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Les actions en justice de l’Agrif témoignent de l’existence d’un racisme anti-Blancs

Maître Jérôme Triomphe, avocat de deux victimes du bal de Crépol et membre de l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne (Agrif), a été interrogé dans le JDD sur la reconnaissance du caractère raciste du drame. Extrait :

Dans le débat public, certains nient l’existence même d’un racisme anti-Blancs. Quelles actions en justice de l’Agrif témoignent de ce phénomène en France ?

Je pourrais citer plusieurs affaires emblématiques que l’Agrif a plaidées, par exemple contre le clip de rap Pendez les Blancs qui avait donné lieu à une condamnation en première instance mais à une annulation de procédure en appel, du fait d’une erreur du parquet.

Le 11 septembre prochain seront jugés devant la 17e chambre correctionnelle de Paris, à l’initiative de l’Agrif, les propos de monsieur Madjid Messaoudene, ancien élu de Saint-Denis, qui écrivait : « Nous sommes antiracistes contre tous les racismes », précisant : « Sauf contre le racisme anti-Blancs évidemment. » Cette affaire sera particulièrement d’actualité puisque certains s’évertuent à nier le racisme anti-Blancs.

Vous évoquez aussi le « racisme » antichrétien. La justice y est-elle réceptive ?

Nous rencontrons les mêmes problèmes. Dans un dossier que j’ai plaidé pour l’Agrif il y a quelques années, les jeunes auteurs de la profanation d’un cimetière chrétien avaient reconnu avoir agi avec une motivation antichrétienne. Contre l’évidence, le tribunal avait déclaré l’Agrif irrecevable en prétendant que les actes n’avaient pas été commis avec une motivation antichrétienne. Sur appel de l’Agrif, la cour d’appel avait rétabli la justice. La récente affaire de l’incendie de l’église de Saint-Omer est tout aussi révélatrice. Nous sommes en septembre 2024. Le mis en cause pour cet acte dévastateur a déjà six incendies d’églises à son actif. Le procureur général demande expressément au procureur de la République de retenir le caractère antichrétien dans le réquisitoire, démarche rare qui témoigne d’une volonté ferme. Malgré cette demande, et toutes les observations que l’Agrif a fournies pour démontrer le caractère antichrétien, le juge d’instruction refusera dans son ordonnance de règlement de retenir cette circonstance aggravante et décidera de renvoyer le mis en cause devant le tribunal correctionnel pour un simple délit. C’est parce que nous avons fait appel que la justice nous a donné raison en retenant la circonstance aggravante et en requalifiant le délit en crime.

Faire reconnaître ces circonstances aggravantes a donc un effet direct…

Évidemment. Au-delà de l’aggravation légale des peines, on ne peut pas juger sans examiner l’ensemble des circonstances et des motivations qui ont entouré l’acte poursuivi. C’est une question de justice.

Vanité des vanités, au musée des Beaux-Arts de Lyon – Ce qu’un tableau m’a appris sur la vie.

Illustration : Vanité, attribuée à Simon Renard de Saint-André (1613-1677), Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Que peut encore nous dire une Vanité du XVIIᵉ siècle, à nous qui avons appris à ne plus regarder qu’en passant ? Devant un tableau attribué à Simon Renard de Saint-André, au musée des Beaux-Arts de Lyon, le regard découvre peu à peu que la fragilité n’est peut-être pas l’envers de la vie, mais sa lumière la plus secrète.

I. Un havre de paix
Le musée des Beaux-Arts de Lyon m’est familier. Certains lieux vous accueillent comme une maison que l’on n’aurait jamais quittée. Le silence du palais Saint-Pierre est assez vaste pour recevoir chacun sans que les regards s’y heurtent. Rien ici ne presse le pas ni ne bouscule la pensée. Les œuvres n’interrompent jamais celui qui les contemple ; elles savent attendre, immobiles dans le silence des siècles. Le temps cesse d’être cet ennemi qu’il faudrait tuer ; il redevient une demeure à habiter. À une époque où l’on croise mille regards sans jamais vraiment se voir, où les rencontres ne font souvent que s’effleurer avant de disparaître, le musée accomplit le contraire : il rend à chacun la profondeur de son regard et le courage de ne plus se fuir.

Un jour, je me suis arrêté devant trois Vanités austères du XVIIe siècle accrochées côte à côte. Trois crânes. Beaucoup de visiteurs passent sans ralentir, mais mon regard s’est arrêté sur celle du milieu, attribuée à Simon Renard de Saint-André. Non pas sur le crâne posé sur la table de bois, mais sur trois bulles de savon survolant l’ensemble.

Je suis resté longtemps devant ce tableau, et je n’ai plus cessé d’y revenir. Non par curiosité, mais par besoin. Comme on demeure devant le tabernacle. Je ne viens pas lui demander des réponses ; je viens lui confier mes questions.

II. La table des absents
Je commence toujours par regarder le crâne. Non pour m’effrayer, mais pour me rappeler que nous sommes mortels. Ce crâne, ceint d’un laurier qui ne couronne plus rien, ne condamne pas la vie ; il lui rend son prix : celui d’un souffle compté, dans un monde qui préfère l’oublier et rêve d’être un consommateur éternel.

Puis le regard glisse vers les objets qui l’entourent. Loin d’être de simples accessoires, ils semblent attendre celui qui ne reviendra plus. La flûte repose comme un instrument que l’on s’apprête à reprendre, mais qui demeurera muet. La partition entrouverte garde encore le silence d’une musique interrompue. Ce parchemin aux cachets rompus — dérisoire titre de propriété que le temps a réduit à presque rien —, ce verre brisé, cette bouteille vide prolongent l’écho d’un repas partagé, d’une conversation à voix basse.

Il suffit parfois de rouvrir quelques lettres jaunies dans le tiroir d’un secrétaire pour que les voix reviennent. Ceux qui ne sont plus ne disparaissent jamais tout à fait. Ils demeurent tout près.

Longtemps, j’ai cru que ces objets annonçaient seulement la mort. Aujourd’hui, je veux croire qu’ils célèbrent la vie. Ou plutôt, ils murmurent que rien de ce qui a été vécu avec vérité ne disparaît tout à fait. L’absence elle-même devient alors, parfois, la preuve la plus éclatante de la présence.

Il a fallu qu’une main humaine trace ces lignes et qu’un sceau y appose sa marque dérisoire pour que ce papier fragile traverse les années. La table de Simon Renard de Saint-André n’est pas une table abandonnée : elle est comme habitée par la mémoire de vivants qui ne sont plus là, et dont on espère qu’ils n’ont pas tout à fait cessé d’être.

III. La lumière dans les bulles
Au-dessus de ce silence reposent enfin ces objets insaisissables : les bulles elles-mêmes. Quasiment invisibles, suspendues au-dessus du monde immobile de la table, elles semblent pourtant révéler le secret du tableau. Depuis près de quatre siècles, elles menacent de se rompre — et pourtant, elles demeurent.

Nous les croyons fragiles, mais c’est peut-être nous qui le sommes davantage, nous qui pouvons nous briser au moindre choc. La bulle, elle, ne prétend être rien d’autre que ce qu’elle est : une mince pellicule d’eau retenant un peu d’air, un peu de lumière, un peu de temps.

Après une vie passée à contempler le vivant, cette vérité a cessé d’être une abstraction. Un souffle qui s’interrompt, un cœur qui défaille, et tout peut basculer.

La Vanité contemple cette faille avec une clarté sereine, sans fausse pudeur ni illusion facile. Elle nous invite simplement à accueillir cette vérité : notre fragilité n’est pas l’opposé de notre beauté ; elle en est peut-être le prix.

En m’approchant des trois bulles, presque le visage contre la vitre, j’aperçois ce reflet d’une minutie saisissante : prisonnière de la sphère, la fenêtre de l’atelier se redessine, fidèle aux lois de l’optique et de la lumière. Le peintre n’a pas seulement cherché à imiter le réel avec une précision virtuose ; il a fixé sur la toile l’image même de l’éphémère.

De ce reflet minuscule, une seconde vérité se dégage : celle du temps lui-même. Ce que nous croyons posséder de notre monde — nos paysages, nos biens, nos certitudes — n’est peut-être qu’un reflet fragile à la surface du temps, promis à s’évanouir en un instant. Pourtant, aujourd’hui encore, cette même lumière vient rencontrer mon regard. C’est celle qui éclairait le visage de l’artiste tandis qu’il peignait, celle qui traversait ces carreaux, et qui atteint mes yeux plusieurs siècles plus tard.

La lumière voyage plus loin que nous. Elle traverse les âges comme une promesse silencieuse.

Le peintre ne démontre rien ; il laisse entrevoir qu’au cœur même de ce qui passe demeure une ouverture vers l’éternel. Les plus grandes vérités naissent souvent ainsi : d’une lueur aperçue, d’une présence discrète.

La fragilité n’est pas une anomalie qu’il faudrait cacher ; elle est peut-être le lieu même où la vie se révèle, avec sa gravité et sa grandeur. Alors, pourquoi une simple bulle de savon ne deviendrait-elle pas le signe fragile d’une espérance ?

Ce qui est transparent peut refléter le ciel. Ce qui est sur le point d’éclater peut encore contenir tout l’arc-en-ciel.
L’espérance n’est pas une fuite hors du réel ; elle est ce qui permet de traverser ses failles sans s’y briser.

IV. Une école de l’attention
Si je reviens devant cette Vanité, ce n’est pas pour y chercher un refuge. La vie n’est pas seulement un chemin harmonieux ; elle est aussi faite de colères retenues, de révoltes sans issue, de moments où le sens semble se dérober et où le silence paraît répondre à toutes nos questions. Les failles et les nuits où nos certitudes vacillent font partie du chemin.

Le musée est devenu pour moi une école de l’attention, un acte de résistance contre la tyrannie de l’immédiat. Prendre son temps, c’est reconquérir une liberté oubliée : contempler sans posséder, recevoir sans consommer, demeurer sans chercher à capturer.

Lorsque je quitte le musée, la ville s’agite autour de moi et, dans ma poche, mon téléphone vibre. Mais je souris. Cette fois, il peut attendre. Un silence qui ne demande rien m’a été rendu.

Il est presque l’heure de fermer. Je me retourne une dernière fois. Les bulles sont toujours là. Le crâne aussi.

Et si la paix demeure, ce n’est pas parce qu’elle aurait oublié les âpretés de l’existence, mais parce qu’elle les a traversées.

Notre vie ressemble à cette bulle : brillante un instant, transparente l’instant suivant, et pourtant capable de porter tout le ciel avant de disparaître. La fragilité n’empêche pas la lumière ; elle en est parfois le plus fidèle miroir.

Les grands tableaux ne répondent pas à nos questions. Ils nous apprennent plutôt à les porter.
Au fond, il n’en reste peut-être qu’une seule :
Qu’aurai-je fait de la lumière qui m’a été confiée ?

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Terres de Mission : Renaissance de l’abbaye de Bellefontaine

Eglise universelle : Installation de 12 moines du Barroux à Bellefontaine

Le 11 juillet a eu lieu l’installation officielle de 12 moines issus de l’abbaye bénédictine Sainte Madeleine du Barroux dans l’abbaye trappiste Notre-Dame de Bellefontaine. Le père Raphaël (osb), prieur de cette fondation, nous retrace l’histoire de l’abbaye et le déroulement de cette journée historique.

Eglise en France : Au service des parents d’élèves d’écoles indépendantes

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Eglise en marche : Maman, j’ai vu Jésus

Le bouleversant témoignage d’une maman qui voit son enfant, Stanislas, renversé par une voiture puis passer des mois entre la vie et la mort, soutenu par la prière et l’affection de ses parents et de ses amis. Laurence Trochu nous présente cet émouvant récit dans lequel une expérience de mort imminente (EMI) donne son titre à l’ouvrage : “Maman, j’ai vu Jésus”.

IXe dimanche après la Pentecôte : “Jésus s’étant approché de Jérusalem, voyant la ville, il pleura sur elle”

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Les chants du propre de la messe de ce neuvième dimanche après la Pentecôte sont encore extraits des psaumes, à l’exception cette fois de la Communion. A l’inverse des chants du dimanche précédent, c’est le Graduel qui nous fera entendre une acclamation triomphale à la majesté divine, alors que l’Introït et l’Alléluia sont des prières suppliantes.

► Introït : Ecce Deus

Le texte de l’Introït est tiré du psaume 53, composé par David alors qu’il était poursuivi par des ennemis implacables. Mais cet appel au secours est comme toujours plein de confiance dans la protection divine. Ce psaume est utilisé pendant la semaine sainte, où il est mis dans la bouche du Christ. L’Introït de ce jour commence par un verset exprimant la confiance dans le secours du Seigneur, avant d’implorer sa protection.

Ecce Deus adjuvat me, et Dominus susceptor est animæ meæ : averte mala inimicis meis, in veritate tua disperde illos, protector meus Domine.
Voici que Dieu vient à mon secours, le Seigneur est le soutien de mon âme : détournez les maux sur mes ennemis, dans votre fidélité dispersez-les, Seigneur, notre protecteur.

On voit que la première phrase est une affirmation à la troisième personne de notre confiance en Dieu, exprimée par une mélodie joyeuse et pleine d’allant, tandis que la deuxième phrase passe à la deuxième personne, et devient une prière suppliante, marquée par une mélodie plus tourmentée, surtout la cadence en demi-ton de inimicis meis. Mais on retrouve la confiance à la fin avec une belle courbe calme mais pleine d’assurance sur les mots protector meus. Cet Introït est accompagné bien entendu par le premier verset du psaume 53 :

Deus in nomine tuo salvum me fac : et in virtute tua judica me.
Mon Dieu par votre nom sauvez-moi, et par votre puissance faites-moi justice.

