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Des évêques européens critiquent la Cour de justice de l’UE qui oblige les États à reconnaître les « unions » entre personnes de même sexe

Déclaration de la présidence de la COMECE (Commission des épiscopats de l’Union européenne) sur le récent arrêt de la Cour de justice européenne concernant la reconnaissance des mariages entre personnes de même sexe entre les États membres :

Le Présidium de la Commission des Épiscopats de l’Union européenne (COMECE), réuni le 3 décembre 2025, a analysé et discuté le récent arrêt rendu par la Cour de justice de l’Union européenne dans l’affaire Wojewoda Mazowiecki, C-713/23.

Les considérations que nous exprimons dans la présente déclaration s’ancrent dans la vision anthropologique de l’Église, fondée sur le droit naturel, du mariage comme union entre un homme et une femme.

Tout en respectant pleinement le rôle du pouvoir judiciaire de l’UE, nous nous sentons obligés de commenter certains aspects de l’arrêt, en notant avec inquiétude son impact sur des questions qui relèvent essentiellement des compétences nationales. Depuis plusieurs années, la Commission des affaires juridiques de la COMECE mène une réflexion sur la question du droit de la famille ayant des implications transfrontalières, en soulignant constamment l’importance d’une approche prudente et circonspecte et d’éviter toute influence indue sur les systèmes juridiques nationaux.

L’arrêt déclare qu’un État membre a l’obligation de reconnaître un mariage entre deux citoyens de l’Union de même sexe qui a été légalement conclu dans un autre État membre, où ils ont exercé leur liberté de circulation et de séjour. La Cour de justice de l’Union européenne avait déjà fait des avancées dans ce domaine, notamment avec l’arrêt Coman, C-673/16. Cependant, l’arrêt rendu le 25 novembre 2025 semble pousser la jurisprudence au-delà des limites des compétences de l’Union européenne.

L’article 9 de la Charte des droits fondamentaux de l’UE (« Droit de se marier et droit de fonder une famille ») stipule que « Le droit de se marier et le droit de fonder une famille sont garantis selon les lois nationales qui en régissent l’exercice ». Le mariage est défini comme l’union entre un homme et une femme dans les systèmes juridiques de plusieurs États membres de l’UE, y compris, dans certains cas, par des dispositions constitutionnelles.

La Cour de justice de l’UE reconnaît en effet que l’obligation affirmée dans son arrêt « ne porte pas atteinte à l’institution du mariage dans l’État membre d’origine, laquelle est définie par le droit national »et déclare que « en l’état actuel du droit de l’Union, les règles relatives au mariage relèvent de la compétence des États membres et le droit de l’Union ne saurait porter atteinte à cette compétence. Ces États membres sont ainsi libres de prévoir ou non, dans leur droit national, le mariage pour des personnes de même sexe ». Toutefois, la Cour de justice de l’Union européenne restreint strictement la portée de cette affirmation en soulignant que, dans l’exercice de cette compétence, chaque État membre doit se conformer au droit de l’Union européenne, en particulier aux dispositions des traités relatives à la liberté des citoyens de l’Union européenne de circuler et de séjourner sur le territoire des États membres.

Nous constatons avec inquiétude une tendance à appliquer des dispositions qui devraient protéger des éléments sensibles des systèmes juridiques nationaux d’une manière qui en appauvrit le sens. C’est le cas, avec cet arrêt, de l’article 9 de la Charte de l’UE. Dans un passé récent, la même tendance inquiétante s’est manifestée avec d’autres dispositions clés distinctes de l’UE, telles que l’article 17, paragraphe 1, du TFUE, relatif à la protection du statut des Églises et des associations ou communautés religieuses en vertu du droit des États membres.

Compte tenu de l’importance de reconnaître la richesse et la diversité du panorama juridique et des traditions de l’UE, nous notons également le rôle décevant et limité attribué par la Cour au respect des « identités nationales » des États membres (article 4, paragraphe 2, du traité UE) et à leur ordre public. Pour certains États membres, la définition du mariage fait partie intégrante de leur identité nationale.

L’arrêt de la Cour de justice de l’UE aura une incidence sur les systèmes juridiques nationaux en matière de droit de la famille et pourrait inciter à les modifier. Il exige également la mise en place de procédures de reconnaissance et demande même, si nécessaire, la non-application des dispositions nationales concernées. Cet arrêt crée en effet une convergence des effets du droit matrimonial, même si l’Union n’a pas pour mandat d’harmoniser le droit de la famille. Il a également un impact sur la sécurité juridique, car de plus en plus d’États membres ne seront pas en mesure de prévoir clairement quelles parties de leur droit de la famille resteront dans le cadre de leur autonomie.

En outre, la COMECE craint que cet arrêt n’entraîne des développements négatifs dans d’autres domaines sensibles du droit familial transfrontalier, ouvrant par exemple la voie à des approches juridiques similaires concernant la maternité de substitution.

Enfin, compte tenu du contexte difficile auquel l’Union européenne est actuellement confrontée, notamment en ce qui concerne la perception dont elle fait l’objet dans divers pays, il n’est pas surprenant que ce type d’arrêts suscite des sentiments antieuropéens dans les États membres et puisse facilement être instrumentalisé à cet égard.

Programme EVARS : les faits ont donné raison au Syndicat de la Famille

Communiqué du Syndicat de la famille :

Le Syndicat de la Famille annonce rejoindre la saisine du Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU déposée ce mercredi 10 décembre 2025. Objectif : obtenir la suspension de l’application du programme EVARS (Éducation à la Vie Affective, Relationnelle et Sexuelle) ou, a minima, garantir une information préalable des parents et leur donner la possibilité de dispenser leurs enfants d’y assister.

Dès l’annonce d’un projet de programme EVARS qui serait obligatoire dans tous les établissements scolaires publics et privés sous contrat, Le Syndicat de la Famille avait déclaré être favorable à l’élaboration d’un programme, mais s’était aussi inquiété de son caractère obligatoire et, dans le contexte actuel, du risque de détournement idéologique.

Hélas, les faits ont donné raison au Syndicat de la Famille, qui a décrypté en profondeur le projet et vivement dénoncé le décalage entre les déclarations des ministres successifs de l’Education nationale et la réalité du contenu du programme.

Tous les parents sont évidemment favorables à promouvoir l’égalité entre les filles et les garçons et opposés à toutes les formes de violences. Les ministres n’ont d’ailleurs cessé de parler des objectifs de l’EVARS, mais en se gardant bien d’aborder le contenu. Or si celui-ci n’est pas à la hauteur des objectifs affichés, et même largement contre-productif, il est surtout profondément imprégné d’une idéologie de déconstruction des relations homme-femme et des identités sexuées. Une telle propagande est particulièrement néfaste pour la construction personnelle et relationnelle des enfants et des adolescents. A cela s’ajoute la banalisation de la sexualité dès l’entrée au collège, ce qui ne respecte ni la maturité, ni l’intimité des élèves, pas plus que l’éducation et les valeurs que les parents peuvent vouloir transmettre à leur enfant, la sexualité soulevant d’importantes questions humaines, psychologiques et morales.

Le Syndicat de la Famille s’associe donc à la saisine du requérant, accompagné par les associations ECJL et Juristes pour l’enfance, et espère que cette instance de l’ONU fera droit au respect de l’intérêt supérieur de l’enfant et aux droits des parents, conformément au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, en particulier dans ses articles 10 §1 et 13 § 1 et 3.

L’offertoire (II) : l’offrande du pain et du vin – La messe, trésor de la foi

Après le chant du Credo (lorsqu’il est prévu), le prêtre embrasse l’autel et se retourne vers l’assemblée pour l’inviter à prier : « Dominus Vobiscum » – nous entrons en effet dans les parties les plus sacrées, la messe dite des fidèles, ou même des saints, avec l’offertoire. À partir de cet instant, le silence s’installe durablement, et souligne avec délicatesse la sacralité de ce qui se renouvelle à l’autel. L’action liturgique s’enveloppe d’un « silence intentionnel soulignant déjà le début de l’action sacrificielle du prêtre[1]. » 

1. L’Oremus de l’offertoire et la « prière ecclésiale »

Après la réponse de l’assemblée : « Et cum spiritu tuo », le prêtre retourné vers l’autel, chante (ou dit) l’Oremus qui introduit la prière et tous les rites de l’offertoire. 

D’après certains spécialistes (c’est l’opinion du RP. Jungmann, sur les travaux duquel nous nous appuyons largement ici), cet Oremus qui ouvre l’offertoire pourrait être un vestige d’une antique « prière ecclésiale » (grande prière d’intercession, du type des grandes oraisons du Vendredi Saint), qui aurait été anciennement dite à ce moment de la messe. 

Il note que dans « notre messe romaine telle que nous la connaissons depuis le VIe siècle […] toute trace de l’ancienne oraison ecclésiale a pratiquement disparu[2] ».

Il constate aussi que « Les prières de l’offertoire à voix basse n’[entrent] pas en ligne de compte pour les explications de l’Oremus isolé, vu qu’elles sont toutes beaucoup plus récentes[3] ».

Pour lui, il faut donc dire que l’Oremus isolé de l’offertoire se rapporte à l’Oratio super oblata (aujourd’hui appelée « Secrète ») qui était la finale de l’oraison ecclésiale[4]

Comment se fait-il que cette « oraison ecclésiale » ait disparu ? Jungmann répond que : 

Si la messe romaine a presque complètement renoncé à l’oraison ecclésiale, cela doit tenir à ce qu’elle en possédait, ou s’en donna, l’équivalent, soit dans les prières d’intercession, qui s’étaient dès lors introduites dans le canon, soit dans la litanie du Kyrie, dont l’apparition au début de la messe coïncide avec la disparition de la prière ecclésiale. Il est probable que la prière ecclésiale, dite au cours de la messe, avait perdu depuis longtemps, si jamais elle l’avait possédée, l’ampleur qui lui revenait lorsqu’elle servait de conclusion à un office de lectures indépendant. Aussi, peut-être a-t-on de bonne heure rempli l’intervalle de prière qui suivait l’Oremus par la procession d’offrande, et modifié en conséquence l’objet de l’oraison. On finit par abandonner ce qui précédait[5].

On comprend que la dimension ecclésiale de la prière n’a pas été évacuée de la messe avec la disparition de ces intercessions situées au début de l’offertoire : elle prend d’autant plus d’importance qu’elle se trouve aujourd’hui insérée au cœur même du canon (on parle des « diptyques », que nous détaillerons bientôt). En parallèle, la régression et la disparition de cette prière ecclésiale au moment de l’offrande ont laissé la place pour le développement des prières et rites de l’offertoire. 

2. De quand date l’offertoire ? 

On fait souvent et trop facilement de l’offertoire un ajout récent et quasi-superflu aux rites de la messe, or outre son caractère théologiquement nécessaire (voir notre vidéo et notre article précédents : La messe, trésor de la foi, épisode 12), l’offertoire est un rite liturgique réellement antique. 

À la fin du IIème siècle, saint Irénée parle du point de départ terrestre qui aboutit dans le don céleste. « Le mouvement vers Dieu par lequel sont offerts le corps et le sang du Seigneur commence donc aussi à se communiquer aux réalités matérielles ; ces offrandes prennent place dans l’action liturgique[6] ». 

À la même époque environ, « Tertullien nous apprend que les fidèles apportaient des dons, et il emploie pour ce geste le mot offerre, offrir à Dieu[7] ». 

Encore « chez saint Hippolyte de Rome, non seulement le pain et le vin que les diacres apportent à l’évêque avant l’Eucharistie sont déjà nommés oblatio, du nom donné aux oblats déjà consacrés, oblatio sanctae Ecclesiae, mais ailleurs encore, […] il nous dit que les fidèles eux-mêmes […] “présentent” leur offrande pour l’eucharistie[8]. »

Enfin, « chez saint Cyprien, c’est déjà une règle générale que les fidèles doivent présenter des offrandes pour la célébration de l’eucharistie [il emploie même le terme de sacrificium][9]. »

3. Une procession d’offertoire ?

Le premier rite de l’offertoire a longtemps été une grande procession, dans laquelle les oblats (pain et vin) étaient solennellement apportés de l’assemblée jusqu’à l’autel, marquant le lien étroit entre l’offrande des fidèles et le sacrifice eucharistique, rappelant que les fidèles participent eux aussi par leur baptême, quoique d’une manière différente, au sacerdoce du Christ. Il semble que le chant d’offertoire (antienne grégorienne) ait primitivement été destiné à accompagner cette procession. 

Depuis une dizaine de siècles cependant, notamment parce que le prêtre ne consacre plus les pains directement apportés par les fidèles (par souci d’éviter les inégalités entre chrétiens de conditions différentes, parce que l’on en est venu à ne plus consacrer que du pain azyme, et pour s’assurer de la qualité de ce pain), cette procession a changé de forme : elle se retrouve dans le mouvement du sous-diacre à la messe solennelle, qui monte à l’autel à cet instant, revêtu du voile huméral et portant le calice. 

4. Pain et vin : la matière des oblats

Le pain azyme

Lorsque l’on aborde la question de la matière des oblats du sacrifice eucharistique, il est nécessaire de s’arrêter un instant au détail du pain azyme. Pour la plupart des auteurs (notamment Jungmann) le pain consacré à la Cène par Jésus devait être du pain azyme, conformément à la prescription mosaïque et à la coutume juive de ne consommer durant la semaine pascale que des pains sans levain (cf. Ex 12, 15 ; Dt 16, 3) ou matsot. 

Dans les premiers temps du christianisme, il semble que la coutume ait toutefois été en certains endroits de consacrer du pain ordinaire. Cependant : 

En Occident, à partir du IXe siècle, des voix se font entendre, qui n’admettent plus pour l’Eucharistie que le pain azyme [Alcuin]. La sollicitude croissante pour le Saint-Sacrement, le désir d’y employer le pain le plus beau et le plus blanc possible, et, de plus, des considérations bibliques, ont dû entraîner ce changement[10]. »

En fait c’est sans doute dès le VIIème siècle que l’on donne en Occident une préférence au pain azyme, non fermenté. Les « considérations bibliques » qui la motivent sont l’usage [probable] de pain azyme par Notre-Seigneur à la Cène, mais aussi l’association symbolique du levain à la corruption et des azymes à la pureté :

Purifiez-vous du vieux levain pour être une pâte nouvelle, puisque vous êtes des azymes. Car notre pâque, le Christ, a été immolée. Ainsi donc, célébrons la fête, non pas avec du vieux levain, ni un levain de malice et de méchanceté, mais avec des azymes de pureté et de vérité[11].

Au XIe siècle, l’usage de pain azyme s’est universellement imposé en Occident. On note aussi la tendance à « soustraire de plus en plus au domaine profane le pain destiné à l’autel »[12], jusque dans sa confection :« […] surtout dans la zone d’influence de Cluny, la confection des hosties a déjà pris à l’occasion forme liturgique[13]. »

Le nom d’« hostie »

Il semble que l’on ait pris au moins depuis le XIème siècle l’habitude de nommer « hosties » les petites tranches de pain destinées à l’eucharistie[14], avec un sens qui renvoie directement à sa réalité sacrificielle : 

Ce mot latin hostia ne convenait primitivement qu’à un être vivant, à l’animal qui devait être “abattu” (hostio = ferio). Il n’a donc d’abord pu s’entendre que du Christ lui-même devenu pour nous hostie[15], agneau du sacrifice[16]. » 

Le RP. Jungmann relève encore que « [d]ans d’autres liturgies aussi nous trouvons pareil emploi de noms signifiant oblation ou sacrifice pour désigner les éléments qui ne sont pas encore consacrés. Un phénomène exactement parallèle à la translation de sens subie par notre “hostie” se trouve dans la liturgie byzantine : le morceau détaché à la proscomidie du pain destiné à la consécration y est en effet nommé “agneau”[17]. »

La goutte d’eau… dans le vin

D’après Jungmann, l’usage de mêler de l’eau au vin n’était pas spécifiquement palestinien, mais il s’agissait d’« un usage grec, observé également en Palestine à l’époque du Christ[18] ». 

