L’abandon de la doctrine du règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ rend impossible la guerre juste
Dans son numéro du 2 mai, L’Homme Nouveau consacre un dossier au rôle de l’Eglise face à la guerre. Clément Millon, docteur en histoire du droit, est notamment interrogé sur la doctrine de la guerre juste :
La doctrine classique de la guerre juste est-elle aujourd’hui abandonnée par la papauté, ou simplement reformulée de manière implicite ?
Selon saint Thomas d’Aquin, la doctrine de la guerre juste requiert trois conditions précises et cumulatives (Somme théologique, II, II, 40. 1). Pour être juste, la guerre doit être déclarée par une autorité publique reconnue ; sa cause doit en être juste ; l’intention de celui qui la mène doit être droite. Aujourd’hui, si les deux derniers aspects peuvent sembler être reconnus de manière implicite, il n’en est pas de même pour le premier. Léon XIV ne dénie pas l’existence du droit d’un État à la légitime défense, dans son message de paix du 1er janvier 2026. De même, il condamne les frappes sur les infrastructures civiles iraniennes en avril 2026. Le premier critère, quant à lui, est paradoxalement le plus difficile à appliquer : les pouvoirs en place sont reconnus en tant que tels par le pape (« Il n’est de pouvoir qui ne t’ait été donné », Jn 19, 11). Cependant, cela fait bien longtemps que l’Église peine à reconnaître dans les États, même catholiques, d’authentiques manifestations du règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Aujourd’hui, il en ressort l’idée justement exprimée par Gérard Leclerc dans France Catholique en avril 2026 : « On ne conçoit pas un pape justifiant un conflit armé. » Déjà, Pie X, dans une formule restée célèbre, répond à l’ambassadeur d’Autriche-Hongrie venu lui demander en 1914 la bénédiction de ses armées : « Le Pape bénit la paix, pas la guerre. » Aussi, l’application concrète et explicite de la doctrine de la guerre juste semble hypothétique. Au final, l’abandon de la doctrine du règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ la rend impossible. Et pourtant, elle reste dans la Tradition de l’Église et elle ne demeurera peut-être pas toujours lettre morte. Qu’adviendra-t-il si l’Église est attaquée à Rome ?
Dans ce même numéro, L’Homme nouveau publie un court extrait des Institutions du droit public ecclésiastique, vol. I, Constitution sociale et pouvoir de l’Église du grand théologien romain que fut le cardinal Ottaviani, proche collaborateur de Pie XII puis propréfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sous Paul VI :
En pratique donc il ne sera jamais permis de provoquer une guerre, pour revendiquer ses droits. Bien plus, il ne faudra pas entamer une guerre défensive, à moins que l’autorité légitime, à qui il revient de discerner, ne possède avec la certitude de la victoire, des arguments valables de la supériorité du bien qui résulterait pour le peuple d’une guerre défensive par rapport aux maux immenses qui viendront de la guerre pour ce peuple et pour le monde entier.
Autrement le gouvernement des peuples aurait la même valeur que le gouvernement de massacre universel où, comme cela fut manifeste lors de la dernière guerre, les victimes innocentes sont plus nombreuses parmi les civils que parmi les militaires.
C’est pourquoi, face à un État totalitaire ou tyrannique, on applique encore, de facto, ce principe : « Si tu veux la paix, prépare la guerre. » Mais cela ne se justifie que si la société ou la coalition de sociétés, aimant véritablement la paix, préparent une force armée seulement en vue de se défendre. C’est évidemment la même raison pour laquelle « les objections de conscience », comme système général, ne peuvent être approuvées.
L’opinion répandue parmi les hommes politiques est qu’on pourrait ouvrir la voie pour la paix « en déposant les armes ou du moins en les limitant » (disarmo, désarmement). Mais ce remède suppose que toutes les parties sont vraiment sincères et aiment la paix ; en revanche si, d’une part, il y a quelque mensonge, ruse ou désir de domination, toutes choses propres à un régime totalitaire ou à une faction tyrannique, ce moyen, loin d’être un remède, serait dangereux pour la partie qui cherche sincèrement la paix, la prospérité et la liberté du peuple. Car, cependant qu’une partie sincère se prive d’armes, son adversaire conserve des armes en secret de diverses façons, ce qui n’a rien d’impossible. Quelle sera donc pour l’avenir la voie pour résoudre les conflits internationaux ? « Il y a deux manières de se disputer, l’une par la discussion, l’autre par la violence ; la première est propre à l’homme, l’autre aux bêtes. » Il faut toujours aller vers la première, c’est-à-dire toujours envisager la paix.
Exclure de la notion de soin la provocation active de la mort
C’est une proposition de loi déposée par de nombreux sénateurs, emmenés par le sénateur LR Francis Szpiner.
Elle est composée d’un article unique :
« La provocation active de la mort d’un patient ne peut être qualifiée ni de traitement, ni de thérapeutique, ni de soin. »
Dans l’exposé des motifs, le sénateur explique :
[…] Le soin, en droit comme en éthique médicale, désigne l’ensemble des actes qui visent à préserver, à restaurer ou à soulager la vie humaine dans une perspective thérapeutique. Cette finalité n’est pas accessoire : elle est constitutive de la notion même de soin et fonde la légitimité particulière dont bénéficie la relation médicale dans notre droit. C’est parce que le médecin oeuvre pour la vie et pour le soulagement de la souffrance qu’il se voit reconnaître des droits et des devoirs spécifiques, et que la société lui accorde sa confiance.
L’euthanasie, le suicide assisté ou toute forme d’aide active à mourir ont, quant à eux, pour objet direct et délibéré de provoquer le décès du patient. Peu importe la bienveillance des intentions ou la réalité de la souffrance qui les motive : leur finalité est la mort, et non sa prévention ni son adoucissement. Cette divergence d’intention et d’objet est absolue et insurmontable. Elle interdit toute assimilation juridique de ces actes à des soins.
Le droit médical français s’est historiquement construit autour de principes cardinaux : sauvegarde de la dignité, respect de l’intégrité de la personne, non-malfaisance que consacre notamment l’article 16 du code civil, issu des lois bioéthiques. Dans ce cadre, la mort peut être acceptée, lorsque la poursuite des traitements relèverait d’une obstination déraisonnable ; elle peut être accompagnée, grâce aux soins palliatifs et à la sédation profonde et continue prévue par la loi du 2 février 2016. Mais en aucun cas, selon la tradition juridique et médicale française, elle ne peut être l’objectif recherché par le soignant.
Admettre qu’un acte létal puisse être qualifié de « soin » ou de « thérapeutique » au sens du code de la santé publique ne serait pas une évolution sémantique anodine ; ce serait altérer la finalité même de l’art médical, rompre la cohérence d’un droit de la santé tourné vers la protection de la vie, et fragiliser la relation de confiance fondamentale entre le patient et son médecin. Une telle requalification serait en outre susceptible d’exercer une pression intolérable sur les personnes les plus vulnérables, qui pourraient se sentir tenues de justifier leur désir de vivre. […]
Liban 1976 – France 2026 : 50 ans d’islamo-gauchisme
De Yann Baly président de l’AGRIF :
A l’occasion du 50e anniversaire du massacre perpétré par les milices palestiniennes dans la ville chrétienne libanaise de Damour en janvier 1976, nous avons organisé plusieurs conférences sur ce sujet, pas si éloigné qu’il n’y paraît de la réalité française actuelle.
1976 : le Liban à l’heure de l’islamo-progressisme
Depuis le début des années 1950, les Libanais, et spécialement les chrétiens, ont accueilli à bras ouverts, comme des frères, la masse immense des réfugiés palestiniens. La société libanaise, au premier rang de laquelle l’Église maronite, a tout mis en œuvre pour subvenir aux besoins des déplacés : mise à disposition de terrains, aide sociale, action scolaire, soutien financier voire politique… L’État libanais est même allé jusqu’à reconnaître le droit aux milices palestiniennes de s’armer ainsi qu’à accorder le statut d’extraterritorialité aux camps palestiniens, notamment ceux enserrant Beyrouth (ni la police, ni l’armée ne pouvaient plus y entrer). Cette générosité du peuple libanais et cette faiblesse des gouvernements ont été bien mal récompensées puisque les Palestiniens ont retourné leurs armes contre ceux qui les avaient accueillis, et leurs camps sont devenus des forteresses et des casernes d’où partaient les coups portés au Liban libre et chrétien. Les Palestiniens voulaient faire du Liban leur patrie de substitution. Pour cela, ils trouvèrent des complices dans la société libanaise : les musulmans fanatisés, des partisans du panarabisme nassérien, des collaborateurs de la grande Syrie, et aussi les partis de la gauche et de l’extrême gauche libanaises voyant dans la cause palestinienne un moyen de saper l’autorité de l’État et l’outil idéal pour faire triompher la révolution. Ce conglomérat se désignait lui-même comme le camp « islamo-progressiste ». La presse française bien-pensante se gargarisa de ce qualificatif mensonger, qui permettait de masquer la réalité de ces organisations terroristes et de ces bandes révolutionnaires qui ont plongé le Liban dans l’abîme. Il ne s’en remet toujours pas.
50 ans plus tard : la France au risque de l’islamo-gauchisme
L’histoire du drame libanais est saisissante pour un Français de 2026, tant le processus et les événements qui ont conduit à cette déchirure sont, en de nombreux points, similaires à ce que nous voyons progressivement se développer en France. Un grand nombre de nos quartiers et certaines de nos villes sont devenus des entités extraterritoriales, pas seulement des zones de non-droit mais bien souvent des zones soumises à un autre droit, à des règles coutumières qui ne sont pas les nôtres. La police, pas plus que les autres services publics, ne peuvent désormais y accéder. Ce sont les imams des mosquées salafistes et les caïds des mafias de la drogue qui y font régner un ordre bien à eux. Les armes de guerre y circulent en grand nombre. Dans le même temps, les Frères musulmans ont investi des strates importantes de la société, jusque dans les arcanes du pouvoir, à Paris comme à Bruxelles. Les administrations ne sont pas épargnées, y compris celles ayant à gérer la sécurité intérieure et l’immigration. L’islamo-progressisme s’est mué en islamo-gauchisme. On a vu le basculement progressif d’une certaine gauche et de l’extrêmegauche, notamment mélenchoniste, du côté de l’idéologie islamique. Les keffiehs palestiniens côtoient désormais les drapeaux rouges de la CGT ou de LFI dans les manifestations. Les disciples de Marx et de Lénine voient dans l’islamisme l’accélérateur de l’histoire qui va hâter la révolution et l’avènement du grand soir. L’école et l’université, les médias et la magistrature sont gangrenés par cette infection. Tandis que la violence s’installe chaque jour un peu plus dans le pays (crapuleuse, barbare, djihadiste et politique…), l’État est impuissant et les gouvernements sont tétanisés, empêtrés dans la peur, soumis à la repentance et à tous les courants de la haine anti-française. Si rien ne change rapidement, les mêmes causes produisant les mêmes effets, la France connaîtra un drame identique à celui du Liban. En 2027, y aura-t-il un candidat capable de comprendre ces enjeux et de relever ce défi existentiel ? C’est ce que nous souhaitons pour la France.
Le « régime » ou la disqualification médiatico-politique sans jugement
D’Olivier Frèrejacques dans Liberté politique :
Le « régime de Bachar al-Assad » n’existe plus. Désormais, la Syrie est aux mains des islamistes, mais ceux-ci sont appelés « les autorités de Damas » ou « le nouvel État ». Le terme « régime » n’a, en soi, rien d’infamant, mais il sert désormais à disqualifier ce qui est considéré comme un régime politique mauvais. On parlera ainsi de « régime des mollahs » ou de « régime iranien ». Le premier terme est particulièrement stupide, car il ne tient pas compte de la réalité du pouvoir dans le pays, qui repose davantage sur les Gardiens de la révolution que sur les religieux. En revanche, l’État hébreu n’est jamais qualifié de « régime de Tel Aviv », ce qui n’aurait d’ailleurs pas plus de sens que pour les cas précédents.
Qui décide des mots ?
Moscou, largement honni à l’Ouest, n’est pas non plus affublé de ce sobriquet, sauf par le chef d’état-major des armées françaises qui avait déclaré, dans une sortie très provocante et macronienne : « Si, pour dissuader le régime de Moscou, notre pays flanche parce qu’il n’est pas prêt à accepter de perdre ses enfants, nous serons face à un risque. » Qui détermine quand on parle de « régime » ou d’« État » ? Difficile à dire, sinon qu’il s’agit de grandes tendances admises, souvent de manière assez pavlovienne.
