Le 15 juillet, la médecine française basculera-t-elle dans la schizophrénie ?
Illustration: « Au lit de mort» d’Edvard Munch (1863-1944).
“La vulnérabilité n’est pas une déchéance qu’il faut éliminer par la technique, elle est le dénominateur commun de notre condition humaine.”
À quelques jours de la trêve estivale, alors que les Français tournent légitimement le dos au bruit du monde, l’Assemblée nationale s’apprête à voter, à la lisière des vacances, une décision que le pays n’aura guère le loisir de peser. Une rupture anthropologique se joue, presque à bas bruit. Le choix du calendrier interroge : au moment où la nation ralentit, c’est l’un des fondements les plus anciens de la médecine qui pourrait être redéfini.
Médecin, je refuse de me taire devant ce basculement.
La schizophrénie éthique : trier les pulsions de mort
Depuis toujours, la psychiatrie mobilise des moyens considérables pour prévenir le suicide. Lorsqu’une personne exprime le désir de mourir, ce désir est compris comme l’expression d’une souffrance qui appelle une réponse médicale, jamais son accomplissement.
Demain, dans d’autres services, la même médecine pourrait être appelée à évaluer certaines demandes de mort pour y répondre favorablement. Le médecin deviendrait celui qui, selon des critères fixés par la loi, distinguerait les vies qu’il faut encore sauver de celles dont il pourrait provoquer la fin.
Quel message adressons-nous à la société ? Le désir de mourir d’un jeune dépressif appelle la mobilisation de tous les soignants ; celui d’une personne âgée, malade ou épuisée pourrait devenir un droit que la médecine aurait mission de mettre en œuvre. Les situations juridiques diffèrent, mais leur point commun est évident : elles naissent toutes deux de la souffrance. Une médecine cohérente peut-elle faire de cette souffrance, selon les circonstances, tantôt un mal à combattre, tantôt une volonté à exécuter ?
Le véritable basculement n’est pas juridique. Il est anthropologique. La médecine ne serait plus seulement l’art de soigner jusqu’au bout ; elle deviendrait aussi celui de décider dans quels cas donner la mort peut être considéré comme un soin. Cette contradiction ressemble à une véritable schizophrénie éthique.
Le calcul économique qui ne dit pas son nom
Accompagner une personne jusqu’au terme naturel de sa vie exige du temps, des équipes formées, des lits, des moyens humains. Les soins palliatifs représentent un engagement coûteux, mais ils manifestent le choix d’une société qui refuse d’abandonner les plus fragiles.
À l’inverse, chacun comprend que l’administration d’une substance létale représente un coût sans commune mesure avec celui d’un accompagnement prolongé. Le directeur parlementaire du budget canadien évaluait dès 2020 l’économie procurée par l’aide médicale à mourir à 149 millions de dollars — un montant qui a depuis doublé, comme le nombre d’euthanasies.
La France affirme vouloir développer parallèlement les soins palliatifs. L’intention est louable. Mais les crédits annoncés demeurent dépendants des lois de finances futures tandis que, sur le terrain, des milliers de Français n’ont toujours pas accès à des soins palliatifs dignes de ce nom. Les maisons d’accompagnement promises tardent encore à voir le jour.
Dans ce contexte, proposer la mort comme nouvelle possibilité interroge profondément. Peut-on parler d’un choix pleinement libre lorsque l’alternative — être correctement accompagné jusqu’au terme de sa vie — demeure, pour beaucoup, inaccessible ?
Au cours des débats parlementaires, le député Jean-François Rousset déclarait : « Il y a des gens qui sont en train de mourir dans une chaleur torride, il faut les aider, avançons ! » Cette phrase révèle malgré elle une inquiétude plus profonde, celle d’une médecine qui répond à l’épuisement de ses structures en facilitant la mort plutôt qu’en renforçant l’accompagnement.
Une liberté n’est véritable que lorsque toutes les options offertes existent réellement.
La boîte de Pandore
Les promoteurs de la loi promettent un dispositif exceptionnel, strictement encadré. L’expérience étrangère invite pourtant à la prudence.
Partout où l’interdit de donner la mort a été levé, les critères initiaux se sont progressivement élargis. Au Canada, en Belgique ou aux Pays-Bas, les indications se sont étendues bien au-delà des situations présentées au départ comme exceptionnelles. Ce constat n’est plus une hypothèse ; il appartient désormais aux faits.
Plus remarquable encore est l’évolution des oppositions. Les réserves ne viennent plus seulement des traditions religieuses ou des soignants. Des collectifs antivalidistes, des associations de défense des personnes handicapées et des mouvements critiques du libéralisme économique dénoncent eux aussi le risque qu’une société insuffisamment solidaire transforme progressivement le « droit de mourir » en pression diffuse sur ceux qui se vivent déjà comme une charge.
Lorsque des sensibilités aussi éloignées convergent pour exprimer la même inquiétude, il serait imprudent de ne pas les entendre.
Le choix de civilisation
La vulnérabilité n’est pas une déchéance que la technique devrait effacer. Elle est le dénominateur commun de notre condition humaine. Nous y passerons tous. C’est la seule égalité parfaite de notre existence.
Une civilisation ne se mesure pas à sa capacité d’organiser la disparition des plus fragiles. Elle se juge à sa fidélité à demeurer auprès d’eux, à soulager leur douleur, à reconnaître leur dignité jusqu’à leur dernier souffle. Ce choix ne se décrète pas à demi : on ne protège pas les plus vulnérables en leur ouvrant une issue que l’on n’aura pas su leur épargner.
Le 15 juillet, les députés ne voteront pas seulement un nouveau dispositif médical. Ils choisiront une certaine idée de la médecine. Et, au-delà, une certaine idée de l’humanité.
Ne capitulons pas devant le néant.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Un évêque propose que les femmes “co-président” la messe
Mgr Erio Castellucci, archevêque-abbé de Modène-Nonantola et évêque de Carpi, estime que, puisque, pour le moment, les femmes ne peuvent pas devenir prêtres, ni même diacres, on pourrait les faire coprésider la messe.
Une femme présiderait la « liturgie de la parole », et le prêtre présiderait la « liturgie eucharistique ».
Il appelle cela « la prophétie de la coprésidence ».
Les préfets du Dicastère pour la doctrine de la foi ou celui du culte divin et la discipline des sacrements interviendront-ils ?
Etats-Unis : le Planning familial retrouve son financement fédéral
Lu sur le blog d’Yves Daoudal :
Le mouvement pro-vie américain constate avec amertume que les députés républicains ont failli à leur engagement, « omettant » de prolonger la mesure de Trump qui interdisait pour un an le financement fédéral des organisations pratiquant des avortements autres que pour viol, inceste ou danger de mort de la mère. Le Planning familial perdait ainsi des millions de dollars.
C’était dans le fameux “One Big Beautiful Bill Act” (BBB), un « paquet » de centaines de mesures fiscales très diverses que Donald Trump avait fait voter par le Congrès et qu’il avait solennellement signé le 4 juillet 2025 (fête nationale).
Mais il fallait voter une loi avant le 4 juillet dernier pour pérenniser la mesure. Le président de la Chambre, Mike Johnson, avait déclaré qu’il « n’allait pas permettre » que l’argent des contribuables finance l’avortement. Mais il n’a rien fait. Et à la veille du 4 juillet 2026 il n’y a eu aucune tentative de mesure d’urgence.
Le Planning familial, au lendemain de la célébration du 250e anniversaire des Etats-Unis, va donc recevoir de nouveau des fonds fédéraux.
En raison de l’amendement Hyde, le Planning familial ne peut pas utiliser directement ces fonds pour l’avortement, mais ce retour du financement fédéral montre aussi que l’Etat profond ne perd jamais longtemps…
Et cela au moment où les statistiques montrent que l’avortement est en progression aux Etats-Unis, alors même qu’il est désormais interdit dans nombre d’Etats.
Le ministre Panifous ira-t-il danser sur les tombes des personnes euthanasiées ? [Add.]
Face à autant de cynisme, le Premier ministre doit renoncer au vote du 15 juillet.
Communiqué de Via la voix du peuple :
Alors que le Parlement se déchire de plus en plus à chaque lecture sur le texte proposant de légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, lance des invitations pour une réception en son ministère le 15 juillet au soir « à l’occasion du vote définitif sur la proposition de loi “Fin de vie”».
Ce pince-fesse ressemblant à une danse macabre républicaine, est un véritable scandale !
Il acte l’idéologisation d’un ministère qui devrait, alors même que la loi n’est pas adoptée, respecter une totale neutralité pour un texte émanant du Parlement, et faire preuve de retenue sur une proposition de loi qui, vidée de tout consensus, fracture plus qu’elle ne rassemble.
Il confirme la manipulation de la « consultation citoyenne » menée par un CESE qui coorganise cette célébration ministérielle, faisant exploser de fait l’image d’objectivité dont cette institution s’était mensongèrement drapée.
Il met en lumière le cynisme des promoteurs de l’injection létale légalisée qui se préparent à festoyer jusque sous les ors de la République, au frais du contribuable au passage, pour se féliciter d’avoir fait entrer dans la loi française le droit au meurtre et l’interdiction de l’empêcher.
VIA | PARTI CHRÉTIEN-DÉMOCRATE condamne avec la plus grande fermeté cette « fête » et demande officiellement au chef du Gouvernement Sébastien Lecornu de faire annuler cette réception.
VIA | PARTI CHRÉTIEN-DÉMOCRATE réitère sa demande solennel au Premier ministre de retirer ce texte sans aucune réelle adhésion de la représentation nationale, et qui fracturerait violemment la paix sociale s’il devait passer en force et être adopté contre tout accord des professionnels de santé, des « éligibles » et de leurs aidants, et de la population dans son ensemble qui n’aura pas pu se prononcer directement.

Addendum : suite au tollé le ministre annonce reporter ce cocktail.
Promotion d’un évêque favorable aux invertis
Le Saint-Père a nommé évêque d’Eichstätt (Allemagne) Son Excellence Monseigneur Christian Würtz, actuellement évêque titulaire de Germania di Dacia et auxiliaire de l’archidiocèse métropolitain de Fribourg-en-Brisgau.
Mgr Christian Würtz, 55 ans, fait partie des 38 évêques allemands qui ont voté en 2023 en faveur de la bénédiction des couples de même sexe et des couples divorcés « remariés ». Six mois plus tôt il avait déjà signé le document du chemin synodal définissant les actes de sodomie comme non peccamineux.
Malheureusement cette nomination ne peut que nourrir la défiance de la FSSPX envers Rome.
Un tableau préoccupant de la santé périnatale en France
La mortalité infantile qui augmente est le signe d’un pays qui s’effondre. Emmanuel Todd l’a montré :
En 1976, Emmanuel Todd avait étudié la remontée des taux de mortalité infantile en URSS et en avait déduit l’effondrement rapide du régime soviétique. Ce qui fit beaucoup rire. Mais en 1989, c’est la chute du mur de Berlin. “La mortalité infantile c’est le décès d’enfant de moins d’un an. Ce sont les êtres les plus fragiles et les performances dans ce domaine sont un indicateur avancé et très sensible de l’efficacité économique, de l’intégration familiale.“
Hausse de la mortalité périnatale et infantile, inégalités sociales et territoriales, santé mentale des mères dégradée… Les dernières données publiées par Santé publique France et le ministère de la Santé dessinent un tableau préoccupant de la santé périnatale en France.
La santé périnatale affiche une évolution « contrastée » en France, a résumé Élodie Lebreton, épidémiologiste au sein de l’Unité périnatalité, petite enfance et santé mentale de Santé publique France (SPF), lors d’une conférence de presse ce 7 juillet. Si quelques indicateurs comme le tabagisme s’améliorent, plusieurs tendances inquiètent, notamment concernant la mortalité.
En 2024, le taux de mortalité périnatale (soit le nombre d’enfants nés sans vie ou morts au cours des sept premiers jours, rapporté à l’ensemble des naissances, à partir de 22 semaines d’aménorrhée) atteint 11,2 pour 1 000, selon des données hospitalières reprises par la Drees. Une augmentation qui a commencé dès 2021 (ce taux se situait alors à 10,6 pour 1 000), mais « particulièrement » marquée entre 2023 et 2024 (+ 0,4 point).
En 2019, la France se classait au 16e rang sur 28 pays pour la mortinatalité périnatale calculée à partir de 24 semaines d’aménorrhée. Un mauvais classement qui se serait encore dégradé et la place désormais aux 21e et 22e rangs européens.
Mais pour les autorités françaises, il est plus important de promouvoir l’euthanasie, pour les bébés via l’avortement, pour les personnes âgées avec l’aide à mourir…
Les neurosciences pourraient-elles remettre en cause l’avortement ?
Concernant l’avortement, je note ce passage du rapport des états généraux de la bioéthique, à propos des neurosciences :
Certaines applications des neurosciences posent des questions plus spécifiques. Ainsi, les neurosciences sont de plus en plus employées en recherche pour mener des « diagnostics de conscience », c’est-à-dire, pour mesurer l’activité cérébrale d’une personne et déceler si elle est dans un état végétatif, un état de conscience minimale ou dans le coma. Certaines mesures pourraient conduire à arrêter de soigner une personne qui n’est a priori plus consciente et ne pourra être guérie, alors même que ces mesures comportent une marge d’erreur non négligeable. Ces mêmes technologies sont employées en recherche pour déterminer le moment de l’apparition de la conscience chez l’humain, de l’embryon jusqu’au jeune enfant. Les résultats de ces mesures peuvent avoir des conséquences sur le droit à l’avortement ou sur la prise en charge de la douleur chez les bébés par exemple.
