Marie-France Garaud RIP
Marie-France Garaud, née le 6 mars 1934 est morte le 22 mai 2024 . Elle fut une avocate, haut fonctionnaire et femme politique française. De 1969 à 1974, avec Pierre Juillet, elle est une conseillère du président Georges Pompidou.
Soutien du jeune Jacques Chirac, elle rédige en 1978 l’appel de Cochin contre la droite pro-européenne incarnée par l’Union pour la démocratie française (UDF). Tous deux quittent l’entourage de Jacques Chirac après l’échec relatif du RPR aux élections européennes de 1979. Elle se présente à l’élection présidentielle de 1981, où elle obtient 1,33 % des voix. L’année suivante, elle fonde et prend la présidence de l’Institut international de géopolitique (IIG). Élue sur les listes du Rassemblement pour la France, elle est députée européenne de 1999 à 2004.
Elle est très critique envers Jacques Chirac après l’avoir soutenu. Elle aurait dit : « Je pensais que Jacques Chirac était du marbre dont on fait les statues, il est en fait de la faïence dont on fait les bidets », allusion à Bernadette Chirac, artisane de son éviction et fille de Jean-Louis Chodron de Courcel, le directeur commercial des Émaux de Briare.
Elle jugeait non démocratique le Traité constitutionnel européen rejeté en 2005 et imposé en 2008.
“Elle est tout sauf démocratique. Une Constitution garantit contre l’arbitraire, en assurant à la fois la séparation des pouvoirs et leur contrôle. Celle-ci prolonge l’actuelle confusion et laisse un Parlement européen sans pouvoir réel face à un exécutif puissant et largement irresponsable, centré sur la Commission.”
Immense hommage à Marie-France Garaud qui vient de nous quitter.
Une grande dame de la Politique 🇫🇷 qui s’est battue toute sa vie avec brio pour l’indépendance et la souveraineté nationale.
Qu’elle repose en paix. Nous tenterons de poursuivre son œuvre. pic.twitter.com/Cwfb9FxAy7— Philippe Murer 🇫🇷 (@PhilippeMurer) May 23, 2024
Elle vote pour Marine Le Pen en 2017.
Elle militait en faveur du rétablissement de la peine de mort.
Le jeune italien Carlo Acutis va être canonisé
Le Dicastère pour la cause des saints a présenté un certain nombre de décrets reconnaissant des miracles attribués à des bienheureux.
Un miracle a été attribué à l’intercession du bienheureux Carlo Acutis, laïc italien né en 1991 et décédé en 2006 des suites d’une leucémie. Passionné d’informatique, il a été surnommé le « geek de Dieu ». Le jour de sa canonisation devrait être annoncé lors d’un prochain consistoire.
Les pèlerins de Chartres avaient justement Carlo Acutis comme saint patron de la journée du lundi.
« Ami pèlerin, sais-tu quelle est ta destinée ? »
Voici l’homélie prononcée par le père Augustin-Marie Aubry, prieur de la Fraternité Saint-Vincent Ferrier, le dimanche de Pentecôte devant les milliers de pèlerins de Notre-Dame de Chrétienté ainsi que les téléspectateurs de CNews :
Venez, Saint-Esprit, envoyez du Ciel
un rayon de votre lumière
pour éclairer nos âmes
sur le mystère de notre destinée !
À vous tous qui êtes au pied de l’autel, à vous tous pèlerins non marcheurs du chapitre des Anges gardiens, à vous tous qui suivez à distance cette messe de Pentecôte du pèlerinage de Chartres, je pose cette question :
Ami pèlerin, sais-tu quelle est ta destinée ?
En partant de Paris hier matin, nous connaissions notre destination : Notre-Dame de Chartres. Et nous savions qu’il nous faudrait marcher, sans nous égarer ni nous décourager, pour atteindre le but. Notre pèlerinage de trois jours est une métaphore de la vie humaine.
La Cité sainte
Le but de notre marche, c’est une cathédrale. Cette cathédrale de pierre représente la Jérusalem céleste, cette Cité que saint Jean a vue et qu’il a décrite dans son Apocalypse : « Je vis la Cité sainte, la Jérusalem nouvelle, qui descendait du ciel, de chez Dieu ; elle s’est faite belle, comme une jeune mariée parée pour son époux. J’entendis alors une voix clamer, du trône : “Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il aura sa demeure avec eux ; ils seront son peuple, et lui, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu. » (Ap 21, 2-3)
Le but de notre vie, c’est la Cité sainte. Dans la Cité sainte, Dieu demeure avec les hommes. Et que font les élus en sa présence ? Ils chantent ! Mais que chantent les élus ? Un Sanctus sans cesse renouvelé, un Te Deum avec toute la cour céleste, un Magnificat en chœur avec Notre-Dame, la Reine du Paradis. Ils chantent la gloire de Dieu. Et cette gloire, ils la saisissent enfin, car désormais ils vivent dans la lumière.
Face à face
Au Ciel, la foi et l’espérance disparaissent, il ne reste que la charité, qui anime tout. Dieu se fait connaître : « et nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’Il est » (1 Jn 3, 2). Tu peux regarder le soleil et tu deviens soleil dans la lumière du soleil. « Nous voyons, à présent, dans un miroir, en énigme, mais alors ce sera face à face », écrit saint Paul (1 Co 13, 12). Face à face, voilà ta destinée !
Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, qui nous accompagne pendant cette journée de pèlerinage, a composé un grand poème sur le Ciel, qui résume toute sa doctrine et qui se conclut par ces mots :
Je veux Le voir, m’unir à Lui toujours
Voilà mon Ciel…. Voilà ma destinée :
Vivre d’amour !!!…. »
(Vivre d’amour, 26 fév. 1895)
Vision de Dieu, union à Dieu : voilà notre destinée !
Danse avec les anges !
Quand le dominicain Fra Angelico représente l’entrée au Paradis, il montre comment les hommes sont accueillis dans la compagnie des Anges. Ils dansent ensemble, dans une aimable farandole : un homme, un ange, un homme, un ange. Qui veut manquer la fête ? Qui est assez sot pour arriver en retard ? Il faut se presser à la porte, ne pas manquer l’entrée dans la salle du festin !
Pèlerin de Chartres, ta destinée, c’est le Ciel. Mais une nouvelle question se pose : ton désir est-il à la hauteur de ta destinée ?
Dignité du chrétien
Ton désir doit se fonder sur deux choses : ce que tu es ; ce que tu veux.
Ce que tu es, je vais te le rappeler. Dieu t’a créé. Il t’a créé à son image et à sa ressemblance. Tu es un fruit de sa sagesse et de sa bonté. Ton âme est immortelle.
Tu es façonné pour l’éternité ! Tu es modelé pour la gloire ! Souviens-toi, chrétien, de ta dignité !
Et maintenant, que veux-tu ? Rentre en toi-même et dis-toi ceci. Les saints du paradis ne sont pas faits d’un autre bois que moi. S’ils ont pu accomplir leur destinée, pourquoi ne le pourrais-je pas ?
Notre désir s’éduque, il s’apprivoise pour lui donner peu à peu la force, l’ampleur, l’envergure du désir qui anime les saints de tous les temps. « Le cœur qui aime, disait Thérèse, travaille avec amour, c’est-à-dire avec ferveur ; il court, il vole, il ne trouve rien d’impossible et rien ne l’arrête. »
Telles sont la grandeur et la force du désir quand il est ouvert à la grâce.
Perversion du désir
Mais tu as aussi en toi le triste pouvoir de faire échouer le plan de Dieu. À la suite du Christ, l’Église a toujours enseigné que le sort éternel des âmes dépend de leur manière d’agir ici-bas. Je cite le Symbole (dit) de saint Athanase, témoin de la foi de l’Église des premiers siècles, spécialement dans la Gaule chrétienne :
« Ceux qui ont bien agi iront dans la vie éternelle, ceux qui ont mal agi, au feu éternel. Telle est la foi catholique, et quiconque ne gardera pas cette foi fidèlement et fermement, ne pourra être sauvé. »
Créé libre, tu peux trahir l’amour de Dieu en toi. Quand tu pèches, tu piétines le mystère, tu annules le désir, tu chasses l’Esprit Saint reçu au baptême. Par le péché – injustice, impureté, impiété –, tu défigures en toi l’image. Si ton désir se tourne vers les créatures, alors ta destinée sera sans le Créateur. Si ta vie est pour les créatures, alors ton éternité sera sans le Créateur. Ne pas voir Dieu, manquer pour l’éternité sa destinée véritable…
Pèlerin de Chartres, rallume ton courage. Restaure en toi l’image, sois digne de ta destinée ! Tu crains ta vie passée, la multitude et l’horreur de tes fautes ? Le péché est l’aliment de la miséricorde de Dieu. Aujourd’hui, change ta vie, purifie ton désir. Tourne ton regard, non plus vers les créatures, mais vers le Créateur.
Si nous sommes ici à marcher, c’est que nous avons la certitude d’avoir un chemin à parcourir pour passer du péché à la grâce, de la médiocrité à la ferveur, d’une vie banale à la sainteté.
La vraie question n’est pas de savoir combien nous sommes à marcher sur la route de Chartres, la question est de savoir combien parmi nous seront vraiment convertis à l’arrivée !
Esprit de Pentecôte
Ami pèlerin, que cette Pentecôte soit pour toi l’occasion d’une fervente confession ! Que la contrition rallume en toi le désir de Dieu, le désir de contempler sa face, le désir d’accomplir ta destinée ! Que cette Pentecôte soit pour toi l’occasion d’écouter l’appel de Dieu à son service ! Nous avons besoin d’apôtres pour allumer partout le désir de Dieu.
Immense cohorte, qui marche derrière la croix dans les pas des saints, accompagnée des Anges, si tu restes fidèle à ta vocation de louange, ton chemin de la terre sera ton chemin du ciel. Et le temps de la foi s’achèvera pour toi par la vision de l’adorable Trinité. Notre vraie Patrie, c’est l’éternité !
