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L’Arménie va-t-elle disparaître ?

D’Antoine de Lacoste dans Le Nouveau conservateur :

Le plus vieil Etat chrétien du monde vit des heures difficiles. Ce n’est pas la première fois : les Arméniens semblent marqués du sceau de la souffrance. Cernée par la Turquie et l’Azerbaïdjan, dirigée par un premier ministreantirusse qui a rompu des liens presque charnels avec Moscou, lui substituant une protection américaine très théorique, la toute petite Arménie semble bien menacée.

C’est sous l’influence de Saint Grégoire l’Illuminateurque le roi Tiridate s’était converti au christianisme en 301.Mais les décennies qui suivirent furent difficiles pour le jeune Etat chrétien, entouré de deux géants peu commodes : l’Empire byzantin et l’Empire perse. Bien que l’un fût chrétien et l’autre païen, ils se mirent d’accord pour se partager la malheureuse Arménie qui n’avait aucun moyen de s’opposer à cette brutale mainmise.

Par ce qu’on a appelé le Partage de 387, les Perses occupèrent les deux-tiers de l’Arménie à l’est et les Byzantins le dernier tiers à l’ouest. Contrairement à une légende bien ancrée, la religion des Perses, le zoroastrisme, n’était guère tolérante. Son clergé chassa les prêtres catholiques arméniens des églises et pris leur place. Les princes arméniens se révoltèrent et constituèrent une armée qui fut vaincue à la bataille d’Alvaïr en 451. Malgré la défaite, le peuple arménien n’accepta jamais de changer de religion et se lança dans une guérilla impitoyable qui finit par avoir raison des zoroastres. Grâce à ses fidèles, l’église arménienne survécut.

Elle se sépara malheureusement de Rome lors du concile de Chalcédoine en 451 dont elle refusa la nouvelle définition de la double nature, divine et humaine, du Christ. Elle avait pourtant accepté la définition quasi-identique du concile d’Ephèse de 431. Mais elle rejeta, pour des raisons obscures,la nouvelle version destinée à mieux lutter contre l’hérésie monophysite. En 506, l’église arménienne se proclama église indépendante, appelée dorénavant Eglise apostolique arménienne. Elle est aujourd’hui schismatique alors qu’elle croit, comme l’Eglise catholique, que le Christ est vrai Dieu et vrai homme. Plusieurs discussions se déroulèrent au fil des siècles pour retrouver l’unité, en vain. L’existence d’une église  arménienne indépendante est devenue un marqueur identitaire pour les Arméniens.

L’irruption de l’islam, après la bataille de Yarmouk en 636, changea tout. Les conquérants arabes, finalement peu nombreux, traitèrent convenablement les Arméniens car ils avaient d’autres objectifs plus urgents. C’est alors qu’eut lieu l’âge d’or arménien. Le pays se couvrit d’églises dont plusieurs, en bon état, se visitent encore dans des paysages parfois éblouissants. L’Arménie est un des seuls pays au monde à posséder autant d’églises de cette époque.

L’affaiblissement des arabes permit aux Arméniens de créer deux royaumes au IXe siècle. L’un au nord dirigé par la famille Bagratouni, avec comme capitale Ani, « la ville aux mille et une églises », l’autre au sud avec la famille Arstrouni qui installa sa capitale sur le lac de Van.

Cette belle période ne dura malheureusement pas car de nouveaux venus arrivèrent des steppes d’Asie centrale, les Seldjoukides. Ces Turcomans vainquirent les Byzantins en 1071 à la bataille de Manzikert. Ils s’islamisèrent rapidement et une de leurs familles, les Otmans, prit le dessus. Ce sont eux qui fondèrent le funeste Empire ottoman.

De nombreux Arméniens quittèrent alors leurs territoires de l’est pour s’installer dans le sud, en face de Chypre, dans le Royaume de Cilicie. Appelé aussi petite Arménie, ce pays connut la prospérité jusqu’au XIIIe siècle. Tarse et Adanafurent le centre de ce royaume chrétien qui disparut sous les coups des hordes de Genghis Kahn puis des Mamelouks égyptiens. Le dernier roi de Cilicie, Léon VI de Lusignan, fut déposé en 1375. Il finit ses jours à la Cour de France.

Au fil des siècles suivants, l’Empire ottoman connut son apogée, qui le porta jusqu’à Vienne à la fin du XVIIe siècle, puis son reflux qui en fit « l’homme malade de l’Europe » au  XIXe siècle.

Ce fut au cours de cette période que l’Arménie perdit sa province du Nakhitchevan, victime de la lutte entre l’Empire perse et l’Empire ottoman. Le Shah emblématique, Abbas Ier, décida en 1604 de vider la Nakhitchevan de ses habitants arméniens pour pratiquer la politique de la terre brûlée face aux avancées ottomanes. Les habitants azéris furent épargnés car Abbas Ier avait une autre idée en tête : transplanter dans sa capitale, Ispahan, ces Arméniens connus pour être des commerçants hors pair. On leur donna un quartier, ils y sont toujours et vendent à l’ombre de leurs églises les plus beaux tapis d’Iran.

Progressivement, les Arméniens, et les autres populations chrétiennes soumises au joug turc, virent l’étau se desserrerprogressivement. En 1856, les chrétiens acquirent enfin les même droits que les populations musulmanes.

Profitant de l’affaiblissement ottoman, la Russie, qui achevait sa conquête du Caucase, se porta sur les terres arméniennes afin de les libérer. Il fut alors envisagé de créer une grande Arménie indépendante sous la protection de la Russie.

Naturellement les Anglais, comme vingt ans auparavant lors de la funeste guerre de Crimée, firent capoter ce beau projet qui eût sauvé les Arméniens du génocide à venir. Ils provoquèrent la tenue du Congrès de Berlin en 1878 qui décida de confier l’ouest de l’Arménie à la Turquie et l’est à la Russie. C’est cette partie orientale qui est l’Arménie d’aujourd’hui. Les Arméniens supplièrent d’être entièrement placés sous la protection russe, en vain. Les Russes finirent hélas par accepter et retirèrent leurs troupes, on se demande encore pourquoi.

Les premiers massacres commencèrent peu après. Entre 1894 et 1896, 300 000 Arméniens furent exterminés par les Ottomans. L’arrivée au pouvoir des Jeunes Turcs puis la première guerre mondiale seront les éléments déclencheurs du grand massacre qui tua 1,5 million d’Arméniens. Il y eut également 300 000 Assyro-Chaldéens massacrés, en Irak notamment. Il est probable que dans l’histoire, personne n’a ciblé et tué autant de chrétiens que les Turcs, les communistes s’attaquant à tout le monde.

La révolution bolchévique faillit provoquer la disparition définitive de l’Arménie. L’armée russe explosa , la guerre civile commença et il n’y eut évidemment plus de soldats russes pour protéger l’Arménie orientale. Les Turcs, malgré leur défaite de 1918, conservait une armée et attaquèrent le dernier territoire arménien pensant ainsi achever le travail de 1915. Mais les Arméniens vainquirent les troupes turques près d’Erevan, leur capitale. La Turquie dut reconnaître l’indépendance du petit pays qui fut hélas bientôt absorbé dans l’URSS, tout comme la Géorgie et l’Azerbaïdjan, les deux autres Etats caucasiens.

C’est à cette époque que Staline décida de rattacher le Haut-Karabagh à l’Azerbaïdjan. Totalement chrétien, il devint une enclave entourée des chiites azéris. Mais la discipline soviétique empêcha les Azéris de détruire ce territoirearménien historique et le statu quo prévalut. Ce ne pouvait être que transitoire et, en 1988, avant même la chute de l’Union soviétique, la province du Haut-Karabagh fit sécession de l’Azerbaïdjan. En 1991, chaque territoire proclama son indépendance : Arménie, Haut-Karabagh et Azerbaïdjan. La guerre devint inévitable et pendant trois ans, Arméniens et Azéris s’affrontèrent rudement. Ils utilisaient le même matériel soviétique et la valeur des Arméniens fit la différence.

Les Arméniens commirent alors une erreur qui coûtera cher. Tous les territoires situés entre l’Arménie et le Haut-Karabagh furent vidés de leurs habitants azéris, soit 600 000 personnes. De leur côté, les Azéris massacrèrent les nombreux Arméniens installés dans leur capitale, Bakou.

Certes, stratégiquement, cette déportation massive pouvait se comprendre : comment protéger efficacement le Haut-Karabagh depuis l’Arménie si des centaines de milliers d’Azéris hostiles se trouvaient entre les deux ? Mais évidemment l’opinion internationale, pourtant pro-arménienne, fut mal à l’aise et l’Azerbaïdjan ne songea plus qu’à se venger. La zone évacuée ne fut plus habitée, et un corridor, appelé Latchine, relia l’Arménie au Haut-Karabagh.

Le dictateur azéri Ilham Aliev, qui avait succédé à son père en 2003, mit tout en œuvre pour la revanche. Il se rapprocha de la Turquie et, grâce à l’argent du pétrole de Bakou et de la Mer Caspienne, modernisa son armée. Il acheta massivement des drones Bayraktar (du nom du gendre d’Erdogan), technologie dans laquelle la Turquie était en pointe.

En septembre 2020, Aliev envoya son armée attaquer le Haut-Karabagh. Les Arméniens se battirent courageusement mais leurs chars furent décimés par les drones turcs. Ils avaient une guerre de retard. De plus, des milliers d’islamistes syriens furent envoyés en renfort par la Turquie aux côtés de l’armée azérie.

Les Russes ne bougèrent pas dans un premier temps. Ils avaient de bonnes relations avec l’Azerbaïdjan et surtout un nouveau premier ministre arménien était en place depuis 2018 : Nico Pachinian. Pro-occidental, il prit ses distances avec la Russie. Donald Trump puis tous les dirigeants européens défilèrent chez lui, ravis de serrer la main d’un anti-russe.

Vladimir Poutine décida finalement d’intervenir et Aliev arrêta les combats après avoir conquis la moitié du Haut-Karabagh. Pachinian, aveuglé par les promesses occidentales, continua de repousser les avances russes. Aliev, sentant l’aubaine, lança une nouvelle attaque en septembre 2023 et prit l’intégralité du Haut-Karabagh, provoquant l’exode des 110 000 Arméniens qui y vivaient. L’armée arménienne est restée l’arme au pied, abandonnant pour toujours le Haut-Karabagh.

Aujourd’hui, les Turcs et les Azéris ont les regards tournés vers le Nakhitchevan. Limitrophe de la Turquie au nord-ouest, sa partie sud, située contre l’Iran, peut être l’occasion d’y créer un corridor qui donnerait un accès à la Mer Caspienne, rêve d’Erdogan. Mais juste après, il y a l’extrémité sud de l’Arménie entre le Nakhitchevan et l’Azerbaïdjan.

Trump est intervenu et a convaincu Pachinian d’accepter de céder une partie du territoire de l’Arménie pour permettre la réalisation de ce corridor qui serait routier, ferroviaire et technologique. L’Arménie n’a de toutes façons pas le choix, la protection américaine a un coût.

Ce corridor, qui, tant qu’à faire, s’appellera le « corridor Trump », coupera l’Arménie de l’Iran avec qui elle entretient d’excellentes relations. Si l’on ajoute que les azéris grignotent, progressivement et impunément, des petits territoires à l’est, on mesure le danger couru par l’Arménie, encerclée par la Turquie et l’Azerbaïdjan, deux ennemis implacables et protégés par les Etats-Unis dont la fidélité n’est pas vraiment la marque de fabrique. Oui, aujourd’hui, l’Arménie est en danger de mort.

“Tombé du Ciel” : le catholicisme vu par ceux qui n’en parlent plus la langue

Il y a une fatigue particulière devant certaines comédies françaises. Non pas parce qu’elles se moquent du catholicisme, car les catholiques peuvent survivre à une plaisanterie, et même à une bonne satire, mais parce qu’elles donnent souvent l’impression de parler d’un monde qu’elles ne comprennent plus.

Avec Tombé du ciel, à en croire son dispositif, son synopsis et ses premiers échos, le cinéma français semble une nouvelle fois confondre le catholicisme avec ses souvenirs de pensionnat rance.

La recette paraît désormais connue. Un jeune homme venu d’un univers populaire et urbain est envoyé dans un pensionnat catholique strict. D’un côté, la spontanéité, la débrouillardise, l’énergie contemporaine. De l’autre, les messes, les règles, le latin, les religieux, les réveils matinaux, les couloirs austères et tout un petit théâtre de vieilles habitudes supposées ridicules.

Le problème n’est pas que l’on rie des catholiques. On peut rire des catholiques, des curés, des messes mal chantées, des pensionnats trop sévères, des guitares liturgiques et des scouts en bermuda. Le catholicisme a produit assez de saints, de pécheurs, de génies, de médiocres, de mystiques, de notables, de tartuffes et de braves gens pour fournir de la matière comique jusqu’à la fin des temps.

Le problème est ailleurs. On ne rit plus d’un monde connu de l’intérieur ; on rit d’un monde dont on ne possède plus ni la grammaire, ni le vocabulaire, ni la mémoire profonde.

C’est souvent cela, aujourd’hui, le catholicisme dans une partie du cinéma français : non pas une religion vivante, non pas une civilisation de signes, non pas une manière de comprendre la personne, la faute, le pardon, la transmission, les pauvres, les morts, les enfants, la beauté ou le sacrifice ; mais un décor. Des soutanes, des messes, des murs anciens, quelques mots latins, des interdits, des surveillants, une atmosphère supposément moisie, et des personnages assez excentriques pour que leur seule apparition déclenche le rire.

Ce n’est même plus vraiment de l’anticléricalisme. L’anticléricalisme, le vrai, avait parfois de la force parce qu’il connaissait son adversaire. Il savait ce qu’il attaquait. Il avait lu, observé, combattu. Ici, nous sommes plutôt devant une paresse culturelle devenue réflexe : catholique égale coincé ; tradition égale poussière ; latin égale absurdité ; pensionnat égale prison mentale ; religieux égale personnage pittoresque.

Ce vieux logiciel comique donne surtout une étrange impression de retard. Ceux qui croient railler un monde ancien semblent souvent prisonniers de leurs propres souvenirs défraîchis. Ils ont gardé l’image d’un catholicisme d’avant-hier, celui du pensionnat, de la discipline, du curé ridicule ou de la religieuse sévère. Mais ils en ont perdu le sens. Ils ont retenu les formes mortes et oublié ce qu’elles pouvaient contenir de charité, d’intelligence, d’éducation, de beauté et de profondeur.

C’est peut-être cela le plus frappant : le catholicisme est devenu, pour certains, une langue familiale mal apprise. On en reconnaît quelques sons, quelques objets, quelques gestes, mais on ne sait plus traduire. Alors on caricature.

