Comment les califes ont inventé l’islam
Notre ami Odon Lafontaine et le collectif Nour Al Aalam (Lumière du monde) préparent un livre sur la recherche historique au sujet des origines de l’islam – et tout spécialement de La Mecque (dont il n’existe aucune trace archéologique avant le règne des califes). Le titre et sous-titre du livre disent assez clairement la thèse: La Mecque ville imaginaire. Comment les califes ont inventé l’islam.
Vous trouverez ici la bande-annonce du livre (qui devrait paraître à la rentrée et qui est d’ores et déjà accessible en précommande).
Nouvelle victoire de l’Iliade contre Laurent Nunez
Communiqué de l’Institut Iliade :
À la suite de notre dîner de gala pour réunir des fonds permettant d’ouvrir le « Cercle Europa », un lieu de conférence et de rencontres au service de la civilisation européenne, le préfet de police de Paris, l’actuel ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, et le sénateur communiste Ian Brossat, associés à des associations « antiracistes » subventionnées, avaient procédé à un signalement au parquet de Paris pour « incitation à la haine et à la discrimination ».
Vous pouvez lire notre communiqué de presse du 4 septembre 2025 au sujet de cette affaire.
Nous venons d’apprendre seulement aujourd’hui par le parquet du tribunal judiciaire de Paris – et uniquement parce qu’il a été sollicité par notre avocat, alors que la décision date du 27 avril 2026 – le classement sans suite de cette affaire qui avait vu notre président Philippe Conrad entendu en audition libre par la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la police judiciaire de Paris.
Une persécution liberticide supplémentaire qui contribue à emboliser davantage la justice de plus en plus encombrée par la poursuite d’imaginaires crimes contre la pensée. Pour le plus grand bonheur des vrais criminels dont les forfaits ne cessent d’exploser.
C’est donc une nouvelle victoire de l’Institut Iliade qui a choisi la contre-attaque judiciaire systématique au moment où le bloc central choisit la répression de toute parole et initiative dissidente à la doxa. Cette fabrique du mensonge s’est faite avec la complicité des médias de gauche délateurs en dehors de toute déontologie journalistique.
Cela est possible grâce à la mobilisation et à l’engagement de nos donateurs qui nous permettent de prendre en charge une partie des frais de justice particulièrement lourds et que nous remercions très chaleureusement.
Il s’agit donc d’une seconde victoire pour l’Institut Iliade, qui avait déjà fait condamner de façon sèche Laurent Nuñez, qui avait interdit notre colloque d’hommage à l’historien Dominique Venner en 2023, et dont l’interdiction avait été invalidée par le tribunal administratif de Paris pour avoir été prise sans nécessité ou proportionnalité en l’absence de toute menace pour l’ordre public matériel ou immatériel.
L’Institut Iliade pour la Longue Mémoire Européenne s’est fixé pour mission de former, de créer et de rassembler. À travers ses cycles de formation, son grand colloque annuel, dont le dernier était consacré aux libertés, son Pôle études et sa production éditoriale traduite dans sept langues européennes, notre association travaille à l’affirmation de la richesse culturelle de la civilisation européenne et à la réappropriation de leur identité par les Européens.
Un travail légitime que l’État central comme les médias et officines de gauche tentent de freiner par tous les moyens.
Retrouvez la soirée des Eveilleurs sur l’euthanasie
Alors que le projet de loi sur la fin de vie revient au parlement, retrouvez la grande soirée débat des Eveilleurs sur l’euthanasie:
Fin de vie et dignité, une rupture de civilisation avec François-Xavier Bellamy:
François Braun, ancien Ministre de la santé et Philippe Juvin, député :
Laurent Frémont et Raphaël Enthoven sur la légalisation de l’euthanasie
Les soins palliatifs avec Alexis Burnod, médecin, et Elisabeth deCourrèges, ergothérapeuthe
Prêtez à l’association Solenciel, un tremplin pour une nouvelle vie
L’association Solenciel accompagne des personnes victimes de la prostitution dans leur reconstruction grâce à un parcours d’insertion sociale combiné à un programme d’insertion professionnelle, adaptés à leurs besoins.
Du premier contact à l’envol des bénéficiaires, ce sont en moyenne 24 mois d’accompagnement suivant le chemin de reconstruction des personnes abîmées par la prostitution.
Grâce aux partenariats avec des grandes entreprises engagées (Elior, Onet, Accor, …), Solenciel propose aux bénéficiaires un emploi stable et sécurisé, notamment dans les métiers de la propreté et de la restauration. En se faisant employeur, Solenciel absorbe les potentielles barrières à l’emploi et sert de courroie d’accès à une source de revenus stable.
L’association va connaitre une dynamique de croissance soutenue. Créé en 2017 à Grenoble, Solenciel ouvre à Lyon en 2020 puis implante trois antennes en 2023 (Toulouse, Nantes et Paris) car les demandes des personnes désirant démarrer une nouvelle vie sont nombreuses. Face au succès de cette proposition, l’association doit continuer son déploiement pour répondre au mieux à la demande croissante.
Ce Prêt participatif rémunéré auquel nous vous proposons de contribuer est destinée au financement du développement de Solenciel à savoir l’implantation de trois nouvelles antennes dont une à La Réunion et une à Bordeaux, le renforcement de l’équipe de l’association avec de nouveaux postes clés (finance, juridique, communication, délégué général adjoint) et le démarrage effectif de l’organisme de formation interne, véritables moteurs de croissance.
Les ressources financières régulières de l’association se définissent ainsi : vente de prestations de services aux grandes entreprises partenaires, l’Aide au Postes versées par l’État dans le cadre du conventionnement de l’association Solenciel « entreprise d’insertion » et de mécènes privés. L’Organisme de formation interne lancé en cette fin d’année complètera les revenus de Solenciel.
Souhaitez-vous donner du sens à votre épargne en prêtant à l’association Solenciel pour assurer la poursuite et l’accélération de son déploiement ?
Pour découvrir ce projet et y investir (prêter), il vous faut cliquer sur le lien ci-après qui vous dirigera sur la Page de Présentation officielle : https://www.credofunding.fr/fr/solenciel-pret
Vous pouvez contacter Edouard Vieilfault ([email protected]) pour toute demande de précision si nécessaire.
L’investissement comporte des risques de perte partielle ou totale du capital investi – Des frais sont dus par le porteur de projet et les investisseurs (18 € TTC).
Ce texte intervient avant que notre pays ait garanti à tous un accès effectif aux soins palliatifs
Intervention du député LR Patrick Hetzel pour défense sa motion de rejet de l’euthanasie :
En application de l’article 91 de notre règlement, je défends aujourd’hui une motion tendant au rejet préalable de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Je le fais avec gravité et avec le respect dû à toutes celles et ceux qui abordent cette question avec sincérité, souvent à partir d’expériences personnelles douloureuses. En effet, le sujet qui nous réunit touche à ce qu’il y a de plus essentiel : la vie, la souffrance, la vulnérabilité, la dignité humaine et la responsabilité collective envers les plus fragiles d’entre nous.
La motion que je présente ne vise pas à nier la souffrance de certains malades, mais à dire qu’un texte d’une telle portée ne peut pas être adopté dans les conditions actuelles, parce qu’il intervient avant que notre pays ait garanti à tous un accès effectif aux soins palliatifs et parce qu’il soulève des interrogations éthiques fondamentales, auxquelles il n’apporte pas de réponse satisfaisante.
Comme le rappelait Paul Ricœur, l’éthique consiste à viser la « vie bonne, avec et pour autrui, dans des institutions justes ». La question qui nous est posée n’est donc pas seulement celle de l’autonomie individuelle, mais aussi celle de notre responsabilité collective.
Les travaux en commission ont conduit à plusieurs modifications importantes du texte, notamment la suppression de ce qui était présenté comme une exception euthanasique et la volonté de considérer les décès résultant d’une euthanasie ou d’un suicide assisté comme des morts naturelles, comme vient de le rappeler le président de la commission. Ces évolutions ne sont pas de simples ajustements rédactionnels et révèlent la difficulté fondamentale du texte : faire entrer dans le champ du soin un acte qui consiste à provoquer délibérément la mort.
Or il faut avoir le courage de nommer les choses : soigner consiste à prévenir, à guérir lorsque cela est possible, à soulager lorsque cela est nécessaire et, bien entendu, à accompagner jusqu’au terme de la vie. Donner la mort relève d’une autre logique. Même lorsque l’intention invoquée est la compassion, provoquer la mort ne saurait être un acte thérapeutique. C’est pourquoi nous sommes confrontés à une véritable rupture anthropologique.
Lorsque ce débat a commencé dans notre pays, le texte était présenté comme une réponse exceptionnelle à des situations elles-mêmes exceptionnelles : celles de personnes en fin de vie dont le pronostic vital était engagé à court terme et confrontées à des souffrances réfractaires que la médecine ne pouvait plus soulager. Le dispositif était annoncé comme strictement encadré et limité. Or, au fil des débats, nous avons assisté à un élargissement progressif du périmètre envisagé.
Nous sommes aujourd’hui bien au-delà de ce qui avait été initialement présenté à nos concitoyens.
Lorsqu’on veut rendre légal ce qui relève de l’interdit, il faut s’interroger sur les raisons qui justifient ce franchissement. L’expérience des législations étrangères montre qu’une fois admis le principe selon lequel la mort provoquée peut constituer une réponse légitime à certaines souffrances, le débat porte moins sur le principe que sur les conditions de son extension. Je ne prétends pas que ces évolutions seraient inéluctables dans notre pays, je dis simplement qu’elles imposent une très grande prudence, dans un souci éthique. En effet, ce que nous décidons aujourd’hui ne concerne pas seulement quelques situations individuelles : nous sommes en train de définir un nouveau principe juridique, moral et éthique. Et lorsqu’il s’agit de la vie humaine, la prudence est un devoir impérieux.
Mes chers collègues, au-delà des dispositions techniques du texte, la question qui nous est posée est profondément éthique. Que doit faire une société juste lorsqu’un de ses membres souffre ? Doit-elle considérer que certaines vies sont devenues si marquées par la maladie ou la dépendance que la réponse appropriée consiste à organiser les conditions de leur disparition ?
Ou doit-elle considérer que, plus une personne est vulnérable, plus notre devoir de solidarité est élevé ?
Cette interrogation est au cœur de notre débat. Une loi n’organise pas seulement des procédures, elle exprime aussi un système de valeurs. Pour la première fois dans notre histoire, nous nous apprêtons à inscrire dans notre droit la possibilité qu’un acte destiné à provoquer délibérément la mort puisse être présenté comme une réponse à la souffrance. Je mesure la gravité de ces mots, mais nous ne devons pas édulcorer la réalité de ce dont nous débattons.
La compassion est une vertu. Le soulagement de la souffrance est un devoir. Mais la suppression de celui qui souffre n’est pas équivalente à la suppression de la souffrance. Lorsqu’on ne peut plus ajouter des jours à la vie, il reste toujours possible d’ajouter de la vie aux jours. C’est tout le message des soins palliatifs, et nous devons le respecter.
Pendant des siècles, l’éthique médicale s’est construite autour d’une idée simple : lorsqu’il n’est plus possible de guérir, il reste toujours possible de soigner et d’accompagner.
Le patient pouvait perdre sa santé, son autonomie, parfois même l’espoir de guérir ; il conservait néanmoins une certitude : jamais le médecin ne ferait de sa mort un objectif de son intervention. La question qui nous est posée est donc celle de savoir si nous souhaitons modifier ce pacte de confiance entre le soignant – en l’occurrence, le médecin – et le patient.
La manière dont une société traite ses membres les plus fragiles révèle toujours quelque chose de sa conception de la dignité humaine. Pour ma part, je demeure convaincu que la dignité est inhérente à la personne humaine : elle ne diminue pas avec la maladie, ne disparaît pas avec la dépendance, ne s’éteint pas à l’approche de la mort. C’est précisément lorsque l’être humain devient plus vulnérable que notre devoir de protection est impérieux – n’oublions pas que c’est là qu’il devient de plus en plus exigeant.
À ces interrogations éthiques s’ajoute une réalité concrète : l’accès aux soins palliatifs demeure profondément inégal sur notre territoire. Des milliers de nos concitoyens n’y ont toujours pas accès lorsqu’ils en ont besoin. Des équipes spécialisées manquent, des professionnels formés font défaut, si bien que des familles se trouvent seules face à la détresse.
Avant de créer un nouveau droit, avons-nous garanti l’exercice effectif du droit, déjà reconnu à chacun, d’être soulagé et accompagné ? Je ne le crois pas.
Comment parler d’un libre choix entre aide à mourir et soins palliatifs quand ces derniers ne sont pas accessibles à tous ? Un choix n’est libre que lorsqu’il y a une alternative, lorsque toutes les options existent effectivement. À défaut, nous courons le risque qu’un prétendu droit devienne, dans certaines situations, une solution par défaut – par défaut d’accompagnement, de présence médicale, de soutien psychologique ou de soins palliatifs. Ce serait éthiquement inacceptable, car notre responsabilité première n’est pas de proposer la mort, mais de faire en sorte que personne ne souhaite mourir parce qu’il a été abandonné à sa souffrance.
Avant d’ouvrir un droit à l’aide à mourir, assurons-nous que chaque Français puisse bénéficier d’un accompagnement palliatif digne de ce nom. Je souhaite toutefois être parfaitement clair : l’exigence d’un accès universel aux soins palliatifs ne saurait être interprétée comme la condition qui rendrait acceptable la légalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté. L’insuffisance actuelle des soins palliatifs constitue une raison supplémentaire de ne pas adopter ce texte, mais elle n’est pas la seule.
Au-delà des questions d’organisation sanitaire demeure une interrogation fondamentale : celle de la frontière que nous souhaitons maintenir entre l’acte de soigner et l’acte de provoquer la mort. Même dans une société où les soins palliatifs seraient pleinement accessibles, la légalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté continuerait de soulever des objections éthiques majeures touchant à la dignité de la personne, à la mission du médecin, à la protection des plus vulnérables et à notre conception même de la solidarité et de la fraternité.
