Le député Gouffier, fanatique de l’avortement, rapporteur du projet de loi constitutionnelle sur l’IVG
Le député du Val-de-Marne Guillaume Gouffier, membre groupe Renaissance, a été désigné par la commission des Lois rapporteur du projet de loi constitutionnelle relatif à la liberté de recourir à l’interruption volontaire de grossesse (IVG).
Le texte sera examiné en commission le 17 janvier, puis le 24 janvier dans l’hémicycle, 3 jours après la Marche pour la vie à Paris, avant d’être transmis au Sénat où il sera inscrit à l’ordre du jour de la séance publique le 26 février.
Le Parlement devrait être réuni en Congrès dès le 5 mars.
Le député Gouffier s’était déjà fait connaître à l’Assemblée à l’été 2020 pour ajouter “la détresse psychosociale” d’une femme pour justifier le recours à l’interruption médicale de grossesse, qui permet l’avortement jusqu’à la naissance. La même année, il avait demandé la suppression du délai de réflexion après l’entretien psychosocial qui peut être demandé par chaque femme lors d’un parcours d’IVG. A l’assemblée, il est encore intervenu récemment sur ce sujet :
Face aux conservatismes qui montent dans le monde et en France, la constitutionalisation de l’#IVG est un signal fort et une nécessité pour garantir cette liberté fondamentale.
J’interrogeais @E_DupondM sur le calendrier de ce texte et la philosophie de sa rédaction@DeputesRE https://t.co/tMKWywFhmz
— Guillaume Gouffier (@G_GouffierCha) December 12, 2023
Engagement pris, engagement tenu. Le projet de loi constitutionnelle sur l’inscription de l’IVG dans notre constitution a bien été présenté en Conseil des ministres. Une avancée que je salue. Un texte majeur pour protéger ce droit fondamental, pour l’égalité, pour la démocratie. https://t.co/rq5AqG8qVy
— Guillaume Gouffier (@G_GouffierCha) December 12, 2023
“Il n’y a jamais eu autant de monde à l’église à Trappes”
L’équipe de Boulevard Voltaire a interrogé le 06 décembre dernier le Père Étienne Guillet, curé de Trappes, en marge d’un reportage sur la question de l’islamisation ou non de la ville. Fier de sa communauté bien vivante et engagée, oeuvrant aux solidarités et traditions, le curé de Trappes nous donne une note d’espérance chrétienne :
L’Estonie dénature le mariage
À partir du 1er janvier 2024, le mariage entre personnes de même sexe est légal en vertu de la loi estonienne. Cette loi avait été adoptée le 20 juin et elle entre en vigueur en ce début d’année. Le ministre de la protection sociale, Signe Riisalo, a déclaré :
“Les lois apportent de la clarté et influencent nos attitudes. J’espère que les craintes infondées s’estomperont et que les détracteurs de cette décision se rendront compte que ce n’est pas quelque chose qui est enlevé, mais quelque chose de très important qui est ajouté pour beaucoup d’entre nous”.
C’est une mensonge. Deux personnes de même sexe ne sont pas placées dans une situation semblable à celle d’un couple formé d’un homme et une femme, pour cette raison fondamentale qu’elles ne peuvent pas concevoir ensemble un enfant. Au nom de l’égalité entre les couples, on crée une inégalité profonde entre les enfants.
Pologne : après la réforme des médias, celle du système de financement de l’Eglise
Le nouveau gouvernement polonais de centre-gauche prévoit une réforme globale du financement de l’Eglise. Le Premier ministre a déclaré que le financement des communautés religieuses se ferait sur une base volontaire. L’Etat ne devrait plus payer les retraites et les assurances sociales des membres du clergé.
Cinq ministres sont chargés de préparer la modification du système de financement ou fonds de l’Eglise. La réforme part du principe que les membres sont responsables de leurs églises. La décision de payer les communautés religieuses doit revenir « aux croyants et non à l’Etat ».
En 2023, l’Etat polonais a versé une somme de près de 50 millions d’euros au fonds de l’Eglise. Ce fonds a été créé en 1950 pour compenser l’expropriation des communautés religieuses de l’époque. Ce fonds sert à payer les cotisations de retraite et autres assurances sociales d’une grande partie du clergé de toutes confessions ainsi que les frais d’entretien des églises.
Il n’y a pas d’impôt ecclésiastique en Pologne. Pour le reste, les diverses confessions se financent principalement par des collectes et des dons.
Le parti libéral de Donald Tusk, la Plateforme civique, avait promis lors de la campagne électorale de supprimer le fonds ecclésiastique, tout comme ses partenaires actuels au gouvernement, l’Alliance de gauche et le parti Pologne 2050.
Fin décembre, le nouveau gouvernement a provoqué une purge dans les médias polonais.
Une réponse à Fiducia Supplicans : la solution mariale
Pour ceux qui ne peuvent pas sortir immédiatement d’une situation objectivement pécheresse, il existe une voie qui a permis de résoudre de nombreuses situations pastorales difficiles : la “solution mariale”. Un moine bénédictin explique pour La Nuova Bussola en quoi elle consiste.
Il arrive que des âmes, dans des situations morales difficiles et presque impossibles, se rendent dans un monastère à la recherche d’une solution. Il y a, je crois, un instinct profondément catholique, qui remonte à l’époque des Pères du désert, qui pousse les âmes vivant dans la tempête à chercher un port monastique ou à chercher un moine, en disant : “Père, donne-moi une parole”. La première chose que je dis à ces âmes est ce que notre père saint Benoît dit à la fin du chapitre IV de la Sainte Règle : Et de Dei misericordia numquam desperare, “Ne désespérez jamais de la miséricorde de Dieu”. J’invite ces âmes à poser fréquemment des actes d’espérance. Les Psaumes sont pleins de ces actes d’espérance. Une magnifique antienne d’offertoire du psaume 30 me vient à l’esprit :
In te speravi, Domine : dixi : Tu es Deus meus, in manibus tuis tempora mea (Psaume 30, 15-16).
En toi j’ai mis mon espérance, Seigneur. J’ai dit : Tu es mon Dieu, mes temps sont entre tes mains.
In manibus tuis tempora mea ! Cela signifie bien sûr : “Chaque instant de ma vie, chaque situation, toutes les circonstances de mes luttes, tous mes désirs, tous mes progrès et toutes mes rechutes sont entre Tes mains. Rien de ce qui est à moi ne T’es inconnu. Tu sais tout. Tu vois tout. Je place mon espoir en Toi comme une ancre dans la mer. Souvent dans ma vie, je me suis surpris à répéter à Notre Seigneur : Tu es Deus meus, in manibus tuis tempora mea ! “Tu es mon Dieu, mon temps est entre tes mains.
Il y a des âmes qui, à certains moments de leur vie, ne peuvent pas faire un seul grand pas en avant. À ceux-là, je dis : “Permets-toi de faire le plus petit pas, en t’appuyant sur la grâce divine. C’est le plus petit pas, fait par ceux qui sont faibles, en difficulté, pressés par des circonstances qui semblent impossibles, qui enchante le cœur de Dieu. Après un petit pas, un autre suivra, puis un autre et encore un autre. Finalement, le jour vient où, en regardant en arrière, l’homme voit qu’en étant fidèle à la grâce dans les petites choses, il a parcouru une grande distance.
Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. En effet, à quoi sert-il à un homme de gagner le monde entier s’il se perd et se ruine lui-même ? (Luc 9:23-25)
Il n’est pas un chrétien qui n’ait été confronté à des choix douloureux et coûteux. Certains choix peuvent, à première vue, sembler décourageants, voire impossibles. Les grands choix qui changent la vie commencent cependant par un petit pas initial et par des mains tendues vers le même Jésus qui a appelé Pierre à marcher vers lui sur l’eau.
Mais aussitôt Jésus se tourna vers eux et leur dit : “Prenez courage, c’est moi, n’ayez pas peur”. Pierre répondit : “Seigneur, si c’est toi, ordonne-moi de venir à toi sur les eaux”. Et il dit : “Viens. Pierre sortit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant la violence du vent, il eut peur et, comme il commençait à s’enfoncer, il s’écria : “Seigneur, sauve-moi !” Jésus étendit aussitôt la main, le saisit et lui dit : “Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ?” (Matthieu 14:27-31).
Le grand écrivain catholique Julien Green (1900-1998) a passé une grande partie de sa très longue vie sous l’emprise d’une attirance pour le même sexe. À l’âge de 19 ans, il a brièvement envisagé la vie bénédictine, mais n’est jamais devenu moine. À la fin de sa longue vie, cependant, l’amour du Christ l’a emporté. C’est grâce à l’intercession de la religieuse et mystique française Yvonne-Aimée de Jésus (1901-1951) que Green a finalement pu choisir l’amour du Christ plutôt que tous les autres amours qui avaient fragmenté son cœur et l’avaient laissé insatisfait, vide et triste. […]
Dans le sillage de la Déclaration de Confiance Supplicans, on écrit beaucoup sur les situations pastorales difficiles. Il faut aider les âmes à sortir du péché en faisant un petit pas après l’autre, en faisant toujours confiance à la grâce de Notre Seigneur et en ne désespérant jamais de sa miséricorde. Les situations pastorales difficiles ne sont pas nouvelles. En fait, elles sont aussi anciennes que notre mère l’Église elle-même. Il n’a jamais été facile de suivre Notre Seigneur Jésus-Christ.
L’homme qui cherche à sauver sa vie la perdra ; l’homme qui perdra sa vie à cause de moi la gagnera. (Matthieu 16:25)
Pour ceux qui tombent en chemin, il y a le sacrement de pénitence. Et pour ceux qui ne peuvent pas sortir immédiatement d’une situation objectivement pécheresse et qui veulent néanmoins suivre le Christ, même à distance (cf. Matthieu 26, 58), il y a une autre solution. Cette autre solution a prouvé à maintes reprises qu’elle pouvait résoudre les situations pastorales les plus difficiles et rendre possibles des choses que presque tout le monde, et de tous côtés, jugeait impraticables, voire impossibles. “Car rien n’est impossible à Dieu” (Luc 1,37). Cette autre solution, je l’ai rencontrée il y a près de cinquante ans, lors d’une retraite en France qui a changé ma vie. Je l’appellerai “la solution mariale”.
Le prédicateur de la retraite était un prêtre âgé, connu pour sa fidélité inébranlable à la doctrine traditionnelle de l’Église et pour sa sagesse, sa piété et sa longue expérience dans la conduite des âmes. Le Père F. a parlé, à un moment donné, du drame douloureux des personnes qui vivaient dans l’adultère ou d’autres types d’unions irrégulières ou enfermées dans des schémas de vice, des personnes qui, malgré un désir sincère et souvent douloureux de revenir aux sacrements, se trouvaient incapables de rompre les liens de la relation pécheresse ou de renoncer à l’occasion proche du péché.
Je me souviens encore de l’histoire que le Père F. a racontée : il s’agissait d’un homme et d’une femme catholiques, tous deux encore mariés à leurs épouses respectives, qui pendant de nombreuses années avaient vécu ensemble dans un état objectif de péché, tout en cherchant un moyen de revenir aux Sacrements. Le Père F. leur a dit que tant qu’ils resteraient ensemble, vivant comme mari et femme, ils ne pourraient pas s’approcher des sacrements. Sentant leur douleur et ne voulant pas les laisser sans espoir, le Père F. a proposé une autre solution. Il demande aux “époux” s’ils veulent suivre sa proposition. Les “époux”, sincères et généreux, promettent de faire tout ce qui leur sera demandé.
Le Père F. demanda au couple malheureux de se rendre dans une certaine église, un certain samedi matin, et de le rencontrer à l’autel de la Sainte Vierge Marie. Le couple se présenta devant l’autel de la Bienheureuse Vierge Marie à l’heure convenue ; le Père F. leur dit qu’il offrirait la Sainte Messe en l’honneur de la Bienheureuse Vierge Marie, lui demandant d’intervenir dans leur situation difficile de la manière que son Cœur Immaculé jugerait opportune. Le couple, quant à lui, s’est contenté d’assister à la messe. Ils ont tous deux pleuré amèrement pendant la messe, joignant en quelque sorte leurs larmes à la goutte d’eau mélangée au vin dans le calice.
