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Vers une solution pour traiter la trisomie 21 ? Des chercheurs désactivent le 3e chromosome

Des scientifiques du Beth Israel Deaconess Medical Center et de la Harvard Medical School ont trouvé un moyen de « désactiver d’un seul coup » « une grande partie » de l’activité du chromosome supplémentaire dans des cellules porteuses de . Pour arriver à leurs fins, ils ont exploité un phénomène présent à l’état naturel chez la femme.

En effet, dans le cadre d’un développement normal, chaque femme possède deux chromosomes X dans la plupart de ses cellules. Pour éviter une « double dose » d’instructions génétiques, un gène appelé XIST désactive naturellement l’un des chromosomes. Les chercheurs ont utilisé une version modifiée de la technique d’édition génétique CRISPR/Cas9 pour insérer ce gène dans le chromosome 21 supplémentaire, afin de le désactiver.

Les scientifiques ont testé leur technique en laboratoire à l’aide de cellules souches humaines comportant un chromosome 21 additionnel et sont parvenus à une « efficacité d’intégration » de 20 à 40 %, « exactement à l’endroit souhaité ». Ils ont publié leurs travaux dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.

Bien que cette nouvelle approche n’ait pas réussi à inactiver les chromosomes dans la majorité des cellules, elle suggère qu’il pourrait être possible de cibler une copie spécifique d’un chromosome dans les cellules sans causer de « dommages généralisés » aux autres.

Pour les chercheurs, cette méthode « ouvre la voie à un traitement de la trisomie 21 et d’autres aneuploidies ». Mais avant d’en arriver là, des études supplémentaires devront confirmer que ces modifications n’ont pas d’effets « hors cible ». Avec une technique différente, des chercheurs japonais avaient déjà utilisé l’outil CRISPR pour « supprimer le troisième chromosome », in vitro.

Source : Gènéthique

“Obéir à Dieu, et non aux hommes”

Extrait de l’homélie prononcée par le pape Léon XIV au Cameroun :

[…] Nous le voyons dans le témoignage des Apôtres, tel que nous l’avons entendu dans la première Lecture : alors que les autorités du Sanhédrin interrogent les Apôtres, les réprimandent et les menacent parce qu’ils annoncent publiquement le Christ, ceux-ci répondent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous aviez exécuté en le suspendant au bois du supplice » (Ac 5, 29-30).

Le courage des Apôtres se transforme en conscience critique, en prophétie, en dénonciation du mal, et c’est là le premier pas pour changer les choses. Obéir à Dieu, en effet, n’est pas un acte de soumission qui nous opprime ou nous prive de notre liberté ; au contraire, l’obéissance à Dieu nous rend libres, car elle signifie Lui confier notre vie et laisser sa Parole inspirer notre façon de penser et d’agir. Ainsi, comme nous l’avons entendu dans l’Évangile, rapportant la dernière partie du dialogue entre Jésus et Nicodème : « Celui qui est de la terre est terrestre, et il parle de façon terrestre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous » (Jn 3, 31). Celui qui obéit à Dieu avant d’obéir aux hommes ou à la pensée humaine et terrestre retrouve sa liberté intérieure, parvient à découvrir la valeur du bien et à ne pas se résigner au mal, redécouvre le chemin de la vie, devient artisan de paix et de fraternité.

Frères et sœurs, la consolation des cœurs brisés et l’espoir d’un changement de société sont possibles si nous nous en remettons à Dieu et à sa Parole. Nous devons cependant toujours garder dans notre cœur l’appel de l’apôtre Pierre et le remémorer : obéir à Dieu, et non aux hommes. Lui obéir parce que Lui seul est Dieu. Et cela nous invite à promouvoir l’inculturation de l’Évangile et à veiller attentivement, y compris sur notre propre religiosité, afin de ne pas tomber dans le piège de suivre ces courants qui mélangent de manière confuse la foi catholique avec d’autres croyances et traditions de type ésotérique ou gnostique qui, en réalité, ont souvent des finalités politiques et économiques. Seul Dieu libère, seule sa Parole ouvre des chemins de liberté, seul son Esprit fait de nous des personnes nouvelles capables de changer ce pays.

Tiers-mondisation de la France : le délabrement structurel

D’Olivier Frèrejacques, Président de Liberté politique :

Le déclin français est souvent vu à travers le prisme de la société mais finalement assez peu de manière matérielle. Pourtant le pays est en passe de se tiers-mondiser : routes mal entretenues, ponts et édifices menaçants, immeubles détériorés…

L’effondrement d’immeubles rue d’Aubagne à Marseille en 2018 a sonné comme un avertissement dans un pays en proie à la tiers-mondisation du bâti et des voies de communication. Les étés à très forte chaleur connus ces dernières années n’ont pas arrangé les choses tout comme les inondations qui ont touché de nombreuses régions.

Tour de France du chaos

Sillonner les routes de France permet de voir l’état de délabrement de nos infrastructures. Le rafistolage est souvent devenu la règle pour des élus locaux qui doivent composer avec l’abandon de l’Etat qui s’est délesté de ses responsabilités sans donner les moyens aux collectivités d’assurer l’entretien.

L’appauvrissement économique du pays pèse aussi dans la balance en matière d’entretien des immeubles. Partout en France on voit fleurir des filets de protection pour éviter des accidents et certains bâtiments sont abandonnés plutôt que restaurés faute de moyens.

Outre le chaos patrimonial, l’aspect sécuritaire est ici à pointer du doigt avec les conséquences que cela implique en drame humain mais aussi en dépenses judiciaires…

Enfin l’abandon des infrastructures pèse aussi sur la perception du pays et les investissements.

Comme toujours dans les périodes de déclin, la responsabilité est rejetée entre les acteurs en présence accentuant le sentiment d’abandon des populations et favorisant la spirale contestataire.

La restauration du patrimoine existant, des immeubles (qui peut être exigée par les élus) et des routes ne produit pas ou peu de bénéfices électoraux immédiats et les élus, rompus à la démagogie, préfèrent souvent miser sur des politiques plus séduisantes pour leurs votants (construction des salles de sport, de salles de prière…). Le fléchage de l’argent public, comme aiment dirent nos élus, est au cœur du problème.

Pour un sursaut en matière d’entretien des infrastructures, il faudra probablement plusieurs graves incidents, et incendies. Espérons que parmi les nouveaux édiles arrivés aux manettes cette année, certains prennent à bras le corps cette question majeure.

Une catholique à la tête du ministère de l’Education nationale en Hongrie

Le nouveau Premier ministre hongrois Magyar a nommé Rita Rubovszky, directrice de l’Autorité principale des écoles de l’Ordre cistercien catholique en Hongrie, comme ministre de l’Éducation.

« C’est notre immense responsabilité, de percevoir ce désir de Dieu chez les jeunes et d’y répondre. »

Son programme rétablirait l’autonomie des écoles et rendrait aux enseignants et aux écoles leur liberté.

Rita Rubovszky est actuellement directrice générale de l’Autorité des écoles cisterciennes. Cette direction est chargée de la gestion des écoles fondées par l’abbaye cistercienne de Zirci. Elle est également présidente du Mouvement des Soixante-dix Disciples depuis le 5 septembre 2025. En 1988, elle a obtenu une licence en littérature comparée franco-hongroise à l’université József Attila de Szeged.

Trump : Messianisme, folie ou communication ?

L’image de la semaine : Trump, le pape et Dieu

Donald Trump renoue une fois encore avec la communication outrageante en s’attaquant au pape. Une stratégie de communication qui ne séduit guère sa base électorale et qui interroge dans les médias : Donald Trump est-il devenu fou ?

Le dossier du jour : Les audiences des radios

Malgré des articles tapageurs, à part sur Radio Nova en plein boum, rien ne bouge plus que cela. Mais dans le détails, certaines matinales progressent plus qu’on ne voudrait nous le faire croire, comme Europe 1.

Les pastilles de l’info :

– Institut Iliade : le colloque de la nouvelle droite, un succès européen
– Périscolaire parisien : violences sexuelles, silence coupable et gestion municipale à côté de la plaque
– Les armoiries de Rouen profanées : fleur de lys remplacée par un croissant, l’agneau décapité et la croix cassée… Quand le patrimoine chrétien devient une cible.
– Hongrie : défaite électorale d’Orban, revers pour les souverainistes
– Libération tire sur la direction de Nova et des Inrocks. En cause : la compagne de Mathieu Pigasse !
– Réseaux sociaux sous contrôle : la Commission européenne compare la future régulation au pass sanitaire

Portrait piquant : Denis Olivennes, médias, pouvoir et argent.

Le ministère de la Justice de Trump publie un rapport sur la persécution des militants pro-vie par l’administration Biden

Un rapport publié par le ministère de la Justice des Etats-Unis révèle une collaboration entre l’administration Biden et des groupes pro-avortement pour cibler les pro-vie. Ce document de près de 900 pages détaille les violations de la loi FACE, une loi de 1994 qui interdit aux militants de se livrer à des actes d’intimidation et de coercition devant les cliniques pratiquant l’avortement. Cette loi protège également les lieux de culte.

Ce rapport explosif explique que l’administration Biden a collaboré avec des organisations de gauche telles que la National Abortion Federation (NAF), Planned Parenthood et la Feminist Majority Foundation pour tirer profit « de leur relation avec le groupe de travail afin d’obtenir des informations internes et de faire pression sur les cibles pour l’application de la loi FACE » .

Le rapport a par ailleurs confirmé la tendance inquiétante que les militants pro-vie connaissaient déjà, à savoir qu’il y a eu une application partiale de la loi FACE à l’encontre des militants pro-vie.

Le procureur général adjoint par intérim, Todd Blanche, a souligné :

« Ce ministère ne tolérera pas un système judiciaire à deux vitesses ». « Aucun ministère ne devrait mener de poursuites sélectives fondées sur des convictions. »

Mark Houck, père de famille pro-vie, a été l’une des nombreuses personnes injustement ciblées par l’administration Biden. Il a obtenu une indemnisation à sept chiffres pour arrestation injustifiée. Il a porté plainte contre le ministère de la Justice après que son domicile ait été perquisitionné par des agents fédéraux en septembre 2022. Houck était accusé d’avoir enfreint la loi FACE devant une clinique d’avortement basée à Philadelphie.

Le ministère de la Justice a depuis annoncé qu’au moins quatre procureurs sont impliqués.

Le militant pro-vie Will Goodman a purgé 17 mois de prison fédérale en vertu de la loi FACE. Il a ensuite été gracié par le président Trump.

En janvier, l’ administration Trump a annoncé l’ouverture d’une enquête sur des violations présumées de la loi FACE par un groupe d’extrême gauche qui avait pris d’assaut une église baptiste du Sud pendant un office religieux le dimanche. L’ancien présentateur de CNN, Don Lemon, faisait partie du groupe.

Pervers militants LGBT

En France, on apprend que Frédéric Hay, le fondateur de l’association LGBT Adheos implantée à Niort, a été mis en examen pour viol sur cinq demandeurs d’asile. En mars, la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah), principal financeur d’Adheos, a gelé sa subvention de 150 000 € qui permet l’activité des centres à Saintes, Angoulême et Niort.

En Allemagne, deux militants LGBT ont montré de la pornographie homosexuelle à des élèves de 14 ans lors d’une semaine de projet scolaire. Un lycée de Schleife, en Saxe, a organisé une semaine de projet pour les élèves de 14/15 ans du 16 au 20 mars, durant laquelle deux LGBT ont été invités à diriger la classe. Selon un article de Junge Freiheit, le proviseur a envoyé des militants « non binaires » dans une classe sans aucune surveillance. Les deux militants se sont présentées comme étudiants. Pendant les cinq jours d’école, ils étaient censés présenter leurs idées aux élèves au lieu de donner des cours, les enseignants étant occupés par les examens de fin de seconde. Ces militants LGBT ont ouvert deux sacs à dos et en ont étalé le contenu sur le sol. Parmi les objets figuraient des photos pornographiques homosexuelles explicites et des slogans anti-AfD (Alternative pour l’Allemagne), tels que « À bas l’AfD » et « Höcke [un homme politique de l’AfD] est un nazi ». Un élève a pris des photos des images, qui ont été envoyées à Junge Freiheit , qui a ensuite révélé l’affaire. À la fin de la première journée de la semaine de projet, un des étudiants a parlé des images pornographiques à ses parents. Les parents des élèves se sont ensuite plaints auprès du directeur, qu’ils ont accusé de manquer à son devoir et d’avoir « lâché les activistes sur les enfants » sans aucune garantie. Une enquête policière est en cours. Le directeur de l’établissement pourrait également être poursuivi pour manquement à son devoir. Ces deux militants d’extrême gauche auraient reçu des fonds de la fondation de gauche Amadeu Antonio. 

L’Uruguay légalise l’euthanasie

Le 15 avril, le président de l’Uruguay, Yamandú Orsi, a signé le décret d’application de la loi visant à autoriser l’euthanasie, baptisée « mort dans la dignité ». Elle avait été adoptée par le Sénat en octobre dernier, par 20 voix sur 31, avec le soutien du gouvernement. Les députés l’avaient quant à eux approuvée deux mois plus tôt.

L’Uruguay devient le premier pays d’Amérique latine à dépénaliser l’euthanasie par la loi. Si la Colombie et l’Equateur autorisent cette pratique, c’est suite à des décisions de leurs Cours constitutionnelles.

Un décès qui sera considéré comme « naturel »

La loi adoptée autorise l’euthanasie pour les personnes majeures, « mentalement aptes », qui se trouvent au « stade terminal d’une pathologie incurable et irréversible », ou qui souffrent de douleurs « insupportables » avec une « détérioration grave et progressive » de leur qualité de vie.

L’avis de deux médecins sera requis. En cas de divergence, le cas sera soumis à une commission médicale. Les cliniques privées ne pourront pas pratiquer d’euthanasies.

Les décès ainsi provoqués seront considérés comme « naturels ».

Une commission chargée d’examiner les cas remettra un rapport annuel.

Source : Gènéthique

La cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption à Clermont-Ferrand prend l’eau

Alors qu’il y a 7 ans Notre-Dame de Paris brûlait et que, depuis, elle a été restaurée, la cathédrale de Clermont-Ferrand se détériore année après année, sans que l’Etat ne réagisse.

