Hausse du nombre de baptêmes d’adultes : aux Etats-Unis aussi
Les chiffres rapportés par le National Catholic Register et plusieurs sources diocésaines révèlent une augmentation spectaculaire du nombre d’adultes s’apprêtant à rejoindre l’Église catholique. Sur 71 diocèses interrogés, 66 rapportent des hausses significatives de leurs programmes d’initiation chrétienne pour adultes (OCIA).
Le diocèse de Norwich, dans le Connecticut, enregistre une hausse de 112%, tandis que celui de Pueblo, au Colorado, affiche 105%. Même dans des bastions traditionnels comme le Texas ou la Floride, la croissance est fulgurante, avec +53% à Austin et +94% à Venice. L’archidiocèse de Newark, dans le New Jersey comprend 1 701 catéchumènes et candidats, soit une augmentation de 72% par rapport à 2023.
Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas seulement les populations immigrées qui gonflent les rangs. Les directeurs de catéchuménat notent une présence massive de jeunes adultes, issus des générations Millennials et Z. Pour ces nouveaux convertis, souvent nés dans une culture sécularisée ou issus de familles « sans religion », le catholicisme offre un ancrage solide dans un monde perçu comme chaotique et relatif.
Laura Nelson, du diocèse de Fort Worth, explique que ces jeunes cherchent une « vérité objective » et une stabilité que la culture moderne ne parvient plus à leur offrir. La soif de transcendance, la beauté de la liturgie traditionnelle et la clarté doctrinale de l’Église sont citées comme les principaux vecteurs d’attraction. Beaucoup arrivent au terme d’un cheminement personnel amorcé sur les réseaux sociaux, via des podcasts ou des vidéos de figures comme l’évêque Robert Barron.
Cette dynamique pourrait marquer la naissance d’une nouvelle culture catholique américaine. Si l’Église aux États-Unis a longtemps reposé sur un « catholicisme d’héritage » (transmis par la famille), elle semble basculer vers un « catholicisme intentionnel ». Les nouveaux arrivants ne rejoignent pas l’Église par habitude sociale, mais par un choix délibéré et souvent après une longue recherche intellectuelle.
La fête de Pâques, un renouveau spirituel ?
Aymeric Pourbaix reçoit :
- 𝐃𝐨𝐧 𝐏𝐚𝐮𝐥 𝐏𝐑𝐄́𝐀𝐔𝐗, modérateur général de la Communauté Saint-Martin et auteur de “La joie de servir”
- 𝐅𝐫𝐞̀𝐫𝐞 𝐁𝐚𝐩𝐭𝐢𝐬𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐀𝐒𝐒𝐎𝐌𝐏𝐓𝐈𝐎𝐍, religieux Carme
- 𝐉𝐨𝐬𝐡𝐮𝐚 𝐂𝐎𝐋𝐈𝐍, jeune baptisé et auteur de “Nous, les nouveaux baptisés”
“Par sa résurrection, le Seigneur nous confronte avec encore plus d’intensité au drame de notre liberté”
Extrait du message du pape Léon XIV lors de la bénédiction Urbi et Orbi :
[…] Frères et sœurs, par sa résurrection, le Seigneur nous confronte avec encore plus d’intensité au drame de notre liberté. Devant le tombeau vide, nous pouvons nous remplir d’espérance et d’émerveillement, comme les disciples, ou de peur comme les gardes et les pharisiens, contraints de recourir au mensonge et à la ruse pour ne pas reconnaître que celui qui avait été condamné est vraiment ressuscité (cf. Mt 28, 11-15) !
À la lumière de Pâques, laissons-nous émerveiller par le Christ ! Laissons son immense amour changer notre cœur ! Que ceux qui ont des armes en main les déposent ! Que ceux qui ont le pouvoir de déclencher des guerres choisissent la paix ! Non pas une paix imposée par la force, mais par le dialogue ! Non pas avec la volonté de dominer l’autre, mais de le rencontrer !
Nous nous habituons à la violence, nous nous y résignons et nous devenons indifférents. Indifférents à la mort de milliers de personnes. Indifférents aux répercussions de haines et de divisions que les conflits sèment. Indifférents aux conséquences économiques et sociales qu’ils engendrent et que chacun ressent pourtant. On assiste à une “mondialisation de l’indifférence” de plus en plus marquée, pour reprendre une expression chère au Pape François, qui adressait au monde ses dernières paroles il y a un an depuis cette loggia, en nous rappelant : « Que de volonté de mort nous voyons chaque jour dans les nombreux conflits qui touchent différentes parties du monde ! » (Message Urbi et Orbi, 20 avril 2025).
La croix du Christ nous rappelle sans cesse la souffrance et la douleur qui environnent la mort, ainsi que l’angoisse qu’elle engendre. Nous avons tous peur de la mort et, par crainte, nous détournons le regard, préférant ne pas voir. Nous ne pouvons pas continuer à rester indifférents ! Et nous ne pouvons pas nous résigner au mal ! Saint Augustin enseigne : « Si tu as peur de la mort, aime la résurrection ! » (Sermo 124, 4). Aimons, nous aussi, la résurrection qui nous rappelle que le mal n’a pas le dernier mot, car il a été vaincu par le Ressuscité.
Il a traversé la mort pour nous donner la vie et la paix : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Ce n’est pas comme le monde la donne que je vous la donne » (Jn 14, 27). La paix que Jésus nous donne n’est pas celle qui se limite à faire taire les armes, mais celle qui touche et transforme le cœur de chacun ! Convertissons-nous à la paix du Christ ! Faisons entendre le cri de paix qui jaillit du cœur ! C’est pourquoi j’invite tout le monde à se joindre à moi à la veillée de prière pour la paix que nous célébrerons ici, dans la Basilique Saint-Pierre, samedi prochain, 11 avril.
En ce jour de fête, abandonnons toute volonté de querelle, de domination et de pouvoir, et implorons le Seigneur pour qu’il accorde sa paix à ce monde endeuillé par les guerres et marqué par la haine et l’indifférence qui nous font nous sentir impuissants face au mal. Nous recommandons au Seigneur tous les cœurs qui souffrent et qui attendent la paix véritable que Lui seul peut donner. Confions-nous à Lui et ouvrons-Lui notre cœur ! Lui seul fait toutes choses nouvelles (cf. Ap 21,5) !
La résurrection du Christ n’est pas un fait relevant du passé
Homélie de Léon XIV en ce matin de Pâques :
la création tout entière resplendit aujourd’hui d’une lumière nouvelle, un chant de louange s’élève de la terre, notre cœur exulte de joie : le Christ est ressuscité d’entre les morts et, avec Lui, nous ressuscitons nous aussi à une vie nouvelle !
Cette annonce pascale embrasse le mystère de notre vie, la destinée de l’histoire, et elle nous atteint jusque dans les abîmes de la mort, par lesquels nous nous sentons menacés et parfois submergés. Elle nous ouvre à l’espérance qui ne faiblit pas, à la lumière qui ne se couche pas, à cette plénitude de joie que rien ne peut détruire : la mort a été vaincue pour toujours, la mort n’a plus de pouvoir sur nous !
C’est un message qui n’est pas toujours facile à accueillir, une promesse que nous avons du mal à accepter, car le pouvoir de la mort nous menace sans cesse, à l’intérieur comme à l’extérieur.
Au plus profond de nous-mêmes, lorsque le boulet de nos péchés nous empêche de prendre notre envol, lorsque les déceptions ou la solitude que nous vivons assèchent nos espérances, lorsque les soucis ou les rancœurs étouffent la joie de vivre, lorsque nous éprouvons de la tristesse ou de la fatigue, lorsque nous nous sentons trahis ou rejetés, lorsque nous devons faire face à notre faiblesse, à la souffrance, à la fatigue de chaque jour, alors nous avons l’impression de nous trouver dans un tunnel dont nous ne voyons pas la sortie.
Mais aussi en dehors de nous, la mort est toujours à l’affût. Nous la voyons présente dans les injustices, dans les égoïsmes partisans, dans l’oppression des pauvres, dans le manque d’attention envers les plus fragiles. Nous la voyons dans la violence, dans les blessures du monde, dans le cri de douleur qui s’élève de toutes parts face aux abus qui écrasent les plus faibles, face à l’idolâtrie du profit qui pille les ressources de la terre, face à la violence de la guerre qui tue et détruit.
Dans cette réalité, la Pâques du Seigneur nous invite à lever les yeux et à ouvrir notre cœur. Elle continue de nourrir dans notre esprit et au fil de l’histoire la semence de la victoire promise. Elle nous met en mouvement, comme Marie de Magdala et comme les Apôtres, pour nous faire découvrir que le tombeau de Jésus est vide, et qu’ainsi, dans toute mort que nous expérimentons, se trouve aussi de la place pour une vie nouvelle qui surgit. Le Seigneur est vivant et demeure avec nous. Il ouvre notre cœur à l’espérance qui nous soutient par les fissures de résurrection qui s’ouvrent dans les ténèbres : le pouvoir de la mort n’est pas la destinée ultime de notre vie. Nous sommes orientés une fois pour toutes vers la plénitude car, dans le Christ ressuscité, nous sommes nous aussi ressuscités.
Le Pape François nous le rappelait avec émotion dans sa première Exhortation apostolique, Evangelii gaudium, en affirmant que la résurrection du Christ « n’est pas un fait relevant du passé ; elle a une force de vie qui a pénétré le monde. Là où tout semble être mort, de partout, les germes de la résurrection réapparaissent. C’est une force sans égale. Il est vrai que souvent Dieu semble ne pas exister : nous constatons que l’injustice, la méchanceté, l’indifférence et la cruauté ne faiblissent pas. Pourtant, il est aussi certain que commence à germer quelque chose de nouveau dans l’obscurité, qui tôt ou tard produira du fruit » (n° 276).
Frères et sœurs, la Pâque du Seigneur nous donne cette espérance, en nous rappelant que, dans le Christ ressuscité, une nouvelle création est possible chaque jour. C’est ce que nous dit l’Évangile proclamé aujourd’hui qui situe l’événement de la résurrection « le premier jour de la semaine » (Jn 20, 1). Le jour de la résurrection du Christ nous renvoie ainsi à la création, à ce premier jour où Dieu créa le monde, et il nous annonce en même temps qu’une vie nouvelle, plus forte que la mort, est en train de naître pour l’humanité.
Pâques est la nouvelle création opérée par le Seigneur ressuscité. Elle est un nouveau départ, elle est la vie enfin rendue éternelle par la victoire de Dieu sur l’ancien Adversaire.
Nous avons besoin aujourd’hui de ce chant d’espérance. Et c’est à nous, ressuscités avec le Christ, qu’il revient de le porter dans les rues du monde. Courons donc comme Marie de Magdala, annonçons-le à chacun, portons par notre vie la joie de la résurrection afin que partout où plane encore le spectre de la mort, la lumière de la vie puisse resplendir.
Que le Christ, notre Pâques, nous bénisse et donne sa paix au monde entier !
