Le chef de l’État portugais oppose son veto à la loi sur l’identité de genre dans les écoles
Le Président de la République Marcelo Rebelo de Sousa a décidé de renvoyer au Parlement la loi qui permettait aux personnes de choisir un nom sans avoir à s’identifier comme homme ou femme. Il a également mis son veto à la loi sur les mesures à adopter par les écoles pour mettre en œuvre la loi établissant l’autodétermination de l’identité et de l’expression de genre.
En renvoyant cette loi au moment où le Parlement est dissous, Marcelo Rebelo de Sousa “renvoie” cette question à la prochaine législature.
Ce que l’on appelle désormais la “loi sur les toilettes” a également été repoussée à la prochaine législature. Le chef de l’Etat estime que le texte
“ne respecte pas suffisamment le rôle des parents, des tuteurs, des représentants légaux et des associations formées par eux, ni ne clarifie les différentes situations en fonction de l’âge”.
Le Président de la République renvoie ce sujet afin que la future Assemblée puisse
“envisager d’introduire plus de réalisme dans une matière où il ne sert à rien d’affirmer des principes qui se heurtent, par leur géométrie abstraite, aux personnes, aux familles et aux écoles au lieu de les gagner à leur cause, dans une école qui est de plus en plus multiculturelle dans le Portugal d’aujourd’hui”.
Monseigneur Guillibert et l’approbation des associations diocésaines par Pie XI
A l’occasion du centenaire de Maximam gravissimamque (18 janvier 1924), les Archives diocésaines du diocèse de Toulon reviennent sur la réception à Fréjus-Toulon de cette Encyclique approuvant les associations diocésaines que les évêques se voyaient désormais autorisés par Pie XI à créer dans leurs diocèses. Si Monseigneur Guillibert se réjouit de la pacification religieuse que permettait cet accord entre le Vatican et la République française, l’évêque de Fréjus sacré à Rome par saint Pie X en 1906, n’en restait pas moins prudent vis-à-vis d’un Etat se revendiquant toujours profondément laïc. Il avait d’ailleurs envoyé au Pape en décembre 1922 un mémoire confidentiel défavorable à l’option des associations diocèses alors en négociation avec la France. De même, Pie XI encourageant, sans les contraindre, les évêques à créer leurs associations diocésaines, celle de Fréjus-Toulon ne fut fondée qu’après la mort de Monseigneur Guillibert.
Emission Mémoire Diocésaine (RCF-Méditerranée) du 31 janvier 2024 sur la réception de l’Encyclique Maximam gravissimamque (18 janvier 1924) dans le diocèse de Fréjus-Toulon à travers les archives et périodiques diocésains
De la liberté religieuse : Vouloir que l’État moderne se soumette à l’ordre naturel n’est-il pas utopique ?
De l’abbé Claude Barthe à propos d’un ouvrage récent de François Huguenin :
Comment est-on passé dans l’Église du rejet de la liberté religieuse à son acceptation ? C’est le sujet de l’ouvrage de François Huguenin, La grande conversion. L’Église et la liberté de la Révolution à nos jours[1]. Brillante explicitation sur cinq cents pages d’un changement de cap. Peut-être que sa focalisation sur la liberté, sauf les pages consacrées à l’évolution de la question du salut, donne-t-elle l’impression que le retournement de Vatican II se réduit à ce point. En fait, l’adoption de la liberté religieuse s’intègre à un infléchissement de l’ecclésiologie consistant à voir hors de l’Église catholique des communautés surnaturelles secondes en quelque sorte. D’où l’œcuménisme, qui accorde une « communion imparfaite » aux séparés, le dialogue interreligieux fondé sur un « respect sincère » des autres religions, et la liberté religieuse qui rend obsolète l’idée d’un État défenseur de l’unique Église. Cet anti-exclusivisme est clairement d’inspiration libérale, via le protestantisme où chaque Église se considère comme la plus parfaite sans cependant prétendre s’identifier totalement à l’unique Église du Christ.
Vatican II et l’État catholique
Disons tout de suite que la virulence des débats sur la liberté religieuse lors de Vatican II s’explique par le fait que la doctrine subvertie était alors connue de tous et qu’elle animait encore, tant bien que mal, un certain nombre d’entités politiques, étatiques ou militantes. Réactiver ces débats aujourd’hui paraît en revanche lunaire, car il paraît désormais évident, dans le catholicisme postconciliaire, que les rapports du politique et du religieux ne peuvent avoir lieu qu’au sein de la laïcité des instances nationales et internationales.
Pour traiter donc de cette question de la liberté religieuse, qui relève du droit public de l’Église, il convient d’avoir à l’esprit ce qu’elle disait de la « constitution chrétienne des États » (Immortale Dei de Léon XIII du 1er novembre 1885). Son discours traditionnel sur les Cités politiques selon le droit naturel était à deux niveaux : il portait sur ces États qui, avant même la connaissance de la Révélation, avaient ou ont une pleine légitimité dans la mesure où ils tendent au « vivre bien » des citoyens, mais auxquels l’adhésion à l’Évangile confère un « baptême » qui souligne le caractère sacré du pouvoir de leurs magistrats (doctrine du Christ-Roi), et les oblige en retour à des obligations envers la vérité de la Révélation.
Certes, les Cités antiques ont rarement ressemblé à celle de Salente, dans Les aventures de Télémaque, et les princes ou chefs d’États chrétiens ont trop peu pratiqué une imitation de saint Louis, les chefs de guerre, de sainte Jeanne d’Arc, et les ministres des finances, de saint Éloi. Pour autant, en ce monde marqué par le péché, les principes élaborés par la tradition d’Aristote, et plus largement de la philosophie grecque, reprise par saint Thomas et toute la théologie subséquente, notamment des XVIIe et XVIIIe siècles, ne relèvent pas plus de l’utopie que l’énoncé des béatitudes. Gouverner sagement est l’idéal auquel devraient se conformer tous chefs de peuples, ce qui, dans le monde qui a reçu la Révélation, veut dire gouverner selon l’inspiration chrétienne, en tentant plus largement d’organiser une paix de Dieu entre les nations « baptisées ».
Cet idéal, aujourd’hui évacué, de chrétienté et dont le vide est comblé par un mondialisme humaniste, peut se comparer à la surélévation de cette institution naturelle qu’est le mariage à la dignité de sacrement. L’analogie étant imparfaite, car les Cités chrétiennes ne naissent pas, comme la société des époux, d’un acte sacramentel. Mais comme une famille devient chrétienne, ont été « baptisées » ces sociétés qui sont ontologiquement premières pour l’homme, animal politique, par la profession de foi de leurs peuples et de leurs magistrats. Chacune, sans être marquée par un caractère, est comme refondée par cette profession de foi, sans laquelle désormais elle n’est plus elle-même. Chrétienne reste la France, notre mère charnelle et spirituelle, terre de saints, couverte d’un manteau d’églises et de cathédrales, toujours fille aînée de l’Église, aussi défigurée qu’elle soit par le masque laïque dont on l’a affublée.
À l’encontre de cela, de manière apparemment annexe mais en réalité fondamentale, est venu le n. 2 de la déclaration Dignitatis humanæ de Vatican II : « Ce Concile du Vatican déclare que la personne humaine a droit à la liberté religieuse. Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être exempts de toute contrainte de la part tant des individus que des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu’en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience ni empêché d’agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d’autres. »
Que nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience en matière religieuse ne pose pas de problème. Rien, en effet, n’autorise à contraindre les consciences d’accepter la foi divinement révélée, tout simplement parce qu’un acte de foi ne peut être qu’un acte propre d’une âme surélevée par la grâce. L’Église a toujours enseigné que personne ne peut être « amené malgré lui à embrasser la foi catholique[2]. » Et bien évidemment, ne pose aucun problème, au contraire, l’affirmation que nul ne soit empêché d’exprimer la vérité chrétienne : cela relève en fait de la liberté de l’Église, à laquelle participe chaque catholique.
Ce qui fait difficulté est le droit d’agir en public selon sa conscience lorsque celle-ci est dans l’erreur. Autrement dit le droit de diffuser l’erreur au même titre que la vérité. Sans doute, bien avant Internet, les déviations morales, erreurs, hérésies, mensonges se répandaient dans toutes les sociétés chrétiennes. Mais elles étaient frappées, d’une manière ou d’une autre, censure, coaction, du sceau de l’illégitimité. Au reste, que l’erreur soit connue en même temps que contredite et combattue est assurément chose bonne et nécessaire : philosophie et théologie ont toujours vécu dans d’indispensables controverses. Mais pas plus que des parents chrétiens ne sauraient laisser accéder des doctrines erronées à l’esprit de leurs enfants à égalité avec celles leur apportant le pain de la vérité, pas davantage les magistrats d’une Cité faisant profession de catholicisme ne le doivent pour les citoyens dont ils ont la charge. Ils remplissent au mieux ce devoir en développant leur capacité critique de combattre les erreurs. Ce qui est, tout au contraire du laisser-faire laisser passer, une vraie manière de les traiter en adultes libres et forts.
Contre quoi vient l’affirmation découlant du n. 2 de Dignitatis humanæ qui veut qu’en toute hypothèse les hommes ne puissent jamais être empêchés par un pouvoir humain – et donc spécialement le pouvoir souverain de l’État – d’exprimer publiquement une erreur religieuse que leur dicte leur conscience erronée. La déclaration conciliaire précise que cette expression ne doit pas dépasser de « justes limites » (justes limites dont l’État déciderait qu’elles ont été franchies, par exemple, en Occident, par la polygamie, en Afrique par la sodomie, etc.), ce qui ne change rien au principe : un État qui fait profession de catholicisme ne peut plus interdire – frapper d’illégitimité – le culte public, l’expression et la diffusion publique d’erreurs contre la foi ou contre les mœurs.
L’obligation de permettre (ne pas empêcher) à égalité la diffusion paisible du vrai et du faux, qui pèse désormais sur l’État, revient à consacrer sa neutralité religieuse intrinsèque. Selon Dignitatis humanæ, même si l’État se disait catholique, il devrait tout de même accorder des droits identiques à toutes les religions. Ce que confirme le n. 6 de la déclaration, qui fait de l’État catholique, au même titre qu’un État anglican, luthérien, musulman, etc., une sorte de singularité dépassée: « Si, en raison des circonstances particulières dans lesquelles se trouvent certains peuples, une reconnaissance civile spéciale est accordée dans l’ordre juridique de la Cité à une communauté religieuse donnée, il est nécessaire qu’en même temps, pour tous les citoyens et toutes les communautés religieuses, le droit à la liberté en matière religieuse soit reconnu et sauvegardé. »
De la sorte, Vatican II a écarté comme obsolète cette doctrine rappelée depuis la Révolution par le magistère pontifical avec une force comme désespérée : le pouvoir civil ne peut pas se montrer indifférent vis-à-vis de la vraie religion. Car, comme la famille, comme toute société naturelle, la Cité ne saurait être athée. Elle doit donc honorer et vénérer Dieu, ce qui, depuis la prédication de l’Évangile, pour les peuples qui l’ont entendue, se fait selon le culte rendu dans et par l’Église du Christ[3]. Par le fait, la puissance civile doit garantir à l’Église une pleine liberté pour remplir sa mission, liberté qui n’est autre que celle du Christ et de l’Évangile.
Tel est le principe, que son exception, la tolérance civile, fait mieux encore comprendre. On prend ici le terme de tolérance dans le sens classique et non dans celui de Locke[4] : tolérer c’est souffrir un mal, parce qu’on ne peut pas ou qu’on ne veut pas l’empêcher, car sa répression créerait de grands troubles, mais qui jamais, même par prescription, ne deviendra un bien. La tolérance civile est ainsi le fait de l’État vis-à-vis de divers maux qui peuvent se propager publiquement parmi les citoyens, spécialement en matière de doctrine religieuse ou morale. Le discours Ci riesce de Pie XII du 6 décembre 1953 (assez surréaliste au reste, dans la mesure où il traite de communautés internationales, de type ONU, UNESCO, censées aptes à se conformer au droit naturel) en contient une formulation précise : « « Dans le champ du monde, laissez croître la zizanie avec la bonne semence à cause du froment » (Mt 13, 24-30). Le devoir de réprimer les déviations morales et religieuses ne peut donc être une norme ultime d’action. Il doit être subordonné à des normes plus hautes et plus générales qui, dans certaines circonstances, permettent et même font apparaître comme le parti le meilleur celui de ne pas empêcher l’erreur, pour promouvoir un plus grand bien. […Ce qui se résume en deux principes :] Premièrement : ce qui ne répond pas à la vérité et à la loi morale n’a objectivement aucun droit à l’existence, ni à la propagande, ni à l’action. Deuxièmement : le fait de ne pas l’empêcher par le moyen des lois de l’État et de dispositions coercitives peut néanmoins se justifier dans l’intérêt d’un bien supérieur et plus vaste[5]. »
Un magistère pontifical de combat
François Huguenin décrit et commente les principaux actes du magistère pontifical depuis la Révolution opposés à la liberté, du moins selon son point de vue (il convient lui-même que Libertas de Léon XIII affirme au contraire que ce magistère est au service de la vraie liberté). La violence congénitale qui fut celle de la Révolution, avant même la Terreur, expliquerait largement la véhémence des condamnations, comme par exemple chez Grégoire XVI : « De cette source empoisonnée de l’indifférentisme, découle cette maxime fausse et absurde ou plutôt ce délire qu’on doit procurer et garantir à chacun la liberté de conscience, erreur des plus contagieuses, à laquelle aplanit la voie cette liberté absolue et sans frein des opinions qui, pour la ruine de l’Église et de l’État t, va se répandant de toutes parts, et que certains hommes, par un excès d’impudence, ne craignent pas de représenter comme avantageuse à la religion[6]. » Excès oratoire ? Force est cependant de constater que ce discours décrit ce que nous avons sous les yeux près de deux cents ans après, à savoir les législations criminelles et contre-nature qu’en viennent à élaborer les sociétés libérales en leur dernier état de décomposition. En fait, la violence révolutionnaire radicale, destructrice de la Cité naturelle et chrétienne, avant d’être celle de la guillotine, a été incluse dans les Droits de l’Homme, qui font que le pouvoir n’émane plus de Dieu, comme l’affirme saint Paul (Rm 13, 1), car « le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la nation » (art. 3 de la Déclaration), et que la loi, « expression de la volonté générale » (art. 6), est par le fait décrochée de sa référence à la loi divine.
C’est d’ailleurs très justement que F. Huguenin insiste sur le fait que les textes pontificaux de condamnation de la liberté, ceux de Pie IX par exemple, ne visaient pas les libéraux extérieurs à l’Église, mais bien les libéraux catholiques ou proches du catholicisme, hommes modérés, comme Montalembert ou Tocqueville, dont le propos, tout mesuré qu’il ait été, n’en était pas moins une défense de la liberté moderne.
Ce que ne prennent pas en compte, en revanche, ni François Huguenin, ni ces catholiques libéraux (ni même, paradoxalement les papes d’avant Vatican II dans leur diplomatie de conciliation qui a semblé parfois prête à tout pour obtenir la liberté de culte, du sacre de Napoléon aux consignes de Ralliement), c’est la nature de l’État nouveau fondé sur ce que Léon XIII qualifie dans Immortale Dei de « droit nouveau », où « l’autorité publique n’est que la volonté du peuple, lequel, ne dépendant que de lui-même, est aussi le seul à se commander. » Ce « droit nouveau » est à ce point subversif du droit naturel que la catégorie classique de tyrannie, qui qualifie le gouvernement substituant un bien particulier au bien commun, n’est pas vraiment adaptée à cette situation complètement nouvelle créée par la Révolution, où les notions de « bien commun » et de « légitimité » en leur sens classique ne sont plus adéquates.
Le retournement est d’autant plus manifeste que l’État, auquel s’est substituée cette nouvelle forme de gouvernement des peuples, était chrétien. De sorte que l’État nouveau évacue tant la référence à la loi naturelle que la confession chrétienne qui soutenait et sacralisait cette référence. Confession catholique exclusive, dans le principe, de toute publicité donnée à l’erreur, même si le principe admettait de larges tolérances. La marque originelle de l’État moderne, fût-il tolérant vis-à-vis du catholicisme et professant une « laïcité positive », voire même intégrant encore dans sa législation un certain respect de l’ordre naturel en raison de l’état de l’opinion publique, est le rejet de principe de la souveraineté sans partage du Christ : « Nous ne voulons pas que celui-là règne sur nous » (Lc 19, 14). Rejet d’autant plus radical que l’ultramodernité a amené une seconde vague de sécularisation, qui a pour ainsi dire sécularisé la modernité elle-même en s’attaquant aux réalités naturelles qu’elle avait encore conservées mais en les réinterprétant à sa manière, État, nation, et même nature et raison.