On peut signaler à ce sujet deux symbolismes : 

– Le premier, dans la ligne indiquée par saint Cyprien, est celui de l’union inséparable du Christ et des fidèles, membres de son corps : « De même que le vin absorbe l’eau, ainsi le Christ nous a pris sur lui, nous et nos péchés. Quand donc l’eau est mêlée au vin, la communauté des fidèles est intimement liée à celui à qui elle a adhéré dans la foi, et cette union est si stable que rien ne peut la dissoudre, de même que l’eau ne peut plus être séparée du vin. Et Cyprien d’en conclure : “Si quelqu’un n’offre que du vin, le sang du Christ se trouve être sans nous ; si ce n’est que de l’eau, c’est le peuple qui se trouve être sans le Christ.”[19] » 

Cette première ligne symbolique présente elle-même diverses notes (que l’on retrouve dans la prière Deus qui humanae substantiae récitée par le prêtre au moment de l’immixtion, formée à partir d’une ancienne oraison de Noël, et qui synthétise les deux vérités de l’union des deux natures du Christ et de la participation de l’homme à la divinité par l’Incarnation du Fils) : 

– soit on souligne (en Orient plutôt) l’Incarnation, l’union des deux natures – divine et humaine – dans la personne du Fils : « Dans la ligne des âpres controverses christologiques, vin et eau en étaient venus, en Orient, à représenter la nature divine et la nature humaine du Christ[20]. »

– soit on souligne (en Occident plutôt) l’« union du Christ et de l’Église », dans la perspective d’Ap 17, 15, où l’eau représente les peuples : « Cette eau est offerte par les peuples en liesse, représentée par les chantres. Image du peuple qui a encore besoin d’une purification, elle reçoit une bénédiction ; tandis que le vin, lui, n’était pas bénit. […] Le mélange d’eau montre plus particulièrement que ce qui est offert à la messe, ce n’est pas seulement le Christ, mais aussi l’Église[21]. »C’est d’ailleurs ce qui motivera Luther à rejeter cet usage, et le concile de Trente à le défendre.

– Le deuxième symbolisme est « le souvenir du sang et de l’eau qui s’étaient écoulés de la plaie du côté de Jésus[22] ».

5. Les prières d’offrande

La rédaction et la généralisation de l’usage des prières de l’offertoire romain (hormis l’antienne d’offertoire – qui accompagnait vraisemblablement la procession, et la Secrète, ou Oratio super oblata) semblent remonter au IXème siècle environ : avant cela, les oblats étaient probablement offerts par un geste silencieux. Il semble qu’à Rome le rite se résumait à cet acte de déposer les offrandes à l’autel, tandis que l’on prit dans le monde gallican l’habitude d’accompagner ce geste par une parole plus explicite, pour mieux en manifester la nature sacrificielle. Selon certains auteurs, ces prières auraient d’abord été des prières privées, récitées par les fidèles lorsqu’ils venaient offrir leurs dons, et qui seraient petit à petit passées dans la bouche du prêtre pour être dites au nom de tous. 

– La prière Suscipe sancte Pater, qui accompagne l’offrande du pain, daterait ainsi du IXème siècle (comme prière privée) et serait passée vers le XIème siècle dans la bouche du prêtre. En la récitant, il élève les yeux puis les rabaisse sur l’hostie, conscient de son indignité. En terminant la prière, il trace une croix horizontale avec la patène et l’hostie avant de déposer cette dernière sur le corporal, puis de glisser la patène en-dessous du même linge. Dans cette prière, il est notable que le pain offert en vue du sacrifice est déjà désigné comme une « hostie immaculée », rappelant la demande d’identification du sacrifice naturel de l’homme avec le sacrifice du Christ (voir notre article et vidéo 12). 

Recevez, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant, cette hostie immaculée, que je vous offre à vous, Dieu vivant et vrai, moi votre indigne serviteur, pour mes innombrables péchés, offenses et négligences, pour tous ceux qui m’entourent, ainsi que pour tous les fidèles chrétiens vivants et défunts, afin qu’elle serve à mon salut et au leur, pour la vie éternelle.

– Se déplaçant au côté droit de l’autel (« côté épître »), le prêtre y retrouve les acolytes et verse le vin dans le calice, puis bénit la burette d’eau, avant d’en verser une goutte qui vient se fondre dans le vin. La très belle prière de bénédiction : Deus qui humanae substantiae… est une ancienne secrète de Noël, présente dans des manuscrits du VIème siècle : elle rappelle en une formule brève mais dense que la messe renouvelle et rend présente toute l’économie divine du salut, de l’Incarnation à la Rédemption. 

Dieu, qui avez admirablement fondé la dignité de la nature humaine et l’avez restaurée plus admirablement encore : donnez-nous, par le mystère de cette eau et de ce vin, d’avoir part à la divinité de celui qui a daigné partager notre humanité, Jésus-Christ, votre Fils, notre Seigneur, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous dans l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles.

– La prière d’offrande du calice est récitée en levant les yeux vers Dieu, le calice étant tenu élevé des deux mains par le prêtre ; en la terminant, il en trace une croix horizontale au-dessus du corporal, avant de l’y déposer et de le couvrir de la pale[23]. À la messe solennelle, la prière est récitée conjointement par le prêtre et le diacre, qui soutient le calice de sa main droite : il semble que le calice ait été autrefois offert par le diacre seul, sans récitation d’une prière particulière. On notera, de même que dans la prière Suscipe sancte Pater, que le calice de vin est déjà désigné comme « calice du salut », marquant encore l’aspiration à voir notre sacrifice naturel converti et englobé dans l’offrande salutaire du Christ. 

Nous vous offrons, Seigneur, le calice du salut, implorant votre clémence : qu’il s’élève en odeur de suavité devant votre divine majesté, pour notre salut et celui du monde entier.

– Le prêtre s’incline ensuite légèrement et pose les mains jointes sur l’autel pour réciter une prière d’humilité et de pénitence : In spiritu humilitatis… qui fait sans doute partie des plus anciennes formules de l’offertoire romain[24].

En esprit d’humilité et le cœur contrit, puissions-nous être accueillis par vous, Seigneur : et que notre sacrifice ait lieu aujourd’hui devant vous de telle manière qu’il vous soit agréable, Seigneur Dieu.

Ses paroles sont directement tirées de la grande prière de louange des trois enfants au milieu de la fournaise, dans le livre de Daniel. 

Il n’y a plus en ce temps pour nous ni prince, ni chef, ni prophète, ni holocauste, ni sacrifice, ni oblation, ni encens ; ni endroit pour apporter devant vous les prémices et trouver grâce.
Mais, Seigneur, puissions-nous être reçus, le cœur contrit et l’esprit humilié, comme vous recevez un holocauste de béliers et de taureaux, ou de mille agneaux gras ; qu’il en soit ainsi de notre sacrifice devant vous aujourd’hui, et de notre soumission envers vous, car il n’y a pas de confusion pour ceux qui se fient en vous[25].

– Le prêtre se redresse alors, élève les mains vers le ciel et les rejoint devant sa poitrine pour ensuite tracer un signe de croix sur les oblats en disant la prière Veni sanctificator… directement adressée au Saint-Esprit. Elle manifeste encore excellemment l’esprit profond de l’offertoire, qui associe aux rites d’offrande une supplication instante, afin que le sacrifice de l’homme soit rendu acceptable à Dieu par son intégration dans l’offrande du Christ, venu pour cela sur notre terre par l’opération du Saint-Esprit. 

Venez, Sanctificateur, Dieu éternel et tout-puissant, et bénissez + ce sacrifice préparé pour la gloire de votre saint Nom.

Fêter Noël c’est nazi

Le point Godwin a été remporté haut la main par la station France intox, financée avec les impôts des français, avec une publication indiquant que les nazis ont largement remis au goût du jour les marchés de Noël dans les années 1930. Sic.

 

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La loi de 1905 doit évoluer contre ceux qui souhaitent séparer la France de ses traditions

Le sénateur Stéphane Ravier a déposé une proposition de loi pour défendre les crèches dans les mairies, les “Joyeux Noël” dans le métro et sur les illuminations de rues, les sapins sur nos places…

Des élèves pris en otage par la mise en œuvre du programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS)

Communiqué des Juristes pour l’enfance :

Rentrée scolaire septembre 2025 : le programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) est devenu obligatoire pour tous les niveaux de la maternelle à la fin du lycée, dans les établissements publics comme dans les établissements privés ayant passé un contrat avec l’Etat.

Confirmant les craintes de Juristes pour l’enfance et des autres associations qui avaient tenté d’alerter le Ministère de l’Education Nationale et le Conseil d’Etat, des enfants et des jeunes se plaignent du contenu et/ou des supports de séances d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle réalisées dans leurs établissements scolaires, qui :

  • déstabilisent leur construction,
  • les mettent mal à l’aise,
  • voire les choquent profondément.

Des élèves de tout âge sont pris en otage par la mise en œuvre de ce programme.

Leur point de vue est interdit d’expression et aucun dialogue ne peut être engagé, une doxa unique leur est imposée.

Faute d’être entendus au niveau national, les associations et les parents n’ont plus d’autre choix que de se tourner vers les institutions internationales.

Juristes pour l’enfance avec l’ECLJ (Centre européen pour le droit et la justice), et d’autres associations, accompagnent ce jour des parents dans le dépôt d’une requête individuelle devant le Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU, pour dénoncer les excès du programme EVARS, les atteintes aux droits et besoins fondamentaux des enfants qu’il entraîne, et l’atteinte à la liberté des parents de faire assurer l’éducation religieuse et morale de leurs enfants conformément à leurs propres convictions.

Juristes pour l’enfance réaffirme que le programme scolaire de l’EVARS doit être revu.

En premier lieu, il est nécessaire de le limiter à un enseignement neutre sur la biologie, la physiologie, l’anatomie de la différence des sexes, la procréation, la contraception, la grossesse, l’accouchement, la prévention des risques et les interdits (interdits de l’inceste, interdits des gestes, relations, attitudes sexuelles entre un majeur et un mineur de 15 ans, interdiction exposition des mineurs à la pornographie, interdits des violences), avec des supports adaptés et contrôlés. Les discours idéologiques, banalisant la sexualité précoce déconnectée de l’affectivité, banalisant des pratiques sexuelles inadaptées pour les enfants, et encourageant à autodéterminer une « identité de genre » sans lien avec l’identité sexuée, n’ont pas leur place ici.

Ensuite, pour protéger les enfants des violences sexuelles, un programme ne peut se contenter de la notion de consentement. Pour les plus petits, l’accent doit être mis sur les interdits. Et pour les plus grands, sur l’éducation et la maîtrise des pulsions : « un homme ça s’empêche » (Camus).

Enfin, l’EVARS doit être dispensée par des professionnels formés, experts des seuils de développement psycho-affectif des enfants, avec comme pré-requis indispensable la co-éducation avec les parents sur les sujets abordés, de manière à permettre un dialogue de confiance seul à même de protéger efficacement les enfants.

Avec les parents concernés, Juristes pour l’enfance et l’ECLJ demande au Comité de l’ONU de rappeler à la France qu’elle doit respecter, s’agissant de l’EVARS, les articles 10 et 13 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels qui stipulent que :

  • «Une protection et une assistance aussi larges que possible doivent être accordées à la famille, qui est l’élément naturel et fondamental de la société, en particulier pour sa formation et aussi longtemps qu’elle a la responsabilité de l’entretien et de l’éducation d’enfants à charge. » (article 10, §1) ;
  • L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et du sens de sa dignité. (extraits de l’article 13 § 1)
  • « Les États parties au présent Pacte s’engagent à respecter la liberté des parents et, le cas échéant, des tuteurs légaux, de choisir pour leurs enfants des établissements autres que ceux des pouvoirs publics, mais conformes aux normes minimales qui peuvent être prescrites ou approuvées par l’État en matière d’éducation, et de faire assurer l’éducation religieuse et morale de leurs enfants, conformément à leurs propres convictions. » (article 13 § 3).

Le pape reçoit le groupe ECR du Parlement européen : “l’identité européenne ne peut être comprise et promue qu’en référence à ses racines judéo-chrétiennes”

Le groupe ECR est celui où siègent Nicolas Bay, Laurence Trochu, Guillaume Peltier et Marion Maréchal. Le pape Léon XIV leur a dit :

Je tiens tout d’abord à vous remercier pour votre engagement au service non seulement de vos électeurs au Parlement européen, mais aussi de tous les citoyens de vos circonscriptions. En effet, exercer une haute fonction au sein de la société implique la responsabilité de promouvoir le bien commun. Je vous encourage donc tout particulièrement à ne jamais perdre de vue les oubliés, les plus démunis, ceux que Jésus-Christ appelait « les plus petits » parmi nous (cf.  Lc  9, 48).

En tant qu’élus démocratiquement, vous représentez un éventail d’opinions qui s’inscrivent dans un spectre plus large de diversité. L’un des objectifs essentiels d’un parlement est d’ailleurs de permettre l’expression et le débat de ces opinions. Or, la marque de toute société civilisée est que les divergences soient débattues avec courtoisie et respect. La capacité de ne pas être d’accord, d’écouter attentivement, et même d’engager un dialogue avec ceux que nous considérons comme des adversaires, témoigne de notre respect pour la dignité inhérente à chaque être humain. Je vous invite donc à méditer sur saint Thomas More, patron des hommes et femmes politiques, dont la sagesse, le courage et la défense de la conscience sont une source d’inspiration intemporelle pour tous ceux qui œuvrent au bien-être de la société.

À cet égard, je partage pleinement l’avis de mes prédécesseurs : l’identité européenne ne peut être comprise et promue qu’en référence à ses racines judéo-chrétiennes. Protéger l’héritage religieux de ce continent ne vise cependant pas seulement à sauvegarder les droits de ses communautés chrétiennes, ni même à préserver des coutumes ou traditions sociales particulières, qui varient d’ailleurs selon les lieux et au fil de l’histoire. Il s’agit avant tout de reconnaître un fait. De plus, chacun bénéficie de la contribution que les membres des communautés chrétiennes ont apportée et continuent d’apporter au bien de la société européenne. Il suffit de se souvenir de quelques-uns des développements majeurs de la civilisation occidentale, notamment les trésors culturels de ses cathédrales majestueuses, son art et sa musique sublimes, et les progrès scientifiques, sans oublier l’essor et le rayonnement des universités. Ces développements créent un lien intrinsèque entre le christianisme et l’histoire européenne, une histoire qu’il convient de chérir et de célébrer.

Je pense notamment aux riches principes éthiques et aux modes de pensée qui constituent le patrimoine intellectuel de l’Europe chrétienne. Ils sont essentiels à la sauvegarde des droits et de la dignité inhérents à chaque personne humaine, de sa conception à sa mort naturelle. Ils sont également fondamentaux pour répondre aux défis posés par la pauvreté, l’exclusion sociale, la précarité économique, ainsi que par la crise climatique, la violence et la guerre. Veiller à ce que la voix de l’Église, notamment à travers sa doctrine sociale, continue de se faire entendre, ne consiste pas à restaurer une époque révolue, mais à garantir la préservation des ressources essentielles à la coopération et à l’intégration futures.

Je tiens à réaffirmer ici l’importance du  dialogue nécessaire, tel que l’a identifié le pape Benoît XVI,  entre « le monde de la raison et le monde de la foi – le monde de la rationalité séculière et le monde des croyances religieuses » (Discours à la société civile, Westminster Hall, Londres, 17 septembre 2010). Ce débat public, dans lequel les responsables politiques ont un rôle primordial, est essentiel pour respecter les compétences spécifiques de chacun et pour répondre aux besoins de l’autre, à savoir un rôle d’« épuration » mutuelle afin d’éviter toute distorsion (cf.  ibid. ). Je prie pour que vous participiez activement et positivement à cet important dialogue, non seulement pour le bien des peuples d’Europe, mais pour celui de toute l’humanité.

