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Verdict dans le procès du père Bernard et de la FMND : ” C’est une quasi relaxe” selon l’avocat de la défense.

Il est 13h30 ce mardi 24 mars dans la salle d’audience du tribunal judiciaire de Privas lorsque le président fait son entrée, entouré des deux magistrats chargés de rendre collégialement leur verdict dans le procès du père Benard et de la Famille Missionnaire de Notre Dame (FMND). Dans la salle, une petite dizaine de journalistes, quelques curieux et surtout deux groupes que tout oppose : des opposants hostiles à la FMND et une vingtaine d’amis venus soutenir le père Bernard, accompagné de ses deux avocats. Les premiers rêvent depuis des semaines à la fermeture du foyer de Saint Pierre de Colombier, les seconds espèrent une relaxe totale.

La lecture du verdict va durer environ trente minutes. Après avoir rejeté toutes les demandes de nullité formulées par la défense et décrit le fonctionnement de la communauté de manière peu aimable, le président commence à enoncer le verdict. Il s’agit pour le tribunal de se prononcer sur la culpabilité du père Bernard mais aussi de la FMND, accusés d’abus de faiblesse, pour chacun des cinq plaignants. Cela fait donc 10 décisions.

Au fur et à mesure de la lecture du verdict, les dents se serrent du côté des opposants et les machoires se désserrent du côté des amis de la FMND et des membres de la communauté présents. Le président annonce pas moins de 7 relaxes et seulement 3 condamnations : le père Bernard est condamné une seule fois et relaxé pour les 4 autres plaignants tandis que la FMND est condamnée deux fois. 

Tout ça pour ça ? Plus de deux années d’instructions exclusivement à charge avec l’ancien évêque des lieux, Mgr Balsa, comme principal instigateur. Un dossier d’accusation de près de 3 000 pages, des plaignants que l’on est allé chercher pour qu’ils portent plainte, des centaines d’articles de presse décrivant un système d’emprise, un procès où les droits de la défense ont été bafoués (9 témoins à décharge entendus sur les 19 présents, une expertise psychologique du père Bernard réalisée sur la base des déclarations des plaigants…sans jamais que l’expert ne reçoive le principal intéressé, un faux témoignage dénoncé en direct par la défense, aucune audition des religieux en amont à part ceux qui ont porté plainte). Le père Bernard a été présenté comme un véritable gourou ayant mis en place un système d’emprise pour, au final, être reconnu coupable d’abus de faiblesse sur une seule religieuse…

Les journalistes présents n’ont visiblement pas compris la signification de ce verdict et insistent devant les caméras ou dans les premiers aticles publiés : le père Bernard est condamné pour abus de faiblesse ! Point barre ! Après tout, c’est leur rôle. Ils n’ont pas vraiment de culture religieuse et continuent à parler d’une communauté traditionnaliste. On leur a dit que la FMND serait condamnée donc ils y croient. Ils vont déchanter une heure plus tard lorsque les avocats de la défense feront une déclaration après avoir interjecté appel et en profiteront pour leur reprocher leur partialité et leur manque de professionnalisme durant les 4 jours de procès où ils ont systématiquement minimisé ou oublié de rendre compte des arguments et témoignages de la défense.

Mais il y a des attitudes qui ne trompent pas. A peine la séance levée, les opposants, habituellement si prompts à provoquer ou insulter les amis de la FMND, disparaissent plus vite que leur ombre mais leurs visages décomposés n’ont trompé personne. Du côté des amis de la FMND, c’est tout d’abord l’expectative. Puis des sourires apparaissent montrant un réel soulagement. Maître Triomphe et maître Gousseau entraînent rapidement tout ce petit groupe à l’étage pour des explications techniques parce qu’il y a tout de même condamnation…

Au-delà de la FMND et de la personne du père Bernard, les enjeux sont en réalité immenses. Cette décision de justice était attendue et scrutée par tous les évêques de France réunis à Lourdes. Mais aussi par toutes les communautés religieuses qui pourraient être poursuivies de la même manière. En effet, ce sont bien les fondements de la vie religieuse qui étaient attaqués à travers une très mauvaise interprétation des voeux religieux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance (voir cet article et cet article). Je renvoie à cette réflexion publiée dans un article récent sur le Salon beige :

Si c’est un abus d’interdire à un jeune religieux de communiquer avec sa famille pendant certaines périodes, faudra-t-il interdire tous les monastères bénédictins ? Bien sûr qu’il est très facile d’utiliser de façon perverse les pouvoirs d’un supérieur religieux ; bien sûr que les conseils évangéliques de pauvreté, chasteté et obéissance, lorsqu’ils ne sont pas librement consentis, sont inhumains – et seraient sectaires s’ils étaient imposés. Mais la vie religieuse est le cœur battant de l’Eglise militante : si nous jetons la suspicion sur toute obéissance, toute chasteté, toute pauvreté, nous détruisons ce cœur.

Il est donc très important de ne pas s’arrêter aux premiers titres et articles publiés sans nuance et surtout sans aucune analyse juridique. Il s’agit en réalité d’une quasi relaxe puisque 7 accusations sur 10 ont abouti à une relaxe. Le Père Bernard et la FMND ayant fait immédiatement appel, ils sont donc présumés innocents jusqu’au jugement en appel qui aura lieu à Nîmes sans doute en 2028.

Voici la déclaration de maître Jérôme Triomphe qui considère cette affaire comme une des plus importantes de sa carrière d’avocat, notamment en raison des enjeux pour toutes les communautés religieuses catholiques en France :

Voici des extraits du long communiqué de la FMND qu’il est important de diffuser aux évêques et aux communautés religieuses pour bien qu’ils en comprennent le sens :

Ce 24 mars 2026, le tribunal judiciaire de Privas a rendu son jugement à la suite des poursuites engagées par Madame le Procureur de la République de Privas il y a 2 ans, après une enquête préliminaire menée exclusivement à charge, et sur saisine de deux évêques.

La FMND et son Supérieur général contestent formellement et vigoureusement tout abus de faiblesse. Il est rappelé qu’ils ont dû se défendre dans des conditions contraires aux droits élémentaires de la défense. Ils se sont ainsi vu refuser la copie des 9 000 pages de supplément d’information qu’elle avait pourtant obtenu de la précédente formation. Ils se sont vu refuser de voir l’audience fixée sur un nombre de jours suffisants pour entendre leurs dix-neuf témoins à décharge et ont été contraints, contre leurs droits élémentaires, de renoncer à l’audition de dix d’entre eux. Ils ont versé aux débats près de 3 000 pages de pièces et attestations, démontrant point par point la fausseté et l’inanité des accusations portées contre eux.

Alors que Madame le Procureur avait requis le 22 janvier 2026 une condamnation de deux ans de prison avec sursis contre le Supérieur, cinq ans d’interdiction d’exercice de la prêtrise comme si une juridiction étatique en avait le droit, 100 000 euros d’amende et une fermeture d’un an du site de Saint-Pierre-de-Colombier, dans son jugement rendu ce 24 mars 2026, le tribunal a écarté 90% des accusations initiales et refusé de prononcer les condamnations stupéfiantes qui étaient réclamées.

Sur les cinq plaignants initiaux (sur 160 membres), seulement deux ont été déclarés victimes, ce qui reste évidemment contesté. S’agissant de ces deux plaignantes, l’une a quitté la communauté pour un homme qu’elle avait rencontré à l’extérieur tandis que l’autre avait été refusé aux engagements par le conseil unanime. Ce que ne disent pas les médias, c’est que le Père Bernard n’a été condamné à aucune indemnisation envers quiconque.

S’agissant des 10% d’accusations restantes, le tribunal a prétendu que les deux victimes déclarées auraient été coupées de leurs familles ce qui a été contredit par 360 membres des familles de religieux, et par les 160 religieux de la FMND ; qu’elles auraient été privées de moyens de communication, ce qui a pourtant été radicalement démenti par les pièces. Le tribunal a justifié également la condamnation par le fait que le Père Bernard allait visiter les foyers quand il y avait des difficultés à résoudre, alors que c’est le rôle d’un supérieur ; qu’il faisait des revues de presse faisant état de sa vision de l’actualité, alors que c’est l’usage commun dans les communautés religieuses dont les membres aspirent à se couper volontairement du monde ; que la FMND était hiérarchisée, ce qui est le propre de toute communauté religieuse ; que l’on pouvait y parler de péché d’orgueil, ce qui relève de la liberté de religion ; et encore qu’elle faisait référence aux écrits de la fondatrice, alors qu’il s’agit d’une règle du droit de l’Église rappelée dans les Constitutions approuvées et louées par le Saint-Siège et par l’ancien évêque de Viviers.

Il n’a été tenu aucun compte des contradictions, incohérences et même contre-vérités qui ont été démontrées par la défense de ces cinq plaignants sur 160 membres.

Sur un plan judiciaire, il s’agit d’une quasi-relaxe. Cependant, la FMND et le Père Bernard ne peuvent pas accepter une condamnation sur les 10% d’accusations retenues qui sont toutes fausses et ne résistent pas à l’examen réel des faits, outre qu’il s’agit d’une immixtion dans la vie religieuse et la liberté de religion protégées par la Cour européenne des droits de l’homme.

C’est pourquoi un appel a été immédiatement interjeté contre la condamnation portant sur les 10% d’accusations retenues. Cet appel anéantit le jugement, et tant la FMND que le Père Bernard restent présumés innocents.

Deux évêques ne font pas l’Eglise de France ; deux parties civiles ne font pas un système d’emprise et d’abus de faiblesse. A l’inverse, ce sont 160 religieux qui témoignent de leur engagement libre ainsi que 360 membres de leurs familles qui en sont les premiers témoins.

A ce stade, un seul article de presse semble avoir compris les enjeux et analysé la réalité de ce délibéré.

Les visites paroissiales du pape Léon XIV et la crise de la musique liturgique

D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:

Au cours du Carême 2026 que nous vivons actuellement, le pape Léon XIV a choisi de célébrer la messe dominicale dans plusieurs paroisses de son diocèse de Rome. Pour lui, cela représente une première occasion de visiter certaines réalités locales de l’Église romaine : voir les personnes, rencontrer les communautés paroissiales, les fidèles simples, mais aussi les prêtres et tous ceux qui gravitent autour de la vie paroissiale.
À mon avis, toutefois, la réalité même de la paroisse aujourd’hui doit être repensée. La paroisse avait sans doute tout son sens il y a quelques décennies comme présence religieuse enracinée dans un territoire déterminé. Aujourd’hui, elle semble beaucoup moins efficace, surtout dans des villes comme Rome. Beaucoup de personnes qui vivent dans le territoire paroissial viennent d’ailleurs — souvent même de l’étranger — et n’ont plus cet attachement au quartier qui existait autrefois. Dans le passé, la paroisse constituait spontanément un point de référence pour la population locale. Cette situation a clairement changé.
Pour cette raison, je crois — et je pense ne pas être le seul — que la structure paroissiale doit être revisitée. Il faut redécouvrir l’importance d’une présence religieuse sur le territoire, mais une présence qui soit également adaptée aux réalités de notre temps. Aujourd’hui, beaucoup de personnes préfèrent ne pas fréquenter leur paroisse territoriale, mais choisissent plutôt des églises — parfois même non paroissiales — où elles se sentent plus à l’aise.
Revenant aux visites paroissiales du pape Léon XIV, j’ai écouté certains fragments de ces liturgies. Je n’ai pas jugé nécessaire d’écouter toute la messe, mais j’en ai entendu plusieurs parties. Ce qui ne m’a pas surpris — et je souligne que cela ne m’a vraiment pas surpris — c’est la mauvaise qualité de la musique liturgique exécutée durant ces célébrations.
Je n’ai pas vu toutes les célébrations, mais d’après celles que j’ai pu écouter, on avait presque l’impression de revenir aux années 1970. Ces messes avec guitares et éléments similaires étaient, franchement, assez déprimantes.
Je dis que je n’ai pas été surpris parce que, connaissant la réalité dans laquelle nous vivons, pourquoi devrais-je l’être ? Cependant, il y avait un élément qui aurait pu susciter une certaine surprise.
Quel était cet élément ? Dans le passé, lorsque le pape visitait une église, une basilique, une association — quelle qu’elle soit — on prenait soin de préparer quelque chose de digne pour l’accueillir. Après tout, le Vicaire du Christ et successeur de l’apôtre Pierre est un hôte de marque. Pour un catholique, le pape est le pape. On pourrait dire : nous préparons habituellement notre repas quotidien d’une certaine manière, mais lorsqu’un hôte important arrive, nous préparons quelque chose de spécial.
Or, j’ai remarqué que cet aspect — l’accueil d’un hôte aussi illustre que le pape — ne semble plus faire l’objet d’une attention particulière. On ne considère plus comme important de mettre en valeur le statut de l’invité. Le pape, qui est le chef visible de l’Église catholique, est simplement intégré à la pauvreté ordinaire de la vie paroissiale, comme si cela constituait une marque de respect.
Je ne crois pas que ce soit le cas. Au contraire, je pense que les visites de personnalités importantes comme le pape — ou les cardinaux, les évêques et autres — devraient servir d’occasion pour revoir ce qui se fait dans la paroisse, y compris dans le domaine de la liturgie, afin d’élever un peu le niveau.
Et il y a véritablement un grand besoin d’élever le niveau, surtout aujourd’hui où la situation est si dramatique.
Nous entrons dans des églises où rester en prière devient presque une épreuve, parce que la musique perturbe la prière au lieu de l’aider, comme elle devrait le faire.
Mais ce n’est pas le seul problème. Comme je l’ai déjà dit à de nombreuses reprises, nous sommes aujourd’hui véritablement envahis par un bombardement de sentimentalisme. Ce qui est vraiment triste, c’est que ce bombardement ne provient pas seulement de musiciens laïcs improvisés musiciens d’église. Il provient aussi de prêtres — des prêtres musiciens qui composent ces mélodies excessivement sentimentales.
Ces mélodies ne sont pas au service du bien spirituel des fidèles. Au contraire, comme je l’ai déjà dit en d’autres occasions, elles provoquent une sorte de diabète spirituel. Ce sentimentalisme ne doit pas être confondu avec le sentiment véritable. Il faut se rappeler qu’il existe une grande différence entre sentiment et sentimentalisme.
Aujourd’hui, nous sommes soumis à ce bombardement de sentimentalisme dans la musique liturgique — y compris de la part de prêtres fortement soutenus par certaines hiérarchies catholiques. Pourtant, ce sentimentalisme ne peut pas faire du bien aux fidèles. Il constitue en réalité une dégénérescence du sentiment authentique.
C’est pour cette raison que les visites paroissiales du pape Léon XIV m’ont amené à réfléchir encore plus profondément — sans surprise, comme je l’ai déjà dit — à la situation vraiment médiocre de la musique dans la liturgie.
Bien sûr, je suis romain et je parle donc de ce que je peux expérimenter autour de moi. Mais aujourd’hui, grâce à YouTube, nous pouvons observer des célébrations venant du monde entier. Il existe certainement des liturgies très bien préparées, soignées dans leurs aspects musicaux et rituels. Mais nous voyons aussi, dans de nombreuses parties du monde, ces célébrations médiocres et ce manque de respect pour l’importance et la grande dignité que la liturgie devrait posséder.
Tout cela, si l’on y réfléchit, est souvent fait au nom du Concile Vatican II — alors que, dans la pratique, ce même Concile est grossièrement trahi.