A la fin de la messe, le Père F. a demandé au couple de lui promettre trois choses : 1) d’assister fidèlement à la Sainte Messe tous les dimanches et jours de fête sans, bien sûr, recevoir la Sainte Communion ; 2) de se consacrer à la Bienheureuse Vierge Marie et, en signe de consécration, de porter la Médaille Miraculeuse ; 3) de prier le Rosaire ensemble tous les soirs. Le couple promit de faire ces trois choses. En l’espace d’un an, tous les obstacles à leur retour aux sacrements ont été levés d’une manière qui a impressionné le couple et tous ceux qui les connaissaient, d’une manière qui n’était rien de moins que miraculeuse. Ils ont pu prendre un nouveau départ. La Bienheureuse Vierge Marie, Médiatrice de toutes les grâces, leur a obtenu toutes les grâces dont ils avaient besoin pour avancer dans le repentir et la conformité parfaite aux enseignements de son Fils et aux lois de l’Église. L’histoire semble sortir tout droit des pages du livre Les gloires de Marie de Saint Alphonse.
Le Père F. a dit qu’il y avait beaucoup d’autres cas de miracles de grâces similaires dans des situations pastorales difficiles, simplement parce qu’il avait proposé la solution mariale et que les termes de la proposition avaient été acceptés. La solution mariale n’est qu’une façon de mettre en pratique ce que saint Alphonse enseigne dans sa merveilleuse brochure Del gran mezzo della preghiera. (…)
Dans toutes les discussions sur la controverse suscitée par la Déclaration Fiducia Supplicans, je suis frappé par le peu de choses qui sont dites sur la grâce, la Vierge Marie et la prière. Il n’y a qu’une seule solution aux situations pastorales difficiles, et cette solution, c’est la grâce. La grâce s’obtient par la prière, et la prière est à la portée de toute âme. Il y a des âmes pour qui les mots de l’Acte de douleur vont de travers, mais qui peuvent murmurer un Ave Maria. Que ces âmes le fassent très souvent. Marie, Médiatrice de toutes les grâces, ne refusera pas la grâce de la contrition à ceux qui, ne pouvant faire plus, invoquent simplement son nom.
Il est dommage que le magnifique texte de saint Bernard, Respice Stellam, Voca Mariam, ne soit presque jamais cité par ceux qui s’occupent des âmes dans des situations pastorales difficiles. Après tout, la solution mariale n’est peut-être pas seulement la meilleure solution, mais la seule.
Pourquoi perdre autant de temps à médire des autres, sous le fallacieux prétexte de dénoncer le mal, de vouloir la victoire du bien ?
Le père Jean-François Thomas, jésuite au verbe clair, vient de publier un nouvel ouvrage pour méditer sur les vertus. À l’heure de toutes les déconstructions, la vertu par son étymologie même (dérivé du latin vir, homme), incarne une puissance virile de résistance à l’effondrement de notre civilisation. Le père Jean-François Thomas éveille ici ses lecteurs aux sept vertus chrétiennes : vertus cardinales héritées d’Aristote, justice, prudence, force, tempérance ; vertus théologales, foi, espérance, charité. À la base de la liberté, il place les vertus morales puis celles, intellectuelles, qui fondent le sens commun et l’ordre social. Ses méditations nourries de sagesse grecque, de réflexions philosophiques, d’écrits des Pères de l’Église et des saints, s’inspirent aussi de l’intuition des plus grands artistes, poètes et écrivains, sans oublier d’aborder les vices les plus destructeurs de notre temps, tels quel l’envie ou la médisance :
Le Français, depuis la révolution de 1789 (et toutes celles qui ont suivi), a été modelé par l’envie. Dans De la Démocratie en Amérique, Alexis de Tocqueville a bien analysé que l’envie est le poison de cet âge démocratique puisque la moindre différence est considérée comme une inégalité criante et inacceptable. Auparavant, Dieu et le Roi pouvaient être imités. Désormais ils ont été tués et les hommes s’entredéchirent pour acquérir ce que les autres ont et sont. L’envie devient le centre et le moteur de leurs relations. Nous y sommes, et plongés jusqu’au coup, encore davantage par la mondialisation en cours qui est tout sauf un épisode hasardeux puisqu’elle est mise en place par les empoisonneurs démocratiques de la consommation de masse.
Et sur la médisance :
Des êtres sont détruits par la rumeur diffusée, rumeur lâche puisque celui qui en est l’auteur avance à visage masqué, se gardant bien de s’exposer ou de se faire connaître. […] Elle dissout toute charité et habitue l’âme à ne visiter que les bourbiers. Certains êtres s’y complaisent, y compris, ceux qui prétendent ne demeurer que dans la lumière. […] Saint Thomas va encore plus loin en précisant que la médisance est une diffamation poussée à l’extrême, de façon vicieuse, puisqu’elle cherche à diviser les amis. La diffamation qui sème le trouble dans l’esprit d’un ami vis-à-vis de son ami, qui provoque la rupture, qui détruit ces liens uniques, est médisance […] La perte de ses amis par celui qui est diffamé et objet de médisance est une mort pire que celle de la perte de sa réputation aux yeux d’étrangers. Depuis Aristote, l’amitié a été louée comme un des biens les plus précieux […] Pourquoi perdre autant de temps, et son intégrité, et son honneur, à médire des autres, sous le fallacieux prétexte de dénoncer le mal, de vouloir la victoire du bien ? […] La jalousie est donc un moteur essentiel de la diffamation et de la médisance. Celui qui fait ainsi marcher sa langue est un impuissant de l’existence qui a besoin de phagocyter les autres afin de se persuader qu’il est quelque chose. […] Voilà pourquoi les pires médisants se trouvent souvent dans le cercle des amis proches […]
Le 21 janvier 2024 : montrer que tous ne se sont pas tus
D’Elisabeth Geoffroy dans La Nef, à propos de la constitutionnalisation de l’avortement :
[…] C’est peut-être là que nous avons un rôle à jouer. Un rôle tout modeste, tout petit, minuscule. Un rôle qui ne peut pas même s’enorgueillir d’avoir du panache et fière allure. Un rôle sans atours, sans séduction, qui a le goût tranchant de la juste chose à faire et la froideur austère du devoir à accomplir. Un rôle qui touche à l’élémentaire : témoigner que la France ne se partageait pas seulement entre les partisans de la constitutionnalisation et les indifférents, montrer que tous ne se sont pas tus. C’est cela que permettra la Marche pour la vie du 21 janvier prochain, empêcher que les livres d’histoire puissent raconter sans nuance aucune : « Et le combat cessa faute de combattants. »
Peut-être une part de l’honneur de la France se joue-t-elle dans cette marche qui rassemble quelques milliers de personnes. Et face à cet enjeu, peu importent les chiffres. D’ailleurs, quand il faut témoigner et garder vive une fragile lueur, celle du respect que manifeste envers la vie celui qui n’a pas déserté la terre du doute dont nous parlions, alors les calculs nous ennuient et l’utilitarisme déguisé en pragmatisme politique nous assomme. Nous n’avons pas le devoir d’être nombreux (même si nous aimerions l’être). Nous avons le devoir de répondre présents, et le devoir d’être doux, délicats, fins dans la discussion, car de détresse humaine il peut vraiment s’agir. Nous avons le devoir « non pas de vous le faire croire, mais simplement de vous le dire ».
Abbaye Notre-Dame des Neiges : les huit religieuses cisterciennes ouvrent un noviciat
Un an après leur arrivée, le premier décembre 2022, la communauté des religieuses cisterciennes de Notre-Dame des Neiges s’agrandit, de 8 à 12, dont quatre postulantes au sein du noviciat qui vient d’ouvrir.
Les moines cisterciens trop peu nombreux – ils n’étaient plus que quatre – avaient pris la décision de quitter Notre-Dame-des-Neiges pour s’établir dans d’autres communautés à l’automne 2022.
Heureusement que la nuit du 31 décembre a été “calme”
Gérald Darmanin s’est félicité d’une “nuit calme”. BFM a évoqué des festivités qui “se sont bien déroulées”.
95 000 policiers, gendarmes et militaires étaient mobilisés. Pour surveiller les groupes « d’ultra droite » qui ont été dissous ?
Le bilan officiel s’élève à 381 interpellations, 745 véhicules incendiés, et une quarantaine de policiers blessés. Darmanin annonce “une baisse de 10%” par rapport au 1er janvier 2023. Mais, le 1er janvier 2023, il annonçait 690 voitures brûlées…
Pour la nuit du 31 décembre un dispositif exceptionnel sera mis en place, comprenant 90 000 policiers et gendarmes, 35 000 sapeurs-pompiers et 5 000 militaires de Sentinelle. Merci à eux pour leur mobilisation et pour cette nuit de travail loin de leurs familles. pic.twitter.com/dK9VWl3bcJ
— Gérald DARMANIN (@GDarmanin) December 29, 2023
Pour avoir un bref état des lieux des zones de conflit, inutile de chercher sur BFM, il faut plutôt regarder sur FDesouche…
Des chanoines insérés pleinement dans la vie diocésaine, avec leur charisme propre
Le père abbé de l’abbaye de Lagrasse a été interrogé dans le numéro de La Nef de janvier. Extraits:
Vous avez depuis peu un nouvel évêque à Carcassonne : quelle est votre place dans le diocèse ?
Nous avons la grâce de vivre une relation filiale et confiante avec notre évêque, Mgr Bruno Valentin. Il nous encourage à nous insérer pleinement dans la vie diocésaine, tels que nous sommes, avec notre charisme propre ; c’est une grande joie pour nous. Le 7 octobre dernier, à l’issue de la messe des ordinations sacerdotales de deux frères, il déclarait :
« C’est une justice que nous devons à Dieu, les uns comme les autres, de comprendre la façon dont Il conduit notre Diocèse, de comprendre la présence de votre abbaye comme un don de Dieu, de nous disposer ainsi à nous laisser surprendre par la façon dont Dieu dans sa magnificence veut continuer à veiller sur notre diocèse. »
La restauration de l’abbaye de Lagrasse n’est pas achevée : quels grands travaux entreprenez-vous ? Les travaux sont-ils pour vous juste une épreuve ou portent-ils en eux-mêmes une fécondité ?
Commencée dès notre arrivée en 2004, la restauration de l’abbaye est loin d’être achevée. Après les toitures, le cloître du XVIIIe siècle et le clocher du XVIe siècle, nous relevons en ce moment le bras sud de notre transept, un bijou d’art roman. Les fruits d’un tel projet sont multiples. J’en compte au moins quatre : architectural, pastoral, économique et spirituel. Nous allons redonner à notre abbatiale une unité perdue depuis deux siècles ; car le clocher et la nef vont être enfin réunis par le bras du transept. Nous pourrons aussi accueillir plus de fidèles, actuellement cantonnés devant des écrans. Restaurer un tel monument semblait fou initialement et peu y croyaient. Or depuis des années, le chantier de restauration entretient de l’emploi dans notre région.
Un vrai miracle, oui : une abbaye sécularisée retrouve son âme religieuse. Cette restauration nous a enracinés dans un héritage vieux de 1200 ans, legs vraiment exigeant – nous cherchons des financements ! – mais c’est une mission enthousiasmante.
Votre communauté a connu une épreuve difficile avec votre premier supérieur : que pouvez-vous nous en dire ?
Le Père Wladimir a été nommé Père Abbé par Rome en 1997. Peu à peu, il est entré dans un mode de gouvernement abusif. En 2006, plusieurs frères ont fait appel à Mgr Alain Planet, l’évêque de Carcassonne, qui a demandé au Père Wladimir de démissionner. Il a accepté, invoquant des « raisons de santé », masquant en cela le véritable problème : une double vie, de nombreux abus d’autorité, des comportements manipulateurs pouvant aller jusqu’à l’emprise. Deux frères ont fait état de sollicitations contre le vœu de chasteté et de tentatives de corruption des mœurs.
En 2009, un procès canonique a été ouvert, où l’abbaye s’est portée tierce partie et a proposé à chaque membre de témoigner. Au terme de cette procédure, en 2012, le Père Wladimir a été reconnu coupable d’abus d’autorité et de fautes contre la chasteté, et a été renvoyé de la communauté. Il a fini sa vie dans un monastère de stricte clôture, dans la pénitence. Il est décédé en 2023.
Être en pleine vérité sur ces questions d’abus me paraît nécessaire. Les conclusions du procès en 2012 constituent pour nous une base certaine, objective. Les personnes qui ont souffert de mon prédécesseur ont approuvé ces conclusions et ont fait le choix, avec l’aide de juristes, de ne pas porter plainte devant la justice civile. Si l’une ou l’autre souhaite une requalification de ce qu’elle a subi, nous sommes prêts à l’aider dans la mesure de nos possibilités, pour la justice et la vérité.
