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83 attaques contre les chrétiens en Israël entre avril et juin

Le Religious Freedom Data Center (RFDC) a publié, au début du mois, son rapport trimestriel, dans lequel il recense les agressions commises à l’encontre des chrétiens en Israël d’avril à juin 2026.

Quatre-vingt-trois actes de harcèlement ont été recensés, principalement à Jérusalem. Crachats, agressions, menaces, insultes, vandalisme… sont le quotidien des chrétiens de Jérusalem. Ces actes ont d’ailleurs souvent lieu en pleine journée et sont régulièrement commis par des enfants encouragés par leurs parents.

Source : SOS Chrétiens d’Orient

Arménie : Le projet de la route Trump avance

Début juin, le secrétaire d’État américain Marco Rubio et le ministre arménien des Affaires étrangères Ararat Mirzoyan signaient un accord en vue de la mise en place de la « Route Trump pour la paix et la prospérité internationales » (TRIPP), qui permettra à l’Azerbaïdjan de rejoindre son enclave du Nakhitchevan. Le gouvernement américain détiendra presque les trois-quarts de la société de gestion de la route et aura « les droits exclusifs d’occupation du sol, les droits de développement, les autorisations connexes et tous les autres droits » liés à la construction de cet axe.

Selon l’aveu même du ministère de la justice arménien, certaines de ces dispositions ne sont pas conformes au droit arménien, tant sur le plan fiscal que sur le plan du contrôle des voyageurs, qui ne sera pas effectué par des fonctionnaires arméniens, à la demande du président azerbaïdjanais Ilam Aliyev.

Source : SOS Chrétiens d’Orient

Liban : Bientôt des « zones pilotes » ?

Du 14 au 16 juillet, le Liban et Israël ont poursuivi, à Rome, leurs négociations au sujet de la création de « zones pilotes », qui permettraient à l’armée libanaise de reprendre le contrôle de certaines zones du territoire libanais jusqu’alors sous contrôle israélien. Selon l’ambassade américaine au Liban, ces négociations auraient été « positives ».

Pour autant, à ce jour, ces fameuses « zones pilotes » n’ont pas été mises en place et l’armée israélienne est toujours présente au Liban. De nouvelles opérations de destructions systématiques sont d’ailleurs en cours et plusieurs raids ont encore eu lieu la nuit dernière. Israël réaffirme régulièrement sa volonté de rester au Liban.

Source : SOS Chrétiens d’Orient

Quelle orientation les autorités romaines veulent-elles donner aux catholiques pour aller ainsi de l’avant ?

De Côme de Prévigny sur Renaissance catholique :

Le 16 juin dernier, le pape Léon XIV s’est exprimé à la sortie de sa résidence de Castel Gandolfo à propos de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX). Celle-ci s’apprêtait alors à consacrer quatre évêques sans mandat pontifical et le pape affirmait que cette décision l’affectait, tout en concluant vouloir avancer. « S’ils font ce choix, disait-il, cela me désole, mais nous devons aller de l’avant ».

Immédiatement, une question surgit : Quelle orientation les autorités romaines veulent-elles donner aux catholiques pour aller ainsi de l’avant ? Vers quelle destinée doit avancer l’Église si ce n’est vers le Ciel ? Vers quelles avancées doivent travailler les hommes d’Église si ce n’est la sanctification des fidèles ? La FSSPX ne chercherait-elle pas les mêmes buts ?

Souvent il n’est pas inutile d’interroger ses interlocuteurs à propos de leurs projections sur l’avenir pour connaître leurs perspectives, leurs réels espoirs et leurs souhaits plus ou moins cachés. À son enfant, on demande ce qu’il veut faire plus tard ; à un candidat à l’embauche, on le questionne pour savoir où il s’imagine exercer dans dix ans ; à un potentiel président, on le sonde pour savoir comment il voit son pays à la fin de son mandat. Cette manière de faire permet de comprendre la véritable motivation qui anime nos contemporains.

Dans la crise qui ébranle l’Église et qui a vu les supérieurs de la FSSPX s’opposer aux plus hautes autorités de l’Église, on est tenté de recourir à ce dispositif pour essayer de résoudre le conflit, dissiper les malentendus, s’affranchir des mauvaises intentions. À tous ceux qui sont attachés de près ou de loin au combat de Mgr Lefebvre et de la défense de la tradition catholique, à tous ceux qui, la main sur le cœur, proclament leur déférence envers le pontife romain et leur amour de la Sainte Église et de ses pasteurs, on pourrait demander comment ils voient les relations entre le Saint-Siège et la FSSPX dans cinquante ans, ou même dans cent ans. Sans aucun doute, beaucoup répondraient qu’ils espèrent que les tensions seront enfin apaisées, par l’institution par Rome d’une structure véritablement protectrice des œuvres traditionnelles. Ils rêveraient d’une structure canonique suffisamment protégée, permettant à l’univers traditionnel dans sa grande globalité d’observer la liturgie et le catéchisme comme ils l’a toujours fait, sans essuyer les tracasseries auxquelles le monde « ex-Ecclesia Dei » est soumis depuis quarante ans, sans avoir à subir ces retournements qui cachent une volonté non feinte de les voir disparaître. Cette pensée rejoint l’idéal nourri par Mgr Lefebvre qui voulait faire l’expérience de la Tradition, mais avec l’assurance de ne pas être trompé. Malgré les vicissitudes des temps, cette attitude ne mésestime pas les risques d’un isolement, ni ne cherche à s’affranchir de façon volontaire de toute la structure de l’Église institutionnelle par laquelle les canaux de la grâce continuent de couler ordinairement.

En posant cette question, on se rendrait probablement compte que bien peu se résignent à imaginer la FSSPX comme une structure résolument autonome dans la durée, attendant soit la Parousie, soit un ralliement de l’Église à tous les principes et pratiques observés par la Fraternité dans le moindre détail afin d’idéaliser une situation qui n’a jamais existé.

Parallèlement, lorsqu’on considère les espoirs que nourrissent aujourd’hui certains cardinaux et évêques en matière de foi et de mœurs, on reste songeur. Comment concilier leurs propositions avec deux mille ans de tradition tant elles s’y opposent catégoriquement ? Forcément, on se demande ce que pensent réellement les autorités romaines sur ces différents points, pourquoi elles ne réaffirment pas de façon solennelle la vérité pour couper court aux erreurs qui prolifèrent ?

Il y a trois ans, alors que le chemin synodal allemand s’achevait, le monde catholique tout entier gémit, stupéfait de se réveiller en pleine hétérodoxie et de découvrir ce que des évêques avaient pu voter de façon autonome. Ces derniers avaient adopté la création d’un conseil synodal permanent, l’ouverture de la prédication aux laïcs, l’accession des femmes aux ministères sacrés, le mariage religieux des personnes de même sexe, etc. Le Saint-Siège, qui doit fortifier ses frères dans la foi, a alors réagi. Il est compliqué de dire qu’il l’a fait fermement. Le cardinal Parolin, secrétaire d’État, a alors déclaré à Civiltà cattolica le 13 mars 2023 : « Le chemin synodal prend des décisions qui ne correspondent pas exactement à ce qu’est actuellement la doctrine de l’Église. » La formule est-elle une simple tournure diplomatique ? Pourquoi ne pas dire que ces décisions ne correspondent en rien à la doctrine de l’Église ? Que vient donc faire cet adverbe « exactement » ? Serait-ce un acte de charité que de laisser des chrétiens se nourrir de faux espoirs pour finalement les doucher à terme par une déclaration définitive de refus ? Ou bien est-il volontaire de leur laisser miroiter l’idée que les choses pourraient néanmoins changer un jour ? Car que vient faire l’adverbe « actuellement » dans la bouche du cardinal ? Doit-on penser que, dans un avenir plus ou moins proche, il en sera peut-être autrement de la doctrine de l’Église ?

Deux ans plus tard, Léon XIV, tout fraîchement élu, a abordé le sujet du changement de la doctrine alors qu’il parlait précisément de « la question LGBTQ+ », pour reprendre son terme. Le 30 juillet 2025, le pape s’adressait à la journaliste Elise Allen en ces termes :

« Les gens veulent que la doctrine de l’Église change ; ils veulent que les mentalités changent. Je pense que nous devons changer les mentalités avant même de penser à changer la position de l’Église sur une question donnée. Il me semble très peu probable, surtout dans un avenir proche, que la doctrine de l’Église change quant à son enseignement sur la sexualité et le mariage ».

Là aussi, la formule, diplomatique diront certains, a de quoi interloquer. Pourquoi dire que le changement en la matière est « peu probable » quand les pontifes passés auraient affirmé qu’il est impossible ? Pour quelle raison, peu charitable, laisse-t-on certains s’illusionner sur le fait qu’il existerait une petite possibilité que les choses changent tout de même, au moins dans un avenir plus lointain ? Et à quoi correspond donc cet appel à changer les mentalités, lequel permettrait, éventuellement, de modifier la doctrine avec le temps ?

Toutes ces questions posées expliquent l’état de confusion dans lequel se trouvent un grand nombre de catholiques alors que, pendant des siècles, les papes leur ont rappelé que, sur les sujets de fond, en matière de foi et de mœurs, la doctrine ne pouvait pas varier.

Faudrait-il donner quelque espoir à tous ceux qui s’opposent à la doctrine exposée par l’Église pendant deux mille ans pour leur faire croire que leurs assauts répétés auraient gain de cause, à force d’insistances ?

Alors, forcément, pour ne pas se laisser gagner par d’affreux doutes, on aimerait poser des questions aux autorités les plus hautes dans l’Église et leur demander, bien humblement : Est-ce que vous pensez que dans cinquante ans ou dans cent ans, les femmes pourront devenir prêtres ? Faut-il en effet déduire que Jean-Paul II se serait égaré en affirmant solennellement dans la lettre apostolique Ordinatio sacerdotalis « que l’Église n’a en aucune manière le pouvoir de conférer l’ordination sacerdotale à des femmes et que cette position doit être définitivement tenue par tous les fidèles de l’Église » ?

De même, pensez-vous que, dans un siècle, il soit possible que, en administrant le sacrement du mariage, les prêtres de l’Église catholique ne reçoivent pas forcément les consentements d’un homme et d’une femme ?

Ces questions seront sans doute jugées téméraires par ceux qu’elles gêneraient. Ceux qui pensent qu’exprimer un tel doute est déplacé se satisferont finalement de ce marasme doctrinal. Les réponses permettraient pourtant de comprendre vers quoi l’Église doit véritablement avancer. Elles auraient le mérite de distinguer une formule diplomatique d’une parole ambiguë, affranchissant d’ailleurs les autorités de volontés qui pourraient bien ne pas être les leurs. Au-delà de la seule question de la FSSPX, cela permettrait de résoudre les incompréhensions de bon nombre de catholiques perplexes qui, à travers le monde, écoutent avec inquiétude les discours des hommes d’Eglise et lèvent souvent les yeux vers le Ciel en demandant, toujours humblement : Quo vadis Domine ? Où allez-vous Seigneur ?

Côme de Prévigny

Un Prêt participatif pour offrir un avenir aux victimes de la prostitution

L’association Solenciel a lancé un prêt participatif rémunéré ouvert à tous pour offrir un avenir aux victimes de la prostitution. Déjà plus de 200K€ levés auprès de 44 prêteurs !

Chaque reconstruction est une victoire. Chaque emploi est une renaissance. Aujourd’hui, Solenciel ouvre un nouveau chapitre de son histoire pour permettre à des centaines de femmes de retrouver leur liberté, leur dignité et leur place dans la société.

En France, près de 50 000 personnes sont victimes de prostitution, parmi lesquelles 15 000 à 20 000 mineurs. Derrière ces chiffres se cachent des parcours marqués par les violences, l’exploitation et l’exclusion. Pourtant, une autre histoire est possible.

Depuis sa création en 2017 à Grenoble, l’Association Solenciel accompagne les personnes souhaitant sortir de la prostitution grâce à un modèle inédit associant accompagnement social, insertion professionnelle et reconstruction personnelle. En sept ans, 165 personnes ont déjà retrouvé le chemin d’une vie libre et autonome, grâce à un parcours d’accompagnement de deux ans construit autour d’une conviction forte : l’emploi est un levier essentiel de reconstruction.

Une méthode qui transforme les vies

Le parcours développé par l’Association Solenciel repose sur quatre étapes complémentaires :

  • retrouver confiance grâce à une écoute bienveillante et un accompagnement individualisé ;
  • se reconstruire grâce à un contrat de travail, des formations et un accompagnement vers le logement ;
  • bâtir un projet de vie durable ;
  • s’envoler vers une autonomie retrouvée avec un suivi personnalisé.

