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Chine : enregistré comme le demande Rome, ce prêtre voit ses ennuis s’accroître

Dans Témoins de l’Espérance, À la rencontre des Apôtres de notre temps, Benoît de Blanpré, qui dirige l’Aide à l’Église en Détresse, principale association d’aide aux chrétiens persécutés, et Thomas Oswald, journaliste et auteur, au service information de l’AED, et que nous avions interrogé, écrivent à propos d’un prêtre en Chine :

Issu d’une famille catholique qui a connu les années terribles de l’ère Mao, il n’a naturellement aucune symptahie pour le Parti communiste chinois. Pourtant, il a accepté d’être enregistré auprès du parti, appartenant de fait à “l’Eglise patriotique”.

Les fonctionnaires de l’Etat chinois qui le surveillaient savaient bien qu’il était prêtre – ils savent pratiquement tout – et ils lui mettaient une pression continue pour qu’il accepte d’être enregistré. Ils affirmaient en particulier que sa hiérarchie elle-même le lui demandait, que les accords entre la Chine et le Vatican imposaient à tous les prêtres de s’enregistrer auprès du parti.

En fin de compte, cet argument l’emporta et il décida de signer son enregistrement. Mais ce n’était que le début de ses ennuis. Une fois enregistré, le prêtre devait accepter que des livres marxistes soient disponibles dans son église. Il pouvait être interrompu lors de l’un de ses sermons par un agent du gouvernement qui jugeait son discours incorrect. Il devait aussi assister à des séances de doctrine patriotique, dans le but de le réformer intellectuellement. Il s’agit de longues conférences qui vantent les mérites du parti, auxquelles le clergé enregistré est tenu d’assister.

Le plus douloureux fut de constater que ses paroissiens se détournaient de lui. A leurs yeux, il avait pactisé avec les communistes.

Joseph et Joséphine, un petit frère est né : un joli livre sur le baptême pour les tout-petits

Le deuxième tome de Joseph et Joséphine, Un petit frère est né, est disponible dès à présent sur le site des Editions de l’Espérance. Cette jolie collection de Marie Vigneaud destinée aux enfants dès l’âge de 3 ans est déjà très bien reçue des familles, qui aiment y reconnaître leur quotidien. Les jumeaux Joseph et Joséphine qui en sont les héros ne sont ni d’éblouissants aventuriers, ni de formidables explorateurs, mais bien des enfants ordinaires. Bibiche, ou Martine avant eux, mais dans un univers profane, avaient enchanté des générations de petits lecteurs.

Chez Joseph et Joséphine, une tendre surprise se prépare. Un bébé arrivera bientôt ! Dans ce nouveau tome, l’auteur dépeint l’annonce de la venue d’un petit frère, son attente joyeuse, la visite à la maternité, puis les préparatifs et la cérémonie du baptême, sans oublier l’envoi des faire-part et le choix des dragées.
On y trouve de charmantes scènes qui aideront les enfants à vivre chrétiennement ces événements, comme le chapelet récité dans la forêt avec les grands-parents à l’intention de la maman et du bébé ou l’explication que la marraine fait de la robe blanche du petit baptisé.

Ce ravissant petit livre illustré avec douceur par by.bm permet d’expliquer aux plus jeunes les principaux rites et symboles du baptême. Excellent cadeau de naissance, il peut aussi être offert aux petits enfants qui se préparent à recevoir le sacrement de baptême.

Commandez-le dès maintenant sur le site des Editions de l’Espérance :
https://www.editionsdelesperance.com/albums-tout-petits/54-joseph-et-josephine-un-petit-frere-est-ne.html

Et en ce mois de mars dédié à saint Joseph, saint patron de nos petits Joseph et Joséphine, nous vous offrons 10 % de réduction sur cette collection avec le code JOSEPH

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Guerre contre l’Iran, dissuasion nucléaire : la bénédiction médiatique

Guerre en Iran : agression ou frappes ? Le double standard permanent

Totalement dépendants des images fournies par le Pentagone et Israël, nos “généraux de plateau” commentent en boucle les informations officielles sans le moindre recul critique. Résultat : un scandaleux double standard médiatique s’impose. Quand la Russie intervient en Ukraine, c’est une “violation du droit international” mais quand les Etats-Unis et Israël frappent l’Iran, ce sont des “opérations légitimes”. Le narratif néoconservateur s’impose sans partage, jusqu’au choix du mot “frappes” soigneusement sélectionné pour éviter celui, plus juste, de “guerre”.

Macron et la dissuasion nucléaire avancée  

Le chef de l’État a livré un discours contradictoire, tiraillé entre l’affirmation de la souveraineté française et une dérive vers l'”européanisation” de notre dissuasion. La création d’un groupe de pilotage nucléaire franco-allemand interroge légitimement : assiste-t-on à un partage discret de notre outil de frappe ? Pendant ce temps, les médias tentent désespérément de présenter cette évolution comme “rassurante”.

Les César de l’entre-soi et du malaise bourgeois

L’hommage à Brigitte Bardot lors de la 51ème cérémonie des César a été sali par des huées et des sifflets. Une illustration parfaite du mépris de la caste médiatique et culturelle pour les icônes populaires. Même Paris Match dénonce un “scandale”, tandis que Camille Cottin vante une “exception culturelle française” qui finance des films comme “L’Histoire de Souleymane” grâce aux recettes de blockbusters étrangers. La préférence nationale aurait-elle du bon ? Analyse.

Les pastilles de l’info :
– L’indécence commerciale : “L’Abandon”, le film sur le meurtre de Samuel Paty
– Commission d’enquête parlementaire : Le rapport risque-t-il d’être enterré ?
– Libération campe dans son rôle d’arbitre et de juge

Portrait piquant :

Pierre Plottu (Libération), le spécialiste autoproclamé de l’extrême droite

Bâtisseur de cathédrale et pèlerin de chrétienté !

De Rémi Fontaine :

Te rappelles-tu l’apologue des trois compagnons rencontrés sur un même chantier au Moyen Âge (1) ?

— Que faites-vous ? leur demande à chacun un passant.

— Je gagne mon pain en cassant des pierres, répond simplement le premier un peu usé ou amer.

— Je fais mon métier : tailleur de pierres, renchérit plus sereinement le second.

— Je bâtis une cathédrale, surenchérit joyeusement le troisième.

Imagine maintenant un badaud sur le bord de la route, interrogeant à son tour trois pèlerins se dirigeant vers Chartres à la Pentecôte :

— Que faîtes-vous ?

— Je marche de Paris à Chartres, réplique le premier se contentantde sa performance sportive.

— Je prie avec mes pieds pour ma conversion personnelle, rétorque le second plus profondément.

— Je fais un pèlerinage de chrétienté pour établir le règne du Christ dans toute ma vie et dans le monde qui m’entoure, répond enrayonnant le troisième qui est scout.

Dans les deux cas de figure, nos trois protagonistes accomplissent matériellement le même geste, la même démarche, le même fait, mais ils lui attribuent formellement une signification différente. Chaque degré ou palier possède sa légitimité propre, y compris le premier (gagner sa vie, faire un effort physique) mais seul le troisième donne à la même action toute sa plénitude et permet à son auteur de s’accomplir parfaitement, en acte, comme on dit en philosophie. De la même manière que seul l’amour spirituel peut bien assumer les amours inférieurs (instinctif, imaginaire) tout aussi légitimes dans leur ordre humain mais qui demeurentsubordonnés à une fin supérieure (2).

Assurément il est plus épanouissant d’exercer un vrai métier que de gagner seulement son pain à la sueur

de son front. Comme il est préférable de marcher pour Dieu afin dese convertir et convertir les autres que pour le seul plaisir de crapahuter jusqu’à Chartres. Car l’homme ne vit pas seulement de pain et de pas ! Et on ne travaille ni ne se sauve tout seul ! « La grandeur d’un métier est avant tout d’unir les hommes. Il nest quun luxe véritable et cest celui des relations humaines » (Saint-Exupéry).

Dans la communion des saints, la grandeur d’un pèlerinage est ausside pouvoir réunir ses pèlerins en vue du Royaume et donc du salut des âmes des pauvres pécheurs que nous sommes tous, sur leur route et alentour, jusqu’aux confins de toutes les périphéries, « aux extrémités de la terre » s’il le faut. Le principe du pèlerinage de chrétienté rejoint ici celui des cathédrales : « J’ai vu toute mon enfance rempailler des chaises exactement du même esprit et du même cœur, et de la même main que ce même peuple avait taillé ses cathédrales… Toute partie, dans la chaise, qui ne se voyait pas, était exactement aussi parfaitement parfaite que ce qu’on voyait. C’est le principe même des cathédrales» (Péguy)

Pour qui et pourquoi travaille cet humble sculpteur dont personne, peut-être, ne verra jamais le chef d’œuvre caché derrière tel contrefort de cathédrale, sur tel chapiteau à cent pieds sur terre ? Pour qui et pourquoi marche cet humble pèlerin de chrétienté dont personne ne peut voir, en son for interne, son combat intérieur et son cœur à Cœur avec son Sauveur ?

Pour l’amour de Dieu et de son prochain, chacun à son rang et dans son ordre attribue à son geste la valeur que Mère Teresa attribuait à chacune de ses bonnes actions : une simple goutte d’eaucertes mais qui, sans elle, manquerait à la mer ! Et au journaliste qui lui demandait ce qu’il fallait d’abord changer dans l’glise et la cité, la sainte missionnaire répondait : — Vous, moi ! On ne casse pas les cailloux de la même manière quand on a une cathédrale dans la tête, écrin de la Présence réelle ! Comme on ne sert pas les pauvres et les malades de la même manière quand on voit en eux l’image même du Christ. Et on ne marche pas de la même façon vers le sanctuaire quand on a l’hôtel-Dieu, la cité de Dieu dans l’âme, notre sanctuaire intérieur ! Pour changer ? Commencer par soi : s’engager comme un scout sur son honneur et avec la grâce de Dieu !

Sans prétention idéaliste, chacun agit simplement dans cette attitude morale et réaliste fait à la fois d’engagement et d’effacement, que requiert son devoir d’état (de bâtisseur ou de marcheur de Dieu) : bien faire ce qui dépend de soi, à sa place, en adéquation et ensolidarité avec un Bien commun transcendant qui nous dépasse. Àl’image de cette association de croyants qui ont construit les cathédrales selon leur cœur, dans une hiérarchie géniale des tâches,toutes parfaitement remplies, un pèlerinage de chrétienté est une coopération surnaturelle au service de cette réalité mystérieuse qu’est la communion des saints : une cathédrale de pierres vivantes dont le Christ est la “pierre d’angle”. Le ciment qui unit ces pierres s’appelle la grâce.

À la vérité, il n’est pas forcément besoin d’être physiquement sur un chantier d’église ou sur un chemin de Beauce pour être bâtisseur d’éternité ou pèlerin de chrétienté, même si cela y contribue très fortement bien sûr. Et l’on comprend alors que c’est la foi, l’espérance et la charité qui nous habitent et nous animent qui permet à chacun de bien marcher à l’étoile comme baroudeur du Christ. Et de soulever des cathédrales ou de relever des calvaires (3) comme on déplace les montagnes ! Même si c’est dans l’humilité d’une toute “petite voie” à l’instar de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Car « il est aussi beau de peler des pommes de terre  pour l’amour du bon Dieu que de bâtir des cathédrales », nous enseigne Guy de Larigaudie. Le “routier légendaire” reprend à son insu la spiritualité d’un humble frère laïc, Frère Laurent, carme dans un monastère parisien au XVIIème siècle. Surnommé Frère omelette, ses tâches pour la communauté étaient la réparation des sandales et la cuisine. « Seigneur, j’épluche ces pommes de terre par amour pour toi. », livre-t-il dans un modeste recueil de lettres, conversations et maximes intitulé La pratique de la présence de Dieu. Faire tout, dans l’instant présent, par amour pour Lui dans « une conversation constante et simple avec Dieu » (4).  Léon XIV lui-même a dévoilé combien ce petit livre de méditations, analogue à toile au grand large, avait marqué sa vie !

Quelles que soient nos actions, petites ou grandes, faisons donc en sorte de les élever, de les “surnaturaliser” en répondant toujours comme le troisième compagnon et le troisième pèlerin. Que faîtes-vous ? Je bâtis ma cathédrale intérieure, ici et maintenant, dans une intimité avec Jésus, tourné vers le Père dans l’Esprit-Saint ! Pour mieux bâtir cette cathédrale communautaire et fraternelle, cet espace de lumière repoussant les ténèbres qu’on appelle la chrétienté ou la civilisation de l’amour. Où, même si le péché empêche que sa royauté sociale soit “tout en tous”, Il puisse régnerpar les bienfaits de sa présence sur la terre comme au ciel ! Et je marche en ce sens, récitant toujours et partout la prière du cœur du pèlerin russe :  « Seigneur, Fils du Dieu vivant, prends pitié de moi pécheur » !

Hermine (Rémi Fontaine)

(1) Cf. Le sens des cathédrales dans Parole de scout, éditions Sainte-Madeleine, p. 109.
(2) Cf. Tentation dans Parole de scout, p. 165.
(4) Cf. Frère Laurent de La Résurrection : le cordonnier de Dieu, par Denis Sureau, aux éditions Artège.

Réponse à Vaccins obligatoires vs loi sur l’euthanasie

Je souhaiterais répondre à l’article du 5 mars 2026:

Vaccins obligatoires vs loi sur l’euthanasie

Je suis médecin biologiste, ancien chercheur en immunologie à l’INSERM et ancien cadre de recherche durant 35 ans dans le domaine du diagnostic en microbiologie.

Je suis, comme vous le savez, totalement opposé à la proposition de loi sur la fin de vie/euthanasie.

Cependant je voudrais préciser qu’il est absolument nécessaire de rendre obligatoire un certain nombre de vaccins pour des raisons évidentes de santé publique, largement prouvées par de nombreuses études scientifiques.

J’apprécie beaucoup Le Salon Beige, vous remercie d’accorder de l’intérêt aux publications que je vous soumets, et ne souhaite pas polémiquer sur ce sujet.
Je vous propose d’écouter cette interview réalisé avec le professeur Nathan Peiffer-Smadja, spécialiste du sujet:

CE QU’iL FAUT FAIRE l’HIVER ! Comment bien se faire vacciner et éviter les infections graves ? ​

https://www.youtube.com/watch?v=Osyp0ImvBsc

J’espère que ce message sera utile à tous, et suis à votre disposition pour tout complément d’informations .
Bien cordialement,
Dr Sergyl Lafont.