On exigera aujourd’hui d’un scénariste qu’il se documente avec prudence sur presque toutes les cultures. On lui demandera d’éviter les stéréotypes, de consulter, de nuancer, de contextualiser, de comprendre les blessures et les codes. Très bien. Mais lorsqu’il s’agit du catholicisme, cette prudence disparaît souvent. On pioche dans le vieux stock national : une messe, un frère un peu absurde, une autorité ridicule, une chorale qui bascule dans la pop, et l’affaire est faite.

C’est pourtant une étrange légèreté. Car le catholicisme n’est pas un folklore étranger à la France. Il a façonné ses villes, ses paysages, ses fêtes, ses hôpitaux, ses écoles, ses œuvres d’art, ses noms de lieux, son rapport aux morts, aux pauvres, aux enfants, à la faute et au pardon. Il n’est pas un accessoire poussiéreux posé dans un coin du décor national. Il est l’une des grandes matrices de ce pays.

Que l’on critique l’Église, très bien. Que l’on rie des catholiques, pourquoi pas. Que l’on montre leurs ridicules, leurs lâchetés, leurs raideurs, leurs hypocrisies même, cela peut être nécessaire. Mais encore faut-il savoir de quoi l’on parle.

Le paradoxe est que ces films se présentent souvent comme des œuvres d’ouverture et de réconciliation. Ils veulent montrer que les mondes peuvent se rencontrer, que les préjugés tombent, que les différences se dépassent. Mais la réconciliation commence rarement par la caricature d’un des deux mondes. Elle suppose au contraire de le prendre au sérieux.

Or, dans ce type de récit, la répartition des rôles est presque toujours la même. Le monde contemporain, populaire, métissé, urbain, est présenté comme vivant, imparfait mais porteur d’avenir. Le monde catholique traditionnel, lui, est convoqué comme un vieux décor comique auquel on accorde finalement, dans un geste de générosité, un petit brevet d’humanité. C’est très aimable. C’est aussi très condescendant.

Le cinéma français croit parfois faire preuve d’audace en se moquant des catholiques. Il ne voit pas qu’il ne transgresse plus rien. Il répète simplement une blague de famille dont il a oublié l’origine. Il croit dépoussiérer un vieux monde, mais il révèle surtout son incapacité à comprendre ce qui l’a précédé.

Le vrai scandale n’est donc peut-être pas que le cinéma français se moque encore des catholiques. Le vrai scandale est qu’il ne sache même plus de quoi il se moque.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Liban : Un nouveau cessez-le-feu ?

Depuis les Etats-Unis, Israël et le Liban ont convenu, mercredi 3 juin, d’un nouveau cessez-le-feu, après des négociations « très difficiles » selon le président libanais lui-même. C’est le troisième de ce type, depuis le début de la guerre, en mars dernier.

Ce cessez-le-feu est conditionné, selon la déclaration officielle « à l’arrêt complet des tirs du Hezbollah et à l’évacuation de tous les membres du Hezbollah du secteur du Sud-Litani ». Pour le premier ministre Nawaf Salam, cette négociation avec Israël est « la voie la plus rapide et la moins coûteuse pour le Liban et les Libanais, ainsi que pour le Sud et ses habitants ».

Le Hezbollah par la voix de son chef, Naïm Qassem, a refusé ce cessez-le-feu partiel, qualifiant les négociations d’ « absurdes, humiliantes et honteuses pour le Liban ». « Notre seul objectif est de mettre fin à l’agression, d’obtenir un cessez-le-feu et le retrait d’Israël. Ce cessez-le-feu doit être global ; il ne saurait y avoir de séparation entre le Sud et le reste du Liban ». Le parti chiite poursuit donc ses actions militaires et l’a fait savoir au gouvernement libanais. L’Iran, en pleine discussion avec les Etats-Unis a précisé que « la région ne sera jamais stable sans un retrait israélien de toutes les zones occupées au Liban ».

Le quotidien israélien Yedioth Ahronoth le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu aurait déclaré devant ses ministres « il n’y a actuellement aucun accord, le Hezbollah s’y oppose, et par conséquent, je ne prends aucune décision ». Notons que plusieurs ministres israéliens sont vigoureusement opposés à un tel cessez-le-feu. Sur X, Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale, a ainsi déclaré : « la cessation des hostilités avec le Liban est une grave erreur ». Pendant ce temps, l’armée israélienne poursuit son offensive au Liban. De nouveaux villages ont ainsi reçu des ordres d’évacuation forcée.

Source : SOS Chrétiens d’Orient

La théologie du corps, loin des caricatures et mystifications

La théologie du corps, développée par le pape Jean-Paul II, inquiète parfois certains, qui y voient une exaltation de l’union charnelle. Dans La théologie du corps à la lumière de la Tradition. La transparence du beau, le père Louis moine bénédictin au Barroux et prêtre, responsable de la formation des novices de son monastère, revient sur l’interprétation de cet enseignement, corrigeant au passage les déformations inévitables, notamment sur le caractère “révolutionnaire” de cet enseignement alors qu’il est enraciné dans la Tradition, sur l’hypertrophie du corps et de la sexualité, la dépréciation de la virginité, la “vocation” au mariage, et sur l’inversion supposée des fins du mariage. Quelles vérités Dieu a-t-il voulu révéler en nous créant homme et femme ? Pourquoi tant de blessures dans la sexualité et comment Jésus vient-il les guérir ? Pourquoi appelle-t-il certains à renoncer au mariage et compare-t-il le bonheur éternel à des noces ?

Bien que conséquente avec plus de 400 pages, cet ouvrage reste accessible et livre un exposé particulièrement clair qui intègre les catéchèses de Jean-Paul II dans la Tradition vivante de l’Église : les Pères et les docteurs, le Magistère, la vie des saints et les auteurs contemporains. Sans exaltation de la sexualité ni puritanisme, l’auteur nous permet de porter un regard équilibré sur la grandeur et la fragilité de l’amour humain, ainsi que sur la beauté et les exigences du célibat consacré.

L’auteur corrige notamment les visions simplistes et maladroites de cette théologie, devenant une caricature :

Une telle mystification de la sexualité déforme la pensée de Jean-Paul II et provoque un rejet de la théologie du corps, tant de la part de ceux qui sont attachés à l’enseignement traditionnel de l’Eglise que des sexologues contemporains. Les uns comme les autres ont raison de s’opposer à cette idéalisation mystique de l’union charnelle des époux, mais ils ont tort d’attribuer cette mystification à la théologie du corps de Jean-Paul II. Ce n’est pas ce qu’enseigne le saint pape, c’est seulement la caricature qu’en font certains auteurs. A les lire, on pourrait croire que l’union des époux est le huitième sacrement que donne Dieu ! Ni huitième sacrement, ni rien à voir avec les sacrements mais partie intégrante du septième !

Le Pacte sur la migration et l’asile

D’après le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, ce Pacte affecte 40% du code des étrangers et va donc bouleverser notre droit. Pour rappel, lors de l’adoption de ce Pacte en mai 2024, Jordan Bardella publiait le communiqué suivant :

« Pour les Français, ce sera la submersion ou la punition. La France sera ainsi contrainte d’accueillir des milliers de migrants dans ses villes et villages, ou bien de subir des sanctions financières pour avoir le droit d’en être épargnée. Il s’agit pour nous d’une ligne rouge absolue. Les peuples d’Europe ne veulent être ni remplacés, ni submergés : ils aspirent à la protection et au respect de leur volonté. Le Rassemblement National s’opposera de toutes ses forces à ce Pacte de submersion ».

En 2022, la population s’est accrue de 322 000 personnes, dont 271 000 en raison du solde migratoire

L’INSEE a publié une étude sur les flux migratoires :

En 2024, 438 000 personnes sont arrivées en France. Parmi elles, 85 000 sont nées en France, 40 000 sont nées françaises à l’étranger et 313 000 sont immigrées. Les entrées sur le territoire sont en baisse en 2024 comme en 2023. Elles retrouvent leur niveau de 2019, après quatre années marquées par la crise sanitaire et la guerre en Ukraine.

Les personnes immigrées entrées en 2024 vivent en majorité au sein d’une famille. Certaines d’entre elles arrivent en couple, d’autres rejoignent un conjoint : cette situation est bien plus fréquente pour les femmes immigrées que pour les hommes. Les enfants arrivent pour la plupart avec leurs parents, mais 43 % d’entre eux rejoignent un parent déjà établi en France.

Entre les 1ers janvier 2022 et 2023, la population résidant en France s’est accrue de 322 000 personnes, dont 51 000 en raison du solde naturel et 271 000 du solde migratoire.

En 2022, le solde migratoire des immigrés est historiquement haut (348 000) : dans le contexte du déclenchement de la guerre en Ukraine et de la sortie progressive de la crise sanitaire, les entrées ont fortement augmenté et les sorties nettement baissé. Le solde migratoire des non immigrés redevient négatif (‑78 000), en raison principalement d’une forte hausse de leurs sorties du territoire, liée à une reprise de projets migratoires reportés pendant la crise sanitaire.

Et dans l’étude :

Parmi les personnes immigrées entrées en France en 2024, 144 000 sont nées en Afrique, 83 000 en Europe, 57 000 en Asie et 30 000 en Amérique ou Océanie. Toutes origines confondues, le nombre d’entrées de personnes immigrées diminue de 10 % entre 2023 et 2024, après -9 % entre 2022 et 2023. Cette baisse concerne toutes les régions d’origine. Le recul le plus marqué concerne les personnes immigrées originaires d’Europe (-13 %), notamment des pays européens n’appartenant pas à l’UE27, dont le nombre d’entrées diminue de 19 % par rapport à 2023. Même si les entrées d’immigrés nés en Ukraine diminuent progressivement depuis 2022, elles demeurent trois fois plus élevées (5 800) que pour les années précédant le déclenchement de la guerre (autour de 2 000 par an en moyenne).

L’expérience de mort imminente : le témoignage de Laurence Trochu

Benoît Mancheron recevait sur Radio courtoisie Laurence Trochu, philosophe, mère de famille nombreuse, député français au Parlement européen, sur le thème : « L’expérience de mort imminente : le témoignage de Laurence Trochu sur ce qu’ont vécu son fils et ses proches », suite à la publication de son livre Maman, j’ai vu Jésus :

La Chine rase une église après que ses fidèles ont refusé d’y déployer le drapeau communiste

Les autorités chinoises ont démoli une importante église protestante dans l’est de la Chine après des mois de conflit avec des paroissiens qui résistaient aux demandes du gouvernement d’afficher le drapeau national à l’intérieur de l’église, exposant le traitement des chrétiens opposés au projet de sinisation de l’État.

Le 19 mai, la démolition de l’église Yazhong à Yayangzhen, dans le comté de Taishun, s’est achevée après des mois de confrontation. L‘opération s’est déroulée sous un dispositif de sécurité exceptionnel, comprenant une surveillance accrue, des barrages routiers, un important déploiement policier et des restrictions de communication.

Les autorités ont commencé à boucler le périmètre autour de l’église plusieurs jours avant sa démolition. Des points de contrôle ont été mis en place jusqu’à deux kilomètres du site et l’accès était réservé au personnel autorisé. Les riverains auraient été relogés avant l’arrivée des équipes de démolition. La source a également indiqué que du matériel de surveillance avait été déployé dans toute la zone et que les autorités surveillaient les bâtiments voisins afin d’observer les activités autour de l’église.

Les personnes soupçonnées d’avoir photographié l’église ont été immédiatement prises en charge par la police.

Ces démolitions s’inscrivent dans un contexte plus large de pressions croissantes sur les communautés religieuses en Chine. Wenzhou, souvent considérée comme l’une des régions les plus chrétiennes de Chine, a été l’épicentre d’une vaste campagne de retrait de croix entre 2014 et 2016, au cours de laquelle plus de 1 000 croix d’églises auraient été démantelées.

Des préoccupations similaires ont été soulevées concernant les communautés catholiques. En avril 2026, Human Rights Watch a signalé que les autorités chinoises avaient intensifié la surveillance, le contrôle idéologique et les restrictions administratives à l’encontre des catholiques, en particulier des membres des communautés clandestines refusant d’adhérer à l’Association patriotique catholique chinoise, contrôlée par l’État. L’organisation a déclaré que des détentions arbitraires, des disparitions forcées, des assignations à résidence, des actes de torture et d’autres formes de pression avaient été utilisés contre le clergé et les fidèles qui résistaient à leur intégration dans les structures religieuses officielles.

Selon Human Rights Watch, la pression exercée sur les catholiques clandestins s’est accrue depuis l’accord confidentiel de 2018 entre le Saint-Siège et Pékin concernant la nomination des évêques.

« À la découverte de la messe en latin : Guide pratique pour les curieux »

Sur le NCR Edward Pentin a interrogé Édouard de Habsbourg, ancien ambassadeur de Hongrie auprès du Saint-Siège, qui a écrit une brochure, « À la découverte de la messe en latin : Guide pratique pour les curieux » , conçue comme un guide simple et pratique pour les néophytes en matière de liturgie. Traduction de Belgicatho :

Monsieur l’Ambassadeur Habsbourg, quels sont vos espoirs quant à l’ouvrage « À la découverte de la messe latine » , et qu’est-ce qui vous a incité à l’écrire ?

J’ai écrit ce petit livre car, lorsque j’ai assisté à ma première messe traditionnelle en latin, je n’avais pas de brochure explicative pratique sous la main et j’étais complètement désemparée, voire même agacée. Personne ne m’avait préparée aux différences dans presque tous les aspects de la liturgie, et je n’ai donc pas pu l’apprécier pleinement au début. J’espère donc qu’avec ce petit livret en main, les fidèles aborderont leur première messe en latin mieux préparés et sans se braquer d’emblée.

À qui s’adresse-t-il principalement, et peut-on apporter le livret à la messe pour mieux la suivre et y participer ?

Ce livre ne s’adresse pas, en premier lieu, aux personnes qui assistent déjà à la messe traditionnelle en latin. Il est plutôt destiné à celles et ceux qui souhaitent l’essayer, soit parce qu’ils en ont entendu parler, soit par simple curiosité pour cette forme du rite romain. Il s’adresse également à celles et ceux que la messe en latin irrite et qui aimeraient voir certains de leurs préjugés dissipés.

Oui, vous pouvez emporter ce livre à vos deux ou trois premières messes en latin. Il contient une section centrale où j’explique les différentes parties de la liturgie, avec quelques illustrations montrant, par exemple, que lorsque l’enfant de chœur se tient à droite et le prêtre au centre, on peut savoir à quelle partie de la messe nous sommes. Donc, oui, il est tout à fait idéal pour cela.

Quel impact la messe tridentine a-t-elle eu sur votre propre vie, et quelle importance a-t-elle eu pour vous en tant que parent, notamment pour aider à former vos enfants dans la foi catholique ?