Des filets suspendus au-dessus des fidèles, des seaux alignés pour recueillir l’eau, des murs qui suintent et des fresques qui s’effacent. À l’intérieur de la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), le spectacle est sidérant. À chaque pluie, l’édifice prend l’eau. Littéralement. Dans le déambulatoire, dans le chœur, jusque sur les lustres où l’eau ruisselle dangereusement les jours d’averse. Le 14 février dernier, une nouvelle inondation a frappé une chapelle, laissant mobilier et œuvres d’art en péril.

Le diagnostic est sans appel : la cathédrale est malade, rongée par l’humidité. Les peintures murales médiévales, trésor rare, se délitent sous l’effet du salpêtre. « Le plâtre tombe, les pigments disparaissent, on voit des trous apparaître », alerte Évelyne Hours, présidente des Amis de la cathédrale. Pour elle, l’urgence est absolue. « Ce qui met en péril la cathédrale aujourd’hui, ce n’est pas l’incendie, c’est l’eau. »

Des travaux ont commencé en 2026. Un chantier en trois phases est prévu : sécurisation des tours, réfection du toit en plomb, puis étanchéité du chevet… Mais cette dernière étape n’est ni financée ni programmée.

Le député du Puy-de-Dôme Delphine Lingemann interpelle le ministre de la Culture.

L’association des Amis de la cathédrale a engagé un huissier et une action juridique est envisagée pour faire bouger la Direction régionale des affaires culturelles.

Retraite pour pères de famille

Les retraites « Pater et Protector », conçues selon le modèle des retraites « Mater Laetitiae » sont destinées aux pères de famille ayant encore des enfants à élever, les enseignements étant axés sur la sanctification dans et par leur état d’époux et de père.

Ces retraites silencieuses durent 4 petits jours, du vendredi soir au mardi en fin de matinée et sont prêchées par l’abbé Vernier qui organise régulièrement depuis son ordination des récollections.

Ces retraites sont conçues comme un temps de ressourcement tant spirituel que physique, d’où un rythme allégé comparé à beaucoup d’autres propositions du même type.

Au programme, chaque jour : trois enseignements d’1h, messe, temps d’entretien personnel avec le prêtre, table ronde guidée sur des thèmes en lien avec le couple, la famille ou l’éducation.

Prochaine retraite du 30 avril au 4 mai à Cerfroid (02)

Paris est une quête ! Les aventures de Jacques, Vic et Otto continuent – Puy du Fou : tome 2 – Coup de coeur

Ce deuxième album regroupe la suite des aventures publiées dans la revue Panache éditée par les éditions Puy du Fou. Après le succès vertigineux du tome 1, le tome 2 s’arrache, même par les abonnés à la revue !

Il faut dire, que c’est du beau travail d’édition : grand format, beau papier, 56 pages et petit prix ! Les dessins de Louis Tailliez sont travaillés, expressifs. Le trait précis donne vie aux personnages et soutient un scénario passionnant. C’est à Gwenaelle Barussaud que l’ont doit la trame de l’histoire. Son talent d’écrivain historique tant pour la jeunesse que pour les adultes, n’est plus à présenter ! C’est un régal !

Et voilà donc notre trio, Jacques, Vic et Otto le chien, parti pour de nouvelles aventures. Il est préférable pour la bonne compréhension de l’histoire d’avoir dévoré le tome 1, En route pour la liberté ! Mais qu’importe on peut aussi prendre le train en marche.

En marche ? C’est tout à fait cela : direction la Capitale ! Au terme d’un périple semé d’embûches, Jacques, Vic et Otto arrivent enfin à Paris. Mais si la capitale est libérée, les pénuries et le marché noir font des ravages. Les pillards et mauvaises bandes pullulent. Le danger est à tous les coins de rue. Comment se loger et survivre sans ressource dans une ville inconnue ?
Les deux enfants intrépides, redoublent d’audace et d’inventivité… Mais quand Vic tombe malade, la situation se complique et Jacques va devoir affronter seul les dangers qui les guettent…
Suspens, originalité, émotion, psychologie, et fond historique, tous les ingrédients sont réunis pour de vraies aventures, sous la plume riche et colorée de G. Barussaud. En fin d’album quelques pages du journal de Vic appuient sur certains événements historiques vécus dans le scénario, pour une bonne compréhension de l’Histoire.
Quand je vous disais que c’est un très beau travail d’édition !

Retrouvez sur LIVRES EN FAMILLE, les aventures de Jacques, Vic et Otto le chien
https://www.livresenfamille.fr/de-6-a-12-ans/30335-les-aventures-de-jacques-vic-et-otto-paris-est-une-quete-tome-2.html?ref=043193205

– Tome 2 – Les aventures de Jacques, Vic et Otto : Paris est une quête ! G. Barussaud, Dessins de Louis Taillez, Editions Puy du Fou, 56 pages, 13€
– Tome 1 – Les aventures de Jacques, Vic et Otto : En route pour la liberté !, G. Barussaud, Dessins de Louis Taillez, Editions Puy du Fou, 56 pages, 13 €.
Bonne lecture !

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Le choc de deux absolus : quand Gustave Thibon raconte Simone Weil

Le Choc de deux Absolus : Quand Gustave Thibon raconte Simone Weil

Il est des rencontres qui marquent l’histoire de la pensée comme une traînée de feu. Celle de Gustave Thibon et de Simone Weil, à l’été 1941, appartient à cette catégorie d’événements providentiels. Dans cette conférence dont nous vous proposons la transcription, nous ne sommes pas face à une simple analyse académique, mais devant le témoignage bouleversant d’un génie sur un autre génie.

Une densité exceptionnelle

Lorsque la parole est donnée au « philosophe-paysan » pour évoquer la « vierge rouge » devenue mystique, le temps s’arrête. La densité de ce document est exceptionnelle car elle n’est pas faite de concepts abstraits, mais d’une vérité vécue. Thibon ne parle pas de ce qu’il a lu, mais de ce qu’il a vu, entendu et ressenti sur les terres d’Ardèche. C’est le récit d’une amitié entre deux sommets : l’un enraciné dans la glèbe et la tradition, l’autre tendue vers l’absolu et le dépouillement total.

La transcription : un exercice de méditation

Pourquoi proposer aujourd’hui une transcription mot à mot de ce récit ? Parce que la voix de Thibon, si puissante soit-elle, passe. Le texte, lui, demeure. L’importance capitale de cette transcription réside dans la possibilité qu’elle offre de se poser.

Lire ces lignes, c’est s’extraire du tumulte pour :

Savourer la précision chirurgicale des mots de Thibon, qui parvient à rendre sensibles les sommets de la pensée weilienne (la Pesanteur, la Grâce, la Décréation).

Méditer les « phrases-éclairs » qui ponctuent le récit : des fulgurances qui exigent que l’on s’arrête, que l’on reprenne sa respiration, pour laisser l’idée féconder l’âme.

Mesurer la cohérence héroïque d’une vie où chaque pensée était payée par un acte, souvent au prix de la souffrance physique.

Un phare dans la nuit de l’esprit

Ce témoignage est le reflet d’une exigence disparue. En écoutant Thibon parler de Weil, on comprend que la philosophie n’est pas un métier, mais une brûlure. Quand deux esprits de cette trempe se rencontrent, le résultat est un précipité de lumière qui éclaire nos propres obscurités.

Face au « Gros Animal » social que Simone Weil redoutait tant, et que Gustave Thibon n’a cessé de dénoncer, ce texte est un manuel de résistance spirituelle. C’est une invitation à retrouver le sens du Réel, à travers le regard de deux des plus grands voyants du XXe siècle.

« Elle n’était pas un “grand homme”, elle était une “ouverture”. » — Gustave Thibon

SIMONE WEIL TELLE QUE JE L’AI CONNUE Gustave THIBON

https://www.youtube.com/watch?v=ivUWVwFiJdE

Youtube Marc JEANSON

Vidéo et retranscription intégrale incluant les questions/réponses avec le public:
https://lafontsergyl.com/2026/04/15/simone-weil-telle-que-je-lai-connue-gustave-thibon/
blog Sergyl Lafont.

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Effondrement démographique et bouleversements géopolitiques 

D’Antoine de Lacoste dans Le Nouveau Conservateur consacré à la dénatalité :

La démographie est une donnée essentielle de la géopolitique et les grands bouleversements qui s’annoncent en raison de la dénatalité inédite d’une majeure partie du monde ne feront que renforcer son importance.

Pour comprendre les enjeux majeurs des grandes puissances et les rapports de force qui les sous-tendent, chacun comprend qu’il faut saisir le fonctionnement de leurs institutions politiques, de leurs économies, des richesses de leurs sous-sols, de la puissance de leurs forces armées. La démographie devrait attirer l’œil des analystes avec la même force, peut-être même davantage, car les perspectives observées entraîneront des changements majeurs aux conséquences difficiles à évaluer.

La progression de la population mondiale a été constante tout au long des siècles, hormis les grandes épidémies, surtout celle de la peste noire au XIVe siècle. A l’époque du Christ, la population mondiale se montait sans doute à 200/300 millions d’habitants. Elle atteignit 500 millions vers 1500, et dépassa le milliard vers 1800. Ensuite, ce fut l’explosion : 1,5 milliard en 1900, 3 en 1960, 6 en 2000 et un peu plus de 8 milliards aujourd’hui. Les progrès de la médecine, de l’hygiène et surtout la baisse de la mortalité infantile sont les explications concrètes de cette extraordinaire expansion, liée également à une posture morale et sociale : le désir d’enfants. Ce désir était plus ou moins explicité certes, mais il fut en symbiose avec l’inexistence du refus de l’enfantement.

Le XXe siècle marqua un tournant dans les mentalités. Le malthusianisme se développa, tirant le signal d’alarme et interrogeant gravement : comment arriverons-nous à nourrir la population mondiale si elle continue à augmenter autant ? Les progrès de l’agriculture avaient pourtant toujours accompagné l’expansion démographique. S’il y eut encore des famines au XXe siècle, elles furent liées à des décisions politiques absurdes (le grand bond en avant chinois, par exemple, qui fit au moins 50 millions de morts) ou des situations particulières régionales. Aujourd’hui, il n’y a plus guère de famine sur terre. Les malthusiens avaient tort, il y aura toujours assez de production agricole pour nourrir hommes et bêtes, pour peu qu’on le veuille.

De ce point de vue, il est intéressant de noter un évènement majeur qui s’est produit récemment. Afin de sanctionner la Russie pour l’annexion de la Crimée en 2014, les autorités françaises et européennes prirent des sanctions contre elle dans de nombreux domaines, financiers ou technologiques notamment. Les Russes, en représailles, suspendirent toutes les importations agricoles françaises.  C’était un client important pour les agriculteurs français dont on négligea les intérêts, la morale étant, n’est-ce pas, au-dessus des préoccupations nationales. Ces sanctions puis contre-sanctions permirent à la Russie de donner un coup de fouet à son secteur agricole : lait, viande, fruits et légumes étant particulièrement concernés. Des décisions furent prises, des moyens alloués et, aujourd’hui, hormis les fruits et légumes, la Russie est autosuffisante. Pour les fruits et légumes, elle a remplacé l’Europe par la Turquie, l’Iran, ou le Maroc notamment. Et quand il y a des problèmes d’approvisionnement, ils sont liés à des phénomènes conjoncturels, géopolitiques en l’occurrence, et non à des problèmes structurels de ressources. L’exemple russe démontre que la terre peut facilement offrir aux hommes de quoi se nourrir.

L’occupation de l’espace fut un autre cri d’alarme lancé par les Cassandre sur le soi-disant trop plein de population. Le seul vrai problème concerne en réalité la désertification des campagnes et la croissance désordonnée des nombreuses villes en Afrique ou en Asie notamment. Mais là encore, ce sont des décisions ou des absences de décisions politiques qui sont à l’origine de ces déséquilibres, d’ailleurs réversibles.

Malgré tout, ces alertes catastrophistes finirent par avoir des impacts sur l’état d’esprit général. Le concept de famille nombreuse renvoya progressivement une image d’excès voire de ridicule. Le recul de la pratique religieuse, notamment en occident, joua un autre rôle majeur, dans le début de la dénatalité. Mais le phénomène a aussi d’autres causes, comme en Asie.

Au Japon, dès les années 1970, le seuil du renouvellement des générations de 2,1 fut franchi à la baisse. Le taux de fécondité est aujourd’hui de 1,15. La population diminue depuis 2010 : 123 millions d’habitants aujourd’hui contre 128 il y a quinze ans. Inquiet, le gouvernement japonais multiplie les alertes et les aides, en vain. Symbole terrible : depuis plusieurs année, davantage de couches-culottes sont vendues pour des personnes très âgées, que pour des bébés. La Corée du Sud a également entamé ce processus et détient aujourd’hui le taux de fécondité le plus bas du monde avec 0,75 enfant par femme. Sa population est de 51,6 millions et si rien ne change elle pourrait tomber à 38 millions en 2070, c’est-à-dire demain compte tenu du temps long qui est la caractéristique de la démographie.

Le sujet le plus vertigineux est celui de la Chine. Après avoir été le pays le plus peuplé du monde pendant plus de 250 ans, elle a été dépassée par l’Inde en 2023 et voit sa population diminuer depuis quatre ans. En 2025 les décès ont dépassé les naissances de plus de trois millions. Les projections sont calamiteuses et la Chine pourrait voir sa population divisée par deux d’ici un siècle avec environ 750 millions d’habitants (1,4 milliard aujourd’hui). Certes les projections démographiques sont souvent infirmées mais la Chine perd chaque année plusieurs millions d’habitants et cela est parfaitement vérifié.

Dans le cas du Japon ou de la Corée du Sud comme dans celui de la Chine, il y a tout de même un élément commun frappant à signaler : les autorités ont, à une période donnée, incité les habitants à diminuer le nombre des naissances. Ce fut le cas dans les années 50-60 au Japon et en Corée où les messages diffusés en boucle prévenaient qu’un pays ne pouvait se moderniser s’il avait trop de naissances. Quant à la Chine, ce fut beaucoup plus brutal avec la politique de l’enfant unique, sanctions à la clé. L’assouplissement progressif avec deux enfants autorisés puis trois, n’y changea plus rien, le pli était pris. Dorénavant, c’est l’inverse qui est prôné. En ce moment, dans plusieurs grandes villes chinoises, des affiches monumentales montrent un couple et ses deux enfants avec la mention : « Pourquoi pas le troisième ? ». On croit rêver. La prise de conscience est là mais n’est-il pas trop tard ? Car le travail féminin et les difficultés pour se loger, sont, depuis plusieurs décennies, les nouveaux freins à la maternité. Les Chinois ont maintenant le droit d’avoir autant d’enfants qu’ils veulent, mais justement ils ne veulent plus en avoir.

