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Rosny-sous-Bois : intrusion et dégradations dans l’église Saint-Laurent, le Jeudi Saint

Communiqué du diocèse de Saint-Denis :

Jeudi 2 avril 2026, l’église Saint-Laurent située au 89 rue du Général Leclerc, à Rosny-sous-Bois (93), a fait l’objet d’une effraction et de dégradations. Le portail a été forcé avec une voiture bélier. Les grosses portes d’entrée ont été fracassées, les lampes arrachées, la porte de la sacristie et son encadrement ont été attaqués à la hache.

Le père Marcel Martinko, curé de la paroisse, a constaté avec consternation les faits à 10h30, en se rendant à l’église pour préparer la célébration du Jeudi Saint prévue le soir même à 19 h. Une douloureuse nouvelle au premier jour du Triduum pascal.

Aucun objet ne semble avoir été dérobé. Mgr Etienne Guillet, évêque de Saint-Denis, a fait part de sa préoccupation face à ces malveillances, alors que le 14 mars dernier, l’église Sainte-Thérèse des Joncherolles de Pierrefitte-sur Seine (Saint-Denis) avait également fait l’objet d’une intrusion.

Une plainte a été déposée.

Euthanasie : Le vote au Sénat approche, voici ce que vous pouvez faire

L’examen du texte au Sénat est repoussé aux 11, 12 et 13 mai. Ce délai est précieux : il nous permet d’agir sans précipitation sur un sujet aussi grave. Mais le danger n’est pas écarté : le texte reste une priorité politique, avec pour objectif une adoption avant l’été.

Noelia avait 25 ans. L’État a organisé sa mort.

Le 26 mars, Noelia Castillo Ramos, une jeune Espagnole de 25 ans, a été euthanasiée après vingt mois de combat judiciaire mené par son père pour tenter d’éviter l’issue fatale. Paraplégique à la suite d’une tentative de suicide, souffrant de troubles psychiatriques, elle avait confié dans sa dernière interview publique : “J’ai toujours eu le sentiment d’être seule.” L’État, qui avait failli à la protéger et à la soigner, a réussi à organiser sa mort.

Les partisans du texte français s’empressent de dire que cela ne pourrait pas arriver ici. Mais des parlementaires, des psychiatres et des associations de personnes handicapées alertent : les critères du texte en débat sont suffisamment flous pour que la France suive le même chemin.

Son histoire n’est pas un cas isolé espagnol. C’est un avertissement.

Le moment n’a jamais été aussi peu favorable à ce texte

Dans un contexte de crise budgétaire, économique et géopolitique, légaliser l’euthanasie est moins que jamais une priorité pour les Français. Mais sans mobilisation, le texte passera quand même.

Nous sommes 150 000. Doublez ce chiffre !

La pétition “Stop-Euthanasie : Ne Nous Laissons Pas Abattre !” approche 150 000 signataires, un record sur ce sujet. Des parlementaires nous ont confié que cette mobilisation les aide à convaincre leurs collègues encore indécis. Si chacun des signataires convainc une seule personne, nous atteignons 300 000.

✍️ Agissez maintenant

👉 https://www.stop-euthanasie.fr

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L’euthanasie et le suicide assisté ne doivent pas être légalisés en France. Merci de rester mobilisés, plus que jamais.

26 avril : Marche pour la vie à Lyon

L’examen en deuxième lecture de la réforme de la fin de vie par le Sénat, initialement prévu le 1er avril, est reporté au mois de mai.

Si ce report de dernière minute ne signifie pas que le projet de loi est mis de côté, cela nous donne encore du temps pour faire entendre nos voix ! Il est en effet de notre devoir d’exprimer notre désaccord profond avec cette proposition de loi en allant rencontrer nos députés dans leur permanence, mais aussi en venant manifester publiquement dans la rue, à Lyon le 26 avril à la Marche pour la Vie locale !

Pourquoi marcher (encore et encore) pour la vie ?

Si manifester n’a certes pas fait changer le cours de l’histoire ces précédentes années, cela a cependant permis non seulement de délivrer un témoignage public, mais aussi de changer des cœurs de personnes que nous avons pu rencontrer le long du parcours. Oui, témoigner notre attachement à la vie fragile, naissante ou touchant à son terme, c’est montrer au monde entier qu’il existe une autre voie que celle de l’abandon : la voie de l’entraide.

Nous est-il permis de nous plaindre que des lois passent, si derrière nous ne nous engageons pas au service de la vie ?

Nous est-il permis de nous étonner que des députés fassent voter des lois mortifères, si face à eux ne s’élève aucune voix pour leur faire obstacle ?

Nous est-il permis de critiquer ces politiques, ces promoteurs de l’euthanasie comme de l’avortement, si nous, nous nous taisons ?

Le 26 avril, les Lyonnais et les sudistes ont cette occasion de se mobiliser localement.

Chers amis, la Marche pour la vie de Lyon compte sur votre présence et votre soutien.

Et si la résurrection de Jésus n’était pas seulement une croyance… mais un fait historique ?

Dans cette vidéo, Matthieu Lavagna analyse la résurrection du Christ comme le ferait un historien, en s’appuyant sur des critères rigoureux utilisés pour étudier les événements de l’Antiquité. Pas besoin de foi ici. Seulement des faits. Et une question : quelle est la meilleure explication ?

Au programme :

  • La mort de Jésus (confirmée par des sources non chrétiennes)
  • Le tombeau vide
  • Les apparitions à des centaines de témoins
  • Le retournement total des apôtres
  • La conversion de Paul et de Jacques

Ces éléments sont reconnus par une large majorité d’historiens, y compris sceptiques.

Une enquête rationnelle

Hallucination, complot, erreur, survie à la croix… ….Ou résurrection réelle ? Laquelle explique tous les faits sans exception ?

  • 00:00 Introduction : La résurrection est-elle un fait historique ?
  • 01:28 Les 5 faits historiques reconnus
  • 02:14 Fait n°1 : La mort de Jésus sur la croix
  • 03:08 Fait n°2 : L’ensevelissement dans le tombeau
  • 07:22 Fait n°3 : La découverte du tombeau vide par les femmes
  • 11:40 Fait n°4 : Les apparitions de Jésus vivant
  • 17:51 Fait n°5 : Le changement radical des disciples et le martyre
  • 24:43 Analyse des hypothèses explicatives
  • 26:06 Pourquoi le corps ne peut pas avoir été volé par les disciples
  • 27:57 Pourquoi les ennemis n’auraient pas volé le corps
  • 28:38 Réfutation de l’hypothèse des pilleurs de tombe
  • 30:08 Pourquoi Jésus n’a pas pu survivre à la croix
  • 33:35 L’hypothèse de l’erreur de tombeau est-elle crédible ?
  • 35:10 Explication des récits d’apparition
  • 36:45 Pourquoi la théorie du complot ne tient pas
  • 37:53 Réfutation de l’hallucination collective
  • 41:17 L’hypothèse de la mauvaise identification (le frère jumeau)
  • 45:45 Conclusion : La résurrection, meilleure explication historique
  • 47:06 Le témoignage de l’expert juridique Sir Lionel Luckhoo

L’ombre douce et le silence des agneaux: Plaidoyer contre l’anesthésie collective face à la fin de vie

« Le danger n’est pas la loi, c’est le soulagement qu’elle procure à ceux qui restent. »

Sergyl Lafont.

On nous murmure que la passivité est une sagesse, une sorte de politesse faite au progrès. C’est un mensonge de velours. En réalité, rien n’est plus addictif que ce lent glissement vers l’absence. On s’habitue au silence comme on s’habitue à une pénombre : au début, on plisse les yeux, puis on finit par croire que l’obscurité est la couleur naturelle du monde.

La proposition de loi portée par Olivier Falorni, qui vise à légaliser une aide active à mourir sous certaines conditions, s’avance précisément dans ce clair-obscur de nos consciences. Elle ne surgit pas dans un désert moral : elle arrive dans une société fatiguée, inquiète devant la souffrance, et tentée de confondre soulagement et solution.

Personne ne peut regarder sans trembler certaines douleurs extrêmes. Personne ne peut juger trop vite ceux qui demandent à partir. Dans une chambre d’hôpital, quand la fatigue devient plus lourde que les mots, la question de mourir n’est jamais une théorie. Elle est un vertige.

Mais c’est justement parce que cette question est tragique qu’elle engage toute la société.

Le paradoxe du « choix »

Sous le mot superbe d’« autonomie », se cache parfois une réalité plus rugueuse. Pour le fort, le bien-portant, le maître de son destin, le choix est une bannière. Mais pour le fragile ? Pour celui dont le corps s’effrite et dont la voix tremble ?

Dans une société qui a divinisé la performance et la rentabilité, l’autonomie peut devenir une injonction silencieuse. Elle risque de se transformer en un message implicite adressé aux plus vulnérables : puisque vous ne pouvez plus courir, pourquoi encombrer le chemin ?

Ce n’est pas la liberté qui menace alors. C’est la solitude.

La dignité n’est pas une île

On nous présente cette évolution comme l’ultime liberté. Mais la liberté sans la fraternité n’est qu’un abandon.

Le risque n’est pas seulement le geste autorisé.

Le risque est l’absence de regard.

Le danger n’est pas la loi elle-même.

Le danger est le soulagement qu’elle procure à ceux qui restent.

Une civilisation ne se juge pas seulement à sa capacité d’ouvrir des issues. Elle se mesure à sa force pour rendre le séjour supportable, même dans l’épreuve. Elle se reconnaît à la manière dont elle entoure ceux qui vacillent.

La tentation du moindre effort moral

Il est si tentant de se dire : « La loi est là, le cadre est fixé, je peux dormir tranquille. »

C’est là que commence l’anesthésie collective.
Peu à peu, nous risquons de déléguer notre compassion à un protocole chimique. De transformer le mystère de la fin en procédure administrative. D’évacuer la fragilité plutôt que de la porter ensemble.