Le règne du Sacré-Coeur
Geneviève Vignes, coordinatrice depuis plus de quinze ans au siège international de la Garde d’honneur du Sacré-Cœur de Jésus à Paray-le-Monial, reçoit plus de 700 personnes chaque année. Elle constate combien ceux et celles qui franchissent la porte de sa permanence ont faim et soif de Vérité. Le message de Jésus à sainte Marguerite, toujours d’une brûlante actualité, répond bien souvent à leurs attentes spirituelles. Encouragée par ceux qui ne se satisfont pas d’une miséricorde qui ne leur parle pas ou d’une rigueur exacerbée qui les rebute, elle tente dans cet ouvrage préfacé par Mgr Schneider de concilier les deux en reprenant l’essentiel du message pour parler au cœur de chacun.
Aujourd’hui, trop nombreux sont les ministres de Dieu qui pensent que le Sacré-Coeur de Jésus est une dévotion passée et ne fait plus recette auprès des fidèles. Une amie me disait qu’un jour, abordant la dévotion du Sacré-Coeur auprès de son curé, il n’aurait pas réagi de la pire manière si elle lui avait parlé du diable ! C’est dire l’idée qu’on se fait du Sacré-Coeur aujourd’hui !
Concernant le règne du Sacré-Coeur, l’auteur rappelle ce qu’écrivait Léon XIII dans sa Lettre encyclique Annum Sacrum en 1899, sur la Consécration du genre humain au Sacré-Cœur de Jésus :
Son empire ne s’étend pas exclusivement aux nations catholiques ni seulement aux chrétiens baptisés, qui appartiennent juridiquement à l’Eglise même s’ils sont égarés loin d’elle par des opinions erronées ou séparés de sa communion par le schisme ; il embrasse également et sans exception tous les hommes, même étrangers à la foi chrétienne, de sorte que l’empire du Christ Jésus, c’est, en stricte vérité, l’universalité du genre humain.
L’auteur insiste sur le règne de Notre-Seigneur et évoque l’encyclique de Pie XI Quas Primas qui institue la fête du Christ-Roi.
Quand nous prions le Notre Père, mesurons-nous vraiment ce que nous demandons en exprimant “que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel” ? […] Au-delà des mots qui siéent à nos oreilles, désirons-nous vraiment que Dieu gouverne toute la terre dans toute sa gloire et sa majesté, et que le règne de Dieu en son Fils Jésus Christ se manifeste ? Souhaitons-nous véritablement son triomphe ? […]
Certes, on rétorqueras que des réformes ont été apportées, “relativisant” la Royauté unniverselle du Christ qui ne s’exercerait plus que dans l’Eternité après le jugeme,nt dernier… d’ù sans doute le déplacement de la fête juste avant la Toussaint. Mais quand le Seigneur dit à Marguerite-Marie “Je règnerai malgré mes ennemis”, Il ne parle pas de la fin des temps. Ce n’est pas non plus ce que nous demandons dans la prière du Notre Père : “que ton règne vienne”, ni dans cette autre oraison formulée non pas au futur mais bien au présent : “car c’est à toi qu’appartiennent le Règne, la Puissance et la Gloire pour les siècles des siècles.” et dans l’Evangile : “Toi, Père, glorifie-moi maintenant auprès de toi : donne-moi la gloire que j’avais auprès de Toi avant le commencement du monde.” (Jean 17,5) La gloire dont parle Jésus n’est rien d’autre que son éclatante royauté universelle ET éternelle : celle d’hier, d’aujourd’hui, de demain, de toujours !
La solennité du Christ Roi a été promulguée par Pie XI en 1925, et bien qu’elle soit assez contemporaine, on a déjà tendance à en faire une fête de seconde classe.
Sur le discernement, à l’Ecole Thomas More
L’École Thomas More a reçu François Bert, fondateur de Edelweiss RH et de l’École du discernement :
“On ne sert qu’en étant soi. C’est à partir du moment où vous prenez le temps de savoir qui vous êtes, que vous aurez une vision très claire de la contribution qu’on attend de vous.”
Pèlerinage de Chartres : comment expliquer l’incroyable succès de l’édition 2024 ?
Rémi Fontaine, professeur de philosophie, journaliste, historien, cofondateur du pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté et auteur de “Chartres t’appelle ! une Pentecôte de Chrétienté“, Anne-Lys Falicon, porte-parole de Notre-Dame de Chrétienté et membre de la logistique, chargée notamment du montage des tentes (une “course contre la montre” puisque les tentes doivent être montées avant l’arrivée des pèlerins…), et Alexandre Caillé, directeur général de l’association SOS Calvaires, du chapitre Simon de Cyrène, ont été interrogés sur Radio courtoisie :
Etats-Unis : les militants pro-vie persécutés par la justice
Heather Idoni a souffert de nombreux problèmes médicaux au cours de son incarcération, dont un récent accident vasculaire cérébral, mais la juge Colleen Kollar-Kotelly lui a refusé la possibilité de purger sa peine à domicile.
Heather Idoni, militante pro-vie et mère de 15 enfants, a été condamnée par la juge Colleen Kollar-Kotelly à 24 mois de prison pour avoir bloqué l’accès à un centre d’avortement tardif dans la capitale du pays.
À l’automne dernier, Idoni, 59 ans, a été placée en isolement prolongé pendant 22 jours et privée de sommeil, les lumières de sa cellule restant allumées en permanence. Alors qu’elle attendait sa condamnation, elle a été victime d’une attaque cérébrale il y a trois semaines et a dû être transportée d’urgence à l’hôpital. Idoni a précédemment révélé qu’elle est victime d’une négligence médicale flagrante à la prison de D.C. où elle est incarcérée, qui n’a pas administré un médicament essentiel pour son cœur tout en falsifiant son dossier médical.
Mercredi, un jour après l’audience initialement prévue, Idoni a été condamnée à 24 mois de prison. Elle a déjà purgé neuf mois, ce qui lui en laisse 15 à purger. En outre, elle s’est vu refuser la possibilité de purger sa peine par le biais d’une détention à domicile, qu’elle avait demandée en raison des problèmes de santé qu’elle a endurés tout au long de son procès.
Comme LifeSiteNews l’a rapporté, Idoni et les autres pro-vie ont été jugés pour avoir bloqué l’accès à la Washington Surgi-Clinic dans le centre de Washington, lors d’un « sauvetage traditionnel » en octobre 2020. Les « sauvetages » pro-vie, qui étaient nombreux au début du mouvement pro-vie avant que le FACE Act ne devienne une loi fédérale, consistent à entrer physiquement dans les centres d’avortement et à refuser d’en sortir afin de convaincre les femmes de choisir la vie pour leurs bébés (la Washington Surgi-Clinic est également l’endroit où ont été découverts cinq bébés avortés tardivement qui pourraient avoir été tués soit par des procédures illégales d’avortement par naissance partielle, soit après une naissance en vie).
Depuis mai 2022, date à laquelle l’intention de la Cour suprême des États-Unis de renverser l’arrêt Roe v. Wade a été divulguée, « il y a eu au moins 236 attaques contre des églises catholiques et au moins 90 attaques contre des centres de grossesse pro-vie », rapporte le Daily Signal. Pourtant, le ministère de la justice « n’a inculpé que des militants pro-vie pour violation de la loi FACE en 2022, et n’a depuis inculpé que cinq personnes pour violation de la loi FACE en ciblant des centres de grossesse ». Dans le même temps, il a poursuivi avec zèle les incidents impliquant des pro-vie.
Idoni n’est pas la seule à avoir subi des mauvais traitements pendant sa détention, au-delà des accusations et des condamnations elles-mêmes. Jean Marshall, 74 ans, a été privé de vêtements et de chauffage suffisants par un froid hivernal extrême, ce qui lui a valu de contracter une pneumonie qui n’a pas été soignée pendant trois semaines, et on lui a refusé une opération urgente de la hanche. Paulette Harlow, 75 ans, s’est vu refuser l’autorisation d’assister à la messe alors qu’elle était assignée à résidence.
Eric Ciotti soumis au lobby LGBTQXYZ
L’histoire du joueur de Monaco qui a refusé de respecter la journée contre l’homophobie divise la droite. Ciotti en désaccord avec Retailleau qui a estimé qu’il “ne fallait pas introduire cette cause à tout bout de champs.” Réponse de Ciotti : “il ne faut pas transiger” #RMC
— Renaud Pila (@renaudpila) May 22, 2024
Il y a 10 ans Pierre-Yves Bournazel (UMP désormais chez Horizons) était considéré comme l’alternative de droite à NKM. Désormais il se soumet au lobby LGBT et est très fier d’avoir porté et voté la création d’un centre d’art LGBTQIA+ dans la capitale.
Sam Brownback, ancien « ambassadeur pour la liberté religieuse internationale », piégé sur la fabrication de l’« Eglise orthodoxe d’Ukraine »
Sam Brownback, ancien député, sénateur puis gouverneur du Kansas, et « ambassadeur pour la liberté religieuse internationale » entre 2018 et 2021, a été piégé par les farceurs russes Vovan et Lexus, qui se sont fait passer pour Petro Porochenko. Vovan et Lexus ont voulu l’interroger sur la fabrication de l’« Eglise orthodoxe d’Ukraine », dont il a été la cheville ouvrière quand il était « ambassadeur », auprès de Porochenko et du patriarche de Constantinople.
Au cours de la conversation avec celui qu’il croyait être Porochenko, Brownback a déclaré que si l’aide américaine à l’Ukraine progresse si lentement, c’est en partie parce qu’un certain nombre de républicains sont mécontents des tentatives de Zelensky de détruire l’Église orthodoxe canonique. Il demande de ne pas persécuter ouvertement les croyants afin de « ne pas donner à Moscou un avantage dans les négociations ». Il critique l’arrestation de prêtres pour leurs liens supposés avec le patriarcat de Moscou : les « traîtres » doivent certainement être arrêtés, mais il ne faut pas « donner à Moscou un stimulant religieux » pour poursuivre sa guerre.
