La République tchèque abandonne la Convention d’Istanbul sur l’idéologie du genre
Le gouvernement tchèque a révoqué une décision du cabinet précédent sur la ratification de la Convention d’Istanbul, mettant officiellement fin à son examen au niveau gouvernemental.
Cette décision renverse une résolution adoptée en juin 2023 par le gouvernement de Petr Fiala, qui appelait à la poursuite du processus de ratification de la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, communément appelée Convention d’Istanbul.
Cette décision fait suite à la position prise par le Sénat tchèque, qui a refusé de soutenir la ratification de la convention le 24 janvier 2024. À l’époque, le document n’a pas réussi à obtenir la majorité requise.
Au cours du débat, les sénateurs opposés à la ratification ont fait valoir que le document contenait des dispositions idéologiques allant au-delà de la lutte contre la violence. Le sénateur Zdeněk Hraba a décrit la convention comme un “document idéologique”, tandis que le vice-président du Sénat, Jiří Oberfalzer, a noté que le texte utilise à plusieurs reprises le terme “genre” au lieu du sexe biologique.
Comme alternative, l’Institut Ordo Iuris de Pologne a rédigé une Convention relative aux droits de la famille. Selon ses auteurs, le document protège la famille en tant qu’unité fondamentale de la société, définit le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme et ne contient aucune disposition idéologique associée à la théorie du genre.
3 adolescents sauvent une église d’un incendie
Un incendie s’est déclaré mardi 7 juillet dans la chapelle du Christ, datant du XVIᵉ siècle, à l’intérieur de l’église de Perriers-sur-Andelle, dans l’Eure.
Grâce à l’intervention rapide de plusieurs personnes avant l’arrivée des secours, le feu n’a pas atteint la charpente.
Lenny, 15 ans, et Mathias, 16 ans, sont allés chercher les extincteurs du presbytère afin de poursuivre la lutte contre l’incendie en attendant l’arrivée des sapeurs-pompiers. Nathan est intervenu pour s’assurer qu’aucun autre foyer ne s’était déclaré dans l’édifice.
Selon les pompiers, sans cette intervention rapide, le feu aurait très probablement gagné la charpente, avec des conséquences qui auraient pu être dramatiques.
Le député Anne Bergantz appartient à un courant qui a décidé d’éliminer les plus vulnérables
Christophe Billan, ancien président du mouvement Sens commun, adresse dans Valeurs actuelles une lettre ouverte au député MoDem Anne Bergantz. Il l’accuse d’avoir, en votant en faveur de la loi sur l’aide à mourir, participé à un « simulacre de démocratie » et à une rupture avec les fondements éthiques de la civilisation française.
Madame la députée,
Vous avez, hier, et pour la troisième fois, voté en faveur de la loi sur l’aide à mourir. J’ai lu avec intérêt le courrier que vous avez adressé à un grand nombre d’électeurs de votre circonscription. Les arguments qui y sont développés sont emblématiques de deux réalités tragiques : le simulacre de démocratie dans lequel nous évoluons, mais également le rôle central joué par votre courant politique dans l’affaissement de notre civilisation.
Votre lettre reprend scrupuleusement tous les éléments de langage du gouvernement et, plus largement, du courant qui œuvre insidieusement, depuis de longs mois, à ce passage en force. Au cours des neuf dernières années, nous nous sommes accoutumés aux éléments de communication des différents gouvernements macroniens, qui ont nié, puis relativisé le réel avant d’abdiquer devant lui. Nous avons pris l’habitude du mépris qui accompagne cette approche à l’égard de ceux qui n’acceptent pas la négation du réel et les effets du chaos qui en découlent. Mais cette loi inique a franchi une limite que nous pensions sacrée. En outre, nous savons désormais que le simulacre remplace systématiquement et intégralement le jeu démocratique.
Vous le savez, Madame : le simulacre est une apparence qui s’impose comme une réalité. Ces faux-semblants sont comme des ombres chinoises qui s’agitent au fond de la grotte. Elles ne sont pas des « animaux », mais la supercherie d’une main qui mime une forme. Vous contribuez à entretenir cette illusion, car vous avez instauré une confusion entre deux notions radicalement antagonistes : tuer et soigner.
Simulacre de débats contradictoires, de fausses délibérations, dans un mélange de cynisme, d’arrogance et de mépris pour tous ceux qui, durant des siècles, ont tenté de préserver le statut des plus vulnérables. Simulacre dans le dévoiement des mots employés pour dissimuler le réel : vous parlez « d’aide à mourir » pour ne pas dire suicide ou euthanasie. Vous insistez sur la « collégialité », quand, dans les faits, la personne vulnérable sera seule. Ni ses proches ni d’autres soignants ne seront prévenus ou consultés. Vous brandissez le terme de liberté alors que le plus fragile, le plus isolé, sera sans défense devant une structure habilitée à donner la mort, après un délai de réflexion réduit à quarante-huit heures. Vous évoquez la « conscience » alors que toutes les dispositions de cette loi la bafouent, au point de faire douter le Premier ministre.
Votre vote, Madame, participe à ce simulacre et vos arguments l’amplifient, sapant les fondements de notre civilisation. Étrange société, Madame, que vous appelez de vos vœux : les enfants ne sont plus souhaités, ceux qui sont là ne sont plus protégés et les anciens sont considérés comme des fardeaux. Votre complaisance envers ce simulacre de démocratie a entraîné l’épuisement de notre société. Chacun semble avoir déserté le champ de l’Histoire pour ne plus chercher d’autre horizon que la consommation et le divertissement.
Vous appartenez donc à un courant qui a décidé d’éliminer les plus vulnérables. En les considérant uniquement comme un fardeau coûteux, vous n’incarnez pas un progrès, mais une terrible régression. La fragilité n’est pas le contraire de la dignité ; elle en est souvent la condition. C’est d’elle que sont nés quelques-uns des plus grands textes, des plus belles œuvres et des lois les plus justes.
Mais, au fond, votre décision ne relève pas d’un accident de parcours. Au contraire, l’histoire démontre que le « centre » auquel vous appartenez constitue moins un équilibre entre deux logiques distinctes qu’un marécage dans lequel se diluent les idées et les intentions. Je pense, Madame, que le rôle d’un responsable politique ne consiste pas seulement à accompagner les évolutions mécaniques d’une société, mais aussi à préserver les principes fondamentaux qui permettent à une civilisation de demeurer fidèle à ses valeurs.
Les épreuves traversées par la France nous enseignent que l’opinion majoritaire d’une époque ne constitue pas nécessairement un critère suffisant pour déterminer ce qui est juste. L’honneur d’un responsable politique consiste à résister aux mouvements de l’opinion lorsqu’il estime que des principes essentiels sont en jeu. C’est bien ce qui a fait la différence entre Churchill et Halifax, ce qui a permis de distinguer de Gaulle de Pétain.
Le 10 juillet 1940, 569 élus votèrent pour donner les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. L’immense majorité était constituée d’élus du centre droit et du centre gauche. Se conformer à l’air du temps en ayant recours au simulacre n’est d’ailleurs pas le seul point commun qui vous lie à vos prédécesseurs centristes. Comme eux, vous brandissez de nobles sentiments pour dissimuler une absurdité inique. Les centristes de l’époque invoquaient la paix pour dissimuler leur lâcheté, quand vous parlez de dignité pour camoufler une logique de rentabilité. À l’heure où beaucoup, au sein de LR, sont tentés de rallier un nouvel avatar du macronisme et de ce centre dévoyé, il nous faut garder à l’esprit combien cette tentation fut, hier comme aujourd’hui, funeste.
Je pense, Madame, que votre responsabilité est immense. En réalité, le poids de cette décision incombe d’abord au ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, dont vous êtes la suppléante. Vous auriez dû, en conscience, Madame, refuser de suivre ses consignes de vote. Votre abdication contribue, une fois de plus, à faire de l’homme un simulacre et une ombre. Le chaos auquel nous sommes confrontés se manifeste chaque jour un peu plus comme le symptôme de cet affaissement. Soyez convaincue, Madame, que l’histoire vous jugera aussi durement qu’elle a jugé ceux qui ont participé à « L’Étrange Défaite » de 1940.
Euthanasie : la partialité du Conseil constitutionnel
L’ECLJ dénonce la partialité de quatre des neuf membres du Conseil constitutionnel sur l’euthanasie. En effet, Alain Juppé, Richard Ferrand, Laurence Vichnievsky et Jacques Mézard se sont déjà prononcés publiquement en faveur de l’euthanasie. C’est le cas en particulier de Jacques Mézard, ancien sénateur radical, qui est un véritable militant historique de l’euthanasie.
Quant à Richard Ferrand, il a non seulement pris position publiquement, mais aussi dirigé une mutuelle de santé et le plus grand groupe hospitalier privé français. Il serait scandaleux qu’ils prennent part au jugement.
La Vie Chrétienne Victorieuse – Le modernisme n’est pas moderne
« Ce qui a été, c’est ce qui sera,
et ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera :
il n’y a rien de nouveau sous le soleil.
S’il est une chose dont on dise : “Vois ceci, c’est nouveau !”,
cette chose existait déjà dans les siècles qui nous ont précédés. »
(Ecclésiaste 1.9-10)
L’illusion du progrès et l’invariabilité du cœur humain
L’humanité est habitée par une quête perpétuelle de nouveauté : le modernisme, une ancienne révolte sous un visage nouveau. Dans un monde où le changement est systématiquement présenté comme un signe de progrès et une promesse d’émancipation, le mot modernité résonne comme une garantie de liberté, de maturité et d’accomplissement supérieur par rapport au passé. Les avancées techniques, l’évolution des mentalités et la quête permanente de réinvention donnent l’impression que la société avance vers une version progressivement améliorée d’elle-même.
Pourtant, lorsqu’on passe le concept de « modernisme » au crible de l’histoire et des Écritures, le vernis craque. La Bible nous invite à exercer un discernement rigoureux : derrière les innovations techniques ou les transformations sociétales se cachent en réalité les mêmes vieux réflexes spirituels. On y retrouve l’éternel rejet de l’autorité divine, le désir d’autonomie absolue et l’illusion tenace que le bonheur humain réside dans la réinvention des règles morales et spirituelles.
Le livre de l’Ecclésiaste, né de la méditation du roi Salomon, pose un diagnostic d’une lucidité dérangeante sur cette agitation humaine : il n’y a rien de véritablement nouveau sous le soleil. Cette affirmation ne nie évidemment pas les progrès matériels, scientifiques ou industriels. Elle révèle une vérité anthropologique et spirituelle bien plus profonde : le cœur de l’homme, lui, demeure rigoureusement le même. Sans une intervention divine régénératrice, toute « nouveauté » n’est qu’un nouveau costume drapant une rébellion ancienne.
Ce que l’on nomme aujourd’hui « modernisme » – compris comme une volonté de changement, de rupture avec les normes reçues et d’émancipation vis-à-vis des cadres établis – n’est donc pas une réalité inédite propre à notre siècle. Il s’agit simplement de la réédition, dans un décor contemporain, de l’aspiration originelle de la Chute : la volonté humaine de s’affranchir de Dieu, de définir soi-même le bien et le mal, et de préférer la sagesse humaine à la révélation divine. Le problème fondamental de l’homme n’est pas d’ordre structurel, éducatif ou technique ; il est de nature spirituelle. L’homme est pécheur, naturellement indépendant de son Créateur et constamment enclin à suivre sa propre voie.
« Vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. »
(Genèse 3.5)
Lorsque l’homme contemporain revendique le droit de redéfinir la vérité, la morale ou l’identité au nom de la modernité, il ne fait que réitérer la tentation d’Éden. Le modernisme change simplement d’habillage au fil des siècles, mais son moteur interne reste rigoureusement inchangé : il s’agit d’une tentative de substituer la volonté de l’homme à celle de Dieu, en maquillant cette rébellion sous les traits d’une évolution indispensable.
Le modernisme politique dans l’Ancien Testament
a) Le temps de Samuel : le piège du conformisme culturel (1 Samuel 8)
L’histoire du peuple d’Israël offre des exemples historiques majeurs où le désir de modernisation s’est traduit par des ruptures spirituelles dramatiques et des catastrophes nationales.
