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Pélerinage de Loublande en l’honneur du Sacré Coeur, les 18 et 19 avril

Deux jours de marche et de prière, la beauté de la liturgie, une veillée traditionnelle et des temps forts d’amitié : le pèlerinage Notre Dame de Loublande revient pour la troisième fois cette année au cœur de la Vendée militaire pour honorer le Sacré Cœur et prier pour la conversion de la France. Les samedis 18 et 19 avril, prends ton sac à dos et rejoins-nous !

Prier pour la France, sous le patronage du Sacré Cœur

Du sanctuaire au sanctuaire, sur une boucle dans le bocage, les pèlerins de Loublande rendent hommage au Sacré Cœur sur les lieux même où Il est apparu au début du XXème siècle. L’histoire remonte à 1916, pendant la Première Guerre Mondiale. La France vient d’adopter la loi de séparation de l’Église et de l’État. Les Français sont de plus en plus athées, quand ils ne sont pas franchement hostiles à l’Église. Au nord de la Vendée, le Sacré Cœur Lui-même vient demander la conversion de la France. Il apparaît à une jeune bergère, Claire Ferchaud, qui depuis son enfance, voit l’Enfant Jésus lui parler, la former, la guider. Le Sacré Cœur lui donne une mission pour la France : consacrer le pays au Sacré Cœur de Jésus en imposant son emblème sur le drapeau tricolore et en faisant instituer la messe perpétuelle à Loublande : «Quand Je verrai dans ce lieu, les foules à genoux et demander pardon, Mon Cœur apparaîtra dans le triomphe de la Paix sur une France régénérée». Deux demandes restées lettre morte malgré les efforts de Claire Ferchaud, de prêtres et même de l’évêque plus tard. Avec la Vierge Marie, le pèlerinage de Loublande prie pour l’instauration de la messe perpétuelle et pour la France..

Marcher, prier, veiller

Après 2024 et 2025, c’est la troisième édition du pèlerinage de Loublande. En chapitres, la marche d’une vingtaine de kilomètres s’adresse à tous les âges. Elle commence par la messe, dans la forme traditionnelle du rite romain, et fait étape à Saint-Laurent-sur-Sèvre, sur le tombeau du Père de Montfort. Entre les temps de prière et de formation, s’intercalent des moments amicaux et une grande veillée traditionnelle le samedi soir où tous les talents ont leur place. Un chapitre statique accueille aussi les pèlerins non-marcheurs. Le tout dans une ambiance simple et familiale !

Les inscriptions sont ouvertes. Plus de renseignements sur notre site Internet : pelerinagesacrecoeurloublande.fr

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Un tout nouveau site Internet pour Kairos

La Fondation Kairos pour l’innovation éducative-Institut de France a le plaisir de vous annoncer qu’elle vient de mettre en ligne un tout nouveau site internet qui permet de suivre ses activités au service de l’éducation de la jeunesse.

Vous pourrez y retrouver par exemple la liste exhaustive des écoles soutenues, ou encore toutes les publications (colloques, sondages, articles…).

Camille Galliard-Minier, ministre de l’euthanasie

Le 26 février, Camille Galliard-Minier a été nommée ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées auprès de la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées. Elle remplace Charlotte Parmentier-Lecoq dont les propos avaient été épinglés par l’ONU.

L’ancienne ministre avait en effet réclamé que le « droit à l’aide à mourir » soit « accessible à toute personne en situation de handicap », « comme le prévoit la Convention des droits des personnes en situation de handicap des Nations unies ». Suite à de tels propos le Comité des droits des personnes handicapées avait réclamé des « mesures visant à garantir que les autorités de l’Etat partie s’abstiennent d’affirmer dans les médias publics et les réseaux sociaux que le Comité soutient la légalisation de l’euthanasie ».

Une députée active sur la fin de vie

Suppléante d’Olivier Véran en 2020, Camille Galliard-Minier était entrée au Palais Bourbon après la nomination de ce dernier au poste de ministre de la Santé. L’ancienne avocate a pris une part active au débat sur la fin de vie en tant que député de l’Isère (groupe Ensemble pour la République).

En effet, c’est elle qui avait demandé une seconde délibération sur l’amendement d’Annie Vidal (Ensemble pour la République) qui visait à interdire le recours à l’ « aide à mourir » en cas de souffrances psychologiques seules. Camille Galliard-Minier considérait alors « essentiel » de « préserver l’équilibre du texte ». Un « équilibre » de façade qui a permis l’adoption de la proposition de loi en deuxième lecture le 25 février dernier.

Un député sourd aux alertes

Et face à différents députés préoccupés par les pressions que pourrait faire peser sur les personnes vulnérables l’adoption d’un « droit à l’aide à mourir », la nouvelle ministre des Personnes handicapées osait affirmer que la proposition de loi ne serait « que protection », ajoutant : « La construction même de ce texte vise à protéger les personnes qui auront recours à l’aide à mourir ! ».

L’ancien député de l’Isère a voté en faveur de l’« aide à mourir » en deuxième lecture. Désormais ministre et censée porter les préoccupations des plus vulnérables d’entre nous, les écoutera-t-elle enfin ?

source : Gènéthique

Mort de Quentin : faut-il tendre l’autre joue ?

La mort tragique de Quentin Deranque, le 14 février dernier, repose la question de la montée en puissance de la violence politique et de la réponse du chrétien face à une société traversée par des affrontements constants qui, à défaut d’entraîner la mort physique, peuvent aussi entraîner la mort sociale, la délégitimation et la condamnation morale à perpétuité.

Après avoir laissé passer le temps de l’émotion, Philippe Maxence a voulu recueillir les réactions des membres du Club des Hommes face à la mort ignominieuse de Quentin et leur demander ce que doit être la bonne réponse du chrétien. Comme vous pourrez le constater, l’émotion était bien au rendez-vous.

Au micro du Club des Hommes en noir, vous retrouverez l’abbé Claude Barthe, l’abbé Grégoire Celier, Anne Le Pape et Richard de Seze pour près d’une heure de débat et de regard sur l’actualité, sur l’histoire et sur la théologie morale.

L’armée israélienne va-t-elle devenir le meilleur soutien du Hezbollah ?

Communiqué de Yann Baly, Président de Chrétienté-Solidarité

Lors de la campagne de 2024-2025, l’armée israélienne avait su agir avec discernement au Liban, en épargnant les villages chrétiens, en effectuant des frappes ciblées et en avertissant la population civile avant de bombarder des points stratégiques du Hezbollah ou des milices qui lui sont alliées.

Depuis l’occupation progressive du sud Liban, lancée la semaine dernière, force est de constater que cette sage doctrine d’action est mise à mal.

En l’espace de quelques jours, des tirs israéliens ont blessé ou tué des chrétiens dans des villages du sud pourtant hostiles à la milice pro-iranienne.

Ce dimanche 8 mars, le frère du curé d’Alma al-Chaab était tué dans une frappe de drone israélien.

Aujourd’hui, c’est le père Pierre Al Ra’i (en photo ci-dessus), curé de Qleyaa, qui a été tué et de nombreux civils blessés par des tirs de char Merkava. Le père Ra’i et la communauté chrétienne de ce village résistent à l’emprise du Hezbollah depuis de nombreuses années, à l’instar d’autres villages du sud Liban comme Rmeish ou Kawkaba.

L’armée israélienne veut-elle devenir le meilleur propagandiste du Hezbollah et, à nouveau, précipiter certains Libanais dans les bras de la milice chiite à la solde de l’Iran ? Voudrait-elle le faire qu’elle ne s’y prendrait pas autrement !

Chrétienté-Solidarité condamne avec la plus grande fermeté ces tueries.

Nous connaissons ces villages pour leur avoir apporté de l’aide en 2024-2025.

A nouveau, nous avons lancé un appel à la générosité pour aider ces villages du sud qui tiennent bon et ces chrétiens qui veulent rester sur leur terre.

Aidez-nous, rejoignez notre initiative par un don : https://chretientesolidarite.fr/don-libre/

Un curé libanais meurt dans les bombardements

Communiqué de l’Œuvre d’Orient:

L’Œuvre d’Orient apprend avec effroi et une immense tristesse la mort du père Pierre el-Raï, prêtre maronite de Qlayaa, tué par un bombardement. Il a été tué à son domicile par un tir d’artillerie qui a également blessé 4 autres personnes. Ce tir d’obus est intervenu alors qu’un premier obus avait endommagé une première maison du village et que les habitants tentaient d’évacuer les personnes blessées par ce premier tir.

L’Œuvre d’Orient condamne avec la plus grande fermeté ces actes de guerre qui visent à déstabiliser le Liban tout entier et tuent des civils innocents. La mort d’un prêtre qui ne voulait pas quitter sa paroisse est une nouvelle escalade dans la violence aveugle.

L’Œuvre d’Orient dénonce également le risque d’annexion et de disparition des villages au sud du Litani, et notamment des villages chrétiens historiques.

Pour soutenir l’action de L’Œuvre d’Orient qui soutient les chrétiens du Liban dans leur mission au service des Libanais déplacés vous pouvez relayer l’appel de fonds vers https://secure.oeuvre-orient.fr/soutenir-liban

Vandalisme dans l’église Saint-Roch à Paris

Un autel en forme d’arche d’alliance, dans la chapelle axiale du déambulatoire, juste devant la chapelle de la Vierge, au fond de l’église, a été vandalisé. Il s’agit d’une œuvre datée de 1840, sur un dessin de l’architecte Charles Lelong.

Avant :

Après :

Selon les informations fournies par le curé de l’église, l’abbé Thierry Laurent, les vandales semblaient chercher quelque chose dans ce qui sert de tabernacle. Ils ont d’abord abimé la porte, sans même s’apercevoir que celle-ci était ouverte. Puis, ils se sont acharnés sur l’objet, cassant les angelots qui le surmontent, ainsi que les palmettes (anthémions) au-dessus de la corniche.