En devenant employeur, aux côtés d’entreprises partenaires engagées, Solenciel dépasse les freins traditionnels à l’insertion et offre aux bénéficiaires une véritable perspective d’avenir. L’association ne se contente pas d’accompagner : elle redonne les moyens de choisir sa vie.

Une urgence nationale

Aujourd’hui, plus de 200 personnes attendent de pouvoir intégrer le parcours Solenciel. Face à cette demande croissante, l’association poursuit son développement avec l’ouverture d’une nouvelle antenne à La Réunion en septembre 2026, avant une implantation à Bordeaux en 2027. Cette dynamique de croissance permettra d’accompagner davantage de personnes vers une reconstruction durable, partout où les besoins sont les plus importants.

Donner du sens à son épargne pour financer l’espoir

Pour soutenir ce déploiement, Solenciel lance un Prêt Participatif rémunéré, ouvert à tous. Cette campagne permet à chacun de devenir acteur d’un projet à fort impact social en finançant directement l’ouverture de nouvelles antennes et l’accompagnement de nouvelles bénéficiaires. Au-delà d’un investissement, il s’agit d’un engagement concret en faveur de la dignité humaine. Parce que derrière chaque euro investi se trouve une personne qui reprend confiance. Parce que derrière chaque emploi se construit une nouvelle liberté. Parce qu’un regard, une main tendue et une opportunité peuvent transformer un destin.

Souhaitez-vous donner du sens à votre épargne en prêtantà l’association Solenciel pour assurer la poursuite et l’accélération de son déploiement ?

Pour découvrir ce projet et y investir (prêter), il vous faut cliquer sur le lien ci-après qui vous dirigera sur la Page de Présentation officielle : https://www.credofunding.fr/fr/solenciel-pret

Vous pouvez contacter Edouard Vieilfault ([email protected]) pour toute demande de précision si nécessaire.

L’investissement comporte des risques de perte partielle ou totale du capital investi – Des frais sont dus par le porteur de projet et les investisseurs (18 € TTC).

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À propos de Solenciel

Fondée en 2017 par Rodolphe Baron, l’Association Solenciel accompagne les personnes victimes de prostitution dans leur reconstruction grâce à un parcours de 24 mois associant insertion sociale, emploi et formation. Présente à Grenoble, Lyon, Toulouse, Nantes et Paris, l’association ouvrira une sixième antenne à La Réunion en 2026 avant de poursuivre son développement à Bordeaux en 2027. Son ambition est de permettre à toujours plus de personnes de retrouver une vie libre, digne et autonome grâce au travail et à l’accompagnement humain.

Euthanasie : Voici les députés qui ont changé de vote entre le 30 juin et le 15 juillet

Il est recommandé de féliciter ceux qui ont pris la décision de voter contre. Quant aux autres, il sera utile de voter pour leur euthanasie électorale lors du prochain scrutin.

Euthanasie : le RN renonce déjà

D’habitude les partis attendent au moins le résultat des élections pour renoncer. Mais avec le RN, nous avons l’assurance de ne pas être déçu : il renonce avant même d’arriver au pouvoir. Cela a été le cas sur l’avortement, sur l’UE et l’euro. Et maintenant sur l’euthanasie.

Le Rassemblement national, dont les députés ont voté pourtant massivement contre la loi sur l’euthanasie, ne reviendra pas sur ce texte s’il arrivait au pouvoir. Le porte-parole du parti Laurent Jacobelli, député de Moselle, s’est empressé de déclarer ne pas vouloir

«revenir sur toutes les lois. Il faudra vérifier simplement qu’il n’y a pas d’abus. Parce que c’est ça le risque aujourd’hui».

Buter les personnes en fin de vie, ce n’est pas un abus ?

«Nous serons très vigilants à ce qu’il n’y ait pas d’excès, à ce que les plus fragiles, ceux qui sont le plus isolés, ceux qui sont les plus faibles, ne soient pas tentés de mourir tout simplement pour soulager, selon eux, leurs familles ou la société»

Sans abroger la loi ce sera difficile d’empêcher quoi que ce soit…

Création d’ un « Observatoire de la fin de vie »

Au lendemain du vote définitif de la loi légalisant le suicide assisté et l’euthanasie par l’Assemblée nationale, et face à un texte « flou »et « mal écrit », Laurent Frémont lance avec Emmanuel Hirsch un « Observatoire de la fin de vie » en France.

« Cette loi ne prévoit pas de contrôle dans son application »

Ce sera donc fait.

Et de son côté que peut faire l’Eglise ? Un prêtre suggère l’ouverture d’une maison pour les personnes au soir de leur vie sur terre, dans chaque diocèse !

Un prêtre en France a essayé il y a plus de 25 ans… on lui a coupé l’herbe sous les pieds.

IV L’affaire Epstein, une bombe à fragmentation

D’Antoine de Lacoste dans Politique magazine :

​Nous avons vu dans les précédents articles que, grâce à Les Wexner puis Leon Black, Jeffrey Epstein est devenu riche.Et cela avec seulement deux « clients », ce qui doit être assez rare dans la vaste histoire des escrocs. On peut estimer que les chiffres fournis par les différentes enquêtes journalistiques, celle de Society par exemple (malgré le côté très politiquement correct de leur prose), sont fiables : environ 200 millions de dollars soutirés tout au long des années 90 à Wexner et à peu près l’équivalent venant de Black pour les années 2000.

​Cet argent lui permit deux choses : s’ouvrir les portes d’un vaste réseau relationnel et acquérir jet privé et propriétés de luxe pour obliger tous ceux qu’il approchait et qui pouvaient lui être utiles. Tout n’était pas sexuel dans ce schéma, même si le pédophile était lui-même pathologiquement insatiable. Il fournissait des filles, mineures ou non, à qui voulait mais beaucoup n’étaient pas intéressés ou se méfiaient. Notre escroc savait très bien alors ne pas aller trop loin et approfondir une relation pour des affaires ou l’élargissement de son vaste cercle d’influence, sans passer par des prestations sexuelles.

​C’est par exemple le cas de sa longue et étrange proximité avec l’ancien premier ministre israélien Ehud Barak. Israël est décidément très présent dans le dossier Epstein.

​Barak, qui a 84 ans aujourd’hui, fut chef d’Etat-Major de l’armée israélienne (1991-1995), ministre des Affaires étrangères, Premier ministre (1999-2001), ministre de la Défense (2007-2013). Donc un homme au cœur du système. Il était travailliste et c’est Shimon Pérès qui aurait présenté Barak à Epstein. On ne peut employer que le conditionnel car la seule source du point de départ de la relation entre les deux hommes est celle de Barak lui-même.

​Shimon Pérès, il est intéressant de le noter, a occupé les mêmes fonctions que Barak : ministre de la défense, des Affaires étrangères et Premier ministre, c’est-à-dire les postes clés du système israélien. Il fut en plus Président de l’Etat d’Israël mais c’est une fonction honorifique sans véritable pouvoir. Une fin de carrière.

​C’est en 2003 que Pérès présenta Barak à Epstein. C’était à Washington, on ne sait pas exactement où, mais Barak a précisé que la présentation avait eu lieu en présence de nombreux « dignitaires américains ». Pérès connaissait bien Epstein par l’intermédiaire de Les Wexner, l’homme qui a fait le début de la fortune d’Epstein. Rien que de plus normal, Wexner a financé de nombreuses causes israéliennes et connaissait toute la classe politique de ce pays.

​Les documents qui ont été rendus publics (environ les deux-tiers), nous permettent d’apprendre que la fondation Wexner a versé 2,3 millions de dollars à Ehud Barak entre 2004 et 2006, soit un an après sa rencontre avec Epstein. Ce n’est pas une coïncidence et cela ne fait que confirmer que Wexner, Epstein, Pérès et Barak, pour ne citer qu’eux, travaillaient ensemble pour Israël.

​Barak a reconnu s’être rendu à de nombreuses repriseschez Epstein, sur son île privée des Caraïbes et surtout à New York, mais il y a un trou de plusieurs années dans leurs relations, ce que l’on n’explique pas encore. C’est à partir de2013 que l’on retrouve des relations suivies entre les deux hommes. Barak passe de longs séjours dans l’immense appartement new-yorkais du pédophile, sans rien remarquer d’anormal. Il était censé y rédiger ses mémoires, et parlait affaires avec Epstein. Les documents citent des échanges de messages entre les deux hommes où il est question de participation dans une société israélienne de fabrication de drones, de réflexions sur la vente d’une entreprise gazière américaine ou de la demande de Barak d’un renforcement de leurs liens d’affaires.

​Les documents publiés, ainsi que des déclarations de parlementaires américains, soulignent également qu’un agent du renseignement militaire israélien, Yoni Koren, a passé de longs séjours chez Epstein. Cet ancien chef de cabinet de Barak a continué à travailler à ses côtés après son départ de la vie politique tout en conservant ses liens avec le renseignement israélien. Il a parfois passé plusieurs semaines dans l’appartement d’Epstein. La présence d’autres agents israéliens, dont les noms ne sont pas cités, a été notée à de nombreuses reprises. Ils ont notamment supervisé les conditions d’accès à l’immeuble et installé des équipements de protection. Mais il ne faut pas dire qu’il y avait peut-être des liens entre Epstein et le renseignement israélien, ce serait du complotisme.

​Les relations d’affaires étaient cependant réelles, il ne s’agissait en aucun cas d’une couverture pour abriter d’uniques activités de renseignement. On ne sait d’ailleurs pas avec certitude si Epstein faisait du renseignement au profit du Mossad. Cela est établi pour Robert Maxwell, extrêmement probable pour sa fille Ghislaine et possible pour Epstein. La présence des services israéliens chez le pédophile peut s’expliquer par la personnalité d’Ehud Barak, homme important pour la sécurité israélienne. Ce n’est pas notre hypothèse privilégiée.

​Mais ce qui est étonnant dans la relation très étroite entre Barak et Epstein, c’est qu’elle se développe considérablement, on l’a vu, à compter de 2013. Or ce dernier a déjà été condamné en 2009 pour ses actes pédophiles. Trop légèrement certes (là aussi il y a eu d’évidentes interventions) et avec un régime d’incarcération très favorable puisque le condamné pouvait passer la journée chez lui et ne rentrer en prison que pour y dormir. Mais tout de même, il y a de quoi s’étonner car cette condamnation pouvait être connue de tous (Epstein avait toujours peur, à partir de 2009, qu’on le « googlelise » pour reprendre son expression).

​Ehud Barak était donc au courant, tout comme les services israéliens. Ils ont pris la décision de ne pas en tenir compte, ce qui n’était pas sans risque comme la suite l’a montrée. Epstein était incontestablement important dans le dispositif israélien, qu’il fût un agent actif ou passif.

​Indépendamment de ces interrogations légitimes, il ne fait cependant pas de doute que l’appât du gain était un moteur important pour Ehud Barak. Ces deux courriels lunaires en témoignent éloquemment. En 2013, Epstein écrit à Barak : « Avec l’agitation civile (sic) qui explose en Ukraine, Syrie, Somalie, Libye, et le désespoir de ceux au pouvoir, n’est-ce pas parfait pour toi ? ». La réponde de Barak est du même niveau navrant : « Tu as raison d’une certaine façon. Mais ce n’est pas simple de le transformer en flux de trésorerie ». A ce niveau de cynisme, on ne peut que s’incliner.

​Il n’y a pas que des Israéliens avec qui Epstein a noué des relations étroites. Un exemple intéressant est celui du Norvégien Terje Rod-Larsen. Il fut un diplomate important qui joua notamment un rôle dans la signature des Accords d’Oslo en 1993, seul traité qui représenta un espoir de paix dans le conflit israélo-palestinien et fut anéanti à la suite del’assassinat du premier ministre israélien Yitzhak Rabin par un extrémiste juif.

​Ehud Barak le connaissait bien et lui a présenté Epstein. Là encore, il est très mystérieux qu’un respectable diplomateaccepte de se faire rendre des services par un homme condamné pour pédophilie. C’est en effet en 2011, deux ans après sa douce incarcération, qu’Epstein a prêté son jet privé à Rod-Larsen et son épouse pour se rendre en vacances aux îles Bermudes. Et ce n’est pas tout : le think tank du Norvégien, appelé Institut International pour la Paix, reçut, de 2011 à 2017, 650 000 dollars de la part d’Epstein. En échange de quoi ?

​Pour une fois, une partie de la réponse est connue. Rod-Larsen connaissait bien Olivier Colom, un des conseillers diplomatiques de Nicolas Sarkozy. Or Colom, après avoir quitté son poste, se fit embaucher par la banque Edmond de Rothschild qui n’a rien à refuser au cercle des amis de Sarkozy.