La première grande crise de « modernisme » dans l’histoire biblique se produisit à la fin du ministère du prophète Samuel. Israël occupait alors une position unique au sein du Proche-Orient ancien : le peuple n’avait pas de roi humain permanent. Dieu lui-même était son Roi, gouvernant à travers l’Alliance, sa Loi, et suscitant des juges pour délivrer le peuple lors des crises. Cependant, face au vieillissement de Samuel et à la pression militaire des puissances environnantes, les anciens d’Israël vinrent trouver le prophète avec une requête apparemment pragmatique et moderne :
« Établis sur nous un roi pour nous juger, comme en ont toutes les nations. » (1 Samuel 8.5)
Aux yeux des Israélites, cette demande représentait le sommet de l’efficacité politique. Le système théocratique fondé sur la foi et la dépendance directe envers un Dieu invisible leur paraissait archaïque, instable et dépassé. Ils voulaient entrer dans la norme géopolitique de leur temps, adopter une structure centralisée et s’aligner sur les standards du monde. Mais Dieu dévoile à Samuel la racine spirituelle de ce projet de modernisation :
« Ce n’est pas toi qu’ils rejettent, c’est moi qu’ils rejettent, afin que je ne règne plus sur eux. » (v. 7)
Ce premier modernisme n’était pas une simple réforme administrative neutre ; c’était un abandon de la royauté divine. Sous prétexte de mise à niveau culturelle et de sécurité, Israël abandonnait sa spécificité – être un peuple saint, mis à part par Dieu – pour se fondre dans le moule des nations païennes. Samuel les avertit des lourdes conséquences, mais le peuple persista dans son refus de la dépendance divine.
b) L’arrogance de Roboam : la rupture générationnelle (1 Rois 12)
Un second pivot historique illustrant la dérive du modernisme apparaît à la mort du roi Salomon, lors de l’accession au trône de son fils Roboam. Le peuple, éprouvé par les lourds impôts et les corvées de Salomon, demanda un assouplissement de la politique royale. Confronté à cette crise sociale, Roboam sollicita deux conseils diamétralement opposés : celui des anciens, hommes d’expérience ayant servi Salomon, et celui des jeunes, compagnons de jeunesse de Roboam. Ces derniers l’incitèrent à une démonstration de force brute et à une rupture radicale avec la prudence du passé. Ils prônèrent un style autoritaire et novateur. Roboam rejeta la sagesse éprouvée des anciens et adopta la posture agressive de la « nouvelle vague ». Il répondit au peuple avec une arrogance inouïe :
« Mon petit doigt est plus gros que les reins de mon père… Mon père vous a châtiés avec des fouets, et moi, je vous châtierai avec des scorpions. » (1 Rois 12.10-11)
Cette volonté de rupture systématique, cette ambition de balayer les conseils du passé simplement pour afficher un style fort et moderne, produisit un désastre immédiat : le schisme irrémédiable du peuple de Dieu. Dix tribus firent sécession, brisant à jamais l’unité du royaume. L’histoire démontra ainsi qu’une innovation motivée par l’orgueil et déconnectée de la sagesse divine conduit inévitablement à la ruine.
Jésus-Christ face au modernisme de son époque
À l’époque de l’incarnation de Jésus, la société juive était en pleine ébullition politique et religieuse. Sous l’oppression de l’Empire romain, le peuple aspirait au « changement ». Dans ce contexte, les foules projetaient sur Jésus leurs propres désirs de modernisme messianique. Elles attendaient un libérateur nationaliste, un réformateur social, un roi puissant capable de chasser les Romains et d’instaurer une ère de prospérité matérielle.
L’Évangile selon Jean rapporte un moment de confrontation majeur entre les attentes du siècle et le plan de Dieu, juste après la multiplication des pains :
« Jésus, sachant qu’ils allaient venir l’enlever pour le faire roi, se retira de nouveau sur la montagne, lui seul. » (Jean 6.15)
Le peuple voulait « moderniser » le ministère de Jésus en le pliant aux critères de réussite de son époque. Pourtant, Jésus refusa catégoriquement de se laisser enfermer dans l’agenda de l’opinion dominante. En se retirant dans la solitude, il réaffirma une vérité fondamentale, qu’il formulera plus tard devant Pilate :
« Mon royaume n’est pas de ce monde. » (Jean 18.36)
Le modernisme de la foule réclamait un réformateur politique ; Dieu offrait un Sauveur pour l’éternité. Jésus refusait systématiquement d’adapter son enseignement pour conserver la faveur des masses ou séduire les élites. Lorsqu’il enseignait des vérités spirituelles exigeantes, beaucoup de disciples le quittaient. De même, lorsque Pierre tenta de le détourner de la perspective de la souffrance et de la mort à Jérusalem, la réplique du Seigneur fut d’une sévérité absolue :
« Arrière de moi, Satan ! […] Tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes. » (Matthieu 16.23)
Jésus rejeta les raccourcis de la gloire humaine et choisit la voie intemporelle de l’obéissance totale au Père, manifestée par le sacrifice de la croix. Il dénonça également le modernisme religieux des chefs spirituels de son temps : ces traditions humaines qui, sous prétexte d’adaptation et de gestion, annulaient la portée véritable de la Parole de Dieu (Marc 7.9-13).
Le modernisme aujourd’hui : un défi pour l’Église
Pour notre siècle, ce défi atteint une intensité culturelle inédite. La pensée contemporaine est marquée par l’affirmation de l’autonomie absolue de l’individu, le relativisme moral et le rejet de toute autorité transcendante. La vérité devient subjective, l’expérience personnelle prime sur la révélation, et la morale s’aligne sur les consensus sociaux mouvants.
Cette philosophie exerce une pression colossale sur les chrétiens et les Églises pour qu’ils « modernisent » leur foi. Cette dérive se manifeste principalement dans trois domaines essentiels :
• La théologie : dilution ou occultation des vérités bibliques jugées politiquement incorrectes (la réalité du péché, le jugement divin, la repentance, la sanctification).
• L’éthique : alignement progressif des pratiques sur les mutations morales de la société, sous prétexte de compassion, de tolérance ou d’évolution des mentalités.
• Le culte : transformation de la foi en un produit de consommation ou de divertissement spirituel, axé sur le bien-être émotionnel plutôt que sur la crainte de Dieu.
Le piège actuel est identique à celui du temps de Samuel : vouloir un christianisme « comme toutes les nations », une foi calquée sur le monde pour éviter la marginalisation ou le qualificatif d’archaïque.
« Ne vous conformez pas au siècle présent. » (Romains 12.2) « Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie. » (Colossiens 2.8)
L’apôtre Paul avait clairement annoncé qu’un temps viendrait où les hommes ne supporteraient plus la saine doctrine ; cherchant à satisfaire leurs propres désirs, ils accumuleraient des enseignants pour se faire dire ce qui leur plaît, et détourneraient leurs oreilles de la vérité pour se tourner vers des fables (2 Timothée 4.3-4). Le christianisme moderniste, imprégné de psychologie humaniste, apparaît ainsi comme une illustration frappante de cet avertissement apostolique.
Jésus-Christ, immuable au milieu des changements
« Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui, et éternellement. » (Hébreux 13.8)
Face à l’instabilité chronique des idéologies humaines et des modes culturelles, la Parole de Dieu dresse un point fixe inébranlable. Cette affirmation doctrinale capitale est l’antidote absolu au poison du modernisme théologique. Elle trace une ligne de démarcation fondamentale :
• Sa personne ne change pas : il demeure le Fils éternel de Dieu, souverain et glorieux.
• Son œuvre ne change pas : son sacrifice à la croix est parfait, suffisant et valable pour tous les temps. Il n’a pas besoin d’être complété ou corrigé.
• Son enseignement ne change pas : ses paroles restent la norme absolue pour la vie chrétienne, quelles que soient les évolutions législatives ou sociétales.
L’homme moderne, malgré son confort technologique et ses connaissances scientifiques, a exactement le même besoin de repentance, de pardon et de nouvelle naissance que l’homme du premier siècle. Ce qui sauvait hier sauve encore aujourd’hui.
Conséquences pratiques pour les croyants véritables
S’opposer à l’esprit du modernisme ne revient pas à s’enfermer dans un légalisme rigide ni à rejeter, par principe, les progrès techniques. La véritable fidélité, active et éclairée, consiste à demeurer fermement attaché aux vérités spirituelles et morales immuables, tout en sachant utiliser, avec discernement, les moyens et les formes d’expression propres à chaque époque. Elle opère une distinction essentielle entre ce qui ne change jamais – la Révélation, l’Autorité et la Puissance – et ce qui peut légitimement évoluer, comme les moyens d’expression, les technologies ou les méthodes d’évangélisation, afin que le même message soit communiqué de manière toujours intelligible et actuelle.
« Combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes. » (Jude 3)
La Bible n’a pas besoin d’être réactualisée, ni contextualisée dans son essence ; elle a besoin d’être crue et appliquée avec courage. Or, demeurer attaché à des vérités absolues dans une société relativiste conduit inévitablement à être perçu comme dépassé ou intolérant. C’est le prix historique de la fidélité.
« Tous ceux qui veulent vivre pieusement dans le Christ Jésus seront persécutés. » (2 Timothée 3.12)
Les croyants véritables acceptent cette position de témoins à contre-courant, sachant que la fidélité à Christ est infiniment plus précieuse que l’approbation du monde.
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Les abeilles de l’invisible – Le patient travail de Dieu dans l’ordinaire de nos vies
Illustration : La Dentellière (1669-1670), Johannes Vermeer, musée du Louvre.
« Nous sommes les abeilles de l’invisible. Nous butinons éperdument le miel du visible, pour l’accumuler dans la grande ruche d’or de l’invisible. »
— Rainer Maria Rilke, Lettre à Witold Hulewicz, 13 novembre 1925.
Certaines paroles traversent les siècles parce qu’elles portent en elles un mystère plus grand que celui qui les a fait naître. La célèbre image de Rainer Maria Rilke appartient à cette catégorie. Souvent admirée pour sa beauté, elle est plus rarement méditée jusqu’à son terme. Pourtant, cette intuition poétique rejoint l’une des vérités les plus profondes de la foi chrétienne. Ce que le poète pressent, l’Évangile l’accomplit : notre existence n’est pas destinée à accumuler les expériences, mais à laisser la grâce transformer tout ce que nous recevons afin que le visible devienne déjà participation à l’invisible.
Cette lente métamorphose est le véritable travail de Dieu dans une vie humaine. Elle ne s’impose pas avec fracas. Elle s’accomplit dans le silence des jours ordinaires, au rythme patient de la fidélité. Pour en entrevoir le mystère, deux images me guident : celle de l’abeille de Rilke et celle de la dentellière de Vermeer.
Le tableau de Vermeer semble, à première vue, d’une simplicité désarmante. Une jeune femme est penchée sur son ouvrage. Rien d’héroïque, rien d’exceptionnel : quelques fils entre les doigts, un visage incliné, une lumière venue de la fenêtre. Je me souviens d’être resté longtemps devant cette toile minuscule, au Louvre, étonné qu’un si petit espace pût contenir tant de silence. La beauté n’y surgit pas de l’extraordinaire ; elle naît d’une présence pleinement accordée à ce qui est.
La dentelle se construit fil après fil. Pris isolément, chaque geste paraît presque insignifiant. Pourtant, leur répétition patiente fait apparaître peu à peu une œuvre dont nul ne saurait dire à quel instant précis elle est née. Ainsi Dieu façonne-t-il les âmes, comme Vermeer peint la lumière : avec une délicatesse presque imperceptible.
C’est ici que l’intuition de Rilke prend tout son sens : « Nous sommes les abeilles de l’invisible. » L’abeille ne crée pas les fleurs ; elle recueille humblement ce que le monde lui offre pour en faire, dans le secret de la ruche, une substance nouvelle, capable de traverser le temps.
Toute vie humaine ressemble à ce patient travail. Chaque journée dépose en nous des rencontres, des fatigues, des pardons accordés ou refusés. Rien n’est indifférent. Tout peut devenir la matière première d’une œuvre invisible. La grâce ne nous donne pas une autre vie ; elle transfigure celle qui nous est déjà donnée.
Nous ne sommes pas ici pour accumuler les jours comme on empile des objets, mais pour recueillir ce que chaque journée nous offre afin qu’il mûrisse sous l’action de Dieu. Les événements cessent d’être de simples circonstances ; ils deviennent la matière d’une transformation intérieure dont nous ne sommes pas les artisans, mais les coopérateurs.
C’est peut-être là le grand malentendu de notre époque. Nous savons multiplier les expériences, mais nous peinons à les laisser porter leur fruit. Nous remplissons nos agendas comme si la valeur d’une existence dépendait de son activité visible. Pourtant, l’âme ne mûrit pas dans le bruit. Elle exige, comme la dentelle de Vermeer, le point après point ; comme le miel de Rilke, le secret de la ruche. Le silence n’est pas un vide à combler ; il est le lieu où Dieu apprend à notre cœur à recevoir avant d’agir.
Je l’ai appris dans ma chair. Une dépression m’a saisi voici quelques années, sans deuil ni échec pour l’expliquer, et les paroles du psaume montaient parfois jusqu’à mes lèvres sans que j’ose les prononcer : « Mon esprit est abattu en moi, mon cœur est consterné au fond de moi. » (Ps 143, 4). Dieu ne m’a pas enlevé cette épreuve ; il m’a appris, lentement, à la porter autrement. Depuis lors, je sais que la fragilité est le sol commun de toute existence humaine.
Cette lente métamorphose ne s’accomplit jamais seule. Je pense à tant de rencontres qui, sans que je m’en rende compte, ont déposé en moi un peu de leur miel. Un ami, une parole, un regard croisé dans une église : autant d’abeilles venues silencieusement nourrir ma ruche intérieure.
Le travail intérieur ne consiste pas à fabriquer une existence parfaite ; il consiste à accueillir avec confiance la vie qui nous est donnée. Ainsi agit la grâce : elle ne supprime pas les épreuves, elle leur donne une fécondité nouvelle. Même les blessures deviennent parfois les lieux où la miséricorde ouvre un passage. Nous voudrions souvent que Dieu change notre existence ; lui commence par changer notre regard.
J’ai passé une vie à observer le vivant sous toutes ses formes mesurables ; j’ai appris qu’aucune mesure ne rend compte de ce qui mûrit dans une âme. L’œuvre de Dieu obéit à une tout autre logique : le fruit ne mûrit jamais dans la précipitation.
Cette œuvre de maturation atteint son lieu le plus profond dans notre mémoire. Nous savons mal habiter notre passé. Les blessures anciennes continuent souvent de définir notre présent.
Le Christ ouvre un chemin radicalement différent. Dans le sacrement de la Réconciliation, la grâce ne détruit pas la mémoire ; elle la purifie et la transfigure. Ce qui n’était qu’une blessure devient une source de compassion ; ce qui semblait un échec devient une école d’humilité. Même nos pauvretés offertes deviennent comme des vitraux à travers lesquels Dieu laisse passer sa lumière.
