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Intelligence artificielle : l’Eglise et la Silicon Valley

Le JDNews a interrogé l’essayiste technophile Laurent Alexandre et l’évêque de Nanterre Mgr Matthieu Rougé à propos de l’encyclique que Léon XIV vient de consacrer à l’intelligence artificielle. Extrait :

Le pape a-t-il compris la force des enjeux ?

Mgr Rougé : Léon XIV a pris en quelques mois une stature mondiale, dans un contexte de fractures géopolitiques, en tenant un langage de paix très fort. La question de la paix appliquée à l’IA est particulièrement cruciale. J’entends Laurent Alexandre dire : attention, si on est réticent sur l’IA dans les systèmes de défense, d’autres s’en serviront. Ce que dit le pape, c’est qu’ouvrir la voie à une présence massive de l’IA dans ces systèmes expose tout le monde à des périls graves. On voit déjà comment les drones ont complètement modifié le rapport à la guerre et à la paix.

Laurent Alexandre : Le Saint-Père m’a impressionné par la maturité de sa réflexion. Le fait qu’il ait lui-même signé et présenté l’encyclique, le fait que ce soit au début de son pontificat – et qu’il insiste sur les enjeux majeurs de l’IA pour l’humanité –, le fait que le pape soit le premier chef d’État à mettre au cœur de son mandat cette question : tout cela est essentiel. J’aimerais que les dirigeants politiques s’y intéressent aussi sérieusement. Il y a cependant deux points sur lesquels je suis en désaccord. D’abord, désarmer l’IA de façon unilatérale serait la certitude d’une vassalisation devant les autocrates qui, eux, s’en serviront à des fins de puissance. Ensuite, je pense que le pape est en retard sur le transhumanisme. Comme il est impossible d’arrêter l’intelligence artificielle, nous avons deux choix : soit nous sommes marginalisés face à une IA que nous ne comprendrons même plus, soit nous nous augmentons. Si on n’augmente pas le cerveau humain – par voie biologique ou électronique, comme les implants Neuralink –, nous serons vassalisés. Le renoncement au transhumanisme au moment où l’IA écrase l’intelligence humaine me paraît dangereux.

Mgr Rougé : Sur le transhumanisme, c’est notre vrai point de désaccord. Le mot « trasumanar », qui a donné transhumanisme, vient de la Divine Comédie de Dante, pour exprimer l’entrée dans la vie éternelle. Je ne crois pas que le salut de l’humanité passe par l’augmentation bioélectronique. Le plus décisif dans la condition humaine n’est pas la capacité à dominer mais plutôt, comme le développe le pape, l’accueil de nos limites et de nos fragilités.

Laurent Alexandre, vous avez écrit que la mort est une maladie que la science guérira. Peut-on vouloir vivre éternellement sans vider la vie de son sens ?

L. A. : Dans mon livre, coécrit avec Alexandre Tsicopoulos, Vivre 1 000 ans (Buchet-Chastel), je développe les conséquences éthiques de cette conviction de la Silicon Valley : la superintelligence artificielle va permettre de corriger le vieillissement et la mort comme un bug. Si la mort était positive, il faudrait mourir le plus tôt possible – or ce n’est pas ce que nous souhaitons. La volonté de vivre plus longtemps sera forte, à condition d’arrêter le vieillissement. Demis Hassabis l’affirme : entre 2035 et 2040, on saura l’arrêter et même l’inverser grâce à la superintelligence artificielle. Je ne sous-estime pas pour autant les conséquences en cascade. Il y a là une problématique faustienne : aux États-Unis, des transhumanistes âgés disent qu’il faut aller très vite, avant de mourir. On voit le risque d’utiliser la superintelligence artificielle trop tôt, poussé par la peur de mourir. Ce qui m’inquiète, c’est que l’IA va trop vite pour nos institutions, nos psychologies, notre philosophie, nos organisations spirituelles. Geoffrey Hinton, prix Nobel de physique 2024 pour l’invention des réseaux de neurones profonds, dit que l’homme n’est plus l’espèce la plus intelligente sur Terre : il devient la deuxième. Ce basculement, nos modes de pensée n’y sont pas préparés.

M. R. : La mort est un phénomène ambivalent : Dieu n’a pas créé la mort, nous dit le Livre de la Sagesse et, en même temps, nous sommes faits pour passer de cette terre vers Dieu. Que la révolution de l’IA interroge profondément notre rapport à la vie et à la mort, c’est certain. Mais aujourd’hui, les questions les plus aiguës, c’est la mort trop présente : les pandémies, les conflits armés, la montée des cancers chez les jeunes, etc. Ne nous trompons pas de priorité. Le pape oppose ce qu’il appelle « le syndrome de Babel » – un développement de l’humanité par elle-même, totalement homogénéisant – à la « voie de Néhémie », un travail collaboratif qui prend en compte la diversité de l’humanité. Une vie privée de tout vieillissement serait une vie privée de toute maturation. Une bonne partie du sel de la vie, c’est de pouvoir être enfant, adolescent, jeune adulte, puis personne plus âgée qui a du recul. Stopper le vieillissement porterait atteinte à la beauté de la vie dans toute la complexité de son rythme. En revanche, utiliser l’IA en médecine pour mieux diagnostiquer, élaborer des protocoles thérapeutiques, cela se fait déjà, et c’est une réalité heureuse.

Pères : à la recherche de la paternité de Dieu

Aymeric Pourbaix reçoit :

  • 𝐀𝐛𝐛𝐞́ 𝐕𝐢𝐧𝐜𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐌𝐄𝐋𝐋𝐎, prêtre et éducateur
  • 𝐁𝐞𝐧𝐨𝐢̂𝐭 𝐝𝐞 𝐁𝐋𝐀𝐍𝐏𝐑𝐄́, directeur de l’Aide à l’Église en Détresse de France
  • 𝐏𝐢𝐞𝐫𝐫𝐞 𝐃𝐔𝐑𝐈𝐄𝐔𝐗, délégué général de la Fédération Village Saint Joseph

Deux cardinaux soutiennent une manifestation militante LGBTQXYZ : quelle sanction ecclésiale ?

Le cardinal Robert McElroy et le cardinal Blase Cupich, archevêques de Washington, DC et de Chicago, ainsi qu’Eduardo Peñalver, le futur président pro-LGBT de l’université jésuite de Georgetown, ont chacun adressé leurs salutations aux participants de la conférence de sensibilisation LGBTQXYZ du père James Martin ce week-end.

Dans un message publié sur X, Outreach a partagé trois lettres datées du 19 juin, écrites par Mgr McElroy, qui prendra la parole lors de la conférence, Mgr Cupich et Peñalver, qui encouragent les participants à la conférence, dont certains ne vivent probablement pas en accord avec l’enseignement catholique, et soulignent le « nouveau ministère » envers les « catholiques LGBT » sous les papes François et Léon.

La conférence de Martin de 2026, intitulée « Marcher côte à côte : célébrer cinq ans de ministères de sensibilisation », a lieu du 19 au 21 juin à l’Université de Georgetown avec des laïcs, des membres du clergé, des universitaires, des artistes, des éducateurs, des étudiants et des membres de leur famille LGBTQ pour célébrer cinq ans de ministère de sensibilisation.

Cette réunion intervient à un moment clé de l’histoire de l’Église.

« Je suis ravi de vous accueillir à la Conférence de rayonnement de 2026 ici à Washington », a écrit McElroy. « Car je sais que le Saint-Esprit sera profondément présent lors de nos réunions et discussions en ce moment crucial de l’histoire de notre Église et de notre nation. »

Le cardinal a ensuite souligné que cette conférence intervenait après que le pape François eut posé les fondements d’un « ministère authentique » envers la communauté LGBT, ministère poursuivi, selon lui, par le pape Léon XIV. Le prélat s’est félicité que cette conférence se tienne également après la publication du rapport du Groupe d’étude 9 du Synode sur la synodalité.

« Nous nous réunissons à un moment où les fondements pastoraux posés par le pape François pour un ministère authentique auprès et avec la communauté LGBT sont approfondis et affinés par le pape Léon XIV ».

En effet, le pontificat du pape François a été marqué par plusieurs contradictions avec l’enseignement clair de l’Église sur l’homosexualité.

L’Église catholique enseigne que les actes homosexuels sont « intrinsèquement désordonnés » et « contraires à la loi naturelle », et que l’inclination homosexuelle est « objectivement désordonnée ». Le Catéchisme est très clair : l’activité homosexuelle ne peut jamais être approuvée et il rappelle que « les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté ».

Le rapport hérétique du Synode, publié en mai, a scandaleusement approuvé des témoignages, sans réserve, affirmant que « le péché, à sa racine, ne consiste pas dans la relation de couple (homosexuelle) » mais dans « un manque de foi en un Dieu qui désire notre épanouissement ».

Dans sa lettre à la conférence, le cardinal Cupich a noté que des responsables de l’organisme de sensibilisation des homosexuels et des lesbiennes de l’archidiocèse de Chicago (AGLO) seraient présents et a salué le thème de la conférence de 2026, « Marcher côte à côte », affirmant qu’il correspondait à « l’Église synodale ».

« Le thème de la conférence trouve un écho particulier au sein de notre Église synodale et, en cette nouvelle ère missionnaire, il est utile de se tourner vers les premiers chrétiens qui étaient déterminés à ce que personne ne se sente exclu ou laissé pour compte ». « En accordant une plus grande importance à l’écoute du cheminement spirituel de chacun et en reconnaissant l’évangélisation comme un processus, nous permettons à chacun de grandir dans sa relation avec Jésus-Christ et dans la solidarité avec les autres membres du Corps du Christ. »

S’il est vrai que l’Église, dès ses origines, a eu pour objectif de ne laisser personne « de côté », l’authentique action missionnaire catholique consiste notamment à appeler à la repentance ceux qui ne suivent pas l’Évangile, comme ceux qui entretiennent des « relations » homosexuelles, un point que Cupich et la conférence omettent complètement d’aborder.

Mgr Cupich a conclu sa lettre en joignant ses prières aux participants de la conférence, afin que l’événement les « enrichisse » et les encourage « à cheminer avec les autres dans la foi ».

Dans sa lettre, Peñalver, qui a explicitement déclaré rejeter l’enseignement de l’Église sur l’homosexualité, s’est dit ravi que l’université dont il deviendra bientôt le président accueille la conférence. Il a également souligné sa conviction erronée selon laquelle l’une des missions essentielles des universités catholiques et jésuites est de « créer un campus inclusif ».

« Les universités catholiques et jésuites ont une mission particulière. Notre engagement envers l’éducation est indissociable de notre engagement à créer un environnement universitaire inclusif qui accueille chacun et qui donne à nos étudiants les moyens de guider le monde vers plus de justice et d’humanité ».

« Vous êtes ici pour écouter, réfléchir et échanger avec les autres sur les questions de foi, d’identité et de communauté ». « Je ne vois pas de meilleur cadre pour aborder ces questions qu’à cette conférence, à ce moment précis et dans cette université. Dans l’esprit du thème de cette année, nous sommes fiers de cheminer à vos côtés, unis dans notre foi commune. »

Chrétiens et musulmans ont-ils le même Dieu?

Le 21 juin, Terres de mission reçoit l’abbé Fabrice Loiseau, fondateur des Missionnaires de la Miséricorde divine, pour une émission spéciale entièrement consacrée à son dernier livre: “Chrétiens et musulmans: avons-nous le même Dieu” (Artège). Un livre très pédagogique qui explique avec charité, mais sans détours, les différences entre les deux religions.

Euthanasie : l’avenir est à Dieu

Illustration : Matthias Grünewald, Le Retable d’Isenheim (v. 1512-1516), Musée Unterlinden, Colmar.
Légende : Au-delà des plaies du corps et des illusions d’une « biologie heureuse », la chair transfigurée du Ressuscité rappelle à l’homme que sa destinée ultime n’est pas la mort, mais la vie éternelle.

Le débat qui agite aujourd’hui notre pays autour du projet de loi sur la fin de vie et de la prétendue « aide à mourir » dépasse infiniment les frontières de la politique politicienne, ses calculs misérables et ses clivages factices. Il ne s’agit pas d’un simple affrontement entre la droite et la gauche, ni même d’un énième débat sociétal destiné à amuser les galeries parlementaires. Ce qui se joue sous nos yeux est un affrontement spirituel radical qui engage directement notre éternité.

Chaque acte posé, chaque loi votée s’inscrit en réalité face à Dieu, sous le regard souverain du Juste Juge. Notre passage sur cette terre n’est pas une parenthèse absurde, une existence profane vouée au confort matériel ou aux compromis lâches avec l’esprit du siècle ; il est le lieu d’un choix crucial, exclusif et définitif pour le salut de notre âme.

Devant la souffrance, l’angoisse et l’imminence de la mort, les masques tombent, les artifices mondains s’effondrent et les appartenances profanes s’effacent. Il ne reste que l’homme dans sa vérité nue, créature indissolublement reliée à son Créateur, appelée à traverser le voile du temps pour la vie éternelle dans l’au-delà.

Pour quiconque cherche la vérité — et plus encore pour un catholique conscient de ses devoirs sacrés et de son salut —, ce projet de loi n’est pas une simple inflexion législative : c’est une rupture éthique majeure, une rébellion ouverte contre le plan de Dieu, parce qu’il s’oppose, en son principe même, à la vérité immuable que la vie humaine est un don reçu et non une propriété dont l’homme pourrait disposer souverainement.

L’illusion de la « biologie heureuse » et les nouveaux autels du néant

Il faut nommer le mal qui s’insinue dans les consciences avec la rigueur inflexible de la vérité. L’euthanasie, comme l’avortement, procède d’une seule et même matrice idéologique : une conception strictement matérialiste, nihiliste et païenne de l’existence, que l’on doit appeler la « biologie heureuse ».

Selon cette logique purement immanente et marchande, la vie ne vaudrait d’être vécue que tant qu’elle demeure fonctionnelle, indolore, esthétique et maîtrisable. La dignité humaine se trouve ainsi indexée sur l’état du corps, insultant et niant la grandeur de l’homme créé à l’image et à la ressemblance de Dieu.

Cette entreprise législative relève, comme le dénonce le père Laurent Stalla-Bourdillon dans sa tribune au Journal du Dimanche, d’une véritable religion déguisée. Ce prêtre, longtemps aumônier des parlementaires français, n’hésite pas à écrire qu’« elle enrégimente la société sous l’autorité d’une doctrine dissimulée ». Sous couvert de neutralité, cette loi impose en réalité un dogme bien réel : le postulat selon lequel l’être humain se réduirait exclusivement à sa biologie.

Il faut aller plus loin encore dans le dévoilement : l’État totalitaire est en train d’ériger une idolâtrie d’un genre nouveau, une religion inversée. Les lits d’hôpitaux détournés et les protocoles de mort deviennent les nouveaux autels sacrificiels de ce culte matérialiste. Quant aux médecins, formés à l’origine pour défendre la vie, ils se retrouvent enrégimentés de force pour devenir les ministres d’une liturgie macabre. Ceux qui s’apprêtent à voter cette loi ne sont pas les gardiens de la laïcité, mais les officiants d’un culte du rien qui ne sait que supprimer la personne au lieu de la soulager.

Romano Guardini l’avait parfaitement perçu : lorsque l’homme se comprend uniquement à partir de la technique ou de la biologie, il s’aveugle sur sa propre vocation céleste. Sa destinée n’est plus alors qu’une trajectoire matérielle à optimiser, un déchet à éliminer, et non un appel divin à accomplir.