Traditionalistes : le pape demande aux évêques de France d’être généreux

Dans un courrier adressé à l’épiscopat français actuellement réuni en Assemblée plénière, le pape écrit :

Screenshot

Fermeture de Riposte catholique

J’ai pris la décision de fermer le site Riposte catholique que je dirigeais depuis près de vingt ans.

Cette décision n’a pas été facile à prendre. D’autant que les raisons qui nous avaient poussés, le cher et regretté Daniel Hamiche et moi, à lancer le site sont toujours là. Notre objectif était d’en finir avec la « langue de buis » et, tout spécialement, d’en finir avec l’unité de façade de la conférence des évêques de France. Il y a de légitimes divergences entre fidèles. Il y a de légitimes divergences entre prêtres. Pourquoi n’y aurait-il donc aucune divergence légitime entre évêques ?

Vous pourriez me rétorquer que ce ne sont pas nos oignons et que, si les successeurs des apôtres veulent faire semblant, contre toute vraisemblance, d’être d’accord sur tout, cela les regarde. Certes, mais cela nous regarde aussi. Car cette unité de façade tue dans l’œuf toute initiative pastorale ou toute évangélisation efficace. On l’a bien vu voici quelques mois avec l’éviction de Mgr Rey du diocèse de Toulon. Il y avait sûrement bien des choses à critiquer dans son action. Mais la raison profonde et première de son éviction, c’est qu’il agissait différemment de ses confrères. Silence dans les rangs, je ne veux voir qu’une tête ! C’est déjà catastrophique quand tout va bien. Mais, en temps de crise comme aujourd’hui, c’est suicidaire : étouffer toute innovation sous l’ecclésiastiquement correct est le plus sûr moyen d’enterrer l’Eglise de France à moyen terme.

En un mot, je considère toujours que les raisons du lancement de Riposte catholique subsistent. Alors pourquoi fermer ?

Tout simplement parce que je n’ai pas su tenir la ligne de crête qui s’imposait dans le traitement des abus. Je dis bien « je », même si cela fait des années que je n’interviens plus dans la rédaction de Riposte catholique, me « contentant » d’assumer la responsabilité éditoriale et juridique et laissant les rédacteurs libres d’écrire ce qu’ils veulent – y compris quand je suis en désaccord frontal avec eux (mais je ne vois pas comment s’opposer à la langue de buis sans accepter le désaccord) –, car c’est bien moi le responsable. Et disons-le tout net : j’ai échoué.

Dans le traitement de la terrible crise des abus que traverse notre Eglise, il existait deux écueils : soit mettre les problèmes sous le tapis au risque de blesser une deuxième fois les victimes par notre inaction et de voir la plaie puruler ; soit dénoncer les abus et les prédateurs. Je ne pouvais pas accepter la première option. Mais, insensiblement, la deuxième option a révélé ses propres dangers : laisser croire que l’Eglise se résume à cette crise ; faire planer sur tous les prêtres un opprobre général ; et, de façon générale, amalgamer bien des choses qui n’ont rien à voir (un signalement n’est pas une preuve de culpabilité, une gouvernance « musclée » n’est pas un viol, etc.). Ainsi tel prêtre, pourtant blanchi par la justice pénale française, se voit-il systématiquement affublé d’une accusation infamante. Ainsi tel autre, objet d’un signalement au Tribunal Pénal Canonique National (dont nous ignorons tout à ce stade), se voit-il immédiatement soupçonné d’être un violeur d’enfants. Il est facile de « signaler » que tel curé n’écoute pas assez tel membre de son conseil pastoral mais ce « signalement » (pour un comportement qui, notons-le, peut être parfaitement justifié), jeté en pâture aux médias, deviendra rapidement une présomption de culpabilité pour des turpitudes innommables.

Et cela ne s’arrête pas aux personnes (ce qui suffirait largement à justifier ma décision d’arrêter tout) mais cela a aussi des conséquences sur la structure même de l’Eglise. Si c’est un abus d’interdire à un jeune religieux de communiquer avec sa famille pendant certaines périodes, faudra-t-il interdire tous les monastères bénédictins ? Bien sûr qu’il est très facile d’utiliser de façon perverse les pouvoirs d’un supérieur religieux ; bien sûr que les conseils évangéliques de pauvreté, chasteté et obéissance, lorsqu’ils ne sont pas librement consentis, sont inhumains – et seraient sectaires s’ils étaient imposés. Mais la vie religieuse est le cœur battant de l’Eglise militante : si nous jetons la suspicion sur toute obéissance, toute chasteté, toute pauvreté, nous détruisons ce cœur.

Je réfléchis en ce moment à ce que nous pourrions faire dans l’avenir pour maintenir ce refus de la langue de buis et de l’ecclésiastiquement correct, sans pour autant tomber dans l’ornière d’une sorte de « Médiapart de droite », traquant toutes les déviances réelles ou supposées au nom d’une impossible transparence – et finalement au service d’un pharisaïsme dont le Christ nous a averti des méfaits. Ceux que cela intéresse peuvent laisser leur courriel ci-dessous pour être tenus au courant de cette éventuelle relance sur des bases assainies.

En attendant, je vous invite bien volontiers à prier pour les victimes et pour les prêtres jetés injustement en pâture à l’opinion publique. Notre prière fera sans doute moins de bruit mais plus de bien que tout article, aussi bien intentionné soit-il!

Guillaume de Thieulloy





Le délit d’entrave à l’aide à mourir : une mesure incohérente et liberticide

Analyse de l’ECLJ :

La proposition de loi relative à l’aide à mourir (AAM) a été adoptée en seconde lecture par l’Assemblée nationale le 25 février 2026. Parmi ses dispositions les plus contestées figure celle portant création d’un « délit d’entrave » au suicide assisté et à l’euthanasie (article 17). Ce délit a été introduit par un amendement de députés de La France Insoumise (LFI-NFP) en mai 2024 au projet de loi antérieur relatif à l’accompagnement des malades et de la fin de vie. Aucun autre pays ayant légalisé l’euthanasie ou le suicide assisté n’a assorti sa législation d’une telle mesure pénale, ce qui fait du texte français le plus répressif au monde en la matière.

Grégor Puppinck, Docteur en droit, Directeur de l’ECLJ, avec la collaboration de Constance Avenel.

Dispositions pénales

Article 17

Le chapitre V du titre Ier du livre Ier de la première partie du code de la santé publique est complété par des articles L. 1115-4 et L. 1115-5 ainsi rédigés :

« Art. L. 1115-4. – I. – Est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende le fait d’empêcher ou de tenter d’empêcher de pratiquer ou de s’informer sur l’aide à mourir par tout moyen, y compris par voie électronique ou en ligne, notamment par la diffusion ou la transmission d’allégations ou d’indications de nature à induire intentionnellement en erreur, dans un but dissuasif, sur les caractéristiques ou les conséquences médicales de l’aide à mourir :

« 1° Soit en perturbant l’accès aux établissements où est pratiquée l’aide à mourir ou à tout lieu où elle peut régulièrement être pratiquée, en entravant la libre circulation des personnes à l’intérieur de ces lieux ou les conditions de travail du personnel médical et non médical ou en perturbant le lieu choisi par une personne pour l’administration de la substance létale ;

« 2° Soit en exerçant des pressions morales ou psychologiques, en formulant des menaces ou en se livrant à tout acte d’intimidation à l’encontre des personnes cherchant à s’informer sur l’aide à mourir, du personnel participant à la mise en œuvre de l’aide à mourir, des patients souhaitant recourir à l’aide à mourir ou de l’entourage de ces derniers ou des professionnels de santé volontaires mentionnés au III de l’article L. 1111-12-12 et enregistrés sur le registre de la commission mentionné au 3° du I de l’article L. 1111-12-13.

« II. – Toute association régulièrement déclarée depuis au moins cinq ans à la date des faits dont l’objet statutaire comporte la défense des droits des personnes à accéder à l’aide à mourir peut exercer les droits reconnus à la partie civile en ce qui concerne les infractions prévues au I du présent article lorsque les faits ont été commis en vue d’empêcher ou de tenter d’empêcher l’aide à mourir ou les actes préalables prévus à la section 2 bis du chapitre Ier du présent titre.

« Art. L. 1115-5 (nouveau). – Le fait d’exercer des pressions sur une personne afin qu’elle ait recours à l’aide à mourir est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.

« La mise à disposition ou la fourniture d’informations sur les modalités d’exercice du droit à l’aide à mourir ne constitue pas une infraction. »

 

Cette disposition pose une série de problèmes majeurs, pouvant être répartis en trois parties. La première vise l’intention du législateur d’instaurer un délit extrêmement large assorti d’un appareil répressif favorisant le harcèlement judiciaire, le tout produisant un texte confus, ce qui rendra son application hasardeuse. La deuxième partie expose les incohérences juridiques du délit d’entrave. Ce délit est en effet redondant et incohérent avec des dispositions du droit pénal existant telles que la provocation au suicide et l’abus de faiblesse. Il contredit en outre l’obligation pénale de porter assistance aux personnes en péril grave et imminent, ainsi que le devoir déontologique des professions médicales de porter secours.

La troisième partie identifie les atteintes portées par ce délit à six droits et libertés garantis, à savoir le droit au respect de la vie privée et familiale, la liberté d’expression, la liberté des établissements, en particulier confessionnels, la liberté de conscience des pharmaciens, la liberté de religion des aumôniers et ministres du culte, et l’inviolabilité du domicile.

L’ensemble de cette analyse démontre que le délit d’entrave à l’AAM constitue une forme de droit pénal d’exception visant à forcer la société à accepter la pratique de l’euthanasie et du suicide assisté. Ce délit verrouille une procédure d’AAM conçue pour empêcher toute intervention des tiers susceptible de faire obstacle au projet de mort. Il complète le choix de priver les proches du droit d’être informés de la demande d’AAM de leur parent et du droit de recours administratif contre la décision du médecin.

I. UNE REDACTION CONFUSE, EXTENSIVE ET FAVORISANT LE HARCELEMENT JUDICIAIRE

1. La rédaction inintelligible du délit d’entrave

La rédaction de cette infraction, calquée sur le délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), est très confuse, ce qui rendra son application hasardeuse, en violation de l’objectif de valeur constitutionnelle d’intelligibilité de la loi, qui exige que la loi pénale soit claire, précise et prévisible afin que chacun puisse connaître à l’avance la portée des interdictions pénales.

Ce texte est le résultat d’un bricolage législatif et d’une transposition des dispositions pénales du délit d’entrave à l’IVG (art. L2223 du code de la santé publique) au cas du suicide assisté et de l’euthanasie. La peine encourue est identique et les éléments constitutifs sont formulés en termes similaires.

La définition du délit d’entrave n’est pas intelligible. En effet, le texte définit le délit d’entrave de façon très large, comme pouvant être commis « par tout moyen », puis il précise qu’il peut être commis « y compris par voie électronique », puis il précise encore que ce délit peut être commis par des entraves de nature soit physique soit psychologique. L’alternative formée par « soit… soit…» exclut que le délit puisse être commis par tout autre moyen ; cela devrait exclure aussi qu’il puisse être commis par voie électronique, sauf à rattacher l’entrave numérique à l’entrave morale ou psychologique.

2. Un champ d’application extensif

Ce délit peut être commis par tout moyen, en tout lieu, à tout moment, y compris sur l’entourage. Il punit aussi la tentative.

Le délit d’entrave à « l’aide à mourir » peut être commis « en tout lieu où elle [l’aide à mourir] peut être régulièrement pratiquée », selon la proposition de loi. Cela signifie qu’une personne peut être poursuivie pour un délit d’entrave commis « à la maison » sur un proche, par exemple à l’occasion d’une conversation ou en empêchant l’entrée de son domicile à une personne venant y pratiquer l’euthanasie sur un proche.

Le délit d’entrave peut aussi être commis à tout moment, car la proposition de loi ne précise pas quand il peut être commis.

Le délit d’entrave peut aussi être opéré « par tout moyen », ce qui contribue à élargir encore davantage le champ d’application de cette disposition. Nous avons vu que l’étendue de cette notion est incertaine. La notion de « pressions morales et psychologiques » constitutives du délit, n’est pas définie de façon précise et autonome en droit. Elle peut donc être employée pour poursuivre toute forme de communication ou de message susceptibles d’être interprété comme ayant pour objet de dissuader une personne de mourir[1].

Le délit d’entrave peut aussi être commis sur « l’entourage » des personnes souhaitant mourir et des professionnels de santé concernés. Il s’agit de neutraliser totalement l’environnement de la personne souhaitant mourir contre tout message susceptible d’influencer la décision finale. Notons que la notion d’entourage est elle aussi extensive, et n’est pas définie en droit pénal.

Le texte prévoit d’incriminer aussi la tentative d’entrave. La tentative est systématiquement punie en matière criminelle, mais non en matière délictuelle. C’est donc un choix du législateur que d’étendre le plus possible le champ de cette incrimination.

Mais qu’est-ce que la tentative d’entrave morale par exemple ? Et quid si cette tentative parvient à son but, à savoir dissuader la personne de mourir ? Faudrait-il vérifier si ce résultat a été obtenu au moyen de pressions ou de menaces ? Tout renoncement à la mort deviendra suspect de la part d’une personne ayant fait une demande d’AAM, surtout si ce renoncement intervient après une discussion avec un tiers. Le risque sera d’autant plus grand pendant la période de réflexion précédant la mort (d’une durée minimale de 48h). Qui osera parler à cette personne pour tenter de la retenir ?

