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Terres de Mission : Sang des martyrs, semence de chrétiens

Terres de Mission reçoit le Père Mihai Marina, de la mission roumaine gréco-catholique, pour parler du livre récemment traduit de Francisca Baltaceanu et Monica Brosteanu : “Martyrs du communisme” (Salvator), à propos de sept évêques gréco-catholiques emprisonnés par les communistes en 1948 – et à propos du martyre de cette grande Eglise uniate interdite pendant toute la dictature communiste.

Puis, l’abbé Michel Viot, prêtre dans le diocèse de Paris, évoque la loi sur l’euthanasie actuellement en discussion – et les moyens qu’ont les catholiques pour s’y opposer.

Enfin, Djamila Djelloul, musulmane convertie au christianisme, présente le parcours qui l’a menée à la conversion et à l’évangélisation, à l’occasion de la sortie de son livre : “Musulmane, Jésus m’a libérée” (Artège).

Renouveler la consécration de l’Église et du monde au Cœur de Jésus

Lors d’un colloque à Rome sur le Sacré-Cœur, organisé début mai par le sanctuaire de Paray-le-Monial, le Père Étienne Kern, recteur, a remis au Saint-Père une lettre pour lui demander de réaliser à nouveau l’acte de consécration de l’Église et du monde au Cœur de Jésus, de Léon XIII.

En 1899, Léon XIII consacrera le genre humain au Sacré-Cœur, considérant cet acte comme « le plus important de [son] pontificat ».

À l’occasion de ce Jubilé des 350 ans des apparitions, le pape François a souhaité qu’il « suscite chez nombre de pèlerins un plus grand amour de reconnaissance envers Jésus. » Commencé en décembre 2023, le Jubilé se terminera le 27 juin 2025, date à laquelle le Père Kern souhaite proposer que des millions de familles, de paroisses, de diocèses, mais aussi des peuples et des nations entières puissent se consacrer au Sacré-Cœur de Jésus, par le Cœur immaculé de Marie.

Le 31 mai 1940, la France est consacrée au Sacré-Cœur en présence du gouvernement

D’Aymeric Pourbaix dans France catholique :

La France est décidément un pays étrange. En 1873, moins d’un siècle après la Révolution où l’Église a failli être balayée, l’Assemblée nationale vote une loi d’utilité publique pour construire un sanctuaire, afin d’obtenir « l’infinie miséricorde du Sacré-Cœur de Notre Seigneur Jésus-Christ », et faire « cesser les malheurs de la France » après la défaite de 1870 (texte du Vœu national).

Le 31 mai 1940, à la veille de la guerre contre l’Allemagne, du haut de cette même basilique de Montmartre, la France est consacrée au Sacré-Cœur en présence du gouvernement, et c’est le général de Castelnau, fondateur de La France Catholique, qui prononce le discours.

Blessure et désamour

Alors que les électeurs des 27 pays européens s’apprêtent à élire leurs représentants au Parlement de Strasbourg, c’est dire combien la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus a partie liée avec l’histoire, non seulement religieuse, mais aussi politique.

Pour beaucoup, le refus d’inscrire les racines chrétiennes de l’Europe dans le préambule de la Constitution européenne, en 2004 – à l’instigation de Jacques Chirac –, reste une blessure et a révélé un désamour vis-à-vis du projet européen. Robert Schuman, un des pères de l’Europe, avait pourtant prévenu :

« Il […] est impossible d’accepter que l’État ignore systématiquement le fait religieux, qu’il lui oppose un parti pris qui frise l’hostilité ou le mépris. »

Non seulement par principe, mais également par réalisme politique, de par « l’extraordinaire efficacité de l’inspiration religieuse (…) contre les forces de la désagrégation sociale ».

Aujourd’hui, qui ne constate l’inquiétante progression de cette désagrégation, en France et en Europe, que révèle notamment l’importation du conflit israélo-palestinien sur notre sol ? À cet égard, le témoignage du maire de Montfermeil est édifiant par son courage et son constat de la paix, relative, apportée à sa commune qu’il a consacrée au Sacré-Cœur.

À l’autre bout du monde, au Salvador, pays consacré au Sacré-Cœur en 2006 après avoir été la proie des gangs et de la guerre civile, aucune législation ne vient attenter à la loi naturelle, au début comme à la fin de la vie… Cette paix civile, toujours fragile, est un des fruits visibles de la nécessité pour des communautés, des villes, et des pays de se placer sous la protection de ce divin Cœur.

C’est pourquoi, en définitive, le meilleur programme politique n’est pas celui des partis, qui promettent monts et merveilles sans aucune certitude de pouvoir tenir leurs promesses. Mais bien plutôt celui du Christ, qui en apparence n’est pas le plus enthousiasmant, car il passe par la Croix : « Ils le condamneront à mort, ils le livreront aux nations païennes, qui se moqueront de lui, cracheront sur lui, le flagelleront et le tueront » (Mc 10, 33-34). Sauf que trois jours plus tard, la Résurrection constitue la plus éclatante des victoires !

À sa suite, Jeanne d’Arc, dont on prépare le sixième centenaire, peut être appelée la sainte de l’espérance politique, la vraie, celle qui n’inverse pas la hiérarchie entre Dieu et César et assure la Royauté du Christ. Jeanne aussi est passée par la croix, avant d’être réhabilitée, canonisée et nommée patronne secondaire de la France, pour avoir suivi une loi intangible : « Messire Dieu premier servi ! »

3 conseils pratiques issus de la méthode Vittoz pour mieux vivre son temps de prière

La méthode Vittoz, développée par le docteur suisse Roger Vittoz, est née de sa riche expérience en tant que thérapeute, de son désir profond d’accompagner ses patients vers une réappropriation de leur vie mais aussi de sa profonde intuition en tant que chrétien.

Cette méthode psychocorporelle, pratiquée par les praticiens Vittoz, se base sur un rééquilibrage de nos fonctions cérébrales -et notamment des fonctions de réceptivité et d’émissivité – à travers des exercices simples et réalisés de façon active et consciente par le patient.

Les bienfaits de cette amélioration du contrôle cérébral se voit dans bien des domaines de notre vie mais aussi dans notre vie spirituelle, en nous permettant de vivre plus pleinement nos temps d’oraison.

Voici trois conseils très simples, issus d’exercices Vittoz, pour se rendre plus présent à notre prière :

1- Se préparer à son temps de prière par un petit exercice de réceptivité

Travailler sa réceptivité sensorielle permet également de travailler sa réceptivité spirituelle. Avant de commencer, je peux prendre quelques secondes pour accueillir ma respiration, me mettre à son écoute. Sans essayer d’en changer le rythme, j’observe son amplitude, je ressens les mouvements qu’elle imprime à mon corps, j’écoute son bruit.

De même, pendant mon temps de prière, si je sens mon esprit vagabonder, je peux revenir quelques instants à ma respiration pour recentrer mon attention avant de la tourner à nouveau vers Dieu.

2 – Entrer en prière en toute conscience

Même si le temps de prière que je m’apprête à vivre est installé dans une pratique régulière, à un moment donné de ma journée, j’essaye de le vivre comme un moment unique et premier. Je suis attentif et pleinement conscient de mes gestes, de mes paroles. Je peux notamment prendre le temps de m’installer et d’entrer dans ce temps de prière :
en faisant un beau et ample signe de croix, en prenant le temps de dire chaque mot, de les écouter résonner en moi …
– ou en ouvrant ma Bible en pleine conscience, d’en sentir le poids dans mes mains, le toucher de la couverture, le bruit des pages qui se tournent, la lumière sur le papier.
en allumant une bougie et en réfléchissant à la manière dont Jésus est lumière dans ma vie.

3 – Pendant la prière, éviter le vagabondage cérébral

Durant la prière, mon esprit peut être happé par de nombreuses pensées et mes soucis éloignent parfois mon attention de Dieu. Je prends le temps d’accueillir ces choses qui tournent dans ma tête. Pour chacune d’elles, je peux imaginer une pierre (grosse ou petite, selon l’importance qu’elle revêt pour moi) et je me visualise en train de la déposer au pied de Jésus. A chaque fois, je nomme clairement cette pensée et je la lui confie. Maintenant mon esprit est libéré de ces soucis que j’ai remis au Seigneur, je peux mieux m’abandonner à sa douce présence.

Alice Ollivier pour Hozana.org

La ville de Montfermeil consacrée au Sacré-Coeur

Le maire de Montfermeil (Seine-Saint-Denis), Xavier Lemoine, qui a consacré sa ville au Sacré-Cœur, à titre privé, déclare à France Catholique :

Le bien le plus précieux qui découle de cette consécration au Sacré-Cœur de Jésus est la paix. Je la renouvelle à titre privé, chez moi, au moment de la fête du Sacré-Cœur et ce depuis que j’ai été élu maire en 2002. J’ai repris le flambeau de l’édile précédent, Pierre Bernard, qui avait initié cette dévotion. Je dois reconnaître aussi que les investissements conséquents faits par l’État ont pu produire des effets salutaires, pérennes et incontestables : nous sommes passés de 225 voitures brûlées et de 200 vols à l’arraché par an à moins de 10. Par ailleurs, le niveau scolaire dans les écoles de la commune remonte et une franche convivialité existe, alors que plus de 40 nationalités cohabitent.

Cependant, je sais que cette paix est fragile. En juillet  2023, après la mort du jeune Nahel, à Nanterre, la violence est montée d’un cran : il y a eu beaucoup plus de dégâts en trois jours qu’en trois semaines lors des événements de 2005. Les émeutiers avaient une stratégie précise ciblant les commissariats, les mairies et les équipements publics. Pendant des heures, l’issue des combats nocturnes, d’une particulière violence, est restée incertaine. J’ai alors senti un féroce combat, invisible mais palpable. Il fallait tenir. Au regard du nombre de tirs de mortiers, de cocktails Molotov et de cailloux lancés, c’est un miracle s’il n’y a pas eu de blessé, ni plus de dégâts, à Montfermeil. Indéniablement, la ville a bénéficié d’une forme de protection. […]

A propos de l’Union européenne, Xavier Lemoine déclare :

Selon moi, l’Europe a déjà perdu son âme. Les pères de l’Europe, dont Robert Schuman, Jean Monnet, Alcide de Gasperi et Konrad Adenauer, étaient des hommes de culture chrétienne, mais le ver était dans le fruit, avec les portes ouvertes au libéralisme et les États-Unis comme cheval de Troie. Le non-respect du résultat du référendum de 2005 en France me semble être un point de bascule. Nous avons perdu toute souveraineté. Comment vivre avec les conséquences de choix qui n’ont pas été respectés ? Je n’attends rien de l’Union européenne devenue une machine à broyer les États-nations. Certes, parmi les élus se trouvent des hommes et des femmes de bonne volonté, comme François-Xavier Bellamy, mais que peuvent-ils faire à part rassurer un électorat ? Sont-ils sûrs de pouvoir véritablement peser pour changer les institutions ?

À droite trois candidats, Marion Maréchal, Jordan Bardella et François-Xavier Bellamy, portent un projet civilisationnel. Souhaitez-vous une union des droites ?