Or, la vie humaine n’est pas une mécanique que l’on brise dès qu’elle dysfonctionne. Elle est un pèlerinage sacré, une histoire sainte ouverte à la transcendance, où la vulnérabilité devient le lieu même de la configuration mystique au Christ souffrant. Sortir l’homme de sa destinée éternelle pour le livrer aux seules logiques du confort ou de l’efficacité, c’est l’amputer de son âme, c’est le déshumaniser radicalement.

La subversion du langage et le devoir de compassion
Pour rendre acceptable cette apostasie éthique, notre époque décadente déploie une rhétorique lénifiante, mais profondément démoniaque. L’homicide devient « compassion ». La mise à mort est rebaptisée « aide ». On en vient même à suggérer l’infamie d’inscrire « mort naturelle » sur le certificat de décès d’une personne sciemment euthanasiée. Ce travestissement du langage procède d’une volonté d’occulter le réel et d’anesthésier définitivement le sens du péché dans les consciences.

Comme le mettait en garde le père Laurent Stalla-Bourdillon dans sa puissante tribune du Journal du Dimanche, nous assistons à l’imposition progressive d’une anthropologie défigurée où l’homme prétend s’ériger en maître absolu de la vie et de la mort. Mais cette autonomie radicale est une illusion mortifère. Elle ne fonde pas la liberté ; elle la dissout dans la révolte originelle. Comme l’enseignait saint Jean-Paul II dans l’encyclique Veritatis Splendor, la liberté humaine ne crée pas la vérité : elle s’y conforme et s’y soumet. Rompre le lien fondamental et indissoluble entre la liberté et la vérité, c’est condamner l’homme à l’errance absolue et aux ténèbres de l’orgueil.

Contre ce nihilisme d’État, la véritable espérance chrétienne se dresse comme un rempart unique. Dans son encyclique Spe Salvi, le pape Benoît XVI rappelait une vérité fondamentale trop souvent oubliée par nos contemporains : la grandeur de l’humanité se détermine essentiellement par son rapport à la souffrance et à celui qui souffre. Le Souverain Pontife écrivait que la société qui ne réussit pas à accepter la souffrance de ses membres et qui n’est pas capable de contribuer à partager la souffrance pour la porter aussi spirituellement, est une société cruelle et inhumaine.

L’amour authentique ne devance jamais la mort pour abréger la peine par le crime ; il se fait présence, adoration, fidélité et accompagnement héroïque au pied de la Croix. Il cherche à soulager sans supprimer, à soutenir sans éliminer. Dans une société dominée par les logiques comptables et utilitaristes, légaliser l’euthanasie revient ouvertement à exposer les plus fragiles à une pression silencieuse et perverse : celle de se percevoir comme une charge inutile. Une communauté qui n’assume plus ses membres les plus souffrants renonce à Dieu et s’exclut elle-même de l’humanité.

L’appel aux consciences : le devoir du « Reste » fidèle

Je m’adresse ici avec la plus haute gravité à ceux qui hésitent, à ceux qui se taisent par prudence mondaine, par fatigue ou par crainte du jugement du siècle. Que vaut une conscience qui choisit le lâche silence de la neutralité lorsque l’essentiel — c’est-à-dire l’éternité — est en jeu ?

Force est de constater que beaucoup de nos parlementaires s’apprêtent à voter ce texte de mort davantage par esprit de parti, par discipline politique ou par de misérables tactiques de carrière que par conviction profonde. Mais que valent le pouvoir, la carrière politique ou les lumières éphémères de la célébrité médiatique ? Tout cela n’est que poussière, cendre et vanité devant le Tribunal de Dieu.

En acceptant de vivre et de décider à la superficie d’eux-mêmes, beaucoup de responsables publics proposent de violer la neutralité de l’État pour imposer par la force une philosophie nihiliste. En censurant toute liberté de conscience par un véritable tribunal de la pensée, ils semblent avoir totalement oublié qu’ils ont une âme. Le matérialisme ambiant coupe l’homme de ses racines célestes. On peut tromper les assemblées terrestres, séduire l’opinion publique ou habiller les réalités les plus graves de mots rassurants. Mais on ne se moque pas de Dieu.

L’Évangile nous avertit avec une clarté sans détour (Mt 10, 26-33) :

« Rien n’est voilé qui ne doive être dévoilé, rien n’est caché qui ne doive être connu. »

Et la parole du Christ se fait plus redoutable encore pour les tièdes :

« Quiconque me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père. »

C’est pourquoi, même si cette loi inique venait à être définitivement adoptée et gravée dans le marbre profane de nos codes républicains, cela ne changerait absolument rien aux racines théologiques de nos décisions. Une loi humaine opposée à la loi divine et naturelle est moralement nulle et non avenue ; elle n’oblige jamais la conscience.

Il appartient aujourd’hui au « petit Reste » des chrétiens fidèles de relever le défi de la résistance spirituelle. Refuser de défendre le plus fragile par peur du monde ou par calcul, c’est consommer le reniement. Face à l’euthanasie comme face à l’avortement, deux visages d’une même culture de mort, l’objection de conscience n’est pas seulement un droit accordé par les hommes ; elle est un devoir moral absolu, impérieux et non négociable devant le Créateur.

Le seuil de l’Éternité et le mystère du Jugement
Il nous faut regarder la vérité en face, dans toute sa brutalité mystique : personne ne sait si celui qui meurt est réellement en état de mourir. Disposer du jour de son trépas relève d’une insupportable présomption, car disposer du corps ne garantit en rien la félicité de l’âme. Nul ne peut sonder ce qui se joue au moment exact où l’âme perd son lien avec la chair.

À cet instant précis, l’âme entre dans son état définitif. Le temps du mérite et du démérite est clos, les trajectoires terrestres sont figées. L’âme est alors instantanément jugée à la lumière de la Vérité parfaite, recevant sa destinée éternelle : soit l’entrée dans la splendeur de Dieu, soit une purification nécessaire, soit l’obscurité irréversible de l’enfer, conséquence du respect absolu que Dieu accorde à la liberté humaine lorsque celle-ci refuse obstinément l’Amour.

Qui peut prétendre jouer avec les décrets éternels en devançant l’heure par un geste technique ? Qui peut mesurer ce qui se joue dans les derniers instants d’une existence humaine ? Qui peut prétendre connaître les grâces de conversion, de réconciliation ou d’abandon mystique que Dieu peut encore offrir à une âme au seuil même de la mort ?

À l’échelle de l’Éternité, nos lois, nos gouvernants et nos parlements ne sont que de la paille que le vent emporte. Tout cela passera. Une seule réalité subsistera : l’amour divin que nous aurons incarné dans la fidélité absolue à Ses commandements.

Le malade que la société matérialiste juge parfois « de trop », celui dont certains envisagent froidement d’organiser la mort, c’est le Christ lui-même que le croyant reconnaît et sert dans sa détresse.

Le retable d’Isenheim, conservé au Musée Unterlinden de Colmar, en offre une contemplation saisissante. Peint par Matthias Grünewald pour des malades rongés par la souffrance physique, il ne s’arrête pas aux chairs meurtries et torturées du Crucifié : il s’ouvre, dans une explosion de lumière chorale, sur la gloire inouïe du Ressuscité. Là où notre siècle décadent ne voit qu’un corps diminué qu’il faut éliminer, le génie chrétien révèle une chair appelée à la transfiguration éternelle.

C’est pourquoi nous devons aborder les temps qui viennent sans aucune crainte, ancrés dans la liberté glorieuse des enfants de Dieu, indifférents aux sentences du monde et tendus vers la seule Vérité.

Victor Hugo l’écrivait dans Les Contemplations :
« L’avenir est à Dieu. »

Au terme de notre pèlerinage terrestre, nous ne serons pas jugés sur nos habiletés, nos prudences humaines ou nos compromis avec l’esprit du temps. Comme l’enseigne saint Jean de la Croix dans les Dichos de Luz y Amor :
« Au soir de cette vie, vous serez jugés sur l’amour. »

C’est pour cet Amour, le seul qui demeure pour l’éternité, qu’il nous faut dès aujourd’hui rester debout, fidèles, inflexibles et témoins de la Vérité qui sauve.

Pour approfondir et prolonger la réflexion
• Père Laurent Stalla-Bourdillon, « Euthanasie : un dogme matérialiste au service du néant », tribune parue dans le Journal du Dimanche, 26 mai 2025.
• Benoît XVI, Spe Salvi (Encyclique sur l’espérance chrétienne), 30 novembre 2007 (en particulier les paragraphes dédiés à la souffrance et à la consolation).
• Homélie du père Michel Viot, « Il vaut mieux obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ! », diffusée le 19 juin sur la chaîne YouTube de Gilbert Collard TV.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

La suppression de l’Institut Jean-Paul II d’études sur le mariage et la famille vise à repenser le concept de « droit naturel »

La suppression de l’Institut Jean-Paul II d’études sur le mariage et la famille était une opération idéologique aux graves conséquences pour l’Église tout entière. Voici la réponse de Mgr Melina, président de l’institut de 2006 à 2016, docteur en théologie et maître en philosophie, à Mgr Paglia, qui soutient cette décision.

Dans un entretien accordé à Settimana News le 21 mai 2026, Mgr Vincenzo Paglia a réaffirmé son rôle déterminant dans la suppression de l’Institut Jean-Paul II d’études sur le mariage et la famille et son remplacement par une nouvelle entité académique, ainsi que dans la transformation radicale de l’Académie pontificale pour la vie. Il a également expliqué que ces interventions visaient un changement de paradigme radical, reconnu pour la première fois non seulement au niveau pastoral, mais aussi au niveau doctrinal. Cette réforme « très profonde », selon Mgr Paglia, impliquait avant tout de repenser le concept même de « droit naturel ». Celui-ci ne pouvait plus se fonder sur des principes immuables permettant de déduire des normes, mais devait s’appuyer sur un discernement historique continu de l’expérience subjective et culturelle. Il s’agissait donc de proposer une « théologie dans l’histoire et dans la vie des hommes », dépassant ainsi la « théologie de salon ».

Il convient tout d’abord de se demander si cette critique correspond aux travaux menés par l’Institut Jean-Paul II. Ensuite, il faut examiner la pertinence des nouvelles propositions doctrinales de Paglia. Ce n’est qu’alors que nous pourrons comprendre la véritable raison de la suppression de cet institut universitaire.

1. Pour répondre à cette question, il est nécessaire de partir de l’intention initiale de Jean-Paul II et d’examiner dans quelle mesure l’Institut qu’il a créé le 13 mai 1981, à la suite du premier synode sur la famille et à la veille de Familiaris consortio, s’est développé.

Commençons par l’intention première de Jean-Paul II. L’étude approfondie de sa correspondance avec Paul VI, menée par Paweł Gałuszka dans les archives de l’archidiocèse de Cracovie, a démontré son influence profonde sur la préparation et la réception de l’encyclique Humanae Vitae . Saint Jean-Paul II était profondément convaincu que la question de la morale conjugale et familiale constituait un défi décisif pour l’Église. Mais il estimait également que la structure de la théologie morale enseignée dans les manuels catholiques était inadéquate pour y répondre. Ni le droit naturel traditionnel et l’approche légaliste, ni le caractère unilatéral d’un personnalisme de la conscience détaché de la nature, ne rendaient compte de la valeur positive de la sexualité conjugale et de la nature personnaliste de la procréation.

L’archevêque Wojtyła ressentait le besoin d’une anthropologie à la hauteur de l’expérience de l’amour et d’une théologie du corps. Ce qu’il avait suggéré à Paul VI, il put le réaliser une fois devenu pape. Avec ses Catéchèses sur l’amour humain dans le plan divin (1979-1984), il illustra la grandeur de la vocation à l’amour, au don de soi, à la communion entre les personnes et à la collaboration avec Dieu pour engendrer des vies nouvelles.

Dans le même temps, le pape polonais prit rapidement conscience que les résistances et les contestations de l’encyclique de Paul VI n’étaient plus seulement partielles et ponctuelles, mais se muaient en une remise en question globale et systématique de la « saine doctrine morale » de l’Église. Ainsi, dans l’encyclique Veritatis Splendor, il put ouvrir la voie à une resémantisation personnaliste du droit naturel. Le droit naturel se comprend à travers le langage du don de soi, que le Créateur a inscrit dans le corps humain, langage que nous pouvons découvrir à la lumière de la raison et grâce au soutien de la vertu (cf. n° 48). Le droit naturel naît de la capacité de la raison à saisir, « à la lumière de la dignité de la personne », « la valeur morale spécifique de certains biens » auxquels la personne est naturellement encline. Ainsi, les « biens pour la personne », objet des inclinations naturelles, acquièrent une pertinence morale du point de vue du « bien de la personne » en tant que tel (ibid.).

Dans la constitution apostolique Magnum Matrimonii Sacramentum du 7 octobre 1982, qui a conféré une forme juridique définitive à l’Institut d’études sur le mariage et la famille, le pape polonais a explicitement cité Humanae Vitae. Il a également indiqué comme objet d’étude « le dessein de Dieu pour le mariage et la famille », dont la pleine vérité doit être recherchée par une approche interdisciplinaire. Ainsi, deux grands axes de recherche théologique ont émergé : d’une part, l’anthropologie théologique ; d’autre part, la théologie morale.

Examinons maintenant comment l’Institut a développé ces deux aspects au cours de ses 36 années d’existence. On constate une proposition globale capable, d’une part, de surmonter les fortes résistances qui laissaient présager une évolution négative et, d’autre part, de dépasser l’étroitesse d’une vision de l’homme et de ses actions centrée sur une anthropologie des facultés, caractéristique de la néo-scolastique.

a) D’un point de vue anthropologique, une vision de l’humanité centrée sur le mystère du mariage a été proposée, démontrant le dynamisme que la différence sexuelle introduit dans la vie humaine en ouvrant la possibilité d’un amour nouveau et fécond. L’être humain est perçu précisément dans sa relationnalité constitutive. L’humanité non seulement naît de l’amour, mais s’ouvre aussi à de nouvelles relations amoureuses qui enrichissent son être. Ainsi, les étapes décisives de l’épanouissement humain peuvent être proposées : de l’enfance au mariage, puis à la parentalité. La nature est ainsi envisagée dans la dynamique de croissance engendrée par le don de l’amour, et non simplement comme un développement métaphysiquement prédéterminé dont on pourrait déduire les règles d’action.