Les questions éthiques soulevées par ce texte demeurent si profondes qu’elles ne sauraient être tranchées dans les conditions actuelles du débat. C’est pourquoi je propose cette motion de rejet.
L’impossible parodie du soin : quand l’Assemblée exclut les médecins du geste létal
Alors que l’Assemblée nationale pensait achever l’examen de la loi sur la fin de vie dans une indifférence relative, le vote d’un amendement surprise excluant les médecins du geste létal est venu faire vaciller tout l’édifice législatif. Analyse d’une contradiction éthique majeure, alors que la rue se lève pour dénoncer une « culture du déchet ».
Coup de théâtre, ou plutôt, sursaut de vérité. Au cœur de la nuit parlementaire, alors que l’Assemblée nationale s’apprêtait à graver dans le marbre de nos lois le principe d’une mort administrée, un grain de sable d’une force insoupçonnée est venu enrayer la mécanique législative. Contre l’avis du gouvernement et du rapporteur, les députés ont adopté un amendement excluant explicitement les médecins du processus d’administration de la substance létale.
L’argument invoqué pour justifier ce vote n’est autre que le Serment d’Hippocrate. Ce texte millénaire, boussole de la conscience médicale, stipule en termes clairs : « Je ne provoquerai jamais délibérément la mort. » En sanctuarisant cette interdiction, la représentation nationale vient de poser, peut-être malgré elle, un constat d’une gravité extrême : l’euthanasie est ontologiquement incompatible avec la médecine. En voulant sauver la forme, les partisans du texte ont condamné le fond.
La revanche de la déontologie
Pendant des mois, les promoteurs de l’« aide active à mourir » ont tenté de draper ce projet de loi dans les plis du vocabulaire médical, usant de l’expression trompeuse de « soin ultime ». Ce vote dissipe le mirage. En reconnaissant que l’acte de donner la mort violerait le serment des médecins, les parlementaires avouent une vérité fondamentale : administrer le trépas n’est pas soigner. C’est une rupture anthropologique majeure, une transgression que le corps médical ne saurait endosser sans renier sa propre nature.
La médecine existe pour protéger la vie, soulager la douleur et accompagner la vulnérabilité. Elle ne saurait devenir le bras séculier d’une idéologie de l’autonomie absolue qui, à force de vouloir maîtriser la fin, finit par détruire les fondements mêmes de la confiance entre le patient et son médecin. Si la main qui soigne devient celle qui tue, c’est tout l’édifice de la relation thérapeutique qui s’effondre.
Le « mistigri » de la mort dévolu aux infirmiers
Cependant, le texte ainsi amendé sombre dans une profonde et cynique incohérence. Le médecin étant écarté du geste fatal, la responsabilité en incomberait désormais, en l’état actuel du projet, aux seuls infirmiers. Quel aveu de faiblesse, et quelle injustice ! On refuse aux médecins la transgression au nom de leur déontologie, mais on choisit d’en déléguer le fardeau éthique aux bras des infirmiers. C’est feindre d’ignorer que le soin forme un tout indivisible et que la dignité d’une profession ne se construit pas sur le sacrifice de l’autre.
Comme l’a rappelé avec justesse le docteur Claire Fourcade, présidente du pôle plaidoyer de la SFAP, cette situation ubuesque démontre la fragilité extrême et la volatilité d’un texte construit sur des sables mouvants. Les soignants ne forment pas des catégories étanches où les uns pourraient exécuter les basses œuvres évitées par les autres. La communauté soignante, dans son ensemble, refuse d’être l’instrument de cette politique du désespoir. Le soin ne se divise pas ; il s’exerce au chevet du malade pour l’apaiser, non pour l’effacer.
Le sursaut citoyen et le cri des « Éligibles »
Ce bégaiement législatif trouve un écho direct et puissant sur le pavé. Deux jours plus tôt, le 22 juin, à l’appel d’Alliance Vita, des milliers de Français bravaient la chaleur dans une cinquantaine de villes sous une banderole unique : « Nos mourants ne sont pas des encombrants ». Une scénographie de cartons et de sacs-poubelles venait rappeler une question brutale : comment une société fraternelle peut-elle imposer un choix truqué entre souffrir et mourir, plutôt que de donner les moyens de soigner ?
Hier soir encore, mardi 23 juin, alors que les députés s’enfermaient dans l’Hémicycle pour sceller le sort des malades, un ultime sursaut est venu des premiers concernés. Aux Invalides, à quelques pas de l’Assemblée, l’association « Les Éligibles », entourée de nombreux aidants, s’est rassemblée dans une atmosphère de gravité poignante. Venus témoigner de la valeur inestimable de chaque instant de vie, ces malades et ces proches ont opposé leur courage à la froideur des calculs parlementaires. Par leur présence, ils ont rappelé l’urgence d’une véritable solidarité humaine plutôt que d’une réponse de rejet.
« Pourquoi fragiliser davantage un système de santé que nous savons en crise avec des soignants surmenés, des urgences encombrées, des soins palliatifs insuffisants ? », interrogeait Tugdual Derville devant une assemblée subitement confrontée à ses propres paradoxes.
Une inégalité criante face aux soins palliatifs
La mobilisation a mis en lumière un fait accablant : 50 % des départements français ne disposent pas de centre de soins palliatifs permanent. Dans les territoires où ils existent, la demande d’euthanasie est quasi nulle. Le constat est implacable : c’est d’abord un manque de soins que l’on prétend combler par une solution de mort.
Infirmière diplômée d’un master de prise en charge de la douleur, Aliette, présente à la manifestation de Vernon, le rappelait : « Avec les soins palliatifs, on peut soulager sans donner la mort. On doit répondre à une demande de personnes qui ont peur de finir dans d’atroces souffrances ». Opter pour l’aide à mourir, c’est, selon elle, « une démission de l’être humain ».
Face à la chimère, le choix de la vie
Ce double mouvement — le vote des députés reconnaissant l’incompatibilité de l’euthanasie avec la médecine et la mobilisation citoyenne refusant une société où les plus fragiles seraient rejetés — met à nu les contradictions insolubles des apprentis sorciers de l’euthanasie. À force de vouloir habiller la mort administrée des oripeaux de la compassion publique, la loi accouche d’une chimère inapplicable et éthiquement monstrueuse.
Il devient désormais évident que ce texte ne peut être amendé ou rectifié : il doit être rejeté en bloc. La seule réponse digne d’une civilisation face à la souffrance et à la détresse de la fin de vie demeure le développement résolu des soins palliatifs, l’engagement auprès des plus fragiles et le respect inconditionnel de la vie humaine jusqu’à son terme naturel.
Les masques sont tombés. L’euthanasie n’est pas un soin, elle en est la rupture. C’est une culture du déchet, pas une politique de la dignité. Le 15 juillet, les députés auront à choisir : écouter la raison et les citoyens ou persister dans l’aveuglement idéologique. Le choix, pour une société qui se veut véritablement humaine, ne fait aucun doute.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Partie intégrante de la liturgie, l’homélie ne peut être confiée qu’à un ministre ordonné
Le Dicastère pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements, dans une lettre en anglais datée du 17 juin 2026, répond à la question posée par les évêques allemands le 30 mars dernier concernant la possibilité de confier l’homélie, dans des cas exceptionnels, à des laïcs qualifiés.
Dans cette missive adressée à Mgr Heiner Wilmer, président de la Conférence épiscopale allemande, le Dicastère souligne qu’une telle possibilité n’existe pas et que
«la discipline en vigueur ne peut pas faire l’objet d’une dérogation par indult, car l’homélie réservée au prêtre ou au diacre ne résulte pas d’une simple norme disciplinaire, mais découle de la nature même de la liturgie».
L’homélie constitue en effet une partie intégrante de la liturgie, elle est intrinsèquement liée à la proclamation de l’Évangile et représente un exercice du munus docendi (le «pouvoir d’enseigner») confié aux ministres ordonnés par le sacrement de l’Ordre. La proclamation de la Parole au sein de la célébration liturgique est donc inséparable de la mission reçue sacramentellement et de l’unité qui relie la Parole et le Sacrement dans la célébration eucharistique.
La lettre souligne également l’importance de promouvoir la formation permanente des ministres ordonnés afin que l’homélie puisse exprimer pleinement son efficacité pastorale et spirituelle. Enfin, le Dicastère rappelle que la discipline actuelle de l’Église prévoit déjà de nombreuses formes d’annonce de la Parole et de prédication qui peuvent être confiées aux fidèles laïcs en dehors de l’homélie et en dehors de la célébration de l’Eucharistie, conformément au droit canonique et à la nature propre de ces différentes formes d’annonce de l’Évangile.

“Nous sommes responsables devant la vie elle-même, devant notre conscience et devant nos enfants.”
Intervention du député Vincent Trébuchet, UDR, sur la loi sur l’euthanasie :
Nous voici en troisième lecture, et disons-le tout de suite : l’euthanasie, plus on en parle, plus on comprend ce que c’est, moins on y adhère. Depuis 2021, le soutien des députés à l’assistance médicalisée active à mourir ne cesse de s’éroder : il était de 79 % en 2021 ; il est tombé à 75 % en 2023, à 64 % en 2024, à 54 % en 2025, puis à 53 % lors de la précédente lecture du texte, cette année. Et je ne parle pas du Sénat, qui a rejeté en bloc cette proposition de loi, maintes fois. Cette si mal nommée « aide à mourir » est donc minoritaire au Parlement.
Pourquoi donc le soutien à ce texte s’effondre-t-il ainsi ? Peut-être d’abord parce que tout lobbying incessant est suspect. Quand, en février dernier, au moment de la deuxième lecture, la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet – après avoir assuré : « Je ferai tout pour que nous arrivions à l’aboutissement de ces débats avant l’été » – se trouve le matin chez RTL pour faire la promotion du texte, et l’après-midi au perchoir pour assurer la neutralité des débats, cela sème le doute, que voulez-vous. Quand Olivier Falorni, initiateur de cette proposition de loi, est présenté par de nombreux médias comme le nouveau Robert Badinter, cela renforce le doute – sans vouloir faire offense à mon collègue, dont je reconnais les talents. Quand l’audiovisuel public, dont notre commission d’enquête a montré la probité, nous sert matin, midi et soir des reportages à l’eau de rose qui vous donneraient presque envie de prendre un aller sans retour pour la Suisse, on se dit qu’on cherche peut-être à nous forcer la main.
Dernier exemple en date, le 11 juin, l’émission « Ça commence aujourd’hui », avec Faustine Bollaert, affiche un titre passe-partout : « Accompagner un proche jusqu’à son dernier souffle : leur ultime acte d’amour ! » Bien sûr, il ne s’agit pas d’un reportage sur les soins palliatifs, que personne ne connaît, mais d’une démonstration, sans aucune contradiction, dont la conclusion est annoncée dès le titre : l’euthanasie est un acte d’amour. Méchants, si vous être contre, c’est que vous n’aimez pas. Les soignants vous remercient du message.
Quand, enfin, le Conseil constitutionnel refuse l’organisation d’un référendum sur le sujet, alors que 200 parlementaires ont proposé de rendre la parole au peuple français, il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que tout est déjà ficelé en haut lieu et que le peuple n’aura qu’à acquiescer à ce qui est déjà décrété comme un progrès.
Trêve de plaisanterie, tant cette propagande est excessive et clownesque. En réalité, je pense que les députés approuvent de moins en moins ce texte pour des raisons bien plus profondes.
Ils voient déjà que le mot garde-fous est une vaste blague. À chaque nouvelle lecture à l’Assemblée, les députés favorables à l’euthanasie reviennent, en commission, sur ces fameux garde-fous. Nous avions réussi à obtenir que le suicide assisté soit la règle, et l’euthanasie l’exception ; ce garde-fou a sauté. Nous avions réussi à rétablir un peu d’objectivité, en obtenant que la mort par euthanasie ne soit pas déclarée mort naturelle ; à nouveau, ce garde-fou a sauté. L’un comme l’autre ont sauté, après bien d’autres : bien sûr, les amendements visant à rendre la décision plus collégiale, à renforcer les clauses de conscience, à interdire la publicité pour le suicide assisté, à contrôler les pressions et les gains financiers, à protéger les personnes fragiles ont tous été rejetés.
Au fond, ce qui fait douter les députés jusque-là convaincus qu’il fallait légiférer pourrait se résumer en un mot : fragilité, ou vulnérabilité. Tous, nous pourrions être un jour dans la situation d’avoir recours à l’euthanasie. Et l’on se dit que, peut-être, ce jour-là, si quelqu’un nous propose d’appuyer sur le bouton « fin », nous serons trop fragiles pour dire non.
Surtout dans une France dont le système de santé est à l’agonie, où le nombre de seniors va exploser, où le poids de la dépendance et des retraites pèsera considérablement sur le budget. Ce jour-là, la proposition de quitter la scène risque fort d’être insistante. Qui peut dire qu’il aura assez de force intérieure pour savoir et dire vraiment ce qu’il souhaite ?
Position égoïste, me direz-vous. Mais où est l’égoïsme ? Dans ce regard qui reconnaît sa propre vulnérabilité comme pouvant être celle de tout homme, et devant donc être protégée ? Ou bien dans cet hémicycle, dans nos rangs de bien portants qui ont décrété qu’à partir de tel stade de pathologie, physique ou psychique, mourir dans la dignité signifiait – de préférence – mettre fin à ses jours et disparaître proprement ?
Chers collègues qui êtes contre ce texte, qui pensez que la société, au seuil de la mort, doit continuer à donner ce qu’elle peut donner de mieux – le soin et le sourire aimant, la présence et non la mort sur demande –, je vous adresse l’invitation de La Marseillaise : « Aux armes ! » Aux armes du débat ; aux armes, car l’heure est grave, et rien n’est perdu. L’Écosse, le 17 mars dernier, en troisième lecture – celle que nous commençons aujourd’hui –, a rejeté le projet de loi sur le suicide assisté. La même semaine, l’Espagne, qui a fait le choix inverse, euthanasiait Noelia Castillo Ramos, jeune paraplégique dépressive de 25 ans, contre l’avis de ses parents ! Choisissons. Nous sommes responsables devant la vie elle-même, devant notre conscience et devant nos enfants.
