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Chartres t’appelle : découvrez un bivouac du pèlerinage de Chrétienté

Bienvenue dans « Chartres t’appelle », l’émission en direct du bivouac du pèlerinage de Chartres.

Au cœur de la campagne, au milieu des tentes, des chants et des colonnes de pèlerins qui arrivent après une journée de marche, vivez l’ambiance unique du samedi soir du pèlerinage comme si vous y étiez.

Pendant toute cette soirée spéciale, nous vous emmenons dans les coulisses du 44e pèlerinage de Pentecôte :
rencontres, reportages, invités, témoignages, images du bivouac, vie des chapitres, mission, conversions, liturgie traditionnelle…

« Chartres t’appelle », c’est une immersion dans cette chrétienté vivante, jeune et joyeuse qui marche chaque année vers Notre-Dame de Chartres sous le thème :
« Vous serez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre ».

Depuis le bivouac, suivez cette grande soirée en direct et découvrez ce qui fait battre le cœur du pèlerinage de Chartres.

L’Action Française Paris organise une rencontre

🍻RENCONTRE – CAMARADERIE
Le vendredi 29 mai 2026 à 19h, l’AF – Paris organise une réunion de rencontre et d’amitié française.
Le lieu sera divulgué après l’inscription.
inscription obligatoire : [email protected]
🕓19h
📍Paris
🗓 vendredi 29 mai

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Liban : l’arabité n’est pas une insulte, mais ce n’est pas une origine

Il y a une scène de West Beyrouth, le film de Ziad Doueiri sorti en 1998, qui revient régulièrement sur les réseaux sociaux. On y voit un jeune Libanais affirmer qu’il n’est pas arabe, qu’il est libanais, phénicien ; son père le reprend, lui demande d’où lui vient cette idée, puis lui explique qu’il faut être fier d’être arabe, héritier d’une grande civilisation qui se serait étendue de l’Espagne jusqu’à l’Asie. Le film, présenté à la Quinzaine des réalisateurs en 1998, parle évidemment d’un Liban fracturé par la guerre civile, où les identités deviennent explosives.

Mais précisément : cette scène, souvent partagée comme une petite leçon d’universalisme arabe, ne répond pas vraiment à la question. Elle la déplace. Elle ne dit pas : « Est-il historiquement exact de dire que les Libanais sont des Arabes ? » Elle dit : « Pourquoi aurais-tu honte d’être arabe ? » Or ce n’est pas la même chose.

Car l’arabe n’est pas une insulte. Personne de sérieux ne devrait avoir besoin de le répéter. La langue arabe est belle, l’arabe classique a une puissance littéraire incontestable, les dialectes arabes sont d’une diversité fascinante, et des mondes entiers de poésie, de philosophie, de musique, de mystique et de mémoire sont passés par cette langue. Mais la beauté d’une langue ne transforme pas automatiquement l’histoire d’un peuple. On peut aimer une langue, l’habiter, la parler, en faire de la littérature, sans être obligé d’effacer ce qui existait avant elle.

Et c’est bien là le problème. Le Liban n’est pas né arabe. Le territoire de l’ancienne Phénicie correspond largement au Liban actuel, avec ses grandes villes antiques comme Byblos, Sidon, Tyr et Béryte, l’actuelle Beyrouth. Les Phéniciens appartiennent au vieux monde cananéen de la côte levantine. Ce n’est pas une fantaisie romantique de diaspora ni une coquetterie mondaine de chrétiens libanais francophones : c’est une donnée historique lourde. Une étude génétique publiée en 2017 dans The American Journal of Human Genetics a même montré que les Libanais actuels tirent l’essentiel de leur ascendance d’une population apparentée aux Cananéens de l’âge du bronze, ce qui indique une forte continuité biologique dans le Levant depuis plusieurs millénaires.

Évidemment, cela ne signifie pas que l’identité soit une affaire de pureté génétique. Rien ne serait plus absurde. Les peuples sont des sédimentations, des mélanges, des langues, des rites, des empires subis, des conversions, des mariages, des mémoires reconstruites. Mais cela signifie au moins une chose : il est historiquement très fragile de prétendre que les Libanais seraient simplement des Arabes comme les autres, comme si leur arabité allait de soi depuis l’origine.

L’arabité libanaise est d’abord une couche historique. Elle vient après. Elle arrive avec la conquête musulmane du Levant au VIIe siècle, lorsque les Arabes musulmans conquièrent la Palestine et le Liban dans les années 630. Britannica rappelle aussi que des tribus arabes s’installent ensuite dans le sud du Liban parmi les populations indigènes, tandis que les Maronites, originellement syriaques, adoptent progressivement l’arabe tout en conservant le syriaque dans leur liturgie. Voilà une formule autrement plus exacte : le Liban n’est pas un pays d’origine arabe ; c’est un pays levantin, cananéen, phénicien, araméen, syriaque, méditerranéen, progressivement arabisé.

Il n’y a donc aucune raison d’accepter pour l’Empire islamo-arabe ce que l’on refuserait à toutes les autres puissances impériales. Quand Rome conquiert, on parle de romanisation. Quand la France conquiert, on parle de colonisation. Quand l’Empire ottoman domine, on parle de domination ottomane. Mais lorsque l’expansion arabo-islamique impose progressivement sa langue, son cadre politique, son horizon religieux et son récit, il faudrait soudain parler uniquement de “grande civilisation”, comme si la conquête devenait innocente parce qu’elle s’exprimait en arabe.

Or les peuples conquis finissent souvent par parler la langue du conquérant. Ce n’est pas propre au monde arabe. Les Gaulois ont parlé latin, puis les Français ont oublié qu’ils parlaient une langue romane née d’une domination. Une grande partie de l’Amérique latine parle espagnol ou portugais. Des peuples africains parlent français ou anglais. Personne n’en déduit que les Péruviens sont ethniquement espagnols, ni que les Congolais sont d’origine française. Pourquoi faudrait-il, dans le cas libanais, confondre langue, culture acquise et origine profonde ?

On répond souvent : « Mais le Liban est un pays arabe. » Oui, politiquement et linguistiquement, le Liban appartient aujourd’hui au monde arabe. L’arabe est sa langue officielle, et le pays fut même l’un des membres fondateurs de la Ligue arabe en 1945. Très bien. Mais cela ne règle pas la question. Une appartenance diplomatique ou linguistique ne suffit pas à abolir une mémoire plus ancienne. Le mot “arabe” lui-même désigne aujourd’hui très largement des populations arabophones du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ; c’est donc souvent une catégorie linguistique et culturelle autant qu’ethnique.

C’est pourquoi la scène de West Beyrouth est intéressante malgré elle. Le père croit répondre à son fils en lui offrant une grandeur de substitution : “sois fier de l’empire arabe”. Mais le fils ne demande pas si l’empire arabe a produit des merveilles. Il demande qui il est. Et la réponse “tu es arabe parce qu’une grande civilisation arabe a existé” ressemble presque à l’argument de tous les empires : tu devrais être reconnaissant d’avoir été absorbé par plus grand que toi.

Le vrai propos ne devrait donc pas être : “les Libanais doivent haïr l’arabité”. Ce serait idiot, injuste, et même impossible. Le Liban a fait de l’arabe quelque chose de profondément libanais. Il l’a chanté, tordu, francisé, méditerranéisé, christianisé parfois, islamisé évidemment, rendu familier, drôle, tendre, violent, populaire, littéraire. L’arabe du Liban n’est pas un simple tampon impérial ; il est devenu une matière vivante. Il faut pouvoir le reconnaître.

Mais reconnaître cette fécondité ne doit pas obliger à réciter le catéchisme panarabe. Le Liban n’a pas à choisir entre la honte de l’arabe et l’effacement de sa profondeur préarabe. Il peut dire : nous parlons arabe, mais nous ne venons pas seulement de l’Arabie. Nous appartenons au monde arabe contemporain, mais notre mémoire plonge dans Canaan, dans la Phénicie, dans l’araméen, dans le syriaque, dans la Méditerranée orientale, dans un monde antérieur à l’islam et antérieur à l’arabisation.

Le problème n’est donc pas l’arabe. Le problème est l’idéologie qui transforme une langue en assignation, une conquête en destin, une couche historique en origine obligatoire. Dire “je suis phénicien” ne devrait pas être immédiatement traité comme une provocation raciste ou une haine de l’arabe. Cela peut être, tout simplement, une tentative de retrouver un nom plus ancien que celui imposé par les vainqueurs.

Le Liban n’a pas besoin de se mutiler pour appartenir à son présent. Il n’a pas besoin de nier l’arabe pour retrouver la Phénicie. Mais il n’a pas non plus à nier la Phénicie pour rester poli avec l’arabisme. Une identité adulte peut tenir ensemble plusieurs héritages, à condition de ne pas mentir sur leur ordre d’apparition.

L’arabité libanaise existe. Elle a produit de la culture, de la beauté, de la musique, de la littérature, des voix immenses. Mais elle n’est pas l’acte de naissance du Liban. Elle est une langue d’adoption devenue langue intime. Elle est une histoire imposée, puis travaillée, habitée, parfois aimée. Elle est une greffe devenue branche. Mais la racine, elle, descend plus loin. Et il n’y a aucune honte à le rappeler.

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Comprendre la guerre d’Iran : au-delà du récit médiatique

Le 17 mars dernier, la démission de Joe Kent, directeur du Centre national de contre-terrorisme américain, ne saurait être réduite à une péripétie administrative ou à un simple soubresaut de la vie politique washingtonienne. Ancien des forces spéciales, vétéran de onze déploiements en Irak et en Afghanistan, Joe Kent n’est pas un commentateur ordinaire. Lorsqu’un tel homme quitte ses fonctions en dénonçant l’engagement des États-Unis dans la guerre contre l’Iran, l’événement mérite d’être pris au sérieux.

Car derrière cette démission se devine une question plus vaste : les États-Unis ont-ils été entraînés dans une guerre dont ils ne maîtrisent ni les objectifs, ni le calendrier, ni les conséquences ?

C’est précisément cette interrogation que Marc Humbert place au cœur de son nouvel ouvrage, Iran : la guerre de trop ?
https://www.chire.fr/librairie/humbert-marc-iran-la-guerre-de-trop-p-513782

À l’heure où le Moyen-Orient s’embrase, la lecture immédiate de l’actualité ne suffit plus. Les communiqués officiels, les cartes militaires, les images de frappes et les déclarations martiales donnent l’illusion de comprendre. Pourtant, ils masquent souvent l’essentiel : les causes profondes, les intérêts réels, les arrière-plans historiques et les calculs stratégiques.

Marc Humbert prend le parti inverse. Il ralentit le regard. Il replace l’affrontement entre l’Iran, Israël et les États-Unis dans le temps long d’un siècle de tensions : la déclaration Balfour, la naissance de l’État d’Israël, les guerres israélo-arabes, la révolution islamique de 1979, la montée en puissance du Hezbollah et du Hamas, puis l’affirmation progressive de Téhéran comme puissance régionale incontournable.

L’auteur ne se contente pas d’aligner des faits, il en démontre l’implacable enchaînement. Comment l’État hébreu, né au milieu d’un environnement hostile, a-t-il construit sa doctrine de sécurité ? Comment la République islamique d’Iran a-t-elle fait de l’hostilité à Israël l’un des piliers de sa légitimité politique et religieuse ? Pourquoi Washington se retrouve-t-il de nouveau engagé dans une confrontation majeure au Moyen-Orient ?

L’un des grands mérites de ce livre est de ne pas s’arrêter aux apparences. Derrière les justifications officielles, Marc Humbert interroge les buts réels des belligérants. Israël cherche-t-il seulement à neutraliser une menace militaire, ou à remodeler durablement l’équilibre régional ? Les États-Unis poursuivent-ils uniquement un objectif de sécurité, ou tentent-ils de préserver une hégémonie fragilisée par la montée des BRICS et la remise en cause du système des pétrodollars ? Quant à l’Iran, cherche-t-il à démontrer que la puissance occidentale peut être contenue, usée, puis mise en échec ?