“De nos jours encore, des tombeaux sont à ouvrir, et les pierres qui les scellent sont souvent si lourdes et si bien surveillées qu’elles semblent inamovibles”
Extrait de l’homélie du pape Léon XIV lors de la Vigile pascale :
[…] À l’exemple des femmes qui se sont précipitées pour annoncer la nouvelle à leurs frères, nous aussi nous voulons cette nuit quitter cette basilique, pour apporter à tout le monde la bonne nouvelle que Jésus est ressuscité et que, par sa force, ressuscités avec Lui, nous pouvons donner vie à un monde nouveau, de paix et d’unité, comme « une multitude d’hommes et en même temps […] un seul homme, car, bien qu’il y ait beaucoup de chrétiens, le Christ est unique » (Saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, 127,3).
C’est à cette mission que se consacrent les frères et sœurs ici présents, venus de diverses régions du monde, qui vont bientôt recevoir le baptême. Après le long chemin du catéchuménat, ils renaissent aujourd’hui dans le Christ pour être des créatures nouvelles (cf. 2 Co 5, 17), témoins de l’Évangile. Pour eux, et pour nous tous, répétons ce que saint Augustin disait aux chrétiens de son temps : « Annonce le Christ, sème […], répands partout ce que tu as conçu dans ton cœur » (Sermo 116, 23-24).
Sœurs, frères, de nos jours encore, des tombeaux sont à ouvrir, et les pierres qui les scellent sont souvent si lourdes et si bien surveillées qu’elles semblent inamovibles. Certaines oppriment le cœur de l’homme, comme la méfiance, la peur, l’égoïsme, la rancœur. D’autres, conséquence de ces dernières, brisent les liens entre nous, comme la guerre, l’injustice, la fermeture entre les peuples et les nations. Ne nous laissons pas paralyser par elles ! Au fil des siècles, nombre d’hommes et de femmes, avec l’aide de Dieu, les ont fait rouler, parfois au prix de grands efforts, parfois au prix de leur vie, mais avec de bons fruits dont nous bénéficions encore aujourd’hui. Ils ne sont pas des figures inaccessibles mais des personnes comme nous qui, fortifiées par la grâce du Ressuscité, dans la charité et la vérité, ont eu le courage de parler, comme le dit l’apôtre Pierre, « avec les paroles de Dieu » (1 P 4, 11) et d’agir « avec la force que Dieu leur a donnée, afin que Dieu soit glorifié en tout » (ibid.).
Laissons-nous inspirer par leur exemple et, en cette Nuit sainte, faisons nôtre leur engagement, afin que partout et toujours dans le monde grandissent et s’épanouissent les don pascals de la concorde et de la paix.
Pâques : la clarté de la Vie face aux ombres de la loi
Alors que les cloches de Pâques célèbrent la victoire de la Vie sur la mort, le Parlement s’apprête à délibérer sur une « aide active à mourir ».
Sous ce terme feutré, véritable euphémisme d’une novlangue contemporaine, se cache un basculement redoutable : nous confondons désormais la liberté avec une maîtrise technique qui ne dit pas son nom.
Dans une société ivre d’efficacité, ce projet de loi impose silencieusement une vision ultra-matérialiste de l’existence. On voudrait gérer le trépas comme une échéance que l’on programme, réduisant l’être humain à un simple objet dont on évalue la rentabilité ou l’absurdité. Mais la dignité n’est pas un capital que l’on dilapide avec l’autonomie. Elle n’est pas une performance de bien-portants ; elle est ce qui subsiste quand tout le reste abdique. Pâques nous rappelle que la valeur d’une vie ne dépend ni de son utilité sociale ni de son confort sensoriel. Elle est un mystère intouchable qui échappe aux critères économiques de l’État.
Proposer la mort comme remède à la détresse, c’est transformer la compassion en abandon et ériger le vide en réponse. Beaucoup de demandes de fin de vie ne sont que le cri d’une solitude qui s’ignore ou la crainte de devenir un « poids » pour leurs proches. Répondre par un geste létal, c’est risquer de valider ce sentiment d’inutilité. C’est substituer la « culture du déchet » au principe fondamental de fraternité qui consiste à secourir, et non à éliminer.
Le véritable enjeu n’est pas de légiférer sur le vide pour masquer notre impuissance, mais de garantir à chacun la sécurité humaine d’un accompagnement réel. Avant d’ouvrir la porte à l’irréversible, ne devrions-nous pas assurer l’accès de tous aux soins palliatifs ? Soigner n’est pas seulement guérir ; c’est d’abord ne pas déserter. La blouse blanche ne doit pas devenir le linceul de l’éthique au service d’une vision désespérée de l’existence.
Choisissons une civilisation de l’accompagnement plutôt qu’une société qui s’habitue à considérer certaines vies comme devenues inutiles. Toute vie mérite d’être honorée, protégée et accompagnée jusqu’à son terme naturel. Le Christ est mort pour vaincre la culture de mort qui menace toujours l’homme : en ce saint jour de Pâques, nous savons que la victoire de la Vie est certaine.
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Terres de Mission Pâques : le Christ est ressuscité. Réjouissons-nous !
Eglise universelle : Célébrer le saint jour de Pâques
En ce jour de Pâques, l’Eglise fête la Résurrection du Christ, coeur de notre foi. Le père Jean-François Thomas de la Compagnie de Jésus nous rappelle les nombreux témoignages (Evangiles, Saint Paul, Flavius Josèphe, Tacite, Pline le Jeune) qui font de cet événement un fait historiquement certain. Il insiste sur le changement radical d’attitude des Apôtres, consécutif à ce miracle.
Eglise en France : Le pape en visite à Monaco
Le samedi 28 mars, le pape Léon XIV s’est rendu en visite officielle à Monaco. Jeanne Smits analyse le déroulement et les principales interventions pontificales dans un pays qui reste un des derniers dans lequel le catholicisme est religion d’Etat.
Eglise en Marche : Prier pour les chrétiens persécutés
Les 10 et 11 avril auront lieu 24 heures de célébrations sans discontinuer de messes pour les chrétiens persécutés. Franck Baugin, initiateur de cet événement, et monsieur l’abbé Thierry Laurent, curé de Saint Roch, église où seront célébrées ces messes, présentent cette démarche de prière.
Pâques : Victimæ paschali laudes
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des pièces grégoriennes. Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Les chants la messe du Dimanche de Pâques vont exprimer l’allégresse des nouveaux baptisés, et plus généralement l’action de grâce des rachetés. Cependant, c’est seulement dans le Graduel et l’Alléluia que cette joie va éclater.
De tempore paschali : Le temps pascal s’étend du début de la messe de la vigile pascale jusqu’à none du samedi dans l’octave de la Pentecôte, inclusivement.
Ce temps liturgique comprend :
- tempus Paschalis, le temps de Pâques, qui court du début de la messe de la vigile pascale jusqu’à none de la vigile de l’Ascension, inclusivement.
- tempus Ascensionis, le temps de l’Ascension, qui commence aux Ires vêpres de l’Ascension et se poursuit jusqu’à none de la vigile de la Pentecôte, inclusivement
- octavam Pentecostes, l’octave de Pentecôte, qui part de la messe de la vigile de Pentecôte et va jusqu’à none du samedi suivant, inclusivement
Introït : Resurrexi
L’Introït du Dimanche de Pâques surprend par sa douceur et sa mélodie en demi-teinte. Ici nous sommes au ciel et c’est le Christ ressuscité qui s’adresse à son Père, lui exprimant de manière très intime son bonheur de le retrouver et sa reconnaissance :
Resurrexi et adhuc tecum sum. Posuisti super me manum tuam. Mirabilis facta est scienta tua.
Je suis ressuscité et je suis toujours avec vous. Vous avez mis sur moi votre main, votre sagesse s’est montrée merveilleuse.
Ce texte est formé de trois versets du psaume 138, qui ne se suivent pas dans le psaume et ont été réunis ici. Mais dans le psaume il n’est pas question de résurrection ; il chante la présence universelle de Dieu, toujours auprès de nous, qui connaît toutes choses et qui nous guide. Le début de psaume est chanté comme verset de cet Introït :
Domine probasti me et cognovisti me, tu cognovisti sessionem meam et resurrectionem meam.
Seigneur vous m’éprouvez et vous me connaissez, vous savez quand je me couche et quand je me lève.
Mais en ce Dimanche de Pâques ces paroles doivent être mises dans la bouche du Christ ; Sessionem meam et resurrectionem meam ce n’est plus seulement le coucher et le lever, c’est la mort sur la croix et la résurrection, et le mot resurrexi prend tout son sens. Le mot adhuc (encore, toujours), c’est l’éternité bienheureuse, où le Fils retrouve son Père après avoir accompli sa mission sur la terre, mission dans laquelle la main de Dieu l’a toujours guidé, et où sa sagesse infinie s’est vraiment montrée admirable.
Comme dans tous les chants du temps pascal ce texte est ponctué d’Alléluias à la fin de chaque phrase. La mélodie presque immobile et immatérielle est vraiment céleste. La joie et l’amour qu’elle exprime transcendent tous les sentiments humains.
Graduel : Hæc dies
A partir de dimanche prochain, et durant tout le temps pascal, le Graduel sera remplacé par un Alléluia ; il y aura donc à la messe deux Alléluias qui se suivent. Mais en ce dimanche de Pâques et durant toute la semaine, il y a encore un Graduel, dont la première partie est reprise chaque jour ; elle est également chantée à la place de l’hymne à toutes les heures de l’office. C’est vraiment le refrain de la fête de Pâques exprimant la joie inépuisable des chrétiens :
Hæc dies quam fecit Dominus, exultemus et lætemur in ea.
Voici le jour que le Seigneur a fait, passons-le dans la joie et l’allégresse.
Ce texte est un verset du psaume 117, le grand cantique pascal d’action de grâces, dont nous trouvons le début dans la deuxième partie du Graduel :
Confitemini Domino quoniam bonus, quoniam in sæculum misericordia ejus.
Louez le Seigneur car il est bon, car sa miséricorde est éternelle.
La mélodie de ce Graduel est une mélodie type que nous avons déjà souvent rencontrée, et dont les vocalises souples et légères conviennent parfaitement pour exprimer la joie de Pâques. Elle comporte en plus quelques formules particulières, et surtout dans la deuxième partie, sur les mots quoniam bonus, une grande envolée vers l’aigu d’un enthousiasme extraordinaire.
Alléluia : Pascha nostrum
En ce dimanche de Pâques nous retrouvons l’Alléluia, qui avait été supprimé durant le temps de la Septuagésime et du Carême, et remplacé par un Trait.
Le texte du verset de cet Alléluia est très court ; il est tiré de la première Épître de saint Paul aux Corinthiens qu’on lit en ce jour :
Pascha nostrum immolatus est Christus.
Notre agneau pascal qui a été immolé c’est le Christ.
Ici c’est la mélodie qui est reine et qui exprime la joie de Pâques avec exubérance. On notera toutefois un contraste entre l’Alléluia lui-même, qui reste encore grave et assez retenu, et le verset, surtout la grande vocalise du mot immolatus qui s’élève et plane dans les hauteurs avec une légèreté presque immatérielle.
