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La véritable urgence n’est pas de légaliser la mort administrée, mais de bâtir enfin une grande politique nationale des soins palliatifs

Tribune du député Patrick Hetzel dans Valeurs Actuelles :

Dans les prochaines semaines, l’Assemblée nationale examinera à nouveau la proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté. Cette troisième lecture ne peut pas être considérée comme une simple étape parlementaire supplémentaire. Elle engage bien davantage qu’une réforme sociétale parmi d’autres : elle engage notre conception même de l’humanité, du soin, de la solidarité et de la dignité.

Car derrière les formulations techniques et les précautions de langage, une réalité demeure : pour la première fois dans notre droit, la société accepterait que l’on puisse donner délibérément la mort à un malade comme réponse à sa souffrance. C’est une rupture anthropologique majeure.

Depuis des siècles, notre civilisation repose sur un principe simple : lorsqu’une personne souffre, notre devoir collectif est de la protéger, de la soigner, de l’accompagner mais jamais de provoquer sa mort. La médecine a toujours été fondée sur une limite fondamentale : guérir parfois, soulager souvent, accompagner toujours, tuer jamais. Le texte actuellement débattu inverse cette logique. Il introduit l’idée qu’il pourrait exister des vies pour lesquelles la mort administrée deviendrait une solution acceptable.

La logique de l’exception finit toujours par se banaliser

Ce basculement n’est pas anodin. Il modifie en profondeur le regard porté sur la vulnérabilité, la dépendance, le handicap, la vieillesse et la fin de vie. Les promoteurs de cette loi parlent de liberté. Mais quelle liberté réelle existe-t-il lorsque des personnes âgées se sentent déjà être un poids pour leurs proches ? Lorsque des malades redoutent davantage l’abandon, la solitude ou la douleur que la mort elle-même comme nous le disent si bien les membres du mouvement des « éligibles » ? Lorsque les soins palliatifs demeurent encore insuffisamment accessibles sur une grande partie du territoire ? Avant de proposer la mort, avons-nous réellement garanti à tous le droit d’être soulagés, accompagnés, entourés et aimés jusqu’au bout ? La réponse est clairement non.

Des milliers de Français n’ont toujours pas accès à des soins palliatifs de qualité. Des départements entiers manquent d’unités spécialisées. Des familles vivent des situations d’extrême détresse faute d’accompagnement humain, médical et psychologique suffisant. Dans un tel contexte, légaliser l’euthanasie reviendrait non pas à consacrer une nouvelle liberté, mais à entériner un immense échec collectif et créer une demande de mort par défaut d’accès aux soins et palliatifs.

L’expérience des pays étrangers devrait également nous alerter. Partout où l’euthanasie a été légalisée, les critères initiaux ont progressivement été élargis. Ce qui était présenté comme exceptionnel devient peu à peu une pratique intégrée au système de santé. La logique de l’exception finit toujours par se banaliser.

Aujourd’hui, certains pays autorisent déjà l’euthanasie pour des souffrances psychiques, des dépressions sévères, des personnes très âgées sans pathologie terminale ou encore des mineurs. Chaque étape avait pourtant été présentée au départ comme une limite infranchissable. Ce phénomène n’est pas un fantasme : il est documenté, observable et profondément inquiétant. Les défenseurs du texte assurent qu’il existera des garde-fous. Mais aucun garde-fou juridique ne peut effacer la transformation culturelle induite par une telle loi.

Bâtir enfin une grande politique nationale des soins palliatifs

Dès lors que la société reconnaît qu’il est légitime de provoquer la mort dans certaines situations, la frontière morale se déplace inexorablement. Ce débat ne concerne donc pas seulement la fin de vie. Il concerne le modèle de société que nous voulons transmettre. Voulons-nous d’une société où la vulnérabilité appelle davantage de solidarité ou d’une société où la mort administrée devient une réponse possible à la souffrance et à la dépendance ? Voulons-nous renforcer la fraternité humaine ou institutionnaliser une forme de renoncement collectif ? Entre la première et la deuxième lecture, les lignes ont bougé. De plus en plus de députés mesurent désormais les conséquences profondes de ce texte. Beaucoup comprennent qu’il ne s’agit pas seulement d’un débat technique ou compassionnel mais bien d’un choix de civilisation. Cette troisième lecture doit être celle de la lucidité.

Les parlementaires doivent entendre les inquiétudes du monde médical, des spécialistes des soins palliatifs, des associations de personnes handicapées, des familles et de tous ceux qui refusent que la mort puisse devenir une prestation légale organisée par la société. Le combat doit donc se poursuivre avec détermination et sans caricature mais avec une immense clarté morale. Refuser l’euthanasie, ce n’est pas refuser la compassion. C’est au contraire affirmer que la dignité humaine ne disparaît jamais avec la maladie, la faiblesse ou la dépendance. C’est rappeler que la grandeur d’une civilisation se mesure à la manière dont elle accompagne les plus fragiles et non à sa capacité à organiser leur disparition.

La véritable urgence n’est pas de légaliser la mort administrée. Elle est de bâtir enfin une grande politique nationale des soins palliatifs, de lutter contre l’isolement des personnes vulnérables, de soutenir les aidants et de redonner du sens à l’accompagnement de la fin de vie. Une société humaine ne progresse pas lorsqu’elle donne la mort plus facilement. Elle progresse lorsqu’elle aime, soigne et protège jusqu’au dernier instant.

3 associations réagissent au projet de loi relatif à la protection des enfants

Communiqué de Juristes pour l’enfanceMamans Louves et SOS Education :

Alors que deux propositions de loi, présentées au Sénat et à l’Assemblée Nationale et votées en séance plénière respectivement le 27 mai et le 1er juin 2026, prévoient toutes deux le contrôle des antécédents judiciaires des personnels en contact avec des mineurs, le Gouvernement a déposé le 27 mai 2026 à l’Assemblée nationale le projet de loi n° 2841 relatif à la protection des enfants prévoyant le même type de dispositions.

En son article 5, le projet de loi prévoit une extension du contrôle des antécédents judiciaires à plusieurs catégories de personnes intervenant auprès de mineurs, notamment dans le cadre des placements chez un tiers digne de confiance ou un membre de la famille, de l’adoption, de la kafala, ainsi que dans certains établissements scolaires, accueils périscolaires, accueils de loisirs et structures de santé.

Juristes pour l’Enfance, les Mamans Louves et SOS Éducation saluent la volonté du Gouvernement de renforcer le contrôle des antécédents judiciaires des personnes exerçant une activité impliquant un contact habituel avec des mineurs et de mieux prendre en compte les impératifs de protection de l’enfance. Si cette évolution constitue une avancée importante, les trois associations considèrent néanmoins que le dispositif envisagé pourrait et devrait être largement amélioré.

Des lacunes à combler 

Tout d’abord, le dispositif demeure sectoriel et partiel. En se limitant à certaines catégories d’activités, il laisse de côté d’autres domaines dans lesquels des adultes exercent pourtant régulièrement une activité auprès des enfants : soutien scolaire privé, enseignement artistique, écoles de musique ou de danse, certaines activités culturelles, certains pans du secteur associatif, ou bien d’enfants entourés d’adultes dans le secteur de l’audiovisuel, de la publicité, du mannequinat…

Ensuite, le texte ne prévoit pas la fréquence des contrôles. Il se contente d’évoquer une vérification  « à intervalles réguliers ». Une telle imprécision risque d’entraîner des pratiques différentes selon les secteurs et les administrations concernées.

De plus, le projet de loi ne rend pas automatique la mise à l’écart d’un personnel en cas de mise en examen ou de condamnation non définitive pourtant inscrites au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV). Le dispositif laisse aux employeurs ainsi qu’aux autorités administratives une large faculté d’appréciation dans l’évaluation du risque pour les mineurs. Cette latitude est susceptible de créer une hétérogénéité dans les décisions prises et, par conséquent, un risque quant à la protection effective des mineurs.

Des absences à rectifier

Les trois associations déplorent l’absence, dans le projet de loi, de disposition relative à l’information des familles sans qu’aucune annonce relative à l’adoption d’un acte réglementaire sur ce sujet n’ait, à ce stade, été formulée.

De même, le texte ne semble pas prévoir la transmission de l’ajout ou de la suppression d’une mention aux fichiers judiciaires entre l’administration chargée du fichier et l’employeur ou le responsable de la structure qui accueille la personne en contact habituel avec des mineurs.

Pour une véritable protection des mineurs 

La protection des mineurs ne peut efficacement reposer sur une liste toujours incomplète de secteurs concernés. Elle doit s’appliquer partout où une personne exerce une activité en contact habituel avec des enfants, quel que soit le cadre juridique.

C’est pourquoi Juristes pour l’Enfance, les Mamans Louves et SOS Éducation continuent de défendre une réforme législative ambitieuse visant à généraliser l’obligation de présentation d’une attestation d’honorabilité pour toute personne exerçant une activité, rémunérée ou non, impliquant un contact habituel avec des mineurs (voir la proposition de modification législative ICI).

Pour les trois associations, la protection effective des enfants impose une approche transversale et cohérente, indépendante des secteurs d’activité concernés, afin de garantir un même niveau d’exigence dès lors qu’un mineur est en contact habituel avec  un adulte.

Nos recommandations : 

  •  une protection identique pour tous les mineurs, quel que soit le secteur concerné.
  • un contrôle de l’attestation d’honorabilité préalable avant toute prise de fonction ;
  • un renouvellement annuel obligatoire de l’attestation ;
  • une incapacité d’exercice dès l’existence d’une mention au FIJAISV (mise en examen, condamnation définitive ou non) ;
  • une mise à l’écart immédiate de toute personne ne pouvant présenter une attestation valide;
  • une information systématique des familles ;

L’importance du travail parlementaire

Dans les prochaines semaines, Juristes pour l’Enfance, les Mamans Louves et SOS Éducation poursuivront leurs échanges avec les parlementaires et le gouvernement afin de défendre les amendements nécessaires à l’adoption d’un dispositif plus cohérent, plus protecteur pour l’ensemble des mineurs.

Les trois associations restent pleinement mobilisées afin que les textes débattus au Parlement constituent une avancée effective et durable dans la protection des mineurs contre les violences sexuelles.

La véracité des Evangiles

Matthieu Lavagna, auteur-conférencier travaillant dans le domaine de l’apologétique pour l’association Marie De Nazareth depuis 2021, diplômé de mathématiques, passionné de philosophie et de théologie, vient de publier un petit ouvrage pour montrer la véracité des Evangiles, contre ceux qui estiment que la vérité de la Bible et des Évangiles ne concerne que les croyants et relève d’une simple affaire de foi personnelle, étrangère à la réalité des faits.

