Tensions politiques en Arménie
Depuis les élections du 7 juin, le climat politique est plus tendu que jamais, en Arménie. Les résultats sont contestés par les partis d’opposition qui ont déposé des recours devant la Cour constitutionnelle.
Les principaux opposants sont désormais inculpés. Samuel Karapetian, chef de file du parti Arménie forte, est en résidence surveillée pour complot ; Gagik Tsarukyan, du parti Arménie prospère, a été inculpé le 11 juin, pour fraude et évasion fiscale. Enfin, le 17 juin, la Commission électorale centrale, dirigée par un proche de Nikol Pachinian, autorisait de nouvelles poursuites contre l’ancien président Robert Kotcharian, au sujet d’une transaction immobilière datant de 2004. Le 17 juin, devant le Parlement, Nikol Pachinian s’en était pris d’ailleurs directement à ces trois opposants : « tant que je serai Premier ministre, je les écraserai personnellement à la racine et de manière ciblée ».
Source : SOS Chrétiens d’Orient
« Il se passe clairement quelque chose en ce moment»
Dans un dossier consacré aux nouveaux bâtisseurs, moines, restaurateurs de calvaire, fondateurs d’école, France catholique a interrogé le père Cyrille, moine bénédictin à l’abbaye du Barroux, bientôt envoyé à Bellefontaine. Extrait :
Comment expliquez-vous que ce soient les cisterciens trappistes de Bellefontaine qui soient venus vous chercher pour reprendre l’abbaye?
Père Samuel, qui a gouverné la communauté de Bellefontaine par intérim, a très bien expliqué la chose:
« Les frères ne pouvaient pas continuer à vivre seuls sur cette propriété immobilière du XIXe siècle de 120 hectares, devenue trop grande, pour un petit groupe de moines dont la moyenne d’âge avait atteint 80 ans. Mais l’abbaye va continuer à vivre ! En effet, des bénédictins vont pouvoir reprendre le flambeau de la vie monastique et s’installer à Bellefontaine dans le courant de l’année 2026. »
Pourquoi les moines du Barroux? Nous avons toujours éprouvé de la vénération au Barroux pour le Père abbé un peu mythique de Bellefontaine, Dom Gabriel Sortais (1902-1963). Dans les réunions entre les monastères, des liens se sont aussi créés, notamment avec Père Samuel, qui a rénové le magasin de Bellefontaine sur le modèle de celui du Barroux. Bref, mystérieusement, nos deux communautés se préparaient à quelque chose qui fut une passation du flambeau monastique en un lieu qui n’a presque jamais cessé d’être un lieu de prière, de lecture sainte et de travail manuel, et ce depuis 1000 ans !
Louis Guéry, directeur général de SOS Calvaires, déclare de son côté :
« Il se passe clairement quelque chose en ce moment. Depuis quelque temps, on sent que les chrétiens ne craignent plus de s’engager. Que ce soit chez les laïcs ou les consacrés, l’état d’esprit change. Il faudrait que nous soyons trois à quatre fois plus nombreux pour répondre aux demandes des maires et des particuliers qui nous contactent… »
L’association restaure actuellement un calvaire par jour. La moitié des bénévoles « sont des convertis ou des recommençants ». L’association observe d’un regard lointain les débats sur « l’identitarisme catholique » qui agitent le microcosme médiatique. Pierre-Alain Greco, chargé de communication de SOS Calvaires, souligne :
« Ces calvaires font partie de l’identité des villages dans lesquels ils sont installés dans la mesure où ils font partie du patrimoine. Or, en latin, patrimoine signifie “l’héritage de nos pères”. Ce ne sont pas juste des morceaux de bois ! Aucun calvaire n’a jamais été posé là par hasard. Il y a un vrai attachement de la population. »
Le travail des bâtisseurs de SOS Calvaires s’inscrit dans la vie de l’Église : dans les prochains mois, quatre croix de calvaire restaurées seront bénies par des évêques lors de leur installation.
Les catholiques du diocèse de Stockholm réclament une visite apostolique suite à des informations faisant état de corruption
Diane Montagna relate que, en Suède, des fidèles laïcs appellent Rome à enquêter sur ce qu’ils décrivent comme une corruption au cœur du seul diocèse catholique du pays.
Cet appel à une visite apostolique au diocèse de Stockholm fait suite à la publication d’une enquête en deux parties menée par des catholiques suédois. « Nous sommes désespérés », a déclaré un prêtre, décrivant un climat de peur qui règne notamment au sein du clergé diocésain. L’enquête décrit un « vide de pouvoir » au sommet de l’administration diocésaine, qui a permis la formation d’un « axe de pouvoir » au sein de la Chancellerie – un axe qui, selon l’enquête, s’est attaqué à ceux qu’il perçoit comme déloyaux ou menaçants. Les appels se font plus pressants à mesure que le cardinal Anders Arborelius, âgé de 76 ans, approche de la retraite et que le diocèse attend la nomination de son successeur.
Publié en suédois sous le nom de « Thomas More » et désormais disponible en anglais, ce rapport a été élaboré pendant deux ans par un groupe de catholiques du diocèse de Stockholm, à partir de sources directes, de documents et de témoignages de centaines de personnes à travers le diocèse. Selon les auteurs, il dénonce un système de gouvernance corrompue au plus haut niveau de la chancellerie diocésaine de Stockholm.
Ses auteurs affirment avoir fait part de leurs préoccupations au diocèse à maintes reprises et par les voies appropriées. Ils n’étaient pas les seuls : au fil des ans, de nombreuses autres personnes – membres du clergé, paroissiens et particuliers de tout le diocèse, sans lien avec le rapport – ont fait part de leurs inquiétudes directement au diocèse et au cardinal Arborelius lui-même. Leurs préoccupations sont restées sans réponse.
Le rapport a d’abord été diffusé parmi les prêtres et les laïcs du diocèse en novembre 2025 avant d’être rendu public en décembre. « Rester silencieux face à une telle situation », écrivent les auteurs, « reviendrait à accepter la gestion corrompue de ce genre d’affaires par le diocèse, et permettrait ainsi à davantage de personnes d’être lésées à l’avenir. »
Le père Tobias Unnerstål a été démis de ses fonctions de curé de la paroisse Christ-Roi de Göteborg en janvier 2022, suspendu de son ministère sacerdotal en novembre 2024, et n’a jamais été autorisé à prendre connaissance de la plainte à l’origine de ces deux décisions. En septembre 2025, le père Tobias a saisi le Dicastère pour le clergé à Rome. L’examen s’est conclu le 5 mai 2026, lorsque le Dicastère – dont le cardinal Arborelius est lui-même membre – a rendu son propre décret. Il a déterminé que la suspension de novembre 2024 avait été imposée sans respecter la procédure et était donc « invalide ». Le dicastère n’a cependant pas rétabli le père Tobias dans son ministère sacerdotal sans restriction. Se fondant sur des « documents en sa possession » non divulgués, il lui a imposé des restrictions pour une durée de trois ans. Selon le décret, ces documents faisaient état des préoccupations exprimées par le cardinal Arborelius concernant le « comportement du père Tobias envers les hommes ». À ce jour, les documents en question n’ont pas été communiqués au père Tobias, et l’on ignore si le Dicastère entend les lui fournir. Les restrictions reposent donc sur des éléments qu’il n’a jamais vus et qu’il ne peut par conséquent contester – un fait qui, de l’avis de sources proches du Dicastère pour le clergé, constitue la violation la plus fondamentale de la procédure prescrite par le droit canonique. Il peut faire appel de ce décret devant la Signature apostolique — qui, selon des sources connaissant ses antécédents récents, a souvent cassé les décisions du Dicastère pour le clergé.
Pour les catholiques de Suède qui réclament une visite apostolique au diocèse de Stockholm, le mode de gouvernance de ce diocèse est en cause : un prêtre démis de ses fonctions sans même avoir pris connaissance de la plainte déposée contre lui ; un autre maintenu en poste malgré un dossier documenté s’étendant sur trois décennies, et discrètement mis à la retraite avec une lettre de félicitations. Après avoir étudié les rapports d’enquête et consulté des sources bien informées au sein du diocèse, il apparaît que le cas du père Tobias Unnerstål et de son successeur n’est que le premier chapitre d’une chronique plus longue.
Sacres de la FSSPX : qu’en penser ?
La saison 2025-2026 se termine avec la diffusion ce vendredi d’une émission spéciale entièrement consacrée à la question des sacres épiscopaux qui seront conférés le 1er juillet prochain à quatre prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X.
Exceptionnellement, cette émission d’une heure et demie est accessible à tous et permettra de mieux saisir les arguments des uns et des autres.
Au micro du Club des Hommes en noir, Philippe Maxence reçoit les abbés Hervé Benoît et Grégoire Celier ainsi que Messieurs Jean-Pierre Maugendre et Richard de Seze. Dans un esprit de dialogue et de vérité, tous apportent leurs arguments pour évaluer au mieux cet événement des sacres épiscopaux.
Le cardinal Müller au consistoire : « Nous devons répondre à la FSSPX »
L’ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi demande une réponse formelle à la profession de foi de la FSSPX et le rétablissement de la Commission pontificale Ecclesia Dei.
Léon XIV avait demandé aux cardinaux de faire preuve de franchise. Et certains l’ont pris au mot. À la veille du consistoire, la FSSPX a adressé au pape et aux cardinaux une profession de foi accusant Rome de s’être écartée de la tradition et du magistère pérenne. Le cardinal Gerhard Ludwig Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a exhorté le consistoire à rejeter cette accusation. D’où la proposition de rédiger une réponse, affirmant que Rome n’a jamais abandonné la voie de la tradition, contrairement à leurs allégations. Cette position est d’autant plus significative que le cardinal allemand dirigeait le dicastère chargé de traiter précisément ce différend.
Le discours abordait également les conséquences d’un des scénarios : la déclaration de schisme suite aux consécrations des nouveaux évêques sans mandat conduirait de nombreux lefebvristes à demander un retour à Rome. Le cardinal a insisté sur la nécessité de préparer leur accueil, proposant une structure inspirée de la Commission pontificale « Ecclesia Dei », créée en 1988 par Jean-Paul II pour accueillir ceux qui souhaitaient retrouver la pleine communion avec Rome après les consécrations illicites.
L’excommunication suscite l’inquiétude, car, contrairement à il y a 38 ans, elle pourrait ne pas concerner uniquement les évêques consacrés et ceux qui consacrent. Si tel était le cas, l’abbé Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie-X et principal artisan de la ligne dure, en serait exempté. La réaction de Rome reste incertaine, mais on s’attend à ce qu’un certain nombre de prêtres, de religieux et de religieuses quittent les schismatiques et souhaitent revenir à la pleine communion avec Rome.
Aujourd’hui, grâce au travail accompli à l’époque par la Commission pontificale « Ecclesia Dei », il existe au sein de l’Église, en pleine communion avec Rome, des institutions qui célèbrent l’ancienne liturgie et reconnaissent le concile Vatican II. Ecclesia Dei a été supprimée en 2019 par le pape François. Des restrictions concernant ces célébrations ont été introduites en 2021 avec Traditionis Custodes.
À la fin de la réunion, plusieurs cardinaux d’orientations différentes semblaient être d’accord et ont également apprécié la franchise du cardinal, l’un des plus reconnus pour ses études et sa carrière ecclésiastique.
“J’ai besoin de votre liberté, de votre franchise et de votre loyauté. Un conseil sincère est toujours un acte de communion”
Lors de l’ouverture du Consistoire, le pape Léon XIV a déclaré aux cardinaux :
[J]e souhaite vous demander une aide particulière. Le ministère que le Seigneur m’a confié ne peut être exercé seul. Il a besoin de votre expérience, de votre sagesse pastorale, de votre connaissance des Églises et des peuples qui vous sont confiés. Je compte sur vous pour m’aider à discerner ce que l’Esprit dit aujourd’hui à l’Église. J’ai besoin de votre soutien : fort, explicite et public. J’ai besoin de me sentir soutenu par vous, comme par des frères.
Je vous demande donc de m’accompagner non seulement au cours de ces journées de travail, mais aussi dans le service quotidien de la communion de l’Église universelle. Aidez-moi à écouter ce qui émerge des Églises, à reconnaître les signes d’espérance qui grandissent souvent dans le silence, mais aussi à ne pas ignorer les difficultés, les incompréhensions et les résistances qui peuvent ralentir le cheminement. J’ai besoin de votre liberté, de votre franchise et de votre loyauté. Un conseil sincère est toujours un acte de communion.
Je vous demande également de soutenir, chacun au sein de son Église et dans son ministère, cette manière de discernement ecclésial. Je sais que cela demande de la patience et suscite parfois des interrogations. Je suis toutefois convaincu que le Seigneur nous enseigne une manière plus évangélique de vivre ensemble la responsabilité qu’il nous a confiée. En dépendent également la crédibilité de notre témoignage et la fécondité de notre mission.
« Prier avec le cycle féminin » : Non, le cycle féminin n’est pas une école de vie intérieure
Le titre de ce livre : « Prier avec le cycle féminin » https://lesalonbeige.fr/si-je-nie-mon-feminin-cyclique-comment-pourrais-je-presenter-a-dieu-ce-qui-en-ce-cycle-me-destabilise-voire-me-fait-souffrir/ fait dépendre la prière du cycle féminin. Il sous-entend que le cycle féminin influence la prière. Or la prière est la relation de l’âme avec Dieu. C’est un acte spirituel.
Vouloir mettre la prière en relation avec les humeurs du corps est mauvais. Bien sûr, si une femme est fatiguée, elle peut offrir sa fatigue à Dieu, mais vouloir spiritualiser le cycle féminin, c’est attribuer une valeur spirituelle à des rythmes biologiques et cela ne peut se faire sans quitter la saine doctrine. Cela fait penser à certains courants ésotériques.
Faire dépendre la prière du cycle féminin offense Dieu, même si cela part d’une bonne intention. Il faut faire attention à ne pas réinventer la foi. Saint Vincent de Lérins dit que toute idée nouvelle qui ne fait pas partie de la Tradition de l’Eglise est contraire à la bonne doctrine.
La publicité pour le livre dit : « Comment prier en vérité si l’on ignore la réalité de la condition féminine ? » Ce n’est pas catholique de dire cela. Il n’y a pas besoin de connaître les sciences naturelles pour aimer, louer et servir Dieu. Faire dépendre une bonne prière de la connaissance du cycle féminin n’est pas conforme à l’enseignement traditionnel de l’Eglise.
La publicité continue : [Comment prier en vérité] « si l’on ne s’autorise pas à être pleinement femme devant Dieu ? » Il y a ici une sexualisation malséante de la prière. On mélange deux choses qui n’ont rien à voir : le cycle féminin et ce que Dieu attend de nous dans la prière.
La prière est un acte d’adoration, de louange, de contrition, de réparation, de demandes de grâces pour nous et pour les autres… C’est un acte de foi théologale, d’espérance, de charité. Ces trois vertus théologales n’ont rien à voir avec le cycle féminin. Vouloir établir un rapport entre ces vertus, qui sont dans la prière catholique, et le cycle féminin est contraire à la foi.
Le texte publicitaire continue : « À l’intime, le cycle féminin est vécu à la fois comme une vulnérabilité subie et la marque d’un rythme propre. L’auteur nous aide à comprendre un langage du corps, certes mystérieux, mais qui attend d’être éclairé par la grâce. » : Il y a de nouveau une association malséante, cette fois-ci entre le cycle féminin et la grâce. La grâce de Dieu ou grâce sanctifiante est la vie des trois personnes divines en nous. C’est l’inhabitation de la Sainte Trinité dans notre âme. Affirmer que cette présence sublime de Dieu en nous éclaire le cycle féminin est un affront à la Sainteté de Dieu. Dieu veut pour nous la sainteté. Sa grâce agit au plan surnaturel. La grâce divine ne cherche en rien à éclairer le cycle féminin qui, lui, est au plan physiologique. Ce sont deux choses différentes qui ne sont pas sur le même plan.
La publicité affirme : « Gabrielle Vialla témoigne dans cet ouvrage que, tout comme le cycle liturgique ordonne et sanctifie le temps de l’Église, le cycle féminin, à sa mesure, peut devenir une école de vie intérieure en l’unissant à la dynamique même de son corps. » : De nouveau, il y a une comparaison offensante, cette fois-ci entre le cycle féminin et le cycle liturgique.