En somme, si la mesure de l’activité cérébrale permet de déterminer le niveau de conscience d’une personne humaine ou d’un animal, la détermination de ce niveau de conscience pourrait être utilisée, et même instrumentalisée, pour définir ou refuser certaines prises en charge.
Rapport de synthèse des États généraux de la bioéthique : protection de l’enfant et maintien de l’interdiction de la GPA
Communiqué de Juristes pour l’enfance :
La publication, [mardi], du rapport de synthèse du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), issu des États généraux de la bioéthique (EGB) organisés dans toute la France, constitue une étape importante dans la préparation de la prochaine révision de la loi de bioéthique. (voir ici)
Juristes pour l’enfance se félicite tout particulièrement d’un constat majeur formulé par le rapport concernant la gestation pour autrui (GPA) : « on retiendra qu’une levée de son interdiction en France ne semble pas majoritairement souhaitée. » Cette conclusion reflète les préoccupations largement exprimées par les citoyens tout au long des débats organisés sur l’ensemble du territoire.
Le rapport rappelle également avec justesse que « le fait que des personnes aient actuellement recours à la GPA par des voies illégales, parce que les pratiques sont autorisées dans certains pays, ne justifie pas l’ouverture de ce droit en France. » Cette affirmation constitue un rappel essentiel : l’existence de contournements de la loi par des tiers ne devrait en aucun cas entrainer une évolution de notre droit. Au moment où le CCNE procède à ce rappel cardinal, Juristes pour l’enfance souligne à nouveau avec force l’iniquité des décisions rendues le 3 juillet dernier par la Cour de Cassation. En accordant l’exequatur à deux décisions canadiennes désignant comme pères deux hommes ayant commandé des enfants à des mères porteuses canadiennes, la Cour de cassation a usurpé la compétence du législateur et contourné sa volonté pour régulariser la situation des commanditaires et sécuriser leur désir de parenté, au détriment de l’intérêt de l’enfant injustement brandi par la Cour.
Au-delà de la seule question de la GPA, nous saluons d’ailleurs l’importance accordée par les participants aux EGB à cette notion de l’intérêt supérieur de l’enfant, thème qui revient de manière récurrente dans le rapport de synthèse. Celui-ci souligne la nécessité de réfléchir aux conditions législatives permettant de mieux protéger les enfants, notamment en matière de filiation et de connaissance de leurs origines. Cette approche a le mérite de recentrer utilement le débat sur les droits de l’enfant, qui doivent demeurer au cœur de toute évolution de la législation bioéthique.
Par ailleurs, le Rapport fait état de notre proposition législative visant à mettre progressivement un terme à la congélation des embryons au profit du développement de la congélation des gamètes. Cette orientation permettrait de mettre fin à la constitution d’embryons surnuméraires et aux questionnements éthiques majeurs que soulève leur congélation et leur devenir.
En revanche, nous prenons acte du fait que plusieurs autres sujets sont envisagés sous un angle favorable dans ce rapport, notamment les pratiques de la ROPA (réception des ovocytes de la partenaire), de la PMA post mortem ou encore d’autres évolutions possibles de la PMA telles que son ouverture aux personnes transgenres.
À l’heure où s’engage la réflexion sur la prochaine loi de bioéthique, nous appelons les pouvoirs publics à tirer toutes les conséquences des enseignements de ces États généraux et des attentes exprimées par les citoyens montrant leur attachement à une bioéthique fondée sur la dignité humaine et la primauté de l’intérêt de l’enfant, et à résister à la tentation pointée du doigt au début du rapport que « tout ce qui est techniquement possible doit être fait tôt ou tard ».
Nous resterons pleinement mobilisés afin que ces principes continuent de guider les choix du législateur dans les mois à venir.
Cette loi crée un véritable «permis de tuer»
Voici la liste des 27 problèmes graves identifiés dans la proposition de loi « relative au droit à l’aide à mourir » :
- C’est un seul et même médecin qui décide de toute la procédure d’euthanasie (art. 5 et 6).
- La loi ne prévoit aucune exigence formelle quant à l’expression de la volonté de mourir ; elle peut être formulée par écrit ou « par tout autre mode d’expression adapté à ses capacités » (art. 5, III).
- Il suffit, en pratique, que le médecin affirme que la personne veut mourir. Aucun témoin n’est requis pour attester de la réalité de la demande de mourir. À chaque fois, le médecin rencontre seul la personne concernée (art. 5, 6 et 7).
- Ce médecin peut rencontrer la personne pour la première fois le jour de la “demande” de mort, il n’est pas nécessairement le médecin traitant (art. 5).
- L’euthanasie est possible sur les personnes sous tutelle et sous curatelle, et sur les personnes dont le discernement est altéré (art. 5).
- Il suffit que le discernement ne soit pas “gravement” altéré lorsque la personne est supposée exprimer sa demande de mort (art. 6, I).
- Une personne ayant un trouble psychique grave, telle une tendance suicidaire, n’est pas exclue du processus (art. 4, al. 4).
- Il n’est pas nécessaire que le malade soit en phase terminale ; une personne ayant encore des années de vie peut obtenir la mort (art. 4, al. 3).
- La personne n’a pas un « droit » à bénéficier de soins palliatifs, lesquels sont peu disponibles.
- Le médecin consulte deux personnes de son choix : un médecin, et un auxiliaire médical ou aide-soignant placé éventuellement sous son autorité hiérarchique (art. 6, II).
- La consultation avec ces deux personnes peut être réalisée en visioconférence, sans même avoir rencontré le demandeur, ni vérifié la réalité de sa demande de mort (art. 6, II).
- Même si une personne sous tutelle ou curatelle demande la consultation d’un proche, le médecin peut la refuser (art. 6, II, al. 4).
- Le médecin peut prendre sa décision définitive immédiatement après la consultation (art. 6, III).
- Le médecin n’a pas besoin d’ausculter le demandeur une seconde fois (art. 6, IV et V).
- Le délai de réflexion de la personne n’est que de deux jours à partir de la décision du médecin (art. 6, IV).
- L’ensemble du processus peut donc être réalisé en moins de trois jours.
- Les proches de la personne n’ont pas un droit à être informés qu’une procédure d’euthanasie est en cours (art. 6, II, al. 4 et art. 7).
- Les proches n’ont pas le droit de contester en justice la décision du médecin (art. 12).
- Le médecin ou l’infirmier doit veiller à ce que l’entourage de la personne objet de l’euthanasie n’exerce aucune pression pour lui faire « renoncer à l’administration de la substance létale » (art. 9, I).
- La personne n’est informée « des modalités d’action de la substance létale » qu’après avoir confirmé sa demande de mourir (art. 6, V).
- Les médecins objecteurs de conscience qui refusent l’euthanasie sont obligés de désigner un autre médecin qui accepte de pratiquer l’euthanasie à leur place (art. 14).
- Les établissements privés, en particulier religieux, même si tous leur personnel est objecteur, sont obligés d’accueillir des équipes mobiles d’euthanasie et d’accepter l’euthanasie de leurs résidents et patients, sous peine de poursuites et de sanctions administratives et financières (art. 14).
- Les pharmaciens sont privés de clause de conscience et obligés de préparer le poison, sous peine de sanctions disciplinaires (art. 8 et 14).
- Les amendements visant à séparer les procédures d’euthanasie de celles de prélèvements d’organes ont tous été rejetés (par exemple l’amendement n°547).
- Le « contrôle » est réalisé après la mort sur la base des informations transmises par le seul médecin (art. 11 et 15).
- Le « contrôle » est réalisé par une commission composée de quatre membres d’associations et professionnels en sciences humaines et sociales, ainsi que de deux médecins et de seulement deux juges (art. 15 IV).
- Tout le coût de la procédure, y compris les honoraires et les rémunérations, est pris en charge par la Sécurité Sociale (art. 18).
En outre, il faut tenir compte des réalités suivantes :
- 10% des Français sont sous antidépresseur.
- 1 000 000 de Français sont éligibles selon la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP).
- Une vingtaine de départements ne disposent d’aucune unité de soins palliatifs, et moins de la moitié des besoins en soins palliatifs sont actuellement satisfaits. En outre, cette couverture diminuera proportionnellement au vieillissement de la population.
- La légalisation de la mort anticipée permettra d’économiser environ 1,4 milliard d’euros par an en frais de santé, vieillesse et retraite (évaluation de la Fondapol, 2025).
Cette prétendue « liberté de mourir » que cette loi instaure sera aussi et surtout un « droit de tuer ». Il sera quasiment impossible de contester et de faire condamner tous les abus que cette procédure ne manquera pas de faciliter et de multiplier.
Les personnes séniles, grabataires et atteintes de déficiences mentales sont particulièrement menacées par ce texte. Si ce texte est adopté, il rendra possible leur suppression.
Ils ont tué un jumeau parce qu’ils ne voulaient qu’un enfant, pas deux. La Pologne de Donald Tusk comme la Corée du Nord
Une mère accepte que l’un de ses deux enfants soit tué. Le second jumeau survivra. Mais toute sa vie, il portera en lui une question que personne ne devrait jamais avoir à se poser : pourquoi pas moi ?
Justyna Wydrzyńska, militante de l’« Abortion Dream Team » (« Équipe de rêve pour l’avortement »), a récemment publié un enregistrement dans lequel elle raconte comment son organisation a aidé une femme enceinte de jumeaux à pratiquer ce que l’on appelle un avortement sélectif. Les parents voulaient un enfant, pas deux. L’un des jumeaux a donc été tué, tandis que l’autre doit naître. Wydrzyńska en parle avec satisfaction. Les militantes qui ont conseillé à la femme de tuer le frère ou la sœur de cet enfant doivent devenir ses « tatas ».
Ce n’est pas le scénario d’un film d’horreur. C’est la Pologne de l’année 2026.
Wydrzyńska évolue depuis des années dans le milieu pro-avortement, et ce n’est pas son premier démêlé avec la justice. En 2023, un tribunal de Varsovie l’a condamnée pour complicité d’avortement pharmacologique. Ce jugement aurait dû servir d’avertissement. Mais après l’arrivée au pouvoir de Donald Tusk, le parquet a trouvé le moyen de l’annuler. Le statut du juge qui avait rendu le jugement a été contesté, au prétexte que ce juge avait été avancé sous le gouvernement précédent, et l’affaire a dû recommencer depuis le début. Si la procédure s’était alors conclue au lieu de rester suspendue dans un vide juridique, Wydrzyńska pourrait aujourd’hui purger sa peine au lieu d’enregistrer de nouvelles vidéos sur la manière dont elle « aide » les femmes à tuer leurs enfants. On peut poser la question directement : si le droit avait fonctionné, ce jumeau serait-il en vie ?
L’Institut Ordo Iuris n’entend pas laisser cette affaire sans suite. Le think tank juridique polonais, doté d’un département d’intervention judiciaire, finit actuellement la préparation d’une dénonciation pour complicité présumée d’avortement visant les militantes de l’« Abortion Dream Team ». Il annonce vouloir obtenir l’interdiction légale de cette organisation. Ce ne sont pas de vaines paroles : cette année, les juristes de l’Institut ont déjà obtenu l’annulation de deux refus d’ouverture d’enquête opposés par le parquet, dont le gouvernement de Donald Tusk a pris le contrôle de manière illégale, l’un dans l’affaire de la « clinique d’avortement » varsovienne AboTak, l’autre concernant les « Kurierki ProAbo » (« Coursières ProAvortement »), qui distribuent des pilules abortives.
La Pologne recule dans le classement de la protection de la vie. Elle est proche de la Corée du Nord
Cette histoire n’est pas un incident isolé. Elle est le symptôme d’un système qui, ces dernières années, a cessé de protéger les plus faibles.
Le 17 juin, l’Institut Ordo Iuris et le Centre pour la Vie et la Famille (Centrum Życia i Rodziny) ont présenté la mise à jour du classement mondial de la protection de la vie, élaboré dans le cadre de l’« Encyclopédie Prolife ». Le résultat est accablant. Si l’on ne prend en compte que l’état formel du droit, la Pologne occupe la 84ᵉ place mondiale. C’est même une place de mieux qu’en 2023, non pas parce que la situation se serait améliorée chez nous, mais parce que d’autres pays ont dégradé leur législation.
Mais c’est nettement moins bien si l’on s’intéresse à la manière dont les autorités polonaises appliquent réellement la loi, où plutôt empêchent son application par des circulaires envoyées aux hôpitaux et par le chantage financier qu’il leur impose pour les obliger à procéder à des avortements sur présentation d’un simple certificat de psychiatre. La Pologne tombe alors à la 192ᵉ place. Elle se retrouve aux côtés de pays tels que le Canada, la Chine, le Vietnam communiste et la Corée du Nord. Soit une chute de 107 places en seulement trois ans.