Par ailleurs, une corniche s’est effondrée :

6e Congrès apostolique mondial sur la Miséricorde à Vilnius du 7 au 12 juin

Des milliers de pèlerins chrétiens se réuniront à Vilnius cet été, lorsque la ville accueillera le 6e Congrès apostolique mondial sur la miséricorde (WACOM), un rassemblement de cinq jours organisé par le Vatican qui s’est déjà tenu à Rome, Cracovie, Manille, Bogota et Samoa. Le thème en sera « Construire la cité de la miséricorde ». Le programme WACOM se déroule sur cinq jours complets, avec des conférences, des concerts, des débats et des inaugurations mettant en vedette une liste internationale d’intervenants, parmi lesquels John Pridmore, ancien gangster devenu conférencier catholique, Grzegorz Ryś, archevêque de Cracovie, Nicky Gumbel, pasteur anglican et fondateur d’Alpha, Matt Fradd, podcasteur catholique, et la famille Kissel, connue par des millions de personnes grâce à leur ministère sur YouTube.

« Chaque après-midi, les participants quitteront la salle de conférence pour se rendre dans les églises de la vieille ville pour l’Heure de la Miséricorde. De cette façon, la ville elle-même fait partie intégrante du congrès », explique Inesa Čaikauskienė, directrice du Congrès apostolique mondial de la Miséricorde Vilnius 2026.

Vilnius a été choisie car elle est le berceau de la dévotion à la Divine Miséricorde, dont l’image est aujourd’hui présente dans pratiquement toutes les églises catholiques du monde. En 1934, une jeune religieuse polonaise nommée Faustina Kowalska vivait dans un couvent du quartier d’Antakalnis à Vilnius. Elle avait eu des visions d’une figure de Jésus avec deux rayons de lumière, rouge et blanc, jaillissant de son cœur et symbolisant un message de compassion et de pardon divin. Ces visions ont été transformées en la première image de la Divine Miséricorde par l’artiste local Eugeniusz Kazimirowski. L’original est toujours exposé au sanctuaire de la Divine Miséricorde dans la vieille ville de Vilnius, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, qui compte plus de 30 églises situées à quelques minutes à pied les unes des autres.

Vilnius est également l’une des capitales européennes les moins visitées, ce qui en fait une destination peu fréquentée pour les touristes religieux. Pour les pèlerins comme pour les autres visiteurs, Vilnius offre une expérience relativement peu fréquentée, sans le bruit, la pollution et la chaleur qui rendent d’autres destinations européennes moins agréables pour les touristes. La ville accueille environ 1,2 million de visiteurs par an, soit une fraction des 5 millions qui passent par la Cité du Vatican ou le sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes en France.

Les pèlerins sont invités à s’inscrire avant le 1er avril, car les organisateurs ont l’intention de limiter le nombre total de participants à 5 000.

JPE à l’ONU : dialogue interactif avec la Rapporteuse spéciale sur la vente et l’exploitation sexuelle d’enfant

Communiqué des Juristes pour l’enfance :

Juristes pour l’enfance est à l’ONU à l’occasion de la 61e session du Conseil des droits de l’Homme, à Genève, pour participer à un dialogue interactif avec la Rapporteure spéciale sur la vente et l’exploitation sexuelle d’enfants, Madame Mama Fatima Singhateh.

JPE, par une déclaration écrite, demande à la Rapporteuse spéciale de dénoncer la gestation pour le compte d’autrui (GPA) comme une vente d’enfant au sens du Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant concernant la vente d’enfants du 25 mai 2000, qui définit la vente d’enfant comme « tout acte ou toute transaction en vertu desquels un enfant est remis par toute personne ou de tout groupe de personnes à une autre personne ou un autre groupe contre rémunération ou tout autre avantage » (art. 2).

« Je suis née, et j’ai été vendue » : Olivia Maurel, née de gestation pour autrui et porte-parole de la Déclaration de Casablanca pour l’abolition universelle de la GPA, prendra la parole par une déclaration orale pour demander que la pratique soit enfin identifiée comme ce qu’elle est, une forme de vente d’enfants (la Déclaration de Casablanca est un groupe international d’experts invitant les États à l’abolition universelle de la pratique).

Lors du dialogue interactif avec la Rapporteure spéciale sur la vente et l’exploitation sexuelle d’enfants, Olivia Maurel rappellera avec force que la gestation pour autrui est contraire aux droits des enfants et des femmes, en les réduisant à des objets de transaction, et appellera à ce que la gestation pour autrui figure explicitement dans le mandat du prochain rapporteur sur la vente et l’exploitation sexuelle d’enfants.

“Nous sommes aux côtés d’Olivia Maurel dans cette intervention importante à l’ONU, qui vise à sensibiliser la communauté internationale sur la triste réalité de la gestation pour autrui”, déclare Aude Mirkovic, Présidente de Juristes pour l’enfance. “Cette pratique réalise une marchandisation du corps de la femme et une réification de l’enfant. Commander un enfant et le recevoir contre un paiement, qu’est-ce d’autre qu’une vente d’enfant ? Même avec de belles intentions, on ne saurait acheter un enfant, c’est tout. Un texte international sur la vente d’enfant existe, il est temps de l’appliquer à cette nouvelle forme de vente qu’est la GPA ».

En marge de cette intervention, des rencontres avec des délégations nationales sont prévues. Ces échanges visent à renforcer les alliances internationales en faveur de l’abolition de la gestation pour autrui et à promouvoir des politiques protectrices pour les enfants et les femmes à travers le monde.

Le cardinal Sarah répond aux critiques émises dans le quotidien La Croix

Après la publication de « 2050 » par le cardinal Robert Sarah, le quotidien La Croix a émis quelques critiques. A défaut d’être interrogé dans ce quotidien, le cardinal répond dans le JDD. Extrait :

Vous affirmez que « les grandes lignes de la théologie, les fondements de la foi, ne doivent pas s’effacer devant les modes passagères ou les opinions du moment », et ce sont ces grandes lignes que vous abordez justement dans votre livre. Quelle place donner alors au « climat, migrations et exclusions », comme s’interroge La Croix : « Non comme thèmes politiques mais comme lieux théologiques » ?

Ces réalités sont graves. Elles touchent des vies humaines, donc elles touchent le cœur de l’Église. Mais elles deviennent problématiques lorsqu’elles éclipsent la centralité de Dieu et que le discours ecclésial semble n’avoir plus d’autre horizon que l’agenda temporel. Oui, on peut parler de « lieux théologiques » – à une condition : que ces lieux soient éclairés par la foi, et non utilisés comme des substituts à la foi. Le pauvre n’est pas seulement un cas social : il est le visage du Christ. L’étranger n’est pas d’abord un dossier politique : il est un frère que Dieu confie à notre charité. La création n’est pas une idole verte : elle est un don, confié à l’homme pour être gardé dans la gratitude. Mais si l’on parle du climat sans parler du Créateur, si l’on parle de migrations sans parler de la dignité surnaturelle de l’homme, si l’on parle d’exclusions sans parler du péché et de la rédemption, alors on fait de l’Église une agence morale. L’Église n’est jamais plus utile au monde que lorsqu’elle est entièrement à Dieu.

Vous rappelez dans votre livre que « la vérité de l’Évangile n’est ni relative ni adaptable aux mœurs du temps ». Comment expliquez-vous que certains souhaiteraient voir l’Église évoluer notamment sur la morale chrétienne ?

L’homme moderne craint la vérité lorsqu’elle oblige. Il préfère une morale « fluide », sans frontières, où la conscience devient mesure ultime. Mais la conscience n’est pas un dieu : elle doit être formée par la vérité. La morale chrétienne n’est pas un catalogue d’interdits. Elle est la traduction concrète d’un mystère : Dieu a créé l’homme ; Dieu l’a racheté ; Dieu l’appelle à la sainteté. La complémentarité de l’homme et de la femme n’est pas une construction culturelle : elle est inscrite dans la création et élevée par le sacrement. Le respect de la vie, de sa conception à sa mort naturelle, n’est pas une opinion : c’est la reconnaissance que la vie est un don. Le célibat sacerdotal, dans l’Église latine, n’est pas une technique de gestion : il est un signe eschatologique, une disponibilité totale, un amour indivis. Ceux qui veulent adapter l’Évangile aux mœurs du temps confondent miséricorde et renoncement. La miséricorde relève le pécheur ; elle ne renomme pas le péché.

Cette tentation de « modeler l’Église à l’aune des contingences historiques » est plus significative en Occident, écrivez-vous, contrairement au continent africain qui se reconnaît plus humblement héritier du dépôt de la foi à transmettre. Comment comprendre ces différentes postures ?

L’Occident a été blessé par un orgueil particulier : celui de se croire adulte au point de ne plus avoir besoin de Dieu. Il a remplacé l’héritage par la suspicion, la tradition par le soupçon, l’autorité par la contestation permanente. Il veut réinventer ce qu’il a reçu. En Afrique, malgré les faiblesses et les difficultés, demeure souvent une conscience plus simple : nous sommes héritiers. Nous avons reçu la foi comme un trésor. On ne « modernise » pas un trésor : on le garde, on le transmet, on le fait fructifier. La vraie humilité consiste à accepter que la vérité nous précède. Cela ne signifie pas que l’Afrique serait indemne de tentations. Mais la posture fondamentale diffère : en Occident, on veut négocier avec la foi ; en Afrique, on la reçoit.

L’émergence d’un islam européen : mythe ou réalité ?

Lu dans La Petite Feuille verte :

Alors que le IIIème millénaire vient d’achever son premier quart de siècle, un constat s’impose à l’Europe : celle-ci n’est plus ce continent très largement chrétien qu’il était encore jusqu’au milieu du XXème siècle, sociologiquement parlant du moins, du fait d’une vague migratoire sans précédent.

Aujourd’hui, il en est résulté un pluralisme religieux dont l’islam est l’un des traits les plus marquants. En effet, une importante minorité musulmane a émergé  en Europe et donc s’y affirme, avec une visibilité croissante, bousculant de la sorte un monde sécularisé, en mal de sens et en crise d’identité. En même temps, cet islam est traversé par de multiples courants dont on ne sait pas lequel finira par l’emporter. Sur ce point, les Européens de souche ont un rôle important à jouer.