Addendum : le lecteur auteur de la tribune précédente souligne que sa réflexion n’était pas contre les vaccins. Mais bien de souligner l’absurdité de la loi sur l’euthanasie pour un Etat dont le rôle est de protéger le citoyen (notamment avec les vaccins).

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Quand les Africains colonisaient l’Afrique ! – Le “dernier Lugan “

Faut-il encore présenter Bernard Lugan ? Auteur de plus de trente ouvrages consacrés à l’Afrique, universitaire et expert auprès du TPIR (ONU), il fut professeur à l’Ecole de Guerre et aux Ecoles de Saint-Cyr-Coëtquidan. Président-fondateur de l’Association pour le rétablissement du duel en matière de presse (ARDMP), Bernard Lugan dirige la revue L’Afrique réelle. Il nous livre ici une étude approfondie et claire sur ce continent, ses mythes et ses légendes, remettant l’histoire à l’endroit ; un livre d’histoire qui se lit comme un roman.

La colonisation de l’Afrique n’a pas débuté avec les Européens. Avant le Congrès de Berlin, durant plusieurs millénaires, des Africains ont en effet colonisé d’autres Africains. Ce phénomène fut bloqué puis remplacé par la colonisation européenne, une entreprise à la fois tardive et brève :
– Tardive car, à l’exception du comptoir du Cap (XVIIe siècle), et de l’Algérie (à partir de 1830), la colonisation du continent africain par sept nations européennes (France, Grande-Bretagne, Portugal, Belgique, Espagne, Italie et Allemagne), ne se fit qu’à partir de la dernière décennie du XIXe siècle.
– Brève également car le mouvement de décolonisation débuta dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour s’achever durant la décennie 1960. La durée de la colonisation européenne de l’Afrique fut donc celle d’une vie humaine, une parenthèse chronologique insignifiante à l’échelle de l’histoire pluri-millénaire du continent.

Phénomène unique dans l’histoire mondiale des colonisations, la tardive et brève colonisation européenne n’eut pas pour résultat le remplacement des populations locales par des colons envahisseurs. En 1939 – à l’apogée du système colonial européen –, dans toute l’immense Afrique coloniale française, AOF et AEF plus Madagascar, soit environ 9 millions de km2, vivaient en effet 100 000 « colons » pour plus de 55 millions d’« indigènes » selon le vocabulaire de l’époque.

Bien différentes furent les colonisations internes à l’Afrique puisqu’elles eurent deux grandes caractéristiques fondamentalement différentes de la parenthèse coloniale européenne :
– Elles furent anciennes car elles débutèrent avec le Néolithique ;
– Elles aboutirent à de multiples « grands remplacements », les primo occupants africains étant soit éliminés, assujettis, réduits en esclavage ou chassés par ceux des Africains qui s’emparaient de leurs terres.

Loin des reconstructions artificielles aussi idylliques qu’idéologiques opérées par les courants afrocentristes et décoloniaux (Lugan, 2021), la réalité est que, avant sa colonisation par les Européens, l’Afrique connaissait, du Sahel au nord, jusqu’au cap de Bonne-Espérance au sud, et du Sénégal à l’ouest jusqu’à la Somalie à l’est, de multiples et diverses colonisations. Partout, les peuples les plus forts colonisaient, soumettaient ou détruisaient les plus faibles. Dans les immensités sahéliennes se déroulaient ainsi les colonisations opérées par divers émirats peul ou apparentés, cependant que la cuvette du Congo et les plateaux de l’est africain étaient dévastés par la colonisation zanzibarite. Quant au sud du continent, les Shona, les Sotho et les Damara y étaient réduits en esclavage ou chassés de leurs terres par les Zulu, les Ndebele ou les Herero.

Au sud du Sahara, la réalité – totalement occultée aujourd’hui par la chape de plomb de « l’historiquement correct » – est que la colonisation européenne libéra les populations africaines alors colonisées par d’autres Africains. Pour les peuples dominés, l’arrivée des Européens ne fut donc pas ressentie comme une conquête, mais tout au contraire comme une libération. Une libération des raids esclavagistes, de la mise en servitude, des diverses formes d’oppression et de massacres.

Dans cet ouvrage, Bernard Lugan s’appuie sur des exemples variés et documentés : colonisation des Sahariens noirs par les Berbères, expansion des peuples bantuphones, colonisation des Berbères par les Arabes, conquêtes des Peul au Sahel, empire esclavagiste de Rabah, impérialisme tutsi au Rwanda, double colonisation de Madagascar par des Indonésiens et des Africains, dévastation de la cuvette du Congo et des plateaux de l’est africain par la colonisation zanzibarite. Quant au sud du continent, les Shona, les Sotho et les Damara y étaient réduits en esclavage ou chassés de leurs terres par les Zulu, les Ndebele ou les Herero.

En remettant en lumière ces dynamiques internes à l’Afrique, l’auteur entend rééquilibrer le récit historique monopolisé par la seule colonisation européenne. Il en ressort une histoire complexe, traversée de conflits, de grands remplacements, d’esclavages endogènes et de royaumes oubliés.

Plus d’informations – sommaire détaillé, et commandes sur LIVRES EN FAMILLE
https://www.livresenfamille.fr/histoire-du-monde/30054-quand-les-africains-colonisaient-l-afrique.html?ref=043193205

Quand les Africains colonisaient l’Afrique, Bernard Lugan, Editions du Rocher, février 2026, 240 pages, 19.90 €

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L’importance du vote religieux

Dans son ouvrage Vote religieux, un tabou français(Éditions de l’Observatoire), le journaliste politique Lucas Jakubowicz analyse le rôle que la religion joue dans la stratégie électorale. Extrait de son entretien dans France catholique :

[…]

Pourquoi Jean-Luc Mélenchon met-il tout en œuvre pour gagner le vote des électeurs musulmans 

D’abord, un constat. En 2019, aux européennes, la liste de La France insoumise a recueilli 6,31 % des suffrages exprimés – environ 1,5 million de voix – ce qui lui a permis d’envoyer six élus au Parlement européen. En 2024, elle a frôlé les 10 % – près de 2,5 millions de voix – et trois députés européens de plus, dont Rima Hassan. Qu’est-ce qui a permis à LFI de gagner 1 million d’électeurs ? En 2019, l’accent était mis sur le social avec, en position éligible, l’aide-soignante Anne-Sophie Pelletier. En 2024, il était mis sur la situation à Gaza, avec Rima Hassan pour égérie.

Pourquoi ce changement ?

En 2017, il a manqué 600 000 voix à Jean-Luc Mélenchon pour accéder au second tour de l’élection présidentielle. Le chef de La France insoumise a constaté que la colère des Gilets jaunes profitait à Marine Le Pen. Il a donc misé sur une carte du communautarisme et l’investissement a été payant : entre la présidentielle de 2017 et celle de 2022, il est passé de 37 % à 69 % chez les électeurs de confession musulmane. À Roubaix, il obtient 52 % des suffrages au premier tour de la dernière présidentielle. LFI est en position de conquérir la ville lors des municipales. Ce serait sans doute sa plus grosse prise.

Dans votre ouvrage, vous analysez aussi le vote juif et vous évoquez la « grande droitisation » de cet électorat. Pour quelles raisons ?

La population française d’origine juive représente au sens large 1,6 % de la population, soit 700 000 personnes. Elle est donc minoritaire dans le corps électoral. Elle a longtemps voté pour la gauche qui, en son temps, avait pris la défense du capitaine Dreyfus et menait le combat contre l’antisémitisme. Mais, de nos jours, l’antisémitisme vient de l’extrême gauche et les Juifs de France se sont peu à peu détachés du PS depuis 2002, date de la Seconde Intifada correspondant à la première flambée des actes antisémites en France. Jugeant la gauche aveugle et responsable, ils ont majoritairement voté pour Nicolas Sarkozy en 2007. Depuis son arrivée à la tête du FN, devenu RN, Marine Le Pen ne cesse de dire que le Rassemblement national est le meilleur bouclier pour les Français de confession juive. Elle a accéléré la stratégie depuis le 7-Octobre. Cela lui a permis une certaine neutralité de la part de la communauté juive. Mais les données de mon livre établissent que les électeurs juifs continuent de sous-voter en faveur du RN. Lorsqu’ils basculent vers l’extrême droite, c’est Reconquête qui a leur préférence.

Le vote catholique est-il de plus en plus pris en compte par les candidats ?

Il faut distinguer les « catholiques pratiquants » [allant à la messe une fois par mois, selon les sondages, NDLR] des catholiques non pratiquants. Les pratiquants ont été ouvertement sollicités par Christine Boutin en 2002, par Philippe de Villiers en 2007 et par Éric Zemmour en 2022 qui, durant sa campagne, n’hésitait pas à parler de la France comme de « la fille aînée de l’Église ». Mais les catholiques pratiquants n’aiment pas être essentialisés pour leur vote. Dans les urnes, ils se sont longtemps portés sur un candidat de centre-droit. Ainsi en 2017, 55 % d’entre eux choisissent François Fillon, tandis qu’Emmanuel Macron récolte 19 % de leurs voix. La présidentielle de 2022 marque une petite rupture. Valérie Pécresse, la candidate de la droite traditionnelle, perd beaucoup de poids chez les pratiquants : elle obtient 8 % de leurs suffrages. Mais Emmanuel Macron ne capitalise pas vraiment sur ce vote : 29 %. Marine Le Pen en tire profit en recueillant 25 % du vote des pratiquants, contre seulement 15 % lors de sa première élection présidentielle, en 2012. Attention toutefois, les pratiquants ne sont qu’une fraction des catholiques. Les plus nombreux, les non-pratiquants, sont plus « volatils » : beaucoup ont voté François Hollande en 2012 ; ils peuvent désormais voter RN depuis que ce parti a abandonné l’idée d’un « frexit » et que ses députés ont gagné en respectabilité. Les catholiques non pratiquants sont allergiques au populisme et au culte de la personnalité. Ils restent pro-européens. Je les considère comme des « faiseurs de rois » pour les prochaines élections.

Des élus comme Bruno Retailleau, François-Xavier Bellamy ou Marion Maréchal, ne cachent pas leur foi. Peuvent-ils insuffler une dynamique en faveur des catholiques pour les prochaines élections ?

Il y a beaucoup de catholiques pratiquants à l’intérieur du parti Les Républicains : des députés, des assistants parlementaires, sans compter de jeunes militants. Cependant, si le parti s’affichait comme catholique, il ne gagnerait pas plus de voix pour accéder au pouvoir. Aux élections européennes de 2024, la liste de François-Xavier Bellamy a obtenu 7,25 % des suffrages, et celle de Marion Maréchal 5,47 %. Le RN, en caracolant en tête avec plus de 31 % des voix, s’est montré très rusé. Ses candidats catholiques – il y en a – ne s’affichent pas comme tels car, dans une logique de conquête du pouvoir, il faut pouvoir rassembler largement. Le parti de Marine Le Pen et de Jordan Bardella laisse aux Républicains le soin de mettre en avant les valeurs catholiques. Il tient déjà pour presque acquis le vote des catholiques non pratiquants. Aura-t-il besoin du vote des catholiques pratiquants pour l’emporter au second tour de l’élection présidentielle ? Ils viendront spontanément en cas de duel RN-LFI. Si un autre candidat que LFI devait rester en lice, il sera toujours temps, pour le RN, d’être force de proposition pour rassurer l’électorat catholique.

Vaccins obligatoires vs loi sur l’euthanasie

D’un lecteur du Salon beige majeur et… vacciné :

Il y a une incohérence politique à défendre à la fois l’obligation vaccinale au nom du caractère sacré et non négociable de la vie, et l’élargissement de l’euthanasie au nom de la liberté individuelle. Dans le premier cas, l’État affirme que la protection de la vie justifie de contraindre les citoyens, même contre leur volonté. Dans le second, il considère que la liberté individuelle prime au point d’autoriser l’abrègement volontaire de la vie avec un cadre légal.

On ne peut pas, d’un côté, invoquer la responsabilité collective pour limiter la liberté individuelle, et de l’autre, invoquer la liberté individuelle pour relativiser la valeur de la vie. Cela donne l’image d’un État qui applique les principes différemment selon l’objectif politique poursuivi.

Soit la vie humaine est une valeur supérieure qui justifie la contrainte publique, soit l’autonomie individuelle est la valeur suprême. Mais on ne peut pas faire primer l’une ou l’autre selon les circonstances sans fragiliser la cohérence du discours politique.

Révision des lois de bioéthique et risques d’eugénisme

Communiqué de la Fondation Lejeune:

Alors que s’ouvre un nouveau cycle de révision des lois de bioéthique, la Fondation Jérôme Lejeune attire l’attention sur des alertes de l’ONU pointant l’eugénisme qui se développe en France. Ces alertes exigent prise en considération et traduction dans la loi pour contenir ces dérives. La Fondation propose de nouveaux outils pour dénoncer l’orientation utilitariste et discriminatoire de l’industrie de la procréation, qui porte atteinte d’abord à la dignité et à la place des personnes en situation de handicap.

Les mises en garde de l’ONU sur les risques eugéniques

Le Comité des droits des personnes handicapées des Nations unies, chargé de veiller à l’application de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, alerte depuis plus d’une décennie sur les risques eugéniques liés au dépistage prénatal et à l’euthanasie. Il fait ainsi implicitement le lien entre la sélection prénatale, en début de vie, et la tentation de supprimer les vies “indignes”, à la fin de la vie. La loi bioéthique est impactée par cette dérive car elle est le terreau du tri anténatal.