Peu à peu, notre mémoire cesse d’être le lieu où nous entretenons nos blessures ; elle devient celui où nous reconnaissons sa fidélité. La grâce nous offre la liberté de regarder notre histoire avec les yeux mêmes du Christ. Ce regard n’efface rien ; il éclaire tout.
Toute cette lente transformation converge vers un centre unique : l’Eucharistie. Le miel recueilli au fil des jours n’est pas destiné à demeurer enfermé dans la ruche de notre cœur. Il est appelé à devenir offrande.
À l’autel, nous apportons notre semaine entière, ses joies, ses fatigues et ses pauvretés. Dans ce mystérieux échange, le Christ reçoit notre histoire pour nous communiquer la sienne. Le visible est alors assumé dans l’invisible, et nos journées entrent dans l’aujourd’hui éternel de Dieu.
Le miel lentement élaboré n’est plus une possession ; il devient nourriture.
Notre époque admire ce qui produit, ce qui accélère et ce qui se mesure. L’Évangile révèle une tout autre fécondité : celle de la présence. Vieillir est cette lente conversion du regard. Nous découvrons que l’essentiel n’est pas d’occuper le temps, mais de l’habiter.
Le Ressuscité en est la révélation parfaite. Son corps glorieux n’a pas effacé les blessures de la Passion. Les plaies demeurent, mais elles rayonnent désormais de la lumière de Pâques. Dieu ne sauve pas notre humanité en la remplaçant ; il la sauve en l’accomplissant.
Dès lors, nos propres blessures changent de signification. Offertes au Christ, elles deviennent des chemins de compassion. Cette compassion prend chair dans les gestes les plus simples : écouter sans interrompre, tenir une main fatiguée, prier dans le secret. Aucun de ces gestes ne fera la une des journaux. Pourtant, chacun possède déjà le poids de l’éternité. C’est là que les abeilles de l’invisible accomplissent le plus fidèlement leur vocation.
Au terme de ce chemin apparaît naturellement Marie. Saint Luc résume toute son existence en une phrase : « Marie gardait toutes ces choses et les méditait dans son cœur. » (Lc 2, 19).
Marie accueille les événements, les garde, les laisse mûrir. Rien n’a été perdu, parce que rien n’a cessé d’être offert. Tout est devenu Magnificat. Elle est l’icône parfaite des abeilles de l’invisible : elle recueille fidèlement tout ce que Dieu dépose dans sa vie et le laisse devenir louange.
Le chapelet nous introduit dans cette même école de patience et de confiance. Chaque Je vous salue Marie ressemble au retour discret d’une abeille vers une fleur toujours nouvelle. Peu à peu, le nectar devient miel ; ce que nous pensions connaître devient nourriture intérieure. Nous découvrons alors que notre véritable œuvre n’est pas celle que nous accomplissons pour Dieu, mais celle qu’il accomplit en nous.
C’est cette humble moisson, recueillie avec l’aide invisible de tant de visages croisés sur le chemin, que nous présenterons un jour au Seigneur. Lorsque viendra le Grand Passage, nous ne nous avancerons pas avec le bilan de nos réussites, mais les mains ouvertes, portant simplement cette pauvre récolte que sa grâce aura lentement mûrie.
Alors nous comprendrons qu’aucun acte d’amour n’était insignifiant, qu’aucune fidélité cachée n’était inutile. Tout aura été recueilli dans la grande ruche de Dieu. Nous découvrirons que la dentellière de Vermeer et les abeilles de Rilke nous conduisaient vers un même mystère : celui d’une vie dont la véritable fécondité demeure longtemps invisible avant d’apparaître dans toute sa lumière.
L’espérance chrétienne est là : croire que rien de ce qui est vécu dans l’amour ne se perd ; croire que Dieu poursuit patiemment son œuvre dans le secret de nos jours ordinaires, jusqu’au jour où nous découvrirons que le miel recueilli au fil de nos vies était déjà le commencement de la vie éternelle.
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Toutes vos questions sur le Nouveau Testament. Et les réponses
Une oeuvre qui a changé la face du monde : le Nouveau Testament, et pourtant, qui parmi nous en a lu au moins un livre de bout en bout ? Un évangile en entier ?
Ouvrage le plus lu, traduit et diffusé au monde, le Nouveau Testament est cependant contesté, et pose des questions importantes :
– qui a rédigé les évangiles ? quand ?
– comment sont organisés ces livres ?
– qui les a choisis, sur quels critères ?
– pourquoi certains livres ont-ils été écartés ?
– le texte est-il fiable, alors que nous n’en avons pas les manuscrits originaux ? que répondre aux musulmans ?
Pas de parodie de mariage en Pologne
Le président polonais Karol Nawrocki oppose son veto aux deux lois instituant un « statut de la personne la plus proche », visant à légaliser les unions entre personnes de même sexe :
« Je vais maintenant aborder les lois qui n’ont pas reçu mon approbation et pour lesquelles je dois exercer mon droit de veto présidentiel. Il y en a deux : la loi sur le statut de la personne la plus proche au sein d’une union et le contrat de cohabitation, ainsi que la loi contenant les dispositions préliminaires. Ces projets de loi créent une nouvelle institution formalisée dans le droit de la famille, dotée d’un large éventail de droits similaires à ceux des conjoints. Ils ouvrent une voie légale vers le mariage sous une autre appellation et sans l’ensemble des obligations que le mariage implique. En tant que garant de la Constitution, je ne peux approuver des décisions qui conduiraient à la perte du statut particulier du mariage, tel que décrit à l’article 18 de la Constitution comme l’union d’un homme et d’une femme, placée sous la protection et la garde de la République de Pologne. »
Nie zgadzam się na wprowadzanie tylnymi drzwiami związków partnerskich, które mają zastąpić czy podmienić instytucje małżeństwa – Prezydent RP Karol Nawrocki. pic.twitter.com/H3e8VGCZI2
— Kancelaria Prezydenta RP (@prezydentpl) July 17, 2026
83 attaques contre les chrétiens en Israël entre avril et juin
Le Religious Freedom Data Center (RFDC) a publié, au début du mois, son rapport trimestriel, dans lequel il recense les agressions commises à l’encontre des chrétiens en Israël d’avril à juin 2026.
Quatre-vingt-trois actes de harcèlement ont été recensés, principalement à Jérusalem. Crachats, agressions, menaces, insultes, vandalisme… sont le quotidien des chrétiens de Jérusalem. Ces actes ont d’ailleurs souvent lieu en pleine journée et sont régulièrement commis par des enfants encouragés par leurs parents.
Source : SOS Chrétiens d’Orient
Arménie : Le projet de la route Trump avance
Début juin, le secrétaire d’État américain Marco Rubio et le ministre arménien des Affaires étrangères Ararat Mirzoyan signaient un accord en vue de la mise en place de la « Route Trump pour la paix et la prospérité internationales » (TRIPP), qui permettra à l’Azerbaïdjan de rejoindre son enclave du Nakhitchevan. Le gouvernement américain détiendra presque les trois-quarts de la société de gestion de la route et aura « les droits exclusifs d’occupation du sol, les droits de développement, les autorisations connexes et tous les autres droits » liés à la construction de cet axe.
Selon l’aveu même du ministère de la justice arménien, certaines de ces dispositions ne sont pas conformes au droit arménien, tant sur le plan fiscal que sur le plan du contrôle des voyageurs, qui ne sera pas effectué par des fonctionnaires arméniens, à la demande du président azerbaïdjanais Ilam Aliyev.
Source : SOS Chrétiens d’Orient
Liban : Bientôt des « zones pilotes » ?
Du 14 au 16 juillet, le Liban et Israël ont poursuivi, à Rome, leurs négociations au sujet de la création de « zones pilotes », qui permettraient à l’armée libanaise de reprendre le contrôle de certaines zones du territoire libanais jusqu’alors sous contrôle israélien. Selon l’ambassade américaine au Liban, ces négociations auraient été « positives ».
Pour autant, à ce jour, ces fameuses « zones pilotes » n’ont pas été mises en place et l’armée israélienne est toujours présente au Liban. De nouvelles opérations de destructions systématiques sont d’ailleurs en cours et plusieurs raids ont encore eu lieu la nuit dernière. Israël réaffirme régulièrement sa volonté de rester au Liban.
Source : SOS Chrétiens d’Orient
Quelle orientation les autorités romaines veulent-elles donner aux catholiques pour aller ainsi de l’avant ?
De Côme de Prévigny sur Renaissance catholique :
Le 16 juin dernier, le pape Léon XIV s’est exprimé à la sortie de sa résidence de Castel Gandolfo à propos de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX). Celle-ci s’apprêtait alors à consacrer quatre évêques sans mandat pontifical et le pape affirmait que cette décision l’affectait, tout en concluant vouloir avancer. « S’ils font ce choix, disait-il, cela me désole, mais nous devons aller de l’avant ».
Vers où aller ?
Immédiatement, une question surgit : Quelle orientation les autorités romaines veulent-elles donner aux catholiques pour aller ainsi de l’avant ? Vers quelle destinée doit avancer l’Église si ce n’est vers le Ciel ? Vers quelles avancées doivent travailler les hommes d’Église si ce n’est la sanctification des fidèles ? La FSSPX ne chercherait-elle pas les mêmes buts ?
Souvent il n’est pas inutile d’interroger ses interlocuteurs à propos de leurs projections sur l’avenir pour connaître leurs perspectives, leurs réels espoirs et leurs souhaits plus ou moins cachés. À son enfant, on demande ce qu’il veut faire plus tard ; à un candidat à l’embauche, on le questionne pour savoir où il s’imagine exercer dans dix ans ; à un potentiel président, on le sonde pour savoir comment il voit son pays à la fin de son mandat. Cette manière de faire permet de comprendre la véritable motivation qui anime nos contemporains.
Dans la crise qui ébranle l’Église et qui a vu les supérieurs de la FSSPX s’opposer aux plus hautes autorités de l’Église, on est tenté de recourir à ce dispositif pour essayer de résoudre le conflit, dissiper les malentendus, s’affranchir des mauvaises intentions. À tous ceux qui sont attachés de près ou de loin au combat de Mgr Lefebvre et de la défense de la tradition catholique, à tous ceux qui, la main sur le cœur, proclament leur déférence envers le pontife romain et leur amour de la Sainte Église et de ses pasteurs, on pourrait demander comment ils voient les relations entre le Saint-Siège et la FSSPX dans cinquante ans, ou même dans cent ans. Sans aucun doute, beaucoup répondraient qu’ils espèrent que les tensions seront enfin apaisées, par l’institution par Rome d’une structure véritablement protectrice des œuvres traditionnelles. Ils rêveraient d’une structure canonique suffisamment protégée, permettant à l’univers traditionnel dans sa grande globalité d’observer la liturgie et le catéchisme comme ils l’a toujours fait, sans essuyer les tracasseries auxquelles le monde « ex-Ecclesia Dei » est soumis depuis quarante ans, sans avoir à subir ces retournements qui cachent une volonté non feinte de les voir disparaître. Cette pensée rejoint l’idéal nourri par Mgr Lefebvre qui voulait faire l’expérience de la Tradition, mais avec l’assurance de ne pas être trompé. Malgré les vicissitudes des temps, cette attitude ne mésestime pas les risques d’un isolement, ni ne cherche à s’affranchir de façon volontaire de toute la structure de l’Église institutionnelle par laquelle les canaux de la grâce continuent de couler ordinairement.
En posant cette question, on se rendrait probablement compte que bien peu se résignent à imaginer la FSSPX comme une structure résolument autonome dans la durée, attendant soit la Parousie, soit un ralliement de l’Église à tous les principes et pratiques observés par la Fraternité dans le moindre détail afin d’idéaliser une situation qui n’a jamais existé.
De bien curieux espoirs
Parallèlement, lorsqu’on considère les espoirs que nourrissent aujourd’hui certains cardinaux et évêques en matière de foi et de mœurs, on reste songeur. Comment concilier leurs propositions avec deux mille ans de tradition tant elles s’y opposent catégoriquement ? Forcément, on se demande ce que pensent réellement les autorités romaines sur ces différents points, pourquoi elles ne réaffirment pas de façon solennelle la vérité pour couper court aux erreurs qui prolifèrent ?
Il y a trois ans, alors que le chemin synodal allemand s’achevait, le monde catholique tout entier gémit, stupéfait de se réveiller en pleine hétérodoxie et de découvrir ce que des évêques avaient pu voter de façon autonome. Ces derniers avaient adopté la création d’un conseil synodal permanent, l’ouverture de la prédication aux laïcs, l’accession des femmes aux ministères sacrés, le mariage religieux des personnes de même sexe, etc. Le Saint-Siège, qui doit fortifier ses frères dans la foi, a alors réagi. Il est compliqué de dire qu’il l’a fait fermement. Le cardinal Parolin, secrétaire d’État, a alors déclaré à Civiltà cattolica le 13 mars 2023 : « Le chemin synodal prend des décisions qui ne correspondent pas exactement à ce qu’est actuellement la doctrine de l’Église. » La formule est-elle une simple tournure diplomatique ? Pourquoi ne pas dire que ces décisions ne correspondent en rien à la doctrine de l’Église ? Que vient donc faire cet adverbe « exactement » ? Serait-ce un acte de charité que de laisser des chrétiens se nourrir de faux espoirs pour finalement les doucher à terme par une déclaration définitive de refus ? Ou bien est-il volontaire de leur laisser miroiter l’idée que les choses pourraient néanmoins changer un jour ? Car que vient faire l’adverbe « actuellement » dans la bouche du cardinal ? Doit-on penser que, dans un avenir plus ou moins proche, il en sera peut-être autrement de la doctrine de l’Église ?
