joie de retrouver son Père après sa mission accomplie. La troisième phrase est beaucoup plus douce. Notre Seigneur pense maintenant à ceux qu’il a laissés comme orphelins et qui doivent rester dans le monde ; elle s’achève dans une ambiance très contemplative.
La supposée agence de presse AFP ferait du journalisme
Lu sur une dépêche de l’AFP, reprise par l’ensemble de la presse française :

Euthanasie : comment agir après le rejet du texte par le Sénat ?
Trois scénarios se profilent suite au rejet par le Sénat du texte sur l’euthanasie :
-
- La commission mixte paritaire (CMP). Le gouvernement peut convoquer 7 députés et 7 sénateurs pour tenter un texte commun. En cas d’échec — très probable vu l’écart entre les chambres, il peut donner le dernier mot à l’Assemblée nationale, plus favorable au texte. Ce serait passer outre le rejet du Sénat.
- La poursuite de la navette. Une troisième lecture dans chaque chambre pour arriver à un texte commun. Très peu probable : aucun consensus ne se dessine.
- La voie référendaire. Le sénateur Francis Szpiner (LR) a déposé une proposition référendaire qui a largement dépassé le seuil des 185 soutiens parlementaires nécessaires. Si elle prospère (le conseil constitutionnel doit la valider, cela peut prendre un mois), les Français trancheraient directement.
Comment agir : écrivez au Premier ministre
C’est le Premier ministre qui détient la clé. Le président de la République s’était engagé en avril 2023 à une « co-construction transpartisane » sur ce sujet. Tenir cet engagement, c’est respecter le vote du Sénat et ne pas convoquer de CMP, cette procédure qui permettrait d’imposer la légalisation malgré le rejet du Sénat.
C’est pourquoi chacun d’entre vous, citoyens attachés à la dignité de la fin de vie, est invité à écrire au Premier ministre pour lui demander de respecter le vote du Sénat :
M. le premier Ministre, ne passez pas en force sur la mort administrée, ne décidez PAS de CMP.
Le gouvernement a mis en place un formulaire en ligne. En 2 minutes, votre message est envoyé.
Un message compte. Mille messages pèsent. C’est maintenant que cela se joue.
L’euthanasie, ou la fin de l’amour fragile
Car l’amour véritable commence précisément là où cesse l’utilité.
La loi sur l’« aide à mourir » est présentée comme une conquête de l’autonomie. Mais une civilisation révèle toujours sa vérité profonde dans la manière dont elle traite ceux qui deviennent dépendants.
La question n’est donc pas seulement juridique. Elle est anthropologique, presque spirituelle : que devient une société lorsque la fragilité cesse d’être une réalité à accompagner pour devenir une condition dont il faudrait sortir ?
La souffrance réelle et le mirage de la solution technique.
Il faut partir de la souffrance réelle.
Celle des personnes en fin de vie, épuisées par la douleur, l’angoisse, la solitude ou l’effondrement progressif du corps. Nier cette réalité serait indécent. La force du projet de loi sur l’« aide à mourir » réside précisément là : dans des situations humaines bouleversantes auxquelles aucune conscience honnête ne peut rester insensible.
Mais parce que ces situations sont tragiques, elles exigent davantage qu’une réponse émotionnelle. Elles appellent une réflexion lucide sur ce que cette loi introduit dans le lien social et dans notre manière collective de regarder la vulnérabilité.
Car une question demeure : protège-t-elle réellement les plus fragiles, ou ouvre-t-elle une logique que nul ne maîtrisera pleinement ?
Notre époque répond spontanément à la souffrance par la technique. Lorsqu’une limite devient insupportable, nous cherchons à la supprimer. Cette logique a produit des progrès immenses. Mais appliquée à la fin de vie, elle porte une ambiguïté redoutable : la solution proposée au malheur risque alors d’être la disparition même du sujet qui souffre.
L’autonomie à l’épreuve du réel
L’argument central des défenseurs de la loi est celui de l’autonomie : chacun devrait pouvoir décider de sa propre fin.
Cet argument est moralement sérieux. Mais il ne vaut que dans les conditions concrètes de son exercice.
Or l’autonomie n’existe jamais dans l’abstrait. Elle s’inscrit toujours dans un contexte psychologique, familial, économique et culturel qui façonne silencieusement les choix. Consent-on toujours à mourir pour mourir ? Ou parfois pour ne plus dépendre, ne plus coûter, ne plus avoir le sentiment d’être une charge ?
Nous avons tous entendu cette phrase :
« Je ne veux pas être un poids. »
Rien, dans ces mots, ne relève d’une contrainte explicite. Pourtant, ils révèlent quelque chose de profond : dans une société où la valeur d’un individu tend à être liée à sa performance, à sa maîtrise de lui-même et à son autonomie, la vulnérabilité finit peu à peu par apparaître comme une déchéance.
C’est ici que le problème devient civilisationnel.
Car dès lors que la mort devient une option médicale légale, elle cesse d’être un droit abstrait : elle entre dans l’horizon psychologique du patient. Ce qui était présenté comme une liberté peut alors devenir, silencieusement, une attente. L’attente de ne pas prolonger « inutilement » sa dépendance.
Et dans ce glissement presque imperceptible, c’est l’autonomie elle-même qui se fragilise.
Le risque de la normalisation
Cette inquiétude n’est pas théorique. Dans plusieurs pays ayant légalisé l’euthanasie, le cadre initialement présenté comme exceptionnel s’est progressivement élargi. Non nécessairement par cynisme, mais parce qu’une logique culturelle finit toujours par déployer ses conséquences.
Une société qui considère qu’il peut exister des vies dont la continuation apparaît médicalement ou humainement moins souhaitable modifie inévitablement le regard porté sur la dépendance.
C’est pourquoi de nombreuses associations de personnes handicapées expriment leur inquiétude.
Le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU a lui-même formulé de sérieuses réserves : les critères d’« affection grave et incurable » ou de « souffrance insupportable » concernent aussi des millions de personnes vivant avec un handicap ou une maladie chronique.
Ont-elles été réellement entendues ?
Le danger n’est pas seulement juridique. Il est symbolique. Car toute loi éduque silencieusement une société. Elle dit ce que nous considérons comme digne d’être vécu, accompagné, protégé — ou non.
Le lien qui nous oblige
La vulnérabilité n’est pas un accident marginal de l’existence. Elle en constitue la trame même.
Nous naissons dépendants. Nous vieillissons en le redevenant. Et entre les deux, notre existence entière repose sur des formes invisibles de fragilité, de confiance et d’interdépendance.
Mais notre civilisation contemporaine supporte de moins en moins cette réalité. Elle célèbre la maîtrise, l’efficacité, l’optimisation permanente de soi. Le corps performant devient un idéal ; le corps dépendant, une anomalie.
Dès lors, la même société qui cherche à repousser indéfiniment les limites biologiques lorsque le corps est puissant tend logiquement à vouloir abréger la dépendance lorsqu’elle devient irréversible.
Dans les deux cas, c’est la même angoisse qui se manifeste : celle de ce qui échappe à la maîtrise.
Or aimer quelqu’un, ce n’est pas seulement admirer sa force, son autonomie ou sa réussite. C’est reconnaître que l’autre garde une valeur pleine lorsqu’il devient fragile, vulnérable, dépendant — parfois même silencieux.
La fragilité n’est pas l’ennemi de l’amour.
Elle en est peut-être la condition la plus profonde.
Car l’amour véritable commence précisément là où cesse l’utilité.
Une société qui ne supporte plus la vulnérabilité risque alors de ne plus savoir aimer autre chose que la performance.
Un choix de civilisation
Le véritable progrès humain ne consiste peut-être pas à supprimer toute dépendance, mais à apprendre à habiter nos limites sans perdre notre dignité.
Cela suppose un engagement massif pour les soins palliatifs, domaine dans lequel la France demeure profondément insuffisante. Le Comité consultatif national d’éthique, le Conseil d’État et le Sénat ont tous rappelé qu’aucune réflexion sérieuse sur l’euthanasie ne pouvait faire l’économie d’un accès universel préalable aux soins palliatifs.
Ce préalable n’est toujours pas honoré.
Introduire l’acte de donner la mort dans la relation de soin transforme aussi profondément ce que signifie « prendre soin ». Car soigner, historiquement, consiste à demeurer auprès de celui qui souffre, non à faire disparaître celui qui souffre pour faire disparaître la souffrance.
La question qui nous est posée dépasse donc largement la fin de vie.
Quelle civilisation voulons-nous devenir ?
Une civilisation où la valeur humaine dépend de la maîtrise de soi jusque dans la manière de mourir ?
Ou une civilisation capable de reconnaître une dignité jusque dans la vulnérabilité extrême, et de s’organiser pour que personne n’ait jamais à demander la mort parce qu’il se sent devenu un fardeau ?