J’encourage les lecteurs de France Catholique à lire l’opuscule de la philosophe Simone Weil : Note sur la suppression générale des partis politiques. Écrit en 1940, il est toujours aussi éclairant car elle revient sur le sens premier d’un parti : ce n’est jamais qu’une partie d’un tout. Leur logique oblige sans cesse à se prononcer pour ou contre l’opinion d’un autre, même si cette opinion est juste…

Plus qu’à l’union de partis, je crois au rassemblement de femmes et d’hommes compétents et libres dans leurs engagements. À Montfermeil, je peux avoir des différends avec des gens de gauche à la tête de certaines associations mais j’arrive à trouver des terrains d’entente car je leur reconnais leur altruisme à s’investir dans les quartiers. Pourquoi penser que seule une union des droites serait pertinente pour le salut de la France ? Le poison du relativisme, de l’absence de vérité, et la transgression des limites avec la constitutionnalisation de l’avortement ou le projet de loi sur l’euthanasie et le suicide assisté méritent des consciences éclairées chez des personnes de bonne volonté, qui peuvent être de droite comme de gauche. Quand le général de Gaulle disait : « La seule querelle qui vaille est celle de l’homme. C’est l’homme qu’il s’agit de sauver, de faire vivre et de développer », il avait tout résumé.

Solennité du Sacré-Coeur

Du Bhx Cardinal Schuster :

Les origines de cette fête sont toutes semblables à celles de la fête du Très Saint Sacrement. Le symbolisme du côté de Jésus, ouvert par la lance de Longin et d’où jaillirent le sang et l’eau, est déjà connu par les anciens Pères de l’Église ; saint Augustin et saint Jean Chrysostome ont des pages splendides sur les divins Sacrements, nés du Cœur aimant du Rédempteur, et sur l’Église qui, rayonnante de jeunesse, sort du côté du nouvel Adam endormi sur la Croix.

La tradition patristique fut conservée et développée par les soins de l’école ascétique bénédictine ; aussi, quand, au XIIe siècle, le saint abbé de Clairvaux orienta enfin la piété mystique de ses moines vers un culte tout à fait spécial rendu à l’humanité du Sauveur, on peut dire que la dévotion au Sacré-Cœur, au sens que maintenant lui attribue la sainte liturgie, était déjà née. De la simple méditation sur les plaies de Jésus, l’école bénédictine était passée à la dévotion particulière pour celle du côté, et à travers le flanc transpercé par la lance de Longin, elle avait pénétré dans l’intime du Cœur, blessé lui aussi par la lance de l’amour.

Le Cœur de Jésus représente, pour saint Bernard, ce creux du rocher où l’Époux divin invite sa colombe à chercher un refuge. Le fer du soldat est arrivé jusqu’au Cœur du Crucifié pour nous en dévoiler tous les secrets d’amour. Il nous a, en effet, révélé le grand mystère de sa miséricorde, ces entrailles de compassion qui l’ont induit à descendre du ciel pour nous visiter.

Les disciples de saint Bernard développaient merveilleusement la doctrine mystique du Maître, quand intervinrent les grandes révélations du Sacré-Cœur de Jésus à sainte Lutgarde (+ 1246), à sainte Gertrude et à sainte Mechtilde.

Un jour, le Seigneur échangea son Cœur avec celui de sainte Lutgarde ; et une nuit que la sainte, malgré la maladie, s’était levée pour l’office vigilial, Jésus, pour la récompenser, l’invita à approcher ses lèvres de la blessure de son Cœur, où Lutgarde puisa une telle suavité spirituelle que, par la suite, elle éprouva toujours force et douceur au service de Dieu.

Vers 1230 survint la célèbre révélation du Sacré-Cœur à cette illustre Mechtilde de Magdebourg qui, plus tard, fit partie de la communauté d’Helfta où vivaient sainte Gertrude et sainte Mechtilde.

« Dans mes grandes souffrances, écrit-elle, Jésus me montra la plaie de son Cœur et me dit : Vois quel mal ils m’ont fait ! »

Cette apparition l’impressionna vivement, d’autant plus que dès lors la pieuse religieuse ne cessa de contempler ce Cœur affligé et outragé, mais qui, en même temps, lui apparaissait semblable à une masse d’or embrasé, placé à l’intérieur d’une immense fournaise. Jésus approcha le cœur de Mechtilde du sien, pour qu’elle vécût d’une même vie que Lui.

Quand la Providence conduisit à Helfta la pieuse extatique de Magdebourg, ce fat pour la rapprocher de deux autres filles de saint Benoît, Gertrude et Mechtilde, qui avaient été favorisées de dons semblables. Le caractère particulier de la dévotion de sainte Gertrude pour le Verbe Incarné brille spécialement dans sa tendre dévotion au Sacré-Cœur, qui, pour elle, est le symbole de l’amour du Crucifié, et une sorte de sacrement mystique par lequel la Sainte participe aux sentiments de Jésus en même temps qu’à ses mérites.

Un jour que Gertrude est invitée par saint Jean à reposer avec lui sur le Cœur sacré du Seigneur, elle demande à l’Évangéliste pourquoi il n’a pas révélé à l’Église les délices et les mystères d’amour goûtés par lui à la dernière Cène, quand il appuya sa tête sur la poitrine du Divin Maître. Jean répond que sa mission avait été de révéler aux hommes la nature divine du Verbe, tandis que le langage d’amour exprimé par les battements du Sacré-Cœur entendus par lui devait représenter la révélation des derniers temps, alors que le monde, vieilli et refroidi, aurait besoin de se réchauffer au moyen de ce mystère d’ardente charité.

Gertrude comprit que l’apostolat du Sacré-Cœur de Jésus lui était confié à elle-même, et c’est pourquoi, par ses paroles et dans ses livres, elle écrivit toute la théologie, pour ainsi dire, de cette blessure divine et sacrée, en propageant avec ardeur la dévotion. Dans cette mission évangélisatrice, elle eut pour compagne la pieuse cantrix Mechtildis, qui avait été semblablement invitée par le Seigneur à établir sa demeure dans la plaie de son Cœur. Comme sa compagne, sainte Mechtilde mit elle aussi par écrit ses révélations, où elle compare le Sacré-Cœur tantôt à une coupe d’or où se désaltèrent les saints, tantôt à une lampe lumineuse, tantôt à une lyre qui répand dans le ciel ses douces harmonies. Un jour Jésus et Mechtilde échangèrent leurs cœurs, et dès lors il sembla à la Sainte que c’était les battements du Cœur de son divin Époux qu’elle sentait en elle.

Les révélations des deux extatiques de Helfta furent très favorablement accueillies, surtout en Allemagne, c’est-à-dire dans un milieu déjà résolument orienté vers le Cœur de Jésus, grâce à la précédente influence de l’école bénédictine. Les écrivains de la famille dominicaine et franciscaine suivirent eux aussi avec ardeur ce mouvement, et retendirent, surtout grâce à saint Bonaventure, au bienheureux Henri Suso, à sainte Catherine et à saint Bernardin de Sienne. On arrive ainsi jusqu’au temps de sainte Françoise Romaine, qui, dans ses révélations sur le Sacré-Cœur, où elle se plonge elle aussi comme dans un océan embrasé d’amour, ne fait qu’accentuer l’orientation ascétique de l’ancienne école mystique des fils de saint Benoît. L’action de la fondatrice du monastère Turris Speculorum à Rome demeura, il est vrai, circonscrite au milieu romain ; mais elle représente un des plus précieux anneaux de toute une chaîne de saints et d’écrivains ascétiques qui, en Allemagne, en Belgique et en Italie, préparèrent les âmes aux grandes révélations de Paray-le-Monial. Quand enfin celles-ci furent communiquées aux fidèles, grâce surtout au bienheureux Claude de La Colombière et au P. Croiset, le triomphe du Cœur de Jésus et du règne de son amour fut désormais assuré à la dévotion catholique. Les fils de saint Ignace se consacrèrent avec un zèle particulier à cette forme nouvelle d’apostolat du Sacré-Cœur. En 1765, le pape Clément XIII approuva un office en l’honneur du Sacré-Cœur de Jésus, mais il fut concédé seulement à quelques diocèses. En 1856, Pie IX sur l’esprit duquel avait grandement influé l’illustre restaurateur de l’Ordre bénédictin en France, Dom Guéranger, rendit cette fête obligatoire pour l’Église universelle. En 1889, Léon XIII l’éleva au rite double de première classe.

Quand, en 1765, Clément XIII autorisa le culte liturgique du Sacré-Cœur de Jésus, s’accomplit une prédiction faite trente ans auparavant par la pieuse abbesse de Saint-Pierre de Montefiascone, Maria Cecilia Bai. Le Seigneur, montrant son Cœur à cette servante de Dieu, lui avait dit : « Un jour viendra, où le culte de mon Cœur s’étendra triomphalement dans l’Église militante, et cela grâce à la fête solennelle qu’on en célébrera, avec l’office du Sacré-Cœur ». « Toutefois, ajoutait la pieuse Bénédictine, je ne sais si cela arrivera de nos temps ».

Elle fut d’ailleurs assez heureuse pour voir enfin ce jour désiré, et elle se souvint certainement alors de ces autres paroles qu’elle avait entendues de son divin Époux plusieurs années auparavant : « Un temps viendra où tu seras très agréable à mon Cœur en le faisant adorer et connaître d’un grand nombre de personnes au moyen du culte et des actes de dévotion qui lui sont dus ».

En 1899, Léon XIII publia une Encyclique où il prescrivait à tout l’univers catholique de se consacrer au Cœur sacré de Jésus. Le Pontife s’était décidé à cet acte après un ordre formel qu’une pieuse supérieure du Bon-Pasteur d’Oporto, sœur Marie Droste zu Vischering, disait avoir reçu du divin Rédempteur lui-même pour qu’il fût communiqué au Pape. La révélation privée présentait d’ailleurs tous les caractères de l’authenticité, et l’esprit de la religieuse avait déjà été éprouvé par le sage abbé de Seckau, Dom Ildephonse Schober. C’est ainsi que Dom Hildebrand de Hemptinne, abbé de Saint-Anselme sur l’Aventin, prit l’affaire en mains et présenta la supplique de la religieuse à Léon XIII. Le 9 juin 1899, alors que les cloches de toutes les églises du monde chrétien annonçaient la fête du Sacré-Cœur et le nouvel acte de consécration prescrit par le Pape, la voyante d’Oporto rendait son âme très pure à Dieu, en témoignage de l’accomplissement de sa mission terrestre.

Dernièrement, la fête du Sacré-Cœur recevait de Pie XI un surcroît d’importance et d’honneur puisqu’on lui accordait le privilège de l’octave, réservé aux plus grandes solennités du Seigneur. Fut-ce simple coïncidence ou mystérieuse disposition de Dieu ? La nouvelle liturgie romaine pour l’octave de la fête du Sacré-Cœur fut approuvée par le Pape en même temps que le fameux Concordat qui met fin à la si funeste Question romaine. A la même époque, le « parfait ami du divin Cœur », le P. de la Colombière, est inscrit solennellement au catalogue des bienheureux, et Pie XI, quelques semaines plus tard, sort enfin du Vatican, portant en triomphe Jésus-Eucharistie, au milieu d’un glorieux cortège de ministres sacrés au nombre de sept mille.

L’hérésie qui caractérise l’esprit de la société actuelle pourrait être à bon droit appelée laïcisme, en tant qu’elle veut abaisser le divin et le surnaturel au niveau des institutions humaines, et qu’elle tente de faire entrer l’Église dans l’orbite des forces de l’État. En face du judaïsme et de la maçonnerie qui s’obstinent toujours dans leur haine furieuse contre Jésus : Toile, toile, crucifige, les catholiques contaminés par ce laïcisme et ce libéralisme cherchent, comme Pilate, un juste milieu et ils sont prêts à renvoyer le Christ absous, pourvu qu’auparavant Il se soit laissé arracher le diadème royal qui ceint son front, et qu’il se contente de vivre en sujet de la divinité de César.

