La réforme post-conciliaire des sept sacrements : une critique irrecevable ?
L’abbé Laurent Spriet, prêtre du diocèse de Lyon et attaché à la messe traditionnelle, est revenu sur le livre publié par l’abbé Barthe sur la réforme post-conciliaire des sept sacrements (que l’abbé Barthe avait présenté ici), dans une vidéo, retranscrite dans La Nef. Il juge ce livre irrecevable, s’inscrivant dans le sillage de « l’herméneutique de la discontinuité et de la rupture » :
Dans Politique Magazine, Richard de Seze, soulignait que l’abbé Barthe “dénonce l’irénisme de rituels qui gomment toutes difficultés, écartent toute hiérarchie, affadissent le sacré, coulent le mystère dans les moules de la conversation et des usages de la politesse, presque, puisqu’il ne s’agit que de vivre-ensemble et de s’intégrer à la communauté”.
A quand un débat entre ces deux prêtres ?
Les graves abus de l’État contre l’enseignement catholique
L’Incorrect publie les 14 pages du rapport établi par le Secrétariat général de l’enseignement catholique (SGEC), qui montre l’agressivité de l’appareil d’État lors des inspections : fouille des cartables, questions intrusives, retrait des croix ou effacement des références chrétiennes.
Suite à l’affaire Bétharram, Élisabeth Borne, alors ministre de l’Éducation nationale, avait annoncé 1 000 contrôles dans les écoles privées avant la fin de l’année. L’actuel ministre, Édouard Geffray, a indiqué fin octobre que plus de 850 contrôles avaient déjà été menés et que l’objectif serait effectivement atteint.
Auditionné le mardi 2 décembre par la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale, le secrétaire général de l’enseignement catholique Guillaume Prévost avait alerté de « graves abus d’autorité » lors de certaines inspections « une trahison profonde de la confiance des familles et un dévoiement grave de l’autorité dont nous avions la charge ».
Le rapport établi par le Secrétariat général de l’enseignement catholique (SGEC) recense les témoignages de très nombreux directeurs d’établissement et fait état de « trop nombreux abus d’autorité », qui montrent que « sous couvert de protection des enfants, l’administration s’est surtout attachée à défendre des intérêts corporatistes au détriment de la liberté des familles et de l’engagement des personnes ». Sous prétexte de lutte contre les « violences », les inspecteurs s’en prennent ouvertement, sur la forme et la fond, à l’enseignement catholique en tant qu’il est catholique, bafouant ainsi toute forme de liberté pédagogique.
« Les inspecteurs sont entrés dans les classes en interrompant les cours pour regarder les cahiers, sans même se présenter et ont fouillé dans les cartables des élèves. »
« Les contrôleurs coupent la parole des enseignants, s’emparent des cahiers et des affaires des jeunes, ce qui perturbe les séances »
« le classeur personnel d’une enseignante lui est pris sans pouvoir contester ; le cours est interrompu. Le casier d’un élève est vidé sur la table pour en examiner tout le contenu. »
- De très jeunes enfants sont interrogés seul à seul ;
- les comptes-rendus d’entretiens ne peuvent pas être relus par les interviewés ;
- des inspecteurs cherchent même à accéder aux messageries privées des professeurs.
Des questions intrusives ou orientées sont posées, comme
- « N’êtes-vous pas choqué par la tenue vestimentaire identique de vos élèves ? Pensez-vous qu’ils sont libres de s’habiller comme ils veulent ? »,
- « Allez-vous aux offices religieux ? »,
- « Vos élèves ont-ils une vision genrée de la société ? »
- « Pourquoi accordez-vous les excellences à un élève qui a 17 sur 20 et pas à celui qui fait des efforts ? ».
- « Les 2 IPR ont orienté les entretiens avec les enseignants, les élèves et les parents vers le caractère propre, le projet pastoral et la liberté de conscience. Ils ont cherché sur quel point ils pouvaient nous piéger. »
Le rapport révèle des atteintes manifestes au caractère catholique des établissements, notamment de leurs libertés concernant l’organisation du temps scolaire, l’organisation pédagogique et le règlement intérieur. Certains inspecteurs recommandent de ne plus parler de « Création » ou de phrase tirée de la Bible, de supprimer les croix, icônes et coin-prière dans les classes, reprochent même à un établissement de vouloir « développer la vie intérieure ». Il serait interdit d’afficher le Notre Père et le Je vous salue Marie dans les classes. Ailleurs, « invitation de la part de l’inspectrice à voiler le caractère propre de l’établissement au profit de la mission publique de service d’enseignement qui doit prévaloir, selon elle sur le charisme de notre tutelle congréganiste ».
Mgr Marco Agostini, démis de ses fonctions de cérémoniaire du pape
Le 1er janvier, Monseigneur Marco Agostini, prêtre italien qui occupait depuis plus de seize ans la fonction de maître des cérémonies pontificales, a été démis de ses fonctions au Vatican suite à la publication par le blog italien Silere Non Possum d’un extrait audio, tiré d’une vidéo de Vatican News, dans lequel une phrase chuchotée, attribuée à Agostini, était présentée comme faisant référence aux cardinaux. Le Saint-Siège n’a fourni aucune explication officielle quant à cette destitution.
On peut entendre la phrase « [ Sono ] culattoni, tutti insieme » (« ce sont tous des pédés ») vers la fin de l’extrait contesté, faisant prétendument référence aux cardinaux présents à la cérémonie.
La polémique a débuté avec un article publié par Silere Non Possum. Cet article intégrait un court extrait audio tiré d’une vidéo de Vatican News, accessible au public, montrant une célébration liturgique. Dans cet extrait, une voix indistincte, près d’un micro ouvert, profère des propos dénigrants sur l’homosexualité d’une personne, sans qu’il soit clair si ces propos visaient les cardinaux présents. L’enregistrement audio n’était accompagné d’aucune vérification technique, d’aucune clarification contextuelle, ni d’aucune confirmation indépendante de l’identité de l’orateur. La vidéo elle-même, produite et diffusée par Vatican News, n’identifiait pas la source des paroles murmurées et ne fournissait aucune preuve visuelle reliant cette phrase à Agostini. Pourtant, l’article de blog associait explicitement ces paroles à ce dernier.
Peu après la diffusion de l’article, la vidéo originale de Vatican News sur YouTube a été modifiée. Le segment initial contenant l’ambiance sonore a apparemment été supprimé, et la vidéo commence désormais directement par la formule liturgique « Surgant omnes », prononcée à haute voix par Agostini à l’entrée du pape.
Les renvois de ce type au Vatican se font généralement sans déclaration publique, mais le moment choisi pour cette décision a suscité l’attention des observateurs du Vatican. InfoVaticana a évoqué la possibilité que ce renvoi soit lié à la publication de l’enregistrement audio, tout en précisant qu’aucune connexion officielle n’a été confirmée par les autorités vaticanes.
Marco Felipe Perfetti, fondateur et propriétaire du blog italien Silere Non Possum, a déjà publié des articles sur l’homosexualité au sein de l’Église catholique. Par exemple, dans un épisode de son podcast Pensieri e Parole intitulé « Chiesa e omosessualità » (« Église et homosexualité »), diffusé le 27 avril 2022, Perfetti a déploré que la position de l’Église sur l’homosexualité n’ait « malheureusement » pas évolué sous le pontificat du pape François.
Mgr Agostini n’a fait aucune déclaration publique en réponse aux accusations portées contre lui ni à sa destitution jusqu’à aujourd’hui. De plus, selon une source proche du Vatican consultée par LifeSiteNews, de sérieux doutes subsistent quant à l’identité de la voix enregistrée : est-elle bien celle d’Agostini ?
« Agostini est issu du Secrétariat d’État, où il occupe toujours un poste. Son limogeage en tant que maître de cérémonie coïncide cependant avec l’expiration naturelle du dernier d’une série de mandats de cinq ans, qui avait déjà eu lieu en octobre ou novembre 2025. Il est donc difficile de voir un lien nécessaire entre l’enregistrement audio et la fin de son service liturgique », a déclaré la source interne.
Mgr Agostini a été ordonné prêtre en Italie. Le 13 juin 2009, sous le pontificat de Benoît XVI, il a été nommé maître des cérémonies pontificales, une fonction qui l’a placé au cœur des liturgies papales et des célébrations officielles. À ce titre, il a servi sous les papes Benoît XVI, François et Léon XIV, supervisant les canonisations, les consistoires, les voyages apostoliques et les principaux événements liturgiques.
Durant toute sa carrière, Agostini est resté largement inconnu du grand public et était considéré au Vatican comme un fonctionnaire discret et techniquement fiable. Son maintien en poste sous trois pontificats a été cité par les observateurs comme une preuve de la confiance institutionnelle en son travail.
Ces dernières années, Mgr Agostini s’est fait connaître dans certains milieux catholiques pour avoir célébré la messe selon le rite romain traditionnel, notamment dans la crypte de la basilique Saint-Pierre, et pour sa participation à des événements liés à la pratique liturgique traditionnelle, comme par exemple à Covadonga, en Espagne. Mgr Agostini a toujours célébré au Vatican avec l’autorisation expresse du pape François.
Euthanasie : la clause de conscience des pharmaciens de nouveau à l’étude
Un pays ne peut avoir à la fois une politique de mort (avortements, euthanasie, …) et une politique de vie (médecins, hôpitaux, médicaments, …).
Les sénateurs ont déposé leurs amendements sur le texte de loi encadrant la fin de vie, en vue d’une discussion en séance publique à partir du 20 janvier. Plusieurs d’entre eux rétablissent une clause de conscience pour les pharmaciens.
Trois amendements demandent le rétablissement d’une clause de conscience pour les pharmaciens. « La préparation et la délivrance d’une substance magistrale létale n’ont rien d’actes purement techniques : elles engagent au contraire la responsabilité éthique et professionnelle des pharmaciens », écrivent Mme Bonfanti-Dossat et M. Milon, rapporteurs du texte. Ces derniers estiment « indispensable d’ouvrir aux pharmaciens le bénéfice de la clause de conscience spécifique pour l’assistance médicale à mourir ». Leur amendement souhaite aussi ouvrir cette clause aux préparateurs en pharmacie.
Rappelons que la loi prévoit pour le moment que cette préparation soit réalisée en pharmacie hospitalière, avant d’être transmise à l’officine désignée pour la délivrer au médecin ou à l’infirmier prenant en charge le patient. Là encore, les discussions pourraient rendre ce dernier amendement caduc. En effet, pas moins de quatre amendements visant à ce que la substance létale soit une spécialité pharmaceutique et non une préparation magistrale ont été déposés. À propos d’une éventuelle préparation magistrale, donc, les Sages notent dans ces amendements qu’un « tel dispositif ralentit la procédure de production et ajoute une responsabilité lourde aux pharmaciens. C’est pourquoi leurs représentants ont sollicité une modification de cette disposition en faveur d’une spécialité pharmaceutique, c’est-à-dire un médicament préparé à l’avance, présenté sous un conditionnement particulier et caractérisé par une dénomination spéciale ». Enfin, un amendement des rapporteurs prévoit que les conditions « de préparation, de livraison, de traçabilité, de délivrance et de retour de la substance létale » soient définies par décret en Conseil d’État. Des précisions qui étaient demandées par les représentants des pharmaciens, afin de sécuriser la procédure.
