Blogs avec images

Municipales : le grand vainqueur est quand même l’abstention

Le 1er tour des élections municipales s’est déroulé avec une participation estimée à 56%, soit le chiffre le plus faible depuis 1945 pour ce type de scrutin si l’on excepte 2020 où ces élections se déroulaient en pleine crise de Covid-19.

Vous pouvez retrouver les résultats de votre commune directement sur le site du Ministère de l’Intérieur.

Dans les trois plus grandes villes de France – Paris, Lyon, Marseille – pour la première fois les électeurs pouvaient voter pour élire directement leur maire.

  • A Paris, le gauchiste Emmanuel GREGOIRE arrive largement en tête en tête avec environ 36,4 %, devant la liste conduite par Rachida DATI qui obtient 24,8 %. Mme Sophia CHIKIROU LFI crée la surprise avec quelque 13 % devant M. Pierre-Yves BOURNAZEL soutenu par Horizons et Renaissance 11 % % et la candidate de Reconquête, Mme Sarah KNAFO qui peut se maintenir. Pour le second tour, Rachida Dati a annoncé une alliance avec Pierre-Yves Bournazel, mais sans Sarah Knafo, qui va donc certainement se maintenir.
  • A Marseille, le maire socialiste sortant Benoît PAYAN arrive en tête avec 36,8 %, devant la liste du RN de Franck ALLISIO 34 %. La liste de la LR Martine VASSAL soutenue par Horizons et Renaissance ne recueille que 13 %, mais elle se maintient au second. Le député LFI Sébastien DELOGU avec 11 % fait figure de faiseur de roi alors que la victoire du RN dans la seconde ville de France serait un séisme politique.
  • A Lyon, l’ancien président de l’Olympique Lyonnais Jean-Michel AULAS soutenu par LR, Renaissance, Horizons, et MoDem, est au coude à coude avec le maire sortant écologiste Gregory
    DOUCET soutenu par le PS, le PC autour de 37 %. DOUCET fera alliance avec la candidate LFI Anaïs BELOUASSA-CHERIFI en troisième position avec 10 %.

Le parti Renaissance est peu présent dans ces élections : le parti présidentiel n’a jamais réussi son ancrage local.

Horizons, formation qui s’est présentée comme le “parti des maires” et compte quelques 600 maires et 2300 élus locaux, visait de conserver Le Havre pour conforter Edouard PHILIPPE dans sa stature de présidentiable. Avec 43,8% il est bien parti pour le second tour.

Pour le MoDem, il est essentiel de conserver Pau où François BAYROU briguait un troisième mandat. Il arrive en tête avec 40 % devant le candidat de gauche 36 % et le RN à 16%.

Pour les Républicains, Bruno RETAILLEAU espérait une vague bleue qui permettrait à LR de revenir à la tête de grandes villes. Mais les résultats du 1er tour à Paris et Lyon sont très en deçà de ses attentes. A Nîmes, où le maire sortant M. FOURNIER ne se représentait pas, la droite s’est divisée entre M. Franck PROUST (LR, Horizons) avec 19,5% et M. Julien PLANTIER (Renaissance, MoDem) avec 15,5%. C’est l’eurodéputé RN Julien SANCHEZ et le communiste Vincent BOUGET qui sont arrivés en tête et sont au coude à coude avec environ 30 %.

Le président de LR Bruno RETAILLEAU a appelé dimanche soir au rassemblement

“des électeurs de droite derrière nos candidats qui sont en mesure de battre la gauche ou le Rassemblement national dimanche prochain”.

Pour le second tour, il a réitéré la consigne de vote qu’il répète depuis le début de la campagne : “pas une voix pour LFI”, élargissant sa consigne aux

“socialistes, écologistes ou communistes qui se sont alliés avec l’extrême gauche au premier tour ou qui vont s’allier (avec elle) cette semaine entre les deux tours”.

Côté PS, le problème est le rassemblement des voix de gauche au second tour et notamment les voix de LFI. Le PS n’a cessé d’affirmer qu’il n’y aurait pas d’accord national avec ce parti (PS et LFI ont néanmoins fait liste commune dans une soixantaine de villes). Mais cela n’exclut pas des arrangements locaux, justifiés généralement par le danger d’une victoire du RN.

Chez LFI, la stratégie islamo-gauchiste fonctionne, comme à Roubaix (46%) ou Saint-Denis. L’enjeu pour LFI est d’augmenter le nombre d’élus locaux, relai important pour la présidentielle, et faire son entrée au Sénat où LFI est absente. LFI est en position d’arbitre à Marseille ou Nantes. De quoi durcir les négociations qui vont se dérouler avec le PS. Dans de nombreuses grandes villes, les listes LFI se situent entre 10 et 15 % et sont dès lors les indispensables faiseurs de rois ou les fossoyeurs de la gauche. PS et écologistes n’excluent pas un accord au cas par cas avec LFI pour conserver des mairies importantes. Mais tel n’est pas le calcul de M. MELENCHON dont le seul but est l’élection présidentielle et qu’une défaite de la gauche aux municipales ne gênerait en rien.

S’il est puissant dans les scrutins nationaux, le RN était resté faible dans les scrutins municipaux. Afin de renforcer son maillage local, il a présenté avec son allié UDR quelque 600 listes. Laure LAVALETTE est arrivée en tête à Toulon avec environ 40 % mais est talonnée par Mme Josée MASSI (divers droite) autour de 30 %, le sénateur LR Michel BONNUS ayant 16 %. M. Louis ALIOT a été réélu à Perpignan de même que M. David RACHLINE à Fréjus. Comme pour LFI, l’enjeu de ces municipales est aussi d’augmenter le nombre de ses élus locaux et de renforcer sa représentation sénatoriale.

Du côté des candidats indépendants, Robert Ménard a été réélu à Béziers (65,6%), Nicolas Dupont-Aignan aussi à Yerres avec près de 80% et Jacques Bompard arrive en tête à Orange avec 32,9% devant le RN à 28,1%

Divorce catho « pire que pire » : des solutions ?

(3e et dernier article sur ce sujet explosif)

L’existence de la séparation injuste avec « enfants-otages privés de père » en milieu « catho plutôt tradi » semble établie. Des pères nous ont contactés. Des prêtres. Une grand-mère et même une mère. Des dizaines de témoignages. Pas des centaines, ouf, tant mieux. Mais pas négligeable non plus.

Les articles ont suscité de nombreux témoignages : https://lesalonbeige.fr/divorce-catho-pire-que-pire/ et https://lesalonbeige.fr/divorce-catho-pire-que-pire-2-du-cote-des-meres/

Un forum d’entraide s’est monté entre pères : pour en savoir plus, écrire à [email protected] .

Et maintenant, quelles solutions ? Les éléments suivants n’engagent que moi. Ils sont présentés de manière assez tranchées, alors que bien sûr les réalités seront nuancées.

Rappelons que ce 3e article se situe toujours dans le contexte d’une situation injuste, en milieu catho, où la mère empêche durablement et injustement toute relation enfants-père. De nombreux autres contextes existent, comme évoqué lors des articles précédents.

ETRE CONSCIENT QU’IL EXISTE DE TELLES SITUATIONS, MEME EN MILIEU CATHO

Essayez d’en parler avec un père malheureusement concerné, pour comprendre la réalité des choses. Il est formateur de lire les accusations écrites par les mères, par exemple une plainte, ou les « conclusions » d’une procédure juridique : on en reste scotché tant c’est violent.

Si possible, en parler au sein du couple, et se dire : « faisons tout pour que cela ne nous arrive pas, et donnons-nous nos lignes rouges ».

Prendre conscience qu’il n’y a que des perdants. Le père est détruit par son éviction. Les enfants sont détruits par l’absence de père, et aussi par le rejet de leur mère s’ils comprennent ce qui s’est passé. La mère elle-même peut être détruite par cette dernière circonstance, ou « simplement » par les dérives des enfants élevés sans père (apostasie, addictions, etc.).

CONNAITRE LES FACTEURS AUGMENTANT LE RISQUE QUE CELA ARRIVE

Beaucoup de mères concernées par ce problème n’ont pas eu de père, ou bien un père absent physiquement ou psychologiquement. Leur structuration s’est effectuée en l’absence d’un certaine « rugosité » de leur propre père. Maris, dans ce cas, votre éventuelle « rugosité » est un risque.

De même, le phénomène concerne plutôt les mères qui ont peu d’ambition professionnelle. Au contraire, une mère ayant des ambitions professionnelles fortes appréciera que le père s’occupe régulièrement des enfants.

Le risque d’accusations fortes s’accroît selon le comportement du père : « violence » sur les enfants ( = fessées, etc.), mensonges (réputation de menteur), actions illégales (au volant, etc.), pertes financières, etc.

Rappelons ici une évidence : en cas de violence sur la mère (coups, insultes, etc.), le père peut difficilement être défendu…

L’insistance concernant l’intimité est également un risque. Parfois il vaut mieux faire chambre à part.

Pour diminuer les risques, il faut être un père attentif, qui s’occupe des enfants, etc.

QUAND LES MOTS ARRIVENT : SEPARATION, DIVORCE

Le plus souvent, la mère prononce ces mots alors qu’un dialogue existe encore.

Même si cela fait mal, le père doit accepter le choix de la mère, qui est de vous quitter. En effet, la situation dégénère souvent à cause du refus du mari. La réaction de la mère est alors, en substance : « tu ne veux pas me laisser partir ? OK, tu vas dégager de ma vie d’une autre façon… ».

Nous préconisons ici d’envisager le « nesting » (ou « nid pour deux ») : les enfants restent dans la maison, avec présence alternative de chaque parent. Cela offre de nombreux avantages pour les enfants, avec cependant un risque : il est facile pour un parent d’accuser l’autre en cas de saleté, détérioration, etc. Cette situation doit donc être « surveillée » par des amis, si possible.

Si cela doit évoluer ensuite, les juges prendront en compte la situation en cours. Ils seront donc plus enclins à accepter une résidence alternée.

QUAND LA « GUERRE » EST DECLAREE

La « guerre » est vraiment ouverte au début de la judiciarisation : plainte, demandes d’ordonnance de protection et de séparation, etc. (cf les 2 articles précédents).

Pères, vous avez alors 2 choix « extrêmes », et toutes les nuances entre les deux : se laisser faire et tout accepter ; ou bien lutter pied à pied.

Il est très difficile de choisir.

Aucun choix n’assure la réussite. Tout dépendra des juges, de la mère, et parfois des enfants.

Concernant les enfants, ils souffriront dans tous les cas. Ils souffriront s’ils suivent leur mère, parce qu’ils se construiront sans père. Ils souffriront s’ils refusent, car ils seront conscients de la manœuvre, et leur mère sera abîmée à leurs yeux.

Conséquences fréquentes pour les enfants : abandon de la religion, difficulté à s’engager dans le mariage ou la parentalité, dépression voire suicide, etc.

SE LAISSER FAIRE ? UN CERTAIN LIEN ENFANTS-PERE PEUT PARFOIS ETRE MAINTENU

Si vous vous laissez faire, la mère pourra vous laisser des miettes, qui pourront permettre de conserver un certain lien avec les enfants. Mais pour ces derniers aussi, vous serez coupable, et donc possiblement rejeté.

Mais la mère n’accepte pas toujours de donner ces miettes. Elle évince parfois totalement le père quoi qu’il fasse : « c’est un pervers narcissique, il dégage ».

LUTTER ? SUR LES PLANS JURIDIQUE, SOCIAL ET RELATIONNEL

Pères, si vous luttez, tout va se durcir très vite : accusations et plaintes en tout genre.

Il faut alors convaincre tout le monde : juges, police, services sociaux, etc. Ainsi que famille, amis, et même parfois les enfants. Cette situation est déchirante. Les proches ont des liens d’affection avec les deux parents. Pourtant, les deux versions étant tellement différentes, il y a nécessairement au moins un menteur. Qui ?

Les moyens dont le père dispose légalement sont les procédures et la communication.

Procédures JAF, pénal si besoin, etc. : au risque de se faire taxer de « procédurier pour se venger du départ de la mère ».

Rappelons que ces procédures blessent les enfants : conflit de loyauté, enquêtes sociales, MJIE, AEMO, MDS, placement en ASE, etc. Lourdes blessures, sans même une garantie de résultat.

Les grands-parents peuvent aussi initier une procédure. Le Code civil précise en effet que l’enfant a le droit d’entretenir des relations personnelles avec ses ascendants.

Certaines procédures ne nécessitent d’ailleurs pas d’avocat : on peut rédiger ses conclusions seul, avec un ami, un huissier (peu onéreux), etc.

Concernant la communication avec les proches, il faut inviter chacun à écouter les deux parties.

DANS CETTE « GUERRE », IL N’Y A PAS DE BONNE SOLUTION… HORS L’EGLISE

Nous avons vu que toutes les « solutions » détruisent les enfants, le père, et même souvent la mère.

Dans sa sagesse, l’Eglise propose l’article 1153 du Droit Canon : « se séparer en vertu d’un décret de l’Ordinaire » et « à moins que l’autorité ecclésiastique n’en ait décidé autrement ». « Décider », donc un jugement, donc une enquête, pour démêler le vrai du faux.

Littéralement, cet article évoque la décision concernant la séparation des époux. Or l’Eglise ne s’engagera évidemment pas sur ce terrain, dans notre société. Mais cette enquête pourrait au moins juger l’éventuel degré de protection des enfants face au père, le cas échéant.

Malheureusement, dans notre France laïque, aucun évêque n’ordonnera une telle enquête, et aucun prêtre ne s’y risquera sans l’accord des 2 parents.

NOUS SOMMES L’EGLISE ?

Une solution pourrait alors être que cette enquête soient menée par des proches : une sorte de « conseil des sages » informel. Même en l’absence de l’accord d’un des parents.

Les éléments d’appréciation sont nombreux : écoute de la famille, conclusions devant le juge, plaintes, attestations, courriers, etc. Dans la réalité, il est facile de constater certains mensonges ou contradictions, et de demander des explications.

EN PRATIQUE

Clairement, je préconise de ne pas baisser les bras, pour 3 raisons : éviter une injustice sans fin contre les enfants s’il est bon pour eux de fréquenter leur père ; améliorer le climat général, quand la relation des enfants avec les 2 parents s’est équilibrée ; éviter que ce mode d’action se propage, s’il produit une victoire systématique.

Dans cette lutte, la partie juridique et sociale doit être menée avec les éléments cités au début : zéro violence, zéro mensonge, zéro illégalité, etc.

Le « conseil des sages » doit se former au plus vite, et être connu. Cela évite que chacun veuille se faire enquêteur et juge, propage des rumeurs, etc.

Point essentiel : ce « conseil » doit d’abord déterminer si la relation enfants-père peut reprendre sans risque. Il ne s’agit pas d’aider un père qui serait objectivement dangereux pour les enfants.

Sous cet œil amical et attentif, il est probable que les procédures juridiques et sociales seront elles aussi plus saines. En effet, il sera beaucoup plus difficile de mentir et de risquer une réprobation des proches.

Charles Rosiers, ancien chroniqueur au quotidien Présent, charles.rosiers@gmail.com

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Inversion sur la capitale – les Parisiens jaloux de la province ?

“- Tu es originaire de quel coin de la France ? demanda-t-il au premier.
De Montauban.
Oh le pays du cassoulet et du rugby ! s’exclama-t-il. Et toi ?
De Ploërmel, répondit le second.
L’irréductible Bretagne, ses chouans, son cidre et sa galette-saucisse !
Et toi, d’où est-ce que tu viens ? l’interrogèrent-ils à leur tour.
Moi je suis de région parisienne.”

Le mépris de la capitale pour la province est un lieu commun qui se vide peu à peu de ses habitants. Au sein d’espaces mondialisés où les différences s’estompent, l’identité des régions apparaît comme un roc. Enfin la ressemblance croissante de toutes les jeunesses occidentales inquiète fort le jeune parisien qui voue un culte à son originalité.

Paris est un creuset. La France entière s’y engouffre. Paris est la somme de toutes les régions : le béret est du Béarn, la marinière de la côte atlantique. Paris pioche, affine puis affiche les créations de nos terroirs avec succès. Mais derrière cette vitrine éclatante, le parisien s’interroge : quelle est ma part de contribution concrète dans cet étalage ?

Sous le règne de l’individu, la question de l’identité est centrale. Pour y répondre correctement, il faut d’abord se reconnaître une base commune. Ensuite, seule la réduction progressive de cette même base permet à terme l’émergence d’une individualité propre. Or, se dire citoyen du monde, français ou parisien semble de moins en moins satisfaisant à cet égard.