Contre cette double insulte sacrilège, le Pontife suprême proteste à la face du ciel et de la terre qu’il n’y a pas d’autre Dieu que le Seigneur, et il institue la double fête du Christ-Roi et de l’Octave du Sacré-Cœur. L’une est la solennité de la puissance, l’autre celle de l’amour.

Le Bréviaire romain devant s’enrichir d’un office pour l’Octave du Sacré-Cœur, le Souverain Pontife voulut que la liturgie de cette solennité fût entièrement refondue. On sait que l’office du Sacré-Cœur avait autrefois un certain caractère fragmentaire et sporadique, qui reflétait bien l’incertitude des théologiens chargés de sa rédaction. C’était un peu un office de l’Eucharistie, un peu celui de la Passion, sans parler des lectures du troisième nocturne, glanées de-ci de-là dans la Patrologie. Or, Pie XI — qui, sur sa table de travail a toujours devant les yeux une belle statue du Sacré-Cœur, auprès duquel il a coutume de chercher son inspiration quand il traite les affaires de l’Église — a voulu un office parfaitement organique, c’est-à-dire où resplendît l’unité, et qui mît aussi en pleine lumière le caractère spécial de la solennité de la fête du Sacré-Cœur, laquelle ne veut être une répétition ni de celle du Saint-Sacrement ni des offices quadragésimaux de la Passion.

Il nomma donc une commission de théologiens chargés de rédiger le nouvel office ; mais à leurs travaux il présida lui-même ; en sorte qu’après un semestre d’études, à l’aurore de son jubilé sacerdotal, Pie XI a pu offrir au monde catholique la nouvelle messe et l’office pour l’Octave du Sacré-Cœur.

La pensée qui domine toute la composition est celle qu’exprima Jésus Lui-même quand, par l’intermédiaire de sainte Marguerite-Marie, Il demanda à la famille catholique l’institution de cette fête : « Voici le Cœur qui a tant aimé les hommes, et qui en est si peu aimé ! »

Il s’agit donc d’une fête de réparation envers l’Amour qui n’est pas aimé ; réparation qui fait d’ailleurs amende honorable en glorifiant les pacifiques triomphes de cet Éternel Amour.

L’introït emprunte son antienne aux versets 11 et 19 du psaume 32. « Les desseins de son Cœur passent d’âge en âge pour arracher les âmes à la mort et soutenir leur vie durant la famine ».

Suit le premier verset du même psaume : « O justes, chantez au Seigneur, car c’est à ceux qui sont bons que convient sa louange ».

La magnifique préparation du plan de la rédemption à travers les longs siècles qui l’ont précédée, puis les dix-neuf qui maintenant la réalisent, l’étendant à tous les âges et à tous les peuples, chantent comme un hymne de gloire au Cœur de Dieu qui fut le grand artisan de cette généreuse et gratuite réparation du genre humain.

Parmi les multiples aspects de cette rédemption, le Psalmiste en met ici deux surtout en évidence, dans lesquels resplendit d’une façon spéciale l’excès du divin amour. Ce sont : la délivrance de l’homme de la mort éternelle grâce à la mort de Jésus, et l’institution de la divine Eucharistie.

La collecte apparaît, au point de vue littéraire, un peu surchargée, mais elle contient de belles pensées : « Seigneur qui avez miséricordieusement daigné nous accorder d’infinis trésors d’amour dans le Cœur de votre Fils, transpercé par nos péchés ; faites, tandis que nous lui offrons l’hommage dévot de notre piété, qu’en même temps nous présentions une digne réparation pour nos fautes ».

Le but de la solennité de ce jour est donc double : tandis que nous offrons notre tribut d’amour à ce Cœur qui, en raison de son excellence et de l’union hypostatique, est le centre et le roi de tout autre cœur humain, nous expions en même temps le crime d’avoir transpercé par nos péchés ce Cœur adorable, et de l’avoir couronné des épines de l’ingratitude et du mépris.

Cependant, il faut que les prévaricateurs reviennent à ce Cœur du Verbe incarné ; car c’est dans ce temple et ce trophée de la divine miséricorde, que Dieu a déposé pour les hommes des trésors infinis de sagesse, de science et surtout d’amour.

La première lecture est tirée de la lettre aux Éphésiens (III, 8-15). L’Apôtre a reçu la mission spéciale de révéler à l’Église les prérogatives du Christ, considéré surtout comme Chef de la famille humaine et Pontife de la béatitude future. C’est pourquoi saint Paul plie le genou et il supplie le Seigneur pour ses chers fidèles d’Éphèse, afin qu’eux aussi soient initiés avec lui à la science intérieure du Christ, et que, par la grâce du Saint-Esprit, eux aussi la comprennent et en vivent à l’égal de tous les autres saints. Cette science et cette vie se résument en un seul mot : l’amour — cet amour qui remplit l’âme de la plénitude de Dieu.

Le répons-graduel est emprunté au psaume 24, 8-9. « Le Seigneur est bon et droit, c’est pourquoi il indique la voie à ceux qui sont errants. Il guide les doux dans la justice, et il enseigne ses voies à ceux qui sont dociles ». — Tel est le motif de l’œuvre de la rédemption des hommes : le Seigneur est amour, et en descendant jusqu’à nous il a moins considéré notre indignité que son amour qui mérite bien tout le nôtre.

Pour que nous puissions convenablement aimer Dieu, il fallait que d’abord Il nous rachetât, afin que l’Amour célébrât ses pacifiques triomphes sur nous et érigeât parmi les hommes le siège de son magistère. Un magistère donc d’humilité, de douceur et de condescendance, pour montrer par ces qualités la vérité de sa nature humaine, semblable à la nôtre, tandis que, par sa charité toute-puissante, Il exalte sa nature divine, consubstantielle au Père.

Le verset alléluiatique est emprunté à saint Matthieu, XI, 29, et il est, en quelque sorte, appelé par le second verset du graduel, où le Psalmiste décrit les caractères des futurs disciples du divin Maître. Maintenant c’est Jésus lui-même qui nous dit dans l’Évangile : « Prenez sur vous mon joug et apprenez de moi que je suis doux et humble de Cœur et vous trouverez la paix pour vos âmes ».

Paix, félicité et sainteté sont donc synonymes, car seuls les saints tarissent en eux-mêmes la source des inquiétudes de la vie, pour se désaltérer abondamment aux eaux de la joie, aux sources du Sauveur. Ce qui rend la vie pénible ne vient pas tant de la vie elle-même que de la fièvre de l’amour-propre qui nous fait trouver amer tout ce qui n’est pas conforme à notre goût.

Or, le remède qui guérit cette fièvre, c’est l’humble et entière sujétion au bon plaisir divin, selon le sublime modèle que nous offre le Cœur sacré de Jésus.

Aux messes votives après la Septuagésime, au lieu du graduel et du verset alléluiatique, on dit le trait (Ps. 102, 8-10) : « Le Seigneur est compatissant et indulgent ; patient et plein de bonté. Il n’est pas sans cesse à disputer, et il ne garde pas de continuelle rancune. Il ne nous a pas traités selon nos péchés, et il ne nous a pas payés comme le méritaient nos iniquités ».

La raison intime de cet excès de miséricorde envers nous, alors que c’est sur Lui seul que la justice s’est exercée par la satisfaction rigoureuse qu’il a donnée à la divine Majesté au moyen de sa terrible passion, c’est l’amour infini de Jésus.

Durant le temps pascal, au verset alléluiatique ci-dessus on ajoute : « Alléluia ». (Matth., XI, 28) : « Venez à moi, vous tous qui souffrez et êtes las, et je vous réconforterai ».

Jésus invite donc l’humanité tout entière à chercher un asile de doux repos dans son Cœur. Mais pourquoi sommes-nous tous tourmentés et las ? Saint Augustin nous le dit : à cause de notre vie mortelle elle-même, vie fugitive et sujette à de nombreuses tentations, où nous portons le trésor de la foi dans le vase fragile de notre humanité. Une telle condition nous afflige, mais la douce invitation de Jésus nous console. Il est même vain, en ce monde, d’espérer un autre réconfort, car, comme le dit fort bien un antique logion évangélique, rapporté par Origène et par Didyme l’aveugle : « Celui qui s’approche de moi s’approche du feu, tandis que celui qui s’éloigne de moi s’éloigne du royaume ». Cette parole d’or, prononcée par le divin Sauveur, et qui nous a été transmise par la tradition des Pères, garantit par sa beauté même son authenticité, et paraît bien digne d’être jointe à l’autre logion qui nous a été conservé par saint Paul : « Jésus a dit : Il est meilleur de donner que de recevoir ».

La lecture évangélique est empruntée à saint Jean (XIX, 31-37) et décrit, avec le brisement des jambes des deux larrons, l’ouverture du côté de Jésus mort. De cette blessure jaillirent le sang et l’eau, pour symboliser les sacrements dans lesquels l’Église naît et est nourrie. C’est le Nouveau Testament dans le sang. Jean, qui exerce à la fois les fonctions d’écrivain et de témoin, veut montrer aux fidèles la continuité du plan divin dans l’ancienne et dans la nouvelle alliance, et cite dans ce but les prophéties qui reçurent leur accomplissement sur le Golgotha après la mort de Jésus.

On ne devait briser aucun des os de l’Agneau pascal, parce que l’immolation de la Victime divine ne fut pas suivie de la décomposition de son corps dans le tombeau, mais au contraire de la gloire de la résurrection. De plus, bien que Jésus dans la sainte Communion soit pris en nourriture par les fidèles, il n’est pas consommé pour cela. Nec sumptus consumitur [62], et l’Agneau, même après que les fidèles s’en sont nourris, demeure vivant, glorieux et entier.

Il existe aussi une autre prophétie (Zach., XII, 10) à laquelle se réfère plusieurs fois saint Jean : Les peuples contempleront Celui qu’ils ont transpercé.

Le caractère de cette vision du Cœur transpercé de Jésus varie suivant les dispositions de celui qui le regarde. Pour les impies, au jugement dernier, la vision de ce Cœur aimant et qu’ils n’ont pas aimé, bienfaisant, et pour cela méprisé, sera le sujet d’une affreuse terreur ; tandis qu’au contraire les bons, en voyant ce Cœur rayonnant des flammes de la charité, gage et monument perpétuel d’une miséricorde infinie, sacrement et signe sensible de l’amour divin éternel et invisible, se sentent brûler d’amour, mettent en lui toute leur espérance, et établissent en lui leur mystique demeure.

Le passage de l’Évangile lu en ce jour a été commenté avec élégance par Paulin d’Aquilée (+ 802) :

Quando se pro nobis sanctum

Fecit sacrificium,
Tunc de lateris fixura
Fons vivus elicuit ;
De quo mystice fluxerunt
Duo simul flumina :
Sanguis nam redemptionis
Et unda baptismatis.
L’antienne pour l’offertoire est la même qu’au dimanche des Rameaux (Ps. 68, 21). « L’opprobre et la douleur me brisent le Cœur. J’attendais la compassion, et il n’y en eut point ; quelque consolateur, et je ne l’ai pas trouvé ».

Beaucoup plus atroces que les souffrances physiques furent les peines morales endurées par le Sauveur durant sa passion alors que, s’étant chargé du poids des fautes des hommes, et ayant été condamné à mort par le Sanhédrin, il demeura comme écrasé sous l’angoisse de la malédiction lancée par Dieu le Père contre le péché.