En politique intérieure, c’est la gauche qui continue de donner le « la ». Ainsi, le jeune Quentin, assassiné par des militants antifa proches de La France insoumise, est qualifié de « néo-nazi », tout comme les manifestants nationalistes du 9 mai dont le rassemblement a été interdit cette année. Quiconque s’intéresse un tant soit peu à cet espace de l’échiquier politique extraparlementaire sait qu’il s’agit d’une mouvance « nationaliste révolutionnaire ». Mais « néo-nazi » est plus vendeur et c’est surtout le terme imposé par La France insoumise, les antifas et la presse d’extrême gauche.
Les « artistes engagés », des criminels sexuels en puissance ?
Autre formule très usitée : celle d’« artiste engagé ». En réalité, un artiste n’est engagé que s’il est de gauche. Patrick Bruel, aujourd’hui accusé par des dizaines de femmes d’agressions sexuelles, a longtemps bénéficié de ce label après des années de soutien à SOS Racisme. Son compère Richard Berry a lui aussi été qualifié d’acteur engagé pour avoir milité au sein de l’association Enfance Majuscule, qui œuvre pour la protection de l’enfance. Aujourd’hui, celui qui avait appelé à faire barrage à Marine Le Pen en 2022 n’est plus qualifié d’« engagé » depuis que sa fille l’accuse de crimes d’inceste répétés.
Les mots ont un sens et doivent être remis en question dès que l’on lit un texte, particulièrement dans ces périodes de trouble politique.
La prolifération de formules aussi abominables qu’« impacter », « en responsabilité » ou « faire un bougé » sont également des marqueurs de notre époque : celle du vide des idées et d’une uniformisation abêtissante.
Costa Rica : la présidente confie son gouvernement à Dieu et à la Vierge Marie
La présidente costaricienne Laura Fernández, catholique, a commencé son mandat présidentiel en assistant à une messe au cours de laquelle elle a confié son gouvernement à Dieu et à la Vierge Marie. Laura Fernández a officiellement entamé son mandat par une messe à la Basilique de Notre-Dame des Anges, à Cartago, où elle a confié son gouvernement à la patronne nationale du pays et a remis symboliquement l’écharpe présidentielle à la Vierge.
La cérémonie a eu lieu le 8 mai, coïncidant avec le début du mandat de Fernández en tant que cinquantième chef d’État du pays centro-américain.
La nouvelle dirigeante a placé sa gestion sous la protection de Dieu et de la Vierge des Anges, connue populairement sous le nom de « La Negrita ». Lors de l’homélie, le président de la Conférence épiscopale du Costa Rica, monseigneur Javier Román, a appelé à reconstruire l’unité nationale et à travailler pour « une société plus humaine, juste et unie ». L’évêque a également souligné l’importance que la foi puisse inspirer la vie publique et politique, en particulier dans les questions liées à l’éthique, à l’honnêteté et au respect de la vie humaine.
« Quand une personne reconnaît qu’il existe une vérité supérieure à elle-même, elle comprend aussi que le pouvoir a des limites et que toute autorité doit s’exercer avec éthique, conscience et respect pour la vie ».
La cérémonie a été marquée par des références à l’unité nationale, à la réconciliation et à la nécessité de renforcer l’engagement éthique dans la vie publique.
Costa Rican President Laura Fernández, a Catholic, began her presidential term by attending a Mass in which she entrusted her government to God and to the Virgin Mary.
Video: Presidential office pic.twitter.com/F6iWX33I6n
— Sachin Jose (@Sachinettiyil) May 13, 2026
Mgr Schneider : « L’hérésie homosexuelle infecte de plus en plus le Corps de l’Église »
Dans un entretien accordé le 12 mai 2026 à la journaliste Diane Montagna, Mgr Athanasius Schneider a vigoureusement dénoncé le contenu du rapport final du Groupe d’étude n° 9 du Synode sur la synodalité, publié le 5 mai dernier par le Secrétariat général du Synode des évêques.
Consacré aux « questions doctrinales, pastorales et éthiques émergentes », ce document de trente pages a immédiatement provoqué une onde de choc dans les milieux catholiques en raison de son appel scandaleux à un « changement de paradigme » dans la manière d’aborder des vérités doctrinales et morales élémentaires.
« Une propagande d’idéologie sexuelle mondiale »
Dès le début de son entretien avec Diane Montagna, Mgr Athanasius Schneider dénonce avec une grande vigueur l’orientation générale du rapport publié par le Secrétariat du Synode des évêques.
L’évêque estime que le Vatican participe désormais à la diffusion d’une idéologie contraire à la loi naturelle et à la Révélation divine :
« En publiant le Rapport final du Groupe d’étude n° 9, le Secrétariat du Synode des évêques s’est abaissé à promouvoir la propagande d’une idéologie sexuelle mondiale qui est agressivement poussée en politique et dans les médias à travers le monde. »
L’entretien revient notamment sur le scandale provoqué par la présence, dans le rapport, du témoignage d’un homme vivant publiquement dans une relation homosexuelle et ayant reçu, avec son partenaire, une bénédiction du père James Martin, prêtre jésuite américain proche des milieux LGBT, au lendemain même de la publication de Fiducia Supplicans. Mgr Schneider déclare à ce sujet :
« Le père James Martin n’est qu’un homme de main clérical de cette idéologie anti-chrétienne et blasphématoire. »
Il poursuit :
« Les partisans de cette idéologie cherchent l’approbation morale et doctrinale de l’Église des actes et modes de vie homosexuels — c’est-à-dire des comportements contraires à la création de Dieu et à l’ordre naturel. »
Puis il accuse directement le Secrétariat du Synode de collaborer avec ces groupes de pression :
« Le Secrétariat du Synode — organe du Saint-Siège — collabore ainsi avec ses lobbyistes dans une véritable révolte contre l’œuvre de création de Dieu, contre l’ordre beau et sage des deux sexes, homme et femme. »
Fiducia Supplicans et « l’exégèse du doute »
Pour Mgr Schneider, le rapport du Groupe d’étude n° 9 constitue l’aboutissement logique d’un processus engagé depuis plusieurs années dans l’Église : « Le rapport final révèle que légitimer l’homosexualité — c’est-à-dire les actes homosexuels, les modes de vie et les relations homoérotiques — était déjà à l’ordre du jour clérical lors du premier Synode sur la famille du pape François. »
L’évêque estime que « cet ordre du jour a atteint un sommet avec la promulgation de Fiducia Supplicans par le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, sous la direction de son préfet actuel. » Mgr Schneider qualifie cette déclaration romaine de
« parodie du bon sens. Elle évoque la possibilité de bénir les couples homosexuels, non pas officiellement et liturgiquement, mais spontanément. Selon le document, l’objet de la bénédiction est le couple homosexuel, et non leur relation. Mais être un “couple” vient précisément de la relation elle-même. Fiducia Supplicans traite ainsi le monde entier comme des imbéciles. »
Il constate que « le rapport final du Groupe d’étude n° 9 va encore plus loin en proposant une possible justification doctrinale des actes homosexuels et des relations homoérotiques. » L’évêque considère que cette justification
« le fait en remettant indirectement en question la validité durable du témoignage de la Révélation divine concernant l’homosexualité dans les Saintes Écritures. »
Mgr Schneider dénonce alors ce qu’il appelle une « exégèse du doute » :
« Le rapport affirme en fait qu’“il est nécessaire d’aller au-delà d’une simple répétition de leur présentation actuelle et de prendre en compte les enseignements tirés de diverses lectures exégétiques” (2.4). Une telle exégèse usurpe effectivement la place de Dieu et prétend proclamer ce qui est bon et ce qui est mal. C’est précisément ce que le serpent a fait dans le Jardin d’Éden. »
L’évêque auxiliaire d’Astana estime également particulièrement révélateur le fait que les témoignages retenus dans le rapport soient exclusivement ceux de personnes vivant publiquement dans des unions homosexuelles, sans donner la parole à des fidèles cherchant à vivre dans la chasteté conformément à l’enseignement de l’Église.
Pour lui, « ce fait parle de lui-même », ce choix révèle clairement l’orientation du Groupe d’étude,
« cela démontre clairement qu’un organe du Saint-Siège — le Secrétariat du Synode des évêques — prend parti pour un groupe idéologique et néo-gnostique au sein de l’Église, une minorité qui contredit explicitement l’enseignement constant de l’Église et le sensus fidelium. »
Mgr Schneider estime que le but poursuivi est extrêmement grave :
« Il est clair que l’objectif est d’initier un processus pour réinterpréter et finalement abolir la validité de la révélation de Dieu — en particulier celle du Sixième Commandement. »
« Une tactique ouvrant la porte au relativisme moral total »
L’évêque reconnaît certes que le document n’a pas formellement d’autorité magistérielle, mais il estime que sa publication officielle par le Vatican lui donne une portée considérable dans l’opinion publique catholique : « Bien qu’il ne s’agisse formellement que d’un document d’un groupe d’étude et qu’il n’ait pas d’autorité magistérielle, il est néanmoins publié par le Vatican, via un organe du Saint-Siège. En conséquence, un tel document transmet au monde entier, et à la plupart des catholiques — qui ne connaissent pas la distinction théologique concernant le poids de l’autorité accordée aux documents de l’Église — que l’Église catholique, et même le Vatican, s’ouvrent désormais à la possibilité de légitimer et de normaliser les actes et modes de vie homosexuels. »
Une stratégie progressive est à l’œuvre :
« C’est une tactique claire visant à habituer progressivement les fidèles à considérer les actes homosexuels comme normaux, ou du moins à les tolérer dans des cas individuels. »
Cette évolution s’appuie souvent sur des arguments affectifs ou psychologiques :
« Principalement par l’argument sophistiqué qu’un couple homosexuel peut posséder d’autres bonnes qualités morales ou intellectuelles. Ainsi, la porte s’ouvre au relativisme moral total. »
L’évêque auxiliaire d’Astana estime que ce
« rapport final a franchi sans équivoque la ligne qui sépare l’orthodoxie de l’hérésie. Le rapport emploie l’expression séduisante de “changement de paradigme” pour miner, par une rhétorique creuse, la Révélation de Dieu sur la nature binaire des sexes, ainsi que son interdiction claire de tout acte sexuel en dehors d’un mariage valide entre un homme et une femme. »
Mgr Schneider ajoute plus loin :
« Avec une audace scandaleuse, le rapport final remplace les commandements de Dieu — en l’occurrence le commandement divin interdisant les actes sexuels en dehors du mariage — par des traditions humaines qui ouvrent de fait la porte à l’acceptation des actes et des modes de vie homosexuels. »
Un silence de Rome lourd de conséquences
À ce jour, devant un tel scandale, aucune réaction du Successeur de Pierre n’est apparue. Mgr Schneider estime pourtant qu’une intervention claire est indispensable :
« Le premier devoir du pape Léon XIV est de protéger l’Église et les âmes des fidèles contre cette doctrine gnostique éhontée, qui cherche à justifier la fornication et le vice contre nature. »
L’évêque rappelle les avertissements adressés par Notre-Seigneur aux Églises de l’Apocalypse :
« La voix du Christ, qui reprocha à l’Église de Pergame de tolérer l’hérésie sexuelle des Nicolaïtes (cf. Ap 2, 14-15) et accusa l’Église de Thyatire de permettre à Jézabel — “qui se dit prophétesse” — de répandre l’immoralité sexuelle dans l’Église (Ap 2, 20-21), s’adresse aussi aujourd’hui au pape Léon XIV. »
Mgr Schneider met également en garde contre le silence d’une partie importante de la hiérarchie :
« L’hérésie homosexuelle infecte de plus en plus le Corps de l’Église ; et si le pape, avec les cardinaux et les évêques, ne se réveille pas et, comme médecins spirituels et pasteurs responsables, n’avertit pas clairement et courageusement les fidèles afin de les protéger d’une telle contagion spirituelle, ils seront coupables par leur inaction et leur silence. »
Puis il ajoute cette parole particulièrement grave :
« Il est tout à fait possible que les générations futures, regardant notre époque, lui appliquent des paroles semblables à celles du temps de l’hérésie arienne : “Le monde entier gémit et s’étonna d’avoir aboli le Sixième Commandement de Dieu.” »
Pour Mgr Schneider, ce sont les fondements mêmes de la morale naturelle et chrétienne qui sont désormais remis en cause. Une clarification publique du Saint-Siège apparaît donc absolument nécessaire.