Séquence : Victimæ paschali
À la fin du verset Pascha nostrum de l’Alléluia du dimanche de Pâques, on ne reprend pas le mot Alléluia comme d’habitude après le verset, car il est suivi d’une Séquence. C’est une des cinq séquences qui ont été conservées dans la liturgie romaine parmi toutes celles qui avaient été composées au Moyen-Âge.
Celle-ci date probablement du XIe siècle ; elle est entièrement syllabique et relativement courte puisqu’elle ne comporte que huit strophes. Le texte est une profession de foi en la résurrection au milieu de laquelle s’insère un petit dialogue très vivant entre les apôtres et Marie-Madeleine, et la mélodie en souligne parfaitement toutes les inflexions :
Victimæ paschali laudes immolent Christiani. Agnus redemit oves : Christus innocens Patri reconciliavit peccatores.
Mors et vita duello conflixere mirando : dux vitæ mortuus regnat vivus.
Dic nobis Maria, quid vidisti in via ?
Sepulcrum Christi viventis, et gloriam vidi resurgentis : Angelicos testes, sudarium, et vestes. Surrexit Christus spes mea : præcedet suos in Galilæam.
Scimus Christum surrexisse a mortuis vere : tu nobis, victor Rex, miserere.
À la victime pascale les chrétiens offrent leur louange. L’Agneau a racheté les brebis : Le Christ innocent a réconcilié les pécheurs avec son père.
La mort et la vie se sont affrontées en un duel fantastique : le maître de la vie est mort, mais vivant il règne.
Dis-nous, Marie, qu’as-tu vu en chemin ?
J’ai vu le sépulcre du Christ vivant et la gloire du Ressuscité. – Les Anges ses témoins, le suaire et les linges. – Il est ressuscité le Christ, mon espérance : il précède les siens en Galilée.
Nous croyons que le Christ est vraiment ressuscité des morts, et vous roi victorieux ayez pitié de nous.
Offertoire : Terra tremuit
Après les débordements de joie du Graduel et de l’Alléluia, nous retrouvons dans l’Offertoire du dimanche de Pâques l’ambiance calme et contemplative de l’Introït. Et pourtant le texte est grandiose : il est tiré du psaume 75, qui est un chant d’action de grâces après une grande victoire due à l’action divine :
Terra tremuit et quievit dum resurgeret in judicio Deus.
La terre a tremblé, puis s’est tenue en repos lorsque Dieu s’est levé pour le jugement.
Dans le psaume, la terre c’est le pays et tous ses habitants, les peuples qui voulaient asservir le peuple d’Israël. Ils ont tremblé devant l’intervention divine puis se sont tenus en repos définitivement vaincus. En ce jour de Pâques il faut y voir également une allusion au tremblement de terre du vendredi saint, au repos du samedi saint, et à la résurrection qui a entraîné le jugement et la défaite définitive de l’ennemi infernal.
Dans les deux premières phrases, la mélodie part du grave et s’élève en un crescendo plein de mouvement, avant de redescendre d’une façon calme et paisible tout en restant dans une ambiance de joie intérieure et mystique. La troisième phrase est un Alléluia. Comme nous l’avons remarqué à l’Introït, les chants de ce jour sont ponctués d’Alléluias, mais ils sont généralement courts. Celui-ci au contraire est assez long ; il se déroule avec souplesse et sans grands intervalles, comme une vision extatique qui ne veut pas finir.
Communion : Pascha nostrum
Nous retrouvons dans la Communion du dimanche de Pâques, le texte de saint Paul d’où était tiré le verset de l’Alléluia, mais ici la citation est plus longue :
Pascha nostrum immolatus est Christus : itaque epulemur in azimis sinceritatis et veritatis.
Notre agneau pascal qui a été immolé, c’est le Christ : aussi festoyons avec les azymes de la sincérité et de la vérité.
Dans le contexte, saint Paul oppose ces azymes, c’est-à-dire ces pains sans levain, de sincérité et de vérité, au vieux levain de malice et de fourberie. C’est le symbole de la vie nouvelle à laquelle nous sommes nés dans la fontaine baptismale, rejetant toutes les œuvres mauvaises dont nous avons été lavés par le sang de l’agneau. C’est cette joie et cette pureté de nouveau-né qu’exprime la mélodie d’une simplicité, d’une fraîcheur et d’une légèreté délicieuses.
Dubaï : suppression des messes publiques
L’assistance aux messes à Dubaï est annulée jusqu’à nouvel ordre «suite aux directives du gouvernement», à cause du conflit au Moyen-Orient, ont annoncé les deux églises catholiques de l’émirat sur leurs sites internet en cette semaine de Pâques.
L’Église Sainte-Marie a décidé de fermer complètement ses portes, comme le découvrent de nombreux paroissiens en arrivant sur place en ce jour de Vendredi saint. Faute de mieux, des fidèles prient sur le trottoir.
Les offices sont diffusés en ligne sur Youtube.
L’autre église catholique de Dubaï, celle de Saint-François d’Assise, est également fermée. Cette église est située à Jebel Ali, zone côtière qui a été plusieurs fois touchée par les missiles et drones que l’Iran tire quotidiennement depuis un mois sur ses voisins du Golfe en représailles à l’offensive israélo-américaine sur son sol.
Baptêmes en Asie
À Hong Kong, près de 2 500 catéchumènes, 1 600 adultes et 900 enfants, recevront le baptême lors de Pâques, un chiffre stable malgré un contexte politique tendu. Selon le diocèse, beaucoup de jeunes ont été attirés vers la foi catholique grâce aux témoignages vivants de fidèles rencontrés dans des écoles et des paroisses catholiques.
Aujourd’hui, on compte 1,3 million de chrétiens à Hong-Kong, dont 400 000 catholiques, pour environ 7,5 millions d’habitants.
Hong-Kong, ancienne colonie britannique, est aujourd’hui une Région administrative spéciale sous l’autorité de la Chine. Pékin a imposé la loi draconienne sur la sécurité nationale en 2020, qui limite beaucoup des libertés et des droits qui étaient garantis dans le cadre du principe « un pays, deux systèmes » qui était entré en vigueur en 1997 lors de la rétrocession de la ville à la Chine.
L’Église catholique à Singapour se prépare à accueillir près de 1 250 nouveaux catholiques à Pâques, soit le plus grand contingent de convertis dans l’archidiocèse depuis dix ans selon le Bureau de la catéchèse (OFC) de l’archidiocèse.
Le père Terence Kesavan, directeur de la catéchèse de l’OFC, explique que l’archidiocèse n’a pas mené d’étude officielle sur les tendances locales en matière de conversion. Cependant, il suggère plusieurs facteurs qui pourraient avoir contribué à cette augmentation, notamment l’évangélisation active menée par les jeunes et l’impression positive vis-à-vis du catholicisme parmi les Singapouriens à la suite de la visite du pape François en 2024, qui a donné aux laïcs l’occasion de partager leur foi avec leurs amis.
Le marin devenu moine
Voici une nouvelle histoire (vraie et folle !) d’un moine trappiste.
Tricheur, marin, amoureux, et finalement… moine farceur à la Trappe de Soligny.
Toute sa vie a basculé lors d’un incendie… qui a provoqué sa conversion !
Sébastien Cairn nous raconte tout sur Youtube en 10 min !
Une belle histoire à écouter pour Pâques, lors d’un trajet, ou d’un café.
S. Cairn raconte cette histoire en hommage aux trappistes de Soligny, qui viennent d’annoncer leur départ, ainsi qu’à tous les moines de France, qui nous portent dans leur prière.
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Un autocollant “Espoir et salut de la France” déclenche un rappel à l’ordre du président PS au conseil régional de Bretagne
Lors de la session plénière du conseil régional de Bretagne, jeudi 2 avril, une élue du Rassemblement national, Virginie d’Orsanne, a été rappelée à l’ordre en raison d’un autocollant affiché sur son ordinateur portable, visible lors de la retransmission en direct des débats.
Cet autocollant est un drapeau tricolore, avec le Coeur sacré de Jésus « Espoir et salut de la France », cet insigne, que de nombreux soldats de la Grande Guerre portaient. Ce Sacré-Coeur qui donné lieu à un film récent, qui a rencontré un grand succès…
Le président de la Région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, estime que cet autocollant apposé sur le PC pouvait contrevenir au principe de neutralité et de laïcité attendu dans l’enceinte institutionnelle. Sic.
“La défense de la vie est la mission de tout baptisé”
Mgr Jean-Louis Balsa, archevêque d’Albi (Tarn), a été interrogé dans France catholique à propos de la proposition de loi sur l’euthanasie. Extrait :
Pourquoi est-ce important de vous exprimer en tant qu’évêque ?
Nous ne sommes pas des sous-citoyens, l’Église doit parler. En tant qu’évêque, c’est notre devoir de prendre position pour la vie. Nous avons la mission de perpétuer la mémoire de la mort et de la Résurrection du Christ, et de diffuser le message de l’Évangile. Toute vie humaine est concernée par ce message. Nous sommes ici dans un choix de société radical. Il est inadmissible d’imaginer une société dont la mort serait une solution à la souffrance. Cette loi va résolument contre l’Évangile. La présence des chrétiens doit pouvoir aider la France à garder la tête haute, à marcher droit, à défendre la vie coûte que coûte. La conscience de chacun doit être interpellée par l’évidence même que Dieu est le Dieu de la vie.
À notre échelle de fidèles catholiques, quelle est notre mission ?
Nous ne pouvons rester entre nous et nous lamenter. Notre conscience doit être éclairée. Les catholiques doivent aussi manifester leur position, et voter en âme et conscience. Peut-être n’y a-t-il pas assez de catholiques engagés dans des partis politiques ? Il en faut qui influencent les programmes politiques, pour empêcher les dérives morales. La défense de la vie est la mission de tout baptisé. Quel que soit notre nombre, il faut affirmer haut et fort que la fraternité – si chère à la République – ne peut pas être jetée aux oubliettes de l’histoire ! Je suis persuadé qu’il existe une déconnexion très importante entre ce que la majorité de la population pense en réalité, et les élus qui prennent des décisions « au nom du peuple français ». La grandeur d’une nation et d’une société est de protéger les individus qui la composent. On ne peut pas laisser la société partir à la dérive.
Vendredi saint : “Ô mon peuple, que t’ai-je fait ? En quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi.”
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
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Les Impropères (première partie)
La liturgie du Vendredi saint est un sommet de l’année et les chants sont à la hauteur de l’événement commémoré. Voyons un des moments les plus importants, juste après l’Adoration de la Croix, les Impropères. Nous nous basons sur deux ouvrages édités par Solesmes : le Graduale Romanum de 1979 et le Missel grégorien de 1984. Les textes sont dans la langue de l’Église, le latin.