Note personnelle
Comme catholique, ma conviction est que la dignité humaine ne disparaît jamais avec la perte d’autonomie, et que la dépendance peut devenir un lieu de présence, de relation et parfois même de vérité sur l’amour.
Cette conviction n’est pas le fondement de cet argumentaire. Elle en constitue simplement l’horizon personnel.
Les questions posées ici s’adressent à tous, quelle que soit leur vision de la transcendance.
illustration: Chaïm Soutine Peinture, 1924
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Le voyage du pape en France est confirmé
C’est annoncé dans le bulletin du jour du Saint-Siège :
Répondant à l’invitation du Chef de l’État et des Autorités ecclésiastiques du pays, ainsi qu’à celle du Directeur général de l’UNESCO, le Saint-Père Léon XIV effectuera un voyage apostolique en France du 25 au 28 septembre 2026 où il visitera le siège de ladite Organisation.
Neuvaine à l’Esprit-Saint
L’abbé Billot (IBP) nous prie de signaler qu’il anime une neuvaine à l’Esprit Saint du 16 au 24 mai, pour préparer la Pentecôte en méditant la vie de Jeanne d’Arc et sur la façon dont les dons du Saint Esprit peuvent nous aider dans notre quotidien.
Inscription : [email protected]
La FSSPX développe explicitement une ecclésiologie de suppléance étrangère à la Tradition catholique
Après avoir été membre de la Fraternité Saint-Pie-X jusqu’aux sacres de juin 1988, l’abbé Albert Jacquemin a rejoint le diocèse de Paris. Docteur en histoire du droit et en droit canonique, il est maître de conférences à la faculté de droit canonique de l’Institut catholique de Paris et préside depuis 2022 le Tribunal pénal canonique national de la Conférence des évêques de France. Il vient de publier Le Choix de la rupture. Mgr Lefebvre, Rome, les sacres, 1974-2026. Ayant vécu de près les sacres de 1988, l’auteur apporte sa contribution sur la sacres à venir. Selon lui, on a souvent interprété ces sacres comme la conséquence immédiate de l’échec des négociations entre la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X et Rome. C’est voir trop court : l’événement s’inscrit en réalité dans un processus plus ancien, engagé dès les années 1970 et marqué par une critique de plus en plus radicale du concile Vatican II. En retraçant l’itinéraire doctrinal et ecclésiologique de Mgr Lefebvre, Albert Jacquemin montre que les sacres de 1988 ne relèvent pas d’une simple dissidence disciplinaire ou liturgique, mais touchent à des questions plus fondamentales : la nature de la Tradition, l’autorité du magistère vivant et les conditions de la communion hiérarchique dans l’Église.
À propos de la déclaration récente du cardinal Fernandez (13 mai) par l’abbé Gleize de la FSSPX
Source : https://fsspx.news/fr/news/propos-la-declaration-recente-du-cardinal-fernandez-13-mai-2026-59127
L’abbé Gleize, porte-parole officiel de la FSSPX, souligne dans une déclaration que la FSSPX s’assoit sur la déclaration du cardinal Fernandez, Préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi, lequel souligne pourtant que les ordinations épiscopales annoncées, sans mandat pontifical, constitueront « un acte schismatique » (Jean-Paul II, Ecclesia Dei, n° 3) et « l’adhésion formelle au schisme constitue une grave offense à Dieu et entraîne l’excommunication prévue par le droit de l’Église » (ibid., 5c ; cf. Conseil pontifical pour les textes législatifs, Note explicative, 24 août 1996) :
Plus fondamentalement encore, et comme ne cesse de le répéter Don Davide Pagliarani, à la suite de Mgr Lefebvre, la Fraternité cherche le bien de l’Eglise, qui est le bien des âmes. Et c’est pour cela qu’elle ne tient pas compte de cette mise en application de la loi ecclésiastique qui voudrait lui imputer un délit et lui infliger la peine correspondante. Pourquoi ? Tout simplement parce que la loi ecclésiastique ne peut pas être mise en application au détriment du salut des âmes. Et c’est précisément pour répondre à la nécessité grave et urgente du salut des âmes que la Fraternité envisage ces consécrations épiscopales.
La vie chrétienne victorieuse – au service du Seigneur
La Vie Chrétienne Victorieuse – Au service du Seigneur
« En recevant la Parole de Dieu, que nous vous avons fait entendre, vous l’avez reçue, non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu’elle l’est véritablement, comme la Parole de Dieu, qui agit en vous qui croyez. » 1 Thessaloniciens 2:13
La Parole de Dieu agit profondément dans le croyant. Elle opère sur la conscience, séparant progressivement du mal moral et de l’esprit du monde – ce système organisé sans Dieu et souvent en opposition à Lui. Elle fortifie également l’âme en apportant discernement, stabilité et force intérieure.
C’est pourquoi l’apôtre Paul affirme qu’elle « opère » dans ceux qui croient. Ce terme évoque une activité vivante, puissante et efficace.
Ainsi, la vie chrétienne trouve naturellement son expression dans le service – le troisième pilier. Un croyant qui marche avec Christ ne peut demeurer inactif. La grâce produit des œuvres, et l’amour pour le Seigneur se manifeste concrètement.
« Celui qui demeure en moi et en qui je demeure portera du fruit en abondance, car sans moi vous ne pouvez rien faire. » Jean 15:5
Cette parole du Seigneur Jésus est d’une richesse remarquable. « Demeurer en moi » ne signifie pas seulement croire une fois, mais vivre continuellement dans une relation de dépendance avec Lui. Cela implique la prière, l’attachement aux Écritures et une communion quotidienne.
La force de cette déclaration réside dans ces mots : « Sans moi vous ne pouvez rien faire. » Jésus ne dit pas « peu de choses », mais rien. Toute confiance dans la capacité humaine ou dans une religion sans vie est ainsi mise de côté.
Le service pour le Maître ne procède donc pas de l’effort humain, mais de la dépendance envers Christ. Plus la communion avec Lui est réelle, plus le fruit est abondant.
Si le croyant regarde à lui-même, il découvre rapidement sa faiblesse et son insuffisance. Même conscient d’avoir reçu un don du Seigneur et d’être appelé par Lui, il sait qu’il ne peut servir utilement par ses propres forces.
Considérons alors l’exemple de l’apôtre Paul. Le grand motif de son service était l’amour pour son Seigneur et pour les âmes. Il pouvait dire avoir été parmi les croyants « servant le Seigneur ».
Quels sont nos propres motifs dans le service ? Combien facilement nous devenons nous-mêmes le centre ! Servons-nous véritablement le Seigneur ? Travaillons-nous par amour pour Lui et pour ceux qui nous entourent ?
Nous avons tous reçu l’appel à servir le Seigneur Jésus. Jeunes ou âgés, le Seigneur désire nous employer là où Il nous a placés. Chacun devrait donc rechercher paisiblement devant Lui quelle tâche Il lui confie et à quel moment elle doit être accomplie.
Mais comment devons-nous travailler pour Lui ?
Il s’agit d’abord de reconnaître l’autorité du Seigneur Jésus sur toute notre vie, et particulièrement sur notre service :
« … afin que ceux qui ont cru en Dieu s’appliquent à pratiquer de bonnes œuvres. » Tite 3:8
Dans la vie professionnelle, un employé suit les directives de son supérieur terrestre ; à plus forte raison devons-nous obéir à notre Maître céleste. La Parole de Dieu contient des commandements, des instructions et des avertissements qui appellent notre obéissance. Mais toutes les situations ne sont pas détaillées à l’avance. D’où la nécessité d’une attitude de dépendance et de soumission.
« Quoi que vous fassiez, faites-le de cœur, comme pour le Seigneur et non pour les hommes. » Colossiens 3:23-24
Voilà ce qui doit caractériser le serviteur : un cœur engagé pour le Seigneur. Il doit vivre dans la communion avec son Maître afin de Lui plaire en toutes choses. Demandons-nous continuellement : comment puis-je Lui être agréable aujourd’hui ?
Servir le Maître… mais avec quelles ressources ? Avec quelle force ?
L’homme pense spontanément à l’effort, à l’activité et à la réussite. Pourtant, le Seigneur Jésus déclare : « Nous sommes des serviteurs inutiles ; nous avons fait ce que nous devions faire. »
Luc 17:10
Le Seigneur combat ici tout orgueil religieux. L’obéissance n’est pas un mérite, mais la réponse normale à la grâce de Dieu.
Dans le domaine spirituel, rien de véritablement utile pour Dieu ne peut provenir de nous-mêmes. Une activité sans communion avec Christ demeure vaine. Le sarment ne possède aucune vie en lui-même ; il doit demeurer attaché au Cep. Le service chrétien fructueux ne commence donc pas par l’action, mais par la communion : demeurer en Christ.
Demeurer en Lui, c’est vivre chaque jour dans une dépendance consciente, reconnaître notre incapacité et chercher auprès de Lui la direction nécessaire. Alors seulement le fruit apparaît.