Cet ouvrage examine les écrits fondateurs du christianisme avec les méthodes de l’enquête historique, selon les mêmes exigences appliquées à tout texte de l’Antiquité : que savons-nous des manuscrits originaux et ont-ils été biaisés par la transmission ? Les récits correspondent-ils à la réalité de l’époque ? Que peut-on affirmer de l’authenticité des textes et de leurs auteurs, les évangélistes ? Croire les Évangiles, c’est aussi être assuré qu’ils ne reposent pas sur un mythe, mais bien sur un récit historique véridique qui traverse les siècles.

Contrairement à des textes que personne ne remet en cause, comme les écrits des philosophes Platon ou Aristote ou encore le récit de la guerre des Gaules par Jules César, les Evangiles se trouvent contestés par des ignorants, alors qu’il existe plus de 24000 manuscrits des textes du Nouveau Testament, textes eux-mêmes cités dans des ouvrages des Pères de l’Eglise plus de 36 000 fois. En comparaison, les manuscrits les plus anciens de la Guerre des Gaules de Jules César datent du début du Xe siècle et nous n’en avons que 251 copies. Le premier manuscrit de l’Iliade date du Xe siècle après Jésus-Christ, soit  plus de 1800 ans après l’original.

Tout au long du livre, l’auteur démonte ainsi les objections sur la véracité des Evangiles. Même les historiens athées ne remettent pas en cause ces textes, qui ne sont aujourd’hui contestés que par quelques idéologues.

Zabou : l’espérance au bout de l’enfer de la drogue

C’était en juillet 1992 à l’occasion du tournage du documentaire « Drogue retour à la vie » que nous avions fait la connaissance d’Isabelle. Celle-ci avait été initiée à la drogue par sa mère à l’âge de 12 ans. S’en était suivie une longue descente aux enfers et l’annonce de la terrible nouvelle du Sida qui venait de la frapper… À Saint Jean espérance, cette belle association d’aide aux toxicomanes fondée par les Frères de Saint Jean, celle que tout le monde surnommait affectueusement Zabou venait régulièrement faire des séjours durant lesquels elle s’occupait principalement de l’accueil des jeunes et de leur accompagnement. Puis elle repartait et finalement revenait comme aimantée dans ce lieu où elle se sentait si bien et si aimée… Mais déjà, elle savait que ses jours étaient comptés…

Hervé de Lépinau, maire RN de Carpentras, annonce supprimer les subventions au Planning familial

Le maire de Carpentras, Hervé de Lépinau, a annoncé lors du conseil municipal de vendredi 5 juin supprimer les subventions allouées au Planning (anti)-familial. Cette association “ne cesse de taper sur le RN”.

“Le planning familial prend ouvertement fait et cause contre le Rassemblement national”.

Selon l’élu, des “lignes rouges ont été franchies”.

Avec cette suppression, l’association perd 3 000 euros de financement.

Hervé de Lépinau a également décidé de supprimer les subventions de plusieurs associations à caractère social ou artistique.

Droits des parents attaqués : l’ECLJ au Conseil d’État et à l’Assemblée nationale

Une mission d’information sur l’instruction en famille a été établie à l’Assemblée nationale et que l’ECLJ y sera auditionné.

C’est une bonne nouvelle à double titre.

D’abord sur le principe, cette mission parlementaire permet de faire la lumière sur l’une des attaques en règle de l’État contre les droits des parents et des enfants.

Depuis la loi de 2021, les parents sont dépossédés du droit d’instruire directement leurs enfants. C’est à présent l’Éducation nationale qui apprécie souverainement ce qui est dans l’intérêt de l’enfant. Ainsi, même si votre enfant est victime de harcèlement à l’école ou au collège, vous n’avez plus le droit de le retirer : vous devez demander une autorisation.

Au-delà de la seule instruction en famille, l’Éducation nationale continue de mener une guerre ouverte contre toute initiative privée.

Les sénateurs viennent d’adopter un projet de loi pour contrôler davantage les établissements privés ; un autre projet de loi est en préparation à la suite de la grande vague de contrôles de tous les établissements privés. Contrôles dont les conditions ont été dénoncées par le secrétaire général de l’enseignement catholique.

L’Éducation nationale appelle à aller plus loin et à faciliter les fermetures des établissements privés hors-contrat en supprimant les mises en demeure.

On constate toujours plus de restrictions contre les écoles privées sous-contrat, hors contrat et contre l’instruction en famille.

Personne n’est épargné dès lors qu’il conteste le monopole de cette administration. Comme si les Français étaient forcés d’accompagner docilement le désastre éducatif à l’œuvre. On peut penser à l’imposition absolue du programme d’éducation sexuelle à tous les enfants de 3 à 18 ans, ce qui est contraire aux engagements internationaux de la France.

En effet, notre pays a signé le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et s’est engagée à « respecter la liberté des parents de choisir pour leurs enfants des établissements autres que ceux des pouvoirs publics […] et de faire assurer l’éducation religieuse et morale de leurs enfants, conformément à leurs propres convictions. »

Face à ces atteintes fondamentales à l’autorité parentale et aux intérêts des enfants, l’ECLJ pourra exposer à cette mission parlementaire le non-sens de la législation actuelle.

L’ECLJ a non seulement publié des articles et des vidéos sur ces sujets, mais a également agi :

Nous venons de déposer un double recours devant le Conseil d’État pour une famille franco-américaine injustement privée du droit de faire l’école à la maison.

Il y a quelques mois, nous avions informé tous nos abonnés qui avaient signé notre pétition pour restaurer la liberté de pratiquer l’instruction en famille, et lancé un appel à contribution pour financer ce recours.

Grâce à eux, nous avons pu faire :

  • Un recours contre le refus arbitraire de l’Éducation nationale d’autoriser l’instruction en famille à des parents qui faisaient la demande dans l’intérêt médical et culturel de leurs enfants.
  • Une question prioritaire de constitutionnalité contre la jurisprudence du Conseil d’État qui permet à l’Éducation nationale de juger en lieu et place des parents ce qui est dans l’intérêt supérieur des enfants.

L’ECLJ a également déposé des observations écrites devant la Cour européenne des droits de l’homme dans une affaire portant sur l’éducation religieuse.

Les parents d’une jeune fille étaient en désaccord sur l’instruction religieuse à donner à leur fille : catholique ou laïque. Et alors que les juridictions avaient tenté de trouver un équilibre dans l’intérêt de l’enfant (qualité de l’établissement, continuité pédagogique, liberté religieuse…), la Cour constitutionnelle espagnole a jugé qu’un enfant devait par principe recevoir une éducation neutre et donc laïque ; et que le simple fait d’être dans une école privée catholique, sans assister à des cours de catéchisme portait atteinte à la liberté religieuse de l’enfant.

Enfin, nous préparons une nouvelle requête que nous soumettrons dans quelques semaines aux Nations unies, pour continuer de défendre les droits des enfants à recevoir une éducation de qualité, le droit des parents d’y pourvoir et la liberté de transmettre leurs convictions morales, religieuses et philosophiques.

Vatican et FSSPX : débat entre un prêtre diocésain et un prêtre de la FSSPX

RCF propose un dialogue avec la Fraternité Saint-Pie X. Où en est réellement la relation entre l’Église catholique et ce mouvement ? Peut-on encore espérer une réconciliation ? À travers cet échange, découvrez les enjeux théologiques, historiques et spirituels qui divisent encore aujourd’hui. Entre fidélité à la tradition, interprétation du Concile Vatican II et volonté d’unité, ce dialogue soulève des questions essentielles pour l’avenir de l’Église. Une discussion éclairante pour mieux comprendre les tensions, les espoirs et les blocages autour de cette situation complexe.

  • 00:00 – Présentation des invités
  • 00:59 – Les ordinations d’évêques sans l’accord de Rome
  • 02:30 – L’absence de dialogue avec le Vatican
  • 05:14 – Le risque d’excommunication des évêques
  • 06:49 – Qu’est-ce que “l’état de nécessité” ?
  • 07:26 – Le débat sur le salut dans les paroisses ordinaires
  • 11:41 – Le flou doctrinal et l’accès à la communion
  • 14:36 – Peut-on critiquer l’Église de l’intérieur ?
  • 15:22 – Prolongation du débat (Version YouTube)
  • 16:45 – Qui est responsable de la rupture avec Rome ?
  • 20:46 – Les objections contre le Concile Vatican II
  • 21:52 – La baisse de la foi en la présence réelle
  • 23:08 – Les critiques contre la messe de Paul VI
  • 25:51 – La situation difficile des communautés traditionnelles
  • 30:54 – La soif de sacré chez les jeunes catholiques
  • 36:57 – La figure du Pape et l’unité de l’Église
  • 39:37 – L’exemple d’obéissance de Padre Pio
  • 44:53 – Débat sur la liberté religieuse (Dignitatis Humanae)
  • 47:45 – La place de la religion dans la société
  • 49:40 – Débat sur le dialogue interreligieux (Nostra Aetate)
  • 54:24 – Le salut pour les non-catholiques
  • 55:42 – Conclusion de l’échange

Arménie : Tensions avec la Russie

Depuis le 1er juin, de nouvelles sanctions russes touchent l’Arménie, en réaction au rapprochement avec l’Union européenne, engagé par le premier ministre Nikol Pachinian. Ainsi, la Russie interdit-elle désormais l’importation de fruits et légumes arméniens, mettant en grande difficulté le secteur agricole arménien. Le gouvernement russe a également menacé de mettre fin au tarif avantageux du gaz dont l’Arménie bénéficie, gaz vital pour le pays. De son côté, l’Union européenne s’est engagée à fournir une aide économique d’urgence d’au moins 50 millions d’euros.

Elections législatives

C’est ce dimanche 7 juin que les élections législatives auront lieu en Arménie. Le scrutin se tient dans un contexte très tendu entre le gouvernement de Nikol Pachinian, pro-européen et son opposition, plutôt proche de la Russie. Pour le premier ministre sortant, il s’agit aussi de faire approuver son souhait de paix avec l’Azerbaïdjan et la Turquie. La campagne a été extrêmement difficile, avec, notamment l’arrestation de dizaines de militants des partis d’opposition, à commencer par Samuel Karapetian, chef de file du parti Arménie forte et opposé à tout rapprochement avec l’Union européenne, actuellement en résidence surveillée.

Source : SOS Chrétiens d’Orient

Hubert de Torcy : le cinéma est un levier de foi

Vous aimez regarder de beaux films en famille, confortablement installés dans votre canapé… ou vivre l’émotion du grand écran au cinéma. Des films qui marquent, qui élèvent, qui rassemblent. Sacré Cœur, Le Roi des Rois, David et bien d‘autres… des histoires fortes, qui traversent le temps et qui parlent au cœur. Et bien derrière ces films, il y a une vision et une conviction : celle que le cinéma peut être un véritable levier de sens, de foi et de transmission.