La mauvaise rédaction et l’étendue extensive du champ d’application du délit d’entrave sont contraires aux principes d’intelligibilité de la loi et de légalité des peines qui exigent que le législateur définisse le champ d’application des incriminations de manière suffisamment claire et précise. Le caractère extensif de ce délit d’entrave le rapproche d’un délit d’opinion. Il implique l’idée que l’opposition à l’euthanasie et au suicide assisté est en soi contraire au droit individuel à l’aide à mourir. Dès lors, cette opinion sera perçue comme liberticide et deviendra répréhensible socialement, à l’instar de l’opposition à l’IVG.

3. Un dispositif répressif favorisant le harcèlement judiciaire

Afin de donner le maximum d’effectivité au délit d’entrave, la proposition de loi confère aux associations militantes de l’euthanasie les droits reconnus à la partie civile pour initier des poursuites pénales contre toute personne ou institution qu’elles estiment coupables d’entrave à l’AAM. Au motif de défendre la liberté d’accès à l’AAM, cette disposition confère une véritable arme judiciaire à ces associations en leur permettant de dénoncer et de poursuivre les personnes opposées à la mort d’un patient, d’un proche ou d’un résident.

La principale association militante bénéficiaire de ce droit est l’ADMD[2]. Celle-ci est titulaire depuis le 11 août 2006 de l’agrément du ministère de la Santé pour représenter les usagers dans tous les hôpitaux, ce qui lui permet d’y relayer ses idées[3] et d’y « veiller au respect et à la promotion des droits des usagers ». L’ADMD se déclare « forte (…) de plus de 200 mandats de représentation des usagers (chiffre en constante augmentation) » et affirme se tenir prête à faire appliquer la loi, avec ses médecins et avocats militants[4]. Des militants de l’ADMD déclarent ainsi vouloir « Poursuivre en justice les médecins et établissements qui refusent d’appliquer la loi » (Journal de l’ADMD n° 152, juin 2021). Après avoir demandé et obtenu l’adoption de l’AAM, l’ADMD participerait à sa mise en œuvre, tant en « fournissant » des médecins et infirmiers, qu’en dénonçant ses opposants.

Cette crainte des poursuites judiciaires va générer un « climat de censure et de répression contraire aux principes fondamentaux de la démocratie et de la liberté d’expression »[5].

II. LES INCOHERENCES DU DELIT D’ENTRAVE

4. Des dispositions inutiles et redondantes

Le droit pénal existant punit déjà les comportements délictueux relatifs à l’entrave, sans qu’il soit nécessaire de créer un nouveau délit spécial plus sévère, plus étendu et moins précis.

En effet, le droit pénal « ordinaire » punit déjà l’abus de faiblesses, le harcèlement moral, les menaces, les violences physiques ou psychologiques. De même, concernant l’entrave physique à la réalisation de l’AAM, l’article l’431-1 du code pénal punit déjà « le fait d’entraver, d’une manière concertée et à l’aide de menaces, l’exercice de la liberté (…) du travail », et prévoit une peine d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Concernant l’incitation au suicide, elle est aussi déjà punie à article 223-13 du code pénal qui prohibe la provocation au suicide. La coexistence du délit spécial d’entrave à l’AMM et du droit pénal ordinaire cause des incohérences juridiques.

5. L’incohérence de la peine sanctionnant le délit d’incitation à l’AAM

L’Assemblée nationale a créé un délit d’incitation à l’AAM, pour faire pendant au délit d’entrave. Mais il est incohérent à triple titre.

L’entrave à l’AMM est deux fois plus grave que l’incitation à l’AAM

Le délit d’incitation à l’AAM punit d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende « le fait d’exercer des pressions sur une personne afin qu’elle ait recours à l’aide à mourir ». Cette peine est deux fois inférieure à celle appliquée au délit d’entrave. En droit pénal, l’importance d’une sanction reflète celle de la valeur qu’elle protège. La différence de peine entre délit d’entrave et délit d’incitation indique que, pour le législateur, la protection de la vie humaine a deux fois moins de valeur que celle de la volonté de mourir. Cela est contraire au principe de proportionnalité des peines garanti par le Conseil constitutionnel.

L’incitation à l’AAM est incohérente avec le délit de provocation au suicide

L’incitation ou provocation au suicide est déjà condamnée en droit français (article 223-13 du Code pénal). Elle est punie de trois ans d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende. La peine d’incitation à l’AAM lui est donc trois fois inférieure. Or, quelle est la différence entre ces deux délits ? Dans les deux cas, l’intention de la personne incitant à la mort et le procédé employé à cette fin sont identiques. Seul le moyen de la mort diffère très légèrement ; mais ce moyen est indifférent au regard de la commission du délit. La provocation au suicide existe quel que soit le moyen employé pour le suicide. Des députés ont proposé d’aligner la peine du délit d’entrave à l’AAM sur celle de la provocation au suicide, mais cet amendement a été refusé[6]. Cette différence entre les peines est elle aussi contraire au principe constitutionnel de proportionnalité des peines.

L’incitation à l’AAM est incohérente avec le délit d’abus de faiblesse

L’incitation à l’AAM pourrait aussi être constitutive d’un abus de faiblesse qui consiste en l’abus frauduleux de la situation de faiblesse d’une personne particulièrement vulnérable en raison notamment de son âge ou état de santé, pour la conduire « à un acte ou à une abstention qui lui sont gravement préjudiciables ». Ce délit est puni de trois ans d’emprisonnement et de 375 000 euros (art. 223-15-2 du code pénal), contre un an et 15 000 euros d’amende pour l’incitation à l’AAM. Ici encore, l’incohérence est manifeste.

Notons en outre que la rédaction du délit d’incitation à l’AAM est sommaire, par rapport au délit d’entrave. En particulier, il ne prévoit pas de délit d’incitation numérique.

6. Une contradiction avec l’obligation de porter assistance aux personnes en péril grave et imminent

L’article 223-6 du Code pénal punit de 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende quiconque s’est abstenu volontairement de porter assistance à une personne en péril grave et imminent, lorsqu’il pouvait le faire sans risque. Cette obligation d’assistance s’applique notamment aux situations de tentatives de suicide. Dès lors, comment peuvent coexister deux obligations contradictoires imposant à la fois de porter assistance et de s’abstenir de le faire face à une même personne désirant mourir. Il suffit donc qu’une personne indique avoir l’intention de mourir par suicide assisté ou par euthanasie pour délier les tiers du devoir de lui porter assistance. L’existence du devoir pénal d’assistance dépend donc de la modalité du suicide, laquelle n’est pas nécessairement connue des tiers. Plus encore, si la personne veut mourir par suicide assisté, alors l’assistance est interdite, tandis que si elle veut mourir par suicide non assisté, alors l’assistance est obligatoire. Le devoir ou l’interdiction de porter assistance dépend donc de l’intention du suicidaire quant aux modalités de sa mort.

7. Une contradiction avec le devoir déontologique des professions médicales

Un médecin a l’obligation de porter secours à tout « malade ou blessé en péril » et de s’assurer qu’il reçoit les soins nécessaires (art. R.4127-9 du code de la santé publique). Par conséquent, tout médecin informé d’un risque suicidaire grave et immédiat a l’obligation déontologique d’intervenir, et il commet une faute disciplinaire en ne le faisant pas. Or, il suffirait à un patient d’affirmer vouloir exercer son droit à l’AAM pour empêcher le médecin de lui porter assistance, même lorsque le désir de mort est un symptôme de la maladie. Le même problème se pose en particulier pour les psychiatres et psychologues qui traitent souvent des personnes ayant des désirs de mort, et dont la mission consiste précisément à les en soigner[7].

Cette situation place en outre les soignants dans une situation d’insécurité juridique, car il peut leur être facilement reproché de tenter, par leurs soins et paroles, de dissuader le patient de mourir. Cela a fait dire au député Charles Sitzenstuhl (EPR) que le délit d’entrave « va faire peser une chape de plomb sur les soignants ». Un amendement visant à exclure les soignants du champ d’application du délit d’entrave a été rejeté[8], ainsi que les amendements visant spécifiquement les professionnels de la santé mentale[9].

III. CE DELIT D’ENTRAVE VIOLE DES LIBERTES FONDAMENTALES

Au-delà de l’obligation pénale de porter assistance aux personnes en péril grave et imminent, il existe un devoir moral pour les proches, et déontologique pour les professions médicales, de porter assistance à une personne en souffrance envisageant de demander la mort. Or, le fait de porter ainsi assistance à un proche ou à un patient, pour le dissuader de demander la mort, peut tomber sous le coup du délit d’entrave. Ce risque est accru par l’étendue du champ d’application du délit et par le droit conféré par la loi à des associations militantes d’initier les poursuites judiciaires.

8. La violation du droit au respect de la vie privée et familiale

Le délit d’entrave fait ainsi peser un risque pénal sur toute personne souhaitant porter secours à un proche envisageant de demander la mort. Plusieurs députés ont soulevé ce risque, évoquant le besoin de la personne malade, au seuil de la mort, de se sentir rassurée et aimée. Il serait terrible de ne pas pouvoir dire à une personne en souffrance que l’on ne souhaite pas sa mort. Le dire pourrait être qualifié de « pressions morales ou psychologiques », car ces pressions ne sont pas définies de façon stricte et autonome en droit, et peuvent consister en tout message susceptibles d’être interprété comme ayant pour objet de dissuader une personne de mourir[10]. Ainsi par exemple, en matière d’entrave à l’IVG, une personne a été condamnée pour avoir offert des chaussons de bébé à une femme venue se renseigner sur l’IVG[11]. Comme le souligne la sénatrice et rapporteur, Agnès Canayer, devant la commission des lois le 6 janvier 2026 : la « qualification juridique d’un tel élément matériel qui apparaît malaisée, tant la distinction entre la demande, la supplique, le chantage affectif et la pression morale et psychologique est incertaine ». Sur une question aussi sensible, toute discussion avec une personne envisageant de demander la mort comporte nécessairement une grande charge émotionnelle et une dimension morale. Comment avoir une telle discussion sans être exposé à un risque de poursuite ?

La faculté pour les proches d’accomplir ce devoir moral relève du champ de la vie privée et familiale, et est donc garantie à ce titre. L’application du délit d’entrave aux relations entre proches constitue une ingérence illégitime et excessive dans la vie privée et familiale.

La Cour européenne des droits de l’homme a déjà reconnu l’intérêt légitime des proches à contester les décisions relatives à la fin de vie, au regard du droit au respect de la vie privée et familiale dans son arrêt Koch c. Allemagne du 19 juillet 2012[12]. Elle reconnaît donc aux proches une place légitime dans le processus de fin de vie de la personne concernée. Or, c’est cette place légitime et nécessaire que le délit d’entrave criminalise.

L’interdiction faite aux proches de tenter de dissuader une personne de choisir la mort est doublée par celle qui leur est faite de contester en justice la décision du médecin d’autoriser la mort de leur proche.

9. La violation de la liberté d’expression

Le délit d’entrave viole aussi la liberté d’expression en faisant peser une menace de poursuites judiciaires pour toute action ou conversation visant à dissuader une personne de mourir. Le délit d’entrave ne vise pas seulement les entraves physiques à l’exercice de l’AAM, mais aussi les entraves informationnelles, y compris électroniques, constituées par la « transmission d’allégations ou d’indications » ou l’exercice de « pressions morales ou psychologiques ». Toutes ces notions sont dépourvues de définition précise, ce qui cause une situation d’insécurité juridique quant à ce qu’il est permis de dire, quand, où, à qui, par qui, etc.

On voit mal comment la simple consultation d’informations sur un site internet empêcherait de pratiquer une AAM ou de s’informer. Cette infraction vague se prête aux interprétations les plus extensives, en violation du principe constitutionnel de l’interprétation stricte de la loi pénale, en vertu duquel le législateur doit définir les infractions en termes suffisamment clairs et précis pour exclure l’arbitraire.

Cette insécurité juridique affecte non seulement les personnes susceptibles d’entrer directement en relation avec une personne envisageant de mourir, mais aussi toute personne s’exprimant « en ligne », au titre du délit d’entrave numérique. La création de ce délit visait initialement à poursuivre les sites internet établissant des relations téléphoniques ou numériques avec des femmes enceintes en détresse dans le but de leur apporter une aide afin de prévenir le recours à l’avortement. Or, cette action est similaire à celle menée par les diverses associations de prévention du suicide, dont l’objet est précisément de dissuader de recourir au suicide. Ce nouveau délit va donc faire peser sur ces association une forte insécurité juridique : la légalité de leur action de prévention du suicide dépendra des modalités de ce suicide. Si une personne est tentée par le suicide assisté ou l’euthanasie, vouloir l’en dissuader deviendrait risqué pénalement. Un amendement visant à exclure ces associations du champ d’application du délit d’entrave a également été rejeté[13].

Le Conseil constitutionnel a déjà observé le risque d’atteinte à la liberté d’expression causée par le délit d’entrave numérique dans sa décision du 16 mars 2017[14] relative à l’IVG, et a formulé deux réserves d’interprétation pour restreindre son champ d’application. Or, le législateur a ignoré ces réserves dans la rédaction relative à l’AAM.

La liberté d’expression est aussi garantie à l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme, y compris sur les sujets éthiques. Le fait que le sujet soit sensible n’est donc pas un motif légitime pour réduire la liberté d’expression. Au contraire, la Cour européenne des droits de l’homme est convaincue que « [l]a liberté d’expression vaut non seulement pour les ‟informations” ou ‟idées” accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent : ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l’esprit d’ouverture sans lesquels il n’est pas de ‟société démocratique” »[15]. Plus encore, selon la CEDH, la liberté d’expression suppose « le recours possible à une certaine dose d’exagération, voire de provocation »[16]. Cela s’applique concernant des sujets moraux controversés[17]. La CEDH a ainsi jugé qu’une campagne radicale contre l’avortement « contribu[e] à un débat d’intérêt public hautement controversé » et a souligné qu’« il ne peut y avoir aucun doute quant à la forte sensibilité des problèmes moraux et éthiques soulevés par la question de l’avortement ou concernant l’importance de l’intérêt public en jeu »[18]. En tant que sujet d’intérêt public, l’opposition à l’avortement bénéfice d’une très grande protection[19], équivalente à celle accordée au discours politique[20]. Ceci est applicable par analogie au discours relatif à l’AAM.