La sénatrice (PS) de Paris Marie-Pierre de LA GONTRIE a déploré sur X les “dizaines d’amendements” déposés par les rapporteurs pour “vider de ses effets” la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir. Au total, 75 des 163 amendements sont signés des sénateurs (LR) du Lot-et-Garonne Christine BONFANTI-DOSSAT et du Vaucluse Alain MILON. La commission des Affaires sociales examinera ce texte à partir de mercredi, ainsi que la proposition de loi visant à garantir l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs. Les rapporteurs de ce second texte, les sénatrices (UC) de l’Essonne Jocelyne GUIDEZ et (LR) de Gironde Florence LASSARADE, ont signé la moitié des amendements.
Des villageois reconstruisent leur église
Les habitants d’un petit hameau de montagne niché à plus de 1300 m d’altitude dans le département des Alpes-de-Haute-Provence (04), Saint-Barthélémy, sis sur le territoire de la commune d’Ongles, ont restauré en dix-huit mois leur église médiévale qui était complètement ruinée.
L’église romane (XIe et XIIe siècles) Saint-Barthélemy a été dévastée durant les guerres de religion. Restaurée au début du XVIIe siècle, elle fut définitivement ruinée et abandonnée au XIXe siècle (1835).
En mai 2024, les fidèles ont décidé de restaurer entièrement l’église. Ils ont demandé à un architecte de réaliser un projet de reconstruction et se sont mis au travail. Après déblaiement, ils ont installé un autel dans l’ancienne abside, et ont reconstruit les murs et les arcs en pierre, le toit en poutres de bois recouvert de tuiles ainsi que le clocher muni de sa cloche ; un petit vitrail est venu orner le tout. Après un an et demi de travaux, l’ouvrage est pratiquement terminé, comme l’a annoncé Mgr Emmanuel Gobilliard, évêque du diocèse de Digne, Riez et Sisteron, dont dépend Saint-Barthélemy. L’évêque a noté dans un message que la dernière visite pontificale datait de… 1080 !
Le prélat s’est rendu au village pour visiter les travaux, et a exprimé son émotion et sa gratitude devant la restauration d’une église abandonnée depuis bientôt 200 ans. Le nouvel édifice sera consacré par l’évêque du lieu le 24 août 2026, en la fête de saint Barthélemy, patron de l’église.
L’utopie du droit international
De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :
Le 24 décembre, le Secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a annoncé que cinq Européens impliqués dans la lutte contre les « discours de haine » seraient désormais interdits de séjour sur le territoire américain: le Français Thierry Breton, ancien commissaire européen, les Allemandes Anna-Lena von Hodenberg et Josephine Ballon, dirgeantes de l’association Hate Aid, et les Britanniques Imran Ahmed, dirigeant le Centre for Countering Digital Hate, et Clare Melford, dirigeant le Global Disinformation Index. Ces cinq personnes ont été particulièrement engagées dans l’élaboration du Digital Service Act (DSA) qui limite sévèrement la liberté d’expression sur internet pour les Européens. Les États-Unis considérant que la défense de la liberté d’expression partout dans le monde est un pilier de leur stratégie en tirent les conséquences.
Aussitôt, Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen ont protesté, déclarant à la fois que ces mesures étaient injustifiées (le DSA respectant, selon eux, la liberté d’expression) et que l’UE revendiquait son droit à une régulation autonome. Las, ces deux réponses tombent à plat.
D’une part, les États-Unis et l’Union européenne n’ont clairement pas la même vision de la liberté d’expression (par conséquent, dire que le DSA répond à la vision bruxelloise de cette dernière n’a aucun intérêt pour les autorités américaines).
D’autre part, une régulation internationale a logiquement des conséquences internationales : dire que, puisque nous sommes en Europe, nous choisissons nos règles indépendamment des Américains n’a aucun sens ici puisque ces règles européennes ont manifestement des conséquences pour les entreprises américaines : le réseau social X, dirigé par Elon Musk, a d’ailleurs été condamné à une lourde amende de 120 millions d’euros au titre du DSA quelques jours avant ces sanctions.
Naturellement, ces dernières ont quelque chose de comique – les européistes sont un peu « l’arroseur arrosé ». Quand on sanctionne tout le monde pour montrer à quel point on est vertueux, il faut s’attendre en effet à être sanctionné à son tour.
Mais le plus intéressant réside dans la démonstration que le droit international n’est pas vraiment contraignant, ni donc vraiment un droit. Car ce qui frappe dans notre actualité, c’est l’incohérence des dirigeants : l’Occident a bombardé la Serbie pour imposer l’indépendance du Kosovo, mais s’indigne que Poutine ne respecte pas les frontières de 1945. De son côté, ce dernier dénonce l’opération américaine au Venezuela au motif qu’elle violerait l’intégrité d’un État souverain, alors même qu’il piétine plus brutalement encore la souveraineté ukrainienne. En un mot, nos chers dirigeants disent tout et le contraire de tout et s’étonnent de notre défiance! Ici, cette incohérence est encore aggravée par le fait qu’il n’existe pas d’autorité susceptible de faire respecter les souverainetés.
Tout le monde fait mine de s’indigner du règne de la loi du plus fort. Mais, depuis la fin de la chrétienté médiévale (où le pontife romain était à la fois indépendant de tous les princes temporels et disposait d’un arsenal de sanctions susceptibles de menacer la légitimité et l’autorité de ces princes), plus aucune autorité (et l’ONU pas davantage que la SDN ou que quiconque) n’est capable de faire respecter une doctrine que l’on pourrait appeler « droit international » et qui serait reconnue par tous. Il est dès lors assez logique que les plus puissants imposent leur loi. Mais il est clair que cette loi de la jungle n’est guère compatible avec la civilisation!
Boris III de Bulgarie, un roi méconnu
Jean-Paul Besse, docteur d’État en histoire, spécialiste de l’Europe centrale et orientale, primé par l’Académie française, enseignant à l’Institut universitaire Saint-Pie X, vient e publier une biographie sur le roi Boris III de Bulgarie, le tsar gentilhomme, qui régna de 1918 à 1943, malgré un étau politique et militaire, entre la Russie nouvellement soviétique et l’Allemagne nazie. Il s’efforça de garantir le bien de ses sujets et la neutralité de la Bulgarie.
Né à Sofia en 1894, baptisé catholique et orthodoxe, il monte sur le trône en 1918 après l’abdication de son père Ferdinand Ier, compromis dans la Première Guerre mondiale. Proche de son peuple et monarque passionné de sciences et techniques, il tente de promouvoir des réformes mais les tensions politiques le conduisent à suspendre la constitution parlementaire. De son mariage avec la princesse Jeanne de Savoie, fille du roi d’Italie Victor-Emmanuel III, il a une fille, Marie-Louise, puis Siméon, prince héritier, le 16 juin 1937.
Le 1er mars 1941, la Bulgarie renonce à sa neutralité et adhère au pacte tripartite. Ses frontières doivent s’ouvrir aux troupes allemandes. Le 12 décembre 1942, Boris III déclare la guerre à la Grande-Bretagne et aux USA mais maintient sa relation avec l’URSS. Menant double jeu, il noue des contacts avec les Alliés, s’efforce d’épargner la minorité juive et refuse d’engager son armée sur le front de l’Est. Il meurt le 28 août 1943 dans des circonstances mal élucidées, au retour d’une visite à Hitler à Rastenburg.
Crans-Montana : L’écoute d’un drame au plan humain et spirituel
“L’écoute d’un drame au plan humain et spirituel” avec l’abbé Pico, curé de Lens (secteur de Crans-Montana). Organisé par les Accueils Louis et Zélie le vendredi 9 janvier de 20:30 à 22:30.
L’abbé Pico a accompagné les familles et les victimes pendant les journées et les nuits qui ont suivi le drame de Crans-Montana.
En outre, l’abbé Pico animera une session “Marie qui guérit les couples” au monastère de Géronde (CH) le 14 février 2026. Inscriptions via www.mariequigueritlescouples.com
Se connecter avec Google Meet: https://meet.google.com/ixp-eopp-afj
Alfred Sursock : un juste qui a marqué de son empreinte Beyrouth, le Levant et la Francophonie
De notre Envoyé spécial Antoine Bordier, auteur, consultant et journaliste :
Dans cette deuxième partie de notre trilogie journalistique qui clôture 2025 et ouvre l’année 2026 sur le Levant et le Moyen-Orient, avec son petit-fils, Roderick Sursock Cochrane, l’actuel gardien du palais, le Conte merveilleux des Sursock continue. Cette fois-ci, nous nous immergeons un peu plus dans les parfums de la vie de cette famille haute en couleur, dont les illustres personnages défient l’espace, l’histoire et le temps. Il y a dans la vie de rares moments où la rencontre avec des personnalités hors-du-commun embrasse le merveilleux. Dans sa chambre secrète où sont enfermées, tel un vieux trésor, ses archives familiales, le petit-fils continue à se passionner pour son grand-père, un véritable bâtisseur-bienfaiteur. Immersion dans le monde merveilleux des Sursock.
A l’énoncé de son prénom, les yeux du petit-fils se mettent à briller : Alfred Sursock, un génie ? Ce qui est certain c’est qu’il était un bâtisseur. « Oui, c’était un génie. On lui doit la résidence des Pins, à Beyrouth, entre autres. Il était un gentleman, raffiné, découvreur du monde, et travailleur. A l’origine, il voulait faire de cette résidence… un casino ! » Roderick connaît l’histoire par cœur, il la cultive comme les semis de son jardin d’Eden, un jardin aux espèces orientales essentielles et rares. A Beyrouth, dans le quartier emblématique d’Achrafieh, dans la rue qui porte son nom se situe son palais familial des Mille et une Nuits. Là, dans la chambre secrète de ses archives, il feuillette des livres, ouvre de vieilles boîtes en carton et montre quelques photos d’un autre âge, en noir et blanc. Il dépoussière l’histoire, l’histoire familiale qui se mêle à celle du pays du Cèdre, dont les racines poussent les plaques tectoniques du monde, d’un monde qui entre dans la tragédie. Nous sommes en 1914 et les bruits de guerre entre les vieux empires tonnent de nouveau.
Au Levant, le Liban est, toujours, aux mains des Ottomans. Ils ont conquis ce petit territoire grand comme le département de la Gironde dès 1516. Ils y resteront jusqu’en 1918. Les chrétiens y sont persécutés.
Le Liban victime
La Première Guerre mondiale commence. Terrible. L’Empire ottoman se range du côté de l’Empire allemand et de l’Autriche-Hongrie. Les bruits de bottes sont bien réels et se multiplient partout en Europe et dans tout l’Empire ottoman. Un empire qui vit son dernier souffle, mais il ne le sait pas encore. Une tragédie mondiale est en marche forcée. L’attentat de Sarajevo s’est éloigné, mais il laisse derrière-lui une guerre mondiale qui fera près de 10 millions de morts. Il a suffi d’un seul attentat pour que le monde prenne feu et vacille. L’incendie couvait depuis longtemps et la haine se multipliait comme de la mauvaise herbe. Cet attentat : celui du 28 juin 1914 où l’on voit Gavrilo, le jeune nationaliste serbe à peine sorti de l’adolescence, assassiner le couple héritier de la couronne austro-hongroise. Le sang coule dans le carrosse et se répand dans le monde entier, comme une traînée de poudre.