L’islam est l’un des plus grands défis auxquels l’Europe actuelle est confrontée, « un défi redoutable », estimait le cardinal Paul Poupard, président du Conseil pontifical de la Culture, à la veille du Synode des évêques pour l’Europe qui allait se dérouler à Rome du 1er au 23 octobre 1999 et se faire l’écho de quelques inquiétudes concernant la volonté conquérante d’une partie des musulmans et le relativisme doctrinal en progression dans certains milieux catholiques (Le Figaro, 30 septembre 1999).

Il convient donc de porter un regard lucide sur cette réalité comme l’ont fait d’autres représentants de l’Église catholique au cours des dernières décennies. Retenons ici la réflexion du cardinal italien Giacomo Biffi, ancien archevêque de Bologne, qui écrivait en 2001 dans un article sur l’immigration musulmane :

« Le phénomène se présente lourd et grave ; et les problèmes qui en découlent – pour la société civile comme pour la communauté chrétienne – comportent beaucoup d’aspects nouveaux, doublés de complications inédites, ayant un fort impact sur la vie de nos populations ».

Il ajoutait :

« Nous sommes en présence d’une interpellation de l’histoire. Il faut l’affronter sans panique et sans superficialité » (Sedes Sapientiae, n° 75).

De fait, ce sont là les deux termes indispensables à un jugement équilibré et à des choix responsables. Il faut bannir la peur et l’irénisme, choisir la lucidité et le courage, autrement dit prendre en considération les éléments propres à l’islam qui freinent ou empêchent son assimilation à la civilisation européenne. Pour cela, il est essentiel de ne plus se laisser submerger par l’émotion ou l’approche compassionnelle mais de redonner sa juste place à la raison.

La question posée est donc la suivante : la présence croissante de l’Islam en Europe permet-elle d’affirmer qu’il existe un Islam européen ? 

PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES MUSULMANS EN EUROPE 

1°/ Quelques caractéristiques

a) Combien y a-t-il de musulmans en Europe ? Selon les résultats d’une enquête effectuée en 2017 par l’Institut américain Pew Research, leur nombre dans l’Union européenne (UE) s’élevait alors à 25,8 millions, soit près de 5% de la population alors qu’il était estimé à 16 millions en 2007. Certaines études prévoient qu’en 2050 ce nombre pourrait atteindre 35,8 millions, soit 7,4% pour l’UE (Observatoire de l’immigration et de la démographie, 24 juin 2020).

Et si la Turquie intégrait l’Union, il faudrait y ajouter 80 millions de personnes. Ce pays étant le plus peuplé, il disposerait du plus grand nombre de sièges au Parlement de Strasbourg. On en mesure les conséquences sur les orientations de l’UE (diplomatiques, législatives, culturelles, etc.).

Cependant, l’UE, avec ses 28 États membres, ne peut pas être confondue avec le continent européen car elle n’en recouvre pas la totalité. L’Europe compte en tout 50 pays, parmi lesquels la Grande-Bretagne qui s’est retirée de l’UE en 2020 avant de s’en rapprocher par un partenariat signé en 2025.

Il est cependant malaisé de fournir des indications précises car, dans certains États de l’UE, la loi interdit de retenir les données confessionnelles dans les recensements, au nom de la laïcité et du respect des convictions religieuses. Il reste que l’islam est devenu la deuxième religion après le christianisme (toutes confessions confondues).

b) Des provenances diverses.

Comme l’a noté le journaliste Jean-Loup Bonnamy, « l’accroissement démographique de l’islam en Europe est dû à un flot ininterrompu d’immigrés » (« L’islam en Europe : état des lieux », La Nef, n° 358, mai 2023). D’où la multiplicité des identités musulmanes.

  • Maghreb et Proche-Orient arabe ;
  • Afrique subsaharienne ;
  • Turquie, Russie, Caucase ;
  • Asie centrale et Extrême-Orient : Iran, Afghanistan, Pakistan, Inde, Indonésie, Bangladesh ;
  • Balkans : Bosnie, Albanie, Kosovo. Il s’agit là d’Européens islamisés durant l’Empire ottoman ;
  • Européens de souche convertis à l’islam.

c) La grande majorité des musulmans établis en Europe appartiennent au sunnisme, mais leur islam varie selon leur identité d’origine.

  • Les sociétés dont l’islam imprègne toute la vie, publique et privée (États arabes, Asie centrale).
  • Les Turcs, tiraillés entre le sunnisme inséparable de la turcité, la sécularisation héritée du système d’Atatürk et la réislamisation imposée par le régime de Recep Tayyip Erdogan depuis 2016.
  • Les pays ayant hérité de systèmes laïcs institués lors de l’époque coloniale (Afrique noire).
  • Les Iraniens sécularisés ou de confession chiite ayant quitté leur pays lors de la Révolution islamique de 1979.

d) Autres diversités dans l’approche de l’islam (culte, droit, politique).

  • Quel est l’islam authentique : religion de paix, d’amour et de tolérance ? ; religion idéologique, intolérante ou conquérante ?
  • Dans la pratique : religion tranquille, privatisée ? ; militante, prosélyte, voire djihadiste ?

L’islam sunnite, ultra-majoritaire, n’étant pas doté d’une structure hiérarchique représentative, il est impossible de répondre à ces questions. Cela pose le problème de la représentativité des interlocuteurs et de la crédibilité de leurs conceptions.

Ces différentes formes de diversité rendent pertinente la formule : « L’islam est pluriel ». Mais ce constat ne doit pas servir de prétexte pour dissimuler les vrais problèmes que pose l’islam à partir de ses sources fondamentales, notamment le Coran et la Sunna (Tradition mahométane) ainsi que la charia (loi islamique).

2°/ L’enracinement de l’islam en Europe 

L’islam n’est plus un facteur étranger à l’Europe ; résultat d’un important flot migratoire, il en est devenu une composante interne qu’il n’est plus possible d’ignorer ou de négliger.

Cet enracinement s’accompagne d’une réappropriation de la religion et de la culture. On assiste à une évolution importante de ce point de vue. Les premiers immigrés, au  début et au milieu du XXème siècle, le plus souvent des hommes venus en célibataires pour des raisons économiques et pour une période transitoire, arrivaient avec l’espoir de retourner dans leurs pays. Ils n’avaient pas de revendications particulières sur le plan religieux et cultuel. Peu à peu, ils ont bénéficié de la part des pays d’accueil de mesures qui ont favorisé leur communautarisation : extension du regroupement familial ou du droit du sol pour la nationalité, application de la charia par certains tribunaux européens.

La réislamisation se manifeste par diverses pratiques. Le culte est en constante progression comme en témoignent de nombreux signes : construction de mosquées, prières dans les rues et d’autres espaces publics, pratique du Ramadan qui est de plus en plus suivie par des non pratiquants habituels et s’impose même aux employés des secteurs privé et public, ouverture d’écoles sous contrat avec l’État

ou totalement libres, ainsi que de librairies confessionnelles, extension du marché halal organisé, horaires séparés pour les femmes dans les lieux de loisirs, polygamie clandestine.

La propagation du port du voile islamique par les femmes, signe d’une affirmation identitaire, gagne de plus en plus les jeunes générations.

Une étude sur les immigrés de toutes provenances établis en France, publiée par l’INSEE le 30 mars 2023, montre la supériorité de la transmission religieuse au sein des familles musulmanes : 91% contre 67% chez les catholiques (La Croix, 31 mars 2023).

Comme leurs coreligionnaires dans le monde entier, les musulmans d’Europe se réislamisent donc fortement, certains subissant l’influence des pays d’origine, voire d’idéologies relevant de l’islamisme.

On a longtemps voulu minimiser le phénomène en considérant que les musulmans établis en Europe étaient aussi peu pratiquants que les chrétiens. C’était pour rassurer, comme si, même sans le dire, on considérait qu’être musulman, assidu à sa pratique et attaché à sa doctrine, pouvait poser des problèmes à nos sociétés.

Les spécialistes de l’islam ont trop voulu réduire leurs analyses à la sociologie, sans tenir suffisamment compte des spécificités propres de l’identité musulmane. Ils ont ainsi oublié que les hommes sont façonnés par une culture d’autant plus prégnante qu’elle est religieuse.

On se rend compte désormais qu’une attitude privilégiant l’accueil de cette nouvelle religion et fondée sur une approche laïcisante ne permet pas d’appréhender la réalité islamique dans son exactitude et sa totalité.

Elle ne permet pas de donner des réponses adéquates au défi présenté par l’islam puisque celui-ci est porteur d’un projet qui se veut à la fois social, politique et religieux : englobant, totalisant, voire totalitaire. L’islam est certes une religion mais il n’est pas qu’une religion comme l’a souligné le cardinal Biffi : « L’identification absolue entre religion et politique fait partie de la foi à laquelle les musulmans ne peuvent renoncer, même s’ils attendent prudemment pour la faire valoir d’être en situation de prépondérance » (« Sur l’immigration », Sedes Sapientiae, op. cit.). Sur ce sujet, cf. PFV n° 55 : L’islam est-il une religion ? Et PFV n° 56 : L’islam n’est-il qu’une religion ?

Voici la recommandation émise par le pape Jean-Paul II à la suite d’un Synode spécial des Évêques pour l’Europe qu’il avait convoqué à Rome du 1er au 23 octobre 1999.

« Il est important d’avoir un juste rapport avec l’islam. Comme cela s’est révélé plusieurs fois ces dernières années à la conscience des évêques européens, ce rapport doit être conduit avec prudence, il faut en connaître clairement les possibilités et les limites […]. Il faut être conscients, entre autres, de la divergence notable entre la culture européenne, qui a de profondes racines chrétiennes, et la pensée musulmane » (Ecclesia in Europa, 2003, n° 57).

Les constats que nous venons de dresser nous permettront d’entrer dans une réflexion plus précise sur deux points essentiels.

1°/ Les conditions requises de la part des musulmans pour passer d’un islam en Europe à un islam européen.

2°/ Les conditions requises de la part des États européens en vue de réaliser cet objectif.