Les Impropères, en latin Improperia, du mot latin improperium, sont les « reproches » que le Messie adresse à son peuple ingrat qui, malgré toutes les faveurs accordées par Dieu, et en particulier pour l’avoir délivré de la servitude en Égypte et l’avoir conduit sain et sauf dans la Terre promise, lui a infligé les ignominies de la Passion. C’est un émouvant dialogue entre Dieu et le monde, entre le divin Crucifié et ceux qui le livrent au supplice.
A chaque fois, un bienfait de Dieu dans l’Exode est mis en contraste de façon saisissante avec un épisode de la Passion. Le texte est issu de l’Église syrienne antique (d’où la présence le la langue grecque) et a été conservé dans la liturgie romaine.
La 1ère partie commence par l’antienne Pópule meus, sur une mélodie plaintive, remontant à une haute antiquité. Il s’inspire du IVe Livre d’Esdras.
Pópule meus, quid feci tibi ? aut in quo contristávi te ? respónde mihi.
Ô mon peuple, que t’ai-je fait ? En quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi.
Elle est suivie du verset :
Quia edúxi te de terra Ægýpti : parásti Crucem Salvatóri tuo.
T’ai-je fait sortir du pays d’Égypte pour qu’à ton Sauveur tu fasses une croix ?
Puis alternativement le chœur chante le Trisagion ou triple invocation au Dieu trois fois saint, en grec et en latin.
| Agios o TheosSanctus Deus Agios ischyrós Sanctus fortis Agios athánatos, eléison imás. Sanctus immortális, miserére nóbis |
Dieu Saint Dieu Saint Saint et fort Saint et fort Saint immortel, ayez pitié de nous. Saint immortel, ayez pitié de nous. |
Ensuite deux voix du 1er chœur chantent :
Quia edúxi te per desértum quadragínta annis…
Est-ce parce que je t’ai conduit dans le désert pendant quarante ans, que je t’ai nourri de la manne et que je t’ai fait entrer dans une terre excellente que tu as préparé une Croix à ton Sauveur ?
Et les deux chœurs reprennent alternativement Agios o Theos, etc.
*****
Les Impropères (deuxième partie)
La seconde partie des Impropères (ou petits Impropères) se poursuit par des petits versets psalmodiés sur une mélodie très simple. C’est toujours Notre Seigneur qui s’adresse à son peuple, et chaque verset comporte deux phrases commençant par « ego » = moi et « et tu » = et toi, suivies par la reprise de l’antienne du début, Pópule meus, véritable refrain de tous ces Impropères, avec cette envoûtante mélodie, grave, triste, mais pénétrée de tendresse.
Dieu rappelle tous les bienfaits qu’il a accomplis et rappelle toutes les indignités dont il a été accablé. Les chantres de Solesmes n’ont retenu que 4 des 9 versets qui peuvent être chantés :
Ego propter te flagellávi Ægýptum cum primogénitis suis : et tu me flagellátum tradidísti.
J’ai frappé, à cause de toi, l’Égypte avec ses premiers-nés, et tu m’as livré pour être flagellé.Ego edúxi te de Ægýpto, demérso Pharaóne in Mare Rubrum : et tu me tradidísti princípibus sacerdótum.
Pour te tirer de l’Égypte, j’ai englouti Pharaon dans la mer Rouge, et tu m’as livré aux princes des prêtres.Ego ante te apérui mare : et tu aperuísti láncea latus meum.
Je t’ai ouvert un passage à travers les flots, et tu m’as ou vert le côté avec une lance.Ego ante te præívi in colúmna nubis : et tu me duxísti ad prætórium Piláti.
J’ai marché devant toi comme une colonne lumineuse, et tu m’as mené au prétoire de Pilate.
*****
La fonction liturgique de l’après-midi du Vendredi saint se poursuit avec l’antienne Crucem tuam, ancien chant byzantin :
Nous adorons votre Croix, Seigneur, et nous louons et glorifions votre sainte résurrection, car c’est par ce bois que la joie s’est répandue dans l’univers entier.
Puis c’est le début du verset du psaume 66 Deus misereátur nostri qui sera psalmodié avant la reprise de l’antienne :
Que Dieu ait pitié de nous et qu’il nous bénisse, que la lumière de sa face brille sur nous et qu’il ait pitié de nous.
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La dernière partie des Impropères commence par une antienne.
Crux fidélis, inter omnes arbor una nóbilis….
Croix fidèle, arbre unique, noble entre tous ! Nulle forêt n’en produit de tel par ses feuilles, ses fleurs et ses fruits !Dulce lignum, dulces clavos, dulce pondus sústinet.
Douceur du bois, qui d’un doux clou, porte un si doux fardeau.
Puis l’on chante l’hymne Pange língua gloriósi dont les paroles sont de Venance Fortunat, à ne pas confondre avec l’autre Pange língua que Saint Thomas d’Aquin composa pour la Fête-Dieu.
Pange, língua, gloriósi prœlium certáminis….
Chante, ma langue, le combat, la glorieuse lutte ; dis le noble triomphe du trophée de la Croix : le rédempteur du monde, immolé, est vainqueur.
Lamure-sur-Azergues (69) : la chapelle Saint-Roch vandalisée
Portes attaquées, vitraux cassés :
Nichée au cœur du hameau des Arnauds, à Lamure-sur-Azergues dans le Beaujolais (69), la chapelle Saint-Roch a été la cible d’un acte de vandalisme, le 28 mars dernier. L’église Saint-Martin, à Beaujeu (69), a elle aussi été dégradée pic.twitter.com/y9GQSLzveF
— Fdesouche.com est une revue de presse (@F_Desouche) April 3, 2026
Fin de vie : l’ingénierie du consentement et les silences du débat démocratique
Le débat sur la fin de vie en France ne relève plus seulement d’une confrontation d’arguments éthiques : il tend à s’organiser selon les mécanismes d’une véritable ingénierie du consentement. À mesure que s’impose l’idée d’un consensus présenté comme acquis, les conditions d’un débat réellement pluraliste semblent s’effacer. Ce qui devrait constituer l’un des arbitrages les plus graves qu’une démocratie puisse affronter apparaît ainsi de plus en plus comme une séquence médiatique accélérée, où la décision politique risque de précéder le temps nécessaire à la délibération collective.
Un pluralisme mis à l’épreuve
L’asymétrie de la représentation médiatique fragilise la qualité du débat. Selon les rapports de veille du collectif « Soulager mais pas tuer » [1], les représentants des associations favorables à l’euthanasie bénéficieraient d’une exposition nettement supérieure à celle des experts de la Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs (SFAP).
En regard, les acteurs de terrain — praticiens de soins palliatifs et associations engagées dans l’accompagnement de la vulnérabilité — demeurent singulièrement discrets dans les tranches de grande écoute. Cette marginalisation touche également certaines voix structurées de la société civile, comme la Fondation Jérôme Lejeune [2] ou Alliance VITA.
Elle s’accompagne d’un usage récurrent d’un chiffre devenu incantatoire : « 90 % des Français seraient favorables à l’euthanasie ». Selon une analyse de veille médiatique d’Alliance VITA [3], ce pourcentage a été largement repris dans l’audiovisuel public ces dernières années. Pourtant, plusieurs enquêtes montrent parallèlement que la priorité exprimée par les citoyens demeure l’accès effectif aux soins palliatifs et au traitement de la douleur [4].
Les zones d’ombre de l’expérience internationale
L’examen des modèles étrangers fournit des signaux d’alerte trop peu discutés dans le débat public français.
En Espagne, le cas de Noelia Pedrosa Castillo (26 mars 2026) [5] est emblématique : cette jeune femme de 25 ans, souffrant notamment de troubles psychiatriques associés à une situation médicale lourde, a été euthanasiée malgré l’opposition de son père.
Au Canada, les rapports officiels indiquent que 17,3 % des demandeurs d’aide médicale à mourir mentionnent notamment l’isolement ou la solitude parmi les facteurs de souffrance déclarés [6].
La pression budgétaire est également évoquée dans certains cas controversés, comme celui de Roger Foley [7], qui affirme s’être vu proposer l’aide médicale à mourir dans un contexte où le coût de son hospitalisation lui avait été rappelé.
Ces situations ont conduit plusieurs experts mandatés par les Nations unies à alerter dès 2021 sur les risques que pourraient faire peser certains dispositifs d’aide à mourir sur les personnes les plus vulnérables en l’absence de garanties sociales suffisantes [8].
Le risque d’une réforme par défaut
Le point le plus préoccupant demeure l’inégalité persistante d’accès aux soins palliatifs. Selon la Cour des comptes [9], les moyens consacrés à ces soins restent limités au regard des besoins identifiés. Aujourd’hui encore, 22 départements français ne disposent pas d’unité de soins palliatifs (USP), selon l’Atlas de la fin de vie publié par le Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie [10].
Dans ce contexte de pénurie, une question éthique radicale s’impose : peut-on ouvrir un droit aussi structurant sans avoir garanti auparavant l’accès effectif à l’accompagnement sur l’ensemble du territoire ? Le risque est immense que la réforme n’apparaisse, faute de moyens suffisants pour soulager et entourer, comme une réponse par défaut à une défaillance de la solidarité collective. Voter une « aide active à mourir » avant d’avoir garanti l’accès au soin de base ne constituerait pas un progrès, mais pourrait apparaître comme un renoncement collectif face à la souffrance.
Conclusion
Légiférer sur la fin de vie exige du temps, du pluralisme et une information exhaustive. La dignité ne réside pas seulement dans la maîtrise technique du geste médical, mais dans la fidélité à l’accompagnement des personnes les plus fragiles. À défaut de ces conditions, la décision publique pourrait donner le sentiment de précéder le débat démocratique qu’appelle pourtant une question engageant profondément notre conception commune de la dignité humaine.
Sergyl Lafont
Références documentaires
[1] Collectif « Soulager mais pas tuer » (2025) : Rapport annuel sur le pluralisme et l’accès aux médias des acteurs de la fin de vie (période 2024-2025).
[2] Arcom (2024) : Bilan annuel sur la représentation du handicap et de la fragilité dans les médias audiovisuels.
[3] Alliance VITA / Service de Veille Média (2025) : Analyse sémantique automatisée des archives numériques de Radio France (2023-2025).
[4] Fondapol (janvier 2026) : L’opinion face à la fin de vie : analyse des priorités de soin.
[5] Diario ABC / El Mundo (26-28 mars 2026) : Chroniques judiciaires et témoignages de la famille Pedrosa Castillo (Espagne).
[6] Santé Canada (2024) : Fourth/Fifth Annual Report on Medical Assistance in Dying (MAID) in Canada (2023).
[7] Chambre des Communes (Canada) : Dépositions certifiées de Roger Foley (Victoria Hospital, Ontario).
[8] Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (janvier 2021) : Communication OL CAN 2/2021.
[9] Cour des comptes (2023-2024) : Rapport public thématique sur l’organisation et le financement des soins palliatifs en France.
[10] Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (2025) : Atlas de la fin de vie en France.
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«Les musulmans prient cinq fois par jour, Dieu a une place fondamentale dans leur existence. On nous demande seulement d’aller à la messe le dimanche, mais le faisons-nous ?»