Hubert de Torcy, fondateur et président de SAJE Distribution et de SAJE+, est un entrepreneur engagé… mais d’abord un passeur d’histoires. Depuis plus de 10 ans, il œuvre pour faire rayonner des films porteurs de sens, qui élèvent, interrogent et nourrissent l’âme. Avec SAJE, il a contribué à structurer et faire grandir la distribution de films chrétiens en France. Avec SAJE+, la plateforme de référence des films chrétiens, il poursuit cette mission en proposant un accès à tous pour découvrir et regarder des vies de saints, des classiques du cinéma français, des documentaires, des biopics, des séries, des comédies… pour les grands, pour les enfants et les familles.

  • 00:00 Introduction
  • 01:48 Présentation
  • 02:10 Sortie du film “David”
  • 04:52 Redécouvrir les histoires bibliques
  • 08:17 Parcours professionnel
  • 12:32 Cette attirance pour le cinéma
  • 15:40 La création de SAJE
  • 20:31 “Le Prince d’Égypte” et “Il était une fois Jésus”
  • 22:10 Le film “Cristeros”
  • 30:55 Remplir une salle de 100 personnes
  • 32:50 C’est quoi un beau film ?
  • 36:18 “La Passion du Christ” : le film qui a bousculé le cinéma chrétien
  • 42:40 Mauvais films : “Noé” et “Exodus”
  • 44:53 L’incarnation par les réalisateurs
  • 47:29 Covid : face à la fermeture des cinémas
  • 54:25 Le catalogue SAJE
  • 57:09 Comment fonctionnent les droits ?
  • 1:00:46 Le film le plus vu sur SAJE
  • 1:00:58 Un film impossible à avoir ?
  • 1:04:46 Combien de films et d’abonnés ?
  • 1:06:32 Le film “De mauvaise foi”
  • 1:11:11 Pascal Demolon et Philippe Duquesne
  • 1:15:17 Le film “Éternité”
  • 1:16:44 La relation avec les Américains
  • 1:19:47 Le public de SAJE+
  • 1:23:04 Consécration de SAJE à Paray-le-Monial
  • 1:26:30 Quelle aventure avec “Sacré-Cœur” !
  • 1:34:18 L’export à l’international
  • 1:37:27 Levée de fonds pour les films chrétiens
  • 1:39:36 SAJE dans le cinéma mainstream
  • 1:41:06 Les 3 films recommandés sur SAJE
  • 1:42:00 Ton souhait pour la suite
  • 1:42:26 Remerciements
  • 1:42:55 Conclusion

Face à l’intelligence artificielle, le pape appelle les catholiques à défendre l’homme

L’intelligence artificielle progresse à une vitesse fulgurante. Beaucoup s’en émerveillent. D’autres s’en inquiètent. Mais peu prennent réellement le temps de réfléchir aux conséquences spirituelles, culturelles et anthropologiques de cette révolution.

C’est précisément l’objet de Magnifica Humanitas, la première encyclique du pape Léon XIV.

Dans ce texte fort, le Saint-Père met en garde contre une société où la personne humaine risquerait d’être réduite à une donnée, un profil ou un simple rouage économique. Il rappelle avec force que l’homme n’est pas une machine performante mais une créature voulue et aimée par Dieu.

À contre-courant de l’idéologie technicienne dominante, le pape affirme que :

  • la vérité ne peut être produite par des algorithmes,
  • la conscience humaine ne peut être remplacée,
  • la dignité de la personne reste intangible.

Dans un contexte où les nouvelles technologies bouleversent déjà l’éducation, le travail, la transmission et même les relations humaines, cette encyclique apparaît comme un texte majeur du pontificat.

Pour accompagner les fidèles dans cette lecture, Hozana vient de lancer un parcours de prière intitulé :

“100 jours pour lire Magnifica Humanitas

Le principe est simple :
chaque jour pendant quelques minutes, les participants découvrent un passage de l’encyclique en version texte ou audio accompagné d’une prière.

Et déjà plus de 12.000 personnes ont rejoint cette retraite spirituelle en ligne.

Une belle initiative pour former les consciences et approfondir l’enseignement social de l’Église dans une époque particulièrement troublée.

Le parcours est accessible gratuitement ici : https://tinyurl.com/5n8sumvs

L’Arménie va-t-elle disparaître ?

D’Antoine de Lacoste dans Le Nouveau conservateur :

Le plus vieil Etat chrétien du monde vit des heures difficiles. Ce n’est pas la première fois : les Arméniens semblent marqués du sceau de la souffrance. Cernée par la Turquie et l’Azerbaïdjan, dirigée par un premier ministreantirusse qui a rompu des liens presque charnels avec Moscou, lui substituant une protection américaine très théorique, la toute petite Arménie semble bien menacée.

C’est sous l’influence de Saint Grégoire l’Illuminateurque le roi Tiridate s’était converti au christianisme en 301.Mais les décennies qui suivirent furent difficiles pour le jeune Etat chrétien, entouré de deux géants peu commodes : l’Empire byzantin et l’Empire perse. Bien que l’un fût chrétien et l’autre païen, ils se mirent d’accord pour se partager la malheureuse Arménie qui n’avait aucun moyen de s’opposer à cette brutale mainmise.

Par ce qu’on a appelé le Partage de 387, les Perses occupèrent les deux-tiers de l’Arménie à l’est et les Byzantins le dernier tiers à l’ouest. Contrairement à une légende bien ancrée, la religion des Perses, le zoroastrisme, n’était guère tolérante. Son clergé chassa les prêtres catholiques arméniens des églises et pris leur place. Les princes arméniens se révoltèrent et constituèrent une armée qui fut vaincue à la bataille d’Alvaïr en 451. Malgré la défaite, le peuple arménien n’accepta jamais de changer de religion et se lança dans une guérilla impitoyable qui finit par avoir raison des zoroastres. Grâce à ses fidèles, l’église arménienne survécut.

Elle se sépara malheureusement de Rome lors du concile de Chalcédoine en 451 dont elle refusa la nouvelle définition de la double nature, divine et humaine, du Christ. Elle avait pourtant accepté la définition quasi-identique du concile d’Ephèse de 431. Mais elle rejeta, pour des raisons obscures,la nouvelle version destinée à mieux lutter contre l’hérésie monophysite. En 506, l’église arménienne se proclama église indépendante, appelée dorénavant Eglise apostolique arménienne. Elle est aujourd’hui schismatique alors qu’elle croit, comme l’Eglise catholique, que le Christ est vrai Dieu et vrai homme. Plusieurs discussions se déroulèrent au fil des siècles pour retrouver l’unité, en vain. L’existence d’une église  arménienne indépendante est devenue un marqueur identitaire pour les Arméniens.

L’irruption de l’islam, après la bataille de Yarmouk en 636, changea tout. Les conquérants arabes, finalement peu nombreux, traitèrent convenablement les Arméniens car ils avaient d’autres objectifs plus urgents. C’est alors qu’eut lieu l’âge d’or arménien. Le pays se couvrit d’églises dont plusieurs, en bon état, se visitent encore dans des paysages parfois éblouissants. L’Arménie est un des seuls pays au monde à posséder autant d’églises de cette époque.

L’affaiblissement des arabes permit aux Arméniens de créer deux royaumes au IXe siècle. L’un au nord dirigé par la famille Bagratouni, avec comme capitale Ani, « la ville aux mille et une églises », l’autre au sud avec la famille Arstrouni qui installa sa capitale sur le lac de Van.

Cette belle période ne dura malheureusement pas car de nouveaux venus arrivèrent des steppes d’Asie centrale, les Seldjoukides. Ces Turcomans vainquirent les Byzantins en 1071 à la bataille de Manzikert. Ils s’islamisèrent rapidement et une de leurs familles, les Otmans, prit le dessus. Ce sont eux qui fondèrent le funeste Empire ottoman.

De nombreux Arméniens quittèrent alors leurs territoires de l’est pour s’installer dans le sud, en face de Chypre, dans le Royaume de Cilicie. Appelé aussi petite Arménie, ce pays connut la prospérité jusqu’au XIIIe siècle. Tarse et Adanafurent le centre de ce royaume chrétien qui disparut sous les coups des hordes de Genghis Kahn puis des Mamelouks égyptiens. Le dernier roi de Cilicie, Léon VI de Lusignan, fut déposé en 1375. Il finit ses jours à la Cour de France.

Au fil des siècles suivants, l’Empire ottoman connut son apogée, qui le porta jusqu’à Vienne à la fin du XVIIe siècle, puis son reflux qui en fit « l’homme malade de l’Europe » au  XIXe siècle.

Ce fut au cours de cette période que l’Arménie perdit sa province du Nakhitchevan, victime de la lutte entre l’Empire perse et l’Empire ottoman. Le Shah emblématique, Abbas Ier, décida en 1604 de vider la Nakhitchevan de ses habitants arméniens pour pratiquer la politique de la terre brûlée face aux avancées ottomanes. Les habitants azéris furent épargnés car Abbas Ier avait une autre idée en tête : transplanter dans sa capitale, Ispahan, ces Arméniens connus pour être des commerçants hors pair. On leur donna un quartier, ils y sont toujours et vendent à l’ombre de leurs églises les plus beaux tapis d’Iran.

Progressivement, les Arméniens, et les autres populations chrétiennes soumises au joug turc, virent l’étau se desserrerprogressivement. En 1856, les chrétiens acquirent enfin les même droits que les populations musulmanes.

Profitant de l’affaiblissement ottoman, la Russie, qui achevait sa conquête du Caucase, se porta sur les terres arméniennes afin de les libérer. Il fut alors envisagé de créer une grande Arménie indépendante sous la protection de la Russie.

Naturellement les Anglais, comme vingt ans auparavant lors de la funeste guerre de Crimée, firent capoter ce beau projet qui eût sauvé les Arméniens du génocide à venir. Ils provoquèrent la tenue du Congrès de Berlin en 1878 qui décida de confier l’ouest de l’Arménie à la Turquie et l’est à la Russie. C’est cette partie orientale qui est l’Arménie d’aujourd’hui. Les Arméniens supplièrent d’être entièrement placés sous la protection russe, en vain. Les Russes finirent hélas par accepter et retirèrent leurs troupes, on se demande encore pourquoi.

Les premiers massacres commencèrent peu après. Entre 1894 et 1896, 300 000 Arméniens furent exterminés par les Ottomans. L’arrivée au pouvoir des Jeunes Turcs puis la première guerre mondiale seront les éléments déclencheurs du grand massacre qui tua 1,5 million d’Arméniens. Il y eut également 300 000 Assyro-Chaldéens massacrés, en Irak notamment. Il est probable que dans l’histoire, personne n’a ciblé et tué autant de chrétiens que les Turcs, les communistes s’attaquant à tout le monde.