Non, le cycle féminin n’est pas une école de vie intérieure. L’école de vie intérieure, nous la trouvons dans les écrits de maîtres spirituels comme Saint Alphonse de Liguori, Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, les écrits de Dom Marmion : « le Christ vie de l’âme », « le Christ dans ses mystères », etc. Vouloir utiliser le cycle féminin comme école d’apprentissage de la vie intérieure est anti-chrétien.
Il existe cependant une grâce que Dieu voudrait nous donner à tous, une grâce qui ne dépend en rien du cycle féminin.
Cette grâce est exposée dans « Le livre de la grace spéciale » (Révélations de Sainte Mechtilde, approuvées par l’Eglise). C’est la grâce d’être revêtus des mérites des saints et de participer étroitement à la maternité spirituelle de Marie.
Cette grâce est proposée tant aux hommes qu’aux femmes. Elle est exposée au chapitre XI, première partie de ce livre. Ce chapitre est intitulé : « De sainte Agnès et de ce que les saints peuvent donner tous leurs biens a leurs dévots clients. » Voici un long extrait du chapitre, qui explique comment obtenir cette grâce extraordinaire :
« Et comme le texte de l’office ramenait sans cesse les paroles d’Agnès, Mechtilde saisie de tristesse se plaignit à Dieu de ce que, revêtue de l’habit de la religion et fiancée au Christ dès son enfance, elle ne l’avait jamais aimé de tout son coeur, comme cette bienheureuse vierge.
Au lieu de lui répondre, le Seigneur dit à sainte Agnès : « Donne-lui tout ce que tu possèdes. »
A ce mot, Mechtilde comprit que Dieu a conféré aux saints le privilège de donner tout ce que le Christ a opéré en eux, avec tout ce qu’ils ont souffert pour son amour, à ceux de leurs dévots et de leurs amis qui louent le Seigneur pour eux, lui rendent grâces et aiment les dons que Dieu leur a faits.
Et quand sainte Agnès eut accompli le désir du Seigneur, Mechtilde, au comble de la joie, supplia la Reine des vierges de louer avec elle son Fils, pour le remercier: « Récite un Ave Maria, » répondit la bienheureuse Vierge. Mais sous l’inspiration divine la sainte éclata en ces paroles de louange :
« Je vous salue au nom de la toute-puissance du Père, je vous salue au nom de la sagesse du Fils, je vous salue au nom de la bonté du Saint-Esprit, ô très douce Marie, lumière du ciel et de la terre.
Pleine de grâce, et votre plénitude découle sur tous ceux qui vous aiment.
Le Seigneur est avec vous, Fils unique du Père, Fils unique de votre coeur virginal, votre ami et très doux Epoux.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes, car vous avez mis en fuite la malédiction et attiré l’éternelle bénédiction.
Le fruit de vos entrailles est béni, lui le Créateur et le Seigneur de l’univers, qui bénit et sanctifie tout, qui unifie et enrichit toutes choses. »
Alors la bienheureuse Vierge Marie lui fit don de tous ses biens, même de sa maternité virginale, pour qu’elle devînt mère de Dieu en esprit, par la grâce, comme elle est Mère de Dieu, par nature.
Ceci fît comprendre à Mechtilde que les âmes qui se gouvernent d’après la volonté divine, l’aiment et l’accomplissent en toutes choses, deviennent réellement mères du Christ selon cette parole : Quiconque fera la volonté de mon Père, celui-là est mon frère, ma soeur et ma mère (Matth., XII, 50).” (fin de citation)
Le prologue du « livre de la grâce spéciale » dit que tous les lecteurs du livre sont appelés à recevoir toutes les grâces exposées dans ce livre. Cette grâce est donc proposée à tous ceux qui liront le livre. On peut le télécharger gratuitement sur ce lien : http://jesusmarie.free.fr/mechtilde_de_hackeborn.pdf
Il faut faire attention de ne pas tomber dans l’hérésie et un faux mysticisme qui offense Dieu. La publicité pour le livre “Prier avec le cycle féminin” véhicule des notions étrangères à la Tradition de l’Eglise. Il me semble que Gabrielle Vialla devrait renoncer à vendre son livre. Cela plairait à Dieu. En échange de son sacrifice, Dieu lui propose avec amour toutes les grâces du livre de la grâce spéciale qui correspondent à une bénédiction très spéciale de Jésus. C’est Jésus Lui-même qui a donné ce titre au livre, pour exprimer ainsi les trésors qu’il contenait. Dans ce livre, Jésus propose également de réparer Lui-même par sa sainte vie toutes les négligences et imperfections de notre vie.
Mais pour recevoir ces grâces, il ne faut pas s’écarter de la foi catholique car c’est ainsi qu’on est en communion avec Jésus. Il faut donc renoncer courageusement à la doctrine hétérodoxe du cycle féminin.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Cinquième dimanche après la Pentecôte : “va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis, viens présenter ton offrande”
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Comme dimanche dernier, tous les chants du propre de la messe du cinquième dimanche après la Pentecôte sont extraits des psaumes, et nous allons y trouver à deux reprises, à l’Introït et à la Communion, le psaume 26, qui était déjà celui de l’Introït du quatrième dimanche, et dont nous avions dit qu’il était par excellence le psaume de la confiance en Dieu. Mais ce psaume comporte deux parties ; la première est l’affirmation de cette confiance, la seconde est la prière qui en résulte pour demander à Dieu sa protection…
Introït : Exaudi Domine… adjutor
Le texte de l’Introït du cinquième dimanche après la Pentecôte se situe au début de cette deuxième partie du psaume 26.
Exaudi Domine vocem meam qua clamavi ad te : adjutor meus esto, ne derelinquas me, neque despicias me, Deus salutaris meus.
Seigneur écoutez ma voix qui crie vers vous, soyez mon secours, ne m’abandonnez pas, ne me repoussez pas, Dieu qui êtes mon salut.
On pourra remarquer que la première phrase était déjà celle de l’Introït du dimanche dans l’octave de l’Ascension ; mais c’était surtout à cause de la phrase suivante : » Seigneur je cherche votre visage « , qui exprimait la prière des apôtres quelque peu désemparés après le départ de leur maître. Ici on ne retrouve pas cette deuxième phrase, et on passe directement au verset suivant du psaume, qui est un appel au secours, mais plein de confiance.
La mélodie de cette prière est dans l’ensemble calme et douce mais très expressive avec des accents bien soulignés, une montée suppliante sur l’appel au secours qui débute la deuxième phrase et un bel élan de confiance à la fin sur les mots salutaris meus.
Cet Introït est accompagné par le premier verset du psaume 26, par lequel débutait l’Introït du quatrième dimanche :
Dominus illuminatio mea, et salus mea : quem timebo ?
Le Seigneur est ma lumière et mon salut, de qui aurai-je peur ?
Graduel : Protector noster
Le texte du Graduel du cinquième dimanche après la Pentecôte est encore une prière adressée à Dieu pour lui demander sa protection. Il est extrait du psaume 83 Quam dilecta tabernacula tua, dans lequel le peuple d’Israël, exilé loin de Jérusalem et du Temple, exprimait son ardent désir de revoir la maison de Dieu.
Protector noster aspice, Deus, et respice super servos tuos. Domine Deus virtutum, exaudi preces servorum tuorum.
Dieu notre protecteur, regardez et jetez les yeux sur vos serviteurs. Seigneur, Dieu des armées célestes, exaucez les prières de vos serviteurs.
Il faut remarquer que les derniers mots de la première partie super servos tuos ne figurent pas dans le psaume, qui dit : respice in faciem Christi tui, jetez les yeux sur le visage de votre oint. L’oint du Seigneur c’était le roi d’Israël, qui adressait cette supplication. On trouve d’ailleurs ce texte exact à l’Introït du quatorzième dimanche après la Pentecôte. Quant aux mots super servos tuos ils sont repris identiquement, texte et mélodie, au Graduel du sixième dimanche, où ils sont bien à leur place dans le psaume. Il semble qu’il y ait eu ici une volonté d’insister sur ce mot de » serviteur » car à la fin du Graduel également on chante : » exaucez les prières de vos serviteurs « , alors que le psaume dit seulement : » Exaucez ma prière « . Les serviteurs de Dieu ce sont ceux qui sont à son service, c’est nous tous en un certain sens, mais ce sont plus spécialement les âmes qui lui sont consacrées, à la prière desquelles nous nous unissons, pour le peuple de Dieu c’est-à-dire l’Église qui en a plus que jamais besoin. Non seulement les mots super servos tuos ont exactement la même mélodie que dans le Graduel de dimanche prochain, mais d’une façon générale nous nous trouvons dans une série de dimanches où les Graduels se ressemblent beaucoup, et les mêmes formules reviennent, notamment quelques grandes vocalises, ce qui n’empêche pas chaque mélodie d’être parfaitement adaptée au texte correspondant.
Alléluia : Domine in virtute tua
Le texte de l’Alléluia de cinquième dimanche après la Pentecôte est formé du premier verset du psaume 20, et on peut noter qu’à partir de ce dimanche et jusqu’à la fin du temps après la Pentecôte, tous les versets d’Alléluia, sauf de rares exceptions, ont pour texte le début d’un psaume. Celui-ci est un chant d’action de grâces de David, roi d’Israël, pour une grande victoire que Dieu lui a accordée sur ses ennemis.
Domine, in virtute tua lætabitur rex : et super salutare tuum exsultabit vehementer.
Seigneur le roi se réjouit de votre puissance. Il exulte avec force pour le salut que vous lui avez accordé.
C’est donc un chant de reconnaissance et de louange à la toute puissance divine pour toutes les grâces et les bienfaits dont elle nous a comblés.
La mélodie de cet Alléluia est assez extraordinaire et même unique dans le répertoire. Notons d’abord pour les connaisseurs que c’est le seul Alléluia du sixième mode, et encore s’agit-il ici d’un sixième mode assez particulier qui ressemble beaucoup au mode majeur moderne, et pourtant cette pièce n’est pas récente ; on la trouve dans les plus anciens manuscrits. Cette mélodie ample, solennelle et enthousiaste dont les larges vocalises balayent toute l’octave et même au delà, convient parfaitement pour exprimer les sentiments de louange et de reconnaissance du texte.
Offertoire : Benedicam Dominum
Le texte de l’Offertoire du cinquième dimanche après la Pentecôte est tiré du psaume 15, prière du juste exprimant sa confiance en Dieu. Il sait que s’il s’appuie sur le Seigneur, il sera en sécurité. Saint Pierre a cité ce psaume dans son discours du jour de la Pentecôte en le mettant dans la bouche du Christ dont il prophétise la résurrection, et les versets qui sont chantés aujourd’hui se trouvent au début de la citation de saint Pierre, avant cette prophétie.
Benedicam Dominum, qui mihi tribuit intellectum : providebam Deum in conspectu meo semper : quoniam a dextris est mihi, ne commovear.
Je bénis le Seigneur qui me donne l’intelligence ; je vois toujours Dieu devant moi en ma présence, car il se tient à ma droite pour que je ne trébuche pas.
L’intelligence signifie que le Seigneur nous éclaire pour que nous sachions ce que nous devons faire. En ce temps après la Pentecôte qui figure le long cheminement de l’Église sur cette terre au milieu de bien des embûches, chacun de nous peut faire sienne cette prière, demandant au Seigneur son assistance et la lumière pour y voir clair. Illumina oculos meos chantions-nous déjà dans l’Offertoire du quatrième dimanche. La mélodie est très fervente et pleine de grands élans. On ne compte pas moins de sept montées successives, mais à la fin au contraire elle s’apaise et devient presque immobile sur les mots ne commovear en une longue contemplation pleine d’assurance.
Communion : Unam petii
Nous retrouvons dans la Communion du cinquième dimanche après la Pentecôte le même psaume qu’à l’Introït, le psaume 26, qui est très utilisé dans ces premiers dimanches après la Pentecôte ; ce sera encore celui de la Communion de dimanche prochain, ce qui montre bien que la confiance en Dieu qu’exprime ce psaume est le sentiment dominant de cette période de l’année liturgique. L’antienne de Communion de ce jour est tirée de la première partie du psaume, à la suite de l’Introït de dimanche dernier ; elle exprime la sécurité que l’on éprouve lorsqu’on est auprès du Seigneur dans sa maison, objet des désirs de David quand il a composé ce psaume.
Unam petii a Domino, hanc requiram : ut inhabitem in domo Domini omnibus diebus vitæ meæ.
La seule chose que j’ai demandée au Seigneur, celle que je recherche, c’est d’habiter dans la maison du Seigneur tous les jours de ma vie.
La maison du Seigneur, on le sait, c’est l’église de pierre avec un petit » é « , c’est l’Église des âmes avec un grand « É », et c’est aussi le ciel, objet de nos désirs.
Liban – Israël : Discussions en cours aux Etats-Unis
Alors que le cessez-le-feu au Liban peine à être parfaitement respecté – trois morts ces dernières heures dans le Sud-Liban – une cinquième session de discussions se poursuit, en ce moment même, aux Etats-Unis entre Israël et le Liban. Des discussions difficiles et qui n’aboutissent pas entre les deux parties, avec toujours les mêmes enjeux : le désarmement du Hezbollah pour les uns et le retrait des troupes israéliennes du Liban pour les autres. Rappelons que le Hezbollah ne reconnait pas ces discussions en cours.
Alors que le retrait des troupes israéliennes du Liban se discute aux Etats-Unis, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz a réaffirmé, le 25 juin, que les forces israéliennes resteront au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza, « sans aucune limite de temps », à l’intérieur des zones tampon qu’Israël a créé dans ces pays.
L’objectif a-t-il ajouté est de « protéger nos habitants et nos communautés contre les éléments djihadistes ». « Nous ne ferons aucun compromis sur l’intérêt suprême d’Israël en matière de sécurité : protéger nos soldats et assurer la sécurité de nos citoyens, et nous ne nous retirerons pas des zones de sécurité », a déclaré le ministre à l’occasion d’une remise de diplôme dans une école d’officiers.
Source : SOS Chrétiens d’Orient
Donner sa vie | TRADITIO – Partie III : Une œuvre de charité
Le troisième épisode de la série documentaire TRADITIO – Pour l’amour de l’Église (FSSPX) est consacré au ministère sacramentel de l’Église. À travers la diffusion des saintes huiles et la célébration de la Semaine sainte, il met en lumière la vie liturgique qui sanctifie les âmes, transmet la grâce divine et prolonge l’œuvre rédemptrice du Christ dans le monde entier.
Les sacres de la FSSPX : “intransigeance” et “souplesse du Vatican”
« Je fais partie de tous ces catholiques qui sont écartelés par cette affaire. Je ne suis pas l’avocat de la Fraternité Saint-Pie X, mais je ne suis pas non plus son procureur. » Interrogé par Armel Joubert des Ouches, Guillaume Bernard, politologue, professeur à l’ICES, se dit « effaré par des jugements très péremptoires qui sont assénés par un certain nombre de commentateurs ».
Alors que la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X s’apprête à procéder à de nouvelles consécrations épiscopales, Guillaume Bernard revient sur le cas chinois. Dans une interview de 13 minutes – « Rome menace d’excommunier la Fraternité Saint Pie X » – il affirme :
« Durant des siècles, il n’était pas besoin d’obtenir un mandat pontifical pour procéder au sacre d’un évêque. Ce n’est plus le cas depuis 1958. Il faut aujourd’hui un mandat apostolique pour pouvoir procéder à un sacre épiscopal. En 2018, le Saint-Siège, sous le pontificat de François, a trouvé un accord avec le Parti communiste chinois afin de réintégrer dans l’Eglise catholique des évêques qui avaient été désignés dans “l’Eglise patriotique”, l’Eglise catholique contrôlée par le Parti communiste chinois. »
Guillaume Bernard relève « l’intransigeance d’un côté » et « la souplesse de l’autre »…
Nouvelle religion dans l’église
Hier, dans l’église de Ligny-en-Barrois, dans le diocèse de Verdun, les fidèles pouvaient adorer regarder le match de l’équipe de France.
Faisant mentir le saint curé d’Ars, qui disait « Laissez une paroisse vingt ans sans prêtre : on y adorera les bêtes. », le curé efface la religion catholique au profit de la religion du sport. Remarquez, c’est sans doute moins grave que de célébrer la messe traditionnelle…
La météo est homophobe…
Initialement prévue samedi à Paris, la Marche des fiertés, cette “Gay Pride” LGBTQXYZ militante et scandaleuse, est reportée, suite à la demande de la préfecture de police.
Dans un communiqué, le préfet de police Patrice avait appelé les organisateurs de manifestations “de grande ampleur” à annuler leurs événements dans la capitale, en raison de “la canicule exceptionnelle” qui “éprouve les services de secours et les établissements de santé”.
