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La FSSPX n’a pas voulu la main tendue de Benoît XVI, une frange radicale a prévalu

L’ancien secrétaire de de Benoît XVI Mgr Georg Gänswein, aujourd’hui nonce apostolique dans les pays baltes, a été interrogé à propos des sacres :

De quelle manière Benoît XVI pensait-il pouvoir les faire revenir ?

Il faut relire sa lettre aux évêques du monde entier. Il l’a écrite de sa propre main, mot à mot. Il voulait être un pontife, au sens propre du terme : un bâtisseur de ponts. Celui qui est excommunié, se repent et désire sincèrement revenir en communion avec l’Église, a droit à l’absolution. Il a levé l’excommunication des quatre évêques comme un père qui cherche à faire la paix. Une main tendue qu’ils, malheureusement, n’ont pas acceptée. Une frange radicale a prévalu ; elle ne voulait pas de réconciliation alors, et elle n’en veut toujours pas aujourd’hui.

Comment expliquer le paradoxe des traditionalistes qui n’obéissent pas au pape ?

« Il s’agit sans doute de la fameuse coïncidence des contraires. Ils sont comme les protestants d’il y a cinq siècles. Le cardinal Müller a raison. »

Pensez-vous qu’il soit encore possible de les faire revenir ?

« Je dois dire que je suis très déçu… La grâce peut tout faire, avec le temps, mais pour l’instant, je constate un éloignement et un durcissement encore plus profonds qu’auparavant. Un rejet de cette paix que, comme Benoît XVI, le pape Léon XIV désire également. Il y a cependant une chose qu’il faut d’abord clarifier : l’affaire Lefebvre n’est pas une question liturgique. »

Vous voulez dire la messe tridentine en latin — le Missale Romanum promulgué par Pie V en 1570 et republié par Jean XXIII en 1962 ?

« Oui. Dans l’Église, il y a des fidèles qui célèbrent selon le rite latin — par exemple, la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre — et ils le font cum Petro et sub Petro : jamais contre le Pape. La réforme liturgique du Concile, avec l’usage des langues nationales dans la messe, a maintenu le latin ; il y a aussi le Novus Ordo de Paul VI. De plus, Sacrosanctum Concilium de 1963 a été signé, en tant que père conciliaire, par l’archevêque Lefebvre lui-même. »

Et donc ?

« Franchement, je crois que Rome peut désormais s’ouvrir à la possibilité d’être plus flexible, généreuse et paternaliste quant à la possibilité de célébrer la messe en latin. »

Cela discréditerait-il un argument des lefebvriens ?

« Cela aussi, mais il ne s’agit pas uniquement de cela. Une mauvaise décision peut et doit être corrigée. Rome montrerait alors qu’elle a le courage et la conviction de le faire. »

Par « mauvaise décision », vous entendez les restrictions introduites par François dans la lettre Summorum Pontificum, par laquelle Benoît XVI avait libéralisé la messe en latin en 2007 ?

« Je crois que le pape François a commis une erreur, sans s’en rendre compte… »

François a déclaré que l’ouverture avait été utilisée « pour accroître les distances, durcir les différences et construire des oppositions »…

« Oui, mais cela a eu l’effet inverse. Summorum Pontificum avait porté ses fruits ; dix années d’expérience positive l’ont démontré. Il y a eu des abus, c’est vrai, mais abusus non tollit usum : le fait que certains abus aient existé n’était pas une raison valable pour interdire la messe tridentine à tous. De plus, la majorité des évêques étaient d’accord pour maintenir les ouvertures. On recouvrerait ainsi cette paix liturgique qui avait été compromise. »

Syrie : Le Parlement enfin complet

Le gouvernement syrien a annoncé, cette semaine, les noms des 70 députés choisis par le président Ahmed al-Charaa, pour compléter le parlement syrien. Les 140 autres parlementaires avaient été élus en octobre dernier. On se souvient que la taille du corps électoral – seuls 7 000 Syriens étaient électeurs et éligibles, ainsi que l’exclusion du scrutin de provinces entières – avaient marqué la faiblesse démocratique de ces premières élections. Parmi ces 70 parlementaires, on note la présence d’une quinzaine de femmes et d’au moins deux chrétiens… La première session parlementaire est prévue le 6 juillet.

Par ailleurs, le 2 juillet, un attentat a fait neuf morts et 20 blessés dans un café de Damas, situé dans une rue fréquentée. A ce jour, l’attentat n’a pas été revendiqué.

Source : SOS Chrétiens d’Orient

Discrimination à l’entrée du lycée militaire de La Flèche [Add : réaction du ministre]

Créer son école et la Fédération Nationale de l’Enseignement Privé dénoncent le traitement discriminatoire réservé par le Prytanée National Militaire aux lycéens provenant d’établissements privés hors contrat.

Des élèves brillants, admis sans problème en prépa ayant des classes étoile par ailleurs, ne sont même pas classés ni même en liste d’attente au Prytanée.

Plus dérangeant encore, un texte signé du chef d’établissement du Prytanée organise ou reconnaît cette éviction par principe de ces élèves au regard du profil de leur établissement. La même discrimination illégale aurait cours au lycée militaire d’Aix, sans texte le reconnaissant, tandis que ce n’est heureusement pas le cas à Saint-Cyr-l’École.

Des parents ont déposé un référé suspension le 2 juillet. L’association Créer son école, qui soutient et finance la défense des élèves des écoles libres injustement discriminés, ainsi que la FNEP interviendront à leurs côtés dans ce recours et organisent la conférence de presse pour présenter les faits, leur caractère inadmissible et exposer leur vision de ce qui se joue au travers de cette actualité.

Addendum : le ministre des Armées qualifie ces discriminations de « totalement inacceptables », diligente une enquête administrative immédiate et annonce de potentielles sanctions disciplinaires.

Lettre de Don Davide Pagliarani (FSSPX) au pape Léon XIV

Lettre du Supérieur général de la FSSPX à Sa Sainteté le Pape Léon XIV :

Écône, le 3 juillet 2026

« Quel est d’entre vous le père, à qui son fils demandera du pain, et qui lui donnera une pierre ? ou un poisson, et qui, au lieu du poisson, lui donnera un serpent ? ou encore, s’il lui demande un œuf, lui donnera un scorpion ? Si donc vous, tout méchants que vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père céleste donnera-t-il l’Esprit-Saint à ceux qui le lui demandent ! » (Lc XI, 11-13)

Très Saint-Père,

La notification de la décision prise par le Saint-Siège à l’égard de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, signée par Son Éminence le Cardinal Fernández, nous est parvenue et est désormais de notoriété publique.

Il nous semble que cette décision met une fois de plus en lumière le contexte extrêmement tragique dans lequel se trouve l’Église universelle. Ce que la Fraternité Saint-Pie X a fait et continuera de faire n’est rien d’autre qu’une initiative extrême de secours des âmes, au milieu de la confusion doctrinale et morale dans laquelle l’Église est plongée. Nous ne prétendons en aucune manière nous substituer à l’Église et nous n’avons d’autre ambition que de lui demeurer fidèles.

En conscience, nous n’avons pas estimé pouvoir nous soustraire au devoir moral que nous avons envers les âmes, comme nous l’avons déjà expliqué, tant en privé que publiquement, à Votre Sainteté.

Nous avions demandé du pain, c’est-à-dire un peu de compréhension pour un cas de conscience sincère, un geste de paternité non tant envers la Fraternité Saint-Pie X qu’envers les âmes, Vous promettant d’en faire de véritables fils de l’Église romaine ; malheureusement, nous avons reçu une pierre.

Nous avions demandé un poisson, c’est-à-dire la possibilité d’obtenir temporairement les moyens nécessaires pour continuer à former de bons prêtres, afin qu’ils poursuivent leur mission de faire connaître Notre-Seigneur aux âmes ; malheureusement, nous avons reçu un serpent.

Nous avions demandé un œuf, en promettant de le rendre dès que cela serait possible. En effet, la sainte Tradition que nous conservons dans les âmes appartient à l’Église, notre Mère — et non à la Fraternité Saint-Pie X —, et nous sommes certains qu’un jour un Pape voudra s’en servir pour le bien de l’Église universelle ; malheureusement, nous avons reçu un scorpion.

Nous avions demandé d’être instruits et confirmés dans la foi de toujours ; au lieu de cela, nous avons été déclarés schismatiques une seconde fois.

Malgré les sanctions qui nous frappent, la Fraternité Saint-Pie X renouvelle sincèrement la promesse qu’elle avait déjà formulée à Votre Sainteté. Permettez-moi, à ce propos, de reprendre librement ce que j’avais déjà exprimé :

« La Fraternité Vous promet […] de consacrer toutes ses énergies à préserver la Tradition et à la mettre au service de l’Église. Ce faisant, la Fraternité Saint-Pie X ne se contente pas de conserver d’anciens usages ; elle favorise et préserve les vocations sacerdotales, les vocations religieuses, les familles nombreuses et profondément chrétiennes ; en un mot, tout ce qui manifeste la vitalité de l’Église, de la grâce et de la foi catholique. Notre intention n’est pas d’offrir à l’Église un musée de choses anciennes, mais la Tradition intégrale, féconde, source de vie spirituelle, incarnée et vécue dans les âmes.

[…] Je suis certain qu’un jour Vous-même ou l’un de Vos successeurs pourra et voudra utiliser ce service, dont l’offrande, dans l’Église et pour l’Église, constitue notre unique raison d’être. » (Lettre personnelle adressée le 21 novembre 2025 à Sa Sainteté)

Mais surtout, la Fraternité Saint-Pie X Vous promet aujourd’hui de ne pas accueillir ces nouvelles sanctions — objectivement injustes et invalides — dans l’amertume ou la révolte.

Les condamnations récentes, comme celles du passé, nous atteignent dans ce que nous avons de plus cher : notre attachement à notre Mère, l’Église romaine. Pourtant, même dans cette épreuve, tout doit concourir au bien des âmes et de l’Église elle-même. C’est pourquoi ces condamnations nous poussent à aimer davantage encore la sainte Église et à subvenir à ses besoins de toutes nos forces, plus que jamais. Pour cette même raison, la Fraternité Saint-Pie X offre volontiers la souffrance causée par ces nouvelles sanctions, pour le bien de l’Église universelle et de Votre Sainteté.

Nous sommes certains qu’un jour Vous-même ou l’un de Vos successeurs voudra faire sien le programme de saint Pie X : « Tout restaurer dans le Christ », Instaurare omnia in Christo. En ce jour-là, le Saint-Père découvrira dans la Fraternité Saint-Pie X, non un amas de serpents et de scorpions, mais une petite armée de fils loyaux, prêts à tout pour Le soutenir dans la restauration de toutes choses en Notre-Seigneur, et pour revendiquer devant l’humanité entière les droits imprescriptibles du Christ-Roi sur toutes les âmes et sur toutes les nations.

En ce jour-là, le Saint-Père découvrira avec une grande joie et une profonde consolation des âmes authentiquement catholiques, dont le lien avec l’Église ne s’est jamais fondé sur les sables mouvants d’un dialogue ambigu, mais sur le roc de la foi de Pierre.

Nous demandons à la très sainte Vierge Marie de hâter la venue de ce jour, et nous souhaitons surtout à Votre Sainteté de connaître au plus tôt cette joie et cette consolation.

En attendant, si Vous le pouvez, malgré Votre récente décision, bénissez-nous comme Vos fils. Pour nous, rien n’a changé et jamais rien ne changera.