​L’accès au monde des Rothschild va beaucoup intéresserEpstein qui va déployer une énergie considérable pour s’y faire une place.

​​​​​​A suivre

Appel du 18 juillet 2026 aux évêques de France

De l’union Lex Orandi :

Le 18 juillet 2021, le pape François publiait le motu proprio Traditionis Custodes. Cinq ans plus tard, de nombreuses voix se font entendre pour demander la révision ou la suppression de ce texte, ou plaident pour le rétablissement du motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI. L’urgence d’une telle mesure ne fait plus de doute, à l’heure où la Fraternité Saint Pie X se voit frappée de sanctions par l’Eglise pour avoir procédé à la consécration de quatre évêques sans mandat pontifical. En France, pourtant, les évêques abordent cette question avec une grande prudence. L’Union Lex Orandi leur demande aujourd’hui d’abroger Traditionis Custodes dans ses effets par des actes concrets.

Réagissant aux sanctions du Saint Siège suite aux sacres d’Écône par un communiqué du 3 juillet 2026, le président de la Conférence des Evêques de France et ses deux vice-présidents disent vouloir manifester leur sollicitude paternelle à ceux des fidèles de la Fraternité Saint Pie X « qui cultivent aussi, avec une ferveur et un zèle apostolique réels, un sincère amour de l’Église et un profond désir de participer à sa mission, en communion avec le Pape et dans la fidélité à la grande Tradition de l’Église et du Magistère». Pour ces fidèles, la Conférence des Evêques de France espère que « les mesures annoncées par le Saint-Siège les aideront à comprendre la gravité des décisions prises par les responsables de la Fraternité Saint-Pie-X » et les encourage à « revenir dans la pleine communion avec le Pape, avec les évêques et avec toute l’Église ». Enfin, la CEF invite les catholiques de France à prier à cette intention et « à déployer la charité nécessaire pour accueillir ceux qui feront le choix courageux de l’unité et de la fidélité au Saint-Père ».

Alors que la CEF n’a mis qu’une journée pour prendre acte des décisions romaines faisant suite aux consécrations épiscopales de la Fraternité Saint Pie X, elle n’a toujours pas réagi officiellement à un autre document romain qui, celui-là, lui était directement adressé. Le 18 mars 2026, le Saint Père, par la voix du Cardinal Parolin, interpelait les évêques de France réunis en assemblée plénière en ces termes :

« Vous avez enfin, chers frères, l’intention de traiter du délicat thème de la Liturgie, auquel le Saint-Père est particulièrement attentif, dans le contexte de la croissance des communautés liées au Vetus Ordo. Il est préoccupant que continue de s’ouvrir dans l’Église une douloureuse blessure concernant la célébration de la Messe, le sacrement même de l’unité. Pour la guérir, un regard nouveau de chacun porté sur l’autre, dans une plus grande compréhension de sa sensibilité, est certainement nécessaire ; un regard pouvant permettre à des frères riches de leur diversité de s’accueillir mutuellement, dans la charité et l’unité de la foi. Veuille l’Esprit Saint vous suggérer des solutions concrètes permettant d’inclure généreusement les personnes sincèrement attachées au Vetus Ordo, dans le respect des orientations voulues par le Concile Vatican II en matière de Liturgie. »

Le pape indiquait dès le 18 mars aux évêques les solutions pour guérir une « douloureuse blessure » dont la gravité se mesure depuis le 1er juillet : un « regard nouveau », une « plus grande compréhension » devant permettre, selon Léon XIV, de « s’accueillir mutuellement » dans la richesse de nos diversités, dans la charité et l’unité de la foi. Et le pape appelait à « des solutions concrètes » pour « inclure généreusement les personnes sincèrement attachées au Vetus Ordo ».

Force est de constater que rien n’a été engagé par la CEF pour répondre aux vœux du pape formulés dans cette lettre. Alors, puisque les catholiques de France sont invités par la CEF « à déployer la charité nécessaire pour accueillir ceux qui feront le choix courageux de l’unité et de la fidélité au Saint-Père », l’Union Lex Orandi lance une initiative qui veut répondre à cet objectif.

En ce cinquième anniversaire du motu proprio Traditionis Custodes, tous les catholiques de France conscients de l’injustice faite aux fidèles sincèrement attachés au Vetus Ordo sont invités à écrire à leur évêque pour lui demander d’adopter les solutions concrètes suivantes afin de les inclure généreusement, dans le respect de leur diversité :

  • garantir l’accès des fidèles attachés au Vetus Ordo à tous les sacrements de l’initiation chrétienne (baptême, confirmation, eucharistie) selon le rite tridentin par lequel ils veulent pouvoir se sanctifier ;
  • offrir aux familles attachées au Vetus Ordo le bénéfice de la célébration du mariage et des obsèques selon le rite traditionnel dans tous les diocèses ;
  • garantir aux fidèles de pouvoir disposer d’un enseignement du catéchisme catholique dans une forme respectueuse de leur attachement au Vetus Ordo ;
  • assurer aux fidèles de bénéficier de l’apostolat de prêtres dont le droit propre à célébrer selon le Vetus Ordo ne sera pas remis en cause, contrairement à des cas récents dans plusieurs diocèses qui ont causé ces profondes blessures que déplore le pape ;
  • offrir un accueil bienveillant des autorités diocésaines aux initiatives de fidèles laïcs attachés au Vetus Ordo pour créer des écoles indépendantes, en leur octroyant sans discrimination l’accès à l’instruction religieuse inscrite dans leurs programmes, et à la vie sacramentelle à l’école selon le rite tridentin pour les élèves et le corps enseignant.

Ces solutions concrètes constituent une base solide pour manifester la volonté des évêques de répondre à l’appel du Saint Père. Elles sont parfois en œuvre dans certains très rares diocèses. La crédibilité de la CEF, quand elle affirme dans son communiqué du 3 juillet 2026 : « à ces fidèles qui souffrent aujourd’hui de cette situation, nous voulons manifester notre sollicitude paternelle », exige que les actes se joignent aux paroles.

Chacun est donc invité à écrire à son évêque en reprenant les cinq demandes ci-dessus, afin que les « catholiques de France » ne soient pas les seuls à « déployer la charité nécessaire pour accueillir ceux qui feront le choix courageux de l’unité et de la fidélité au Saint-Père ».

L’Union Lex Orandi vous remercie de lui adresser une copie de votre courrier à l’adresse [email protected].

« Nouvelle » Étude doctrinale du livre Prier avec le cycle féminin

Le livre Prier avec le cycle féminin propose une réflexion originale sur la vie spirituelle de la femme en intégrant la réalité du cycle menstruel dans la prière et la croissance intérieure. Son objectif est clairement pastoral : aider les femmes à vivre leur féminité comme un don de Dieu et à remettre au Christ leurs blessures corporelles et spirituelles. Dans son ensemble, l’ouvrage est profondément enraciné dans la foi catholique et manifeste un amour sincère du Christ, des sacrements et de l’Église.

Une anthropologie conforme à la doctrine catholique
Le premier point remarquable est la vision unifiée de la personne humaine. L’auteure refuse toute séparation entre le corps et l’âme. Elle affirme que le corps féminin participe pleinement à la vie spirituelle et que la grâce ne détruit pas la nature mais la suppose et la perfectionne. Cette approche correspond à l’enseignement du Catéchisme, selon lequel la personne humaine est une unité de corps et d’âme (CEC 362-365).

Le livre rappelle constamment que le corps est un don de Dieu, destiné à sa gloire, en s’appuyant sur saint Paul (1 Co 6,19-20). On lit notamment : « Il s’agissait de recevoir, d’accueillir ce corps et son fonctionnement comme un don de Dieu. ». Cette insistance est pleinement conforme à la doctrine catholique.

Une spiritualité profondément christocentrique
L’ouvrage ne cherche jamais à remplacer le Christ par une méthode psychologique ou énergétique. Au contraire, toute la démarche conduit à Jésus-Christ. La méditation de la guérison de la femme hémorroïsse occupe une place centrale et devient une invitation à présenter au Seigneur les blessures physiques et affectives de la femme.

Cette orientation est conforme au Catéchisme, qui enseigne que toute prière chrétienne est une rencontre avec le Christ et que lui seul est le Médiateur entre Dieu et les hommes (CEC 2558-2565).

De même, l’auteure insiste sur la confession, l’oraison, l’Eucharistie, la vie liturgique et la conversion personnelle. Elle écrit notamment : « Seul Jésus guérit. » Puis : « Seul Jésus lit totalement la vérité en nous, dans notre histoire. » Rien, dans ces développements, ne contredit la doctrine catholique.

Une juste valorisation de la féminité

Le livre cherche à réhabiliter une dimension souvent négligée de l’expérience féminine. Il refuse de considérer le cycle menstruel comme une simple contrainte biologique ou comme un sujet exclusivement médical. Il y voit un lieu où la grâce peut agir.

Cette perspective est compatible avec le Catéchisme, qui affirme que la différence sexuelle appartient au dessein créateur de Dieu (CEC 369-373). L’auteure refuse toute opposition entre nature et grâce et souligne que la féminité possède une véritable dignité spirituelle.

Elle rappelle également la vocation universelle à la sainteté des femmes, mariées, célibataires ou consacrées, ce qui est pleinement conforme à l’enseignement de l’Église.

Des intuitions spirituelles plus que des affirmations doctrinales

Le Catéchisme n’enseigne jamais une éventuelle correspondance entre les fluctuations hormonales et les mouvements spirituels. Ces développements relèvent donc d’une réflexion personnelle, qui peut être utile pastoralement mais ne possède pas d’autorité doctrinale.

De même, la description des quatre éléments (air, eau, terre, feu) comme symboles des différentes phases du cycle constitue une méthode pédagogique intéressante, mais elle n’appartient pas au patrimoine doctrinal de l’Église. Elle ne pose pas de difficulté tant qu’elle demeure une analogie.

Une lecture symbolique de l’Écriture

L’ouvrage repose largement sur la méditation du récit de la femme hémorroïsse (Mc 5). L’auteure en tire de nombreuses applications concernant le cycle menstruel, la ménopause, les blessures de la féminité et même les relations entre femmes et prêtres.
Ces méditations sont souvent riches spirituellement. Toutefois, elles dépassent le sens littéral du texte biblique. L’exégèse catholique distingue en effet le sens littéral des sens spirituels. Certaines interprétations proposées ici relèvent clairement de l’application spirituelle personnelle.

Cela n’est pas illégitime : la tradition catholique a toujours pratiqué la lecture spirituelle de l’Écriture.

Conclusion
Prier avec le cycle féminin apparaît compatible avec la doctrine fondamentale de l’Église catholique. Son anthropologie, sa christologie, sa vision des sacrements, de la prière, de la chasteté et de la vocation à la sainteté sont conformes au Catéchisme.
L’ouvrage ne relève pas du Magistère mais de la théologie spirituelle. Plusieurs développements doivent être reçus comme des propositions de méditation, non comme des enseignements doctrinaux.

Cette distinction est importante, mais elle ne remet pas en cause la valeur spirituelle de l’ensemble. Au contraire, le livre constitue une tentative originale de montrer que la grâce rejoint la femme dans toute la réalité de son existence corporelle. En rappelant que le Christ veut sanctifier la personne tout entière, corps et âme, il s’inscrit dans une intuition profondément catholique. La conclusion de l’ouvrage exprime bien cette perspective traditionnelle :

« Accordez-nous, Seigneur, de ne pas aimer la prière pour ce qu’elle nous apporte, mais de voir dans les différents temps de notre prière un don gratuit et surabondant de votre miséricorde envers nous. »

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

La persécution ne pourra pas arrêter le mouvement croissant de la messe en latin

Lettre de Mgr Hector Aguer, parue sur LifeSiteNews :

Le pape Benoît XVI, dont la mémoire est à jamais gravée dans les mémoires et qui sera très probablement proclamé Docteur de l’Église un jour, a cherché, dans Summorum Pontificum , son motu proprio de 2007 sur les deux usages du rite romain unique, ordinaire et extraordinaire, à libéraliser la célébration de la messe communément appelée « traditionnelle », « tridentine », « de saint Pie V » ou « des siècles ». Il l’a fait dans le but de contribuer à la paix liturgique et par respect pour une coutume ancienne et vénérable. Ainsi, tout prêtre peut célébrer la messe en latin sans avoir besoin d’une autorisation spéciale ni risquer des représailles idéologiques de la part de certains évêques.

Dans sa lettre aux évêques du monde entier accompagnant le motu proprio , le pape a souligné que « ce qui était sacré pour les générations précédentes demeure sacré et grand pour nous aussi, et ne saurait être soudainement totalement interdit ni même considéré comme nuisible ». Dieu seul sait combien le pape allemand a souffert lorsque, quatorze ans plus tard, le 16 juillet 2021, son successeur a abrogé cette législation d’un trait de plume et imposé des restrictions draconiennes au Vetus Ordo . Une part de cette souffrance a été révélée ces derniers jours par son fidèle secrétaire particulier, l’archevêque Georg Gänswein.