Cela mérite d’être encore une fois souligné après 8 ans de gouvernements conservateurs accusés de violer par son opposition et par la Commission européenne et le Parlement européen de l’État de droit : aujourd’hui la Pologne gouvernée par l’ancien président du Conseil européen Donald Tusk, qui jouit d’un soutien sans faille de la Commission Von der Leyen (qui a débloqué les fonds dès son retour au pouvoir à Varsovie en décembre 2023), se retrouve parmi les pays les plus mal notés au monde non pas parce que la loi ou la Constitution auraient été modifiées — elles protègent toujours formellement la vie des enfants à naître —, mais parce que le gouvernement de Donald Tusk viole le droit en vigueur, en contraignant les hôpitaux à pratiquer des avortements et en menaçant les établissements qui refusent de perdre leurs contrats avec la Caisse nationale d’assurance maladie polonaise (NFZ). C’est ce même gouvernement qui, depuis des mois, refuse de publier plus de soixante-dix arrêts du Tribunal constitutionnel polonais. L’atteinte à l’État de droit et l’atteinte au droit à la vie vont ici, on le voit, de pair. Car si l’on peut ignorer les arrêts de la cour constitutionnelle, on peut tout aussi bien ignorer la protection de l’enfant conçu. Et cela se produit, hélas, avec le soutien actif — verbal et financier — de la Commission européenne, nullement gênée par la prise de contrôle des médias publics par la force en décembre 2023, la prise de contrôle du parquet par la force en janvier 2024, puis le remplacement des présidents et vice-présidents des tribunaux à travers le pays, sans respecter la loi en vigueur (car sans obtenir l’accord des collèges de juges de ces tribunaux ou, à défaut, celui du Conseil national de la magistrature), dans les mois qui ont suivi.
Le mécanisme grâce auquel cela se produit est simple et cynique. Le gouvernement de Donald Tusk cherche depuis longtemps à légaliser l’avortement sur demande jusqu’à la 12ᵉ semaine de grossesse par une loi ordinaire — bien qu’un tel changement soit contraire à la Constitution, qui protège la vie humaine dès la conception. Plusieurs projets ont pourtant été soumis à la Diète et rejetés à chaque fois, y compris par une partie des voix de la propre coalition au pouvoir. N’étant pas parvenu à faire aboutir ce changement par la voie législative, le gouvernement a emprunté une autre voie : les directives de l’ex-ministre de la Santé Izabela Leszczyna et la modification du décret relatif aux contrats avec les hôpitaux. Dans la pratique, ces textes imposent aux établissements de pratiquer des avortements sur la seule base d’un certificat délivré par un psychiatre. Sans force juridique contraignante, mais avec, en revanche, une menace bien réelle de sanctions financières et de perte de financement. Une « petite porte au lieu d’un grand portail » ouvert pour l’avortement sur simple demande, comme l’a lui-même formulé Tusk. Mais l’effet est identique.
Ce qui se passe réellement dans les hôpitaux polonais
Ce qui se passe réellement « en coulisses » est décrit sans détour par deux sages-femmes expérimentées, interrogées par le directeur de la communication d’Ordo Iuris, Olivier Bault. Depuis l’automne dernier, dans leur hôpital, des avortements sont pratiqués régulièrement, plusieurs fois par mois, sur la seule base d’un certificat psychiatrique, sans concertation médicale, sans même vérifier si la patiente est réellement suivie par un psychiatre. Selon leur témoignage, plus des trois quarts de ces avortements concernent des enfants suspectés d’être atteints de trisomie 21, qui, depuis une décision du Tribunal constitutionnel polonais de 2020, n’autorise pas en Pologne à procéder à un avortement.
Le personnel qui souhaite invoquer la clause de conscience est découragé et tourné en dérision. On a cessé d’informer les femmes recevant un diagnostic d’anomalie ou maladie létale de l’enfant à naître de l’existence des maisons de soins palliatifs périnataux, qui pourraient offrir un véritable soutien. À la place, il est devenu la norme de convaincre les mères qu’il ne sert à rien de poursuivre leur grossesse. C’est un renversement complet de la mission même de la profession de sage-femme, dont la vocation, par définition, est de protéger la vie de la mère et de l’enfant — et cela, rappelons-le une fois de plus, en violation de la loi et de la Constitution polonaise, alors même que les dirigeants actuels, lorsqu’ils étaient dans l’opposition, dénonçaient bruyamment de prétendues atteintes à l’État de droit et à la démocratie commises par le gouvernement plus conservateur de Mateusz Morawiecki (PiS).
La prière comme réponse à l’illégalité
Le droit et le témoignage des médecins et personnels médicaux constituent un premier front du combat mené par l’Institut Ordo Iuris dans ce domaine. Le second — spirituel — est mené par le Centre pour la Vie et la Famille, organisateur chaque année de dizaines de marches pour la vie et la famille dans toute la Pologne. Depuis mars 2026, l’organisation rassemble chaque mois, tous les troisièmes mercredis, des personnes en prière devant la clinique d’avortement « AboTak », rue Wiejska à Varsovie — littéralement à quelques dizaines de mètres de la Diète polonaise (Sejm). Les participants récitent le Rosaire et la litanie de Saint Joseph à l’intention des enfants à naître et de leurs mères. Sans slogans, sans discours. Rien que la prière, répétée avec constance, mois après mois.
Ce n’est pas un hasard si la « clinique d’avortement » AboTak est devenue le point de rencontre de ces deux fronts. C’est précisément là qu’en mars 2025, les militantes de l’« Abortion Dream Team » ont ouvert cette première « clinique d’avortement » ouvertement affichée en Pologne, proposant une aide à l’avortement pharmacologique — illégal au regard du droit polonais. Le Centre pour la Vie et la Famille et Ordo Iuris coorganisent également depuis des années la Marche nationale pour la Vie, qui rassemble chaque année des dizaines de milliers de Polonais à Varsovie. L’affaire de la clinique AboTak est devenue, pour les deux organisations, un nouveau terrain de collaboration étroite, à la fois juridique, militante et spirituelle.
L’histoire du jumeau tué, la chute de la Pologne au niveau de la Corée du Nord et le travail quotidien du personnel hospitalier contraint de participer à des avortements sont trois manifestations d’un même phénomène : celui d’un État qui a cessé de protéger les plus faibles, alors même que le droit reste formellement de leur côté. Des élections auront lieu l’année prochaine en Pologne, et les sondages montrent que ceux qui gouvernent aujourd’hui pourraient perdre le pouvoir, et qu’une coalition pourrait voir le jour en Pologne, le plus pro-vie et le plus pro-souveraineté depuis la chute du communisme il y a plus de 35 ans. Si cela se produit, ceux qui violent aujourd’hui le droit polonais et la Constitution polonaise protégeant le droit à vie de la conception à la mort naturelle devront répondre de leurs actes devant la justice, et ce même si la Commission européenne devait à nouveau geler des milliards de fonds destinés à la Pologne, comme elle l’avait fait sous le gouvernement du Parti Droit et Justice (PiS), avant le retour au pouvoir de Donald Tusk en Pologne en décembre 2023.
Jakub Miśkiewicz
L’auteur est étudiant en journalisme à l’Académie de Culture sociale et médiatique de Toruń en Pologne et stagiaire à l’Institut Ordo Iuris pour la Culture juridique
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Le jour où la Sainte Madeleine de Crespi m’a retenu
Illustration: Sainte Madeleine — Giuseppe Maria Crespi (1665-1747)
Musée des Beaux-Arts de Lyon. (photo: Sergyl Lafont)
C’est devant cette toile de Crespi, au Musée des Beaux-Arts de Lyon, que l’écho d’une voix a suspendu mon regard.
Je n’étais pas venu chercher ce visage.
Au Musée des Beaux-Arts de Lyon, je traversais les salles sans attente, comme on traverse une journée où rien ne doit arriver. On marche parmi les autres avec cette sensation familière que nos paroles se perdent, que personne ne nous écoute tout à fait. Mes pas résonnaient sur le parquet. Les œuvres glissaient sans accrocher mon regard. Puis, devant moi, quelque chose a cessé de bouger.
Devant la Sainte Madeleine de Giuseppe Maria Crespi, je ne me suis pas arrêté. C’est plutôt comme si le mouvement s’était retiré de moi. Mes pieds étaient encore là, mais je ne savais plus avancer.
Une femme penchée dans une ombre chaude. Son visage incliné, comme retenu par une pensée plus lourde que son corps. La lumière ne l’éclairait presque pas ; elle l’effleurait. Contre elle, un crucifix. Ses doigts ne semblaient pas le tenir, mais s’y retenir. Ses yeux étaient rouges — non d’une larme, mais d’une longue traversée.
Je ne pensais plus. Je restais là. Le silence avait pris toute la place. Ce visage m’était familier. Non pas reconnu : déjà là.
Le temps s’est défait. Je ne sais combien de minutes ont passé. Seulement qu’il y eut du silence. Beaucoup. Au musée, les heures ne s’écoulent pas. Elles s’épaississent.
Mon regard est descendu plus profondément dans la toile. Dans la pénombre, un crâne. Posé là, comme une présence muette. Et j’ai vu, sans le chercher, le triangle : le crâne, la croix, son visage. La mort, l’attente et ce bois qui les sépare autant qu’il les relie.
Puis une pensée est venue, sans forme, comme portée par l’air même de la salle. Et si, au matin de la Résurrection, elle ne l’avait pas reconnu avec les yeux ?
Il a fallu un mot. Un seul : « Marie. » Pas un visage rendu à la vue, mais une voix rendue à son nom. Elle l’avait vu, croyant voir le jardinier. C’est lorsqu’elle l’a entendu prononcer son nom qu’un second retournement a tout changé.
Je me suis souvenu, alors, d’une voix au téléphone : celle d’un ami cher, dans les derniers mois, quand la maladie avait changé son visage mais pas la manière dont il disait mon prénom. Comme s’il le déposait devant moi, pour que je le prenne. On oublie parfois un visage que l’on a contemplé durant des années. On n’oublie presque jamais la manière dont quelqu’un que l’on aime prononce notre nom.
Devant ce visage, je me suis senti pauvre. Non pas de ce qui me manquait, mais de ce que j’avais laissé, sans le savoir, s’endormir en moi.
Je me suis détourné. Pas brusquement. Comme on quitte une présence réelle. Dans le hall, la lumière s’est faite plus froide. Les voix redevenaient le bruit ordinaire du monde. Au-dehors, la ville était là, intacte, avec son agitation et ses urgences. Et pourtant, en moi, quelque chose ne coïncidait plus tout à fait avec le décor.
Je n’étais pas venu chercher ce visage. Je sais seulement qu’il m’avait trouvé.
Depuis ce jour, je suis retourné la voir. Et je suis revenu. Et je reviens encore. Peu à peu, elle est devenue une présence familière. Quand je vais mal, je la regarde. Quand je pense à ma mort, je la regarde. Quand je rencontre des êtres qui souffrent, je la regarde.
Le crâne, à côté d’elle, n’est plus une menace. Il est devenu un compagnon silencieux.
Je ne lui dis rien. Elle ne me dit rien. Nous échangeons un regard. Cela dure depuis des années. Cela suffit.
Lyon, 2026.
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OClocher, le réseau social de référence
Vous venez d’emménager dans une nouvelle ville ? Vous êtes en déplacement ? en vacances ? Vous cherchez une messe, un groupe de prière ou simplement des catholiques près de chez vous ? Aujourd’hui encore, il n’est pas toujours facile de savoir où se vit la foi autour de soi. Pourtant, partout en France, des prêtres, des bénévoles et des paroissiens se mobilisent chaque jour pour faire vivre leurs communautés. Des initiatives existent, des propositions fleurissent, des rencontres s’organisent… mais elles restent parfois méconnues. Et si le digital pouvait aider à recréer du lien, faciliter l’engagement des paroissiens et renforcer la communion au sein de nos paroisses ?
Xavier de Colombel, co-fondateur et président de Oclocher, et Antoine Desplanches, directeur associé et responsable des partenariats, sont interrogés dans Genèse. Avec leur équipe, ils ont fait le pari de mettre la technologie au service de l’Église, avec une ambition simple mais audacieuse : ré-enchanter la vie de nos paroisses ! Avec OClocher, ils ont créé le premier réseau social permettant aux catholiques de découvrir ce qui se vit autour d’eux, de participer plus facilement à la vie de leur paroisse et de devenir eux-mêmes acteurs de la mission. Une application pensée pour les paroissiens, mais aussi pour les prêtres et les bénévoles, afin de simplifier l’organisation, la communication et l’animation de la vie paroissiale. Alors comment est née cette idée ? Pourquoi l’Église a-t-elle besoin d’un tel outil aujourd’hui ? Pourquoi ont-ils besoin de nous aujourd’hui ? C’est ce que nous allons découvrir.
Pour vous qui nous regardez où nous écoutez, si vous souhaitez découvrir OClocher et rejoindre dès aujourd’hui le réseau social chrétien de référence, rendez-vous sur https://www.oclocher.fr/ et téléchargez dès maintenant l’application.
Épisode disponible sur toutes les plateformes d’écoute !
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Et pendant ce temps-là au Synode sur la synodalité… objectif 2028 !