Quel déchirement dans ce Cœur ! Même alors, il est vrai, son âme jouissait de la claire vision de Dieu qu’il contemplait, mais en même temps, il voyait ce Dieu si bon et si aimable offensé de mille manières par les hommes, ses frères cadets. Il sentait que le péché avait dressé comme une muraille entre le Créateur et la créature, c’est pourquoi, en vertu d’un juste jugement de Dieu, son humanité, abandonnée aux outrages, aux tourments et à la mort ignominieuse de la Croix, entonna le mystérieux cantique : Heli, Heli, lamma sabacthani [65].

En souffrant pour nous, Jésus a voulu que nous nous assimilions à notre tour sa Passion bénie, la revivant par la foi et par les œuvres de la mortification chrétienne. C’est là le soulagement et la consolation qu’il demande dans le psaume 68. Il lui faut des âmes. Aujourd’hui encore, il veut des âmes victimes, qui, avec Lui, portent le poids de l’expiation des péchés du monde. Mais hélas ! Qu’elles sont rares ces âmes entièrement vouées à l’immolation et à l’expiation !

Aux messes votives durant le temps pascal, cette antienne si mélancolique de l’offertoire est remplacée par la suivante qui exalte au contraire l’excellence du sacrifice du Christ sur toutes les oblations de l’Ancienne Loi : (Ps. 39, 7-9) : « Tu ne demandes ni holocauste ni oblation ; alors je dis : Voici que je viens. Dans un livre il m’est prescrit de faire ce qui te plaît, ô mon Dieu, mon bien-aimé, et ta loi est gravée dans mon Cœur. Alléluia ».

Les sacrifices de l’Ancienne Loi cessèrent de plaire à Dieu quand arriva enfin la plénitude des temps, où devait être accompli ce que ces anciens rites ne faisaient qu’annoncer. Alors vint le Verbe incarné, pour offrir un holocauste qui seul était digne de Dieu. Et comme toute offrande doit toujours s’accomplir selon un cérémonial et un rite agréable à la Divinité, Jésus vécut et s’immola durant trente-trois années conformément à ce que le Père éternel avait prescrit pour Lui dans les Livres saints de l’Ancienne Alliance.

La prière précédant l’anaphore est la suivante : « Ayez égard, Seigneur, à l’ineffable charité du Cœur de votre fils bien-aimé, afin que notre oblation Vous soit agréable et expie convenablement nos fautes. Par notre Seigneur ».

Il est de nouveau fait allusion ici à la double signification de la solennité de ce jour. Avant tout, c’est une fête d’expiation envers l’Amour non aimé et méprisé ; et c’est pourquoi nous unissons notre amende honorable à ce même Amour qui, dans le Sacrifice eucharistique, expie pour nous.

En outre, c’est une célébration d’action de grâces et de triomphe du Cœur très saint de Jésus. Pour ce motif, nous offrons ce même Cœur eucharistique, afin que, perpétuant sur nos autels l’hymne d’action de grâces entonné jadis avec les Apôtres dans le Cénacle, — Tibi gratias agens [66], — l’Amour incarné et immolé soit Lui-même le remerciement de l’humanité à l’Éternel Amour.

Il faut noter avec une véritable satisfaction la tendance récente du Saint-Siège, à pourvoir les messes les plus insignes d’une préface propre. Après celle des défunts, de saint Joseph, du Christ-Roi, voici aujourd’hui celle du Sacré-Cœur de Jésus. On revient de la sorte à l’antique tradition latine, représentée surtout par les Sacramentaires romains, où chaque solennité avait sa préface. Actuellement la liturgie milanaise est seule demeurée fidèle à son antique tradition ; mais il faut espérer que, tôt ou tard, comme il advint sous Pie X pour le chant grégorien, Rome admettra de nouveau dans son missel ces anciennes et si belles préfaces des Sacramentaires dits de Léon le Grand, de Gélase Ier et de Grégoire le Grand, lesquelles, sans que l’autorité soit intervenue, se sont comme perdues dans les manuscrits durant les longs siècles du bas moyen âge. « … Vous qui avez voulu que votre Fils unique, encore suspendu à la Croix, fût transpercé par la lance du soldat, afin que son Cœur, sanctuaire des richesses divines, étant ouvert, il répandît sur nous des torrents de miséricorde et de grâce. Il avait vraiment toujours brûlé d’amour pour nous, mais c’est surtout alors qu’il prépara un tranquille refuge pour les bons, et que les pénitents virent s’ouvrir devant eux l’asile du salut. C’est pourquoi.. ».

L’antienne pour la Communion, conformément à la règle, est tirée de la lecture de l’Évangile (Ioan., XIX, 34) : « Un des soldats lui ouvrit le côté avec sa lance, et aussitôt il en jaillit du sang et de l’eau ».

La signification spéciale de ce sang et de cette eau nous est expliquée dans l’antienne suivante pour la Communion durant le cycle pascal (Ioan., VII, 37) : « Que celui qui a soif vienne à moi et qu’il boive. Alléluia ».

Comme le breuvage que nous prenons s’incorpore à nous et se change en notre sang, ainsi les trésors de la rédemption qui nous sont conférés dans les sacrements deviennent notre bien, notre patrimoine spirituel, en tant qu’ils nous unissent et nous incorporent mystiquement au Christ, qui est le Chef du Corps de l’Église.

Toutefois ces eaux d’éternelle rédemption sont promises seulement à celui qui en est avide, parce que la grâce de Dieu est offerte avec amour comme un don, mais n’est pas imposée violemment comme un enrôlement obligatoire. C’est pourquoi le saint cardinal André Ferrari disait fort justement aux petits enfants de Milan : Se sauve qui veut.

Après la Communion : « Que vos mystères sacrés, Seigneur, nous confèrent cette divine ferveur si nécessaire pour goûter la suavité de votre Cœur très doux ; afin que nous apprenions à mépriser les choses de la terre et à aimer celles du ciel ».

Quand on a une fois goûté Dieu, tous les biens créés deviennent insipides et fastidieux. Mais, pour goûter Dieu, nous avons besoin de ce don spécial de piété, qui, lui-même, est une grâce du Saint-Esprit. Il ne mérite pas, en effet, de goûter Dieu, celui qui cherche ses délices en dehors de Lui ; aussi la sainte liturgie demande aujourd’hui, fort à propos, ce don, après que la participation aux mystères de la mort du Seigneur a imprimé dans notre cœur les stigmates de la Passion de Jésus, nous consacrant ainsi à une vie de mortification et d’immolation.

Aux louanges du Sacré-Cœur, exprimées par les Pères de l’Église latine, nous ajouterons aujourd’hui celles de l’Église byzantine :

Ton côté qui apporte la vie,
Pareil à la source qui jaillissait de l’Éden,
Arrose Ton Église, ô Christ,
Comme un jardin spirituel.
Ensuite elle se divise
Comme d’un tronc unique, en quatre Évangiles.
Elle arrose le monde.
Réjouit la création ;
Elle enseigne aux peuples
A adorer ton règne avec foi.

La Commission européenne fait la part belle à l’idéologie LGBT, à l’activisme transgenre

Extrait de l’entretien donné par Marion Maréchal à L’Incorrect. Extraits:

[…] Sur les questions dites de société, le RN n’a plus de boussole : on l’a vu sur la PMA sans père, on l’a vu sur la constitutionnalisation de l’avortement, et un député a même dit qu’un débat existait au sein du parti sur la GPA tandis qu’un autre a déclaré que le parti ne reviendrait pas sur l’inscription, dans l’état civil français, des GPA réalisées à l’étranger, ce qui est un premier pas vers une autorisation en France de cette pratique scandaleuse. Enfin, y compris sur les questions identitaires, quand le RN reste largement engoncé dans un logiciel strictement laïcard, qui ne permet pas selon moi d’affronter le défi civilisationnel mais aussi le vide nihiliste de ce siècle, lorsqu’il refuse de reconnaître le choc des civilisations à l’œuvre sur notre sol ou considère l’islam compatible avec la République, au moment même où l’offensive islamique est partout, on ne peut pas considérer que nos différences d’analyse soient totalement secondaires.

Dans l’actualité récente, le RN a défendu – comme Emmanuel Macron – la potentialité d’un quatrième référendum en Nouvelle-Calédonie. Je ne comprends pas cette capitulation politique devant les casseurs, les pillards, la violence de groupes indépendantistes haineux, anti-Français et anti-blancs, soutenus par des puissances étrangères comme la Chine ou l’Azerbaïdjan. Les Calédoniens se sont exprimés pour rester dans la France à trois reprises, alors même que le corps électoral était gelé au bénéfice des indépendantistes. Maintenant, force est à la loi et à l’ordre !

Quant aux LR, oui, le plus grand défaut de François-Xavier Bellamy c’est son parti.

Sauf si des éléments nous auraient échappés, il n’y pas une feuille de papier à cigarette qui vous sépare idéologiquement de François-Xavier Bellamy. Quel gâchis non ?

En effet, quel gâchis d’être candidat pour LR, qui est le parti de tous les reniements et de toutes les compromissions ! Je dois vous dire – comme j’ai eu l’occasion de lui dire – que je n’arrive pas à comprendre son acharnement à vouloir faire survivre LR. En 2019, il était entré en politique comme un homme extérieur à cette mentalité partisane, et aujourd’hui le voici vantant la « majorité sénatoriale » de Gérard Larcher, tenant des meetings avec Valérie Pécresse (qui a par exemple renié sa participation à La manif pour tous), et se faisant imposer une liste qui est faite pour satisfaire les demandes de Xavier Bertrand et Hervé Morin. On est loin de la promesse initiale !

Les électeurs de droite souhaitent-ils être trahis une énième fois par LR, dont les principaux dirigeants préparent des accords gouvernementaux avec les macronistes ou une candidature unique en 2027 ? Je parle de Gérard Larcher bien sûr, mais aussi de Valérie Pécresse ou même d’Éric Ciotti qui a défendu voici quelques mois l’idée d’un candidat unique du « camp modéré ». Veulent-ils continuer avec un parti qui fournit des nouveaux ministres à Macron à chaque remaniement ? Veulent-ils voter pour un parti qui au niveau européen fait partie de la grande alliance cogérant l’Union européenne avec les socialistes et les macronistes, derrière Von Der Leyen ? Les électeurs de droite veulent-ils voter pour des candidates, en bonnes places sur la liste LR, comme Anne Sander ou Nathalie Colin, qui se sont affichées avec des organisations islamistes, ou pour Nadine Morano qui est favorable à la GPA ?

S’ils refusent tout cela, alors je leur propose de choisir des élus qui ne les trahiront pas, en votant pour la liste Reconquête! que je conduis.

[…]

Vous vous distinguez du RN sur les questions sociétales. En quoi est-ce pertinent à l’échelle européenne alors que, a priori, ces questions relèvent des compétences nationales ?

Bien au contraire, l’agenda progressiste est une des boussoles de l’action de l’UE. C’est en particulier le cas de la Commission qui fait la part belle à l’idéologie LGBT, à l’activisme transgenre, à travers le financement d’événements et d’associations. Vos confrères du JDD révélaient récemment que depuis 2014, la Commission européenne a versé 4 millions d’euros de fonds européens à l’ONG Transgender Europe, dont 596 864 euros de subventions de fonctionnement rien qu’en 2024. Cette organisation militante est même liée par un contrat-cadre dans la « Stratégie 2020-2025 en faveur de l’égalité des personnes LGBTIQ » en Europe. On peut aussi évoquer la GPA : le Parlement européen a voté la reconnaissance de la filiation des enfants issus de GPA dans l’ensemble des pays de l’Union, ce qui est une façon de l’imposer. Je précise d’ailleurs que ce vote a été rendu possible par le soutien du groupe des LR, le PPE, et même le vote de certains députés européens LR.