Tel sera le programme de la prochaine Petite Feuille Verte (n° 110).

 

Un rapport du Planning familial met en lumière la vitalité de la résistance européenne face à la propagande

Dans un rapport de soixante pages publié le 23 février 2026, le Planning familial lance une véritable fatwa contre ceux qu’il qualifie de « réactionnaires ». En ligne de mire, la question délicate de l’éducation à la sexualité.

Sous couvert de cartographier l’opposition à l’Éducation Complète à la Sexualité dans six pays d’Europe, l’officine s’alarme de la résistance croissante des parents et des associations catholiques. Ce que le Planning nomme « panique morale » n’est pourtant que le légitime sursaut de conscience de familles refusant de voir l’âme de leurs enfants sacrifiée sur l’autel du progressisme.

Derrière les acronymes technocratiques comme « EVARS », se cache une réalité brutale. S’appuyant sur les directives de l’Unesco, ces programmes ne se contentent plus d’expliquer la biologie ; ils prétendent enseigner « l’identité de genre ». On y explique à des enfants, dès le plus jeune âge, que leur sexe est une « assignation à la naissance » et qu’être un homme ou une femme n’est qu’un « sentiment ressenti ».

Cette intrusion dans l’intimité des consciences est une violation flagrante de la complémentarité des sexes, et un déni de réalité. Comme le rappellent justement les collectifs SOS Éducation ou le Syndicat de la Famille, le rôle de l’école est d’enseigner la lecture et l’arithmétique, pas de troubler les enfants avec des concepts de fluidité de genre dès la maternelle.

Le rapport du Planning familial a le mérite de mettre en lumière la vitalité de la résistance européenne. De l’Espagne, où l’association Hazte Oir rappelle des vérités biologiques élémentaires, à l’Italie où Pro Vita & Famiglia dénonce l’intrusion de militants LGBT dans les salles de classe, le réveil est général.

En France, la vigilance de groupes comme Parents Vigilants porte ses fruits. La pression populaire a déjà forcé le ministère à expurger les versions les plus radicales du programme scolaire. Mais le combat est loin d’être gagné : le Planning familial déplore aujourd’hui la restriction de ses interventions dans les écoles primaires.

C’est une victoire pour la protection de l’enfance, car le sanctuaire scolaire ne doit pas être le terrain de jeu de professeurs militants ou d’associations subversives aux agendas troubles.

Le point le plus inquiétant du rapport réside dans la stratégie de fuite en avant du Planning familial. Face à la résistance des peuples et des gouvernements souverains — à l’instar de celui de Giorgia Meloni en Italie —, l’association appelle désormais l’Union européenne à la rescousse. L’objectif ? Faire de l’éducation sexuelle une « compétence partagée » de l’UE pour imposer, par des sanctions financières, cette idéologie globale aux États récalcitrants.

Cette volonté de court-circuiter la souveraineté des familles et des nations est une dérive totalitaire qui tait son nom. Les parents sont les premiers et principaux éducateurs de leurs enfants. Aucune instance supranationale, aucune association subventionnée ne peut légitimement se substituer à eux pour aborder les questions de l’intime.

“L’Eucharistie, cœur battant de toute communauté chrétienne”

En visite à la paroisse “S. Maria della Presentación”, Léon XIV a déclaré :

[…] Mes très chers frères et sœurs, par le Baptême, nous avons tous reçu la grâce de l’eau nouvelle, qui lave tout péché et étanche toute soif. À l’image de la Samaritaine, nous avons aujourd’hui, en ce Carême, un temps pour redécouvrir le don de ce Sacrement qui, telle une porte, nous a introduits à la foi et à la vie chrétienne. Bon et miséricordieux Pasteur, le Seigneur nous attend et nous accompagne toujours, où que nous soyons et tels que nous sommes. Dans sa miséricorde, il guérit nos blessures et devient un don pour nous, nous permettant à notre tour d’être un don pour nos frères et sœurs.

Je sais que votre communauté paroissiale vit dans une région confrontée à de nombreux défis. Les situations préoccupantes de marginalisation et de pauvreté matérielle et morale y sont légion. Même les adolescents et les jeunes adultes risquent de grandir sous l’influence de prédateurs ou désabusés quant à leur avenir. Nombre d’entre eux aspirent à un foyer, à un emploi qui leur permette de vivre dignement, à des lieux sûrs où se retrouver, jouer et construire ensemble un avenir meilleur.

Comme à la source de l’Évangile, hommes et femmes viennent dans cette paroisse le cœur brisé, la dignité bafouée et assoiffés d’espérance. Il vous incombe, avec urgence et force de libération, de témoigner de la proximité de Jésus, de son désir de racheter notre existence des maux qui la menacent, en nous proposant une vie juste, vraie et pleine de sens. À commencer par l’Eucharistie, cœur battant de toute communauté chrétienne, je vous encourage à faire en sorte que les activités paroissiales soient le signe d’une Église qui, telle une mère, prend soin de ses enfants, sans les condamner, mais en les accueillant, en les écoutant et en les soutenant face au danger. Que la Parole de l’Évangile, qui jaillit en nous comme une source de vérité, nous aide tous à ouvrir les yeux, à discerner avec sagesse le bien du mal, et ainsi à former des consciences libres et adultes. […]

Alliance avec les islamo-gauchistes de LFI : l’hypocrisie du PS

Au niveau national, le PS annonce se désolidariser de LFI, alors que localement il y a déjà des alliances (sans parler de celles à venir d’entre-deux-tours), pour éviter de perdre des municipalités PS.

Joué-lès-Tours :  La liste de gauche menée par Romain Fredon (La France Insoumise avec le soutien de socialistes) organise une soirée en présence de plusieurs personnalités dont deux députés : le socialiste Laurent Baumel et l’écologiste Charles Fournier, par ailleurs candidat avec l’union de la gauche (hors LFI) à Tours.

LFI et PS main dans la main pour gagner la mairie de Niort

Le Parisien a comptabilisé au moins 69 villes où les socialistes et les insoumis partiront côte à côte le 15 mars.

La France insoumise affirme conduire des listes dans 380 villes et être engagée dans 124 listes de gauche.

La question reviendra au second tour.

Elon Musk et Louis XIV

Lu dans Le Bien commun :

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Certains n’attendent pas la loi sur l’euthanasie et le suicide assisté

Moins de deux mois après la condamnation de douze de ses membres pour trafic de substances vénéneuses, l’association Ultime Liberté est de nouveau pointée du doigt dans une affaire de suicide assisté.

Une enquête a été ouverte suite à un signalement le 20 février indiquant qu’une femme de 63 ans se serait procuré un produit létal auprès d’Ultime Liberté, en vue de l’administrer à sa mère, âgée de 85 ans, «présentant des troubles cognitifs débutants, sans pronostic vital engagé, et qui aurait exprimé un souhait de se voir donner la mort», explique le parquet.

La sexagénaire aurait été dénoncée par son psychiatre à qui elle aurait confié son projet lors d’un rendez-vous à l’hôpital Cochin, dans le 14e arrondissement de la capitale. Le praticien qui l’a dénoncé sera-t-eil prochainement poursuivi pour entrave au suicide assisté, comme le prévoit la proposition de loi adoptée en seconde lecture à l’Assemblée ?

Le SAIP (Service de l’accueil et de l’investigation de proximité) du commissariat du 18e arrondissement s’est rendu chez la mise en cause pour une perquisition de son appartement. Un petit flacon contenant la substance létale sous la forme d’une poudre blanche a bien été découvert. La sexagénaire a été interpellée sur-le-champ et placée en garde à vue. Entendue à son tour, la mère de cette dernière «a confirmé sa volonté d’être euthanasiée de manière affirmée, indiquant ne pas oser pratiquer un suicide», confirme le parquet.

À ce stade, les qualifications pénales retenues sont celles d’«association de malfaiteurs en vue d’un crime puni de la réclusion criminelle à perpétuité», en l’espèce un empoisonnement avec préméditation, et d’«acquisition, détention de substance vénéneuse ou psychotrope» (actuellement en analyse).

Chronique des cinglés

Le marxisme est une maladie mentale si j’en crois cet article paru dans L’Humanité :

Hommage à Jérôme Lejeune de 20 mères d’enfants porteurs de trisomie

Dans Le Figaro :

En cette Journée internationale des droits des femmes, nous ne voulons pas seulement parler de nous. Nous souhaitons parler de nos enfants. Nous, mères d’enfants porteurs de trisomie 21, savons ce que signifie un diagnostic qui bouleverse une vie. Nous connaissons les nuits d’inquiétude, les silences, les regards maladroits. Nous connaissons aussi la joie immense, la tendresse inattendue, la force que ces enfants révèlent en nous. Aujourd’hui, nous voulons rendre hommage à Jérôme Lejeune.

En 1958, avec Marthe Gautier et Raymond Turpin, il découvre la cause génétique de la trisomie 21 : la présence d’un chromosome supplémentaire sur la paire 21. Chacun joua un rôle essentiel dans cette avancée majeure. Mais Jérôme Lejeune ne fut pas seulement comme ses collègues un découvreur. Il resta auprès des enfants. Il resta auprès des familles.

Il resta auprès de ceux que la médecine appelait encore, avec une brutalité que nous mesurons encore aujourd’hui, les « mongoliens ».

Très jeune médecin, il avait été confronté à la détresse des enfants porteurs de déficience intellectuelle et à celle de leurs parents. À l’époque, la médecine était impuissante et les familles souvent isolées, parfois accusées. Car longtemps, les mères furent soupçonnées d’être responsables du handicap de leur enfant. On évoquait des fautes, des maladies honteuses, une prétendue dégénérescence. La culpabilité s’ajoutait à la douleur.

La découverte de la trisomie 21 changea tout. Elle établit que le handicap avait une cause chromosomique. Elle libéra des milliers de familles d’un poids injuste. Elle rendit leur dignité à des parents qui vivaient dans la honte. Pendant plus de trente ans à l’hôpital Necker-Enfants-Malades, Jérôme Lejeune accueillit, soigna, écouta. Il regardait nos enfants comme des personnes à part entière. Beaucoup en témoignent encore : « Il a regardé ma fille comme une princesse. Il a regardé mon fils avec un respect infini, comme jamais personne ne l’avait regardé auparavant. » Ce regard a transformé des vies.