10. La violation de la liberté des établissements, en particulier confessionnels

L’article 14 de la proposition de loi fait obligation aux directeurs d’établissements de santé et médico-sociaux d’accueillir la pratique de l’AAM au sein de leurs établissements. Seront concernés tous les établissements publics et privés, qu’ils soient financés ou non par des fonds publics, y compris les établissements confessionnels.

Si un tel directeur d’établissement refuse l’entrée à une équipe extérieure venant y pratiquer une AAM sur l’un de ses résidents ou patients, celui-là se rendrait coupable d’entrave physique. Dès lors, tout établissement opposé par principe à l’euthanasie et au suicide assisté, et donc fondé sur une éthique du respect de la vie, serait placé en situation d’illégalité. Ces établissements pourraient en outre se trouver en difficulté avec les Autorités Régionales de Santé (ARS).

Or, la liberté éthique des établissements est une composante de la liberté de conscience et de religion. Les libertés d’association et de religion garantissent en effet, à toute organisation fondée sur une éthique, à fortiori une institution religieuse, la liberté de fonctionner dans le respect des règles religieuses et de ses convictions. La Cour européenne des droits de l’homme a désigné cette liberté institutionnelle au moyen du concept de « principe d’autonomie », réaffirmé à de nombreuses reprise[21]. L’ancienne Commission européenne des droits de l’homme a reconnu par exemple qu’un hôpital catholique[22] est une institution bénéficiant de cette liberté institutionnelle garantie par le « principe d’autonomie ». De même, la Cour de Justice de l’Union européenne a aussi reconnu à un hôpital catholique[23] la qualité « d’entreprise de tendance », bénéficiant à ce titre d’un statut spécial reflété notamment à l’article 4 de la directive 2000/78/CE[24]. En France, la Cour de cassation a reconnu « le principe d’autonomie des communautés religieuses, découlant de l’article 9 de la Convention » dans son arrêt en assemblée plénière, du 4 avril 2025.

11. La violation de la liberté de conscience des pharmaciens

Selon l’article 8 de la proposition de loi, tout pharmacien aura l’obligation de réaliser et de délivrer le poison, en violation du principe selon lequel « le pharmacien exerce sa mission dans le respect de la vie et de la personne humaine » (Art. R42-35-2 du Code de la santé publique). La France serait le seul pays à ne pas respecter la liberté de conscience des pharmaciens, parmi ceux ayant légalisé l’euthanasie ou le suicide assisté,

Le refus de délivrer le poison expose le pharmacien à des poursuites professionnelles et disciplinaires, mais il pourra aussi l’exposer à des poursuites pénales au titre du délit d’entrave si ce refus est perçu comme exprimant une pression morale ou psychologique à l’encontre du personnel participant à la mise en œuvre de l’AAM lui ayant demandé la délivrance du poison.

12. La violation de la mission des aumôniers et ministres du culte

L’article R1112-46 du code de la santé publique prévoit que « [l]es hospitalisés doivent être mis en mesure de participer à l’exercice de leur culte. Ils reçoivent, sur demande de leur part adressée à l’administration de l’établissement, la visite du ministre du culte de leur choix. » Il est fréquent qu’à l’approche de la mort, des personnes demandent à rencontrer un ministre du culte. Or, le suicide et l’euthanasie étant proscrits par les religions juive, chrétienne et musulmane, un ministre du culte ne peut donc que tenter de dissuader son fidèle d’y recourir. Il pourra lui être reproché de formuler des menaces quant à son salut, et d’exercer une pression religieuse, donc morale, sur la personne. Les amendements visant à exclure les ministres des cultes du champ d’application du délit d’entrave ont tous été rejetés[25]. L’ancienne ministre de la Santé, Catherine Vautrin, qui a porté le projet de loi à l’origine, tente de rassurer en assurant que « le colloque singulier avec un représentant du culte ne constitue pas un délit d’entrave car il s’agirait d’« échanges personnels »[26] », mais ces propos n’engagent qu’elle.

13. La violation de l’inviolabilité du domicile

Le délit d’entrave physique punit quiconque interdirait l’entrée de son domicile à un médecin ou à un infirmier s’y présentant pour y réaliser une AAM sur une personne résidant dans ce même domicile, par exemple un époux ou un parent. Il en est de même d’un responsable d’établissement qui en refuserait l’entrée à ces personnes pour empêcher qu’une AAM soit réalisée dans ses locaux.

Or, le principe de l’inviolabilité du domicile a valeur constitutionnelle et protège toute personne contre les intrusions non autorisées dans son domicile. Il garantit donc à chacun le droit de refuser de laisser entrer des tiers, notamment un médecin ou une infirmière, à son domicile ou dans son établissement. Le législateur n’a manifestement pas envisagé cette hypothèse.

Conclusion : le délit d’entrave est une incrimination liberticide et contre-productive

Le projet de délit d’entrave spécifique à l’AAM et mal rédigé, il a un champ d’application très étendu, se révèle incohérent juridiquement avec le droit pénal existant et porte gravement atteinte à des droits et libertés fondamentaux de valeur constitutionnelle.

S’il est adopté, son effet principal ne sera pas de « protéger » la personne suicidaire des pressions extérieures, mais d’accroître son isolement. Or, les personnes souffrantes ont déjà naturellement tendance à s’isoler et à se refermer sur elles-mêmes. La meilleure façon de les aider est à l’inverse de rompre cet isolement pour les sortir du désespoir. Mais une telle démarche pourra être perçue comme une pression et une tentative d’entrave.

Au-delà, ce délit tend à imposer l’acceptation culturelle de l’euthanasie et du suicide assisté au sein de la société, notamment au sein de tous les établissements où il peut être pratiqué. Quant aux établissements confessionnels, ce délit les contraints à se renier moralement ou à disparaître, ce qui revient au même.

Ainsi, ce délit d’entrave est une incrimination liberticide et contre-productive.

L’Église est-elle « contre » l’épanouissement sexuel féminin, en favorisant des unions lorsque l’épouse est la moins disposée ?

De Gabrielle Vialla pour Le Salon beige :

Connue des lecteurs pour plusieurs ouvrages et articles, j’ai été récemment frappée par la recrudescence de questions qui m’ont été faites, tant de laïcs que de prêtres, autour de cette objection. Elle fait notamment écho à certains propos lus sur ce blog à propos du divorce dans les milieux traditionnels. On y a lu que les méthodes naturelles permettraient des unions à des moments où l’épouse est la moins disposée, avec à la clé une possible souffrance physique et un stress lié à une éventuelle grossesse.

Tout d’abord, rappelons qu’une union conjugale ne devrait jamais être douloureuse, ni pour la femme ni pour l’homme. Si une douleur existe, il est nécessaire d’en rechercher la cause (médicale, psychologique, relationnelle) et d’y remédier. Cela relève d’un devoir élémentaire de charité envers soi-même et envers le conjoint.

En ce qui concerne la femme, quelle que soit la période du cycle, l’union doit être préparée avec délicatesse. Elle ne doit jamais être douloureuse, mais vécue de manière positive (sans verser dans l’injonctif culpabilisant). L’Église n’a jamais valorisé le dolorisme ni justifié la violence dans les relations conjugales.

Ensuite, comme tout apprentissage humain, la vie conjugale demande une éducation. Il existe des ouvrages, des personnes à consulter et des pasteurs capables d’accompagner.

Par ailleurs, une certaine vision légaliste réduit parfois l’enseignement à l’interdiction de la contraception et de l’avortement, et à la notion de « refus du droit du conjoint » ou de « devoir conjugal ». C’est une réduction grave. On invoque alors saint Paul en oubliant l’équilibre de son enseignement : l’amour de l’époux à l’image du Christ, la réciprocité et le don mutuel.

Tous les états de vie sont appelés à la chasteté. Celle du mariage n’est pas une chasteté au rabais : elle implique aussi un combat spirituel.

Dans la vie conjugale, les époux sont appelés à examiner leur conscience, à demander et à accorder le pardon. Cela commence par la charité et le respect mutuel, notamment dans la reconnaissance des différences entre l’homme et la femme. Il est frappant de constater que, dans des milieux religieux où, avec raison, on rejette la théorie du genre sur le plan politique et éducatif, ces différences entre hommes et femmes, notamment dans le désir, la frustration et le rapport au temps, peuvent être quelquefois niées.

À l’époque d’une hégémonie de la mentalité contraceptive et pornographique, bien dangereux sont ceux qui enseignent un prétendu droit sur le conjoint mais négligent de rappeler l’amour oblatif, la maîtrise de soi, l’ascèse et l’attention réciproque.

Avec Humanae vitae, l’Église a parlé de continence périodique, ce qui correspond à la réalité de la vie conjugale, qui n’a jamais été, selon les mots d’un abbé, un « open bar ». L’Église rappelle les époux à la responsabilité conjointe face à la vie. Elle les enjoint à la générosité et à la prudence. L’un n’exclut pas l’autre. De même, il ne peut y avoir d’opposition entre « épanouissement féminin » et « épanouissement masculin », ni entre « épanouissement des époux » et « ouverture à la vie ».

L’enseignement de l’Église a connu un développement doctrinal équilibré qui veut le bonheur de ses enfants. Il reste, en pratique, grandement méconnu ou caricaturé. N’agissons pas comme des enfants ingrats qui, malgré la flûte, n’ont pas voulu danser (Matthieu 11, 16).

Gabrielle Vialla auteur de La chasteté, Recevoir le féminin, et tout récemment Prier avec le cycle féminin

Du bricolage paisible et liturgique à Solesmes ?

Du bricolage paisible et liturgique à Solesmes ?

Le 20 mars 2026, un article du Salon Beige diffuse une lettre au pape de Dom Geoffroy Kemlin, père abbé de Solesmes, datée du 25 novembre 2025, en la qualifiant de « bricolage liturgique ». Ne sachant si cette lettre est authentique et le cas échéant si on a le droit de la diffuser, j’aborderai uniquement les idées évoquées. Cette lettre de Dom Kemlin informerait donc le pape de travaux d’une commission de leur congrégation (de France) sur des solutions pour la paix liturgique, entre novus et vetus ordo. Cette commission intégrerait désormais des augustiniens. Cette lettre fait part de tensions qu’il y aurait eu à une époque sur ce sujet entre les divers monastères de la congrégation, maintenant bien apaisées par compréhension mutuelle ; elle constate qu’il n’est pas possible d’éradiquer le vetus ordo, les fidèles y étant très attachés pour des motifs profonds et non identitaires, et propose donc d’inclure dans le missel romain le vetus ordo pour permettre à chaque prêtre de choisir librement sa célébration, quitte à concélébrer en français la messe de St Pie V (cas extrême ! ). Néanmoins, le nouveau lectionnaire serait obligatoire, ce qui peut interpeller.

Si la solution n’est pas forcément parfaite, elle est intéressante et tout bon bricoleur sait que parfois seul un bon bricolage peut sauver une situation qui semble sans solution raisonnable à moyen terme.

L’article précité du Salon Beige semble dénigrer cette proposition (« irréaliste, mauvaise action ») pour deux raisons :
– tout d’abord, le nouveau lectionnaire (devenant obligatoire) étant bien plus riche que l’ancien, il  tendrait à « confondre liturgie et lectio divina ». Pour mémoire, le nouveau lectionnaire comprend 3 lectures pour les dimanches et fêtes sur un cycle « années A-B-C », 2 lectures pour un temporal absolument complet (mardi de la Xème semaine ordinaire par exemple…) sur un cycle « années paire-impaire », et sanctoral (St Padre Pio le 23 septembre) plus complet que l’ancien.

Il me semble qu’il est difficile d’arguer que la richesse du lectionnaire va nuire à la méditation biblique, sachant qu’il n’y a sans doute qu’un très très faible pourcentage des laïcs adeptes de la lectio divina. La seule source de connaissance de la bible de la grand majorité reste l’écoute (en français) des lectures à la messe. L’argument serait aussi étrange que de dire que le silence à la messe tendrait à confondre liturgie et oraison.

Pour ma part, je suis fatigué d’entendre 10 fois par été lors des mariages l’épître de St Paul (éphésiens ch 5) mal tronçonné qui commence par « que les femmes soient soumises à leurs maris » alors que le verset précédent ordonne « Soyez soumis les uns aux autres dans la crainte du Christ ». Un peu de nouveau lectionnaire peut faire du bien.

– ensuite l’auteur évoque « l’affaiblissement des oraisons modernes ». C’est méconnaître les progrès en la matière, puisque le missel Laudate de la communauté Saint Martin, rajoute les anciennes antiennes déjà autorisées, pour chanter si l’on veut tout le grégorien, et donc bénéficier de prières qui seraient meilleures que les oraisons nouvelles [l’auteur de cette tribune semble confondre le propre de la messe (introït…) et les oraisons (collecte, secrète, post-communion. NDMJ]. L’auteur rappelle aussi l’absence d’offertoire, sans savoir que le pape François (tout en corrigeant les deux hérésies du Pater et du Credo) a ajouté les deux oraisons « Orate fratres » et « Suscipiat » à la prière « In spiritu humilitatis » (présente aussi bien à la messe de St Pie V que dans le nouvel ordo de 69. La notion de sacrifice y est donc maintenant bien explicitée dans l’offertoire, qui reste, je le concède, un peu court. [Le pape n’a rien ajouté, c’est la traduction défaillante qui a été revue et corrigée. NDMJ]

Pour s’opposer à cette idée de missel romain unique dans lequel on piocherait un peu ce qu’on veut, il faut donc trouver d’autres arguments. Le seul vrai problème pratique que j’entrevois serait le remplacement de nos missels, et leurs tailles ! En effet, ceux qui se sont intéressés au problème en compulsant le missel Laudate voient mal un nouveau « 800 » avec les partitions et le nouveau lectionnaire en latin et en français. Certains pourraient penser à un complot bénédictin, avec la congrégation de France inspirant un nouveau missel, et l’abbaye du Barroux devenue experte en la matière, publiant ce nouveau missel avec des dividendes juteux. Il me semble qu’il y a des complots plus crédibles.