Merci beaucoup pour cette question. L’impact le plus fort que la messe en latin ait eu sur moi, c’est sur mes enfants. Nous avons tous été élevés dans la foi catholique, allant régulièrement à la messe, récitant nos prières, faisant des pèlerinages, etc. Mais lorsque nous avons découvert la messe en latin il y a environ cinq ou six ans, toute la famille — même ceux qui ne nous rendaient visite que sporadiquement à Rome — a entamé un cheminement spirituel nouveau, approfondissant notre foi, notre relation avec le Christ et notre compréhension de la liturgie.

Avant tout, j’ai constaté que la vie liturgique imprégnait notre quotidien. Par exemple, je remarque désormais une plus grande ferveur dans la prière quotidienne, la récitation du Rosaire, la pratique des neuvaines et de toutes ces pratiques, ce qui transforme notre vie. J’ai trouvé quelque chose qui a véritablement donné à toute notre famille un nouveau départ dans la foi.

Pendant des siècles, la famille des Habsbourg a joué un rôle essentiel dans la préservation de l’ancienne liturgie , qui a eu un impact majeur sur la culture et la politique de ses territoires. Percevez-vous votre rôle comme similaire — aider les fidèles à connaître et à aimer la messe tridentine et ainsi contribuer à la préservation de la civilisation catholique européenne, d’autant plus qu’elle est aujourd’hui fortement menacée par la laïcité, l’islam et d’autres forces ?

Il est, à mon avis, bien trop tôt pour prédire le rôle que jouera la redécouverte de la messe traditionnelle en latin en Europe. Le nombre de fidèles reste encore très faible, et l’immense majorité des catholiques assistent toujours à ce que l’on appelle le Novus Ordo – la messe d’aujourd’hui. Mais je me vois peut-être comme un ambassadeur de la messe traditionnelle en latin auprès de ceux qui n’en ont jamais entendu parler, qui aimeraient la découvrir, ou qui souhaiteraient dépasser leurs préjugés à l’égard de cette forme de rite.

J’ai commencé à écrire ce livret presque aussitôt après avoir terminé mon mandat de diplomate auprès du Saint-Siège. En tant que diplomate, on doit rester assez discret sur ses préférences, surtout en matière liturgique. Désormais, je suis beaucoup plus libre de parler de ce qui me tient à cœur.

On observe un regain d’intérêt marqué pour la messe tridentine, notamment chez les jeunes. Comment expliquez-vous cette popularité croissante, d’autant plus qu’elle survient malgré les efforts récents du Vatican pour la restreindre ?

Vous avez tout à fait raison : les jeunes sont très attirés par la messe traditionnelle en latin. C’est un phénomène que l’on observe partout en Europe et dans le monde, notamment aux États-Unis, en Angleterre, en France, mais aussi en Autriche, en Allemagne et en Hongrie – partout. Vous vous demandez pourquoi. Bien sûr, je ne le sais pas avec certitude, mais j’imagine que c’est l’antithèse même du monde actuel.

C’est un lieu empreint de recueillement et de silence, un silence absolu. C’est ce silence qui m’a le plus attiré, ainsi que ma famille. On y ressent une profonde ferveur. Je crois que si les jeunes d’aujourd’hui veulent être catholiques, c’est pour vivre une foi authentique et profonde. La messe traditionnelle en latin offre à la fois l’impression et la réalité d’un enracinement très profond. L’étrangeté de la langue latine, la solennité des gestes, tout cela témoigne du sérieux et du caractère sacré de l’événement. Je pense que c’est ce que recherchent les jeunes qui souhaitent bâtir leur vie sur des fondements solides.

Pourquoi pensez-vous que la messe tridentine suscite des passions aussi vives, tant chez ceux qui souhaitent la préserver que chez ceux qui s’y opposent ?

Pour commencer par l’opposition, je crois que la résistance acharnée à la messe traditionnelle en latin est due en grande partie à deux facteurs, dont le premier est probablement un préjugé qui remonte aux années 1950 et 1960. Plusieurs générations de prêtres – dont certains sont aujourd’hui évêques – ont grandi avec l’idée que cette messe appartient au passé, qu’il faut l’abandonner pour s’ouvrir à la liturgie contemporaine. On leur a appris qu’il ne fallait pas s’y attarder ni trop s’y complaire, qu’elle est quelque peu mécanique, manichéenne, un vestige d’un autre temps. Tout cela a pu amener certains à grandir avec la ferme conviction qu’il s’agit d’une pratique à dépasser, poussiéreuse et obsolète. Aussi, lorsque d’autres tentent aujourd’hui de la redécouvrir, ils réagissent avec véhémence. Je pense que c’est une explication possible.

L’autre facteur, bien sûr — et je le trouve fort regrettable — est la manière dont certains catholiques nouvellement convertis, s’exprimant souvent devant leur webcam, se présentent comme défendant la tradition et la messe en latin. Parfois, ils se sentent obligés de parler de façon très agressive et bruyante pour montrer qu’ils sont « vraiment » catholiques. Cela contribue à donner l’image des traditionalistes comme un groupe de personnes rigides, moralisatrices et peu accueillantes.

Je suis presque certain que nombre des mesures prises ces dernières années contre la messe en latin découlent de cette impression. Internet peut être un excellent moyen de parler de sa foi, mais le faire avec respect, charité et une compréhension des autres formes de vie catholique est sans doute bien plus utile.

Malgré le regain d’intérêt, le nombre de fidèles reste relativement faible par rapport à l’ensemble de la population catholique. Considérez-vous ceux qui assistent à la messe tridentine comme le « reste », cette minorité créative dont parlait le cardinal Ratzinger, qui préservera l’ordre catholique et la tradition apostolique alors que tout semble décliner et s’effondrer ?

Il est vrai que la messe en latin est suivie par un nombre relativement restreint de catholiques dans le monde. Je dis « relativement » car si l’on compare le nombre de ceux qui fréquentent la messe en latin avec celui des fidèles qui assistent régulièrement à la messe – et parfois même en semaine – dans de nombreux pays d’Europe occidentale, le nombre de fidèles de la messe en latin paraît soudain bien plus important qu’on ne le pense. Cependant, comparé au nombre total de personnes baptisées dans l’Église catholique, ce nombre reste très faible.

Est-ce que je crois que cela constituera le rempart, le petit reste ? Je ne le pense pas. Je crois que les propos de Benoît XVI s’appliquent aussi bien à ceux qui assistent à la messe traditionnelle en latin qu’à ceux qui fréquentent les paroisses où la messe contemporaine est célébrée avec ferveur et respect, et où la vie catholique est vivante et florissante. Ensemble, ils forment le petit reste – et ces deux groupes connaissent une croissance exponentielle.

Si l’on considère le nombre de personnes baptisées, confirmées ou revenues à l’Église catholique ces quatre ou cinq dernières années, on constate qu’il se passe quelque chose au sein de l’Église, quelque chose se passe dans tout le monde occidental, du moins à mon avis. Je suis plein d’espoir pour l’Église, de peur que nous ne devenions ce très petit reste dont parlait Benoît XVI.

Stop à l’inaction des pouvoirs publics pour protéger les enfants contre la pédopornographie

Communiqué de Juristes pour l’enfance :

Juristes pour l’enfance a écrit au Procureur du Tribunal judiciaire de Paris et à l’OFMIN pour demander la mise en œuvre d’une enquête pénale et à tout le moins sociale concernant la situation des mineurs exploités dans la campagne BALENCIAGA « Gift Shop » de 2022.

Dans cette campagne publicitaire, six jeunes enfants ont été mis en scène dans un univers évoquant la torture et les pratiques sexuelles du BDSM (bondage, domination, soumission, sadomasochisme). Devant l’émotion bien justifiée de l’opinion publique, la société Balenciaga a retiré la campagne et présenté de vagues excuses, invoquant une erreur.

Par la suite, le jury de déontologie publicitaire (organisme d’intérêt général, instance associée de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP)) a estimé dans son avis publié le 6 février 2023  que la campagne de publicité

« renvoie sans ambiguïté à une thématique de « bondage » et de jeux sexuels potentiellement violents. Cette représentation induit l’idée qu’un enfant pourrait simuler de telles pratiques avec une peluche, ce qui est à l’évidence inapproprié à cet âge, voire suggère et légitime le fait que l’enfant lui-même pourrait se livrer ou être l’objet d’une telle activité à l’initiative d’un adulte. La mise en scène qui mêle la présentation d’un enfant au regard triste à celle d’objets à la fois hétéroclites et présentés de manière ordonnée, l’ours comme l’enfant étant inclus dans cette scénographie, renforce le caractère indécent de la situation. Le Jury estime que cette mise en scène est de nature à heurter la sensibilité du public et à le choquer en propageant une image de l’enfant qui porte atteinte à sa dignité et à la décence».

Deux lanceurs d’alerte – le Dr Florent Godeau et Mr Eric Ramond syndicaliste CGT – ont dénoncé les conséquences du tournage d’une telle campagne sur les enfants concernés. Grâce à leur opiniâtreté, la commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée nationale a été saisie et l’inspection du travail a diligenté une enquête sur les conditions d’emploi des enfants pour cette campagne publicitaire. Le Parquet de Paris et la Défenseure des droits ont également été alertés .

Mais il ne semble pas y avoir eu de suite. L’absence de réaction forte des pouvoirs publics interroge sur la volonté de prendre des mesures réellement efficaces pour protéger les enfants de la pédocriminalité. La liberté artistique a de justes limites et ne peut servir de prétexte pour violer la dignité des enfants. L’exploitation de leur image pour alimenter les fantasmes d’adultes avec des visuels de l’univers sexuel BDSM (bondage, domination, soumission, sadomasochisme) contribue gravement à entretenir l’idée que la relation sexuelle avec le petit enfant est possible.

C’est la raison pour laquelle il apparaît indispensable que les moyens soient mis en œuvre pour protéger les enfants exploités dans cette campagne. Un examen médical, une évaluation de leur situation et de leurs conditions d’emploi dans cette campagne doivent être vérifiés.

Constatant que le nécessaire n’a pas été fait, Juristes pour l’enfance a donc repris les initiatives précédentes pour demander qu’une enquête pénale, et à tout le moins sociale, soit effectuée afin d’assurer la protection des enfants concernés.

Henry Nowak : l’antiracisme tue

L’image de la semaine : Un grand sommet de la remigration à Porto

Retour sur le rendez-vous portugais qui faisait suite au “Remigration Summit” de Milan en mai 2025, auquel avait déjà participé Jean-Yves Le Gallou. Et la série européenne de rendez-vous ne s’arrête pas là puisque la prochaine étape sera française ! C’est Polémia qui organisera ce grand événement le 31 octobre prochain.

Le dossier du jour : L’affaire Henry Nowak, une bombe à retardement

Henry Nowak, 18 ans, étudiant, poignardé à Southampton par Vickrum Digwa. Menotté par la police alors qu’il agonisait, il répétait “I can’t breathe” (je ne peux pas respirer), les mêmes mots que George Floyd. Pourtant, le silence médiatique est assourdissant. Pourquoi ? Parce que son histoire contredit le cadre idéologique dominant. Nous analysons le traitement médiatique à deux vitesses, la réaction internationale, les manifestations en Grande-Bretagne, et la conférence de presse bouleversante de son père.

Les pastilles de l’info :

– Les émeutes post-victoire du PSG : avec le “gentil Hugo” d’extrême gauche et “Mamie Mireille”
– Xenia Fedorova : la campagne contre l’ex-dirigeante de RT France continue
– Xavier Dupont de Ligonnès : encore un faux témoignage
– La question géopolitique de Pujadas sur les Chinois

Portrait piquant : Apolline de Malherbe

Pédocriminalité : la famille n’est pas coupable, elle est trahie

Il faut reconnaître à la députée Laurence Rossignol un mérite réel : elle a raison de refuser le mot de « pédophilie » lorsqu’il s’agit de violences sexuelles commises contre des enfants. Le terme est piégé. Étymologiquement, il suggère une forme d’amour de l’enfant. Or il n’y a pas d’amour dans l’emprise, dans l’agression, dans l’inceste, dans la destruction d’une innocence. Il y a un crime, une prédation. Il y a une profanation du plus vulnérable. Parler de « pédocriminalité » est donc plus juste, plus net, plus moralement sain.

Mais c’est précisément parce que cette première distinction est bonne qu’il faut regretter que le raisonnement s’arrête en chemin.

Car lorsqu’on affirme ensuite que les violences sexuelles contre les enfants ont le plus souvent lieu dans la famille, et qu’on en tire une suspicion générale contre la famille, contre l’autorité, contre le père, alors on retombe dans un vieux réflexe idéologique. Un réflexe très installé à gauche : dès que le mal surgit dans une institution traditionnelle, on conclut que l’institution elle-même est le problème. La famille devient suspecte. Le père devient suspect. L’autorité devient suspecte. Et le drame réel des enfants devient l’occasion de remettre en marche le vieux logiciel anti-famille.

Or ce raisonnement est faux. Il est d’abord faux parce qu’un enfant passe une grande partie de sa vie dans sa famille. C’est là qu’il dort, qu’il mange, qu’il dépend, qu’il fait confiance, qu’il est vulnérable. Il n’est donc malheureusement pas absurde que beaucoup d’horreurs se produisent dans ce cadre-là. C’est même ce qui les rend si terribles : elles ne viennent pas d’un extérieur clairement identifié, mais du lieu qui devait être le refuge.

Mais surtout, ce raisonnement est faux parce qu’il confond l’institution avec sa trahison.

La violence sexuelle dans la famille n’est pas la vérité de la famille. Elle en est la corruption absolue. L’inceste n’est pas l’expression du lien familial : il est son inversion monstrueuse. Un père prédateur n’est pas l’incarnation de l’autorité paternelle : il en est la caricature démoniaque. Il ne représente pas le père ; il détruit la paternité. Il ne représente pas l’autorité ; il la souille.

C’est ici que la comparaison politique est éclairante. Le fait qu’il existe des dictateurs ne prouve pas que tout gouvernement soit mauvais. Il prouve qu’un pouvoir sans justice devient tyrannique. Le fait qu’un chef puisse opprimer ne signifie pas qu’une société doive renoncer à toute autorité. Cela signifie qu’il faut distinguer l’autorité légitime, qui protège, sert et ordonne, de la domination illégitime, qui écrase et possède.

Il en va de même dans la famille. L’autorité du père, lorsqu’elle est juste, n’est pas une permission donnée au plus fort. Elle est une charge. Elle est un service. Elle est une responsabilité devant les plus faibles. Elle n’existe pas pour enfermer l’enfant, mais pour le protéger. Elle n’existe pas pour imposer le silence, mais pour garantir la sécurité. Elle n’existe pas pour couvrir les abus, mais pour empêcher qu’ils soient possibles.