Confiant dans la divine Providence, à laquelle rien n’échappe et qui lit jusqu’au fond du cœur de chaque homme, je demeure, Très Saint-Père, votre très dévoué fils dans le Seigneur.

Don Davide Pagliarani

La Cour de cassation légalise la GPA

Communiqué de Juristes pour l’enfance :

Dans deux décisions rendues [vendredi] par l’Assemblée plénière de la Cour de cassation, la haute juridiction entérine la jurisprudence de la 1ère chambre civile et octroie l’exequatur à deux décisions canadiennes désignant comme pères deux hommes ayant commandé des enfants à des mères porteuses canadiennes.

La Cour de cassation ose brandir l’intérêt de l’enfant et prétend chercher un équilibre délicat entre la prohibition française de la GPA et l’intérêt de l’enfant. Autrement dit, l’intérêt de l’enfant sert de prétexte pour entériner par l’exequatur la violation de ses droits résultant des décisions canadiennes.

Un déni de justice à l’égard de l’enfant

Certes, une fois l’enfant victime de la GPA, il convient de tenir compte de la situation de fait, mais les juges français n’ont pas à aggraver le préjudice subi par l’enfant victime de la GPA. 

Or, c’est ce que font les deux décisions rendues aujourd’hui : l’exequatur permet la transcription directe des décisions canadiennes sur les registres français d’état civil, et l’établissement d’actes de naissance indiquant directement les deux hommes comme pères, effaçant sur l’état civil toute trace de l’histoire de l’enfant et assignant à ce dernier un état civil mensonger : la filiation biologique dont l’enfant a été privée est ignorée par les juges qui considèrent uniquement la parenté d’intention des clients de la GPA comme étant LA filiation de l’enfant.

Cette solution est d’autant plus inexplicable qu’une autre solution était envisageable, déjà pratiquée et imposée par le législateur en 2021 lors de la dernière loi de bioéthique, à savoir la transcription de la mention de l’acte de naissance étranger désignant le père biologique, et l’adoption ensuite par son conjoint ou concubin : une seconde paternité, adoptive, portée sur l’acte de naissance de l’enfant présente le grand avantage de préserver la véracité de l’état civil de l’enfant, et de ne pas effacer son histoire.

Autrement dit, le refus d’exequatur ne prive pas l’enfant de son acte de naissance étranger, et lui assure un état civil français conforme à la réalité de son histoire, qui lui permette de comprendre ce qu’il a vécu : la transcription de la mention du père biologique, puis l’adoption par le parent d’intention, conjoint(e) ou concubin(e) du père. Une telle situation n’a déjà rien d’idéal car elle ne répare pas le préjudice subi par l’enfant mais, au moins, elle l’évite de l’aggraver en ajoutant un déni de ce que l’enfant a subi et en préservant le droit de l’enfant à un état civil conforme à la réalité.

Le précédent de l’adoption internationale illégale: refus d’exequatur

D’ailleurs, dans des situations similaires issues de l’adoption internationale illégale, la Cour de cassation avait refusé l’exequatur de décisions étrangères prononçant l’adoption, afin d’exprimer le refus du droit français de cautionner l’adoption illégale et l’atteinte à la filiation d’origine de l’enfant qu’elle suppose : les adoptants français vivent ensuite en France avec les enfants, et des actes de naissance étrangers.

Aujourd’hui, la Cour de cassation aurait dû adopter la même fermeté et refuser de valider tant l’achat d’enfant dissimulé derrière la GPA, que l’atteinte à la filiation de l’enfant victime de la GPA.

Un déni de démocratie

La Cour de cassation usurpe la compétence du législateur et contourne sa volonté, pourtant clairement exprimée en 2021, faisant fi de la démocratie.

Elle donne l’exequatur sur la seule condition du consentement de la mère porteuse à la GPA et à la renonciation à ses droit parentaux.

La loi française déclare pourtant contraire à l’ordre public toute GPA. Le consentement de la mère porteuse n’est en rien un critère de validité de la GPA et on ne voit pas en quoi un tel consentement, quand bien même il existe, pourrait justifier l’atteinte à la filiation de l’enfant qui en résulte.

À titre de comparaison, apprécierait-on la conformité à l’ordre public international français d’un mariage polygame contracté par un Français à l’étranger au regard du consentement des intéressés ?

Alors même que le droit européen désigne explicitement désormais l’exploitation de la GPA comme une forme de traite humaine, se référer au consentement de la mère porteuse ajoute encore au cynisme.

Alors que la Conférence de La Haye, après 15 ans de travaux pour l’élaboration d’un instrument international définissant des critères au regard desquels les États devraient reconnaitre la filiation issue de GPA réalisées en dehors de leur territoire, vient de renoncer à ce projet, la Cour de cassation se comporte exactement comme si la France avait signé une convention internationale reconnaissant la GPA sur le seul critère du consentement de la mère porteuse.

« Nous déplorons l’hypocrisie de prétendre fonder ces décisions sur l’intérêt de l’enfant, déjà victime de la GPA et maintenant victime de la justice française », commente Aude Mirkovic, Présidente de Juristes pour l’enfance.

Juristes pour l’enfance rappelle que, avec l’exequatur :

1/ ce n’est pas du tout la situation de l’enfant qui est régularisée, mais celle des commanditaires. Pour l’enfant, donner l’exequatur à un jugement rendu post GPA réalise un déni de la violation de ses droits par la GPA, autrement dit un déni de justice.

2/ ce n’est pas la filiation de l’enfant qui est sécurisée, mais le désir de parenté du parent d’intention. Pour l’enfant, c’est l’atteinte à sa filiation qui est validée par l’établissement d’un état civil français mensonger.

Alors que la révision de la loi de bioéthique approche, Juristes pour l’enfance demande au législateur, comme il l’a fait en 2021, de mettre fin aux égarements de la Cour de cassation et de renforcer la loi française afin de rendre la prohibition actuelle efficace et dissuasive, notamment par l’introduction d’un délit de recours à la GPA, que ce soit en France ou à l’étranger.

« Il y aura sans doute toujours des personnes qui tenteront d’obtenir des enfants par tout moyen, y compris la GPA, mais la responsabilité des juges, qui ont failli, et par conséquent maintenant du législateur, est de faire en sorte que le minimum d’enfants ne subisse cette pratique », ajoute Aude Mirkovic.

« Les premiers bénéficiaires des deux décisions rendues aujourd’hui sont les sociétés internationales de GPA, les marchands d’enfants qui remercient sans doute déjà la Cour de cassation d’avoir levé un obstacle au développement de leur business auprès des clients français », ajoute-t-elle.

Vers un schisme allemand ?

Dans La Nef, Jean Bernard évoque le Katholikentag, qui a tenu sa 104e édition à Wurtzbourg à l’Ascension.

[L]e Katholikentag de Wurtzbourg a été l’occasion, une nouvelle fois, de prendre la mesure des tensions qui existent entre Rome et l’Église d’Allemagne, tensions qui se cristallisent pour l’essentiel sur deux domaines, les questions morales et l’exercice du pouvoir dans l’Église.

S’agissant des questions morales, la conférence des évêques d’Allemagne et le Comité central des catholiques allemands ont élaboré en avril 2025 un guide intitulé « Segen gibt der Liebe Kraft » (bénir donne force à l’amour), contenant des conseils d’accompagnement pour les bénédictions des couples ne voulant ou ne pouvant contracter un mariage catholique, en particulier pour les couples de même sexe. Or, alors que le pape Léon XIV, dans l’avion qui le ramenait de son récent voyage en Afrique, a redit publiquement son opposition à l’égard de telles bénédictions, les évêques allemands ont écarté d’un revers de main ces objections, prétendant que la voie choisie était conforme à la déclaration Fiducia Supplicans du pape François.

Quant à la question du pouvoir, elle présente, on le sait, une extrême sensibilité dans une Église allemande dotée d’une bureaucratie pléthorique, où des dizaines de milliers de laïcs exercent une activité professionnelle gravitant directement dans l’écosystème institutionnel, associatif ou universitaire de l’Église. D’ailleurs, la présidente du ZdK, Irme Stetter-Karp, représente un exemple achevé de ce parcours, puisqu’elle a été successivement, dans le cadre du diocèse de Rottenburg-Stuttgart, salariée du Bureau de la jeunesse, du Centre de formation pour adulte et de l’association Caritas. Or, le fait pour ces laïcs, en particulier pour ceux engagés dans des fonctions pastorales, d’être constamment subordonnés à des clercs et d’être privés du pouvoir réel – droit canonique oblige – constitue un puissant facteur de frustration, susceptible d’inciter certains d’entre eux à se retourner contre un prétendu ordre établi et les « élites cléricales ». Ce n’est donc pas un hasard si le Chemin synodal, ce grand chantier de réflexion et de réformes structurelles lancé en 2019 par la conférence épiscopale et le ZdK, s’est donné initialement comme objectif de parvenir à une codirection entre les clercs et les laïcs dans la gouvernance de l’Église allemande. Et si, en décembre 2025, en clôture de ses travaux, le Chemin synodal a décidé la mise en place d’une Synodalkonferenz (conférence synodale), structure permanente destinée à ancrer durablement les réformes projetées et composée de 81 membres, parmi lesquels une majorité de laïcs.

L’Église catholique doit-elle alors craindre un schisme allemand, sur sa « gauche », symétriquement à celui qui s’annonce, sur sa « droite », avec les ordinations épiscopales de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X? À cette question, il est possible, sans prendre de risques inconsidérés, de répondre aujourd’hui par la négative, car aucune des deux questions mentionnées ci-dessus n’est susceptible, en l’état, de conduire à une telle issue.

D’une part, pour que la contestation frontale de la morale sexuelle de l’Église puisse provoquer une rupture, encore faudrait-il que le Siège apostolique prenne l’initiative de sanctionner les évêques qui en sont à l’origine. Or, les bénédictions de couples homosexuels sont devenues une pratique courante, non seulement acceptée mais encouragée par la majorité des diocèses allemands, sans que Rome n’ait, au-delà de critiques verbales, adopté une quelconque mesure disciplinaire. À ce sujet, le 6 mai dernier, le cardinal Parolin a seulement indiqué qu’il était « prématuré » de parler de sanctions et a souhaité que « les problèmes soient résolus de manière pacifique, comme il se doit dans l’Église ». Semble ici s’appliquer la formule bien connue en science économique, « too big to fail » : compte tenu du poids de l’Église allemande dans le catholicisme mondial, Rome n’est sans doute pas disposée à risquer un schisme sur cette seule question des bénédictions homosexuelles.

D’autre part, la rupture ne se produira pas non plus sur la question de l’exercice du pouvoir. En effet, cédant aux injonctions romaines, les organisateurs du Chemin synodal ont finalement vidé de sa substance le projet initial de partage du pouvoir : non seulement le champ d’application de la future Conférence synodale demeure vague (prendre position sur les « évolutions majeures de l’État, de l’Église et de la société », adopter des résolutions sur les « questions importantes de la vie ecclésiale ayant une incidence supra-diocésaine », etc.), mais ses statuts, actuellement en attente de recognitio à Rome, prévoient expressément le respect de « l’ordre constitutionnel de l’Église » (article 1er) ainsi que le droit de chaque évêque de refuser la mise en œuvre dans son diocèse des résolutions que la Conférence serait amenée à prendre (article 7). Bref, pour reprendre les propos amers mais lucides de canonistes allemands, le Chemin synodal pourrait n’avoir été qu’« une énième thérapie par la parole pour occuper le peuple de Dieu » (Bernhard Sven Anuth), qu’un « simulacre de participation » (Norbert Lüdecke). […]

Je vivrai mes hivers : chanson à transmettre aux députés

 

Je vivrai mes hivers

Couplet 1
Monsieur le Député,
Madame la Députée,
Je vous écris ce soir
Du fond d’un long couloir.