La révolution bolchévique faillit provoquer la disparition définitive de l’Arménie. L’armée russe explosa , la guerre civile commença et il n’y eut évidemment plus de soldats russes pour protéger l’Arménie orientale. Les Turcs, malgré leur défaite de 1918, conservait une armée et attaquèrent le dernier territoire arménien pensant ainsi achever le travail de 1915. Mais les Arméniens vainquirent les troupes turques près d’Erevan, leur capitale. La Turquie dut reconnaître l’indépendance du petit pays qui fut hélas bientôt absorbé dans l’URSS, tout comme la Géorgie et l’Azerbaïdjan, les deux autres Etats caucasiens.

C’est à cette époque que Staline décida de rattacher le Haut-Karabagh à l’Azerbaïdjan. Totalement chrétien, il devint une enclave entourée des chiites azéris. Mais la discipline soviétique empêcha les Azéris de détruire ce territoirearménien historique et le statu quo prévalut. Ce ne pouvait être que transitoire et, en 1988, avant même la chute de l’Union soviétique, la province du Haut-Karabagh fit sécession de l’Azerbaïdjan. En 1991, chaque territoire proclama son indépendance : Arménie, Haut-Karabagh et Azerbaïdjan. La guerre devint inévitable et pendant trois ans, Arméniens et Azéris s’affrontèrent rudement. Ils utilisaient le même matériel soviétique et la valeur des Arméniens fit la différence.

Les Arméniens commirent alors une erreur qui coûtera cher. Tous les territoires situés entre l’Arménie et le Haut-Karabagh furent vidés de leurs habitants azéris, soit 600 000 personnes. De leur côté, les Azéris massacrèrent les nombreux Arméniens installés dans leur capitale, Bakou.

Certes, stratégiquement, cette déportation massive pouvait se comprendre : comment protéger efficacement le Haut-Karabagh depuis l’Arménie si des centaines de milliers d’Azéris hostiles se trouvaient entre les deux ? Mais évidemment l’opinion internationale, pourtant pro-arménienne, fut mal à l’aise et l’Azerbaïdjan ne songea plus qu’à se venger. La zone évacuée ne fut plus habitée, et un corridor, appelé Latchine, relia l’Arménie au Haut-Karabagh.

Le dictateur azéri Ilham Aliev, qui avait succédé à son père en 2003, mit tout en œuvre pour la revanche. Il se rapprocha de la Turquie et, grâce à l’argent du pétrole de Bakou et de la Mer Caspienne, modernisa son armée. Il acheta massivement des drones Bayraktar (du nom du gendre d’Erdogan), technologie dans laquelle la Turquie était en pointe.

En septembre 2020, Aliev envoya son armée attaquer le Haut-Karabagh. Les Arméniens se battirent courageusement mais leurs chars furent décimés par les drones turcs. Ils avaient une guerre de retard. De plus, des milliers d’islamistes syriens furent envoyés en renfort par la Turquie aux côtés de l’armée azérie.

Les Russes ne bougèrent pas dans un premier temps. Ils avaient de bonnes relations avec l’Azerbaïdjan et surtout un nouveau premier ministre arménien était en place depuis 2018 : Nico Pachinian. Pro-occidental, il prit ses distances avec la Russie. Donald Trump puis tous les dirigeants européens défilèrent chez lui, ravis de serrer la main d’un anti-russe.

Vladimir Poutine décida finalement d’intervenir et Aliev arrêta les combats après avoir conquis la moitié du Haut-Karabagh. Pachinian, aveuglé par les promesses occidentales, continua de repousser les avances russes. Aliev, sentant l’aubaine, lança une nouvelle attaque en septembre 2023 et prit l’intégralité du Haut-Karabagh, provoquant l’exode des 110 000 Arméniens qui y vivaient. L’armée arménienne est restée l’arme au pied, abandonnant pour toujours le Haut-Karabagh.

Aujourd’hui, les Turcs et les Azéris ont les regards tournés vers le Nakhitchevan. Limitrophe de la Turquie au nord-ouest, sa partie sud, située contre l’Iran, peut être l’occasion d’y créer un corridor qui donnerait un accès à la Mer Caspienne, rêve d’Erdogan. Mais juste après, il y a l’extrémité sud de l’Arménie entre le Nakhitchevan et l’Azerbaïdjan.

Trump est intervenu et a convaincu Pachinian d’accepter de céder une partie du territoire de l’Arménie pour permettre la réalisation de ce corridor qui serait routier, ferroviaire et technologique. L’Arménie n’a de toutes façons pas le choix, la protection américaine a un coût.

Ce corridor, qui, tant qu’à faire, s’appellera le « corridor Trump », coupera l’Arménie de l’Iran avec qui elle entretient d’excellentes relations. Si l’on ajoute que les azéris grignotent, progressivement et impunément, des petits territoires à l’est, on mesure le danger couru par l’Arménie, encerclée par la Turquie et l’Azerbaïdjan, deux ennemis implacables et protégés par les Etats-Unis dont la fidélité n’est pas vraiment la marque de fabrique. Oui, aujourd’hui, l’Arménie est en danger de mort.

“Tombé du Ciel” : le catholicisme vu par ceux qui n’en parlent plus la langue

Il y a une fatigue particulière devant certaines comédies françaises. Non pas parce qu’elles se moquent du catholicisme, car les catholiques peuvent survivre à une plaisanterie, et même à une bonne satire, mais parce qu’elles donnent souvent l’impression de parler d’un monde qu’elles ne comprennent plus.

Avec Tombé du ciel, à en croire son dispositif, son synopsis et ses premiers échos, le cinéma français semble une nouvelle fois confondre le catholicisme avec ses souvenirs de pensionnat rance.

La recette paraît désormais connue. Un jeune homme venu d’un univers populaire et urbain est envoyé dans un pensionnat catholique strict. D’un côté, la spontanéité, la débrouillardise, l’énergie contemporaine. De l’autre, les messes, les règles, le latin, les religieux, les réveils matinaux, les couloirs austères et tout un petit théâtre de vieilles habitudes supposées ridicules.

Le problème n’est pas que l’on rie des catholiques. On peut rire des catholiques, des curés, des messes mal chantées, des pensionnats trop sévères, des guitares liturgiques et des scouts en bermuda. Le catholicisme a produit assez de saints, de pécheurs, de génies, de médiocres, de mystiques, de notables, de tartuffes et de braves gens pour fournir de la matière comique jusqu’à la fin des temps.

Le problème est ailleurs. On ne rit plus d’un monde connu de l’intérieur ; on rit d’un monde dont on ne possède plus ni la grammaire, ni le vocabulaire, ni la mémoire profonde.

C’est souvent cela, aujourd’hui, le catholicisme dans une partie du cinéma français : non pas une religion vivante, non pas une civilisation de signes, non pas une manière de comprendre la personne, la faute, le pardon, la transmission, les pauvres, les morts, les enfants, la beauté ou le sacrifice ; mais un décor. Des soutanes, des messes, des murs anciens, quelques mots latins, des interdits, des surveillants, une atmosphère supposément moisie, et des personnages assez excentriques pour que leur seule apparition déclenche le rire.

Ce n’est même plus vraiment de l’anticléricalisme. L’anticléricalisme, le vrai, avait parfois de la force parce qu’il connaissait son adversaire. Il savait ce qu’il attaquait. Il avait lu, observé, combattu. Ici, nous sommes plutôt devant une paresse culturelle devenue réflexe : catholique égale coincé ; tradition égale poussière ; latin égale absurdité ; pensionnat égale prison mentale ; religieux égale personnage pittoresque.

Ce vieux logiciel comique donne surtout une étrange impression de retard. Ceux qui croient railler un monde ancien semblent souvent prisonniers de leurs propres souvenirs défraîchis. Ils ont gardé l’image d’un catholicisme d’avant-hier, celui du pensionnat, de la discipline, du curé ridicule ou de la religieuse sévère. Mais ils en ont perdu le sens. Ils ont retenu les formes mortes et oublié ce qu’elles pouvaient contenir de charité, d’intelligence, d’éducation, de beauté et de profondeur.

C’est peut-être cela le plus frappant : le catholicisme est devenu, pour certains, une langue familiale mal apprise. On en reconnaît quelques sons, quelques objets, quelques gestes, mais on ne sait plus traduire. Alors on caricature.

On exigera aujourd’hui d’un scénariste qu’il se documente avec prudence sur presque toutes les cultures. On lui demandera d’éviter les stéréotypes, de consulter, de nuancer, de contextualiser, de comprendre les blessures et les codes. Très bien. Mais lorsqu’il s’agit du catholicisme, cette prudence disparaît souvent. On pioche dans le vieux stock national : une messe, un frère un peu absurde, une autorité ridicule, une chorale qui bascule dans la pop, et l’affaire est faite.

C’est pourtant une étrange légèreté. Car le catholicisme n’est pas un folklore étranger à la France. Il a façonné ses villes, ses paysages, ses fêtes, ses hôpitaux, ses écoles, ses œuvres d’art, ses noms de lieux, son rapport aux morts, aux pauvres, aux enfants, à la faute et au pardon. Il n’est pas un accessoire poussiéreux posé dans un coin du décor national. Il est l’une des grandes matrices de ce pays.

Que l’on critique l’Église, très bien. Que l’on rie des catholiques, pourquoi pas. Que l’on montre leurs ridicules, leurs lâchetés, leurs raideurs, leurs hypocrisies même, cela peut être nécessaire. Mais encore faut-il savoir de quoi l’on parle.

Le paradoxe est que ces films se présentent souvent comme des œuvres d’ouverture et de réconciliation. Ils veulent montrer que les mondes peuvent se rencontrer, que les préjugés tombent, que les différences se dépassent. Mais la réconciliation commence rarement par la caricature d’un des deux mondes. Elle suppose au contraire de le prendre au sérieux.

Or, dans ce type de récit, la répartition des rôles est presque toujours la même. Le monde contemporain, populaire, métissé, urbain, est présenté comme vivant, imparfait mais porteur d’avenir. Le monde catholique traditionnel, lui, est convoqué comme un vieux décor comique auquel on accorde finalement, dans un geste de générosité, un petit brevet d’humanité. C’est très aimable. C’est aussi très condescendant.

Le cinéma français croit parfois faire preuve d’audace en se moquant des catholiques. Il ne voit pas qu’il ne transgresse plus rien. Il répète simplement une blague de famille dont il a oublié l’origine. Il croit dépoussiérer un vieux monde, mais il révèle surtout son incapacité à comprendre ce qui l’a précédé.

Le vrai scandale n’est donc peut-être pas que le cinéma français se moque encore des catholiques. Le vrai scandale est qu’il ne sache même plus de quoi il se moque.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Liban : Un nouveau cessez-le-feu ?

Depuis les Etats-Unis, Israël et le Liban ont convenu, mercredi 3 juin, d’un nouveau cessez-le-feu, après des négociations « très difficiles » selon le président libanais lui-même. C’est le troisième de ce type, depuis le début de la guerre, en mars dernier.