La doctrine du Christ-Roi
François Huguenin évoque, mais sans lui donner l’importance considérable qu’elle a eu, l’encyclique Quas Primas de Pie XI du 11 décembre 1925, sur la royauté politique et institutionnelle du Christ. Au XXe siècle, elle a servi de référence pour la résistance contre l’État moderne et d’objet d’approfondissement théologique pour les dernières générations des tenants de la doctrine romaine contre-révolutionnaire.
Quas primas développait au fond une théologie politique christocentrique : les gouvernants tiennent leur pouvoir de Dieu (Rm 13, 1), lequel a remis toutes choses au Christ (1 Co 15, 27), si bien que, du point de vue civil, ils sont les représentants de Jésus-Christ, comme les évêques et le pape le sont du point de vue religieux. Dans la mesure, bien entendu, où ils servent le bien commun. Le pouvoir du Christ en son humanité sur tous les hommes et toutes les sociétés humaines, explique l’encyclique, est la conséquence de l’union de la nature humaine et de la nature divine du Christ dans la Personne du Verbe, l’union hypostatique, et est aussi la conséquence de sa conquête par sa mort sur la Croix des âmes de tous les hommes. De ce fait, princes et magistrats, dont l’autorité découle de celle du Christ Homme-Dieu et Rédempteur, sont revêtus d’un caractère christique qui fait prendre tout son sens au droit divin.
Ceci éclaire le fait qu’il existe une certaine analogie entre la notion de bien commun naturel et celle, d’ordre surnaturel qui se déploie dans la communion du Corps mystique. Ernst Kantorowicz, dans Les deux corps du Roi[7] relève que des relations réciproques entre Église et État permettaient au Moyen Âge des emprunts dans les symboles de l’un et l’autre pouvoir, faisant que le sacerdotium avait une allure impériale et le regnum un aspect religieux. Si bien que l’ensemble des citoyens était aussi désigné comme Corpus mysticum. En effet, même si la communauté constituant un État – fût-il l’empire chrétien – n’a pas les dimensions universelles de l’Église, elle est à son échelle et dans son ordre, un corps qui est blessé par les fautes civiques, injustices, rébellions des citoyens, comme il est enrichi par leur vertu. L’amitié qui lie les citoyens (comme la charité qui joint les membres de l’Église), fondement du patriotisme, a sa plus haute manifestation dans le sacrifice de sa vie pour le corps de l’État tout entier.
Cependant, il est souvent arrivé et il peut arriver, même après la diffusion de l’Évangile, que la majeure partie des citoyens et les gouvernants ne professent pas la foi catholique, ou bien ne connaissent pas le fait de la Révélation. Il reste à ce pouvoir civil non catholique à se conformer aux préceptes de la loi naturelle, que peut, dans l’idéal, lui rappeler l’Église, à laquelle il devait laisser pleine et entière liberté. On pense à l’attitude d’un certain nombre de pouvoirs païens vis-à-vis du catholicisme.
C’est en somme dans ce dernier contexte que se placent les développements du P. Louis-Marie de Blignières dans son article : « Le Christ-roi et la liberté religieuse. La royauté sociale du Christ, doctrine périmée ou pérenne ? »[8], où il explique que « si la loi divine requiert le principe d’une reconnaissance sociale et communautaire de la vraie religion, elle n’exige pas une expression particulière de cette reconnaissance (par exemple dans des constitutions écrites ou des concordats). Dans une société qui ne jouit pas de l’unité de croyance dans la foi catholique, la loi divine exige que les chrétiens (et les hommes de bonne volonté) aient le souci de travailler à ce que la société civile honore la loi naturelle et qu’elle donne à l’Église la possibilité de prêcher l’ordre surnaturel. » Il faut malheureusement considérer que nous ne sommes pas aujourd’hui dans une société païenne « classique », mais dans une société laïque, qui peut d’ailleurs éventuellement respecter encore certains préceptes de la loi naturelle[9].
La Note doctrinale sur certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du 24 novembre 2002, représente bien la pensée romaine d’après Vatican II sur la démocratie moderne, qui n’intègre pas le fait qu’elle soit une société d’apostasie. D’une part, elle présente la laïcité et la non-confessionnalité de l’État comme des évidences : « La promotion en conscience du bien commun de la société politique n’a rien à voir avec le “confessionnalisme” ou l’intolérance religieuse » (n. 6). Et pourtant, d’autre part, elle voudrait que l’État démocratique respectât la morale naturelle : « Pour la doctrine morale catholique, la laïcité, comprise comme autonomie de la sphère civile et politique par rapport à la sphère religieuse et ecclésiastique – mais pas par rapport à la sphère morale [c’est nous qui soulignons] –, est une valeur acquise et reconnue par l’Église, et elle appartient au patrimoine de civilisation déjà atteint. » C’est postuler que la démocratie moderne est faite pour se soumettre à la loi naturelle (en fait à une partie de la loi naturelle, car le devoir pour l’État de rendre à Dieu est de droit naturel), ce que précisément cette démocratie ne fait qu’accidentellement. L’enseignement politique postconciliaire, au moins jusqu’au pape François, s’intègre au projet bien connu de la correction de l’effet (lutter contre les mauvaises lois morales), sans remonter à la cause (un autre type de légitimité qui ignore la loi de Dieu), dans la ligne des directives données par Léon XIII aux catholiques français les engageant à accepter le régime nouveau pour en corriger les lois[10].
L’effort inefficace de l’herméneutique de réforme dans la continuité
La pensée du P. de Blignières résume très justement la royauté sociale du Christ, comme « le rayonnement temporel de l’Incarnation ». Mais il se place sur une ligne de crête très ratzinguérienne. Selon lui la déclaration conciliaire sur la liberté religieuse ne contredit en rien la doctrine du Christ-Roi. Pourtant le caractère exclusif dans le principe – sous réserve, encore une fois, de toutes les tolérances possibles – du droit qu’ont ceux qui expriment la vérité et le bien moral à être librement diffusés dans l’espace public, est contredit par l’affirmation que nul ne peut être empêché d’agir en public, dans de justes limites, en conscience.
Dans son discours bien connu à la Curie du 22 décembre 2005, Benoît XVI distinguait comme on sait deux interprétations de la réforme conciliaire, « l’herméneutique de la discontinuité et de la rupture », qu’il estimait néfaste, et « l’herméneutique de la réforme ou du renouveau dans la continuité », qu’il faisait sienne. Benoît XVI défendait, en somme, son interprétation du Concile sur deux fronts : contre l’interprétation « progressiste », mais aussi contre les opposants au Concile (la minorité conciliaire et les traditionalistes).
Et il donnait comme exemple Dignitatis humanæ : « Il fallait définir [lors du Concile] de façon nouvelle le rapport entre Église et État moderne », ce qui fut fait en adoptant « à travers le Décret sur la liberté religieuse un principe essentiel de l’État moderne. » Le pape évoquait les condamnations radicales du libéralisme par les papes qui avaient précédé Vatican II, mais, expliquait-il, ce libéralisme avait changé. Il n’était pas nécessairement antireligieux, car la science moderne était devenue plus modeste dans l’affirmation de sa capacité d’expliquer le monde. Du coup, la laïcité de l’État moderne, plus neutre qu’hostile si on veut, sur le modèle de l’État américain, était devenue plus acceptable. Des hommes d’État catholiques [comprendre les démocrates-chrétiens allemands et italiens des années 50 à 70 du XXe siècle] avaient démontré qu’il pouvait exister un État laïc, respectant l’éthique naturelle. Sauf, encore une fois, que la reconnaissance de Dieu et le culte devant lui être rendu par l’État en font aussi partie[11].
On peut de là, soit appuyer sur l’aspect de « réforme » de l’« herméneutique de réforme dans la continuité », soit appuyer sur son aspect de « continuité ». François Huguenin est dans le premier cas, soulignant que si Benoît XVI, dans ce discours, affirme que Dignitatis humanæ ne contredit pas la foi de l’Église (la déclaration conciliaire, dans son n. 1, rappelle en effet « la doctrine catholique traditionnelle au sujet du devoir moral de l’homme et des sociétés à l’égard de la vraie religion et de l’unique Église du Christ »), il admet bien qu’« ont été corrigées certaines décisions historiques » des papes antérieurs.
Le P. Basile Valuet, à l’inverse, insiste sur la continuité de cette herméneutique avec sa thèse résumée dans : Le droit à la liberté religieuse dans la tradition de l’Église[12].François Huguenin épingle le P. Valuet, qui explique le fait qu’on soit passé de la tolérance pour la diffusion de l’erreur au droit à cette diffusion en affirmant que la liberté religieuse est un « droit à la tolérance ». Mais François Huguenin lui-même ne procède-t-il pas à un tour de passe-passe en affirmant que la liberté religieuse est une rupture sans en être une : non pas une rupture doctrinale, mais une rupture politique ? Car il faut selon lui distinguer « entre ce qui relève de la foi et ce qui relève de l’ethos, qui est le caractère, la manière d’être, l’ensemble des comportements habituels d’un individu ou d’un groupe ». Dignitatis humanæ « met en cause, non pas la foi de l’Église, identique et immuable, mais son rapport au politique, sa manière d’être vis-à-vis du pouvoir civil, sa manière d’envisager les relations entre celui-ci et les individus[13]. » Solution qui peut sembler un artifice, mais qui reprend au fond sur un autre mode plus ou moins superposable, la distinction de Jean XXIII puis de Vatican II lui-même entre enseignement dogmatique et enseignement pastoral.
Sauf que les papes d’avant disaient expressément qu’ils parlaient doctrinalement des liens entre politique et religieux. Ainsi, Léon XIII dans Immortale Dei : « La première de toutes [les facilités que l’État doit fournir aux citoyens pour aller vers leur fin] consiste à faire respecter la sainte et inviolable observance de la religion, dont les devoirs unissent l’homme à Dieu. […] Dans sa Lettre-Encyclique Mirari vos, du 15 août 1832, Grégoire XVI, avec une grande autorité doctrinale [c’est nous qui soulignons], a repoussé ce que l’on avançait dès lors, qu’en fait de religion, il n’y a pas de choix à faire : que chacun ne relève que de sa conscience et peut, en outre, publier ce qu’il pense. »
* * *
Le fait est que la Cité chrétienne a disparu de la surface de la terre et toute réflexion sur son rétablissement, fût-il très lointain, paraît relever de l’utopie. D’autant que le catholicisme lui-même est devenu comme étranger au monde contemporain.
Mais vouloir que l’État moderne se soumette à l’ordre naturel n’est-il pas aussi utopique ? On s’accordera sur le fait que si cette société est un désordre institutionnalisé, le chrétien qui y est immergé, tout en organisant une survie religieuse et familiale, en même temps qu’une transmission, peut chercher avec prudence à peser sur certains leviers sociaux, politiques. Mais on s’accordera aussi sur le fait que vouloir la fin du désordre relève d’un changement de nature et pas seulement de degré dans l’ordre des choses.
D’ailleurs, une déstabilisation du désordre établi peut bien advenir plus rapidement qu’on ne le pense, du seul fait que la désintégration de l’ordre naturel, économique, social, familial, auquel s’emploie systématiquement la société politique moderne, est par elle-même suicidaire. Ce qui ne veut pas dire qu’un effondrement général toujours possible engendrera comme par miracle une sortie des régimes modernes. Si l’Église divine a besoin des hommes, notamment de pasteurs dignes de ce nom, à combien plus forte raison la Cité des hommes a-t-elle besoin d’hommes pour la relever et la conduire. Peut-être d’ailleurs que la Cité des hommes a elle aussi besoin préalablement d’évêques pour la sortir d’un coma prolongé, tout comme à l’époque de l’effondrement de l’empire romain, mais d’une tout autre manière. En cela aussi, ne faut-il pas espérer contre toute espérance ?
Abbé Claude Barthe
[1] Cerf, 2023.
[2] Pie XII, Mystici Corporis.
[3] « C’est un devoir [rendre culte à l’unique vrai Dieu] qui oblige en premier lieu les hommes pris en particulier, mais c’est aussi un devoir collectif de toute la communauté humaine basée sur des liens sociaux réciproques, parce qu’elle aussi dépend de l’autorité suprême de Dieu » (Pie XII, Mediator Dei).
[4] Dans sa Lettre sur la tolérance, John Locke dégage l’État de tout devoir religieux, sauf celui d’assurer la liberté à toutes les religions, et aussi de réprouver l’athéisme (et le catholicisme !). Cette conception de la tolérance a largement été adoptée par le catholicisme américain. Son influence, représentée à Vatican II par celle du théologien jésuite John Courtney Murray, a été considérable.
[5] Dans tout ce qui est dit ici de l’État, on pourrait donner de nombreuses références dans le magistère pontificat de Pie VI à Pie XII. C’est volontairement que nous indiquons les derniers témoignages sur cette doctrine.
[6] Grégoire XVI, Mirari vos, 15 août 1832.
[7] Gallimard, 1989.
[8] Claves, 24 décembre 2023, Le Christ roi et la liberté religieuse – Claves.
[9] Voire y être forcée par la rue, ce qui est rarissime, comme lors du retrait de la loi Savary, restreignant la liberté des écoles catholiques, en 1984.
[10] Léon XIII, Au milieu des sollicitudes, du 16 février 1892.
[11] Le Catéchisme de l’Église catholique, au n. 2105, parle bien du devoir pour les hommes et les sociétés de rendre à Dieu « un culte authentique » à l’égard de « la vraie religion et de l’unique Église du Christ » (DH 1). Mais le contenu du flacon ne répond pas à l’étiquette. Le CEC baptise « culte » l’évangélisation par laquelle peut être obtenue une imprégnation d’esprit chrétien des institutions : « En évangélisant sans cesse les hommes, l’Église travaille à ce qu’ils puissent « pénétrer d’esprit chrétien les mentalités et les mœurs, les lois et les structures de la communauté où ils vivent » (Apostolicam actuositatem, n. 10). Le devoir social des chrétiens est de respecter et d’éveiller en chaque homme l’amour du vrai et du bien. Il leur demande de faire connaître le culte de l’unique vraie religion qui subsiste dans l’Église catholique et apostolique (cf. DH 1). […] L’Église manifeste ainsi la royauté du Christ sur toute la création et en particulier sur les sociétés humaines. »
[12] Éditions Sainte-Madeleine, 2005.
[13] La grande conversion, op. cit., pp. 377 et 378.
[1] Le présent article est simultanément publié sur les sites de L’Homme nouveau et de Res Novæ.
La plante de l’abbaye de Maylis, aussi fameuse que mystérieuse
Peut-être connaissez-vous ou avez-vous déjà lu quelques lignes sur l’abbaye de Maylis dans les Landes… Mais avez-vous déjà entendu parler de leur fameuse “tisane de Maylis” ? Les moines cultivent en effet sur place une plante étonnante, depuis 1959, qu’ils transforment notamment en tisane pour profiter de ses bienfaits. Mais quels sont-ils ? Quelle est l’histoire de cette plante ? Montez avec Divine Box, direction les Landes, pour découvrir tout ça !
L’abbaye de Maylis en 1 minute
C’est dans les Landes que se déroule l’histoire de l’abbaye de Maylis. Au cœur de la Chalosse, un sanctuaire marial se dresse en effet ici depuis le XIVe siècle ! Au fil du temps, le lieu a connu plusieurs guerres de Religion puis la Révolution française en 1789. Le lieu est alors mis à sac, puis laissé à l’abandon jusqu’en 1857, date à laquelle une communauté de prêtres a décidé de s’y installer pour y donner un nouveau souffle !
Puis, en 1946, la communauté de Tourtarel déménage pour s’installer définitivement à Maylis. Le monastère s’élèvera très vite au rang d’abbaye, en 1948. C’est le début d’un nouveau rayonnement pour le sanctuaire !
