Blogs avec images

Terres de Mission – Suicide assisté : l’opposition des soignants

Eglise universelle : Suicide assisté, un médecin témoigne

Médecin gériatre en hôpital, Geneviève Bourgeois est aussi porte-parole de La Marche Pour La vie. Elle témoigne de son métier qui est d’accompagner les personnes âgées, parfois jusqu’au grand passage. Elle explique pourquoi 88% des soignants sont opposés à la loi sur le suicide assisté et en quoi il est incompatible avec les soins palliatifs

Eglise en France : Le linceul de Turin – Enquête sur une énigme

L’abbé Bertrand Labouche vient de publier, aux Editions Géorama, un passionnant, agréablement illustré et très argumenté petit livre sur la pièce archéologique la plus étudiée au monde : “Le linceul de Turin – Enquête sur une énigme”. L’argumentation scientifique est implacable sur la datation du tissu, sa provenance, les supplices vécus par l'”homme du linceul”, la mystérieuse impression de l’image, etc.

Eglise en Marche : Capital social

Rédacteur en chef de la revue trimestrielle Capital Social, Joseph Thouvenel, nous présente cette aventure commencée en juin 2022 sous la fière devise: “Ni finance folle, ni lutte des classes, l’humain”. La réponse de l’Eglise face aux divers matérialismes qui ne voient dans l’homme qu’un producteur ou un consommateur.

“Changer la forme d’un Sacrement ou sa matière est toujours un acte gravement illicite et mérite une punition exemplaire”

Dans une note parue vendredi 2 février, le Dicastère pour la Doctrine de la foi revient sur la validité des sacrements et rappelle que les ministres ne sont pas autorisés à modifier les rites de leur propre chef. Sur les punitions exemplaires qui seront infligés aux ministres qui modifieraient la forme ou la matière d’un sacrement, il est permis d’être sceptique… Voici la texte traduit par nos soins :

Déjà lors de l’Assemblée plénière du Dicastère en janvier 2022, les cardinaux et les évêques membres avaient exprimé leur préoccupation face à la multiplication des situations dans lesquelles l’invalidité des sacrements célébrés avait été constatée. Les graves modifications apportées à la matière ou à la forme des Sacrements, rendant leur célébration nulle et non avenue, avaient alors conduit à la nécessité de retrouver les personnes concernées pour répéter le rite du Baptême ou de la Confirmation, et un nombre important de fidèles avaient à juste titre exprimé leur mécontentement. Par exemple, au lieu d’utiliser la formule établie pour le baptême, des formules telles que : “Je te baptise au nom du Créateur…” et “Au nom de ton père et de ta mère… nous te baptisons” ont été utilisées. Les prêtres se trouvaient également dans une situation aussi grave. Ces derniers, ayant été baptisés avec des formules de ce type, ont douloureusement découvert l’invalidité de leur ordination et des sacrements célébrés jusqu’alors.

Alors que dans d’autres domaines de l’action pastorale de l’Église il y a une large place pour la créativité, une telle inventivité dans le domaine de la célébration des Sacrements se transforme plutôt en une “volonté manipulatrice” et ne peut donc pas être invoquée[1]. Changer la forme d’un Sacrement ou sa matière est donc toujours un acte gravement illicite et mérite une punition exemplaire, précisément parce que de tels gestes arbitraires sont en mesure de produire un grave préjudice pour le peuple fidèle de Dieu.

Dans le discours qu’il a adressé à notre dicastère lors de la récente Assemblée plénière du 26 janvier 2024, le Saint-Père a rappelé que “grâce aux sacrements, les croyants deviennent capables de prophétie et de témoignage. Et notre époque a un besoin particulièrement urgent de prophètes de la vie nouvelle et de témoins de la charité : aimons donc et faisons aimer la beauté et la force salvatrice des Sacrements ! Dans ce contexte, il a également souligné que “les ministres doivent faire preuve d’un soin particulier dans leur administration et dans la divulgation aux fidèles des trésors de grâce qu’ils communiquent”[2].

Ainsi, d’une part, le Saint-Père nous invite à agir de manière à ce que les fidèles puissent s’approcher avec fruit des sacrements et, d’autre part, il insiste fortement sur l’appel à un “soin particulier” dans leur administration.

Nous, ministres, devons donc surmonter la tentation de nous sentir propriétaires de l’Église. Nous devons au contraire devenir très réceptifs à un don qui se présente à nous : non seulement le don de la vie ou de la grâce, mais aussi les trésors des sacrements qui nous sont confiés par notre Mère l’Église. Ils ne nous appartiennent pas ! Et les fidèles ont le droit, à leur tour, de les recevoir comme l’Église en dispose : c’est ainsi que leur célébration correspond à l’intention de Jésus et rend l’événement pascal pertinent et efficace.