Il faut donc être très clair : défendre la famille ne signifie pas couvrir les crimes commis dans les familles. Défendre le père ne signifie pas défendre les pères indignes. Défendre l’autorité ne signifie pas défendre l’impunité. Bien au contraire. Une société qui croit vraiment à la famille doit être impitoyable envers ceux qui la profanent. Une société qui croit vraiment à la paternité doit être impitoyable envers ceux qui utilisent la position de père, de beau-père, d’oncle ou de proche pour détruire un enfant.

La vraie réponse n’est donc pas de déconstruire la famille. Elle est de rappeler ce qu’est une famille digne de ce nom : un lieu de protection, de transmission, de tendresse, de justice, de parole et de sécurité. Et lorsqu’elle devient l’inverse, lorsqu’elle devient le lieu du secret, de l’emprise et de la peur, alors elle ne mérite pas d’être excusée au nom de la famille. Elle doit être jugée au nom même de ce que la famille devrait être.

C’est pourquoi le mot « pédocriminalité » est juste. Mais il appelle une autre précision : ces crimes ne révèlent pas la vérité de la famille. Ils révèlent la profondeur de sa trahison. Et cette trahison doit être combattue non pas contre l’idée de famille, mais au nom de l’enfant, au nom de la justice, et au nom d’une autorité enfin rendue à sa vocation première : protéger les faibles.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Plus de 12000 personnes déjà engagées dans la lecture de Magnifica Humanitas

Quelques jours seulement après son lancement, le parcours de prière proposé par Hozana autour de l’encyclique Magnifica Humanitas rassemble déjà plus de 10.000 participants.

Ce succès témoigne d’une véritable attente des fidèles face aux grandes questions soulevées par le développement de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies. Dans cette encyclique très attendue, le pape Léon XIV appelle les catholiques à défendre la dignité humaine, la vérité et le bien commun dans un monde toujours plus dominé par la technique.

Loin d’un rejet simpliste du progrès, le Saint-Père invite au contraire à replacer la personne humaine au centre :

“La technique doit rester ordonnée au bien de l’homme et jamais l’homme au service de la technique.”

À travers cette encyclique, le pape rappelle que toute société qui oublie la transcendance de la personne humaine finit inévitablement par fragiliser la famille, la liberté et la paix sociale.

Pour aider les fidèles à s’approprier ce texte dense et majeur, Hozana propose un parcours gratuit intitulé :

“100 jours pour lire Magnifica Humanitas

Chaque jour, les participants reçoivent :

  • un extrait de l’encyclique disponible en format texte ou audio
  • une prière.

Le format volontairement simple et accessible permet à chacun d’avancer progressivement dans cette lecture spirituelle et intellectuelle.

À l’heure où les débats sur l’intelligence artificielle se multiplient, il est heureux de voir des milliers de catholiques prendre le temps de réfléchir, prier et discerner à la lumière de l’enseignement de l’Église.

Le parcours est gratuit et accessible ici : https://tinyurl.com/5n8sumvs

Proposition de loi visant à lutter contre les violences en milieu scolaire : le secret de la confession préservé

L’Assemblée nationale a adopté le 1er juin à l’unanimité la proposition de loi issue de la commission d’enquête sur le scandale de Bétharram. Les députés ont finalement supprimé la mesure prévoyant d’obliger les prêtres à dénoncer les actes de pédocriminalité entendus lors de la confession. Deux propositions de ce texte ont été supprimées : le dispositif de renouvellement des contrats d’association et les dispositions relatives au secret de la confession.

Lors des débats le député LR Xavier Breton a défendu ce sacrement :

Par ailleurs, la remise en cause du secret de la confession irait à l’encontre des objectifs poursuivis par ce texte. En effet, ceux qui voudraient se confesser de la commission d’un crime ou d’un délit ne le feront pas, sachant que le secret n’existe plus. Au nom d’une vision d’un État qui contrôle tout, de haut en bas –⁠ y compris le fonctionnement des religions –, on supprimerait un espace de parole protégé où pourrait s’engager un chemin, un dialogue.

On pourrait avoir de longs débats sur ce sujet, mais ils n’ont pas leur place dans l’examen de ce texte. La précipitation avec laquelle nous légiférons à cette heure ne permet pas de le faire avec la sérénité qui s’impose. Il me paraît donc plus sage de supprimer ces alinéas. Ce serait une marque de respect pour un sujet aussi profond, qui mérite beaucoup mieux que des phrases lapidaires ou des prises de position pour faire le buzz.

Le député LFI Paul Vannier a déclaré :

Cela dit, les dispositions de l’article 9 en question permettent de traiter les causes des violences. En aucun cas elles ne remettent en cause le sacrement de la confession et le secret qui lui est lié. Elles ont été rédigées dans un esprit de respect des principes fondamentaux d’une République laïque de séparation des Églises et de l’État, de liberté de conscience et de liberté de culte. Il était bien sûr hors de question que l’Assemblée nationale s’ingère dans l’organisation d’un culte, en l’occurrence le culte catholique puisque c’est de celui-ci que parle M. Breton.

Ce que nous voulions dire –⁠ j’emploie le passé car nous y renonçons à l’instant –, c’est qu’en République, rien n’est supérieur à la loi. Monsieur Breton, vous vous gargarisiez d’être sensible à ce principe lorsque vous présidiez une certaine commission. Comme représentants du peuple, nous fixons ici des obligations en matière de lutte contre les violences qui doivent s’appliquer à tous, sans distinction, et, bien sûr, j’y insiste, dans le respect des cultes. Monsieur Breton, vous avez eu le sentiment de voir des formes d’entrisme et vous y avez même consacré une commission d’enquête. J’ai quant à moi le sentiment ce soir qu’un entrisme agit à l’Assemblée nationale, à travers vous.

Consistoire : Les cardinaux débattront de la « guerre juste », et non de la liturgie

L’ordre du jour du prochain consistoire extraordinaire des cardinaux du pape Léon XIV a été dévoilé, offrant l’indication la plus claire à ce jour des questions que le pontife entend soumettre au Sacré Collège lorsqu’il se réunira au Vatican les 26 et 27 juin.

Selon une lettre récemment divulguée, envoyée aux membres du Sacré Collège par son doyen, le cardinal Giovanni Battista Re, la réunion portera sur la « situation internationale » dans le monde et au sein de l’Église, les thèmes abordés dans la nouvelle encyclique du pape Magnifica Humanitas , et la prochaine phase du Synode sur la synodalité.

La lettre, envoyée aux cardinaux le 3 juin, a été publiée par le blog italien Messa in Latino.

Bien que le sujet de la liturgie ne soit pas explicitement mentionné dans la lettre, les cardinaux seront invités, lors de la première session, à réfléchir aux « souffrances, tensions et questions » qui affectent les Églises locales et à identifier des « signes d’espérance » et une « réconciliation possible » à soumettre au Pape et au Sacré Collège.

Deux sessions seront ensuite consacrées à Magnifica Humanitas. L’une d’elles portera plus particulièrement sur les questions de guerre et de paix. Les cardinaux seront invités à examiner comment réaffirmer au mieux l’affirmation de l’encyclique selon laquelle « la théorie de la “guerre juste”, trop souvent utilisée pour justifier toute forme de guerre, est désormais dépassée » (n° 192), et quelles mesures concrètes pourraient être prises pour préserver et consolider la paix.

La dernière session sera consacrée à la mise en œuvre du Synode sur la synodalité, l’un des projets phares du pontificat du pape François et un processus que le pape Léon s’est engagé à poursuivre. Les cardinaux recevront un compte rendu basé sur le document récemment publié « Vers les assemblées 2027-2028 : étapes, critères et outils de préparation », avant d’entamer une période de dialogue libre entre les membres du Collège et le Saint-Père.

Selon la lettre, les interventions libres durant cet échange seront limitées à trois minutes chacune.

Le consistoire extraordinaire se tiendra les 26 et 27 juin dans la salle d’audience Paul VI et la salle synodale, et se terminera le 29 juin dans la basilique Saint-Pierre, où le Saint-Père présidera la messe pour la solennité des saints Pierre et Paul.

Proposer une conversation consentie sur l’avortement n’est pas un crime dans les rues d’Écosse

Rose Docherty, 75 ans, a été acquittée par le tribunal de Glasgow le 27 avril, lorsque le juge a rejeté deux accusations criminelles portées contre elle, en vertu de la législation de censure introduisant des « zones tampons » autour des établissements d’avortement au Royaume-Uni.

Le Crown Office and Procurator Fiscal Service, le procureur public écossais, a refusé de faire appel de la décision et n’a désormais plus le temps de le faire.

Cette grand-mère chrétienne de 75 ans a été arrêtée en septembre dernier pour avoir simplement proposé de parler aux personnes se trouvant à proximité de l’hôpital universitaire Queen Elizabeth de Glasgow, en brandissant une pancarte sur laquelle on pouvait lire : « La coercition est un crime, je suis là pour parler, seulement si vous le souhaitez », ce qui a provoqué un tollé dans le monde entier, y compris de la part du département d’État américain.

Elle n’a abordé personne, n’a pas parlé d’avortement, n’a eu aucun comportement d’obstruction, de harcèlement ou d’intimidation, et ne manifestait pas.

Après son arrestation, Mme Docherty a été placée en garde à vue pendant plusieurs heures. On lui a refusé une chaise dans sa cellule, bien qu’elle ait indiqué avoir subi une double arthroplastie de la hanche.

Avec le soutien d’ADF International, Mme Docherty envisage désormais toutes les options pour éviter que son arrestation et son traitement ne se reproduisent, y compris des poursuites judiciaires contre la police.

En septembre dernier, Mme Docherty a été arrêtée pour la deuxième fois pour avoir tenu une conversation pacifique et consensuelle dans une « zone tampon ». Sa première arrestation pour expression pacifique remonte au 19 février 2025, et le procureur fiscal a par la suite renoncé à engager des poursuites en août, ce qui a constitué une victoire pour la liberté d’expression.

Mme Docherty a été la première personne à être poursuivie pénalement en vertu de la loi écossaise de 2024 sur les « zones tampons », qui interdit d’« influencer » quiconque cherche à accéder à un avortement, à le pratiquer ou à le faciliter, et qui est appliquée dans un rayon de 200 mètres autour de tout hôpital pratiquant des avortements. Des lois similaires existent en Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande du Nord.

Rose Docherty a déclaré :

Je me réjouis de cette évolution, qui confirme que proposer une conversation consentie n’est pas un crime dans les rues d’Écosse, qu’elles se situent ou non dans une zone tampon. De nos jours, la solitude est malheureusement devenue un fléau et les gens subissent quotidiennement des formes de coercition. Proposer de parler, que chacun peut accepter ou refuser librement, peut être d’un grand secours et ne devrait jamais être criminalisé.

« La liberté d’expression pacifique, protégée par le droit national et international, ne saurait constituer un crime. Les autorités devraient tirer les leçons de leurs tentatives infructueuses de censure à mon encontre – moi, une grand-mère chrétienne de 75 ans, ayant toujours vécu à Glasgow – et s’abstenir à l’avenir de me criminaliser, ainsi que toute personne exerçant légitimement ses droits dans ce pays. »

« Je réitère mon appel à l’abrogation des lois sur les « zones tampons » en Écosse et dans tout le Royaume-Uni, afin d’empêcher qu’elles ne soient utilisées pour censurer des expressions pacifiques comme la mienne. »

« Je consulte actuellement mon équipe juridique et j’étudie les actions nécessaires, y compris des actions en justice, pour garantir que les autorités ne puissent pas m’arrêter, m’emprisonner et me poursuivre à répétition pour avoir exercé pacifiquement mon droit à la liberté d’expression. »

L’avocat et conseiller juridique d’ADF International, Jeremiah Igunnubole, a commenté :

« La victoire de Rose en matière de liberté d’expression le mois dernier est désormais consolidée par la décision du Crown Office de ne pas faire appel. C’est une victoire pour la liberté d’expression en Écosse et dans tout le Royaume-Uni. »

« Que l’on partage ou non les opinions pro-vie et chrétiennes de Rose, il devrait être admis que proposer de discuter avec des personnes dans un lieu public n’est pas un crime et ne doit jamais être considéré comme tel. »

« Cependant, la législation sur les « zones tampons » au Royaume-Uni continue de saper dangereusement l’État de droit. Il est incohérent que Rose ait été innocentée en Écosse, tandis que nos clients, Livia Tossici-Bolt et Adam Smith-Connor, ont été condamnés pénalement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits civiques dans des « zones tampons » ailleurs au Royaume-Uni. »

« Le seul moyen de protéger efficacement les droits fondamentaux, de faire respecter l’état de droit au Royaume-Uni et de garantir que les « zones tampons » ne soient pas utilisées comme un outil de censure des comportements légaux est d’abroger les lois profondément imparfaites et attentatoires à la liberté d’expression qui imposent des restrictions aux délits de pensée en Écosse et dans tout le Royaume-Uni. »

« Nous avons déjà constaté les vives critiques du Département d’État américain concernant la censure exercée par le Royaume-Uni dans sa « zone tampon » et sa profonde inquiétude quant au cas de Rose et de nos autres clients. Si les responsables politiques n’agissent pas pour protéger la liberté d’expression, la réalité est alarmante : la Grande-Bretagne cessera d’être un pays où les droits de l’homme sont respectés comme par le passé, et notre réputation internationale en pâtira. »

« Bien que Rose ait été innocentée, elle n’aurait jamais dû être arrêtée. La procédure est devenue une punition, avec un effet dissuasif profondément inquiétant sur la liberté d’expression en général. »

« Nous soutenons Rose dans l’examen de toutes les options qui s’offrent à elle, y compris une action en justice, afin d’éviter que de tels agissements ne se reproduisent ou ne soient banalisés. Se tenir dans un lieu public pour engager une conversation consentie ne constitue pas, comme l’a déclaré le shérif Reid, « une infraction inconnue du droit écossais ». Nous continuerons à soutenir Rose afin que l’exercice pacifique de la liberté d’expression ne soit pas relégué au rôle des tribunaux pénaux. »

Le vice-président américain JD Vance avait souligné que cette loi était particulièrement préoccupante lors de son discours à la Conférence de Munich sur la sécurité en février de l’année dernière.

L’Égypte accorde un statut légal à 191 églises après des décennies de restrictions

Le gouvernement égyptien a accordé un statut légal à 191 églises et bâtiments affiliés à l’Église dans le cadre de son processus de légalisation en cours pour les lieux de culte chrétiens.

Le 19 mai, le gouvernement égyptien a promulgué un décret légalisant 191 églises et bâtiments de culte affiliés à diverses confessions chrétiennes à travers le pays. Cette décision fait suite à une réunion du Conseil des ministres présidée par le Premier ministre Mostafa Madbouly et s’inscrit dans le cadre d’un programme d’État de longue date visant à régulariser le statut juridique des églises et des lieux de culte qui fonctionnaient sans autorisation officielle depuis des décennies.