► Graduel : Domine Dominus noster

Entre les supplications de l’Introït et de l’Alléluia, nous allons trouver dans le Graduel du neuvième dimanche après la Pentecôte, une exclamation de louange, d’admiration et de reconnaissance pour le créateur et tous ses bienfaits, sur la terre, univers visible, et dans les cieux, univers invisible. C’est le début du psaume huit.

Domine Dominus noster, quam admirabile est nomen tuum in universa terra ! Quoniam elevata est magnificentia tua super cælos !
Seigneur, notre maître, que votre nom est admirable sur toute la terre ; que votre majesté est élevée au-dessus des cieux !

Pour la sixième fois consécutive en ces dimanches après la Pentecôte, la mélodie de ce Graduel utilise le cinquième mode grégorien, avec des formules typiques qui reviennent souvent et se ressemblent plus ou moins. Mais à chaque fois ces mélodies s’adaptent parfaitement au texte qu’elles doivent servir. Ici on n’a pas au départ un grand élan enthousiaste comme dans l’Introït et l’Alléluia de dimanche dernier ; la mélodie de la première phrase reste d’abord grave, calme et horizontale, exprimant une profonde adoration ; puis elle s’élève en un bel élan d’admiration, précisément sur le mot admirabile, et se poursuit en souples ondulations pleines du bonheur de contempler la splendeur divine.

► Alléluia : Eripe me

L’Alléluia du neuvième dimanche après la Pentecôte présente un contraste frappant avec le Graduel de cette messe ainsi qu’avec l’Alléluia Magnus Dominus du dimanche précédent. La plupart des Alléluias de ce temps liturgique sont des chants d’action de grâces et des acclamations enthousiastes et triomphales, mais il y a quelques exceptions. Nous avions rencontré dans l’Alléluia du sixième dimanche une prière suppliante mais pleine de confiance. Nous avons cette fois une supplication intense, presque douloureuse. Un Alléluia n’est pas toujours joyeux.

Le texte est le premier verset du psaume 58. Nous avons déjà remarqué que depuis le cinquième dimanche tous les Alléluias ont pour texte le premier verset d’un psaume, et il en sera ainsi tous les dimanches jusqu’au quatorzième dimanche, sans exception.

Eripe me de inimicis meis, Deus meus : et ab insurgentibus in me libera me.
Arrachez-moi à mes ennemis, mon Dieu et délivrez-moi de ceux qui se dressent contre moi.

Ce verset de psaume, où David demande au Seigneur d’abattre les ennemis qui le harcèlent sans cesse, est très utilisé au temps de la Passion dont il est une sorte de refrain ; il y est bien entendu placé dans la bouche du Christ. En ce temps après la Pentecôte, qui représente la longue marche de l’Église depuis les apôtres jusqu’à la fin des temps, il peut être mis dans la bouche de l’Église, c’est tout à fait d’actualité, ou de chaque âme chrétienne en proie aux épreuves et aux tentations. La mélodie est aussi suppliante que le texte. Elle s’étire comme une longue plainte.

► Offertoire : Justitiæ

Comme cela arrive assez souvent en ce temps après la Pentecôte, nous l’avons déjà constaté au sixième dimanche, et ce sera encore le cas les deux prochains dimanches, l’Offertoire du neuvième dimanche après la Pentecôte est repris à un autre dimanche de l’année. Aujourd’hui nous trouvons celui du troisième dimanche de Carême,  méditation aimante et contemplative sur la loi divine et le bonheur qu’il y a à l’observer :

Justitiæ Domini rectæ, lætificantes corda, et dulciora super mel et favum, nam et servus tuus custodiet ea.
Les préceptes du Seigneur sont justes, ils réjouissent les cœurs et sont plus doux qu’un rayon de miel ; aussi votre serviteur les observe-t-il.

Les mots dulciora et ea qui sont au neutre se rapportent au substantif judicia qui figure dans le psaume, mais qui n’est pas repris dans le texte de l’Offertoire. Il est d’ailleurs à peu près synonyme du premier mot de ce texte justitiæ. On notera aussi à la fin, le passage de la troisième à la deuxième personne que l’on rencontre souvent dans les psaumes. Ce texte aurait pu être emprunté au psaume 118, la longue méditation sur la volonté de Dieu et ses commandements que l’on rencontre souvent au cours de l’année liturgique et d’où était tiré l’Offertoire de dimanche dernier.

En fait, celui-ci est pris dans un autre psaume, le psaume 18, dont la deuxième partie résume au contraire les mêmes thèmes en quelques versets très condensés. La mélodie est très calme, paisible et assurée, tournant toujours autour de la même note sur laquelle elle pose notes longues et cadences. Cependant la conclusion est surprenante : au lieu de se terminer sur cette même note, la mélodie descend un demi-ton plus bas, restant en suspens comme un long regard qui ne veut pas finir.

► Communion : Qui manducat

L’Antienne de Communion du neuvième dimanche après la Pentecôte est le seul chant de cette messe dont le texte n’est pas tiré d’un psaume, mais de l’Évangile. Il ne s’agit d’ailleurs pas de l’Évangile du jour, mais d’un passage célèbre du discours sur le pain de vie, dans l’Évangile de saint Jean qui convient particulièrement bien au moment de la Communion. Le nouveau Graduel publié par Solesmes en 1974 a affecté cette Communion à la fête du Saint Sacrement, où elle est également bien à sa place ; le texte figure d’ailleurs dans le verset d’Alléluia de cette fête.

Qui manducat carnem meam, et bibit sanguinem meum, in me manet, et ego in eo, dicit Dominus.
Qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi et moi en lui, dit le Seigneur.

On sait qu’en entendant ces mots, auxquels ils ne comprirent rien, un grand nombre de disciples se scandalisèrent et partirent. Nous qui savons et avons éprouvé la réalité de ces paroles, nous les répétons avec joie et enthousiasme. La mélodie est légère avec un grand élan qui monte vers les mots sanguinem meum. La deuxième phrase et ego in eo est plus calme et intérieure. C’est vraiment le Christ qui nous parle cœur à cœur.

La vertu évangélisatrice du pèlerinage

Extrait d’un entretien donné dans Le Nouveau Conservateur par Philippe Darantière, président de Notre-Dame de Chrétienté :

Vous pouvez commander ou vous abonner au Nouveau Conservateur ici ou le retrouver chaque mois sur Le Club de la Presse.

La Vie Chrétienne Victorieuse – « La confiance en soi : l’illusion de l’invincibilité »

Pierre aimait sincèrement son Maître, mais il aimait aussi sa propre force. Cette nuit-là, Jésus lui annonça une chute qu’il jugeait impossible. Mais quand le coq chanta pour la troisième fois, Pierre comprit trop tard que sa propre force n’était que faiblesse. Son histoire est celle d’une confiance brisée et d’une foi renaissante. L’assurance de soi, même sincère, prépare souvent la chute. Seule, la confiance placée en Jésus-Christ demeure sûre.

Cette scène de l’avertissement du reniement, répétée par les quatre évangélistes, a quelque chose de solennel, presque de tragique. Jésus, dans l’institution de la Cène, tourne vers ses disciples un regard pénétrant :
« Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le blé », murmure-t-il (Luc 22:31).

Et Pierre, sans hésiter, de répondre avec cette fougue qui le caractérise :

« Seigneur, je suis prêt à aller avec toi en prison et à la mort ! » (Luc 22:33).

Matthieu et Marc rapportent la même assurance, teintée d’une pointe de défi : « Même si tous viennent à tomber, moi, je ne tomberai pas. » (Matthieu 26:33). Jean, lui, note cette phrase pathétique : « Je donnerai ma vie pour toi. » (Jean 13:37).

Et pourtant…
Quelques heures plus tard, dans la cour glaciale du grand-prêtre, le même Pierre, le premier des apôtres, se met à nier. Pas une fois, ni deux, mais trois. D’abord avec une timide esquive : « Je ne sais pas ce que tu dis. » (Luc 22:57). Puis avec une irritation grandissante : « Je ne connais pas cet homme. » (Luc 22:58). Enfin, avec un serment qui sonne comme un blasphème : « Je ne sais pas de quoi tu parles ! » (Luc 22:60).

Et alors, le coq chanta.

Ce n’est pas un hasard si les Évangiles insistent sur ce détail. Le chant du coq, dans l’Antiquité, marquait le passage de la nuit au jour – mais ici, il scelle la fin d’une illusion. Pierre, en entendant ce cri, se souvient. Et il pleure. Non pas des larmes de regret superficiel, mais un déchirement : celui d’un homme qui découvre, dans la honte, que sa confiance en lui-même était bâtie sur le sable.

Car Pierre n’était pas un lâche. Il avait marché sur les eaux (Matthieu 14:29), confessé que Jésus était le Christ (Matthieu 16:16), frappé Malchus avec l’épée, et juré de suivre le Seigneur jusqu’au bout. Mais sa force, il la puisait en lui-même et c’était là son erreur. Jésus, lui, savait. Il avait prié pour lui, non pour l’épargner de l’épreuve, mais pour que sa foi ne défaille pas (Luc 22:32).

Car la vraie question n’était pas : « Pierre, tiendras-tu ? », mais : « Pierre, en qui places-tu ta confiance ? » Et la réponse, cette nuit-là, fut cruelle.

L’histoire de Pierre n’est pas un cas isolé. Elle résonne avec les chutes de tous ceux, qui, avant lui, avaient cru que leur propre bras les sauverait.
Les exemples suivants mettent en relief leur gravité.
Moïse, lui, avait vu la main de Dieu se déployer en Égypte, à la mer Rouge, dans le désert. Pourtant, à Mériba, excédé par les murmures du peuple assoiffé, il frappe le rocher au lieu de lui parler, comme Dieu l’avait ordonné. « Écoutez, rebelles ! », s’exclame-t-il, comme si sa propre autorité devait faire jaillir l’eau (Nombres 20:10). Et Dieu lui répond avec une sévérité rare : « Parce que vous n’avez pas eu confiance en moi. » (Nombres 20:12). En conséquence, Moïse, l’homme le plus humble de la terre n’entrera pas dans le pays donné par Dieu. Son frère Aaron subira le même châtiment.

Et que dire de la faiblesse morale de Samson ? Ce juge, doté d’une force surhumaine, jouait avec le feu. Il défiait les Philistins, brisait ses liens comme des fils de lin, mais cédait à Dalila, persuadé qu’il pourrait toujours échapper à son piège. « Si on m’attache avec des cordes neuves, je deviendrai faible comme un autre homme. » (Juges 16:11). Il mentait, à elle et à lui-même. Quand enfin les Philistins lui crèvent les yeux, il comprend, trop tard, que sa force n’était pas la sienne. Néanmoins, ces deux hommes, Moïse et Samson, entre autres, sont cités parmi les « héros de la foi » qui ont obtenu le témoignage d’être agréables à Dieu par la foi. (Hébreux 11 : 39).

Même Saul de Tarse, ce pharisien zélé, était convaincu de servir Dieu en persécutant les chrétiens. « Je suis un Juif, né à Tarse en Cilicie, mais j’ai été élevé dans cette ville, instruit aux pieds de Gamaliel dans la stricte observance de la loi de nos pères » (Actes 22:3).

Sa confiance en sa propre justice était inébranlable. Jusqu’à ce que, sur le chemin de Damas, une lumière l’aveugle et qu’une voix lui demande : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » (Actes 9:4). Sa chute (littérale) fut le début de sa conversion : non plus une confiance en ses œuvres, mais en Celui qu’il persécutait.

Ces récits, séparés par des siècles, se rejoignent en un point : la confiance en soi, quand elle devient autosuffisance, est une trahison. Non pas une trahison de Dieu – car Lui sait nos limites mieux que nous – mais une trahison de notre propre nature. L’homme, créé pour dépendre de son Créateur, se croit parfois capable de se suffire à lui-même.
Pourtant, la confiance en soi n’est pas le seul écueil. Il en est un autre, tout aussi subtil : le manque de confiance en Dieu. Cette nuit où la tempête secouait la barque sur le lac de Galilée, les disciples, paniqués, réveillèrent Jésus en hurlant : « Maître, nous périssons ! » (Matthieu 8:25). Pourtant, s’ils avaient vraiment cru que Celui qui dormait à l’arrière était le Maître des vents et des flots, ils se seraient allongés en paix à Ses côtés.

Car « la mer est à Lui, c’est Lui qui l’a faite » (Psaume 95:5). ” Qui a fermé la mer avec des portes…; Quand je dis: tu viendras jusqu’ici, tu n’iras pas au-delà; ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots? ” (Job 38:8-11)
Leur erreur n’était pas la peur de la tempête, mais l’oubli de Celui qui la dominait.

La Bible ne condamne pas toute confiance en soi. Le paysan qui sème son champ, l’artisan qui travaille de ses mains, la femme vertueuse qui veille sur ce qui se passe dans sa maison, l’étudiant qui prépare ses examens ; tous agissent avec une confiance raisonnable en leurs capacités.

Dieu nous a donné des dons, des talents, une intelligence ; il serait ingrat de les négliger.
Mais il y a une ligne rouge, fine et périlleuse, entre la confiance en soi comme outil (« Je vais étudier pour réussir mon examen ») et la confiance en soi comme idole (« Je n’ai besoin de personne, pas même de Dieu »).

Jacques, dans son épître, met en garde contre cette illusion :

« Vous qui dites : Aujourd’hui ou demain nous irons dans telle ville… Vous ne savez pas ce qui arrivera demain ! » (Jacques 4:13-14).

La vie est une vapeur, et nos projets, aussi solides soient-ils, tiennent à peu de chose. « Si le Seigneur le veut, nous vivrons. » (Jacques 4:15). Cette simple phrase : « si le Seigneur le veut » est le gardien de notre humilité.