Au Liban, « le gouverneur ottoman est sanguinaire », explique Roderick. Homme de pouvoir à la poigne de fer et au cœur desséché, barbare et haineux, Djemal Pacha (ou Jamel Pacha) voue une haine indescriptible pour tout ce qui n’est pas Turc. Le nationalisme et le panturquisme sont à la mode. Selon un ami de Roderick qu’il aime citer, historien et essayiste, Yousssef Mouawad, « Djemal Pacha le sanguinaire, curieusement, fréquente la bourgeoisie beyrouthine avec laquelle il aime converser en français étant lui-même francophone ». Ce mondain sanguinaire était plutôt panislamiste. Il aimait quand des Arméniens et des chrétiens déportés apostasiaient. L’homme est double et trouble. Car outre les pendaisons et les affres de ses horribles exécutions, de ses pendaisons, il a, aussi, sauvé des Arméniens du génocide. Mais, selon Roderick, « c’est lui qui est principalement responsable de la famine au Liban. Certes, il y avait le blocus militaire maritime des Alliés, mais à l’intérieur des terres, il a exercé son propre blocus ».

« Je veux embellir Beyrouth »
Face à cette réalité des plus désespérantes, celle des exécutions sommaires, de la famine et des spoliations, Alfred Sursock, son grand-père, ne peut rester sans rien faire. Il se rend chez le wali de Beyrouth, Azmi Bey, et lui expose ses projets qui ressemblent à une lueur d’espoir inimaginable dans un environnement des plus mortifères. Comme s’il éclairait de sa petite bougie le plus sombre des trous noirs. « Je veux embellir Beyrouth. J’aimerais que vous me cédiez 600 000 m2 de terres, au sud de Beyrouth. » Il le surprend encore plus quand il met son doigt sur la carte. « Vous voyez cette forêt des Pins, eh bien, je veux l’embellir, la transformer. Je veux en faire un hippodrome et je veux construire un casino ! »
Sir Alfred Sursock n’est pas n’importe qui. Avec ses amis entrepreneurs qui composent sa fine équipe, il est pris très au sérieux, malgré la terrible famine qui frappe déjà aux portes des familles. Cette famine va emporter 1/3 des Libanais, soit plus ou moins 150 000 personnes.
Oui, Alfred est déterminé, plus que jamais. « Son projet était motivé par le fait qu’il voulait sauver de la famine les ouvriers qu’il allait employer pour transformer ces 60 ha. Il a permis, aussi, de dispenser les hommes du service militaire obligatoire et de l’enrôlement forcée dans l’armée ottomane. »
Un juste au cœur d’or
Alfred Sursock a reçu le feu vert. Il va réussir à sauver de la mort des milliers de personnes. Ses employés et ses ouvriers sont nourris et reçoivent en plus un petit pécule. Entre 1915 et 1920, la forêt des pins se transforme : y poussent, notamment, un hippodrome et une résidence ottomane. Finalement, le projet du casino ne verra jamais le jour, l’armée ottomane ayant transformé le nouveau palais en hôpital.
Il faut le voir ce quartier de Beyrouth, remplaçant sa pinède par une route qui mène à l’hippodrome, qui deviendra l’un des plus importants au monde. En cette fin de guerre, la résidence des Pins va bientôt devenir le siège des autorités françaises mandatées pour gouverner et mener à l’indépendance le futur Liban. Nous sommes en 1920, et c’est là que le 1er septembre, sur les marches élégantes du perron de la résidence, s’ouvrant sur une galerie majestueuse en enfilade, où l’œil et l’émotion ne cessent de s’émerveiller, contemplant la beauté arabesque de ses grandes colonnes en marbre, avec ses chapiteaux finement taillés en dentelle. Oui, ce 1er septembre, donc, le général Henri Gouraud, le haut-commissaire de la France au Levant, signe en présence des autorités locales, le mandat qui engage la France et qui crée le Grand-Liban. En haut des marches, le vieux guerrier prend la pose avec le grand mufti de Beyrouth, Cheik Moustafa Naja, et le patriarche maronite Elias Pierre Hoayek. Le moment est historique et solennel. La photo va faire le tour du monde…
Parmi les invités, Alfred Sursock est là, mais il reste à l’ombre de son palais, revendu quelques mois auparavant. Quelle histoire ! Ce que ne dit pas Roderick c’est que son grand-père s’est ruiné en distribuant une partie de sa fortune. Un juste au cœur d’or !

Résidence des Pins en 1918 (en haut) et en 2023 (en bas et à droite) devenue résidence de l’ambassadeur de France
Un Francophone et un peintre
Plongeons-nous un peu plus dans ce personnage incroyable : Alfred Bey Sursock, de son vrai nom. Les archives familiales et la mémoire vive de son petit-fils nous apprennent qu’Alfred a vécu près de trente ans en France, dont vingt-cinq à Paris. Cet amoureux des arts, ce bienfaiteur du Liban est, également, un politique et un fin diplomate. Il devient le consul général de l’Empire ottoman à Paris pendant une quinzaine d’années, jusqu’à son retour au Liban, au moment de la Première Guerre mondiale. C’est sans doute pour cela, qu’il est l’un des hommes-clefs des pourparlers qui formèrent le nouveau visage du Levant, après 1918. Un homme-clef dans l’ombre des puissants !
Il meurt en 1924, laissant à sa fille unique, au prénom bien français d’Yvonne, le soin d’achever ses nombreux projets comme le Musée national, l’Aéro-club destiné à la formation des jeunes pilotes. Artiste lui-même, comment pouvait-il ne pas l’être quand on contemple son palais de rêve ? Artiste, il laisse un certain nombre de toiles restées inédites, mais reconnues comme l’œuvre d’un peintre de talent. Oui, Alfred était un peintre de talent.
Une descendance européenne unique !
Il fallait à cet aristocrate libanais un mariage et une descendance dignes de ce nom. C’est ainsi qu’il se maria en 1921 avec Donna Maria Teresa Serra di Cassano, fille de Francesco Serra, 7e duc de Cassano, en Italie. Lady Yvonne Cochrane Sursock est leur fille unique. Née en 1922, elle devient orpheline de père deux ans plus tard. A son tour, elle épouse une noblesse européenne en la personne de Sir Desmond Cochrane, premier ambassadeur d’Irlande au Moyen-Orient. Le Levant attire et fait tourner la tête de cette noblesse européenne, qui comme les grands auteurs français, les académiciens à l’instar de Lamartine, s’y rendent pour y trouver l’inspiration et pour y vivre leurs rêves en grand. Le Levant est un parchemin d’écrivains et de poètes.
Les Sursock ont du sang mêlé de la noblesse de robe et d’épée. Leur seule arme ? L’épée de la charité, du don de soi, des projets hors-du-commun de la bienfaisance et de la survie, de la sur-humanité. Ils sont des amoureux des arts, des femmes et des hommes, des lettres et des palais. Ils sont des Cendrillon, de génération en génération… Ils sont amoureux de la France.

Le grand escalier et les salons de la résidence des Pins, dans le style ottoman
Une explosion !
Roderick vient de sortir de sa chambre secrète aux archives familiales. Impossible pour lui d’y passer plus de temps, car il doit s’occuper des travaux de reconstruction. Il traverse son palais qui est en plein chantier, à la suite de la double explosion du 4 août 2020. Comme si le Liban, comme si les Libanais n’avaient pas assez payé le lourd tribut, depuis leur indépendance en 1943. Feu sa maman, Lady Cochrane Sursock, en sait quelque chose, elle qui a vécu de plein fouet ce blast qui telle une bombe nucléaire souffle tout sur son passage et transforme en fissures et ruines son palais merveilleux, faisant des centaines de morts, des milliers de blessés et dizaines de milliers de déplacés. Blessée, sa maman ne verra pas le mois de septembre 2020. La vive émotion, la folle tragédie et ce traumatisme de trop l’auront emportée.
Elle aussi était une femme des plus merveilleuses, d’une élégance inouïe, féérique, qui transforme la vie ordinaire en un conte merveilleux où fleurit l’Espérance avec un e majuscule. Un conte où scintille l’étoile du Liban.
Avec Lamartine, pour finir
Ces deux hommes : Alfred Bey Sursock et Alphonse de Lamartine auraient, très certainement, aimé se rencontrer. Ils seraient, sans nul doute, devenus les meilleurs amis du monde. Ensemble, ils auraient évoqué la « sainte alliance de la civilisation ». Les Libanais ont donné le nom de l’écrivain-poète à la célèbre vallée qui entoure le village montagnard de Hammana.
Finissons, ainsi, cette seconde partie, en nous immergeant dans la vie poétique du voyageur Lamartine.
Extrait de ses carnets de Voyage en Orient :
« Le 7 septembre 1832.
J’ai passé la journée entière à parcourir les environs de Bayruth, et à chercher un lieu de repos pour y établir une maison.
J’ai loué cinq maisons qui forment un groupe, et que je réunirai par des escaliers de bois, des galeries et des ouvertures. Chaque maison ici n’est guère composée que d’un souterrain qui sert de cuisine, et d’une chambre où couche toute la famille, quelque nombreuse qu’elle soit. Dans un tel climat, la vraie maison, c’est le toit construit en terrasse. C’est là que les femmes et les enfants passent les journées et souvent les nuits. Devant les maisons, entre les troncs de quelques mûriers ou de quelques oliviers, l’Arabe construit un foyer avec trois pierres, et c’est là que sa femme lui prépare à manger. On jette une natte de paille sur un bâton qui va du mur aux branches de l’arbre. Sous cet abri se fait tout le ménage. Les femmes et les filles y sont tout le jour accroupies, occupées à peigner leurs longs cheveux, à les tresser, à blanchir leurs voiles, à tisser leurs soies, à nourrir leurs poules, ou à jouer et à causer entre elles, comme dans nos villages du midi de la France, le dimanche matin, les filles se rassemblent sur les portes des chaumières. »
Troisième et dernière partie du Conte merveilleux des Sursock à suivre…
Première partie à lire ici : https://lesalonbeige.fr/au-liban-le-conte-merveilleux-des-sursock-est-en-train-de-revivre/
Seconde partie de la trilogie journalistique réalisée par Antoine BORDIER
Copyright des photos A. Bordier
Interdire les réseaux sociaux pour les mineurs ?
Communiqué des Juristes pour l’enfance :
Juristes pour l’enfance participe mardi 6 janvier 2025 à une table ronde organisée à l’Assemblée nationale par la députée Laure Miller, rapporteure de la proposition de loi visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux.
➡️Juristes pour l’enfance partage la préoccupation relative aux risques encourus par les mineurs du fait de l’utilisation des réseaux sociaux.
Elle souligne cependant que la question doit être élargie et que les dangers d’internet pour les mineurs dont plus de 50% passent de 3 à plus de 5 heures par jour devant un écran, ne sont pas limités aux réseaux sociaux :
- sites aux contenus nocifs ou illicites pour les mineurs,
- escroqueries et exposition à des prédateurs en ligne,
- remise en cause du processus d’apprentissage et de développement du raisonnement et de la réflexion des collégiens et lycéens par la généralisation de l’utilisation de l’IA,
- jeux vidéos qui « esthétisent les violences psychopathiques »,
- messageries facilitant ou aggravant la commission d’infractions par des mineurs ou sur des mineurs…
C’est l’accès aux écrans, et plus spécifiquement aux smartphones et autres objets connectés, qui doit être questionné. Juristes pour l’enfance préconise l’interdiction de la vente de smartphones et autres objets connectés à des mineurs en dessous d’un seuil d’âge à définir.