En cette semaine sainte, Eugénie Bastié reçoit le cardinal Robert Sarah dans Le Club Le Figaro Idées sur Le Figaro TV diffusé ce jeudi 2 avril à 22h30 :
«L’Islam peut réveiller les Chrétiens. Les musulmans prient cinq fois par jour, Dieu a une place fondamentale dans leur existence. On nous demande seulement d’aller à la messe le dimanche, mais le faisons-nous ? Si on ne se réveille pas spirituellement, leur nombre s’accroissant, ils imposeront leur loi et leur culture»
«En autorisant l’euthanasie, la France va au-delà de son pouvoir, c’est une loi inhumaine. Personne ne peut décider de qui doit mourir ou de qui doit vivre, si une vie est valable ou pas, sauf Dieu. Tuer quelqu’un, c’est de la barbarie»
«La décision d’ordonner des évêques sans l’accord du Saint-Siège et du Saint-Père, c’est une décision grave, qui va de nouveau lacérer et briser l’Église, qui va déchirer la tunique de Jésus, ça va faire du mal au Christ. On ne sauve pas les âmes dans la désobéissance»
«On a l’impression que depuis quelques temps, l’Église ne parle que de changement écologique, des migrants, de la paix… Mais l’Église n’est pas une ONG ! Ce n’est pas le rôle de l’Église de parler que des questions sociales. Elle doit mettre en lien l’Homme et Dieu»
«Ce n’est pas en supprimant le célibat des prêtres que l’Église suscitera davantage de vocations. Regardez l’anglicanisme, il est en destruction, pourtant les prêtres ont le droit de se marier. Surtout, le prêtre représente le Christ lui-même. Donc les prêtres doivent imiter le Christ dans sa vie concrète, et il ne s’est jamais marié»
«L’Église a abimé la liturgie de la messe. Elle est trop bruyante ! C’est comme si on se célébrait nous-même. C’est devenu un moment convivial, alors que nous sommes là pour adorer Dieu, il faut une liturgie qui adore Dieu. On ne parle plus du salut et de l’âme !»
1 126 000 avortements pratiqués aux Etats-Unis en 2025
D’après les chiffres publiés par le Guttmacher Institute (organisme favorable à l’avortement) le 24 mars, 1 126 000 avortements ont été pratiqués aux Etats-Unis en 2025, soit une hausse de moins de 0,2 % par rapport à 2024. Ce chiffre inclut les avortements médicamenteux pratiqués par télémédecine.
Les restrictions entrées en vigueur dans certains Etats ont eu une incidence sur le taux d’avortement. Ainsi, la Floride qui a adopté en 2024 un projet de loi, « Heartbeat Protection Act », visant à interdire l’avortement à partir du moment où le rythme cardiaque du fœtus est détecté, a vu les avortements diminuer de plus de 25 % entre 2023 et 2025. De même, dans l’Iowa, une baisse de plus de 24 % a eu lieu entre 2023 et 2025.
A l’inverse, le Missouri, qui a voté en faveur de l’inscription de l’avortement dans la Constitution de l’Etat en novembre 2024, a connu une augmentation des avortements de 48 %. Le Dakota du nord a connu une hausse de plus de 32 % des avortements en 2025 suite à l’invalidation de l’interdiction d’avorter par un juge.
Cette baisse a été « compensée » par la hausse de plus de 26 % des avortements par télémédecine pratiqués en 2025 sur des femmes résidant dans des Etats interdisant l’avortements. 91 000 femmes y ont eu recours, contre 72 000 en 2024. Huit Etats (Californie, Colorado, Massachusetts, Maine, New York, Rhode Island, Vermont et Washington) autorisent les professionnels de santé à proposer des avortements par télémédecine à des patientes résidant dans d’autres Etats, y compris ceux où l’avortement est totalement interdit.
Depuis 2023, la Food and Drug Administration (FDA) a autorisé la prescription de mifépristone par téléconsultation. Plusieurs recours judiciaires ont toutefois été initiés afin de contester cette autorisation. Actuellement, une procédure intentée par le procureur général de Louisiane, Liz Murrill, est en cours, le juge fédéral devrait bientôt rendre sa décision.
Désormais, les cliniques en ligne proposant des avortements à distance sont en forte progression dans les Etats n’interdisant pas l’avortement. 24 % des avortements pratiqués par des professionnels de santé aux Etats-Unis y sont réalisés.
A l’inverse, le rapport constate une baisse de 2 % du nombre de cliniques pratiquant des avortements. En 2025, 753 cliniques « physiques » pratiquant l’avortement sont en exercice aux Etats-Unis, soit 12 de moins qu’en mars 2024 et 54 de moins qu’en 2020. Cinq Etats ont connu une diminution du nombre de cliniques : la Californie, la Floride, l’Illinois, le Michigan et New-York.
Fin 2025, 13 Etats américains avaient instauré des législations interdisant totalement de l’avortement, et 6 Etats l’interdisent au-delà de 6 ou 12 semaines de grossesse.
Source : Gènéthique
Restriction de la liberté religieuse au Canada
Avec l’adoption du projet de loi C-9 en troisième lecture au Parlement, la liberté religieuse au Canada semble incroyablement fragile.
Depuis l’arrivée au pouvoir du Parti libéral sous la direction de Justin Trudeau en 2015, les politiciens progressistes et leurs alliés LGBT bénéficient d’une grande liberté d’action pour mettre en œuvre leur programme, et ils en profitent pleinement. Les conservateurs ont tendance à préserver le statu quo ; les révolutionnaires, quant à eux, saisissent l’opportunité. Au cours de la dernière décennie, ils ont accompli des progrès considérables.
Avant d’aborder le projet de loi C-9, qui est maintenant soumis au Sénat – un Sénat composé d’extrémistes antichrétiens– revenons un instant en arrière et résumons ce qui s’est passé au cours des dernières années :
- En 2014, Justin Trudeau a déclaré que tous les députés libéraux devaient voter en faveur de l’avortement pour rester au sein du caucus et ne pouvaient donc pas voter selon leur conscience. Ce changement radical de politique obligeait le parti qui a gouverné le Canada pendant près de 70 % du siècle dernier à soutenir l’avortement, et ce, durant les neuf mois de grossesse. Mark Carney, malgré son prétendu catholicisme, n’a pas renoncé à cette position.
- Dans une décision qui paraît encore plus inquiétante rétrospectivement, Trudeau a fermé le Bureau de la liberté religieuse – créé par son prédécesseur Stephen Harper – en 2016.
- En 2018, le gouvernement Trudeau a instauré une « attestation sur l’avortement », exigeant des candidats au programme Emplois d’été Canada qu’ils indiquent leur soutien à la fois à l’avortement et à la cause LGBT. Face à la vive réaction des chefs religieux de tous bords, le gouvernement a fait marche arrière l’année suivante, avant les élections de 2019 – du moins en apparence. Désormais, chaque demande est examinée en interne, vraisemblablement selon le même cadre idéologique.
- En 2016, puis en 2021, le gouvernement Trudeau a adopté des lois élargissant considérablement le droit à l’euthanasie. Peu après, une campagne de dénigrement a été lancée contre les institutions médicales pro-vie et confessionnelles . Le Canada devrait atteindre les 100 000 décès par euthanasie d’ici cet été. Des institutions médicales chrétiennes sont actuellement en procès pour défendre leur droit de refuser l’injection létale. Alors que le Canada est devenu un exemple à ne pas suivre sur la scène internationale , les militants pro-suicide continuent de faire pression pour un élargissement de ce droit.
- En 2021, le gouvernement Trudeau, avec l’appui des conservateurs, a adopté la loi interdisant les thérapies de conversion, un texte si radical qu’il pourrait criminaliser certaines conversations entre parents et enfants, ainsi qu’entre pasteurs et paroissiens. L’ effet dissuasif de cette loi a été considérable , tout comme son effet immédiat d’interdire les thérapies par la parole pour les personnes en proie à une crise d’identité. Nombre de pasteurs ignorent tout simplement ce qu’ils peuvent ou ne peuvent pas dire légalement en chaire ou lors d’entretiens individuels.
- Suite à la publication, en 2021, d’articles de presse depuis démentis faisant état d’une fosse commune dans un ancien pensionnat autochtone, une vague d’attaques de grande ampleur contre les églises a débuté. Au cours des cinq dernières années, plus de 120 églises ont été attaquées, vandalisées ou incendiées . En réponse, Trudeau a annoncé de nouvelles mesures contre l’islamophobie et a qualifié ces violences d’inacceptables, mais de « parfaitement compréhensibles ».
Sans parler du flot incessant de décisions judiciaires rendues par des tribunaux composés de juges par le gouvernement libéral, restreignant la liberté religieuse; du gel des comptes bancaires par le gouvernement Trudeau et de la déclaration de la Loi sur les mesures d’urgence (maintenant déclarée inconstitutionnelle par deux tribunaux); de la colonisation du système scolaire public par les idéologues LGBT; et de la recommandation du Comité permanent des finances de retirer le statut d’exemption fiscale aux institutions religieuses.
Dans ce contexte, les tentatives maladroites du gouvernement libéral pour rassurer les chefs religieux indignés du Canada quant au projet de loi C-9 – qui supprime l’exemption spéciale pour les convictions religieuses sincères – paraissent non seulement peu crédibles, mais aussi ridicules. En effet, Marc Miller, ministre du cabinet de Carney, a explicitement cité des passages des Écritures pour justifier la poursuite des « discours haineux » et la suppression de l’exemption religieuse. Un gouvernement aussi inflexible dans ses positions s’emploie délibérément à opprimer les communautés chrétiennes, car il considère le christianisme traditionnel comme haineux.
Le projet de loi C-9 a été adopté le 26 mars par 186 voix contre 137. Des centaines de groupes religieux ont exhorté le gouvernement à le modifier ou à l’abandonner, notamment des représentants chrétiens de toutes confessions, ainsi que des représentants juifs, musulmans et mormons. Depuis la controverse de 2018 sur l’« attestation d’avortement », les chefs religieux canadiens ne s’étaient pas exprimés avec autant d’unanimité et de force; des milliers d’appels ont été adressés aux députés. Les assurances des libéraux selon lesquelles le projet de loi n’aurait aucune incidence sur les sermons ou les déclarations religieuses ont été jugées largement insuffisantes.
Si vous êtes tenté de penser que les inquiétudes suscitées par ce projet de loi ne sont que les craintes hyperboliques des religieux, sachez que la loi a également été contestée par le Black Legal Action Centre, l’Association des juristes progressistes du Québec, la British Columbia Civil Liberties Association, la Canadian Civil Liberties Association, le Congrès du travail du Canada, le Centre for Free Expression, la Chinese and Southeast Asian Legal Clinic, la Coalition for Charter Rights and Freedoms, Democracy Watch, l’International Civil Liberties Monitoring Group et des centaines d’autres organisations.
Au cours de la dernière décennie, le Parti libéral du Canada a mené une offensive tous azimuts contre la liberté de religion et les libertés civiles. Cette offensive a repris de plus belle et, malgré l’opposition courageuse des parlementaires chrétiens et les efforts considérables de la société civile pour bloquer le projet de loi C-9, le gouvernement Carney a persisté.