Sortir de cette torpeur, ce n’est pas brandir des pancartes. C’est accepter d’être dérangés par la vulnérabilité d’autrui. C’est refuser la propreté clinique d’une solution qui dispense de présence.
Le réveil commence par un refus : refuser de croire que la compassion puisse se résumer à une issue de secours.
La vraie politesse de l’esprit, c’est l’attention. Et l’attention est le contraire exact de cette passivité douce qui nous berce.
Ne laissons pas le silence des lois couvrir le murmure des fragiles. 🕊️

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

“Benoît XVI estimait que la crise actuelle de nos sociétés n’est pas d’abord une crise morale, mais une crise de la vérité”

L’Académie des Sciences morales et politiques s’est réunie en séance solennelle le 30 mars sous la coupole pour la cérémonie d’installation de Sa Sainteté le Patriarche œcuménique Bartholomée Ier, comme membre associé étranger au fauteuil laissé vacant par le décès du Cardinal Joseph Ratzinger, Sa Sainteté le Pape Benoît XVI (1927 – 2022). Le Cardinal Joseph Ratzinger avait été élu membre associé étranger le 13 janvier 1992 au fauteuil laissé vacant par le décès d’Andreï Sakharov.

Extrait du Discours de Bartholomée Ier, Patriarche œcuménique de Constantinople :

[…] Cependant, aucune de ces joies ne saurait égaler celle qui nous est offerte de rendre hommage à notre prédécesseur sur ce siège, le vénérable pape Benoît XVI, de bienheureuse mémoire.

[…] Le pape Benoît XVI a témoigné de manière singulière que la foi et la raison ne s’opposent pas, mais se soutiennent et s’éclairent mutuellement. Dans sa trilogie Jésus de Nazareth, il a proposé une lecture christocentrique de l’Écriture, ouvrant un chemin où recherche scientifique et foi ne s’excluent pas, mais se rencontrent.

Son œuvre théologique, à la fois biblique et patristique, est entièrement orientée vers cette conviction fondamentale qu’il n’a cessé de rappeler : la vérité n’est pas une idée abstraite, mais une personne — le Christ lui-même, « le chemin, la vérité et la vie ». Dans la fidélité à l’héritage commun des Pères de l’Église d’Orient et d’Occident, il affirmait que le Verbe incarné constitue le principe d’intelligibilité du monde et de l’histoire.

C’est pourquoi Benoît XVI estimait que la crise actuelle de nos sociétés n’est pas d’abord une crise morale, mais une crise de la vérité. Son analyse du relativisme touchait à l’anthropologie et à l’épistémologie : lorsque la vérité est réduite à une construction arbitraire, la foi elle-même se réduit à une expérience subjective. Sa réponse reposait sur une ontologie du Logos, comme rencontre historique entre la révélation divine et la raison humaine, élevée, transformée et accomplie par l’Incarnation. Sur le plan scientifique, cela le conduisit à refuser toute tentative de « déhellénisation » du christianisme et à souligner au contraire l’unité profonde entre l’unicité du Dieu biblique et l’être de la pensée grecque. Sur le plan pastoral, il rappelait avec force que la crise spirituelle de notre temps trouve son origine dans l’oubli de Dieu et que la redécouverte de la dimension transcendante de l’existence humaine est une condition essentielle de la dignité de la personne et de la paix du monde.

C’est précisément ici, Mesdames et Messieurs, que sa pensée rejoint de manière remarquable la tradition intellectuelle qui inspire cette Académie et qui a trouvé en France une expression particulièrement significative. Les grandes valeurs issues de la Révolution française — liberté, égalité, fraternité — ne peuvent durablement subsister dans l’abstraction. Elles requièrent un fondement solide qui dépasse le changeant et garantit la dignité inaliénable de la personne humaine.

Sans enracinement dans la vérité, la liberté devient arbitraire, l’égalité se transforme en nivellement et la fraternité en simple exhortation morale sans force unifiante. En ce sens, la pensée de Benoît XVI nous rappelle que ces idéaux trouvent leur fondement ultime non pas seulement dans des conventions sociales, mais dans la vérité de l’homme lui-même, créé à l’image de Dieu et appelé à devenir, par la théosis, reflet du divin dans l’histoire.

Ainsi, la tâche qui vous incombe, à vous, membres de cette Académie, et à laquelle nous nous savons désormais associés, devient une responsabilité éminente : la recherche inlassable d’une vérité qui ne divise pas, mais unit ; qui ne domine pas, mais sert. Car seule une telle vérité peut fonder un ordre juste et ouvrir l’horizon d’un avenir où liberté, égalité et fraternité ne seront pas seulement proclamées, mais réellement vécues.

Benoît XVI. s’est efforcé de mettre fidélité et créativité au service d’une ecclésiologie renouvelée. Déjà comme Joseph Ratzinger, il avait marqué de son empreinte, lors du Concile Vatican II, des textes fondamentaux tels que Lumen GentiumDei Verbum et Gaudium et Spes, notamment en ce qui concerne la compréhension de l’Église comme peuple de Dieu, la Révélation comme rencontre vivante entre Dieu et l’homme, ainsi que le dialogue responsable de l’Église avec le monde. Plus tard, en tant que pape, il développa cette vision : dans Deus Caritas Est, il présenta l’Église comme expression de l’amour divin ; dans Spe Salvi, l’espérance comme réponse à la crise de la modernité ; et dans Caritas in Veritate, la nécessité de critères éthiques pour l’économie.

Ce n’est pas un hasard si nous évoquons ici ses discours prononcés en 2008 au Collège des Bernardins à Paris, en 2010 à Westminster Abbey et en 2011 devant le Bundestag allemand. Ces lieux ne représentent pas seulement des nations, mais les dimensions fondamentales de la civilisation européenne : la culture, la politique et le droit. À Paris, il rappela que la culture européenne est née de la quête de Dieu ; à Westminster, il souligna le rôle de la religion dans l’espace public ; à Berlin, il affirma que le droit doit être fondé sur la vérité.

Cependant, cet ensemble ne révèle toute sa profondeur qu’à la lumière de ses racines : Athènes, Rome et Jérusalem. À Jérusalem se manifeste la révélation du Dieu vivant et la dignité de l’homme créé à son image ; à Athènes, la quête de la raison pour la vérité et le sens ; à Rome, l’ordre du droit et de la vie civique. Dans la rencontre de ces trois héritages, Benoît XVI reconnaissait l’origine la plus profonde de l’Europe : l’unité de la foi, de la raison et du droit.

Permettez-nous toutefois d’ajouter que ce tableau demeure incomplet sans Constantinople, la « Nouvelle Rome ». C’est là que la tradition patristique a été conservée et transmise de manière vivante — une tradition qui a profondément marqué la pensée de Benoît XVI. Dans ses catéchèses sur les Pères de l’Église, il a mis en lumière de façon particulière l’actualité durable des Pères cappadociens et de saint Jean Chrysostome, chez qui se conjuguent la vérité de la foi, la profondeur liturgique et la responsabilité envers l’homme.
Dans cette tradition vivante, nous nous tenons nous-mêmes, en tant que successeurs de saint Jean Chrysostome sur le trône de Constantinople. Son témoignage nous rappelle que la liturgie ne peut jamais être séparée du souci du prochain et que la vérité se vérifie dans l’unité de l’adoration et de la charité agissante. Nous nous souvenons avec gratitude de la restitution de ses reliques en 2004 de Rome à Constantinople, signe spirituel de réconciliation entre nos Églises.

Les Pères cappadociens, en particulier saint Basile le Grand, ont montré que la connaissance de Dieu est inséparable de la responsabilité envers le prochain. Ainsi, Constantinople devient un lieu où se manifeste l’unité de la vérité, de la liturgie et de la responsabilité sociale — une unité essentielle pour l’équilibre spirituel de l’Europe.
Dans ce contexte, nous ne pouvons passer sous silence une dimension qui nous est particulièrement chère et dans laquelle nous nous sentions profondément unis à notre vénéré frère Benoît XVI : la responsabilité de l’homme envers la création. La crise écologique de notre temps n’est pas seulement une question technique, politique ou économique, mais, en son cœur, une crise spirituelle — une crise de la relation entre l’homme, le monde et Dieu.

Nous avons souvent souligné que toute atteinte à l’environnement naturel constitue en même temps une atteinte à l’ordre de la création divine. Lors de notre intervention, à l’invitation de Benoît XVI, dans la chapelle Sixtine en 2008, nous avons rappelé que l’homme ne doit pas considérer le monde comme un simple objet à sa disposition, mais comme un don, comme un sacrement de la présence de Dieu. Lorsque cette attitude eucharistique disparaît, le monde cesse d’être un lieu d’action de grâce pour devenir un champ d’exploitation.

Bien qu’il ait rejeté toute instrumentalisation idéologique de la foi, Benoît XVI n’a jamais renoncé à dialoguer avec le monde sur les questions éthiques et politiques, dans un esprit qui ne cherchait pas à imposer, mais à témoigner de l’amour du Créateur pour sa créature. Cela ne l’empêchait pas d’exprimer avec lucidité la gravité de la situation contemporaine.

Dans un dialogue avec Jürgen Habermas en 2004, il constatait avec inquiétude l’érosion de l’universalité à laquelle avaient contribué « les deux grandes cultures de l’Occident : la foi chrétienne et la rationalité séculière ».

Que dirait-il aujourd’hui face au désordre croissant de l’ordre international ? Il nous rappellerait sans doute que la crise est d’abord de nature théologique. Que l’obscurcissement du Dieu vivant et la disparition de son icône — remplacée par le vide, le masque ou l’idole — privent l’homme de la dynamique de son être à l’image de Dieu, accentuent la fragilité de son existence, affaiblissent sa capacité de conversion et approfondissent en lui le vertige du nihilisme. Car sans vérité, la liberté se dissout.

Cette intuition appelle aujourd’hui une réflexion renouvelée, à l’heure où la question de la vérité se pose dans le contexte d’une transformation technologique sans précédent. Dans un monde où l’intelligence artificielle intervient de plus en plus dans les processus de connaissance et de décision, la tentation est grande de réduire la vérité à la fonctionnalité ou au calcul.