L’ouvrage accorde une place essentielle à la dimension militaire du conflit. Marc Humbert y analyse l’offensive israélo-américaine de 2026, ses ambitions initiales, mais surtout ses limites. Face à une puissance iranienne souvent sous-estimée, les frappes aériennes ne suffisent pas à produire une victoire politique. La profondeur stratégique du territoire iranien, la résilience du régime, et la menace permanente d’un blocus du détroit d’Ormuz dessinent les contours d’un redoutable enlisement.

Cette guerre dépasse largement le seul face-à-face entre Israël et l’Iran : elle révèle une crise profonde de la puissance américaine. Washington dispose encore d’une supériorité technologique, mais celle-ci ne garantit plus la victoire stratégique. Le conflit devient ainsi le miroir d’un basculement plus vaste : celui d’un monde où l’hégémonie occidentale se heurte à des adversaires capables d’absorber les chocs et de déplacer le centre de gravité de la confrontation.

Plus qu’un commentaire de circonstance, Iran : la guerre de trop ? offre une grille de lecture indispensable pour dépasser le bruit médiatique et saisir les lignes de force d’un ordre mondial en recomposition.

Au terme de cette analyse, une question demeure, redoutable par sa simplicité : entre Israël et les États-Unis, qui est aujourd’hui le vassal, et qui est le suzerain ?

Iran : la guerre de trop ?
Colonel Marc Humbert
48 pages

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Y a-t-il une économie chrétienne ? 3e Session Cardinal Pie

La 3e Session Cardinal Pie aura lieu les 11-12-13 juillet 2026, aux environs d’Angers.

Nous travaillerons sur le sujet suivant : Y a-t-il une économie chrétienne ?

Inscription OBLIGATOIRE en écrivant à : [email protected]

Socialisme ou libéralisme ? Néo-esclavagisme sous le joug d’un État totalitaire, idéologue et technocratique, ou néo-esclavagisme sous la pression de multinationales toutes-puissantes, corrompues et prédatrices ?

Ni l’un, ni l’autre ! Le bon sens, l’expérience millénaire, la doctrine sociale de l’Église proposent une autre voie : large autonomie des communautés où s’épanouit la vie sociale – écoles, entreprises, village, paroisse, associations et surtout familles – pour déterminer et poursuivre leurs objectifs propres ; appui efficace, mais non intrusif, des échelons plus larges sous lesquels se regroupent les sociétés fondamentales – fédérations associatives, réseaux scolaires, corporations de métier, régions et enfin états – pour protéger contre les acteurs antisociaux, réprimer les injustices, renforcer les autorités locales, proposer des aides, puis… laisser le bien se faire.

La présente session vise à proposer un projet enthousiasmant, et surtout immédiatement applicable ; il commence en effet là où tout commence vraiment : dans les communautés de proximité, et surtout dans la famille.

Parmi les sujets qui seront abordés :

– Les principes d’une économie réaliste ;
– L’enseignement social et politique de l’Eglise ;
– L’histoire du catholicisme social ;
– L’économie familiale par l’entreprise ;
– Les “familles souches” ;
– Economie, échange et relation : le commerce comme socle de la vie sociale ;
– La monnaie ;
– Qu’est-ce qu’un dirigeant chrétien ?
– Les corps intermédiaires aujourd’hui;
– L’économie moderne et artificielle est-elle une fatalité ? Comment en sortir ?
– Les vertus sociales…

Cette session est destinée aux hommes et jeunes gens, qui peuvent demander à être logés sur place.
Les épouses sont les bienvenues, si vous en faites la demande avant, et que vous gérez vous-mêmes votre logement.

Nous offrons aux jeunes gens des conditions particulièrement avantageuses.

Attention, les places sont limitées !
Inscription avant le 20 juin, en écrivant à : [email protected]

L’ambition de la Session Cardinal Pie est d’étudier les raisons profondes de la Révolution anti-chrétienne qui se déroule sous nos yeux, et de réfléchir aux vraies solutions, en s’inspirant des meilleurs auteurs contre-révolutionnaires qui ont travaillé au rétablissement du règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Les fins de cette session sont :

1- D’étudier la doctrine catholique et la civilisation chrétienne ;
2- D’étudier les erreurs s’opposant à cette doctrine catholique et à cette civilisation, ainsi que les forces révolutionnaires et subversives qui les ont colportées et les diffusent toujours ;
3- De réfléchir aux vraies solutions et de proposer des pistes concrètes d’action.

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Récupération idéologique de la directive européenne sur les droits des victimes

Communiqué de One of Us :

Une réforme attendue depuis longtemps pour les victimes de la criminalité en Europe

Le Parlement européen a adopté aujourd’hui la directive révisée relative aux droits des victimes, la refonte la plus importante de la législation européenne en matière de protection des victimes depuis plus de dix ans. Cette nouvelle directive actualise le cadre de 2012 qui établit des normes minimales concernant les droits, le soutien et la protection des victimes de la criminalité dans toute l’Union européenne. Elle instaure une ligne européenne d’assistance téléphonique (116 006), renforce l’évaluation individuelle des besoins des victimes, améliore l’accès à l’aide juridictionnelle et à l’indemnisation, et protège mieux les données personnelles des victimes contre leur divulgation aux auteurs d’infractions. Il s’agit d’avancées significatives, et ONE OF US — la plus grande initiative citoyenne européenne de l’histoire, représentant plus de 1,8 million de signataires dans toute l’UE — reconnaît les progrès réels qu’elles représentent pour la protection de la dignité humaine.

La directive a été votée le 21 mai 2026 : 440 voix pour, 49 contre et 84 abstentions.

Une instrumentalisation idéologique de la législation européenne

Nul ne saurait rester silencieux face à une tendance délibérée et inquiétante, devenue malheureusement trop fréquente lors des récents cycles législatifs européens : l’insertion systématique de termes relatifs à l’avortement dans des textes dont le sujet n’a parfois rien à voir avec l’avortement. La directive relative aux droits des victimes n’en est que le dernier exemple. Des groupes de pression bien organisés ont élaboré une stratégie consistant à utiliser tous les instruments législatifs européens disponibles – des directives sur les conditions de travail aux cadres relatifs aux soins de santé, et désormais au soutien aux victimes – pour promouvoir l’avortement comme s’il s’agissait d’un droit européen établi. Or, il n’en est rien.

La politique en matière d’avortement est, et doit rester, une compétence exclusive des États membres. L’article 168, paragraphe 7, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne est sans équivoque : la définition de la politique de santé, ainsi que l’organisation et la prestation des services de santé, relèvent de la seule compétence des États membres. Il ne s’agit pas d’une simple formalité ; cela reflète les divergences profondes entre les pays européens sur les questions éthiques fondamentales. C’est précisément cela que le principe de subsidiarité visait à protéger de la centralisation au niveau de l’UE. Pourquoi les institutions européennes outrepassent-elles leurs prérogatives et promeuvent-elles de plus en plus l’avortement, choisissant de soutenir et de promouvoir une conception de la vie humaine et de la liberté manifestement biaisée et déconnectée de la réalité et des attentes de tant de femmes à travers l’Europe ? Quand l’UE aura-t-elle le courage d’affronter la réalité et d’écouter les nombreuses femmes qui souhaitent avoir d’autres options que l’avortement ?

Ce que dit réellement le texte

Le considérant 13 de la directive adoptée stipule explicitement que les services de santé sexuelle et reproductive destinés aux victimes de violences sexuelles « peuvent inclure… l’accès à l’avortement ». L’article 9 exige ensuite des États membres qu’ils fournissent aux victimes des « services de santé sexuelle et reproductive » ou les y orientent, dans le cadre d’un soutien spécialisé aux victimes. Le texte ajoute une réserve : « lorsque cela est légalement possible dans un État membre donné, conformément à la législation nationale ». Mais cette réserve ne change rien à la réalité : l’avortement est inscrit pour la première fois dans une directive européenne.

Les victimes de violences sexuelles méritent toute forme de soutien véritable : soins médicaux, soutien psychologique, prise en charge d’urgence, thérapie du traumatisme, assistance juridique. ONE OF US soutient pleinement la fourniture de tous ces services. Cependant, présenter l’avortement comme une composante du soutien aux victimes – et l’inscrire dans le droit européen contraignant – est un choix politique déguisé en protection des victimes. Il s’agit d’un détournement de cette législation et d’un manque de respect envers les besoins réels et urgents des victimes d’actes criminels.

La victime que ce texte ignore

Il y a une profonde et douloureuse ironie dans une directive consacrée aux victimes à appeler à l’accès à l’avortement. L’enfant à naître – un être humain au tout premier stade de sa vie, sans voix ni droit de vote – est la victime que ce texte ne voit pas et ne protège pas. Une femme qui avorte parce qu’elle est seule et sans soutien est également une victime que ce texte oublie. ONE OF US a été fondée précisément pour donner la parole à ceux qui ne peuvent pas parler pour eux-mêmes. C’est ce que nous faisons à nouveau aujourd’hui.

Déclaration de Tonio Borg, président de ONE OF US

« La directive révisée relative aux droits des victimes comporte des avancées réelles et importantes pour la protection des victimes de la criminalité en Europe, et nous nous en félicitons. Cependant, nous déplorons profondément que des idéologues aient une fois de plus instrumentalisé une législation axée sur les victimes pour promouvoir leur agenda pro-avortement. La référence explicite à l’avortement dans ce texte constitue un abus flagrant du principe de subsidiarité et une violation des obligations conventionnelles de l’UE qui se doit de respecter la compétence des États membres en matière de politique de santé. L’engagement fondateur de l’UE en faveur de la dignité humaine ne saurait être appliqué de manière sélective ; il doit s’étendre à chaque être humain, y compris ceux qui ne sont pas encore nés. ONE OF US appelle toutes les institutions de l’UE à résister à cette colonisation idéologique rampante du droit européen et à rétablir l’intégrité du processus législatif. »

Prochaines étapes

La directive sera désormais soumise à l’adoption formelle du Conseil à la majorité qualifiée, avant son entrée en vigueur. Les États membres disposeront ensuite de deux ans pour la transposer en droit national. ONE OF US appelle les États membres à rejeter ce texte au sein du Conseil des ministres, car il porte atteinte au principe de subsidiarité et constitue un abus de pouvoir manifeste au niveau de l’UE.

Marcher pour sauver une civilisation…

A la fin de l’émission de ce jour, Philippe de Villiers s’adresse aux pèlerins de Chartres :

Le roi Przemysł II est de retour sur sa colline à Poznań

Une belle déclaration de l’archevêque Gądecki

Le mercredi 20 mai 2026, un monument à la mémoire du roi Przemysł II a été inauguré dans le centre de Poznań. L’événement a rassemblé de nombreux habitants de Poznań, des représentants des autorités, du clergé et du monde universitaire.

Le nouveau monument a été érigé dans un lieu symbolique — juste à côté du château royal. Il rend hommage à Przemysł II — duc de Poznań, de Grande-Pologne et de Cracovie, ainsi que roi de Pologne de 1295 à 1296. Le souverain est né à Poznań et a joué un rôle important dans le processus de reconstruction du Royaume de Pologne après la période de fragmentation. Après avoir obtenu l’accord du pape pour son couronnement, il a reçu la couronne à Gniezno des mains de l’archevêque en juin 1295. En tant que roi de Pologne, il a introduit l’emblème de l’État polonais sous la forme d’un aigle blanc couronné, qui est resté à jamais le symbole de la Pologne indépendante.

L’enseignement de la politique évangélique

Parmi les participants à la cérémonie figuraient notamment le donateur du monument, l’adjoint au maire de Poznań et l’archevêque de Poznań Stanisław Gądecki, qui a béni la sculpture.

L’archevêque, sous la forme d’une invocation, a présenté aux personnes présentes un message social clair issu du règne royal et de l’enseignement catholique sur l’exercice du pouvoir, ainsi que de la conception chrétienne de la politique et de la responsabilité envers les affaires publiques

Prière récitée avant la bénédiction du monument :

Dieu tout-puissant et éternel, tu gouvernes le monde entier et c’est de toi que proviennent les lois de tous les peuples et de toutes les nations. Fais, ô Dieu, que nous soyons tous des hommes de conscience, c’est-à-dire que nous écoutions ta voix, même lorsqu’elle est très exigeante, que nous appelions le bien et le mal par leur nom, sans brouiller les frontières entre eux, que nous développions le bien en nous et autour de nous, et que face au mal, nous ne restions pas indifférents, mais que nous le surmontions.