Cela dit, il est fier d’avoir aidé l’Ukraine à diviser l’Église, car « c’est important pour la conscience nationale des Ukrainiens ». Cela dit, il craint que « ce soit l’une des raisons pour lesquelles Poutine a déclenché la guerre ».
Il est convaincu que l’Ukraine doit absolument rejoindre l’UE et l’OTAN, mais il admet que de plus en plus de voix s’élèvent aux États-Unis pour reconnaître que l’Ukraine devra renoncer à des territoires russophones. Il conseille au gouvernement ukrainien d’essayer de tenir encore un an jusqu’à l’arrivée au pouvoir de Trump…
Mieux vaut étrangler un contrôleur que de dénoncer le dérapage d’un journaliste
Le choc des tweets :

Damien Rieu espère bien gagner en appel, comme d’habitude.
Y aurait-il des chrétiens de seconde zone qui méritent moins de charité ?
Loïc Mérian, qui s’est converti au contact du milieu traditionaliste, témoigne dans Famille chrétienne. Extrait :


[…]

[…]

Marion Maréchal : “Le catholicisme structure ma pensée”
Marion Maréchal était interrogée sur Radio Notre Dame. Elle évoque son catholicisme à partir de 6’40’‘ et notamment la doctrine sociale de l’Église et le catéchisme sur le sujet de l’immigration (2241):
2241 Les nations mieux pourvues sont tenues d’accueillir autant que faire se peut l’étranger en quête de la sécurité et des ressources vitales qu’il ne peut trouver dans son pays d’origine. Les pouvoirs publics veilleront au respect du droit naturel qui place l’hôte sous la protection de ceux qui le reçoivent.
Les autorités politiques peuvent en vue du bien commun dont ils ont la charge subordonner l’exercice du droit d’immigration à diverses conditions juridiques, notamment au respect des devoirs des migrants à l’égard du pays d’adoption. L’immigré est tenu de respecter avec reconnaissance le patrimoine matériel et spirituel de son pays d’accueil, d’obéir à ses lois et de contribuer à ses charges.
Les sujets sociétaux à partir de 14’30’‘, ses attentes de l’Église catholique et du Pape à partir de 18’35” et son expérience au pèlerinage de Chartres lors de la première journée (19’55”).
“Une mentalité thanatophile redoutable dévore insidieusement nos esprits”
Le cardinal Bustillo a signé une tribune dans Le Figaro pour dénoncer la loi sur l’euthanasie. Extrait :
[…] Mais l’homme n’est pas juste un amas de cellules. Il a une âme. Un cœur aussi. Et le combat entre Éros et Thanatos subsiste.
Une mentalité thanatophile redoutable dévore insidieusement nos esprits. Les nouvelles mortifères et angoissantes alarment sans répit nos consciences : la mort de la planète, la mort de la démocratie, la mort de diverses doctrines économiques, la mort de l’intimité, la mort de la liberté, la mort de la religion… L’anxiété nous gagne et nous paralyse en créant un sombre esprit de nécropole.
Presque tout a déjà été dit sur le projet de loi de la fin de la vie. Les motivations bibliques, psychologiques, philosophiques, juridiques et médicales ont été mises en valeur. Les « pour » et les « contre » se sont exprimés avec l’ensemble des arguments possibles. Souvent un vent de caricature règne en classant les uns comme progressistes et les autres comme conservateurs.
Faut-il se centrer sur « la fin » ou sur « la vie » ? Légaliser la fin de la vie par une mort « autorisée » est un échec de notre corps social et de nos politiques. Cela signifie que la qualité de la vie relationnelle et sociale s’est vidée de sa substance. Le célèbre « vivre ensemble » n’existe plus que d’une manière artificielle, à coups de loi préfabriquée et factice. La fraternité et la solidarité avec les plus vulnérables sont devenues une réalité vide. Les forts l’emportent et les faibles disparaissent.
Serions-nous tombés dans la loi de la jungle ? Si les plus petits ne sont pas protégés, peut-on dire qu’une nation soit évoluée ? Notre société – dite civilisée – ayant soigné l’avoir, le pouvoir, le faire et le savoir a oublié de soigner l’être. Et nous voyons des existences fades et creuses trouver quelques échappatoires dans les anxiolytiques ou les drogues. On existe mais on ne vit plus. On marche vers la mort passivement en constatant une crise de l’espérance. L’Occident désenchanté est un huis clos sartrien implacable et morbide.
Il y a quarante ans le président François Mitterrand optait pour « la vie à tout prix » avec l’abolition de la peine de mort en prenant le risque d’aller à contre-courant de l’opinion majoritaire. Aujourd’hui, nous risquons de basculer vers une vie sans prix, une vie à bannir.
Il est grave de constater qu’une loi de fin de vie se prépare mais il est terrifiant de savoir que des personnes puissent imaginer demander la mort à l’État. Pourquoi la mort ? Quels dysfonctionnements personnels et relationnels polluent notre vie pour exiger la mort ? Pourquoi demander un acte létal au lieu d’un acte vital ?
L’Occident a perdu l’esprit pascalien du christianisme qui prêche la vie, l’avenir, l’aventure, le rêve… Qui se lève pour annoncer la charité, l’espérance, la joie ?
[…]
Pervers monstrueux
Ce week-end se tenait à Bobigny le “Family pride festival”, financé par la Dilcrah, Barclays, Pierre&Vacances et Chloé. Un spectacle de drags queens “adapté aux enfants” au “regard pur et qui ne trahit pas”.
La place de ces déséquilibrés est dans un asile de fous.
“Ils veulent des pasteurs qui leur parlent de la Croix et les mettent en garde contre le péché”
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Homélie Pentecôte 2024 – Paroisse Saint Pierre de Chennevières sur Marne – Abbé Michel Muel :
Frères et sœurs bien aimés : la Pentecôte c’est l’Espérance, la fête de l’espérance absolue car c’est la Puissance divine qui est à l’œuvre face à la peur et la faiblesse humaine. Lorsque l’Esprit Saint fit irruption sur les apôtres, l’état du monde et de l’Eglise naissante n’était guère brillante. Et pourtant, à partir de ces quelques disciples, le feu divin se répandit à travers le monde diffusant la charité et la grâce dans tous les peuples… Depuis 2000 ans cette Puissance divine renouvelle la face de la terre. C’est pour cela que l’on a l’habitude d’appeler la Pentecôte : l’anti-babel ou la Babel renversée. Souvenons de cet évènement racontée dans la Genèse : ce monstrueux péché d’orgueil qui entraina la malédiction de la division….
Alors qu’au commencement, Dieu construisit ce monde et y insuffla son Esprit, pour y faire régner l’ordre et l’harmonie, l’unité et la paix, l’homme va construire cette fameuse tour, celle de Babel pour se comparer à Dieu, se mesurer à Dieu, l’homme veut par lui-même atteindre le ciel. S’ensuivit alors la confusion, le chaos entre les hommes ! ils ne se comprirent plus. Babel, c’est finalement le fruit de la perversion humaine. Mais Jésus va envoyer l’Esprit, le défenseur qui rendra témoignage. Alors la foi, la Charité, tous les fruits de l’Esprit vont se répandre sur la Terre par l’Eglise et ses saints, comme le décrit st Paul dans la lecture que nous venons d’écouter de la lettre aux Galates.
Dans ce passage, l’Apôtre décrit « un affrontement qui vous empêche de faire tout ce que vous voudriez ». Comme dans la peinture d’un tableau, l’ombre est nécessaire pour faire ressortir la lumière, ainsi St Paul dénonce toute sorte de péché pour mieux contempler l’œuvre qu’accomplit l’Esprit dans les cœurs : amour, joie, paix, patience… A sa suite, pour mieux voir et discerner l’Esprit-Saint en action aujourd’hui dans les âmes, il nous faut dénoncer l’œuvre de Satan qui agit partout. La nouvelle Babel fait apparaître la nouvelle Pentecôte
Mais quelle est cette nouvelle tour de Babel qui se construit aujourd’hui ? N’est-ce pas cette volonté effrénée de prendre la place de Dieu en toutes choses : tout est mis en place pour déshumaniser l’homme, renverser l’œuvre de Dieu, l’unité et l’harmonie, au profit d’un nouveau totalitarisme : le nouvel ordre mondial ! l’antechrist d’aujourd’hui ! A ce pouvoir, tout est dû ! il lui faut des robots, des hommes standardisés, sans liberté, sans capacité de penser par eux-mêmes. A l’intelligence on substitue la pensée unique ! la rentabilité et le progrès deviennent les valeurs absolues. Cet ordre mondial veut une humanité fusionnée, indifférenciée et soumise. On remplace la relation et l’unité par la fusion, l’égalité devant Dieu par l’égalitarisme contre Dieu. Alors on supprime les peuples, les races, les nations, les cultures, les relations vraies et saines, au profit d’une mondialisation à outrance qui prive l’homme de toute vraie liberté ! On veut maitriser la vie par le clonage, le transhumanisme, la manipulation génétique, et toutes les dérives morales de la culture LGBT. L’homme détruit l’unité en voulant créer l’uniformité et la fusion. On impose l’universel au particulier ! On crée ainsi la religion universelle à laquelle tout doit être soumis. Cette nouvelle religion antichristique a ses prêtres, ses sacrificateurs, ses prédicateurs, ses fidèles Elle a aussi ses dogmes comme « mourir dans la dignité », « le droit de disposer de son corps », ou « le salut de la planète ». Elle impose ses sacrifices humains d’innocents par la loi suprême de l’avortement et par l’Euthanasie. Elle utilise tous les moyens jusqu’au renversement de nos valeurs traditionnelles et chrétiennes. Et nous assistons à la soumission de tous.
Si la Babel ancienne entraina la confusion des langues. Cette Babel moderne entraine le chaos mondial et universel. Mais c’est là que notre espérance renait et avec elle la joie car l’Esprit Saint est à l’œuvre et les signes de son action éclatent à nos yeux de croyants !! Devant le chaos, Dieu intervient toujours en Jésus Christ, qui envoie son Esprit paraclet. Il souffle avec la puissance divine ! il faut ouvrir les yeux de l’âme, ceux de la foi !