La question de Vatican II
« Certes, la division entre les chrétiens est un point douloureux. Cependant, ils refusent d’accepter certains éléments fondamentaux de l’Église, à commencer par plusieurs points du Concile Vatican II. S’ils prennent cette décision, j’en suis désolé. Mais nous devons aller de l’avant. »
Nos faiblesses face aux empires
De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :
La collection « Débats des Bernardins » chez l’éditeur Desclée de Brouwer nous a déjà offert de remarquables ouvrages (j’avais notamment eu l’occasion, dans le n° 1516, d’évoquer le débat entre Mgr Leborgne et Charlotte d’Ornellas sur l’immigration). Le débat entre Pascal Boniface et Pierre Lellouche est, lui aussi, d’une excellente qualité – de ces ouvrages qui vous donnent l’impression de devenir intelligents en les lisant! – et il traite l’une des questions les plus redoutables de la diplomatie contemporaine.
Les deux auteurs sont bien connus. L’un est de gauche et fondateur de l’Institut de relations internationales et stratégiques, tandis que l’autre est ancien ministre sarkozyste. Je n’ai pas toujours été d’accord avec eux – loin de là – mais je les ai toujours lus avec intérêt car, au-delà de leurs choix idéologiques, ils figurent parmi les meilleurs spécialistes français des relations internationales.
Le thème sur lequel ils ont « planché » aux Bernardins est important pour l’avenir du monde: de plus en plus de pays majeurs ont une logique « impériale ». Mais, d’abord, de quoi parle-ton lorsque l’on parle d’empire? S’agit-il d’organismes politiques multinationaux ? S’agit-il de prédateurs ? S’agit-il de nations affichant leur continuité civilisationnelle? Cela peut être un peu de tout cela – et l’un des enjeux majeurs de ce débat est de clarifier le concept qui est tout, sauf univoque. Les auteurs cantonnent leurs regards à trois « empires » puissants : les États-Unis, la Chine et la Russie – et notent que les deux derniers sont « révisionnistes » (au sens de la volonté de réviser l’ordre international né de 1945) et que le premier semble les rejoindre sur ce point avec les notables évolutions que Donald Trump apporte à la diplomatie américaine.
En contrepoint, ils observent sans surprise que l’Union européenne apparaît comme un nain politique – malgré sa puissance économique. Il est d’ailleurs frappant que ces deux hommes qui représentent la droite et la gauche modérées (qui, ensemble, ont imposé le dogme européiste) sont extrêmement critiques sur l’Union européenne. Ils tombent d’accord pour affirmer que cette dernière n’a joué aucun rôle dans la paix des sept ou huit dernières décennies (très largement due à la protection de l’OTAN sur l’Europe de l’ouest) et, surtout, pour affirmer que l’UE se présente comme une proie grasse et consentante aux crocs des prédateurs.
C’est ici que le débat devient réellement déterminant pour l’action politique. Face aux « empires », les auteurs (Pierre Lellouche en particulier, mais il n’est pas contredit sur ce point par Pascal Boniface, avec lequel il partage l’essentiel de ses analyses) conviennent que la nation française doit redevenir forte (notamment militairement) – et doit refuser de se cacher derrière une improbable défense européenne (et même derrière l’OTAN, dont il y a fort à parier que les États-Unis se désengagent dans les années à venir). En définitive, ce livre est surtout intéressant pour ce qu’il dit de nous et de nos faiblesses (voulues), plus que pour ce qu’il dit du reste du monde!
Euthanasie : Grande chaîne de prière pour les députés français
À l’approche du vote définitif sur le projet de loi relatif à l’aide à mourir, rejoignez une grande chaîne de prière pour les députés français. Choisissez un député et engagez-vous à prier pour lui jusqu’au 15 juillet, afin que l’Esprit Saint l’éclaire dans sa mission. Parce que chaque décision compte, et que chaque prière compte aussi.
Voici le lien pour vous inscrire
Nous croyons profondément que la prière peut toucher les cœurs, ouvrir des chemins inattendus et porter l’espérance là où tout semble déjà joué.
Merci de tout cœur pour votre soutien et votre engagement pour défendre cette cause si importante.
Mathieu Bock-Côté et Laurent Dandrieu : faut-il être un pessimiste joyeux ?
Êtes-vous pessimiste ou joyeux ? Ou comme Mathieu Bock-Côté, êtes-vous un pessimiste joyeux ?
Pourquoi une telle question ? Tout simplement parce qu’à l’occasion de la sortie du Pessimiste joyeux (Fayard), livre d’entretiens de Mathieu Bock-Côté et Laurent Dandrieu, Philippe Maxence a reçu, au micro du Club des Hommes en noir, les deux auteurs pour un long entretien sur la généalogie des idées de l’écrivain et essayiste québécois, vedette de CNews et sur les points importants de sa pensée.
Un dialogue passionnant, vivant de bout en bout, et qui profite de l’analyse de deux observateurs attentifs de notre monde et de notre époque.
L’extraordinaire histoire du pèlerinage des pères de famille
Dans un ouvrage préfacé par Mgr Rey, Pierre Chazerans retrace l’histoire du pélé des pères de famille, Pères et pèlerins, dont l’origine remonte à 1976, lors d’une marche entre deux amis. 50 ans après, ce sont plus d’une centaine de pèlerinages de pères de famille qui se déroulent chaque année en France et dans le monde ?
Comment de deux, on est passé à plusieurs dizaines de milliers de pèlerins ? Comment deux sanctuaires, alors abandonnés, dédiés à Marie, à Joseph et à la Sainte Famille sont devenus en 50 ans le centre spirituel de la dévotion mariale, de la dévotion à saint Joseph, de la dévotion à la Sainte Famille ?
Le lecteur (re)découvrira le lien entre les deux sanctuaires de Cotignac, le roi Louis XIII, Jean-Louis et Michel et toutes ces routes de pèlerinage qui se sont ouvertes depuis 50 ans.
Et les grâces ont coulé : désir d’enfant, conversion, pardon, retour à la Foi, guérison, recherche de travail, paix familiale… le livre donne quelques témoignages émouvants.
5000 bouteilles de vin pour aider les sœurs de Solan à acheter un nouveau tracteur
Résumé de l’opération en cours
Installées au cœur du Gard, entre Provence et Cévennes, les 20 sœurs du monastère de Solan vivent de prière (liturgie chrétienne-orthodoxe), et de travail agricole, les mains dans la terre !
Depuis leur arrivée en 1992, elles cultivent l’intégralité de leur domaine en agriculture biologique. Leur vignoble, en particulier, s’étend sur 5 hectares, et représente aujourd’hui la principale source de revenus de la communauté.
Mais il y a quelques semaines, leur tracteur, l’outil le plus indispensable pour leur vignoble BIO, est tombé en rade après 17 ans d’utilisation… Il leur faut donc le remplacer, et vite !
Pour financer cela, elles ont besoin d’un coup de pouce, et organisent dans ce but une grande vente en ligne de leurs vins monastiques et bio.
Objectif minimum : vendre au moins 5000 bouteilles d’ici le 28 juin !
Pour participer à l’opération, vous pouvez :
- passer commande ici : https://divinebox.fr/operation-vin-monastere-solan/
- en parler autour de vous, notamment en partageant via ce lien Whatsapp

Soeur Iossifia sur le tracteur qu’il faut remplacer © Monastère de Solan
En savoir un peu plus sur les soeurs de Solan et leur travail
L’histoire du monastère de Solan commence en 1981, près de Grenoble, avec la fondation d’une communauté issue du Mont Athos, en Grèce. Et en 1992, comme la communauté s’agrandit, les sœurs s’installent à Solan et restaurent une ancienne ferme et ses terres environnantes.
Aujourd’hui, les 20 moniales orthodoxes vivent selon la règle de saint Basile, partageant leurs journées entre la prière – deux offices le matin et deux le soir – et le travail manuel qui leur permet de vivre financièrement. Elles occupent donc une partie de leurs journées avec les travaux des champs, le potager, les vignes et le verger.
Et à Solan, tout est cultivé en bio. Leurs produits ont donc tous le label “Agriculture Biologique” mais plus largement, les sœurs font un magnifique travail pour préserver la nature et mettent en œuvre de nombreuses pratiques agroécologiques pour prendre soin des sols. Par exemple, elles couchent l’herbe dans les rangs de vigne afin de retenir l’humidité et de limiter les effets de la sécheresse qui sévit dans leur région du Gard.
Le vignoble, planté en 1992, reflète parfaitement cette exigence. En effet, les vendanges sont réalisées à la main et les meilleurs raisins sont sélectionnés directement à la parcelle, pour un rendement d’environ 35 hectolitres par hectare. Certains vins sont ensuite élevés un an en barrique avant d’être mis en bouteille. Toutes les étapes sont réalisées sur place, au monastère, par les sœurs elles-mêmes.

Les soeurs de Solan en pleines vendanges dans leurs vignes © Monastère de Solan
Quels sont les vins disponibles durant la vente ?
Pour cette opération, voici les vins que les soeurs proposent :
- La cuvée « Sainte-Catherine » : vin blanc bio élaboré à partir d’un seul cépage, le rolle. Élevé six mois en barrique, cela lui donne une belle complexité. Malgré son origine du sud de la France, il rappelle par sa finesse certains blancs de Bourgogne, avec des notes florales, d’agrumes et de fruits exotiques. Il accompagne parfaitement les poissons grillés ou en sauce, ainsi que les coquillages.
- La cuvée « Mon bien aimé avait une vigne » : Vin rosé bio assemblant grenache, cinsault, rolle et syrah, premier vin produit par les sœurs du monastère de Solan. Sa macération plus longue lui donne une robe saumon soutenue et du caractère, avec des notes de pêche et de fruits rouges. Il accompagne grillades, poissons en sauce, charcuteries et plats provençaux.
- La cuvée « Saint-Martin » : Vin rouge bio du monastère de Solan, cultivé en agroécologie dans le Gard. Assemblage de grenache, cinsault, caladoc, syrah et cabernet franc, élevé uniquement en cuve pour préserver l’expression du fruit. Son nom rend hommage à saint Martin de Tours. Souple et facile à boire, il accompagne viandes rôties, volailles, charcuteries et repas estivaux entre amis.
- La cuvée « Saint-Ambroise » : Vin rouge bio du monastère de Solan, issu d’un petit vignoble de 6 hectares cultivé en agroécologie, vendangé manuellement avec un rendement digne des grands crus. Placé sous le patronage de saint Ambroise, il fait partie des meilleures cuvées des sœurs et est élevé en barrique. Soyeux et long en bouche, il s’accorde parfaitement avec les viandes en sauce et les fromages au lait cru.
Avis aux amateurs de (très) bons vins !

Les cuvées proposées par les moniales de Solan pour cette opération spéciale © Divine Box
Dans toute la France, une alerte citoyenne – « Nos mourants ne sont pas des encombrants »
Alors que les députés ont entamé l’examen en 3ᵉ lecture de la proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, des rassemblements ont eu lieu dans plus de cinquante villes en France à l’appel d’Alliance VITA.
À Paris, à proximité de l’Assemblée nationale et dans plus de cinquante villes en France, des mobilisations simultanées ont rassemblé des citoyens qui refusent cette loi dangereuse et injuste et défendent une société solidaire et protectrice des plus vulnérables.
Le message central de la mobilisation, « Nos mourants ne sont pas des encombrants », a été porté simultanément sur tout le territoire par une scénographie en forme d’alerte : « Aucune vie n’est de trop ».
Face à la souffrance, défendre l’accompagnement
Face à la maladie, au handicap, à la dépendance et au grand âge, une société fondée sur la fraternité ne devrait pas imposer un choix truqué entre souffrir et mourir, mais se donner les moyens de soigner, soulager et accompagner les plus fragiles de ses membres sans porter atteinte à leur vie.
Un texte aux conséquences lourdes
Dans un contexte de tensions sur le système de santé et d’inégalités d’accès aux soins palliatifs, les participants ont dénoncé les conséquences d’une telle loi sur :
- L’universalité des politiques de prévention du suicide.
- Le sens du soin et la relation soignant-soigné.
- Le regard porté sur les personnes les plus fragiles, qui pourraient se sentir “de trop”.
Tugdual Derville, porte-parole d’Alliance VITA, a déclaré :
« Ayons bien conscience qu’en toute fin de vie, le risque est grand d’être poussé vers la sortie par manque d’attention, de considération, d’accompagnement. Par lassitude, impatience, égoïsme. […] On parle d’un droit individuel, mais c’est largement le regard que nous portons tous sur les plus fragiles qui maintient ou pas leur goût de vivre. La loi en débat aurait à ce titre un impact particulièrement injuste : stigmatisant, discriminatoire, décourageant. Elle désignerait une catégorie de personnes dont la vie serait indigne d’être protégée. »
Une mobilisation pour défendre une autre vision de la société
À travers ces rassemblements, les participants mobilisés ont partagé les revendications portées par Alliance VITA :
- faire de l’accompagnement et du soulagement de tous les plus éprouvés le socle de la solidarité,
- sauvegarder l’universalité de la prévention du suicide,
- rendre effectif et opposable l’accès aux soins palliatifs,
- protéger le système de santé de la pire dérive, celle qui assimile l’empoisonnement délibéré à un soin.
Une mobilisation qui s’inscrit dans la durée
Alliance VITA conclut :
« Quant à nous, nous resterons toujours mobilisés pour la protection des vies les plus éprouvées car c’est notre raison d’être et de manifester : solidaires des plus fragiles. »
📣 Nous ne voulons pas d’une société qui laisse entendre que la vie des personnes en fin de vie n’a plus de valeur et qui organise la mise à mort de ceux qui se sentiraient « de trop ».