Ce cessez-le-feu est conditionné, selon la déclaration officielle « à l’arrêt complet des tirs du Hezbollah et à l’évacuation de tous les membres du Hezbollah du secteur du Sud-Litani ». Pour le premier ministre Nawaf Salam, cette négociation avec Israël est « la voie la plus rapide et la moins coûteuse pour le Liban et les Libanais, ainsi que pour le Sud et ses habitants ».

Le Hezbollah par la voix de son chef, Naïm Qassem, a refusé ce cessez-le-feu partiel, qualifiant les négociations d’ « absurdes, humiliantes et honteuses pour le Liban ». « Notre seul objectif est de mettre fin à l’agression, d’obtenir un cessez-le-feu et le retrait d’Israël. Ce cessez-le-feu doit être global ; il ne saurait y avoir de séparation entre le Sud et le reste du Liban ». Le parti chiite poursuit donc ses actions militaires et l’a fait savoir au gouvernement libanais. L’Iran, en pleine discussion avec les Etats-Unis a précisé que « la région ne sera jamais stable sans un retrait israélien de toutes les zones occupées au Liban ».

Le quotidien israélien Yedioth Ahronoth le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu aurait déclaré devant ses ministres « il n’y a actuellement aucun accord, le Hezbollah s’y oppose, et par conséquent, je ne prends aucune décision ». Notons que plusieurs ministres israéliens sont vigoureusement opposés à un tel cessez-le-feu. Sur X, Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale, a ainsi déclaré : « la cessation des hostilités avec le Liban est une grave erreur ». Pendant ce temps, l’armée israélienne poursuit son offensive au Liban. De nouveaux villages ont ainsi reçu des ordres d’évacuation forcée.

Source : SOS Chrétiens d’Orient

La théologie du corps, loin des caricatures et mystifications

La théologie du corps, développée par le pape Jean-Paul II, inquiète parfois certains, qui y voient une exaltation de l’union charnelle. Dans La théologie du corps à la lumière de la Tradition. La transparence du beau, le père Louis moine bénédictin au Barroux et prêtre, responsable de la formation des novices de son monastère, revient sur l’interprétation de cet enseignement, corrigeant au passage les déformations inévitables, notamment sur le caractère “révolutionnaire” de cet enseignement alors qu’il est enraciné dans la Tradition, sur l’hypertrophie du corps et de la sexualité, la dépréciation de la virginité, la “vocation” au mariage, et sur l’inversion supposée des fins du mariage. Quelles vérités Dieu a-t-il voulu révéler en nous créant homme et femme ? Pourquoi tant de blessures dans la sexualité et comment Jésus vient-il les guérir ? Pourquoi appelle-t-il certains à renoncer au mariage et compare-t-il le bonheur éternel à des noces ?

Bien que conséquente avec plus de 400 pages, cet ouvrage reste accessible et livre un exposé particulièrement clair qui intègre les catéchèses de Jean-Paul II dans la Tradition vivante de l’Église : les Pères et les docteurs, le Magistère, la vie des saints et les auteurs contemporains. Sans exaltation de la sexualité ni puritanisme, l’auteur nous permet de porter un regard équilibré sur la grandeur et la fragilité de l’amour humain, ainsi que sur la beauté et les exigences du célibat consacré.

L’auteur corrige notamment les visions simplistes et maladroites de cette théologie, devenant une caricature :

Une telle mystification de la sexualité déforme la pensée de Jean-Paul II et provoque un rejet de la théologie du corps, tant de la part de ceux qui sont attachés à l’enseignement traditionnel de l’Eglise que des sexologues contemporains. Les uns comme les autres ont raison de s’opposer à cette idéalisation mystique de l’union charnelle des époux, mais ils ont tort d’attribuer cette mystification à la théologie du corps de Jean-Paul II. Ce n’est pas ce qu’enseigne le saint pape, c’est seulement la caricature qu’en font certains auteurs. A les lire, on pourrait croire que l’union des époux est le huitième sacrement que donne Dieu ! Ni huitième sacrement, ni rien à voir avec les sacrements mais partie intégrante du septième !

Le Pacte sur la migration et l’asile

D’après le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, ce Pacte affecte 40% du code des étrangers et va donc bouleverser notre droit. Pour rappel, lors de l’adoption de ce Pacte en mai 2024, Jordan Bardella publiait le communiqué suivant :

« Pour les Français, ce sera la submersion ou la punition. La France sera ainsi contrainte d’accueillir des milliers de migrants dans ses villes et villages, ou bien de subir des sanctions financières pour avoir le droit d’en être épargnée. Il s’agit pour nous d’une ligne rouge absolue. Les peuples d’Europe ne veulent être ni remplacés, ni submergés : ils aspirent à la protection et au respect de leur volonté. Le Rassemblement National s’opposera de toutes ses forces à ce Pacte de submersion ».

En 2022, la population s’est accrue de 322 000 personnes, dont 271 000 en raison du solde migratoire

L’INSEE a publié une étude sur les flux migratoires :

En 2024, 438 000 personnes sont arrivées en France. Parmi elles, 85 000 sont nées en France, 40 000 sont nées françaises à l’étranger et 313 000 sont immigrées. Les entrées sur le territoire sont en baisse en 2024 comme en 2023. Elles retrouvent leur niveau de 2019, après quatre années marquées par la crise sanitaire et la guerre en Ukraine.

Les personnes immigrées entrées en 2024 vivent en majorité au sein d’une famille. Certaines d’entre elles arrivent en couple, d’autres rejoignent un conjoint : cette situation est bien plus fréquente pour les femmes immigrées que pour les hommes. Les enfants arrivent pour la plupart avec leurs parents, mais 43 % d’entre eux rejoignent un parent déjà établi en France.

Entre les 1ers janvier 2022 et 2023, la population résidant en France s’est accrue de 322 000 personnes, dont 51 000 en raison du solde naturel et 271 000 du solde migratoire.

En 2022, le solde migratoire des immigrés est historiquement haut (348 000) : dans le contexte du déclenchement de la guerre en Ukraine et de la sortie progressive de la crise sanitaire, les entrées ont fortement augmenté et les sorties nettement baissé. Le solde migratoire des non immigrés redevient négatif (‑78 000), en raison principalement d’une forte hausse de leurs sorties du territoire, liée à une reprise de projets migratoires reportés pendant la crise sanitaire.

Et dans l’étude :

Parmi les personnes immigrées entrées en France en 2024, 144 000 sont nées en Afrique, 83 000 en Europe, 57 000 en Asie et 30 000 en Amérique ou Océanie. Toutes origines confondues, le nombre d’entrées de personnes immigrées diminue de 10 % entre 2023 et 2024, après -9 % entre 2022 et 2023. Cette baisse concerne toutes les régions d’origine. Le recul le plus marqué concerne les personnes immigrées originaires d’Europe (-13 %), notamment des pays européens n’appartenant pas à l’UE27, dont le nombre d’entrées diminue de 19 % par rapport à 2023. Même si les entrées d’immigrés nés en Ukraine diminuent progressivement depuis 2022, elles demeurent trois fois plus élevées (5 800) que pour les années précédant le déclenchement de la guerre (autour de 2 000 par an en moyenne).

L’expérience de mort imminente : le témoignage de Laurence Trochu

Benoît Mancheron recevait sur Radio courtoisie Laurence Trochu, philosophe, mère de famille nombreuse, député français au Parlement européen, sur le thème : « L’expérience de mort imminente : le témoignage de Laurence Trochu sur ce qu’ont vécu son fils et ses proches », suite à la publication de son livre Maman, j’ai vu Jésus :

La Chine rase une église après que ses fidèles ont refusé d’y déployer le drapeau communiste

Les autorités chinoises ont démoli une importante église protestante dans l’est de la Chine après des mois de conflit avec des paroissiens qui résistaient aux demandes du gouvernement d’afficher le drapeau national à l’intérieur de l’église, exposant le traitement des chrétiens opposés au projet de sinisation de l’État.

Le 19 mai, la démolition de l’église Yazhong à Yayangzhen, dans le comté de Taishun, s’est achevée après des mois de confrontation. L‘opération s’est déroulée sous un dispositif de sécurité exceptionnel, comprenant une surveillance accrue, des barrages routiers, un important déploiement policier et des restrictions de communication.

Les autorités ont commencé à boucler le périmètre autour de l’église plusieurs jours avant sa démolition. Des points de contrôle ont été mis en place jusqu’à deux kilomètres du site et l’accès était réservé au personnel autorisé. Les riverains auraient été relogés avant l’arrivée des équipes de démolition. La source a également indiqué que du matériel de surveillance avait été déployé dans toute la zone et que les autorités surveillaient les bâtiments voisins afin d’observer les activités autour de l’église.

Les personnes soupçonnées d’avoir photographié l’église ont été immédiatement prises en charge par la police.

Ces démolitions s’inscrivent dans un contexte plus large de pressions croissantes sur les communautés religieuses en Chine. Wenzhou, souvent considérée comme l’une des régions les plus chrétiennes de Chine, a été l’épicentre d’une vaste campagne de retrait de croix entre 2014 et 2016, au cours de laquelle plus de 1 000 croix d’églises auraient été démantelées.

Des préoccupations similaires ont été soulevées concernant les communautés catholiques. En avril 2026, Human Rights Watch a signalé que les autorités chinoises avaient intensifié la surveillance, le contrôle idéologique et les restrictions administratives à l’encontre des catholiques, en particulier des membres des communautés clandestines refusant d’adhérer à l’Association patriotique catholique chinoise, contrôlée par l’État. L’organisation a déclaré que des détentions arbitraires, des disparitions forcées, des assignations à résidence, des actes de torture et d’autres formes de pression avaient été utilisés contre le clergé et les fidèles qui résistaient à leur intégration dans les structures religieuses officielles.

Selon Human Rights Watch, la pression exercée sur les catholiques clandestins s’est accrue depuis l’accord confidentiel de 2018 entre le Saint-Siège et Pékin concernant la nomination des évêques.

« À la découverte de la messe en latin : Guide pratique pour les curieux »

Sur le NCR Edward Pentin a interrogé Édouard de Habsbourg, ancien ambassadeur de Hongrie auprès du Saint-Siège, qui a écrit une brochure, « À la découverte de la messe en latin : Guide pratique pour les curieux » , conçue comme un guide simple et pratique pour les néophytes en matière de liturgie. Traduction de Belgicatho :

Monsieur l’Ambassadeur Habsbourg, quels sont vos espoirs quant à l’ouvrage « À la découverte de la messe latine » , et qu’est-ce qui vous a incité à l’écrire ?