Apprends-nous ensuite à faire un usage sage de la liberté, de la solidarité et de la responsabilité envers notre patrimoine commun. Aide-nous donc à aimer ce qui est nôtre, nos racines, notre histoire, nos traditions et notre langue, et surtout à aimer nos compatriotes, que nous partagions ou non leurs opinions.

Rappelle-nous qu’il n’existe aucune autorité qui ne vienne de Dieu. Aide-nous donc à comprendre que ce n’est pas un dirigeant particulier qui vient de Dieu, mais que c’est la nécessité même de l’autorité qui vient de Dieu. C’est la nécessité de gouverner qui est voulue par Dieu. Toute la dignité de l’autorité découle du fait qu’elle accomplit ses tâches dans les limites de l’ordre moral, dont Dieu est la source et la fin.

Je recommande donc avant tout, dira saint Paul, que des prières et des supplications, des actions de grâce communes soient faites pour tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui exercent l’autorité, afin que nous puissions mener une vie tranquille et paisible, dans toute piété et dignité.

Accorde donc ta miséricorde à Przemysł II, duc de Poznań, de Grande-Pologne et de Cracovie, puis roi de Pologne, que, comme l’écrit Jan Długosz, nous devons glorifier à travers les siècles comme celui qui a relevé notre nation anéantie et impuissante, a apporté la lumière à l’obscurité, la liberté à l’esclavage, et a transformé la tristesse en joie.

Soutiens ceux qui gouvernent les États, afin qu’ils dirigent, selon ta volonté, les peuples qui leur sont confiés avec sagesse, justice et responsabilité. Intercède en leur faveur, accorde-leur le don de l’honnêteté, afin qu’ils ne succombent pas à l’intérêt personnel ni à la corruption, et qu’ils ne recherchent pas uniquement les intérêts des groupes qui les ont portés au pouvoir, mais qu’ils se soucient de tous les citoyens, en particulier de ceux qui appartiennent aux groupes sociaux les plus vulnérables, afin qu’ils se souviennent que ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur de le perdre.

Aide-nous à assumer nous-mêmes la responsabilité du bien commun. Permets à chacun de nous, selon sa vocation, de s’engager dans l’édification du royaume de Dieu au sein de la famille, de la société et de toute notre patrie.

Car servir Dieu, c’est rechercher le meilleur chez le pire des hommes.

Marie, Reine de Pologne, prie pour nous.

La vie chrétienne victorieuse – S’attendre à Dieu & attente du Seigneur

Nous arrivons maintenant au terme de cet exposé. À l’image des quatre piliers de la Tour Eiffel, chaque élément étudié trouve sa juste place et s’unit avec équilibre pour conduire vers un même sommet. Peu à peu se dessine ainsi une pensée cohérente et profondément édifiante.
Dès le commencement, nous comprenons qu’il ne peut y avoir de vie chrétienne victorieuse sans la sanctification, cette œuvre de transformation qui touche le cœur, les pensées et les actions.
« Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification. » (1 Thessaloniciens 4:3)
La sanctification conduit ainsi le croyant à vivre dans la communion avec Dieu, dans une séparation pratique du mal et dans l’attente du Seigneur Jésus-Christ.

Viennent ensuite l’obéissance à la Parole de Dieu -les Saintes Écritures- qui demeure la marque du véritable croyant.
« Si quelqu’un m’aime, il gardera ma Parole. » (Jean 14:23)

Et la foi authentique, qui se manifeste par les ‘bonnes œuvres’ préparées par Dieu pour les siens.
« Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés dans le Christ Jésus pour les bonnes œuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous marchions en elles. » (Éphésiens 2:10)

S’ensuit le thème de l’attente du Seigneur, qui traverse toute l’Écriture et occupe une place essentielle dans la vie chrétienne. Le croyant est appelé à vivre dans une double attitude spirituelle : s’attendre à Dieu dans sa marche quotidienne, et attendre le Seigneur Jésus dans l’espérance de son retour. Ces deux vérités, bien que distinctes doctrinalement, sont profondément liées dans l’expérience chrétienne et se complètent harmonieusement.
S’attendre à Dieu concerne la marche présente du croyant. C’est vivre dans une dépendance active, confiante et persévérante envers Dieu, en reconnaissant que sans Lui nous ne pouvons rien faire.
« Ceux qui s’attendent à l’Éternel renouvelleront leur force. » (Ésaïe 40:31)

Nous connaissons tous des épreuves et Dieu ne nous en délivre pas toujours immédiatement. Cela ne signifie pas que sa puissance ait changé. Il voit aussi parfaitement les circonstances de chacun d’entre nous. Dans ses plans souverains Il peut permettre que nous soyons affligés et accablés, mais son but est de toujours nous bénir. Dieu pense tout le temps aux siens, et Il les délivrera, sachant quand ce sera le bon moment. En s’attendant à Lui, Sa grâce nous soutiendra, fortifiera notre âme et nous aidera à tenir ferme.
« Attends-toi à l’Éternel ; fortifie-toi, et que ton cœur soit ferme : oui, attends-toi à l’Éternel. » (Psaume 27:14)

Devant des situations très difficiles sur le plan psychologique ou spirituel, nos seules forces intellectuelles ou physiques ne pourront pas nous aider. Mais ceux qui ont appris à tout apporter à Dieu, et à s’attendre tranquillement à Lui, recevront les forces nécessaires pour s’élever au-dessus de ces circonstances démoralisantes.
« Mon âme, attends-toi à Dieu seul, car de lui vient mon espérance. » (Psaume 62:5)

Cette attente se manifeste dans la prière, la recherche de la volonté de Dieu, la confiance dans ses promesses, la patience dans l’épreuve, la soumission à sa direction. Nous apprenons ainsi à ne pas agir selon notre propre sagesse, mais à rechercher la pensée du Seigneur dans chaque circonstance. Nous reconnaissons notre faiblesse naturelle et nous marchons fidèlement.
« C’est pourquoi l’Éternel attend pour vous faire grâce… Bienheureux tous ceux qui s’attendent à lui. » (Ésaïe 30:18)

Cette attente n’est jamais passive. Dieu nous forme souvent par l’école de la patience afin de développer notre foi, notre obéissance et notre confiance. La foi véritable sait attendre Dieu sans se décourager, même lorsque la réponse tarde. Ainsi, s’attendre à Dieu produit la paix, la persévérance et une communion plus profonde avec Lui.
Cette vérité s’inscrit dans la sanctification pratique du croyant, l’obéissance à la Parole de Dieu et une marche quotidienne par la foi dans la dépendance de Dieu. Nous savons que Dieu n’est jamais en retard : au moment qu’Il aura choisi, Il nous donnera le secours dont nous avons besoin.
S’attendre à Dieu est une chose, l’attente du Seigneur est tout à fait distinct ; il ne faut pas mélanger les deux. C’est l’espérance bénie. L’attente du Seigneur Jésus possède un caractère différent. Elle ne concerne plus seulement les besoins du présent, mais l’espérance future des croyants : le retour personnel du Seigneur pour enlever son Église.
« Vous vous êtes tournés vers Dieu… pour attendre des cieux son Fils. » (1 Thessaloniciens 1:10)
« Nous attendons le Sauveur, le Seigneur Jésus-Christ. » (Philippiens 3:20)
« Le Seigneur lui-même… descendra du ciel, et les morts en Christ ressusciteront premièrement. Ensuite, nous les vivants, qui seront restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. Consolez-vous donc les uns les autres par ces paroles. » (1 Thessaloniciens 4:16-18)

L’Église n’attend pas simplement des événements prophétiques, mais une personne : le Seigneur Jésus-Christ. Cette attente est personnelle : c’est Lui-même que nous attendons, elle est imminente. Sa venue peut avoir lieu à tout moment, elle est consolatrice nous soutenant dans les épreuves. Il est important de distinguer ces deux vérités : s’attendre à Dieu concerne la manière dont nous traversons les circonstances de la vie actuelle. Attendre le Seigneur Jésus concerne la perspective céleste et l’espérance de son retour.
Ces deux vérités ne s’opposent pas ; elles se complètent parfaitement. Sans la dépendance quotidienne envers Dieu, l’attente du Seigneur peut devenir théorique et sans effet pratique. Sans l’espérance du retour de notre Seigneur, la marche quotidienne risque de perdre sa direction et son dynamisme spirituel.
Ainsi, s’attendre à Dieu donne la force pour aujourd’hui ; attendre le Seigneur Jésus donne la direction pour demain. L’une nourrit la communion présente ; l’autre entretient l’espérance future.
L’une forme le caractère ; l’autre façonne la vigilance.
Une vie chrétienne équilibrée repose sur cette double réalité : chercher Dieu dans chaque besoin, chaque décision et chaque combat et vivre comme quelqu’un qui peut rencontrer son Seigneur à tout moment. Attendre Dieu dans la prière prépare aussi le croyant à attendre le Seigneur dans la gloire. Celui qui apprend à dépendre du Seigneur dans les petites circonstances de la vie sera aussi trouvé veillant lorsque Il reviendra.
La foi vivante ne se contente donc pas de recevoir de Dieu aujourd’hui : elle regarde aussi vers Celui qui vient.
« … Je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi ; afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi. (Jean 14:3)

Sanctification, obéissance, service fidèle et attente du Seigneur ne sont pas des vérités isolées, mais les fondements unis d’une vie chrétienne victorieuse qui glorifie Dieu. Que ces vérités demeurent solidement établies dans nos cœurs.
« Maranatha »

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Algérie : la rente coloniale et l’oubli des Berbères

Il y a des pays qui vivent de pétrole, de gaz, de transferts publics et de souvenirs entretenus. L’Algérie officielle vit aussi d’une rente plus subtile : la rente coloniale. À intervalles réguliers, quand la situation politique se tend, quand la jeunesse rêve d’ailleurs, quand l’économie demeure prisonnière des hydrocarbures, quand les libertés publiques se réduisent, le pouvoir algérien retrouve son grand récit mobilisateur : la France, toujours la France, encore la France.

Disons-le d’emblée, pour éviter toute mauvaise querelle : la France n’aurait jamais dû coloniser l’Algérie. Aucun Français n’avait à installer son armée, son administration, ses intérêts et son drapeau de l’autre côté de la Méditerranée. La colonisation française fut une réalité historique, avec ses violences, ses humiliations, ses injustices et ses drames. Il n’est donc pas question ici de la réhabiliter, ni de jouer au petit jeu sentimental de la nostalgie impériale.

Mais reconnaître une faute historique n’oblige pas à se laisser intimider par son instrumentalisation politique. Car ce qui frappe aujourd’hui, ce n’est pas seulement la mémoire de la colonisation française ; c’est son usage permanent par un régime qui s’en sert comme d’un écran de fumée.

Chaque crise diplomatique avec Paris devient ainsi l’occasion de raviver l’accusation coloniale. Chaque difficulté intérieure peut être recouverte par le vieux manteau du ressentiment. La France devient l’explication commode, l’ennemi commode, le miroir commode. On ne parle plus de l’état des libertés, de l’absence de vraie alternance, de la dépendance aux hydrocarbures, de l’économie administrée, du chômage des jeunes, de la fuite des talents. On reparle de 1830.

Or ce n’est pas la France de 1830 qui empêche aujourd’hui Alger de libérer sa presse. Ce n’est pas Bugeaud qui ferme l’espace politique algérien. Ce n’est pas la IIIe République qui rend l’économie algérienne dépendante du gaz et du pétrole. Ce n’est pas Jules Ferry qui condamne une jeunesse entière à choisir entre l’attente, la débrouille et l’exil. Ce n’est pas la colonisation française qui oblige un régime indépendant depuis plus de soixante ans à gouverner par la crispation mémorielle.

C’est ici que la visite du pape Léon XIV en Algérie, en avril 2026, prend une portée singulière. Elle ne fut pas seulement un voyage pastoral, ni même seulement une rencontre diplomatique. Elle fut, sous les dehors de la douceur évangélique, une leçon de vérité adressée à un pays prisonnier de ses récits officiels.