En respectant religieusement, en tant que ministres, ce que l’Église a établi concernant la matière et la forme de chaque sacrement, nous manifestons devant la communauté la vérité selon laquelle ” la Tête de l’Église, et donc le véritable président de la célébration, est le Christ seul “[3] La Note que nous présentons ici ne traite pas du sujet de la célébration.

La Note que nous présentons ici ne traite donc pas d’une question purement technique ou même “rigoriste”. En la publiant, le Dicastère entend avant tout exprimer lumineusement la priorité de l’action de Dieu et sauvegarder humblement l’unité du Corps du Christ qu’est l’Église dans ses gestes les plus sacrés.

Puisse ce Document, approuvé à l’unanimité le 25 janvier 2024 par les membres du Dicastère réunis en Assemblée plénière, puis par le Saint-Père François lui-même, renouveler chez tous les ministres de l’Église la pleine conscience de ce que le Christ nous a dit : “Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis” (Jn 15, 16).

Víctor Manuel Card. FERNÁNDEZ
Préfet

Introduction

1. Par des événements et des paroles intimement liés, Dieu révèle et met en œuvre son projet de salut pour tout homme et toute femme destinés à la communion avec lui[4] ; cette relation salvifique se réalise effectivement dans l’action liturgique, où l’annonce du salut, qui résonne dans la Parole proclamée, trouve son accomplissement dans les gestes sacramentels. Ceux-ci, en effet, rendent présente dans l’histoire humaine l’action salvifique de Dieu, qui culmine dans la Pâque du Christ. La force rédemptrice de ces gestes donne une continuité à l’histoire du salut que Dieu accomplit dans le temps.

Institués par le Christ, les sacrements sont donc des actions qui réalisent, par des signes sensibles, l’expérience vivante du mystère du salut, permettant à l’homme de participer à la vie divine. Ils sont les “chefs-d’œuvre de Dieu” dans l’Alliance nouvelle et éternelle, des forces qui sortent du corps du Christ, des actions de l’Esprit à l’œuvre dans son corps qui est l’Église[5].

C’est pourquoi l’Église, dans la liturgie, célèbre avec un amour et une vénération fidèles les sacrements que le Christ lui-même lui a confiés, afin qu’elle les garde comme un héritage précieux et comme la source de sa vie et de sa mission.

2. Malheureusement, il faut constater que les célébrations liturgiques, en particulier celles des Sacrements, ne se déroulent pas toujours dans la pleine fidélité aux rites prescrits par l’Église. Ce Dicastère est intervenu à plusieurs reprises pour dissiper des doutes sur la validité de Sacrements célébrés, au sein du Rite romain, dans la non-observance des normes liturgiques, devant parfois conclure par une pénible réponse négative, constatant, dans ces cas, que les fidèles ont été privés de ce qui leur est dû, “c’est-à-dire du Mystère pascal célébré selon le mode rituel que l’Église établit”. [À titre d’exemple, on peut citer les célébrations baptismales au cours desquelles la formule sacramentelle a été modifiée dans l’un de ses éléments essentiels, rendant le sacrement caduc et compromettant ainsi le futur parcours sacramentel des fidèles pour lesquels, avec de graves inconvénients, il a fallu répéter la célébration non seulement du Baptême, mais aussi des sacrements reçus par la suite[7].

3. Dans certaines circonstances, on peut observer la bonne foi de certains ministres qui, par inadvertance ou poussés par des motivations pastorales sincères, célèbrent les sacrements en modifiant les formules et les rites essentiels établis par l’Église, peut-être pour les rendre, à leur avis, plus adaptés et plus compréhensibles. Souvent, cependant, “le recours à la motivation pastorale masque, même inconsciemment, une dérive subjectiviste et une volonté manipulatrice”[8] De cette manière, un vide formatif se manifeste également, surtout en ce qui concerne la prise de conscience de la valeur de l’action symbolique, trait essentiel de l’acte liturgico-sacramentel.

4. Afin d’aider les évêques dans leur tâche de promoteurs et de gardiens de la vie liturgique des Églises particulières qui leur sont confiées, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi entend offrir dans cette Note quelques éléments de caractère doctrinal pour discerner la validité de la célébration des sacrements, en prêtant également attention à certains aspects disciplinaires et pastoraux.

5. L’objectif de ce document s’applique également à l’Église catholique dans son ensemble. Cependant, les arguments théologiques qui l’inspirent recourent parfois à des catégories propres à la tradition latine. Il est donc confié au Synode ou à l’assemblée des Hiérarques de chaque Église catholique orientale d’adapter dûment les indications de ce document, en utilisant leur propre langage théologique, là où il diffère de celui qui est utilisé dans le texte. Le résultat sera ensuite soumis, avant la publication, à l’approbation du Dicastère pour la Doctrine de la Foi.