L’évêque déclare :
« Le rapport final, rédigé dans un style typiquement sophistique et gnostique, présente les vérités immuables, saintes et très sages de la Révélation divine comme de simples “modèles théoriques” (cf. 2.3). Dans leur rapport, l’enseignement clair, infaillible et bimillénaire de l’Église sur l’ordre de la sexualité humaine voulu et ordonné par Dieu se trouve ainsi rabaissé au rang de “modèle” lié à une époque. »
Mgr Schneider souligne les conséquences :
« Cela prive également de leur force obligatoire toute la loi morale naturelle que Dieu a inscrite dans le cœur humain, ainsi que les vérités révélées dans la Sainte Écriture et la Sainte Tradition. Les auteurs du rapport final sont ceux qui, selon les paroles de l’apôtre Jude, changent la grâce de Dieu en occasion de débauche (cf. Jude 4). »
Et il lance cet avertissement :
« Si le Saint-Siège ne condamne pas sans équivoque ce rapport final n° 9, tout le clergé et tous les fidèles encore véritablement catholiques perdront confiance en ceux qui occupent des postes au Vatican. »
Les sacres de la FSSPX et l’état de nécessité
Interrogé sur les futurs sacres épiscopaux de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, prévus le 1er juillet prochain, Mgr Schneider considère que la crise actuelle de l’Église rend plus manifeste que jamais l’état de nécessité invoqué par la Fraternité :
« La situation actuelle de l’Église ne peut être décrite que comme un véritable état de nécessité, ce que la FSSPX affirme à juste titre. Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. »
L’évêque poursuit avec une comparaison frappante :
« Quiconque, dans l’Église, nie encore aujourd’hui ce véritable état de nécessité est soit spirituellement aveuglé, soit considère que l’empereur nu est décemment vêtu — comme dans le conte d’Andersen Les Habits neufs de l’empereur —, soit se comporte comme le serviteur qui, devant le château en flammes, s’écrie : “Tout va très bien, Madame la Marquise !” »
« Affermis tes frères dans la foi »
Alors que le pape Léon XIV entre dans la deuxième année de son pontificat et que la confusion doctrinale s’aggrave toujours davantage, Mgr Schneider affirme n’avoir qu’un seul conseil à adresser au Saint-Père :
« Je ne pourrais lui offrir de paroles meilleures ni plus actuelles que celles prononcées par Notre-Seigneur à Pierre, le premier pape : “Affermis tes frères dans la foi !” (Lc 22, 32). »
L’évêque explique concrètement cette mission :
« Cela signifie évidemment apporter la clarté là où règne la confusion dans la foi, la clarté là où règne l’ambiguïté dans la foi, et la clarté là où la foi est subvertie. Le pape devrait reconnaître que l’Église, comme au IIe siècle au temps de saint Irénée, est infectée par un gnosticisme qui, tel un renard, nie avec ruse la validité et le caractère concret de la Révélation et des commandements de Dieu. »
Mgr Schneider cite alors un long passage de saint Irénée dans l’Adversus haereses, qu’il juge particulièrement actuel, notamment celui-ci : « Ces hommes rassemblent des fables de vieilles femmes, puis s’efforcent, en détachant violemment de leur contexte propre des mots, des expressions et des paraboles trouvés çà et là, d’adapter les oracles de Dieu à leurs fictions sans fondement. »1
Le courageux évêque souahite unir sa voix à « celle d’innombrables catholiques simples et pieux que je rencontre sans cesse dans divers pays, qui aiment le pape d’un amour véritablement surnaturel, mais qui, en même temps, souffrent profondément du manque d’affirmation sans ambiguïté des vérités divines émanant de Rome, alors que se répandent impunément dans la vie de l’Église des hérésies et des blasphèmes propagés par des clercs — même des évêques et des cardinaux — qui sont des loups déguisés en pasteurs. »
Il renouvelle enfin un appel solennel au pape Léon XIV :
« Très Saint-Père, écoutez la voix de tant de catholiques pieux, de simples prêtres et religieux, d’enfants et de jeunes gens qui ont été poussés à la périphérie de la vie ecclésiale par les structures synodales, et même traités avec mépris uniquement parce qu’ils demeurent attachés à la foi et à la forme de la liturgie transmises par leurs pères ; à la foi et à la liturgie chéries par les saints ; à la foi et à la liturgie embrassées et offertes par l’écrasante majorité des papes. »
Puis :
« Très Saint-Père, ne vous rangez pas principalement du côté des bureaucrates et apparatchiks de l’Église, soutenus par les puissants de ce monde, mais écoutez les petits dans l’Église et tenez-vous à leurs côtés : les fidèles et le clergé traditionnels qui s’attachent fermement à la foi transmise aux saints une fois pour toutes (Jude 3). »
Et enfin :
« Très Saint-Père, soyez pour notre époque un autre saint Léon : faites une profession de foi d’une clarté cristalline, afin d’affermir toute l’Église et de dissiper les doutes pernicieux et les ambiguïtés empoisonnées, comme le fit jadis votre prédécesseur et homonyme. Alors les fidèles de notre temps, comme à l’époque de Léon le Grand, pourront dire : “Par la bouche du pape Léon XIV, Pierre a parlé !” »
1
Adversus haereses, I, 7, 1.
Interview en anglais : https://substack.com/@dianemontagna
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Déclaration de foi catholique adressée au pape Léon XIV, par l’abbé Davide Pagliarani, Supérieur général de la FSSPX
Source : https://fsspx.news/fr/news/declaration-foi-catholique-adressee-au-pape-leon-xiv-59110
Très Saint-Père,
Depuis plus de cinquante ans, la Fraternité Saint-Pie X s’efforce d’exposer au Saint-Siège son cas de conscience face aux erreurs qui détruisent la foi et la morale catholiques. Malheureusement, toutes les discussions engagées sont demeurées sans résultat, et toutes les préoccupations exprimées n’ont reçu aucune réponse véritablement satisfaisante.
Depuis plus de cinquante ans, la seule solution réellement envisagée par le Saint-Siège semble être celle des sanctions canoniques. À notre grand regret, il nous semble que le droit canonique soit donc utilisé non pour confirmer dans la foi, mais pour en éloigner.
Par le texte qui suit, la Fraternité Saint-Pie X est heureuse de Vous exprimer filialement et sincèrement, dans les circonstances présentes, son attachement à la foi catholique, sans rien cacher, ni à Votre Sainteté, ni à l’Église universelle.
La Fraternité remet cette simple Déclaration de Foi entre Vos mains. Elle nous paraît correspondre au minimum indispensable pour pouvoir être en communion avec l’Église, nous dire véritablement catholiques et, par conséquent, Vos fils.
Nous n’avons pas d’autre désir que celui de vivre et d’être confirmés dans la foi catholique romaine.
« Ainsi, demeurant fermement enracinés et établis dans la vraie foi catholique, efforcez-vous d’être toujours de dignes ministres du sacrifice divin et de l’Église de Dieu, qui est le Corps du Christ.
Car, comme le dit l’Apôtre : “Tout ce qui ne procède pas de la foi est péché (1)”, schismatique et en dehors de l’unité de l’Église (2). »
DÉCLARATION DE FOI CATHOLIQUE
Au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Sagesse divine, Verbe incarné, qui a voulu une seule religion, qui a rendu l’Ancienne Alliance définitivement caduque, qui a fondé une seule Église, qui a triomphé de Satan, qui a vaincu le monde, qui demeure avec nous jusqu’à la fin des temps et qui reviendra juger les vivants et les morts.
Lui, Image parfaite du Père, Fils de Dieu fait homme, a été constitué unique Rédempteur et Sauveur du monde par l’Incarnation et par l’offrande volontaire du sacrifice de la Croix. Notre-Seigneur satisfait à la justice divine en versant son très précieux Sang, et c’est dans ce Sang qu’il établit la Nouvelle et Éternelle Alliance, abolissant l’Ancienne. Il est par conséquent l’unique Médiateur entre Dieu et les hommes et l’unique voie pour parvenir au Père. Seul celui qui le connaît, connaît le Père.
Par un décret divin, la très sainte Vierge Marie a été associée directement et intimement à toute l’œuvre de la Rédemption ; dès lors, nier cette association — dans les termes reçus de la Tradition — revient à altérer la notion même de Rédemption telle que la Providence divine l’a voulue.
Il n’existe qu’une seule foi et une seule Église par lesquelles nous puissions être sauvés. Hors de l’Église catholique romaine, et sans la profession de la foi qu’elle a toujours enseignée, il n’y a ni salut ni rémission des péchés.
Par conséquent, tout homme doit être membre de l’Église catholique pour sauver son âme, et il n’existe qu’un seul baptême comme moyen d’y être incorporé. Cette nécessité concerne l’humanité tout entière sans exception et inclut indistinctement chrétiens, juifs, musulmans, païens et athées.
Le mandat reçu par les Apôtres, de prêcher l’Évangile à tout homme et de convertir tout homme à la foi catholique, demeure valable jusqu’à la fin des temps et répond à la nécessité la plus absolue et la plus impérieuse qui soit au monde. « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui ne croira pas sera condamné (3). » Dès lors, renoncer à accomplir ce mandat constitue le plus grave des crimes contre l’humanité.
L’Église romaine est la seule à posséder simultanément les quatre notes qui caractérisent l’Église fondée par Jésus-Christ : l’Unité, la Sainteté, la Catholicité et l’Apostolicité.
Son unité découle essentiellement de l’adhésion de tous ses membres à l’unique vraie foi, fidèlement conservée, enseignée et transmise par la hiérarchie catholique au cours des siècles.
La négation d’une seule vérité de foi détruit la foi elle-même et rend radicalement impossible toute communion avec l’Église catholique.
L’unique voie possible pour rétablir l’unité entre des chrétiens de confessions différentes consiste dans l’appel pressant et charitable adressé aux non-catholiques à professer l’unique vraie foi au sein de l’unique vraie Église.
En aucune manière l’Église catholique ne peut être considérée ou traitée sur un pied d’égalité avec un faux culte ou une fausse Église.
Le Pontife romain, Vicaire du Christ, est le seul sujet détenteur de l’autorité suprême sur toute l’Église. C’est lui seul qui confère directement aux autres membres de la hiérarchie catholique la juridiction sur les âmes.
« Le Saint Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu’ils fassent connaître, sous sa révélation, une doctrine nouvelle, mais pour qu’avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi (4). »
À une foi unique correspond un culte unique, expression suprême, authentique et parfaite de cette même foi.
La sainte Messe est la perpétuation dans le temps du sacrifice de la Croix, offert pour beaucoup et renouvelé sur l’autel. Bien qu’offert de manière non sanglante, le saint sacrifice de la Messe est essentiellement expiatoire et propitiatoire. Aucun autre culte ne procure l’adoration parfaite. Aucun autre culte qui ne soit pas en relation avec lui n’est agréable à Dieu. Aucun autre moyen n’est suffisant pour la sanctification des âmes.
Par conséquent, le saint sacrifice de la Messe ne peut en aucune manière être réduit à une simple commémoration, à un repas spirituel, à une assemblée sacrée célébrée par le peuple, à la célébration du mystère pascal sans sacrifice, sans satisfaction de la justice divine, sans expiation des péchés, sans propitiation et sans Croix.
L’aide apportée aux âmes par les sacrements de l’Église catholique est suffisante en toute circonstance et à toute époque pour permettre aux fidèles de vivre en état de grâce.
La loi morale contenue dans le Décalogue et perfectionnée dans le Sermon sur la montagne est la seule praticable pour obtenir le salut des âmes. Tout autre code moral — par exemple fondé sur le respect de la création ou sur les droits de la personne humaine — est radicalement insuffisant pour sanctifier et sauver une âme. En aucune manière il ne peut remplacer l’unique vraie loi morale.
À l’exemple de saint Jean-Baptiste, la vraie charité nous oblige à avertir les pécheurs et à ne jamais renoncer à prendre les moyens nécessaires pour sauver leurs âmes.
Celui qui mange le Corps de Notre-Seigneur et boit son Sang en état de péché mange et boit sa propre condamnation, et aucune autorité ne peut modifier cette loi contenue dans l’enseignement de saint Paul et dans la Tradition.
Le péché impur contre-nature est d’une telle gravité qu’il crie toujours et en toute circonstance vengeance devant Dieu, et qu’il est radicalement incompatible avec toute forme d’amour authentique et chrétien. Dès lors, un tel « mode de vie » ne peut en aucune manière être reconnu comme un don de Dieu. Un couple pratiquant ce vice doit être aidé à s’en libérer, et ne peut en aucune manière être béni — formellement ou informellement — par les ministres de l’Église.
La soumission des institutions et des nations en tant que telles à l’autorité de Notre Seigneur Jésus-Christ découle directement de l’Incarnation et de la Rédemption. Dès lors, la laïcité des institutions et des nations constitue une négation implicite de la divinité et de la royauté universelle de Notre-Seigneur.
La chrétienté n’est pas un simple phénomène historique, mais le seul ordre voulu par Dieu entre les hommes.
Ce n’est pas à l’Église de se conformer au monde, mais au monde d’être transformé par l’Église.
C’est dans cette foi et dans ces principes que nous demandons à être instruits et confirmés par Celui qui a reçu le charisme pour le faire. Avec l’aide de Notre-Seigneur, nous préférons la mort plutôt que d’y renoncer. C’est dans cette foi immuable que nous désirons vivre et mourir, dans l’attente qu’elle cède la place à la vision directe de l’immuable Vérité éternelle.