Les ambitions chinoises sont connues : devenir la première puissance mondiale d’ici 2049, année du centenaire de la victoire des troupes communistes contre l’armée de Tchang Kaï-chek.

Aujourd’hui deuxième puissance économique mondiale, la Chine a les capacités de dépasser les Etats-Unis an cours des prochaines décennies car ses atouts sont très nombreux. Ses progrès technologiques sont fulgurants et, dans beaucoup de domaines, elle a surclassé les Etats-Unis. Le pays espion, copieur des technologies occidentales, est devenu un novateur très en avance sur ses concurrents. L’occident a négligé un point crucial : un pays ne peut se développer sans ingénieurs. La Russie, la Chine, l’Iran, l’Inde ont valorisé cette profession et « produisent «  des millions d’ingénieurs. Être ingénieur dans ces pays est un gage de reconnaissance sociale et patriotique. Ce n’est plus vrai en occident. Un ingénieur américain sera toujours moins riche qu’un trader ou un avocat : moins de 10% des étudiants américains ou européens s’orientent vers des études d’ingénieur tandis qu’ils sont plus de 40% en Russie, en Chine ou en Iran.

C’est pourquoi la Russie fabrique des missiles que les Etats-Unis découvrent, stupéfaits, et que la Chine, avec deux millions d’ingénieurs de plus chaque année, est à la pointe de l’innovation industrielle. L’occident, méprisant le monde de l’usine, a délégué ce secteur à la Chine dont elle ne peut plus se passer. Erreur fatale que Donald Trump a parfaitement saisie, mais il est presque trop tard pour corriger le tir. Les essais de réindustrialisation effectués en Europe ou aux Etats-Unis ne donnent pas grands résultats jusqu’à présent.

Ce constat fait, la Chine est appelée à dominer le monde de demain. Mais finalement est-ce possible avec une démographie en berne ? Il n’est pas facile de trancher ce dilemme mais il est certain que c’est le seul obstacle majeur sur la route triomphale chinoise. Comment continuer à investir massivement dans les nouvelles technologies s’il n’y a plus assez de jeunes pour les mettre au point et trop d’anciens qui coûteront cher à l’économie ? La Chine, plus encore que le Japon, est menacée d’être plus tard un immense EPHAD : elle ne peut devenir la première puissance mondiale avec un poids pareil. Bien sûr, ce vieillissement prendra du temps à faire sentir ses effets dévastateurs, l’exemple japonais est là pour le prouver. Malgré une démographie catastrophique depuis plusieurs décennies, le Japon ne s’est pas effondré. Mais il faut se rendre à l’évidence, il ne progresse plus et son poids dans le monde, si important à partir des années soixante, recule. Le Japon est par ailleurs un des investisseurs majeurs en Bons du Trésor américains, et son effondrement économique provoquerait une grave crise du dollar, qui n’est déjà pas en pleine forme.

Pour supprimer cet obstacle sur la route chinoise, un vaste programme d’investissement dans la robotique est à l’œuvre en Chine : des robots pour remplacer les humains manquants dans les usines et même dans l’armée. Elle est en avance sur tout le monde dans ce domaine, nécessité faisant loi. L’avenir dira si le robot peut remplacer l’homme mais il restera tout de même à gérer le poids financier des personnes âgées.

Le contraste démographique de ces trois pays asiatiques avec les Etats-Unis est saisissant : c’est le seul pays occidental à voir sa population augmenter régulièrement (+2,6 millions en 2024). Son médiocre taux de fécondité (1,6) ne suffirait pas à expliquer une telle hausse rendue finalement possible grâce à une importante immigration. Compte tenu de la politique très restrictive de Donald Trump sur le sujet, conformément d’ailleurs  à son programme, il sera intéressant d’en mesurer les effets dans quelques années. En attendant, avec une moyenne d’âge de 39 ans, les Etats-Unis ont un peu de marge. C’est paradoxalement aussi le cas de la Chine (41 ans) mais plus du tout du Japon qui est devenu le pays le plus vieux du monde avec une moyenne d’âge de 50 ans. L’Empire du soleil levant, qui domina si longtemps l’Asie, est aujourd’hui condamné.

La vieille Europe, qui n’a jamais aussi bien porté son nom, semble l’être également. Comme nous l’avons dit plus haut, l’effondrement spectaculaire de la pratique religieuse a joué un rôle important dans le recul de la démographie des pays catholiques. Mais il faut bien constater que la baisse de la natalité constatée au Japon, en Chine ou en Corée du sud touche des pays très peu catholiques. Les raisons religieuses ou morales ont leurs effets mais le l’absence de désir d’enfants a d’autres causes, liées au travail féminin, au coût des logements ou aux structures des pays concernés. Ainsi, le travail féminin est loin d’être toujours associé à une volonté de se libérer, il est devenu une nécessité économique. Dans les grandes villes françaises par exemple un couple ne pourra se loger qu’avec deux salaires. On répondra que c’est ainsi et qu’il n’y a rien à faire. C’est faux : dans les années soixante, un seul salaire permettait à toute une famille de se loger. Le coût du logement a évolué plus vite que les salaires, eux-mêmes plombés de surcroît par des charges prohibitives et confiscatoires destinées à soutenir un système social devenu absurde et de toutes façons condamné. C’est un choix politique qui pénalise particulièrement les couples en âge de procréer. Nous savons depuis longtemps que nous sommes gouvernés par des visionnaires.

En Allemagne, ce sont les retraités qui font les élections. Tout gouvernement a pour souci de flatter cet électorat coûteux au détriment d’une politique familiale inexistante. En France, le président Hollande a consciencieusement démantelé notre politique familiale, une des meilleures d’Europe, au profit du néant. En Italie, il y a des décennies que rien n’est fait pour favoriser les gardes d’enfant.

Tous ces dirigeants qui parlent de nos enfants et n’en n’ont pas sont fascinants à observer. Il fut un moment où, entre Angela Merkel, Theresa May et Emmanuel Macron, les trois plus grandes puissances européennes furent dirigées par des individus n’ayant pas d’enfants. C’est un symbole fort qui annonce l’effondrement d’un continent.

En Europe occidentale, la population devrait sensiblement diminuer chaque année. Or elle diminue peu, en raison de l’immigration. C’est un fait majeur : ce sont uniquement les phénomènes migratoires qui permettent la stabilité relative de la population. Dans ce contexte, subi et voulu à la fois en raison d’une étonnante absence de cohérence intellectuelle de la plupart des dirigeants européens, il est plaisant d’observer les appels à la jeunesse pour qu’elle s’engage dans des forces armées exsangues. Le Chancelier allemand, Friedrich Merz, atteint d’une étrange frénésie guerrière, rêve de refaire une grande armée allemande car, bien sûr, l’ogre russe risque d’envahir l’Allemagne demain. Qui va-t-il recruter puisque les berceaux sont vides depuis des décennies ? Des Turcs, des Kurdes, des Afghans ? Ce sera distrayant d’armer tous ces braves gens qui ne nous veulent que du bien.

On ne saurait trop conseiller la lecture du dernier Document de sécurité publié par la Maison-Blanche en décembre. Outre le fait qu’il marque un tournant géopolitique majeur dans plusieurs domaines, il annonce quasiment la disparition de l’Europe : « le continent sera méconnaissable d’ici vingt ans ». J.D.Vance avait déjà, dans son discours de Munich de février 2025, alerté l’Europe sur l’ennemi intérieur qui allait la détruire. Le Document va plus loin encore : « Nous voulons que l’Europe reste européenne ». Un propos qui, en France, pourrait envoyer son auteur devant un tribunal.

Mais le ressort moral des dirigeants d’un pays ne suffit pas toujours. La natalité en Hongrie ou en Russie est à peine meilleure que celle de l’Europe occidentale : les taux de fécondité sont de 1,4 en Russie et en Hongrie, 1,35 en Allemagne, 1,18 en Italie, 1,12 en Espagne. La situation est un peu meilleur en France et en Angleterre (1,6) mais cela est largement dû aux populations immigrés.

Viktor Orban et Vladimir Poutine n’ont pourtant pas ménagé leurs efforts. Les aides sont nombreuses, les exemptions d’impôts parfois spectaculaires. Vladimir Poutine se fait régulièrement filmer en train de décorer des mères de famille nombreuses, Orban parle de naissances nécessaires dans beaucoup de discours, rien n’y fait. Le désir d’enfants n’est plus là pour la majorité de la population. Une sorte de suicide assumé issu d’un mélange de peur et d’égoïsme. Le problème est moral et sociologique avant d’être religieux puisque la dénatalité a largement atteint les pays majoritairement musulmans du Maghreb ou du Proche-Orient.

Une région échappe pour le moment à la chute des naissances, l’Afrique subsaharienne. Le Niger, le Mali, le Tchad, la Somalie ou le Congo, dépassent 6 enfants par femme. La fécondité ne baisse que très peu et c’est une explosion démographique qui a commencé dans cette partie de l’Afrique, engendrant des mouvements migratoires qui ne feront que s’amplifier. Le Nigéria, même s’il n’a « que » 4,4 enfant par femme deviendra un des pays les plus peuplé du monde avec peut-être 500 millions d’habitants à la fin du siècle.

Ces pays ne peuvent avoir une influence qui pourrait bouleverser directement les équilibres géopolitiques mondiaux. Leurs sous-sols très riches pourront continuer à être exploités et à faire l’objet de la même concurrence entre les grandes puissances. En revanche, il est évident que les mouvements migratoires en cours vers l’occident, lieu privilégié de destination, connaîtront une croissance exponentielle si le laxisme tient toujours lieu de politique migratoire. Mais si un sursaut se produit, il est certain que l’immigration pourra être jugulée, c’est avant tout une question de volonté.

La démographie en berne est donc un phénomène mondial, hormis l’Afrique subsaharienne, et nouveau. On peut en saisir à peu près les causes, un peu moins les conséquences car cela ne s’était jamais produit dans l’histoire de façon consciente et assumée. Des jeunes occidentaux expliquent aujourd’hui qu’ils n’auront pas d’enfant car cela pollue « la planète », de nombreuses jeunes filles assument de ne pas envisager de vivre avec un homme, probable violeur en puissance, beaucoup de jeunes hommes sont perdus, n’osent plus aborder les jeunes filles et deviennent asexués. Et de doctes journaux de gauche nous explique que le danger qui nous guette est le masculinisme, ce qui est tout de même un peu fort.

Il sera intéressant de voir si l’émergence de nombreux partis ou mouvements dits populistes aux Etats-Unis dans la galaxie MAGA, en Europe occidentale ou centrale pourra participer à une prise de conscience et à retour aux fondamentaux de la loi naturelle : un homme, une femme, des enfants. Gardons l’espérance mais soyons lucide : à vue humaine le déclin de l’espèce humaine a commencé.

Nouveaux sacres de la FSSPX : Schisme ou survie de la Tradition ?

Face à l’échec d’une modernité “libertaire et narcissique”, de plus en plus de jeunes adultes se tournent vers le sacré et la liturgie traditionnelle. Dans cet entretien, Jean-Pierre Maugendre, directeur de Renaissance Catholique, décrypte les enjeux brûlants de notre temps : des nouveaux sacres de la FSSPX à la réélection de Donald Trump, en passant par l’urgence de la formation intellectuelle par la lecture. Pourquoi la Tradition attire-t-elle là où le monde moderne échoue ? Comment comprendre la situation canonique de la Fraternité Saint-Pie X face aux paradoxes du Vatican ? Jean-Pierre Maugendre livre une analyse sans concession sur le “retour au réel” et la nécessité de renouer avec l’histoire longue de la France.

Au programme de cet entretien :

  • 00:58 Le paradoxe des baptêmes d’adultes : Rebond ou déclin ? Analyse de la hausse des catéchumènes adultes face à la chute du baptême des enfants.
  • 06:04 Sacres de la FSSPX : Pourquoi de nouveaux évêques ? Comprendre la décision de la Fraternité Saint-Pie X de perpétuer le sacerdoce catholique.
  • 08:50 La crise des sacrements et la réforme liturgique Pourquoi la messe traditionnelle manifeste-t-elle mieux la réalité sacrificielle ?
  • 14:30 La FSSPX est-elle schismatique ? Vérités canoniques Les délégations données par le Pape François et le statut atypique de la Fraternité.
  • 19:48 Donald Trump et le retour au réel : La fin de l’idéologie ? Le “gramscisme de droite” et la victoire intellectuelle du conservatisme américain.
  • 23:30 L’heure des “prédateurs” : Trump, Poutine et Xi Jinping L’analyse du décalage entre l’idéologie européenne et la géopolitique mondiale.
  • 26:11 Assassinat de Quentin Deranque : Le logiciel révolutionnaire La violence “antifa” et l’héritage de Robespierre : “Pas de liberté pour les ennemis de la liberté”.
  • 29:22 La lecture : Arme de salut public contre les écrans Pourquoi l’immédiateté des réseaux sociaux détruit notre capacité d’analyse.
  • 33:28 Comment se mettre à la lecture à 20 ans ? Conseils pratiques, l’influence du Père Sertillanges et l’histoire comme mémoire nationale.

 

23 % de la population de notre pays est désormais d’origine immigrée sur deux générations

Nicolas Pouvreau-Monti est le directeur de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie. Il a travaillé pendant six ans dans le conseil en stratégie et en organisation pour l’État, en particulier pour le ministère de l’Intérieur. Il vient de publier Immigration, mythes et réalités. Interrogé dans le JDD, il explique :

Un constat s’impose, simple et incontestable : il n’y a jamais eu autant d’immigration en France qu’aujourd’hui. Notre pays est engagé dans une accélération migratoire absolument inédite, dont le rythme continue de s’emballer. La population immigrée a augmenté de 434 000 personnes sur la seule année 2024. Il s’agit de la plus forte croissance jamais enregistrée, trois fois supérieure à la moyenne des années 2000 – et vingt-cinq fois à la moyenne des années 1990 ! Le nombre de nouveaux titres de séjour que la France accorde chaque année a triplé depuis la fin du siècle dernier. La dynamique de l’immigration clandestine peut, quant à elle, être approchée par le nombre de bénéficiaires de l’Aide médicale d’État (AME) qui a triplé en vingt ans. En croisant l’ensemble des flux d’entrée, on peut estimer raisonnablement qu’au moins 400 000 nouveaux immigrés arrivent désormais en France chaque année.