Couplet 2
J’ai quatre-vingt-deux ans,
Un corps qui m’abandonne,
Un cœur qui se cramponne
Au moindre instant présent.

Couplet 3
On vous dit liberté,
On vous dit délivrance,
Mais moi, dans mon silence,
J’entends : « abandonné ».

Couplet 4
Quand on coûte trop cher,
Quand on pèse à sa fille,
Le choix qui nous aiguille
N’a plus rien de sincère.

Couplet 5
Nul ne me poussera,
Mais j’entends qu’on chuchote :
« L’égoïste radote,
Pourquoi ne part-il pas ? »

Couplet 6
Je ne veux pas partir
D’un regard qui se lasse,
D’un lit qui embarrasse,
D’un cœur las de tenir.

Couplet 7
Je demande des soins,
Une main fraternelle,
Une France charnelle
Qui n’oublie pas les siens.

Couplet 8
Voyez chez nos voisins
La porte qu’on entrouvre :
Chaque année elle s’ouvre
Sur un plus grand chagrin.

Couplet 9
Voyez le Canada,
On y meurt de misère,
La piqûre est moins chère
Qu’un toit qu’on n’offre pas.

Couplet 10
Une corde, on s’indigne,
On retient, on console ;
Une blanche fiole,
Et la mort devient digne ?

Couplet 11
Demandez aux soignants
Qui bordent nos silences,
S’ils veulent qu’on avance
Vers ce geste effrayant.

Couplet 12
Hippocrate a juré :
« De poison, point ne donne,
Même à qui me l’ordonne » —
L’a-t-on désavoué ?

Couplet 13
Quand viendra le matin
Où votre main levée
Dira ma destinée,
Pensez aux lendemains.

Couplet 14
Je n’ai pas de colère,
Je n’ai que ma faiblesse,
Mais si la loi me laisse,
Je vivrai mes hivers.

Couplet 15 (final)
Monsieur le Député,
Madame la Députée,
C’est vous que l’avenir
Viendra interroger.

Ruliblute

Le Planning familial ne lui a proposé que l’avortement alors qu’elle voulait garder son enfant

Le Planning familial porte bien mal son nom.

Charlène, comme tant d’autres femmes en a fait les frais: elle est tombée enceinte sans le vouloir; elle voulait garder son bébé; son compagnon s’y opposait; alors elle est allée chercher de l’aide et du soutien au Planning familial. Le Planning familial ne lui a proposé que l’avortement.

Ils ne sont pas “pro-choix”, ils sont pro-avortement et c’est tout. Cette association internationale financée par des milliardaires et les États occidentaux a un objectif principal: faire avorter un maximum de femmes.

Le Parlement européen a été saisi, la Commission européenne est obligée de se prononcer sur cette réalité ainsi que tous les groupes parlementaires européens.

Leurs réactions sont instructives et encourageantes:

La Commission européenne et le groupe “Socialistes et Démocrates” s’enferment dans l’aveuglement. Face à une femme qui est allée voir le Planning familial et qui a été contrainte d’avorter par son petit-copain, ils continuent de prêcher la “liberté d’avorter”. Ils étaient cependant bien gênés de devoir dire cela à Charlène. La socialiste est vite partie après sa déclaration et les autres groupes du centre et de la gauche n’ont pas pris la parole.

À droite, le soutien est général. Tous les groupes étaient présents et ont félicité Charlène pour son courage, ont pris acte de la réalité qu’elle décrit et comptent faire des propositions pour donner des alternatives aux femmes enceintes.

Nous nous réjouissons particulièrement de l’appui du Parti populaire européen, par la voix du député maltais Peter Agius. Ce soutien du groupe le plus important du Parlement européen permet à la pétition de “rester ouverte“, c’est-à-dire que le Parlement va continuer de l’étudier et de réfléchir aux réponses à apporter à ce problème.

Cela signifie que toute personne peut se joindre à Charlène pour appuyer sa pétition, en se connectant au site du Parlement et en cliquant sur le bouton bleu pour soutenir la pétition:

Lire et soutenir la pétition de Charlène

En 2024, rien qu’en France, il y a eu 251 270 avortements et ce nombre ne cesse d’augmenter. Parmi ces femmes, des milliers n’ont pas avorté par envie, mais par dépit. Il faut venir en aide aux femmes qui seront confrontées aux pressions de leur partenaire et du Planning familial.

Lettre ouverte à toi qui envisages de rentrer au séminaire de la FSSPX en septembre 2026

De l’abbé Laurent Spriet :

Tu es jeune et généreux. Le Seigneur t’appelle à sauver les âmes. Tu veux enseigner la vérité et donner la miséricorde des sacrements aux âmes pour les conduire au Ciel. Ton intention est excellente. Ne la change pas.

Tu envisages ou tu as prévu de rentrer au séminaire au sein de la FSSPX en septembre prochain. Là, tu fais erreur et c’est mon devoir de te le dire.

Veux-tu aller dans un séminaire où tes formateurs, prêtres, sont excommuniés ? Ils n’ont pas le droit de recevoir ou de donner les sacrements. Ils n’ont plus la faculté de donner l’absolution sacramentelle depuis hier. Veux-tu recevoir des sacrements illicites voire invalides ?

Tu as fait une retraite de saint Ignace pour discerner ta vocation. Tu as bien fait. As-tu fait attention à cette règle de l’élection prévue par Saint Ignace ? “N°170 des Exercices spirituels. Il est nécessaire que toutes les choses dont nous voulons faire élection soient indifférentes ou bonnes en elles-mêmes, et admises dans l’Église catholique, notre sainte Mère. Elles ne peuvent donc jamais être mauvaises, ni contraires à ce que l’Église reçoit”. Or l’Eglise vient d’indiquer clairement que “les ministres sacrés appartenant à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X sont en schisme et doivent donc être considérés comme schismatiques (cf. Ecclesia De, 5 c ; Conseil pontifical pour les textes législatifs, Note explicative sur l’excommunication pour schisme encourue par les adhérents au mouvement de Mgr Marcel Lefebvre, 24 août 1996, 5-6), et sont donc soumis à l’excommunication prévue par le droit (can. 1364 § 1 du Code de droit canonique)”. Entrer dans un séminaire de la FSSPX n’est donc pas matière à élection.

Alors que faire ? Entrer au séminaire dans un lieu approuvé par notre sainte Mère l’Eglise catholique. Il y en a plusieurs. A toi de voir selon les aspirations et les désirs profonds que le Seigneur met en toi.

Compte sur ma prière pour que tu rectifies ton choix et pour que tu puisses devenir prêtre de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans son Eglise catholique et donc romaine.

Abbé Laurent Spriet +

Comment comprendre le véritable sens de la Sainte Écriture ?

Peut-on être sûr de bien interpréter la Bible ? Comment comprendre le véritable sens de la Sainte Écriture ? Le livre le plus lu de l’histoire de l’humanité pose d’immenses questions d’interprétation, à la racine de la douloureuse séparation entre catholiques et protestants.

En moins de 10 minutes, venez découvrir les grandes règles pour bien comprendre la Bible dans la tradition d’interprétation de l’Église : un chrétien n’est jamais isolé devant la Parole de Dieu, où trouver les bonnes références pour la comprendre et en vivre ?

Opérations de destruction dans le Sud Liban

Sept jours après la signature de l’accord-cadre entre Israël et le Liban, l’armée israélienne maintient sa pression sur le Sud-Liban. Si les combats ont à peu près cessé, les opérations de destruction systématique se poursuivent. De nombreuses détonations ont ainsi été entendues et des incendies signalés. Il s’agit pour Israël d’interdire tout retour de population dans la fameuse zone de sécurité le long de la frontière. Le premier juillet, le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a répété que l’armée israélienne resterait « pour une durée indéterminée » dans ces zones.

Source : SOS Chrétiens d’Orient

Bénédiction d’une union entre personnes du même sexe : le cardinal Radcliffe sera-t-il excommunié ?

Le 13 juin 2026, deux hommes homosexuels, membres d’une organisation LGBTQ+, ont réuni amis et famille pour célébrer une « Messe d’action de grâce pour 50 ans d’amitié, de partenariat et d’engagement dans la poursuite de la justice ». Plus de 150 personnes se sont réunies à l’église Holy Apostles de Londres.

Le célébrant principal de la messe était le père Jim O’Keefe, un ami de longue date. Les concélébrants étaient Mgr John Crowley, évêque émérite du diocèse de Middlesbrough ; Mgr John Rawsthorne, évêque émérite du diocèse de Hallam ; et le chanoine Chris Vipers, prêtre de la paroisse des Saints-Apôtres. Le cardinal Timothy Radcliffe, figure centrale des récents synodes de Rome et fervent défenseur du ministère auprès des personnes LGBTQ+, a prononcé l’homélie.

Sœur Jeannine Gramick, SL, cofondatrice de New Ways Ministry, a participé à une proclamation dialoguée de l’Évangile, le récit d’Emmaüs (Luc 24, 13-35), en compagnie du théologien homosexuel James Alison, ainsi que de ses amis Pat Jones et Anne Smith.

Les deux hommes avaient déjà célébré des messes d’action de grâce similaires pour leur union civile en 2006 et leurs noces d’argent en 2016. 

Lors de la messe du 25e anniversaire, l’évêque qui s’apprêtait à présider cette cérémonie avait reçu l’ordre de se retirer par le cardinal Cormac Murphy-O’Connor.

À la fin de la messe, les deux hommes ont reçu la bénédiction de tous les membres du clergé présents à l’autel :

« En rendant grâce à l’Église pour sa bénédiction envers ceux qui la recherchent en esprit et en vérité, nous te prions, Dieu d’amour, de répandre ta grâce sur Julien et Martin à l’occasion du 50e anniversaire de leur union. Que leur amour demeure généreux, toujours attentif aux besoins d’autrui, et qu’il approfondisse les liens qui les unissent. Que ta paix les accompagne et que ta lumière joyeuse illumine leur vie. Que la bénédiction de Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit les accompagne et demeure avec eux, maintenant et à jamais. Amen. »

Pour mémoire, le Dicastère pour la Doctrine de la foi avait publié en 2021 une réponse à un dubium au sujet de la bénédiction des unions de personnes du même sexe, soulignant :

il n’est pas licite de donner une bénédiction aux relations ou partenariats, même stables, qui impliquent une pratique sexuelle hors mariage (c’est-à-dire hors de l’union indissoluble d’un homme et d’une femme ouverte en soi à la transmission de la vie), comme c’est le cas des unions entre personnes du même sexe. La présence dans ces relations d’éléments positifs, qui en eux-mêmes doivent être appréciés et valorisés, n’est cependant pas de nature à les justifier et à les rendre ainsi légitimement susceptibles d’une bénédiction ecclésiale, puisque ces éléments se trouvent au service d’une union non ordonnée au dessein du Créateur.

Les membres du clergé qui ont participé à ce scandale seront-ils sanctionnés ?

Procédure du Dicastère pour la Doctrine de la Foi pour les prêtres et laïcs qui décident de quitter la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X

Le dicastère pour la Doctrine de la Foi a adressé aux évêques du monde entier une communication indiquant les mesures à prendre pour accueillir ceux, prêtres comme laïcs, qui décideraient de quitter la Fraternité Saint-Pie X après l’acte schismatique qui a conduit à la nouvelle excommunication. En voici une traduction non officielle :

Le Sénat demande au gouvernement de suspendre l’examen de la proposition de loi sur l’euthanasie

L’intelligence artificielle est-elle une menace pour notre âme ou un simple outil ?