De nos jours, le parisien rêve d’enracinement, mais les racines ne prennent que mal dans le béton. Les familles de la métropole déménagent, donc s’en coupent toutes les quatre saisons. Dans nos villages, des générations naissent, vivent et meurent sous le même toit. Les mémoires régionales chantent des batailles que la république bâillonne, cependant que la capitale impose la libération de quelques criminels comme fête nationale.

Au sud, il y a l’ours des Pyrénées ; à l’ouest l’hermine de Bretagne ; et au centre le pigeon de Paris. Fluctuat nec mergitur : un navire médiéval pour symbole d’une ville où barbote des bâteaux-mouches. Enfin ces citoyens s’en réclament moins que d’une devise consensuelle et creuse composée de trois mots vagues. Pourtant, à quelques heures de là résonne encore : Potius mori quam foedari (plutôt mourir que se déshonorer).

Au cours de l’été précédent, avec plusieurs de mes amis, nous terminions une randonnée de quelques jours à Arzon, dans le Morbihan. Nous étions assis à la terrasse d’un café, face au port. Appuyé sur ma chaise, mon sac drapé du blason de de ma province ne tarda pas à attirer le regard de la table voisine. Autour de cette dernière, un groupe de jeunes hommes, proches de la vingtaine. Ils murmuraient encore lorsque je me mis à les observer. Profitant de ce contact visuel, l’un d’eux m’interrogea pour connaître l’origine de cet emblème. Des étoiles scintillaient du plus profond de ses yeux : les tours, les fleurs, les cœurs et la croix réveillaient son imaginaire.

Ce groupe ne donnait prise à aucune identification spécifique : ni accent, ni vêtements, ni visages typiques – ce qui est en soi déjà un trait de l’indifférenciation urbaine. Mon interlocuteur le confirma : ils vivaient en région parisienne.

Et du plus loin de cette région, tous semblaient désireux de connaître la fierté ressentie par le fait de porter un drapeau et d’en représenter les couleurs. Mais pour eux, une épineuse question demeurait en suspens : que représente le drapeau de la ville de Paris ?

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

La population du monde francophone est estimée à 602,2 millions d’habitants au 1er janvier 2026, contre 590,0 millions début 2025

D’Ilyes Zouari :

Après avoir dépassé celles de l’espace hispanophone et de l’ensemble Union européenne – Royaume-Uni, la population du monde francophone est désormais estimée à 602,2 millions d’habitants, au 1er janvier 2026. Une progression essentiellement due à l’Afrique francophone, dont l’émergence démographique s’accompagne d’une remarquable montée en puissance économique, en ayant notamment affiché la croissance la plus élevée du continent pour la douzième année consécutive en 2025. 

Selon les données et projections publiées par l’ONU mi-2024, complétées par celles fournies par certains organismes nationaux de la statistique (notamment dans le cas des pays partiellement francophones), la population du monde francophone est estimée à 602,2 millions d’habitants au 1er janvier 2026, contre 590,0 millions début 2025. Avec une progression de 2,07 % (soit 12,2 millions d’habitants), l’espace francophone creuse notamment l’écart avec l’ensemble constitué par l’Union européenne et le Royaume-Uni, qu’il avait dépassé en 2018 (519 millions, hors territoires français d’outre-mer), et avec le monde hispanophone qu’il avait dépassé en 2011 (488 millions).  

Le dynamisme de l’espace francophone

Cette estimation correspond à la population du monde francophone dans sa définition géographique la plus stricte et la plus sérieuse, qui ne tient compte que des pays et territoires réellement francophones, c’est-à-dire dans lesquels la population est en contact quotidien avec la langue française, à différents degrés, et où l’on peut « vivre en français ». Dans ces pays et territoires, le français est par conséquent, seul ou avec une langue locale partenaire, la langue de l’administration, de l’enseignement (pour l’ensemble de la population scolaire, au moins à partir d’un certain âge), des affaires et des médias, ou au moins la langue maternelle de la population, sous sa forme standard ou sous une forme créolisée (un peu comme l’arabe dialectal par rapport à l’arabe standard dans les pays du Maghreb).

Le monde francophone est donc un vaste ensemble rassemblant non moins de 33 pays, répartis sur quatre continents, et pour lequel ne sont donc comptabilisés que les parties francophones des pays partiellement de langue française, comme la Belgique ou le Canada (respectivement la Fédération Wallonie-Bruxelles et l’ensemble Québec-Acadie du Nouveau-Brunswick). Par ailleurs, l’espace francophone ne tient pas non plus compte d’un certain nombre de pays membres à part entière de l’Organisation internationale de la francophonie (mais ne remplissant aucun des critères nécessaires afin de pouvoir être considérés comme francophones, tels que le Liban, la Roumanie ou encore la Guinée-Bissau), ainsi que des nombreux pays et territoires non francophones à travers le monde où l’apprentissage du français est obligatoire pour tous les élèves, à partir du primaire ou du secondaire. 

Ce vaste espace s’étend donc sur près de 16,3 millions de km2, soit près de quatre fois l’Union européenne tout entière. À cela, s’ajoutent de vastes territoires maritimes, et notamment la zone économique exclusive française, seconde plus grande au monde avec ses près de 10,2 millions de km2 (soit plus du double de la superficie terrestre totale de l’Union européenne). Les cinq premiers pays francophones sont aujourd’hui la République démocratique du Congo (ou RDC, 114,6 millions d’habitants), la France (69,7 millions, territoires ultramarins inclus, tous statuts confondus), l’Algérie (47,7), le Maroc (39,2) et Madagascar (33,1). Cette dernière est talonnée de très près par la Côte d’Ivoire, qui est sur le point de la dépasser (33,1 millions également).

Avec une croissance démographique de 2,07 % en 2025, et un taux de fécondité global de 3,94 enfants par femme (en légère baisse par rapport au taux de 4,01 observé l’année précédente), le monde francophone constitue l’espace linguistique le plus dynamique au monde. Il se classe devant l’espace arabophone, dont la croissance s’élève à 1,80 % et dont la population est estimée à 512,4 millions d’habitants début 2026 (avec un taux de fécondité global de 3,10 enfants par femme). Grâce à ce dynamisme, le monde francophone avait d’ailleurs dépassé en 2011 l’espace hispanophone, en progression de 0,71 % en 2025 et qui rassemble désormais 488,3 millions d’habitants (avec un taux de fécondité de 1,78 enfant par femme, et ayant donc aussi été récemment devancé par l’espace arabophone*). 

La croissance démographique du monde francophone devrait demeurer supérieure à celle des autres espaces linguistiques, et porter la population de cet ensemble à un peu plus d’un milliard d’habitants en 2060 (1,060 milliard, en se basant essentiellement sur les projections de l’ONU, contre 812 millions pour l’espace arabophone, et 541 millions pour l’ensemble hispanophone – graphique 1). Le rythme de cette progression est toutefois sur une tendance baissière, notamment du fait de la baisse continue du taux de fécondité en Afrique subsaharienne francophone, qui s’établit désormais à 4,90 enfants par femme, contre 4,98 en 2024 et non moins de sept enfants en 1975 (soit une diminution de près d’un tiers, mais qui demeure en bonne partie masquée par les conséquences démographiques de la hausse régulière de l’espérance de vie et de la chute de la mortalité pour toutes les classes d’âge).

Au passage, il convient toutefois de rappeler que l’espace francophone demeure assez largement sous-peuplé, même en tenant compte des territoires désertiques ou recouverts par de denses forêts équatoriales. À titre d’exemple, sa population actuelle n’est que 16 % supérieure à celle de l’ensemble Union européenne – Royaume-Uni, qui occupe pourtant une superficie près de quatre fois moins étendue. Autre exemple plus précis, la Côte d’Ivoire, pays le plus dynamique économiquement du continent africain (en tenant compte à la fois de ses taux de croissance économique et du niveau de richesse déjà atteint), ne compte que 33,1 millions d’habitants pour un territoire un tiers plus vaste que celui du Royaume-Uni, dans ses frontières européennes (et non deux ou trois fois plus petit, comme l’indiquent la plupart des cartes géographiques en circulation, terriblement déformantes de la réalité… et des esprits). Ce dernier ayant une population de presque 70 millions d’habitants, la Côte d’Ivoire devrait donc compter non moins de 92 millions d’habitants pour être aujourd’hui proportionnellement aussi peuplée.

Les chiffres involontairement trompeurs de l’OIF

Par ailleurs, il est à noter que le chiffre d’environ 300 millions de francophones fréquemment avancé par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ne correspond qu’au nombre de personnes ayant au moins une assez bonne maîtrise de la langue française. Ce chiffre est ainsi obtenu en ne comptabilisant, par exemple, que le tiers de la population ivoirienne et le quart de celle du Sénégal (en excluant notamment une bonne partie des personnes les plus âgées). Par conséquent, il ne traduit aucune réalité économique ou géopolitique, étant donné que seule la population totale doit être prise en compte pour l’évaluation de la taille du marché ou du poids géopolitique du pays concerné. De même, le critère retenu par l’OIF est largement inapproprié d’un point de vue social, pour la simple raison que de nombreuses choses de la vie courante se font en français dans les pays et territoires francophones (médias, internet, administration publique, documents commerciaux et comptables…), dans lesquels l’ensemble de la population est donc en contact quotidien avec la langue française, y compris dans les zones les plus reculées où le pourcentage de personnes ayant au moins une assez bonne maîtrise de la langue est moins élevé (en particulier chez les moins jeunes).

Toute statistique ne tenant pas compte de l’ensemble de la population des pays et territoires francophones, et diffusée à un large public (au-delà, donc, d’un nombre restreint de hauts fonctionnaires et de responsables politiques, en vue d’aider à l’élaboration des stratégies nationales en matière d’éducation), n’a donc pour seule et unique conséquence que d’induire en erreur les acteurs et décideurs économiques et politiques, ainsi que l’ensemble de la société civile, en dévalorisant considérablement à leurs yeux le monde francophone et la langue française. Une erreur d’appréciation dont peuvent même être victimes les organismes les plus prestigieux, à l’instar de l’organisme publique France Invest, qui publia en 2019 un Guide sur le capital-investissement destiné à de grandes entreprises (« Investir dans la croissance des entreprises en Afrique ») et dans lequel était rédigée, noir sur blanc, la phrase suivante au sujet de l’Afrique francophone, Maghreb inclus : « l’Afrique francophone regroupe 260 millions d’habitants » (alors qu’elle comptait déjà plus de 410 millions d’habitants). Plus grave encore, les données de l’OIF peuvent parfois être utilisées par certaines parties cherchant à dénigrer et attaquer la langue française, en faisant croire qu’elle ne concerne qu’environ 300 millions de personnes dans le monde. 

Toute diffusion médiatique des chiffres publiés par l’OIF, sans explication préalable et suffisamment claire du critère utilisé, peut donc avoir de gravissimes conséquences économiques et géopolitiques, contraires aux intérêts de l’ensemble des pays et peuples de la grande famille francophone. Il est donc satisfaisant de constater que certains organismes ont récemment commencé à prendre leurs distances avec les données de l’OIF, à l’instar de la direction du MEDEF (principale organisation patronale française) qui n’avait utilisé que le chiffre relatif à la population totale de l’espace francophone lors de la première « Rencontre des entrepreneurs francophones » (REF), organisée en France en août 2021.

Enfin, il convient de rappeler que la connaissance de la langue française dépasse largement les frontières du monde francophone et de ses 602 millions d’habitants, le français étant la deuxième langue la plus enseignée au monde, après l’anglais. Son apprentissage est d’ailleurs obligatoire dans les établissements d’enseignement primaire et/ou secondaire d’un certain nombre de pays (comme en République dominicaine, au Costa Rica ou encore, désormais, dans tous les pays anglophones et lusophones d’Afrique de l’Ouest, ainsi qu’en Angola, dernier pays à l’avoir rendu obligatoire, dès le primaire à partir de la rentrée 2024). À la population du monde francophone, s’ajoutent donc quelques centaines de millions de personnes à travers le monde ayant une connaissance de la langue française, à divers degrés (chiffre en constante hausse et que l’on peut aujourd’hui estimer à plus de 350 millions, toutes générations confondues). 

L’émergence démographique et économique de l’Afrique francophone 

La progression démographique du monde francophone résulte essentiellement du dynamisme de l’Afrique francophone, qui a connu une croissance de 2,39 % en 2025 (2,73 % pour sa partie subsaharienne). La population de ce vaste ensemble de 25 pays a d’ailleurs dépassé la barre des 500 millions d’habitants en 2025, pour s’établir à 504,6 millions début 2026 (soit 83,8 % de la population de l’espace francophone). Pour rappel, l’Afrique francophone ne rassemblait que 74 millions d’habitants en 1950, soit à peu près autant que l’Allemagne seule, à ce moment-là (69,5 millions). Cette même année, la population du monde francophone était d’ailleurs estimée à seulement 129 millions d’habitants, soit 4,7 fois moins qu’aujourd’hui. 

Ce dynamisme se traduit notamment par la montée en puissance des villes africaines, qui occupent désormais huit des dix premières places du classement mondial des métropoles francophones. La capitale de la RDC, Kinshasa, continue à dominer le classement avec son agglomération d’environ 15 millions d’habitants (chiffre variable selon les sources), devant la capitale française, Paris, qu’elle dépasse désormais largement (11,2 millions), et la ville d’Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire (6,7 millions). De son côté, la ville de Montréal, deuxième ville non africaine et capitale économique du Québec, arrive en septième position avec une population de 4,6 millions d’habitants.

Mais cet essor démographique s’accompagne également de l’émergence et de la montée en puissance économique de ce vaste ensemble qui réalise presque constamment les meilleures performances du continent en matière de croissance économique, tout en étant globalement la partie la moins touchée par l’inflation, la moins endettée, la plus industrialisée, ainsi que la partie la moins frappée par les inégalités, la criminalité et la corruption. Ainsi, et à partir des dernières données publiées par la Banque mondiale au mois de janvier, l’Afrique subsaharienne francophone, regroupant 22 pays, a été le moteur de la croissance économique continentale pour la douzième année consécutive en 2025, avec une progression globale de 4,9 %, contre 3,4 % pour le reste de l’Afrique subsaharienne. Sur la période de douze années allant de 2014 à 2025, la croissance annuelle de l’Afrique subsaharienne francophone s’est ainsi établie à 4,1 %, contre seulement 2,1 % pour le reste de l’Afrique subsaharienne (graphique 2).

Dans le même temps, et à partir des dernières estimations du FMI, l’Afrique subsaharienne francophone a continué d’afficher le niveau d’inflation le plus faible avec un taux estimé à seulement 4,0 %, contre 17,4 % pour l’Afrique subsaharienne non francophone (soit un taux annuel de 4,2 % pour la période 2014-2025, contre 19,8 %). Par ailleurs, et toujours selon les données du FMI, l’Afrique subsaharienne francophone a également affiché le niveau d’endettement le plus faible en Afrique subsaharienne, pour la neuvième année consécutive, avec une dette publique estimée à 51,6 % du PIB en 2025 (et la présence de seulement trois pays francophones parmi les dix pays subsahariens les plus endettés), creusant ainsi l’écart avec le reste de l’Afrique subsaharienne (64,6 %). Une triple performance majestueuse qui devrait d’ailleurs se répéter, encore une fois, en 2026, et des particularités que l’on observe également en Afrique du Nord, notamment avec des niveaux d’inflation et d’endettement plus faibles dans les pays francophones du Maghreb qu’en Égypte.

Sur les douze dernières années, l’Afrique francophone subsaharienne a donc connu une croissance économique supérieure à son rythme de croissance démographique, et même largement plus importante. À l’inverse, le reste de l’Afrique subsaharienne a connu une progression économique inférieure à sa croissance démographique, pourtant elle-même légèrement moins rapide que celle de la zone francophone.

Sur la période 2014-2025, sept des dix plus fortes croissances réalisées l’ont été par des pays francophones, à savoir la Côte d’Ivoire (6,3 %), la Guinée (6,1 %), le Niger (5,8 %), la RDC (5,8 %), le Bénin (5,7 %), Djibouti (5,6 %) et le Sénégal (5,5 %). Il convient là de noter que ce classement n’intègre pas le cas très particulier du Rwanda anglophone, qui ne peut plus être pris en compte dans les classements économiques africains étant donné que ses performances officielles sont largement faussées par le pillage massif des richesses de la RDC voisine, qui représentent désormais près de 50 % des exportations rwandaises de biens (et régulièrement accompagné de massacres de populations civiles). Un cas unique au monde, permis par une protection américaine… et par le silence de la quasi-totalité des pays africains. Par ailleurs, cette injustice n’empêche pas le Rwanda de demeurer parmi les pays les plus pauvres du continent, avec un PIB par habitant de seulement 1 000 dollars exactement en 2024 (classé 38e en Afrique, selon les dernières données disponibles auprès de la Banque mondiale, après intégration d’une mise à jour concernant le Soudan du Sud). […]

IA et fin du salariat : Vers un nouvel équilibre économique forcé

Nous regardons l’océan depuis le rivage en concluant qu’il est peu profond, alors que l’abîme se creuse déjà sous nos pieds. Tandis que la majorité des actifs s’amuse avec des versions gratuites et obsolètes de l’IA , l’automatisation silencieuse démantèle méthodiquement les fondations de notre modèle de société.