Nous voulons :
– que notre société fasse de l’accompagnement et du soulagement de tous les… pic.twitter.com/hUmC32hZwi— Alliance VITA (@allianceVITA) June 22, 2026
📣 A quoi bon se battre pour prendre soin, soulager et accompagner quand l’option de facilité – l’administration de la mort – se répand, déguisée avec les mots de la solidarité ?
Comment seront regardés ceux qui s’accrocheront à la vie quand d’autres auront été salués pour avoir… pic.twitter.com/ispgG4UMT5— Alliance VITA (@allianceVITA) June 22, 2026
📣 Il faut prendre conscience de l’ampleur de l’enjeu :
on présente les choses comme un droit pour quelques-uns, mais le message sous-jacent est tout autre : de nombreuses personnes gravement malades, dépendantes ou en fin de vie se sentiraient visées.Car chacune serait… pic.twitter.com/91ZbUCucNL
— Alliance VITA (@allianceVITA) June 22, 2026
📣 Une société s’humanise quand elle progresse dans la façon de traiter ses membres les plus fragiles.
C’est ce que nous voulons rappeler ce soir, dans toute la France, à la même heure, alors que revient pour la troisième fois à l’Assemblée nationale – par la volonté du… pic.twitter.com/5CGW8wlnsx
— Alliance VITA (@allianceVITA) June 22, 2026
📣 La légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté enverrait un signal délétère selon lequel certaines vies, considérées comme inutiles, ne seraient qu’un poids pour les proches ou la société.@AllianceVita21 #Dijon #FinDeVie #AllianceVITA pic.twitter.com/SEcfn8KGgu
— Alliance VITA (@allianceVITA) June 22, 2026
📣 Cette mobilisation nationale entend rappeler que toute personne garde toute sa dignité et toute sa place dans la société, quels que soient son état de santé et son degré d’autonomie.#Lyon #Findevie @AllianceVITA69 pic.twitter.com/8uOTBYHkht
— Alliance VITA (@allianceVITA) June 22, 2026
📣 Ce soir, partout en France, des citoyens se rassemblent pour refuser une loi dangereuse et injuste et défendre une société solidaire et protectrice des plus vulnérables.#Lyon #AllianceVITA #FinDeVie pic.twitter.com/0dfbPWDBmy
— Alliance VITA (@allianceVITA) June 22, 2026
“Nos mourants ne sont pas des encombrants !”
📣 Alors que les débats sur l’euthanasie et le suicide assisté ont repris aujourd’hui à l’Assemblée nationale, Alliance VITA se mobilise à Paris, Lyon, Toulouse, Marseille et plus de 50 villes pour alerter l’opinion publique sur le… pic.twitter.com/NjI7jWgb2s— Alliance VITA (@allianceVITA) June 22, 2026
Echec de la motion de rejet de la loi sur l’euthanasie
Hier, en ouverture des débats d’examen de la loi sur l’euthanasie, les députés ont du se prononcer sur une motion de rejet préalable présentée par Patrick Hetzel (LR) avant d’aborder les 1831 amendements déposés. Patrick Hetzel a expliqué :
« La motion que je présente ne vise pas à nier la souffrance de certains malades, elle vise à dire qu’un texte d’une telle portée ne peut être adopté dans les conditions actuelles, parce qu’il intervient avant que notre pays n’ait garanti à tous un accès effectif aux soins palliatifs ». « Même lorsque l’intention invoquée est la compassion, provoquer la mort ne saurait être un acte thérapeutique ». « Nous sommes en train de définir un nouveau principe juridique, moral et éthique » : « la question qui nous est posée est profondément éthique : que doit faire une société juste quand un de ses membres souffre ? Doit-elle considérer que certaines vies sont devenues si marquées par la maladie ou la dépendance que la réponse appropriée consiste à organiser les conditions de leur disparition ? Ou doit-elle considérer que plus une personne est vulnérable, plus notre devoir est de solidarité et devrait être de plus en plus élevé ? »
La motion a été finalement rejetée par 139 voix contre 91.
Le député RN Christophe Bentz a déclaré :
Je suis très fier de mon pays, la France, de son histoire, de sa culture, de ses paysages, de son économie, de son tissu social, de sa recherche et de sa médecine. Il y a vraiment de quoi être fier !
Mais aujourd’hui, je suis très inquiet pour mon pays à cause ce texte, qui est, à mon sens, très dangereux. Certes, notre pays n’est pas parfait. Il traverse un certain nombre de crises liées aux défaillances de notre système de santé, en particulier de l’accès aux soins. C’est vrai. Mais ça, ça se corrige. Ça se réforme avec des politiques publiques. La mort, elle, est irréversible. Elle ne se corrige pas et ne se réforme pas.
Nous portons donc une immense responsabilité collective en légiférant sur un texte d’une telle gravité. Je le répète, je suis fier de mon pays, mais je ne veux pas qu’il abandonne les patients, les malades et les souffrants. Nous devons – c’est notre devoir collectif – accompagner jusqu’à la fin les personnes qui souffrent. Nous avons voté, il y a quelques semaines, le magnifique texte sur les soins palliatifs qui a été déposé et rapporté par Annie Vidal. Ce texte représente un véritable progrès social et médical. La seule chose que je vous demande aujourd’hui, c’est de laisser leur chance aux soins palliatifs. Laissons-leur le temps de se déployer, donnons-leur les moyens d’accompagner jusqu’à la fin les personnes qui souffrent. Laissons la France soigner la vie jusqu’à sa fin.
L’appartenance à la franc-maçonnerie incompatible avec la déontologie des magistrats
Alors que la possibilité pour un magistrat d’appartenir à la franc-maçonnerie est questionnée depuis des années, mais semblait relever jusqu’ici de la liberté de pensée et d’association, le Collège de déontologie des magistrats de l’ordre judiciaire (CDJ), en réponse à une question qui lui était posée par un juge, vient de poser le principe suivant dans un avis du 9 juin :
« L’appartenance à la franc-maçonnerie est incompatible avec les obligations déontologiques qui pèsent sur tout magistrat lorsque le serment prêté induit une allégeance ou une solidarité prioritaire. A défaut, elle suscite des réserves importantes et appelle la plus grande vigilance du magistrat au regard du respect, dans l’apparence comme dans la réalité, des principes d’indépendance, d’impartialité et de neutralité ».
Par courrier électronique du 26 mai, un magistrat – anonymisé -, explique avoir été approché par le représentant d’une loge maçonnique pour lui fournir des renseignements en vue d’un « rapprochement éventuel ». L’intéressé raconte avoir consulté beaucoup de littérature sur le sujet et conclu que le fonctionnement de la maçonnerie ne lui apparaissait pas incompatible avec les dévoirs du magistrat. Toutefois, il a estimé nécessaire de recueillir l’avis du collège avant de se décider.
Allégeance et secret
L’avis commence par rappeler le principe : un magistrat est libre d’adhérer à une association.
« Toutefois, note le collège, cette appartenance ne doit, comme l’indique la charte (de déontologie ndlr), ni créer de conflit d’intérêts ni « rejaillir sur la fonction ». À cet égard, il est important de rappeler que l’engagement privé du magistrat ne saurait « influencer ou paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif d’une fonction ».
Or, l’adhésion à la franc-maçonnerie, ainsi que le révèle la note wikipedia sur laquelle s’est appuyé le collège pour mener sa réflexion, évoque un serment d’allégeance ou d’obéissance ; il relève aussi l’obligation de « secret de principe » entourant les activités de l’association, qui comporte un risque au regard de l’apparence d’impartialité et d’indépendance. Enfin, le collège rappelle que l’appartenance à la franc-maçonnerie a été à l’origine d’au moins un scandale dans l’univers judiciaire.
Les dangers seraient d’autant plus élevés dans une petite juridiction et poseraient par ailleurs des difficultés spécifiques pour un président de juridiction qui serait gêné dans sa mission par les caractéristiques (allégeance et secret) évoquées précédemment.
La dernière ligne droite
illustration: « Près du lit de mort » (Ved dødssengen), Edvard Munch, 1894.
Les proches sont debout, impuissants. Le mourant est hors-champ. Son visage est invisible. Le tableau de Munch répond d’avance à la loi : le mourant est déjà effacé.
« Personne ne vous obligera à mourir. » Cette promesse est fausse. Le 15 juillet, vous voterez peut-être la mort de quelqu’un. Peut-être la vôtre. On vous parle de liberté, de progrès, de dignité. Des mots de professionnels de la communication.
On vous rassure : des conditions strictes encadreront la loi. Maladie incurable, souffrance réfractaire, capacité de discernement. Des délais, des avis multiples. On vous cite les Pays-Bas, la Belgique, le Canada. Des pays civilisés, disent-ils.
Mais posons-nous la question autrement : dans ces pays, les protocoles ne se sont-ils pas assouplis d’année en année ? Ce qui commençait comme une « exception ultime » ne devient-il pas, avec le temps, une solution ordinaire ? La pente glissante n’est pas une théorie. C’est un fait clinique. Le Canada vient de prendre peur de sa propre loi : dix ans après avoir légalisé l’euthanasie, un comité parlementaire recommande d’exclure indéfiniment les malades mentaux, jugeant impossible de distinguer un désir de mourir d’une souffrance qu’on peut soigner. Les Pays-Bas, eux, l’administrent déjà à des patients déments qui ne peuvent plus confirmer leur consentement.
Alors oui, la loi française aura des garde-fous. Au début.
Le mirage du consentement
Le médecin qui entrera vous connaît. Il vous soigne depuis des mois. Il a porté vos angoisses et celles de votre famille. Ce jour-là, la loi l’autorisera à faire ce que la médecine s’était toujours interdit : provoquer délibérément la mort.
Vous imaginez que ce sera votre choix. Mais quand la douleur occupera tout l’espace, quand l’épuisement aura brisé vos défenses, quand vous lirez dans les yeux de vos proches, usés par des semaines de veille, ce souhait muet que « tout cela finisse »… Serez-vous vraiment libre ? Saurez-vous faire la différence entre le désir de mourir et l’immense besoin que la douleur s’arrête ?
On vous parle de « capacité de discernement ». Mais le discernement a-t-il jamais résisté à des nuits blanches de souffrance ? À la morphine ? À la fatigue de vivre ?
La clause de conscience : un leurre
On vous promet que les médecins pourront refuser. C’est un miroir aux alouettes. Le texte est écrit : le médecin pourra refuser l’injection létale. Mais il aura l’obligation légale d’orienter le patient, de fournir les pièces, de guider la démarche vers un confrère plus conciliant.
On lui retire le droit de dire « Non ». On lui accorde seulement le droit de dire : « Pas moi, mais je vous livre le nom de celui qui va le faire. » Cette collaboration forcée vide la liberté de conscience de sa substance. Le médecin n’est plus un refuge. Il est le premier maillon de la chaîne.
La question que les députés esquivent
Dans quel autre domaine de l’existence la réponse à la détresse consiste-t-elle à supprimer celui qui appelle à l’aide ?
• Un enfant coule à l’école : on l’accompagne.
• Un homme sombre dans la dépression : on le soigne.
• Un vieillard meurt de solitude : on lui rend visite.
Pourquoi la mort deviendrait-elle le soin ultime du mourant ?
On vous répondra : « Les soins palliatifs ne répondent pas à toutes les souffrances. » C’est vrai. Mais parce qu’une solution est imparfaite, doit-on la remplacer par une seringue ? Parce que la présence est exigeante, doit-on choisir l’absence définitive ?
Les soins palliatifs réclament du temps, de la présence, de l’argent, de l’épaisseur humaine. Ils n’offrent pas le spectacle d’une solution instantanée en un coup de piston. Mais ils restent humains parce qu’ils refusent de confondre l’anesthésie définitive avec la thérapeutique.
Une rupture de civilisation
Le 15 juillet, le vote ne portera pas sur un aménagement technique de la fin de vie. Ce sera une rupture. La société ne demandera plus à la médecine de protéger la vulnérabilité, mais d’administrer la disparition de ceux qui coûtent ou qui pèsent. La valeur de la vie humaine ne dépendra plus de son existence, mais de son utilité sociale ou de son coût.
On vous dira : « La liberté, c’est choisir sa mort. » La vraie liberté, c’est de pouvoir compter sur une société qui ne vous abandonne pas quand vous êtes à bout de forces.
Ce que vous pouvez faire
Il vous reste, avant le verdict du 15 juillet, un acte de résistance : diffusez ce texte, transmettez-le à vos proches, mais surtout à votre député. Un parlementaire ne vote pas en fonction de la vérité d’un dossier : il vote en fonction du bruit qui monte de sa circonscription. C’est ainsi qu’il garde son siège. Faites-lui savoir qu’un vote sur la vie ne s’oublie pas un jour d’élection. Écrivez-lui, interpellez-le par courriel ou sur ses réseaux sociaux, joignez-lui ces lignes — avant que le vote ne scelle ce que nous choisissons de faire de notre humanité commune.
Que chacun vote, mais que personne ne feigne l’ignorance. Derrière la rhétorique lissée de l’« aide à mourir », il y aura un homme affaibli, une famille à bout de bras, un médecin acculé.
Et cette question que le silence des cimetières ne résoudra jamais :
« Est-ce ma volonté qui s’est exprimée, ou la suggestion d’une société qui me faisait comprendre que je n’avais plus ma place ? »
VOUS POUVEZ MAINTENANT DIFFUSER CE TEXTE ET L’ENVOYER À VOTRE DÉPUTÉ.
Avant le 15 juillet. Avant que le vote ne scelle ce que nous choisissons de faire de notre humanité commune.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Retour de la droite en Colombie
L’avocat antisystème soutenu par les États-Unis, Abelardo de la Espriella, a remporté le second tour de l’élection présidentielle en Colombie dimanche, face au sénateur de gauche Ivan Cepeda, allié du président sortant Gustavo Petro.
Les résultats le donnent gagnant avec 49,7% des voix, devant Ivan Cepeda (48,7%). Le président élu prendra ses fonctions le 7 août, pour un mandat de quatre ans.