On peut rétorquer que cela accentuera le bazar. Sans doute un peu, mais c’est peut être le prix à payer d’une paix liturgique, et avouons que certains de nos prêtres bricolent aussi en particulier dans des triduum d’avant la réforme de Pie XII, mais amputés par ci par là car trop longs… Le bricolage, ça marche, très longtemps parfois, c’est l’art de rechercher des solutions, mais comme disaient les shadoks, « chaque problème a une solution, et s’il n’y a pas de solution c’est qu’il n’y a pas de problème ».

Général (2S) Antoine PINOTEAU
bricolage et réparation de tracteurs à domicile

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

« Le socialisme, le communisme et la gauche démontrent qu’ils détruisent les sociétés »

Le Costa Rica a ordonné la fermeture de son ambassade à Cuba pour protester contre le gouvernement marxiste de ce pays insulaire.

« Nous devons débarrasser l’hémisphère des communistes », a déclaré la semaine dernière le président sortant Rodrigo Chaves.

La présidente élue Laura Fernández Delgado réitéré son opposition à la politique cubaine dans une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux depuis quelques jours.

« Le socialisme, le communisme et la gauche démontrent qu’ils détruisent les sociétés » s’est-elle exclamée.

Fernández , âgée de 39 ans, a remporté l’élection présidentielle avec 48 % des voix lors du scrutin du 1er février face à son adversaire Álvaro Ramos Chaves  Catholique et militante anti-avortement, elle qualifie l’avortement de « meurtre, ni plus ni moins ».

Le gouvernement cubain a affirmé que le pays était influencé par les États-Unis et placé sous leur « subordination »Cuba doit rappeler son ambassadeur de San Joséla capitale du Costa Rica.

Le Costa Rica emboîte le pas à d’autres pays d’Amérique latine qui font pression sur Cuba, notamment l’Équateur, qui a interdit l’entrée sur son territoire à l’ambassadeur cubain au début du mois.

Le Costa Rica compte un peu plus de 5 millions d’habitants, dont environ 65 % se déclarent catholiques, le catholicisme étant la religion d’État officielle selon sa Constitution de 1949.

Les élections municipales ont fait émerger trois clivages majeurs

Sur Polémia, Jean-Yves Le Gallou analyse les résultats des élections municipales :

Trois clivages

Les élections municipales ont fait émerger trois clivages majeurs :

  • le clivage ethnique,
  • le clivage France profonde / France des métropoles,
  • le clivage droite / gauche.

Il suffit d’ouvrir les yeux.

Le basculement démographique

Avec Saint-Denis, Creil est le symbole du Grand Remplacement. Les maires socialistes sont chassés par les nouveaux maîtres avec les mêmes égards que les Blancs d’Afrique du Sud.

En 1995, le FN avait présenté plus de 30 listes dans le 93. Son secrétaire départemental, Franck Timmermans, avait lui-même réuni 26 % des suffrages à Pierrefitte. Mais le PC avait gardé ses fiefs.

Trente ans plus tard, les Européens ont fui la Seine-Saint-Denis. Le RN n’y a présenté que trois listes, rassemblant moins de 10 % des suffrages. À Pierrefitte même, fusionnée avec Saint-Denis, c’est le lfiste Bayamoko qui l’a emporté. Fin de partie.

RN : bilan politique et désaveu stratégique

RN : succès dans la France profonde et à Nice, mais désaveu de la ligne stratégique de Marine Le Pen.

Marine Le Pen défendait le « ni droite, ni gauche » : mais il a volé en éclats à la base dans de nombreux endroits, sur la base d’alliances locales, et le clivage droite / gauche a puissamment structuré le deuxième tour.

Marine Le Pen défendait la « dédiabolisation », qui s’est avérée un double échec : elle a compliqué la constitution des listes par des purges à répétition pour de simples posts ; or, malgré — ou à cause ? — de la stratégie de dédiabolisation, le « cordon sanitaire » a été maintenu.

Marine Le Pen a multiplié les œillades à la gauche, parfaitement contreproductives : LFI mobilisant contre le RN des publics hostiles : Africains revanchards, musulmans revendicatifs, demi-intellectuels blancs frustrés.

Les défenseurs de cette stratégie font souvent valoir qu’elle s’accompagne d’une progression électorale : c’est vrai. Mais est-ce dû à la stratégie ou à la dégradation de la situation ? On notera qu’avec une stratégie différente, les partis nationaux progressent beaucoup plus rapidement qu’en France, en Italie, en Allemagne, en Autriche et dans beaucoup de pays européens.

Lyon : contestation et soupçons de fraude

À Lyon, Aulas conteste le résultat et évoque des fraudes. Elles sont évidemment probables avec un maire sortant qui a utilisé la Jeune Garde comme auxiliaire à la mairie et est allié avec LFI.

À noter aussi que Doucet a, dans ses remerciements, beaucoup insisté sur le personnel de mairie et de préfecture qui a tenu les bureaux de vote : peut-être une manière de pointer l’absence d’assesseurs de la part d’Aulas ?

On espère que ce dernier a des billes pour documenter la fraude de l’extrême gauche.

Vierzon : symbole de l’union des droites

T’as voulu voir Vierzon ? T’as vu Vierzon !

Quant à lui, Franck Timmermans s’est réfugié à Vierzon, ville communiste depuis près d’un siècle, restée européenne. Il y a dirigé la campagne de Yannick Le Roux, qui a emporté la ville, en triangulaire, avec 48 % des voix.

À la tête d’une liste de large union à la base, allant du Modem à Reconquête, en passant par LR, DLF et le RN. Bravo à eux, et bon courage pour redresser une ville sinistrée, aux rues dégradées et aux commerces fermés. Avec la communauté de communes, un grand travail est à entreprendre. Au cœur du Berry, à proximité de Salbris, un pôle de résistance municipale française est en cours de constitution.

Belle victoire de l’union des droites à Vierzon. Après un siècle de communisme, la liste de Yannick Le Roux, qui a dans ses rangs les têtes de liste Modem et RN de 2020, l’emporte grâce à une union à la base, sans avoir tenu compte des partis. Superbe leçon !

Crépol : l’AGRIF ne lâche rien

Communiqué de Yann BALY, Président de l’AGRIF :

Dans l’affaire de Crépol, le juge d’instruction de Valence et, lors d’un premier appel, la Chambre de l’instruction de Grenoble avaient déclaré l’AGRIF irrecevable en sa constitution de partie civile.

Le juge d’Instruction avait notamment rejeté la demande de l’AGRIF du fait que la qualification de discrimination raciale n’était pas retenue (contre toute évidence) dans cette dramatique affaire qui a coûté la vie au jeune Thomas.

Le 10 septembre 2024, la Chambre d’Instruction de la Cour d’Appel de Grenoble avait confirmé la décision du juge d’instruction sur le même fondement, en ajoutant cependant une motivation supplémentaire sans débat contradictoire.

Le 3 septembre 2025, la Cour de cassation a cassé cet arrêt en toutes ses dispositions et renvoyé l’affaire devant la même Chambre de l’instruction, autrement composée.

La nouvelle audience devant la Cour d’appel de Grenoble s’est tenue le 13 janvier 2026.

La décision est tombée ce 24 mars : la juridiction d’Appel de Grenoble maintient sa position de rejet, n’excluant pas la possibilité de qualification raciste des faits mais refusant de reconnaître le caractère aveugle et indifférencié de l’attaque qui justifierait la demande de constitution de partie-civile déposée par l’AGRIF.

Evidemment, l’AGRIF a demandé à ses avocats de se pourvoir, à nouveau, en Cassation.

Nous ne lâchons rien !

Ces procédures sont longues et coûteuses, soutenez l’AGRIF :

https://www.lagrif.fr/nous-soutenir/

La « question traditionnelle » s’est bel et bien invitée à l’agenda du pape

Le pape Léon XIV a accordé, le 5 mars, une audience privée à deux auteurs d’une étude d’envergure sur le dynamisme des communautés attachées à la messe traditionnelle aux États-Unis, marquant une étape dans la série de consultations menées par le souverain pontife sur la question de la Tradition.

L’audience est passée presqu’inaperçue, sinon des familiers des arcanes du Vatican : juste un entrefilet publié par le bulletin quotidien de la Salle de presse du Saint-Siège, indiquant que « le Saint-Père a reçu en audience MM. les Professeurs Stephen Bullivant et Stephen Cranney dans la matinée du 5 mars 2026 ».

Les deux universitaires sont en effet les co-auteurs d’un ouvrage intitulé Trads : Latin Mass Catholics in the United States – Tradis : la messe en latin aux États-Unis – , qui doit paraître en novembre prochain aux prestigieuses éditions Oxford University Press, et dont le souverain pontife a probablement eu la primeur.

Contrairement aux débats souvent passionnels qui entourent la liturgie dite de Saint-Pie V, ce livre s’appuie, selon ses auteurs sur une méthodologie rigoureuse : sondages originaux, enquêtes de terrain et recueils de témoignages. Selon les deux chercheurs, les résultats de leurs travaux viendraient bousculer les clichés et les représentations caricaturales souvent véhiculés contre les catholiques attachés au rite traditionnel.

Cette audience s’inscrit dans un calendrier d’audiences particulièrement dense depuis l’été dernier. Le pape Léon XIV a successivement reçu les cardinaux Burke, Sarah, Zen et Müller, ainsi que des évêques tels que Mgr Athanasius Schneider, ainsi que le supérieur de la Fraternité Saint Pierre.

En sintéressant de près aux données sociologiques de la communauté traditionaliste américaine — lune des plus dynamiques au monde —, le souverain pontife chercherait-il une piste pour stabiliser la situation liturgique globale ?

Le thème « Liturgie et Tradition » au menu des évêques de France

Extrait du discours d’ouverture de l’Assemblée plénière de printemps 2026 des évêques de France, prononcé le mardi 24 mars par Mgr Jean-Marc Aveline, Président de la Conférence des évêques de France :

 Jeudi enfin, nous prendrons un temps d’échange sur le thème « Liturgie et Tradition » sous la conduite de Mgr Olivier de Cagny. « Il est préoccupant que continue de s’ouvrir dans l’Église une douloureuse blessure concernant la célébration de la messe, le sacrement même de l’unité » écrit le cardinal Pietro Parolin dans la lettre qu’il nous adresse au nom du Pape. Nous savons tous l’urgence qu’il y a à écouter la soif spirituelle de tous les baptisés, de quelque façon qu’elle s’exprime, tout en tenant fermement le lien nécessaire à la grande Tradition de l’Église qui se déploie dans la communion avec tous les conciles, y compris le concile Vatican II. Ce sujet est suffisamment important pour que nous commencions à le porter ensemble, au fil de nos assemblées, en lien avec les travaux du Consistoire de juin prochain.

Le cas de la FSSPX sera-t-il abordé en même temps ? L’annonce des sacres pourrait amener les évêques à suspendre une certaine ouverture (utilisation de la basilique St Pie X à Lourdes lors du pèlerinage annuel fin octobre, …).

Le documentaire JE SUIS L’IMMACULEE CONCEPTION disponible en VOD et DVD

Le documentaire JE SUIS L’IMMACULEE CONCEPTION est désormais accessible sur la plupart des plateformes VOD (y-compris SAJE+) et en DVD dans toutes les librairies (y-compris sur La Boutique Saje).

« Je suis l’Immaculée Conception » : c’est ainsi que la Vierge Marie se présenta à sainte Bernadette en 1858 à Lourdes. A travers ce docu-fiction, de nombreux experts analysent l’Écriture Sainte pour nous aider à comprendre ce dogme de l’Immaculée Conception. Il nous plonge dans la vie de la Sainte Famille, depuis les noces de Cana jusqu’au Golgotha, mettant en lumière le rôle extraordinaire de Marie dans le plan du Salut.

Un nouveau mois de sursis pour les futures victimes de l’euthanasie

L’examen en deuxième lecture de la proposition de loi sur l’euthanasie par le Sénat, initialement prévu début avril, va être reporté au mois de mai, à la demande de la commission des Affaires sociales du Sénat.

Le Sénat se pencherait les 11, 12 et 13 mai en séance publique sur les deux propositions de loi. Ces textes devaient normalement être débattus du 1er au 3 avril.

La réunion de la commission des Affaires sociales censée se pencher sur la réforme ce mercredi matin a donc été annulée.

Néanmoins, ces deux textes font toujours partie des urgences du gouvernement, au détriment d’autres textes.

  • Le projet de loi simplification toujours en lévitation depuis deux ans. Fin janvier, une commission mixte paritaire conclusive avait pourtant semblé ouvrir la voie à l’atterrissage de ce texte présenté il y a deux ans par Bruno Le Maire.
  • Fusionner les prestations sociales en un versement unique, c’était la promesse formulée par le candidat Emmanuel Macron… en 2017. Presque dix ans plus tard, le projet de loi créant “une allocation de solidarité unifiée” est enfin sur les rails du Parlement. Cette réforme serait présentée en avril.
  • La régulation de l’enseignement supérieur privé, présenté en juillet dernier, mis sur pause après la chute du gouvernement Bayrou, devrait trouver un créneau mi-mai au Palais du Luxembourg.
  • La réforme du droit à l’information serait enterrée, malgré les Etats généraux de l’information, lancée en 2023 par Emmanuel Macron.
  • Le projet de loi cyber, censé transposer un règlement et deux directives européennes, est resté bloqué au stade de la commission à l’Assemblée. Le gouvernement table désormais sur la session extraordinaire de juillet pour l’entériner.
  • Chaque année ou presque, un projet de loi d’adaptation au droit de l’Union européenne permet de transposer tout un tas de dispositions bruxelloises, allant du numérique à l’énergie. Les 70 articles de ce PJL ont été digérés en moins de deux jours au Sénat, en février. L’exécutif cherche une place dans la navette à l’automne, côté Assemblée.
  • Le ministre Vincent Jeanbrun avait annoncé un plan logement pour le “début d’année” et comptait, “avant les municipales”, faire avancer la proposition de loi Gacquerre sur les passoires thermiques — adoptée en 2025 au Sénat et jamais inscrit à l’Assemblée. Le ministère entend désormais saucissonner son plan en faisant passer des mesures par voie réglementaire.
  • La proposition de loi sur l’impact environnemental de l’industrie textile, votée à l’Assemblée en mars 2024 et au Sénat en juin 2025, devrait faire l’objet d’une commission mixte paritaire au printemps 2026.
  • Adopté à l’unanimité fin janvier au Sénat, le projet de loi visant à faciliter le retour des biens culturels à des pays étrangers va revenir en juin à l’Assemblée. Il sera le premier texte que la nouvelle ministre de la Culture, Catherine Pégard, défendra.
  • La transposition de la directive européenne pour améliorer la transparence des rémunérations et corriger les inégalités salariales femmes-hommes ne sera pas pour juin, alors que l’échéance est connue depuis trois ans.
  • Le gouvernement s’est engagé à actualiser la loi de programmation militaire (LPM), mais les retards répétés du texte interrogent parlementaires et industriels sur la pertinence d’avoir un nouveau cadre pluriannuel si proche de l’élection présidentielle. Son dépôt au Parlement est attendu après les municipales.
  • Présenté en juillet dernier, le projet de loi de lutte contre la vie chère dans les outre-mer attend encore son heure.

