11 mars 1963 : sacrifié pour la parole donnée
Du Cercle Bastien-Thiry :
Jean BASTIEN-THIRY (1927 – 1963) organisa l’attentat du Petit Clamart du 22 août 1962 contre Charles de Gaulle, alors président de la République. Condamné à mort par une juridiction d’exception1, il fut fusillé le 11 mars 1963.
Ses motivations ? La vérité, l’honneur, la fraternité, l’avenir de la nation française.
Extraits de sa déclaration prononcée en février 1962 lors de son procès :
« Nous avons exercé le droit de légitime défense contre un homme, au nom de ses victimes, au nom de nos concitoyens et au nom de nos enfants »
« nous étions sincèrement partisans de l’Algérie française, parce que nous estimions cette solution réaliste et bénéfique pour tous ; mais nous concevions qu’il y eut d’autres solutions pour l’avenir algérien, solutions pouvant être défendues de façon honnête et sincère ; l’impératif absolu, quelle que fût la solution finalement retenue, était, en tout état de cause, et sous peine de trahison et d’infamie pour le pouvoir politique mettant en œuvre cette solution, de faire respecter la vie, la liberté et les biens des millions de Français de souche et de Français musulmans vivant sur cette terre. »

Photo de la tombe de Bastien-Thiry à Bourg la Reine lors de la célébration de dimanche après midi.
L’abandon de 1962 des populations algériennes qui étaient sous l’autorité régalienne de l’État français constitue un crime d’État, et doit être reconnu comme tel. Nous sommes en 2026, et la France, par la voix de plusieurs présidents de la République successifs a reconnu sa responsabilité dans cet abandon. Mais aucun n’a encore osé le caractériser comme la vérité l’exige. Il s’agit bien d’un crime planifié dans son ensemble par Charles de Gaulle. Ce crime fut :
–massif : le massacre des Harkis par les forces du FLN après les accords d’Evian se chiffre en dizaines de milliers de morts (entre 60 000 et 150 000 d’après les historiens), et l’épuration ethnique qui visa les Européens d’Algérie en milliers de victimes.
–programmé : Charles de Gaulle avait en tête l’abandon de l’Algérie dès son arrivée au pouvoir en 1958. Son discours, qui au contraire, engageait la France vis à vis de ces populations, lui permettait en réalité de reprendre le pouvoir (tel que le démontre en autres le livre de H.C Giraud, Le piège gaulliste, 2022). Averti des menaces sur ces populations, il les sacrifia pour se dégager au plus vite de l’Algérie en signant les accords d’Evian avec le FLN.
–évitable, encore en août 1962 : l’armée française était sur place et aurait très bien pu mettre fin aux massacres si l’ordre d’intervenir avait été donné. Un transfert en France des populations menacées pour un accueil et une intégration dignes aurait pu être organisés par le gouvernement.
Mais « le chef de l’État de fait » Charles de Gaulle, comme le désigne Bastien-Thiry, a voulu se débarrasser du « boulet » algérien en choisissant la facilité. Ce faisant, ce n’est pas seulement toutes ces personnes d’Algérie qui avaient cru en lui qu’il sacrifiait, mais c’était également l’honneur et la parole donnée de la France. Une partie de sa civilisation même, sur laquelle se base le concept de fraternité issu de son héritage chrétien.
Mensonge, enlisement moral, haine. 63 ans après les faits, nous pouvons lister quelques conséquences objectives de la politique algérienne de Charles de Gaulle :
- Un encouragement au terrorisme barbare qui est parvenu à ses fins politiques ;
- Une fraternité qui disparaît progressivement du langage social et politique français ;
- Un régime FLN arabo-musulman toujours en place depuis cette date en Algérie, cultivant un ressentiment anti-Français aux conséquences politiques et sociétales désastreuses sur les deux pays;
- Aucune perspective de collaboration de confiance entre les deux pays depuis cette date ;
- Une dénonciation systématique de la colonisation dans le discours dominant, occultant ses bénéfices (hôpitaux, infrastructures, écoles..) et la complexité du conflit. A ce titre et pour rappel : les algériens engagés du coté français, étaient trois plus nombreux que les algériens engagés pour le FLN (155 000 hommes armés contre 50 000 combattants FLN) ;
A quand la justice et la vérité sur ce drame provoqué ? Il est temps d’avancer sur les points de base suivants :
- Une juste repentance : celle qui viendra du pouvoir algérien envers les Harkis et les pieds-noirs (Européens d’Algérie).
- La revalorisation de l’image des Harkis en France, qui étaient engagés au coté de la France et qui souffrent actuellement trop souvent d’une image de « collabos»;
- La reconnaissance par l’État français comme crime de l’abandon des Harkis et des Européens d’Algérie. A cette fin, la France devra s’extraire du culte idolâtre de Charles de Gaulle, qui fut le planificateur de cet abandon programmé.
- Enfin, la reconnaissance de l’État français envers ceux qui ont donné leur vie en s’opposant à ce drame ;
1 La cour militaire de justice, aux ordres de Gaulle. Un « simulacre de justice », tel que le décrit l’ancien haut magistrat Grégoire Finidori, dans son ouvrage Un formidable système répressif : les juridictions d’exception à la fin de la guerre d’Algérie (2022)
Cercle Jean Bastien-Thiry, 11 mars 2026
Nantes : La librairie Dobrée fait peau neuve
La librairie Dobrée existe depuis 1978 ! Elle a été rachetée par Chiré en 2013. Cette présence de nos idées, depuis presque 50 ans, dans le cœur de Nantes est certes une petite victoire sur l’esprit du monde, mais c’est tout de même une victoire !
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La librairie vous accueille du mardi au samedi de 10h30 à 12h30 et de 14h30 à 19h et le jeudi et vendredi, elle reste même ouverte entre 12h30 et 14h30 !
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Encore un pas vers l’union des droites
Lundi soir, tous les partis conservateurs, nationalistes et souverainistes se sont alliés au Parlement européen pour adopter en commission un règlement majeur visant à faciliter l’expulsion des clandestins.
Les députés européens se prononçaient en effet en commission sur un projet de règlement visant à faciliter les « retours » (les reconduites aux frontières). Sous l’impulsion du patron de la délégation française du PPE, François-Xavier Bellamy, le texte du PPE (LR) a été adopté grâce au soutien de l’ECR (IDL de Marion Maréchal), des Patriotes pour l’Europe (RN) et de l’Europe des nations souveraines (Reconquête).
Début décembre, le même attelage s’était déjà formé, déjà sur la question migratoire, pour voter deux textes.
Marion Maréchal se réjouit de cette union :
Une nouvelle fois, la coalition des droites, dont notre Groupe ECR est la force pivot, et qui inclut également le PPE, les Patriotes et les Souverainistes, s’est imposée face à la gauche. Ensemble, nous avons ainsi obtenu de nombreuses avancées :
- possibilité de centres d’expulsion dans les pays tiers ;
- détention des clandestins permise pendant 24 mois et plus si les circonstances le justifient ;
- interdiction d’entrée sur le sol européen sans limite de temps ;
- possibilité de fouiller et saisir les biens (papiers d’identité, téléphone…) du clandestin sans son accord afin d’identifier son pays d’origine ;
- l’appel d’une décision d’expulsion ne suspend plus l’organisation de l’expulsion.
Ce n’est pas parfait, mais ce sont des progrès considérables qui tranchent avec le laxisme ayant prévalu jusque-là. C’était, encore une fois, une demande de notre alliée Giorgia Meloni, qui se bat à Rome et à Bruxelles pour protéger nos frontières et nos peuples. Le texte sera prochainement mis aux voix en séance plénière avant d’être négocié avec le Conseil. Félicitations à notre négociateur Charlie Weimers, avec lequel nous avons travaillé dès le début pour obtenir ces victoires. Et merci à François-Xavier Bellamy qui a su convaincre son groupe de travailler une nouvelle fois avec la droite. Grâce à ECR, grâce à la coalition des droites, nous forçons enfin l’UE à changer de direction. Nous continuerons à nous battre pour réparer les dégâts causés par des décennies de soumission à la gauche, pour rendre la France et à l’Europe plus sûres, plus prospères et plus fortes.