Ce n’est plus une question de “si” les machines remplaceront l’humain, mais de savoir comment survivra un système qui détruit mécaniquement ses propres consommateurs.

I. Une accélération que personne ne regarde en face

Aujourd’hui, bien trop peu de gens se rendent compte des avancées exponentielles en matière d’intelligence artificielle. Il est vrai que la moitié de la population active utilise désormais l’IA dans son travail, mais cette utilisation se limite le plus souvent à des tâches basiques — rédaction d’emails, reformulation de textes, requêtes simples.

Trop de gens restent sur une expérience datant de quelques mois avec une IA gratuite, sans percevoir l’abîme colossal entre modèles payants et gratuits. Pourtant, 62,7 % des personnes utilisant l’IA au travail n’ont accès qu’à un modèle gratuit. Ces modèles légers, optimisés pour la rapidité et l’économie de ressources, donnent une image radicalement tronquée de l’état réel de la technologie. Obtenir un code fonctionnel de plus de cent lignes y relève déjà du défi.

Avec un plan payant, les derniers modèles de pointe peuvent travailler plusieurs heures de façon autonome et livrer une application complète de plus de dix mille lignes. En trois mois, un modèle gagne entre 15 et 20 % sur les benchmarks de référence — et la fréquence de ces améliorations est elle-même croissante.

En 2023, GPT-4 échouait au test élémentaire « Qui est le père du fils de Paul ? ». Aujourd’hui, les meilleurs modèles créent des sites web complets, écrivent des workflows automatisés, naviguent sur des interfaces graphiques, composent et corrigent du code complexe, tout en gérant des chaînes de raisonnement approfondies — un ensemble de tâches professionnelles de bout en bout qui pouvaient mobiliser des équipes entières pendant des semaines. Le dernier modèle d’Anthropic a été en partie conçu grâce à son prédécesseur. À chaque génération, la part humaine dans la conception du suivant diminue.

Baser son jugement sur une IA gratuite ou sur une expérience datant de plus de six mois n’est pas une évaluation objective. C’est regarder l’océan depuis le rivage et conclure qu’il est peu profond.

II. Une intelligence fondée sur les mêmes bases que la nôtre

Beaucoup affirment que l’IA ne pourra jamais les remplacer dans leur travail, car elle manquerait de souplesse, de créativité, de bon sens. Cet argument repose sur une incompréhension fondamentale de ce qu’est l’intelligence — humaine ou artificielle.

L’IA, comme notre cerveau, apprend à partir de données, en déduit des patterns, des règles abstraites. Son savoir n’est pas codé en dur ; il est acquis par déduction et inférence. Ce n’est pas du tout différent du fonctionnement neuronal : le cerveau humain est lui aussi un système de reconnaissance de patterns appris, opérant sur une base probabiliste. Il s’en distingue par certaines subtilités — des raccourcis heuristiques, un apprentissage en peu d’exemples, une intégration sensorielle incarnée — mais le socle computationnel est identique.

Or ces subtilités s’effacent à mesure que les modèles grandissent. La souplesse contextuelle, jadis inaccessible aux machines, est aujourd’hui leur terrain naturel. Cela conduit à une conclusion inévitable : tout ce que l’humain peut accomplir à partir de données, de patterns, de langage et de raisonnement — c’est-à-dire la quasi-totalité des travaux intellectuels — l’IA pourra le faire. Et mieux. Si un plafond existe, nous ne l’avons pas encore approché, et il serait scientifiquement irresponsable de parier qu’il se trouve à portée de main.

III. Les deux phases de l’automatisation

L’automatisation du travail ne se produira pas en une vague uniforme. Elle s’articulera en deux phases majeures, distinctes par leur nature, leur rythme et leurs impacts sociaux.

Phase 1 — L’automatisation du travail intellectuel : rapide, brutale, imminente

Les secteurs en première ligne

La première phase est déjà engagée. Elle concerne l’ensemble des travaux de traitement de l’information : le droit (rédaction de contrats, analyse juridique, recherche de jurisprudence), la finance (audit, comptabilité, analyse de marchés), le journalisme et la production de contenu, la programmation informatique, la traduction, la médecine diagnostique, le marketing et le service client. Ces domaines partagent une caractéristique structurelle décisive : ils opèrent déjà sur des infrastructures numériques. Aucun investissement matériel n’est à déployer, aucune chaîne de production à reconvertir. L’intégration de l’IA s’y fait par simple abonnement logiciel. C’est précisément ce qui rend cette phase à la fois la plus rapide et la plus dangereuse.

Une disruption sans précédent historique

Les révolutions industrielles précédentes ont détruit des métiers en quelques décennies, laissant le temps aux générations de s’adapter et aux institutions de se réorganiser. La première révolution industrielle a mis quatre-vingts ans à transformer structurellement le marché du travail. La révolution informatique des années 1980-2000 a étalé ses effets sur deux décennies.

L’automatisation par l’IA générative opère sur une échelle temporelle radicalement différente. Un cabinet juridique peut réduire de 60 % ses besoins en jeunes associés en l’espace d’un seul cycle budgétaire. Un département de traduction peut être dissous en quelques mois. Ces mutations ne prennent pas une génération — elles prennent une décision de direction.

Là où l’industrialisation a donné aux sociétés le temps de souffrir et de s’adapter, l’IA leur donnera le temps de souffrir, sans celui de s’adapter.

Le double facteur de brutalité

Cette première phase sera particulièrement violente pour deux raisons qui se renforcent mutuellement. D’abord, personne ne s’y attend réellement. La réaction dominante reste le déni ou la minimisation, fondée sur une expérience des outils gratuits et obsolètes. Cette sous-estimation collective retarde la préparation individuelle et institutionnelle. Ensuite, aucun système politique n’anticipe ce changement. Les gouvernements actuels consacrent leurs débats à la réforme des retraites, à la transition énergétique, aux tensions géopolitiques. On prépare minutieusement la guerre ; on ignore superbement le changement de civilisation.

Phase 2 — L’automatisation du travail physique : profonde, étalée, inéluctable

Un déploiement contraint mais inévitable

La seconde phase concerne l’automatisation des tâches manuelles et physiques : agriculture, logistique, construction, transport, restauration, soins à la personne. Elle est déjà amorcée dans certains secteurs, mais son déploiement massif est contraint par trois verrous majeurs.

Le premier est le coût d’investissement initial : remplacer un ouvrier par un robot implique de repenser les espaces de production, adapter les processus, former les techniciens de maintenance. Pour les PME, ce saut reste considérable. Le second est la robustesse en environnement non structuré : un robot performant dans un entrepôt calibré devient nettement moins fiable sur un chantier de construction ou dans la chambre d’un patient. Le troisième est réglementaire et culturel — certains secteurs bénéficieront temporairement d’une protection non pas technique mais politique.

Ces freins signifient que la transformation sera plus progressive — pas qu’elle sera évitée. Sur un horizon de vingt à trente ans, la conjugaison des progrès de la robotique, de la réduction des coûts et de l’accumulation d’expérience en conditions réelles rendra le déploiement massif économiquement rationnel dans la quasi-totalité des secteurs physiques. Cette seconde phase offrira davantage de temps pour des transitions négociées — si et seulement si la première phase a permis de construire les infrastructures politiques et sociales nécessaires. Dans le cas contraire, elle arrivera sur un terrain déjà dévasté.

IV. L’effondrement économique structurel — logique et inévitable

L’automatisation progressive de l’ensemble du travail humain entraîne une contradiction fondamentale au cœur du modèle économique contemporain. Cette contradiction n’est pas un risque théorique ; c’est une conséquence logique déductible des principes premiers du système.

La boucle production-consommation brisée

Le système économique actuel repose sur une boucle simple et robuste : les individus vendent leur travail contre un salaire ; ce salaire leur permet d’acheter des biens et services produits par d’autres individus rémunérés pour leur travail. La production nourrit la consommation, et la consommation finance la production.

L’automatisation rompt cette boucle à son point d’origine. Lorsque le travail humain est remplacé par des machines, les revenus distribués aux travailleurs disparaissent, mais les biens continuent d’être produits — voire en plus grande quantité. On se retrouve alors dans une situation structurelle de surproduction relative : les usines tournent, les serveurs traitent, les algorithmes génèrent, mais de moins en moins de personnes disposent des revenus nécessaires pour acheter ce qui est produit.

Le paradoxe de l’automatisation totale

La logique peut être formulée simplement : plus une économie automatise, moins elle peut vendre ce qu’elle produit. Une économie à 100 % automatisée — dans laquelle aucun être humain ne travaille — est une économie dans laquelle personne ne dispose de revenus issus du travail. Sauf redistribution extérieure des profits de l’automatisation, cette économie ne trouve plus d’acheteurs solvables.

Les propriétaires des systèmes automatisés concentrent des richesses sans précédent, mais leur consommation individuelle, aussi extravagante soit-elle, ne peut absorber la totalité de la production d’une économie de masse. Le marché de masse — fondement du modèle industriel depuis Ford — disparaît avec les revenus de la masse.

Une économie qui automatise sans redistribuer creuse sa propre tombe : elle détruit les consommateurs dont elle a besoin pour exister.

V. Le Revenu Universel de Base — non pas une solution, mais l’équilibre vers lequel le système tend

Le Revenu Universel de Base (RUB) est presque toujours présenté comme une proposition idéologique : généreuse pour certains, irresponsable pour d’autres. Ce cadrage est un contresens complet. Le RUB n’est pas une solution qu’une société choisirait d’adopter par idéal de justice. C’est l’état d’équilibre vers lequel toute économie suffisamment automatisée sera mécaniquement contrainte de converger — parce que c’est la seule configuration dans laquelle elle peut continuer à fonctionner. C’est une loi économique, pas un programme électoral.

La boucle achat-vente et son point de rupture

Toute économie de marché repose sur une boucle d’une simplicité absolue : des entités produisent des biens et des services ; d’autres entités les achètent ; les revenus tirés de ces ventes permettent de produire de nouveau. Ce cycle ne peut tourner qu’à une condition sine qua non : que les acheteurs existent, c’est-à-dire qu’une masse suffisante de la population dispose du pouvoir d’achat nécessaire pour écouler la production.

Or le salaire est, dans le modèle actuel, le mécanisme central par lequel ce pouvoir d’achat est distribué à la population. C’est en travaillant que les individus obtiennent les revenus qui leur permettent de consommer. L’entreprise verse des salaires ; ses salariés dépensent ; d’autres entreprises encaissent ; et le cycle se perpétue. Retirer le travail de cette équation, c’est retirer le mécanisme de distribution lui-même.

C’est exactement ce que fait l’automatisation. À mesure que les machines remplacent les travailleurs, la masse salariale distribuée par les entreprises à leur personnel se contracte. La production, elle, ne se contracte pas — elle augmente, car les machines produisent plus vite, sans arrêt, à coût marginal décroissant. On arrive à une contradiction structurelle irréductible : une économie dont la capacité de production croît, mais dont la capacité d’absorption — le pouvoir d’achat de la population — décroît simultanément.

La spirale de régression

La mécanique qui s’ensuit est arithmétique, non politique. Les stocks s’accumulent faute d’acheteurs solvables. Pour écouler les invendus, les entreprises baissent leurs prix. Les marges s’effondrent. Pour restaurer la rentabilité, elles réduisent leurs coûts — ce qui signifie réduire leur production ou accélérer encore l’automatisation, aggravant le chômage. La demande se contracte davantage. De nouveaux secteurs perdent leurs débouchés. L’État, privé d’assiette fiscale par la disparition des salaires, voit ses recettes s’effondrer et ne peut plus amortir le choc. La spirale est auto-entretenue.

Ce n’est pas une projection catastrophiste : c’est la description du mécanisme classique d’une crise de surproduction, amplifié à une échelle et à une vitesse sans précédent par l’automatisation généralisée. John Maynard Keynes en avait posé les bases théoriques dans les années 1930 en montrant qu’une économie peut se stabiliser à un niveau d’équilibre bas, bien en dessous de son potentiel de production, si la demande effective est insuffisante. L’automatisation totale pousse cette logique à son terme absolu.

Une économie qui automatise sans redistribuer ne détruit pas seulement des emplois — elle détruit ses propres acheteurs. Et une économie sans acheteurs ne produit plus. Elle régresse.

Le RUB comme point d’équilibre forcé

C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre le RUB — non pas comme une intervention bienveillante de l’État, mais comme le mécanisme de correction que le système lui-même appelle pour ne pas s’auto-détruire. Si le salaire ne peut plus assumer la fonction de distribution du pouvoir d’achat, quelque chose d’autre doit la remplir. Dans une économie automatisée, ce quelque chose ne peut provenir que d’une redistribution des gains de la production automatisée elle-même vers ceux qui en sont exclus — mais qui demeurent les acheteurs sans lesquels la production n’a aucune raison d’être.

L’économie tend vers cet équilibre par deux chemins. Soit de manière organisée et anticipée : un RUB financé par les gains de l’automatisation reconstitue le pouvoir d’achat de la population, permettant aux machines de continuer à produire pour des acheteurs qui peuvent consommer. Soit de manière désordonnée : l’effondrement successif des débouchés entraîne des crises économiques majeures, des tensions sociales extrêmes, et finalement des réponses politiques d’urgence imposées sous contrainte dans des conditions infiniment moins favorables.

Dans les deux cas, l’équilibre final est identique : une forme de redistribution du produit de l’automatisation vers la population, pour que la production trouve preneur et que le cycle économique puisse se perpétuer. La seule variable est le niveau de destruction sociale subi avant d’y parvenir.

Vers une société du loisir — une transition anthropologique

Si l’automatisation libère l’humain de la contrainte du travail productif, elle pose une question que l’économie seule ne peut résoudre : à quoi une société consacre-t-elle son temps lorsque ce temps n’est plus contraint par la nécessité de subsistance ? Keynes lui-même anticipait, dès 1930, que les gains de productivité conduiraient ses petits-enfants à ne travailler que quinze heures par semaine, libérant le reste au profit de la culture, du lien social et de l’épanouissement personnel. L’automatisation par l’IA rend cette perspective non plus graduelle mais abrupte.

Une société organisée autour du loisir n’est pas une société oisive. Elle est une société dans laquelle la valeur n’est plus exclusivement définie par la productivité marchande, mais par la création, le soin, la transmission et la vie commune — des activités que les machines peuvent assister mais jamais remplacer dans leur dimension humaine. Le revenu universel n’est alors pas seulement un mécanisme économique de stabilisation : il est aussi la condition matérielle d’une recomposition du sens collectif, dans un monde où le labeur n’est plus le centre de gravité de l’existence.

Cette transition anthropologique est à la fois la plus nécessaire et la moins préparée. Aucun système éducatif, aucun discours politique, aucune institution culturelle ne prépare aujourd’hui les sociétés à habiter un monde post-travail. C’est pourtant vers ce monde que nous nous dirigeons — lentement ou brutalement, selon les choix que nous ferons dans les années qui viennent.

Le financement : l’État gestionnaire de la production

La question du financement du RUB est souvent présentée comme l’obstacle dirimant. Elle est en réalité la moins complexe des questions, car la richesse produite par l’automatisation existe et croît — le problème est uniquement sa distribution.

Le modèle le plus cohérent avec la logique décrite ci-dessus est celui de l’État gestionnaire de la production automatisée. À mesure que les machines remplacent les travailleurs, la question de la propriété des systèmes productifs devient centrale : si une usine entièrement robotisée n’emploie plus personne, qui perçoit ses bénéfices ? Dans le modèle actuel, exclusivement ses actionnaires. Mais ce modèle devient économiquement insoutenable dès lors que la masse des exclus du travail représente une fraction significative de la population — car cette même masse constitue le marché dont dépend la survie de l’entreprise.

L’évolution logique est celle d’une copropriété collective, partielle, des infrastructures de production automatisées. L’État — agissant comme gestionnaire au nom de l’ensemble des citoyens — prend position dans le capital des systèmes productifs déployés sur son territoire : fonds souverains d’IA, participations publiques dans les entreprises hautement automatisées, licences d’exploitation conditionnées à une redistribution de revenus. Les dividendes de cette copropriété sont redistribués à la population sous forme de revenu universel, reconstituant ainsi le pouvoir d’achat nécessaire à l’écoulement de la production.