La Colombie passe à droite après l’Argentine, le Chili et l’Équateur.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a vanté sur X une future collaboration «en matière de sécurité» et pour «mettre fin à l’immigration clandestine vers les États-Unis». Le président américain Donald Trump a publié sur son réseau Truth social une photo du millionnaire colombien, accompagnée du message: «il a gagné, et largement!».
Conflits dresse le portrait d’Abelardo de la Espriella :
Avocat médiatique sans expérience de gestion publique, admirateur revendiqué de Donald Trump, Javier Milei et Nayib Bukele, il a construit sa campagne autour d’un discours de rupture complète, structuré autour de la réduction drastique de la taille de l’État, de la restauration de l’ordre public, de la relance des activités extractives et d’une politique répressive contre le crime organisé.
Le premier tour de scrutin, organisé le 31 mai dernier, a bouleversé tous les pronostics. Abelardo de la Espriella est en effet arrivé en tête avec 10,36 millions de voix, soit 43,74 % des suffrages. Iván Cepeda, souvent donné premier dans les sondages, le suivait avec 40,9 %. En revanche, Paloma Valencia s’est effondrée à seulement 6,92 % des bulletins exprimés, en dépit de son succès massif lors des primaires de mars.
Ce résultat révèle l’ampleur du vote anti-Petro, puisqu’une partie importante de l’électorat conservateur a décidé d’abandonner les formations traditionnelles pour se rallier à un candidat perçu comme plus radical et plus capable d’imposer l’ordre.
La géographie électorale a par ailleurs fait apparaître deux pays irréconciliables. D’un côté, les régions centrales et économiquement dynamiques soutiennent massivement Abelardo de la Espriella. De l’autre, les périphéries rurales et les territoires les plus marqués par le conflit armé entre l’État colombien et les anciennes FARC demeurent clairement favorables à Cepeda.
Pour sa part, l’entre-deux-tours a transformé l’élection colombienne en enjeu international. La quasi-totalité de la droite nationale et internationale s’est en effet rassemblée derrière Abelardo de la Espriella. Paloma Valencia et Álvaro Uribe ont ainsi ouvertement appelé à voter pour lui, tandis que Claudia López a apporté son soutien à Iván Cepeda.
Le tournant décisif est intervenu le 17 juin, lorsque le président américain Donald Trump a accordé son « soutien total » au candidat conservateur. Un tel appui a immédiatement été exploité comme une preuve de crédibilité internationale par l’équipe de campagne d’Abelardo de la Espriella.
La confrontation est alors devenue autant géopolitique qu’électorale : le second tour allait-il marquer le retour dans l’orbite stratégique de Washington ou, au contraire, la poursuite de l’ancrage progressiste latino-américain ?
Une victoire serrée et un pays coupé en deux
Signe de grandes tensions idéologiques, le second tour du 21 juin a enregistré une participation historique de 63,59 %, soit plus de 26,3 millions de votants.
Selon le dépouillement préliminaire, Abelardo de la Espriella l’a finalement emporté avec 12 959 542 voix, soit 49,66 % des suffrages, là où Iván Cepeda obtenait 12 708 695 voix, soit 48,70 % (les votes blancs et nuls étant décomptés à part).
L’écart final n’est ainsi que de 250 847 voix, soit moins d’un point.
Sans surprise, le vainqueur doit son succès avant tout aux grands centres économiques colombiens (départements d’Antioquia, de Santander ou encore de Cundinamarca), à la diaspora installée en Amérique du Nord et à l’effet rassurant produit par son colistier, José Manuel Restrepo, ancien ministre des Finances d’Iván Duque. Iván Cepeda domine quant à lui Bogotá, la côte Pacifique (départements de Chocó, du Valle del Cauca ou encore de Nariño) et plusieurs régions historiquement marginalisées de la nation (comme les départements de Vichada et de Vaupés, dans l’est et le sud du pays).
Néanmoins, la gauche a immédiatement refusé de reconnaître sa défaite, puisque Gustavo Petro et Iván Cepeda ont pointé des irrégularités présumées et contesté les résultats devant les autorités électorales, en dénonçant de possibles fraudes dans 33 000 bureaux de vote. Des manifestations ont alors éclaté dans plusieurs grandes villes du pays, notamment à Cali (ouest).
Le pari impossible d’« El Tigre »
Le 7 août 2026, Abelardo de la Espriella, surnommé « El Tigre », devrait malgré tout faire son entrée à la Maison de Nariño (siège de la présidence) à l’issue d’une victoire fragile et au sein d’un pays profondément divisé.
Les défis de son gouvernement sont nombreux, étant donné qu’il devra simultanément restaurer la sécurité, sauver un système de santé proche de la faillite, réduire un déficit budgétaire devenu préoccupant et négocier avec un Congrès où aucune majorité stable n’existe. Il lui faudra également composer avec une opposition de gauche encore forte.
L’ancien outsider, qui a bâti sa campagne sur la promesse d’incarner un « Bukele colombien » (en référence à la politique répressive et carcérale très marquée de l’actuel chef d’État salvadorien), devra dans tous les cas faire face à des contraintes institutionnelles, à une urgence budgétaire et à la polarisation extrême de la société.
Le pape salue l’engagement de la Fondation Lejeune en faveur de la vie et de la dignité humaine
Le pape a reçu ce jour les membres de la Fondation Jérôme Lejeune :
Chers membres de la Fondation,
chers parents du Vénérable Professeur Jérôme Lejeune,
chers amis,
c’est une joie de marquer le centenaire de la naissance de Jérôme Lejeune avec vous, membres de la Fondation qui porte son nom et qui poursuit son œuvre.
Touché par la détresse des enfants porteurs d’handicap, le Professeur Lejeune leur a consacré sa vie de chercheur scientifique. Sa plus fameuse découverte, celle de l’anomalie chromosomique responsable de la trisomie 21, fit de lui le précurseur de la génétique moderne, reconnu dans le monde entier ; la longue liste de ses titres honorifiques en témoigne. Mais il fut aussi un médecin par vocation et n’eut de cesse de travailler pour trouver un traitement, afin de soulager la détresse de ses patients qu’il appelait « les pauvres parmi les pauvres ». Il défendit ardemment la vie et la dignité des plus fragiles, fût-ce au prix de sa carrière : « La médecine – aimait-il affirmer – c’est la haine de la maladie et l’amour du malade ».
Conscient de l’excellence académique du Professeur Lejeune et de son inlassable dévouement pour l’Église, le Pape saint Paul VI le nomma membre de l’Académie Pontificale des Sciences. Par la suite, comme vous le savez, sa profonde amitié nouée avec saint Jean-Paul II et leur vision commune en faveur de la défense de la vie ont été à l’origine de la création de l’Académie Pontificale pour la Vie, que le Professeur Lejeune voyait comme institution nécessaire face à la multiplication des menaces contre la vie.
Homme de science et de sagesse, Jérôme Lejeune a rapidement compris que sa découverte scientifique serait utilisée pour éradiquer les personnes porteuses de trisomie 21 avant leur naissance. Il n’hésita pas alors à se faire leur avocat, dénonçant la transgression du serment d’Hippocrate et ce nouvel eugénisme, qu’il qualifiait de « racisme chromosomique ». Ses prises de parole prophétiques le conduisirent à défendre la vie de toute personne humaine en référence à l’inviolable dignité qui a son origine dans l’acte créateur de Dieu. Il interpela à cet égard et conseilla des institutions et des souverains du monde entier. Ce combat lui valut d’être malmené dans certains milieux scientifiques.
Le Professeur Lejeune était conscient que si la technique peut aider la médecine, elle ne saurait en revanche la remplacer. De plus, il savait que la technique peut être utilisée contre la médecine – qui est par nature au service de la vie –, ainsi que cela se vérifie lorsque la technique échappe à tout contrôle éthique indispensable et que prévalent des calculs d’efficacité, de rentabilité ou d’utilité. Or, la valeur de la personne ne dépend pas de ce qu’elle réalise ou produit. C’est pourquoi, jamais un médecin ne devrait se permettre, sur la base d’algorithmes de laboratoire, de décider de la vie de tel embryon ou de telle personne âgée ! Jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée !
Chers amis, aujourd’hui, la Fondation Lejeune, dont vous êtes des membres actifs, poursuit l’œuvre initiée par le Professeur Lejeune dans les trois dimensions de la recherche, du soin et de la défense inconditionnelle de la personne humaine. Je me réjouis de la place que vous occupez au plan mondial dans la recherche sur les déficiences intellectuelles d’origine génétique. Vous avez aussi créé et soutenez l’Institut Jérôme Lejeune, lequel reçoit en consultation des milliers de patients souffrant de différents handicaps mentaux.
Je tiens à vous exprimer mes encouragements dans votre engagement en faveur de la vie et de la dignité humaine, et notamment auprès des pouvoirs publics. Je sais que vous intervenez régulièrement dans les débats de société afin de protéger chaque personne dans toutes les circonstances de son existence. Mais je vous sais également attentifs à développer la culture de vie à travers la Chaire internationale de bioéthique, qui délivre une formation académique aux différents acteurs en ce domaine : soignants, juristes et philosophes. Soyez remerciés de cette formation que vous dispensez auprès d’hommes et de femmes, qui demain pourront ainsi contribuer à garantir une éthique médicale au service de la dignité humaine et de la vie.
À vous, chers amis porteurs de trisomie 21 et à vos parents, à vous les enfants du Vénérable Professeur Lejeune présents ce matin, à vous tous, membres des Fondations Jérôme Lejeune d’Espagne, d’Argentine et des États-Unis, et enfin à vous, membres venus du Portugal, d’Italie, de Tunisie, de Côte d’Ivoire et de Corée, je souhaite vous exprimer ma satisfaction devant l’œuvre que, en tant que laïcs, vous poursuivez dans la charité de la vérité, sur les pas du Vénérable Jérôme Lejeune. Soyez comme lui des témoins engagés dans la société, au service de la recherche constante du bien commun. Il s’agit là du premier grand principe de l’enseignement social de l’Eglise, et de la « forme sociale » de la dignité reconnue à chacun (Magnifica humanitas, n. 59). Le bien commun n’exclut aucun de ceux qui ont été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu.
Le message et l’œuvre du Vénérable Jérôme Lejeune reposent sur l’universalité de la raison et du cœur conjugués. Puisse-t-il inspirer le courage de la vérité aux nombreux jeunes et professionnels désireux de cohérence ; puisse-t-il les aider à unir sans raideur, la raison et la foi, la parole et les actes, l’absence de jugement sur les personnes et le rejet du mensonge.
Je vous confie à l’intercession de Notre-Dame, en lui demandant de guider vos pas, de soutenir vos efforts et de répandre sa tendresse sur toutes les personnes fragiles. À vous tous ici présents, j’impartis de grand cœur ma Bénédiction apostolique, que j’étends à tous les membres de la Fondation, à leurs familles et aux « chers protégés » de Jérôme Lejeune. Merci.
Collectif chrétien Anastasis : recension de dérapages
Anastasis est un collectif de chrétiens, qualifiés pudiquement par La Nef d’ « engagés à gauche »[1], et à qui Famille Chrétienne a consacré un article très positif[2], les présentant comme des altermondialistes militants, sans mentionner de problème doctrinal potentiel. Anastasis précise dans son manifeste fondateur[3] : « la grande majorité d’entre nous est catholique, certains appartiennent aux traditions protestantes ou orthodoxes », et cite parmi ses traditions[4] la théologie de la libération, l’anarchisme chrétien, le communisme chrétien, et la théologie de la libération noire. Anastasis est présent au Congrès Mission 2025.
Que les choses soient claires, l’objectif n’est pas ici d’avoir un avis général sur ce collectif. Concernant ses aspects positifs, il suffit de lire La Vie, La Croix, Témoignage Chrétien, Golias, le Pèlerin, et autres. L’objectif ici est de recenser des aspects doctrinaux problématiques de ce collectif, sans prétendre toutefois à l’exhaustivité.
Anastasis avait publié un ouvrage en mai 2025, Urgence évangélique, qui a été critiqué dans l’article de La Nef susmentionné. Elisabeth Geffroy a ainsi vu dans cet ouvrage « un fonds de référentiel marxiste qui leur fait prêter le flanc aux critiques formulées par le Magistère à l’encontre des catholiques qui s’en remettent trop imprudemment aux outils d’analyse de Marx ». Ce à quoi le collectif a répondu de manière relativement virulente[5], se défendant d’être marxiste. Il faut dire que c’est effectivement un des principaux terrains glissants d’Anastasis.
Le collectif co-signe en 2023 un texte affirmant notamment : « Le message essentialisant du magistère, prônant une “complémentarité des sexes”, entretient l’homophobie, discrimine les femmes et les minorités sexuelles ».
Anastasis a lancé en 2023 le Festival des Poussières, qui a pris peu à peu son indépendance organisationnelle en grossissant. Son slogan est « Evangile et révolutions », le dernier mot étant au pluriel ou non selon les versions. En 2023, le Comité de la Jupe y animait 3 ateliers : théologie féministe, Place des femmes dans l’Eglise, et Place des personnes LGBTQIA+ dans l’Eglise. En 2024, une laïque y avait donné une homélie, à rebours de toute règle liturgique et canonique, et une prière queer en langage inclusif avait été expérimentée, ainsi qu’une prière musulmane, et une liturgie réécrite pour ne pas parler qu’au masculin. Les participants s’étaient vus proposer des ateliers « Pour une théologie (critique) de la police » ou « Faire lieu d’Islam en France », des conférences « Construire un antifascisme chrétien » ou « Chrétien·nes au coeur des luttes ». Durant l’édition 2025, les 600 participants avaient pu assister à des tables rondes comme « La morale catholique favorise-t-elle les violences sexuelles ? », « Opprimés de tous les pays, unissez-vous : quel internationalisme pour notre temps ? », « La récupération identitaire des Chrétiens d’Orient », un atelier comme « Théologie lesbienne et amitié », une proposition spirituelle comme « Yoga et souffle ».