Vous croyez que le Synode sur la synodalité est terminé, et qu’on a fini de nous faire marcher ?
Détrompez-vous.
Ce grand chemin ecclésial initié par le pape François cinq années en arrière a accouché d’un rapport de synthèse en octobre 2024 au terme d’un long et coûteux processus où tout le peuple de Dieu a été soit-disant consulté.
Puis, pendant que tout le monde s’imagine que le chemin est fini, 16 groupes de travail sont institués pour approfondir diverses problématiques.
Le langage synodal s’installe dans le discours ecclésial et la mise en pratique du Synode est à l’ordre du jour des diverses rencontres épiscopales. Ce fut le cas du dernier consistoire de juin 2026 autour du pape Léon XIV.
Enfin, nous apprenons qu’un nouvel horizon nous est tracé pour octobre 2028 par la tenue de diverses assemblées :
– premier semestre 2027 : Assemblées d’évaluation diocésaines et éparchiales
– second semestre 2027 : Assemblées d’évaluation nationales ou régionales
– premier quadrimestre 2028 : Assemblées d’évaluation continentales
– octobre 2028 : Assemblée ecclésiale au Vatican
Le programme n’est pas de faire un nouveau « travail », et donc de réfléchir à nouveau en Église, mais de « relancer le chemin » pour qu’il devienne « expérience concrète » dans les Églises, par la « conversation dans l’Esprit ».
https://www.synod.va/en/news/towards-the-ecclesial-assembly-of-october-2028.html
Je vous invite à lire les rapports des 16 groupes de travail qui paraissent en cette année 2026, le soir pour vous endormir :
https://www.synod.va/en/the-synodal-process/phase-3-the-implementation/the-study-groups/final-reports.html
Sans faire de commentaires sur la plupart d’entre eux, j’attirerai simplement votre attention sur le groupe de travail numéro 9 intitulé :
« Critères théologiques et méthodologiques synodaux pour le discernement partagé de questions doctrinales, pastorales et éthiques émergentes »
https://www.synod.va/en/the-synodal-process/phase-3-the-implementation/the-study-groups/final-reports/group-9.html
Le monde d’aujourd’hui suscite des questions nouvelles, et le Synode se laisse interpeller. Dans sa sagesse, il nous explique une méthode pour appréhender ces questions : la conversation dans l’Esprit sans jugement, une écoute mutuelle en vue d’un consensus, la reconnaissance des aspirations au bien que toutes pratiques religieuses expriment, etc.
Et quelles sont les « questions nouvelles » que ce groupe de travail met en avant ? Il y en a deux :
→ les pratiques homosexuelles chez des personnes croyantes,
→ et la non-violence en situation de guerre.
Mais pourquoi ont-ils choisi ces deux questions ?
Il est facile de lister au moins une dizaine de « questions nouvelles » qui mériteraient d’être traitées par l’Église aujourd’hui.
Je peux vous donner des exemples (qui ne sont pas dans le rapport, je précise) : les dilemmes bioéthiques conduisant à des choix exigeants, le boursicotage et les nouvelles formes d’usure, la relecture de la gestion de la crise sanitaire qui nous a divisés et traumatisés, la montée du New-Age et de la magie dans un contexte de méconnaissance du monde angélique, le foisonnement des prophéties qui intéressent les fidèles mais visiblement pas le clergé qui n’a reçu aucune formation à ce sujet, les rencontres et prières par internet en visio et la confusion possible entre réel et virtuel, les projets de retour à la vie rurale et villageoise pour sortir des errances de la modernité, etc, etc.
Les « questions nouvelles » des fidèles ont donc été passées au crible du processus synodal, et voici les grands gagnants : les pratiques homosexuelles et la non-violence.
Le dossier comporte trois témoignages pour accompagner notre réflexion : deux pour l’homosexualité et un pour la non-violence.
Nous sommes conviés à lire le récit de deux croyants catholiques ayant fait le choix de pratiques homosexuelles, et même de « mariage homosexuel » et d’engagement LGBT. Nous découvrons que ce qui compte finalement c’est la confiance en Jésus et l’amour : ces pratiques ne sont donc pas un problème puisque Dieu veut notre bonheur et notre accomplissement.
C’est écrit dans le texte des témoignages. Quant au rapport du groupe de travail, il nous invite à nous laisser interpeller par ces témoignages, et à renoncer à « l’illusion d’une pensée qui prétend s’exercer a priori, sans reconnaître sa dette fondamentale envers les conditions réelles, les processus culturels et la concrétude de l’expérience. »
https://www.synod.va/content/dam/synod/process/implementation/10workinggroups/final-reports/sg9/Testimony-A1-Homosexuality.pdf
https://www.synod.va/content/dam/synod/process/implementation/10workinggroups/final-reports/sg9/Testimony-A2-Homosexuality.pdf
Ils auraient pu contrebalancer cela par des témoignages de croyants ayant entièrement renoncé à toute pratique homosexuelle au cours de leur chemin de foi. Je connais des personnes qui ont des témoignages édifiants à ce sujet : je peux donner des noms. Ce sont des exemples d’irruption de la grâce dans des “conditions réelles, processus culturels et concrétude de l’expérience”.
Mais non, ce n’est pas à l’ordre du jour.
Et voilà. D’ici 2028, nous sommes invités, non pas à débattre à nouveau de ces sujets, puisque la porte de l’interprétation de la Synodalité a été fermée en 2024, mais à mettre en pratique la méthode synodale en méditant sur ces merveilleux rapports des groupes synodaux.
Paix et homosexualité, tout un programme.
« Outre le Document final et les Pistes, les Rapports finaux des Groupes d’Étude institués par le Pape François après la première Session de l’Assemblée accompagnent également le parcours ; ils sont publiés progressivement sur le site www.synod.va. La Secrétairerie Générale du Synode mettra par ailleurs à disposition d’autres matériaux de travail et organisera des rencontres de formation en ligne pour soutenir les responsables du processus dans les Églises locales. »
https://www.synod.va/content/dam/synod/news/2026-05-20_doc_towardsassemblies/2026.05.20_FRA_Communique-de-presse.pdf
Là, franchement, ras-le-bol.
Je vais aller lire saint Cyprien de Carthage, cela va me remonter le moral :
https://www.patristique.org/sites/patristique.org/IMG/pdf/Cyprien.pdf
PS : Vous trouverez aussi ici un article que j’avais écrit au sujet du Synode sur la synodalité en 2024.
https://lesalonbeige.fr/synode-st-jean-chrysostome-utilise-abusivement-pour-rendre-synonymes-eglise-synode-et-marcher-ensemble/
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Une grave blessure pour l’Église, qui aurait pu être évitée si la FSSPX avait accepté la Déclaration doctrinale en 2018
L’histoire aurait pu prendre un tout autre tournant si, il y a huit ans, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) n’avait pas rejeté la Déclaration doctrinale proposée par Rome, fruit d’un effort commun, et n’avait pas exigé du Saint-Siège une autocritique. Ce travail de consolidation, alors interrompu, est aujourd’hui suivi par la rupture survenue le 1er juillet à Écône, une rupture douloureuse pour ceux qui ont été témoins des événements. Mgr Guido Pozzo, archevêque titulaire de Bagnoregio et actuel surintendant des finances du Chœur pontifical, s’est exprimé auprès de La Bussola. Il fut le dernier secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, de 2009 à 2018. Le prélat n’ignore rien des « turbulences » post-conciliaires qui affectent la communauté ecclésiale, mais réaffirme que rien de tout cela ne saurait justifier un acte schismatique, ni un prétendu « état de nécessité».
Excellence, comment avez-vous réagi à l’annonce des consécrations épiscopales effectuées sans mandat papal le 1er juillet à Écône ?
Avec tristesse et un profond regret. C’est une grave blessure pour l’Église, qui aurait pu être évitée si la FSSPX avait accepté la Déclaration doctrinale proposée par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF), laquelle aurait été suivie d’une reconnaissance canonique sous la forme juridique établie. Mgr Fellay, lors de notre rencontre du 28 février 2018 au Dicastère avec le cardinal Ladaria, alors préfet de la Congrégation, et moi-même, Mgr Fellay a déclaré qu’il soumettrait le texte de la Déclaration à l’examen du Chapitre de la FSSPX, prévu en juillet 2018. À l’automne 2018, le cardinal Ladaria et moi-même avons rencontré le nouveau supérieur de la FSSPX, le père Davide Pagliarani, élu en juillet lors de la réunion du Chapitre. Pagliarani a fait savoir qu’il ne signerait pas la Déclaration, la jugeant insuffisante et inadéquate pour répondre aux difficultés et aux questions critiques soulevées par la FSSPX, et que Rome devait reconnaître ses erreurs. Ce refus a été pris en compte, et le pape François, informé de cette décision, a dissous la Commission Ecclesia Dei, qui, depuis 2009, menait des discussions doctrinales avec le supérieur de la FSSPX en vue d’une réconciliation, et a délégué la responsabilité des relations futures avec la FSSPX à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF). Je dois avouer avoir été profondément déçu par le refus de la FSSPX, d’autant plus que de nombreux points de la Déclaration étaient le fruit d’un travail commun mené dans le cadre du dialogue jusque-là.
Il existe une dimension que peu de commentateurs abordent, la dimension intérieure : quels sont les effets sur les âmes de ce geste revendiqué au nom du salut des âmes , mais qui, objectivement du moins, demeure schismatique ?
Il ne s’agit pas d’une question subjective dissociable de l’obéissance à l’autorité formelle et juridique du Pape. Il n’existe pas d’« Église d’urgence » qui puisse se soustraire à l’unité visible de l’Église pour établir un ordre ecclésial hors de la pleine communion avec le Successeur de Pierre. Aucun groupe catholique, ni aucun catholique individuellement, ne peut invoquer sa conscience subjective de vérité pour s’opposer à l’Église institutionnelle et à la juridiction du Pontife romain, non seulement en matière de foi et de morale, mais aussi en matière de discipline et de gouvernement de l’Église. Telle est la doctrine de la foi catholique, dont nul ne peut s’écarter sans compromettre sa foi et son salut (cf. Concile Vatican I, Constitution dogmatique sur l’Église , Pastor aeternus , chap. 3, DH 3060).
Même si le rite est l’élément le plus visible, nous savons que la question n’est pas d’ordre liturgique premier. Quels sont, selon vous, les principaux points de blocage ?
Il s’agit de l’acceptation de l’enseignement du Concile Vatican II et du Magistère qui lui a succédé. Lorsque je parle du Concile, je fais référence au contenu des documents, et non au Conseil des médias, au Concile virtuel ou para-concile, ni à l’« esprit » fantasmagorique du Concile qui, malheureusement, s’est confondu avec le véritable Concile dans l’opinion publique et dans de nombreux milieux ecclésiaux.
À cet égard, les points principaux de la Déclaration doctrinale de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF), proposée à l’adoption par la FSSPX, abordent précisément ces questions et, à mon avis, de manière satisfaisante.
a) Il a été demandé à la FSSPX d’accepter la vérité catholique selon laquelle « le Christ Seigneur a confié au Magistère le dépôt de la foi – c’est-à-dire l’Écriture sainte et la “tradition” divine – à sauvegarder, défendre et interpréter » (Pie XII, Lettre encyclique Humani generis , 18, Denz. 3884) et que « le Magistère n’est pas au-dessus de la Parole de Dieu, mais la sert, n’enseignant que ce qui a été transmis » (Concile Vatican II, Constitution dogmatique Dei Verbum , 10). Le Magistère de l’Église, à son tour, a l’autorité d’expliquer ou d’expliciter également les documents antérieurs du Magistère, y compris ceux du Concile Vatican II, conformément aux vérités de la foi catholique et à la lumière de la Tradition pérenne qui progresse dans l’Église avec l’assistance du Saint-Esprit, non par une nouveauté contraire, mais par une meilleure compréhension du dépôt de la foi, dans la mesure où il est dogmatique, et dont il est question dans le sens même de la sentence (cf. Concile Vatican I, Constitution dogmatique Dei Filius , 4, Denz. 3020 ; Concile Vatican II, Constitution dogmatique Dei Verbum , 8).
b) Il a été demandé de reconnaître que le Concile Vatican II soit compris à la lumière de toute la Tradition et sur la base du Magistère constant de l’Église, tout en restant ouvert à une discussion et à une clarification légitimes sur le plan théologique concernant la formulation de points particuliers dans les documents conciliaires ou concernant les réformes ultérieures de la liturgie et du droit canonique.
c) Il a été demandé que la validité du rite de la Sainte Messe et des sacrements légitimement célébrés selon les livres liturgiques dans leur editio typica, promulguée par les papes Paul VI et Jean-Paul II, soit reconnue.