J’ai écrit ce petit livre car, lorsque j’ai assisté à ma première messe traditionnelle en latin, je n’avais pas de brochure explicative pratique sous la main et j’étais complètement désemparée, voire même agacée. Personne ne m’avait préparée aux différences dans presque tous les aspects de la liturgie, et je n’ai donc pas pu l’apprécier pleinement au début. J’espère donc qu’avec ce petit livret en main, les fidèles aborderont leur première messe en latin mieux préparés et sans se braquer d’emblée.

À qui s’adresse-t-il principalement, et peut-on apporter le livret à la messe pour mieux la suivre et y participer ?

Ce livre ne s’adresse pas, en premier lieu, aux personnes qui assistent déjà à la messe traditionnelle en latin. Il est plutôt destiné à celles et ceux qui souhaitent l’essayer, soit parce qu’ils en ont entendu parler, soit par simple curiosité pour cette forme du rite romain. Il s’adresse également à celles et ceux que la messe en latin irrite et qui aimeraient voir certains de leurs préjugés dissipés.

Oui, vous pouvez emporter ce livre à vos deux ou trois premières messes en latin. Il contient une section centrale où j’explique les différentes parties de la liturgie, avec quelques illustrations montrant, par exemple, que lorsque l’enfant de chœur se tient à droite et le prêtre au centre, on peut savoir à quelle partie de la messe nous sommes. Donc, oui, il est tout à fait idéal pour cela.

Quel impact la messe tridentine a-t-elle eu sur votre propre vie, et quelle importance a-t-elle eu pour vous en tant que parent, notamment pour aider à former vos enfants dans la foi catholique ?

Merci beaucoup pour cette question. L’impact le plus fort que la messe en latin ait eu sur moi, c’est sur mes enfants. Nous avons tous été élevés dans la foi catholique, allant régulièrement à la messe, récitant nos prières, faisant des pèlerinages, etc. Mais lorsque nous avons découvert la messe en latin il y a environ cinq ou six ans, toute la famille — même ceux qui ne nous rendaient visite que sporadiquement à Rome — a entamé un cheminement spirituel nouveau, approfondissant notre foi, notre relation avec le Christ et notre compréhension de la liturgie.

Avant tout, j’ai constaté que la vie liturgique imprégnait notre quotidien. Par exemple, je remarque désormais une plus grande ferveur dans la prière quotidienne, la récitation du Rosaire, la pratique des neuvaines et de toutes ces pratiques, ce qui transforme notre vie. J’ai trouvé quelque chose qui a véritablement donné à toute notre famille un nouveau départ dans la foi.

Pendant des siècles, la famille des Habsbourg a joué un rôle essentiel dans la préservation de l’ancienne liturgie , qui a eu un impact majeur sur la culture et la politique de ses territoires. Percevez-vous votre rôle comme similaire — aider les fidèles à connaître et à aimer la messe tridentine et ainsi contribuer à la préservation de la civilisation catholique européenne, d’autant plus qu’elle est aujourd’hui fortement menacée par la laïcité, l’islam et d’autres forces ?

Il est, à mon avis, bien trop tôt pour prédire le rôle que jouera la redécouverte de la messe traditionnelle en latin en Europe. Le nombre de fidèles reste encore très faible, et l’immense majorité des catholiques assistent toujours à ce que l’on appelle le Novus Ordo – la messe d’aujourd’hui. Mais je me vois peut-être comme un ambassadeur de la messe traditionnelle en latin auprès de ceux qui n’en ont jamais entendu parler, qui aimeraient la découvrir, ou qui souhaiteraient dépasser leurs préjugés à l’égard de cette forme de rite.

J’ai commencé à écrire ce livret presque aussitôt après avoir terminé mon mandat de diplomate auprès du Saint-Siège. En tant que diplomate, on doit rester assez discret sur ses préférences, surtout en matière liturgique. Désormais, je suis beaucoup plus libre de parler de ce qui me tient à cœur.

On observe un regain d’intérêt marqué pour la messe tridentine, notamment chez les jeunes. Comment expliquez-vous cette popularité croissante, d’autant plus qu’elle survient malgré les efforts récents du Vatican pour la restreindre ?

Vous avez tout à fait raison : les jeunes sont très attirés par la messe traditionnelle en latin. C’est un phénomène que l’on observe partout en Europe et dans le monde, notamment aux États-Unis, en Angleterre, en France, mais aussi en Autriche, en Allemagne et en Hongrie – partout. Vous vous demandez pourquoi. Bien sûr, je ne le sais pas avec certitude, mais j’imagine que c’est l’antithèse même du monde actuel.

C’est un lieu empreint de recueillement et de silence, un silence absolu. C’est ce silence qui m’a le plus attiré, ainsi que ma famille. On y ressent une profonde ferveur. Je crois que si les jeunes d’aujourd’hui veulent être catholiques, c’est pour vivre une foi authentique et profonde. La messe traditionnelle en latin offre à la fois l’impression et la réalité d’un enracinement très profond. L’étrangeté de la langue latine, la solennité des gestes, tout cela témoigne du sérieux et du caractère sacré de l’événement. Je pense que c’est ce que recherchent les jeunes qui souhaitent bâtir leur vie sur des fondements solides.

Pourquoi pensez-vous que la messe tridentine suscite des passions aussi vives, tant chez ceux qui souhaitent la préserver que chez ceux qui s’y opposent ?

Pour commencer par l’opposition, je crois que la résistance acharnée à la messe traditionnelle en latin est due en grande partie à deux facteurs, dont le premier est probablement un préjugé qui remonte aux années 1950 et 1960. Plusieurs générations de prêtres – dont certains sont aujourd’hui évêques – ont grandi avec l’idée que cette messe appartient au passé, qu’il faut l’abandonner pour s’ouvrir à la liturgie contemporaine. On leur a appris qu’il ne fallait pas s’y attarder ni trop s’y complaire, qu’elle est quelque peu mécanique, manichéenne, un vestige d’un autre temps. Tout cela a pu amener certains à grandir avec la ferme conviction qu’il s’agit d’une pratique à dépasser, poussiéreuse et obsolète. Aussi, lorsque d’autres tentent aujourd’hui de la redécouvrir, ils réagissent avec véhémence. Je pense que c’est une explication possible.

L’autre facteur, bien sûr — et je le trouve fort regrettable — est la manière dont certains catholiques nouvellement convertis, s’exprimant souvent devant leur webcam, se présentent comme défendant la tradition et la messe en latin. Parfois, ils se sentent obligés de parler de façon très agressive et bruyante pour montrer qu’ils sont « vraiment » catholiques. Cela contribue à donner l’image des traditionalistes comme un groupe de personnes rigides, moralisatrices et peu accueillantes.

Je suis presque certain que nombre des mesures prises ces dernières années contre la messe en latin découlent de cette impression. Internet peut être un excellent moyen de parler de sa foi, mais le faire avec respect, charité et une compréhension des autres formes de vie catholique est sans doute bien plus utile.

Malgré le regain d’intérêt, le nombre de fidèles reste relativement faible par rapport à l’ensemble de la population catholique. Considérez-vous ceux qui assistent à la messe tridentine comme le « reste », cette minorité créative dont parlait le cardinal Ratzinger, qui préservera l’ordre catholique et la tradition apostolique alors que tout semble décliner et s’effondrer ?

Il est vrai que la messe en latin est suivie par un nombre relativement restreint de catholiques dans le monde. Je dis « relativement » car si l’on compare le nombre de ceux qui fréquentent la messe en latin avec celui des fidèles qui assistent régulièrement à la messe – et parfois même en semaine – dans de nombreux pays d’Europe occidentale, le nombre de fidèles de la messe en latin paraît soudain bien plus important qu’on ne le pense. Cependant, comparé au nombre total de personnes baptisées dans l’Église catholique, ce nombre reste très faible.

Est-ce que je crois que cela constituera le rempart, le petit reste ? Je ne le pense pas. Je crois que les propos de Benoît XVI s’appliquent aussi bien à ceux qui assistent à la messe traditionnelle en latin qu’à ceux qui fréquentent les paroisses où la messe contemporaine est célébrée avec ferveur et respect, et où la vie catholique est vivante et florissante. Ensemble, ils forment le petit reste – et ces deux groupes connaissent une croissance exponentielle.

Si l’on considère le nombre de personnes baptisées, confirmées ou revenues à l’Église catholique ces quatre ou cinq dernières années, on constate qu’il se passe quelque chose au sein de l’Église, quelque chose se passe dans tout le monde occidental, du moins à mon avis. Je suis plein d’espoir pour l’Église, de peur que nous ne devenions ce très petit reste dont parlait Benoît XVI.

Stop à l’inaction des pouvoirs publics pour protéger les enfants contre la pédopornographie

Communiqué de Juristes pour l’enfance :

Juristes pour l’enfance a écrit au Procureur du Tribunal judiciaire de Paris et à l’OFMIN pour demander la mise en œuvre d’une enquête pénale et à tout le moins sociale concernant la situation des mineurs exploités dans la campagne BALENCIAGA « Gift Shop » de 2022.

Dans cette campagne publicitaire, six jeunes enfants ont été mis en scène dans un univers évoquant la torture et les pratiques sexuelles du BDSM (bondage, domination, soumission, sadomasochisme). Devant l’émotion bien justifiée de l’opinion publique, la société Balenciaga a retiré la campagne et présenté de vagues excuses, invoquant une erreur.

Par la suite, le jury de déontologie publicitaire (organisme d’intérêt général, instance associée de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP)) a estimé dans son avis publié le 6 février 2023  que la campagne de publicité

« renvoie sans ambiguïté à une thématique de « bondage » et de jeux sexuels potentiellement violents. Cette représentation induit l’idée qu’un enfant pourrait simuler de telles pratiques avec une peluche, ce qui est à l’évidence inapproprié à cet âge, voire suggère et légitime le fait que l’enfant lui-même pourrait se livrer ou être l’objet d’une telle activité à l’initiative d’un adulte. La mise en scène qui mêle la présentation d’un enfant au regard triste à celle d’objets à la fois hétéroclites et présentés de manière ordonnée, l’ours comme l’enfant étant inclus dans cette scénographie, renforce le caractère indécent de la situation. Le Jury estime que cette mise en scène est de nature à heurter la sensibilité du public et à le choquer en propageant une image de l’enfant qui porte atteinte à sa dignité et à la décence».

Deux lanceurs d’alerte – le Dr Florent Godeau et Mr Eric Ramond syndicaliste CGT – ont dénoncé les conséquences du tournage d’une telle campagne sur les enfants concernés. Grâce à leur opiniâtreté, la commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée nationale a été saisie et l’inspection du travail a diligenté une enquête sur les conditions d’emploi des enfants pour cette campagne publicitaire. Le Parquet de Paris et la Défenseure des droits ont également été alertés .