Actuellement, une dizaine de moines vit à l’abbaye de Maylis et suit donc la règle de saint Benoît : prie et travaille (« Ora et labora »). Petite subtilité : ils sont “olivétains”, l’une des trois grandes congrégations bénédictines (avec Solesmes et Subiaco-Mont-Cassin), et ont donc un habit blanc ! Ils chantent sept offices quotidiennement, dont un premier (les Vigiles) qui commence à 5h20 du matin. Et entre temps ces temps de prière en communauté, les moines travaillent de leurs mains pour subvenir à leurs besoin, notamment en produisant de la cire (pour meubles et parquets) et de la tisane dépurative !

Les bénédictins olivétains de Maylis en pleine Messe © Divine Box
Une plante merveilleuse !
La plante de Maylis, ou “Lépidium Latifolium” (nom scientifique), est en réalité déjà connue depuis bien longtemps. Sainte Hildegarde en parlait notamment en ces termes élogieux au XIIe siècle : « ce qu’il contient d’aigre et d’amer n’attaque pas l’homme à l’intérieur, mais le guérit. Un homme qui a un cœur faible et un estomac malade mangera le Lepidium cru et il le fortifiera. De même, celui qui est triste retrouvera sa joie. Si on le mange, il guérit les yeux et les rend limpides ». Rien que ça !
A Maylis en tout cas, tout commence en 1952 : « dans votre enclos, il y a une fortune » annonce alors un vieil homme de passage chez les moines. Après des discussions, la communauté se décide finalement à cultiver cette plante, apparemment anodine. Et quelques années plus tard, la plante va faire parler d’elle : en 1958, un ami du monastère parle au père Emmanuel de douleurs aiguës provoquées par des coliques néphrétiques. Le frère prépare alors une décoction à base de la plante à son ami. Celui-ci est guéri deux jours après. Le Père Emmanuel aimait plaisanter à ce sujet : « Depuis ce jour, je crois en deux choses : en Dieu bien sûr, et en la plante de Maylis ! ». Et c’est donc depuis 1959 que les moines de Maylis commercialisent la plante !
Côté fabrication, les moines font tout à la main, de la plantation jusqu’au triage, en passant par le repiquage, la récolte et le séchage. La marque MONASTIC, présente sur les emballages, certifie d’ailleurs cette authenticité monastique. Seul le conditionnement est réalisé en partie par un ESAT employant des personnes en situation de handicap.

Frère B. en plein repiquage de la plante de Maylis © Divine Box
Les nombreux bienfaits de la tisane de Maylis
La tisane de Maylis n’est pas tant réputée pour son goût, mais plutôt pour ses nombreuses vertus drainantes et détoxifiantes. Elle participe en effet au bon fonctionnement digestif (intestins), biliaire (foie), rénal (reins) et urinaire. Les frères aiment aussi rappeler que la plante possède des propriétés bénéfiques pour la peau, aide à éliminer l’acide urique (déchets du corps humain) et soulage les courbatures.
Pourtant, ironie du sort, impossible de justifier les vertus de la plante grâce à des analyses ! « Nous avons tenté à plusieurs reprises de faire des analyses de la composition de la plante, mais à chaque fois, un événement s’est produit qui nous en a empêché » explique frère J. avec amusement…
En tisane ou en gélules, la plante de Maylis peut se prendre tout au long de l’année, mais elle est recommandée en particulier pendant l’hiver, ou lors des changements de saison, au printemps et à l’automne. Pour une cure de tisane de Maylis de 18 jours, prendre une tasse par jour pendant les trois premiers jours de la cure, puis trois tasses par jour pendant quinze jours. Si besoin, cliquez ici pour lire le guide d’utilisation de la plante de Maylis.

La plante de Maylis existe aussi en gélules © Abbaye de Maylis
En savoir plus
Pour trouver la tisane et les autres produits de l’abbaye de Maylis (comme la cire du Bénédit et la cire du père Fulgence), vous pouvez vous rendre sur place et en profiter pour passer le bonjour aux moines et partager un office avec eux ! Voici leur adresse : Abbaye Notre-Dame, 455 avenue Chalosse, 40250 Maylis. Sinon vous pouvez retrouver en ligne les produits de l’abbaye de Maylis chez Divine Box.
“Aucune vie n’est trop frêle, trop insignifiante pour être ignorée dans le plan du salut par son Créateur et Sauveur.”
Homélie du Très Révérend Père Dom Jean Pateau, Abbé de Notre-Dame de Fontgombault, prononcée ce matin :
Chers Frères et Sœurs,
Mes très chers Fils,
C’est le 2 février 1997 qu’à l’initiative de saint JeanPaul II, eut lieu la première Journée de la vie consacrée, à la suite notamment de l’exhortation apostolique post-synodale Vita consecrata publiée en la fête de l’Annonciation, le 25 mars, un an plus tôt. Le Pape polonais assignait à cette journée un triple but :
- remercier le Seigneur pour le grand don de la vie consacrée qui enrichit et réjouit l’Église,
- faire mieux connaître et apprécier cette vie, mémoire vivante du Fils appartenant totalement au Père,
- inviter les personnes consacrées à célébrer les merveilles que le Seigneur a accomplies en elles, à réfléchir sur le don reçu, à découvrir, dans un regard de foi toujours plus pur, le rayonnement de la beauté divine diffusé par l’Esprit dans leur forme de vie, et à prendre conscience de leur mission incomparable dans l’Église pour la vie du monde.
En choisissant ce jour, le saint Pape ne faisait qu’institutionnaliser un usage, vieux déjà de plusieurs décennies ; des religieux et religieuses se rassemblant traditionnellement autour du pape et
des évêques en ce jour. Citons un peu longuement le message du Pape à l’occasion de cette première journée :
Dans la scène évangélique est révélé le mystère de Jésus, le Consacré du Père, venu dans le monde pour accomplir sa volonté. (cf He 10,5-7) Le vieillard Syméon le proclame “Lumière pour éclairer les nations païennes”, et par ses paroles prophétiques, annonce l’offrande plénière de Jésus à son Père, et sa victoire finale. (cf Lc 2, 32-35) Marie, la Mère de Jésus, s’associe par le même mouvement d’oblation à la présentation du Christ. Une fois encore est manifestée l’union permanente du Fils et de sa Mère dans leur offrande unique et totale pour le salut du monde.
La Présentation de Jésus au temple est une éloquente icône du don total de soi pour tous ceux qui ont été appelés à reproduire dans l’Église et dans le monde, par les conseils évangéliques, “les traits caractéristiques de Jésus chaste, pauvre et obéissant.” (Vita consecrata 1) La Vierge Marie qui porte Jésus au temple et l’offre au Seigneur, exprime très bien l’attitude de l’Église qui continue d’offrir ses fils et ses filles au Père et les associe à l’unique oblation du Christ, cause et modèle de toute consécration dans l’Église. (Message du 6 janvier 1997)
Dans la pensée du Saint-Père, le consacré conduit sa vie à l’image du Christ, le Consacré du Père. Il se place dans les mains de l’Église, qui offre cette vie au Père et l’associe à l’unique
oblation du Christ. La fête de ce jour nous renvoie au jour de l’Annonciation, au Fiat prononcé par la Vierge Marie et qui est l’icône de chacun de nos propres Fiat. Dans un monde où la lutte semble le meilleur moyen d’affirmer son existence, il n’est plus évident de consentir au Oui libérateur ; au Oui qui ouvre à la communion avec Celui qui est source de la vraie vie. Les paroles d’Élisabeth à Marie lors de la Visitation prennent une clarté nouvelle :
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. (Lc 1,45)
Le premier acte de l’âme consacrée est de croire, de consentir au plan de Dieu sur sa vie et d’accepter de donner radicalement celle-ci.
Du cœur offert de Marie naît un cantique dont l’Église s’est souvenu et qu’elle redit chaque jour à la fin de l’office des vêpres : le Magnificat. Oui, Dieu se penche sur chaque vie offerte et fait des merveilles pour chacun de ses serviteurs. L’épisode de la Présentation au Temple repris dans son ensemble, ne fait que confirmer cela. Alors que Joseph et Marie s’approchent du Temple pour obéir au rite imposé par la loi, voici qu’un vieillard du nom de Syméon, et qu’une femme prophète, Anne, viennent à eux ; rencontre improbable au milieu d’une foule d’anonymes, rencontre nécessaire à l’accomplissement d’une promesse. Syméon avait en effet « reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. » (Lc 2,26) Dieu est toujours fidèle.
Au moment où notre pays se prépare à légiférer sur l’avortement et sur l’euthanasie, soulignons comment Dieu se penche sur deux vieillards qui consacrent leur vie autour du Temple, le lieu
de la rencontre avec Dieu, le lieu de l’offrande et le lieu de la bénédiction. N’oublions pas que c’est un enfant qui les convoque en ce lieu. Aucune vie n’est trop frêle, trop insignifiante pour
être ignorée dans le plan du salut par son Créateur et Sauveur.
Mais quelle est la première des merveilles que Dieu fait à l’âme consacrée, si ce n’est le don de sa vie, le don de l’Esprit ? Ainsi l’ange Gabriel commence-t-il par annoncer à Zacharie au
sujet de Jean-Baptiste : « Il sera rempli d’Esprit Saint dès le ventre de sa mère. » (Lc 1,15) Il salue ensuite Marie comme la « comblée de grâce » et reconnaît : « Le Seigneur est avec toi ».
À Marie qui l’interroge sur sa conception, il répond : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre. » (Lc 1,35) Lors de la Visitation, Élisabeth, elle
aussi, est remplie de l’Esprit-Saint après que l’enfant a tressailli en elle. (Lc 1,41) C’est rempli de l’Esprit-Saint que Zacharie prononce les paroles prophétiques du Benedictus. (Lc 1,67)
Syméon était de ces âmes. Il « attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. » (Lc 2,25) Sous l’action de ce même Esprit, il vint au Temple. (Lc 2,27) C’est enfin sous la motion
de l’Esprit qu’il prophétise :
Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction et toi, ton âme sera traversée d’un glaive : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. (Lc 2,34-35)
Anne prophétise également, proclamant les louanges de Dieu et parlant de l’Enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. (cf Lc 2,38)
Mais l’appel reçu par Syméon et Anne à venir à la rencontre du Seigneur, ne s’adresse pas, encore aujourd’hui, qu’aux seuls religieux. C’est toute âme, et en particulier toute âme baptisée,
qui est appelée à se mettre en route vers son Seigneur. Nulle âme ne ressortira indemne de la rencontre, de l’accueil de son Seigneur.
Implorons par l’intercession de Marie pour les communautés religieuses le don de vocations ; demandons au Seigneur la grâce de la persévérance dans la fidélité pour les consacrés, afin que le Benedictus et le Magnificat continuent de retentir à travers des vies totalement données, et que la grâce de Dieu rayonne sur le monde. Amen.
L’extrême gauche tente d’agresser le Syndicat de la famille à Marseille
A l’appel de divers lobbies LGBTXYZ et d’élus dont deux adjoints au maire, Sophie Roques, adjointe au maire de Marseille chargée de l’état civil, et Théo Challande Névoret, adjoint au maire de Marseille en charge notamment de la lutte contre les discriminations, une centaine de voyous ont manifesté à Marseille contre Ludovine de La Rochère, venue faire une conférence sur « Le wokisme, un danger pour la famille ? ».
C’est la violence qui primait : ils aspergeaient de farine et de bière les personnes qui osaient vouloir entrer et les insultaient. Sous le regard bienveillant de la police.
Vous affichez la “démocratie” comme votre valeur cardinale sur votre profil X… mais vos paroles et vos actes sont l’exact contraire.
Tout comme votre “lutte contre les discriminations” qui vous conduit à insulter, exclure, discriminer. https://t.co/4qGcq4DlGv
— Le Syndicat de la Famille (@SyndicatFamille) February 2, 2024
Ludovine de La Rochère n’a pas froid aux yeux :
«Je ne céderai pas face à cette pression inacceptable».
«Nous avons déjà éprouvé des difficultés et reçu des insultes par le passé. Mais c’est la première fois qu’il y a des élus municipaux et des partis politiques qui déclarent que ma venue est indue». «On sait bien que c’est le fait d’une minorité agissante, qui refuse tout dialogue et toute forme de liberté d’expression. Toutes ces organisations sont absolument intolérantes. Je crois que c’est l’une de leurs caractéristiques».
Vers un “permis de tuer” constitutionnel
Communiqué de Cécile Edel, présidente de Choisir la vie :
C’est une nouvelle date à marquer d’une pierre noire, dans la chronologie mortifère du droit français à l’avortement. Le 30 janvier, l’Assemblée Nationale a approuvé en première lecture l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution française.
Les termes votés sont ceux de “Liberté garantie” pour les femmes d’avoir recours à l’interruption volontaire de grossesse. Elles sont déjà plus de 230 000 à y avoir recours chaque année en France, où ce “droit” s’est déployé à la faveur de nombreux textes législatifs, toujours plus Permissifs.
Les débats sur ce nouveau projet sont nombreux, tant sur le plan éthique que sur le plan du Droit stricto sensu. La pertinence d’une telle mention dans la constitution est d’ailleurs largement contestée.
Fidèle à ses convictions et aux principes qui sous-tendent son action, l’association Choisir la Vie, veut souligner la plus grave des transgressions éthiques que cet examen de loi annonce.
La Liberté d’éliminer un être humain garantie par la Constitution.
Malgré toutes les souffrances de tant de femmes et la violence d’une telle vérité, il est de notre devoir de ne pas la nier. Il ne s’agit pas ici de condamner mais de chercher à éviter que notre pays s’enfonce dans cette voie mortifère et autodestructrice.
L’idéologie dominante nie contre toutes les évidences scientifiques et empiriques que l’embryon et le foetus sont déjà des vies humaines. Le législateur s’apprête donc purement et simplement à inscrire la liberté de tuer les plus fragiles de nos semblables dans la Constitution.
Que dire de plus, sinon que ce droit de vie ou de mort serait un terrible “contresens constitutionnel”, révélateur du lâche consentement de nos élites diligentes, enfermés dans une idéologie dont les déploiements sont purement et simplement totalitaires.
Le texte doit encore être adopté dans les mêmes termes au Sénat, avant la réunion d’un Congrès pour entériner la réforme constitutionnelle.
Lorsqu’il est question de l’interruption volontaire de grossesse, il est légitime d’évoquer l’eugénisme
Voici différentes interventions du député LR Patrick Hetzel en séance mardi dernier, sur le projet de loi visant à constitutionnaliser l’avortement :
Permettez-moi pour défendre cet amendement en commençant par une citation : « Je vous renvoie au comité Veil qui a aussi pointé, en 2008, le danger qu’il y aurait de constitutionnaliser […] “des principes qui peuvent apparaître aujourd’hui comme intangibles mais qui pourraient fort bien se révéler ne plus l’être demain”. Les sujets de bioéthique ne gagneraient pas à être inscrits ainsi dans la Constitution, au risque d’interdire tout débat et toute évolution en la matière. »
Il s’agit d’une intervention de Mme Yaël Braun-Pivet (Applaudissements et sourires sur plusieurs bancs du groupe LR.), alors présidente de la commission des lois, qui, en tant que rapporteure du projet de loi constitutionnelle pour un renouveau de la vie démocratique, s’est exprimée à plusieurs reprises pour indiquer qu’il ne fallait surtout pas constitutionnaliser l’IVG.
Je vous invite à reprendre les débats en question, vous verrez que ces propos ont été tenus et répétés. Madame la présidente, nous défendons ces amendements pour être totalement en phase avec vos déclarations de 2018 ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RN et LR.)
Mme la présidente : Merci monsieur Hetzel, mais, si vous citez mes propos, il faut les reprendre dans leur intégralité ! Ceux-là datent de 2018. J’ai indiqué publiquement et à de très nombreuses reprises que ma réflexion avait évolué et que j’étais à présent favorable à la constitutionnalisation de l’interruption volontaire de grossesse ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et SOC.) J’espère que c’est maintenant clair pour tous.
Patrick Hetzel :
La loi Veil relative à l’IVG que vous proposez de constitutionnaliser, cela a été rappelé plusieurs fois, notamment par notre oratrice Émilie Bonnivard, était une loi d’équilibre : elle évoquait également la préservation et la protection de la vie à naître, tout en se préoccupant de la clause de conscience des professionnels. Ma question est très simple, monsieur le garde des sceaux : à partir du moment où vous constitutionnalisez l’un des éléments constitutifs du triptyque de la loi Veil et non pas les deux autres, n’allez-vous pas créer, hiérarchie des normes oblige, une asymétrie juridique au profit du droit à l’IVG ?