➡️Juristes pour l’enfance attire ensuite l’attention sur l’emploi inopportun du syntagme « majorité numérique ».
En effet, si l’enfant était « majeur numériquement », cela signifierait qu’il prendrait seul les décisions relatives à sa présence et son activité sur les réseaux sociaux, mais aussi qu’il en assumerait seul les conséquences. Or, tel n’est pas le cas. Ainsi, si un mineur doté d’une « majorité numérique » commettait un dommage civil ou une infraction pénale via le numérique, les titulaires de l’autorité parentale seraient solidairement responsables civilement du dommage causé et devraient indemniser les victimes du dommage civil ou de l’infraction pénale. Alors qu’un individu de 18 ans, parce qu’il est majeur, est seul civilement responsable de ses actes.
Il n’y a donc pas en réalité de « majorité numérique » et l’emploi de ce terme entraîne une confusion néfaste.
➡️Juristes pour l’enfance préconise de renforcer l’information, la sensibilisation et l’aide éducative aux parents plutôt que d’inscrire dans la loi de nouvelles mesures répressives à leur encontre.
Alors qu’un tiers des parents estiment ne pouvoir compter sur personne pour contribuer à leurs côtés à l’éducation de leurs enfants, ils doivent être encouragés et promus, notamment par les collectivités territoriales et les établissements scolaires, les mouvements et initiatives permettant aux parents d’être sensibilisés aux effets pervers des écrans, et d’être guidés pour résister à la pression du marché.
➡️Enfin, Juristes pour l’enfance rappelle que le respect du statut de minorité implique qu’il appartient aux adultes de protéger les enfants des dangers du numérique et non pas d’abord aux enfants de se protéger eux-mêmes. A cet effet, elle demande à l’Education nationale de sortir de l’injonction paradoxale consistant à mettre en garde contre la dépendance et les dangers du numérique d’un côté tout en incitant à cet usage de l’autre côté, et à mettre en place des mesures efficaces pour limiter les contraintes numériques pesant sur les élèves.
Faire venir le pape en France à l’occasion des célébrations du 6e centenaire de sainte Jeanne d’Arc entre 2029 et 2031
En ce jour anniversaire de sainte Jeanne d’Arc, née il y a 614 ans, le jour de la fête de l’épiphanie 1412, l’association Universelle des Amis de Jeanne d’Arc annonce de nombreux projets, à la suite du pèlerinage pour le 6e centenaire des apparitions de saint Michel à Jeanne en septembre dernier.
Parmi eux, faire venir le pape en France à l’occasion des célébrations du 6e centenaire entre 2029 et 2031, ou redonner le nom de Jeanne à un bâtiment de la Marine nationale, ou encore restaurer partout en France des statues de Jeanne en partenariat avec SOS Calvaires !
Découvrez tous ces projets sur le nouveau site internet.
Le chanoine Roussel contre “L’Eglise des pauvres”
Dans la revue Una Voce, Eric Doutrebente revient sur la figure du chanoine Roussel, dont nous avons fêté le 40e anniversaire du rappel à Dieu (lire l’homélie du chanoine Guitard)

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“L’Union européenne est allemande, le courage est belge, la tactique est italienne, et la bêtise est française”
Editorial de Richard de Seze dans Politique Magazine :
Thierry Breton, le mois dernier, le 19 décembre, expliquait qu’Ursula von der Leyen avait tenté un coup de force pendant le Conseil européen du 18 décembre qui devait entériner l’accord sur le Mercosur. « C’est-à-dire qu’aujourd’hui, ce qui est clair, c’est qu’il y a eu un coup de force qui a été tenté au cours de ce conseil. »
Atteint d’une brusque crise de franchise dont il paraissait lui-même le premier surpris, l’ancien commissaire européen a aussi expliqué que les Allemands défendaient leurs propres intérêts, que le traité avait été très mal négocié : « [Ursula von der Leyen] a mal négocié ? – Mais bien entendu qu’elle a mal négocié. La Commission a très mal négocié. Si jamais ce n’était pas le cas, nous n’en serions pas à ce psychodrame encore hier soir, bien entendu. Mais parce qu’elle est très poussée – je suis également un fervent militant de l’axe franco-allemand – mais il faut dire les choses comme elles sont… – Les Allemands ont imposé leurs intérêts ? – Mais bien entendu, tout le monde le sait. »
Il a ajouté, pour faire bon poids, que les clauses miroirs ne serviraient à rien : « Les clauses miroirs existent pratiquement dans tous les accords. Mais elles sont très compliquées à mettre en œuvre. Nous les avons appliquées deux fois seulement depuis 2019. » J’avoue avoir considéré cela comme un cadeau de Noël : un ancien commissaire européen reconnaissant que l’Union européenne est aux mains des Allemands et que les mécanismes prétendument protecteurs ne protègent rien.
Évidemment, en France, tout le monde a expliqué que cette victoire était celle d’Emmanuel Macron. En Italie, tout le monde s’accordait à y voir celle de Giorgia Meloni, en Italie comme dans le reste du monde. De même, on a salué le Premier ministre belge Bart De Wever, qui a résisté à la pression allemande visant à confisquer les avoirs russes détenus en Belgique. « Même pendant la Seconde Guerre mondiale, on n’a pas confisqué l’argent de l’Allemagne », a-t-il rappelé.
Le point commun entre Meloni et De Wever ? Ils sont eurosceptiques, patriotes et réalistes. Ils savent partager ponctuellement les positions françaises, mais ils savent surtout être intraitables avec le nouveau Reich et ne pas sacrifier l’intérêt national à la construction européenne. Contrairement à la France, qui déteste se retrouver seule, même lorsqu’elle a raison, et choisit toujours l’Union européenne contre elle-même.
Vous me pardonnerez d’écrire « France » là où il faudrait écrire « Macron ». Lorsqu’il adopte une position conforme aux intérêts français, il y a toujours lieu de se méfier ou de considérer qu’il y est contraint. Ainsi lorsqu’il déclare qu’il redeviendrait utile de parler à Vladimir Poutine : s’il le pense, c’est parce qu’il a constaté que d’autres parlent déjà à Poutine, et qu’il devient saugrenu de se taire quand tout le monde cause.
Il lui arrive cependant de ne rien dire. La France était absente lorsque dix-neuf pays européens ont demandé à la Commission de financer des « hubs de retour », c’est-à-dire des structures pour renvoyer les immigrés chez eux ou dans des pays tiers. L’immigration n’est manifestement pas un problème français. Le vrai problème serait la radicalisation des catholiques en prison, selon certaines chroniques médiatiques, et le terrorisme de l’ultra-droite, selon LFI. Voilà donc : l’Union européenne est allemande, le courage est belge, la tactique est italienne, et la bêtise est française.
Consistoire : une lettre aux cardinaux en faveur d’une solution pour la messe traditionnelle
Alors que la liturgie figure à l’ordre du jour du consistoire extraordinaire des cardinaux convoqué cette semaine par le pape Léon XIV, le Père Louis-Marie de Blignières, fondateur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, a adressé aux membres du Sacré Collège une lettre proposant une nouvelle voie pour l’ancien rite romain dans l’Église catholique.
Publiée exclusivement par Diane Montagna en français et en traduction anglaise, cette lettre datée du 24 décembre vise à ouvrir un dialogue constructif et à fournir un cadre pastoral stable aux communautés et aux fidèles attachés à la liturgie romaine traditionnelle.
Cette lettre fut envoyée par courrier à quinze cardinaux reconnus pour leur attachement à la liturgie traditionnelle, et par courriel à une centaine d’autres. Elle propose notamment la création d’une juridiction ecclésiastique – inspirée du modèle des ordinariats militaires – dédiée au vetus ordo, offrant une structure canonique respectueuse de la tradition et de la communion avec le Saint-Siège.
Le père de Blignières, âgé de 76 ans, est largement reconnu pour son autorité morale considérable et sa vaste expérience au sein du mouvement traditionaliste. En 1988, suite aux consécrations épiscopales illicites de l’archevêque Marcel Lefebvre, il figurait parmi les membres du clergé qui ont dialogué avec le pape Jean-Paul II, contribuant aux discussions qui ont abouti à la création de la Commission pontificale Ecclesia Dei, chargéede réconcilier les groupes attachés au rite traditionnel. Il a été prieur de la Fraternité Saint Vincent Ferrier depuis sa fondation en 1979 jusqu’en 2011, puis de nouveau de 2017 à 2023, dirigeant la communauté pendant plus de trois décennies sur deux mandats.
L’idée d’une juridiction ecclésiastique dédiée au rite ancien n’est pas nouvelle et fait l’objet de discussions depuis une dizaine d’années, notamment au sein des communautés traditionalistes françaises. Ces débats ont toutefois été largement mis en suspens après le motu proprio Traditionis Custodes.

La « réforme de la réforme », prônée par Joseph Ratzinger, est déjà en marche
Lors du prochain consistoire extraordinaire convoqué par Léon XIV les 7 et 8 janvier, la liturgie sera également abordée, et les pensées se tournent instinctivement vers Benoît XVI. Un héritage vivant et une proposition – celle de la « réforme de la réforme » – toujours d’actualité car fondée sur la redécouverte du sacré dans les cœurs qui reconnaissent la primauté de Dieu, explique Mgr Nicola Bux, théologien et ancien consultant de la Congrégation pour le Culte Divin sous le pontificat de Ratzinger, au journal La Bussola :
Pour Mgr Bux, lorsqu’on parle de Benoît XVI, il est presque inévitable d’évoquer la liturgie. Pourquoi occupe-t-elle une place si centrale dans son œuvre et sa spiritualité ?
Certains liturgistes, peu soucieux du fondement dogmatique de la liturgie, n’ont pas reconnu l’expertise de Ratzinger en la matière. Pourtant, ses écrits révèlent que sa critique de la liturgie moderne repose sur une théologie fondamentale et dogmatique réfléchie et cohérente, incluant l’ecclésiologie et l’œcuménisme. Le problème est que ces critiques sont compromises par la conviction, pas toujours exprimée, que la liturgie est le domaine exclusif de l’homme. Devenu pape, avec le motu proprio Summorum Pontificum et l’exhortation apostolique Sacramentum Caritatis, il a démontré la nécessité de repenser la liturgie comme l’acte qui exprime la primauté à rendre à Dieu. Une de ses affirmations clés : « Dans l’histoire de la liturgie, il y a croissance et progrès, mais pas de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste sacré et grand pour nous aussi… » est un avertissement aux deux camps : il est temps de retrouver l’équilibre. Benoît XVI avait constaté que la forme extraordinaire du rite romain suscitait des vocations et des énergies vives ; c’est pourquoi il s’est attaché à démontrer sa valeur historique, théologique et pastorale pour la paix et l’unité de l’Église. Voici le premier signe de la sainteté de Joseph Ratzinger.
Comment pouvons-nous (du moins pour l’instant) comprendre cette sainteté ?