Au-delà de la science, il défendit inlassablement la dignité de chaque être humain, en particulier lorsque la vie est fragile. Il choisit d’être médecin jusqu’au bout, fidèle au serment d’Hippocrate et à ses patients. Son héritage demeure vivant. Il vit à travers les médecins qui placent le bien du patient au centre de leur pratique. Il vit à travers les chercheurs qui poursuivent la quête de traitements pour améliorer la vie des personnes porteuses de déficience intellectuelle. Il vit surtout à travers nos enfants, qui continuent chaque jour à témoigner de la valeur infinie de toute vie humaine. Lors de ses obsèques, Bruno, premier patient du professeur, s’écria : « Merci de ce que tu as fait pour mon père et ma mère. » Nous pourrions dire la même chose.

En ce 8 mars 2026, nous affirmons que la dignité de nos enfants est inséparable de la nôtre. Merci, Professeur Lejeune, d’avoir rendu à tant de mères la fierté d’aimer sans honte. Merci d’avoir regardé nos enfants comme des trésors. Et merci pour ce que, par votre héritage, vous continuez de faire pour eux.

L’irrésistible effacement international d’Emmanuel Macron

D’Antoine de Lacoste dans Politique Magazine :

Emmanuel Macron a dissous le Parlement à la suite d’un raisonnement tordu. Il a ensuite perdu les élections, mais refuse de le comprendre. Il s’agite, parle, gesticule et n’a pas l’air de se rendre compte qu’il devient ridicule. En Europe, en Ukraine, en Chine, en Afrique, il rate tout. Son bilan international, déjà calamiteux avant la dissolution, atteint maintenant un effondrement difficilement qualifiable, tant il est inédit depuis bien longtemps. Peut-être depuis Paul Reynaud et son intéressant « nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts. »

De nos jours, il est de bon ton de dénoncer « l’esprit munichois » dans les médias bellicistes parce que les Russes vont nous envahir en 2030 comme chacun sait. Plutôt que d’accabler Edouard Daladier qui lui, au moins, avait compris qu’une guerre contre l’Allemagne risquait de ne pas très bien se passer, on ferait mieux de s’intéresser au cas de Paul Reynaud persuadé de gagner avec une armée désarmée contre trois millions d’hommes bien équipés et surmotivés. Ce type d’analyse coupée du monde réel est une maladie bien française dont Macron est un brillant représentant.

Le président croit au verbe, à l’hyperactivité, à la nécessité de se montrer. Mais il parle trop et enchaîne les propositions qui n’intéressent personne. Une des plus fameuses fut son idée de création d’une Force d’Action Rapide pour sécuriser Gaza, lutter contre le Hamas et préparer l’avenir. Un silence gêné accueillit ce projet baroque, parfaitement irréalisable. De toutes façons plus personne n’écoute la France au Proche-Orient. La fameuse politique arabe de la Ve République est enterrée depuis longtemps. Nous ne sommes amis ni des Israéliens, ni des Palestiniens et nous nous sommes coupés de la Syrie depuis 2011, sous l’impulsion successive des visionnaires Alain Juppé et Laurent Fabius parce que n’est-ce pas, Bachar el-Assad était un méchant dictateur. Il était évidemment le seul en Orient.

Il restait le Liban mais Macron a réussi à mettre le dernier clou du cercueil. Après l’explosion du 4 août 2020 qui a ravagé Beyrouth, notre sémillant voyageur s’est précipité sur place avec comme slogan « Nous n’abandonnerons pas le Liban ». Il réunit toutes les factions au pouvoir : président chrétien, premier ministre sunnite, chef du parlement chiite et d’autres encore. Personne ne manquait à cette réunion qui était précisément celle qu’il ne fallait pas organiser. Notre diplomate en herbe prit un ton de gouverneur colonial parlant à ses fonctionnaires pour expliquer à tout le ghotta libanais qu’ils étaient corrompus, que le fonctionnement du pays était paralysé et qu’il fallait que ça change s’ils voulaient recevoir les milliards de l’Union européenne.

Tout cela n’était pas faux mais était-ce à dire ? Le public écouta poliment et répondit qu’il allait engager les réformes nécessaires. Il ne fit naturellement rien : pourquoi changer un système qui les enrichissait en toute impunité ? En sortant de la réunion, un facétieux appela le journaliste Georges Malbrunot et lui raconta tout. La réunion fut donc décrite dans les journaux français le lendemain. Macron prit ensuite le temps de hurler sur le journaliste rencontré quelques jours plus tard. Ensuite, il ne s’occupa plus du Liban.

Il fit une ultime tentative orientale en reconnaissant la Palestine le 28 mai 2024. Le moment était curieusement choisi : Israël était en train de raser Gaza et de coloniser la Cisjordanie. Trop tôt ou trop tard, c’est difficile à dire mais cela ne servit évidemment à rien. Certains esprits mal intentionnés prétendirent que c’était également une opération de politique intérieure pour flatter nos banlieues islamisées. La reconnaissance de la Palestine ayant été accueillie avec une parfaite indifférence, on peut douter du bien-fondé de la manœuvre.

Le bilan est encore pire en Afrique dont la France est à peu près intégralement chassée. Depuis 2022, nos troupes ont dû quitter successivement le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Tchad puis le Sénégal. Cela ressemble presque aux étapes du Paris-Dakar ancienne version. La Côte d’Ivoire et le Gabon ont, quant à eux, demandé une réduction drastique de nos effectifs. Seul Djibouti accueille une présence significative avec 1500 militaires. En moins de quatre ans, la France a quasiment disparu de l’Afrique.

C’est bien sûr de la faute des Russes et des mercenaires de Wagner. En réalité, si les Russes s’implantent, c’est parce que les Africains ne veulent plus de la France. Et les Russes ne sont en outre pas les seuls à s’installer : les Chinois et les Turcs notamment s’activent beaucoup. Les Américains ont du mal, victimes de leur méconnaissance de l’Afrique. Nous n’avons pas cette excuse.

Rien de bien fameux non plus avec Donald Trump qui se moque ouvertement de Macron dès qu’il en a l’occasion, ni avec la Chine. La dernière visite fut un modèle : notre brillant diplomate demanda à Xi Jinping d’user de son influence sur Vladimir Poutine pour qu’il cesse la guerre en Ukraine. Xi n’a pas bronché, comme tout Chinois qui se respecte, mais on se doute que la commission n’a peut-être pas été faite.

Le plus grave pour la France est son isolement croissant en Europe. Il fut un temps où l’on célébrait avec émotion la solidité du couple franco-allemand. Cela commença avec De Gaulle-Adenauer puis Giscard-Schmidt, Mitterrand-Kohl enfin Sarkozy-Merkel. Passons sur l’inexistant Hollande dont il ne reste rien, et allons vers Macron qui marquera l’effacement de la France dans un chaos frénétique.

Cela n’a pas très bien fonctionné avec Angela Merkel, mais notre jeune homme n’osa pas, pour une fois, faire la leçon à la diva de l’Europe. Ce ne fut pas le cas avec Olaf Scholz et les premiers craquements apparurent. Avec Friedrich Merz, cela tourne au désastre.

Les deux hommes ont le même défaut : l’arrogance. Et leurs divergences sont abyssales : Macron parle de « l’Europe puissance », de la souveraineté européenne (il est très peu Français comme chacun sait), de l’avion franco-allemand et des « Eurobonds d’avenir ». Merz veut garder la protection américaine, voler les avoirs russes, continuer la guerre en Ukraine à tout prix car elle rapporte beaucoup, et se rapprocher de l’Italie. Ils ne valent pas mieux l’un que l’autre et sont cependant en désaccord sur tout. Leurs seuls points communs relèvent de la politique intérieure : une popularité en berne et la détestation des partis « populistes ». Ce sympathique attelage est en train de se défaire à grande vitesse et ce ne sera pas un déchirement à observer.

Macron, qui a l’arme nucléaire, considère que l’on n’a pas besoin des Etats-Unis. Merz, qui ne l’a pas, veut le parapluie américain. Comme Meloni qui, elle aussi, déteste le président français et n’a pas la bombe. C’est une base de départ. Le sommet de Rome du 23 janvier a acté la naissance du couple germano-italien. Merz s’est déplacé avec dix ministres et les deux pays ont signé une dizaine d’accords bilatéraux dans le domaine de la défense et de l’énergie. Ils ont affirmé leur attachement au Mercosur et appelé l’Europe à améliorer sa compétitivité et renforcer la lutte contre l’immigration clandestine. Giorgia Meloni s’est fait ensuite une joie de déclarer que « 2026 sera l’année de l’Italie et de l’Allemagne. »

En réalité, Macron ne paye pas seulement son arrogance, ses phrases emphatiques et creuses, son impuissance politique et sa fin de mandat toute proche. Il paye également la dégradation des finances publiques de la France, son incapacité à se réformer et son endettement hors contrôle. Tandis que l’Italie améliore chaque année sa situation, la France est dans une spirale d’appauvrissement très inquiétante. L’Allemagne ne veut plus s’arrimer à un pays devenu un des plus mauvais élèves de l’Europe et qui ne peut survivre que par l’impôt.

C’est pourquoi Merz veut mettre fin au SCAF (Système de Combat Aérien du Futur), projet historique de 100 milliards d’euros, regroupant la France, l’Allemagne et l’Espagne, destiné à fabriquer l’avion de combat de la prochaine génération, associé à des drones de combat, des capteurs, de la furtivité et du cloud tactique.

L’Italie, de son côté, développe également un projet ambitieux d’avion nouvelle génération, le GCAP (Global Combat Air Programme), avec le Royaume-Uni et le Japon. Meloni et Merz en ont parlé car l’Italie aimerait beaucoup recruter l’Allemagne aux ressources financières conséquentes.