I. L’Église est reçue et exprimée dans les sacrements

6. Le Concile Vatican II renvoie analogiquement la notion de sacrement à l’Église tout entière. En particulier, lorsqu’il affirme dans la Constitution sur la sainte liturgie que ” du côté du Christ endormi sur la croix a jailli l’admirable Sacrement de toute l’Église ” (9), il renvoie à la lecture typologique, chère aux Pères, du rapport entre le Christ et Adam (10) ; le texte conciliaire évoque l’affirmation bien connue de saint Augustin (11), qui explique : ” Adam dort pour qu’Ève soit formée ; le Christ meurt pour que l’Église soit formée “. Du côté d’Adam endormi se forme Ève ; du côté du Christ mort sur la croix, frappé par la lance, jaillissent les sacrements par lesquels se forme l’Église”[12].

7. La Constitution dogmatique sur l’Église réaffirme que l’Église est ” dans le Christ sacrement, c’est-à-dire signe et instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain ” (13) et que cela se réalise avant tout à travers les sacrements, dans chacun desquels la nature sacramentelle de l’Église, Corps du Christ, se réalise à sa manière. La connotation de l’Église comme sacrement universel du salut “montre comment l’économie sacramentelle détermine en définitive la manière dont le Christ, unique Sauveur, par l’Esprit, rejoint notre existence dans la spécificité de ses circonstances. L’Église reçoit et en même temps s’exprime dans les sept sacrements, par lesquels la grâce de Dieu influence concrètement l’existence des fidèles, de sorte que toute vie, rachetée par le Christ, devienne un culte agréable à Dieu”[14].

8. C’est précisément en constituant l’Église comme son Corps mystique que le Christ fait participer les croyants à sa propre vie, en les unissant à sa mort et à sa résurrection d’une manière réelle et obscure à travers les sacrements[15] La puissance sanctifiante de l’Esprit Saint agit en effet dans les fidèles à travers les signes sacramentels[16], faisant d’eux les pierres vivantes d’un édifice spirituel, fondé sur la pierre angulaire qu’est le Christ Seigneur[17], et les constituant en peuple sacerdotal, participant à l’unique sacerdoce du Christ[18].

9. Les sept gestes vivifiants, que le Concile de Trente a solennellement déclarés d’institution divine (19), constituent donc un lieu privilégié de rencontre avec le Christ Seigneur qui accorde sa grâce et qui, à travers les paroles et les actes rituels de l’Église, nourrit et fortifie la foi (20) ; c’est dans l’Eucharistie et dans tous les autres sacrements que ” nous est garantie la possibilité de rencontrer le Seigneur Jésus et d’être atteints par la puissance de sa Pâque ” (21).

10. Consciente de cela, l’Église, depuis ses origines, a pris un soin particulier des sources auxquelles elle puise la force vitale de son existence et de son témoignage : la Parole de Dieu, attestée par les Saintes Écritures et la Tradition, et les Sacrements, célébrés dans la liturgie, par lesquels elle est continuellement ramenée au mystère de la Pâque du Christ[22].

Les interventions du Magistère en matière sacramentelle ont toujours été motivées par le souci fondamental de la fidélité au mystère célébré. En effet, l’Église a le devoir d’assurer la priorité de l’action de Dieu et de sauvegarder l’unité du Corps du Christ dans ces actions qui n’ont pas d’égal parce qu’elles sont sacrées “par excellence” avec une efficacité garantie par l’action sacerdotale du Christ[23].

II. L’Église garde et est gardée par les sacrements

11. L’Église est ” ministre ” des sacrements, elle n’en est pas la maîtresse[24] : en les célébrant, elle en reçoit elle-même la grâce, elle les garde et elle est gardée par eux. La potestas qu’elle peut exercer à l’égard des sacrements est analogue à celle qu’elle possède à l’égard de l’Écriture Sainte. Dans cette dernière, l’Église reconnaît la Parole de Dieu, mise par écrit sous l’inspiration de l’Esprit Saint, établissant le canon des livres sacrés. De même, l’Église, assistée par l’Esprit Saint, reconnaît les signes sacrés par lesquels le Christ accorde la grâce qui émane de la Pâque, en déterminant leur nombre et en indiquant, pour chacun d’eux, les éléments essentiels.

Ce faisant, l’Église est consciente qu’administrer la grâce de Dieu ne signifie pas se l’approprier, mais se faire l’instrument de l’Esprit pour transmettre le don du Christ pascal. Elle sait en particulier que sa potestas à l’égard des sacrements s’arrête à leur substance[26] : de même que dans la prédication l’Église doit toujours annoncer fidèlement l’Évangile du Christ mort et ressuscité, de même dans les gestes sacramentels elle doit conserver les gestes salvifiques que Jésus lui a confiés[27].