Quelles sont les principales filières de l’immigration dans notre pays ?

La principale raison de délivrance des nouveaux permis de séjour est maintenant le motif « étudiant », qui a augmenté de 70 % en dix ans. Huit ans après leur arrivée pour ce motif, 61 % des Algériens disposent encore d’un titre valide en France – dont les deux tiers pour raison familiale. Sur le long terme, cette immigration pour motif familial continue de dominer. Elle constitue la plus grande part du « stock » des titres de séjour : trois fois plus que les motifs « économiques », c’est-à-dire liés au travail.

Ceux-ci sont structurellement minoritaires en France : ils ont représenté à peine 13 % des nouveaux titres accordés l’an dernier – étant d’ailleurs la seule catégorie à avoir diminué… La plus forte dynamique des dernières années est à trouver dans le droit d’asile, dont 700 000 étrangers sont aujourd’hui bénéficiaires sur le territoire français. Ce nombre, qui a triplé en dix ans, équivaut à la population d’une ville qui serait la troisième plus grande du pays. Les bénéficiaires les plus fréquents sont les Afghans, désormais plus de 100 000 en France.

Est-il juste d’affirmer que l’immigration rapporte plus qu’elle ne coûte aux finances de l’État ?

Notre politique d’immigration génère aujourd’hui une perte sèche pour les comptes de l’État et de la Sécurité sociale que nous avons pu estimer à environ 40 milliards d’euros par an. Ce coût massif est dû aux spécificités de l’immigration reçue en France, qui est l’une qui travaille le moins de toute l’Europe. Seuls 43 % des immigrés extra-européens récents en âge actif occupent un emploi : c’est vingt-cinq points de moins que la population générale. Lorsqu’ils travaillent, ces immigrés occupent le plus souvent des emplois peu qualifiés, donc peu rémunérés, qui rapportent peu en impôts et en cotisations sociales. De l’autre côté, ces profils migratoires consomment beaucoup de dépenses publiques – sociales en particulier. Par exemple : les immigrés vivent trois fois plus souvent en logement social que les non-immigrés.

Dispose-t-on d’éléments objectifs permettant d’évaluer l’intégration culturelle et économique des immigrés et de leur descendance en France ?

Nous parlons d’une réalité devenue majeure. La France compte 7,7 millions d’immigrés au sens strict (nés étrangers à l’étranger) et 8 millions de descendants de parents immigrés. Au total : 23 % de la population de notre pays est désormais d’origine immigrée sur deux générations, dont les profils les plus nombreux proviennent du continent africain. Ce bouleversement est encore plus marqué dans la natalité : plus de 30 % des naissances en France sont désormais issues d’au moins un parent né en dehors de l’Union européenne.

Le taux de chômage des descendants d’immigrés est aussi élevé que celui des immigrés eux-mêmes. Leur montant moyen de prestations sociales perçues est aussi similaire. Mais des différences fortes existent selon les populations. Par exemple, 40 % des descendants d’immigrés vietnamiens ont un diplôme supérieur à bac +2, soit le double des descendants d’origine algérienne.

Vous vous attachez à démonter plusieurs idées reçues au sujet de l’immigration, notamment celle qui voudrait que l’immigration soit un phénomène quasi « naturel », sur lequel la puissance publique n’aurait aucune prise. Est-ce le cas ? Que préconisez-vous ?

À rebours de cette rhétorique de « naturalisation », je considère que l’immigration est une question politique par excellence. Ailleurs en Europe, des politiques migratoires différentes de la nôtre produisent des résultats différents eux aussi. Le nombre de nouvelles demandes d’asile reçues au Danemark a baissé de 90 % en dix ans : c’est le résultat d’une politique efficacement dissuasive. Tout programme d’action sur le sujet migratoire doit être conçu en deux temps.

D’abord, ce qui peut être fait immédiatement – par exemple en réduisant l’attractivité de la France pour l’immigration à motivation sanitaire ou sociale. Puis ce qui nécessitera de modifier le cadre constitutionnel et européen, étape indispensable afin de traiter du droit d’asile ou du regroupement familial. L’élection présidentielle de 2027 doit être, pour chacun des candidats, l’occasion de faire savoir clairement quel est l’avenir migratoire qu’il propose à la France. La balle sera alors dans le camp des électeurs : il s’agira de trancher le nœud gordien de ce sujet, qui en détermine tant d’autres.

“Servir son pays c’est se consacrer, avec un esprit lucide et une conscience intègre, au bien commun de tout le peuple”

Lors de sa rencontre avec les autorités, la société civile et le corps diplomatique du Cameroun, le pape Léon XIV a rappelé quelques notions de la Doctrine sociale de l’Eglise :

[…] Il y a 1600 ans, saint Augustin écrivait des mots d’une grande actualité : « Ceux qui commandent sont au service de ceux qu’ils semblent commander. Ils ne commandent pas par soif de domination, mais par devoir de subvenir aux besoins ; non par orgueil pour s’imposer, mais par compassion pour protéger ». Dans cette perspective, servir son pays c’est se consacrer, avec un esprit lucide et une conscience intègre, au bien commun de tout le peuple : de la majorité, des minorités, dans leur harmonie réciproque.

Aujourd’hui, comme beaucoup d’autres nations, votre pays traverse des épreuves compliquées. Les tensions et les violences qui ont frappé certaines régions du nord-ouest, du sud-ouest et de l’extrême nord ont causé de profondes souffrances : des vies perdues, des familles déplacées, des enfants privés d’école, des jeunes qui ne voient pas d’avenir. Derrière les statistiques, il y a des visages, des histoires, des espérances brisées. Face à des situations aussi dramatiques j’ai, au début de cette année, invité l’humanité à rejeter la logique de la violence et de la guerre, pour embrasser une paix fondée sur l’amour et la justice. Une paix désarmée, c’est-à-dire qui n’est pas fondée sur la peur, la menace ou les armements ; et désarmante, car capable de résoudre les conflits, d’ouvrir les cœurs et de susciter la confiance, l’empathie et l’espérance. La paix ne peut être réduite à un slogan : elle doit s’incarner dans un style, personnel et institutionnel, qui rejette toute forme de violence. C’est pourquoi je le répète avec force : « Le monde a soif de paix. […] Assez de guerres, avec leur douloureux cortège de morts, de destructions, d’exilés ». Ce cri veut être un appel à la volonté de contribuer à une paix authentique, en la faisant passer avant tout intérêt partisan.

La paix, en effet, ne se décrète pas : elle s’accueille et se vit. Elle est un don de Dieu qui se développe à travers un travail patient et collectif. Elle est de la responsabilité de tous, en premier lieu celle des Autorités civiles. Gouverner, c’est aimer son pays, mais aussi les pays voisins. Le commandement “aime ton prochain comme toi-même” s’applique également aux relations internationales ! Gouverner, c’est écouter réellement les citoyens, estimer leur intelligence et leur capacité à contribuer à l’élaboration de solutions durables aux problèmes. Le Pape François a souligné la nécessité de dépasser « cette conception des politiques sociales comme une politique envers les pauvres, mais jamais avec les pauvres, jamais pour les pauvres, et encore moins inscrite dans un projet qui rassemble les peuples ».

Dans ce changement d’approche, la société civile doit être considérée comme une force vitale pour la cohésion nationale. Le Cameroun est lui aussi prêt pour cette transition ! Associations, organisations de femmes et de jeunes, syndicats, ONG humanitaires, chefs traditionnels et religieux : tous jouent un rôle irremplaçable dans la construction de la paix sociale. Ce sont eux les premiers à intervenir lorsque des tensions surgissent ; ce sont eux qui accompagnent les personnes déplacées, soutiennent les victimes, ouvrent des espaces de dialogue et encouragent la médiation locale. Leur proximité avec le terrain permet de comprendre les causes profondes des conflits et d’entrevoir des réponses adaptées. La société civile contribue en outre à former les consciences, à promouvoir la culture du dialogue et le respect des différences. C’est donc en son sein que se prépare un avenir moins exposé à l’incertitude. Je tiens à souligner avec gratitude le rôle des femmes. Malheureusement, elles sont souvent les premières victimes des préjugés et des violences ; elles restent cependant des artisans infatigables de paix. Leur engagement dans l’éducation, la médiation et la reconstruction du tissu social est sans égal et constitue un frein à la corruption et aux abus de pouvoir. C’est aussi pour cette raison que leur voix doit être pleinement reconnue dans les processus décisionnels.

Face à tant de dévouements dans la société, la transparence dans la gestion des ressources publiques et le respect de l’État de droit sont essentiels pour rétablir la confiance. Il est temps d’oser faire un examen de conscience et un saut qualitatif courageux. Que les institutions justes et crédibles deviennent des piliers de la stabilité. L’autorité publique est appelée à être un pont, et jamais un facteur de division, même là où l’insécurité semble régner. La sécurité est une priorité, mais elle doit toujours s’exercer dans le respect des droits de l’homme, en unissant rigueur et grandeur d’âme, avec une attention particulière pour les plus vulnérables. Une paix authentique naît lorsque chacun se sent protégé, écouté et respecté, lorsque la loi est un rempart sûr contre l’arbitraire des plus riches et des plus forts.

À bien y regarder, frères et sœurs, les hautes fonctions que vous assumez exigent un double témoignage. Le premier témoignage se concrétise dans la collaboration entre les différents organes et niveaux administratifs de l’État au service du peuple, et en particulier des plus pauvres ; le second témoignage se réalise en unissant vos responsabilités institutionnelles et professionnelles à une conduite de vie intègre. Pour que la paix et la justice s’affirment, il faut en effet briser les chaînes de la corruption qui défigurent l’autorité en la vidant de sa crédibilité. Il faut libérer le cœur de cette soif de gain qui est une idolâtrie. Le véritable gain c’est le développement humain intégral, c’est-à-dire la croissance équilibrée de tous les aspects qui font de la vie sur cette terre une bénédiction.

Le Cameroun dispose des ressources humaines, culturelles et spirituelles nécessaires pour surmonter les épreuves et les conflits, et avancer vers un avenir de stabilité et de prospérité partagée. Il faut que l’engagement commun en faveur du dialogue, de la justice et du développement intégral transforme les blessures du passé en sources de renouveau. Comme je le disais, les jeunes représentent l’espérance du pays et de l’Église. Leur énergie et leur créativité sont des richesses inestimables. Bien sûr, lorsque le chômage et l’exclusion persistent, la frustration peut engendrer de la violence. Investir dans l’éducation, dans la formation et dans l’esprit d’entreprise des jeunes est donc un choix stratégique pour la paix. C’est le seul moyen d’endiguer l’hémorragie de talents merveilleux vers d’autres régions de la planète. C’est aussi le seul moyen de lutter contre les fléaux de la drogue, de la prostitution et de la torpeur qui dévastent trop de jeunes vies, de manière toujours plus dramatique. […]

Lettre ouverte aux instituts qui servent la Tradition

**Lettre ouverte aux instituts qui servent la Tradition**

J’écris en père de famille.

Non en théologien, ni en canoniste et encore moins en homme d’institut.

J’écris comme un laïc qui essaie simplement de vivre et transmettre la foi à ses enfants, de (les) faire grandir dans l’amour de la messe traditionnelle, dans la solidité de la doctrine catholique, dans la beauté d’une vie chrétienne cohérente. Et c’est précisément à ce titre que je vous rebondis aujourd’hui, avec une forme croissante d’incompréhension.

Car enfin, que voyons-nous sur le terrain ?

Partout en France fleurissent des pèlerinages, des chapitres, des écoles, des foyers, des œuvres, des initiatives. On y croise des fidèles de la FSSPX, de la FSSP, de l’ICRSP, de l’IBP, de l’abbaye du Barroux, et bien d’autres encore. Les familles se parlent, les enfants se rencontrent, les jeunes se marient, les laïcs prient ensemble, marchent ensemble, espèrent ensemble. Il existe bel et bien un seul peuple catholique attaché à la Tradition.

Et pourtant, officiellement, les prêtres et les instituts demeurent distants les uns des autres : d’un côté la FSSPX, de l’autre les instituts dits *ex Ecclesia Dei*.

Combien de situations absurdes faut-il encore voir ? Des familles unies par le mariage de leurs enfants, et dans lesquelles pourtant certains prêtres ne s’autorisent pas, ou ne sont pas autorisés, à venir dans le chœur.

Des événements où les fidèles se retrouvent naturellement, tous instituts confondus, tandis que les clercs ne reflètent pas cette même proximité. Des œuvres semblables, des combats semblables, une même liturgie, un même amour de la messe, une même volonté de transmission, et malgré cela cette distance entretenue entre instituts.

Et pendant ce temps, lorsque l’un est frappé par quelques consignes incompréhensibles, chacun tourne la tête et regarde ailleurs.

Au Havre, un institut s’est vu interdire de célébrer le Triduum pascal au motif que sa lettre de mission ne le mentionnait pas. Voilà le genre d’événement qui devrait tous nous alerter, vous faire écrire, vous faire parler, vous faire vous lever. Quand l’un est atteint, tous devraient se sentir concernés. Quand un apostolat attaché à la Tradition est frappé, tous les catholiques attachés à la Tradition devraient réagir, se soutenir, faire bloc, aux quatre coins de la France.

Car ce qui atteint l’un finit toujours, tôt ou tard, par menacer les autres.

Je ne me reconnais dans aucun institut dans les passes d’armes que vous vous menez mutuellement. Je ne vous suis pas dans cette manière de traiter en rival celui qui poursuit, pour l’essentiel, le même but. Le feu brûle, et vous trouvez encore le moyen de frapper, critiquer ou décrédibiliser votre collègue pompier, qui porte la même lance et cherche à sauver la même maison.