Or, la vérité de l’homme dépasse l’algorithmique. Elle est relation, révélation et sens. Lorsque la vérité est réduite à un produit technique, l’homme lui-même risque de devenir objet. Ici encore, l’avertissement de Benoît XVI conserve toute son actualité : une raison privée de vérité perd son orientation, et une liberté sans vérité se détruit elle-même.
Nous sommes donc appelés à unir le progrès technique à une responsabilité renouvelée envers la vérité — une vérité qui ne se fabrique pas, mais se reçoit ; qui ne se domine pas, mais se cherche ; et qui ne remplace pas l’homme, mais le confirme dans sa dignité.

Ainsi, la mission qui nous est confiée par cette Académie prend aussi une dimension profondément personnelle. Ce que nous avons tenté d’exprimer conceptuellement, nous l’avons vécu dans la rencontre avec lui. Nous gardons le souvenir lumineux d’une fraternité fondée sur le respect, la confiance et le désir sincère d’avancer sur le chemin du dialogue entre Rome et Constantinople.

Nous nous souvenons en particulier de l’année 2006, lorsque, dans le contexte délicat qui suivit le discours de Ratisbonne, le pape Benoît XVI se rendit à Istanbul. Si ce voyage fut perçu comme un geste envers le monde musulman, il s’inscrivait aussi dans la tradition ecclésiale des rencontres fraternelles entre Rome et Constantinople.

Nous avons eu la joie de l’accueillir au Phanar le 30 novembre. Ce fut un jour d’une grande densité spirituelle : prière commune, échange du baiser de paix, et engagement renouvelé à poursuivre le chemin ouvert par Paul VI et Athénagoras.

Joseph Ratzinger a su unir, d’une manière rare, intelligence et spiritualité, fidélité et ouverture, clarté et humilité. Sa vie est devenue un témoignage de l’unité entre théologie et prière, vérité et amour.

Son héritage demeure avant tout l’amour de la vérité — une vérité qui unit, transforme et éclaire. Son œuvre continuera de porter du fruit, même si sa voix et sa présence nous manquent.

Mais nous croyons qu’une vie vécue dans la vérité ne s’éteint pas dans le silence, mais se prolonge dans la lumière, dans la prière des fidèles et dans l’espérance.

C’est aussi la responsabilité liée à ce siège qui nous est confié: poursuivre ce dialogue dans l’esprit de vérité et d’amour, au service de l’unité de l’Église et de la paix du monde.
Permettez-moi, avant de prendre place, de saluer notre frère Benoît selon la tradition byzantine :

Αἰωνία σου ἡ μνήμη, ἅγιε Ἀδελφέ,
«Que ta mémoire soit éternelle, saint frère !»

Conférence le 8 avril : « Est-il contraire au droit divin de sacrer un évêque contre la volonté du pape ? »

Afin de répondre à des interrogations suscitées par l’actualité ecclésiale, cette conférence aura pour but de traiter de la question théologique suivante :

« Est-il contraire au droit divin de sacrer un évêque contre la volonté du pape, même sans vouloir lui donner de juridiction ? »

À travers un exposé traitant de cette question à l’aune du magistère, de la liturgie et de la théologie traditionnelles, nous répondrons clairement à la question posée avant de répondre à quelques objections courantes en vogue dans le « milieu tradi »…

Ce temps d’enseignement sera suivi d’un moment d’échange, afin que chacun puisse poser ses questions ou exposer ses désaccords de manière constructive.

N’hésitez pas à partager cette invitation à tous ceux de votre entourage qui seraient concernés de près ou de loin par cette question!!!

Réservations recommandées ici:

https://www.eventbrite.fr/e/billets-conference-theologique-sur-le-sacre-episcopal-1985081369814?aff=oddtdtcreator&keep_tld=true

Conférence donnée par l’abbé Vernier, membre de l’apostolat parisien de la Fraternité Saint-Pierre.

Hausse du nombre de baptêmes d’adultes : aux Etats-Unis aussi

Les chiffres rapportés par le National Catholic Register et plusieurs sources diocésaines révèlent une augmentation spectaculaire du nombre d’adultes s’apprêtant à rejoindre l’Église catholique. Sur 71 diocèses interrogés, 66 rapportent des hausses significatives de leurs programmes d’initiation chrétienne pour adultes (OCIA).

Le diocèse de Norwich, dans le Connecticut, enregistre une hausse de 112%, tandis que celui de Pueblo, au Colorado, affiche 105%. Même dans des bastions traditionnels comme le Texas ou la Floride, la croissance est fulgurante, avec +53% à Austin et +94% à Venice. Larchidiocèse de Newark, dans le New Jersey comprend 1 701 catéchumènes et candidats, soit une augmentation de 72% par rapport à 2023.

Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas seulement les populations immigrées qui gonflent les rangs. Les directeurs de catéchuménat notent une présence massive de jeunes adultes, issus des générations Millennials et Z. Pour ces nouveaux convertis, souvent nés dans une culture sécularisée ou issus de familles « sans religion », le catholicisme offre un ancrage solide dans un monde perçu comme chaotique et relatif.

Laura Nelson, du diocèse de Fort Worth, explique que ces jeunes cherchent une « vérité objective » et une stabilité que la culture moderne ne parvient plus à leur offrir. La soif de transcendance, la beauté de la liturgie traditionnelle et la clarté doctrinale de l’Église sont citées comme les principaux vecteurs dattraction. Beaucoup arrivent au terme d’un cheminement personnel amorcé sur les réseaux sociaux, via des podcasts ou des vidéos de figures comme l’évêque Robert Barron.

Cette dynamique pourrait marquer la naissance d’une nouvelle culture catholique américaine. Si l’Église aux États-Unis a longtemps reposé sur un « catholicisme d’héritage » (transmis par la famille), elle semble basculer vers un « catholicisme intentionnel ». Les nouveaux arrivants ne rejoignent pas l’Église par habitude sociale, mais par un choix délibéré et souvent après une longue recherche intellectuelle.

La fête de Pâques, un renouveau spirituel ?

Aymeric Pourbaix reçoit :

  • 𝐃𝐨𝐧 𝐏𝐚𝐮𝐥 𝐏𝐑𝐄́𝐀𝐔𝐗, modérateur général de la Communauté Saint-Martin et auteur de “La joie de servir”
  • 𝐅𝐫𝐞̀𝐫𝐞 𝐁𝐚𝐩𝐭𝐢𝐬𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐀𝐒𝐒𝐎𝐌𝐏𝐓𝐈𝐎𝐍, religieux Carme
  • 𝐉𝐨𝐬𝐡𝐮𝐚 𝐂𝐎𝐋𝐈𝐍, jeune baptisé et auteur de “Nous, les nouveaux baptisés”

“Par sa résurrection, le Seigneur nous confronte avec encore plus d’intensité au drame de notre liberté”

Extrait du message du pape Léon XIV lors de la bénédiction Urbi et Orbi :

[…] Frères et sœurs, par sa résurrection, le Seigneur nous confronte avec encore plus d’intensité au drame de notre liberté. Devant le tombeau vide, nous pouvons nous remplir d’espérance et d’émerveillement, comme les disciples, ou de peur comme les gardes et les pharisiens, contraints de recourir au mensonge et à la ruse pour ne pas reconnaître que celui qui avait été condamné est vraiment ressuscité (cf. Mt 28, 11-15) !

À la lumière de Pâques, laissons-nous émerveiller par le Christ ! Laissons son immense amour changer notre cœur ! Que ceux qui ont des armes en main les déposent ! Que ceux qui ont le pouvoir de déclencher des guerres choisissent la paix ! Non pas une paix imposée par la force, mais par le dialogue ! Non pas avec la volonté de dominer l’autre, mais de le rencontrer !

Nous nous habituons à la violence, nous nous y résignons et nous devenons indifférents. Indifférents à la mort de milliers de personnes. Indifférents aux répercussions de haines et de divisions que les conflits sèment. Indifférents aux conséquences économiques et sociales qu’ils engendrent et que chacun ressent pourtant. On assiste à une “mondialisation de l’indifférence” de plus en plus marquée, pour reprendre une expression chère au Pape François, qui adressait au monde ses dernières paroles il y a un an depuis cette loggia, en nous rappelant : « Que de volonté de mort nous voyons chaque jour dans les nombreux conflits qui touchent différentes parties du monde ! » (Message Urbi et Orbi, 20 avril 2025).

La croix du Christ nous rappelle sans cesse la souffrance et la douleur qui environnent la mort, ainsi que l’angoisse qu’elle engendre. Nous avons tous peur de la mort et, par crainte, nous détournons le regard, préférant ne pas voir. Nous ne pouvons pas continuer à rester indifférents ! Et nous ne pouvons pas nous résigner au mal ! Saint Augustin enseigne : « Si tu as peur de la mort, aime la résurrection ! » (Sermo 124, 4). Aimons, nous aussi, la résurrection qui nous rappelle que le mal n’a pas le dernier mot, car il a été vaincu par le Ressuscité.

Il a traversé la mort pour nous donner la vie et la paix : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Ce n’est pas comme le monde la donne que je vous la donne » (Jn 14, 27). La paix que Jésus nous donne n’est pas celle qui se limite à faire taire les armes, mais celle qui touche et transforme le cœur de chacun ! Convertissons-nous à la paix du Christ ! Faisons entendre le cri de paix qui jaillit du cœur ! C’est pourquoi j’invite tout le monde à se joindre à moi à la veillée de prière pour la paix que nous célébrerons ici, dans la Basilique Saint-Pierre, samedi prochain, 11 avril.

En ce jour de fête, abandonnons toute volonté de querelle, de domination et de pouvoir, et implorons le Seigneur pour qu’il accorde sa paix à ce monde endeuillé par les guerres et marqué par la haine et l’indifférence qui nous font nous sentir impuissants face au mal. Nous recommandons au Seigneur tous les cœurs qui souffrent et qui attendent la paix véritable que Lui seul peut donner. Confions-nous à Lui et ouvrons-Lui notre cœur ! Lui seul fait toutes choses nouvelles (cf. Ap 21,5) !