Patrick Hetzel
Le Conseil constitutionnel s’est déjà prononcé à quatre reprises sur la question de l’IVG : en 1975, en 2001 et, plus récemment, en 2014 et en 2016. Ses conclusions, qui sont reprises dans l’avis du Conseil d’État, ont toujours jugé l’IVG conforme à la Constitution.
L’amendement reprend la décision du Conseil constitutionnel du 27 juin 2001, laquelle indique que le respect de la Constitution impose un équilibre « entre, d’une part, la sauvegarde de la dignité de la personne humaine contre toute forme de dégradation et, d’autre part, la liberté de la femme qui découle de l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ». La loi fondamentale doit garantir l’équilibre entre le respect de la liberté de la femme et la protection de la vie à naître. Il est troublant de constater à quel point vous êtes gênés lorsque nous évoquons l’asymétrie que provoque la constitutionnalisation de l’une sans celle de l’autre.
Patrick Hetzel
Il reste une question de fond à laquelle aucune réponse n’a été apportée ; je me permets de la réitérer parce que c’est un point clé. Pouvez-vous nous garantir que le principe constitutionnel de respect de la dignité humaine englobe la protection de la vie à naître ? Si tel était le cas, ce serait de nature à nous rassurer. Pouvez-vous juste nous garantir cela ?
Patrick Hetzel
Vous serez d’accord avec nous pour affirmer qu’en l’état du droit, les deux clauses de conscience – la clause de conscience générale et celle qui s’applique spécifiquement à l’IVG – sont inscrites dans la loi ordinaire.
Pour le reste, il y a débat : si certains constitutionnalistes estiment que ces clauses sont également constitutionnellement protégées – c’est la thèse que vous semblez développer –, nous n’en avons pas la garantie. C’est pourquoi nous défendons ces amendements de précision afin que le respect de la liberté de conscience figure dans la réforme constitutionnelle. Je ne vois vraiment pas pourquoi vous vous y opposeriez !
Patrick Hetzel
Nous avions, dans le prolongement des débats portant sur la loi du 2 août 2021 relative à la bioéthique, engagé un recours auprès du Conseil Constitutionnel afin d’en obtenir l’avis sur l’eugénisme, question importante s’il en est.
Le Conseil Constitutionnel avait alors indiqué qu’il ne lui appartenait pas de se prononcer sur le sujet, que cela revenait au constituant. Or, comme nous discutons d’un projet de loi constitutionnelle, il nous semble pertinent d’évoquer la lutte contre l’eugénisme. Notre amendement vise donc à compléter l’alinéa 2 par les mots : « Elle garantit la lutte contre l’eugénisme. »
Patrick Hetzel
Il est vrai que les débats s’accélèrent, mais son importance justifierait que le Gouvernement s’exprime au sujet de l’eugénisme.
Monsieur le ministre, vous le savez : nous examinons un projet de loi constitutionnelle. Nous n’avons déposé aucun amendement qui déborde du périmètre du projet de loi, mais lorsqu’il est question de l’interruption volontaire de grossesse, il est légitime d’évoquer l’eugénisme.
Il est regrettable que vous ne vouliez pas répondre : la représentation nationale mérite mieux !
Avortement : “Pourquoi avez-vous peur du débat ?”
Voici les interventions du député LR Xavier Breton, lors de la discussion du projet de loi sur l’avortement, mardi dernier :
Xavier Breton à propos d’un amendement de suppression de l’article :
Je veux être très clair : je défends cet amendement à titre personnel. Seule Émilie Bonnivard est habilitée, en tant qu’oratrice du groupe Les Républicains, à s’exprimer au nom de ce dernier. Si vous devez vous en prendre à quelqu’un, adressez vos reproches aux députés à titre individuel et non au groupe.
Nous déposons un amendement de suppression car, même après les débats en commission, nous n’y voyons pas clair. Un équilibre doit être recherché entre la liberté de la femme et la protection de la vie à naître. La formulation que vous souhaitez introduire dans la Constitution changera-t-elle quoi que ce soit ? Si cet ajout est sans conséquences, à quoi bon ? S’il en a, il faut nous expliquer lesquelles. Nous n’avons toujours pas compris ! Cela ne peut modifier que l’équilibre entre la liberté…
Est-ce que cela change l’équilibre entre la protection de la vie à naître et la liberté de la femme ? Nous pensons que oui. Si vous n’êtes pas d’accord, dites-nous en quoi consiste le changement. Nous avons besoin d’y voir clair ! Si cette modification relève du pur symbole, le moment nous paraît mal choisi. Si, au contraire, elle a des conséquences, dites-nous lesquelles. Nous attendons des réponses claires. Comme nous ne les avons pas obtenues en commission, nous demandons la suppression de ce texte, qui manque de clarté.
Planning familial
Xavier Breton
Nous abordons ici la question des délais, et elle n’a rien de théorique. Je rappelle qu’il y en a, dans ce pays, qui milite pour la suppression des délais et qu’ils sont très proches de vous : j’ai entendu les compliments que vous faisiez au Planning familial, en vous prosternant devant lui. Mais, à voir son plan stratégique 2023-2025, il me semble que si le Planning familial est normalement le bras armé du Gouvernement, les rôles s’inversent pour lui permettre dorénavant de faire passer son idéologie.
En effet, le Planning familial s’engage à « défendre la suppression totale du délai de recours à l’IVG » et à « lutter pour l’allongement des délais d’IVG ». Je note que l’IMG n’est certes pas soumise à des conditions de délai, mais qu’elle ne peut s’appliquer que sous conditions médicales. Or, pour le planning familial, seule la personne enceinte a le droit de décider pour son corps et devrait donc avoir le droit, si elle le souhaite, de mettre fin à une grossesse non désirée. Êtes-vous d’accord avec ces positions ? Je vous le demande parce que vous semblez à la remorque du planning familial sur toutes ces questions. Ou bien est-ce que vous prenez l’engagement de ne jamais aller dans le sens d’un allongement du délai de l’IVG ?
On avait déjà eu droit au critère de la détresse psychosociale – notion confuse – pour justifier cet allongement, lequel a, heureusement été supprimé par le Sénat. Il y en a qui ne veulent aucune limite à l’avortement et je respecte la cohérence de leur choix car eux, au moins, ne sont pas hypocrites !
Opposition au planning familial
Xavier Breton
Continuons à voir ce que sont les préconisations du Planning familial dans son plan stratégique. Il y a une pensée unique qui interdit de le mettre en cause, mais je m’y oppose ! Et je souhaiterais que vous soyez aussi clairs que moi sur votre position, mes chers collègues. Pour ma part, je suis contre la suppression de tout délai pour l’IVG et je m’oppose aussi à ce que « le Planning familial s’engage à lutter contre la stigmatisation de l’avortement, notamment à travers la demande de la suppression de la double clause de conscience ». Dites que vous êtes d’accord ou non, mais soyez clairs ! On voit bien que vous êtes vraiment à sa disposition, que vous êtes les larbins du Planning familial pour mettre en œuvre son idéologie. Sinon, réagissez un petit peu ! Dites-nous que vous êtes contre la suppression de la double clause de conscience !
Au titre de votre tutelle sur le Planning familial, demandez-lui qu’il renonce à ses propositions inadmissibles ! L’avortement jusqu’à 9 mois et inconditionnel est inadmissible dans notre pays. Mais que ceux qui défendent ces propositions au nom de leur propre cohérence le disent aussi.
Clause de conscience
Xavier Breton
Cet amendement porte sur la clause de conscience : nous avons besoin de connaître vos positions, monsieur le garde des sceaux et monsieur le rapporteur. Êtes-vous pour ou contre sa suppression ?
Vous me répondrez que cet élément ne figure pas dans le texte. Dont acte. Cependant, tel qu’il est actuellement rédigé, celui-ci autoriserait la suppression de la clause de conscience si elle devait être votée. Une telle disposition serait conforme à la Constitution car, pour reprendre les termes du garde des sceaux, vous renforcez ici la liberté de la femme par rapport à la protection de la vie à naître.
De la même manière, notre collègue Panot s’est dite favorable au droit inconditionnel à l’avortement jusqu’à neuf mois de grossesse. Dont acte. Je suis contre une telle éventualité, mais je la respecte.
Mais ce que j’attendais de vous, monsieur le rapporteur, c’est que vous vous positionniez contre l’avortement inconditionnel. Vous avez été choisi comme rapporteur par votre majorité, alors que vous êtes favorable à l’avortement inconditionnel – sinon, prenez le micro et dites-le !
Il faut avoir ce courage afin de concilier deux principes. Si l’on ne défend que la liberté de la femme, où sont les limites ? La protection de la vie à naître ne saurait rester du seul ressort de l’article 16 du code civil – de niveau législatif donc – car c’est aussi un principe d’ordre supérieur.
Monsieur le garde des sceaux, vous rappelez les décisions du Conseil constitutionnel qui font référence à la liberté de conscience. Mais il ne s’agit pas d’une référence explicite aux clauses de conscience, qui pourraient être amputées avec la constitutionnalisation à venir. Et je ne parle pas de celle de l’IVG, mais de la liberté de la femme. C’est le chemin que vous préparez. Soyez clair !
Il est hypocrite de votre part de ne pas l’assumer. Enfin, nous attendons également – nous y tenons – votre réponse sur le sens du mot « femme ».
Avortement Yougoslavie
Xavier Breton
Avec l’examen des amendements, nous allons pouvoir entrer dans le vif du sujet et nous atteler à la rédaction du texte.
Il faut dédramatiser le débat autour de ce projet de loi. J’ai à nouveau entendu parler de première historique.
Or, comme je l’ai indiqué à M. le garde des sceaux et à M. le rapporteur en commission des lois, il existe un précédent : il y a cinquante ans, l’article 191 de la nouvelle Constitution yougoslave de 1974 disposait que « c’est un droit de l’homme de décider librement de la naissance de ses enfants ».
La Constitution de la Yougoslavie socialiste consacrait donc un droit à l’avortement en même temps qu’elle conférait des pouvoirs à vie au président Tito.
Marc Le Fur
Ça leur a réussi ! (Sourires.)
Xavier Breton
Voilà qui relativise la portée historique de votre texte : contrairement à ce que vous prétendez, nous ne serons pas le premier pays à inscrire un droit à l’avortement ou une liberté d’avorter dans sa Constitution, mais le deuxième ! Vous vous en contenterez peut-être, mais cela met les choses en perspective.
Mais passons aux choses sérieuses : il faut maintenir un équilibre entre la liberté de la femme, qui est reconnue, et la protection de la vie à naître, qui est également protégée. Cet équilibre a été douloureusement atteint lors du vote de la loi Veil en 1975, avant d’être consacré par la jurisprudence du Conseil constitutionnel.
L’équilibre sera-t-il rompu par la révision constitutionnelle que vous proposez ? Les questions sont nombreuses à ce sujet. Nous allons maintenant les poser en défendant nos amendements. Nous attendons des réponses car elles serviront, comme tout notre débat, à l’interprétation de la Constitution.
Définition de la femme
Xavier Breton
J’aimerais tout d’abord revenir sur le mot « femme » dont il a été question lors de l’examen des amendements de Mme Panot, il y a quelques instants.
Les mots ont-ils encore un sens ? Ou bien on considère que des personnes, quel que soit leur état civil, peuvent être enceintes, ce qui peut arriver, nous le savons ; dans ce cas, employons le mot « personnes ». Ou bien on considère que seules les femmes peuvent être enceintes ; dans ce cas, nous devons nous mettre d’accord sur la définition juridique d’une femme.
L’extrait de l’avis du Conseil d’État que vous avez lu – « sans considération tenant à l’état civil, l’âge […] » –, c’est du blabla !
D’un point de vue juridique, une femme est définie comme telle en fonction de l’état civil, un point c’est tout, à moins que M. le garde des sceaux nous donne une autre définition juridique du mot « femme ».
Vous avez choisi d’employer le mot « femme » dans votre rédaction. Dont acte. Allez jusqu’au bout. Un homme, défini comme tel par l’état civil, fût-il transgenre et enceint avant son changement de sexe, ne peut pas avoir accès au droit tel que vous l’avez prévu, puisque vous avez choisi de l’accorder à une « femme ».
Si, à présent, vous êtes perméable à l’idéologie woke, libre à vous d’accorder ce droit. Mais quand vous considérez que, en vertu d’un changement de sexe à l’état civil – une mesure que vous avez décidée et que nous avons condamnée –, des hommes peuvent être enceints, nous répondons qu’il n’est pas possible d’employer le mot « femme » car celui-ci répond a une définition bien précise.
Vous dites que la définition du mot « femme » n’a rien à voir avec l’état civil. Dans ce cas, donnez-nous la vôtre. J’attends votre réponse, elle me semble importante.
J’en viens à l’amendement. Il prévoit que la loi mentionne le respect de l’équilibre entre la liberté de la femme et la protection de la vie à naître. J’en profite pour indiquer au rapporteur que nous n’avons jamais utilisé l’expression « droit à la vie à naître » mais bien « protection de la vie à naître ».
Vous avez dit tout à l’heure que la protection de la vie à naître ne faisait pas partie du bloc de constitutionnalité. Cela signifie bien que la liberté de la femme l’emportera sur celui du respect de la vie à naître. Par conséquent, ce qui nous attend, c’est une suppression des délais et des clauses de conscience.
Rupture équilibre
Xavier Breton
Cet amendement, que Thibault Bazin a rédigé et que j’ai cosigné, vise à inscrire expressément dans le texte qu’il ne faut pas rompre l’équilibre entre deux principes, d’une part la sauvegarde de la dignité de la personne humaine contre toute forme de dégradation, d’autre part la liberté de la femme.
Le Conseil constitutionnel se fonde sur ces deux principes dans sa jurisprudence.
Monsieur le garde des sceaux, vous avez indiqué tout à l’heure que le texte visait à donner davantage de force à la liberté de la femme et à l’élever dans la hiérarchie des normes. Cela veut bien dire que le ou les principes qui restent au même rang seront moins forts par rapport à la liberté de la femme. Il y a donc une rupture de l’équilibre existant. Assumez-le ! Vous ne pouvez pas dire que cela ne change rien.
Monsieur le rapporteur, vous avez affirmé que le texte ne modifierait en rien le cadre législatif et réglementaire en vigueur. Donc acte. Le Conseil d’État estime effectivement que la constitutionnalisation de la liberté de la femme de recourir à l’IVG n’impose aucune modification de la législation. Toutefois, les choses peuvent changer à l’avenir, en raison du déséquilibre créé en faveur de la liberté de la femme, au détriment de la protection de la vie à naître.
Vous pouvez dire « des femmes » ; pour ma part, je dirai « de la femme ». Chacun fait ce qu’il veut.
Votre idéologie élitiste, sachez-le, j’y suis complètement imperméable.
Ne vous épuisez pas, menez d’autres combats ! Vous pouvez y revenir à l’envi, vous pouvez vociférer, je ne changerai pas sur ce point.
Si j’ai envie de dire « l’homme » pour faire référence aux hommes et « la femme » pour faire référence aux femmes, je continuerai à le faire, ne vous en déplaise.
Je parle donc de la liberté de la femme. Pour ma part, je ne vous reproche pas de dire « les femmes ».
Vous rendez-vous compte qu’il s’agit d’atteintes à la liberté d’expression ? Vous nous obligez à utiliser des mots…
Sens du mot femme
Xavier Breton
Ce qui montre que vous êtes sous l’emprise de l’idéologie woke, monsieur le garde des sceaux, c’est qu’on attend toujours votre réponse sur le sens du mot « femme ».
Si j’ai bien suivi, du fait de votre législation sur le changement de sexe dans l’état civil, cela ne concernera pas que des femmes. Alors, assumez-le, et reconnaissez que des hommes enceints pourront demander à avorter ! On peut même voir dans le métro des affiches sur le sujet !
Tout cela découle de l’idéologie dont vous êtes le complice.