La légalisation a été approuvée suite à un examen mené par le Comité principal pour la légalisation des églises, un organisme chargé d’évaluer les demandes de reconnaissance officielle émanant des églises et des établissements apparentés. Selon les déclarations du gouvernement, le comité a examiné le statut juridique et technique de chaque bâtiment avant de recommander son approbation.

Cette décision récente marque une nouvelle étape dans les efforts déployés par l’Égypte pour régulariser le statut de milliers d’édifices religieux construits au cours des dernières décennies sans les permis requis par la loi. Depuis le début du processus de légalisation, les autorités annoncent régulièrement de nouvelles autorisations suite aux examens menés par la commission.

Le processus de légalisation actuel est lié à la loi égyptienne sur la construction d’églises. Approuvée par le Parlement égyptien le 30 août 2016, cette loi a instauré un nouveau cadre réglementaire pour la construction et la rénovation des églises. Elle a transféré aux gouverneurs de province le pouvoir d’approuver les projets de construction et de restauration d’églises. Auparavant, ces autorisations relevaient principalement des services de sécurité.

Antiracisme et racisme anti-blancs : l’affaire Henry bien pire que Georges Floyd

Au lieu de protéger l’étudiant de 18 ans qui agonisait, la police britannique l’avait… menotté.

Le 3 décembre 2025, Henry Nowak rentre d’une soirée à Southampton, sur la côte sud de l’Angleterre. Il est agressé par un jeune homme sikh de 23 ans, Vickrum Digwa, qui le poignarde à cinq reprises avec un couteau ayant une lame de 20 centimètres. Quand les policiers arrivent, le meurtrier se pose en victime, accusant l’étudiant d’injures racistes. Il dit avoir agi en état de légitime défense après des insultes et des coups. Les agents croient ses mensonges et menottent Henry Nowak, alors que le garçon est en train de mourir.

L’opposition et Nigel Farage dénoncent une police «à deux vitesses».

Mgr Schneider : « L’aspect juridique est secondaire en raison de l’état d’urgence dans l’Église »

Source : https://fsspx.news/fr/news/mgr-schneider-laspect-juridique-est-secondaire-raison-letat-durgence-dans-leglise-59452

Au cours d’un voyage apostolique aux Philippines, Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana, a accordé un entretien à la chaîne YouTube Adrian Milag TV, publié le 22 mai 2026 dans l’émission Istoryang Katoliko. Il y a notamment abordé de nouveau la question de la Fraternité Saint-Pie X et des sacres épiscopaux à venir.

Un évêque face aux « virus spirituels » de notre époque

Au micro d’Adrian Milag, Mgr Athanasius Schneider a expliqué, en évoquant son livre Fuyez l’hérésie, quel est le rôle d’un évêque pour protéger les fidèles : « Des laïcs m’ont demandé de réaliser une synthèse des erreurs les plus répandues de notre époque. J’ai donc écrit cet ouvrage comme une aide pour les fidèles. Vous savez, lorsqu’une maladie se propage, lorsqu’une épidémie survient et que des virus se répandent partout, un bon médecin doit fournir aux personnes des remèdes capables de les guérir. Il doit aussi les avertir en leur disant : « N’allez pas là-bas » ou « Soyez vigilants ». Il en va de même pour un évêque. Il est le père spirituel des fidèles.

Un évêque est également un médecin spirituel, un docteur des âmes, chargé de procurer la santé spirituelle. Ce livre se veut donc un avertissement contre des virus spirituels dangereux. Il a été écrit avec une intention de véritable charité pastorale, de véritable amour du prochain. Lorsque j’aime les personnes et les âmes, je ne peux pas les laisser dans une situation de confusion. Je ne peux pas les laisser dans une situation où se répandent des virus spirituels. C’est pourquoi je considère cet ouvrage, cet avertissement contre les hérésies, comme un acte éminent d’amour du prochain. »

« Le véritable Philippin est catholique »

Revenant sur son voyage aux Philippines, Mgr Schneider explique ce qui caractérise, selon lui, le peuple philippin : « J’ai découvert que Dieu a accordé au peuple philippin un don particulier. Vous possédez, d’une certaine manière, un don naturel pour la foi catholique. Le véritable Philippin est catholique. Il ne peut pas ne pas être catholique. Cela est profondément enraciné dans le dessein de la Providence divine à l’égard du peuple philippin et dans toute l’histoire des Philippines. L’amour de la foi catholique, la profondeur de la dévotion, tout cela est remarquable.

J’ai également constaté l’amour particulier que vous portez à Notre-Seigneur, spécialement à Notre-Seigneur souffrant, ainsi qu’à sa Très Sainte Mère. J’ai aussi observé que le peuple philippin se distingue, je crois, de tous les autres pays catholiques du monde par son amour de l’Enfant Jésus. Cette dévotion à l’Enfant Jésus est quelque chose de très particulier aux Philippines. Elle manifeste la simplicité de la foi, la confiance filiale et l’amour profond que le peuple philippin porte à Notre-Seigneur dès son enfance. »

« Conservez cette messe, développez-la, faites-la renaître »

Plus loin, après avoir expliqué la vie qu’il a connue derrière le rideau de fer, Mgr Athanasius Schneider encourage les Philippins à garder et répandre la messe traditionnelle : « Mais aujourd’hui la situation est différente. À l’époque communiste, nous étions persécutés par des ennemis extérieurs à l’Église. De nos jours, nous sommes confrontés à la confusion à l’intérieur même de l’Église. Certains fidèles et certains prêtres sont, d’une certaine manière, persécutés, humiliés ou marginalisés par des membres du haut clergé qui détiennent l’autorité dans l’Église et qui empêchent des prêtres ou des évêques d’exprimer pleinement la foi catholique. Voilà la situation actuelle. Mais malgré cela, nous devons continuer à proclamer la vérité avec charité, mais aussi avec clarté. La charité et la clarté. Sans ambiguïté.

Nous devons annoncer la foi catholique traditionnelle et immuable de tous les temps. Nous devons faire connaître la beauté de la liturgie de tous les temps, celle qu’ont connue nos saints. Cette messe traditionnelle latine, je l’appelle la messe des Philippins. Car quelle fut la première messe célébrée aux Philippines ? C’était la messe traditionnelle latine.

À Mazaua, en 1521. C’était exactement la même messe, ce que l’on appelle aujourd’hui la messe traditionnelle latine. C’est donc la messe fondatrice des Philippines. C’est la messe qui est à l’origine même de l’histoire catholique des Philippines. C’est pourquoi je vous en prie : conservez cette messe. Développez-la. Faites-la renaître. Répandez-la à nouveau dans tout le pays. Vous pouvez dire qu’elle est la messe de vos origines. »

La franc-maçonnerie et les racines de la crise actuelle

Adrian Milag a ensuite interrogé le prélat au sujet du catéchisme qu’il a publié : « Là encore, ce n’était pas mon idée. À vrai dire, presque tous les livres que j’ai écrits ne sont pas nés de mes propres initiatives. On me les a demandés. Pour Credo, c’est un père de famille nombreuse des États-Unis qui m’a demandé de le faire. J’ai considéré que cette demande d’un père de famille était, en réalité, un appel que Dieu m’adressait. Je ne pouvais pas le refuser. En tant qu’évêque et pasteur, je me devais d’y répondre. Avec l’aide de plusieurs théologiens, j’ai donc travaillé pendant plus d’un an à l’élaboration de cet ouvrage intitulé Credo.

Cet ouvrage catéchétique, sous forme traditionnelle de questions et réponses, a ceci de spécifique qu’il consacre plusieurs questions à des sujets actuels ou inhabituels, notamment la franc-maçonnerie : « J’aborde notamment la question de l’idéologie du genre. J’ai également consacré un chapitre à la franc-maçonnerie, ce qui n’est généralement pas le cas dans les autres catéchismes. C’est un sujet important. Nous devons en parler. Je n’y fais que citer le magistère de l’Église, non mes propres opinions. J’ai même cité les francs-maçons eux-mêmes, à partir de leurs propres déclarations. Il ne s’agit donc nullement d’une théorie du complot. J’ai simplement repris les sources provenant des francs-maçons eux-mêmes, telles qu’ils se définissent. Il faut savoir qu’il s’agit d’une organisation très dangereuse, l’une des sectes secrètes les plus dangereuses, une secte à caractère religieux qui constitue une forme de gnose, de gnosticisme. Aux degrés les plus élevés, elle tend toujours davantage, selon moi, vers une forme de culte satanique.

Le dogme fondamental de la franc-maçonnerie est le relativisme. Le relativisme. Il n’existe aucune vérité religieuse objective. Toutes les religions sont égales et chacun peut choisir son propre dieu, pour ainsi dire, et lui rendre un culte. Voilà le premier dogme. Le second, plus profond encore, est l’anthropocentrisme : l’homme doit être au centre de tout. Non plus Dieu. Mais l’homme.

Et le plus grand obstacle à cette idéologie maçonnique est Jésus-Christ, Dieu incarné. Pour eux, c’est l’obstacle principal. Ce qu’ils rejettent le plus, c’est précisément l’Incarnation de Dieu en Jésus-Christ et l’unicité de Jésus-Christ. C’est ce qui est le plus opposé à tout l’édifice spirituel de la franc-maçonnerie. Par conséquent, la foi catholique intégrale et la véritable Église catholique constituent naturellement, à leurs yeux, leur principal adversaire. C’est pourquoi, depuis toujours, la franc-maçonnerie cherche à marginaliser la foi catholique et à la combattre.

Mgr Schneider explique qu’à ses yeux la crise de l’Église est due en grande partie à l’infiltration des idées maçonniques dans le corps ecclésial : « Aujourd’hui, elle aurait changé de tactique. Au lieu de combattre directement la foi catholique, elle chercherait à s’infiltrer dans l’Église afin de la corrompre par des idées de relativisme, de naturalisme et d’anthropocentrisme. Selon moi, c’est là l’une des racines de la crise actuelle de l’Église depuis le concile Vatican II. Nous pouvons l’observer. Je ne dis pas que cette crise est l’œuvre des francs-maçons. Non. Mais les similitudes sont réellement frappantes.

Depuis le Concile, depuis environ soixante ans, l’une des caractéristiques majeures de la crise est précisément la primauté accordée au relativisme. Par le biais de ce qu’on appelle l’œcuménisme et le dialogue interreligieux, l’unicité de Jésus-Christ se trouve comme diluée parmi les autres religions. Le second phénomène que l’on constate dans l’Église catholique depuis le Concile est la tendance à placer l’homme au centre de tout. Dans la liturgie également. Le Christ est relégué à l’arrière-plan. Même dans les églises, la Sainte Eucharistie — le Christ vivant, Dieu incarné vivant — est souvent placée dans un coin, tandis que le prêtre occupe le centre sur son siège. C’est, selon moi, une approche profondément anthropocentrique.

De même, célébrer la messe face au peuple, dans une sorte de cercle fermé autour de l’autel, transforme progressivement l’autel en table. Le centre visible devient alors le prêtre plutôt que le Christ. On affirme en théorie que le Christ demeure au centre. Mais, dans la pratique, l’impression donnée est souvent différente. Voilà une autre caractéristique fondamentale de la crise actuelle de l’Église catholique, laquelle présente, selon moi, certaines analogies avec l’idéologie maçonnique. Autrement dit, on en vient à accorder la primauté à la nature, à la vie présente, aux réalités terrestres, au détriment des vérités éternelles, de la grâce et de la vie spirituelle en Dieu. C’est là notre crise. »

« Nous devons remettre le Christ au centre »

La réponse à cette infiltration idéologique est, comme le voulait saint Pie X, la restauration de toutes choses en Jésus-Christ : « Nous devons remettre le Christ au centre. Le Christ doit être le centre de tout. Son unicité doit être proclamée à nouveau. Nous devons l’annoncer avec un nouvel élan missionnaire, prêts à donner notre vie, comme les Apôtres, pour proclamer qu’il n’existe pas d’autre voie de salut. Pour personne. Ni pour les musulmans, ni pour les juifs, ni pour les bouddhistes, ni pour les hindous. Pour personne. On ne peut être sauvé sans Jésus-Christ, sans croire en Jésus-Christ. Nous devons l’affirmer de nouveau avec amour et avec clarté. Proclamer le Christ comme l’unique chemin. Puis remettre l’Incarnation de Dieu au centre de notre culte et de nos églises. Placer le tabernacle au centre. Accorder au Dieu incarné vivant dans l’Eucharistie les plus grands honneurs dont nous sommes capables. Tourner à nouveau le prêtre et les fidèles vers Lui, vers le tabernacle, durant la sainte Messe. Se tourner vers Lui. C’est Lui qui compte.

Lorsque nous recommencerons à vénérer et à honorer le Christ au centre, comme Il le mérite en tant que Dieu véritablement incarné, alors seulement l’Église sera renouvelée. Il n’y aura pas de véritable renouveau de l’Église sans un renouveau de la vénération eucharistique. Sans un renouveau du respect manifesté envers l’Eucharistie, notamment lors de la réception de la sainte Communion. Nous devons nous agenouiller. C’est notre loi. S’agenouiller, et non rester debout. Pourquoi rester debout ? Ouvrez la bouche comme un enfant. Jésus a dit : « Si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume. » Agenouillez-vous donc et ouvrez la bouche comme les enfants. Alors le prêtre vous donnera le Corps du Christ avec toute la révérence, toute l’attention et tout le soin qui Lui sont dus.

Nous devons retrouver cela. Nous devons aussi retrouver la beauté du mariage chrétien, la beauté des familles catholiques, la chasteté de la jeunesse, la sainteté du sacerdoce. Nous avons besoin d’une nouvelle génération de saints prêtres, de prêtres animés d’un zèle apostolique ardent, ainsi que d’évêques partageant ce même esprit. Voilà l’avenir de l’Église. Et cet avenir viendra. Il est déjà en train de naître. Je le vois ici, chez vous, dans ces magnifiques jeunes familles, dans ces bonnes initiatives qui existent partout dans le monde, comme la vôtre, Adrian, et comme tant d’autres qui annoncent et défendent la foi catholique. »

Le document d’Abou Dhabi : « C’est une hérésie »

Interrogé dans le registre de l’indifférentisme religieux au sujet du document d’Abou Dhabi, l’évêque répond : « Malheureusement, un document a été signé à Abou Dhabi en 2019 par le pape François et des représentants musulmans. Il traitait de la fraternité humaine et de la coexistence pacifique. Nous n’avons évidemment rien contre la fraternité humaine ni contre la paix entre les hommes. Tout cela est bon.