Ce modèle n’est pas une nationalisation idéologique. C’est une actualisation du contrat économique : de même que les ressources naturelles d’un territoire appartiennent à ses habitants, les gains de productivité générés par des infrastructures automatisées sur ce territoire doivent revenir, en partie, à l’ensemble de la société qui en constitue le marché. La Norvège en offre un précédent crédible avec son fonds souverain pétrolier — l’extension de ce principe à l’économie automatisée est une projection logique, non fantaisiste.

Lorsque la machine remplace le travailleur, la richesse ne disparaît pas — elle augmente. La question est uniquement de savoir si elle circule ou si elle s’accumule. Sans circulation, la production elle-même s’arrête faute de débouchés.

Ce que les expérimentations confirment — et ce qu’elles ne prouvent pas

Plusieurs expérimentations ont produit des données préliminaires utiles. En Finlande, l’expérience de 2017-2018 a réfuté l’hypothèse de passivité induite par un revenu garanti. Le programme SEED à Stockton (2019-2021) a montré que les bénéficiaires augmentaient leur taux d’emploi à temps plein plus vite que le groupe de contrôle. GiveDirectly au Kenya observe une hausse de l’entrepreneuriat sans réduction du travail productif. Ces résultats sont des signaux d’orientation, non des preuves de faisabilité à grande échelle. Ils ne peuvent être extrapolés directement au contexte d’une automatisation massive et nationale.

L’argument central du RUB ne repose pas sur ces expériences. Il repose sur la logique économique exposée ci-dessus : sans redistribution du pouvoir d’achat, la production automatisée ne trouve plus de débouchés et le système s’effondre. Les expérimentations confirment simplement que la redistribution ne détruit pas l’incitation à travailler — ce qui lève un obstacle comportemental souvent avancé, sans être l’argument de fond.

La fenêtre temporelle : pourquoi l’anticipation est décisive

Si le RUB est l’équilibre vers lequel le système tend inévitablement, la seule vraie variable est le moment et les conditions dans lesquels cet équilibre est atteint. Anticipé et organisé, il préserve la cohésion sociale, maintient la capacité fiscale de l’État, et permet une transition progressive. Subi, il arrive dans un contexte de crise économique majeure, de tensions sociales extrêmes, et de capacités institutionnelles dégradées.

Pour être viable, le RUB doit être préparé avant que la crise de chômage technologique n’atteigne une masse critique. Une fois que 40 ou 50 % de la population active est privée d’emploi structurel, la base fiscale s’est effondrée, les entreprises ont perdu leurs marchés, et la cohésion nécessaire à toute réforme est irrémédiablement brisée. À ce stade, le RUB reste la seule issue — mais ses conditions de mise en œuvre sont catastrophiques.

Le RUB doit précéder la crise, pas la suivre. Ce n’est pas une question d’idéologie — c’est une question de calendrier économique.

VI. Le vrai danger : le déni organisé

Le danger existentiel ne réside pas dans l’intelligence artificielle elle-même. Une technologie n’est ni bonne ni mauvaise en soi — elle est ce que les sociétés décident d’en faire. Le danger réside dans le déni collectif qui empêche de prendre les décisions nécessaires pendant qu’elles sont encore possibles.

Ce déni opère à trois niveaux. Au niveau individuel, il se manifeste par la conviction persistante que « mon métier est trop complexe pour être automatisé » — souvent formulée par des personnes dont la connaissance de l’IA repose sur des outils gratuits obsolètes. Au niveau institutionnel, il se manifeste par l’absence totale de législation anticipatoire, de plans de reconversion structurels, de fiscalité adaptée aux nouvelles formes de création de valeur. Au niveau culturel, enfin, il se nourrit du récit dominant selon lequel le progrès technologique crée toujours plus d’emplois qu’il n’en détruit — un récit valide pour les révolutions passées, mais peut-être faux pour la première fois dans l’histoire.

L’analogie avec le changement climatique est ici pertinente. La communauté scientifique a alerté pendant des décennies sur une transformation systémique lente mais irréversible. Les premières réponses politiques ont été retardées par le déni et les intérêts à court terme. Nous en payons aujourd’hui le prix croissant. La transformation technologique suit exactement le même schéma — avec une différence : l’échelle de temps est incomparablement plus courte. Nous n’avons pas des décennies. Nous avons peut-être des années.

Conclusion — Anticiper ou subir

L’automatisation est en cours. Elle ne peut pas être arrêtée, et il serait vain de le souhaiter — les gains de productivité, de qualité de vie et de connaissance qu’elle promet sont réels et précieux. La question n’est pas si la transformation aura lieu, mais comment elle aura lieu.

Elle peut avoir lieu dans le chaos, sans préparation, avec une concentration croissante des richesses, une paupérisation de masse et une désintégration de la cohésion sociale. Ou elle peut avoir lieu dans le cadre d’une transition organisée, équitable, qui redistribue les gains de l’automatisation à l’ensemble de la société et réinvente le rapport humain au travail, à la contribution et au sens.

Ce choix — et c’est bien un choix — ne sera pas fait par les marchés. Il ne sera pas fait par les entreprises technologiques. Il devra être fait par les citoyens, les démocraties, les institutions capables de décision collective. Mais ce choix ne peut être fait que s’il est d’abord reconnu comme nécessaire.

La stratégie de l’autruche n’a jamais protégé personne. Elle n’a fait que transformer les risques prévisibles en catastrophes subies.

Il est encore temps d’anticiper. Il ne sera bientôt plus temps de choisir.

Références

Le Monde Emploi — « 53 % des actifs utilisent l’IA dans leur vie professionnelle » (avril 2025)

Ipsos — AI at Work Survey Report 2025

Digital Applied — GPT benchmark comparisons 2024-2025

KELA Finland — Basic Income Experiment Results (2019)

Stockton SEED Program — Longitudinal Study (2021)

GiveDirectly — Kenya Basic Income Research

 

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Et si nous arrêtions de courir après le néant ?

Et si nous arrêtions, un instant, de nous laisser distraire par les paillettes du néant ?

La température monte, et pas seulement dans les rapports climatiques. Entre les bruits de bottes qui résonnent aux frontières de l’Europe et du Moyen-Orient, et l’angoisse qui grimpe à chaque passage à la pompe, nous sentons bien que l’avenir nous échappe.

Nous sommes là, tels des canards sans tête, pris au piège d’un système qui multiplie les ruses pour accéder à notre portefeuille. On nous vend des « agents IA » censés tout gérer à notre place, des algorithmes qui prétendent anticiper nos moindres désirs, alors qu’ils ne sont que de nouveaux gadgets sophistiqués pour nous manipuler et, disons-le franchement, nous prendre pour des imbéciles.

On a l’impression aujourd’hui que nous sommes tous prisonniers d’une course à l’immédiateté, un cercle vicieux où la consommation sert de paravent à notre peur de l’avenir ou du déclassement social. Mais ces « sucreries » numériques ne produisent que du vide. Puisque nous voyons bien que ce jeu est perdant, arrêtons tout simplement de jouer. Posons-nous ; respirons un bol d’air, et regardons enfin ce qui, au fond, ne passe pas : le monde invisible.

La source de notre malaise, c’est cette peur grandissante devant un monde qui ouvre chaque jour une nouvelle boîte de Pandore. Nous nous enfermons dans un numérique omniprésent, nous nous inquiétons pour la stabilité financière ou la fragilité de nos services publics, en oubliant que rien ne subsistera de tout ce bazar matériel. « Quand il n’y a plus d’avoine, les chevaux se battent dans l’écurie », dit le dicton… mais l’agitation frénétique, que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans les débats télévisés, ne produira jamais le sens que nous cherchons désespérément.

Je n’ai pas plus de solutions miracles que quiconque. Par contre, l’observation de ce monde et la conscience de la fragilité de notre existence — « misérablement courte », pour reprendre le mot de Pascal — me persuadent que nous avons autre chose à faire. Autre chose à faire que de se regarder le nombril ou d’amasser de l’avoir en ignorant la pauvreté du sens autour de nous.

Il est urgent de contempler nos vies dans le rétroviseur. C’est là, dans cette relecture, que l’on perçoit que tout n’est pas chaotique. Derrière le fracas des titres de presse sur les crises géopolitiques, il y a « autre chose », un enchantement, une destinée, ou des « clins d’œil » qui viennent nous dire que nous ne sommes pas seuls. La grande ruche de l’invisible nous échappe peut-être, mais elle est là, au cœur de nos vies. Car, comme le rappelait Maurice Zundel, l’au-delà est au dedans. Il nous faut reprendre en urgence ce dialogue avec notre âme, car c’est là, et nulle part ailleurs, que se trouve la véritable chaleur.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Une liste noire de médecins pour limiter le droit à l’objection de conscience

Lu sur Gènéthique :

Le 9 mars, le Tribunal supérieur de Madrid a enjoint au gouvernement de la Communauté de Madrid d’entamer « immédiatement » le processus administratif d’élaboration et d’approbation d’un registre de professionnels de santé qui se déclarent objecteurs de conscience vis-à-vis de la pratique de l’avortement.

Pour la ministre de la Santé, Mónica García, un tel registre de praticiens refusant de pratiquer un avortement, qui doit être confidentiel, permettra de « garantir l’avortement dans le système de santé publique ». Le gouvernement régional s’était opposé à cette mesure, défendant le droit des professionnels de santé à l’objection de conscience. En octobre 2025, le Collège des Médecins de Madrid avait également rejeté cette disposition : « Ce que recherche le gouvernement, c’est de limiter le droit à l’objection de conscience, et cela se fait avec ces listes noires de médecins objecteurs », dénonçait son président, le Dr Manuel Martínez-Sellés.

Suite au refus du gouvernement régional, le ministère de la Santé avait intenté un recours devant le Tribunal supérieur. Trois communautés n’avaient pas entamé la création de ce registre après l’adoption d’une loi de 2023 l’exigeant. Mais les Baléares et l’Aragon s’étaient exécutés après l’envoi d’une « demande officielle » du ministère en octobre dernier. Madrid, en revanche, avait à nouveau pointé qu’il s’agissait d’une « liste noire ».

Jersey : le délai pour avorter passe de 12 à 22 semaines

Lu sur Gènéthique :

Les législateurs de Jersey ont adopté un projet de loi, par 44 voix contre 2, faisant passer le délai autorisé pour avorter de 12 à 22 semaines.

Pour la ministre déléguée à la Santé, Andy Howell : « cela donne simplement plus de temps aux femmes pour réfléchir à la décision qu’elles ont à prendre ». « C’est la décision la plus difficile qu’elles aient probablement à prendre et parfois elles ont besoin de plus de temps », poursuit-elle. Elle recommande toutefois que le recours à l’IVG intervienne le plus tôt possible, « quand c’est plus sûr ».

Après le vote, le député Lucy Stephenson réclamait déjà une augmentation du délai, se référant à la limite de 24 semaines en vigueurs au Royaume-Uni.

Contrairement à la volonté de certains législateurs, l’avortement restera « un service payant », sauf pour les mineures, les étudiantes, les victimes de viol et les personnes bénéficiant d’une aide au revenu.

Par ailleurs, jusqu’ici, l’avis de deux médecins était requis pour confirmer que la femme enceinte était en « situation de détresse ». Cela ne sera plus nécessaire.

La nouvelle loi nécessite l’assentiment royal. La date de la promulgation n’a pas été précisée.

Une église cambriolée en Seine-Saint-Denis

A Pierrefitte-sur-Seine (93), l’église Sainte-Thérèse de Joncherolles a été cambriolée.

Une plainte a été déposée et l’enquête se poursuit.

Les malfaiteurs auraient dérobé «une enceinte acoustique» avant de s’emparer d’un calice, trois patènes, un ostensoir. Le tabernacle aurait également été dégradé.

Coup de filet contre la mafia algérienne en France

“DZ Mafia” signifie “mafia algérienne”. À l’origine, l’abréviation « DZ » provient finalement des mots « Dzayer », « Dzaïr » ou « Al-Djazâ’ir » qui désignent l’Algérie en langues arabes ou berbères. DZ est ensuite devenu le code ISO 3166-1 du pays, un code utilisant deux lettres et recensant la quasi-totalité des pays du monde. Pour la France par exemple, c’est FR et pour la Belgique BE.

Une quarantaine de personnes liées à l’organisation criminelle avaient été interpellées en début de semaine dernière lors d’une opération d’ampleur. Le procureur de la République de Marseille a indiqué samedi que 26 des 42 personnes initialement placées en garde à vue lundi avaient été présentées à un magistrat. 15 d’entre elles, suspectées de collaborer avec l’organisation criminelle, ont été placées en détention provisoire. Parmi ces mis en examen figurent des détenus, un rappeur et un avocat suspecté de complicité au profit d’un des chefs du gang.

Outre la vente de produits stupéfiants, l’organisation criminelle a effectué des rackets, extorquant des commerces et des rappeurs tout en projetant des commandos de tueurs pour «défendre les intérêts de l’organisation» ou «attaquer la concurrence». Dans l’ombre de ces «gâchettes» se tapissaient de puissants commanditaires déjà incarcérés et capables d’user «de tous les moyens qui étaient à leur disposition afin de transmettre leurs instructions concernant la gestion de leur réseau» via des téléphones ou des messages codés entre prisonniers et proches aux parloirs.

«Les cadres dirigeants de cette organisation criminelle dégagent par personne, chaque mois, un bénéfice net de 300.000 euros. Ces sommes considérables sont totalement réinvesties ou blanchies dans le cadre de cette organisation criminelle», révèle le procureur.

L’une des figures du crime s’appuyait sur son propre avocat, Me Kamel Aissaoui, pour poursuivre ses activités malgré un transfert dans les deux prisons de haute sécurité ouverte par Gérald Darmanin. Le conseil, qui fait partie de la vague d’interpellation, est soupçonné d’avoir détourné l’usage d’une ligne téléphonique accordée dans le cadre des droits de la défense. L’homme aurait aussi fait passer des instructions à des complices de son client via des courriers couverts par le secret professionnel et même son propre ordinateur portable. Ces subterfuges auraient même permis à l’un des cadres de la DZ Mafia d’organiser à distance une véritable «conférence de presse»  fin 2024 après le meurtre d’un chauffeur VTC sur fond de guerre de gangs.

Mis en examen, Kamel Aissaoui a été placé en détention provisoire aux côtés de nombreux membres présumés de la DZ Mafia.

Les gendarmes ont saisi pour 4 millions d’euros d’objets mal acquis comprenant 12 biens immobiliers, une vingtaine de véhicules ou des centaines de milliers d’euros d’argent liquide. «Ces sommes considérables ne sont pas flambées, mais sont totalement réinvesties ou blanchies dans le cadre de cette organisation criminelle», ajoute le procureur.

Malheureusement, dans une décision publiée ce vendredi, le Conseil constitutionnel a prononcé une non-conformité totale de la peine complémentaire obligatoire de confiscation de certains biens en cas de condamnation pour trafic de stupéfiants. Selon les « Sages », cette règle empêchait les juges d’adapter la peine à chaque situation. Or, la confiscation serait prononcée automatiquement sans que les juges puissent moduler la peine ou en dispenser le condamné. La disposition prévoit la confiscation de tout bien ayant servi à la commission de l’infraction, ou qui en était le produit, qu’il s’agisse d’un véhicule ou de l’habitation de l’individu condamné. Le Conseil constitutionnel a ainsi refusé cette règle inscrite dans le Code pénal français après avoir été saisi lors d’un renvoi de la chambre criminelle de la Cour de cassation du 17 décembre dans le cadre d’une affaire de trafic de stupéfiants. Le mis en cause, Mostafa B., avait été condamné par la cour d’appel de Bordeaux, le 16 octobre 2024, à sept ans de prison et à une confiscation de certains de ses biens.

Par ailleurs, admirez ce titre de Libé :

alger

France intox dérape

En pleine commission d’enquête parlementaire sur le sujet, France Info multiplie les dérapages de partialité à gauche. Un journaliste de France intox a insulté Eric Ciotti, arrivé en tête à Nice avec plus de 43%, en direct à l’antenne :

 

France Info a du s’excuser. Que deviendra Nathalie Saint-Cricq et que va faire l’Arcom ?