Le problème, c’est que vous n’osez pas le dire. Vous êtes à la dérive, il n’y a plus de repères. Au moins, à la NUPES, ils sont cohérents, ils ont des convictions, les choses sont claires. Le Planning familial affiche ses revendications, il a un plan. Alors que vous, vous suivez sans oser le dire.
Je répète donc ma question. Que doit-on entendre par « femme » ? S’agit-il de toutes les femmes, rien que les femmes ? Apparemment, non : cela concernerait également celles qui ne le sont plus, etc. Quelle est la définition juridique du terme ?
Voilà le niveau du débat. Je demande au garde des sceaux de préciser la signification du mot « femme », qui n’a plus son sens historique, et tout ce que vous trouvez à dire, c’est « Foutez-nous la paix » !
C’est typiquement votre conception du débat.
Non, madame, nous n’allons pas vous foutre la paix. Votre idéologie woke, nous allons la combattre !
GPA
Xavier Breton
Si le sujet que j’aborde présente peu de liens avec l’IVG, il concerne tout de même la question de la procréation. Nous attendions que le Gouvernement se place à la tête d’un mouvement d’opposition à la gestation pour autrui (GPA).
Il me semble que le pays a besoin d’une parole gouvernementale claire, alors que les positions des ministres fluctuent au gré de l’actualité et des modes.
On attendrait qu’une position très claire soit exprimée face au risque de marchandisation du corps des femmes. Ainsi, au lieu d’un débat aussi compliqué que celui auquel nous avons participé ce soir, une clarification sur la question de la GPA aurait été bienvenue. Il y va du respect de la liberté des femmes, qui devrait être réaffirmé ; mais sur ce sujet, on ne risque pas de vous entendre.
Limites de l’IVG
Xavier Breton
Pourquoi avez-vous peur du débat, cher collègue ? Nous examinons un projet de loi constitutionnel qui fera l’objet d’une seule lecture. Si le processus législatif devait aller jusqu’au bout, le texte sera examiné par le Parlement réuni en Congrès à Versailles, où nous n’aurons pas la possibilité de nous exprimer : nous nous contenterons de voter. Nous avons consacré deux heures à la discussion générale et trois heures à la discussion des amendements, que nous poursuivons ce soir. Est-ce encore trop pour vous ? Souhaitez-vous pratiquer l’entrave aux débats ? Auriez-vous peur de discuter de ces questions ?
Pourquoi refusez-vous d’organiser un référendum sur un tel sujet ? Parce que vous ne voulez pas que nos concitoyens entendent des conceptions différentes des vôtres, vous qui vous prétendez les tenants du pluralisme et de la liberté d’expression ? Débattons, même si nous ne sommes pas d’accord ! N’ayons pas peur ! Nous sommes en train de nous prononcer sur une révision de notre Constitution : chaque mot compte.
Nous proposons, dans cet amendement, d’adjoindre la notion de « limites » à celle de « conditions dans lesquelles s’exerce » le recours à l’interruption volontaire de grossesse. Aucun principe n’est absolu : ils doivent toujours s’appliquer au regard des autres principes existants. Ainsi, la liberté de la femme doit être conciliée avec la protection de la vie à naître. En mentionnant explicitement ces limites dans la Constitution, nous assurerions cet équilibre, dont nous voyons bien que vous voulez le rompre mais que nous souhaitons maintenir.
Menace sur la conscience des soignants
Emmanuel Sapin, professeur en chirurgie pédiatrique et néonatale, écrit dans une tribune du Figaro :
« Si l’Etat français entend accorder au recours à l’IVG le rang de liberté garantie par la Constitution, il serait prudent qu’il confirme dans le même texte sa détermination à garantir de manière tout aussi claire le droit, pour tout soignant, de ne pas concourir à une interruption de grossesse ».
« En l’état de sa rédaction, ce projet est muet sur les conséquences de cette évolution sur la protection de la clause de conscience qui vise à garantir aux professionnels de santé le droit de refuser de participer à la réalisation d’un acte contraire à leurs convictions personnelles, professionnelles ou éthiques ».
« Le recours à sa conscience est une liberté essentielle de toute personne exerçant une profession avec responsabilité ». Il serait « dramatique que certains, une fois la réforme constitutionnelle menée à son terme, obtiennent du législateur la suppression dans le code de la santé publique de la clause de conscience au motif que l’avortement, devenu un droit constitutionnellement garanti, impose que chaque soignant, au mépris de son éthique personnelle, participe à une IVG ».
« S’est-on posé la question de savoir, au-delà de la constatation, pourquoi un nombre croissant de médecins et de sages-femmes refusent de pratiquer des interruptions de grossesse ? ». « C’est qu’elles et eux savent que l’IVG n’est pas un acte banal ». « La disparition de la clause de conscience conduirait des soignants à démissionner, sans compter l’incertitude pour les futurs soignants sans garantie constitutionnelle de la clause de conscience. Dans la situation actuelle de crise des effectifs des professions de la santé, cela aggraverait encore la situation déjà très précaire de notre système de santé ».
« Notre devoir de soignants est d’entendre les femmes dans leur détresse ou difficultés lorsque certaines situations de vie les amènent à demander un geste qu’elles réprouveraient dans tout autre moment. Mais cela ne doit pas entraîner l’obligation pour le personnel de santé d’effectuer ce qui heurte sa conscience pour des raisons personnelles ou professionnelles ».
Source : Gènéthique
Mgr Morandi élu à la tête de la conférence des évêques d’Émilie-Romagne
Benoit et moi évoque les tensions entre une partie de l’épiscopat italien et le Pape :
L’archevêque Giacomo Morandi, 58 ans, a été démis de ses fonctions par le Saint-Père peu après que la Congrégation pour la doctrine de la foi, dont Morandi était le secrétaire, se soit prononcée en 2021 contre la légitimité des bénédictions liturgiques pour les couples de même sexe.
Mais le 15 janvier, Morandi a été élu à la tête de la Conférence des évêques d’Émilie-Romagne, une région clé du nord de l’Italie dont le centre est Bologne.
Quand la CDF a publié un responsum ad dubium en réponse à une question sur la légitimité des bénédictions liturgiques pour les couples de même sexe, l’archevêque Morandi a été considéré comme la force motrice du rejet par le Vatican des bénédictions pour les couples de même sexe .
La déclaration a été publiée avec l’autorité du pape François seulement après que l’archevêque Morandi ait insisté pour que la question soit abordée en réponse aux appels répétés de plusieurs évêques allemands en faveur des bénédictions liturgiques pour les couples de même sexe.
Morandi, éminent canoniste, a rejoint la CDF en tant que sous-secrétaire en 2015 et a été promu secrétaire – le numéro 2 – deux ans plus tard.
En réponse à la question : « L’Église a-t-elle le pouvoir de donner la bénédiction aux unions de personnes de même sexe ? », la CDF, sous sa direction, a répondu : « Non ».
Dans une explication jointe, la CDF a déclaré : « Dieu ne bénit pas et ne peut pas bénir le péché ».
L’archevêque Morandi a été identifié comme l’auteur du document de mars 2021, qui est toujours contraignant, mais à la fin de l’année, il a été rétrogradé au rang d’évêque diocésain de Reggio Emilia-Guastalla, en Italie. Il a été autorisé à conserver son rang archiépiscopal « ad personam », càd seulement de nom.
L’archevêque Morandi s’est également opposé à l’imposition de nouvelles restrictions à la célébration de la messe traditionnelle en latin, introduites en décembre de la même année avec Traditionis custodes, un motu proprio papal, ou acte « d’initiative » du pape, une façon d’exercer un gouvernement autocratique au sein du Saint-Siège.
À l’époque, les rumeurs selon lesquelles le départ de Morandi était lié au responsum ont été démenties par des sources vaticanes, qui les ont qualifiées d’ « absurdes ».
Selon ces sources, il s’agissait d’une première étape dans un remaniement visant à permettre au pape de réformer et de nommer un nouveau chef du département doctrinal, désormais connu sous le nom de Dicastère pour la Doctrine de la Foi.
Le Père Daniel Brottier, « moi, je ferai pleuvoir des billets de banque » !
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Les éditions Salvator ont eu l’idée précieuse de rééditer la vie du Père Brottier , “En confiance” du père Alphonse Gilbert.
Daniel Brottier, né le 7 septembre 1876 à La Ferté-Saint-Cyr en Loir-et-Cher et mort le 28 février 1936 à Paris, est un missionnaire spiritain français, ensuite nommé directeur de la fondation des orphelins apprentis d’Auteuil (par le cardinal Dubois), puis béatifié par Jean-Paul II le 25 novembre 1984.
Depuis son enfance, Daniel voulait être prêtre. Et son amitié pour Jésus cultivée dans le terreau de la foi familiale s’exprime naïvement dans un dialogue intérieur fréquent qui ne le quittera plus. « En confiance », la devise du père Brottier. Ce mot confiance cristallise pour lui sa personnalité spirituelle et l’influx vital qu’il a communiqué à son œuvre. Dans cet ouvrage, le père Alphonse Gilbert nous livre Daniel Brottier dans l’une de ses dimensions trop méconnues : sa relation profonde à Dieu.
Les amis du père Brottier sont tous frappés par l’auréole teintée de merveilleux et de réussite qui l’a marqué tout au long de sa vie :
- ses initiatives multiples, à la limite de la provocation à Saint-Louis du Sénégal ; alors que les lois Combes expulsent les religieux des écoles et des hôpitaux, il fonde patronages et chorales, jardins d’enfants et fanfares, …
- l’invraisemblable « baraka » qui l’accompagnera quotidiennement pendant les cinquante-deux mois de la Grande Guerre ; bien qu’il soit exempté, Daniel Brottier se porte volontaire comme aumônier militaire. Il passe l’intégralité de la guerre en première ligne sans pourtant jamais être blessé, un « miracle » qu’il attribue à sainte Thérèse de Lisieux car l’évêque de Dakar lui a déclaré, après la guerre, l’avoir « secrètement confié à la protection de Thérèse de Lisieux » et avoir régulièrement prié la carmélite de « protéger son curé ».
- la création de l’Union nationale des combattants, qui rassembla une foule d’hommes de tous horizons ;
- la construction de la cathédrale de Dakar, événement considérable pour l’Eglise missionnaire ;
- enfin et surtout la dimension spectaculaire donnée à Apprentis d’Auteuil, en douze ans à partir du fantastique pari sur la construction du sanctuaire de sainte Thérèse de Lisieux. Premier sanctuaire parisien dédiée à la Petite Sainte.
Ce bilan nous confond et nous serions tentés de l’attribuer aux seules qualités humaines, aux seules vertus naturelles de Daniel Brottier. C’est tout ignorer des étranges chemins de la Providence. Et c’est la grâce du père Alphonse Gilbert de nous faire découvrir, au grand jour, cette intimité du père Brottier avec Dieu. Son Dieu. Cette intimité est influencée par deux spiritualités qui se rejoignent sans cesse : celle de François Libermann, qui façonne la congrégation du Saint-Esprit ; celle de sainte Thérèse de Lisieux, qui a fait redécouvrir à un monde désespéré l’amour fou de Dieu pour les hommes.
Le père Brottier est pétri pendant tout son noviciat des principes du père Libermann : union habituelle à Dieu par la prière, le sacrifice, l’amour des plus pauvres, vécue au quotidien dans les moindres détails de la vie de communauté et de l’action missionnaire. Il reprend à con compte la fameuse phrase de sainte Thérèse « Je n’ai jamais passé plus de trois minutes sans penser à Dieu ». Tout comme François Libermann et tout comme sainte Thérèse, le père Brottier est marqué dans sa chair par des épreuves de souffrances terribles. Les épreuves spirituelles sont pires. Mais cette souffrance est le tremplin que Dieu propose pour entrainer davantage les âmes choisies, dans son intimité. Un mystérieux « étau d’amour » étreint le père, qui à travers l’étonnante panoplie de ses activités lui fera atteindre l’essentiel : l’union constante à Dieu.
Avec la direction dynamique du père Brottier, les Apprentis d’Auteuil se développent dans toute la France. Il crée 7 nouvelles maisons. En 1936, l’ensemble de ces maisons accueillent 1400 orphelins. Ces 12 années de travail intensif ont achevé d’épuiser le père. Le 2 février 1936, c’est consécration de la cathédrale de Dakar, ce sera sans lui.
Il a passé sa vie à chercher de l’argent pour la mission, pour les enfants abandonnés, pour la chapelle de Thérèse qu’il a tant aimée. Alors que Thérèse avait promis de faire pleuvoir des pétales de roses depuis le ciel, le père Brottier, très pragmatique, a dit : « Moi, je ferai pleuvoir des billets de banque ! »
Il s’éteint le 28 février 1936, à l’hôpital Saint-Joseph. Il est enterré au sanctuaire Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus à Auteuil.
SUR LIVRES EN FAMILLE, retrouvez d’autres ouvrages pour enfants et adultes sur LE PERE BROTTIER. Père Daniel Brottier, en confiance, du père Alphonse Gilbert, 378 pages, Editions Salvator, 21.90 €
Le nouveau « congé de naissance », une mesure en trompe-l’œil
Pascale Morinière, présidente des Associations familiales catholiques (AFC), est interrogée par Fabrice Madouas dans France catholique, à propos des annonces gouvernementales. Extraits :
[…] Les mesures annoncées vous semblent-elles à la hauteur de ce défi démographique ?
Je crains que l’on ait pris les choses à l’envers. Pour que la natalité reparte, il faut d’abord analyser les raisons de son recul. En France, un adulte de moins de 50 ans sur trois a renoncé à avoir un enfant, ou d’autres enfants s’il en avait déjà. Pourquoi ? L’enquête que nous avons confiée à l’Ifop en juillet 2023 permet d’identifier les freins à la natalité. Les deux premières raisons avancées tiennent aux modes de garde, trop chers ou inexistants, et aux problèmes d’emploi et de ressources financières. L’inquiétude liée à la crise climatique, dont on parle tant, n’arrive qu’en cinquième position. On voit bien quelles sont les priorités.
Fort de ce diagnostic, que pensez-vous des mesures envisagées ?
La principale concerne la garde de l’enfant. Le gouvernement dit vouloir créer un nouveau « congé de naissance ». Il s’agirait de remplacer les congés parentaux jusqu’à 3 ans, rémunérés environ 429 € par mois, par un congé de 6 mois. La rémunération se ferait en fonction du salaire et n’excéderait pas 1 800 € par mois.
Première remarque : en réalité, ce congé de naissance n’est pas de 6 mois, car il inclurait les 2 mois et demi de l’actuel congé maternité. C’est donc un congé de 3 mois et demi seulement, et même de 2 mois pour le troisième enfant puisque le congé maternité est plus long dans ce cas. C’est donc une mesure en trompe-l’œil.
Deuxième remarque : le congé parental, qui peut durer jusqu’aux 3 ans de l’enfant, serait supprimé puisqu’il s’agit de remplacer l’un par l’autre. Où est le progrès ?
En réalité, cette mesure est un leurre. Rien de plus que de l’affichage. Ce n’est pas ainsi que l’on permettra aux Français d’avoir autant d’enfants qu’ils le souhaitent. La vérité, c’est que le gouvernement cherche à faire des économies de toutes les manières possibles. Je rappelle que la branche « famille » de la Sécurité sociale est largement bénéficiaire – ce qui se comprend aisément : moins il y a d’enfants, moins il y a de prestations familiales à verser – et qu’elle est régulièrement prélevée pour abonder la branche « autonomie-vieillesse », en déficit puisque la population française vieillit… C’est un expédient, une « vision » comptable à courte vue qui néglige l’avenir. S’il n’y a plus d’enfants, comment pourra-t-on s’occuper des personnes âgées ? La politique familiale est un investissement. Le démographe et sociologue Gérard-François Dumont a démontré que le taux de natalité était corrélé au pourcentage du produit intérieur brut consacré à la famille. C’est pourquoi nous nous battons, au niveau européen, pour une modification des règles comptables : les mesures de politique familiale doivent être considérées comme un investissement et non comme une dépense, comme c’est aujourd’hui le cas – ce qui aggrave la dette des pays soucieux de relancer la natalité. […]
Enceinte d’un viol à 15 ans elle garde son bébé
Ayala Isenberg, 20 ans, a donné son témoignage sur le fait de devenir défenseur de la vie suite à une conception par viol. En tant que jeune adolescente et en choisissant de ne pas avorter.