Dans ce contexte, il apparaît clairement que l’Institut ne s’est pas concentré, comme le pense Mgr Paglia, sur une vision étroite du couple, négligeant la famille. Au contraire, dès le départ, il a été affirmé que le couple s’ouvre au-delà de lui-même, à toute la création et à toute la société. Les titres de certains colloques et publications le confirment : « Pour une culture de la famille », « Famille et nouvelle évangélisation », « Subjectivité sociale de la famille », « Anthropologie et générativité », « Alliance des générations », « Entreprise : êtes-vous une famille ? Famille et développement durable », « La famille, lumière de Dieu dans une société sans Dieu », « Famille et foyer : construire, engendrer, habiter », « Le mystère de l’enfance », « Action sacramentelle et action familiale », « Paternité »…

Par ailleurs, la méthode de travail de l’Institut s’est toujours développée grâce à un dialogue constant avec les sciences humaines, notamment la sociologie et la psychologie (une collaboration continue avec le Département de la famille de l’Université de Bologne et l’Université catholique du Sacré-Cœur de Milan). De plus, des séminaires et des conférences ont été organisés afin d’échanger avec les grandes traditions religieuses et spirituelles : avec l’Université Bar-Ilan de Tel-Aviv, l’Université islamique Zeituna de Tunis, ainsi qu’avec des représentants du bouddhisme et de l’hindouisme.

b) Dans une perspective de réflexion morale, une proposition a été systématiquement élaborée, dès la création du Domaine international de recherche en théologie morale en 1997, centrée sur le caractère radical de la rencontre avec le Christ comme source de l’expérience morale chrétienne. Ceci a été rendu possible grâce à une conception précise de l’amour comme expérience fondatrice de la moralité, pour la transformation qu’il implique et la plénitude qu’il promet, permettant ainsi de clarifier le sens du bonheur. Dans cette perspective, il a été possible de comprendre que la construction du sujet moral ne résulte pas de l’imposition extérieure d’un idéal, mais du fruit d’un amour qui restructure la vie et donne sens à la liberté. L’amour, en effet, engendre des vertus comme excellences du sujet qui lui permettent d’agir avec excellence avec autrui. La charité, en tant qu’amitié avec Dieu et avec les autres au sein de l’Église, manifeste ainsi sa contribution majeure et définitive : la formation du sujet chrétien.

Depuis plus de 22 ans, le domaine de recherche en théologie morale s’était fixé pour objectif, sur la suggestion du cardinal Ratzinger de l’époque, de dialoguer avec des théologiens moralistes de diverses tendances, même ceux opposés à celle développée au sein de l’Institut, et de retenir tout ce qui était bon dans leurs recherches. Voici, juste pour donner un avant-goût, quelques noms invités au dialogue: W. Pannenberg, S. Pinckaers, R. Tremblay, B. Petrà, E. Schockenhoff, G. Angelini, P. Wadell, E. Falque, G. Abbà, E. Feder Kitay, A. Rodríguez Luño, F. Botturi, LF Ladaria, K. Flannery, B. Kiely, S. Hauerwas, Ph. Bordeyne, A. Ales Bello, P. Gilbert, M. Chiodi, S. P. Bonanni, J. Mimeault, M. Sherwin, M. S. Archer, P. Donati, E. Scabini, J. Milbank, T. Rowland. Mais aussi à d’autres moments de la vie de l’Institut, A. M. Pelletier, X. Lacroix, J. L. Marion, S. Ubbiali, C. Pagazzi, P. Gisel.

Ce dialogue nous a enrichis, professeurs et étudiants. Un coup d’œil aux titres de certaines conférences organisées révèle également l’ampleur de la vision : « Question sur le bien, question sur Dieu » ; « Quel lieu pour l’action ? Dimensions ecclésiologiques de la morale » ; « Le chemin de la vie : l’éducation, un défi pour la morale » ; « L’action, source de nouveauté » ; « L’intelligence de l’amour : une nouvelle épistémologie morale au-delà de la dialectique entre norme et hasard » ; « Marcher dans la lumière : perspectives pour la théologie morale à partir de Veritatis Splendor » ; « Suivre le Christ : la dimension morale et spirituelle de l’expérience chrétienne » ; « Le Logos de l’agapè : l’amour et la raison comme principes d’action » ; « L’amour, principe de la vie sociale » ; « La révélation de l’amour et la réponse de la liberté » ; « La famille : clé du dialogue entre l’Église et le monde » ; « Reconstruire le sujet moral chrétien » ; « La subjectivité morale du corps ». Mais aussi, d’un point de vue pastoral plus concret : « Aimer l’amour humain ». « La famille, une ressource pour la société » ; « De l’huile sur les plaies : une réponse aux fléaux de l’avortement et du divorce » ; « La miséricorde, vérité pastorale ».

Ces deux axes (anthropologique et moral) convergent de manière décisive dans la perspective sacramentelle développée à l’Institut. Les sacrements façonnent le sens ultime de la vie et de la réalité humaines : ils sont un don qui, lorsque nous l’accueillons, nous permet de nous donner nous-mêmes. L’action humaine trouve dans les sacrements la source qui vient de Dieu et qui intègre le dynamisme de notre action morale à l’action du Christ, afin que nous puissions participer à ses vertus.

Dans la dynamique sacramentelle, le mariage s’est révélé un sacrement stratégique. Source du langage du corps comme langage du don de soi, le mariage se révèle une clé privilégiée pour comprendre la nature du sacrement à travers son lien avec le don eucharistique du Corps du Christ. De cette perspective ont émergé des propositions visant à aider les époux à vivre leur vocation à la sainteté, ainsi que des programmes d’accompagnement pastoral destinés à guider ceux qui ne sont pas encore capables de vivre selon l’enseignement de Jésus sur le mariage et la famille vers la vérité de l’amour.

Le fruit de la recherche et de l’enseignement fut précisément l’aspect le plus frappant : les étudiants en ressortaient transformés, animés par le désir de partager leurs connaissances et par la volonté de subvenir aux besoins de leurs familles. De retour dans leurs pays d’origine, ils devinrent un exemple à suivre, faisant preuve d’une grande créativité pastorale et continuant à cultiver les amitiés nouées avec leurs professeurs et collègues. Les douze sections de l’Institut, implantées sur les cinq continents, témoignent de la fécondité pastorale et de l’universalité potentielle de cette vision et de cette méthode de travail.

Au vu de tout cela, il est véritablement difficile de comprendre la critique de Paglia à l’égard des travaux de l’Institut pontifical Jean-Paul II. Ni ce qui vient d’être dit des deux axes principaux de l’Institut, ni ses cours, ni ses recherches doctorales, ni ses articles dans la revue Anthropotes, ni ses ouvrages publiés, ne reflètent une théologie apologétique de salon, centrée sur une conception anhistorique de la nature et des absolus moraux, conçue comme une déduction éthique abstraite et incapable d’interpréter l’expérience humaine. Au contraire, il s’agissait précisément d’une théologie de l’amour, qui cherchait à éclairer, par des arguments, le caractère fondamental de l’expérience dans la vie des personnes et à soutenir leur cheminement. La critique de Paglia apparaît donc idéologique et superficielle, car elle ne rend pas compte de la qualité des travaux de recherche de l’Institut et permet de les assimiler à la néo-scolastique.

2. Nous en revenons donc au changement de paradigme radical prôné par Mgr Paglia, exprimé le plus explicitement dans l’ouvrage qu’il a dirigé pour l’Académie pontificale pour la vie, intitulé * Éthique théologique de la vie. Écriture, Tradition, défis pratiques* (Libreria Editrice Vaticana, Cité du Vatican, 2022), auquel il fait lui-même référence. Cet ouvrage comprend également un « document de base », conçu comme une mise à jour de l’encyclique *Humanae Vitae* , mais qui n’a jamais été publié comme texte pontifical. Il a déjà fait l’objet d’une analyse critique approfondie dans un ouvrage dirigé par R. Fastiggi et M. Levering : *Humanae Vitae et la morale sexuelle catholique. Une réponse à l’*Éthique théologique de la vie* de l’Académie pontificale pour la vie* (Sapientia Press, Ave Maria, Floride, 2024).

Les deux fondements théoriques du document de Paglia sont la primauté de l’herméneutique et, par conséquent, celle de la conscience subjective. La première affirmation établit le « principe d’immanence » inhérent au modernisme : l’historicité complète du sujet interprétant, qui se trouve toujours dans une position perspective, conditionnée par sa situation existentielle et culturelle, et ne peut jamais avoir de contact immédiat et direct avec la réalité. « Il n’y a pas de faits, seulement des interprétations », disait Nietzsche. En théologie, cela signifie que la conversion pastorale souhaitée exigerait de contextualiser systématiquement chaque affirmation, afin de repenser la doctrine et de l’adapter à la mentalité contemporaine. Ainsi, par exemple, la situation nouvelle des couples divorcés et remariés ou vivant en concubinage devient une occasion de repenser la doctrine sur l’adultère, la sexualité hors mariage et les conditions d’accès aux sacrements.

La seconde assertion réduit le sujet moral à sa conscience, y intégrant toutes les données antérieures susceptibles de servir de critère objectif de vérité : une véritable hypertrophie de la conscience, qui n’est plus un simple jugement réflexif sur la moralité d’un acte, mais qui absorbe la norme morale en elle-même. Ainsi, tout en reprenant l’ancien cadre post-tridentin, qui opposait loi et conscience dans une dialectique systémique, le conflit est censé être résolu par l’abolition de la référence objective. Puisque « seule la conscience de l’agent moral peut formuler la norme concrète de l’action », elle revêt l’apparence d’une « décision » subjective, autonome et définitive. De cette manière, les absolus moraux sont niés, c’est-à-dire la possibilité de définir des normes morales négatives valides sans exception parce qu’elles se réfèrent à des actions intrinsèquement mauvaises en raison de leur objet moral.

La dimension historique de l’être humain, qui vit toujours au sein d’une culture particulière, ne doit cependant pas nier l’existence en lui d’une essence qui transcende les cultures. Saint Jean-Paul II, dans Veritatis Splendor, rappelle que cette essence est précisément la nature humaine, qui est dès lors la mesure de la culture (n° 53). Cette doctrine n’est pas simplement une prérogative de la raison humaine, la préservant d’un relativisme susceptible d’entraîner des violations des droits des individus et des peuples, comme l’a tragiquement démontré l’histoire du totalitarisme au XXe siècle. Elle concerne aussi la doctrine de la foi, car le thème de la nature interroge le fondement christologique ultime et la vérité même de la rédemption.

Et en effet, l’encyclique Veritatis splendor, citant le concile Vatican II dans la constitution Gaudium et spes , enseigne :

« L’Église affirme que sous tous les changements, il y a beaucoup de choses qui ne changent pas ; celles-ci trouvent leur fondement ultime dans le Christ, qui est toujours le même : hier, aujourd’hui et éternellement. Il est le Principe qui, ayant assumé la nature humaine, l’illumine définitivement dans ses éléments constitutifs et dans son dynamisme de charité envers Dieu et le prochain (n° 53). »

3. L’exposé des activités de l’Institut pontifical Jean-Paul II et du nouveau paradigme proposé par Paglia éclaire la véritable raison de sa suppression. Les agissements de Paglia n’étaient pas motivés par des raisons théologiques, mais par une critique idéologique de l’Institut. Or, comme l’a enseigné Karl Marx, l’idéologie masque des intérêts inavouables. Quel fut donc cet intérêt inavouable à l’origine de la disparition d’un institut si florissant, souhaité par un pape saint et prophétique ?

On pourrait répondre : la difficulté d’accepter le message sur le mariage et la famille proposé jusqu’alors par l’Église, que Paglia jugeait déraisonnable et irréalisable. De ce point de vue, son intervention a de fait bloqué l’élaboration d’une proposition capable de rester fidèle à l’enseignement traditionnel de l’Église tout en le présentant dans des termes compréhensibles par l’homme contemporain, une proposition dotée d’une fécondité pastorale qui permettrait aux fidèles de la vivre pleinement.

Considérons l’autre concept clé qui caractérise le changement de paradigme de Paglia : la notion de « bien possible » devient le critère d’établissement de la norme morale effectivement contraignante. Le principe tout à fait traditionnel « ad impossibilia nemo tenetur » (que l’impossible ne puisse tenir) s’applique également aux préceptes moraux négatifs, qui interdisent les actions intrinsèquement mauvaises. Ceci contrevient à la tradition constante de l’Église, exprimée ainsi par le concile de Trente, à partir d’un texte de saint Augustin : « Que personne n’adopte cette expression téméraire, condamnée par l’excommunication des Pères, selon laquelle il serait impossible à un homme justifié d’observer les commandements de Dieu. Dieu, en effet, ne commande pas l’impossible, mais en commandant, il nous exhorte à faire tout notre possible, à demander ce que nous ne pouvons pas, et il nous aide à le faire ; car « les commandements de Dieu ne sont pas un fardeau » (cf. 1 Jn 5, 3), et « son joug est doux et son fardeau léger » (cf. Mt 11, 30). »

C’est l’enseignement de saint Jean-Paul II dans Veritatis Splendor, n° 102-103 , qui met en garde contre de telles réductions. Il rappelle que la réalité de la rédemption est ici en jeu, car « c’est seulement dans le mystère de la Rédemption du Christ que résident les possibilités concrètes de l’homme ». Par conséquent, « ce serait une grave erreur de conclure que la norme enseignée par l’Église n’est en elle-même qu’un idéal qu’il faudrait ensuite adapter, proportionner et graduer jusqu’aux possibilités concrètes de l’homme ».

L’Institut pontifical Jean-Paul II, le premier, aujourd’hui disparu, avait démontré la justesse du message chrétien, en accord avec le désir humain authentique. Il avait également démontré la faisabilité de ce message, grâce aux sacrements et à l’accompagnement ecclésial. Cet accompagnement, dans la concrétisation de ses diverses formes communautaires, devient le terreau où le sujet moral se reconstruit et se revigore par la transformation de ses désirs à travers les pratiques proposées. Ce chemin, le chemin étroit de la régénération des sujets dans la patience d’un parcours de guérison et d’éducation communautaire, est celui que l’œuvre de Paglia s’est efforcée de fermer.

Ce travail, cependant, a dépassé le cadre des salles de classe et des publications de l’Institut. Il a touché l’Église elle-même, qui se trouve aujourd’hui à un carrefour crucial. D’une part, elle peut continuer à proposer l’Évangile de la grandeur de la vocation humaine, en expliquant qui est l’homme, quel est son appel suprême, ce que sont le mariage et la famille, et quels sont les chemins pour vivre cette vocation à aimer. Autrement dit, elle peut nous inviter à tourner d’abord notre regard vers le Christ et le plan originel de Dieu. D’autre part, elle peut abandonner cette perspective étroite, en fermant les yeux sur la grandeur de cet appel et en le réduisant aux possibilités concrètes de l’humanité blessée dans le contexte actuel.

Quelle morale l’Église recherche-t-elle ? Une morale du retrait, une sorte de « pélagianisme du minimum » qui, faute de s’appuyer sur la grâce divine, finit par renoncer à la plénitude de la vie et justifie les faiblesses et les fragilités comme insurmontables ? Ou une morale qui offre un chemin à ceux qui, humblement, demandent la grâce suffisante pour vivre leur vocation au don de soi et aspirent à un contexte ecclésial où la vivre ? Autrement dit, quelle espérance l’Église veut-elle offrir à ceux qui sont blessés et en quête de sens ? L’espérance de ceux qui se contentent de leur situation, ou celle de ceux qui savent qu’ils sont appelés à une grande destinée et qui ont devant eux un cheminement jalonné de petits pas significatifs ?

En réalité, comme nous l’avons vu, le paradigme de Paglia n’est nullement nouveau, mais bien ancien, non seulement parce qu’il réintroduit la dialectique de la casuistique post-tridentine entre loi et conscience, mais aussi parce qu’il nie en définitive la nouveauté permanente du Christ, venu non pour abolir la loi, mais pour nous donner la possibilité de l’accomplir et ainsi réaliser le grand dessein d’amour de Dieu. L’Église, pour être miséricordieuse, n’a pas besoin d’abaisser la plénitude de la vie et de s’adapter aux normes du monde, mais plutôt d’annoncer la bonne nouvelle de la grâce qui nous permet de vivre, malgré nos fragilités et nos faiblesses, dignes de notre vocation divine.