Menzingen, le 14 mai 2026,
en la fête de l’Ascension de Notre-Seigneur
Davide Pagliarani
Notes :
1
Rm 14, 23.
2
Pontifical Romain, Monition aux ordinands au sous-diaconat.
3
Mc 16, 16.
4
Pastor Aeternus, chap. 4.
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Hantavirus : panique médiatique, le retour des télétoubibs
L’image de la semaine : Le maire de Saint-Denis appelle à l’insurrection
Bally Bagayoko, le nouveau maire de Saint-Denis, menace de refuser le verdict des urnes et d’appeler à une insurrection populaire en cas de victoire du RN.
Le dossier du jour : Télétoubibs, le retour de la médecine de plateau
Les “experts” du Covid-19 viennent de se reconvertir en experts de l’Hantavirus et sans surprise, ils racontent tout et son contraire. Une période qui signe le retour d’Agnès Buzyn, de la comédie des masques FFP2 et de la chasse aux complotistes.
Les pastilles de l’info :
– France Info s’emmêle les pinceaux avec Edouard Philippe
– Patrick Bruel : l’intouchable rattrapé par ses mœurs !
– Julien Dray : “Je ne veux pas vivre avec ces gens-là”
– La DJ des JO Barbara Butch rémunérée par la mairie de Paris : le gros scandale à 42 000 €
Un véritable rapport de force
Contre vents et marées, le rapport de Charles Alloncle a été publié ce mardi 5 mai. Après plusieurs mois de débats acharnés, des centaines d’heures de consultations et l’audition de plus de deux cent cinquante personnalités, la publication de ce dossier de quatre cents pages a été validé par l’Assemblée nationale !
On ne peut qu’avoir de l’admiration pour la ténacité et le courage de Charles Alloncle même si l’on n’est pas forcément en accord avec ses convictions. En tant que rapporteur de la commission sur l’audiovisuel public, il a dû faire face à de nombreuses pressions. En premier lieu, de la part de Jérémie Patrier-Leitus qui n’est autre que le président de cette même commission et dont les conflits d’intérêts avec Radio France, France 24 ou encore RFI sont connus de tous. Il a aussi été confronté à des obstructions de Delphine Ernotte et même de la présidente de l’Assemblée nationale. Cette dernière vient d’ailleurs de déclarer à une journaliste :
« Je salue le travail de Charles Alloncle, mais il a été peut-être un peu trop dans la lumière ! »
On sait combien Yaël Braun-Pivet préfère que certaines vérités restent dans l’ombre. Il n’y a pas si longtemps, elle avait empêché la mise en place d’une commission d’enquête sur l’affaire Epstein. * *
En bonne gardienne du Temple, elle a certainement été nommée au poste stratégique de présidente de l’Assemblée nationale pour empêcher la révélation de certaines affaires embarrassantes pour le pouvoir en place. Heureusement, le vent semble tourner !
Leur monde d’hypocrisie se lézarde et laisse de plus en plus apparaître la réalité de leur mauvaise foi. A force de reproduire toujours les mêmes scénarios, leurs combines deviennent un peu trop prévisibles. Tous ces « Bien-pensants » qui défendent les valeurs humanistes du « Vivre ensemble », de la tolérance et du libéralisme à tout crin se révèlent tels qu’ils sont réellement. Grâce à ce rapport, on découvre que la présidente du service public bénéficie d’appuis hauts placés : Delphine Ernotte a ainsi été renommée à la tête de France télévision malgré des déficits de dizaine de millions d’euros entre 2017 et 2024. Pire, cette dernière trouve tout à fait normal de gaspiller l’argent public dans des dépenses pharaoniques, profitant par exemple de séjours dans des palaces somptueux pour assister au festival de Cannes. Mais surtout, en bonne militante de la nouvelle religion humaniste, elle désire profiter de son poste de présidente de l’audiovisuel pour aider à bâtir leur « Meilleur des mondes ». D’ailleurs, une phrase qu’elle a prononcé sans la moindre honte résume parfaitement cette obsession :
« France Télévision ne représente pas la France telle qu’elle est mais telle que l’on voudrait qu’elle soit ».
Le récent saccage de l’exposition sur le « Vivre ensemble » de Yann Arthus Bertrand par des jeunes de « La nouvelle France » a dû lui poser de sérieux problème pour permettre la diffusion de cette information sur les chaînes publiques : la France telle qu’elle la voudrait y est percutée de plein fouet par la réalité !
D’autres célébrités du monde de l’audiovisuel sont aussi mises à nu grâce à ce rapport. Xavier Niel, Mathieu Pigasse, Nagui et bien d’autres y sont abondamment cités pour des soupçons de conflits d’intérêts. Grâce à son travail acharné mais aussi avec beaucoup de courage, Charles Alloncle a ainsi mis en lumière les nombreuses dérives des services de l’audiovisuel public, mais comme le suggère si bien Delphine Ernotte :
« La lumière, point trop n’en faut ! »
Si Charles Alloncle a obtenu contre toute attente la publication de son rapport, il n’est malheureusement pas au bout de ses peines. On pourrait même dire que le pire pourrait être à venir !
De toutes parts, des critiques, des moqueries fusent déjà contre ce fameux rapport. Ne trouvant pas d’arguments crédibles pour le combattre, le monde des « Bien-pensants » s’en prend à l’auteur. Parmi eux, notre premier ministre actuel a déclaré sur les réseaux sociaux :
« Ce texte représente une opportunité ratée qui fait fi des enjeux fondamentaux touchant au secteur de la diffusion publique. »
Une association anti-corruption a quant à elle déposé plainte contre Charles Alloncle pour prise illégale d’intérêts et trafic d’influence. De son côté, Jérémie Patrier-Leitus a promis de réformer les futures commissions d’enquêtes après son échec à bâillonner son rapporteur. Enfin, un député du Modem vient d’indiquer sur France info qu’il produirait un « contre rapport ».
Tous les coups sont permis : Charles Alloncle est devenu l’homme à abattre, il dérange trop le « Système en place ». Cette caste à laquelle il a osé s’attaquer n’aime pas être mise en lumière. Comme l’a écrit Jean dans son Evangile, ils préfèrent les ténèbres à la lumière car leurs œuvres sont mauvaises !
* * https://L’art de l’enfumage – Le Salon Beige
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La France au cœur des actes anti-chrétiens
Le 28 avril dernier, une religieuse est violemment agressée dans une rue de Jérusalem. Sur une caméra de surveillance, on voit un homme de confession juive la jeter à terre avant de lui donner plusieurs coups de pied. Insultes, crachats, agressions diverses, profanations…
Depuis quelques mois, les actes anti-chrétiens se multiplient en France et dans le reste du monde. Dans une enquête vidéo exclusive de près de quarante minutes – aucun média ne l’avait encore faite à ce jour – Armel Joubert des Ouches revient sur des drames ayant eu lieu en France : le meurtre du père Jacques Hamel en juillet 2016, celui du père Olivier Maire le 9 août 2021 à Saint-Laurent-sur-Sèvre en Vendée, la tentative de meurtre du père Olivier Marie à Bourg-lès-Valence en juin 2012.
Mais cette enquête tente surtout de comprendre les raisons de la multiplication de ces actes contre les communautés chrétiennes.
Pour réaliser cette enquête, Armel Joubert des Ouches s’est rendu en Bretagne, en Vendée, en Nouvelle Aquitaine, dans le Tarn-et-Garonne, dans la Drôme, dans les Bouches-du-Rhône et dans la ville de Strasbourg.
Face aux pressions, Academia Christiana tiendra-t-elle bon ?
Récemment, plusieurs institutions ont renoncé à accueillir l’université d’été par peur de représailles administratives ou médiatiques.
Dans cette vidéo importante, Victor Aubert revient sur les pressions sans précédent que subit Academia Christiana. Alors que des institutions catholiques ferment leurs portes sous la pression médiatique et administrative, Academia Christiana fait le choix de l’indépendance et de l’espérance.
Pourquoi cette peur ? Comment transformer cette épreuve en victoire pour le Bien Commun ? Découvrez le plan pour bâtir une infrastructure pérenne et autonome pour la jeunesse catholique de France.
5 millions de roses pour Marie : une grande opération de prière pour le mois de mai
Le mois de mai est traditionnellement consacré à la Vierge Marie. Cette année encore, l’application de prière Rosario lance une grande mobilisation spirituelle : offrir à la Sainte Vierge “5 millions de roses” à travers la récitation du chapelet.
Le principe est simple : chaque dizaine de chapelet priée sur l’application devient symboliquement une rose offerte à Marie. L’objectif est d’atteindre cinq millions de roses spirituelles entre le 1er et le 31 mai.
L’initiative connaît déjà un très fort écho dans de nombreuses paroisses et communautés catholiques en France. Plusieurs diocèses, sanctuaires et paroisses ont relayé l’opération, invitant les fidèles à rejoindre des groupes de “chapelet vivant” sur l’application Rosario.
L’an dernier, plus de 3 millions de roses avaient déjà été offertes par des dizaines de milliers de priants répartis dans plus d’une centaine de pays.
Au-delà des chiffres, cette initiative veut surtout remettre la prière du rosaire au cœur de la vie chrétienne. Rosario s’inspire du “Rosaire vivant” lancé au XIXe siècle par Pauline Jaricot : des petits groupes de fidèles se répartissent les dizaines pour porter ensemble une prière continue.
À l’issue du mois de mai, des milliers de vraies roses seront déposées au sanctuaire de Notre-Dame des Victoires à Paris en hommage à la Vierge Marie.
Dans un monde saturé de bruit et d’agitation, cette opération rappelle aussi la puissance discrète mais réelle du chapelet. Comme à Fatima, Lourdes ou Pontmain, Marie continue d’appeler les chrétiens à prier.
Pour participer :
5 millions de roses pour Marie
Proposition de loi LR sur l’entrisme islamique : grave danger pour les libertés publiques
Tribune de juristes contre la proposition de loi LR sur l’entrisme islamique, portée par Bruno Retailleau, et que nous avions évoquée :
Demain, émettre des réserves sur la politique migratoire, dénoncer les dangers de l’islamisme ou tout simplement critiquer la politique du gouvernement pourrait-il bloquer l’ensemble de vos comptes bancaires ? Cette inimaginable dérive anti-démocratique pourrait bien être une conséquence imprévue d’une loi contre l’entrisme islamiste actuellement discutée au Parlement.
Ce mardi 5 mai, le Sénat a voté en première lecture une proposition de loi visant à lutter contre l’entrisme islamiste, phénomène de plus en plus inquiétant. Saluons la Haute Assemblée de s’en être saisie. Mais si l’objet de cette initiative est parfaitement louable, le texte tel que formulé recèle en réalité un grave danger pour les libertés publiques. Quelques jours plus tard, en effet, le ministre de l’Intérieur défendait sur CNews un projet de loi reprenant les mêmes principes mais étendant clairement l’objet au-delà du seul entrisme islamiste.
Ainsi, l’article 6, dont l’objectif est de tarir le financement du séparatisme pourrait en réalité, dans son écriture, prévoir le gel des avoirs de citoyens ordinaires qui
« soit provoquent ou contribuent par leurs agissements à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine, de leur sexe, de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une prétendue race ou une religion déterminée, soit propagent des idées ou théories tendant à justifier ou encourager cette discrimination, cette haine ou cette violence et qui présentent une menace d’une particulière gravité pour la sécurité et l’ordre publics en raison de leur rôle dans ces actions, de leur caractère répété et de leur ampleur ».
Si cette mesure se justifie évidemment s’agissant des avoirs qui «appartiennent à ou sont possédés, détenus ou contrôlés par des personnes physiques ou morales ou toute autre entité qui présentent, par leur forme et leur organisation militaire, le caractère de groupes de combat ou de milices privées » également ciblées par le texte, un tel article – si demain un personnage autoritaire remportait l’élection présidentielle – pourrait être utilisé comme véritable lettre de cachet moderne pour mettre à mort économiquement toute personne ou structure politiquement active dans l’opposition à la politique gouvernementale au sens large (associations, cercles de réflexions, ONG, influenceurs, activistes, etc) et sur des thèmes aussi variés et fondamentaux que la politique migratoire, la lutte contre l’islamisme ou encore la théorie du genre. Aussi est-il regrettable que le texte même de la proposition ne mentionne pas expressément la lutte contre l’entrisme islamiste, ce qui est l’objet même du texte.
La gravité de ce mécanisme découle du fait que cette sanction prévue serait une mesure de police administrative, à la discrétion des ministres, et pourrait donc être décidée arbitrairement, même en l’absence de condamnation pénale par un tribunal.