12. Il est vrai que l’Église n’a pas toujours indiqué de façon univoque les gestes et les paroles en lesquels consiste cette substance divinitus instituta. Pour tous les sacrements, en tout cas, apparaissent fondamentaux les éléments que le Magistère de l’Église, à l’écoute du sensus fidei du Peuple de Dieu et en dialogue avec la théologie, a appelés matière et forme, auxquels s’ajoute l’intention du ministre.

13. La matière du sacrement consiste en l’action humaine par laquelle le Christ agit. Il s’agit tantôt d’un élément matériel (eau, pain, vin, huile), tantôt d’un geste particulièrement éloquent (signe de croix, imposition des mains, immersion, infusion, consentement, onction). Cette corporéité apparaît indispensable parce qu’elle enracine le Sacrement non seulement dans l’histoire humaine, mais aussi, plus fondamentalement, dans l’ordre symbolique de la Création et le ramène au mystère de l’Incarnation du Verbe et de la Rédemption opérée par Lui[27].

14. La forme du sacrement est constituée par la parole, qui donne un sens transcendant à la matière, transfigurant le sens ordinaire de l’élément matériel et le sens purement humain de l’action accomplie. Cette parole s’inspire toujours, à des degrés divers, de la Sainte Écriture,[28] s’enracine dans la Tradition vivante de l’Église et a été définie avec autorité par le Magistère de l’Église au terme d’un discernement attentif,[29].

15. La matière et la forme, en raison de leur enracinement dans l’Écriture et la Tradition, n’ont jamais dépendu ni ne peuvent dépendre de la volonté de l’individu ou de la communauté individuelle. À leur égard, en effet, la tâche de l’Église n’est pas de les déterminer selon la volonté ou l’arbitraire de qui que ce soit, mais, en sauvegardant la substance des Sacrements (salva illorum substantia) “[30], de les indiquer avec autorité, dans la docilité à l’action de l’Esprit.

Pour certains Sacrements, la matière et la forme apparaissent substantiellement définies dès l’origine, de sorte que leur fondation par le Christ est immédiate ; pour d’autres, la définition des éléments essentiels ne s’est précisée qu’au cours d’une histoire complexe, parfois non sans une évolution significative.

16. À cet égard, on ne peut ignorer que, lorsque l’Église intervient dans la détermination des éléments constitutifs du sacrement, elle agit toujours en s’enracinant dans la Tradition, afin de mieux exprimer la grâce conférée par le sacrement.

C’est dans ce contexte que la réforme liturgique des Sacrements, qui s’est déroulée selon les principes du Concile Vatican II, a demandé une révision des rites de telle sorte qu’ils expriment plus clairement les saintes réalités qu’ils signifient et produisent[31] L’Église, avec son magistère en matière sacramentelle, exerce sa potestas dans le sillage de cette Tradition vivante “qui vient des Apôtres et progresse dans l’Église avec l’assistance de l’Esprit Saint”[32].

Reconnaissant donc, sous l’action de l’Esprit, le caractère sacramentel de certains rites, l’Église les a considérés comme correspondant à l’intention de Jésus de rendre actuel et partageable l’événement pascal[33].

17. Pour tous les sacrements, en tout cas, l’observance de la matière et de la forme a toujours été requise pour la validité de la célébration, sachant que des modifications arbitraires de l’une et/ou de l’autre – dont la gravité et la force invalidante doivent être vérifiées à chaque fois – compromettent l’efficacité de l’effusion de la grâce sacramentelle, au détriment évident des fidèles[34]. [La matière et la forme, résumées dans le Code de droit canonique (35), sont établies dans les livres liturgiques promulgués par l’autorité compétente, qui doivent donc être fidèlement observés, sans “rien ajouter, rien retrancher, rien changer” (36).

18. L’intention du ministre qui célèbre le sacrement est liée à la matière et à la forme. Il est clair qu’ici le thème de l’intention doit être distingué de celui de la foi personnelle et de la condition morale du ministre, qui n’affectent pas la validité du don de la grâce (37) ; il doit en effet avoir “l’intention de faire au moins ce que fait l’Église” (38), ce qui fait de l’action sacramentelle un acte vraiment humain, éloigné de tout automatisme, et un acte pleinement ecclésial, éloigné de l’arbitraire d’un individu. En outre, puisque ce que fait l’Église n’est rien d’autre que ce que le Christ a institué (39), l’intention aussi, avec la matière et la forme, contribue à faire de l’action sacramentelle un prolongement de l’œuvre salvifique du Seigneur.

Matière, forme et intention sont intrinsèquement unies : elles sont intégrées dans l’action sacramentelle de telle sorte que l’intention devient le principe unificateur de la matière et de la forme, en les transformant en un signe sacré par lequel la grâce est conférée ex opere operato[40].