Découvrez cette analyse de la nouvelle encyclique Magnifique humanité du pape Léon XIV sur l’intelligence artificielle, un texte prophétique pour aider les catholiques à affronter ces bouleversements technologiques.

Dans cet entretien d’Academia Christiana, Victor reçoit Philippe pour un décryptage intellectuel, spirituel et politique des défis posés par la révolution technologique. Alors que l’intelligence artificielle s’immisce dans notre quotidien et capte notre attention via les smartphones, comment réagir en tant que chrétiens enracinés ?

Analyse en profondeur des limites algorithmiques (le fameux piège de la chambre chinoise), du mythe du transhumanisme, et des conséquences anthropologiques d’une technique qui se prétend neutre. Loin d’un fatalisme stérile face à la machine, cet échange propose des solutions concrètes ancrées dans la tradition et la philosophie aristotélico-thomiste. En s’inspirant du modèle bénédictin et de l’éducation intégrale, nous appelons la jeunesse de France à retrouver le sens du véritable travail et du bien commun. Ne subissez plus l’algorithme : comprenez-le pour rester un bâtisseur libre.

CHAPITRES DE LA VIDÉO :

  • 00:00 – Les algorithmes décident déjà pour nous
  • 01:40 – Encyclique Magnifique Humanité du Pape Léon XIV
  • 02:55 – L’IA au quotidien : la menace invisible
  • 06:43 – Le piège de la bulle algorithmique
  • 10:50 – Philosophie et origines de la technique
  • 15:14 – Définition réelle de l’intelligence artificielle
  • 17:07 – L’illusion de l’IA : la chambre chinoise
  • 19:46 – Les dérives du projet transhumaniste
  • 26:46 – Désarmer l’IA face à la compétition armée
  • 30:21 – La technique moderne est-elle neutre ?
  • 34:44 – Conséquences écologiques de la toute-puissance
  • 41:58 – Symbiose machine-humain : le grand danger
  • 46:27 – Le travail au service de l’homme
  • 49:46 – S’inspirer du modèle des moines bénédictins
  • 52:22 – L’urgence de retrouver l’éducation intégrale
  • 56:03 – Jeunesse catholique : devenez des bâtisseurs !

Crépol : malgré une nouvelle pirouette judiciaire, l’AGRIF est bien présente dans cette affaire

Communiqué de Yann BALY, Président de l’AGRIF :

Par une ordonnance datée du 26 juin 2026, le juge d’instruction vient à nouveau de rejeter la demande de constitution de Partie-Civile de l’AGRIF dans l’affaire de l’attaque du bal de Crépol.

Le premier rejet, du 21 février 2024, était fondé sur le rejet (contre l’évidence) de la qualification raciste par le Parquet et le juge d’instruction et sur le fait que nous n’ayons pas été mandatés par une victime. Cela était déjà une aberration juridique.

La jurisprudence dit clairement que « l’accord des victimes n’est pas nécessaire dans le cas où l’infraction a été commise envers un groupe de personnes non individualisé ». Ce qui est exactement le cas dans l’attaque qui a visé le bal du 19 novembre 2023 mais cela fait partie des multiples évidences niées par la justice dans ce dossier.

Récemment, plusieurs victimes ont mandaté l’AGRIF.

Désormais, le rejet est motivé par le fait que nous ne soyons pas mandatés par TOUTES les victimes. Cela est encore plus aberrant et confine à l’obstruction judiciaire. On notera que l’absence de qualification de racisme a disparu des motivations du juge.

Heureusement, l’AGRIF a toujours un tour d’avance et nous avions prévu cette hypothèse. Me Jérôme TRIOMPHE, notre avocat coordinateur, est, bel et bien, personnellement désigné dans l’affaire et l’AGRIF prend en charge 100% les frais de défense de 2 victimes (d’autres victimes pourraient être prises en charge prochainement).

Nous sommes donc entrés dans le dossier et avons déjà contribué à remettre la qualification raciste des faits et celle de la bande organisée au cœur de la procédure.

Par ailleurs, nous ferons, une fois de plus, appel (pour la troisième fois puisque la Cour de Cassation avait fait droit à l’AGRIF en cassant la première décision de la Chambre de l’Instruction) de l’ordonnance de rejet pour l’AGRIF en tant que personne morale.

L’AGRIF ne lâche jamais rien !

SOUTENEZ NOTRE ACTION : lagrif.fr/nous-soutenir/

Regard juif nouveau sur le Nouveau Testament : les épreuves conduisent à l’union avec Dieu

Jésus annonce à plusieurs reprises que la foi sera éprouvée. Il dit à ses disciples : « Dans le monde, vous aurez des tribulations. Mais prenez courage, moi, j’ai vaincu le monde » (Jean 16,33). De même, Jacques écrit :

« Regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés, sachant que l’épreuve de votre foi produit la persévérance » (Jacques 1,2-3).

Cette perspective éclaire le sens des paroles de la Torah :

« Car l’Éternel, votre Dieu, vous met à l’épreuve afin de savoir si vous aimez l’Éternel, votre Dieu, de tout votre cœur et de toute votre âme » (Deutéronome 13,4 selon la numérotation chrétienne ; 13,3 dans la Bible hébraïque).

L’épreuve n’a pas pour but d’informer Dieu de ce qu’il ignorerait. Elle a pour finalité de conduire l’homme vers une connaissance plus profonde de Dieu. Ici, le mot da’at ne désigne pas une simple connaissance intellectuelle, mais une union vivante avec Dieu, une relation si profonde qu’elle transforme toute l’existence.

Pourquoi l’épreuve produit-elle cette union ?

Parce que toute épreuve comporte un voile. Elle donne parfois l’impression que Dieu est absent. Elle peut prendre la forme de difficultés matérielles, de l’absence de réponses, de souffrances, d’oppositions ou d’obstacles qui semblent empêcher l’homme de s’approcher de Dieu.

Dans ces moments, tout semble cacher la présence divine, aussi bien à l’extérieur qu’au plus profond du cœur. L’homme est alors appelé à continuer son chemin sans laisser les circonstances décider de sa relation avec Dieu.

La foi consiste précisément à demeurer attaché à Dieu lorsque rien ne semble confirmer sa présence. Elle refuse de se laisser détourner par les objections, les doutes ou les apparences. Elle poursuit son chemin avec fidélité.

C’est alors que l’épreuve produit son fruit. En traversant le voile sans rompre son lien avec Dieu, l’homme découvre une relation plus profonde que celle qu’il possédait auparavant. Ce qui était seulement une conviction devient une expérience intérieure.

comparons cette réalité à une pierre placée au sommet d’une muraille. Lorsqu’elle tombe, elle atteint une distance beaucoup plus grande qu’une pierre située plus bas. De la même manière, plus la présence de Dieu paraît cachée dans une épreuve, plus son origine est élevée. Ce qui descend le plus profondément dans le monde provient des hauteurs les plus élevées.
Lorsque l’homme demeure fidèle au milieu de l’épreuve, il déchire progressivement les voiles qui cachaient la présence de Dieu. Ce qui était dissimulé devient alors une réalité vécue. La présence divine cesse d’être seulement une vérité apprise : elle devient une réalité intérieure.

C’est dans ce sens que la Torah affirme : « L’Éternel, votre Dieu, vous met à l’épreuve… afin que vous connaissiez » (Deutéronome 13,4). L’épreuve conduit à la da’at, c’est-à-dire à une union si profonde avec Dieu que l’homme en vient à percevoir sa présence avec la même évidence qu’il perçoit la vie qui anime son propre corps.

Ainsi, l’épreuve n’est pas seulement un obstacle à surmonter ; elle devient le chemin par lequel le voile se déchire et par lequel l’homme entre plus profondément à l’intérieur de la présence de Dieu.

 

[NDLR : l’auteur de cette tribune est un juif converti au catholicisme]

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Juillet : prier avec le pape pour le respect de la vie humaine

Intention de prière du pape Léon XIV en ce mois de juillet :

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

Seigneur de la vie, Tu nous as créés par amour et appelés à vivre en plénitude. Chaque personne est un don sacré qui reflète ton visage, du premier instant de son existence jusqu’au dernier souffle de son chemin sur la terre. Aujourd’hui, nous te demandons la grâce de reconnaître et de protéger la valeur unique et irremplaçable de chaque être humain. Apprends-nous à accueillir la vie sans condition, à prendre soin de la fragilité avec tendresse, à accompagner chaque étape avec respect et à défendre avec courage ceux qui n’ont pas de voix.

Pardonne-nous, Seigneur, quand nous tombons dans l’indifférence ou la culture du rejet, quand nous cessons de voir en l’autre un être digne d’amour. Donne-nous un cœur nouveau, capable de toujours choisir la vie, et des mains généreuses pour la protéger par des gestes concrets.

Fais de ton Église un témoignage vivant de l’Évangile de la vie, une maison ouverte où toute existence est célébrée, où personne ne se sente de trop et où la dignité soit toujours respectée et protégée. Seigneur Jésus, fais que nous aimions la vie comme Toi tu l’aimes : avec tendresse, fidélité et don total de soi. Que nous sachions proclamer, par nos paroles et nos gestes, que chaque vie humaine mérite le don total de nous-mêmes.

Amen.

Quelques promenades littéraires pour cet été avec Antoine de Lacoste

De Russie en Grande-Bretagne, de la campagne française au désert de Sibérie, Antoine de Lacoste invite à redécouvrir la littérature française et internationale pour un été ludique et formateur.
Découvrez son blog : https://leslivresdantoine.com/

Il serait bon de bannir une fois pour toutes l’expression « c’est une bonne lecture de plage », comme si le fait de contempler la mer autorisait à tenir en main un médiocre roman. Ce devrait être le contraire. Il n’y a pas de temps à perdre avec la très pauvre et très abondante production littéraire : on n’a jamais autant écrit et jamais aussi mal.

DE BONS ROMANS ET DE BONS ÉCRIVAINS

Les bons romans ne manquent pas pourtant, les bons écrivains non plus, mais il faut vouloir traverser le temps et l’espace, et peut-être accepter parfois de se laisser guider.
Une promenade sur les plages ou dans les campagnes françaises peut être l’occasion de découvrir des auteurs dont on parle peu, mais qui ne vous décevront pas. Jeunes et moins jeunes se délecteront des aventures de Gaspard des Montagnes (1922), d’Henri Pourrat. La tension est forte dès le début du récit lorsqu’Anne-Marie, 14 ans, est attaquée chez elle par des inconnus. Elle vient d’hériter et tout se sait dans les petits villages d’Auvergne. Grâce à un redoutable couteau et une main imprudemment passée sous la porte, elle sectionne le petit doigt de l’homme. Ce sera sa marque. Anne-Marie est en danger constant, mais Gaspard, héros populaire et joyeux, part en campagne contre les malandrins. C’est un roman de la terre, aux rebondissements incessants, merveilleusement écrit.

