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« On se risque sur le bizarre » Les Tontons flingueurs reviennent en force chez Livres en Famille !

Nouvelle édition pour cet album en hommage à Georges Lautner, Michel Audiard, aux techniciens du film et tous les comédiens qui apparaissent dans ce chef d’œuvre « On devrait jamais quitter Montauban ! » Un album de caricatures tout à fait exceptionnel et original ! « Yes Sir ». Il faut dire qu’il y a matière pour un artiste tel que Jean-Marc Borot et la plume acérée de Philippe Chanoinat.

Reprenant les moments forts du film, c’est un concentré des meilleures scènes, finesse et humour sont au rendez-vous.
« Faut quand même admettre que c’est plutôt une boisson d’homme », tous les cinéphiles connaissent cette réplique ou celles qui sont les plus mémorables de ce classique de la comédie française au cinéma du regretté Georges Lautner qui nous a quitté le 22 novembre 2013. Film culte aux scènes d’anthologies et dialogues mémorables, Les Tontons Flingueurs est une grande comédie populaire et un des meilleurs films de Lautner – Dialogues de Michel Audiard.

Propriétaire d’une petite usine de tracteurs, Fernand Naudin mène une vie tranquille et sans histoire quand un télégramme l’appelle à Paris. Il arrive à temps pour recueillir le dernier soupir d’un ami de jeunesse, Louis dit « le Mexicain », qui lui confie ses affaires louches en même temps que la garde de sa fille Patricia. Et les ennuis commencent…

Sorti en 1963, Les Tontons Flingueurs a connu un très beau succès en France avec plus de trois millions d’entrées. Certes le film fut assez mal accueilli par la critique de l’époque, aujourd’hui cette parodie des films de gangsters est un film culte du cinéma français et une des meilleures comédies du Septième Art.

L’intrigue n’est certainement pas la force principale de cette désopilante comédie mais ce qui l’emporte sur l’histoire ce sont les incroyables prestations des acteurs, tous déchainés, et les dialogues mémorables de Michel Audiard. Accompagné d’une superbe brochette des stars du cinéma français de l’époque, aujourd’hui des géants du cinéma, le casting des Tontons Flingueurs est juste inouï : Lino Ventura, Bernard Blier, Francis Blanche, Claude Rich, Jean Lefebvre, Robert Dalban et Venantino Venantini. Le quatuor Ventura, Blier, Blanche et Lefebvre fonctionne à merveille, dote le film de moments désopilants et offre au cinéma des scènes mythiques – la cuisine-, et enfin la réplique géniale de Jean Lefebvre :

« Ecoute, on te connait pas, mais laisse nous te dire que tu te prépares des nuits blanches, des migraines, des « nervous breakdown » comme on dit de nos jours ».

Il y a aussi certaines situations totalement absurdes comme l’hilarante fusillade avec les bruits des revolvers silencieux qui tourne cette scène d’action au ridicule total et surtout quand le père du personnage de Claude Rich arrive … On retiendra aussi les célèbres coups de poings que se prend Bernard Blier à trois reprises par Lino Ventura. Un film inoubliable. « Yes Sir ».

En 2023 nous fêtions deux anniversaires, soixante ans pour les Tontons et dix ans pour la mort du père des Tontons. En 2026, une nouvelle édition… « Le monocle vous salue bien ! »

Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE
https://www.livresenfamille.fr/divers/16579-on-devrait-jamais-quitter-montauban-.html

On devrait jamais quitter Montauban ! Philippe Chanoinat, Illustrations -caricatures de Jean-Marc Borot. Editions Les Livres du Bourre-Pif, album relié de 50 pages, 15 €.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

La fin du Carmel de Compiègne

De Gérard Leclerc dans France catholique :

« L’âge avançant, le nombre diminuant, les vocations se faisant attendre, des renforts extérieurs impossibles à trouver, nos Sœurs carmélites de Compiègne ont décidé la fermeture de leur communauté.» C’est en ces termes que Mgr Jacques Benoit-Gonnin, évêque de Beauvais, annonçait, le 21 avril dernier, la fin d’une histoire de quatre siècles.

Car c’est en 1641 que fut fondé à Compiègne le Carmel de l’Annonciation, selon la règle de sainte Thérèse d’Avila. De toute évidence, il s’agit pour l’ensemble de l’Église en France d’une épreuve morale et spirituelle, d’autant que cette communauté était forte de la mémoire des seize religieuses guillotinées à Paris, le 17 juillet 1794, en haine de la foi. Leur canonisation avait été approuvée par le pape François le 18 décembre 2024 et l’événement célébré solennellement à Notre-Dame de Paris le 13 septembre dernier.

Leur exemple se réfère à leur acte de consécration prononcé chaque jour de leurs dix-huit mois d’emprisonnement, en faveur de la paix en France et dans l’Église. On se souvient que c’est grâce à Gertrud von Le Fort en Allemagne et à Georges Bernanos que leur souvenir a pu être transmis, et on peut même dire sauvé de l’oubli. Sans doute les deux écrivains ont-ils ajouté au rappel historique des éléments de leur imagination, surtout le personnage de Blanche de La Force, mais c’est pour mieux mettre en lumière un témoignage de foi surnaturelle digne de traverser les siècles.

Quelques mois après la cérémonie à Paris et le pèlerinage au cimetière de Picpus qui attira l’attention sur la continuité et la fécondité de la famille du Carmel, la décision des religieuses de Jonquières (qui avaient succédé à Compiègne) vient apporter une note de tristesse qui s’ajoute au constat d’une déchristianisation et d’une pénurie de vocations. Il faudra en tirer toutes les leçons, notamment sur les sources possibles d’un renouveau qui n’ont rien à voir avec l’alignement sur les idéologies séculières et ce que l’Évangile appelle «l’esprit du monde». L’actuel essor des baptêmes d’adultes est là pour montrer que c’est une exigence de cohérence intérieure et d’aspiration au surnaturel qui conduit tous ces jeunes gens à demander le baptême. […]

Rapport de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public

Adopté le lundi 27 avril 2026, le rapport de la commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public a été mise en ligne. Ce rapport de plus de 550 pages liste 40 propositions et 69 recommandations, parmi lesquelles :

  • Proposition n° 17 : Confier aux conseils d’administration des entreprises de l’audiovisuel public le pouvoir de nommer les présidents-directeurs généraux, comme c’est la pratique dans la plupart des grandes entreprises, après avis des commissions chargées des affaires culturelles des assemblées. Cette solution présente l’avantage de professionnaliser la procédure de nomination, de l’affranchir du calendrier politique et de responsabiliser les administrateurs.
  • Proposition n° 18 : Revoir la composition des conseils d’administration pour renforcer le nombre et le poids des personnalités indépendantes et qualifiées.
  • Proposition n° 19 : S’inspirer du modèle de la HATVP, instauré par les lois de 2013 sur la transparence de la vie publique, pour créer au sein des entreprises de l’audiovisuel public des procédures formalisées de déclaration d’intérêts et de déport. Tout salarié de l’audiovisuel public ayant exercé un mandat électif ou des fonctions politiques devrait faire l’objet d’une procédure de déclaration d’intérêts, sur le modèle de ce qui existe pour les hauts fonctionnaires et les responsables publics depuis 2013. Les salariés de l’audiovisuel public qui ont un engagement politique actif seraient soumis également à cette procédure afin de prévenir tout risque de conflits d’intérêts et éviter qu’ils n’utilisent les moyens de l’entreprise au service de leur mandat électif.
  • Proposition n°25 : Interdire aux salariés de l’audiovisuel public à temps plein de gérer ou de travailler pour une société de production qui contractualise avec l’audiovisuel public.
  • Proposition n° 32 : Publier annuellement, par les entreprises de l’audiovisuel public, un rapport détaillé sur leurs pratiques de rémunération, incluant les écarts entre les plus hautes et les plus basses rémunérations, les éléments de rémunération variable et les avantages en nature. Ce rapport devrait être soumis à l’examen de la Cour des comptes et des commissions parlementaires compétentes.

 

  • Recommandation n° 2 : supprimer France TV Slash dont les contenus militants sont incompatibles avec les missions du service public audiovisuel. Toute offre numérique à destination des jeunes adultes devra être réintégrée dans le périmètre éditorial des antennes existantes, sous le contrôle effectif de l’Arcom.
  • Recommandation n° 21 (Parlement) : Soumettre les marchés de programmes audiovisuels aux règles de la commande publique.
  • Recommandation n° 29 : interdire aux salariés de l’audiovisuel public d’être, par ailleurs, à la tête d’une société de production.
  • Recommandation n° 38 (Radio France) : Supprimer la station Mouv’.
  • Recommandation n° 40 (France Télévisions) : réduire de trois quart le budget des jeux et divertissements afin de réaliser 122,1 millions d’euros d’économies par an, et concentrer l’offre de l’audiovisuel public sur les programmes populaires et différenciants par rapport à l’audiovisuel privé.
  • Recommandation n° 41 (France Télévisions) : Ne pas diffuser sur le service public d’émissions de télé-réalité.
  • Recommandation n° 61 (France Télévisions) : Plafonner à 3 millions d’euros les dépenses annuelles de France Télévisions au Festival de Cannes. Économie estimée : 3 millions d’euros par an.
  • Recommandation n° 62 (France Télévisions) : Réévaluer l’utilité de chacun des 53 véhicules de fonction dont bénéficient les cadres dirigeants de France Télévisions, en particulier pour ceux basés dans des villes disposant d’un réseau de transports collectifs particulièrement dense. Évaluer la pertinence financière d’une suppression totale des véhicules de fonction au profit de la mise à disposition des dirigeants en ayant véritablement l’utilité de véhicules de service, à leur disposition exclusivement dans le cadre professionnel.
  • Recommandation n° 69 (Parlement) : Utiliser les plus de 1 milliard d’euros d’économies identifiés sur l’audiovisuel public pour augmenter de moitié les crédits du programme budgétaire consacré à l’entretien du patrimoine et affecter les 500 millions d’euros restants au désendettement de l’État.

Bénédictions illégitimes : Rome a prévenu l’épiscopat allemand

Dans une lettre du cardinal Fernández à Mgr Stephen Ackermann, évêque de Trèves, et à travers lui à l’ensemble de l’épiscopat allemand, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a répondu en novembre 2024 par un « NON » clair et sans équivoque à un document allemand qui visait à mettre en œuvre des bénédictions de “couples” de même sexe.  La lettre ne sort que maintenant, alors que, visiblement, l’épiscopat allemand a décidé de passer outre. Allons-nous vers un schisme ?

 

Belgique : la messe télévisée remplacée par la prière musulmane

La chaîne publique belge flamande VRT a remplacé la messe, dimanche à 10h, par un office musulman enregistré précédemment à la nouvelle mosquée turque Mouattar de Gand.

En 2023, le directeur général de la chaîne, Frédéric Delaplace, avait remis en question la nécessité de diffuser la messe, après la diffusion d’une série sur les cas de violence au sein de l’Église catholique.

Les souhaits des Français pour l’école

82% de Français pensent que les familles n’ont pas la possibilité de choisir l’école qui convient le mieux à leur enfant si elles ne sont pas financièrement aisées. Le signe d’une insatisfaction croissante face au système scolaire tel qu’il est organisé ?

A l’approche de la présidentielle, les Français sont sévères sur leur école :

  • Manque de communication entre l’école et la maison : seul 1 Français sur 3 est satisfait de la communication entre l’école et les parents…
  • Perte de confiance dans l’expertise de l’Éducation nationale : 46% des Français pensent qu’une agence indépendante serait mieux placée que le ministère pour évaluer le niveau des établissements scolaires.
  • Inquiétude quant à la perte d’esprit critique des élèves : 66% des Français estiment que l’IA à l’école aura un impact négatif sur la construction de l’esprit critique et l’acquisition des fondamentaux.

A contrario, les Français plébiscitent les modalités expérimentées dans les écoles libres :

  • 84% d’entre eux souhaiteraient accorder plus de pouvoir au chef d’établissement (recrutement, pilotage de l’équipe, aménagement des programmes).
  • 64% des Français jugent que l’Etat devrait encourager la diversification des pédagogies pour lutter contre l’échec scolaire et sortir du modèle unique.
  • 92% des parents d’élèves voudraient voir la communication entre l’école et la maison s’intensifier pour renforcer l’autorité des adultes
  • 66% des répondants plébiscitent le chèque éducation, ou tout autre système de financement leur permettant de choisir l’école de leur enfant.

Retrouvez les résultats du sondage réalisé par l’IFOP à la demande de la Fondation pour l’école, et présentés hier lors d’un colloque au Sénat.

L’euthanasie, pour quoi faire ?

