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Remettre en question bon nombre de canons esthétiques, principalement de nature hédoniste et consumériste

Extrait de l’homélie prononcée par le pape Léon XIV en cette fête de l’Assomption, lors de la messe célébrée à Castel Gandolfo :

Le Magistère de l’Église nous enseigne que « Marie, une fois achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée à la gloire céleste, corps et âme » (Pie XII, Const. Ap. Munificentissimus Deus, 1er novembre 1950) et nous montre, dans ce Mystère, l’accomplissement de la plénitude de grâce que Dieu lui a donnée lors de sa Conception immaculée (cf. ibid.).

C’est pourquoi de nombreuses œuvres d’art la représentent, à la fin de sa vie terrestre, comme une très belle jeune femme s’élevant physiquement de la terre vers la voûte céleste. Elles s’inspirent de la scène décrite dans le passage de l’Apocalypse que nous avons entendu dans la première lecture : « Une femme vêtue du soleil, ayant la lune sous ses  pieds » (cf. Ap 12, 1), pour signifier que le cœur de Marie est le lieu de rencontre entre le ciel et la terre, le temps et l’éternité.

Cette image semble, à première vue, contraster avec l’expérience de ce que le passage des années produit en nous. Avec l’âge, en effet, notre corps devient moins agile et plus lourd ; notre peau devient moins fraîche et montre les signes de la vieillesse ; nos cheveux ne prennent ni couleur ni éclat, mais deviennent gris puis blancs. Alors, qu’avons-nous en commun avec la merveilleuse jeune femme que l’on voit représentée sur les retables de nos autels ?

Pour le comprendre, nous devons associer les deux signes que nous avons évoqués : le corps incorruptible de la Mère de Dieu et son cœur immaculé. C’est en effet la pureté de l’âme qui, en Marie – comme en nous –, par la grâce de Dieu, illumine et transfigure toute la personne, la conduisant à la gloire du Ciel.

La glorification de Marie, corps et âme, nous enseigne que notre véritable beauté ne consiste pas à dissimuler les signes du temps qui passe, mais à montrer, même gravés dans notre chair, les signes de l’amour qui ne passe jamais (cf. 1 Co 13, 8).

Elle nous invite ainsi à remettre en question bon nombre de canons esthétiques, principalement de nature hédoniste et consumériste, que le monde nous impose et qui risquent de nous emprisonner dans de lourds conditionnements, nous faisant gaspiller des énergies précieuses dans ce qui n’a vraiment pas d’importance et ne dure pas éternellement. Dans notre expérience quotidienne, nous pouvons rencontrer des personnes dont le visage est marqué par les années et les souffrances, mais qui sont pourtant capables de rayonner de sérénité, de bienveillance et de paix autour d’elles ; tout comme nous pouvons en observer d’autres, peut-être séduisantes en apparence, mais dures et froides au fond d’elles-mêmes. Il est facile de comprendre où réside la vraie beauté et où, au contraire, il y a encore besoin de conversion, de pardon et de guérison.

Lettre du pape au cardinal Roche sur le respect envers les rites

Dans une lettre au cardinal Roche, préfet du Dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements, le pape lui demande de

promouvoir la célébration digne des mystères sacrés

Et pour ce faire, Léon XIV rappelle que

nous devons souligner la nécessité de la fidélité aux textes et aux instructions approuvés. Dans mes récentes catéchèses sur la Constitution sur la Sainte Liturgie, Sacrosanctum Concilium, j’ai attiré l’attention sur le respect que tous ceux qui sont appelés à préparer la célébration des mystères divins, et les prêtres en particulier, doivent faire preuve envers les rites promulgués par le pape Saint-Paul VI et le pape Saint Jean-Paul II. Il est vital que ce respect « découle d’une attitude intérieure d’ouverture et de confiance en Dieu, manifestant l’humilité devant sa grandeur et sa fidélité sincère à la communion ecclésiale » (Catéchèse, 27 mai 2026).

Depuis la réforme de 1969, tous les papes ont souvent rappelé la nécessité d’avoir des célébrations dignement célébrées, sans abus, conformes aux textes en vigueur. Mais pour quel résultat ?

Respect et fidélité envers les textes. Mais lesquels ? En 2022, le père Laurent-Marie Pocquet du Haut Jussé, canoniste et théologien, soulignait à juste titre :

il y a un véritable éclatement de la célébration du missel promulgué en 1969, éclatement qui va bien au-delà des adaptations possibles prévues par le texte. Le Concile a reconnu le chant grégorien comme le chant propre de l’Église romaine, il a voulu qu’il ait la première place dans les célébrations liturgiques, les rubriques de l’ordinaire de la messe semblent indiquer que la messe est célébrée ad orientem, permettant ainsi à l’ensemble du peuple de Dieu, ministres et fidèles, de se tourner ensemble vers le Seigneur (en évitant un face à face très clérical…), et pourtant il est quasi-impossible de trouver en France une liturgie qui réponde aux exigences du Concile, sinon dans les lieux où est célébrée la liturgie traditionnelle…

Synode sur la synodalité : Saint-Père, donnez-nous de la clarté

Lettre de monseigneur Rob Mutsaerts, Évêque auxiliaire du diocèse de Bois-le-Duc, à Léon XIV :

Saint-Père :

Avec révérence envers le ministère qui vous a été confié comme successeur de saint Pierre et en communion avec l’Église que le Christ a fondée sur les Apôtres, je m’adresse à vous par cette lettre ouverte. Je ne le fais pas à la légère. Ce qui me pousse à prononcer publiquement ces paroles est une préoccupation qui, en dernier ressort, est au-dessus de toutes les autres questions ecclésiales : le salut des âmes. Salus animarum suprema lex : le salut des âmes est la loi suprême. Ma question est simple et sérieuse : le processus synodal contribue-t-il réellement à rapprocher les âmes du Christ et du salut éternel ? Pour moi, c’est la question décisive.

Saint-Père, je suis pleinement conscient de la responsabilité du ministère pétrinien, dont celui qui se trouve en dehors de ce ministère ne peut avoir qu’une vague idée. C’est précisément pour cette raison que je n’écris pas ces paroles par manque de révérence envers la papauté, mais par amour pour elle. Après tout, Pierre a reçu du Christ non seulement la charge d’unir les frères, mais aussi celle de les confirmer dans la foi : « Et toi, une fois converti, confirme tes frères ». En dernier ressort, le monde tire peu de profit d’une Église qui se contente de répéter ce que le monde lui-même pense déjà. Il a besoin d’une Église qui, avec amour mais sans peur, lui montre le Christ.

Mes réserves concernant le Synode sur la synodalité doivent être comprises sous cet éclairage. Et, surtout, je me demande ce que tout cela signifie pour le fidèle simple, qui n’attend pas de son Église un processus permanent, mais de la clarté sur le chemin vers Dieu.

Cette lettre, par conséquent, n’est pas une accusation contre des personnes concrètes. Je ne veux pas non plus nier les bonnes intentions de tant de personnes qui se sont consacrées sincèrement au processus synodal. Les bonnes intentions méritent reconnaissance. Mais les bonnes intentions ne nous dispensent pas du devoir d’examiner les fruits. Le Christ lui-même nous a donné un critère simple pour cela : « C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez ».

C’est pourquoi je crois que, après des années de consultations synodales, de réunions, de rapports et de documents, le moment est venu de demander ouvertement ces fruits. Non par cynisme, mais par amour pour l’Église. Non par nostalgie d’un passé idéalisé, mais par souci de son avenir. Et non pour livrer une bataille de politique ecclésiale, mais parce qu’au-delà de toutes les discussions existe une réalité infiniment plus importante : le salut éternel des âmes que le Christ a confiées à son Église.

À partir de cette préoccupation, Saint-Père, je vous présente la réflexion suivante.

Le Synode sur la synodalité

Celui qui juge le Synode sur la synodalité uniquement par ses objectifs peut facilement écrire un récit positif. On a écouté. On a parlé. Des milliers de personnes ont été consultées. Des évêques, des prêtres, des religieux et des laïcs se sont réunis. On a parlé de communion, de participation et de mission. Il est même apparu un nouveau vocabulaire ecclésial : synodalité, écoute, discernement, participation, conversation dans l’Esprit, mettre en marche des processus.

Mais la même histoire peut être envisagée sous une perspective complètement différente. Permettez-moi de poser la question gênante : qu’a réellement apporté tout cela ?

Non : combien de réunions ont été organisées ? Non : combien de rapports ont été rédigés ? Non : combien de personnes ont participé ?

Mais : la foi s’est-elle renforcée ? Le Christ a-t-il été annoncé avec plus de clarté ? L’identité catholique s’est-elle approfondie ? Y a-t-il eu plus de conversions ? La messe dominicale est-elle plus fréquentée ? Y a-t-il plus de vocations sacerdotales ? La catéchèse est-elle devenue plus efficace ? La révérence envers l’Eucharistie a-t-elle augmenté ? L’enseignement moral de l’Église est-il devenu plus clair ? Le dynamisme missionnaire a-t-il augmenté ?

Quand on pose ces questions, il est impossible de considérer le Synode comme un succès.

En même temps, il y a quelque chose d’autre qui doit être pris en compte : le processus synodal n’est pas vraiment terminé. La phase officielle d’application se poursuit et, passant par des rencontres diocésaines, nationales et continentales, elle doit finalement culminer dans une Assemblée ecclésiale à Rome en octobre 2028. En mai 2026, le Vatican a publié à nouveau une vaste feuille de route à cet effet.

Cela rend la critique encore plus légitime. Ce qui a été conçu à l’origine comme un Synode pour 2021-2024 court le risque de devenir une forme permanente de gouvernement de l’Église.

Un Synode sur un Synode

Le premier aspect frappant se trouve déjà dans le nom : Synode sur la synodalité.

Traditionnellement, un synode était convoqué parce que l’Église avait besoin de parler d’un sujet concret : par exemple, l’évangélisation, le mariage et la famille, le sacerdoce, l’Eucharistie, l’Écriture sainte, une hérésie, une crise pastorale ou un problème déterminé.

Dans le Synode sur la synodalité, le processus lui-même devient l’objet. On pourrait le comparer à une réunion qui se prolonge indéfiniment pour débattre de la façon dont les réunions devraient se dérouler à l’avenir.

L’Église connaît des conciles et des synodes depuis l’Antiquité. Les Apôtres se sont réunis à Jérusalem. Les évêques ont délibéré entre eux. Les papes ont consulté les évêques. Les grands conciles œcuméniques sont inconcevables sans délibération et décisions ecclésiales partagées.

Mais cela est différent de la synodalité comme paradigme ecclésial permanent. Le synode classique était un moyen d’atteindre une fin. Dans le discours synodal actuel, la synodalité court le risque de devenir une fin en soi. Et c’est précisément ici que commence le problème d’une perspective catholique classique.

L’Église n’est pas une conversation, mais une réalité reçue

Car l’Église ne commence pas par notre dialogue. Elle commence par le Christ.

Cela semble évident, mais cela a des conséquences de grande portée. Le Christ n’a pas fondé un groupe de discussion. Il a appelé les Apôtres. Il leur a conféré l’autorité. Il les a envoyés annoncer, baptiser et enseigner : « Allez donc, faites des disciples de toutes les nations ».

La direction est fondamentale. La foi ne naît pas parce que l’Église fait d’abord un inventaire de ce que croient les personnes et distille ensuite de toutes ces expériences une conviction commune. La foi est reçue.

Paul utilise constamment des termes comme recevoir, transmettre et conserver. L’Église ne possède pas la Révélation parce qu’elle l’aurait inventée, mais parce qu’elle l’a reçue.

Cela signifie que le christianisme, par sa propre nature, ne peut pas être démocratique. Non parce que la démocratie comme forme de gouvernement serait mauvaise, mais parce que la vérité ne naît pas d’une décision majoritaire.

Si demain 90 % des catholiques cessaient de croire en la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie, le Christ n’en serait pas moins véritablement présent. Si 80 % rejetaient un enseignement moral déterminé, cet enseignement ne deviendrait pas automatiquement faux.

La vérité ne se produit pas par le consensus. Cela constitue le premier grand champ de tension autour du projet synodal.

Écouter : à qui ?

Un mot-clé pendant tout le processus a été « écouter » — comme si nous ne l’avions jamais fait auparavant. En soi, il n’y a rien à objecter. Un évêque doit écouter. Un prêtre doit écouter. Les chrétiens doivent s’écouter mutuellement. Un pasteur qui n’écoute jamais son troupeau n’est pas un bon pasteur.

Mais immédiatement se pose la question : à qui l’Église doit-elle écouter en premier lieu ?

La réponse traditionnelle est : au Christ, à l’Écriture sainte, à la Tradition apostolique, aux saints, au témoignage de vingt siècles de christianisme et au Magistère. Et, bien sûr, aussi aux fidèles.

Cependant, dans certains textes synodaux, cet ordre semble légèrement inversé. On commence par les expériences, les désirs, les frustrations et les attentes des personnes d’aujourd’hui et on demande ensuite comment l’Église doit répondre.

Cela peut sembler pastoralement attractif, mais cela comporte un danger. Car que se passe-t-il quand les désirs de l’homme moderne entrent en collision avec l’Évangile ?

Alors ce n’est pas l’Évangile qui doit changer ; c’est l’homme qui doit changer. Dans le christianisme, cela s’appelle la conversion. Et c’est précisément ce mot qu’on entend étonnamment peu dans de nombreux débats ecclésiaux modernes.

Le grand absent : la conversion

Ici se trouve la faiblesse la plus profonde de tout le projet. L’Église n’existe pas principalement pour confirmer les personnes dans ce qu’elles sont déjà. Elle existe pour les conduire au Christ.

Les premières paroles de la prédication publique de Jésus ne sont pas : « Dites-moi d’abord ce que vous pensez des structures ecclésiales actuelles ». Elles sont : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile ».

C’est beaucoup moins bureaucratique. Et beaucoup plus radical.

L’Église des martyrs n’a pas transformé le monde romain en organisant des groupes de conversation sur la façon dont les Romains pouvaient percevoir la communauté chrétienne comme plus inclusive. Elle a annoncé le Christ.

Pierre a annoncé le Christ. Paul a annoncé le Christ. François a annoncé le Christ. Dominique a annoncé le Christ. François Xavier a annoncé le Christ. Jean-Marie Vianney a annoncé le Christ. Mère Teresa a annoncé le Christ. Jean-Paul II a annoncé le Christ.

Sans doute ont-ils écouté les personnes. Mais l’écoute n’a jamais été l’objectif final. L’objectif final était la conversion au Christ.

L’éléphant dans la salle synodale

Il existe en outre une discordance frappante entre les problèmes largement débattus dans le processus synodal et la crise réelle dans laquelle se trouve, particulièrement, l’Église occidentale.

Les problèmes fondamentaux de l’Église aux Pays-Bas, en Belgique, particulièrement en Allemagne, mais aussi dans de vastes zones de l’Europe occidentale, sont faciles à reconnaître.

Les églises se vident. Les paroisses fusionnent. Les monastères disparaissent. Les communautés religieuses vieillissent. La connaissance de la foi catholique diminue. La confession a pratiquement disparu pour de nombreux catholiques. Le nombre de vocations sacerdotales reste faible dans de nombreux endroits. Beaucoup de baptisés croient à peine encore aux vérités essentielles de la foi. Dans de larges secteurs de la communauté catholique, la vie sacramentelle s’est considérablement affaiblie.