Il serait cependant malhonnête d’aborder les questions concernant la FSSPX sans reconnaître que, depuis le Concile Vatican II et jusqu’à nos jours, le catholicisme a traversé une période de turbulences. Ces turbulences ne sont certainement pas dues à l’enseignement du Concile et du Magistère qui a suivi, mais à de nombreux facteurs internes et externes à la communauté ecclésiale. Cette turbulence se manifeste par de profondes divisions et des erreurs au sein de l’ Église (mais non de l’ Église elle-même), concernant la doctrine, l’identité catholique et la pratique pastorale, avec de nombreuses déviations et ambiguïtés qui engendrent confusion et incertitude parmi les fidèles. La critique et la lutte contre ces erreurs et déviations sont indispensables, mais l’acte schismatique de consacrer des évêques sans mandat papal est injustifiable, de même que la prétention de s’ériger en juge et de déclarer le Magistère actuel ou celui du Concile contraire à la Tradition de foi de l’Église. Des clarifications ou des précisions peuvent s’avérer nécessaires concernant certaines formulations ou orientations exprimées par le Magistère ordinaire, non définitif, ou d’ordre pastoral pratique, afin d’éviter des interprétations unilatérales ou réductrices du Magistère lui-même.
Mais est-il possible de vouloir « sauver » le sacerdoce catholique (comme l’a toujours affirmé la Fraternité) en le transplantant hors de l’Église visible ?
Je ne le crois pas. Rappelons l’enseignement de saint Robert Bellarmin, repris et précisé par le concile Vatican I dans Pastor Aeternus. L’Église y est décrite comme une assemblée de croyants professant la même foi, participant aux sacrements et guidés par des évêques légitimes en communion avec le Pontife romain. La communion avec le Pontife romain est la condition absolument nécessaire pour appartenir à l’Église catholique, et cela est d’autant plus vrai pour le sacerdoce catholique.
À cet égard, il me semblait improbable que la FSSPX affirme, d’une part, que l’on appartient à l’Église en vertu de la profession intégrale de foi (qui, en réalité, n’est qu’un élément essentiel, et non le seul), et d’autre part, qu’elle affirme (et juge) que les autorités ecclésiastiques manifestent une attitude contraire à la foi et agissent à l’encontre de la Sainte Tradition et du Magistère constant de l’Église. Il peut arriver (cela s’est produit par le passé et arrive malheureusement encore aujourd’hui) que certains évêques, prêtres, théologiens et laïcs tombent dans l’erreur et s’égarent en matière de foi et de morale, mais on ne saurait étendre cette critique à l’ensemble des autorités ecclésiastiques, et encore moins désobéir à la communion hiérarchique avec l’Autorité suprême. Il paraît pour le moins étrange que la FSSPX demande au Pape un geste paternel tout en accusant le Saint-Siège de s’éloigner de la Tradition et d’être soumis à une Église moderniste.
Les consécrations du 1er juillet reprennent celles accomplies par Mgr. Lefebvre en 1988 : sommes-nous face à une rupture définitive, ou subsiste-t-il une lueur d’espoir pour une future réconciliation entre la Fraternité et Rome ?
Il ne faut jamais dire jamais. Il faudrait repartir de la Déclaration doctrinale de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, mais surtout, il est nécessaire de changer l’attitude partiale de la FSSPX, qui considère Rome comme ayant tort et la FSSPX comme ayant forcément raison.
Excluez-vous la création d’une structure (proposée par le cardinal Müller) comme Ecclesia Dei ou, par exemple, la création d’ordinariats sur le modèle de ceux destinés aux anciens anglicans ?
Je n’exclurais pas de telles formes juridiques, à condition que les problèmes doctrinaux soient résolus et qu’un groupe suffisamment important de prêtres puisse se constituer, qui, comme cela a déjà été le cas pour la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre ou l’Institut du Bon Pasteur, aspirent à la pleine communion avec le Pontife romain.
Naturellement, la FSSPX suscite un grand engouement médiatique, mais il existe des « réalités traditionnelles » déjà présentes sous Petro : ne sont-elles pas ignorées, voire marginalisées au sein même du monde catholique, comme s’il s’agissait de réserves plutôt que d’un don offert à toute l’Église ?
Les Instituts auxquels il est fait référence sont des réalités vivantes et en constante évolution. Comme l’a enseigné et déclaré le pape Benoît XVI, les deux formes liturgiques, celle du Novus Ordo , qui est la forme commune, habituelle et universelle de la liturgie, et celle du Vetus Ordo pour des groupes particuliers et spécifiques, les pratiques s’enrichissent mutuellement et ne s’opposent pas. Les instituts et les fidèles qui suivent les disciplines liturgiques et spirituelles traditionnelles ne doivent pas être marginalisés ni isolés, mais doivent contribuer, en communion avec les autres réalités ecclésiales, à l’évangélisation et à l’apostolat chrétien. Il me semble urgent de renforcer les communautés ecclésiales et sacerdotales qui vivent fidèlement à la Tradition, à l’intégrité de la foi catholique et à la liturgie sacrée, en pleine communion avec l’ordre épiscopal sub Petro et cum Petro.
Seront-ils excommuniés ?
De Jean-Pierre Maugendre :
Ni l’un ni l’autre ne font mystère de leur catholicisme. Emmanuel Macron a demandé le baptême, à l’âge de 12 ans, contre l’avis de son père, alors qu’il était élève au collège La Providence, fondé en 1850 par les Jésuites à Amiens. Sébastien Lecornu est issu d’une famille de tradition catholique et a même envisagé, à l’âge de 16 ans, de rejoindre l’abbaye bénédictine de Saint Wandrille, en Normandie.
De nouvelles atteintes à la vie humaine innocente
Le premier a déjà à son palmarès la constitutionnalisation de l’avortement par vote solennel du parlement réuni en Congrès le 4 mars 2024. Il compte transformer l’essai en obtenant, le 15 juillet prochain, sous l’impulsion de son premier ministre Sébastien Lecornu, le vote d’une loi légalisant l’euthanasie et le suicide assisté. Dire que ces mesures sont en opposition frontale avec l’enseignement constant de l’Eglise sur la défense de la vie humaine innocente est une évidence qu’il est inutile de redémontrer ici. Le président de la Conférence des Evêques de France, le cardinal Jean-Marc Aveline, semble aux abonnés absents sur ce sujet laissant Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre, faire part des réticences de l’épiscopat français quant à ce projet de loi. Après avoir dénoncé en janvier « l’acharnement idéologique » du gouvernement puis sa « désinvolture institutionnelle », Mgr Rougé a fait part de son inquiétude quant à l’atteinte à la liberté de conscience que constituerait l’obligation pour tous les établissements de soins, en particulier catholiques, de proposer l’euthanasie ou le suicide assisté. Certaines congrégations comme les petites Sœurs des Pauvres auraient ainsi obligation de fermer leurs établissements en France et de s’exiler à l’étranger. Le choix a ainsi été fait, par l’Eglise de France, de ne placer le débat sur la fin de vie que sur le plan de la loi naturelle en appelant à la liberté de conscience de chacun dans une forme de plaidoyer pro domo qui semble occulter la portée universelle de la loi de Dieu. Mgr Rougé citant la récente encyclique du pape Léon XIV Sacra humanitas évoque des « choix gravement illicites » et en appelle au » choix salutaire du principe d’humanité ». Certes, mais est-il nécessaire d’être évêque pour tenir un tel discours ? Le temps est bien lointain où les évêques se voulaient les intendants de mystères de Dieu et les gardiens de la loi divine. Comment lutter contre la sécularisation de la société civile et politique si même les évêques s’interdisent de mentionner la loi de Dieu ? De plus, quelles conséquences compte tirer Mgr Rougé à propos des promoteurs de ces choix qu’il serait plus exact de qualifier de criminels plutôt que de simplement illicites ? Mgr Von Galen, évêque de Munster, dénonçant vigoureusement, en 1941, en chaire, le programme nazi Aktion T4 d’euthanasie des malades mentaux ne semble guère avoir fait d’émules ! Depuis le concile Vatican II, l’Eglise a fait le choix de ne plus condamner l’erreur. Il s’agit d’être positif. Le raisonnement a cependant ses limites comme vient de le démontrer la récente excommunication de la FSSPX.
Aux USA certains évêques diocésains refusent la communion aux politiciens notoirement partisans de l’avortement, arguant du canon 915 du code de Droit canonique qui prévoit que : « ceux qui persistent avec obstination dans un péché grave et manifeste, ne seront pas admis à la sainte communion ». Le 20 mai 2022 Mgr Salvatore Cordileone, archevêque de San Francisco, adressait la monition suivante à Nancy Pelosi, élue démocrate de Californie et partisane de l’avortement : « Vous ne devez pas vous présenter pour (recevoir) la Sainte-Communion et, si cela devait arriver, vous ne devrez pas être admise pour la Sainte-Communion, jusqu’à ce que vous répudiiez publiquement votre défense de la légitimité de l’avortement, et que vous vous confessiez et receviez l’absolution pour ce grave péché ». Voilà qui est clair !
Un risque d’instrumentalisation
L’opposition à l’avortement est, bien sûr, une des préoccupations du pape Léon XIV ce dont témoigne son accueil chaleureux le 22 juin dernier de Jean-Marie Le Méné, Président de la Fondation Jérôme Lejeune et de Marie-Lys Pellissier, porte-parole de la Marche pour la Vie. Sans vouloir offenser personne cette rencontre est restée très confidentielle. Il n’en sera pas de même des rencontres à venir entre le pape Léon XIV et MM. Macron et Lecornu en septembre prochain. Nous pouvons faire confiance à notre « Mozart de la finance » pour mettre en scène sa rencontre avec le pape à son bénéfice exclusif. Quel feu d’artifice final : peut-être la coupe du monde de football et des photos avec le pape, toujours souriant et affable, quels que soient les propos qu’il tiendra par ailleurs ! Le précédent espagnol est, à cet égard, extrêmement surprenant. Les Cortes Generales, à majorité socialiste et donc favorable à l’avortement et à l’euthanasie, ont applaudi debout, le 8 juin, pendant de longues minutes, le discours du pape qui venait d’exalter la défense de la vie humaine innocente, la famille, le droit des parents à choisir l’éducation de leurs enfants, la lutte contre les mafias qui exploitent les migrants et le maintien du secret de la confession. Une des grandes victimes de la confusion actuelle des esprits semble être le principe de non-contradiction. Emmanuel Macron constitutionnalise l’avortement, autorise par la loi l’euthanasie et le suicide assisté et « en même temps » participe le 30 juin au 9 ème Congrès contre la peine de mort.
Des lions et des prophètes
Chacun conviendra, pour s’en réjouir ou s’en désoler, que l’Eglise n’a plus sur la société française l’influence qu’elle eut pendant des siècles. Les catholiques pratiquants représentent moins de 2% de la population. Les années qui passent voient enfler le flot des lois qui nient toute forme de loi naturelle sans même parler de la loi de Dieu, mettant ainsi en péril le salut de nombreuses âmes. Face à ce déferlement d’immoralité, trop souvent les évêques de France s’inquiètent, alertent, se préoccupent, etc. Ainsi le programme EVARS (Education à la Vie Affective Relationnelle et Sexuelle) sera-t-il déployé à la prochaine rentrée scolaire dans toutes les écoles catholiques sous contrat, au détriment de la responsabilité première des parents dans ce domaine. Les promoteurs de l’avortement Valéry Giscard d’Estaing ou Jacques Chirac sont benoîtement enterrés avec grand concours d’évêques sans qu’il n’ait été fait mention de leurs éventuelles repentances pour les centaines de milliers d’avortements dont ils sont, en partie, responsables. Il n’est pas interdit de penser que certains parlementaires ne seraient pas insensibles à une monition épiscopale qui les préviendrait qu’à moins de rétractations publiques ils ne pourraient bénéficier d’obsèques religieuses. Il nous faudrait des évêques qui soient les lions et des prophètes, à l’exemple de Mgr Von Galen (1878-1946) le « lion de munster » ou de Mgr Cazaux (1897-1975), évêque de Luçon organisant de gigantesques manifestations pour la défense de l’enseignement catholique dans les années 50, et non de simples fonctionnaires ecclésiastiques. Mais, les méritons-nous ?
François-Noël Buffet, hostile à la loi Taubira et à la constitutionnalisation de l’avortement, bientôt Défenseur des droits ?
Emmanuel Macron a proposé, mardi 7 juillet, de nommer au poste de Défenseur des droits le sénateur et ancien ministre François-Noël Buffet (Les Républicains) pour remplacer Claire Hédon. Son mandat doit prendre fin durant le mois de juillet après un mandat de six ans, non renouvelable.
L’ancien ministre auprès de Bruno Retailleau à l’Intérieur et brièvement ministre chargé des Outre-mer est critiqué pour ses positions passées sur l’avortement ou la dénaturation du mariage. Le sénateur avait participé aux manifestations contre le mariage pour tous en 2013 et signé la charte de la Manif pour tous.
En 2021, François-Noël Buffet avait ensuite voté contre l’extension de la procréation médicalement assistée. Quelques années plus tard, en 2024, il avait voté contre la constitutionnalisation de l’avortement. Le sénateur s’est aussi prononcé pour diminuer ou réformer l’Aide médicale d’État pour les sans-papiers.
Unicef France, Médecins du monde, la Ligue des droits de l’homme, le MRAP, Act-Up et tous les lobbys perfusés aux subventions militent contre cette possible nomination.
Créée en 2011 et inscrite dans la Constitution, cette autorité administrative est chargée de veiller au respect des libertés et des droits des citoyens.
Les commissions des Lois du Sénat et de l’Assemblée nationale doivent encore entériner ou repousser cette nomination, après avoir successivement auditionné François-Noël Buffet.