Sanctus, en latin, signifie « séparé du monde », non soumis à la mentalité du siècle présent, comme le rappelle l’Apôtre. Et Benoît XVI n’a pas craint, de son vivant, ceux qui l’accusaient d’avoir été progressiste puis restaurationniste : sa pensée était attentive à la vérité et indépendante des modes, jusqu’à dénoncer la dictature du relativisme. Sa mort a entraîné un durcissement et une accélération d’un certain « agenda » au sein de l’Église, qui aurait impliqué l’interdiction de la liturgie selon le Vetus Ordo . Mais les pensées de Dieu ne sont pas celles des hommes : ils sont impuissants face à une œuvre divine. Il arrive que de nombreux prêtres, à travers le monde, malgré les restrictions, célèbrent la messe selon le Vetus Ordo. Apprenez à célébrer la messe ordinaire avec dévotion et rigueur. Ainsi, la « réforme de la réforme », prônée par Joseph Ratzinger, est déjà en marche.
Dès lors, la proposition de Ratzinger pour une « réforme de la réforme » n’est-elle pas abandonnée ?
La démission de Benoît XVI a amené beaucoup à se demander si cette « réforme de la réforme » n’a pas, à présent, perdu de son élan. En réalité, la publication du volume 11 de son Opera Omnia – Théologie de la liturgie – ne clôt pas le débat sur la réforme liturgique et son application, mais l’élargit irréversiblement. En tant que théologien et cardinal, il avait qualifié les liturgies actuelles de « vaine danse autour du veau d’or que nous sommes ». Il a réitéré cette idée lors de sa méditation sur le Chemin de Croix pendant la Semaine sainte 2005. Trois semaines plus tard, il était élu pape. Un signe ! Mais, sur ce point, il s’était déjà exprimé : « Je suis convaincu que la crise ecclésiale que nous traversons aujourd’hui est largement due à l’effondrement de la liturgie, parfois même conçue comme un abandon de Dieu : comme si la présence de Dieu en elle, sa parole et son écoute n’avaient plus d’importance » ( Ma Vie ). En tant que pape, il ne semble pas avoir été en mesure ou disposé à innover radicalement ; de plus, il n’avait pas caché sa conviction que les changements constants, même ceux qui ramènent à la tradition, peuvent être véritablement destructeurs.
En pratique, une redécouverte patiente plutôt qu’une nouvelle révolution ?
Joseph Ratzinger participa au mouvement liturgique, tel que Guardini et nombre de penseurs de sa génération l’entendaient, mais, en tant qu’expert au Concile, il déplorait la rhétorique de l’impatience et du discrédit qui mettait davantage en lumière les problèmes de la liturgie que ses réussites. Il ne visait donc pas un changement fondamental, mais une restauration attentive. Il se trouva alors confronté à une révolution liturgique qui abolissait le latin, et avec lui mille ans de musique liturgique. D’autres changements suivirent, qui lui apparurent comme une incompréhension fondamentale de la nature de la liturgie : notamment, les formules de prière improvisées et la position du prêtre « face au peuple » pendant la messe, tout sauf une introduction au Mystère.
La liturgie figure également parmi les sujets à l’ordre du jour du consistoire extraordinaire convoqué par Léon XIV les 7 et 8 janvier. Dans quelle mesure l’héritage de Joseph Ratzinger permettra-t-il de recentrer le débat et de dépasser les clivages humains ?
L’héritage de Benoît XVI réside dans le fait que le quatrième point de l’ordre du jour du consistoire (« Réflexion historique, théologique et pastorale sur la liturgie pour préserver la saine tradition tout en ouvrant la voie à un progrès légitime ») ne peut ignorer la nature même de la liturgie, qui relève de la relation à Dieu, du sacré, lequel renaît sans cesse dans les cœurs, donnant l’impulsion à une « réforme dans la continuité de l’unique sujet, l’Église », comme il l’a déclaré le 22 décembre 2005 dans son célèbre discours à la Curie romaine. Avec Summorum Pontificum , Benoît XVI ne voulait pas seulement résoudre la question juridique de l’ancien Missel romain, mais aussi soulever la question de l’essence même de la liturgie et de sa place dans l’Église. Ce qui est en jeu, c’est la primauté de Dieu, et donc la foi : le véritable renouveau de la liturgie en dépend, lequel est la condition fondamentale du renouveau de l’Église.
Dès lors, peut-on parler de réforme authentique sans conversion ?
Interrogé sur le point de départ de la « réforme de la réforme », Ratzinger répondit : « Par la présence du sacré dans les cœurs, par la liturgie et son mystère. Car nous sommes toujours confrontés à l’excès de mystère : “La liturgie qui a perdu son caractère de mystère et sa dimension cosmique finit par engendrer non pas une réforme, mais une déformation de la liturgie.” Il affirma que « au milieu de toutes les controverses, un profond désaccord est apparu quant à l’essence de la célébration liturgique (…). Les concepts dominants de la nouvelle vision de la liturgie peuvent se résumer aux mots clés “créativité”, “liberté”, “célébration”, “communauté”. » Dans cette perspective, les notions de « rite », d’« obligation », d’« intériorité » et d’« ordonnance de l’Église universelle » apparaissent comme des concepts négatifs, décrivant la situation qu’il faut dépasser dans l’« ancienne » liturgie. Ainsi, il rappelle saint Cyprien, qui affirmait : « Les paroles et la posture de la prière s’accompagnent d’une discipline qui inclut un respect calme et profond. Nous devons nous souvenir que nous sommes sous le regard de Dieu. »
Nouvelles restrictions pour France Télévisions
Le groupe audiovisuel public a annoncé une réduction de ses dépenses d’environ 60 millions d’euros, une mesure qui concernera l’ensemble des secteurs, sport compris. Stéphane Sitbon-Gomez, directeur des antennes et des programmes et numéro deux du groupe, explique :
“Nous allons réduire nos dépenses d’environ 60 millions d’euros. Tous les genres seront touchés sans exception”.
Plusieurs tournages de téléfilms et de séries ont déjà été mis en pause, dans l’attente de décisions définitives ou de réaménagements financiers.
Certaines émissions ont déjà disparu de la grille, comme Cuisine ouverte, dont l’arrêt avait été évoqué précédemment.
La Tradition les a convertis
Au micro de « L’invité du Club des Hommes en noir », Philippe Maxence reçoit Philippe Pelissier pour son livre lIs sont entrés dans l’Église par la voie de la liturgie latine (Presses de la Délivrance). Nous avions interrogé l’auteur en juin dernier. Un ouvrage qui nous permet de découvrir les témoignages de convertis, essentiellement jeunes, qui ont franchi la porte de l’Église et demandé le baptême, principalement en découvrant la tradition liturgique latine.
Loin des polémiques et des débats théologiques, Philippe Pelissier nous permet de découvrir la réalité vivante concernant les nouveaux convertis ou les « recommençants ».
Aujourd’hui, nous avons besoin de repos, physique et contemplatif, et de simplicité
Le père Maximilien Le Fébure du Bus, chanoine régulier à l’abbaye de Lagrasse, avait déjà écrit un Éloge spirituel du repos. Il vient de publier un Éloge spirituel de la simplicité, dans lequel il propose de redécouvrir l’esprit d’enfance, la juste transparence dans nos relations, la douceur de la vérité, l’imitation du Christ qui modèle nos coeurs. Nous l’avons interrogé :
Après avoir fait l’éloge spirituel du repos, vous venez faire l’éloge spirituel de la simplicité. Pourquoi ces éloges ?
A mon sens, les deux éloges sont liés : car notre société occidentale valorise l’efficacité et la technicité. Au-delà des fruits positifs, cela engendre une hyper activité et une grande complexité dans le quotidien. Aujourd’hui, nous avons besoin de repos – physique et contemplatif – et de simplicité pour retrouver l’intériorité et la paix des cœurs.
La modernité est-elle responsable de nous avoir rendu la vie complexe ?
En vérité, le problème est plus ancien… Depuis le péché originel, nos cœurs ont des ombres et des replis. Le mot « simple » (simplex) signifie « sans plis ». Être simple attire vers Dieu et ouvre à la lumière. Le monde actuel nous oblige assurément à des choix nombreux qui complexifient nos vies et les « éclatent ». Celles-ci sont beaucoup moins tranquilles et simples qu’hier.
Laissons donc Dieu nous simplifier !
Vous écrivez que Dieu est simple. Mais la théologie, est-t-elle si simple ?
Un lever de soleil est beau et simple à regarder… En revanche, le décrire ou l’expliquer est difficile ! De même, la théologie s’efforce de nous faire connaître Dieu mais elle prend des détours. Si tu comprenais Dieu, cela ne serait pas Dieu, dit la sagesse des saints.
L’art naît de la religion
Le jeune peintre Augustin Frison-Roche, qui est en train de réaliser les peintures de la nouvelle église Saint-Joseph à Voisins le Bretonneux, a été interrogé dans l’Incorrect. Extrait :
Êtes-vous d’accord pour dire qu’au départ de tout geste artistique, il y a un sentiment religieux ?
Quand on se penche vraiment sur l’histoire de l’art, on voit qu’effectivement tout est religieux. On commence avec des tombes, des temples et le constat qu’on fait, c’est vraiment que l’art naît de la religion, naît du besoin de formaliser un rite. L’art réside dans cette dimension double, à la fois transcendante et pratique, de recréer un monde conformément à une vision. Car il n’y a pas de sociétés traditionnelles sans Dieu, sans spiritualité. Toutes les sociétés traditionnelles partent de ce constat : il y a un réel visible et un réel invisible. Et si on veut représenter le monde tel qu’il est vraiment, il faut représenter le réel visible et le réel invisible. L’art permet cette double représentation. Aujourd’hui dans un monde de plus en plus matérialiste, l’art garde quelque chose de cela. L’artiste ne peut pas s’empêcher finalement de recréer un monde conforme à son désir. […]
J’aimerais ajouter un autre aspect, qui fonde le rapport spécifique du christianisme à l’art : la parabole. C’est ce que dit le sculpteur Henri Charlier par exemple. On y retrouve cette réconciliation entre deux mouvements : l’incarnation et la résurrection. La parabole est justement ce moment du langage qui permet de passer de l’un à l’autre. Quand le Christ parle en paraboles, il évoque finalement des faits divers, des histoires triviales, très prosaïques, pour évoquer les plus grands mystères que sont la résurrection ou la miséricorde de Dieu par exemple. Là encore, on peut voir ça comme une sorte de manifeste artistique. Les sculpteurs, les peintres s’inscrivent dans cette méthode, qui consiste à utiliser des matériaux grossiers pour évoquer les plus hautes images. […]
Qu’a fait le droit international pour le peuple vénézuélien depuis 25 ans ?
De Jules Torres dans le JDD :
[…] Jamais un peuple n’a été libéré parce qu’il avait juridiquement raison. Le droit vient toujours après. Il ne précède pas l’Histoire : il entérine ce que le réel a déjà imposé.