Il regrette sa transition de genre, commencée à 17 ans
Né homme, Karlee a entamé à 17 ans un parcours de transition sexuelle pour devenir une femme. Après plusieurs tentatives de suicide, il raconte son histoire et la prise en charge médicale française des personnes transgenres.
Son discours lui vaut des menaces de mort. Aujourd’hui, il a 30 ans et regrette ses nombreuses opérations. Après plusieurs tentatives de suicide, il a choisi de raconter son histoire et la prise en charge médicale française des transgenres.
Beaucoup de mes traumatismes non pansés proviennent de mon enfance. J’ai grandi dans une famille très peu soudée et dysfonctionnelle, entourée de frères et sœurs et de parents indifférents. Quant à mon homosexualité, je l’ai annoncée très tôt, à 13 ans. Mais j’en avais honte. J’ai grandi à la campagne et j’ai eu internet tardivement, j’ignorais ce qu’était la transidentité. C’est la famille américaine des Kardashian qui m’a appris l’existence des transitions de genre. À l’époque, mon copain m’avait fait remarquer que je parlais de moi au féminin, que je voulais être « la fille ».
Nucléaire : ils reconnaissent leur erreur mais sans poser leur démission
En ouverture des débats, Ursula von der Leyen a souligné que réduire la part du nucléaire en Europe a été « une erreur stratégique ». Selon la présidente de la Commission européenne, « ce choix » de l’Europe a eu pour conséquence de la « détourner d’une source fiable et abordable d’énergie à faibles émissions ».
Quand on reconnaît son erreur, on démissionne, non ?
Avant elle, Emmanuel Macron avait également défendu la relance du nucléaire civil en tant que facteur « d’indépendance », notamment dans un contexte géopolitique où la dépendance aux hydrocarbures peut « devenir un instrument de pression, voire de déstabilisation ».
« Le nucléaire est clé pour réconcilier à la fois l’indépendance et donc la souveraineté énergétique, la décarbonation et donc la neutralité carbone à horizon 2050, et la compétitivité et donc la création d’emplois de nos économies ».
Suivez le séminaire Intelligence artificielle et santé
On nous signale qu’il reste encore quelques places (mais dépêchez-vous, cela ne va pas durer) pour le séminaire qu’organise la chaire internationale de bioéthique de la Fondation Jérôme Lejeune le 14 mars prochain sur le thème: Intelligence artificielle et santé.
Intervenants : Pr. Olivier Rey, Stéphane Ragusa, Laetitia Pouliquen et Jean-Marie Le Méné, etc.
Le séminaire IA et santé aura lieu en présentiel, le samedi 14 mars 2026, de 14h30 à 18h30, à Paris 15e
Pour qui ? Il s’adresse aux scientifiques, médecins, philosophes, juristes, mais aussi à toute personne curieuse des enjeux bioéthiques soulevés par l’IA en matière de santé.
Inscription gratuite mais obligatoire, dans la limite des places disponibles : https://chairebioethiquelejeune.org/congreso-internacional-bioetica/seminaire-ia-et-sante/
Réponse au Cardinal Sarah de M. l’abbé Etienne Ginoux FSSPX
Source : https://fsspx.news/fr/news/reponse-au-cardinal-sarah-57576
Dans une tribune parue en France dans Le Journal du Dimanche du 22 février 2026, le cardinal Sarah, qui a été ces dernières années une forte source d’encouragement pour de nombreux fidèles, s’inquiète de l’annonce des sacres épiscopaux par la Fraternité Saint-Pie X.
Le cardinal écrit : « Combien d’âmes risquent de se perdre à cause de cette nouvelle déchirure ? » On est en droit de se demander si ce sont vraiment les âmes des fidèles fréquentant les chapelles de la Fraternité qui sont en danger, ou s’il ne faudrait pas davantage craindre pour le salut de ceux qui suivent les « prélats qui renoncent à enseigner le dépôt de la foi » ou les « loups déguisés en agneaux », justement dénoncés par le prélat.
Le remède proposé par Son Éminence à ceux qui veulent « mener le combat pour la foi, la morale catholique et la Tradition liturgique » est l’attachement au Successeur de Pierre. Tout catholique devrait alors accepter ce qui vient du pape sans jamais désobéir. Cela n’est pourtant pas aussi simple qu’il n’y paraît, car n’est-ce pas précisément de Rome que sont récemment venus l’ouverture des divorcés remariés à la communion eucharistique, la bénédiction des couples irréguliers, l’assertion selon laquelle Dieu veut la pluralité des religions, la remise en cause de titres traditionnellement attribués à la Très Sainte Vierge Marie et employés par de nombreux papes, ou encore la tentative de suppression à long terme du missel traditionnel ? Or le cardinal Sarah s’est lui-même opposé à nombre de ces nouveautés au nom de la Tradition.
D’un côté, il nous montre l’exemple du bon combat pour la foi, la morale catholique et la tradition liturgique ; de l’autre, il nous invite à obéir à ceux qui sont à l’origine des maux que nous combattons. Comment le faire alors même que des cardinaux peuvent répandre des opinions hétérodoxes, réprouvées par le cardinal guinéen, sans être cependant jamais inquiétés par les autorités de l’Église ? Qu’en conclure, sinon que nous n’avons d’autre choix, avant d’assentir, que de distinguer entre les enseignements fidèles à la foi de toujours et ceux qui sont l’expression d’une pensée nouvelle, irréconciliable avec le magistère antérieur ? Bien que le pape actuel n’exerce le souverain pontificat que depuis peu, ses nominations aux charges les plus élevées ainsi que ses discours et homélies ne permettent pas d’augurer un changement notable.
Enfin, le cardinal Sarah nous donne à méditer le bel exemple d’obéissance héroïque du Padre Pio. On nous permettra cependant de remarquer l’immense différence entre la situation du stigmatisé de Pietrelcina et celle de la Fraternité Saint-Pie X. Il accepta dans la foi, l’humilité et l’obéissance une grave injustice concernant sa personne, mais qui n’avait pas de conséquence extérieure quant au salut des âmes. La Fraternité s’élève quant à elle contre une injustice touchant le bien commun de l’Église, blessée dans sa foi, sa morale et sa liturgie, comme le reconnaît le cardinal. Comment rester silencieux alors que la foi et le salut des fidèles sont menacés ? N’est-il pas nécessaire, par charité pour ces âmes, que certains osent s’opposer à ceux qui propagent l’erreur ?
Saint Paul s’est publiquement opposé à saint Pierre à Antioche, avant que le premier pape ne reconnaisse son erreur. Saint Athanase, alors que la majorité des évêques est proche de l’hérésie d’Arius, est excommunié par le pape Libère mais continue de prêcher et d’éclairer les âmes. Le Padre Pio a donc eu raison d’obéir à des sanctions injustes le concernant, car rien ne menaçait la foi des fidèles. On sait moins qu’il refusa de célébrer la messe selon le missel expérimental de 1965 en langue vernaculaire et qu’il continua à célébrer la messe de son ordination jusqu’à sa mort, en 1968, quelques mois avant l’entrée en vigueur de la réforme liturgique. Qu’aurait-il fait alors ?
Éminence, nous vous supplions d’utiliser votre autorité, votre notoriété et votre plume pour convaincre le Saint-Père de mettre un terme à la crise doctrinale, morale et liturgique que traverse la sainte Église. Alors la Fraternité Saint-Pie X ne sera plus dans la nécessité d’ordonner des évêques sans mandat pontifical. Alors il y aura une véritable unité et une parfaite communion dans l’Église de Dieu : l’unité et la communion dans la foi.
Abbé Étienne Ginoux | F.S.S.P.X.
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L’Église est juge des arts | Entretien avec James Matthew Wilson
L’Église est “juge des arts” selon une expression du Concile Vatican II, rarement citée. Elle a un rôle d'”arbitre” quant à la beauté de la liturgie, mais ce rôle se joue aussi “ad extra” ! Comme l’Église du Christ est l’accomplissement parfait des transcendentaux, elle a pour droit et devoir de promouvoir le Beau. Par extension, le catholique se voit attribuer le rôle de “gardien de la culture.” Notre foi nous encourage à chercher, aimer et promouvoir la beauté de la civilisation chrétienne dans tous les aspects de notre vie !