« Honnêtement, je trouve assez insultant d’utiliser des femmes comme moi et nos enfants comme aliment politique pour le discours [pro-avortement], et surtout pour un gain économique pour l’industrie de l’avortement ». «Je trouve cela insultant parce que je pense que c’est parler au nom de femmes comme moi et de nos enfants.»
La jeune mère engagée de Charlotte, en Caroline du Nord, que les animateurs du podcast ont décrite comme « féroce » et « en pétard », a partagé son histoire dévastatrice d’avoir été « violée plus de fois que je ne peux en compter » au cours de quatre années d’abus commençant quand elle était juste une petite fille.
Lorsqu’elle a conçu sa fille, Rachel, à la suite d’une agression sexuelle à l’âge de 15 ans seulement, elle a rejeté l’avortement après avoir vu « un dépliant pour un centre de grossesse d’urgence » qui « m’a aidée à réaliser qu’il y avait des gens qui voulaient m’aider, comme : vraiment en désespérance.
C’est à ce moment-là qu’elle a commencé à s’identifier comme une défenseur de la vie, ce qui, selon elle, « a été la chose la plus importante dans ma vie » et a suscité le désir de se lancer en politique pour lutter pour les enfants à naître.
Elle a déclaré que sa grossesse l’avait obligée à
« prendre en compte la réalité [de] l’humanité du bébé à naître, une chose à laquelle nous n’avons pas souvent à penser en tant que société ».
Elle a déclaré qu’elle avait souvent été « critiquée » par des partisans de l’avortement « qui n’ont pas connu de grossesse, de viol ou d’agression sexuelle », mais qui sont néanmoins l’objet de son point de vue pro-vie, même s’il découle de ses propres expériences.
Ayala Isenberg a partagé une expérience dans laquelle elle a répondu au soutien d’une jeune femme en faveur de l’avortement en cas de viol en expliquant qu’elle était elle-même tombée enceinte de cette façon et qu’elle estimait néanmoins que son bébé « méritait de vivre ».
Selon Ayala Isenberg, la femme pro-avortement « a complètement changé son comportement et elle a dit : « tu es dégoûtante ». Pour A. Isenberg, l’expérience a été « déchirante ».
« Je pense que c’est ce que beaucoup de gens pensent des femmes comme moi ».
Malgré les réactions négatives, A. Isenberg est restée ferme dans sa conviction que les enfants à naître méritent la vie malgré les circonstances de leur conception et a reçu des commentaires positifs de la part d’autres survivantes de viol qui se sont senties réduites au silence.
Elle a déclaré que les femmes souffrent parce qu’elles n’entendent pas souvent parler des autres options disponibles, car ces options vont à l’encontre du discours pro-avortement.
« Vous savez, on entend rarement parler d’une réalité horrible d’abus sexuels, puis l’enfant qu’ils ont décidé de garder et d’aimer et, vous savez, de le placer en adoption ou de l’élever eux-mêmes ».
Sur la base de ses expériences personnelles et des histoires partagées avec elle par d’autres survivantes de viol, Isenberg a lancé un défi à ceux qui feraient de la publicité pour l’avortement comme solution au viol.
« Honnêtement, je leur demanderais simplement : que pensez-vous que l’avortement apporte aux victimes de viol ? « À votre avis, qu’est-ce que cela leur apporte ? Parce que beaucoup de gens n’y ont pas vraiment réfléchi, je suppose, mais ils supposent inconsciemment qu’une fois qu’on enlève le « bébé violé », qui est un terme que je n’apprécie pas dans la situation, ça, du coup, ça rend la situation meilleure.
Elle a déclaré que les femmes subissent encore des traumatismes dus à l’agression qui persisteront après l’avortement et nécessiteront une guérison grâce à une thérapie.
« L’avortement n’a rien à voir avec la guérison d’un viol ». « Je ne vois aucune manière dont cela puisse guérir, ou progresser de quelque manière que ce soit, pour cette femme, cette survivante comme moi, d’aller dans une clinique d’avortement, d’être attachée à une table, de se faire enlever violemment son enfant, ce qui est souvent très traumatisant, puis jeté sur le bord de la route » et le centre d’avortement lui a dit de simplement « nous appeler si quelque chose arrive ».
« Cela ne guérit pas ». « Rien de tout cela ne ressemble à ce qu’une survivante voudrait ressentir après avoir été agressée sexuellement. En fait, pour moi, l’avortement ressemble beaucoup à ce que l’on ressent après avoir été agressé sexuellement.
Endurant les horribles abus qu’elle a infligés, A. Isenberg a déclaré qu’elle était capable de ressentir une profonde empathie avec d’autres femmes et filles qui tombent enceintes à la suite d’un viol. Et elle sait que l’avortement n’est pas la seule issue.
« C’est pénible. C’est effrayant. Vous voulez juste vous en sortir ». « Et je sais ce que ça fait d’être prêt à faire quelque chose que l’on ne serait pas normalement à l’aise de faire, parce qu’on a juste besoin de s’échapper. Tu dois arrêter d’être blessé comme ça.
« Mais je dirais aussi que les conséquences de la perte de ce bébé vont durer toute une vie ».
Elle encourage les femmes à dénoncer leurs agresseurs aux autorités et à « échapper à ce qui s’est passé sans mettre fin à la vie de leur bébé, car ces conséquences sont éternelles ».
Elle a conseillé aux membres du mouvement pro-vie de s’informer sur les abus afin de mieux aider et de communiquer avec les femmes tombées enceintes à la suite d’un viol afin d’éviter de « traumatiser à nouveau » les survivantes, notant qu’il est extrêmement important pour celles qui sont en mesure de aider à « voir » et à « comprendre » la situation de la mère.
« Je pense que cela peut aussi éviter l’idée fausse selon laquelle on se dit : ‘Oh, je vais voir à travers toi et me soucier juste de ton bébé’ », a-t-elle déclaré, évoquant une accusation fréquemment utilisée par les militants pro-avortement contre les partisans de l’avortement, même si les organisations pro-vie font des efforts extraordinaires pour prendre soin et soutenir les mères ainsi que leurs bébés.
S’adressant aux jeunes mères, A. Isenberg les a exhortées à reconnaître que « si vous vous contentez de tendre la main et de demander de l’aide, il y a tellement de gens, en particulier au sein de la communauté pro-vie » qui « veulent vous aider dans votre démarche » dans cette situation et vous devez tendre la main et la demander.
« Vous avez toujours le choix. L’avortement n’est pas votre seule option ». « Ne laissez personne vous dire ça. Ni votre petit ami, ni votre mère, ni votre agresseur, ni personne dans cette situation, car, en fin de compte, c’est votre choix. Tu peux garder ce bébé.
Le coût de la révolution agricole
Le n°73 de La Nouvelle Revue Universelle publie un article de Patrick Buisson, tiré d’une conférence qu’il avait prononcée sur “La République, la démocratie, le progrès… ces dieux qui ont failli”. On y trouve ces quelques lignes comme en écho à l’actualité :

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Fête de la Présentation de Jésus au Temple et de la Purification de la Sainte Vierge
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Précisons tout d’abord que la fête ne porte pas le titre de « Purification de la Très Sainte Vierge » comme on le trouve dans tous les anciens missels, mais de « Présentation de Jésus et Purification de la Sainte Vierge ».
Le décret de la Sacrée Congrégation des Rites du 2 janvier 1962 permet cette solennité extérieure le dimanche suivant la fête de la Présentation, y compris avec Bénédiction des Cierges et Procession. Le texte du décret de 1962 permet donc cette solennité extérieure mais n’entend nullement y obliger. Au célébrant d’en décider. Notons que la fête du 2 février est très largement solennisée le dimanche suivant dans les messes dites traditionnelles, mais ces précisions s’imposaient.
Le Nouvel Ordo Missæ de 1970 ne prévoit pas, en revanche, cette possibilité. La fête, qui s’appelle « Présentation du Seigneur au Temple » ne peut être célébrée que le 2 février, donc presque toujours en semaine.
Cette fête célébrée quarante jours après Noël commémore un événement qui s’est réellement produit 40 jours après la naissance de l’Enfant Jésus, en observation de la loi juive.
Elle présente la particularité d’être à la fois une fête de Notre-Seigneur, celle de la Présentation, et une fête de la Sainte Vierge, celle de la Purification. Les chants du propre de la messe, nous le verrons, se rapportent principalement au premier aspect, alors que pour l’ordinaire on doit prendre normalement une messe des fêtes de la Sainte Vierge, et de même les psaumes et l’hymne des vêpres sont ceux des fêtes de la Sainte Vierge.
De plus cette fête a reçu le nom populaire de Chandeleur, car on y procède avant la messe à la bénédiction des cierges que l’on porte ensuite en procession. L’Église a peut-être voulu par cet usage remplacer une antique fête païenne de la lumière ; en tout cas elle a choisi cette date à cause de la parole du vieillard Siméon prononcée en ce jour, et qui est lue à l’Évangile, saluant l’enfant Jésus dans son cantique Nunc dimittis en l’appelant ” lumière pour éclairer les nations “. D’ailleurs le cierge allumé est un symbole du Christ, lumière du monde, nous le retrouverons dans la liturgie pascale.
Bénédiction et la procession des cierges
Ce sont ces paroles de Siméon que l’on chante pendant la distribution des cierges sous la forme d’une petite antienne toute simple, entièrement syllabique, légère et joyeuse, comme la lumière dont elle exprime la clarté :
Lumen ad revelationem gentium, et gloriam plebis tuæ Israel
Lumière pour éclairer les nations et gloire de votre peuple Israël.
Cette antienne, dont le texte est le quatrième verset du cantique Nunc dimittis, est accompagnée par les trois premiers versets psalmodiés, suivis du Gloria Patri, avec à chaque fois reprise de l’antienne :
Nunc dimittis servum tuum, Domine, secundum verbum tuum in pace.
Quia viderunt oculi mei salutare tuum.
Quod parasti ante faciem omnium populorum.Maintenant, Seigneur laissez votre serviteur s’en aller en paix selon votre parole
Car mes yeux ont vu le salut.
Que vous avez préparé à la face de tous les peuples.
Pendant la procession avec les cierges bénits que l’on tient allumés à la main, on chante une grande antienne très solennelle, qui semble d’origine orientale car cette fête a été célébrée d’abord à Jérusalem avant de l’être à Rome, et le texte de ce chant très riche, plein d’images et de symboles, contraste avec l’habituelle sobriété de la liturgie romaine.
Adorna thalamum tuum, Sion, et suscipe regem Christum : amplectere Mariam, quæ est cælestis porta : ipsa enim portat Regem gloriæ novi luminis : subsistit Virgo adducens manibus Filium ante luciferum : quem accipiens Simeon in ulnas suas prædicavit populis Dominum eum esse vitæ et mortis, et salvatorem mundi.
Sion orne ta chambre et reçois le Christ-Roi, ouvre les bras à Marie qui est la porte du Ciel : c’est elle qui porte le Roi de Gloire de la nouvelle lumière : la Vierge s’arrête présentant dans ses mains le Fils né avant la lumière. En la recevant dans ses bras Siméon annonce à tous les peuples qu’Il est le maître de la vie et de la mort et le Sauveur du monde.
La mélodie calme et solennelle évoque tout à fait une procession triomphale.
Au retour de la procession, en rentrant dans l’église, on chante un Répons ; les Répons sont essentiellement des chants de l’office des matines, mais on en chante aussi dans d’autres circonstances comme celle-ci. Ils ont toujours la même forme avec des versets, normalement deux dont le deuxième est le Gloria Patri, sur des psalmodies très ornées, et après chaque verset on reprend la dernière phrase du Répons. La mélodie de celui-ci utilise des formules habituelles à ce genre de pièce, et n’a donc pas de rapport spécial avec le texte, qui n’est d’ailleurs ici qu’un simple récit, tiré de l’Évangile de la fête.
Obtulerunt pro eo Domino par tuturum, aut duos pullos colombarum, sicut scriptum est in lege Domini.
Ils offrirent pour lui au Seigneur une paire de tourterelles ou deux petites colombes ainsi qu’il est prescrit dans la loi du Seigneur.
Et voici le premier verset :
Postquam autem impleti sunt dies purgationis Mariæ, secundum legem Moysi, tulerunt Jesum in Jerusalem, ut sisterent eum Domino.
Lorsque furent accomplis les jours de la purification de Marie selon la loi de Moïse, ils portèrent Jésus à Jérusalem pour l’offrir au Seigneur.
Messe
► Introït : Suscepimus
La procession des cierges de la Chandeleur est suivie aussitôt de la messe de la fête, dont les chants se rapportent à la présentation de l’enfant Jésus, venant lui-même dans le temple s’offrir à son père pour la mission rédemptrice qu’il doit accomplir.
Les deux premiers chants du propre de la messe, l’Introït et le Graduel ont le même texte, ce qui est assez rare. C’est un extrait du psaume 47, grand cantique d’action de grâce pour une victoire accordée par le Seigneur à son peuple, accompagnant l’entrée triomphale de l’arche d’alliance dans le temple de Jérusalem. Aujourd’hui ce n’est plus l’arche d’alliance, présence symbolique, mais c’est si l’on peut dire Dieu lui-même en chair et en os sous les traits d’un petit enfant qui fait son entrée dans son Temple. Les versets choisis pour l’Introït et que nous retrouverons au Graduel expriment notre reconnaissance et notre louange.
Suscepimus, Deus, misericordiam tuam in medio templi tui : secundum nomen tuum, Deus, ita et laus tua in fines terræ : justitia plena est dextera tua.
Dieu nous avons reçu votre miséricorde au milieu de votre temple : Comme votre Nom, ô Dieu, ainsi votre louange va jusqu’aux extrémités de la terre, car votre main droite est pleine de justice.
Maintenant c’est en permanence que Dieu est réellement présent dans nos églises et que nous y recevons des grâces innombrables. Ainsi notre reconnaissance s’exprime-t-elle par une mélodie enthousiaste, ample, joyeuse et solennelle. On chante à la suite le premier verset du psaume 47 :
Magnus Dominus et laudabilis nimis : in civitate Dei nostri, in monte sancto ejus.
Le Seigneur est grand et très digne de louanges : dans la cité de notre Dieu sur sa montagne sainte.
► Graduel : Suscepimus
Le texte de la première partie du Graduel est exactement le même que celui de l’Introït, tiré du psaume 47, sauf la dernière phrase :
Suscepimus Deus, misericordiam tuam in medio templi tui ; secundum nomen tuum, Deus, ita et laus tua in fines terræ.
Dieu nous avons reçu votre miséricorde au milieu de votre temple : Comme votre nom, Dieu, ainsi votre louange s’étend jusqu’aux extrémités de la terre.
La deuxième partie de ce Graduel reprend le verset précédent du psaume. :
Sicut audivimus, ita et vidimus in civitate Dei nostri, in monte sancto ejus.
Ce que nous avions entendu dire, maintenant nous le voyons dans la cité de notre Dieu sur sa montagne sainte.
La montagne sainte, déjà mentionnée dans le verset de l’Introït, est évidement celle où est bâti le temple de Jérusalem
Cette phrase fait penser aux paroles du vieillard Siméon dans son Nunc dimittis : Maintenant mes yeux ont vu votre salut. Ce sont vraiment les promesses de l’ancien Testament qui se réalisent aujourd’hui dans le Temple, et qui se renouvellent chaque jour dans nos églises.
La mélodie de ce Graduel est faite de formules habituelles que l’on entend souvent, mais elle comporte peu de grandes vocalises, car le texte est assez long, et elle s’attache davantage à bien souligner chaque mot.
► Trait : Nunc dimittis
Suivant la date de Pâques, le 2 février peut se trouver encore dans le temps après l’Épiphanie, ou tomber déjà dans le temps de la Septuagésime. Dans le premier cas la messe comporte un Alléluia, mais dans le second cas, il est remplacé par un Trait. Disons tout de suite que celui-ci a pour texte le cantique Nunc dimittis du vieillard Siméon, que nous avons déjà trouvé à la bénédiction des cierges, chanté sur une psalmodie très ornée analogue à celles du temps de la Septuagésime.