Cette manœuvre politico-judiciaire vise à nous tuer
L’ancien député national et européen FN, ancien vice-président de ce parti, conseiller régional et conseiller municipal de Lyon, Bruno Gollnisch, a vu sa condamnation atténuée, mais confirmée en appel à trois ans de prison avec sursis ce 7 juillet, lors du procès en appel des assistants parlementaires européens du Rassemblement national. Il réagit :
Vous attendiez-vous à une telle décision ?
Je m’attendais au pire et je me suis abstenu de venir à la lecture de l’arrêt, parce que j’aurais peut-être été porté à pratiquer l’outrage à magistrat. Depuis le début de dette « affaire », je sais que la manœuvre politico-judiciaire vise à nous tuer : dans notre réputation d’intégrité, en nous ruinant, moralement, financièrement, et en nous privant de nos droits civiques.
Il en est ainsi, et je suis bien sûr indigné, car ce procès méconnaît tous les principes fondamentaux du droit. Et je ne suis pas le seul à le dire. D’autres se sont exprimés, comme les professeurs Pierre Avril et Jean Gicquel, qui sont des sommités incontestées en matière de droit constitutionnel, Monsieur Gicquel ayant été en outre le déontologue, assez exigeant d’ailleurs, de l’Assemblée nationale. Aussi M. Jean-Eric Schoettl, ancien Secrétaire Général du Conseil constitutionnel. Le pouvoir judiciaire n’avait absolument pas à se mêler des activités des assistants parlementaires, car, sinon, il se mêlait directement de l’activité des députés, ce qui est contraire au principe de séparation des pouvoirs. Principe dont la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 nous dit qu’il est fondamental dans nos institutions.
Toutes les règles de droit ont été violées, dont la prescription, puisque l’on est remonté à des années pour obtenir le total des salaires versés à nos assistants, en présumant qu’ils n’ont jamais travaillé le moins du monde pour nous, ce qui est non seulement faux, mais absurde.
Quels éléments avez-vous opposés pour votre défense ?
Tout est ahurissant dans cette affaire. J’ai prouvé que mes assistants avaient travaillé pour moi, et notamment l’un d’entre eux qui, devant un huissier procédant par sondages aléatoires, a montré qu’il connaissait parfaitement le contenu de mes 600 dossiers ! L’instruction avait même retrouvé une série d’entretiens entre nous portant sur 14 points de politique européenne. Il n’en a pas été tenu compte. Ce jugement reprend, en les atténuant légèrement, les extravagantes réquisitions du Parquet. Mais il faut surtout se souvenir que tout cela part de nos adversaires au sein de l’Union européenne, les euro-mondialistes, partisans de l’établissement de la dictature du super-État « eurocratique », qui craignent de plus en plus la progression de nos analyses dans l’opinion, en France et dans le reste de l’Europe. Il s’agit en particulier de l’ancien chancelier allemand M. Schulz, qui, pour le coup, avait des assistants qui se sont plaints d’être utilisés à des travaux domestiques, et un autre qui, sous statut d’accrédité, devait résider à Bruxelles ou à Strasbourg, mais dirigeait en réalité depuis Aix-la-Chapelle la Société « Euregio Tours », agence de tourisme du SPD, le parti socialiste allemand !
Mais nos ennemis ne se gênent pas de pratiquer l’inversion accusatoire et de prétendre que, l’activité de nos assistants n’ayant pas été mise au service de la « construction » européenne, nous aurions « détourné » des millions ! Alors que le Parlement européen, contrairement à ces allégations, n’a pas subi le moindre préjudice, pas même d’un centime. On se moque du monde. Cette dotation nous était due. Et l’on nous dit qu’elle devait n’être utilisée que dans l’intérêt de l’Europe, ce qu’a d’ailleurs répété le tribunal, alors que l’on confond là l’intérêt de l’Europe et les ambitions de la Commission européenne.
Or, nous n’avons pas été élus pour servir ces ambitions, mais élus sur des listes nationales pour contester les évolutions de l’Union européenne et défendre les intérêts français. Les trois assistants pour lesquels je suis mis en cause étaient des assistants locaux qui, selon le propre règlement du Parlement européen, n’avaient pas à venir à Bruxelles ou à Strasbourg. Donc, ils ne pouvaient pas assister aux votes. Ils ne pouvaient pas assister aux réunions des groupes politiques dans lesquels sont décidées les politiques législatives, ni assister aux travaux des commissions. Que pouvaient-ils, alors, faire d’autre que de participer à l’activité politique de leur député ?
Comment expliquez-vous une telle décision ?
J’ai dit aux magistrats, qui n’en ont tenu aucun compte, que nous sommes en quelque sorte comme des joueurs de football à qui les dirigeants de leur club auraient dit qu’ils avaient le droit de jouer, mais individuellement, et pas en équipe ! C’est exactement la substance de ces décisions aberrantes, qui ne tiennent aucun compte ni des usages du parlementaire, ni des réalités de la vie politique, laquelle est un « sport collectif », surtout à l’Europe, où nous sommes élus sur un scrutin de liste nationale ! Autant de choses que ces juges ignorent d’ailleurs, et c’est pourquoi existe le principe de la séparation des pouvoirs : imaginez, un instant, qu’à l’occasion d’une décision de justice aberrante, comme la libération d’un individu dangereux pour un tampon oublié sur un formulaire, je me mêle de cela en excipant de ma qualité de député, demandant aux magistrats de me communiquer les brouillons de leurs décisions et en les questionnant sur le rôle de leur greffier ou la nature de leurs relations avec leurs assesseurs… Mais on aurait eu vite fait de me répondre : « Mêlez-vous de vos affaires, vous n’avez pas à vous immiscer dans le fonctionnement du pouvoir judiciaire » ! Eh bien, le pouvoir judiciaire n’a pas à s’immiscer dans les activités d’un assistant parlementaire.
Estimez-vous que nous sommes, désormais, face à la tyrannie d’une République des juges ?
Oui, assurément. Cela a été une évolution progressive, due à plusieurs facteurs. D’une part des juges partisans, puisque le Syndicat de la magistrature recueille un tiers des suffrages aux élections professionnelles, et il s’est fait gloire, sur un « mur des cons » installé dans ses locaux, de désigner à la vindicte de ses adhérents un certain nombre de justiciables, y compris le père d’une malheureuse jeune fille assassinée pour s’être refusée à un viol dans un train de banlieue. Mais il y a aussi l’hybris, que j’ai pu observer aussi chez les élus européens – pas les nôtres bien sûr -, qui les pousse à vouloir augmenter le pouvoir de l’institution par une dynamique de groupe délétère. Ils deviennent ainsi des instruments dociles de la conquête du pouvoir par l’Eurocratie.
Eh bien, cette ivresse du pouvoir existe aussi chez certains juges. C’est formidable, de pouvoir « se faire » des politiques ! Ils veulent condamner un ancien président de la République à sept ans de taule sur des présomptions, et deux anciens ministres de l’Intérieur, en prime. Ils ont arbitré la présidentielle de 2017 en inculpant avec une célérité exceptionnelle ce pauvre Fillon, qui pensait qu’il avait le temps devant lui, qu’on n’oserait pas… Lui qui avait eu l’imprudence de dire : « Imagine-t-on le général de Gaulle mis en examen ? »
Quant aux élus du MoDem, poursuivis pour des motifs similaires à notre affaire, ils ont tous été condamnés, injustement d’ailleurs, comme nous, mais beaucoup plus légèrement. Tous condamnés… sauf monsieur Bayrou ! LFI, aussi, est concernée par une affaire du même type. Et même bien plus grave : que faisaient les assistants parlementaires de M .Raphaël Arnault, député du Vaucluse, à Lyon, où ils sont inculpés de participation au lynchage atroce du malheureux Quentin Deranque ? Mais étonnamment, ces affaires traînent en longueur, ou ne perturbent pas la vie des Assemblées. Pour LFI, cela fait sept ans et rien ne bouge. Je pourrais aussi citer le cas d’un socialiste alsacien, haut responsable du groupe socialiste au Parlement européen, qui m’a d’ailleurs envoyé un message honnête, me disant : « Avec des motifs comme celui qu’on invoque contre vous, on pourrait envoyer 500 députés en correctionnelle à chaque législature. »
Je vais examiner avec mes avocats les recours encore possibles, mais je dois avouer qu’il y a déjà longtemps que j’ai perdu confiance dans la justice de notre pays…
Le canal Saint-Martin, symbole de la faillite de l’éducation, de l’immigration mal assimilée et des « incivilités »
Lu dans Les 4 Vérités :
Le canal Saint-Martin était jusqu’ici connu comme lieu fétiche de la gauche bobo qui se vante de pouvoir s’y baigner (vu la propreté des lieux et de l’eau, je déconseillerais plutôt la baignade mais c’est une autre affaire!). Il est désormais le symbole de la faillite de l’éducation, de l’immigration mal assimilée et des « incivilités » qui pourrissent le quotidien de tant de Français.
Un jeune garçon, prénommé Hamza et surnommé « la Douane », rackette les badauds avec un pistolet à eau (!) pour leur faire payer un ou deux euros avant de bénéficier de la relative fraîcheur des lieux. Naturellement, comme toujours en notre époque exhibitionniste, il a diffusé ses « exploits » sur les réseaux sociaux. Inutile de dire que la plupart de ses contemporains ne sont pas tombés en pâmoison devant le jeune prodige. D’autant que l’on a appris assez rapidement que l’intéressant énergumène avait été interpellé une dizaine de fois depuis 2025 (il a 14 ans : cela promet une jolie carrière!).
Que croyez-vous qu’il arriva? Que ses parents l’ont repris en main? Que les forces de l’ordre ont sévi ? Point du tout. Son père a doctement expliqué aux médias bien-pensants que son sympathique rejeton était « gentil ». Ce qui doit sans doute dispenser de l’éduquer! Quant aux institutions, une certaine Annah Bikouloulou, élue écologiste et adjointe au maire de Paris en charge de la lutte contre les discriminations, a dénoncé « les influenceurs d’extrême droite » (sic !) qui présentait le garçon comme un délinquant (je suppose qu’il aurait fallu le présenter comme un saint de vitrail). Mieux, SOS Racisme, association copieusement financée par nos impôts, dénonce une campagne de « harcèlement raciste ». Encore un peu et ce sera le jeune Hamza qui va porter plainte contre les personnes qu’il a insultées – selon la perpétuelle inversion des valeurs chère à la gauche (de même que les squatteurs sont vus comme victimes).
Tout ceci serait grotesque si ce n’était pas révélateur. À force d’avoir voulu « interdit d’interdire », à force d’avoir refusé toute manifestation d’autorité, nous avons des hordes de gamins mal dégrossis qui prétendent faire la loi. Le cas Hamza ne serait rien s’il ne manifestait pas au grand jour la faillite de l’éducation permissive, la ruine de l’autorité parentale, et l’échec de l’intégration. Et s’il n’était pas un symbole de l’auto-aveuglement de la gauche prétendument libertaire (et vraiment liberticide) qui pourrit la vie des honnêtes gens pour flatter les racailles.
Fin de vie : après trois rejets du Sénat, le Gouvernement ne peut plus passer en force
Communiqué du Syndicat de la famille :
En prenant ses fonctions, le Premier ministre s’était engagé à gouverner avec le Parlement et à dépasser les logiques partisanes et idéologiques. Il ne peut aujourd’hui ignorer le message adressé par le Sénat. Persister reviendrait à imposer une réforme qui ne rassemble ni le Parlement, ni le pays, au mépris de l’esprit de dialogue qu’il avait lui-même revendiqué.
Le Premier ministre doit prendre acte du choix exprimé par le Parlement.
Mardi 7 juillet, le Sénat a adopté, par 169 voix contre 164, la motion de rejet préalable de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Pour la troisième fois, la Haute Assemblée refuse d’examiner ce texte. Ce vote confirme les profondes réserves éthiques, médicales et juridiques qu’il continue de susciter.
Ce nouveau rejet, ajouté à la très courte majorité obtenue à l’Assemblée nationale, démontre qu’une réforme d’une telle gravité ne bénéficie d’aucun consensus parlementaire. Plus de 400 parlementaires ont exprimé leur opposition au texte. Une loi qui bouleverse la vocation de la médecine et modifie profondément notre pacte de solidarité ne peut être imposée sur la seule base d’une majorité aussi étroite.
Sur un sujet qui touche à la vie et à la mort, le doute devrait conduire à la prudence, non à l’obstination. La responsabilité du Gouvernement est désormais de mettre un terme à l’examen de cette proposition de loi et d’ouvrir enfin le véritable chantier attendu par les Français : celui du développement des soins palliatifs, de la lutte contre les déserts médicaux, de l’accès aux centres antidouleur et de l’accompagnement des personnes les plus vulnérables.
Le Syndicat de la Famille appelle le Premier ministre à retirer ce texte et à respecter l’esprit de nos institutions. On ne transforme pas le rôle de la médecine, ni le rapport de notre société à la vulnérabilité, sans un large consensus national.