Mais dans ce document se trouvait, selon moi, un véritable poison. Un poison qui, fondamentalement, contredit l’Évangile. Je vais citer la phrase en question. Le document affirme que « la diversité des sexes, la diversité des nations, la diversité des langues, des cultures et des religions » est une expression de la sage volonté de Dieu Créateur. Cela est impossible. C’est une hérésie. Comment Dieu pourrait-Il vouloir la diversité des religions de la même manière qu’Il veut la diversité des sexes, homme et femme, qui fonde le mariage ? Il est impossible de placer ces réalités sur le même plan et de les présenter comme étant également voulues par Dieu, puisqu’elles sont simplement énumérées dans une même phrase.

Or Dieu ne veut pas l’idolâtrie. Il la condamne et la punit. Le premier commandement est clair : « Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face. » Le premier commandement exclut précisément les faux cultes. Notre-Seigneur Lui-même a déclaré : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » Et saint Pierre, premier pape, a proclamé au monde le jour de la Pentecôte : « Il n’a été donné sous le ciel aucun autre nom par lequel nous devions être sauvés que celui de Notre-Seigneur Jésus-Christ. » Cette phrase du document d’Abou Dhabi, telle qu’elle est rédigée, revient de fait à nier l’Évangile et le premier commandement de Dieu. Nous devons le dire. Nous ne pouvons pas l’accepter. Nous devons continuer à proclamer l’unicité de Notre-Seigneur Jésus-Christ. »

« L’œuvre de Mgr Lefebvre est une grande œuvre pour toute l’Église »

Adrian Milag emmène ensuite son invité sur le sujet très actuel des consécrations épiscopales prévues par la Fraternité Saint-Pie X le 1er juillet prochain, il explique comment il a connu cette œuvre sacerdotale et prend sa défense : « Je connais bien cette Fraternité. Il y a plus de dix ans, le pape François m’a envoyé, avec trois autres évêques, comme visiteur apostolique auprès de la Fraternité Saint-Pie X. J’ai donc pu acquérir une connaissance interne de cette œuvre. À l’époque, les quatre évêques chargés de cette visite ont remis au pape François un rapport fondamentalement positif. Je pense que c’est notamment à la suite de ce rapport favorable que le pape François a accordé aux prêtres de la Fraternité les facultés pour entendre les confessions, facultés qui demeurent valides aujourd’hui. Il leur a également accordé la possibilité d’assister officiellement aux mariages.

J’ai lu leurs documents, étudié leur vie et les écrits de Mgr Lefebvre. Et plus je les étudie, plus je suis convaincu que l’œuvre de Mgr Lefebvre est une grande œuvre pour toute l’Église. L’histoire le reconnaîtra. Bien sûr, comme toute communauté présente sur cette terre, elle possède ses limites et ses défauts. C’est normal. Mais ce n’est pas là la question essentielle. Il faut regarder ce qui constitue le cœur de cette œuvre. La Fraternité Saint-Pie X ne fait rien d’autre que transmettre et enseigner la même foi que celle qu’enseignaient les saints jusqu’au Concile. C’est la même foi que l’Église a toujours demandé d’enseigner. Elle n’a rien inventé de nouveau. Lorsqu’elle proclame la même foi que les saints et les papes du passé, il n’y a là rien de répréhensible.

Elle célèbre également la même sainte Messe, la même liturgie que celle qui a été célébrée pendant des siècles. Lorsque saint Pie V a codifié cette liturgie, il ne l’a pas inventée. Il ne l’a pas réformée. Il a simplement recueilli le rite romain traditionnel tel qu’il existait depuis des siècles avant le Concile de Trente et l’a donné à toute l’Église latine comme modèle, comme la manière la plus sûre de célébrer le saint sacrifice de la Messe. La plus sûre. C’est précisément ce que continue de faire la Fraternité Saint-Pie X.

La formation des séminaristes suit également les normes que le Saint-Siège a données pendant des siècles. Elle ne suit pas ses propres normes particulières. Elle suit celles que le Saint-Siège lui-même a prescrites. Elle utilise les mêmes catéchismes que ceux qu’ont connus nos grands-parents partout dans le monde : le catéchisme de saint Pie X et d’autres catéchismes traditionnels. La foi catholique n’a pas changé avant le Concile ni après le Concile. La Fraternité continue simplement à transmettre cette même foi. Pour cette raison, nous devons lui être reconnaissants de conserver et de transmettre la foi de nos pères, la foi des papes au cours des siècles, la liturgie des saints, la formation traditionnelle des prêtres et des fidèles, et ainsi de suite. »

« L’aspect juridique est secondaire »

Il explique ensuite pourquoi, tant que Rome veut imposer certaines nouvelles doctrines erronées ou ambiguës de Vatican II, l’accord est impossible : « Le problème est essentiellement d’ordre juridique. Il s’agit d’une question canonique : la Fraternité ne bénéficie pas encore d’une pleine reconnaissance juridique de la part du Saint-Siège. Mais, dans le contexte actuel, cet aspect juridique est secondaire. Il est secondaire en raison de la confusion manifeste et de la situation d’urgence qui règnent dans l’Église. Le Saint-Siège ne garantit pas toujours pleinement, aujourd’hui, le maintien intégral de la foi catholique dans toute sa pureté.

Par ailleurs, le Saint-Siège demande à la Fraternité Saint-Pie X, comme condition préalable à toute reconnaissance canonique et à toute permission concernant les consécrations épiscopales ou d’autres questions, d’accepter certaines affirmations du Concile qui demeurent ambiguës. Il lui est demandé d’accepter certaines méthodes œcuméniques qui, selon moi, sont ambiguës et tendent à relativiser l’unicité de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il en va de même pour certaines formes de dialogue interreligieux. On lui demande également d’accepter certaines conceptions nouvelles de la collégialité épiscopale permanente, telles qu’elles ont été formulées par le concile Vatican II. Or cette compréhension de la collégialité n’existait pas auparavant sous cette forme dans l’histoire de l’Église.

Ainsi, dans la pratique, l’épiscopat tend parfois à devenir, à travers les conférences épiscopales, une sorte d’organe démocratique qui étouffe parfois l’autorité propre de l’évêque diocésain. Or l’évêque diocésain est de droit divin. Il est le successeur des Apôtres. La conférence épiscopale, en revanche, n’est pas de droit divin ; c’est une institution créée à notre époque. Voilà l’une des principales difficultés entre le Saint-Siège et la Fraternité Saint-Pie X. La Fraternité affirme : « Nous ne pouvons pas accepter ce qui demeure ambigu. » Le Saint-Siège répond : « Vous devez accepter les nouvelles méthodes de l’œcuménisme, de la liberté religieuse, etc., ainsi que la nouvelle messe qui contient certains éléments du nouvel Ordo Missæ qui, au moins sur le plan doctrinal, ne sont pas toujours suffisamment clairs. » Vous voyez donc où se situe le problème. »

Un nouvel appel au pape Léon XIV

C’est pourquoi, inlassablement, Mgr Schneider interpelle le Saint-Père afin qu’il agisse en faveur de la Fraternité Saint-Pie X, qu’il fasse au moins preuve de réalisme pastoral devant tant de catholiques qui demandent à bon droit la Tradition intégrale : « C’est pourquoi j’ai lancé cet appel : Très Saint-Père, soyez un bon pasteur, un pasteur généreux. Ces fidèles sont aussi vos enfants. Il y a environ un demi-million de catholiques de la Fraternité Saint-Pie X à travers le monde, plus de huit cents prêtres, religieux, religieuses et séminaristes. Ils vous aiment sincèrement. Ils prient chaque jour pour vous à la messe. Ils vous reconnaissent comme pape ainsi que leurs évêques diocésains.

Pourquoi ne pourriez-vous pas leur accorder une exception ? Alors même que vous faites preuve d’une grande générosité envers d’autres confessions, recevant par exemple l’archevêque anglican de Cantorbéry, rencontrant des représentants d’autres religions ou visitant des mosquées. Pourquoi ne pourriez-vous pas faire un geste envers vos propres enfants ? Pourquoi ne pas leur accorder, de manière exceptionnelle, la permission de consacrer des évêques qui vous aimeront et prieront pour vous ? Ensuite, avec le temps, vous pourrez trouver une solution durable avec eux. Cela demande du temps. J’en appelle donc une nouvelle fois à vous, Très Saint-Père. »

Et l’évêque conclut son propos par un encouragement au pape à dépasser les pressions : « Vous pouvez éviter cette blessure faite d’excommunications et d’anathèmes par un geste pastoral généreux. Tel est mon appel, ainsi que celui de nombreux fidèles.

Très Saint-Père, soyez un père. Soyez un fils de saint Augustin qui œuvre pour la paix. Laissez parler votre cœur, et non votre entourage qui pourrait vous influencer et vous conseiller de les excommunier. Je vous en prie, agissez comme un véritable fils de saint Augustin. Écoutez votre cœur. Évitez cette blessure de la séparation. Vous pouvez le faire. Vous êtes le père de tous. »

Lien vers la vidéo en anglais de l’interview : https://www.youtube.com/watch?v=Izu9zf2iwjU

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Sortir de la prison numérique : le sursaut salutaire de Roland Thévenet

Sortir de la prison numérique : le sursaut salutaire de Roland Thévenet

Il est des voix qui, au milieu du vacarme assourdissant de notre époque, résonnent avec la clarté d’un angélus dans le soir. C’est précisément ce sentiment de salutaire lucidité qu’a laissé la récente intervention de l’écrivain et conférencier Roland Thévenet sur la chaîne Haltérophilo:

Face au flot ininterrompu de l’actualité anxiogène, des bruits de bottes et des effondrements sociétaux, son propos n’était pas une énième déploration stérile, mais une véritable feuille de route pour le combat spirituel contemporain. Comment vivre chrétiennement dans une société qui a délibérément choisi l’amnésie et le déracinement ? La réponse tient en un mot, exigeant et magnifique : la résistance par le réel et la verticalité.

La démoralisation par l’écran : le piège du « Codex » virtuel

Roland Thévenet pose d’emblée un diagnostic d’une grande acuité sur ce que l’on nomme abusivement la « société de l’information ». Ce déferlement continu de catastrophes, cette mise en scène perpétuelle du déclin ne relèvent pas du hasard : il s’agit, analyse-t-il, d’un véritable projet de démoralisation. L’objectif ? Atrophier l’autonomie de l’âme, plonger le chrétien dans une paralysie anxieuse pour mieux le soumettre aux structures de la modernité cybernétique.

Pour y parvenir, la technique a forgé son arme la plus redoutable : l’écran. Thévenet oppose avec force la page du livre au flux numérique. Là où le livre délimite un espace clos, propice à la vie intérieure et à la pensée longue, l’écran — ce « codex » moderne — fragmente l’attention par ses notifications incessantes, maintenant l’esprit à la surface de lui-même. Face à cette entreprise d’asservissement psychologique, l’urgence est de retrouver l’« indifférence » ignatienne. Non pas un jemenfoutisme ou un désintérêt du bien commun, mais cette sainte distance chrétienne qui consiste à ne pas se laisser consumer par un monde que l’homme n’a pas mission de sauver seul.

Le retour à la « Page » et aux maîtres oubliés

Pour briser les chaînes de cette matrice virtuelle et échapper à une production littéraire contemporaine trop souvent nombriliste, le remède réside dans le commerce quotidien avec les textes exigeants. Évoquant l’historien Godefroid Kurth (Les Origines de la civilisation moderne), Roland Thévenet rappelle comment les premiers clercs et moines ont su arracher la pensée aux artifices de la rhétorique païenne tardive pour l’élever vers la Vérité.

Contre les oukases d’une Université officielle qui a fait table rase du passé, il nous enjoint de redécouvrir ces grands témoins injustement relégués aux oubliettes de l’histoire littéraire. Il cite notamment René Bazin, dont le naturalisme chrétien sait intégrer la transcendance de l’homme et la beauté de la Création — à l’inverse du matérialisme désespérant d’un Zola —, mais aussi Léon Bloy ou Henri Béraud. Lire de telles œuvres, s’attaquer à des volumes denses, c’est refuser la paresse du divertissement de masse pour forcer notre intelligence à grandir.

La dissidence authentique se fait à genoux

Le cœur du message de Roland Thévenet touche cependant à l’essence même de notre foi. À ceux qui seraient tentés par un fatalisme désespéré, se persuadant que l’apostasie généralisée est une fatalité historique incontournable, il rappelle les mots de la Vierge à La Salette : l’effondrement est le plan de l’adversaire, mais le dessein divin exige notre fidélité.

La véritable dissidence chrétienne ne se déploie pas sur les réseaux sociaux ni dans les salons où l’on commente indéfiniment, avec une ferveur stérile, la géopolitique mondiale. La dissidence authentique est sacramentelle ; elle commence à genoux. Elle se déploie dans la fidélité absolue au Saint Sacrifice de la Messe — en confessant une nécessaire prédilection pour la liturgie traditionnelle, ce roc intemporel —, dans la pratique régulière de l’oraison et dans la piété filiale du chapelet récité pour nos morts.

Retrouver le réel : du potager à l’Eucharistie

Enfin, ce combat spirituel ne saurait faire l’économie d’un ancrage charnel. Pour rompre avec le virtuel, l’invitation est d’une simplicité désarmante : il faut réinvestir le réel. Contempler la nature telle que Dieu l’a faite plutôt que les décors bétonnés de nos cités ; réapprendre les gestes premiers, comme cultiver son potager ou faire son propre pain. Rappelons que le mot « culture » puise sa racine dans le latin colère, qui signifie cultiver la terre : le travail de l’esprit et celui du sol procèdent d’un même besoin d’enracinement.

À l’heure où la société spectaculaire s’apprête à saturer l’espace public de divertissements profanes et d’événements sportifs mondialisés, Roland Thévenet nous propose un magnifique exercice de Carême laïc : choisir le retrait volontaire. Préférons à ces grand-messes profanes le silence d’une page des Psaumes ou la méditation des écrits de Sainte Thérèse d’Avila.

En définitive, cette interview résonne comme un manifeste de survie spirituelle. Pour traverser le chaos moderne sans y perdre son âme, le chrétien doit « creuser l’écart ». En opposant à l’indignation horizontale et stérile des écrans la verticalité exigeante de la Croix, de la bonne lecture et de la terre, nous ne fuyons pas le monde : nous le reconstruisons, pas à pas, là où Dieu nous a plantés.

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La Fête Dieu interdite, s’affiche à Genève

La Fête-Dieu s’affiche à Genève : 70 affiches pour rendre visible ce que la loi a rendu invisible

Du 1er au 14 juin 2025, l’association Perspective catholique lance une campagne d’affichage inédite dans six communes genevoises pour célébrer la Fête-Dieu, cette grande fête eucharistique que la loi cantonale genevoise sur la laïcité a rendue invisible dans l’espace public depuis 2021.