Face à cette évolution, on pourrait s’attendre à ce qu’une initiative ecclésiale mondiale s’occupe avant tout d’une question : comment pouvons-nous reconquérir le monde pour le Christ ?

Cependant, l’attention se porte principalement sur les structures, la participation, les processus de prise de décision, la responsabilité des femmes, l’inclusion, les relations de pouvoir et le fonctionnement des organismes ecclésiaux.

Ce sont des thèmes certainement légitimes. Mais une maison en flammes a d’autres priorités que les affaires domestiques.

Une loi de Parkinson pour l’Église

Les institutions qui perdent de vue leur finalité originelle commencent généralement à parler de plus en plus intensément de leur propre organisation.

Les entreprises parlent alors interminablement de processus. Les universités, de gouvernance. Les gouvernements, de modèles de participation. Et les organisations ecclésiales, de structures.

Moins il y a d’évangélisation, plus il y a de comités sur l’évangélisation. Moins il y a de vocations, plus il y a de documents sur les vocations. Moins il y a de gens qui vont à l’Église, plus les réunions sur la nature de l’Église sont longues.

Cela peut sembler cynique, mais derrière cela se trouve une idée sérieuse : la bureaucratie peut créer l’apparence d’activité tandis que la réalité montre le contraire. On navigue sans boussole.

Les attentes qui ne peuvent être satisfaites

Le processus synodal a généré des attentes. Cela s’est produit principalement parce que pendant les différentes phases de consultation ont été abordées des questions qui touchent à des domaines sur lesquels l’Église possède déjà un enseignement clair : le diaconat féminin, le sacerdoce, la morale sexuelle, les relations homosexuelles, la relation entre laïcs et clergé, l’autorité ecclésiale, la décentralisation et la position de la femme.

Quand ces thèmes sont « discutés » pendant des années, naît naturellement l’impression qu’ils pourraient finalement changer. Autrement, pourquoi en parler interminablement ?

Cela conduit à un paradoxe pastoral. On demande aux personnes d’exprimer leurs attentes. Ensuite, certaines de ces attentes s’avèrent impossibles à satisfaire sans mettre en danger la continuité avec la doctrine catholique.

Que se passe-t-il alors ? Une déception généralisée.

L’Église elle-même a ainsi créé des attentes qu’elle ne peut finalement pas satisfaire. Cela ne constitue pas un bénéfice pastoral, mais une recette pour la frustration.

La protestantisation de la conception catholique de l’Église

D’une perspective traditionaliste apparaît en outre une ironie historique. Certains éléments de la culture synodale moderne montrent des similitudes avec des processus observés pendant des décennies dans les Églises protestantes : plus d’accent sur la participation, plus d’influence administrative, plus de structures consultatives, plus de poids aux communautés locales, plus d’attention aux expériences individuelles, plus de débats sur les changements dans les opinions sociales et moins d’évidence de l’autorité hiérarchique.

En soi, cela n’a pas besoin d’être erroné. Mais une question historique s’impose : ce modèle a-t-il produit un renouveau chrétien spectaculaire dans le monde protestant ?

Dans de vastes zones de l’Europe occidentale, la réponse est sans équivoque négative.

Pourquoi l’Église catholique devrait-elle alors adopter précisément les schémas administratifs et pastoraux de confessions qui ont souvent traversé la même sécularisation même avant et de façon plus grave ?

Un patient se guérit rarement en prenant le médicament du patient du lit d’à côté, dont l’état est encore pire.

L’alternative oubliée : aspirer à la sainteté

Les grandes réformes catholiques n’ont presque jamais commencé par des structures. Elles ont commencé par des saints.

À des époques de corruption ont succédé des réformateurs : Benoît, Bernard, François, Dominique, Catherine de Sienne, Ignace de Loyola, Thérèse d’Avila, Charles Borromée, François de Sales, Jean Bosco, Thérèse de Lisieux, Maximilien Kolbe et Jean-Paul II.

Leur programme était étonnamment simple : devenir saints.

Car un saint possède une force missionnaire avec laquelle aucun document stratégique ne peut rivaliser. Une paroisse avec un curé saint a un avenir meilleur qu’un diocèse avec vingt groupes de travail sur la synodalité et des dirigeants très bien payés.

Un monastère avec dix religieux fervents évangélise plus que cent pages de jargon ecclésial. Un prêtre qui à l’autel montre visiblement qu’il croit être devant Dieu peut conduire plus de personnes à la foi qu’une conférence sur la liturgie participative.

Ici se trouve peut-être l’alternative que le Synode a trop peu soulignée : non pas moins d’écoute, mais plus de sainteté. Non pas moins de participation, mais plus de conversion. Non pas moins de dialogue, mais plus d’annonce.

La liturgie comme épreuve décisive

D’une perspective classique, il est également frappant que la crise de la liturgie ait reçu comparativement peu d’attention centrale. Car celui qui veut vraiment comprendre l’état d’une Église doit regarder son culte.

Lex orandi, lex credendi : la manière dont on prie exprime la foi.

Quand les catholiques ne comprennent plus guère que la Messe est le sacrifice sacramentel et présent du Christ ; quand diminue le sens du sacré, disparaît le silence, les confessionnaux restent vides et l’adoration eucharistique est reléguée aux marges, alors l’Église n’a pas un problème de structures de gouvernement.

Elle a un problème de foi.

Une nouvelle structure de participation ne peut pas le résoudre. Non plus une nouvelle assemblée. Peut-être qu’un redécouverte de Dieu le peut.

Le paradoxe de la participation

Le projet synodal met l’accent sur la participation. Mais ici apparaît un étrange paradoxe.

Les personnes qui participent intensément aux processus consultatifs ecclésiaux ne sont pas nécessairement représentatives de toute l’Église.

Le catholique silencieux qui assiste chaque matin à la Messe, récite le rosaire et enseigne le catéchisme à ses petits-enfants ne rédige normalement pas un rapport synodal. Le jeune catholique qui conduit trois heures pour assister à une liturgie traditionnelle ne fait normalement pas partie du groupe de travail diocésain.

Une mère de six enfants qui essaie d’éduquer sa famille de façon catholique n’a peut-être guère le temps pour des « sessions d’écoute ». Une religieuse contemplative ne remplit pas de questionnaires.

Cependant, leur foi peut être plus profondément enracinée que celle des participants professionnels aux assemblées ecclésiales.

Celui qui n’écoute que ceux qui prennent le micro peut facilement oublier que le peuple de Dieu est beaucoup plus large que le cercle réuni autour de la table de consultation.

Synodalité ou collégialité ?

Peut-être qu’une partie de la confusion disparaîtrait si nous revenions à parler avec plus de précision.

La tradition catholique connaît un concept clair : la collégialité. Les évêques forment, avec Pierre et sous Pierre, le collège épiscopal. Il existe en outre des conseils presbytéraux, des conseils pastoraux, des synodes, des chapitres, des communautés religieuses et d’innombrables formes de consultation.

Pourquoi était-il nécessaire pour tout cela d’une nouvelle catégorie omnicompréhensive : la synodalité ?

Précisément parce que le terme est si large — il est même difficile de le définir —, chaque personne peut comprendre quelque chose de différent.

Pour l’un, cela signifie écoute. Pour un autre, décentralisation. Pour un troisième, démocratisation. Pour un quatrième, renouveau pastoral. Pour un cinquième, réforme du ministère ecclésial. Pour un sixième, une morale sexuelle différente.

Un concept qui peut tout signifier finit par ne rien signifier.

C’est pourquoi la question de la proportionnalité est légitime. Combien d’énergie supplémentaire doit être consacrée à cela ? Combien de réunions ? Combien d’équipes synodales ? Combien de rapports ? Combien d’évaluations d’évaluations ?

Et, surtout : que se passerait-il si la même quantité de temps, d’argent, d’énergie spirituelle et d’attention épiscopale était investie dans la catéchèse, les séminaires, l’éducation catholique, la liturgie, la confession, l’adoration eucharistique, la pastorale matrimoniale et l’évangélisation directe ?

Cela me semble une question rhétorique.

Le problème le plus profond : l’ecclésiologie

Au fond, la discussion ne porte pas vraiment sur le fait de se réunir. Elle porte sur la question : qu’est-ce que l’Église ?

Est-elle avant tout une communauté qui cherche conjointement ce qu’elle doit devenir ? Ou est-elle primordialement une réalité divine qui a déjà reçu ce qu’elle doit être ?

La réponse catholique ne peut être que la seconde.

L’Église doit constamment se convertir, mais elle est édifiée sur les Apôtres. Elle garde une foi qu’elle n’a pas inventée.

Par conséquent, toute synodalité doit finalement être limitée par quelque chose qui ne peut pas être objet de discussion synodale : la vérité révélée par le Christ.

Le monde n’attend pas une Église synodale

Et ici se trouve peut-être la plus grande tragédie.

Le monde moderne traverse une crise spirituelle extraordinaire. Les personnes cherchent du sens. Les jeunes cherchent une identité. La solitude augmente. Les familles se brisent. La technologie pénètre de plus en plus profondément dans l’existence humaine. La pornographie déforme la sexualité. Le matérialisme ne rend pas heureux. Le changement climatique devient pour beaucoup une religion de substitution. Les personnes craignent la mort, mais savent à peine pourquoi elles vivent.

Et au milieu de ce monde, l’Église possède quelque chose d’extraordinaire.

Elle possède l’Évangile. Les sacrements. L’Eucharistie. La confession. Deux mille ans de sagesse. L’Écriture sainte. Les Pères de l’Église. Thomas d’Aquin. Augustin. Les mystiques. Les saints. Une tradition incomparable d’art, de musique, de philosophie, de morale et de spiritualité.

Et, surtout, Jésus-Christ.

Le monde n’attend pas une autre organisation qui l’écoute. Il en existe déjà suffisamment.

Le monde attend quelqu’un qui lui dise pourquoi il a été créé.

D’Emmaüs à Jérusalem

Peut-être que l’Évangile des disciples d’Emmaüs offre, en dernier ressort, le meilleur modèle pour une synodalité catholique authentique.

Le Christ marche avec les disciples. Il les écoute vraiment. Il leur demande ce qui les préoccupe. Il leur permet de parler. Il y a de la place pour leur déception.

Jusqu’ici, n’importe quel manuel de synodalité pourrait être d’accord avec enthousiasme.

Mais ensuite arrive le moment décisif.

Le Christ ne confirme pas leur interprétation. Il les corrige. Il leur explique les Écritures. Il leur apprend à comprendre les événements. Et finalement ils le reconnaissent à la fraction du pain.

C’est la synodalité catholique dans sa forme la plus pure.

Et ensuite les disciples ne restent pas indéfiniment réunis à Emmaüs pour évaluer leur expérience du chemin. Ils se lèvent. Ils retournent à Jérusalem. Ils sortent pour annoncer.

Le processus synodal est resté bloqué à Emmaüs, et la question est de savoir s’il sait encore comment en sortir. Nous sommes si occupés à discuter de la façon dont l’Église doit marcher ensemble que nous oublions parfois vers où elle marche.

En dernier ressort, l’Église catholique n’a pas besoin d’un synode permanent sur elle-même.

Elle a besoin de saints. D’évêques qui enseignent. De prêtres qui prient. De religieux qui vivent radicalement pour Dieu. De parents qui transmettent la foi. De jeunes qui découvrent que la vérité est quelque chose de plus qu’une simple opinion. D’une liturgie dans laquelle Dieu est véritablement au centre. De confessionnaux où les pécheurs trouvent le pardon. De séminaires où se forment des hommes disposés à donner leur vie au Christ.

De catholiques qui ne demandent pas constamment comment l’Église doit s’adapter au monde, mais qui ont le courage d’inviter le monde à se laisser transformer par le Christ.

Car, en dernier ressort, le Christ n’a pas envoyé son Église dans le monde avec les paroles : « Allez et organisez des processus synodaux partout ».

Il a dit : « Allez dans le monde entier et proclamez l’Évangile à toute la création ».

C’est ainsi que l’Église a commencé. Et chaque fois qu’elle s’est véritablement renouvelée, elle a recommencé là.

Saint-Père

Permettez-moi de conclure cette lettre par la même pensée par laquelle je l’ai commencée : le salut des âmes.

J’espère et je prie pour que sous votre pontificat apparaisse clairement à nouveau que l’Église n’est pas appelée à discuter indéfiniment d’elle-même, mais à annoncer le Christ ; non pas à refléter l’esprit du temps, mais à conduire le monde vers la vie éternelle.

Précisément du successeur de Pierre les fidèles peuvent attendre qu’il confirme ses frères dans la foi au milieu de la confusion de notre temps. Qu’il nous rappelle que la vérité annoncée par l’Église n’est pas une possession dont nous pouvons disposer à notre guise, mais un trésor précieux que nous avons reçu et que nous devons transmettre intégralement.

Qu’il encourage ceux qui accomplissent fidèlement leur vocation : les prêtres, les religieux qui ont consacré leur vie à Dieu, les parents qui essaient d’éduquer leurs enfants de façon catholique à contre-courant et les jeunes qui, précisément dans une époque de relativisme, aspirent à la vérité, la sainteté, la beauté et l’aventure radicale d’une vie avec le Christ.

Ma demande à vous est donc simple : donnez-nous de la clarté.

Quand le monde parlera plein d’incertitude, que Pierre parle avec clarté. Quand l’Église se lassera des discussions internes, montrez-nous le chemin du retour vers le Christ. Quand nous nous perdrons dans les processus et les structures, rappelez-nous notre mission.

Quand nous reculerons devant la possibilité d’annoncer l’Évangile dans toute sa plénitude parce qu’il pourrait être offensant pour l’homme moderne, rappelez-nous les paroles du propre Pierre : « Seigneur, vers qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle ».

Saint-Père, j’écris cela avec une sincère révérence envers votre ministère et par amour pour l’Église. Ma critique du processus synodal ne naît pas du désir de semer la discorde, mais de la préoccupation que nous perdions un temps précieux alors que tant de personnes ne connaissent plus le Christ.

La moisson est abondante. Les ouvriers sont peu nombreux.

Les églises d’Occident se vident tandis que, simultanément, de nouvelles générations semblent chercher la vérité et la transcendance. Précisément maintenant, nous n’avons pas besoin d’une Église hésitante, mais d’une Église missionnaire qui connaît le trésor qu’elle possède et n’a pas peur de le montrer au monde.

C’est pourquoi je prie pour que votre pontificat soit marqué par une concentration renouvelée sur ce qui constitue, en dernier ressort, le cœur de toute authentique réforme ecclésiale : le Christ, la conversion, la sainteté, l’Eucharistie, l’évangélisation et le salut des âmes.

Car quand tous les synodes seront terminés, tous les documents auront été écrits, tous les organismes dissous et nos propres noms oubliés, il ne restera que la question qui compte vraiment :

Avons-nous rapproché les personnes qui nous ont été confiées de Jésus-Christ ?

Que saint Pierre intercède pour vous. Que Notre-Dame, Mater Ecclesiae, vous garde sous sa protection. Et que le Seigneur vous accorde sagesse, courage et fermeté paternelle pour conduire son Église dans la vérité et dans l’amour.