De Me Virginie Araujo-Recchia, avocate :

Le Sénat examine les 11, 12 et 13 mai 2026 la proposition de loi Falorni relative au « droit à l’aide à mourir », adoptée en deuxième lecture par l’Assemblée nationale le 25 février 2026 par 299 voix contre 226.

Ce texte n’est pas une loi ordinaire. Il rompt avec une prohibition de vingt-cinq siècles — celle d’Hippocrate interdisant au médecin de remettre du poison, même si on l’en prie. Il instaure simultanément un dispositif pénal sans équivalent mondial, sanctionnant quiconque tenterait de dissuader un proche de mourir.

En convoquant Aristote, Cicéron, Thomas d’Aquin, Platon, Pierre Manent et Nicolas Berdiaeff, cet article démontre que cette loi est philosophiquement illégitime, juridiquement fragile, pratiquement dangereuse — et politiquement imposée contre l’opinion majoritaire des Français.

Le résumé ci-dessous restitue l’intégralité des arguments développés dans l’analyse complète.

——————– RÉSUMÉ ———————

La proposition de loi relative au « droit à l’aide à mourir », adoptée en deuxième lecture par l’Assemblée nationale le 25 février 2026 (299 voix pour, 226 contre), sera examinée par le Sénat en séance publique les 11, 12 et 13 mai 2026. Nous présentons dans ce résumé, l’intégralité des arguments développés dans l’article. Il est destiné aux lecteurs qui ne disposent pas du temps nécessaire pour lire le document complet.

Ce texte n’est pas une loi ordinaire. Il rompt avec une prohibition de vingt-cinq siècles — celle d’Hippocrate interdisant au médecin de remettre du poison, même si on l’en prie. Il instaure simultanément un dispositif pénal sans équivalent mondial, sanctionnant quiconque tenterait de dissuader un proche de mourir. L’article qui suit démontre que cette loi est philosophiquement illégitime, juridiquement fragile, pratiquement dangereuse et politiquement imposée contre l’opinion majoritaire des Français.

I. Le contexte et les définitions

La notion d’« aide à mourir » recouvre deux réalités distinctes : l’euthanasie active (administration d’une substance létale par un tiers) et le suicide assisté (fourniture de la substance que le patient s’administre lui-même). Ces deux actes sont fondamentalement différents de la sédation profonde et continue jusqu’au décès (SPCD) prévue par la loi Claeys-Leonetti de 2016, dans laquelle la mort résulte de la maladie et non d’un acte délibéré. Le glissement sémantique consistant à appeler « aide à mourir » ce qui est juridiquement un homicide volontaire, inscrit l’acte de donner la mort dans le registre du soin, préparant une acceptation culturelle que le mot juste ne permettrait pas.

L’enquête Fondapol / OpinionWay de janvier 2026 (3 021 personnes représentatives) démontre que les Français ne réclament pas cette loi. Ils préfèrent que les pouvoirs publics assurent d’abord une offre de soins palliatifs sur tout le territoire plutôt que de légaliser l’euthanasie. Ils sont majoritaires à souhaiter que leurs proches bénéficient de soins palliatifs de qualité plutôt que d’une euthanasie. 73 % d’entre eux exigent l’avis obligatoire d’un psychiatre en cas de doute sur le discernement. Loin d’être la traduction d’un consensus social, cette loi apparaît donc comme une rupture imposée.

II. La philosophie sous-jacente

Les défenseurs de la loi articulent leur propos autour de trois valeurs : l’autonomie individuelle, la compassion et la dignité. La formule « mourir dans la dignité » implique que mourir autrement — dans la dépendance, entouré de soignants et des proches — serait une mort indigne : elle conditionne la dignité humaine à des critères de performance et d’autonomie, contredisant frontalement la tradition des droits fondamentaux issue de l’après-guerre, dans laquelle la dignité est inhérente à toute personne indépendamment de son état de santé.

Ronald Dworkin, dans Life’s Dominion (1993), avait présenté l’interdiction de l’euthanasie comme un paternalisme étatique ; mais cet argument suppose que la personne délibère librement, ce que précisément la légalisation compromet.

L’argument de l’autonomie présuppose une liberté sans conditions. Or la personne qui demande à mourir est dans un état de vulnérabilité extrême. Plus de 600 psychiatres, psychologues et psychanalystes ont rappelé (mai 2025) : « le désir de mort est souvent un symptôme et un appel à l’aide auquel il faut pouvoir répondre ». Habermas a montré que la légalisation de l’euthanasie introduit une pression sociale diffuse — le sentiment de peser sur les proches ou le système de soins — qui mine la liberté réelle du consentement. Les études menées en Oregon le confirment : le sentiment d’être un fardeau (« burden feeling ») est invoqué dans 43 % des demandes en 2023.

La dimension idéologique est documentée : le lien entre l’ADMD et la franc-maçonnerie, le discours du Président de la République au Grand Orient de France (novembre 2023), les déclarations du sénateur Ouzoulias qualifiant ce texte de loi « profondément laïque » car libérant du « tabou religieux du suicide », composent un faisceau d’indices : cette loi est l’expression d’une prescription idéologique et religieuse déterminée. Or l’article 1er de la Constitution prohibe qu’une loi d’inspiration confessionnelle s’impose à l’ensemble des citoyens.

III. Les cinq fragilités juridiques majeures

1. L’indétermination de la « phase avancée ». Sans horizon temporel défini, des malades chroniques non terminaux (SLA, cancers évolutifs) pourraient être éligibles dès l’entrée en phase avancée.

2. La collision de normes. Le délit d’entrave (obligation négative, 2 ans d’emprisonnement) contredit frontalement l’obligation positive de porter secours à une personne en péril (art. 223-6 C. pén.). La proposition de loi ne prévoit aucune règle de résolution de ce conflit dans les situations limites.

3. Le délit d’entrave : un dispositif liberticide sans équivalent mondial. Deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende — peines doublées en deuxième lecture — pour quiconque tente de dissuader le recours à l’aide à mourir, y compris par une conversation familiale ou une visite d’aumônier.

4. L’absence de clause de conscience pour les pharmaciens et l’absence de clause de conscience collective. La France serait le seul pays ayant légalisé l’euthanasie à ne pas protéger la liberté de conscience des pharmaciens tenus de préparer la substance létale. Leur refus pourrait être qualifié d’entrave. Par ailleurs, la clause de conscience collective n’est pas prévue (service, établissement y compris les établissements confessionnels).

5. La violation du principe d’indisponibilité du corps humain (art. 16-1 C. civ.). Le développement des prélèvements d’organes associés à l’euthanasie, illustré par l’affaire concernant Mlle Noelia Castillo Ramos (Espagne, mars 2026), le remet directement en cause.

IV. L’expérience étrangère : l’élargissement structurel

Tous les pays ayant légalisé l’euthanasie confirment sans exception une dynamique d’élargissement progressif des critères. Ce glissement n’est pas accidentel. Il est inscrit dans la logique même du dispositif. Si le critère justificatif est la souffrance insupportable, toute souffrance — physique, psychologique, existentielle — est un motif potentiel. Si le critère est l’autonomie, aucune catégorie ne peut être durablement exclue sans contradiction logique.

Aux Pays-Bas, le nombre annuel d’euthanasies a été multiplié par cinq en vingt ans ; un protocole autorise désormais la pratique pour les enfants de un à douze ans dans des conditions précises. En Belgique, les cas sont passés de 236 en 2003 à 3 423 en 2023 ; l’euthanasie est légale pour les mineurs depuis 2002 et pour les troubles psychiatriques seuls. Au Canada, 3,3 % de la totalité des décès en 2022 résultaient de l’aide médicale à mourir ; des vétérans souffrant de stress post-traumatique se sont vus proposer cette solution. En France, l’ADMD a déclaré vouloir « aller plus loin » après adoption.

L’affaire concernant Mlle Noelia Castillo Ramos (Espagne, mars 2026) illustre la convergence structurelle entre euthanasie et commerce des organes. Cette jeune femme paraplégique de 25 ans, victime d’un viol, a été euthanasiée malgré un recours devant la CEDH. Des investigations postérieures ont révélé un triple conflit d’intérêts du médecin (praticien, certificateur du consentement au don, coordinateur des prélèvements) et des pressions pour accélérer l’acte au motif que les organes avaient déjà été attribués. Une plainte pénale a été déposée.

V. Les fondements philosophiques de l’opposition

La critique philosophique de cette loi représente la convergence de vingt-cinq siècles de raison. Aristote (Éthique à Nicomaque, Politique) enseigne que la cité existe pour le bien vivre de ses membres, non pour organiser leur disparition. Cicéron (De Legibus, De Republica) établit que la loi naturelle — antérieure à tout État — interdit le meurtre de l’innocent. Thomas d’Aquin (Somme théologique) démontre que le meurtre d’un innocent est un malum in se, intrinsèquement mauvais sans exception, et que la demande d’euthanasie relève de la pusillanimitas : abandon de la vertu de force devant la souffrance. Platon (Phédon) affirme que l’homme n’est pas propriétaire de sa vie mais gardien d’une mission qui le dépasse.

Pierre Manent formule la contradiction fondamentale : « Une loi prétendant régler la manière d’enfreindre le commandement le plus universel — ‘Tu ne tueras point’ — est le contraire d’une loi. » Grotius et Vattel, fondateurs du droit international moderne, établissent que les droits de la personne préexistent à l’État et conditionnent la légitimité de toute loi positive. Une loi autorisant la mise à mort d’innocents est, au sens propre, illégitime.

Nicolas Berdiaeff (De la destination de l’homme, 1935) apporte un regard complémentaire concernant la dimension existentielle: la mort est « le fait le plus profond et le plus significatif de la vie », et son sens réside en ce que l’éternité est irréalisable dans le temps. Une société qui réduit la mort à un acte médical programmé ne contrevient pas seulement à des normes, elle détruit la « destination » de l’homme, ce qui seul donne un sens à l’existence.

VI. L’alternative réelle : les soins palliatifs

La France dispose de moins de 0,8 lit de soins palliatifs pour 100 000 habitants, contre 2,5 en Allemagne. Or la morphine à doses titrées, la kétamine, les blocs nerveux et la sédation proportionnée par exemple, permettent de contrôler l’immense majorité des douleurs en fin de vie. Les études sur les unités bien dotées montrent que la demande d’euthanasie disparaît ou diminue fortement lorsque la douleur est correctement prise en charge. La souffrance résiduelle est le plus souvent existentielle et relève de l’accompagnement humain, non de la mort programmée.

Sur le plan économique, les données canadiennes sont éloquentes. Le Bureau du directeur parlementaire du budget a chiffré en 2020 que l’élargissement des critères générerait 149 millions de dollars d’économies « principalement via la diminution des soins palliatifs » (CMAJ, 2017 : 34,7 à 138,8 millions). Dans un système sous tension financière, la mort organisée coûte moins cher que la vie accompagnée : cette structure incitative est irréfutable, quelles que soient les déclarations de principe.

VII. Les voies d’action

Voie parlementaire : le Sénat, en séance du 11au 13 mai 2026, peut modifier ou rejeter le texte. Sa position majoritaire est hostile à la version de l’Assemblée. En cas de désaccord persistant, le gouvernement peut donner le dernier mot à l’Assemblée (art. 45 de la Constitution), mais aucun vote n’est irréversible avant cette étape.

Voie constitutionnelle : plusieurs dispositions — le délit d’entrave, l’absence de clause de conscience pour les pharmaciens, l’obligation potentielle faite aux établissements confessionnels sont susceptibles d’un recours devant le Conseil constitutionnel avec soixante signatures parlementaires.

Voie judiciaire européenne : des recours devant la CEDH sont possibles sur le fondement de l’article 2 (droit à la vie), de l’article 9 (liberté de conscience et protection des convictions religieuses des soignants), de l’article 10 (liberté d’expression, délit d’entrave) et de l’article 8 (inviolabilité du domicile face au délit d’entrave) de la Convention européenne.

Voie culturelle : rappeler que la médecine a pour vocation de soigner, non de supprimer ; exiger un développement massif des soins palliatifs ; nommer la filiation idéologique du texte ; témoigner de ce qu’impose concrètement l’acte d’euthanasie aux soignants. Ce sont là les arguments qui, dans la durée, peuvent faire reculer une loi dont l’acceptation profonde par la société française est loin d’être acquise.

« La loi n’est légitime que si elle est au service du bien commun et de la vie. »

La trisomie 21 bientôt soignable ?

Un mécanisme naturel permet de « désactiver » le fameux chromosome surnuméraire. Une équipe de chercheurs américains est parvenue à « éteindre » le troisième chromosome 21 grâce à une stratégie génétique inédite.