La messe n’est pas dite mais ce serait l’échec ultime de deux quinquennats pendant lesquels la France a préparé son affaiblissement à un niveau inédit.

Marie face à la déchristianisation en Europe

Aymeric Pourbaix reçoit :

  • 𝐏𝐞̀𝐫𝐞 𝐌𝐚𝐭𝐡𝐢𝐞𝐮 𝐑𝐄𝐘, directeur Radio Maria en France
  • I𝐧𝐭𝐢 𝐏𝐀𝐎𝐋𝐔𝐂𝐂𝐈, président de Radio Maria en Angleterre
  • 𝐕𝐢𝐭𝐭𝐨𝐫𝐢𝐨 𝐕𝐈𝐂𝐂𝐀𝐑𝐃𝐈, président de Radio Maria Monde

Découvrir les Pères de l’Eglise

Marie-Anne Vannier, professeur de théologie à l’Université de Lorraine, membre de l’Institut Universitaire de France, rédactrice en chef de Connaissance des Pères de l’Église, a dirigé la publication d’un nouveau manuel de patristique, Découvrir les Pères de l’Eglise. En faisant appel aux spécialistes reconnus des différents Pères, ce nouveau Manuel de Patristique allie rigueur scientifique, en prenant en compte les recherches les plus récentes, et en montrant, en même temps, que les Pères de l’Église sont nos Pères dans la foi et nos frères dans la vie de l’Esprit. C’est une bonne entrée en matière pour s’intéresser aux Pères. Exemple avec saint Léon le Grand (400 ? 461), rappelant la primauté de Pierre :

De même que nous sommes satisfaits de la paix qui règne dans les églises, de même nous ne sommes pas peu attristés chaque fois que nous apprenons que quelque chose a été pris pour acquis ou fait contre les ordonnances des canons et la discipline de l’Eglise : et si nous ne réprimons pas ces choses avec la vigilance qui nous est due, nous ne pouvons nous excuser auprès de Celui qui nous a destinés à être des sentinelles, d’avoir permis que le corps pur de l’Eglise, que nous devons garder pur de toute tache, soit souillé par le contact de malfaiteurs, car la structure des membres perd son harmonie par une telle dissimulation.

Une statue de sainte Bernadette Soubirous sur le parking du magasin U, à Châteauroux

Amusant :

Ce dimanche 8 mars, à leur réveil, les riverains du supermarché de l’avenue des Marins en centre-ville de Châteauroux ont découvert une grande statue religieuse sur le parking.

La Vierge est-elle apparue avenue des Marins à Châteauroux ? En tout cas, une statue d’une personnalité religieuse catholique, une sainte sans doute, représentée pieds nus, voilée et avec un chapelet entre les mains. Elle présente les attributs traditionnellement associés à Bernadette Soubirous (à qui, selon la tradition chrétienne, la Vierge serait apparue à 18 reprises en 1858 alors qu’elle n’était qu’une jeune adolescente).

La sculpture d’environ un mètre de haut a été découverte au petit matin, sur le parking du magasin U, en centre-ville de Châteauroux. Une enquête de police est en cours pour déterminer à qui elle appartient et comment elle s’est retrouvée là. Pour l’instant, aucun vol de statue n’a été signalé.

Neuvaine à Saint Joseph

L’abbé Billot (IBP) nous demande de publier l’annonce suivante:

Neuvaine à saint Joseph du 9 au 18 mars pour préparer sa fête du 19 mars.
Chaque jour :  une méditation sur la vie de Saint Joseph, une prière  et un conseil pratique pour résoudre les problèmes de la vie quotidienne avec lui.
Inscription :  [email protected]

Des objets de culte volés dans l’église de Brassac

Des calices, des ostensoirs ont été volés dans l’église de Brassac (81).

Le curé de la paroisse en appelle à la conscience du voleur.

8 mars – Les féministes parlent des femmes… mais qui les défend vraiment ?

De l’ECLJ :

Le 8 mars marque la Journée internationale des droits des femmes. Alors que les « féministes » autoproclamées parlent souvent « des femmes » de manière abstraite, l’ECLJ défend les femmes réelles : celles qui refusent d’être exploitées, celles qui veulent protéger leurs enfants, ou encore celles qui veulent pouvoir devenir mères librement.

En particulier, nous nous battons pour les droits des femmes :

  • À ne pas être exploitées par la prostitution.
  • À ne pas subir les effets d’une société pornifiée qui réifie la femme et banalise la violence sexuelle. Nous avons récemment été auditionnés par la Commission des pétitions du Parlement européen : cette audition sur les défis et solutions en matière de protection des mineurs en ligne nous a permis d’attirer l’attention des députés européens sur les conséquences à grande échelle de la consommation de pornographie.
  • À ne pas être contraintes d’avorter, sous la pression d’un conjoint, d’un médecin, ou d’un environnement social hostile à la maternité.

Souvent, au contraire, celles qui prétendent parler au nom des femmes :

  • Banalisent la prostitution en en parlant comme d’un travail normal sous le vocable de « travail du sexe » ;
  • Appréhendent la pornographie, au moins dans ses formes les moins violentes, comme une sorte d’expression de la liberté sexuelle ;
  • Promeuvent une vision présentant l’avortement comme un choix libre et émancipateur.

Nous l’avons récemment constaté en découvrant les propos particulièrement méprisants qu’a tenus Manon Aubry, députée européenne, à l’égard des femmes dont l’expérience de l’avortement ne leur permet pas de partager cette vision et à l’égard de ceux qui défendent la dignité de celles-ci.

Loin de nous décourager, ce mépris nous conforte dans l’idée qu’il est nécessaire de montrer la vérité de ce qu’est l’avortement, au contraire d’une vision idéologique et biaisée.

Exemple concret de l’action de l’ECLJ pour les droits des femmes, nous avons récemment eu l’honneur de soumettre à Mme Reem Alsalem, Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la violence à l’égard des femmes et des filles, une contribution écrite destinée à étayer son futur rapport qui portera sur « la violence à l’égard des mères ». Nous lui avons demandé de dénoncer la réalité des femmes enceintes victimes de pressions diverses pour avorter. Il s’agit d’une véritable violence à l’égard des mères, puisqu’elle intervient au cœur de la maternité sur la décision de donner naissance ou non, et a pour effet de mettre fin à la grossesse, c’est-à-dire de supprimer l’enfant à naître.

Dans ce document, nous analysons cette forme de violence en faisant la lumière sur ces pressions subies par de nombreuses femmes enceintes, en particulier les plus pauvres et isolées : elles sont souvent de nature économique ou sociale, mais aussi médicale ou encore émanant du conjoint. Bien que répandue, cette violence est pourtant largement invisibilisée par la rhétorique «féministe» faisant de l’avortement un choix banal relevant d’un «droit à disposer de son corps», ce qui conduit à évacuer la question de ses causes réelles. Notre contribution, que vous pouvez lire ici, demande que cette triste réalité soit reconnue comme une atteinte aux droits fondamentaux des femmes. Le «droit de ne pas être contrainte d’avorter» devrait être le premier de leurs droits en matière de sexualité et de procréation : c’est le message que nous ferons passer lors de la consultation organisée prochainement en complément par la Rapporteuse spéciale Reem Alsalem.

L’ECLJ continuera à défendre les femmes, leur dignité et leur liberté, y compris lorsque cela va à contre-courant des idéologies dominantes.

Un morceau de la tunique de Saint Vincent-de-Paul volé dans l’église du 10e arrondissement

Samedi soir, vers 19 heures, l’un des agents d’entretien de l’église Saint-Vincent-de-Paul, située dans le 10e arrondissement de Paris, a alerté les services de police après s’être aperçu de la disparition d’un médaillon en métal précieux du 17e siècle contenant la relique de Saint Vincent-de-Paul.

Celle-ci, un morceau du tissu de la tunique du saint, se trouvait exposée sur un écrin disposé dans un coffre en verre à la vue du public. Le vol aurait été commis pendant les heures d’ouverture de l’église, entre 8 heures et 18 heures.

Le responsable de l’édifice a déposé plainte. Une enquête a été ouverte dans la foulée du chef de «vol d’un objet mobilier classé ou inscrit».

Euthanasie : Ils ont voté la mort

Eglise universelle : Méditations du Carême

A l’occasion de ce début de carême, le père Jean-François Thomas, jésuite, nous présente l’ouvrage qu’il vient de publier aux éditions Via Romana afin d’aider chacun de ses lecteurs à faire un bon Carême : Méditations du Carême. Un précieux travail à l’école de l’Eglise, à la fois Mère et Maîtresse, douce mais exigeante.

Eglise en France : Légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté

Le 24 février, l’Assemblée nationale a voté la proposition de loi la plus permissive au monde légalisant l’euthanasie et le suicide assisté. Roch Mautin, coordinateur général de la Marche Pour la Vie, présente le contenu de cette proposition, le déroulement des débats ainsi que la répartition des votes des divers groupes politiques.

Eglise en Marche : Congrés du Bien commun le 14 mars

Le 14 mars aura lieu à l’espace Athènes, à Paris, le congrès du Bien commun, organisé par Academia Christiana, dont le thème sera “Le monde qui vient : enjeux, périls et motifs d’espérance”. Laurent Godet nous présente l’esprit, les objectifs et le programme de cet événement.

Pour une « réforme de la réforme » qui rétablisse la paix liturgique

C’est l’appel du cardinal Brandmüller :

Pour l’amour de Dieu : « Bas les armes ! » du cardinal Brandmüller

Ce n’est pas à la constitution conciliaire Sacrosanctum concilium de Vatican II mais bien à la mise en œuvre de la réforme liturgique après le Concile que l’on doit la fracture qui s’est propagée dans de nombreux endroits du monde catholique. Il s’en est suivi un conflit malsain opposant « progressistes » et « rétrogrades ». Faut-il s’en étonner ? Pas le moins du monde. Cela ne fait que démontrer à quel point la liturgie occupe une place centrale dans la vie des fidèles.