Des milliers de jeunes découvrent la foi sur les réseaux, parfois sans jamais avoir mis les pieds dans une église

Lundi 8 décembre, en la fête de l’Immaculée Conception, l’abbé Raffray, prêtre de l’Institut du Bon Pasteur, était invité de Christine Kelly sur CNews :

 

“L’Eglise au secours de la conscience”

Les chrétiens se préparent à accueillir leur Sauveur en un tout petit enfant.

Dans cette vidéo Mgr Aillet, évêque de Bayonne, revient sur le livret anniversaire d’Evangelium Vitae “l’Eglise au secours de la conscience”

25 mars 1995 : Le pape Jean-Paul II publie l’encyclique Evangelium Vitae sur le respect de la vie humaine.

30 ans après, Choisir La Vie édite avec Mgr Marc Aillet un fascicule court, percutant et plein d’espérance reprenant une conférence donnée par ce dernier en 2005 à l’occasion des 10 ans de l’encyclique.

L’objectif est de rappeler l’actualité d’ Evangelium Vitae alors que le processus de développement des lois et réglementations portant atteinte à la vie humaine s’accélère.

Ce texte nous réveille et nous invite à être sans relâche des serviteurs et des défenseurs de la vie.

Après avoir rappelé avec quelle autorité exceptionnelle saint Jean-Paul II s’exprime, Mgr Marc Aillet redit qu’aujourd’hui il est indispensable d’éduquer nos contemporains à la vie intérieure par nos paroles et nos exemples afin d’éclairer leur conscience et d’oeuvrer pour la civilisation de l’amour et de la vérité !

« C’est par la voie de l’intériorité, dont tant de nos contemporains sont privés …que l’homme moderne redeviendra capable d’entendre et d’écouter la voix du Seigneur qui retentit dans l’intime de sa conscience. »

Téléchargez et commandez le livret en cliquant sur ce lien https://choisirlavie.fr/campagnes/

Pour des commandes au-delà de 50 exemplaires écrire à [email protected]

Choisir La Vie, association loi 1901, affirme par des actions de sensibilisation et d’aide auprès des femmes vivant une grossesse difficile, la valeur et l’inviolabilité de la vie humaine !

Elle interroge les hommes et les femmes de notre temps : « Que faites-vous ? »

Cette loi va pousser certains patients au suicide

Une coalition d’organisations de défense des patients et des personnes handicapées a déposé une plainte fédérale contestant la loi du Delaware sur l’« aide médicale à mourir », le 8 décembre. L’entrée en vigueur du texte était prévue pour le début de l’année 2026. Les plaignants demandent à la cour fédérale du Delaware de déclarer la loi inconstitutionnelle et d’en « bloquer » définitivement l’application.

Promulgué en mai dernier, le texte autorise les patients en phase terminale qui ont six mois ou moins à vivre à se faire prescrire des substances qui « mettront fin à leur vie de manière humaine et digne ». Les plaignants craignent que cette loi « singularise » les résidents handicapés et issus « d’autres communautés vulnérables » et les expose à un risque de mort prématurée, au lieu de leur garantir l’accès aux soins nécessaires.

« Cette loi dévalorise les personnes comme moi », s’indigne Sean Curran qui fait partie des plaignants. Victime d’une grave lésion médullaire il y a plus de trente ans, il est tétraplégique.

« J’ai mené une vie bien remplie malgré mon handicap. Cette loi dit aux personnes comme moi qu’elles devraient avoir droit à une aide au suicide, et non à une prévention du suicide. »

Daniese McMullin-Powell, représentante de Delaware ADAPT, déclare :

« Avec les coupes budgétaires imminentes dans le programme Medicaid, les primes d’assurance élevées et le programme Medicare qui ne fournit pas de services communautaires, on a déjà l’impression que notre système de santé est divisé entre ceux qui ont les moyens et ceux qui n’ont rien ». « Nous ne devons pas aggraver cette fracture en ajoutant un élément qui pousse certains patients au suicide ».

Pour le moment, le ministère de la Santé de l’Etat est en train de rédiger les règlements pour la mise en œuvre du texte. Ils devraient être publiés dans les prochaines semaines.

Source : Gènéthique

Loi de séparation de 1905 : 120 ans de manipulation sectaire

Communiqué de Yann BALY, Président de Chrétienté-Solidarité :

En ce 9 décembre 2025, dans une quasi-unanimité suspecte, l’on a célébré avec louanges le cent-vingtième anniversaire de la loi de séparation de l’Église et de l’État de 1905.

Les laïcards continuent d’y voir, dans le prolongement de 1789 et de 1793, la domination définitive de la république sur le fait religieux.

Les naïfs, dont hélas beaucoup de politiciens de droite et même d’évêques ou de prêtres, reconnaissent les bienfaits de cette loi. Certains y voient même l’outil parfaitement approprié pour lutter contre l’islamisation de la société française.

Soyons clair : ces derniers se mettent le doigt dans l’œil !

La laïcité républicaine n’a jamais eu pour seul objectif que la lutte contre le christianisme et spécialement contre l’Église catholique. Elle a essayé de mettre en œuvre, par des voies moins violentes, ce que la Terreur révolutionnaire n’avait pas réussi à faire en 1793 : effacer l’empreinte chrétienne de la société française.

Leur laïcité est une machine de guerre contre l’identité chrétienne de la France ! Elle est programmée pour cela et pour rien d’autre.

L’impuissance complice de l’État face à l’islamisation à marche forcée de la France ne s’explique pas autrement. Leurs principes ne fonctionnent pas face à un système idéologique totalisant qui ne peut, ni ne veut, distinguer le religieux, du politique, du juridique, ni même des normes régissant le moindre geste de la vie quotidienne.

Pire ! Les laïcards impuissants face au phénomène islamique s’en font les complices et participent activement à son expansion dans la société française. Cela ne date pas du revirement récent de Jean-Luc Mélenchon. En décembre 2005, il y a 20 ans déjà, l’ancien ministre socialiste Jean Glavany déclarait « Aujourd’hui, être un bon laïque, c’est encourager la construction de mosquée en France ».

La seule bonne et saine laïcité est celle de l’Évangile, qui distingue mais ne sépare pas, qui respecte l’histoire et l’identité de la France. Les droits d’auteur en reviennent à Jésus-Christ : « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César ».

Les conservateurs post-libéraux américains : révolution ou contre-révolution durable ?

Il est indéniable que l’élection de D. Trump en 2024 a amené d’importants changements dans la société américaine et freiné la politique laxiste et mondialiste de ses prédécesseurs.

Dans le numéro 133 du Sel de la Terre (https://www.seldelaterre.fr/numeros/sdt133), Luc Pacioli examine ces changements, sans en dissimuler les faiblesses et les limites :

DEPUIS LEUR FONDATION, les États-Unis d’Amérique, berceau de la démocratie libérale, ont incarné un progressisme qui a conduit Léon XIII à condamner, dès la fin du 19e siècle, « l’américanisme » et ses dérives libérales, destructeur du culte catholique. En avance sur son temps, cet incident, passé inaperçu et aujourd’hui oublié, annonçait la révolution moderniste actuelle.

Paradoxalement, ce même progressisme américain, amplifié par la mondialisation et les médias, s’est propagé comme un bacille infectieux dans le corps social occidental, érodant presque entièrement l’héritage chrétien. Famille, entreprise, université, administration, armée, État : jusqu’au sommet, toutes les strates de la société sont aujourd’hui contaminées par les idéologies du genre (LGBT), du « wokisme » et de la transition énergétique (DEI, ISR). Par les agissements de l’« État profond », des progressistes et des mondialistes, le rejet de Dieu s’est traduit par un combat contre la loi naturelle et, ultimement, contre la nature humaine elle-même.

Peut-on alors imaginer qu’une réaction positive surgisse de cette nouvelle Babylone, première puissance mondiale sur le déclin ? Cet article explore ses capacités de retournement sans en omettre les limites. La Providence pourrait-elle tirer un bien d’un mal si profond ?

Nous examinerons les principaux acteurs du nouveau conservatisme national américain – post-libéral, communautariste et antiprogressiste – ainsi que son organisation et ses combats.

Nous étudierons plus particulièrement les obstacles et les limites qui pourraient empêcher un vrai redressement dans cette bataille civilisationnelle.

Le conservatisme américain autour de D. Trump : Genèse et rupture

Après l’ère néoconservatrice (Reagan, Bush), et un interventionnisme militaire messianiste démocratique, Donald Trump incarne un conservatisme post-libéral et antisystème, porté par des penseurs et des organisations opposés au progressisme.

La nouvelle matrice conservatrice se compose de penseurs et d’une organisation, autour de groupes d’influence ou « Think-tanks ».

Personnalités et intellectuels du mouvement conservateur MAGA (« Make America Great Again »)

Le zèle des conservateurs nationaux américains plaide visiblement en leur faveur, illustrant la maxime de Salluste : « facta non verba – les actes valent mieux que des paroles ».

1. – Dans le domaine politique

– Patrick Buchanan : Appelé paléo-conservateur par opposition aux néoconservateurs qu’il traitait de « Rockefeller Républicains, portant en eux les virus de l’étatisme et du mondialisme », Patrick Joseph Buchanan (né en 1938) fait figure de précurseur des conservateurs nationaux et de principal inspirateur de Donald Trump et de J. D. Vance. Fervent catholique (de tendance traditionaliste), il défend activement depuis les années 80 l’identité culturelle nationale américaine, dénonçant déjà l’immigration et prônant les thèses d’un certain protectionnisme économique autour du slogan « America First ». Il rejette aussi la vision prosélyte néo-conservatrice selon laquelle les États-Unis seraient les tenants de la démocratie universelle transposable à toutes les nations, justifiant des guerres coûteuses et souvent inutiles.

– J. D. Vance est probablement la meilleure surprise de la victoire de Donald Trump. A peine âgé de 40 ans, marié, père de trois enfants, il enrichit la sphère conservatrice avec un pedigree atypique : vétéran du corps des Marines (Irak), docteur en droit de l’Université de Yale, auteur à succès avec son bestseller Hillbilly Elegy – une ode autobiographique à l’Amérique profonde, adaptée au cinéma [4] –, il entreprend une carrière financière dans le capital-risque avant de devenir sénateur de l’Ohio puis vice-président des États-Unis ! Ce « self-made man » issu d’un milieu défavorisé, incarne à lui seul le rêve américain.

En 2019, il se convertit au catholicisme après la lecture de saint Augustin, et grâce à ses amitiés avec le professeur Patrick Deneen, le philosophe René Girard et l’homme d’affaires Peter Thiel. Il s’inscrit dans l’approche paléo-conservatrice et réactionnaire du conservatisme national américain, n’hésitant pas à prendre la défense d’une société traditionnelle basée sur le mariage, dénonçant volontiers l’avortement et le méfait d’une société LGBT. Favorable au contrôle des frontières et de l’immigration, il n’hésite pas à revendiquer le second amendement (droit au port d’armes) et une politique étrangère plus isolationniste (America First). Économiquement, ses vues combinent conservatisme traditionnel et populisme, influencé par son passé de capital-risqueur et ses origines modestes.

Il se révèle également diplomate et ambassadeur perspicace. Lors d’une conférence sur la sécurité à Munich, il se démarque par son audace, osant déclarer aux Européens : « La menace qui m’inquiète le plus vis-à-vis de l’Europe n’est pas la Russie, ni la Chine, ni aucun autre acteur extérieur. Ce qui m’inquiète, c’est la menace qui vient de l’intérieur, le recul de l’Europe par rapport à certaines de ses valeurs les plus fondamentales… ». Il pointe du doigt une guerre ontologique contemporaine, qui se traduit par un glissement insidieux du langage et du sens des mots – la « démocratie » se transformant en « autocratie » dans le discours européen. Ce phénomène s’accompagne d’une érosion de la liberté d’expression, illustrée par des cas extrêmes comme une condamnation pour avoir « prié en silence pendant trois minutes à cinquante mètres d’une clinique d’avortement ». Il évoque aussi des dérives troublantes, citant « …un ancien commissaire européen qui s’est réjoui de l’annulation par le gouvernement roumain d’une élection, prévenant que si les choses ne se déroulaient pas comme prévu, la même chose pourrait se produire en Allemagne ». Ces propos font écho aux régimes autoritaires de la guerre froide, et alertent sur les dangers qui guettent les fondements démocratiques de l’Europe [5].

– Donald Trump : l’architecte d’un conservatisme de masse ?

Depuis 2015, Donald Trump, bien que dénué du vernis des intellectuels classiques, excelle à transformer les idées nationalistes en un mouvement populaire d’une rare intensité. S’inspirant volontiers de Pat Buchanan, Ronald Reagan et Steve Bannon, il forge un message limpide : restaurer l’économie américaine par un minimum de protectionnisme, endiguer l’immigration et défier les élites progressistes de l’État profond. Ses alliances avec d’anciens adversaires comme J. D. Vance, Robert F. Kennedy Jr. et des « Think-tanks » conservateurs, comme la Heritage Foundation, amplifient cette croisade.

Économiquement, Trump déploie une stratégie audacieuse, théorisée dans L’Art du deal : il ouvre les négociations par des propositions extrêmes – tarifs douaniers à 35 % – pour déstabiliser l’adversaire, puis fait des concessions, passant à 10 %, pour donner l’illusion d’un compromis. Cette tactique, mêlant provocation et pragmatisme, redessine les transactions internationales sans grand ménagement.

Depuis l’attentat manqué du 13 juillet 2024, en Pennsylvanie, Trump se voit comme un miraculé, investi d’une mission. Son déplacement à l’inauguration de Notre-Dame de Paris en 2024, aux côtés d’Elon Musk, s’inscrit dans une rhétorique civilisationnelle, énoncée dès 2020 à Davos : « Les cloches de Notre-Dame sonneront à nouveau pour la gloire de Dieu. » Ce symbole renforce son engagement pour les « valeurs judéo-chrétiennes », commencé en 2016.

Son premier mandat (2016-2020) marque un tournant avec la nomination de trois juges pro-vie à la Cour suprême, aboutissant à l’annulation de Roe v. Wade (2022). Son engagement contre l’avortement, désormais interdit dans des États comme le Texas ou la Louisiane, galvanise 25 % des électeurs républicains, portés par CatholicVote et le National Right to Life Committee. Face au progressisme de Kamala Harris (malheureuse candidate démocrate), Trump défend un ordre naturel, proclamant dans son discours d’investiture ne reconnaître « qu’un homme et une femme ».

Son gouvernement, avec nombre de catholiques aux postes clés comme J. D. Vance (vice-président), Marco Rubio (secrétaire d’État), John Ratcliffe (CIA), Sean Duffy (Transports), Tom Homan (ICE) ou Robert F. Kennedy Jr. (Santé), reflète cet ancrage. Loin d’être une simple tactique, cet engagement répond à une Amérique en mutation, mais suscite l’ire des médias et des élites. Trump, figure clivante, incarne une révolution conservatrice décomplexée, dont l’héritage, entre foi et provocation, peut choquer.