La trisomie 21, ou syndrome de Down, se caractérise par la présence d’une troisième copie du chromosome 21. Cette anomalie provoque une surcharge d’instructions génétiques au cœur des cellules. Pour tenter de neutraliser ce déséquilibre, des scientifiques du Beth Israel Deaconess Medical Center (qui est affilié à Harvard) ont puisé leur inspiration dans le génome féminin. En effet, au début du développement embryonnaire, les femmes possèdent deux chromosomes X. Pour éviter une « double dose » toxique de gènes, leur organisme tout juste conçu utilise un gène spécifique, appelé XIST, qui agit comme un interrupteur naturel pour désactiver l’un des deux chromosomes X.

L’idée de génie des chercheurs a été d’appliquer cet interrupteur biologique au chromosome 21, en utilisant une version modifiée des célèbres ciseaux génétiques CRISPR/Cas9. Leur équipe a réussi à insérer le gène XIST de manière très ciblée sur le chromosome 21 supplémentaire. L’expérience a été menée en laboratoire sur des cellules souches humaines (cellules iPS) porteuses de la trisomie.

Les résultats, publiés dans la prestigieuse revue PNAS, sont encourageants. L’intégration du gène a fonctionné avec une efficacité de 20 à 40 %, et ce, exactement à l’endroit souhaité, sans altérer massivement le reste du génome. Les précédentes tentatives avaient un taux de succès bien plus faible et endommageaient souvent le génome. L’efficacité aurait été améliorée d’environ 30 fois avec cette solution optimisée.

S’il est important de souligner que cette prouesse scientifique n’est pour l’instant réalisée qu’in vitro, elle marque une étape historique. Ce n’est pas encore un traitement immédiat : d’autres études devront s’assurer que l’outil génétique ne coupe pas de manière indésirable d’autres brins d’ADN. Néanmoins, cette preuve de concept ouvre une voie thérapeutique révolutionnaire pour le futur de la recherche sur les pathologies chromosomiques.

L’Etat français incapable de protéger… ses terrains militaires

Il y a quelques jours, nous apprenions que les services de l’Etat pouvaient être hackés par un adolescent de 15 ans.

Ce week-end, les Français ont découvert que 30 000 personnes peuvent envahir un terrain militaire français… sans aucune réaction de l’Etat.

Des milliers de personnes se sont rassemblées vendredi matin près de Bourges pour une free party sur un terrain militaire rendu «très dangereux» par la présence potentielle de munitions non explosées, a déclaré à l’AFP le préfet du Cher ce vendredi matin. Vers 9h, les autorités avaient déjà dénombré 2300 véhicules, soit environ 8000 personnes, réunies sur le Polygone, un champ de tir de la Délégation générale à l’armement, a expliqué Philippe Le Moing Surzur. Les organisateurs de l’événement ont fait savoir à la préfecture «par un contact indirect» attendre 30.000 personnes.

Après l’évènement, le quotidien Le Monde a publié un article titré :

“Free party près de Bourges, l’évènement aux 20 000 participants se poursuit sans incident majeur”

Sauf que 4 personnes se sont retrouvées “en urgence absolue”.

A posteriori, Le Monde a réécrit le titre de l’article :

“Le « teknival de Bourges », une free-party, réunit toujours des milliers de personnes sur un terrain militaire”

Il aurait été plus juste d’écrire un second article informant sur les urgences absolues.

Et l’Etat a finalement réagi : les participants ont été verbalisés à la sortie… 19636 contrôles ont été opérés à la date du lundi 4 mai, au matin, 8776 véhicules contrôlés, 3578 procès-verbaux, neuf interpellations et cinq gardes à vue. 87 personnes ont été prises en charge par les services de secours, dont quatre en urgence absolue. Deux obus ont été découverts au cours du week-end à proximité du rassemblement.

Pour un dialogue entre les autorités épiscopales et le milieu traditionaliste

Mgr Olivier de Cagny, évêque d’Évreux, chargé des questions liturgiques à la Conférence des évêques de France, a été interrogé dans La Nef. Extrait :

Pour vous, les catholiques attachés au Vetus Ordo représentent-ils une richesse pour l’Église?

Oui, bien sûr ! Même s’ils ne sont pas la majorité, ils sont souvent fervents, ont le souci de transmettre la foi et de prier en mettant Dieu au centre. Il me semble néanmoins important d’éviter d’enfermer les fidèles dans des stéréotypes. Beaucoup de jeunes, par exemple, passent aisément d’une forme liturgique à une autre, si bien que les repères sont un peu brouillés et qu’il n’est ni juste ni utile de dire de quelqu’un qu’il est « tradi » ou ne l’est pas. Ce que je constate avec joie dans notre société très laïcisée, c’est qu’il y a un renouveau de la ferveur. On le voit avec les pèlerinages, les dévotions populaires, l’attachement au culte des saints. Il faut soutenir ces initiatives, mais en étant attentif à ce que la foi soit vraiment nourrie intérieurement, et que l’attachement à une forme extérieure du rite ne masque pas l’essentiel: notre participation au sacrifice du Christ, à son mystère pascal, dans la communion de toute l’Église.

N’y a-t-il pas depuis longtemps un déficit d’échanges et de dialogue entre les autorités ecclésiales et le monde « tradi » ? Seriez-vous prêts, par exemple, à inviter le Père Abbé de Fontgombault à Lourdes ? Et pourquoi ne pas intégrer aussi les fidèles à ce dialogue?

Je souhaite vivement que ce dialogue puisse exister sereinement sur des fondements théologiques solides. C’est le seul moyen de dépasser les blocages qui se manifestent ici ou là. Je suis attristé de voir que dans nos discussions sur la liturgie nous donnons trop souvent une image faussée de l’Église, comme si deux camps devaient s’y affronter, avec d’un côté des évêques un peu à la traîne ou trop tièdes, et de l’autre quelques fidèles fervents, défenseurs courageux d’une rigueur ritualiste qui garantirait en soi l’orthodoxie doctrinale. Cette présentation de la question me semble absurde et stérile. Il faut sortir de la logique du marchandage, d’où la nécessité de discussions de fond, et pas seulement sur des aspects affectifs ou réglementaires. Des pères abbés ou des supérieurs de communautés attachées au Vetus Ordo et qui sont en pleine communion avec l’Église peuvent bien sûr nous aider à avancer, et j’aimerais que nous puissions travailler avec eux. […]

Nouveaux sacres d’évêques : un théologien de la FSSPX répond aux jeunes (entretien vidéo)

Source : https://fsspx.news/fr/news/nouveaux-sacres-deveques-un-theologien-la-fsspx-repond-aux-jeunes-entretien-video-58862

À l’approche des consécrations épiscopales du 1er juillet à Écône, de nombreux fidèles catholiques s’interrogent : pourquoi cet acte est-il jugé légitime ? Que dit véritablement la théologie catholique sur l’Église, l’autorité, l’unité et l’état de nécessité ? Pour répondre avec clarté à ces questions décisives, M. l’abbé Jean-Michel Gleize, professeur d’ecclésiologie, répond aux interrogations de quatre jeunes fidèles.

Lien youtube vers la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=nZzEz_nSdRI

Chapitres
Importance des sacres
00:44 Pourquoi ces sacres sont-ils si importants pour la Fraternité ?
01:40 Comment pouvez-vous dire que c’est pour l’Église alors que vous agissez contre Rome ?
02:40 Vous parlez souvent d’« opération survie ». Par quoi passe cette survie
03:40 L’Église est-elle encore en état de « survie » aujourd’hui ?

L’état de nécessité
05:42 L’état de nécessité : que signifie vraiment cet argument de la Fraternité ?
06:55 La Fraternité risque-t-elle la dérive protestante ?
07:57 Pourquoi la Fraternité refuse-t-elle la voie “Ecclesia Dei” malgré son apparente sécurité ?
08:45 Des prêtres ordonnés sans évêques propres : pourquoi cela ne suffit-il pas selon la Fraternité ?

Les erreurs de Vatican II
09:40 Les erreurs de Vatican II sont-elles vraiment décisives pour la survie de la foi ?
11:20 Est-ce qu’il y a pour les fidèles des signes concrets de cet état de nécessité ?
12:29 Indéfectibilité de l’Église : la Fraternité remet-elle ce dogme en cause ?

Quelles lois peuvent souffrir exception ?
14:24 L’état de nécessité justifie-t-il tout ? Quelles sont ses vraies limites ?
17:02 Sacres sans mandat pontifical : opposition au droit divin ou simple loi ecclésiastique ?

Schisme ou désobéissance ?
19:00 Désobéissance grave ou schisme ? Comprendre la différence essentielle
20:47 Les sacres du 1er juillet sont-ils intrinsèquement mauvais ?
21:22 Qu’est-ce qui rendrait réellement une consécration épiscopale schismatique ?
21:57 La Fraternité agit-elle déjà comme si elle avait juridiction ?
24:20 Résister sans quitter l’Église : comment distinguer évêques FSSPX et véritables schismatiques ?

Foi et obéissance
26:26 Foi et obéissance : sur quoi repose d’abord la véritable unité de l’Église ?
27:30 Une Église surnaturelle mais visible : comment comprendre cette unité ?
28:49 Peut-on obéir au détriment de la foi ?
29:56 Le pape comme principe visible d’unité : comment concilier autorité et fidélité à la foi ?
31:19 Comment aimer véritablement le pape en temps de crise dans l’Église ?
32:19 Résister sans dériver : comment éviter le piège du sédévacantisme ?

Pouvoir d’ordre et pouvoir de juridiction
34:18 Pouvoir d’ordre et pouvoir de juridiction : la distinction clé pour comprendre les sacres
37:23 Pouvoir d’ordre et juridiction : pourquoi peuvent-ils être distincts malgré leur union habituelle ?
39:32 Consécration et mission canonique : pourquoi cette distinction est-elle théologiquement décisive ?
40:41 Vatican II a-t-il brouillé la distinction entre pouvoir d’ordre et juridiction ?
42:20 L’autorité croissante des laïcs dans l’Église confirme-t-elle la distinction entre ordre et juridiction ?
43:16 Ordre et juridiction : l’essentiel à comprendre simplement pour les fidèles

Objections des milieux conservateurs et Ecclesia Dei
43:59 Cardinal Sarah : quelle limite fondamentale à sa position ?
44:50 L’évêque se définit-il avant tout par son pouvoir de juridiction ?
47:11 Père de Blignières : son erreur porte-t-elle sur l’état de nécessité ou sur l’unité de l’Église ?
51:41 La liturgie du sacre unit-elle intrinsèquement ordre et juridiction ?

Soutiens extérieurs
54:38 Mgr Strickland et Mgr Schneider confirment-ils l’analyse de la Fraternité ?
55:53 Soutiens extérieurs : renforcent-ils l’argument… ou seulement sa visibilité ?

Excommunication
56:25 Menace d’excommunication : automatique, valide… sans portée réelle ?

1988 et 2026
58:17 1988 et 2026 : qu’est-ce qui a réellement changé ?
1:01:04 1988 et 2026 : le même principe de transmission sans juridiction ?
1:01:47 Le “schisme d’Écône” médiatique masque-t-il le vrai débat théologique ?

Que doit retenir un fidèle ?
1:03:07 À l’approche du 1er juillet : l’essentiel que chaque fidèle doit retenir
1:04:05 À l’approche du 1er juillet : quel danger guette les fidèles ?
1:04:43 Quel acte de foi concret poser pour rester véritablement catholique aujourd’hui ?
1:06:26 L’acte de l’intelligence : quelle distinction essentielle faut-il comprendre pour garder la foi ?
1:07:23 En 30 secondes : pourquoi les sacres de 2026 sont-ils nécessaires ?

Source : FSSPX Actualités
🎥 Video : Siebe van Gaever

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Les miracles eucharistiques, une énigme scientifique ?

Aymeric Pourbaix reçoit :

  • 𝐀𝐧𝐭𝐨𝐧𝐢𝐚 𝐀𝐂𝐔𝐓𝐈𝐒, mère de saint Carlo ACUTIS et auteur de “Spiritual Insight : Notes personnelles de Carlo Acutis”
  • 𝐌𝐚𝐫𝐢𝐞 𝐌𝐀𝐈𝐋𝐋𝐀𝐑𝐃, auteur de “Les miracles eucharistiques dans le monde”
  • 𝐃𝐨𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜𝐨 𝐒𝐄𝐑𝐀𝐅𝐈𝐍𝐈, cardiologue

Non, on n’a pas retrouvé 42 pages perdues du Nouveau Testament

Yves Daoudal corrige le désinformation colportée par les médias, y compris La Croix :

Non, on n’a pas retrouvé 42 pages perdues du Nouveau Testament. Des chercheurs ont réussi à reconstituer 42 pages des épîtres de saint Paul qui manquaient dans le codex H (ou 015). Un manuscrit terriblement mutilé, partiellement conservé au Mont Athos, et dont il y a sept autres morceaux dispersés à Saint-Pétersbourg, Moscou, Kiev, Paris, Turin, mais qui est une des références pour l’établissement du texte. Il date du VIe siècle et c’est un « témoin constant de premier ordre », selon la terminologie de Nestle-Aland, pour huit épîtres de saint Paul et pour l’épître aux Hébreux.