« Les gens veulent que la doctrine de l’Église change ; ils veulent que les mentalités changent. Je pense que nous devons changer les mentalités avant même de penser à changer la position de l’Église sur une question donnée. Il me semble très peu probable, surtout dans un avenir proche, que la doctrine de l’Église change quant à son enseignement sur la sexualité et le mariage ».
Toutes ces questions posées expliquent l’état de confusion dans lequel se trouvent un grand nombre de catholiques alors que, pendant des siècles, les papes leur ont rappelé que, sur les sujets de fond, en matière de foi et de mœurs, la doctrine ne pouvait pas varier.
Faudrait-il donner quelque espoir à tous ceux qui s’opposent à la doctrine exposée par l’Église pendant deux mille ans pour leur faire croire que leurs assauts répétés auraient gain de cause, à force d’insistances ?
Poser les bonnes questions
Alors, forcément, pour ne pas se laisser gagner par d’affreux doutes, on aimerait poser des questions aux autorités les plus hautes dans l’Église et leur demander, bien humblement : Est-ce que vous pensez que dans cinquante ans ou dans cent ans, les femmes pourront devenir prêtres ? Faut-il en effet déduire que Jean-Paul II se serait égaré en affirmant solennellement dans la lettre apostolique Ordinatio sacerdotalis « que l’Église n’a en aucune manière le pouvoir de conférer l’ordination sacerdotale à des femmes et que cette position doit être définitivement tenue par tous les fidèles de l’Église » ?
De même, pensez-vous que, dans un siècle, il soit possible que, en administrant le sacrement du mariage, les prêtres de l’Église catholique ne reçoivent pas forcément les consentements d’un homme et d’une femme ?
Ces questions seront sans doute jugées téméraires par ceux qu’elles gêneraient. Ceux qui pensent qu’exprimer un tel doute est déplacé se satisferont finalement de ce marasme doctrinal. Les réponses permettraient pourtant de comprendre vers quoi l’Église doit véritablement avancer. Elles auraient le mérite de distinguer une formule diplomatique d’une parole ambiguë, affranchissant d’ailleurs les autorités de volontés qui pourraient bien ne pas être les leurs. Au-delà de la seule question de la FSSPX, cela permettrait de résoudre les incompréhensions de bon nombre de catholiques perplexes qui, à travers le monde, écoutent avec inquiétude les discours des hommes d’Eglise et lèvent souvent les yeux vers le Ciel en demandant, toujours humblement : Quo vadis Domine ? Où allez-vous Seigneur ?
Côme de Prévigny
Un Prêt participatif pour offrir un avenir aux victimes de la prostitution
L’association Solenciel a lancé un prêt participatif rémunéré ouvert à tous pour offrir un avenir aux victimes de la prostitution. Déjà plus de 200K€ levés auprès de 44 prêteurs !
Chaque reconstruction est une victoire. Chaque emploi est une renaissance. Aujourd’hui, Solenciel ouvre un nouveau chapitre de son histoire pour permettre à des centaines de femmes de retrouver leur liberté, leur dignité et leur place dans la société.
En France, près de 50 000 personnes sont victimes de prostitution, parmi lesquelles 15 000 à 20 000 mineurs. Derrière ces chiffres se cachent des parcours marqués par les violences, l’exploitation et l’exclusion. Pourtant, une autre histoire est possible.
Depuis sa création en 2017 à Grenoble, l’Association Solenciel accompagne les personnes souhaitant sortir de la prostitution grâce à un modèle inédit associant accompagnement social, insertion professionnelle et reconstruction personnelle. En sept ans, 165 personnes ont déjà retrouvé le chemin d’une vie libre et autonome, grâce à un parcours d’accompagnement de deux ans construit autour d’une conviction forte : l’emploi est un levier essentiel de reconstruction.
Une méthode qui transforme les vies
Le parcours développé par l’Association Solenciel repose sur quatre étapes complémentaires :
- retrouver confiance grâce à une écoute bienveillante et un accompagnement individualisé ;
- se reconstruire grâce à un contrat de travail, des formations et un accompagnement vers le logement ;
- bâtir un projet de vie durable ;
- s’envoler vers une autonomie retrouvée avec un suivi personnalisé.
En devenant employeur, aux côtés d’entreprises partenaires engagées, Solenciel dépasse les freins traditionnels à l’insertion et offre aux bénéficiaires une véritable perspective d’avenir. L’association ne se contente pas d’accompagner : elle redonne les moyens de choisir sa vie.
Une urgence nationale
Aujourd’hui, plus de 200 personnes attendent de pouvoir intégrer le parcours Solenciel. Face à cette demande croissante, l’association poursuit son développement avec l’ouverture d’une nouvelle antenne à La Réunion en septembre 2026, avant une implantation à Bordeaux en 2027. Cette dynamique de croissance permettra d’accompagner davantage de personnes vers une reconstruction durable, partout où les besoins sont les plus importants.
Donner du sens à son épargne pour financer l’espoir
Pour soutenir ce déploiement, Solenciel lance un Prêt Participatif rémunéré, ouvert à tous. Cette campagne permet à chacun de devenir acteur d’un projet à fort impact social en finançant directement l’ouverture de nouvelles antennes et l’accompagnement de nouvelles bénéficiaires. Au-delà d’un investissement, il s’agit d’un engagement concret en faveur de la dignité humaine. Parce que derrière chaque euro investi se trouve une personne qui reprend confiance. Parce que derrière chaque emploi se construit une nouvelle liberté. Parce qu’un regard, une main tendue et une opportunité peuvent transformer un destin.
Souhaitez-vous donner du sens à votre épargne en prêtantà l’association Solenciel pour assurer la poursuite et l’accélération de son déploiement ?
Pour découvrir ce projet et y investir (prêter), il vous faut cliquer sur le lien ci-après qui vous dirigera sur la Page de Présentation officielle : https://www.credofunding.fr/fr/solenciel-pret
Vous pouvez contacter Edouard Vieilfault ([email protected]) pour toute demande de précision si nécessaire.
L’investissement comporte des risques de perte partielle ou totale du capital investi – Des frais sont dus par le porteur de projet et les investisseurs (18 € TTC).
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À propos de Solenciel
Fondée en 2017 par Rodolphe Baron, l’Association Solenciel accompagne les personnes victimes de prostitution dans leur reconstruction grâce à un parcours de 24 mois associant insertion sociale, emploi et formation. Présente à Grenoble, Lyon, Toulouse, Nantes et Paris, l’association ouvrira une sixième antenne à La Réunion en 2026 avant de poursuivre son développement à Bordeaux en 2027. Son ambition est de permettre à toujours plus de personnes de retrouver une vie libre, digne et autonome grâce au travail et à l’accompagnement humain.
Euthanasie : Voici les députés qui ont changé de vote entre le 30 juin et le 15 juillet
Il est recommandé de féliciter ceux qui ont pris la décision de voter contre. Quant aux autres, il sera utile de voter pour leur euthanasie électorale lors du prochain scrutin.
Euthanasie : le RN renonce déjà
D’habitude les partis attendent au moins le résultat des élections pour renoncer. Mais avec le RN, nous avons l’assurance de ne pas être déçu : il renonce avant même d’arriver au pouvoir. Cela a été le cas sur l’avortement, sur l’UE et l’euro. Et maintenant sur l’euthanasie.
Le Rassemblement national, dont les députés ont voté pourtant massivement contre la loi sur l’euthanasie, ne reviendra pas sur ce texte s’il arrivait au pouvoir. Le porte-parole du parti Laurent Jacobelli, député de Moselle, s’est empressé de déclarer ne pas vouloir
«revenir sur toutes les lois. Il faudra vérifier simplement qu’il n’y a pas d’abus. Parce que c’est ça le risque aujourd’hui».
Buter les personnes en fin de vie, ce n’est pas un abus ?
«Nous serons très vigilants à ce qu’il n’y ait pas d’excès, à ce que les plus fragiles, ceux qui sont le plus isolés, ceux qui sont les plus faibles, ne soient pas tentés de mourir tout simplement pour soulager, selon eux, leurs familles ou la société»
Sans abroger la loi ce sera difficile d’empêcher quoi que ce soit…
Création d’ un « Observatoire de la fin de vie »
Au lendemain du vote définitif de la loi légalisant le suicide assisté et l’euthanasie par l’Assemblée nationale, et face à un texte « flou »et « mal écrit », Laurent Frémont lance avec Emmanuel Hirsch un « Observatoire de la fin de vie » en France.
« Cette loi ne prévoit pas de contrôle dans son application »
Ce sera donc fait.
Et de son côté que peut faire l’Eglise ? Un prêtre suggère l’ouverture d’une maison pour les personnes au soir de leur vie sur terre, dans chaque diocèse !
Un prêtre en France a essayé il y a plus de 25 ans… on lui a coupé l’herbe sous les pieds.
IV L’affaire Epstein, une bombe à fragmentation
D’Antoine de Lacoste dans Politique magazine :
Nous avons vu dans les précédents articles que, grâce à Les Wexner puis Leon Black, Jeffrey Epstein est devenu riche.Et cela avec seulement deux « clients », ce qui doit être assez rare dans la vaste histoire des escrocs. On peut estimer que les chiffres fournis par les différentes enquêtes journalistiques, celle de Society par exemple (malgré le côté très politiquement correct de leur prose), sont fiables : environ 200 millions de dollars soutirés tout au long des années 90 à Wexner et à peu près l’équivalent venant de Black pour les années 2000.
Cet argent lui permit deux choses : s’ouvrir les portes d’un vaste réseau relationnel et acquérir jet privé et propriétés de luxe pour obliger tous ceux qu’il approchait et qui pouvaient lui être utiles. Tout n’était pas sexuel dans ce schéma, même si le pédophile était lui-même pathologiquement insatiable. Il fournissait des filles, mineures ou non, à qui voulait mais beaucoup n’étaient pas intéressés ou se méfiaient. Notre escroc savait très bien alors ne pas aller trop loin et approfondir une relation pour des affaires ou l’élargissement de son vaste cercle d’influence, sans passer par des prestations sexuelles.
C’est par exemple le cas de sa longue et étrange proximité avec l’ancien premier ministre israélien Ehud Barak. Israël est décidément très présent dans le dossier Epstein.
Barak, qui a 84 ans aujourd’hui, fut chef d’Etat-Major de l’armée israélienne (1991-1995), ministre des Affaires étrangères, Premier ministre (1999-2001), ministre de la Défense (2007-2013). Donc un homme au cœur du système. Il était travailliste et c’est Shimon Pérès qui aurait présenté Barak à Epstein. On ne peut employer que le conditionnel car la seule source du point de départ de la relation entre les deux hommes est celle de Barak lui-même.
Shimon Pérès, il est intéressant de le noter, a occupé les mêmes fonctions que Barak : ministre de la défense, des Affaires étrangères et Premier ministre, c’est-à-dire les postes clés du système israélien. Il fut en plus Président de l’Etat d’Israël mais c’est une fonction honorifique sans véritable pouvoir. Une fin de carrière.
C’est en 2003 que Pérès présenta Barak à Epstein. C’était à Washington, on ne sait pas exactement où, mais Barak a précisé que la présentation avait eu lieu en présence de nombreux « dignitaires américains ». Pérès connaissait bien Epstein par l’intermédiaire de Les Wexner, l’homme qui a fait le début de la fortune d’Epstein. Rien que de plus normal, Wexner a financé de nombreuses causes israéliennes et connaissait toute la classe politique de ce pays.
Les documents qui ont été rendus publics (environ les deux-tiers), nous permettent d’apprendre que la fondation Wexner a versé 2,3 millions de dollars à Ehud Barak entre 2004 et 2006, soit un an après sa rencontre avec Epstein. Ce n’est pas une coïncidence et cela ne fait que confirmer que Wexner, Epstein, Pérès et Barak, pour ne citer qu’eux, travaillaient ensemble pour Israël.
Barak a reconnu s’être rendu à de nombreuses repriseschez Epstein, sur son île privée des Caraïbes et surtout à New York, mais il y a un trou de plusieurs années dans leurs relations, ce que l’on n’explique pas encore. C’est à partir de2013 que l’on retrouve des relations suivies entre les deux hommes. Barak passe de longs séjours dans l’immense appartement new-yorkais du pédophile, sans rien remarquer d’anormal. Il était censé y rédiger ses mémoires, et parlait affaires avec Epstein. Les documents citent des échanges de messages entre les deux hommes où il est question de participation dans une société israélienne de fabrication de drones, de réflexions sur la vente d’une entreprise gazière américaine ou de la demande de Barak d’un renforcement de leurs liens d’affaires.
Les documents publiés, ainsi que des déclarations de parlementaires américains, soulignent également qu’un agent du renseignement militaire israélien, Yoni Koren, a passé de longs séjours chez Epstein. Cet ancien chef de cabinet de Barak a continué à travailler à ses côtés après son départ de la vie politique tout en conservant ses liens avec le renseignement israélien. Il a parfois passé plusieurs semaines dans l’appartement d’Epstein. La présence d’autres agents israéliens, dont les noms ne sont pas cités, a été notée à de nombreuses reprises. Ils ont notamment supervisé les conditions d’accès à l’immeuble et installé des équipements de protection. Mais il ne faut pas dire qu’il y avait peut-être des liens entre Epstein et le renseignement israélien, ce serait du complotisme.