La résurrection du Christ n’est pas un fait relevant du passé

Homélie de Léon XIV en ce matin de Pâques :

la création tout entière resplendit aujourd’hui d’une lumière nouvelle, un chant de louange s’élève de la terre, notre cœur exulte de joie : le Christ est ressuscité d’entre les morts et, avec Lui, nous ressuscitons nous aussi à une vie nouvelle !

Cette annonce pascale embrasse le mystère de notre vie, la destinée de l’histoire, et elle nous atteint jusque dans les abîmes de la mort, par lesquels nous nous sentons menacés et parfois submergés. Elle nous ouvre à l’espérance qui ne faiblit pas, à la lumière qui ne se couche pas, à cette plénitude de joie que rien ne peut détruire : la mort a été vaincue pour toujours, la mort n’a plus de pouvoir sur nous !

C’est un message qui n’est pas toujours facile à accueillir, une promesse que nous avons du mal à accepter, car le pouvoir de la mort nous menace sans cesse, à l’intérieur comme à l’extérieur.

Au plus profond de nous-mêmes, lorsque le boulet de nos péchés nous empêche de prendre notre envol, lorsque les déceptions ou la solitude que nous vivons assèchent nos espérances, lorsque les soucis ou les rancœurs étouffent la joie de vivre, lorsque nous éprouvons de la tristesse ou de la fatigue, lorsque nous nous sentons trahis ou rejetés, lorsque nous devons faire face à notre faiblesse, à la souffrance, à la fatigue de chaque jour, alors nous avons l’impression de nous trouver dans un tunnel dont nous ne voyons pas la sortie.

Mais aussi en dehors de nous, la mort est toujours à l’affût. Nous la voyons présente dans les injustices, dans les égoïsmes partisans, dans l’oppression des pauvres, dans le manque d’attention envers les plus fragiles. Nous la voyons dans la violence, dans les blessures du monde, dans le cri de douleur qui s’élève de toutes parts face aux abus qui écrasent les plus faibles, face à l’idolâtrie du profit qui pille les ressources de la terre, face à la violence de la guerre qui tue et détruit.

Dans cette réalité, la Pâques du Seigneur nous invite à lever les yeux et à ouvrir notre cœur. Elle continue de nourrir dans notre esprit et au fil de l’histoire la semence de la victoire promise. Elle nous met en mouvement, comme Marie de Magdala et comme les Apôtres, pour nous faire découvrir que le tombeau de Jésus est vide, et qu’ainsi, dans toute mort que nous expérimentons, se trouve aussi de la place pour une vie nouvelle qui surgit. Le Seigneur est vivant et demeure avec nous. Il ouvre notre cœur à l’espérance qui nous soutient par les fissures de résurrection qui s’ouvrent dans les ténèbres : le pouvoir de la mort n’est pas la destinée ultime de notre vie. Nous sommes orientés une fois pour toutes vers la plénitude car, dans le Christ ressuscité, nous sommes nous aussi ressuscités.

Le Pape François nous le rappelait avec émotion dans sa première Exhortation apostolique, Evangelii gaudium, en affirmant que la résurrection du Christ « n’est pas un fait relevant du passé ; elle a une force de vie qui a pénétré le monde. Là où tout semble être mort, de partout, les germes de la résurrection réapparaissent. C’est une force sans égale. Il est vrai que souvent Dieu semble ne pas exister : nous constatons que l’injustice, la méchanceté, l’indifférence et la cruauté ne faiblissent pas. Pourtant, il est aussi certain que commence à germer quelque chose de nouveau dans l’obscurité, qui tôt ou tard produira du fruit » (n° 276).

Frères et sœurs, la Pâque du Seigneur nous donne cette espérance, en nous rappelant que, dans le Christ ressuscité, une nouvelle création est possible chaque jour. C’est ce que nous dit l’Évangile proclamé aujourd’hui qui situe l’événement de la résurrection « le premier jour de la semaine » (Jn 20, 1). Le jour de la résurrection du Christ nous renvoie ainsi à la création, à ce premier jour où Dieu créa le monde, et il nous annonce en même temps qu’une vie nouvelle, plus forte que la mort, est en train de naître pour l’humanité.

Pâques est la nouvelle création opérée par le Seigneur ressuscité. Elle est un nouveau départ, elle est la vie enfin rendue éternelle par la victoire de Dieu sur l’ancien Adversaire.

Nous avons besoin aujourd’hui de ce chant d’espérance. Et c’est à nous, ressuscités avec le Christ, qu’il revient de le porter dans les rues du monde. Courons donc comme Marie de Magdala, annonçons-le à chacun, portons par notre vie la joie de la résurrection afin que partout où plane encore le spectre de la mort, la lumière de la vie puisse resplendir.

Que le Christ, notre Pâques, nous bénisse et donne sa paix au monde entier !

“De nos jours encore, des tombeaux sont à ouvrir, et les pierres qui les scellent sont souvent si lourdes et si bien surveillées qu’elles semblent inamovibles”

Extrait de l’homélie du pape Léon XIV lors de la Vigile pascale :

[…] À l’exemple des femmes qui se sont précipitées pour annoncer la nouvelle à leurs frères, nous aussi nous voulons cette nuit quitter cette basilique, pour apporter à tout le monde la bonne nouvelle que Jésus est ressuscité et que, par sa force, ressuscités avec Lui, nous pouvons donner vie à un monde nouveau, de paix et d’unité, comme « une multitude d’hommes et en même temps […] un seul homme, car, bien qu’il y ait beaucoup de chrétiens, le Christ est unique » (Saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, 127,3).

C’est à cette mission que se consacrent les frères et sœurs ici présents, venus de diverses régions du monde, qui vont bientôt recevoir le baptême. Après le long chemin du catéchuménat, ils renaissent aujourd’hui dans le Christ pour être des créatures nouvelles (cf. 2 Co 5, 17), témoins de l’Évangile. Pour eux, et pour nous tous, répétons ce que saint Augustin disait aux chrétiens de son temps : « Annonce le Christ, sème […], répands partout ce que tu as conçu dans ton cœur » (Sermo 116, 23-24).

Sœurs, frères, de nos jours encore, des tombeaux sont à ouvrir, et les pierres qui les scellent sont souvent si lourdes et si bien surveillées qu’elles semblent inamovibles. Certaines oppriment le cœur de l’homme, comme la méfiance, la peur, l’égoïsme, la rancœur. D’autres, conséquence de ces dernières, brisent les liens entre nous, comme la guerre, l’injustice, la fermeture entre les peuples et les nations. Ne nous laissons pas paralyser par elles ! Au fil des siècles, nombre d’hommes et de femmes, avec l’aide de Dieu, les ont fait rouler, parfois au prix de grands efforts, parfois au prix de leur vie, mais avec de bons fruits dont nous bénéficions encore aujourd’hui. Ils ne sont pas des figures inaccessibles mais des personnes comme nous qui, fortifiées par la grâce du Ressuscité, dans la charité et la vérité, ont eu le courage de parler, comme le dit l’apôtre Pierre, « avec les paroles de Dieu » (1 P 4, 11) et d’agir « avec la force que Dieu leur a donnée, afin que Dieu soit glorifié en tout » (ibid.).

Laissons-nous inspirer par leur exemple et, en cette Nuit sainte, faisons nôtre leur engagement, afin que partout et toujours dans le monde grandissent et s’épanouissent les don pascals de la concorde et de la paix.

Pâques : la clarté de la Vie face aux ombres de la loi

Alors que les cloches de Pâques célèbrent la victoire de la Vie sur la mort, le Parlement s’apprête à délibérer sur une « aide active à mourir ».

Sous ce terme feutré, véritable euphémisme d’une novlangue contemporaine, se cache un basculement redoutable : nous confondons désormais la liberté avec une maîtrise technique qui ne dit pas son nom.

Dans une société ivre d’efficacité, ce projet de loi impose silencieusement une vision ultra-matérialiste de l’existence. On voudrait gérer le trépas comme une échéance que l’on programme, réduisant l’être humain à un simple objet dont on évalue la rentabilité ou l’absurdité. Mais la dignité n’est pas un capital que l’on dilapide avec l’autonomie. Elle n’est pas une performance de bien-portants ; elle est ce qui subsiste quand tout le reste abdique. Pâques nous rappelle que la valeur d’une vie ne dépend ni de son utilité sociale ni de son confort sensoriel. Elle est un mystère intouchable qui échappe aux critères économiques de l’État.

Proposer la mort comme remède à la détresse, c’est transformer la compassion en abandon et ériger le vide en réponse. Beaucoup de demandes de fin de vie ne sont que le cri d’une solitude qui s’ignore ou la crainte de devenir un « poids » pour leurs proches. Répondre par un geste létal, c’est risquer de valider ce sentiment d’inutilité. C’est substituer la « culture du déchet » au principe fondamental de fraternité qui consiste à secourir, et non à éliminer.

Le véritable enjeu n’est pas de légiférer sur le vide pour masquer notre impuissance, mais de garantir à chacun la sécurité humaine d’un accompagnement réel. Avant d’ouvrir la porte à l’irréversible, ne devrions-nous pas assurer l’accès de tous aux soins palliatifs ? Soigner n’est pas seulement guérir ; c’est d’abord ne pas déserter. La blouse blanche ne doit pas devenir le linceul de l’éthique au service d’une vision désespérée de l’existence.

Choisissons une civilisation de l’accompagnement plutôt qu’une société qui s’habitue à considérer certaines vies comme devenues inutiles. Toute vie mérite d’être honorée, protégée et accompagnée jusqu’à son terme naturel. Le Christ est mort pour vaincre la culture de mort qui menace toujours l’homme : en ce saint jour de Pâques, nous savons que la victoire de la Vie est certaine.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Terres de Mission Pâques : le Christ est ressuscité. Réjouissons-nous !