C’est ce que Mgr Cordileone, par exemple, fait aux Etats-Unis, en soutenant des artistes catholiques comme le poète James Matthew Wilson, un poète, professeur et intellectuel américain qui développe ici cette question de première importance dans cet entretien exceptionnel présenté par Augustin Marie Bréchard, de la Fraternité Saint-Ephrem.
La vidéo est disponible ci-dessous ⬇️
https://www.youtube.com/watch?v=BpQxAtsyC4M
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Pélerinage de Loublande en l’honneur du Sacré Coeur, les 18 et 19 avril
Deux jours de marche et de prière, la beauté de la liturgie, une veillée traditionnelle et des temps forts d’amitié : le pèlerinage Notre Dame de Loublande revient pour la troisième fois cette année au cœur de la Vendée militaire pour honorer le Sacré Cœur et prier pour la conversion de la France. Les samedis 18 et 19 avril, prends ton sac à dos et rejoins-nous !
Prier pour la France, sous le patronage du Sacré Cœur
Du sanctuaire au sanctuaire, sur une boucle dans le bocage, les pèlerins de Loublande rendent hommage au Sacré Cœur sur les lieux même où Il est apparu au début du XXème siècle. L’histoire remonte à 1916, pendant la Première Guerre Mondiale. La France vient d’adopter la loi de séparation de l’Église et de l’État. Les Français sont de plus en plus athées, quand ils ne sont pas franchement hostiles à l’Église. Au nord de la Vendée, le Sacré Cœur Lui-même vient demander la conversion de la France. Il apparaît à une jeune bergère, Claire Ferchaud, qui depuis son enfance, voit l’Enfant Jésus lui parler, la former, la guider. Le Sacré Cœur lui donne une mission pour la France : consacrer le pays au Sacré Cœur de Jésus en imposant son emblème sur le drapeau tricolore et en faisant instituer la messe perpétuelle à Loublande : «Quand Je verrai dans ce lieu, les foules à genoux et demander pardon, Mon Cœur apparaîtra dans le triomphe de la Paix sur une France régénérée». Deux demandes restées lettre morte malgré les efforts de Claire Ferchaud, de prêtres et même de l’évêque plus tard. Avec la Vierge Marie, le pèlerinage de Loublande prie pour l’instauration de la messe perpétuelle et pour la France..
Marcher, prier, veiller
Après 2024 et 2025, c’est la troisième édition du pèlerinage de Loublande. En chapitres, la marche d’une vingtaine de kilomètres s’adresse à tous les âges. Elle commence par la messe, dans la forme traditionnelle du rite romain, et fait étape à Saint-Laurent-sur-Sèvre, sur le tombeau du Père de Montfort. Entre les temps de prière et de formation, s’intercalent des moments amicaux et une grande veillée traditionnelle le samedi soir où tous les talents ont leur place. Un chapitre statique accueille aussi les pèlerins non-marcheurs. Le tout dans une ambiance simple et familiale !
Les inscriptions sont ouvertes. Plus de renseignements sur notre site Internet : pelerinagesacrecoeurloublande.fr
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Un tout nouveau site Internet pour Kairos
La Fondation Kairos pour l’innovation éducative-Institut de France a le plaisir de vous annoncer qu’elle vient de mettre en ligne un tout nouveau site internet qui permet de suivre ses activités au service de l’éducation de la jeunesse.
Vous pourrez y retrouver par exemple la liste exhaustive des écoles soutenues, ou encore toutes les publications (colloques, sondages, articles…).
Camille Galliard-Minier, ministre de l’euthanasie
Le 26 février, Camille Galliard-Minier a été nommée ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées auprès de la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées. Elle remplace Charlotte Parmentier-Lecoq dont les propos avaient été épinglés par l’ONU.
L’ancienne ministre avait en effet réclamé que le « droit à l’aide à mourir » soit « accessible à toute personne en situation de handicap », « comme le prévoit la Convention des droits des personnes en situation de handicap des Nations unies ». Suite à de tels propos le Comité des droits des personnes handicapées avait réclamé des « mesures visant à garantir que les autorités de l’Etat partie s’abstiennent d’affirmer dans les médias publics et les réseaux sociaux que le Comité soutient la légalisation de l’euthanasie ».
Une députée active sur la fin de vie
Suppléante d’Olivier Véran en 2020, Camille Galliard-Minier était entrée au Palais Bourbon après la nomination de ce dernier au poste de ministre de la Santé. L’ancienne avocate a pris une part active au débat sur la fin de vie en tant que député de l’Isère (groupe Ensemble pour la République).
En effet, c’est elle qui avait demandé une seconde délibération sur l’amendement d’Annie Vidal (Ensemble pour la République) qui visait à interdire le recours à l’ « aide à mourir » en cas de souffrances psychologiques seules. Camille Galliard-Minier considérait alors « essentiel » de « préserver l’équilibre du texte ». Un « équilibre » de façade qui a permis l’adoption de la proposition de loi en deuxième lecture le 25 février dernier.
Un député sourd aux alertes
Et face à différents députés préoccupés par les pressions que pourrait faire peser sur les personnes vulnérables l’adoption d’un « droit à l’aide à mourir », la nouvelle ministre des Personnes handicapées osait affirmer que la proposition de loi ne serait « que protection », ajoutant : « La construction même de ce texte vise à protéger les personnes qui auront recours à l’aide à mourir ! ».
L’ancien député de l’Isère a voté en faveur de l’« aide à mourir » en deuxième lecture. Désormais ministre et censée porter les préoccupations des plus vulnérables d’entre nous, les écoutera-t-elle enfin ?
source : Gènéthique
Mort de Quentin : faut-il tendre l’autre joue ?
La mort tragique de Quentin Deranque, le 14 février dernier, repose la question de la montée en puissance de la violence politique et de la réponse du chrétien face à une société traversée par des affrontements constants qui, à défaut d’entraîner la mort physique, peuvent aussi entraîner la mort sociale, la délégitimation et la condamnation morale à perpétuité.
Après avoir laissé passer le temps de l’émotion, Philippe Maxence a voulu recueillir les réactions des membres du Club des Hommes face à la mort ignominieuse de Quentin et leur demander ce que doit être la bonne réponse du chrétien. Comme vous pourrez le constater, l’émotion était bien au rendez-vous.
Au micro du Club des Hommes en noir, vous retrouverez l’abbé Claude Barthe, l’abbé Grégoire Celier, Anne Le Pape et Richard de Seze pour près d’une heure de débat et de regard sur l’actualité, sur l’histoire et sur la théologie morale.
Un curé libanais meurt dans les bombardements
Communiqué de l’Œuvre d’Orient:
L’Œuvre d’Orient apprend avec effroi et une immense tristesse la mort du père Pierre el-Raï, prêtre maronite de Qlayaa, tué par un bombardement. Il a été tué à son domicile par un tir d’artillerie qui a également blessé 4 autres personnes. Ce tir d’obus est intervenu alors qu’un premier obus avait endommagé une première maison du village et que les habitants tentaient d’évacuer les personnes blessées par ce premier tir.
L’Œuvre d’Orient condamne avec la plus grande fermeté ces actes de guerre qui visent à déstabiliser le Liban tout entier et tuent des civils innocents. La mort d’un prêtre qui ne voulait pas quitter sa paroisse est une nouvelle escalade dans la violence aveugle.
L’Œuvre d’Orient dénonce également le risque d’annexion et de disparition des villages au sud du Litani, et notamment des villages chrétiens historiques.
Pour soutenir l’action de L’Œuvre d’Orient qui soutient les chrétiens du Liban dans leur mission au service des Libanais déplacés vous pouvez relayer l’appel de fonds vers https://secure.oeuvre-orient.