Alexandre Schon, co-président de l’Inter-LGBT, qui organise l’événement dans la capitale, travaille sur un report en septembre. La fin du mois est déjà prise par la venue du pape…
Le festival Solidays, prévu de vendredi soir à dimanche à l’hippodrome de Longchamp à Paris, a aussi été annulé.
Faut-il euthanasier le Grand-Orient de France ?
L'”Eglise de la République” est mobilisée pour éliminer les personnes vulnérables :
À l’occasion de la venue de Mme @YaelBRAUNPIVET au @GODFOfficiel, le Grand Maître @BertinottiPier2 lui a remis le communiqué de presse du GODF appelant à l’adoption d’une loi sur la fin de vie, fidèle aux valeurs de liberté, de dignité et de fraternité qui animent le GODF. pic.twitter.com/8cRLlOZfTu
— GODF (Officiel) (@GODFOfficiel) June 26, 2026
Habituée de l’inversion accusatoire, la secte maçonnique accuse “certains lobbys religieux, rétifs à toute évolution en matière de droits et liberté pour l’individu”…
Euthanasie : notre corps nous appartient-il ?
Depuis les années 70, la question du droit à disposer pleinement de son corps a agité la société française, notamment à travers le débat sur le droit à l’avortement. Ce concept rencontre un obstacle central : la question de la dignité, qui sera consacrée notamment par les lois de bioéthique et reconnue comme principe à valeur constitutionnelle par le Conseil constitutionnel.
La constitutionnalisation de la liberté de recourir à l’IVG en 2024 constitutionnalise de fait la liberté de disposer pleinement de son corps. Ces deux idées, liberté et dignité, nous amènent à une question simple : sont-elles conciliables ?
Cette question est importante car les principes constitutionnels sont censés structurer la doctrine du droit. Or, si la doctrine n’est pas cohérente, le droit ne peut l’être et devient fragile, voire caduque.
Pour répondre à cette question, je vous invite à réfléchir au droit de disposer de notre corps et donc à la question de la propriété du corps.
Tout d’abord, afin de parler le même langage, je souhaiterais commencer par définir ces trois notions : la liberté, la dignité et la propriété.
I. La liberté
Étant catholique, je trouve que la meilleure définition de la liberté est celle qui la définit comme le fait de choisir le bien. Néanmoins, afin de toucher un public plus large, je reprendrai la définition de Jean-Jacques Rousseau : la liberté consiste à obéir aux lois que le peuple s’est données lui-même. Dans Du contrat social, il affirme que l’homme est véritablement libre lorsqu’il participe à la souveraineté populaire.
Il faut ajouter, pour mieux comprendre cette définition, que le droit actuel se construit autour d’une philosophie positiviste du droit : c’est la loi, expression du peuple, qui fait la justice. Cette conception, fondée sur l’expression nationale, donne une dimension relativiste au droit, mais nous la garderons car elle traduit, à mon sens, au mieux la réalité actuelle.
II. La dignité
Le terme dignité vient du latin dignitas, que les Romains décomposaient en trois aspects : le prestige lié au rang social, la réputation morale, et enfin le respect lié à une fonction. Il existe donc dans cette notion de dignité une idée de reconnaissance sociale.
Cette reconnaissance, avec le christianisme puis la philosophie humaniste, a pris une dimension universelle.
Dans le christianisme, l’homme étant fait à l’image de Dieu, il acquiert une dignité transcendante impliquant le respect de la nature humaine dans son intégralité.
Pour les humanistes apparus à la Renaissance et dont l’influence se prolonge jusqu’à l’époque contemporaine, notamment après les procès de Nuremberg qui débouchent sur la Déclaration universelle des droits de l’homme, cette dimension universelle de la dignité humaine est reprise :
« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »
La dignité humaine est donc universelle et ne peut souffrir d’aucune hiérarchie (sociale, ethnique ou idéologique).
III. La propriété
Enfin, penchons-nous sur la propriété. La définition juridique de la propriété découle du droit romain et se décompose en trois éléments : l’usus (le droit d’utiliser un bien), le fructus (le droit d’en percevoir les fruits) et l’abusus (le droit d’en disposer, y compris de le détruire).
Cette définition simple permet, à mon sens, d’appréhender la propriété dans son intégralité.
IV. Le corps est-il une propriété ?
Dès lors que ces définitions sont posées, une question se pose : suis-je pleinement propriétaire de mon corps ?
Pour l’usus et le fructus, la réponse est simple. Nous pouvons jouir pleinement de l’usage de notre corps et des fruits qu’il nous offre. Mais qu’en est-il de l’abusus ? A-t-on le droit de détruire ou de dégrader son corps ?
C’est ici que la question de la dignité vient se heurter à la notion de liberté.
Tout d’abord, repensons à quelques exemples du cadre légal : l’arrêt du Conseil d’État du 27 octobre 1995 interdisant le « lancer de nain », ainsi que la loi du 13 avril 2016 interdisant l’achat d’un acte sexuel.
Dans ces deux situations, nous constatons qu’il est juridiquement admis qu’il existe des limites à la libre disposition de son corps dès lors qu’est en cause la dignité humaine.
Par ces exemples, nous constatons que le droit français ne permet pas une libre disposition absolue du corps. Nous pouvons en user et en retirer les fruits autant que nous le souhaitons, dans la mesure où nous ne portons pas atteinte à notre dignité, mais aussi à celle d’autrui.
Il est intéressant de noter que, dès lors, l’abusus n’appartient ni à l’individu, ni à l’État. Dans une conception chrétienne, nous pouvons dire qu’il appartient à Dieu ; dans une conception moderne, à l’ensemble de l’humanité.
V. Tensions entre liberté et dignité
Dans une conception chrétienne de la liberté, il n’y a pas de conflit avec cette dimension universelle de la dignité. La difficulté réside plutôt dans l’évaluation de ce qui est bon, du fait de l’imperfection de la nature humaine marquée par le péché originel.
Dans une conception positiviste du droit, le relativisme de la liberté rend la conciliation avec l’idée de dignité universelle plus complexe. Cette difficulté peut être encore plus prégnante si l’on adopte une définition libertaire de la liberté. Mais restons ici sur la définition de Rousseau, plus équilibrée.
VI. L’euthanasie
Le droit faisant la justice, nous avons vu la dignité humaine questionnée avec la loi de 1975 sur l’avortement.
En effet, l’embryon et le fœtus sont des êtres vivants à part entière. Il est impossible de nier, sauf à faire preuve de mauvaise foi, qu’un fœtus ou un embryon est un être vivant. Par ailleurs, il s’agit d’un être vivant possédant un patrimoine génétique complet d’être humain, contrairement aux gamètes qui sont haploïdes.
Il s’agit donc bien d’un être humain au sens biologique.
Néanmoins, le droit français opère une distinction essentielle : il ne définit pas l’être humain comme une personne juridique. La personnalité juridique commence à la naissance, lorsqu’une personne naît vivante et viable.
Cela explique que, lors d’un accident de voiture, si une femme enceinte perd son enfant à la suite de l’accident alors qu’il n’est pas né vivant et viable, le responsable ne peut être poursuivi pour homicide.
Ainsi, bien qu’il s’agisse à mon sens d’un raisonnement contestable, nous pouvons admettre que l’avortement ne remet pas en cause l’universalité de la dignité des personnes humaines.
Pour la question de l’euthanasie, pudiquement appelée aide à mourir, cela ne tient plus.
La légalisation de l’euthanasie revient à détruire sa propre vie. Le problème est que l’abusus n’appartient ni à l’État ni à l’individu.
C’est d’ailleurs pour cette raison que le plan Aktion T4 visant à exterminer les personnes handicapées, mené par les nazis, est aussi mortifère ( c’est le cas de le dire ) que l’aide médicale à mourir. En effet, en détruisant l’universalité de la dignité humaine, on introduit de fait une hiérarchie dans l’humanité. Dès lors, on n’est plus ni chrétien, ni humaniste.
CONCLUSION
Ainsi, l’avortement déjà, mais l’euthanasie pleinement, viennent mettre en tension, sous prétexte de la liberté individuelle, le principe constitutionnel de dignité.
Cela pose deux problèmes.
Le premier est théorique, mais non sans conséquence : celui de la cohérence du droit. Si le droit se contredit, il n’a plus de cohérence et perd en intelligibilité. Il s’effondre comme système normatif structuré, et glisse vers une logique de décisions politiques successives sans véritable unité.
Enfin, et parce que c’est le débat du moment, l’euthanasie ne permet pas de préserver la dignité humaine en soulageant la souffrance par la mort. D’abord, parce que c’est une erreur de diagnostic : un homme veut mourir parce qu’il souffre. Ainsi, l’adversaire n’est pas la vie, mais la souffrance. C’est la souffrance que nous devons combattre.
Cette responsabilité est médicale, mais pas seulement. Elle est universelle, car nous allons tous souffrir, et si nous ne nous occupons pas de ceux qui souffrent, nous ne méritons pas que l’on s’occupe de nous lorsque nous souffrirons.
La dignité humaine étant la reconnaissance universelle de la vie humaine qui doit être préservée dans ses besoins fondamentaux, autoriser l’euthanasie revient à détruire cette notion universelle et à introduire des hiérarchies de dignité.
Reconnaître l’euthanasie, c’est reconnaître qu’il existerait des vies dont la valeur serait moindre.
En somme, il y a une dimension civilisationnelle dans cette loi qui se joue : soit nous nous appartenons pleinement et nous glissons vers une logique utilitariste de sélection des vies (sur des critères médicaux, sociaux, économiques…) , soit nous ne sommes pas pleinement propriétaires de notre corps car nous sommes tous unis dans une même humanité.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Euthanasie : retour nécessaire en 2022
Petit Rappel à l’usage de tous les politiques, autorités morales et religieuses, catholiques ou autres personnes qui avaient appelé à faire élire Macron à la dernière présidentielle de 2022 (soit en votant pour lui, soit en s’abstenant) et qui sont aujourd’hui très opposés à la nouvelle loi qu’il veut faire voter. Ils ne peuvent pas dire aujourd’hui “on ne savait pas” :
Le Monde du 22 avril 2022
“La grande réforme de société d’Emmanuel Macron, s’il est réélu, sera la reconnaissance du « droit de mourir dans la dignité ». C’est ce qu’a affirmé Richard Ferrand, sur Franceinfo, le 11 avril. Une confidence du candidat au détour d’un déplacement de campagne à Fouras (Charente-Maritime), le 31 mars, va dans le sens du pronostic du président de l’Assemblée nationale.
« Je vous donne un avis personnel, je suis favorable à ce qu’on évolue vers le modèle belge », a confié M. Macron à une femme qui lui demandait de légaliser « l’euthanasie », ainsi qu’à un homme atteint de la maladie de Charcot se disant prêt à aller en Belgique afin d’y recevoir légalement un produit létal. Le candidat ne leur a pas seulement livré son opinion. Il a laissé entendre qu’« un consensus » sur « le modèle belge » lui semblait possible. En Belgique, les personnes – y compris mineures – atteintes d’une pathologie incurable peuvent demander l’euthanasie selon certaines conditions. Celle-ci est pratiquée par un médecin.
Si les micros d’Europe 1 et de France Inter n’avaient pas capté l’aparté de Fouras, seule serait connue la feuille de route qu’Emmanuel Macron a présentée le 17 mars, en même temps que son programme : « Je soumettrai la fin de vie à une convention citoyenne, et sur la base des conclusions de celle-ci, je soumettrai ou à la représentation nationale ou au peuple le choix d’aller au bout du chemin qui sera préconisé. » Le chef de l’Etat prend-il un risque électoral en s’engageant à « faire évoluer » la loi ?
Marine Le Pen, elle, est « opposée à l’euthanasie et au suicide assisté. C’est la barrière qu’il ne faut pas franchir », a-t-elle résumé dans un tweet, ajoutant : « Je pense qu’il ne faut pas aller plus loin que la loi Leonetti de 2016, laquelle réaffirme le droit aux soins palliatifs. »
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La vie chrétienne victorieuse – L’humanisme séculier et la vision biblique de l’homme
La dignité originelle de l’homme
La Bible affirme dès l’origine la valeur incomparable de l’être humain : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance » (Genèse 1:26-27). Mais elle révèle aussi que cette image a été profondément altérée par le péché. L’homme est donc à la fois grand par sa création et misérable par sa chute, cette tension est au cœur de toute réflexion biblique sur l’humanité.
L’humanisme séculier
L’humanisme a profondément façonné la pensée moderne. L’homme est placé au centre des préoccupations philosophiques, politiques, éducatives et sociales. Les notions de liberté, de dignité, d’autonomie, de droits humains et d’épanouissement personnel occupent désormais une place dominante dans la culture occidentale.
À première vue, plusieurs de ces préoccupations semblent légitimes. La Bible elle-même enseigne que l’homme possède une valeur particulière au sein de la création. Mais derrière certaines formes contemporaines de l’humanisme se dissimule une affirmation plus radicale : l’idée que l’homme peut se comprendre, se gouverner et trouver son accomplissement indépendamment de Dieu. C’est là le nœud du problème.
L’Écriture avertit pourtant :
« Maudit soit l’homme qui se confie dans l’homme, qui prend la chair pour appui, et qui détourne son cœur de l’Éternel ! » (Jérémie 17:5).
Et à l’inverse :
« Béni soit l’homme qui se confie en l’Éternel, et dont l’Éternel est l’espérance ! » (Jérémie 17:7).
Le postulat de l’autonomie
Sous des apparences philosophiques élaborées, l’humanisme séculier s’articule autour d’un postulat central : l’autonomie de l’homme. Or ce principe n’a rien de neutre. Il s’enracine dans la rébellion originelle contre Dieu, telle qu’elle apparaît dès la Genèse. La parole du serpent : « Vous serez comme Dieu » (Genèse 3:5) introduit une prétention décisive : s’ériger en autorité morale autonome, en se donnant à soi-même la définition du bien et du mal.
Depuis lors, l’homme se pose en rival du divin. L’humanité est traversée par cette revendication d’indépendance. L’homme naturel ne se contente pas de vivre sans Dieu ; il prétend être son propre dieu, disposer de sa vie, fixer sa vérité, déterminer sa morale et tracer son avenir sans rendre de comptes à son Créateur.
L’Écriture met en lumière cette dérive : « Telle voie paraît droite à un homme, mais son issue, c’est la voie de la mort » (Proverbes 14:12). L’humanisme séculier apparaît ainsi moins comme un simple système de pensée que comme la formulation intellectuelle d’une révolte spirituelle ancienne.
La vraie valeur de l’homme
Le christianisme est souvent accusé à tort de dévaloriser l’être humain. Rien n’est plus éloigné de l’enseignement biblique. La Bible attribue à l’homme une grandeur incomparable : « Dieu créa l’homme à son image » (Genèse 1:27). Aucune autre créature terrestre ne reçoit une telle distinction.
L’homme possède une intelligence, une conscience morale, une capacité relationnelle et une responsabilité qui reflètent, de manière limitée, certains aspects du caractère divin. C’est précisément cette réalité qui constitue le véritable fondement des droits humains, de la justice et du respect de la personne.
Le Psaume 8 exprime cette noblesse : « Tu l’as fait de peu inférieur aux êtres célestes, et tu l’as couronné de gloire et d’honneur » (Psaume 8:5). Et Jacques rappelle que l’homme est fait « à la ressemblance de Dieu » (Jacques 3:9). Si l’homme n’est qu’un produit du hasard, sa valeur devient relative et négociable. Si, au contraire, il est créé par Dieu, sa grandeur repose sur un fondement absolu.
La réalité du péché
Mais la révélation biblique ne s’arrête pas à la création. L’une des faiblesses majeures de l’humanisme séculier est son optimisme excessif concernant la nature humaine. La Bible présente une vision plus réaliste et plus honnête. L’homme a été créé bon, mais il est tombé dans le péché. Depuis Adam, toute l’humanité porte cette corruption.
« Les hommes livrés au mal ne comprennent pas ce qui est juste, mais ceux qui cherchent l’Éternel comprennent tout » (Proverbes 28:5).
Le péché n’est pas seulement un ensemble d’actes répréhensibles ; il est une puissance qui affecte la totalité de la personne. L’intelligence est obscurcie, la volonté est inclinée vers le mal, les affections sont désordonnées et corrompues.