Le collectif Anastasis propose aussi sur son site internet « des articles de réflexion politique à la lumière de la foi et de la théologie chrétienne » comme le déclare son manifeste fondateur. Et plusieurs de ces articles sont problématiques à des degrés divers. En voici quelques-uns des pires de ces dernières années.
”Sufjan Stevens et la sensualité du christianisme”. Un texte qui va jusqu’à qualifier de « diabolique » et d’ « antichrétien » le paragraphe 2357 du Catéchisme de l’Eglise Catholique consacré à l’homosexualité, et qui mobilise l’image eucharistique pour valider l’éros homosexuel comme lieu de rencontre avec Dieu au même titre que la prière.
”Comment lire une exhortation apostolique ? Pour une herméneutique de la discontinuité”. Un renversement complet de la règle de lecture de la Tradition, en contradiction flagrante avec l’enseignement de l’Eglise.
”Synode : et les femmes ?” Un appel à la détermination « d’une manière bisexuelle ou trans-sexuelle » d’un Père qui engendre son Fils.
”Sur la question de l’avortement”. Une grande discussion se voulant pluraliste mais relativisant fortement le commandement de Dieu lui-même : « Tu tueras pas ».
Trois articles tendant à « réduire l’Évangile à une réalité essentiellement terrestre » comme le condamnait Libertatis Nuntius en 1984 : ”La guerre des classes et la révolution à venir” ; ”Situation pré-révolutionnaire, urgence théologico-politique, exigence évangélique” ; et ”La propriété privée et ses dommages”.
”La nouvelle ecclésiologie et la possibilité du conflit dans l’Église”, une republication du texte du jésuite Jon Sobrino dont est saluée la « clairvoyance » sans aucune critique, alors même que ce théologien avait été condamné par Rome en 2007 pour des insuffisances doctrinales justement sur l’ecclésiologie et la christologie.
”Ce qu’est la communion”, un texte sur la pensée du communiste Mario Tronti, sans aucun recul ou mise en garde sur sa confusion entre l’espérance eschatologique et sa « foi » révolutionnaire communiste.
Que le lecteur se fasse sa propre conclusion sur les hétérodoxies que véhicule ce collectif.
Laurent Dastros
Article publié sur Substack (https://laurentdastros.substack.com/p/collectif-chretien-anastasis-recension)
[1] https://lanef.net/2025/08/29/chretiens-et-marxistes-limpossible-compromis/
[2] https://www.famillechretienne.fr/41191/article/le-collectif-anastasis-bouscule-les-codes-de-la-contestation
[3] https://collectif-anastasis.org/manifeste/
[4] https://collectif-anastasis.org/nos-traditions/
[5] https://collectif-anastasis.org/2025/10/31/il-etait-une-fois-des-catholiques-marxistes/
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Chrétiens versus Musulmans
À cette question, il convient de répondre de manière systémique, avec clarté et avec vérité.
Dès l’abord, nous ne pouvons ignorer que beaucoup de personnes, en quête de spiritualité, se tournent vers l’islam ou vers les religions orientales. Certains responsables musulmans affichent une volonté d’expansion, et l’Occident est de plus en plus exposé à l’influence de l’islam. Dans ce contexte, il est important d’éclairer et de guider ceux qui curieux, assoiffés de nouveauté, cherchent à connaître la vérité.
La vie de Jésus-Christ constitue l’accomplissement d’un grand nombre de prophéties bibliques, tandis que, pour le fondateur de l’islam, il n’existe pas une seule prophétie biblique qui le désigne. Ce fait a une importance décisive. La Bible, en tant que Parole de Dieu, annonce longuement le Messie, et Jésus correspond exactement à ces prophéties.
Le fondateur de l’islam était un homme, certes influent, mais seulement un homme. Jésus-Christ, s’il est vraiment homme, est aussi Dieu. Entre Mahomet et Christ, la différence est celle de la filialité divine.
Jésus a pu dire : « Celui qui me voit, voit le Père » (Jean 14:9). Jamais Mahomet, ni Bouddha, ni aucun autre fondateur de religion n’a osé dire cela. Ce qui différencie Mahomet du Christ ne touche pas seulement leur enseignement, mais surtout leur personne.
La différence entre Mahomet et Jésus-Christ touche aussi leur vie. La différence fondamentale est l’absence ou non de péché.
Jésus est sans péché; il n’a jamais commis d’injustice. Mahomet, au contraire, a connu des manquements notables dans sa vie, même au moment où il fondait l’islam, et ses propres adeptes lui ont fait à ce sujet de sérieuses remontrances.
La différence entre Mahomet et Jésus-Christ est celle qui existe entre la religion et l’Évangile. La religion est fondée sur ce que l’homme fait pour Dieu. La foi chrétienne est fondée sur ce que Dieu a déjà fait pour l’homme. L’Évangile est ce que Dieu est, et ce qu’Il a fait en envoyant son Fils.
Le message de Jésus est très supérieur aux doctrines de Mahomet quant à la connaissance du Divin.
Le Dieu de Mahomet est perçu comme celui de l’arbitraire. Allah ne laisse à l’homme aucune liberté réelle. Ce n’est pas fortuit si on ne trouve pas les mots de « Père » et d’« amour » parmi les attributs d’Allah. Le message de l’amour est inconnu chez Mahomet.
En revanche, le Dieu de la Bible se révèle comme Père, et son amour est le fondement de tout. En Jésus, Dieu n’est plus seulement juste, il est amour.
La différence entre Jésus-Christ et Mahomet est celle qui existe entre la rédemption et l’auto-délivrance. Toutes les religions font allusion à la culpabilité dans la vie des hommes. Mais pas une seule ne donne l’ultime réponse à la question : « Que résulte-t-il de ma culpabilité, que devient ma dette ? »
Le péché, la culpabilité et la dette sont une affreuse réalité dans notre vie. Que l’homme reconnaisse ou non sa culpabilité et la dette qu’elle entraîne, tôt ou tard il devra assumer.
Tandis que tout est différent chez Jésus-Christ. Par lui, nous savons que Dieu est justice ; il y a eu la croix de Golgotha, où Jésus le « Juste est mort pour des injustes » (1 Pierre 3:18). Il prit sur lui la punition réservée au péché, et de donner ainsi satisfaction à la justice de Dieu.
Mahomet est mort, mais Jésus est corporellement ressuscité et vit. Sa résurrection est le couronnement de son œuvre de rédemption accomplie à la croix. S’il n’y avait pas sa résurrection, l’Évangile n’en serait pas un, mais seulement une religion parmi d’autres.
C’est par une confiance absolue en Jésus-Christ qu’est comblée l’aspiration du cœur humain. Aucun fondateur de religion n’est à même de satisfaire cette aspiration, ce que prouvent les efforts que tous s’imposent en vue d’obtenir le salut.
L’Islam est une religion rigoureuse de la loi. Sous son joug l’homme ne peut que gémir. Or, la Parole de Dieu dit de Jésus : « Il est notre paix » (Éphésiens 2:14).
En conséquence, il est permis à la chrétienté et à chaque chrétien de marcher sans crainte à la rencontre de son Seigneur, Jésus le Sauveur. Il n’y a pas d’autre nom sous le ciel qui ait été donné aux hommes, par lequel nous devrons être sauvés (Actes 4:12).
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Dix questions aux prêtres de la Fraternité Saint-Pie X
Chers confrères, indépendamment des consécrations épiscopales annoncées pour le 1er juillet prochain, sur lesquelles cette revue s’est déjà exprimée dans “La Fraternité Saint-Pie X demande le maintien de l’accord pratique bergoglien”, nous formulons, dans l’esprit de transparence doctrinale souvent évoqué et afin de tenter de dissiper les ambiguïtés de position qui ne peuvent être entretenues ni dans un sens ni dans l’autre, dix questions simples auxquelles nous vous demandons de répondre. Chacun d’entre vous pourra répondre, y compris publiquement dans cette revue ou ailleurs, aux questions de ses propres fidèles ainsi qu’à l’accusation de tenir une position ou, du moins, une pratique schismatique ou sectaire.
Chacun pourra également, si nécessaire, prendre ses distances avec ce qui a été jusqu’à présent la position dominante dans la FSSPX. Cette position a, de fait, déterminé les choix jusqu’à présent, y compris en matière d’accords – ou plutôt d’accord manqué – avec Rome.
La Fraternité Saint-Pie X a institué la Commission Saint Charles Borromée, qui instruit de manière autonome les procès en validité matrimoniale et procède à l’annulation des mariages ; sur la base de quel pouvoir de juridiction procède-t-elle à ces “annulations de mariage” ? Lorsque Mgr Tissier, qui était à la tête de cette commission, affirmait que ces “annulations” équivalent à la «troisième instance de la Rote», que voulait-il dire ? Que cette Commission s’attribue la même autorité que le Pape?
La Fraternité Saint-Pie X ne mélange pas les hosties consacrées par ses propres prêtres avec celles consacrées selon le rite de Paul VI ; elle ne distribue pas les hosties présentes dans les tabernacles si ces particules ont été consacrées selon la messe de Paul VI, et inversement, lorsqu’elle se trouve à célébrer dans des églises mises à disposition par l’autorité ecclésiastique, elle ne laisse pas dans les tabernacles les hosties consacrées par ses propres prêtres et les emporte avec elle ou les consomme. Quelle est la raison théologique et doctrinale d’un tel comportement pratique ? Existe-t-il deux types de présence réelle, l’une pour les hosties consacrées par la Fraternité Saint-Pie X et l’autre pour les hosties non consacrées par les prêtres de ladite Fraternité ? Existe-t-il une “présence réelle Paul VI spéciale” qui causerait des problèmes eucharistiques ? Ou bien doutez-vous de la présence réelle dans les églises qui ne sont pas de la Fraternité au point que l’abbé Puga (professeur de morale à Écône) enseignait aux séminaristes que la génuflexion dans les églises qui ne sont pas de la Fraternité Saint-Pie X doit être faite non pas simplement, mais avec réserve, c’est-à-dire en disant mentalement «je fais la génuflexion sous condition que le Saint-Sacrement soit véritablement présent»? Ou bien existe-t-il une autre théorie eucharistique qui n’est pas décrite ci-dessus? Dans ce cas, pourriez-vous l’expliquer?
Selon la Fraternité Saint-Pie X, la messe de Paul VI, ou Novus Ordo Missae, est une messe « mauvaise en soi », c’est-à-dire un acte moral que personne ne peut accomplir sans tomber dans le péché contre la foi, comme cela est couramment enseigné à Écône et tel qu’il est transcrit dans le Bref catéchisme de la Nouvelle Messe que vous distribuez dans les prieurés. En quoi cette thèse est-elle compatible avec la validité du pontificat de Paul VI ? Est-il possible pour vous qu’un Pape promulgue une loi liturgique universelle qui soit non seulement problématique, mais qui constitue même un « péché grave contre la foi » et un « acte moral mauvais en soi », à l’instar d’un acte toujours peccamineux tel que l’adultère, qui ne peut être commis pour aucune raison au monde ?
La Fraternité Saint-Pie X accepte-t-elle encore ou rejette-t-elle la phrase de Mgr Lefebvre, prononcée lors de l’homélie des consécrations épiscopales du 30 juin 1988, dans laquelle il expliquait pourquoi il procédait à la création de nouveaux évêques sans mandat pontifical, à savoir parce que les nouveaux sacrements «sont tous douteux»? Le sens évident de cette affirmation est que tous les évêques de l’Église catholique qui ont reçu l’épiscopat selon le rite réformé par Paul VI pourraient ne pas être évêques; il est donc nécessaire que ce soient les évêques de la Fraternité Saint-Pie X qui en consacrent d’autres afin que l’on puisse être certain de la validité de leur épiscopat. Maintenez-vous cette position ou la rejetez-vous comme schismatico-sectaire? En cas d’accord, accepteriez-vous que le Pape envoie des évêques qui ne sont pas de la Fraternité Saint-Pie X pour consacrer vos candidats à l’épiscopat selon le rite traditionnel? Ou bien les évêques consécrateurs doivent-ils appartenir à la lignée épiscopale de Mgr Lefebvre, car c’est la seule qui ne soit pas douteuse, même quant à la validité?
Lorsque l’abbé Davide Pagliarani évoque un « état de nécessité » comme motif pour consacrer sans mandat du Pape, fait-il référence à une nécessité d’ordre pastoral ou également à un doute que vous émettez quant à la validité de tous les sacrements dispensés en dehors de la Fraternité Saint-Pie X, y compris l’épiscopat, au motif que les nouveaux sacrements «sont tous douteux»? Si tel était le cas, ne serait-il pas plus honnête de le déclarer?
Les évêques de la Fraternité Saint-Pie X seront-ils au service de toute l’Église et seront-ils là pour administrer les sacrements traditionnels à quiconque les demande? Ou les réserveront-ils exclusivement aux membres de la Fraternité elle-même, de sorte que pour recevoir le baptême, la confirmation ou être ordonné prêtre selon le rite traditionnel, il faut, de fait, adhérer aux autorités de la Fraternité Saint-Pie X?
La Fraternité Saint-Pie X réitère les confirmations conférées selon le rite réformé par Paul VI; et même récemment encore, à Bordeaux, la confirmation a été à nouveau conférée à un jeune homme qui avait déjà été confirmé par le cardinal Ricard selon le rite traditionnel. La Fraternité Saint-Pie X met-elle en doute la validité des évêques ou celle des saintes huiles ? Sur quelle étude préliminaire repose cette manière d’agir?