Plus tragiques sont les aventures de Don Luis racontées dans Le Flagellant de Séville (1951) de Paul Morand. Ce Jeune aristocrate espagnol épris d’idées nouvelles, lecteur de Voltaire, accueille avec joie les troupes bonapartistes en 1809. Sa femme, la belle et pieuse Maria, n’a pas le même point de vue : « Nous chasserons les Français ». Les époux s’aiment mais la guérilla commence et Don Luis aura des choix terribles à faire. Les premières pages austères racontant une procession de flagellants le Vendredi Saint ne doivent pas inquiéter le lecteur, on ne lâche pas ce roman flamboyant. Paul Morand a trop écrit mais certaines nouvelles méritent le détour : Parfaite de Saligny (1958), Le Bazar de la Charité (1944), et ce petit roman L’homme pressé (1942) plus léger, mais où le style de l’auteur est éclatant de talent.

EN VENDÉE

Vous pouvez arpenter la Vendée avec Michel Ragon qui nous gratifie d’une belle et émouvante évocation des guerres de Vendée, vue du côté paysan (Les Mouchoirs rouges de Cholet (1984), La Louve de Mervent (1985)), avec Ernest Pérochon (Au cri du Chouan, 1933) ou Marie de Sainte-Hermine (Une famille de brigands, 1848). Hors de « la guerre des géants », restons un peu en Vendée avec René Bazin (à ne pas confondre avec son neveu Hervé, guère recommandable), et La terre qui meurt (1899) ou Magnificat (1931). C’est beau, c’est catholique et c’est très bien écrit.

Avec plus d’insouciance, vous pouvez retrouver Le Fantôme de l’Opéra (1910) qui hante les souterrains de l’Opéra de Paris. Gaston Leroux est indémodable, tout comme Maurice Leblanc qui envoie Arsène Lupin rôder du côté des falaises d’Etretat dans L’aiguille creuse (1909). Ces auteurs sont constamment réédités et c’est justice : c’est bien écrit et il n’y a jamais rien de malsain. Pour les amateurs de romans policiers plus modernes, mais plus sanglants de ce fait, ne manquez pas Les Brumes de Capelans (2022), la traque d’un meurtrier avec un dénouement incroyable. L’auteur, Olivier Norek, est ensuite sorti de sa spécialité pour nous offrir un superbe roman de guerre, Les Guerriers de l’Hiver (2024). Nous sommes en Finlande en 1939, l’armée rouge attaque et les skieurs nordiques résistent, c’est inoubliable et pour tout public.

RESTONS EN NORMANDIE

Nous étions en Normandie, restons-y un peu avec Jean de La Varende. Une trilogie de haut niveau mérite une halte, même un peu prolongée : Le Centaure de Dieu (1938), Le Troisième jour (1947) et La Dernière Fête (1953) vous feront passer de délicieux moment avec Amélien de La Barre, ce hobereau royaliste, qui voit disparaître petit à petit son monde et ses traditions. Il est égoïste et maladroit, sa femme compense avec discrétion, mais il est touchant au fond. Et c’est si bien raconté. Ceux que trois volumes effraient (mais il ne faut pas), pourront se tourner vers Heureux les humbles (1951), où La Varende, dans plusieurs petites nouvelles drôles ou tristes, rend hommage aux humbles, aux héros discrets. La dernière, qui nous raconte l’épopée du docteur Costard, vaut le détour à elle seule.

Passons courageusement la Manche et allons en Angleterre. Tout le monde connaît Jane Austen (Orgueil et préjugés, 1813) qui fut un précurseur essentiel pour ce beau XIXe siècle littéraire. Allons-nous promener avec George Eliot. Le Moulin sur la Floss (1860) est un chef d’œuvre, Marcel Proust en était convaincu, nous aussi. Si vous êtes séduits, ce qui est probable, j’en prends l’engagement, vous pourrez poursuivre avec Silas Marner (1861) et Middlemarch (1872). Anthony Trollope, méconnu en France mais si populaire en Angleterre, vous régalera avec Le Directeur (1855), Les Tours de Barchester (1857) et surtout Le Docteur Thorne (1858) et La Cure de Framley. Trollope est un merveilleux conteur.

LES ROMANS DU XX° SIECLE

Passons au XXe siècle et accompagnons Elizabeth Goudge avec Le Pays du Dauphin vert (1944) ou La Colline aux Gentianes (1950). Rien de mièvre, contrairement à une légende bien ancrée. Ce sont d’excellents romans, tout simplement. Daphné du Maurier vous tiendra en haleine avec Le Bouc émissaire (1957), tout comme Charles Paliser, dont Le Quinconce (1989) fit le tour du monde.

Une mention spéciale pour Le Seigneur des anneaux (1954), abordé avec circonspection, avalé avec enthousiasme. Tolkien a créé un univers unique où le talent pur côtoie de discrètes pistes catholiques, discrètes mais bien réelles. Beaucoup de jeunes ont retrouvé le goût de la lecture grâce à Tolkien, aux exploits d’Aragorn, à la sagesse de Gandalf, au dévouement des petits hobbits qui auraient préféré rester bien au chaud mais ne se dérobent pas. Les orques sont vaincus et nous sommes bien contents d’avoir participé à cette lutte épique entre le bien et le mal.
La littérature allemande ne saurait être négligée et trois auteurs (mais la liste n’est pas close) méritent particulièrement notre attention. Thomas Mann a écrit, très jeune, Les Buddenbroeck (1901), superbe description de l’apogée et du déclin d’une grande famille de l’Allemagne du Nord. Ernst Wiechert nous entraîne, avec Missa Sine nomine (1953), au retour difficile d’un aristocrate allemand, libéré d’un camp en 1945, qui voit la ruine du château familial et va affronter le destin avec un recul et une profondeur impressionnante. Avec Narcisse et Goldmund (1948), Hermann Hesse nous offre une belle réflexion métaphysique, grave et picaresque à la fois. Narcisse, moine d’une grande intelligence, mais menacé par le terrible péché d’orgueil est ami de Goldmund qui quitte le monastère et va parcourir le monde en quête d’émotions charnelles. Ils se quittent et se retrouveront. C’est une superbe histoire, on ne s’ennuie jamais.
Tout près, en Autriche, il y a Stefan Zweig. Ses nouvelles sont inégales, mais il y a Le joueur d’échecs (1943), impressionnant. Hors des sentiers battus, il ne faut pas hésiter à s’aventurer vers La Pitié dangereuse (1939), unique roman du Viennois, un grand livre. Et bien sûr ses biographies, Zweig était un des maîtres du genre, avec notamment Marie-Antoinette (1932) pour une belle et intelligente réhabilitation. En Hongrie, Miklos Banffy, après avoir été ministre de l’Amiral Horthy, a écrit dans sa solitude aristocratique, la trilogie transylvaine aux trois titres somptueux : Vos jours sont comptés (1934), Vous étiez trop légers (1937), Que le vent vous emporte (1940). Vous aurez peut-être reconnu la fameuse prophétie de Daniel et son Mane, Tecel, Fares, asséné au roi Balthazar, puni, avec toute sa cour, d’avoir profané les vases sacrés du Temple de Jérusalem. Une lecture un peu exigeante au début mais le lecteur sera vite pris par les amours d’Adrienne et de Balint, sur fond de tension entre l’Autriche et la Hongrie.

ROMANS HISTORIQUES

Il est également question de Mane, Tecel, Fares, dans le grand roman historique de Piotr Krasnov, De l’Aigle impérial au drapeau rouge (1921), enfin réédité après avoir été introuvable pendant presque un siècle. Une fresque inoubliable de 1900 jusqu’au triomphe de la révolution bolchévique.

C’est le moment, puisque nous sommes en Russie, de parler du chef d’œuvre d’Irina Golovkina, Les Vaincus (1992). Ecrit toute une vie dans la clandestinité, le manuscrit fut retrouvé après la mort de l’auteur et la chute du communisme quasi concomitantes. Ce fut un grand succès. La parution en France fut discrète et c’est bien dommage, l’histoire des vaincus de la révolution bolchévique est un des plus beaux livres écrits en Russie ces dernières décennies.

Restons en Russie avec Andreï Makine (Français d’adoption) et participons à une incroyable course-poursuite dans la taïga avec L’archipel d’une autre vie (2016), ou évoquons les souvenirs politiques d’une vieille dame dans Croix rouges (2017), très beau roman du Biélorusse Sacha Filipenko. Elle n’a que peu de temps pour les raconter car Alzheimer est là. Son voisin de palier, en plein drame, n’est pas très intéressé. Il faudra bien l’écouter pourtant.

UN COUP DE MAÎTRE

Une nouvelle venue a fracassé les lettres russes : Gouzel Iakhina, une tatare du Kouban, rien que ça ! Son coup d’essai fut un coup de maître avec Zouleikha ouvre les yeux (2015), elle a brillamment poursuivi avec Les enfants de la Volga (2021) et l’inoubliable Convoi pour Samarcande (2023), un très grand moment littéraire.

Un retour par la Roumanie s’impose. Vous ne devez pas manquer les chefs d’œuvres de Virgil Gheorghiu, Le meurtre de Kyralessa (1966), Dracula dans les Carpathes (1982), titre étrange masquant une très belle aventure et surtout Dieu ne reçoit que le dimanche (1975). Gheorghiu, c’est le fond et la forme, un style unique qui nous envahit, une histoire profonde chantant les souffrances de son pays à travers des êtres d’exception.

Finissons en Italie, où tant de choses ont commencé. On ne lit plus Le Guépard (1958) à cause du film, très réussi il est vrai. Cela ne doit pas nous laisser détourner de ce grand roman, aux réflexions très fines, contant le passage de témoin entre le Prince vieillissant et Tancredi, le neveu fringant à qui tout réussit. Et la Sicile est si belle.

L’Italie c’est aussi Le Cheval rouge (1983), le chef d’œuvre d’Eugenio Corti. Ne craignez pas ses mille pages, il se déguste comme un grand vin, avec beaucoup d’émotion.
La place manque pour citer beaucoup d’autres titres en Europe, aux Etats-Unis, en Australie ou en Chine. C’est un premier choix.

Bonnes vacances et bonnes lectures.
Article paru dans l’Homme Nouveau, N°1858 du 27 juin 2026.

Vous retrouverez tous les livres du blog d’Antoine de Lacoste sur LIVRES EN FAMILLE, librairie partenaire.
https://www.livresenfamille.fr/

Bel été et bonnes lectures.

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La Fraternité Saint-Vincent-Ferrier supplie le Saint-Père de condamner les erreurs et de désavouer les prêtres ou les évêques qui les favorisent

Communiqué de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier :

1. La Fraternité Saint-Vincent-Ferrier (FSVF) prend acte des sacres épiscopaux conférés au sein de la Fraternité Saint-Pie X (FSSPX) le 1er juillet 2026, contre la volonté du Souverain Pontife. Elle déplore profondément cet acte qui déchire la tunique sans couture du Christ. La FSSPX invoque un « état de nécessité ». Mais aucun état de nécessité ne pourra jamais permettre d’aller contre ce qui appartient à la constitution divine de l’Église.

2. Le communiqué du 12 février 2026 du Dicastère pour la Doctrine de la Foi (DDF) rappelle l’existence des « différents degrés d’adhésion que requièrent les divers textes de Vatican II ». Cette doctrine traditionnelle permet aux catholiques d’adopter une juste position d’adhésion au magistère, tout en critiquant respectueusement les déficiences de certains textes.

3. En outre, la FSVF constate, avec de nombreux clercs et laïcs, l’existence de courants internes à l’Église, qui, « ne supportant plus la saine doctrine » (2 Tm 4, 3), mettent en doute les grandes vérités dogmatiques et morales, par un processus d’autosécularisation. Elle supplie le Saint-Père de condamner ces erreurs et, pour la protection du peuple chrétien, de désavouer les prêtres ou les évêques qui les favorisent, et d’encourager tous ceux qui s’y opposent.