Quelles leçons en tirez-vous ? Comment surmonter de telles crises internes ?
Pour nous, cette découverte a été un choc. Nous avons pris conscience que nous avions pu vivre en nous isolant parfois du regard et du contrôle des autorités ecclésiales. Grâce à l’intervention forte et bienveillante de Mgr Planet, puis du cardinal Panafieu et de diverses figures ecclésiastiques, nous avons mieux expérimenté la sollicitude maternelle de l’Église.
Depuis, nous avons mis en place des visites canoniques régulières, développé nos liens avec les autres communautés canoniales. Le TRP Wouters, Abbé général des Prémontrés, est devenu notre Supérieur extérieur. Tous ces liens contribuent à rompre ce que le pape François nomme l’auto-référentialité, un danger à la fois humain et spirituel.
Il nous a fallu aussi travailler pour guérir, puis pour prévenir le danger de telles dérives, et nous y travaillons encore, avec des psychologues, des juristes, des canonistes, des théologiens, etc. Aujourd’hui, nous tâchons de poursuivre sereinement notre mission sans occulter notre histoire. Ces souffrances ont laissé des traces dans les cœurs, mais elles ont été aussi une source de grâces, invitant à l’humilité, à un plus grand amour de l’Église, à un sens plus profond de la miséricorde. Pour nous tous, la présence protectrice de Marie, à qui nous sommes consacrés, a été une évidence pendant ce chemin de purification.
Quel regard, nous autres laïcs, devons-nous porter sur toutes les crises qui ont touché nombre de communautés religieuses ces dernières années, ainsi que trop de prêtres convaincus d’abus ?
Les années de la fin du XXe siècle ont été caractérisées par une grande confusion et une profonde crise de la paternité. Dans ce contexte, les laïcs ont cherché des prêtres qui soient des pères ; ils ont admiré, parfois sans mesure, des figures sacerdotales qui se détachaient dans une atmosphère de doute généralisé. Les psychologies faibles de certains prêtres n’ont pas résisté, sombrant dans cette perversion de la paternité qu’est la manipulation narcissique. Tout cela dans un climat d’abandon de règles du Droit ou de la prudence, dans l’isolement des communautés vis-à-vis de la hiérarchie.
Les laïcs ont un rôle à jouer : qu’ils ne regardent pas le prêtre comme un homme exceptionnel, mais considèrent plutôt le Christ agissant en un homme ordinaire ! Les prêtres ont besoin de prières, mais aussi d’amitié et de correction fraternelle. Saint Augustin voyait aussi autour de lui bien des scandales touchant prêtres ou prélats. Il écrivait ainsi à une laïque révoltée :
« C’est notre Pasteur lui-même qui veut que nous demeurions dans l’unité, et que, blessés par les scandales de ceux qui sont la paille, nous n’abandonnions point l’aire du Seigneur. »
[…]
Comment vivez-vous votre attachement à l’ancien Ordo Missae ? Comment voyez-vous l’avenir de cette douloureuse question liturgique ?
Benoît XVI a affirmé avec force que la présence vivante de la liturgie antique était une grâce pour toute l’Église. Il était persuadé que le missel dit « de saint Pie V » pouvait être célébré dans l’esprit de la constitution Sacrosanctum concilium, du concile Vatican II. Pour lui, les deux formes de la liturgie romaine peuvent s’enrichir mutuellement, constituer deux expressions d’une unique théologie de l’Église et de l’Eucharistie. Nous avons fait nôtres sans réserve ces perspectives.
Je me pose la question : n’avons-nous pas été trop timorés pour mettre en œuvre l’enrichissement mutuel ? Une chose me paraît certaine : la situation actuelle issue du motu proprio Traditionis custodes engendre trop de divisions et de souffrances, chez nombre de fidèles et de prêtres diocésains. Comment travailler pour sortir de ce malaise ? Je suis persuadé que l’isolement du monde liturgique traditionnel n’est pas une bonne solution. Car si les deux formes ne sont pas deux mondes hermétiques l’un à l’autre, on ne peut se regarder comme des étrangers. L’avenir nous imposera certainement d’élargir notre regard et de sortir de la logique étroite de la guerre des missels, pour revenir aux fondamentaux de la liturgie. En ce domaine, Benoît XVI nous a légué des trésors à méditer aujourd’hui encore.
Certains traditionalistes ont eu dans le passé un rapport ambigu avec l’autorité, pensons à la Fraternité Saint-Pie X, et cela n’a pas bien tourné : qu’est-ce qu’une saine obéissance dans l’Église ?
Ce n’est pas nous qui sauvons l’Église, c’est l’Église qui nous sauve ! En commentant la moindre déclaration orale d’un évêque ou du pape, les réseaux sociaux sèment la confusion. Le pape peut-il enseigner avec autorité autre chose que la foi reçue du Christ ? Qu’avons-nous à craindre ? Pour le reste nous pouvons plus ou moins apprécier ses déclarations quotidiennes, ses homélies ou ses interviews. Mais quoi qu’il arrive, nous devons les recevoir en fils de l’Église, les comprenant en continuité avec l’enseignement pérenne de tous les papes. Sans cette herméneutique de continuité, nous risquons de tomber dans une vision politique et dialectique de l’Église, de ne plus la recevoir comme un mystère de grâce, comme un sacrement de l’union de Dieu avec les hommes.
Pourriez-vous nous dire un mot de votre fondation de Pau : pourquoi cette fondation ? Où en êtes-vous ?
Avec l’accord de Mgr Aillet, j’ai en effet érigé un prieuré à Pau le 15 septembre dernier. Nous étions 39 à l’abbaye et nous voulions fonder une maison pour y déployer la vie canoniale. Mgr Aillet nous appelle à Pau pour développer un projet aux multiples facettes. Le prieuré sera dans un écosystème comprenant un centre diocésain, un foyer d’étudiants, une maison des familles. Tout cela est en cours de construction tant sur le plan humain que matériel.
Quatre frères, qui sont déjà sur place, y mènent la vie religieuse et seront rejoints par trois autres dès que l’avancement des travaux le permettra. Ils ont reçu un accueil très fraternel de la part de l’évêque, des prêtres et des laïcs. Si notre arrivée a pu effrayer certains, ce que je comprends, l’essentiel est que se nouent peu à peu de vraies relations de charité, d’amitié. Pour saint Augustin, c’est la charité qui rend Dieu visible et comme expérimentable. C’est la mission de nos frères à Pau ; ceux-ci restent par ailleurs membres de l’abbaye de Lagrasse, dans un prieuré qui n’a pas vocation à devenir indépendant.
Cette fondation est un défi, qui se voudrait aussi un signe d’espérance : l’Église est vivante. Je suis dans la gratitude pour l’aide de tant d’amis et bienfaiteurs, par qui notre abbaye peut croître peu à peu et servir l’Église.
Le sergent Flamme face à Janus
L’auteur, capitaine Caval, a été officier à la Brigade de Sapeurs Pompiers de Paris (BSPP) pendant plus de dix ans. La Conspiration Janus est la suite de Code Delta (t.1), des Cités interdites (t.2), de L’Affaire Vladimir (t.3), de Place Vendôme (t.4), de Feu Sacré (t.5), et de Confidentiel Défense (t.6), les aventures du sergent Flamme, sous-officier de la BSPP.
Dans ce nouveau roman, le sergent Flamme se retrouve aux prises avec une organisation destinée à détruire spirituellement le monde, propageant une laïcité agressive, la théorie du genre et bien d’autres idéologies mortifères destinées à saper la civilisation chrétienne. De Paris à Bagdad, en passant par Rome où li découvre une mystérieuse confrérie, le sergent Flamme affronte le feu, de mystérieux terroristes, et cette organisation mafieuse. Un roman qui passionnera adolescents et adultes.
Le Salon beige vous souhaite une belle année 2024
Que les nouvelles soient bonnes ou mauvaises, et avec le projet de loi sur l’euthanasie et la constitutionnalisation de l’avortement, on ne peut pas dire que les nouvelles soient spécialement réjouissantes, nous avançons résolument “malgré fatigues et contradictions, sur le chemin qui mène droitement à la maison du Père“. Car nous savons que la Bonne nouvelle ne réside pas dans l’actualité, avec ses émeutes ou les avancées de la culture de mort, mais qu’elle nous a été annoncée il y a quelques deux mille ans par Celui qui est le chemin, la vérité et la vie, c’est Lui notre roc qui nous anime et nous permet de nous dépenser sans attendre d’autre récompense, que celle de savoir que nous faisons Sa Sainte Volonté.
La rédaction du Salon beige souhaite une belle et sainte année 2024 à tous ses lecteurs et à leurs familles, sous la protection du Sacré-Coeur, de Notre-Dame et de l’Archange Saint Michel.
5 versets bibliques pour accompagner nos bonnes résolutions de 2024
Comme chaque année, le mois de janvier est l’occasion de prendre de bonnes résolutions pour l’année qui commence. Même si elles sont prises avec la meilleure volonté du monde, il est souvent bien difficile de les honorer pendant 12 mois. Mais, en les confiant au Seigneur et en nous appuyant sur sa Parole, ces résolutions – comme les graines semées en terre fertile – peuvent alors donner de beaux fruits.
Voici 5 idées, s’appuyant sur des versets bibliques, pour une bonne et sainte année :
1 – Confier chacun de nos projets à Dieu
“Remets ton action au Seigneur, et tes projets réussiront.” (Proverbes 16, 3)
Cette année, pensons à confier chacun de nos projets – qu’ils soient personnels, familiaux, professionnels ou autres – au Seigneur. Qu’il soit notre maître d’œuvre en tout et nous serons assurés d’agir selon sa volonté.
2 – Regarder l’avenir avec confiance
“Ne faites plus mémoire des événements passés, ne songez plus aux choses d’autrefois. Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? Oui, je vais faire passer un chemin dans le désert, des fleuves dans les lieux arides.” (Isaïe 43, 18-19)
Stop aux regrets ou aux ruminations sur ce qui n’est plus. Prenons la résolution d’accueillir les événements avec confiance et espérance cette année. Le Seigneur y a caché de nombreuses grâces, n’en doutons pas.
3- Cultiver la gratitude
“Rendez grâce en toute circonstance : c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus.” (1 Thessaloniciens 5, 18)
Pourquoi ne pas adopter une petite habitude-gratitude cette année ? Comme penser à remercier Dieu, chaque soir, pour 3 grâces reçues dans la journée ou chaque matin, en ouvrant les yeux, commencer par remercier Dieu pour ce jour qu’il nous offre … Une petite habitude vertueuse qui transformera notre année !
4- Dire une parole bienfaisante par jour
“ Les paroles aimables sont un rayon de miel : douces au palais, elles redonnent des forces.” (Proverbes 16, 24)
Les occasions de communiquer ne manquent pas dans une journée, que cela soit verbalement, par mail, à travers les réseaux sociaux. Cette année, nous pouvons décider de nous assurer qu’au moins une fois chaque jour, notre parole soit profondément bienveillante. Aujourd’hui, à qui offrirons-nous une parole d’encouragement, de réconfort, de soutien ou d’admiration ?
5- Prendre soin de nous
“Ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ?” (1 Corinthiens 3, 16)
Comment cette année pouvons nous rendre gloire à Dieu dans notre corps ? Exercice physique, alimentation plus saine … En choisissant quelque chose de simple, à notre portée et en le confiant à Dieu, nous pouvons adopter petit à petit une habitude pour nous permettre de nous sentir bien, ou mieux cette année, dans ce corps que Dieu nous a donné.
Très bonne année 2024 !
Alice Ollivier pour Hozana.org
Que Notre-Dame, saint Louis et sainte Jeanne d’Arc veillent sur la France
Message du duc d’Anjou:
En la fin d’une année marquée par tant d’inquiétudes, que ce soit sur les plans moraux, géopolitiques, religieux ou sécuritaires, sachons aussi nous souvenir et rendre grâces pour tout ce que nous avons vu et reçu de beau, de grand, de bon.
Que le Seigneur nous accorde pour cette année 2024 la joie que procurent l’Espérance et le service du Bien.
Que Notre-Dame, saint Louis et sainte Jeanne d’Arc veillent sur la France et les Français !
Très bonne année à tous !