Mgr Weisenburger préfère les mosquées à la messe en latin

Mgr Edward Weisenburger, archevêque de Détroit dans le Michigan, était invité à l’inauguration au sein de la mosquée Imam Al-Hasanain des nouveaux locaux de l’Institut islamique d’Amérique de l’imam chiite Sayyid Hassan al-Musawi al-Qazwini à Deaborn Heights. Lors de son allocution, il a déclaré :

« Nulle part ailleurs je ne ressens plus d’honneur, de fraternité et de bienveillance, et dès l’instant où j’ai foulé le sol de cette magnifique propriété aujourd’hui, j’ai pleinement ressenti la présence divine. » « Nous appartenons à la même famille humaine. Toutes les églises, toutes les mosquées, toutes les synagogues, tous les lieux où Dieu se manifeste sont sacrés. C’est un lieu véritablement merveilleux et sacré, un lieu qui, je le crois, permettra à toute l’humanité d’entrer en communion plus profonde avec notre Dieu unique. »

Mgr Edward Weisenburger s’est fait connaître par son application brutale de Traditionis custodes dans son diocèse, interdisant la messe dans toutes les paroisses et ne la permettant que dans une église de Detroit et trois chapelles dans le diocèse, interdisant aussi toute messe ad orientem, exigeant un autel face au peuple dans tous les lieux de culte « sous 180 jours », et chassant trois professeurs de renom du grand séminaire parce que trop « conservateurs », dont le célèbre canoniste Edward Peters.

Quatrième dimanche après la Pentecôte : “désormais ce sont des hommes que tu prendras”

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Introït  : Dominus illuminatio

Nous avons abordé avec le troisième dimanche après la Pentecôte (pour les chorales qui ne font pas la solennité de la fête du Sacré-Cœur) la longue série des dimanches de ce temps liturgique, qui sont des dimanches ordinaires, pour lesquels le célébrant revêt des ornements verts. Nous avons dit que durant cette période l’Église s’efforce, par les chants du propre de la messe, de nous inspirer les sentiments qui doivent habiter l’âme chrétienne durant son séjour sur la terre, en utilisant principalement le livre des psaumes qui en constitue l’expression inépuisable. Elle le fait par petites touches, dans un désordre apparent, qui est en réalité l’œuvre du Saint Esprit.
On peut cependant trouver en ces premiers dimanches après la Pentecôte un sentiment dominant, qui est la confiance en Dieu : nous savons que nous sommes faibles, et incapables par nous-mêmes de surmonter les difficultés et les tentations qui nous assaillent, mais Dieu est tout puissant, et il nous aime, et si nous mettons notre confiance en lui nous n’avons rien à craindre. Un psaume exprime particulièrement ces dispositions de l’âme, c’est le psaume 26, composé par David lorsqu’il fut investi de la royauté, se sentant humainement démuni devant les périls qui le menaçaient ; ce psaume figurera à plusieurs reprises dans les messes les prochains dimanches, et dès celui-ci, en voici le début dans l’Introït 

Dominus illuminatio mea et salus mea, quem timebo ? Dominus defensor vitæ meæ, a quo trepidabo ? Qui tribulant me inimici mei, infirmati sunt et ceciderunt.
Le Seigneur est ma lumière et mon salut, de qui aurais-je peur ? Le Seigneur est le défenseur de ma vie, pourquoi tremblerais-je ? Les ennemis qui m’assaillent, c’est eux qui chancellent et tombent.

On psalmodie à la suite le verset suivant du psaume 26 :

Si consistant adversum me castra, non timebit cor meum.
Même si une armée se dresse contre moi, mon cœur est sans crainte.

La mélodie calme et douce fait de cet Introït une prière pleine de ferveur et d’assurance. On remarquera au début de la deuxième phrase la même intonation qu’à la première phrase, mais une quarte plus haut, ce qui indique une insistance très marquée. Cette deuxième phrase se termine par une interrogation remontant à l’aigu d’une manière qui pourrait paraître angoissée, si la troisième phrase ne revenait à la calme assurance du début.

Graduel : Propitius esto

Après la confiance en Dieu qu’exprimait l’Introït du quatrième dimanche après la Pentecôte, nous trouvons dans le Graduel un autre sentiment chrétien, la contrition de nos péchés : nous reconnaissons que les souffrances de cette vie sont un châtiment, et nous supplions Dieu de nous pardonner et de nous libérer. Le texte est tiré du psaume 78, qui est souvent utilisé dans la liturgie du Carême ; c’est une complainte du peuple élu, vaincu, emmené en captivité, et qui se tourne vers Dieu avec repentir :

Propitius esto, Domine, peccatis nostris, nequando dicant gentes : Ubi est Deus eorum ? Adjuva nos, Deus salutaris noster, et propter honorem nominis tui, Domine, libera nos.
Seigneur, pardonnez-nous nos péchés ; que les païens ne disent pas : où est leur Dieu ? Venez à notre secours, Dieu de notre salut, et pour la gloire de votre nom délivrez-nous.

La mélodie, comme c’est généralement le cas pour les Graduels, est faite de formules que l’on retrouve en différents autres Graduels, spécialement dans ceux de ces premiers dimanches après la Pentecôte. C’est particulièrement le cas pour les trois grandes vocalises de la deuxième partie.

Alléluia : Deus qui sedes

Comme celui du troisième dimanche, le texte de l’Alléluia du quatrième dimanche après la Pentecôte est un hommage à la justice infinie et toute puissante de Dieu. Il est tiré du psaume 9, qui était déjà utilisé dans l’Offertoire de dimanche précédent ; c’est un cantique de louange au Seigneur, protecteur des faibles et défenseur des opprimés :

Deus, qui sedes super thronum et judicas æquitatem, esto refugium pauperum in tribulatione.
O Dieu qui siégez sur votre trône, et jugez avec équité, soyez le refuge des pauvres dans leur détresse.

La mélodie est très ornée et chargée de neumes. Dans la vocalise de l’Alléluia elle est joyeuse et pleine d’une calme assurance. Dans le verset il y a un net contraste entre les deux phrases : la première qui rend hommage à la majesté et à la justice divines, contient une immense vocalise sur le mot thronum, le trône où siège cette majesté, vocalise assez exceptionnelle, montant et descendant en une contemplation éperdue, pour s’élever finalement en une dernière montée jusqu’aux sommets de l’échelle ; la deuxième phrase, qui est une prière, est au contraire beaucoup plus calme, et elle retrouve pour finir la vocalise de l’Alléluia et sa paisible assurance.

Offertoire : Illumina

Après la confiance en Dieu, la contrition de nos péchés et l’acclamation de la justice divine, nous trouvons dans l’Offertoire du quatrième dimanche après la Pentecôte une supplication ardente, qui monte vers le Seigneur dans une grande détresse. Le texte est tiré du psaume 12, composé par David alors qu’il était sur le point de succomber aux attaques de ses ennemis, ne voyant plus humainement quelle solution y apporter. C’est pourquoi il demande d’abord à Dieu la lumière : à l’affirmation de l’Introït Dominus illuminatio mea, le Seigneur est ma lumière, répond cette demande :

Illumina oculos meos, nequando obdormiam in morte, nequando dicat inimicus meus : Prævalui adversus eum.
Éclairez mes yeux, pour que je ne m’endorme pas dans la mort, pour que mon ennemi ne dise pas : je l’ai emporté contre lui.

Nous pouvons faire nôtre cette prière lorsque nous sommes accablés par les doutes et les tentations, que nous n’y voyons plus clair, et risquons de succomber à la mort du péché. C’est alors que l’ennemi infernal pourrait se vanter de nous avoir vaincus, car c’est bien de lui qu’il s’agit, et on a dit de cet Offertoire que c’était la seule pièce grégorienne qui faisait parler le diable ; il faut entendre avec quelle voix grave et sombre il prononce son prævalui : je l’ai emporté. Dans l’ensemble la mélodie est très suppliante, avec des montées successives de plus en plus insistantes, puis, après la descente dans les profondeurs sur le mot prævalui, une finale plus douce et contemplative.

Communion : Dominus firmamentum

Nous retrouvons dans la Communion du quatrième dimanche après la Pentecôte le même sentiment de confiance en Dieu que dans l’Introït. Le texte est tiré cette fois du psaume 17, encore un psaume de David, dans lequel il exprime sa reconnaissance au Seigneur qui l’a délivré une fois de plus d’une grande épreuve. Nous avions déjà rencontré ce psaume à l’Introït du dimanche de la Septuagésime, et le texte de cette Communion, pris au début du psaume, figurait dans le verset de cet Introït :

Dominus firmamentum meum et refugium meum et liberator meus, Deus meus adjutor meus.
Le Seigneur est mon appui, mon refuge et mon libérateur, mon Dieu et mon secours.

On notera l’accumulation des adjectifs possessifs : c’est vraiment chacun de nous qui exprime personnellement sa confiance en Dieu dans le cœur à cœur de la Communion. La mélodie est très expressive, paisible, affirmative et pleine de ferveur. On remarquera comment les quatre substantifs firmamentum, refugium, liberator et adjutor ont leurs accents particulièrement bien soulignés.

Une initiative citoyenne européenne sur l’immigration

Eva Vlaardingerbroek et Martin Sellner ont lancé une campagne pour réunir une initiative citoyenne européenne (ICE) sur les questions migratoires. Cette initiative a reçu un soutien large de plusieurs dirigeants des droites européennes, de Viktor Orban à Georges Simion en passant par Eric Zemmour ou Santiago Abascal. Et cette initiative démarre sur les chapeaux de roue, puisque plus de 370 000 personnes l’ont déjà signée (il faut un million de signatures pour obtenir une ICE).

J’ai fait récemment la connaissance d’Eva lors d’un colloque à Rome et j’ai ainsi été assez rapidement averti de cette ICE. Et, sachant que le Salon beige disposait de l’une des plus importantes bases de “conservateurs” en Europe, Eva et Martin m’ont demandé d’être partenaire de leur campagne. Ce que j’ai naturellement accepté très volontiers – et je vous invite tous, amis lecteurs, à soutenir cette ICE. Les initiateurs comptent beaucoup sur la France pour faire de cette campagne la plus grande campagne civique jamais vue en Europe.

Vous savez sans doute que les droites européennes ont déjà obtenu à Bruxelles quelques résultats en s’unissant – et cette question migratoire est l’un des sujets sur lesquels l’union se fait le plus facilement. Cette résistance à l’invasion migratoire devrait avoir un double effet: d’abord, ne pas encourager des malheureux à traverser la mer pour un improbable eldorado européen (et les aider au contraire à rester chez eux pour développer leur propre pays) et ne pas détruire nos sociétés par une immigration non assimilée.

Pour signer, c’est ici.

Guillaume de Thieulloy

Est-il contraire au droit divin de sacrer un évêque contre la volonté du pape ?

Conférence donnée par l’abbé Hilaire Vernier, Fraternité Saint-Pierre.

Sommaire :

Introduction :

  • 00:00 Enjeu de la question posée
  • 07:28Une distinction cruciale : droit divin et droit ecclésiastique
  • 10:14 – Définitions de quelques notions ecclésiologiques
  • 22:00 – Précisions thomistes sur la nature de l’épiscopat

I – Bref aperçu de la doctrine catholique en faveur de la nécessité de l’accord au moins tacite du pape pour conférer l’épiscopat

  • 30:07 – Exposé de la méthodologie adoptée
  • 30:40 – Aperçu de la doctrine catholique selon l’Écriture-Sainte
  • 32:16 – Aperçu de la doctrine catholique selon la liturgie
  • 35:14 – Aperçu de la doctrine catholique selon la discipline de l’Église
  • 38:03 – Aperçu de la doctrine catholique selon le magistère pontifical

II – Raisons théologiques de l’impossibilité de droit divin de consacrer catholiquement un évêque contre la volonté du pape.

  • 46:54 – Les fondements ecclésiologiques communs à ces trois raisons
  • 48:54 – L’inséparabilité de la réception de l’épiscopat catholique et de la participation à l’apostolicité formelle
  • 59:27 – L’inséparabilité de la réception de l’épiscopat catholique et du pouvoir de régence
  • 01:09:57 – L’inséparabilité de la réception de l’épiscopat catholique et de l’appartenance au corps épiscopal 
  • 01:17:56 – Conclusion et remarque opportune sur le magistère

III – Questions et objections de l’auditoire.

  • 01:20:13 – Qui d’autres que St Thomas parle du pouvoir de régence ?
  • 01:22:40 – Est-ce que l’état de nécessité notamment dû aux restrictions de la liturgie traditionnelle par le pape François ne justifie pas des sacres épiscopaux pour la survie de la Tradition ? 01:23:44 – Dans l’interdiction énoncée par le pape de sacrer sans son accord un évêque, est-ce que ce qui compte, au-delà de la loi, n’est pas l’esprit de la loi ?
  • 01:24:29 – Ne suffit-il pas d’avoir la communion de Foi avec le pape en cas de nécessité pour demeurer catholique ?
  • 01:27:16 – Par rapport à l’argument magistériel, Pie XII enseigne l’impossibilité de consacrer un évêque contre la volonté du pape mais ne précise pas du tout si cela ressort du droit ecclésiastique ou du droit divin…
  • 01:29:01 – A force de séparer ordre et juridiction, n’y a-t-il pas un risque de dénaturer la doctrine catholique relative à l’épiscopat ou à l’ecclésiologie et, par suite, de tomber dans l’hérésie ?
  • 01:30:41 – Que penser des consécrations épiscopales effectuées par saint Athanase excommunié par le pape Libère ?
  • 01:31:59 – Que penser des sacres effectués de 3 évêques secrètement par le cardinal Slipyj sans mandat pontifical ?
  • 01:37:33 – Que penser des paroles de Mgr Lefebvre attribuant à la F.S.S.P.X les 4 notes de l’Église ? Réflexion sur une mécompréhension de l’indéfectibilité de l’Église justifiant des sacres contre la volonté du pape…
  • 01:40:08 – Que penser de l’argument de la nécessité liée à cette crise sans précédent pour justifier les sacres ? Une analogie éclairante…

IV – Quelques considérations circonstancielles relatives au débat suscité par cette question.

  • 01:42:10 – Un refus de débattre de la FSSPX sur la question de la possibilité de conférer l’épiscopat contre la volonté du pape.
  • 01:43:47 – L’étude effectuée par des prêtres de la FSSPX à la demande du supérieur général en 1983 conclut à l’impossibilité de conférer l’épiscopat contre la volonté de Dieu.
  • 01:44:31 – La raison pour laquelle Mgr Lefebvre passa outre les conclusions de cette étude : son doute sur la catholicité du pape.

V – Quelques objections courantes.

  • 01:49:58 – Première objection : L’accord du pape pour la transmission du pouvoir d’ordre sans la juridiction n’est pas requis de droit divin !
  • 01:52:54 – Deuxième objection : Ce n’est que si l’on adopte l’enseignement contestable de Vatican II sur l’épiscopat que l’on ne peut jamais le transmettre contre la volonté du pape.
  • 01:54:06 – Troisième objection : Il y a eu des cas de consécrations épiscopales catholiques sans accord du pape !
  • 01:54:35 – Quatrième objection : Il peut être permis de désobéir au pape ou à une de ses lois pour le Salut des âmes : la nécessité de sauver les âmes fait loi : suprema lex : salus animarum !
  • 01:58:47 – Cinquième objection : La communion hiérarchique n’est-elle pas subordonnée à la foi et à la liturgie traditionnelle ? Ne doit-elle pas être enfreinte dans les cas où l’Église vit une crise provoquée par sa hiérarchie ?