On avait vu que certaines pages portaient des traces de la page opposée qui avait disparu. Des traces souvent presque invisibles. Mais les dernières techniques d’imagerie ont permis de « lire » ces traces, y compris celles qu’on ne voyait pas.

Les spécialistes verront si l’on y trouve d’intéressantes variantes. Mais en tout état de cause cela ne peut être que très marginal. Le codex H n’est que l’un des 33 « témoins constants de premier ordre » pour la première aux Corinthiens, dont voici les versets 19-22 du chapitre 10, retrouvés dans le fragment Coislin 202 conservé à Paris.

79 ans, fracture de la hanche : on lui propose l’euthanasie …

Un prêtre catholique de 79 ans, le P. Larry Holland, qui se remet d’une fracture de la hanche à l’Hôpital de Vancouver au Canada, a déclaré qu’on lui a proposé deux fois l’Aide médicale à mourir (AMM), alors même qu’il avait clairement indiqué qu’il est prêtre catholique et moralement opposé à l’euthanasie.

Le père Holland a déclaré qu’il n’était pas en train de mourir, ni à ce moment-là ni maintenant, et que l’évocation de l’aide médicale à mourir par le médecin l’avait laissé « un peu sans voix » pendant un instant. Le médecin a ensuite abordé à nouveau le sujet, en disant que c’était « une chose dont ils doivent discuter avec une personne ayant reçu un diagnostic terminal ». Le père Holland se souvient avoir dit au médecin qu’il était moralement opposé à l’euthanasie. Le médecin expliqua qu’«il voulait simplement s’assurer que, si un diagnostic [terminal] était posé ou non… je connaisse les différents services auxquels j’avais accès».

Quelques semaines plus tard, une deuxième offre d’aide médicale à mourir est venue d’une infirmière qui, selon le prêtre, semblait mal à l’aise d’aborder le sujet et le faisait probablement par compassion en raison de la douleur qu’il endurait. « C’est une fausse compassion, en réalité », a-t-il déclaré.

Ces deux incidents surviennent alors que le Canada approche les 100 000 décès par aide médicale à mourir.

La commission des affaires sociales du Sénat a adopté une version plus restrictive de la proposition de loi sur l’euthanasie

Lu dans Le JDD :

Réunie le 29 avril, en amont de l’examen du texte en séance publique les 11, 12 et 13 mai prochain, la commission des affaires sociales du Sénat a adopté une version plus restrictive de la proposition de loi initialement portée par Olivier Falorni. Premier infléchissement : le texte ne reconnaît plus un « droit » à l’aide à mourir, mais une « assistance médicale à mourir » strictement limitée à la toute fin de vie, réservée aux patients dont le pronostic vital est engagé « à court terme ». […]

Autre évolution : si les critères de majorité et de discernement sont maintenus, la condition de nationalité ou de résidence en France a été supprimée. Les rapporteurs ont également insisté sur la nécessité de protéger les professionnels de santé, qualifiant la participation à une telle procédure de « rupture fondamentale » avec leur mission. La clause de conscience a été étendue à l’ensemble des intervenants potentiels, y compris les pharmaciens, psychologues et personnels médico-sociaux. Enfin, la commission a supprimé le délit d’entrave à l’aide à mourir. Le cadre général du dispositif reste toutefois inchangé sur un point : le suicide assisté demeure la règle et l’euthanasie l’exception, comme dans la version adoptée par les députés.

Du côté des opposants au texte, les critiques restent vives malgré ce resserrement affiché. « Ce qui est présenté comme un compromis n’en est pas un, a réagi auprès du JDD la présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap), Ségolène Perruchio. D’une part, cela valide le principe de l’aide active à mourir. D’autre part, la transformer en assistance médicalisée à mourir l’inscrit encore davantage dans le champ du soin. Cette évolution renforce la confusion entre soigner et donner la mort, alors même que de nombreux soignants rappellent que ces deux actes ne peuvent être assimilés. »

Elle juge par ailleurs « en grande partie illusoire » le resserrement aux seuls patients en toute fin de vie : selon elle, à ce stade, les malades expriment d’abord une demande de soulagement plutôt qu’un désir de mourir. Elle souligne aussi que leurs capacités de décision sont souvent altérées, parfois fortement, et que les demandes émanent plus fréquemment de l’entourage, avec un risque de pressions pour accélérer les choses.

Dans un communiqué, le collectif Les Éligibles dénonce des critères « flous et extensibles », fondés sur des notions médicales « insuffisamment définies » et susceptibles d’évoluer. Il alerte aussi sur une protection du consentement jugée « gravement insuffisante », en l’absence d’évaluation psychologique indépendante. Le collectif pointe enfin une « confusion éthique majeure » : en intégrant la mort provoquée dans le champ du soin et en impliquant les soignants dans un acte létal, le texte risquerait de fragiliser la relation de confiance, dans un contexte où les soins palliatifs restent « largement sous-développés ». […]

Louisiane : interdiction de la vente par correspondance de la pilule abortive

Bonne nouvelle aux Etats-Unis :

Une bonne nouvelle pour la vie aux Etats-Unis : la cour d’appel du cinquième circuit a donné raison à la Louisiane qui contestait la prescription et la délivrance de la mifépristone sans consultation en personne. En clair : cette cour d’appel fédérale interdit la vente par correspondance de la pilule abortive dans tous les Etats où elle est interdite.

Les trois magistrats (deux nommés par Trump et un par Bush ont souligné que la politique permettant l’envoi de la pilule abortive par la poste facilitait « désormais près de 1.000 avortements illégaux par mois en Louisiane ».

On estime actuellement qu’environ deux tiers des avortements aux États-Unis sont pratiqués à l’aide de pilules.

Cette décision est « sans doute le plus grand recul en matière d’accès à l’avortement depuis l’arrêt rendu en 2022 par la Cour suprême annulant l’arrêt Roe v. Wade », a commenté Politico.

L’arrêt sera contesté devant la Cour suprême. Mais il y a toutes les chances qu’elle le confirme.

Les ordinations épiscopales de la FSSPX : une question spirituelle

Dernier article de l’abbé Spriet :

Nous savons que les différends entre Rome et la FSSPX sont essentiellement doctrinaux mais je prétends (peut-être à tort) que la solution est aussi en grande partie spirituelle. Peut-être même est-elle d’abord spirituelle.  

Pourquoi ? Parce qu’il existe un lien entre un certain aveuglement du cœur et de l’intelligence et l’action du démon (cf. l’oraison du Vendredi-Saint pour les hérétiques et les schismatiques). Cette tentation peut se présenter à chacun de nous. 

Depuis le péché originel nous savons qu’il existe un lien funeste entre l’orgueil et les autres péchésPar exemple : plus une âme est orgueilleuse et plus elle refuse de se soumettre à une autorité, tant en matière d’enseignement que de gouvernement. Orgueil et désobéissance, orgueil et manque de docilité vont de pair (la docilité est la capacité à se laisser instruire cf. IIa IIae q 49 a 3). Non serviam dit Satan. 

Il ne faut pas juger le Magistère de l’Eglise (extraordinaire et ordinaire) mais bien plutôt être jugés par luiEn effet, c’est le Magistère de l’Eglise qui me dit où est la vraie foi, et non mon opinion sur ce que doit être la vraie foi qui me dit où est la vraie Eglise. C’est capital. 

Saint Jean-Paul II et la cardinal Joseph Ratzinger avaient pointé le problème de fond en 1988 : A la racine de cet acte schismatique [i.e des ordinations épiscopales contre l’interdiction pontificale], on trouve une notion incomplète et contradictoire de la Tradition. Incomplète parce qu’elle ne tient pas suffisamment compte du caractère vivant de la Tradition qui, comme l’a enseigné clairement le Concile Vatican II, «tire son origine des apôtres, se poursuit dans l’Eglise sous l’assistance de l’Esprit-Saint: en effet, la perception des choses aussi bien que des paroles transmises s’accroît, soit par la contemplation et l’étude des croyants qui les méditent en leur cœur, soit par l’intelligence intérieure qu’ils éprouvent des choses spirituelles, soit par la prédication de ceux qui, avec la succession épiscopale, reçurent un charisme certain de vérité (Conc. Vatican II. Constitution Dei Verbum, n· 8 ; cf. Conc. Vatican I. Constitution Dei Filius, ch. 4 DS 3020) ». Mais c’est surtout une notion de la Tradition, qui s’oppose au Magistère universel de l’Eglise lequel appartient à l’évêque de Rome et au corps des évêques, qui est contradictoire. Personne ne peut rester fidèle à la Tradition en rompant le lien ecclésial avec celui à qui le Christ, en la personne de l’apôtre Pierre, a confié le ministère de l’unité dans son Eglise (Cf. Mt. 16. 18 ; Lc. 10. 16 ; Conc. Vatican I, Constitution Pastor æternus, chap. 3 DS 3060). 

En d’autres termes, comme vous pouvez le voir dans les références ci-dessus : c’est au nom de la Parole de Dieu et du concile Vatican I en particulier, que la FSSPX devrait revoir sa manière de considérer la Tradition (et le Magistère) et ne pas se prendre pour la Tradition de l’Eglise ou les seuls garants fidèles de la Tradition.  

Il n’est pas possible d’être vraiment catholique sans une vraie soumission à l’autorité du successeur de Pierre tant au niveau de la doctrine que du gouvernement (cf. Vatican I). 

Que faire ? 

Le pape Saint Pie X nous enseigne dans son Catéchisme : “Pouvons-nous être de quelque secours aux excommuniés ? Oui, nous pouvons être de quelque secours aux excommuniés et à tous les autres qui sont hors de la véritable Eglise, par des avis salutaires, par des prières et des bonnes œuvres, suppliant Dieu que, par sa miséricorde, Il leur fasse la grâce de se convertir à la foi et d’entrer dans la communion des Saints”. La question est donc profondément spirituelle. 

Un appel à l’unité 

Saint Paul exhortait les habitants d’Ephèse à l’unité dans le Corps du Christ qui est l’Eglise : “Moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous exhorte donc à vous conduire d’une manière digne de votre vocation : ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous” (Ep 4, 1-6). 

Dans sa lettre accompagnant le motu proprio Summorum Pontificum, Benoit XVI soulignait : “Il me vient à l’esprit une phrase de la seconde épître aux Corinthiens, où Saint Paul écrit : « Nous vous avons parlé en toute liberté, Corinthiens ; notre cœur s’est grand ouvert. Vous n’êtes pas à l’étroit chez nous ; c’est dans vos cœurs que vous êtes à l’étroit. Payez-nous donc de retour ; … ouvrez tout grand votre cœur, vous aussi ! » (2 Co 6,11-13). Paul le dit évidemment dans un autre contexte, mais son invitation peut et doit aussi nous toucher, précisément sur ce thème. Ouvrons généreusement notre cœur et laissons entrer tout ce à quoi la foi elle-même fait place.  

Benoit XVI en appelait donc à une solution spirituelle pour trouver un chemin de réconciliation 

Inversement, il y a une fermeture spirituelle du cœur qui fait obstacle à la communion ecclésiale.  

Deux années plus tard, lorsque Benoit XVI levait l’excommunication encourue par les quatre évêques de la FSSPX, le décret précisait ceci :  “Par cet acte, on désire consolider les relations réciproques de confiance, intensifier et stabiliser les relations de la Fraternité Saint-Pie X avec le Siège Apostolique. Ce don de paix, au terme des célébrations de Noël, veut aussi être un signe pour promouvoir l’unité dans la charité de l’Église universelle et arriver à supprimer le scandale de la division. On souhaite que ce pas soit suivi de la réalisation rapide de la pleine communion avec l’Église de toute la Fraternité Saint-Pie X, témoignant ainsi une vraie fidélité et une vraie reconnaissance du Magistère et de l’autorité du Pape avec la preuve de l’unité visible” (décret du 21 janvier 2009). Le pape avait fait un geste de miséricorde et il en espérait des fruits d’unité. 

Saint Thomas d’Aquin nous propose un chemin de vigilance et d’unité 

Cette solution spirituelle a été exposée avec clarté par Mgr Augustine Di Noia, vice-président de la Commission pontificale Ecclesia Dei dans une lettre adressée aux prêtres de la FSSPX durant l’avent 2012. Je cite des passages qui sont d’une grande actualité car ils transcendent le temps. Ces conseils valent aussi bien pour les membres de la FSSPX que pour toute personne humaine dans l’Eglise. 