19. A la différence de la matière et de la forme, qui représentent l’élément sensible et objectif du Sacrement, l’intention du ministre – avec la disposition du destinataire – en représente l’élément intérieur et subjectif. Elle tend cependant, de par sa nature, à se manifester aussi à l’extérieur, à travers l’observance du rite établi par l’Église, de sorte que l’altération grave des éléments essentiels introduit aussi un doute sur l’intention réelle du ministre, invalidant ainsi la validité du Sacrement célébré[41]. En principe, en effet, l’intention de faire ce que fait l’Église s’exprime dans l’emploi de la matière et de la forme que l’Église a établies[42].

20. Matière, forme et intention sont toujours placées dans le contexte de la célébration liturgique, qui ne constitue pas un ornement cérémoniel des sacrements, ni même une introduction didactique à la réalité qui s’accomplit, mais qui est dans son ensemble l’événement dans lequel se poursuit la rencontre personnelle et communautaire entre Dieu et nous, dans le Christ et dans l’Esprit Saint, rencontre dans laquelle, par la médiation des signes sensibles, “la gloire parfaite est rendue à Dieu et les hommes sont sanctifiés”,[43].

La sollicitude nécessaire pour les éléments essentiels des Sacrements, dont dépend leur validité, doit donc être en harmonie avec le soin et le respect de l’ensemble de la célébration, dans laquelle le sens et les effets des Sacrements sont rendus pleinement intelligibles par une multiplicité de gestes et de paroles, favorisant ainsi l’actuosa participatio des fidèles[44].

21. La liturgie elle-même permet cette variété qui préserve l’Église d’une “uniformité rigide” (45) ; c’est pourquoi le Concile Vatican II a décrété que, “sans préjudice de l’unité substantielle du rite romain, même dans la révision des livres liturgiques, il faut laisser une place à la légitime diversité et à l’adaptation aux diverses ethnies, régions, peuples, surtout dans les missions” (46).

En vertu de cela, la réforme liturgique voulue par le Concile Vatican II a non seulement autorisé les Conférences épiscopales à introduire des adaptations générales à l’editio typica latine, mais elle a aussi prévu la possibilité d’adaptations particulières par le ministre de la célébration, dans le seul but de répondre aux besoins pastoraux et spirituels des fidèles.

22. Toutefois, pour que la variété “ne nuise pas à l’unité, mais au contraire la serve”, [47] il reste clair que, en dehors des cas expressément indiqués dans les livres liturgiques, “la réglementation de la sainte Liturgie est du ressort exclusif de l’autorité de l’Église”, [48] qui réside, selon les circonstances, dans l’évêque, dans l’assemblée épiscopale territoriale, dans le Siège Apostolique.

Il est clair, en effet, que “modifier de sa propre initiative la forme de célébration d’un sacrement ne constitue pas un simple abus liturgique, comme une transgression d’une norme positive, mais une blessure infligée à la fois à la communion ecclésiale et à la reconnaissabilité de l’action du Christ, qui, dans les cas les plus graves, rend invalide le sacrement lui-même, parce que la nature de l’action ministérielle exige que l’on transmette avec fidélité ce que l’on a reçu (cf. 1 Co 15, 3)”[49].

III. La présidence liturgique et l’art de célébrer

23. Le Concile Vatican II et le Magistère postconciliaire permettent de donner au ministère de la présidence liturgique sa juste signification théologique. L’évêque et ses collaborateurs président les célébrations liturgiques, qui culminent dans l’Eucharistie, ” source et sommet de toute la vie chrétienne ” (50), in persona Christi (Capitis) et nomine Ecclesiae. Dans les deux cas, il s’agit de formules qui – bien qu’avec quelques variantes – sont bien attestées par la Tradition[51].

24. La formule in persona Christi (52) signifie que le prêtre représente le Christ lui-même dans l’événement de la célébration. Cela se réalise de façon culminante lorsque, dans la consécration eucharistique, il prononce les paroles du Seigneur avec la même efficacité, en identifiant, en vertu de l’Esprit Saint, sa propre personne à celle du Christ. Lorsque le Concile précise ensuite que les presbytres président l’Eucharistie in persona Christi Capitis (53), il n’entend pas souscrire à une conception selon laquelle le ministre disposerait, en tant que ” chef “, d’un pouvoir qu’il exercerait de façon arbitraire. La Tête de l’Église, et donc le véritable président de la célébration, est le Christ seul. Il est ” la Tête du Corps, c’est-à-dire de l’Église ” (Col 1, 18), dans la mesure où il la fait sortir de son sein, la nourrit et en prend soin, l’aimant jusqu’à se donner pour elle (cf. Ep 5, 25.29 ; Jn 10, 11). La potestas du ministre est une diakonia, comme le Christ lui-même l’enseigne aux disciples dans le contexte de la dernière Cène (cf. Lc 22, 25-27 ; Jn 13, 1-20). Ceux qui, en vertu de la grâce sacramentelle, sont configurés à Lui, partageant l’autorité avec laquelle il guide et sanctifie son peuple, sont donc appelés, dans la liturgie et dans tout le ministère pastoral, à se conformer à la même logique, ayant été constitués pasteurs non pour dominer le troupeau, mais pour le servir selon le modèle du Christ, le bon Pasteur des brebis (cf. 1 P 5, 3 ; Jn 10, 11, 14)[54].