La confiance en Dieu ne nie pas nos efforts ; elle les oriente. Elle ne nous demande pas de renoncer à notre intelligence, mais de la soumettre. Si Moïse, Samson, Pierre, ou Paul (Saul) nous semblent lointains, leurs erreurs, elles, sont éternellement actuelles. Combien de croyants, aujourd’hui, placent leur confiance dans leurs œuvres plutôt que dans la grâce ? Ils jeûnent, prient, donnent et s’imaginent que ces actes leur méritent le salut. Pourtant, Paul est catégorique :

« C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres. » (Éphésiens 2:8-9).

La confiance en ses propres mérites est une illusion hasardeuse. « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? » (1 Corinthiens 4:7), leur rappelle Paul. Nos talents sont des dons, pas des trophées. Certaines Églises, aussi, tombent dans le piège. Elles misent sur des stratégies marketing, des programmes sophistiqués. Le Seigneur Jésus n’a pas besoin de nos méthodes ; Il cherche notre obéissance. Et que dire de ceux qui, comme Pierre avant sa chute, se croient à l’abri de la tentation ? « Moi, je ne tomberai jamais ! » Combien de mariages brisés, de ministères souillés, de vies dévastées par cette présomption ? « Que celui qui croit être debout prenne garde de ne pas tomber. » (1 Corinthiens 10:12).

Le monde moderne, avec son culte de la performance et de l’autonomie, alimente cette illusion. « Sois toi-même », « Crois en toi », « Tu as tout en toi ». Ces slogans, répétés à l’envi, résonnent comme des échos déformés de la chute de l’humanité au jardin d’Éden : « Vous serez comme des dieux. » (Genèse 3:5).
Or, la Bible nous rappelle une vérité dérangeante : nous ne sommes pas des dieux. Nous sommes des créatures fragiles, faillibles, et désespérément en besoin de grâce. Pour certains, c’est dur à entendre. Alors, où placer notre confiance ? Pas en nous-mêmes, car « le cœur est trompeur par-dessus tout.» Pas en les autres, car « Maudit soit l’homme qui se confie dans l’homme.» Pas dans les circonstances, car « le monde passe et sa convoitise aussi.» En Jésus, car Lui seul a vaincu le péché, la mort et Satan. Lui seul peut dire : « Je suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin » (Apocalypse 22:13).
Pierre, après sa chute, l’a compris. Quand Jésus, sur le rivage de Tibériade, lui demande : « M’aimes-tu ? », il ne répond plus avec arrogance, mais avec humilité : « Seigneur, tu sais que je t’aime » (Jean 21:15-17). Sa confiance en lui-même était brisée ; sa confiance en Christ, elle, était inébranlable.

Paul, lui aussi, avait troqué sa confiance en sa propre justice contre une foi totale en Jésus : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi » (Galates 2:20). Et il pouvait ajouter, avec une assurance nouvelle : « Je puis tout par celui qui me fortifie » (Philippiens 4:13).

La vraie confiance n’est pas l’absence de doute, mais la certitude que Dieu est fidèle, même quand nous ne le sommes pas. « Si nous sommes infidèles, lui reste fidèle, car il ne peut se renier lui-même » (2 Timothée 2:13).

Au terme de ce parcours, une question persiste : comment cultiver cette confiance en Christ ?

Peut-être en commençant par reconnaître notre faiblesse. Nos forces sont limitées, les siennes sont infinies. Ensuite, en méditant Sa Parole ; « La foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ » (Romains 10:17). Plus nous connaissons Jésus, plus nous Lui faisons confiance. En priant. La prière n’est pas un monologue où nous informons Dieu de nos besoins ; c’est un dialogue où nous reconnaissons notre dépendance. Et enfin, en n’oubliant pas nos chutes. Pierre n’a jamais oublié son reniement. Cette mémoire douloureuse était le gardien de son humilité. De même, nos échecs peuvent devenir, non pas des stigmates de honte, mais des rappels que notre force vient d’ailleurs.

Un jour, l’apôtre Jean, vieux et exilé sur l’Île de Patmos (Mer Égée), écrivit ces mots :
« Ce qui est né de Dieu triomphe du monde ; et voici la victoire qui triomphe du monde, notre foi » (1 Jean 5:4).

La victoire ne vient pas de nous. Elle vient de Celui en qui nous plaçons notre foi. Et c’est là, peut-être, la plus belle leçon de l’histoire de Pierre : la confiance en soi mène à la chute ; la confiance en Christ, à la victoire.

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Si le Conseil constitutionnel ne garantit pas la liberté des établissements religieux, un recours sera déposé devant la CEDH

Grégor Puppinck, directeur de l’ECLJ, signale que

d’éminents juristes, de toute l’Europe, se sont rassemblés autour de nous pour remettre au Conseil constitutionnel une « contribution volontaire en défense du droit des organisations religieuses à ne pas être contraintes d’organiser la pratique de l’euthanasie et du suicide assisté ». Parmi les 35 signataires figurent quatre anciens juges de la Cour européenne des droits de l’homme, d’anciens commissaires européens et des universitaires.

Nous nous activons pour faire intervenir aussi d’autres autorités.

Si le Conseil constitutionnel ne garantit pas la liberté des établissements religieux, nous sommes prêts, déjà, à aller à la Cour européenne des droits de l’homme. Notre stratégie est déjà en place.

Enfin, parce que les problèmes de la loi sur l’euthanasie ne se limitent pas à la liberté des établissements religieux, l’ECLJ, en tant que tel, a aussi remis au Conseil un mémoire exposant de façon précise et explicite les graves problèmes contenus dans cette loi. Je vous assure que la liste est impressionnante. J’ai lu et relu cette loi pour l’analyser et, à chaque fois, j’y découvre de nouveaux risques d’abus. J’ai moi-même du mal à l’admettre. Il est terrible de devoir constater que cette loi, malgré les discours rassurants de certains, ouvre en fait un véritable « boulevard » à la mort dès lors qu’un médecin serait désireux de « libérer » un patient de ses souffrances.

Je vous préviens d’ores et déjà qu’il sera quasiment impossible de faire constater une « euthanasie abusive », car tout le processus est entre les mains d’un seul médecin. Je vous invite à lire attentivement notre analyse détaillée, et à la partager autour de vous. Les gens ne réalisent pas à quel point cette loi est faite pour faciliter la mort.

Censure : Macron se félicite que la France soit alignée sur le Vietnam communiste

Emmanuel Macron a remercié le régime communiste vietnamien de faire comme la France en censurant les réseaux sociaux :

Au Vietnam, plus de 160 prisonniers politiques sont détenus pour avoir exercé pacifiquement leur liberté d’expression ou critiqué le pouvoir. Les articles 117 et 331 du Code pénal permettent de condamner jusqu’à vingt ans de prison pour « propagande contre l’État » et jusqu’à sept ans pour « abus des libertés démocratiques ». Le régime emprisonne journalistes, blogueurs et simples citoyens pour leurs publications : 29 journalistes étaient encore derrière les barreaux en mars 2026, et le Vietnam figurait au 174ᵉ rang sur 180 pour la liberté de la presse. Son décret 147 impose déjà l’identification des comptes, le retrait des contenus jugés illégaux et la transmission des données des utilisateurs aux autorités avec très peu de garanties. La France, qui avait pour étendard la liberté, remercie donc publiquement l’un des régimes les plus répressifs du monde d’avoir rejoint son “mouvement”. Lorsque le Vietnam adopte votre modèle de contrôle de la parole, ce n’est pas une consécration : c’est une alerte. On attend désormais les félicitations de la Corée du Nord et du Turkménistan.

Quelle sera la phase suivante ?

“Soyons des missionnaires auprès des malades, des sans-espérance autour de nous”

Dans La Nef, un moine de Sainte-Marie de La Garde propose de résister à l’euthanasie avec les armes de vie de la foi. Extrait :

[…] Quelle sera donc notre arme suprême pour affronter maladie, vieillesse, perte d’autonomie et mort ? La grâce intérieure que le Christ, vrai Dieu et vrai homme, nous a méritée par sa mort, et que son exemple nous rend visible extérieurement. Pas de plus beau modèle, de plus bel exemple à suivre, que celui du Christ, spécialement face à la souffrance du corps, de l’esprit et de l’âme, face à la plus terrible cruauté des hommes, face à la solitude de la mort sur la croix. Il nous a tous aimés, individuellement, et il nous a aimés… jusque-là ! Et « Il s’est livré lui-même pour nous, s’offrant à Dieu en sacrifice, victime d’agréable d’odeur » pour nous racheter, et que nous soyons rendus à nouveau dignes d’avoir part à cet héritage dans son propre royaume, qui est aussi celui de Dieu. Ce n’est pas une « arme d’auto-délivrance », une arme qui cause la mort, mais une arme de vie, d’union au Christ Rédempteur et Sauveur, une arme de communion qui fait de nous, non plus seulement des bénéficiaires, mais aussi des coopérateurs à notre propre rédemption, aux dires de saint Thomas d’Aquin, et pas seulement de notre rédemption personnelle, mais de la rédemption du monde, de tous les souffrants, de tous les désespérés de la terre. Affirmation reprise par le Catéchisme de l’Église Catholique au n. 618.

Obéissance amoureuse

Jésus, fils de Dieu et fils de l’homme, a affronté et embrassé librement, volontairement la mort, propre de la condition humaine. Malgré son effroi face à elle, lui, le Prince de la Vie, il l’assuma à bras-le-corps… et le cœur, dans un acte de soumission totale et empreinte du plus grand amour, envers le dessein rédempteur de son Père envers toute l’humanité. Son obéissance jusqu’à la mort a transformé la malédiction de la mort en une bénédiction pour tous les hommes. À sa suite, notre propre mort et les souffrances qui la précéderont peut-être, seront transformées en un acte d’obéissance amoureuse envers le Père.

Comment nous y préparer ? Accueillons les « petites morts » de chaque jour, en disant : « Puisque tu le veux Jésus, je le veux aussi avec toi, et joyeusement ! » Soyons des missionnaires auprès des malades, des sans-espérance autour de nous, leur rappelant au creux de l’oreille, tout en mêlant douceur et prière, leur immense dignité, leur participation à l’action rédemptrice et salvatrice du Christ, leur disant, selon ces mots d’une carmélite, Sœur Marie du Saint-Esprit, morte de leucémie en 1967, qu’un grand amour nous attend tous : « Si je meurs, ne pleurez pas, c’est un amour qui me prend. Si j’ai peur – et pourquoi pas ? Rappelez-moi simplement qu’un amour, un amour m’attend. Il va m’ouvrir tout entière à sa joie, à sa lumière. »

Discrimination artistique

Lors des son concert aux Fêtes de Gand, le 20 juillet, la chanteuse néerlandaise Sophie Straat a lancé :

« Tous les hommes blancs à l’arrière ! C’est l’heure des filles, des queers, des personnes de couleur ! » « Plus de temps pour la nuance : il est déjà trop tard, bien trop tard pour la nuance. Tous les hommes blancs au fond ! »

L’office anti-discrimination Unia a reçu près de 200 signalements. Mais les a rejeté, car il s’agit là d’une « expression symbolique et artistique ».

Essaie-t-on une expression artistique avec les noirs et les arabes pour voir ?

Une initiative au service des enfants les plus fragiles : la Classe Notre-Dame de l’Espérance

Depuis deux ans, la classe Notre-Dame de l’Espérance, au sein du Sénevé école & collège à Castres (Tarn), accueille des enfants porteurs de handicap de 6 à 12 ans présentant des besoins éducatifs exceptionnels. Pour poursuivre cette mission essentielle, elle a aujourd’hui besoin de votre soutien.

Une classe pour que chaque enfant trouve sa place

Ces enfants ont souvent connu des parcours scolaires difficiles. Comme tous les autres, ils ont besoin d’un lieu où ils puissent apprendre, grandir et s’épanouir avec un accompagnement adapté à leurs capacités.

Fidèle à sa mission, l’école a ouvert la classe Notre-Dame de l’Espérance en 2024, pour répondre aux besoins des familles. Grâce à un enseignement individualisé assuré par deux enseignants spécialisés, chaque enfant progresse à son rythme. Notre ambition est de lui permettre d’acquérir les fondamentaux (lecture, écriture, mathématiques), tout en développant son autonomie, sa confiance en lui, ses compétences sociales et sa vie relationnelle. Lorsque cela est possible, les élèves rejoignent également les autres classes de l’école afin de favoriser leur inclusion.

Cette initiative, soutenue à deux reprises par la Fondation Jérôme Lejeune par la prise en charge de la formation de notre équipe éducative, apporte une réponse concrète à des familles qui recherchent une scolarisation adaptée pour leur enfant.

Aujourd’hui, cette classe a besoin d’aide !

La classe Notre-Dame de l’Espérance ne reçoit aucune subvention publique. Les frais de scolarité ne suffisent pas à financer les professionnels indispensables à un accompagnement aussi personnalisé.

Le Sénevé vient donc de lancer une campagne de collecte sur CredoFunding afin de maintenir cette classe spécialisée Notre-Dame de l’Espérance.

Faisant confiance à la Providence, elle demande à chacun d’en être les instruments !

LIEN : https://www.credofunding.fr/fr/le-seneve

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GPA en Ukraine : Juristes pour l’Enfance alerte l’ONU sur l’exploitation des femmes et des enfants

Communiqué de Juristes pour l’enfance :

À l’occasion de l’Examen Périodique Universel (EPU) de l’Ukraine – mécanisme de l’ONU qui évalue périodiquement la situation des droits de l’homme dans chaque État membre – Juristes pour l’Enfance, Alliance Defending Freedom International et la Déclaration de Casablancadénoncent les graves violations des conventions internationales commises par la pratique de la gestation pour autrui (GPA) en Ukraine.