Benoît XVI est définitivement enterré
Un an après le décès du pape émérite, Jean-Marie Guénois écrit dans Le Figaro :
[…] Dès le 28 février 2023, le pape François a commencé par éloigner les personnalités qu’il jugeait trop proches du pontificat précédent. À commencer par Mgr Georg Gänswein, 67 ans, ancien secrétaire personnel de Benoît XVI. Sa fonction officielle de préfet de la Maison pontificale, une sorte de plaque tournante de l’organisation de la vie du pape, a été suspendue.
Ce limogeage sans merci du plus proche collaborateur du pape émérite pendant vingt ans est passé par un communiqué de trois lignes, publié par le service de presse du Vatican, une méthode inhabituelle:
«Le 28 février 2023, S. Exc. Mgr Georg Gänswein a terminé sa mission de préfet de la Maison pontificale. Le Saint-Père a ordonné que Mgr Gänswein revienne à partir du 1er juillet, pour le moment, dans son diocèse d’origine de Fribourg» en Allemagne.
Mgr Gänswein, déjà en disgrâce, avait commis un crime de lèse-majesté. Il avait publié en janvier 2023 un livre de mémoire en plusieurs langues – en français chez Artège, sous le titre Rien d’autre que la vérité – où il révélait les difficultés de la cohabitation entre les deux papes. En particulier sur le dossier de la liturgie, une question capitale pour Benoît XVI. François, selon Gänswein, n’aurait pas pris la peine d’avertir son prédécesseur quand il annula, en juillet 2021, sa réforme liturgique majeure. À savoir la possibilité ouverte en 2007 pour les prêtres qui le désiraient, de dire la messe à titre «extraordinaire» selon l’ancien rituel catholique latin.
Mgr Gänswein, qui accompagnait au jour le jour Benoît XVI dans sa retraite, affirme que ce dernier aurait appris la décision de François en lisant L’Osservatore Romano , le quotidien du Saint-Siège. Donc après coup. Le pape émérite, écrivait alors Gänswein, considéra le coup de frein liturgique donné par François comme une «erreur» parce que cette libéralité avait contribué à «pacifier» l’Église. François n’a pas du tout apprécié.
Des limogeages au Vatican
Même type de règlement de comptes mené avec détermination en 2023 par le pape François: le fait de couper, arbitrairement et contre toutes règles établies, vivres et logement au cardinal américain Raymond Leo Burke, 75 ans. Ce spécialiste du droit canonique qui a occupé de hautes fonctions au Vatican, était déjà sur la touche parce qu’il est l’un des rares cardinaux à oser émettre publiquement des avis critiques sur le pontificat. Ce qui aurait poussé François à déclarer devant plusieurs cardinaux lors d’une réunion officielle, le 21 novembre dernier:
«Le cardinal Burke est mon ennemi, c’est pourquoi je lui retire l’appartement et son salaire.»
Une citation reprise par la presse italienne qui ne fut pas démentie sur le fond, d’autant que la mesure se confirme: elle sera effective en février 2024. Par une voie détournée et non officielle, le pape François aurait simplement démenti, non pas la sanction, mais le fait qu’il aurait qualifié Burke «d’ennemi». Il l’a d’ailleurs reçu ce vendredi 29 décembre. En sortant, le cardinal américain qui aime l’humour, a simplement déclaré:
«Vous voyez, je suis toujours vivant!»
Ennemi ou pas, une autre tête est également tombée sur décret papal, le 11 novembre 2023. Mgr Joseph Strickland, 65 ans, évêque de Tyler au Texas se trouvait être un «ami» proche de Benoît XVI. C’est Peter Seewald, un laïc allemand, biographe du pape émérite qui l’a révélé dans une interview accordée le 27 décembre au site italien La Nuova Bussola Quotidiana disponible en français sur le site Benoît et moi. Seewald va jusqu’à parler de «purge» qui toucherait le «lignage de Benoît XVI» .
Le biographe qui a rédigé quatre livres interviews avec Benoît XVI, relate en le citant l’inquiétude du pape en retraite confiée à plusieurs visiteurs sur «le danger d’un glissement de terrain doctrinal» . Et l’écrivain de conclure:
«Immédiatement après la mort de Benoît XVI, les considérations qui étaient encore valables de son vivant ont été abandonnées. Il est devenu normal qu’un homme comme Victor Manuel Fernandez, à qui l’on a rapidement donné un chapeau de cardinal, soit nommé au poste de préfet pour la doctrine de la foi. L’Argentin n’est pas qualifié pour cette tâche importante, sauf pour une chose: il est le protégé du pape argentin. Jusqu’à présent, l’aptitude était le principal critère pour ces nominations, mais sous Bergoglio, il semble que ce soit la loyauté à la ligne qui compte.»
[…]
En plaçant là son ami Victor Manuel Fernandez, François a accompli un acte décisif qui était impossible à réaliser avant la mort de Benoît XVI, puisque à la place de Ratzinger, qui a marqué la théologie catholique dans cette fonction – notamment avec l’encyclique «La splendeur de la vérité» – il place un proche considéré comme «anti-Raztinger» sur le plan théologique. Le 1er juillet dernier, François a d’ailleurs assigné à Fernandez une mission explicite par lettre: «non de poursuivre d’éventuelles erreurs doctrinales» par une «théologie de bureau» qui travaille selon une «logique froide et dure qui cherche à tout dominer» mais de «montrer un Dieu qui aime, qui pardonne», sans imposer «une seule manière» d’exprimer la théologie et de créer une harmonie «avec les différentes lignes de pensée» .
Depuis son arrivée, le nouveau préfet a pris quasiment seul – ou avec François – des décisions spectaculaires , sans s’embarrasser des consultations pourtant prévues par le règlement avec des théologiens. Ces derniers jugeaient collectivement les nouvelles normes avant de les publier. Fernandez a dit non à l’appartenance maçonnique pour un catholique.
Il a confirmé l’admission des personnes divorcées remariées à la communion mais en suivant les règles établies par la conférence épiscopale argentine. Il a dit oui à la possibilité pour un transgenre ou une personne homosexuelle d’être baptisé et d’être parrain ou témoin de mariage. Il a autorisé l’accès à la communion pour les mères célibataires. Il a lancé, avec l’aval du pape, la possibilité de bénir des «couples» homosexuels. Benoît XVI est définitivement enterré.
2024, l’année du Sacré-Coeur
Aymeric Pourbaix reçoit
- Père Étienne KERN, recteur du sanctuaire de Paray-le-Monial
- Soeur Margarita-ISLENA, religieuse à Paray-le-Monial
- Rodrigue TANDU, éducateur
Nouvel an : quelle société idéale en 2024 ?
Du père Danziec dans Valeurs Actuelles :
Une vaste enquête de la CFDT et de la Fondation Jean Jaurès menée par Ipsos s’est intéressée au quotidien que les Français appellent de leurs vœux. Cet idéal de société apparaît très éloigné de ce que laisse penser la petite musique médiatique.
Le résultat est sans appel : au no borders de l’idéologie “startup nation”, les Français préfèrent le clos de leur chère maison qui leur est « une province, et beaucoup davantage » pour reprendre les vers du poète. Dans les pages du Figaro, Ronan Planchon ne pouvait mieux résumer la leçon à tirer de cette enquête sur la société idéale de demain telle que se l’imaginent les citoyens de l’hexagone. Elle offre
« la confirmation du décalage abyssal entre l’horizon désirable des Français, celui que nombre des médias leur prêtent et ce que la politique veut pour eux ».
En vrac, l’étude de la Fondation Jean Jaurès témoigne que 70% des sondés préféreraient habiter une petite ville, un village ou à la campagne. Une très large majorité estime qu’il faudrait réduire la place de la publicité dans la société. Fait massif : seuls 5% des Français pensent qu’il faudrait laisser la société dans son état actuel, quand 59% des personnes interrogées jugent nécessaire de « réformer la société en profondeur » ou de « la transformer radicalement ». En matière de rythme de vie, près de 3/4 estiment que la vie va trop vite. Le sentiment d’être dépassé se vérifie aussi à propos du développement des nouvelles technologies. Une majorité se déclare inquiète, voire effrayée, par certaines perspectives liées à la robotisation, au transhumanisme ou aux progrès de la réalité virtuelle explique l’enquête. 70% déclarent qu’à l’idéal de la vie en couple correspond une fidélité sans faille. A cet égard, pour déterminer si une personne a réussi sa vie, les critères comme « vivre en accord avec ses valeurs » (43%) ou « fonder une famille solide » (35%) écrasent celui d’avoir de l’argent (13%). Alors que la disparition du service militaire et le passage à une armée de métier ont réduit les effectifs à seulement 250.000 hommes (l’image forte fait dire que l’ensemble de nos forces armées tiendrait dans le Stade de France), 69% apprécient les commémorations historiques comme le 1er mai ou le 11 novembre. Lorsque l’on voit les polémiques répétitives et stériles autour des crèches dans les mairies ou des formules telles que « Joyeux Noël », 65% considèrent au contraire que les grandes fêtes religieuses fériées ont une grande importance. Dans un pays comme la France où le dogme d’une laïcité combative a valeur de mantra, le résultat peut surprendre.
Connaître le sens de la vie
Quel prolongement donner à ces chiffres ? Gustave Thibon expliquait qu’en psychologie, il n’y a pas de faits vierges, il n’y a que des faits fécondés. D’où la nécessité de veiller sur l’élément fécondant, c’est-à-dire sur l’esprit et la liberté, au moins autant que sur l’élément fécondé. « L’initiation, pour les Anciens, consistait dans un enseignement spirituel et doctrinal plus que dans l’expérience matérielle de la vie. Car il est quelque chose de plus important que de “connaître la vie”, c’est de connaître le sens de la vie. » écrivait le paysan philosophe dans son essai Notre regard qui manque à la lumière (Fayard, 1970)
Cette quête intérieure que chaque citoyen serait en mesure de combler, voilà le secret d’une société idéale. En 2016, le président de la Fondation Jérôme Lejeune pointait le vague à l’âme de notre société déboussolée – c’est-à-dire au sens propre « sans repères » – n’hésitant plus à fricoter avec l’eugénisme et le racisme chromosomique. Dans son ouvrage Les premières victimes du transhumanisme (Editions Pierre-Guillaume De Roux), il en appelait à retrouver le sens précieux de la vie :
« Nous avons besoin d’une Politique, ou mieux encore d’un Régime politique qui – par principe – ne tient pas la vie humaine pour un hasardeux foisonnement du vivant, ne l’utilise pas comme banc d’essai pour la technoscience et ne l’asservit pas à des finalités lucratives. »
Bernanos, prophète et docteur
En 2024, hier comme demain, autrefois comme en 2050, une société idéale ne peut être que celle qui saura préserver les conditions de sa continuité en investissant sur la jeunesse, l’avenir et les permanences : la famille, les repères moraux, la paix civile. A cet égard, l’association Fipeco, créée pour présenter, en toute indépendance, des informations et des analyses sur les finances publiques et l’économie, faisait récemment remarquer que la répartition des dépenses publiques entre 1995 et 2022 avait été passablement déformée. En trente ans, la proportion de prélèvements obligatoires affectées à la famille, à l’éducation, à la recherche et à la défense n’a eu de cesse d’être revue à la baisse…
Bernanos, en prophète, nous avertissait déjà :
« Une civilisation ne s’écroule pas comme un édifice ; on dirait beaucoup plus exactement qu’elle se vide peu à peu de sa substance, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que l’écorce. »
Comme vœu pour 2024, nous pourrions formuler, pour une France idéale, le souhait de la lucidité et du courage. La lucidité, pour « en finir de prendre la maladie de la civilisation pour la civilisation, le cancer pour l’organe ». Le courage, pour surmonter la tentation du désespoir. Julien Freund indiquait d’ailleurs dans son Histoire sociologique et philosophique de la décadence que Bernanos aimait courir le risque du combat du fait même de sa foi chrétienne.
En vérité, il n’y a de chance que si l’on prend des risques. Mais il s’agit de le faire dans l’honneur qui seul est compatible avec la dignité d’un homme libre. Une poignée d’hommes lucides et courageux peut constituer le sel de la terre. Le sel de la terre ? Oui, « le Bon Dieu n’a pas écrit que nous étions le miel de la terre mais le sel. (…) Du sel sur une peau à vif, ça brûle. Mais ça empêche aussi de pourrir ». A l’abordage d’une nouvelle année, souhaitons avec l’auteur de La France contre les robots que ça brûle un peu en 2024. Et que France reverdisse !