Eglise universelle : Célébrer le saint jour de Pâques

En ce jour de Pâques, l’Eglise fête la Résurrection du Christ, coeur de notre foi. Le père Jean-François Thomas de la Compagnie de Jésus nous rappelle les nombreux témoignages (Evangiles, Saint Paul, Flavius Josèphe, Tacite, Pline le Jeune) qui font de cet événement un fait historiquement certain. Il insiste sur le changement radical d’attitude des Apôtres, consécutif à ce miracle.

Eglise en France : Le pape en visite à Monaco

Le samedi 28 mars, le pape Léon XIV s’est rendu en visite officielle à Monaco. Jeanne Smits analyse le déroulement et les principales interventions pontificales dans un pays qui reste un des derniers dans lequel le catholicisme est religion d’Etat.

Eglise en Marche : Prier pour les chrétiens persécutés

Les 10 et 11 avril auront lieu 24 heures de célébrations sans discontinuer de messes pour les chrétiens persécutés. Franck Baugin, initiateur de cet événement, et monsieur l’abbé Thierry Laurent, curé de Saint Roch, église où seront célébrées ces messes, présentent cette démarche de prière.

Pâques : Victimæ paschali laudes

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des pièces grégoriennes. Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Les chants la messe du Dimanche de Pâques vont exprimer l’allégresse des nouveaux baptisés, et plus généralement l’action de grâce des rachetés. Cependant, c’est seulement dans le Graduel et l’Alléluia que cette joie va éclater.

De tempore paschali : Le temps pascal s’étend du début de la messe de la vigile pascale jusqu’à none du samedi dans l’octave de la Pentecôte, inclusivement.

Ce temps liturgique comprend :

  1. tempus Paschalis, le temps de Pâques, qui court du début de la messe de la vigile pascale jusqu’à none de la vigile de l’Ascension, inclusivement.
  2. tempus Ascensionis, le temps de l’Ascension, qui commence aux Ires vêpres de l’Ascension et se poursuit jusqu’à none de la vigile de la Pentecôte, inclusivement
  3. octavam Pentecostes, l’octave de Pentecôte, qui part de la messe de la vigile de Pentecôte et va jusqu’à none du samedi suivant, inclusivement

Introït : Resurrexi

L’Introït du Dimanche de Pâques surprend par sa douceur et sa mélodie en demi-teinte. Ici nous sommes au ciel et c’est le Christ ressuscité qui s’adresse à son Père, lui exprimant de manière très intime son bonheur de le retrouver et sa reconnaissance :

Resurrexi et adhuc tecum sum. Posuisti super me manum tuam. Mirabilis facta est scienta tua.
Je suis ressuscité et je suis toujours avec vous. Vous avez mis sur moi votre main, votre sagesse s’est montrée merveilleuse.

Ce texte est formé de trois versets du psaume 138, qui ne se suivent pas dans le psaume et ont été réunis ici. Mais dans le psaume il n’est pas question de résurrection ; il chante la présence universelle de Dieu, toujours auprès de nous, qui connaît toutes choses et qui nous guide. Le début de psaume est chanté comme verset de cet Introït :

Domine probasti me et cognovisti me, tu cognovisti sessionem meam et resurrectionem meam.
Seigneur vous m’éprouvez et vous me connaissez, vous savez quand je me couche et quand je me lève.

Mais en ce Dimanche de Pâques ces paroles doivent être mises dans la bouche du Christ ; Sessionem meam et resurrectionem meam ce n’est plus seulement le coucher et le lever, c’est la mort sur la croix et la résurrection, et le mot resurrexi prend tout son sens. Le mot adhuc (encore, toujours), c’est l’éternité bienheureuse, où le Fils retrouve son Père après avoir accompli sa mission sur la terre, mission dans laquelle la main de Dieu l’a toujours guidé, et où sa sagesse infinie s’est vraiment montrée admirable.

Comme dans tous les chants du temps pascal ce texte est ponctué d’Alléluias à la fin de chaque phrase. La mélodie presque immobile et immatérielle est vraiment céleste. La joie et l’amour qu’elle exprime transcendent tous les sentiments humains.

Graduel Hæc dies

A partir de dimanche prochain, et durant tout le temps pascal, le Graduel sera remplacé par un Alléluia ; il y aura donc à la messe deux Alléluias qui se suivent. Mais en ce dimanche de Pâques et durant toute la semaine, il y a encore un Graduel, dont la première partie est reprise chaque jour ; elle est également chantée à la place de l’hymne à toutes les heures de l’office. C’est vraiment le refrain de la fête de Pâques exprimant la joie inépuisable des chrétiens :

Hæc dies quam fecit Dominus, exultemus et lætemur in ea.
Voici le jour que le Seigneur a fait, passons-le dans la joie et l’allégresse.

Ce texte est un verset du psaume 117, le grand cantique pascal d’action de grâces, dont nous trouvons le début dans la deuxième partie du Graduel :

Confitemini Domino quoniam bonus, quoniam in sæculum misericordia ejus.
Louez le Seigneur car il est bon, car sa miséricorde est éternelle.

La mélodie de ce Graduel est une mélodie type que nous avons déjà souvent rencontrée, et dont les vocalises souples et légères conviennent parfaitement pour exprimer la joie de Pâques. Elle comporte en plus quelques formules particulières, et surtout dans la deuxième partie, sur les mots quoniam bonus, une grande envolée vers l’aigu d’un enthousiasme extraordinaire.

Alléluia : Pascha nostrum

En ce dimanche de Pâques nous retrouvons l’Alléluia, qui avait été supprimé durant le temps de la Septuagésime et du Carême, et remplacé par un Trait.

Le texte du verset de cet Alléluia est très court ; il est tiré de la première Épître de saint Paul aux Corinthiens qu’on lit en ce jour :

Pascha nostrum immolatus est Christus.
Notre agneau pascal qui a été immolé c’est le Christ.

Ici c’est la mélodie qui est reine et qui exprime la joie de Pâques avec exubérance. On notera toutefois un contraste entre l’Alléluia lui-même, qui reste encore grave et assez retenu, et le verset, surtout la grande vocalise du mot immolatus qui s’élève et plane dans les hauteurs avec une légèreté presque immatérielle.

Séquence : Victimæ paschali

À la fin du verset Pascha nostrum de l’Alléluia du dimanche de Pâques, on ne reprend pas le mot Alléluia comme d’habitude après le verset, car il est suivi d’une Séquence. C’est une des cinq séquences qui ont été conservées dans la liturgie romaine parmi toutes celles qui avaient été composées au Moyen-Âge.

Celle-ci date probablement du XIe siècle ; elle est entièrement syllabique et relativement courte puisqu’elle ne comporte que huit strophes. Le texte est une profession de foi en la résurrection au milieu de laquelle s’insère un petit dialogue très vivant entre les apôtres et Marie-Madeleine, et la mélodie en souligne parfaitement toutes les inflexions :

Victimæ paschali laudes immolent Christiani. Agnus redemit oves : Christus innocens Patri reconciliavit peccatores.
Mors et vita duello conflixere mirando : dux vitæ mortuus regnat vivus.
Dic nobis Maria, quid vidisti in via ?
Sepulcrum Christi viventis, et gloriam vidi resurgentis : Angelicos testes, sudarium, et vestes. Surrexit Christus spes mea : præcedet suos in Galilæam.
Scimus Christum surrexisse a mortuis vere : tu nobis, victor Rex, miserere
.
À la victime pascale les chrétiens offrent leur louange. L’Agneau a racheté les brebis : Le Christ innocent a réconcilié les pécheurs avec son père.
La mort et la vie se sont affrontées en un duel fantastique : le maître de la vie est mort, mais vivant il règne.
Dis-nous, Marie, qu’as-tu vu en chemin ?
J’ai vu le sépulcre du Christ vivant et la gloire du Ressuscité. – Les Anges ses témoins, le suaire et les linges. – Il est ressuscité le Christ, mon espérance : il précède les siens en Galilée.
Nous croyons que le Christ est vraiment ressuscité des morts, et vous roi victorieux ayez pitié de nous.

Offertoire : Terra tremuit

Après les débordements de joie du Graduel et de l’Alléluia, nous retrouvons dans l’Offertoire du dimanche de Pâques l’ambiance calme et contemplative de l’Introït. Et pourtant le texte est grandiose : il est tiré du psaume 75, qui est un chant d’action de grâces après une grande victoire due à l’action divine :

Terra tremuit et quievit dum resurgeret in judicio Deus.
La terre a tremblé, puis s’est tenue en repos lorsque Dieu s’est levé pour le jugement.

Dans le psaume, la terre c’est le pays et tous ses habitants, les peuples qui voulaient asservir le peuple d’Israël. Ils ont tremblé devant l’intervention divine puis se sont tenus en repos définitivement vaincus. En ce jour de Pâques il faut y voir également une allusion au tremblement de terre du vendredi saint, au repos du samedi saint, et à la résurrection qui a entraîné le jugement et la défaite définitive de l’ennemi infernal.

Dans les deux premières phrases, la mélodie part du grave et s’élève en un crescendo plein de mouvement, avant de redescendre d’une façon calme et paisible tout en restant dans une ambiance de joie intérieure et mystique. La troisième phrase est un Alléluia. Comme nous l’avons remarqué à l’Introït, les chants de ce jour sont ponctués d’Alléluias, mais ils sont généralement courts. Celui-ci au contraire est assez long ; il se déroule avec souplesse et sans grands intervalles, comme une vision extatique qui ne veut pas finir.

Communion Pascha nostrum

Nous retrouvons dans la Communion du dimanche de Pâques, le texte de saint Paul d’où était tiré le verset de l’Alléluia, mais ici la citation est plus longue :

Pascha nostrum immolatus est Christus : itaque epulemur in azimis sinceritatis et veritatis.
Notre agneau pascal qui a été immolé, c’est le Christ : aussi festoyons avec les azymes de la sincérité et de la vérité.

Dans le contexte, saint Paul oppose ces azymes, c’est-à-dire ces pains sans levain, de sincérité et de vérité, au vieux levain de malice et de fourberie. C’est le symbole de la vie nouvelle à laquelle nous sommes nés dans la fontaine baptismale, rejetant toutes les œuvres mauvaises dont nous avons été lavés par le sang de l’agneau. C’est cette joie et cette pureté de nouveau-né qu’exprime la mélodie d’une simplicité, d’une fraîcheur et d’une légèreté délicieuses.