Les Etats généraux sont l’occasion d’interpeller citoyens et politiques sur cette question majeure

C’est dans un contexte politique instable, en plein débat sur la légalisation de l’euthanasie, et dans une indifférence notoire, que le Comité Consultatif National d’Éthique (CCNE) a amorcé le processus de révision des lois de bioéthique par l’ouverture des “États généraux”. Ce sont les Espaces de Réflexion Éthique Régionaux (ERER), qui sont chargés d’organiser des rencontres publiques de janvier à mai 2026. Les citoyens peuvent y participer sur place (à Besançon, le 26 mars, à Lille, le 20 avril), par le biais de webinaire (EREGE le 16 mars sur la PMA post mortem, EREidf, le 26 mars sur le DPI-A etc…) ou en ligne (sur la PMA, l’IA en santé et les dons d’organes, jusqu’au 3 avril).

Principale revendication de cette révision des lois de bioéthique marquée par l’eugénisme

Pour cette révision, la préoccupation principale de la Fondation Jérôme Lejeune porte sur la revendication du lobbying de l’industrie de la procréation pour légaliser le DPI-A. Le DPI-A est le diagnostic pré-implantatoire des aneuploïdies, qui revient à traquer les embryons porteurs d’anomalies du nombre de chromosomes (au premier rang desquelles la trisomie 21). C’est une technique par nature eugéniste qui contribue à l’élaboration d’une norme génétique.

La Fondation Jérôme Lejeune est également préoccupée par d’autres revendications visant à accélérer la technicisation déshumanisante de la PMA : création de gamètes artificiels, fécondations in vitro d’êtres humains à trois ADN ou à élargir son public (diagnostic pré-conceptionnel ouvrant la voie à la PMA pour des couples découvrant une prétendue incompatibilité génétique). Ainsi que les revendications visant à élargir encore les conditions d’accès à la PMA (PMA post-mortem, ROPA pour permettre à une femme de porter l’enfant de sa conjointe).

Nouveaux outils pour comprendre et agir

Pour permettre à chacun de s’informer et de participer pleinement à ce débat, la Fondation Jérôme Lejeune lance 4 outils.

1) Un tour de France autour d’un nouveau documentaire

La Fondation Jérôme Lejeune lance un Tour de France de soirées ciné-conférences autour d’un nouveau documentaire retraçant trente années de lois de bioéthique en France. Dans ce film de 30 minutes, juristes, scientifiques, philosophes et familles témoignent de l’impact concret de ces choix sur la société pour montrer l’urgence de réhumaniser la loi bioéthique.

RDV mercredi 4 mars à Bordeaux, en avril à Paris, en mai à Toulouse, en juin à Marseille et dans les prochains mois dans de nombreuses villes partout en France.

2) Lancement de la chaîne Youtube “humains

Dans un format stimulant et accessible, humains décrypte les évolutions de la médecine et de la science lorsqu’elles interrogent la dignité de la personne humaine. Elle s’adresse aux citoyens qui s’interrogent sur les dérives possibles du progrès biomédical. humains à vocation à nourrir le débat public.

3) Une chaîne Whatspp

Dans un contexte où la loi bioéthique évolue à grande vitesse, la Fondation propose un canal direct à chaque citoyen pour s’informer et s’engager pour défendre la vie humaine.

4) Le site genethique.org

Chaque semaine, des experts de haut niveau décryptent les faits marquants : recherche sur l’embryon, procréation, neurosciences, fin de vie… Plus qu’un site d’information, Gènéthique est un véritable lieu de formation et d’analyse, fondé sur une approche scientifique, réaliste et objective.

Urgence Liban : au Sud Liban, un risque d’exode massif

Communiqué de l’Oeuvre d’Orient :

Alors que la situation militaire s’aggrave au Liban, l’État israélien a appelé les habitants vivant au sud du fleuve Litani, (voir carte) à évacuer leurs domiciles.

Depuis lundi, près de 60 000 personnes ont déjà quitté le Sud-Liban, et cet ordre d’évacuation pourrait provoquer le déplacement de centaines de milliers de civils supplémentaires.

Cette nouvelle crise ravive le traumatisme de juin 2024, lorsque plus d’un million de personnes avaient été déplacées à travers le pays. Aujourd’hui, beaucoup redoutent que ces départs ne deviennent définitifs et qu’ils ne puissent jamais regagner leurs terres.

Dans certains villages, la population hésite à partir malgré les risques. À Alma el-Chaab, village chrétien du sud, les habitants ont pour l’instant refusé d’évacuer, alors qu’en 2024 seules quatre ou cinq personnes étaient restées sur place.

À Beyrouth et dans d’autres régions du pays, les communautés chrétiennes se préparent déjà à accueillir les déplacés, comme elles l’avaient fait lors des crises précédentes. Églises, centres sociaux et associations s’organisent pour héberger les familles, sans distinction d’appartenance religieuse ou communautaire. Mais face à l’ampleur des déplacements attendus, la solidarité locale risque de ne pas suffire. Des centaines de milliers de personnes fuient dans l’urgence, souvent sans pouvoir emporter le nécessaire.

L’Œuvre d’Orient s’alarme du risque d’un exode durable et de la catastrophe humanitaire que provoquerait un déplacement massif d’une population déjà profondément fragilisée par les crises successives.

« Nos partenaires sur place sont déjà mobilisés pour accueillir les déplacés et soigner les blessés, mais les besoins vont rapidement dépasser leurs capacités », explique Vincent Gelot, directeur pays de L’Œuvre d’Orient au Liban.

L’Œuvre d’Orient lance une collecte exceptionnelle afin de soutenir les communautés locales mobilisées pour l’accueil des déplacés et l’aide humanitaire.

Je fais un don : www.secure.oeuvre-orient.fr

Fin de vie: un texte dangereux, spécialement pour les personnes porteuses de déficience intellectuelle

À l’issue du second vote solennel de l’Assemblée nationale sur la proposition de loi relative à l’aide à mourir, la Fondation Jérôme Lejeune dénonce fermement un dispositif attentatoire à la vie. Elle alerte sur les risques accrus pour les personnes en situation de handicap, notamment intellectuel, regrettant que les mises en garde des experts de l’Organisation des Nations unies n’aient pas été prises en compte.

Des débats bâclés malgré la complexité d’un sujet gravissime

La Fondation a suivi l’intégralité des débats de cette seconde lecture à l’Assemblée nationale. Elle en tire une double conclusion.

D’une part, tous les amendements visant à introduire des “garde-fous” au dispositif euthanasique ontsystématiquement été rejetés et dénigrés. Les députés porteurs de ces amendements ont été ridiculisés,qualifiés d’« inhumains » ou « dépourvus de compassion ». L’idéologie s’impose de plus en plus ouvertement dans l’hémicycle.

D’autre part, les promoteurs de l’euthanasie s’emploient à brouiller les limites entre soins palliatifs et euthanasie, malgré la distinction des deux textes. L’amendement rappelant que les soins palliatifs n’ont pas vocationà hâter la mort a ainsi été rejeté. Cette stratégie crée une confusion dangereuse quant à la finalité de la prise en charge médicale.

Une aggravation de la pression sur les personnes vulnérables

Loin de chercher à protéger les personnes vulnérables des dangers intrinsèques du dispositif de la mort administrée,les députés ont rejeté tous les amendements cherchant à exclure de ce dispositif les malades psychiatriques, ceux atteints de maladies neurodégénérative, de schizophrénie, les personnes sous tutelle et curatelle, les personnes incarcérées mais aussi les personnes porteuses de déficiences intellectuelles.

Pour ces dernières, la Fondation Lejeune s’inquiète vivement. Le rapporteur Olivier Falorni a lui-même affirmé en séance qu’elles étaient éligibles si elles avaient un consentement libre et éclairé. Cette affirmation en dit long sur l’ignorance de la réalité des personnes atteintes de déficiences intellectuelles et sur leur vulnérabilité particulière aux abus et aux discriminations.

De nouvelles dispositions aggravent par ailleurs cette situation puisqu’une personne responsable de la protection d’un majeur (tuteur) ne pourra pas contester juridiquement la décision d’aide à mourir.

La Fondation rappelle que l’ONU, par l’intermédiaire du Comité des droits des personnes handicapées (CRPD), a explicitement mis en garde le gouvernement français contre les risques que ce texte pourrait faire peser sur les personnes porteuses de handicap. En juin 2025, dans une procédure d’enquête très rare, elle a exprimé sa crainte qu’il constitue une « violation du devoir de respecter, protéger et garantir le droit à la vie des personnes handicapées» et demandé au gouvernement français de se justifier. En septembre 2025, dans son rapport final, le Comité a confirmé ses inquiétudes et demandé à à la France, « avant d’aller plus loin», de réaliser une évaluation complète de la compatibilité du projet de loi avec la Convention et d’étudier les «vulnérabilités accrues prévisibles auxquelles seront exposées les personnes handicapées confrontées à des formescroisées de discrimination si le projet de loi était adopté». Rien dans le texte adopté en deuxième lecture ne répond à ces préoccupations légitimes.

Pour Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, « les premières victimes du dispositif euthanasique seront les personnes vulnérables, notamment les personnes porteuses d’une déficience intellectuelle.La comparaison que les promoteurs de ce texte n’ont cessé eux-mêmes de faire entre l’euthanasie et l’avortement estéloquente, car aujourd’hui les embryons et foetus porteurs de trisomie 21 sont très largement victimes d’une sélection prénatale. Si leurs vies sont déjà jugées indignes en début de vie, elles le seront a fortiori en fin de vie ».

La Fondation Jérôme Lejeune attend des sénateurs qu’ils fassent barrage à ce texte dangereux pour tous, au premier rang desquels les personnes ayant une déficience intellectuelle.

Elle appelle les citoyens à se mobiliser : écrire aux sénateurs via l’outil d’interpellation qu’elle propose, et signer etdiffuser sa pétition stop-euthanasie.fr (déjà plus de 100 000 signataires).

Culture de mort : le Luxembourg imite la France

Le Luxembourg est devenu dimanche 1er mars le deuxième pays à garantir la « liberté » d’avorter dans sa Constitution. 48 des 60 députés ont voté l’amendement constitutionnel, 6 ont voté contre, et il y a eu deux abstentions.

La proposition émanait du parti de gauche, et le conseil d’Etat du Grand-Duché l’a approuvée en juin dernier.

Elle visait à inscrire le « droit » à l’avortement dans la Constitution. Le parti populaire chrétien social rejetait ce terme qui créait un « devoir » pour l’Etat. Un compromis s’est fait sur la « liberté » garantie d’avorter. Comme en France.

URGENCE : aidons les chrétiens du sud Liban !

Communiqué de Chrétienté-Solidarité :

La guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran touche désormais le Liban et particulièrement le sud du pays.

A l’heure où nous écrivons, des centaines de villages du sud, ont reçu un ordre d’évacuation en raison des combats entre l’armée israélienne et le Hezbollah.

Chrétienté-Solidarité est très présent dans ce secteur où nous avons de nombreux parrainages d’enfants.

Devant cette situation dramatique, en lien avec nos amis de l’ONG Nawraj (dont le président Fouad Abou Nader a été plusieurs fois interrogé sur CNews récemment), nous lançons un programme d’aide d’urgence notamment pour les réfugiés chrétiens mais aussi pour aider ceux qui souhaitent rester dans leurs villages malgré le danger. Les besoins en eau, nourriture et en énergie sont immenses.

Nous ne pouvons rester indifférents au sort de nos frères du Liban, une fois de plus touchés par la guerre !

Aidez-nous à agir vite ! Faites un don (défiscalisé à 66%) à Chrétienté-Solidarité :

Par avance merci de votre générosité !

Yann BALY

Président de Chrétienté-Solidarité

Pèlerinage des Grands Parents à Sainte Anne d’Auray

Ce pèlerinage est conçu spécialement pour des grands-parents. Il sera pour eux une occasion de se ressourcer dans le Seigneur, de partager des moments précieux avec d’autres et de confier leurs petits-enfants au Seigneur, à la Vierge Marie et à Sainte Anne, grand-mère de Jésus-Christ.

Ce pèlerinage ouvert à tous, est animé par des membres de la Communauté de l’Emmanuel de divers états de vie.

Il aura lieu du 19 au 22 mai 2026 sous forme d’une mi-session en partie au centre Montcalm à Vannes et d’une journée de pèlerinage à Sainte Anne d’Auray.
Au cours des autres journées, seront proposés divers temps:
– de prière et de célébrations des sacrements
– d’enseignements et d’ateliers thématiques
– de détente et d’échanges conviviaux
– de veillées avec témoignages
Les modalités d’inscription, la solidarité et l’accès à l’évènement sont sur le site:

https://emmanuel.info/propositions/pelerinage-sainte-anne-dauray-grands-parents/

Des informations complémentaires peuvent être données à : [email protected] ou en appelant au : 06.77.56.31.17

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Une grande neuvaine à saint Joseph pour confier la vie et les familles

À l’approche de la fête de saint Joseph, le 19 mars, une grande neuvaine sera proposée du 11 au 19 mars sur l’application de prière Hozana, en partenariat avec les chapelains du Sanctuaire Notre-Dame de Grâces de Cotignac et la rédaction de France Catholique.

Cette neuvaine invite les fidèles à se tourner vers saint Joseph, gardien de la Sainte Famille et protecteur de la vie, pour lui confier des intentions particulièrement importantes pour notre temps : la protection de la vie naissante et vulnérable, les familles, les pères, les jeunes, les prêtres, les couples ou encore les personnes en fin de vie.

Pendant neuf jours, les participants recevront chaque jour une méditation spirituelle ainsi qu’une prière d’intercession adressée à Dieu par l’intercession de saint Joseph. L’objectif est d’entrer davantage dans l’école de ce saint discret mais puissant, qui apprend aux chrétiens à accueillir la vie, protéger les plus fragiles et avancer dans une confiance profonde en la Providence.

Avec cette neuvaine, Hozana espère rassembler plus de 130 000 priants !

La neuvaine sera accessible gratuitement sur l’application et le site Hozana, premier réseau social de prière, qui réunit aujourd’hui plus d’un million de priants.

Cliquez ici pour vous inscrire gratuitement : https://urls.fr/PWeyzu

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L’Euthanasie : Le nouveau palliatif d’un État en faillite ?

Alors que le débat sur « l’aide à mourir » s’installe au cœur de l’agenda politique de ce printemps 2026, une interrogation fondamentale, presque taboue, s’impose à notre conscience collective : la mort peut-elle devenir la variable d’ajustement des carences de notre système de santé ?