L’affaire de l’affiche de la Vierge Marie tenant un paresseux à Genève et les événements troublants autour de Noël
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Ces derniers jours il y a eu plusieurs incendies à Genève, dont un qui aurait pu être grave car proche de l’aéroport, le 26 décembre. Le soir du 26 il y en a eu un autre et encore un autre la nuit du vendredi 29 au samedi 30 décembre. Et il faut signaler que jeudi 28, le matin, le ciel avait une couleur de feu à Genève. Cela a été aussi remarqué à Toulouse.
Tout cela se passe au moment où l’on parle de cette affiche de Noël où l’on voit la Vierge Marie avec un paresseux à Genève, ce qui a heurté beaucoup de croyants. Une pétition, avec des explications, a été lancée pour faire interdire cette affiche.
D’ailleurs cette année on se rappelait des 50 ans des prophéties d’Akita, au Japon. Le 13 octobre 1973 la Vierge Marie dit à sœur Agnès Sasagawa Katsuko que si les hommes ne se repentaient pas de leurs fautes, le Père enverrait le Feu du Ciel qui détruirait une bonne partie de l’humanité. Les apparitions d’Akita ont été reconnues par l’évêque du lieu et confirmées par le cardinal Ratzinger, futur Benoît XVI.
Les dernières hausses de températures, les incendies de forêts, etc. vont malheureusement dans ce sens…
Le 28 décembre, jour des Saints Innocents, on se rappelait aussi des enfants morts à cause de l’avortement. Et malheureusement on sait que l’ONU continue à soutenir l’avortement. Et c’est ce 28 décembre que le ciel avait cette étrange couleur feu à Genève, où il y a un siège de l’ONU…
Tous ces signes devraient faire réfléchir pour abandonner le péché : avortements, idéologies du genre, relations homosexuelles, adultères, jalousies, etc.
Terres de Mission : La Chine, un “modèle” totalitaire pour l’occident post-chrétien ?
Terre de missions reçoit Philippe Maxence, directeur de “L’Homme nouveau”, et éditeur d’un récent rapport de l’Observatoire cardinal Van Thuan sur la Chine: “Le modèle chinois: capital-socialisme du contrôle social”. Une occasion de réfléchir au contrôle sociale à la chinoise – et à sa diffusion en Occident, notamment à la faveur de la crise du covid – et aux relations entre l’Eglise et le Parti communiste chinois.
Puis Guillaume de Thieulloy présente quelques recensions de livres récents.
Dimanche dans l’octave de Noël
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
La messe du dimanche dans l’octave de Noël prolonge les trois messes de la fête ; elle reprend même l’Alléluia et l’Offertoire de la messe de l’Aurore. Mais elle ouvre en même temps une première perspective sur la mission rédemptrice du Sauveur, pour laquelle il a voulu venir sur terre : on trouve à l’Évangile la prophétie du vieillard Siméon annonçant à la Sainte Vierge le glaive de douleur qui transpercerait son âme, tandis que la Communion, nous le verrons, se rapporte à l’épisode de la fuite en Égypte.
Introït : Dum medium silentium
L’Introït nous replace tout à fait dans l’ambiance mystérieuse de la sainte nuit et du grand événement qui s’y accomplit. Le texte est tiré du livre de la Sagesse dans un passage qui, parmi les manifestations de la sagesse dans l’histoire d’Israël, raconte la dixième plaie d’Égypte, l’extermination des premiers nés des Égyptiens, qu’on appelle la Pâque, c’est à dire le passage du Seigneur.
Dum medium silentium tenerent omnia, et nox in suo cursu medium iter haberet, omnipotens sermo tuus, Domine, de cælis a regalibus sedibus venit.
Tandis que toutes choses se tenaient en silence et que la nuit était parvenue au milieu de son cours, votre parole toute puissante, Seigneur, est descendue de votre trône royal qui est dans les cieux.
Cette parole toute puissante, que Dieu n’a qu’à prononcer pour qu’elle s’accomplisse, c’est aujourd’hui le Verbe, qui est une personne, et qui descend du ciel sur la terre au milieu de la nuit en se faisant petit enfant pour nous sauver. La mélodie de cet Introït commence dans le grave, évoquant de façon mystérieuse le silence de la nuit, puis elle s’élève progressivement de plus en plus affirmative jusqu’à la fin calme et pleine d’assurance. Le verset est formé du début du psaume 92 qui chante la beauté et la puissance du Christ Roi, et que nous retrouverons à l’Alléluia.
Dominus regnavit, decorem indutus est : indutus est Dominus fortitudinem, et præcinxit se.
Le Seigneur est Roi revêtu de splendeur et il s’est ceint de puissance.
Graduel : Speciosus forma
Le Graduel du dimanche dans l’octave de Noël reprend une image qui figurait dans le psaume de l’Introït, celle du Seigneur revêtu de beauté. Le texte est pris cette fois dans le psaume 44, le grand cantique nuptial qui chante les noces mystiques du Christ et de l’Église et qui est utilisé à plusieurs reprises au temps de Noël. Ici le psalmiste s’adresse au roi d’Israël figure du Messie.
Speciosus forma præ filiis hominum : diffusa est gratia in labiis tuis.
Vous êtes le plus beau des enfants des hommes, la grâce est répandue sur vos lèvres.
Les lèvres sont avec le sourire l’un des éléments principaux de la beauté du visage de l’être humain, mais les lèvres c’est aussi le siège de la parole par laquelle le Seigneur révèle sa sagesse et sa toute puissance.
La deuxième partie de ce Graduel reprend le début du psaume où le psalmiste exprime son enthousiasme d’avoir à chanter les louanges d’un tel roi :
Eructavit cor meum verbum bonum : dico ego opera mea Regi : lingua mea calamus scribæ velociter scribentis.De mon cœur jaillit un beau discours car je dédie mes œuvres au Roi. ma langue est comme la plume d’un scribe à l’écriture rapide.
La mélodie, comme c’est toujours le cas pour les Graduels, est très ornée, mais elle ne contient pas de grandes vocalises. Elle reste assez douce et paisible, déroulant de souples ondulations dans une ambiance de contemplation mystique. Ces formules assez originales se répètent dans les deux parties.
Alléluia : Dominus regnavit, decorem
L’Alléluia et l’Offertoire du dimanche dans l’octave de Noël reprennent ceux de la messe de l’aurore de la fête, messe à laquelle les fidèles ont très rarement l’occasion d’assister, et ils ont ainsi au moins la possibilité d’entendre ces deux pièces ; on y trouve le même thème que dans l’Offertoire de la messe du jour : la contemplation des attributs divins du petit enfant qui vient de nôtre, qui contrastent avec sa faiblesse : beauté, force, puissance… Ils sont tirés du psaume 92, psaume ” théocratique ” célébrant la royauté de Dieu sur son peuple, s’appliquant aujourd’hui au Christ Roi ; on en trouve dans l’Alléluia le premier verset, qui accompagnait déjà l’Introït :
Dominus regnavit, decorem induit : Induit Dominus fortitudinem et præcinxit se virtute.
NB : Vous aurez remarqué que le texte de l’introït est : Dominus regnavit, decorem indutus est : Il est légèrement différent car nous avons là deux versions de la Vulgate utilisées l’une dans le Propre, l’autre dans le Psautier.
Le Seigneur est Roi, il est revêtu de splendeur : Le Seigneur s’est revêtu de force et ceint de puissance.
On retrouve donc le thème de la beauté, que chantait déjà le Graduel, associé à celui de la toute puissance créatrice qui sera celui de l’Offertoire. La mélodie exprime notre admiration pour ces qualités du Seigneur par une mélodie solennelle, très ornée, bien que sans grandes vocalises, et pleine de mouvement, bien que sans grands écarts. Alors que celles des deux autres messes de Noël sont des mélodies type, celle-ci est originale.
Offertoire : Deus enim firmavit
L’Offertoire du dimanche dans l’octave de Noël reprend, comme l’Alléluia, celui de la messe de l’aurore de la fête, et le texte est la suite de celui de verset de l’Alléluia, au début de psaume 92 :
Deus enim firmavit orbem terræ, qui non commovebitur ; parata sedes tua, Deus, ex tunc, a sæculo tu es.
En effet (par sa puissance) Dieu a solidement établi le globe terrestre qui ne sera pas ébranlé. Votre trône, ô Dieu, est préparé depuis toujours, et à jamais vous êtes.
Ce petit enfant que nous adorons est le créateur qui fait sans cesse exister toutes choses, et nous lui retournons le nom que Dieu s’était donné en se manifestant à Moïse : ” Je suis ” avait-il dit, ” Vous êtes ” lui redisons-nous.
La mélodie de cet Offertoire est comme il convient très affirmative et pleine d’assurance ; ses tenues sur la même note et ses intervalles majeurs (il n’y a presque pas de demi-tons) expriment parfaitement la solidité et la plénitude dont parle le texte
Communion : Tolle puerum
L’année liturgique se déroule sur plusieurs plans qui avancent simultanément à des vitesses différentes. Nous sommes encore à quelques jours de l’Épiphanie, mais déjà la Communion de ce dimanche se rapporte à la fuite en Égypte, et l’antienne à Magnificat des Vêpres évoque les 30 ans de vie cachée à Nazareth. Cette antienne de Communion nous fait entendre les paroles de l’ange à saint Joseph, alors que la Sainte Famille se trouve en Égypte :
Tolle puerum et matrem ejus, et vade in terram Israël ; defuncti sunt enim qui quærebant animam pueri.
Prends l’enfant et sa mère, et retourne au pays d’Israël ; en effet ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant sont morts.
C’est la mission rédemptrice du petit enfant qui est ici évoquée, avec la mention des persécutions qu’elle va entraîner et qui le conduiront à donner sa vie pour notre salut. La mélodie est pleine d’élan, avec deux phrases qui se ressemblent et se terminent par la même cadence ; mais la deuxième monte plus haut, culminant sur le mot quærebant, qui exprime les mauvaises intentions des persécuteurs.
Les guerriers du rosaire dans les rues de Pologne
Sur Sovereignty, Tomasz Rowiński évoque ces guerriers du rosaire, qui prient en public dans les rues polonaises. Plus personne en Pologne ne s’étonne des reportages des médias sur des groupes de dizaines, voire de centaines d’hommes priant dans les rues des villes polonaises. Le mouvement du Rosaire des hommes fait désormais partie du paysage spirituel du catholicisme polonais. D’autres communautés religieuses masculines bien connues dans le pays, telles que les Guerriers de Marie, les Soldats du Christ et les Hommes de Saint-Joseph, sont liées à ce mouvement. Les hommes en prière se rencontrent dans de plus en plus de villes.
“Vous vous promenez dans la vieille ville de Varsovie. C’est un samedi matin ensoleillé. Soudain, un grand groupe d’hommes apparaît devant vos yeux. Une sorte de procession ? L’armée ? Leur nombre ne cesse d’augmenter. Ils marchent en rangs serrés. Un spectacle vraiment extraordinaire. C’est bien une armée – l’armée de Dieu”, a écrit Jarosław Kumor sur le site aleteia.org en 2019. Et c’est souvent le cas. Même si vous n’avez jamais assisté à un tel événement, ou rencontré les guerriers du rosaire dans la rue, il existe de nombreuses photographies publiées en ligne de ces “réunions de prière”. Elles sont animées par des prêtres, et à leurs côtés, des hommes souriants et bien bâtis – des rangées d’hommes souriants. Des rangées de sourires. Des sourires pour la Sainte Vierge Marie.
Qui sont les membres du Rosaire des hommes ?
“Nous sommes des hommes qui désirent accomplir la volonté de Marie, notre Mère et Reine. Nous voulons faire exactement ce qu’elle a demandé à chacun d’entre nous et qu’elle continue à demander. Sa volonté est celle de son fils Jésus-Christ, notre Seigneur et notre frère. L’accomplissement de ces instructions sert la plus grande louange de Dieu, afin que ses enfants puissent être avec lui pour l’éternité. Cela signifie nous, nos familles et toutes les personnes qui désirent participer à sa grâce”.
On pourrait donc dire que le Rosaire des hommes est formé par des catholiques polonais ordinaires attirés par Dieu, par Marie, par le pouvoir de la prière, mais aussi par le pouvoir de la communauté.