Avec une sincère révérence et uni dans la prière,

in Christo,

+ Rob Mutsaerts
Évêque auxiliaire du diocèse de Bois-le-Duc

15 août : fête de l’Assomption de la très Sainte Vierge Marie

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir. Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

La fête de l’Assomption de la Sainte Vierge est une des plus grandes fêtes de l’année, fête d’obligation et jour férié, même lorsqu’elle tombe en semaine. C’est aussi la fête patronale de la France depuis la consécration de notre pays à Notre Dame par le roi Louis XIII en 1638.

On sait que le dogme de l’Assomption de la Sainte Vierge a été proclamé solennellement en 1950 par le pape Pie XII, affirmant comme vérité de foi que la Bienheureuse Vierge Marie a été élevée au ciel en corps et en âme sans connaître la corruption du tombeau. Mais s’il a fallu attendre le XXe siècle pour cette proclamation, la fête de l’Assomption, ou de la » Dormition » de la Sainte Vierge était célébrée depuis longtemps. Depuis la promulgation du dogme, un nouveau formulaire pour la messe a été prescrit par le décret du 31 octobre 1950. Ce nouveau formulaire met plus l’accent que l’ancien sur la souveraine dignité de Marie. C’est cette messe Signum magnum qui est chantée dans le rit romain traditionnel selon les Livres liturgiques de 1962. Le Graduel de 1974 a curieusement repris des pièces de l’ancienne messe, antérieure à 1950.

 ► Introït : Signum magnum

Le texte de l’Introït provient du livre de l’Apocalypse de saint Jean au chapitre 12 :

Signum magnum apparuit in cælo : mulier amicta sole, et luna sub pedibus eius, et in capite ejus corona stellarum duodecim.
Un grand signe apparut dans le ciel : une femme, revêtue de soleil, la lune sous les pieds et, sur la tête, une couronne de douze étoiles.

Cette femme qui est ainsi glorifiée est avant tout la figure de l’Église qui va entamer contre le dragon un combat sans merci, mais ce texte s’applique aujourd’hui à Marie écrasant sous son pied la tête du serpent et couronnée dans le ciel. Cette vision grandiose, cosmique, appellerait semble-t-il une mélodie éclatante, or celle qui a été choisie, empruntée à un Introït du commun des Martyrs, est douce, calme et peu développée, mais pleine d’une paisible et joyeuse assurance.
Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 97, cantique d’action de grâces qui revient souvent dans la liturgie, notamment à Noël et à Pâques.

Cantate Domino canticum novum : quia mirabilia fecit.
Chantez au Seigneur un chant nouveau, car il a fait des merveilles.

► Graduel : Audi filia

Pour la nouvelle messe de l’Assomption composée en 1950 on a repris au Graduel une pièce ancienne qui figurait au commun des vierges. Le texte est tiré du psaume 44, le cantique nuptial que nous avons déjà souvent rencontré ; il fait l’éloge à l’occasion de leurs noces du roi d’Israël et de son épouse, qui sont la figure du Christ et de l’Église, mais la liturgie l’applique aussi souvent à Marie ou aux vierges consacrées. Les deux versets qui forment ce Graduel sont pris dans l’éloge de la reine.

Audi filia, et vide, et inclina aurem tuam : et concupiscet Rex pulchritudinem tuam. Tota decora ingreditur filia Regis, texturæ aureæ sunt amictus ejus.
Écoute ma fille et regarde, tends l’oreille : le roi est épris de ta beauté. La fille du roi s’avance toute belle, ses vêtements sont tissés d’or.

Ces versets s’appliquent très bien à la Vierge Marie dont l’éclat et la beauté surpassent toutes les créatures, et qui maintenant règne avec son fils dans le ciel. On trouve cet éclat et cette beauté dans la mélodie aux amples vocalises, avec l’enthousiasme triomphal qui manquait à l’Introït.

 ► Alléluia : Assumpta est

l‘Alléluia de l’Assomption est la seule pièce de l’ancienne messe qui ait été conservée dans la nouvelle. Le texte n’est pas tiré de la Sainte Écriture ; c’est un refrain qui revient à plusieurs reprises dans l’office de la fête.

Assumpta est Maria in cælum : gaudet exercitus angelorum.
Marie a été élevée au ciel, l’armée des anges se réjouit.

La mélodie traduit admirablement par ses montées et ses descentes très légères le mystère de ce jour et la joie des esprits célestes.

► Offertoire : Inimicitias

L‘Offertoire de la messe de l’Assomption est une pièce nouvelle composée en 1950, dont le texte est tiré du livre de la Genèse. On se rappelle que l’Introït était tiré de l’Apocalypse, le dernier livre de la Bible, et nous voici maintenant ramenés au premier livre, au tout début de la Sainte Écriture. Il y a pourtant un rapport certain entre les deux textes. Le chapitre 12 de l’Apocalypse nous montrait le combat et la victoire d’une femme sur le dragon infernal. Elle vengeait ainsi une autre femme, Ève, celle de la Genèse, qui avait succombé aux ruses du serpent. Et Dieu lui-même s’adressant au serpent avait annoncé cette revanche. Ce sont les paroles que nous chantons aujourd’hui.

Inimicitias ponam inter te et mulierem, et semem tuum et semen illius.
Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance.

La descendance de la femme c’est évidemment le Christ qui vaincra Satan et ses suppôts, mais c’est le Christ par Marie. C’est elle la fille d’Ève qui écrase la tête du serpent, ce qui lui vaut d’entrer aujourd’hui dans la gloire. La mélodie, qui reprend des formules d’autres Offertoires, notamment celui du onzième dimanche après la Pentecôte, fait de ce texte une affirmation solennelle et pleine de fermeté ; c’est vraiment Dieu qui parle.

► Communion : Beatam me dicent

Le texte de l’Antienne de Communion de la messe de l’Assomption est tiré du Magnificat:

Beatam me dicent omnes generationes, quia fecit mihi magna qui potens est.
Toutes les générations me diront bienheureuse, car le Tout Puissant a fait pour moi des merveilles.

C‘est la Sainte Vierge qui parle, et, avec son humilité admirable, elle renvoie à Dieu toute la gloire qu’elle a méritée pour les merveilles qu’elle a accomplies, gloire dont elle jouit aujourd’hui dans le ciel. C’est cette humilité que traduit parfaitement la mélodie de cette petite antienne toute simple, légère et joyeuse.

Conseil constitutionnel : l’échec de notre politique de santé érigé en nouvelle liberté

Communiqué du Syndicat de la famille :

Le Conseil constitutionnel a validé ce vendredi la loi relative au droit à l’aide à mourir, assortie de trois réserves d’interprétation.

Une décision politique pour un Conseil constitutionnel politique. Plusieurs membres ayant participé à la décision s’étaient auparavant publiquement prononcés en faveur d’une évolution de la législation sur la fin de vie. Malgré les demandes de récusation, ils ont siégé. Le choix de rendre une décision aussi lourde un 14 août, à la veille d’un week-end férié, alors que le Conseil pouvait statuer plus tôt, n’est pas anodin.

Après près de dix ans au pouvoir, Emmanuel Macron laisse une France où l’accès aux soins est profondément inégal. Déserts médicaux, hôpital en crise, soins palliatifs encore inaccessibles à de nombreux Français : faute d’avoir garanti le droit d’être soigné et accompagné, le pouvoir érige désormais le droit de mourir en nouvelle liberté.

C’est le « en même temps » appliqué à la fin de vie : proclamer un nouveau choix alors que l’autre n’est toujours pas garanti.

Les réserves du Conseil protègent certaines libertés, notamment celles des établissements privés et des pharmaciens. Mais le respect de la vie ne peut être à la carte, pas plus que la liberté du patient ne peut dépendre de son code postal.

« Au terme de deux quinquennats, Emmanuel Macron présente comme une conquête ce qui révèle l’échec de sa politique de santé. La priorité devait être de garantir à chaque Français la possibilité d’être soigné et accompagné jusqu’au bout. Il n’y a pas de liberté réelle sans alternative accessible. Donner la mort ne sera jamais un soin. Notre mobilisation continue », déclare Ludovine de La Rochère, présidente du Syndicat de la Famille.

La Fondation Jérôme Lejeune conteste qu’une loi mortifère soit considérée conforme à la Constitution

Communiqué de la Fondation Jérôme Lejeune :

La Fondation Jérôme Lejeune est indignée par la décision du Conseil constitutionnel sur la loi relative à l’aide à mourir. Si les sages ont exprimé trois réserves d’interprétation censées orienter l’application de la loi, cette décision est scandaleusement minimaliste : aucune des dispositions de la loi n’est censurée et aucune protection n’est accordée aux personnes porteuses de déficience intellectuelle qui restent ciblées par cette loi.

La Fondation Jérôme Lejeune rappelle que ce texte de loi est intrinsèquement injuste et illégitime. Créer un droit « à l’aide à mourir » et l’intégrer dans le champ du soin est aussi aberrant humainement et médicalement qu’incohérent juridiquement.

La seule décision fondée que les sages auraient dû prendre était l’inconstitutionnalité totale de la loi. Émettre de timides réserves d’interprétation sur des dispositions qui violent les principes fondamentaux est loin d’être un motif de satisfaction. En l’espèce, cette décision n’enlève rien au caractère grave et irréversible de l’acte létal, de l’atteinte portée au principe de sauvegarde de la dignité humaine et de protection des personnes vulnérables.

Le pape Léon XIV l’a fermement rappelé lors de son allocution à la Fondation Lejeune le 21 juin dernier : « jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée ». L’espoir est grand qu’il s’en fasse l’écho puissant lors de sa venue en France.

L’ONU aussi avait transmis des alertes au gouvernement français sur ce texte qui constitue une « violation du devoir de respecter, protéger et garantir le droit à la vie des personnes handicapées ». Elles n’ont pas été prises en compte, la Fondation le déplore fortement.

Par ailleurs, la Fondation Lejeune est scandalisée par le fait que les quatre membres du Conseil constitutionnel qui se sont exprimés publiquement en faveur de la légalisation de l’euthanasie n’aient pas eu la décence de s’abstenir de siéger. En plus d’être minimaliste, cette décision est biaisée et partiale, à l’image du débat sur la légalisation de l’euthanasie.

Pour Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune “La Fondation Jérôme Lejeune ne se résignera jamais. Le combat est loin d’être fini, la mobilisation continue. Il le faut pour tous ceux qui risquent de subir la pression de cette loi – les malades et les soignants et tous ceux qui n’en mesurent pas encore la portée mais qui la subiront un jour”.

La Fondation sera notamment vigilante lors de l’étape des décrets d’application et maintiendra son exigence à l’égard du respect des personnes porteuses de déficience intellectuelle exposées par cette loi.”

Pour rappel, la Fondation Lejeune, impliquée dans le débat législatif depuis le début, avait déposé une contribution extérieure le 20 juillet. Elle a également alerté à plusieurs reprises l’ONU sur l’incompatibilité de ce texte avec les engagements internationaux de la France concernant la protection des personnes handicapées.

Fin de vie : qu’a dit le Conseil constitutionnel ?

Réaction de Grégor Puppinck : https://www.youtube.com/live/-C-AzeUhsVk?is=hLh6XgqovWkDuFCt

Le conseil constitutionnel censure l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs

Extrait du communiqué du Conseil :

Le Conseil constitutionnel censure l’article 1er de la loi qui prévoyait d’interdire l’accès des mineurs de moins de 15 ans aux services de réseaux sociaux en ligne.

Tout en relevant que l’exigence constitutionnelle de protection de l’intérêt supérieur de l’enfant et l’objectif de valeur constitutionnelle de prévention des atteintes à l’ordre public sont de nature à justifier une limitation de la liberté d’accès de mineurs à ces services, le Conseil juge que les dispositions contestées, d’une part, portent une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression et de communication et, d’autre part, n’ont pas prévu les garanties légales propres à assurer le droit au respect de la vie privée.

Le conseil constitutionnel valide la loi sur l’euthanasie avec quelques réserves

Extrait du communiqué du Conseil :

Le Conseil constitutionnel déclare conforme à la Constitution l’ensemble des dispositions déférées de la loi relative au droit à l’aide à mourir, en formulant trois réserves d’interprétation :

  • la première précise une garantie s’agissant de la décision prise sur demande d’un majeur protégé,
  • la deuxième étend aux pharmaciens la clause de conscience individuelle dont bénéficiaient les médecins et infirmiers,
  • la dernière prévoit que le responsable d’un établissement privé pourra, dans certaines conditions et limites, refuser que la procédure d’aide à mourir se déroule dans ses locaux. Un tel refus ne peut être opposé « que lorsque d’autres établissements sont en mesure de répondre aux besoins locaux », formulation identique à celle figurant à l’article L. 2212-8 du code de la santé publique en matière d’interruption volontaire de grossesse.

La Vie Chrétienne Victorieuse – Jésus-Christ : Lumière éclatante du monde aujourd’hui

Il est des images si puissantes qu’elles résument à elles seules une conception de la vie. L’une nous vient des mythes antiques : Atlas, ce géant condamné à porter sur ses épaules la voûte du ciel, les muscles tendus, le visage déformé par l’effort. L’autre nous est offerte par l’Évangile : Jésus-Christ, le Fils de Dieu, qui maintient toutes choses par Sa Parole et qui, sur la croix, a porté nos péchés par amour.

Entre ces deux figures, ce n’est pas seulement une différence de récit, mais une opposition radicale entre
deux façons de comprendre le monde et la place de l’homme en son sein. L’une parle de contrainte, de
souffrance, de fatalité. L’autre révèle un univers porté par l’amour, une création aimée, un Dieu qui se fait
proche pour nous sauver.

Atlas, ou le poids sans espérance
Atlas, dans la mythologie grecque, fit partie de ces Titans qui osèrent défier les dieux de l’Olympe. Leur
révolte fut vaincue, et Zeus leur infligea des châtiments exemplaires. Atlas reçut pour peine de porter le ciel sur ses épaules pour l’éternité. Les sculptures antiques le représentent courbé, les genoux fléchis, le visage contracté par un effort surhumain. Porter le monde, pour lui, c’est être écrasé par lui. Le cosmos n’est pas un lieu de vie ou de sens, mais une charge insupportable, une malédiction sans fin.

Cette image exprime une intuition profonde : l’homme se sent souvent accablé par le poids de l’existence. Les responsabilités, les épreuves, les échecs, la maladie, la mort – tout semble concourir à nous courber. Et parfois, nous nous identifions à ce Titan. Nous nous disons que c’est à nous de tout porter, que personne ne le fera à notre place. Alors nous serrons les dents, nous tendons nos forces, nous nous courbons sous le poids de nos obligations. Mais cette vision est tragique, car elle ne laisse aucune place à l’espérance. Atlas porte le ciel parce qu’il a été condamné. Il n’y a ni rédemption, ni libération possible.

Pire encore : ce mythe peut nous faire croire que nous sommes faits pour porter le monde par nous-mêmes.
Mais cette illusion d’autosuffisance est un piège. Car tôt ou tard, nos épaules fléchissent. Et quand elles
cèdent, c’est souvent la chute.

La Bible nous révèle une vision radicalement différente de Dieu et de Son rapport à la création. Elle ne nous présente pas un dieu écrasé sous le poids de l’univers, comme un Atlas condamné à porter éternellement le fardeau du monde. Elle nous révèle le Dieu vivant, Celui qui soutient toutes choses par la puissance de Sa Parole. Jésus-Christ n’est pas Celui qui ploie sous le poids de la création : Il est le Verbe éternel par qui tout a été créé, et en qui tout subsiste.
Dans cette lumière, le monde n’est donc pas un fardeau imposé à Dieu, mais l’expression libre et généreuse de Son amour. Dieu crée non par nécessité, mais par pure souveraineté d’amour. Il donne l’existence sans rien perdre de sa plénitude, et Il soutient chaque créature sans jamais être diminué par ce qu’Il lui donne.