Cette vérité explique pourquoi les progrès de la civilisation ne suppriment jamais les problèmes fondamentaux de l’humanité. Les siècles passent, les technologies évoluent, les connaissances s’accumulent, mais l’orgueil, la violence, la convoitise et l’égoïsme persistent. L’apôtre Paul le résume ainsi : « Il n’y a point de juste, pas même un seul » (Romains 3:10), et : « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (Romains 3:23).
Le problème de la norme
L’humanisme séculier affirme que l’homme peut définir lui-même sa vérité et ses valeurs. Mais une question s’impose aussitôt : sur quelle base ? Lorsque Dieu est exclu de l’équation, il ne reste aucun fondement absolu pour distinguer le bien du mal. Les normes deviennent variables, conditionnées par l’époque et la culture. Ce qui est tenu pour juste aujourd’hui peut être condamné demain.
En rejetant l’autorité divine, l’homme ne gagne pas véritablement sa liberté ; il perd son point d’ancrage. Loin de s’émanciper, il devient souvent prisonnier de ses passions, de l’opinion publique ou des idéologies dominantes. Jésus a mis en lumière cette dépendance : « Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez de la gloire les uns des autres ? » (Jean 5:44).
La liberté véritable ne consiste donc pas à se détacher de Dieu, mais à revenir à lui. Jésus déclare : « Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres » (Jean 8:36). Et encore : « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira » (Jean 8:32).
Nuance nécessaire
Il convient d’apporter ici une distinction importante. Tous les usages du mot « humanisme » ne désignent pas la même réalité. Historiquement, certains « humanistes chrétiens » ont cherché à promouvoir l’étude des langues, de la littérature, de l’histoire et des sciences tout en demeurant soumis à l’autorité des Écritures.
Dans ce sens, il est préférable de parler d’une vision biblique de l’homme plutôt que d’un humanisme chrétien. La Bible reconnaît pleinement la grandeur de l’être humain, encourage le développement des capacités que Dieu lui a données et valorise la connaissance, la culture et le travail. Elle refuse toutefois de faire de l’homme la mesure ultime de toute chose.
Elle valorise la liberté, sans transformer l’autonomie en principe suprême. Elle honore l’intelligence, sans faire de la raison une autorité absolue. Le croyant est appelé à vivre selon cette sagesse : « Confie-toi en l’Éternel de tout ton cœur, et ne t’appuie pas sur ta propre intelligence » (Proverbes 3:5-6). L’apôtre Paul lui-même connaissait la littérature de son époque et citait certains auteurs de l’Antiquité lorsque cela servait la vérité de l’Évangile (Actes 17:28 ; Tite 1:12), rappelant ainsi que toute connaissance authentique appartient ultimement à Dieu.
Jésus-Christ, réponse de Dieu
C’est en lui que la réponse ultime de Dieu à la question de l’homme se révèle dans sa plénitude. Aucun autre personnage de l’histoire n’a manifesté avec autant de perfection ce qu’est véritablement l’homme selon Dieu. « La Parole est devenue chair » (Jean 1:14).
En Christ, Dieu s’est approché de nous dans notre condition. Il a connu la fatigue, la faim, les larmes et les épreuves. Il a partagé pleinement notre humanité sans jamais participer à notre péché. « Nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses » (Hébreux 4:15). Et Pierre affirme : « Lui qui n’a point commis de péché » (1 Pierre 2:22).
Là où Adam a échoué, Christ a parfaitement obéi. Là où l’humanité a cherché sa propre gloire, Christ a recherché celle du Père. Là où l’homme naturel revendique son indépendance, Christ manifeste une dépendance parfaite envers Dieu. En lui apparaît enfin l’humanité telle que Dieu l’avait voulue.
La grandeur de l’Évangile réside dans le fait qu’il prend au sérieux à la fois la valeur de l’homme et sa culpabilité. La croix révèle ces deux réalités simultanément. Si le péché n’était pas grave, la mort du Fils de Dieu aurait été inutile. Mais si l’homme n’avait aucune valeur, Dieu n’aurait pas envoyé son Fils pour le sauver.
Au Golgotha, nous découvrons en même temps la profondeur de notre misère et l’immensité de l’amour divin. « Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous » (Romains 5:8). L’apôtre Paul ajoute : « Dieu nous a réconciliés avec lui par Christ » (2 Corinthiens 5:18-19). Et encore : « Il a voulu par lui tout réconcilier avec lui-même… ayant fait la paix par le sang de sa croix » (Colossiens 1:20-22).
Le salut n’est pas le fruit d’un perfectionnement moral progressif, ni le résultat d’un programme éducatif ou politique. Il est un acte de grâce pure. Le pécheur repentant reçoit gratuitement le pardon grâce à l’œuvre accomplie par Jésus-Christ.
Lorsqu’un homme croit en Christ, il devient une nouvelle création : « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature » (2 Corinthiens 5:17). Cette transformation touche progressivement toutes les dimensions de son existence. Son intelligence est renouvelée par la vérité. Sa volonté apprend à obéir à Dieu. Ses affections sont réorientées. Sa vie reçoit un sens nouveau.
Le chrétien n’est pas appelé à fuir le monde, mais à servir Dieu au milieu du monde. Son travail, ses études, sa famille, ses responsabilités civiques et ses activités culturelles deviennent autant d’occasions de glorifier Dieu.
L’appel de l’Évangile
Notre époque exalte l’autonomie, l’indépendance et l’autodétermination. L’Évangile adresse un message différent. Il appelle l’homme à reconnaître ses limites, son péché et son besoin de Dieu. Cette démarche peut sembler humiliante aux yeux du monde. En réalité, elle constitue le chemin de la véritable liberté.
Car l’homme ne trouve pas son accomplissement en s’éloignant de Dieu, mais en revenant à lui. Le choix demeure le même qu’au temps de Moïse : « Choisis la vie » (Deutéronome 30:19). Et Josué lance cet appel indémodable : « Choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir » (Josué 24:15).
Chaque être humain doit décider où placer sa confiance : en lui-même ou en Dieu, dans l’autonomie ou dans la grâce, dans les promesses changeantes des hommes ou dans les promesses éternelles du Seigneur. Jésus lui-même résume tout : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie » (Jean 14:6).
Exhortation conclusive
L’opposition entre l’humanisme séculier et la vision biblique de l’homme se ramène, en dernière analyse, à une question de souveraineté : qui occupe le centre, Dieu ou l’homme ? L’homme est à la fois grand et déchu, précieux et coupable, capable d’accomplissements remarquables et incapable de se sauver lui-même. L’Évangile apporte la seule réponse complète à cette contradiction profonde.
En Jésus-Christ, Dieu vient chercher l’homme perdu, lui offre le pardon, le réconcilie avec lui-même et entreprend en lui une œuvre durable de restauration. La vie chrétienne victorieuse ne s’édifie pas sur la confiance en soi, mais sur la grâce de Celui qui a tout accompli. La véritable humanité ne se trouve pas dans l’autonomie, mais dans la communion avec Dieu. C’est en Christ que l’homme découvre qui il est réellement, pourquoi il existe et quelle est sa destinée éternelle.
« Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité ; et vous avez tout pleinement en lui, qui est le chef de toute principauté et de toute autorité » (Colossiens 2:9-10).
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Les fondements anthropologiques du « Mois des fiertés » reposent sur une conception dualiste de la personne et une autonomie radicale
En réponse à la demande de conseils de la Cardinal Newman Society concernant les célébrations du « Mois des fiertés » dans les écoles et collèges catholiques, le père Colin J. Blatchford, directeur associé de Courage International, a averti que de telles célébrations ne sont pas appropriées pour les institutions catholiques et provoquent un « scandale ».
La Cardinal Newman Society a récemment recensé les événements et les initiatives organisés dans le cadre du « Mois des fiertés » dans des universités telles que DePaul, Georgetown et Notre Dame. Ces événements encouragent les étudiants à participer à des activités comme le « Big Gay Bingo » et les « Marches des fiertés », et valorisent les étudiants s’identifiant comme LGBTQ+.
La Cardinal Newman Society a également mis en lumière la réalité troublante des collèges catholiques qui abritent des centres de ressources LGBTQ offrant de nombreux documents pour affirmer les attirances et « identités » LGBTQ des étudiants, mais qui manquent de ressources sur l’enseignement de l’Église catholique concernant la sexualité humaine et les dangers de l’idéologie du genre.
Courage International est un apostolat catholique qui offre des ressources et un accompagnement aux hommes et aux femmes attirés par le même sexe. Son programme EnCourage propose un soutien pastoral aux familles et aux amis des personnes LGBTQ+.
Contrairement à d’autres programmes et ressources qui encouragent à être « fier » des attirances sexuelles désordonnées et de la confusion des genres, l’approche de Courage est ancrée dans l’enseignement de l’Église et les « Cinq objectifs de Courage » :
- Vivre dans la chasteté, conformément à l’enseignement de l’Église catholique romaine sur l’homosexualité. (Chasteté)
- Consacrer toute notre vie au Christ par le service d’autrui, la lecture spirituelle, la prière, la méditation, l’accompagnement spirituel individuel, la fréquentation régulière de la messe et la réception régulière des sacrements de la Réconciliation et de l’Eucharistie. (Prière et Consécration)
- Afin de favoriser un esprit de fraternité, où nous pourrons partager nos pensées et nos expériences, et ainsi garantir que personne n’ait à affronter seul les problèmes liés à l’homosexualité.
- Se souvenir que les amitiés chastes sont non seulement possibles, mais nécessaires dans une vie chrétienne chaste ; et s’encourager mutuellement à nouer et à entretenir ces amitiés. (Soutien)
- Vivre une vie qui puisse servir de bon exemple aux autres. (Bon exemple/Modèle)
En plus de provoquer un « scandale », le père Blatchford a déclaré que lorsque les écoles et les universités catholiques encouragent la « fierté » LGBTQ, cela « conduit à la division et au tribalisme ».
« Si nous sommes séparés en différents groupes ayant des principes ou des règles morales différents, il ne peut y avoir de “communion” ni dans l’Église, ni dans la société ».
Le père Blatchford a déclaré que les écoles et les universités catholiques devraient plutôt aborder l’attirance pour les personnes du même sexe et la confusion des genres avec une compassion authentique enracinée dans l’amour de Dieu.
« Nous devons partager leur souffrance et la faire nôtre ». « Par ce sacrifice d’amour de notre part, [les élèves] apprendront à connaître l’amour de Dieu, et en tissant des liens de confiance avec eux, nous pourrons leur montrer qu’ils sont aimés et que Dieu a un plan pour leur vie. »
Vous trouverez ci-dessous l’interview du père Blatchford réalisée par la Cardinal Newman Society :
Est-il approprié pour une école ou un collège catholique de promouvoir les célébrations du « Mois des fiertés » ? Pourquoi ou pourquoi pas ?
Non, car les fondements anthropologiques du « Mois des fiertés » reposent sur une conception dualiste de la personne et une autonomie radicale. Chacun des quatre derniers papes a souligné la nécessité de reconnaître la dignité de la personne humaine et a affirmé qu’aucun élément terrestre ne saurait définir pleinement qui nous sommes, au-delà de notre identité d’« enfant bien-aimé de Dieu ».
Toute autre étiquette ou identité exclut certaines facettes de la personne humaine, les considérant comme bonnes. L’histoire de notre vie, de par notre nature d’êtres raisonnables et faits pour les relations interpersonnelles, s’écrit en harmonie avec autrui et doit être confrontée à la vérité du réel.
Lorsque nous accordons plus d’importance à nos opinions qu’à la vérité, nous nous prenons pour des dieux et nous nous sentons responsables de tous nos succès comme de tous nos échecs. Cela conduit au désespoir lorsque nous nous retrouvons bloqués dans une situation que nous ne voulons pas, car nous sommes la cause de notre propre souffrance et nous ne pouvons ni y remédier ni chercher de l’aide à l’extérieur.
Quel effet cela a-t-il sur les élèves lorsqu’une école ou un collège catholique encourage ces jeunes à être « fiers » et à célébrer une « identité » LGBTQ+ ?
Cela engendre la division et le tribalisme. Nous sommes tous « enfants bien-aimés de Dieu », « créés à son image et à sa ressemblance », et tous ceux qui ont été baptisés ont reçu un « appel universel à la sainteté ». Chaque membre de l’Église est appelé à la sainteté ; cette vocation lui a été donnée au baptême.
Cet appel comporte deux dimensions : premièrement, nous apprenons à recevoir l’amour sacrificiel de Dieu en tant que son fils ou sa fille bien-aimé(e). Deuxièmement, nous devons répondre à l’amour qu’il nous a donné en le partageant avec les hommes et les femmes du monde entier qui ne connaissent pas son amour ou qui souffrent.
Cette dimension de l’appel universel à la sainteté pourrait être qualifiée de « parentage spirituel ». Chaque chrétien baptisé est appelé à apprendre à recevoir l’amour de Dieu et à vivre cet amour sacrificiel en le partageant avec autrui. Mais si nous sommes divisés en différents groupes, avec des principes ou des règles morales différents, il ne peut y avoir de communion ni dans l’Église, ni dans la société.
Quel impact cela a-t-il sur l’Église dans son ensemble lorsque les fidèles, et ceux qui ne sont pas en communion avec l’Église, voient une école ou une université catholique encourager les élèves à être « fiers » et à célébrer une « identité » LGBTQ+ ?
Cela provoque des scandales, même si c’est moins fréquent dans la culture actuelle. Ce qui a fait la grandeur de l’éducation catholique à travers l’histoire, c’est que, dès leur plus jeune âge, les jeunes étaient incités à s’approprier les principes philosophiques universels et à les appliquer à leur vie quotidienne. Ils étaient ensuite accompagnés pendant les 10 à 12 années suivantes, voire 16 ou plus, afin d’apprendre à mettre au mieux ces principes.
Lorsqu’un établissement d’enseignement supérieur catholique choisit les enseignements théologiques ou philosophiques de l’Église auxquels il se conforme, il compromet ce processus. En effet, il le vide de sa substance et ne propose qu’une coquille vide, là où devrait se trouver une relation pleine et entière avec Dieu.
Quels conseils donneriez-vous aux écoles et collèges catholiques concernant la gestion de l’attirance pour les personnes du même sexe et la confusion des genres chez les élèves ?
Le mot « compassion » vient du latin et signifie « souffrir avec ». Nous avons un Dieu qui a souffert et qui connaît intimement toutes les souffrances que nous traverserons. Et bien qu’il ne souhaite pas ces souffrances pour nous, à l’instar du vigneron, il utilise les épreuves que la nature impose à la vigne pour la tailler et produire les meilleurs raisins, afin d’élaborer le meilleur vin.
Dieu agit de même. Il ne souhaite ni le mal ni la souffrance pour nous, mais puisque nous vivons dans un monde déchu, il utilise les souffrances que nous endurons à cause de nos expériences et des actions d’autrui pour nous rapprocher de lui.
C’est pourquoi, et parce que le Christ lui-même a porté la souffrance humaine et en a fait la clé du salut, lorsque nous rencontrons la souffrance d’autrui, nous ne pouvons l’abandonner. Mais bien souvent, nous ne pouvons lui apporter ni réponse ni solution satisfaisante. Aussi, à l’instar des amis de Job, devons-nous partager sa souffrance et la faire nôtre. Par ce sacrifice d’amour, cette personne découvrira l’amour de Dieu et, en tissant des liens de confiance avec elle, nous pourrons lui témoigner notre amour et lui montrer que Dieu a un plan pour sa vie.
Concrètement, lorsque nous rencontrons une personne aux prises avec ces questions et qui nous invite à l’accompagner dans son cheminement de foi, il est important de garder à l’esprit trois choses : premièrement, lui témoigner notre amour ; deuxièmement, lui faire savoir que même si cela ne paraît pas évident aujourd’hui, Dieu a un plan unique pour sa vie ; et enfin, lui demander si elle serait disposée à partager son histoire.
Nous n’avons pas besoin d’être d’accord sur tout ni d’approuver chaque action, mais nous cheminons ensemble vers Dieu. Nous sommes un groupe de personnes imparfaites qui s’efforcent de se rapprocher de Dieu par sa grâce.
Le triptyque de la connaissance à l’ère du miroir artificiel
L’histoire humaine traverse une transition singulière. Face à l’émergence d’une intelligence artificielle (IA) capable de mimer le langage et le raisonnement, l’homme est sommé de redéfinir le sanctuaire de sa conscience. Pour appréhender le réel, l’esprit dispose de trois facultés complémentaires : la Raison, la Contemplation et l’Intelligence du corps.