Le pape pouvait dire à l’Algérie ce que presque personne ne peut lui dire. Un président français serait immédiatement soupçonné d’arrogance postcoloniale. Un intellectuel européen serait renvoyé à son privilège occidental. Un journaliste serait accusé d’hostilité politique. Mais le pape, lui, venait désarmé. Il ne venait ni réclamer un marché, ni flatter une ambassade, ni négocier un avantage stratégique. Il venait comme pèlerin de paix, mais aussi comme fils spirituel de saint Augustin.

Et précisément, ses paroles furent plus exigeantes qu’il n’y paraît.

Devant les autorités algériennes, Léon XIV a eu cette phrase d’une force considérable : « Les autorités sont appelées non pas à dominer, mais à servir le peuple et à favoriser son développement. » Il a appelé à promouvoir une société civile « vivante, dynamique et libre », où les jeunes soient reconnus comme capables d’élargir l’horizon d’espérance de tous. Il a aussi évoqué l’hospitalité enracinée dans les communautés arabes et berbères, mettant ainsi dans la même phrase ce que le récit national algérien a souvent hiérarchisé ou refoulé : l’arabité et la berbérité.

Ce n’était pas un discours agressif. C’était plus redoutable : un discours juste. Léon XIV ne venait pas humilier l’Algérie. Il venait lui rappeler qu’un État n’existe pas pour capter la mémoire, contrôler les consciences et administrer la plainte historique, mais pour servir une communauté vivante, plurielle, jeune, blessée, mais capable d’avenir.

Au monument des martyrs, le pape a accompli le geste que les autorités algériennes attendaient sans doute : reconnaître la souffrance, saluer la lutte pour l’indépendance, honorer la dignité d’un peuple. Mais il n’est pas resté enfermé dans la liturgie politique de la blessure. Il a aussitôt ajouté que « la vraie lutte pour la libération » ne sera définitivement gagnée que lorsque la paix des cœurs aura été obtenue. Puis cette phrase, qui devrait être méditée à Alger comme à Paris : « Nous ne pouvons pas ajouter ressentiment sur ressentiment, génération après génération. »

Tout est là. La mémoire est nécessaire. La justice est nécessaire. Mais le ressentiment héréditaire n’est pas la justice. Il est sa contrefaçon. Il donne l’apparence de la dignité, mais il enferme les peuples dans une identité de victime. Il transforme l’histoire en carburant politique. Il rend impossible la vraie liberté, parce qu’il oblige les vivants à rester captifs des morts.

Et c’est précisément le drame algérien. La guerre d’indépendance a fini par devenir moins un événement historique qu’un régime de légitimation. Le pouvoir ne dit pas seulement : souvenez-vous. Il dit : souvenez-vous comme nous vous disons de vous souvenir. Il ne transmet pas seulement une mémoire ; il l’administre. Il ne libère pas le passé ; il le nationalise.

Le paradoxe est là : le pouvoir algérien demande à la France de regarder son histoire en face, mais refuse trop souvent d’accomplir le même geste pour lui-même. Car si l’on veut vraiment parler de colonisation, alors il faut aller jusqu’au bout. Il faut oser poser une question autrement plus dérangeante pour le roman national algérien : qu’est-il arrivé aux Berbères ?

Avant d’être arabe, l’Afrique du Nord fut berbère. Amazighe. Numide. Maurétanienne. Africaine et méditerranéenne. Elle connut les comptoirs phéniciens, Carthage, Rome, saint Augustin, les Vandales, Byzance, les royaumes berbères, les christianismes nord-africains, les judaïsmes anciens, les langues locales, les résistances tribales, les dynasties indigènes. L’Algérie ne commence pas avec l’arabité. Elle ne commence pas avec l’islam. Et elle ne commence évidemment pas avec la France.

C’est précisément ce que le récit arabo-nationaliste a longtemps voulu faire oublier. Il a présenté l’Algérie comme essentiellement arabe et musulmane, comme si la conversion religieuse et l’arabisation culturelle avaient effacé d’un coup les profondeurs berbères du pays. L’histoire réelle est plus complexe. L’islamisation de l’Afrique du Nord commence avec la conquête arabo-musulmane. L’arabisation, elle, est plus lente, plus tardive, notamment renforcée par l’arrivée des tribus hilaliennes à partir du XIe siècle. Mais le résultat politique est clair : la berbérité a été reléguée, minorée, parfois soupçonnée, parfois folklorisée.

On a souvent demandé aux Berbères de n’être pleinement algériens qu’à condition de devenir culturellement arabes. On leur a expliqué que leur langue était secondaire, que leur mémoire était régionale, que leur identité devait s’effacer devant la grande fusion arabo-islamique. Il aura fallu plus d’un demi-siècle d’indépendance pour que le tamazight soit enfin reconnu comme langue nationale puis officielle. Ce simple fait dit tout : le peuple premier du sol nord-africain a dû attendre l’État postcolonial pour obtenir une reconnaissance élémentaire de son existence.

Voilà le grand non-dit : l’Algérie officielle se veut décolonisée parce qu’elle n’est plus française, mais elle reste souvent prisonnière d’un récit qui a lui-même colonisé sa mémoire. Elle accuse Paris d’avoir imposé sa langue, son administration et son imaginaire, mais elle oublie que l’arabisation a elle aussi imposé une langue, une hiérarchie symbolique, une mythologie des origines et une norme religieuse à des peuples qui ne venaient pas d’Arabie.

C’est pourquoi la référence de Léon XIV à saint Augustin est capitale. À la Grande Mosquée d’Alger, le pape a rappelé que l’Algérie est aussi « la terre » de son père spirituel, saint Augustin, et il a résumé l’héritage augustinien par quelques mots décisifs : recherche de la vérité, recherche de Dieu, reconnaissance de la dignité de toute personne humaine, construction de la paix.

Voilà une autre Algérie. Non pas l’Algérie du ressentiment entretenu, mais l’Algérie de la vérité cherchée. Non pas l’Algérie d’une identité officielle assignée d’en haut, mais l’Algérie de l’âme inquiète, de l’intelligence ouverte, de la conscience qui se laisse travailler par Dieu. Non pas l’Algérie réduite à sa guerre contre la France, mais l’Algérie d’Hippone, de Monique, d’Augustin, des martyrs chrétiens d’hier et d’aujourd’hui, des humbles témoins de la charité.

À Notre-Dame d’Afrique, Léon XIV a rappelé aux chrétiens d’Algérie qu’ils sont les héritiers d’une tradition remontant aux premiers siècles du christianisme, lorsque retentissait sur cette terre « la voix ardente d’Augustin d’Hippone », précédée par le témoignage de sainte Monique. Dans la basilique Saint-Augustin d’Annaba, il est allé plus loin encore : les lieux ont changé de nom au fil des siècles, mais les saints demeurent les témoins fidèles d’un lien avec la terre qui vient du ciel.

Cette phrase est magnifique. Elle dit tout ce que le roman national algérien ne sait plus dire. Les noms changent. Les empires passent. Les langues s’imposent puis reculent. Les pouvoirs écrivent leurs manuels. Mais les saints restent. La sainteté traverse les conquêtes. Elle relie une terre à plus grand qu’elle-même. Elle arrache l’histoire aux propagandes.

Saint Augustin est précisément l’homme dont l’Algérie a besoin, non parce qu’il serait un trophée chrétien à opposer à l’islam, mais parce qu’il rend impossible le mensonge identitaire. Augustin est berbère, romain, africain, chrétien, universel. Il échappe à toutes les réductions. Il est né sur cette terre, mais il appartient au monde entier. Il montre que l’Algérie profonde n’est pas enfermée dans une seule couche de son histoire. Elle est faite de strates, de blessures, de conversions, de langues, de conflits et d’espérances.

Surtout, Augustin rappelle que le problème politique est d’abord un problème spirituel. Un peuple peut changer de drapeau, de constitution, de langue officielle et de système économique ; s’il demeure prisonnier de l’orgueil, de la peur, du ressentiment et du mensonge, il n’est pas libre. Léon XIV l’a dit à Annaba avec une netteté saisissante : la situation actuelle du monde, comme une spirale négative, provient au fond de notre orgueil ; seule la miséricorde de Dieu donne au cœur humain la paix et permet de marcher ensemble sur les chemins de la justice, du développement intégral et de la communion.

Cette parole vaut pour l’Algérie. Elle vaut aussi pour la France. Mais elle frappe particulièrement le régime algérien, parce qu’elle démasque la pauvreté spirituelle de la rente mémorielle. L’orgueil national peut prendre les habits de l’anti-colonialisme. Le ressentiment peut se présenter comme fidélité aux martyrs. La fermeture politique peut se déguiser en souveraineté. Mais la vérité finit toujours par demander son dû.

La vraie décolonisation de l’Algérie ne sera donc pas seulement anti-française. Elle sera anti-mensonge. Elle rendra justice à toutes les strates de son histoire : berbère, punique, romaine, chrétienne, juive, arabe, musulmane, ottomane, française, méditerranéenne. Elle cessera de réduire un pays immense à une plainte officielle. Elle reconnaîtra que les Berbères ne sont pas une note de bas de page, que les chrétiens d’Algérie ne sont pas une anomalie étrangère, que saint Augustin n’est pas un souvenir pour touristes cultivés, mais l’un des plus grands fils de cette terre.

Que l’Algérie demande à la France de regarder son histoire en face, soit. Mais qu’elle commence aussi par regarder la sienne. Qu’elle regarde la conquête arabo-musulmane. Qu’elle regarde l’arabisation. Qu’elle regarde la Kabylie. Qu’elle regarde la place réelle du tamazight. Qu’elle regarde ses prisons, ses journalistes, ses opposants, ses jeunes qui partent, ses ressources gaspillées et son économie sous perfusion d’hydrocarbures.

La mémoire est respectable lorsqu’elle libère. Lorsqu’elle sert à gouverner par le ressentiment, elle devient une prison.

Et si l’Algérie peut être sauvée, ce ne sera pas par une nouvelle campagne diplomatique contre Paris, ni par une nouvelle loi mémorielle, ni par une nouvelle mise en scène de souveraineté blessée. Ce sera par un retour à la vérité. Cette vérité a déjà un visage algérien. Elle s’appelle Augustin.

Augustin, l’homme qui a compris que le cœur humain est inquiet tant qu’il ne repose pas en Dieu. Augustin, l’homme qui a cherché la vérité plus que la puissance. Augustin, l’homme qui a découvert que la vraie cité ne se bâtit ni sur l’orgueil, ni sur la domination, ni sur la plainte, mais sur l’amour ordonné à Dieu.

La pensée et la foi de saint Augustin peuvent sauver l’Algérie, parce qu’elles lui rendent ce que tous les régimes lui confisquent : la profondeur de son histoire, la liberté de sa conscience et la paix de son âme.

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Grand remplacement : un tiers de la France métropolitaine a un lien direct à l’immigration sur trois générations

L’Ined publie un ouvrage collectif issu de l’enquête Trajectoires et Origines 2 (TeO2), qui apporte un éclairage sur les trajectoires des immigrés, de leurs descendants et plus largement sur la diversité de la société française. Dirigé par Mathieu Ichou, Cris Beauchemin et Patrick Simon, l’ouvrage analyse les inégalités, les discriminations, les parcours scolaires et professionnels, les pratiques culturelles, les appartenances ou encore les expériences de racisme.

Cette enquête conduite de 2019 à 2020 sur un échantillon de plus de 27 000 personnes (âgées de 18 à 59 ans) permet d’analyser la troisième génération (les petits-enfants d’immigrés). Alors que parmi la population âgée de 18 à 59 ans, 13 % sont immigrés et 11 % descendants d’immigrés de la deuxième génération, la troisième génération en représente 10 % (au moins un grand-parent immigré). Un tiers de la France métropolitaine a ainsi un lien direct à l’immigration sur trois générations. Ces strates sont cependant entremêlées avec la population majoritaire dès la première génération à travers les unions mixtes.