Ainsi, Dieu ne se révèle pas d’abord comme un Souverain austère et distant, mais comme le Père qui appelle chaque être à l’existence et qui, dans une sollicitude infinie, veille sur toute Son œuvre. Et cette liberté souveraine de l’amour trouve son accomplissement en Jésus-Christ : en Lui, le Créateur se fait proche de sa créature, non parce qu’Il y serait contraint, mais parce que l’amour, dans sa liberté absolue, choisit de se donner.

Contrairement à Atlas, Christ ne subit pas le monde : Il le porte avec une liberté souveraine. Là où le Titan
est broyé, le Fils règne. Là où le mythe raconte une contrainte imposée, l’Évangile révèle un don d’amour.
Dieu n’a jamais été contraint de créer. Il a voulu donner l’être, et Il maintient à chaque instant l’existence de tout ce qui est. Sans Lui, rien ne tiendrait debout. Avec Lui, tout demeure.

Mais ce Dieu qui porte le monde n’est pas un Dieu lointain. En Jésus-Christ, le Verbe est entré dans notre histoire. Il a connu la faim, la fatigue, la douleur, la croix. Il n’a pas porté le ciel comme un poids extérieur :
Il a porté le péché du monde comme un acte d’amour. Sur la croix, Il a accompli jusqu’au bout Sa mission,
non par contrainte, mais par amour libre. Ainsi, le poids du monde n’est plus une malédiction, mais une
occasion de rencontre avec Celui qui nous aime.

Le vrai fardeau : le péché
Mais qu’est-ce que ce « fardeau » dont l’Évangile nous parle ? Si Atlas plie sous une masse matérielle et cosmologique, le fardeau humain est d’une tout autre nature : c’est le poids invisible, mais écrasant, du péché.

Le péché n’est pas une simple infraction morale ; c’est une rupture fondamentale, une dette spirituelle que nous accumulons et que nos propres forces ne peuvent éteindre. Il se manifeste par la culpabilité qui ronge la conscience, la honte qui isole et la rupture avec la source même de la vie. Vouloir porter soi-même le poids de ses fautes, de ses échecs et de sa finitude, c’est s’accorder la sentence d’Atlas : un châtiment éternel sous une charge que nous sommes incapables de soulever.

C’est précisément ici que resplendit la miséricorde du Seigneur. Contrairement à Zeus qui condamne, Jésus
S’abaisse. La miséricorde divine ne consiste pas à annuler le péché d’un simple revers de main en ignorant la justice, mais à en assumer le coût à notre place. Sur la croix, Christ prend sur Ses épaules la totalité de ce fardeau spirituel. Il n’est pas broyé par la fatalité, mais S’offre par un amour souverain. Le bois de la croix devient le lieu d’un échange inouï : Il prend notre condamnation et nous offre Sa justice ; Il porte notre honte et nous donne Sa paix.

La miséricorde de Christ ne nous soulage pas seulement de la culpabilité passée ; elle restaure notre relation avec le Père. Là où le fardeau du péché nous courbait vers la terre dans l’autosuffisance ou le désespoir, la grâce de Christ nous redresse. Le pardon n’est pas un vain mot : c’est l’acte par lequel le Seigneur brise les chaînes de la condamnation pour transformer notre fardeau en un « joug doux et léger », porté avec Lui.

Une invitation sans condition
La différence entre Atlas et Christ a des conséquences concrètes pour notre vie. Atlas nous dit : « Tu dois tout porter toi-même. » Jésus, Lui, nous dit :
« Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos » (Matthieu 11:28).
Un point important : Jésus n’attend pas que nous soyons prêts pour nous inviter. Il ne dit pas « venez quand vous irez mieux ». Il dit « venez » à ceux qui sont fatigués, maintenant, tels qu’ils sont. Cela change tout.

Dans beaucoup de logiques religieuses, il faut d’abord mériter le repos : se corriger, faire des efforts, devenir
meilleur. Ici, c’est l’inverse. Le repos vient en premier. Il n’est pas une récompense pour ceux qui ont réussi à se réformer seuls. C’est cela, la grâce : un don qui ne dépend pas de ce que nous avons déjà accompli.
Il faut aussi préciser une chose : ce repos n’enlève pas toute charge. Juste après, Jésus parle d’un « joug » qu’il faut prendre. Il n’annule donc pas le fardeau. Mais il le transforme. Il y a une différence entre porter
seul, dans l’épuisement, et porter avec quelqu’un d’autre. On retrouve ici l’opposition du début entre Atlas et Christ. Atlas doit tenir sans jamais s’arrêter. Christ, Lui, propose d’échanger le fardeau – pas de le supprimer, mais de ne plus le porter seul. Le chrétien n’est pas appelé à remplacer Atlas.

Notre vocation n’est pas de porter le monde sur nos épaules, mais de nous appuyer sur Celui qui porte tout. Toute la foi chrétienne est contenue dans ce « moi ». Jésus ne se présente pas comme Celui qui montre le chemin : Il se présente Lui-même comme le chemin. Il ne promet pas seulement un repos qu’il faudrait chercher ailleurs : Il est Celui qui donne le repos. Jésus ne réserve pas Son invitation aux forts, aux âmes parfaites. Il appelle ceux qui sont fatigués, ceux qui portent un poids, leurs échecs et parfois même leur propre impuissance.

Cela ne signifie pas que nous n’avons plus rien à porter. Mais cela change la manière dont nous portons ces fardeaux. Sans le Seigneur, nous sommes comme Atlas : nous portons nos charges seuls, et elles nous écrasent. Avec Lui, nous portons nos charges en Lui, et Il nous soutient. Cette confiance change tout : elle nous libère de l’illusion de l’autosuffisance, et elle nous permet de lâcher prise, de reconnaître nos limites.

Atlas est condamné à porter le ciel pour l’éternité, sans espoir de libération. Jésus a porté nos péchés une fois pour toutes sur la croix, et Il nous offre la vie éternelle. Ainsi, là où le mythe grec ne propose qu’un destin tragique, l’Évangile nous ouvre une espérance infinie.

La Bible n’est pas un livre de philosophies abstraites. C’est l’histoire d’une révélation, d’une lumière qui
grandit peu à peu pour devenir un visage : celui du Seigneur Jésus-Christ. Ce qui était annoncé en figures devient réalité. Jésus accomplit les Écritures. Il est la Parole faite chair. Il révèle le Père. Sa résurrection scelle Son identité : Il est bien le Fils de Dieu, le Sauveur du monde. L’Apocalypse achève cette révélation en nous montrant Christ glorifié, « l’Alpha et l’Oméga », Celui qui était, qui est et qui vient.

Le choix qui nous appartient
Entre Atlas et le Seigneur Jésus, il y a donc deux visions du monde, deux destins pour l’homme. Atlas nous parle d’un univers froid et indifférent, où l’homme est condamné à porter seul le poids de son existence. Dieu nous révèle un univers porté par l’amour, où le Seigneur Lui-même se fait proche pour nous relever. Le choix nous appartient. Continuerons-nous à vivre comme des Atlas modernes, courbés sous le poids de nos fardeaux, persuadés que tout dépend de nous ? Ou choisirons-nous de nous tourner vers le Seigneur, de Lui confier nos charges, de nous appuyer sur Celui qui porte tout ?La foi chrétienne ne nous promet pas une vie sans épreuves. Mais elle nous offre une certitude inébranlable : nous ne sommes pas seuls. Le Dieu qui a créé l’univers, qui a porté nos péchés sur la croix, porte aussi nos vies aujourd’hui. Là où Atlas est écrasé, le chrétien est relevé. Là où le mythe grec ne propose qu’un destin tragique, l’Évangile ouvre une espérance qui ne déçoit pas.

Que notre prière soit donc celle de David qui exprime sa confiance totale :
« En Toi, Éternel, je me repose ; mon Dieu, je me confie en Toi pour toujours. »

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Le mariage chrétien : un succès ! Quatrième édition pour ces allocutions de Pie XII. Un livre pour la saison !

Voilà un beau succès de librairie qui réjouit les cœurs ! Le mariage est donc d’actualité et mieux encore, il se veut réfléchi, profond et tourné résolument vers l’avenir, avec l’aide de Dieu ! C’est donc une quatrième édition pour ce classique : le mariage chrétien de Pie XII.

Au cours de ses audiences publiques, le pape Pie XII avait l’habitude de s’adresser aux nouveaux mariés, venus à Rome pour leur voyage de noces. Le Souverain Pontife parlait aux jeunes époux du rôle respectif de l’homme et de la femme, de leur harmonieuse collaboration, de l’amour qui les lie, des grâces sacramentelles auxquelles ils ont droit, des épreuves qu’ils pourront rencontrer, mais surtout des joies qui leur seront données, de la bénédiction des enfants et de l’éducation qui en est le corollaire. De nombreux thèmes sont abordés dans ce livre : la prière en famille, la chasteté conjugale, la mode, le mari et la femme, l’éducation, la collaboration des époux, les lois divines de la procréation, la famille nombreuse… Le Pasteur angélique possédait, à un degré étonnant, le don de renouveler un sujet, de varier son discours ou d’aborder un même thème sous des aspects différents. Chacune de ses allocutions est ainsi profondément originale et ouvre au lecteur des perspectives inédites.

De ces textes riches de doctrine, de fine psychologie, de conseils avertis, Pie XII n’a pas voulu faire un exposé technique. Ces pages s’adressent aussi aux jeunes du XXI° siècle ! Les vérités demeurent. Les principes s’appliquent aujourd’hui avec la même force et doivent guider notre jeunesse, l’armer contre les écueils, en faire des forteresses, fières, aimantes, et missionnaires. Ces écrits de Pie XII révèlent une âme vivante et sensible, celle d’un père qui communique à ses enfants son espérance surnaturelle en la valeur inestimable du mariage chrétien.

Voilà un petit paquet à rajouter à la pile des cadeaux de mariage !

Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/hommefemme-mariage/17363-le-mariage-chretien.html?ref=043193205

Le Mariage chrétien, Pie XII, Editions Clovis, 176 pages, 17€.

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Encore des mesures fiscales contre les familles ?

À la demande du Premier ministre, l’Inspection générale des finances (IGF) et l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) ont publié un rapport proposant de revoir les dépenses relatives aux politiques familiales.

L’IGF et l’IGAS avancent une dizaine de mesures pour économiser 4,2 milliards d’euros sur le dos des familles. Parmi les idées avancées, on trouve notamment : les droits familiaux de retraite et la majoration de pension de 10 % dont peuvent bénéficier les personnes ayant eu trois enfants ou plus. Les inspections proposent de la remplacer par une forfaitisation à hauteur de 125 euros par mois.

Concernant les allocations familiales, les inspections proposent d’abaisser de 20 % les plafonds de ressources à partir desquels leur montant diminue. La mesure affecterait 591 000 ménages.

L’IGF et l’IGAS souhaitent aussi revoir les aides personnalisées au logement versées aux étudiants
rattachés au foyer fiscal de leurs parents, « en prenant en compte les ressources parentales ». Cela conduirait à diminuer les aides perçues par 310 000 foyers, et 200 000 d’entre eux en perdraient même le bénéfice. Economies espérées : 550 millions d’euros.

Sur le volet fiscal, les inspections recommandent de supprimer la réduction d’impôt pour frais de scolarité dans le secondaire ou le supérieur : 450 millions d’euros d’économies.

A la rencontre des bénévoles de l’Accueil Louis et Zélie d’Ajaccio

De Guillaume d’Alançon :

L’Accueil Louis et Zélie est implanté à Ajaccio depuis la rentrée 2025. Aussi ai-je décidé d’y faire un petit saut pour prendre la température de la Corse.

En ce mois de juillet, il faisait très chaud, assurément. Quelle joie de retrouver Margot et Laurent ! Toujours disponibles et généreux, sur cette île de Beauté qui n’en comporte pas moins des misères humaines. Leur accueil a été merveilleux, qu’ils en soient encore remerciés. Nous avons pu parler longuement de tant de sujets que nous avons en commun. Cette joie de l’amitié dans le Christ est un merveilleux trésor.

J’ai pu aussi rencontrer l’évêque, le Cardinal Bustillo et son vicaire général, l’abbé Constant. Son Eminence m’a confirmé son désir d’ouvrir un deuxième accueil à Bastia, préfecture de Haute-Corse et dont la cathédrale est absolument magnifique.

Les connaisseurs disent que c’est le plus beau port de toute la Méditerranée. Puisse cette ville être toujours un abri sûr pour ceux qui peinent. Mais je ne voudrais pas terminer ce bref compte-rendu sans partager avec vous un petit fioretti.

Me trouvant à l’Île-Rousse, bourgade du nord de la Corse, et, venant de perdre mon portefeuille, je remuais ciel et terre pour le retrouver.

Le soir, reparti dans la direction de la montagne pour rejoindre mon hébergement, le téléphone se met à sonner. Numéro inconnu… je décroche quand même. Un homme avec un accent prononcé m’indique qu’il est en possession de mes papiers.

C’est un Corse bien évidemment.

Heureusement, quelques cartes de visite épaississaient le soufflet de mon porte-monnaie.
Nous convenons d’un rendez-vous. Quelques instants plus tard, tandis que j’attends tranquillement dans ma voiture, je vois arriver un homme jeune accompagné d’une femme. Celle-ci porte une jolie croix dorée autour de son cou. Comme saint Thomas qui peine à croire, j’attends de toucher le cuir pour être bien certain que tout cela est réel.

Ceux qui ont perdu leurs papiers savent à quel point il est pénible de faire opposition sur sa carte bancaire, de déclarer la perte ou le vol des différentes cartes d’identité…

Un portefeuille c’est aussi un coffre-fort : on conserve toujours des informations sur un post-it, une photo de ses enfants ou encore un numéro de téléphone écrit à la hâte.

Ce modeste maroquin comportait aussi un autre joyau, une relique de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, qui m’avait été offerte par un donateur de notre association. Aussi étais-je un peu tendu …
Les commerçants m’avaient dit:
“N’ayez pas peur, vous le retrouverez”. Je n’y croyais pas beaucoup.

En conversant avec ceux qui me ramenaient l’objet perdu, je découvrais des personnes magnifiques. Leur simplicité et leur ouverture de cœur ont touché le mien. Je leur racontais brièvement l’histoire de Louis et Zélie, puis celle de la petite Thérèse. Avant de nous séparer, dans un mouvement très faiblement prémédité, je leur donnais la relique de la sainte de Lisieux. C’était un bout de ses vêtements.

L’image évangélique de la femme qui touche la frange du manteau de Notre-Seigneur me semble la plus appropriée pour décrire la réaction qu’ils ont eue. Secrètement je remerciais Dieu. Je leur dis ensuite quelques mots sur l’accueil Louis et Zélie. Au moment de partir, mon nouvel ami corse me dit en montrant la relique “nous en prendrons grand soin”.
Il avait tout compris.

Puissions-nous prendre grand soin, les uns des autres.
Bonnes vacances à tous.

Guillaume

André Bergevin, vingt ans après : la révolution permissive avait-elle une fin ?