Tout d’abord la GPA, qui est légale en Ukraine depuis 2002, fait de ce pays l’une des destinations les plus attractives au monde grâce à des coûts faibles et une législation permissive. Le nombre de GPA commise par an est en forte hausse notamment à cause de l’augmentation mondiale de la demande et des interdictions dans d’autres pays.

De plus, le contexte de guerre aggrave l’exploitation : des cliniques ciblent les femmes en grande précarité financière, souvent mères de famille, avec des offres de paiement entre 11 800 et 17 800 euros par grossesse (voir ICI). Des publicités agressives (réductions « Black Friday », recrutement massif) et des pressions sur les mères porteuses sont documentées (voir ICI).

La GPA n’est pas une pratique anodine. Elle heurte la santé et les droits des mères porteuses, ainsi que ceux des enfants. Sont documentés les exemples suivants :

– Des enfants abandonnés (notamment handicapés) lorsque les commanditaires étrangers ne les récupèrent pas ;

– Des cas de « bébés stockés » dans des nurseries de fortune pendant la pandémie puis la guerre ;

– Des risques accrus pour la santé des mères (hémorragies, prééclampsie, troubles psychologiques) et des enfants (choc traumatique de l’abandon en raison de la séparation précoce de la mère, impacts sur le développement).

Au regard du droit international, ces pratiques constituent une vente d’enfants, une forme de traite d’êtres humains et une exploitation incompatible avec les obligations internationales de l’Ukraine en matière de droits de l’homme.

Juristes pour l’Enfance, ADF international et la Déclaration de Casablanca appellent l’Ukraine à interdire totalement la GPA et l’ONU à formuler des recommandations fermes en ce sens.

Voir la contribution ICI.

Grand remplacement : aux Etats-Unis aussi

Lu sur le blog d’Yves Daoudal :

La United American Muslim Association a acheté le Montfort Spiritual Center de Bay Shore (New York) pour 5,2 millions de dollars.

Le Centre spirituel Montfort était un séminaire ouvert par les Missionnaires montfortains (de saint Louis-Marie Grignion de Montfort) en 1926. Il avait fermé en 1972, puis il avait servi récemment de maison de retraite pour prêtres.

Il n’y avait plus de séminaristes, puis les vieux prêtres sont morts. Les musulmans en font une école islamique pour 120 collégiens et lycéens.

Devenez actionnaire de Chérubins, la 1ère plateforme d’histoires audios chrétiennes

À l’heure où les contenus audios occupent une place croissante dans le quotidien des plus jeunes, une conviction guide ce projet : ce que les enfants écoutent façonne durablement ce qu’ils deviennent. Les grandes histoires construisent l’imaginaire, nourrissent l’intelligence et le cœur, éveillent le sens du beau et transmettent, souvent avec plus de force que les discours, une certaine vision de l’homme. Pourtant, les familles peinent encore à trouver des récits capables d’allier une qualité artistique d’excellence aux valeurs qu’elles souhaitent transmettre à leurs enfants.

C’est pour répondre à cet enjeu qu’est née Chérubins. Dans un marché mondial du livre audio en forte croissance, la société s’est positionnée sur un segment encore largement inexploité, en développant une offre premium où chaque histoire est pensée pour émerveiller autant que pour transmettre. Portée par une équipe fondatrice expérimentée et des partenaires éditoriaux de référence, Chérubins a démontré la pertinence de son positionnement en fédérant une communauté déjà engagée de plusieurs milliers de familles.

La levée de fonds aujourd’hui proposée a vocation à accompagner une nouvelle phase d’accélération, en renforçant le catalogue d’histoires audio, les développements technologiques et le déploiement commercial de la société. Au-delà de ses perspectives de croissance, Chérubins ambitionne de devenir un acteur de référence des contenus audio à destination de la jeunesse, en bâtissant une marque culturelle durable dont le rayonnement s’inscrira dans le temps et bien au-delà des frontières françaises.

Souhaitez-vous devenir actionnaire de Chérubins et ainsi choisir d’investir dans une entreprise à fort potentiel de développement, mais également de soutenir une ambition culturelle au service des générations futures ?

Pour découvrir ce projet et y investir, il vous faut cliquer sur le lien ci-après qui vous dirigera sur la Page de Présentation officielle : https://www.credofunding.fr/fr/cherubins-capital

Vous pouvez contacter Edouard Vieilfault ([email protected]) pour toute demande de précision si nécessaire.

L’investissement comporte des risques de perte partielle ou totale du capital investi – Des frais sont dus par le porteur de projet et les investisseurs (18 € TTC).

Les évêques consacreront l’Angleterre et le Pays de Galles au Sacré-Cœur de Jésus

L’initiative d’une paroissienne a touché les évêques d’Angleterre et du Pays de Galles. Sarah Scott a écrit à plusieurs évêques pour leur demander la consécration officielle de l’Angleterre et du Pays de Galles au Sacré-Cœur de Jésus et a recueilli des soutiens grâce à une pétition en ligne. Plusieurs évêques ont reçu son courriel et la question a été transmise au secrétaire général de la Conférence des évêques d’Angleterre et du Pays de Galles, le chanoine William Agley, afin qu’il y réponde au nom des évêques.

Agley expliqua que la demande devait d’abord faire l’objet d’une enquête : il était nécessaire d’établir si une telle consécration avait eu lieu depuis l’émancipation des catholiques en 1829. N’ayant trouvé aucune trace d’une telle consécration, les évêques examinèrent la proposition lors de leur assemblée plénière suivante. Dans sa réponse à Scott, le secrétaire général écrivit :

« Je suis heureux de confirmer que les évêques sont d’accord pour que l’Angleterre et le Pays de Galles soient consacrés au Sacré-Cœur de Jésus. Ils vont maintenant étudier le moment et le lieu les plus appropriés. Dès qu’une décision aura été prise, les détails seront publiés. »

Agley a ajouté qu’il était reconnaissant à Scott d’avoir porté la question à l’attention de la Conférence et qu’il était convaincu que la consécration serait une source de bénédictions abondantes pour les deux pays.

Scott accompagna sa lettre d’une pétition dans laquelle il écrivait notamment :

« Nous, les fidèles, ressentons un profond appel à revenir à la source de tout amour et de toute miséricorde. Nos nations ont une riche histoire de foi, mais aujourd’hui, beaucoup se sentent perdus. Nous croyons que, par la consécration solennelle de nos pays, de nos familles et de notre avenir au Cœur du Christ, un véritable renouveau spirituel peut s’amorcer. En ces temps de peur et de division, nous avons besoin de ce ardent foyer d’amour pour guérir nos communautés et guider nos dirigeants. »

La Grande-Bretagne est liée à la dévotion au Sacré-Cœur depuis ses origines. Le directeur spirituel et défenseur de sainte Marguerite-Marie Alacoque était le jésuite français saint Claude de la Colombière, qui introduisit cette dévotion en Angleterre. En 1676, il fut envoyé à Londres comme prédicateur auprès de Marie de Modène, duchesse catholique d’York et future reine d’Angleterre. Il s’installa à la cour de Saint-James et, pendant trois ans, prêcha dans une ville marquée par une forte hostilité envers le catholicisme.

La dévotion qu’il apporta aux îles demeura secrète durant les persécutions des catholiques. Au XVIIIe siècle, elle fut renforcée par des prêtres français réfugiés en Angleterre pour fuir la Révolution française. Ce n’est qu’après l’émancipation des catholiques en 1829 que le développement public et légal de la dévotion au Sacré-Cœur fut possible : les catholiques purent reconstruire leurs églises avec une plus grande liberté, et nombre de ces nouveaux lieux de culte furent dédiés au Sacré-Cœur de Jésus.

L’inspiration de Scott est survenue au moment où les évêques américains avaient accompli un acte similaire en juin de la même année. La consécration aux États-Unis était liée au 250e anniversaire de la signature de la Déclaration d’indépendance , de sorte que cet événement patriotique soit non seulement l’occasion d’une célébration nationale, mais aussi d’une soumission spirituelle du pays au Christ.

Les évêques anglais ont annoncé qu’ils choisiraient la date et le lieu les plus appropriés pour la consécration, et que les détails seraient publiés prochainement. Il est possible qu’ils choisissent une date liée à un anniversaire important de l’histoire de l’Angleterre et du Pays de Galles. 

Les chrétiens néerlandais s’opposent à un projet de loi visant à étendre l’accès aux avortements tardifs

Aux Pays-Bas, une « extension radicale » des avortements tardifs est  à l’étude, avec des projets d’avortement entre 22 et 24 semaines pour des « raisons sociales » plutôt que médicales, ce qui suscite de vives inquiétudes chez les dirigeants chrétiens.

Martine Versteeg-ter Veen, directrice de MissieNederland (l’alliance évangélique néerlandaise), a exprimé son inquiétude :

« De plus en plus d’hôpitaux parviennent à maintenir en vie des enfants prématurés, parfois même jusqu’à 22 ou 23 semaines ». « Il est sidérant de lire qu’avec cet essai clinique, des enfants du même âge peuvent désormais être avortés sans raison médicale. »

MissieNederland fait désormais campagne avec des organisations de la société civile et des partis de la Tweede Kamer der Staten-Generaal, la chambre basse des représentants à La Haye, qui ont de sérieuses objections à ce projet.

« Continuons à construire ensemble une culture (de soins) dans laquelle les parents ne sont pas laissés seuls, les vies vulnérables sont protégées et la dignité humaine est au centre ».

Le SGP (Staatkundig Gereformeerde Partij), connu sous le nom de Parti politique réformé, est l’un des groupes politiques qui s’opposent à ces projets. Un communiqué de presse de la SGP indique que ce sont principalement les professionnels de santé qui expriment leur dégoût face à la perspective d’interrompre une grossesse tardive pour des raisons sociales. 

Le SGP a indiqué que des conversations avec des prestataires de soins de santé dans divers hôpitaux ont révélé que des avortements entre 22 et 23 semaines pour des raisons sociales avaient déjà eu lieu à plusieurs reprises ces derniers mois. Diederik van Dijk, député du SGP, souligne :

« Cela a un impact considérable sur le terrain. De nombreux membres du personnel ont des objections morales à coopérer avec cette mesure ». « Alors que les professionnels de santé mettent normalement tout en œuvre pour sauver des bébés, on leur demande maintenant de laisser mourir un nouveau-né. »

« Nous détectons également la peur afin d’ouvrir le dialogue au sein des équipes. Je comprends parfaitement chaque professionnel de santé qui déclare : « Je ne coopérerai pas. » L’avortement est toujours une épreuve terrible, quel que soit le stade : il tue un enfant. Dans le cas des avortements très tardifs, cela se manifeste de façon particulièrement intense et tragique. Un bébé parfaitement formé, né vivant, puis délibérément abandonné à son sort dans le service de maternité d’un hôpital… C’est glaçant et cela crie vers le ciel ! »

Van Dijk s’est demandé si les plans d’avortement tardif respectaient même les directives légales des gynécologues et des hôpitaux.

« Avec cette expansion radicale de l’avortement, les limites du droit pénal sont littéralement mises à l’épreuve. Or, aucun débat politique ou social sérieux sur les questions morales, juridiques et pratiques n’a jamais eu lieu. Cette évolution contraire à l’éthique doit donc être stoppée immédiatement ! »

Van Dijk a soumis une série de questions parlementaires au ministre de la Santé, Sophie Hermans, concernant les hôpitaux qui prévoient de pratiquer ces avortements, leur fréquence, les circonstances du décès du bébé, les directives applicables et ce que l’on sait de la perception de la douleur chez les bébés à 22 et 23 semaines.

Instruction en famille : face à une loi illégitime, ils choisissent la résistance

Elle est diplômée de l’École Normale Supérieure (Ulm) et agrégée d’histoire, en fin de thèse à la Sorbonne, lui, également normalien, a travaillé un temps comme conseiller en cabinet ministériel. Parents de trois jeunes enfants, ils se battent pour instruire eux-mêmes leur fille de 3 ans et se heurtent à un mur administratif.

Depuis 2021, l’instruction en famille n’est plus un droit sur simple déclaration. La loi confortant le respect des principes de la République, dite loi contre le séparatisme, a instauré un régime d’autorisation, restreint à quatre motifs : la santé, la pratique sportive ou artistique intensive, l’itinérance de la famille, ou l’existence d’une « situation propre à l’enfant ».

C’est ce dernier motif qu’ils ont tenté de faire valoir. En vain.

« Le directeur académique des services de l’Éducation nationale a répondu que ma fille n’avait pas de situation propre, et que rien n’empêche sa scolarisation ». « Or, la seule question qui nous préoccupe est de savoir quelle option lui permettra de s’épanouir le mieux ».

Le nombre d’enfants instruits en famille est passé de plus de 72 000 en 2022 à 30 644 en 2025.

« Cette loi est illégitime », « On ne prend pas en compte le bien des enfants et l’État tend à s’arroger un monopole qui fut toujours le propre des tyrannies. Disons-le franchement : le bien de notre fille prime l’avis des bureaucrates ».

Après deux refus, les parents s’apprêtent à saisir le tribunal administratif :

« En attendant le jugement, nous nous apprêtons à entrer en désobéissance civile ».

L’atelier du regard – Méditation devant une peinture de Paul Urtin

Illustration : Paul Urtin (1874-1962), Intérieur (Collection particulière). Photo : Sergyl Lafont.

« Il faut regarder longtemps pour commencer à voir. »

Voici le salon peint par Paul Urtin. Je le fréquente sans en avoir franchi le seuil. Cette pièce est depuis longtemps devenue l’une des chambres de ma mémoire. Elle accompagne mon existence, témoin discret de mes joies, de mes inquiétudes et de mes heures de paix.