VI – Conclusion  01:59:41

Covid-19 : Les Etats-Unis ont financé 120 laboratoires de biologie à l’étranger

Encore une théorie du complot qui se réalise :

Tulsi Gabbard, la directrice sortante du renseignement national (un poste qui coordonne les agences de renseignement et sert de liaison entre elles et le président), quittera ses fonctions le 30 juin. Alors que Trump et le Parti républicain se disputent la nomination d’un successeur, Gabbard, qui n’a plus rien à perdre, éprouve une certaine satisfaction personnelle et politique.

La semaine dernière, le 12 juin, elle a rendu publics des documents prouvant l’existence de financements publics pour 120 laboratoires de biologie à l’étranger, dans 30 pays partenaires, dont l’Ukraine (et donc « risqués d’être compromis en raison du conflit russo-ukrainien »). Cette dénonciation est passée relativement inaperçue. Selon Gabbard, cette pratique perdure depuis au moins dix ans. Ainsi, ces laboratoires à l’étranger ont été financés par des administrations des deux partis, y compris la première de Trump, de 2017 à 2021.

La nouvelle révélation, rendue publique hier, 19 juin, pourrait bien faire l’effet d’une bombe, même si la presse nationale, à l’exception du New York Post et de quelques autres journaux, ne l’a pas largement relayée. Selon des documents récemment déclassifiés, Anthony Fauci, principal conseiller en matière de politique de lutte contre la pandémie, aurait menti au Congrès lors d’auditions concernant le financement d’expériences dangereuses menées dans des laboratoires de Wuhan, en Chine, foyer probable de la Covid-19.

Dans un communiqué de presse de la Direction nationale du renseignement, il est indiqué que « avant la pandémie de COVID-19, Anthony Fauci, en tant que directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), a alloué des millions de dollars des contribuables américains au financement de recherches dangereuses sur le « gain de fonction » des coronavirus de chauve-souris à l’Institut de virologie de Wuhan (WIV), travaux qui sont aujourd’hui largement considérés comme la source de la fuite accidentelle de laboratoire qui a déclenché la pandémie. »

Mais on en parle depuis des années. La véritable information, cependant, réside dans la preuve que la dissimulation a bel et bien eu lieu et qu’elle s’est déroulée avec la complicité d’une partie des services de renseignement américains de l’époque. Il est indiqué que les documents suivants ont été déclassifiés :

« Des communications et des documents inédits révèlent comment Fauci a collaboré avec des responsables politisés de la communauté du renseignement pour étouffer la vérité sur ses agissements, les origines du virus, notamment la fuite du laboratoire, et son rôle dans l’allocation de fonds américains à ces recherches dangereuses qui ont causé des dommages incommensurables et d’innombrables pertes de vies humaines. Ces documents révèlent le rôle direct de Fauci dans l’influence et la manipulation des évaluations des services de renseignement sur la Covid-19 et comment il a menti au Congrès en 2024, lorsqu’il a nié sous serment avoir eu connaissance de discussions avec des responsables du renseignement à ce sujet ou y avoir participé. »

Et certains commencent à s’exprimer, apparemment après avoir subi des intimidations :

« Au cours de ce processus de collecte de preuves, indique le communiqué, les responsables de l’ODNI (Direction du renseignement national, Département de l’État de l’Ohio) ont recueilli les témoignages de nombreux lanceurs d’alerte au sein de la communauté du renseignement. Ces derniers ont dénoncé des représailles pour avoir contesté la manipulation, par la communauté du renseignement, d’informations concernant l’origine du virus. Ceci a révélé une pratique manifeste de répression de la dissidence, de réduction au silence des critiques et de dissimulation de preuves, ce qui a porté atteinte à l’intégrité de la communauté du renseignement et nui au peuple américain. »

L’histoire de la pandémie devrait être réécrite, selon Gabbard, car toutes les informations de l’époque ont été entachées par cette relation illégitime entre Fauci et une partie de la communauté du renseignement :

« Pendant la pandémie, Fauci et des responsables politisés au sein de la communauté du renseignement ont créé un cercle vicieux de communication autoréférentielle. Fauci a fourni des scientifiques qu’il avait lui-même sélectionnés et financés par le NIAID pour conseiller la communauté du renseignement. Ces contributions ont influencé les évaluations officielles du renseignement, qui ont ensuite été présentées publiquement comme un consensus scientifique pour réfuter la théorie de la fuite de laboratoire. D’après des centaines de courriels examinés, la communauté du renseignement a presque toujours adopté ses recommandations. »

D’où l’accusation la plus grave, celle d’avoir menti au Congrès :

« On a demandé à plusieurs reprises à Fauci s’il avait parlé au FBI, à la CIA, à la DIA ou à toute autre agence de renseignement américaine au sujet de la recherche sur le virus avant, pendant ou après la pandémie. Fauci a systématiquement esquivé les questions, avant de déclarer faussement : « À ma connaissance, non, concernant la Covid. »

On ignore toujours les origines de la Covid-19, même après la publication de ces documents de renseignement. Mais on commence au moins à reconstituer le puzzle et à comprendre comment certains ont tout fait pour nous détourner de la vérité. Et ce sujet n’est abordé qu’aux États-Unis. Pas en Chine. 

Des mots pour le dire : qualifier la gestation pour autrui (GPA) de vente d’enfant

Communiqué de Juristes pour l’enfance :

Juristes pour l’enfance adresse ce jour une contribution à Madame la Rapporteuse spéciale ONU sur la vente, l’exploitation et les abus sexuels sur enfants, Madame Ai Kihara-Hunt, en vue de son rapport sur la vision, 1er rapport depuis sa prise de fonction et qui sera présenté à la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies en octobre 2026 (voir l’appel à contribution ICI, et la contribution de JPE ICI).

Juristes pour l’enfance entend attirer l’attention de la rapporteuse spéciale sur ce qui constitue actuellement un angle mort de la lutte contre la vente d’enfant, à savoir la gestation pour autrui (GPA). 

La GPA est en effet un processus qui a pour objet la commande, la “fabrication” puis la remise d’un enfant.

Lorsque cette remise de l’enfant s’effectue en contrepartie d’une somme d’argent, comment qualifier autrement cet échange que comme une vente ?

Le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant, concernant la vente d’enfants du 25 mai 2000, définit en effet la vente d’enfant comme « tout acte ou toute transaction en vertu desquels un enfant est remis par toute personne ou de tout groupe de personnes à une autre personne ou un autre groupe contre rémunération ou tout autre avantage » (art. 2), ce qui inclut nécessairement la remise de l’enfant moyennant finance dans le cadre d’une GPA.

L’écrasante majorité des GPA réalisées dans le monde sont rémunérées, directement ou indirectement, ce qui représente un marché estimé à $28 milliards en 2025 et qui pourrait atteindre $200 milliards en 2034 (Estimations par Global Market Insights‌, voir source ICI).

Cette nouvelle forme de vente d’enfant est d’autant plus insidieuse que cette réalité est dissimulée derrière une image souvent flatteuse véhiculée par les médias.

C’est pourquoi Juristes pour l’enfance demande à la nouvelle Rapporteuse spéciale de qualifier la gestation pour autrui comme ce qu’elle est, à savoir une nouvelle forme de vente d’enfant au sens du  Protocole facultatif concernant la vente d’enfants, et d’opérer ainsi une avancée magistrale pour la protection des enfants contre les nouvelles menaces dont ils sont l’objet.

Et pendant ce temps, Israël annexe le sud du Liban

D’Antoine de Lacoste pour La revue d’Histoire Européenne :

Une partie de la base MAGA (Make America Great Again), reproche à son champion d’avoir déclenché une guerre absurde contre l’Iran, sans finalité claire, relançant une inflation honnie, chamboulant l’économie mondiale pour finir par une paix confuse qui ne sanctionne en aucun cas une victoire de l’Amérique. Le contrat électoral est bafoué. Les guerres éternelles de l’Empire américain devaient cesser, Donald Trump s’y était formellement engagé. Le document de sécurité américain, publié en novembre dernier et préfacé par le président, était limpide sur le sujet.

C’était la première fois dans l’histoire de ce pays qu’un candidat s’engageait aussi précisément contre les guerres « ruineuses » et « inutiles » (selon ses propres termes) déclenchées par ses prédécesseurs avec de nombreuses défaites à la clé. Le reniement est à la hauteur de la solennité des engagements.

Des personnalités majeures du monde MAGA ont dénoncé l’attaque contre l’Iran. Marjorie Taylor Greene, qui avait déjà démissionné de son poste de sénateur pour protester contre la non-publication de l’intégralité des documents de l’Affaire Epstein, a eu cette phrase assassine : « Je ne savais pas qu’America first voulait dire Israël first ». Le célèbre ex-journaliste de Fox News, Tucker Carlson, a dénoncé une guerre menée à l’instigation d’Israël.

Ce reproche fait à Donald Trump d’agir sous l’influence de l’Etat hébreu et surtout de son premier ministre Benjamin Netanyahu, n’est pas nouveau. Il avait déjà été avancé au moment de « la guerre des douze jours » déclenchée en juin 2025 contre l’Iran pour, en principe, détruire ses installations de recherche atomiques et d’enrichissement d’uranium.

Une longue enquête du New York Times parue le 7 avril 2026 corrobore la thèse de l’influence israélienne. Netanyahu a plusieurs fois rencontré le président américain mais c’est au cours d’une visio-conférence organisée le 11 février que le premier ministre, accompagné du chef du Mossad et de plusieurs responsables militaires, a développé son argumentaire décisif. Quatre objectifs ont été définis : éliminer le guide suprême iranien, détruire les capacités militaires iraniennes, provoquer un soulèvement populaire puis favoriser la mise en place d’un régime pro américano-israélien.

L’entourage de Donald Trump était très réticent, pour ne pas dire franchement contre. Le patron de la CIA, John Ratcliffe, a qualifié l’hypothèse de la chute du régime iranien à la suite de bombardements puis d’émeutes, de « burlesque ». Le Pentagone aurait également, selon le Wall Street Journal, montré son scepticisme. Le vice-président, J.D. Vance, a clairement indiqué qu’il était contre cette guerre. Donald Trump n’a écouté personne et s’est lancé dans cette absurde attaque du 28 février où l’Iran a démontré une résistance qu’Israël n’avait guère anticipée, subissant même des dégâts très importants à Tel-Aviv.

Comme prévu, des mollahs ont été tués, aussitôt remplacés par d’autres, ce n’est pas ça qui manque en Iran.

Si Israël n’est pas pleinement satisfait du scénario iranien, ce n’est pas le cas au Liban. Le Hezbollah ayant opportunément lancé quelques roquettes symboliques sur le nord d’Israël, Netanyahou a donné l’ordre à son armée de s’enfoncer davantage au Liban et d’y faire place nette. Concrètement, cela signifie l’attaque de tous les villages devenus depuis des décennies des bastions de la milice chiite.

Il s’agit de la énième invasion du pauvre Liban mais cette fois les moyens utilisés par l’Etat hébreu sont beaucoup plus violents. Après la prise des villages chiites, avec ou sans combats, l’armée israélienne procède à la destruction systématique de toutes les habitations afin que les villageois ne puissent jamais revenir.

Les villages chrétiens se sont toujours tenus à l’écart de ces combats qui ravagent le pays depuis des décennies. Cette fois, ils se font copieusement bombardés. De nombreux habitants partent vers Beyrouth, d’autres choisissent de rester, encouragés par le clergé local. L’un de ces prêtres héroïques, le Père Pierre el-Raï, a été visé et tué le 9 mars par un double bombardement parfaitement ciblé. Prêtre de Qlayaa, il était l’âme de la présence chrétienne au Sud-Liban.

Découragés, les derniers fidèles s’en vont. Le nettoyage se poursuit, préparant la voie à l’annexion par Israël du sud du Liban jusqu’au fleuve Litani. En toute impunité.

Monastère de Bouchaud : accueillir des moines en situation de handicap

En bref

Près d’Arles, le monastère bénédictin de Bouchaud vit une vocation particulière : accueillir des moines porteurs de handicaps physiques ou psychiques. Accompagner chaque moine fragile demande une organisation particulière : personnel médical proche, aménagement des espaces de vie, etc.

Le handicap est au cœur du paradoxe de la communauté : la fragilité des moines impose une adaptation constante, tout en rapprochant les frères bénédictins du Christ, selon le mot de l’épître : “Ma grâce te suffit, car Ma puissance s’accomplit dans ta faiblesse” (2 Co 12:9)

Aujourd’hui, les moines de Bouchaud font face à de nouveaux enjeux : pour pouvoir continuer à accueillir chaque frère fragile, il faut transformer profondément le monastère. Cette mutation pèse lourd sur les épaules de la communauté.

La congrégation Notre-Dame d’Espérance

Fondée le 1er octobre 1966 par le Père Henri Guilluy, moine de l’Abbaye de Wisques, la congrégation bénédictine Notre-Dame d’Espérance est aujourd’hui déployée sur six sites en France.

Née de l’intuition que vie contemplative et fragilité peuvent se rejoindre, la congrégation accueille des moines porteurs de handicaps physiques ou mentaux. Elle répond ainsi à un appel unique : laisser la Grâce de Dieu transformer la faiblesse en force.

Comment accueillir le handicap au monastère ?

Bien que la congrégation compte déjà six monastères et 60 ans d’existence, accueillir des moines porteurs de handicap reste un défi à relever. Le vieillissement des moines a ajouté une difficulté supplémentaire, et il est devenu urgent de repenser l’organisation des monastères. L’objectif : continuer à accompagner dignement chaque frère, et lui permettre de vivre sa vocation jusqu’au bout sans devoir quitter sa communauté.

Le modèle de Rennes

Le monastère de Rennes, l’un des sites de la congrégation, a montré l’exemple en installant une structure médico-sociale robuste pour accompagner les quinze moines avec dignité et pragmatisme. 

Aujourd’hui, c’est celui de Bouchaud, près d’Arles, qui s’apprête à lui emboîter le pas, ce qui nécessite la mise en place de travaux importants.

Des travaux pour un bâtiment historique

Dans le magnifique mas provençal du XVIIè siècle où vivent les moines de Bouchaud, la transformation des lieux répond à plusieurs enjeux. 

  • Construire 5 ensembles chambre-salle de bain médicalisées pour que les frères puissent rester au monastère et accueillir 20 moines en tout.
  • Sauver les bâtiments historiques : électricité, isolation, rénovation.
  • Continuer à accueillir les retraitants et les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle, puisque le monastère est une étape de la célèbre voie d’Arles.

Un grand appel à dons

Séparés en plusieurs phases répondant à chacun de ces enjeux, les travaux pèsent lourd sur les épaules de la communauté. Les moines de Bouchaud lance donc un appel aux dons pour financer les cellules médicalisées des moines fragiles. 

Les premiers dons ont déjà permis d’atteindre le deuxième palier de la campagne de financement participatif. Chaque don (défiscalisé) permet très concrètement aux moines porteurs de handicap de rester là où Dieu les a placé : avec leurs frères, au monastère.