Le Motu proprio Traditionis Custodes, publié il y a cinq ans, loin de panser les plaies, n’a fait que les raviver. Contrairement à ce que recherchait son promoteur, ce document a contribué à un regain d’intérêt pour la tradition et l’orthodoxie, notamment chez les jeunes. Aujourd’hui, on observe de nombreuses conversions parmi ceux qui privilégient l’usus antiquior. La transmission de la foi ne se fait plus, en grande partie, de parents à enfants, mais de jeunes à jeunes. Je rappelle ici ce que j’ai dit à maintes reprises : j’ai été ordonné prêtre en 1972 selon le Novus Ordo, et je n’ai jamais célébré la forme extraordinaire.

Sans aucun doute, le Mystère continue de captiver les cœurs. Dans un monde aux relations instables, noyé dans le vide et la déshumanisation – un monde qui prétend avec arrogance vivre dans un monde post-vérité, post-humaniste et post-christianisme –, le Christ, « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6), réaffirme toute sa légitimité. Il montre qu’à travers lui, en se tournant vers le Père et dans l’Esprit Saint, l’existence humaine trouve tout son sens, avec la perspective d’un avenir meilleur. L’exhortation de l’apôtre Paul aux Colossiens résonne ainsi avec une vigueur renouvelée : enracinés et édifiés dans le Christ, affermis dans la foi que vous avez reçue (Col 2, 7). Il s’agit de ne pas se laisser asservir par le vide d’une philosophie trompeuse, inspirée par des traditions purement humaines et les éléments du monde plutôt que par le Christ (cf. Col 2, 8).

Ce ne sont donc ni la persécution ni les mesures progressistes extrêmes qui pourront enrayer ce mouvement grandissant, qui, comme nous l’avons constaté, dépasse largement le simple effet de mode. Car la mode, ces soixante dernières années, a été de faire du Novus Ordo – même à l’encontre des préceptes de Sacrosanctum Concilium – un terrain propice à une dévastation liturgique totale.

Les quatre prières eucharistiques du missel réformé semblent avoir été supplantées par une « prière eucharistique zéro », c’est-à-dire une prière improvisée, laissée à l’appréciation du célébrant. Ce phénomène, parmi d’autres effondrements doctrinaux, moraux et disciplinaires, a vidé les séminaires et les couvents, provoqué des exodes massifs du clergé et de la vie religieuse, et engendré une véritable hémorragie au sein de l’Église. Diverses confessions évangéliques ont prospéré, alimentées par la colère des catholiques. Le nombre d’incroyants a également augmenté, de même que celui des personnes se déclarant sans appartenance religieuse. En Argentine, par exemple, au cours des soixante dernières années, la proportion de catholiques est passée de 90 % à 57 %, et cette tendance à la baisse se poursuit. C’est là où nous a conduit le modernisme, avec le « tournant anthropologique » rahnérien : la théologie de la libération et sa variante argentine, la théologie du peuple . On constate que ce schéma se répète, sous différentes formes, dans de nombreux pays. Un peuple sans théologie solide finit par ne pas connaître Dieu — et les conséquences sociales de cela sont dramatiques.

Ce qui me frappe, c’est que l’Église prêche aujourd’hui très peu sur la vie éternelle, les fins dernières et le retour glorieux de Notre Seigneur. Pendant ce temps, certains magnats de la tech parlent de l’Antéchrist et organisent des réunions avec des hommes d’affaires et des personnalités influentes pour s’en protéger. La « Silicon Valley apocalyptique » affirme que la Terre n’est plus un lieu sûr, que même Mars, où ils envisagent de s’installer, ne le sera pas, car ils craignent qu’une intelligence artificielle incontrôlable et vengeresse finisse par y arriver. Qui aurait pu imaginer, il y a quelques années encore, que nous serions témoins d’une telle chose ?

Il est indéniable que guérir les nombreux maux qui rongent l’Église, maux qui se sont aggravés durant la deuxième décennie de ce siècle et bien au-delà, au début du troisième, n’est pas chose aisée. L’heure est venue de faire preuve de grandeur, de solidité doctrinale et, par conséquent, de rétablir la discipline, sans favoritisme ni parti pris idéologique. On nous exhorte sans cesse à discerner les signes des temps et à savoir les écouter. Puissions-nous aujourd’hui entendre la voix du Seigneur et ne pas endurcir nos cœurs (cf. Ps 95, 7-8).

J’ai 83 ans et je vis dans une maison de retraite pour prêtres, une sorte d’établissement pour le clergé. Je me déplace très peu et ne quitte presque jamais ma chambre, sauf pour aller à la chapelle. Je sais que très bientôt le Seigneur m’appellera auprès de Lui, Lui que j’ai cherché à aimer et à servir du mieux que j’ai pu, malgré mes péchés et mes limites. Et je m’efforce de me préparer à ce moment par la prière et en lui offrant mes souffrances présentes.

En cette fin de vie, l’une des plus grandes satisfactions qui me restent est d’avoir ordonné, comme archevêque de La Plata, quarante-neuf prêtres et trois diacres en vue de sacerdoce. Plusieurs d’entre eux – jeunes et courageux, zélés gardiens de la saine doctrine – servent aujourd’hui dans des communautés dynamiques, caractérisées par une liturgie soignée, une pastorale attentive et un zèle missionnaire. De ces communautés naissent des vocations pour toute l’Église : au mariage et à la famille, au sacerdoce et à la vie religieuse. Eux et leurs enfants spirituels constituent une grande source de consolation et d’espérance pour cet évêque âgé.

+ Héctor Aguer
Archevêque émérite de La Plata

Buenos Aires, lundi 13 juillet 2026. Mémoire de Saint Henri.

Réaction des évêques catholiques à l’inscription de leur nom sur la liste « anti-droits » d’Amnesty International

La Conférence des évêques catholiques d’Angleterre et du Pays de Galles (CBCEW) a défendu ses efforts pour protéger les « droits donnés par Dieu » à l’enfant à naître et à toute l’humanité après qu’Amnesty International Royaume-Uni l’ait incluse sur une liste d’organisations « anti-droits » qui menacent le Royaume-Uni.

Dans un courriel adressé à LifeSiteNews le 14 juillet, en réponse à sa mention dans le rapport d’Amnesty International intitulé « Une menace croissante : le mouvement anti-droits au Royaume-Uni », la CBCEW a défendu son action et celle de l’Église catholique en faveur des « droits inaliénables » et de la dignité de toute personne « de la conception à la mort naturelle », ainsi que son soutien à la liberté de conscience. Ce rapport d’Amnesty International, depuis retiré, classait également le Catholic Herald, Right to Life UK, le Centre for Bioethical Reform UK (CBR UK) et plusieurs organisations pro-vie et chrétiennes parmi les organisations « anti-droits » en raison de leur plaidoyer pour la protection de l’enfant à naître et la défense du mariage traditionnel et de « l’identité de genre ».

Le rapport déplore également le récent « déclin significatif » de la protection des soi-disant « droits LGBT+ » et la montée du « mouvement critique du genre » en Grande-Bretagne, et demande que tous les groupes mentionnés soient privés de leur statut d’organisme de bienfaisance officiel. Les évêques déclarent :

« L’Église catholique s’efforce de défendre les droits fondamentaux de toute l’humanité, sans exception ». « Cela inclut les droits des personnes injustement emprisonnées, des réfugiés et des migrants, des victimes de la traite des êtres humains, ainsi que le droit à la vie de toute personne, de la conception à la mort naturelle. »

« Par ailleurs, nous défendons le droit à la liberté de religion, de conscience et d’expression tel qu’il est exposé dans le document du Concile Vatican II, Dignitatis Humanae ». « Notre conviction de la dignité de chaque personne, fondement d’une juste compréhension des droits humains, anime tout notre travail en matière de justice sociale en Angleterre et au Pays de Galles. »

Comme l’a rapporté lundi Jonathon Van Maren de LifeSite, la liste d’Amnesty International comprend 49 groupes « critiques du genre » ; 25 groupes pro-vie (dont 13 centres de crise de grossesse) ; 11 groupes sous l’étiquette « pratiques de conversion » ; 12 groupes « de défense des droits chrétiens » ; et une catégorie « Autres » très large.

Le rapport cite notamment les centres de soins de grossesse qui cherchent à aider les femmes confrontées à des grossesses en crise, par opposition à ceux qui permettent aux femmes de tuer leur enfant, et inclut même la  Déclaration des femmes travailleuses , un groupe féministe de gauche qui s’oppose à l’agenda transgenre, dans sa liste.

L’Église catholique a toujours  condamné l’avortement, le meurtre d’enfants innocents à naître, comme un « mal moral » en toutes circonstances.

Malgré l’appel inquiétant du rapport demandant la révocation du statut d’organisme de bienfaisance officiel de chaque organisation pro-vie et chrétienne répertoriée, plusieurs des « principales conclusions » d’Amnesty International sont encourageantes. L’organisation observe que le mouvement dit « critique du genre » au Royaume-Uni, qui s’oppose à l’idéologie du genre, « est en pleine expansion », 60 % de ces groupes ayant « émergé depuis 2017 ».

L’Église catholique  enseigne également que « les actes homosexuels sont intrinsèquement désordonnés » et « contraires à la loi naturelle », et que l’inclination homosexuelle est « objectivement désordonnée ». Le Catéchisme est très clair : l’activité homosexuelle ne peut jamais être approuvée et il rappelle que « les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté ».

L’enseignement catholique condamne également les mutilations corporelles et la stérilisation comme étant « contraires à la loi morale » et dénonce l’idéologie du genre.

Amnesty International a également noté que les 117 groupes recensés dans son rapport ont dépensé « 144 millions de livres sterling entre 2019 et 2024, soit une augmentation de 47 % », et que « les plus gros dépensiers sont des organisations chrétiennes ultra-conservatrices de plaidoyer et de défense des politiques publiques », suivies par « les antennes britanniques de groupes américains et les organisations anti-avortement ». L’organisation précise en outre que ces groupes sont « répartis géographiquement et ne sont pas concentrés à Londres ».

Amnesty International Royaume-Uni a répondu à plusieurs plaintes concernant son rapport en présentant ses excuses pour l’avoir publié sur son site web « sans avoir suivi les procédures de révision interne établies ». L’organisation a réaffirmé son engagement à défendre les « droits » des femmes (à l’avortement) ainsi que les « droits des personnes transgenres », mais a semblé suggérer de manière vague qu’il était inapproprié de cibler certaines communautés.

Ce vote ne marque pas la fin de notre mobilisation. Nous nous battrons pour faire abroger ce texte

Communiqué de la Marche pour la vie:

Fin de vie : l’Assemblée nationale légalise l’euthanasie : un renversement majeur et tragique pour notre société

L’Assemblée nationale vient d’adopter définitivement la proposition de loi instaurant un « droit à l’aide à mourir » en France. La Marche pour la Vie exprime sa profonde révolte face à cette légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté.

Après trois lectures au Parlement, Sébastien Lecornu a choisi de donner le dernier mot à l’Assemblée nationale, sans accorder de crédit à l’opposition large et répétée du Sénat, aux inquiétudes des médecins et aux appels des très nombreux patients concernés par ce texte. C’est un débat bâclé, conclu à la veille des vacances, qui ouvre la voie à un basculement civilisationnel.

Cette loi crée une confusion qui entamera profondément la confiance que l’on peut accorder aux soignants en assimilant la mort à un soin. Contrairement à ce qui a été soutenu par ses promoteurs, ce texte n’ouvre pas simplement un droit pour ceux qui l’attendaient, mais crée une incitation pour toutes les personnes vulnérables qui n’auront pas la chance de pouvoir être accompagnées comme il se doit. Désormais, la loi reconnaît que certaines vies ne méritent pas d’être vécues et bientôt, la mort provoquée cessera d’être une exception. Alors que le nombre de personnes âgées ne cesse de croître et que notre système de santé est loin de pouvoir s’y adapter, le gouvernement a fait un choix irresponsable en cédant à l’idéologie, ou au cynisme.

Ce vote ne marque pas la fin de notre mobilisation. Nous nous battrons pour faire abroger ce texte. La Marche pour la Vie continuera à défendre, aux côtés des soignants et des familles, le vrai accompagnement, fondé sur le respect de la dignité humaine, sur la solidarité, et non sur la mort donnée.