La mixité des unions est non négligeable pour les immigrés : 39 % ont un conjoint d’une autre origine, dont 29 % sans ascendance migratoire. À la seconde génération, la mixité est encore plus prononcée : 59 % des enfants d’immigrés ont un conjoint d’une autre origine, dont 45 % sans ascendance migratoire. Le fait d’être issu d’un couple mixte renforce cette dynamique de mixité dans l’union : 90 % des descendants de couple mixte ont un conjoint qui n’est pas de l’origine du parent immigré, dont 74 % qui n’ont pas d’ascendance migratoire. Réciproquement, 12 % de la population majoritaire est en couple avec un conjoint immigré ou descendant d’immigré. Ces dynamiques de mixité se traduisent par une extension du lien à l’immigration qui concerne désormais, par les origines ou par alliance, 41 % de la population âgée de 18 à 59 ans.

71 % des immigrés, 94 % des descendants de deux parents immigrés et 98 % des descendants de couple mixte se sentent français, à comparer aux 97 % de la population sans ascendance migratoire. Ce sentiment d’appartenance nationale coexiste avec un attachement au pays d’origine des parents pour la seconde génération : 75 % avec deux parents immigrés partagent l’appartenance nationale du pays de leurs parents, et 46 % de ceux issus d’un couple mixte.

Ils salissent tout (avec nos impôts)

Valeurs Actuelles nous informe que l’Opéra national de Nancy-Lorraine propose un Requiem de Giuseppe Verdi revu et corrigé par le réalisateur et plasticien César Vayssié. Ce spectacle est officiellement déconseillée aux moins de 16 ans en raison de « scènes de nudité et à caractère sexuel » ainsi que de la présence de « sang ». C’est un Requiem qui devient un “Requeeriem”. Sic.

Sur les visuels promotionnels, on aperçoit des corps dénudés et une iconographie volontairement provocatrice autour de cette œuvre sacrée du répertoire catholique. La bande-annonce est constituée de danses macabres frôlant le satanisme, scènes de cannibalisme et d’orgies.

La Messa da Requiem, composée par Verdi en 1874, est l’une des grandes œuvres de la musique sacrée occidentale. Inspirée des textes liturgiques catholiques consacrés aux morts, la pièce évoque notamment le Jugement dernier et le célèbre Dies Irae.

L’établissement précise qu’un atelier pour enfants de 4 à 10 ans est organisé autour de cette représentation, alors que le spectacle est réservé à un public âgé d’au moins 16 ans.

L’Opéra national de Nancy-Lorraine étant une institution culturelle labellisée « opéra national » par le ministère de la Culture depuis 2006, elle reçoit à ce titre des financements publics : 8,85 M€ de subvention accordée par la ville de Nancy en 2024, 3,16 M€ de l’État (Ministère de la Culture) et 1,15 M€ de la région Grand Est, soit environ 13,1 millions d’euros.

Aidez vos prêtres à sauver leur chapelle !

Aidez vos prêtres à sauver leur chapelle !
Pour soutenir Notre-Dame-de-Fatima (La Chapelle d’Armentières)  : https://icrspfrance.fr/travaux-ndf

 

L’ARCOM dévoile un projet de mise sous tutelle numérique des Français

Breizh-info a décrypté le projet stratégique pour la période 2026-2028 de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom). Et ce n’est pas triste… :

Trente-trois pages signées par son président Martin Ajdari, qui dessinent sans complexe l’architecture d’un contrôle administratif systématique de l’espace numérique français, à l’approche d’échéances électorales que le régulateur lui-même érige en priorité absolue. Vérification généralisée de l’identité des internautes, supervision algorithmique des grandes plateformes, blocages automatisés sans juge, mise sous surveillance des « créateurs de contenus », coopération renforcée avec les services de renseignement, élargissement permanent du périmètre de la « désinformation » et de la « haine » par voie administrative : derrière l’habillage protecteur — les mineurs, la santé publique, la démocratie —, c’est bien d’un projet de mise en tutelle numérique des Français qu’il s’agit. Décryptage d’un document qui en dit long sur la trajectoire prise par la régulation administrative depuis la fusion CSA-Hadopi de 2022. […]

Le premier axe — la « protection des publics » — sert de cheval de Troie commode à l’extension du contrôle. L’Arcom annonce vouloir « faire respecter l’âge minimum prévu par les conditions générales d’utilisation des plateformes ou par la loi » et faire appliquer la vérification d’âge sur les sites pornographiques en application de la loi SREN.

Mais derrière l’objectif affiché — protéger des enfants — se cache une réalité technique que le document se garde bien d’expliciter : pour vérifier qu’un mineur n’accède pas à un service, il faut techniquement vérifier l’âge de tous les utilisateurs, mineurs comme adultes. […] L’Arcom évoque également les futures dispositions sur la « majorité numérique » pour l’accès aux réseaux sociaux, dont elle « fera une priorité ». Concrètement : un parent devra à terme certifier numériquement son existence, son lien de filiation et son consentement pour qu’un adolescent accède à un service en ligne. Un édifice de contrôle qui dépasse de très loin la simple « protection des mineurs ».

L’objectif 2, consacré à la « lutte contre la haine en ligne », est probablement le plus inquiétant pour les libertés publiques. L’Arcom reconnaît certes que les plateformes doivent agir sur les contenus « manifestement illicites au sens du droit national, qui doit primer sur leurs conditions générales d’utilisation » — ce qui était la moindre des choses. Mais elle ajoute immédiatement vouloir agir sur les « dynamiques haineuses plus diffuses », expression qui ne renvoie à aucune catégorie juridique existante et dont le périmètre dépendra entièrement du bon vouloir du régulateur.

Le document cite explicitement, parmi les cibles, les « contenus haineux liés à des dynamiques masculinistes ou suprémacistes ». Deux qualifications qui ne figurent dans aucun texte pénal français mais que l’Arcom s’arroge le droit de viser administrativement, via la pression exercée sur les plateformes. Le mécanisme est en réalité plus efficace qu’une censure directe : il suffit d’imposer aux plateformes la gestion de « risques systémiques » mal définis, sous peine d’amendes pouvant atteindre 6 % de leur chiffre d’affaires mondial, pour qu’elles modèrent par excès de prudence tout ce que le régulateur pourrait considérer comme problématique. […]

L’objectif 3 étend la même logique au champ sanitaire. L’Arcom entend traiter comme « désinformation » la critique des vaccins ou la promotion des « médecines alternatives », rangées dans une même catégorie indistincte. […]

Première phrase de l’objectif 5 : « La priorité du régulateur est de contribuer à la protection de l’intégrité des scrutins électoraux à venir. » Tout est dit.

Les moyens déployés laissent peu de doute sur la nature de cette « protection ». Premier outil : la « supervision des risques systémiques » des grandes plateformes pendant les périodes électorales, avec contrôle des « systèmes de recommandation » — c’est-à-dire des algorithmes qui décident de la visibilité des contenus politiques. L’Arcom pourra exiger des plateformes qu’elles modifient leurs algorithmes pour atténuer ce qu’elle qualifiera elle-même de « risque ». Une autorité administrative pourra donc, en amont d’une élection, peser sur la visibilité algorithmique des opinions qui s’expriment en ligne. Difficile de faire plus structurellement attentatoire au pluralisme réel.

Deuxième outil : la coopération avec VIGINUM, service rattaché au Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, dont le périmètre exact d’action — entre lutte contre les ingérences étrangères avérées et surveillance d’opinions dissidentes nationales — n’a jamais été précisément démocratiquement débattu. Le projet stratégique acte ce rapprochement durable entre régulation administrative et appareil de renseignement.

Troisième outil — et nouveauté majeure de la période — : la mise sous surveillance des « créateurs de contenus en ligne ou influenceurs », qualifiés de « nouvelle catégorie d’acteurs de plus en plus influents dans l’écosystème médiatique ». L’Arcom entend leur appliquer les règles « en matière de communications commerciales et politiques ». Concrètement : un citoyen qui s’exprime sur YouTube ou TikTok à propos de l’actualité pourra demain être soumis à des obligations administratives comparables à celles d’un éditeur de presse — sans en avoir les moyens, ni la structure, ni les protections déontologiques. La distinction historique entre expression citoyenne libre et activité médiatique régulée est en passe d’être effacée.

Quatrième outil : l’Arcom continuera de faire respecter les sanctions européennes contre les médias russes, en vertu de la loi SREN de 2024 — un pouvoir de blocage de médias étrangers sans procédure judiciaire contradictoire préalable, qui crée un précédent dont nul ne sait jusqu’où il pourra demain être étendu.

L’objectif 6 acte la mise en œuvre de la décision du Conseil d’État du 13 février 2024 — rendue à la suite du recours visant CNews — qui a élargi l’interprétation du pluralisme bien au-delà du décompte des seuls temps de parole politiques. […]

L’objectif 7, censé garantir « l’indépendance, l’impartialité et l’exemplarité du service public », constitue à l’inverse la partie la plus consensuelle et la moins contraignante du document. L’Arcom annonce une « étude indépendante », une « revue des dispositifs et outils existants », et s’inspirera du modèle britannique de l’Ofcom à l’égard de la BBC. Aucune sanction prévue, aucune obligation chiffrée. Quand il s’agit de l’audiovisuel public, financé par les Français mais dont le tropisme idéologique est documenté depuis des décennies, l’Arcom se montre singulièrement plus délicate qu’avec les éditeurs privés conservateurs. […]

Augmentation de 4% du nombre d’avortements en Finlande

Selon les données de l’Institut finlandais de la santé et du bien-être (THL), plus de 9000 avortements ont été pratiqués en 2025. Un chiffre en hausse de près de 4% par rapport à 2024. Après plusieurs années de baisse, les avortements sont en augmentation pour la troisième année consécutive.

Environ un tiers des femmes ayant fait supprimer leur enfant avaient déjà subi « au moins » un avortement par le passé. Parmi elles, « près de 10% » avait subi leur dernier avortement au cours des deux dernières années.

Le THL a déclaré qu’il était « difficile » de déterminer ce qui avait pu provoquer cette récente hausse des avortements.

Source : Gènéthique

Disparition d’une croix près d’Aubagne

La Ville d’Aubagne lance un appel à témoignage après la disparition de la croix du Baou des Gouttes, dite du Petit bec cornu, et dénonce un acte de vandalisme.

Située à 359 m d’altitude, sur les hauteurs du quartier des Solans, cette croix a disparu. Le maire est furieux :

“On ne s’attaque pas impunément à notre histoire commune et à la beauté de nos collines. La condamnation la plus sévère doit être apportée à de tels actes. La bêtise et le vandalisme n’auront pas le dernier mot à Aubagne.”

CESE : L’élection de Claire Thoury est le hold-up d’une oligarchie associative et syndicale

Mercredi 20 mai, lors de la séance plénière d’installation de la mandature 2026-2031, les membres du CESE ont élu Claire Thoury Présidente de l’assemblée avec 97 voix sur 173 votants, à l’issue d’un scrutin auquel se présentait également Dominique Carlac’h.

Dans Le Nouveau conservateur, Francis Jubert dénonce le triomphe de la technocratie sociétale :

[…] La presse des affaires et les cercles progressistes saluent à l’envi une « première historique » : à 37 ans, cette sociologue devient la première femme à s’installer au plateau d’Iéna.

Pourtant, derrière le storytelling lénifiant de la « jeunesse », du « renouveau » et du rempart contre le « trumpisme ambiant » – formule qu’elle agitait encore sur BFM TV en avril –, se cache une réalité beaucoup plus sombre pour les défenseurs de la démocratie réelle.

​Récemment, la journaliste Eugénie Bastié résumait sur Europe 1 le sentiment d’un nombre croissant de contribuables :

« Le CESE coûte 34 millions par an au contribuable. Non seulement il ne sert à rien mais il est idéologiquement orienté. Supprimons-le. »

Loin d’être supprimé, le CESE vient de se donner pour chef l’architecte d’une redoutable ingénierie du consentement. L’élection de Claire Thoury n’est pas une victoire de la société civile ; c’est le hold-up d’une oligarchie associative et syndicale sur la troisième assemblée de la République.

​LE CARTEL DES CORPS INTERMÉDIAIRES DÉCONNECTÉS

​Pour hisser Claire Thoury à la présidence, la machinerie des réseaux de gauche a tourné à plein régime. Il suffit de regarder la liste de ses soutiens pour comprendre que le CESE n’est plus une chambre de neutralité consultative.