Quel contraste !
D’un côté, une activité humaine sans portée éternelle : il est possible d’être très actif tout en demeurant spirituellement stérile. De l’autre, une œuvre peut-être discrète et peu remarquée des hommes, mais portant la marque de Dieu parce qu’elle procède de Lui.
Servir le Maître, ce n’est donc pas multiplier des efforts indépendants ; c’est laisser Christ agir en nous et par nous.
« Recommande à l’Éternel tes œuvres, et tes projets réussiront. » Proverbes 16:3
Servir le Seigneur est un immense privilège, mais aussi une responsabilité qui ne peut être assumée dans l’indépendance. Le principe est simple : sans Christ, rien n’a de valeur éternelle ; avec Lui, le plus petit fruit demeure éternellement. Cette vérité conduit naturellement à la question du Tribunal de Christ.
« Nous comparaîtrons tous devant le Tribunal de Christ. » Romains 14:10
« Il nous faut tous être manifestés… afin que chacun reçoive ce qu’il aura fait. » 2 Corinthiens 5:10
Il ne s’agit pas d’un jugement pour la condamnation – Christ a porté notre condamnation à la croix – mais d’une évaluation du service accompli.
« L’œuvre de chacun sera manifestée… » 1 Corinthiens 3:13
Le salut n’est pas en question, mais la récompense. Ce qui aura été fait dans la dépendance du Seigneur subsistera ; ce qui aura été accompli dans l’indépendance sera consumé. Cette perspective ne doit pas produire une crainte servile, mais une sainte lucidité. Un jour, tout sera manifesté devant le Seigneur : notre conduite, nos motifs et notre service.
Non pour décider de notre salut, mais pour révéler la réalité de notre marche. : « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi… » Éphésiens 2:8
Les œuvres suivent la foi. Ce qui aura été accompli avec Christ demeurera ; ce qui aura été fait sans Lui sera sans valeur éternelle.
« Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres que Dieu a préparées d’avance… » Éphésiens 2:10
Et si des couronnes nous sont données, ce ne sera jamais pour notre gloire, mais pour être déposées aux pieds du Seigneur.
Alors Il dira :
« C’est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton Maître. » Matthieu 25:23
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Diocèse de Milan : un “monastère” relativiste
Le diocèse de Milan a décidé de construire un monastère dans le quartier de Minde, près de l’ancien site de l’Expo. Il s’appellera le Monastère Ambrosien, mais oubliez toute atmosphère contemplative et transcendante. Le projet, présenté le 11 mai, a été conçu par l’architecte de renom Stefano Boeri et ressemble à un centre commercial surmonté d’un tremplin de saut à ski. Le futur monastère, qui accueillera une communauté permanente, probablement religieuse, s’étendra sur 2 700 mètres carrés, dont 1 100 seront consacrés à des espaces ouverts. Une église triangulaire est prévue car, pour éviter la banalité, on préfère parfois sombrer dans l’absurde. L’architecte Boeri explique que l’église aura également une vocation culturelle. En bref, une église multifonctionnelle, à l’image des centres commerciaux mentionnés précédemment. Le cloître sera lui aussi triangulaire.
Face à un investissement colossal (on ignore si le projet sera entièrement financé par le diocèse), il a été décidé de l’utiliser non pas à des fins catholiques, mais pour créer une homogénéisation religieuse. Un espace pour tous où Dieu, catholique, sera aussi musulman, juif, et un personnage de fiction pour les athées. C’est ainsi que le diocèse explique ce projet, à l’architecture futuriste mais au contenu digne d’un musée : l’objectif est de créer « un espace de spiritualité, de discussion et de réflexion, pour faire dialoguer les croyances, les cultures et les savoirs au XXIe siècle ». Et en effet, il y aura une Bibliothèque des Religions, un Cloître des Religions et un Jardin des Religions. Dans ce jardin, fidèle aux tendances écologiques les plus actuelles, chaque religion monothéiste sera représentée par une plante. On se demande bien quelles plantes les théologiens et les paysagistes ont décidé de nous imposer.
L’archevêque de Milan, Mgr Mario Delpini, explique le sens de ce projet, où
« le savoir, la recherche, le talent, les affaires, les loisirs, la nature et la vie, l’Italie et le monde se rencontrent. Au cœur de la ville de l’innovation, se pose la question du sens de tout cela, la raison de cet engagement et de cet investissement. Cette question appelle à la rencontre entre science et sagesse, entre innovation et éthique, entre technologie et humanisme, entre profit et solidarité. C’est ainsi que se dessine l’histoire de Milan : la ville vit et grandit sous l’égide de la Madonnina, car il n’y a pas de vie humaine sans transcendance. Ainsi Milan écrit son avenir : il n’y a ni coexistence, ni paix, ni bien commun sans Dieu. »
Les catholiques offrent un plateau d’argent aux athées et aux représentants d’autres religions pour catéchiser les catholiques du dimanche selon leurs croyances. Si cela se produit, ce sera une victoire pour la hiérarchie milanaise, car l’œcuménisme est désormais mort, et à sa place se dessine la tentative de construire une religion universelle – désirée seulement par des gens comme Soros et certains catholiques, certainement pas par les juifs et les musulmans – où les différences sont gommées et où tout le monde est regroupé sous le mot « Dieu », un mot désormais censé être vidé de toute identité et conçu pour être vague et englobant, séduisant ainsi tous les goûts. De même, la croix qui se dresse au bout du tremplin de saut à ski ne fait plus référence au Christ ; ce n’est plus qu’une marque ou un logo, et non plus le Logos. Un symbole qui, dans la conscience collective, exprime la paix, la solidarité, l’inclusion, le respect inconditionnel et autres stéréotypes similaires.
Le pape rappelle que la Vierge Marie a coopéré à la Rédemption d’une manière singulière
Lors de l’audience générale du mercredi 13 mai, entièrement consacrée à la très sainte vierge Marie, à l’occasion de la fête de Notre-Dame de Fatima, le Pape a souhaité rappeler l’enseignement du chapitre huit de la Constitution dogmatique Lumen Gentium (n° 52-69), présentant la Vierge comme « le modèle , […] l’ excellente membre et mère de toute la communauté ecclésiale », « icône féminine du Mystère ».
Dans son discours, le Pape présente Notre-Dame comme « la croyante par excellence » ; elle est l’exemple le plus parfait de la dynamique de la foi, notamment dans son ouverture à l’action divine et à sa volonté. Et c’est pourquoi elle est aussi le modèle « de ce à quoi toute l’Église est appelée ». Le Pape reconnaît ainsi que la Très Sainte Vierge est le modèle de l’Église. La Vierge est l’archétype de l’Église : c’est en se tournant vers elle que l’Église trouve le reflet de son propre mystère, de sa vocation authentique et essentielle à la virginité épouse et maternelle.
Pourtant, Marie transcende l’Église, étant non seulement un membre et un modèle d’excellence, mais aussi une mère, Mater Ecclesiæ , en ce qu’« elle engendre des enfants dans le Fils, aimés dans le Bien-Aimé éternel venu parmi nous », explique Léon XIV. Sans nier le rôle exemplaire de Marie pour tous les croyants, le Pape a néanmoins tenu à préciser qu’elle seule est la mère de l’Église, car elle a été appelée de toute éternité à engendrer les membres du Christ, elle qui a engendré le Christ, la Tête, en son sein.
Quand Marie a conçu et donné naissance virginalement au Christ est clair pour tous les chrétiens ; mais quand a-t-elle conçu et donné naissance aux membres du Christ ? Et comment accomplit-elle sa sollicitude maternelle envers eux ? Le Pape apporte la réponse en nous invitant à relire le passage des LG 60-62, « la place singulière réservée à la Vierge Marie dans l’œuvre de la Rédemption ». L’Église y enseigne que la Vierge Marie a coopéré à la Rédemption d’une manière singulière, étant associée à l’œuvre du Rédempteur « d’une manière absolument unique », notamment en souffrant avec lui sur le Calvaire et en devenant, de ce fait, « mère dans l’ordre de la grâce » (LG 61).
Le Pape avait déjà eu l’occasion de souligner cette participation féconde de Marie au sacrifice de la croix dans un message. À l’Assemblée plénière de la Commission biblique pontificale :
« Contemplons en particulier Notre-Dame souffrant avec Jésus au pied de la Croix : elle, en tant que Mère, endure les souffrances de son Fils sur le Calvaire et y participe d’un cœur rempli de foi, offrant ses souffrances atroces pour le bien de tous. »
Cette insistance sur l’offrande active de Marie pour le bien de tous fait écho à l’enseignement déjà explicite de LG 58 : Marie se tenait au pied de la croix, « souffrant profondément avec son Fils unique et s’associant d’un cœur maternel à son sacrifice, consentant avec amour à l’immolation de la victime qu’elle avait enfantée. » Le Pape y revient ; il prend soin de ne pas employer le titre de « co-rédemptrice » (qui, comme on le sait, a de nouveau suscité une vive controverse), mais il réaffirme la vérité de la coopération active et immédiate de Marie à la Rédemption, non pas en la réduisant à son rôle de Mère du Fils de Dieu, mais en soulignant sa dimension sacrificielle. Autrement dit, le contenu de la corédemption.