“Afin de persévérer dans l’unité de l’Église, saint Thomas d’Aquin remarque que, d’après saint Paul, « il faut cultiver quatre vertus et proscrire les quatre vices qui leur sont opposés » (Commentaire de la Lettre aux Éphésiens, § 191). Que faut-il éviter sur la voie de l’unité ? L’orgueil, la colère, l’impatience et le zèle désordonné. D’après l’Aquinate, « le premier vice rejeté par [saint Paul] est l’orgueil. Quand une personne arrogante décide de diriger les autres, alors que ces autres, dans leur fierté, refusent de se soumettre, des désaccords surgissent dans la société, et la paix disparaît … La colère est le deuxième vice. Car un colérique est porté à l’injustice, verbale ou physique, ce qui provoque la confusion. …Le troisième est l’impatience. Parfois, un homme humble et doux, qui s’interdit de provoquer le trouble, ne supporte pas avec patience les attaques effectives ou projetées qu’on porte contre lui. … Le quatrième vice est le zèle désordonné. Le zèle désordonné peut porter sur n’importe quoi ; à cause de lui, les hommes vont juger de tout ce qu’ils voient, sans attendre le bon moment ou le bon endroit, et c’est une catastrophe pour la société » (ibid.) Comment pouvons-nous agir contre ces vices ? Saint Paul nous dit : « Ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour » (Ep 4,2).  D’après l’Aquinate, en nous faisant voir la bonté présente chez les autres et reconnaître nos propres forces et nos propres faiblesses, l’humilité nous aide à éviter l’esprit de rivalité dans nos rapports avec autrui. La douceur « aplanit les difficultés et préserve la paix » (Commentaire de la Lettre aux Éphésiens, § 191). Elle nous aide à éviter les manifestations désordonnées de colère en nous donnant la sérénité de faire notre devoir avec égalité d’humeur et dans un esprit de paix. La patience nous rend capables de supporter la souffrance pour obtenir le bien recherché, surtout s’il est difficile à atteindre ou si des circonstances extérieures militent contre la réalisation de l’objectif. La charité fait éviter le zèle désordonné en nous donnant de nous soutenir les uns les autres, « en portant les défauts des autres avec charité » (ibid.). Saint Thomas donne ce conseil : « Quand quelqu’un tombe, il ne faudrait pas immédiatement le corriger, à moins qu’il y ait un temps et un lieu pour cela. Il faudrait attendre avec compassion, puisque la charité supporte tout (1 Co 13, 7).  Il ne s’agit pas de tolérer par négligence ou complicité, par familiarité ou amitié charnelle, mais par charité. … Nous qui sommes forts, nous devons porter les infirmités des faibles (Rm 15, 1) » (ibid.). Le prudent conseil de saint Thomas peut nous être utile, si nous acceptons d’être formés par sa sagesse. Au cours des quarante dernières années, nos relations n’ont-elles pas parfois manqué d’humilité, de douceur, de patience et de charité ? (…) Comment les vertus d’humilité, de douceur, de patience et de charité peuvent-elles modeler nos pensées et nos actions. D’abord, si nous cherchons humblement à reconnaître la bonté qui existe chez ceux avec qui nous pouvons être en désaccord sur des points même apparemment fondamentaux, nous sommes capables d’examiner des questions disputées dans un esprit d’ouverture et en toute bonne foi. Deuxièmement, si nous avons une véritable douceur, nous pouvons garder un esprit de sérénité, en évitant de parler sur un ton qui divise ou de développer des considérations imprudentes qui offenseront au lieu de favoriser la paix et la compréhension mutuelle. Troisièmement, si nous gardons une vraie patience, nous reconnaîtrons que, dans la recherche du bien précieux que nous poursuivons, nous devons vouloir, si nécessaire, accepter la souffrance de l’attente. Enfin, si nous sentons encore le besoin de corriger nos frères, ce doit être avec charité, au bon moment et au bon endroit.  

L’heure est à la prière et à la pénitence afin que le Saint-Siège et la FSSPX trouvent un moyen d’éviter un nouvel acte schismatique.  

A l’heure actuelle, il ne s’agit pas d’abdiquer le travail de notre intelligence et de demander le silence aux théologiensAu contraire : il faut former notre conscience car chacun de nous est tenu de chercher la vérité (cf. CEC 17831789, 1791). Les fidèles du Christ, pour former leur conscience, doivent prendre en sérieuse considération la doctrine sainte et certaine de l’Église (cf. Pie XII, Message radioph., 23 mars 1952 : AAS (1952), p. 270-278). Quand nous avons vu la vériténous devons l’embrasser et lui conformer nos décisions et nos actions. “L’ignorance du Christ et de son Évangile, les mauvais exemples donnés par autrui, la servitude des passions, la prétention à une autonomie mal entendue de la conscience, le refus de l’autorité de l’Église et de son enseignement, le manque de conversion et de charité peuvent être à l’origine des déviations du jugement dans la conduite morale” (CEC 1792). Les litanies de l’Esprit-Saint disent à merveille : “De la résistance à la vérité connue, délivrez-nous Seigneur”. 

C’est la tâche que nous avons tous à accomplir : nous laisser enseigner docilement par l’Eglise pour former notre conscience et ne pas opposer de résistance à la vérité connue et enseignée par l’Eglise. 

L’Œuvre d’Orient dénonce la destruction d’un couvent à Yaroun

Communiqué :

Ce vendredi, l’armée israélienne a procédé à la destruction d’un couvent à Yaroun, un village du Sud Liban. Ce sanctuaire appartenait aux soeurs Salvatoriennes, un ordre religieux grec-catholique que L’Œuvre d’Orient connaît et soutient régulièrement, en particulier les écoles dont les religieuses s’occupent au Liban.

L’Œuvre d’Orient dénonce cet acte volontaire de destruction d’un lieux de culte et la destruction systématique des habitations du Sud-Liban visant à empêcher le retour des populations civiles.

L’Œuvre d’Orient rappelle que d’autres sanctuaires chrétiens ont également été détruits lors de la guerre en 2024, comme les églises melkites des villages de Yaroun et Derdghaya, toutes deux classées au patrimoine libanais.

Pour soutenir l’action de L’Œuvre d’Orient qui soutient les chrétiens du Liban dans leur mission au service des Libanais déplacés vous pouvez relayer l’appel de fonds vers https://secure.oeuvre-orient.fr/soutenir-liban

Terres de Mission : L’oppression des chrétiens en Algérie

Eglise universelle : Voyage du Pape en Afrique du 13 au 23 avril

Du 13 au 23 avril, le Pape Léon XIV a parcouru 17 700 kms visitant l’Algérie, le Cameroun, l’Angola et la Guinée Equatoriale. Journaliste à France catholique, Fabrice Madouas, dresse le bilan de cette rencontre avec un christianisme africain particulièrement dynamique et néanmoins confronté à de nombreux défis dont les relations avec l’Islam et l’émigration en Europe de nombreuses élites africaines.

Eglise en France : l’oppression des chrétiens en Algérie

L’ECLJ (Centre Européen pour le Droit et la Justice) vient de publier un rapport accablant, de 40 pages, sur l’absence de liberté religieuse en Algérie. Thibault van den Bossche, juriste à l’ECLJ, présente la situation des 8 000 catholiques et 150 000 protestants vivant en Algérie dans une situation de citoyens de seconde zone.

Eglise en Marche : Un mauvais rêve – Biopsie d’une meurtrière

Directeur de l’Espace Bernanos, Vianney Mallein, nous présente cette pièce : “Un mauvais rêve – Biopsie d’une meurtrière”, adaptée d’un roman policier de Georges Bernanos. Une nouvelle occasion de méditer sur les rapports de Bernanos, et de chacun d’entre nous, avec la vérité et le mensonge.

Ma vie sans moi

« Je suis celui qui n’est personne, et qui est tout le monde, et qui est le ciel même. »
Armand Robin.
Le Monde d’une voix.
“Ma vie sans moi” Editions Gallimard.

Mon ancien patron chez bioMérieux m’a dit quelque chose dans un avion. Il venait d’un monde où tout se mesure. Des charges virales, des seuils, des courbes qui montent ou qui s’infléchissent. Un monde où l’on met des chiffres sur le vivant pour savoir où agir. Il ne me regardait pas. Il regardait les nuages, comme on fixe un point pour ne pas cligner.

Il a dit : en voiture, quand ça part, on peut encore tenter quelque chose. Tourner, freiner, jurer. Ici, non.

J’ai répondu oui. J’ai hoché la tête comme on le fait quand on veut que la phrase passe. Je n’ai rien pris.

Parce que j’aime avoir quelque chose dans les mains. Un volant, une poignée, une phrase qui tient droit. J’aime sentir qu’il y a un endroit où appuyer, même si ça ne change presque rien. Même si c’est faux.

Il y a un endroit où ça ne prend pas.

Si je reste un peu trop longtemps immobile, je le sens : ça cogne dans la poitrine. Pas fort, pas spectaculaire. Juste régulier. Présent. La chemise bouge à peine. Une tension sous les côtes. Aucun capteur. Aucun chiffre. Rien que ce battement sans commande.

Je n’ai rien lancé. Je ne donne aucun ordre. Ça bat sans moi.

Si j’essaie d’imaginer l’arrêter, je ne trouve rien. Aucun levier. Aucun bouton. Même pas une idée crédible. Et pour le faire continuer, pareil. Je suis dedans, et je ne sais rien faire.

Je vis là-dedans depuis toujours, et la plupart du temps, je regarde ailleurs. Je prends quelque chose, n’importe quoi. Un écran, une phrase, une tâche minuscule. Juste de quoi occuper les mains. On s’occupe les mains pour ne pas sentir qu’elles sont vides.

Par moments, ça rate.

Pas longtemps. Une image trop nette. Une seconde qui ne glisse pas. Le bruit autour qui se creuse d’un coup. Et ça revient : il n’y a rien à tenir ici.

Thérèse de Lisieux avait peur. Pas une grande peur. Une peur qui revient, qui s’installe dans les coins, qui fatigue.

Elle disait : je suis trop petite pour monter l’escalier.

Avant l’ascenseur, il y a ça.

Trop petite.

Le dire sans détourner la tête. Sans chercher tout de suite une solution, une image, une sortie. Rester une seconde de plus. Peut-être deux.

Sentir que ça bat sans moi. Que ça tient sans moi.

Au début, ça creuse. Comme si le sol cédait un peu. Comme un léger vertige, pas assez fort pour tomber, mais suffisant pour que le corps hésite.

Puis ça ne tombe pas.

La respiration revient sans qu’on y pense. L’air entre, sort. Rien à décider là non plus.

Je ne sais pas ce que c’est. Ce n’est pas quelque chose que je comprends.

Mais ça tient.

Mon patron regardait les nuages. Peut-être qu’il ne pensait à rien. Peut-être qu’il savait déjà.

Moi, j’aurais cherché autour de moi. Un signe, une consigne, un bouton caché.

Je ne trouve pas.

Alors je reste là, les mains ouvertes. Un peu froides.

Elles ne tiennent rien.

Et pourtant, elles ne lâchent plus.

« Je tiens mon âme en paix et en silence, comme un petit enfant contre sa mère. » — Psaume 131

Illustration: Photo Sergyl Lafont: ciel de Lyon 21 juin 2017

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Mort d’Emile Soleil : les scandaleuses violations du secret de l’instruction

Tribune des parents d’Emile Soleil, parue dans le JDD :

C’est avec gravité que nous nous résignons à prendre la parole. Depuis des mois, malgré notre opposition, nous devons subir d’entendre ceux qui répondent systématiquement et complaisamment à la moindre sollicitation médiatique pour défendre l’image de ceux qui ne sont judiciairement pas mis en cause. Nous devons supporter de les entendre réécrire l’enquête judiciaire, en s’attribuant les mérites d’investigations en réalité programmées depuis de nombreux mois dans le secret de l’instruction, investigations qui rappellent que toutes les pistes ont toujours été explorées parallèlement par les enquêteurs et les juges.

Dans un récent livre, un auteur revendique avoir dû abîmer toute une famille au nom de « la course au buzz ». Il relaye de purs fantasmes, faute d’avoir pu vérifier ce que certains lui disaient. Il ne s’agit pas d’un livre d’enquête, mais d’un livre qui, comme tous les médias, relaye partiellement – et en l’espèce partialement – la seule enquête en cours qui est judiciaire et secrète, et dont il ignore l’essentiel.