Une campagne d’affichage sur six communes

Soixante-dix affiches sont placardées sur les espaces publicitaires publics des communes de Genève, Carouge, Chêne-Bougeries, Chêne-Bourg, Le Grand-Saconnex et Thônex. Cette présence visuelle dans l’espace urbain vise à attirer l’attention des catholiques, des personnes qui le sont peu, et même de ceux qui ne le sont pas du tout, sur l’une des grandes solennités du calendrier chrétien.

Chaque affiche est accompagnée d’un QR code renvoyant vers une page du site de Perspective catholique, qui explique en quelques mots l’origine et le sens de la Fête-Dieu.

Qu’est-ce que la Fête-Dieu ?

La Fête-Dieu ou fête du Très Saint Sacrement est l’une des plus importantes solennités du calendrier catholique. Instituée au XIIIe siècle, elle célèbre la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie. Traditionnellement marquée par des processions solennelles dans les rues et les places publiques, elle témoigne de la foi des chrétiens dans l’espace commun de la cité.

Ce que la loi genevoise a voulu cacher

Depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur la laïcité, ainsi que la loi d’application décidée par le Conseil d’État, toute procession religieuse dans l’espace public est désormais interdite. Cette disposition, que Perspective catholique juge excessive au regard du principe de laïcité, a pour effet de rendre invisibles des pratiques religieuses pacifiques et séculaires.

Pendant une trentaine d’années, les catholiques de la paroisse Saint-Joseph, relevant de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, ont organisé chaque année une procession à l’occasion de la Fête-Dieu, sans qu’aucun incident notable n’ait jamais été recensé. Ce qui était possible jusqu’en 2021 ne l’est plus aujourd’hui.En réponse à cette situation, Perspective catholique a choisi une voie pacifique et légale : celle de l’affichage public. «Nos affiches rappelleront, silencieusement, la présence de Dieu sous les espèces de la sainte Eucharistie», précise l’association.

Euthanasie : faisons célébrer des messes pour que cette loi ne passe pas

C’est une excellente idée d’écrire aux députés pour essayer de les faire changer d’avis et les encourager à lutter contre l’euthanasie, et il faut le faire. Mais dans « L’âme de tout apostolat », Dom Chautard nous enseigne qu’il faut envelopper notre apostolat de prières, pour qu’il soit efficace.

La prière la plus efficace de toutes est la messe, car alors c’est Jésus lui-même qui prie à notre place et qui offre son sacrifice de la croix et son Sacré-Cœur pour nos intentions. Il me semble donc qu’il faudrait que nous assiégions le ciel de nos prières en faisant célébrer le plus de messes possible “pour la conversion de tous les députés et sénateurs et pour que l’euthanasie ne passe pas”. Il faudrait aussi faire célébrer des messes pour la conversion d’Emmanuel Macron et de tous les membres de son gouvernement.

Emmanuel Macron a fait la démarche courageuse d’aller se faire baptiser, quand il avait douze ans, alors que sa famille ne pratiquait pas. Il me semble que Dieu peut l’en récompenser en lui donnant une grâce de conversion. Jean-Luc Mélenchon était enfant de chœur et allait à la messe régulièrement, dans son enfance. Demandons à Dieu de lui en tenir compte également et de le convertir. Et prions de même pour chaque député, chaque sénateur, chaque membre du gouvernement.

Si vos prêtres ont un agenda de messes déjà très rempli et qu’ils ne peuvent dire de messes rapidement, il est possible de contacter des communautés de moines qui disent la messe traditionnelle et qui semblent moins prises. J’ai déjà fait dire plusieurs fois des messes par les moines de la communauté de Donezan qui étaient disponibles de suite. J’ai l’impression qu’ils ont une grande disponibilité. On peut leur envoyer un courrier accompagné d’un chèque à l’adresse suivante :

Abbaye Notre Dame de Donezan
Route du col des Hares
09460 Carcanières

Le tarif est de 18€ pour une messe mais il est de 180€ pour une neuvaine de messes.

On peut aussi leur envoyer un message sur ce lien : https://www.abbaye-donezan.fr/contact/

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Parcours d’excellence musicale au sein de l’école Saint-Dominique (Le Pecq – 78)

Le parcours CHAM (Classe à Horaires Aménagés Musique) de Saint-Dominique propose aux élèves du secondaire un parcours formateur et structuré, centré sur la musique sacrée.
À travers le chant choral, le chant grégorien, la technique vocale, la pratique du clavier (piano ou orgue) et une formation musicale approfondie, cet enseignement vise à favoriser l’épanouissement personnel, artistique et spirituel des élèves tout en les formant à mieux servir la liturgie.

Enseignement musical structuré sur 6 ans
Pratique collective (choeur de chambre ; chant grégorien)
Cours individuels de chant et d’instrument (piano ou orgue)
Validation des acquis
Auditions régulières avecles « Jeudis de la CHAM »

CONCERT DE FIN D’ANNÉE SUIVI D’UNE RENCONTRE AVEC LES PROFESSEURS
Mardi 16 juin à 16h45, chapelle du bâtiment Bosco, Collège-Lycée Saint-Dominique 20 avenue Charles-de-Gaulle 78230 Le Pecq
https://ecole-stdominique.fr/classe-cham/

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Boualem Sansal : entretien autour de “La Légende” sur Livres en famille.

La légende n’est pas seulement le récit d’une détention. C’est l’histoire d’un homme que l’on a voulu effacer – et qui devient un symbole.

Dans ce nouveau livre, l’écrivain franco-algérien transforme une expérience intime en un récit puissant, traversé par les questions de justice, de liberté et de pouvoir. Plus qu’un témoignage, La Légende est une prise de parole : celle d’un homme qui cherche à se réapproprier son histoire, à interroger les mécanismes qui façonnent les récits publics et parfois effacent les individus.

Un jour, on découvre que l’on vit dans un monde inversé – où la vérité dérange, où la justice inquiète, où la liberté fait peur. C’est dans ce «pays des miracles » que mon histoire commence. Ou peut-être qu’elle finit. J’ai compris que cette histoire ne m’appartenait pas. Elle circulait sans moi. Elle est née dans la tête du grand magistrat, elle est passée par un tribunal d’exception, par la prison, par les médias des cinq continents, elle s’est chargée des colères et des espoirs des uns et des autres. A aucun moment elle n’est passée par moi. Mon récit me permet de me réapproprier la légende, et rappelle ce qu’est une justice aux ordres, un pouvoir sans contrepoids, la peur quand elle s’installe dans la langue. Les bourreaux prospèrent dans l’anonymat ; la lumière commence par les désigner. Ces pages n’adoucissent rien : elles éclairent… » B.S.

Face à la caméra, Boualem Sansal évoque cette écriture de l’après, le besoin de dire, de comprendre, et de mettre en lumière ce qui reste souvent dans l’ombre. Un échange à la fois lucide, direct et essentiel, à l’image de son œuvre.

RETROUVEZ BOUALEM SANSAL FACE A LA CAMERA : https://www.livresenfamille.fr/recits-chroniques/30597-la-legende-libres-meditations-d-un-prisonnier-encombrant.html

SON LIVRE : La Légende – Libres méditations d’un prisonnier encombrant, de Boualem Sansal, Editions Grasset, 252 pages, 22€.

Plus d’informations et commandes des livres de Boualem Sansal sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/6702_boualem-sansal

Ce livre est un combat pour la liberté d’expression.

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Albert Moukheiber, ou le moment où la science du cerveau devient métaphysique de comptoir

Albert Moukheiber est un homme intelligent. Il suffit de l’écouter parler quelques minutes du cerveau, des biais cognitifs, de nos automatismes mentaux, de nos récits intérieurs, pour comprendre qu’on a affaire à quelqu’un de fin, de cultivé, de pédagogiquement doué. Il a ce talent rare de rendre clairs des mécanismes complexes sans les réduire à une soupe de développement personnel. Sur ce terrain-là, il est souvent excellent.

Le problème commence quand il quitte le cerveau pour parler de Dieu.

Dans une intervention récente, il explique qu’il est athée, puis raconte que ce qui l’aurait éloigné du « dieu monothéiste », c’est cette question : pourquoi préférer ce Dieu-là – celui du judaïsme, du christianisme et de l’islam, qu’il présente comme étant au fond le même – plutôt que Zeus, Baal ou d’autres divinités anciennes ?

La question peut sembler maligne. Elle est en réalité très révélatrice. Elle montre surtout qu’un esprit très compétent dans son domaine peut devenir étonnamment sommaire dès qu’il aborde la religion. Comme souvent, l’athéisme contemporain ne réfute pas tant le christianisme qu’une image très appauvrie du religieux : un marché des croyances où l’on choisirait entre Yahvé, Zeus, Baal, Thor ou Allah comme entre plusieurs marques de céréales spirituelles.

Or la foi biblique ne commence pas par une préférence tribale. Elle ne dit pas : « Nous avons choisi ce dieu plutôt qu’un autre parce qu’il nous plaisait davantage. » Elle dit tout autre chose : le Dieu d’Israël n’est pas un dieu parmi les dieux, mais Celui qui est, le Créateur, le Seigneur de l’histoire, Celui devant qui les idoles sont démasquées comme des puissances fabriquées, craintes ou imaginées par les hommes.

Zeus a une généalogie, des passions, des rivalités, un panthéon. Baal est lié à un monde cultuel, à la fécondité, à l’orage, aux puissances cananéennes. Le Dieu biblique, lui, n’appartient pas à cet ordre. Il n’est pas le plus fort des dieux locaux : il est d’une autre nature. Il n’est pas dans le monde comme une puissance parmi d’autres ; il est Celui par qui le monde existe.

Tout l’Ancien Testament est justement traversé par ce combat contre les faux dieux. Israël vit entouré de cultes concurrents. Il est tenté par eux, contaminé par eux, parfois fasciné par eux. Mais la pédagogie biblique consiste précisément à faire passer le peuple élu d’une compréhension encore imparfaite du type « notre Dieu nous protège » à une confession radicale : « le Seigneur seul est Dieu ». Les autres dieux ne sont pas seulement inférieurs ; ils ne sont pas Dieu.

C’est pourquoi la comparaison avec Zeus ou Baal ne tient pas. Elle suppose que la révélation biblique serait une mythologie parmi d’autres. Mais le christianisme ne repose pas sur le simple choix affectif d’une divinité. Il repose sur une histoire : Abraham, Moïse, les prophètes, l’attente messianique, puis l’Incarnation du Verbe en Jésus-Christ. On peut refuser cette histoire. On peut ne pas y croire. Mais on ne peut pas honnêtement la réduire à une préférence arbitraire entre plusieurs figures mythologiques.

Autre glissement révélateur : l’idée selon laquelle le judaïsme, le christianisme et l’islam adoreraient simplement « le même Dieu ». Cette formule peut être vraie dans un sens limité : ces traditions visent le Dieu unique, créateur, juge, Dieu d’Abraham. Mais elle devient fausse si elle signifie que les trois religions diraient substantiellement la même chose de Dieu.

Pour un chrétien, Dieu est Trinité. Le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne sont pas des options théologiques secondaires. Jésus-Christ n’est pas seulement un prophète, ni un maître moral, ni un envoyé parmi d’autres : il est le Verbe fait chair, vrai Dieu et vrai homme. L’islam nie précisément cela. Il refuse la Croix, la divinité du Christ, la filiation divine, la Trinité. Dire que « c’est le même Dieu » sans préciser cette différence fondamentale revient donc à écraser ce qui fait le cœur même de la foi chrétienne.

La formule juste serait plutôt celle-ci : les trois monothéismes ne parlent pas de trois divinités concurrentes comme Zeus, Baal ou Apollon ; mais ils ne connaissent pas Dieu de la même manière, et leurs affirmations sur Dieu sont parfois incompatibles.

Le fond de l’affaire est peut-être là. Beaucoup d’athées cultivés ne sont pas vraiment sortis d’une religion étudiée, méditée, comprise. Ils sont sortis d’une atmosphère religieuse. Ils ont rejeté un milieu, une pression sociale, une famille incapable de répondre, une société saturée de signes religieux, parfois une religion devenue politique, communautaire, conflictuelle. Dans certains pays comme le Liban, où les appartenances confessionnelles structurent si fortement la vie publique, ce réflexe peut être encore plus compréhensible. Mais il n’en devient pas plus profond pour autant.

On voit alors apparaître une sorte d’athéisme adolescent prolongé : brillant, ironique, rapide, sûr de lui, mais parlant de Dieu comme on parle d’un vieux catéchisme mal digéré. Ce n’est pas nécessairement de la malveillance. C’est souvent une fatigue. Une saturation. Une allergie au religieux avant même d’avoir rencontré la théologie.

Le paradoxe est cruel : celui qui sait si bien nous alerter sur les biais cognitifs semble parfois ne pas voir les siens dès qu’il parle de religion. Il sait que notre cerveau simplifie, reconstruit, sélectionne, caricature. Mais lorsqu’il aborde le christianisme, il tombe lui-même dans une simplification massive : Dieu devient une hypothèse parmi d’autres, les monothéismes deviennent interchangeables, la révélation devient une croyance collective, et la foi biblique se retrouve alignée sur Zeus ou Baal dans un musée imaginaire des divinités humaines.

Qu’Albert Moukheiber soit athée n’invalide pas ce qu’il dit sur le cerveau. Mais cela n’oblige pas non plus à recevoir ses propos sur Dieu comme s’ils relevaient de la même compétence. Quand il parle de neurosciences, il est dans son champ. Quand il parle de Dieu, il fait de la philosophie, souvent sans le dire. Et une philosophie implicite n’est pas une vérité scientifique.

Le christianisme n’a pas peur des questions. Il n’a pas peur qu’on lui demande pourquoi le Dieu d’Abraham plutôt que Baal. Mais il demande au moins qu’on comprenne ce qu’on critique. Car le Dieu chrétien n’est pas une idole plus réussie que les autres. Il est Celui qui entre dans l’histoire, parle à Israël, accomplit les Écritures, prend chair dans le sein de la Vierge Marie, meurt sur la Croix et ressuscite.

Ce n’est pas Zeus avec une morale plus sérieuse. Ce n’est pas Baal devenu respectable. Ce n’est pas une projection collective parmi d’autres.

C’est le Dieu vivant. Et c’est précisément cela que l’athéisme mondain, souvent très intelligent sur tout le reste, refuse encore trop souvent de regarder en face.

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Saint Antoine et les choses perdues de notre temps

Nous vivons dans un monde paradoxal.

Jamais nous n’avons eu autant de moyens de communiquer, et pourtant beaucoup souffrent de solitude.
Jamais nous n’avons eu autant d’informations, et pourtant tant de confusion demeure.
Jamais nous n’avons autant couru… sans toujours savoir vers quoi.

À force d’aller vite, notre époque semble avoir perdu quelque chose d’essentiel.