Dubaï : suppression des messes publiques

L’assistance aux messes à Dubaï est annulée jusqu’à nouvel ordre «suite aux directives du gouvernement», à cause du conflit au Moyen-Orient, ont annoncé les deux églises catholiques de l’émirat sur leurs sites internet en cette semaine de Pâques.

L’Église Sainte-Marie a décidé de fermer complètement ses portes, comme le découvrent de nombreux paroissiens en arrivant sur place en ce jour de Vendredi saint. Faute de mieux, des fidèles prient sur le trottoir.

Les offices sont diffusés en ligne sur Youtube.

L’autre église catholique de Dubaï, celle de Saint-François d’Assise, est également fermée. Cette église est située à Jebel Ali, zone côtière qui a été plusieurs fois touchée par les missiles et drones que l’Iran tire quotidiennement depuis un mois sur ses voisins du Golfe en représailles à l’offensive israélo-américaine sur son sol.

Baptêmes en Asie

À Hong Kong, près de 2 500 catéchumènes, 1 600 adultes et 900 enfants, recevront le baptême lors de Pâques, un chiffre stable malgré un contexte politique tendu. Selon le diocèse, beaucoup de jeunes ont été attirés vers la foi catholique grâce aux témoignages vivants de fidèles rencontrés dans des écoles et des paroisses catholiques.

Aujourd’hui, on compte 1,3 million de chrétiens à Hong-Kong, dont 400 000 catholiques, pour environ 7,5 millions d’habitants.

Hong-Kong, ancienne colonie britannique, est aujourd’hui une Région administrative spéciale sous l’autorité de la Chine. Pékin a imposé la loi draconienne sur la sécurité nationale en 2020, qui limite beaucoup des libertés et des droits qui étaient garantis dans le cadre du principe « un pays, deux systèmes » qui était entré en vigueur en 1997 lors de la rétrocession de la ville à la Chine.

L’Église catholique à Singapour se prépare à accueillir près de 1 250 nouveaux catholiques à Pâques, soit le plus grand contingent de convertis dans l’archidiocèse depuis dix ans selon le Bureau de la catéchèse (OFC) de l’archidiocèse.

Le père Terence Kesavan, directeur de la catéchèse de l’OFC, explique que l’archidiocèse n’a pas mené d’étude officielle sur les tendances locales en matière de conversion. Cependant, il suggère plusieurs facteurs qui pourraient avoir contribué à cette augmentation, notamment l’évangélisation active menée par les jeunes et l’impression positive vis-à-vis du catholicisme parmi les Singapouriens à la suite de la visite du pape François en 2024, qui a donné aux laïcs l’occasion de partager leur foi avec leurs amis.

Le marin devenu moine

Voici une nouvelle histoire (vraie et folle !) d’un moine trappiste.
Tricheur, marin, amoureux, et finalement… moine farceur à la Trappe de Soligny.
Toute sa vie a basculé lors d’un incendie… qui a provoqué sa conversion !

Sébastien Cairn nous raconte tout sur Youtube en 10 min !
Une belle histoire à écouter pour Pâques, lors d’un trajet, ou d’un café.

S. Cairn raconte cette histoire en hommage aux trappistes de Soligny, qui viennent d’annoncer leur départ, ainsi qu’à tous les moines de France, qui nous portent dans leur prière.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Un autocollant “Espoir et salut de la France” déclenche un rappel à l’ordre du président PS au conseil régional de Bretagne

Lors de la session plénière du conseil régional de Bretagne, jeudi 2 avril, une élue du Rassemblement national, Virginie d’Orsanne, a été rappelée à l’ordre en raison d’un autocollant affiché sur son ordinateur portable, visible lors de la retransmission en direct des débats.

Cet autocollant est un drapeau tricolore, avec le Coeur sacré de Jésus « Espoir et salut de la France », cet insigne, que de nombreux soldats de la Grande Guerre portaient. Ce Sacré-Coeur qui donné lieu à un film récent, qui a rencontré un grand succès…

Le président de la Région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, estime que cet autocollant apposé sur le PC pouvait contrevenir au principe de neutralité et de laïcité attendu dans l’enceinte institutionnelle. Sic.

“La défense de la vie est la mission de tout baptisé”

Mgr Jean-Louis Balsa, archevêque d’Albi (Tarn), a été interrogé dans France catholique à propos de la proposition de loi sur l’euthanasie. Extrait :

Pourquoi est-ce important de vous exprimer en tant qu’évêque ?

Nous ne sommes pas des sous-citoyens, l’Église doit parler. En tant qu’évêque, c’est notre devoir de prendre position pour la vie. Nous avons la mission de perpétuer la mémoire de la mort et de la Résurrection du Christ, et de diffuser le message de l’Évangile. Toute vie humaine est concernée par ce message. Nous sommes ici dans un choix de société radical. Il est inadmissible d’imaginer une société dont la mort serait une solution à la souffrance. Cette loi va résolument contre l’Évangile. La présence des chrétiens doit pouvoir aider la France à garder la tête haute, à marcher droit, à défendre la vie coûte que coûte. La conscience de chacun doit être interpellée par l’évidence même que Dieu est le Dieu de la vie.

À notre échelle de fidèles catholiques, quelle est notre mission ?

Nous ne pouvons rester entre nous et nous lamenter. Notre conscience doit être éclairée. Les catholiques doivent aussi manifester leur position, et voter en âme et conscience. Peut-être n’y a-t-il pas assez de catholiques engagés dans des partis politiques ? Il en faut qui influencent les programmes politiques, pour empêcher les dérives morales. La défense de la vie est la mission de tout baptisé. Quel que soit notre nombre, il faut affirmer haut et fort que la fraternité – si chère à la République – ne peut pas être jetée aux oubliettes de l’histoire ! Je suis persuadé qu’il existe une déconnexion très importante entre ce que la majorité de la population pense en réalité, et les élus qui prennent des décisions « au nom du peuple français ». La grandeur d’une nation et d’une société est de protéger les individus qui la composent. On ne peut pas laisser la société partir à la dérive.

Cloche de Pâques à l’Assemblée nationale

Fin de séance du mercredi 1er avril :

Vendredi saint : “Ô mon peuple, que t’ai-je fait ? En quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi.”

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Les Impropères (première partie)

La liturgie du Vendredi saint est un sommet de l’année et les chants sont à la hauteur de l’événement commémoré. Voyons un des moments les plus importants, juste après l’Adoration de la Croix, les Impropères. Nous nous basons sur deux ouvrages édités par Solesmes : le Graduale Romanum de 1979 et le Missel grégorien de 1984. Les textes sont dans la langue de l’Église, le latin.

Les Impropères, en latin Improperia, du mot latin improperium, sont les « reproches » que le Messie adresse à son peuple ingrat qui, malgré toutes les faveurs accordées par Dieu, et en particulier pour l’avoir délivré de la servitude en Égypte et l’avoir conduit sain et sauf dans la Terre promise, lui a infligé les ignominies de la Passion. C’est un émouvant dialogue entre Dieu et le monde, entre le divin Crucifié et ceux qui le livrent au supplice.

A chaque fois, un bienfait de Dieu dans l’Exode est mis en contraste de façon saisissante avec un épisode de la Passion. Le texte est issu de l’Église syrienne antique (d’où la présence le la langue grecque) et a été conservé dans la liturgie romaine.

La 1ère partie commence par l’antienne Pópule meus, sur une mélodie plaintive, remontant à une haute antiquité. Il s’inspire du IVe Livre d’Esdras.

Pópule meus, quid feci tibi ? aut in quo contristávi te ? respónde mihi.
Ô mon peuple, que t’ai-je fait ? En quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi.

Elle est suivie du verset :

Quia edúxi te de terra Ægýpti : parásti Crucem Salvatóri tuo.
T’ai-je fait sortir du pays d’Égypte pour qu’à ton Sauveur tu fasses une croix ?

Puis alternativement le chœur chante le Trisagion ou triple invocation au Dieu trois fois saint, en grec et en latin.

Agios o TheosSanctus Deus
Agios ischyrós
Sanctus fortis
Agios athánatos, eléison imás.
Sanctus immortális, miserére nóbis
Dieu Saint Dieu Saint
Saint et fort
Saint et fort
Saint immortel, ayez pitié de nous.
Saint immortel, ayez pitié de nous.

Ensuite deux voix du 1er chœur chantent :

Quia edúxi te per desértum quadragínta annis…
Est-ce parce que je t’ai conduit dans le désert pendant quarante ans, que je t’ai nourri de la manne et que je t’ai fait entrer dans une terre excellente que tu as préparé une Croix à ton Sauveur ?

Et les deux chœurs reprennent alternativement Agios o Theos, etc.

*****

Les Impropères (deuxième partie)

La seconde partie des Impropères (ou petits Impropères) se poursuit par des petits versets psalmodiés sur une mélodie très simple. C’est toujours Notre Seigneur qui s’adresse à son peuple, et chaque verset comporte deux phrases commençant par « ego » = moi et « et tu » = et toi, suivies par la reprise de l’antienne du début, Pópule meus, véritable refrain de tous ces Impropères, avec cette envoûtante mélodie, grave, triste, mais pénétrée de tendresse.

Dieu rappelle tous les bienfaits qu’il a accomplis et rappelle toutes les indignités dont il a été accablé. Les chantres de Solesmes n’ont retenu que 4 des 9 versets qui peuvent être chantés :

Ego propter te flagellávi Ægýptum cum primogénitis suis : et tu me flagellátum tradidísti.
J’ai frappé, à cause de toi, l’Égypte avec ses premiers-nés, et tu m’as livré pour être flagellé.

Ego edúxi te de Ægýpto, demérso Pharaóne in Mare Rubrum : et tu me tradidísti princípibus sacerdótum.
Pour te tirer de l’Égypte, j’ai englouti Pharaon dans la mer Rouge, et tu m’as livré aux princes des prêtres.