Pour conduire cette réflexion, nous interrogerons d’abord l’expérience vécue, puis ce qu’elle révèle de l’être, et enfin ce qui seul peut accomplir cette quête : la foi chrétienne, assumée comme le fond même de notre regard.
L’examen de ce triptyque permet de tracer la frontière absolue entre l’homme et la machine, mais aussi de mesurer le vertige éthique qui s’ouvre devant nous lorsque la distinction entre l’homme et l’automate s’efface dans l’hypothèse de l’hybride, cet être suspendu entre chair et silicium.
I. Les trois voies de l’accès humain à la connaissance
L’être humain progresse par l’harmonie de trois forces :
1. La Raison : ratio et intellectus
La raison discursive (ratio) avance par étapes : elle fragmente, compare et structure. C’est la démarche de la science. Mais la tradition chrétienne, de saint Augustin à saint Thomas d’Aquin, y adjoint l’intellectus : la raison intuitive qui saisit d’un seul regard l’unité d’un tout. C’est le propre de la sagesse. L’IA, fondamentalement calcul statistique, est par nature confinée à la ratio — et structurellement privée d’intellectus : car cette saisie unitaire suppose un sujet qui contemple, une âme ouverte à l’universel, non une fonction qui traite des données.
2. La Contemplation : la voie de la présence
Si la raison court, la contemplation s’arrête. Elle est l’accueil direct, immédiat et silencieux de la réalité, le domaine de l’expérience esthétique et spirituelle. Dans un monde obsédé par la performance et l’optimisation, la contemplation est un acte de résistance. Par elle, l’homme affirme : « Je ne suis pas une fonction, je suis une présence. »
3. L’Intelligence du Corps : la voie de l’incarnation
Le corps n’est pas une machine, mais une force génératrice de concepts. La marche en est l’illustration : en imposant une attention diffuse, le mouvement physique libère l’esprit et induit une plasticité mentale où les idées s’assemblent. De plus, c’est dans la chair que les vertus — patience, tempérance, charité — s’enracinent par le geste et l’habitude. Le corps qui s’agenouille apprend l’humilité.
II. L’IA et l’impuissance de la machine désincarnée
Confrontée à ce triptyque, l’IA révèle sa nature : une pure hypertrophie de la ratio, privée de corps et d’âme — fût-ce au degré le plus humble, celui de l’âme végétative qui anime la moindre brindille. Même le robot humanoïde reste soumis à une optimisation mathématique. Privé de chair périssable et d’homéostasie, il pourra simuler l’angoisse de la mort par des lignes de code, mais cette agonie ne sera qu’un simulacre sans sujet. Le robot ne connaîtra jamais le vertige métaphysique du Néant, car pour craindre de cesser d’être, il faut d’abord avoir reçu le don de la Vie.
III. L’Écorce et le Souffle : le mirage neurobiologique
Le réductionnisme moderne tente de ramener la conscience à une simple neurochimie. À mesure que les neurosciences colorent à l’écran les zones du cerveau associées à la prière ou à la décision morale, la tentation surgit de décréter que l’esprit n’est qu’un épiphénomène de la matière.
C’est confondre la condition de manifestation avec la cause première. Si vous brisez les transistors d’un poste de radio, la musique s’arrête. La radio est-elle pour autant l’auteur de la symphonie ? Évidemment non. Le cerveau est ce traducteur magnifique par lequel l’âme s’insère dans le temps biologique.
La tradition thomiste distingue trois niveaux : l’âme végétative (vie biologique), sensitive (perception et désir) et intellective. Cette dernière, propre à l’homme, est immatérielle et capable de s’ouvrir à l’universel. La science décrit la syntaxe du cerveau — les flux d’ions — mais échoue devant sa sémantique : le contenu subjectif d’une oraison ou le déchirement d’un deuil.
IV. Le dilemme de l’hybridation et l’anesthésie spirituelle
Le véritable point de bascule réside dans l’hybridation intime de l’homme et de la technologie. Le projet transhumaniste promet une extension neuronale de la raison, mais au prix d’une anesthésie des autres voies : un corps mécanisé perdrait son intelligence charnelle, et le flux constant d’informations détruirait le silence de la contemplation.
Ce rêve prométhéen est une réédition de la Tour de Babel (Gn 11), où l’homme cherche à se dépasser par la puissance technique plutôt que par la Grâce. Si nous rencontrons un jour un être hybride, le critère de discernement ne sera pas la performance cognitive, mais la capacité à souffrir et à aimer librement — capacité qu’aucun test ne saurait établir du dehors, car l’amour ne se mesure pas, il se reconnaît, dans la durée et la fidélité.
V. Le don et la mort : les piliers de la personne
La véritable augmentation de l’homme n’est pas dans le calcul, mais dans la charité. Et le test ultime de notre humanité reste la capacité à dire en toute vulnérabilité : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. »
Le don de soi n’est pas une annihilation absurde ; il est un acte de liberté offert à une Personne vivante qui le reçoit et le garde. C’est ici que saint Paul éclaire notre route : « Je sais en qui j’ai mis ma foi, et je suis persuadé qu’il a le pouvoir de garder mon dépôt jusqu’à ce jour-là. » (2 Tm 1,12).
La Résurrection est la condition de possibilité du don absolu. Par elle, ce qui est donné n’est pas dissous, mais transfiguré par l’Amour crucifié — non par nos algorithmes, mais par la seule Miséricorde divine. Comme le soleil donne la lumière sans éteindre la flamme d’une bougie, la Grâce ne supprime pas la liberté humaine, elle la fonde. Face à la mort, l’hybride devra faire le même choix que tout homme : l’accepter dans la foi ou la refuser par la technique.
VI. L’amour-vie et l’amour-instant
Face à la machine, une distinction s’impose :
— L’amour-instant est l’extase du moment présent, magnifique mais éphémère, semblable à la fleur de cerisier qui tombe.
— L’amour-vie s’incarne dans la durée. Il est fidèle, patient, éprouvé. Il traverse les saisons, connaît la vieillesse, le pardon et le silence. Il est une participation à la vie trinitaire de Dieu, communion éternelle du Père, du Fils et de l’Esprit.
L’infini d’une vie nécessite l’épreuve, car elle purifie l’amour de l’égoïsme et lui donne sa profondeur. Pour le chrétien, la Croix n’est pas un accident ; elle est le chemin de la Gloire.
VII. Au soir de cette vie
Face au cri de la tradition élégiaque, d’Anna de Noailles à Lamartine : « Qu’est-ce que tout cela qui n’est pas éternel ? », la foi répond que tout ce qui n’est pas enraciné en Dieu est vanité.
Saint Jean de la Croix l’a résumé en une maxime éternelle : « Au soir de cette vie, on vous examinera sur l’amour. » La science s’arrête à la mort du cerveau, la technique s’éteint avec les circuits, mais l’amour demeure car il est une participation au souffle de l’Esprit Saint.
Illustration : Le Trône de Grâce – Colijn de Coter – Musée du Louvre.jpg
Ce panneau central du triptyque de Colijn de Coter, dit « Le Trône de Grâce », expose la logique du don que notre méditation explore. Le Père soutient le Fils dans sa mort, non par une puissance extérieure, mais par une offrande intérieure. La main du Christ crucifié n’est pas une main qui prend, c’est une main qui se livre. C’est l’acte même qui sauve le don de l’absurdité : ce qui est donné ne disparaît pas, il est relevé par Celui qui est l’Amour.
Conclusion : Le fil d’Ariane est une main
Le grand saut technologique risque de n’aboutir qu’à un immense vide s’il évacue l’esprit. Par l’Incarnation, le Verbe a sanctifié notre chair et notre finitude. L’homme n’est pas augmenté par le silicium, il est transfiguré par la Grâce.
Face aux miroirs grossissants de l’IA, il nous appartient de préserver la fragilité de notre chair et le silence de notre vie intérieure. Le fil d’Ariane qui nous relie à l’éternité n’est pas un câble de fibre optique. C’est une main — celle du Christ, qui recueille notre souffle au seuil du tombeau.
Seigneur Jésus, Verbe incarné, qui as pris la fragilité de notre chair, garde-nous de la tentation de nous fuir nous-mêmes. Donne-nous le courage d’accepter notre finitude et la force d’aimer jusqu’au bout. Et quand viendra l’heure de notre passage, reçois notre esprit entre tes mains.
« Credo, Domine : adauge nobis fidem. »
(Je crois, Seigneur : augmente en nous la foi.)
Amen.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
« Catholique grâce aux missionnaires de la FSSPX en Asie. Voici ce que leurs détracteurs ne comprennent pas »
« Catholique grâce aux missionnaires de la FSSPX en Asie. Voici ce que leurs détracteurs ne comprennent pas »
Traduction d’un article d’Angeline Tan paru le 24 juin 2026 sur le site The Remnant sous le titre : « I’m Catholic because of SSPX Missionaries in Asia. Here’s What Their Critics Don’t Understand »
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Pour de nombreux catholiques occidentaux, la Fraternité Saint-Pie X est source de controverse, mais pour de nombreux catholiques d’Asie, elle est une bouée de sauvetage. Dans ce témoignage de première main, un catholique raconte comment des prêtres missionnaires ont traversé les frontières, risqué leur vie et apporté les sacrements à d’innombrables âmes qui, sans eux, n’y auraient pas eu accès.
Trente ans peuvent sembler peu dans la vie de l’Église catholique, étant donné que son histoire s’étend sur plus de 2 millénaires.
Pourtant, une trentaine d’années peuvent représenter toute une vie dans le parcours d’une âme. Pour de nombreux catholiques d’Asie, dont je fais partie, les trois dernières décennies ont précisément été cela : une vie marquée et façonnée par le travail, souvent invisible, d’un petit groupe de prêtres missionnaires de la FSSPX.
Ayant grandi au sein d’une mission de la FSSPX à Singapour, les scènes décrites dans Une œuvre d’espérance, le deuxième épisode de la série documentaire Traditio : Pour l’amour de l’Église récemment diffusée et consacrée à l’œuvre missionnaire de la FSSPX en Afrique, en Asie et dans les Caraïbes, ne sont pas de simples « images de mission » ; ce sont des souvenirs vivants et chers à mon cœur.
En substance, Une œuvre d’espérance offre un rare aperçu des nombreuses initiatives menées au fil des décennies par les prêtres de la FSSPX dans des pays de « mission » où les prêtres célébrant la messe en latin traditionnelle et enseignant la doctrine catholique traditionnelle faisaient défaut.
Sous la direction de l’abbé Daniel Couture (qui a vécu en Asie pendant une vingtaine d’années et qui s’exprime longuement dans cet épisode), la messe traditionnelle et les sacrements catholiques traditionnels n’étaient pas un privilège rare, mais bien le cœur battant et florissant de la communauté de la FSSPX à Singapour durant les années 1990 et 2000.
Jour après jour, année après année, l’abbé Couture s’est employé à transmettre l’enseignement catholique et à dispenser les sacrements aux âmes à travers toute l’Asie ; il savait pertinemment que, pour beaucoup d’entre elles (dans des pays à majorité musulmane comme l’Indonésie et la Malaisie, ou dans la Thaïlande bouddhiste, etc.), les sacrements étaient une rareté et les prêtres catholiques très peu nombreux.
Pour nous, les heureux privilégiés de Singapour (où se trouvait et se trouve toujours,le siège de la FSSPX pour l’Asie), l’accès aux sacrements — tels que la Sainte Eucharistie et la confession — ne se limitait pas au week-end, mais était une réalité quotidienne.
Durant ma jeunesse, j’ai eu l’immense privilège de pouvoir assister, presque quotidiennement, à la messe célébrée par des prêtres de la FSSPX (notamment l’abbé Couture et Don Davide Pagliarani) pendant des années, alors même que je vivais sur un continent où la messe traditionnelle était quasi introuvable (dans les années 1990 et au début des années 2000) et où la religion catholique était persécutée depuis longtemps.
Dans la plupart des régions d’Asie, on n’a pas le luxe de choisir entre telle ou telle paroisse proposant la messe traditionnelle en latin. Soit un prêtre missionnaire arrive… soit il n’y a tout simplement pas de messe.
Chaque célébration du Saint Sacrifice de la messe n’était pas un moment isolé — auquel on n’assisterait qu’une fois par semaine, le dimanche, pendant une heure environ — mais constituait l’axe autour duquel s’articulait la vie, sans aucun doute grâce à l’action de prêtres tels que l’abbé Couture.
Je me souviens avec émotion de la manière dont l’abbé Couture, animé d’une soif ardente pour le salut des âmes (à l’image de Notre‑Seigneur Jésus‑Christ agonisant sur la Croix au Calvaire), multipliait parfois les messes en semaine lorsque des prêtres de passage étaient présents. Il arrivait que nous ayons trois messes par jour au début des années 2000 — un véritable exploit pour un pays comme Singapour, quasi dépourvu d’héritage chrétien : une tôt le matin, une à la mi-journée (pour les femmes au foyer, etc.) et une le soir ! Sous l’impulsion de l’abbé Couture, qui vouait (et voue toujours) une immense dévotion à la Bienheureuse Vierge Marie, les occasions d’honorer la Mère de Dieu ne manquaient pas à Singapour, avec notamment les dévotions mensuelles des Premiers Vendredis et Premiers Samedis du mois.
Un événement marquant m’a fait comprendre — alors que j’étais encore adolescente — que l’amour de l’abbé Couture pour la Sainte Messe ne relevait ni de la routine ni de la simple exécution rituelle, mais d’un don total de soi.
Frappé par une forme grave de dengue contractée lors d’une tournée missionnaire aux Philippines, amaigri et hospitalisé à l’hôpital Mount Alvernia de Singapour, relié à des perfusions, l’abbé Couture brûlait pourtant d’un désir unique : offrir le Saint Sacrifice de la messe pour la fête de l’Assomption de Notre‑Dame, le 15 août de cette année‑là.
Il demanda donc à mon père et à quelques fidèles de la FSSPX de l’aider à dresser un autel de fortune près de sa chambre d’hôpital. À la demande de l’abbé Couture, mon père apporta la statue de Notre‑Dame de Fatima (habituellement placée sur l’autel de notre foyer familial) afin que la Reine du Ciel fût visiblement présente à ses côtés. Bien qu’il se trouvât aux portes de la mort, le cœur de l’abbé Couture n’était pas tourné vers lui-même, mais vers l’autel, vers Notre‑Dame et vers le Sacrifice qu’il offrait quotidiennement depuis des décennies.
Ce jour-là, le 15 août, je vis l’abbé Couture comme je ne l’avais jamais vu auparavant : non pas vêtu de sa soutane familière — lui qui voyageait toujours avec l’audace d’un prêtre missionnaire, revêtu de la dignité de sa vocation — mais en simple tenue d’hôpital, frêle et humain, tout en étant plus sacerdotal et digne que jamais.
Lentement, l’abbé Couture se leva de son lit, rassembla ses forces et se dirigea péniblement vers l’autel de fortune.
Là, dans cette chapelle improvisée, il revêtit les ornements liturgiques et la chasuble et, au prix d’un effort visible, finit par prononcer les paroles sacrées de la Messe :
« In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti… Introibo ad altare Dei. »
La voix de l’abbé Couture était affaiblie, mais sa détermination restait inébranlable : même à l’agonie, le centre de sa vie, sa raison d’être en tant que prêtre, son Amour des amours, demeuraient inchangés. Ce prêtre souffrant allait monter vers l’autel de Dieu, vers Dieu qui réjouit sa jeunesse ; car, pour lui, le sacerdoce et la Messe n’étaient pas des réalités à mettre de côté dans la maladie, mais des trésors pour lesquels il valait la peine de mobiliser toutes ses forces défaillantes afin de les préserver et de les transmettre aux autres.
« On est prêtre vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, à l’image de Notre‑Seigneur, qui était toujours uni à son Père », déclarait ce même abbé Couture, des années plus tard, dans Une œuvre d’espérance. Quelques années plus tard, alors que je séjournais dans la région de l’Isan, au nord-est de la Thaïlande, pour un semestre d’études à l’étranger (durant mes années universitaires), je fus privée de la messe traditionnelle et des sacrements selon le rite ancien pendant trois mois entiers ; cette période m’apparut comme une éternité sans fin, une véritable sécheresse spirituelle.
J’appris alors que l’abbé Couture allait se rendre à Bangkok (la capitale thaïlandaise) pour une mission d’un week-end. À cette nouvelle, les catholiques traditionalistes dispersés à travers la Thaïlande — les expatriés comme les locaux — convergèrent avec enthousiasme vers la capitale. Ce week-end fut une véritable oasis de ressourcement, offrant la sainte messe selon le rite ancien, du catéchisme et des conférences pour édifier l’esprit et le cœur, ainsi que les sacrements qui redonnèrent vie et force à bien des âmes éprouvées (dont la mienne) au sein de cette Thaïlande à majorité bouddhiste.