2 – Dans le domaine intellectuel

Les intellectuels conservateurs sont multiples et souvent liés à des Think-tanks : Stephen Bannon, ancien stratège en 2017 ; Michael Anton du Claremont Institute ; Victor D. Hanson du Hoover Institute ; Adrian Vermeule proche de Leonard Léo de la Federal Society… Nous retiendrons ici les plus intéressants :

– Patrick Deneen : Professeur de théorie politique de l’Université Notre-Dame (Indiana), né en 1964, il appartient au cercle étroit des intellectuels conservateurs comme fondateur de Front Porch Republic, la revue et le site internet de référence « paléo-conservatrice ». Avec son livre Pourquoi l’échec du libéralisme, il s’est fait remarquer par Barak Obama qui avoue lui-même : « J’ai trouvé Pourquoi l’échec du libéralisme stimulant. Je ne suis pas d’accord avec la plupart des conclusions de l’auteur, mais le livre offre un aperçu convaincant de la perte de sens et de communauté que beaucoup ressentent en Occident, des questions que les démocraties libérales ignorent à leurs risques et périls ». Cette critique sans concession du libéralisme, propose une solution centrée sur la communauté, la famille, la foi religieuse et une économie locale en opposition avec le libéralisme individualiste, le laïcisme et l’économie de libre-marché, principal destructeur de la vie américaine. En 2023, il frappe à nouveau avec Regime Change (« Changement de Régime »), appelant à une contre-révolution pacifique, sorte de nouvel ordre post-libéral en faveur de politiques économiques « pro-famille », et « pro-travailleurs », favorables aux tarifs douaniers et aux incitations à la fabrication sur place, mais surtout promoteur d’un nouvel ordre moral « pro-vie », opposé au mariage homosexuel et aux théories du genre.

– Dans la même lignée, J. D. Vance partage l’approche « anti-régime » et l’amitié de Deneen avec l’écrivain Rod Dreher, ancien journaliste du New York Times qui invite également à la découverte de la philosophie morale aristotélicienne. Connu mondialement avec son succès littéraire Le Pari bénédictin qui engage chacun à « accepter l’exil de la culture dominante et à construire une contre-culture résiliente » fondée sur les vertus chrétiennes et le retour à la terre. Promu par J. D. Vance, son dernier ouvrage Résister au mensonge – manuel pour les dissidents chrétiens dénonce le « soft-totalitarisme » et la réécriture de l’histoire issue de la novlangue

– Classé comme néo-réactionnaire américain (NRx) Curtis Yarvin, alias Mencius Moldbug, rejette la quête de « la recherche sans fin du progrès » qui a permis de transformer les démocraties en oligarchies corrompues toujours plus motivées par leur enrichissement que par celui de l’intérêt public. Il plaide ainsi en faveur d’une alternative de type dirigeant monarchiste et pourquoi pas inspirée d’un PDG d’entreprise de start-up ?

Influence des « Think-tanks »

On pourrait résumer le réseau conservateur à trois sphères d’influence : l’une principalement politique avec Heritage Foundation, la seconde plus orientée sur l’influence juridique avec Federalist Society, et la dernière portée davantage sur l’économie et le milieu de la Tech avec Hoover Fondation.

[…]

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Dans ce numéro 133, vous trouverez également :

ÉCRITURE SAINTE
L’aveugle-né (Fr. Emmanuel-Marie PERRET O.P.)

ÉTUDES
La crainte (Fr. Pierre-Marie DE KERGORLAY O.P.)

Le Grand retour de Notre-Dame en France (Martial FRANCOIS)

VIE SPIRITUELLE
Le rosaire des prêtres (Marie de Fiesole)

Le combat de la foi avec saint Pie V (DOMINICUS)

Civilisation chrétienne :
Théodore Botrel et le crucifix (Louis MEDLER)

DOCUMENTS
Le retour au bercail des Rédemptoristes transalpins

L’intolérance cléricale (P. Pierre CHARLES)

RECENSIONS
Vatican II, l’histoire qu’il fallait écrire, de Roberto de Mattei (recension par le Fr. Louis-Marie Delerm O.P.).

Le bien commun. Questions actuelles et implications politico-juridiques, de Miguel Ayuso (recension par Pierre-Emmanuel DUPONT).

Geneviève de Sainte-Preuve (recension par Fr. Pierre-Marie DE KERGORLAY O.P.).

La collection Critère, aux éditions Hora Decima (présentation par Charles DE DURRAS).

Vraie et fausse laïcité, de Philippe Prévost (recension par Fr. Pierre-Marie DE KERGORLAY O.P.)

La plume et la Croix, du Père Jean-Dominique (recension par Zacharie BOUSSOUFA).

Le linceul de Turin (recension par Fr. Pierre-Marie DE KERGORLAY O.P.)

Prêtre et martyr à 23 ans, de Guillaume Pons-Pons (recension par Bertrand JAQUEMET).

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Liban-Israël : un voisinage instable

D’Annie Laurent dans La Petite Feuille Verte :

Le Liban n’a toujours pas résolu le problème crucial du recouvrement de sa pleine souveraineté sur l’ensemble de son territoire (cf. PFV n°105 et 106). Car d’une part, le désarmement des camps palestiniens, à peine entamé au printemps 2025, est loin d’être achevé, interdisant aux autorités libanaises d’y intervenir ; d’autre part, le désarmement du Hezbollah prévu par un plan voté l’été dernier par le gouvernement, qui confiait à l’armée libanaise sa mise en œuvre, se heurte à de nombreuses difficultés liées au refus du parti chiite de désarmer, dans le but de résister à l’occupation israélienne de plusieurs territoires libanais dans la région méridionale du pays. Le maintien de ses armes par le Hezbollah est considéré comme un danger existentiel pour Israël dont l’armée multiplie ses attaques quotidiennes sur ces régions majoritairement habitées par des chiites et de nombreux chrétiens .

Par ailleurs, la perspective de négociations directes entre Israël et le Liban, soutenue par plusieurs États alliés de ce dernier, demeure incertaine.

Pour une meilleure compréhension de la complexité qui caractérise les relations de voisinage entre le Liban et Israël, nous vous proposons ici d’en reprendre plusieurs étapes historiques.

LE LIBAN FACE À LA CRÉATION D’ISRAËL

À la suite du vote du partage de la Palestine, à l’ONU, le 29 novembre 1947, suivi par la proclamation de l’État d’Israël sur l’ensemble de la Palestine, le 14 mai 1948, dont la fondation avait été décidée lors du premier congrès sioniste de Bâle (Suisse) en 1897, les gouvernements des pays voisins ont refusé de reconnaître cette nouvelle entité. Coalisés sous l’appellation Forces armées arabes unifiées (Égypte, Irak, Jordanie, Syrie et Liban), ils déclenchèrent la première guerre arabo-israélienne. Indépendant depuis 1943 et ne disposant que d’une armée embryonnaire (3 000 hommes), le pays du Cèdre n’y participa que faiblement, se contentant de repousser les miliciens sionistes, qui occupèrent cependant une dizaine de villages situés dans sa région méridionale.

Lors de la signature de l’accord d’armistice, qui eut lieu le 23 mars 1949 au poste frontalier de Ras-Naqoura, le lieutenant-colonel Mordechai Makleff, négociateur israélien, déclara : « Israël n’a jamais eu de querelles avec le Liban dans le passé et n’a aucune raison d’en avoir dans l’avenir » (New York Times, 24 mars 1949).

Bien que parrainée par l’ONU et concernant des territoires reconnus internationalement, cette convention ne fixait pas le tracé d’une frontière commune entre les deux pays voisins, n’impliquait aucune reconnaissance réciproque officielle et excluait donc l’établissement de relations diplomatiques. Mais par sa signature, l’État hébreu renonçait aux plans conçus avant 1948 par des représentants de partis sionistes. Ces projets mêlaient des considérations territoriales, économiques et confessionnelles. En voici un aperçu.

REGARDS SIONISTES SUR LE LIBAN

Dans L’Orient-Le Jour (OLJ) du 24 novembre 2023, le journaliste Salah Hijazi cite cette information de l’historien Henry Laurens : « Avant 1948, la droite israélienne avait des vues sur le Liban-Sud ».

De fait, deux partis sionistes, Agoudat Israël (Rassemblement d’Israël) et Tehiya (Renaissance), demandaient l’incorporation au futur État juif de la région méridionale du Liban jusqu’au fleuve Litani, au motif que cette région, constituant le secteur septentrional de la Haute-Galilée historique, était partie intégrante de l’Israël biblique (cf. A. Laurent et A. Basbous, Guerres secrètes au Liban, Gallimard, 1987, p. 157).

Une revendication semblable émanait de l’Agence juive à la même époque, comme cela ressort d’une lettre envoyée par Eliahou Sasson, juif d’Alep (Syrie) et chef du département arabe de cette Agence, à Moshe Sharett, responsable du département politique de ladite Agence. Sasson y privilégiait les motifs confessionnels : « Je recommande d’encourager les éléments qui veulent le partage du Liban. Si un État chrétien y voyait le jour avant la création de l’État juif, nous profiterions de ce précédent pour résoudre le problème de la Palestine » (A. L. et A. B, op. cit., p.165).

Dès avant la naissance d’Israël, David Ben Gourion, qui en fut le premier chef de gouvernement, avait développé ce projet : « Nous allons conquérir le Liban jusqu’au fleuve  Litani, annexer le Sud, créer un État maronite au nord qui signera un traité de paix avec Israël ; les parties non chrétiennes seront annexées par la Syrie ou bien l’on trouvera d’autre arrangements ». Selon son biographe, le député travailliste Michel Bar-Zohar, « impressionné par la fuite des Palestiniens en 1948, Ben Gourion était persuadé qu’un phénomène identique se produirait au Liban. Ainsi vidée de sa composante chiite, cette région aurait été annexée sans problème ». Si, en 1949, le Premier ministre israélien accepta de retirer ses troupes de quatorze villages libanais conquis par Tsahal, c’est parce qu’il croyait Beyrouth prêt à signer un traité de paix et à exploiter conjointement les eaux fluviales du Liban-Sud. En 1967, Ben Gourion renonça toutefois à ce projet, affirmant au général de Gaulle qu’il ne voulait plus un pouce du Liban (A. L. et A. B., op. cit., p. 182 et 184).

JUIFS, DRUZES, CHIITES ET MARONITES 

Salah Hijazi mentionne d’autres exemples répondant à ces motivations. En 1995, l‘historien israélien Eyal Zisser évoquait le fait que, quelques jours avant la création de leur État, des officiels sionistes s’étaient entretenus avec des figures maronites libanaises pour évoquer la possibilité de voir Beyrouth céder les régions du Sud à Israël, arguant que cela permettrait d’obtenir un équilibre démographique plus favorable aux maronites du Liban (OLJ, op.cit.).

Les sionistes faisaient souvent valoir le danger que pouvait représenter un État multiconfessionel, avec une importante composante musulmane (religion majoritaire chez les Palestiniens), dans le voisinage immédiat du futur Israël. De fait, bâti sur l’exclusivisme, le sionisme mêle indistinctement deux concepts : le judaïsme (religieux) et la judéité (ethnique). Ses représentants cherchaient donc à obtenir le soutien des communautés libanaises minoritaires. Ils songèrent aux druzes dont la doctrine enseigne que la foi juive leur est plus proche que l’islam et le christianisme (Anouar Yassin, Catéchisme des druzes, 1985), raison pour laquelle dans les années 1930, qu’ils soient de Palestine, de Syrie et du Liban, ces derniers avaient soutenu activement le projet sioniste. Ils songèrent même aux chiites, qui étaient alors privés de leur identité par les pouvoirs sunnites, majoritaires dans la région.

Leur choix se porta sur les maronites dont l’intelligentsia avait pourtant, au début du XXème siècle, émis des réserves sur le projet sioniste, mais les persécutions antijuives des nazis entraînèrent la bienveillance de cette Église envers le peuple juif. Ainsi, en 1937, lors d’une visite à la synagogue de Wadi Abou-Jamil (Beyrouth), le patriarche Antoine Arida et l’archevêque de Beyrouth, Ignace Moubarak, unirent leurs propos pour rassurer les juifs du Liban. Si en Palestine les Arabes persécutaient les juifs et les chassaient hors de leur territoire, le Liban les accueillerait « comme partie intégrante d’une même nation », ce qui leur valut de vives protestations de la part des musulmans. Renonçant au projet de « foyer national chrétien », l’Église maronite accréditait ainsi le concept plus large de libanisme (cf. A. L. et A. B., op. cit., p.177).

LES CONFLITS ISRAÉLO-PALESTINIENS AU LIBAN

Optant pour une neutralité de facto, le Liban ne participa pas aux autres guerres arabo-israéliennes de 1956, 1967 et 1973, mais il en subit les retombées douloureuses après l’accord du Caire qui lui fut imposé par la Ligue des États arabes en 1969 conférant aux réfugiés palestiniens, nombreux à avoir été accueillis au pays du Cèdre, toute liberté de lancer des opérations militaires contre l’État hébreu. Or, cette disposition contrevenait à l’armistice qui interdisait à chacun des signataires tout acte de guerre ou d’hostilité contre l’autre. Et l’accord prenait soin d’inclure les attaques qui seraient commises par des « forces non régulières » (cf. PFV n° 104).

C’est sur ce texte que l’État hébreu a fondé sa politique de représailles hors de ses frontières, le plus souvent dirigées contre les positions palestiniennes au Liban-Sud, mais aussi dans la banlieue de Beyrouth et des régions plus lointaines (le Nord et la Bekaa). Ces offensives se sont d’abord produites en 1970, 1972, 1973 et 1974 (il s’agissait là d’actions préventives). Elles se sont développées à partir de 1975, suite au début de la guerre déclenchée par les combattants de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) qui visait les institutions et les populations libanaises (cf. PFV n° 104). Au début de ce conflit, Israël estimait que le modèle libanais est « un pays aux tendances suicidaires » (A. L. et A. B., op. cit., p. 163).

En mars 1978, Tsahal a lancé une offensive d’envergure, atteignant les rives du fleuve Litani. Baptisée « Pierre de Sagesse », elle était destinée à repousser les Palestiniens au nord du fleuve Litani, mais elle visait aussi à créer « une zone de sécurité dans le Liban-Sud en collaboration avec les forces chrétiennes » de l’officier dissident melkite Saad Haddad. Chargé d’interdire l’accès de ce territoire, qu’il a constitué sous le nom d’« État du Liban libre », Haddad s’opposait aussi à la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), composée de 6 000 « casques bleus », chargés d’aider l’État libanais à recouvrer sa souveraineté sur cette région (résolutions 425 et 426 du Conseil de sécurité). Tsahal s’est retirée du secteur en juin de la même année et a été remplacée par une milice appelée « Armée du Liban-Sud » (ALS) commandée par S. Haddad et inféodée à l’État hébreu.

LA PAIX MANQUÉE DE 1982

« Pays à visage chrétien », le Liban ne pouvait, sous peine d’être mis au ban du monde arabe, conclure une paix formelle avec Israël tant qu’un État arabe sunnite n’aurait pas franchi le Rubicon. Sans complexe, Beyrouth s’apprêtait à emboîter le pas à l’Égypte en paix avec Israël depuis 1979, mais la Syrie qui occupait son territoire depuis 1976 s’y est opposée en ruinant le projet envisagé en juin 1982 lors de l’offensive israélienne « Paix en Galilée », destinée à anéantir l’OLP et ses bases militaires. En échange de l’aide qu’il accordait à la résistance chrétienne, le Premier ministre Menahem Begin espérait aussi signer un traité de paix avec le Liban comme le laissait entrevoir l’élection de Béchir Gemayel, chef des Forces libanaises, principal mouvement anti-palestinien. Ce sera une paix manquée : ayant succédé à Béchir, assassiné juste après son élection à la tête de l’État, son frère, Amine, refusa de ratifier l’accord israélo-libanais signé le 17 mai 1983 (A.L. et A.B., op. cit., p. 191-223).

C’est à partir de 1982 que le Hezbollah se révéla au grand jour en s’implantant au Liban-Sud d’où il entreprit la lutte armée à la fois contre Tsahal qui occupait cette région et contre le territoire israélien (cf. PFV n° 101). En 1996, Israël riposta à ces attaques en lançant l’opération « Raisins de la colère », qui se termina avec la signature d’un cessez-le-feu (26 avril 1996) confié à un « groupe de surveillance » formé des Etats-Unis, de la France et de la Syrie. Satisfait, le Premier ministre libanais, Rafic Hariri, déclara : « Le Hezbollah a le droit de combattre les troupes israéliennes dans la zone occupée, mais il n’a absolument pas le droit de tirer une seule roquette vers le territoire israélien » (OLJ, 13 février 2024).