De mon point de vue de père de famille, d’homme catholique, de militant, cela devient incompréhensible.

Car, dans les faits, ce qui vous sépare n’a rien d’une fracture insurmontable. Ce qui apparaît surtout, c’est une différence de stratégie, de tempérament, de méthode, de rapport au combat. Plusieurs lignes, plusieurs styles, plusieurs manières de tenir et chacun avec ses risques et ses faiblesses.

L’un a gardé davantage le sens du rapport de force, de la fermeté, de la vigilance, de la combativité. L’autre a développé une présence plus insérée, un rayonnement plus diffus, un travail de consolidation plus patient. Pourquoi faudrait-il opposer ce qui devrait se compléter ?

Je n’appartiens à aucun institut.
Je ne bâtis pas mon foyer sur des rivalités d’instituts.

Je suis attaché à la messe dite « tradi » et à son enseignement, à une vie sacramentelle, à un catéchisme clair, à la transmission d’une foi entière, à une civilisation chrétienne reçue comme un héritage à faire fructifier. Voilà ce que je cherche. Voilà ce que je défends. Et voilà pourquoi vos querelles me lassent, m’attristent et me blessent.

La FSSPX gagnerait sans doute à créer davantage de liens avec les instituts issus d’*Ecclesia Dei*, à sortir parfois d’un isolement qui nourrit aussi les malentendus. Et ces instituts, de leur côté, gagneraient parfois à retrouver un peu de la fermeté, de la combativité et du sens du combat que la FSSPX a su conserver. Chacun a quelque chose à apporter à l’autre. Chacun pourrait compléter l’autre sans se renier.

Et plus encore : tous ces instituts devraient passer davantage de temps à prier ensemble, à demander la reconnaissance et la validation des sacres, à œuvrer pour ce qui fortifie durablement la Tradition, plutôt qu’à se surveiller, à se répondre, ou à se frapper les uns les autres.

Mais pour cela, encore faut-il accepter de se connaître réellement, de se parler, et de chercher d’abord à mener les âmes au Bon Dieu.

Je vous pose donc la question, simplement, à vous qui êtes prêtres de Jésus-Christ, qui célébrez la même messe à la virgule près, et servez les mêmes âmes : jusqu’où irez-vous dans cette logique de division ? Jusqu’où penserez-vous qu’il est normal de vous tenir à distance, de vous jauger, de vous soupçonner, de vous analyser, de vous critiquer, alors que tant de fidèles vivent déjà, concrètement, une proximité assumée ?

Car si certains voulaient affaiblir, étouffer ou dissoudre la Tradition, ils ne s’y prendraient pas autrement : ils laisseraient ses défenseurs s’user entre eux, se fatiguer en luttes secondaires, gaspiller leurs forces dans des rivalités internes pendant que l’essentiel vacille.

Ce que j’attends de vous n’est pas une unité de façade, ni un geste symbolique sans lendemain, ni un silence poli couvrant des hostilités intactes.

J’attends un peu plus d’humilité, un peu plus de charité : Un peu plus de sens du réel et surtout un peu plus de courage aussi.

Le courage de reconnaître ce qu’il y a de bon chez l’autre.
Le courage de cesser de traiter en adversaire celui qui, dans l’essentiel, est un allié.
Le courage, enfin, de servir la Tradition avant de servir son camp.

Car pendant que vous passez du temps à légitimer votre institut ou à décrédibiliser l’autre, à polémiquer sur les sacres, nous essayons d’élevons nos enfants.

Pendant que vous entretenez vos fausses prudences réciproques et vos stratégies de sacristie, nous essayons de transmettre la foi dans un monde qui la détruit partout. Pendant que vous vous observez entre instituts, en cherchant le mot, la formule ou l’article qui permettra de disqualifier l’autre, nous voulons simplement des prêtres qui nous aident à sauver nos âmes et celles de nos enfants.

Voilà pourquoi cette situation n’est plus seulement regrettable.

Elle devient, humainement et spirituellement incompréhensible.

Par pitié messieurs les abbés en charge des instituts choisissez mieux vos adversaires !

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

La fondation Jérôme Lejeune attaquée à l’Assemblée au sujet de l’avortement

Le député escrolo Sandra Regol est intervenu à l’Assemblée nationale lors des questions au gouvernement pour défendre le Planning familial et le massacre des enfants à naître (ce qui n’est pas vraiment écologique…) :

En mars 2024, nous inscrivions l’IVG dans la Constitution. Le lendemain, alors que nous fêtions encore cette victoire historique, le planning familial de Strasbourg était couvert du tag « Planning assassin ». Ce n’est que l’une des six dernières attaques que le Planning familial a subies ces cinq dernières années. Partout en France, la même tendance glaçante se dessine. Malgré des plaintes systématiquement déposées, malgré le fait que les auteurs revendiquent parfois leurs actes, on ne constate ni arrêt des attaques ni pressions sur les auteurs et leurs réseaux. Les salariés ont peur et un climat d’insécurité plane sur les militants et les militantes, comme sur les bénéficiaires du Planning familial partout en France. Le travail de cette structure se trouve ainsi mis en péril.

Citons brièvement deux autres exemples : en juin 2025, dans le Nord, « Stop IVG » était tagué sur le mur d’un planning familial ; en mai 2025, dans les Alpes-Maritimes, des militants du Planning ont été harcelés et cyberharcelés par le collectif d’extrême droite Eros.

Ces attaques ne viennent pas de nulle part. Un rapport du Forum parlementaire européen sur les droits sexuels et reproductifs révèle ainsi que la France est le deuxième –⁠ le deuxième ! – pays d’Europe, derrière la Hongrie, où les financements de campagnes antigenre, anti-IVG, pro-thérapies de conversion, et j’en passe, sont les plus élevés. Derrière 166 millions d’euros investis, on trouve principalement deux nébuleuses : celle de Pierre-Édouard Stérin et celle de la fondation Jérôme Lejeune. Alors que le financement de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle disparaît et que les dotations au Planning familial s’écroulent, ces réseaux d’extrême droite investissent des millions pour détruire nos droits, briser des vies, diffuser leur dangereuse idéologie jusque dans les écoles, les médias et –⁠ au moyen de cette assemblée – la loi.

Nos droits brûlent et vous regardez ailleurs : on ne compte aucune protection pour les plannings ni aucun budget pour leur permettre de lutter à armes égales. Quand allez-vous réagir, assurer leur protection et condamner ces réseaux qui les détruisent ? 

Réponse du ministre délégué chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé :

C’est l’honneur du Parlement d’avoir inscrit le droit et la liberté d’accès à l’avortement dans la Constitution, à l’issue d’un travail transpartisan que nous avons réussi à mener ensemble –⁠ je le dis devant la présidente de votre groupe, Cyrielle Chatelain.

Cependant, les anti-droits et les anti-choix n’ont jamais désarmé dans notre pays. Ils continuent à taguer, à menacer, à intimider, à financer et à tenter de désorienter les jeunes femmes qui souhaiteraient avoir simplement accès à leur liberté, désormais constitutionnellement garantie.

Face à cela, nous agissons. D’abord, en protégeant les lieux –⁠ je suis en contact très régulier avec la présidente du Planning familial pour garantir, en lien avec le ministère de l’intérieur, la protection de ses structures et les accompagner vers des dépôts de plainte systématiques. Vous avez raison de rappeler que le Planning familial, notamment à Strasbourg, a été particulièrement ciblé, à plusieurs reprises –⁠ je m’y étais justement rendue pour témoigner du soutien du gouvernement et de l’État. Ensuite, les moyens alloués aux associations ont plus que triplé en dix ans –⁠ même s’il est vrai que ceux que leur allouent certaines collectivités locales ont parfois baissé.

Dans le budget pour 2026 que nous avons présenté, le soutien de l’État aux associations continue d’augmenter.

La mobilisation est donc générale pour nos libertés, nos droits, nos choix d’accès à l’IVG partout sur le territoire. Nous mettons tout en œuvre pour garantir le libre accès à l’avortement, soutenir les associations et lutter fermement contre ceux qui préfèrent désinformer, désorienter et manipuler –⁠ en France, ils ne doivent pas pouvoir gagner !

Réponse de Sandra Regol :

Ce sont des mots. La réalité, c’est que ces réseaux agissent dans l’impunité la plus totale. Vous n’en avez rien dit. Vous les laissez donc agir : c’est de la non-assistance à droits en danger !

Saint Augustin : ses écrits, ses enseignements, sa spiritualité et son invitation à la recherche de Dieu et de la vérité sont plus que jamais nécessaires 

S’adressant aux journalistes dans l’avion qui l’emmène au Cameroun, le pape Léon XIV est revenu sur sa visite en Algérie et a insisté sur saint Augustin :

Comme vous le savez, nous avons effectué des visites très spéciales, notamment à la basilique Notre-Dame d’Afrique et à la basilique Saint-Augustin, située sur la colline qui surplombe la ville moderne d’Annaba, ainsi qu’aux ruines de la cité romaine d’Hippone. Ce lieu revêt, à mon sens, une importance symbolique considérable, car saint Augustin, évêque d’Hippone pendant plus de trente ans, est une figure profondément ancrée dans le passé, qui nous parle de la tradition et de la vie de l’Église à ses débuts. Et pourtant, il demeure une figure essentielle aujourd’hui, car ses écrits, ses enseignements, sa spiritualité et son invitation à la recherche de Dieu et de la vérité sont plus que jamais nécessaires ; un message d’une grande actualité pour nous tous, croyants en Jésus-Christ, mais aussi pour tous les êtres humains.

La problématique de la guerre juste est une question morale

Suite aux critiques de Donald Trump contre le pape (je remarque en passant que depuis ces critiques, tout le monde soutient désormais le pape, y compris les gauchistes et les anti-cléricaux…), le vice-président américain JD Vance, qui est catholique, a également critiqué Léon XIV :

«De la même façon qu’il est important pour le vice-président des États-Unis de faire attention quand je parle de sujets de politiques publiques, je pense qu’il est très, très important pour le pape de faire attention quand il parle de sujets de théologie». «J’ai beaucoup de respect pour le pape. Je l’apprécie, je l’admire. J’ai pu le connaître un petit peu.» “Oui, je pense que, dans certains cas, il vaudrait mieux que le Vatican s’en tienne aux questions morales, à ce qu’il se passe au sein de l’Église catholique et laisse le président des États-Unis se charger de définir la politique publique américaine”

Réponse d’un prêtre catholique :

“Quand le Pape dit : « Dieu n’est pas du côté de ceux qui manient l’épée » (Matthieu 26:52), il ne nie pas la tradition de la “guerre juste” de l’Église. Il nous appelle à revenir au cœur du Christ. Dans Matthieu 26:52, Jésus dit : « Tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée. » Il nous enseigne aussi à aimer non seulement nos amis, mais nos ennemis (Matthieu 5:44), à refuser la riposte (Matthieu 5:39), et finalement, Il se soumet à la Croix sans violence. Cela montre une direction claire : le Royaume de Dieu ne se construit pas par la force. Comme Il le dit : « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés enfants de Dieu » (Matthieu 5:9). Le Christ ne présente pas la violence comme quelque chose qui reflète la nature de Dieu. Il se laisse tuer plutôt que de se défendre par la force. C’est là le cœur du message de l’Église.

Qu’est-ce que la théorie de la guerre juste ? La théorie de la guerre juste a été développée principalement par saint Augustin et affinée plus tard par saint Thomas d’Aquin. Ce n’est pas une justification de la violence, mais un cadre moral strict destiné à la limiter. Elle accepte que, dans un monde déchu, l’usage de la force puisse parfois être toléré, mais seulement sous des conditions graves. Il doit y avoir

1/ une cause juste, comme la défense de la vie innocente ou la résistance à une grave injustice. Elle doit être déclarée par

2/ une autorité légitime.

3/ L’intention doit être droite, non motivée par la vengeance, la haine ou la conquête, mais par le désir de restaurer la justice et la paix.

4/ La guerre doit vraiment être le dernier recours, après que toutes les options pacifiques sérieuses ont été épuisées.

5/ Il doit y avoir une réelle probabilité de succès, afin que des vies ne soient pas gaspillées dans un conflit sans espoir.

6/ La réponse doit être proportionnée, ce qui signifie que le mal causé ne doit pas être plus grand que le mal combattu.

7/ Et même en temps de guerre, les civils et les non-combattants ne doivent jamais être délibérément visés.

Même avec toutes ces conditions, l’Église ne dit jamais que Dieu soutient la guerre. Au plus, elle dit que la responsabilité morale peut, dans des circonstances très limitées, tolérer l’usage de la force pour prévenir un mal plus grand. La paix reste l’objectif. La violence n’est jamais l’idéal.

Ce que je trouve difficile dans la réponse de Vance, c’est le ton envers le Pape. Cela donne l’impression qu’il essaie de corriger un langage théologique, comme si le Pape n’offrait qu’une opinion parmi d’autres. Mais le rôle du Pape est précisément de s’exprimer sur les questions morales et théologiques, surtout quand elles touchent à des enjeux réels comme la guerre et le pouvoir. À un niveau plus profond, cela ressemble à un choc entre le raisonnement politique et la logique de l’Évangile. Le Christ est la norme, pas la stratégie politique, pas le précédent historique. Tout doit être mesuré à son aune. Donc oui, l’Église a lutté avec la réalité de la guerre. Mais cela n’affaiblit pas le point du Pape. Si quoi que ce soit, cela le rend plus nécessaire. Dans un monde qui ne cesse de trouver des moyens de justifier la violence, l’Église doit continuer à pointer vers le Christ, qui n’a pas conquis par l’épée, mais par la Croix”

Fr. James A. Faith-Chat Platform

La justice devient cinglée

La ville de Rennes a décidé d’accorder plus de subventions aux associations sportives en fonction de la part de jeunes filles et d’enfants non binaires parmi les inscrits.

L’association Juristes pour l’Enfance avait déposé un recours mais avait été déboutée en première instance, les magistrats considérant que le but était de garantir l’accès au sport pour tous sans créer de nouvelle catégorie sexuelle.

L’association a fait appel, dénonçant une mesure idéologique portant atteinte à la neutralité du service public, au respect de la vie privée et au droit à la santé psychique des mineurs.