“Nous croyons que notre rôle – le rôle des hommes – dans le plan de Dieu est de protéger pour la vie éternelle tous ceux que Dieu nous a donnés ici sur Terre. Tout comme saint Joseph était le gardien terrestre de la Sainte Famille, nous avons la tâche de défendre la sainteté de nos familles et de nos proches. Nous voulons le faire ensemble, dans une communauté d’hommes. Dans ce groupe, nous renforçons notre identité masculine et nos vertus masculines”.
D’où vient le mouvement du Rosaire des hommes ? Ses racines remontent à 2017. “L’idée était de rassembler des groupes d’hommes au sein de l’Église catholique dans une activité commune”, explique Jan Sienicki, organisateur du Rosaire des hommes, à propos des débuts du mouvement il y a quelques années.
Le “Rosaire aux frontières” a probablement été l’impulsion contemporaine la plus importante pour la naissance des mouvements modernes du rosaire en Pologne. Il a été organisé à deux reprises, en 2017 et en 2020, par deux réalisateurs de films convertis : Maciej Bodasiński et Lech Dokowicz. L’objectif de l’événement était d’organiser des prières du rosaire principalement dans les régions frontalières de la Pologne. Les participants choisissaient l’une des 320 églises des paroisses frontalières et s’y réunissaient pour une prière commune. Selon les organisateurs, environ un million de personnes y a participé.
En mars 2023, le père Chmielewski, interrogé par l’Agence de presse polonaise sur les raisons pour lesquelles les communautés masculines choisissent une forme de prière aussi publique, a déclaré :
“La foi n’a jamais été une affaire privée. Jésus a enseigné publiquement, a prié dans des lieux publics, est mort dans un lieu public, et donc la manifestation de sa foi et l’évangélisation dans des lieux publics sont inscrites dans l’ADN du christianisme. Parfois, lorsque nous prions, nous le faisons publiquement, en récitant le rosaire dans les villes de Pologne, pour confier à Dieu toutes les personnes qui y vivent”.
Dans un article sur le Rosaire des hommes publié sur aleteia.org, Jarosław Kumor écrit que l’un des objectifs du mouvement est de libérer les hommes de la conviction que l’expression publique de la foi n’est plus possible dans le monde d’aujourd’hui, que les questions religieuses ont été enfermées dans l’espace privé. Un autre phénomène mérite d’être souligné : si l’Église est aujourd’hui un lieu où les femmes se sentent encore chez elles, la place des hommes laïcs est difficile à définir. Les communautés d’hommes comblent en partie cette lacune. Le fait que la quasi-totalité du nouveau mouvement religieux masculin en Pologne soit attaqué par les médias libéraux – tantôt moqué, tantôt présenté comme une menace, que ce soit pour les valeurs de la “société moderne” ou pour l’Église elle-même – montre à quel point l’initiative a été couronnée de succès.
Ces dernières années, alors que les processus de sécularisation sont visibles en Pologne comme ailleurs, on aurait pu penser que l’aspiration des Polonais à la Mère de Dieu appartiendrait au passé. Mais ce n’est pas le cas : sa présence est réapparue comme une source sacrée. Marie a retrouvé son peuple, comme d’habitude à l’écart des grandes routes empruntées par les riches et les puissants. Quelque part, parmi les hommes ordinaires, elle a trouvé ses témoins et ses dévots pour porter au monde le message de la paix, car sans repentir, il n’y aura jamais de paix. C’est pourquoi nous disons : Ave Maria !
S’il veut vraiment agir dans le sens du bien commun, l’Etat a le devoir d’abolir le mariage homosexuel
Dans Les Mensonges de l’égalité, Jean-Louis Harouel revient sur la dénaturation du mariage :
Il y avait pourtant toutes les raisons valables de refuser aux homosexuels l’accès au mariage qu’ils revendiquaient au nom de l’égalité. Il est plus qu’évident que deux personnes de même sexe ne sont pas placées dans une situation semblable à celle d’un couple formé d’un homme et une femme, pour cette raison fondamentale qu’elles ne peuvent pas concevoir ensemble un enfant. Si bien qu’en bonne justice, l’égalité arithmétique n’avais pas à s’appliquer. […] Comme le souligne le professeur Yves Lequette, “au nom de l’égalité entre les couples, on crée une inégalité profonde entre les enfants, puisqu’il y aura ceux qui se verront attribuer un père et une mère et ceux à qui on imposera deux pères ou deux mères”. […]
S’il veut vraiment agir dans le sens du bien commun, l’Etat a notamment le devoir d’abolir le mariage homosexuel et de privilégie les conceptions classiques en matière de vie sexuelle et familiale – un père, une mère, des enfants – par le rétablissement d’un cadre juridique favorisant la perpétuation du modèle traditionnel de la famille.
Il n’y a aucune raison valable pour se soumettre au dogme égalitaire imposant que soit accordée la même considération à toutes les options sexuelles et à toutes les revendications de genre. […] Autant il est juste de ne pas persécuter les homosexuels, autant il est injuste de révérer l’homosexualité et de se soumettre aux revendications de groupes de pression développant une propagande homosexualiste visant à imposer les relations contre nature comme un modèle social hautement valorisé.
Le Sacré-Coeur au cinéma
Sabrina et Steven J. Gunnell, producteurs et réalisateurs, veulent faire et refaire découvrir le message du Sacré-Cœur Jésus, ses promesses, sa puissance, son appel à la « Réparation » au monde entier. Ce film, pour lequel une levée de fonds Credofunding est en ligne, est un outil d’évangélisation, un « levier » pour déclencher le désir à toute âme de se CONSACRER au SACRÉ-CŒUR de Jésus, source jaillissante et intarissable de vie nouvelle ! Donc d’une société nouvelle ! Donc un monde nouveau ! Et ainsi rendre Amour pour Amour. Ce film a pour vocation une sortie en salle de cinéma partout en France. Et à l’étranger…
Le 27 décembre 2023, l’Église Catholique célèbre l’ouverture du jubilé des 350 ans des premières apparitions du Sacré-Cœur de Jésus à Marguerite-Marie Alacoque. Ce jubilé se clôturera en juin 2025, soit 18 mois plus tard, date d’anniversaire de la dernière apparition, en 1675.
Au vu du contexte mondial, et particulièrement de celui en France, n’y aurait-il pas urgence à ce que le plus grand nombre se consacre au Sacré-Cœur ? Pour répondre à toutes ces questions, l’enquête commence le 27 décembre à Paray-le-Monial. Elle se poursuivra au fil des semaines à travers la France et au-delà à la rencontre d’experts, d’historiens, de théologiens et de témoins divers qui ont « expérimenté » l’Amour brulant du Divin-Cœur de Jésus… Ce Cœur qui nous aime tant et qui en retour ne reçoit que mépris et ingratitude encore de nos jours !
Au XVIIe siècle, le Christ a découvert son Cœur à sœur Marguerite-Marie, religieuse de l’ordre de la Visitation à Paray-le-Monial en Bourgogne, aujourd’hui département de Saône-et-Loire, diocèse d’Autun. Les 3 apparitions principales ont eu lieu le 27 décembre 1673, le 1er vendredi d’un mois de 1674 et en juin 1675.
Le message comporte trois dimensions :
- Jésus montre son Cœur qui a tant aimé le monde, si passionné d’amour pour tous les hommes ;
- Il se plaint de ne recevoir en retour qu’ingratitude et indifférence ;
- Il demande de réparer ces manques d’amour, notamment par l’institution d’une fête pour honorer son divin Cœur.
Ainsi, rendre amour pour amour c’est accueillir l’amour personnel de Jésus pour chacun de nous, réparer les manques d’amour dont il souffre et entrer dans la compassion de son Cœur pour ceux qui ont tant besoin de consolation.
Casting non prédéfini :
- Mgr Celestino Migliore – Nonce Apostolique (Le regard et l’approche de l’Eglise sur le SC)
- Père Etienne Kern – Recteur du Sanctuaire de Paray le Monial (le Message du SC)
- Père Edouard Marot – Curé en Belgique et Missionnaire du Sacré-Cœur
- Père Raffray – Professeur de philosophie et de théologie (Le SC dans la tradition)
- M Arnaud Dumouche – Théologien (le sens théologique du SC)
- Mlle Clémentine Beauvais – Descendante de Marguerite-Marie Alacoque – Sainte Marguerite-Marie et moi
- Abbé Fabrice Loiseau – Missionnaire de la Miséricorde Divine
- Vincent le Mariachi – Musicien Missionnaire et Auteur de « Le Nom du Père »
- Alicia Beauvisage – Missionnaire laïc autour du monde avec les reliques de MM Alacoque
- Louis Bouffard – Auteur de « Une Lueur dans les Tranchées »
- Anne-Geneviève Montagne – Laïc Consacrée, directeur d’Anuncio et du Congrès Mission
- Jeanne Tayeb-Sachot – Ancienne musulmane convertie par le SC
- Geneviève Delaboudinière – Auteur « Femmes de France, Femmes de Feu »
Et divers Congrégations et Ordres religieux du Sacré-Cœur.
Gender : le Conseil d’Etat valide la circulaire Blanquer
Le Conseil d’Etat rendu hier 29 décembre sa décision à propos de la circulaire de l’Education nationale du 29 septembre 2021, dite circulaire Blanquer, qui donne la consigne aux établissements scolaires de mettre en œuvre la transition sociale demandée par les élèves s’identifiant « transgenres », autrement dit d’utiliser les prénoms choisis par les élèves et de les identifier dans le sexe qu’ils revendiquent.
Le Conseil d’État a rejeté le recours des Juristes pour l’enfance et celui de SOS éducation : la haute juridiction a raté une opportunité unique, celle de demander au Ministère de l’Education nationale de reprendre sa copie pour tenir compte des données observées durant les deux dernières années : absence de neutralité de la transition sociale, enfants ou adolescents demandeurs présentant pour la plupart des troubles psy ou neurodéveloppementaux, force des réseaux sociaux, conséquences pour tous de la transition sociale (équité sportive, sécurité des espaces intimes, injonction de nier le réel au profit du ressenti de certains), etc.
Le Conseil d’Etat s’était pourtant vu communiquer en délibéré les très récentes recommandations du Ministère de l’Education britannique qui appelle écoles et collèges d’Angleterre à la plus grande prudence lorsqu’un élève demande une “transition sociale”. Le Conseil d’Etat s’est refusé à dire un mot de ces recommandations, tout comme il s’est refusé à répondre aux arguments, se contentant d’affirmations péremptoires comme “la circulaire ne méconnaît pas le principe de neutralité des services publics”.
Un point positif à relever cependant : le Conseil d’État dit clairement que la circulaire ne fait que recommander (ou préconiser) aux personnels de l’Education nationale l’utilisation des prénoms choisis par les élèves et, s’agissant des espaces d’intimité, qu’elle « se borne à identifier différentes options ». C’est une petite victoire face à la pression des militants qui faisaient passer cette circulaire pour “obligatoire” : la décision rend une certaine marge de manoeuvre aux personnels de l’éducation nationale même s’il leur sera encore difficile de faire face à la pression sociale et médiatique et d’agir en conscience pour le bien de leurs élèves.
Education : restaurer l’autonomie des établissements
Tribune de l’IFRAP dans Les Echos :
La dernière étude Pisa, sur la performance des élèves à travers le monde, vient de confirmer la moindre performance des Français et l’effondrement de leurs capacités en compréhension et en mathématiques depuis vingt ans.
Le ministre de l’Education, Gabriel Attal, a annoncé des mesures d’urgence (redoublement, nouvelle épreuve de mathématiques en première pour le bac, obtention obligatoire du brevet pour passer au lycée) qui sont de bon sens. Mais elles ne répondent pas aux failles fondamentales de notre système scolaire.
Des directeurs impuissants
Selon l’OCDE, auteur du classement Pisa, la clé d’une meilleure performance des élèves est l’autonomie des établissements. Sur ce point, la France est très en retard. Toujours selon la dernière édition de Pisa, seuls 31 % de nos directeurs d’établissements estiment avoir la compétence pour s’assurer que les enseignants améliorent la performance des élèves (contre une moyenne de l’OCDE à 67 %). Seuls 36 % estiment être en mesure de soutenir et construire de nouvelles pratiques pédagogiques avec les enseignants.
Le constat, accablant, ne s’arrête pas là. Seul un directeur sur quatre estime pouvoir s’assurer que les enseignants continuent de se former au long que leurs carrières. Idem sur l’évaluation des enseignants : seul un quart des directeurs jugent avoir la compétence pour observer et faire des retours sur leur travail (la moyenne de l’OCDE est à 58 %).