Quant à Tsahal, elle maintint son occupation du Liban-Sud jusqu’en mai 2000, événement reconnu par l’ONU qui traça alors la démarcation entre les deux pays, appelée « ligne bleue » (7 juin 2 000). Ce retrait n’a pas empêché le Hezbollah de poursuivre ses offensives anti-israéliennes. Le 12 juillet 2006, il lança une offensive contre le nord de l’État hébreu, à laquelle ce dernier riposta. La résolution 1701, adoptée par l’ONU le 11 août 2006 pour mettre fin à cette guerre après plus d’un mois de combats et plus d’un millier de morts, prévoyait « l’établissement, entre la ligne bleue et le Litani, d’une zone d’exclusion de tous personnels armés, biens et armes, autres que ceux déployés dans la zone par le gouvernement libanais et la FINUL ». Elle appelait même Beyrouth « à étendre sa souveraineté sur tout son territoire », ce qui sous-entend le désarmement du parti chiite.

Autre point important : la résolution prévoyait que « soient délimitées pour de bon les frontières internationales du pays du Cèdre avec ses deux voisins » (art. 10). Cette clause, restée lettre morte, permet au Hezbollah de ne pas rendre ses armes au motif qu’une partie  du territoire libanais est toujours sous occupation. Et cela permet à Israël de justifier son occupation de cinq points stratégiques au Liban-Sud (PFV n° 106).

*

Le 8 octobre 2023, au lendemain du massacre anti-juif commis par le parti islamiste palestinien Hamas, rejoint par le Hezbollah, tout était donc prêt pour la reprise d’une guerre dont on ne voit pas encore la fin malgré la perspective de négociations israélo-libanaises encouragées par certains États alliés du pays du Cèdre.

Ces deux questions seront au programme de la Petite Feuille Verte n° 108.

Donner aux puissants le pouvoir de décider ce qui est vrai

De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :

Emmanuel Macron a déclaré, le 19 novembre dernier, à « La Voix du Nord » qu’il souhaitait une labellisation des médias.

Il reprenait ainsi une idée qui lui est chère : les réseaux sociaux colportent des « fake news », régulons les réseaux sociaux et la vérité triomphera.

Le problème, c’est que cette idée est à la fois simpliste, fumeuse et dangereuse.

Simpliste car le problème de la désinformation n’est pas uniquement lié aux réseaux sociaux. La presse « mainstream » et le gouvernement désinforment eux aussi abondamment.

On a l’impression que M. Macron exige un monopole de la désinformation et s’indigne que d’autres lui fassent concurrence en ce domaine !

Plus sérieusement, personne n’envisage de supprimer la BBC, malgré l’évident manquement déontologique dénoncé par Donald Trump, qui a entraîné la démission de la plupart des dirigeants du groupe public. Mais, si l’on prétend empêcher la désinformation en supprimant les désinformateurs, il va falloir supprimer tous les médias car nul n’est jamais neutre – et donc tout le monde peut être accusé de désinformation.

Fumeuse car on ne sait pas trop qui donnerait ces labels et ce que cela entraînerait.

Devant le tollé, « Jupiter » a affirmé qu’il n’avait jamais été question que le label soit conféré par le gouvernement. Ce n’était pas très clair. Bruno Retailleau aurait-il dénoncé ce « ministère de la Vérité » si cela avait été évident ?

Mais, surtout, si l’on suppose que les médias dominants seront chargés de distribuer ce label – ce qui semble être la version actuelle du projet –, qu’est-ce que cela entraînera ?

Je vois deux réponses possibles. Soit les informations non labellisées seront interdites, auquel cas je ne vois pas ce qui restera de la liberté d’expression : au nom de la lutte contre les « fake news », le gouvernement aura bel et bien interdit la diffusion d’opinions dissidentes.

Soit il y aura une prime dans les algorithmes des réseaux sociaux aux informations labellisées, mais cela n’empêchera nullement que de nombreux Français préfèrent s’informer ailleurs. Je lis régulièrement « Libération » ou « Le Monde » mais sans illusion sur leur neutralité : ce sont des journaux de gauche et une labellisation de ces journaux reviendrait à m’indiquer que ce que je vais lire est estampillé à gauche – et non à me convaincre que c’est vrai.

Dangereuse enfin car, que la labellisation incombe au gouvernement ou aux médias dominants, cela reviendra toujours à donner aux puissants le pouvoir de décider ce qui est vrai. Or, la force ne fait pas toujours bon ménage avec la vérité – et fait même souvent très mauvais ménage avec elle !

On en revient au vieux fantasme totalitaire visant à imposer à tous les citoyens une « religion civique » – c’est-à-dire visant, en dernière analyse, à contrôler leur âme et leur esprit. Mais cela ne fonctionne qu’au prix d’une effroyable violence d’État.

Et la distinction proposée par Emmanuel Macron entre « les sites qui font de l’argent avec de la pub personnalisée et les réseaux et les sites d’information » n’a rien de rassurant : l’écrasante majorité des sites font les deux à la fois. Devra-t-on considérer que le site du « Monde » fait principalement de l’information, tandis que celui de CNews fait principalement de l’argent ? Ce serait évidemment aussi idiot qu’arbitraire. La réalité, c’est que l’avènement du numérique a ruiné le monopole de l’information. Que M. Macron le regrette est évidemment son droit. Mais il aura quelques difficultés à imposer au monde entier un retour à l’ORTF !

L’Incorrect ? Ils veulent le faire taire !

Message d’Arthur de Watrigant, Directeur de la rédaction de L’Incorrect :

À la suite de l’affaire désormais connue sous le nom de « l’affaire Legrand/Cohen », j’ai reçu cette semaine une convocation judiciaire consécutive à une double plainte déposée par les deux journalistes du service public.

Jeudi 4 décembre, j’ai donc passé deux longues heures au commissariat, à la demande du parquet, qui envisage de me poursuivre pour trois infractions :

– « Atteinte à l’intimité de la vie privée par captation, enregistrement ou transmission des paroles d’une personne » ;

– « Utilisation, conservation ou divulgation d’un document ou d’un enregistrement obtenu par une atteinte à l’intimité de la vie privée d’autrui, et publication » ;

– Et ma préférée : « publication, diffusion ou reproduction d’informations fausses de nature à troubler la paix publique. »

Sachez donc que non seulement nos révélations troubleraient la paix publique, mais surtout qu’elles seraient mensongères.

Non, Monsieur Cohen et Monsieur Legrand n’auraient pas pu définir une stratégie politique avec de hauts responsables du Parti socialiste ; non, Monsieur Legrand n’aurait pas déclaré qu’avec Patrick Cohen il « s’occupait de Rachida Dati » ; non, Monsieur Legrand n’aurait pas affirmé — sans que Patrick Cohen ne réagisse — qu’en cas de deuxième tour Marine Le Pen / Raphaël Glucksmann, le centre droit et le centre gauche, indécis sur leur vote, écoutent heureusement France Inter, « et ils écoutent en masse ».

Au vu des nombreuses questions auxquelles j’ai dû répondre, il semble que le parquet tienne à aller jusqu’au bout.

Alors, le bunker de Radio France tremble, et plus ils réagissent, plus ils s’enfoncent. Mais la riposte est violente, et elle va encore monter en puissance — vous avez encore pu le constater ces derniers jours.

Mais rien ne nous arrêtera. Nous rendrons coup pour coup et continuerons à faire notre travail : enquêter et vous informer.

Je compte sur votre soutien ; il nous est aussi précieux que nécessaire.

Adoption d’une loi pro-vie pour la région de Moscou

Lu sur le blog d’Yves Daoudal :

A l’initiative du patriarche Cyrille, le parlement régional de Moscou a adopté le 4 décembre une loi qui prévoit « des mesures sociales et médicales visant à créer dans la région un environnement propice à la préservation de la grossesse et à l’affirmation des valeurs familiales traditionnelles. »

« L’adoption de cette loi est une réponse concrète et opportune à l’instruction de Sa Sainteté le Patriarche. En créant des centres de soutien, l’État assume le rôle de défenseur de la vie et d’aide aux femmes qui se trouvent en situation de crise, a commenté le père Vasily Losev, chef du secrétariat du Conseil mondial du peuple russe. Au total, 28 régions de Russie ont adopté des lois interdisant la coercition à l’avortement. Parmi elles, la région de Moscou est devenue la première entité fédérale à prendre les mesures les plus étendues, en mettant en place un système complet de mesures visant à protéger la vie humaine et à soutenir la maternité, qui incarne les principes de protection de la maternité et de responsabilité envers les générations futures inscrits dans la Constitution russe. »

Le président du parlement régional, Igor Bryntsalov, a indiqué que parmi les principales dispositions de la nouvelle loi figurent :

  • la création de centres de soutien médical et social pour les femmes enceintes
  • l’introduction de modules de discours spéciaux pour les médecins afin de leur inculquer une attitude positive à l’égard de l’accouchement
  • l’obligation d’informer les femmes des risques et des conséquences de l’avortement sur la santé.

Selon lui, la loi accorde une attention particulière à la lutte contre la coercition à l’avortement, entendue comme la persuasion, la corruption ou la tromperie.

L’adoption de la loi est considérée comme une mesure concrète dans la mise en œuvre de la résolution du XXVIIe Conseil mondial du peuple russe (CMPR), qui s’est tenu les 18 et 19 novembre.

Le projet de loi a été préparé par la Commission patriarcale pour la protection de la famille, de la maternité et de l’enfance, avec la participation de la branche régionale du CMPR dans la région de Moscou et du service juridique de la métropole de Moscou, avec le soutien du gouverneur de la région de Moscou, Andreï Vorobiov, et du vicaire patriarcal, le métropolite Pavel de Kroutitsi et Kolomna.

Sacrements : une réforme radicale ?

À l’occasion de la parution de son nouveau livre, Les Sacrements, bref examen critique des nouveaux rituels (éditions Contretemps), Philippe Maxence reçoit dans le cadre de l’invité du Club des Hommes en noir, l’abbé Claude Barthe.

Celui-ci aborde un aspect méconnu de la réforme liturgique, l’aggiornamento parfois radical qui a touché le rituel des sacrements, entraînant des modifications dans la lex orandi. Pendant près d’une heure, cet entretien dévoile les aspects concrets de cette réforme, à partir d’une comparaison précise et factuelle de chacun des sacrements dans l’ensemble des rituels. Une émission très éclairante, à ne surtout pas manquer.

 

Les futurs vitraux de Notre-Dame de Paris

Le tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de l’association Sites & Monuments d’annuler ou de résilier le marché public de création des vitraux contemporains à Notre-Dame. Le président de Sites & Monuments, Julien Lacaze, a confirmé qu’elle porterait l’affaire devant la cour administrative d’appel de Paris.

L’association ouvrira bientôt un autre front, contre la décision de remplacer les vitraux eux-mêmes. En effet, les vitraux de VIollet-le-Duc devraient être enlevés dès mars 2026, ce qui implique que l’autorisation de travaux sera bientôt accordée. Celle-ci sera à son tour attaquée devant la juridiction administrative.

L’affaire est donc loin d’être terminée, au moment où l’on apprend qu’il faudrait six millions d’euros supplémentaires pour achever la restauration de Notre-Dame, six millions, alors qu’au moins quatre vont être utilisés pour dénaturer la cathédrale ! La Tribune de l’Art appelle à ne pas donner un sou.

En attendant, les nouveaux vitraux ont été dévoilés :

 

Face aux abus, le ministère de l’Éducation rappelle le cadre des inspections dans les écoles sous contrat

Le ministère de l’Éducation va donner “des consignes fermes” pour que soit “rappelé le cadre” des contrôles dans les établissements privés sous contrat, après un rapport du Secrétariat général de l’enseignement catholique listant des “abus d’autorité” lors de ces inspections.

Le ministère “rappelle que les contrôles dans les établissements scolaires sont régis par un cadre légal, législatif et réglementaire, strict. Il est notamment exclu que des questions ayant pour objet de connaître la confession d’un élève soient posées”.

Ce cadre “sera rappelé ce jeudi à tous les recteurs, avec des consignes fermes sur le fond tant que sur la forme, afin qu’elles soient ensuite rappelées aux inspecteurs qui réalisent ces contrôles”. “S’il y a eu des errements, toutes les conséquences seront tirées”.

L’actuel ministre, Édouard Geffray, avait indiqué fin octobre que plus de 850 contrôles avaient déjà été menés et qu’on serait “à 1000 contrôles d’ici la fin de l’année”.

Lors d’une audition devant l’Assemblée nationale la semaine dernière, le secrétaire général de l’enseignement catholique Guillaume Prévost avait indiqué que “de graves abus d’autorité” avaient lieu lors de ces inspections, appelant à “une mission parlementaire sur les conditions” dans lesquelles elles se déroulent.

Dans un rapport publié lundi, l’enseignement catholique détaille certains de ces “graves abus”. Il pointe, à travers des exemples et témoignages, des “méthodes de contrôle abusives, arbitraires et anxiogènes”, des “remises en cause systématiques des libertés pédagogiques”, des “injonctions qui visent à neutraliser toute expression de l’identité catholique des établissements”, ou encore “une suspicion généralisée à l’égard de l’animation proprement chrétienne”. Le rapport fait état notamment de cas d'”insistance intrusive et préoccupante sur les questions confessionnelles” dans des entretiens avec des enseignants, élèves et parents.

Une église et une chapelle profanées à Rome

Une église catholique et une chapelle de la gare la plus fréquentée de Rome ont été profanées à une semaine d’intervalle. Un acte de réparation a été accompli dans l’une, tandis que l’autre a été fermée après le sacrilège.

Le 25 novembre, des excréments humains ont été découverts à divers endroits de l’église San Nicola di Bari (Saint-Nicolas de Bari) à Ostie, notamment sur l’autel,  selon le diocèse de Rome. Le cardinal vicaire Baldassare Reina, vicaire général du diocèse de Rome, Mgr Renato Tarantelli Baccari, évêque auxiliaire du secteur sud, et le curé  ont célébré une messe solennelle de réparation dans cette église le 1er décembre.

Quelques jours seulement après la première profanation, de l’urine et des excréments humains ont été découverts à plusieurs endroits d’une chapelle catholique, y compris sur l’autel, à la gare Termini de Rome, principale gare ferroviaire fréquentée par les pèlerins catholiques se rendant dans la Ville éternelle. Suite à cette profanation, la chapelle a été temporairement fermée, mais suffisamment de fidèles se sont portés volontaires pour la surveiller, permettant ainsi sa réouverture.

Après la profanation, bien que l’église soit restée ouverte au public, des messes ont été temporairement célébrées dans une église voisine jusqu’à la  messe de réparation du 1er décembre, au cours de laquelle l’autel et les murs ont été purifiés.

Dans un message publié sur Facebook, Mario Falconi, le président de la Xe municipalité de Rome qui assistait à la messe solennelle, a condamné cet acte sacrilège.

« Je juge nécessaire de condamner fermement un acte aussi odieux – il ne s’agit pas seulement de vandalisme, mais d’une attaque contre la mémoire, la spiritualité et les valeurs qui ont toujours uni nos familles et nos quartiers »

La chapelle Termini, quant à elle, outre le fait d’être un lieu de prière fréquenté par les fidèles de passage, se situe dans un quartier tristement célèbre pour sa population sans-abri et la consommation de drogue. Ces conditions ont récemment entraîné plusieurs profanations, ce qui a conduit à la fermeture temporaire de la chapelle par crainte de nouveaux actes de blasphème, notamment pendant les heures où aucun catholique ne s’y trouve.

Le père Domenico Monteforte, recteur de la chapelle Termini, a déclaré à un média italien que, bien qu’il n’ait aucune animosité envers les sans-abri et les citoyens pauvres des environs de la gare pour lesquels la chapelle est souvent un refuge, certains manquent malheureusement de respect pour son caractère sacré.