Le franc-maçon Laurent Nunez favorable au port du voile islamique par les fillettes
Dans son discours le 12 mars lors de « l’Iftar des ambassadeurs » à la Grande Mosquée de Paris, le ministre de l’Intérieur se prononce en faveur du voile pour les fillettes et pour une diffusion toujours plus grande de l’islam :
« La France ne doit pas perdre en chemin ses enfants et elle ne doit perdre en chemin aucun de ses enfants parce qu’ils se seraient sentis stigmatisés ou blessés. C’est ce qui justifie d’ailleurs ma position sur l’interdiction du port du voile sur l’espace public par les mineurs. Je ne serai pas celui qui ira expliquer à des enfants qu’en portant le voile, elles menacent le vivre ensemble républicain. Je ne le ferai pas parce que je n’y crois pas et parce qu’une telle mesure ne ferait en réalité que détourner l’attention de la vraie menace. C’est une proposition qui, à mon sens, décrédibiliserait le vrai combat donné contre l’islam politique qui, lui, lui, est essentiel. C’est également ce qui justifie et justifiera que je pousse et défende, comme ministre des cultes, toute initiative qui puisse contribuer à mieux faire connaître l’islam. Et tu sais, mon cher Chems [recteur algérien de la Grande Mosquée], combien le président de la République est attaché à développer et à mieux faire connaître l’islam. »
Laurent Nuñez a été initié à la Grande Loge de France, précise Vincent Nouzille dans son livre “Le côté obscur de la force : Enquête sur les dérives du ministère de l’Intérieur et de sa police” :

Sous pression internationale, la Principauté d’Andorre va-t-elle dépénaliser l’avortement ?
Xavier Espot Zamora, chef de l’exécutif andorran, a déclaré être à « un stade de conversation très avancé avec le Saint-Siège » pour parvenir à une dépénalisation de l’avortement avant la fin de la législature, prévue au printemps 2027. Le droit andorran actuel expose les femmes qui avortent à six mois d’emprisonnement, et les médecins qui le pratiquent à trois ans de prison assortis de cinq ans d’interdiction d’exercice.
Le chef du gouvernement veut supprimer les peines encourues par les femmes qui mettent fin à leur grossesse. L’avortement demeurerait illégal sur le territoire andorran, mais ses ressortissantes pourraient y recourir à l’étranger. Un médecin pratiquant des avortements clandestinement en Andorre resterait, lui, passible de sanctions.
L’un des deux coprinces d’Andorre étant l’évêque catholique d’Urgell, Mgr Josep-Lluis Serrano Pentinat, Xavier Espot veut éviter une réforme qui le conduirait à « mettre en échec » le système institutionnel et pourrait contraindre le coprince à abdiquer. Selon lui, la structure de la coprincipauté — partagée entre le président de la République française et l’évêque d’Urgell — « a été à la base de huit siècles de paix, d’indépendance et de souveraineté », et il serait « une grave erreur d’y renoncer ».
En 2018, le Saint-Siège avait adressé une mise en garde aux autorités andorranes. Le souverain pontife a téléphoné au chef du gouvernement : si l’avortement est légalisé, le Vatican ordonnera l’abdication de l’un des deux co-princes d’Andorre, Mgr d’Urgell.
Le Comité des droits de l’homme des Nations unies, lors de sa 145e session tenue à Genève début mars 2026, a examiné pour la première fois le rapport initial d’Andorre sur la mise en œuvre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (ICCPR). Dans ses observations finales, le Comité a recommandé à Andorre de revoir sa législation pour « garantir un accès effectif à l’avortement légal et sécurisé » lorsque « la vie ou la santé de la femme est en danger », jugeant préoccupant que les dispositions pénales en vigueur conduisent les femmes à se rendre à l’étranger. Andorre devra rendre compte de ses avancées sur ce point d’ici le 19 mars 2029.
La visite officielle d’Emmanuel Macron, prévue les 27 et 28 avril à Andorre-la-Vieille, devrait également placer cette question en toile de fond diplomatique, la France ayant inscrit l’avortement dans sa Constitution en mars 2024.
Source : Gènéthique
I-Media : L’affaire Quentin relancée par BFMTV
L’image de la semaine : Philippe, le nouveau candidat du système
En une semaine à peine, Edouard Philippe est passé de simple ancien premier ministre à “candidat naturel” de la droite et du centre. Comment expliquer cette accélération médiatique ? Rien de plus simple : un sondage publié par BFMTV et La Tribune Dimanche, largement relayé par l’ensemble des rédactions, le donne comme “le seul capable de battre le RN” au second tour. Ce scénario, répété en boucle sur les plateaux, remplit toutes les cases du “storytelling médiatique”.
Le dossier du jour : L’affaire Quentin relancée par BFMTV
De nouvelles images prises par les Renseignements Territoriaux ont été diffusées par BFMTV dans un reportage dont la formulation grammaticale, volontairement ambiguë, laissait entendre que les responsables pourraient être “des membres d’un groupe d’ultragauche”… sans jamais l’affirmer clairement. Une zone de flou dans laquelle se sont immédiatement engouffrés les députés LFI.
Face à la polémique, la chaîne a dû publier un second tweet pour “repréciser” son propos. Trop tard. Manipulation grossière ou erreur, Raphaël Arnault a saisi l’opportunité pour se relancer médiatiquement et politiquement dans une interview complaisante d’1h15 chez Blast, media d’extrême gauche arrosé d’argent public, transformant un possible complice, son ami et assistant parlementaire Jacques-Elie Favrot, en victime du “Système”.
Les pastilles de l’info :
– CNC : des subventions militantes et idéologiques pour la gauche
– Emmanuel Grégoire et ses 36 adjoints : un adjoint aux “médias libres” ?
– Auditions parlementaires de Nagui entre salaire faramineux et leçon de morale
– Le Tasty Crousty de Valérie Hayer : une eurodéputée macroniste fait la pub de ce fast-food
– L’interview complaisante de Lavrov par Léa Salamé sur France 2
Portrait piquant : Léa Salamé, icône médiatique ou rouage du système ?
Noah : le petit garçon de Jounieh qui prie pour la Paix et qui a rencontré le Pape Léon XIV
De notre Envoyé spécial Antoine Bordier, auteur de Arthur, le petit prince du Liban
Il ressemble à un garçon comme les autres, mais, ce jour-là, ce Jeudi Saint, dans l’église Saint-Joseph des Jésuites, à Beyrouth, en pleine Messe chrismale, il est là avec sa maman, Micheline. Son papa, Joseph, n’a pu faire le déplacement.
De l’autre côté de la nef, une cinquantaine de prêtres ont pris place pour la célébration de la Messe présidée par Mgr César Essayan, le Vicaire Apostolique de Beyrouth pour les catholiques de rite latin au Liban. Aux côtés de ce dernier, le Nonce Apostolique, Mgr Paolo Borgia, a fait le déplacement. Il n’est pas dans le sud, avec les chrétiens qui ont décidé de rester jusqu’à la fin dans leurs villages bombardés par Israël.
Avec ses grands yeux bleus, la présence de ce petit garçon aux cheveux bouclés, habillé de noir, dénote et interroge. Car, parmi les fidèles, il est le seul enfant de cet âge.
Reportage sur le petit garçon de Jounieh qui prie la nuit pour la Paix et qui a rencontré le Pape Léon XIV, le 30 novembre 2025 !
Souvenez-vous c’était sa première visite papale au Liban. “L’homme en blanc” comme l’appelle Pierre Bachelet, la main droite posée délicatement sur la rampe de l’escalier mobile descend les marches. Il s’arrête et salue plusieurs fois les officiels présents sur le tarmac de l’aéroport Rafiq Hariri. Au pied de l’escalier l’attendent le président de la République, Monsieur Joseph Aoun, et son épouse que l’on appelle “la première dame”, Nehmat Nehmeh. En retrait, le Patriarche Béchara Boutros Raï, le 77e patriarche maronite d’Antioche et de tout l’Orient, sourit, il est aux anges.
Il a connu trois papes : Benoît XVI, François et celui qu’il va saluer dans quelques secondes. D’un pas lent, mais assuré, aux sons des flûtes, des trompettes et des tambourins, le pape Léon XIV entre dans la grande tente officielle dressée pour cette occasion historique. C’est là que l’attendent les 200 invités, triés sur le volet, parmi lesquels se trouve Noah et ses parents.
Les papes et le Liban
Avant Léon XIV, il faut remonter à Paul VI, pour voir le premier chef de l’Eglise catholique fouler la terre sainte libanaise en 1964. La terre sainte ? Oui, le Liban est une terre sainte, celle du creuset de la création, celle des pas du Christ, celle de Cana, celle de Tyr et de Sidon, celle des cèdres, celle des montagnes de Dieu. Du Christ à Paul VI, il n’y a qu’un pas de 1964 ans à faire. Mais, on l’a vite oublié et les présentateurs non renseignés l’oublient encore de nos jours, car il ne s’agissait pas le 2 décembre 1964 d’une visite apostolique, mais plutôt d’une escale ! Il se rendait en Inde pour le Congrès eucharistique de Bombay. Une escale angélique, une escale divine, une escale papale…
Le monde entier s’arrête et écoute. Comme pour le Pape Léon XIV, cette visite-transit a fait s’envoler toutes les cloches des églises libanaises. Quelle musicalité, quelle sonorité dans le ciel levantin des années glorieuses. En 1964, le Liban est encore en paix. Il n’est pas crucifié. Le pays-confetti aussi grand que la Corse avec ses 10 452 km2, le pays du Cèdre est devenu la Suisse du Proche-Orient. Beyrouth où vécut Lamartine, sur les hauteurs d’Achrafieh, ressemble, alors, à Nice et à Paris, avec ses rues portant des noms bien français : avenue du Général de Gaulle (car le commandant de Gaulle y vécut entre 1929 et 1932), avenue de Paris, avenue des Français, rue Foch, rue Gouraud (du nom du général signataire du mandat français de 1920 à 1943), rue Monot, rue Pasteur, rue Huvelin (du nom du professeur d’histoire co-fondateur de la faculté de droit de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth en 1913), etc.
“Le pays messager”
Après lui, d’un pape à l’autre, Jean-Paul II fera une visite historique qui est restée dans les âmes, les coeurs et les mémoires. D’autant plus que les premiers mois du pontificat de Jean-Paul II sont tâchés des pages les plus tragiques du Liban, écrites avec le sang des femmes et des hommes, des enfants, des civils et des militaires : celle des guerres de 1975 à 1990. Elles firent des centaines de milliers de victimes. Les 18 communautés religieuses qui forment la mosaïque Liban sont touchées en plein cœur et s’entredéchirent. Le vivre-ensemble libanais implose, à cause des Palestiniens et de Yasser Arafat qui veut faire du Liban son bastion, sa citadelle, sa tour imprenable.