6e Congrès apostolique mondial sur la Miséricorde à Vilnius du 7 au 12 juin
Des milliers de pèlerins chrétiens se réuniront à Vilnius cet été, lorsque la ville accueillera le 6e Congrès apostolique mondial sur la miséricorde (WACOM), un rassemblement de cinq jours organisé par le Vatican qui s’est déjà tenu à Rome, Cracovie, Manille, Bogota et Samoa. Le thème en sera « Construire la cité de la miséricorde ». Le programme WACOM se déroule sur cinq jours complets, avec des conférences, des concerts, des débats et des inaugurations mettant en vedette une liste internationale d’intervenants, parmi lesquels John Pridmore, ancien gangster devenu conférencier catholique, Grzegorz Ryś, archevêque de Cracovie, Nicky Gumbel, pasteur anglican et fondateur d’Alpha, Matt Fradd, podcasteur catholique, et la famille Kissel, connue par des millions de personnes grâce à leur ministère sur YouTube.
« Chaque après-midi, les participants quitteront la salle de conférence pour se rendre dans les églises de la vieille ville pour l’Heure de la Miséricorde. De cette façon, la ville elle-même fait partie intégrante du congrès », explique Inesa Čaikauskienė, directrice du Congrès apostolique mondial de la Miséricorde Vilnius 2026.
Vilnius a été choisie car elle est le berceau de la dévotion à la Divine Miséricorde, dont l’image est aujourd’hui présente dans pratiquement toutes les églises catholiques du monde. En 1934, une jeune religieuse polonaise nommée Faustina Kowalska vivait dans un couvent du quartier d’Antakalnis à Vilnius. Elle avait eu des visions d’une figure de Jésus avec deux rayons de lumière, rouge et blanc, jaillissant de son cœur et symbolisant un message de compassion et de pardon divin. Ces visions ont été transformées en la première image de la Divine Miséricorde par l’artiste local Eugeniusz Kazimirowski. L’original est toujours exposé au sanctuaire de la Divine Miséricorde dans la vieille ville de Vilnius, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, qui compte plus de 30 églises situées à quelques minutes à pied les unes des autres.
Vilnius est également l’une des capitales européennes les moins visitées, ce qui en fait une destination peu fréquentée pour les touristes religieux. Pour les pèlerins comme pour les autres visiteurs, Vilnius offre une expérience relativement peu fréquentée, sans le bruit, la pollution et la chaleur qui rendent d’autres destinations européennes moins agréables pour les touristes. La ville accueille environ 1,2 million de visiteurs par an, soit une fraction des 5 millions qui passent par la Cité du Vatican ou le sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes en France.
Les pèlerins sont invités à s’inscrire avant le 1er avril, car les organisateurs ont l’intention de limiter le nombre total de participants à 5 000.
JPE à l’ONU : dialogue interactif avec la Rapporteuse spéciale sur la vente et l’exploitation sexuelle d’enfant
Communiqué des Juristes pour l’enfance :
Juristes pour l’enfance est à l’ONU à l’occasion de la 61e session du Conseil des droits de l’Homme, à Genève, pour participer à un dialogue interactif avec la Rapporteure spéciale sur la vente et l’exploitation sexuelle d’enfants, Madame Mama Fatima Singhateh.
JPE, par une déclaration écrite, demande à la Rapporteuse spéciale de dénoncer la gestation pour le compte d’autrui (GPA) comme une vente d’enfant au sens du Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant concernant la vente d’enfants du 25 mai 2000, qui définit la vente d’enfant comme « tout acte ou toute transaction en vertu desquels un enfant est remis par toute personne ou de tout groupe de personnes à une autre personne ou un autre groupe contre rémunération ou tout autre avantage » (art. 2).
« Je suis née, et j’ai été vendue » : Olivia Maurel, née de gestation pour autrui et porte-parole de la Déclaration de Casablanca pour l’abolition universelle de la GPA, prendra la parole par une déclaration orale pour demander que la pratique soit enfin identifiée comme ce qu’elle est, une forme de vente d’enfants (la Déclaration de Casablanca est un groupe international d’experts invitant les États à l’abolition universelle de la pratique).
Lors du dialogue interactif avec la Rapporteure spéciale sur la vente et l’exploitation sexuelle d’enfants, Olivia Maurel rappellera avec force que la gestation pour autrui est contraire aux droits des enfants et des femmes, en les réduisant à des objets de transaction, et appellera à ce que la gestation pour autrui figure explicitement dans le mandat du prochain rapporteur sur la vente et l’exploitation sexuelle d’enfants.
“Nous sommes aux côtés d’Olivia Maurel dans cette intervention importante à l’ONU, qui vise à sensibiliser la communauté internationale sur la triste réalité de la gestation pour autrui”, déclare Aude Mirkovic, Présidente de Juristes pour l’enfance. “Cette pratique réalise une marchandisation du corps de la femme et une réification de l’enfant. Commander un enfant et le recevoir contre un paiement, qu’est-ce d’autre qu’une vente d’enfant ? Même avec de belles intentions, on ne saurait acheter un enfant, c’est tout. Un texte international sur la vente d’enfant existe, il est temps de l’appliquer à cette nouvelle forme de vente qu’est la GPA ».
En marge de cette intervention, des rencontres avec des délégations nationales sont prévues. Ces échanges visent à renforcer les alliances internationales en faveur de l’abolition de la gestation pour autrui et à promouvoir des politiques protectrices pour les enfants et les femmes à travers le monde.
Le cardinal Sarah répond aux critiques émises dans le quotidien La Croix
Après la publication de « 2050 » par le cardinal Robert Sarah, le quotidien La Croix a émis quelques critiques. A défaut d’être interrogé dans ce quotidien, le cardinal répond dans le JDD. Extrait :
Vous affirmez que « les grandes lignes de la théologie, les fondements de la foi, ne doivent pas s’effacer devant les modes passagères ou les opinions du moment », et ce sont ces grandes lignes que vous abordez justement dans votre livre. Quelle place donner alors au « climat, migrations et exclusions », comme s’interroge La Croix : « Non comme thèmes politiques mais comme lieux théologiques » ?
Ces réalités sont graves. Elles touchent des vies humaines, donc elles touchent le cœur de l’Église. Mais elles deviennent problématiques lorsqu’elles éclipsent la centralité de Dieu et que le discours ecclésial semble n’avoir plus d’autre horizon que l’agenda temporel. Oui, on peut parler de « lieux théologiques » – à une condition : que ces lieux soient éclairés par la foi, et non utilisés comme des substituts à la foi. Le pauvre n’est pas seulement un cas social : il est le visage du Christ. L’étranger n’est pas d’abord un dossier politique : il est un frère que Dieu confie à notre charité. La création n’est pas une idole verte : elle est un don, confié à l’homme pour être gardé dans la gratitude. Mais si l’on parle du climat sans parler du Créateur, si l’on parle de migrations sans parler de la dignité surnaturelle de l’homme, si l’on parle d’exclusions sans parler du péché et de la rédemption, alors on fait de l’Église une agence morale. L’Église n’est jamais plus utile au monde que lorsqu’elle est entièrement à Dieu.
Vous rappelez dans votre livre que « la vérité de l’Évangile n’est ni relative ni adaptable aux mœurs du temps ». Comment expliquez-vous que certains souhaiteraient voir l’Église évoluer notamment sur la morale chrétienne ?
L’homme moderne craint la vérité lorsqu’elle oblige. Il préfère une morale « fluide », sans frontières, où la conscience devient mesure ultime. Mais la conscience n’est pas un dieu : elle doit être formée par la vérité. La morale chrétienne n’est pas un catalogue d’interdits. Elle est la traduction concrète d’un mystère : Dieu a créé l’homme ; Dieu l’a racheté ; Dieu l’appelle à la sainteté. La complémentarité de l’homme et de la femme n’est pas une construction culturelle : elle est inscrite dans la création et élevée par le sacrement. Le respect de la vie, de sa conception à sa mort naturelle, n’est pas une opinion : c’est la reconnaissance que la vie est un don. Le célibat sacerdotal, dans l’Église latine, n’est pas une technique de gestion : il est un signe eschatologique, une disponibilité totale, un amour indivis. Ceux qui veulent adapter l’Évangile aux mœurs du temps confondent miséricorde et renoncement. La miséricorde relève le pécheur ; elle ne renomme pas le péché.
Cette tentation de « modeler l’Église à l’aune des contingences historiques » est plus significative en Occident, écrivez-vous, contrairement au continent africain qui se reconnaît plus humblement héritier du dépôt de la foi à transmettre. Comment comprendre ces différentes postures ?