Au cours de mes trois années d’études au Japon, ma rencontre avec l’abbé Thomas Onoda — à ce jour le seul prêtre japonais de la FSSPX — m’a révélé un zèle missionnaire comparable à celui de l’abbé Couture.
Avant même l’existence d’un prieuré au Japon, l’abbé Onoda — alors basé à Manille, aux Philippines — était déjà très actif : il faisait la navette entre les chapelles de Tokyo et d’Osaka environ une fois par mois pour y célébrer la messe traditionnelle, dispenser le catéchisme et offrir un soutien pastoral à de nombreux fidèles japonais.
Au fil du temps, le centre de messe de la FSSPX à Tokyo a cessé d’être un simple lieu où l’« on satisfait à son obligation dominicale » pour devenir une petite famille spirituelle soudée. Après la messe, nombre de fidèles restaient pour déjeuner et suivre les cours de catéchisme donnés par l’abbé Onoda. Je me suis liée d’amitié avec de merveilleuses personnes sur place ; beaucoup étaient des convertis, attirés non par la nouveauté ou les modes, mais par la gravité de la messe traditionnelle et la clarté de l’unique vraie foi.
C’est au Japon que ma foi s’est encore davantage affermie, car j’ai vu un prêtre comme l’abbé Onoda ne pas se contenter de célébrer la messe traditionnelle, mais donner sa vie pour que les vérités de notre sainte religion parviennent à ceux qui en sont le plus privés. Ses voyages mensuels vers sa terre natale du Japon, sa volonté d’aller là où d’autres ne vont pas pour sauver des âmes, et sa persévérance durant des décennies au sein d’une culture où les catholiques sont une infime minorité, ne sont pas les actes d’un simple amateur de liturgie attaché aux « encens et clochettes ». (Il a même baptisé ses parents, autrefois païens, en Corée du Sud !)
Ce que j’ai pu constater directement auprès de ces prêtres missionnaires dévoués de la FSSPX, c’est une réalité qui échappe souvent à certains catholiques des pays occidentaux, confortablement installés dans des communautés diocésaines célébrant la messe traditionnelle ou au sein d’apostolats comme la FSSP ou l’ICRSP.
Contrairement à ce qui se passe dans de nombreux pays occidentaux, on ne jouit pas, dans la majeure partie de l’Asie, du luxe de pouvoir choisir entre « telle paroisse célébrant la messe traditionnelle et telle autre ». Il n’y a souvent qu’une seule messe traditionnelle par semaine, par mois, voire par an, ou parfois aucune. Soit un prêtre accepte de franchir les frontières, de se heurter aux lourdeurs administratives des visas et de vivre avec une valise pour tout bagage, soit il n’y a tout simplement… pas de messe !
Ainsi, la présence de prêtres tels que l’abbé Couture à Singapour et l’abbé Onoda au Japon a fait, pour d’innombrables âmes comme la mienne et celle de ma famille, une différence immense entre un accès sporadique aux sacrements et une vie spirituelle stable, solidement ancrée dans la foi catholique.
Pour une catholique formée en Asie sous l’égide de prêtres missionnaires aussi fervents de la FSSPX, il est souvent difficile d’expliquer à quel point la réalité vécue de la Tradition catholique diffère de la disponibilité de la messe en matin traditionnelle dans des villes comme Londres, où j’ai vécu une longue période. Un week-end de tournée missionnaire peut s’avérer extrêmement éprouvant pour un prêtre de la FSSPX. Pour les catholiques en terre de mission, le prêtre n’est pas seulement « le célébrant » de la messe traditionnelle qui nous est si chère ; il est aussi celui qui a parcouru des kilomètres et franchi des frontières pour prêcher auprès d’un troupeau dispersé. On peut dire que cette prise de conscience a approfondi notre gratitude envers la FSSPX et affiné notre perception de l’état réel de l’Église.
En revanche, après l’indult « Agatha Christie » accordé à l’Angleterre, beaucoup ont pu compter, du moins pendant un certain temps, sur le clergé diocésain (plutôt que sur les prêtres missionnaires de la FSSPX) — souvent sincère et bien intentionné — pour assurer la célébration de la messe ancienne, même après Vatican II. Il est ainsi facile d’assister à une messe traditionnelle le dimanche dans certains quartiers de Londres (que ce soit au sanctuaire du Rosaire, à l’Oratoire de Londres, à l’église Sainte-Marie-Madeleine de Wandsworth, au sanctuaire Notre-Dame de Willesden, etc.) sans avoir recours à la FSSPX.
Il n’est donc guère étonnant qu’au fil du temps, une certaine culture du « traditionalisme » ait émergé au sein de certains milieux catholiques anglais, dont certains membres ne sont sans doute jamais sortis de leur « zone de confort ». Il faut dire que, dans certains de ces cercles londoniens, il n’est pas rare de croiser le « théologien de salon » en costume à la G.K. Chesterton, pipe à la main, persuadé d’avoir « coché toutes les cases » du catholique traditionaliste simplement parce qu’il assiste à une belle liturgie dominicale et lit les « bons » auteurs. Tel est l’archétype de ce genre de « théologien de salon » qui s’empresse aussitôt de monter au créneau pour fustiger la FSSPX, la qualifiant de « désobéissante », « schismatique » et « rebelle » pour avoir osé célébrer la messe traditionnelle dans ses chapelles, et même pour avoir osé consacrer des évêques sans mandat pontifical !
Certes, une telle « audace » — celle de consacrer des évêques — constituerait effectivement une aberration en temps ordinaire, lorsque la doctrine de l’Église est prêchée sans ambiguïté depuis toutes les chaires du monde, et tout particulièrement par le Pape lui-même. Je comprends que ces arguments soient avancés par des catholiques (dont beaucoup sont de bonne volonté) issus de l’ICRSP, de la FSSP ou de communautés diocésaines proposant la messe traditionnelle dans leurs régions respectives.
Toutefois, comme peut en témoigner quiconque n’est pas totalement coupé du monde, la réalité vécue sur le terrain ne se résume pas à une simple opposition entre le noir et le blanc.
De nombreux catholiques aux États-Unis ou en Europe occidentale ont le choix entre une messe traditionnelle (forme extraordinaire) célébrée par le diocèse, une paroisse de la FSSP ou un apostolat de l’ICRSP — même si la chapelle ou la paroisse en question se trouve à plusieurs heures de route. Beaucoup de ces catholiques peuvent être fortement tentés de conclure que la crise de l’Église s’est apaisée, que « les choses s’améliorent » depuis le motu proprio Summorum Pontificum, et que la mission des prêtres et évêques de la FSSPX, défenseurs de la Tradition catholique, est devenue en quelque sorte obsolète après le pontificat de Benoît XVI.
Cependant, un tel point de vue ignore le catholique asiatique qui parcourt des heures de route pour assister à une seule messe traditionnelle par mois (ce que mes amis et moi avons fait au Japon pendant des années), la famille qui n’a que rarement accès à la confession et à l’Eucharistie, ou encore le converti qui ne trouve aucune clarté doctrinale dans des structures locales infiltrées par l’œcuménisme, mais qui découvre cette clarté grâce à un prêtre missionnaire de la FSSPX attaché à la Tradition catholique et aux enseignements des papes d’avant Vatican II. Par ailleurs, il convient de noter que dans de nombreuses régions d’Asie, d’autres congrégations célébrant la messe traditionnelle, telles que la FSSP et l’ICRSP, sont pratiquement inexistantes.
Face à ces « critiques de salon » de la FSSPX, je voudrais les inviter respectueusement à se demander combien d’entre eux seraient réellement prêts à faire ce que les missionnaires de la FSSPX — présentés dans le documentaire Une œuvre d’espérance — ont accompli et accomplissent encore en Asie : voyager en vivant avec le strict minimum, supporter l’instabilité, s’exposer à l’incompréhension et à la marginalisation, et vivre à des milliers de kilomètres de leur famille et de leurs proches pour célébrer la messe traditionnelle et administrer les sacrements à ceux qui, autrement, en seraient privés. Oseraient-ils s’engager avec courage et virilité, en sacrifiant leur confort et en s’exposant aux risques, pour sauver autant d’âmes que possible dans ces contrées délaissées, ou préféreraient-ils se retrancher derrière… leurs claviers sur les forums Reddit pour calomnier anonymement tel ou tel prêtre de la FSSPX ?
Précisons que le but de cet article n’est pas de minimiser les bienfaits liés à la fréquence relativement élevée des messes traditionnelles dont bénéficient de nombreux pays occidentaux — comme l’Angleterre, les États-Unis et la France — par rapport à la situation en Asie. Toutefois, à la lumière des prochaines consécrations épiscopales de la FSSPX, il convient de souligner — en toute charité et par amour pour la papauté malgré tout — qu’il est bien plus aisé de taxer la FSSPX de « désobéissance » envers les évêques diocésains et le Pape lorsque l’on vit dans sa « zone de confort », retranché dans une tour d’ivoire, plutôt que d’œuvrer concrètement sur le terrain de la mission.
Si ces « théologiens de salon » vivaient dans des régions comme l’Asie, où la Tradition catholique ne relève pas d’un simple choix de mode de vie mais constitue une véritable bouée de sauvetage, certains d’entre eux pourraient bien changer d’avis (à l’exception, bien sûr, des tenants acharnés du positivisme juridique qui se plaisent à ressasser l’« irrégularité » du statut canonique de la FSSPX).
Il est vrai que l’amour pur du Christ et le zèle pour le salut des âmes exigent des sacrifices de la part de saints prêtres ; des sacrifices dont la pleine mesure échappe à ceux qui, depuis leur fauteuil ou leur pub, se contentent de pontifier et de montrer du doigt.
La vérité est que la crise au sein de l’Église catholique n’a ni disparu ni ne s’est volatilisée, comme certains voudraient le croire (notamment après le motu proprio Summorum Pontificum).
Les années écoulées depuis le début du pontificat du pape François ont ouvert les yeux de nombreux catholiques : la crise de l’Église, telle que l’avait prédite Mgr Marcel Lefebvre (fondateur de la FSSPX), a surgi au grand jour avec une violence et une impudence totales.
Là encore, comme Mgr Lefebvre l’a souligné à juste titre, le bouleversement liturgique de ces dernières décennies est indissociable d’une grave crise doctrinale : ambiguïté de l’enseignement, pratiques pastorales abusives et cette terrible liste de scandales d’abus sexuels qui a conduit tant de fidèles à abandonner totalement la pratique religieuse !
Dans un tel contexte, la messe traditionnelle n’est pas une simple « option esthétique »» ou une simple forme de « spiritualité », bien au contraire. Elle est l’expression visible d’une foi catholique cohérente, un rempart solide contre l’érosion de la croyance en la Présence réelle, en la nature sacrificielle de la messe et en la nécessité de la conversion — y compris la repentance à l’égard des unions homosexuelles pécheresses — pour être sauvé.
Certes, les paroles de G.K. Chesterton devraient résonner avec force en chacun de nous : « La façon d’aimer quoi que ce soit est de réaliser que cela peut être perdu. » Pour beaucoup de catholiques en Occident, entourés de communautés traditionnelles apparemment stables, il existe une présomption inconsciente selon laquelle la messe traditionnelle sera toujours là, qu’il y aura toujours « un prêtre » pour la célébrer, et que l’hostilité ou l’indifférence épiscopale est un problème qui ne concerne que les autres (en Asie ou dans d’autres terres de mission).
Ceux d’entre nous qui ont vécu (ou vivent actuellement) en Asie (et dans d’autres pays de « mission ») savent pertinemment à quelle vitesse la messe traditionnelle peut disparaître : lorsqu’un prêtre est muté ou contraint de se retirer par un évêque hostile à cette forme de liturgie, ou lorsqu’une mission fragile se retrouve sans soutien. Il faut reconnaître que, pour beaucoup d’entre nous, catholiques d’Asie, notre désir ardent de la messe traditionnelle a été aiguisé, façonné et purifié par la perspective même de la perdre totalement.
Comment, dès lors, les catholiques fidèles doivent-ils appréhender la situation actuelle, marquée par la controverse ravivée autour de la FSSPX et la question des consécrations épiscopales prévues pour le 1er juillet ?
D’une part, les catholiques fidèles ont le devoir de réfléchir, de discerner et d’examiner avec soin les décisions ecclésiales graves, telles que des consécrations épiscopales effectuées sans mandat pontifical.
D’autre part, il convient également de faire preuve d’humilité et de s’abstenir de critiquer hâtivement la FSSPX (ou de « jeter le bébé avec l’eau du bain ») lorsque l’on ne connaît pas tous les tenants et aboutissants de ce qui se joue exactement au Vatican ou au sein de l’Église.
Il est très aisé de condamner l’œuvre de la FSSPX depuis le confort d’un banc d’église célébrant la messe traditionnelle, au sein d’une communauté florissante d’Europe occidentale ou des États-Unis. Il est bien plus difficile, en revanche, d’imaginer les réflexions et les calculs auxquels doivent se livrer les nombreux prêtres de la Fraternité et leurs supérieurs ; ces derniers ont la charge de régions entières privées d’accès à la messe traditionnelle et aux sacrements selon la forme ancienne, dépourvues de doctrine claire et sans pasteurs diocésains prêts à affronter la crise.
Dans ce contexte, le réseau missionnaire de la FSSPX en Asie ne constitue pas une Église parallèle, mais une véritable bouée de sauvetage pour d’innombrables âmes. Comme le souligne le documentaire, l’œuvre de la FSSPX est véritablement une « œuvre d’espérance », précisément parce qu’elle est orientée vers le telos (la finalité) de l’homme : son bonheur éternel. Salus animarum suprema lex esto : le salut des âmes doit être la loi suprême dans l’Église.
Quelles que soient les conclusions ou le discernement de chacun concernant les questions canoniques ou les décisions relevant de la prudence, il est tout simplement de courte vue de négliger, de minimiser ou, pire encore, de dénigrer le bien accompli par la FSSPX, de passer sous silence les âmes que ses prêtres ont arrachées à l’ignorance, à l’indifférence et aux flammes de l’enfer, ou encore de qualifier de « désobéissants » des prêtres qui se sont donnés corps et âme pour le Christ et son Église.
L’épisode intitulé Une œuvre d’espérance met en lumière une réalité méconnue que beaucoup de catholiques — en particulier ces « théologiens de salon » susvisés — ne verraient jamais autrement. Pourtant, cela ne représente que la partie émergée de l’iceberg si l’on considère les innombrables sacrifices cachés, les voyages éprouvants par terre et par mer pour prêcher l’Évangile, les soirées passées au confessionnal à réconcilier les âmes avec Dieu, les chapelles isolées dans des villes étrangères et la persévérance inébranlable de missionnaires de la FSSPX tels que les abbés Couture et Onoda. À l’évidence, la vie de prêtres comme les abbés Couture et Onoda nous rappelle que l’Église catholique dépasse les frontières de tout pays et que le combat pour la Foi se livre avec intensité dans des contrées où les catholiques sont peu nombreux, incompris, marginalisés ou persécutés. Peut-être, alors, la réponse la plus charitable et la plus humble pour de nombreux catholiques — en particulier ceux qui ont le privilège d’un accès stable à la messe traditionnelle (du moins pour l’instant) — n’est-elle pas de se précipiter pour dénoncer ou anathématiser la FSSPX à l’approche des consécrations épiscopales.
Si je puis me permettre d’ajouter (non sans une pointe d’ironie) : les catholiques fidèles devraient, conformément au souhait du pape François d’une « Église synodale » ou d’une « Église de l’accompagnement », écouter le point de vue de la FSSPX et prendre conscience que ce qui semble assuré (leur accès à la messe traditionnelle, aux sacrements, aux prêtres, etc.) ne l’est peut-être pas pour toujours. Après tout, depuis toujours, l’Église catholique a eu besoin — et continuera d’avoir besoin — de prêtres et d’évêques missionnaires prêts à consacrer leur vie à la gloire de Dieu et au salut des âmes.
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Le pape célèbrera la messe place de la Concorde
Attendu le vendredi 25 septembre, le souverain pontife devrait entamer sa visite par un entretien avec le président de la République, au palais de l’Élysée.