Plus généralement, enfin, cette mesure s’inscrit dans un étrange climat que certains qualifieraient d’«illibéral», entretenu par les discussions sur la vérification de l’identité sur les réseaux sociaux, sur la labellisation des médias ou encore l’alourdissement continu des obligations fiscales. Ce climat déjà délétère serait particulièrement amplifié par l’extension d’une mesure aussi attentatoire aux libertés individuelles que l’est le gel des avoirs, habituellement réservé au terrorisme ou au haut du spectre du narcotrafic.
Un pouvoir de confiscation administrative aussi flou, aussi large et emportant des conséquences aussi graves s’inscrit-il dans le cadre de l’État de droit, auquel le gouvernement se dit pourtant si attaché ? Pour perdurer et triompher, la démocratie doit mettre en œuvre la libre expression des opinions, dont la concurrence permet de faire émerger les meilleures décisions collectives. Quant aux opinions même tranchées et qui déplaisent, on ne les combat pas par la mise au pilori économique, mais dans le débat d’idées.
L’Ascension de Notre-Seigneur : “Celui qui croira et qui sera baptisé, sera sauvé ; mais celui qui ne croira pas sera condamné”
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Pendant les quarante jours qui suivirent sa Résurrection, le Sauveur posa les fondements de son Église à laquelle il allait bientôt envoyer l’Esprit-Saint. L’Épître et l’Évangile de ce jour résument tous ces enseignements du Maître. Puis Jésus quitta cette terre et l’Introït, l’Oraison, l’Épître, l’Alléluia, l’Évangile, l’Offertoire, la Secrète, la Préface et la Communion célèbrent sa glorieuse élévation au ciel, où les âmes qu’il a délivrées des limbes lui font escorte (All.), et entrent à sa suite dans le céleste royaume où elles participent plus amplement à sa divinité (Préf.)
L’Ascension nous prêche le devoir d’élever nos cœurs vers Dieu. Aussi l’Oraison nous fait-elle demander d’habiter en esprit avec Jésus dans les régions célestes, où nous sommes appelés à habiter un jour corporellement.
Introït : Viri Galilæi
Le texte de l’Introït est tiré du livre des Actes des Apôtres, dans le récit de l’Ascension. Ce sont les paroles que les anges adressèrent aux apôtres après que le Christ se fut dérobé à leurs regards :
Viri Galilæi, quid admiramini aspicientes in cælum ? Quemadmodum vidistis eum ascendentem in cælum, ita veniet.
Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous stupéfaits à regarder le ciel ? Comme vous l’avez vu monter au ciel, ainsi il reviendra.
Dans le texte des Actes, Jésus est explicitement nommé. Ici il est seulement désigné par un pronom. Autre différence, le texte original dit quid statis ? Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? La liturgie a remplacé statis par admiramini, introduisant une nuance d’étonnement et même de stupéfaction. Les apôtres n’ont toujours pas compris ce qui se passait. Il faudra la descente du Saint Esprit dans dix jours pour les éclairer. Les Anges semblent s’adresser à eux avec une certaine condescendance pleine de gentillesse que la mélodie exprime d’une manière légère et assez calme. La deuxième phrase tourne autour des mêmes notes tout en progressant vers les mots ita veniet, il reviendra. Et après cette promesse pleine d’espérance le premier des trois Alléluias de la fin s’élève dans une belle envolée très joyeuse avant la paisible cadence finale.
Cet Introït est accompagné par le premier verset du psaume 46, qui est par excellence le psaume de l’Ascension, principalement à cause du verset que nous trouverons au premier Alléluia et à l’Offertoire :
Omnes gentes plaudite manibus, jubilate Deo in voce exsultationis.
Tous les peuples battez des mains, poussez des cris de joie pour Dieu.
Alléluia : Ascendit Deus
Les Alléluias de la fête de l’Ascension ne ressemblent pas à ceux des dimanches du temps pascal, dont nous avons constaté que le deuxième était plus long que le premier avec une mélodie très développée et un texte tiré du Nouveau Testament, le plus souvent de l’Évangile. Les textes de ceux-ci sont tous deux tirés des psaumes, et leurs mélodies sont toutes deux des mélodies types, que l’on retrouve dans un certain nombre d’Alléluias tout au long de l’année, et qui sont donc assez connues.
Le premier de ces deux Alléluias a pour texte le verset du psaume 46 qui en fait le psaume de l’Ascension par excellence :
Ascendit Deus in jubilatione, et Dominus in voce tubæ.
Dieu monte parmi les cris de joie, le Seigneur, au son de la trompette.
Il s’agit dans le psaume de l’arche d’alliance, présence symbolique de Dieu au milieu de son peuple, qui monte sur la montagne de Sion pour entrer triomphalement dans le temple, figure du ciel. En ce jour de l’Ascension le fils de Dieu monte directement au ciel où il fait une entrée triomphale, mais il n’y a plus sur la terre ni acclamations ni trompette, seulement le silence un peu hébété des disciples. C’est pourquoi la mélodie de cet Alléluia, que nous avons déjà entendue au troisième dimanche de l’Avent ou au deuxième dimanche après l’Épiphanie, n’est pas triomphante mais douce et contemplative, traduisant ainsi l’ambiance un peu mélancolique de la séparation plutôt que la joie extérieure de ce qui n’en était que la figure.
Alléluia : Dominus in Sina
Dans le deuxième Alléluia de la fête de l’Ascension nous trouvons un autre psaume triomphal d’action de grâces après une grande victoire, le psaume 67, qui raconte l’entrée du peuple d’Israël dans la terre promise avec l’arche d’alliance à sa tête, depuis le Sinaï où lui fut donnée la Loi, jusqu’à la montagne de Sion, où sera bâti le temple de Jérusalem et où nous voyons de nouveau l’arche monter. Sur le chemin de nombreux ennemis ont été vaincus, aussi le peuple emmène-t-il une troupe de prisonniers avec lui ; ainsi le Christ monte-t-il aujourd’hui au ciel entraînant à sa suite les hommes qu’il a rachetés de la captivité du péché.
Dominus in Sina in sancto, ascendens in altum captivam duxit captivitatem.
Ce texte n’est pas très facile à traduire. Il semble qu’il faudrait lire a Sina plutôt que in Sina ce qui donnerait littéralement :
Le Seigneur s’avance depuis le Sinaï, il monte dans le lieu saint sur la hauteur emmenant les captifs.
La mélodie est encore une mélodie type, celle de la messe de minuit de Noël, mais aussi du premier dimanche de l’Avent ou du troisième dimanche après l’Épiphanie. Elle est très joyeuse ; ici nulle trace de mélancolie. Nous pensons au ciel où, si nous sommes fidèles, nous monterons à notre tour, délivrés de la captivité du péché.
Offertoire : Ascendit Deus
Le texte de l’Offertoire de la fête de l’Ascension est le même que celui du premier Alléluia. C’est toujours le verset du psaume 46.
Ascendit Deus in jubilatione, Dominus in voce tubæ.
Dieu monte parmi les cris de joie, le Seigneur au son de la trompette.
Mais la mélodie est totalement différente. Chose curieuse ce sont le plus souvent les Offertoires qui ont un caractère contemplatif, tandis que les Alléluias sont plus joyeux et exubérants. Ici c’est l’inverse. Nous avons vu que la mélodie du premier Alléluia était assez douce et évoquait la mélancolie de la séparation ; dans celle de l’Offertoire nous retrouvons les acclamations et la trompette, la joie de monter au ciel à la suite du Christ, avec une mélodie ample et solennelle, commençant par une grande montée très expressive sur les mots Ascendit Deus, et se continuant d’une manière assez mouvementée. Cependant l’Alléluia final s’étire longuement et doucement, retrouvant l’ambiance plus contemplative qui est généralement celle des Offertoires.
Communion : Psallite Domino
Le texte de l’antienne de Communion de la fête de l’Ascension est tiré du psaume 67, comme le deuxième Alléluia. C’est un des psaumes importants de cette fête, après le psaume 46 que nous avons trouvé au premier Alléluia et à l’Offertoire. Il célèbre aussi, mais de manière beaucoup plus développée, la royauté du Dieu d’Israël sur toutes les nations. Nous trouvons ici un verset pris à la fin du psaume :
Psallite Domino qui ascendit super cælos cælorum ad Orientem.
Célébrez le Seigneur qui s’élève au plus haut des cieux vers l’Orient.
Incontestablement ce passage évoque, par-delà le règne de Dieu sur tous les peuples, la grande théophanie du jugement dernier, quand Dieu viendra à l’Orient sur les nuées du ciel. On rejoint ainsi les mots ita veniet de l’Introït : de même il reviendra.
Comme celle de l’Offertoire, la mélodie est assez solennelle et commence aussi par une grande montée, mais plus étalée, culminant sur le mot super avant de redescendre au grave pour une cadence très expressive sur les mots ad Orientem.
Sacres : le Saint-Père demande au Saint-Esprit d’éclairer les responsables de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X afin qu’ils reviennent sur leur décision
Déclaration de Son Éminence le Card. Víctor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi :
En ce qui concerne la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, ce qui a déjà été communiqué est réitéré. Les ordinations épiscopales annoncées par la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X n’ont pas le mandat pontifical correspondant. Ce geste constituera « un acte schismatique » (Jean-Paul II, Ecclesia Dei, n.3) et « l’adhésion formelle au schisme constitue une grave offense à Dieu et implique l’excommunication établie par le droit de l’Église » (idis, 5c ; cf. Conseil pontifical des textes législatifs, note explicative, 24 août 1996).
Le Saint-Père poursuit dans ses prières en demandant au Saint-Esprit d’éclairer les responsables de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X afin qu’ils reviennent sur leurs pas concernant la décision très grave qu’ils ont prise.
Du Vatican, 13 mai 2026
13 mai 1981
Ce matin avant l’audience, le Pape vient de s’agenouiller sur le lieu de l’attentat de Jean Paul II le 13 mai 1981.
Une plaque se trouve sur la place St-Pierre.
Lors de l’audience, le pape Léon XIV a déclaré :
[…] Le Concile nous a laissé un enseignement clair sur la place singulière réservée à la Vierge Marie dans l’œuvre de la Rédemption (cf. Lumen gentium, 60-62). Il a rappelé que le seul Médiateur du salut est Jésus-Christ (cf. 1 Tm 2, 5-6) et que sa Très Sainte Mère « n’offusque et ne diminue en rien cette unique médiation du Christ mais en manifeste au contraire la vertu. » (LG, 60). En même temps,
« la bienheureuse Vierge, prédestinée de toute éternité, à l’intérieur du dessein d’incarnation du Verbe, pour être la Mère de Dieu, […] apporta à l’œuvre du Sauveur une coopération absolument sans pareille par son obéissance, sa foi, son espérance, son ardente charité, pour que soit rendue aux âmes la vie surnaturelle. C’est pourquoi elle est devenue pour nous, dans l’ordre de la grâce, notre Mère. » (ibid., 61).
Le mystère de l’Église se reflète également dans la Vierge Marie : en Elle, le peuple de Dieu trouve représentés son origine, son modèle et sa patrie. En la Mère du Seigneur, l’Église contemple son propre mystère, non seulement parce qu’elle y retrouve le modèle de la foi virginale, de la charité maternelle et de l’alliance nuptiale à laquelle elle est appelée, mais aussi et surtout parce qu’elle reconnaît en elle son archétype, la figure idéale de ce qu’elle est appelée à être.
Comme on peut le voir, les réflexions sur la Vierge Mère rassemblées dans Lumen gentium nous enseignent à aimer l’Église et à servir en son sein l’accomplissement du Règne de Dieu qui vient et qui s’accomplira pleinement dans la gloire.
Laissons-nous donc interpeller par ce sublime modèle qu’est Marie, Vierge et Mère, et demandons-lui de nous aider, par son intercession, à répondre à ce qui nous est demandé à travers son exemple : est-ce que je vis avec une foi humble et active mon appartenance à l’Église ? Est-ce que je reconnais en Elle la communauté de l’alliance que Dieu m’a donnée pour correspondre à son amour infini ? Est-ce que je me sens partie intégrante de l’Église, dans l’obéissance aux pasteurs que Dieu lui donne ? Est-ce que je regarde Marie comme modèle, membre éminent et mère de l’Église, et est-ce que je Lui demande de m’aider à être un disciple fidèle de son Fils ?
Le cardinal Erdö aurait subi un accident vasculaire
Le cardinal Péter Erdő, archevêque métropolitain d’Esztergom-Budapest et primat de Hongrie, aurait subi un accident vasculaire cérébral.
Âgé de 73 ans – considéré comme un candidat de premier plan lors du dernier conclave – son état de santé est grave depuis février dernier. Il n’est plus apparu en public, et même à Pâques, il n’a envoyé qu’un message audio. Aujourd’hui, les personnes proches du cardinal ont déclaré qu’il « va bien » et qu’il est en rééducation.