« Pour beaucoup, l’église est un refuge. Même parmi les voyageurs, nombreux sont ceux qui s’y arrêtent pour discuter, chercher du réconfort, raconter leur histoire, et même se confesser ». « Malheureusement, certains ne respectent pas le caractère sacré du lieu. »

Le père Luigi Maria Epicoco, prêtre italien populaire et très suivi sur les réseaux sociaux, a publié le 29 novembre sur Facebook la photo d’un panneau devant la chapelle expliquant sa fermeture. Il a exhorté les fidèles à donner de leur temps pour aider à sa réouverture.

« J’en appelle à tous les habitants de Rome : donnez une heure de votre temps comme bénévoles pour permettre à la chapelle de rester ouverte et protégée des attaques blasphématoires dont elle est victime ». « Rome regorge de gens, je ne peux croire qu’il n’y ait pas d’hommes et de femmes de bonne volonté. Courage ! Un simple « oui » peut être une lueur d’espoir dans ces ténèbres ! »

L’appel d’Epicoco a porté ses fruits, car suffisamment de fidèles se sont portés volontaires pour rouvrir la chapelle.

Un tribunal italien retire des enfants à une famille pratiquant l’instruction à domicile

Le 20 novembre, trois mineurs vivant avec leurs parents dans une ferme isolée au cœur d’une forêt des Abruzzes, en Italie, ont été placés sous tutelle par le tribunal pour enfants de L’Aquila, suite à un contrôle effectué après une suspicion d’intoxication aux champignons. Ce contrôle a révélé un logement dépourvu d’eau courante, d’électricité et de chauffage, ainsi que l’absence de vaccination et de scolarisation des enfants.

L’ordonnance du tribunal, accompagnée d’une motivation détaillée, mentionnait parmi les principaux motifs d’intervention l’isolement des enfants, jugé préjudiciable à leur droit fondamental à la vie sociale et au développement psychosocial. La décision a suscité une vive réaction, notamment de la part de membres du gouvernement Meloni qui ont critiqué son bien-fondé et soulevé des doutes, provoquant un affrontement direct avec la justice des mineurs.

« Je ne peux cacher ma perplexité face à la décision prise », a déclaré l’archevêque Bruno Forte, ordinaire du diocèse de Chieti-Vasto, où l’affaire s’est déroulée.

« Un dialogue aurait pu être mené avec détermination. Je m’interroge sur la proportionnalité entre les agissements des parents et la mesure prise. »

Giorgia Meloni et le ministre de la Justice Carlo Nordio ont discuté de la question, envisageant la possibilité d’envoyer des inspecteurs ministériels à L’Aquila – une initiative qui, bien que relevant des prérogatives de l’exécutif, a été perçue par beaucoup comme une tentative d’influencer la justice des mineurs. Le vice-Premier ministre Matteo Salvini a qualifié la décision des juges de « honteuse », affirmant que l’intervention de l’État avait empiété sur le domaine de l’éducation privée.

Face au silence de la Conférence épiscopale italienne sur la question, Mgr Forte a exprimé une position modérée mais claire, se déclarant « perplexe » par l’issue de la procédure. Il a exhorté les institutions à « reconnaître la place légitime de la famille et de l’autorité parentale », tout en affirmant la nécessité d’agir « au service du bien supérieur des enfants ». Sa prise de position a donné une résonance particulière à l’affaire, l’inscrivant également dans le débat éthique sur les rapports entre l’autorité publique et le rôle éducatif des parents.

La famille, d’origine anglo-australienne, composée des époux Nathan et Catherine Trevallion et de leurs trois enfants âgés de 6 à 8 ans, vivait dans une ferme isolée au cœur de la forêt des Abruzzes. Tout a commencé par un contrôle médical suite à une suspicion d’intoxication aux champignons chez l’un des enfants. Cet incident a conduit les services sociaux et les autorités compétentes à inspecter le domicile de la famille, organisé selon un mode de vie autosuffisant, déconnecté des réseaux de services essentiels.

Au cours de l’enquête, les juges ont examiné la faisabilité du mode de vie « néo-rural » choisi par les parents et son impact sur les enfants, concluant qu’un isolement total et prolongé représentait un risque réel pour leur développement psychosocial. L’ordonnance a finalement ordonné le placement des enfants.

L’affaire aborde également le droit des parents à assurer l’éducation de leurs enfants, car le tribunal, en examinant la situation des mineurs, a dû déterminer si l’absence de scolarisation relevait de l’instruction à domicile légitime ou constituait un signe supplémentaire d’un environnement inadéquat.

La question centrale est désormais de savoir si l’intervention judiciaire visait un choix de vie alternatif ou un environnement concrètement dangereux, car l’issue de cette affaire influencera la manière dont l’État abordera à l’avenir les formes d’éducation non étatiques, déjà soumises en Italie à des contrôles rigoureux et à un cadre réglementaire particulièrement restrictif.

Dix-sept militants pro-vie arrêtés devant un centre Planned Parenthood

Dix hommes et sept femmes ont passé une nuit dans une prison de Memphis après avoir organisé une manifestation pacifique devant le bâtiment de Planned Parenthood à Memphis, Tennessee.

Cette manifestation du 5 décembre a été organisée par « Rescue Resurrection » , un mouvement pro-vie qui planifie des actions de « sauvetage » à travers le pays.

Parmi les personnes arrêtées figuraient des figures bien connues du mouvement pro-vie : Randall Terry, fondateur d’Operation Rescue ; Joan Andrews Bell , militante pro-vie de longue date ; Terrisa Bukovinac, directrice de PAAU (Progressive Anti-Abortion Uprising) ; Nathan Berning, directeur de Let Them Live ; et le Dr Monica Miller de Citizens for Life, entre autres.

Épuisé après avoir passé une nuit blanche dans une cellule surpeuplée sans lits, Terry a déclaré à LifeSiteNews que « c’est un prix dérisoire à payer pour défendre les bébés ».

S’exprimant également par téléphone depuis sa cellule auprès de LifeSite, Nathan Berning a fait écho aux propos de Terry, soulignant la volonté des participants d’assumer les conséquences personnelles de leurs condamnations.

« Il est temps de faire de vrais sacrifices pour les bébés, y compris aller en prison », a déclaré Berning.

Après sa libération, Joan Andrews Bell a exprimé sa gratitude d’avoir participé à ce que les organisateurs considèrent comme le début d’un mouvement de sauvetage.

Bien que l’avortement soit illégal dans le Tennessee, l’organisation Planned Parenthood est soupçonnée d’aider des femmes enceintes à obtenir des avortements dans des États où l’avortement reste légal. 

« Planned Parenthood se livre à un trafic de ces femmes, aidant des mineures à franchir les frontières des États pour tuer leurs bébés », a déclaré Terry depuis sa cellule. 

« Quand nous nous sommes assis devant la porte à 8 heures du matin, une douzaine de voitures de police ont surgi du coin de la rue et en sont sorties en masse ». « C’était impressionnant. »

« Au début, ils nous ont donné des avertissements, mais nous avons dit : “Nous n’allons pas partir car Planned Parenthood est le plus grand meurtrier d’enfants de l’hémisphère occidental. Ils font le trafic d’organes de bébés, ils font le trafic de mineurs pour tuer leurs enfants” ».  « Ce sont eux les criminels dans cette situation. » 

« Nous essayons de raviver la flamme de la passion pour les bébés, de relancer le mouvement de sauvetage et de renouveler la désobéissance civile ».

« Notre prochaine étape est Washington, D.C., le 22 janvier 2026. Nous demandons à nos frères et sœurs pro-vie de se joindre à nous pour un sit-in devant le siège de la FDA (Food and Drug Administration) afin d’appeler le président Trump et le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, RFK Jr., à interdire la pilule abortive ».

« Si nous voulons raviver la passion pour sauver les bébés, cela ne se fera qu’en créant une “tension sociale” ». 

« Les tensions sociales et la désobéissance civile pacifique permettent de mettre un problème sur le devant de la scène », avait-il déclaré à LifeSiteNews.

« Et c’est notre mission : faire de l’avortement un enjeu politique majeur afin de pouvoir le rendre illégal dans les 50 États. »

 « Ce qui est si important dans cette action de désobéissance civile, c’est que nous avons le plus grand éventail de militants pro-vie que j’aie jamais vu – démocrates, républicains, blancs, noirs, jeunes et vieux, catholiques et évangéliques – qui sont prêts à se faire arrêter ensemble ». « Si l’avortement doit redevenir un sujet central pour le public américain, ces actions doivent être menées régulièrement. »

Les organisateurs de Rescue Resurrection affirment que l’action menée à Washington, D.C., vise à constituer un témoignage public majeur, s’inscrivant dans la série d’événements de « sauvetage » lancés sous la bannière de Rescue Resurrection.

« Quelle est la valeur de la vie d’un bébé ? » « On fracasse le crâne de ces enfants, on leur arrache les membres. »

Terry a déclaré que les désagréments et l’inconfort de passer le week-end en prison étaient insignifiants comparés au sort de ces enfants une fois que leurs mères se rendent dans un centre de planning familial pour avorter. « On nous nourrit, on a chaud, on n’est ni torturés ni tués ». 

« Cela donne du poids à notre discours. Si l’avortement est un meurtre, nous devons consentir à des sacrifices à la hauteur de ce crime ». « Nous nous inspirons des idées du Dr Martin Luther King. La tension sociale est nécessaire pour engendrer un changement social. Alors, rejoignez-nous à Washington, D.C., devant la FDA, pour interdire cette pilule meurtrière. »

Rescue Resurrection est un mouvement pro-vie qui coordonne des actions de « sauvetage » pacifiques et non violentes devant les cliniques pratiquant l’avortement et les institutions gouvernementales à travers les États-Unis. Le mouvement s’oppose publiquement à l’avortement, milite pour la protection des enfants à naître et appelle les autorités et le public à mettre fin à tous les avortements et à l’utilisation de médicaments abortifs.

La FAFCE exclue de tous les financements européens

Message de Vincenzo Bassi, Président de la Fédération des associations familiales catholiques en Europe (FAFCE) :

Alors que l’année 2025 touche à sa fin, je me dois de vous faire part des moments difficiles que traverse actuellement la Fédération des associations familiales catholiques d’Europe (FAFCE).

Il y a un mois, après avoir déposé six projets européens visant à promouvoir la protection des jeunes et des enfants, la FAFCE a été exclue de tout financement par la Commission européenne, pour violation présumée des mesures d’égalité et des valeurs de l’UE.

En tant que président de la FAFCE, je considère cela comme une discrimination idéologique.

Comment une fédération d’associations dont la mission première est la promotion de la famille peut-elle être exclue de projets financés par l’UE tels que CERV ou Erasmus+ ?

Une évaluation de la Commission européenne indique que « les informations limitées sur les disparités entre les sexes dans la participation des organisations de la société civile peuvent limiter la profondeur de l’analyse de genre et la compréhension de la manière dont les obstacles à la participation sont traités dans différents groupes démographiques ».

La même évaluation indique que « cette approche peut être contraire aux dispositions de l’UE en matière d’égalité ». Ces deux jugements catégoriques se traduisent par une pénalité de 30 % sur les notes.

Une autre réponse de la Commission européenne était que « bien que les valeurs de l’UE soient correctement intégrées, la proposition devrait fournir des explications plus claires sur la manière dont des principes tels que la dignité humaine, la démocratie et l’égalité sont mis en œuvre ».

La Commission européenne explique également que « des mesures relatives au langage sensible au genre et à l’accessibilité sont mentionnées. Cependant, les garanties contre la discrimination ou la victimisation sont limitées ».

Il s’agit là d’une discrimination idéologique à l’égard d’organisations de la société civile telles que la FAFCE, qui ont toujours encouragé le dialogue et défendu la dignité de chaque personne. Je déplore le fait que les propositions de la FAFCE soient pénalisées alors qu’elles présentent les familles comme un instrument d’inclusion sociale et de protection ; un projet entier était même consacré à l’éducation numérique des mineurs. La richesse de la société civile européenne réside dans son pluralisme, un principe inscrit à l’article 2 du traité sur l’Union européenne. Aucune organisation ne devrait jamais être pénalisée pour avoir défendu une position légitime sur la place publique.

La Commission, en tant que « gardienne des traités », doit au contraire être extrêmement attentive et veiller à ne causer aucune discrimination entre les organisations, y compris en matière d’accès au financement.

Fondée en 1997, la FAFCE est la seule ONG familiale au niveau européen à inclure le terme « catholique » dans son nom officiel. Aujourd’hui, nous comptons 33 associations membres issues de 21 pays. Malgré nos ressources limitées, notre travail de plaidoyer a un impact significatif sur des questions telles que l’hiver démographique, l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale, la protection des enfants, les méfaits de la pornographie et les questions relatives à la vie et à la dignité humaine. Notre fédération contribue de manière constructive au bien commun en Europe.

C’est pourquoi je demande à chacun d’entre vous d’aider la FAFCE à poursuivre sa mission de promotion de votre famille. Notre fédération a besoin de 150 000 € pour poursuivre ses projets actuels ; sinon, en 2026, nous serons contraints de licencier nos employés dévoués et de réduire notre présence, la présence de la voix de la famille dans l’Union européenne.

Je suis convaincu que la Providence et votre contribution significative aideront la FAFCE en ces temps difficiles.

Triste anniversaire : celui des 120 ans de la Loi de 1905

D’Antoine Bordier, auteur, biographe, essayiste, consultant et journaliste indépendant :

Oui, souvenez-vous, c’était le 9 décembre 1905. Aristide Briand en avait pris le bâton révolutionnaire et la responsabilité en tant qu’initiateur et rapporteur. La Terreur rouge-sang des années 1789-1794 coulait encore en France sous la forme d’une encre législative. Il fallait bien punir d’une façon ou d’une autre la conversion de Clovis, qui a permis au 5e siècle d’unifier la France et de faire du peuple Franc « la Fille aînée de l’Eglise ». Aristide Briand, ce grand serviteur de l’Etat et de la franc-maçonnerie a été 11 fois Président du Conseil (Chef du gouvernement) et une trentaine de fois ministre (quelle folie !) sous la IIIe République. Aujourd’hui, dans une France qui se déchristianise à grandes enjambées depuis mai 1968, et qui s’islamise à marche forcée depuis les années 1980, le dernier sondage IFOP paru en novembre dernier tire une sonnette d’alarme : 59 % des jeunes musulmans souhaitent que l’islam prime sur la République française. Eclairage et zoom sur une loi qui a fait couler beaucoup d’encre, et qui interdit les croix mais pas les voiles.

Nous sommes dans la nuit de Noël, celle du 24-25 décembre 496 (les historiens font circuler plusieurs dates différentes sur le sujet, mais retenons celle-ci en raison du 1500e anniversaire qui a été fêté en France, à Reims, en 1996). Clovis, le roi des Francs, par amour, par conviction et par grâce, est baptisé par l’évêque saint Rémi. Son épouse, Clotilde, sa garde et sa cour l’entourent. La première racine de la France est une fine fleur, une semence, celle de la tige de Jessé, celle du père de David, celle du christianisme. Elle s’enfonce profondément dans l’humus, craquelle la terre et transforme le basalte incandescent du Royaume de France. Ce-dernier, à son apogée, sous Charlemagne, en 804, s’étend de la France actuelle jusqu’en Pologne, le nord de l’Espagne et le nord de l’Italie.

La France chrétienne se pare de ses saints, comme autant de brillants, de diamants, d’or et d’argent. Ses villes et villages se bâtissent autour des abbayes, des cathédrales, des chapelles, des églises et des monastères. Aujourd’hui encore, près de 5 000 communes de France portent fièrement le nom d’un saint !

Et les 110 cathédrales de France, les avez-vous visitées ? Elles sont encore debout. Regardez, regardez une carte de France. Dans chaque département, dans chaque diocèse se trouve une cathédrale. Même la Révolution et les trahisons de Philippe d’Orléans, dit Philippe-Egalité, qui a voté la mort de son cousin Louis XVI en janvier 1793, n’ont pu les abattre, les incendier, et les ruiner. Cet Orléans périra de la même façon que son cousin-roi : décapité en novembre de la même année.