25. En même temps, le ministre qui préside la célébration agit nomine Ecclesiae (55), formule qui indique clairement que, s’il présente le Christ Tête devant son Corps qui est l’Église, il présente aussi devant sa propre Tête ce Corps, ou plutôt cette Épouse, en tant que sujet intégral de la célébration, le Peuple tout-priarcal au nom duquel le ministre parle et agit (56). En outre, s’il est vrai que “quand on baptise, c’est le Christ lui-même qui baptise”,[57] il en est de même pour le fait que “l’Église, quand elle célèbre un sacrement, agit comme un Corps qui agit inséparablement de sa Tête, dans la mesure où c’est le Christ Tête qui agit dans le Corps ecclésial engendré par Lui dans le mystère de Pâques”[58]. [Cela met en évidence l’ordination réciproque entre le sacerdoce baptismal et le sacerdoce ministériel, [59] permettant de comprendre que le second existe au service du premier, et précisément pour cette raison – comme nous l’avons vu – dans le ministre qui célèbre les sacrements, l’intention de faire ce que fait l’Église ne peut jamais faire défaut.

26. La fonction double et combinée exprimée par les formules in persona Christi – nomine Ecclesiae, et la relation réciproque et féconde entre le sacerdoce baptismal et le sacerdoce ministériel, jointes à la conscience que les éléments essentiels pour la validité des sacrements doivent être considérés dans leur contexte propre, c’est-à-dire l’action liturgique, rendront le ministre toujours plus conscient que “les actions liturgiques ne sont pas des actions privées mais des célébrations de l’Église”. c’est-à-dire l’action liturgique, rendra le ministre toujours plus conscient que “les actions liturgiques ne sont pas des actions privées mais des célébrations de l’Église”, des actions qui, même dans la “diversité des états, des charges et des participations actives”, “appartiennent à tout le Corps de l’Église, le manifestent et l’impliquent”[60]. [C’est précisément pour cette raison que le ministre doit comprendre que l’authentique ars celebrandi est celui qui respecte et exalte la primauté du Christ et l’actuosa participatio de toute l’assemblée liturgique, même à travers l’humble obéissance aux normes liturgiques (61).

27. Il semble toujours plus urgent de mûrir un art de la célébration qui, à distance d’un rubricage rigide et d’une fantaisie débridée, conduise à une discipline à respecter, précisément pour être d’authentiques disciples : “Il ne s’agit pas de devoir suivre une étiquette liturgique : il s’agit plutôt d’une “discipline” – au sens où l’entend Guardini – qui, si elle est observée avec authenticité, nous forme : ce sont des gestes et des paroles qui mettent de l’ordre dans notre monde intérieur, en nous faisant vivre des sentiments, des attitudes, des comportements”[62]. Ils ne sont pas l’énonciation d’un idéal auquel on cherche à s’inspirer, mais une action qui engage le corps dans sa totalité, c’est-à-dire dans son unité d’âme et de corps”[62].

Conclusion

28 “Nous […] avons ce trésor dans des vases d’argile, afin qu’il apparaisse que cette puissance extraordinaire appartient à Dieu et ne vient pas de nous” (2Cor 4,7). L’antithèse utilisée par l’apôtre pour souligner comment la sublimité de la puissance de Dieu est révélée par la faiblesse de son ministère de proclamateur décrit bien ce qui se passe dans les sacrements. Toute l’Église est appelée à sauvegarder la richesse qu’ils contiennent, afin que la primauté de l’action salvifique de Dieu dans l’histoire ne soit jamais obscurcie, même dans la fragile médiation des signes et des gestes propres à la nature humaine.

29. La virtus opérante dans les sacrements façonne le visage de l’Église, lui permettant de transmettre le don du salut que le Christ mort et ressuscité, dans son Esprit, veut partager avec tout homme. Dans l’Église, ce grand trésor est confié en particulier à ses ministres, afin qu’en tant que “serviteurs attentifs” du peuple de Dieu, ils le nourrissent de l’abondance de la Parole et le sanctifient par la grâce des Sacrements. Il leur revient d’abord de veiller à ce que “la beauté de la célébration du christianisme” reste vivante et ne soit pas “défigurée par une compréhension superficielle et réductrice de sa valeur ou, pire encore, par son instrumentalisation au service d’une vision idéologique, quelle qu’elle soit”[63].