Je me bats contre la destruction de tous nos repères, la confusion des sexes, l’effacement de l’altérité hommes-femmes, et je mènerai ce combat sans relâche au Parlement européen. […]

Avec nos 17 alliés européens du groupe des Conservateurs (ECR), qui gouvernent déjà dans 4 pays et qui seront renforcés demain par les élus hongrois de Viktor Orbán, nous pouvons battre le groupe d’Emmanuel Macron au Parlement européen, nous pouvons faire basculer l’Europe à droite et sortir Ursula von der Leyen ! Toutes les projections indiquent que le groupe des Conservateurs est en passe de devenir la force centrale à Bruxelles. Renforcer cette dynamique européenne, en France cela signifie voter pour la liste que je conduis. Nous, nous aurons la capacité à agir, à influer réellement, ce qui ne sera pas le cas du RN, quel que soit son résultat dimanche. […]

Saint Claude de La Colombière : apôtre du Sacré-Cœur de Jésus

Aymeric Pourbaix reçoit le Père Jean-François THOMAS, jésuite :

Jean Carbonnier, le Révolutionnaire tranquille : Une décennie de lois qui ont révolutionné la famille

Il y a près de 60 ans, en décembre 1964, était votée la première des lois dites “Carbonnier ”, du nom de leur rédacteur. Premier acte d’une série de réformes qui, jusqu’en 1975, va transformer la famille française. Il est ici question de la réforme de la filiation, qui permet à l’enfant naturel de faire juridiquement partie des familles de ses parents et autorise un mari à reconnaître l’enfant qu’il a conçu en dehors de son mariage, et de la réforme du divorce qui dispense les époux d’accord pour divorcer, de simuler un divorce pour faute en créant le divorce par consentement mutuel.

On ne sait pas trop si le ministre Jean Lecanuet (vers la 10e mn) s’illusionne sur les conséquences dramatiques de cette loi ou si, en bon politicien, il ment effrontément.

Ecouter (12mn) :

 

L’euthanasie décomplexée, le génocide Français programmé

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Certains doutent encore de la programmation intentionnelle du génocide Français. Or ; il est un fait que l’avortement systémique et l’euthanasie figurent bien dans les techniques de génocides du répertoire de Raphaël Lemkin, ce juriste et historien brillant qui documenta toutes les techniques constitutives de génocide dans les sociétés « totalitaires » après la 2e guerre mondiale. Nous y sommes.

1. L’euthanasie est un fait de génocide

Concernant l’euthanasie, dont la loi est en cours, elle donne lieu à des prises de position qui méritent quelques commentaires. Je vous laisse lire les propos suivants :
« Le projet de loi vise à remédier à deux difficultés : une offre de soins palliatifs notoirement insuffisante, qui ne couvrirait que la moitié des besoins et seulement un tiers des besoins en pédiatrie ; et la situation des malades qui éprouvent des souffrances insupportables, mais dont la mort n’est pas prévisible à court terme, et qui ne peuvent de ce fait recevoir une sédation profonde et continue. »
(Fabrice Gzil, philosophe, Le Monde, 5 juin 2024 – in Fin de vie : « Ce projet de loi est un texte nuancé qui parvient à trouver un point d’équilibre et à proposer des évolutions mesurées »)

L’argument est clair. Il s’agit d’un arbitrage économique. On ne peut pas en effet dépenser des dizaines de milliards dans l’accueil d’adultes en provenance d’autres continents : les soigner, les héberger, les nourrir, les rémunérer sans contrepartie, etc. et continuer à financer la santé des autochtones. Fabrice Gzil entérine l’absence de soins palliatifs. Le scandale n’est pas pour lui le fait qu’on ne mobilise pas les budgets utiles à la mise en œuvre des soins palliatifs. C’est un fait qu’il prend pour argent comptant, c’est le cas de le dire. En conséquence, avec la grandeur du philosophe rationnel qui se respecte, ce monsieur en déduit que nous ne pourrons pas accorder des soins palliatifs à de très nombreuses personnes, jeunes compris.

Il en tire donc une conclusion imparable que des jeunes (la pédiatrie concerne les enfants n’est-ce pas) doivent être encouragés à quitter ce bas monde quand ils sont malades – on pensera aux petits cancéreux par exemple – car le système ne peut et ne veut les soigner. Ils coutent et sont condamnés, donc exécutons les innocents. L’approche est rationnelle semble-t-il. Elle révèle bien l’utilitarisme ambiant, l’égoïsme des biens portants, le cynisme de l’Etat ; mais malheureusement aussi, un arbitrage proprement génocidaire.

En manipulant les cliquets, comme pour l’avortement : motif, délai, circonstances, consultation, etc. ces législateurs génocidaires savaient où ils voulaient aller ; le plus loin possible, jusqu’à interdire même l’idée qu’on puisse enfanter ! Or, ils nous rejouent la même manipulation avec un débat parlementaire qui a démontré que les verrous d’un jour explosent sous la pression du lendemain. Tous les cliquets vont sauter : l’espérance de vie, l’intention du malade, la gravité de la maladie. Et comme pour l’avortement, toute alternative est éliminée, elle est même menacée et pénalisée, au sens juridictionnel (relevant du droit pénal).

Il y a une indignité totale à faire l’économie de la vie au nom de l’utilité et des coûts, dans un pays qui a su s’endetter de 1.000 milliards supplémentaires en 7 ans. Les soins palliatifs, l’attention aux malades ne représentent rien, pas même l’épaisseur du trait comme on aime à dire. L’argument est donc totalement fallacieux. C’est un refus politique et idéologique, c’est une intention délibérée d’organiser le droit de tuer, d’exercer la contrainte sur des populations pour les encourager aux suicides : les trisomiques, les handicapés, les accidentés graves de la route (polyhandicapés), les dépressifs jeunes et moins jeunes, les malades mentaux d’une psychiatrie abandonnée, etc. Bref, l’euthanasie est un droit, un but politique, donc un enjeu de dépopulation ; car cela est la conséquence factuelle de la promotion de cette loi.

Derrière l’hypocrisie de l’argument économique, les mêmes populations que celles visées au départ par les rationalistes et scientifiques Allemands des années trente son visées et condamnées à mort. La République est la mère des totalitarismes (Arendt, Soljenitsyne, Adorno, Horkheimer l’ont documenté chacun à leur manière). Eliminons les plus faibles, et visons les populations qui nous dérangent : les juifs seront bientôt dans le viseur : réfractaires, identitaires, etc.

2. La promotion de l’avortement est un fait de génocide

Sur ce point, l’encouragement systématique, la pression sociale, la promotion du renoncement à enfanter, la ringardisation du sentiment maternel, etc. opèrent tous dans cette direction de la dissuasion de procréer. Le génocide démographique est un fait établi par le calcul élémentaire que nos populations autochtones sont encouragées à ne plus se reproduire, voire convaincue de la nuisance d’enfanter de nouveaux humains.

Ceci constitue un fait objectif que notre République crée les conditions du génocide par la destruction des enfants à naître. A tel point que la loi prévoit de sanctionner les défenseurs de la vie, interdisant même que la femme hésitante puisse accéder à d’autres solutions : assistance, secours, aide, soutien de toutes sortes qui donnent de nouveau espoir et conforte le désir de cette maternité, vilipendée par ailleurs. La preuve du génocide intentionnel tient tout particulièrement au fait que le souci d’équilibre a disparu, que le respect de liberté de conscience a été annihilé et que l’exposé des alternatives en vue d’un consentement éclairé a été aboli. L’Etat poursuit bien un but de promotion de l’avortement. Il n’est pas neutre. Il est intrusif, il viole les consciences, il agit de manière partisane dans un choix privé où chacun devrait pouvoir profiter de l’expérience des autres et des témoignages de celles qui ont vécu cela.

Sa constitutionnalisation en fait un canon juridique et rares sont ceux qui discernent l’impact d’une constitutionnalisation. Elle annonce le fait que l’avortement va devenir la règle constitutionnelle, l’enfantement l’exception, voire l’interdit, car l’objectif n’est pas de laisser les populations se reproduire sans prendre le contrôle de cette démographie des autochtones. La constitutionnalisation affirme le caractère normatif et la supériorité de cette loi parce qu’elle devient un principe, en vertu de la hiérarchie des normes. Il suffira de pousser un cran plus loin, pour enrégimenter le droit à la reproduction et réclamer l’avortement comme règle, les femmes ne devant pas enfanter au nom de l’égalité, au nom de la non-discrimination des personnes trans et j’en passe sur l’argumentation en cours qui va préférer la stérilisation massive par les opérations transidentitaires qui vont mettre ces personnes en victimes, mais aussi en juge d’une maternité insupportable. La grossesse va devenir un délit, un outrage, une provocation.

3. Une République eugéniste et génocidaire depuis ses origines

Rares sont ceux qui ont examiné le génocide Vendéen pour ce qu’il était vraiment, sauf Soljenitsyne. Il était l’annonce logique que la République n’a pas de peuple, elle n’a pas d’amour pour les autochtones Français. Elle s’est substituée à la France et elle est universelle, c’est-à-dire favorable aux changements de peuples, aux colonisations et migrations, l’essentiel étant de détruire tous les peuples autochtones qui véhiculent la moindre tradition politique et culturelle, ici et partout. Il faut liquider l’histoire et les peuples qui portent une histoire.

En conséquence, nous assistons impuissants à la mise en place des dernières pièces du puzzle génocidaire qui a commencé méthodiquement par la promotion du divorce, puis de l’avortement et maintenant de l’euthanasie. Ce n’est donc pas un camp politique qui est simplement à l’origine de ces lois, c’est bien le régime Républicain qui est en cause. Il nous appartient d’en prendre toute la mesure, car la défense des autochtones exige de contester les fondements de ce mode de gouvernement. Il est essentiel de proposer d’autres perspectives politiques pour la défense des autochtones que nous sommes, ou notre disparition est acquise. Je crois que les Patriotes, les Reconquêtes et le RN ne sont pas encore conscients que leur combat nécessite un effort bien plus grand, celui d’affronter ce système dans sa globalité. Il est temps de proposer une autre organisation politique, d’autres modes de législation, des territoires gérés autrement, etc.

Pierre-Antoine Pontoizeau

La FAFCE développe une boîte à outils en vue de la nouvelle législature européenne

La FAFCE a développé une boîte à outils politique pour les membres élus du Parlement européen et les institutions de l’UE pour la nouvelle période législative, qui commence après les élections de ce week-end (6-9 juin) dans tous les États membres de l’UE. Plus de 400 millions d’Européens auront l’occasion de voter pour leurs députés européens. Comme indiqué dans sa dernière résolution de printemps, la FAFCE invite les nouveaux parlementaires à donner la priorité aux familles dans l’élaboration de leurs politiques pour cette nouvelle législature.

La liste non exhaustive contient cinq domaines politiques clés :

  1. Démographie

La FAFCE invite les candidats à poursuivre le travail de l’actuelle Vice-Présidence du Commissaire pour la Démocratie et la Démographie, chargée de s’attaquer à la transition démographique.

La Fédération encourage également la reconduction d’un intergroupe parlementaire interpartis sur « les défis démographiques, l’équilibre travail-famille et les nouvelles générations ».