Lorsqu’il publie Révolution permissive et sexualité en 2003, André Bergevin décrit un mouvement davantage qu’un état des mœurs : la tolérance invoquée pour lever l’interdit prépare la normalisation de ce qui le transgressait. Il écrit pourtant avant l’iPhone, Pornhub, Tinder, Instagram, TikTok et OnlyFans. Vingt-deux ans plus tard, la révolution numérique permet de mesurer la profondeur de son intuition : la libération du désir n’a pas seulement changé les conduites ; elle a rendu possible une immense industrie de sa stimulation, de sa comparaison et de sa marchandisation.

Un livre venu d’un autre monde

Il suffit parfois de quelques dates pour faire apparaître la distance historique. Révolution permissive et sexualité. De la tolérance comme argument à la transgression comme processus paraît le 20 novembre 2003 aux Éditions François-Xavier de Guibert. Le volume compte 401 pages et s’inscrit dans la collection « Combats pour la liberté de l’esprit ». Internet existe, naturellement, et la quatrième de couverture évoque déjà la « déferlante de la pornographie ». Mais, au troisième trimestre 2003, 27 % seulement des foyers français sont connectés et 8 % disposent du haut débit. L’ordinateur familial est encore un meuble ; la connexion, une activité ; l’accès aux images, une démarche.

Tout ce qui transformera ensuite l’image sexuelle en environnement permanent reste à venir. L’iPhone et Pornhub apparaîtront en 2007, Instagram en 2010, Tinder en 2012, OnlyFans en 2016, TikTok sous sa forme internationale en 2017. Bergevin écrit avant l’écran personnel constamment présent dans la poche, avant le défilement infini des profils, avant la recommandation algorithmique, avant que l’intimité puisse être photographiée, transmise, copiée et vendue en quelques secondes. La pornographie était déjà abondante ; elle n’était pas encore devenue une infrastructure quotidienne du désir.

L’époque n’a évidemment rien d’un âge innocent. La loi Neuwirth a autorisé la contraception en 1967, la loi Veil et le divorce par consentement mutuel datent de 1975, le Pacs de 1999. Mai 68 est passé de l’insurrection au slogan publicitaire ; la pornographie a ses cinémas, ses magazines, ses cassettes, son Minitel et ses chaînes payantes. Les années sida ont rappelé que le plaisir pouvait rencontrer la souffrance et la mort. Mais nous sommes encore dix ans avant le mariage entre personnes de même sexe et quatorze ans avant #MeToo. Le livre paraît ainsi dans un moment singulier : assez tard pour dresser le bilan de la révolution sexuelle, assez tôt pour ne pas connaître sa démultiplication numérique.

Qui est André Bergevin ? Il s’agit du pseudonyme de Jean-Michel Olivereau, docteur en neurosciences, ancien professeur de l’Université Paris-V et professeur honoraire de l’Université Paris-Descartes.

Le livre a connu une diffusion modeste et principalement catholique. On ne trouve guère de réception universitaire substantielle. Son hypothèse directrice n’en mérite que davantage d’être examinée, car elle est formulée avec une netteté remarquable dès le paratexte : « Les normes d’aujourd’hui sont les transgressions d’hier. » L’auteur entend analyser la permissivité sexuelle, « l’aliénation de la liberté » qu’elle induit et les mécanismes idéologiques et psychobiologiques qui la soutiennent.

La tolérance comme argument, la transgression comme processus

Le sous-titre du livre contient presque toute sa force. Bergevin ne met pas simplement en concurrence la sévérité et la tolérance. Il distingue un argument d’un processus. La tolérance est d’abord l’argument par lequel une pratique réprouvée demande à n’être ni empêchée ni condamnée publiquement. La transgression est le processus par lequel le déplacement d’une limite prépare celui de la suivante.

La demande initiale paraît modeste : il ne serait pas demandé d’approuver, seulement de laisser faire. Cette revendication peut être juste lorsque l’ancienne norme confond abusivement morale, droit pénal et persécution des personnes. L’ordre sexuel antérieur n’était pas sans hypocrisie : il pouvait appliquer aux femmes une police de la réputation dont les hommes s’exemptaient, tolérer secrètement ce qu’il condamnait publiquement, laisser certaines violences conjugales sans nom et faire peser sur les femmes l’essentiel des conséquences d’une grossesse non désirée. Une réflexion catholique crédible n’a rien à gagner à transformer ce passé en paradis perdu.

Mais la tolérance demeure une position instable. Au sens classique, tolérer signifie s’abstenir d’interdire ce que l’on continue de juger imparfait. Or une société qui fait de l’autonomie individuelle sa valeur souveraine peine à maintenir cette distinction. Si une pratique licite ne produit aucun dommage immédiatement assignable, pourquoi resterait-elle moralement inférieure ? La tolérance tend ainsi vers la neutralité, la neutralité vers l’acceptation, l’acceptation vers la normalisation. Ce qui a été normalisé peut enfin être valorisé comme signe d’ouverture, de courage ou d’authenticité, tandis que l’ancienne réserve apparaît répressive ou pathologique.

Cette séquence détaillée — tolérance, neutralité, acceptation, normalisation, valorisation, puis suspicion portée sur l’ancienne norme — constitue notre explicitation de la dynamique de Bergevin. Un texte postérieur confirme que l’auteur pensait bien en termes de mouvement cumulatif. Dans « Pornographie : quels enjeux pour la liberté ? », publié en 2018 dans Liberté politique, Olivereau de son vrai nom affirme que « la dérive se passe toujours dans le même sens » et que « les valeurs finissent toujours par s’aligner sur les comportements ». Quinze années séparent cet essai du livre ; elles n’empêchent pas d’y reconnaître une remarquable continuité.

L’intuition la plus profonde est que la révolution permissive ne peut aisément se stabiliser si elle valorise la transgression elle-même. Une société peut évidemment modifier une règle et en établir une autre. Mais si l’affranchissement de l’interdit devient en soi la preuve de la liberté, toute frontière nouvelle héritera du soupçon qui a emporté la précédente. Une transgression victorieuse perd d’ailleurs une part de son prestige dès qu’elle devient commune : l’avant-garde doit chercher un nouveau scandale sous peine de devenir l’académie qu’elle moquait.

Voilà ce que le mot « permissif » risque de dissimuler. Il ne désigne pas seulement une société dans laquelle davantage de comportements sont autorisés. Il désigne une culture qui ne sait plus très bien justifier une limite autrement que par le dommage direct et mesurable. Or la sexualité engage des biens que le seul contrat entre deux volontés ne suffit pas à épuiser : l’attachement, la vulnérabilité, la mémoire du corps, la différence des temporalités affectives, la possibilité de la conception, la filiation et la formation progressive des habitudes.

Le sociologue Michel Bozon, qui n’appartient nullement à l’univers intellectuel de Bergevin, décrivait précisément en 2002 le passage de contrôles extérieurs à des disciplines intérieures. Les transformations de la sexualité moderne devaient selon lui être « moins considérées comme une émancipation que comme une individualisation » : l’individu doit désormais produire sa propre norme, tout en restant soumis au jugement social. La convergence est éclairante. L’interdit ancien ne disparaît pas sans laisser de successeur ; il cède souvent la place à l’obligation de réussir sa liberté.

Lorsque « vous pouvez » devient « vous devez »

Une révolution commencée sous le signe de la permission peut donc engendrer ses propres conformismes. Vous pouvez dissocier sexualité, engagement et procréation ; vous pouvez expérimenter, rompre et recommencer. Mais lorsque ces possibilités deviennent des signes de maturité et d’autonomie, le « vous pouvez » tend insensiblement vers le « vous devez ». Il faut avoir de l’expérience sans paraître blessé par elle, être désirable sans sembler dépendant du regard d’autrui, se montrer disponible sans demander trop tôt la durée, accueillir la rupture sans manifester une jalousie jugée archaïque. Celui qui préfère l’abstinence, l’exclusivité ou l’engagement précoce n’est plus simplement libre de son choix : il doit parfois l’expliquer.

Les recherches contemporaines saisissent cette pression. À partir de l’enquête Envie sur les 18-29 ans, Marie Bergström observe que, dans certains milieux, la sexualité non conjugale peut devenir pour les jeunes femmes un moyen attendu de montrer qu’elles ont « profité de leur jeunesse ». Le verbe est révélateur. Il peut exprimer une liberté réellement choisie ; il peut aussi désigner un devoir biographique, comme s’il fallait accumuler les preuves d’émancipation avant d’avoir le droit de se « poser ».

Les contraintes nouvelles ne sont pas identiques pour les deux sexes. Pour beaucoup d’hommes, la pornographie propose un apprentissage du désir sans altérité réelle. L’attente, la parole, la maladresse, le refus et les conséquences disparaissent au profit de corps immédiatement disponibles et de pratiques dont la succession entretient l’excitation. Tous les usagers ne reproduisent évidemment pas ce qu’ils regardent, mais aucune culture n’expose massivement une génération à des scénarios sans contribuer à son imaginaire.

Pour les femmes, l’injonction est plus contradictoire encore : devenir pleinement sujet de son désir tout en demeurant un objet désirable sur un marché visuel incessant. La présentation de soi, les « likes », les messages et les classements implicites transforment facilement la désirabilité en mesure de la valeur personnelle. Une revue systématique publiée en 2025 conclut que les usages visuels des réseaux sociaux centrés sur l’apparence sont associés à davantage d’auto-objectivation, de surveillance du corps et de préoccupations liées à l’image.

Eva Illouz a montré comment l’élargissement du choix et les marchés de la rencontre rendent les relations plus réversibles, plus comparables et plus incertaines. Avec Dana Kaplan, elle analyse dans Le Capital sexuel la désirabilité, l’expérience et la présentation de soi comme des ressources susceptibles d’être converties en avantages sociaux. La libération n’a donc pas supprimé les asymétries entre hommes et femmes ; elle les a en partie déplacées. Elle propose aux hommes l’illusion de l’abondance et aux femmes une souveraineté de l’image, tout en exposant les uns et les autres à l’inquiétude de n’être ni assez désirables ni durablement choisis.

Le diagnostic de Bergevin prend ici une profondeur anthropologique. La permissivité ne modifie pas seulement la liste des actes autorisés. Elle apprend au sujet à se comprendre lui-même : son corps devient une ressource, le corps d’autrui une expérience possible, la relation un contrat révocable, le désir une preuve d’authenticité, la frustration une anomalie et l’engagement un coût d’opportunité. Le véritable triomphe de la révolution sexuelle n’est peut-être pas d’avoir multiplié les pratiques, mais d’avoir habitué l’homme à se penser comme consommateur de jouissance avant de se penser comme personne capable de communion.

L’expérience grandeur nature du numérique

Vingt années supplémentaires permettent désormais de confronter l’hypothèse de Bergevin aux faits. La première mutation est celle de la pornographie gratuite, instantanée et presque illimitée. Selon l’Arcom, 2,3 millions de mineurs fréquentaient chaque mois des sites pornographiques en 2023 ; dès 12 ans, plus de la moitié des garçons s’y rendaient en moyenne mensuellement. En 2024, près de 40 % des 12-17 ans consultaient un site adulte au cours d’un mois donné. Ces chiffres ne disent pas que tous regardent les mêmes contenus ni qu’ils en subissent les mêmes effets. Ils établissent néanmoins qu’une part immense de la jeunesse reçoit désormais ses premières représentations sexuelles d’industries qui ne cherchent ni son éducation affective ni son bien.

La prudence scientifique oblige à ne pas transformer cette exposition en causalité universelle. Une revue de quarante-quatre études longitudinales publiée en 2025 relève des associations avec certaines attitudes permissives, la disposition aux relations occasionnelles ou des conduites à risque, mais aussi des résultats hétérogènes et parfois contradictoires. La pornographie n’explique jamais seule une trajectoire. Elle agit parmi la famille, les pairs, le tempérament, les autres médias et l’histoire affective. Cette nuance ne diminue pourtant pas l’enjeu : même lorsqu’un scénario ne détermine pas mécaniquement les conduites, il fournit des images, des comparaisons, un vocabulaire et un horizon de possibilité.

La seconde mutation est celle de la rencontre numérisée. L’enquête nationale CSF-2023, menée auprès de 31 518 personnes, révèle que 63,9 % des femmes et 72,8 % des hommes de moins de 30 ans ont déjà connu une expérience sexuelle en ligne au sens large. Près de quatre jeunes sur dix ont rencontré en ligne un partenaire sexuel ; 36,6 % des jeunes femmes et 39,6 % des jeunes hommes ont envoyé une image intime. Lors du dernier échange de ce type, 28,7 % des femmes ayant reçu une image déclarent ne pas y avoir explicitement consenti, contre 6,3 % des hommes.

Les applications n’empêchent nullement l’amour ni la formation des couples. L’enquête Envie montre que 66 % des 18-29 ans ont connu une relation de couple dans l’année et que 76 % des jeunes couples non cohabitants souhaitent un jour vivre ensemble. Le désir d’engagement demeure donc puissant. Mais les interfaces modifient les conditions de la rencontre : les personnes deviennent des profils comparables, les alternatives restent toujours visibles, et l’existence d’un partenaire possible à un geste du pouce accompagne silencieusement la relation présente. Le choix s’élargit ; la certitude d’être choisi se fragilise.

Les statistiques françaises font apparaître un paradoxe saisissant. Entre 1992 et 2023, le nombre moyen de partenaires déclarés au cours de la vie est passé de 3,4 à 7,9 chez les femmes de 18 à 69 ans et de 11,2 à 16,4 chez les hommes. Les répertoires sexuels se sont diversifiés. Pourtant, la proportion de personnes ayant eu une activité sexuelle au cours de l’année est tombée de 86,4 % à 77,2 % chez les femmes et de 92,1 % à 81,6 % chez les hommes. La fréquence mensuelle des rapports a également diminué, y compris chez les couples cohabitants. L’hypersexualisation des représentations peut donc coexister avec une raréfaction de la rencontre charnelle : davantage d’images, de possibilités et de comparaisons, mais moins de sexualité vécue. Cette baisse ne saurait être attribuée au seul porno ou aux applications. Le logement, l’allongement des études, la précarité, la santé mentale, les rythmes de travail et l’usage général des écrans interviennent probablement.

Mais Bergevin avait vu juste sur le mouvement général : ce qui était présenté comme transgression devient norme, puis marché. OnlyFans en offre l’image presque parfaite. Créée en 2016, la plateforme associe abonnement, pourboire, conversation et contenu personnalisé. Reuters lui attribuait en 2024 plus de 300 millions d’utilisateurs, 4,1 millions de créateurs et 1,3 milliard de dollars de chiffre d’affaires ; l’entreprise prélève 20 % des revenus des créateurs. Chacun peut désormais devenir simultanément consommateur, producteur et entrepreneur de sa propre visibilité sexuelle. Le corps n’est plus seulement libéré de l’ancienne morale : il devient un actif économique.

Le désir affranchi, puis administré

Romain Roszak prolonge ici puissamment Bergevin. Dans La Séduction pornographique, il montre que la pornographie a depuis longtemps cessé d’être principalement subversive. Elle s’accorde désormais au capitalisme consumériste, qui transforme la recherche indéfinie du plaisir en marché. La transgression nourrit la nouveauté ; la nouveauté retient l’attention ; l’attention produit de la donnée et du revenu. Ce qu’une génération croyait arracher à la morale bourgeoise est devenu l’un des secteurs les plus caractéristiques de l’économie contemporaine.