La France n’a pas été libérée du nazisme par une résolution internationale. Elle l’a été par des débarquements, des bombardements, des sacrifices humains et une guerre totale. L’Union soviétique ne s’est pas effondrée sous le poids de l’ONU, mais sous celui de son propre mensonge, de son échec économique et de la pression exercée par l’Occident. À chaque fois, la même loi s’impose : le droit accompagne l’Histoire, il ne la précède jamais. Posons donc la question franchement, elle est simple : qu’a fait le droit international pour le peuple vénézuélien depuis 25 ans ? Rien. Un peuple affamé, contraint à l’exil par millions, broyé par un régime criminel. Un pouvoir tyrannique, longtemps préservé au nom de la stabilité, et souvent protégé par le droit international lui-même.
Tout patriote sincère devrait se réjouir de ce qui vient de se produire. Le régime de Maduro a compté parmi les plus nuisibles aux intérêts français. En laissant prospérer le narcotrafic, il a directement exposé nos territoires des Caraïbes et la Guyane à la violence. Cette économie criminelle a fragilisé l’autorité de l’État outre-mer, mis nos forces de sécurité sous tension permanente et installé une insécurité durable. À cela s’est ajoutée une pression migratoire massive. Ce régime constituait donc, très concrètement, une menace pour la souveraineté et la sécurité françaises.
Sur le plan international, espérons que nos dirigeants mesurent ce qui est en train de se jouer. Un nouvel ordre mondial émerge sous nos yeux. Le monde des puissances et des empires est de retour. Dans ce contexte, l’Europe – et trop souvent la France – s’est enfermée dans une diplomatie des bons sentiments. Or une vérité s’impose : pour être libre dans ce monde, il faut être craint ; et pour être craint, il faut être puissant. Ces dernières années, nous ne l’avons pas été.
La leçon est pourtant simple : dans le monde qui vient, ceux qui ne sont pas puissants deviennent des spectateurs. La liberté sans puissance n’est qu’un slogan. La puissance sans liberté devient une oppression. L’enjeu des nations libres est de tenir les deux. C’est au nom de cet équilibre que nous devons soutenir les peuples qui cherchent à sortir de la tyrannie – les Vénézuéliens aujourd’hui, les Iraniens demain, confrontés au joug islamiste des mollahs. La liberté des peuples opprimés ne sera jamais parfaite. Mais elle sera toujours plus légitime que le confort des tyrannies. Vive la liberté !
L’extrême-gauche dans ses oeuvres à Berlin
Le «Groupe Volcan» a revendiqué dimanche l’incendie de câbles qui a plongé dans le noir des dizaines de milliers de foyers allemands : panne géante d’électricité en pleine vague de froid.
La police de la capitale allemande a fait savoir qu’elle soupçonne le groupe d’extrême gauche le «Vulkangruppe» (Groupe Volcan) d’être à l’origine du feu. L’organisation a publié en ligne une revendication. Ce ne serait pas une première : le Groupe Volcan a déjà revendiqué un acte de sabotage dans une usine Tesla près de Berlin en mars 2024, où des lignes électriques alimentant le site avaient été incendiées.
Le maire de Berlin, Kai Wegner, membre de l’Union chrétienne-démocrate (centre droit), a condamné cette action :
«Des extrémistes de gauche présumés ont sciemment mis des vies en danger, en particulier celles de patients hospitalisés, ainsi que des personnes âgées, des enfants et des familles.»
Selon les autorités de la ville, la plupart des hôpitaux et cliniques touchés par la panne avaient été reconnectés dimanche, mais les écoles concernées devraient rester fermées pour l’instant.
Le courant a été rétabli dans environ 10 000 foyers. Il faudra en revanche attendre jeudi pour reconnecter l’ensemble des clients.
18 janvier : Marche pour la vie à Paris

Résolution n°1 : Faire réaliser une étude sur l’IVG par les pouvoirs publics ou un groupe d’associations, pour mieux comprendre les causes et les conséquences de l’avortement, comme le souhaitent 88% des Français (sondage IFOP octobre 2020).
Résolution 2 : Mettre en place une politique familiale pour combattre la précarité et accompagner tous les parents pour que l’IVG ne soit jamais un choix réalisé pour des raisons économiques.
Résolution 3 : Rejeter toute légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie, contraire à la solidarité.
Résolution 4 : Déployer un grand plan pour que les soins palliatifs soient accessibles à tout Français qui en aurait besoin.
Donald Trump annexe le pétrole vénézuélien
D’Antoine de Lacoste pour Le Salon beige :
Le narcotrafic a bon dos. Toute une armada installée à grands frais depuis plusieurs semaines face au Vénézuéla, juste pour couler, tous les deux ou trois jours, un rafiot censé convoyer de la drogue. La ruse était grossière mais elle a permis de préparer en toute quiétude l’intervention des commandos chargés d’enlever Nicolas Maduro et de le déposer aux Etats-Unis où quelques ennuis l’attendent.
Cette opération s’inscrit bien sûr dans la tradition impérialiste américaine où l’on change le dirigeant d’un pays lorsqu’il déplaît ou gêne les intérêts américains. Mais pas seulement. Cette fois, hormis le paravent du narcotrafic, les buts de l’opération sont clairement définis par Donald Trump lui-même.
Il s’agit d’abord d’empêcher la Chine de nouer des accords commerciaux qui lui permettent de s’approvisionner abondamment et facilement en pétrole. Le Vénézuéla dispose des plus grandes réserves du monde, même s’il végète dans une semi-misère en raison de l’incurie et de la corruption du régime, mais aussi des sanctions américaines. La Chine est très bien implantée en Amérique du Sud. Cela a commencé par des accords sur les minerais stratégiques ou le pétrole avec le Chili, l’Equateur, le Brésil et l’Argentine (avant Javier Milei). Des négociations sont en cours avec la Bolivie qui a les plus grandes réserves mondiales de lithium.
Tout cela insupporte Trump, obsédé par la montée en puissance chinoise. Il avait déjà essayé, au cours de son premier mandat, de renverser Maduro, ennemi irréductible des Etats-Unis. L’affaire avait piteusement échoué et son organisateur, John Bolton, avait été limogé.
Cette fois, c’est la bonne et c’est l’armée elle-même qui a fait le travail. Les compagnies pétrolières américaines, évincées il y a quelques années, vont pouvoir enfin exploiter cette manne qui rapportera beaucoup.
Ensuite, cette opération s’inscrit dans le cadre de la nouvelle géopolitique américaine, définie récemment dans le document de sécurité rédigé par la Maison Blanche. Pour l’Amérique du Sud, on reprend la doctrine Monroe que l’on adapte aux temps modernes : le continent américain appartient aux Etats-Unis, mais pas le reste du monde. C’est la nouveauté par rapport aux néo-conservateurs.
Donald Trump raisonne en zones d’influence. Il y a « son » continent, et les autres. C’est pourquoi, l’invasion de l’Ukraine ne le choque pas et il a très bien compris que ses prédécesseurs, russophobes obsessionnels, ont tout fait pour que cette guerre arrive. Alors maintenant, que les Européens se débrouillent, puisqu’ils veulent absolument empêcher la Russie de gagner la guerre. Après, il y aura sûrement des affaires à organiser avec la dite Russie. Ce sera très intéressant à observer.
Si l’on suit ce raisonnement, le jour éventuel où la Chine mettra la main sur Taïwan, l’Amérique ne devrait pas réagir. C’est l’Asie et il n’y a en outre pas d’engagement vis-à-vis de cette île qui n’a d’ailleurs aucun statut au regard du droit international.
A propos de droit international, soyons, une fois de plus, édifiés par la cohérence intellectuel de notre brillant président, Emmanuel Macron. Martial et guerrier contre la Russie parce qu’elle a violé le droit international, il a félicité Trump pour avoir fait la même chose. On a les présidents que l’on mérite.
Beaucoup d’observateurs affirment que Trump a agi pour des raisons de politique intérieure. Les élections de mi-mandat se profilent et les sondages ne sont pas bons. Certes, des milliers de Vénézuéliens réfugiés et naturalisés seront ravis de la chute de Maduro.
Ne perdons toutefois pas de vue que Trump s’est donné pour mission de permettre aux Etats-Unis de conserver leur rang de première puissance mondiale. C’est cela qui compte avant tout et l’adversaire c’est donc la Chine.
Antoine de Lacoste
Les AFC du Val de Marne vous invitent à deux jours de fête, théâtre, messe, repas.. pour célébrer 120 ans au service de la famille
Les Associations Familiales Catholiques, CNAFC, ont fêté récemment leurs 120 ans 🎂d’existence au service de la famille, 120 ans avec la famille au cœur.🫶🏻 🎂 ❤️
Il y a eu deux volets : le national à Paris, le vendredi 21 novembre avec un colloque sur la famille, animée par des invités prestigieux (Chantal Delsol, Gabrielle Cluzel, Joseph Thouvenel, Gabriella Gambino, sous-secrétaire du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, Mgr Aveline…) une messe d’action de grâce à Notre Dame de Paris présidée par Mgr Ulrich et une soirée festive après un repas de gala.
Nous souhaitons informer les nombreux lecteurs du Salon Beige du volet Val de Marnais de cet anniversaire :
Nous avons réservé la Scène Watteau de Nogent/Marne le vendredi 16 janvier en soirée pour le nouveau spectacle de Mehdi Djaadi, “Couleur framboise”; il plonge au cœur de son propre désir de paternité, un parcours semé de doutes et d’interrogations sur l’infertilité, la foi, les convictions personnelles, ainsi que le rôle de la science et de l’écologie dans ces choix de vie. Grâce à son style unique, il touche un public large : ceux qui sont parents, ceux qui ne le souhaitent pas, ceux qui rêvent de l’être et ceux qui en sont empêchés. Un témoignage sincère, empreint de force et de vulnérabilité, qui résonne en chacun de nous. Mgr Blanchet, évêque de Créteil, nous a annoncé sa présence.
Nous compléterons cette partie détente le dimanche 18 janvier par une messe d’action de grâce à 10h30, présidée par Mgr Blanchet, évêque de Créteil, à l’église Saint Saturnin de Nogent, la paroisse de notre conseiller religieux, le père Stéphane Aulard, ancien vicaire général. Cette célébration avec bénédiction des familles sera suivie d’un verre de l’amitié à la sortie, d’un repas tiré du sac avec bien sûr le gâteau d’anniversaire🎂 , dans les salles paroissiales.
Nous clôturerons ces deux journées festives en allant rejoindre (pour les plus courageux) La Marche Pour La Vie au Trocadero. En effet, la défense de la vie fait partie de nos objectifs.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Epiphanie : la fête du roi des rois
Dans En Quête d’esprit, Aymeric Pourbaix reçoit :
- 𝐂𝐡𝐚𝐧𝐨𝐢𝐧𝐞 𝐆𝐫𝐞́𝐠𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐆𝐔𝐈𝐋𝐋𝐄𝐁𝐎𝐍, prêtre de l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre et auteur de “Les Rois Mages dans le mystère chrétien” (Éd. Librim Concept)
- 𝐂𝐚𝐫𝐨𝐥 𝐒𝐀𝐁𝐀, porte-parole de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France
- 𝐍𝐢𝐜𝐨𝐥𝐚𝐬 𝐁𝐈𝐕𝐈𝐋𝐋𝐄, organisateur d’une procession pour l’Épiphanie
Quas Primas et le monde du travail
Notre ami Olivier Debesse, fondateur d’un syndicat libre, nous fait suivre cet article qu’il a publié dans le bulletin “Les deux témoins”:
L’encyclique Quas Primas de Pie XI sur la Royauté sociale du Christ a été publiée le 11 décembre 1925. L’objet de cette encyclique est de rappeler que le Christ doit régner sur les personnes, les familles, la société civile et instaure comme moyen la fête du Christ Roi fixée au dernier dimanche d’octobre.