Droit de Naître remercie les sénateurs et invite les députés à reconsidérer leur position
Communiqué de Droit de naître :
Le Sénat résiste à la folie qui s’est emparée de l’Assemblée nationale depuis quelques mois. Dans la nuit de lundi à mardi, les sénateurs ont nettement rejeté le principe d’un geste létal en fin de vie réclamé par leurs collègues députés. C’est la deuxième fois que la chambre haute vote contre le texte adopté par l’Assemblée à ce sujet. Le texte renforçant l’accès aux soins palliatifs a en revanche été approuvé.
La proposition de loi sur le suicide assistée voulue par les députés prévoit des conditions d’application très larges, crée un délit d’entrave extrêmement inquiétant pour les familles et le personnel soignant, viole la liberté de conscience des pharmaciens. S’il était malgré tout adopté, une épée de Damoclès serait suspendue au-dessus de la tête de tous nos compatriotes âgés, malades ou dépendants, de leur famille et leurs soignants.
Droit de Naître remercie les sénateurs d’avoir tenu bon et invite les députés à reconsidérer leur position. Tuer n’est pas un soin !
Remise des PRIX SAINT JEAN-PAUL II & PRIX QUAS PRIMAS en présence de son éminence le cardinal Burke
Remise des Prix, organisé par Life Editions :
Prix Saint Jean-Paul II pour la famille, l’amour et la vie – Prix Quas Primas, remis en présence du cardinal Burke, le vendredi 22 mai 2026 :
– 18 h remise du Prix Saint Jean-Paul II puis du Prix Quas Primas et dédicace des lauréats
– Prière d’intercession pour les souffrances familiales
– Salle Madeleine Delbrel, 20 rue de la Tombe Issoire, 75014 Paris – Entrée libre.
MEMBRES DU JURY :
Guillaume d’Alançon, Michel Deguy, Olivier Dehaut, Père Henri Delavenne, Père Jean-Claude Varin, Jojin de Irala, Anne Lecointre, Olivier Minvielle, Aude Mirkovic, Philippe Nicolardot, Auguste Oudot de Dainville, Gregor Puppinck, Yves Semen, Jean de Tauriers, Gabrielle Vialla.
LAUREATS :
PRIX JEAN PAUL II – Sixième édition :
– Section Foi : l’abbé De Giacomoni : la prière chrétienne, se blottir dans les bras du père – Editions l’Emmanuel
https://www.livresenfamille.fr/spiritualite/29185-la-priere-chretienne-se-blottir-dans-les-bras-du-pere.html
– Section Espérance : Stéphane Glogowski : Les tout-petits défunts, récits de foi et de consolation – Editions Pierre Téqui
https://www.livresenfamille.fr/temoignages/29694-les-tout-petits-defunts-recits-de-foi-et-de-consolation.html
– Section Charité : Adélaïde et Michel Sio : Se donner pour toute la vie, Editions Le Laurier.
https://www.livresenfamille.fr/hommefemme-mariage/30506-se-donner-pour-toute-la-vie-.html
PRIX QUAS PRIMAS.
Ce prix fut créé en 2025 à l’occasion du centenaire de l’encyclique Quas Primas du pape Pie XI qui porte sur la Royauté sociale de Notre-Seigneur pour la mission d’aujourd’hui. Il récompense un livre :
– François-Régis Legrier : Saint-Louis modèle des chefs d’Etat, Editions Via Romana.
https://www.livresenfamille.fr/les-lys-de-france/30169-saint-louis-modele-des-chefs-d-etat.html
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Il refusa le sabordage de la flotte : la fuite audacieuse de Jean L’Herminier avec son sous-marin Casabianca !
Dans le monde des sous-mariniers, il est une légende. En 1942, alors que la flotte française se sabordait dans le port de Toulon, le commandant L’Herminier avec son équipage du sous-marin Casabianca prenait la fuite sous les bombes allemandes et parvenait à rejoindre le port d’Alger pour continuer le combat. Il jouera ensuite un rôle majeur dans la libération de la Corse en apportant aux résistants des armes et du matériel.
De nombreux articles ont relaté cette épopée, et la vie haute en couleurs, jusqu’au sacrifice du Commandant L’herminier, livres et film. Ses funérailles furent annoncées dans la France entière. Le journal Ouest-France – Didier Gourin- le 5 février 2022 publia un long article pour souligner la parution du livre magnifique d’Isabelle de Saizieu : L’Herminier, une vie de combats :!
” Une enfance et une adolescence en bord de mer en Bretagne ne conduisent pas forcément à une carrière de marin. Mais au moins, ça aide. Pour Jean L’Herminier, né en 1902, ce sera près de Plougastel dans le Finistère, sur la rive gauche de l’Elorn, à portée de regard de la rade de Brest et de ses imposants navires militaires. C’est là qu’il est obligé de poser ses valises à l’âge de six ans, chez un oncle et une tante, après le décès de sa mère. Son père, Ferdinand, est médecin de la marine, et ne peut plus garder tout seul ses trois enfants au fil de ses affectations lointaines. Il n’y avait pas seulement le décor pour forger une carrière de marin. Il y a eu aussi une part d’atavisme familial, avec, en prime, cet oncle instructeur à l’École navale toute proche.
La Légion d’honneur à 30 ans
Jean L’Herminier est un courageux qui n’attend pas la guerre pour le montrer. En 1932, il est commandant en second du nouveau sous-marin le Persée, tout juste construit par le chantier naval de Blainville-sur-Orne, près de Caen. Les essais se poursuivent au large de Cherbourg lorsque le 23 septembre, une violente explosion se produit à bord. Il est grièvement brûlé, mais il s’occupe jusqu’au bout des blessés et organise les secours. Le bilan est lourd, six morts et trente-six blessés graves. Jean L’Herminier n’a que 30 ans, mais il recevra déjà la Légion d’honneur pour sa conduite.
L’audacieuse fuite de Toulon
Dix ans plus tard, en 1942, Jean L’Herminier ronge son frein dans le port de Toulon alors qu’il commande un autre sous-marin, le Casabianca. La France a connu la défaite mais il s’agit aussi de conserver tant bien que mal une marine pour des jours meilleurs. Et puis, les choses se précipitent. Les Allemands envahissent la zone libre le 11 novembre et foncent sur Toulon pour prendre possession des bâtiments français. L’état-major français décide de saborder ses propres bateaux. Inconcevable pour Jean L’Herminier qui tente et réussit son coup d’éclat et d’audace : sous les bombes allemandes, et au milieu des mines, il s’évade d’un port devenu une prison. Il parvient à rejoindre Alger où il est accueilli, avec son équipage, en héros.
Le Casabianca joue alors un rôle majeur dans la libération de la Corse en multipliant des missions plus périlleuses les unes que les autres pour apporter des armes et du matériel aux résistants. En secret, Jean L’Herminier souffre le martyre à cause d’une maladie insidieuse qui empêche le sang de bien irriguer ses jambes. En octobre 1943, il se résigne à être hospitalisé, mais les médecins ne peuvent plus faire de miracle : il subit l’amputation de ses deux jambes.
La guerre terminée, il entame un autre combat.
Il écrit deux livres pour faire connaître l’épopée du Casabianca auquel un film est aussi consacré. Et malgré son état de santé, il n’hésite pas à donner des conférences. On le demande beaucoup, comme à Laval (Mayenne) en octobre 1949, où il vient raconter, sans se lasser, son incroyable coup de force dans le port de Toulon. Lorsqu’il en parle, c’est aussi pour rendre hommage à son équipage : » Il y avait beaucoup de Bretons. Tout l’équipage était animé d’une volonté farouche mise au service de leur patrie. » Pour lui, tout le monde avait la même valeur. Dans son commandement, il insistait sur l’aspect humain. […]
L’aura de Jean L’Herminier est telle qu’il doit composer avec les honneurs et les distinctions même s’il ne court franchement pas après. En 1950, l’Académie de marine lui décerne un prix exceptionnel pour son livre Casabianca dont il a abandonné tous les droits au profit des mutilés de guerre. Raymond Laurent, secrétaire d’État à la Marine, lui remet la plaque de grand officier de la Légion d’honneur. En 1952, il sera élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d’honneur.
Seulement, son état de santé ne cesse de se dégrader, même s’il continue d’afficher un optimisme à toute épreuve. La disparition de Jean L’Herminier est annoncée à la une d’Ouest-France le 8 juin 1953. Ses obsèques seront célébrées en l’église Saint-Louis des Invalides avec « une solennelle simplicité, souligne le journal. Le catafalque très simple était entouré par les drapeaux d’organisations d’anciens combattants, une délégation d’anciens du Casabianca et de nombreux représentants des associations corses de Paris. »
« Il savait se faire aimer »
En mars 1954, c’est une forme d’hommage posthume qui lui est rendu à Cherbourg (Manche) lors du baptême de la promotion des apprentis de la direction des constructions et armes navales. Elle porte son nom. Et les discours d’usage sont l’occasion de rappeler le rôle de Jean L’Herminier lors de l’incendie à bord du Persée en septembre 1932, le sous-marin dont il était le commandant en second : Il prit les premières mesures de sécurité, ce qui lui valut d’être nommé chevalier de la Légion d’honneur, quelques semaines plus tard, à l’âge de 30 ans. Et aussi de souligner ses qualités humaines : Il savait entraîner les hommes puisqu’il savait se faire aimer. Il les aimait, comme il aimait son bateau et son pays. Il faut voir comment il parle dans ses livres de son bateau.
À l’École navale de Lanvéoc-Poulmic, installée sur la rade de Brest, dont est issu Jean L’Herminier, l’espace tradition évoque les grandes figures qui sont passées par la pointe du Finistère. Il s’agit d’offrir aux élèves des modèles, explique le capitaine de frégate Laurent Chapuis, en charge de cette prestigieuse galerie de portraits. Jean L’Herminier y a sa place. Un magnifique exemple de combattant, doublé d’un meneur d’hommes, et d’un manœuvrier exceptionnellement habile et audacieux, souligne le panneau qui lui est consacré. »
Un livre poignant, un livre vrai. De l’honneur et du panache ! Nous le conseillons à tous les jeunes à partir de 15 ans !
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https://www.livresenfamille.fr/deuxieme-guerre-mondiale/21735-jean-l-herminier-une-vie-de-combats.html
Jean L’Herminier, une vie de combats, par Isabelle de Saizieu, 240 pages, 15 €.
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L’archevêque Michalik est décédé. Un défenseur infatigable de la Pologne chrétienne
De Bogusław Kiernicki pour Le Salon beige :
Il y a deux jours, les funérailles de Mgr Józef Michalik, ancien président de la Conférence épiscopale polonaise, ont eu lieu en Pologne. L’Église a fait ses adieux à celui qui, pendant des années, a été à sa tête et lui a donné le visage d’une Église engagée dans les affaires nationales. Dans son homélie lors de la messe funéraire, l’actuel président de l’Épiscopat, Mgr Tadeusz Wojda, a notamment déclaré :
« Le début de son ministère épiscopal a coïncidé avec une période de transition – la Pologne entrait dans une nouvelle réalité de liberté sociale et politique, porteuse à la fois d’espoirs et de menaces. Il s’engageait dans cette réalité avec le courage et la force de Celui qui l’avait choisi et établi Pasteur du peuple. Il cherchait, discernait, prenait des décisions – parfois difficiles, parfois incompréhensibles pour les autres. Il n’avait pas peur des sujets difficiles. Il avait le courage de dire la vérité, même lorsqu’elle était dérangeante. Dans un monde désorienté, il rappelait les fondements : l’Évangile, la conscience et la responsabilité devant Dieu. Il fortifiait la foi des personnes qui, pendant des années, avaient vécu sous la pression du système communiste », a souligné Mgr Wojda.
Le président de la Conférence épiscopale a estimé que feu l’archevêque Michalik comprenait que l’avenir de l’Église et de la Pologne dépendait aussi de la famille. C’est pourquoi, a déclaré le prédicateur, il a ardemment promu la pastorale familiale. « Il soutenait la préparation au mariage, renforçait les communautés familiales, défendait l’indissolubilité du mariage et la dignité de la vie humaine. Dans le débat public, il rappelait clairement et avec constance l’enseignement de l’Église, en prenant position « pour défendre les plus faibles – de la conception jusqu’à la mort naturelle. C’est ainsi qu’il a défendu la dignité humaine, qui est un droit fondamental de l’homme », a-t-il fait remarquer.
Mgr Wojda a rappelé que lorsque Mgr Michalik est devenu président de la Conférence épiscopale polonaise, « il s’est alors retrouvé au cœur de la vie de l’Église dans notre patrie, en une période de tensions, de conflits et de sécularisation croissante. Il était la voix des évêques, il représentait l’Église face au monde de la politique, de la culture et des médias. Ce n’était pas un rôle facile. Il a commencé ce ministère en revendiquant la place de Dieu dans la vie publique », a estimé le prédicateur.