Derrière les promesses d’autonomie et de dignité se cache une réalité plus sombre. Si la loi est adoptée sans un renforcement massif de nos structures de soin, l’euthanasie ne sera pas le fruit d’un choix délibéré, mais l’épilogue amer d’un défaut d’accès au soin et à la solidarité.

* Le mirage de l’incurabilité dans une psychiatrie exsangue

Le projet de loi s’articule autour du concept de souffrance « incurable ». Or, en médecine, et singulièrement en psychiatrie, l’incurabilité n’est pas une fatalité biologique ; elle est une notion relative, intimement liée à l’offre de soin.

Comment oser déclarer une souffrance psychique « sans issue » quand le patient, perdu dans les méandres d’une psychiatrie française exsangue, attend des mois avant de rencontrer un spécialiste ? L’exemple belge nous sert ici de funeste avertissement : le cas de Frank Van Den Bleeken, ce patient interné ayant obtenu le droit à l’euthanasie faute de place dans une structure adaptée, illustre ce naufrage. La mort y est devenue la réponse technique à une impasse budgétaire, le glas sonnant là où la science n’avait plus les moyens de chercher.

* La sélection par l’obstacle : le silence des droits

Le consentement ne peut être « libre et éclairé » lorsque le droit à une vie digne est entravé par les ronces de la bureaucratie. Les chiffres du non-recours aux aides sociales en France agissent comme un réquisitoire contre l’abandon des plus fragiles.

Près d’un quart des aînés éligibles à l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) renoncent à l’aide humaine par épuisement face à la complexité des dossiers ou par crainte de l’intrusion administrative. Plus tragique encore, le non-recours au minimum vieillesse (ASPA) atteint 50 % chez les personnes isolées.

Trois barrières dressent un mur entre le citoyen et son droit : la barrière psychologique d’une génération qui refuse la « charité », la fracture numérique qui condamne au silence ceux qui n’ont pas d’écran, et enfin la peur de la récupération sur succession. Pour protéger un modeste patrimoine qu’ils souhaitent léguer à leurs enfants, des milliers de retraités choisissent la privation. Quand le chemin vers l’aide est un labyrinthe de plusieurs mois, mais que la procédure létale est présentée comme une issue simple et gratuite, la « liberté » de choix s’efface devant une exclusion institutionnelle organisée.

* Le miroir canadien : de la compassion à la rentabilité

Le Canada, à travers son programme d’Aide Médicale à Mourir (AMM), nous offre le reflet d’une dérive prévisible. Depuis que la loi n’y exige plus l’imminence de la mort, des citoyens handicapés ou malades chroniques sollicitent la fin de vie parce qu’ils ne peuvent plus financer leur logement ou leurs soins de support.

Le cynisme atteint son paroxysme lorsque des rapports parlementaires soulignent que cette pratique permet d’économiser des centaines de millions de dollars en dépenses de santé. Voulons-nous réellement d’une civilisation où la mort devient plus « rentable » que l’inclusion ?

* Le renoncement envers les plus vulnérables

Cette menace pèse avec une acuité particulière sur les profils neuroatypiques et les porteurs de handicaps invisibles. Leur souffrance n’est souvent que l’écho d’une cité inadaptée et d’un isolement subi. En Belgique, l’affaire Tine Nys — euthanasiée peu après un diagnostic de trouble du spectre autistique — a montré la célérité avec laquelle une société peut renoncer à inventer des solutions de vie pour leur préférer le silence de la tombe. Proposer le trépas à celui dont la détresse est environnementale est un désaveu de notre humanité.

* Conclusion : La main tendue plutôt que la technique

La dignité d’une nation ne se mesure pas à la sophistication de ses protocoles létaux, mais à la robustesse de ses filets de sécurité. L’État a une obligation de moyens : réarmer la psychiatrie pour qu’aucune souffrance ne soit incurable par défaut, simplifier l’accès aux aides pour supprimer le sentiment de « poids » social, et garantir l’universalité des soins palliatifs.

L’euthanasie ne doit pas être le solde de tout compte d’une société lasse de prendre soin. Soignons les vivants, accompagnons la fragilité, et ne permettons jamais à la technique de remplacer la main tendue.

Sun in an Empty Room 1963

Edward Hopper (1882–1967).

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Action française : « La gauche n’a pas le monopole de la Résistance »

Tribune de l’Acrion française dans L’Incorrect :

Le 25 février 2026, le site d’extrême gauche « Politis » publie une tribune intitulée : « Affaire Deranque : “Nous, descendant•es de personnes déportées et résistantes, nous ne pouvons plus nous taire” ». Il était nécessaire, il était impératif que l’Action française réponde.

Nous sommes des enfants et des petits-enfants de personnes qui ont résisté à l’occupation allemande et combattu le nazisme. La gauche n’a pas le monopole du patriotisme. Nous sommes des militants et des cadres royalistes dont les familles ont payé le tribut du sang. La gauche n’a pas le monopole de la Résistance. Nous commémorons chaque année la Résistance française, notamment le 11 novembre 1940. La gauche n’a pas le monopole de la mémoire.

Si l’histoire de l’Action française a connu des vicissitudes, nous pourrions également rappeler les propos publiés dans L’Humanité le 4 juillet 1940 : « Il est particulièrement réconfortant en ces temps de malheur de voir de nombreux travailleurs parisiens s’entretenir avec les soldats allemands, soit dans la rue, soit au bistrot du coin. Bravo camarades, continuez même si cela ne plaît pas à certains bourgeois aussi stupides que malfaisants ! La fraternité des peuples ne sera pas toujours une espérance, elle deviendra une réalité vivante. »L’Action française, elle, ne fraternisa jamais avec l’Allemand. Notre définition de l’amitié des peuples – de France – s’arrêtait à la frontière du Rhin.

Oui, une partie de l’Action française a été antisémite, notamment Charles Maurras. Comme Voltaire, Marx, Proudhon, Blanqui, Clemenceau. Oui, d’anciens militants de l’AF ont déshonoré le patriotisme. Comme Déat, Marquet, Belin ou Doriot. Mais l’Action française, à la suite de Pierre Boutang, a engagé son examen de conscience et a définitivement condamné toute forme d’antisémitisme. Jamais nous n’accepterons de réduire un de nos compatriotes à ses origines ou à sa religion. Jacques Bainville écrivait : « Le peuple français est un composé. C’est mieux qu’une race. C’est une nation. »

Nous sommes la France des terroirs, des provinces et du monde paysan.

Nous sommes la France d’Henri IV et de Richelieu.

Nous sommes la France des cathédrales et des bâtisseurs.

Nous sommes aussi la France des Vendéens et des Chouans qui se battirent – déjà – contre l’extermination d’un peuple. Nous sommes la France de Verdun et la France de la Résistance. La Résistance, c’est aussi ce « paradoxe français » évoqué par l’historien Simon Epstein, montrant la diversité politique de ceux qui s’engagèrent contre l’occupant et le nombre très important de royalistes dans la Résistance.

Notre panthéon, c’est Henri d’Astier de la Vigerie, résistant et journaliste ayant appartenu à l’Action française, fondateur du réseau de résistance « Orion », créateur des « Commandos de France » ; Jean-Baptiste Biaggi, militant à l’Action française, avocat, arrêté par la Gestapo, torturé qui s’évade en mars 1944 pour participer à la libération de Paris et à la campagne d’Allemagne ; Michel de Camaret, camelot du roi, diplomate, résistant dès 1940, intègre un commando parachutiste SAS des Forces françaises libres(FFL) ; Daniel Cordier, responsable du Cercle Charles Maurras de Bordeaux, un des premiers à rejoindre Londres, devient le secrétaire de Jean Moulin, se présente à lui en témoignant de son admiration pour Charles Maurras ; Jacques Debû-Bridel, écrivain, proche de Charles Maurras, militant antinazi dès 1935, il entre en résistance dès octobre 1940 à l’Organisation Civile et Militaire et au Super NAP (noyautage de l’administration publique) ; Paul Dungler, industriel du textile, responsable de l’Action française en Alsace, héros de la résistance, co-fondateur de la Septième Colonne d’Alsace alias Réseau Martial, initiateur de l’Organisation de la Résistance Armée et à l’origine des Groupes Mobiles d’Alsace ; Jean Ebstein-Langevin, militant de l’Alliance royaliste d’Alsace, vice-président de la Corpo de droit qui a appelé à manifester le 11 novembre 1940. Il passe en zone libre en 1941, officier de renseignement, incorporé dans la 1èrearmée ; Honoré d’Estiennes d’Orves, royaliste, martyr de la Résistance, exécuté le 29 août 1941 au Mont-Valérien ; Raoul Girardet, camelot du roi, résistant, arrêté par la Gestapo ; Général Pierre Guillain de Bénouville, camelot du roi (17èmeéquipe), résistant, fondateur de Radio-Patrie, membre du Comité Directeur du Mouvements Unis de la Résistance (MUR) ; Yves de Kermoal, auteur du chant des Commandos de France ; Hubert de Lagarde, écrivain, journaliste, très proche de l’Action Française, fondateur du réseau de résistance Éleuthère, membre du Comité d’action militaire, prend la tête du service de renseignement de Libération Nord, puis de l’état-major FFI, arrêté par la Gestapo, torturé, déporté à Buchenwald puis à Dora, meurt en déportation ; Général Philippe Leclerc de Hautecloque, maréchal de France, adhérent et abonné à l’Action française, royaliste de conviction, qui a redoré le drapeau français du Sahara aux flèches de la cathédrale de Strasbourg, et a libéré Paris à la tête de la 2e DB ; Maréchal Jean de Lattre de Tassigny, monarchiste, sympathisant de l’Action française ; Pierre Messmer, camelot du roi, il rejoint les FFL dès 1940 ; Edmond Michelet, militant de l’Action française, chef du mouvement de Résistance Combaten Limousin, arrêté, mis au secret et déporté à Dachau ; Jacques Perret, écrivain, prisonnier dès 1940 : il s’évade rapidement et rejoint les maquis de la Résistance ; André Pertuzio, ancien président de la Corpo de droit et co-organisateur de la manifestation du 11 novembre : il fut parmi les étudiants royalistes qui défièrent les autorités allemandes ; le Colonel Rémy, abonné à L’Action française, résistant, compagnon de la libération ; Jacques Renouvin, étudiant en droit, avocat, ancien camelot du Roi, résistant, arrêté en 1943, torturé pendant des mois, mort d’épuisement à Mauthausen en janvier 1944, il avait inscrit dès 1940 sous la statue de Louis XIV à Montpellier : « Lui, n’aurait pas collaboré ! » ; Colonel Henri Romans-Petit, chef du maquis de l’Ain dont les troupes défilent dans Oyonnax, le 11 novembre 1943, pour déposer devant le monument aux morts une gerbe sur laquelle on peut lire : « Les vainqueurs de demain à ceux de 1914-1918 » ; Edwige de Saint-Wexel, lycéenne d’Action française : le 11 novembre 1940, elle se trouve place de l’Étoile, où elle est arrêtée avant d’être torturée et incarcérée ; et tant d’autres.

La gauche n’a pas le monopole du Bien. La gauche n’a pas le monopole du Beau. Aujourd’hui, ne pas être capable de dénoncer clairement le pacte germano-soviétique, c’est faire injure à la Résistance. Aujourd’hui, ne pas dire qu’entre 2022 et 2024, l’agence Europol dénombre 7 attentats liés à l’extrême droite et 71 liés à l’extrême gauche, c’est se laisser guider par ses œillères. Aujourd’hui, à l’heure où l’antisémitisme s’exprime librement à gauche, prendre en otages les résistants, les déportés, les victimes de la Shoah à des fins partisanes, c’est trahir l’esprit même de la Résistance.

« Nous ne pouvons plus nous taire. Ce serait insulter nos ancêtres et leurs sacrifices. »

Bernard Bonnaves, président de La Restauration nationale,
Fils d’un déporté de camp de concentration, détenteur de la médaille des évadés, combattant dans la Première Armée française dirigée par le général de Lattre de Tassigny, fils d’une « Malgré-nous », résistante dans les Postes et Téléphone à Colmar.

Olivier Dejouy, secrétaire général de l’AF, de 2009 à 2013 et de 2022 à 2024.
Fils et petit-fils de maquisard, fils d’un ancien de la 2e DB qui a participé à la libération de Paris, grièvement blessé devant Strasbourg, chevalier de la légion d’honneur, décoré de la Médaille militaire, de la Croix de guerre 39-45 et de la Croix du combattant volontaire.

François Bel-Ker, secrétaire général de l’AF, de 2013 à 2022.
Petit-fils d’un pupille de la nation, instructeur au sein de l’École Militaire FFI et officier des palmes académiques, commandant de la base militaire d’Aulnat, petit-fils d’une volontaire féminine FFI, et petit-neveu d’un combattant volontaire de la résistance, FFI.

La guerre aggrave la fragilité des catholique iraniens

La petite communauté catholique d’Iran — estimée à environ 22 000 fidèles selon les statistiques du Saint-Siège (dont seulement 2 000 de rite latin) — se trouve dans une situation plus précaire que jamais.

Elle regroupe principalement des Chaldéens, des Arméniens catholiques et une poignée de Latins, souvent d’origine étrangère ou convertis de l’ombre. Officiellement protégée en tant que minorité dhimmi par l’article 13 de la Constitution, elle subit pourtant depuis des années une surveillance étouffante : fermetures d’églises de maison, arrestations de convertis et interdiction stricte de prosélytisme.

L’ONG Article 18 recensait encore en 2025 des dizaines de cas de détention pour « propagande chrétienne ». Un observateur local précise : « Pour les franges les plus dures du pouvoir, la distinction entre la politique étrangère occidentale et la foi catholique s’estompe dangereusement. »

Le cardinal Dominique Mathieu, archevêque de Téhéran, tente de maintenir les lieux de culte ouverts, mais la pression des services de sécurité s’est intensifiée autour des six diocèses du pays.

La guerre aggrave dramatiquement cette fragilité. Dans un pays où tout ce qui évoque l’Occident est suspect, l’origine américaine du pape Léon XIV — premier pontife né aux États-Unis — risque de jeter l’opprobre sur les catholiques locaux.

D’abord un risque d’amalgame. « Nous prions pour que nos fidèles ne soient pas assimilés aux agresseurs », confie sous couvert d’anonymat un prêtre chaldéen de Téhéran.