► Offertoire : Diffusa est
Le chant de l’Offertoire de la Purification n’est pas propre à cette fête, mais est pris au commun des Vierges. Il a pour texte un verset du psaume 44, le grand cantique nuptial souvent utilisé dans la liturgie, ou le Roi est la figure du Christ, et la Reine la figure de l’Église, mais aussi de Marie, ou des vierges consacrées qui se sont unies mystiquement à l’époux divin. Le verset retenu ici, pris dans l’éloge du Roi, revient plusieurs fois au temps de Noël, dont la fête du 2 février marque la fin dans le calendrier :
Diffusa est gratia in labiis tuis ; propterea benedixit te Deus in æternum, et in sæculum sæculi.
La grâce est répandue sur vos lèvres, c’est pourquoi le Seigneur vous bénit éternellement et à jamais.
Aujourd’hui cet éloge s’adresse aussi bien à l’enfant Jésus qui fait son entrée dans son temple qu’à la Vierge qui le porte dans ses bras. La grâce ce n’est pas seulement une qualité de l’être humain qui le rend agréable à regarder, mais c’est ici un don de Dieu ; les lèvres, ce n’est pas seulement, avec le sourire, un élément de la beauté du visage, mais c’est aussi le siège de la parole : Jésus est le Verbe, parole de Dieu incarnée ; quant à Marie, pleine de grâces, c’est de ses lèvres qu’est sorti le fiat qui nous a ouvert le ciel, nous permettant de recevoir la bénédiction éternelle qui est ici évoquée. La liturgie y insiste longuement en ajoutant les mots et in sæculum sæculi qui ne figurent pas dans le psaume.
La mélodie commence dans le grave d’une manière un peu mystérieuse puis elle s’élève rapidement jusqu’à une teneur où elle va rester durant toute la pièce, accumulant les notes longues avec une insistance inlassable, surtout dans la dernière phrase, celle de l’éternité.
► Communion : Responsum
Le texte de l’antienne de Communion du 2 février est tiré de l’Évangile du jour.
Responsum accepit Simeon a Spiritu Sancto, non visurum se mortem, nisi videret Christum Domini.
Siméon avait reçu la révélation du Saint Esprit qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu l’Oint du Seigneur.
La mélodie de cette petite antienne, très animée, et soulignant bien chaque mot du texte, exprime parfaitement la joie du vieillard Siméon devant la promesse accomplie.
Un documentaire sur Ste Marie de l’Incarnation
Les Studios St Louis préparent un documentaire sur Sainte Marie de l’Incarnation, une mystique française du XVIIe siècle qui fut la première religieuse à fonder une mission en Nouvelle-France.
Voici la bande-annonce du projet :
Le documentaire est actuellement en phase de collecte de fonds sur Credofunding, et il ne reste que trois jours pour soutenir cette production (les dons sont défiscalisés).
I-Média – Agriculteurs : face à la colère, la com’
Cette semaine dans “I-Média”, Jean-Yves Le Gallou et Lucas Chancerelle reviennent dans l’image de la semaine sur les liens parfois étroits entre politiques et journalistes. D’abord avec le traitement médiatique suite au discours de politique générale de Gabriel Attal. Ensuite avec l’annulation des “Complément d’enquête” sur les membres du gouvernement.
Le dossier du jour est consacré à l’analyse de la réponse par la com’ du gouvernement face à la révolte des agriculteurs.
Enfin, les pastilles de l’info abordent :
- Les ciseaux de la censure : La rhétorique de défense de Laurent Fabius du Conseil constitutionnel.
- Le bon point mainstream : Sylvain Tesson donne une leçon de défense face à la diabolisation.
- La grande occultation : Le Texas vers une guerre de sécession ?
Pour conclure, le portrait piquant du jour en partenariat avec l’OJIM consacré à Denis Olivennes, un vrai caméléon !
M.Attal : du Macron en plus joufflu et sans Brigitte. Mais du Macron quand même
Le discours de politique générale du nouveau Premier ministre était assez attendu. M.Attal tiendrait-il le choc ? Succéder à Mme Borne était quand même un grand avantage comparatif. Et M.Attal a déroulé avec conviction et une certaine crânerie son programme ce mardi 30 janvier à l’Assemblée nationale.
La première partie contenait un catalogue de mesures un peu disparates mais néanmoins souvent de bon sens. On avoue avoir été par exemple plaisamment surpris par (c’est un peu anecdotique mais le ton était là) :
« Je vous annonce une règle générale simple : tous les organes, organismes et autres comités qui ne se sont pas réunis au cours de ces douze derniers mois seront supprimés par règle générale ».
Et M.Attal a même parlé six fois d’identité et, si l’Europe et « européen » ont été cités 35 fois, le mot France a été cité 49 fois et Français 71 fois. Presqu’une révolution.
Par rapport au vocabulaire macronien standard, on aura aussi noté beaucoup de « je veux » : je veux prendre la parole, m’adresser, répondre, saluer, dire, rendre hommage, saluer… Peut-être faudrait-il qu’il comprenne qu’il est le Premier ministre et qu’il peut. On aura noté aussi beaucoup de « clair » (17 fois : les priorités, le cap, la promesse, la méthode, l’ambition, le principe, l’objectif et le message). Une véritable inondation de clarté, encore plus abondante d’ailleurs (ce fut un déluge) lors du propos liminaire de sa conférence de presse le 1er février.
Mais tout ceci est du détail.
M.Attal manie les mêmes mensonges que M.Macron et esquive de même le réel. Un seul exemple : Comment peut-on en même temps remarquer à deux reprises dans le discours :
« Que nous disent les professeurs ? Qu’ils croient en leur métier, mais que celui-ci est de plus en plus difficile à exercer, qu’ils ont parfois peur d’enseigner des pans entiers de notre Histoire et de notre littérature ! »
et aussi :
« Je tiens à dire également que je ne peux pas me résoudre à ce que des professeurs craignent d’aborder certains chapitres du programme. »
sans parler une seule fois d’islam ou de musulman ?
Mais tout ceci est encore accessoire.
Le vrai sujet est le suivant : comment M.Attal peut-il tout à la fois convoquer la souveraineté (mot cité 22 fois) pour d’abord mettre en œuvre toutes les mesures pointillistes qu’il a décrites, déclarer la guerre à la prolifération des normes et à la bureaucratisation et confirmer (en même temps) les deux axes majeurs que sont l’inféodation à l’Union européenne et une transition écologique érigée en dogme ?
Pour l’inféodation à l’Union européenne, il suffit de dire que, in fine, la souveraineté mise en avant est en réalité européenne :
« Sous l’égide du Président de la République, l’identité même de cette majorité, de ce gouvernement, est de reconquérir notre souveraineté française et européenne. »
et ce magnifique :
« Je parle de souveraineté nationale, mais c’est aussi par l’Europe que nous parviendrons à la consolider ».
Pour l’asservissement à des objectifs écologiques que par charité nous ne qualifierons que de contradictoires [on se rappelle par exemple le fameux objectif de 50% d’énergie nucléaire dans la production électrique française fixé par M.Hollande en 2012, réaffirmé par lui-même en 2016, endossé par M.Macron dans son programme présidentiel de 2017 pour être abandonné en rase campagne en novembre 2017 et laisser place à la déclaration martiale de M.Attal : « J’assume pleinement d’être à la tête d’un Gouvernement pro-énergie nucléaire, avec une majorité pro-énergie nucléaire qui le soutient »], voilà l’actuel mantra :
« C’est le sens de la planification écologique, qui protégera la biodiversité et permettra une réduction radicale de nos gaz à effet de serre – une baisse de 55 % d’ici à 2030 ! ».
Peut-être serait-il d’ailleurs instructif de comprendre finement comment ces émissions à effet de serre sont calculées, mais ne chicanons pas. Mais on aimerait comprendre comment cet objectif (qui un jour, on en prend le pari, sera annulé après avoir causé beaucoup de dégâts) est compatible avec la croissance voulue par M.Attal (« Une écologie populaire, c’est une écologie de la croissance et de l’emploi ») ?
« Il faut que tout change pour que rien ne change ». Jamais peut-être cet aphorisme n’aura été autant d’actualité. Le macronisme reste intact, avec l’objectif d’une Union européenne fédérale, immigrationniste, non-démocratique, islamozélée, de consommateurs soumis et finalement appauvris, comme horizon indépassable.
Aux parents qui voudraient néanmoins permettre à leurs enfants de développer des talents de communication politique, les cours de théâtre au collège semblent décidément appropriés. Le professeur ne s’appelle pas forcément Brigitte. Ceci étant comme nous l’a obligeamment rappelé M.Attal, cela ne garantit pas ipso facto une reprise de la fécondité française.
« Pas de pays sans paysans ! »
Communiqué de Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron :
Il y a quinze ans déjà (c’était le 6 octobre 2009), j’écrivais dans un communiqué intitulé « Pour une économie et une agriculture au service de l’homme » :
« L’économie est faite pour l’homme et non l’homme pour l’économie. Voilà pourquoi l’Église défend le droit, pour tout homme, de vivre des fruits de son travail, de percevoir un « juste salaire » ou d’être rémunéré en fonction d’un « juste prix », susceptible de lui permettre de vivre dignement avec tous les siens ».
C’est dans le même esprit que plusieurs de mes frères évêques se sont exprimés, ces derniers jours, pour soutenir les justes revendications des agriculteurs, dont la mobilisation ne faiblit pas, et qui luttent aujourd’hui pour ne pas disparaître.
Je suis, en ce qui me concerne, bien conscient de la gravité de la situation et de la détresse de nombreux agriculteurs des Pyrénées Atlantiques, de France ou d’ailleurs, parfois contraints de vendre à perte du fait de la concurrence déloyale qu’ils subissent et des contraintes insupportables (normes, règlementations, contrôles…) qui pèsent sur eux. Sait-on, par exemple, que les statistiques officielles font état d’un suicide d’agriculteur tous les deux jours en France ? Je tiens par conséquent à les assurer de mon entier soutien moral et spirituel. Je suis par ailleurs convaincu qu’ils peuvent également compter sur la solidarité active des fidèles du diocèse.
Le gouvernement s’efforce, dans l’immédiat, de surmonter la crise actuelle en annonçant un certain nombre de mesures (arrêt de la hausse de la taxe sur le Gazole Non Routier, fonds d’urgence, simplification des normes, etc.), qui ne permettront probablement pas d’éteindre l’incendie ni de « sauver notre agriculture ».
Comment peut-on en effet prétendre sauver l’agriculture sans remettre en cause plusieurs dizaines d’accords ou traités de libre-échange négociés et ratifiés à Bruxelles, traités d’inspiration néo-libérale et mondialiste qui mettent l’agriculture française et européenne en concurrence avec des produits importés de divers pays qu’on dispense de respecter les normes environnementales et sanitaires auxquelles nos agriculteurs sont en revanche assujettis ?
La survie de notre agriculture et notre souveraineté alimentaire ne sont pas davantage compatibles avec le « Green deal » (Pacte Vert européen) et le programme dit « Farm to Fork » (« De la ferme à la table ») qui sous couvert de protéger l’environnement et de réduire les émissions de gaz à effet de serre, prévoient à l’échelle européenne, une décroissance de l’agriculture et de l’élevage (jachères, réduction de 10 à 20% des surfaces agricoles et de la production agricole, etc.).
Sans doute faudra-t-il, un jour ou l’autre, redéfinir les processus de décision entre l’Union européenne et chacun des États membres lorsque leurs intérêts vitaux sont en jeu, et mettre en œuvre, comme le souhaitent plusieurs syndicats agricoles, une nouvelle PAC (Politique Agricole Commune) plus respectueuse de la dignité des agriculteurs, qui n’entendent pas simplement dépendre d’aides ou de subventions, mais aspirent à vivre du fruit de leur travail.
Mais qu’on ne s’y trompe pas : la crise que traverse le monde agricole est en réalité une crise civilisationnelle dont l’enjeu dépasse largement la situation des agriculteurs et la question de notre autonomie alimentaire.
Historien et spécialiste réputé du monde agricole, Raymond Delatouche écrivait :
« Le paysannat est l’origine nécessaire, l’assise irremplaçable de toute société. Il est sans exemple dans l’histoire qu’une civilisation, qui s’enracine dans la famille paysanne, ne survive à la paysannerie ».
Soyons donc fiers de nos racines, ne craignons pas d’apporter aux agriculteurs et à leurs justes revendications le soutien qu’ils méritent, osons même rappeler qu’une France sans paysans ne serait plus la France, pour défendre notre identité… Et que Dieu bénisse le labeur des paysans de France !
+ Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, le 1er février 2024
Adresse publique à son Eminence Monseigneur Arthur Roche
L’Institut catholique de Paris organise cette fin de semaine à Paris un colloque sur la liturgie (120€ tout de même pour y participer) auquel doit participer aujourd’hui le cardinal Roche, préfet du Dicastère pour la discipline des sacrements :

A cette occasion, l’Union Lex Orandi lui adresse une supplique publique :
Eminence,
A l’occasion de votre venue en France les 1er et 2 février 2024 à l’occasion du colloque annuel de l’Institut supérieur de liturgie de l’Université Catholique de Paris, l’Union Lex Orandi vous adresse ses souhaits de bienvenue au nom des associations de fidèles laïcs attachés à la liturgie traditionnelle qu’elle représente.
Le 16 juillet 2021, par le Motu Proprio Traditionis Custodes, le Pape François a décidé de restreindre drastiquement l’usage des livres liturgiques de 1962 autorisé par les Motu Proprio Ecclesia Dei et Summorum Pontificum. Les célébrations tolérées doivent désormais se tenir, les jours où elles seront permises, dans un lieu défini à l’exclusion des églises paroissiales. En dehors des paroisses personnelles, la célébration de l’ensemble des sacrements selon l’ancien Ordo nous est refusée. La constitution de nouveaux groupes de fidèles attachés à la liturgie traditionnelle est prohibée.
Vous avez-vous-même travaillé à durcir ces dispositions par des Responsa ad dubium du 18 décembre 2021, et par le Rescrit signé par le pape François suite à votre audience auprès de lui le 20 février 2023.
La blessure que provoque en nous Traditionis Custodes et les mesures prises par vous attisent en nous un profond sentiment d’injustice et le ressenti d’un arbitraire opposé à une attitude pastorale authentique dans un Eglise qui se veut synodale et ouverte à « tous, tous, tous ! ». A l’heure où les crimes de nombreux clercs salissent toute l’Eglise, où des abus de toute sorte, financiers, sexuels, spirituels, conduisent beaucoup de nos contemporains à rejeter tout lien avec l’Eglise Catholique, la mise en place d’un apartheid liturgique nous montre le visage d’une Eglise de l’exclusion, incapable de faire un bilan de la dramatique crise de la foi que traverse notre époque.
Nous, fidèles laïcs, dont la vie spirituelle se nourrit de la liturgie célébrée selon l’ancien rite, avons ressenti et continuons de ressentir une très grande douleur devant la ségrégation dont nous sommes victimes. Nous considérons comme discriminantes les mesures exécutoires du Motu Proprio Traditionis Custodes, qui constituent une forme de punition collective appliquée aux fidèles attachés à la liturgie célébrée selon le Missel de 1962, punition infligée pour des motifs que nous récusons par ailleurs. La mesure d’exclusion des églises paroissiales imposée, d’une gravité sans précédent à l’égard de fidèles non fautifs, ainsi que les autres mesures vexatoires qui l’accompagnent (délimitation des jours de célébration, limitation de l’accès aux autres sacrements…), constituent en elles-mêmes une rupture de l’unité ecclésiale que le Motu Proprio prétend pourtant défendre. Nous considérons que les restrictions inscrites dans le Motu Proprio Traditionis Custodes constituent une violation de la conscience des fidèles par la volonté d’imposition de l’usage exclusif de la liturgie réformée qu’elles signifient, contrairement aux promesses qui nous ont été faites par les Papes Jean-Paul II et Benoît XVI.