Pour en savoir plus et soutenir la campagne : https://www.credofunding.fr/fr/monastere-de-bouchaud

Derrière la culture se trouvait un culte, derrière l’identité collective une inspiration spirituelle

Mathieu Bock-Côté a été interrogé dans France Catholique. Extrait :

Peut-on être pleinement chrétien tout en étant un patriote « charnel » ? L’attachement à l’identité nationale est-il compatible avec l’universalisme chrétien?

Ce débat m’exaspère au plus haut point! Être chrétien, ce n’est pas renier sa patrie. Nous naissons sur une terre, nous nous inscrivons dans une histoire particulière, dans une culture originale. C’est précisément ce que nous rappelle l’Incarnation! L’universalisme chrétien n’abolit pas ces réalités. Il ne consiste pas à effacer les peuples. Il rappelle simplement que chaque peuple participe d’une humanité commune. D’ailleurs, beaucoup redécouvrent aujourd’hui le christianisme en remontant aux sources de leur civilisation. Ils comprennent que derrière la culture se trouvait un culte, derrière l’identité collective une inspiration spirituelle.

Fin de vie : neuvaine de prière du 21 au 29 juin, avant le vote à l’Assemblée nationale du 30 juin

Appel de l’épiscopat :

Ce lundi 22 juin, la proposition de loi sur la fin de vie revient pour une troisième lecture à l’Assemblée nationale. Cette loi envisage de légaliser l’euthanasie et le suicide assisté en France. Depuis les premiers débats, les évêques de France avaient tenu à rappeler avec force qu’on ne prend pas soin de la vie en y mettant un terme, mais en l’accompagnant avec attention, jusqu’au bout. Le 18 mai, ils avaient d’ailleurs dénoncé le risque de l’«imprudence morale» et de l’«irrespect démocratique». 

La semaine dernière, le pape Léon a interpellé les parlementaires espagnols en ces termes :

« La défense de la vie humaine n’est ni une question partielle ni un intérêt confessionnel : c’est un objectif de civilisation. Toute vie humaine doit être reconnue et protégée depuis sa conception jusqu’à son déclin naturel, dans toutes les circonstances de son existence. […] La grandeur morale d’une nation se manifeste avant tout dans sa capacité à accompagner, protéger et aimer les vies qui traversent la plus grande fragilité. »

Rejoindre la chaîne de prière sur Hozana

Du 22 au 30 juin, jour du vote à l’Assemblée nationale, les évêques de France invitent les catholiques qui le souhaitent à s’associer à une neuvaine de prière pour la vie. L’intention lue à ce sujet lors de la prière universelle de dimanche 21 juin la démarre. Huit autres intentions particulières ont été préparées pour les jours à venir. Nous pouvons les intégrer dans notre prière quotidienne, avec un Notre Père, un Je vous salue Marie et un Gloire au Père. Qu’à l’aube de nouveaux débats, l’Esprit Saint éclaire les consciences et nous renouvelle dans l’espérance, pour que soit reconnue, protégée et respectée la dignité de toute vie humaine.

Voici le programme de la neuvaine

Jour 1 • Dimanche 21 juin (intention de prière à intégrer dans la prière universelle)
Seigneur, nous te prions pour nos élus, qui vont reprendre cette semaine leurs débats à propos de la fin de vie. Nous te demandons d’éclairer les consciences, pour qu’ils orientent notre pays sur le chemin de la vie et que soit toujours reconnue, protégée et respectée la dignité de toute personne.

Jour 2 • Lundi 22 juin
Seigneur, nous te confions toutes les personnes qui, en ce moment, traversent l’épreuve de la fin de vie souffrante. Donne-leur force et consolation et permets que, sur ce chemin mystérieux, ils soient rejoints et aidés par des témoins de ton amour. Ouvre nos cœurs, pour que nous soyons attentifs à leur souffrance et sachions nous rendre disponibles pour les accompagner.

Jour 3 • Mardi 23 juin
Seigneur, nous te présentons tous les soignants qui, dans les maisons de retraite ou dans les hôpitaux, prennent soin des personnes malades, âgées ou en fin de vie. Comble-les de tes grâces, pour qu’ils soient renouvelés dans la joie de ce service généreux.

Jour 4 • Mercredi 24 juin
Seigneur, nous te remettons toutes les personnes atteintes par une maladie incurable, qui ne voient plus le sens de leur vie et veulent y mettre un terme. Que ton Esprit Saint les visite et ravive en eux le goût de la vie malgré la douleur de l’épreuve qu’ils traversent. Aide-nous à être, auprès d’eux, des serviteurs de l’espérance.

Jour 5 • Jeudi 25 juin
Seigneur, nous te confions toutes les familles qui accompagnent un proche malade ou en fin de vie, en particulier celles qui sont découragées par cette situation. Toi qui donnas ta vie au Calvaire, donne-leur de goûter ta présence mystérieuse au coeur de leur souffrance. Qu’à leurs côtés, nous soyons des témoins de ton Coeur qui nous a tant aimés.

Jour 6 • Vendredi 26 juin
Seigneur, nous te demandons de venir réconforter toutes les personnes malades, âgées ou en fin de vie, que personne n’aide et qui souffrent d’une très grande solitude. Viens remplir leur coeur de ton amour. Que, par notre présence humble et offerte, ils sentent combien tu les aimes et découvrent que tu marches avec eux.

Jour 7 • Samedi 27 juin
Seigneur, nous confions à ta miséricorde ceux qui meurent en ce jour, en particulier ceux qui vivent ce passage dans la solitude d’un hôpital ou de la rue. Nous croyons que tu les prends dans ton Coeur brûlant d’amour. Rends nos coeurs plus attentifs à la détresse de ces frères et de ces soeurs.

Jour 8 • Dimanche 28 juin
Seigneur, nous te remettons tous les défunts de nos familles, de nos paroisses, de nos communautés et ceux, inconnus, pour qui personne ne prie jamais. Nous croyons que ta miséricorde est sans mesure. Accueille-les auprès de toi, pour qu’ils puissent goûter la joie de la vie avec toi.

Jour 9 • Lundi 29 juin
Seigneur, nous nous présentons à toi. Bien souvent, nous ne prenons pas soin de nos frères et soeurs malades ou en fin de vie. Ouvre nos yeux et nos coeurs, pour qu’en eux, nous sachions voir ton visage. Que ta grâce nous aide à être généreux, plus attentifs, plus disponibles. Fais de nous d’authentiques témoins de la vie.

La vie chrétienne victorieuse – La rédemption accomplie : du premier espoir à la vie nouvelle

Toute la révélation biblique peut se résumer autour d’un grand mot : la rédemption. Depuis la Genèse jusqu’à l’Apocalypse, Dieu se révèle comme Celui qui rachète, restaure et réconcilie. Cette œuvre n’est pas une réponse improvisée à la chute de l’homme ; elle s’inscrit dans le dessein éternel de Dieu, conçu avant la fondation du monde. Paul le rappelle en montrant que Dieu nous a choisis en Christ « avant la fondation du monde » et qu’il a fait connaître « le mystère de sa volonté » pour « réunir toutes choses en Christ » (Éphésiens 1:4, 9-10).

L’homme, créé pour vivre en communion avec Dieu, a perdu cette relation par le péché. Séparé de son Créateur, il est devenu coupable, impuissant et incapable de se relever par ses propres forces. Mais Dieu n’a pas abandonné l’homme à sa ruine. Dès les premières pages de la Bible, il annonce un Rédempteur. Cette espérance va se déployer progressivement jusqu’à Jésus-Christ, en qui tout s’accomplit.

La première annonce de la rédemption apparaît dès la chute. Dieu promet que la semence de la femme écrasera la tête du serpent. Cette parole inaugure toute l’espérance biblique : Dieu interviendra lui-même pour vaincre le mal.

Dans l’Ancien Testament, cette promesse prend plusieurs formes. L’agneau pascal, d’abord, montre que la délivrance passe par le sang versé. Lors de la sortie d’Égypte, chaque maison israélite devait être protégée par le sang d’un agneau sans défaut. Le jugement passait au-dessus des maisons marquées par ce sang. Déjà se dévoile un principe fondamental : le salut de l’homme repose sur un sacrifice substitutif. (Exode 12)

Dieu avait institué la figure du « proche parent rédempteur » (go’el en hébreu), un défenseur du droit familial ayant le droit et le devoir de racheter un parent tombé dans la détresse, de restaurer son héritage et de défendre sa cause.

Le livre de Ruth en offre une illustration précieuse avec Boaz, qui rachète l’héritage perdu et relève Ruth dans sa détresse. Ce rôle de parent rédempteur suppose proximité, capacité et légitimité. Toutefois, Boaz n’était que la préfiguration d’une réalité infiniment plus grande : Jésus-Christ viendrait lui-même se faire proche des hommes afin de les racheter. Ainsi, l’institution du « proche parent rédempteur » annonçait prophétiquement l’œuvre parfaite du véritable Rédempteur. (Ruth 4)

Les sacrifices lévitiques rappellent constamment la gravité du péché. Ils montrent que la sainteté de Dieu ne peut pas ignorer le mal. Comme l’écrit l’auteur de l’épître aux Hébreux, « sans effusion de sang il n’y a pas de rémission » (Hébreux 9:22). Mais leur répétition démontre aussi qu’ils ne pouvaient pas ôter définitivement le péché. Ils étaient des ombres, des préfigurations d’un sacrifice unique et parfait.

Les prophètes éclairent encore davantage cette attente. Ésaïe annonce le Serviteur souffrant, rejeté, portant les fautes des autres : « Il était blessé pour nos transgressions, brisé pour nos iniquités » (Ésaïe 53:5). La substitution devient ici explicite. Le juste souffre à la place des coupables.
Job, dans son épreuve, peut déjà s’écrier avec foi : « Je sais que mon Rédempteur est vivant » (Job 19:25).

Ainsi, l’Ancien Testament prépare les cœurs à reconnaître que la rédemption sera personnelle, coûteuse et pleinement accomplie par un envoyé de Dieu.

Avec Jésus-Christ, les promesses deviennent réalité. Le Fils éternel de Dieu entre dans sa propre création. Il se fait homme sans cesser d’être Dieu. Paul exprime ce mystère en disant qu’il « s’est dépouillé lui-même, en prenant la forme de serviteur » (Philippiens 2:7). Cette incarnation est indispensable : pour sauver l’homme, le Rédempteur devait être véritablement homme ; pour l’acheter, il devait être sans péché.

La vie de Jésus est une vie parfaite, sans tache, sans péché, sans compromission. Sa mort ne peut donc pas être la conséquence d’une dette personnelle ; elle est entièrement volontaire et substitutive. Paul résume cette vérité avec force :

« Celui qui n’a point connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu » (2 Corinthiens 5:21).

Et encore :

« Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous » (Galates 3:13).

La croix est donc le centre de l’histoire du salut. Là, toutes les figures de l’Ancien Testament convergent. Jésus est l’Agneau véritable dont le sang détourne le jugement. Il est le Rédempteur proche, venu partager notre condition. Il est le Serviteur souffrant qui porte les iniquités de son peuple. Ce qu’Ésaïe avait annoncé prophétiquement trouve son accomplissement parfait en Christ, et l’apôtre Paul en révèle toute la portée spirituelle lorsqu’il écrit :

« Nous avons la rédemption par son sang, le pardon des péchés » (Éphésiens 1:7 ; Colossiens 1:14).

À la croix, Dieu révèle à la fois la gravité du péché et la grandeur de son amour. Le péché mérite la mort, et Christ entre volontairement dans cette mort à notre place. Le jugement qui nous revenait tombe sur lui. C’est là que la justice divine est satisfaite et que la grâce divine éclate avec une puissance incomparable.

Mais la rédemption ne s’arrête pas à la croix. La résurrection manifeste que l’œuvre est acceptée. Dieu ressuscite Jésus d’entre les morts, attestant publiquement que le sacrifice est pleinement suffisant. Paul déclare qu’il « a été livré pour nos offenses, et ressuscité pour notre justification » (Romains 4:25). La résurrection n’est donc pas un simple retour à la vie : elle est la déclaration divine que la dette est payée et que la victoire est acquise.

Désormais, Christ est élevé dans la gloire. Il est « le chef du corps de l’Église », « le commencement », « le premier-né d’entre les morts ». Tout est centré sur lui. Le Père a voulu que toute plénitude habite en lui, et que tout soit réconcilié par lui (Colossiens 1:18-20).

La rédemption n’est pas seulement un événement du passé ; elle produit aujourd’hui encore des effets réels dans la vie de ceux qui croient. Celui qui se confie en Jésus-Christ reçoit le pardon des péchés, la justification devant Dieu et la paix avec lui.

« Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ » (Romains 5:1).

Mais l’œuvre de Christ va plus loin que le pardon. Elle introduit le croyant dans une vie nouvelle : « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle création » (2 Corinthiens 5:17).
La rédemption ne change pas seulement la destinée éternelle ; elle transforme la personne dès maintenant. Le croyant n’est plus défini par son ancienne condition, mais par son union avec Christ.

Cette union se manifeste dans une nouvelle manière de vivre.

« Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts… nous aussi nous marchions en nouveauté de vie » (Romains 6:4).

La rédemption n’est pas un simple acquittement juridique ; elle est aussi le point de départ d’une vie renouvelée. Le croyant n’est pas seulement pardonné, il est aussi appelé à vivre dans une victoire réelle sur le péché. Cette victoire ne vient pas de ses propres forces, mais de son union avec Christ et de la puissance de l’Esprit de Dieu.

C’est pourquoi l’apôtre peut dire encore : « L’amour de Christ nous étreint… afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux » (2 Corinthiens 5:14-15). Le croyant ne vit plus centré sur lui-même ; il appartient désormais à Celui qui l’a racheté. Cette réalité rejoint aussi la dimension de la grâce dans l’Église. Par sa mort et sa résurrection, Christ a formé un peuple nouveau, composé de Juifs et de nations, unis dans un seul corps. Ceux qui étaient « loin » ont été « rapprochés par le sang de Christ » (Éphésiens 2:13). Ainsi, la rédemption produit non seulement une nouvelle position devant Dieu, mais aussi une nouvelle appartenance : le croyant fait partie du peuple racheté du Seigneur.

La portée de la rédemption dépasse encore la sphère individuelle. Dieu a pour dessein de réconcilier toutes choses avec lui-même par Christ. Cela ne signifie pas que tous seront sauvés, mais que l’univers entier sera un jour ramené sous l’autorité légitime de Christ.

Dans son épître aux chrétiens de Rome, Paul élargit la perspective : la création elle-même attend d’être délivrée de la servitude de la corruption. Le monde créé, aujourd’hui marqué par le désordre et la souffrance, sera restauré lorsque la gloire de Dieu sera pleinement manifestée.

Le croyant attend lui-même « l’adoption, la rédemption de son corps ». Ainsi, la rédemption se déploie selon une triple dimension : elle a été accomplie à la croix, elle est actuellement appliquée au croyant, et elle sera pleinement manifestée lors du jour de Christ.

Cette espérance s’exprime dans la promesse suivante : « Le Seigneur Jésus-Christ… transformera le corps de notre humiliation, en le rendant semblable au corps de sa gloire » (Philippiens 3:20-21).

La rédemption atteint donc jusqu’à notre réalité corporelle. Rien n’échappe à l’action restauratrice du Rédempteur. Dans une perspective biblique cohérente, cette plénitude se manifestera dans le règne futur de Christ, lorsque son autorité sera universellement reconnue. Alors, ce qui est aujourd’hui reçu par la foi deviendra visible à toute la création.