« Il expliquait que la participation des croyants à la vie publique, aux débats sociaux, culturels, caritatifs ou politiques découle du fond de la foi chrétienne en Dieu. Il précisait en même temps que l’Église en Pologne ne souhaite ni s’emparer du pouvoir laïc ni empiéter sur ses compétences, mais qu’elle ne peut renoncer à dénoncer ce qu’elle considère, dans la réalité d’aujourd’hui, comme indigne et intolérable pour la dignité humaine, notamment face à l’émergence de formes très diverses de relativisme moral qui constituent une grave menace pour l’Église et la nation », a-t-il souligné.
Le président de la Conférence épiscopale a reconnu que les propos de feu Mgr Michalik avaient parfois suscité des critiques et des accusations d’ingérence dans la politique.
« Il répliquait et expliquait qu’elles découlaient d’un sens des responsabilités. Il était convaincu qu’un pasteur ne peut se taire lorsque la vérité sur l’homme est menacée. Il considérait que la vérité n’est pas un fardeau – c’est un chemin vers « libertés », a-t-il expliqué.
Alors qu’il n’était encore qu’un jeune évêque, Józef Michalik s’était fait connaître par une déclaration faite lors des premières élections législatives libres en Pologne. Ses propos de l’époque, selon lesquels « un catholique vote pour un catholique », avaient été interprétés comme un soutien à l’Action électorale catholique organisée par les militants de l’Union chrétienne-nationale. Cette coalition a obtenu un très bon résultat, ce qui a ensuite permis l’adoption du concordat, le rétablissement de l’enseignement religieux dans les écoles et l’adoption d’une loi protégeant la vie humaine dès la conception, en vigueur depuis plus de 30 ans.
L’archevêque Michalik était également connu pour son attitude critique envers l’Union européenne. Dans une interview accordée au trimestriel « Christianitas » juste après le référendum sur l’adhésion en 2005, il a notamment déclaré :
« Nous assistons à la construction d’une Europe idéologique qui méprise l’ordre de la création, l’histoire et tout simplement la vérité. Je suis un homme qui ne craint pas cette Union, mais qui ne lui fait pas non plus vraiment confiance. Et je ne compte pas sur elle pour résoudre tous les problèmes. De plus, je pense qu’elle ne fera qu’aggraver ces problèmes. »
L’une de ses dernières publications fut un essai dans le livre « La présence de la Couronne. Rapport sur la grande tradition d’État », une anthologie publiée par la Fondation Saint-Benoît à l’occasion du millénaire du Royaume de Pologne. Il y écrivait :
« Le monde a besoin de personnes de conscience – de monarques, de présidents et de dirigeants préparés, compétents, honnêtes et moralement intègres. (…) Les gardiens de l’« esprit royal » au sein de la nation polonaise ont été nombreux et il vaut la peine évoquer leurs modèles de comportement, car ce sont eux qui ont payé le prix fort pour avoir fait les bons choix dans la vie, ne serait-ce que pendant les périodes d’esclavage. Il s’agissait des poètes exilés : Mickiewicz, Słowacki, Norwid, du prince Adam Czartoryski et des prêtres de la Congrégation de la Résurrection, qui œuvraient à Paris pour préserver l’identité des Polonais ; les défenseurs de Monte Cassino, les victimes de Katyn et celles de Smolensk sont devenus des héros. Dans la mosaïque des grands gardiens d’un patriotisme sain figurent également saint Jean-Paul II et le bienheureux prêtre Jerzy Popiełuszko, ainsi que Ryszard Siwiec, de Przemyśl, qui s’est immolé par le feu au Stade du Dixième Anniversaire à Varsovie pour protester contre l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’Union soviétique. (…) Le Seigneur Jésus a également utilisé à maintes reprises l’image du royaume auquel l’homme aspire, bien qu’il ne puisse l’obtenir qu’à certaines conditions : il faut être juste (Mt 5, 20) et déterminé, car seuls « les violents s’en emparent » (Mt 11, 12). Le royaume ne peut être divisé en son sein (Mt 12, 25), mais y entrera celui « qui s’humilie comme un enfant » (Mt 18,3). Il ne fait donc aucun doute que les plans de Dieu incluent l’autorité du pouvoir et le leadership exercé par l’homme sur la communauté. (…) Un vieux dicton disait que nous avons les dirigeants que nous méritons. Ainsi, le moyen d’améliorer la qualité des personnes qui gouvernent la communauté consiste à se soucier de la qualité de chaque être humain et de chaque famille, ainsi qu’à créer une opinion publique qui soutienne la valeur du travail dévoué au service des autres et une atmosphere où la paresse, l’égoïsme, la corruption et toutes sortes de maux sont mal vus. Il convient toutefois de se rappeler que la noblesse engage et que « coruptio optima pessima » – la corruption de ce qu’il y a de meilleur devient la pire des choses.
Sa propre mission terrestre a pris fin. Il a laissé une empreinte marquante dans l’histoire de la Patrie et de l’Église.
Bogusław Kiernicki
Aide à mourir : la gauche peut-elle voter une loi que ses valeurs n’ont pas préparée ?
La tribune qui suit s’adresse aux parlementaires de gauche appelés à voter la loi Falorni. Elle est publiée ici parce que les arguments qu’elle développe transcendent les appartenances politiques.
Le Sénat vient de rejeter massivement, ce lundi 11 mai, le projet de loi sur la fin de vie. Le texte s’apprête désormais à retourner devant l’Assemblée nationale pour l’arbitrage définitif. Dans ce climat de tension, une tentation guette les parlementaires de gauche : voter par réaction, pour ne pas paraître du côté du refus, du conservatisme, de l’immobilisme.
Ce serait une erreur. Non pas parce que la compassion est une erreur — elle ne l’est pas. Mais parce que voter par réflexe politique sur une question de cette nature, c’est précisément trahir ce que la gauche a toujours défendu : la rigueur dans la protection des plus fragiles.
Vous avez vos raisons — la compassion, le respect de l’autonomie, le sentiment qu’il est temps que la France avance. Ces raisons sont sérieuses. Nous ne les contestons pas. Mais il vous faut regarder en face une tension que votre propre tradition politique n’a jamais résolue.
Ce que dit la loi — et ce qu’elle ne dit pas
Oui, le texte encadre : maladie grave et incurable, pronostic engagé, souffrance réfractaire. Les garde-fous existent, et ceux qui les invoquent ont, en partie, raison. Mais une loi ne vit pas seulement dans ses critères. Elle vit dans le contexte social où elle s’applique.
On vous dira qu’il s’agit d’un droit comparable à d’autres conquêtes. La comparaison mérite d’être interrogée : ici, l’acte implique l’intervention d’un tiers pour provoquer la mort, ce qui en modifie profondément la portée éthique et médicale. Se contenter d’un parallèle rapide serait céder à une facilité rhétorique.
Une liberté sans conditions est une fiction
C’est votre propre principe, celui de la liberté réelle. Appliquons-le. Aujourd’hui, 21 départements français ne disposent d’aucune unité de soins palliatifs. Deux tiers des Français n’y ont pas accès effectif. Il faudrait 5 lits pour 100 000 habitants — nous en sommes à 2,8. Nous nous apprêtons à organiser une sortie de la vie sans avoir garanti, partout, les conditions d’une fin de vie digne.
Ce n’est pas une abstraction. Une enquête récente de la Société française de gériatrie documente une réalité de terrain : des soignants constatent que certaines demandes d’aide à mourir émergent dans des contextes de solitude, de fatigue morale, ou de peur d’être un poids — et que ces demandes viennent parfois non des patients eux-mêmes, mais de leurs familles. Pour les plus fragiles, le « droit de mourir » peut alors devenir une pression silencieuse : ne pas peser, ne pas coûter. Ce n’est plus seulement un droit. C’est une réponse de substitution à ce que la politique sociale aurait dû construire.
Ce que montrent les expériences étrangères — sans les caricaturer
On vous dira que d’autres pays ont légalisé sans dérive. C’est en partie vrai : les cadres juridiques ont tenu. Mais les chiffres méritent d’être regardés en face. En Belgique, le nombre d’euthanasies est passé de 236 en 2003 à 4 486 en 2025 — soit une multiplication par dix-neuf.
Les partisans de la loi y voient l’effet du vieillissement démographique. Mais la Commission belge elle-même reconnaît une progression régulière des cas où la mort n’est pas imminente. Aux Pays-Bas, des études montrent que parmi les motivations invoquées figurent la perte de dignité ressentie, la peur de la dépendance, le sentiment d’une vie sans valeur. Ces raisons sont profondément humaines. Mais elles sont aussi sociales. Et traiter des raisons sociales par une réponse médicale pose une question politique centrale — précisément celle que la gauche a toujours eu vocation à poser.
La question que vous ne pouvez pas esquiver
En 2023, une tribune collective signée par 110 personnes malades, âgées ou handicapées avertissait : « Nous refusons un droit de mourir à la demande, parce qu’il finira par s’imposer à nous comme un devoir de mourir. » Ces voix ne parlent pas au nom de la droite. Elles parlent en leur nom propre.
Imaginez une femme âgée, isolée, sans accès réel aux soins palliatifs, qui dit à son médecin : « Je ne veux pas peser sur mes enfants. » Sa demande sera-t-elle l’expression d’une liberté — ou le reflet d’un manque que la société n’a pas su combler ? C’est cette question que votre vote engage.
Ce que serait un vote cohérent
La cohérence de gauche, en ce moment précis, n’est pas de rétablir le texte contre le Sénat. C’est d’exiger qu’il soit digne des valeurs au nom desquelles vous votez. Trois conditions non négociables devraient précéder tout vote favorable :
1. Garantir un accès universel et effectif aux soins palliatifs, vérifiable sur l’ensemble du territoire — non pas une promesse budgétaire, mais une réalité constatée département par département, avant toute entrée en vigueur de la loi.
2. Prévoir un réexamen à échéance rapprochée, fondé sur des données transparentes quant au profil social des demandeurs et aux ressorts réels de leurs demandes.
3. Reconnaître pleinement la parole des premiers concernés — malades, personnes handicapées, personnes âgées — comme acteurs du débat à part entière, et non comme bénéficiaires passifs d’un droit conçu sans eux.
Voter ce texte sans ces garanties, ce n’est pas seulement ouvrir une liberté. C’est accepter que, pour certains, la liberté de mourir vienne combler l’absence de conditions pour vivre dignement jusqu’au bout.
Chers parlementaires, une question demeure : voulez-vous que votre vote soit compris comme l’extension d’un droit — ou comme l’aveu que la solidarité nationale n’a pas été portée à son terme ?
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Retour sur les nominations d’évêques hétérodoxes du pape Léon XIV durant sa première année de pontificat
Source : (LifeSiteNews)
[Voici un très large extrait de l’article écrit en anglais par John-Henry Westen, directeur général de LifeSiteNews :]
Parmi les évêques nommés par le pape Léon XIV figurent des prélats qui promeuvent l’« ordination des femmes » et les « bénédictions » homosexuelles, et même un qui a célébré une messe sur le thème LGBT avec une drag queen comme oratrice.
Mon ami et co-animateur du podcast Foi et Raison, le père Charles Murr, m’a dit un jour dans l’émission que, pour transformer l’Église, un pape n’a qu’à nommer de bons évêques à travers le monde.
Dans cette optique, revenons sur quelques nominations d’évêques effectuées par Léon XIV durant sa première année de pontificat.
28 mai – Le pape Léon XIV confirme la nomination d’un prêtre favorable à l’ordination des femmes comme nouvel évêque de Saint-Gall, en Suisse.
11 juin – Le pape Léon XIV nomme à la tête de l’Académie pontificale pour la vie un partisan de la contraception.
16 juin – Le pape vient-il de nommer un évêque chinois fidèle au Parti communiste ?
19 juin – Le pape Léon XIV nomme un évêque à Brisbane (Australie) favorable à l’ordination des femmes.[lien : https://www.lifesitenews.com/opinion/bishop-strickland-statement-on-the-appointment-of-bp-shane-mackinlay-as-archbishop-of-brisbane/]
24 juin – Le pape Léon XIV nomme le cardinal Roche et des partisans de la bénédiction des couples de même sexe, au Dicastère pour la vie consacrée.
30 juin – Un nouvel évêque espagnol se prononce publiquement en faveur des bénédictions des couples homosexuels.
17 octobre – Le pape Léon XIV nomme archevêque de Vienne un prêtre favorable à l’ordination des femmes.
29 octobre – Le pape Léon XIV nomme un évêque pro-LGBT qui a voté contre le refus de la communion à Biden.