Les relations d’affaires étaient cependant réelles, il ne s’agissait en aucun cas d’une couverture pour abriter d’uniques activités de renseignement. On ne sait d’ailleurs pas avec certitude si Epstein faisait du renseignement au profit du Mossad. Cela est établi pour Robert Maxwell, extrêmement probable pour sa fille Ghislaine et possible pour Epstein. La présence des services israéliens chez le pédophile peut s’expliquer par la personnalité d’Ehud Barak, homme important pour la sécurité israélienne. Ce n’est pas notre hypothèse privilégiée.
Mais ce qui est étonnant dans la relation très étroite entre Barak et Epstein, c’est qu’elle se développe considérablement, on l’a vu, à compter de 2013. Or ce dernier a déjà été condamné en 2009 pour ses actes pédophiles. Trop légèrement certes (là aussi il y a eu d’évidentes interventions) et avec un régime d’incarcération très favorable puisque le condamné pouvait passer la journée chez lui et ne rentrer en prison que pour y dormir. Mais tout de même, il y a de quoi s’étonner car cette condamnation pouvait être connue de tous (Epstein avait toujours peur, à partir de 2009, qu’on le « googlelise » pour reprendre son expression).
Ehud Barak était donc au courant, tout comme les services israéliens. Ils ont pris la décision de ne pas en tenir compte, ce qui n’était pas sans risque comme la suite l’a montrée. Epstein était incontestablement important dans le dispositif israélien, qu’il fût un agent actif ou passif.
Indépendamment de ces interrogations légitimes, il ne fait cependant pas de doute que l’appât du gain était un moteur important pour Ehud Barak. Ces deux courriels lunaires en témoignent éloquemment. En 2013, Epstein écrit à Barak : « Avec l’agitation civile (sic) qui explose en Ukraine, Syrie, Somalie, Libye, et le désespoir de ceux au pouvoir, n’est-ce pas parfait pour toi ? ». La réponde de Barak est du même niveau navrant : « Tu as raison d’une certaine façon. Mais ce n’est pas simple de le transformer en flux de trésorerie ». A ce niveau de cynisme, on ne peut que s’incliner.
Il n’y a pas que des Israéliens avec qui Epstein a noué des relations étroites. Un exemple intéressant est celui du Norvégien Terje Rod-Larsen. Il fut un diplomate important qui joua notamment un rôle dans la signature des Accords d’Oslo en 1993, seul traité qui représenta un espoir de paix dans le conflit israélo-palestinien et fut anéanti à la suite del’assassinat du premier ministre israélien Yitzhak Rabin par un extrémiste juif.
Ehud Barak le connaissait bien et lui a présenté Epstein. Là encore, il est très mystérieux qu’un respectable diplomateaccepte de se faire rendre des services par un homme condamné pour pédophilie. C’est en effet en 2011, deux ans après sa douce incarcération, qu’Epstein a prêté son jet privé à Rod-Larsen et son épouse pour se rendre en vacances aux îles Bermudes. Et ce n’est pas tout : le think tank du Norvégien, appelé Institut International pour la Paix, reçut, de 2011 à 2017, 650 000 dollars de la part d’Epstein. En échange de quoi ?
Pour une fois, une partie de la réponse est connue. Rod-Larsen connaissait bien Olivier Colom, un des conseillers diplomatiques de Nicolas Sarkozy. Or Colom, après avoir quitté son poste, se fit embaucher par la banque Edmond de Rothschild qui n’a rien à refuser au cercle des amis de Sarkozy.
L’accès au monde des Rothschild va beaucoup intéresserEpstein qui va déployer une énergie considérable pour s’y faire une place.
A suivre
Appel du 18 juillet 2026 aux évêques de France
De l’union Lex Orandi :
Le 18 juillet 2021, le pape François publiait le motu proprio Traditionis Custodes. Cinq ans plus tard, de nombreuses voix se font entendre pour demander la révision ou la suppression de ce texte, ou plaident pour le rétablissement du motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI. L’urgence d’une telle mesure ne fait plus de doute, à l’heure où la Fraternité Saint Pie X se voit frappée de sanctions par l’Eglise pour avoir procédé à la consécration de quatre évêques sans mandat pontifical. En France, pourtant, les évêques abordent cette question avec une grande prudence. L’Union Lex Orandi leur demande aujourd’hui d’abroger Traditionis Custodes dans ses effets par des actes concrets.
Réagissant aux sanctions du Saint Siège suite aux sacres d’Écône par un communiqué du 3 juillet 2026, le président de la Conférence des Evêques de France et ses deux vice-présidents disent vouloir manifester leur sollicitude paternelle à ceux des fidèles de la Fraternité Saint Pie X « qui cultivent aussi, avec une ferveur et un zèle apostolique réels, un sincère amour de l’Église et un profond désir de participer à sa mission, en communion avec le Pape et dans la fidélité à la grande Tradition de l’Église et du Magistère». Pour ces fidèles, la Conférence des Evêques de France espère que « les mesures annoncées par le Saint-Siège les aideront à comprendre la gravité des décisions prises par les responsables de la Fraternité Saint-Pie-X » et les encourage à « revenir dans la pleine communion avec le Pape, avec les évêques et avec toute l’Église ». Enfin, la CEF invite les catholiques de France à prier à cette intention et « à déployer la charité nécessaire pour accueillir ceux qui feront le choix courageux de l’unité et de la fidélité au Saint-Père ».
Alors que la CEF n’a mis qu’une journée pour prendre acte des décisions romaines faisant suite aux consécrations épiscopales de la Fraternité Saint Pie X, elle n’a toujours pas réagi officiellement à un autre document romain qui, celui-là, lui était directement adressé. Le 18 mars 2026, le Saint Père, par la voix du Cardinal Parolin, interpelait les évêques de France réunis en assemblée plénière en ces termes :
« Vous avez enfin, chers frères, l’intention de traiter du délicat thème de la Liturgie, auquel le Saint-Père est particulièrement attentif, dans le contexte de la croissance des communautés liées au Vetus Ordo. Il est préoccupant que continue de s’ouvrir dans l’Église une douloureuse blessure concernant la célébration de la Messe, le sacrement même de l’unité. Pour la guérir, un regard nouveau de chacun porté sur l’autre, dans une plus grande compréhension de sa sensibilité, est certainement nécessaire ; un regard pouvant permettre à des frères riches de leur diversité de s’accueillir mutuellement, dans la charité et l’unité de la foi. Veuille l’Esprit Saint vous suggérer des solutions concrètes permettant d’inclure généreusement les personnes sincèrement attachées au Vetus Ordo, dans le respect des orientations voulues par le Concile Vatican II en matière de Liturgie. »
Le pape indiquait dès le 18 mars aux évêques les solutions pour guérir une « douloureuse blessure » dont la gravité se mesure depuis le 1er juillet : un « regard nouveau », une « plus grande compréhension » devant permettre, selon Léon XIV, de « s’accueillir mutuellement » dans la richesse de nos diversités, dans la charité et l’unité de la foi. Et le pape appelait à « des solutions concrètes » pour « inclure généreusement les personnes sincèrement attachées au Vetus Ordo ».
Force est de constater que rien n’a été engagé par la CEF pour répondre aux vœux du pape formulés dans cette lettre. Alors, puisque les catholiques de France sont invités par la CEF « à déployer la charité nécessaire pour accueillir ceux qui feront le choix courageux de l’unité et de la fidélité au Saint-Père », l’Union Lex Orandi lance une initiative qui veut répondre à cet objectif.
En ce cinquième anniversaire du motu proprio Traditionis Custodes, tous les catholiques de France conscients de l’injustice faite aux fidèles sincèrement attachés au Vetus Ordo sont invités à écrire à leur évêque pour lui demander d’adopter les solutions concrètes suivantes afin de les inclure généreusement, dans le respect de leur diversité :
- garantir l’accès des fidèles attachés au Vetus Ordo à tous les sacrements de l’initiation chrétienne (baptême, confirmation, eucharistie) selon le rite tridentin par lequel ils veulent pouvoir se sanctifier ;
- offrir aux familles attachées au Vetus Ordo le bénéfice de la célébration du mariage et des obsèques selon le rite traditionnel dans tous les diocèses ;
- garantir aux fidèles de pouvoir disposer d’un enseignement du catéchisme catholique dans une forme respectueuse de leur attachement au Vetus Ordo ;
- assurer aux fidèles de bénéficier de l’apostolat de prêtres dont le droit propre à célébrer selon le Vetus Ordo ne sera pas remis en cause, contrairement à des cas récents dans plusieurs diocèses qui ont causé ces profondes blessures que déplore le pape ;
- offrir un accueil bienveillant des autorités diocésaines aux initiatives de fidèles laïcs attachés au Vetus Ordo pour créer des écoles indépendantes, en leur octroyant sans discrimination l’accès à l’instruction religieuse inscrite dans leurs programmes, et à la vie sacramentelle à l’école selon le rite tridentin pour les élèves et le corps enseignant.
Ces solutions concrètes constituent une base solide pour manifester la volonté des évêques de répondre à l’appel du Saint Père. Elles sont parfois en œuvre dans certains très rares diocèses. La crédibilité de la CEF, quand elle affirme dans son communiqué du 3 juillet 2026 : « à ces fidèles qui souffrent aujourd’hui de cette situation, nous voulons manifester notre sollicitude paternelle », exige que les actes se joignent aux paroles.
Chacun est donc invité à écrire à son évêque en reprenant les cinq demandes ci-dessus, afin que les « catholiques de France » ne soient pas les seuls à « déployer la charité nécessaire pour accueillir ceux qui feront le choix courageux de l’unité et de la fidélité au Saint-Père ».
L’Union Lex Orandi vous remercie de lui adresser une copie de votre courrier à l’adresse [email protected].
« Nouvelle » Étude doctrinale du livre Prier avec le cycle féminin
Le livre Prier avec le cycle féminin propose une réflexion originale sur la vie spirituelle de la femme en intégrant la réalité du cycle menstruel dans la prière et la croissance intérieure. Son objectif est clairement pastoral : aider les femmes à vivre leur féminité comme un don de Dieu et à remettre au Christ leurs blessures corporelles et spirituelles. Dans son ensemble, l’ouvrage est profondément enraciné dans la foi catholique et manifeste un amour sincère du Christ, des sacrements et de l’Église.
Une anthropologie conforme à la doctrine catholique
Le premier point remarquable est la vision unifiée de la personne humaine. L’auteure refuse toute séparation entre le corps et l’âme. Elle affirme que le corps féminin participe pleinement à la vie spirituelle et que la grâce ne détruit pas la nature mais la suppose et la perfectionne. Cette approche correspond à l’enseignement du Catéchisme, selon lequel la personne humaine est une unité de corps et d’âme (CEC 362-365).
Le livre rappelle constamment que le corps est un don de Dieu, destiné à sa gloire, en s’appuyant sur saint Paul (1 Co 6,19-20). On lit notamment : « Il s’agissait de recevoir, d’accueillir ce corps et son fonctionnement comme un don de Dieu. ». Cette insistance est pleinement conforme à la doctrine catholique.
Une spiritualité profondément christocentrique
L’ouvrage ne cherche jamais à remplacer le Christ par une méthode psychologique ou énergétique. Au contraire, toute la démarche conduit à Jésus-Christ. La méditation de la guérison de la femme hémorroïsse occupe une place centrale et devient une invitation à présenter au Seigneur les blessures physiques et affectives de la femme.
Cette orientation est conforme au Catéchisme, qui enseigne que toute prière chrétienne est une rencontre avec le Christ et que lui seul est le Médiateur entre Dieu et les hommes (CEC 2558-2565).
De même, l’auteure insiste sur la confession, l’oraison, l’Eucharistie, la vie liturgique et la conversion personnelle. Elle écrit notamment : « Seul Jésus guérit. » Puis : « Seul Jésus lit totalement la vérité en nous, dans notre histoire. » Rien, dans ces développements, ne contredit la doctrine catholique.
Une juste valorisation de la féminité
Le livre cherche à réhabiliter une dimension souvent négligée de l’expérience féminine. Il refuse de considérer le cycle menstruel comme une simple contrainte biologique ou comme un sujet exclusivement médical. Il y voit un lieu où la grâce peut agir.
Cette perspective est compatible avec le Catéchisme, qui affirme que la différence sexuelle appartient au dessein créateur de Dieu (CEC 369-373). L’auteure refuse toute opposition entre nature et grâce et souligne que la féminité possède une véritable dignité spirituelle.
Elle rappelle également la vocation universelle à la sainteté des femmes, mariées, célibataires ou consacrées, ce qui est pleinement conforme à l’enseignement de l’Église.
Des intuitions spirituelles plus que des affirmations doctrinales
Le Catéchisme n’enseigne jamais une éventuelle correspondance entre les fluctuations hormonales et les mouvements spirituels. Ces développements relèvent donc d’une réflexion personnelle, qui peut être utile pastoralement mais ne possède pas d’autorité doctrinale.
De même, la description des quatre éléments (air, eau, terre, feu) comme symboles des différentes phases du cycle constitue une méthode pédagogique intéressante, mais elle n’appartient pas au patrimoine doctrinal de l’Église. Elle ne pose pas de difficulté tant qu’elle demeure une analogie.
Une lecture symbolique de l’Écriture
L’ouvrage repose largement sur la méditation du récit de la femme hémorroïsse (Mc 5). L’auteure en tire de nombreuses applications concernant le cycle menstruel, la ménopause, les blessures de la féminité et même les relations entre femmes et prêtres.