Toute la Bible raconte l’histoire d’un Dieu qui vient chercher l’homme perdu pour le sauver. L’Ancien Testament annonce le Rédempteur. Les Évangiles le révèlent. Les épîtres en exposent la portée. L’avenir manifestera sa gloire.

Cette vérité ne peut rester lettre morte : elle réclame l’engagement de l’âme. Jésus-Christ n’est pas seulement à contempler, mais à accueillir personnellement. Il n’est pas seulement mort pour éclairer l’intelligence, mais pour gagner la foi du cœur. Il n’est pas seulement ressuscité pour être confessé des lèvres, mais pour être suivi chaque jour dans une marche vivante avec lui.

La question devient alors inévitable : que faisons-nous de Jésus-Christ, le Rédempteur ?

Aujourd’hui encore, l’Évangile appelle tous les hommes à la repentance et à la foi. Le salut est offert gratuitement. Il se reçoit par la foi en Celui qui a tout accompli. C’est par ce mouvement simple et décisif du cœur que commence la vie nouvelle.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Accord Iran-Etats-Unis : et le Liban ?

Annoncé dès dimanche dernier, l’accord entre les Etats-Unis et l’Iran, signé officiellement mercredi 17 juin, à distance par Donald Trump et Massoud Pezeshkian prévoit notamment « la fin immédiate et permanente de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban ». Les Etats-Unis et l’Iran s’engagent également à « garantir l’intégrité territoriale et la souveraineté du Liban ». Dans un communiqué publié le 15 juin, Joseph Aoun, le président libanais note que

« le Liban espère que cette évolution marquera le début d’une voie plus large qui promeut la stabilité dans la région, préserve la souveraineté des États et les droits de son peuple, et permet aux Libanais d’avoir le temps de reconstruire ce qui détruit et de restaurer leur vie normale dans un pays stable ».

Au lendemain de la signature de l’accord entre les Etats-Unis et l’Iran, Benjamin Netanyahou déclarait qu’ « Israël maintiendrait sa zone de sécurité au sud du Liban aussi longtemps que ses besoins en matière de sécurité l’exigeraient, malgré la demande de l’Iran d’un retrait israélien et le libellé vague d’un mémorandum d’entente américano-iranien promettant de préserver « l’intégrité territoriale » du Liban », selon le quotidien israélien Yedioth Ahronoth. Dans sa déclaration officielle du 16 juin, le premier ministre israélien a été clair : « nous resterons dans les zones de sécurité aussi longtemps qu’il sera nécessaire pour défendre notre pays ». Les frappes israéliennes se poursuivent d’ailleurs dans le Sud-Liban. Enfin, l’armée israélienne a annoncé officiellement agrandir la zone tampon jusqu’ « à une profondeur d’environ 10 kilomètres à l’intérieur des territoires libanais ».

Donald Trump persiste et signe. Mardi 16 juin, en marge du sommet du G7 à Evian, le président américain a déclaré à des journalistes

« j’ai suggéré à Israël de laisser la Syrie s’occuper du Hezbollah parce que, franchement, je pense qu’elle ferait un meilleur travail. Si Israël ne peut pas faire le boulot sans tuer tout le monde, elle [la Syrie] le fera. »

Déjà, le 7 juin, sur NBC, Donald Trump avait exprimé son souhait d’entrainer la Syrie dans le conflit au Liban.

Source : SOS Chrétiens d’Orient

Salazar, un maître de politique dont l’Europe a refusé l’héritage

L’opuscule sur le bureau du Maréchal

En 1940, à Vichy, dans le bureau de l’hôtel du Parc où le maréchal Pétain recevait ses visiteurs, on pouvait apercevoir sur la table de travail un opuscule de Salazar : Comment on relève un État ? https://www.chire.fr/r/apD . Le geste était délibéré. Pétain tenait à signifier, sans équivoque, que sa Révolution nationale ne s’inscrivait pas dans la lignée du fascisme mussolinien ni du national-socialisme hitlérien, mais qu’elle regardait vers le Portugal et son Estado Novo.

Ce geste discret pose une question qui n’a rien de rhétorique. Qu’y a-t-il donc dans les écrits de cet ancien professeur de Coimbra, devenu chef de gouvernement d’un petit pays atlantique, pour qu’un chef d’État français en fasse son bréviaire politique, dans une France défaite et partiellement occupée ? La réponse se trouve dans les écrits et dans les discours d’António de Oliveira Salazar, dont les éditions de Chiré viennent de rééditer une anthologie : Principes d’action. Un livre à découvrir et à méditer. Cliquez ici : https://www.chire.fr/r/1Z6

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Le livre et ses garants

Le volume que l’on tient entre les mains est donc une anthologie de discours et d’écrits de Salazar, traduits en français par Jean Haupt et sélectionnés par Christian Melchior-Bonnet. Il ne s’agit pas d’une compilation approximative : les textes ont été choisis avec soin et ordonnés selon un plan logique. La préface est signée de Pierre Gaxotte, historien, académicien, ancien secrétaire de Charles Maurras. La postface est de Gustave Thibon, le philosophe chrétien enraciné. Ces deux parrainages disent assez le sérieux de l’entreprise.

Le volume est organisé en six parties qui dessinent une pensée cohérente et progressive : la crise contemporaine, les principes d’action, Dieu et la Patrie, la famille et le travail, l’autorité et ses problèmes, la politique internationale. Les éditions de Chiré avaient déjà publié en 2020 Comment on relève un État (https://www.chire.fr/r/apD). Ce nouvel ouvrage en est le prolongement doctrinal naturel.
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Un homme d’État atypique

António de Oliveira Salazar est né en 1889 dans une famille paysanne du Dão. Professeur d’économie politique à l’université de Coimbra, ancien député catholique du Centre académique de démocratie-chrétienne, il entre au gouvernement en 1928 comme ministre des Finances avec des pouvoirs exceptionnels sur l’ensemble du budget de l’État. En deux ans, il redresse les finances portugaises, équilibre le budget et stabilise l’escudo. C’est un fait, non un mythe : il accomplit ce que des dizaines de gouvernements libéraux avaient déclaré impossible. Chef du gouvernement en 1932, il préside à la mise en place de l’Estado Novo, dont la Constitution est adoptée par référendum le 19 mars 1933. Il gouverne le Portugal jusqu’en 1968.

Ce qui frappe, à lire ces textes, c’est l’absence totale de pose idéologique. Salazar ne se réclame d’aucun système inventé par lui. Il puise ses principes dans le dépôt immortel de la philosophie antique et chrétienne. Il est thomiste sans le proclamer, augustinien sans l’afficher, réaliste politique sans être cynique. Son modèle de gouvernement ne prétend pas réinventer l’homme : il prétend s’appuyer sur ce que l’homme est réellement, enraciné dans une famille, une communauté, une foi.
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La crise de l’homme avant la crise des marchés

Le livre s’ouvre sur un diagnostic d’une actualité saisissante. Salazar ne commence pas par la crise économique. Il commence par la crise de l’homme. “On a tout réformé, sauf ce que l’on aurait en réalité dû réformer en premier lieu : l’homme.” Cette phrase, écrite dans le premier tiers du XXe siècle, pourrait figurer en exergue de n’importe quel bilan sérieux de notre époque. Ce qui est en crise, ce n’est pas d’abord le système bancaire ou les institutions représentatives. C’est la capacité de l’homme à ordonner son existence à une vérité qui le dépasse.

L’origine de ce désordre, Salazar l’identifie avec précision : “L’esprit philosophique avait commencé par ébranler dans les intelligences l’adhésion aux vérités éternelles […] on avait nié Dieu, la certitude, la vérité, la justice, la morale […] on a créé ainsi un vide qui n’a pu être comblé.” Ce vide, nous le connaissons. Il s’appelle aujourd’hui relativisme, fluidité identitaire, démocratie procédurale sans finalité. En 1934, Salazar formule ce qui reste la seule réponse sérieuse à cette dissolution : “Notre tâche n’est pas de sauver une société en putréfaction, mais bien, en utilisant les éléments sains de la charpente qui subsistent encore, de jeter les bases de la société future.” Neuf décennies plus tard, la phrase n’a pas pris une ride.
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Les intangibles

L’un des passages les plus commentés de cet ouvrage est le discours de Braga de 1936, dans lequel Salazar formule les quatre piliers de son action politique : “Nous ne discutons pas Dieu et la vertu ; nous ne discutons pas la patrie et son histoire ; nous ne discutons pas la famille et sa morale ; nous ne discutons pas l’honneur et le devoir du travail.” On a voulu voir dans cette litanie un autoritarisme primaire. C’est exactement l’inverse. Ces refus de discussion ne sont pas des interdits de pensée : ils sont la condition de toute action politique cohérente. Une société qui remet sans cesse en délibération ses propres fondements se dissout et devient ingouvernable.

Sur la famille, Salazar est d’une précision que nos contemporains jugent démodée et que la réalité sociale contemporaine vérifie chaque jour : “Qui dit famille dit foyer ; qui dit foyer dit atmosphère morale et économie propre.” L’idéal social du Portugal salazariste, c’est la petite maison indépendante, habitée en pleine propriété par une seule famille, à rebours des “grands phalanstères” modernes que nos urbanistes et nos politiques ont érigés en modèle. Sur les rapports entre l’Église et l’État, il tranche sans brutalité : “L’État portugais n’est pas confessionnel, mais il reconnaît l’importance tout à fait spéciale de la religion catholique dans la formation de la conscience portugaise.” Le concordat de 1940 en est la traduction concrète et durable.
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L’autorité comme réalité, la liberté comme accomplissement

C’est peut-être sur la question de l’autorité et de la liberté que Salazar est le plus courageux, parce qu’il dit ce que personne n’ose dire dans nos démocraties épuisées. “Nous ne discutons pas l’autorité. Elle est un fait et une nécessité : elle ne disparaît que pour se reconstituer ; on ne la combat que pour la remettre en d’autres mains.” Cette observation, si banale en apparence, renverse le postulat libéral fondamental selon lequel la liberté précède toute organisation. Elle lui répond en le retournant.

Sur la liberté elle-même, sa formule est l’une des plus belles du volume : “La liberté n’est pas au commencement, mais à la fin. Elle n’est pas à la racine, mais à l’épanouissement de la vertu humaine. Rendre un peuple meilleur, c’est le préparer à être plus libre.” Thibon, dans sa postface, commente avec une force tranquille : “Nul n’est plus hostile au mythe de l’État totalitaire que ce prétendu dictateur.” Sa formule synthétique de la politique salazariste mérite d’être gravée : “conserver pour rénover”, sauver le passé non comme une pièce de musée, mais comme “la matrice vivante du futur.”
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Un manuel, pas un document d’archives

Paul Sérant, cité dans la présentation de l’ouvrage, donne la clé de tout : “Le drame de notre temps n’est pas seulement un drame politique, c’est un drame métaphysique.” Salazar l’avait compris dès les années 1930, et c’est précisément pourquoi ses prescriptions ne vieillissent pas. Elles ne traitent pas des symptômes. Elles remontent aux causes. Thibon conclut sa postface avec une élévation propre aux grands esprits : “Salazar, sauveur et gardien d’un peuple, restitue à la fonction politique sa pureté originelle.”

Face à nos gouvernants actuels, qui font de la politique sans doctrine, sans principes intangibles, sans la moindre idée de ce qu’est le bien commun, sans jamais oser prononcer le mot de vérité, ce livre n’est pas un document d’archives. C’est un manuel. La question que pose sa réédition n’est pas de savoir si Salazar avait raison sur tous les points de détail de sa politique portugaise des années 1930 à 1960. La question est de savoir si nous avons, aujourd’hui, un seul homme d’État capable de tenir la moitié de ce qu’il a pensé.

Salazar, Principes d’action, Éditions de Chiré, 2026. Préface de Pierre Gaxotte. Postface de Gustave Thibon. Traduction de Jean Haupt.
Disponible à sur le site de Chiré : https://www.chire.fr/r/1Z6

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La Bible est le livre le plus lu, recopié, traduit, imprimé et étudié de l’histoire

Claves propose une nouvelle série de formation sur la Bible, en 5 vidéos.

La Bible est le livre le plus lu, recopié, traduit, imprimé et étudié de l’histoire de l’humanité : connaissez-vous réellement la Bible ? Êtes-vous prêts à la découvrir en profondeur, pour vous nourrir des trésors de spiritualité et de prière qui y sont contenus ? Dans cette première vidéo, nous nous demandons ce qu’est vraiment la Bible, pourquoi et comment il faut la lire, si elle est vraiment “Parole de Dieu”, et si le christianisme peut être appelé une “religion du livre”…

De la nécessité de respirer, faire un pas de côté et lire « Est-il possible de conférer l’épiscopat contre la volonté du pape ? »

Sans être fidèle de la fraternité Saint Pie X, le fait est que j’ai d’abord considéré avec plus d’intérêt que de crainte ou de réprobation leur projet de sacres. Et si, me disais-je, c’était là, pour toute l’Eglise, l’opportunité d’examiner avec courage et lucidité ce que la Fraternité entend par « état de nécessité » ? Et si cette réitération du coup de tonnerre de 1988 pouvait pousser le pape, et toute la curie avec lui, à enfin considérer sérieusement cette affreuse crise, peut-être non pas causée mais pour le moins catalysée et aggravée par les ambiguïtés de Vatican II ? Après tout, « Dieu écrit droit avec des lignes courbes » a pu dire Paul Claudel, en écho poétique à l’« Etiam Peccata » de Saint Augustin.

Oui mais voilà…Si effectivement de tout mal Dieu peut tirer un bien, je n’avais en l’occurrence pas du tout pris la mesure du mal en question. C’est en me procurant cet ouvrage, dont j’ai entendu parler par le Salon Beige, que j’ai compris que ce que je prenais pour un acte paradoxalement à la fois frondeur et de fidélité (à la Foi et à la Tradition), mettant à mal le droit ecclésiastique mais potentiellement bénéfique, était in fine un grand péché. Pourquoi un grand péché ? Parce que contraire au droit divin positif ; comme l’exprime, non pas une formulation dogmatique, certes, mais tout de même le magistère pontifical constant : « On ne peut donc invoquer le salut des âmes contre l’ordre ecclésial voulu par le Christ lui-même. »

Un corps mystique sans tête ?

A grands traits, je me disais : « Après tout, rien de terrible puisque, comme l’explique la FSSPX, le schisme serait de donner aux nouveau évêques un pouvoir de juridiction, ce dont il n’est ici pas question ». Il me fallait, et cet ouvrage me l’a permis, mieux comprendre la nature de l’épiscopat et sa relation singulière au corps mystique du Christ pour vraiment saisir la gravité d’une telle blessure infligée à l’Eglise apostolique fondée sur Pierre. Il me fallait également mieux saisir ce qu’était l’indéfectibilité de l’Eglise pour réaliser qu’aucune œuvre particulière ou portion de cette Église ne peut s’arroger le rôle de garante de cette indéfectibilité.

La fin et les moyens

Enfin et surtout, il me fallait revenir à une évidence : on ne justifie jamais un mal objectif par un bien espéré ; en l’occurrence, de mon côté, le bien de la mise en lumière de la crise de l’Eglise et de ses causes profondes. Ce retour à la raison a été favorisé par la lecture à tête reposée de cet ouvrage riche mais à la lecture aisée. Il est bon, en effet, de savoir s’extraire un temps des joutes fébriles des réseaux sociaux, truffés de punch-lin, d’invectives et de jokers théologiques brandis abruptement de part et d’autre.