Terres promises : les Accueils Louis & Zélie

Dans un monde chargé de bruits, de tensions, de séductions de toutes sortes et qui va de plus en plus vite, il arrive que des difficultés ou des drames surviennent, et que le chemin se fasse tout à coup plus fragile. Comment alors renouveler notre élan vital en trouvant un lieu d’écoute pour se poser et se reconstruire ?

C’est pour répondre à cet appel qu’ont été créés en 2015, à l’occasion de la canonisation des parents de Sainte Thérèse de Lisieux, les Accueils Louis et Zélie.

Des lieux de simplicité et de foi pour offrir un refuge et une boussole aux couples, aux familles et aux personnes isolées et en souffrance. Aujourd’hui, plus de 212 bénévoles animent 48 lieux d’accueil en France, en Belgique, en Suisse et en Espagne. On les retrouve de Lille à Ajaccio, de Bordeaux à Strasbourg, de la Bretagne à la Moselle, et avec une présence toute particulière en Vendée, où quatre centres d’accueil ont vu le jour pour ne laisser personne seul face à ses difficultés ou son drame personnel…

Ces bénévoles de Vendée qtémoignent du sens de leur écoute profonde…

Pour toute information, demande d’accompagnement et découvrir les contacts avec les 48 Accueils Louis & Zélie : http://www.accueillouisetzelie.fr

Prêtez pour ce beau projet de Misericordia !

L’association Misericordia est fondée en 2013 par Romain et Rena de Châteauvieux et devient une œuvre catholique de développement. Ses missions se structurent autour de trois piliers :

  • la présence fraternelle,
  • les actions sociales & éducatives
  • l’annonce de l’Évangile.

Son objectif : faire rayonner la miséricorde du Christ auprès des plus pauvres en bâtissant une culture de la rencontre, afin de transformer durablement les quartiers par une présence fidèle et fraternelle.

Le fonctionnement de l’œuvre repose à 99 % sur des dons privés – provenant principalement de particuliers et de fondations – ainsi que sur l’engagement bénévole massif de plus de 400 personnes ; s’y ajoute une équipe de près de 60 missionnaires répartis dans 6 lieux de mission : Chili, France, Argentine, États-Unis.

Le projet consiste à construire un centre Misericordia de 1000 m² à Aubervilliers (93), dans les locaux de la paroisse Saint-Paul du Montfort. Il s’agit de répondre à la forte croissance des besoins du quartier en créant un lieu ouvert, accueillant, structurant et visible. Le centre comprendra notamment un espace éducatif (salles de soutien scolaire, bibliothèque, ludothèque), une salle d’éveil artistique et musical, un café solidaire (le Café Misericordia), un espace de prière et des bureaux pour l’équipe salariée et les missionnaires. Ce projet permettra de tripler le nombre de bénéficiaires réguliers (de 300 à 900) et de mieux structurer les activités existantes (visites, fêtes, accompagnement des jeunes et des personnes isolées…). Le budget global est de 4 M€ (TTC) dont plus de 50 % sont déjà sécurisés.

Souhaitez-vous donner du sens à votre épargne en prêtant à l’association Misericordia et ainsi contribuer à la construction de ce nouveau centre Misericordia ?

Pour découvrir ce projet et y investir (prêter), il vous faut cliquer sur le lien ci-après qui vous dirigera sur la Page de Présentation officielle : https://www.credofunding.fr/fr/misericordia-pret

Vous pouvez contacter Edouard Vieilfault ([email protected]) pour toute demande de précision si nécessaire.

L’investissement comporte des risques de perte partielle ou totale du capital investi – Des frais sont dus par le porteur de projet et les investisseurs (18 € TTC).

L’ébullition des nouveaux catholiques : une menace pour l’évangélisation douce ?

Depuis plusieurs décennies, les bancs des églises se vident. Devant la fuite du monde, l’Institution semble avoir décidé de s’en rapprocher : les messes en langue vernaculaire, une liturgie réalisée face à l’assemblée et l’un des principaux enseignements de Jésus-Christ mis sous le tapis. De nos jours en effet, l’accent porte lourdement sur l’horizontalité, la souplesse et le nivellement vers les laïcs. L’Église se fait douce pour ne pas effrayer ses contemporains. À l’aune du record des baptêmes pour adultes l’année précédente, vous m’affirmerez que cette méthode fonctionne. De mon côté, je ne pense pas que ces jeunes se soient retrouvés à l’aide de ce récent virage d’évangélisation, mais bien grâce à la droiture des enseignements de notre religion millénaire.

Dépassement de soi, discipline, développement personnel : autant de mots pour définir une même prise de conscience. L’homme a reçu son âme de Dieu, il a été créé à son image, ce qui implique à la fois un héritage et un potentiel à honorer. Si beaucoup ne reconnaissent pas encore notre Seigneur, nombreux sont ceux qui s’accordent néanmoins sur l’importance de la responsabilité individuelle. Ainsi s’explique cette tendance à la culture d’une discipline physique, professionnelle et intellectuelle stricte. Dans un tel état d’esprit, les nouvelles générations pourraient être particulièrement sensibles à l’annonce de la Bonne Nouvelle. Cependant, l’une des valeurs centrales de l’Évangile en mesure de faire vibrer le cœur de cette jeunesse est trop souvent écartée au profit de poncifs bienveillants.
Cette valeur, clivante pour notre temps, n’est autre que l’exigence.

Dans le treizième chapitre de Saint Luc, un figuier ne donne pas de fruits depuis trois ans. Jésus déclare alors : “Coupe-le : pourquoi occupe-t-il la terre inutilement ?”. Dans la parabole des vignerons homicides, Jésus affirme : “ […] le royaume de Dieu vous sera enlevé et sera donné à un peuple qui en produira les fruits”.
Enfin, l’exemple le plus révélateur se lit dans le chapitre quinze de l’Évangile selon Saint Jean. Les hommes sont les sarments, Jésus est le cep, Dieu le Père est le vigneron. Les sarments qui portent du fruit sont taillés par le Père pour qu’ils en produisent davantage. Au contraire, ceux qui n’en portent pas sont enlevés du cep, puis ils sèchent dehors avant d’être jetés au feu. Suite à quoi Jésus explique : “Ce qui manifeste la gloire de Mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit. Vous serez alors vraiment mes disciples”. Comment ne pas entendre que ceux qui ne portent pas de fruit ne peuvent être les disciples du Christ ?

Le message de notre belle religion est avant tout amour : mais est-ce que la complaisance à l’égard du péché en est une preuve ?

Dans un monde où tolérance est le maître-mot, l’exigence est cruelle. Mais n’est-il pas plus cruel encore d’abandonner les hommes à leurs mauvais penchants par crainte de les offenser en leur révélant les efforts que réclament le respect de leur potentiel divin ?
Si de nos jours, le Mal rencontre de moins en moins d’adversaires, c’est parce que le Bien, lui, est en carence de champions. Est-ce qu’un Saint-Georges, un Saint-Louis ou une Sainte-Jeanne aurait pu s’illustrer sans une piété exemplaire ?
Chaque homme est appelé à la sainteté. Pour y répondre dignement, une discipline de chaque instant est requise. La voie vers le Royaume de Dieu est pleine d’épreuves. Ici-bas nos croix ne sont pas légères. Mais comment suivre le Christ sinon en les portant avec bravoure ?
Les prêtres craignent-ils de faire fuir leurs ouailles en prêchant cette noble qualité et une attitude rigoureuse ? Est-ce que lire au minimum un des quatre évangiles est un devoir trop éprouvant pour un fidèle ? Est-ce que dix chapelets est une pénitence trop sévère ? Le recul de la crainte de Dieu n’est-il pas partiellement imputable à l’insouciance du repentir ?

La tolérance se fait parfois le masque de la lâcheté. La complaisance vis-à-vis du péché est grave. Ne faut-il pas connaître le Mal pour s’en guérir ? Légaliser l’assassinat d’innocents au nom de l’irresponsabilité sexuelle est Mal, il faut le dire. Se dégrader en maltraitant son corps et son âme est une insulte à notre ressemblance divine, il faut le dire aussi. Ne serions-nous pas reconnaissant de recevoir de l’aide pour retirer la paille qui loge dans notre œil ? N’est-ce pas aimer son prochain que de l’empêcher de se rendre haïssable ?
L’intolérance est un terme connoté de façon purement négative. Pourtant, l’intolérance au vice, qu’est-ce sinon une vertu ?

Le message du Christ est limpide. L’exigence du chrétien n’est pas sujette à interprétation. Oui, l’homme est faible à cause du péché originel, mais jamais notre Seigneur ne l’enjoint à se morfondre. Si nous tombons parfois, nous devons nous relever toujours. Notre vie en ce bas-monde est une lutte acharnée contre le prince du mal. Par la grâce de Dieu, son Fils unique nous a révélé le chemin et donné des armes. Honorons notre corps, notre esprit et notre âme. Nous avons reçu la Bonne Nouvelle, alors rayonnons de joie. Soyons exemplaires individuellement d’abord, et notre communauté entière le sera.

L’Église, par miséricorde, accueille les brebis égarées. Dieu sait qu’elles sont nombreuses, ces brebis égarées. Et dans l’espérance d’en sauver un maximum, l’Église s’avance dans le monde. Les filets des pêcheurs d’hommes se font de moins en moins rigides. L’exigence à l’égard du charnel (chasteté, homosexualité) par exemple, est passée sous silence de peur de repousser ces mêmes brebis dans les ténèbres.
Cependant que cette mission d’évangélisation douce progresse, un nombre important de convertis et de recommençants lèvent la voix pour une approche en tout point opposée. Ces nouveaux catholiques considèrent que ces excursions de l’Église dans le monde menacent de niveler l’exigence religieuse vers le bas, à la hauteur des standards modernes.

Cette jeunesse revenue est d’une radicalité qui contraste fort avec la discrétion des fidèles de longue date. La croyance est une affaire privée qui doit se tenir en dehors des débats publics, répète-t-on depuis plus d’un siècle. Mais lorsque les médias financés par nos impôts blasphèment ; lorsque nos cérémonies nationales servent l’antéchrist ; lorsque nos églises brûlent ; lorsque la mort est le remède à l’irresponsabilité de la chair ; lorsqu’elle est aussi la solution au rejet de la vieillesse improductive : les nouveaux catholiques n’entendent plus se taire. Et même en dehors de cet aspect militant, ces jeunes comprennent mal pourquoi la lumière de Dieu devrait être couverte d’un vase. Loin des compromis avec l’État laïc et vierge du souvenir des persécutions républicaines, le nouveau catholique souhaite agir selon les commandements de Jésus : “Prêchez la bonne nouvelle à toute la création” ; “que votre lumière brille devant les hommes afin qu’ils voient votre belle manière d’agir et qu’ainsi ils célèbrent la gloire de votre Père Céleste” ; “mettez en pratique la parole, et ne vous contentez pas de l’écouter”.

Comment l’Église va-t-elle réagir vis-à-vis de ces groupes radicaux qui menacent la méthode d’évangélisation douce ? Parviendra-t-elle à maintenir l’équilibre entre un accueil emphatique et une exigence rigoureuse ? Enfin, pourra-t-elle rester tiède face à l’ébullition de cette nouvelle vague de catholiques ?

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Peut-on (encore) mourir en chrétien ?

Alors que l’euthanasie et le suicide assisté sont près d’être inscrits dans notre législation, le chrétien ne peut rester indifférent à cette étape qu’est la mort, ultime porte vers la vie éternelle. Mais mourir en chrétien, assisté d’un prêtre, après avoir reçu les sacrements, est-ce encore possible ? Et, de ce fait, comment se préparer malgré tout à la bonne mort ?

C’est ce sujet, à la fois grave et plein d’espérance, qu’abordent aujourd’hui les membres du Club des Hommes en noir. Au micro de Philippe Maxence, vous pourrez ainsi retrouver les abbés Celier et Guelfucci, le docteur de La Briolle et Jean-Pierre Maugendre.

Municipales 2026 : fragmentations et ruptures de plus en plus visibles

Éditorial d’Olivier Frèrejacques dans Liberté politique :

Le scrutin municipal de 2026 a donné lieu à une fragmentation probablement inédite depuis le début de la Cinquième République. S’il n’y a pas de grand gagnant dans ces élections, des tendances se dégagent, porteuses d’espoir mais aussi d’inquiétudes pour le pays.

C’était normalement la dernière élection directe de l’ère Macron avant la présidentielle de 2027. Après neuf ans de présidence, un constat s’impose : si Emmanuel Macron a su se maintenir au pouvoir, il n’a pas créé un mouvement de masse ni une véritable famille politique.

Le macronisme n’est pas vendeur, LR résiste bien

Les troupes macronistes, menées par Gabriel Attal, ont remporté deux grandes villes : Bordeaux et Annecy, où d’anciens ministres évinc ent des élus écologistes. Loin d’être un succès populaire, ces deux gains s’ajoutent à des dizaines de villes de taille plus modeste.

Un constat s’impose pour Renaissance : l’étiquette Macron ne vend pas et l’avenir passera par des alliances, car les victoires ne s’opèrent presque qu’avec le soutien ou l’absence de la droite LR et des autres partis centristes (Horizons et MoDem). Les étiquettes centristes paient d’ailleurs assez mal car, si l’on met de côté la réélection peu glorieuse d’Édouard Philippe au Havre, il convient de mettre dans la balance la défaite du patron du MoDem et ancien Premier ministre François Bayrou à Pau.