4. La FSVF entend, dans ce contexte dramatique, continuer avec humilité et charité sa mission, sans compromission avec l’erreur, dans la fidélité intacte aux disciplines liturgiques et aux pédagogies traditionnelles, dans la communion visible avec l’unique Église du Christ et sa hiérarchie légitime.

5. Avec une vive conscience des tiraillements et déchirements qui vont toucher les consciences et les familles, la FSVF encourage les fidèles, inquiets ou désorientés, à maintenir et cultiver, avec la force que donnent la foi et les dons du Saint-Esprit, cette double fidélité, dans laquelle se trouve une voie cohérente et féconde. Elle demande, avec respect et insistance, au Saint-Siège de manifester sa paternelle sollicitude pour « tous ces fidèles catholiques qui se sentent attachés à certaines formes liturgiques et disciplinaires antérieures de la tradition latine » (Motu proprio Ecclesia Dei, n° 5c).

Le 2 juillet 2026, fête de la Visitation de Notre-Dame

Les débuts catastrophiques de l’euthanasie aux Pays-Bas

Les Pays-Bas sont le premier pays à avoir légalisé l’euthanasie et le suicide assisté. Mais cette légalisation a été entourée d’événements catastrophiques et tragiques qui devraient faire réfléchir.

Cette légalisation s’est faite sous le gouvernement du fameux Wim Kok, qui avait d’ailleurs légalisé aussi, pour la première fois, le «mariage homosexuel» (2001)… La légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté s’est faite sous l’impulsion d’Els Borst, médecin et ministre de la santé (). La loi a été votée le 10 avril 2001 malgré une forte opposition de milieux religieux. Au lendemain, le Vatican avait condamné cette «triste primeur» des Pays-Bas.

Et cette loi sordide ne pouvait pas manquer d’être suivie de mauvais signes et autres malheurs. D’abord, quelques jours après la votation, le vendredi 13 avril 2001, un Vendredi Saint, est publiée une interview d’Els Borst dans laquelle elle se dit soulagée et dit même «tout est accompli», les dernières paroles du Christ sur la croix. Cela provoque un tollé, notamment dans les milieux chrétiens qui étaient justement opposés à cette loi inique. Elle a dû faire face à une motion de censure et après elle s’en est excusée.

Puis la loi est entrée en vigueur le 1er avril 2002. Quelques jours plus tard, la situation fut loin d’être joyeuse… en effet, le gouvernement de Wim KOK fut contraint à la démission à cause des révélations sur ses responsabilités lors du massacre de Srebrenica (1995).

En 2009, Els Borst reconnaît que cette loi a été «aprouvée trop tôt» et qu’elle a nui aux développements des soins palliatifs.

Le 8 février 2014, Els Borst est retrouvée morte dans le garage de son domicile, assassinée par un déséquilibré.

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Un acte de nature schismatique entraînant l’excommunication latae sententiae

DÉCRET du Dicastère pour la doctrine de la foi :

Malgré les avertissements adressés au Supérieur Général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, l’évêque Alfonso de Galarreta, ayant accompli un acte de nature schismatique par la consécration épiscopale de quatre prêtres, sans mandat pontifical et contre la volonté du Souverain Pontife, a encouru ipso facto dans les peines prévues par le can. 1387 et par le can. 1364 § 1 CIC 2021.

Je déclare donc à toutes fins légales que l’évêque susmentionné Alfonso de Galarreta ainsi que Pascal Schreiber, Michael Goldade, Michel Poinsinet de Sivry et Marc Hanappier ont encouru ipso facto l’excommunication latae sententiae réservée au Siège Apostolique.

Je déclare également que l’évêque Bernard Fellay, ayant participé directement à la célébration liturgique en tant que co-consécrateur, ayant ainsi adhéré publiquement à l’acte schismatique, a encouru l’excommunication latae sententiae prévue par le can. 1364 § 1 CIC 2021.

Les clercs et les fidèles laïcs sont avertis de ne pas adhérer au schisme de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, car ils encourraient ipso facto la peine d’excommunication latae sententiae.

Du Palais du Dicastère, 2 juillet 2026

Victor M. Carte. Fernández
Préfet

Jean J. Kennedy
Archevêque tit. d’Ossero
Secrétaire à la section disciplinaire

Mons. Armando Matthieu
Secrétaire à la section doctrinale

NOTE EXPLICATIVE

Depuis l’époque de Saint-Paul VI jusqu’aux derniers pourparlers, qui ont eu lieu récemment dans ce Dicastère, les multiples tentatives pour ramener les adhérents au mouvement initié par Mgr. Marcel Lefebvre à la pleine communion avec l’Église catholique se sont révélés vaines. Cette situation s’est encore aggravée en raison des récentes consécrations épiscopales célébrées sans mandat pontifical, contre la volonté du Saint-Père, en violation ouverte du droit canonique. Par conséquent, ce Dicastère, dans l’exercice fidèle des fonctions qui lui sont confiées, estime nécessaire de constater que cet acte a configuré le crime de schisme, avec les conséquences canoniques pour les ministres sacrés et pour les fidèles laïcs impliqués. En effet, comme déjà déclaré en 1988, « une telle désobéissance – qui entraîne un rejet pratique de la primauté romaine – constitue un acte schismatique » (cf. Jean-Paul II, Lett. ap. Ecclesia Dei, 3).

À cet égard, désormais :

  1. Les ministres sacrés appartenant à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, sont dans le schisme et doivent donc être considérés comme schismatiques (cf. Ecclesia Dei, 5 c ; Conseil pontifical pour les textes législatifs, Note explicative sur la excommunication par schisme dans laquelle encourent les adhérents au mouvement de l’évêque Marcel Lefebvre, 24.08.1996, 5-6), se trouvant soumis à l’excommunication prévue par le droit (can. 1364 § 1 CJC).
  2. En ce qui concerne les fidèles laïcs, doivent être tenus pour schismatiques et excommuniés ceux qui adhèrent formellement à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X dans les conditions établies dans la Note explicative par le Conseil pontifical pour les Textes Législatifs de 1996 (cf. ibidem, 7), toujours en vigueur, que ce Dicastère fait sienne.
  3. Enfin, le saint Peuple de Dieu est averti que les ministres sacrés de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X administrent illégalement les sacrements et que le sacrement de la pénitence qu’ils administrent et le mariage auquel ils assistent sont invalides.

L’Église, en tant que mère attentionnée, accueillera avec une affection sincère et une vive sollicitude tous ceux qui souhaitent revenir à la pleine communion. Les nonces apostoliques établiront des procédures que les ordinaires pourront utiliser dans les différents cas.

Enfin, tous les fidèles sont exhortés à rester fermes dans la communion avec le Pontife Romain, avec les Évêques en communion avec lui et avec toute l’Église (cf. Lumen Gentium, 22 ; can. 751 CIC), et de s’abstenir de participer aux célébrations et activités promues par la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X susmentionnée.

Du Palais du Dicastère, 2 juillet 2026

Victor M. Carte. Fernández
Préfet

Mons. Armando Matthieu
Secrétaire à la section doctrinale

Jean J. Kennedy
Archevêque tit. d’Ossero
Secrétaire à la section disciplinaire

“Je serai fidèle et obéissant… à notre Saint-Père le pape N., et à ses successeurs”

Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican, a déclaré mercredi que les ordinations épiscopales effectuées quelques heures plus tôt par la Fraternité Saint-Pie-X sans mandat papal constituent un acte schismatique :

« Je ne pense pas qu’il y ait grand-chose à dire à propos de cet incident ». « Avant tout, je tiens à exprimer mes profonds regrets. Je tiens à exprimer mes profonds regrets car, en parlant de l’unité de l’Église, un acte comme celui-ci porte gravement atteinte à cette unité. » « De toute évidence, cela constitue en soi un acte schismatique, car nous savons que les ordinations épiscopales sans mandat pontifical brisent l’unité de l’Église et sont également soumises à des sanctions très précises, qui consistent fondamentalement en l’excommunication ».

Le cardinal a déclaré qu’il ne connaissait pas « le calendrier et la manière » dont l’excommunication serait officiellement prononcée.

« J’espère que, malgré les événements d’aujourd’hui, le dialogue pourra reprendre et qu’une véritable solution pourra être trouvée ». « La question fondamentale est celle du Concile ; autrement dit, faut-il accepter ou non le Concile Vatican II ? »

« Il est certain que l’on ne saurait penser que l’histoire de l’Église s’arrête à un certain point ». « L’histoire de l’Église se poursuit, et par conséquent, le concile Vatican II constitue une étape importante de son histoire qu’il convient d’accepter et d’appliquer correctement. »

Dans la liturgie du sacre épiscopal se trouve notamment le mandat (du pape) puis le serment du futur évêque.

A la place du mandat, a été lu ce message (ce qui n’a jamais été fait dans l’Eglise…) :

« C’est l’Église catholique et romaine, toujours fidèle aux traditions reçues des apôtres, qui, dans des circonstances tout à fait exceptionnelles, exige que nous pourvoyions au maintien de ces traditions, c’est-à-dire au dépôt de la foi, et que nous prenions les moyens nécessaires pour les transmettre fidèlement à tous les hommes pour le salut de leur âme.

Depuis le Concile Vatican II jusqu’à nos jours, les autorités dans l’Église ont été animées par un esprit contraire à la foi et ont agi contre la sainte tradition. Elles ne supportent plus la saine doctrine »

Concernant le serment, voici ce qu’ont déclaré les 4 nouveaux évêques hier :

Dans son homélie, le supérieur général de la FSSPX a souligné :

On nous accuse de ne pas aimer le pape, on nous accuse de ne pas le respecter. Mais c’est parce que nous aimons le pape, sincèrement, comme Vicaire du Christ, comme chef de l’Église, que nous ne voulons plus voir le pape humilié à côté de faux pasteurs, représentants de fausses religions. Combien de fois l’avons-nous vu pendant toutes ces années ?

C’est parce que nous aimons le Vicaire du Christ que nous ne voulons plus cette humiliation pour le pape, humiliation qui retombe sur toute l’Église, traitée sur un pied d’égalité avec les fausses religions.

A l’issue de la messe, la Maison générale de la FSSPX a diffusé ce communiqué :

En ce 1er juillet 2026, fête du Très Précieux Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ, au Séminaire Saint-Pie X d’Écône, en Suisse, en présence de M. l’abbé Davide Pagliarani, Supérieur général de la FSSPX, et d’un très grand concours de prêtres, religieux, religieuses et fidèles, S. Exc. Mgr Alfonso de Galarreta, assisté de S. Exc. Mgr Bernard Fellay, a conféré la consécration épiscopale à Mgr Pascal Schreiber, Mgr Michael Goldade, Mgr Michel Poinsinet de Sivry et Mgr Marc Hanappier, pour être évêques auxiliaires de la FSSPX, sans juridiction.

La Fraternité regrette sincèrement qu’en raison des circonstances exceptionnelles, ces consécrations aient dû être conférées sans l’autorisation du Saint-Père. Elle regrette tout particulièrement que le Supérieur général de la Fraternité ne se soit pas vu accorder la possibilité de rencontrer personnellement Sa Sainteté le pape Léon XIV, afin de lui exposer filialement les motifs graves qui rendaient cette cérémonie nécessaire.