Euthanasiée en raison de souffrances exclusivement psychiques

Ce n’est pas encore en France, mais en Colombie :

Le 9 juillet, une Colombienne âgée de 30 ans est décédée après une euthanasie. Cette psychologue souffrait depuis des années de troubles psychiatriques graves et affirmait que « ses souffrances étaient incompatibles avec une vie digne ». A l’âge de 20 ans, on lui avait diagnostiqué un trouble dépressif « sévère et persistant », un trouble de la personnalité limite et un trouble anxieux non spécifié.

Catalina Giraldo souhaitait recourir au . Toutefois, en raison de l’absence de réglementation en la matière, la jeune femme a finalement choisi de demander l’euthanasie, « une procédure pour laquelle il existe des protocoles établis au sein du système de santé colombien ». Elle avait introduit une action en justice pour obtenir gain de cause et a interpellé la Cour constitutionnelle à la veille de son décès.

Cette affaire a ravivé le débat autour la question de l’accès à ces procédures lorsque la souffrance est exclusivement psychique. L’euthanasie et le suicide assisté sont tous deux dépénalisés en Colombie dans les cas où la personne souffre d’une « maladie grave et incurable qui lui cause une souffrance physique ou psychologique incompatible avec sa conception d’une vie digne ». En 2024, 352 personnes ont eu recours à l’euthanasie et ce nombre augmente d’année en année.

Source : Gènéthique

Euthanasier pour prélever les organes

Dans un article publié dans le New England Journal of Medicinetrois médecins de la Harvard Medical School, du Boston Children’s Hospital aux Etats-Unis, et de la Western University au Canada, posent la question non pas du don d’organe qui suit un décès lié à une euthanasie, mais du « décès par don d’organe » dans le cadre d’une euthanasie.

Avec la « mort par don d’organe », le décès ne serait pas provoqué par l’injection létale requise pour une euthanasie mais le patient serait anesthésié avant qu’un médecin ne prélève ses organes encore vivants, et c’est le prélèvement lui-même qui entraînerait sa mort.

Cette pratique contreviendrait au « principe du donneur décédé » (Dead Donor Rule), qui s’applique actuellement quelle que soit la législation d’un pays sur l’euthanasie et le  : il est interdit de prélever les organes d’un patient encore en vie.

Les chercheurs avancent qu’avec la « mort par don d’organe », les médecins contournent les risques liés à l’ischémie chaude. Il s’agit de la période critique pendant laquelle l’organe n’est plus perfusé, du fait d’un arrêt cardiaque ou du clampage de l’artère l’irriguant, avant qu’il ne soit placé dans un dispositif visant à le conserver à froid. Cette phase entraîne une détérioration des tissus qui peut rendre l’organe impropre à la transplantation.

Pour les auteurs de la proposition, l’abandon de la règle du donneur mort pourrait permettre un prélèvement dans des conditions plus favorables pour la transplantation.

Dans les régions où don d’organe et « aide à mourir » sont autorisés, il pourrait être « logique », selon ces trois médecins, que des patients veuillent combiner les deux procédures pour « donner un sens à leur mort ».

Le Dr Robert Truog de la Harvard Medical School considère la demande de mort par don d’organe « éthique, puisque c’est ce que le patient a choisi ». Il parle d’une « grande générosité ».

Source : Gènéthique

Les cancers avant l’âge de 50 ans touchent principalement les femmes. La faute à la contraception hormonale ?

La revue Science et Pseudo-Sciences de juillet 2026 aborde le sujet des cancers.

En France, le nombre total de cancers diagnostiqués chaque année a presque doublé :

  • 1990 : 218 000 cas, dont 32 300 chez les 20-49 ans, soit 15 % du total.
  • 2023 : 435 000 cas, dont 40 600 chez les 20-49 ans, soit 9,3 % du total.

En France, entre 1990 et 2023, chez les 20-49 ans, les chiffres bruts montrent deux évolutions radicalement différentes :

  • Hommes : environ 13 500 → 13 200 cas, soit une quasi-stabilité.
  • Femmes : environ 16 700 → 25 300 cas, soit +52 %. La dynamique observée avant 50 ans est donc avant tout féminine.

Même constat lorsque l’on corrige les effets de structure d’âge avec les taux d’incidence standardisés :

  • Hommes : 103 → 106 pour 100 000 = stabilité globale.
  • Femmes : 127 → 198 pour 100 000 = hausse d’environ 56 %.

En 2023, les femmes représentent ainsi environ 2/3 des cancers diagnostiqués entre 20 et 49 ans.

Qu’est-ce qui porte cette hausse chez les femmes ? Très largement, le cancer du sein. Entre 1990 et 2023 :

  • Sein : 57 → 89,9/100 000 = environ 46 % de la hausse totale.
  • Colorectal : environ 7 %.
  • Poumon : environ 6 %.

À eux trois, ces cancers expliquent près de 59 % de l’augmentation de l’incidence féminine.

Le cancer du sein représente donc à lui seul près de la moitié de l’incidence des cancers féminins avant 50 ans ; près de la moitié de leur augmentation depuis 1990. C’est probablement le résultat le plus important de cette analyse : derrière le récit global sur les « cancers des jeunes » se cache surtout une évolution spécifique des cancers féminins, dominée par le sein.

Pourquoi cette augmentation des cancers du sein avant 50 ans ? Il n’existe bien sûr pas de facteur unique. L’hypothèse principale de l’article est celle d’un effet de cohorte (qui est expliqué dans l’article), notamment reproductif et hormonal : – premier enfant plus tardif ; – évolution de la parité ; – allaitement plus court ou moins fréquent ; – exposition hormonale cumulée différente selon les générations. À cela peuvent s’ajouter plusieurs facteurs de risque plus modestes et indépendants, dont les effets peuvent se cumuler : alcool, certaines expositions hormonales, modes de vie et détection plus fréquente avec des dépistages personnalisés plus fréquents aujourd’hui chez les femmes entre 40 et 50 ans.

Au matin d’une « longue défaite », l’exigence de notre engagement

Le soleil se lève sur la France, comme il se levait hier. Pourtant, quelque chose en nous, en ce matin du 16 juillet, semble avoir basculé. Le vote de la loi sur l’aide à mourir n’est pas une surprise, et pourtant il nous laisse meurtris, le cœur en miettes devant cette dénaturation de l’accompagnement humain. 291 voix pour, 241 contre : un écart infime pour un pas de géant dans un changement de civilisation que nous redoutions.

Il est tentant, devant l’ampleur de ce renoncement sociétal, de laisser la colère prendre les commandes. Mais j’ai repensé, dans le silence de ce matin lyonnais, à ces mots de J.R.R. Tolkien : « Je suis chrétien, et à vrai dire catholique, si bien que je ne m’attends pas à ce que l’Histoire soit autre chose qu’une longue défaite — même si elle comporte quelques aperçus de la victoire ultime. »

Cette phrase est un appel à la lucidité. Si nous voulons protéger les plus faibles et témoigner de notre foi dans l’espace public, nous devons sortir de la tiédeur et assumer une cohérence radicale. Cela implique de tirer les conséquences des actes posés par nos élus.

Mais soyons justes : ce vote n’a pas rassemblé un bloc monolithique. Les clivages ont traversé les groupes politiques. Au sein du MoDem, 20 voix pour et 16 contre. À droite, quelques élus se sont élevés contre le choix de leur camp. Même au Rassemblement national, 12 députés ont voté pour. La majorité présidentielle elle-même s’est déchirée. Boycotter indistinctement tous les députés ayant voté cette loi reviendrait à ignorer ces fractures et à affaiblir les voix qui, en leur sein, ont porté jusqu’au bout le combat de la vie.

Ces élus qui ont voté cette loi, et qui préparent déjà les prochaines étapes — idéologie du genre, GPA — ne sont guère sensibles au débat d’idées, mais d’avantage à la sanction électorale. Dans cette perspective, ne plus accorder notre crédit à ces élus, c’est leur signifier, par un retrait net, que le lien de confiance a été fragilisé par leur vote. Ce n’est pas un refus définitif du dialogue, mais le rappel nécessaire que la confiance se mérite et qu’elle est intimement liée à la défense de la dignité humaine. Il ne s’agit pas de fermer la porte, mais d’exiger un changement de cap : nous restons des citoyens attentifs, prêts à reconsidérer notre position si, à l’avenir, le respect de la vie redevient la boussole de leur engagement politique.

Cependant, la sanction électorale ne suffira pas. La véritable exigence, pour nous qui croyons en la dignité infinie de tout être humain, est de ne pas laisser ce vote clore le débat, mais de l’ouvrir plus largement. L’Église de France elle-même, dans son communiqué, ne s’est pas contentée de dénoncer ; elle a appelé à un sursaut de l’accompagnement, à une présence renouvelée auprès des malades et des personnes âgées. C’est dans les soins palliatifs, dans le soutien aux familles, dans notre présence au chevet des plus vulnérables que se joue l’essentiel.

Cette action n’a de sens que si elle est portée par notre espérance. C’est parce que nous croyons en la dignité infinie de chaque être humain — le plus fragile, le plus vulnérable — que nous ne pouvons plus faire comme si de rien n’était. La rechristianisation du monde passe par cette exigence : être capables de dire « non » à ce qui défigure l’homme, mais aussi, et surtout, de dire chaque jour « oui » à la Vie, par des actes et des visages, avec une détermination qui, elle, ne connaît pas de défaite.

Nous avons perdu une bataille parlementaire. Mais la « longue défaite » dont parle Tolkien n’est pas une fatalité ; elle est le cadre de notre fidélité. C’est dans cette tension, dans cette espérance obstinée, que nous trouverons la force de continuer.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

La liturgie traditionnelle est missionnaire, par son sens du sacré et de la transcendance

À l’occasion du 44e pèlerinage de Chartres, le cardinal Raymond Leo Burke a accordé un entretien à Notre-Dame de Chrétienté au presbytère de la cathédrale, dans les heures qui ont suivi son arrivée parmi les pèlerins.

Le cardinal répond aux questions sur la mission de l’Église selon l’appel du pape Léon XIV, sur la place des sacrements et de la transmission de la foi, sur la dévotion mariale. Il s’attarde particulièrement sur le Vetus Ordo : il rappelle que les livres de 1962 étaient encore ceux des Pères conciliaires pendant le Concile, et invite à revenir, sans anachronisme et à la lumière des archives qui commencent à s’ouvrir, sur le processus qui a mené, après Vatican II, à la réforme liturgique, un travail historique qu’il juge encore largement à approfondir. Selon lui, on peut être pleinement catholique en vivant les sacrements selon les livres de 1962, et cette liturgie séculaire garde aujourd’hui toute sa force missionnaire, en particulier auprès des jeunes générations.

Le cardinal évoque aussi l’avenir de l’Église en France et en Europe, la prochaine visite du pape Léon XIV dans notre pays, et ce qu’il a vécu et ressenti au contact des pèlerins de Chartres.

Face à l’euthanasie, renouveler notre engagement au service de la vie

Communiqué des évêques de France :

Ce 15 juillet 2026 marque une rupture grave dans l’histoire de notre pays. En choisissant de légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, les députés ont inscrit dans la loi française la possibilité de provoquer la mort. Ce choix rompt avec la longue tradition du soin dont la vocation est de soulager la souffrance et d’accompagner chaque personne jusqu’au terme naturel de sa vie.

Depuis quatre ans, avec les évêques de France, nous avons participé de façon sérieuse et responsable au débat sur la fin de vie, par l’expression de nos convictions et en dialogue avec tous. Forts de l’expérience multiséculaire de l’Église dans l’accompagnement des personnes malades, des mourants et de leurs familles, nous avons tenu à partager nos réflexions sur la dignité de toute vie humaine. Le Président de la République avait annoncé un débat serein, éclairé et respectueux mais force est de constater que les enjeux politiques, idéologiques et sans doute même économiques, déguisés par des mots trompeurs, ont eu raison de cette ambition. Une question aussi essentielle pour notre pacte social méritait pourtant que les conséquences humaines, médicales, éthiques et sociales de l’euthanasie et du suicide assisté soient pleinement considérées.

Les effets d’une telle législation ne se mesurent pas encore mais ils se dessinent déjà. Notre rapport à la vulnérabilité, à la vieillesse, au handicap ou à la maladie, changera. Le lien de confiance entre les générations mais aussi entre les soignants, les patients et leurs familles sera dégradé et le regard de la société sur la fragilité, abîmé. Les plus pauvres risquent d’être les premiers à en payer le prix : ne voulant pas être une charge pour leurs enfants ou petits-enfants, les personnes âgées en précarité pourraient se sentir poussées à partir. En outre, l’expérience d’autres pays montre que les critères d’accès à l’aide à mourir tendent toujours à s’élargir, au détriment des soins palliatifs.