Mais aussi le risque d’exode. Déjà affaiblie par l’émigration massive des Arméniens et des Assyriens, la communauté craint désormais autant les « dommages collatéraux » que les vagues de répression patriotique.

Face à cette escalade, la réaction du pape a été immédiate. Dimanche 1er mars dernier, lors de l’Angélus, Léon XIV a exprimé sa « profonde préoccupation » devant les événements dramatiques en Iran.

« La stabilité et la paix ne se construisent ni par des menaces réciproques, ni par les armes qui sèment destruction et mort, mais seulement par un dialogue raisonnable », a-t-il déclaré. Un message d’autant plus scruté qu’il émane d’un pape américain prenant ouvertement ses distances avec l’administration Trump.

Pour les catholiques iraniens, ce soutien moral est vital, mais sera-t-il suffisant ? Leur survie dépendra de la capacité d’un futur pouvoir — ou des vestiges de l’actuel après la mort de l’ayatollah Khamenei — à maintenir un semblant de tolérance religieuse dans un pays en plein chaos.

Première mondiale à Rome : le nouvel oratorio « Una con Lui » d’Aurelio Porfiri

Le 8 mars 2026, dans le cadre évocateur du Museo Ospitale Santa Francesca Romana à Rome, une nouvelle œuvre sacrée verra le jour pour la première fois : l’Oratorio « Una con Lui » pour soprano solo, quatuor à cordes et piano, avec la musique du Mº Aurelio Porfiri (que connaissent bien les lecteurs du Salon beige) et un texte adapté par la Professeure Alessandra Bartolomei Romagnoli à partir de la Vie de Giuseppe Mattiotti. Cette création mondiale ne représente pas seulement la présentation d’une nouvelle composition, mais un moment significatif dans le dialogue continu entre tradition et expression sacrée contemporaine.

Au cœur de l’œuvre se tient la figure lumineuse et complexe de sainte Françoise Romaine. Épouse, mère, mystique et fondatrice, elle incarne une synthèse d’une actualité profonde : l’unité entre action et contemplation. À une époque qui fragmente souvent l’expérience humaine en sphères concurrentes — publique et privée, spirituelle et pratique — sa vie offre une vision cohérente où charité et prière ne s’opposent pas, mais s’éclairent mutuellement. « Una con Lui » cherche à rendre cette unité audible.

Le choix de l’effectif est délibéré et riche de résonances symboliques. La soprano n’y assume pas seulement un rôle narratif, mais devient voix intérieure — tour à tour intime et prophétique — exprimant la tension spirituelle qui anime le chemin de la Sainte. Le quatuor à cordes apporte une texture chambriste d’une remarquable souplesse expressive, capable d’austérité et de chaleur, de clarté ascétique et d’expansion lyrique. Le piano, quant à lui, sert à la fois de fondement harmonique et de catalyseur dramatique, modelant l’architecture de l’œuvre. Ensemble, ces forces créent un tissu musical à la fois transparent et intense, contemplatif et animé d’une dynamique vivante.

Sur le plan structurel, l’Oratorio évite le monumentalisme souvent associé au genre pour privilégier la concentration et la profondeur intérieure. Plutôt que d’impressionner par l’ampleur, il invite à l’écoute attentive. Le langage musical, tout en s’enracinant dans des repères tonals, ne se réfugie pas dans l’imitation nostalgique. Il engage la tradition comme une matière vivante — susceptible de développement, de relecture et d’un renouvellement éloquent. En ce sens, « Una con Lui » s’inscrit dans une trajectoire plus large de la composition sacrée qui recherche la continuité sans répétition, la fidélité sans rigidité.

Le fondement textuel revêt une importance équivalente. La Vie de sainte Françoise Romaine de Giuseppe Mattiotti propose un récit de maturation spirituelle façonné par les circonstances historiques et l’épreuve personnelle. L’adaptation d’Alessandra Bartolomei Romagnoli condense cette matière en un livret dramaturgiquement cohérent et spirituellement centré. Le texte conserve ainsi son enracinement historique tout en atteignant une concentration lyrique. Paroles et musique collaborent non dans un simple ornement, mais dans un véritable dialogue théologique et affectif.

Le choix de présenter l’œuvre au Museo Ospitale Santa Francesca Romana ajoute une dimension supplémentaire de sens. Il ne s’agit pas d’un lieu de concert quelconque, mais d’un espace qui conserve la mémoire de la Sainte elle-même. La représentation devient ainsi un acte de réinscription culturelle et spirituelle : l’histoire retourne à son lieu d’origine, désormais transfigurée par la création artistique contemporaine. Le contexte spatial intensifie la portée symbolique de la musique, transformant la soirée en un geste d’hommage et de renouveau.

Les interprètes réunis pour cette création soulignent le sérieux de l’entreprise. La soprano Maria Chiara Forte apporte au rôle un timbre vocal et une sensibilité interprétative capables de soutenir à la fois l’intimité lyrique et la projection dramatique. Le Quatuor à cordes « Le Mariù » offre la cohésion et le raffinement indispensables à un répertoire de chambre d’une telle densité. Le pianiste Massimiliano Franchina met au service de l’œuvre la précision technique et la profondeur expressive requises par une partie à la fois structurante et évocatrice. L’ensemble sera dirigé par le compositeur lui-même, garantissant fidélité interprétative et unité de vision artistique.

Pourquoi un nouvel oratorio sacré est-il important aujourd’hui ? Dans un climat culturel souvent marqué par la superficialité et la fragmentation, la création d’une œuvre sacrée substantielle affirme que la beauté, la transcendance et la réflexion théologique demeurent des catégories vitales. La musique sacrée n’est pas un vestige du passé, mais un champ vivant d’exploration. Elle interroge la capacité du son à médiatiser le sens, de la forme artistique à incarner la vérité spirituelle, et de l’écoute communautaire à ouvrir des espaces d’intériorité. Une première comme « Una con Lui » témoigne que ces questions restent pleinement actuelles.

De plus, l’attention portée à sainte Françoise Romaine rejoint directement les préoccupations contemporaines. Sa vie intègre responsabilité familiale, engagement social et profondeur mystique. Elle ne fuit pas le monde ; elle le sanctifie de l’intérieur. Traduire une telle figure en musique revient à proposer, implicitement, un modèle d’humanité intégrée. L’Oratorio ne prêche pas ; il propose par la beauté. Il n’argumente pas ; il invite à la contemplation.

Les billets pour la première peuvent être achetés sur Eventbrite et Classictic, ou en scannant le QR code figurant dans les supports promotionnels officiels. Le concert aura lieu le 8 mars 2026, avec ouverture des portes à 20h15 et représentation de 20h30 à 21h30.

En présentant « Una con Lui », l’intention n’est pas simplement d’ajouter un titre au répertoire, mais de contribuer à la revitalisation continue de l’art sacré. Chaque œuvre authentique élargit l’horizon du possible ; chaque création sérieuse renouvelle la confiance dans la capacité de la musique à parler aux dimensions les plus profondes de la personne humaine. Le 8 mars à Rome, ce renouveau prendra forme sonore.

“Au vu de l’importance et de la durée de la crise, il faut être raisonnable et sortir des logiques totalitaires”

Le Père de Blignières a donné un entretien à Famille chrétienne au sujet des futurs sacres de la FSSPX :

Comment avez-vous personnellement accueilli l’annonce, le 2 février, et la confirmation, le 19 février, de l’ordination de nouveaux évêques par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X ?

Père Louis-Marie de Blignières – L’annonce des nouveaux sacres m’inspire beaucoup de tristesse, mais pas vraiment de surprise. Je perçois, depuis plusieurs années, cette évolution de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), qui ne semble plus du tout se soucier de l’unité de l’Église. La FSSPX paraissait engagée sur cette voie depuis 2012, lorsque l’éviction de Mgr Bernard Fellay, pourtant proche d’un accord avec Rome, a marqué un tournant et l’éloignement progressif de la Fraternité.

Il faut rappeler que le traditionalisme est, à l’origine, une légitime réaction contre la crise de la foi, de la catéchèse et de la liturgie. La FSSPX, dont la fondation a été régulière, a beaucoup contribué à développer le traditionalisme. La condamnation très injuste de Mgr Marcel Lefebvre en 1975, l’opposition persistante de Paul VI, la malveillance de l’épiscopat (surtout français) ont envenimé la situation. Elles ont créé, chez Mgr Lefebvre puis chez ses successeurs, une défiance en la hiérarchie qui n’a jamais pu être surmontée.

Cette défiance, jointe à une surenchère (non fondée en saine théologie) dans la critique du Concile et de la réforme liturgique, ont fait échouer les ouvertures successives de Jean-Paul II et de Benoît XVI.

En juillet, j’ai écrit à l’abbé Davide Pagliarani [supérieur général de la FSSPX, Ndlr], afin de lui suggérer de proposer au Saint-Siège, sur la base d’un accord du type de celui du 5 mai 1988 entre Mgr Lefebvre et le cardinal Joseph Ratzinger, la constitution d’une administration apostolique universelle pour la FSSPX. Il n’a pas donné suite à cette proposition.

J’ai ensuite publié un article dans notre revue Sedes Sapientiae du mois de décembre, pour montrer que, théologiquement, il n’est pas admissible de faire un évêque hors de la communion hiérarchique. Consacrer des évêques contre la volonté du pape et en dehors de la communion épiscopale revient à s’opposer au droit divin.

À la suite de l’annonce de futures ordinations épiscopales, l’abbé Pagliarani a été reçu par le préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi, le 12 février. Le Saint-Siège a proposé un parcours de dialogue théologique afin de maintenir « les minima nécessaires » à la pleine communion avec l’Église catholique. La FSSPX vient de refuser ce parcours. Comment analysez-vous ce refus ?

La FSSPX aurait pu, sans déshonneur, revenir à ce qui fut la position des premiers traditionalistes, comme l’abbé Victor Berto (théologien de Mgr Lefebvre au Concile) ou Jean Madiran. Ce fut aussi longtemps la position officielle de Mgr Lefebvre lui-même dans ses rapports avec Rome. Le 18 novembre 1978, reçu par Jean-Paul II, il se disait « prêt à accepter le Concile lu à la lumière de la Tradition ».

Pour la liturgie réformée par Paul VI, qui est critiquable sous bien des aspects, la FSSPX pourrait reconnaître ce que Mgr Lefebvre reconnaissait dans l’accord du 5 mai 1988 : elle est une liturgie valide. Mais ces dernières années, les positions de la FSSPX ont été, au contraire, dans le sens d’une maximisation déraisonnable des critiques. Ainsi, dans un article du 12 février dernier sur le site La Porte latine, l’abbé Jean-Michel Gleize explique que « la nouvelle messe » est « un buisson rempli de reptiles venimeux » et que « le concile Vatican II met la foi en péril ».

Une fois que les nouvelles ordinations auront eu lieu, utiliseriez-vous le mot « schisme » pour qualifier la situation ?

Oui, malheureusement. Il me paraît fort probable que, après les sacres, le pape déclarera l’excommunication, mais, de toute façon, comme la FSSPX sera passée aux actes avec des sacres contre la volonté du pape, elle serait excommuniée ipso facto.

Le fait de constituer un épiscopat en dehors de la communion du corps des évêques, c’est l’essence même du schisme. Le mandat pontifical requis dans le droit actuel ne fait qu’exprimer un aspect de la constitution de l’Église. « De droit divin, les évêques, même dispersés, sont un corps constitué dans l’Église », écrit l’abbé Berto, qui n’était pas un théologien progressiste.

Le supérieur de la FSSPX justifie l’annonce de nouvelles ordinations au nom du « Salut des âmes », qu’il présente comme une « nécessité grave » et exceptionnelle.

Il est vrai que « la loi suprême, c’est le Salut des âmes ». Mais premièrement, c’est une erreur théologique – une erreur presque enfantine – de penser que l’on peut procurer le Salut des âmes par des actes qui sont intrinsèquement mauvais. Or, le fait de se passer de la communion hiérarchique est en soi mauvais. La fin ne justifie pas les moyens.

Le raisonnement présenté par l’abbé Pagliarani a été celui de nombreux groupes orientaux dissidents, et même celui de certains hérétiques protestants.

Et deuxièmement, il y a, dans son exposé, une grave erreur de fait. Il est faux qu’il soit impossible, dans les structures visibles de l’Église catholique, d’obtenir les sacrements et la prédication traditionnels, puisque de nombreux instituts et un certain nombre de paroisses se développent selon les pédagogies traditionnelles de la foi, et peuvent parfaitement répondre aux besoins spirituels des fidèles.

Est-ce que, avec l’annonce de ces prochaines ordinations, nous sommes revenus au point de départ de la crise en 1988 ?

Je pense que l’on est arrivé à une situation pire. Les sacres de 1988 n’étaient que le premier pas. Mgr Lefebvre avait fait ce pas, malgré la réticence de certaines personnes de son entourage, et malgré des accords avec le Saint-Siège pourtant très favorables. C’était donc un début, une sorte de tâtonnement.

Nous sommes désormais trente-huit ans plus tard, et la FSSPX est répandue dans le monde entier. Elle s’est installée progressivement dans une séparation volontaire de plus en plus radicale.

Je remarque la méconnaissance de nombreux observateurs, journalistes ou laïcs, pourtant bien intentionnés, à propos d’un principe fondamental qui anime la FSSPX. Ce principe est résumé dans la déclaration de Mgr Lefebvre du 21 novembre 1974 : il existe deux Églises, une « Église conciliaire » – qui est pétrie de l’hérésie du modernisme – et une Église traditionnelle, « l’Église de toujours », celle de la FSSPX.

Une déclaration que Mgr Lefebvre a faite sous le coup de la colère, comme il l’a reconnu plus tard, mais qu’il n’a jamais voulu rétracter.

La sortie de cette crise est-elle possible à votre avis ?

Au vu de l’importance et de la durée de la crise, il faut être raisonnable et sortir des logiques totalitaires. Certains de nos confrères voudraient que l’on considère comme nul et non avenu un Concile œcuménique, et que l’on supprime la messe qui est dite par plus de 400 000 prêtres et suivie par plus d’un milliard de fidèles dans le monde. Non seulement c’est irréaliste, mais cela ne correspond pas au sens ecclésial.