La France est très en retard
Pisa place ainsi la France en dernière position en termes de « leadership des directeurs ». Dans le public, ils n’ont de fait aucune autorité hiérarchique, ni fonctionnelle (un décret d’août 2023 prévoit sa mise en place dans le primaire). Dans le privé, ils n’en ont que sur l’équipe non enseignante… Or, la capacité à manager l’équipe pédagogique est centrale pour déterminer l’autonomie d’un établissement scolaire. Mais en France, seuls 10 % des élèves sont inscrits dans un établissement où le directeur peut recruter les enseignants… contre 60 % dans l’OCDE !
Qui est le supérieur d’un enseignant ? C’est l’inspecteur de l’Education nationale… Sauf qu’avec environ 3.700 inspecteurs pour plus de 825.000 enseignants titulaires, et une année scolaire de 186 jours effectifs, chaque inspecteur a moins d’une journée par an à accorder à chacun des enseignants dont il a la charge. De plus, ces supérieurs ne sont pas les managers des enseignants, dont les carrières et les rémunérations sont gérées… par des agents du rectorat, avec qui ils ont peu de contact !
Refonder le statut d’enseignant
Il est urgent de donner de l’autonomie aux établissements, de refonder le statut des enseignants et de donner aux directeurs un rôle hiérarchique. Le moment est idéal pour mener ces réformes colossales car deux baisses des effectifs (d’élèves et des enseignants) se cumulent d’ici à 2030 et devront permettre d’alléger la pression sur le système scolaire. D’un côté la diminution de 500.000 élèves attendue d’ici à 2027 doit réduire les problématiques des classes surchargées et de la « pénurie » d’enseignants titulaires (en réalité, ces postes « non pourvus » sont affectés à des contractuels, preuve d’un changement déjà acté dans le mode de recrutement). De l’autre, quelque 328.000 enseignants devraient partir à la retraite d’ici à 2030.
S’il est sûrement déjà trop tard pour améliorer la performance de nos élèves pour Pisa 2025, en ouvrant dès maintenant la réforme de notre système scolaire et en implantant les enseignements de l’OCDE sur l’autonomie des établissements, nous pouvons espérer remonter la pente pour l’édition 2028. Les résultats territorialisés des enquêtes Pisa de la France permettraient notamment d’identifier les secteurs prioritaires… mais ils ne sont pas rendus publics. Dommage !
“Je n’en peux plus de cette racaille”
Sandra, propriétaire d’une boutique à Rive-de-Gier (Loire), envisage de quitter la ville. Sa boutique a une nouvelle fois été vandalisée, dans la nuit de mercredi à jeudi. Plusieurs hommes cagoulés et masqués ont cassé les vitres et volé entre 7000 et 8000 euros de vêtements. Il y a six mois, lors émeutes, la même boutique avait été pillée deux soirs de suite.
“Ce n’est plus possible. Vous vous rendez compte que je n’ai même pas fini de payer mes factures des émeutes ! J’étais à découvert et le fait d’avoir fait une semaine vraiment au top avant Noël, ça m’avait remonté mon découvert et là je retrouve à nouveau dans la merde. Je suis épuisée, je suis choquée, je n’en peux plus de cette racaille.”
Victime de l’audimat
Après trois mois sur BFM-TV, Laurent Ruquier annonce son départ, mardi 26 décembre. Il a décidé de mettre fin à l’émission « Le 20h de Ruquier », en raison d’audiences décevantes :
« Je préfère m’arrêter là ». « Je pourrais me cacher derrière la conjoncture et différentes actualités dramatiques qui certes ne m’ont pas facilité la tâche depuis mon arrivée mais force est de constater que le public ne m’a pas suivi dans ce rôle différent pour moi ».
Il a évoqué « des audiences pas à la hauteur de [ses] espérances ni du travail quotidien que cela représente ».
Son émission était en concurrence avec « L’Heure des pros 2 » de Pascal Praud (CNews), « Touche pas à mon poste » de Cyril Hanouna (C8), « Quotidien » (TMC) ou « C à vous » (France 5), en plus des JT de 20 heures des grandes chaînes. BFM-TV (qui appartient à Altice, groupe du milliardaire Patrick Drahi) traverse une passe difficile, désormais talonnée par CNews.
A propos de l’islam dans le patrimoine littéraire français
On le sait, n’est-ce-pas, l’islam et la musulmanité sont tout à la fois le passé glorieux et le futur brillant de l’Europe en général et de la France en particulier. Après tout, M.Debbouze n’affirmait-il pas que « L’islam est en Europe depuis 3000 ans » ? Et le vice-président d’une précédente commission européenne, M.Timmermans, que « l’islam fait partie de l’Europe depuis 2000 ans » ?
Avec d’aussi glorieux parrainages, entendre M.Darmanin déclarer qu’« au regard de l’histoire, s’il y a une religion qui a moins de difficultés à travailler avec la République, c’est l’islam… [avec l’islam, j’ai toujours eu] un dialogue plus facile, une discussion plus spontanée qu’avec les autres cultes », c’est finalement presque service minimum.
Mais les mythes ont toujours besoin d’entretien. Dans ce cadre d’une France quasi-éternellement musulmane à l’insu de son plein gré, la grande mosquée de Paris avait organisé le 29 novembre 2023 une conférence sur « Victor Hugo et l’Islam », animée par M.Louis Blin, auteur d’un récent ouvrage au titre identique.
Une courte présentation indiquait que :
« Le Prophète de l’islam et le Coran reviennent à une centaine de reprises dans l’œuvre de Victor Hugo. Ce dernier a cherché dans le Coran une voie de pénétration du divin et a trouvé dans le Prophète un modèle auquel s’identifier. L’islam a représenté une source pour étancher sa soif eschatologique et un objet d’inspiration et de méditation dans sa quête éperdue de spiritualité. Victor Hugo a surmonté les préjugés islamophobes de sa jeunesse grâce à une maturation et à une ouverture œcuménique qui lui ont permis de découvrir la richesse de la foi musulmane ».
D’où, fin de la présentation, la mise en évidence du rôle joué par l’islam dans l’œuvre hugolienne et « partant, dans le patrimoine littéraire français ». On va pouvoir reconstruire le Lagarde & Michard !
Plaisir des coïncidences, le dénommé Georges Abitbol, au CV totalement inconnu du rédacteur et juste un mois plus tard, proposait sur X une recension de quelques extraits d’auteurs de ce patrimoine littéraire français à propos de l’islam (citations reprises telles quelles, sans vérification) :

De quoi préciser quelque peu ces rapports réciproques.
- « C’est un malheur pour la nature humaine lorsque la religion est donnée par un conquérant. La religion mahométane, qui ne parle que de glaive, agit encore sur les hommes avec cet esprit destructeur qui l’a fondée ». Montesquieu, De l’esprit des lois
- « Les musulmans sont animés de la rage de la malfaisance. Rien n’est plus terrible qu’un peuple qui n’ayant rien à perdre, combat à la fois par esprit de rapine et de religion ». Voltaire, Questions sur l’Encyclopédie
- « La religion de Mahomet condamne à un esclavage éternel et à une incurable stupidité toute cette vaste portion de la terre où elle a étendu son empire ». Condorcet, Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit
- « Tous les éléments de la morale et de la société politique sont au fond du christianisme, tous les germes de la destruction sociale sont dans la religion de Mahomet». Chateaubriand, Mémoires d’Outre-tombe
- « L’islamisme est le culte le plus immobile et le plus obstiné. Le Coran arrête toute science et toute culture. Le mahométan ne lit rien, parce que tout ce qui n’est pas dans le Coran est mauvais et qu’il renferme tout. Mahomet eut le sentiment vrai du caractère de sa religion lorsqu’il lui donna pour symbole le croissant de la lune dont la lumière est trompeuse et sans chaleur». Vigny, Journal d’un poète
- « J’ai beaucoup étudié le Coran à cause surtout de notre position vis-à-vis des populations musulmanes en Algérie et dans tout l’Orient. Je vous avoue que je suis sorti de cette étude avec la conviction qu’il y avait eu dans le monde, à tout prendre, peu de religions aussi funestes aux hommes que celle de Mahomet. Elle est à mon sens la principale cause de la décadence aujourd’hui si visible du monde musulman et quoique moins absurde que le polythéisme antique, ses tendances sociales et politiques étant, à mon avis, infiniment plus à redouter, je la regarde relativement au paganisme lui-même comme une décadence plutôt que comme un progrès». Tocqueville, Œuvres, papiers et correspondances
- « L’islam, c’est l’union indiscernable du spirituel et du temporel, c’est le règne d’un dogme, c’est la chaîne la plus lourde que l’humanité ait jamais portée». Renan, Conférence à la Sorbonne, ‘L’islamisme et la science », 1883
Un lecteur des tweets de M.Abitbol avait ajouté cette citation de M. Lévi-Strauss :
« Grande religion qui se fonde moins sur l’évidence d’une révélation que sur l’impuissance à nouer des liens au-dehors. En face de la bienveillance universelle du bouddhisme, du désir chrétien de dialogue, l’intolérance musulmane adopte une forme inconsciente chez ceux qui s’en rendent coupables ; car s’ils ne cherchent pas toujours, de façon brutale, à amener autrui à partager leur vérité, ils sont pourtant (et c’est plus grave) incapables de supporter l’existence d’autrui comme autrui. Le seul moyen pour eux de se mettre à l’abri du doute et de l’humiliation consiste dans une « néantisation » d’autrui, considéré comme témoin d’une autre foi et d’une autre conduite. La fraternité islamique est la converse d’une exclusive contre les infidèles qui ne peut pas s’avouer, puisque, en se reconnaissant comme telle, elle équivaudrait à les reconnaître eux-mêmes comme existants » (dans Tristes tropiques).
Et puisque l’islam est européen, ajoutons ce bonus d’Outre-Rhin proposé par M.Abitbol lui-même :
« Le Coran, ce méchant livre, a suffi pour fonder une grande religion, satisfaire pendant 1200 ans le besoin métaphysique de plusieurs millions d’hommes ; il a donné un fondement à leur morale, leur a inspiré un singulier mépris de la mort et un enthousiasme capable d’affronter des guerres sanglantes et d’entreprendre les plus vastes conquêtes. Or, nous y trouvons la plus triste et la plus pauvre forme du théisme. Peut-être le sens nous en échappe-t-il dans les traductions. Cependant, je n’ai pu y découvrir une seule idée un peu profonde ». Schopenhauer, Le Monde comme Vouloir et comme Représentation, 1844
Alors, nous sommes bien obligés de nous incliner : oui, l’islam a parfois été traité par des penseurs et littérateurs français et européens. Pour, apparemment, être irrémédiablement considéré comme totalement incompatible avec leur culture. Et puis, Debermans et Timmbouze sont arrivés et ont apparemment grippé la machine à penser….
Un enseignement confus n’est jamais excusable
Mgr Charles Chaput, archevêque émérite de Philadelphie, écrit à propos de Fiducia supplicans :
“Le coût de la “mise en désordre” 22 décembre 2023
L’un des critères utilisés par l’Église pour mesurer la qualité de ses dirigeants est un simple passage de l’Écriture : “Dieu n’est pas l’auteur de la confusion, mais de la paix” (1 Cor. 14:33). Il en était ainsi pour Paul. Il en est de même aujourd’hui. Il en va de même pour les pasteurs et les évêques locaux, y compris l’évêque de Rome. La confusion parmi les fidèles peut souvent être le fait d’individus innocents qui entendent la Parole mais ne la comprennent pas. Un enseignement confus, cependant, est une autre affaire. Il n’est jamais excusable. La transmission de la vérité chrétienne exige prudence et patience, car les humains ne sont pas des machines. Mais elle exige aussi de la clarté et de la cohérence. L’ambiguïté délibérée ou persistante – tout ce qui alimente l’incompréhension ou semble laisser une ouverture à un comportement objectivement pécheur – n’est pas de Dieu. Et il en résulte inévitablement des dommages pour les âmes.
Je mentionne ceci pour une raison. Un de mes amis protestants, spécialiste de la Réforme, a envoyé un texte à ses amis catholiques le 18 décembre pour leur annoncer que “François a déclenché le chaos dans votre communion”. Il faisait référence au texte Fiducia Supplicans (“Sur la signification pastorale des bénédictions”). Le Dicastère de Rome pour la doctrine de la foi (DDF), dirigé par le cardinal Victor Manuel Fernández – un proche collaborateur du pape François – venait de le publier ce jour-là. Le document est un double exercice d’affirmation et de réfutation simultanées de l’enseignement catholique sur la nature des bénédictions et leur application aux relations “irrégulières”. Il a rapidement été interprété comme un changement significatif dans la pratique de l’Église.