Par-delà la désapprobation, ce vote du 15 juillet nous appelle donc à un engagement renouvelé, avec les familles, les soignants, les bénévoles, les proches aidants, les associations, les aumôniers, pour témoigner qu’une autre voie est possible, celle d’une présence fidèle et d’un accompagnement attentif qui apaisent les souffrances physiques ou psychologiques, sans jamais abandonner quiconque.

La Conférence des évêques de France exprime sa profonde gratitude à tous ceux qui, chaque jour, servent les personnes malades, handicapées, âgées ou en fin de vie. Elle encourage aussi les établissements catholiques de soin à être des témoins fidèles de l’indispensable attention éthique au respect des valeurs humaines fondamentales, en s’abstenant de comportements clairement illicites d’un point de vue moral, en vertu de la dignité de toute vie humaine.

Enfin, elle suivra avec attention les saisines annoncées du Conseil Constitutionnel ainsi que les contributions volontaires associatives, afin que soit garanti en particulier le respect de l’éthique des établissements engagés dans l’accompagnement de personnes en fin de vie et qui excluent le recours à l’euthanasie ou au suicide assisté.

Les catholiques de France continueront, avec beaucoup d’autres hommes et femmes de bonne volonté, croyants ou non, à servir la vie. Ils le feront animés par la ferme espérance que leur donne l’Évangile, esprit de résignation ni d’affrontement, convaincus que la grandeur d’une société ne réside jamais dans le fait de donner la mort aux plus fragiles, ou leur permettre de se la donner, mais au contraire de les accompagner, par une fraternité réelle, jusqu’au bout. Car le Christ en qui ils croient est venu pour que le monde ait la vie.

Cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, président de la Conférence des évêques de France

Mgr Vincent Jordy, archevêque de Tours, vice-président de la Conférence des évêques de France

Mgr Benoît Bertrand, évêque de Pontoise, vice-président de la Conférence des évêques de France

291 députés votent pour l’assassinat des indésirables

Le détail des votes est ici. Ceux qui ont voté pour ou se sont abstenus méritent d’être battus aux prochaines élections, quel que soit leur adversaire.

Selon le Syndicat de la famille, le vote de la loi ouvre une nouvelle bataille juridique : 

L’Assemblée nationale a définitivement adopté la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Après plusieurs années de débats, la France légalise l’euthanasie et le suicide assisté. Ce vote constitue une violence inédite. Une violence faite aux malades, aux soignants, aux familles, à nos institutions et à la société tout entière.

Une violence faite, d’abord, à tous ceux qui souffrent, à qui l’on offre désormais plus facilement la mort qu’un accompagnement médical. Il sera plus rapide d’obtenir une injection létale qu’un lit en soins palliatifs ou un rendez-vous dans un centre antidouleur. Faute de garantir à chacun les moyens de vivre dignement jusqu’au bout, notre société choisit de rendre la mort accessible.

Une violence faite aux soignants, qui se sont massivement opposés à cette loi, refusant cette trahison du sens de leur profession. Jamais la mort ne sera un soin, ni même un accompagnement. La médecine considère le malade, le soigne, le soulage et l’accompagne. L’euthanasie met fin à sa vie.

Une violence faite aux familles et aux proches, dont le traumatisme généré par un suicide est connu, auquel s’ajoutera le risque de divisions profondes entre ceux qui savaient et ceux qui ne savaient pas, entre ceux qui seront vus comme n’ayant pas empêché et les autres.

Une violence faite, aussi, à notre démocratie et à nos institutions. Rarement une réforme sociétale aura rencontré une opposition politique aussi large avec, notamment, le rejet du Sénat à trois reprises, l’opposition de près de 400 parlementaires au cours du processus législatif et une adoption, au final, à quelques voix alors que ce texte est un changement de paradigme pour tous les malades et tous les personnels de santé.

Les alertes ont pourtant été nombreuses, venant notamment d’anciens ministres de la Santé, de rapporteurs des lois précédentes sur la fin de vie et de pays étrangers confrontés aux dérives de l’euthanasie. Gérard Larcher, deuxième personnage de l’État, et le Premier ministre ont d’ores et déjà annoncé qu’ils saisiraient le Conseil constitutionnel à la suite de l’adoption de la loi, signe de la profonde fébrilité que suscite ce texte. Mais le pouvoir a voulu aller jusqu’au bout.

Mais l’ultime violence est celle de la question existentielle que cette loi fera désormais peser sur chaque personne vulnérable : « Ma vie vaut-elle encore la peine d’être vécue ? »

« Suis-je devenu un poids ? Mes proches seraient-ils libérés si j’avance ma mort ? Est-ce que je coûte trop cher ? » Voilà l’injonction que l’État et la société font désormais entrer dans la vie des plus fragiles de nos concitoyens. Une société digne devrait leur répondre sans hésiter qu’ils ont toute leur place parmi nous. Désormais, elle leur indique aussi le suicide comme réponse.

Depuis plusieurs années, Le Syndicat de la Famille s’est opposé sans relâche à cette proposition de loi. Aux côtés de nombreux acteurs et associations, il a été auditionné à l’Assemblée nationale et au Sénat, rencontré de nombreux parlementaires, proposé des amendements, alerté l’opinion et agi pour faire connaître la réalité d’une loi profondément contraire à ce qui fait la grandeur d’une société : protéger, soigner et accompagner les plus fragiles.

La loi est votée, mais elle est loin d’être promulguée. Le Syndicat de la Famille saisira tous les recours possibles dans les jours et les semaines qui viennent.

La Fondation Lejeune ne se résigne pas :

Ce soir, la légalisation de l’euthanasie a été votée.

Pour la Fondation Jérôme Lejeune, la mort administrée inscrit dans la même logique que celle qui, il y a 50 ans, légalisait l’avortement eugéniste. Les premières victimes de cette nouvelle loi seront toutes les personnes vulnérables, et notamment les personnes porteuses d’un handicap mental. La Fondation dénonce une vision de la société eugénique, portée par des contre-valeurs s’appuyant sur une fausse conception du progrès, de l’autonomie et de la liberté à des fins utilitaristes.

Avant même le vote définitif on savait que quatre saisines du Conseil constitutionnel seraient déposées : à commencer par celle du Premier ministre et celle du président du Sénat Gérard Larcher. Mais comment les députés ont-ils pu voter un texte manifestement illégal au regard de la Constitution ?

Ces quatre saisines sont la preuve que ce texte ne tient pas. Il est le fruit du coup de force d’une maigre majorité à l’Assemblée nationale.

📍La Fondation Jérôme Lejeune ne se résignera jamais.

Le combat est loin d’être fini, la mobilisation continue. Il le faut pour tous ceux qui risquent de subir la pression de cette loi – les malades et les soignants et tous ceux qui n’en mesurent pas encore la portée mais qui la subiront un jour.

La Fondation Jérôme Lejeune déploie ainsi dès à présent plusieurs volets d’une stratégie de contre-offensive :

    • contribution extérieure auprès du Conseil constitutionnel;
    • vigilance absolue sur les décrets d’application du texte;
    • appel aux candidats à l’élection présidentielle pour abroger cette loi,

La Fondation rappelle aussi l’urgence de la protection des personnes avec une déficience intellectuelle.

Vous pouvez compter, chers amis, sur la vigilance et la détermination de la Fondation Jérôme Lejeune pour continuer le combat contre l’euthanasie

L’équipe de la Fondation Jérôme Lejeune

Alliance vita dénonce un basculement dramatique :

Ce soir, quelque chose a basculé.

⚫ Avec le soutien de 291 députés contre 241, le suicide assisté et l’euthanasie entreront dans le code de la santé publique. Ce n’est pas qu’un texte de loi. C’est la vie, la fragilité, la fraternité qui sont attaquées.

Nous le savons, beaucoup d’entre vous ont suivi ce combat de près — parfois avec un proche malade en tête, parfois avec la mémoire d’un accompagnement bouleversant, parfois simplement avec la conviction intime que toute vie mérite d’être protégée jusqu’au bout. Ce soir, cette conviction est mise à l’épreuve.

Depuis des années, Alliance VITA défend une autre voie : celle des soins palliatifs, de la présence, de l’accompagnement qui ne laisse personne seul face à la souffrance. Cette voie n’a pas été choisie. Et pourtant, elle reste la seule digne d’une société qui refuse de trier les vies.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Ce vote fragilise trois choses essentielles :

    • L’équilibre patiemment construit depuis 2005, qui refusait à la fois l’acharnement thérapeutique et le fait de provoquer la mort.
    • La prévention du suicide, alors que la loi devrait, plus que jamais, protéger ceux qui traversent la détresse.
    • Et surtout, l’égalité fondamentale entre toutes les vies — celle qui empêche qu’une existence soit un jour jugée « trop lourde » ou « de trop ».

Nous ne pouvons pas rester silencieux face à cela. Et vous non plus, nous le savons.

C’est pourquoi notre mobilisation ne s’arrête pas ici — elle commence une nouvelle phase, plus déterminée encore.

👉 Alliance VITA engagera tous les recours juridiques possibles pour limiter les dérives que cette loi rendra, hélas, inévitables : divisions dans les familles, détresse des soignants, pressions insidieuses sur les personnes malades ou en situation de handicap.

👉 Nous lançons dès maintenant un Comité national de vigilance sur la fin de vie, pour documenter, alerter, et donner une voix à ceux que ce texte risque de fragiliser en silence.

La grâce ne supprime pas nature, même pour une femme

Tribune en réponse aux 3 articles de Dollie.

Tu aimeras Dieu plus que tout et ton prochain comme toi-même.

La pensée grecque est infusée de ce « comme toi-même » et l’Aquinate n’y a pas perçu contrairement à vous « une vénération de soi ou une introspection abusive qui évincerait Dieu. »
Cela nous rappelle que rien en l’homme, fusse-t-il une femme, n’est purement une fonction biologique ou purement une fonction spirituelle. Tout ce que mon âme vit, mon corps le vit et tout ce que mon corps traverse, mon âme aussi. L’être humain n’est pas en tranches, chez lui tout est lié, raison pour laquelle par exemple le grand sportif a un préparateur mental. Ainsi, l’Eglise affirme depuis longtemps cette unité à la suite d’Aristote et rappelle que « qui veut faire l’ange fait la bête ». Toutes les grandes hérésies contre lesquelles l’Eglise a dû lutter s’attaquent à cette unité fondamentale.

Gabrielle Vialla n’a pas besoin d’affirmer que « la femme doit s’intéresser à son cycle menstruel » telle une nouveauté doctrinale que vous semblez avoir perçue en pourchassant l’hérésie. En effet, toutes les femmes le savent, chacune vit avec et à travers son cycle, respire avec, dort avec, pense avec…et même prie avec. Et même celles qui en souffrent et rêveraient d’obtenir un répit connaissent cette évidence : il est impossible de s’en départir, pas même le temps d’un Notre Père.

Faire croire le contraire relève d’une anthropologie qui ne s’inscrit guère dans la Tradition de l’Eglise que vous revendiquez pourtant. Votre vision réductrice de l’être humain se double très logiquement d’une vision erronée de la complémentarité des sexes, drapée de thomiste pour lui donner bonne prestance. Pour l’Eglise, heureusement c’est plus clair : l’image de Dieu en l’homme n’est évidemment pas corporelle. Mais la complémentarité des sexes, qui est autre chose que la différence sexuée, a conduit l’Eglise à ne jamais confondre la vocation de la femme et la finalité de toutes les formes de maternité (au sein du couple ou dans le célibat consacré) avec celle de l’homme et toutes les déclinaisons de la paternité (qu’elle soit conjugale ou sacerdotale). Tous deux sont appelés à la sainteté, à la suite du Christ, chacun avec ses spécificités. Ne faites pas dire à Saint Paul ce qu’il n’a pas dit. Il défend la même dignité pour l’homme comme pour la femme, mais jamais ne confond leur vocation respective.

Sur 3 articles, vous surfez sur l’argument d’autorité en mode Protagoras, mêlant confusion et sophisme. Vous confondez par exemple l’humilité et le mépris de soi, difficile à concilier avec le « comme toi-même » commandé pour l’amour du prochain, mais peu importe si c’est sous le sceau de Saint Augustin. Il semble vous manquer les notions les plus élémentaires d’anthropologie et de physiologie et là, même la doctrine la plus pure ne vous sera d’aucun secours.

Il pourrait alors sembler paradoxal que votre discours rejoigne celui des déconstructeurs d’aujourd’hui. Pourtant comme eux vous niez la nature, vous au nom de grâce, eux au nom de la culture. Mais l’humain depuis toujours se conçoit entre animalité et divinité, entre immanence et transcendance, le spirituel s’incarnant dans le charnel. « La grâce ne supprime pas la nature, elle l’achève ».