René Girard permet de comprendre pourquoi cette marchandisation atteint le cœur même de la liberté. Dans Mensonge romantique et vérité romanesque, il dévoile l’illusion d’un désir qui naîtrait souverainement du sujet. Nous désirons à travers des modèles : ce que l’autre désire devient désirable. La disparition des médiations traditionnelles ne produit donc pas nécessairement un désir autonome. Elle peut livrer davantage celui-ci aux médiateurs industriels : publicité, cinéma, pornographie, influenceurs, profils populaires, tendances et recommandations algorithmiques.

Bergevin parle lui-même du mimétisme dans son essai de 2018, mais l’application systématique aux plateformes est notre prolongement. L’algorithme observe ce qui retient le regard, propose les contenus qui ont retenu celui des autres, mesure la réaction et recommence. Il n’impose pas un désir à un sujet passif ; il amplifie les modèles, accélère l’imitation et rend les médiations presque invisibles. Le sujet se croit d’autant plus spontané qu’il ignore les puissances qui organisent son champ de vision.

Le paradoxe est redoutable. La révolution sexuelle promettait de soustraire le désir aux institutions qui le contraignaient. Mais le vide n’est pas demeuré vide. Aux médiations familiales, religieuses et communautaires, souvent imparfaites mais identifiables, ont succédé des médiations anonymes dont l’objectif est de retenir l’attention et d’en tirer profit. Le sujet qui se croit le plus libre peut devenir celui dont le désir est le plus continuellement suscité, comparé, orienté et monétisé.

Bergevin ne pouvait prévoir le smartphone, le défilement des profils, la persistance du sexting, la quantification de la désirabilité ou la fusion de la pornographie avec l’économie des créateurs. Il avait pourtant compris l’essentiel : la permissivité peut aliéner la liberté lorsqu’elle transforme la satisfaction du désir en critère de l’accomplissement humain. La révolution qu’il décrivait comme culturelle et idéologique est devenue logistique. Elle possède maintenant des centres de données, des moyens de paiement, des techniques de rétention et des algorithmes de recommandation.

La réponse chrétienne : être libre pour se donner

L’anthropologie chrétienne apparaît, avec ce recul, non comme un vestige embarrassé devant le plaisir, mais comme une intelligence profondément réaliste de la personne. Elle refuse deux réductions symétriques : le corps n’est ni une matière honteuse qu’il faudrait mépriser, ni un capital dont le moi souverain disposerait sans reste. Il est la personne rendue visible, vulnérable et capable de relation. Ce que nous faisons par lui contribue à ce que nous devenons.

Dans son audience du 16 janvier 1980, saint Jean-Paul II parle de la signification « sponsale » du corps : sa capacité d’exprimer l’amour dans lequel la personne devient don. Une telle capacité exige la maîtrise de soi, non parce que le désir serait mauvais, mais parce que celui qui ne peut rien lui refuser n’est pas encore libre de donner. Le puritanisme traite volontiers le désir comme un ennemi ; le consumérisme comme un ordre. Le christianisme demande qu’il soit éduqué et intégré à la vérité de l’autre.

On comprend alors autrement l’avertissement de Humanae vitae. Paul VI redoutait que la dissociation entre l’acte sexuel et la procréation ne facilite l’infidélité et ne conduise l’homme à considérer la femme comme un instrument de jouissance. Il serait simpliste de prétendre qu’une seule technique explique toutes les évolutions ultérieures. Mais l’encyclique posait la bonne question : lorsque les conséquences naturelles de l’acte deviennent plus faciles à écarter, grandissons-nous d’autant en responsabilité, ou l’autre devient-il plus aisément disponible ? Le numérique a donné à cette interrogation une portée que Paul VI lui-même ne pouvait imaginer.

La morale sexuelle catholique cherche ainsi à maintenir ensemble ce que la modernité rend techniquement séparable : le désir, le corps, l’altérité, l’engagement, la fécondité, le temps, la fidélité et le don. Elle a parfois été mal présentée, réduite à des interdits ou trahie par ceux qui l’enseignaient. Mais son architecture demeure d’une cohérence incomparable. Elle ne demande pas seulement : « que m’est-il permis de faire ? » Elle demande : « quel être humain suis-je en train de devenir, et quelle promesse mon corps est-il capable de porter ? »

Vingt-deux ans après Révolution permissive et sexualité, l’expérience historique donne largement raison à l’intuition centrale de Bergevin. La tolérance peut devenir normalisation ; la libération peut engendrer de nouveaux conformismes ; la transgression peut devenir un produit ; le désir affranchi des anciennes normes ne devient pas pour autant autonome. Il peut passer sous l’autorité de médiateurs marchands beaucoup plus puissants parce qu’ils ne se présentent jamais comme des autorités.

La réponse chrétienne ne consiste pas à rêver d’un retour à un passé sans hypocrisie ni blessure. Elle consiste à rappeler qu’une limite n’est pas toujours une oppression, qu’un désir n’est pas toujours une vérité et que le corps n’est pas une chose dont le moi aurait simplement à disposer. La culture contemporaine définit volontiers la liberté sexuelle comme la possibilité de disposer de soi. Le christianisme en donne une définition plus haute et plus exigeante : devenir suffisamment maître de soi pour pouvoir véritablement se donner.

Et si le diagnostic de Bergevin nous trouble encore, c’est peut-être parce que la question posée en 2003 est devenue la nôtre : sous couvert de libérer nos désirs, n’avons-nous pas construit la société la plus puissante de l’histoire pour les susciter, les imiter, les mettre en concurrence et les vendre ?

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Une Presse au service du pouvoir

Suite à l’invasion de plus de soixante mille migrants dans la petite enclave espagnole de Ceuta, notre ministre de l’intérieur déclarait la semaine dernière dans la Presse de propagande :

« Tous les états membres européens, tous sans aucune exception, ont marqué leur solidarité avec l’Espagne. Ils ont convenu que l’espace Schengen n’était pas le problème, mais plutôt la solution. Ils ont aussi déploré que la circulation de certaines images sur la crise de Ceuta dans les réseaux sociaux révélaient des ingérences de la part de pays étrangers pour diviser l’Union Européenne. »

Malheureusement pour lui, les faits ne cessent pas de le contredire depuis le week-end dernier !

Tout a commencé avec une intervention musclée de Georgia Meloni soutenue par le Danemark, la Hongrie et d’autres pays européens. Elle a décidé de suspendre la libre circulation des personnes en provenance d’Espagne. En réponse à ces mesures de restrictions, le premier ministre espagnol a imposé à son tour des contrôles à l’entrée des ports et des aéroports pour les voyageurs en provenance d’Italie. Autant l’un que l’autre prouve par là le niveau de solidarité régnant en Europe. Contrairement aux affirmation de Laurent Nunez, l’entente à l’intérieur de l’Union Européenne est loin d’être une évidence. Mais comme d’habitude, la Presse de propagande se garde bien d’évoquer ces querelles internes et de mettre notre ministre de l’intérieur en face de ses propres contradictions. De nos jours, la Presse semble plutôt faite pour conditionner la population et non pour poser à nos dirigeants les questions qui fâchent.

Lors des récents incendies dans le Sud-Ouest de la France, les médias ont ainsi focalisé notre attention sur le manque de canadairs, négligeant de la sorte les problèmes essentiels de manque d’entretien des pares-feux ou de la monoculture du Pin dans des zones à risque dont j’ai eu l’occasion de parler dans un récent article. **

Aujourd’hui, cette même Presse nous présente l’invasion de l’enclave de Ceuta par des milliers d’individus comme un problème d’immigration. Pour son public de tendance nationaliste, elle se sert de la peur provoquée par ces hordes de jeunes gens prenant d’assaut la petite enclave espagnole, et pour son public plutôt mondialiste, elle utilise la pitié en soulignant la détresse de ces pauvres jeunes fuyant la misère. Toujours les mêmes recettes : la Presse utilise la colère, la peur ou la pitié pour manipuler les foules, et nous tenir à l’écart des vrais problèmes.

Quand on voit plus de soixante mille jeunes adultes monter simultanément à l’assaut de la petite ville de Ceuta, on suspecte un minimum d’organisation. Pire, on a le sentiment que cette multitude de migrants est utilisée comme une arme !

En mai 2021, le gouvernement marocain avait déjà utilisé cette arme. A cette époque, le Maroc se disputait la région du Sahara occidental avec les indépendantistes du Front Polisario soutenu par l’Espagne. Pour rompre ce soutien, le Maroc avait laissé entrer plus de dix mille migrants dans l’enclave de Ceuta. Face à une telle crise, l’Espagne s’était plié aux désirs du gouvernement marocain, abandonnant toutes relations officielles avec le Front Polisario.
De leur côté, les États-Unis et Israël avait reconnu dès 2020 la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental faisant ainsi du Maroc un précieux allié. Aujourd’hui, alors que le gouvernement espagnol soutient les palestiniens de Gaza, alors que le gouvernement espagnol empêche l’armée américaine d’utiliser ses bases militaires pour attaquer l’Iran, on peut comprendre l’irritation d’un Donald Trump ou d’un Benjamin Netanyahou à l’encontre de Pedro Sanchez. Dans ce billard politique à trois bandes, on peut facilement imaginer Donald Trump, Benjamin Netanyahou et le roi du Maroc envoyer un message d’avertissement à Pedro Sanchez pour le rendre plus coopérant : la prochaine vague de migrants pourrait être pire !
Autrement dit, il ne serait pas étonnant que de tels personnages utilisent la misère humaine en guise d’arme politique.

Ce terrible constat fait penser à ce passage de l’Évangile de Matthieu où Jésus est ému de compassion devant une foule espérant en un avenir meilleur :

« Quand Jésus sortit de la barque, il vit une grande foule et fut ému de compassion pour eux parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses. Comme l’heure était avancée, ses disciples s’approchèrent de lui et dirent : ce lieu est désert et l’heure est avancée, renvoie les afin qu’ils aillent dans les campagnes des environs pour acheter de quoi manger.
Jésus leur répondit : donnez leur vous-mêmes à manger.
Mais ils lui dirent : nous n’avons ici que cinq pains et deux poissons.
Et il dit : apportez les moi. Il fit asseoir la foule et prit les cinq pains et les deux poissons et levant les yeux au ciel, il rendit grâce. Puis il rompit les pains et les donna aux disciples qui les distribuèrent à la foule. »

Jésus s’est intéressé à cette foule de miséreux, il a pris soin d’eux en leur procurant de la nourriture mais surtout, il leur a offert une espérance dans le Royaume de Dieu. Nos dirigeants au contraire utilisent les foules de malheureux pour régler leurs propres conflits, les manipulant sans l’ombre d’un remord : quel contraste !

* * – Parole de forestier

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Messe, rosaire et disco-polo : le phénomène des médias catholiques du père Rydzyk

Le 8 août, à Toruń, des milliers de Polonais ont célébré la 18e Action de grâce en famille (Dziękczynienie w Rodzinie), le rassemblement annuel de la mouvance de Radio Maryja. L’occasion de faire découvrir le phénomène des médias catholiques du père Tadeusz Rydzyk, régulièrement attaqués par les milieux libéraux et de gauche en Pologne.

Le père Tadeusz Rydzyk est un religieux de la congrégation de l’ordre missionnaire catholique des rédemptoristes. Il dirige le groupe médiatique Lux Veritatis qui comprend le quotidien national « Nasz Dziennik », Radio Maryja et la chaîne de télévision TV Trwam. Ce milieu est depuis des années régulièrement critiqué, et parfois ouvertement attaqué, par les médias libéraux de gauche en raison de ses positions catholiques, conservatrices, patriotiques et pro-vie, mais aussi en raison de son poids au sein d’une partie de l’électorat polonais.

L’Action de grâce en famille est une fête annuelle de plusieurs heures organisée depuis 2009. Le rassemblement a lieu au sanctuaire de Notre-Dame Étoile de la Nouvelle Évangélisation et de saint Jean-Paul II, près du « Port au bois » (Port Drzewny) à Toruń, une ville connue des touristes pour son architecture médiévale. Les organisateurs de cet événement annuel sont Radio Maryja et l’ordre des rédemptoristes, avec le concours des étudiants de l’Académie de Culture sociale et médiatique, un établissement d’enseignement supérieur fondé par les mêmes cercles médiatiques des pères rédemptoristes.

Le programme de cette dernière édition était minutieusement réglé : à 12 heures, une messe solennelle présidée par l’évêque Józef Szamocki ; à 15 heures, le Chapelet de la Miséricorde divine ; à 17 heures, le rosaire et une procession avec la statue de Notre-Dame de Fátima. À cela s’ajoutaient des consultations médicales gratuites, un village éducatif des pompiers et des concerts. La soirée s’achève traditionnellement avec le groupe Bayer Full, représentant du disco-polo, un genre de musique populaire en Pologne, de type « disco ».

L’ampleur de l’événement se mesure bien à l’édition de 2025, lorsque la messe fut présidée par le nonce apostolique en Pologne, l’archevêque Antonio Guido Filipazzi. Il transmit alors la bénédiction pontificale, évoquant la famille comme une « réalité positive, grande et belle ».

En 2021, c’est le ministre de l’Éducation Przemysław Czarnek, homme politique de Droit et Justice (PiS), la principale formation conservatrice de droite en Pologne, qui prit part à l’événement. Preuve que l’Action de grâce attire aussi les représentants des plus autres autorités de l’État, lorsque le pays est gouverné par le camp favorable aux médias des pères rédemptoristes.

Malgré ces soutiens, ce milieu n’a pas la vie facile. Le reportage « 29 ans d’impunité. Le phénomène du père Tadeusz », diffusé par TVN24, la plus grosse chaîne d’information privée de Pologne, de profil libéral, reste emblématique de ces tensions. Le titre lui-même laissait entendre que le père Rydzyk s’était rendu coupable d’actes révoltants sans jamais en subir les conséquences, grâce à des arrangements politiques.

Dans un courrier adressé à la chaîne, l’avocat du père Rydzyk a formulé trois griefs : le reportage laissait entendre des actes punissables sans qu’aucune condamnation n’ait été prononcée ; il présentait le religieux comme le propriétaire d’un « empire médiatique », alors qu’en tant que religieux ayant prononcé des vœux de pauvreté il ne possède formellement aucun patrimoine ; enfin, il lui reprochait de profiter d’arrangements politiques.

L’ampleur des réactions fut considérable : après sa mise en ligne sur YouTube en 2023, le Conseil national de la radiodiffusion et de la télévision (KRRiT) — le régulateur polonais des médias, équivalent de l’Arcom française — a reçu plus de 26 656 plaintes de téléspectateurs.

Du point de vue même de la mouvance de Radio Maryja, ce différend s’inscrit dans un conflit de visions du monde plus large : entre le sécularisme libéral dominant dans une partie des médias polonais et l’ordre social chrétien que cette mouvance s’efforce de défendre et de promouvoir dans l’espace public.
Autre exemple de ces tensions : la « Hyène de l’année 2024 », un anti-prix satirique décerné chaque année par l’Association des journalistes polonais (SDP), l’une des deux grandes associations professionnelles de journalistes en Pologne. Il a été attribué aux journalistes Dorota Wysocka-Schnepf et Grzegorz Nawrocki, de TVP Info, la chaîne d’information de la télévision publique pour « récompenser » l’émission « Liaisons dangereuses » du 10 octobre 2024, consacrée au financement des activités du père Rydzyk par des fonds publics sous les gouvernements de Droit et Justice. Le vice-président de la SDP, Mariusz Pilis, a estimé que les journalistes avaient « enfreint presque toutes les règles » de la déontologie, en fondant leur reportage sur des « prétendus faits qui, en réalité, n’ont jamais eu lieu ».