Léon XIV, un an de pontificat : le cardinal Koch sur Cnews

Aymeric Pourbaix reçoit :

  • 𝐂𝐚𝐫𝐝𝐢𝐧𝐚𝐥 𝐊𝐮𝐫𝐭 𝐊𝐎𝐂𝐇, préfet du Dicastère pour la promotion de l’unité des chrétiens
  • 𝐉𝐞𝐚𝐧-𝐌𝐚𝐫𝐢𝐞 𝐆𝐔𝐄́𝐍𝐎𝐈𝐒, rédacteur en chef au Figaro, chargé des questions religieuses

“Les réformateurs de la liturgie n’avaient peut-être pas la même doctrine du baptême et des exorcismes que celle qui était exprimée dans la liturgie ancienne”

Le Père Michel Viot, qui fut évêque luthérien de Paris et ancien dignitaire de la GLNF avant de se convertir et de devenir prêtre catholique, a été membre de la pastorale diocésaine des funérailles du diocèse de Paris et prêtre coopérateur à Notre-Dame de Lourdes. Il a publié avec Yohan Picquart, membre de l’Association des écrivains catholiques de langue française, enseignant, diplômé en littérature et en sciences des religions, L’Eglise au risque de la foi, préfacé par le cardinal Müller. L’ouvrage est composé de questions posées par Yohan Picquart, auxquelles répond l’abbé Viot, sur de nombreux sujets d’actualité comme les sacrements, le synode, la CIASE, la laïcité, l’euthanasie, etc. Même si le lecteur ne sera pas toujours d’accord avec les réponses (le problème de la nouvelle messe n’est pas seulement lié à une mauvaise traduction, le manque de définition d’un catholique “intégriste” ou conservateur”…), l’ensemble de l’ouvrage pointe un certain nombre de problèmes qui menacent le catholicisme. Le père Viot et Yohan Picquart appelle l’Église à renouer avec son identité et le dynamisme initial de ses premiers apôtres, loin des nouveaux « Che Guevara » en jeans ou en jupe. Si chacun est légitimement horrifié par les abus dans l’Église, nul n’est tenu pour autant d’adhérer aux extravagances d’une révolution doctrinale dénoncée ici, révolution aux antipodes des questionnements spirituels de nos contemporains.

Bien que ce livre date de 2024, il s’insère aussi dans le débat lancé par l’abbé Barthe sur les sacrements réformés, notamment celui du baptême (mais le père Viot évoque aussi la confirmation, qui devrait être conférée plus tôt, et le sacrement des malades et les obsèques) :

La nouvelle liturgie [du baptême], en abandonnant la forme impérative de l’exorcisme, et n’y ayant recours qu’une seule fois, en affaiblit incontestablement la portée. […] La situation est même parfois plus grave encore : j’ai souvent vu omettre l’usage de l’huile des catéchumènes, effectivement rendu facultatif dans le nouvel ordo liturgique. En fin de compte, on ne sait plus s’il y a eu exorcisme ou non ! Je suis obligé d’en déduire que les réformateurs de la liturgie n’avaient peut-être pas la même doctrine du baptême et des exorcismes que celle qui était exprimée dans la liturgie ancienne. […] La cérémonie du baptême ne se réduit pas à une entrée dans un groupe ou une confrérie : il y a dans la liturgie baptismale un acte souverain de Dieu, une nouvelle naissance qui doit nous arracher à quelque chose de mauvais. […] Et pour mieux saisir son importance, il faut donc mettre en valeur la gravité du péché originel à travers une liturgie qui en rende entièrement compte. En cela, il serait probablement temps d’autoriser largement l’ancienne liturgie […] ou de modifier l’actuelle sur la partie consacrée à l’exorcisme.

Charbel Makhlouf, le saint aux milliers de miracles

Eglise universelle : Saint Charbel, le saint aux milliers de miracles

La paroisse de Vallet, dans le vignoble nantais, accueille depuis quelques années des reliques de saint Charbel (1828-1898). Une grande vénération au saint moine libanais, canonisé en 1977, et prestigieux thaumaturge, s’est développée sous la houlette de l’abbé Hervé Godin, curé de la paroisse, qui nous présente le sanctuaire et la nature de cette dévotion.

Eglise en France : Centenaire de la coupe d’éloquence de la DRAC

Fondée en 1924, la DRAC (Droits du Religieux Ancien Combattant) organise depuis 1926 un concours d’éloquence pour les lycéens qui aura lieu cette année le dimanche 22 mars. Bathilde Salleron, administratrice, nous présente le sujet de cette année : Quelles raisons les jeunes d’aujourd’hui ont-ils de défendre l’Eglise ?

Eglise en Marche : Restaurer la chapelle des Visitandines de Besançon

Fondée en 1630, la Visitation de Besançon a disposé pendant des siècles d’une chapelle au destin tumultueux : chapelle d’hôpital, hangar à machines, amphi de fac. Aujourd’hui, la Fraternité Saint Pie X s’est attachée à la restauration de ce “bijou”. L’abbé Mathias Jehl nous présente l’état d’avancement des travaux et les initiatives à venir.

Les hérésies du théologien jésuite français Bernard Sesboüé

Matthieu Lavagna s’intéresse au théologien catholique et jésuite Bernard Sesboüé (1934-2022), reconnu comme l’un des grands spécialistes contemporains de la christologie et de l’histoire des dogmes. Professeur de théologie dogmatique au Centre Sèvres (Facultés jésuites de Paris), il a travaillé principalement sur la christologie, les conciles œcuméniques ainsi que sur le développement historique des formulations de la foi chrétienne. À ce titre, il est aujourd’hui encore considéré en France comme une référence en matière théologique.

Cette considération est-elle justifiée ? Réponse de Matthieu Lavagna :

Ayant lu un certain nombre de ses ouvrages, j’adopte à son sujet une position nuancée. Il serait absurde de nier sa compétence encyclopédique en histoire de l’Église. Sesboüé est incontestablement un maître en la matière, et ses travaux témoignent d’une érudition impressionnante.

Mais ces éloges étant posés, certaines réserves s’imposent. Et elles ne sont pas mineures.

Un livre en particulier pose de réels problèmes: sa réponse à Frédéric Lenoir, Christ Seigneur et Fils de l’Homme. Dans cet ouvrage, Sesboüé défend en effet des thèses qui relèvent objectivement d’une lecture moderniste de la sainte Écriture.

La négation des prétentions divines de Jésus

Selon Sesboüé, Jésus n’aurait jamais revendiqué sa divinité. En effet, ce dernier ose écrire noir sur blanc :

« Jésus s’est-il personnellement proclamé Dieu ? Non, et heureusement. Car ceux qui vous disent qu’ils sont Dieu, vous les trouvez plutôt dans les hôpitaux psychiatriques » (p. 20).

Sesboüé martèle encore quelques pages plus loin :

« Jésus n’a nullement revendiqué le titre de Fils de Dieu, c’est vrai » (p. 25) et ajoute qu’« on devra donc dire que le titre de Fils de Dieu ne remonte pas à Jésus » (p. 31).

Le lecteur un tant soit peu familier des Évangiles a évidemment de quoi tomber de sa chaise ! En effet, il est un fait parfaitement avéré que Jésus revendique à plusieurs reprises le titre de Fils de Dieu dans les évangiles.

Lors de son procès devant le grand prêtre, on lui pose explicitement la question : « Es-tu le Christ, le Fils de Dieu ? » Jésus répond simplement : « Tu l’as dit » (Mt 26, 63-64 ; Mc 14, 61-62 ; Lc 22, 70-71) confirmant ainsi explicitement ce titre. Les chefs des prêtres eux-mêmes reprennent ensuite cette affirmation en la rapportant ainsi : « Il a dit : Je suis le Fils de Dieu » (Mt 27, 43) pour le condamner. Cette reconnaissance réapparaît d’ailleurs jusque dans le récit de la crucifixion : au pied de la croix, le centurion romain, témoin des événements, s’exclame : « Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu ! » (Mt 27, 54 ; Mc 15, 39).

Dans l’évangile de Jean, Jésus défend explicitement ce titre et s’étonne des accusations qu’il reçoit suite à cette revendication « Pourquoi me reprochez-vous d’avoir dit : Je suis Fils de Dieu ? » (Jn 10, 36).

Les propos de Jésus sont si explicites que plusieurs témoins les reconnaissent. Nathanaël, frappé par la rencontre avec Jésus, s’écrie : « Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le Roi d’Israël ! » (Jn 1, 49) et Jean-Baptiste confirme lui aussi : « Celui-ci est le Fils de Dieu » (Jn 1, 34).

Enfin lorsque Jésus demande à ses disciples de l’identifier, Pierre répond avec enthousiasme : “Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant” (Mt 16,16). Et Jésus au lieu de reprendre Pierre confirme avec force : « Tu es heureux, Simon, fils de Jonas; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux. » (Mt 16, 17).

Ainsi, le titre de Fils de Dieu traverse l’ensemble des évangiles. On le retrouve aussi bien dans les évangiles synoptiques (Matthieu, Marc et Luc) que chez Jean.

Sesboüé est évidemment bien trop cultivé pour ignorer ces versets. Et pourtant, sa solution pour justifier la thèse qu’il avance est pour le moins surprenante : il affirme que toutes ces déclarations auraient été insérées dans la bouche de Jésus (et des autres personnages qui confessent sa filiation divine) après coup, par les évangélistes ! Autrement dit, pour Sesboüé, chaque affirmation de Jésus concernant sa divinité ne serait plus le témoignage direct des événements, mais une construction postérieure de la communauté chrétienne.

Il écrit en effet :

« Dans la confession de foi de Césarée de Philippe, Matthieu fait dire à Pierre : “Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant” (Mt 16,16). On peut penser qu’au plan de l’histoire, Pierre n’a confessé que la messianité de Jésus. Mais la communauté primitive, faisant mémoire de la scène, a ajouté spontanément le titre de Fils de Dieu qui appartient à sa confession du ressuscité. L’évangéliste emploie le terme de Seigneur à propos de Jésus de manière rétroactive. De même, la scène où Jésus marche sur les eaux s’achève sur cette confession de foi : “Vraiment tu es le Fils de Dieu” (Mt 14,33) » (p. 60-61).

La thèse de Sesboüé est donc claire. Jésus n’aurait jamais employé le titre de Fils de Dieu lui-même, et les disciples n’ont inventé ce terme qu’après sa Résurrection1, et ont mis cela dans la bouche de Jésus.

Reste alors une question : si Jésus ne s’est jamais revendiqué personnellement Fils de Dieu, quelles raisons avons-nous de croire qu’il l’est vraiment ? Si ce titre a été inventé postérieurement par les évangélistes à la fin du 1er siècle comme l’affirme Sesboüé, comment peut-on affirmer avec certitude que les premiers chrétiens n’ont pas surinterprété la filiation divine de Jésus ?

Remarquons aussi que l’affirmation selon laquelle Jésus et ses disciples n’ont pas proclamé le titre de fils de Dieu revient à nier le dogme de l’inerrance de l’Écriture puisque les passages cités précédemment émettent l’assertion selon laquelle Jésus a bien revendiqué ces titres explicitement. Or le magistère nous enseigne que

« toutes les assertions des auteurs inspirés ou hagiographes doivent être tenues pour assertions de l’Esprit Saint, et qu’il faut déclarer que les livres de l’Écriture enseignent fermement, fidèlement et sans erreur la vérité que Dieu a voulu voir consignée » (Dei Verbum 11)

Et d’ajouter :

« La sainte Mère Église a tenu et tient fermement et, avec la plus grande constance, que ces quatre Évangiles, dont elle affirme sans hésiter l’historicité, transmettent fidèlement ce que Jésus, le Fils de Dieu, durant sa vie parmi les hommes, a réellement fait et enseigné pour leur salut éternel, jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel (cf. Ac 1, 1- 2). […] de manière à nous livrer toujours sur Jésus des choses vraies et sincères » (Dei verbum 19)

Ces passages impliquent nécessairement que si les évangiles affirment que Jésus a revendiqué à de nombreuses reprises le titre de Fils de Dieu alors il serait contraire au dogme de l’inspiration scripturaire de soutenir la thèse contraire. Une telle négation revient purement et simplement à nier le dogme de l’inerrance de l’Écriture et donc à sombrer dans l’hérésie.

Éloges de Luther

Mais le modernisme de Bernard Sesboüé ne s’arrête pas en si bon chemin. Loin de se limiter à nier l’inerrance de l’Écriture, ce dernier n’a pas hésité à faire publiquement l’éloge et l’apologie de Martin Luther, allant jusqu’à se réjouir de célébrer avec les protestants les 500 ans de la Réforme !

En 2017, il affirmait sans rougir :

« Le jugement de l’Église catholique sur Luther était un jugement très sévère, pessimiste et [un jugement] de condamnation, parce que l’Église catholique a vu en Luther avant tout quelqu’un qui a désobéi. Ce qu’elle n’a pas su voir […] c’est la figure nouvelle de la foi que Luther représentait […] Depuis le milieu du XXᵉ siècle, l’Église catholique a commencé à changer son regard sur Luther et à le voir de manière beaucoup plus positive. Autrement dit, avec un long retard, elle était capable de discerner chez Luther cette figure nouvelle de la foi, qui était une exigence et qui représentait aussi un retour à la foi paulinienne, voulant prendre davantage de recul par rapport aux dévotions. On peut dire aussi que c’est une réaction contre certaines dévotions, à la manière de saint Ignace de Loyola, et un retour à la vraie foi pure. C’est la première fois qu’un anniversaire de Luther est célébré en même temps et ensemble par protestants et catholiques, et que chacun tente de souligner le côté positif de Luther. » (Entretien avec Bernard Sesboue, Editions Vie Chrétienne (@editionsviechretienne), disponible sur Youtube)2

Sesboüé semble oublier que Luther, en s’opposant à l’Église, a ouvert la porte à des siècles de divisions, d’hérésies et de chaos religieux. Faire l’éloge de Luther comme une « figure nouvelle de la foi » revient à réhabiliter l’insoumission comme une vertu théologique. On se demande comment un théologien catholique peut sérieusement considérer un hérétique notoire comme Luther comme « une nouvelle figure de la foi » qui représente « un retour à la vraie foi pure ».

Négation du dogme Hors de l’Église, point de salut

Concomitamment à l’éloge de cet illustre hérésiarque, Sesboüé s’attaque, selon une logique résolument protestante, au dogme Hors de l’Église, point de salut. Il affirme que les protestants n’ont pas besoin de se convertir à l’Église catholique et que les dénominations issues de la Réforme peuvent être considérées comme de véritables Églises au sens propre. Il emploie à plusieurs reprises l’expression « Églises issues de la Réforme ».

Cette position entre en contradiction flagrante avec le magistère catholique, qui stipule que :

« Les Communautés ecclésiales qui n’ont pas conservé l’épiscopat valide et la substance authentique et intégrale du mystère eucharistique, ne sont pas des Églises au sens propre » (Dominus Iesus, 2000).

Pour Sesboüé, cependant, pas de quoi s’inquiéter :

« En dehors de l’Église catholique, il existe donc des regroupements chrétiens qui méritent le nom d’Église, parce qu’ils sont des Églises au sens théologique propre. […] L’Église du Christ subsiste aussi en elles, même si c’est de manière partielle. Leurs membres ne sont pas sauvés malgré leur appartenance à ces Églises, mais en vertu de leur appartenance […] L’adage “Hors de l’Église, point de salut” ne peut plus être invoqué par la théologie catholique en ce qui concerne les membres des autres Églises chrétiennes et ne pose plus aucun problème à leur sujet» (Hors de l’Église point de salut, 2004, p. 231).

Et il renchérit :

« Aucun chrétien baptisé n’est plus visé par l’adage classique “Hors de l’Église”… » (p. 236) « Nous sommes en présence d’un point formellement nouveau. Il est la conséquence du subsistit in et de la reconnaissance de l’ecclésialité, plus ou moins complète, des confessions non-catholiques. […] Leurs membres ne sont plus ordonnés à l’Église mais déjà incorporés en elle. Il n’est plus question de désir implicite ou d’ignorance invincible. » (p. 243)

Autrement dit, selon Sesboüé, tous les protestants — méthodistes, pentecôtistes, luthériens, baptistes, etc. — font partie de l’Église du Christ, indépendamment de leur ignorance invincible à l’égard de l’Église catholique. Cette position contredit le magistère bimillénaire de l’Église, qui enseigne que seule l’Église catholique est la véritable Église du Christ et que les dissidents doivent être évangélisés pour être ramenés au bercail (Pie XI, Mortalium animos)

Par ses prises de position, Sesboüé banalise la division chrétienne et dilue l’exclusivité salvifique de l’Église catholique. Ses éloges de Luther et sa négation du dogme Hors de l’Église, point de salut révèlent une vision résolument moderniste de la foi, en rupture ouverte avec la doctrine traditionnelle.