7 ans après la fin de la guerre, le Pape Jean-Paul II se rend au Liban en 1997. Il y exhorte la jeunesse à bâtir des ponts entre les communautés. Celui qui a fait chuter le socialo-communisme en Europe de l’Est, en commençant par la Pologne, son pays natal, puis la Russie, est un vrai lutteur, un saint. L’orphelin est devenu l’Homme de Dieu, il croit profondément que le Liban est un « pays messager ».
Il répétera : « Le Liban est bien plus qu’un pays : c’est un message de liberté et un exemple de pluralisme pour l’Orient et l’Occident. » Aujourd’hui cette liberté, ce message, ce pays, ce peuple est crucifié.
Noah rencontre le pape Léon XIV
Le pape Léon XIV poursuit la mission de ses prédécesseurs à temps et à contre-temps. Ce 30 novembre, il vient de franchir l’entrée de la tente officielle. A sa droite, l’orchestre militaire continue avec force et élévation sa fanfare. Sur sa droite, les 200 fidèles qui l’attendent depuis plusieurs heures sont récompensés. Une énergie nouvelle les dynamise. Ils essayent de l’arrêter, de l’accrocher, de lui glisser un geste d’affection, un mot d’amitié, une parole fraternelle. Certains le touchent, et lui, se laisse toucher. La sécurité est là, qui éloigne avec délicatesse les pèlerins d’un jour venus à la rencontre de « l’apôtre de la Paix ».
Noah, du haut de ses 1,10 m et des poussières essaye de se frayer un chemin. Son papa le porte. Par chance, par grâce, le pape regarde dans sa direction, il salue Noah, le bénit et lui fait un grand sourire. La première dame, dans son joli tailleur bleu et blanc, regarde dans sa direction en souriant.
Le témoignage d’un enfant
Noah est aux anges. Son prénom est descendu des pentes adoucies par les eaux du déluge se retirant du mont Ararat, permettant ainsi à l’homme, à Noé, de passer de la mort à la vie, de la malédiction de Dieu, à sa bénédiction…
Oui, Noah est aux anges. Son attente est récompensée :
« Nous avons attendu près de 3 heures… C’était long. Mais, je ne regrette pas. Je m’en souviens comme si c’était hier. Ils ont lancé à son arrivée des coups de canon. Ce qui m’a fait sursauter. J’ai eu très peur, mais ce qui m’a rassuré, c’était la présence du pape. Quand il est entré dans la tente, j’ai réussi à me faufiler, malgré la foule. Il m’a béni et j’ai pu prendre un selfie et des photos. »
Plusieurs mois plus tard, ce Jeudi Saint, ce 2 avril qui commémore, également, le départ de Jean-Paul II en direction du Ciel (en 2005), à la sortie de la Messe chrismale, qui a duré deux heures, il témoigne encore. Son émotion reste grande, comme si cette rencontre le marquait à tout jamais, instant d’éternité : « Lorsque je l’ai vu passer devant moi, j’ai eu un frisson de joie et je ne sais pas pourquoi mais j’ai eu peur aussi. Après avoir pris mes photos, et lorsqu’il a quitté la tente, j’ai dit à ma mère que notre attente de trois heures debout en valait la peine… » Puis, il conclut, comme s’il s’agissait, pour lui, d’un commencement : « Je n’oublierai jamais ce jour-là ».
Une maman heureuse, malgré la guerre
Micheline, sa maman, sort de l’église Saint-Joseph et revient, aussi, sur cette rencontre.
« Nous avons tous été très émus. C’était, en effet, très impressionnant de voir le pape d’aussi près. Il nous a apporté l’espoir. Moi, vous savez, j’ai toujours vécu ici. Je suis née pendant les guerres, il y a 50 ans. Nous aimons le Liban, nous aimons l’espoir. J’ai été très heureuse que mon fils ait vécu ce moment historique très spécial. Ensemble, nous avons demandé au Seigneur de nous sauver. Le Liban est béni, il a plein de saints. Nous allons être sauvés, j’en suis certaine. »
Quelle foi !
La foi de Micheline est surprenante, elle déplacerait les montagnes que cela ne serait pas étonnant. Les montagnes qui font le Liban, le mont Liban et l’Anti-Liban, sont des montagnes saintes. Aucun doute n’est permis. Elles ont servi pendant des siècles de refuges pour les chrétiens persécutés pendant des siècles. Le mot que Micheline répète sans cesse est celui de « l’espoir ». Pour elle, la solution à la guerre actuelle, une guerre sans fin depuis 1975, repose sur les hommes et sur Dieu. Elle précise même cette dépendance, indiquant ainsi la hauteur et la profondeur, la largeur et la longueur de sa foi : « Un peu des hommes et beaucoup de Dieu ! »
Noah, une enfance dans la guerre
Depuis sa naissance en 2014, Noah Issa, a, déjà, connu plusieurs guerres : celle de 2023-2024 et celle de 2026, celle que nous sommes en train de vivre en pleine Semaine Sainte.
Pour le Liban, la guerre s’est plus ou moins arrêtée lors du cessez-le-feu du 27 novembre 2024. Presque, car, alors que son ennemi de toujours, le Hezbollah, lui, le respectait, Israël, en toute impunité et malgré les condamnations et les sanctions internationales, a continué à bombarder le sud du Liban. Terres et villages du sud qui feraient l’objet d’un marché, de spéculations entre Israéliens. Mais le sud Liban n’est pas à vendre !
Il serait bon de se rappeler que le 27 novembre 2026 n’est pas n’importe quelle date. C’est un jour de fête, celui de la Médaille Miraculeuse. Oui, ce jour-là, un miracle a eu lieu.
Puis, très vite, dès le lendemain, le diable, tel le dragon de l’Apocalypse, a remué sa queue. Il a continué à bombarder le sud, faisant des centaines de morts et des milliers de blessés. Et, le 2 mars 2026, tout le Moyen-Orient s’est embrasé. De nouveau Beyrouth la belle était frappée…
Noah vit à Jounieh, une ville côtière qui se situe à une vingtaine de km au nord de Beyrouth, dans le quartier de Zouk. Malgré cet éloignement, il entend les drones et les missiles qui frappent les quartiers sud chiites de la capitale.
« Oui, je souffre de la situation, de la guerre. J’ai peur. Mais, je prie. Quand les avions passent le mur du son, cela me réveille. J’ai, déjà, été réveillé plusieurs fois dans la nuit. J’ai fait des nuits blanches. Et, ma résolution c’est de prier ! »
Noah est un petit garçon enthousiaste, joyeux, souriant, bien dans ses baskets. Un saint qui prie !
De Noah à Carlo Acutis
Le petit garçon de 11 ans a des traits communs avec Carlo Acutis, canonisé en septembre dernier. Comme lui, il aime jouer sur son ordinateur. Mais, il aime surtout prier,
« aller à l’église, croire en Dieu, prier le chapelet, se confesser, adorer, aller à la Messe… »
Noah a entendu parler du saint de l’Eucharistie. Carlo Acutis ? Oui, il a entendu parler de Carlo Acutis, ce jeune italien de Milan mort d’une leucémie foudroyante à l’âge de 15 ans. Carlo Acutis a commencé par faire revenir ses parents à la foi. Puis, il s’est rapproché de saint François d’Assise. Comme lui, Noah prie le chapelet chaque semaine. Mais, il ne connaît pas bien les miracles eucharistiques, ces osties consacrées qui font apparaître des taches de sang, des morceaux du Cœur du Christ. Il ne connaît pas bien l’exposition universelle imaginée par le tout jeune Carlo Acutis quand il avait 11 ans. Qui a 11 ans a entendu parler des miracles eucharistiques ?

Un francophone qui prie ?
Autre caractéristique étonnante, voire épatante, de Noah, pour son jeune âge : il parle très bien la langue française. Et ce qui est le plus surprenant sur le sujet, c’est sa réponse : « Oui, j’ai appris le français grâce à mes parents, sur Youtube, et à la télévision. » Incroyable mais vrai, Noah est bourré de talent. Ce petit garçon est en 6e au collège central de Jounieh, un collège francophone. Plus tard, Noah voudrait se diriger vers les carrières informatiques. Déjà, serait-il, comme saint Carlo Acutis, un « geek de Dieu » ?
La conversation se termine, alors que les derniers prêtres et les derniers fidèles sortent de l’église Saint-Joseph. Les douze coups de midi viennent de sonner, Noah a envie de conclure en lançant son appel à la prière d’une façon très inattendue.
« Je demande à la France, aux Français, à tout le monde, de prier pour nous, pour les morts, pour les blessés, pour les personnes handicapées. Je demande aussi de prier pour l’armée qui ne peut rien faire. Et, laissons faire ce que Dieu veut : la PAIX ! »
Quelle maturité !
Mieux encore, Noah va plus loin que la prière. Il s’est engagé comme scout, et travaille chaque semaine à préparer des colis alimentaires et vestimentaires pour les réfugiés, pour les pauvres. Un exemple à suivre… à trois jours de Pâques. « Je rêve de la Paix à Pâques », conclut-il. Que Dieu l’entende…
Reportage réalisé par Antoine BORDIER, auteur, biographe et consultant
Copyright des photos A. Bordier et Noah Issa
“Se laisser servir par le Seigneur est donc une condition pour servir comme Il l’a fait, Lui”
Extrait de l’homélie de Léon XIV lors de la messe vespérale du Jeudi Saint :
[…] Se laisser servir par le Seigneur est donc une condition pour servir comme Il l’a fait, Lui. « Si tu ne te laisses pas laver – dit Jésus à Pierre – tu n’auras pas part avec moi » (Jn 13, 8). Si tu ne m’accueilles pas comme serviteur, tu ne peux pas croire en moi et me suivre comme Seigneur. En lavant notre chair, Jésus purifie notre âme. En Lui, Dieu a donné un exemple non de la manière dont on domine, mais de celle dont on libère ; de la manière de donner sa vie, non celle de la détruire.
Alors, face à une humanité à genoux, face à de nombreux exemples de brutalité, agenouillons-nous nous aussi en tant que frères et sœurs des opprimés. C’est ainsi que nous voulons suivre l’exemple du Seigneur, en accomplissant ce que nous avons entendu dans le livre de l’Exode : « Ce jour sera pour vous un mémorial » (Ex 12, 14). Oui, toute l’histoire biblique converge vers Jésus, véritable agneau pascal. À travers Lui, les figures anciennes trouvent leur pleine signification, car le Christ sauveur célèbre la Pâque de l’humanité, ouvrant à chacun le passage du péché au pardon, de la mort à la vie éternelle : « Ceci est mon corps, qui est pour vous ; faites ceci en mémoire de moi » (1 Co 11, 24).
En renouvelant les gestes et les paroles du Seigneur, précisément ce soir, nous faisons mémoire de l’institution de l’Eucharistie et de l’Ordre sacré. Le lien intrinsèque entre ces deux sacrements représente le don parfait de Jésus, Grand Prêtre et Eucharistie vivante pour l’éternité : dans le pain et le vin consacrés se trouve en effet le « sacrement de l’amour, signe de l’unité, lien de la charité, banquet pascal, dans lequel le Christ est mangé, l’âme est comblée de grâce et le gage de la gloire future nous est donné » (Const. dogm. Sacrosanctum Concilium, 47). Dans les évêques et les prêtres, constitués « prêtres de la nouvelle Alliance » selon le commandement du Seigneur (Concile de Trente, De Missae Sacrificio, 1), réside le signe de sa charité envers tout le Peuple de Dieu que nous sommes appelés à servir, chers confrères, de tout notre être.