La candidate a bénéficié d’un appel commun inédit des syndicats les plus politisés : la CGT, la CFDT, FO, l’UNSA et la FSU se sont alliées au monde associatif pour lui garantir la victoire. À ce cartel s’est jointe la galaxie de la gauche managériale et de l’« économie sociale et solidaire » (Impact France, la Maif, la Mutualité française).

​On l’accusait d’être la candidate de Laurent Berger, l’ancien patron de la CFDT ? Sa victoire est celle d’un bloc idéologique homogène, qui refuse de voir le pays basculer du côté des permanences historiques et de l’enracinement.

Claire Thoury, pur produit du militantisme subventionné (ancienne déléguée d’Animafac, présidente du Mouvement associatif qui revendique coiffer 700 000 structures), utilise les associations non pas comme des vecteurs de solidarité locale ou de charité chrétienne, mais comme les bras armés d’une transformation sociétale permanente.

​DERRIÈRE LE MASQUE DU « DÉBAT APAISÉ » : LA CRIMINALISATION DE LA DISSIDENCE

​Mais c’est en se penchant sur ses interventions doctrinales que le fond de sa pensée se révèle, loin des sourires de façade. Lors d’une table ronde pour la revue Le Grand Continent consacrée au « complotisme Covid au cœur des mouvements antidémocratiques », Claire Thoury a dévoilé ses véritables arrière-pensées.

Pour la nouvelle présidente du CESE, toute contestation des récits officiels – qu’il s’agisse de la gestion sanitaire ou des dérives de l’État techno-médical – n’est pas une opinion politique légitime, mais une pathologie mentale ou une menace « antidémocratique ».

​Ce positionnement révèle le grand paradoxe – pour ne pas dire l’imposture –  de son logiciel intellectuel. D’un côté, elle vante une démocratie « continue », « ouverte » et « inclusive » ; de l’autre, elle théorise la disqualification morale et psychiatrique de quiconque refuse le consensus technocratique.

Pour Claire Thoury, le peuple n’est bon à être consulté que si ses conclusions sont préalablement certifiées conformes par les élites académiques. Le « complotisme » devient l’anathème commode pour exclure du champ de la respectabilité les sceptiques, les dissidents et les conservateurs. La « participation » qu’elle promeut n’est pas une libération de la parole, mais une entreprise de rééducation civique.

​LA FABRICATION DU CONSENSUS : UNE DÉMOCRATIE SOUS-TRAITÉE

​Cette grille de lecture totalisante éclaire d’un jour nouveau la mécanique de son grand œuvre : la Convention citoyenne sur la fin de vie (2022-2023), dont elle a dirigé le comité de gouvernance. Cet épisode a dévoilé une méthode d’effacement du politique. Le CESE ne produit plus sa propre réflexion : il en externalise la logistique et l’idéologie à des officines privées d’affaires publiques, à l’instar d’Eurogroup Consulting et de Missions Publiques (dirigé par Yves Mathieu).

​Le procédé est d’une efficacité clinique. On pose une question en apparence ouverte, mais le dispositif d’information et d’animation des citoyens tirés au sort est entièrement délégué à ces cabinets privés. Ce sont ces prestataires qui sélectionnent les experts auditionnés, cadrent le lexique autorisé et rythment les ateliers de groupe.

Sous couvert de neutralité pédagogique, les « conventionnels » subissent un conditionnement intellectuel, conçu pour neutraliser les réticences éthiques et les réflexes traditionnels. Claire Thoury a piloté la livraison d’une commande publique de l’exécutif, visant à légitimer le projet d’aide active à mourir en lui donnant un faux vernis populaire.

​Dans les colonnes du Figaro, Paul Sugy et Agnès Leclair avaient pourtant documenté le profond « malaise et les soupçons d’instrumentalisation » qui saturaient les sessions. Des observateurs de haut niveau, comme le professeur d’éthique médicale Emmanuel Hirsch, ont immédiatement dénoncé ce glissement dangereux où l’éthique de la vulnérabilité s’effaçait devant une pure logique managériale.

Le masque est définitivement tombé en janvier 2025 avec la réponse cinglante d’un membre de cette même Convention citoyenne, révélant dans Le Figaro Vox comment le pluralisme avait été étouffé de l’intérieur et comment les conclusions avaient été pré-orientées par la gouvernance Thoury. Les « cobayes » de la démocratie participative ont fini par se retourner contre leur ingénieur.

​LE CHOC DES DEUX CLAIRE : L’INGÉNIERIE FACE AU RÉEL DU SOIN

​Pour mesurer la fracture morale que représente cette élection, il faut opposer le profil de la nouvelle présidente à celui d’une autre figure majeure de notre époque : le Docteur Claire Fourcade, ancienne présidente de la SFAP (Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs).

Ce duel de figures incarne deux visions irréconciliables de la civilisation :

  • ​Claire Thoury est la technocrate de salon. Elle tire sa légitimité de la cooptation au sein de l’oligarchie associative et des salons parisiens. Son projet consiste à dissoudre les structures éthiques au nom d’un progressisme abstrait, en s’appuyant sur des outils de management privé payés par le contribuable et en traquant les « dérives » de ceux qui pensent mal.
  • ​Le Dr Claire Fourcade est la femme du réel. Adossée à l’expérience quotidienne de la souffrance et de l’agonie, elle porte la voix de 800 000 professionnels de santé. Ces soignants rappellent une vérité anthropologique intangible : la mission de la médecine est de soulager la vulnérabilité (dans le sillage de la loi Claeys-Leonetti) et non de programmer la mort.

​D’un côté, une habileté manœuvrière qui déconstruit le corps social depuis le plateau d’Iéna ; de l’autre, l’éthique du terrain et la fidélité au serment d’Hippocrate.

​2026-2031 : L’AVÈNEMENT DE LA DÉMOCRATIE DE FAÇADE

​Face aux critiques sur l’inutilité du CESE (qui se targue fièrement de « 140 avis » et « 60 000 citoyens consultés » pour un impact politique quasi nul), Claire Thoury annonce une « transformation ». Son programme ? Multiplier les commissions temporaires, créer des vice-présidences thématiques pour s’immiscer dans la programmation et la prospective du pays, et « produire des formats plus courts et percutants ». En clair : industrialiser la communication, saturer l’espace médiatique et faire du CESE une agence d’influence sociétale permanente.

​L’objectif à peine voilé est d’institutionnaliser le modèle des conventions citoyennes externalisées pour court-circuiter définitivement le Parlement. Chaque sujet de société majeur (famille, bioéthique, éducation) pourra désormais être confisqué aux élus du peuple, traité en sous-main par des cabinets de conseil complaisants, et validé par un échantillon de citoyens préalablement mis sous influence. Ceux qui rueront dans les brancards seront commodément renvoyés à leurs « dérives illibérales » ou à leur « complotisme ».

​Face à cette assemblée fantôme et parasite sans légitimité électorale, la seule alternative réside dans le retour au peuple souverain. Comme le suggérait Eugénie Bastié, la vraie démocratie passe par de vrais mécanismes directs, notamment l’élargissement du référendum d’initiative populaire (RIP), qui redonne la parole aux Français sans filtre technocratique.

L’élection de Claire Thoury est un avertissement dramatique : c’est l’installation officielle, à la tête de la troisième assemblée de la République, d’une ingénierie sociale qui travaille méthodiquement à la dissolution de nos repères les plus sacrés, sous couvert de nous protéger des « complots ».

Cannes face à Canal+ : la bataille des écrans

Les Bobards d’Or
Retour sur la cérémonie des Bobards d’Or avec une rétrospective de plus de 15 ans de bobards du service public. Lisa Beaujour a de nouveau remporté l’Or pour le bobard protéine “pur bœuf”, tandis que Patrick Cohen obtient l’Argent pour sa couverture de l’affaire Crépol.

Canal+ et le cinéma français, bras de fer sur le 7ème art
Une tribune signée par plus de 600 professionnels du cinéma publiée dans Libération, à l’occasion du Festival de Cannes 2025, dénonce l’influence de Vincent Bolloré sur la filière cinématographique. Ils estiment que Bolloré mène à “une prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif”. En plein festival de Cannes, Maxime Saada, patron de Canal+ a déclaré souhaiter arrêter de travailler avec des gens qui les traitent de “crypto-fasciste”. Canal+ finance massivement le cinéma français
chaque année (155 millions € pour 121 films), le rétropédalage est en cours…

Les pastilles de l’info :
– Le film sur Samuel Paty : entre hommage et récupération politique
– France 2 floute une statue grecque au JT : “erreur individuelle” selon la chaîne
– Violences sexuelles à Paris : une enquête qui pose question sur le timing médiatique
– Macron et les bouteilles en plastique : retour sur scène nationale
– Fdesouche lance une cagnotte : Pierre Sautarel sort du silence

L’Europe décide enfin de durcir le contrôle de l’immigration: la CEDH à la traîne

De l’ECLJ :

Le 15 mai 2026, les 46 États membres du Conseil de l’Europe ont adopté la Déclaration de Chișinău sur l’immigration. Cette Déclaration est formulée dans un langage diplomatique, mais envoie un message clair à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Les États:

  • réaffirment leur «droit d’établir souverainement leur politique d’immigration» (§18);
  • s’inquiètent des barrières les empêchant d’expulser des étrangers délinquants (§20);
  • appellent la CEDH à respecter les «particularités des systèmes juridiques et des traditions nationales» (§33);
  • promeuvent les frontières nationales face à l’immigration massive (§34);
  • encouragent de nouvelles approches contre l’immigration, telles que les «centres de retour» (§46).

De fait, la CEDH pose des obstacles majeurs à l’expulsion des délinquants étrangers. Les juges européens s’appuient notamment sur le droit à la vie privée et familiale de ces étrangers, protégé à l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme. En 2024, la CEDH a créé un nouveau principe: une forme de «garantie de retour» pour tout délinquant expulsé.

Les gouvernements ne sont pas seulement confrontés à la CEDH elle-même, mais aussi à l’ensemble des juridictions nationales appliquant la Convention. En France, le droit des étrangers représente la moitié de l’activité des juridictions administratives.

En parallèle, la question des expulsions d’étrangers est également discutée au niveau de l’Union européenne. Le Parlement européen s’est prononcé en première lecture sur le «règlement retour». Certains amendements, votés grâce à une union des droites, n’ont pas plu à la Commission européenne.

Malgré cela, le Parlement européen a obtenu notamment que les délinquants étrangers puissent faire l’objet d’expulsions assorties d’une interdiction d’entrée sur le territoire pour une durée indéterminée.

C’est l’une des questions qui se posent au sein des institutions de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe: pour les cas d’expulsion de délinquants étrangers, faut-il permettre aux États de leur interdire définitivement de revenir sur le territoire européen?

Le 19 mai 2026, l’ECLJ a organisé un séminaire réunissant des députés du Parlement européen et des diplomates du Conseil de l’Europe, dans ses locaux à Strasbourg. L’objectif était d’établir un point de situation et d’entendre plusieurs perspectives complémentaires, pour répondre aux défis liés à la question des expulsions des délinquants étrangers:

Euthanasie : le mirage de l’autonomie, le piège de l’abandon

« Une nation ne se définit pas par les issues qu’elle organise pour s’alléger de ses membres les plus fragiles, mais par l’accompagnement qu’elle leur rend effectivement possible. »

Des portes entrouvertes, une chaise vacante : non une scène d’événement, mais une scène de seuil. Ce qui s’efface dans cet intérieur de Vilhelm Hammershøi (Intérieur, Strandgade 30, v. 1900), ce n’est pas un objet, mais une présence humaine en train de se retirer silencieusement du champ du soin. Ce vide n’est pas une absence à combler par la technique ; il est le lieu même de notre responsabilité.

Une loi qui engage une conception de la société
La proposition de loi portée par M. Falorni ne se réduit pas à l’ajout d’un droit individuel supplémentaire. Elle introduit une rupture structurelle. Sous l’apparence d’un élargissement de la liberté, elle institue une nouvelle réponse médicale à la vulnérabilité extrême : la possibilité organisée de provoquer la mort.
La question posée au législateur dépasse la simple technique juridique. Elle est d’ordre politique et anthropologique : une société doit-elle organiser, à côté du soin, une issue médicalement administrée vers la mort ?