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

“Il n’y a peut-être aucun autre « lieu » humain où, mieux qu’à l’hôpital, les notions de conversion et de renouveau prennent un sens plus vrai et plus complet”

Extraits de l’homélie de Saint Jean Paul II, lors de la Messe célébrée à l’hôpital Saint Camille, à Rome, le 3 juillet 1983 :

N’y a-t-il pas lieu de se demander si Saint Camille de Lellis n’a pas quelque chose à nous dire en cette Année de grâce que nous célébrons ? Il a en effet un message à nous transmettre, et un message important. Il nous rappelle qu’il existe un lien très étroit entre la souffrance, tant spirituelle que corporelle, et la finalité première de l’Année Sainte, qui réside dans les engagements fondamentaux de la conversion et du renouveau.

Chez celui qui souffre, la conversion est un besoin qui puise aux racines mêmes de l’existence, qui redécouvre les valeurs humaines essentielles, qui sanctifie le lieu de la souffrance et qui devient évangélisation. Le renouveau devient alors, chez le malade, le cœur même de l’espérance, non seulement en ce qui concerne sa santé, mais souvent aussi quant à l’orientation générale de sa vie et aux perspectives vers lesquelles orienter son chemin. C’est précisément pour cette raison qu’il n’y a peut-être aucun autre « lieu » humain où, mieux qu’à l’hôpital, les notions de conversion et de renouveau prennent un sens plus vrai et plus complet, englobant toutes les valeurs humaines authentiques dans la synthèse supérieure de la vision chrétienne.

De cette communauté et de cette Famille de soins émerge certainement une exigence de vie qui ne se manifeste nulle part ailleurs : la vie physique et psychique, la vie individuelle et la vie sociale, la vie en tant que survie et en tant que créativité pleine et entière, la vie en tant que capacité à se donner. Les lieux d’hospitalisation et de soins sont des lieux de vie, et ceux qui y travaillent ne peuvent pas, ne doivent pas oublier qu’ils sont au service de la vie, de toute la vie et de la vie de chacun.

La personne malade, et toute personne ayant besoin d’assistance et de soins, sait parfaitement à quel point il est impensable de se convertir aux valeurs de l’existence si la vie, racine et condition de toute valeur, n’est pas d’abord défendue et affirmée. Mais ce n’est pas tout : c’est précisément là où aboutissent les victimes de la fragilité de la condition humaine, des catastrophes, des accidents et de toute forme de violence qui s’abat sur l’homme et la société, que le commandement premier – dont les responsables et les professionnels de santé sont les destinataires – est celui de défendre et de célébrer la vie depuis le premier instant de sa conception, et non à permettre qu’elle soit anéantie ou détruite. Dans cette lumière se manifeste la haute signification du choix de ceux qui, s’étant consacrés au service de la vie, refusent, par cohérence avec leur conscience, de se prêter à la supprrimer. À tous ceux-là, je tiens à témoigner de mon estime et de mes encouragements dans cet engagement humain et chrétien.

Aucun homme, croyant ou non, ne peut refuser de croire en la vie et de ressentir le devoir de la défendre, de la sauver, surtout lorsqu’elle n’a même pas encore la voix pour proclamer ses droits. Si cette prise de conscience et le message qui en découle viennent de vous, malades, médecins, infirmiers, aumôniers, religieuses, bénévoles, proches des malades, ils deviennent nécessairement crédibles, car ils ne se fondent pas sur des énoncés abstraits, mais sur votre expérience personnelle et quotidienne. C’est la traduction en termes de vie, de votre foi en Dieu et en l’homme et, en définitive, de votre foi en Jésus-Christ, qui est à la fois Dieu et homme.

Nous savons toutefois – et vous l’expérimentez avec un réalisme particulier – que les forces humaines ne suffisent pas à elles seules pour faire face à des tâches aussi nobles et exigeantes. La prière est nécessaire, véritable remède pour le corps et l’esprit, canal et pont de notre expérience. Face à Jésus qui guérissait, un homme implorant la guérison a demandé au Seigneur d’accroître sa foi (Mc 9, 24). Sa demande était une prière et c’est peut-être nulle part ailleurs sur terre, autant que dans les lieux destinés à accueillir des personnes éprouvées par la souffrance, que la demande de foi est vraie et spontanée, essentielle et, en même temps, efficace.

Cesser de prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages

Autour d’un long article

Monsieur l’Abbé Gleize est une figure éminente de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. C’est une plume de référence, un théologien respecté – au moins par les fidèles qui se sentent liés à la FSSPX – dans l’espace francophone, et un écrivain prolifique, dont les écrits occupent une place éminente dans de nombreux médias liés à la Fraternité ou proche d’elle.

Sa position d’ancien professeur au séminaire d’Écône, comme l’admiration que lui vouent les fidèles, ont pu avoir une influence néfaste sur notre cher abbé. On avait pu observer dans un passé pas si lointain, sa capacité à affirmer l’adhésion des prêtres et des fidèles dits « ralliés » aux erreurs de l’après-Concile, à l’aide de pseudo-démonstrations et de raisonnements grossiers qui faisaient insulte à l’intelligence de ses lecteurs (il gagnerait à lire l’excellent communiqué de la Fraternité Saint-vincent-Ferrier Sacres épiscopaux : communiqué de la FSVF, malheureusement bien seule à tenir la ligne de crête). La première de ces insultes était de considérer ceux qu’il appelle les « fidèles ralliés » comme un troupeau uni, stupidement et irrémédiablement liés à l’une ou l’autre des sociétés de vie apostolique ECCLESIA DEI, montrant par-là en quelle estime il tenait lui-même le troupeau des fidèles attachés à sa propre fraternité.

J’ai commencé à lire le long papier qu’il a commis pour le Courrier de Rome de juin 2026 (N°698) en réponse aux entreprises de quelques prêtres et fidèles catholiques intégraux, sous le titre méprisant « Autour d’un petit livre ». Je dis que j’ai commencé, parce que je ne suis pas allé au bout de la démonstration. Dès la deuxième page, et les premières lignes du deuxième paragraphe, notre cher abbé retombe dans le travers du mépris, et se moque de son lecteur. Que nous disent en effet l’abbé Vernier, et avec lui les auteurs du « petit livre » au titre illisible ? Cette chose simple, éminemment simple : qu’aucune circonstance, aucun contexte, aucun événement, aucune menace, aucun danger ne peuvent jamais permettre de violer le droit divin. Si donc sacrer un évêque, non pas sans l’accord du Souverain Pontife, mais bien contre sa volonté, est une violation du droit divin, alors, aucun « état de nécessité », supposé ou réel, ne saurait en annihiler la malice et le caractère peccamineux. Or, que fait notre abbé dès les premières lignes de ce deuxième paragraphe, en son 5ème alinéa ? Il nous ressert « la circonstance pourtant prévalente de l’état de nécessité ».

Que les choses soient bien claires : je ne reproche pas à l’abbé Gleize un manque de profondeur dans ses analyses, ni un manque d’intelligence, même s’il insulte la mienne. Mais je souhaiterais qu’enfin – et c’est malheureusement bien tard – il ne se dérobe pas devant la question centrale : sacrer un évêque contre la volonté du pape relève-t-il du droit divin ou bien du droit ecclésiastique ? Dans le premier cas, il faudrait tirer le fil de la pelote jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’aux sacres de 1988, et ce serait le grand mérite des travaux de l’abbé Vernier et des anonymes qui ont travaillé avec lui, de donner l’éclairage final de la raison et du droit à cet événement douloureux. Dans le second, on pourrait recommencer à discuter de l’état de nécessité et de sa réalité – s’il est possible, en cessant une bonne fois de prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages.

À propos de canards sauvages, il faudra bien qu’on explique aux plus irrévérencieux de ces volatiles pourquoi l’on dépose un recours (cf. Communiqué de la Maison générale : La Fraternité dépose un recours contre le décret du 2 juillet 2026 | FSSPX Actualités ) contre une décision que l’on estime invalide (cf. Lettre au Saint-Père concernant le décret du Dicastère pour la Doctrine de la Foi | FSSPX Actualités ).

François Savy

“Si tuer est soigner, alors brûler est rafraîchir. Si empoisonner est un geste fraternel, alors incendier est un geste ombratif”

Article de François Vanesson :

Plaidoirie en défense de m. Kévin B., pyrothérapeute atmosphérique, nébulosophe diplômé et ombragiste agréé

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les jurés

Mon client n’est pas un incendiaire.

Mon client est un fournisseur d’ombre en zone de carence.

Je vous demande de méditer cette distinction avec le sérieux qu’elle mérite, c’est-à-dire aucun, ce qui la met exactement au niveau du sérieux avec lequel 295 députés s’apprêtent, après-demain, à voter qu’un mort tué est un mort naturel.

Mais n’allons pas trop vite. Ne brûlons pas les étapes.

Les faits d’abord.

Dans la nuit du 5 au 6 juillet 2026, alors que cinquante-quatre départements français agonisaient en alerte incendie et que la France entière ressemblait à une crème brûlée oubliée au chalumeau, mon client a procédé à treize allumages successifs dans la plaine viticole entre Béziers et Pézenas.

Treize.

Comme les treize desserts provençaux, sauf qu’au lieu du nougat c’était de la garrigue, et qu’au lieu de Noël c’était l’Apocalypse.

Le parquet y voit de la pyromanie. La défense y voit de la nébuloculture.

Car le raisonnement de Kévin est d’une rigueur aristotélicienne que Bachelard lui-même, dans sa Psychanalyse du feu, n’aurait pas reniée.

Prémisse majeure : il fait trop chaud parce qu’il y a trop de soleil.

Prémisse mineure : les nuages font de l’ombre.

Conclusion : il faut fabriquer des nuages.

Et qu’est-ce qui fabrique des nuages ?

La fumée

Et qu’est-ce qui fabrique de la fumée ?

Du feu.

Kévin n’a pas incendié le Languedoc : il a ensemencé l’atmosphère.

Il n’a pas détruit treize hectares de vignobles : il a inauguré treize stations d’ombrage biomassique à combustion lente.

C’est du circuit court atmosphérique. Du parasol artisanal et vertical en open source.

Kévin est tout feu tout flamme pour le bien public. Il a le feu sacré. Il pète le feu. Il fait feu de tout bois, littéralement, et c’est tout le problème, mais c’est aussi toute sa grandeur.

On l’accuse d’avoir ravagé 250 hectares ?

Je rétorque qu’il a ombragé 250 hectares.

Tout dépend du point de vue.

Quand on regarde un verre à moitié vide, on est pessimiste.

Quand on regarde une forêt à moitié calcinée, on est procureur.

Kévin, lui, regarde le ciel : il le voit enfin couvert.

Mission accomplie. Le soleil ne passe plus. Certes, la forêt non plus, mais on ne fait pas d’ombre-lette sans casser des chênes.

Vous invoquerez Prométhée, qui vola le feu aux dieux et fut enchaîné pour l’éternité. Mais Prométhée donna le feu aux hommes pour les éclairer. Kévin, plus modeste, le donne à la garrigue pour les ombrager. L’un fut cloué au Caucase ; l’autre risque quinze ans à Béziers. L’histoire bégaie, mais elle tousse davantage.

Vous citerez Néron, qui contemplait Rome en flammes en jouant de la lyre. Mais Néron brûlait par esthétique. Kévin brûle par prophylaxie thermique. Néron était un artiste ; Kévin est un urgentiste atmosphérique.

On ne confond pas un incendiaire mélomane et un pompier de l’ombre qui a pris le problème par le mauvais bout de l’allumette.

Vous me direz : « Maître, un pompier de vingt-deux ans est mort en Savoie. Baptiste Gerfaud-Valentin, caporal volontaire d’Albertville, écrasé par un bloc rocheux en combattant les flammes au Planay. »

Et vous aurez raison de le dire. Et je m’inclinerai. Car cette mort-là, nul ne la qualifiera de « naturelle ».

Personne n’inscrira au certificat de décès que ce garçon de vingt-deux ans est mort « des suites de sa condition humaine ».

Sa mort sera dite ce qu’elle est : violente, injuste, héroïque.

Et c’est là, Monsieur le Président, que la plaidoirie prend feu.

Si j’ose dire.

Car voici l’incandescent paradoxe. Le 15 juillet, dans quarante-huit heures, cette même Assemblée nationale qui débloque des Canadair pour éteindre les flammes votera une loi disposant qu’une mort provoquée par injection d’une substance létale constitue une « mort naturelle, des suites de l’affection ».

L’administration délibérée d’un poison deviendra la conséquence naturelle d’une maladie. Comme si l’on inscrivait sur le certificat de décès d’un chêne-liège calciné au lance-flammes :

« mort de sécheresse, cause climatique ».