Ce n’est qu’ainsi que l’Église peut, jour après jour, “croître dans la connaissance du mystère du Christ, en plongeant […] sa vie dans le mystère de sa Pâque, dans l’attente de son retour”[64].

Le Souverain Pontife François, lors de l’audience accordée au Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi soussigné, le 31 janvier 2024, a approuvé cette Note, décidée lors de la Session plénière de ce Dicastère, et en a ordonné la publication.

Donné à Rome, au siège du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, le 2 février 2024, en la fête de la Présentation du Seigneur.

La mairie socialiste du 10ᵉ arrondissement tente d’interdire la cérémonie des Bobards d’Or

Dans un communiqué daté du 28 janvier, le maire socialiste du 10ᵉ arrondissement Alexandra Cordebard appelle le Théâtre du Gymnase Marie Bell à interdire la prochaine cérémonie des Bobards d’Or, organisé dans ce théâtre depuis plus de 8 ans.

La cérémonie (parodique) des Bobards d’Or distingue, chaque printemps, les journalistes et les médias qui n’hésitent pas à mentir délibérément pour servir le politiquement correct. Elle est organisée depuis 2010 par l’association Polémia. L’édition 2024 se tiendra le 5 mars avec une nouveauté : les mensonges des personnalités politiques, répercutés dans leurs médias alliés, seront présentés au public.

 

Ce communiqué diffamatoire d’Alexandra Cordebard reprend un certain nombre de mensonges que les bobardeurs professionnels ont répandu depuis des années. Bien loin des fantasmes, la réalité est tout autre : jamais Polémia n’a été poursuivi pour des propos qui tombent sous le coup de la loi.

Suite à ce communiqué, le Théâtre du Gymnase Marie Bell à décidé de refuser d’accueillir l’événement alors même que la salle a déjà été réservée et entièrement réglée.

Pour la 15ᵉ année consécutive, la cérémonie des Bobards aura lieu ! Rendez-vous le 5 mars prochain pour démasquer les propagandistes du système médiatique et leurs complices !

Le programme Erasmus permet de financer la propagande LGBTXYZ

“Erasmus+” est le programme de l’Union européenne pour l’éducation, la formation, la jeunesse et le sport en Europe. Doté d’un budget de plus de 26 milliards d’euros pour sept ans (2021-2027), il concerne plus de 4 millions de participants et met fortement l’accent sur l’inclusion sociale, la transition verte et numérique et la promotion de la participation des jeunes à la vie démocratique, ou plutôt, comme le dit la première page du site web dédié, “Erasmus+ enrichit les vies, ouvre les esprits”. Eh bien, en parfaite adéquation avec les indications du Parlement et la Résolution 2021/2557 votée le 11.03.2021, la proclamation de l’Europe comme ” zone de liberté LGBTQ “, également pour cette année 2024, le programme ” Erasmus+ ” voit ostensiblement des projets financés pour promouvoir le transgendrisme et la dépravation sexuelle, ce qui, selon les mandarins européens, peut ouvrir l’esprit des enfants et des jeunes du continent.

Sur le site web de la Commission européenne, il est possible de rechercher les projets Erasmus+ achevés et en cours. En saisissant le filtre de recherche “LGBTI+”, on peut trouver 210 projets achevés au cours des dernières années et 51 en cours. Parmi les projets en cours, il y a au moins 21 projets qui reçoivent un financement substantiel de l’UE et qui se concentrent fortement sur la promotion explicite de l’idéologie LGBTQ+. Grâce à cette simple recherche, il s’avère que le financement total que les 21 projets actuels reçoivent s’élève à 2 429 266 euros, tous issus du budget de l’UE.

Le projet consacré au “DragTivism”, c’est-à-dire à l’utilisation par un homme de vêtements flamboyants et d’un maquillage lourd pour imiter et exagérer les significations du genre féminin, s’adresse aux jeunes adultes. DragTivism, également financé par des fonds de l’UE, de 2021 à aujourd’hui avec des montants allant de 25 à 32 000 euros par an, partage sur ses médias sociaux ses initiatives et les commentaires des participants “du Portugal, de l’Espagne, de l’Italie, de la Grèce et de la Slovaquie” et d’autres pays européens, y compris des “étudiants” qui ont été formés “en développant une personnalité drag et en apprenant des compétences drag, les jeunes seront en mesure de transférer les compétences qu’ils ont acquises dans leur vie quotidienne”.