17 décembre – Le pape Léon XIV nomme un évêque qui a célébré une messe LGBT avec une drag queen comme oratrice.
27 janvier – Le pape Léon XIV nomme un évêque qui rejette l’enseignement catholique sur la sexualité.
23 février – Le pape Léon XIV nomme un évêque ayant assisté à l’inauguration d’une loge maçonnique en Italie.
24 février – L’évêque nommé par le pape Léon XIV qualifie les « bénédictions » entre personnes de même sexe de « progrès » pour l’Église.
[…]
[Note sur l’auteur de l’article :]
John-Henry est cofondateur et directeur général de LifeSiteNews.com [[https://www.lifesitenews.com/]. Lui et son épouse Dianne ont huit enfants et vivent dans la vallée de l’Outaouais, en Ontario, au Canada.
Il a pris la parole lors de conférences et de retraites, et a été invité à la radio et à la télévision dans le monde entier. John-Henry a fondé le Rome Life Forum, une rencontre stratégique annuelle pour les leaders des questions de vie, de foi et de famille à l’échelle mondiale. Il siège au conseil d’administration de l’Académie Jean-Paul II pour la vie humaine et la famille. Il est consultant auprès de Campaign Life Coalition, la plus importante organisation pro-vie du Canada, et membre du comité exécutif de sa section ontarienne. Il s’est présenté à trois reprises à des élections en Ontario, sous l’étiquette du Parti de la coalition familiale.
John-Henry est titulaire d’une maîtrise en psychologie clinique scolaire et de l’enfant de l’Université de Toronto et d’un baccalauréat spécialisé en psychologie de l’Université York.
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La France dans le chaos du monde : « La spiritualité de la France »
La France a-t-elle perdu son âme ? Voyage au cœur de la spiritualité française.
« Je hais mon époque de toutes mes forces. L’homme y meurt de soif. » C’est par ce cri de détresse d’Antoine de Saint-Exupéry, extrait de sa célèbre Lettre au général X :
https://www.biblisem.net/etudes/stexlagx.htm, que s’ouvre le débat remarquable et profond, coordonné par Arnaud De La Grange, avec la participation de Jean-Pierre Maugendre, entouré de Paul-Marie Coûteaux et de l’abbé Guillaume de Tanoüarn, publié sur la chaine Youtube OMERTA le 11 mai 2026.
Dans cet échange de près d’une heure et demie, les trois intervenants se penchent sur le mystère de la spiritualité française : ce “supplément d’âme” qui a fait la France et dont l’absence aujourd’hui semble condamner notre pays à une lente agonie matérielle.
Une France née du souffle de l’Esprit
Pour comprendre la crise actuelle, il faut d’abord se souvenir de ce que fut la France. Depuis le baptême de Clovis, elle n’est pas seulement une nation, mais une vocation. Comme le rappellent les invités, notre pays s’est construit sur une spiritualité singulière : une alliance entre le temporel et le sacré, illustrée par nos cathédrales et nos saints.
Cette identité, que l’on pourrait presque qualifier de “féminine et maternelle”, se caractérise par un rayonnement qui ne cherche pas à écraser, mais à élever les autres peuples vers l’universel. C’est cette France-là, celle des “Madones aux fresques des murs” chère à de Gaulle, qui a guidé notre Histoire.
Le désert du néo-matérialisme
Mais que reste-t-il de cette source ? Le constat dressé dans l’émission est lucide, parfois sombre : nous subissons de plein fouet un néo-matérialisme qui assèche les cœurs. Saint-Exupéry, encore lui, le pressentait : « On ne peut plus vivre de frigidaires, de politique, de bilans et de mots croisés. »
Les invités analysent les causes de ce basculement :
• L’oubli de la vie intérieure : Comment le consumérisme a remplacé la quête du sens.
• La rupture avec le sacré : Pourquoi la décadence politique n’est que le symptôme d’une perte de verticalité.
• Nos faiblesses actuelles : Pourquoi le “néant” semble avoir pris la place de l’idéal.
Sortir de la fourmilière : l’espérance du renouveau
Enfin, comment sortir de cette « fourmilière » dont parlait l’auteur du Petit Prince ? L’émission ne se contente pas d’un constat d’échec. Elle propose des pistes pour une spiritualité moderne, dynamique et en phase avec les défis de notre temps.
Il ne s’agit pas d’un retour nostalgique en arrière, mais d’une réappropriation de notre héritage pour redevenir des êtres de “densité”. Comme le suggère le débat, le redressement français ne sera pas seulement économique ou institutionnel ; il sera spirituel ou il ne sera pas.
Une émission dense et habitée, qui nous rappelle que l’homme ne vit pas seulement de pain, et que la France n’est jamais aussi grande que lorsqu’elle se souvient de sa mission divine.
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Retrouvez l’intégralité de cet entretien avec Jean-Pierre Maugendre, Paul-Marie Coûteaux et l’abbé de Tanoüarn sur
LA FRANCE DANS LE CHAOS DU MONDE : « La spiritualité de la France » – Episode 8
https://www.youtube.com/watch?v=-yKnvtKzulM
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Des reliques de sainte Jeanne d’Arc à Paris le 30 mai
L’Association Universelle des Amis de Jeanne d’Arc est heureuse de vous inviter à un évènement exceptionnel à Paris, le 30 mai, pour la fête de sainte Jeanne d’Arc.
L’une des trois lettres signées de la main de la Pucelle d’Orléans, et le reliquaire de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, exposé de façon permanente au sein de la chapelle Sainte-Thérèse d’Apprentis d’Auteuil, seront réunis :
le samedi 30 mai à 10h30
à ND de l’Assomption, Paris 16e,
pour une messe pour la France,
Ainsi seront mises à l’honneur et spécialement invoquées pour notre pays, la patronne principale de la France, Notre Dame de l’Assomption, qui nous accueillera dans la paroisse qui lui est consacrée, ainsi que les deux patronnes secondaires, Jeanne et Thérèse, toutes les deux réunies de façon exceptionnelle.
Il vous sera proposé de rester sur place à l’issue de la messe pour un temps de vénération des reliques, puis à midi, de partager un pique-nique dans les jardins de la paroisse.
Faites passer l’information, venez nombreux, et apportez votre pique-nique !
L’euthanasie: la question de confiance de Macron
De Roland Hureaux, ancien haut fonctionnaire, pour le Salon beige:
Contrairement à ce que tente de nous faire croire le gouvernement, l’euthanasie est une question politique et non pas technique.
Techniquement, la loi Léonetti résout l’essentiel des problèmes. C’est l’idéologie et elle seule qui a réouvert le dossier. Derrière les débats parlementaires, il y a l’acharnement du président Macron, via ses relais, à faire passer sa loi tendant à légaliser l’euthanasie en France.
Plusieurs raisons à cela.
D’abord, comme tous les présidents, il veut laisser une « œuvre », même s’il s’agit d’une œuvre de mort. La mort, visiblement, le fascine, comme on le voit aussi à son insistance à vouloir préparer les Français à entrer un jour en guerre, à envoyer nos troupes en Ukraine, au Groenland ou ailleurs. Il est plus prudent, heureusement, sur l’Iran.
Il est pressé : il n’a plus que quinze mois pour agir, si tout va bien pour lui, c’est-à-dire s’il va jusqu’au bout de son mandat. Son « œuvre » ne doit plus attendre.
Or l’instauration de l’euthanasie figurait dans le programme qu’il avait présenté aux Français en 2017. Ce qui ne l’avait pas empêché de recueillir une partie importante du vote catholique, pas toujours éclairé. Disant cela, nous ne voulons pas laisser croire que l’euthanasie serait une question religieuse. Elle ne l’est pas. Elle est une question anthropologique. Une société ne survit qu’en tenant la mort à distance, ce qui passe par le maintien d’interdits ancestraux. Qu’une telle loi vienne en discussion au moment même où la natalité française s’effondre comme jamais n’est sûrement pas un hasard. L’instinct de mort est là.
Pas davantage, il ne s’agit d’une question de conscience. C’est du bien public, du bien objectif de la cité qu’il s’agit et non de telle ou telle doctrine morale ou religieuse.
Mais il y a une autre raison à l’obstination de Macron, plus politique. Avec sa dissolution calamiteuse (que fait-il encore qui ne soit pas calamiteux ?), il s’est retrouvé avec une chambre sans majorité, incapable de s’entendre sur quoi que ce soit.
Après tant de revers, et principalement la difficulté à faire adopter ses budgets par le Parlement ou les déboires successifs de ses gouvernements, Macron veut montrer qu’il a toujours la main, qu’il conserve, malgré tout, la confiance de la classe politique.
Seuls les premiers ministres peuvent poser une question de confiance. Ils ne s’y risquent guère ces temps-ci !
Pour le président, faire adopter par le Parlement un projet emblématique comme l’euthanasie vaudra, s’il est adopté par le Sénat, motion de confiance.
C’est ainsi, en tous les cas, que l’opinion le percevra. Qu’un tel vote aille à rebours de son sentiment actuel sur l’action du président ne pourra être que mal ressenti par les nombreuses catégories sociales qui souffrent de la situation actuelle et qui préféreraient sans doute que les Assemblées ne lui apportent pas leur soutien et, si possible, s’occupent d’autre chose.
Mourir peut attendre
Après le vote contre l’article 2, les sénateurs ont euthanasié la proposition de loi sur l’aide à mourir.
Mardi, la commission des affaires sociales a tiré les conclusions de ce choix. Les deux rapporteurs LR du texte, Alain Milon et Christine Bonfanti-Dossat, ont proposé des amendements de suppression de l’ensemble des articles suivants.
Après ce rejet, présidents de groupes et élus se sont mutuellement accusés de sabotage.
Laurent Panifous, ministre chargé des relations avec le Parlement, a déjà annoncé vouloir convoquer une commission mixte paritaire (CMP) sur cette proposition de loi.
Quand Robert Francis Prevost, futur Léon XIV, s’agenouillait lors d’une cérémonie dédiée à la Pachamama
Le 18 mars 2026 le site lifesitenews.com publiait des révélations sur une cérémonie dédiée à la Pachamama au Brésil en 1995, lors d’un symposium théologique organisé par les augustiniens. C’est le fruit d’une enquête menée par le P. Charles Murr. Il a trouvé aussi une photo où l’on voit clairement Robert Prevost agenouillé lors de cette cérémonie. Le P. Murr explique que c’est une désobéissance au premier commandement.
Cette photo apparaît dans les actes du symposium, IV Simposio-Taller “Lectura de San Agustín desde América Latina” (São Paulo, January 23-28, 1995) et édités sous la forme d’un livre, «Ecoteología: Una Perspectiva desde San Agustín» (México, 1996).
Dans une vidéo jointe à l’article de lifesitenews, le P. Murr explique qu’il ne hait pas le Pape et qu’il ne conteste pas son élection, et qu’il prie toujours pour lui. Il affirme qu’il veut juste clarifier ce qui se passe en ce moment au sein de l’Église. Dès l’élection de Léon XIV il avait expliqué qu’en réalité la formation du futur Léon XIV est en lien avec la Théologie de la Libération… Il explique que le marxisme, à l’origine de millions de morts durant le XXe siècle, a pu s’infiltrer au sein de l’Église à travers de la Théologie de la Libération. Il explique que cette théologie est une vision marxiste du christianisme. Le P. Murr explique que beaucoup de prêtres ont été formés avec cette théologie sans avoir étudié réellement la théologie de base. Il parle ainsi de l’existence d’augustiniens qui ne connaissent pas vraiment Saint Augustin et de dominicains qui ne connaissent pas Saint Thomas d’Aquin… Ils connaissent surtout la Théologie de la Libération, la Théologie de l’écologie, etc. Et c’est le cas actuellement de beaucoup de jeunes prêtres dans le monde. Et le P. Murr explique que ce sont ce genre de personnes qui tiennent les rennes du pouvoir au sein de l’Église actuellement. Il invite les fidèles à en prendre conscience et à réagir.
Continuons à prier pour l’Église en ce temps de crise.
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Trump/Léon XIV : un nouveau conflit entre l’empereur et le pape ?
Cette semaine, les membres du Club s’arrêtent sur le conflit qui a opposé le président des États-Unis et le pape Léon XIV à propos de la guerre en Iran, de la paix et du rôle international du Souverain Pontife.
Pensez-vous comme J.D. Vance, le vice-président des États-Unis, que le pape devrait s’occuper de morale et non de politique ?
Pensez-vous que nous allions vers une nouvelle forme modernisée du conflit entre l’empereur et le pape ?
Au micro du Club des Hommes en noir, l’abbé Claude Barthe, l’abbé Grégoire Celier et les journalistes Laurent Dandrieu et Richard de Seze répondent à ces questions et à bien d’autres lors d’un débat ouvert, courtois mais déterminé, avec des positions souvent divergentes.