Le Jeudi-Saint est donc un jour de profonde gratitude et de fraternité authentique. […]
“En cette heure sombre de l’histoire, il a plu à Dieu de nous envoyer répandre le parfum du Christ là où règne l’odeur de la mort”
Extrait de l’homélie du pape Léon XIV lors de la messe chrismale, au matin du Jeudi Saint :
Cher frères et sœurs, ce sont les saints qui font l’histoire. Tel est le message de l’Apocalypse. « À vous, la grâce et la paix […] de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier-né des morts, le prince des rois de la terre » (Ap 1, 5). Cette salutation résume le parcours de Jésus dans un monde déchiré entre des puissances qui le ravagent. En son sein naît un peuple nouveau, non pas de victimes, mais de témoins. En cette heure sombre de l’histoire, il a plu à Dieu de nous envoyer répandre le parfum du Christ là où règne l’odeur de la mort. Renouvelons notre “oui” à cette mission qui exige de nous l’unité et qui apporte la paix. Oui, nous sommes là ! Surmontons le sentiment d’impuissance et de peur ! Nous annonçons ta mort, Seigneur, nous proclamons ta résurrection, dans l’attente de ta venue.
Quatre Evangiles, vraiment ?
Dans son célèbre roman Da Vinci Code, Dan Brown met en scène ce dialogue :
« – Plus de quatre-vingts Evangiles auraient pu figurer dans le Nouveau Testament, mais seulement quatre d’entre eux ont été retenus […].
– Et qui a décidé de la sélection ?
– Ah ! s’esclaffa Teabing, c’est là l’ironie fondamentale du christianisme. La Bible, telle que nous la connaissons aujourd’hui, a été collationnée par un païen, l’empereur Constantin le Grand ». (Dan Brown, Da Vinci Code, Paris, Lattès, 2004, p. 289).
Sous l’influence des légendes anti-chrétiennes véhiculées par toutes les formes de la sous-culture contemporaine, beaucoup en viennent à imaginer que le choix des quatre Evangiles remonterait à l’époque de Constantin, et qu’il aurait été dicté par le pouvoir politique.
On ajoute alors que d’autres évangiles, occultés par le clergé, révèleraient un Jésus très différent, particulièrement gênant pour l’Eglise. Et les médias officiels, ordinairement si sévères contre le complotisme, n’ont ici aucun scrupule : dès qu’il s’agit de l’Eglise, ils relaient favorablement tous les doutes et tous les soupçons.
Beaucoup s’interrogent cependant légitimement sur les Évangiles transmis par l’Église :
• Pourquoi quatre ? Un seul ne suffisait-il pas ?
• Et pourquoi ces quatre-là, et non les autres, dits apocryphes ?
• L’Église n’a-t-elle pas imposé SA vision, éliminant tous les témoignages discordants ?
D’où viennent donc nos quatre évangiles ?
Dans toutes les Églises chrétiennes, dès le IIe siècle, l’avis est unanime : QUATRE Évangiles – ni plus, ni moins – sont l’héritage des Apôtres.
C’est ce que le Père Louis-Marie O.P. démontre dans un nouvel ouvrage : Quatre Evangiles solidement attestés, paru aux Editions du Sel.
Si cet héritage ne vient pas des Apôtres, comment expliquer cette unanimité, au 2e siècle, dans des Eglises qui ont chacune leurs traditions propres, et qui peinent à se mettre d’accord sur la façon de calculer la date de Pâques ?
L’auteur présente successivement les témoignages :
– de la Gaule (saint Irénée de Lyon),
– de l’Asie mineure (Papias et Apollinaire de Hiérapolis, Méliton de Sardes, Polycarpe de Smyrne, Polycrate d’Ephèse),
– de l’Égypte (Clément d’Alexandrie),
– de l’Afrique du Nord (Tertullien de Carthage),
– de saint Justin, qui se rapporte autant à la Palestine qu’à l’Italie (où l’on a également relevé le Canon de Muratori et la lettre de saint Clément de Rome),
– de la Syrie (Ignace, Théophile et Sérapion d’Antioche, puis Tatien à Édesse),
– et même, des ennemis de l’Église, qui déposent, malgré eux, en faveur des quatre Évangiles.
L’ouvrage présente ces témoignages et ces preuves de façon vivante et pédagogique, sous forme de questions-réponses, tel un dialogue clair et sans concession, à la recherche de la vérité, et sans éviter aucune objection.
Père Louis-Marie O.P., Quatre Evangiles solidement attestés, Editions du Sel, coll. « J’ai raison de croire », 2025, 112 p. (14 euros).
A commander ici : https://www.chire.fr/librairie/louis-marie-o-p-fr-quatre-evangiles-solidement-attestes-p-510326
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Messe vespérale du Jeudi saint « In Cæna Domini »
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
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Cette Semaine sainte est bien sûr d’une richesse spirituelle, liturgique et…musicale exceptionnelle.
Le graduel de la Messe vespérale du Jeudi saint exalte le sacrifice du Christ sur la Croix. C’est un passage célèbre de l’Épître aux Philippiens dont vous pourrez lire le texte et sa traduction plus bas juste après l’Introït.
Ce graduel est également chanté à la fin de tous les offices du Triduum sacré, Jeudi, Vendredi et Samedi saints et particulièrement de l’office des Ténèbres. Le premier soir on ne chante que la première phrase, le deuxième est ajouté mórtem aútem crúcis, et le troisième l’on entend la deuxième partie triomphale qui annonce la résurrection. La mélodie de ce graduel est faite de formules que l’on retrouve dans de nombreux autres graduels, mais elles sont admirablement choisies pour exprimer toutes les nuances du texte avec un contraste frappant entre les deux parties.
Le Père Perrodon, dans son ouvrage Notre beau chant grégorien (1944), écrit :
Nous nous trouvons là en face d’un sommet de beauté. Si l’on doutait encore de l’influence que le christianisme a pu exercer sur la musique, par son besoin de faire déborder dans le lyrisme du chant l’ivresse d’amour inspirée par le mystère du Christ, on n’aurait, pour s’en convaincre, qu’à écouter cette admirable pièce.
Introït : Nos autem
La messe vespérale du Jeudi saint commémore, on le sait, l’institution de la Sainte Eucharistie et du Sacerdoce. L’Introït et le Graduel de cette messe nous montrent le lien étroit qui existe entre la messe et la Croix, lien que nous avons trouvé en sens inverse dans la Communion du dimanche de la Passion. La première phrase de l’Introït est empruntée à l’Épître de saint Paul aux Galates, dans la conclusion de cette lettre, et la suite a été ajoutée par l’Église.
Nos autem gloriari oportet in cruce Domini nostri Jesu Christi : in quo est salus, vita et resurrectio nostra : per quem salvati, et liberati sumus.
Pour nous il faut nous glorifier dans la Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ, en qui est notre salut, notre vie et notre résurrection, et par qui nous avons été sauvés et délivrés.
La mélodie est, comme il convient, assez triomphale, pleine d’ardeur mystique et de ferveur, avec un beau crescendo dans la première phrase vers Domini nostri, qui se renouvelle dans la deuxième phrase vers vita. La troisième phrase est plus calme et contemplative. Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 66, petit psaume messianique annonçant la conversion de tous les peuples, ce qui sera un des fruits du sacrifice de la croix :
Deus misereatur nostri, et benedicat nobis : illuminet vultum suum super nos, et miseratur nostri.
Que Dieu ait pitié de nous et nous bénisse, qu’il fasse briller sur nous son visage et ait pitié de nous.
Graduel : Christus factus est
Comme l’Introït, le Graduel de la messe vespérale du Jeudi saint exalte aussi le sacrifice du Christ sur la Croix, et son texte est également de saint Paul, ce qui est pourtant assez rare dans les chants de la messe. C’est un passage célèbre de l’Épître aux Philippiens :
Christus factus est pro nobis obediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus exsaltavit illum, et dedit illi nomen, quod est super omne nomen.
Le Christ s’est fait pour nous obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur la croix ; c’est pourquoi Dieu l’a exalté et lui a donné un nom au-dessus de tout nom.
Ce Graduel est également chanté à la fin de tous les offices du Triduum sacré, Jeudi, Vendredi et Samedi saints et particulièrement de l’office des Ténèbres. Le premier soir on ne chante que la première phrase, le deuxième on ajoute mortem autem crucis, et le troisième on ajoute la deuxième partie triomphale qui annonce la résurrection. La mélodie de ce Graduel est faite de formules que l’on retrouve dans de nombreux autres Graduels, mais elles sont admirablement choisies pour exprimer toutes les nuances du texte avec un contraste frappant entre les deux parties. La première est sombre et grave surtout le mot crucis qui s’enfonce dans les profondeurs. La deuxième, au contraire s’élève dans les hauteurs avec enthousiasme, particulièrement la grande vocalise aérienne ornant le mot illum, pronom qui désigne le Christ.
Ajoutons que cette messe ne comporte qu’un chant entre l’Épître et l’Évangile. Il n’y a donc pas d’Alléluia, bien entendu, mais il n’y a pas non plus de Trait.
Offertoire : Dextera Domini
Ce chant d’Offertoire était déjà celui du troisième dimanche après l’Épiphanie et l’on pourra s’y reporter. Ajoutons seulement qu’il est placé aujourd’hui dans la bouche du Christ, qui y rend grâce par avance à son Père pour la victoire de la résurrection, déjà mentionnée dans l’Introït. Le psaume 117 d’où est tiré ce chant est d’ailleurs, nous le verrons, le psaume pascal par excellence.
Communion : Dominus Jesus
Le chant de Communion de la messe vespérale du Jeudi saint est tiré de l’Évangile qui est lu à cette messe, celui du lavement des pieds, au chapitre 13 de saint Jean.
Dominus Jesus, postquam cenavit cum discipulis suis, lavit pedes eorum, et ait illis : Scitis quid fecerim vobis, ego Dominus et Magister ? Exemplum dedi vobis, ut et vos ita faciatis.
Le Seigneur Jésus, après avoir pris le repas avec ses disciples, leur lava les pieds et leur dit : Savez-vous ce que je viens de faire pour vous, moi qui suis votre Seigneur et Maître ? Je vous ai donné l’exemple pour que vous fassiez de même.
Après avoir lu les paroles de l’institution de l’Eucharistie dans l’Épître de saint Paul aux Corinthiens, l’Église a voulu retenir, pour être lue à l’Évangile de cette messe, cette sublime leçon d’humilité et de charité, qui en éclaire toute la signification.
La mélodie de ce chant est un simple récitatif, assez régulier ; seul le mot Scitis au moment où le Christ prend la parole, est souligné par une belle montée expressive.