Le Président de la FAFCE, Vincenzo Bassi, déclare :

« Alors que ces élections se déroulent au début de l’été, nous sommes plongés dans un hiver démographique. Les taux de natalité ont chuté et la pandémie de solitude s’est répandue sur tout le continent. Nos institutions européennes doivent consacrer des ressources et du capital humain à la compréhension des causes profondes de cette situation et investir dans un printemps démographique pour le continent. Sans solidarité intergénérationnelle, nous ne pourrons pas commencer à relever les nombreux défis qui nous attendent. Pour cela, il faut donner la priorité aux familles et aux enfants, sans lesquels il n’y a pas d’avenir ».

2. La famille comme investissement

La FAFCE invite les candidats à considérer les investissements de l’UE dans les politiques familiales comme un investissement stratégique dans l’avenir de l’Europe. Le budget que les Etats membres et, indirectement, l’UE investissent dans les politiques familiales doit être considéré comme un investissement dans le capital humain. A cet égard, une réflexion sur les critères de Maastricht est nécessaire au niveau de l’UE.

3. L’équilibre travail-famille

La FAFCE demande aux candidats de faire en sorte que l’emploi soit au service des familles. L’amélioration des conditions de vie et d’emploi relève aussi des compétences de l’UE. La FAFCE encourage les candidats à repenser les directives principales qui régissent actuellement l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale afin de disposer d’un cadre plus favorable à la famille. Il convient de rappeler que les PME sont à la base de notre tissu économique et de la richesse et de l’autonomie de l’État.

À cet égard, le président de la FAFCE note que :

« Il est possible d’avoir une Europe où les travailleurs sont productifs et peuvent également profiter d’un temps familial précieux. Les mères et les pères ont besoin d’un équilibre entre vie professionnelle et vie familiale, pour le bien de leurs enfants, le leur et celui de la société dans son ensemble. Les femmes enceintes, en particulier, devraient bénéficier d’une protection juridique et avoir la possibilité de mettre en pratique leur créativité et leur esprit d’entreprise, ainsi que leur maternité. Le droit à la déconnexion doit également être promu, en établissant le dimanche comme jour de repos commun ».

4. La protection des enfants

La sécurité numérique, en particulier pour les mineurs, bénéficie d’un large soutien dans l’ensemble du spectre politique. La FAFCE exprime la nécessité pour les candidats de soutenir et de promouvoir une campagne du Parlement européen pour montrer les risques de l’exposition des enfants à la pornographie. La Fédération recommande également d’agir sur les propositions de la Shield Platform (Plateforme bouclier) qui comprend des études scientifiques détaillées, des politiques de santé publique et la sensibilisation aux dommages profonds de la pornographie dans nos sociétés.

5. L’écologie intégrale

La famille est l’antidote à la culture du gaspillage et de la consommation effrénée. Les familles peuvent être habilitées à éduquer à l’environnement et à vivre de manière durable. Fondées sur le service du bien commun et le respect de la dignité humaine, les familles devraient être au centre de la transition écologique. La FAFCE met en garde contre le coût de l’absence de famille dans ce contexte.

La Fédération œuvrera pour plus de coopération entre les acteurs européens et les associations familiales, pour que la protection de la Création soit en phase avec la protection des familles et des générations futures, et pour que le législateur donne la priorité à la résolution de la crise du coût de la vie qui a un impact sur l’écologie intégrale comme sur la santé économique.

Faisant écho à la dernière résolution de la FAFCE, « L’écologie humaine intégrale a besoin à la base de la reconnaissance de la famille », le Président de la FAFCE conclut :

« Le problème n’est pas dans la croissance démographique mais dans le consumérisme. Il n’y a pas d’écologie sans la personne humaine. Il n’y a donc pas de véritable écologie sans les familles et les communautés de familles au cœur de la transition ».

Escalade : Attaque sur la défense nucléaire russe

Lu dans Conflits :

Alors que la Russie menait des exercices de préparation et d’utilisation des armes nucléaires non stratégiques, deux de ses radars visaient à détecter le lancement de missiles nucléaires balistiques ont été attaqués par des drones.

Des drones ukrainiens (fabrication anglo-portugaise) ont d’abord frappé la station Voronezh-DM dans la région de Krasnodar, au sud-ouest de la Russie, le 23 mai. Puis, le 26 mai, plusieurs autres drones ont été interceptés tandis qu’ils ciblaient la station d’Orsk. Aucun dégât apparent n’est à constater sur le deuxième raid.

Cette attaque fait écho à un lancement de drones kamikazes en décembre 2022 qui avaient touché la base aérienne russe d’Engels (800km au sud-ouest de l’Ukraine), où se trouvent des portes-missiles stratégiques faisant partie de la triade nucléaire.

Il faut bien mesurer l’importance de telles attaques. Tactiquement, elles ne paraissent pas affaiblir dangereusement les défenses nucléaires russes. Stratégiquement, le coup est plus grave. Personne ne semble prendre au sérieux la menace nucléaire du Kremlin. C’est un bien fragile présupposé. Mais, le vrai problème est dans l’utilisation d’équipement européen guidé par les satellites occidentaux (l’Ukraine seule ne devrait pas être capable d’envoyer des drones à cette profondeur) pour toucher une cible hautement stratégique dans le territoire russe.

Vladimir Poutine est un homme rationnel. L’agitation de chiffons rouges ne paraissent pas lui faire prendre de décisions impulsives. La réponse du Kremlin n’est sans doute pas à attendre dans la menace nucléaire, du moins pas pour l’instant. En revanche, le président russe avait bien mentionné à David Cameron (ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni) que l’utilisation de drones britanniques par les Ukrainiens ouvrirait la voie à des frappes russes sur des installations britanniques dans le territoire ukrainien. De même, il a mis en garde les pays de l’OTAN à plusieurs reprises sur l’utilisation d’armes par l’armée ukrainienne que seules les armées otaniennes maîtrisent.

« Ces représentants des pays de l’OTAN, en particulier qui sont basés en Europe, notamment ceux dans les petits pays européens, doivent donc être pleinement conscients de ce qui est en jeu. Ils doivent garder à l’esprit que leurs pays sont petits et densément peuplés, ce qui est un facteur à prendre en compte avant de commencer à parler de frapper profondément dans le territoire russe. Il s’agit d’une question sérieuse et, sans aucun doute, nous les suivons de très près. » V. Poutine, Ouzbékistan, 28 mai 2024.

Plutôt que de choisir l’escalade nucléaire, le Kremlin pourrait préférer l’usage des proxies. Puisque l’OTAN – en particulier certains pays – se sert désormais de l’Ukraine pour frapper directement le territoire russe, la réponse pourrait venir des proxies russes.

Dans le même temps, la France, qui accueille des millions de personnes pour les JO sous une menace d’attentat maximum, continue d’agiter le chiffon rouge à l’est.

“Profondément affecté”, le député communiste Pierre Dharréville suspend sa participation au débat sur l’euthanasie

Etonnante intervention d’un député membre du Parti communiste :

 

Voici aussi cette intervention d’un député RN, qui a songé, par le passé, alors qu’il était affecté d’une grave cécité, à mettre fin à ses jours :

Nouvelle mobilisation à Quimper le 16 juin

A l’heure où la presse découvre avec intérêt et émerveillement la messe en latin lors de la messe de Pentecôte retransmise en direct sur CNews, le même jour, l’évêque de Quimper et Léon signait une lettre retirant les messes en semaine, le triduum pascal, la Fête-Dieu, les baptêmes, les mariages, les obsèques, le catéchisme et les formations pour adultes ! Il ne reste plus que trois messes dominicales selon l’ancien rite dans tout le diocèse, célébrées à tour de rôle par des prêtres remplaçants. Pour résumer : une situation bancale, sans colonne vertébrale, siège éjectable !

Plus de 300 fidèles catholiques se sont rassemblés dimanche 5 mai devant l’évêché pour demander le rétablissement de la convention signée entre l’évêque de Quimper et la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre. Familles, jeunes, parents, enfants ont récité un chapelet et chanté durant une heure devant la porte de l’évêché, qui est restée close. Tous les mardi soir depuis le 05 mai, plus d’une vingtaine de fidèles se retrouvent devant l’évêché pour prier le chapelet devant la porte de l’évêché, qui est restée close.

Sur X, ex-Twitter, la porte de l’évêché semble être néanmoins ouverte pour soutenir le lobby d’autres communautés, en relayant le post d’un parti politique en pleine élections européennes… de qui se moque-t-on ? Mais là encore, pour obtenir des explications sur ce parti pris public, à part un rétropédalage en supprimant son compte officiel, la porte de l’évêché reste close. “La parole est d’argent mais le silence est d’or” semble être le proverbe du diocèse. Murer dans le silence car le fondement de cette décision est infondé voire idéologique ?

Et maintenant ? Les fidèles sont inquiets pour l’avenir tant les solutions proposées sont limitées et le dialogue impossible. Plus que mobilisés les fidèles ne lâcheront pas :

  • une lettre ouverte a été envoyée à Monseigneur de Moulins-Beaufort pour dénoncer les mensonges réitérés de Monseigneur Laurent Dognin concernant les communautés attachés au rite tridentin dans le diocèse : Brest, Quimper, Sainte Sève.
  • une nouvelle mobilisation aura lieu le dimanche 16 juin à Quimper pour manifester publiquement la douleur des fidèles face à l’injustice de cette décision brutale et infondée.
  • les chapelets devant l’évêché les mardis à 19h continuent.
  • une conférence de Jean-Pierre Maugendre, président de Renaissance Catholique et intervenant sur TV Libertés, est organisée le 15 juin à 11h au château de Lanniron. Le thème : “Les raisons de notre attachement à la pédagogie traditionnelle de la Foi”

Le contrôle de la population mondiale: Le nouveau livre de l’ECLJ

L’ECLJ annonce la publication d’un nouvel ouvrage de référence sur l’histoire du Programme de reproduction humaine, ou comment l’OMS a tout fait pour limiter la démographie mondiale.

Publié par l’Harmattan et écrit par le chercheur associé, Louis-Marie Bonneau, sous la direction de Grégor Puppinck, il s’agit de la première étude historique complète sur le plus grand programme de l’ONU visant à limiter et contrôler la croissance de la population mondiale.

Paul R. Ehrlich a publié en 1968 le best-seller “La bombe démographique” (The Population Bomb). La thèse catastrophiste de ce livre était que la croissance de la population mondiale conduirait à une famine dans les années 70 et 80, entraînant la mort de centaines de millions de personnes et à l’effondrement de l’humanité dans une guerre thermonucléaire… à moins que des mesures drastiques ne fussent prises pour limiter la croissance de la population.

Le « Programme de reproduction humaine » (Human Reproduction Programme, HRP) fut la réponse de l’ONU à cette soi-disant menace démographique.

Pendant plus de cinq décennies, le HRP a pris des mesures pour mettre au point des abortifs et des contraceptifs, dont plusieurs sont largement utilisés aujourd’hui, tout en promouvant ces produits sous un discours de progrès pour les femmes et les droits de l’homme.

Le HRP a commencé ses activités avec des millions de dollars provenant des pays occidentaux et de puissantes fondations privées (Ford, IPPF…), en tant qu’autorité scientifique mondiale. Le programme a produit de nombreuses lignes directrices et guides pour influencer les politiques publiques en matière de « santé sexuelle et reproductive ». Il a largement contribué au développement de différentes méthodes contraceptives et abortives utilisées aujourd’hui, comme la pilule du lendemain, les dispositifs intra-utérins, les produits stérilisants et l’avortement médicamenteux par mifépristone et misoprostol. Il a aussi travaillé au développement de produits qui, aujourd’hui, ne sont pas encore sur le marché, comme les vaccins contraceptifs. Le HRP a ainsi joué un rôle clé dans le développement de ces méthodes et pour leur acceptabilité sociale.