L’Occident a été blessé par un orgueil particulier : celui de se croire adulte au point de ne plus avoir besoin de Dieu. Il a remplacé l’héritage par la suspicion, la tradition par le soupçon, l’autorité par la contestation permanente. Il veut réinventer ce qu’il a reçu. En Afrique, malgré les faiblesses et les difficultés, demeure souvent une conscience plus simple : nous sommes héritiers. Nous avons reçu la foi comme un trésor. On ne « modernise » pas un trésor : on le garde, on le transmet, on le fait fructifier. La vraie humilité consiste à accepter que la vérité nous précède. Cela ne signifie pas que l’Afrique serait indemne de tentations. Mais la posture fondamentale diffère : en Occident, on veut négocier avec la foi ; en Afrique, on la reçoit.
L’émergence d’un islam européen : mythe ou réalité ?
Lu dans La Petite Feuille verte :
Alors que le IIIème millénaire vient d’achever son premier quart de siècle, un constat s’impose à l’Europe : celle-ci n’est plus ce continent très largement chrétien qu’il était encore jusqu’au milieu du XXème siècle, sociologiquement parlant du moins, du fait d’une vague migratoire sans précédent.
Aujourd’hui, il en est résulté un pluralisme religieux dont l’islam est l’un des traits les plus marquants. En effet, une importante minorité musulmane a émergé en Europe et donc s’y affirme, avec une visibilité croissante, bousculant de la sorte un monde sécularisé, en mal de sens et en crise d’identité. En même temps, cet islam est traversé par de multiples courants dont on ne sait pas lequel finira par l’emporter. Sur ce point, les Européens de souche ont un rôle important à jouer.
L’islam est l’un des plus grands défis auxquels l’Europe actuelle est confrontée, « un défi redoutable », estimait le cardinal Paul Poupard, président du Conseil pontifical de la Culture, à la veille du Synode des évêques pour l’Europe qui allait se dérouler à Rome du 1er au 23 octobre 1999 et se faire l’écho de quelques inquiétudes concernant la volonté conquérante d’une partie des musulmans et le relativisme doctrinal en progression dans certains milieux catholiques (Le Figaro, 30 septembre 1999).
Il convient donc de porter un regard lucide sur cette réalité comme l’ont fait d’autres représentants de l’Église catholique au cours des dernières décennies. Retenons ici la réflexion du cardinal italien Giacomo Biffi, ancien archevêque de Bologne, qui écrivait en 2001 dans un article sur l’immigration musulmane :
« Le phénomène se présente lourd et grave ; et les problèmes qui en découlent – pour la société civile comme pour la communauté chrétienne – comportent beaucoup d’aspects nouveaux, doublés de complications inédites, ayant un fort impact sur la vie de nos populations ».
Il ajoutait :
« Nous sommes en présence d’une interpellation de l’histoire. Il faut l’affronter sans panique et sans superficialité » (Sedes Sapientiae, n° 75).
De fait, ce sont là les deux termes indispensables à un jugement équilibré et à des choix responsables. Il faut bannir la peur et l’irénisme, choisir la lucidité et le courage, autrement dit prendre en considération les éléments propres à l’islam qui freinent ou empêchent son assimilation à la civilisation européenne. Pour cela, il est essentiel de ne plus se laisser submerger par l’émotion ou l’approche compassionnelle mais de redonner sa juste place à la raison.
La question posée est donc la suivante : la présence croissante de l’Islam en Europe permet-elle d’affirmer qu’il existe un Islam européen ?
PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES MUSULMANS EN EUROPE
1°/ Quelques caractéristiques
a) Combien y a-t-il de musulmans en Europe ? Selon les résultats d’une enquête effectuée en 2017 par l’Institut américain Pew Research, leur nombre dans l’Union européenne (UE) s’élevait alors à 25,8 millions, soit près de 5% de la population alors qu’il était estimé à 16 millions en 2007. Certaines études prévoient qu’en 2050 ce nombre pourrait atteindre 35,8 millions, soit 7,4% pour l’UE (Observatoire de l’immigration et de la démographie, 24 juin 2020).
Et si la Turquie intégrait l’Union, il faudrait y ajouter 80 millions de personnes. Ce pays étant le plus peuplé, il disposerait du plus grand nombre de sièges au Parlement de Strasbourg. On en mesure les conséquences sur les orientations de l’UE (diplomatiques, législatives, culturelles, etc.).
Cependant, l’UE, avec ses 28 États membres, ne peut pas être confondue avec le continent européen car elle n’en recouvre pas la totalité. L’Europe compte en tout 50 pays, parmi lesquels la Grande-Bretagne qui s’est retirée de l’UE en 2020 avant de s’en rapprocher par un partenariat signé en 2025.
Il est cependant malaisé de fournir des indications précises car, dans certains États de l’UE, la loi interdit de retenir les données confessionnelles dans les recensements, au nom de la laïcité et du respect des convictions religieuses. Il reste que l’islam est devenu la deuxième religion après le christianisme (toutes confessions confondues).
b) Des provenances diverses.
Comme l’a noté le journaliste Jean-Loup Bonnamy, « l’accroissement démographique de l’islam en Europe est dû à un flot ininterrompu d’immigrés » (« L’islam en Europe : état des lieux », La Nef, n° 358, mai 2023). D’où la multiplicité des identités musulmanes.
- Maghreb et Proche-Orient arabe ;
- Afrique subsaharienne ;
- Turquie, Russie, Caucase ;
- Asie centrale et Extrême-Orient : Iran, Afghanistan, Pakistan, Inde, Indonésie, Bangladesh ;
- Balkans : Bosnie, Albanie, Kosovo. Il s’agit là d’Européens islamisés durant l’Empire ottoman ;
- Européens de souche convertis à l’islam.
c) La grande majorité des musulmans établis en Europe appartiennent au sunnisme, mais leur islam varie selon leur identité d’origine.
- Les sociétés dont l’islam imprègne toute la vie, publique et privée (États arabes, Asie centrale).
- Les Turcs, tiraillés entre le sunnisme inséparable de la turcité, la sécularisation héritée du système d’Atatürk et la réislamisation imposée par le régime de Recep Tayyip Erdogan depuis 2016.
- Les pays ayant hérité de systèmes laïcs institués lors de l’époque coloniale (Afrique noire).
- Les Iraniens sécularisés ou de confession chiite ayant quitté leur pays lors de la Révolution islamique de 1979.
d) Autres diversités dans l’approche de l’islam (culte, droit, politique).
- Quel est l’islam authentique : religion de paix, d’amour et de tolérance ? ; religion idéologique, intolérante ou conquérante ?
- Dans la pratique : religion tranquille, privatisée ? ; militante, prosélyte, voire djihadiste ?
L’islam sunnite, ultra-majoritaire, n’étant pas doté d’une structure hiérarchique représentative, il est impossible de répondre à ces questions. Cela pose le problème de la représentativité des interlocuteurs et de la crédibilité de leurs conceptions.
Ces différentes formes de diversité rendent pertinente la formule : « L’islam est pluriel ». Mais ce constat ne doit pas servir de prétexte pour dissimuler les vrais problèmes que pose l’islam à partir de ses sources fondamentales, notamment le Coran et la Sunna (Tradition mahométane) ainsi que la charia (loi islamique).
2°/ L’enracinement de l’islam en Europe
L’islam n’est plus un facteur étranger à l’Europe ; résultat d’un important flot migratoire, il en est devenu une composante interne qu’il n’est plus possible d’ignorer ou de négliger.
Cet enracinement s’accompagne d’une réappropriation de la religion et de la culture. On assiste à une évolution importante de ce point de vue. Les premiers immigrés, au début et au milieu du XXème siècle, le plus souvent des hommes venus en célibataires pour des raisons économiques et pour une période transitoire, arrivaient avec l’espoir de retourner dans leurs pays. Ils n’avaient pas de revendications particulières sur le plan religieux et cultuel. Peu à peu, ils ont bénéficié de la part des pays d’accueil de mesures qui ont favorisé leur communautarisation : extension du regroupement familial ou du droit du sol pour la nationalité, application de la charia par certains tribunaux européens.