Contemplons ce petit cénacle de Jérusalem, l’Esprit de Dieu a vaincu la peur et l’ignorance. Les disciples étaient avec Marie et quand Marie est là l’Esprit-Saint survient de façon étonnante. Marie est toujours là dans les débuts C’est saint Luc qui nous apprend cela. Au début de son évangile, il nous révèle que sous l’ombre de l’Esprit-Saint, le Verbe se fait chair en Marie, elle enfante le Sauveur du monde ! Au début des Actes il nous révèle encore que les disciples étant en prière avec Notre Dame, l’Esprit surgit et Marie va enfanter l’Eglise. L’Eglise alors s’anime et va répandre son feu… La présence de Marie attire le souffle divin pour donner la Vie.
Elle est là notre Espérance aujourd’hui mes chers amis. C’est l’Espérance de Chartres ! En ce week-end de Pentecôte, 18000 jeunes français cheminent et prient avec Marie. Alors oui, une nouvelle Pentecôte est en train de se passer, non pas celle des années postconciliaires, mais celle qui se passe de façon humble et cachée un peu partout dans le cœur des jeunes. Mais à Chartres particulièrement sous le voile de Marie. Car l’Esprit saint semble avoir changé de méthode. Si dans la chambre haute de Jérusalem, l’Esprit souffla sur la tête de l’Eglise, aujourd’hui il semble souffler à la base, sur les jeunes qui sont l’avenir de l’Eglise. Le relèvement de l’Eglise et de la France ne viendra pas de nos élites qu’elles soient politiques ou religieuses mais il viendra d’en bas. De ces jeunes qui n’ont qu’un désir : se laisser conduire dans la Vérité toute entière. Ce qu’ils cherchent, ce n’est pas une religion où tout le monde est gentil, ou on ne parle que de tolérance, « d’église verte » ou de social, ils cherchent la vérité toute entière, pas une demi vérité, ou une doctrine édulcorée qu’on leur sert un peu partout. Ils ne veulent plus de compromission, mais ils attendent une prédication comme celle de Paul aux Galates. Ils veulent l’exigence de la conversion et de la pénitence. Ils veulent des pasteurs qui leur parlent de la Croix et qui les mettent en garde contre le péché et ses conséquences éternelles. Ils veulent être guidés vers l’absolu de la sainteté et du don de soi car ils visent le Ciel. Ils désirent « recevoir en héritage le royaume de Dieu ». Pour cela, ils choisissent l’exigence et l’engagement. Ils veulent vivre la fidélité, la maitrise de soi et la vraie chasteté, fruit de l’Esprit, en menant pour cela le combat spirituel contre les tendances de la chair. Ils veulent une liturgie qui les fasse entrer dans le mystère de Dieu. Ils n’ont pas peur : Voilà la nouvelle Pentecôte, celle dont parlait Jean-Paul II et Benoit XVI. Marie à Chartres ou ailleurs enfante les saints de demain.
Et nous frères et sœurs bien-aimés, la question nous est posée aujourd’hui ! Que choisissons-nous la Pentecôte ou Babel ? Choisissons-nous de réparer l’Eglise en entrant dans ce nouveau souffle de sanctification ? Pour cela crucifions en nous la chair et marchons sous la conduite de l’Esprit.
Abbé Michel Muel
Succès du Congrès international de la Chaire internationale de bioéthique Jérôme Lejeune
La Chaire internationale de bioéthique Jérôme Lejeune a organisé le IIe Congrès international de bioéthique à Rome les 17 et 18 mai, sur le thème « Jérôme Lejeune et les défis de la bioéthique au 21ème siècle ». Le congrès s’est penché sur l’actualité de la pensée de ce généticien français pionnier de la bioéthique, pour éclairer les défis contemporains de la défense de la vie humaine. 42 organisations académiques internationales ont participé à l’événement, ce qui en fait une référence mondiale dans le domaine de la bioéthique.
L’événement a commencé par un mot de bienvenue de Jean Marie Le-Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune en France, et de Mónica López Barahona, présidente de la Fondation en Espagne et de la Chaire : « À l’occasion du 30e anniversaire de la mort du professeur Lejeune, ce congrès est guidé par plusieurs de ses discours qui, bien qu’ils aient été prononcés il y a des années, sont toujours d’actualité en raison de leur importance pour le respect de la vie et de l’intégrité de l’être humain ». Dans le cadre de cette introduction, Mgr. Robert Barron, évêque du diocèse de Winona-Rochester (Minnesota) et fondateur de Word on Fire Catholic Ministries, a également remercié la Fondation Jérôme Lejeune d’avoir organisé cet événement « pour relever les défis touchant les plus vulnérables, en traçant un chemin pour défendre la dignité de la personne, comme le professeur Lejeune l’a fait en son temps, et en affrontant la présence d’idéologies qui la détruisent et qui sont de plus en plus répandues dans les cultures ».
L’événement a été marqué par la participation d’orateurs américains de renom, tels qu’Orlando Carter Snead, de l’Université de Notre Dame, qui a souligné qu’« il est nécessaire de réimaginer le contexte humain dans lequel la question de l’avortement n’est pas un conflit entre étrangers, mais implique une mère et son enfant » et que « dans la reproduction assistée, l’enfant ne devrait pas être un objet conçu en réponse à l’individualisme humain ». William Sullivan, de l’université de Toronto et chercheur principal au Kennedy Institute of Ethics de l’université de Georgetown, a également participé au débat. Dans sa présentation, il a expliqué que « beaucoup de morts de personnes souffrant d’un handicap intellectuel et de développement sont déterminées par les décisions et les valeurs de personnes et de systèmes autres que celles des personnes concernées et de leurs proches, » et il a ajouté que « beaucoup de ces personnes meurent aussi seules ».
Parmi les sujets abordés, celui de l’embryon à trois parents et des chimères inter-espèces était l’un des plus intéressants. À ce sujet, Maureen L. Condic, de l’université de l’Utah (États-Unis), a déclaré que les chimères animal-humain « ne nous permettent pas de déterminer s’ils sont membres de notre espèce ou non. Par conséquent, les chimères homme-animal ont un statut moral intrinsèquement ambigu et, dans la plupart des cas, ne devraient pas être produites ». Miquel-Ángel Serra, chef d’équipe au Centre d’Études Avancées et au Centre commun de recherche de la Commission européenne, a conclu que « les technologies existantes et émergentes d’amélioration humaine, en particulier pour l’édition du génome, permettent des avancées significatives dans la guérison radicale ou palliative de nombreux patients » et a réfléchi aux risques qui existeraient « si elles étaient appliquées à des humains “normaux” pour les rendre “plus heureux” ou “super-intelligents” ».
Un autre thème majeur abordé a été le transhumanisme, conduit par la directrice académique de la section espagnole de la Chaire, Elena Postigo, qui a souligné que cette tendance « recherche l’humain augmenté, sans réaliser que la personne handicapée nous aide à comprendre que la grandeur de l’être humain ne réside pas dans la perfection génétique ou biopsychique, mais dans une vision intégrale de la personne ».
George Weigel, biographe de Jean-Paul II et membre honoraire du Ethics and Public Policy Center (USA), a également participé à l’événement. Dans son discours, il a évoqué la relation entre le Souverain Pontife et Jérôme Lejeune : « Jean-Paul II a veillé à ce que Lejeune, en devenant l’un des ardents défenseurs de la vie, en particulier des enfants à naître, était prêt à devenir un ‘signe de contradiction’, quelles que soient les pressions exercées par une société permissive ou l’ostracisme dont il a souffert ».
En outre, le congrès a donné lieu à des témoignages de familles, comme celui d’une mère d’un enfant porteur de trisomie 21, qui a été un patient du professeur Lejeune, ainsi que la famille d’Indi Gregory, la jeune fille britannique décédée des suites d’une maladie mitochondriale et admise au Queen’s Medical Center de Nottingham, après avoir été déclarée en phase terminale par les juges du pays.
Le congrès a réuni des experts et des chercheurs en bioéthique venus des États-Unis, d’Asie, d’Amérique latine et d’Europe pour débattre, outre les thèmes susmentionnés, de l’éthique médicale dans le diagnostic prénatal, de la fin de vie, des techniques de procréation artificielle et de la dysphorie de genre chez les mineurs. Les travaux de l’Institut médical Jérôme Lejeune, présent en France, en Espagne et en Argentine, ont également été abordés, en mettant l’accent sur le traitement intégral des maladies intellectuelles d’origine génétique.
Les interventions seront prochainement mises en ligne sur le site du congrès.
Pèlerinage à Chartres : la soif spirituelle des jeunes
Dimanche, dans l’émission En Quête d’esprit sur CNews, Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier recevaient
- L’Abbé Jean de MASSIA, aumônier général du pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté
- François MENNESSON, étudiant
- Yaël MORINIÈRE, étudiante
Mgr Alexandre de Bucy nommé évêque d’Agen
Le Pape François a nommé évêque d’Agen Monsieur l’Abbé Alexandre de Bucy, prêtre du diocèse de Versailles (il était au séminaire avec Mgr Valentin), à la disposition du diocèse de Pontoise, doyen du Doyenné d’Enghien-Montmorency et curé du groupement paroissial Notre-Dame-de-la-Fraternité.
Message de monseigneur Luc Crepy :
De nouveau, c’est un prêtre de notre diocèse qui est appelé par le pape François à l’épiscopat, nous nous réjouissons de pouvoir ainsi contribuer à la vie de l’Eglise.
Avec le diocèse de Versailles, et tout particulièrement avec le presbyterium, je souhaite à Mgr Alexandre de Bucy un heureux et fécond ministère épiscopal dans le diocèse d’Agen et je l’assure de notre prière fraternelle.