Une fenêtre ouverte sur une mystérieuse clarté, un feu tranquille dans l’âtre, une banquette tournée vers les flammes, quelques tableaux, des tapis usés. Rien d’extraordinaire. Rien qui cherche à retenir le regard. Et pourtant, tout y respire une profonde humanité.

À première vue, il ne s’y passe rien. Puis, peu à peu, une présence invisible se laisse pressentir. La chaise paraît avoir été reculée. La banquette conserve une empreinte. Le livre attend une main. Le foyer veille. Il ne manque personne. Ou peut-être sont-ils tous là.

Au fil des années, j’ai compris que cette toile ne représentait pas seulement un intérieur : elle révélait une manière d’habiter le monde.

Je croyais longtemps revenir devant ce tableau pour le contempler. Avec les années, j’ai compris que c’était lui qui me regardait. Ou plutôt qu’il travaillait mon regard. À chaque retour, il défaisait un peu de mon agitation, de ma dispersion, parfois même de mes illusions sur moi-même. Il ne m’enseignait aucune théorie ; il formait lentement une manière de voir.

Les peintres parlent volontiers de leur atelier comme du lieu où l’œuvre prend forme. Ce salon est devenu, pour moi, un atelier d’une autre nature. Non celui où l’on peint une toile, mais celui où le regard apprend à mûrir. Car regarder est un travail. Voir est une ascèse. Et toute véritable œuvre d’art finit par façonner celui qui accepte de la fréquenter avec fidélité.

Une demeure contre la dispersion
Notre époque ne manque pas d’images ; elle manque de demeures. Nos regards glissent d’un écran à l’autre sans consentir au temps nécessaire pour que le présent devienne présence. Le tableau d’Urtin ne cherche pas à séduire : il attend. Il oblige à ralentir. Il faut accepter de s’arrêter pour qu’il consente à nous parler.

Pourtant, une mise en garde s’impose. Il m’arrive de contempler cette paix et d’entendre une voix murmurer : « Vois comme tu es sensible. Vois comme tu sais reconnaître les vraies choses. » Ce n’est pas la voix du tableau ; c’est celle de l’orgueil.

Je croyais contempler une œuvre ; je m’en servais comme d’un miroir où venait se refléter l’image flatteuse de ma propre profondeur. La grâce ne se laisse jamais transformer en preuve de notre élévation. Il faut parfois laisser la peinture n’être qu’une peinture, la lumière une lumière. Renoncer à tout convertir en miroir de soi afin que ce qui nous dépasse puisse enfin advenir.

Car ce tableau, je l’ai appris à force d’y revenir, ne m’a jamais rendu sage. Il m’a seulement invité, chaque jour, à le devenir. Et chaque soir, en rentrant du travail, fatigué, parfois agité, je mesurais l’écart entre la paix qu’il m’offrait et celle que je prétendais avoir atteinte. Je m’y ancrais comme un bateau retrouvant son port. Mais le port n’est pas la demeure definitiva ; il est seulement le lieu où l’on reprend souffle avant de repartir.

La sagesse n’est pas un état que l’on possède. Elle est une orientation vers laquelle on revient, soir après soir, avec l’humilité de celui qui sait qu’il n’est jamais arrivé.

L’hospitalité du quotidien
Nous appelons volontiers les objets des « choses inanimées ». L’expression ment sur ce qu’elle désigne. Notre humanité se dépose en eux. Les meubles fidèles recueillent la mémoire de ceux qui vivent auprès d’eux. Une maison est un souvenir devenu visible. Les murs ne pensent pas ; ils se souviennent.

À force d’y revenir, les gestes, les conversations, les silences et les prières imprègnent les lieux. Une demeure finit par porter l’empreinte invisible de ceux qui l’habitent. Elle devient la mémoire silencieuse de leur passage.

Élie Faure, évoquant Vermeer, écrivait :

« Vermeer a peint jusqu’au silence rayonnant qui émane des choses amies, jusqu’à l’accueil qu’elles vous font. Cette femme et ce miroir ont l’habitude l’un de l’autre. »

Ces mots pourraient orner le salon d’Urtin. Entre cette fenêtre, ce parquet et moi s’est établie une étrange familiarité — non pas celle qui use, mais celle qui approfondit.

À mesure que les années passent, je découvre que les objets les plus simples possèdent une discrète fidélité. Ils ne parlent pas, mais ils demeurent. Ils ne retiennent rien pour eux-mêmes ; ils accueillent seulement la vie qui les traverse. Peut-être est-ce là leur secrète hospitalité : nous rappeler que les réalités les plus humbles peuvent devenir le lieu d’une présence qui les dépasse.

La musique de la lumière
À mesure que le regard s’attarde, le véritable sujet du tableau se révèle : la lumière.

La fenêtre n’éclaire pas seulement la pièce ; elle y invite le jour. Sur le parquet, sa clarté rejoint celle du foyer. Deux lumières dialoguent sans rivalité : l’une venue du dehors, l’autre gardienne du dedans. Elles se répondent avec une douceur qui ne cherche jamais à triompher.

Le parquet garde l’empreinte des pas. Il conserve le temps. Les saisons, les années, des vies entières ont glissé sur lui. Comme certaines mémoires, le bois se tait sans oublier.

Sur la cheminée repose une petite statuette blanche que les reflets effleurent sans jamais la saisir tout à fait. Elle n’occupe pas le centre. On pourrait ne pas la remarquer. Elle évoque ces demeures où une image pieuse trouvait naturally sa place, sans ostentation, comme une présence familière qui n’avait nul besoin de s’imposer. La statuette ne dit rien de tout cela ; elle le suppose. Dieu entre souvent chez nous sans faire de bruit.

La lumière d’Urtin ne révèle pas seulement les objets ; elle révèle leur manière d’être ensemble. Rien n’y est spectaculaire. Tout y est accord. Le feu répond à la fenêtre, le bois répond à la pierre, le silence répond à la lumière. Cette harmonie ne vient pas de l’absence de mouvement, mais d’une paix qui habite les choses sans jamais les figer.

On comprend alors que le véritable sujet du tableau n’est peut-être ni le salon, ni les meubles, ni même la lumière. C’est cette hospitalité silencieuse par laquelle le monde ordinaire devient capable d’accueillir davantage que lui-même. C’est peut-être ainsi que commence toute contemplation : lorsque les choses cessent d’être seulement des objets pour devenir les humbles gardiennes d’une présence invisible.

Depuis que le Verbe s’est fait chair
Depuis que le Verbe s’est fait chair, nous continuons pourtant à chercher Dieu dans l’extraordinaire. Nous l’imaginons volontiers dans le fracas des événements, les signes éclatants ou les expériences exceptionnelles. Or l’Écriture nous montre un Dieu qui préfère la discrétion : le murmure d’une brise légère pour Élie, la maison cachée de Nazareth, le pain rompu d’Emmaüs où la présence se révèle au moment même où elle semble s’effacer.

Le salon d’Urtin ne représente aucune scène religieuse. Pourtant, il prépare le regard à cette manière d’habiter le monde. Depuis l’Incarnation, la matière n’est plus jamais seulement matière. Le Créateur a pris un visage, partagé une table, travaillé le bois. Rien du quotidien n’est insignifiant. Le sacré peut visiter une cuisine, une table usée, un fauteuil marqué par les années.

Ce tableau devient alors une parabole silencieuse. Toute demeure humaine possède une vocation secrète : celle d’accueillir. Non seulement ceux qui franchissent son seuil, mais aussi cette Présence qui ne s’impose jamais et qui attend que nous lui ouvrions la porte de notre liberté.

Les disciples d’Emmaüs ne reconnaissent le Christ qu’au moment où ils lui disent :

« Reste avec nous, car le soir approche, le jour est sur son déclin. »

Peut-être toute demeure authentique porte-t-elle secrètement cette même prière.

Chaque soir, en rentrant, je me suis souvent assis devant ce tableau comme devant une porte entrouverte. Je n’y suis jamais entré tout à fait. Mais j’ai appris à y revenir, non pour m’y installer, encore moins pour m’y admirer, mais pour me laisser accueillir par une paix qui ne dépendait pas de moi. La présence ne se force pas ; elle s’accueille. Et l’accueil le plus vrai est peut-être celui qui renonce à posséder ce qu’il reçoit.

Apprendre à demeurer
La fidélité elle-même est devenue suspecte ; on la confond volontiers avec l’immobilisme. Nous avons désappris à demeurer. Pourtant, demeurer n’est pas s’arrêter. C’est accepter qu’un lieu, une œuvre, un visage ou une présence nous façonnent lentement.

Les objets les plus humbles possèdent une patience que nous avons perdue. Ils restent quand nous passons. Ils conservent ce que nous oublions. Ils nous enseignent que nous ne sommes pas seulement appelés à traverser le monde, mais à y prendre corps dans sa profondeur.

La grande question n’est peut-être pas de posséder davantage, mais de s’enraciner davantage.

Habiter nos maisons pour réenchanter notre vie.
Habiter nos vies pour y laisser croître l’Être.
Habiter enfin ce monde comme une demeure reçue plutôt que comme un lieu à consommer.
Nous étions venus contempler un intérieur. Nous découvrons qu’une demeure véritable n’est pas d’abord un lieu où l’on entre, mais un lieu qui entre en nous.

Épilogue
Ce tableau m’accompagne depuis des années. Il m’a apaisé. Il m’a ancré. Il m’a aussi révélé ce piège si subtil de l’orgueil qui consiste à transformer toute grâce reçue en preuve de sa propre profondeur. Il m’a fallu du temps pour comprendre qu’une œuvre véritable ne nous renvoie pas à nous-mêmes : elle nous ouvre à plus grand que nous.

Je ne suis pas devenu sage. J’ai seulement appris combien il est difficile de le devenir.

La sagesse n’est pas une conquête. Elle est une disponibilité : disponibilité à une paix qui se donne sans qu’on la mérite, à une lumière qui entre sans qu’on l’appelle, à une présence qui se retire au moment même où l’on croit la saisir.

Peut-être est-ce là le plus beau don que m’ait fait ce tableau : savoir que je pourrai revenir demain, fatigué, dispersé, inquiet ou orgueilleux, et qu’il sera encore là, fidèle à son silence. Comme une demeure qui n’exige rien avant d’ouvrir sa porte.

Comme cette parole adressée au voyageur d’Emmaüs, qui devient peu à peu la prière de toute existence :

« Reste avec nous, car le soir approche, le jour est sur son déclin. »

Alors seulement, nous comprenons que l’hospitalité des choses n’est jamais celle des choses seules. Elle est l’humble apprentissage d’une Présence qui, depuis que le Verbe s’est fait chair, habite silencieusement le monde et attend que nous apprenions enfin à demeurer en elle.

Le véritable chef-d’œuvre n’est peut-être pas la toile. C’est le regard qu’elle façonne lentement.

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Meurtre de Thomas à Crépol : la circonstance aggravante de racisme finalement retenue par les juges

Les magistrats de Valence ont ajouté la circonstance aggravante de racisme à l’encontre des mis en cause. Elle faisait l’objet de nombreux débats depuis le début des investigations.

C’est l’AGRIF qui a permis cette requalification, comme le rappelle son président, Yann Baly :

Après deux années de batailles judiciaires et procédurales (et malgré certaines obstructions regrettables pour l’empêcher de se constituer partie-civile), l’AGRIF accompagne, depuis juin dernier, des victimes de l’attaque de Crépol, qui l’ont sollicitée et sont désormais assistées par notre avocat.

En un temps record, Me Jérôme TRIOMPHE, a pu se livrer à une analyse de ce très complexe et volumineux dossier. Ce qui lui a permis d’envoyer 30 pages d’observations au juge afin d’établir la motivation de racisme anti-blanc et anti-français dans l’attaque du bal de Crépol qui s’est déroulée le 19 novembre 2023.

Les victimes viennent de nous informer, qu’à la suite de ces observations, les juges ont réouvert l’instruction et ajouté au dossier la circonstance aggravante de racisme que le Procureur avait refusé d’invoquer et qui n’avait, jusqu’alors, pas été discutée.

Les protagonistes de l’attaque sont désormais mis en examen avec cette circonstance aggravante de racisme.

L’AGRIF se félicite de cette décision importante pour la suite du dossier.

Histoire, patrimoine et aventure : emmenez les livres des “fabuleuses aventures de Jean et Henri” en vacances !

L’été est là avec le temps (en général !) tant attendu de l’eutrapélie, ce repos nécessaire à l’âme, cette vertu de détente et de bonne humeur… dans une juste mesure !

C’est également le temps des belles lectures, spirituelles ou profanes. C’est ainsi que s’offre à nous la possibilité de découvrir les livres des “fabuleuses aventures de Jean et Henri” et de suivre, en 1915, de jeunes enfants : Jean, Henri et leurs cousines Jeanne, Marthe et Alix de Catsberg. Pour ces enfants de la Belle Époque, avides d’aventures et de cette grande nouveauté qu’est l’aviation, lutter contre des agents secrets allemands après une rencontre avec Antoine de Saint-Exupery ou en compagnie de leur ami tonkinois ne fait pas peur. Et pour cause ! Cela leur permet de découvrir le Beaujolais ou le Mâconnais grâce aux moyens de transport à leur disposition : tacot, automobile ou aéroplane.

Le site 123loisirs.com les a bien cernés en écrivant d’eux : “Avec une désinvolture toute enfantine mais une bonne dose de cran, les deux frères se lancent dans l’aventure, imaginant déjà la Une des journaux : ” Jean et Henri au secours de la France ! “.