En somme, la lecture du texte de ce collectif m’a donné de réaliser les conséquences graves et funestes de la décision de sacrer des évêques en dépit de l’opposition du pape mais aussi le caractère parfaitement égoïste et léger de ma tendance initiale à considérer d’un œil indifférent, voire favorable, ces sacres à venir. En effet, ne comptant pas au nombre des fidèles de la FSSPX, je n’aurai pas à assumer les conséquences d’une éventuelle excommunication ; mais les hommes de bonne volonté de la Frat, si. Le souci de ces frères catholiques me fait aujourd’hui désirer qu’ils prennent le temps et la peine de considérer les arguments déployés par les auteurs de ce salutaire “ouvrage de circonstances”

Se le procurer ici : https://www.amazon.fr/possible-conf%C3%A9rer-l%C3%A9piscopat-contre-volont%C3%A9/dp/B0H2Q9FLGQ

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“Si la justice avait eu plus de moyens, ce drame et tous les autres auraient pu être évités”…

Fête de la musique : sortez les poubelles

D’Olivier Frèrejacques dans Liberté politique :

Comme chaque année, avec l’arrivée de l’été vient la fête de la musique. Instaurée en France par le socialiste pédo-complaisant Jack Lang, cette institution est l’occasion de débordements et de violences dans plusieurs agglomérations.

Il ne s’agit pas ici de faire le procès de la musique, ni même celui de ceux qui vont dans la rue jouer d’un instrument ou des chorales qui profitent de l’occasion pour faire profiter les passants de leurs talents. Non, ici, il est plutôt question d’un phénomène censé être culturel, qui tourne bien souvent au chaos, comme toutes les festivités publiques un peu facilement qualifiées de populaires, mais qui permettent en réalité au pire de s’exprimer dans les centres-villes.

Samedi, dans les rues de Paris et de plusieurs grandes agglomérations, il y aura des violences, de la casse, des viols. C’est le lot chaque année ; cette édition ne passera pas entre les mailles du filet, même si les fortes chaleurs pourraient provoquer des annulations et faire renoncer pas mal de monde à sortir dans les rues.

La fête rattrapée par la politique

À Paris, la fête a déjà été en partie gâchée pour les gauchistes. La petite sauterie organisée pour l’occasion par La France insoumise a ainsi été interdite en raison d’un risque de troubles à l’ordre public, lié à la présence du rappeur Médine et du collectif Adama.

Une décision scandaleuse et liberticide dont on ne peut pas se satisfaire. Il convient néanmoins de se rappeler que les mélenchonistes sont les premiers à réclamer l’équivalent lorsque des concerts ou des manifestations nationalistes ont lieu.

On notera enfin que cette édition aura un parfum un peu particulier puisque le père fondateur de l’événement est enfin déchu. L’immonde Jack Lang est en effet tombé de son piédestal à la faveur du scandale Epstein. Alors que le scandale du périscolaire, récupéré par une gauche qui en est à l’origine, bat son plein à Paris, célébrer la fête de l’ancien ministre de la Culture a quelque chose d’abject.

Espagne : 565 personnes décédées en 2025 par euthanasie

En 2025, 565 personnes sont décédées après une « aide à mourir » en Espagne. Un chiffre qui représente 1 décès sur 750. Ces données provisoires ont été présentées par le ministre de la Santé, Mónica García, en clôture de la journée intitulée « Cinq ans de la loi organique sur la réglementation de l’euthanasie : progresser en matière de droits ». Depuis l’entrée en vigueur de la loi, 1668 personnes ont eu recours à l’euthanasie. Les chiffres témoignent d’une augmentation constante des demandes : sur 3716 requêtes recensées, 1284 ont été formulées en 2025.

Au cours de l’année 2025, 1 187 procédures d’« aide à mourir » ont été finalisées, quelle que soit la date à laquelle elles ont été introduites. Ainsi, 47,7% des procédures ont abouti à l’euthanasie du demandeur. Dans 374 cas il était décédé afin la fin de la procédure. En outre 157 demandes ont été refusées, soit 13,2% des dossiers traités. La majorité de ces refus sont intervenus au début de la procédure, au moment de la décision du médecin traitant. Dans 8% des cas enfin, le patient a retiré sa demande.

Des disparités sont à noter selon les différentes communautés autonomes. Ainsi, la Catalogne a enregistré le taux le plus élevé de demandes d’« aide à mourir » en 2025, avec 6,14 demandes pour 100 000 habitants ; la moyenne nationale étant de 2,61. La Catalogne est suivie de la Navarre et du Pays basque où les demandes sont également plus fréquentes que la moyenne nationale. Si les cancers sont à l’origine de la majorité des demandes (37%), les maladies neurologiques sont la cause principale des euthanasies effectivement « accordées » (46%) devant les cancers (30%).

Par rapport aux autres pays dotés de cadres juridiques similaires, l’Espagne enregistre relativement peu d’euthanasies. Le taux de mortalité lié à l’« aide à mourir » y est de 0,13% alors qu’il atteint 5,96% aux Pays-Bas, 5,10% au Canada et 4% en Belgique. Pour la ministre de la Santé, ces écarts sont dus aux délais des procédures. De nouvelles mesures sont en cours d’examen…

Source : Gènéthique

Succès du colloque transpartisan au Sénat pour l’abolition universelle de la GPA

Un colloque transpartisan pour l’abolition universelle de la GPA, coorganisé par la Déclaration de Casablanca et le Think-tank Meta Nova et marrainé par la sénatrice Dominique Vérien, s’est tenu au Sénat le 15 juin.

Cet événement a réuni des responsables politiques, des juristes, des médecins, des intellectuels et des témoins directement concernés afin d’engager une réflexion approfondie sur les conséquences humaines, sociales et juridiques de cette pratique.

La diversité des sensibilités représentées a illustré le caractère profondément transpartisan du combat pour l’abolition universelle de la GPA. Parmi les intervenants figuraient notamment

  • Aurore Bergé, ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes,
  • la sénatrice (UDI) Dominique Vérien, marraine de l’événement,
  • l’ancienne sénatrice (PCF) Laurence Cohen,
  • le professeur de droit Bertrand Mathieu,
  • le professeur de médecine René Frydman,
  • l’avocate Adeline Le Gouvello,
  • Olivia Maurel, née par GPA et porte-parole de la Déclaration de Casablanca.

Dans son discours d’ouverture, Dominique Vérien a présenté l’ensemble des enjeux de la GPA et invité les parlementaires à  « faire des choix de société et ne pas laisser la jurisprudence décider pour nous […] quels adultes nous voulons pour demain. » Elle a également mis en lumière le témoignage d’Olivia Maurel en déclarant avoir «  pris conscience du lien entre la mère et l’enfant en lisant le livre d’Olivia Maurel. »

Au cours des échanges, plusieurs principes fondamentaux ont été rappelés : « la dignité humaine ne se négocie pas. Le corps des femmes n’est pas à vendre » a dit Aurore Bergé. Ont également été mis en avant l’indisponibilité du corps humain, l’intérêt supérieur de l’enfant, ainsi que les conséquences psychologiques subies par les enfants nés de GPA. « Un enfant peut être aimé et blessé en même temps, ce n’est pas incompatible. Le conflit de loyauté est immense et c’est une violence terrible faite aux enfants. » a rappelé Olivia Maurel

Les interventions ont également souligné la nécessité de dépasser les représentations simplificatrices du débat. Jean-Noël Tronc, ancien conseiller du Premier ministre Lionel Jospin, ayant combattu avec son camp la proposition de loi de 2010 en faveur de la GPA, a insisté sur 5 idées fausses :

  • 1) « la GPA serait un sujet opposant la gauche et la droite » : NON, c’est un sujet transpartisan ; 
  • 2) « ce serait un combat positif pour la communauté LGBTQIA+ » NON, au contraire, cela la divise ; 
  • 3) « ce serait un sujet de bioéthique » : NON, c’est avant tout un sujet de société ; 
  • 4) « il y aurait une GPA éthique  » : NON, l’expérience du Royaume-Uni montre que cela ne peut exister ; 
  • 5) « l’abolition de la GPA serait un combat perdu » : NON, car de nombreux évènements nous prouvent le contraire. »

Alors que la sphère médiatique se concentre souvent sur les attentes des commanditaires, les participants ont souhaité remettre au centre de la réflexion les femmes et les enfants directement affectés par cette pratique. Plusieurs témoignages et analyses ont mis en lumière les mécanismes économiques, juridiques et psychologiques qui structurent l’industrie mondiale de la GPA. Dominique Vérien a d’ailleurs rappelé que « derrière les mots d’altruisme et de liberté se cache en réalité un système structuré ».

Dans la note de recommandations remise aux parlementaires, les organisateurs ont souhaité interpeller les responsables publics sur leur responsabilité historique :

« Dans quelques années, nos enfants nous demanderont peut-être : à quel moment avez-vous accepté que la naissance d’un enfant puisse faire l’objet d’un contrat ? Face à cette question, il ne suffira pas d’invoquer le progrès, la technique ou la réponse apportée à certaines souffrances. Il faudra expliquer pourquoi notre société aura choisi de franchir une limite qu’elle considérait jusqu’alors comme essentielle à la protection de la dignité humaine. »

La Déclaration de Casablanca rappelle que la gestation pour autrui demeure interdite par le droit français. Toutefois, les contournements de cette interdiction par le recours à des marchés étrangers soulignent les limites des réponses strictement nationales. Face à un phénomène mondialisé, seule une mobilisation internationale permettra de garantir une protection effective des femmes et des enfants.

À ce titre, la Déclaration de Casablanca appelle :

  • les parlementaires français à renforcer la loi française pour dissuader les Français du tourisme procréatif et rendre à la loi française son efficacité et met à leur disposition une proposition de loi (👉téléchargez la PPL ici).
  • les gouvernements et les organisations internationales à engager sans délai les travaux nécessaires à l’élaboration d’un traité international visant l’abolition universelle de la gestation pour autrui.

Parce que la dignité humaine ne se négocie pas, parce que le corps des femmes ne peut devenir un objet de contrat et parce qu’un « bébé clef en main est contraire aux droits de l’homme », comme l’a dit Laurence Cohen, la Déclaration de Casablanca poursuivra son action en faveur d’une abolition universelle de la GPA fondée sur les principes des droits humains.

Les vins Via Caritatis et le projet du futur Cellarium

Si vous souhaitez découvrir les vins Via Caritatis et soutenir le projet du futur Cellarium, rendez-vous sur le site https://cellarium-via-caritatis.com/

La vigne. Le vin. Les moines. Les vignerons. Le travail manuel. La transmission. Depuis des siècles, les moines bénédictins entretiennent un lien profond avec la terre et avec le vin. Un lien spirituel, culturel… mais aussi profondément humain.

Aujourd’hui pourtant, le monde du vin traverse une crise historique en France. Des domaines disparaissent. Des vignerons souffrent. Et c’est tout un patrimoine qui est fragilisé. Mais au cœur du Vaucluse, au pied du Mont Ventoux, une abbaye bénédictine continue de faire vivre cette tradition. L’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux.

À travers Via Caritatis, les moines du Barroux produisent des vins monastiques qui racontent une histoire : celle du travail, de la prière, de la beauté… et de la transmission. Héritiers du premier vignoble pontifical, planté par le pape Clément V en 1309, les moines et moniales des abbayes du Barroux, aux côtés des vignerons Caritatis, ont voulu faire renaître cette tradition ancienne.

Gabriel Teissier, directeur général de Via Caritatis, et 2 moines du Barroux, le père Cellerier et le responsable du vignoble de l’abbaye, sont interrogés sur Genèse.

Starmer, Macron… la censure numérique avant 2027 !

L’image de la semaine : Réseaux sociaux et portables, la grande interdiction en marche à l’approche de la présidentielle !


Le dossier du jour : Palantir et Anthropic… quand l’IA et nos données deviennent des enjeux géopolitiques.

Les pastilles de l’info :
– Le futur rêvé des médias et des ultra-riches
– CNews vs Radio France : l’ARCOM face à la question de la représentation politique
– Les biolabs ukrainiens : silence médiatique autour des déclarations de Tulsi Gabbard
– Thomas Porcher rejoint France Télévisions : pas de lever de bouclier contre la gauche médiatique !
– Raphaël Glucksmann et sa déclaration sur Elon Musk

Portrait piquant : Léa Salamé

Quand Anne Brassié, avec tout son cœur prend la plume pour vous écrire… cela donne un petit livre merveilleux, sur Livres en Famille.

Anne Brassié raconte à ses petites-filles – et ses petites filles, c’est vous …- l’histoire de leur famille et leurs souvenirs heureux. C’est un travail d’archéologue grâce auquel elle a découvert des trésors. Tous ses ancêtres réapparaissent avec leurs joies et leurs peines. Elle entrouvre aussi la porte de leur avenir. « On a si peu de temps pour s’aimer sur la terre ». Alors elle leur écrit…

C’est un acte d’amour comme pourraient le réaliser tous les grands-parents avant de partir. Ils sont les témoins, ils connaissent la vie, ils ont souffert, ont été heureux. Pourquoi ? Comment ? Les jeunes de notre temps ont besoin de cet ancrage. Ils ont besoin que l’on réhabilite ce passé si critiqué, ce pelé, ce galeux d’où venait tout leur mal !

L’auteur découvre aussi que nous sommes quelques fois de parfaites réincarnations de nos ancêtres. Nous sommes les maillons d’une chaîne. Le savoir aujourd’hui est plus nécessaire que jamais pour que nos enfants échappent au mensonge des lendemains qui chantent. Ecrire à ses petits-enfants c’est enfin leur laisser un souvenir, une présence invisible.

“Certains livres sont écrits pour distraire, d’autres pour instruire, quelques-uns pour convaincre. Et puis il en est, plus rares, qui naissent d’une nécessité intérieure : celle de transmettre. Cet ouvrage d’Anne Brassié appartient sans conteste à cette dernière catégorie. Il ne s’agit pas seulement d’un témoignage familial livré à la tendresse de quelques proches ; il s’agit d’un acte profondément humain, presque vital qui consiste à résister à la marée noire montante de l’oubli. Car l’oubli est aujourd’hui la grande tentation de nos sociétés.

Anne Brassié, un style inimitable ! « Il est à l’image de la conversation de notre chère amie, simple, directe, mais aussi merveilleusement cultivée, et d’autant plus pétillante qu’il s’agît de renverser les idoles du conformisme contemporain. »

Une très belle préface de Guillaume de Thieulloy : » Transmettre c’est aimer dans la durée. C’est refuser que les liens se brisent. C’est croire que ce que nous avons reçu mérite d’être offert. Puissiez-vous amis lecteurs, goûter la richesse de cet héritage. Puissiez-vous devenir, à votre tour, devenir des passeurs. C’est ainsi que les familles vivent, que les peuples demeurent, et que les civilisations perdurent… »

Lisez ce livre et offrez-le à vos enfants et petits-enfants. C’est un voyage dans le passé, pour construire un avenir plus heureux.

Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE
https://www.livresenfamille.fr/contes-nouvelles-poemes-theatre-fables/30543-lettre-a-mes-petites-filles.html?ref=043193205
Lettres à mes petites-filles, Anne Brassié, The Book éditions, 112 pages

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