La Fraternité Saint-Pie X affirme qu’elle doit recourir à des consécrations épiscopales sans mandat pontifical parce que le Saint-Siège demande l’ «acceptation du Concile Vatican II pour tout accord canonique». Mais la Fraternité Saint-Pie X a déjà « accepté le Concile », pour reprendre cette expression, à au moins trois reprises connues. La première fois, ce fut dans le protocole signé par Mgr Lefebvre en 1988. La deuxième, dans la lettre du 15 décembre 2008, écrite par le Supérieur général de la Fraternité Saint Pie X au nom des quatre évêques pour demander la levée des excommunications, où il a été signé ce qui suit : « Nous acceptons et faisons nôtres tous les conciles jusqu’à Vatican II, au sujet duquel nous émettons des réserves.» La troisième fois dans la Protocole doctrinal avec la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, signé le 15 avril 2012 par le Supérieur général de cette Fraternité. Ce texte contient non seulement l’acceptation du “classique” Lumen Gentium n° 25, mais aussi la pleine reconnaissance – sur ce point sans réserve – de la doctrine de Vatican II sur la collégialité épiscopale, telle qu’elle est exprimée «par la Constitution dogmatique Lumen Gentium du Concile Vatican II, chapitre 3 (De constitutione hierarchica Ecclesiæ et in specie de episcopatu)». Il comporte également l’acceptation du Code de droit canonique de 1983. La véritable raison des consécrations épiscopales sans mandat de Rome ne semble donc pas résider dans « l’acceptation du Concile » puisque celui-ci a déjà été « accepté » à plusieurs reprises, et cela dans des termes qui, s’ils avaient été adoptés par d’autres, auraient été qualifiés de trahison doctrinale. La véritable raison serait-elle alors que les nouveaux sacrements « sont tous douteux »?
Lorsque la Fraternité Saint-Pie X demande à ses propres fidèles de ne pas assister aux messes traditionnelles célébrées par des prêtres « en union avec l’Église conciliaire », veut-elle dire qu’il n’y a pas de communicatio in sacris avec les autres membres de l’Église parce qu’il y a deux églises, ou bien que l’on doute de la validité de leur ordination sacerdotale?
Si les thèses théologiques sous-jacentes aux questions susmentionnées étaient d’une nature différente de celle supposée par cette liste, les prêtres de cette Fraternité pourraient-ils indiquer s’ils soutiennent personnellement d’autres positions et s’ils peuvent les assumer, en prenant publiquement leurs distances à l’égard des erreurs doctrinales de leurs autorités? Pourraient-ils s’excuser publiquement pour ces erreurs diffusées en matière sacramentaire, ces erreurs qui ont conduit certains fidèles insuffisamment formés à mourir sans recevoir les sacrements de l’Église, simplement parce qu’ils ne pouvaient pas recevoir ceux de la Fraternité Saint-Pie X ?
Le présent questionnaire s’adresse à tous les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X, afin de dissiper d’éventuels doutes quant à leur position, qui apparaît actuellement ambivalents selon les interlocuteurs. Pour notre part, nous publierons toute réponse signée à ces questions. Chaque fidèle de cette Fraternité devrait toutefois exiger des prêtres des réponses claires, si possible écrites, avant de choisir de fréquenter ces chapelles. Cela permettrait d’éviter des choix irréfléchis ou dictés par les sentiments et les passions.
Cela est d’autant plus important que ces positions extrêmes sont révélées progressivement aux fidèles et sont révélés progressivement également aux séminaristes. C’est ce qui s’est produit pour les signataires du présent texte, auxquels certaines positions ont été dévoilées par étapes. Comme, par exemple, lorsque le Directeur d’Ecône ordonna aux séminaristes de se limiter à servir la Messe (traditionnelle) des prêtres diocésain de Novara en visite au séminaire, mais de ne pas recevoir l’hostie consacrée par eux, et de communier ce jour là à une deuxième Messe, célébrée par un prêtre de la Fraternité Saint Pie X.
Ces positions, d’abord partiellement cachées puis dévoilées progressivement, finissent ainsi par s’imposer de facto comme des principes à accepter et à mettre en pratique.
Et tout cela indépendamment de ce qui pourra ou non se passer le 1er juillet prochain, événement qui ne changera pas grand-chose à la substance de ces questions capitales pour le bien de l’Église.
Don Stefano Carusi
Abbé Louis-Numa Julien
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Elizabeth Woning sur The Becket Cook Show : quand le Christ libère aussi de l’identité imposée par le désir
Il y a des témoignages que notre époque ne sait plus entendre. Non parce qu’ils seraient violents, confus ou haineux, mais parce qu’ils démentent l’un de ses dogmes les plus profonds : l’idée que le désir sexuel constituerait le noyau ultime de l’identité humaine.
Elizabeth Woning fait partie de ces voix devenues presque impossibles à classer dans les catégories ordinaires du débat public. Ancienne femme lesbienne engagée dans une théologie favorable aux revendications LGBT, passée par un séminaire presbytérien aux États-Unis, elle raconte aujourd’hui comment sa rencontre avec le Christ a bouleversé sa vie, sa théologie, son rapport à son corps, à sa féminité et à Dieu.
Elle vient d’être reçue dans The Becket Cook Show, émission chrétienne américaine animée par Becket Cook, lui-même ancien homme homosexuel venu au Christ après une conversion marquante. Ancien décorateur dans le milieu hollywoodien, Becket Cook anime aujourd’hui une émission suivie dans les milieux évangéliques conservateurs, où il reçoit des témoins, pasteurs, théologiens et convertis autour des grandes questions de foi, de culture, de sexualité et d’identité. Son émission n’est pas catholique, et il faut le préciser, et elle aborde avec courage des sujets que beaucoup de milieux ecclésiaux occidentaux préfèrent contourner.
L’épisode consacré à Elizabeth Woning, intitulé Feminist Lesbian Comes to Christ, présente un parcours particulièrement révélateur. Elizabeth Woning ne vient pas d’un milieu ignorant de la théologie ou étranger au langage chrétien. Au contraire : elle a étudié la Bible, fréquenté un séminaire, défendu une lecture “inclusive” de la foi chrétienne, milité pour le mariage homosexuel et l’ordination de personnes LGBT. Elle connaissait donc de l’intérieur cette tentative très contemporaine de faire cohabiter le christianisme avec l’anthropologie sexuelle moderne.
Or c’est précisément ce point qui rend son témoignage intéressant. Elle ne dit pas seulement : “J’ai changé de mode de vie.” Elle dit plus profondément : “J’ai découvert que je ne savais pas qui était vraiment le Christ.” La conversion n’a pas seulement déplacé son comportement ; elle a déplacé le centre de gravité de son existence. Là où l’époque dit à l’homme : “Tu es ce que tu désires”, le christianisme répond : “Tu es appelé par Dieu, créé à son image, blessé par le péché, mais rachetable par la grâce.”
C’est ici que le témoignage d’Elizabeth Woning prend une force particulière. Notre monde a sacralisé l’identité sexuelle au point de la rendre presque intouchable. On peut remettre en question sa patrie, sa religion, son héritage familial, son corps même, mais il deviendrait interdit de remettre en question une orientation sexuelle ou une identité LGBT. Le moi contemporain se veut liquide dans tous les domaines, sauf dans celui du désir, devenu étrangement dogmatique.
Elizabeth Woning vient troubler cette liturgie moderne. Elle ne prétend pas que tous les parcours se ressemblent, ni que la vie chrétienne serait une formule magique supprimant instantanément toutes les blessures. Mais elle affirme, par son existence même, qu’une personne ne doit pas être enfermée dans l’identité que le monde lui assigne. Elle rappelle qu’une attirance, une histoire personnelle, une blessure, une appartenance militante ou un vocabulaire culturel ne suffisent pas à définir une âme.
Avec Ken Williams, elle a cofondé le CHANGED Movement, qui rassemble des hommes et des femmes affirmant avoir quitté l’identité LGBT à la suite de leur cheminement chrétien. Le simple fait qu’un tel mouvement existe est déjà insupportable à une partie du monde contemporain. Car si ces personnes existent, si elles parlent, si elles racontent une joie réelle, alors le discours dominant se fissure. Il ne peut plus prétendre que toute remise en cause de l’identité LGBT serait nécessairement violence, mensonge ou oppression.
Bien sûr, le sujet est délicat. Les blessures liées à la sexualité, à l’enfance, au rejet, à l’incompréhension familiale ou ecclésiale ne doivent jamais être traitées brutalement. Le christianisme n’a pas à humilier les personnes en souffrance. Il n’a pas à transformer la vérité en arme mondaine. Mais il n’a pas non plus le droit de trahir l’Évangile en répétant servilement les slogans de l’époque.
Le témoignage d’Elizabeth Woning oblige donc les chrétiens à retrouver une parole à la fois ferme et miséricordieuse. Ferme, parce que le Christ ne confirme pas toutes nos identités blessées ; il vient les sauver, les purifier, les ordonner. Miséricordieuse, parce que cette purification n’est jamais un mépris de la personne, mais l’œuvre patiente de la grâce dans une histoire humaine souvent compliquée.
Il faut également recevoir ce témoignage avec discernement catholique. Elizabeth Woning évolue dans un univers évangélique-charismatique américain, notamment autour de Bethel Church, qui n’est pas notre monde ecclésial. Les catholiques n’ont pas à importer sans examen toutes les catégories, les méthodes pastorales ou les sensibilités théologiques de ces milieux. Mais ils auraient tort de ne rien entendre. Car sur le fond anthropologique, quelque chose d’essentiel est rappelé : l’homme ne se reçoit pas de son désir, il se reçoit de Dieu.
La grande erreur contemporaine consiste à confondre compassion et validation. Aimer quelqu’un ne signifie pas lui dire que tout ce qu’il ressent est bon, juste, définitif ou constitutif de son être. Aimer chrétiennement, c’est vouloir pour l’autre la vérité qui libère. Or la vérité chrétienne ne réduit jamais la personne à sa sexualité. Elle ne réduit pas non plus la sexualité à un matériau disponible pour toutes les constructions identitaires. Elle voit dans le corps, dans la différence sexuelle, dans la vocation à l’amour, une grammaire profonde de la création.
Voilà pourquoi des témoignages comme celui d’Elizabeth Woning sont si précieux. Ils ne règlent pas tous les débats. Ils ne dispensent pas de la prudence pastorale. Ils ne permettent pas de parler à la place de toutes les personnes ayant des attractions homosexuelles ou une histoire LGBT. Mais ils rouvrent un espace interdit : celui de la conversion.
Et c’est peut-être cela qui dérange le plus. Dans le christianisme, rien n’est plus profond que la conversion. Ni le passé, ni le péché, ni la blessure, ni le regard des autres, ni même l’image que nous nous sommes construite de nous-mêmes. L’homme moderne veut parfois être reconnu exactement tel qu’il se définit ; le Christ, lui, appelle chaque personne par son nom, non pour la laisser immobile, mais pour la conduire vers la vérité de son être.
Elizabeth Woning rappelle donc une chose simple et immense : le Christ ne vient pas bénir nos prisons intérieures. Il vient ouvrir les portes. Et cela vaut pour tous.
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Le Pape doit panser les plaies infligées à la doctrine de l’Église pour apaiser la méfiance et restaurer la confiance
De Monseigneur Martin Grichting, professeur de droit canonique, vicaire général émérite du diocèse de Coire et ancien consulteur de la Congrégation pour le Clergé au Vatican :
Le libéral catholique Lord Acton (1834-1902) a déclaré : « Le pouvoir tend à corrompre, et le pouvoir absolu corrompt absolument. » En démocratie, on en conclut que le pouvoir doit être source de méfiance et limité. Il est donc contrôlé, entre autres, par la reconnaissance des droits fondamentaux, la séparation des pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire), le principe de subsidiarité et le fédéralisme, les référendums et la limitation des mandats. Par un « contrat social » entre tous les citoyens – la constitution –, le peuple s’engage à partager le pouvoir politique de cette manière. Mais même ce contrat ne suffit pas toujours à le contenir.
Au sein de l’Église, le problème du pouvoir est encore plus aigu. En effet, aucun des moyens susmentionnés de fragmentation du pouvoir n’y existe. Au contraire, selon la doctrine de la foi et le Code de droit canonique (CIC/1983), le pape possède « en vertu de sa charge le pouvoir ordinaire suprême, plein, immédiat et universel dans l’Église » (c. 331).
Le Pape détient donc un pouvoir absolu. Ce pouvoir absolu au sein de l’Église conduit-il pour autant à une corruption absolue ? Si l’on considère l’Église uniquement d’un point de vue humain, la réponse serait sans doute : oui. Mais, du point de vue de la foi, il n’en est rien. Car il existe un seul « instrument » pour limiter l’omnipotence papale : l’obéissance inconditionnelle à la Tradition et à l’Écriture saintes, auxquelles le Pape est tenu par sa conscience. C’est uniquement parce que l’Église dans son ensemble, et le Pape en particulier, sont liés par cette limitation du pouvoir que le pouvoir absolu peut être confié à une seule personne en son sein. La méfiance envers le pouvoir est ainsi surmontée dans l’Église par la confiance que les fidèles ont dans le fait que le Pape sait lui-même être tenu par une obéissance inconditionnelle à la foi dans l’exercice de son pouvoir, lequel est par nature illimité.
Cette confiance a été ébranlée au sein de l’Église ; pour beaucoup, elle a été anéantie. Le pape François a transformé l’indissolubilité du mariage en une farce avec « Amoris Laetitia ». Elle n’est plus valable qu’en théorie. En pratique, grâce à quelques « distinctions pastorales » – sur n’importe quel fondement, par n’importe qui – on peut vivre dans l’adultère en toute conscience. La bénédiction non liturgique de quelques secondes accordée par le Vatican aux couples de même sexe et aux couples non mariés (« Fiducia supplicans ») représente un éloignement supplémentaire du mariage chrétien. Des gestes ambigus tels que le culte de la Pachamama au Vatican et le « Document sur la Fraternité Humaine » (Déclaration d’Abou Dhabi) de 2019 ont de fait nié l’universalisme chrétien du salut. La nomination de laïcs à des postes de direction au Vatican impliquant l’exercice de l’autorité gouvernementale constitue une rupture avec le Concile Vatican II (LG 21 ; Nota explicativa praevia 2). Elle sape l’ordre sacramentel et hiérarchique de l’Église. Cette situation persiste sous le pontificat de Léon XIV. Dans la foulée du « synodalisme », le Saint-Siège a publié un document qui tente de justifier le rejet du concile Vatican II (Rapport final du Groupe d’étude 5 sur le sacrement de l’Ordre et la « potestas sacra »). Sans commentaire – et de manière irresponsable –, le Saint-Siège a publié un texte hérétique qui relativise l’enseignement de l’Église sur le mariage et la famille (Rapport final du Groupe d’étude 9 sur les « questions complexes »).