Le Pape a également rappelé, à la lumière du Concile, « que l’unique Médiateur du salut est Jésus-Christ (cf. 1 Tm 2 , 5-6) et que sa Très Sainte Mère “n’obscurcit ni ne diminue en aucune façon cette unique médiation du Christ, mais en démontre au contraire l’efficacité” (LG 60) ». LG enseigne précisément que la médiation de Marie ne dépend pas d’une « nécessité objective », comme si la médiation du Christ était insuffisante, mais d’une « disposition purement gratuite de Dieu » ; et de même, elle n’enlève rien à la médiation du Seigneur Jésus, car elle découle précisément de « la surabondance des mérites du Christ ».
Cette Audience Générale semble rectifier l’objectif de Mater populi fidelis sur plusieurs points, ramenant au moins l’enseignement du Magistère au sein des textes de Vatican II, dont la Note de 2025 s’était dangereusement éloignée. Dans le document du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, la contribution active et sacrificielle de la Vierge Marie à la Rédemption était passée sous silence. Le pape Léon XIV le souligne à nouveau. Dans le premier document, la Vierge Marie était « anéantie » sur le plan ecclésiotypique, en tant que membre de l’Église et modèle de foi et de docilité. Ici, Léon XIV rétablit son rôle unique en coopération avec la Rédemption, ce qui fait d’elle, à juste titre, la Mère de l’Église et la véritable mère spirituelle des âmes. Dans le second document, on perçoit, à chaque paragraphe, le souci d’exorciser une prétendue rivalité entre la Vierge et le Christ, ce qui a conduit à dissoudre le contenu authentique de la médiation mariale. Ici, le pape rappelle sereinement que la médiation de Marie n’obscurcit pas celle du Christ, mais s’y fonde.
Il s’agit toutefois d’un texte court, ce qui manifeste le choix de Léon XIV de ne pas aborder de front les nombreux problèmes soulevés par Mater populi fidelis. Et pourtant, cette intervention semble timidement réaffirmer la vérité de la corédemption de Marie. Même si le Dicastère ne souhaite pas que le sujet soit abordé.
Quel calendrier pour la proposition de loi sur l’euthanasie ?
L’exécutif pourrait miser sur la session extraordinaire de juillet – qui devrait a priori s’étendre sur deux ou trois semaines (alors que les sénateurs, qui vont entrer en campagne électorale pour leur renouvellement le 27 septembre, ne souhaitent pas siéger au-delà du 13 juillet). Mais cela suffira-t-il ?
“Avec le paquet de textes qu’on a, on ouvrirait jusqu’à mi-août qu’on n’aurait peut-être pas terminé”, ironise un cadre du camp gouvernemental.
Le gouvernement pourrait aussi décider de convoquer les seuls députés en session extraordinaire en septembre pour terminer la navette de certains textes (alors que les travaux parlementaires seront suspendus à la chambre haute pour cause d’élections sénatoriales).
Cela pourrait notamment être le cas de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir, rejetée mardi en deuxième lecture par le Sénat et qui devrait faire l’objet d’une convocation de la commission mixte paritaire (CMP) et à l’engagement d’une nouvelle lecture dans chaque chambre, suivie d’une lecture définitive par les députés. La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet s’est dite prête à siéger plus longtemps cet été si nécessaire.
L’acharnement à maintenir en vie ce texte controversé nuit à la crédibilité du gouvernement. A quand l’euthanasie de ce texte ?
“La guerre de Sécession fut une guerre de tarifs douaniers. Pas autre chose”
Frère du commandant Jacques-Yves Cousteau, Pierre-Antoine Cousteau (1906-1958) fut un journaliste prolixe et les éditions Via Romana publient un recueil de ses articles sur les Etats-Unis d’Amérique, où l’auteur séjourna plusieurs fois. Ces textes couvrent la période 1930-1958. PAC ayant vécu, à 14-15 ans, une année de scolarité à New York, une deuxième année à 23 ans, en 1928-29, parlait non pas l’anglais mais l’américain, accent et argot inclus. Il fut chargé, notamment par Je suis partout mais pas seulement (Candide, L’Homme…) de reportages made in USA. C’est la première partie de ce livre : lynchage des Noirs de Scottboro, Ku Klux Klan, la prohibition, la police, Al Capone, Dillinger… Les deuxièmes restent des reportages mais prennent une tournure plus personnelle ; on le sent libre d’écrire ce qu’il pense avec son cœur : Roosevelt, Ford, la presse de Hearst, la guerre de Sécession… Les troisièmes, années 1940, sont devenus politiques. Il se passe des choses en France, en Allemagne, dans le monde. Finis les reportages, c’est le rédac-chef, le polémiste qui parle. Les quatrièmes, écrits à Clairvaux, n’ont été publiés que dans son Journal de prison, Intra Muros. Les cinquièmes sont ceux d’après sa libération, 1954-1958. Articles polémiques hebdomadaires, ainsi que quelques « interviews bidon » signées Alcide Jolivet.
Sur la guerre de Sécession, il démonte une intox qui perdure :
Lorsqu’on nous explique, à l’école, que l’esclavage fut la cause et l’enjeu de la guerre de Sécession, on se moque effrontément de nous. La guerre de Sécession fut une guerre de tarifs douaniers. Pas autre chose. Le Nord était protectionniste, le Sud libre-échangiste. Le Nord s’est rapidement industrialisé, il avait besoin pour ses produits manufacturés d’une forte protection. Le Sud, au contraire, vivait de ses exportations de coton, trouvait plus avantageux d’acheter ses machines et ses étoffes dans les pays d’Europe où il écoulait ses récoltes. Mis en demeur de subir la loi du nombre, le Sud, à plusieurs reprises, menaça de se retirer de l’Union. C’eût été pour les businessmen yankees une catastrophe : ils eussent perdu à la fois d’immenses débouchés commerciaux et l’accès à la mer par le Mississippi – The old man river – dont le contrôle est indispensable à la prospérité du Middle West. Chaque fois, un compromis plus ou moins satisfaisant permit d’ajourner provisoirement le conflit. D’année en année cependant, la querelle devint plus aigüe, la sécession plus menaçante. Or il était bien évident que les nordistes n’accepteraient jamais un divorce, qu’ils iraient jusqu’à la guerre, s’il le fallait, pour maintenir l’Union et conserver leurs clients. Seulement, une guerre pour des tarifs douaniers, ça n’est pas très avouable. Il est beaucoup plus reluisant de proclamer que l’on se bat pour la fraternité humaine, le droit, la justice, la liberté, la démocratie et la libération des esclaves. La libération des esclaves fut l’alibi des businessmen yankees.
Plus loin, l’auteur évoque le roman Autant en emporte le vent paru en 1936 :
Autant en emporte le vent, c’était, pour nous, la révision d’un vieux procès que les libéraux barbus croyaient définitivement gagné. C’était aussi la clé de l’énigme américaine. Car il y a une énigme américaine : comment expliquer qu’une jeune nation riche de tant de promesses ait si mal tourné, qu’elle soit devenue dans toutes ses manifestations si parfaitement odieuse ?
Après avoir lu Autant en emporte le vent, on comprend : avec la débâcle des sudistes, c’est la civilisation qui a disparu du Nouveau Monde, c’est la barbarie puritaine, hypocriste, démocratique et mercantile des Yankees qui a triomphé, qui s’est imposée dans les quarante-huit Etats.
Sans Lincoln, ce vieux fourbe, sans le général Grant, cet ivrogne corrompu, Roosevelt ne serait pas possible. L’abomination américaine est l conséquence inévitable de le reddition d’Appomattox.
C’est cela surtout que j’avais retenu d’Autant en emporte le vent, une revanche sur l’imbécilité prétentieuse et sordide de La Case de l’oncle Tom…
La mission : une urgence pour notre société
De Philippe Darantière, président de Notre-Dame de Chrétienté :
« Toute personne a le droit d’entendre la Bonne Nouvelle de Dieu ! »
Faisant sienne cette sentence du pape Jean Paul II, à laquelle fait écho l’appel pressant de Léon XIV à entrer dans une nouvelle ère missionnaire, Notre-Dame de Chrétienté a décidé de placer cette année le pèlerinage de Chartres sous le signe de la Mission.
Plus qu’un simple thème annuel, il s’agit d’un des trois piliers qui fondent l’existence, l’identité et l’action de notre association. Elle en est même le pilier ultime adossé à la Tradition qui nous permet de recevoir et de faire passer sans l’altérer le dépôt inviolable de la Foi, mais aussi à la Chrétienté qui structure les relations sociales et politiques de sorte qu’elles permettent la promotion au quotidien du règne de Notre Seigneur en ce monde, dans les moindres actes de nos existences, pour Sa gloire et le salut des âmes.