La cour administrative d’appel de Nantes vient de se prononcer, dans un arrêt rendu le 27 mars, donnant raison à la Ville de Rennes. Elle souligne notamment que la non-binarité du genre « n’est pas une idéologie mais un fait social, biologique et médical attesté ». La loi permet de déroger au principe d’égalité pour des raisons d’intérêt général. Or, il s’agit ici de « renforcer l’égal accès à la pratique sportive ». Pourtant, le rapporteur public avait estimé que la différence de traitement choisie par la ville de Rennes entre les adhérents n’était « pas adéquate ».

Les requérants ont encore la possibilité de saisir le Conseil d’État.

Pour mémoire, une personne non-binaire peut ne se sentir ni homme ni femme, les deux, ou toute autre combinaison des deux. Le terme « non-binaire » désigne toutes les possibilités en dehors d’une identité strictement féminine ou masculine. Sic.

Canada : sortir dans les rues pour la Fête-Dieu avec le Saint-Sacrement, une sorte de désobéissance civile !

La nouvelle loi canadienne contre les « discours de haine » a finalement exclu les citations de la Bible, mais en revanche le fait de nommer une personne selon le prénom qu’elle avait avant sa « transition de genre », autrement dit selon son prénom normal, est un délit de « violence émotionnelle fondée sur le genre ».

Monseigneur Martin Laliberté, président de l’Assemblée des Évêques catholiques du Québec, a répondu aux questions du magazine Le Verbe sur cette loi :

L’Assemblée des évêques catholiques du Québec a été entendue aux audiences publiques le 4 février dernier. Sur les neuf recommandations que nous avons déposées, aucune n’a été retenue. Les évêques sont une quantité négligeable pour eux. On a fait notre part, mais la voix des évêques, ce n’est pas la voix du peuple. On encourage cette pétition pour que le peuple s’exprime.

Les politiciens accordent beaucoup d’importance à l’opinion populaire et leur idée au sujet de la loi 9, c’est qu’elle est acceptée par tout le monde. Ce n’est peut-être pas si vrai que ça. Si la pétition est signée par plusieurs, ce sera le meilleur argument contre cette idée préconçue.

Bon nombre de Québécois sont contre, c’est important de dire qu’on ne croit pas à ce projet de loi là. Le gouvernement veut évacuer tout ce qui est religieux de la sphère publique. Mais le droit de pratiquer sa religion, c’est un droit fondamental, c’est dans la Déclaration des Droits de l’Homme, c’est le fondement du droit international. Ce projet de loi est pernicieux, car le gouvernement se sert de la clause dérogatoire pour enlever des libertés et des droits sous prétexte de gros problèmes de religion au Québec. C’est faux!

Sur les neuf recommandations qui n’ont pas été retenues par le gouvernement, certaines sont plus importantes. Lesquelles?

La plus grave, c’est la question de la définition de la pratique religieuse. On leur a demandé de revoir leur définition. C’est bâclé et surtout ça démontre une ignorance du fait religieux. Ils n’ont consulté aucun expert en la matière, c’est évident. La religion, ce n’est pas que des pratiques; c’est ce qui donne sens à la vie pour le croyant, peu importe sa foi. On est croyant tout le temps; pas juste à la maison! C’est une manière d’être. C’est une identité profonde.

« Est une pratique religieuse au sens du présent article et de l’article 10.2 toute action, à l’exception du port d’un signe religieux, pouvant raisonnablement constituer, en fait ou en apparence, la manifestation d’une conviction ou d’une croyance religieuse. »

La deuxième, c’est l’interdiction de manifester dans l’espace public. Avec la loi 9, tout le monde a le droit de manifester, sauf les croyants. Ça s’appelle de la discrimination.

Et la troisième, c’est d’interdiction du port de signes religieux. On peut porter toutes sortes de signes dans notre société, mais pas celui d’une vie spirituelle? C’est, encore une fois, de la discrimination religieuse. C’est clair qu’on vise les femmes musulmanes qui portent le hijab, mais on étend cette interdiction à toutes les femmes, religieuses catholiques incluses, comme si ces femmes faisaient du prosélytisme à leur travail.

Qui est visé par la loi 9?

On veut toucher un groupe en particulier – les musulmans, mais encore là, une certaine catégorie de musulmans, les plus radicaux –⁠, mais on ne veut pas que ça paraisse. Alors, on fait une loi unilatérale, sans nuance, qui brime tout le monde. Et tout ça pour quelques prières de rues à Montréal, marginales, qui, dans les faits, étaient des manifestations politiques en soutien à Gaza. Comme les musulmans prient cinq fois par jour, ça s’adonne qu’ils ont prié pendant la manifestation. C’est tout!

Il y a des lois qui existent déjà pour contrôler ces choses-là. La municipalité a tous les leviers. On n’ose pas viser un groupe en particulier. Même chose avec l’école Bedford. Les centres de services scolaires ont déjà les règlements pour gérer ça. Qu’ils s’en servent!

Nous ne devions pas déjà obtenir l’autorisation de la municipalité pour les processions? Quelle sera la différence avec cette nouvelle loi ?

On n’a jamais eu besoin de demander la permission pour faire une procession religieuse. On s’entendait avec la ville pour respecter les questions de circulation, de sécurité, d’espace occupé. Là, ça change complètement; on n’a plus le droit de faire des processions avec cette nouvelle loi. Ça devient «une exception» que la municipalité peut accorder, ou non, dépendamment du fonctionnaire sur lequel tu tombes ce jour-là.

Le gouvernement du Québec passe par-dessus la Charte canadienne des droits et libertés de la personne. C’est grave! Le ministre Jean-François Roberge a voulu nous rassurer en nous disant qu’on allait pouvoir continuer à faire des processions, mais on sait bien qu’avec le temps, ça va devenir une impossibilité.

Au départ, le gouvernement refilait la décision aux conseils municipaux, lesquels allaient devoir voter chaque fois. Mais eux, ils ont refusé de gérer ça. Alors, le gouvernement a décidé de donner ça aux fonctionnaires. Pour nous, c’est du pareil au même! On sera lié au bon vouloir des fonctionnaires.

Si la pétition ne donne pas de résultat, allez-vous lâcher le morceau?

Je ne pense pas qu’on va lâcher le morceau. Si le vote passe rapidement – et ça, c’est mon opinion – je me dis qu’on pourrait tous sortir dans les rues pour la Fête-Dieu avec le Saint-Sacrement! Toutes les communautés, les paroisses, les groupes qui envahissent les rues, ça rendrait la tâche difficile pour les autorités! Une sorte de désobéissance civile, quoi.

Les sacres prévus par la FSSPX sont-ils légitimes ?

Source : https://claves.org/des-sacres-legitimes/

Œuvre d’un groupe de théologiens (Theologus), cet article a reçu un hommage appuyé du cardinal Sarah  :

“Un immense merci pour ce texte lumineux. Il éclairera les âmes désireuses de vivre leur Foi dans la Vérité, c’est-à-dire dans le Christ et dans Son Église. Depuis 2001 je fais partie de ceux qui aident le Souverain Pontife à choisir les Candidats à l’Épiscopat, après une longue et minutieuse enquête sur chaque candidat. Je suis douloureusement surpris et choqué qu’une simple décision d’un Supérieur de Communauté décide d’ordonner des « Évêques véritablement catholiques ». Merci pour ce texte merveilleux, clair et bien étudié. Nous devons savoir que ce n’est pas nous qui sauvons les âmes. C’est le Christ Seul qui sauve. Nous, nous ne sommes que des instruments entre Ses Mains.
Continuons à prier pour qu’on ne déchire pas de nouveau le Corps du Christ.”

Cardinal Robert Sarah

Quelle est l’argumentation fondamentale de la FSSPX en défense des sacres projetés pour le 1er juillet 2026 ?

 Elle est résumée de façon officielle dans une Annexe à la réponse de l’abbé Pagliarani au Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, le 18 février 2026 :

« Une consécration épiscopale non autorisée par le Saint-Siège, lorsqu’elle ne s’accompagne ni d’une intention schismatique, ni de la collation de la juridiction, ne constitue pas une rupture de la communion de l’Église. La constitution Lumen gentium sur l’Église énonce au chapitre III, au n° 21 [LG 21], que le pouvoir de juridiction est conféré par la consécration épiscopale. […]

L’argumentation qui voudrait conclure que seraient schismatiques les consécrations épiscopales à venir au sein de la Fraternité, repose tout entière sur le postulat du Concile Vatican II selon lequel la consécration épiscopale donne à la fois le pouvoir d’ordre et celui de juridiction ».

En quoi cette argumentation est-elle critiquable ?

Elle comporte deux grosses erreurs : une sur ce qu’affirme le Concile ; une sur l’argumentation de ceux qui s’opposent aux futurs sacres.

Que dit en fait le Concile ?

Il n’affirme pas que la consécration épiscopale confère le pouvoir de juridiction.

Le saint Concile enseigne que, par la consécration épiscopale, est conférée la plénitude du sacrement de l’Ordre […]. La consécration épiscopale, en même temps que la charge (ou fonction : munus) de sanctification, confère aussi les charges d’enseigner et de gouverner, lesquelles cependant, de par leur nature, ne peuvent s’exercer que dans la communion hiérarchique avec le chef du collège et ses membres (LG 21).

Pour bien comprendre le texte de LG 21, il faut préciser qu’une Note (Nota explicativa prævia) a été ajoutée à Lumen gentium à la suite des demandes d’éclaircissements de pères conciliaires, dont ceux du groupe dont faisait partie Mgr Lefebvre, le Cœtus internationalis Patrum.

Que dit la Note qui explique LG 21 ?

« Dans la consécration épiscopale est donnée la participation ontologique aux fonctions (munera) sacrées comme il ressort de façon indubitable de la Tradition et aussi de la tradition liturgique. De propos délibéré on emploie le terme de fonctions (munera) et non pas celui de pouvoir (potestas), parce que ce dernier pourrait s’entendre d’un pouvoir apte à s’exercer en acte. Mais pour qu’un tel pouvoir apte à s’exercer existe, doit intervenir la détermination canonique ou juridique de la part de l’autorité hiérarchique. […] Une telle norme ultérieure est requise par la nature de la chose, parce qu’il s’agit de fonctions qui doivent être exercées par plusieurs sujets qui, de par la volonté du Christ, coopèrent de façon hiérarchique. Il est évident que cette “communion” a été appliquée dans la vie de l’Église suivant les circonstances des temps avant d’avoir été comme codifiée dans le droit.

C’est pourquoi on dit expressément qu’est requise la communion hiérarchique avec le chef et les membres de l’Église. La communion est une notion tenue en grand honneur dans l’ancienne Église (comme aujourd’hui encore, notamment en Orient). On ne l’entend pas de quelque vague sentiment, mais d’une réalité organique, qui exige une forme juridique et est animée en même temps par la charité. » (Nota prævia, n. 2).

Y a-t-il ici une nouveauté erronée de Vatican II ?

Contrairement à ce que soutient la FSSPX, selon Vatican II il n’est pas question, dans ce que confère la consécration épiscopale, du pouvoir de gouverner (de juridiction), mais de charges ou fonctions. La FSSPX affirme donc – sans le prouver – un « postulat de Vatican II » prétendument erroné. 

D’ailleurs, un théologien « traditionaliste » reconnu, l’abbé Raymond Dulac, explique au contraire que dans le texte de LG 21, il n’y a pas de rupture avec la doctrine catholique antécédente : « Le sacre produit une destination innée, indélébile, inscrite dans le “caractère épiscopal” de gouverner une portion de l’Église, mais cette aptitude a besoin d’être réduite à l’acte par un vrai “pouvoir” de juridiction ». Et il parle « d’autorité radicale inscrite dans le sacre » (La collégialité épiscopale au deuxième concile du Vatican, Le Cèdre, 1979, pp. 119-120).

L’argumentation de ceux qui s’opposent aux futurs sacres repose-t-elle toute entière, comme le dit la FSSPX, sur cette supposée « erreur » de Vatican II ?

Non, car même si la FSSPX avait raison dans sa critique de Lumen gentium, ceux qui s’opposent à son raisonnement ne s’appuient pas sur cette question de la transmission du pouvoir de juridiction. 

L’argumentation de ceux qui s’opposent aux sacres de la FSSPX repose sur la nature même de l’épiscopat catholique, dont l’essence comporte la communion hiérarchique.

Comment préciser l’argumentation de ceux qui s’opposent aux futurs sacres ?

Comme on vient de le dire, ce qui est en cause dans les futurs sacres, ce n’est pas la réception ou non d’un pouvoir de juridiction. C’est le fait que toutes les fonctions reçues dans le sacre – y compris celle de la sanctification des baptisés par la collation de la confirmation et de l’ordre – « ne peuvent s’exercer que dans la communion hiérarchique avec le chef du collège et ses membres » ; et que ceci tient à « la nature même » de ces fonctions épiscopales.

Cela vaut-il aussi pour un évêque sans juridiction, comme un évêque titulaire ou un évêque émérite ?

Oui, un évêque qui n’a pas reçu de sujets à gouverner (évêque titulaire) ou qui est retiré (évêque émérite), ne confirme ou n’ordonne pas les sujets d’autres évêques dans l’Église, sans la permission de leurs Ordinaires propres. 

L’évêque titulaire est bien sacré sans qu’on lui ait conféré de juridiction actuelle, mais il exerce toujours cependant, dans l’ordre de la sanctification, sa « grâce de chef » reçue dans le sacre (cf. saint Irénée, Adversus hæreses, III, 17, 2) dans la communion hiérarchique avec le pape et les autres évêques.

Chaque fois qu’un évêque sans juridiction actuelle exerce son pouvoir sacramentel épiscopal, il le fait donc avec une mission reçue de ceux qui ont juridiction (évêques diocésains ou Supérieurs religieux).

Une mission particulière est-elle reçue pour les futurs évêques de la FSSPX ?

Non, ce n’est pas cela qui est envisagé pour les sacres de la FSSPX : « La situation présente, qui est celle d’une invasion généralisée et permanente du modernisme dans l’esprit des hommes d’Église, réclame, pour la sanctification et le salut des âmes, un épiscopat véritablement catholique et indemne des erreurs du concile Vatican II, tel qu’il ne saurait de fait se rencontrer en dehors de l’œuvre suscitée par Mgr Lefebvre » (Abbé Gleize, « Les sacres du 1er juillet 2026 », La Porte Latine, 11 février 2026). 