Mais il ne semble pas y avoir eu de suite. L’absence de réaction forte des pouvoirs publics interroge sur la volonté de prendre des mesures réellement efficaces pour protéger les enfants de la pédocriminalité. La liberté artistique a de justes limites et ne peut servir de prétexte pour violer la dignité des enfants. L’exploitation de leur image pour alimenter les fantasmes d’adultes avec des visuels de l’univers sexuel BDSM (bondage, domination, soumission, sadomasochisme) contribue gravement à entretenir l’idée que la relation sexuelle avec le petit enfant est possible.

C’est la raison pour laquelle il apparaît indispensable que les moyens soient mis en œuvre pour protéger les enfants exploités dans cette campagne. Un examen médical, une évaluation de leur situation et de leurs conditions d’emploi dans cette campagne doivent être vérifiés.

Constatant que le nécessaire n’a pas été fait, Juristes pour l’enfance a donc repris les initiatives précédentes pour demander qu’une enquête pénale, et à tout le moins sociale, soit effectuée afin d’assurer la protection des enfants concernés.

Henry Nowak : l’antiracisme tue

L’image de la semaine : Un grand sommet de la remigration à Porto

Retour sur le rendez-vous portugais qui faisait suite au “Remigration Summit” de Milan en mai 2025, auquel avait déjà participé Jean-Yves Le Gallou. Et la série européenne de rendez-vous ne s’arrête pas là puisque la prochaine étape sera française ! C’est Polémia qui organisera ce grand événement le 31 octobre prochain.

Le dossier du jour : L’affaire Henry Nowak, une bombe à retardement

Henry Nowak, 18 ans, étudiant, poignardé à Southampton par Vickrum Digwa. Menotté par la police alors qu’il agonisait, il répétait “I can’t breathe” (je ne peux pas respirer), les mêmes mots que George Floyd. Pourtant, le silence médiatique est assourdissant. Pourquoi ? Parce que son histoire contredit le cadre idéologique dominant. Nous analysons le traitement médiatique à deux vitesses, la réaction internationale, les manifestations en Grande-Bretagne, et la conférence de presse bouleversante de son père.

Les pastilles de l’info :

– Les émeutes post-victoire du PSG : avec le “gentil Hugo” d’extrême gauche et “Mamie Mireille”
– Xenia Fedorova : la campagne contre l’ex-dirigeante de RT France continue
– Xavier Dupont de Ligonnès : encore un faux témoignage
– La question géopolitique de Pujadas sur les Chinois

Portrait piquant : Apolline de Malherbe

Pédocriminalité : la famille n’est pas coupable, elle est trahie

Il faut reconnaître à la députée Laurence Rossignol un mérite réel : elle a raison de refuser le mot de « pédophilie » lorsqu’il s’agit de violences sexuelles commises contre des enfants. Le terme est piégé. Étymologiquement, il suggère une forme d’amour de l’enfant. Or il n’y a pas d’amour dans l’emprise, dans l’agression, dans l’inceste, dans la destruction d’une innocence. Il y a un crime, une prédation. Il y a une profanation du plus vulnérable. Parler de « pédocriminalité » est donc plus juste, plus net, plus moralement sain.

Mais c’est précisément parce que cette première distinction est bonne qu’il faut regretter que le raisonnement s’arrête en chemin.

Car lorsqu’on affirme ensuite que les violences sexuelles contre les enfants ont le plus souvent lieu dans la famille, et qu’on en tire une suspicion générale contre la famille, contre l’autorité, contre le père, alors on retombe dans un vieux réflexe idéologique. Un réflexe très installé à gauche : dès que le mal surgit dans une institution traditionnelle, on conclut que l’institution elle-même est le problème. La famille devient suspecte. Le père devient suspect. L’autorité devient suspecte. Et le drame réel des enfants devient l’occasion de remettre en marche le vieux logiciel anti-famille.

Or ce raisonnement est faux. Il est d’abord faux parce qu’un enfant passe une grande partie de sa vie dans sa famille. C’est là qu’il dort, qu’il mange, qu’il dépend, qu’il fait confiance, qu’il est vulnérable. Il n’est donc malheureusement pas absurde que beaucoup d’horreurs se produisent dans ce cadre-là. C’est même ce qui les rend si terribles : elles ne viennent pas d’un extérieur clairement identifié, mais du lieu qui devait être le refuge.

Mais surtout, ce raisonnement est faux parce qu’il confond l’institution avec sa trahison.

La violence sexuelle dans la famille n’est pas la vérité de la famille. Elle en est la corruption absolue. L’inceste n’est pas l’expression du lien familial : il est son inversion monstrueuse. Un père prédateur n’est pas l’incarnation de l’autorité paternelle : il en est la caricature démoniaque. Il ne représente pas le père ; il détruit la paternité. Il ne représente pas l’autorité ; il la souille.

C’est ici que la comparaison politique est éclairante. Le fait qu’il existe des dictateurs ne prouve pas que tout gouvernement soit mauvais. Il prouve qu’un pouvoir sans justice devient tyrannique. Le fait qu’un chef puisse opprimer ne signifie pas qu’une société doive renoncer à toute autorité. Cela signifie qu’il faut distinguer l’autorité légitime, qui protège, sert et ordonne, de la domination illégitime, qui écrase et possède.

Il en va de même dans la famille. L’autorité du père, lorsqu’elle est juste, n’est pas une permission donnée au plus fort. Elle est une charge. Elle est un service. Elle est une responsabilité devant les plus faibles. Elle n’existe pas pour enfermer l’enfant, mais pour le protéger. Elle n’existe pas pour imposer le silence, mais pour garantir la sécurité. Elle n’existe pas pour couvrir les abus, mais pour empêcher qu’ils soient possibles.

Il faut donc être très clair : défendre la famille ne signifie pas couvrir les crimes commis dans les familles. Défendre le père ne signifie pas défendre les pères indignes. Défendre l’autorité ne signifie pas défendre l’impunité. Bien au contraire. Une société qui croit vraiment à la famille doit être impitoyable envers ceux qui la profanent. Une société qui croit vraiment à la paternité doit être impitoyable envers ceux qui utilisent la position de père, de beau-père, d’oncle ou de proche pour détruire un enfant.

La vraie réponse n’est donc pas de déconstruire la famille. Elle est de rappeler ce qu’est une famille digne de ce nom : un lieu de protection, de transmission, de tendresse, de justice, de parole et de sécurité. Et lorsqu’elle devient l’inverse, lorsqu’elle devient le lieu du secret, de l’emprise et de la peur, alors elle ne mérite pas d’être excusée au nom de la famille. Elle doit être jugée au nom même de ce que la famille devrait être.

C’est pourquoi le mot « pédocriminalité » est juste. Mais il appelle une autre précision : ces crimes ne révèlent pas la vérité de la famille. Ils révèlent la profondeur de sa trahison. Et cette trahison doit être combattue non pas contre l’idée de famille, mais au nom de l’enfant, au nom de la justice, et au nom d’une autorité enfin rendue à sa vocation première : protéger les faibles.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Plus de 12000 personnes déjà engagées dans la lecture de Magnifica Humanitas

Quelques jours seulement après son lancement, le parcours de prière proposé par Hozana autour de l’encyclique Magnifica Humanitas rassemble déjà plus de 10.000 participants.

Ce succès témoigne d’une véritable attente des fidèles face aux grandes questions soulevées par le développement de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies. Dans cette encyclique très attendue, le pape Léon XIV appelle les catholiques à défendre la dignité humaine, la vérité et le bien commun dans un monde toujours plus dominé par la technique.

Loin d’un rejet simpliste du progrès, le Saint-Père invite au contraire à replacer la personne humaine au centre :

“La technique doit rester ordonnée au bien de l’homme et jamais l’homme au service de la technique.”

À travers cette encyclique, le pape rappelle que toute société qui oublie la transcendance de la personne humaine finit inévitablement par fragiliser la famille, la liberté et la paix sociale.

Pour aider les fidèles à s’approprier ce texte dense et majeur, Hozana propose un parcours gratuit intitulé :

“100 jours pour lire Magnifica Humanitas

Chaque jour, les participants reçoivent :

  • un extrait de l’encyclique disponible en format texte ou audio
  • une prière.

Le format volontairement simple et accessible permet à chacun d’avancer progressivement dans cette lecture spirituelle et intellectuelle.

À l’heure où les débats sur l’intelligence artificielle se multiplient, il est heureux de voir des milliers de catholiques prendre le temps de réfléchir, prier et discerner à la lumière de l’enseignement de l’Église.

Le parcours est gratuit et accessible ici : https://tinyurl.com/5n8sumvs

Proposition de loi visant à lutter contre les violences en milieu scolaire : le secret de la confession préservé

L’Assemblée nationale a adopté le 1er juin à l’unanimité la proposition de loi issue de la commission d’enquête sur le scandale de Bétharram. Les députés ont finalement supprimé la mesure prévoyant d’obliger les prêtres à dénoncer les actes de pédocriminalité entendus lors de la confession. Deux propositions de ce texte ont été supprimées : le dispositif de renouvellement des contrats d’association et les dispositions relatives au secret de la confession.

Lors des débats le député LR Xavier Breton a défendu ce sacrement :

Par ailleurs, la remise en cause du secret de la confession irait à l’encontre des objectifs poursuivis par ce texte. En effet, ceux qui voudraient se confesser de la commission d’un crime ou d’un délit ne le feront pas, sachant que le secret n’existe plus. Au nom d’une vision d’un État qui contrôle tout, de haut en bas –⁠ y compris le fonctionnement des religions –, on supprimerait un espace de parole protégé où pourrait s’engager un chemin, un dialogue.

On pourrait avoir de longs débats sur ce sujet, mais ils n’ont pas leur place dans l’examen de ce texte. La précipitation avec laquelle nous légiférons à cette heure ne permet pas de le faire avec la sérénité qui s’impose. Il me paraît donc plus sage de supprimer ces alinéas. Ce serait une marque de respect pour un sujet aussi profond, qui mérite beaucoup mieux que des phrases lapidaires ou des prises de position pour faire le buzz.

Le député LFI Paul Vannier a déclaré :

Cela dit, les dispositions de l’article 9 en question permettent de traiter les causes des violences. En aucun cas elles ne remettent en cause le sacrement de la confession et le secret qui lui est lié. Elles ont été rédigées dans un esprit de respect des principes fondamentaux d’une République laïque de séparation des Églises et de l’État, de liberté de conscience et de liberté de culte. Il était bien sûr hors de question que l’Assemblée nationale s’ingère dans l’organisation d’un culte, en l’occurrence le culte catholique puisque c’est de celui-ci que parle M. Breton.