La réislamisation se manifeste par diverses pratiques. Le culte est en constante progression comme en témoignent de nombreux signes : construction de mosquées, prières dans les rues et d’autres espaces publics, pratique du Ramadan qui est de plus en plus suivie par des non pratiquants habituels et s’impose même aux employés des secteurs privé et public, ouverture d’écoles sous contrat avec l’État
ou totalement libres, ainsi que de librairies confessionnelles, extension du marché halal organisé, horaires séparés pour les femmes dans les lieux de loisirs, polygamie clandestine.
La propagation du port du voile islamique par les femmes, signe d’une affirmation identitaire, gagne de plus en plus les jeunes générations.
Une étude sur les immigrés de toutes provenances établis en France, publiée par l’INSEE le 30 mars 2023, montre la supériorité de la transmission religieuse au sein des familles musulmanes : 91% contre 67% chez les catholiques (La Croix, 31 mars 2023).
Comme leurs coreligionnaires dans le monde entier, les musulmans d’Europe se réislamisent donc fortement, certains subissant l’influence des pays d’origine, voire d’idéologies relevant de l’islamisme.
On a longtemps voulu minimiser le phénomène en considérant que les musulmans établis en Europe étaient aussi peu pratiquants que les chrétiens. C’était pour rassurer, comme si, même sans le dire, on considérait qu’être musulman, assidu à sa pratique et attaché à sa doctrine, pouvait poser des problèmes à nos sociétés.
Les spécialistes de l’islam ont trop voulu réduire leurs analyses à la sociologie, sans tenir suffisamment compte des spécificités propres de l’identité musulmane. Ils ont ainsi oublié que les hommes sont façonnés par une culture d’autant plus prégnante qu’elle est religieuse.
On se rend compte désormais qu’une attitude privilégiant l’accueil de cette nouvelle religion et fondée sur une approche laïcisante ne permet pas d’appréhender la réalité islamique dans son exactitude et sa totalité.
Elle ne permet pas de donner des réponses adéquates au défi présenté par l’islam puisque celui-ci est porteur d’un projet qui se veut à la fois social, politique et religieux : englobant, totalisant, voire totalitaire. L’islam est certes une religion mais il n’est pas qu’une religion comme l’a souligné le cardinal Biffi : « L’identification absolue entre religion et politique fait partie de la foi à laquelle les musulmans ne peuvent renoncer, même s’ils attendent prudemment pour la faire valoir d’être en situation de prépondérance » (« Sur l’immigration », Sedes Sapientiae, op. cit.). Sur ce sujet, cf. PFV n° 55 : L’islam est-il une religion ? Et PFV n° 56 : L’islam n’est-il qu’une religion ?
Voici la recommandation émise par le pape Jean-Paul II à la suite d’un Synode spécial des Évêques pour l’Europe qu’il avait convoqué à Rome du 1er au 23 octobre 1999.
« Il est important d’avoir un juste rapport avec l’islam. Comme cela s’est révélé plusieurs fois ces dernières années à la conscience des évêques européens, ce rapport doit être conduit avec prudence, il faut en connaître clairement les possibilités et les limites […]. Il faut être conscients, entre autres, de la divergence notable entre la culture européenne, qui a de profondes racines chrétiennes, et la pensée musulmane » (Ecclesia in Europa, 2003, n° 57).
Les constats que nous venons de dresser nous permettront d’entrer dans une réflexion plus précise sur deux points essentiels.
1°/ Les conditions requises de la part des musulmans pour passer d’un islam en Europe à un islam européen.
2°/ Les conditions requises de la part des États européens en vue de réaliser cet objectif.
Tel sera le programme de la prochaine Petite Feuille Verte (n° 110).
Un rapport du Planning familial met en lumière la vitalité de la résistance européenne face à la propagande
Dans un rapport de soixante pages publié le 23 février 2026, le Planning familial lance une véritable fatwa contre ceux qu’il qualifie de « réactionnaires ». En ligne de mire, la question délicate de l’éducation à la sexualité.
Sous couvert de cartographier l’opposition à l’Éducation Complète à la Sexualité dans six pays d’Europe, l’officine s’alarme de la résistance croissante des parents et des associations catholiques. Ce que le Planning nomme « panique morale » n’est pourtant que le légitime sursaut de conscience de familles refusant de voir l’âme de leurs enfants sacrifiée sur l’autel du progressisme.
Derrière les acronymes technocratiques comme « EVARS », se cache une réalité brutale. S’appuyant sur les directives de l’Unesco, ces programmes ne se contentent plus d’expliquer la biologie ; ils prétendent enseigner « l’identité de genre ». On y explique à des enfants, dès le plus jeune âge, que leur sexe est une « assignation à la naissance » et qu’être un homme ou une femme n’est qu’un « sentiment ressenti ».
Cette intrusion dans l’intimité des consciences est une violation flagrante de la complémentarité des sexes, et un déni de réalité. Comme le rappellent justement les collectifs SOS Éducation ou le Syndicat de la Famille, le rôle de l’école est d’enseigner la lecture et l’arithmétique, pas de troubler les enfants avec des concepts de fluidité de genre dès la maternelle.
Le rapport du Planning familial a le mérite de mettre en lumière la vitalité de la résistance européenne. De l’Espagne, où l’association Hazte Oir rappelle des vérités biologiques élémentaires, à l’Italie où Pro Vita & Famiglia dénonce l’intrusion de militants LGBT dans les salles de classe, le réveil est général.
En France, la vigilance de groupes comme Parents Vigilants porte ses fruits. La pression populaire a déjà forcé le ministère à expurger les versions les plus radicales du programme scolaire. Mais le combat est loin d’être gagné : le Planning familial déplore aujourd’hui la restriction de ses interventions dans les écoles primaires.
C’est une victoire pour la protection de l’enfance, car le sanctuaire scolaire ne doit pas être le terrain de jeu de professeurs militants ou d’associations subversives aux agendas troubles.
Le point le plus inquiétant du rapport réside dans la stratégie de fuite en avant du Planning familial. Face à la résistance des peuples et des gouvernements souverains — à l’instar de celui de Giorgia Meloni en Italie —, l’association appelle désormais l’Union européenne à la rescousse. L’objectif ? Faire de l’éducation sexuelle une « compétence partagée » de l’UE pour imposer, par des sanctions financières, cette idéologie globale aux États récalcitrants.
Cette volonté de court-circuiter la souveraineté des familles et des nations est une dérive totalitaire qui tait son nom. Les parents sont les premiers et principaux éducateurs de leurs enfants. Aucune instance supranationale, aucune association subventionnée ne peut légitimement se substituer à eux pour aborder les questions de l’intime.
“L’Eucharistie, cœur battant de toute communauté chrétienne”
En visite à la paroisse “S. Maria della Presentación”, Léon XIV a déclaré :
[…] Mes très chers frères et sœurs, par le Baptême, nous avons tous reçu la grâce de l’eau nouvelle, qui lave tout péché et étanche toute soif. À l’image de la Samaritaine, nous avons aujourd’hui, en ce Carême, un temps pour redécouvrir le don de ce Sacrement qui, telle une porte, nous a introduits à la foi et à la vie chrétienne. Bon et miséricordieux Pasteur, le Seigneur nous attend et nous accompagne toujours, où que nous soyons et tels que nous sommes. Dans sa miséricorde, il guérit nos blessures et devient un don pour nous, nous permettant à notre tour d’être un don pour nos frères et sœurs.
Je sais que votre communauté paroissiale vit dans une région confrontée à de nombreux défis. Les situations préoccupantes de marginalisation et de pauvreté matérielle et morale y sont légion. Même les adolescents et les jeunes adultes risquent de grandir sous l’influence de prédateurs ou désabusés quant à leur avenir. Nombre d’entre eux aspirent à un foyer, à un emploi qui leur permette de vivre dignement, à des lieux sûrs où se retrouver, jouer et construire ensemble un avenir meilleur.