Ces méditations sont souvent riches spirituellement. Toutefois, elles dépassent le sens littéral du texte biblique. L’exégèse catholique distingue en effet le sens littéral des sens spirituels. Certaines interprétations proposées ici relèvent clairement de l’application spirituelle personnelle.
Cela n’est pas illégitime : la tradition catholique a toujours pratiqué la lecture spirituelle de l’Écriture.
Conclusion
Prier avec le cycle féminin apparaît compatible avec la doctrine fondamentale de l’Église catholique. Son anthropologie, sa christologie, sa vision des sacrements, de la prière, de la chasteté et de la vocation à la sainteté sont conformes au Catéchisme.
L’ouvrage ne relève pas du Magistère mais de la théologie spirituelle. Plusieurs développements doivent être reçus comme des propositions de méditation, non comme des enseignements doctrinaux.
Cette distinction est importante, mais elle ne remet pas en cause la valeur spirituelle de l’ensemble. Au contraire, le livre constitue une tentative originale de montrer que la grâce rejoint la femme dans toute la réalité de son existence corporelle. En rappelant que le Christ veut sanctifier la personne tout entière, corps et âme, il s’inscrit dans une intuition profondément catholique. La conclusion de l’ouvrage exprime bien cette perspective traditionnelle :
« Accordez-nous, Seigneur, de ne pas aimer la prière pour ce qu’elle nous apporte, mais de voir dans les différents temps de notre prière un don gratuit et surabondant de votre miséricorde envers nous. »
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
La persécution ne pourra pas arrêter le mouvement croissant de la messe en latin
Lettre de Mgr Hector Aguer, parue sur LifeSiteNews :
Le pape Benoît XVI, dont la mémoire est à jamais gravée dans les mémoires et qui sera très probablement proclamé Docteur de l’Église un jour, a cherché, dans Summorum Pontificum , son motu proprio de 2007 sur les deux usages du rite romain unique, ordinaire et extraordinaire, à libéraliser la célébration de la messe communément appelée « traditionnelle », « tridentine », « de saint Pie V » ou « des siècles ». Il l’a fait dans le but de contribuer à la paix liturgique et par respect pour une coutume ancienne et vénérable. Ainsi, tout prêtre peut célébrer la messe en latin sans avoir besoin d’une autorisation spéciale ni risquer des représailles idéologiques de la part de certains évêques.
Dans sa lettre aux évêques du monde entier accompagnant le motu proprio , le pape a souligné que « ce qui était sacré pour les générations précédentes demeure sacré et grand pour nous aussi, et ne saurait être soudainement totalement interdit ni même considéré comme nuisible ». Dieu seul sait combien le pape allemand a souffert lorsque, quatorze ans plus tard, le 16 juillet 2021, son successeur a abrogé cette législation d’un trait de plume et imposé des restrictions draconiennes au Vetus Ordo . Une part de cette souffrance a été révélée ces derniers jours par son fidèle secrétaire particulier, l’archevêque Georg Gänswein.
Le Motu proprio Traditionis Custodes, publié il y a cinq ans, loin de panser les plaies, n’a fait que les raviver. Contrairement à ce que recherchait son promoteur, ce document a contribué à un regain d’intérêt pour la tradition et l’orthodoxie, notamment chez les jeunes. Aujourd’hui, on observe de nombreuses conversions parmi ceux qui privilégient l’usus antiquior. La transmission de la foi ne se fait plus, en grande partie, de parents à enfants, mais de jeunes à jeunes. Je rappelle ici ce que j’ai dit à maintes reprises : j’ai été ordonné prêtre en 1972 selon le Novus Ordo, et je n’ai jamais célébré la forme extraordinaire.
Sans aucun doute, le Mystère continue de captiver les cœurs. Dans un monde aux relations instables, noyé dans le vide et la déshumanisation – un monde qui prétend avec arrogance vivre dans un monde post-vérité, post-humaniste et post-christianisme –, le Christ, « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6), réaffirme toute sa légitimité. Il montre qu’à travers lui, en se tournant vers le Père et dans l’Esprit Saint, l’existence humaine trouve tout son sens, avec la perspective d’un avenir meilleur. L’exhortation de l’apôtre Paul aux Colossiens résonne ainsi avec une vigueur renouvelée : enracinés et édifiés dans le Christ, affermis dans la foi que vous avez reçue (Col 2, 7). Il s’agit de ne pas se laisser asservir par le vide d’une philosophie trompeuse, inspirée par des traditions purement humaines et les éléments du monde plutôt que par le Christ (cf. Col 2, 8).
Ce ne sont donc ni la persécution ni les mesures progressistes extrêmes qui pourront enrayer ce mouvement grandissant, qui, comme nous l’avons constaté, dépasse largement le simple effet de mode. Car la mode, ces soixante dernières années, a été de faire du Novus Ordo – même à l’encontre des préceptes de Sacrosanctum Concilium – un terrain propice à une dévastation liturgique totale.
Les quatre prières eucharistiques du missel réformé semblent avoir été supplantées par une « prière eucharistique zéro », c’est-à-dire une prière improvisée, laissée à l’appréciation du célébrant. Ce phénomène, parmi d’autres effondrements doctrinaux, moraux et disciplinaires, a vidé les séminaires et les couvents, provoqué des exodes massifs du clergé et de la vie religieuse, et engendré une véritable hémorragie au sein de l’Église. Diverses confessions évangéliques ont prospéré, alimentées par la colère des catholiques. Le nombre d’incroyants a également augmenté, de même que celui des personnes se déclarant sans appartenance religieuse. En Argentine, par exemple, au cours des soixante dernières années, la proportion de catholiques est passée de 90 % à 57 %, et cette tendance à la baisse se poursuit. C’est là où nous a conduit le modernisme, avec le « tournant anthropologique » rahnérien : la théologie de la libération et sa variante argentine, la théologie du peuple . On constate que ce schéma se répète, sous différentes formes, dans de nombreux pays. Un peuple sans théologie solide finit par ne pas connaître Dieu — et les conséquences sociales de cela sont dramatiques.
Ce qui me frappe, c’est que l’Église prêche aujourd’hui très peu sur la vie éternelle, les fins dernières et le retour glorieux de Notre Seigneur. Pendant ce temps, certains magnats de la tech parlent de l’Antéchrist et organisent des réunions avec des hommes d’affaires et des personnalités influentes pour s’en protéger. La « Silicon Valley apocalyptique » affirme que la Terre n’est plus un lieu sûr, que même Mars, où ils envisagent de s’installer, ne le sera pas, car ils craignent qu’une intelligence artificielle incontrôlable et vengeresse finisse par y arriver. Qui aurait pu imaginer, il y a quelques années encore, que nous serions témoins d’une telle chose ?
Il est indéniable que guérir les nombreux maux qui rongent l’Église, maux qui se sont aggravés durant la deuxième décennie de ce siècle et bien au-delà, au début du troisième, n’est pas chose aisée. L’heure est venue de faire preuve de grandeur, de solidité doctrinale et, par conséquent, de rétablir la discipline, sans favoritisme ni parti pris idéologique. On nous exhorte sans cesse à discerner les signes des temps et à savoir les écouter. Puissions-nous aujourd’hui entendre la voix du Seigneur et ne pas endurcir nos cœurs (cf. Ps 95, 7-8).
J’ai 83 ans et je vis dans une maison de retraite pour prêtres, une sorte d’établissement pour le clergé. Je me déplace très peu et ne quitte presque jamais ma chambre, sauf pour aller à la chapelle. Je sais que très bientôt le Seigneur m’appellera auprès de Lui, Lui que j’ai cherché à aimer et à servir du mieux que j’ai pu, malgré mes péchés et mes limites. Et je m’efforce de me préparer à ce moment par la prière et en lui offrant mes souffrances présentes.
En cette fin de vie, l’une des plus grandes satisfactions qui me restent est d’avoir ordonné, comme archevêque de La Plata, quarante-neuf prêtres et trois diacres en vue de sacerdoce. Plusieurs d’entre eux – jeunes et courageux, zélés gardiens de la saine doctrine – servent aujourd’hui dans des communautés dynamiques, caractérisées par une liturgie soignée, une pastorale attentive et un zèle missionnaire. De ces communautés naissent des vocations pour toute l’Église : au mariage et à la famille, au sacerdoce et à la vie religieuse. Eux et leurs enfants spirituels constituent une grande source de consolation et d’espérance pour cet évêque âgé.
+ Héctor Aguer
Archevêque émérite de La Plata
Buenos Aires, lundi 13 juillet 2026. Mémoire de Saint Henri.
Réaction des évêques catholiques à l’inscription de leur nom sur la liste « anti-droits » d’Amnesty International
La Conférence des évêques catholiques d’Angleterre et du Pays de Galles (CBCEW) a défendu ses efforts pour protéger les « droits donnés par Dieu » à l’enfant à naître et à toute l’humanité après qu’Amnesty International Royaume-Uni l’ait incluse sur une liste d’organisations « anti-droits » qui menacent le Royaume-Uni.
Dans un courriel adressé à LifeSiteNews le 14 juillet, en réponse à sa mention dans le rapport d’Amnesty International intitulé « Une menace croissante : le mouvement anti-droits au Royaume-Uni », la CBCEW a défendu son action et celle de l’Église catholique en faveur des « droits inaliénables » et de la dignité de toute personne « de la conception à la mort naturelle », ainsi que son soutien à la liberté de conscience. Ce rapport d’Amnesty International, depuis retiré, classait également le Catholic Herald, Right to Life UK, le Centre for Bioethical Reform UK (CBR UK) et plusieurs organisations pro-vie et chrétiennes parmi les organisations « anti-droits » en raison de leur plaidoyer pour la protection de l’enfant à naître et la défense du mariage traditionnel et de « l’identité de genre ».
Le rapport déplore également le récent « déclin significatif » de la protection des soi-disant « droits LGBT+ » et la montée du « mouvement critique du genre » en Grande-Bretagne, et demande que tous les groupes mentionnés soient privés de leur statut d’organisme de bienfaisance officiel. Les évêques déclarent :
« L’Église catholique s’efforce de défendre les droits fondamentaux de toute l’humanité, sans exception ». « Cela inclut les droits des personnes injustement emprisonnées, des réfugiés et des migrants, des victimes de la traite des êtres humains, ainsi que le droit à la vie de toute personne, de la conception à la mort naturelle. »
« Par ailleurs, nous défendons le droit à la liberté de religion, de conscience et d’expression tel qu’il est exposé dans le document du Concile Vatican II, Dignitatis Humanae ». « Notre conviction de la dignité de chaque personne, fondement d’une juste compréhension des droits humains, anime tout notre travail en matière de justice sociale en Angleterre et au Pays de Galles. »
Comme l’a rapporté lundi Jonathon Van Maren de LifeSite, la liste d’Amnesty International comprend 49 groupes « critiques du genre » ; 25 groupes pro-vie (dont 13 centres de crise de grossesse) ; 11 groupes sous l’étiquette « pratiques de conversion » ; 12 groupes « de défense des droits chrétiens » ; et une catégorie « Autres » très large.
Le rapport cite notamment les centres de soins de grossesse qui cherchent à aider les femmes confrontées à des grossesses en crise, par opposition à ceux qui permettent aux femmes de tuer leur enfant, et inclut même la Déclaration des femmes travailleuses , un groupe féministe de gauche qui s’oppose à l’agenda transgenre, dans sa liste.
L’Église catholique a toujours condamné l’avortement, le meurtre d’enfants innocents à naître, comme un « mal moral » en toutes circonstances.
Malgré l’appel inquiétant du rapport demandant la révocation du statut d’organisme de bienfaisance officiel de chaque organisation pro-vie et chrétienne répertoriée, plusieurs des « principales conclusions » d’Amnesty International sont encourageantes. L’organisation observe que le mouvement dit « critique du genre » au Royaume-Uni, qui s’oppose à l’idéologie du genre, « est en pleine expansion », 60 % de ces groupes ayant « émergé depuis 2017 ».
L’Église catholique enseigne également que « les actes homosexuels sont intrinsèquement désordonnés » et « contraires à la loi naturelle », et que l’inclination homosexuelle est « objectivement désordonnée ». Le Catéchisme est très clair : l’activité homosexuelle ne peut jamais être approuvée et il rappelle que « les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté ».
L’enseignement catholique condamne également les mutilations corporelles et la stérilisation comme étant « contraires à la loi morale » et dénonce l’idéologie du genre.
Amnesty International a également noté que les 117 groupes recensés dans son rapport ont dépensé « 144 millions de livres sterling entre 2019 et 2024, soit une augmentation de 47 % », et que « les plus gros dépensiers sont des organisations chrétiennes ultra-conservatrices de plaidoyer et de défense des politiques publiques », suivies par « les antennes britanniques de groupes américains et les organisations anti-avortement ». L’organisation précise en outre que ces groupes sont « répartis géographiquement et ne sont pas concentrés à Londres ».
Amnesty International Royaume-Uni a répondu à plusieurs plaintes concernant son rapport en présentant ses excuses pour l’avoir publié sur son site web « sans avoir suivi les procédures de révision interne établies ». L’organisation a réaffirmé son engagement à défendre les « droits » des femmes (à l’avortement) ainsi que les « droits des personnes transgenres », mais a semblé suggérer de manière vague qu’il était inapproprié de cibler certaines communautés.
Ce vote ne marque pas la fin de notre mobilisation. Nous nous battrons pour faire abroger ce texte
Communiqué de la Marche pour la vie:
Fin de vie : l’Assemblée nationale légalise l’euthanasie : un renversement majeur et tragique pour notre société
L’Assemblée nationale vient d’adopter définitivement la proposition de loi instaurant un « droit à l’aide à mourir » en France. La Marche pour la Vie exprime sa profonde révolte face à cette légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté.