Ego ante te apérui mare : et tu aperuísti láncea latus meum.
Je t’ai ouvert un passage à travers les flots, et tu m’as ou vert le côté avec une lance.

Ego ante te præívi in colúmna nubis : et tu me duxísti ad prætórium Piláti.
J’ai marché devant toi comme une colonne lumineuse, et tu m’as mené au prétoire de Pilate.

*****

La fonction liturgique de l’après-midi du Vendredi saint se poursuit avec l’antienne Crucem tuam, ancien chant byzantin :

Nous adorons votre Croix, Seigneur, et nous louons et glorifions votre sainte résurrection, car c’est par ce bois que la joie s’est répandue dans l’univers entier.

Puis c’est le début du verset du psaume 66 Deus misereátur nostri qui sera psalmodié avant la reprise de l’antienne :

Que Dieu ait pitié de nous et qu’il nous bénisse, que la lumière de sa face brille sur nous et qu’il ait pitié de nous.

*****

La dernière partie des Impropères commence par une antienne.

Crux fidélis, inter omnes arbor una nóbilis….
Croix fidèle, arbre unique, noble entre tous ! Nulle forêt n’en produit de tel par ses feuilles, ses fleurs et ses fruits !

Dulce lignum, dulces clavos, dulce pondus sústinet.
Douceur du bois, qui d’un doux clou, porte un si doux fardeau.

Puis l’on chante l’hymne Pange língua gloriósi dont les paroles sont de Venance Fortunat, à ne pas confondre avec l’autre Pange língua que Saint Thomas d’Aquin composa pour la Fête-Dieu.

Pange, língua, gloriósi prœlium certáminis….
Chante, ma langue, le combat, la glorieuse lutte ; dis le noble triomphe du trophée de la Croix : le rédempteur du monde, immolé, est vainqueur.

Lamure-sur-Azergues (69) : la chapelle Saint-Roch vandalisée

Portes attaquées, vitraux cassés :

Fin de vie : l’ingénierie du consentement et les silences du débat démocratique

Le débat sur la fin de vie en France ne relève plus seulement d’une confrontation d’arguments éthiques : il tend à s’organiser selon les mécanismes d’une véritable ingénierie du consentement. À mesure que s’impose l’idée d’un consensus présenté comme acquis, les conditions d’un débat réellement pluraliste semblent s’effacer. Ce qui devrait constituer l’un des arbitrages les plus graves qu’une démocratie puisse affronter apparaît ainsi de plus en plus comme une séquence médiatique accélérée, où la décision politique risque de précéder le temps nécessaire à la délibération collective.

Un pluralisme mis à l’épreuve

L’asymétrie de la représentation médiatique fragilise la qualité du débat. Selon les rapports de veille du collectif « Soulager mais pas tuer » [1], les représentants des associations favorables à l’euthanasie bénéficieraient d’une exposition nettement supérieure à celle des experts de la Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs (SFAP).

En regard, les acteurs de terrain — praticiens de soins palliatifs et associations engagées dans l’accompagnement de la vulnérabilité — demeurent singulièrement discrets dans les tranches de grande écoute. Cette marginalisation touche également certaines voix structurées de la société civile, comme la Fondation Jérôme Lejeune [2] ou Alliance VITA.

Elle s’accompagne d’un usage récurrent d’un chiffre devenu incantatoire : « 90 % des Français seraient favorables à l’euthanasie ». Selon une analyse de veille médiatique d’Alliance VITA [3], ce pourcentage a été largement repris dans l’audiovisuel public ces dernières années. Pourtant, plusieurs enquêtes montrent parallèlement que la priorité exprimée par les citoyens demeure l’accès effectif aux soins palliatifs et au traitement de la douleur [4].

Les zones d’ombre de l’expérience internationale

L’examen des modèles étrangers fournit des signaux d’alerte trop peu discutés dans le débat public français.

En Espagne, le cas de Noelia Pedrosa Castillo (26 mars 2026) [5] est emblématique : cette jeune femme de 25 ans, souffrant notamment de troubles psychiatriques associés à une situation médicale lourde, a été euthanasiée malgré l’opposition de son père.

Au Canada, les rapports officiels indiquent que 17,3 % des demandeurs d’aide médicale à mourir mentionnent notamment l’isolement ou la solitude parmi les facteurs de souffrance déclarés [6].

La pression budgétaire est également évoquée dans certains cas controversés, comme celui de Roger Foley [7], qui affirme s’être vu proposer l’aide médicale à mourir dans un contexte où le coût de son hospitalisation lui avait été rappelé.

Ces situations ont conduit plusieurs experts mandatés par les Nations unies à alerter dès 2021 sur les risques que pourraient faire peser certains dispositifs d’aide à mourir sur les personnes les plus vulnérables en l’absence de garanties sociales suffisantes [8].

Le risque d’une réforme par défaut

Le point le plus préoccupant demeure l’inégalité persistante d’accès aux soins palliatifs. Selon la Cour des comptes [9], les moyens consacrés à ces soins restent limités au regard des besoins identifiés. Aujourd’hui encore, 22 départements français ne disposent pas d’unité de soins palliatifs (USP), selon l’Atlas de la fin de vie publié par le Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie [10].

Dans ce contexte de pénurie, une question éthique radicale s’impose : peut-on ouvrir un droit aussi structurant sans avoir garanti auparavant l’accès effectif à l’accompagnement sur l’ensemble du territoire ? Le risque est immense que la réforme n’apparaisse, faute de moyens suffisants pour soulager et entourer, comme une réponse par défaut à une défaillance de la solidarité collective. Voter une « aide active à mourir » avant d’avoir garanti l’accès au soin de base ne constituerait pas un progrès, mais pourrait apparaître comme un renoncement collectif face à la souffrance.

Conclusion

Légiférer sur la fin de vie exige du temps, du pluralisme et une information exhaustive. La dignité ne réside pas seulement dans la maîtrise technique du geste médical, mais dans la fidélité à l’accompagnement des personnes les plus fragiles. À défaut de ces conditions, la décision publique pourrait donner le sentiment de précéder le débat démocratique qu’appelle pourtant une question engageant profondément notre conception commune de la dignité humaine.

Sergyl Lafont

Références documentaires

[1] Collectif « Soulager mais pas tuer » (2025) : Rapport annuel sur le pluralisme et l’accès aux médias des acteurs de la fin de vie (période 2024-2025).

[2] Arcom (2024) : Bilan annuel sur la représentation du handicap et de la fragilité dans les médias audiovisuels.

[3] Alliance VITA / Service de Veille Média (2025) : Analyse sémantique automatisée des archives numériques de Radio France (2023-2025).

[4] Fondapol (janvier 2026) : L’opinion face à la fin de vie : analyse des priorités de soin.

[5] Diario ABC / El Mundo (26-28 mars 2026) : Chroniques judiciaires et témoignages de la famille Pedrosa Castillo (Espagne).

[6] Santé Canada (2024) : Fourth/Fifth Annual Report on Medical Assistance in Dying (MAID) in Canada (2023).

[7] Chambre des Communes (Canada) : Dépositions certifiées de Roger Foley (Victoria Hospital, Ontario).

[8] Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (janvier 2021) : Communication OL CAN 2/2021.

[9] Cour des comptes (2023-2024) : Rapport public thématique sur l’organisation et le financement des soins palliatifs en France.

[10] Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (2025) : Atlas de la fin de vie en France.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

«Les musulmans prient cinq fois par jour, Dieu a une place fondamentale dans leur existence. On nous demande seulement d’aller à la messe le dimanche, mais le faisons-nous ?»

En cette semaine sainte, Eugénie Bastié reçoit le cardinal Robert Sarah dans Le Club Le Figaro Idées sur Le Figaro TV diffusé ce jeudi 2 avril à 22h30 :

«L’Islam peut réveiller les Chrétiens. Les musulmans prient cinq fois par jour, Dieu a une place fondamentale dans leur existence. On nous demande seulement d’aller à la messe le dimanche, mais le faisons-nous ? Si on ne se réveille pas spirituellement, leur nombre s’accroissant, ils imposeront leur loi et leur culture»

«En autorisant l’euthanasie, la France va au-delà de son pouvoir, c’est une loi inhumaine. Personne ne peut décider de qui doit mourir ou de qui doit vivre, si une vie est valable ou pas, sauf Dieu. Tuer quelqu’un, c’est de la barbarie»

«La décision d’ordonner des évêques sans l’accord du Saint-Siège et du Saint-Père, c’est une décision grave, qui va de nouveau lacérer et briser l’Église, qui va déchirer la tunique de Jésus, ça va faire du mal au Christ. On ne sauve pas les âmes dans la désobéissance»

«On a l’impression que depuis quelques temps, l’Église ne parle que de changement écologique, des migrants, de la paix… Mais l’Église n’est pas une ONG ! Ce n’est pas le rôle de l’Église de parler que des questions sociales. Elle doit mettre en lien l’Homme et Dieu»

«Ce n’est pas en supprimant le célibat des prêtres que l’Église suscitera davantage de vocations. Regardez l’anglicanisme, il est en destruction, pourtant les prêtres ont le droit de se marier. Surtout, le prêtre représente le Christ lui-même. Donc les prêtres doivent imiter le Christ dans sa vie concrète, et il ne s’est jamais marié»

«L’Église a abimé la liturgie de la messe. Elle est trop bruyante ! C’est comme si on se célébrait nous-même. C’est devenu un moment convivial, alors que nous sommes là pour adorer Dieu, il faut une liturgie qui adore Dieu. On ne parle plus du salut et de l’âme !»

1 126 000 avortements pratiqués aux Etats-Unis en 2025

D’après les chiffres publiés par le Guttmacher Institute (organisme favorable à l’avortement) le 24 mars, 1 126 000 avortements ont été pratiqués aux Etats-Unis en 2025, soit une hausse de moins de 0,2 % par rapport à 2024. Ce chiffre inclut les avortements médicamenteux pratiqués par télémédecine.