« Il faut faire connaître le plus possible la doctrine de la dignité royale de notre Sauveur. Or, aucun moyen ne semble mieux assurer ce résultat que l’institution d’une fête propre et spéciale en l’honneur du Christ-Roi » Quas Primas, § 17.
Cette encyclique est souvent occultée dans les ouvrages qui traitent de la doctrine sociale. C’est le cas du Compendium de la Doctrine Sociale de l’Église (Les Éditions du Cerf, 2005). Le Compendium, occulte également lalettre de Saint Pie X Notre charge apostolique, publiée en 1910 sur la condamnation du Sillon, le mouvement fondé par Marc Sangnier. La raison de cette condamnation : le Sillon plaçait l’autorité dans le peuple en oubliant qu’elle vient de Dieu.
Le centenaire de l’encyclique Quas Primas permet de rappeler que le Christ doit régner sur les per- sonnes, les familles, la société civile en conformant les lois et les règlements au droit naturel.
La société civile se rapporte à la Cité et donc au monde politique, et englobe aussi le monde économique et donc l’univers du travail. À notre époque de déshumanisation du travail, de démesure de la technique, d’une économie qui n’est plus au service de l’homme mais de la finance et de la marchandisation de tout, y compris de ce qu’il y a de plus sacré, la doctrine de l’Eglise sur le travail doit être rappelée pour espérer un retour de la civilisation chrétienne respectueuse des personnes et des sociétés naturelles (familles, nations).
L’Église a une doctrine sur le travail
Pour parler d’une épidémie de notre temps qui sévit en entreprise, le burn-out, Paul-Antoine Martin a publié un livre : « Le temps des pervers ». Il dit ceci : « L’univers du travail est une enclave dans la République. Les droits élémentaires des citoyens n’y sont pas reconnus. La liberté d’expression n‘y est, par exemple, pas possible. C’est un fait, non un jugement de valeur. »
On peut ajouter que l’univers du travail est aussi une enclave dans l’Église. L’entreprise se protège du monde extérieur par des tourniquets à badges et le salarié s’autocensure face à la doxa et aux « valeurs » promues par l’entreprise, justifiées par l’idéologie de la productivité et les modes « sociétales ». Dès lors, comment satisfaire la demande que le Christ nous a enseigné dans le Notre Père : « Que Votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel » et pour que le règne du Christ s’applique aussi à l’univers du travail ?
Les grandes entreprises ne s’occupent plus du personnel comme elles le faisaient naguère, mais gèrent les «ressources humaines ». Ces entreprises pratiquent le management et considèrent le salarié comme une simple ressource dans laquelle il est permis de puiser et qu’il est permis d’exploiter jusqu’à son épuisement.
Les Enseignements Pontificaux (Desclée & Cie, 1960) résument la doctrine chrétienne du travail ainsi :
« Le travail devient un instrument de rédemption s’il n’est pas considéré seulement comme le moyen de pourvoir aux besoins de la vie et de gagner un juste salaire, mais comme un acte personnel intégré dans la vie et accompli dans l’ordre et l’amour comme un moyen d’obéir à Dieu et de rendre service au prochain. »
La subsidiarité, thème de la doctrine sociale de l’Église, doit s’appliquer aussi dans l’entreprise
La subsidiarité a été définie par l’encyclique Quadragesimo anno de Pie XI en 1931. À ne pas con- fondre avec la subsidiarité détournée du Traité de Maastricht de 1992.
Erreurs déjà entendues :
- « La subsidiarité ne fait pas partie de la phraséologie de l’Église »,
- « La subsidiarité ne s’applique pas à l’Église catholique elle-même parce que sa nature première est spirituelle »,
- « L’entreprise qui produit des biens et des services ne peut pas appliquer la subsidiarité ».
Il faut donc rappeler que la vraie subsidiarité est fondée sur le respect des personnes (physiques et morales) et de leurs attributions légitimes.
La subsidiarité peut se définir ainsi :
Dans toute communauté humaine, la personne qui est hiérarchiquement au-dessus (qu’elle soit personne physique ou personne morale) doit :
- servir certainement,
- respecter les attributions de chacun,
- aider éventuellement,
- remplacer exceptionnellement.
Le sens chrétien du travail et la vraie subsidiarité font partie de la doctrine de droit naturel et de la doc- trine sociale de l’Eglise. Cette doctrine doit être rappelée, particulièrement dans le cadre du centenaire de Quas Primas.
Contrairement au droit positif (lois, décrets, règlements, accords d’entreprise), le droit naturel est l’ensemble des droits universels et inaltérables, que chaque personne possède du fait qu’elle fait partie du genre humain et non du fait de la société civile ou de l’entreprise dans lesquelles elle vit.
Pour que l’Entreprise ne soit pas une enclave pour l’Église, les salariés fidèles à la foi catholique doivent être instruits de cette doctrine et de ce qu’ils peuvent faire. Cela ramène aux questions des devoirs d’état de chaque personne.
Comment œuvrer pour que le Christ règne dans la Cité et dans l’Entreprise ?
Selon ses charismes et ses disponibilités, dans la cité, le citoyen a le devoir de :
- participer à la vie de la cité (dans son quartier, son village, sa commune) et accomplir son devoir électoral civique,
- respecter les lois justes,
- combattre les lois injustes (atteintes aux libertés individuelles et collectives, spoliatrices par une fiscalité abusive, contraires au respect de la vie humaine : avortement, euthanasie, suicide assisté…),
- être solidaire avec les plus démunis.
Dans l’entreprise, le salarié a le devoir de :
- participer à la vie sociale de l’entreprise et accomplir son devoir électoral professionnel,
- respecter les règlements ou accords d’entreprise justes,
- combattre les accords injustes (accords salariaux spoliateurs des salariés, de financement des syndicats par l’employeur, qui entérinent le désengagement de la Sécurité sociale de sa branche santé au profit des mutuelles, contraires à la nature humaine et au respect de la vie…),
- être solidaire avec les salariés en souffrance et sanctionnés d’une façon injuste.
Comment ?
En œuvrant au plan personnel.
Le R.P. Jean Reynaud (1912 – 1997) religieux de St Vincent de Paul, aumônier du MJCF, disait en 1986 à des salariés d’une entreprise réunis après le travail :
« Le rôle du chrétien est de faire passer dans son milieu l’enseignement de l’Eglise. Pour cela, il doit être attentif à sescollègues comme un frère pour les aider et les secourir. Il doit être de bon conseil. Le chrétien doit avoir l’esprit combatif contre le mal, il doit travailler en sachant ce qu’il veut dans sa profession, il doit soigner sa formation morale et religieuse. »
En œuvrant au plan social.
Avoir l’esprit combatif contre le mal ? C’est possible d’agir avec le syndicalisme à condition qu’il soit restauré dans ses missions originelles de représentation et de défense des salariés. Le mot syndicat vient du grec syn qui veut dire avec, ensemble et diké qui veut dire justice. Ensemble pour la justice ? Syndicat est un joli mot !
Quels sont les enjeux en entreprise: exemples de combats à mener
Le travail, c’est la vie. Le travail permet à la famille de trouver sa subsistance. Défendre le travail c’est donc défendre la vie. C’est une des missions du syndicalisme.
Mais à notre époque, d’autres missions doivent être menées à bien.
Dans Mémoire et identité publié en 2005 après sa mort, Jean-Paul II nous dit page 64 :
« Si, d’un côté, l’Occident continue à donner un témoignage de l’action du ferment évangélique, d’un autre côté les courants de l’anti-évangélisation n’en sont pas moins forts. Cette dernière ébranle les bases mêmes de la morale humaine, impliquant la famille et propageant la permissivité morale : les divorces, l’union libre, l’avortement, la contraception, la lutte contre la vie dans sa phase initiale comme dans son déclin, sa manipulation. Ce programme se développe avec d’énormes moyens financiers, non seulement dans chaque nation, mais aussi à l’échelle mondiale. »
Parmi « les courants de l’anti-évangélisation », comment ne pas penser aux entreprises multinationales qui prônent « l’inclusion et la diversité ». Comme cet ancien PDG de Renault qui publie en 2015 : « En tant que grande entreprise mondiale, l’on doit se préoccuper de ce qui se passe autour de nous. Il est de notre responsabilité de nous impliquer dans les enjeux environnementaux, ainsi que dans la vie sociale et sociétale des pays où nous sommes implantés». Le MEDEF (Mouvement des entreprises de France) publie en 2014 un guide : Manager les singularités, qui comporte comme sous-titre « Identité de genre et orientation sexuelle en entreprise».
Dans les accords d’entreprise négociés par les représentants de l’employeur et les représentants des salariés, on trouve les thèmes suivants :
- Théorie du genre : « Les dispositions de cet accord s’appliquent aux salariés de genre féminin »,
- Transition de genre : « Notre syndicat a demandé et obtenu deux jours de congés pour les salariés en transition de genre »,
- Mutuelle obligatoire : « A la demande des syndicats négociateurs, l’Accord complémentaire santé couvre les frais de pilules contraceptives prescrites non remboursées par la Sécurité sociale »,
- Sécurité sociale : « Désengagement de la Sécurité sociale par la prise en charge des frais de santé ».
Et demain, pour satisfaire le marché important des opérateurs de la santé, avec la loi sur « la fin de vie » qui veut pouvoir administrer la « mort miséricordieuse » pour les personnes qui souffrent, ou pour celles « qui coûtent trop cher à la société » des mutuelles poussent à la loi sur la fin de vie, comme la MGEN qui soutient, selon Wikipédia, l’Association pour le droit de mourir dans la dignité.
Il en résulte que le programme de lutte contre la vie et sa manipulation dénoncé par Jean-Paul II dans Mémoire et identité, passe dorénavant aussi par les entreprises avec la caution des syndicats que ces entreprises financent. Manifester et marcher contre la PMA sans père et la GPA comme certains l’ont fait en 2013, c’est bien, mais cela ne suffit pas. Il s’agit de rendre le pouvoir aux salariés leur permettant de participer aux négociations d’accords d’entreprise pour y apporter, aussi sur ces questions vitales, une voix conforme au droit naturel. Cela ne peut se faire qu’avec des syndicats indépendants du patronat et des confédérations ou unions syndicales subventionnées, donc dépendants des salariés.
Personne ne peut demeurer passif, ni renoncer à changer le monde. Chaque personne doit agir dans son milieu, y compris dans son milieu professionnel. Individuellement c’est déjà bien, mais cela ne suffit pas : il faut le faire aussi collectivement. Agir collectivement et donc militer dans l’entreprise ? Mais c’est pour cela que les syndicats ont été créés !
La question qui nous est posée est celle de savoir si nous voulons survivre, si nous voulons trans- mettre notre héritage culturel qui doit beaucoup au christianisme. Y compris sur notre lieu de travail et dans nos entreprises.
Les lois de l’État français et les accords de nos entreprises ne cherchent plus à être des applications concrètes de la loi naturelle et se détournent du Décalogue. La doctrine de Quas Primas doit inspirer dans la Cité ET dans l’Entreprise toutes les personnes de bonne volonté (y compris les catholiques) pour restaurer la loi naturelle dans nos lois civiles ET dans nos accords d’entreprise.