Après trois lectures au Parlement, Sébastien Lecornu a choisi de donner le dernier mot à l’Assemblée nationale, sans accorder de crédit à l’opposition large et répétée du Sénat, aux inquiétudes des médecins et aux appels des très nombreux patients concernés par ce texte. C’est un débat bâclé, conclu à la veille des vacances, qui ouvre la voie à un basculement civilisationnel.
Cette loi crée une confusion qui entamera profondément la confiance que l’on peut accorder aux soignants en assimilant la mort à un soin. Contrairement à ce qui a été soutenu par ses promoteurs, ce texte n’ouvre pas simplement un droit pour ceux qui l’attendaient, mais crée une incitation pour toutes les personnes vulnérables qui n’auront pas la chance de pouvoir être accompagnées comme il se doit. Désormais, la loi reconnaît que certaines vies ne méritent pas d’être vécues et bientôt, la mort provoquée cessera d’être une exception. Alors que le nombre de personnes âgées ne cesse de croître et que notre système de santé est loin de pouvoir s’y adapter, le gouvernement a fait un choix irresponsable en cédant à l’idéologie, ou au cynisme.
Ce vote ne marque pas la fin de notre mobilisation. Nous nous battrons pour faire abroger ce texte. La Marche pour la Vie continuera à défendre, aux côtés des soignants et des familles, le vrai accompagnement, fondé sur le respect de la dignité humaine, sur la solidarité, et non sur la mort donnée.
Euthanasiée en raison de souffrances exclusivement psychiques
Ce n’est pas encore en France, mais en Colombie :
Le 9 juillet, une Colombienne âgée de 30 ans est décédée après une euthanasie. Cette psychologue souffrait depuis des années de troubles psychiatriques graves et affirmait que « ses souffrances étaient incompatibles avec une vie digne ». A l’âge de 20 ans, on lui avait diagnostiqué un trouble dépressif « sévère et persistant », un trouble de la personnalité limite et un trouble anxieux non spécifié.
Catalina Giraldo souhaitait recourir au suicide assisté. Toutefois, en raison de l’absence de réglementation en la matière, la jeune femme a finalement choisi de demander l’euthanasie, « une procédure pour laquelle il existe des protocoles établis au sein du système de santé colombien ». Elle avait introduit une action en justice pour obtenir gain de cause et a interpellé la Cour constitutionnelle à la veille de son décès.
Cette affaire a ravivé le débat autour la question de l’accès à ces procédures lorsque la souffrance est exclusivement psychique. L’euthanasie et le suicide assisté sont tous deux dépénalisés en Colombie dans les cas où la personne souffre d’une « maladie grave et incurable qui lui cause une souffrance physique ou psychologique incompatible avec sa conception d’une vie digne ». En 2024, 352 personnes ont eu recours à l’euthanasie et ce nombre augmente d’année en année.
Source : Gènéthique
Euthanasier pour prélever les organes
Dans un article publié dans le New England Journal of Medicine, trois médecins de la Harvard Medical School, du Boston Children’s Hospital aux Etats-Unis, et de la Western University au Canada, posent la question non pas du don d’organe qui suit un décès lié à une euthanasie, mais du « décès par don d’organe » dans le cadre d’une euthanasie.
Avec la « mort par don d’organe », le décès ne serait pas provoqué par l’injection létale requise pour une euthanasie mais le patient serait anesthésié avant qu’un médecin ne prélève ses organes encore vivants, et c’est le prélèvement lui-même qui entraînerait sa mort.
Cette pratique contreviendrait au « principe du donneur décédé » (Dead Donor Rule), qui s’applique actuellement quelle que soit la législation d’un pays sur l’euthanasie et le suicide assisté : il est interdit de prélever les organes d’un patient encore en vie.
Les chercheurs avancent qu’avec la « mort par don d’organe », les médecins contournent les risques liés à l’ischémie chaude. Il s’agit de la période critique pendant laquelle l’organe n’est plus perfusé, du fait d’un arrêt cardiaque ou du clampage de l’artère l’irriguant, avant qu’il ne soit placé dans un dispositif visant à le conserver à froid. Cette phase entraîne une détérioration des tissus qui peut rendre l’organe impropre à la transplantation.
Pour les auteurs de la proposition, l’abandon de la règle du donneur mort pourrait permettre un prélèvement dans des conditions plus favorables pour la transplantation.
Dans les régions où don d’organe et « aide à mourir » sont autorisés, il pourrait être « logique », selon ces trois médecins, que des patients veuillent combiner les deux procédures pour « donner un sens à leur mort ».
Le Dr Robert Truog de la Harvard Medical School considère la demande de mort par don d’organe « éthique, puisque c’est ce que le patient a choisi ». Il parle d’une « grande générosité ».
Source : Gènéthique
Les cancers avant l’âge de 50 ans touchent principalement les femmes. La faute à la contraception hormonale ?
La revue Science et Pseudo-Sciences de juillet 2026 aborde le sujet des cancers.
En France, le nombre total de cancers diagnostiqués chaque année a presque doublé :
- 1990 : 218 000 cas, dont 32 300 chez les 20-49 ans, soit 15 % du total.
- 2023 : 435 000 cas, dont 40 600 chez les 20-49 ans, soit 9,3 % du total.
En France, entre 1990 et 2023, chez les 20-49 ans, les chiffres bruts montrent deux évolutions radicalement différentes :
- Hommes : environ 13 500 → 13 200 cas, soit une quasi-stabilité.
- Femmes : environ 16 700 → 25 300 cas, soit +52 %. La dynamique observée avant 50 ans est donc avant tout féminine.
Même constat lorsque l’on corrige les effets de structure d’âge avec les taux d’incidence standardisés :
- Hommes : 103 → 106 pour 100 000 = stabilité globale.
- Femmes : 127 → 198 pour 100 000 = hausse d’environ 56 %.
En 2023, les femmes représentent ainsi environ 2/3 des cancers diagnostiqués entre 20 et 49 ans.
Qu’est-ce qui porte cette hausse chez les femmes ? Très largement, le cancer du sein. Entre 1990 et 2023 :
- Sein : 57 → 89,9/100 000 = environ 46 % de la hausse totale.
- Colorectal : environ 7 %.
- Poumon : environ 6 %.
À eux trois, ces cancers expliquent près de 59 % de l’augmentation de l’incidence féminine.
Le cancer du sein représente donc à lui seul près de la moitié de l’incidence des cancers féminins avant 50 ans ; près de la moitié de leur augmentation depuis 1990. C’est probablement le résultat le plus important de cette analyse : derrière le récit global sur les « cancers des jeunes » se cache surtout une évolution spécifique des cancers féminins, dominée par le sein.
Pourquoi cette augmentation des cancers du sein avant 50 ans ? Il n’existe bien sûr pas de facteur unique. L’hypothèse principale de l’article est celle d’un effet de cohorte (qui est expliqué dans l’article), notamment reproductif et hormonal : – premier enfant plus tardif ; – évolution de la parité ; – allaitement plus court ou moins fréquent ; – exposition hormonale cumulée différente selon les générations. À cela peuvent s’ajouter plusieurs facteurs de risque plus modestes et indépendants, dont les effets peuvent se cumuler : alcool, certaines expositions hormonales, modes de vie et détection plus fréquente avec des dépistages personnalisés plus fréquents aujourd’hui chez les femmes entre 40 et 50 ans.
Au matin d’une « longue défaite », l’exigence de notre engagement
Le soleil se lève sur la France, comme il se levait hier. Pourtant, quelque chose en nous, en ce matin du 16 juillet, semble avoir basculé. Le vote de la loi sur l’aide à mourir n’est pas une surprise, et pourtant il nous laisse meurtris, le cœur en miettes devant cette dénaturation de l’accompagnement humain. 291 voix pour, 241 contre : un écart infime pour un pas de géant dans un changement de civilisation que nous redoutions.
Il est tentant, devant l’ampleur de ce renoncement sociétal, de laisser la colère prendre les commandes. Mais j’ai repensé, dans le silence de ce matin lyonnais, à ces mots de J.R.R. Tolkien : « Je suis chrétien, et à vrai dire catholique, si bien que je ne m’attends pas à ce que l’Histoire soit autre chose qu’une longue défaite — même si elle comporte quelques aperçus de la victoire ultime. »
Cette phrase est un appel à la lucidité. Si nous voulons protéger les plus faibles et témoigner de notre foi dans l’espace public, nous devons sortir de la tiédeur et assumer une cohérence radicale. Cela implique de tirer les conséquences des actes posés par nos élus.
Mais soyons justes : ce vote n’a pas rassemblé un bloc monolithique. Les clivages ont traversé les groupes politiques. Au sein du MoDem, 20 voix pour et 16 contre. À droite, quelques élus se sont élevés contre le choix de leur camp. Même au Rassemblement national, 12 députés ont voté pour. La majorité présidentielle elle-même s’est déchirée. Boycotter indistinctement tous les députés ayant voté cette loi reviendrait à ignorer ces fractures et à affaiblir les voix qui, en leur sein, ont porté jusqu’au bout le combat de la vie.
Ces élus qui ont voté cette loi, et qui préparent déjà les prochaines étapes — idéologie du genre, GPA — ne sont guère sensibles au débat d’idées, mais d’avantage à la sanction électorale. Dans cette perspective, ne plus accorder notre crédit à ces élus, c’est leur signifier, par un retrait net, que le lien de confiance a été fragilisé par leur vote. Ce n’est pas un refus définitif du dialogue, mais le rappel nécessaire que la confiance se mérite et qu’elle est intimement liée à la défense de la dignité humaine. Il ne s’agit pas de fermer la porte, mais d’exiger un changement de cap : nous restons des citoyens attentifs, prêts à reconsidérer notre position si, à l’avenir, le respect de la vie redevient la boussole de leur engagement politique.
Cependant, la sanction électorale ne suffira pas. La véritable exigence, pour nous qui croyons en la dignité infinie de tout être humain, est de ne pas laisser ce vote clore le débat, mais de l’ouvrir plus largement. L’Église de France elle-même, dans son communiqué, ne s’est pas contentée de dénoncer ; elle a appelé à un sursaut de l’accompagnement, à une présence renouvelée auprès des malades et des personnes âgées. C’est dans les soins palliatifs, dans le soutien aux familles, dans notre présence au chevet des plus vulnérables que se joue l’essentiel.
Cette action n’a de sens que si elle est portée par notre espérance. C’est parce que nous croyons en la dignité infinie de chaque être humain — le plus fragile, le plus vulnérable — que nous ne pouvons plus faire comme si de rien n’était. La rechristianisation du monde passe par cette exigence : être capables de dire « non » à ce qui défigure l’homme, mais aussi, et surtout, de dire chaque jour « oui » à la Vie, par des actes et des visages, avec une détermination qui, elle, ne connaît pas de défaite.
Nous avons perdu une bataille parlementaire. Mais la « longue défaite » dont parle Tolkien n’est pas une fatalité ; elle est le cadre de notre fidélité. C’est dans cette tension, dans cette espérance obstinée, que nous trouverons la force de continuer.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
La liturgie traditionnelle est missionnaire, par son sens du sacré et de la transcendance
À l’occasion du 44e pèlerinage de Chartres, le cardinal Raymond Leo Burke a accordé un entretien à Notre-Dame de Chrétienté au presbytère de la cathédrale, dans les heures qui ont suivi son arrivée parmi les pèlerins.
Le cardinal répond aux questions sur la mission de l’Église selon l’appel du pape Léon XIV, sur la place des sacrements et de la transmission de la foi, sur la dévotion mariale. Il s’attarde particulièrement sur le Vetus Ordo : il rappelle que les livres de 1962 étaient encore ceux des Pères conciliaires pendant le Concile, et invite à revenir, sans anachronisme et à la lumière des archives qui commencent à s’ouvrir, sur le processus qui a mené, après Vatican II, à la réforme liturgique, un travail historique qu’il juge encore largement à approfondir. Selon lui, on peut être pleinement catholique en vivant les sacrements selon les livres de 1962, et cette liturgie séculaire garde aujourd’hui toute sa force missionnaire, en particulier auprès des jeunes générations.
Le cardinal évoque aussi l’avenir de l’Église en France et en Europe, la prochaine visite du pape Léon XIV dans notre pays, et ce qu’il a vécu et ressenti au contact des pèlerins de Chartres.
Face à l’euthanasie, renouveler notre engagement au service de la vie
Communiqué des évêques de France :
Ce 15 juillet 2026 marque une rupture grave dans l’histoire de notre pays. En choisissant de légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, les députés ont inscrit dans la loi française la possibilité de provoquer la mort. Ce choix rompt avec la longue tradition du soin dont la vocation est de soulager la souffrance et d’accompagner chaque personne jusqu’au terme naturel de sa vie.
Depuis quatre ans, avec les évêques de France, nous avons participé de façon sérieuse et responsable au débat sur la fin de vie, par l’expression de nos convictions et en dialogue avec tous. Forts de l’expérience multiséculaire de l’Église dans l’accompagnement des personnes malades, des mourants et de leurs familles, nous avons tenu à partager nos réflexions sur la dignité de toute vie humaine. Le Président de la République avait annoncé un débat serein, éclairé et respectueux mais force est de constater que les enjeux politiques, idéologiques et sans doute même économiques, déguisés par des mots trompeurs, ont eu raison de cette ambition. Une question aussi essentielle pour notre pacte social méritait pourtant que les conséquences humaines, médicales, éthiques et sociales de l’euthanasie et du suicide assisté soient pleinement considérées.