Ce cas montre qu’une partie même du milieu journalistique polonais juge certains reportages critiques sur le père Rydzyk contraires aux normes professionnelles — cela révèle les moyens qu’emploient les médias désireux de salir le rédemptoriste. Le différend institutionnel le plus grave à l’heure actuelle est l’affaire du musée « Mémoire et Identité » à Toruń, consacré à Jean-Paul II. Il a été édifié en 2018-2019 en vertu d’une convention conclue entre la fondation Lux Veritatis et le ministre de la Culture de l’époque, Piotr Gliński.

Un contrôle de la cour des comptes polonaises (NIK) a mis au jour d’importants dépassements budgétaires : la construction aurait coûté 149 millions de zlotys au lieu des 74 millions prévus. L’actuel ministère de la Culture a assigné la fondation en remboursement de 210 millions de zlotys, et le Bureau central de lutte contre la corruption (CBA), le service polonais de lutte contre la corruption, a perquisitionné à deux reprises les locaux de la fondation.

Ces mesures ont commencé après la prise du pouvoir, en 2023, par la Coalition civique gaucho-libérale de Donald Tusk. La vice-ministre de la Culture Marta Cienkowska assure que le gouvernement ne cherche pas à supprimer l’institution, mais à revenir sur une convention patrimoniale qui aurait été défavorable à l’État. Plus de 500 000 personnes ont pourtant pris la défense du musée, en signant une pétition organisée par l’Équipe de soutien à Radio Maryja.

Radio Maryja et les autres médias de la fondation Lux Veritatis ne sont pas les seuls médias catholiques à avoir subi ce genre de procédés de la part du gouvernement de Donald Tusk. Bartłomiej Sienkiewicz fut ministre de la Culture au début de la législature de ce gouvernement. C’est à son initiative que fut adressée une lettre demandant aux institutions culturelles de préciser si, entre 2015 et 2023, elles avaient versé de l’argent à toute une liste d’organisations à sensibilité conservatrices et catholiques qui ont ensuite fait l’objet de répressions de la part du gouvernement de Donald Tusk. La liste en question, qui avait fuité dans les médias au début de l’année 2024, avait été qualifiée de « liste noire de Sienkiewicz ». Cette démarche concrétisait une revendication de la Coalition civique gaucho-libérale que le ministre de la Culture avait résumée, en février 2024, en ces termes : « c’est l’un de nos engagements de campagne : les hommes d’affaires liés à l’Église ne s’engraisseront pas sur l’argent public destiné à la culture ».

Les personnes pour qui Radio Maryja compte comme une radio importante affrontent aussi, depuis des années, des étiquettes. La plus célèbre est celle des « bérets en mohair » (moherowe berety) — une expression née du couvre-chef caractéristique que portent de nombreuses femmes âgées en Pologne. Elle a collé aux auditeurs de Radio Maryja après qu’en décembre 2005 le reporter-photographe Robert Górecki eut publié une photo des célébrations du 14e anniversaire de la radio, montrant une foule de femmes portant ce type de béret. Les auditeurs et téléspectateurs des médias des pères rédemptoristes ont aussi souvent été qualifiés de « secte », une formule employée par un sociologue, le professeur Ireneusz Krzemiński, en commentant un sondage pour Gazeta Wyborcza, le principal quotidien libéral national, dès septembre 2013.

Ces épithètes, répétées depuis vingt ans, montrent le caractère durable de la tension entre la mouvance de Radio Maryja et une partie des élites médiatiques et universitaires polonaises, pour qui le profil catholique et patriotique (et pro-vie) de ces médias reste inacceptable. Ces médias catholiques ne sont pourtant pas sur la défensive, bien au contraire. Ils se développent régulièrement. Selon le site Press.pl, entre 2021 et 2024, le nombre estimé d’auditeurs de Radio Maryja est passé d’environ 573000 à quelque 712000.

En juillet 2026, lors du 35e Pèlerinage de la Famille de Radio Maryja à Jasna Góra, le sanctuaire qui abrite la célèbre icône miraculeuse de la Vierge noire de Częstochowa, les messes ont été présidées par l’archevêque Zbigniew Zieliński et l’évêque Wiesław Szlachetka. Le pape Léon XIV lui-même a alors adressé ses salutations aux pèlerins de Radio Maryja lors de la prière de l’Angélus, et le président polonais Karol Nawrocki a adressé une lettre aux participants.
Les foules rassemblées au bord de la Vistule à Toruń le 8 août n’avaient rien d’un événement marginal : malgré deux décennies de controverses, la mouvance de Radio Maryja demeure une communauté de foi vivante, nombreuse et toujours croissante, et aussi une force d’évangélisation, au cœur de la Pologne catholique.

Jakub Miśkiewicz

L’auteur est étudiant en journalisme à l’Académie de Culture sociale et médiatique de Toruń en Pologne et stagiaire à l’Institut Ordo Iuris pour la Culture juridique.


Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

De Maria numquam satis

On connaît cette phrase de saint Bernard: on ne parlera jamais assez de Marie. Sous ce prestigieux patronage, un colloque international doit se tenir à Rome les 7 et 8 octobre prochains, dans les locaux de l’université des Augustiniens, à deux pas du Vatican. Ce colloque se tiendra en trois langues: italien, anglais et français. Vous pouvez découvrir le programme et vous inscrire en cliquant ici.

Le juste exercice de la force est la première des miséricordes

Le père Louis-Marie de Blignières a publié un ouvrage pour nous aider à vivre La Vie en Christ, avec les Pères de l’Eglise et saint Thomas d’Aquin. Le livre a été préfacé par Mgr Macaire, archevêque de Martinique, et a reçu l’Imprimatur de Mgr Dupont, évêque de Laval. Dans la préface, Mgr Macaire écrit :

Dans un monde où tant de repères vacillent – géopolitiques, culturels, spirituels –, ce livre a la saveur d’une parole ferme et paisible. Il rappelle que le dessein de Dieu pour l’homme n’a rien perdu de sa force, que les sacrements demeurent les lieux où l’on fait aujourd’hui encore l’expérience de la Trinité vivante, que la vocation chrétienne est une vocation à l’espérance.

Ce bel ouvrage, offert à la fin d’un jubilé précisément consacré à l’Espérance, en est comme l’un des fruits mûrs. Puissent ces pages aider  le  lecteur  à  redécouvrir,  dans  la  clarté  de  la  doctrine  et la douceur de la vie spirituelle, la joie de suivre le Christ et de vivre vraiment en Lui.

Le fondateur de la communauté Saint-Vincent Ferrier évoque trois des sept sacrements, baptême, confirmation et eucharistie. Dans le chapitre sur la confirmation, il évoque tour à tour les sept dons du Saint-Esprit, parmi lesquels le don de conseil, qui lui permet d’aborder les concepts de miséricorde, de justice et de correction fraternelle :

Il faut avoir le courage d’affirmer que le juste exercice de la force est la première des miséricordes.

C’ets une miséricorde vis-à-vis des victimes potentielles, évidemment. Mais c’est aussi une miséricorde vis-à-vis des agresseurs : le premier droit du malfaiteur, c’est la peine. Faire preuve de lâcheté devant des fanatiques d’une religion dont la crédibilité tient essentiellement à la force, c’est commettre un crime : celui de les renforcer dans leur délire meurtrier qui, demain, frappera plus fort.

On peut dire que la miséricorde est une compassion active inspirée par la charité et éclairée par la vraie prudence et la foi. Si elle est ainsi réglée, la miséricorde est pour nous, plus qu’un sentiment que nous éprouvons, une action rationnelle inspirée de pitié. C’est la plus grande des vertus, celle qui nous rend actifs par rapport au prochain dans la misère, comme Dieu a fait par l’incarnation rédemptrice, pour nous sortir de la misère du péché et de la mort.

Le diocèse de Rome annule les obsèques religieuses d’un artiste franc-maçon

Bruno Battisti D’Amario, guitariste classique, compositeur et pédagogue italien, est mort le 5 août 2026 à Rome à l’âge de 88 ans. Ses funérailles, prévues le 7 août à la basilique Santa Maria in Montesanto (connue comme “l’église des artistes”) de Rome, ont finalement été annulées après la révélation de son appartenance à la franc-maçonnerie. L’hommage officiel publié sur le site du Grand-Orient d’Italie a mis en lumière cet engagement que l’artiste avait maintenu dans la discrétion de son vivant.

Fondateur de la loge romaine du Grand-Orient d’Italie et compositeur de l’hymne officiel de cette organisation, cet artiste était un proche collaborateur d’Ennio Morricone. Après la révélation de son appartenance maçonnique alors que ses obsèques était déjà programmés, le recteur de l’église des artistes, située sur la Piazza del Popolo, Mgr Antonio Staglianò, a expliqué au Corriere della Sera avoir été alerté par la secrétairerie d’État du Saint-Siège et avoir sollicité le cardinal Baldassare Reina, vicaire général du diocèse de Rome:

«Je lui ai demandé de me faire transmettre par le service juridique une déclaration concernant l’impossibilité de célébrer les obsèques dans l’église».

Une courte prière a toutefois pu se tenir comme geste de «charité chrétienne», car «nous, catholiques chrétiens, devons et pouvons espérer pour tous», a précisé Mgr Staglianò, par ailleurs président de l’Académie pontificale de théologie. La décision du vicariat de Rome concernait donc une distinction formelle entre les funérailles religieuses et une brève prière.

Le même jour, toujours en Italie, un cas similaire s’est produit dans le diocèse de Vintimille et San Remo concernant Mario Tarducci, 73 ans, ancien «maître vénérable» de la loge Mimosa n°985 de Bordighera. L’évêque de ce diocèse, Mgr Antonio Suetta, a suspendu les funérailles prévues à Camporosso après avoir appris l’appartenance maçonnique du défunt par la presse locale et les avis de décès, alors que la célébration était déjà annoncée.

Le Vatican avait rappelé en 2023 que la ferme interdiction édictée par le cardinal Joseph Ratzinger en 1983 demeure pleinement en vigueur.

La Déclaration de 1983, signée par le cardinal Ratzinger, rappelait que les catholiques inscrits dans les loges maçonniques sont «en état de péché grave».

Avorter jusqu’à la naissance

Maura Healey, gouverneur du Massachusetts, a signé la loi qui supprime les restrictions à l’avortement jusqu’à la naissance. Cette loi avait été adoptée par les députés de l’Etat le 22 juillet par 119 voix contre 33, et au Sénat le 31 juillet par 15 voix contre 4.

En mai 2024, Maura Healey, lesbienne militante, rencontrait le pape François :

 

« En tant que catholique, je crois en notre responsabilité de prendre soin des autres, en particulier des plus vulnérables d’entre nous. Cette obligation doit également être au cœur de notre réponse au changement climatique. Ce fut un immense honneur de rencontrer Sa Sainteté le pape François la semaine dernière lors du Sommet du Vatican sur le climat. Je lui suis profondément reconnaissant pour son leadership en matière de climat, ainsi que pour les paroles sages et inspirantes qu’il a adressées aux dirigeants du monde entier : pour protéger nos populations et notre planète, nous devons « agir avec urgence, compassion et détermination, car les enjeux ne pourraient être plus importants ».

Maura Healey devrait-elle se voir refuser la communion après avoir signé la loi autorisant les avortements jusqu’à la naissance ?

Réaction de Mgr Barron, évêque de Winona :

Le gouverneur du Massachusetts vient de signer une loi qui autorise l’avortement jusqu’au moment de la naissance, tant que la mère et le médecin donnent leur accord.

Comprenez bien ce que cela signifie. Un enfant complètement formé, quelques instants avant de sortir du canal utérin, peut être éviscéré, haché en morceaux, avoir le crâne écrasé ou la peau brûlée – tout cela sous la pleine protection de la loi du Massachusetts.

Ce que j’ai trouvé particulièrement répugnant, c’était la réaction de la foule entièrement féminine autour de la gouverneur féminine du Massachusetts alors qu’elle signait cette disposition barbare. Elles applaudissaient et riaient avec délice parce que ce qu’on ne peut qualifier que d’infanticide peut désormais être pratiqué en toute impunité dans leur État.

J’ai l’âge de me souvenir de l’époque où Mario Cuomo, le gouverneur de New York, fervent catholique, admettait que, bien qu’il trouvât personnellement l’avortement répugnant, il était, après une lutte tourmentée avec sa conscience, prêt à lui accorder une protection légale limitée.

Comme nous sommes tombés bas, du Cuomo tourmenté et déchiré jusqu’à la gouverneur actuelle du Massachusetts et son entourage applaudissant avec joie le meurtre d’enfants.

En France, avec l’interruption Médicale de Grossesse (IMG) il est également possible d’avorter jusqu’à la naissance.

École Notre-Dame des Champs (Provins 77) : Inscriptions rentrée 2026

Face aux défis immenses que traverse l’Éducation nationale et à la perte progressive des repères fondamentaux, de plus en plus de parents font le choix légitime de se tourner vers l’enseignement libre. C’est pour répondre à cette exigence de vérité, de transmission et de construction intellectuelle et morale que l’école Notre-Dame des Champs, implantée à Provins (77), accueille vos enfants dans un cadre structurant et familial.

Une pédagogie de l’effort et de la rigueur
Notre établissement hors contrat s’attache à renouer avec les méthodes qui ont fait leurs preuves. L’apprentissage rigoureux de la lecture par la méthode syllabique, de l’écriture manuscrite, du calcul et de la grammaire constitue le socle indispensable de notre enseignement. L’histoire y est transmise avec le souci de la chronologie et de l’amour du patrimoine, permettant à chaque élève de comprendre ses racines pour mieux se projeter dans l’avenir.

Un climat propice à l’étude et au développement personnel
Parce que l’enfant a besoin de cadres clairs pour grandir en toute confiance, notre école veille scrupuleusement à maintenir un climat de respect, de discipline et de civisme. L’effectif maîtrisé de nos classes permet un suivi individualisé et attentif de chaque élève, tenant compte de ses talents propres comme de ses exigences de progression, afin de le mener vers l’excellence.

Rejoignez-nous pour la rentrée
Si vous souhaitez offrir à vos enfants un enseignement exigeant, respectueux de l’autorité des maîtres et enraciné dans les valeurs traditionnelles, nous vous invitons à nous contacter dès à présent.

Pour tout renseignement complémentaire, demande de documentation ou pour planifier une rencontre avec la direction, vous pouvez nous joindre par l’intermédiaire de notre secrétariat.
A très bientôt au sein de notre établissement

La Direction

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Euthanasie : le gouvernement s’autocritique

Lu dans Le Figaro. Le mémoire produit par le gouvernement à destination du Conseil constitutionnel contredit les propos tenus par les ministres lors des débats :

Demande de stage conventionné (1 à 2 mois dès Septembre 2026) – Assistant(e) Développement Commercial & Communication – Solution d’hébergement incluse

Vous cherchez un stage de 1 à 2 mois (sur l’année 2026 2027) riche de sens, responsabilisant et formateur dans le domaine du commerce, de la communication et du mécénat ?

L’Institution Notre-Dame des Champs (école primaire indépendante du CP au CM2, secteur Provins / Saint-Brice) recherche son/sa stagiaire dès septembre 2026 !
🚀 Pourquoi nous rejoindre ?