La croissance des conversions en France, la multiplication des blogs, sites, comptes de réseaux sociaux à ce sujet, les multiples initiatives d’apostolat dans les paroisses et dans la rue traduisent chez nos contemporains une soif de Vérité qui ne peut laisser aucun chrétien indifférent. Nous accueillons dans nos églises et dans nos communautés des âmes en recherche, des “ recommençants ” , des convertis et des catéchumènes qui aspirent à découvrir et à suivre le Christ. Notre-Dame de Chrétienté et son pèlerinage de Chartres sont au coeur de ce réveil spirituel de notre pays pour lequel nous avons prié depuis 44 ans. Pour y répondre, nous devons faire preuve d’audace et renouveler notre façon d’envisager la Mission.
Aujourd’hui, il y a un devoir “ d’assistance à personne en danger ” de permettre aux âmes qui ne connaissent pas Dieu d’accéder au Salut en Jésus-Christ, « car il n’y a en ce monde aucun autre nom par lequel l’homme puisse être sauvé » (Actes des Apôtres 4, 12). Avec Saint Paul, “ la charité du Christ nous presse !” (2Co 5, 14) !
Et la première des charités est de communiquer à notre prochain le Seigneur Jésus-Christ, qui est la Voie, la Vérité et la Vie. Lui-même nous fait la grâce, par le don de la liturgie, de se manifester en plénitude, en particulier dans le Saint Sacrifice de la messe. La liturgie est un puissant moyen d’apostolat, auquel nous associons les pédagogies traditionnelles de la foi, qui exigent de nous une formation toujours plus solide et une vie de prière toujours plus généreuse.
De cette manière, au-delà des trois jours de pèlerinage, c’est bien dans le quotidien de nos vies que nous serons missionnaires : tous les chapitres, cadres et pèlerins sont invités à réfléchir dès maintenant aux voies et moyens qui leur permettront dès après la Pentecôte, mais pourquoi pas avant, de traduire en actions régulières, en chapitre ou dans leur paroisse, cet engagement missionnaire renouvelé et nourri en profondeur.
Pour offrir au plus grand nombre de pouvoir vivre cet envoi en mission, Notre-Dame de Chrétienté inaugure cette année la nouvelle « Route de Jérusalem », destinée aux pèlerins marcheurs qui ne peuvent pas ou plus parcourir les 100 km de Paris à Notre-Dame de Chartres, mais qui souhaitent cependant participer physiquement au pèlerinage. Marchant sur un itinéraire adapté, les chapitres de la Route de Jérusalem bénéficieront d’un accompagnement spirituel dédié et de chefs de chapitres spécialement préparés pour ces pèlerins à qui nous souhaitons dès maintenant la bienvenue.
Voilà la résolution qui est la nôtre, œuvrer à faire connaître et aimer JésusChrist jusqu’aux extrémités de la terre, participant à l’effort missionnaire de notre Sainte Eglise pour que partout retentisse ce cri : « à lui soient la gloire et la puissance aux siècles des siècles ! Amen. » (Apocalypse 1,6)
Philippe Darantière
Président de Notre-Dame de Chrétienté
Programme du pèlerinage 2026 :
- Samedi 23 mai : « Les fondements de la mission » avec saint François de Sales. La charité du Christ « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile » Réponse aux objections sur la mission
- 6h50 : Messe Adultes à St Sulpice (Paris)
- 11h15 : Messe Familles et Enfants à Choisel
- 19h30 : Messe Adultes (2e colonne) à Choisel
- Dimanche 24 mai : « La mission à l’école de l’Esprit-Saint ». Le Saint-Esprit, source de toute mission Le Saint-Esprit, lumière de vérité La prière, âme de tout apostolat
- 12h : Messe de la Pentecôte aux Courlis célébrée par le Père Antonius Maria Mamsery. Homélie par le Révérend Père Serge-Thomas Bonino
- 16h : Erection d’ un calvaire à Saint Prest
- 21H15 : Salut du Saint Sacrement avec l’abbé Fabrice Loiseau et adoration toute la nuit à Gas
- Lundi 25 mai : « Allez ! Prêchez l’Évangile » avec le Bienheureux Isidore Ngei Ko Lat. Les outils de la mission au quotidien Les outils de la mission directe
- 14h30 : Messe de clôture célébrée par le cardinal Burke à Chartres
- Jeudi 4 juin : 19h : Messe d’action de grâces à Ste Odile (Paris)
Quelques chiffres :
- 330 messes célébrées en 3 jours
- 52 000 hosties
- 280 tentes montées et démontées chaque jour
- Longueur colonne : 10km (Adulte) 4km (Famille) 2km (Enfant)
- + de 10ha de bivouac par soir
- 120 tonnes d’eau consommée
- 420 chapitres
- 20 000 sacs chargés et déchargés chaque jour
- 4 500 places de trains privatisées
- 93 bénévoles santé
Pour rejoindre les bénévoles, vous pouvez encore contacter [email protected]. Il reste de la place dans les équipes de la logistique (montage des lavabos, des tentes, transport des sacs…).
L’abandon de la doctrine du règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ rend impossible la guerre juste
Dans son numéro du 2 mai, L’Homme Nouveau consacre un dossier au rôle de l’Eglise face à la guerre. Clément Millon, docteur en histoire du droit, est notamment interrogé sur la doctrine de la guerre juste :
La doctrine classique de la guerre juste est-elle aujourd’hui abandonnée par la papauté, ou simplement reformulée de manière implicite ?
Selon saint Thomas d’Aquin, la doctrine de la guerre juste requiert trois conditions précises et cumulatives (Somme théologique, II, II, 40. 1). Pour être juste, la guerre doit être déclarée par une autorité publique reconnue ; sa cause doit en être juste ; l’intention de celui qui la mène doit être droite. Aujourd’hui, si les deux derniers aspects peuvent sembler être reconnus de manière implicite, il n’en est pas de même pour le premier. Léon XIV ne dénie pas l’existence du droit d’un État à la légitime défense, dans son message de paix du 1er janvier 2026. De même, il condamne les frappes sur les infrastructures civiles iraniennes en avril 2026. Le premier critère, quant à lui, est paradoxalement le plus difficile à appliquer : les pouvoirs en place sont reconnus en tant que tels par le pape (« Il n’est de pouvoir qui ne t’ait été donné », Jn 19, 11). Cependant, cela fait bien longtemps que l’Église peine à reconnaître dans les États, même catholiques, d’authentiques manifestations du règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Aujourd’hui, il en ressort l’idée justement exprimée par Gérard Leclerc dans France Catholique en avril 2026 : « On ne conçoit pas un pape justifiant un conflit armé. » Déjà, Pie X, dans une formule restée célèbre, répond à l’ambassadeur d’Autriche-Hongrie venu lui demander en 1914 la bénédiction de ses armées : « Le Pape bénit la paix, pas la guerre. » Aussi, l’application concrète et explicite de la doctrine de la guerre juste semble hypothétique. Au final, l’abandon de la doctrine du règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ la rend impossible. Et pourtant, elle reste dans la Tradition de l’Église et elle ne demeurera peut-être pas toujours lettre morte. Qu’adviendra-t-il si l’Église est attaquée à Rome ?
Dans ce même numéro, L’Homme nouveau publie un court extrait des Institutions du droit public ecclésiastique, vol. I, Constitution sociale et pouvoir de l’Église du grand théologien romain que fut le cardinal Ottaviani, proche collaborateur de Pie XII puis propréfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sous Paul VI :
En pratique donc il ne sera jamais permis de provoquer une guerre, pour revendiquer ses droits. Bien plus, il ne faudra pas entamer une guerre défensive, à moins que l’autorité légitime, à qui il revient de discerner, ne possède avec la certitude de la victoire, des arguments valables de la supériorité du bien qui résulterait pour le peuple d’une guerre défensive par rapport aux maux immenses qui viendront de la guerre pour ce peuple et pour le monde entier.
Autrement le gouvernement des peuples aurait la même valeur que le gouvernement de massacre universel où, comme cela fut manifeste lors de la dernière guerre, les victimes innocentes sont plus nombreuses parmi les civils que parmi les militaires.
C’est pourquoi, face à un État totalitaire ou tyrannique, on applique encore, de facto, ce principe : « Si tu veux la paix, prépare la guerre. » Mais cela ne se justifie que si la société ou la coalition de sociétés, aimant véritablement la paix, préparent une force armée seulement en vue de se défendre. C’est évidemment la même raison pour laquelle « les objections de conscience », comme système général, ne peuvent être approuvées.