Le silence.
La profondeur.
Le sens.
La présence de Dieu.

C’est dans ce contexte que la figure de saint Antoine de Padoue retrouve une étonnante actualité.

La tradition populaire l’invoque pour retrouver les objets perdus. Mais au fond, saint Antoine aide surtout les âmes à retrouver leur orientation intérieure.

Retrouver la paix après l’agitation.
Retrouver la confiance après l’épreuve.
Retrouver la prière après des années d’éloignement.
Retrouver le Christ au milieu d’une vie fragmentée.

Du 5 au 13 juin prochain, Hozana propose une grande neuvaine à saint Antoine sur le thème : « Retrouver ce qui compte vraiment ».

Animée par le Collège des Bernardins et les Franciscains, cette retraite spirituelle en ligne offrira chaque jour une méditation, un enseignement et une prière pour avancer pas à pas vers l’essentiel.

Des milliers de personnes y participeront pour confier à saint Antoine leurs intentions, leurs recherches intérieures et leurs combats spirituels.

À l’approche de l’été, cette neuvaine peut devenir une occasion providentielle de ralentir, de reprendre souffle et de laisser Dieu remettre de l’ordre dans nos vies.

👉 Inscriptions gratuites : https://tinyurl.com/5h9e988v

Euthanasie : passage en force, il reste 6 semaines pour agir

Communiqué de La Fondation Lejeune :

Le verdict est tombé : la commission mixte paritaire (CMP) réunie ce mardi après-midi a échoué. Sept députés, sept sénateurs, aucun accord, fidèle reflet du rejet du texte par le Sénat à deux reprises.

Mais avant même que la CMP ne se prononce, Laurent Panifous, ministre chargé des relations avec le Parlement annonçait le matin : le dernier mot ira aux députés, le 15 juillet. ​

Le calendrier était écrit d’avance.

Aucune obligation constitutionnelle n’imposait cela. La navette entre les chambres aurait pu se poursuivre. Sébastien Lecornu pouvait respecter les rejets du Sénat. Il pouvait entendre la demande de référendum portée par plus de 200 parlementaires (proposition de loi référendaire à l’étude au Conseil constitutionnel). Il a choisi de ne rien entendre ou a été forcé de se taire. Pendant ce temps, le ministre Panifous et la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, militants assumés de l’euthanasie, pilotent l’agenda.

Donner le dernier mot à l’Assemblée sur un sujet d’une telle gravité, est un passage en force. L’objectif se révèle : Emmanuel Macron tient à cocher la réforme sociétale de son quinquennat et à solder ce dossier avant la venue du Pape pour mieux réhabiliter sa réputation aux yeux des citoyens chrétiens.

Face à ce hold-up politique de notre civilisation qui menace les personnes âgées, handicapées, malades, mais aussi les soignants, nous ne devons pas nous taire.

Six semaines. Tout reste possible.

Souvenons-nous : l’euthanasie, plus on en parle, plus on la rejette. En deuxième lecture, 53 députés ont changé de camp. Les députés se réunissent en commission du 8 au 15 juin, puis en séance la semaine du 22 juin. C’est maintenant que tout se joue.

Comme vient de le rappeler le Pape Léon XIV dans Magnifique Humanité :  « Une tentation subtile s’insinue : penser que les problèmes sont trop grands et nous trop petits. C’est une forme élégante de capitulation, déguisée en réalisme. Personne n’est sans responsabilité. »

Agissez dès aujourd’hui — et avant le 22 juin :

Interpellez votre député

Si chacun appelle son député, il est encore possible de renverser la balance. La perspective de voir la France abandonner les citoyens les plus vulnérables à la mort provoquée et les soignants au soin dévoyé doit nous faire réagir, maintenant.

Participez à la web-conférence inter-associative

La Fondation Jérôme Lejeune organise avec les AFC, Alliance Vita, la Fondation OCH et d’autres associations une web-conférence le 8 juin à 20h30.

L’objectif : rappeler les enjeux du texte, le calendrier et surtout les différentes actions possibles pour se mobiliser !


 

Communiqué de la Marche pour la vie :

Cet après-midi se réunissait, suite au rejet du sénat le mois dernier, une commission mixte paritaire en vue d’accorder les deux chambres sur un texte légalisant l’euthanasie et le suicide assisté. Mais une fois de plus, le consensus n’existe pas.

Nous remercions les parlementaires qui tiennent bon dans le refus de légaliser l’acte létal. Mais malgré ces oppositions, et la faible majorité qui vote en faveur de ce texte, le gouvernement affiche la volonté d’un passage en force le 15 juillet. Pourtant, il pourrait tout à fait prolonger les lectures, ou, ce que nous demandons, abandonner ce texte mortifère.

La Marche pour la Vie, avec VOUS, se bat depuis des années contre cette légalisation. Le permis de tuer pourrait être à nouveau voté d’ici 7 semaines. Allons-nous baisser les bras ?

Des cartes postales pour solliciter nos députés

Acteurs d’une large mobilisation inter-associative, nous avons envoyé dans tous les coins de France des milliers de cartes postales, afin que chacun écrive et demande un rendez-vous à son député !

En savoir plus

 

Le pape nomme la présidente d’EWTN News à la tête du Dicastère pour la Communication

Le Saint-Père a nommé le Dr Maria Montserrat Alvarado, présidente et directrice générale d’EWTN News, préfète du Dicastère pour la Communication, qui prendra ses fonctions le 1er novembre.

Maria Montserrat Alvarado, née à Mexico, est diplômée de l’Université internationale de Floride et de l’Université George Washington. De 2009 à 2023, elle a occupé des postes à responsabilité au sein du Becket Fund for Religious LibertyPendant quatorze ans elle a travaillé sur plusieurs dossiers emblématiques devant la Cour suprême : les Petites Sœurs des pauvres contre la prise en charge de la contraception prévue par l’Obamacare, Hobby Lobby contre la même obligation faite aux entreprises, des écoles religieuses défendant leur autonomie dans le choix de leurs enseignants, une agence catholique de placement familial opposée à la certification de couples homosexuels. Maria Montserrat Alvarado a dirigé les opérations de communication, de levée de fonds et de lobby dans les cercles politiques de Washington.

Depuis 2023, elle est présidente et directrice générale d’EWTN News, la branche information du réseau Eternal Word Television Network , où elle supervise les plateformes médiatiques internationales produisant du contenu en sept langues pour la télévision, la presse écrite, la radio, le numérique et les réseaux sociaux. EWTN News comprend onze chaînes de télévision diffusées en continu, des radios, une maison d’édition, le National Catholic Register, Catholic News Agency ou encore l’ACI Group. L’ancien nonce aux États-Unis Carlo Maria Vigano, excommunié depuis 2024, y a trouvé une tribune complaisante ; Donald Trump y a été reçu à trois reprises, notamment pour parler avortement, liberté religieuse et vote catholique, au point de faire d’EWTN l’une des passerelles entre catholicisme conservateur et trumpisme. La rupture avec François fut telle que le pape avait fini par viser publiquement ce milieu EWTN. Devant les jésuites slovaques, en septembre 2021, il dénonça un « grand média catholique » qui « parle continuellement mal du pape », ajoutant que ces attaques contre l’Église « sont l’œuvre du diable ».

Institué par le Pape François le 27 juin 2015 dans le cadre de la réforme de la Curie romaine, le dicastère pour la Communication supervise les systèmes de communication du Saint-Siège, notamment Vatican News, Radio Vatican, L’Osservatore Romano, Vatican Media (services photo, audio et vidéo), la Salle de presse du Saint-Siège, les Éditions du Vatican (LEV), la typographie et la Cinémathèque vaticanes. Outre les fonctions opérationnelles et technologiques qui lui sont assignées, le dicastère explore et développe également les aspects spécifiquement théologiques et pastoraux de l’activité de l’Église dans le domaine de la communication.

Maria Montserrat Alvarado succédera à Paolo Ruffini, nommé en 2018 par le Pape François premier préfet laïc d’un dicastère de la Curie romaine, et qui fêtera ses 70 ans en octobre prochain.

Quand rien ne manque, tout manque

L’homme à l’épreuve de l’intelligence artificielle

Alors que le Souverain Pontife pose les balises éthiques face à l’intelligence artificielle, une question plus profonde traverse notre époque : que devient l’homme lorsque la technique tend à effacer jusqu’à ses manques ? À travers Hiroshi Sugimoto et la lumière des Écritures, Je vous invite à redécouvrir le vide — non comme une absence à supprimer, mais comme le seuil où naissent le désir, la création et l’accueil de la Grâce.

Alors que la récente encyclique Magnifica Humanitas de Léon XIV rappelle avec force que la dignité humaine ne saurait être ni déléguée ni absorbée par aucun dispositif technique, un enjeu plus discret, mais peut-être plus radical, se dessine : notre rapport intérieur au manque. Car si la dignité de l’homme est inviolable du dehors, elle peut se laisser vider du dedans — non par arrachement, mais par saturation. Les réponses précèdent désormais les questions, et les silences se trouvent comblés avant même d’avoir pu creuser le moindre sillage.

Pour la première fois, des dispositifs techniques sont capables de satisfaire quasi instantanément une part croissante de nos attentes. Leur promesse ne tient pas seulement à l’efficacité, mais à l’effacement progressif de l’attente, de l’effort et de l’incertitude. Or c’est précisément dans ces interstices que se forme la vie intérieure. L’homme n’est pas seulement un être de besoins, mais un être de désir. Or le désir naît d’un écart : il suppose une distance, une résistance, une absence qui ne se laisse pas immédiatement combler. Là où tout est donné sans délai, le désir se trouve menacé d’atrophie. Un monde saturé de réponses est un monde où les questions ne mûrissent plus.

Toute expérience créatrice en témoigne. Elle commence par une attention nue, un regard sans utilité immédiate, une disponibilité à ce qui ne s’impose pas encore. Une lumière sur un mur, un silence dans une pièce, une phrase qui tarde : rien encore n’est produit, mais déjà quelque chose travaille. Le créateur ne commence pas par faire ; il commence par recevoir.

Dans l’épaisseur du réel, il perçoit une tension, une promesse obscure, avant le travail lent et souvent ingrat de la matière. C’est dans la résistance même du matériau — pierre, langue ou son — que s’opère la transformation. L’art n’ajoute rien au monde : il révèle ce qui, en lui, attendait d’être vu. Mais cette révélation suppose une condition essentielle : consentir à ne pas combler trop vite le vide, accepter de demeurer dans ce qui ne répond pas immédiatement. C’est là que s’opère le véritable renversement intérieur : renoncer à maîtriser pour apprendre à accueillir.

Or c’est précisément cette disponibilité fondamentale que notre époque fragilise. L’intelligence artificielle n’augmente pas seulement nos capacités ; elle tend à rendre superflues certaines médiations essentielles, parmi lesquelles figurent l’attente, l’hésitation et la recherche tâtonnante. En réduisant les temps morts, en anticipant les demandes et en neutralisant les silences, elle nous dispense peu à peu de traverser ces zones d’incertitude où se forment pourtant les questions décisives. Dès lors, l’enjeu n’est pas seulement ce que la machine fait, mais ce qu’elle rend inutile en l’homme : une vie sans manque est une vie sans ouverture.

L’ennui, que nous cherchons spontanément à fuir, en est le signe révélateur. Nos sociétés saturées de sollicitations tendent à le considérer comme une anomalie qu’il faudrait aussitôt corriger par le divertissement, l’information ou la connexion permanente. Pourtant, l’ennui marque ce moment où les stimulations extérieures ne suffisent plus à nous remplir. Il met à nu une faille, qui n’est pas un défaut, mais une invitation. S’ennuyer, c’est refuser d’être artificiellement rempli pour consentir à être creusé. Si ce creusement est accepté, une autre profondeur devient possible. L’homme découvre alors qu’il ne se suffit pas à lui-même et pressent que le réel excède de beaucoup ce qui est immédiatement disponible.

C’est ici que l’expérience esthétique rejoint l’expérience spirituelle. Les horizons marins photographiés par Hiroshi Sugimoto en offrent une image saisissante : la mer et le ciel s’y confondent presque entièrement, dépouillés de tout objet et de tout repère mondain. Il n’y a presque plus rien à voir, sinon une ligne, une tension silencieuse où le regard, ne pouvant s’accrocher à aucune contingence, est contraint de demeurer.

Hiroshi Sugimoto, Seascapes, North Atlantic Ocean, Cliffs of Moher, 1989. Source : National Gallery of Art

Ce dépouillement n’est pas une privation, il ouvre un seuil. On peut y voir comme un écho visuel de la tradition mystique que l’on appelle la mystique du dépouillement : l’absence apparente n’y est pas la négation de la présence, mais le retrait de ce qui l’obscurcit. Lorsque les appuis familiers disparaissent, une autre forme d’attention s’éveille, non plus tournée vers la maîtrise, mais vers l’accueil. Dans cette vacuité consentie, quelque chose se révèle, non comme une évidence brute, mais comme une présence discrète qui ne s’impose pas.

Le manque devient alors le lieu par excellence de la vérité : il ordonne, purifie et détache, non par mépris du monde, mais par une juste lucidité sur son caractère passager.
Ce qui se défait sous le coup de la finitude n’est jamais l’essentiel. C’est souvent dans la perte que se précise ce qui demeure. Peu à peu, l’existence change de centre de gravité : il ne s’agit plus de combler un manque, mais de s’y tenir ; non plus de posséder, mais de recevoir ; non plus de durer, mais de se donner.

Dès lors, agir ne consiste plus à laisser une trace de sa propre puissance, mais à répondre humblement à un appel. Les gestes les plus simples — enseigner, soigner, écouter, servir — acquièrent alors une densité nouvelle. Ils ne visent plus à s’imposer dans le temps, mais à s’inscrire dans une fidélité invisible.

« Votre vie est cachée avec le Christ en Dieu » (Col 3,3).

Au terme de l’histoire, tout ce qui aura été accumulé, construit et maîtrisé se défera, non comme une perte absurde, mais comme un passage. Ne restera alors que ce qui aura consenti à être donné. Alors le manque, que nous redoutions tant, apparaîtra pour ce qu’il était depuis l’origine : non une menace de néant, mais une ouverture. Et nous découvrirons que ce que la technique cherchait à abolir était précisément ce qui rendait possible notre accomplissement. L’homme ne grandit pas en supprimant toute limite, mais en apprenant à habiter l’espace qu’elle ouvre. L’essentiel n’était pas au terme de la quête ; il était déjà là, silencieusement présent, dans l’appel même qui nous mettait en chemin.

L’illustration suggérée est l’œuvre d’Hiroshi Sugimoto, Seascapes (North Atlantic Ocean, Cliffs of Moher, 1989), dont le dépouillement fait écho au cœur de l’article.

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