Une liberté dépendante de ses conditions réelles
Une liberté ne vaut que par les conditions effectives de son exercice. Or, l’accès aux soins palliatifs demeure aujourd’hui profondément inégal selon les territoires, les établissements et les situations sociales. Certains patients bénéficient d’un accompagnement structuré ; d’autres d’une prise en charge tardive, fragmentaire, voire inexistante.
Dans un système hospitalier en crise, une nouvelle option juridique ne s’ajoute pas à un paysage neutre : elle s’engouffre dans des déséquilibres préexistants. Dès lors, une question de justice publique s’impose : une liberté peut-elle être dite pleinement libre lorsque les alternatives de soulagement ne sont pas garanties ?

Offrir la mort à défaut d’offrir le soin, ce n’est pas libérer, c’est abandonner.

De l’autonomie à la pression implicite
L’autonomie invoquée dans le débat est réelle dans son principe, mais fragile dans ses conditions concrètes. Dans la solitude de la grande vulnérabilité, les expressions de lassitude sont fréquentes : fatigue d’exister, sentiment d’être un poids pour ses proches, désir de ne plus dépendre. Ces paroles douloureuses ne sont pas des demandes de mort ; elles sont des appels au secours.
Mais dès lors que la loi institue l’aide à mourir, le statut de ces confidences bascule de manière irréversible : elles deviennent des demandes interprétables juridiquement, puis des options médicalement recevables, pour finir par s’imposer, à terme, comme des issues socialement attendues dans certaines situations de dépendance.
Ce glissement modifie en profondeur la nature même du choix et fait peser sur le patient une pression implicite redoutable. L’obligation de se justifier d’exister remplace le droit d’être protégé.

L’enseignement des expériences étrangères : la logique de l’engrenage
Les expériences étrangères doivent être regardées sans polémique, dans leur stricte dynamique réelle. Dans tous les pays ayant légalisé ces dispositifs, on observe une extension continue des critères d’accès : ouverture progressive aux souffrances psychiques, aux mineurs, et prise en compte de la simple perte d’autonomie.
Cette dérive n’est pas accidentelle. Elle tient à la logique même de notre droit : dès lors qu’un droit est ouvert, le principe constitutionnel d’égalité devant la loi conduit les tribunaux et les législateurs successifs à en étendre les critères pour ne pas créer de discriminations. Voter ce texte « en l’état », c’est enclencher un mécanisme juridique incontrôlable. C’est ouvrir une brèche qu’aucun législateur ne pourra plus refermer.

Une frontière structurante du soin
Il est parfois soutenu que sédation, arrêt de traitement et aide à mourir relèvent d’un continuum. Cette assimilation est une contre-vérité qu’il faut fermement dénoncer.
Dans le soin palliatif, l’intention première est le soulagement de la douleur ; le décès survient alors comme la conséquence naturelle de la maladie, et le médecin combat la souffrance. Dans l’aide à mourir, à l’inverse, l’acte a pour finalité directe et immédiate d’interrompre la vie : le médecin ne combat plus la souffrance, il combat le souffrant.
Cette distinction n’est pas sémantique ; elle est la clé de voûte éthique de la médecine. Elle conditionne la confiance absolue dans le système de soin. L’hôpital doit rester le lieu sacré où l’on accompagne la vulnérabilité, non le lieu où la mort est administrée comme une prestation de service public.

Une question de priorités et de responsabilité publique
Le débat engage une hiérarchie stricte des priorités de l’État. Face aux impératifs budgétaires, le risque est immense de voir s’installer un cynisme inconscient : l’aide à mourir coûte moins cher à la collectivité qu’un plan de développement des soins palliatifs. Deux orientations s’excluent mutuellement : garantir un accès effectif, budgétairement doté et opposable aux soins palliatifs sur l’ensemble du territoire, ou instituer une possibilité d’issue létale immédiate qui servira inévitablement de variable d’ajustement.
La responsabilité première du législateur est une responsabilité de bâtisseur : assurer l’effectivité du soin partout et pour tous, avant de légiférer sur l’exception de sa fin.

Le rôle d’une société humaine est d’ouvrir des bras, non de précipiter le départ.

Conclusion — Le point de décision d’une société
Ce débat ne porte pas sur des principes abstraits, mais sur l’architecture de notre modèle de civilisation. Adopter ce texte reviendrait à inscrire une réponse létale au sein d’un système de santé affaibli qui ne garantit pas encore l’accès élémentaire au soulagement.
Le refuser ne revient pas à nier la souffrance. Cela revient à refuser une inversion dramatique des priorités publiques.
C’est précisément là que se situe aujourd’hui le vote du député : non pas entre compassion et froideur, mais entre la tentation du renoncement et le devoir de la responsabilité collective face à la dignité humaine.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Prix “Etienne de la Boétie” pour Alexandre Devecchio – Ce qu’en dit Philippe de Villiers :

« Alexandre Devecchio nous parle de ces petits blancs que l’on passe par pertes et profits. « Nous vivions côte à côte » est une leçon pour tous les Français de désir qui voudraient ressembler aux Français de souche, à condition que ces derniers leur donnent envie d’une quelconque ressemblance. Ce livre est admirable intellectuellement, spirituellement et moralement. C’est un livre d’espérance ! » Ph. de Villiers.

Le PRIX ETIENNE DE LA BOÊTIE a été décerné par l’Association des Ecrivains combattants, à Alexandre Devecchio pour son ouvrage : “Nous vivions côte à côte, aux Editions Fayard. . Chaque année cette association attribue depuis 2019, quatre Prix littéraires dotés : dont le Prix Etienne de la Boétie pour un essai.
A. Devecchio : « Je suis profondément heureux et honoré de succéder à des lauréats aussi admirables que Jean‑François Colosimo, Christiane Rancé et Michael Edwards de l’Académie française. Ma gratitude va au jury et à son président Gérard de Cortanze, ainsi qu’aux lecteurs et à tous ceux qui ont cru en ce livre et permis sa publication, à commencer par les Editions Fayard et Lise Boell ! »

LE LIVRE :
« J’ai vu se transformer la Seine-Saint-Denis. Quand j’étais enfant, les villes étaient encore “black, blanc, beur”. Les différences étaient grandes, les violences courantes, mais la cohabitation possible grâce à une relative mixité. Si le “vivre ensemble” n’existait déjà plus, nous vivions côte à côte, pas encore face à face. Puis à la délinquance se sont ajoutés le communautarisme, l’islamisme, et ce monde s’est ghettoïsé, se muant en une véritable contre-société. Ce bouleversement a parfois été raconté, alors qu’étaient oubliés les principaux intéressés qui ont essuyé en première ligne cette transformation démographique, sociale et culturelle. Ces petits blancs de banlieue qui, lorsqu’ils refusaient de renoncer à leur identité, ont été culpabilisés, présentés comme “beaufs”, “racistes”, leurs inquiétudes criminalisées, leur voix recouverte par celle des sociologues, des associations dont le récit falsifié s’est imposé.
En proposant une contre-histoire des banlieues et de leur désintégration à travers les yeux de ceux qui l’ont subie, il ne s’agit pas de souffler sur les braises des divisions, mais de tirer les leçons des échecs passés pour envisager les contours d’une possible réconciliation. »

Au lecteur curieux de comprendre aussi bien un parcours qu’une époque, une seule lecture à conseiller : Nous vivions côte à côte. C’est l’occasion de découvrir un Devecchio aussi inattendu que profondément humain !

Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/actualite-etudes-essais/29904-nous-vivions-cote-a-cote-itineraire-d-un-petit-blanc-de-banlieue.html
Nous vivions côte à côte, Alexandre Devecchio, Editions Fayard, 266 pages, 21.90 €

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La liturgie tridentine n’est pas un obstacle à la communion dans l’Église, mais un de ses joyaux

Philippe Darantière, président de l’association Notre Dame de Chrétienté, signe une tribune dans La Croix :

Écrivant le 18 mars 2026 de la part du pape Léon XIV aux évêques de France réunis à Lourdes, le cardinal Parolin a souligné « la croissance des communautés liées au Vetus Ordo ». Le fait est là : la liturgie traditionnelle attire, et attire les jeunes. Cette Pentecôte encore, 20 000 personnes vont participer au pèlerinage traditionaliste de Paris à Chartres, avec une moyenne d’âge de 22 ans et une hausse de fréquentation de 8 % en moyenne sur dix ans. Comment comprendre ?

La première réponse, et la plus commode, est celle de la « sensibilité » : le latin, l’encens, le grégorien, la beauté des ornements. Mais cela existe aussi ailleurs… On dira alors que c’est une affaire d’identité, un besoin de racines, la résistance à un monde liquide qui ne sait plus d’où il vient. Cet argument contient une part de vérité, mais ne suffit pas. Si la liturgie traditionnelle n’était qu’un conservatoire culturel, elle serait un musée, or elle est manifestement vivante. Elle fait passer du culturel au cultuel.

L’homme s’efface devant le rite

Voici le premier paradoxe : une liturgie qui, de l’extérieur, semble se dérouler « sans nous » attire profondément. Le prêtre est tourné vers l’Orient, vers le Christ dont il n’est que l’instrument visible. Il n’anime pas, il n’explique pas en temps réel. Les gestes sont ceux qui ont été accomplis invariablement et minutieusement depuis la nuit des temps. L’espace du sanctuaire sépare le sacré du profane. Tout parle d’un autre royaume, celui de Dieu.

Cette « mise à distance » n’est pas un archaïsme. Elle dit que l’on ne vient pas à la messe d’abord pour soi. On vient parce que l’on a envers Dieu une dette insolvable, que nulle générosité humaine ne saurait acquitter. On vient rendre à Dieu ce qui lui est dû. Et c’est précisément parce qu’on vient pour Dieu que l’on repart enrichi. La vertu de religion, ce devoir de culte envers le Créateur, est inscrite dans chaque geste de cette liturgie. L’homme s’efface devant le rite. Et loin de l’humilier, cet effacement l’élève. Dans une époque saturée d’horizontalité et de retour permanent sur soi, cette verticalité tranche et libère.

On objecte que cette liturgie serait hermétique. C’est méconnaître son rapport au corps et aux sens. Elle est au contraire extraordinairement incarnée. Les gestes ritualisés, les ornements, le latin, le silence, l’encens, les génuflexions, le chant grégorien : autant de signes concrets qui « ouvrent vers l’invisible », selon Benoît XVI. L’âme ne s’élève pas malgré le corps ; elle s’élève avec lui. Cette pédagogie sacramentelle répond à quelque chose de très profond que, depuis Abel, Noé, Abraham et Moïse, la Bible nous enseigne : l’homme est une créature, la seule de la nature, qui prie, qui offre, qui consacre.

La marque de la permanence

Certains ont affirmé que le sacré correspondait à un stade archaïque de l’humanité en voie de dépassement. La réalité du XXIe siècle est plus entêtée : le sacré attire toujours. Non pas malgré la modernité, mais peut-être à cause d’elle : ce que celle-ci essaye de détruire, la liturgie le garde et le redonne.

Dans un monde où tout change, où chaque institution, même dans l’Église, cherche à « se réinventer », cette liturgie porte la marque de la permanence. Les lectures sont les mêmes depuis des siècles. Le grégorien chante depuis plus d’un millénaire. Le canon romain murmure les mêmes mots qu’au temps de Grégoire le Grand. Et celui qui découvre cette messe pour la première fois comprend d’instinct qu’il entre dans quelque chose qui le dépasse, qui l’a précédé, qui lui survivra : il devient l’espace d’un moment participant d’une liturgie qui nous relie au ciel.

Cela ne signifie pas que la liturgie serait figée par essence. Elle évolue lentement, organiquement, mais toujours avec cette « infinie délicatesse » dont a témoigné le Concile de Trente, qui eut la sagesse de garder inchangés les rites ayant plus de deux siècles d’histoire. Et c’est cette permanence voulue, assumée, qui lui confère son autorité. La liturgie ne cherche pas à plaire à l’époque. Et c’est pourquoi l’époque y revient.