Au centre droit, Les Républicains de Retailleau surnagent et se maintiennent dans l’essentiel de leurs bastions, progressant même en remportant quelques victoires historiques à Cherbourg et Besançon.

Les socialistes et leurs alliés tiennent bon, LFI fait des coups

La triple victoire à Paris, Lyon et Marseille est un symbole fort pour la gauche qui, unie, parvient à se maintenir dans les plus grandes villes du pays. Que ce soit avec les Insoumis à Lyon ou sans dans les deux autres, ces victoires seront utiles pour jouer les contrepoids en cas d’élection d’un candidat de droite en 2027, comme cela a pu être observé aux États-Unis.

À Lyon, la défaite de Jean-Michel Aulas engage la responsabilité de l’homme d’affaires, dont la campagne a été jugée très faible. À Marseille, la sociologie pesait probablement trop lourd sur le scrutin, comme à Paris.

LFI, de son côté, peut nourrir des regrets pour Toulouse, ville qui lui semblait acquise avec le soutien du reste de la gauche. En revanche, le parti mélenchoniste avance ses pions dans des villes comme Roubaix, Creil, Vaulx-en-Velin, Vénissieux et Saint-Fons.

C’est là une donnée incontournable de ce scrutin : la question ethnique, rarement évoquée sur les plateaux de télévision, mais qui s’impose dans les urnes.

Le RN progresse mais peine dans les grandes villes

Avec plus de 70 maires, l’attelage RN/UDR a indéniablement progressé. Si des villes comme Nîmes ou Toulon semblaient prenables, le parti présidé par Jordan Bardella a dû se contenter d’une réélection à Perpignan et d’environ 70 communes de plus de 3 500 habitants. Il s’enracine dans le bassin minier avec 14 villes dans le Pas-de-Calais, mais aucune dans le Nord voisin, en dépit de la présence de 6 députés et d’un sénateur.

Parmi les nouvelles prises du RN : La Seyne-sur-Mer, plus de 60 000 habitants, mais aussi Carcassonne et Cagnes-sur-Mer.

L’allié du RN, l’UDR d’Éric Ciotti, signe une victoire retentissante à Nice et conserve la ville de Montauban. La progression du RN concerne également le nombre de conseillers municipaux. S’il parvient à réussir aussi bien dans toutes les villes conquises en 2026 que dans celles prises au cours des 12 dernières années, il pourra prétendre à un véritable ancrage local. Mais, pour cela, le parti devra rompre avec une forme de centralisme et éviter l’implosion.

Pas de grand gagnant ni de grand perdant pour ces élections municipales, mais des tendances autrefois marginales qui prennent de l’ampleur : la fragmentation du paysage politique et la disparition du bipartisme local. La première répercussion du scrutin devrait avoir lieu en septembre avec les élections sénatoriales, qui pourraient renforcer le contingent de sénateurs RN, tandis que la droite LR devrait confirmer son statut de premier groupe à la Chambre haute. La gauche et le centre pourraient, eux, être encore davantage affaiblis.

Moyen-Orient : les évêques de France appellent à la prière, au jeûne et à la solidarité

Dans un communiqué du 17 mars, la présidence de la Conférence des évêques de France  rappelle que le chemin durable vers la paix ne peut jamais passer par la guerre et appelle à poursuivre les efforts en faveur du dialogue et de la fraternité entre les peuples :

Depuis plusieurs semaines, la guerre embrase une nouvelle fois le Moyen-Orient. Comme l’a rappelé le Saint-Père, l’humanité est entraînée vers « un abîme irréparable ». Dans le fracas des armes qui sèment la destruction, la douleur et la mort, ce sont, comme toujours, les plus vulnérables qui subissent les conséquences les plus lourdes.

Face à cette situation alarmante, nous affirmons que le chemin durable vers la paix ne passe que par l’audace du dialogue, le courage de la diplomatie et le respect du droit international.

Nous assurons les peuples du Moyen-Orient de notre proximité fraternelle et de notre solidarité concrète. Nous restons en contact régulier avec les patriarches et les divers responsables des communautés chrétiennes des pays concernés, ainsi qu’avec les autorités de l’État français et les services diplomatiques du Saint-Siège, nous efforçant de soutenir les populations les plus démunies, grâce au concours de l’Œuvre d’Orient notamment.

Aux catholiques de France, nous proposons, en ce temps de Carême, de prier et de jeûner d’une façon particulière pour la paix et de poser des gestes concrets de solidarité, en répondant aux demandes de dons ou en se manifestant, d’une façon ou d’une autre, auprès des communautés du Moyen-Orient.

Que l’Esprit de Dieu éclaire les consciences et que soit promu le bien des peuples qui aspirent à une coexistence pacifique fondée sur la justice !

+ Cardinal Jean-Marc Aveline,
archevêque de Marseille, président de la Conférence des évêques de France

+ Mgr Vincent Jordy,
archevêque de Tours, vice-président de la Conférence des évêques de France

+ Mgr Benoît Bertrand,
évêque de Pontoise, vice-président de la Ensemble des évêques de France.Conférence des évêques de France

Le CESE fait la promotion de l’idéologie du genre

Le CESE, cet organisme qui ne sert à rien, s’est trouvé une nouvelle occupation : militer en faveur de l’idéologie du genre, cette ignominie qui consiste notamment à justifier le charcutage d’enfants et d’adolescents mal dans leur peau. La séance publique du 25 mars sera consacré au thème :

Comment défendre nos principes démocratiques face aux stratégies anti-genre ?

Evidemment, ce sont les partisans de la loi naturelle qui font office de “méchants” :

Que sont les mouvements anti-genre et comment agissent-ils ?

Les mouvements dits « anti-genre » désignent un ensemble d’initiatives et d’acteurs qui contestent certaines évolutions récentes en matière de droits humains liés à l’égalité entre les femmes et les hommes, à la santé sexuelle et reproductive ainsi qu’à la reconnaissance des droits des personnes LGBTQIA+.

Depuis plus de vingt ans, ces mouvements progressent avec une efficacité redoutable. Représentant un des pans traditionnels des idéologies masculinistes, ils trouvent désormais un écho favorable au sein des sphères politiques et médiatiques de nombreux pays, dont la France.

Plus d’1 milliard de dollars c’est le montant mobilisé en 5 ans en Europe par les mouvements anti-genre [sic]

Loin d’être un simple courant d’opinion, les mouvements anti-genre sont devenus de véritables écosystèmes avec une stratégie d’action coordonnée au niveau international qui disposent d’une force de frappe financière sans précédent.

Le CESE souhaite contribuer à une analyse partagée et à une réponse collective de la société civile organisée, fondée sur les valeurs démocratiques qui constituent le socle du pacte républicain.

La résolution “Consolider et organiser la défense de nos principes démocratiques face aux stratégies anti-genre” sera présentée en séance publique mercredi 25 mars à partir de 9h30.

L’Union européenne s’attribue le concept d’« État de droit » pour habiller son souhait de contrôler les initiatives des États

Lu sur Economie Matin :

C’est après la signature du traité de Maastricht en 1992 que la notion d’« État de droit » réapparait. Dès lors, l’Union européenne s’attribue le concept d’« État de droit » pour habiller son souhait de contrôler les initiatives des États-nation sous le prétexte d’harmoniser l’ensemble des règles pour les rendre compatibles entre États signataires.

De fait, elle a pour objectif à terme la mise en place d’une « Union fédérale européenne », n’ayant aucune légitimité qui fait fi de la culture et de l’existence des États-nation. Sans constitution, sans organe de contrôle (un parlement sans initiative législative), c’est la Commission européenne qui agit dans l’immédiat pour s’accaparer « une souveraineté législative européenne et supranationale ». Comme le souligne à nouveau Ghislain Benhessa2, ce détournement organisé tend à masquer les identités nationales.

Les conséquences du détournement de l’objet

De ce fait, en se conformant au diktat européen, sous le regard de la BCE, c’est la soumission législative pour répondre au mieux à toutes les exigences minoritaires de l’UE concernant l’économie, l’énergie, l’écologie, la politique migratoire et de défense. Tout égarement ou refus d’obtempérer est traité devant les Cours européenne de Justice et des Droits de l’Homme.

L’objet de l’« État de droit » européen confirme de ce fait sa primauté contre l’« État de droit » des Nations. Un nouveau pas vers une Union fédérale des États en passant d’abord par un objectif supranational. Cet « État de droit » européen a la primauté sur les « État de droit » des 27. On est loin de la raison originelle de « État de droit » destiné avant tout à protéger les citoyens et préserver la culture de chaque Nation.

Un détournement volontaire vers une dérive supranationale

La Commission européenne s’est accaparée un droit « pseudo-législatif » qui est une dérive progressive vers la notion d’un « État de droit européen supranational ». Dans les actes et dans la communication, la Commission détourne cette notion comme un pouvoir subliminal correspondant au droit d’« un État européen supranational ». Dans le contexte mondial actuel, guerres en Ukraine et au Moyen-Orient, avec les crises  économiques qui s’en suivront, tout cela passera inaperçu

Le Nicaragua interdit les ordinations de prêtres et de diacres catholiques dans quatre diocèses

Le gouvernement communiste du Nicaragua a interdit l’ordination des prêtres et des diacres dans quatre diocèses où les évêques ont été punis par l’exil.

Le président Daniel Ortega et son épouse et coprésidente Rosario Murillo ont interdit même aux évêques voisins d’ordonner des prêtres dans les diocèses de Jinotega, Siuna, Matagalpa et Estelí, dont les évêques ont tous été expulsés.

Parmi les évêques les plus éminents du pays, Carlos Herrera de Jinotega, président de la conférence épiscopale, a été exilé au Guatemala en novembre 2024 après avoir réprimandé un maire pro-Ortega pour avoir diffusé de la musique à plein volume devant sa cathédrale pendant la messe, qualifiant cela de « sacrilège ».

Plus tôt dans l’année, Herrera avait ordonné un prêtre et sept diacres dans le diocèse voisin de Matagalpa, dont l’évêque, Rolando Álvarez, fut exilé à Rome par le régime d’Ortega en janvier 2024 après avoir été emprisonné pendant 18 mois. Álvarez est également administrateur apostolique du diocèse d’Estelí. L’évêque Isidoro Mora de Siuna fut lui aussi exilé à cette époque.

Deux Nicaraguayens ont été ordonnés prêtres dans le diocèse de Limón, au Costa Rica, lors d’une « cérémonie secrète » afin d’éviter des représailles du régime d’Ortega.

La participation de certains prêtres aux manifestations contre le régime d’Ortega en 2018 aurait incité le dictateur à faire de l’Église catholique son ennemi numéro un. Depuis lors, le régime est devenu de plus en plus paranoïaque face à toute opposition potentielle.

Devenez « euthanasistes » !

Tribune grinçante du Professeur Jean-Marc Cosset, Oncologue/Radiothérapeute, Ancien chef de Département d’Oncologie/Radiothérapie de l’Institut Curie (Paris), dans Le Point, qui a fait bondir le président de l’ADMD mis face à la réalité :

Jeunes médecins, vous qui hésitez encore pour choisir votre spécialité, ne tergiversez plus ! La nouvelle loi sur la fin de vie en passe d’être adoptée vous offre une opportunité unique : devenez « euthanasistes » !

La nouvelle législation va en effet vous permettre de cumuler les avantages :

1/ Un recrutement de patients inépuisable. Vos études de médecine vous ont bien appris que la vie est la seule maladie mortelle à 100 %. Par ailleurs, paraphrasant à peine Knock, il est évident que « tout homme bien portant est un moribond qui s’ignore ». Dans de telles conditions, le recrutement de votre patientèle ne vous posera jamais aucun problème.

2/ Une formation rapide et dénuée de complexité. Aucun diplôme n’est exigé, et tous vos collègues médecins blanchis sous le harnais vous confirmeront qu’il est de loin beaucoup plus facile de tuer un patient que de le soulager et a fortiori de le guérir d’une pathologie plus ou moins sévère.

3/ Une concurrence limitée. Nombreux sont vos collègues qui restent tétanisés par un serment d’Hippocrate que la nouvelle loi va devoir faire modifier. La filière « Euthanasie et suicide assisté » n’est donc pas – encore ? – encombrée. Profitez de l’aubaine !

4/ Des sponsors particulièrement actifs. Les associations pour « Mourir dans la dignité » ont clairement fait la preuve de l’activisme et de l’efficacité de leurs réseaux.

5/ Un soutien psychologique. Outre les membres des associations déjà citées, des collègues belges euthanasistes, qui avaient déjà été invités à présenter leur expérience devant notre convention citoyenne nationale, sont prêts à revenir témoigner devant vous qu’« au début cela empêche de dormir, mais après on s’habitue ».

5/ Une rentabilité assurée. Une proposition d’amendement visant à « interdire la création de structures à visée lucrative organisant la fin de vie » a été repoussée. La porte est donc grande ouverte à la création de « maisons d’accompagnement de la fin de vie », offrant des prestations optimales aux patients qui le souhaitent, et ceci contre facturation adaptée.

N’hésitez donc plus ; engagez-vous dans une voie dont l’avenir est assuré, et rejoignez sans attendre la Société Française d’Euthanasie et de Suicide Assistée (SFESA).

Docteur Cyprien Tumoivitt, président de la SFESA

Le pape reconnaît les vertus héroïques du père Caffarel

Lors de l’audience accordée à Son Éminence le Cardinal Marcello Semeraro, Préfet du Dicastère pour les Causes des Saints, le Souverain Pontife a autorisé ce même Dicastère à promulguer les décrets concernant :

– l’offrande de la vie du Serviteur de Dieu Ludovico Altieri, évêque d’Albano, cardinal de la Sainte Église romaine, né le 17 juillet 1805 à Rome (Italie) et mort le 11 août 1867 à Albano Laziale (Italie) ;

– les vertus héroïques du Serviteur de Dieu Edward Joseph Flanagan, prêtre diocésain, fondateur de Boys Town, né le 13 juillet 1886 à Ballymoe (Irlande) et décédé le 15 mai 1948 à Berlin (Allemagne) ;

– les vertus héroïques du Serviteur de Dieu Enrico Caffarel, prêtre diocésain, fondateur de l’Association « Équipes Notre Dame » et de l’Institut séculier « Fraternité de Notre-Dame de la Résurrection », né le 30 juillet 1903 à Lyon (France) et décédé le 18 septembre 1996 à Beauvais (France) ;

– les vertus héroïques de la Servante de Dieu Stanislava Samulowska (née Barbara), religieuse professe de la Société des Filles de Saint Vincent de Paul, née le 30 janvier 1865 à Woryty (actuelle Pologne) et décédée le 6 décembre 1950 à Guatemala City (Guatemala) ;

– les vertus héroïques de la Servante de Dieu Maria de Bethléem du Cœur de Jésus Romero Algarín (née Maria Dolores), religieuse professe de la Congrégation des Servantes du Divin Cœur, née le 7 octobre 1916 à Séville (Espagne) et décédée le 12 novembre 1977 à Sanlúcar la Mayor (Espagne) ;

– les vertus héroïques du Serviteur de Dieu Giuseppe Castagnetti, laïc fidèle et père de famille, né le 15 mars 1909 à Montebaranzone (Italie) et décédé au même endroit le 22 juin 1965.