Le Duc d’Orléans, selon Marion Sigaut (auteur d’une vingtaine d’ouvrages, dont Voltaire : une imposture au service des puissants), était grand-maître du Grand Orient. Et, il voulait renverser son cousin ! Le péché de Caïn contre son frère Abel se répète. 

La Révolution et la Constitution civile du clergé

Les révolutionnaires avaient et n’ont toujours qu’une idée en tête, aux idées et aux ramifications multiples : ni Dieu, ni maître, ni devoir, ni famille, ni mari, ni père, ni clergé. Ainsi, Voltaire et Rousseau étaient anti-cléricaux. En criant « Ecrasez l’infâme », cri de ralliement des idées révolutionnaires, le philosophe des « Lumières » désigne une cible, une tête à couper et tout ce que représente le clergé et l’Eglise au 18e siècle. Selon Marion Sigaut, auteur d’un livre sur Voltaire, ce-dernier « a fait passer le libéralisme des Lumières pour une émancipation ».

De son côté, Rousseau milite avec moins de virulence politique et plus de poésie, de romantisme et de sentimentalisme. Il milite pour l’égalité, la liberté et l’abandon des privilèges. La franc-maçonnerie dans ses loges secrètes joue un rôle indéniable et méconnu. Pour Marion Sigaut, son rôle est « accessoire ».

C’est la Constitution civile du clergé, un décret adopté par l’Assemblée nationale constituante, le 12 juillet 1790, promulguée par Louis XVI un mois plus tard, qui servira de modèle à la Loi de 1905. Les biens de l’Eglise de France y sont nationalisés, spoliés, transformés. Cette Constitution coupe la tête et supprime les offices ecclésiastiques et le clergé régulier, les biens de l’Eglise sont sécularisés.

Des abbayes, des églises, des monastères deviennent des entrepôts, des prisons… Pendant que les révolutionnaires assoiffés de sang transportent au bout de leurs piques les têtes des curés réfractaires. Les vœux de religion sont supprimés.

Et, les prêtres, les moines et les religieux doivent prêter ce serment : « Je jure de veiller avec soin sur les fidèles de la paroisse (ou du diocèse) qui m’est confiée, d’être fidèle à la Nation, à la Loi, au Roi et de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution décrétée par l’Assemblée nationale et acceptée par le Roi. » Dieu est mis à mort, le roi bientôt…

Quelques mois plus tard, le serment est modifié. Avant qu’on ne lui coupe définitivement la tête, le roi n’est plus mentionné !

Sur les près de 130 à 150 000 prêtres et religieux, 40 à 45% seront réfractaires, et la majorité des évêques. Une loi de « déportation » est alors votée en novembre 1790. Louis XVI n’est plus que l’ombre de lui-même. La France devient génocidaire de son propre peuple ! La France révolutionnaire tue 500 000 Français… Les Lumières se transforment en Ténèbres noir-sang. Les condamnations du Pape Pie VI ne changeront rien. 

De 1789 à 1905 !

116 ans séparent 1905 de 1789. La France monarchiste est devenue révolutionnaire, républicaine, puis, impériale, puis, une dernière fois monarchiste. Le régime républicain est institutionnalisé depuis la 3e République (1870-1940). Les attaques de l’Etat contre l’Eglise reprennent après l’accalmie et la défense napoléonienne. Le Concordat est l’exemple type des exceptions à la laïcisation à outrance de notre société. Des exceptions qui devraient être la règle.

En 1905, le Pape, comme ses prédécesseurs, dénonce « les persécutions » de l’Etat français contre l’Eglise de France, contre « la sécularisation ». Une nouvelle fois, les biens de l’Eglise sont transférés à l’Etat. Ce-dernier nationalise à tour de bras. Il s’empare, spolie, soumet à son autorité tous ces biens.

L’affaire Dreyfus n’a rien arrangé. Malgré la grâce présidentielle, l’antisémitisme et l’anticléricalisme sont repartis à la hausse. En plus, l’inauguration officielle et solennelle de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre le 5 juin 1891, du Vœu national, déclarée d’utilité publique par la loi du 24 juillet 1873, à la suite de la guerre de 1871, a relancé le sentiment anticlérical pour les radicaux de gauche comme Jules Ferry (de la gauche républicaine). On encense l’ancien ministre et l’ancien président du conseil pour l’école gratuite, et c’est très bien. Mais, on oublie vite qu’on lui doit l’expulsion des congrégations religieuses en 1880-1882. On oublie vite sa christianophobie !

En 1893, le Pape Léon XIII

Oui, cette année-là, le pape demande aux catholiques français toujours opposés à la République de se ranger de son côté. « Léon XIII demande aux catholiques de reconnaître la République comme une forme de gouvernement comme une autre, expliquait Martin Dumont (docteur en Histoire, ingénieur d’études, secrétaire général de l’Institut de recherche pour l’étude des religions à la Sorbonne Université, chargé d’enseignement à l’Institut catholique de Paris), il y a quelques mois dans une tribune. Mais il s’oppose au principe d’une séparation de l’Église et de l’État, et il condamne fermement la franc-maçonnerie. Il ne fait aucune concession au libéralisme catholique. L’idée, derrière le ralliement, est une reconquête chrétienne de la société. »

La reconquête a-t-elle eu lieu ? La société française est-elle redevenue chrétienne. Manifestement, non. Aujourd’hui, en 2025, il y a en France plus de 9 000 prêtres. Ils étaient plus de 50 000 en 1945, à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, et plus ou moins 130 000 en 1800. Une véritable hécatombe !

 

La Loi de Séparation de l’Eglise et de l’Etat : un nouveau mystère douloureux

De nouveau la gauche républicaine en 1900-1905 veut reprendre la main, enfoncer les clous dans les mains de l’Eglise de France et gommer définitivement les avantages du Concordat. Oui, de nouveau, comme si l’Eglise était crucifiée, des congrégations sont expulsées (comme en 1790, 1880 et 1882). Avant 1905, le gouvernement Combes avait, déjà, ordonné la fermeture de plus de 2 000 écoles privées. Les Bénédictins, les Chartreux, etc., sont expulsés.

Selon Dom Louis Soltner, moine bénédictin de Solesmes, auteur de nombreux ouvrages sur le sujet, ces 120 ans, cet anniversaire

« de la séparation de l’Église et de l’État va ramener l’attention des français sur la période de politique anticléricale du gouvernement de la troisième République avant 1914. Déjà en 1980, Solesmes avait commémoré un événement douloureux de son histoire : l’expulsion des moines par la force publique, pour insoumission aux décrets du 29 mars 1880. La plupart de nos visiteurs sont surpris quand on leur apprend que les bénédictins de l’abbaye Saint-Pierre ont été chassés de chez eux en novembre 1880 et en mars 1882. Ils apprennent ensuite que les moines ont vécu durant une quinzaine d’années dans les maisons du village, hors de leur cloître, aux portes de leur monastère qui leur était interdit ; puis qu’ils y sont rentrés en 1895, à la faveur d’une accalmie, le temps de construire un bâtiment grandiose le long de la Sarthe, et qu’à peine celui-ci terminé, ils ont dû s’exiler en Angleterre en 1901… »

Aujourd’hui quid de la Christianophobie ?

Selon l’ancien Président de la Conférence des Evêques de France, organe dirigeant l’Eglise de France, Mgr Eric de Moulins-Beaufort qui s’exprimait en 2021 au sujet d’un texte de projet de Loi confortant le respect des principes de la République et visant à renforcer la Loi de 1905 :

« Lorsque j’avais rencontré le Président de la République à la fin du mois d’août 2019, il avait déjà évoqué ces sujets avec beaucoup de vigueur. Nous comprenons les inquiétudes que suscitent les actions de groupes généralement qualifiés d’islamistes – ce que le terme de « séparatisme » voulait mentionner au départ. Mais l’on se trouve finalement devant un texte qui modifie, ou qui risque de modifier, l’équilibre général de la loi de 1905 et ainsi la manière dont les catholiques, les protestants, les orthodoxes et les juifs ont trouvé à vivre en France d’une manière qui nous paraît plutôt harmonieuse et sur laquelle nous ne souhaitons pas particulièrement revenir. Autant dire que nous ne sommes pas demandeurs de ce projet de loi, même si nous comprenons certaines nécessités relatives à l’ordre public. »

En résumé : statu quo sur 1905, le problème c’est l’islamisme.

Aujourd’hui, tous les projecteurs sont braqués sur l’islamisation de la France, sur une France qui deviendrait en partie, dans certaines villes, dans certains villages, dans certaines régions de France (toutes ?) musulmanes. Une France sarrasine qui ferait voler en éclat la Loi de 1905 et l’apaisement entre les religions catholiques, protestantes et juives. Une France qui effacerait les valeurs de la République pour les remplacer par celles du Coran ! La charia remplacerait la Liberté, l’Egalité et la Fraternité, sur les frontons de nos institutions et de nos mairies.

Une France nettoyée de son histoire chrétienne, qui a vu le nombre de musulmans passer de 200 000 après la Première Guerre mondiale, à plus ou moins 10 millions aujourd’hui ! Une France qui a vu le nombre de ses mosquées passer de 1 à 2 600-2 700 ! Une France en danger ! Une France islamisée !

En 2019, la cathédrale Notre-Dame de Paris brûle. L’enquête est toujours en cours… Aucune autorité ne s’est prononcée sur un énième attentat.

En 2023, selon Camille Chaize, porte-parole du ministère de l’Intérieur, « un peu moins de 1 000 actes anti-chrétiens, contre les biens comme des cimetières ou des églises » avaient été déclarés. En 2024, le nombre d’incendies d’églises était monté en flèche. Et en 2025 ?

Triste anniversaire, donc, celui des 120 ans de la Loi de 1905, qui embastillerait la France chrétienne dans la christianophobie…

Reportage réalisé par Antoine BORDIER

Copyright des photos A. Bordier, Assemblée Nationale, Marion Sigaut et GodefroyParis / CC by-sa

Message présidentiel à l’occasion de la fête de l’Immaculée Conception

Communiqué de la Maison Blanche :

Aujourd’hui, je rends hommage à tous les Américains qui célèbrent le 8 décembre comme un jour saint en l’honneur de la foi, de l’humilité et de l’amour de Marie, mère de Jésus et l’une des plus grandes figures de la Bible.

Lors de la fête de l’Immaculée Conception, les catholiques célèbrent ce qu’ils considèrent comme la libération de Marie du péché originel en tant que mère de Dieu. Elle est apparue pour la première fois dans l’histoire comme une jeune femme lorsque, selon les Saintes Écritures, l’ange Gabriel la salua dans le village de Nazareth pour lui annoncer un miracle : « Salut, toi qui as la grâce de Dieu ! Le Seigneur est avec toi », lui annonçant qu’« elle concevra et enfantera un fils, et elle lui donnera le nom de Jésus ».

Dans l’un des actes les plus profonds et les plus lourds de conséquences de l’histoire, Marie accepta héroïquement la volonté de Dieu avec confiance et humilité : « Voici la servante du Seigneur. Qu’il me soit fait selon ta parole. » La décision de Marie changea à jamais le cours de l’humanité. Neuf mois plus tard, Dieu s’incarna lorsque Marie donna naissance à un fils, Jésus, qui allait offrir sa vie sur la Croix pour le rachat des péchés et le salut du monde.

Depuis près de 250 ans, la Vierge Marie joue un rôle essentiel dans l’histoire américaine. En 1792, moins de dix ans après la fin de la guerre d’Indépendance, l’évêque John Carroll, premier évêque catholique des États-Unis et cousin de Charles Carroll, signataire de la Déclaration d’indépendance, consacra la jeune nation à la Vierge Marie. Moins de vingt-cinq ans plus tard, les catholiques attribuèrent à Marie la victoire éclatante du général Andrew Jackson sur les Britanniques lors de la bataille décisive de La Nouvelle-Orléans. Chaque année, le 8 janvier, les catholiques célèbrent une messe d’action de grâce à La Nouvelle-Orléans en mémoire de l’aide apportée par Marie pour sauver la ville.

À travers les âges, des figures américaines légendaires telles qu’Elizabeth Ann Seton, Frances Xavier Cabrini et Fulton Sheen, qui ont consacré leur vie à glorifier Dieu au service d’autrui, ont voué une profonde dévotion à Marie. La basilique du Sanctuaire national de l’Immaculée Conception, située au cœur de la capitale des États-Unis, honore Marie comme la plus grande église d’Amérique du Nord. L’hymne intemporel « Ave Maria » demeure cher à d’innombrables citoyens. Elle a inspiré la fondation d’innombrables églises, hôpitaux et écoles. Près de 50 universités et établissements d’enseignement supérieur américains portent le nom de Marie. Et, dans quelques jours seulement, le 12 décembre, les catholiques des États-Unis et du Mexique célébreront la dévotion inébranlable à Marie, née au cœur du Mexique – où se dresse aujourd’hui la magnifique basilique Notre-Dame de Guadalupe – en 1531. À l’approche du 250e anniversaire de la glorieuse indépendance américaine, nous reconnaissons et rendons grâce, avec une profonde gratitude, pour le rôle de Marie dans la promotion de la paix, de l’espoir et de l’amour en Amérique et au-delà de nos frontières.

Il y a plus d’un siècle, en pleine Première Guerre mondiale, le pape Benoît XV, chef de l’Église catholique romaine, commanda et consacra une majestueuse statue de Marie, Reine de la Paix, portant l’Enfant Jésus et un rameau d’olivier, afin d’encourager les fidèles chrétiens à suivre son exemple de paix en priant pour la fin des massacres. Quelques mois plus tard, la Première Guerre mondiale prenait fin. Aujourd’hui, nous nous tournons à nouveau vers Marie pour y puiser inspiration et réconfort, tandis que nous prions pour la fin de la guerre et pour une ère nouvelle et durable de paix, de prospérité et d’harmonie en Europe et dans le monde entier.

En son honneur, et en ce jour si particulier pour nos citoyens catholiques, nous nous souvenons des paroles sacrées qui ont apporté aide, réconfort et soutien à des générations de croyants américains dans le besoin :

Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.

Les mythes fondateurs et les constantes géopolitiques de la Russie

De Raphaël Chauvancy dans Conflits :

[…] Il faut reconnaître une chose à la politique étrangère russe : sa constance. Les régimes passent, l’idée impériale demeure. Sous-secrétaire d’État sous Vergennes, Rayneval notait déjà, effaré, que Catherine II était prête à sacrifier « tout le sang de ses sujets » à ses ambitions impériales. Gérard, premier commis aux Affaires étrangères à la même période, caractérisait le gouvernement russe par « l’ambition, le désir de donner la loi à ses voisins, le mépris du droit des gens et des traités. » On aurait aimé dire que, depuis, le Kremlin s’est illustré par sa modération, son respect de la souveraineté de ses voisins, des droits de l’Homme et des traités. Il s’en faut hélas de beaucoup. Vladimir Poutine, ancien officier supérieur du KGB (la Gestapo soviétique), n’a-t-il pas publiquement qualifié la chute de l’empire totalitaire soviétique de « plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle » ? Louable sincérité, pour une fois.

Poutine conservera probablement le Donbass. La Russie y perdra beaucoup. La russification culturelle et démographique forcée, un Grand Remplacement assumé si l’on préfère, a historiquement empêché l’Ukraine de s’affranchir de son trop puissant voisin. Pour s’affirmer en tant que nation souveraine, elle devait mettre fin d’une manière ou d’une autre à une trop grande porosité avec la Russie. Resserrée sur des bases ethniques et culturelles homogènes, trempée dans le combat fondateur mené depuis 2022, qui deviendra la pierre angulaire de sa mémoire collective, l’Ukraine serait finalement plus libre et plus forte. Elle se tournerait résolument vers l’ouest tout en montant une garde vigilante à l’Est.