Je ne souhaite pas que l’on fasse aux autres ce que l’on nous a fait, à nous traditionalistes, depuis 1969. Paul VI a imposé la nouvelle messe, ce fut une catastrophe. Je ne pense pas qu’un pape puisse imposer le retour à la « messe de Saint-Pie-V » à tous les prêtres dont certains ne comprennent même pas le latin.

En sens contraire, le motu proprio Traditionis custodes, qui vise à éradiquer la liturgie traditionnelle, a été l’exemple flagrant d’une énième réponse totalitaire et radicale.

Quelle serait la solution à cette crise ?

Si le retour à la situation découlant du motu proprio Summorum pontificum et l’ouverture de nombreuses paroisses personnelles dédiées au rite traditionnel n’étaient pas possibles, je propose une nouvelle piste de travail.

La création d’un « ordinariat traditionnel » en France, similaire à celui établi au Brésil pour l’Union Saint-Jean-Marie-Vianney. Cette structure hiérarchique complémentaire, avec à sa tête un évêque issu du monde traditionaliste, choisi par Rome, permettrait aux fidèles qui s’y inscrivent d’avoir accès aux sacrements dans l’ancien rite et de bénéficier des pédagogies traditionnelles de la foi, tout en gardant le contact avec les paroisses d’origine (comme le font, par exemple, les militaires dans leur ordinariat du diocèse aux Armées).

Le jour de Noël, j’ai envoyé en ce sens une lettre à une centaine de cardinaux qui se réunissaient en consistoire. Cette démarche a suscité un certain intérêt, et j’ai reçu quelques réponses encourageantes.

Face à votre suggestion, certains catholiques traditionnels craignent une « réserve d’Indiens »…

Calqué sur un ordinariat militaire, l’ordinariat traditionnel, par sa nature même, ne peut pas isoler les traditionalistes. Au contraire, parce qu’il leur procurerait un moyen supplémentaire d’obtenir l’assistance pastorale dont ils ont besoin, ces fidèles ne craindraient plus d’être acculés, car ils auraient un ou plusieurs évêques capables de les comprendre et de répondre à leurs demandes légitimes.

Loin d’être une « réserve », l’ordinariat offrirait un instrument juridique souple et ouvert, adapté à la situation diversifiée des catholiques attachés aux pédagogies traditionnelles.

Les religieux sont-ils en danger ?

Communiqué de la DRAC du 26 février 2026

La Drac (Droits du Religieux Ancien Combattant) est née en 1924 du refus de voir à nouveau expulser de France les religieux consacrés catholiques qui, ayant été chassés du territoire national par les lois antireligieuses de la fin du XIXe siècle et du début du XXe, étaient revenus se mettre au service de la patrie lors de la mobilisation de 1914. Moins de six ans après la fin de la guerre, avec l’arrivée au pouvoir du Cartel des gauches, le gouvernement Herriot annonçait, le 2 juin 1924, l’expulsion des congrégations.

C’est pour s’opposer à cette nouvelle mesure de proscription qu’a été créée la Drac, le 2 août 1924. Cette proscription fut alors suspendue et la Drac a dû lutter pour voir transformer cette suspension en statut pleinement légal des religieux, ce qui n’aboutit définitivement qu’à la Libération. Depuis, les religieux ont vécu en paix dans notre pays et la Drac s’est investie dans la formation civique de la jeunesse, dans un esprit chrétien, notamment par une Coupe d’éloquence dont le centenaire a lieu en cette année 2026. Toutefois, certains faits récents conduisent la Drac, consciente de ses engagements originels, à penser que la situation – apaisée depuis 80 ans – des religieuses et religieux catholiques pourrait être à nouveau menacée.

On note d’abord une ambiance de suspicion généralisée entretenue à l’encontre des établissements d’enseignement catholiques, encadrés encore, pour partie, par des congrégations religieuses. La suspicion est lisible dans une partie de la presse, sans lien établi avec des déviances criminelles passées de certains cadres, laïques ou ecclésiastiques, légitimement condamnées par la justice civile et canonique. Sont mis en cause la pratique cultuelle et l’enseignement religieux au sein des établissements, ainsi que les normes morales privées (notamment familiales et affectives) liées à une identité confessionnelle depuis longtemps officiellement reconnue par l’État. Au-delà de son expression médiatique, cette suspicion est manifeste dans le déroulement de certaines inspections administratives récentes, telles qu’elles ont pu être déplorées par le secrétaire général de l’Enseignement catholique.

Ce climat de suspicion se manifeste aussi dans une remise en cause du secret de la confession et du cadre des vœux religieux, considérés comme abdication de la liberté individuelle ou technique d’emprise. Il est possible de voir ici des réminiscences – avouées parfois ouvertement – des théories qui ont inspiré l’abolition des vœux religieux sous la Révolution ou les fermetures d’écoles et les proscriptions sous la Troisième République.

La dernière menace concerne les congrégations hospitalières, particulièrement investies en France, dans l’accueil des personnes âgées les plus fragiles et les plus pauvres ainsi que dans nombre de services de soins palliatifs. Si la loi légalisant l’euthanasie et le suicide assisté était finalement adoptée sans vraie clause de conscience, personnelle ou concernant l’établissement où l’acte létal devrait être pratiqué, les religieux et religieuses qui encadrent ou dirigent cet établissement auraient-ils alors d’autre moyen que celui de le fermer pour rester fidèles à la défense de la vie, au cœur des vœux des chrétiens consacrés ?

Certains responsables de communautés religieuses hospitalières ont déjà évoqué ouvertement le risque de prendre le chemin de l’exil pour offrir leurs services à des pays respectueux du droit absolu à la vie jusqu’à son terme naturel. La Drac appelle à la prise de conscience, à la prière et à la vigilance devant ces menaces nouvelles, dramatiques pour les générations actuelles et à venir, dont l’issue risquerait d’être à nouveau l’exil des religieux et religieuses, qu’elle a pu contribuer à empêcher en 1924.

Comme chaque année, la DRAC organise le concours de la coupe d’éloquence ouvert aux lycéens.

Le sujet de la Coupe du centenaire reprend en partie les termes de celui de la première Coupe d’éloquence, en 1926. Il en reprend surtout le contexte. Il s’agit donc, comme il y a cent ans, à l’époque où les religieux devaient faire face à la pression d’une partie des autorités civiles et administratives, ainsi que de certaines voix de la presse ou de mouvements d’idées, qui étaient toutes extérieures à l’institution ecclésiale, de prendre en compte, pour les attaques « de toutes parts » d’aujourd’hui, uniquement les attaques extérieures à l’Eglise catholique, pour garder le lien avec le contexte de 1926.

ONU: Une Sœur dénonce la loi française sur l’euthanasie devant le Rapporteur spécial sur la liberté de religion

Ce mardi 3 mars 2026, Sœur Agnès, médecin des Petites sœurs des pauvres, s’est exprimée devant le Rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de conviction aux Nations unies à Genève, pour défendre l’objection de conscience des établissements  confessionnels de santé face à l’euthanasie.

En effet, la « proposition de loi pour un droit à l’aide à mourir » adoptée par l’Assemblée nationale le 25 février 2026 prévoit qu’aucun établissement de santé ne pourra s’opposer à ce que des euthanasies soient pratiquées en son sein. C’est une atteinte à la liberté de religion des personnes qui s’associent pour un projet éthique, philosophique ou confessionnel fondamentalement opposé à l’idée de donner la mort. Les Petites sœurs des pauvres et d’autres congrégations catholiques œuvrent depuis des siècles à l’accompagnement des malades et ne devraient pas être obligées de renier les commandements de Dieu et leur serment d’Hippocrate pour poursuivre leur œuvre.

Grégor Puppinck, directeur de l’ECLJ a également accompagné Sœur Agnès ce même jour dans différents rendez-vous aux Nations unies, notamment auprès du nonce apostolique à Genève, Mgr Ettore Balestrero et auprès de l’équipe du Rapporteur spécial de la liberté de religion afin de les informer de toutes les conséquences de la loi si elle était définitivement adoptée.

Voici ce que Sœur Agnès a déclaré durant cette 61e session régulière du Conseil des droits de l’homme dans le cadre d’un dialogue interactif avec le Rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de conviction :

Madame le Rapporteur,

Je suis venue ici pour vous alerter et demander votre aide.

Je suis religieuse de la congrégation des « Petites Sœurs des Pauvres ».

Je m’exprime ici au nom des congrégations catholiques françaises qui ont fondé et dirigent des hôpitaux et des maisons de retraites.

Notre mission est de prendre soin des pauvres, des personnes âgées, des malades, des personnes porteuses de handicaps, des plus vulnérables.

Or, une loi actuellement en discussion en France prévoit de légaliser l’euthanasie, selon une procédure permissive, expéditive et répressive.

Elle prévoit aussi de contraindre tous les établissements religieux à accepter la pratique de l’euthanasie en leur sein, sur leurs patients et résidents.

Elle prévoit même de nous condamner à 2 ans de prison et à 30 000 euros d’amende si nous refusons l’euthanasie et le suicide assisté. Toute personne qui voudrait convaincre un proche de ne pas recourir à l’euthanasie encoure la même peine.

Mme le Rapporteur, nous voulons continuer à accueillir, soigner, accompagner la vie jusqu’à sa fin naturelle avec douceur et compassion. Nous voulons soulager la souffrance, y compris celle qui fait demander à mourir, mais nos mains ne tueront pas, même si nous devons être condamnées pour cela.

Mme le Rapporteur, vous le savez, une telle condamnation pénale pour notre refus de l’euthanasie serait une grave violation de notre liberté de religion, garantie en droit européen et international.

Mme la Rapporteur, chers membres du Conseil, nous vous en prions, intervenez auprès du Gouvernement français pour qu’il respecte la vie humaine et notre liberté.

Je vous remercie.

“Je vois la vie en vert” le 17 mars, pour la ” Saint Patrick” – Mais qui est donc ce saint toujours fêté ?

Au fil des pages, entrez dans cet univers légendaire où s’est forgé l’esprit de Braveheart, où le roi Arthur reviendra pour sonner l’heure de la grande délivrance. Après un exposé historique détaillé de la vie de Patrick, l’auteur nous embarque pour un tour du monde de la « Saint Patrick » avec ses folklores, ses thèmes et ses réjouissances. C’est la vie en vert ! De Dublin à Boston, de New York à Sydney, et même à Paris depuis 1993, la Saint-Patrick est célébrée en une parade universelle : tartans chamarrés, cornemuses en tête, et coiffé du traditionnel “Leprechaun Hat” avec sa boucle dorée rappelant les trésors des légendes celtiques.

Qui était saint Patrick, patron de l’Irlande ? Comment expliquer son caractère si fédérateur ? Pourquoi l’associe-t-on au symbole du trèfle ? Quel fut son ministère ? Comment contra-t-il les croyances antiques de l’Ard Ri, roi suprême d’Irlande régnant depuis la colline sacrée de Tara ? Pourquoi, plus de 1 500 ans après sa mort, son aura continue-t-elle d’unir les peuples frères, de notre Bretagne armoricaine à la “diaspora” interceltique ?

Du Ve siècle, cette figure évoque immanquablement l’Irlande et son évangélisation. Sa fête, célébrée dans le monde entier le 17 mars, renvoie dans l’imaginaire à des refrains de musique folklorique accompagnés de chopes de bières joyeusement entrechoquées.
Patrick ? Les Irlandais l’appellent Padraig, en langue gaélique. Les Bretons insulaires et ceux d’Armorique en ont fait Padrig. Pour les Romains, patricus désignait un patricien, un noble. Plus tard, sous l’empereur Constantin, un patrice était un haut dignitaire de l’Empire. Les Français n’ont fait que mettre une majuscule à ce nom « Patrice ». Mais le monde entier, où fleurit ce prénom printanier, a retenu son anglophone nom de baptême « Patrick ». Le Vatican reconnaît en Patrick (389-461) le saint patron de l’Irlande appelée encore l’ile d’Emeraude, Eire en gaélique. Comme les anglais ne sont pas à un sarcasme près, ils en ont fait un surnom désobligeant, Paddy, pour mieux tourner le dévot irlandais en dérision. Dans l’imagerie péjorative du Londonien de la rue, un « paddy » c’est un lointain Patrick traînant chômage et famille nombreuse. Au mieux un barde de comptoir. Mais ce sont les anglais ! Shame !

Patrick Mahé l’auteur de ces recherches navigue entre mythes et légendes pour nous présenter la vie de ce jeune homme dont la foi s’est forgée au travers d’années d’esclavage. À la suite d’un appel missionnaire à sauver l’Irlande, il part annoncer la « nouvelle religion » en accomplissant d’étonnants miracles. Ses prêches subjuguaient, interrogeaient. Mais têtes dures d’Irlandais, pour comprendre la Sainte Trinité, il en eut raison avec le trèfle, shamrock, devenu le symbole de l’Irlande. Sa lutte contre les druides et les pratiques païennes, qui s’inscrit avant tout dans une compréhension de la mythologie celte, est un exemple de pédagogie et de dialogue interculturel encore d’actualité. Souvent en butte aux croyances païennes, il prenait le ton et y ajoutait sa touche – le feu qui brula le druide mais non ses émissaires ! La rivière qui se tarit pour le laisser passer.

La vie de Patrick fut une aventure extraordinaire entre légendes et mythes, certains récits ont la vie dure. De rivalités politiques en conflits et trahisons, Patrick marcha droit pour conquérir les âmes à Dieu. Bouillant il diffusait son zèle autour de lui pour entraîner ce troupeau que Dieu lui avait confié.

Le 17 mars ? L’occasion de découvrir cette figure de sainteté populaire dont le symbole s’est étendu de la Bretagne jusqu’aux États-Unis. Dans le monde entier, on chante à la Saint-Patrick !

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Saint Patrick, de Patrick Mahé, Editions Salvator, 144 pages, de nombreuses photos et documents en couleurs, jolie édition sur papier glacé, couverture souple avec rabats, 14.90 €

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Des actes d’autoritarisme et de cléricalisme ?