Même Vatican II rappelle, de manière explicite, qu’il n’y a pas de salut en dehors de l’Église catholique :

 « Appuyé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition, il [le concile] enseigne que cette Église en marche sur la terre est nécessaire au salut. Seul, en effet, le Christ est médiateur et voie de salut : or, il nous devient présent en son Corps qui est l’Église ; et en nous enseignant expressément la nécessité de la foi et du baptême (cf. Mc 16,16 ; Jn 3,5), c’est la nécessité de l’Église elle-même, dans laquelle les hommes entrent par la porte du baptême, qu’il nous a confirmée en même temps. C’est pourquoi ceux qui refuseraient soit d’entrer dans l’Église catholique, soit d’y persévérer, alors qu’ils la sauraient fondée de Dieu par Jésus-Christ comme nécessaire, ceux-là ne pourraient pas être sauvés. » (LG 14)

On pourrait objecter que certains protestants « ne savent pas » que l’Église de Dieu est l’Église catholique et ne sont donc pas visés. Certes, mais cette concession repose sur l’idée d’ignorance invincible, que Sesboüé rejette lui-même. Sa thèse s’applique donc au salut de tous les protestants, indépendamment de la présence ou de l’absence d’ignorance invincible. Une telle thèse contredit le magistère de l’Église, qui a toujours enseigné qu’il faut appartenir à l’Église catholique pour être sauvé, au moins par un désir implicite pour ceux qui ignorent, sans faute de leur part, la véritable Église. Mais Sesboüé balaie ce dogme d’un revers de la main en affirmant qu’« il n’est plus question de désir implicite ou d’ignorance invincible » (p. 243).

Conclusion

En définitive, le cas de Bernard Sesboüé illustre un paradoxe devenu fréquent dans une certaine théologie contemporaine : une érudition historique incontestable mise au service de thèses qui sapent les fondements mêmes de la foi qu’elles prétendent éclairer. Car une théologie qui commence par expliquer que Jésus n’a jamais revendiqué le titre de Fils de Dieu, qui relativise la fiabilité historique des Évangiles, qui réhabilite un hérésiarque condamné par l’Église pendant des siècles et qui vide de sa substance l’antique principe extra Ecclesiam nulla salus, constitue une rupture doctrinale manifeste. Une telle inversion est précisément ce que le magistère a toujours dénoncé sous le nom de modernisme.

Certes, l’érudition historique de Bernard Sesboüé mérite d’être reconnue. Mais l’autorité intellectuelle en matière historique ne suffit pas à garantir la justesse doctrinale. Dans l’histoire de l’Église, les plus grandes crises ont souvent été provoquées par des esprits brillants. Et la leçon demeure toujours la même : lorsque la théologie remet en question la fiabilité des Écritures et qu’elle se permet de contredire frontalement le magistère, elle cesse d’être un service rendu à la vérité.

Puissent les nouveaux théologiens s’éloigner de la pensée de ce jésuite et retrouver le chemin de la fidélité à l’enseignement de la sainte Église.


  1. « Ses disciples et témoins sont passés de la reconnaissance d’un homme à celle du dernier des prophètes et du Messie dès avant sa passion, puis à la confession de sa filiation divine après sa résurrection, en un sens propre et unique » (p. 72). ↩︎
  2. https://www.youtube.com/watch?v=bJGge_VdzNs ↩︎

Le Liban crucifié sur l’autel de l’holocauste mondial ?

De notre Envoyé spécial Antoine Bordier, auteur, biographe et consultant

Depuis 2023, depuis la première fois où j’ai posé le premier pied en terre libanaise, la veille de la fête de saint Joseph, si on m’avait dit : « Tu vas connaître deux guerres, celle de 2023-2024 et celle de 2025-2026 », serais-je venu au Liban ? Un membre éminent du Rotary Club, en France, avait dit aux autres membres : « Il y va parce qu’il est journaliste ». Comme si les journalistes ont le droit – le devoir (?) – de risquer leur vie pour tenir informés les consommateurs d’actualités restés à l’abri…

Depuis ce premier pas du 18 mars 2023, d’autres ont suivi. C’est la 13e fois que je mets les pieds au Liban. En tout, j’ai vécu plus de 200 jours au Liban. Aujourd’hui, la situation est des plus critiques et périlleuses, deux mois après la visite du pape Léon XIV, « l’apôtre de la Paix ! ». De nouveau le Liban est attaqué, blessé, crucifié, massacré. Il est sur l’autel d’un holocauste qui ne dit pas son nom, tel un agneau que l’on offre en sacrifice. Au profit de qui ? Oui, à qui profite cette « guerre sans fin » ?

Eclairage sur un pays enténébré, qui est plus qu’un pays, « un message », plus qu’un message, une lamentation désespérante, un cri, une dernière expiration. Eclairage sur un peuple, qui est plus qu’un peuple, une « civilisation », « un berceau civilisationnel crucifié ». Eclairage sous les missiles où se mêlent carême et ramadan, envies d’entreprendre et de vivre, dépression et traumatisme, espérance et peur ultime, résistance et résilience. Eclairage sur une « guerre sans fin », que certain appellerait « génocide ».

« Tu es fou » me dit un Libanais en raccrochant, un ancien ministre. « Mais, encore une fois, pourquoi ne pas remettre ton voyage à des temps plus cléments », répète un autre, sur WhatsApp, un éditeur local. Que faire ? Un autre – mon co-auteur, Fady Gemayel, qui a eu l’initiative du livre : La stratégie d’entreprise en temps de turbulences –, un entrepreneur de haut-vol qui a vu son entreprise bombardée deux fois, me rassure : « Je vous souhaite un excellent voyage, et surtout serein ».

Que faire ?

Je suis en Arabie saoudite depuis deux semaines pour l’écriture de mon nouveau livre et quelques reportages, et mon billet d’avion est pour demain. Depuis le 28 février, depuis le déclenchement de cette nouvelle guerre régionale qui ne s’appelle pas encore la Troisième Guerre mondiale – tant mieux –, mais qui embrase tout le Moyen-Orient, mon stress est monté en flèche. A « l’abri » à Djeddah, dans l’ouest de l’Arabie, à 1500 km des premières frappes, je me soucie de plus en plus de la suite. Je reçois les premiers messages de mes proches, qui s’inquiètent à juste titre. Je les rassure. Tout va bien. Je suis à une centaine de km de La Mecque (ou Maqqa, et la fameuse Kaaba qui renferme la pierre noire).

Chrétien, catholique pratiquant, je vis mon carême dans un pays musulman qui a adopté le wahhabisme, le salafisme, le sunnisme fondamentaliste. Mais, étrangement, les gens sont calmes, très accueillants. Les femmes sont revêtues de leur niqab noir, et les hommes de leur tunique blanche, la dishdasha, et certains ont le bisht, sorte de manteau en tissu léger. Quand je croise l’un de leurs regards, aux yeux bleu, vert ou noir profond, j’ai l’impression de voir une femme en détresse, en exil, en prison. Mon impression est « occidentale », plus ou moins fausse. Il faut que je change de logiciel et que j’apprenne, que je reçoive, en toute humilité, cette nouvelle information cultuelle, culturelle, religieuse et sociétale. En mêmes temps, et de façon discrète et amicale, j’ai pu distribuer une demi-douzaine de médailles miraculeuses. Ils aiment Mariam !

Les Libanais au creux du rocher

Le 7 mars, mon avion décolle de Djeddah, avec une heure de retard. Je me prends en selfie à l’intérieur car, c’est incroyable mais vrai, nous ne sommes qu’une dizaine ! Ce n’est pas un film. C’est l’histoire, l’histoire d’un conflit dans une région aussi grande que l’Europe. Pendant le vol, l’avion se déroute, et nous survolons le Nil, Assiout, et les cités pharaoniques. Au loin, mais nous nous en écartons, hélas, le mont Sinaï. Je survole ce berceau de l’humanité, grand comme un continent, un océan, un Nil blanc et bleu. Il est plutôt vert vu du ciel. J’y contemple des cercles de même couleur qui sont alignés par six ou sept sur une double rangée. Je m’interroge : sont-ce des cultures, des sites archéologiques transformés en oasis, des fermes géantes de pisciculture ?

Dépaysement total. Le voyage est un rêve, la nature une planète débordant de merveilles.

A l’aéroport Rafic Hariri, tout se passe bien. Je passe un peu plus de temps que d’habitude à répondre aux questions de la Sûreté générale. Un officier se déplace. Il m’interroge en usant d’un parfait français. Je réponds calmement à toutes ces questions. Je lui réponds que je suis ici pour donner des conférences et présenter mes livres, dont : Arthur, le petit prince du Liban. Heureusement, j’ai un exemplaire dans mon sac-à-dos. Il me laisse passer et me salue tout sourire aux lèvres en me souhaitant : « Bonnes conférences ! » Elles seront toutes annulées deux jours après.

Dehors, c’est le calme plat. Je fais un 360° sur moi-même. Je ne vois aucun panache de feu en direction de Beyrouth au nord. Je viens d’atterrir au creux du rocher, celui de Dieu, là où les Libanais se sont réfugiés, les Libanais qui veulent croire en un avenir meilleur. Sans cesse…

Des guerres ou un « génocide » sans fin ?

Ce mot de « génocide », un Libanais l’avait utilisé pour répondre à l’une de mes questions avant que je ne mette, pour la première fois, les pieds au Liban. Ma plume et mon projet d’écriture – une véritable aventure humaine – me poussaient à venir au Liban, un rêve de 30 ans qui était apparu lors de cette rencontre à Paris, dans les années 1990, de ces deux séminaristes maronites de Jounieh – je ne les ai jamais revus.

Ce mot écrit et prononcé m’avait choqué. A l’époque, je le trouvais trop fort, appartenant trop à l’histoire, à l’histoire ancienne. Mais, je me trompais. Car, effectivement, au fil des hommes et de l’histoire, au fil des guerres, des persécutions et des pogroms, le peuple libanais, et, notamment, les chrétiens libanais ont vécu et vivent un lent génocide. Il s’agit même d’un mille-feuille génocidaire, comme si les chrétiens ici, les maronites, les melkites, les Grecs orthodoxes, les latins, les Arméniens apostoliques et catholiques, comme si tous, de génération en génération, étaient cloués sur le bois de la croix, celle du Christ offert en rançon pour payer la dette de l’humanité tout entière, celle des civilisations successives.

Quand j’évoque le sujet avec Elie, Georges, Fouad, Youmna, Tony, Fady, Sami, etc., tous ces Libanais locaux ou de la diaspora, pour eux, le mot de « génocide » s’expliquerait.

J’en avais parlé avec feu le docteur Robert Sacy, ce grand médecin d’une douceur exquise que j’avais rencontré lors d’un reportage en 2023. Il est mort trop tôt, trop jeune. Je l’avais pris en photo avec l’un de ses patients, un bébé de 6 mois récupéré dans une poubelle, le visage blessé, martyrisé par les brûlures d’une cigarette. Là encore, je me souviens lui avoir donné une médaille miraculeuse de la rue du Bac.

Les persécutions…

Quand je me rends au Liban, et que j’aperçois ses montagnes, habillées de leur manteau de neige hivernale : le Mont Liban et l’Anti-Liban (drôle de nom !), je ne peux m’empêcher de penser à la montagne de Dieu, au mont Hermon, à ses cimes divines Sanir et Hermon, un peu comme Masis et Sis pour le mont Ararat, la montagne de Noé. Il faut s’y promener une Bible à la main, et feuilleter, lire les 69 fois où le mot Liban est mentionné, les 51 fois où le mot cèdre est écrit, les 16 fois où le mont Hermon est magnifié. C’est là, dans ses entrailles que se trouve la source du Jourdain. Les chrétiens y sont nés dès la venue du Christ. Puisque Jésus, avec ses parents, puis, avec sa mère et ses disciples, s’y rendait. Combien de fois ? Peut-être une dizaine de fois, voire plus. Il aimait se rendre à Tyr, la belle, qui est mentionnée 61 fois dans le Livre des livres. Et Sidon ? 38 fois…

Oui, cette terre est sacrée, sainte. Elle appartient à Dieu. « Enlève tes sandales, l’endroit que tu foules est sacré. » Elle est chrétienne, depuis les premiers pas du Christ dans la vallée de Cana. Etait-il allé jusqu’à Beyrouth ? Jusqu’à Antioche ?

A Sidon, Paul y a été maintenu prisonnier. Je m’y suis rendu, libre. J’ai vu l’endroit. Christianisant, émouvant, sanctifiant… Martyrisant ?

Oui, les premières persécutions chrétiennes y fleurissent comme un jardin de paradis. Ce qui expliqueraient pourquoi les racines des cèdres sont si profondes. Sous Hérode, sous Dioclétien, à Tyr, les premiers mar-tyrs versent leur sang. Les premières victimes d’un « génocide » sans fin ?

« Le juste grandira comme un cèdre du Liban » (Ps. 92, 13)

Oui, il faut relire Osée, les Psaumes, l’Ancien Testament et le Nouveau Testament, pour bien aimer, comprendre et connaître cette terre sainte qui s’appelle le « Cœur de Dieu ». Dans la langue de l’Emmanuel, du Fils de Dieu, de Jésus, Liban vient de l’araméen : « Lev-Anon » ou le « Cœur de Dieu ».

Cette persécution des chrétiens, commencée dès le début du christianisme, cesse avec la conversion de l’empereur Constantin (au 4e siècle).

Puis, les persécutions reprendront un siècle plus tard. Là, ce sont les chrétiens de Byzance la grande qui persécutent les premiers Maronites. Ces-derniers se réfugient dans les hautes montagnes du Mont Liban, puis dans la Qadisha. Là, la Bible y résonne d’une façon particulière, à plus de 1000 m d’altitude. Succèderont à ces malheurs d’autres malheurs : les persécutions des musulmans, de façon plus ou moins larvées, jusqu’en 1920. Que de persécutions !

Depuis 1948, depuis la création de l’Etat d’Israël, depuis les guerres israélo-arabes, depuis les guerres du Liban (1975-1990), qui ont démarré en raison de l’arrivée massive des Palestiniens chassés de Jordanie et déplacés au Liban en 1969 (on parle de la présence de 400 000 palestiniens au Liban) qui voulaient faire du Pays du Cèdre leur bras armé contre Israël. Notamment, le nouveau leader de l’OLP, Yasser Arafat (leader de 1969 à sa mort en 2004 – il meurt en France à Clamart !). Ce-dernier disait notamment : « La paix pour nous signifie la destruction d’Israël. Nous nous préparons à une guerre totale, une guerre qui durera des générations. » Ceci explique cela…

La disparition des chrétiens du Levant ?

Aujourd’hui, les chrétiens, toutes communautés confondues, sont à peu-près entre 30 et 35%. Ils étaient majoritaires en 1975. Il faudrait ajouter qu’ils représentent près de 80% de la diaspora dans le monde, selon certaines sources. Soit, 11 millions de chrétiens.

Dans les années 1970, les Etats-Unis ne s’en étaient pas cachés. Henry Kissinger, le Secrétaire d’Etat (l’équivalent du ministre des Affaires étrangères) aurait dit : « il faut que les chrétiens quittent le Liban ». D’autres sources précisent un échange qu’il aurait eu avec Soleimane Frangié (le président maronite du Liban de 1970 à 1976) : « Que voulez-vous ? Des terres ? Autre chose ? Il y a des bateaux prêts, on donnera de l’argent à chacun pour qu’il commence une nouvelle vie. Il y a des pays encore pleins de possibilités, comme le Canada. »

De fait, les chrétiens veulent rester sur leurs terres ancestrales. Alors les guerres se sont déchaînées, la Syrie, Israël, puis de nouveau Israël… Tout est fait pour que le « plan Kissinger » se déroule.

L’Iran, le Hezbollah, et Israël : des voisins ennemis jurés

L’actualité guerrière et mortifère nous a rattrapé. Le 28 février, les Etats-Unis et Israël entraient en guerre contre l’Iran. Le Liban, quelques jours après, le 2 mars, était entraîné dans cette guerre régionale, lorsque le Hezbollah a envoyé deux roquettes dans le nord de l’Etat hébreux. Puis, les drones, les missiles et d’autres roquettes ont répondu de part et d’autre. Conséquences, à ce jour, il faut déplorer près de 800 morts, plus de 2000 blessés, et plus de 790 000 personnes déplacées du sud du Liban. Tout le sud est en guerre, sans oublier les quartiers chiites de la banlieue de Beyrouth, le nord-est et la région de la Bekaa.

L’Iran et son bras armé au Liban le Hezbollah veulent la disparition de l’Etat d’Israël qui de son côté veut supprimer, aussi, la milice chiite, tous ses cadres et son armement. Il veut, aussi, il ne faut pas être naïf, réaliser le Grand Israël, qui comprend tout le sud du Liban à partir du fleuve Litani.

La présence chrétienne dans le sud, dans les villages comme Cana, Alma Sha’b, Qlayaa, etc., existe toujours. Mais, elle est de plus en plus en suspension…

Le 9 mars, le prêtre Pierre al-Raï est mort en portant secours à ses paroissiens bombardés.