Et leurs cousines, les sœurs de Catsberg ? Elles ne sont pas en reste puisque, depuis la Flandre française, elles doivent même résoudre une enquête depuis leurs château d’Haeghedoorn, dans le village frontalier de Godewaersvelde. En compagnie de leurs cousins Jean et Henri, grâce à elles, nous découvrons les charmes et l’histoire de différentes régions de France durant la Belle Époque.

Découvrez les livres des fabuleuses aventures de Jean et Henri et de leurs cousines : https://jean-et-henri.fr/2023/09/16/la-collection-de-livres-des-fabuleuses-aventures-de-jean-et-henri/

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La Vie Chrétienne Victorieuse – Le levain : alerte biblique contre la corruption, refuge en Christ

La Parole de Dieu se sert souvent d’images simples pour communiquer des réalités profondes. Parmi celles-ci, le levain occupe une place remarquable. D’un bout à l’autre des Écritures, sauf lorsqu’il est simplement question d’alimentation, il est présenté comme l’emblème d’un principe de corruption qui agit intérieurement. Cette constance n’est pas fortuite : l’Esprit de Dieu enseigne ainsi, avec une précision remarquable, la manière dont le mal se développe dans le domaine moral et spirituel.

Le levain agit en secret. Il ne transforme pas par une action extérieure visible, mais par une influence intérieure, progressive, silencieuse. On ne le voit pas à l’œuvre, et pourtant, peu à peu, toute la pâte est atteinte. Cette action cachée correspond exactement à la manière dont le mal s’introduit et se propage. Il ne commence pas nécessairement par des formes grossières ou choquantes. Bien souvent, il prend naissance dans une concession apparemment insignifiante : une pensée tolérée, une doctrine légèrement altérée, une négligence dans la vie intérieure. Mais ce qui n’est pas jugé finit par s’étendre et influencer l’ensemble.

Dès les premiers livres de l’Écriture, Dieu enseigne ce principe. Lors de l’institution de la Pâque, en Exode 12, Israël devait ôter tout levain de ses maisons et manger pendant sept jours des pains sans levain. Cette ordonnance n’était pas simplement cérémonielle. Le peuple allait être délivré du jugement par le sang de l’agneau, mais cette délivrance impliquait immédiatement une séparation. L’Égypte, image du monde éloigné de Dieu, devait être laissée derrière, non seulement extérieurement, mais moralement.

Le levain représentait précisément les principes de cette ancienne condition : habitudes, pensées, influences incompatibles avec la nouvelle position du peuple racheté. Dieu montrait ainsi que la rédemption ne consiste pas seulement à être mis à l’abri du jugement, mais à être appelé à une vie de sainteté. La grâce qui sauve est aussi celle qui enseigne à renoncer à ce qui appartient au passé.

Ce même enseignement apparaît dans les offrandes. En Lévitique 2, il est expressément interdit d’introduire du levain dans l’offrande de gâteau. Cette offrande, composée de fleur de farine, présente de manière admirable la perfection morale du Seigneur Jésus dans son humanité. Rien ne devait en altérer la pureté. Aucun mélange n’était toléré.

Christ seul correspond parfaitement à cette figure. Dans toute sa vie, il n’y eut aucune trace de péché, aucune pensée indépendante de son Père. Il pouvait dire : « Le chef du monde vient, et il n’a rien en moi » (Jean 14:30). Sa vie entière fut un parfum agréable pour Dieu. Il est le pain pur, sans levain, l’offrande parfaite.

Cependant, le livre du Lévitique présente un contraste frappant. Lors de la fête des semaines, deux pains étaient offerts à l’Éternel, et cette fois ils étaient faits avec du levain (Lévitique 23:17). Dieu ne se contredit pas. Si le levain est exclu de ce qui figure Christ, pourquoi est-il ici introduit ?

Parce que ces pains ne représentent pas Christ, mais les croyants. Ils sont présentés à Dieu, sanctifiés pour lui, mais ils portent encore en eux la vieille nature. Le croyant possède une vie nouvelle, mais la chair (vieille nature) demeure en lui. Cette vérité est à la fois humiliante et précieuse. Elle nous empêche de nous glorifier, tout en nous gardant du découragement.
Car ces pains, malgré le levain, sont acceptés. Pourquoi ? Parce qu’ils sont présentés avec un sacrifice pour le péché. Tout repose sur l’œuvre de Christ. Dieu connaît parfaitement ce que nous sommes, et pourtant il nous reçoit en son Fils. Il y a là un équilibre admirable : une entière lucidité sur notre état, et une pleine assurance quant à notre acceptation.
Lorsque nous arrivons aux Évangiles, le Seigneur Jésus reprend lui-même cette image pour mettre en garde ses disciples.

Il dit : « Gardez-vous du levain des pharisiens et des sadducéens » (Matthieu 16:6).

Les disciples pensent d’abord à du pain alimentaire, ce qui montre combien l’intelligence spirituelle peut être lente lorsque le cœur est occupé de circonstances terrestres. Mais le Seigneur les conduit à comprendre qu’il parle de doctrine.

Le levain des pharisiens est celui du formalisme religieux. Ils attachaient une grande importance aux traditions et aux observances extérieures, mais leur cœur était loin de Dieu. Leur piété était une apparence. Le Seigneur appelle cela de l’hypocrisie. C’est une religion sans vie, où les formes remplacent la réalité.

Le levain des sadducéens est d’une autre nature : c’est le rationalisme (l’abus de la raison). Ils soumettaient la révélation divine au jugement de la raison humaine, rejetant tout ce qui dépassait leur compréhension, comme la résurrection ou l’existence des anges. Ici, ce n’est plus le formalisme qui remplace la Parole, mais l’intelligence humaine qui se place au-dessus d’elle.

À ces deux formes, l’Écriture ajoute encore le levain d’Hérode (Marc 8:15), qui représente l’esprit du monde : la recherche du pouvoir politique, le compromis moral et le désir de plaire aux autorités terrestres plutôt qu’à Dieu. Ainsi apparaissent trois dangers constants : le formalisme, le rationalisme et la mondanité. Ces influences peuvent sembler différentes, mais elles ont un point commun : elles écartent Christ de la première place.

La parabole du levain en Matthieu 13 s’inscrit dans cette même ligne. Le royaume des cieux est comparé à du levain qu’une femme cache dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte soit levée. Si l’on considère l’ensemble de l’Écriture, le levain ne peut y représenter un bien. Le contexte confirme cette interprétation : les paraboles qui entourent celle-ci montrent toutes un mélange persistant jusqu’à la fin.

Le blé et l’ivraie croissent ensemble, le filet rassemble de bons et de mauvais poissons, et la séparation n’intervient qu’au moment du jugement. Il ne s’agit donc pas d’une transformation progressive du monde par l’Évangile, mais de la coexistence du bien et du mal dans la sphère de la profession chrétienne.

Le levain représente ici une influence corruptrice introduite de manière cachée. La farine, pure en elle-même, peut évoquer la vérité divine. Mais quelque chose y est ajouté, discrètement, sans bruit. L’erreur ne se présente pas toujours comme une opposition ouverte ; elle s’introduit souvent sous une forme acceptable.

La femme, dans le langage symbolique de l’Écriture, représente fréquemment un système religieux. Le fait qu’elle cache le levain souligne le caractère subtil de cette influence. L’histoire de la chrétienté montre combien rapidement des éléments étrangers – traditions humaines, spéculations philsophiques, ambitions terrestres – se sont mêlés à la simplicité de la doctrine apostolique.
L’apôtre Paul reprend cette image avec une grande force : « Un peu de levain fait lever toute la pâte » (1 Corinthiens 5:6 ; Galates 5:9). Cette parole est appliquée à deux situations différentes. Soit un mal moral toléré dans l’assemblée : un péché grave n’est pas jugé, et cela compromet le témoignage tout entier. Soit un mal doctrinal : l’introduction du légalisme, qui altère la pureté de l’Évangile de la grâce.

Dans les deux cas, le principe est identique. Ce qui n’est pas jugé se propage. Le mal moral et le mal doctrinal ont la même gravité aux yeux de Dieu, car tous deux déshonorent Christ et corrompent le témoignage.

On n’est pas préservé du mal simplement en le scrutant, mais en étant occupé de la vérité. Et cette vérité est inséparable de la personne du Seigneur Jésus. Plus il remplit le cœur, plus le discernement est juste.

Il est très significatif que, dans Matthieu 16, l’avertissement contre le levain soit immédiatement suivi de la confession de Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Matthieu 16:16). Après avoir mis en garde contre les influences corruptrices, le Seigneur conduit ses disciples à la vérité fondamentale sur sa personne. C’est sur ce fondement que l’Assemblée est bâtie.
Il y a là un enseignement précieux. Pour discerner ce qui est faux, il faut connaître ce qui est vrai. Et pour rester ferme dans la vérité, il faut être gardé des influences qui la corrompent. Mais inversement, c’est la connaissance vivante de Christ qui protège contre l’erreur. Les contrefaçons séduisent surtout lorsque l’on connaît mal l’original.

Ainsi, la vigilance à laquelle nous sommes appelés n’est ni inquiète ni soupçonneuse. Elle est spirituelle. Elle consiste à juger ce qui doit l’être, tout en demeurant dans la dépendance du Seigneur. L’Esprit de Dieu conduit non à une méfiance permanente, mais à une communion réelle avec Christ, à une obéissance simple à sa Parole.
Aujourd’hui encore, les dangers demeurent. C’est pourquoi l’Écriture nous exhorte à éprouver toutes choses et à retenir ce qui est bon.

Mais cette vigilance ne doit jamais produire la crainte. Celui qui avertit est aussi celui qui garde. Le Bon Berger connaît ses brebis, et elles entendent sa voix. Sa présence est la lumière dans laquelle le mal est manifesté et jugé.

En définitive, la figure du levain nous rappelle deux vérités inséparables. D’une part, Dieu ne traite jamais le mal avec légèreté : il appelle les siens à la séparation et au discernement. D’autre part, toute notre sécurité repose non sur notre propre vigilance, mais sur la personne et l’œuvre parfaites de Jésus-Christ. En demeurant près de lui, nourris de sa Parole et dépendants de son Esprit, nous trouvons la force de rejeter ce qui altère la vérité et de marcher dans la simplicité d’une foi qui honore son nom.

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Orban dénonce l’arbitraire du nouveau régime

L’un de nos amis, Français installé en Hongrie, nous adresse (et nous l’en remercions vivement) la traduction de la récente déclaration de résistance que l’ancien Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a publié sur sa page Facebook:

Après les décennies de dictatures imposées à la Hongrie par les occupations allemande puis soviétique, le peuple hongrois a conquis sa liberté en 1990 et instauré un État de droit démocratique.
En 2011, la sixième Assemblée nationale élue librement a adopté la Loi fondamentale de la Hongrie, mettant ainsi un terme à la période transitoire du changement de régime, consolidant les garanties de la souveraineté nationale, établissant les fondements de l’État de droit démocratique et engageant la Hongrie sur la voie de son essor.
À la suite des élections de 2026, le parti Tisza a modifié le système constitutionnel de la Hongrie. Après le 17ᵉ amendement à la Loi fondamentale, la Hongrie n’est plus un État de droit démocratique. Une nouvelle ère d’arbitraire et d’autoritarisme s’est ouverte dans le pays.
La restriction du droit de vote a mis fin à la compétition politique et, avec elle, à la démocratie. Le président de la République et le président de la Cour constitutionnelle ont été démis de leurs fonctions, abolissant ainsi la séparation des pouvoirs. Les mécanismes de contrôle et d’équilibre ont été supprimés et l’État de droit démantelé.
Le nouveau système politique ainsi créé est illégitime, car il a été instauré en violation flagrante de la Loi fondamentale et parce qu’il vise à assurer la détention exclusive du pouvoir. Le Fidesz rejette ce nouveau régime autoritaire. Nous ne participerons pas à l’élection des personnes nommées pour remplacer les responsables destitués. Après le rétablissement de l’État de droit démocratique, leurs décisions seront réexaminées.
Face à l’arbitraire, tout citoyen a le droit de résister. C’est pourquoi le Fidesz sera non seulement l’opposition au gouvernement, mais aussi au nouveau système politique. Il utilisera tous les moyens pacifiques, tant au Parlement qu’en dehors, pour s’opposer à l’exercice arbitraire du pouvoir.
À compter d’aujourd’hui, notre mission est de rétablir l’État de droit démocratique. Nous viendrons en aide aux victimes du régime autoritaire. Nous recenserons les violations du droit commises par le gouvernement Tisza. Une fois l’État de droit démocratique rétabli, nous accorderons aux victimes et aux personnes lésées les réparations auxquelles elles ont droit.
Afin de rétablir une vie civique stable, sereine et sûre, nous soutenons tous ceux qui élèvent la voix contre le régime autoritaire, qui défendent la liberté, qui s’unissent à d’autres pour agir et qui s’engagent en faveur du rétablissement de l’État de droit démocratique. Nul ne peut priver les Hongrois de leur droit à une vie libre, sûre, paisible et prospère.
Plus nous serons nombreux et courageux à faire entendre notre voix, plus vite prendra fin la dérive actuelle, et plus tôt nous pourrons retrouver la vie hongroise paisible, sûre et libre interrompue par la domination du parti Tisza.
Ainsi soit-il !

Euthanasie : BonSens.org porte plainte contre 4 membres du Conseil constitutionnel pour « prise illégale d’intérêts »

BonSens.org est une association, dont le vice-président est le Dr Perronne, regroupant des citoyens, artisans, entrepreneurs, paysans, avocats, ouvriers, scientifiques, médecins, professeurs… des gens de bonne volonté et de bon sens ont décidé d’agir pour faire face aux défis sanitaires et écologiques que le monde va affronter dans les prochaines décennies.