Que l’Esprit de Pentecôte l’accompagne dans sa mission de successeur des apôtres, dans la joie d’annoncer à tous l’Evangile du Christ ressuscité.Luc CREPY
Évêque de Versailles
Message de monseigneur Alexandre de Bucy :
Chers frères prêtres, chers frères diacres,
Chers frères et sœurs, chers amisLe pape François me nomme aujourd’hui évêque d’Agen. A l’approche de cette nouvelle mission, je tenais à vous retrouver par ces quelques mots d’action de grâces qui montent de mon cœur pour tout ce que j’ai reçu dans ce beau diocèse de Versailles. J’y ai grandi. J’y ai reçu l’appel à le suivre et à donner ma vie au Christ comme prêtre diocésain.
Mon cœur de prêtre et de pasteur a été façonné au contact de nombreux prêtres, diacres, consacrés, séminaristes et laïcs du diocèse, particulièrement ceux qui m’ont accueilli comme jeune prêtre au Val Fourré et à Gassicourt de Mantes-la-Jolie, mais aussi ceux de Sartrouville, qui m’ont accueilli comme jeune curé, et encore le séminaire de Versailles et tous les jeunes de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne.
Je veux remercier les évêques qui m’ont accompagné sur ce chemin, Mgr Jean-Charles Thomas, qui m’a ordonné diacre et prêtre, Mgr Eric Aumonier, qui m’a fait confiance dans les nombreuses missions reçues de lui mais aussi en m’envoyant comme fidei donum dans le diocèse de San au Mali puis à Pontoise, et enfin Mgr Luc Crepy, qui a toujours été attentif à ce que je vivais en-dehors du diocèse.
Je vous invite tous à venir le dimanche 1er septembre à 14 h 30 pour mon ordination épiscopale en la cathédrale d’Agen.
Priez pour moi ! Que le Seigneur me donne d’être un pasteur selon son cœur, doux et humble, et qu’il me donne la sagesse !
N’hésitez pas à passer à Agen, si vous le souhaitez. Je me ferai une joie de vous recevoir, de vous faire découvrir ce beau diocèse et ses nombreuses richesses.
Soyez assurés de mes fidèles prières,Alexandre de BUCY +
La messe d’installation et d’ordination a lieu le 1er septembre 2024, en la cathédrale Saint-Caprais d’Agen, à 14h30.
De Chartres à Paris, 8000 chercheurs de Dieu
Le pèlerinage de Pentecôte 2024 de Chartres à Paris organisé par la Fraternité Saint-Pie X avait pour thème : « Chercher Dieu avec saint Thomas d’Aquin ».
A Chartres, l’abbé Gonzague Peignot, futur Supérieur de District, a célébré la messe d’envoi. Dimanche, Mgr Bernard Tissier de Mallerais a célébré la messe de Pentecôte au bivouac de Villepreux, puis lundi c’est l’abbé de Jorna, supérieur du district de France de la FSSPX, qui a célébré sur la place Vauban. Les homélies sont en ligne ici.



A l’arrivée à Paris, ce sont environ 8000 pèlerins qui ont processionné dans les rues jusqu’à la place Vauban, avec les unités scoutes en tête :

Photos : La Porte Latine
Le pèlerinage de Chartres et la question pastorale
De Cyril Farret D’Astiès pour Le Salon beige :
Les pèlerinages de Chartres ont rencontré cette année encore un beau succès. Rendons grâce à Dieu et remercions les organisateurs.
L’esprit traditionnel progresse et se diffuse. Traditionis custodes demeure globalement inappliqué quelles que soient les différentes positions des autorités religieuses à l’endroit de l’héritage liturgique commun. Ainsi, l’affaire de Quimper, Dieu merci, demeure un cas relativement isolé. Au-delà de tout ce qui a été dit et écrit, cette réaction empreinte d’un certain cléricalisme (pourtant unanimement dénoncé) est révélatrice de l’incompréhension fondamentale qui divise le catholicisme depuis plusieurs décennies. Cette incompréhension réside en grande partie dans le primat pastoral qui est devenu une fin en soi.
Selon le site de l’Église catholique de France, la pastorale est
« l’activité, née du dynamisme de la foi de l’Église, qui vise à donner à chacun selon ses besoins spirituels. Aujourd’hui se développe, à côté d’une pastorale générale qui définit les grands axes de l’action (dans un diocèse par exemple) des pastorales spécialisées, tourisme, malades, immigrés etc.. ».
Ors, vis-à-vis des catholiques de tradition, il n’est pas toujours envisagé de donner « à chacun selon ses besoins spirituels », il est peu question de prendre en compte « l’activité, née du dynamisme de la foi de l’Église ». Il s’agit parfois d’imposer un modèle pastoral par la force ou par la ruse (l’abbé Amar parle de mesquinerie dans une récente tribune). Et cette pastorale imposée — et par ailleurs souvent faillie — résulte d’une méconnaissance ou d’un déni envers la nécessaire cohérence entre liturgie traditionnelle (qui n’est pas de l’ordre de la pastorale insistons-nous) et les conséquences pédagogiques qui découlent de cette tradition liturgique (type de scoutisme, catéchisme sous forme de questions – réponses, grandes écoles de spiritualité, civilité, modalités des œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles, pédagogies scolaires…).
Ce qui est profondément déroutant c’est que la réforme liturgique avait été menée pour une raison essentiellement pastorale. On voulait en effet modifier le culte par l’idée (conceptuelle, intellectuelle, sociologique…) que l’on se faisait des attentes du peuple. On promettait en échange de cet aggiornamento de faire jaillir un printemps dans l’Église ; on allait voir ce que l’on allait voir !
On a vu.
Sacrosanctum concilium, constitution sur la liturgie et premier document promulgué du concile, annonçait en son numéro 49 :
« C’est pourquoi, afin que le sacrifice de la messe, même par sa forme rituelle, obtienne une pleine efficacité pastorale, le saint Concile, à l’égard des messes qui se célèbrent avec le concours du peuple, surtout les dimanches et fêtes de précepte, décrète (…). »
Les grandes révisions envisagées étaient ensuite précisées (prière universelle, langue vernaculaire, concélébration, communion sous les deux espèces…). Dans un entretien donné au quotidien La Croix à l’occasion des trente ans du nouveau missel, le père Jounel, acteur important de la réforme, insistait sur ce motif pastoral : « J’ai ainsi parcouru la France, à cette époque, pour montrer qu’il s’agissait d’adapter la liturgie aux besoins actuels de la pastorale. » Paul VI lui-même, dans un fameux discours de présentation du nouveau rit le 26 novembre 1969, expliquait ses choix :
« Nous voulons encore une fois vous inviter à réfléchir sur cette nouveauté que constitue le nouveau rite de la messe (…). Et pourquoi ? (…) La réponse semble banale et prosaïque, mais elle est bonne, parce que humaine et apostolique. (…) Plus précieuse est la participation du peuple, de ce peuple d’aujourd’hui, qui veut qu’on lui parle clairement, d’une façon intelligible qu’il puisse traduire dans son langage profane. (…) »
On ne peut que regretter cette perte généralisée du sens liturgique qui, rappelons-le encore et encore, est d’abord et essentiellement un culte. Il semble que cette place prépondérante donnée à la pastorale était très largement partagée au mitant du XXe siècle, ce qui explique certainement le peu d’opposition à la réforme de la Semaine sainte par Pie XII ou la massive approbation de Sacrosanctum concilium en 1963. Le Mouvement liturgique avait si profondément labouré l’Église que plus personne ne semblait faire sienne la compréhension de la liturgie d’abord comme expression de la vertu de religion. C’est d’ailleurs le bénéfice de cette crise que de nous faire redécouvrir le sens profondément surnaturel de la liturgie à rebours d’un matériau pastoral. Mais n’approfondissons pas ici aujourd’hui les questions théologiques qui fondent notre attachement irrévocable à la liturgie traditionnelle, poursuivons sur les conséquences pastorales. Disons simplement que les luttes âpres qui traversent l’Église depuis 60 ans ne peuvent s’expliquer avec la clé de compréhension de la sensibilité ou de la pastorale. L’enjeu est bien plus profond.
Incontestablement cependant, ce sont souvent les aspects extérieurs, les pédagogies traditionnelles de la foi, qui attirent d’abord vers la liturgie traditionnelle. Pourtant, avec le temps, la compréhension plus profonde, plus spirituelle, moins identitaire (ou plus justement identitaire) prennent le dessus au fur et à mesure que la liturgie traditionnelle, par le génie de ses antiques et nobles prières, de ses gestes patinés, du cycle des ans, façonne notre âme de fils de l’Église. Au fur et à mesure que croît la compréhension plus juste de ce qu’est réellement la liturgie (et de tout ce qui en découle, qui en ruisselle, qui en jaillit plus exactement), l’attachement « sensible » cède la place à une véritable spiritualité liturgique que rien ni personne ne peut plus supplanter. Nourris par ce culte public rendu par le Christ à son Père et auquel nous sommes associés par l’Église, déjà initiés à la liturgie céleste, les besoins pastoraux s’effacent, ou restent à leur place fonctionnelle. Mais cette maturité spirituelle ne se décide pas et nous avons besoin pour l’atteindre d’une cohérence pastorale pour irriguer nos vies de baptisés.
Plus de 60 ans après cette révolution pastorale « pour le peuple », fort curieusement, on dénie en certains lieux aux catholiques de tradition la possibilité de vivre d’une pastorale spécifique. L’inversion est telle que les praticiens de la réforme se comportent parfois aujourd’hui en défenseurs inconditionnels de leur idée pastorale comme s’il s’agissait désormais d’une vérité révélée (la dernière et unique d’ailleurs en certains lieux), alors qu’elle n’est au mieux qu’une pédagogie, parfois un management. Non seulement on aimerait grandement comprendre en quoi les rites qui ont été supprimés avec le missel de Paul VI étaient mauvais ou dangereux pour la piété des fidèles et contraires à la Vérité ; mais on aimerait aussi que l’on nous explique pourquoi les pratiques pastorales traditionnelles sont les seules à susciter défiance et suspicion.