Une conquête qui isole

La conquête du Donbass isolerait paradoxalement la Russie. Elle gagnerait quelques arpents de steppes, mais perdrait le gigantesque espace de manœuvre aux portes de l’Europe qu’était jadis l’Ukraine pour elle. Moscou ne pèserait plus grand-chose face à des nations européennes réarmées militairement et moralement, enfin guéries des illusions post-historiques du progressisme. La Russie serait rejetée en périphérie des trois pôles de puissance et de prospérité nord-américain, européen et chinois. Son cauchemar géopolitique, la marginalisation, se réaliserait.

Rien n’est éternel, pas même le pire. La Russie n’est pas condamnée à demeurer toujours la perturbatrice de l’Europe.

Bien sûr, il faudrait qu’elle accepte enfin les contraintes de la géographie. Elle pourrait prendre exemple sur les Allemands, qui ont fini par comprendre que mieux valait vivre sous la pluie, mais en paix du mauvais côté du Rhin que de recevoir des coups de fusil au soleil en France. Tout le monde s’en porte beaucoup mieux d’ailleurs, eux les premiers.

Mais le changement ne pourrait venir que d’un bouleversement des rapports sociaux. L’émergence d’une classe moyenne éduquée irait de pair avec des aspirations au bien-être et à la liberté. Il ne serait alors plus question d’aller mourir en Ukraine pour la gloire d’un vieux despote. Une Russie prospère serait une Russie apaisée. Seulement, le régime des oligarques ne survivrait pas aux aspirations démocratiques d’une véritable société civile. Il fera tout pour l’empêcher. La guerre est un malheur pour les babouchkas de Novgorod qui perdent leur fils unique et pour les orphelins ukrainiens qui fleurissent la tombe de leur père. Mais elle pérennise le pouvoir des élites russes qui l’ont déclenchée.

Il n’y a pas de place pour un fauve dans le jardin européen. La porte de l’Ukraine doit être refermée et verrouillée. En espérant l’ouvrir un jour au peuple russe enfin libéré du joug.

Contribuer au sentiment d’anxiété de la population française et renforcer le rôle du Président mis à mal en politique intérieure 

De Jean-Pierre Maugendre :

Le 18 novembre dernier le général Fabien Mandon, Chef d’Etat Major des Armées, s’adressait au Congrès des maires de France. La presse s’est émue des accents bellicistes de l’orateur appelant à « accepter de perdre ses enfants […] pour protéger ce que l’on est ». Emoi général dans l’opinion et le Landerneau médiatique qui la façonne. Si la mobilisation n’est pas la guerre, cette brève intervention mérite cependant que l’on s’y attarde.

Grand Forum Après midi - 18/11/25 : Intervention du général Fabien Mandon

Dès le début le cadre est posé : « La Russie aujourd’hui, je le sais par les éléments auxquels j’ai accès, se prépare à une confrontation à l’horizon 2030 avec nos pays ». Nous n’en saurons pas plus sur ces éléments dont dispose le CEMA et qu’ignore le commun des mortels. On peut cependant s’interroger sur la crédibilité d’une menace qui verrait une Russie de 146 millions d’habitants et ne parvenant pas à venir à bout d’une Ukraine de 33 millions d’habitants, armée équipée, entraînée et financée par un Occident de 600 millions d’habitants, s’attaquer à une Union Européenne de 450 millions d’habitants. Après avoir observé la chance – autrefois on disait de l’honneur – qu’il a de commander nos Armées, le général Mandon nous fait partager quelques affirmations, certaines évidentes, d’autres plus discutables :

guerre ukraine - générée par grok
  • les USA se dégagent de l’Europe. Ce n’est pas un scoop ;
  • la puissance militaire chinoise croît. Ce n’est pas non plus une révélation ;
  • il existe un conflit militaire entre l’Ukraine et la Russie. Ce constat est assez partagé ;
  • des « groupes terroristes » déstabilisent l’Afrique. S’il est question de Daesh et de djihadistes, le mot Islam n’est jamais prononcé. Etrange omission ;
  • la paix est menacée au Moyen-Orient et en Europe alors que « Nous sommes forts. Nous sommes fondamentalement forts » en face du « danger posé par la Russie ». Malheureusement aucun élément précis ni aucune information déterminante ne viennent étayer cette affirmation péremptoire qui rappelle la tristement célèbre formule de Paul Reynaud en septembre 1939 : « Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts ». On connaît la suite ;
  • l’Europe serait surtout forte de sa puissance industrielle et de ses effectifs militaires : « 1,4 millions d’hommes et de femmes », face à une armée russe de 1,5 millions d’hommes dont entre 600 et 800 000 déployés sur le front ukrainien.

Ces constats posés l’orateur pointe cependant ce qui nous manque : « La force d’âme pour accepter de nous faire mal pour protéger ce que l’on est »Le fait que cette martiale déclaration soit faite par un militaire plutôt que par un responsable politique est, en soi, déconcertante. En effet, la « force d’âme » d’un peuple est de la responsabilité du personnel politique et non d’un chef d’Etat-major payé pour organiser et mener les armées, non pour galvaniser la population.

Si l’on se réfère au célèbre triptyque clausewitzien, les forces morales reposent sur trois éléments :

  • le pouvoir politique qui fixe les raisons et les buts de guerre,
  • le peuple qui adhère au projet politique et soutient son armée,
  • l’armée qui est l’incarnation de la volonté de la nation.

Si l’affirmation du général Mandon est fondamentalement juste :

de nombreuses interrogations restent néanmoins en suspens : qu’est-ce que la force d’âme ? Quels en sont les ressorts ? Comment se cultive-t-elle ? et accessoirement : qui sommes-nous ? Qu’est-ce qu’être français ? Que défendons-nous ?

Personne de raisonnable ne se hasardera à affirmer qu’il existe un consensus national sur la réponse à apporter à ces questions et c’est là précisément le sujet qui devrait concerner au premier chef nos responsables.

Engagez-vous. Rengagez-vous.

En appelant à l’engagement de tous le général Mandon martèle : « La France est souveraine, elle veut garder la maîtrise de son destin ». Cependant, n’est plus souverain un pays :

image Emmanuel Macron manipulé par l'Union Européenne et l'es Etats-Unis - générée par Grok - la France n’est plus un Etat souverain
  • dont 80% des lois votées sont de simples retranscriptions de directives européennes,
  • qui n’a plus la maîtrise de sa monnaie,
  • dont le montant de sa dette le met à la merci de ses créanciers selon la formule connue : « Il y a deux moyens d’asservir un peuple : la guerre et la dette » (Thomas Jefferson),
  • impuissant à entraver l’arrivée sur son territoire de populations qui n’y ont pas été conviées. Désormais 19 millions de personnes sont issues de ces déplacements de population,
  • incapable d’obtenir des pays d’origine (au premier rang desquels l’Algérie) qu’ils récupèrent leurs ressortissants, délinquants, frappés d’une Obligation de Quitter le Territoire Français.

Les récentes palinodies d’Emmanuel Macron à propos de l’accord de l’UE avec le Mercosur sont la tragique manifestation de cette réalité : la France n’est plus un Etat souverain.

In fine, prenant son courage à deux mains notre orateur désigne enfin un ennemi précis : « Ceux qui déposent des têtes de cochon coupées devant des mosquées ». Voilà une appréciation toute personnelle des menaces qui nous guettent qui a dû stupéfier les maires présents plutôt confrontés aux émeutes ethniques, aux incivilités récurrentes voire aux meurtres dans les fêtes de village comme à Crépol.

1- Le général Mandon appelle au sacrifice de nos vies, mais pour quelle guerre ? La guerre avec la Russie est une menace créée de toutes pièces par nos dirigeants par la faute de notre engagement massif auprès des Ukrainiens dans une guerre qui ne nous concernait en rien, ou notre intérêt national n’était pas engagé. Ils ont fait de la Russie notre ennemie pour des raisons où s’entremêlent l’idéologie mondialiste, le romantisme nationalitaire, les considérations de politique intérieure, la soumission aux intérêts américains, la bêtise et l’irréflexion, et maintenant ces matamores font appel au patriotisme pour que nous mourrions dans un projet que nous désapprouvons. Leur idéologie, ils l’appellent la patrie. C’est exactement le tour de passe-passe que dénonçait Jean de Viguerie dans son livre Les deux patries.

2- Quelle menace existentielle pèse sur la France ? Le grand remplacement et l’islamisation. Toute désignation d’un ennemi lointain est un artifice pour ne pas s’attaquer à l’ennemi réel et se gorger de mots pour masquer sa capitulation

Drapeau OTAN

3- Ce qui nous menace, c’est notre appartenance à l’Otan dont, rappelons-le, les frontières ont été déplacées de 1 500 kms vers l’Est depuis la chute du mur de Berlin. Il est peu vraisemblable que Poutine veuille retrouver les frontières de l’URSS, certains pays de l’ex-bloc soviétique faisant désormais partie de l’Otan. Cette prétention serait regrettable, comme l’invasion de Chypre ou du Haut Karabakh par les Turcs et les Azéris. Cela ne toucherait cependant en rien nos intérêts vitaux (pas plus que l’invasion de Taiwan par la Chine). Le drame est qu’une invasion des Pays Baltes, follement accueillis dans l’Otan, nous emmènerait, par le jeu des alliances, à une guerre mondiale. Le problème est là, et le risque est de reproduire le précédent de 1914 en singeant celui de 1938. Il faut d’urgence sortir de l’Otan dont la légitimité originelle était de protéger l’Europe occidentale d’une très réelle menace d’invasion russe.

4- La formulation de Mandon est choquante. Il ne nous appelle pas à nous sacrifier mais à sacrifier nos enfants. On se croirait à Carthage. C’est qu’il ne s’adresse pas à ceux qui vont faire la guerre, mais aux boomers qui forment la base électorale d’Emmanuel Macron.  Ils appellent cette guerre de leurs vœux mais ils savent qu’ils ne la feront pas eux-mêmes. On leur demande seulement de fermer les yeux sur le sacrifice de la génération suivante. A Athènes l’assemblée votait des guerres idiotes certes, mais ceux qui votaient savaient qu’ils devraient ensuite guerroyer. Là, c’est comme les impôts : les gens consentent à des impôts qu’ils ne paieront pas eux-mêmes.

Photo d'un rafale - Crédit : Tim Felce (Airwolfhound) - général Mandon discours maires
©Tim Felce

5- Le général Mandon n’a connu que la guerre dissymétrique. Ses missions de guerre se sont déroulées au Tchad et au Congo. La lutte depuis un Rafale contre des soldats en sandales et kalashnikovs doit, certes, laisser un goût de toute puissance mais elle n’a rien à voir avec un conflit de haute intensité qui a déjà provoqué 149 000 morts russes (250 par jour en novembre 2025), et environ 172 000 ukrainiens (en ce moment 250 par jour également). (cf sites zonia.mediacasualties et ualosses.org).

6- Il y a quelque chose de pathétique dans cet appel à la force d’âme d’un peuple alors que depuis des décennies tout est entrepris par les pouvoirs publics pour détruire ce qui constitue l’âme de ce peuple : une histoire partagée, une fierté revendiquée, la conviction d’un destin commun. Au sommet de l’institution militaire et néanmoins sous les ordres du président de la République, chef des Armées, le général Mandon a la responsabilité d’une institution dont les maîtres mots sont : Honneur, Patrie, Valeur, Discipline, Fidélité, Courage, Sacrifice, etc. La culture woke, aujourd’hui prédominante, et dont la cérémonie d’ouverture des JO fut en quelque sorte la vitrine, est aux antipodes de ces mots d’ordre. D’ailleurs si devait se lever une génération de vrais guerriers, ne seraient-ils pas immédiatement accusés de cultiver une « masculinité toxique ».

Un objectif de politique intérieure

Tout semble indiquer que l’intervention, sur ordre, du général Mandon a pour principal objectif de contribuer au sentiment d’anxiété de la population française et de renforcer le rôle du Président mis à mal en politique intérieure : « Nous avons besoin d’un Président fort, toute opposition est irresponsable et anti patriotique ! »

Enfin si la victoire qui se dessine pour la Russie est acceptable pour Trump (qui explique qu’Obama et Biden sont responsables de ce fiasco), elle est inacceptable pour les Européens car les renvoyant à l’échec de leur pseudo fédéralisme face à un Etat nation dirigé par un homme qui, lui, fera l’histoire. Les succès de Poutine sont une catastrophe morale et politique pour Von der Leyen, Macron, Merz, Starmer, etc. car ils sont le triomphe d’une volonté politique et nationale, voire impériale contre la morale woke et un désastre financier au coût annuel de 140 milliards de dollars que l’Europe devra bientôt assumer seule, nonobstant les rodomontades du général Mandon.

Personnalités politiques - général Mandon discours maires

La fin de l’histoire n’est pas pour aujourd’hui !

Le pape Léon XIII et l’Empire de Chine

Sous le pontificat de Léon XIII (1878-1903), la Chine devint un enjeu central de la diplomatie et de la politique missionnaire du Saint-Siège. Confronté au monopole du protectorat religieux français, le pape tenta d’établir un lien direct avec la cour impériale de Pékin afin de préserver l’autonomie de l’Église. Cette conférence met en lumière les tensions croissantes nées de l’amalgame entre action missionnaire et ambitions coloniales des puissances occidentales, dans une Chine de plus en plus méfiante à l’égard des influences étrangères. Quelle fut la stratégie de Léon XIII pour affranchir les missions de la tutelle coloniale sans rompre avec la France ? Comment la papauté percevait-elle l’Empire chinois ? Et à quel prix pouvait-elle espérer s’en rapprocher ? Une plongée dans les subtilités d’un dialogue entre trône et autel, croix et dragon sous l’œil attentif du bicorne.

A propos du conférencier :

P. Landry Védrenne, MEP : Docteur en histoire des relations internationales, Chercheur associé à l’Institut de Recherche France-Asie (IRFA), membre du French Taiwan Studies Project (FTS) à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS, Paris).

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Xavier Bertrand, ce franc-maçon hostile à l’union des droites

Face à l’union des droites, Xavier Bertrand, président LR des Hauts de France, réaffirme son attachement gauchiste au “front républicain”.

Dans son livre Rien n’est jamais écrit, Xavier Bertrand raconte son intégration au sein de la franc-maçonnerie en 1995 :

Chrétiens de Syrie : entre incertitude et espérance

L’Œuvre d’Orient a rendu public un rapport dressant un état des lieux de la société syrienne et de la communauté chrétienne de Syrie depuis le début de la guerre en 2011 et plusieurs recommandations adressées aux organisations et à la communauté internationale.

Les communautés chrétiennes syriennes, véritable mosaïque confessionnelle jouent un rôle crucial dans la société syrienne. Elles assurent la gestion de 57 écoles accueillant 30 000 élèves, souvent issus de milieux modestes, et administrent quatre grands hôpitaux chrétiens, deux à Damas et deux à Alep, qui prennent en charge plus de 117 000 patients chaque année. Malgré leur diminution numérique, les chrétiens font vivre un tissu associatif particulièrement dynamique : depuis 2011, leurs organisations ont aidé près de 2,7 millions de personnes sur l’ensemble du territoire.

Le rapport souligne aussi l’ampleur des destructions et des déplacements qu’a subie cette communauté : en proportion, c’est celle qui a le plus diminué depuis le début de la guerre. À Homs ou à Alep, certains quartiers chrétiens historiques ont été ravagés ou totalement vidés. La situation de Deir ez-Zor en est l’illustration la plus dramatique : sur les 7 000 chrétiens présents en 2011, il n’en reste aujourd’hui que quatre. Dans la vallée du Khabour, 33 villages chrétiens ont été attaqués ; leurs habitants ont été pris pour cible, et seuls 1 000 d’entre eux vivent encore sur place, contre près de 20 000 avant l’arrivée de Daech.

Ainsi, depuis 2011, la communauté chrétienne de Syrie a perdu 80 % de ses membres.

Extrait de la synthèse du rapport :

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