Depuis les années 2010, alors que les financements privés ont pris le pas sur les financements étatiques, le HRP a progressivement abandonné ses activités scientifiques pour se concentrer davantage sur les questions de liberté sexuelle. L’ECLJ expliquait il y a 2 ans, comment le HRP promouvait l’avortement à la demande et sans condition jusqu’au terme de la grossesse. Il continue aujourd’hui encore, de faire des recommandations aux pays qui les reçoivent avec l’autorité scientifique de l’OMS.

Ce livre, rédigé à partir de témoignages et de documents officiels, révèle l’importance de ce programme de reproduction.

Xavier Breton rappelle la dérive euthanasique de la loi Clayes-Leonetti

Intervention du député LR Xavier Breton jeudi soir montrant qu’il n’y a aucun lien entre la loi Clayes-Leonetti et le projet de loi instaurant l’euthanasie et le suicide assisté et expliquant la raison pour laquelle certains députés à l’époque n’avaient pas voté cette proposition de loi :

La loi Claeys-Leonetti n’instaure pas une aide active à mourir. La comparaison s’arrête donc immédiatement. D’un côté, il y a l’aide active à mourir ; de l’autre, la sédation profonde et continue dans des cas précisément délimités, l’objectif n’étant pas de faire mourir, mais de soulager jusqu’à la mort. Lisez les interviews de Jean Leonetti, qui est frontalement opposé au projet de loi que nous examinons, ce qui montre bien que ce texte crée une « rupture anthropologique », selon ses propres mots.

Pourquoi étions-nous un certain nombre à voter contre la loi Claeys-Leonetti à l’époque ? Nous jugions que parmi les trois critères pour autoriser la sédation profonde et continue, l’un entraînerait une dérive euthanasique, à savoir le cas où le patient demandait l’arrêt de son traitement. En effet, l’arrêt du traitement entraînerait une douleur réfractaire et l’engagement du pronostic vital à court terme. Nous étions un certain nombre à considérer que, dès lors que le patient pouvait demander lui-même à arrêter son traitement, il y avait déjà la possibilité d’une dérive euthanasique, qui entraînerait – nous y sommes – un projet de loi qui déboucherait sur le suicide assisté et l’euthanasie.

Il me paraissait nécessaire de préciser les positions de chacun pour montrer qu’il y a bien une cohérence dans nos positions.

Chère CEF, quand donc nous parlerez-vous du Bon Dieu ?

De Cyril Farret d’Astiès pour Le Salon beige :

Le 6 juin vous n’avez pas pu résister à commettre une énième déclaration. Comme toujours selon votre déplorable habitude vous larmoyez, vous trottinez après le monde qui ne vous écoute plus, à grand renfort de phrases creuses rédigées pesamment sur le logiciel éculé du pipotron et la syntaxe pénible de la langue de buis.

Mais la médiocrité n’est pas le plus exaspérant, le plus exaspérant, le plus lamentable ou plus exactement le plus triste, le plus regrettable c’est qu’une fois de plus, une fois encore, la seule chose dont vous ne parlez pas c’est du Bon Dieu. Tout y passe : l’Union européenne évidemment que vous amalgamez joyeusement à l’Europe, l’Ukraine, l’écologie, la drogue, le numérique, l’accueil, l’euthanasie même… mais pas un mot du Bon Dieu, pas une référence. Vous donnez vos leçons avec des arguments scrupuleusement humanistes, naturalistes en prenant bien garde de ne jamais évoquer le Bon Dieu. Vous êtes lamentable. Si encore vous aviez appuyé votre prêchi-prêcha recuit à l’eau de vaisselle en nous rappelant que nous fêtons cette semaine le Sacré-Cœur de Notre Seigneur qui a aimé les hommes jusqu’à la mort, peut-être aurions-nous fait un petit effort d’attention à votre message moralisateur truffé de sous-entendus mais non, rien. Probablement pensiez-vous vous adresser aux hommes de ce temps, aux « hommes et aux femmes », à « ceux et celles » de toutes religions et surtout sans religion à qui va votre préférence, à qui va même votre admiration. Mais ils n’écoutent plus vos paroles grises et fades depuis longtemps les « celles et ceux ». Vous avez si bien adapté le message de l’Église aux préoccupations de ce temps qu’il ne reste plus rien de chrétien dans vos « déclarations ». A peine quelques vertus chrétiennes devenues folles comme disait déjà Chesterton, et encore… de moins en moins. Vous accusez en permanence les catholiques de tradition de faire de la politique et vous ne faites plus que cela (et de la bien basse). Vous révérez obséquieusement le Ralliement et la Liberté religieuse et vous ne pouvez vous empêcher d’intervenir sans cesse pour soutenir les puissants et les pouvoirs établis ; vous êtes en réalité la caution cléricale de ce régime sans Dieu, le préfet mitré du laïcisme. Et vous tombez évidemment systématiquement à plat parce que vous voulez faire un métier qui n’est pas celui des clercs et en utilisant une langue qui n’est pas celle de l’Église. Et le temps que vous perdez à faire ce métier en parlant cette langue vous interdit d’exercer votre véritable métier et de parler votre véritable langue que vous finissez d’ailleurs par désapprendre.

Et c’est bien à la CEF que je m’adresse, à ce machin, cette structure bureaucratique qui se cache derrière ces trois lettres administratives et usées. Machin qui prétend parler au nom des évêques, mais qui ne parle qu’en son nom. Dieu merci des évêques font encore chez eux, crosse en main et mitre en tête, ce pour quoi l’Église les a sacrés (je sais, il ne faut plus dire cela). Certes il ne le font pas tous, il ne le font pas tout le temps, il ne le font pas toujours publiquement tant ils redoutent quelque « visite fraternelle » pour avoir accompli leur vocation d’évêque.

Chers évêques de France, parlez-nous du Bon Dieu ! Nous avons soif de vos paroles ; mais de vos paroles d’évêques.

Cyril Farret d’Astiès

Exclure les smartphones des écoles et des collèges

C’est la proposition du directeur de la Fondation pour l’Ecole, dans une tribune publiée par Valeurs Actuelles :

Depuis plusieurs années, les dégâts provoqués par l’usage des smartphones chez les enfants et les adolescents se révèlent gravissimes : baisse des performances scolaires liée à un manque de concentration, augmentation des problèmes de harcèlement via les réseaux sociaux, addiction qui entraîne des troubles du sommeil, convoitises et tensions entre élèves, etc.

Cette catastrophe s’est développée inexorablement depuis 2017, année de la généralisation de la 4G dans notre pays. Si l’on y ajoute que cet appareil ne quitte pas son propriétaire, jour et nuit parfois, les conséquences sur l’hygiène de vie sont faciles à imaginer. Ce phénomène est parfaitement documenté dans le livre de Michel Desmurget, la Fabrique du crétin digital (Seuil), devenu une référence sur ce sujet.

​Mme Belloubet, ministre de l’Éducation nationale, a annoncé, le 9 mai dernier, qu’elle voudrait que l’on « expérimente dès l’année prochaine » la dépose des portables à l’entrée du collège dans des casiers. Il est heureux que le gouvernement veuille enfin mettre en place des mesures pour tenter de libérer un peu les élèves de ces chaînes qu’ils ont bien du mal à secouer eux-mêmes.

​Il faut rappeler ici que l’usage du portable est théoriquement interdit dans les écoles et les collèges depuis la loi du 3 août 2018. Les élèves sont censés le laisser éteint dans leur sac. Il est même prévu de le confisquer en cas d’utilisation. Hélas, ces dispositions ne sont pas appliquées dans les établissements publics, par manque de volonté et aussi faute d’implication de l’ensemble des adultes encadrant les élèves.

​La mesure d’expérimentation souhaitée soulève donc trois problèmes. Premièrement, des problèmes logistiques importants : il faut trouver un local équipé de casiers individuels, fermés pour éviter les risques de vol, mais aussi gérer les flux. Deuxièmement, Mme Belloubet ne parle pas des parents, c’est hélas habituel à l’Éducation nationale. Or, ceux-ci étant les premiers éducateurs de leurs enfants, ils ont un rôle essentiel à jouer et doivent prendre leurs responsabilités ; pour certains parents qui auraient baissé les bras, ils pourront ici s’appuyer sur les directives de l’école de leur enfant. Troisièmement, cette expérimentation court à l’échec si l’ensemble du personnel des établissements scolaires n’est pas mobilisé pour faire respecter cette salutaire et indispensable règle de vie. Les chefs d’établissement doivent pouvoir confisquer les téléphones mobiles bien au-delà d’une journée, alors que ce n’est pas actuellement recommandé par l’Éducation nationale.

​Les collèges qui pratiquent déjà cette politique avec succès sont des écoles libres hors contrat ou privées sous contrat. Elles sensibilisent les parents en leur déconseillant fortement de donner un smartphone à leurs enfants avant l’âge de 16 ans.

​Vient ensuite la question de la dépose et de la reprise des téléphones. L’étiquetage nominatif de chaque appareil est indispensable pour éviter les confusions. Les gros collèges doivent faire face à un problème difficile de stockage à l’entrée. C’est pourquoi il serait sans doute efficace d’impliquer directement les professeurs. N’ont-ils pas intérêt à contribuer au succès de cette action ?

Espérons que le sens du devoir et des responsabilités l’emportera. Nous le devons aux enfants de France, pour que l’école reste ou redevienne le sanctuaire du savoir et de la transmission.

Adhésion de l’Ukraine à l’UE et cession de Mirages 2000-5 : Macron trahit la France !

Macron vient de faire des annonces très graves contre la souveraineté de la France. Il représente un véritable danger pour l’avenir de l’Union européenne et de la France.

Il veint d’annoncer sa volonté d’ouvrir dès la fin du mois des négociations pour l’entrée de l’Ukraine dans l’UE :

Emmanuel Macron a apporté son soutien ce vendredi au “lancement effectif” de négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’UE “d’ici la fin du mois”, lors d’une conférence de presse à l’Elysée au côté du président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Emmanuel Macron a promis que “la France continuera” d’appuyer “l’Ukraine dans toutes les enceintes”, notamment “au niveau européen, pour tenter d’obtenir le lancement effectif des négociations d’adhésion d’ici la fin du mois”.

Quant aux mirages 2000-5, le ministre des armées a confirmé que ces cessions seraient prélevées sur celui de notre armée de l’air…qui n’en possède que 26 :

« Ces Mirage qui servent aujourd’hui, l’armée de l’Air [& de l’Espace] s’en sert pour la police du ciel, elle s’en sert d’ailleurs pour effectuer des missions de police du ciel en Estonie, en Roumanie, dans les missions de l’Otan », a ensuite souligné M. Lecornu. Et elle devra donc ce passer des Mirage 2000-5 prélevés dans son inventaire pendant quelques temps, alors que la taille de sa flotte d’avions de combat n’a sans doute jamais été aussi réduite.

Combien d’appareils seront concernés sur les vingt-six en dotation ? Le ministre n’a pas souhaité répondre. « On ne donne pas évidemment de chiffre maintenant, aussi pour des raisons de secret, de confidentialité en tout cas, vis-à-vis de la Russie », a-t-il dit.