Enfin, le Gouvernement ne peut ignorer que cette réforme est également rejetée par ceux qui auront la responsabilité de l’appliquer. Une immense majorité des soignants, des sociétés savantes, des professionnels des soins palliatifs et des représentants du monde médical, mais aussi de nombreux patients et familles, ont exprimé leurs réserves ou leur opposition à cette légalisation. Gouverner contre le Sénat est une chose. Gouverner contre les soignants en est une autre. Lorsqu’un texte ne convainc ni une chambre du Parlement, ni une part considérable des députés, ni ceux qui consacrent leur vie à accompagner les plus fragiles, il n’est plus temps de passer en force : il est temps d’y renoncer.
Les parlementaires catholiques qui auront voté ce projet de loi ne pourront plus communier
Mgr Aillet a été interrogé dans France catholique à propos des élus catholiques qui votent en faveur de l’euthanasie :
Peut-on se dire chrétien et voter un texte aussi contraire à l’enseignement de l’Église ?
Il y a là une contradiction profonde. La question de l’euthanasie ou du suicide assisté n’est pas seulement une question confessionnelle. Elle touche à la loi naturelle, c’est-à-dire à ce qui fonde le respect de toute vie humaine dans une société civilisée. Lorsqu’un député se déclare catholique tout en soutenant une législation qui autorise à donner la mort, il se place objectivement en opposition avec un enseignement constant de l’Église, mais aussi avec un principe fondamental de la raison humaine. L’instruction Samaritanus Bonus, publiée par la Congrégation pour la doctrine de la foi, a clairement réaffirmé que l’euthanasie était « un acte intrinsèquement mauvais, quelles que soient les circonstances ». Un catholique engagé dans la vie publique ne peut pas l’ignorer.
Une telle position a-t-elle des conséquences spirituelles ?
Oui, car la foi chrétienne engage toute l’existence. Chacun doit s’interroger en conscience sur la cohérence entre les actes qu’il pose et la foi qu’il professe. Une adhésion publique à une loi gravement contraire à l’enseignement moral de l’Église pose un vrai problème de cohérence ecclésiale. Les parlementaires catholiques qui auront voté ce projet de loi doivent en peser les conséquences. S’ils sont conscients de cette incohérence, ils ne pourront plus communier. L’Église est fondée à le leur rappeler, comme certains évêques l’ont fait aux États-Unis. J’aimerais les inviter à un examen de conscience sincère. Avons-nous le droit de faire de la suppression volontaire d’une vie humaine une réponse à la souffrance ?
Certains fidèles ne semblent pas insensibles aux arguments des partisans de l’euthanasie, présentée comme un « geste d’humanité ». Que leur dites-vous ?
Il faut distinguer la véritable compassion de ce que Jean-Paul II appelait une « fausse miséricorde ». Une société vraiment fraternelle ne répond pas à la détresse par l’élimination de celui qui souffre mais par le développement des soins palliatifs, de l’accompagnement psychologique, familial et spirituel. Quant à la liberté, elle ne consiste pas à pouvoir tout faire. La liberté authentique est ordonnée au bien. Contre le discours dominant qui obscurcit gravement les consciences, contre le matraquage médiatique influencé par de puissants lobbies, les fidèles sont appelés à se former – et à soutenir concrètement les personnes malades, âgées ou isolées.
Qu’en est-il de celles qui demanderaient l’euthanasie ? Quelles conséquences sur le salut de leurs âmes ? Pourraient-elles avoir des obsèques chrétiennes ?
L’Église continue d’affirmer que le suicide demeure objectivement contraire à la volonté de Dieu, qui est le maître de la vie. Mais elle tient aussi compte des situations concrètes. La souffrance, la solitude, la dépression, les pressions familiales ou sociales sont parfois si fortes qu’elles peuvent altérer profondément la liberté d’une personne. C’est pourquoi le discernement pastoral est indispensable. Le rôle du prêtre est d’aider la personne à retrouver l’espérance, à se réconcilier avec Dieu et à renoncer à son projet. Cet accompagnement spirituel consiste à l’aider à choisir la vie jusqu’à son terme naturel, jamais à cautionner un geste létal. Concernant les funérailles chrétiennes, chaque situation doit être examinée avec prudence. L’Église tient compte de nombreux éléments, notamment des signes éventuels de repentance avant la mort. Rien ne doit être fait qui laisserait penser qu’elle approuve l’euthanasie.
Qu’en est-il des soignants qui appliqueraient cette loi ?
Je pense d’abord aux drames de conscience que cette loi risque de provoquer. Les professionnels de santé ont choisi leur métier pour soigner, soulager, accompagner. On leur demanderait désormais de participer à la mise à mort d’un patient. Mais la loi civile ne peut pas abolir les exigences de la conscience morale, que l’on soit ou non croyant. Il est donc essentiel que la clause de conscience soit pleinement garantie.
Des religieuses au sein d’établissements de soins catholiques ont annoncé leur intention de « résister » ? Qu’en pensez-vous ?
Une société véritablement démocratique ne peut pas exiger d’institutions fondées sur le respect inconditionnel de la vie qu’elles agissent contre leurs convictions les plus fondamentales. Veut-on que ces établissements ferment, alors qu’ils gèrent des dizaines de milliers de lits ? Qu’ils s’exilent à l’étranger, comme les congrégations chassées de France au début du XXe siècle ? Va-t-on emprisonner les religieuses qui n’appliqueraient pas cette loi ? Il faut défendre la liberté de ces établissements avec détermination.
Léon XIV a choisi comme devise pour sa visite en France : « Pour que le monde ait la vie ». Qu’attendez-vous de lui ? N’arrive-t-il pas trop tard, après une probable adoption de la loi ?
Une loi, même adoptée, ne met pas fin au devoir de témoignage des chrétiens. J’attends du Saint-Père qu’il rappelle avec force la dignité inaliénable de toute vie humaine. J’attends qu’il encourage les familles, les soignants, les bénévoles et tous ceux qui accompagnent les personnes malades ou âgées. J’attends surtout qu’il nous redonne le sens de l’espérance. Car l’enjeu ultime est spirituel. Une société s’affaiblit lorsqu’elle présente la mort comme une solution. Le Christ est venu « pour que les hommes aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance ». C’est cette espérance que l’Église continuera d’annoncer, quelles que soient les évolutions législatives.
L’Œuvre d’Orient mobilisée en Syrie auprès des autorités syriennes
Communiqué de l’Oeuvre d’Orient :
L’Œuvre d’Orient, en la personne de son Directeur général Hugues de Woillemont, était invitée par le Président de la République française à des rencontres historiques.
Depuis le début de la guerre civile, et ce malgré l’absence de relation diplomatique entre les deux pays L’Œuvre d’Orient n’a jamais cessé d’être présente auprès de la population syrienne.
L’association a continué à soutenir les projets des communautés chrétiennes au service de toute la population syrienne sans distinction ethnique ou religieuse. Ainsi 34 millions d’euros ont été distribués depuis 2017 pour soutenir 1125 projets sur le terrain en Syrie.
Lors de ce déplacement l’Œuvre d’Orient a pu échanger avec les autorités sur la question de la sécurité : quelles garanties de sécurité offrir à toutes les composantes ethniques et religieuses qui composent la Syrie afin qu’elles puissent continuer à vivre sur leur terre.
Pendant la rencontre en huit clos à l’aéroport entre le Président de la République française, les autorités ecclésiales locales et le Directeur général de L’Œuvre d’Orient, ont été évoquées les problématiques d’éducation.
L’Œuvre d’Orient a demandé aux autorités syriennes la restitution aux communautés chrétiennes des écoles chrétiennes confisquées dans les années 1960. Elles permettraient à des élèves chrétiens et musulmans de réapprendre à étudier ensemble, et de construire un avenir commun, notamment à travers l’usage de la langue française enseignée dans ces établissements.
Convaincu qu’en soutenant les chrétiens de Syrie, c’est la Syrie tout entière qui est soutenue, Mgr Hugues de Woillemont a plaidé pour que les chrétiens d’Orient retrouvent toute leur place dans la société syrienne et puissent contribuer pleinement à son avenir.
Le Sénat rejette le texte de l’Assemblée nationale visant à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté
Hésitants à poursuivre les débats face au mépris de l’Assemblée nationale, les sénateurs ont finalement voté la motion de rejet préalable.
On ne peut légaliser un « meurtre éthique », tout comme il ne peut exister de « GPA éthique », sans que tout notre édifice juridique n’en soit ébranlé et que le pacte civilisationnel qui cimente notre société ne soit rompu.
Absolument personne, ne nous a élu pour cela ! pic.twitter.com/u7EkzVwSeA
— Stéphane Ravier (@Stephane_Ravier) July 7, 2026
Pour la 3ème fois, la chambre haute rejette le texte de l’Assemblée nationale visant à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté.
Pour la 3ème fois, les sénateurs ont rejeté le texte de l’Assemblée nationale.
Il ne reste donc que deux scénarios possibles :
– soit le Premier ministre décide enfin de prendre la parole et d’arrêter l’examen de ce texte
– soit rien ne change, et le texte de l’Assemblée nationale sera voté une dernière fois le 15 juillet.
ÉCRIRE AU PREMIER MINISTRE
Voici quelques rappels sur le contenu de la loi :
1. Inscription dans le code de la santé public d’un “droit à l’aide à mourir”, c’est-à-dire au suicide assisté et à l’euthanasie si le malade ne peut s’administrer la substance.
2. Des critères d’accès à ce droit déjà larges et flous :
- Être majeur,
- Être Français ou résident en France de manière stable et régulière,
- Avoir une affection grave et incurable engageant le pronostic vital en phase avancée (> pas nécessairement en fin de vie),
- Présenter une souffrance jugée insupportable (subjectif) liée à cette affection,
- Être apte à exprimer une volonté libre et éclairée.
3. Une procédure peu encadrée :
- Le malade fait sa demande, et n’a que 48h de réflexion obligatoires.
- Le médecin qui reçoit la demande doit juger de son éligibilité, et lui seul prendre la décision finale qu’il devra rendre sous 15 jours maximum.
- Le médecin doit prendre l’avis de deux autres soignants qui n’examinent pas forcément le patient.
- Le médecin doit s’assurer de la “volonté libre et éclairée du patient”, mais n’a aucune obligation d’avoir recours à un psychiatre.
- Un médecin / un infirmier doit être présent lors du suicide assisté.
- L’injection létale peut avoir lieu à domicile, dans la résidence d’un proche, et dans tout établissement où exercent des professionnels de santé. La personne peut être entourée des personnes de son choix, y compris des mineurs.
4. Une liberté de conscience limitée : pas de clause de conscience pour les pharmaciens qui devront réaliser et fournir la substance létale. Tous les établissements de santé devront permettre que l’acte létal soit pratiqué en leur sein.
5. Le contrôle de la procédure et de l’éligibilité se fera a posteriori, c’est-à-dire après la mort du malade.
6. Les majeurs protégés (sous tutelle et curatelle), et les personnes atteintes d’une déficience intellectuelle pourront demander cette injection létale.
Ce texte est mortifère et nous concerne tous. Mobilisons-nous jusqu’au bout ! Pour ce faire, continuons à écrire à nos députés :
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Baisse du nombre d’avortements en Israël
Le Bureau central des statistiques d’Israël (CBS) a signalé une « baisse continue » des demandes d’avortement dans le pays : elles étaient de 6,6 pour 1000 femmes en âge de procréer en 2024, contre 6,9 en 2023. Un chiffre en dessous des moyennes des pays de l’OCDE et de l’Union européenne.
En 2024, le motif le plus fréquemment invoqué auprès du Comité d’interruption de grossesse était une grossesse hors mariage. Les femmes mariées représentent toutefois la majorité des demandeuses (51,2%). Parmi les autres raisons avancées figurent le « risque de malformation physique ou de déficience mentale chez le fœtus » et le « risque pour la santé de la femme ».
Dans 99,8% des cas, le Comité donne son feu vert pour que soit pratiqué l’avortement. Certains témoignages suggèrent que les professionnels de santé abordent la question de l’interruption de grossesse lorsque le dépistage prénatal révèle des « complications potentielles ».
Source : Gènéthique
« Nos enfants méritent-ils encore de naître ? » : le cri d’alarme de parents d’enfants atteints d’anomalies
Le Figaro a publié une tribune alertant sur l’eugénisme à l’égard des personnes atteintes d’anomalie chromosomique :
Cinq ans après l’avoir rejeté, la France pourrait autoriser le tri des embryons atteints d’anomalies chromosomiques, alertent les membres de Tous imparfaits[1], un collectif de parents d’enfants porteurs de trisomie, de maladies génétiques ou de syndromes rares. Pour eux, ce choix reviendrait à réhabiliter une forme d’eugénisme.
« Il faut traquer, oui je dis traquer les embryons porteurs d’anomalies chromosomiques. » Nous n’oublierons jamais la violence de ce député fulminant au perchoir lors de l’examen de la loi bioéthique de 2021.
Nous sommes les parents d’enfants que certains qualifieraient d’« imparfaits ». Nos enfants sont porteurs de trisomie 13, 14, 18, 21, de maladies génétiques ou de syndromes rares. Certains vivent aujourd’hui. D’autres nous ont quittés après une vie trop courte. Ils ont été accueillis, aimés.