Du reste, le soi-disant « conflit liturgique » n’est pas un phénomène qui est apparu avec Vatican II, ni même propre au catholicisme. Quand, dans la Russie orthodoxe de 1667, le patriarche Nikon et le tsar Alexis Ier introduisirent une réforme liturgique, plusieurs communautés ont fait sécession, certaines allant même jusqu’à rejeter le sacerdoce, créant des scissions qui perdurent jusqu’à nos jours.

À l’époque des Lumières, des controverses enflammées ont également déchiré l’Occident catholique et protestant à propos de l’introduction de nouveaux hymnaires. Dans la France catholique, la substitution de l’ancienne liturgie gallicane par le nouveau Missale romanum à la moitié du XIXe siècle a suscité une levée de boucliers féroce.

Bref, il ne s’agissait pas de dogme ni de vérité révélée, comme ce fut le cas pour Arius et Luther. Ces questions faisaient plutôt l’objet de débats dans les milieux intellectuels.

Ce qui touche en revanche la vie de foi quotidienne, ce sont les rites, les usages, les formes concrètes de piété quotidienne. Et c’est là que le conflit s’est enflammé, parfois même sur des détails secondaires, comme la variation des paroles d’une hymne ou d’une prière. La controverse se fait d’autant plus acharnée que le motif de la dispute paraît absurde.

Devant un tel champ de mine, il est impossible de déployer un bulldozer. Dans la plupart des cas, ce n’est pas la doctrine de la foi qui est remise en question mais bien le sentiment religieux, les formules de dévotion, les habitudes. Et les conséquences sont bien plus profondes qu’une formule théologique abstraite, parce que cela impacte l’expérience de vie.

De la même manière, il est tout aussi erroné d’invoquer des slogans tels que « sous les soutanes, un millénaire de relents de moisi » pour exiger la démolition et la rupture avec la tradition, puisque ce serait méconnaître non seulement le propre du christianisme mais également celui de la tradition humaine transmise en héritage. Cela vaut en général pour toute tentative de réforme, d’autant plus quand elle a trait à la pratique religieuse quotidienne, comme la réorganisation des paroisses, par exemple, qui touche directement la vie des fidèles.

Et pourtant, de manière surprenante, on n’a pas assisté à une pareille méfiance ni un tel rejet de la nouveauté quand Pie XII a réformé la Vigile pascale en 1951 et ensuite toute la liturgie de la Semaine Sainte en 1955. J’ai moi-même vécu cela personnellement quand j’étais séminariste et jeune prêtre. Et à part quelques réactions perplexes dans certaines paroisses de campagne, partout où ces réformes ont été mises en œuvre fidèlement, elles ont rencontré une attente joyeuse, pour ne pas dire un certain enthousiasme.

Et pourtant, aujourd’hui, avec le recul, on pourrait se demander pourquoi les réformes de Paul VI ont en revanche provoqué certaines réactions trop bien connues. Dans le premier cas, l’Église a connu un nouvel élan liturgique, et dans le second beaucoup y ont vu une rupture liturgique avec la tradition.

Après le pontificat de Pie XII, dans de nombreux milieux d’Église, l’élection de Jean XXIII a été perçue comme une libération du carcan magistériel. La porte s’ouvrait même au dialogue avec le marxisme, la philosophie existentialiste, l’école de Francfort, Kant et Hegel – et avec eux une manière radicalement différente de concevoir la théologie. L’heure de l’individualisme théologique et des adieux à tout ce que l’on qualifiait alors de « passéiste » avait sonné.

Les conséquences pour la liturgie ont été graves. Arbitraire, prolifération et individualisme débridé aboutirent à de nombreux endroits au remplacement de la messe par des compositions personnelles, souvent compilées dans des cahiers à spirale préparés par les célébrants. Avec comme résultat un chaos liturgique et un exode de l’Église sans précédent qui se poursuit aujourd’hui encore malgré les réformes de Paul VI.

En réponse, on a assisté à la naissance de groupes et des milieux bien décidés à opposer au désordre une fidélité inébranlable au Missale romanum de Pie XII. Plus l’arbitraire et le désordre régnait d’un côté, plus on s’arc-boutait de l’autre en refusant de tout nouveau développement, malgré l’expérience positive des réformes de Pie XII. C’est ainsi que même la réforme du missel de Paul VI – qui n’était pas exemple de défauts – s’est heurtée à bien des critiques et des résistances. Et même quand ces objections étaient motivées, elles n’étaient pas pour autant justifiées. Le Novus ordo avait été promulgué par le pape : en dépit des critiques légitimes, il devait être accueilli dans l’obéissance.

Et pourtant, que s’est-il passé ? Pour certains les réformes n’étaient pas suffisantes : ils ont continué à dire la messe avec leurs cahiers à spirale, fruit de leur créativité personnelle. D’autres, en revanche, ont opposé la fidélité à la « Messe de toujours », en oubliant – ou en ignorant – que le rite de la Sainte Messe s’est déployé et transformé au cours des siècles, en prenant des formes différentes tant en Orient qu’en Occident, en fonction des contextes culturels respectifs. En vérité, la seule « Messe de toujours » se réduit aux paroles de la consécration, qui sont par ailleurs rapportées avec des formulations différentes dans les Évangiles et chez saint Paul. La voilà, la seule, l’unique « Messe de toujours ». Et partout où l’on n’a pas voulu en prendre conscience, des bastions se sont érigés et la lutte s’est poursuivie jusqu’à nos jours.

On ne doit pas oublier que la liturgie authentique, célébrée consciencieusement au nom de l’Église reste en de nombreux endroits une réalité pacifique et quotidienne. Une question demeure donc : comment un conflit à ce point virulent a‑t-il pu se développer ? Un regard sur l’histoire nous révèle quelque chose.

Les batailles menées après le Concile de Trente ne concernaient pas la nature de la Sainte Eucharistie. Le nouveau Missale romanum de Pie V fut introduit graduellement dans les différents pays, et en dernier lieu dans la France de la fin du XIXe siècle, sans causer de conflits, pendant que d’antiques rites locaux, tels que le rite ambrosien à Milan, ou ceux propres aux ordres religieux, se poursuivait sans difficulté.

Ce n’est qu’au début du XXe siècle, dans le contexte du modernisme, que la controverse sur le sacrifice de la messe a refait surface, quoique ne portant pas tant sur le rituel que sur l’essence du sacrifice lui-même. Le déclenchement de la première guerre mondiale, avec ses conséquences tragiques pour l’Europe, a empêché une solution adéquate, laissant cette question irrésolue couver sur la cendre. Et dans les années suivantes, le mouvement liturgique, important dans l’après-guerre, a lui aussi davantage porté – à de rares exceptions près – non pas sur l’essence mais plutôt sur l’exécution de la liturgie, en particulier du sacrifice de la Messe par les communautés des fidèles. L’ascension des dictatures communistes, fascistes et nazies débouchant sur la deuxième guerre mondiale et ses conséquences, ont encore une fois empêché une solution définitive.

Ce fut Pie XII, au beau milieu des problèmes de l’après-guerre et bien conscient des questions irrésolues relatives au saint sacrifice de la messe, qui reprit le sujet dans son encyclique Mediator Dei de 1947 pour réaffirmer et éclaircir le dogme du Concile de Trente et enfin fournir des indications pour une célébration liturgique digne.

Et pourtant, cela n’a pas suffi à apaiser les controverses, bien au contraire : elles reprirent de plus belle, pas tant sur le rite que de nouveau sur la nature du sacrifice eucharistique. L’insistance excessive – allant jusqu’à une véritable absolutisation – sur le caractère convivial de la Sainte Messe a mené, et mène encore, à de graves abus liturgiques, allant parfois jusqu’au blasphème. Des abus issus de malentendus fondamentaux sur le mystère de l’Eucharistie.

À cela s’ajoute que c’est presque toujours au prêtre individuel qu’il revient de décider si Sainte Messe sera célébrée fidèlement au Novus Ordo ou si l’on donnera libre cours aux idées subjectives du célébrant. Les cas où les autorités épiscopales sont intervenues contre les abus ont été plutôt rares. On n’a pas encore suffisamment compris que cette dissolution de l’unité liturgique est causée par l’incertitude voire la perte de la foi authentique et constitue une menace pour l’unité même de la foi.

Il est donc nécessaire – si l’on veut éviter ou guérir des fractures fatales de l’unité ecclésiale – de parvenir à une paix, ou à tout le moins à une trêve, sur le front liturgique. C’est pourquoi cela vaut la peine de reprendre le titre du célèbre roman pacifiste de Bertha von Suttner, publié depuis 1889, réédité à 37 reprises et traduit en 15 langues : « Die Waffen nieder ! » : bas les armes !

Cela signifie qu’il faut avant tout désarmer le langage quand on parle de liturgie. Dans le même temps, il serait opportun d’éviter toute forme d’accusation réciproque. Aucune des deux parties ne devrait mettre en doute le sérieux des intentions de l’autre. Pour le dire plus simplement : il convient de faire preuve de tolérance et d’éviter la polémique. Les deux parties devraient garantir une liturgie respectant scrupuleusement leurs normes respectives. L’expérience montre qu’un tel avertissement vaut non seulement pour les novateurs mais également pour les partisans de l’ « Ancienne messe ».

Les uns comme les autres devraient étudier avec impartialité le chapitre II de la constitution conciliaire Sacrosanctum concilium pour porter un regard critique sur les développements ultérieurs. Il apparaîtra alors de manière évidente à quel point la pratique postconciliaire s’est éloignée de cette constitution à laquelle, il ne faut pas l’oublier, l’archevêque Marcel Lefebvre lui-même avait adhéré.

Ce n’est que comme cela, dans le silence et en faisant preuve de beaucoup de patience, que l’on pourra travailler à une réforme de la réforme, en mesure de correspondre réellement aux dispositions de Sacrosanctum concilium. Viendra alors le moment où une réforme susceptible d’honorer les exigences légitimes de l’une et l’autre partie pourra être présentée.