Dieu merci, la charité et le pragmatisme prévalent dans bien des diocèses et le Bon Dieu protège la liturgie traditionnelle.
Vers la suppression de la défiscalisation des dons aux associations ?
De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :

Laurence Trochu : “Je me battrai pour favoriser la natalité en donnant une place centrale aux politiques familiales”
Laurence Trochu est cinquième sur la liste de Marion Maréchal. Elle est présidente du Mouvement Conservateur (ex-Sens Commun) et ancienne porte-parole de François Fillon en 2017.
Elle s’exprime clairement pour une relance de la natalité européenne et contre l’idélogie LGBT. Extraits de son interview par Boulevard Voltaire :
“(…) Soutenir la liste de Marion Maréchal est une évidence pour les Conservateurs, tant nos priorités pour la France et l’Europe sont proches. En tant que cinquième de liste, je porte la voix des Conservateurs pour une Europe enracinée dans son identité, notamment chrétienne (…) Convaincue que nos enfants sont l’avenir de notre continent, je me battrai pour favoriser la natalité en donnant une place centrale aux politiques familiales vues comme des investissements dans les règles financières et économiques européennes. Cela nécessite, aussi, de refuser l’emprise des idéologies woke et LGBT en supprimant leurs innombrables financements (…)
La légalisation du mariage homosexuel a onze ans. Sens commun, devenu le Mouvement conservateur, est né en opposition à cette loi. Qu’en reste-t-il, aujourd’hui ?
Personne ne pourra dire que Sens commun n’avait pas alerté sur ce que contenait cette loi et ce qui y était en germe : la PMA sans père et les mères porteuses pour lesquelles il y a une grande hypocrisie. La loi Taubira intégrait déjà la GPA, avec la retranscription à l’état civil français des enfants nés de GPA à l’étranger. Prenez un avion retour de Colombie : il est rempli d’hommes qui sont allés faire leur marché pour acheter un bébé ! Comme le progressisme ne connaît pas de limites, la propagande LGBT se poursuit avec l’activisme transgenre d’ailleurs encouragé, protégé et financé par la Commission européenne (…)
Le Mouvement conservateur est un parti politique qui noue des alliances pour faire gagner les convictions qu’il porte. L’intuition initiale de Sens commun, devenu Mouvement conservateur, était de peser, en 2016, lors des primaires de l’UMP pour qu’émerge un candidat le plus proche possible de nos valeurs. C’est le rôle que nous avons joué et qui a conduit au choix de François Fillon, dont j’ai été la porte-parole. Mais depuis 2020, il est flagrant que la stratégie d’infusion des idées au sein des Républicains ne peut plus fonctionner. J’étais membre des instances de ce parti et j’ai vu comment les barons locaux ont vendu à la découpe leurs territoires à Macron, avec le silence complice ou même les encouragements des cadres dirigeants. Il y a encore, chez LR, des élus et des militants patriotes et conservateurs, mais ils n’ont plus aucune influence sur la ligne ni sur les votes. Ils servent de caution à un parti qui n’a plus ni chef ni ligne politique. Je sais bien que François-Xavier Bellamy se réjouit d’être fidèle à sa famille politique. Pour ma part, j’ai fait le choix de la fidélité à mes convictions et de viser l’efficacité.
La liste LR sera-t-elle en mesure de défendre ce pour quoi elle veut être élue au Parlement européen ? La réponse est non. LR siège avec le PPE d’Ursula von der Leyen, qui a voté 92 % des textes avec les socialistes et les macronistes ! Et le vote isolé de François-Xavier Bellamy n’y change rien (…) J’appelle donc les fillonistes orphelins à nous rejoindre. J’ai été le porte-parole de vos convictions en 2017, je le suis toujours : si vous voulez les défendre, ne gâchez pas votre voix, soyez efficaces !
Et pendant le même temps, François-Xavier Bellamy, qui partage pourtant les mêmes convictions que Laurence Trochu, invite à se positionner derrière lui sur le plateau de LCI Maxime Minot, député LR, pro-PMA et pro-GPA.
Ce soir, @fxbellamy fait le choix de venir sur le plateau de #LaGrandeConfrontation accompagné de Maxime Minot, député LR pro-PMA sans père et pro-GPA. Drôle de choix pour un prétendu conservateur… 🤔#VotezMarion pic.twitter.com/UhdXZk6PUX
— Nicolas Bay (@NicolasBay_) May 21, 2024
Comme le souligne Damien Rieu, les contradictions de LR sont permanentes sur tous les sujets :
#LR c’est comme ça sur TOUS les sujets 🥲#LaGrandeConfrontation pic.twitter.com/0jba4u5Ell
— Damien Rieu (@DamienRieu) May 21, 2024
Marion Maréchal au pèlerinage de Chartres
Présente dès samedi matin pour la messe à Saint-Sulpice du pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté, Marion Maréchal a marché les 40km entre Paris et le bivouac de Choisel, au sein du chapitre Saint-Louis de Gonzague, parfois sous la pluie.
Ce pèlerinage postule la nécessité d’une chrétienté et d’une reconnaissance effective de la royauté sociale du Christ
Dans L’Homme nouveau, Philippe Maxence évoque le pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté. Extrait :
[…] Dans un océan d’athéisme et d’indifférence, d’oubli de la loi naturelle et de règne de l’horizontalité, 18 000 pèlerins ne représentent peut-être pas grand-chose. Un grain, seulement un grain, à condition, bien sûr, de mourir afin de porter du fruit.
Mais mourir à quoi ? Mourir à l’esprit du monde, à cette mondanité ravageuse qui nous menace tous, y compris parmi ceux qui ont marché vers Chartres. La presse a souligné l’attachement de ce pèlerinage à « la messe en latin », à l’ancienne messe, à la forme extraordinaire ou encore au rite de saint Pie V, autant de termes pour tenter de cerner une réalité liturgique.
Certains, ne pouvant plus nier la fécondité de ce pèlerinage, n’ont eu de cesse de le mettre en parallèle avec le rassemblement du Frat à Jambville (11 000 participants) ou de souligner que les pèlerins de Chartres n’étaient pas tous des habitués de la liturgie romaine traditionnelle. La belle affaire ! Autant d’affirmations qui ressemblent, à vrai dire, aux dernières cartouches avant la reddition dans un Camerone qui n’aura rien d’héroïque.
La foi au risque de Quas Primas
Alors que nous nous préparons l’an prochain à célébrer le centenaire de Quas Primas (11 décembre 1925), l’encyclique de Pie XI sur la royauté sociale du Christ, il n’est peut-être pas inutile de nous souvenir que ce pèlerinage de la Pentecôte n’est pas simplement le signe d’un attachement à une forme liturgique, aussi vénérable et ancienne soit-elle, mais qu’il postule aussi la nécessité d’une chrétienté et d’une reconnaissance effective de la royauté sociale du Christ.
Limiter celle-ci à la reconnaissance des points non négociables en politique, à la création d’écoles catholiques ou à l’épanouissement de familles catholiques consisterait en une tragique réduction et en un terrible manque de foi. Il ne peut s’agir de vivre simplement au chaud dans des espaces communautaires que nous aurions réussi à protéger comme si le reste de la société ne nous concernait pas. Le salut du Christ est pour tous.
Tout irréalisable qu’elle semble à notre foi attiédie, la reconnaissance sociale et politique du Sacré Cœur de Jésus, n’en reste pas moins l’objectif auquel nous devons tendre, à temps et à contre-temps. Là se trouve aussi la grande leçon de Péguy. C’est quand tout semble perdu que la moisson arrive. Si « le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt »…
Le duc d’Anjou au pèlerinage de Chrétienté
Le Prince Louis a participé au pèlerinage de Chartres lundi de Pentecôte, après avoir visité le bivouac de Gas dimanche soir, où il a pu s’entretenir avec le cardinal Müller. Voici son message :
Hier, alors que la colonne du pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté s’ébranlait pour sa dernière étape, afin de parcourir les quelques kilomètres qui la séparaient encore de la cathédrale de Chartres, j’ai eu la grande joie de pouvoir me joindre aux milliers de pèlerins. Je tenais à être en communion avec cette jeunesse ardente qui prie et qui marche pour la France et pour l’Église universelle toute entière.
Magnifique leçon pour chacun d’entre nous de voir que l’Espérance, loin de mourir, habite et vivifie ceux qui sont inéluctablement appelés à être le futur de notre pays.
J’ai porté dans mes prières les joies et les souffrances de la France et de chaque Français et je les ai déposées aux pieds de la Vierge, dans la cathédrale de Notre-Dame de Chartres.
Je tiens à remercier tout spécialement Son Éminence le Cardinal Müller pour la Messe qu’il a accepté de célébrer pour nous à Chartres. Que saint Louis nous protège et nous garde tous.

“Nous nous engageons sans crainte pour le droit à la vie de chaque être humain, de sa conception jusqu’à sa mort naturelle”
Voici l’homélie prononcée par le cardinal Gerhard Müller lors de la messe de clôture du pèlerinage de Chartres du 20 mai 2024, organisé par Notre-Dame de Chrétienté, sur le thème des fins dernières :
Chers frères et sœurs dans la foi en Jésus-Christ, le Fils de Dieu !
Pour voir Dieu, nous devons suivre le Christ tout au long du chemin de notre vie, jusqu’à notre destination dans la demeure éternelle. Jésus n’est pas n’importe quel prophète, un créateur de sens ou un producteur de valeurs, mais bien plutôt le Verbe de Dieu fait chair. Lui seul pouvait dire à ses disciples : « Celui qui me voit – voit le Père » (Jean 14, 9).
La merveilleuse conséquence de l’incarnation du Verbe de Dieu dans la nature humaine et dans l’histoire de la vie de Jésus, est que nous puissions reconnaître la gloire de Dieu sur le visage humain de Jésus. Le Logos, ou le Verbe et la Raison de Dieu, est la lumière qui éclaire chaque personne. Jésus-Christ nous conduit en toute sécurité vers le sens et le but de notre vie, lorsque nous verrons Dieu face à face.