Dans la présentation d’un livre en italien, la FSSPX affirme qu’est nécessaire « la consécration d’évêques intégralement catholiques pour l’ordination de prêtres intégralement catholiques qui continueront à transmettre sans altération le Dépôt de la foi » (AA. VV., Al servizio della Chiesa. Le consacrazioni episcopali della Fraternità San Pio X, Edizioni Piane, 2026).

Il est donc envisagé que les futurs évêques de la FSSPX soient consacrés non seulement sans juridiction ni mission reçues mais aussi en-dehors de la communion hiérarchique catholique, puisque seule la FSSPX peut, à son avis, transmettre sans altération le Dépôt de la foi. 

Le sacre en dehors de (et a fortiori contre) la communion hiérarchique est-il un acte intrinsèquement mauvais ?

Oui, car un prêtre sacré sans recevoir de juridiction actuelle reçoit cependant toujours un pouvoir spirituel intrinsèquement ordonné au gouvernement de l’Église. Il ne peut recevoir, en dehors de toute injonction de ceux qui ont autorité dans l’Église (et a fortiori contre eux), une « grâce de chef », c’est-à-dire une puissance essentiellement ordonnée à un acte réservé, de droit divin, à ceux qui dans l’Église sont revêtus de l’autorité. 

Un sacre en-dehors de la communion hiérarchique revêt donc une grave viciosité qui est, sinon schismatique, du moins dans la ligne même du schisme. Pie XII qualifie ainsi la consécration reçue sans l’institution apostolique de « très grave attentat à l’unité même de l’Église », et il qualifie de « gravement illicite et sacrilège » l’usage du pouvoir d’ordre par des évêques ainsi consacrés (Encyclique Ad apostolorum Principis, 29 juin 1958).

Conférer ou recevoir l’épiscopat en-dehors de la communion hiérarchique est-il contraire au droit divin ?

Oui, car le Christ n’a pas établi les apôtres, ni les apôtres institué les évêques, leurs successeurs, comme des entités autonomes, sans lien entre elles. Parlant de la détermination requise pour la communion hiérarchique, la Nota Prævia dit bien : « Une telle norme ultérieure est requise par la nature de la chose, parce qu’il s’agit de fonctions qui doivent être exercées par plusieurs sujets qui, de par la volonté du Christ, coopèrent de façon hiérarchique » (n. 2).

La réception de l’épiscopat par des prêtres de la FSSPX le 1er juillet se ferait donc de façon autonome et sans aucun lien avec le reste de l’épiscopat catholique. Elle s’opposerait au fait que rappelait l’abbé Berto, théologien (peritus) de Mgr Lefebvre durant le concile Vatican II : « De droit divin, les évêques, même dispersés, sont un corps constitué dans l’Église  » (Pour la Sainte Église Romaine, Éd. du Cèdre, 1976, p. 242).

Et Pie XII souligne que les trois charges des évêques (y compris celle d’ordre) leur conviennent dans la subordination au Souverain Pontife : « par institution divine, vous appartient, à vous, successeurs des Apôtres, sous l’autorité du Pontife romain, en vertu d’une triple charge et prérogative (cf. can. 329), le magistère, le sacerdoce et le gouvernement (magisterium, sacerdotium, regimen) » (31 mai 1954, Allocution aux Cardinaux et évêques venus à Rome pour la canonisation de saint Pie X).

De tels sacres sont-ils exempts, comme le soutiennent leurs défenseurs, d’« intention schismatique » ?

Subjectivement, c’est possible. La grave et longue crise dans l’Église, notamment le fait que certains membres de la hiérarchie puissent parfois favoriser réellement l’erreur ou être complices de fauteurs d’erreurs, peut amener certains, de bonne foi, à perdre de vue des éléments essentiels de la doctrine catholique, comme la communion hiérarchique. Et l’intention subjective relève du jugement de Dieu. 

Mais objectivement, l’épiscopat lefebvriste ne peut se constituer qu’en niant la qualité de catholiques aux autres évêques : la FSSPX le reconnaît lorsqu’elle affirme qu’il faut constituer « un épiscopat véritablement catholique » pour « le salut des âmes ».

Comme l’a rappelé Mgr Marian Eleganti, « il ne s’agit pas principalement d’intentions, mais de faits et de comportements objectifs » (thecatholicherald.com, 9 mars 2026). Et Mgr Robert Mutsaerts a écrit : « La FSSPX dispose d’une hiérarchie parallèle (des évêques sans mandat pontifical), elle procède à des ordinations sans juridiction, et ignore souvent les évêques locaux » (lifesitenews.com, 12 mars 2026). 

La notion de l’épiscopat, telle que la FSSPX la met en avant, est-elle orthodoxe ?

 Malheureusement la FSSPX forge de plus en plus clairement une notion de l’épiscopat manifestement contraire à la Tradition catholique. Elle prétend en effet faire des évêques qui n’ont pas de relation au gouvernement réel de l’Église, et qui ne sont pas de « vrais princes dans la hiérarchie ecclésiastique » (Léon XIII, encyclique Sapientiæ christianæ, 10 janvier 1890). 

A contrario, la notion catholique de l’épiscopat est bien affirmée par saint Thomas : « L’évêque a un ordre par rapport au Corps mystique du Christ, qui est l’Église, sur laquelle il reçoit une charge principale et quasi royale » (Traité de la perfectione de la vie spirituelle, chap. 24, 4).

La Tradition s’exprime par ailleurs notamment dans les rites liturgiques et l’usage de l’Église, tant orientale qu’occidentale. Elle montre que, par les rites de la consécration épiscopale, les évêques, non seulement reçoivent un pouvoir d’ordre spécifique, mais tiennent la place du Christ comme Maître et Pasteur. Ainsi, le Pontifical romain traditionnel porte, pour tous les évêques, même ceux qui n’ont pas la charge d’un troupeau particulier : « Donnez-lui, Seigneur, une chaire épiscopale pour régir votre Église et le peuple qui lui est confié ». Et Benoît XIV invoque un autre texte du Pontifical : « Recevez l’Evangile, et allez l’annoncer au peuple qui vous est confié » (Lettre Apostolique au Cardinal delle Lanze, 4 août 1747).

La FSSPX au contraire promeut un épiscopat réduit à l’exercice du pouvoir d’ordre (ordonner des prêtres et confirmer des fidèles). Cela contredit le Concile de Trente, qui enseigne à deux reprises que « la prédication est la charge principale (præcipuum munus) des évêques » (Session 5, Decretum de reformatione, c. 2, et Session 24, Decretum de reformatione, c. 4 ; Mansi, 33, 30 et 159).

Y a-t-il un danger de dérives vers l’hétérodoxie ?

Oui. Pour la FSSPX, l’évêque est désigné par les supérieurs d’une société de vie apostolique particulière : la FSSPX. Un tel évêque n’est donc plus institué en union avec le pape et les autres évêques, il n’est plus membre d’un corps. 

Il y a là une hérésie au moins dans la pratique : « La doctrine catholique la plus élémentaire, enseigne en effet Pie IX, nous apprend que personne ne peut passer pour évêque légitime : 

  • s’il n’est pas rattaché par la communion de foi et de charité à la pierre sur laquelle a été bâtie l’Église du Christ, 
  • s’il n’adhère pas au pasteur suprême auquel ont été confiées, pour les conduire au pâturage, toutes les brebis du Christ, 
  • s’il n’est pas lié à celui qui confirme ses frères qui sont en ce monde »

(Lettre apostolique Etsi multa luctuosa, 21 novembre 1873).

 D’autre part, la notion de l’épiscopat formulée par la FSSPX est prétendument réduite à la fonction de distributeur des sacrements par les évêques sur l’injonction des supérieurs de la FSSPX.

De tels évêques disent ne pas avoir de juridiction mais ils s’attribuent pourtant, pour confirmer et ordonner, une juridiction sur des sujets qui ne sont pas les leurs. Un des signes de l’insincérité de cette absence de juridiction, c’est précisément l’usage dans les cérémonies pontificales de la FSSPX de nombreux signes des pouvoir d’enseignement et de gouvernement : la mitre, la crosse, le trône, etc. Alors que de tels signes liturgiques ne sont absolument pas requis à la validité de l’usage du pouvoir d’ordre épiscopal.

La conception d’un épiscopat réduit au pouvoir d’ordre s’oppose ainsi pratiquement à l’affirmation révélée selon laquelle les évêques sont « posés par le Saint-Esprit pour gouverner (paître, poimainein) l’Église de Dieu » (Ac 20, 28) .

Rencontre des Maires pour le Bien Commun vendredi 29 mai à Paris

Le thème central sera le nouveau mandat municipal 2026-2032 et le renforcement du réseau des élus des maires pour le bien commun.

L’invité politique sera Nicolas Dupont-Aignan, maire de Yerres (plébiscité avec 80% des voix au 1er tour pour son … 7ème mandat), ancien député de l’Essonne. Il viendra présenter son expérience d’élu local :

  • Ses réalisations marquantes
  • Sa vision de la nécessaire “réforme de la réforme” territoriale pour redonner aux maires le pouvoir et les moyens de servir véritablement le bien commun de leurs villes ou villages. Il faudra réclamer cette réforme aux candidats aux élections présidentielles 2027 !

Programme de la journée :

  • 9h présentation de la charte qui inspirera le nouveau mandat municipal,
  • 10h, des maires de MBC présenteront leurs réalisations conformes
  • 11h30 Nicolas Dupont-Aignan, maire de Yerres, ancien député de l’Essonne, président de « Debout La France », présentera ses réalisations concrètes d’élu local et sa vision d’une « réforme de la réforme » territoriale.
  • 13h : buffet
  • 14h30, deux initiatives importantes pour les maires seront présentées :
    • Maître Virginie de Araujo Recchia (présidente d’ONEST), avocat, détaillera les règles de la liberté d’expression des élus et la liberté religieuse au sens de l’article 9 de la CEDH (Cour Européenne des Droits de l’Homme)
    • Guillaume de Thieulloy, directeur du Salon Beige, présentera ses initiatives de presse pouvant être utiles au réseau des élus locaux
  • A 15h30, les actualités de « l’EVARS, un an après » seront présentées : bilan de la 1ère année du collectif RFE (Renaissance Famille Education), ainsi que l’expérience d’autres associations menant le même combat.

Chaque conférence sera suivie d’un débat que le déjeuner-buffet permettra d’approfondir.

Contact : contact.mairesmbc@gmail.com

Gustave Thibon : Une leçon de sagesse éternelle face au tumulte moderne

Les grands esprits sont de tous les temps. Dans le fracas de nos déroutes modernes, les certitudes de Gustave Thibon demeurent ce socle de pierre contre lequel l’écume vient se briser sans nous ébranler.

Gustave Thibon : Philosophe de l’Espérance et de l’Harmonie

Le site des archives de Radio-Canada propose un entretien exceptionnel datant de 1978 avec celui que l’on surnommait affectueusement « le philosophe-paysan », Gustave Thibon. Dans cet échange d’une profondeur rare, l’auteur de L’Équilibre et l’Harmonie livre une véritable leçon de sagesse chrétienne et de bon sens, plus que jamais prophétique pour notre temps.

Présentation:

La philosophie comme changement d’âme
Loin des systèmes clos et de l’intellectualisme desséché, Thibon rappelle que la philosophie ne vaut que si elle change l’homme intérieur. Pour lui, elle ne consiste pas à apporter des réponses définitives, mais à apprendre à « poser très sérieusement les questions ». Il fustige avec une ironie mordante ces « spécialistes » qui débattent de la vérité et du bien sans que leur propre vie en soit transformée.

« Si la philosophie ne change pas l’homme, à quoi sert-elle ? » interroge-t-il, faisant écho à Pascal pour qui toute la philosophie ne valait pas une heure de peine si elle ne conduisait pas à l’essentiel.

L’harmonie contre la “massification”

Un point central de l’entretien porte sur sa critique de la société moderne et de son péché originel : l’égalitarisme. Thibon y oppose deux concepts fondamentaux :

L’équilibre : purement quantitatif, qui peut n’être qu’un « équilibre de la terreur » ou de vices.

L’harmonie : qualitative, qui est la convergence d’inégalités vers un but commun, à l’image d’une mélodie.

Face à la « massification » qui broie les âmes, il préconise de « ventiler les masses » en revenant aux communautés naturelles : la famille, le village, les groupes organiques où l’homme n’est pas qu’une étiquette dans un casier.

Un regard sur la fin dernière

Enfin, Thibon aborde avec une sérénité poignante la question de la mort, définie comme un « apprentissage des valeurs que la mort ne nous enlèvera pas ». Il dénonce avec vigueur l’acharnement thérapeutique artificiel — qu’il qualifie de criminel — car il prive l’homme de la dignité de sa « propre mort ».

Pour Thibon, plus la pensée mûrit, plus le mystère s’épaissit, mais c’est un mystère habité. Un entretien essentiel pour redécouvrir une pensée qui ne cherche pas à expliquer l’univers, mais à nous préparer au moment où le voile se lèvera.

Un document à visionner et à méditer pour quiconque cherche à rester « vivant » jusqu’au bout.

Vous trouverez ci-dessous la vidéo de l’entretien et sa retranscription intégrale. La profondeur des propos de Gustave Thibon exige cette pause : ce grand Sage mérite que l’on sache habiter le silence entre ses phrases… Bonne écoute et bonne lecture !
VIDEO:

https://www.youtube.com/watch?v=mcke85qiK0I

et retranscription intégrale de cette interview exceptionnelle!:
https://lafontsergyl.com/2026/04/15/en-1978-rencontre-avec-le-philosophe-francais-gustave-thibon/

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L’ecclésiologie en trompe-l’œil de la Fraternité Saint-Pierre par l’abbé Gleize de la FSSPX

Source : https://fsspx.news/fr/news/lecclesiologie-trompe-loeil-la-fraternite-saint-pierre-58510

Le légalisme de la Fraternité Saint-Pierre prend la fuite devant le loup et abandonne les brebis.