De Christian Bless sur Perspectives catholiques :

Sans grande surprise, la demande de la FSSPX (Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X) de pouvoir sacrer de nouveaux évêques pour assurer la continuité de son ministère auprès des fidèles s’est heurtée, de fait, à une fin de non-recevoir de la part des autorités romaines et plus précisément du Dicastère pour la Doctrine de la foi et de son Préfet le Cardinal Víctor Manuel Fernández. Effectivement, il y avait peu de chances que le personnel ecclésiastique qui occupe les allées du pouvoir dans l’Église conciliaire puisse autoriser un acte qui retentit comme un désaveu de la «pastorale», il serait plus exact de parler de «praxis», qu’ils imposent aux fidèles depuis une soixantaine d’années.

L’Église catholique et la Révélation

L’Église est Une, Sainte, Catholique et Apostolique. Elle est le Corps mystique de Jésus-Christ. Elle est Jésus-Christ répandu et communiqué. Fondée par Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai Homme, elle a reçu le dépôt de la foi et la mission de le transmettre intact. «Allez, enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Apprenez-leur à garder tout ce que je vous ai commandé.» Comme Dieu est Un, l’Église est une. Elle a reçu en dépôt la Révélation qui est close à la mort du dernier apôtre. Elle a mission de transmettre et d’expliciter ce dépôt, de manière homogène, mais en aucun cas de le modifier, de l’adapter aux temps et aux lieux. C’est donc la devise de saint Paul : «Tradidi quod et accepi» (J’ai transmis ce que j’ai reçu). Ni plus, ni moins. Dieu EST et sa révélation dans la seconde Personne de la Trinité est l’expression de cet Être éternel et intangible. Le Christ incarné, l’Alpha et l’Oméga, est l’empreinte de Dieu. A travers les siècles, la Sainte Église scrute ce dépôt définitif pour en avoir une meilleure compréhension mais cette connaissance approfondie n’apporte aucun élément qui ne soit inclus dans le dépôt de la foi révélée et confirmée par le Christ. Comme l’enseigne le cardinal Journet, l’Église «désenveloppe» le dépôt pour le faire mieux comprendre aux intelligences et aux âmes. Elle ne modifie pas le dépôt reçu, elle en explicite les parties et les virtualités en un développement homogène du dogme (l’enseignement), sans rupture, sans modification.

L’Église est donc essentiellement Tradition, transmission. Elle transmet ce qu’elle a reçu de son fondateur. Elle n’a pas de pouvoir sur ce dépôt, elle est au service de ce dépôt, de sa transmission. C’est sa raison d’être : «Allez, enseignez toutes les nations…». Ce dépôt révèle les secrets de la vie divine, des trois Personnes de la Trinité, et d’abord que Dieu est à la fois Un et Trine. Il dit le destin de l’homme et comment il doit se mettre en harmonie avec l’être même de Dieu son Créateur. Cette révélation de l’Être divin ne peut pas plus subir de variations que l’Être divin lui-même, éternel, immuable puisqu’elle en est l’expression. «Je suis celui qui suis» révèle Dieu à Moïse (Exode 3,14) dans une formule saisissante.

L’Église et le monde

Il est clair qu’un monde dont les intelligences et les sensibilités sont ravagées par le relativisme, enivré de progrès techniques et d’un volontarisme qui lui fait croire qu’il est maître des choses et peut en disposer à volonté, sans limite aucune, ne peut concevoir, ni accepter, qu’il est limité et qu’il est soumis à une nature des choses et à une destinée qui échappe à son contrôle et à laquelle il doit adhérer afin d’accomplir pleinement son destin, ce pourquoi il a été créé. Cette destinée, cette adhésion au plan divin immuable n’est en rien un carcan, une oppression, une mutilation de sa dignité. Bien au contraire, l’assentiment libre à ce destin constitue sa grandeur et sa dignité. «La vérité vous rendra libre.»

L’Église romaine est garante de ces grandes vérités naturelles et surnaturelles ; et elle seule. Elle n’a pas le pouvoir de les modifier. Une fois encore, elle les a reçues en dépôt afin de les transmettre et les communiquer, éventuellement de les défendre. Tout au long des deux derniers millénaires, à de nombreuses reprises, elle a eu à les défendre contre des esprits faux qui, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, ont voulu attaquer ou déformer le dépôt sacré. Le clergé a souvent été en pointe dans ce combat contre le dépôt révélé prétendant le réinterpréter, l’adapter. Arius et Luther ne sont que deux exemples d’une longue série. Il importe de distinguer l’Église est sainte et sans péché mais composée de pécheurs. L’Évangile nous enseigne qu’aux premières heures de l’Église, au Mont des Oliviers, la nuit du Vendredi Saint, les Apôtres se sont enfuis au lieu de défendre le Maître et que saint Pierre, le premier pape, peu d’heures plus tard, a répondu à la servante : «Je ne connais pas cet homme». Mesurons-nous la portée de ces paroles ? A travers les siècles, les successeurs des Apôtres ne se sont pas montrés au-dessus des disciples du Christ qui avaient pourtant été les témoins de son enseignement et de nombreux miracles.

L’Église, comme son divin fondateur, est incarnée. Si elle a la tête dans le ciel, ses serviteurs piétinent dans la boue de ce monde et en sont souvent éclaboussés. A de rares exceptions près, le clergé, comme les simples fidèles, a toujours épousé, plus ou moins, les vicissitudes du monde. A titre d’exemple, dans l’histoire récente, le clergé s’est montré royaliste sous l’Ancien Régime, révolutionnaire durant les années où l’affreuse Révolution française massacrait les prêtres et les religieuses, pour adhérer à l’Empire, redevenir royalistes à la Restauration, ensuite démocrate et, plus récemment, socialistes, voire communistes de nos jours. Enfin, à l’heure actuelle, le clergé est très préoccupé par la déforestation en Amazonie, le réchauffement climatique, la fonte de la banquise (jusqu’à bénir pontificalement des glaçons), les «marges» LGBT, les dits «migrants» … et bien d’autres sujets qui ne sont pas de sa compétence et l’éloignent de sa mission divine de sanctification des âmes. Sans ajouter ici une liste de noms, notons que les clercs aujourd’hui ressemblent tristement à nos politiciens par leur ignorance, leurs préjugés, leur adhésion aux modes intellectuelles les plus folles, parfois par leurs mœurs.

FSSPX et les sacres épiscopaux

Mais il nous faut revenir au temps présent qui s’inscrit dans cette grande continuité. Avec l’autorisation bienveillante de Monseigneur François Charrière, la FSSPX a été fondée en 1970, à Fribourg, pour former des prêtres et assurer aux fidèles les sacrements nécessaires à leur salut éternel. Comme le déclarait son fondateur, Monseigneur Marcel Lefebvre, il s’agissait pour lui, archevêque de la Sainte Église, à la demande de jeunes séminaristes et de familles, de continuer de faire ce qu’il avait appris de l’Église et ce qui lui avait été commandé tout au long d’une carrière, déjà longue, au service du Christ et de Rome. Rien de plus, rien de moins. Il n’est pas ici question de relater les tribulations qui ont accompagné la vie de la FSSPX et son fondateur.

En 1988 déjà, sans aucun motif grave, l’autorité romaine lui avait refusé le sacre des évêques nécessaires à sa succession et à la survie de son œuvre sacerdotale, la FSSPX. Aujourd’hui à nouveau, près de quarante années plus tard, toujours sans motif, les autorités vaticanes refusent à ses successeurs cette même autorisation. Nous sommes face à des actes d’autoritarisme et de cléricalisme qui déconsidèrent leurs auteurs et leur font perdre le peu de légitimité qu’ils croient encore détenir. Une autorité est au service du bien des âmes et du bien commun et l’obéissance qui lui est due dépend du respect de cette finalité. Dans un récent essai (L’obéissance en question – Via Romana), Jean-Pierre Maugendre nous précise : «Mais l’obéissance dans l’Église n’est jamais aveugle ou inconditionnelle. Elle est au service de la foi pérenne transmise par l’Église, inaltérée depuis deux mille ans. Ce n’est jamais le fidèle qui juge les actes du magistère, c’est la Tradition de l’église qui le fait pour lui.»

Plus haut dans ce précieux texte, l’auteur posait le contexte en citant Guillaume Cuchet (Comment notre monde a cessé d’être chrétien – Seuil) : «Cette rupture au sein de la prédication catholique a créé une profonde discontinuité dans les contenus prêchés et vécus de la religion de part et d’autre des années 1960. Elle est si manifeste qu’un observateur extérieur pourrait légitimement se demander si, par-delà la continuité d’un nom et de l’appareil théorique des dogmes, il s’agit toujours bien de la même religion.» Lecteurs, relisez ce constat !

Cette «profonde discontinuité» nous a conduits à la situation actuelle. De vaines contorsions intellectuelles et sémantiques ont tenté de nous persuader qu’il fallait, au sujet du Concile de Vatican II, éviter une «herméneutique de rupture» et s’attacher à une «herméneutique de continuité», mais il y a dans les faits une volonté de rupture, assumée par les principaux acteurs du Concile, qui ne permet pas une «herméneutique de continuité». Cette volonté de rupture est analysée, textes à l’appui, dans de nombreux ouvrages. On ne peut procéder à une «réforme de la réforme» lorsqu’initialement il n’y a pas eu réforme mais révolution. Contentons-nous de renvoyer le lecteur au livre majeur de Roberto de Mattei (Vatican II, l’histoire qu’il fallait écrire – Contretemps) qui analyse en détail les étapes de la mise en place de cette «profonde discontinuité».

Non ! Il n’existe pas «deux rites égaux en sainteté qui doivent s’enrichir mutuellement». L’Église romaine a un rite millénaire confirmé et restauré, canonisé et protégé par la Bulle Quo primum tempore, le rite tridentin dit de Saint Pie V. Le nouveau rite de la messe (NOM – Novus Ordo Missae), imposé en faisant violence au droit et à la Tradition (aux prêtres fidèles et à l’âme des fidèles), l’a été contre le rite millénaire de la messe qu’il prétendait abroger. Ce n’était pas un rite de plus, au rabais, calibré à l’indigence intellectuelle et spirituelle du monde dit moderne.

Ce n’était pas une simple retouche, une éventuelle mise à jour des textes liturgiques. Il s’est agi d’un travail systématique de destruction de la liturgie, de l’ordinaire de la messe, du sanctoral, de l’Office divin, du rituel des sacrements. Cette entreprise de démolition rend ces nouveaux rites illégitimes et n’engage pas l’assentiment des fidèles qui ont un devoir de résister à cette œuvre impie.

De nombreux ouvrages ont analysé cette opération de démolition qui trouve ses racines dans les décennies précédant le Concile, événement qui est à la fois la conséquence d’un long travail de sape des forces modernistes condamnées par Saint Pie X et une cause accélératrice de la décomposition du catholicisme. Outre ceux cités plus haut, l’on peut se référer, entre autres, à La messe de Vatican II de l’Abbé Claude Barthe (Via Romana), à son ouvrage Les sept sacrements, d’hier à aujourd’hui (Contretemps) ; La messe de Paul VI en question de l’Abbé Anthony Cekada (Via Romana). Sans oublier l’irremplaçable Bref examen critique du nouvel ordo missae signé par les cardinaux Ottaviani et Bacci (Editions Contretemps).

Au milieu des ruines : maintenir et transmettre

Pour conclure, l’on ne trouve pas de raison qui pourrait justifier une interdiction faite à la FSSPX de procéder à des sacres lui permettant d’assurer la continuité de son œuvre sacerdotale. L’Église est essentiellement sacerdotale, ordonnée au renouvellement du Sacrifice non sanglant du Sacrifice sanglant de la Croix, pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, et à la distribution des sacrements nécessaires à la vie divine des âmes. Seule la haine de tout cet héritage, de ce dépôt, de la Tradition, peut expliquer cette persécution. Le pape, doit être avant tout, un père soucieux des âmes, devrait se réjouir de ce renouvellement du sacerdoce !

Nous, fidèles du rang, la piétaille qui chemine dans la nuit de ce monde, qui portons familles, nos âmes ont droit à un enseignement pleinement orthodoxe qui transmette sans amoindrissement («œcuménique» !) les vérités de la foi, à des sacrements sûrs porteurs des grâces nécessaires, à des liturgies dignes de la majesté et de l’infinie transcendance divine.

En sacrant quatre évêques en 1988, Mgr Marcel Lefebvre a sauvé le sacerdoce pleinement catholique. Il a contribué de manière déterminante à la reconnaissance de la liturgie tridentine et à sa diffusion. Sans les sacres épiscopaux, les instituts et les monastères dit «Ecclesia Dei» n’existeraient très probablement (certainement ?) pas. La FSSPX est aujourd’hui le rempart qui protège l’existence de ces œuvres religieuses qui, par ailleurs, contribuent à la sanctification des âmes, à leur place, à l’abri de ce rempart. Si la FSSPX venait à disparaître, faute d’évêques, ces institutions religieuses disparaîtraient à brève échéance sous les coups de boutoirs des pharisiens de la bureaucratie vaticane qui les haïssent et les méprisent sous leurs airs patelins et leur «souci d’unité». Le pharisaïsme est de tous les siècles.

Le 5 juillet 1988, Dom Gérard Calvet, fondateur de l’Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, disait au signataire de ces lignes : «Le geste de Monseigneur Lefebvre est prophétique. Il retentira dans l’histoire de l’Église». Il admettait lui-même qu’il devait son abbatiat aux sacres épiscopaux réalisés quelques jours plus tôt. Près de quatre décennies plus tard, plus que jamais, la Sainte Église a besoin de ces sacres afin de continuer l’œuvre de formation sacerdotale, de nourrir les fidèles, de soutenir les nombreuses familles religieuses qui gravitent désormais autour de la FSSPX, notamment les centaines de religieuses qui, avec une abnégation héroïque, développent des dizaines d’écoles où nos enfants sont scolarisés, où leurs âmes sont élevées vers les réalités surnaturelles. —

⏰ En retard pour le Carême ? Il n’est pas trop tard !

Nous sommes à 12 jours du début du Carême, avez-vous fixé votre effort de prière ?

Il n’est pas trop tard !

Le temps du Carême est un temps béni pour se rapprocher de Dieu, en remettant de l’ordre dans nos priorités.

Il est tellement facile de se dire « Le Carême a déjà commencé, tant pis ! Je ferai le Carême l’année prochaine ! » Non, s’il vous plaît, ne tombez pas dans ce piège de découragement. Le Seigneur est patient, il vous attend chaque jour du Carême de CETTE ANNÉE 🫵!