Et la procession liturgique de tant de milliers de jeunes (et moins jeunes) chrétiens depuis Paris jusqu’à cette magnifique cathédrale de Chartres, représente symboliquement le pèlerinage de l’Église vers la Jérusalem céleste.
Dans la Sainte Eucharistie, que nous célébrons maintenant ensemble, l’Église anticipe sacramentellement le banquet céleste des noces de tous les rachetés avec l’Agneau de Dieu, qui s’est offert historiquement et « une fois pour toutes » (He 9, 12) sur l’autel de la croix, pour notre salut.
Les difficultés physiques surmontées au cours de notre pèlerinage, et les tentations de l’âme et les doutes du cœur vaincus, approfondissent et renforcent l’espérance des croyants qu’ils sont sur le droit chemin du Royaume de Dieu, dans lequel Sa justice, Sa bonté et Son amour fondent le nouvel ordre du monde. Les Pères du Concile Vatican II, se référant à la grande théologie de l’histoire de Saint Augustin dans son ouvrage La Cité de Dieu, décrivent ainsi le chemin de l’Église en pèlerinage vers le Dieu trinitaire :
« L’Église avance dans son pèlerinage à travers les persécutions du monde et les consolations de Dieu, annonçant la croix et la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. La vertu du Seigneur ressuscité est sa force pour lui permettre de vaincre dans la patience et la charité les afflictions et les difficultés qui lui viennent à la fois du dehors et du dedans, et de révéler fidèlement au milieu du monde le mystère du Seigneur, encore enveloppé d’ombre, jusqu’au jour où, finalement, il éclatera dans la pleine lumière » (Lumen Gentium 8).
Il y a donc, d’un côté de notre pèlerinage terrestre, les persécutions dont l’Église a souffert, comme auparavant son chef et maître lui-même. Depuis les débuts du christianisme en Gaule romaine, de nombreux chrétiens de Lyon et de Vienne ont subi dans leur chair, de la part des masses populaires excitées, et des autorités de l’État, tout l’arsenal de l’hostilité à la foi catholique, depuis la calomnie publique jusqu’à l’exécution la plus cruelle. Le seul fait de confesser le Christ les rendait coupables de mort.
Et encore jusqu’à aujourd’hui, les chrétiens sont la communauté religieuse la plus persécutée de l’histoire de l’humanité. La déchristianisation de l’Europe est le programme actuel de ceux qui veulent lui voler son âme et en faire la victime de leur athéisme post-humaniste.
Mais selon l’interprétation chrétienne, l’histoire n’est pas un champ de bataille de luttes pour le pouvoir, la richesse et la jouissance égoïste de la vie. Eusèbe de Césarée, dans le 5ème Livre de son Histoire de l’Église, où il parle du martyre des chrétiens à Lyon à l’époque de l’empereur Marc Aurèle, dit au contraire qu’il voit l’histoire de la Cité de Dieu comme une lutte pacifique pour la paix de l’âme et le salut de tous. Les héros du christianisme ne sont pas, comme dans l’histoire profane, les empereurs et les généraux, mais les combattants pour la vérité et la foi. Les chrétiens ne luttent pas contre d’autres hommes, mais contre le mal dans leur propre cœur et dans le monde. Ils s’engagent pour la paix dans le monde, pour la justice sociale.
Un exemple brillant dans ce sens est le prêtre Franz Stock, dont les restes reposent ici, à Chartres, dans l’église Saint-Jean-Baptiste, et qui fut un grand artisan de la paix, notamment entre l’Allemagne et la France après les deux guerres mondiales dévastatrices. Il rassembla des séminaristes allemands parmi les prisonniers de guerre pour étudier la théologie. Et il était le recteur du célèbre « Séminaire des barbelés de Chartres », d’où sont sortis 600 prêtres et évêques.
En résumé : le principe de toute éthique est la dignité de chaque être humain en tant que personne créée par Dieu, et destinée à la vie éternelle.
Et il y a aussi, de l’autre côté de notre pèlerinage vers Dieu, les consolations de Dieu. Avec Son aide, nous avançons avec courage, et nous regardons vers le haut, avec espérance, malgré toutes les contestations extérieures, et la tentation de la résignation et de l’exil intérieur de l’âme.
« Ne craignez pas, j’ai vaincu le monde » (Jean 16, 33). Le Seigneur crucifié et ressuscité le redit chaque jour à Ses disciples qui vont à Sa rencontre sur le chemin de leur vie personnelle, en communion avec toute l’Église pérégrinante. Celui qui vit dans la conviction que Dieu l’a choisi de toute éternité, l’a racheté en Jésus-Christ, et l’a destiné au bonheur et à la paix éternels, celui-là est immunisé contre la propagande et l’opium des religions politiques de substitution. L’autodestruction par le suicide et l’euthanasie, la drogue et l’alcool, ou le refus de notre sexualité masculine ou féminine, ne sont pas des options pour les chrétiens. Et nous nous engageons sans crainte pour le droit à la vie de chaque être humain, de sa conception jusqu’à sa mort naturelle, pour sa dignité inviolable, pour la liberté civile, éthique et religieuse de chaque personne.
Le bien-être temporel et le salut éternel viennent en effet de Dieu, qui par sa grâce nous a sauvés de la puissance destructrice du mal. Dieu nous a appelés dans l’Esprit Saint, et nous a rendus capables de coopérer à l’édification du royaume de justice, d’amour et de paix.
La vraie consolation, celle qui nous soutient dans la vie et dans la mort, est la connaissance de la vérité dans la relation entre Dieu et l’homme :
« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jn 3, 16).
Souvent, l’Église du Christ n’est qu’un petit troupeau, une minorité persécutée et méconnue. Mais en réalité, en Jésus-Christ, elle est le sel de la terre, la lumière du monde, l’avant-garde de toute l’humanité en chemin vers son but. Et cela ne doit pas être confondu avec toutes les expériences horriblement ratées d’un paradis fabriqué par l’homme.
Le seul et véritable but de l’histoire est
« un ciel nouveau, une terre nouvelle – la Cité sainte, la Jérusalem nouvelle, qui descend du ciel « préparée comme une épouse qui s’est parée pour son époux. Et j’entendis du trône une forte voix qui disait : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes ! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. Et celui qui était assis sur le trône dit : Voici, je fais toutes choses nouvelles » (Ap 21, 2-5).
Christus vincit ! Christus regnat ! Christus imperat in saecula !
Amen.
Marine Le Pen rompt avec l’AfD : quel avenir pour le groupe Identité et Démocratie (ID) ?
Les tensions entre le RN et l’AfD étaient palpables depuis plusieurs mois. Marine le Pen s’était désolidarisée du thème de la remigration et avait été irritée par la suggestion de l’AfD de rattacher Mayotte aux Comores. Les propos que vient de tenir Maximilien Krah sur les SS sont la goutte d’eau de la rupture :
C’est fait : «Nous ne siégerons plus avec eux lors du prochain mandat», annonce le directeur de campagne de Jordan Bardella, Alexandre Loubet, ce mardi 21 mai à Libé. La faute à une flopée de déclarations visant à réhabiliter la SS, tenues par la tête de liste de l’AfD pour les européennes du 9 juin, Maximilian Krah, au journal italien La Repubblica. «Je ne dirai jamais que quiconque portait un uniforme SS était automatiquement un criminel», assume ainsi l’eurodéputé d’extrême droite, qui siège aux côtés de Jordan Bardella dans le groupe Identité et démocratie (ID), dans un entretien au quotidien italien daté du 18 mai.
«Il faut évaluer la culpabilité au cas par cas, à la fin de la guerre, il y avait près d’un million de SS. Même Günter Grass faisait partie de la Waffen-SS», poursuit le même, oubliant un peu vite que si le Prix Nobel de littérature allemand, par ailleurs engagé à gauche, a attendu le soir de sa vie pour révéler cet épisode, c’est sans doute qu’il éprouvait quelque chose comme un sentiment de culpabilité. Et d’enfoncer le clou : «Parmi les 900 000 SS, il y avait aussi beaucoup de paysans : il y avait certainement un pourcentage élevé de criminels, mais pas seulement.»
Mais cette rupture et décision de ne plus siéger avec l’AfD doivent être analysées au regard des conséquences sur les alliances dans le futur parlement européen. Si l’AfD est maintenu au sein du groupe ID, alors le RN sera définitivement seul et isolé car il ne rejoindra jamais le groupe ECR dans lequel siégera Reconquête! Et si l’AfD est exclu du groupe ID, ce dernier perdra un nombre important de députés (10 à 20) et c’est le groupe ID qui perdra en influence…
Le véritable enjeu et risque est donc la perte d’influence du RN au parlement européen.
Le groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE ou ECR) compte aujourd’hui 68 députés, présidé par Nicola Procaccini, l’homme de confiance de la Première ministre italienne Giorgia Meloni qui mène la campagne des élections européennes en Italie. Les prévisions actuelles pourraient le porter à 76 députés dont 4 chefs de gouvernement sans compter le probable ralliement d’un 5ème chef de gouvernement en la personne de Viktor Orban et ses 13 députés européens du Fidesz.
Le groupe Identité et démocratie (ID) compte 59 élus dont 10 de l’AfD et 18 du RN. Il est présidé par l’italien Marco Zanni, proche du leader de la Ligue du nord Matteo Salvini. Il pourrait atteindre les 80 députés, AfD et RN compris.
Gaspard Proust au pèlerinage de Chartres
Gaspard Proust, qui a assisté samedi matin en l’église Saint-Sulpice à la messe d’envoi du 42e pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté, est revenu sur le pèlerinage de Chartres dans sa chronique de mardi matin sur Europe 1 :
Les tradis sortent du placard : l’Église peut-elle s’offrir le luxe de repousser ces jeunes ?