Et le pire, c’est que l’armée de l’air devra aussi se passer de ses 6 Mirages 2000-B qui serviront à la formation des pilotes ukrainiens :

Il faut compter que la France fournisse aux Ukrainiens de quoi former un escadron solide, soit une bonne vingtaine d’avions. Seul bémol: ce type d’avion est monoplace. Il faudra donc que l’armée de l’Air et de l’Espace rameute ses 6 Mirage 2000B disponibles pour les vols de formation conjoint.

Interdire la restriction de l’accès à la contraception ? Echec pour Biden

Dans le cadre de la garantie des « droits reproductifs », Jo Biden a proposé une loi qui doit interdire aux Etats de « restreindre l’accès à la contraception ».

Le texte avait été rejeté par les députés en 2022. Il est revenu au Sénat. Les Républicains avaient décidé de ne pas le laisser passer, bien qu’il y ait une majorité en sa faveur, puisque deux sénateurs républicains y sont favorables. Ils ont utilisé la possibilité d’obstruction appelée « filibuster », qui permet aux orateurs de parler sans limite de temps, sauf si 60 sénateurs votent pour arrêter les débats. Mais il n’y en a eu que 51.

Le projet est donc de nouveau abandonné.

Européennes 2024 : « C’est l’avenir du Macronisme qui se joue à cette élection »

Le politologue Guillaume Bernard, maitre de conférence à l’ICES, l’Institut catholique de Vendée, analyse pour RCF Anjou les enjeux, parti par parti, du scrutin européen de ce dimanche, au micro de Thomas Cauchebrais :

Europe : la nouvelle trahison des clercs

A l’occasion du 80e anniversaire du débarquement en Normandie, le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France a publié une déclaration pour rendre hommage aux soldats qui se sont battus sur le sol français pour le libérer de la botte allemande. Mais ce communiqué s’ouvre sur les élections européennes, et nous pouvons y lire :

[…] Nous n’avons pas le droit de construire notre Europe comme un ensemble d’États repliés sur leur identité, soucieux de leurs seuls intérêts, alors que tant de fils de l’Amérique et de l’Océanie et l’Afrique se sont battus pour que nous ne vivions pas sous le joug de l’idéologie, celle de la race ou celle de la collectivisation.

Nous n’avons pas le droit de négliger nos responsabilités à l’égard du monde entier, alors que le monde entier s’est mobilisé pour nous permettre d’être maîtres de notre destinée.

Quatre-vingts ans après le débarquement en Normandie, où en sommes-nous ? Quelle France voulons-nous être ? A quelle Europe voulons-nous participer ?

Bonne question… L’Union qui se construit sous nos yeux a nié ses racines chrétiennes, mais cela nos évêques ne le rappellent pas. De même qu’ils omettent d’évoquer le récent vote visant à inscrire l’avortement dans la charte des droits fondamentaux de l’UE. Pourquoi cette omission coupable ? Rappelons que le programme de la liste Macron-Hayer propose l’inscription de l’avortement dans cette charte.

Visiblement nos évêques se trompent d’enjeu, voire d’Europe, ce qui ne les étouffe pas de déclarer :

L’Europe est une réalité reçue de la géographie et de l’histoire. Elle est aussi un projet. L’Union européenne en est le moyen. Alors que nous nous préparons à élire dimanche nos représentants au Parlement européen, ne nous trompons pas de questions ni d’enjeux.

L’Union européenne est bien sûr loin d’être parfaite. Beaucoup la vivent comme une organisation sophistiquée, insensible à leurs besoins concrets, imposant des normes abstraitement décidées. A beaucoup aussi, elle paraît impuissante face aux crises de notre monde. Pourtant, elle a été constituée comme une zone de libre circulation des personnes, des biens et des idées, circulation dont quasiment tous bénéficient, notamment les jeunes participant aux échanges Erasmus. L’Union européenne, seule, constitue une part suffisante de l’humanité pour nous permettre de peser ensemble sur les débats cruciaux de notre temps : la crise écologique, la guerre en Ukraine et en Israël et Palestine, le développement des pays les plus pauvres, le numérique et ses répercussions sur nos vies humaines et sur nos libertés.

Nous, Européens, sommes responsables avec les autres de l’avenir de l’humanité.

Nous, Européens, devons nous rendre capables des efforts nécessaires pour permettre à l’humanité entière de traverser la crise écologique sans conflits meurtriers et sans morts de millions d’êtres humains.

Sic. Alors même que l’UE promeut l’avortement, qui provoque des millions de morts… De même que l’UE promeut le lobby LGBT, malgré les résistances de certains pays à l’Est (“repliés sur leur identité” ?). Les évêques n’alertent pas sur la position du porte-parole de Valerie Hayer, candidate de Macron aux Européennes, favorable à la GPA. “Ceux et celles qui sont venus nous libérer il y a quatre-vingt ans“, se sont-ils battus pour permettre la vente d’enfants ? Le “Certificat européen de filiation”, voté par le Parlement européen, vise à imposer la reconnaissance automatique à tous les États membres de la filiation établie dans un État membre.

Selon nos évêques

Les élections du 9 juin prochain seront un moment important.

Il serait peut-être temps qu’ils prennent la mesure de leur responsabilité épiscopale, comme Mgr von Galen, qui a osé défier le régime hitlérien en raison de ses lois pro-mort.

Diminution des solutions d’accueil et suppression du congé parental : l’équation impossible

Communiqué du Syndicat de la famille :

La publication du rapport de la commission d’enquête parlementaire sur le modèle économique des crèches et la qualité de l’accueil des jeunes enfants au sein de leurs établissements par les députés Thibault Bazin (LR) et Sarah Tanzilli (Renaissance) confirme les difficultés pratiques et économiques du secteur et le risque de supprimer à la va vite le congé parental de 3 ans pour le remplacer par un autre de seulement 6 mois. Ce sujet est aussi complexe que fondamental pour les parents et les enfants comme l’a souligné le rapport de la commission des 1000 premiers jours présidée par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik.

Le rapport de la Commission d’enquête parlementaire constate que les difficultés des parents à trouver des solutions d’accueil s’aggravent année après année, avec un nombre toujours insuffisant de places de crèches, dont 9500 sont en outre gelées par manque de personnel et avec la diminution du nombre d’assistantes maternelles, liée aux départs en retraite non remplacés :  de 2016 à 2020, leur capacité d’accueil s’est réduite de 77 300 places.

Les conséquences sur le marché du travail sont directes :

« selon le baromètre de satisfaction 2023 de la FFEC (Fédération Française des Entreprises de Crèches), près de 160 000 parents [seraient empêchés] de retourner sur le marché du travail. »

La Caisse nationale des allocations familiales partage ces observations. Si la moitié des parents sont candidats à une place en crèche, seuls 19% d’entre eux réussissent à y accéder. Tous modes de garde confondus, le rapport déplore

« une baisse du taux de couverture en termes de solutions d’accueil, qui s’établit à 49 % en 2021, et qui devrait continuer à diminuer dans les prochaines années. ».

Ces constats cités par le rapport parlementaire ont été faits avant même le projet d’un congé de naissance de 6 mois qui remplacerait le congé parental de trois ans, projet qui accentuerait fortement la pression sur les demandes de solutions d’accueil.

« La qualité du travail de la commission parlementaire nous invite à la plus grande prudence et à se garder de toute décision brutale aux conséquences non évaluées à ce jour, mais qui seraient très vraisemblablement catastrophiques pour les familles compte-tenu des difficultés déjà existantes. L’éloignement de l’emploi serait à l’évidence accentué pour les parents tandis que la conciliation vie professionnelle-vie familiale, favorisée par les temps partiels rendus possibles par l’abondement du congé parental, régresserait. La baisse de la natalité ne sera certainement pas enrayée avec une telle mesure ! » souligne Ludovine de La Rochère, Présidente du Syndicat de la Famille.

Vers une Europe woke ?

1 500 personnes ont participé à la maison de la Chimie au colloque annuel de l’Institut Iliade, sur le thème De l’héritage à l’engagement, l’Europe de nos enfants. . Voici l’intervention de Philippe Conrad.

À deux jours des élections européennes, ces allocutions rappellent notre attachement à la civilisation européenne et développent des arguments de fond permettant d’aller au-delà du discours médiatique. Les dernières mesures adoptées par l’UE en matière d’histoire, telle qu’elle sera revendiquée par la structure et enseignée aux jeunes Européens, ont de quoi faire peur. Valeurs démocratiques et droits de l’homme, le tout saupoudré d’inclusion des minorités et de non-discrimination, voilà visiblement tout ce que les technocrates de Bruxelles ont retenu de trois millénaires de gloires, de conflits et de beauté. Une histoire européenne : voilà qui semble aujourd’hui nécessaire, mais il s’agit à présent de proposer la nôtre, une histoire non pas pour former de dociles consommateurs, mais pour créer une nouvelle génération d’Européens fiers.

Membre fondateur et président de l’Institut Iliade, Philippe Conrad est historien, journaliste et essayiste. Auteur d’une dizaine d’ouvrages, comme, par exemple, Histoire de la Reconquista, ou Al-Andalus – L’imposture du mythe du « paradis multiculturel » dans la collection « Longue Mémoire » aux éditions de La Nouvelle Librairie. Il fut le directeur de La Nouvelle Revue d’histoire.

Nomination chez Hachette : les gauchistes vont encore s’étrangler

Ce n’est pas très sympathique pour les journalistes de Libé, qui vont encore nous faire un malaise…

Lise Boëll vient d’être nommée présidente-directrice générale des Éditions Fayard, le numéro un français de l’édition Hachette Livre, propriété du groupe Vivendi.

Elle était l’éditrice d’Eric Zemmour. Isabelle Saporta, qui avait occupé ce poste pendant moins de deux ans, avait été licenciée en avril en raison de “différends stratégiques”. 

“Absolument inexplicable”

Mais d’où viennent donc les actes antisémites ? L’inspecteur Macron mène l’enquête :

 

Sur X, les internautes tentent de l’aider :

Pour le ministère de la justice, le problème du prosélytisme en France ce n’est pas l’islam…

Voici une vidéo sur la laïcité, réalisée par le réseau des référents laïcité citoyenneté de la Direction Inter-Régionale Sud-Est de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (en décembre 2023). Cette vidéo va vous surprendre… (ou pas) :

Les apothicaires face à la loi sur l’euthanasie

Moins connu que le serment d’Hippocrate pour les médecins, le serment des apothicaires est tout aussi important.

D’ailleurs, il est évoqué dans un entretien sur la fin de vie dans le Quotidien du Pharmacien.

Le Professeur Gilles Aulagner, président des Entretiens de Galien et président honoraire de l’Académie nationale de Pharmacie livre son point de vue sur le débat qui entoure le projet de loi sur la fin de vie et la place du pharmacien dans le texte à venir.

Alors que la loi sur la fin de vie est en débat à l’Assemblée nationale, il est important tout d’abord de rappeler, d’une part, que « l’aide à mourir » est un subterfuge lexical qui désigne à la fois le suicide assisté et aussi l’euthanasie avec l’accord du malade et que, d’autre part, la très grande majorité des personnels soignants au contact direct des patients en soins palliatifs, en fin de vie ou en train de mourir sont fermement opposés à ce volet du projet de loi. Il est également important d’examiner l’historique de la profession de pharmacien.

Sa création remonte en effet à août 1353 par la « jurande des apothicaires craignant Dieu » de Jean II le Bon qui a mis en place la base de l’organisation pharmaceutique.

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