L’Église nous donne des pistes pour remettre sur le droit chemin, pendant le Carême : elle nous invite à prendre des engagements de prière, de jeûne, d’ascèse et de charité.

Avez-vous pris un engagement de prière ? Prenez-le avec Rosario ! Je vous invite à prier une dizaine par jour sur Rosario, en y rentrant le code CAREME2026.

1. Téléchargez Rosario :
2. Cliquez sur : Nouveau groupe
3. Entrez le code : CAREME2026

Le fait de savoir que les autres comptent sur notre dizaine pour pouvoir compléter le chapelet du jour permet de se sentir engagé et soutenu. Rosario est un vrai soutien dans la prière !

Suivez l’exemple de Natasha, et comme elle, faites l’expérience de la prière sur Rosario pendant le Carême :
« Voilà 1 semaine que je me suis décidée à commencer à prier 1 dizaine chaque jour. Je ne pensais pas qu’une appli de ce type pourrait me discipliner autant car j’ai tendance à oublier les choses mais grâce aux notifications je m’y tiens. Quelle magnifique idée ce chapelet vivant et je vois déjà les effets du Rosaire sur moi. »

Ne ratez pas cette occasion en or que Dieu vous donne pour marcher avec Lui au désert, pour renouveler votre amour pour Lui, pour grandir en liberté, afin de devenir saint ! Rejoignez la communauté du Carême sur Rosario en cliquant ici !

Vous avez déjà un effort de prière ? Eh bien, faites un effort de charité sur Rosario ! Réfléchissiez à une personne de votre entourage qui aurait besoin d’être encouragée à prendre un engagement de prière : et transférez-lui cet article !

La première des charités est l’évangélisation 😉

En union de prière pendant ce Carême,
Mathilde, de Rosario

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

La lecture comme antidote à la dictature de la pensée unique

Comment ignorer sa présence et sa faconde, son militantisme et ses engagements ? Ancien élève de l’École navale et ancien président du Mouvement de la Jeunesse Catholique de France, Jean-Pierre Maugendre est directeur de l’association Renaissance catholique et intervenant régulier au sein du Club des Hommes en noir. Homme de conviction, il a fait paraître récemment un petit livre consacré à l’importance de la lecture, pour bien penser et pour lutter contre les tentations de la pensée unique.

Jean-Pierre Maugendre est l’Invité du Club des Hommes en noir. Au micro de Philippe Maxence, il explique pourquoi il s’est intéressé à ce sujet de la lecture mais aussi les pièges à éviter et les bons moyens à prendre pour (re)trouver le goût et la passion de la lecture.

Cette émission est aussi le moyen de découvrir une personnalité riche, sans fard, fière de ses engagements, admirateur de saint Dominique dont il cultive le goût pour la vérité, la controverse et la mission. Il y a aussi du saint Paul chez cet homme qui ne cache rien et qui met sa peau au bout de sa foi.

Notre-Dame de Chrétienté recrute ses bénévoles

En prévision du 44e pèlerinage de Pentecôte de Paris à Chartres, l’association Notre-Dame de Chrétienté recrute ses bénévoles.

L’association a besoin en particulier :

  • de médecins
  • de kinésithérapeutes
  • de chauffeurs Poids Lourds (C)
  • de chauffeurs avec un permis remorque (BE)

Par ailleurs, pour intégrer les équipes Soutiens, il est nécessaire d’être majeur et en bonne santé.

Contact : [email protected]

Dunkerque : Sébastien Chenu fait le choix de Macron contre les patriotes

Communiqué de l’Action française :

Alors que c’est en toute transparence que notre camarade et porte-parole de l’Action française Antoine la Scola a rejoint, depuis plusieurs mois, la liste aux municipales qu’a formée Adrien Nave pour Dunkerque, c’est avec la plus grande surprise que nous apprenons que Sébastien Chenu, vice-président du RN, a retiré à cette liste l’investiture du parti à la flamme en raison de la présence d’un membre de l’Action française en position éligible. De plus, Adrien Nave, comme s’il avait commis une faute grave, est convoqué par les instances du RN en vue de son exclusion du parti.

Ainsi, au moment où la France subit le contrecoup d’une violence politique imputable à l’extrême-gauche avec la complicité morale de la gauche et de la macronie dans le cadre de l’arc républicain, au moment où tous les patriotes sincères devraient se rassembler pour former un front uni contre le délitement de la France, à la veille d’un discours où Macron annoncera peut-être son intention de livrer aux Allemands notre arme nucléaire, Sébastien Chenu a décidé de diviser les patriotes et fait le choix délibéré de laisser de nouveau Dunkerque au macronien de gauche Patrice Vergriete, sa liste pour les élections municipales des 15 et 22 mars allant du Parti communiste français aux Républicains, en passant par les différentes nuances de la gauche et du centre ! C’est là une véritable trahison des patriotes et des Dunkerquois que commet Sébastien Chenu.

Est-ce la vengeance personnelle et mesquine d’un salonnard parisien à l’encontre d’un Dunkerquois implanté dans sa région et au contact permanent du pays réel ? En tout cas, les Dunkerquois ne seront pas dupes de la qualification insultante de l’Action française comme « mouvement d’ultra-droite », qui dénote surtout, de la part de Sébastien Chenu, soit une ignorance crasse de notre école de pensée et de notre mouvement, soit une rare malhonnêteté intellectuelle. Est-ce à l’enterrement d’un dirigeant d’ultra-droite que se rendit Marine Le Pen en 2007, en assistant aux obsèques de Pierre Pujo, en l’église de la Madeleine à Paris ? Est-ce à un hebdomadaire d’ultra-droite, L’Action française 2000, qu’elle a accordé des entretiens ? Chantal Delsol, Pierre Manent, Marcel Gauchet ou Michel Houellebecq, entre autres invités nombreux, sont-ils suffisamment stupides pour venir dialoguer avec des nervis d’ultra-droite dans le cadre du Cercle de Flore ?

Nous ignorons si Sébastien Chenu a, en l’occurrence, parlé au nom du RN. En effet, ancien giscardien, ancien chiraquien, ancien collaborateur de Christine Lagarde, ancien sarkozyste, ancien copéiste, ancien brunolemairiste, un moment proche de Nathalie Kosciusko-Morizet puis d’Anne Hidalgo, c’est à la suite d’un long parcours politicien qui donnerait presque le tournis que Sébastien Chenu a fini (?) par rejoindre le Rassemblement Bleu Marine en 2014, avant de devenir en 2017 le porte-parole du Front national — devenu Rassemblement national l’année suivante. Peu importe. L’Action française s’honore d’avoir toujours pratiqué le compromis nationaliste dans le seul intérêt du pays. C’est ainsi qu’en 2002 elle appela à voter pour Jean-Pierre Chevènement, puis pour Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen au moins au second tour des élections présidentielles suivantes. C’est ainsi qu’elle accepte aujourd’hui de concourir aux côtés de patriotes républicains à des listes municipales quand il s’agit de participer à la victoire de valeurs communes. Face à la trahison de Sébastien Chenu au profit de la gauche macronienne, mondialiste et européiste, les Dunkerquois seront d’autant plus nombreux à se mobiliser pour la liste patriote.

Changement de régime en Iran ? Pas si simple

Analyse lue dans Conflits :

Depuis plusieurs mois, une idée gagne du terrain dans certains cercles occidentaux et israéliens : la chute de la République islamique pourrait ouvrir la voie au retour politique de Reza Pahlavi, fils du dernier shah. Le raisonnement est séduisant. Un prince en exil, laïc, pro-occidental, hostile aux mollahs, parlant parfaitement le langage diplomatique de l’Occident. Le candidat idéal pour incarner un « Iran normalisé ».

Mais ce scénario repose sur une triple illusion : celle du poids réel de la diaspora, celle d’un Iran socialement prêt à restaurer la monarchie, et celle d’une transition politique qui pourrait se produire sans fracture majeure de l’État.

Et c’est précisément pour cette raison que le pari stratégique sur Pahlavi pourrait se retourner contre ceux qui l’encouragent.

L’illusion politique de la diaspora

La diaspora iranienne est visible, active, influente dans certains milieux médiatiques et universitaires. Elle produit des tribunes, organise des conférences, mobilise des réseaux politiques à Washington, Paris ou Berlin. Elle donne l’impression d’une opposition structurée.

Mais une diaspora n’est pas un appareil politique.

Elle ne contrôle ni territoire, ni forces armées, ni structures clandestines capables d’opérer durablement à l’intérieur du pays. Elle ne dispose pas non plus d’un réseau social profond comparable à celui que la République islamique a construit pendant plus de quarante ans.

Or, toute transition politique repose sur ces infrastructures invisibles : relais locaux, capacité d’organisation, loyautés bureaucratiques, contrôle des forces armées. Sans cela, un leader peut incarner un symbole. Il ne peut pas gouverner.

La popularité médiatique d’un opposant en exil n’est pas un indicateur de sa capacité à prendre le pouvoir. C’est une confusion que l’Occident a déjà payée très cher en Irak, en Libye ou en Afghanistan.

La République islamique : un système enraciné

L’erreur la plus fréquente consiste à réduire la République islamique à une simple oligarchie religieuse. En réalité, le régime iranien est devenu au fil du temps un écosystème politique, militaire et social.

Les Gardiens de la Révolution ne sont pas seulement une force armée. Ils constituent un complexe politico-économique qui irrigue une grande partie de l’économie du pays. Les fondations religieuses contrôlent des ressources considérables. Les milices paramilitaires structurent un réseau de loyautés locales.

Ce système n’est pas majoritaire dans la société iranienne. Mais il est suffisamment organisé pour survivre à une crise politique majeure.

Imaginer que cet appareil disparaîtra mécaniquement avec la chute du sommet relève d’un simplisme dangereux. Dans l’histoire contemporaine, l’effondrement brutal d’un régime fortement militarisé produit rarement une transition démocratique rapide. Il produit plus souvent une fragmentation de l’État.

L’Iran n’est pas un bloc homogène

L’un des angles morts les plus préoccupants du discours monarchiste concerne la question nationale.

L’Iran est un pays multiethnique : Kurdes, Azéris, Arabes du Khuzestan, Baloutches, Turkmènes. Ces populations représentent une part significative du pays et certaines disposent déjà de partis politiques structurés ou de capacités armées.

La question centrale n’est donc pas seulement celle du régime. Elle est constitutionnelle.

Quel type d’État pour l’Iran post-islamique ? Un État centralisé persan ? Un État fédéral ?Une autonomie régionale élargie ?

Reporter ces questions au « lendemain de la révolution » est la meilleure manière de transformer la transition en conflit ouvert. L’expérience irakienne et syrienne l’a montré : lorsque l’État central s’affaiblit, les identités politiques longtemps contenues réapparaissent avec une intensité explosive.

Un projet politique qui ne répond pas clairement à ces questions prépare moins une transition qu’une crise de succession.

(C) HERVÉ THÉRY, CONFLITS

Un homme providentiel pour un pays de 85 millions d’habitants ?

Le scénario Pahlavi repose aussi sur une logique classique du Moyen-Orient : celle de l’homme providentiel.

Un visage, une dynastie, une nostalgie impériale.

Mais l’Iran de 2026 n’est plus celui de 1979. La société a profondément changé. Les jeunes générations n’ont aucune mémoire directe de la monarchie. Pour beaucoup d’Iraniens, le shah appartient à une histoire lointaine, associée autant à la modernisation qu’à la répression.

La nostalgie monarchiste existe. Mais elle reste fragmentée et sociologiquement limitée.

Surtout, elle se heurte à une question que Reza Pahlavi n’a jamais réellement tranchée : la reconnaissance claire de la nature autoritaire du régime de son père. Sans cette clarification, toute tentative de restauration monarchique porte en elle le risque d’un retour à un pouvoir centralisé et vertical — exactement ce que beaucoup d’Iraniens rejettent.

Le calcul israélien

Pour Israël, la tentation est compréhensible.

Depuis quarante-cinq ans, la République islamique a construit une architecture régionale de confrontation : Hezbollah au Liban, milices chiites en Irak, soutien au Hamas et aux Houthis. Face à cet adversaire stratégique, toute perspective d’un Iran moins hostile apparaît comme une opportunité.

Reza Pahlavi offre une image rassurante : un interlocuteur pro-occidental, hostile au clergé, favorable à une normalisation régionale.

Mais miser sur un individu plutôt que sur une dynamique politique interne est toujours risqué.

Car si la transition iranienne devait se transformer en fragmentation de l’État, Israël se retrouverait face à une réalité bien plus instable qu’aujourd’hui :milices incontrôlées, rivalités régionales, interventions turques, infiltration de groupes djihadistes dans les zones périphériques.

Autrement dit, un nouveau théâtre de chaos aux portes du Moyen-Orient.

L’Iran ne deviendra pas une démocratie libérale du jour au lendemain

L’erreur la plus profonde, partagée par une partie des oppositions en exil et de leurs soutiens occidentaux, est d’imaginer que la chute de la République islamique ouvrirait mécaniquement la voie à une démocratie libérale.

Les transitions politiques dans des États fortement idéologisés et militarisés sont presque toujours longues, conflictuelles et incertaines.

L’Iran n’échappera pas à cette règle.

Le véritable enjeu n’est donc pas de trouver un visage acceptable pour l’Occident, mais de savoir si une coalition politique capable de gérer la transition existe réellement à l’intérieur du pays.

Pour l’instant, la réponse reste incertaine.

Le risque d’un mirage stratégique

Les grandes puissances commettent souvent la même erreur : elles confondent désir et réalité.

L’Occident a voulu croire qu’Ahmad Chalabi pouvait refonder l’Irak. Il a cru que les printemps arabes produiraient spontanément des démocraties libérales. Il a pensé que la chute rapide d’un régime autoritaire suffirait à stabiliser une région.

L’Iran pourrait devenir la prochaine illustration de ce mirage.

Car la chute des mollahs — si elle survient — ne résoudra pas automatiquement les fractures profondes de la société iranienne. Elle les révélera.

Et dans ce moment critique, les selfies diplomatiques de la diaspora pèseront beaucoup moins que les rapports de force sur le terrain.

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