L’association annonce une plainte contre 4 membres du Conseil constitutionnel pour « prise illégale d’intérêts » :

La mission de BonSens : protéger les plus vulnérables

Conformément à l’article 2 de ses statuts, l’association BonSens.org a pour mission l’assistance aux personnes en situation de fragilité ou de détresse psychologique. Face à la loi sur l’aide à mourir, texte d’une gravité exceptionnelle, la garantie d’un contrôle de constitutionnalité impartial par des juges neutres constitue le dernier bouclier juridique des plus vulnérables. Sans neutralité, ce bouclier disparaît.

Acte 1 : La contribution extérieure de BonSens et la demande explicite de déport

BonSens.org a déposé le 18 juillet 2026 une « contribution extérieure » auprès du Conseil constitutionnel, ce mécanisme juridique permettant à la société civile de transmettre aux « Sages » une analyse d’inconstitutionnalité sur un texte de loi.

Dans cette contribution, l’association alertait sur les failles majeures du projet de loi (absence de traçabilité du consentement, critères d’accès trop larges, risques liés au don d’organes) et demandait expressément le déport des membres s’étant déjà exprimés ou engagés sur le sujet :

  • M. Richard Ferrand : En raison de ses liens historiques et matériels avec le secteur mutualiste et assurantiel.
  • MM. Jacques Mézard et Mme Laurence Vichnievsky : En raison de leurs engagements politiques anciens et répétés en faveur de l’assistance médicalisée à mourir.
  • M. Alain Juppé : En raison de sa prise de position publique explicite (« Si j’étais parlementaire, je voterais certainement une loi sur la fin de vie ») et de sa propre reconnaissance d’être « à la limite » du devoir de réserve.

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Acte 2 : Du refus de déport à la plainte pénale pour « prise illégale d’intérêts »

Constatant qu’aucun de ces membres ne s’est déporté proprio motu malgré ces alertes et leurs liens/engagements publics, un soupçon légitime apparaît : pourquoi s’obstiner à siéger en situation de conflit d’intérêts d’apparence évident ?

Parce que les déclarations d’intérêts et de patrimoine des membres du Conseil constitutionnel auprès de la HATVP ne sont pas publiques, seule une procédure pénale permet de lever le doute.

BonSens annonce donc avoir déposé ce jour une plainte simple auprès du Procureur de la République de Paris pour « prise illégale d’intérêts » (art. 432-12 du Code pénal) enregistrée sous le numéro de Parquet 26202000746. Cette action vise à permettre à la justice, par réquisitions judiciaires, de vérifier si cette obstination à siéger ne masque pas d’éventuels liens d’intérêts matériels , financiers ou institutionnels directs ou indirects avec les secteurs économiques impactés par la loi (santé, assurances, mutuelles).

Déclaration des membres du Bureau BonSens.org :

« Le projet de loi sur l’aide à mourir engage l’avenir de nos concitoyens les plus fragiles et touche à l’essence même de la protection de la vie humaine. Face à une réforme d’une telle gravité, nous ne pouvons accepter que des membres du Conseil constitutionnel se soient placés dans l’incapacité d’exercer un contrôle impartial sur un texte dont ils ont personnellement et prématurément cautionné la portée fondamentale. C’est pour protéger le droit des plus vulnérables à une justice irréprochable que nous engageons cette action. »

Hongrie : Peter Magyar s’assure de l’intégralité du pouvoir, dans l’indifférence totale des prétendus démocrates de l’UE

Le président hongrois a signé l’ubuesque amendement constitutionnel qui met fin à ses fonctions :

Cette modification met fin, en une seule phrase, au mandat du président de la République en exercice. Cette phrase rejoint la série de pseudo-solutions de type nœud gordien imposées par la force, qui resteront pour les générations futures comme de graves et honteux exemples historiques d’abus de pouvoir politique.

Ma signature est le sceau ultime de mes obligations présidentielles et du respect total, en toutes circonstances, que je porte à l’institution de la présidence. Elle atteste que j’ai toujours respecté la Constitution de la Hongrie et que je ne l’ai jamais violée. Elle demeure cependant la preuve durable qu’au nom d’intérêts de pouvoir, on a foulé aux pieds les valeurs fondamentales d’une société libre, l’État de droit, la démocratie et le principe de séparation des pouvoirs. La responsabilité exclusive de cette décision incombe au pouvoir qui a imposé la révision constitutionnelle.

Le même amendement met fin au mandat du président de la Cour constitutionnelle.

Après avoir pris le contrôle des médias, déchu les présidents de la République et de la Cour constitutionnelle, Peter Magyar a envoyé le parquet au centre de données hébergeant les serveurs du Fidesz, afin de saisir l’intégralité du système de communication et des bases de données du parti de Viktor Orbán, sous prétexte de « lutte contre la corruption ». Le Fidesz est ainsi paralysé.

En réaction, le procureur général Gabor Balint Nagy a annoncé sa démission :

« La raison de ma démission de la fonction de procureur général est uniquement de préserver les intérêts du ministère public : le fonctionnement et l’indépendance du parquet ne doivent, en aucun cas, être compromis par les luttes honteuses et politiquement motivées entourant le procureur général. »

A quand une réaction du peuple hongrois ?

Riche de l’expérience française, la Pologne refuse les « unions civiles pour tous »

Le 17 juillet, le président polonais Karol Nawrocki a opposé son veto à la loi instaurant les unions civiles, y compris pour les couples de même sexe. Le gouvernement de Donald Tusk défendait le projet ; le président y a vu un contournement de la protection constitutionnelle du mariage.

La France a introduit des unions similaires en 1999, avec le PACS, puis le « mariage » entre personnes de même sexe en 2013. Ensuite est venue la PMA pour les lesbiennes, et aujourd’hui la pression s’accentue déjà en faveur de la GPA pour les gays. C’est une pente glissante sur laquelle la Pologne refuse une nouvelle fois de s’engager malgré l’obstination de Donald Tusk.

Lorsque, vendredi matin, le président Karol Nawrocki s’est présenté devant les caméras, il ne faisait aucun doute que sa décision allait retentir bien au-delà de la Pologne. Il a opposé son veto à une loi qui – bien que son intitulé officiel parlant de « statut de la personne la plus proche » puisse paraître technique et plutôt anodin – créait en réalité une nouvelle institution formalisée du droit de la famille, alternative au mariage et qui plus est accessible aussi aux couples de même sexe.

La France a parcouru exactement le même chemin. Lorsqu’en 1999 on y instaurait des unions civiles ouvertes aux couples homosexuels, on assurait qu’il n’y aurait ni « mariage » entre personnes de même sexe ni adoption pour de tels couples. Lorsqu’en 2013 fut introduit le « mariage pour tous », redéfinissant le mariage comme l’union de deux personnes indépendamment de leur sexe et donnant de ce fait aux couples homosexuels le droit d’adopter, on assurait qu’il n’y aurait ni PMA pour les lesbiennes ni GPA pour les gays. Lorsque les lesbiennes ont obtenu la PMA remboursée au nom de l’égalité des droits de tous les mariages et unions civiles, on assurait que la GPA pour les gays ne serait jamais à l’ordre du jour. C’était il y a quelques années à peine, et déjà Gabriel Attal – homosexuel déclaré, vivant en union civile avec le vice-président de la Commission européenne Stéphane Séjourné – exige que la France débatte du droit d’avoir des enfants par GPA.

Une loi qui devait entrer par la petite porte

Le projet polonais d’instauration d’unions civiles « pour tous » a été préparé par le gouvernement du premier ministre Donald Tusk, chef de file de la Coalition civique, formation centriste-libérale au pouvoir depuis 2023 en coalition avec des groupements centristes et de gauche. La loi prévoyait que deux personnes majeures pourraient conclure devant notaire un contrat réglant notamment la communauté de biens, l’accès à l’information médicale, le droit au logement ou les questions de sépulture, la possibilité d’une déclaration fiscale commune comme les couples mariés (plus avantageuse) ainsi que la possibilité de dresser un testament commun. Officiellement, il s’agissait de faciliter la vie des personnes vivant en couple sans être mariées. Dans la pratique, comme l’a souligné le président polonais, l’enjeu était bien plus grand.

Nawrocki, qui pendant la campagne présidentielle de 2025 s’était déclaré ouvert à une régularisation de la situation des personnes vivant en union informelle, avait d’emblée fixé une limite claire : aucune forme juridique ressemblant au mariage ne pouvait compter sur sa signature – et en Pologne, le président dispose d’un droit de veto. « Rien de ce qui est un quasi-mariage ne peut compter sur mon soutien. Il en va de même de l’adoption d’enfants par des couples homosexuels », a-t-il rappelé pour motiver son veto.

La coalition de Donald Tusk ne dispose pas, à la Diète (la chambre basse du Parlement polonais), de la majorité des trois cinquièmes des députés qui lui permettrait de renverser le veto présidentiel.

Aux yeux du président Nawrocki, la loi « sur la personne la plus proche » reconstituait le noyau juridique du mariage sous un autre nom : enregistrement de l’union par l’État, obligations de loyauté et de sollicitude mutuelles, privilèges fiscaux, successoraux, sociaux et en matière de retraite. « En tant que gardien de la Constitution, je ne peux accepter une solution qui conduirait à la perte du statut particulier du mariage, défini à l’article 18 de la Constitution comme l’union d’une femme et d’un homme placée sous la protection et la tutelle de la République », a déclaré le président.

Nawrocki n’a d’ailleurs pas caché qu’il considère le texte adopté par la coalition gaucho-libérale de Donald Tusk comme une tentative de contournement de la Constitution. « Je n’accepte pas que l’on introduise par la porte de derrière des unions civiles destinées à remplacer ou à supplanter l’institution du mariage », a-t-il dit.

Ce que contenait réellement la loi

La loi bloquée par le veto du président n’était pas – contrairement à ce que suggérait son intitulé – une idée nouvelle du gouvernement. L’Institut Ordo Iuris, le plus gros think-tank juridique en Pologne, qui défend le mariage et la famille, a démontré dans une analyse que le projet de loi sur la personne la plus proche adopté par le gouvernement de Tusk le 30 décembre 2025 n’était qu’une version légèrement modifiée de la précédente « loi sur les unions civiles enregistrées » d’octobre 2024, sous un nom d’institution simplement changé.

Les juristes d’Ordo Iuris soulignaient que le projet violait les articles 18 et 71 de la Constitution polonaise, qui protègent le mariage et la famille en tant qu’union d’une femme et d’un homme. Selon eux, ces dispositions conféraient aux concubinages – y compris entre personnes de même sexe – la grande majorité des privilèges propres aux mariages, tout en privant une telle union de la présomption de stabilité et en dispensant les partenaires de nombreuses obligations traditionnellement liées au mariage et à la conception d’enfants.

De tels avis juridiques – émis depuis la première lecture à la Diète, le 12 février 2026, jusqu’à l’adoption de la loi par le Sénat, le 25 juin – ont façonné le débat public autour du projet. L’Institut Ordo Iuris a aussi organisé, avec le Centre pour la Vie et la Famille (Centrum Życia i Rodziny), la pétition « Stop aux unions civiles », remise avec ses plus de 62 500 signatures de citoyens le 2 juillet à la Chancellerie du président, avec un appel au veto. C’était une semaine avant la décision de Nawrocki. Ils n’étaient pas seuls dans ce combat : la majorité des politiciens de droite et des organisations conservatrices de la société civile se sont opposés à la loi « sur la personne la plus proche » du gouvernement de Donald Tusk.
L’argument de la justice et de l’avalanche de changements

Nawrocki ne s’est pas limité à l’argument des valeurs. Il a aussi pointé un déficit de responsabilité juridique : la nouvelle institution aurait donné aux couples presque les mêmes privilèges que le mariage, avec des obligations bien moindres. L’obligation de verser une pension alimentaire après séparation aurait été limitée ou facultative, et l’union elle-même aurait pu être dissoute par déclaration unilatérale devant notaire – sans le contrôle judiciaire qui accompagne un divorce. « L’État peut-il accorder presque les mêmes privilèges publics à des personnes qui n’assument pas d’obligations comparables et ne garantissent pas une stabilité semblable de leur union ? », a demandé, sur le mode rhétorique, le président. « Le mariage, qui assure le mieux la pérennité de la famille, ne peut devenir une option parmi d’autres, équivalentes, offertes par d’État. La famille est une communauté d’une importance fondamentale pour la survie de la nation », a-t-il ajouté.

Il a également attiré l’attention sur l’ampleur de l’ingérence dans le système juridique : la loi d’introduction modifiait pas moins de 238 autres lois – droit de la famille, droit civil, fiscalité, assurances sociales, procédures judiciaires. Pour le président, c’est la preuve que le gouvernement présentait comme une modeste amélioration administrative une réforme profonde du droit de la famille, qui exigeait un large débat de société et non un passage en douce sous un nom neutre.

Le veto ne signifie pas pour autant que le sujet soit définitivement clos. Nawrocki s’est déclaré prêt à signer une loi qui faciliterait réellement la vie des personnes proches – sans créer de nouvelle institution familiale et sans les droits patrimoniaux ou fiscaux propres au mariage.

La France : pas à pas, du PACS à aujourd’hui

La séquence qui suit l’adoption des unions civiles ouvertes aux duos homosexuels est bien connue en France. La France présente d’ailleurs un bilan démographique éloquent. L’indice de fécondité y était de 2,02 en 2010 – un niveau assurant le remplacement des générations. En 2020, il est tombé à 1,84 et, en 2025 – selon l’INSEE –, il a atteint 1,56 malgré la forte natalité de la population immigrée, très nombreuse. C’est le taux de fécondité le plus bas depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Depuis l’introduction du PACS, le nombre de mariages baisse régulièrement tandis que le nombre d’unions civiles augmente : en 2020, celui-ci a pour la première fois dépassé le nombre de nouveaux mariages. Les unions civiles sont par principe moins durables que les mariages, et des familles moins stables signifient moins d’enfants.