Le pape pourrait ensuite se rendre au siège de l’Unesco, dans le VIIe arrondissement de Paris, ou effectuer une visite à la Maison médicale Jeanne Garnier, établissement de référence spécialisé dans les soins palliatifs. Il est aussi possible que le Souverain Pontife se rende à l’Assemblée Nationale ou à Versailles pour un discours devant le Parlement.
En fin d’après-midi, Léon XIV présidera les Vêpres solennelles à la cathédrale Notre-Dame de Paris. La Conférence des évêques de France a invité les prêtres, les diacres et leurs épouses, les personnes consacrées et les séminaristes de France.
Dans la soirée, le pape rejoindra le Stade de France pour rencontrer la jeunesse française lors d’une grande veillée de prière.
Le samedi 26 septembre, Léon XIV pourrait notamment se rendre à l’Institut Catholique de Paris pour une rencontre avec le monde universitaire.
En début d’après-midi, le pape présidera une messe en plein air place de la Concorde. Les fidèles pourront également se rassembler sur les Champs-Élysées.
À l’issue de cette messe, Léon XIV s’envolera pour Lourdes, où se poursuivra son voyage apostolique en France.
A l’ombre de l’Etoile de Marie Victoire – Mon coup de coeur de l’été
Moscou 1930 – “Noël était mort. Qui donc à Moscou osait même s’en souvenir ? C’était le soir du 6 janvier et la rue était déserte. Personne au dehors : la neige elle-même semblait mourir d’ennui. Seul quelque part, au fond ce de cette solitude, gémissait le vent glacial d’un hiver qui n’en finissait pas…. ”
La couverture de Léa Barbe est magique et vous entraine dans les coulisses du Bolchoï, ce théâtre prestigieux qui allume tant d’étoiles dans les yeux. Anna Fiodorova qui appartient au ballet du Bolchoï, est danseuse étoile et vit sous les toits du grand théâtre mais surtout sous la surveillance du régime soviétique depuis la mort de ses parents, fidèles de la famille impériale. Lorsque son frère Constantin, disparu depuis la révolution, réapparaît après dix ans d’exil, un espoir inattendu renaît : celui de fuir la terreur et de retrouver une vie libre. Elle semble pourtant oublier que la machine politique ne pardonne ni les retrouvailles ni les rêves d’évasion.
Arrêtée avec plusieurs membres du théâtre, Anna découvre l’univers implacable des Solovki, ces iles perdues dans la mer Blanche au nord de la Russie. Climat rude, isolement, terreur et cruauté… Commence alors un parcours terrible pour ces hommes et femmes entraînés malgré eux dans les mécanismes d’un régime totalitaire où subsistent malgré tout, la persévérance, la dignité et le refus de s’effacer.
Tous les ingrédients – amitié, trahison, courage et héroïsme, pardon, foi et conversion, amour sont au rendez-vous pour un roman historique dont le souffle formidable vous emporte jusqu’à la dernière ligne de la dernière page :
« Mais personne n’aurait pu prédire ce qui était arrivé. La Providence avait gardé jusqu’au bout le secret de ses voies : elle prouvait ce soir-là -même aux plus incrédules- que rien n’arrive sans raison et que les plus grands maux de ce monde ne doivent jamais faire douter de la bonté des Cieux. »
C’est un grand roman d’une écriture forte et entrainante. Il y a du Soljenitsyne dans ces pages. Il y a surtout cette espérance chrétienne qui est parfois la seule émotion qui fait rester en vie.
J’en recommande vivement la lecture pour les grands adolescents et plus !
Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/romans-francais-et-etrangers/30709-a-l-ombre-de-l-etoile.html
A l’ombre de l’Etoile, Marie Victoire, 392 pages, Editions des libertés, 23.90 €
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Des responsables et théologiens d’universités franciscaines publient une lettre ouverte à la FSSPX
Plus de 20 professeurs de l’Université franciscaine appellent la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X à ne pas procéder à la consécration prévue d’évêques le 1er juillet :
« Et vous, voulez-vous partir, vous aussi ? » (Jean 6:67)
Lettre ouverte à la Fraternité Saint-Pie X (Maison générale)
Cher Père Davide Pagliarani, Supérieur Général
Chers membres du Conseil général
Chers frères et sœurs en Christ !
Nous écrivons non pas en adversaires, mais en frères chrétiens qui aiment l’Église, fondée sur l’Écriture sainte et la Tradition sacrée, et qui, comme vous, aspirent au salut des âmes.
Votre amour pour la beauté de la liturgie traditionnelle et votre recueillement lors des offices témoignent de votre désir sincère de servir le Seigneur. Nous partageons cet amour et ce désir.
C’est avec humilité que nous vous demandons de reconsidérer la consécration des évêques annoncée, prévue pour le 1er juillet. Elle ne ferait que consolider et approfondir la séparation déjà existante entre la Fraternité Saint Pie X et le Siège de Pierre. Notre Seigneur Jésus-Christ a prié le Père : « Que tous soient un » (Jean 17, 21). L’unité de l’Église n’est pas qu’une question pratique ; elle est conforme à la volonté même du Christ. L’Église est une parce que le Christ est un. Nous sommes convaincus que chaque évêque, prêtre et fidèle catholique est appelé à préserver et à renforcer cette unité visible.
Le premier concile du Vatican a enseigné que « par ordre divin, l’Église romaine possède une prééminence de pouvoir ordinaire sur toute autre Église, et que ce pouvoir juridictionnel du pontife romain est à la fois épiscopal et immédiat. Le clergé et les fidèles, de quelque rite et dignité que ce soit, individuellement et collectivement, sont tenus de se soumettre à ce pouvoir par le devoir de subordination hiérarchique et d’obéissance véritable, et ce non seulement en matière de foi et de mœurs, mais aussi en matière de discipline et de gouvernement de l’Église dans le monde entier. » (Pastor Aeternus 3).
Faisant écho à la même Tradition, le Concile Vatican II a enseigné que le Christ a confié la charge de l’Église universelle au collège des évêques, uni à son chef, le successeur de Pierre. Le Concile a déclaré que le pontife romain est « le principe et le fondement perpétuel et visible de l’unité des évêques et des fidèles » (Lumen Gentium 23). Codifiant cette tradition, l’Église affirme que « le schisme est le refus de se soumettre au Souverain Pontife ou de communier avec les membres de l’Église qui lui sont soumis » (Code de droit canonique, Can. 751).
L’Église reconnaît que, par le passé, « des communautés assez importantes se sont retrouvées séparées de la pleine communion avec l’Église catholique – et, bien souvent, la faute en incombait à des hommes des deux camps » (Unitatis Redintegratio 3). Cependant, quelles que soient les questions ou les griefs légitimes qui puissent exister, ils ne sauraient justifier un schisme.
Le Concile a également enseigné que l’Esprit Saint continue de guider l’Église à travers l’histoire. À chaque époque, l’Église peut traverser des crises, même graves. Saint Paul, l’Apôtre des Gentils, est notre modèle en de tels temps, car il déclare : « Je vous exhorte, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, à tenir tous un même langage, à ne pas avoir de divisions parmi vous, mais à être unis dans un même esprit et dans un même sentiment » (1 Co 1, 10). Il s’est entretenu avec Pierre avec franchise et ouverture (Ga 2, 11) et, finalement, il a entrepris non pas une mission de son propre chef, mais celle qui lui avait été confiée par l’autorité de l’Église (Ac 15, 25 ; Ga 2, 9). Face aux crises les plus graves, il nous exhorte à « porter les fardeaux les uns des autres, pour accomplir ainsi la loi du Christ » (Ga 6, 2).
Nous vivons une époque où l’Église est confrontée à de nombreuses crises. Pourtant, les promesses du Christ demeurent : « Je ne vous laisserai pas orphelins » (Jean 14, 18) et « Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28, 20). La fidélité au Christ implique de croire que Dieu n’a pas abandonné et n’abandonnera jamais son Église, même si l’appel à la conversion et au renouveau constants s’adresse à tous les membres, à tous les niveaux de l’Église. Les trésors de la Tradition catholique n’ont pas leur place hors de la communion avec Pierre ; ils sont au cœur même de l’Église. Une nouvelle ordination épiscopale, en dehors de la hiérarchie ecclésiale et sans mandat apostolique, ouvrirait une nouvelle plaie dans le Corps du Christ et placerait hors de son étreinte maternelle les dons que Dieu a confiés à la Fraternité, dons qui appartiennent à l’Église et sont ordonnés à l’unité avec elle (Lumen Gentium 8). N’agissez pas ainsi. Ne créez pas cette plaie ! Reprenez le dialogue avec le Saint-Siège et la pleine communion avec l’Église.
Et nous demandons aux fidèles : « Voulez-vous aussi partir ? » (Jean 6, 67). Que cherchez-vous ? Qui cherchez-vous ? Le Christ est présent, dans son Église, dans ses sacrements. Il a offert son corps sur la croix, et son corps mystique, son Église, est indivisible.
Il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter que « la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous » (2 Cor. 13:14).
Que Notre-Dame, Mater Ecclesiae, prie pour vous et pour nous tous !
En Christ,
Les soussignés, la faculté de théologie et l’administration de l’Université franciscaine de Steubenville
Dr Donald Asci, professeur de théologie
Dr Mark Banga, professeur adjoint de théologie, de catéchèse et d’évangélisation
Dr Hannah Barrett, professeure de théologie
Dr John Bergsma, professeur de théologie
Dr Ron Bolster, professeur agrégé de théologie, doyen de la faculté de théologie et de philosophie
Dr Scott Hahn, professeur de théologie
Dr Stephen Hildebrand, doyen et professeur de théologie
Dr Regis Martin, professeur de théologie
Dr Mark Miravalle, professeur de théologie
Dr Jeffrey L. Morrow, professeur de théologie
Dr William Newton, professeur de théologie, directeur du département de théologie
Dr Shane Owens, professeur adjoint de théologie, directeur du master en sciences théologiques
Dr James Pauley, professeur de théologie et de catéchèse
Le P. Dave Pivonka, TOR, président
Diacre Bob Rice, PhD, professeur de catéchèse, directeur des études supérieures en évangélisation et catéchèse
Père Shawn Roberson, TOR, aumônier
Docteur Amy Roberts, professeure de théologie et de catéchèse
Dr Deborah Savage, professeure de théologie, directrice de l’Institut d’études sur l’homme et la femme
Dr Alan Schreck, professeur émérite de théologie
Dr Scott Sollom, professeur de théologie
Père Jonathan St. André, TOR, vice-président pour la vie franciscaine
Dr Michael Waldstein, professeur de théologie
Docteure Katharina Westerhorstmann, professeure de théologie et d’éthique médicale
Père Patrick Whittle, TOR, professeur adjoint de théologie
Dr Petroc Willey, professeur de théologie et de catéchèse
Dr Jacob Wood, professeur de théologie, directeur du doctorat en théologie sacrée
Si je nie mon féminin cyclique, comment pourrais-je présenter à Dieu ce qui, en ce cycle, me déstabilise, voire me fait souffrir ?
Gabrielle Vialla, mère de famille nombreuse, et responsable associative auprès des couples, passionnée et experte du cycle féminin depuis plus de 20 ans, publie un ouvrage original pour Prier avec le cycle féminin.
Le cycle féminin n’est pas une question abordée dans les livres de spiritualité. Pourtant l’Évangile n’élude pas le sujet. Comment prier en vérité si l’on ignore la réalité de la condition féminine ? si l’on ne s’autorise pas à être pleinement femme devant Dieu ?
À l’intime, le cycle féminin est vécu à la fois comme une vulnérabilité subie et la marque d’un rythme propre. L’auteur nous aide à comprendre un langage du corps, certes mystérieux, mais qui attend d’être éclairé par la grâce.
Gabrielle Vialla témoigne dans cet ouvrage que, tout comme le cycle liturgique ordonne et sanctifie le temps de l’Église, le cycle féminin, à sa mesure, peut devenir une école de vie intérieure en l’unissant à la dynamique même de son corps.
[N]ous pouvons d’ailleurs nous demander si un certain désintérêt pour les psaumes ne vient pas à notre époque d’un certain confort matériel, voire spirituel. Si je me satisfait d’un certain confort matériel, psychoaffectif, alors comment pourrais-je crier vers mon Dieu ? Dans un autre ordre, un certain féminisme a voulu débarrasser la femme de son cycle et de sa maternité ; les contraceptions hormonales ont biologiquement rendu cela possible pour un grand nombre de femmes, durant toute une partie de leur vie. La mentalité et la culture contemporaine ont, de fait, gommé largement la beauté du féminin cyclique, sous l’effet d’une double pression idéologique qui oblige à pense que le cycle diminue l’efficacité du travail des femmes et que la femme doit être sexuellement disponible. Le résultat est bien souvent l’épuisement des ressources des femmes.
Si je nie mon féminin cyclique, si je prétends pouvoir m’en débarrasser, comment pourrais-je présenter à Dieu ce qui, en ce cycle, me déstabilise, voire me fait souffrir ?
Voil à un premier bienfait du psaume. Il m’autorise à descendre en moi-même, à exprimer ma détresse, à être franche face à Dieu. Il m’autorise même à interroger la présence de Dieu et son silence. “Mon Dieu, j’appelle tout le jour, et tu ne réponds pas ; même la nuit, je n’ai pas de repos.” (Ps 21,3)
Guillaume Bernard : comment l’idéologie des droits de l’homme prépare le terrain à l’euthanasie
Avant-propos
Cet article propose une synthèse de l’entretien passionnant avec l’historien du droit Guillaume Bernard dans l’émission Penser la politique, et diffusé le 24 juin 2026 :
https://www.youtube.com/watch?v=1oSIQu-SL8Y
Loin des registres émotionnels qui dominent souvent ce débat, cette interview d’une qualité exceptionnelle met au jour une transformation profonde : la subversion du mot « droit » et l’avènement des droits subjectifs modernes. Cette analyse éclaire d’une lumière crue les ressorts intellectuels qui conduisent aujourd’hui à la légalisation de l’euthanasie, et invite à redécouvrir le droit naturel classique comme seul principe d’orientation.
Derrière le débat émotionnel sur la fin de vie se cache une fracture philosophique radicale. L’historien du droit Guillaume Bernard (enseignant à l’Institut catholique de Vendée) met au jour le mécanisme intellectuel par lequel notre société en vient à ériger l’administration de la mort en droit fondamental. Une démonstration implacable.
1. Le grand renversement : du juste objectif au désir individuel
Le mot « droit » a subi une subversion sémantique radicale :
— Le Droit Naturel Classique (Aristote, saint Thomas d’Aquin) : Le droit est une réalité objective à découvrir dans la nature des choses. L’homme reçoit sa vie ; il n’en est pas le propriétaire mais le gardien. La vie est un bien indisponible, condition de tout autre droit.
— Les Droits de l’Homme Modernes : Ce sont des droits subjectifs, des prérogatives attachées à la personne indépendamment de tout ordre naturel. L’homme est pensé comme absolument autonome : sa volonté devient la source unique du droit. Ce qui est légal se confond alors avec ce qui est juste.
Le basculement anthropologique : Ce n’est plus ce qui est commun aux hommes qui identifie l’homme, mais ce qui est propre à chacun. L’homme cesse d’être un être reçu pour devenir un être auto-institué. Cette vision élude la nature donnée pour ne valider que celle que l’individu se construit.
2. Le piège de la quatrième génération de droits
Guillaume Bernard distingue quatre étapes clés dans la dérive juridique moderne :
1. XVIIIe siècle : les « droits de » — Droits contre l’État pour protéger l’individu des abus du pouvoir.
2. Après 1945 : les « droits à » — Droits-créances exigeant des prestations de l’État (santé, logement).
3. Fin XXe : les droits-solidarité — Droits collectifs (environnement, principe de précaution).
4. Aujourd’hui : la quatrième génération — Une phase inédite et post-humaniste. Le droit ne protège plus l’homme contre le pouvoir, mais l’individu contre sa propre nature.
C’est cette logique de déconstruction anthropologique qui est à l’œuvre dans l’euthanasie, la GPA ou le transhumanisme.
3. La dignité conditionnée : le mécanisme fatal
Le point crucial de la démonstration tient à la redéfinition de la dignité :
— Tradition classique : La dignité est ontologique et inconditionnelle. Elle est attachée à l’être même de la personne, peu importe son âge, sa santé ou son autonomie.
— Modernité juridique : Elle fonde la dignité sur « la capacité de chacun à l’usage de sa puissance ». L’autonomie devient le critère exclusif d’accès à l’humanité.