La joie profonde qu’inspirent ces consécrations épiscopales ne saurait cependant être assombrie. En garantissant les moyens nécessaires à la préservation de l’héritage sacré de la Tradition, le don de ces quatre nouveaux évêques constitue véritablement une très grande grâce pour la Fraternité elle-même et pour toute l’Église. La FSSPX s’en réjouit profondément et fait monter vers Dieu une fervente action de grâces, remerciant tout particulièrement la très sainte Vierge Marie d’avoir permis cette transmission de la plénitude du sacerdoce, pour la plus grande gloire de Dieu, l’honneur de la Sainte Église et le salut des âmes.

Écône, le 1er juillet 2026

17 milliards de subventions

Entre 2019 et 2023, la Commission européenne aurait distribué près de 17 milliards d’euros à quelque 37 000 ONG et groupes d’intérêt. Le Parlement européen a décidé de créer un groupe de travail chargé de faire toute la lumière sur ces pratiques. Socialistes, Renew Europe, Verts et extrême gauche ont voté contre.

Une nouvelle plainte accusant deux anciens commissaires européens d’avoir alloué illégalement des subventions à des organisations entre 2019 et 2024 afin de financer des activités de lobbying a été déposée. L’Association des contribuables européens (TAE) a déposé plainte contre les anciens commissaires Frans Timmermans et Virginijus Sinkevičius, les accusant d’avoir attribué environ 7 milliards d’euros de manière insuffisamment transparente.

La Commission réfute l’existence de « contrats secrets », évoquant de simples accords de financement. Pourtant, ces documents demeurent largement inaccessibles au public, consultables uniquement sous des conditions très restrictives.

Les think tanks bruxellois comme Bruegel ou le CEPS, censés analyser les politiques européennes en toute indépendance, sont massivement subventionnés par les institutions qu’ils évaluent. Une administration disposant déjà du monopole de l’initiative législative peut-elle financer des organisations chargées d’influencer les élus ou d’orienter le débat public dans le sens de ses propres politiques ?

La Conférence épiscopale nordique rappelle que l’appartenance des catholiques à la franc-maçonnerie est incompatible avec la foi

Dans une lettre aux prêtres la Conférence épiscopale souligne que ceux qui font partie des loges maçonniques doivent s’abstenir de recevoir la communion et les autres sacrements, et interdit aux paroisses et institutions catholiques de collaborer avec la franc-maçonnerie.

Étant donné la perception largement répandue dans certains secteurs que les différents courants de la franc-maçonnerie présents au Danemark, en Finlande, en Islande, en Norvège et en Suède pourraient être compatibles avec le catholicisme, la Conférence épiscopale nordique a consulté le Dicastère pour la doctrine de la foi lors de son assemblée plénière tenue à Rome du 1er au 5 septembre 2025. D’après la lettre des évêques, la réponse du Dicastère a été « parfaitement claire ». Par conséquent, et afin de dissiper tout doute parmi les fidèles et le clergé, ils réaffirment qu’aucune exception ne permet à un catholique d’appartenir à la franc-maçonnerie.

Par conséquent, ils affirment que les mêmes normes universelles de l’Église catholique s’appliquent dans ces pays.

« La position de l’Église repose sur la conviction que les principes théologiques et philosophiques de la franc-maçonnerie sont incompatibles avec la pleine profession de la foi catholique. »

Elle interdit aux paroisses, aux instituts de vie consacrée, aux sociétés de vie apostolique et aux autres institutions catholiques de conclure des accords de collaboration avec les loges maçonniques ou d’utiliser des biens appartenant à ces dernières.

Les évêques demandent aux prêtres d’appliquer ces dispositions avec patience, prudence et sensibilité pastorale, en étudiant les documents de l’Église pour les expliquer clairement et fidèlement. Ils les encouragent également à accompagner les fidèles qui doivent rompre leurs liens avec la franc-maçonnerie, en leur rappelant que suivre le Christ exige de renoncer à tout ce qui empêche une « pleine adhésion à l’Évangile ».

La lettre se conclut par les signatures de tous les membres de la Conférence épiscopale nordique : Erik Varden, président de la Conférence épiscopale nordique et prélat territorial de Trondheim ; Raimo Goyarrola, vice-président et évêque d’Helsinki ; David Tencer, évêque de Reykjavik ; le cardinal Anders Arborelius, évêque de Stockholm ; Czeslaw Kozon, évêque de Copenhague ; et Fredrik Hansen, évêque d’Oslo. Elle est également signée par la secrétaire générale de la Conférence épiscopale nordique, sœur Anna Mirijam Kaschner.

Division bénédictine

L’abbaye de Maredsous est un monastère bénédictin situé dans la province de Namur en Belgique. Le 30 juin, Cathobel publiait un texte du Fr. R.-Ferdinand Poswick, moine de l’abbaye de Maredsous, sous le titre “Ne faudrait-il pas encourager à une lucidité de fin de vie?” Le Fr. Poswick estime qu’au terme d’une vie “accomplie”, des personnes très âgées pouvaient légitimement vouloir s’en aller.

“Va-t-on les empêcher, moralement et institutionnellement, de chercher comment, en toute conscience, ‘tirer sa révérence’ le plus gentiment et simplement possible – sans être voué aux gémonies ?”

Le Père François Lear, abbé de Maredsous, tient à explicitement s’en distancier :

“Je tiens à exprimer avec clarté que les positions qui y sont développées ne reflètent en aucune manière la pensée ni la position du Père Abbé de Maredsous. Elles ne sauraient davantage être interprétées comme l’expression de la communauté bénédictine de Maredsous.

L’Église affirme avec constance la dignité inaliénable de toute vie humaine, depuis son commencement jusqu’à sa fin naturelle. Fidèle à cet enseignement, notre communauté entend promouvoir un accompagnement des personnes malades et en fin de vie fondé sur la compassion, la proximité, le soulagement de la souffrance et le développement des soins palliatifs, sans jamais remettre en cause le caractère inviolable de la vie humaine.

“L’avis exprimé [par le fr. Poswick] est une simple opinion personnelle et n’engage ni le Père Abbé ni la Communauté de Maredsous.”

A une époque, un moine ne pouvait pas publier de texte sans l’accord du père abbé.

La stratégie de campagne de Milei

De Guillaume de Thieulloy dans les 4 Vérités :

Nous avons déjà signalé dans ces colonnes l’excellent livre de Michael Miguères « La révolution Milei », mais il vaut la peine – surtout à la veille d’échéances électorales importantes – de revenir sur le sujet.

En particulier parce que le « mileisme » n’est pas simplement une doctrine libertarienne plus « radicale » que la plupart de celles qui sont arrivées au pouvoir dans différents pays développés, mais aussi une pratique politique qui peut donner à réfléchir à des candidats dans un contexte très différent de celui de l’Argentine.

Les médias de grand chemin ont réussi à faire de Javier Milei une espèce d’illuminé totalement isolé et dont le succès serait impensable ailleurs.

Mais rien n’est plus faux. D’abord, parce qu’être élu sans aucun soutien partisan suppose un immense soutien populaire.

Mais aussi parce que la pratique politique de Milei a été théorisée – comme le rappelle très opportunément Michael Miguères – par Murray Rothbard dans un contexte très différent de la société argentine – et pourrait donc logiquement servir ailleurs.

Cette partie de l’ouvrage est particulièrement utile pour nous, Français. Cela pourrait constituer une réponse originale (et potentiellement victorieuse) au débat qui semble empoisonner la vie politique à droite depuis des années sur « le » clivage pertinent.

Comme on sait, le RN affirme que ce dernier est désormais le clivage mondialistes/patriotes, tandis qu’Éric Zemmour et une bonne partie de la « droite hors les murs » affirment que le clivage gauche/droite demeure d’actualité.

Inutile de préciser que ce débat n’est pas simplement byzantin puisqu’il détermine les alliances de second tour.

Pendant longtemps, le RN a rêvé de récupérer les voix de la gauche radicale au second tour – tandis que, pour ma part, j’ai toujours pensé que la seule alliance envisageable pour le RN serait avec la droite.

L’évolution de LFI a rendu ce point de vue évident, mais sans réelle évolution doctrinale.

Or, Rothbard et Milei proposent une autre façon de voir les choses. Milei a bâti sa campagne – avant même d’être candidat – comme une bataille culturelle et, aujourd’hui encore, il passe deux heures par jour sur les réseaux sociaux pour convaincre.

Et cette bataille culturelle a été pensée dans le cadre de l’alliance proposée par Rothbard entre libertariens et « paléo­conservateurs », comme une forme de « populisme de droite » opposant le peuple aux profiteurs du système.

Cette opposition est extrêmement puissante. Aujourd’hui, deux types de populations profitent du « système » qui asphyxie la France : la caste dominante et les assistés. Précisons que le mot « assistés » est très différent du mot « pauvres » : c’est l’un des éléments les plus remarquables du mileisme d’avoir montré que la liberté permettait bien mieux de lutter contre la pauvreté que la bureaucratie.

Une telle campagne « populiste » défendant les producteurs contre les parasites pourrait enfin réunir la droite classique et le RN – et en finir avec le socialisme qui tue la France. Saurons-nous suivre l’exemple de Milei ?

Irlande : incendie criminel d’un ancien couvent à côté de l’église Saint-Patrick

L’ancien couvent Notre-Dame-de-la-Miséricorde, vieux de 150 ans et situé en Irlande du Nord, a été incendié volontairement dimanche. Dans un communiqué du 29 juin, le Service d’incendie et de secours d’Irlande du Nord (NIFR) a annoncé que plus de 70 pompiers de plusieurs casernes avaient éteint un important incendie la veille au soir au couvent de la Miséricorde, actuellement désaffecté. Ils pensent que l’incendie a été déclenché par un acte criminel. Le feu a été maîtrisé avant qu’il n’atteigne l’église Saint-Patrick voisine, mais il a gravement endommagé le bâtiment de l’ancien couvent.

Dans un communiqué publié après l’incendie, la paroisse de Downpatrick, à laquelle appartient Saint-Patrick, a exprimé sa gratitude envers les pompiers pour leurs efforts, qui ont non seulement éteint le feu, mais aussi empêché sa propagation à l’église. La paroisse a également déploré les dégâts causés à l’ancien couvent, d’autant plus que cela s’est produit moins de 24 heures après une ordination sacerdotale qui devait avoir lieu dans l’église Saint-Patrick.

L’église et l’ancien couvent sont situés à quelques minutes seulement du tombeau du saint patron de l’Irlande, saint Patrick.

« Nous sommes soulagés que l’incendie qui a ravagé l’ancien couvent la nuit dernière ait été empêché, grâce à l’héroïsme et au savoir-faire des pompiers d’Irlande du Nord, d’atteindre l’église Saint-Patrick. Les pompiers ont travaillé toute la nuit pour protéger Saint-Patrick et nous leur sommes infiniment reconnaissants ». « Alors que s’achève une journée mémorable pour la communauté paroissiale – l’ordination sacerdotale du père Thomas Hampton – où tous se sont unis dans un formidable élan d’hospitalité et d’accueil, la destruction d’un si bel édifice est particulièrement regrettable ». « Soyons reconnaissants qu’aucune vie n’ait été perdue. Et souvenons-nous de l’influence bienfaisante et indélébile de l’Ordre de la Miséricorde à Downpatrick, dont les sœurs ont honoré cette paroisse de leur présence pendant plus de 150 ans. »

Chronique des cinglés

Un homme qui se prend pour une femme a été escorté hors d’une zone naturiste réservée aux femmes d’une piscine à Berne en Suisse, dimanche 28 juin, indique un communiqué de la ville de Berne. Six policiers l’ont plaqué au sol, menottée puis évacué.