Comme à la source de l’Évangile, hommes et femmes viennent dans cette paroisse le cœur brisé, la dignité bafouée et assoiffés d’espérance. Il vous incombe, avec urgence et force de libération, de témoigner de la proximité de Jésus, de son désir de racheter notre existence des maux qui la menacent, en nous proposant une vie juste, vraie et pleine de sens. À commencer par l’Eucharistie, cœur battant de toute communauté chrétienne, je vous encourage à faire en sorte que les activités paroissiales soient le signe d’une Église qui, telle une mère, prend soin de ses enfants, sans les condamner, mais en les accueillant, en les écoutant et en les soutenant face au danger. Que la Parole de l’Évangile, qui jaillit en nous comme une source de vérité, nous aide tous à ouvrir les yeux, à discerner avec sagesse le bien du mal, et ainsi à former des consciences libres et adultes. […]
Alliance avec les islamo-gauchistes de LFI : l’hypocrisie du PS
Au niveau national, le PS annonce se désolidariser de LFI, alors que localement il y a déjà des alliances (sans parler de celles à venir d’entre-deux-tours), pour éviter de perdre des municipalités PS.
Joué-lès-Tours : La liste de gauche menée par Romain Fredon (La France Insoumise avec le soutien de socialistes) organise une soirée en présence de plusieurs personnalités dont deux députés : le socialiste Laurent Baumel et l’écologiste Charles Fournier, par ailleurs candidat avec l’union de la gauche (hors LFI) à Tours.
LFI et PS main dans la main pour gagner la mairie de Niort
Le Parisien a comptabilisé au moins 69 villes où les socialistes et les insoumis partiront côte à côte le 15 mars.
La France insoumise affirme conduire des listes dans 380 villes et être engagée dans 124 listes de gauche.
La question reviendra au second tour.
Elon Musk et Louis XIV
Lu dans Le Bien commun :

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Certains n’attendent pas la loi sur l’euthanasie et le suicide assisté
Moins de deux mois après la condamnation de douze de ses membres pour trafic de substances vénéneuses, l’association Ultime Liberté est de nouveau pointée du doigt dans une affaire de suicide assisté.
Une enquête a été ouverte suite à un signalement le 20 février indiquant qu’une femme de 63 ans se serait procuré un produit létal auprès d’Ultime Liberté, en vue de l’administrer à sa mère, âgée de 85 ans, «présentant des troubles cognitifs débutants, sans pronostic vital engagé, et qui aurait exprimé un souhait de se voir donner la mort», explique le parquet.
La sexagénaire aurait été dénoncée par son psychiatre à qui elle aurait confié son projet lors d’un rendez-vous à l’hôpital Cochin, dans le 14e arrondissement de la capitale. Le praticien qui l’a dénoncé sera-t-eil prochainement poursuivi pour entrave au suicide assisté, comme le prévoit la proposition de loi adoptée en seconde lecture à l’Assemblée ?
Le SAIP (Service de l’accueil et de l’investigation de proximité) du commissariat du 18e arrondissement s’est rendu chez la mise en cause pour une perquisition de son appartement. Un petit flacon contenant la substance létale sous la forme d’une poudre blanche a bien été découvert. La sexagénaire a été interpellée sur-le-champ et placée en garde à vue. Entendue à son tour, la mère de cette dernière «a confirmé sa volonté d’être euthanasiée de manière affirmée, indiquant ne pas oser pratiquer un suicide», confirme le parquet.
À ce stade, les qualifications pénales retenues sont celles d’«association de malfaiteurs en vue d’un crime puni de la réclusion criminelle à perpétuité», en l’espèce un empoisonnement avec préméditation, et d’«acquisition, détention de substance vénéneuse ou psychotrope» (actuellement en analyse).
Chronique des cinglés
Le marxisme est une maladie mentale si j’en crois cet article paru dans L’Humanité :

Hommage à Jérôme Lejeune de 20 mères d’enfants porteurs de trisomie
Dans Le Figaro :
En cette Journée internationale des droits des femmes, nous ne voulons pas seulement parler de nous. Nous souhaitons parler de nos enfants. Nous, mères d’enfants porteurs de trisomie 21, savons ce que signifie un diagnostic qui bouleverse une vie. Nous connaissons les nuits d’inquiétude, les silences, les regards maladroits. Nous connaissons aussi la joie immense, la tendresse inattendue, la force que ces enfants révèlent en nous. Aujourd’hui, nous voulons rendre hommage à Jérôme Lejeune.
En 1958, avec Marthe Gautier et Raymond Turpin, il découvre la cause génétique de la trisomie 21 : la présence d’un chromosome supplémentaire sur la paire 21. Chacun joua un rôle essentiel dans cette avancée majeure. Mais Jérôme Lejeune ne fut pas seulement comme ses collègues un découvreur. Il resta auprès des enfants. Il resta auprès des familles.
Il resta auprès de ceux que la médecine appelait encore, avec une brutalité que nous mesurons encore aujourd’hui, les « mongoliens ».
Très jeune médecin, il avait été confronté à la détresse des enfants porteurs de déficience intellectuelle et à celle de leurs parents. À l’époque, la médecine était impuissante et les familles souvent isolées, parfois accusées. Car longtemps, les mères furent soupçonnées d’être responsables du handicap de leur enfant. On évoquait des fautes, des maladies honteuses, une prétendue dégénérescence. La culpabilité s’ajoutait à la douleur.
La découverte de la trisomie 21 changea tout. Elle établit que le handicap avait une cause chromosomique. Elle libéra des milliers de familles d’un poids injuste. Elle rendit leur dignité à des parents qui vivaient dans la honte. Pendant plus de trente ans à l’hôpital Necker-Enfants-Malades, Jérôme Lejeune accueillit, soigna, écouta. Il regardait nos enfants comme des personnes à part entière. Beaucoup en témoignent encore : « Il a regardé ma fille comme une princesse. Il a regardé mon fils avec un respect infini, comme jamais personne ne l’avait regardé auparavant. » Ce regard a transformé des vies.
Au-delà de la science, il défendit inlassablement la dignité de chaque être humain, en particulier lorsque la vie est fragile. Il choisit d’être médecin jusqu’au bout, fidèle au serment d’Hippocrate et à ses patients. Son héritage demeure vivant. Il vit à travers les médecins qui placent le bien du patient au centre de leur pratique. Il vit à travers les chercheurs qui poursuivent la quête de traitements pour améliorer la vie des personnes porteuses de déficience intellectuelle. Il vit surtout à travers nos enfants, qui continuent chaque jour à témoigner de la valeur infinie de toute vie humaine. Lors de ses obsèques, Bruno, premier patient du professeur, s’écria : « Merci de ce que tu as fait pour mon père et ma mère. » Nous pourrions dire la même chose.
En ce 8 mars 2026, nous affirmons que la dignité de nos enfants est inséparable de la nôtre. Merci, Professeur Lejeune, d’avoir rendu à tant de mères la fierté d’aimer sans honte. Merci d’avoir regardé nos enfants comme des trésors. Et merci pour ce que, par votre héritage, vous continuez de faire pour eux.
L’irrésistible effacement international d’Emmanuel Macron
D’Antoine de Lacoste dans Politique Magazine :
Emmanuel Macron a dissous le Parlement à la suite d’un raisonnement tordu. Il a ensuite perdu les élections, mais refuse de le comprendre. Il s’agite, parle, gesticule et n’a pas l’air de se rendre compte qu’il devient ridicule. En Europe, en Ukraine, en Chine, en Afrique, il rate tout. Son bilan international, déjà calamiteux avant la dissolution, atteint maintenant un effondrement difficilement qualifiable, tant il est inédit depuis bien longtemps. Peut-être depuis Paul Reynaud et son intéressant « nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts. »
De nos jours, il est de bon ton de dénoncer « l’esprit munichois » dans les médias bellicistes parce que les Russes vont nous envahir en 2030 comme chacun sait. Plutôt que d’accabler Edouard Daladier qui lui, au moins, avait compris qu’une guerre contre l’Allemagne risquait de ne pas très bien se passer, on ferait mieux de s’intéresser au cas de Paul Reynaud persuadé de gagner avec une armée désarmée contre trois millions d’hommes bien équipés et surmotivés. Ce type d’analyse coupée du monde réel est une maladie bien française dont Macron est un brillant représentant.