L’union Lex-Orandi, créée en 2021 à la suite de la publication du Motu Proprio Traditionis Custodes par le Pape François, regroupe des associations de fidèles laïcs attachés à la liturgie traditionnelle et professant leur fidélité au siège apostolique. L’union Lex Orandi est représentée partout en France, et se donne pour mission, entre autres, d’entretenir un dialogue avec les autorités de l’Eglise pour faire connaître et faire valoir les attentes des fidèles laïcs désireux de préserver les biens spirituels que leur procure la liturgie célébrée selon l’ancien rite. A ce titre, nous tenons à vous exprimer l’espoir des fidèles laïcs attachés à la liturgie traditionnelle qui attendent aujourd’hui de leurs pasteurs des actes traduisant leur réelle et paternelle sollicitude :
- l’accès des fidèles à tous les sacrements de l’initiation chrétienne (baptême, confirmation, eucharistie) selon le rite liturgique par lequel ils veulent pouvoir se sanctifier ;
- le bénéfice pour les fidèles de la célébration du mariage et des obsèques selon le rite traditionnel dans tous les diocèses ;
- la garantie pour les fidèles de pouvoir disposer d’un enseignement du catéchisme catholique dans une forme respectueuse de leur attachement à la liturgie traditionnelle ;
- l’assurance pour les fidèles de pouvoir bénéficier de l’apostolat de prêtres dont le droit propre à célébrer selon l’ancien Ordo sera respecté ;
- l’accueil bienveillant par les autorités diocésaines des initiatives de fidèles laïcs de se constituer en groupes stables insérés au sein de l’Eglise locale et œuvrant, dans la mesure de leurs moyens, à la sanctification du peuple de Dieu.
La vitalité incontestable de tous ceux qui vivent leur foi dans la pratique de l’usus antiquior se manifeste au sein de l’Eglise d’une manière qui ne peut et ne doit plus être méprisée : affluence aux Pèlerinages et aux exercices spirituels, dynamisme des œuvres de formation doctrinale, création d’écoles par des familles catholiques, généreuses vocations sacerdotales et religieuses… Tout cela témoigne devant Dieu d’un amour de l’Eglise qui ne reçoit en retour qu’indifférence et vexations. Nous vous demandons, Eminence, par cette adresse publique, qu’il soit mis fin à cette situation affligeante.
Notre supplique s’accompagne de l’ardente prière, aux intentions du Pape, des Evêques et de toute l’Eglise, des fidèles attachés à la liturgie traditionnelle qui expriment ici leurs besoins spirituels.
L’Union européenne ou l’empire du mensonge en une image
L’image circule depuis deux jours. Une vue des institutions européennes à Bruxelles.
Celles qui laissent les frontières ouvertes à toute immigration, mais qui s’empressent de mettre des barbelés contre les agriculteurs européens.
Celles qui exhibent une banderole « Use your vote » (utilisez votre vote), mais qui s’empressent de menacer la Hongrie des pires représailles économiques au cas où elle refuserait de voter une aide inconsidérée à l’Ukraine pour laquelle l’unanimité est requise.
Les autorités bruxelloises : l’empire du mensonge. On comprend que M.Macron s’y sente à l’aise.
L’obscurantisme supposé du Moyen Âge est une entreprise méthodique de diffamation
Dans Le Courrier de Rome, l’abbé Gleize (FSSPX) revient sur la légende noire persistante sur le Moyen-Age, visant à faire passer le catholicisme pour une religion infantilisante, fanatique, aveugle, sans aucune ouverture vis-à-vis des investigations de la science. Il décrypte notamment l’idée selon laquelle pendant plus d’un millénaire, on aurait cru que la Terre était plate, croyance entretenue par les préventions de la hiérarchie catholique. La recherche historique montre qu’il s’agit non seulement d’un mythe dénué de tout fondement, mais plus encore d’une manipulation. Il s’appuie sur les travaux de Violaine Giacomotto-Charra, docteur ès lettres et professeur de littérature et langue françaises de la Renaissance à l’Université Bordeaux Montaigne, où elle dirige le Centre de Recherches sur Montaigne et son temps :
La première partie du livre, intitulée « Construction et diffusion d’une science de la sphère » prouve que la sphéricité de la Terre a été reconnue et admise très tôt, tant par les astronomes mathématiciens que par les philosophes et les explorateurs. Non seulement Platon mais encore Aristote, dans son Traité du ciel, s’en est fait le principal défenseur, et cela est de la plus haute importance, puisque c’est l’autorité de ce philosophe grec qui s’imposera en Occident à partir du treizième siècle. De la sorte, l’apport des développements de la science arabe, à partir du huitième siècle, ne fera que confirmer une idée déjà très largement acquise.
Cette première partie du livre a le mérite de mettre en évidence l’origine lointaine de l’idée fausse qui sera propagée à partir de l’époque moderne : « L’idée d’un oubli de la sphéricité imputable au christianisme est souvent appuyée par ses défenseurs sur une citation de Lactance, un rhéteur du IIIe – IVe siècle (+ 325). Ce texte conteste en effet violemment l’existence des antipodes et donc la sphéricité de la Terre. Il est extrait de ses Institutions divines et fut souvent cité, à partir de la fin du XVIIIe siècle, comme emblématique de la pensée diffusée par l’Eglise. […]
Cette sphéricité ne fait aucune difficulté durant tout le cours du Moyen Âge, et, entre autres, la cartographie l’atteste suffisamment. « Il faut donc être attentif à plusieurs points : la révolution astronomique du XVIe siècle ne peut ni se lire sur le mode « ”un savant seul contre tous ” ni sur le mode ” la science contre l’Eglise ” – mythe construit par l’histoire positiviste, sur la base des procès faits à Galilée – et encore moins sur le mode providentiel du grand homme et du savant-génial-qui-découvrit-la-modernité. En outre, il ne faut pas confondre le retour aux sources grecques restituées dans leur intégrité et la redécouverte des théories. […]
La légende noire s’effondre sous les coups redoublés de l’érudition la plus scientifique. « Contrairement à la légende, l’Eglise encourage le mouvement scientifique, du moins dans une certaine mesure et durant un certain temps. Les rapports entre philosophie et religion sont éminemment complexes, et la crispation réelle vient plus tard, au XVIIe siècle. Les savants, d’abord, ne considèrent pas la curiosité scientifique comme incompatible avec la foi, et il suffit par ailleurs de regarder le nombre d’ouvrages de science dédiés à des hommes d’Eglise et permis par leur mécénat, pour mesurer à quel point l’idée d’une Eglise contre la science est fausse. […]
C’est d’ailleurs, dans l’Europe moderne, et pas dans celle du Moyen Âge, que l’on brûle ” sorciers ” et surtout ” sorcières ”. Ce n’est pas une Eglise de type médiéval qui a condamné Galilée et les thèses coperniciennes, mais précisément l’Eglise du début du XVIIe siècle, celle de l’âge de Descartes, utilisant une nouvelle vision littéraliste des Ecritures. Cela permet au moins d’interroger le terrible qualificatif ”moyenâgeux” dont on continue parfois, hélas, d’assortir le mot ” obscurantisme ” ». […]
Le montage de cette légende noire serait en fait l’oeuvres de protestants, auxquels les ‘philosophes’ des Lumières et les anticléricaux ont donné crédit :
Quelques trois siècles plus tard, en 1837, l’abbé Migne, célèbre éditeur de la Patrologie qui porte son nom, dénonce cette supercherie : « Un auteur protestant a forgé toute une histoire et des écrivains français ont été assez mal avisés pour la répéter ». Dans l’intention de Migne, parmi ces « écrivains français » le principal est Michelet. L’affaire Virgile, dûment falsifiée par un bon disciple de Calvin, devait ainsi contribuer à donner ses lettres de noblesse à l’obscurantisme moyenâgeux. « Cette affaire devint l’emblème de l’opposition entre des thèses scientifiques et la parole d’une Eglise représentée par son premier prélat. Démontrer que celui-ci s’est déjà entêté dans l’erreur en refusant, au VIIIe siècle, que les antipodes soient habitables, permet de relativiser la vérité pontificale. Toute une tradition historiographique militante s’est ainsi fondée sur l’utilisation biaisée de sources existantes, sans en interroger la pertinence, pour étayer l’idée d’un obscurantisme continu et consubstantiel à l’Eglise, qui connut ensuite un succès tout particulier au XIXe siècle, pour des raisons politiques et religieuses faciles à comprendre, mais qui ne sont pas pour autant scientifiquement excusables ».
Le montage n’en continue pas moins, après La Popelinière. Voltaire est probablement l’un de ceux qui ont le plus nettement contribué à la célébrité de la citation de Lactance niant les antipodes et par là la sphéricité de la Terre. C’est ainsi une citation à charge qu’il produit dans l’article « Ciel matériel » de son Dictionnaire philosophique, en 1764. Une note ajoutée par Voltaire précise que le clergé de France a décidé « solennellement » de citer Lactance comme un Père de l’Eglise. Dans l’article suivant, « Ciel des anciens », le Patriarche de Ferney ajoute saint Augustin au dossier. Enfin, l’article « Figure ou forme de la Terre » constitue une sorte de vade mecum du mythe de la terre plate à l’usage des générations postérieures. Le tour est joué. « Voltaire installe donc de manière sérieuse (et durable) l’idée que les Pères de l’Eglise imposèrent à toute la chrétienté, astronomes compris, la doctrine d’une Terre plate et inaugure le raccourci que l’on retrouve au siècle suivant dans de nombreux textes ». De là la construction d’un mythe, appelé au XIXe puis au XXe siècle, et encore au XXIe, à dépasser les seules frontières françaises : le mythe du combat de la science et de l’Eglise. […]
En France, il revient au philologue et archéologue Jean-Antoine Letronne (1787-1848), professeur au Collège de France, d’accréditer la thèse de la Terre plate, et d’en garantir la scientificité, par la publication dans la prestigieuse Revue des deux mondes, en 1834, d’un article intitulé « Des opinions cosmographiques des Pères de l’Eglise rapprochées des doctrines philosophiques de la Grèce ». L’article se contente d’affirmer que la position de Lactance était celle de toute l’Eglise chrétienne occidentale. Letronne assure ainsi la survie de ces idées fausses déjà accréditées par Voltaire et les Lumières en les couvrant de l’autorité du Collège de France, ce qui, au début de son siècle, comme aujourd’hui encore, n’était pas rien. […]
L’anticléricalisme croissant qui a accompagné l’expansion du protestantisme et la laïcisation du savoir ont joué le premier rôle. Mais l’on aurait tort de négliger, « en une ère où la lutte contre les fake news est devenue en quelques années un réel enjeu », ce fait indéniable que « une information répondant à une logique simpliste et manichéenne se répand bien plus facilement qu’une analyse plus subtile de la vie intellectuelle ». Et d’ajouter que « les biais cognitifs, la paresse intellectuelle, le besoin de repères simples, mais aussi, dans notre enseignement, une longue mémoire déformée, transmise, il faut bien l’avouer, par notre propre institution, l’Education nationale, sont probablement tous fautifs. Cette dernière porte cependant une très lourde responsabilité, car si les manuels d’histoire, dans leur majorité, ne parlent plus du mythe de la Terre plate, on peut aussi noter qu’aucun ne prend soin de le détruire quand le programme s’y prête ». Ceux qui parviennent à échapper à ce simplisme et à ce manichéisme se retrouvent loin d’un univers intellectuel sur lequel pèserait une chape de plomb religieuse et où les controverses scientifiques finiraient par des bûchers, bien loin du Moyen Âge tel qu’il est malheureusement caricaturé dans le film de Jean-Jacques Annaud réalisé à partir du roman d’Umberto Eco, Le Nom de la rose. […]
Rome découvre l’importance de l’Eglise en Afrique
Selon La Croix :
Le refus des évêques africains, le 11 janvier, de bénir les couples homosexuels a créé la surprise au Vatican. Où l’on semble prendre subitement conscience de l’importance démographique du catholicisme africain.
Certains à la curie se demandent comment Rome n’a pas été capable d’anticiper cette réaction. Outre que le cardinal Fernandez a rédigé sa note tout seul, sans la faire circuler au sein des dicastères compétents, la très faible présence de ressortissants africains au sein de la curie, depuis la démission forcée du cardinal Peter Turkson, à la tête du dicastère pour le développement humain intégral, en 2021, quelques mois après le départ du cardinal Robert Sarah, ancien préfet de la Congrégation pour le culte divin, explique sans doute cela. On ne compte qu’une vingtaine de ressortissants africains à la Curie.
Une présence qui ne reflète pas la réalité de l’Eglise catholique en Afrique. Les catholiques de ce continent représentent désormais près de 20 % des fidèles. Un chiffre qui ne fait qu’augmenter, et qui pourrait, selon certaines projections, atteindre 40 % d’ici à 2100, alors que l’Europe catholique meurt, que l’Église en Amérique latine commence à décroître et que l’Asie stagne.
La question de l’homosexualité, sa définition doctrinale et l’accueil des personnes homosexuelles au sein de l’Église, pourraient être l’un des « points importants » d’un futur conclave. Un catholique sur cinq vit en Afrique. Le nombre de baptisés catholiques en Afrique s’élève à 265 millions (en hausse de plus de 3 % par rapport à l’année précédente) sur un peu plus de 1,3 milliard d’habitants, soit 19,4 % de la population africaine. Le continent africain compte 36 535 prêtres diocésains en 2021 sur un total de 407 872 dans le monde.
Affaire Perdriau à Saint-Etienne : de nombreux protagonistes francs-maçons
Nouveau rebondissement dans le guet-apens LGBT sur fond de détournement de subventions.
Le maire de Saint-Etienne a accordé un long entretien au magazine Paris Match ce lundi 29 janvier. Pour lui, il n’existe aucune preuve qu’un chantage ait été exercé sur Gilles Artigues. Mais il sous-entend l’implication de la franc-maçonnerie dans l’affaire :
« J’ai découvert beaucoup de choses dans le dossier. Egalement sur la franc-maçonnerie. Le juge m’a demandé si j’étais franc-maçon. C’est étonnant, non ? Je ne le suis pas, je n’ai rien pour, ni contre. Ce n’est pas mon choix. Un très grand nombre de protagonistes le sont. L’expression : ‘on s’est dit ça sous le maillet’ revient à de nombreuses reprises ».
Suivez la convention Travail de l’Alliance des conservateurs
Pour ceux qui ne peuvent pas participer à la convention Travail organisée cet après-midi par Via, le Mouvement conservateur et le CNIP, il est possible de la suivre en direct sur YouTube.
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Programme (sous réserve de modification) 14h00 | Accueil par Agnès Pottier-Dumas, Maire de Levallois-Perret 14h15 | « Enjeux actuels du travail en France, économiques et sociaux » par Bernard Vivier, Directeur de l’Institut Supérieur du travail 14h30 | « Comment faire de la juste rémunération du travail un levier de partage de la richesse, de participation et de justice sociale ? » Table ronde introduite par Bruno North, Président du CNIP et animée par Yohan Glaisner, Directeur général-adjoint et Directeur académique de l’IRCOM avec Marc Bonnet, exploitant agricole | Pierre Guillet, Président des EDC | Pierre Kuchly, chef d’entreprise | Jean-Nicolas Moreau, Président RegSoLab 16h00 | Pause. Mise en pause du live 16h15 | « Comment promouvoir des conditions de travail propices à la santé, à l’épanouissement et à la participation des salariés ? » Table ronde introduite par Laurence Trochu, Présidente du Mouvement Conservateur et animée par Bruno Vercken, conseiller auprès d’organisations internationales sur les questions du travail avec Jean-Claude Delgenes, Président Fondateur de Technologia | Mathieu Detchessahar, Professeur des Universités, IAE Nantes | Eric Doumas, Président de Résilience Rurale et Humaniste | Joseph Thouvenel, Rédacteur en chef de Capital Social 17h40 | Intervention de clôture par Jean-Frédéric Poisson, Président de VIA | la voie du peuple |
La vierge pèlerine de la France Prie à Paris
La vierge pèlerine de la France Prie processionnait hier soir (31 janvier 2024) entre Notre Dame et Saint Nicolas du Chardonnet. La semaine dernière elle pérégrinait entre le pont de Bir Hakeim et la paroisse Saint Léon. Elle restera encore une semaine sur Paris (elle sera priée le mercredi 7 février à 18h15 devant Notre Dame des Victoires). Elle remontera sur le Nord de la France pour arriver au Touquet à l’été 2024.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site lafranceprie.org
Mois du Saint-Esprit
L’abbé Billot (IBP) nous prie de publier ce message:
Ceux qui voudraient recevoir des enseignements durant le mois de février sur le Saint-Esprit, la manière de le prier et de distinguer ses inspirations dans la tradition de l’Église avec des témoignages de la vie des saints, peuvent s’inscrire à : [email protected]
Centre Saint-Paul, 12 rue St Joseph 75002 Paris (Métro Sentier ou Bonne Nouvelle)