Il a fait de la disparition de notre enfant une « affaire personnelle », faisant le parallèle avec sa propre vie familiale, établissant une comparaison indécente entre ses souffrances et les nôtres, et expliquant l’écriture de ce livre comme un besoin de dire « Adieu » à Émile. Il s’agit d’un livre psychothérapeutique pour son auteur.

Cependant, l’auteur de ce livre contribue, comme le font d’autres, à compromettre la manifestation de la vérité, puisqu’il expose, le premier, des informations secrètes en reconnaissant qu’elles sont « déterminantes ». Depuis, ces éléments ont été complaisamment développés dans un récent reportage télévisé, puis désormais dans toute la presse. Après près de trois ans de violation continue du secret de l’instruction, voici désormais la ou les personnes impliquées dûment alertées sur des éléments qu’elles n’auraient jamais dû connaître. Ces innombrables et scandaleuses violations du secret de l’instruction sont gravissimes et aujourd’hui de nature à faire échec à la seule chose qui compte : la manifestation de la vérité pour savoir comment notre petit garçon est mort et a disparu.

Tout n’est pas justifiable par la liberté de la presse et la liberté de parole des uns et des autres. Ceux qui ont violé, divulgué ou commenté ce qui relève du secret de l’instruction concernant la disparition de notre petit garçon portent une responsabilité immense. Si, à cause de l’inconséquence ou de l’ego de certains, l’enquête était compromise, la faute pèserait sur eux.

Au milieu de ce tourbillon médiatique dans lequel certains osent même prétendre qu’Émile ne nous appartient plus, une chose essentielle a été oubliée : c’est nous, Marie et Colomban Soleil, qui avons perdu notre petit garçon. Nous demandons donc à chacun d’avoir la responsabilité et la décence de s’en rappeler, de cesser de divulguer, relayer et commenter des éléments relevant du nécessaire secret de l’instruction, et de cesser d’entretenir la machine médiatique qui ne vit que lorsqu’on la nourrit. Nous demandons à chacun de se souvenir que c’est nous qui souffrons les premiers et qui attendons en premier la vérité.

Nous réitérons plus que jamais nos remerciements aux magistrats instructeurs et aux enquêteurs de la cellule dédiée de la section de recherches de Marseille, et la totale confiance que nous avons en eux.

Ils abattent en toute discrétion un travail remarquable et considérable, mais qui est aujourd’hui entravé et risque d’être anéanti par ceux qui ont perdu de vue le seul objectif de cette instruction judiciaire : la vérité et la justice pour Émile et ses parents.

Ma Petite Liturgie – Tout comprendre à la Messe quand on est petit….

Le cadeau idéal pour une Première Communion !
Une explication de la liturgie simple et vivante pour les plus jeunes. Excellente initiative réalisée avec intelligence et pédagogie, qui fait de ce petit livre un incontournable des bibliothèques familiales.

Comment aider un enfant à aimer la Sainte Messe et à en comprendre toute la richesse ?

Conçu comme un guide pédagogique magnifiquement illustré, Ma petite Liturgie répond à cette question en décryptant, pas à pas, la beauté et la signification du plus grand trésor de l’Église. Pourquoi le prêtre porte-t-il une chasuble ? Que symbolisent les trois nappes sur l’autel ? Pourquoi mélange-t-on une goutte d’eau au vin ?

À travers des explications claires et des images délicates, ce livre révèle le sens caché de chaque objet, de chaque geste et de chaque prière. La démarche est structurée et didactique : le livre explore d’abord le lieu – l’église – puis s’attarde sur chaque objet liturgique (l’autel, le calice, les ciboires), les ornements du prêtre et le sens de ses gestes.

Agnès Basset explique la liturgie par des mots simples joliment illustrés permettant ainsi aux enfants de bien suivre les gestes du prêtre durant la messe. Le texte est clair, précis et enrichi d’un lexique complet qui rend les termes techniques accessibles. Son format adapté aux petites mains, permet de le glisser facilement dans le sac de missel, et la reliure cartonnée en fait un indestructible !

Un outil précieux pour nos enfants.

Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :

Ma petite liturgie, Anne Basset, illustrations d’Estelle de La Charie, 74 pages, Petits Chouans, 17 €

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Proposition pour vivre la vocation de l’Église en Terre Sainte

Le cardinal Pierbattista Pizzaballa publie une lettre pastorale sur le thème « Ils retournèrent à Jérusalem dans une grande joie » pour

offrir un message plus structuré, une réflexion plus élaborée, et donc, exceptionnellement, plus longue. Cette Lettre n’est donc pas destinée à une lecture rapide ou partielle, ni à être utilisée comme un texte d’analyse politique. Elle doit être lue progressivement comme un instrument de discernement, et elle est également pensée pour favoriser le dialogue et la réflexion au sein de nos réalités ecclésiales, de nos communautés, dans les monastères et au sein des familles. Son but n’est pas d’offrir des réponses immédiates ou des solutions techniques, mais d’aider chacun à s’interroger sur la manière de vivre aujourd’hui la foi chrétienne sur cette Terre à la lumière de l’Évangile.

Il termine cette longue lettre ainsi :

Car en fin de compte, ce qui nous soutient, ce n’est pas notre force, mais la joie de l’Évangile. Une joie qui ne dépend pas des circonstances, qui ne faiblit pas même lorsque tout semble enveloppé de ténèbres. Une joie qui naît de la certitude que le Seigneur est avec nous, qu’il ne nous abandonne pas, qu’il marche à nos côtés même dans les nuits les plus sombres, car il est ressuscité. Et il est vivant parmi nous.

L’Évangile de Luc se termine par une très belle image : après l’Ascension de Jésus, les disciples « retournèrent à Jérusalem, en grande joie » (Lc 24,52). Ils avaient été bouleversés, ils avaient eu peur, ils avaient douté. Et pourtant, à la fin, ils reviennent remplis de de joie.

Nous aussi, nous souhaitons retourner vers notre Jérusalem quotidienne – nos foyers, nos paroisses, nos communautés, notre engagement quotidien – avec cette même joie. Non pas une joie naïve, qui ignore les difficultés. Mais une joie pascale, qui sait que la lumière triomphe des ténèbres, que la vie vainc la mort, que l’amour désarme la haine.

Revenons à Jérusalem avec joie. Revenons à notre vie avec passion. Portons dans notre cœur le rêve de Dieu pour sa ville, et laissons ce rêve devenir, pas à pas, jour après jour, notre propre vie.

Que Marie, Mère de Dieu et de l’Église, Reine de Palestine et de toute la Terre Sainte, Patronne de notre diocèse, nous accompagne sur ce chemin.

Que la bénédiction de Dieu, Père de tous, Tout-Puissant et Miséricordieux, descende sur vous tous.

Quatrième dimanche après Pâques : “Le prince de ce monde est déjà jugé”

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

La liturgie de ce jour exalte la justice de Dieu (Intr., Ev.) qui se manifeste par le triomphe de Jésus et par l’envoi du Saint-Esprit. « La droite du Seigneur a fait éclater sa puissance en ressuscitant le Christ d’entre les morts » (All.) et en le faisant monter au ciel le jour de son Ascension.

Du ciel il enverra à son Église l’Esprit de vérité (Év.), ce don excellent qui vient du Père des lumières (Ép.). L’Esprit-Saint nous enseignera toute vérité (Év., Off., Secr.), « il nous annoncera » ce que Jésus lui dira et c’est en écoutant cette parole de vie que nous serons sauvés (Ép.). L’Esprit-Saint nous dira les merveilles que Dieu a opérées pour son Fils (Intr., Off.) et ce témoignage de la justice éclatante faite à Notre-Seigneur consolera nos âmes et nous soutiendra au milieu des persécutions.

Comme ceux de tous les dimanches du temps pascal, les chants de ce quatrième dimanche expriment la joie et l’action de grâce des rachetés, morts au péché avec le Christ et ressuscités avec lui pour une vie nouvelle. Nous trouverons à l’Offertoire le triomphant Jubilate Deo, dont le texte était déjà celui de l’Introït de dimanche dernier.

Introït : Cantate Domino

La messe commence aujourd’hui avec l’Introït Cantate Domino exprimant  une joie  simple et légère. Le texte est néanmoins assez enthousiaste.

Cantate Domino canticum novum, quia mirabilia fecit Dominus : ante conspectum gentium revelavit justitiam suam.
Chantez au Seigneur un chant nouveau car il a fait des merveilles : à la face des nations il a manifesté sa justice.

C’est le début du psaume 97, cantique de louange au Seigneur, roi et juge universel. On trouve ailleurs sur ce même texte des mélodies plus éclatantes, mais celle-ci ressemble tout à fait à celle de l’Introït Quasimodo,  celui du premier dimanche après Pâques : » Comme des enfants nouveau-nés « , c’est l’esprit d’enfance spirituelle, la joie légère et l’abandon filial des nouveaux baptisés de la nuit pascale. Avec eux nous chantons notre joie d’être redevenus enfants de Dieu. Le verset suivant du psaume est psalmodié à la suite avant le Gloria Patri et la reprise de l’Introït :

Salvavit sibi dextera ejus et brachium sanctum ejus
C’est sa main droite et son bras très saint qui l’ont fait triompher.

Alléluia : Dextera Dei

Comme c’est généralement le cas pour les dimanches du temps pascal, les deux Alléluias de ce quatrième dimanche sont très différents l’un de l’autre, il y en a un court et un long. Le premier a pour texte un verset du psaume 117, le grand psaume d’action de grâce pascal, celui de l’Hæc dies. C’est un texte que nous connaissons déjà d’ailleurs puisque nous avons entendu un chant d’Offertoire sur ces mêmes paroles.

Dextera Dei fecit virtutem, dextera Domini exaltavit me.
La droite de Dieu a agi avec puissance, la droite du Seigneur m’a élevé.

On le chante en particulier pendant la semaine sainte, où il est placé dans la bouche du Christ rendant déjà grâce à son père pour la résurrection. Chacun de nous peut le redire à son tour pour remercier le Seigneur d’avoir été racheté par la toute puissance divine. La mélodie est claire et joyeuse, toute en vocalises très souples, mais avec une conclusion qui semble rester en suspens d’une manière un peu contemplative.

Alléluia : Christus resurgens

Le texte du deuxième Alléluia du quatrième dimanche après Pâques est tiré du Nouveau Testament, mais non de l’Évangile. Il s’agit d’un passage célèbre de l’épître de saint Paul aux Romains.

Christus resurgens ex mortuis jam non moritur, mors illi ultra non dominabitur.
Le Christ ressuscité des morts ne meurt plus ; la mort ne l’emportera plus jamais sur lui.

La mélodie chante cette grande victoire du Christ sur la mort d’une façon large, solennelle et enthousiaste en une vocalise qui se déploie comme une ample draperie.

La première phrase du verset reprend les thèmes de cette vocalise tandis que celle du mot mors au début de la deuxième phrase paraît plus tourmentée, comme si la mort se débattait en un dernier sursaut avant d’être définitivement vaincue. On retrouve la vocalise de l’Alléluia sur non dominabitur, et la reprise de l’Alléluia en accentue encore le caractère enthousiaste.

Offertoire : Jubilate Deo

L’Offertoire du quatrième dimanche après Pâques est le même que celui du deuxième dimanche après l’Épiphanie.

Nous avions dit alors que c’était une exception parmi les chants d’Offertoire qui sont généralement des méditations intérieures et contemplatives. Celui-ci au contraire est éclatant et triomphal, dépassant même par ses proportions et son amplitude les limites habituelles du répertoire. Il célébrait alors la divinité et la royauté du Messie venu sur terre pour nous sauver. Il célèbre aujourd’hui la gloire du Ressuscité, et il marque dans les chants de ce dimanche le sommet d’une progression dans l’expression de la joie, toute simple et légère dans l’Introït, plus marquée dans le premier Alléluia, ample et solennelle dans le deuxième. La première partie de cet Offertoire reprend le début du psaume 65 qui figurait déjà à l’Introït de dimanche dernier :

Jubilate Deo, universa terra, psalmum dicite nomini ejus.
Poussez des cris de joie pour Dieu, terre entière ; chantez un psaume à son nom.

La première phrase est répétée deux fois, et la reprise contient une vocalise extraordinaire qui s’élève en un immense crescendo du Do grave au Fa aigu. La deuxième partie est composée d’un verset situé à la fin du même psaume qui possède un caractère plus intime et personnel.

Venite et audite, et narrabo vobis, omnes qui timetis Deum, quanta fecit Dominus animæ meæ.
Venez et écoutez, vous tous qui craignez Dieu et je vous raconterai tout ce que le Seigneur a fait pour mon âme.

La mélodie commence encore dans l’enthousiasme puis à partir du mot narrabo elle s’apaise et s’adoucit progressivement pour se terminer dans une ambiance plus contemplative.