L’Assemblée nationale invente l’auto-da-fé sémantique.

On appelle cela « aide à mourir » comme on pourrait appeler mes incendies « aide à rafraîchir ».

On parle de « libre choix » comme Kévin parlerait de « combustion consentie ».

On invoque la « dignité » comme un pyromane invoquerait la « dignité thermique ».

Mêmes mots, même fumée, même escamotage.

Et quel choix, au demeurant ?

On propose au malade deux portes : souffrir ou mourir. Mais la troisième porte, celle qui dit « soulager », on l’a murée. On l’a condamnée, si l’on ose ce verbe. Vingt et un départements sans unité de soins palliatifs. La moitié des patients éligibles qui n’y accèdent jamais. La loi Claeys-Leonetti, qui permet déjà la sédation profonde et continue, inappliquée faute de moyens. La quasi-totalité des souffrances physiques réfractaires pourrait être apaisée. On le sait. On le documente. On détourne le regard. Puis on offre la mort comme on offre un ventilateur à un homme dont on a muré les fenêtres, en lui expliquant qu’il a la liberté de choisir entre étouffer et se jeter dans le vide.

Kévin, lui, a au moins tenté de fournir l’ombre. Il n’a pas proposé aux gens de crever de chaud ou de brûler vifs en appelant cela « parcours de rafraîchissement personnalisé ».

Il a mis le feu, certes. Mais il n’a pas prétendu que les arbres étaient morts de mort naturelle.

Monsieur le Président, je résume. Si tuer est soigner, alors brûler est rafraîchir. Si empoisonner est un geste fraternel, alors incendier est un geste ombratif. Si 295 députés peuvent voter que la mort administrée est naturelle, alors Kévin peut affirmer que la combustion volontaire est météorologique.

Je ne demande pas l’acquittement. Je demande que mon client soit nommé directeur de Météo-France. Ou, à défaut, chevalier de l’Ordre du Mérite agricole, section « jachères accélérées ».

Subsidiairement, s’il plaît au tribunal de le condamner, je demande que le jugement soit qualifié de « rafraîchissement judiciaire naturel ».

L’audience est levée. Ouvrez les fenêtres.

Il fait encore chaud.

Homo festivus : la logique d’une France orwellienne qui fête une mort administrée par une substance qualifiée de « mort naturelle »

Tribune parue dans le JDD :

En 2026, les institutions françaises s’apprêtaient à célébrer à coups de champagne et petits fours la très probable future loi sur l’administration de la mort. Pour fêter cet événement que le gouvernement et le Cese doivent trouver joyeux, ils ont aussi pensé à inviter des citoyens aux frais du contribuable, finançant hôtel, transport et cocktail. Si ce cocktail n’avait pas été rendu public, ils auraient peut-être même pu, en fin de soirée, danser sur des musiques endiablées.

Que des personnes attachées à la valeur suprême de la vie et à un juste accompagnement des personnes souffrantes dans ce chemin si difficile de la maladie puissent être heurtées par un tel esprit festif autour de la mort ne les a sans doute même pas effleurés.

Telle est la France de 2026. Celle où célébrer la mort devient joyeux. L’homo festivus que Philippe Muray avait prédit juste avant Michel Houellebecq rayonne dans sa triste lumière. C’est aussi une France orwellienne où le mensonge s’érige en vérité normative : la mort administrée par une substance devient « mort naturelle » dans la loi ; l’euthanasie est rebaptisée « aide à mourir dans la dignité », et l’ensemble est présenté comme une « loi de fraternité ».

Ces festivités annoncées pour célébrer l’une des lois les plus radicales du monde en matière de mort assistée nous tendent ainsi un miroir. Le visage qui s’y lit est celui d’une société qui a renoncé à ses fondements civilisationnels et a oublié que la dignité de la personne humaine est précisément celle qui demeure tant que la vie n’a pas rendu son dernier souffle. Notion certes controversée, la dignité est pourtant, philosophiquement comme juridiquement, celle qui est attachée de façon indissoluble à l’être humain, indépendamment de ses capacités physiques, intellectuelles, de son « utilité », de sa condition sociale, ou de tout autre critère. L’égale dignité signifie que chaque être humain est digne d’appartenir à la communauté humaine – et d’y demeurer –, quels que soient ses caractéristiques et son état de vie.

Lui administrer la mort au motif que sa douleur lui est insupportable – fût-ce provisoirement – ne vient pas restaurer sa dignité : cela la suppose déjà perdue. Or, la dignité n’est pas atteinte par la souffrance que la vie inflige ; elle l’est par l’abandon que la société choisit – lorsqu’elle réduit la personne à l’état d’objet, l’instrumentalise, ou la prive des soins qui lui sont dus.

C’est ce principe supérieur au cœur de notre civilisation qui a conduit le Conseil d’État à considérer dans son célèbre arrêt Morsang-sur-Orge que le lancer de nain lui était contraire et pouvait dès lors être interdit, nonobstant l’accord dudit « nain ». Car cette dignité n’appartient pas à l’individu : elle est un attribut de l’humanité tout entière, dont nul ne saurait disposer.

L’expression « aide à mourir dans la dignité » est ainsi un contresens. On vit jusqu’au dernier souffle, habité de notre dignité. Même dans la souffrance, même dans la solitude, même dans une prison, une personne garde sa dignité d’homme. Au sens strict, donner la mort ne peut donc être regardé comme permettre à une personne de mourir dans la dignité : c’est lui permettre d’abréger sa vie et d’en finir avec l’inconfort parfois extrême de la douleur. Nul n’ignore ce que la fin de vie peut imposer. Et chacun sait, sans qu’il soit nécessaire de rompre notre assise anthropologique par un large droit à mourir et droit de tuer, que des médecins trouvent déjà dans la discrétion et l’humanité une issue apaisée – sans ouvrir, avec si peu de garde-fous, un droit à mourir et un droit de « tuer ».

L’accompagnement d’une personne jusqu’au terme de sa vie – soins palliatifs de qualité, liens sociaux soutenus, thérapies – est le seul chemin qui respecte sa dignité et son droit à la santé. Nul ne devrait se réjouir qu’une courte majorité de parlementaires règle bientôt le scandale de l’accès défaillant aux soins palliatifs – moins d’un Français sur deux qui en aurait besoin, selon la Cour des comptes – par un accès aussi large à l’administration de la mort.

Dans ses Tusculanes, Cicéron rappelle que ce n’est pas la souffrance qui définit la condition de l’homme, mais la vertu avec laquelle il la traverse. Ironie de l’histoire : le Lorem ipsum de ce même Cicéron, écrit depuis cinq siècles par tous les typographes sans que personne le lise, est le passage où, pour mieux la rejeter, il décrit une société qui fuit la douleur et ne vit que pour le plaisir.

À quoi mène alors cette douleur consentie ? À accepter jusqu’au bout sa condition humaine. Sa vie. À laisser un sourire et une main tendue d’un proche s’exprimer. À permettre à l’avenir d’offrir autre chose que la douleur et, peut-être, l’apaisement de celle-ci. Et pour tous les croyants, à préparer son âme immortelle à ce grand passage.

C’est aussi cela que ce texte empêche : en offrant la mort à qui est atteint d’une maladie jugée incurable à un moment donné, alors que la personne malade peut ne disposer que de deux jours pour se rétracter de sa demande après l’annonce de sa mort prochaine, et que son pronostic vital n’a pas à être engagé à court ou moyen terme pour justifier celle-ci.

En refusant en amont toute vérification des pressions subies pour solliciter la substance létale, toute collégialité réelle pour décider d’administrer la mort et jusqu’à l’examen obligatoire du malade par un médecin spécialiste, ce texte ne peut susciter l’esprit de fête que chez des personnes ayant perdu tout sens de l’humanité, de l’éthique et du sacré.

Signataires

Carine Chaix, avocate au barreau de Paris, présidente de l’association La France en partage ; François-Xavier Bellamy, professeur de philosophie, député au Parlement européen ; Marie-Thérèse Avon-Soletti, maître de conférences honoraire d’histoire du droit ; Pierre-Hugues Barré, docteur en droit, rédacteur en chef de la Revue de philosophie du droit ; Tanguy Barthouil, avocat au barreau d’Avignon ; Nicolas Bauer, docteur en droit, chercheur associé au Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) ; Henri de Beauregard, avocat au barreau de Paris ; Grégoire Belmont, avocat au barreau de Paris ; Françoise Besson, avocat honoraire ; Francesco Biuso, docteur en philosophie et chargé de cours en histoire du droit ; Camille Bisbarre, avocate au barreau de Paris ; Solenne Brugère, avocate au barreau de Paris ; Louis Cailliez, avocat au barreau de Paris ; Mathilde Haas, avocate au barreau de Paris ; Benoît de Lapasse, avocat au barreau de Paris ; Didier Lemaire, professeur de philosophie, essayiste ; Bérénice Levet, docteur en philosophie, essayiste ; Gaëlle Lionel-Marie, avocate au barreau de Paris ; Alexandre Laure, avocat au barreau de Paris ; Valentin Le Dily, avocat au barreau de Rennes ; Delphine Loiseau, avocate au barreau de Paris ; Philippe Marion, avocat à la Cour d’appel ; Grégor Puppinck, juriste, essayiste, directeur du think tank ECLJ ; Guillaume Sergent, avocat au barreau de Paris ; Thibaud Troublaïewitch, avocat au barreau de Paris ; Monette Vacquin, psychanalyste, écrivain, membre du Conseil scientifique du département d’éthique biomédicale du Collège des Bernardins ; Balthasar van Roosendaal, avocat au barreau de Paris ; Dr Catherine Vierling, médecin, fonctionnaire européen ; Philippe Stoffel-Munck, professeur agrégé de droit privé.

Le cardinal Sarah au Parlement européen

Le cardinal Robert Sarah interviendra ce mercredi 15 juillet au Parlement européen, à Bruxelles, à l’invitation des eurodéputés Paolo Inselvini et Nicolas Bay. La rencontre sera consacrée à une réflexion sur les relations entre l’Europe et l’Afrique, avec une attention particulière portée au christianisme, à la culture, à la dignité humaine et à l’avenir des deux sociétés.

L’événement, organisé par le groupe des Conservateurs et Réformistes européens (ECR), débutera à 14 h 00 dans la salle Spaak 5B1 du Parlement européen. La conférence s’intitulera Europe and Africa. In conversation with Cardinal Robert Sarah et bénéficiera d’une interprétation simultanée en anglais, italien et français.

La session s’ouvrira par les interventions des eurodéputés Paolo Inselvini et Nicolas Bay, suivies des salutations institutionnelles de la vice-présidente du Parlement européen, Antonella Sberna, et du nonce apostolique auprès de l’Union européenne, Mgr Bernardito Cleopas Auza.

Le moment central de la rencontre sera une lectio magistralis prononcée par le cardinal Sarah. Interviendront ensuite Antonio Brandi, président de Pro Vita & Famiglia, et Charles de Meyer, représentant de SOS Chrétiens d’Orient, avant un tour de questions avec les participants.

Tournée générale : version intégrale

Une comédie satirique avec Pascal Légitimus qui ose rire là où personne ne l’attend.

Une fiction écrite, produite et réalisée par Natalie Saracco. Avec Pascal Légitimus et pour la première fois à l’écran, Colette Pesleux et Maurice Dupont.

Retrouvons nous le 15 juillet à 19h près de l’Assemblée nationale

De l’équipe de la Fondation Jérôme Lejeune :

Le vote ultime sur la proposition de loi légalisant le suicide assisté et l’euthanasie est programmé le mercredi 15 juillet à l’Assemblée nationale.

Retrouvons nous le 15 juillet à 19h près de l’Assemblée nationale (esplanade des Invalides, à l’angle des rues de Constantine et de l’Université) :

  • pour encourager et remercier tous les députés qui portent, avec courage, la voix de la raison et du cœur,
  • et pour témoigner avec force notre solidarité aux malades et aux soignants

Notre présence silencieuse et déterminée devant l’Assemblée nationale sera aussi le symbole puissant :

  • de notre opposition ferme à l’euthanasie,
  • de notre résistance durable et de notre vigilance de chaque instant
  • et de notre engagement à défendre sans faiblir les plus vulnérables, aujourd’hui, et demain !

Encore de la censure à Bruxelles

Nous vous avons déjà parlé de la campagne Save Europe Act, soutenue par le Salon beige (et que vous pouvez rejoindre ici). Il était prévu qu’une manifestation ait lieu demain devant le Parlement européen. Eh bien, ladite manifestation a été tout simplement interdite! On peut manifester pour tout et n’importe quoi à Bruxelles, mais pas pour défendre la civilisation européenne…

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