Missions concrètes : développement des inscriptions, animation des réseaux sociaux, prospection de donateurs et commerces locaux.

Bonus : Une solution d’hébergement économique sur place ou à proximité immédiate (Ville Haute de Provins) est proposée pour accueillir un(e) étudiant(e) venant de loin !

📩 Postulez dès aujourd’hui en envoyant votre CV par courriel à la direction : [email protected]
(Voir tous les détails des missions sur le visuel ci-joint — Merci de partager dans vos réseaux !)

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Le grand mérite de saint Louis fut de distinguer clairement les pouvoirs temporels et spirituels sans les séparer comme aujourd’hui

A l’occasion du 800e anniversaire du sacre du roi saint Louis qui sera fêté le 29 novembre, L’Homme Nouveau consacre un numéro à ce grand roi de France. Le colonel (er) François-Régis Legrier, professeur de géopolitique, auteur de Saint Louis, modèle des chefs d’Etat, a été interrogé sur ce roi au service du bien commun. Extrait :

Saint Louis est une leçon à part entière, et pas seulement pour le chrétien : pour tous les chefs d’État et, plus largement, tous ceux qui ont une autorité. Car les principes de philosophie politique qu’il incarne dépassent le seul domaine de la foi et s’appliquent de manière universelle. Saint Louis n’était pas seulement un roi pieux ; il était doté d’un véritable sens politique nourri par sa foi. Donc, même en étant athée, on peut puiser dans l’exemple de saint Louis des leçons de bonne vertu politique. Je pense à l’exercice du bien commun, de la justice, au bon usage de la force… De plus, malgré le fait que le Moyen Âge soit une période extrêmement différente, on peut dégager un certain nombre de permanences. Si nous n’avons plus de grands barons, nous avons nos multinationales, nos grands corps d’État, qui parfois peuvent remettre en cause l’autorité de l’État. Et surtout, le cœur humain ne change pas : la soif de puissance, le désir d’argent sont de toutes les époques.

Cela en a-t-il fait une figure d’autorité éloignée de ses sujets ?

Le général De Gaulle disait que le pouvoir ne va pas sans prestige, et le prestige sans éloignement. Mais ce fut tout le contraire pour saint Louis : il avait à la fois une haute idée de sa fonction et une très grande proximité avec les gens de toutes conditions sociales. D’une manière générale, les rois capétiens avaient cette bonhomie naturelle, cette simplicité avec leur entourage, mais ce fut encore plus vrai chez lui. Il était particulièrement proche de sa famille. Il l’était aussi de ses conseillers, à commencer par Joinville qui deviendra son biographe, de ses soldats à qui il n’hésitait pas à donner l’exemple : en 1253, apprenant qu’une garnison chrétienne a été massacrée par les mamelouks à Sidon, saint Louis se rend sur les lieux et enterre lui-même les cadavres en décomposition, incitant ses chevaliers à faire de même. Il voulait être accessible à tous, à la fois au-dessus et au milieu des siens, exemple autant que présence.

Comment saint Louis envisageait-il la relation entre pouvoir spirituel et pouvoir temporel ?

Cette relation était compliquée au Moyen Âge, car le peuple chrétien demeurait sous une double juridiction, celle du roi et celle de l’Église. De plus, beaucoup d’évêques se trouvaient être aussi des seigneurs, gérants de domaines. Dans ce contexte, le grand mérite de saint Louis fut de distinguer clairement les deux pouvoirs sans les séparer comme aujourd’hui. Concrètement, s’il appliqua les principes chrétiens dans l’exercice du pouvoir, il sut s’opposer à certains empiétements du clergé. Par exemple, il s’opposa à ce qu’un seigneur, frappé d’excommunication, se vît confisquer ses biens temporels. Il n’hésita pas non plus à écrire au Pape pour lui faire des remontrances assez sévères sur des questions financières, notamment l’attribution des bénéfices ecclésiastiques. On aurait pu l’accuser de servir ses propres intérêts, mais sa générosité personnelle remarquable et sa grande piété l’exemptaient de tout soupçon ! […]

Quel est le secret de saint Louis ?

Je dirais : l’unité intérieure. On a tendance aujourd’hui à séparer la conviction et l’éthique. Saint Louis, précisément, les unifiait. Dans l’exercice de notre devoir d’état, il y a une façon de se comporter chrétiennement et saint Louis nous rappelle que c’est possible, y compris quand on occupe des postes de très haute responsabilité. Cette unité intérieure, saint Louis l’a trouvée dans le serment du sacre lui faisant un devoir d’exercer la justice et la charité, sacre dont nous fêterons le 29 novembre prochain le 800e anniversaire. Il l’a aussi puisée dans la récitation quotidienne des Psaumes et l’assistance à la sainte messe.

Pour que le monde ait la Vie

Les évêques de France ont dévoilé une intention particulière qui sera proposée lors de la prière universelle qui sera dite lors de la célébration de l’Assomption, le 15 août:

La solennité de l’Assomption marque l’anniversaire de la consécration de la France à la Vierge Marie. Prions pour notre pays: que le voyage apostolique de Léon XIV en France et à l’Unesco du 25 au 28 septembre soit une source de grâces pour notre Église, pour tous les habitants de notre pays et même au-delà, et qu’il nous encourage à prendre notre part dans l’annonce joyeuse de l’Évangile, pour que le monde ait la vie. Par l’intercession de la Vierge Marie, prions le Seigneur.

Une prière pour accueillir le pape Léon XIV a également été proposée:

Seigneur notre Dieu, Toi qui ne cesses de semer en nos cœurs le désir de vivre dans la justice et la paix, nous te rendons grâce pour la visite en France et à l’Unesco de notre Saint-Père, le pape Léon XIV. Bénis son voyage apostolique. Prépare nos cœurs à l’accueillir avec joie. Donne-nous de recevoir ses paroles avec confiance. Apprends-nous à servir la magnifique humanité que tu as créée. Fortifie notre foi, affermis notre espérance, stimule notre charité. Par l’intercession de Notre-Dame et de tous les saints de France, fais de nous des artisans d’unité, pour que le monde ait la vie. Que le voyage apostolique du pape Léon XIV porte des fruits abondants et heureux pour l’Église, notre pays et le monde, Toi l’Auteur de la vie pour les siècles des siècles. Amen.

Euthanasie : intervention de l’ONU auprès du Conseil constitutionnel

De l’ECLJ :

Alors que le Conseil constitutionnel va rendre sa décision sur « l’aide à mourir » dans les tout prochains jours, un juge fédéral américain de New York vient de donner raison à des congrégations catholiques, dont les Petites Sœurs des Pauvres. Il a en effet ordonné ce 31 juillet que ces congrégations ne soient pas obligées de participer à la procédure de suicide assisté. Cette première décision en référé est prise dans l’attente d’une décision sur le fond. C’est une première victoire qui doit encore être confirmée. Mais cela va dans le bon sens.

La seconde bonne nouvelle est l’intervention de Mme Nazila Ghanea, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la liberté de religion ou de conviction. Celle-ci a en effet écrit au gouvernement français puis au Conseil constitutionnel pour leur rappeler leur obligation, au titre du droit international, de respecter les libertés de conscience et de religion des professionnels de santé, y compris des pharmaciens, ainsi que la liberté des établissements religieux face à l’euthanasie et au suicide assisté.

Cette intervention est un fruit de l’engagement de Sœur Agnès aux Nations Unies à Genève le 3 marsdernier.  Peut-être vous souvenez-vous du discours de cette religieuse et médecin des Petites Sœurs des Pauvres devant le Conseil des droits de l’homme ?  Grâce à son statut d’ONG, l’ECLJ, l’avait alors accompagnée à l’ONU pour lui donner la parole et l’introduire auprès de Mme Nazila Ghanea à qui nous avons exposé la situation en détail.

L’intervention de Nazila Ghanea auprès du gouvernement français a déjà contribué à la suppression du  « délit d’entrave » qui condamnait à 2 ans de prison et à 30 000 euros d’amende les établissements objecteurs, entre autres.

La nouvelle intervention de Nazila Ghanea auprès du Conseil constitutionnel est aussi très importante, car la Rapporteuse spéciale, élue par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, possède une grande autorité. Elle est la référence mondiale en matière de liberté de conscience et de religion. Son intervention vient renforcer la contribution extérieure cosignée par d’anciens juges de la Cour européenne et commissaires européens, ainsi que par des universitaires de renom, à l’initiative de l’ECLJ.

Le Conseil constitutionnel ne peut donc pas ignorer la question de la liberté des établissements. Il doit se prononcer en détail sur ce point, d’autant plus qu’il a été soulevé par le Président du Sénat, le Premier ministre, les sénateurs et les députés dans leurs saisines respectives.

Vous le savez, la liberté des établissements religieux est extrêmement importante. Elle l’est non seulement pour les religieuses, qui ne devraient jamais être contraintes de choisir entre participer à une euthanasie et perdre leurs établissements. Elle l’est aussi pour les patients et les résidents vulnérables, afin qu’existent encore en France des lieux où nous puissions être en sécurité et soignés avec une véritable charité.

Ces lieux doivent continuer à exister en France.

La décision du Conseil est attendue dans les tout prochains jours. D’ici là, nous pouvons prier à cette intention. Puissions-nous rendre grâce le 15 aoûtpour la décision du Conseil constitutionnel.

Mais quelle que soit cette décision, l’ECLJ poursuivra ce « bon combat » au service des congrégations confrontées, à travers le monde, à cette obligation gravement injuste. La « bataille » pour la liberté de conscience face à l’euthanasie s’étend à travers les pays occidentaux. Elle est menée actuellement non seulement en France et aux États-Unis, mais aussi au Canada, où des hôpitaux catholiques sont harcelés en justice, ainsi qu’en Belgique où la loi va jusqu’à condamner les établissements catholiques qui interdisent à leur personnel de pratiquer l’euthanasie. C’est une véritable persécution qui leur est infligée par les promoteurs de l’euthanasie. Le conflit couve aussi en Espagne et au Portugal.

L’intervention de Nazila Ghanea auprès du Conseil constitutionnel, bien que réalisée dans le contexte français, sera aussi très utile pour ces combats, notamment auprès de la CEDH. Vous trouverez ici une présentation de l’état de ce conflit pays par pays.

Même si vous pensez être un animal ou un fer à repasser vous pouvez être bénévole pour la venue du pape à Metz [Addendum]

On ne sait pas quelle mouche LGBTQXYZ a piqué le diocèse de Metz pour ajouter un troisième genre à définir dans son formulaire d’inscription pour être bénévole lors de la venue du pape :

Addendum :

Un lecteur facétieux propose de réécrire le texte introductif sur la page d’inscription du diocèse de Mos.elle.il ! :

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Prix des lecteurs Actu’ailes-123 Loisirs, 2026, 6ème édition – C’est vous qui déciderez !

Actu’ailes un bimensuel d’actualités gratuit pour les 10-15 ans : lancé en 2013 par une quinzaine de parents, il vise à offrir une information régulière qui fait grandir, éveille la curiosité et donne le goût des grandes choses. Les articles sont basés sur des descriptions de faits d’actualité dont ils expliquent les origines, souhaitant permettre à l’enfant de comprendre le monde qui l’entoure. Les articles sont courts et conçus comme un moyen d’initier une réflexion qui se poursuivra par la lecture d’un livre, la visite d’un site internet, ou encore une discussion en famille.

Le Prix des lecteurs Actuailes-123 loisirs est un prix littéraire jeunesse qui vous propose de voter pour votre coup de cœur parmi une sélection de cinq livres.
Le 28 novembre 2026, l’auteur du roman qui aura remporté le plus de voix sera récompensé grâce à vous ! Les votes ouvriront dès le 7 novembre, mais d’ici là, vous avez tout le temps de découvrir les livres de la sélection.

N’hésitez pas à en parler autour de vous : à vos amis, à vos cousins, mais aussi à vos professeurs de français ou à vos maîtresses. Peut-être pourrez-vous donner envie à toute votre classe de participer à ce prix !

Sur 123 LOISIRS, un site de haute qualité de littérature pour la jeunesse, vous trouverez toutes les présentations de ces ouvrages : https://123loisirs.com/qui-sommes-nous/

Les cinq ouvrages sélectionnés pour ce prix 2026, sont disponibles sur LIVRES EN FAMILLE :

– CLOVIS, LA NAISSANCE D’UN ROYAUME, de Thomas Oswald. Collection « Grandes figures de l’Histoire de France », Plein Vent. 223 pages, 14,90 euros. Dès 12 ans. https://www.livresenfamille.fr/de-12-a-14-ans/29435-clovis-la-naissance-d-un-royaume-grands-figures-de-l-histoire-de-france.html
Une biographie qui se lit comme un roman, enrichie de notes historiques, repères chronologiques et lexique.

– LE ROYAUME PERDU D’ERIN. La trilogie, d’Anne-Elisabeth d’Orange. Emmanuel jeunesse, 460 pages env. et 22 euros chaque tome. Dès 13 ans. https://www.livresenfamille.fr/de-12-a-14-ans/25045-le-royaume-perdu-d-erin-livre-i-le-mercenaire.html
Esprit chevaleresque, souffle épique et fantaisie, dans une belle inspiration incarnée par des personnages bien campés.

– TAKASHI ET MIDOR – LES AMOUREUX DE NAGASAKI, d’Isabelle Stock, collection « Toi et moi vers Dieu ». Emmanuel jeunesse, 386 pages, 19,90 euros. Dès 14 ans. https://www.livresenfamille.fr/biographies-temoins-saints/30581-takashi-et-midori-les-amoureux-de-nagasaki.html
Style alerte, nombreux dialogues et profondeur psychologique.

– TITANIC – LA NUIT QUI CHANGEA TOUT, de Peggy Boudeville, Fleurus. 208 pages, 14,95 euros. Dès 11 ans. https://www.livresenfamille.fr/de-12-a-14-ans/30056-titanic-la-nuit-qui-changea-tout.html
Roman historique captivant, supplément pour les curieux et mise en valeur de l’amitié.

– INDICATIF OZYMANDIAS’EGYPTE 1942, de Saint Calbre et La Raudière. Via Romana, 228 pages, 14 euros. Dès 14 ans. https://www.livresenfamille.fr/a-partir-de-1516-ans-et-plus/29484-indicatif-ozymandias-egypte-1942-semblable-a-la-nuit-3.html
Récit trépidant, avec une bonne toile de fond historique et militaire. Style vif, suspense et émotion.

Nous vous souhaitons de très belles lectures et de joyeuses vacances.
Et que le meilleur gagne !

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Église Saint-Germain de Rouy

A l’est de Nevers, en direction d’Autun s’étend la région du Bazois. En suivant la D. 978, on arrive à Rouy, gros village d’environ 600 âmes, dominé par le clocher de l’église saint Germain.

Dans le chœur, on verra une représentation d’un Christ entouré de l’aigle de saint Jean et l’Homme symbolisant saint Matthieu. Le reste ayant été irrémédiablement perdu.

Bien proportionnée, et constituée d’une nef et deux bas-côtés, il faudra aux visiteurs prendre le temps d’en admirer l’ornementation parfois très riche, bien digne du goût des clunistes, le portail est, les chapiteaux et le portail ; notamment. C’était autrefois un prieuré relevant de Cluny.

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A l’orée du bourg, il est possible de voir le château de Vesvres.

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