Communion : Dum venerit

Après la jubilation des quatre premiers chants de cette messe du quatrième dimanche après Pâques, qui a culminé dans l’immense acclamation de l’Offertoire, nous allons entendre quelque chose de tout à fait différent, qui ressemble beaucoup aux Communions des deux dimanches précédents. C’est à nouveau le Christ, le bon pasteur qui nous parle avec douceur sur le ton de la confidence. Le texte de cette antienne est tiré de l’évangile du jour, pris dans le discours après la Cène en saint Jean, et dans le même passage que celui de dimanche dernier. Notre Seigneur vient d’expliquer à ses apôtres qu’il leur est bon qu’il s’en aille afin de leur envoyer le Saint Esprit, et il ajoute :

Dum venerit Paraclitus, Spiritus veritatis, ille arguet mundum de peccato, et de justitia et de judicio.
Quand viendra le Paraclet, l’Esprit de vérité, il convaincra le monde au sujet du péché, de la justice et du jugement.

Le Paraclet c’est à la fois le défenseur, l’avocat, le consolateur. Ce qu’il nous fait comprendre c’est le péché du monde, c’est-à-dire de tous ceux qui refusent de reconnaître le fils de Dieu et de se soumettre à lui. C’est que le Christ est vraiment le Juste par excellence et qu’entre lui et Satan, le prince de ce monde, le jugement est définitivement prononcé. La mélodie est très douce et un peu mystérieuse et elle se termine dans une ambiance de joie légère qui nous incite à la confiance en ce divin Esprit que nous allons bientôt recevoir.

Élections au Pérou : les irrégularités sans fin et la lutte du candidat catholique Rafael López Aliaga

Dimanche 12 avril, les Péruviens ont été convoqués pour élire le nouveau président, pour renouveler la Chambre des députés, le Parlement Andin et pour élire les sénateurs qui reviennent après plusieurs décennies. L’élection présidentielle concerne le choix des deux candidats pour le second tour. Le candidat Rafael López Aliaga, membre de l’Opus Dei, et défenseur de la vie humaine de la conception à la mort naturelle, tente de passer au second tour. Or, ce qui aurait dû être une journée de participation bien encadrée est devenu une suite de failles sans fin.

Les premiers problèmes ont commencé à être observés le matin. Alors que les bureaux de vote devaient ouvrir à 7h00, beaucoup (souvent des locaux dans des écoles, universités, etc.) n’ont été ouverts que vers midi voire vers 14h00. Et certains locaux n’ont tout simplement pas été ouverts. Le JNE (Jury National des Elections) a décidé de permettre aux gens dont les bureaux de vote n’ont pas pu ouvrir de voter le lendemain, le 13 avril. Tout cela se passait surtout à Lima, la capitale.

Puis d’autres irrégularités ont été signalées au cours de la journée. Par exemple, beaucoup d’ordinateurs portables qui avaient été distribués pour aider lors du dépouillement ne marchaient pas, ce qui a causé aussi des retards. Cela se passait aussi à Lima.

Après, il ne s’est pas passé un jour sans qu’on ne découvre une nouvelle irrégularité. Par exemple, on a même trouvé du matériel électoral dans la rue, près d’une poubelle à Lima.

Devant tant d’irrégularités, et sous la pression des médias, le chef de l’ONPE (Office National des Processus Electoraux), Piero Corvetto a dû démissioner en catastrophe. Il a aussi été mis en cause par le JNE pour délits électoraux présumés.

Pendant les jours qui ont suivi les élections, on a observé aussi la curieuse ascension du candidat de la gauche radicale Roberto Sánchez. Alors qu’au début du décompte des votes il était assez loin des deux premières places, il se retrouve assez rapidement près de Rafael López Aliaga et le dépasse même de quelques milliers de voix. Actuellement, selon le décompte de voix de l’Onpe, Rafael López Aliaga se trouve à la 3ème place.

Puis, des experts en statistiques ont remarqué des irrégularités concernant beaucoup de procès-verbaux qui portent le code 900’000 et suivants. Au Pérou, les gens votent par groupes de quelques centaines de votants et à la fin du dépouillement on remplit le procès-verbal correspondant à chaque groupe avec les résultats pour les différentes élections. Chaque groupe vote dans ce qu’on appelle une «mesa» (table), qui a un code d’identification, et qui est composée aussi de trois jurys choisis au hasard avant les élections et qui s’occupent du dépouillement de la «mesa». Normalement dans chaque zone (département, province, etc.) le code (qui est aussi celui de chaque procès-verbal) commence par les mêmes chiffres et sont distingués par les chiffres suivants. Mais, étrangement, les «mesas» correspondant aux codes 900’000 et suivants sont distribués partout au Pérou. Et on y trouve énormément d’irrégularités.

Par exemple, normalement le moment entre la saisie des résultats d’un procès-verbal et le moment où le procès-verbal est publié sur le site de l’ONPE, afin que tout citoyen puisse vérifier la véracité, doit être à peu près le même. Or, dans beaucoup de cas de procès-verbaux commençant par 900’000, la différence dans le temps est grande. Le candidat Rafael López Aliaga travaille actuellement avec une entreprise internationale spécialisée dans les enquêtes statistiques et il a donné une conférence de presse il y a quelques jours. Un expert a montré que, par exemple, pour un procès-verbal concernant l’élection présidentielle, la différence de temps entre la saisie des données et la publication du procès-verbal était de plus de 30 heures ! Le procès-verbal a été publié plus de 30 heures après la saisie des données. Et cela empêche la traçabilité du processus, ce qui doit être normalement possible. Et ce type de problème concerne 2538 procès-verbaux parmi ceux qui ont le code 900’000 et suivants, ce qui représente à peu près 133’000 votes pour le parti «Juntos por el Perú» du candidat Roberto Sánchez. L’expert a aussi montré que lors des élections de l’année 2021, quand Pedro Castillo, du parti «Perú Libre», proche de celui de Roberto Sánchez, avait pu passer au second tour, son parti avait obtenu beaucoup de votes par rapport à celui de López Aliaga, avec les procès-verbaux commençant par 900’000 et les suivants. En 2021 «Peru Libre» obtenait 24 % de votes et le parti de López Aliaga 3 %. En 2026, «Juntos por el Perú» obtient 30.2 % et le parti de López Aliaga, «Renovación Popular» obtient 1.5 %. A cela s’ajoutent des cas, dans ces procès-verbaux, où les signatures du début de la journée de vote et de la fin ne sont visiblement pas les mêmes pour la même personne.

L’élection étant serrée pour passer au second tour, beaucoup de gens soupçonnent que certains, au sein de l’Onpe auraient fait exprès de retarder la distribution du matériel électoral afin que Rafael López Aliaga perde de voix, là où il a le plus de soutien. Beaucoup dénoncent aussi l’application du plan «Morrocoy», du nom d’une tortue, et qui avait été utilisé au Vénézuela pour, entre autres, affecter les électeurs des endroits où l’opposition à Maduro était forte.

Il faut déplorer aussi l’attitude des observateurs de l’Union Européenne, présents à Lima le 12 avril, et qui semblent n’avoir pas pris la mesure de la gravité des événements. Beaucoup les soupçonnent de soutenir un agenda globaliste d’une certaine gauche, comme le youtuber espagnol Constantino de Miguel.

A présent de plus en plus de gens se rendent comptent de l’énorme quantité d’irrégularités et réclament même l’annulation des élections en invoquant l’article 31 de la Constitution qui stipule qu’un acte électoral est nul s’il y a eu empêchement de voter. Or, justement, le 12 avril beaucoup de personnes, surtout âgées et/ou handicapées n’ont pas pu voter parce qu’ils sont allés le matin et que les bureaux de vote étaient fermés. D’autres demandent des élections complémentaires pour faire voter les gens qui n’ont pas pu voter à Lima. Des associations d’entrepreneurs commencent à réclamer aussi un audit de l’Onpe.

Il y a eu aussi des manifestations comme celle du jeudi 30 avril à Lima. Et selon un sondage publié il y a quelques jours, 77 % des gens à Lima pensent qu’il y a eu fraude électorale.

Continuons à prier pour la paix au Pérou.

Jaime V. Torres-Heredia

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La vie chrétienne victorieuse – Sanctification

La vie chrétienne victorieuse, comparée à la métaphore -image directe et percutante- des quatre piliers de la Tour Eiffel, convergeant et s’élevant en un seul élément vers le ciel, commence par la « Sanctification » ; c’est le premier pilier d’une vie chrétienne victorieuse.

Nous pouvons dire que ce pilier est discret, car la vraie sainteté ne cherche pas à se montrer. Il est indispensable, car sans la séparation du mal, il n’y a ni vraie communion avec Dieu, ni puissance dans le service. Et il est constant, car la sanctification n’est pas un moment, mais un chemin quotidien.
Maintenant, nous entrons plus profondément dans ce pilier essentiel. Il y a deux aspects importants de la sanctification et il est important de distinguer ce que l’Écriture présente clairement:

a) La sanctification positionnelle (ou absolue).
C’est celle que Dieu opère une fois pour toutes au moment de la conversion.

En effet, le « croyant » est mis à part pour Dieu, en vertu de l’œuvre du Seigneur Jésus. Aux yeux de Dieu, il est devenu « saint », non de lui-même, mais par sa position en Christ.
« Vous avez été sanctifiés… » 1 Corinthiens 6:11
Ici, nous voyons que ce pilier est posé sur un fondement parfait : il ne dépend pas de soi, mais de Christ. Base inébranlable !

b) La sanctification pratique (ou progressive).
C’est celle qui se développe chaque jour dans la vie du croyant.
« C’est ici la volonté de Dieu, votre sanctification. » (1 Thessaloniciens 4:3)

Elle concerne, entre autres, les pensées, les paroles, les affections, les actes. Pour ce faire, Dieu ne nous laisse pas seuls : Il agit par différents moyens précis.
– La Parole de Dieu : « Sanctifie-les par la vérité ; ta parole est la vérité ». (Jean 17:17) Cette parole agit comme une lumière et un lavage intérieur.
– Le Saint-Esprit. Il agit intérieurement pour convaincre, transformer et produire le fruit. Ce n’est pas un effort purement humain ; c’est une œuvre divine en nous. C’est ainsi que Dieu se sert des situations pour nous former.
« Il nous discipline… afin que nous participions à Sa sainteté ». (Hébreux 12:10)

Ainsi, avec la sanctification tout devient cohérent, vrai et orienté vers Dieu. Toutefois, il ne s’agit nullement de passer en un moment de l’imperfection à la perfection, de l’égoïsme au parfait renoncement ; mais de se soumettre à Christ, de s’abandonner à Lui pour lui permettre d’accomplir l’œuvre parfaite de Sa grâce, c’est à dire, la Sanctification.

Dès lors, l’Esprit de Dieu pousse et fait agir le croyant qui dans un libre abandon, s’est livré tout entier à Dieu. Il n’a plus besoin de se pousser lui-même. Ni effort, ni tension morale pour regarder à Christ. Il ne fait pas un pas sans s’appuyer sur Lui avec une confiance absolue et illimitée.

Il sait que la plus grande grâce et la seule délivrance, c’est d’être délivré de soi-même, de sa volonté propre et de pouvoir vivre pour le Seigneur. Et il sait que tout ce qui peut attirer le cœur en dehors de Christ n’est qu’une perte. Il est bien vrai que celui qui ne voudra pas suivre le Seigneur Jésus dans l’école où lui-même a « appris l’obéissance », ne trouvera jamais le vrai chemin de la sanctification. Toutefois, il suffit de savoir que le Seigneur Jésus est à côté de lui, surveillant le feu et modérant la chaleur selon ce que réclame l’œuvre de sa sanctification.

L’erreur habituelle est de toujours chercher à nous sanctifier nous-mêmes pour l’amour de Celui qui nous a sauvés, au lieu de laisser le Seigneur nous sanctifier Lui-même.

Ainsi, la sanctification est la preuve suprême que notre conversion est authentique, car sans « la sanctification personne ne verra le Seigneur ». (Hébreux 12:14)

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Pologne : Le président Nawrocki a opposé son veto aux divorces rapides

Le président Karol Nawrocki a bloqué la modification du Code de la famille qui devait permettre de dissoudre les mariages devant un officier d’état civil. La justification ? La protection de la famille, la crise démographique et la dignité de l’institution du mariage.

Le dernier jour du mois d’avril 2026, le président Karol Nawrocki a opposé son veto à la révision du Code de la famille et de la protection de la personne préparée par le ministère de la Justice. La loi, adoptée par la Diète le 13 mars, prévoyait la possibilité de dissoudre un mariage devant l’officier d’état civil — sans intervention du tribunal.