Le Père Henri Caffarel (1903-1996) avait une profonde conviction : les couples sont faits pour le bonheur. Le mariage en est un chemin car l’amour qu’on y reçoit et l’amour qu’on y donne sont source de bonheur. L’amour humain est pour lui, fondamentalement, un chemin d’accès à Dieu, par Jésus Christ. Le Père Henri Caffarel a pris il y a plus de cinquante ans l’initiative de réunir des couples pour réfléchir avec eux sur le sacrement de mariage et la vie conjugale. A la suite de sa rencontre avec quelques couples, le Père Henri Caffarel a entrepris d’approfondir le mystère du sacrement de mariage et d’apporter sa réflexion théologique à l’Église. Celle-ci s’est toujours appuyée sur la méditation de la Parole de Dieu, mais aussi sur l’observation, l’écoute, la participation des couples et l’apport de théologiens confirmés. A partir d’enquêtes détaillées, il a élaboré une vision renouvelée du mariage chrétien et de la sexualité.

Echec des fusions LFI-PS

Selon Alexis Brézet dans Le Figaro l’étiquette LFI a eu sur les électeurs l’effet d’un repoussoir : les Français qui refusent la violence politique, la jalousie sociale et la haine antisémite ont fait « barrage » aux amis de Jean-Luc Mélenchon.

Dans ces vingt-six villes où les candidats de la gauche, contre toute morale et contre tous leurs engagements, avaient choisi de pactiser avec les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon, les résultats sont tombés comme autant de bulletins de défaite. Poitiers et Besançon, villes vertes, passent à droite. Brest et Clermont-Ferrand, villes roses, aussi. Limoges ne sera pas conquise. Avignon non plus. À Tulle, le maire sortant socialiste, à qui François Hollande, sans la moindre vergogne, avait conseillé « l’union, l’union, l’union » avec LFI, mord la poussière. Et Toulouse, ce symbole de tous les symboles, que Jean-Luc Mélenchon rêvait d’accrocher à son totem, lui a échappé. Il n’y a qu’à Grenoble, à Nantes et peut-être à Lyon que « l’alliance de la honte » a fonctionné, au profit des sortants.

Les fusions entre socialistes et Insoumis ont très souvent échoué. Les candidats qui les ont refusées, Emmanuel Grégoire et Benoît Payan en tête, l’emportent. Les Ecologistes perdent de nombreuses villes importantes.
  • Emmanuel Grégoire garde la capitale dans le giron du PS, grâce à une large victoire face à Rachida Dati, malgré la présence au second tour de l’Insoumise Sophia Chikirou, à qui l’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo avait refusé la fusion.
  • Le Marseillais Benoît Payan conserve son siège face au RN Franck Allisio, sans fusion avec LFI, Sébastien Delogu ayant finalement décidé de se retirer avant le second tour pour battre l’extrême droite.
  • A Rennes, la sortante Nathalie Appéré est réélue, sans accord avec LFI.
  • Le Lillois Arnaud Deslandes s’impose face aux Insoumis mais avec les écologistes.
  • Idem à Montpellier, avec Michaël Delafosse, ou à Rouen avec Nicolas Mayer-Rossignol, deux maires PS opposés aux rapprochements avec les Insoumis.
  • Les candidats socialistes à Amiens et Saint-Etienne qui prennent des villes à la droite, se sont passés d’accord avec LFI.

A l’inverse, les maires socialistes qui se sont alliés avec les Insoumis ont souvent perdu leur pari :

  • à Clermont-Ferrand, où le PS, qui contrôlait la ville, perd son bastion. Le maire sortant, Olivier Bianchi, avait fait cause commune avec LFI, et est battu par la droite.
  • Idem à Avignon, où le socialiste David Fournier perd.
  • A Brest, François Cuillandre, qui s’était allié aux Insoumis est balayé.
  • Bernard Combes a perdu à Tulle.
  • A Toulouse, le député LFI François Piquemal, rejoint par les socialistes, perd son duel face à la droite du sortant Jean-Luc Moudenc
  • A Limoges, le député LFI Damien Maudet, allié au PS, rate face au candidat LR.

En revanche la socialiste Johanna Rolland est réélue à Nantes après avoir fusionné avec les Insoumis, mais la droite réalise un gros score.

Après leur victoire à Saint-Denis au premier tour, les Insoumis s’imposent à Roubaix, à La Courneuve, à Vénissieux, à Creil (Oise) et au Tampon, à la Réunion.

Côté Ecologistes, la déroute est presque totale. A Poitiers, Besançon, et surtout Strasbourg, les Verts, alliés aux Insoumis, perdent des fiefs gagnés en 2020.

A Bordeaux, Pierre Hurmic, qui avait refusé les fusions, est lui aussi battu.

Seuls Grégory Doucet et Emmanuel Denis, qui avaient fusionné avec les listes insoumises, conservent leur poste à Lyon et Tours.

L’Œuvre d’Orient plaide pour un droit inaliénable des personnes à demeurer sur leurs terres

Communiqué de L’Oeuvre d’Orient :

L’Œuvre d’Orient exprime sa profonde préoccupation face à l’offensive israélienne au Liban, déclenchée dans le contexte de l’attaque menée par le Hezbollah contre Israël. Cette escalade militaire plonge le pays dans une guerre aux conséquences humaines et sociales dévastatrices.

Plus d’un million de personnes ont été contraintes de fuir leur domicile, soit près d’un Libanais sur cinq. Le bilan humain s’alourdit chaque jour, avec plus d’un millier de morts, dont plus d’une centaine d’enfants.

Cette guerre frappe durement, et souvent indistinctement, les populations civiles. Elle survient dans un contexte d’extrême fragilité : depuis plusieurs années, les Libanais subissent une succession de crises, économique, sociale et politique. En l’absence d’un État pleinement opérationnel, ce sont aujourd’hui les associations libanaises, les ONG internationales, les Eglises et communautés religieuses locales qui portent le poids de la réponse humanitaire, avec des moyens dramatiquement insuffisants dans un contexte mondial de recul de l’aide internationale.

Les villages du sud-Liban : des communautés menacées de disparition

Au Sud Liban des villages chrétiens, qui remontent aux premiers temps du christianisme, sont désormais presque totalement isolés du reste du pays. Ces communautés incarnent un témoignage vivant de foi, mais aussi de coexistence dans une région profondément éprouvée.

Malgré les ordres d’évacuation répétés, les bombardements, les destructions d’habitations et d’églises, les morts civils dont un prêtre, plus de 10 000 chrétiens font le choix courageux de rester chez eux. Ces populations ne sont pas armées et sont un témoignage de paix et de résistance pacifique.

Aujourd’hui, ces villages du Sud Liban font face à un risque existentiel. Les écoles chrétiennes, qui accueillaient plus de 10 000 élèves, chrétiens comme musulmans, ont été endommagées ou détruites. Le risque de rupture éducative est majeur une nouvelle fois dans ce pays.

La perspective d’une incursion terrestre élargie et de la création d’une zone tampon pourrait entraîner l’exil irréversible des habitants.

À cela s’ajoute une inquiétude concernant le patrimoine de la région. Le site archéologique de Tyr, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO et placé sous protection renforcée depuis novembre 2024, est aujourd’hui directement menacé par les frappes israéliennes.

L’action de L’Œuvre d’Orient : une solidarité au cœur de la crise

Face à cette situation dramatique, L’Œuvre d’Orient est pleinement mobilisée. Présente au Liban à travers une équipe locale et des volontaires, elle intervient au plus près des besoins des populations. Elle apporte un soutien direct aux personnes déplacées, accueillies dans les congrégations religieuses, et les associations locales, sans distinction de confession.

L’Œuvre d’Orient soutient les hôpitaux chrétiens, tel que l’hôpital Geitawi et l’hôpital des Filles de la Charité. Elle vient également en aide à la préservation du patrimoine via la fondation ALIPH notamment en soutenant le projet de protection physique du site archéologique de Tyr. Les travaux seront réalisés en étroite coordination avec la Direction Générale des Antiquités (DGA).

Enfin, L’Œuvre d’Orient organise des convois d’aides humanitaires vers le Sud Liban, en coordination avec le nonce apostolique, Mgr Paolo Borgia, la FINUL (Force intérimaire des Nations Unies au Liban) et d’autres partenaires comme Caritas Liban. A date quatre camions ont transporté 50 tonnes de produits de première nécessité à des villages isolés et d’autres convois sont prévus prochainement.

L’Œuvre d’Orient appelle la communauté internationale à :

  • œuvrer sans délai à un cessez-le-feu durable ;
  • garantir la protection des populations civiles, conformément au droit international humanitaire ;
  • préserver l’accès humanitaire aux zones les plus touchées ;
  • mobiliser des financements à la hauteur de la crise ;
  • protéger le patrimoine culturel et religieux du Liban.

Aujourd’hui, la population libanaise est prise en étau dans un conflit qu’elle n’a pas choisi. Sans action rapide, le risque est immense : celui de voir disparaître des communautés entières, porteuses d’une histoire, d’une foi et d’un modèle unique de coexistence.

Depuis 2020 L’Œuvre d’Orient grâce à ses 80 000 donateurs particuliers français, a pu soutenir 2 986 projets à la hauteur de 46 millions d’euros.

Sacres : l’argumentaire bancal de la FSSPX

De Jean Bouër dans Politique Magazine :

Vous pouvez commander ou vous abonner à Politique Magazine ici ou le retrouver chaque mois sur Le Club de la Presse.

Conférence le 8 avril : « Est-il contraire au droit divin de sacrer un évêque contre la volonté du pape ? »

Afin de répondre à des interrogations suscitées par l’actualité ecclésiale, cette conférence aura pour but de traiter de la question théologique suivante :

« Est-il contraire au droit divin de sacrer un évêque contre la volonté du pape, même sans vouloir lui donner de juridiction ? »

À travers un exposé traitant de cette question à l’aune du magistère, de la liturgie et de la théologie traditionnelles, nous répondrons clairement à la question posée avant de répondre à quelques objections courantes en vogue dans le « milieu tradi »…

Ce temps d’enseignement sera suivi d’un moment d’échange, afin que chacun puisse poser ses questions ou exposer ses désaccords de manière constructive.

N’hésitez pas à partager cette invitation à tous ceux de votre entourage qui seraient concernés de près ou de loin par cette question!!!

Réservations recommandées ici:

https://www.eventbrite.fr/e/billets-conference-theologique-sur-le-sacre-episcopal-1985081369814?aff=oddtdtcreator&keep_tld=true

Conférence donnée par l’abbé Vernier, membre de l’apostolat parisien de la Fraternité Saint-Pierre.

« Sur la question de l’immigration, je suis encore plus à droite que l’extrême droite »

The New York Times consacre un long article à Pierre-Edouard Stérin, milliardaire, qui fait fantasmer nos gauchistes. Extraits :

Inspiré, a-t-il déclaré, par le soutien de George Soros aux causes libérales, M. Stérin a orienté des fonds vers des groupes de réflexion de droite, des programmes de formation politique, des influenceurs des médias sociaux et des organisations à but non lucratif afin de façonner le pays selon ses convictions : anti-immigration, libre marché, moins islamique et plus catholique.

Un programme financé par M. Stérin aurait, selon ses dires, formé au moins 4 000 candidats d’extrême droite aux élections municipales. Alors que le Rassemblement national (RN), parti d’extrême droite, est pressenti pour remporter l’élection présidentielle l’an prochain, M. Stérin s’efforce d’accélérer le virage à droite de la France.

« Je rêve d’une France redevenue économiquement puissante et d’une France qui redécouvre le sens des valeurs, qui embrasse ses racines chrétiennes », a déclaré M. Stérin, 52 ans.

La France rêvée par M. Stérin serait plus capitaliste, socialement conservatrice et trumpienne – et, aux yeux de ses détracteurs, raciste. Elle tolérerait une immigration très limitée, notamment en provenance des pays musulmans colonisés par la France. Les immigrés sans papiers coupables de délits ou ne travaillant pas seraient expulsés. Le port du voile islamique serait interdit dans l’espace public et la nourriture halal ne serait plus servie dans les écoles.

« Sur la question de l’immigration, je suis encore plus à droite que l’extrême droite », a déclaré M. Stérin, qui considère également le programme économique du Rassemblement national comme trop « étatique ».

M. Stérin souhaite interdire l’avortement, dont l’accès est pourtant inscrit dans la Constitution française depuis deux ans ; accroître la fréquentation des églises catholiques ; et encourager davantage de couples français à avoir des enfants. Finançant des projets chrétiens, il espère, dit-il, être canonisé un jour. Il réfute l’idée que ses positions sur l’immigration soient en contradiction avec celles du pape Léon XIV .

Enfin, il réduirait drastiquement les impôts du pays, démantèlerait le système de protection sociale, privatiserait l’éducation et les soins de santé, et supprimerait le financement public de la culture. « Je suis un fervent partisan de la concurrence », a-t-il déclaré.

L’objectif ultime, a déclaré M. Stérin, est d’amener au pouvoir un gouvernement de droite qui change fondamentalement l’aspect et le fonctionnement du pays. […]

« Si nous ne faisons rien, la France sera, dans 50 ans, la première république islamique d’Europe, ou la deuxième après la Belgique », a-t-il déclaré. « Je ne veux pas que mon pays devienne une république islamique. »

[…]

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