De Gabriel Cluzel dans Boulevard Voltaire à propos du pèlerinage de Chartres :
[…] Le problème est que quand le dentifrice est sorti, difficile de le faire rentrer. Alors, on fait quoi ? On continue les brimades basse intensité, les camouflets feutrés, les prêtres renvoyés (comme celui de la Fraternité Saint-Pierre à Quimper), les confirmations rejetées (à l’instar de Sées), les messes longtemps quémandées, concédées à contrecœur et au compte-gouttes – le dimanche, mais à l’exclusion des grandes fêtes, et attention ! Sans catéchisme ni confessions, et dans l’église la plus excentrée – et parfois, in fine, retirées. Les mariages refusés, et tant pis pour les jeune filles en pleurs, désolées d’imposer une heure de route à leurs invités pour passer la limite du département et trouver évêque plus conciliant. Tant pis, aussi – et c’est encore plus triste -, pour l’église de leur village, toujours vide, toujours fermée, qui a vu jadis le mariage de leur grand-mère et que l’on aurait pu, pour une fois, comme alors, nettoyer, fleurir, éclairer et remplir de fidèles, de morceaux d’orgue et de cantiques… D’aucuns préfèrent encore la laisser close que confiée, l’espace d’un jour, à des « tradis ». Ces derniers investissent des fortunes dans des hangars pour tenter de leur donner forme d’église. Ne ferait-on pas mieux de leur céder les chapelles anciennes menaçant ruine que l’on ne peut plus entretenir ?
Au milieu des rires, ils pensent à souffrir et offrir
Naturellement, nos prélats ne sont pas du même bois et si, pour l’un d’entre eux, comme on peut le lire dans Famille chrétienne, il aurait fallu « interdire » (sic) le pèlerinage de Chartres cette année, d’autres voudraient faire montre d’ouverture. Mais le motu proprio Traditionis custodes du pape François, il y a trois ans, a brisé leur élan.
Bien sûr, il est cruel pour un certain clergé français, qui avait cru en son temps être à la pointe du progrès, d’être perçu aujourd’hui comme une assemblée de « boomers » dont les réformes liturgiques trop audacieuses ont figé dans un cadre seventies daté, et donc déjà démodé, une religion éternelle.
Peut-être ce clergé trouve-t-il absurde que, si jeunes, ces pèlerins pensent à leurs fins dernières (puisque c’était le thème de l’édition de cette année) ? « Quand on nous aura mis dans une étroite fosse, quand on aura sur nous dit l’absoute et la messe, veuillez-vous rappeler, reine de la promesse, le long cheminement que nous faisions en Beauce », écrivait Charles Péguy, dont ils emboîtent le pas.
Qu’à l’âge de l’insouciance, ils veulent qu’on leur parle de l’enfer – sans lequel le sacrifice du Christ serait vain.
Qu’au milieu des rires, ils pensent à souffrir et offrir. Alors que justement, depuis tant d’années, ce clergé avait limé soigneusement aux entournures la « Pastorale de la Peur », comme l’appelait l’historien Jean Delumeau, avec l’espoir de rassurer et donc d’attirer.
Mais à un moment, il faut se rendre à l’évidence : si, au bout de 60 ans, les nostalgiques de la messe dite de saint Pie V que l’on croyait cacochymes et que l’on attendait de voir (tré)passer ne se sont pas éteints, qu’ils se sont même multipliés comme des petits pains et affichent une jeunesse insolente, c’est que l’on a confondu un EHPAD avec une pouponnière. Inutile d’attendre plus, c’est fichu, ils ne disparaîtront pas.
Une seule question : sont-ils catholiques, oui ou non ? S’ils le sont – peu importe la façon -, ils ont le droit de cité. Pleinement. Pas sur un strapontin éjectable, en marge, « gilet-jaunisés » et contraints à la mendicité. L’Église n’est pas la SNCF, avec ses wagons de plusieurs classes, ni la société indienne avec ses castes et ses intouchables.
Ce litige enkysté depuis de nombreuses années n’est pas qu’une tempête dans un bénitier, une querelle de sacristie qui ne passionnerait que les bigots. Car depuis plus de mille ans, quand l’Église éternue, c’est la France qui s’enrhume. Le nom du pèlerinage de Chartres – Notre-Dame de Chrétienté – est parlant : la chrétienté n’est pas qu’une somme de catholiques, elle est une vision de la société. Celle-là même qui, sédimentée durant des siècles, est en train aujourd’hui de se retirer sous nos pieds, vitesse grand V, avec tous les affres que l’on sait.
Le spécialiste des religions Guillaume Cuchet l’a dit, ce dimanche, à Boulevard Voltaire : dans le domaine spirituel, il y a le Grand Remplacement – celui, massif, des croyants par les athées – et le Petit Remplacement : à l’intérieur du cercle rétréci des religions mais gigantesque aussi à son échelle, celui du catholicisme par l’islam, qui deviendra religion majoritaire d’ici dix ou quinze ans. L’Église peut-elle s’offrir le luxe de repousser ces jeunes pousses qui repartent du vieux tronc, érigeant de nouveaux calvaires, là où tant d’autres, autour d’eux, les détruisent ou les méprisent ?
Le chemin de croix des musulmans convertis au catholicisme : «Si ma famille sait, elle me tue»
Plus de 350 ex-musulmans ont été baptisés cette année à Pâques. Le Figaro évoque le chemin de croix qui attend ces nouveaux catholiques.
[…] Dans l’islam, l’apostasie est condamnée par le Coran : le verset 217 de la deuxième sourate promet un châtiment divin à ceux qui quittent la religion. Certains hadiths – propos attribués au prophète Mahomet – vouent même une mort immédiate aux apostats.
Un grand nombre de ces convertis sont confrontés à l’ostracisation. «Sur mes cinq enfants, deux me rejettent : pour eux, je suis une mécréante», témoigne Myriam. D’autres finissent à la rue, conduisant des paroisses à leur trouver, non sans peine, un logement d’urgence. Aujourd’hui, Chaïnez n’est plus en contact avec une grande partie de sa famille. «Mon frère m’a dit : ‘maman a pété un plomb quand elle a su que tu étais devenue chrétienne’. Je n’ai invité personne de ma famille à mon baptême, ce serait vu comme une provocation» , souffle-t-elle. «Quand une amie musulmane a vu ma croix, elle a failli fuir», reprend Chaïnez. Certains sont même menacés physiquement. «Une baptisée récemment m’a dit : si ma famille le sait, elle me tue», confie le père T. Dans sa paroisse, Myriam a été incitée par un prêtre à évangéliser des musulmans. Elle a vivement refusé : «On ne se sent toujours pas en sécurité.» «Beaucoup se cachent. Dans certains lieux, on se met en danger», abonde Chaïnez.
Plusieurs sources interrogées par Le Figaro relatent que certains convertis préfèrent même changer de département pour se rendre à la messe, afin d’éviter d’y être «repérés». «L’erreur, c’est qu’à l’accueil, on va les inciter à retourner dans leur paroisse de référence» , soupire le père T. Au risque de les mettre en danger.
La solitude est d’autant plus violente que la familiarisation avec la nouvelle communauté n’est pas toujours aisée. «Il y a un vrai problème d’accueil dans les paroisses de France , admet M. J’ai passé de nombreux dimanches, des messes de Pâques et de Noël tout seul». Pour autant, «ce n’est pas propre aux chrétiens issus de l’islam : c’est pareil pour les célibataires, pour les personnes âgées» , nuance le comédien. Et pareil pour de nombreux nouveaux baptisés adultes non issus de l’islam. «Les paroisses ne sont pas encore suffisamment sensibles à la difficulté d’intégration des nouveaux baptisés» , reconnaît le père Jean-François Bour, directeur du Service national pour les relations avec les musulmans (SNRM), institution de la CEF.
«Pendant deux ans et demi de catéchuménat, on ne me lâchait pas. Dès le lendemain de mon baptême, il n’y avait plus personne. Je me suis vraiment sentie abandonnée par l’Église. C’est très dur de faire partie d’une paroisse» abonde Myriam. Et sans doute d’autant plus ardu pour qui est pétri de culture musulmane, où “l’Oumma”, communauté des croyants, est vécue très différemment, comme un terreau de chaleur et de solidarité. Ce qui explique aussi, pour les nouveaux convertis, l’attrait pour les communautés évangéliques protestantes, plus chaleureuses.
Chaïnez nuance toutefois cette supposée «froideur» des paroissiens. «À Marseille, je me sens bien accueillie, pas du tout isolée. À chaque sortie de messe, j’ai des personnes avec qui discuter.» Elle reconnaît cependant que «beaucoup de convertis» issus de l’islam «ressentent de la solitude» .
[…] Des associations comme Ismérie ou le forum Jésus le Messie s’efforcent de pallier une absence regrettée par certains convertis. Le diocèse de Paris, lui, a confié à l’association Ananie la mission d’aider les paroisses à mieux accueillir «les musulmans en recherche et les convertis» , avec une «formation spécifique», peut-on lire sur son site.
Beaucoup portent, surtout au début de leur conversion, un regard dur envers leur ancienne religion. «Il y a un travail de pacification avec eux pour passer d’un discours de haine à un discours d’amour, ancré dans la foi catholique», relate Vincent Neymon, directeur d’Ismérie. L’Église oscille ainsi entre évangélisation et prudence. Nous voulons être prudents pour ne pas laisser croire aux musulmans que nous sommes dans une stratégie missionnaire» , assume ainsi le père Jean-François Bour. «Certains prêtres peuvent dire “l’islam, cela vous va aussi”, et n’ouvrent pas forcément le cheminement vers le Christ» , remarque Chaïnez. Une attitude qui agace Marc Fromager, ancien directeur et cofondateur de la mission Ismérie en 2020 : « Malheur à moi, si je n’annonce pas l’Évangile» , rappelle-t-il en citant la Bible. « Il y a aussi eu des refus de baptême» , s’étonne Chaïnez. «Demander le baptême pour obtenir un papier administratif plus facilement ou épouser un chrétien ne peut être suffisant», argue le père Bour. […]