« Nous ne partirons pas », disent les chrétiens du sud qui refusent toute épuration ethnique, tout génocide, toute persécution religieuse.

Des Messagers de Paix !

Finissons avec le pape Léon XIV et le président Aoun. Ce-dernier répète ce qu’il avait dit au moment du départ du pape, le 3 décembre : « Cette visite marquera la mémoire du Liban et de son peuple. Vous avez exprimé un message d’espoir et de paix. Vous êtes venus au Liban avec un message de paix et de réconciliation, et avez assuré que ce petit pays reste un exemple d’unité et de coexistence. Nous avons perçu votre volonté de voir ce pays rester un havre de réconciliation et de paix. Je vous dis que votre message a été bien reçu et que nous continuerons à rechercher la paix. Nous espérons que nous resterons dans vos prières, parce que ce peuple croyant mérite la vie et la paix ! »

Quant au pape Léon XIV : « Je porte en moi la douleur et la soif de vérité et de justice de tant de familles, de tout un pays ». Il ne cesse depuis d’appeler à la Paix : « Que les armes cessent… Œuvrez pour la Paix ! »

Reportage réalisé par Antoine BORDIER

Copyright des photos A. Bordier

17-23 août : session familiale à Sées (61) avec la Fraternité Saint-Pierre

Depuis 2018, la Fraternité Saint-Pierre propose au cœur de l’été une semaine de vacances chrétiennes pour les familles, avec leurs enfants jusqu’à 15 ans.

Venez vivre un temps de ressourcement spirituel et familial :

  • le matin, vie spirituelle et temps de formation pour les parents, pendant que les enfants sont pris en charge ;
  • l’après-midi, activités culturelles, ludiques et sportives en couple ou en famille ;
  • le soir, moments de détente et de convivialité

Inscriptions : 

https://www.oeuvredesretraites.fr/evenement/2026-session-dete-pour-les-familles-a-sees/

Quatrième dimanche de Carême – Laetare

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Le quatrième dimanche de Carême est appelé du premier mot de son Introït Lætare : réjouis-toi. C’est en effet un dimanche de joie au milieu du Carême. C’était jeudi exactement le jour de la mi-carême, mais c’est en ce dimanche que la liturgie marque une pause dans les austérités de ce temps de pénitence en nous faisant entrevoir le but final, la joie de la résurrection, mais en nous rappelant que pour y parvenir il faudra passer par la croix. C’est par le bois de la croix que la joie est venue dans le monde entier, ainsi que le chante une antienne de l’adoration de la croix du Vendredi Saint.

En ce jour on ne chante toujours pas l’Alleluia, ni le Gloria in excelsis Deo, mais on peut jouer de l’orgue et orner l’autel de fleurs, ce qui est interdit les autres dimanches de Carême, et les ornements violets peuvent être remplacés par des ornements roses, si l’église en possède, comme au troisième dimanche de l’Avent.

Ce rose n’est pas seulement une couleur aimable et gaie, c’est celle d’une fleur, la plus belle et la plus odorante de toutes, mais qui a la propriété de pousser sur des épines : encore un rappel de la joie qui nous vient par la croix. Pour marquer l’importance de la croix dans la joie de ce dimanche, la station à Rome se faisait dans la basilique de Sainte-Croix-de-Jérusalem au temps où le pape allait, tous les jours de Carême, célébrer la messe dans une des nombreuses églises de Rome. On y vénérait la relique de la vraie Croix apportée par sainte Hélène, et cette basilique était un peu comme une enclave romaine de Jérusalem.

Nous allons voir justement qu’il est beaucoup question de Jérusalem dans les chants de cette messe, et Jérusalem, on le sait, c’est la figure de l’Église. A l’époque où le répertoire grégorien s’est constitué, de nombreux païens recevaient le baptême dans la nuit de Pâques, et en ce dimanche de Lætare l’Église tressaillait de joie à la pensée de tous ces nouveaux enfants qu’elle allait appeler à la vie.

Introït : Lætare

C‘est la joie de la Jérusalem nouvelle qu’annonçait le prophète Isaïe dans le passage qui forme le texte de l’Introït.

Lætare Jérusalem, et conventum facite, omnes qui diligitis eam ; gaudete cum lætitia, qui in tristitia fuistis, ut exsultetis, et satiemini ab uberibus consolationis vestræ.
Réjouis-toi, Jérusalem, et rassemblez-vous, vous tous qui l’aimez. Soyez dans la joie et l’allégresse, vous qui étiez dans la tristesse, afin d’exulter et d’être rassasiés aux mamelles de votre consolation.

La mélodie est évidemment joyeuse et bondissante. Elle se nuance tout juste d’un petit voile pour évoquer la tristesse passée, la croix avant la joie. A la fin elle est empreinte de douceur pour parler de la consolation, avec la belle image des petits enfants rassasiés au sein de leur mère qu’Isaïe développe d’ailleurs un peu plus loin dans un passage célèbre du même chapitre. Le verset de cet Introït est le début du psaume 121, psaume à la gloire de Jérusalem que nous allons retrouver au Graduel et à la Communion.

Lætatus sum in his quæ dicta sunt mihi : in domum Domini ibimus.
Je me suis réjoui de ce qui m’a été dit : Nous irons dans la maison du Seigneur.

Graduel Lætatus sum

Le texte du Graduel du quatrième dimanche de Carême est tiré du psaume 121, que l’on retrouve à trois reprises dans cette messe, et en particulier la première partie de ce Graduel est formée du premier verset de ce psaume, celui qui accompagnait l’Introït :

Lætatus sum in his quæ dicta sunt mihi: in domum Domini ibimus.
Je me suis réjoui de ce qui m’a été dit : nous irons dans la maison du Seigneur.

La deuxième partie est formée d’un verset de la fin du psaume :

Fiat pax in virtute tua, et abundantia in turribus tuis.
Que la paix vienne dans tes remparts et l’abondance dans tes greniers.

Ce psaume est un des cantiques des  » Montées  » que les Hébreux chantaient en montant à Jérusalem, et ils l’entonnaient en découvrant le Temple, la maison de Dieu. Jérusalem c’est comme toujours la figure de l’Église vers laquelle montent tous ceux qui se préparent au baptême, et nous tous qui nous préparons à renouveler les promesses. C’est la maison de Dieu où nous trouvons la paix et l’abondance. Ce Graduel commence par le même verbe que l’Introït Lætare, se réjouir, et la mélodie est très évidemment très joyeuse. Elle s’élève dès le début dans les hauteurs avec de grands élans enthousiastes puis elle redescend en s’inclinant profondément pour vénérer le nom du Seigneur. La deuxième partie est tout entière une acclamation enthousiaste.

Trait : Qui confidunt

Le Trait du quatrième dimanche de Carême est assez court puisqu’il n’a que deux versets. Ce sont les deux premiers versets du psaume 124, qui est encore un cantique des  » Montées « , et fait encore l’éloge de Jérusalem, figure de l’Église, chantant particulièrement la sécurité qu’on y trouve.

Qui confidunt in Domino, sicut mons Sion : non commovebitur in æternum qui habitat in Jerusalem. Montes in circuitu ejus et Dominus in circuitu populi sui, ex hoc nunc et usque in sæculum.
Ceux qui mettent leur confiance dans le Seigneur sont comme la montagne de Sion. Il ne sera jamais ébranlé celui qui habite à Jérusalem. Des montagnes l’entourent : ainsi le Seigneur se tient autour de son peuple, dès maintenant et à jamais.

La mélodie est faite de formules psalmodiques ornées habituelles aux Traits que nous avons déjà rencontrées, notamment dimanche dernier. Mais, au début du deuxième verset, le mot montes, les montagnes, est revêtu d’une mélodie assez particulière avec de grands intervalles qui lui donnent un certain caractère descriptif.

Offertoire : Laudate Dominum

Comme ceux des deux dimanches précédents, l’Offertoire du quatrième dimanche de Carême est un chant de méditation, intérieur et contemplatif, qui est un peu à part dans les chants de cette messe, puisque, c’est le seul où il ne soit pas question de Jérusalem. Il est tiré du psaume 134, cantique de louange au Seigneur pour sa bonté et sa toute puissance, qui se manifesteront particulièrement dans le grand bienfait de la Rédemption.

Laudate Dominum, quia benignus est, psallite nomini ejus, quoniam suavis est : omnia quæcumque voluit fecit in cælo et in terra.
Louez le Seigneur, car il est bon ; chantez un psaume à son nom car il est doux : tout ce qu’il veut il le fait au ciel et sur la terre.

La mélodie est douce et calme, sans grands écarts. Elle prend un caractère plus affirmatif au début de la troisième phrase qui chante la toute-puissance divine.

Communion : Jerusalem quæ ædificatur

Pour la troisième fois au cours de cette messe du quatrième dimanche de Carême, nous trouvons à la Communion le psaume 121, le cantique que les pèlerins d’Israël chantaient en montant vers Jérusalem, et plus précisément dans le verset qui est chanté ici le cri d’admiration de tout le peuple en découvrant les murailles du temple après une longue marche :

Jerusalem, quæ ædificatur ut civitas, cujus particpatio ejus in idipsum : illuc enim ascenderunt tribus, tribus Domini, ad confitendum nomini tuo, Domine.
Jérusalem qui est bâtie comme une cité dont les parties se tiennent entre elles, c’est là que montent les tribus, les tribus du Seigneur, pour proclamer votre nom, Seigneur.

On remarquera une fois encore le passage de la troisième à la deuxième personne. Les tribus du Seigneur qui montent vers Jérusalem, ce sont tous les peuples que l’Église voit avec un tressaillement de joie monter vers elle pour y recevoir le baptême. Ils y seront tous unis dans la communion des Saints comme les pierres parfaitement ajustées de la cité sainte. Cette joie de l’Église se traduit par une mélodie ample et enthousiaste mais avec des cadences en demi-ton qui lui donnent en même temps un caractère mystique et contemplatif.

Ayant toujours fait l’école à la maison, il vise la mention très bien au bac

Le Figaro étudiant s’intéresse à Karol, qui n’est jamais allé à l’école. Âgé de 17 ans, l’adolescent est en classe de première et passe les épreuves du bac. Contrairement aux autres candidats, Karol, au regard de son statut de candidat libre, se soumet à un examen pour chacune des matières du tronc commun. Il n’y a pas de contrôle continu, et Karol a l’obligation de passer une épreuve en présentiel pour toutes les matières. Afin de se préparer au mieux, le jeune homme suit le programme de l’EIB school à distance, depuis la quatrième.

Pour le bac, le lycéen commence à travailler vers 9 h ses spécialités : physique chimie, SVT  et maths  jusqu’à midi. Puis, de 13h15 à 14h15 plusieurs jours par semaine, il suit un cours au Conservatoire régional de Tours. Enfin, il reprend de 14h30 à 18h30 pour travailler l’anglais, l’italien, l’histoire géographie, l’enseignement scientifique et le français. «Si je suis efficace, je termine à 17 heures».

En ce qui concerne son enseignement, Karol reçoit toutes les 10 semaines un manuel pour chaque matière avec toutes les leçons à faire. 

Même en maternelle, Karol faisait l’école à la maison. «Ma mère a suivi des formations pour m’éduquer avec la pédagogie Montessori . Donc jusqu’au CP, c’était ma maîtresse». A partir du CE1, il a suivi le cours Sainte-Anne, une école privée hors contrat à distance.

Beaucoup de familles hésitent à faire école à la maison pour leurs enfants par peur qu’ils se retrouvent isolés socialement. Karol s’est fait des amis grâce à ses loisirs.

«Je fais du violon au Conservatoire de Tours donc j’ai des potes là-bas. Je pratique aussi le tennis et cette année j’ai intégré l’aumônerie de ma paroisse où j’ai rencontré de nouvelles personnes avec les mêmes centres d’intérêt que moi».

L’enseignement à domicile reste toujours possible en France. Ce système concerne aujourd’hui 30 600 enfants. Mais, depuis la loi sur le séparatisme entrée en vigueur en 2021, pour faire l’école à la maison, il faut monter un dossier et justifier sa demande (raison médicale, pratique sportive ou artistique, itinérance de la famille, projet éducatif…) et obtenir l’autorisation du Directeur académique des services de l’éducation nationale (Dasen) de son département.

Un évènement au Parlement européen appelle à la protection de la vie humaine

Communiqué de One of us :

Le mercredi 11 mars 2026 après-midi, une conférence organisée au Parlement européen a réuni des parlementaires, des représentants de la société civile et des experts afin de discuter des implications de la récente décision de la Commission européenne concernant l’initiative « My Voice, My Choice » (MVMC) et de son impact sur les valeurs européennes et les mécanismes de financement.

L’événement a fait salle comble autour de députés européens issus de trois groupes politiques, représentant plus de la moitié du Parlement européen. Il a été ouvert par Paolo Inselvini (ECR) et Margarita de la Pisa (PfE), qui ont souligné qu’il existe aujourd’hui dans l’UE un besoin urgent de défendre les véritables valeurs de l’Union : la protection de la vie et la sauvegarde des plus vulnérables.

Parmi les intervenants figurait Ségolène du Closel, directrice de la Fédération européenne One of Us. Elle a alerté les participants sur l’importance de préserver à la fois la liberté et la vie dans l’élaboration des politiques européennes, et de rejeter l’injonction de choisir entre la vie ET la liberté que les promoteurs de l’avortement tentent d’imposer.

Au cours de cet événement, huit députés européens ont pris la parole, tandis que plusieurs autres députés étaient présents dans la salle. Matej Tonin, député européen du PPE, a rappelé que les trois revendications du MVMC ont été rejetées par la Commission européenne, les demandes visant à mettre en place de nouveaux mécanismes de financement européens et à allouer de nouveaux fonds à l’avortement, ainsi que de donner une suite législative à leur demande. Il a mis en évidence les tentatives de la Commission de manipuler l’opinion publique par le biais des allocations du FSE+ et par des opérations de relations publiques.

C’est ce qu’a confirmé Nicolas Bauer, expert juridique au Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), qui a déclaré que la Commission européenne avait commis un abus de pouvoir en allouant des fonds du FSE+ à des services d’avortement, sujet qui relève de la compétence des Etats membres.

D’autres députés européens ont noté avec inquiétude que, même si la réponse de la Commission ne constituait pas une victoire claire pour MVMC, on observe une montée inquiétante de l’influence de l’idéologie destructrice pro-avortement au sein des institutions de l’UE. Miriam Lexmann, de Slovaquie, a déclaré : « L’idéologie ne dure pas éternellement. »

Ce point de vue a été renforcé par Ségolène du Closel, qui a expliqué comment le MVMC et les acteurs pro-avortement recourent à la pratique du mensonge, des menaces, des actions antidémocratiques ainsi qu’à l’intimidation pour influencer l’opinion publique — et malheureusement, certains Commissaires européens. Ses remarques ont été soutenues par Bert Jan Ruissen et Jadwiga Wiśniewska, qui ont mis en garde contre le risque que la Commission cède à la pression et utilise à mauvais escient le FSE pour financer des services d’avortement hors du champ de compétence de l’UE.

Grégoire François-Dainville, directeur de la Fondation Jérôme Lejeune, a averti que l’ouverture du Fonds social européen (FSE) à l’avortement mettait en danger les personnes porteuses de trisomie 21, car les fonds destinés à les aider pourraient au contraire être utilisés pour les éliminer avant leur naissance. Depuis l’Italie, Maria Rachele Ruiu a réaffirmé son engagement à promouvoir le soutien à la maternité : « Toutes les tentatives visant à nous réduire au silence échoueront, car la vie est de notre côté. »

Le député européen Paulius Saudargas, membre du PPE, a conclu que la lutte pour la protection de la vie fragile est fondamentale, soulignant que la Commission européenne a l’obligation de répondre à l’initiative citoyenne européenne MVMC, mais toujours dans le cadre des traités de l’UE. Il a insisté sur le fait que l’Europe repose non seulement sur des valeurs communes, mais aussi sur le respect de la diversité des États membres, et que les institutions européennes ne doivent pas outrepasser leurs compétences. L’UE a bel et bien la compétence de soutenir la maternité, d’aider les femmes confrontées à des grossesses difficiles et de protéger les enfants.

La conférence s’est conclue par un appel clair aux institutions et aux décideurs politiques de l’UE afin qu’ils veillent à ce que les mécanismes de financement européens respectent la dignité humaine, les principes éthiques et les compétences des États membres. En un mot, le bon fonctionnement de la démocratie.