Le mystère rendu présent

Il reste un dernier paradoxe, peut-être le plus décisif. La liturgie traditionnelle est aussi, et peut-être surtout, une expression extraordinairement dense du mystère qu’elle célèbre. La messe, « trésor de la foi », est le mémorial de la Passion du Seigneur, non pas son souvenir mais son renouvellement non sanglant, le sacrifice rédempteur du Christ rendu présent sur l’autel. L’offertoire, la double consécration, les prières du Canon récitées en silence, la communion reçue à genoux : tout cela ne raconte pas la mort et la résurrection du Seigneur, tout cela les actualise.

La liturgie ancienne est ainsi un catéchisme vécu : elle enseigne non seulement qui est Dieu, mais qui est l’homme face à Dieu. Une anthropologie religieuse que nos contemporains n’ont pas désapprise, même quand ils ont cessé de la formuler. C’est peut-être cela, le secret de son attractivité : elle dit une vérité sur l’homme que l’homme porte en lui sans le savoir.

Liturgie missionnaire ? Assurément. Et pour un nombre croissant de baptisés et de convertis, elle est devenue la langue maternelle pour parler à Dieu et pour L’écouter. Elle est une richesse de l’Église, trésor de son passé, de son présent et de son avenir. Un trésor que 30 % des pèlerins de Chartres découvrent chaque année pour la première fois. Ce chiffre, à lui seul, montre que la liturgie tridentine célébrée au pèlerinage n’est pas un obstacle à la communion dans l’Église, mais un de ses joyaux.

Cet esprit de chrétienté

Ancien directeur du pèlerinage de Paris à Chartres entre 1983 et 1989, Max Champoiseau a été interrogé dans L’Appel de Chartres :

Comment donner une forme visible à la dimension d’un « tissu social chrétien » sur la route de Chartres ?

Pour moi, c’était le refus de la lutte des classes au sein du pèlerinage. Nous refusions les barrières entre les différentes couches de la population. J’ai été le témoin de cet esprit de chrétienté où chacun se tenait à sa place, mais dans une complémentarité totale : du PDG au paysan, du cadre à l’ouvrier. Je me souviens d’ une équipe où le responsable était un général trois étoiles aux côtés de deux chômeurs et d’ un artisan. Je les regardais et je leur disais : « C’est formidable, c’est ça le tissu social chrétien ». On ne mélange pas tout, mais on s’aime, comme le Christ nous le demande dans l’Évangile. À mon époque, l’âge moyen était de 40 ans ; les adultes venaient avec leurs enfants. Aujourd’hui, il y a 80 % de jeunes de 20 ans. Il ne faut pas que les adultes se disent « ce n’est pas pour moi ». Mon message pour les adultes est : « Réveillez-vous ! ». Le pèlerinage doit rester un mélange de générations, car la société est composée de parents et d’enfants côte à côte.

L’identité heureuse, ou une réponse au père Benoist de Sinety

Dans son livre “La cause du Christ. L’Évangile contre « l’identité chrétienne »” , le père Benoist de Sinety met en garde contre une instrumentalisation politique du christianisme et multiplie actuellement les interventions médiatiques sur ce thème. S’il existe en effet un danger à réduire le christianisme à une identité civilisationnelle, et si un christianisme sans vie spirituelle réelle peut devenir un « christianisme sans Christ », l’Évangile n’est pas davantage une simple vue de l’esprit adaptée aux sensibilités contemporaines, toujours éphémères et contingentes.

Son propos souffre souvent d’une asymétrie étonnante. Lorsqu’un responsable politique évoque les racines chrétiennes de la France, on parle aussitôt de récupération ou de « taxidermie ». En revanche, lorsque le christianisme est mobilisé au service de causes migratoires, écologiques ou sociétales, qui ne sont pourtant pas dépourvues de légitimité lorsqu’elles sont véritablement discernées à la lumière de toute l’anthropologie chrétienne, cela devient spontanément l’expression authentique de l’Évangile. Comme si l’instrumentalisation n’existait que dans un sens unique.

Or le Christ est aussi venu annoncer la vérité, la conversion et le salut. Un christianisme qui ne parle plus que d’ouverture risque lui aussi de devenir un christianisme mutilé.

Benoît XVI avait diagnostiqué le problème avec davantage de profondeur : l’Occident souffre moins d’un « excès d’identité » que d’une crise de vérité et d’une fatigue spirituelle. Quand une civilisation ne sait plus ce qu’elle est, elle oscille entre dissolution molle et crispation brutale. Les phénomènes identitaires sont souvent les symptômes d’un vide préalable (parfois cultivé par un clergé progressiste pétri de bonne volonté mais dépourvu de discernement), non leur cause première.

Et l’on songe ici à la formule de Bossuet : « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » Après avoir déconstruit pendant des décennies les héritages culturels, spirituels et nationaux, on découvre avec inquiétude les réactions identitaires que produit précisément ce vide. Car lorsqu’une société ne transmet plus rien avec sérénité, tout revient sous forme de crispation.

La même ambiguïté apparaît dans cette idée d’« évolution permanente », devenue presque un dogme sous la plume du père de Sinety. Tout devrait évoluer sans cesse : les mœurs, les peuples, les cultures, et même l’Église. Mais évoluer vers quoi ? Une boussole qui tourne constamment n’indique plus le nord ; elle ne fait qu’indiquer sa propre agitation.

Il est d’ailleurs intéressant de constater que la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, contrairement à l’esprit plus abstrait et individualiste de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, reconnaît pleinement l’importance des appartenances concrètes, culturelles, familiales et nationales dans la construction humaine. L’identité n’y apparaît pas comme une menace en soi, mais comme une réalité dynamique et positive, appelée à s’ouvrir à l’universel sans se dissoudre dans l’indifférenciation.

L’Église n’a jamais eu pour mission de sanctifier chaque mutation du temps présent. Elle transmet quelque chose qui la précède pour ouvrir un chemin vers l’avenir, puis vers l’Éternité. Entre l’immobilisme et le relativisme mouvant, il existe encore la possibilité d’une fidélité vivante.

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La place centrale de la foi, de la prière et de l’espérance dans une vie de commando

Commando au sein du CPA 10, unité d’élite de l’armée de l’Air, Charles d’Azérat a servi la France dans le cadre de plusieurs missions à hauts risques. Dans son livre À cœur ouvert. Récit d’un commando du CPA 10, publié chez Mareuil Éditions, il revient sur son parcours, ses missions et ce qui fonde son engagement. De son baptême du feu en République centrafricaine à la libération d’otages au Burkina Faso, en passant par ses opérations au Levant, il raconte la réalité du combat, la confiance à gagner auprès de ses hommes, la solitude du commandement et le poids de la responsabilité. Mais ce témoignage est aussi celui d’un soldat chrétien. Charles d’Azérat évoque la place centrale de la foi, de la prière et de l’espérance dans sa vie de militaire. Un témoignage rare sur ce que signifie servir, commander et croire lorsque l’engagement peut aller jusqu’au don de sa vie.

À coeur ouvert – Récit d’un commando du CPA 10

 

Incendie de l’église de Cernay en Alsace

Un incendie a touché mercredi l’église Saint-Etienne de Cernay, en Alsace. De nombreux pompiers sont intervenus mais les dégâts à l’intérieur sont importants.

Le maire indique :

“Le feu est parti de l’intérieur”. “Tout le chœur a été détruit, ainsi que l’autel, des fauteuils mais aussi au moins une oeuvre d’art. On a pu récupérer le tabernacle avec le curé mais les dégâts sont vraiment importants”.

“Cela me peine énormément, car on venait de fêter les 100 ans de la reconstruction de l’édifice et qu’on avait beaucoup investi pour l’occasion. D’ailleurs toute l’électricité avait été refaite, c’est pour cela que je suis très étonné. Il n’y avait pas de travaux en cours. L’enquête dira quelle est l’origine du sinistre”.

Le capitaine des pompiers raconte :

“Le feu était au niveau de l’autel en bois”, “Nous avons dû casser deux vitraux pour évacuer les fumées, il n’y a pas eu de blessés”.

Il ne reste rien de l’autel en photo.

Les attaques antichrétiennes en Israël ont augmenté selon un rapport

Les chrétiens de Jérusalem et d’Israël ont été confrontés à une augmentation du harcèlement et des violences en 2025, selon un nouveau rapport sur les incidents récents. Le 1er avril, une nouvelle étude annuelle publiée par le Rossing Center for Education and Dialogue a mis en lumière la persistance du harcèlement et des violences contre les communautés chrétiennes en Israël et à Jérusalem-Est en 2025, avec 155 cas recensés allant des agressions physiques au vandalisme et à l’intimidation.

Ces cas ont été attribués à une combinaison de tensions sociales, de dynamiques religieuses et nationalistes, et au contexte plus large du conflit régional, les incidents se produisant dans des espaces publics tels que la vieille ville de Jérusalem et affectant principalement le clergé, les biens de l’Église et les symboles religieux.

« Comme en 2024, la majorité des agressions physiques visaient le clergé — moines, nonnes, frères et prêtres », indique le rapport du Rossing Center , ajoutant que « cracher restait l’expression d’hostilité la plus courante » et que de tels actes sont désormais souvent commis ouvertement, parfois devant la police ou les passants.

Le Centre Rossing pour l’éducation et le dialogue est une organisation israélienne qui se consacre à la promotion de la coexistence pacifique entre juifs, musulmans et chrétiens en Terre sainte.

Le rapport recense

  • 61 agressions physiques,
  • 52 cas de dégradation de biens contre des institutions religieuses,
  • 28 actes de harcèlement
  • 14 actes de vandalisme contre des panneaux publics à caractère chrétien.

Ces données, qui excluent la Cisjordanie, révèlent ce que le centre qualifie de « tendance persistante et inquiétante où violences manifestes et humiliations quotidiennes s’accumulent, créant un climat d’exclusion généralisé », notamment dans certains quartiers de Jérusalem.

Parmi les incidents décrits dans la vieille ville de Jérusalem, on compte des épisodes où des groupes de jeunes ont harcelé des membres du clergé en tenue religieuse visible, notamment en leur crachant dessus et en les insultant verbalement.

D’après les données du Rossing Center, de nombreux Juifs israéliens perçoivent de plus en plus le christianisme comme quelque chose de dangereux. Près de la moitié des personnes interrogées estiment qu’« entrer dans une église chrétienne n’est pas casher », c’est-à-dire interdit par la loi religieuse et contraire à la volonté de Dieu ; une proportion similaire considère le christianisme comme une « religion idolâtre ». Chez les Haredim ultra-orthodoxes — la branche la plus rigoriste et la plus repliée sur elle-même du judaïsme contemporain, caractérisée par une adhésion stricte et littérale aux lois religieuses juives et un mode de vie délibérément séparé du monde séculier —, ces chiffres atteignent respectivement 96 % et 79 %.

Le rejet de l’enseignement chrétien dans les écoles israéliennes s’accentue : 55 % des Juifs interrogés s’opposent à l’intégration du christianisme et de ses textes dans les programmes scolaires, et 74 % rejettent explicitement l’étude du Nouveau Testament. Parallèlement, de plus en plus de chrétiens israéliens envisagent de quitter le pays : 36 % songent à l’émigration, et ce chiffre dépasse les 50 % chez les jeunes.

Face au vide de la société moderne, 20 000 pèlerins rejoignent Chartres à pied

Chaque année pendant la Pentecôte, des milliers de pèlerins, dont une immense majorité de jeunes (avec une moyenne d’âge située dans la vingtaine), parcourent 100 km à pied entre Paris et la cathédrale Notre-Dame de Chartres. Il s’agit de l’un des plus grands rassemblements catholiques d’Europe.

Dans cet entretien, Philippe Darantière, président de Notre-Dame de Chrétienté, explique :

  • Pourquoi cette jeunesse ultra-connectée est attirée par trois jours de marche, de prière, de silence et de pénitence
  • Comment le pèlerinage devient une réponse au vide spirituel de la société moderne
  • La définition de la chrétienté et le rôle des catholiques dans la cité
  • La nouvelle « Route de Jérusalem » (70 km), pensée pour les familles et les personnes moins sportives
  • L’organisation hors norme du pèlerinage (1 300 bénévoles, 20 000 personnes en bivouac)

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