Les conséquences de ce glissement sont terrifiantes. Si l’autonomie est jugée insuffisante, l’être n’est plus considéré comme authentiquement humain. C’est ainsi que l’enfant à naître peut être éliminé parce qu’il ne respire pas seul. Par la même logique, le malade comateux ou la personne lourdement handicapée sont voués à une mort provoquée, leur dépendance étant supposée dégrader leur dignité.
L’euthanasie devient alors une solution d’exclusion proposée à ceux que la société juge insuffisamment autonomes.
4. Les trois sophismes de l’euthanasie démontés
— Le sophisme du « droit à mourir » : C’est une contradiction dans les termes. Le droit est par essence ordonné à la protection de la personne ; il ne peut logiquement porter sur la destruction de son titulaire sans nier sa propre finalité.
— Le sophisme du « choix libre » : En contexte de grande dépendance, l’autonomie est une illusion. La solitude, la peur de déchoir et le sentiment d’être une charge créent une pression morale invisible. La vulnérabilité, qui appelait autrefois la protection, devient un motif de mise à mort déguisée en liberté.
— Le sophisme compassionnel : La vraie compassion (cum-pati, souffrir avec) consiste à accompagner et à soulager la douleur jusqu’au bout. L’euthanasie est une capitulation : la société externalise sa difficulté à accompagner la souffrance et choisit l’élimination du souffrant comme solution de facilité.
Conclusion : La dissolution du lien social
L’enjeu dépasse largement les cas individuels. Guillaume Bernard nous avertit :
« Le droit de chaque être singulier à s’affirmer en dehors de toute contrainte conduit à la négation du droit d’un corps social à perdurer dans ses traditions et à préserver son identité. »
Si la volonté individuelle et le consensus changeant des majorités deviennent la seule source de la norme, la société renonce au Bien Commun. Elle se dissout en une simple addition de volontés particulières, incapable de protéger les plus faibles. Si chacun peut décider souverainement de sa mort, plus aucune obligation collective ne nous lie aux plus vulnérables.
Pour les partisans de la vie, la reconquête des esprits exige de réinvestir d’urgence le droit naturel classique. Ce n’est pas un retour nostalgique, mais la condition absolue et unique de la protection des plus fragiles.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Euthanasie : une loi au forceps sans débat
Mercredi, les députés ont débattu plus de cinq heures et n’ont adopté aucun amendement. Ils en ont en revanche rejeté 201. Depuis le début de cette nouvelle lecture, un seul amendement a été adopté. Le rapporteur général a demandé une seconde délibération.
Ce 24 juin l’examen du texte a débuté par la suite des amendements proposés à l’article 3 visant à inscrire l’« aide à mourir » dans le code de la santé publique.
« Tout le débat est de savoir si l’euthanasie et le suicide assisté sont des soins », déclare Philippe Juvin (DR). « Vous répondez que ce n’est pas un soin, mais alors pourquoi l’inscrire dans le code de la santé publique ? » Charles Sitzenstuhl (EPR) interpelle à son tour : « J’aimerais que le Gouvernement reprenne la parole pour nous dire pourquoi nous avons besoin de cet article 3, il n’apporte rien sur le plan juridique ».
Le rapporteur Phillipe Vigier (Les Démocrates) n’en démord pas :« ça n’est pas un soin, pour autant c’est un acte médical », considère-t-il. Il profite des échanges pour revenir sur l’adoption de l’amendement de la veille : « Ce transfert réalisé sur les infirmières c’est scandaleux ». Plus tard au cours du débat, Charles Sitzenstuhl effectuera un rappel au règlement : « Il faut que les collègues arrêtent de faire ce mauvais procès sur les infirmiers ».
Les amendements de suppression de l’article 3 sont rejetés, comme tous les amendements proposés à l’article.
Les rejets s’enchainent mais le temps presse. Les règles du débat sont modifiées : désormais, pour chaque amendement, seul un orateur pour et un orateur contre pourront s’exprimer. En outre, le temps de parole est réduit à une minute.
L’article 3 finit par être adopté par 105 voix contre 74 et les députés passent à l’article 4 qui définit les conditions d’accès à l’« aide à mourir », dans une atmosphère tendue. Et parfois confuse. Danielle Simonnet (Ecologiste et Social) utilise son amendement visant à intégrer les personnes en situation irrégulière dans le dispositif pour faire un plaidoyer politique, mêlant la question de l’immigration à la campagne présidentielle et à la fin de vie. Elle lance : « Ce n’est pas encore l’extrême droite qui dirige ce pays que je sache ».
Comme elle l’avait déjà fait à l’article 3, Tiffany Joucour (RN) demande l’exclusion des majeurs protégés ou ayant une déficience intellectuelle du dispositif. « L’appréciation [de leur] volonté libre et éclairée est plus complexe, plus incertaine, souligne-t-elle. Quand il existe un doute même limité, notre responsabilité doit être de privilégier la protection ». La réponse de Brigitte Liso (EPR), rapporteur du texte, est caricaturalement laconique : « L’accès à l’aide à mourir est conditionné à ce que la personne soit apte à manifester sa volonté d’une façon libre et éclairée ». Les amendements sont rejetés comme tous ceux visant à tenter de protéger les plus vulnérables.
Cette réponse mécanique fait écho aux propos du ministre Laurent Panifous, arrivé en fin d’après-midi dans l’hémicycle en affirmant : « Nous avons abouti à un texte consolidé, y compris dans la sémantique. Le gouvernement souhaite qu’il soit maintenu dans son intégralité ». Il sera exaucé, le texte ne sera pas modifié d’un iota. Mais à quoi bon une nouvelle lecture dans ces conditions ?
Les députés abordent ensuite la question des mineurs, puis des personnes en situation carcérale, ou encore des souffrances psychologiques seules. Le tout sans qu’aucune modification n’ait été retenue. Le même sort sera réservé à la vérification du consentement libre et éclairé.
La pression monte à son comble au moment où Justine Gruet (DR) tente de défendre son amendement. Mais choquée par l’agressivité de ses contradicteurs, elle finit par se taire. « Que se passe-t-il madame la députée ? » interroge la présidente. Silence. Justine Gruet baisse le micro et tourne le dos. Un incident qui contraint la présidente à lever la séance, et qui montre combien le débat si peu respectueux semble impossible.
Vincent Trébuchet (UDR) en relève les « outrances » : « J’ai entendu que quand même il faisait chaud et que maintenant il fallait quand même peut-être accélérer, car ces personnes qui souffrent de la canicule il faudrait les aider à partir », reprenant les propos de Jean-François Rousset (EPR). « J’ai aussi entendu certains députés du Modem en conférence de presse nous dire qu’il fallait être rassurés parce qu’on n’allait pas euthanasier toutes les personnes fragiles. » « Là encore on est très rassurés ! », ironise l’élu. « Et à l’instant je viens d’entendre que dans les territoires ruraux, même sans soins palliatifs on meurt très bien et qu’il n’y a pas de problème… »
Anchya Bamana (RN) veut conditionner l’accès à l’« aide à mourir » à la proposition effective d’un suivi en soins palliatifs. « Sans accès au soulagement et à l’accompagnement, le prétendu choix entre les soins et la mort est une fiction », dénonce l’élue de Mayotte. « Avant d’organiser la mort, l’Etat doit enfin organiser l’accès aux soins. »
« On voit bien le malaise qu’il y a autour des soins palliatifs. » Yannick Monnet (GDR) propose d’en faire un 6e critère : une personne qui demanderait de recourir aux soins palliatifs ne pourra pas être euthanasiée sans avoir pu y avoir accès au préalable. « Ça clarifie l’esprit du législateur », argumente-t-il avant d’exposer sa position personnelle. « Jusqu’à présent je partage la philosophie du texte. Mais si on rejette cet amendement, ce que je comprends c’est qu’on est prêts à accepter que quelqu’un accède à l’aide à mourir sans avoir pu bénéficier de soins palliatifs à sa demande. Et là pour le coup je ne partage plus du tout la philosophie du texte. »
Le rapporteur comme le ministre lui répondront par la procédure. Son amendement est rejeté. Pourtant Dominique Potier (Socialistes et apparentés) objecte que cela devrait être « une condition sine qua non, minimaliste ». Et pointe au passage que les délais de procédure ne permettent pas de vérifier l’accès du patient aux soins palliatifs.
A minuit la présidente lève la séance. Malgré tous ses efforts – « on nous met suffisamment la pression » – et la règle du « 1 pour, 1 contre » adoptée pour accélérer les débats, il reste encore 84 amendements à examiner à l’article 4, et 1336 au total.
Les débats reprendront vendredi et se prolongeront samedi et dimanche. Il faut « boucler » – bâcler ? – la nouvelle lecture car le vote solennel est prévu le 30 juin. Yaël Braun-Pivet veut un texte « pleinement applicable » d’ici « la fin de l’année »: le calendrier est serré.
Source : Gènéthique
I-Média : Jean-Eudes Gannat condamné, Elon Musk s’en mêle
L’image de la semaine :
Jean-Eudes Gannat sous les projecteurs d’Elon Musk, suite à une vidéo en anglais de Thaïs d’Escufon, relayée avec des millions de vues.
Le dossier du jour :
Erik Tegnér condamné, un double scandale ! Le directeur du magazine Frontières a été condamné par le tribunal correctionnel de Bobigny à six mois de prison avec sursis, 10 000 € d’amende et 20 000 € de dommages et intérêts, au titre de la loi dite “Samuel Paty”. Une décision qui fait réagir, y compris à gauche.
Les pastilles de l’info :
– Matthieu Pigasse en lice pour le rachat de Fibre Excellence, dernier fabricant français de pâte à papier
– Tulsi Gabbard et la polémique autour de ses révélations sur les biolabs américains
– Maxime Saada dénonce la mise en demeure CNews par l’Arcom
– Canicule, ça chauffe !
– Les expressions toutes faites dans les médias
– Sale temps pour Daniel Cohn-Bendit à Montpellier et sur BFMTV
Portrait piquant : Martin Ajdari
3 députés de gauche hostiles à la loi sur l’euthanasie
Dans une tribune au « Monde », les députés Lisa Belluco, Dominique Potier et Stéphane Peu, expliquent les raisons de leur opposition à la proposition de loi sur l’euthanasie, qui doit faire l’objet d’un vote solennel, mardi, à l’Assemblée.
« Sous couvert de progressisme, ce texte est rupture d’égalité, illusion de liberté, travestissement de la fraternité »
Une Europe détachée de l’Évangile risquait de « se suicider en se livrant à sa propre chute »
Le cardinal Gerhard Müller a prononcé une conférence le 17 juin à la Chambre des députés italiens. Le préfet émérite de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi y a formulé l’une des critiques les plus virulentes de ces dernières années à l’encontre de la dérive idéologique des institutions européennes. L’intervention a eu lieu lors de l’événement intitulé « Diktat eurogenre : Racines chrétiennes, liberté religieuse et éducative menacées dans l’UE » , organisé par l’association catholique I RadicaTi dal diritto naturale alla legge et promu par le député Massimo Milani, membre de Fratelli d’Italia, le parti de la Première ministre Giorgia Meloni.
Cette réunion avait pour but d’analyser les conséquences de certaines politiques promues depuis Bruxelles dans des domaines tels que la famille, l’éducation, la liberté religieuse et la liberté d’expression. Les organisateurs ont dénoncé le fait que certaines initiatives européennes présentées sous la bannière de la lutte contre la discrimination favorisent une imposition idéologique croissante sur des questions liées au genre, à la sexualité et à l’anthropologie humaine. Selon les organisateurs de l’événement, l’Europe traverse une phase dans laquelle la défense des racines chrétiennes et de la vision traditionnelle de la famille est fréquemment présentée comme un obstacle au progrès, tandis que certains courants idéologiques bénéficient d’une protection institutionnelle privilégiée.
C’est dans ce contexte que Mgr Müller a pris la parole, offrant une large réflexion sur la crise spirituelle, culturelle et politique qui frappe le continent. Le cardinal allemand a rappelé que les pères fondateurs du projet européen — des personnalités telles que Robert Schuman, Alcide De Gasperi et Konrad Adenauer — n’ont jamais conçu l’Europe comme une simple structure économique ou administrative. Selon lui, l’unité européenne est née d’une vision commune de la personne humaine profondément marquée par le christianisme, ce qui a permis le développement de concepts aujourd’hui considérés comme fondamentaux, tels que la dignité humaine, la liberté de conscience, l’égalité devant la loi et les droits fondamentaux.
« C’est sur cette base que repose aujourd’hui l’Union européenne ».
C’est pourquoi il a averti qu’une Europe détachée de l’Évangile risquait de « se suicider en se livrant à sa propre chute ».
Mgr Müller a identifié la désintégration de la famille et la confusion autour de l’identité humaine comme quelques-uns des principaux symptômes de la crise culturelle européenne. Le continent traverse un processus de remise en question des réalités anthropologiques les plus fondamentales, largement impulsé par l’idéologie du genre et les courants transhumanistes qui cherchent à redéfinir la nature humaine elle-même.
Le préfet émérite a dénoncé ce qu’il a décrit comme une transformation culturelle inspirée par une logique « jacobine », contraire à la famille naturelle et à l’identité personnelle. Il a également accusé certaines institutions européennes de promouvoir une forme de « totalitarisme de genre » qui menace de plus en plus la liberté de pensée et d’éducation.
L’un des concepts centraux de l’intervention était celui de « despotisme doux », emprunté au penseur français Alexis de Tocqueville. Mgr Müller a fait valoir que les démocraties occidentales ne tendent plus à restreindre les libertés par la persécution ouverte ou la violence d’État, mais plutôt par des mécanismes beaucoup plus subtils : réglementations administratives, bureaucraties en constante expansion et pressions culturelles visant à standardiser la pensée. Dans ce contexte, il a adressé des critiques explicites à certaines réglementations européennes relatives au contrôle des contenus numériques et à la lutte contre la désinformation. Selon lui, les gouvernements et les institutions politiques ne devraient pas prétendre avoir l’autorité de déterminer ce qui est vrai et ce qui est faux, mais devraient se limiter à la poursuite du bien commun tout en respectant la liberté des citoyens.
Mgr Müller a dénoncé l’influence de certaines organisations internationales et élites mondiales qui, selon lui, promeuvent une vision technocratique et sécularisée de la société. Il a notamment cité en exemple le Forum économique mondial et le Club de Rome, organisations qu’il a accusées de promouvoir des programmes culturels incompatibles avec la tradition chrétienne européenne. Selon le cardinal, l’Europe risque de devenir « un terrain d’expérimentation pour l’idéologie woke athée », où la religion est progressivement exclue de la sphère publique et réduite à une affaire strictement privée. Il a également exprimé son inquiétude face à la crise démographique et aux conséquences culturelles des politiques migratoires menées ces dernières décennies, affirmant que de nombreux gouvernements ont ignoré les défis d’intégration et de cohésion sociale liés à ces processus.
L’intervention s’est conclue par un appel à retrouver confiance dans l’héritage chrétien qui a façonné l’Europe. Mgr Müller soutenait que les problèmes démographiques, culturels, technologiques et politiques qui affectent actuellement le continent ne peuvent être résolus par davantage de bureaucratie ou par de nouvelles expériences idéologiques, mais seulement par la redécouverte des principes moraux qui ont rendu possible la civilisation européenne.
À son avis, le véritable dilemme auquel l’Europe est confrontée n’est ni politique ni économique, mais culturel et spirituel : doit-elle continuer à bâtir son avenir sur la conception chrétienne de la personne humaine ou continuer à évoluer vers une société de plus en plus détachée des racines qui, pendant des siècles, lui ont donné cohésion, identité et sens ?
Il reste de la place à la Route Saint-Pierre
Dans un mois et demi commencera la Route Saint-Pierre, édition 2026. De Pont-Saint-Esprit au Puy en Velay (du 3 au 16 août).
Il reste des places pour s’inscrire ! Ce serait dommage que personne ne profite de l’opportunité de passer ces magnifiques temps d’amitié chrétienne.
La route saint Pierre est une marche des jeunes catholiques, mixte, de 18 à 25 ans. L’idée est de passer des vacances chrétiennes accessibles en présence de deux prêtres et de 4 séminaristes. L’occasion de se rapprocher de Dieu tout en se forgeant des belles amitiés chrétiennes.
La marche se fait en équipe mixte, reste « tranquille » (moins d’une vingtaine de kilomètre) et une équipe logistique s’occupe des sacs et des bivouacs !
L’édition 2026 se déroulera du lundi 3 août au dimanche 16 août. Elle commencera à Pont-Saint-Esprit (Gard) jusqu’au Puy-en-Velay (Haute-Loire).