Travaillons ensemble à cela.
« Puissent les chefs des nations vous honorer par un culte public ; puissent les maîtres et les juges vous vénérer ; puissent les lois et les arts être l’expression de votre Royauté » (6e strophe de l’Hymne des 2e vêpres de la Fête du Christ-Roi, dernier dimanche d’octobre).
Virtus revient pour le Carême 2026
Après une première édition suivie par près de 20 000 participants en 2025, le parcours Virtus revient du 1er février au 12 avril pour le Carême 2026.
Un sondage réalisé à l’issue de l’édition 2025 révèle que plus d’une personne sur cinq ayant suivi le parcours jusqu’au bout déclarent que Virtus a “eu un impact incroyable, il y aura un avant et un après dans ma vie”, marquant un véritable avant et après dans leur relation à Dieu, et plus de la moitié considèrent que ce parcours a eu un impact positif “très notable” dans leur vie.
Proposé par Hozana et Claves.org, en partenariat avec de nombreux acteurs chrétiens, Virtus invite les chrétiens à vivre un Carême exigeant, inspiré des traditions orientales et monastiques, articulé autour de la prière, de la vertu, de l’ascèse et de la vie fraternelle. Il s’agit d’une expérience spirituelle profondément transformatrice, permettant un véritable renouveau intérieur pour chaque participant.
Le parcours repose sur une méthode structurée :
- 5 engagements spirituels autour de la prière quotidienne (chapelet, oraison), la formation et la vie sacramentelle
- 5 engagements de vertu : sobriété numérique, hygiène de vie, service charitable.
- 5 engagements d’ascèse : choix personnalisés d’efforts (jeûne, abstinence, etc.).
Les participants avancent en petites fraternités non mixtes (4 à 8 personnes) qui se retrouvent chaque semaine pour partager, se soutenir et s’encourager. Un binôme (au sein de la fraternité) complète au quotidien ce soutien fraternel.
Ils témoignent de l’impact de Virtus :
- « Virtus a transformé complètement ma vie spirituelle et même ordinaire. Aujourd’hui ma famille est fortement impactée (dans le positif). j’ai l’impression de revivre mes années post-Sacrements…» – Jeanne
- « Ce carême a été pour moi exceptionnel ! Ce fût le carême le plus approfondi et efficace que j’ai jamais fait ! Parcours très bien structuré, enrichissant et d’une grande profondeur. » – Jérôme
- « Sur le plan spirituel, je me suis rendue compte de la profondeur et de la présence de l’Amour de notre Seigneur Jésus dans notre vie terrestre. Ce parcours m’a beaucoup appris sur la confiance, l’abandon, la paix et une certaine libération face à nos problèmes en plaçant tout dans le cœur de Jésus. Je pourrai dire à mon petit niveau, je me suis sentie “LIBRE” des chaînes de ce monde. » – Nicole
Quel droit peut invoquer celui qui ne respecte pas les lois électorales de son pays, emprisonne ses opposants ?
Réflexion du père Michel Viot à propos de ceux qui invoquent le respect du droit international pour condamner l’ingérence des Etats-Unis :
Les propos qui vont suivre n’engagent que moi et ne veulent que susciter une réflexion, rien d’autre. Quand j’entends invoquer le droit international à propos de l’affaire Maduro, je pense à André François Poncet (1887-1978) , ambassadeur de France en Allemagne de 1931 à 1938, auteur d’un livre remarquable (édité en poche) « Souvenirs d’une ambassade à Berlin, septembre 1931-ocobre1938 », Ed Flammarion 1946. Cet ambassadeur, ancien élève de Normale Sup, était non seulement agrégé d’allemand, mais spécialiste de culture allemande. Il a toujours pu parler à Hitler directement, sans interprète, et on sait qu’Hitler était flatté de cela et parlait plus « détendu » et plus complètement à son interlocuteur.
L’ambassadeur assista à l’arrivée d’Hitler au pouvoir en 1933 et écrivit dès 1934 aux dirigeants français « les Allemands nous détestent et leur chef est complètement fou ». Lisez le livre, l’auteur démontre qu’Hitler ne tiendra aucun compte du droit international, ne donne aucune importance aux traités et à la parole donnée. Ainsi il prévient le gouvernement français en mars 1936 de la réoccupation de la Rhénanie, et indique que d’autres coups de force seront possibles, donc la guerre inévitable. Si, après Munich en 1938, Daladier (qui n’était pas dupe de ces accords) l’envoie à Rome, c’est pour essayer de mettre de notre côté Mussolini, en vue de la guerre, mais c’était trop tard ! Hitler, régulièrement élu à la tête de l’Allemagne, dont le programme d’agressions était connu, tout comme les idées criminelles méritait-il d’être protégé par un droit international qu’il ne respectait pas ? Supposons qu’il ait disparu de la scène politique après Munich ? (dès l’été 1939, Hitler commençait l’euthanasie des malades mentaux qui dura jusqu’en août 1941, 70 000 victimes. Notons que c’est le sermon de l’évêque de Münster, Von Galen qui révéla ce crime au grand public, et qu’Hitler arrêta tout officiellement, mais, il continua plus discrètement, puis ajouta la Shoah contre les juifs. L’horreur montait de plusieurs crans, chacun le sait.
Quels droits peuvent invoquer ceux qui ordonnent de telles choses ? En parallèle, et à propos du Venezuela, quel droit peut invoquer celui qui ne respecte pas les lois électorales de son pays, emprisonne ses opposants, oblige les autres à un exil de masse, manipule la justice ? Certes il ne faut pas que des situations d’exceptions justifient toutes formes d’interventions. Sans se précipiter dans des positions définitives, il faut attendre que le temps fasse son oeuvre, qu’on en sache plus sur le Venezuela, mais nous pouvons déjà acter les persécutions anti chrétiennes et l’irrespect des libertés essentielles, et de très graves soupçons sur le narcotrafique. Prions pour que les vénézuéliens retrouvent la paix et la liberté par un gouvernement qu’ils auront pu choisir librement et qui ait le souci du bien commun !
Rappelons que, peu avant Noël, le cardinal vénézuélien Baltazar Porras, archevêque émérite de Caracas, s’est vu notifier une interdiction de quitter le territoire vénézuélien.
Depuis les élections truquées de juillet 2024, Maduro se maintenait au pouvoir alors que l’Uruguay, l’Argentine, le Costa Rica, l’Équateur, le Panama, le Paraguay, le Pérou et la République dominicaine ont rejeté les résultats officiels. La réponse du gouvernement Maduro a été l’expulsion des représentations diplomatiques de ces pays et le retrait de leurs ambassadeurs. La Chine, la Russie et l’Iran ont reconnu la victoire de Maduro.
« À ceux qui prétendent que les États-Unis ne s’intéressent qu’au pétrole, je demande : croyez-vous que les Russes et les Chinois voulaient quoi ? La recette des arepas ? »
– “A quienes dicen que a Estados Unidos solamente le interesa el petróleo, a esas personas les pregunto: ¿Qué creen que querían los rusos y los chinos? ¿La receta de las arepas?”
JJAJAJAJAJJAJAJAJAJJAJAJAJJAJAJJ, se pasó. pic.twitter.com/rg3kQShbZj
— El gordo edición (@GordoEdicion) January 4, 2026
Sarah Knafo a ainsi réagit :
Quand une narco-dictature est une menace directe, notamment par le trafic de drogue, en inondant les Etats-Unis et l’Europe de ce poison, c’est elle qui viole notre souveraineté. Alors, ce n’est plus de l’ingérence que d’agir : c’est de la légitime défense. D’autre part, qu’a fait le droit international pour le peuple vénézuélien depuis 1999 ? Un peuple affamé par un régime criminel qui a détruit l’un des pays les plus riches du monde et déstabilisé toute la région. Le droit international de M. Mélenchon et consorts protège les tyrans contre les peuples, au lieu de protéger les peuples contre la tyrannie. Je préfère un réalisme qui sert la liberté et défend nos intérêts qu’un légalisme qui protège les bourreaux qui nous menacent.
Réaction du vice-président des Etats-Unis JD Vance aux critiques contre l’intervention américaine :
On entend souvent dire que le Venezuela n’a rien à voir avec la drogue car la majeure partie du fentanyl provient d’ailleurs.
Je souhaite aborder ce point : Tout d’abord, le fentanyl n’est pas la seule drogue au monde et il y en a encore qui proviennent du Venezuela (ou du moins il y en avait).
Deuxièmement, la cocaïne, principale drogue exportée du Venezuela, est une source de revenus essentielle pour tous les cartels d’Amérique latine. En supprimant les revenus générés par la cocaïne (ou même en les réduisant), on affaiblit considérablement les cartels. De plus, la cocaïne est un fléau !
Troisièmement, oui, une grande quantité de fentanyl provient du Mexique. Cela demeure un axe prioritaire de notre politique à l’égard du Mexique et explique pourquoi le président Trump a fermé la frontière dès son entrée en fonction.
Quatrièmement, je constate de nombreuses critiques concernant le pétrole. Il y a une vingtaine d’années, le Venezuela a exproprié des propriétés pétrolières américaines et, jusqu’à récemment, a utilisé ces biens volés pour s’enrichir et financer ses activités narcoterroristes. Je comprends les inquiétudes liées au recours à la force militaire, mais devons-nous rester les bras croisés et laisser un pays communiste piller nos ressources dans notre hémisphère ? Les grandes puissances n’agissent pas ainsi.
Les États-Unis, grâce au leadership du président Trump, sont redevenus une grande puissance. Il est bon de le constater.
Pétition pour faire retirer un buste de Ho Chi Minh dans la ville de Montreuil
L’Association Nationale des Anciens Prisonniers Internés Déportés d’Indochine nous alerte sur l’existence d’un buste d’Ho Chi Minh dans un parc public de Montreuil-sous-Bois dans le département de la Seine St Denis et lance une pétition pour le faire retirer :
La présence d’un buste de Ho Chi Minh dans le parc Montreau de la ville de Montreuil est une offense pour les nombreux réfugiés vietnamiens et leurs descendants qui vivent ici ou aux alentours. Pour nous, qui avons fui un régime synonyme de guerre, d’oppression et d’exil, ce monument ranime des souvenirs douloureux au lieu de promouvoir les valeurs de paix et d’humanité que notre ville chérit.
Ho Chi Minh est une figure centrale dans un régime qui a causé des souffrances immenses au peuple vietnamien. Ses actions et conséquences historiques ne peuvent pas être ignorées et encore moins honorées dans un espace public censé rassembler et guérir des blessures du passé. Le respect pour toutes les communautés de Montreuil doit être la priorité, et garder ce buste ne reflète pas cet engagement.
Nous demandons à la mairie de Montreuil de retirer ce buste afin de symboliser l’unité et le respect pour les histoires traumatisantes que certains d’entre nous ont vécues. Ce geste serait un pas vers une réconciliation et un respect mutuel au sein de notre communauté diverse.
Nous sollicitons votre soutien pour ce changement important. Signez cette pétition pour demander à la ville de Montreuil d’enlever le buste de Ho Chi Minh du parc Montreau. Merci de vous joindre à nous pour faire entendre notre voix et encourager le changement.