Même les graves abus liturgiques sont ignorés ou minimisés par les évêques et le Saint-Siège. Pourtant, les adeptes de la forme extraordinaire sont persécutés. On empêche les prêtres de célébrer l’Eucharistie de cette manière, ou on leur impose des difficultés à le faire. Les laïcs sont humiliés par l’interdiction de célébrer cette forme de l’Eucharistie dans les églises paroissiales. Ces fidèles sont contraints à la clandestinité ou se tournent vers la Fraternité Saint-Pie-X, dont l’existence même est alors déplorée.
Le pape laisse les évêques allemands, qui depuis des années sapent l’ordre sacramentel de l’Église avec leur « chemin synodal » et institutionnalisent la bénédiction des couples de même sexe, agir en toute impunité. Des discussions auraient eu lieu avec eux. La Fraternité Saint-Pie-X, quant à elle, est menacée d’excommunication en vertu de l’autorité absolue du pape. Ce dernier ignore la Constitution dogmatique « Lumen Gentium » (n° 21) relative au sacrement de l’Ordre et exige l’acceptation de la Constitution sur la liturgie (« Sacrosanctum Concilium »). Or, ces deux documents émanent du même concile. Ce double discours érode la confiance de nombreux fidèles.
L’annonce par la Fraternité Saint-Pie X de consacrer des évêques de sa propre initiative témoigne d’une perte de confiance envers le Pape. La sympathie suscitée par cet acte, bien au-delà des seuls membres de la Fraternité, révèle que pour beaucoup, la confiance a cédé la place à la méfiance. Trop de choses se sont passées, et les conséquences sont dévastatrices. De plus en plus de catholiques prennent conscience que la doctrine de l’Église ne limite plus les actions de la hiérarchie. C’est là le mal qui ronge véritablement l’Église. Et ce mal ne saurait être guéri par l’exercice de la toute-puissance papale au moyen de menaces et d’excommunications. Car si le pouvoir sans contrôle de la partie la plus forte est déterminant au sein de l’Église, une seule conclusion s’impose : ce pouvoir doit être limité. L’ordination d’évêques contre la volonté du Pape constitue en définitive une tentative – incontestablement problématique – de limiter la toute-puissance papale lorsque sa limite ne semble plus être la doctrine de l’Église.
Pour éviter de nouvelles limitations de la toute-puissance papale dues aux schismes, il n’y a qu’une seule voie possible : le Pape doit panser les plaies infligées à la doctrine de l’Église. C’est la seule façon d’apaiser la méfiance et de restaurer la confiance. Il n’y parviendra pas par des diktats, des menaces et une politique de deux poids, deux mesures. La Fraternité Saint-Pie-X n’est pas le mal, mais un symptôme. Ce symptôme peut être combattu par l’excommunication. La suprématie papale le permet sans aucun doute juridiquement.
Mais cela ne guérira pas le mal. Il continuera de s’envenimer, de diviser et d’affaiblir le Corps du Christ, l’Église. Le Pape détient la clé de la guérison. Il doit l’exercer et ne peut rester indifférent. Car même ne pas gouverner, c’est gouverner. C’est aussi une conséquence de l’omnipotence papale.
Un prélat orthodoxe dénonce les Journées catholiques LGBTQXYZ à Wurtzbourg en Allemagne
Le métropolite Séraphim du Pirée, hiérarque de l’Église orthodoxe de Grèce, a critiqué le forum des Journées catholiques allemandes à Wurtzbourg. L’évêque a souligné que cet événement témoignait « de façon éloquente » de la crise au sein de l’Église catholique romaine, bien plus profonde que ce que la société imagine généralement.
« Bien qu’il s’agisse d’un événement ecclésiastique de l’Église papale en Allemagne, le grand absent était le Christ lui-même ».
Selon le métropolite, le programme officiel du forum a presque entièrement ignoré les concepts chrétiens traditionnels tels que le péché, le repentir et la vie éternelle.
Un fait encore plus flagrant, a déclaré le hiérarque, était que le nom de Jésus-Christ n’apparaissait qu’une seule fois dans le programme du congrès, et uniquement dans le cadre d’un événement musical international.
Lors du congrès, les courants idéologiques modernes ont supplanté la doctrine chrétienne. Le métropolite Séraphim a constaté que les principaux sujets de discussion étaient la politique climatique, les questions d’identité de genre et la « théorie queer ». Une espèce de célébration queer s’est déroulée dans une église.
Le hiérarque grec fut particulièrement indigné par le programme destiné aux enfants : l’homosexualité y était présentée comme une forme de « diversité normale » et on leur enseignait des notions de « familles arc-en-ciel », qui contredisent directement le mariage chrétien traditionnel.
« Le papisme sécularisé, s’étant éloigné de l’authenticité de l’enseignement chrétien, au lieu de suivre le Christ, suit de plus en plus l’esprit du monde déchu ».
Il a également établi un parallèle avec le « Grand Inquisiteur » de Dostoïevski, soulignant que la quête du pouvoir temporel et l’adaptation aux exigences de l’époque sont des vices de longue date du Vatican. La situation actuelle montre que le problème auquel sont confrontés les catholiques aujourd’hui n’est pas d’ordre organisationnel, mais avant tout spirituel et ecclésiologique.
Le silence de Rome est éloquent et ne scandalise pas uniquement les orthodoxes.
L’avortement sous contrainte dénoncé à l’ONU
Le Rapporteur spécial de l’ONU sur la violence faite aux femmes a publié un nouveau rapport sur «la violence à l’égard des mères» dénonçant l’avortement pour cause économique et l’avortement sous contrainte.
L’ECLJ, qui a contribué à l’élaboration de ce rapport, est cité nommément dans ce dernier.
Des milliers de femmes n’avortent pas “librement” sans être pour autant physiquement “forcées” de le faire. Ce sont les circonstances familiales et économiques qui poussent ces femmes à ne voir qu’une solution à la grossesse, celle que leur propose systématiquement et uniquement le Planning familial: l’avortement. Elles avortent par dépit, suite à des pressions, des incitations, en étant poussées par des proches ou leur conjoint, sans qu’on leur présente aucune alternative.
Le Rapporteur recommande aux États de:
- Veiller à ce que les femmes qui envisagent un avortement reçoivent des informations précises et complètes sur les alternatives disponibles, y compris l’accès à des services d’accompagnement”
- d’ériger en infraction pénale l’avortement sous contrainte ou forcé, y compris l’avortement sélectif fondé sur le sexe ou le handicap.
C’est la première fois que l’avortement sous contrainte est dénoncé en droit international et c’est véritablement grâce à notre action institutionnelle depuis des années aux Nations unies.
« Soyons collectivement attentifs à nos aînés »… en attendant de les euthanasier !
Un nouveau couplet de “en même temps”…
Face à la canicule, veillons les uns sur les autres. Soyons collectivement attentifs à nos aînés, à nos enfants et aux personnes isolées ou fragiles. pic.twitter.com/LoKxfLvAVE
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) June 21, 2026
Transmissio cherche des volontaires pour “des vacances avec le Bon Dieu”, fin août
Transmissio signale qu’il reste quelques places pour « des vacances familiales avec le Bon Dieu », du 21 au 25 aout ! Pour plus d’informations, c’est ici !
Vous êtes étudiant, scout / guide, jeune pro et vous souhaitez donner un peu de votre temps pour une œuvre dans une ambiance exceptionnelle ?
Rejoignez l’équipe des bénévoles de Transmissio !
TRANSMISSIO est une initiative de laïcs soutenue par les communautés catholiques traditionnelles en partenariat avec Notre-Dame de Chrétienté et Renaissance Catholique pour :
- permettre aux familles de se ressourcer
- donner les clefs d’une vie conjugale et familiale harmonieuse
- aider à grandir par des enseignements adaptés à tous les âges
- faire vivre l’expérience de la chrétienté
- aider à tisser des liens d’amitié et d’entraide avec d’autres familles
Dates : du mercredi 19 août au mercredi 26 août 2026
- Installation : mercredi 19 et jeudi 20 août
- Session avec les familles : du vendredi 21 au mardi 25 août
- Rangement et soirée de clôture : le mercredi 26 août
Lieu : Domaine de Chalès, 41600 Nouan-le-Fuzelier
Services demandés aux bénévoles :
- Accueil des familles
- Encadrement des activités adultes et enfants
- Aide à la mise en place des repas
- Garde des plus jeunes
- + 1 bénévole moniteur d’optimist !
+ d’infos et inscription sur https://transmissio.org/index.php/devenir-membre/
Intelligence artificielle : l’Eglise et la Silicon Valley
Le JDNews a interrogé l’essayiste technophile Laurent Alexandre et l’évêque de Nanterre Mgr Matthieu Rougé à propos de l’encyclique que Léon XIV vient de consacrer à l’intelligence artificielle. Extrait :
Le pape a-t-il compris la force des enjeux ?
Mgr Rougé : Léon XIV a pris en quelques mois une stature mondiale, dans un contexte de fractures géopolitiques, en tenant un langage de paix très fort. La question de la paix appliquée à l’IA est particulièrement cruciale. J’entends Laurent Alexandre dire : attention, si on est réticent sur l’IA dans les systèmes de défense, d’autres s’en serviront. Ce que dit le pape, c’est qu’ouvrir la voie à une présence massive de l’IA dans ces systèmes expose tout le monde à des périls graves. On voit déjà comment les drones ont complètement modifié le rapport à la guerre et à la paix.
Laurent Alexandre : Le Saint-Père m’a impressionné par la maturité de sa réflexion. Le fait qu’il ait lui-même signé et présenté l’encyclique, le fait que ce soit au début de son pontificat – et qu’il insiste sur les enjeux majeurs de l’IA pour l’humanité –, le fait que le pape soit le premier chef d’État à mettre au cœur de son mandat cette question : tout cela est essentiel. J’aimerais que les dirigeants politiques s’y intéressent aussi sérieusement. Il y a cependant deux points sur lesquels je suis en désaccord. D’abord, désarmer l’IA de façon unilatérale serait la certitude d’une vassalisation devant les autocrates qui, eux, s’en serviront à des fins de puissance. Ensuite, je pense que le pape est en retard sur le transhumanisme. Comme il est impossible d’arrêter l’intelligence artificielle, nous avons deux choix : soit nous sommes marginalisés face à une IA que nous ne comprendrons même plus, soit nous nous augmentons. Si on n’augmente pas le cerveau humain – par voie biologique ou électronique, comme les implants Neuralink –, nous serons vassalisés. Le renoncement au transhumanisme au moment où l’IA écrase l’intelligence humaine me paraît dangereux.
Mgr Rougé : Sur le transhumanisme, c’est notre vrai point de désaccord. Le mot « trasumanar », qui a donné transhumanisme, vient de la Divine Comédie de Dante, pour exprimer l’entrée dans la vie éternelle. Je ne crois pas que le salut de l’humanité passe par l’augmentation bioélectronique. Le plus décisif dans la condition humaine n’est pas la capacité à dominer mais plutôt, comme le développe le pape, l’accueil de nos limites et de nos fragilités.
Laurent Alexandre, vous avez écrit que la mort est une maladie que la science guérira. Peut-on vouloir vivre éternellement sans vider la vie de son sens ?
L. A. : Dans mon livre, coécrit avec Alexandre Tsicopoulos, Vivre 1 000 ans (Buchet-Chastel), je développe les conséquences éthiques de cette conviction de la Silicon Valley : la superintelligence artificielle va permettre de corriger le vieillissement et la mort comme un bug. Si la mort était positive, il faudrait mourir le plus tôt possible – or ce n’est pas ce que nous souhaitons. La volonté de vivre plus longtemps sera forte, à condition d’arrêter le vieillissement. Demis Hassabis l’affirme : entre 2035 et 2040, on saura l’arrêter et même l’inverser grâce à la superintelligence artificielle. Je ne sous-estime pas pour autant les conséquences en cascade. Il y a là une problématique faustienne : aux États-Unis, des transhumanistes âgés disent qu’il faut aller très vite, avant de mourir. On voit le risque d’utiliser la superintelligence artificielle trop tôt, poussé par la peur de mourir. Ce qui m’inquiète, c’est que l’IA va trop vite pour nos institutions, nos psychologies, notre philosophie, nos organisations spirituelles. Geoffrey Hinton, prix Nobel de physique 2024 pour l’invention des réseaux de neurones profonds, dit que l’homme n’est plus l’espèce la plus intelligente sur Terre : il devient la deuxième. Ce basculement, nos modes de pensée n’y sont pas préparés.
M. R. : La mort est un phénomène ambivalent : Dieu n’a pas créé la mort, nous dit le Livre de la Sagesse et, en même temps, nous sommes faits pour passer de cette terre vers Dieu. Que la révolution de l’IA interroge profondément notre rapport à la vie et à la mort, c’est certain. Mais aujourd’hui, les questions les plus aiguës, c’est la mort trop présente : les pandémies, les conflits armés, la montée des cancers chez les jeunes, etc. Ne nous trompons pas de priorité. Le pape oppose ce qu’il appelle « le syndrome de Babel » – un développement de l’humanité par elle-même, totalement homogénéisant – à la « voie de Néhémie », un travail collaboratif qui prend en compte la diversité de l’humanité. Une vie privée de tout vieillissement serait une vie privée de toute maturation. Une bonne partie du sel de la vie, c’est de pouvoir être enfant, adolescent, jeune adulte, puis personne plus âgée qui a du recul. Stopper le vieillissement porterait atteinte à la beauté de la vie dans toute la complexité de son rythme. En revanche, utiliser l’IA en médecine pour mieux diagnostiquer, élaborer des protocoles thérapeutiques, cela se fait déjà, et c’est une réalité heureuse.