Que prévoyait la loi ?

Le projet du ministère de la Justice prévoyait une procédure en deux étapes. Les époux devaient d’abord se présenter ensemble à l’état civil et déposer des déclarations écrites attestant du respect des conditions légales, puis, après un délai de réflexion d’au moins un mois, revenir pour déposer une déclaration commune de dissolution du mariage. Ce n’est qu’alors que le responsable de l’état civil aurait procédé à l’inscription correspondante dans le registre.

Cette procédure de dissolution devait s’appliquer exclusivement aux couples sans enfants mineurs communs et à condition que la femme ne soit pas enceinte. Le ministère a fait valoir qu’il s’agissait de traiter plus efficacement les affaires non contestées et de soulager les tribunaux, qui reçoivent chaque année entre 50 000 et 60 000 demandes de divorce, dont près de 40 % concernent précisément des couples sans enfants.

Pourquoi le président a-t-il dit « non » ?

« Il y a des affaires qu’il ne faut pas réduire à une simple formalité administrative. Le mariage n’est pas une simple inscription au registre. Le mariage est l’un des fondements de la vie sociale. Il est le fondement de la famille, le fondement de l’éducation des enfants, le fondement de la pérennité de la communauté nationale », a déclaré M. Nawrocki pour justifier sa décision.

Le président a souligné que l’intervention du tribunal dans les affaires de divorce remplit une fonction protectrice. Le tribunal peut percevoir des situations que le formulaire administratif ne détecte pas : la dépendance économique, la pression psychologique ou le déséquilibre des pouvoirs entre les époux. Le formulaire administratif, lui, ne le peut pas.

M. Nawrocki a également attiré l’attention sur le signal inquiétant que cette loi enverrait à la société.
Les couples sans enfants pourraient se séparer devant un officier d’état civil après seulement un an de union, tandis que ceux ayant des enfants devraient continuer à passer par la voie judiciaire. Selon le président, un tel mécanisme signifierait que l’enfant devient un obstacle à une sortie facile du mariage. « C’est socialement néfaste », a-t-il déclaré sans détour.

Le mariage sous la protection de la Constitution

Le président a rappelé que le projet de loi n’est pas une modification technique, mais une modification qui dévalorise une institution directement protégée par la Constitution de la République de Pologne. L’article 18 stipule que le mariage en tant qu’union entre une femme et un homme, la famille, la maternité et la parentalité restent sous la protection et la garde de la République. Nawrocki l’a formulé de manière concise : « La protection ne consiste pas à faciliter la séparation. La protection consiste à soutenir la pérennité malgré diverses difficultés. »

Il a également critiqué l’exposé des motifs du ministère, qui indiquait comme objectif de la modification « l’amélioration de l’efficacité du système juridique ». Selon le président, la réduction des files d’attente devant les tribunaux ne peut se faire au détriment de la fonction protectrice de la justice envers la famille. « Le rôle de l’État n’est pas de faciliter l’effondrement de ce qui compte le plus. Le rôle de l’État est de protéger les familles », a-t-il déclaré.

L’argument démographique

Le président a présenté des données qui jettent un éclairage différent sur l’ensemble du débat. La Pologne est aujourd’hui confrontée à l’une des crises démographiques les plus graves de son histoire, et les statistiques relatives au mariage et à la fécondité sont étroitement liées. Quatre enfants sur cinq nés en Pologne naissent dans le cadre du mariage, et le taux de fécondité des couples mariés est de deux — ce qui signifie le renouvellement des générations. La diminution du nombre de mariages durables et l’augmentation du nombre de divorces se traduisent donc directement par une baisse du nombre de naissances.

« Aujourd’hui plus que jamais, alors que la Pologne est confrontée à une crise démographique dramatique, l’État devrait soutenir la pérennité des familles et la décision d’avoir des enfants, et non créer des dispositions qui découragent la parentalité », a déclaré M. Nawrocki.

Et maintenant ?

Le veto signifie que la loi n’entrera pas en vigueur sous sa forme actuelle, à moins que le Sejm ne rejette la décision du président à la majorité requise par la Constitution.

En défense du mariage — pas seulement à la Chambre des députés

Le veto du président s’inscrit dans le cadre plus large de son engagement en faveur des questions familiales. À peine une quinzaine de jours plus tôt, le 19 avril, Nawrocki avait pris part à la Marche nationale pour la vie à Varsovie, qui s’était déroulée sous le slogan « Foi et fidélité 966–2026 », en référence au 1060e anniversaire du baptême de la Pologne. « Des milliers de personnes, au cœur de Varsovie, montrent à quel point la vie est importante pour la Pologne, à quel point la famille est importante pour la Pologne. C’est pourquoi le président polonais ne pouvait manquer d’être présent ici aujourd’hui », avait-il alors déclaré.

Indépendamment de l’évaluation des motivations politiques qui sous-tendent les décisions présidentielles, le veto opposé à la loi sur le divorce extrajudiciaire ouvre un débat important : comment un État moderne doit-il comprendre sa responsabilité envers l’institution du mariage ? L’efficacité des procédures administratives peut-elle primer sur le caractère particulier d’une union qui, comme le rappelle la Constitution, reste sous la protection et la tutelle de la République ? La Pologne répondra à ces questions au Sejm, devant les tribunaux et, surtout, au sein de ses propres foyers.

La Hongrie condamnée par la Cour de justice de l’Union européenne au nom des valeurs de l’Union

Durant seize ans (2010-2026), les enfants hongrois furent épargnés de l’idéologie wokiste. La défaite du 12 avril dernier a marqué la fin d’un gouvernement patriote. Neuf jours plus tard, le 21 avril 2026, la Cour de justice de l’Union Européenne a condamné la Hongrie pour sa législation visant à lutter contre l’idéologie woke. La question est de savoir comment le nouveau gouvernement hongrois réagira à cette condamnation…

Analyse reçue par l’un de nos correspondants en Hongrie.

Le 21 avril 2026 un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a condamné la Hongrie en raison de la loi LXXIX adoptée en 2021, modifiant plusieurs actes législatifs nationaux en vue de protéger les mineurs. En substance, ces amendements interdisent ou restreignent l’accès aux contenus représentant ou promouvant la divergence par rapport à l’identité personnelle correspondant au sexe à la naissance, le changement de sexe ou l’homosexualité. La CJUE a jugé que cette loi est de nature à discriminer et stigmatiser les personnes LGBTI+, et que de ce fait la Hongrie a violé les valeurs européennes énumérées à l’article 2 du Traité de l’Union européenne (TUE), ainsi que plusieurs droits énoncés dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (la Charte). Cette décision a été qualifiée d’historique par plusieurs commentateurs, car il s’agit de la première condamnation d’un État membre au titre de l’article 2 du TUE.

Résumé de la loi hongroise sur la protection des mineurs

De façon générale, la loi votée par le parlement hongrois le 15 juin 2021 vise à renforcer la protection des mineurs. Elle s’inscrit à la fois dans la lutte contre la pédophilie et dans l’interdiction d’accès des mineurs à certains contenus considérés comme nuisibles à la santé et à la sécurité de l’enfant. Sont notamment visés les contenus pornographiques, ainsi que ceux représentant ou faisant la promotion du changement de sexe, de l’homosexualité ou d’une identité de genre différente du sexe à la naissance.

Les restrictions s’appliquent à l’audiovisuel (télévision, films), à la publicité, aux livres et aux contenus éducatifs. En pratique, la loi impose, dans les médias audiovisuels, une classification en catégorie interdite aux mineurs et une diffusion limitée à des horaires nocturnes. Des restrictions similaires s’appliquent aux publicités. Elle prévoit également des restrictions dans le domaine culturel, notamment concernant la vente et la présentation de livres. Dans le domaine éducatif, elle encadre strictement les contenus pédagogiques en matière d’éducation sexuelle, et réserve les interventions dans les établissements scolaires à des organismes agréés par l’État. En pratique, ce mécanisme a pour effet d’exclure certaines organisations, notamment celles engagées sur les questions LGBTI+, dès lors qu’elles ne figurent pas parmi les entités autorisées.

La Commission européenne saisit la CJUE

Après le vote de la loi en juin 2021, la Commission européenne a immédiatement réagi en qualifiant de « honte » le texte adopté par la Hongrie. En juillet 2021, elle a lancé une procédure d’infraction contre la Hongrie et a saisi la CJUE. Seize États membres ainsi que le Parlement européen se sont joints à cette initiative. La requête de la Commission européenne invoquait des manquements à l’article 2 du TUE ainsi qu’à plusieurs articles de la Charte.

Le 21 avril 2026, la CJUE a donné raison aux requérants.

Pour lire la suite de l’analyse : https://journallespoir.wordpress.com/2026/05/01/la-hongrie-condamnee-par-la-cour-de-justice-de-lunion-europeenne-au-nom-des-valeurs-de-lunion/

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« Ma crainte est que la Terre Sainte puisse devenir une sorte de “Disneyland chrétien” »

S’adressant aux représentants de l’’AED, le père Nikodemus Schnabel, religieux bénédictin, a offert un témoignage complet sur la présence chrétienne en Terre Sainte, fragile et en déclin rapide :

L’image de Jérusalem comme cœur battant du christianisme contraste fortement avec la réalité vécue aujourd’hui par ses fidèles. Pour le Père Nikodemus Schnabel, religieux bénédictin, il s’agit d’une « toute petite minorité », marquée par la guerre, les difficultés économiques, l’incertitude et un exode constant.

« Si vous pensez que c’est ici un eldorado du christianisme, la réalité est bien différente ». « Tous les chrétiens réunis représentent moins de 2%. Pour nous, rêver d’atteindre 5 ou 6% serait déjà beaucoup. Si l’on pense aux régions les plus sécularisées d’Europe – comme la République tchèque ou l’ancienne Allemagne de l’Est –, même là-bas les chrétiens sont souvent plus nombreux qu’ici ».

La conférence des évêques de cette petite région – qui recouvre Chypre, Israël, la Palestine et la Jordanie – compte 24 membres, reflétant une complexité ecclésiale unique. Et cependant la présence chrétienne réelle continue de décliner.

« Le paradoxe est clair ». « L’endroit où les événements les plus importants de notre foi ont eu lieu risque de perdre les chrétiens qui en sont originaires ».

« Ma crainte est que la Terre Sainte puisse devenir une sorte de “Disneyland chrétien” ». « Les lieux saints demeureront, avec des religieux et des prêtres. Mais il pourrait ne plus y avoir de familles chrétiennes, de jeunes chrétiens, de vie chrétienne ordinaire.

« Environ 60% des chrétiens arabophones dépendent du tourisme ». « Et la dernière bonne année remonte à 2019 ».

La pandémie, suivie des conflits et de l’instabilité, ont drastiquement réduit le nombre de pèlerinages, privant de nombreuses familles de leurs revenus.

 « Nous ne sommes ni pro-Israël, ni pro-Palestine, mais pro-humains. »

Ce slogan, a-t-il expliqué, est le reflet de la réalité concrète d’une Eglise présente « de toutes les côtés » : avec les fidèles en Israël, en Cisjordanie et à Gaza, de même qu’au sein des communautés de migrants.

L’abbé a également dénoncé l’hostilité croissante envers les chrétiens, de la part de groupes extrémistes juifs. Il a décrit des incidents tels que des crachats dans les rues, des actes de vandalisme, des incendies criminels, des profanations et des graffitis haineux. Selon lui, ce phénomène ne peut plus être considéré comme marginal.

Pour l’AED, son témoignage est un appel à ne pas s’habituer à la disparition silencieuse des chrétiens de Terre Sainte. Parce que sans communautés chrétiennes vivantes à Jérusalem, Bethléem ou Nazareth, les lieux saints risquent de devenir des symboles vides – un patrimoine sans témoins.

Et parce que, comme l’abbé l’a lui-même rappelé, « il n’y a pas d’Annonciation sans Nazareth, pas de Noël sans Bethléem, pas de Pâques sans Jérusalem. »

Camps d’été pour enfants et adolescents avec l’Institut du Bon Pasteur

Chaque année, l’association Saint-Vincent propose aux familles catholiques des camps d’été encadrés par des prêtres et séminaristes de l’Institut du Bon Pasteur.

Cette été, du 5 au 15 août, rendez-vous à l’abbaye d’Andecy à Baye (51):
– camp Saint-Vincent-de-Paul pour les enfants de 7 à 12 ans
– camp théâtre Sainte Louise de Marillac pour les jeunes filles de 13 à 16 ans
– camp théâtre Saint Charles de Foucauld pour les adolescents de 13 à 16 ans

Informations et inscriptions sur le site : campsaintvincentdepaul.fr

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