L’opinion répandue parmi les hommes politiques est qu’on pourrait ouvrir la voie pour la paix « en déposant les armes ou du moins en les limitant » (disarmo, désarmement). Mais ce remède suppose que toutes les parties sont vraiment sincères et aiment la paix ; en revanche si, d’une part, il y a quelque mensonge, ruse ou désir de domination, toutes choses propres à un régime totalitaire ou à une faction tyrannique, ce moyen, loin d’être un remède, serait dangereux pour la partie qui cherche sincèrement la paix, la prospérité et la liberté du peuple. Car, cependant qu’une partie sincère se prive d’armes, son adversaire conserve des armes en secret de diverses façons, ce qui n’a rien d’impossible. Quelle sera donc pour l’avenir la voie pour résoudre les conflits internationaux ? « Il y a deux manières de se disputer, l’une par la discussion, l’autre par la violence ; la première est propre à l’homme, l’autre aux bêtes. » Il faut toujours aller vers la première, c’est-à-dire toujours envisager la paix.
Exclure de la notion de soin la provocation active de la mort
C’est une proposition de loi déposée par de nombreux sénateurs, emmenés par le sénateur LR Francis Szpiner.
Elle est composée d’un article unique :
« La provocation active de la mort d’un patient ne peut être qualifiée ni de traitement, ni de thérapeutique, ni de soin. »
Dans l’exposé des motifs, le sénateur explique :
[…] Le soin, en droit comme en éthique médicale, désigne l’ensemble des actes qui visent à préserver, à restaurer ou à soulager la vie humaine dans une perspective thérapeutique. Cette finalité n’est pas accessoire : elle est constitutive de la notion même de soin et fonde la légitimité particulière dont bénéficie la relation médicale dans notre droit. C’est parce que le médecin oeuvre pour la vie et pour le soulagement de la souffrance qu’il se voit reconnaître des droits et des devoirs spécifiques, et que la société lui accorde sa confiance.
L’euthanasie, le suicide assisté ou toute forme d’aide active à mourir ont, quant à eux, pour objet direct et délibéré de provoquer le décès du patient. Peu importe la bienveillance des intentions ou la réalité de la souffrance qui les motive : leur finalité est la mort, et non sa prévention ni son adoucissement. Cette divergence d’intention et d’objet est absolue et insurmontable. Elle interdit toute assimilation juridique de ces actes à des soins.
Le droit médical français s’est historiquement construit autour de principes cardinaux : sauvegarde de la dignité, respect de l’intégrité de la personne, non-malfaisance que consacre notamment l’article 16 du code civil, issu des lois bioéthiques. Dans ce cadre, la mort peut être acceptée, lorsque la poursuite des traitements relèverait d’une obstination déraisonnable ; elle peut être accompagnée, grâce aux soins palliatifs et à la sédation profonde et continue prévue par la loi du 2 février 2016. Mais en aucun cas, selon la tradition juridique et médicale française, elle ne peut être l’objectif recherché par le soignant.
Admettre qu’un acte létal puisse être qualifié de « soin » ou de « thérapeutique » au sens du code de la santé publique ne serait pas une évolution sémantique anodine ; ce serait altérer la finalité même de l’art médical, rompre la cohérence d’un droit de la santé tourné vers la protection de la vie, et fragiliser la relation de confiance fondamentale entre le patient et son médecin. Une telle requalification serait en outre susceptible d’exercer une pression intolérable sur les personnes les plus vulnérables, qui pourraient se sentir tenues de justifier leur désir de vivre. […]
Liban 1976 – France 2026 : 50 ans d’islamo-gauchisme
De Yann Baly président de l’AGRIF :
A l’occasion du 50e anniversaire du massacre perpétré par les milices palestiniennes dans la ville chrétienne libanaise de Damour en janvier 1976, nous avons organisé plusieurs conférences sur ce sujet, pas si éloigné qu’il n’y paraît de la réalité française actuelle.
1976 : le Liban à l’heure de l’islamo-progressisme
Depuis le début des années 1950, les Libanais, et spécialement les chrétiens, ont accueilli à bras ouverts, comme des frères, la masse immense des réfugiés palestiniens. La société libanaise, au premier rang de laquelle l’Église maronite, a tout mis en œuvre pour subvenir aux besoins des déplacés : mise à disposition de terrains, aide sociale, action scolaire, soutien financier voire politique… L’État libanais est même allé jusqu’à reconnaître le droit aux milices palestiniennes de s’armer ainsi qu’à accorder le statut d’extraterritorialité aux camps palestiniens, notamment ceux enserrant Beyrouth (ni la police, ni l’armée ne pouvaient plus y entrer). Cette générosité du peuple libanais et cette faiblesse des gouvernements ont été bien mal récompensées puisque les Palestiniens ont retourné leurs armes contre ceux qui les avaient accueillis, et leurs camps sont devenus des forteresses et des casernes d’où partaient les coups portés au Liban libre et chrétien. Les Palestiniens voulaient faire du Liban leur patrie de substitution. Pour cela, ils trouvèrent des complices dans la société libanaise : les musulmans fanatisés, des partisans du panarabisme nassérien, des collaborateurs de la grande Syrie, et aussi les partis de la gauche et de l’extrême gauche libanaises voyant dans la cause palestinienne un moyen de saper l’autorité de l’État et l’outil idéal pour faire triompher la révolution. Ce conglomérat se désignait lui-même comme le camp « islamo-progressiste ». La presse française bien-pensante se gargarisa de ce qualificatif mensonger, qui permettait de masquer la réalité de ces organisations terroristes et de ces bandes révolutionnaires qui ont plongé le Liban dans l’abîme. Il ne s’en remet toujours pas.
50 ans plus tard : la France au risque de l’islamo-gauchisme
L’histoire du drame libanais est saisissante pour un Français de 2026, tant le processus et les événements qui ont conduit à cette déchirure sont, en de nombreux points, similaires à ce que nous voyons progressivement se développer en France. Un grand nombre de nos quartiers et certaines de nos villes sont devenus des entités extraterritoriales, pas seulement des zones de non-droit mais bien souvent des zones soumises à un autre droit, à des règles coutumières qui ne sont pas les nôtres. La police, pas plus que les autres services publics, ne peuvent désormais y accéder. Ce sont les imams des mosquées salafistes et les caïds des mafias de la drogue qui y font régner un ordre bien à eux. Les armes de guerre y circulent en grand nombre. Dans le même temps, les Frères musulmans ont investi des strates importantes de la société, jusque dans les arcanes du pouvoir, à Paris comme à Bruxelles. Les administrations ne sont pas épargnées, y compris celles ayant à gérer la sécurité intérieure et l’immigration. L’islamo-progressisme s’est mué en islamo-gauchisme. On a vu le basculement progressif d’une certaine gauche et de l’extrêmegauche, notamment mélenchoniste, du côté de l’idéologie islamique. Les keffiehs palestiniens côtoient désormais les drapeaux rouges de la CGT ou de LFI dans les manifestations. Les disciples de Marx et de Lénine voient dans l’islamisme l’accélérateur de l’histoire qui va hâter la révolution et l’avènement du grand soir. L’école et l’université, les médias et la magistrature sont gangrenés par cette infection. Tandis que la violence s’installe chaque jour un peu plus dans le pays (crapuleuse, barbare, djihadiste et politique…), l’État est impuissant et les gouvernements sont tétanisés, empêtrés dans la peur, soumis à la repentance et à tous les courants de la haine anti-française. Si rien ne change rapidement, les mêmes causes produisant les mêmes effets, la France connaîtra un drame identique à celui du Liban. En 2027, y aura-t-il un candidat capable de comprendre ces enjeux et de relever ce défi existentiel ? C’est ce que nous souhaitons pour la France.
Le « régime » ou la disqualification médiatico-politique sans jugement
D’Olivier Frèrejacques dans Liberté politique :
Le « régime de Bachar al-Assad » n’existe plus. Désormais, la Syrie est aux mains des islamistes, mais ceux-ci sont appelés « les autorités de Damas » ou « le nouvel État ». Le terme « régime » n’a, en soi, rien d’infamant, mais il sert désormais à disqualifier ce qui est considéré comme un régime politique mauvais. On parlera ainsi de « régime des mollahs » ou de « régime iranien ». Le premier terme est particulièrement stupide, car il ne tient pas compte de la réalité du pouvoir dans le pays, qui repose davantage sur les Gardiens de la révolution que sur les religieux. En revanche, l’État hébreu n’est jamais qualifié de « régime de Tel Aviv », ce qui n’aurait d’ailleurs pas plus de sens que pour les cas précédents.
Qui décide des mots ?
Moscou, largement honni à l’Ouest, n’est pas non plus affublé de ce sobriquet, sauf par le chef d’état-major des armées françaises qui avait déclaré, dans une sortie très provocante et macronienne : « Si, pour dissuader le régime de Moscou, notre pays flanche parce qu’il n’est pas prêt à accepter de perdre ses enfants, nous serons face à un risque. » Qui détermine quand on parle de « régime » ou d’« État » ? Difficile à dire, sinon qu’il s’agit de grandes tendances admises, souvent de manière assez pavlovienne.