En Pologne, l’indice de fécondité est encore plus bas. Selon l’Office central polonais de statistique (GUS), il s’élevait en 2024 à 1,099. Rafał Dorosiński, de l’Institut Ordo Iuris, dans son analyse « Égalité apparente, destruction réelle. Des conséquences de l’institutionnalisation des unions informelles », cite précisément les données françaises sur le PACS, en relevant que la proportion de personnes ayant des enfants y est nettement plus faible que parmi les personnes mariées du même âge. Comme il le résume : « moins l’union est formalisée, moins grande est la disposition à la parentalité ». Les données invoquées dans ce texte par le juriste polonais, qui est aussi membre du Conseil de la Famille et de la Démographie auprès du président de la Pologne, proviennent d’une étude de l’Institut national d’études démographiques (INED) publiée en 2013 sur la base de données de 2010 (« Les pacsés en couple hétérosexuel sont-ils différents des mariés ? », Population et Sociétés n° 497, Ined, février 2013). Après cette date, l’INED a, pour une raison ou une autre, cessé d’étudier les différences de fécondité entre les couples mariés et les couples pacsés. Les Polonais ont cependant des raisons de craindre que l’apparition d’une alternative au mariage semblable à celle introduite naguère en France ne vienne encore aggraver la situation démographique déjà tragique de la Pologne.

Deux voies, un même différend

Le différend n’est cependant pas clos. Le gouvernement de Donald Tusk ne renonce pas aux unions civiles comme alternative au mariage, et le ministre du Numérique et vice-premier ministre Krzysztof Gawkowski a élaboré de nouveaux modèles de documents d’état civil. Ceux-ci doivent permettre la transcription des « mariages » entre personnes de même sexe conclus dans un autre pays de l’Union européenne, en rendant possible l’inscription de deux hommes ou de deux femmes comme époux dans les documents polonais d’état civil. Le gouvernement de Donald Tusk, qui agit ainsi à l’encontre de la Constitution et des lois polonaises, invoque l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) de novembre dernier, qui ordonne de reconnaître les « mariages » entre personnes de même sexe conclus dans un autre pays de l’UE, bien que l’UE n’ait aucune compétence en matière matrimoniale et familiale. Ce même vice-premier ministre, issu de la Nouvelle Gauche, a qualifié la décision du président de « honte ». Pour les défenseurs du mariage, le veto de Nawrocki signifie toutefois autre chose : l’arrêt en Pologne, en tout cas pour le moment, du mécanisme même qui, en France, a conduit pas à pas du « modeste » Pacte civil et de solidarité de 1999 à la redéfinition du mariage et à l’adoption par les couples homosexuels quatorze en plus tard, puis la PMA remboursée pour les lesbiennes, et désormais la revendication ouverte de la légalisation de la GPA pour les couples d’hommes.

Jakub Miśkiewicz

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Les avortements par naissance partielle demeurent des infanticides impunis

En 2022, le groupe Progressive Anti-Abortion Uprising (PAAU) a découvert les restes de cinq fœtus avortés dans une caisse devant la Washington Surgi-Clinic, à Washington D.C., clinique dirigée par le tristement célèbre médecin pratiquant des avortements tardifs, Cesare Santangelo. Bien que les autorités aient refusé d’enquêter, un premier examen médical a révélé que certains de ces décès étaient dus à un infanticide et à un avortement par naissance partielle, deux pratiques illégales.

Au lieu d’enquêter, le gouvernement fédéral a pris des mesures contre les militants pro-vie qui les avaient dénoncés. En août 2022, un jury de Washington D.C. a reconnu ces militants coupables de complot contre les droits de l’homme et de violation de la loi fédérale FACE (Freedom of Access to Clinic Entrances Act) pour avoir bloqué l’accès à la Washington Surgi-Clinic en octobre 2020. Le président Donald Trump les a graciés, ainsi que d’autres militants pro-vie, dès sa première semaine de mandat, mais les crimes qu’ils avaient mis au jour restent impunis.

Le sénateur Mike Lee et le représentant Chris Smith sont désormais à la tête d’une lettre exhortant Blanche à « enquêter de manière exhaustive sur les circonstances entourant » ces décès, rapporte The Daily Wire

« Depuis quatre ans, les membres du Congrès sont profondément choqués par cette violation flagrante de la vie et du droit, mais le ministère de la Justice de l’administration Biden a refusé d’agir ». « Nous ne pouvons effacer les actes odieux et barbares qui ont coûté la vie à ces enfants au moment où ils étaient le plus vulnérables, mais nous ne pouvons plus tolérer que de tels actes d’anarchie et d’inhumanité échappent à notre système judiciaire. Sous la direction du président Trump et la vôtre, nous espérons que ces enfants obtiendront enfin justice. »

Une porte-parole du ministère de la Justice a répondu que le ministère

« est au courant de la demande des sénateurs et prend ces questions au sérieux. Comme pour toutes les allégations de conduite potentiellement criminelle, le ministère examinera attentivement les informations et enquêtera sur toute allégation crédible d’actes criminels. Le ministère reste déterminé à suivre les faits et la loi, quelles qu’en soient les conclusions. »

Le lobby pro-avortement s’efforce depuis longtemps de présenter l’infanticide comme un problème imaginaire, mais les faits démontrent qu’il est bien réel. Environ 2 avortements sur 1 000 aboutissent à une naissance vivante. Quarante-neuf ans et demi après l’arrêt Roe v. Wade, 85 817 bébés ont survécu à une tentative d’avortement.

En septembre 2024, le Family Research Council (FRC) a écrit que « les statistiques de neuf États américains sur les avortements montrent qu’au moins 277 nourrissons ont survécu à un avortement depuis 2006 ».

Seuls huit États exigent la publication de ces données, et aucune obligation de déclaration fédérale n’existe à ce sujet, ce qui laisse supposer que le nombre réel est plus élevé. Plusieurs anciens acteurs du secteur de l’avortement et des experts en politiques publiques ont témoigné devant le Congrès ou admis sous serment que des infanticides survenant après des avortements ratés se produisent en dehors des statistiques officielles.

L’infanticide est techniquement illégal en vertu de la loi fédérale de 2002 sur la protection des enfants nés vivants (Born-Alive Infants Protection Act). Cependant, cette loi « n’a pas directement instauré de sanctions civiles ou pénales », comme le reconnaissait un article de PolitiFact de 2019. Cette loi était « inefficace et purement symbolique », selon les propos de Dwight Duncan, professeur de droit à l’Université du Massachusetts et membre du Pro-Life Legal Defense Fund. Pourtant, depuis au moins dix ans, les démocrates du Congrès votent systématiquement contre la loi sur la protection des enfants nés vivants après un avortement (Born-Alive Abortion Survivors Protection Act), qui imposerait des soins médicaux de base aux nouveau-nés ayant survécu à un avortement, assortis de sanctions actuellement inexistantes en droit commun.

En septembre 2024, seuls 18 États disposaient de lois exigeant des soins médicaux pour les nourrissons nés vivants après une tentative d’avortement, laissant ainsi aux médecins pratiquant l’avortement la liberté de commettre un infanticide dans la majorité du pays.

Daniel Ortega déclare qu’il n’y aura plus d’élections au Nicaragua

Comme ça c’est plus simple.

Les élections appartiennent au passé au Nicaragua, a déclaré ce week-end le dictateur anti-catholique du pays, Daniel Ortega, âgé de 80 ans. Ortega a fait cette annonce lors d’une cérémonie commémorant le 47e anniversaire de la révolution sandiniste de 1979.

« Il n’y aura plus d’élections ici pour permettre aux partis d’opposition de tenter de s’emparer du gouvernement et du pouvoir ». « Nous travaillerons avec l’Assemblée nationale et les institutions compétentes sur des lois, car nous avons besoin de lois qui érigent un rempart contre les putschistes et les traîtres qui vendent leur pays. »

Les élections sont déjà devenues pratiquement dénuées de sens, les partis d’opposition étant interdits et les candidats de l’opposition arrêtés. Au lieu d’organiser une élection truquée, il a choisi d’éliminer purement et simplement toute concurrence électorale.

L’année dernière, le régime a donné à la présidence le pouvoir de « coordonner » les organes législatifs, judiciaires, électoraux et de contrôle ; et le régime a fermé ou confisqué au moins 61 médias nationaux depuis 2007, a déchu 25 journalistes de leur nationalité, a forcé 283 à l’exil et a emprisonné 15 personnes, dont 4 restent en détention.

Les autorités ont continué de réprimer la liberté religieuse, notamment par la surveillance du clergé, la confiscation des biens des églises et l’interdiction des processions religieuses. L’ONG Nicaragua Never Again a signalé que le régime avait expulsé au moins 261 personnalités religieuses et fermé 1 294 organisations religieuses depuis 2018.

Certains n’attendent pas la promulgation de la loi pour euthanasier certains patients

Le 2 juin 2026, alors que le patient est dans le coma, l’équipe de réanimation décide de limiter les traitements en cas de nouvelle aggravation de son état. L’antibiothérapie, l’alimentation, l’hydratation et les soins de confort doivent toutefois être maintenus. Les proches du patient contestent cette décision, rappelant qu’il “avait exprimé, dans ses directives anticipées et auprès de ses proches, la volonté de recevoir tous les soins nécessaires à sa survie”. Après le rejet de leur demande par le tribunal administratif, ils saisissent en urgence le Conseil d’État.

Mais entre-temps, le malade se réveille et son avocat déclare :

“Les médecins ont pris leur décision alors qu’il était dans le coma. Mais il s’est réveillé ! Il est conscient et a communiqué sur sa volonté d’être soigné”. “C’est la première fois que je vois ça. C’est vertigineux”.

Pour l’hôpital, “aucune perspective curative n’existe”. Les médecins estiment qu’une nouvelle réanimation serait “inutile, disproportionnée et source de souffrances supplémentaires”.

Le Conseil d’État a rejeté le recours de la famille. Il rappelle qu’une telle décision concernant un patient “hors d’état d’exprimer sa volonté” doit résulter d’une procédure collégiale et prendre en compte ses directives anticipées. Mais celles-ci peuvent être écartées lorsqu’elles ne correspondent plus à la situation médicale. Voilà.

A son tour, Via dépose un recours devant le Conseil constitutionnel

A retrouver ici. Cette contribution de 13 pages développe, de manière autonome, plusieurs griefs complémentaires à celles déjà exprimées : garanties constitutionnelles de la liberté réelle des personnes vulnérables, droit au recours juridictionnel effectif, principe de sauvegarde de la dignité, égalité devant la protection de la loi, liberté de conscience et incompétence négative du législateur.

« Principes d’action » de Salazar, avec le coup d’œil de Gustave Thibon

António de Oliveira Salazar, selon Gonzague de Reynold, est « un homme de pensée transformé par devoir en homme d’action ; un maître devenu un chef ». Et Gustave Thibon de commenter : « Le président Salazar a la réputation bien établie d’un homme taciturne. Quand il se décide à parler, c’est pour dire vraiment quelque chose : ses paroles sont alors le fruit de la méditation, et de l’expérience, et elles pèsent leur poids de silence ».

Cet ouvrage – Principes d’action – est une invitation à découvrir la pensée qui a animé l’action d’un homme d’État, placé à la tête du Portugal de 1932 à 1968 et qui a présidé à son redressement. Le livre est composé d’extraits de discours prononcés par le président Salazar : extraits s’enchaînant les uns les autres selon un ordre logique
Salazar n’est pas un idéologue qui un beau jour aurait forgé des préceptes, ou des principes. Ces préceptes, ces principes, il les a tout bonnement recueillis à partir du dépôt immortel de la philosophie antique et chrétienne.

Un sommaire détaillé mène la réflexion :
• L’expérience Salazar, un modèle toujours vivant ?
• Réflexions en marge de la Révolution nationale portugaise, par Pierre Gaxotte
• La crise contemporaine et a réforme nécessaire : La profondeur de la crise – Le problème de l’éducation – La réforme des mentalités, première des forces évolutionnaires
• Principes d’action : Etudier dans le doute et réaliser dans la foi – Suprématie du bien commun – Valeurs permanentes et développements accidentels
• Les deux grandes valeurs de base : Dieu, et la patrie : L’Eglise et l’Etat – Vérité du nationalisme – La nation outre-mer
• Les cadres sociaux : la famille, le travail la richesse. La famille et les groupes naturels – Problèmes du travail et de son organisation corporative – Création de la richesse, problèmes de l’économie et des finances
• L’autorité et ses problèmes : L’autorité nécessaire et la liberté possible – L’opinion publique, les partis et la démocratie – Totalitarisme et communisme
• Politique internationale : Facteurs fondamentaux de la politique internationale – La Deuxième Guerre mondiale – L’après-guerre et l’Atlantique
• Conclusion : Politique et gouvernement
• Postface de Gustave Thibon
• Index des noms cités.
Salazar a su trouver les voies qui lui ont permis d’appliquer concrètement, avec sagesse et prudence, les principes de toujours aux problèmes de son pays et de son temps.

“A l’heure où, dans tant de pays, le fossé entre le pouvoir politique et les vraies réalités nationales se creuse toujours davantage, la personne et l’œuvre de Salazar apparaissent comme un exemple et un appel : pour notre compte, nous y trouvons une des rares raisons de ne pas désespérer d’un monde, où, ne serait-ce que dans un seul pays, le pouvoir peut encore être exercé et conservé par un sage”. Gustave Thibon.

Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/biographies-temoignages/30809-principes-d-action.html?ref=043193205
Principes d’action, Salazar, Préface de V. Chabrol, Postface de Gustave Thibon, Chire, 304 pages, 29€.

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