Mais en attendant ce jour, encore une fois, pour l’amour de Dieu : « Bas les armes ! »

Troisième dimanche de Carême : “Qui n’est pas pour moi est contre moi”

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
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Jésus, fils de la Vierge Marie (Évangile), est le modèle par excellence de la pureté virginale. L’Évangile le montre luttant d’une façon spéciale contre l’esprit impur. Le démon qu’il chassa en effet par le doigt de Dieu, c’est-à-dire par l’Esprit Saint, du possédé muet était « un démon impur », dit saint Matthieu. Et l’Église chasse des âmes des baptisés le même esprit immonde. L’on sait en effet que le Carême était un temps de préparation au baptême et dans ce sacrement le prêtre souffle par trois fois sur celui qu’il baptise en disant : « Sors de cet enfant, esprit impur, et fais place à l’Esprit Saint ».

« Nul fornicateur ou impudique, dit saint Paul dans l’Épître de ce jour, n’a héritage dans le royaume du Christ et de Dieu. Que la fornication et toute impureté ne soit donc même pas nommée parmi vous ». C’est spécialement  en ce temps de lutte contre Satan que nous devons imiter Jésus.

Introït Oculi

Nous allons retrouver dans l’Introït du troisième dimanche de Carême le psaume 24 qui était déjà celui de l’Introït (ainsi que celui du Graduel) du deuxième dimanche. C’était alors une prière très humble dans laquelle le pécheur prosterné devant Dieu osait à peine lever la tête. Aujourd’hui il s’enhardit en levant les yeux vers le ciel, image que nous retrouverons dans le Trait tiré d’un autre psaume.

Le premier mot de cet Introït Oculi (les yeux) a donné son nom à ce dimanche. On se souvient que, jusqu’à une date récente, les dimanches de Carême étaient indiqués dans tous les calendriers par le premier mot de leur Introït : Reminiscere pour dimanche dernier, Oculpour aujourd’hui et Lætare pour dimanche prochain.

Oculi mei semper ad Dominum, quia ipse evellet de laqueo pedes meos. Respice in me, et miserere mei, quoniam unicus et pauper sum ego.
Mes yeux sont toujours tournés vers le Seigneur, car c’est Lui qui arrachera mes pieds du filet. Jetez les yeux sur moi et ayez pitié de moi, car je suis seul et malheureux.

Unicus et pauper sum : Je suis seul et malheureux, cela veut dire que je ne peux compter ni sur mes relations ni sur mes richesses pour me sauver, mais seulement sur Dieu. Ce texte comprend donc deux parties ; la première est un grand élan de l’âme vers le haut, les yeux levés vers le Seigneur, qui peut seul nous arracher au filet que nous tend l’infernal tentateur. La mélodie exprime cet élan par deux montées assez vives vers l’aigu. La deuxième partie au contraire est une prière qui demande au Seigneur d’abaisser son regard vers nous dans notre humble état de pécheurs ; la mélodie se tient alors modestement dans le grave en une douce supplication.

Cet Introït est accompagné par le premier verset du psaume 24 comme celui du dimanche précédent :

Ad te Domine levavi animam meam : Deus meus, in te confido, non erubescam.
Vers vous Seigneur j’élève mon âme, mon Dieu je mets en vous ma confiance, je n’aurai pas à en rougir.

Graduel : Exsurge Domine

Le texte du Graduel du troisième dimanche de Carême est tiré du psaume 9, que nous avons déjà rencontré il y a quelques semaines, dans le grand Graduel Adjutor de la Septuagésime. C’est un chant de louange et d’action de grâce au Seigneur, défenseur et protecteur des pauvres et des opprimés. La première phrase du Graduel de ce dimanche reprend d’ailleurs la dernière phrase de celui de la Septuagésime. Ce verset est pris à la fin du psaume, alors qu’on trouve au contraire dans la deuxième partie un verset du début :

Exsurge Domine, non prævaleat homo : judicentur gentes in conspectu tuo. In convertendo inimicum meum retrorsum, infirmabuntur, et peribunt a facie tua.
Levez-vous, Seigneur, que l’homme ne l’emporte pas, que les nations païennes soient jugées en votre présence. Vous faites retourner mon ennemi en arrière ; ils seront affaiblis et périront devant votre face.

Nous avons déjà signalé que l’homme, ici, désigne la créature qui s’oppose à son Créateur et refuse d’accomplir sa volonté. Mais en ce temps de Carême ce texte désigne aussi l’ennemi infernal et tous ses auxiliaires, contre lesquels nous avons à lutter ; nous annonçons ainsi la victoire que nous remporterons sur eux à Pâques si nous sommes fidèles.

La mélodie ressemble à celle du Graduel Adjutor de la Septuagésime, mais elle ressemble surtout à celle du Graduel de la Quinquagésime, il y a trois semaines. On retrouve tout à fait les mêmes formules amples et mouvementées avec de grandes vocalises et de longues tenues dans une ambiance de ferveur ardente et mystique.

Trait Ad te levavi

Le texte du Trait du troisième dimanche de Carême est constitué par la plus grande partie du psaume 122, petit psaume assez court ; il ne manque ici que le dernier de ses cinq versets. Ce psaume ressemble au psaume 24 d’où était tiré le chant de l’Introït de cette messe ; d’abord il commence par les mêmes mots Ad te levavi, de plus il développe le thème des yeux levés par lequel débutait l’Introït :

Ad te levavi oculos meos, qui habitas in cælis. Ecce sicut oculi servorum in manibus dominorum suorum : Et sicut oculi ancillæ in manibus dominæ suæ : Ita oculi nostri ad Dominum Deum nostrum, donec misereatur nostri. Miserere nobis domine, miserere nobis.
Vers Vous je lève les yeux, Vous qui habitez aux Cieux. Comme les yeux des serviteurs sont fixés sur les mains de leurs maîtres et les yeux de la servante sur les mains de sa maîtresse, ainsi nos yeux sont tournés vers le Seigneur Notre Dieu jusqu’à ce qu’Il ait pitié de nous.

On voit qu’au thème des yeux levés s’ajoute la belle image des serviteurs fixant les mains de leurs maîtres. Ainsi devons-nous être les serviteurs de Dieu attentifs à accomplir Sa volonté.

La mélodie, comme celle de tous les Traits, est une psalmodie ornée faite de formules que nous avons déjà rencontrées, assez voisines en particulier de celle du Trait Jubilate de la Quinquagésime. Cependant le premier verset a une mélodie assez originale, où l’on note la grande vocalise qui se tient dans les hauteurs avec de longues tenues sur le mot cælis : les cieux.

Offertoire  Justitiæ

Comme celui du deuxième dimanche, l’Offertoire du troisième dimanche de Carême est une méditation aimante et contemplative sur la loi divine et le bonheur qu’il y a à l’observer :

Justitiæ Domini rectæ, lætificantes corda, et dulciora super mel et favum, nam et servus tuus custodiet ea.
Les préceptes du Seigneur sont justes, ils réjouissent les cœurs et sont plus doux qu’un rayon de miel ; aussi votre serviteur les observe-t-il.

Les mots dulciora et ea qui sont au neutre se rapportent au substantif judicia qui figure dans le psaume, mais qui n’est pas repris dans le texte de l’Offertoire. Il est d’ailleurs à peu près synonyme du premier mot de ce texte justitiæ. On notera aussi à la fin, le passage de la troisième à la deuxième personne que l’on rencontre souvent dans les psaumes.
Ce texte aurait pu être emprunté au psaume 118, la longue méditation sur la volonté de Dieu et ses commandements que l’on rencontre souvent au cours de l’année liturgique et d’où était tiré l’Offertoire de dimanche dernier. En fait, celui-ci est pris dans un autre psaume, le psaume 18, dont la deuxième partie résume au contraire les mêmes thèmes en quelques versets très condensés. La mélodie est très calme, paisible et assurée, tournant toujours autour de la même note sur laquelle elle pose notes longues et cadences. Cependant la conclusion est surprenante : au lieu de se terminer sur cette même note, la mélodie descend un demi-ton plus bas, restant en suspens comme un long regard qui ne veut pas finir.

Communion : Passer

Le texte de la Communion du troisième dimanche de Carême est tiré du psaume 83, prière d’un exilé qui aspire à retrouver la ville sainte de Jérusalem et les cérémonies du temple, et exprime avec de belles images le bonheur qu’il avait à s’y trouver, comme le petit oiseau dans son nid :

Passer invenit sibi domum, et turtur nidum ubi reponat pullos suos. Altaria tua, Domine virtutum, Rex meus et Deus meus ! Beati qui habitant in domo tua, in sæculum sæculi laudabunt te
Le passereau trouve pour lui une demeure et la tourterelle un nid pour déposer ses petits. Vos autels, Seigneur des armées, mon roi et mon Dieu ! Heureux ceux qui habitent dans votre maison, ils vous loueront pour les siècles des siècles.

L’expression Domine virtutum, Seigneur des armées, est analogue à Deus Sabaoth que nous chantons au Sanctus, tiré de la vision d’Isaïe. Il s’agit des armées célestes, les chœurs des anges, qui évoquent ici les Chérubins et les Séraphins représentés au-dessus de l’arche d’Alliance, siège de la présence symbolique de Dieu dans son temple. Jérusalem et le temple, c’est évidemment la figure de l’Église dont nous commençons à entrevoir la naissance au fur et à mesure que notre Carême s’avance. Ce sera le thème de toute la messe du quatrième dimanche, le dimanche de Lætare. C’est aussi la figure du Ciel où nous louerons le Seigneur éternellement.

La mélodie de cette Communion est très originale. D’abord elle est d’une longueur exceptionnelle pour une antienne de Communion. Ensuite elle est d’une grande variété, avec de nombreuses modulations. La première phrase est quelque peu imitative ; on peut y entendre le battement d’ailes des passereaux ou le roucoulement de la tourterelle. La deuxième phrase commence par un grand élan sur l’exclamation altaria tua (vos autels) puis elle redescend dans une effusion pleine de tendresse sur les mots Rex meus et Deus meus que l’on avait déjà trouvés dans la Communion de dimanche dernier avec une expression analogue, bien que dans un contexte assez différent. Enfin la dernière phrase est marquée par un grand crescendo qui monte toute l’octave, avant l’apaisement final exprimant la louange éternelle.

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