Victoire : la Conférence de la Haye abandonne son projet de convention internationale relative à la GPA transfrontière

Communiqué de Juristes pour l’enfance :

La Conférence de la Haye de droit international privé (HCCH), organisation intergouvernementale mondiale permanente, œuvre pour l’unification du droit international privé. Elle a pour mission principale d’élaborer des projets de conventions internationales ensuite proposés aux États.

Le Conseil sur les affaires générales et la politique (le CAGP) de la Conférence, réuni du 3 au 6 mars 2026, vient d’annoncer l’abandon du projet de protocole définissant les conditions auxquelles les États devraient reconnaitre les filiations issues des GPA transfrontières (voir les recommandations ICI)

Or la Conférence travaillait sur ce projet depuis 15 ans !

  • En 2010, le CAGP avait, pour la première fois, envisagé de consacrer la Gestation pour Autrui (GPA) comme thème de travail de la Conférence.
  • A l’issue des travaux préliminaires menés par le Bureau permanent, un groupe d’experts avait été constitué en 2015, chargé d’examiner la faisabilité d’un protocole sur ce thème.
  • Après 7 ans de travaux, le groupe d’experts avait passé la main à un groupe de travail qui, après 4 années supplémentaires, a rendu son rapport final en novembre 2025, pour conclure qu’il existait entre ses membres des divergences qui “suscitaient des difficultés quant à la possibilité d’établir une convention et qu’il n’avait pas été possible de parvenir à un consensus quant à savoir s’il convenait de faire avancer le projet au stade d’une Commission spéciale” (§ 45) (CP du GT ICI ; Rapport ICI)
  • Dans ses Conclusions & Décisions, le CAGP de mars 2026 a accueilli favorablement le Rapport final du Groupe de travail et retenu la suggestion de ne pas convoquer, à ce stade, de Commission spéciale sur la question de la filiation issue de la GPA transfrontière.

Le CAGP conclut donc ces 15 années en proposant une suspension des travaux pour une durée indéterminée.

Autrement dit, la Conférence de la Haye abandonne  l’idée d’une convention portant sur la filiation résultant d’une GPA transfrontière.

Elle n’exclut pas que la question puisse être réexaminée ultérieurement, le BP étant chargé de suivre de près les évolutions en la matière et de présenter une mise à jour au CAGP avant sa réunion de 2028 mais, en l’état, le projet est abandonné.

Juristes pour l’enfance salue cette décision raisonnable et espérée.

“Depuis le début, nous avons alerté les membres du groupe de travail sur le fait qu’un tel instrument international définissant les conditions auxquelles les États devraient reconnaitre les filiations issues de GPA transnationales ne serait rien d’autre que la 1ère norme internationale autorisant cette pratique”, rappelle Aude Mirkovic, Présidente de Juristes pour l’enfance. “En effet, une telle convention reviendrait, de facto, à définir les conditions d’une GPA considérée comme acceptable, autrement dit à encadrer la pratique”.

“Or, il faut le dire et le redire : la GPA acceptable, dite éthique, n’existe pas, car ce n’est pas telle ou telle modalité de la GPA qui pose problème et pourrait être encadrée mais le principe même de la gestation pour le compte d’autrui qui n’est pas acceptable”, ajoute-t-elle.

Ce revirement dans les travaux de la Conférence de la Haye est un évènement majeur.

  • L’abandon du projet, après 15 ans d’étude de faisabilité, est la reconnaissance éclatante que la définition des conditions d’une GPA “acceptable”, autrement dit l’encadrement de la GPA, n’est PAS POSSIBLE.
  • Le 8 avril 2025, Olivia Maurel, une jeune femme née de GPA et porte-parole de la Déclaration de Casablanca pour l’abolition universelle de la GPA, avait été reçue par le Bureau permanent de la Conférence de la Haye pour faire valoir cette évidence, appuyée sur son histoire personnelle d’ « enfant vendue à sa naissance et remise contre un chèque » : la GPA ne peut pas s’encadrer (Voir ICI).
  • En octobre 2025, Reem Alsalem, Rapporteuse spéciale ONU sur les violences contre les femmes a présenté aux Nations Unies son rapport consacré à la GPA dans lequel elle demande aux États de condamner la GPA sous toutes ses formes et de s’engager pour l’abolition universelle (voir le rapport ICI).
  • Cette décision de la Conférence de la Haye pourrait constituer la première étape du processus indispensable d’abolition universelle de la GPA.

La communauté internationale devrait donc – on peut maintenant l’espérer – tirer de ce constat de l’impossibilité d’encadrer la GPA la conclusion qui s’impose : la seule solution à la GPA est son abolition universelle. La France saura-t-elle s’engager dans cette noble tâche, comme le Comité consultatif national d’éthique l’a demandé ? (avis n° 126 du 15 juin 2017 ICI)

En France, la révision de la loi de bioéthique à venir devrait être l’occasion de compléter la loi française afin d’assurer l’efficacité de la prohibition légale de la GPA et de rendre aux femmes et aux enfants la protection que cette prohibition tend à leur assurer.

La fabrique de terroristes est en pleine croissance

C’est le cercle vicieux du crime qui engendre la vengeance qui appelle le crime et ainsi de suite, dans un mouvement perpétuel et infini…

Aux Etats-Unis, une synagogue du Michigan a été attaquée par un homme identifié comme Ayman Mohamad Ghazali, citoyen américain né au Liban. Selon CBS News, le suspect aurait récemment perdu plusieurs membres de sa famille dans une frappe aérienne au Liban, un événement qui l’aurait profondément marqué.

Selon une source de la communauté libano-américaine du Michigan citée par le média américain, Ayman Mohamad Ghazali aurait subi un choc personnel majeur environ dix jours avant l’attaque. Une frappe israélienne dans le village de sa famille au Liban aurait tué deux de ses frères et deux de leurs enfants, tandis qu’une belle-sœur aurait été grièvement blessée.

Les oeuvres d’art ne sont pas les seules à pouvoir quitter le Louvre !

Paris : un détenu en visite au musée du Louvre s’échappe et prend la fuite en transports en commun

“Tout va très bien madame la marquise…”

 

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

“Ce qui blesse l’Église est l’existence en son sein d’une forme de « wokisme spirituel »”

De Philippe Darantière, président de Notre-Dame de Chrétienté, dans La Nef :

Ce qui fracture l’Église catholique porte le nom d’hérésie quand il s’agit d’une fracture doctrinale et de schisme lorsqu’il s’agit d’une fracture ecclésiale. L’histoire montre que les deux causes génèrent souvent une seule et même fracture, comme celle que dessine aujourd’hui le Chemin synodal allemand. Mais, dans l’histoire de l’Église, l’arianisme fut une hérésie non schismatique puisqu’elle ne constitua pas une Église du dehors mais se développa au sein même des structures ecclésiales de son temps. Une partie du clergé et de l’épiscopat s’y rallia, elle eut ses conciles et formula son Credo. À l’inverse, le grand schisme d’Occident ne professa aucune hérésie et l’Église canonisa des saints qui furent partisans soit du pape de Rome soit du pape d’Avignon.

L’Église catholique d’aujourd’hui est pourtant traversée par des tensions qu’on ne peut nier, et qui n’expriment pas seulement une saine diversité spirituelle en son sein. La question posée par le fait qualifié de « traditionalisme » d’une manière simplifiée en fournit un exemple. Il subsiste, au sein de l’Église catholique, un fait minoritaire mais profondément dynamique, qui n’est pas un rite propre comme le maronite ou le byzantin. Il ne bénéficie pas non plus d’une organisation ecclésiastique dédiée comme l’Ordinariat catholique anglican. Il dispose, comme le mouvement charismatique, de ses séminaires, de ses branches religieuses, de son clergé et de ses fidèles. Mais, à la différence du renouveau charismatique, il fait l’objet d’une assez large hostilité de la hiérarchie, le pape François ayant même écrit que l’usage de la liturgie traditionnelle « a été utilisé pour augmenter les distances, durcir les différences, construire des oppositions qui blessent l’Église et en entravent la progression, en l’exposant au risque de divisions ».

Il me semble au contraire que ce qui blesse l’Église est l’existence en son sein d’une forme de « wokisme spirituel » qui voudrait rompre avec son passé, abandonner les pans entiers de la doctrine, soit en les relativisant, soit en les taisant, et réécrire l’histoire de sa liturgie. Cela génère, hélas, une fracture dans l’unité de l’Église avec elle-même, une fracture dans l’unité « diachronique » selon le mot de Benoit XVI, l’unité comprise dans le temps et le développement de l’histoire de l’Église. À l’inverse, le fait qu’une famille spirituelle se réclame de l’usus antiquor dans ses rites et dans son expression doctrinale ne constitue pas une fracture pour l’Église.

Toutefois, tant que cette forme liturgique sera niée dans ce qu’elle représente comme diversité légitime, il sera difficile à ses fidèles de reconnaître dans la place qui leur est faite l’accueil « large et généreux » promis par saint Jean-Paul II en 1988. C’est en vue de l’unité de l’Église que cet accueil a été promis. Pour reconnaître la légitimité de l’attachement aux « formes liturgiques et disciplinaires antérieures de la tradition latine », le motu proprio Ecclesia Dei a posé comme conditions qu’il s’accompagne de la reconnaissance de « la continuité du concile (Vatican II) avec la Tradition ». Pour les catholiques qui s’identifient à cet héritage, la validité et le caractère en soi sanctifiant du nouveau rite est acquis, il n’y a pas lieu d’ajouter à cette reconnaissance d’autres exigences. Or un glissement semble s’opérer vers de nouvelles sommations, comme l’impératif de concélébration pour les prêtres ou la prévention à l’égard de l’exclusivisme liturgique pour les fidèles, ce dernier argument étant régulièrement opposé aux organisateurs du pèlerinage de Chartres. Il serait sain que les conditions fixées par l’Église pour la pleine communion, à savoir la profession du même Credo, la célébration des mêmes sacrements et la reconnaissance de la même hiérarchie, restent le cadre dans lequel s’opère la distinction entre fracture et diversité. C’est même le préalable pour avancer plus loin dans la compréhension mutuelle des charismes de chacun.

L’ancien rite et les pédagogies de la foi qui y sont attachées restent un chemin de sainteté dans l’Église catholique, dont il est à espérer qu’il s’ouvrira de nouveau largement, tant il est vrai que les diverses formes de spiritualité reconnues par l’Église ont pour terme le salut des âmes et la gloire de Dieu.

Plus de 800 000 déplacés au Liban

Selon le bilan officiel des autorités libanaises, daté du 12 mars, la guerre entre Israël et le Hezbollah a fait 822 600 déplacés, dont seulement 128 200 ont pu être accueillis dans des centres officiels. On compte également 1774 blessés et 687 morts.

Alors que le Liban compte déjà plus de 800 000 déplacés, le porte-parole de l’armée israélienne vient d’annoncer l’élargissement des régions libanaises visées par les appels à évacuation des populations avant les bombardements. Désormais, il est interdit aux Libanais de rester chez eux jusqu’à plus de 40 kilomètres au nord de la frontière israélienne. Quasiment toute la zone, située entre Tyr et Sidon doit être évacuée, avant de prochains bombardements.

Afin de faire taire les armes, le ministre des affaires étrangères libanais, a « demandé au Saint-Siège d’intervenir et de jouer un rôle de médiateur pour aider à préserver la présence chrétienne dans ces villages » du sud du Liban ! Déjà dans les années 80, le pape Jean-Paul II avait joué ce rôle, via son délégué personnel, le père lazariste Célestino Buhigas, qui par son action, permis l’enracinement des communautés chrétiennes dans le Chouf et le sud du pays.

Source : SOS Chrétiens d’Orient

Juristes pour l’enfance fait bloquer une cagnotte Leetchi mise en ligne pour financer un contrat de gestation pour autrui

Communiqué des Juristes pour l’enfance :

Juristes pour l’enfance est intervenue avec succès pour faire bloquer une cagnotte Leetchi mise en ligne pour financer un contrat de gestation pour autrui, c’est-à-dire en réalité pour obtenir le respect de la loi française.

Celle-ci réprouve les conventions de gestation pour autrui. L’article 16-7 du Code civil dispose qu’elles sont nulles, cette nullité étant d’ordre public, et des dispositions du code pénal répriment en particulier la provocation à abandon d’enfant.

Pourtant la semaine dernière, un média local n’a pas hésité à relayer une cagnotte Leetchi mise en ligne par deux hommes pour financer un contrat de gestation pour autrui qu’ils entendent réaliser.

Une cagnotte ne peut être organisée pour financer un objet illicite. L’article 6 du Code civil dispose qu’on « ne peut déroger, par des conventions particulières, aux lois qui intéressent l’ordre public et les bonnes mœurs » et l’article 1162 du même code précise encore qu’un « contrat ne peut déroger à l’ordre public ni par ses stipulations, ni par son but ; que ce dernier ait été connu ou non par toutes les parties ».

Le contrat liant les parties étant nul pour but illicite, le site a l’obligation de retirer la cagnotte, de restituer l’argent versé aux participants et d’interdire tout renouvellement de l’opération.

C’est ce qu’a demandé Juristes pour l’enfance, par la voix de son avocate, à la société commerciale gérant le site Leetchi et l’association se réjouit que notre intervention ait été couronnée de succès : le lien vers la cagnotte mentionne désormais qu’elle n’est pas disponible.

Juristes pour l’enfance veut souligner que l’absence de tout complexe du couple demandeur pour revendiquer publiquement une action qui viole la loi, peut sans doute être expliquée par l’inaction des pouvoirs publics français.

Alors que le fait de s’entremettre entre une personne ou un couple désireux d’accueillir un enfant et une femme acceptant de porter en elle cet enfant en vue de le leur remettre, ce que font les agences de gestation pour autrui, est un délit puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende lorsque les faits sont commis à titre habituel ou dans un but lucratif, les pouvoirs publics se refusent obstinément à interdire la tenue des salons ou foires commerciales dans lesquelles des agences de gestation pour autrui étrangères réservent des stands pour placer leurs contrats auprès de français.

Nous déplorons l’omission ou la négligence de la justice française à poursuivre ceux qui enfreignent la loi, encourageant nos concitoyens à penser qu’ils peuvent assouvir leur désir d’enfant par tout moyen, y compris par celui-ci pourtant qualifié de traite d’être humain en juin 2024 par la directive 2024/1712 de l’Union européenne .

Il est temps que la France prenne la mesure de l’urgence de lutter contre ce nouveau fléau qui exploite la détresse des femmes et réduit l’enfant à un bien monnayable. Ce sera l’un des enjeux des prochaines présidentielles.

Il dépasse les courants politiques, nous demandons à tous les partis de s’engager à prendre des mesures pour éradiquer la gestation pour autrui sous toutes ses formes comme l’a demandé en 2025 la Rapporteuse spéciale de l’ONU contre la violence faite aux femmes et aux filles, Madame Reem Alsalem.

L’ILFM devient l’Académie pour l’école

Communiqué de la Fondation pour l’école :

Depuis sa création, la Fondation pour l’école agit avec une conviction simple et forte : former les professeurs et les directeurs, c’est soutenir ceux qui font vivre l’école au quotidien ! C’est pourquoi, avec l’ILFM, son organisme de formation, elle a déjà formé plus de 7 000 personnes.

Le renouveau de l’école auquel nous aspirons passe par l’engagement, le désir d’exigence et la joie de ceux qui y travaillent. C’est ce qui guide notre action depuis déjà 18 ans.

Aujourd’hui, nous sommes heureux de partager avec vous une étape importante de notre développement. L’ILFM évolue et devient l’Académie pour l’école.

Ce nouveau nom n’est pas un changement de cap. Il est une manière plus claire, plus lisible et plus fidèle de dire ce que nous faisons depuis longtemps : former non seulement des instituteurs pour les écoles libres mais aussi des équipes qui transmettent un savoir afin de soutenir effectivement le renouveau de l’école, partout en France.

Avec l’Académie pour l’école, nous affirmons notre volonté :

  • de rendre notre action de formation plus visible et accessible à tous ceux qui sont à la recherche de contenu exigeant dont les fruits sont avérés;
  • de mieux accompagner les écoles et leurs équipes afin de les aider à relever les défis toujours plus nombreux qu’ils rencontrent;
  • d’amplifier notre impact, au service d’une éducation libre et exigeante.

La Fondation pour l’école porte l’Académie pour l’école, qui en est un prolongement naturel, pour répondre aux défis posés par la crise de l’école.

L’essentiel demeure : la même exigence, la même fidélité à nos convictions, la même volonté d’apporter quelque chose d’utile au pays.

Sans plus attendre, vous pouvez découvrir le nouveau site qui incarne cette mission.

Merci de nous accompagner dans cette aventure et de la soutenir !

La suite s’écrit avec vous, pour l’école et pour les générations à venir.

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Paramètres de confidentialité sauvegardés !
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services