En politique intérieure, c’est la gauche qui continue de donner le « la ». Ainsi, le jeune Quentin, assassiné par des militants antifa proches de La France insoumise, est qualifié de « néo-nazi », tout comme les manifestants nationalistes du 9 mai dont le rassemblement a été interdit cette année. Quiconque s’intéresse un tant soit peu à cet espace de l’échiquier politique extraparlementaire sait qu’il s’agit d’une mouvance « nationaliste révolutionnaire ». Mais « néo-nazi » est plus vendeur et c’est surtout le terme imposé par La France insoumise, les antifas et la presse d’extrême gauche.
Les « artistes engagés », des criminels sexuels en puissance ?
Autre formule très usitée : celle d’« artiste engagé ». En réalité, un artiste n’est engagé que s’il est de gauche. Patrick Bruel, aujourd’hui accusé par des dizaines de femmes d’agressions sexuelles, a longtemps bénéficié de ce label après des années de soutien à SOS Racisme. Son compère Richard Berry a lui aussi été qualifié d’acteur engagé pour avoir milité au sein de l’association Enfance Majuscule, qui œuvre pour la protection de l’enfance. Aujourd’hui, celui qui avait appelé à faire barrage à Marine Le Pen en 2022 n’est plus qualifié d’« engagé » depuis que sa fille l’accuse de crimes d’inceste répétés.
Les mots ont un sens et doivent être remis en question dès que l’on lit un texte, particulièrement dans ces périodes de trouble politique.
La prolifération de formules aussi abominables qu’« impacter », « en responsabilité » ou « faire un bougé » sont également des marqueurs de notre époque : celle du vide des idées et d’une uniformisation abêtissante.
Costa Rica : la présidente confie son gouvernement à Dieu et à la Vierge Marie
La présidente costaricienne Laura Fernández, catholique, a commencé son mandat présidentiel en assistant à une messe au cours de laquelle elle a confié son gouvernement à Dieu et à la Vierge Marie. Laura Fernández a officiellement entamé son mandat par une messe à la Basilique de Notre-Dame des Anges, à Cartago, où elle a confié son gouvernement à la patronne nationale du pays et a remis symboliquement l’écharpe présidentielle à la Vierge.
La cérémonie a eu lieu le 8 mai, coïncidant avec le début du mandat de Fernández en tant que cinquantième chef d’État du pays centro-américain.
La nouvelle dirigeante a placé sa gestion sous la protection de Dieu et de la Vierge des Anges, connue populairement sous le nom de « La Negrita ». Lors de l’homélie, le président de la Conférence épiscopale du Costa Rica, monseigneur Javier Román, a appelé à reconstruire l’unité nationale et à travailler pour « une société plus humaine, juste et unie ». L’évêque a également souligné l’importance que la foi puisse inspirer la vie publique et politique, en particulier dans les questions liées à l’éthique, à l’honnêteté et au respect de la vie humaine.
« Quand une personne reconnaît qu’il existe une vérité supérieure à elle-même, elle comprend aussi que le pouvoir a des limites et que toute autorité doit s’exercer avec éthique, conscience et respect pour la vie ».
La cérémonie a été marquée par des références à l’unité nationale, à la réconciliation et à la nécessité de renforcer l’engagement éthique dans la vie publique.
Costa Rican President Laura Fernández, a Catholic, began her presidential term by attending a Mass in which she entrusted her government to God and to the Virgin Mary.
Video: Presidential office pic.twitter.com/F6iWX33I6n
— Sachin Jose (@Sachinettiyil) May 13, 2026
Mgr Schneider : « L’hérésie homosexuelle infecte de plus en plus le Corps de l’Église »
Dans un entretien accordé le 12 mai 2026 à la journaliste Diane Montagna, Mgr Athanasius Schneider a vigoureusement dénoncé le contenu du rapport final du Groupe d’étude n° 9 du Synode sur la synodalité, publié le 5 mai dernier par le Secrétariat général du Synode des évêques.
Consacré aux « questions doctrinales, pastorales et éthiques émergentes », ce document de trente pages a immédiatement provoqué une onde de choc dans les milieux catholiques en raison de son appel scandaleux à un « changement de paradigme » dans la manière d’aborder des vérités doctrinales et morales élémentaires.
« Une propagande d’idéologie sexuelle mondiale »
Dès le début de son entretien avec Diane Montagna, Mgr Athanasius Schneider dénonce avec une grande vigueur l’orientation générale du rapport publié par le Secrétariat du Synode des évêques.
L’évêque estime que le Vatican participe désormais à la diffusion d’une idéologie contraire à la loi naturelle et à la Révélation divine :
« En publiant le Rapport final du Groupe d’étude n° 9, le Secrétariat du Synode des évêques s’est abaissé à promouvoir la propagande d’une idéologie sexuelle mondiale qui est agressivement poussée en politique et dans les médias à travers le monde. »
L’entretien revient notamment sur le scandale provoqué par la présence, dans le rapport, du témoignage d’un homme vivant publiquement dans une relation homosexuelle et ayant reçu, avec son partenaire, une bénédiction du père James Martin, prêtre jésuite américain proche des milieux LGBT, au lendemain même de la publication de Fiducia Supplicans. Mgr Schneider déclare à ce sujet :
« Le père James Martin n’est qu’un homme de main clérical de cette idéologie anti-chrétienne et blasphématoire. »
Il poursuit :
« Les partisans de cette idéologie cherchent l’approbation morale et doctrinale de l’Église des actes et modes de vie homosexuels — c’est-à-dire des comportements contraires à la création de Dieu et à l’ordre naturel. »
Puis il accuse directement le Secrétariat du Synode de collaborer avec ces groupes de pression :
« Le Secrétariat du Synode — organe du Saint-Siège — collabore ainsi avec ses lobbyistes dans une véritable révolte contre l’œuvre de création de Dieu, contre l’ordre beau et sage des deux sexes, homme et femme. »
Fiducia Supplicans et « l’exégèse du doute »
Pour Mgr Schneider, le rapport du Groupe d’étude n° 9 constitue l’aboutissement logique d’un processus engagé depuis plusieurs années dans l’Église : « Le rapport final révèle que légitimer l’homosexualité — c’est-à-dire les actes homosexuels, les modes de vie et les relations homoérotiques — était déjà à l’ordre du jour clérical lors du premier Synode sur la famille du pape François. »
L’évêque estime que « cet ordre du jour a atteint un sommet avec la promulgation de Fiducia Supplicans par le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, sous la direction de son préfet actuel. » Mgr Schneider qualifie cette déclaration romaine de
« parodie du bon sens. Elle évoque la possibilité de bénir les couples homosexuels, non pas officiellement et liturgiquement, mais spontanément. Selon le document, l’objet de la bénédiction est le couple homosexuel, et non leur relation. Mais être un “couple” vient précisément de la relation elle-même. Fiducia Supplicans traite ainsi le monde entier comme des imbéciles. »
Il constate que « le rapport final du Groupe d’étude n° 9 va encore plus loin en proposant une possible justification doctrinale des actes homosexuels et des relations homoérotiques. » L’évêque considère que cette justification
« le fait en remettant indirectement en question la validité durable du témoignage de la Révélation divine concernant l’homosexualité dans les Saintes Écritures. »
Mgr Schneider dénonce alors ce qu’il appelle une « exégèse du doute » :
« Le rapport affirme en fait qu’“il est nécessaire d’aller au-delà d’une simple répétition de leur présentation actuelle et de prendre en compte les enseignements tirés de diverses lectures exégétiques” (2.4). Une telle exégèse usurpe effectivement la place de Dieu et prétend proclamer ce qui est bon et ce qui est mal. C’est précisément ce que le serpent a fait dans le Jardin d’Éden. »
L’évêque auxiliaire d’Astana estime également particulièrement révélateur le fait que les témoignages retenus dans le rapport soient exclusivement ceux de personnes vivant publiquement dans des unions homosexuelles, sans donner la parole à des fidèles cherchant à vivre dans la chasteté conformément à l’enseignement de l’Église.