Le communiqué de la ville de Berne indique qu’«en raison de certaines caractéristiques physiques, elle n’a pas été perçue comme femme par d’autres baigneuses.» Sic. Selon le communiqué, plusieurs nageuses se sont senties dérangées par sa présence, tandis que d’autres ont exprimé leur solidarité. Face à une tension croissante et craignant un risque d’escalade, la direction de l’établissement a décidé de faire intervenir la police.

À l’arrivée des policiers, plusieurs femmes ont tenté de perturber leur intervention. Une policière a été légèrement blessée.

Le pire est à venir, avec ce communiqué de la ville :

«Il s’est avéré par la suite que cette décision était erronée. Le service des sports communiquera à l’avenir plus clairement les règles d’accès». «Le climat tendu a conduit à cette mauvaise évaluation de la situation. La Direction de l’éducation, des affaires sociales et des sports regrette vivement cette décision. Elle présente ses excuses à la personne concernée.» «Toutes les personnes qui s’identifient comme des femmes et vivent en tant que telles ont accès à l’espace nudiste facultatif ’’Paradiesli’’». «C’est le genre officiel figurant sur la carte d’identité qui fait foi. La personne concernée respectait donc le règlement d’accès.»

Rendre son âme à l’hôpital

illustration: Polyptyque du Jugement dernier de Rogier van der Weyden

À l’Hôtel-Dieu de Beaune, le regard du malade pouvait encore s’élever. Aujourd’hui, il rencontre souvent un plafond blanc.

Rendre son âme à l’hôpital
Plaidoyer pour une médecine de la personne

À l’Hôtel-Dieu de Beaune, les lits des malades étaient tournés vers le Jugement dernier de Rogier van der Weyden. Avant de sombrer dans le sommeil ou dans l’éternité, le regard du souffrant pouvait encore s’élever. Il lui était rappelé que la maladie n’aurait pas le dernier mot.

Aujourd’hui, sous la lumière crue des néons, le patient fixe plus souvent un plafond blanc ou attend, des heures durant, sur un brancard.

Nous n’avons pas seulement transformé l’hôpital. Plus discrètement, nous avons transformé le regard porté sur celui qui y entre.

Vous, soignant, qui franchissez cette porte pour la dixième fois de votre garde, ce regard n’est plus tout à fait le même. Non par indifférence. Non par dureté. Mais parce que le système vous a progressivement appris à voir ce que ce patient a — une tension, un taux, un cathéter — avant de voir qui il est. Et, au fond de vous-même, vous le savez.

La tarification à l’activité, le virage ambulatoire et l’engorgement des urgences sont les signes d’une transformation profonde de l’hôpital. Jamais la médecine n’a été aussi performante dans sa capacité à traiter les corps. Jamais, pourtant, l’attention à la personne n’a été aussi menacée. À mesure que la puissance de la médecine s’est accrue, l’attention à la personne s’est parfois effacée derrière la performance de ses outils.

Il serait pourtant absurde d’opposer la technique à l’humain. La question est plus profonde : que soigne-t-on lorsque l’on soigne un homme ? Si la personne ne se réduit pas à la somme de ses paramètres biologiques, le soin ne peut davantage se limiter à leur correction.

De la paillasse au chevet
J’écris comme ancien chercheur, longtemps habitué à observer le vivant depuis la paillasse d’un laboratoire ; comme médecin devenu patient ; et comme chrétien convaincu que la beauté elle-même peut participer au soin.

Pendant des années, j’ai étudié la vie à travers des protocoles, des courbes et des chiffres. Puis vient un jour où l’on passe de l’autre côté. Dépouillé de la blouse blanche, revêtu de la casaque du malade, j’ai découvert ce que signifie réellement l’asymétrie de la relation de soin.

Presque rien ne semble plus vous appartenir. Votre corps est confié à la technique. Votre temps dépend des contraintes de l’institution. Jusqu’à votre nom, remplacé par le numéro inscrit sur un bracelet de plastique.

Je revois cette femme de quatre-vingt-quatre ans rencontrée un soir de décembre aux urgences. Les examens étaient rassurants ; elle pouvait rentrer chez elle. Pourtant, elle refusait de partir. — J’ai peur de la nuit, m’a-t-elle simplement dit.

Aucun protocole ne m’indiquait comment répondre à cette phrase. Alors j’ai simplement tiré une chaise et je suis resté auprès d’elle. Administrativement, ce n’était pas un acte médical. Humainement, c’était peut-être le soin le plus nécessaire.

Vous, soignant, vous rencontrerez peut-être une femme comme elle dès votre prochaine garde. Vous n’aurez probablement pas vingt minutes. Le tableau affichera quarante patients en attente. Vous repartirez presque aussitôt, avec le sentiment d’avoir fait ce qu’il fallait et, pourtant, de n’avoir pas pu faire tout ce qui comptait.

Ce n’est pas un reproche. C’est la blessure silencieuse de beaucoup de soignants — cette fatigue qui ne tient pas seulement aux heures de garde, mais au sentiment d’avoir dû sacrifier la rencontre à l’urgence permanente.

La maladie, épreuve de vérité anthropologique
La crise de notre système de santé n’est pas seulement budgétaire ou organisationnelle. Elle révèle une certaine manière de comprendre l’homme.

La maladie ne bouleverse jamais un organisme seulement. Elle atteint une existence. Le malade ne perd pas uniquement des capacités ; il perd souvent des évidences. Ce qui allait de soi — marcher, travailler, prévoir, aimer sans inquiétude — devient soudain incertain. Qui suis-je lorsque je ne peux plus faire ce qui me définissait ?

C’est pourquoi l’entretien d’admission ne peut être réduit à une simple collecte d’informations. Avant même d’être un dossier ou un protocole, celui qui franchit la porte de l’hôpital est une histoire en cours.

Cette conviction n’est pas nouvelle. Les hommes d’autrefois l’exprimaient dans le langage de leur foi : l’homme est créé à l’image de Dieu. Nous pouvons aujourd’hui l’énoncer autrement, sans en diminuér la portée : toute personne possède une dignité qui ne dépend ni de son autonomie, ni de ses performances, ni de son utilité.

Si elle en dépendait, la maladie l’altérerait inévitablement. Mais parce qu’elle tient au simple fait d’exister comme personne, elle demeure intacte jusque dans la dépendance et l’approche de la mort.

La beauté n’est pas un ornement : elle est un soin
Reléguer la beauté au rang d’accessoire revient à méconnaître ce qu’elle accomplit. Elle ne soigne pas à la manière d’un médicament. Mais elle participe à une autre dimension du soin : celle qui permet à une personne de demeurer elle-même lorsque la maladie menace de l’enfermer dans sa seule condition de malade.

La maladie rétrécit le monde. L’horizon se limite parfois à une chambre, à un plafond blanc. La beauté introduit une respiration dans cet enfermement. Une œuvre d’art aperçue au détour d’un couloir, la lumière traversant une fenêtre, quelques mesures de musique rappellent discrètement que le réel ne se réduit pas à la maladie. Elle ne nie ni la douleur ni l’angoisse. Elle leur refuse simplement le dernier mot.

Les anciens hôtels-Dieu l’avaient compris. Le retable de Beaune ne promettait pas la guérison. Il rappelait que la maladie n’épuisait jamais le destin d’une vie humaine.

Les recherches contemporaines commencent d’ailleurs à montrer ce que l’intuition des siècles pressentait déjà : un environnement beau, lumineux, ouvert à la nature ou à la musique contribue à réduire l’anxiété et à favoriser le bien-être du patient. Ces effets demeurent modestes au regard de la thérapeutique, mais ils confirment une vérité plus profonde : l’être humain ne vit pas seulement de traitements efficaces. Il vit aussi de ce qui nourrit son intériorité.

La beauté ne guérit pas à la place de la médecine. Elle aide la médecine à demeurer fidèle à sa véritable vocation.

Le coût humain de la réduction gestionnaire
Les outils de gestion étaient nécessaires. Le problème commence lorsque ces instruments cessent d’être au service du soin pour devenir le principal langage de l’institution. Alors ce qui ne peut être mesuré devient peu à peu invisible.

Dans les services, une phrase revient souvent, presque à voix basse : « Je n’ai même pas eu le temps de m’asseoir. » Ce n’est pas la plainte d’un professionnel fatigué. C’est le signe qu’une médecine de la relation peine désormais à trouver sa place dans une organisation qui valorise d’abord ce qui peut être compté.

Le paradoxe est profond. Nous croyons parfois gagner en efficacité lorsque nous réduisons le temps de la rencontre. Pourtant, cette rencontre conditionne souvent l’efficacité elle-même. La relation n’est pas un supplément de confort. Elle appartient à la qualité même du soin.

Un hôpital qui mesure tout finit par ne plus savoir ce qui mérite d’être mesuré. Et c’est toujours la personne qui, silencieusement, en paie le prix.

Retrouver le sens premier du soin
Cela ne suppose pas d’abord des moyens supplémentaires, même si beaucoup font aujourd’hui défaut. Une part essentielle de cette refondation relève d’un choix de civilisation avant de relever d’un choix budgétaire.

Elle commence par l’accueil : l’entretien d’admission devrait offrir au patient la possibilité de dire ce qu’il souhaite que ceux qui vont le soigner sachent de lui avant même de connaître sa maladie.

Elle passe par les lieux eux-mêmes : l’architecture, la lumière, le silence, les œuvres d’art ne sont pas des raffinements destinés à embellir l’hôpital ; ils façonnent la manière dont une personne traverse l’épreuve de la maladie.

Mais la refondation commence peut-être par un geste plus simple encore. Avant d’entrer dans une chambre, marquer un instant d’arrêt. Se rappeler qu’au-delà du diagnostic se tient une personne. Puis se poser cette unique question :

« Qu’aimerais-je entendre si j’étais à sa place ? »
Aucun protocole ne prescrira jamais ce geste. Aucun logiciel ne pourra l’évaluer. Et pourtant, c’est peut-être là que la médecine retrouve, chaque jour, sa vérité la plus profonde.

Conclusion
Nous serons tous, un jour, celui qui attend. Celui qui remettra son corps entre les mains d’inconnus. À cet instant, nous espérerons la compétence — des diagnostics justes, des gestes précis.

Mais nous attendrons autre chose encore : une présence qui rassure, un regard qui nous rappelle que nous demeurons une personne avant d’être un patient.

C’est là que se joue la vérité du soin. La médecine n’est jamais seulement une science du corps. Elle est une rencontre entre deux vulnérabilités : l’une souffre et demande de l’aide ; l’autre met son savoir, son temps et sa présence à son service.

C’est pourquoi le temps consacré à écouter n’est jamais du temps perdu. Le silence partagé n’est jamais une parenthèse inutile. La beauté n’est jamais un luxe. Tout cela appartient déjà au soin, parce que tout cela rappelle au malade qu’il demeure plus grand que ce qui lui arrive.

À l’Hôtel-Dieu de Beaune, le regard du souffrant pouvait s’élever vers le retable de Rogier van der Weyden. Aujourd’hui, il rencontre souvent un plafond blanc. Nous ne rebâtirons pas les hôpitaux d’autrefois. Mais nous pouvons retrouver ce qui les animait : la conviction qu’aucune personne ne se confond jamais avec son diagnostic.

Car une civilisation ne se mesure pas seulement à ce qu’elle sait faire. Elle se révèle dans ce qu’elle choisit de reconnaître. Et elle demeure véritablement humaine aussi longtemps qu’elle sait voir un visage là où tout l’invite à ne regarder qu’un corps.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

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