« Des sacres légitimes ? ». C’est l’intitulé d’un texte signé « Theologus » et publié sur la page du 11 avril 2026 de leur site internet « claves.org »(1) par les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre. Ceux-ci essayent d’y démontrer que l’argumentation présentée par la Fraternité Saint-Pie X pour établir la légitimité des consécrations épiscopales qu’elle s’apprête à accomplir, le 1er juillet prochain, serait vaine.

Ce genre de propos n’est pas nouveau. Depuis le début en effet, c’est-à-dire depuis « l’été 1988 », les prêtres décidés à ne pas suivre Monseigneur Lefebvre, dans la décision qu’il avait prise de se donner des successeurs dans l’épiscopat, se sont efforcés de justifier leur attitude. Ce furent principalement les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre alors naissante, et parmi eux l’abbé Josef Bisig(2). Et ils l’ont fait en présentant l’initiative des sacres comme aboutissant à un épiscopat non catholique, un épiscopat schismatique, un épiscopat véhiculant une hérésie implicite. Remise en avant par le Père de Blignières(3), l’étude de l’abbé Bisig inspire pour une bonne part la réflexion actuelle des prêtres de la Fraternité Saint-Pierre, en particulier telle qu’elle s’exprime dans le texte mis en ligne le 11 avril(4).

La nouveauté, s’il en est une, est de s’en prendre aux arguments avancés par la Fraternité Saint-Pie X à l’occasion de l’annonce des futurs sacres du 1er juillet 2026. Et de faire accompagner l’étude d’un « hommage appuyé » du cardinal Sarah.

L’hommage du cardinal Sarah qualifie le texte de « lumineux », de « merveilleux, clair et bien étudié ». Il réitère surtout ce qui apparaît comme l’un des postulats adopté par tous ceux qui contestent le bien-fondé des sacres d’Ecône : « Nous devons savoir que ce n’est pas nous qui sauvons les âmes. C’est le Christ Seul qui sauve. Nous, nous ne sommes que des instruments entre Ses Mains ». Ce n’est pas nous qui sauvons l’Eglise, mais c’est l’Eglise qui nous sauve, écrivait déjà l’abbé Bisig(5). Comme si le Corps mystique du Christ était autre que les membres du Christ … Il y a là une conception de l’Eglise qui tendrait à faire de ses membres de purs instruments inertes, ou de purs spectateurs, et non acteurs, de leur salut. Luther et Calvin y avaient pensé – mais le concile de Trente nous rappelle que Dieu nous invite à faire ce que nous pouvons et à demander ce que nous ne pouvons pas(6). Et faire ce que nous pouvons, n’est-ce pas contribuer chacun à son niveau, avec les grâces reçues de Dieu, à sauver l’Eglise en sauvant les âmes dans et par l’Eglise ?…

La réfutation des arguments avancés par la Fraternité Saint-Pie X voudrait tenir en deux points, et nous en montrerons l’inanité dans un prochain article du Courrier de Rome. Ce qu’il importe de souligner ici, c’est que, avant de s’affairer à cette réfutation, les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre commencent par présenter lesdits arguments comme constituant « l’argumentation fondamentale de la Fraternité Saint-Pie X en défense des sacres projetés pour le 1er juillet 2026 ». Et c’est ici que, déjà, tout s’écroule, puisque, à la vérité, là n’est pas « l’argumentation fondamentale » de la Fraternité Saint-Pie X. Les écrivains de la Fraternité Saint-Pierre l’avouent d’ailleurs eux-mêmes lorsqu’ils présentent cette argumentation comme étant « résumée de façon officielle dans une Annexe à la réponse de l’abbé Pagliarani au Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, le 18 février 2026 ».

Précisément, il s’agit ni plus ni moins que d’une « Annexe » et celle-ci a pour objet un point technique d’ecclésiologie, dont l’explication veut seulement servir d’appui – un appui annexe – à l’argumentation principale de la Fraternité, laquelle est ailleurs. Elle est précisément dans le texte de la Lettre adressée par l’abbé Pagliarani au cardinal Fernandez(7). Elle est aussi dans le sermon prononcé par le même Don Davide au Séminaire de Flavigny, le 2 février dernier, à l’occasion des cérémonies de prise de soutane et lorsque le Supérieur Général de notre Fraternité annonça les sacres pour le 1er juillet prochain(8). Elle est enfin, et encore, dans les réponses que Don Davide donna, le 7 février dernier, aux jeunes réunis pour l’Université d’hiver organisée par le District de France de la Fraternité(9).

Cette « argumentation fondamentale » repose sur la réalité de l’état de nécessité, réalité notablement aggravée depuis l’été 1988, et qui réclame, une fois encore, la consécration de nouveaux évêques pleinement catholiques pour le salut des âmes. Ne sont-ce d’ailleurs pas les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre qui sont bien obligés de reconnaître les premiers que les promesses qui leur avaient été faites le 2 juillet 1988 avec le Motu proprio Ecclesia Dei afflicta n’ont pas été tenues ? … Promesses que menace toujours le Motu proprio Traditionis custodes.

De cet état de nécessité, les prêtres de la mouvance Ecclesia Dei, on le voit bien, évitent trop souvent de parler. Le Père de Blignières le minimise de plus en plus10. Les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre n’en parlent pas. C’est pourtant cet état de nécessité qui justifie, à lui seul, l’initiative des sacres. Et il la justifie parce que la loi suprême, dans l’Eglise, est bel et bien le salut des âmes, contre lequel aucune disposition du droit de l’Eglise ne saurait prévaloir. Dans le texte paru le 11 avril dernier, cet argument fondamental est totalement occulté. Les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre, dans une analyse pointue et difficile, détournent l’attention de leurs lecteurs sur l’un ou l’autre point de la nouvelle ecclésiologie de Vatican II, dont la Fraternité Saint-Pie X a justement dénoncé la fausseté. Mais ce n’est pas la réfutation de ces points de la nouvelle ecclésiologie qui représente la raison profonde sur laquelle ladite Fraternité entend s’appuyer pour justifier les consécrations épiscopales.

La Fraternité Saint-Pie X, certes oui, conteste l’idée absolument nouvelle selon laquelle le sacre donnerait par lui-même non seulement le pouvoir d’ordre mais encore le pouvoir de juridiction et la même Fraternité montre aussi que conférer l’épiscopat à l’encontre de la volonté du Pape n’est nullement une action intrinsèquement mauvaise ou contraire au droit divin. Mais ces discussions de spécialistes, si elles gardent toute leur importance, font ici figure de miroir aux alouettes : elles évitent de regarder en face la véritable raison qui justifie les sacres : l’état de nécessité, la situation de crise généralisée dont l’Eglise est loin d’être sortie et où les détenteurs de l’autorité suprême abusent de leur pouvoir au grand et grave préjudice du salut des âmes.

Sans doute, oui, s’il n’y a pas d’état de nécessité, si l’Eglise est dans un état normal, si le Pape agit en véritable Vicaire du Christ pour exercer son pouvoir au bénéfice du salut des âmes, en condamnant toutes les erreurs qui menacent la foi des fidèles, alors oui, il n’est pas légitime de consacrer des évêques contre la volonté du Pape et les normes habituelles du droit de l’Eglise gardent toute leur force pour interdire une telle initiative. Mais c’est la circonstance extraordinaire de la crise, c’est la situation inhabituelle où la personne d’un Pape, comme le dit Cajetan, refuse de se soumettre à son office de Pape, qui fait toute la différence. Occulter cette circonstance et raisonner comme si l’Eglise de l’après Vatican II était dans le même contexte que sous saint Pie X ou Pie XII, c’est sombrer dans le légalisme le plus étroit – et s’interdire de venir au secours des âmes.

« Nous sommes bien obligés de constater » : c’est la phrase clé qui résume toute l’attitude de Mgr Lefebvre, phrase du Bon Pasteur qui donne sa vie pour les brebis. Le légalisme de la Fraternité Saint-Pierre, lui, prend la fuite devant le loup et abandonne les brebis.

Abbé Jean-Michel Gleize

1

Des sacres légitimes ?

2
« Du sacre épiscopal contre la volonté du Pape, avec application aux sacres conférés le 30 juin par Mgr Lefebvre ». Essai théologique collectif de membres de la Fraternité Saint Pierre, sous la direction de Monsieur l’abbé Josef Bisig, 1988, 2e édition partiellement augmentée et corrigée, sans date.

3
Sur la page du 30 septembre 2022 du site de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier.

4
Ce n’est pas la seule. Dans une conférence donnée le 8 avril dernier à Paris, l’abbé Hilaire Vernier développe le même type d’arguments pour tenter de prouver qu’il serait « contraire au droit divin de conférer l’épiscopat contre la volonté du Pape, même sans vouloir lui donner une juridiction ».

5
En guise de citation conclusive, à la page 75 de l’Essai déjà cité.

6
Concile de Trente, session 6 sur la justification, chapitre 11 (DS 1536).

7
https://fsspx.news/fr/news/lettre-labbe-pagliarani-au-cardinal-fernandez-57309

8
https://fsspx.news/fr/news/abbe-pagliarani-des-sacres-par-fidelite-leglise-et-aux-ames-57017

9
https://fsspx.news/fr/news/labbe-pagliarani-repond-aux-questions-des-jeunes-sur-la-decision-des-sacres-57769

10
https://fsspx.news/fr/news/le-pere-blignieres-et-lunite-leglise-58077

(Source : FSSPX Actualités)
Illustration : FSSPX – Mois de Rome des séminaristes – Basilique Saint-Paul-Hors-les-Murs

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Pourquoi est-ce maintenant que tout part en vrille ?

Demandez à votre député de soutenir le référendum sur l’euthanasie

Aujourd’hui, une actualité majeure ouvre une voie décisive : il est possible de porter ce débat au plus haut niveau démocratique.

Une initiative nouvelle au Sénat

Une proposition de loi vient d’être déposée : la proposition de loi n°510 (2025-2026), intitulée « Exclure de la notion de soin la provocation active de la mort ».

Déposée le 7 avril 2026 par le sénateur Francis Szpiner, elle est d’une grande clarté : un article unique affirmant que provoquer la mort ne peut être considéré comme un soin.

Cette initiative peut ouvrir la voie à une procédure référendaire prévue par la Constitution.

Une voie démocratique forte

Ce mécanisme permettrait :

  • de redonner la parole aux Français
  • de sortir d’un calendrier précipité
  • d’élever ce débat au niveau qu’il mérite

Sur un sujet aussi grave, donner la mort ou protéger la vie, il est juste que le peuple tranche.

Un moment politique décisif

Ce processus s’inscrit dans le temps long : il pourrait croiser le débat des prochaines élections présidentielles et obliger les responsables politiques à se positionner clairement.

Agissez dès maintenant !

Contactez votre député et demandez-lui clairement :

  • de co-signer la proposition de loi n°510 déposée par le sénateur Francis Szpiner
  • de permettre ainsi un référendum sur la fin de vie

Vous pouvez écrire simplement :

“Sur un sujet aussi grave que la fin de vie, je vous demande de soutenir en la co-signant la proposition de loi n°510 déposée par le sénateur Francis Szpiner et toute démarche permettant aux Français de s’exprimer par référendum.”

Contactez votre député

via notre outil en ligne

La date limite est le 22 avril : contactez le dès maintenant.

Juristes pour l’enfance invite le Conseil des droits de l’Homme à recommander à la Grèce et à l’Irlande d’interdire toute forme de GPA

Communiqué de Juristes pour l’enfance :

A l’occasion de l’Examen Périodique Universel (EPU) de la Grèce et de l’Irlande par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, Juristes pour l’Enfance adresse deux contributions officielles.

Ces documents dénoncent auprès du Conseil des droits de l’Homme la législation de l’Irlande et la Grèce, deux États membres de l’Union européenne qui autorisent la gestation pour autrui (GPA), présentée comme « altruiste » et encadrée.

En Grèce, la GPA est autorisée depuis 2002 (lois 3089/2002, 3305/2005, 4272/2014 et 5197/2025) : la mère porteuse ne doit avoir aucun lien génétique avec l’enfant, issu obligatoirement de l’ovocyte d’une autre femme ; la loi prévoit une autorisation judiciaire préalable et un dédommagement de la mère porteuse de 10 000 € (ou 15 000 € en cas de grossesse multiple) pour « souffrance/fatigue ». Un scandale révélé en 2023 au Mediterranean Fertility Center en Crète a mis au jour un vaste réseau de traite de femmes migrantes, falsification de documents et exploitation, démontrant l’échec de la réglementation sur la GPA à protéger les femmes et les enfants de trafics les plus sombres.

En Irlande, la Health (Assisted Human Reproduction) Act 2024 encadre une GPA dite “altruiste”, avec approbation par l’AHRRA et possibilité de GPA internationale. La mère porteuse peut percevoir des indemnités incluant la perte de revenus (jusqu’à 12 mois), ce qui s’apparente à une rémunération indirecte.

Juristes pour l’Enfance rappelle, dans ses deux contributions, que la GPA, même prétendument « altruiste », contrevient à la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), et notamment :

– à l’article 7 (droit de l’enfant de connaître ses parents et d’être élevé par eux) ;

– à l’article 35 (protection contre la vente et la traite d’enfants).

La pratique de la GPA prive l’enfant de sa filiation maternelle de naissance par décision de justice et traite l’enfant comme un objet de contrat, réalisant un acte de disposition sur sa personne (abusus), assimilable à une nouvelle forme d’esclavage au sens de la Convention de Genève de 1926.

Juristes pour l’enfance souligne que la GPA constitue une forme de vente d’enfant au sens du Protocole facultatif à la CIDE (2000), comme cela a pu être considéré par plusieurs instances onusiennes :

– la Rapporteuse spéciale sur la vente et l’exploitation sexuelle d’enfants (2018) ;

– le Comité des droits de l’enfant (2019) ;

– et surtout le rapport de Reem Alsalem, Rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes et les filles (juillet 2025), qui qualifie la GPA d’exploitation et de violence systémique et appelle à son éradication sous toutes ses formes.

Constatant que la gestation pour autrui ne peut pas faire l’objet d’une législation respectueuse des droits de l’enfant, Juristes pour l’enfance invite le Conseil des droits de l’Homme à recommander à la Grèce et à l’Irlande d’interdire toute forme de gestation pour autrui sur leur territoire. C’est à cette condition qu’ils respecteront leurs engagements internationaux et protégeront réellement les droits fondamentaux des enfants.

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