En 2021, lors des débats sur la révision de la loi de bioéthique, nous avons créé le collectif Tous imparfaits pour réagir devant ce que nous avons vécu comme une stigmatisation et une discrimination de nos enfants. Il s’agissait de rendre légale la sélection d’embryons in vitro, sur la base de leurs caractéristiques chromosomiques, avant transfert chez la femme en parcours de procréation médicalement assistée (PMA). Autrement dit, il s’agissait d’étendre le diagnostic préimplantatoire aux « aneuploïdies » (DPI-A), c’est-à-dire aux anomalies du nombre de chromosomes, afin d’éliminer les embryons atteints de telles anomalies.
Le débat avait été éprouvant. Au motif d’éviter un avortement, traumatisant pour les couples en parcours de PMA, les partisans du DPI-A avaient osé qualifier les enfants porteurs de trisomie 21 de « légumes » et appelé à les supprimer au stade embryonnaire, avant l’implantation.
Un « tri épouvantable »
Nous nous sommes sentis respectés lorsque des parlementaires de tous bords ont dénoncé un « tri épouvantable ». La ministre de la Santé d’alors, Agnès Buzyn, avait dénoncé la dérive eugéniste : avec le DPI-A, disait-elle, la PMA deviendrait plus intéressante pour les couples qui auraient le « droit de trier ». Finalement, le DPI-A avait été rejeté. La dignité de nos enfants avait été reconnue, protégée. La limite éthique avait été posée : que ce soit à titre dérogatoire ou expérimental, la France ne se prêterait pas à cette pratique eugénique.
Cinq ans plus tard, nous découvrons avec stupeur que le même débat revient dans l’espace public. Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) rend la synthèse des Etats généraux de la bioéthique et un office parlementaire (l’Opecst) fait 80 recommandations pour orienter la prochaine révision des lois de bioéthique.
Si le CCNE reconnaît que le DPI-A ne fait pas consensus et soulève un problème éthique majeur, l’Opecst l’envisage à titre expérimental. Et le lobbying politique et médiatique mené en parallèle nous choque et nous inquiète.
« Pourquoi devons-nous, cinq ans plus tard, recommencer à justifier leur existence ? »
Marine Tondelier, secrétaire nationale des Ecologistes et candidate à la présidentielle, en fait le sujet sociétal de sa campagne. Un collectif de parents, qui ne cache pas être financé par l’industrie pharmaceutique et l’industrie de la procréation, inonde les réseaux sociaux. La presse grand public relaye leur revendication, qui se résume en une phrase : légaliser le DPI-A pour améliorer la PMA. Cette pression est d’autant plus indécente que, scientifiquement, le bénéfice prêté au DPI-A n’est pas juste. Le généticien Stéphane Viville l’explique : « Sur le plan théorique, la sélection embryonnaire par le DPI-A ne tient pas ses promesses. Pire encore, elle pourrait, dans certains cas, réduire les chances globales de succès. »[2]
Nous entendons la souffrance des couples confrontés à l’infertilité, au parcours de PMA interminable, aux fausses couches répétées. Comment ne pas l’entendre ? Beaucoup d’entre nous connaissent l’épreuve de l’attente de l’enfant, de la maladie, de l’incertitude et de la souffrance. Mais la compassion pour une souffrance ne dispense pas de sonder éthiquement les moyens proposés pour y répondre.
Nous parlons d’enfants dont le patrimoine génétique et chromosomique aurait conduit à leur élimination avant même qu’ils aient une chance de naître. Nous parlons de nos enfants : Claire, Gaspard, Syméon, Philomène, Gabriel, Thaïs, Paola, Brune et tant d’autres. Comment ne pas comprendre, derrière la promotion du DPI-A, qu’il aurait mieux valu qu’ils ne viennent jamais au monde ? Pourquoi devons-nous, cinq ans plus tard, recommencer à justifier leur existence ?
« Une société qui autorise la sélection de ses membres selon leur patrimoine génétique se déshumanise »
Nous sommes les parents des enfants dont il est question lorsque l’on parle d’anomalies chromosomiques. Nous sommes les familles qui vivent chaque jour avec les conséquences concrètes des choix que la société envisage d’inscrire dans la loi.
Nous refusons que le débat soit confisqué par des lobbies. Nous refusons que la valeur d’une vie humaine soit appréciée à l’aune d’un résultat génétique. Nous refusons qu’une norme génétique s’impose.
Nos enfants ne sont pas des erreurs ni des malfaçons. Ils ont un prénom, un visage, une personnalité, une histoire. Ils ont leur place dans la société.
A l’heure où s’ouvre une nouvelle révision de la loi de bioéthique, nous demandons que la société n’oublie pas ce qu’elle avait reconnu en 2021 : une société qui autorise la sélection de ses membres selon leur patrimoine génétique se déshumanise.
Ce qui était un eugénisme hier l’est toujours aujourd’hui.
Première béatification sur le sol vietnamien
Jeudi 2 juillet, plus de 70 000 pèlerins ont assisté à la messe de béatification de François Xavier Truong Buu Diep (1887-1946), le premier Vietnamien du XXe siècle à être béatifié. C’est aussi la première béatification célébrée sur le sol vietnamien.
Comme l’a déclaré le cardinal Tagle, c’est une occasion de montrer que « la grâce de Dieu est présente » dans l’histoire du Vietnam. Le 28 juin, le Vietnam a également célébré la Journée de la famille, un rendez-vous annuel institué en 2001. Mais de plus en plus, le pays s’interroge face aux mutations de la famille et à l’avenir des traditions locales. Enfin, le 21 juin, le jour de la fête de saint Louis de Gonzague, patron de la jeunesse, le missionnaire Marc Nguyen Dinh Minh Tri, originaire de Ca Mau au sud du Vietnam, a été ordonné prêtre à Hong-Kong.
François Xavier Truong Buu Diep est né en 1887 et a été ordonné prêtre en 1924. Il a servi la paroisse de Tac Say de 1930 jusqu’à sa mort le 12 mars 1946, durant la période de troubles et de violences qui a suivi la Seconde Guerre mondiale au Vietnam. Malgré des menaces répétées, il a refusé d’abandonner ses paroissiens.
Il a refusé de quitter sa paroisse de Tac Say alors que les conflits armés avaient atteint le delta du Mékong. Quand des hommes armés ont arrêté des dizaines de paroissiens, il est intervenu en s’offrant lui-même à leur place pour les sauver. Il a été emmené et n’est jamais revenu. Les paroissiens ont ensuite été libérés. L’identité des assassins est incertaine en raison de la situation chaotique de l’époque, et a été attribuée à différentes factions armées alors actives dans la région.
Son corps a été retrouvé avec des blessures mortelles, et a été transféré à Tac Say, où sa tombe est devenue l’un des sites de pèlerinage les plus connus dans le pays. Le Vatican a reconnu en 2024 que le père Truong Buu Diep a été tué in odium fidei (« en haine de la foi ») ce qui a ouvert la voie vers sa béatification.
Il fait désormais partie des bienheureux vietnamiens, après André de Phu Yen, considéré comme le premier martyr du Vietnam et béatifié en l’an 2000 par saint Jean-Paul II. Ce dernier a également canonisé 117 martyrs vietnamiens en 1988 au Vatican, afin d’honorer les catholiques qui ont choisi la mort plutôt que d’abandonner leur foi face aux persécutions.
Kata Jurák : « Ecrire en hongrois, c’est défendre la patrie, être journaliste est une mission »
Extrait d’un entretien de Kata Jurák, journaliste hongroise et rédactrice auprès du journal-blog L’Espoir.
” L’Espoir : Comment définiriez-vous le journalisme ? Quelles sont vos valeurs ?
Kata Jurák : Le grand écrivain hongrois Albert Wass a écrit un jour des lignes qui résonnent aujourd’hui en moi avec une force divine et singulière : « La tâche de l’écrivain hongrois, de tout temps, est d’écrire en hongrois, par la parole et par l’esprit. S’il fait cela, il n’a pas besoin de faire de la politique. Car s’il écrit en hongrois, dans l’esprit hongrois, selon les impératifs de sa conscience et de sa responsabilité, et avec une fidélité inquiète pour sa nation, c’est déjà plus que de la politique. C’est déjà de la défense nationale (honvédelem). »
Ces mots définissent exactement le sens de mon existence. Je n’ai pas un simple métier, j’ai une vocation. J’aime Dieu, ma patrie et ma famille d’un amour radical. Je protège ma nation et je sers mon pays de toute ma vie, à travers chaque ligne que je trace.
L’Espoir : D’où est venue votre passion du journalisme , expliquez-nous votre parcours ?
Kata Jurák : Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours su que je voulais être journaliste. J’avais à peine 14 ans lorsque j’ai commencé à travailler pour une télévision régionale et une radio diffusant sur six fréquences. Au fil des années, mon travail d’investigation m’a conduit sur les lignes de front médiatiques les plus exigeantes, de HírTV à EchoTV, de Karc FM à Magyar Idők, en passant par Magyar Nemzet et PestiSrácok.hu. Plus récemment, j’ai dirigé en tant que rédactrice en chef le portail chrétien-conservateur Vasárnap.hu, une mission qui vient de prendre fin brutalement, le site ne pouvant plus être maintenu en raison de la situation étouffante imposée par le gouvernement Tisza.”
Pour lire la suite de l’entretien : https://journallespoir.wordpress.com/2026/07/04/kata-jurak-ecrire-en-hongrois-cest-defendre-la-patrie-etre-journaliste-est-une-mission/
Pour aide Madame Jurák : https://revolut.me/katajurak
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Bénédiction d’une union entre personnes du même sexe : le cardinal Radcliffe rétropédale
La ficelle est un peu grosse, mais le cardinal Radcliffe a nié avoir participé à la bénédiction d’une union entre personnes de même sexe. Craindrait-il l’excommunication ?
Après la polémique suscitée par la messe célébrée le 13 juin dans l’église des Saints Apôtres de Londres, au cours de laquelle deux personnes de même sexe ont reçu une bénédiction publique à l’issue de la célébration, le cardinal Timothy Radcliffe rejette toute participation à cette bénédiction et affirme qu’il ignorait qu’elle allait avoir lieu. Sic.
Cette célébration commémorait les cinquante ans de vie commune de Julian Filochowski et Martin Pendergast, deux militants connus de la pastorale auprès des personnes homosexuelles dans l’archidiocèse de Westminster. À la fin de la messe, le clergé présent a donné une bénédiction.
Le cardinal a insisté sur le fait que sa participation s’était limitée à la prédication de l’homélie et a nié avoir voulu présenter la relation des personnes honorées comme un objet de célébration ecclésiale. Selon lui, sa réflexion portait sur l’amitié chrétienne.
« J’ai dit que l’amitié est une participation à la vie de Dieu. C’est parfaitement orthodoxe. Je ne faisais pas spécifiquement référence à la leur. La messe était une célébration de toute amitié ».
Radcliffe a également soutenu que la célébration avait été conçue comme un événement privé précisément pour éviter les interprétations erronées.
« Les directives données par l’Église stipulent que toute occasion de ce type doit être privée afin de ne pas susciter de malentendus. Il avait été convenu que cette célébration serait privée. Je ne sais pas pourquoi cette confidentialité n’a pas été respectée ».
Peut-être parce que ces militants ont profité de la présence d’un cardinal pour faire avancer leur revendication ?…
Dans la même veine, il a rejeté l’idée que la messe puisse être interprétée comme une célébration d’une relation homosexuelle.
« Elle n’a pas été conçue pour célébrer les relations homosexuelles en tant que telles. La présenter ainsi serait la déformer. Le faire dans le but de provoquer un scandale serait moralement incorrect ».
Cependant, les images diffusées par les organisateurs eux-mêmes montrent qu’à l’issue de la célébration, une bénédiction publique a été donnée au moyen d’un texte préparé à l’avance, inspiré —selon les organisateurs— d’un formulaire approuvé par les évêques de Belgique. Ce texte demandait que la grâce de Dieu descende sur les deux hommes à l’occasion du cinquantenaire de leur relation et que leur amour continue de grandir.
La cérémonie comprenait également d’autres éléments qui ont suscité la controverse, notamment la proclamation dialoguée de l’Évangile par plusieurs laïcs —dont la sœur Jeannine Gramick et le théologien James Alison.
Du côté de Rome, le cardinal Tucho n’a pas réagi. On l’a connu plus rapide.
Et si le pape conditionnait sa venue en France au rejet de la loi sur l’euthanasie ?
Un groupe de laïcs a lancé une supplique pour que le pape Léon XIV fasse savoir aux autorités françaises qu’il ne viendra pas en France si la loi sur l’euthanasie était, par malheur, adoptée.
En 1200, votre glorieux prédécesseur le pape Innocent III n’avait pas craint de jeter l’interdit sur le royaume de France pour protester contre la répudiation par le roi Philippe Auguste de sa femme légitime. Messes et mariages avaient été suspendus dans tout le pays, les cloches avaient cessé de sonner, et le roi avait dû finir par céder. Aussi, nous vous supplions très respectueusement d’user de toute votre autorité auprès du Président de la République et du chef du gouvernement français : nous pensons très sincèrement que votre présence en France en septembre doit pouvoir être conditionnée au refus de ce funeste projet.