Les effets d’une telle législation ne se mesurent pas encore mais ils se dessinent déjà. Notre rapport à la vulnérabilité, à la vieillesse, au handicap ou à la maladie, changera. Le lien de confiance entre les générations mais aussi entre les soignants, les patients et leurs familles sera dégradé et le regard de la société sur la fragilité, abîmé. Les plus pauvres risquent d’être les premiers à en payer le prix : ne voulant pas être une charge pour leurs enfants ou petits-enfants, les personnes âgées en précarité pourraient se sentir poussées à partir. En outre, l’expérience d’autres pays montre que les critères d’accès à l’aide à mourir tendent toujours à s’élargir, au détriment des soins palliatifs.
Par-delà la désapprobation, ce vote du 15 juillet nous appelle donc à un engagement renouvelé, avec les familles, les soignants, les bénévoles, les proches aidants, les associations, les aumôniers, pour témoigner qu’une autre voie est possible, celle d’une présence fidèle et d’un accompagnement attentif qui apaisent les souffrances physiques ou psychologiques, sans jamais abandonner quiconque.
La Conférence des évêques de France exprime sa profonde gratitude à tous ceux qui, chaque jour, servent les personnes malades, handicapées, âgées ou en fin de vie. Elle encourage aussi les établissements catholiques de soin à être des témoins fidèles de l’indispensable attention éthique au respect des valeurs humaines fondamentales, en s’abstenant de comportements clairement illicites d’un point de vue moral, en vertu de la dignité de toute vie humaine.
Enfin, elle suivra avec attention les saisines annoncées du Conseil Constitutionnel ainsi que les contributions volontaires associatives, afin que soit garanti en particulier le respect de l’éthique des établissements engagés dans l’accompagnement de personnes en fin de vie et qui excluent le recours à l’euthanasie ou au suicide assisté.
Les catholiques de France continueront, avec beaucoup d’autres hommes et femmes de bonne volonté, croyants ou non, à servir la vie. Ils le feront animés par la ferme espérance que leur donne l’Évangile, esprit de résignation ni d’affrontement, convaincus que la grandeur d’une société ne réside jamais dans le fait de donner la mort aux plus fragiles, ou leur permettre de se la donner, mais au contraire de les accompagner, par une fraternité réelle, jusqu’au bout. Car le Christ en qui ils croient est venu pour que le monde ait la vie.
Cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, président de la Conférence des évêques de France
Mgr Vincent Jordy, archevêque de Tours, vice-président de la Conférence des évêques de France
Mgr Benoît Bertrand, évêque de Pontoise, vice-président de la Conférence des évêques de France
291 députés votent pour l’assassinat des indésirables
Le détail des votes est ici. Ceux qui ont voté pour ou se sont abstenus méritent d’être battus aux prochaines élections, quel que soit leur adversaire.
Selon le Syndicat de la famille, le vote de la loi ouvre une nouvelle bataille juridique :
L’Assemblée nationale a définitivement adopté la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Après plusieurs années de débats, la France légalise l’euthanasie et le suicide assisté. Ce vote constitue une violence inédite. Une violence faite aux malades, aux soignants, aux familles, à nos institutions et à la société tout entière.
Une violence faite, d’abord, à tous ceux qui souffrent, à qui l’on offre désormais plus facilement la mort qu’un accompagnement médical. Il sera plus rapide d’obtenir une injection létale qu’un lit en soins palliatifs ou un rendez-vous dans un centre antidouleur. Faute de garantir à chacun les moyens de vivre dignement jusqu’au bout, notre société choisit de rendre la mort accessible.
Une violence faite aux soignants, qui se sont massivement opposés à cette loi, refusant cette trahison du sens de leur profession. Jamais la mort ne sera un soin, ni même un accompagnement. La médecine considère le malade, le soigne, le soulage et l’accompagne. L’euthanasie met fin à sa vie.
Une violence faite aux familles et aux proches, dont le traumatisme généré par un suicide est connu, auquel s’ajoutera le risque de divisions profondes entre ceux qui savaient et ceux qui ne savaient pas, entre ceux qui seront vus comme n’ayant pas empêché et les autres.
Une violence faite, aussi, à notre démocratie et à nos institutions. Rarement une réforme sociétale aura rencontré une opposition politique aussi large avec, notamment, le rejet du Sénat à trois reprises, l’opposition de près de 400 parlementaires au cours du processus législatif et une adoption, au final, à quelques voix alors que ce texte est un changement de paradigme pour tous les malades et tous les personnels de santé.
Les alertes ont pourtant été nombreuses, venant notamment d’anciens ministres de la Santé, de rapporteurs des lois précédentes sur la fin de vie et de pays étrangers confrontés aux dérives de l’euthanasie. Gérard Larcher, deuxième personnage de l’État, et le Premier ministre ont d’ores et déjà annoncé qu’ils saisiraient le Conseil constitutionnel à la suite de l’adoption de la loi, signe de la profonde fébrilité que suscite ce texte. Mais le pouvoir a voulu aller jusqu’au bout.
Mais l’ultime violence est celle de la question existentielle que cette loi fera désormais peser sur chaque personne vulnérable : « Ma vie vaut-elle encore la peine d’être vécue ? »
« Suis-je devenu un poids ? Mes proches seraient-ils libérés si j’avance ma mort ? Est-ce que je coûte trop cher ? » Voilà l’injonction que l’État et la société font désormais entrer dans la vie des plus fragiles de nos concitoyens. Une société digne devrait leur répondre sans hésiter qu’ils ont toute leur place parmi nous. Désormais, elle leur indique aussi le suicide comme réponse.
Depuis plusieurs années, Le Syndicat de la Famille s’est opposé sans relâche à cette proposition de loi. Aux côtés de nombreux acteurs et associations, il a été auditionné à l’Assemblée nationale et au Sénat, rencontré de nombreux parlementaires, proposé des amendements, alerté l’opinion et agi pour faire connaître la réalité d’une loi profondément contraire à ce qui fait la grandeur d’une société : protéger, soigner et accompagner les plus fragiles.
La loi est votée, mais elle est loin d’être promulguée. Le Syndicat de la Famille saisira tous les recours possibles dans les jours et les semaines qui viennent.

La Fondation Lejeune ne se résigne pas :
Ce soir, la légalisation de l’euthanasie a été votée.
Pour la Fondation Jérôme Lejeune, la mort administrée inscrit dans la même logique que celle qui, il y a 50 ans, légalisait l’avortement eugéniste. Les premières victimes de cette nouvelle loi seront toutes les personnes vulnérables, et notamment les personnes porteuses d’un handicap mental. La Fondation dénonce une vision de la société eugénique, portée par des contre-valeurs s’appuyant sur une fausse conception du progrès, de l’autonomie et de la liberté à des fins utilitaristes.
Avant même le vote définitif on savait que quatre saisines du Conseil constitutionnel seraient déposées : à commencer par celle du Premier ministre et celle du président du Sénat Gérard Larcher. Mais comment les députés ont-ils pu voter un texte manifestement illégal au regard de la Constitution ?
Ces quatre saisines sont la preuve que ce texte ne tient pas. Il est le fruit du coup de force d’une maigre majorité à l’Assemblée nationale.
📍La Fondation Jérôme Lejeune ne se résignera jamais.
Le combat est loin d’être fini, la mobilisation continue. Il le faut pour tous ceux qui risquent de subir la pression de cette loi – les malades et les soignants et tous ceux qui n’en mesurent pas encore la portée mais qui la subiront un jour.
La Fondation Jérôme Lejeune déploie ainsi dès à présent plusieurs volets d’une stratégie de contre-offensive :
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- contribution extérieure auprès du Conseil constitutionnel;
- vigilance absolue sur les décrets d’application du texte;
- appel aux candidats à l’élection présidentielle pour abroger cette loi,
La Fondation rappelle aussi l’urgence de la protection des personnes avec une déficience intellectuelle.
Vous pouvez compter, chers amis, sur la vigilance et la détermination de la Fondation Jérôme Lejeune pour continuer le combat contre l’euthanasie
L’équipe de la Fondation Jérôme Lejeune

Alliance vita dénonce un basculement dramatique :
Ce soir, quelque chose a basculé.
⚫ Avec le soutien de 291 députés contre 241, le suicide assisté et l’euthanasie entreront dans le code de la santé publique. Ce n’est pas qu’un texte de loi. C’est la vie, la fragilité, la fraternité qui sont attaquées.
Nous le savons, beaucoup d’entre vous ont suivi ce combat de près — parfois avec un proche malade en tête, parfois avec la mémoire d’un accompagnement bouleversant, parfois simplement avec la conviction intime que toute vie mérite d’être protégée jusqu’au bout. Ce soir, cette conviction est mise à l’épreuve.
Depuis des années, Alliance VITA défend une autre voie : celle des soins palliatifs, de la présence, de l’accompagnement qui ne laisse personne seul face à la souffrance. Cette voie n’a pas été choisie. Et pourtant, elle reste la seule digne d’une société qui refuse de trier les vies.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Ce vote fragilise trois choses essentielles :
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- L’équilibre patiemment construit depuis 2005, qui refusait à la fois l’acharnement thérapeutique et le fait de provoquer la mort.
- La prévention du suicide, alors que la loi devrait, plus que jamais, protéger ceux qui traversent la détresse.
- Et surtout, l’égalité fondamentale entre toutes les vies — celle qui empêche qu’une existence soit un jour jugée « trop lourde » ou « de trop ».
Nous ne pouvons pas rester silencieux face à cela. Et vous non plus, nous le savons.
C’est pourquoi notre mobilisation ne s’arrête pas ici — elle commence une nouvelle phase, plus déterminée encore.
👉 Alliance VITA engagera tous les recours juridiques possibles pour limiter les dérives que cette loi rendra, hélas, inévitables : divisions dans les familles, détresse des soignants, pressions insidieuses sur les personnes malades ou en situation de handicap.
👉 Nous lançons dès maintenant un Comité national de vigilance sur la fin de vie, pour documenter, alerter, et donner une voix à ceux que ce texte risque de fragiliser en silence.
La grâce ne supprime pas nature, même pour une femme
Tribune en réponse aux 3 articles de Dollie.
Tu aimeras Dieu plus que tout et ton prochain comme toi-même.
La pensée grecque est infusée de ce « comme toi-même » et l’Aquinate n’y a pas perçu contrairement à vous « une vénération de soi ou une introspection abusive qui évincerait Dieu. »
Cela nous rappelle que rien en l’homme, fusse-t-il une femme, n’est purement une fonction biologique ou purement une fonction spirituelle. Tout ce que mon âme vit, mon corps le vit et tout ce que mon corps traverse, mon âme aussi. L’être humain n’est pas en tranches, chez lui tout est lié, raison pour laquelle par exemple le grand sportif a un préparateur mental. Ainsi, l’Eglise affirme depuis longtemps cette unité à la suite d’Aristote et rappelle que « qui veut faire l’ange fait la bête ». Toutes les grandes hérésies contre lesquelles l’Eglise a dû lutter s’attaquent à cette unité fondamentale.
Gabrielle Vialla n’a pas besoin d’affirmer que « la femme doit s’intéresser à son cycle menstruel » telle une nouveauté doctrinale que vous semblez avoir perçue en pourchassant l’hérésie. En effet, toutes les femmes le savent, chacune vit avec et à travers son cycle, respire avec, dort avec, pense avec…et même prie avec. Et même celles qui en souffrent et rêveraient d’obtenir un répit connaissent cette évidence : il est impossible de s’en départir, pas même le temps d’un Notre Père.
Faire croire le contraire relève d’une anthropologie qui ne s’inscrit guère dans la Tradition de l’Eglise que vous revendiquez pourtant. Votre vision réductrice de l’être humain se double très logiquement d’une vision erronée de la complémentarité des sexes, drapée de thomiste pour lui donner bonne prestance. Pour l’Eglise, heureusement c’est plus clair : l’image de Dieu en l’homme n’est évidemment pas corporelle. Mais la complémentarité des sexes, qui est autre chose que la différence sexuée, a conduit l’Eglise à ne jamais confondre la vocation de la femme et la finalité de toutes les formes de maternité (au sein du couple ou dans le célibat consacré) avec celle de l’homme et toutes les déclinaisons de la paternité (qu’elle soit conjugale ou sacerdotale). Tous deux sont appelés à la sainteté, à la suite du Christ, chacun avec ses spécificités. Ne faites pas dire à Saint Paul ce qu’il n’a pas dit. Il défend la même dignité pour l’homme comme pour la femme, mais jamais ne confond leur vocation respective.
Sur 3 articles, vous surfez sur l’argument d’autorité en mode Protagoras, mêlant confusion et sophisme. Vous confondez par exemple l’humilité et le mépris de soi, difficile à concilier avec le « comme toi-même » commandé pour l’amour du prochain, mais peu importe si c’est sous le sceau de Saint Augustin. Il semble vous manquer les notions les plus élémentaires d’anthropologie et de physiologie et là, même la doctrine la plus pure ne vous sera d’aucun secours.
Il pourrait alors sembler paradoxal que votre discours rejoigne celui des déconstructeurs d’aujourd’hui. Pourtant comme eux vous niez la nature, vous au nom de grâce, eux au nom de la culture. Mais l’humain depuis toujours se conçoit entre animalité et divinité, entre immanence et transcendance, le spirituel s’incarnant dans le charnel. « La grâce ne supprime pas la nature, elle l’achève ».
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