Ce que nous voulions dire –⁠ j’emploie le passé car nous y renonçons à l’instant –, c’est qu’en République, rien n’est supérieur à la loi. Monsieur Breton, vous vous gargarisiez d’être sensible à ce principe lorsque vous présidiez une certaine commission. Comme représentants du peuple, nous fixons ici des obligations en matière de lutte contre les violences qui doivent s’appliquer à tous, sans distinction, et, bien sûr, j’y insiste, dans le respect des cultes. Monsieur Breton, vous avez eu le sentiment de voir des formes d’entrisme et vous y avez même consacré une commission d’enquête. J’ai quant à moi le sentiment ce soir qu’un entrisme agit à l’Assemblée nationale, à travers vous.

Consistoire : Les cardinaux débattront de la « guerre juste », et non de la liturgie

L’ordre du jour du prochain consistoire extraordinaire des cardinaux du pape Léon XIV a été dévoilé, offrant l’indication la plus claire à ce jour des questions que le pontife entend soumettre au Sacré Collège lorsqu’il se réunira au Vatican les 26 et 27 juin.

Selon une lettre récemment divulguée, envoyée aux membres du Sacré Collège par son doyen, le cardinal Giovanni Battista Re, la réunion portera sur la « situation internationale » dans le monde et au sein de l’Église, les thèmes abordés dans la nouvelle encyclique du pape Magnifica Humanitas , et la prochaine phase du Synode sur la synodalité.

La lettre, envoyée aux cardinaux le 3 juin, a été publiée par le blog italien Messa in Latino.

Bien que le sujet de la liturgie ne soit pas explicitement mentionné dans la lettre, les cardinaux seront invités, lors de la première session, à réfléchir aux « souffrances, tensions et questions » qui affectent les Églises locales et à identifier des « signes d’espérance » et une « réconciliation possible » à soumettre au Pape et au Sacré Collège.

Deux sessions seront ensuite consacrées à Magnifica Humanitas. L’une d’elles portera plus particulièrement sur les questions de guerre et de paix. Les cardinaux seront invités à examiner comment réaffirmer au mieux l’affirmation de l’encyclique selon laquelle « la théorie de la “guerre juste”, trop souvent utilisée pour justifier toute forme de guerre, est désormais dépassée » (n° 192), et quelles mesures concrètes pourraient être prises pour préserver et consolider la paix.

La dernière session sera consacrée à la mise en œuvre du Synode sur la synodalité, l’un des projets phares du pontificat du pape François et un processus que le pape Léon s’est engagé à poursuivre. Les cardinaux recevront un compte rendu basé sur le document récemment publié « Vers les assemblées 2027-2028 : étapes, critères et outils de préparation », avant d’entamer une période de dialogue libre entre les membres du Collège et le Saint-Père.

Selon la lettre, les interventions libres durant cet échange seront limitées à trois minutes chacune.

Le consistoire extraordinaire se tiendra les 26 et 27 juin dans la salle d’audience Paul VI et la salle synodale, et se terminera le 29 juin dans la basilique Saint-Pierre, où le Saint-Père présidera la messe pour la solennité des saints Pierre et Paul.

Proposer une conversation consentie sur l’avortement n’est pas un crime dans les rues d’Écosse

Rose Docherty, 75 ans, a été acquittée par le tribunal de Glasgow le 27 avril, lorsque le juge a rejeté deux accusations criminelles portées contre elle, en vertu de la législation de censure introduisant des « zones tampons » autour des établissements d’avortement au Royaume-Uni.

Le Crown Office and Procurator Fiscal Service, le procureur public écossais, a refusé de faire appel de la décision et n’a désormais plus le temps de le faire.

Cette grand-mère chrétienne de 75 ans a été arrêtée en septembre dernier pour avoir simplement proposé de parler aux personnes se trouvant à proximité de l’hôpital universitaire Queen Elizabeth de Glasgow, en brandissant une pancarte sur laquelle on pouvait lire : « La coercition est un crime, je suis là pour parler, seulement si vous le souhaitez », ce qui a provoqué un tollé dans le monde entier, y compris de la part du département d’État américain.

Elle n’a abordé personne, n’a pas parlé d’avortement, n’a eu aucun comportement d’obstruction, de harcèlement ou d’intimidation, et ne manifestait pas.

Après son arrestation, Mme Docherty a été placée en garde à vue pendant plusieurs heures. On lui a refusé une chaise dans sa cellule, bien qu’elle ait indiqué avoir subi une double arthroplastie de la hanche.

Avec le soutien d’ADF International, Mme Docherty envisage désormais toutes les options pour éviter que son arrestation et son traitement ne se reproduisent, y compris des poursuites judiciaires contre la police.

En septembre dernier, Mme Docherty a été arrêtée pour la deuxième fois pour avoir tenu une conversation pacifique et consensuelle dans une « zone tampon ». Sa première arrestation pour expression pacifique remonte au 19 février 2025, et le procureur fiscal a par la suite renoncé à engager des poursuites en août, ce qui a constitué une victoire pour la liberté d’expression.

Mme Docherty a été la première personne à être poursuivie pénalement en vertu de la loi écossaise de 2024 sur les « zones tampons », qui interdit d’« influencer » quiconque cherche à accéder à un avortement, à le pratiquer ou à le faciliter, et qui est appliquée dans un rayon de 200 mètres autour de tout hôpital pratiquant des avortements. Des lois similaires existent en Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande du Nord.

Rose Docherty a déclaré :

Je me réjouis de cette évolution, qui confirme que proposer une conversation consentie n’est pas un crime dans les rues d’Écosse, qu’elles se situent ou non dans une zone tampon. De nos jours, la solitude est malheureusement devenue un fléau et les gens subissent quotidiennement des formes de coercition. Proposer de parler, que chacun peut accepter ou refuser librement, peut être d’un grand secours et ne devrait jamais être criminalisé.

« La liberté d’expression pacifique, protégée par le droit national et international, ne saurait constituer un crime. Les autorités devraient tirer les leçons de leurs tentatives infructueuses de censure à mon encontre – moi, une grand-mère chrétienne de 75 ans, ayant toujours vécu à Glasgow – et s’abstenir à l’avenir de me criminaliser, ainsi que toute personne exerçant légitimement ses droits dans ce pays. »

« Je réitère mon appel à l’abrogation des lois sur les « zones tampons » en Écosse et dans tout le Royaume-Uni, afin d’empêcher qu’elles ne soient utilisées pour censurer des expressions pacifiques comme la mienne. »

« Je consulte actuellement mon équipe juridique et j’étudie les actions nécessaires, y compris des actions en justice, pour garantir que les autorités ne puissent pas m’arrêter, m’emprisonner et me poursuivre à répétition pour avoir exercé pacifiquement mon droit à la liberté d’expression. »

L’avocat et conseiller juridique d’ADF International, Jeremiah Igunnubole, a commenté :

« La victoire de Rose en matière de liberté d’expression le mois dernier est désormais consolidée par la décision du Crown Office de ne pas faire appel. C’est une victoire pour la liberté d’expression en Écosse et dans tout le Royaume-Uni. »

« Que l’on partage ou non les opinions pro-vie et chrétiennes de Rose, il devrait être admis que proposer de discuter avec des personnes dans un lieu public n’est pas un crime et ne doit jamais être considéré comme tel. »

« Cependant, la législation sur les « zones tampons » au Royaume-Uni continue de saper dangereusement l’État de droit. Il est incohérent que Rose ait été innocentée en Écosse, tandis que nos clients, Livia Tossici-Bolt et Adam Smith-Connor, ont été condamnés pénalement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits civiques dans des « zones tampons » ailleurs au Royaume-Uni. »

« Le seul moyen de protéger efficacement les droits fondamentaux, de faire respecter l’état de droit au Royaume-Uni et de garantir que les « zones tampons » ne soient pas utilisées comme un outil de censure des comportements légaux est d’abroger les lois profondément imparfaites et attentatoires à la liberté d’expression qui imposent des restrictions aux délits de pensée en Écosse et dans tout le Royaume-Uni. »

« Nous avons déjà constaté les vives critiques du Département d’État américain concernant la censure exercée par le Royaume-Uni dans sa « zone tampon » et sa profonde inquiétude quant au cas de Rose et de nos autres clients. Si les responsables politiques n’agissent pas pour protéger la liberté d’expression, la réalité est alarmante : la Grande-Bretagne cessera d’être un pays où les droits de l’homme sont respectés comme par le passé, et notre réputation internationale en pâtira. »

« Bien que Rose ait été innocentée, elle n’aurait jamais dû être arrêtée. La procédure est devenue une punition, avec un effet dissuasif profondément inquiétant sur la liberté d’expression en général. »

« Nous soutenons Rose dans l’examen de toutes les options qui s’offrent à elle, y compris une action en justice, afin d’éviter que de tels agissements ne se reproduisent ou ne soient banalisés. Se tenir dans un lieu public pour engager une conversation consentie ne constitue pas, comme l’a déclaré le shérif Reid, « une infraction inconnue du droit écossais ». Nous continuerons à soutenir Rose afin que l’exercice pacifique de la liberté d’expression ne soit pas relégué au rôle des tribunaux pénaux. »

Le vice-président américain JD Vance avait souligné que cette loi était particulièrement préoccupante lors de son discours à la Conférence de Munich sur la sécurité en février de l’année dernière.

L’Égypte accorde un statut légal à 191 églises après des décennies de restrictions

Le gouvernement égyptien a accordé un statut légal à 191 églises et bâtiments affiliés à l’Église dans le cadre de son processus de légalisation en cours pour les lieux de culte chrétiens.

Le 19 mai, le gouvernement égyptien a promulgué un décret légalisant 191 églises et bâtiments de culte affiliés à diverses confessions chrétiennes à travers le pays. Cette décision fait suite à une réunion du Conseil des ministres présidée par le Premier ministre Mostafa Madbouly et s’inscrit dans le cadre d’un programme d’État de longue date visant à régulariser le statut juridique des églises et des lieux de culte qui fonctionnaient sans autorisation officielle depuis des décennies.

La légalisation a été approuvée suite à un examen mené par le Comité principal pour la légalisation des églises, un organisme chargé d’évaluer les demandes de reconnaissance officielle émanant des églises et des établissements apparentés. Selon les déclarations du gouvernement, le comité a examiné le statut juridique et technique de chaque bâtiment avant de recommander son approbation.

Cette décision récente marque une nouvelle étape dans les efforts déployés par l’Égypte pour régulariser le statut de milliers d’édifices religieux construits au cours des dernières décennies sans les permis requis par la loi. Depuis le début du processus de légalisation, les autorités annoncent régulièrement de nouvelles autorisations suite aux examens menés par la commission.

Le processus de légalisation actuel est lié à la loi égyptienne sur la construction d’églises. Approuvée par le Parlement égyptien le 30 août 2016, cette loi a instauré un nouveau cadre réglementaire pour la construction et la rénovation des églises. Elle a transféré aux gouverneurs de province le pouvoir d’approuver les projets de construction et de restauration d’églises. Auparavant, ces autorisations relevaient principalement des services de sécurité.

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