Le président croit au verbe, à l’hyperactivité, à la nécessité de se montrer. Mais il parle trop et enchaîne les propositions qui n’intéressent personne. Une des plus fameuses fut son idée de création d’une Force d’Action Rapide pour sécuriser Gaza, lutter contre le Hamas et préparer l’avenir. Un silence gêné accueillit ce projet baroque, parfaitement irréalisable. De toutes façons plus personne n’écoute la France au Proche-Orient. La fameuse politique arabe de la Ve République est enterrée depuis longtemps. Nous ne sommes amis ni des Israéliens, ni des Palestiniens et nous nous sommes coupés de la Syrie depuis 2011, sous l’impulsion successive des visionnaires Alain Juppé et Laurent Fabius parce que n’est-ce pas, Bachar el-Assad était un méchant dictateur. Il était évidemment le seul en Orient.
Il restait le Liban mais Macron a réussi à mettre le dernier clou du cercueil. Après l’explosion du 4 août 2020 qui a ravagé Beyrouth, notre sémillant voyageur s’est précipité sur place avec comme slogan « Nous n’abandonnerons pas le Liban ». Il réunit toutes les factions au pouvoir : président chrétien, premier ministre sunnite, chef du parlement chiite et d’autres encore. Personne ne manquait à cette réunion qui était précisément celle qu’il ne fallait pas organiser. Notre diplomate en herbe prit un ton de gouverneur colonial parlant à ses fonctionnaires pour expliquer à tout le ghotta libanais qu’ils étaient corrompus, que le fonctionnement du pays était paralysé et qu’il fallait que ça change s’ils voulaient recevoir les milliards de l’Union européenne.
Tout cela n’était pas faux mais était-ce à dire ? Le public écouta poliment et répondit qu’il allait engager les réformes nécessaires. Il ne fit naturellement rien : pourquoi changer un système qui les enrichissait en toute impunité ? En sortant de la réunion, un facétieux appela le journaliste Georges Malbrunot et lui raconta tout. La réunion fut donc décrite dans les journaux français le lendemain. Macron prit ensuite le temps de hurler sur le journaliste rencontré quelques jours plus tard. Ensuite, il ne s’occupa plus du Liban.
Il fit une ultime tentative orientale en reconnaissant la Palestine le 28 mai 2024. Le moment était curieusement choisi : Israël était en train de raser Gaza et de coloniser la Cisjordanie. Trop tôt ou trop tard, c’est difficile à dire mais cela ne servit évidemment à rien. Certains esprits mal intentionnés prétendirent que c’était également une opération de politique intérieure pour flatter nos banlieues islamisées. La reconnaissance de la Palestine ayant été accueillie avec une parfaite indifférence, on peut douter du bien-fondé de la manœuvre.
Le bilan est encore pire en Afrique dont la France est à peu près intégralement chassée. Depuis 2022, nos troupes ont dû quitter successivement le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Tchad puis le Sénégal. Cela ressemble presque aux étapes du Paris-Dakar ancienne version. La Côte d’Ivoire et le Gabon ont, quant à eux, demandé une réduction drastique de nos effectifs. Seul Djibouti accueille une présence significative avec 1500 militaires. En moins de quatre ans, la France a quasiment disparu de l’Afrique.
C’est bien sûr de la faute des Russes et des mercenaires de Wagner. En réalité, si les Russes s’implantent, c’est parce que les Africains ne veulent plus de la France. Et les Russes ne sont en outre pas les seuls à s’installer : les Chinois et les Turcs notamment s’activent beaucoup. Les Américains ont du mal, victimes de leur méconnaissance de l’Afrique. Nous n’avons pas cette excuse.
Rien de bien fameux non plus avec Donald Trump qui se moque ouvertement de Macron dès qu’il en a l’occasion, ni avec la Chine. La dernière visite fut un modèle : notre brillant diplomate demanda à Xi Jinping d’user de son influence sur Vladimir Poutine pour qu’il cesse la guerre en Ukraine. Xi n’a pas bronché, comme tout Chinois qui se respecte, mais on se doute que la commission n’a peut-être pas été faite.
Le plus grave pour la France est son isolement croissant en Europe. Il fut un temps où l’on célébrait avec émotion la solidité du couple franco-allemand. Cela commença avec De Gaulle-Adenauer puis Giscard-Schmidt, Mitterrand-Kohl enfin Sarkozy-Merkel. Passons sur l’inexistant Hollande dont il ne reste rien, et allons vers Macron qui marquera l’effacement de la France dans un chaos frénétique.
Cela n’a pas très bien fonctionné avec Angela Merkel, mais notre jeune homme n’osa pas, pour une fois, faire la leçon à la diva de l’Europe. Ce ne fut pas le cas avec Olaf Scholz et les premiers craquements apparurent. Avec Friedrich Merz, cela tourne au désastre.
Les deux hommes ont le même défaut : l’arrogance. Et leurs divergences sont abyssales : Macron parle de « l’Europe puissance », de la souveraineté européenne (il est très peu Français comme chacun sait), de l’avion franco-allemand et des « Eurobonds d’avenir ». Merz veut garder la protection américaine, voler les avoirs russes, continuer la guerre en Ukraine à tout prix car elle rapporte beaucoup, et se rapprocher de l’Italie. Ils ne valent pas mieux l’un que l’autre et sont cependant en désaccord sur tout. Leurs seuls points communs relèvent de la politique intérieure : une popularité en berne et la détestation des partis « populistes ». Ce sympathique attelage est en train de se défaire à grande vitesse et ce ne sera pas un déchirement à observer.
Macron, qui a l’arme nucléaire, considère que l’on n’a pas besoin des Etats-Unis. Merz, qui ne l’a pas, veut le parapluie américain. Comme Meloni qui, elle aussi, déteste le président français et n’a pas la bombe. C’est une base de départ. Le sommet de Rome du 23 janvier a acté la naissance du couple germano-italien. Merz s’est déplacé avec dix ministres et les deux pays ont signé une dizaine d’accords bilatéraux dans le domaine de la défense et de l’énergie. Ils ont affirmé leur attachement au Mercosur et appelé l’Europe à améliorer sa compétitivité et renforcer la lutte contre l’immigration clandestine. Giorgia Meloni s’est fait ensuite une joie de déclarer que « 2026 sera l’année de l’Italie et de l’Allemagne. »
En réalité, Macron ne paye pas seulement son arrogance, ses phrases emphatiques et creuses, son impuissance politique et sa fin de mandat toute proche. Il paye également la dégradation des finances publiques de la France, son incapacité à se réformer et son endettement hors contrôle. Tandis que l’Italie améliore chaque année sa situation, la France est dans une spirale d’appauvrissement très inquiétante. L’Allemagne ne veut plus s’arrimer à un pays devenu un des plus mauvais élèves de l’Europe et qui ne peut survivre que par l’impôt.
C’est pourquoi Merz veut mettre fin au SCAF (Système de Combat Aérien du Futur), projet historique de 100 milliards d’euros, regroupant la France, l’Allemagne et l’Espagne, destiné à fabriquer l’avion de combat de la prochaine génération, associé à des drones de combat, des capteurs, de la furtivité et du cloud tactique.
L’Italie, de son côté, développe également un projet ambitieux d’avion nouvelle génération, le GCAP (Global Combat Air Programme), avec le Royaume-Uni et le Japon. Meloni et Merz en ont parlé car l’Italie aimerait beaucoup recruter l’Allemagne aux ressources financières conséquentes.
La messe n’est pas dite mais ce serait l’échec ultime de deux quinquennats pendant lesquels la France a préparé son affaiblissement à un niveau inédit.
Marie face à la déchristianisation en Europe
Aymeric Pourbaix reçoit :
- 𝐏𝐞̀𝐫𝐞 𝐌𝐚𝐭𝐡𝐢𝐞𝐮 𝐑𝐄𝐘, directeur Radio Maria en France
- I𝐧𝐭𝐢 𝐏𝐀𝐎𝐋𝐔𝐂𝐂𝐈, président de Radio Maria en Angleterre
- 𝐕𝐢𝐭𝐭𝐨𝐫𝐢𝐨 𝐕𝐈𝐂𝐂𝐀𝐑𝐃𝐈, président de Radio Maria Monde