Les restrictions entrées en vigueur dans certains Etats ont eu une incidence sur le taux d’avortement. Ainsi, la Floride qui a adopté en 2024 un projet de loi, « Heartbeat Protection Act », visant à interdire l’avortement à partir du moment où le rythme cardiaque du fœtus est détecté, a vu les avortements diminuer de plus de 25 % entre 2023 et 2025. De même, dans l’Iowa, une baisse de plus de 24 % a eu lieu entre 2023 et 2025.

A l’inverse, le Missouri, qui a voté en faveur de l’inscription de l’avortement dans la Constitution de l’Etat en novembre 2024, a connu une augmentation des avortements de 48 %. Le Dakota du nord a connu une hausse de plus de 32 % des avortements en 2025 suite à l’invalidation de l’interdiction d’avorter par un juge.

Cette baisse a été « compensée » par la hausse de plus de 26 % des avortements par télémédecine pratiqués en 2025 sur des femmes résidant dans des Etats interdisant l’avortements. 91 000 femmes y ont eu recours, contre 72 000 en 2024. Huit Etats (Californie, Colorado, Massachusetts, Maine, New York, Rhode Island, Vermont et Washington) autorisent les professionnels de santé à proposer des avortements par télémédecine à des patientes résidant dans d’autres Etats, y compris ceux où l’avortement est totalement interdit.

Depuis 2023, la Food and Drug Administration (FDA) a autorisé la prescription de mifépristone par téléconsultation. Plusieurs recours judiciaires ont toutefois été initiés afin de contester cette autorisation. Actuellement, une procédure intentée par le procureur général de Louisiane, Liz Murrill, est en cours, le juge fédéral devrait bientôt rendre sa décision.

Désormais, les cliniques en ligne proposant des avortements à distance sont en forte progression dans les Etats n’interdisant pas l’avortement. 24 % des avortements pratiqués par des professionnels de santé aux Etats-Unis y sont réalisés.

A l’inverse, le rapport constate une baisse de 2 % du nombre de cliniques pratiquant des avortements. En 2025, 753 cliniques « physiques » pratiquant l’avortement sont en exercice aux Etats-Unis, soit 12 de moins qu’en mars 2024 et 54 de moins qu’en 2020. Cinq Etats ont connu une diminution du nombre de cliniques : la Californie, la Floride, l’Illinois, le Michigan et New-York.

Fin 2025, 13 Etats américains avaient instauré des législations interdisant totalement de l’avortement, et 6 Etats l’interdisent au-delà de 6 ou 12 semaines de grossesse.

Source : Gènéthique

Restriction de la liberté religieuse au Canada

Avec l’adoption du projet de loi C-9 en troisième lecture au Parlement, la liberté religieuse au Canada semble incroyablement fragile.

Depuis l’arrivée au pouvoir du Parti libéral sous la direction de Justin Trudeau en 2015, les politiciens progressistes et leurs alliés LGBT bénéficient d’une grande liberté d’action pour mettre en œuvre leur programme, et ils en profitent pleinement. Les conservateurs ont tendance à préserver le statu quo ; les révolutionnaires, quant à eux, saisissent l’opportunité. Au cours de la dernière décennie, ils ont accompli des progrès considérables.

Avant d’aborder le projet de loi C-9, qui est maintenant soumis au Sénat – un Sénat composé d’extrémistes antichrétiens– revenons un instant en arrière et résumons ce qui s’est passé au cours des dernières années :

Sans parler du flot incessant de décisions judiciaires rendues par des tribunaux composés de juges par le gouvernement libéral, restreignant la liberté religieuse; du gel des comptes bancaires par le gouvernement Trudeau et de la déclaration de la Loi sur les mesures d’urgence (maintenant déclarée inconstitutionnelle par deux tribunaux); de la colonisation du système scolaire public par les idéologues LGBT; et de la recommandation du Comité permanent des finances de retirer le statut d’exemption fiscale aux institutions religieuses.

Dans ce contexte, les tentatives maladroites du gouvernement libéral pour rassurer les chefs religieux indignés du Canada quant au projet de loi C-9 – qui supprime l’exemption spéciale pour les convictions religieuses sincères – paraissent non seulement peu crédibles, mais aussi ridicules. En effet, Marc Miller, ministre du cabinet de Carney, a explicitement cité des passages des Écritures pour justifier la poursuite des « discours haineux » et la suppression de l’exemption religieuse. Un gouvernement aussi inflexible dans ses positions s’emploie délibérément à opprimer les communautés chrétiennes, car il considère le christianisme traditionnel comme haineux.

Le projet de loi C-9 a été adopté le 26 mars par 186 voix contre 137. Des centaines de groupes religieux ont exhorté le gouvernement à le modifier ou à l’abandonner, notamment des représentants chrétiens de toutes confessions, ainsi que des représentants juifs, musulmans et mormons. Depuis la controverse de 2018 sur l’« attestation d’avortement », les chefs religieux canadiens ne s’étaient pas exprimés avec autant d’unanimité et de force; des milliers d’appels ont été adressés aux députés. Les assurances des libéraux selon lesquelles le projet de loi n’aurait aucune incidence sur les sermons ou les déclarations religieuses ont été jugées largement insuffisantes.

Si vous êtes tenté de penser que les inquiétudes suscitées par ce projet de loi ne sont que les craintes hyperboliques des religieux, sachez que la loi a également été contestée par le Black Legal Action Centre, l’Association des juristes progressistes du Québec, la British Columbia Civil Liberties Association, la Canadian Civil Liberties Association, le Congrès du travail du Canada, le Centre for Free Expression, la Chinese and Southeast Asian Legal Clinic, la Coalition for Charter Rights and Freedoms, Democracy Watch, l’International Civil Liberties Monitoring Group et des centaines d’autres organisations.

Au cours de la dernière décennie, le Parti libéral du Canada a mené une offensive tous azimuts contre la liberté de religion et les libertés civiles. Cette offensive a repris de plus belle et, malgré l’opposition courageuse des parlementaires chrétiens et les efforts considérables de la société civile pour bloquer le projet de loi C-9, le gouvernement Carney a persisté. 

Le franc-maçon Laurent Nunez favorable au port du voile islamique par les fillettes

Dans son discours le 12 mars lors de « l’Iftar des ambassadeurs » à la Grande Mosquée de Paris, le ministre de l’Intérieur se prononce en faveur du voile pour les fillettes et pour une diffusion toujours plus grande de l’islam :

« La France ne doit pas perdre en chemin ses enfants et elle ne doit perdre en chemin aucun de ses enfants parce qu’ils se seraient sentis stigmatisés ou blessés. C’est ce qui justifie d’ailleurs ma position sur l’interdiction du port du voile sur l’espace public par les mineurs. Je ne serai pas celui qui ira expliquer à des enfants qu’en portant le voile, elles menacent le vivre ensemble républicain. Je ne le ferai pas parce que je n’y crois pas et parce qu’une telle mesure ne ferait en réalité que détourner l’attention de la vraie menace. C’est une proposition qui, à mon sens, décrédibiliserait le vrai combat donné contre l’islam politique qui, lui, lui, est essentiel. C’est également ce qui justifie et justifiera que je pousse et défende, comme ministre des cultes, toute initiative qui puisse contribuer à mieux faire connaître l’islam. Et tu sais, mon cher Chems [recteur algérien de la Grande Mosquée], combien le président de la République est attaché à développer et à mieux faire connaître l’islam. »

Laurent Nuñez a été initié à la Grande Loge de France, précise Vincent Nouzille dans son livre “Le côté obscur de la force : Enquête sur les dérives du ministère de l’Intérieur et de sa police” :

Sous pression internationale, la Principauté d’Andorre va-t-elle dépénaliser l’avortement ?

Xavier Espot Zamora, chef de l’exécutif andorran, a déclaré être à « un stade de conversation très avancé avec le Saint-Siège » pour parvenir à une dépénalisation de l’avortement avant la fin de la législature, prévue au printemps 2027. Le droit andorran actuel expose les femmes qui avortent à six mois d’emprisonnement, et les médecins qui le pratiquent à trois ans de prison assortis de cinq ans d’interdiction d’exercice.

Le chef du gouvernement veut supprimer les peines encourues par les femmes qui mettent fin à leur grossesse. L’avortement demeurerait illégal sur le territoire andorran, mais ses ressortissantes pourraient y recourir à l’étranger. Un médecin pratiquant des avortements clandestinement en Andorre resterait, lui, passible de sanctions.

L’un des deux coprinces d’Andorre étant l’évêque catholique d’Urgell, Mgr Josep-Lluis Serrano Pentinat, Xavier Espot veut éviter une réforme qui le conduirait à « mettre en échec » le système institutionnel et pourrait contraindre le coprince à abdiquer. Selon lui, la structure de la coprincipauté — partagée entre le président de la République française et l’évêque d’Urgell — « a été à la base de huit siècles de paix, d’indépendance et de souveraineté », et il serait « une grave erreur d’y renoncer ».

En 2018, le Saint-Siège avait adressé une mise en garde aux autorités andorranes. Le souverain pontife a téléphoné au chef du gouvernement : si l’avortement est légalisé, le Vatican ordonnera l’abdication de l’un des deux co-princes d’Andorre, Mgr d’Urgell.

Le Comité des droits de l’homme des Nations unies, lors de sa 145e session tenue à Genève début mars 2026, a examiné pour la première fois le rapport initial d’Andorre sur la mise en œuvre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (ICCPR). Dans ses observations finales, le Comité a recommandé à Andorre de revoir sa législation pour « garantir un accès effectif à l’avortement légal et sécurisé » lorsque « la vie ou la santé de la femme est en danger », jugeant préoccupant que les dispositions pénales en vigueur conduisent les femmes à se rendre à l’étranger. Andorre devra rendre compte de ses avancées sur ce point d’ici le 19 mars 2029.

La visite officielle d’Emmanuel Macron, prévue les 27 et 28 avril à Andorre-la-Vieille, devrait également placer cette question en toile de fond diplomatique, la France ayant inscrit l’avortement dans sa Constitution en mars 2024.

Source : Gènéthique

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