Le père James Martin, défenseur de longue date des intérêts des LGBTQ, a été rapidement photographié en train de bénir un couple homosexuel dans un article du New York Times qui notait que Le père Martin avait attendu des années pour avoir le privilège de prononcer une telle prière, aussi simple soit-elle, au grand jour. “C’était vraiment bien”, a-t-il déclaré mardi, “de pouvoir le faire publiquement”. La décision du pape a été accueillie comme une victoire historique par les défenseurs des homosexuels catholiques, qui la décrivent comme un geste significatif d’ouverture et d’attention pastorale, et comme un rappel qu’une institution dont l’âge se mesure en millénaires peut changer. L’article du Times poursuit en reconnaissant que “la décision ne renverse pas la doctrine de l’Église selon laquelle le mariage est l’union d’un homme et d’une femme”. Elle n’autorise pas non plus les prêtres à célébrer des mariages homosexuels. Mais la saveur dominante et l’objectif sous-jacent de l’article ont été le mieux saisis par les différents homosexuels interrogés, qui ont parlé de l’Église “se ralliant” à la légitimité des relations entre personnes de même sexe, et des couples de même sexe “revendiquant notre place”.
Par où commencer ? Tout d’abord, l’un des rôles clés du pape est d’unifier l’Église, et non de la diviser, en particulier sur les questions de foi et de morale. Il a le même devoir d’unifier les évêques et non de les diviser.
Deuxièmement, une tâche essentielle d’un pasteur aimant est de corriger et d’accompagner. Les bénédictions doivent encourager, mais aussi, si nécessaire, interpeller. Les personnes vivant dans des unions homosexuelles ou d’autres unions sexuelles non maritales ont besoin d’un accompagnement stimulant de la part de l’Église. Les papes, les évêques, les prêtres et les diacres sont appelés par leur vocation à être des prophètes aussi bien que des pasteurs. Le pape François semble souvent séparer ces rôles, alors que Jésus lui-même a toujours incarné les deux dans son ministère. Les paroles qu’il a adressées à la femme prise en flagrant délit d’adultère n’étaient pas seulement “Tes péchés sont pardonnés”, mais aussi “Va et ne pèche plus”.
Troisièmement, les relations que l’Église a toujours considérées comme des péchés sont aujourd’hui souvent qualifiées d'”irrégulières”. Cela neutralise la réalité d’un comportement moralement défectueux et entraîne une confusion sur ce que nous pouvons et ne pouvons pas appeler “péché”.
Enfin, si le document ne modifie pas en fait l’enseignement de l’Église sur le mariage, il semble modifier l’enseignement de l’Église sur le caractère pécheur de l’activité homosexuelle. Le mariage n’est pas l’objet de Fiducia Supplicans. Il s’agit de la nature morale des unions entre personnes de même sexe, et c’est là une distinction cruciale. Les évêques de ce pays et de l’étranger ont publié des déclarations réitérant l’enseignement catholique sur les questions de sexualité humaine et de relations entre personnes de même sexe. Les évêques du Nigeria ont noté qu’il n’y avait “aucune possibilité dans l’Église de bénir les unions et les activités homosexuelles” parce qu’elles iraient “à l’encontre de la loi de Dieu [et] des enseignements de l’Église”. Des critiques perspicaces du document du Vatican (ainsi que d’autres assez vives) ont déjà été publiées. D’autres sont en cours d’élaboration. Mais tous ces commentaires cherchent à atténuer les dommages déjà causés.
Que l’auditeur soit ravi ou irrité par le dernier texte du Vatican, les retombées pratiques sont une vague de confusion dans la circulation sanguine de l’Église à Noël – une saison destinée à la joie, mais désormais enchevêtrée avec la frustration, le doute et le conflit. En réponse aux réactions contre le document, le pape François a déclaré au personnel du Vatican qu’il était ” important de continuer à avancer et à grandir dans leur compréhension de la vérité. S’en tenir craintivement à des règles peut donner l’impression d’éviter des problèmes, mais ne fait que nuire au service que la Curie du Vatican est appelée à rendre à l’Église”, a-t-il déclaré. “Restons vigilants face aux positions idéologiques rigides qui souvent, sous couvert de bonnes intentions, nous séparent de la réalité et nous empêchent d’aller de l’avant”, a déclaré le pape. “Nous sommes au contraire appelés à nous mettre en route et à voyager, comme les Mages, à la suite de la lumière qui désire toujours nous conduire, parfois par des chemins inexplorés et des routes nouvelles”. Les plaintes concernant les “positions idéologiques rigides” sont désormais la réponse par défaut du Saint-Siège à toute réserve raisonnée ou critique honnête de ses actions.
Chaque pape a des goûts personnels, des aversions et des irritations. C’est la nature même de l’argile humaine. Comme je l’ai dit ailleurs et souvent, le pape François possède d’importants atouts pastoraux qui ont besoin de notre soutien dans la prière. Mais le fait qu’il se plaigne publiquement diminue la dignité de la fonction de pape et de l’homme qui l’occupe. Il ne tient pas compte non plus du respect collégial dû aux frères évêques qui remettent en question l’orientation actuelle du Vatican. Et encore une fois, ce n’est pas de Dieu. Caractériser la fidélité à la croyance et à la pratique catholiques comme “s’en tenir craintivement aux règles” est irresponsable et faux. Les fidèles méritent mieux qu’un tel traitement. Il convient également de noter que l’emprunt de “chemins inexplorés et de nouvelles routes” peut facilement mener au désert plutôt qu’à Bethléem.
Au cours de la dernière décennie, l’ambiguïté sur certaines questions de doctrine et de pratique catholiques est devenue un style pour le pontificat actuel. Les critiques du pape à l’égard des catholiques américains ont trop souvent été injustes et mal informées. Une grande partie de l’Église allemande est effectivement en schisme, mais Rome a d’abord imprudemment toléré la “voie synodale” de l’Allemagne, puis a réagi trop lentement pour éviter les résultats négatifs. À une époque où la paternité et le rôle spirituel des hommes chrétiens sont en crise, le Saint-Père a demandé à sa Commission théologique internationale de travailler à la “démasculinisation” de l’Église. Le défi le plus urgent auquel les chrétiens sont confrontés dans le monde d’aujourd’hui est d’ordre anthropologique : qui est l’être humain, si nous avons un but supérieur qui justifie notre dignité particulière en tant qu’espèce, si nous ne sommes rien d’autre que des animaux exceptionnellement intelligents capables d’inventer et de se réinventer. Et malgré cela, notre objectif pour 2024 est un synode sur la synodalité. En disant ces choses, bien sûr, on s’expose à des accusations de “déloyauté”. Mais la véritable déloyauté consiste à ne pas dire la vérité avec amour. Et ce mot “amour” n’est pas un ballon gonflé de bonne volonté. Car c’est une coquille vide sans la vérité pour la remplir.
En 2013, au Brésil, le Saint-Père a encouragé les jeunes à “semer le désordre”. Cela s’est concrétisé d’une manière qui n’était certainement pas intentionnelle de la part du pape. Mais en fin de compte, les responsables pastoraux sont responsables de leurs paroles et de leurs actions. Car, comme l’a dit saint Paul il y a si longtemps, “Dieu n’est pas l’auteur de la confusion, mais de la paix”.
Les organisations soignantes contre l’aide à mourir optent pour la chaise vide
Plutôt que de participer à une réunion au ministère de la Santé et de la Prévention, différentes organisations soignantes, toutes signataires d’une déclaration commune, ont tenu une conférence de presse le 18 décembre pour souligner leur désaccord avec les orientations de l’avant-projet de loi sur l’aide à mourir et la fin de vie. Ce choix de la chaise vide n’a pas vocation à s’éterniser. Les attentes de ces acteurs de la santé portent à la fois sur la méthode et la philosophie du texte. Sophie Moulias, gériatre à l’Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), souligne :
“Distinguer, dans deux textes, la mort provoquée et le développement des soins palliatifs serait perçu comme un geste d’apaisement et de réelle écoute des professionnels”.
La dernière réunion avec le ministère de la Santé sur la fin de vie s’est déroulée le 6 septembre. Depuis, les soignants n’ont eu aucune nouvelle sur le contenu du texte de loi en préparation jusqu’à sa diffusion dans la presse. Pour celle du 18 décembre, ils n’ont pas eu connaissance de son contenu. Cette absence d’ordre du jour et de comptes rendus, a été régulière au cours des différentes réunions de l’été, rapportent-ils. Leur déclaration commune souligne au final une “parodie de consultation”, pointant également des “invitations aléatoires et de dernière minute”, un “manque d’écoute”, des “discussions de points mineurs ou accessoires” ou encore l’ajout “inopiné de soignants ne représentant aucune organisation mais favorables” aux orientations de l’avant-projet.
Avec leur boycott, les organisations espèrent un changement de méthode du ministère. Claire Fourcade, présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs, indique :
“Nous avons l’habitude des situations complexes et de trouver des solutions au quotidien”.
Les parties prenantes en appellent au président de la République pour faire naître deux textes de loi. Le développement des soins palliatifs est, à leurs yeux, indispensable avant de faire évoluer la loi sur l’aide à mourir. La convention citoyenne comme le Comité consultatif national d’éthique ont rappelé ce préalable, pointe Sarah Piazza, psychologue au service de réanimation de l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Sophie Moulias, membre de la Société française de gériatrie et de gérontologie, précise :
“Il faut développer des outils législatifs pour des soins de qualité d’abord. En l’absence de soins palliatifs actifs et accessibles, l’aide à mourir ne sera pas un choix”.
Sur le contenu du texte, la sémantique de l’avant-projet est à corriger de fond en comble. “Soins d’accompagnement, ce terme est un fourre-tout qui ne veut rien dire”, tranche Florian Scotté, vice- président de l’Association francophone pour les soins oncologiques de support (Afsos). “Changer la terminologie, c’est augmenter la confusion”, renchérit Stéphanie Trager, également membre du conseil d’administration de l’Afsos. Elle prédit un “bond en arrière en cancérologie” en cas d’adoption de la nouvelle catégorie de soins d’accompagnement alors que les soins palliatifs ou de support disposent déjà de leur définition internationale.
Sophie Chrétien, ancienne présidente de l’Association nationale française des infirmiers en pratiques avancées, pointe le flou de “l’aide à mourir” qui ne cite pas clairement le suicide assisté ou l’euthanasie. Sur la procédure décrite dans l’avant-projet, elle fustige un processus “effroyable” et “cynique” qui “balaie l’interprofessionnalité”. La psychiatre Faroudja Hocini estime que le terme d’aide à mourir “sculpte un imaginaire” bien éloigné de la réalité du suicide. Elle craint qu’à terme les troubles psychiatriques soient intégrés dans l’aide à mourir. Présidente du Conseil national professionnel infirmier, Evelyne Malaquin-Pavan fait part de sa crainte, parmi ces mots “tricotés” entre eux, sur la future définition des soins non effectués par des professionnels dans le processus.
Enfin, c’est l’attractivité de l’hôpital qui est menacé par cette évolution législative. Spécialiste de la maladie de Charcot à l’hôpital de la Pitié-Salpêtreière de l’AP-HP, Pierre-François Pradat dénonce l’utilisation de cette pathologie dans le débat. Il estime qu’elle est utilisée de manière simplifiée et non conforme à la réalité de terrain. Il n’a reçu qu’une fois une demande répétée et maintenue dans le temps d’euthanasie au cours de sa carrière, rapporte-t-il. Mais il note surtout des “répercussions en cascade” sur la place de cette maladie dans le débat public avec, outre les difficultés des patients, une perte d’attractivité pour les professionnels, avec comme corollaire une diminution de la recherche.
Dans les rangs infirmiers, le contenu de l’avant-projet suscite une colère immense dont la concrétisation serait, en cas de légalisation, la démission des soignants. “Faire la toilette mortuaire d’un patient euthanasié n’a aucun sens”, explique Jeanne Amourous, infirmière en soins palliatifs à la maison médicale Jeanne-Garnier. Le secourisme à l’envers, mentionné dans l’avant-projet, cristallise aussi la colère. “Aucun soignant n’aurait pu valider” cette expression, juge Feroudja Hocini.