Pour lui, « ce fait parle de lui-même », ce choix révèle clairement l’orientation du Groupe d’étude,
« cela démontre clairement qu’un organe du Saint-Siège — le Secrétariat du Synode des évêques — prend parti pour un groupe idéologique et néo-gnostique au sein de l’Église, une minorité qui contredit explicitement l’enseignement constant de l’Église et le sensus fidelium. »
Mgr Schneider estime que le but poursuivi est extrêmement grave :
« Il est clair que l’objectif est d’initier un processus pour réinterpréter et finalement abolir la validité de la révélation de Dieu — en particulier celle du Sixième Commandement. »
« Une tactique ouvrant la porte au relativisme moral total »
L’évêque reconnaît certes que le document n’a pas formellement d’autorité magistérielle, mais il estime que sa publication officielle par le Vatican lui donne une portée considérable dans l’opinion publique catholique : « Bien qu’il ne s’agisse formellement que d’un document d’un groupe d’étude et qu’il n’ait pas d’autorité magistérielle, il est néanmoins publié par le Vatican, via un organe du Saint-Siège. En conséquence, un tel document transmet au monde entier, et à la plupart des catholiques — qui ne connaissent pas la distinction théologique concernant le poids de l’autorité accordée aux documents de l’Église — que l’Église catholique, et même le Vatican, s’ouvrent désormais à la possibilité de légitimer et de normaliser les actes et modes de vie homosexuels. »
Une stratégie progressive est à l’œuvre :
« C’est une tactique claire visant à habituer progressivement les fidèles à considérer les actes homosexuels comme normaux, ou du moins à les tolérer dans des cas individuels. »
Cette évolution s’appuie souvent sur des arguments affectifs ou psychologiques :
« Principalement par l’argument sophistiqué qu’un couple homosexuel peut posséder d’autres bonnes qualités morales ou intellectuelles. Ainsi, la porte s’ouvre au relativisme moral total. »
L’évêque auxiliaire d’Astana estime que ce
« rapport final a franchi sans équivoque la ligne qui sépare l’orthodoxie de l’hérésie. Le rapport emploie l’expression séduisante de “changement de paradigme” pour miner, par une rhétorique creuse, la Révélation de Dieu sur la nature binaire des sexes, ainsi que son interdiction claire de tout acte sexuel en dehors d’un mariage valide entre un homme et une femme. »
Mgr Schneider ajoute plus loin :
« Avec une audace scandaleuse, le rapport final remplace les commandements de Dieu — en l’occurrence le commandement divin interdisant les actes sexuels en dehors du mariage — par des traditions humaines qui ouvrent de fait la porte à l’acceptation des actes et des modes de vie homosexuels. »
Un silence de Rome lourd de conséquences
À ce jour, devant un tel scandale, aucune réaction du Successeur de Pierre n’est apparue. Mgr Schneider estime pourtant qu’une intervention claire est indispensable :
« Le premier devoir du pape Léon XIV est de protéger l’Église et les âmes des fidèles contre cette doctrine gnostique éhontée, qui cherche à justifier la fornication et le vice contre nature. »
L’évêque rappelle les avertissements adressés par Notre-Seigneur aux Églises de l’Apocalypse :
« La voix du Christ, qui reprocha à l’Église de Pergame de tolérer l’hérésie sexuelle des Nicolaïtes (cf. Ap 2, 14-15) et accusa l’Église de Thyatire de permettre à Jézabel — “qui se dit prophétesse” — de répandre l’immoralité sexuelle dans l’Église (Ap 2, 20-21), s’adresse aussi aujourd’hui au pape Léon XIV. »
Mgr Schneider met également en garde contre le silence d’une partie importante de la hiérarchie :
« L’hérésie homosexuelle infecte de plus en plus le Corps de l’Église ; et si le pape, avec les cardinaux et les évêques, ne se réveille pas et, comme médecins spirituels et pasteurs responsables, n’avertit pas clairement et courageusement les fidèles afin de les protéger d’une telle contagion spirituelle, ils seront coupables par leur inaction et leur silence. »
Puis il ajoute cette parole particulièrement grave :
« Il est tout à fait possible que les générations futures, regardant notre époque, lui appliquent des paroles semblables à celles du temps de l’hérésie arienne : “Le monde entier gémit et s’étonna d’avoir aboli le Sixième Commandement de Dieu.” »
Pour Mgr Schneider, ce sont les fondements mêmes de la morale naturelle et chrétienne qui sont désormais remis en cause. Une clarification publique du Saint-Siège apparaît donc absolument nécessaire.
L’évêque déclare :
« Le rapport final, rédigé dans un style typiquement sophistique et gnostique, présente les vérités immuables, saintes et très sages de la Révélation divine comme de simples “modèles théoriques” (cf. 2.3). Dans leur rapport, l’enseignement clair, infaillible et bimillénaire de l’Église sur l’ordre de la sexualité humaine voulu et ordonné par Dieu se trouve ainsi rabaissé au rang de “modèle” lié à une époque. »
Mgr Schneider souligne les conséquences :
« Cela prive également de leur force obligatoire toute la loi morale naturelle que Dieu a inscrite dans le cœur humain, ainsi que les vérités révélées dans la Sainte Écriture et la Sainte Tradition. Les auteurs du rapport final sont ceux qui, selon les paroles de l’apôtre Jude, changent la grâce de Dieu en occasion de débauche (cf. Jude 4). »
Et il lance cet avertissement :
« Si le Saint-Siège ne condamne pas sans équivoque ce rapport final n° 9, tout le clergé et tous les fidèles encore véritablement catholiques perdront confiance en ceux qui occupent des postes au Vatican. »
Les sacres de la FSSPX et l’état de nécessité
Interrogé sur les futurs sacres épiscopaux de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, prévus le 1er juillet prochain, Mgr Schneider considère que la crise actuelle de l’Église rend plus manifeste que jamais l’état de nécessité invoqué par la Fraternité :
« La situation actuelle de l’Église ne peut être décrite que comme un véritable état de nécessité, ce que la FSSPX affirme à juste titre. Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. »
L’évêque poursuit avec une comparaison frappante :
« Quiconque, dans l’Église, nie encore aujourd’hui ce véritable état de nécessité est soit spirituellement aveuglé, soit considère que l’empereur nu est décemment vêtu — comme dans le conte d’Andersen Les Habits neufs de l’empereur —, soit se comporte comme le serviteur qui, devant le château en flammes, s’écrie : “Tout va très bien, Madame la Marquise !” »
« Affermis tes frères dans la foi »
Alors que le pape Léon XIV entre dans la deuxième année de son pontificat et que la confusion doctrinale s’aggrave toujours davantage, Mgr Schneider affirme n’avoir qu’un seul conseil à adresser au Saint-Père :
« Je ne pourrais lui offrir de paroles meilleures ni plus actuelles que celles prononcées par Notre-Seigneur à Pierre, le premier pape : “Affermis tes frères dans la foi !” (Lc 22, 32). »
L’évêque explique concrètement cette mission :
« Cela signifie évidemment apporter la clarté là où règne la confusion dans la foi, la clarté là où règne l’ambiguïté dans la foi, et la clarté là où la foi est subvertie. Le pape devrait reconnaître que l’Église, comme au IIe siècle au temps de saint Irénée, est infectée par un gnosticisme qui, tel un renard, nie avec ruse la validité et le caractère concret de la Révélation et des commandements de Dieu. »
Mgr Schneider cite alors un long passage de saint Irénée dans l’Adversus haereses, qu’il juge particulièrement actuel, notamment celui-ci : « Ces hommes rassemblent des fables de vieilles femmes, puis s’efforcent, en détachant violemment de leur contexte propre des mots, des expressions et des paraboles trouvés çà et là, d’adapter les oracles de Dieu à leurs fictions sans fondement. »1
Le courageux évêque souahite unir sa voix à « celle d’innombrables catholiques simples et pieux que je rencontre sans cesse dans divers pays, qui aiment le pape d’un amour véritablement surnaturel, mais qui, en même temps, souffrent profondément du manque d’affirmation sans ambiguïté des vérités divines émanant de Rome, alors que se répandent impunément dans la vie de l’Église des hérésies et des blasphèmes propagés par des clercs — même des évêques et des cardinaux — qui sont des loups déguisés en pasteurs. »
Il renouvelle enfin un appel solennel au pape Léon XIV :
« Très Saint-Père, écoutez la voix de tant de catholiques pieux, de simples prêtres et religieux, d’enfants et de jeunes gens qui ont été poussés à la périphérie de la vie ecclésiale par les structures synodales, et même traités avec mépris uniquement parce qu’ils demeurent attachés à la foi et à la forme de la liturgie transmises par leurs pères ; à la foi et à la liturgie chéries par les saints ; à la foi et à la liturgie embrassées et offertes par l’écrasante majorité des papes. »
Puis :
« Très Saint-Père, ne vous rangez pas principalement du côté des bureaucrates et apparatchiks de l’Église, soutenus par les puissants de ce monde, mais écoutez les petits dans l’Église et tenez-vous à leurs côtés : les fidèles et le clergé traditionnels qui s’attachent fermement à la foi transmise aux saints une fois pour toutes (Jude 3). »
Et enfin :
« Très Saint-Père, soyez pour notre époque un autre saint Léon : faites une profession de foi d’une clarté cristalline, afin d’affermir toute l’Église et de dissiper les doutes pernicieux et les ambiguïtés empoisonnées, comme le fit jadis votre prédécesseur et homonyme. Alors les fidèles de notre temps, comme à l’époque de Léon le Grand, pourront dire : “Par la bouche du pape Léon XIV, Pierre a parlé !” »
1
Adversus haereses, I, 7, 1.
Interview en anglais : https://substack.com/@dianemontagna
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