Le projet “Training to Raise Awareness and Inclusion of Transgender” (TRAIT), financé à hauteur de 250 000 euros, vise à “atteindre les objectifs spécifiques suivants : accroître les connaissances et les compétences des professionnels sur la question des LGBTQ+ ; parvenir à la description d’unités de résultats d’apprentissage qui peuvent être évaluées et utilisées dans la description et l’évaluation des profils professionnels ; réduire la victimisation secondaire, les préjugés, les stéréotypes et la discrimination ; accroître la sensibilisation du public aux besoins des LGBTQ+”.

Le projet “GAMe-based tools to Foster an INtegrative model for early Gender Equality Education”, financé à hauteur de 361 000 euros et visant à promouvoir l’attention portée à la diversité des genres, un défi dans le système éducatif actuel en Europe, s’adresse aux familles, aux enseignants, aux experts des jeux et des questions LGBTI et aux enfants âgés de 9 à 15 ans et implique des institutions et des associations d’Espagne, de République tchèque et de Roumanie.

Le projet “LGBTIQ Youth affirmative mental health approaches”, financé à hauteur de 242 000 euros, implique des associations et des lobbies de Hongrie, d’Irlande, de Grèce et du Monténégro et vise à “améliorer la qualité de la santé mentale des jeunes LGBTIQ… et à renforcer les capacités des organisations dans le domaine de la santé mentale des LGBTIQ”.

Le projet “Promouvoir l’éducation pluraliste dans les universités européennes pour combattre la discrimination invisible liée aux LGBTQ+”, financé à hauteur de 250 000 euros, implique la Pologne, la Lituanie, la Grèce et l’Université de Sienne en tant que coordinateur du projet, dans le but de “promouvoir une culture capable de contrer l’homophobie ou la transphobie invisibles et de promouvoir une culture des différences ; de produire un changement culturel, non seulement en travaillant avec le groupe spécifique, mais en agissant sur les raisons structurelles qui ont causé le malaise” en responsabilisant les étudiants et l’ensemble de la communauté universitaire.

Enfin, un autre projet, le “Pride Network Lead”, financé à hauteur de 250 000 euros et impliquant la Pologne, la Grèce, l’Espagne et l’Académie IRSEI de Palerme, a pour objectif de “créer, promouvoir et tester une nouvelle norme pour le rôle professionnel de “Pride Network Lead”, qui soutiendra l’inclusion des personnes LGBTQ+ dans l’environnement de travail et favorisera l’ouverture à la diversité et à l’inclusion au sein des organisations”.

Les jeunes doivent lire le catéchisme pour rencontrer Jésus et y trouver des réponses

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Voici une nouvelle qui est passée inaperçue dans les médias catholiques depuis le 22 janvier 2024: à présent, même le pape François défend l’étude du Catéchisme de l’Eglise Catholique!

Et il faut bien analyser ce qu’il dit en présentant la nouvelle version pour les jeunes appelée “Youcat”, entre autres:

  • On lit le catéchisme pour se rapprocher de Jésus.
  • Dans le catéchisme on trouve des réponses pour la vie chrétienne de tous les jours.
  • La lecture du catéchisme permet de vivre l’expérience de la vie chrétienne

En fait le pape ne fait là que reprendre la tradition continue concernant les catéchismes depuis des siècles.

Tout cela était très clair pendant des siècles, mais malheureusement pendant plusieurs décennies depuis les années 1960 certains ont coupé le catéchisme de la rencontre avec Jésus et de l’expérience chrétienne. C’est ainsi qu’ils disaient que l’important c’est de rencontrer Jésus et que le travail intellectuel (étude du catéchisme, etc. ) n’était pas très important. Ils parlaient d'”expérience” en la coupant de la partie intellectuelle. Ils mettaient trop l’accent sur le questionnement en faisant passer les réponses pour des éléments étouffants… Cela s’est vu notamment dans certaines “communautés nouvelles” et cela a perturbé plusieurs générations de jeunes. Beaucoup de médias catholiques sont devenues aussi allergiques, ces dernières décennies, à tout ce qui rappelle le catéchisme, les dogmes, etc. C’est peut-être pour cela qu’elles ne présentent pas cette nouvelle. A présent les dégâts sont énormes et beaucoup d’adultes ne comprennent pas toujours, à cause de cela, pourquoi il est important de lire le catéchisme…

Enfin, cette période sombre concernant le catéchisme touche à sa fin. Les adultes doivent aussi lire le Catéchisme de l’Eglise Catholique dans sa version complète, du moins ceux qui ont pu faire des études poussées (lycée, collège suisse, gymnase, université, etc.).

Le Conseil d’Etat reconnaît à l’Église le droit de refuser l’effacement du registre des baptêmes

Dans une décision rendue vendredi 2 février, le Conseil d’État a rejeté la requête d’une personne demandant au diocèse d’Angers de retirer son nom du registre des baptêmes. Extrait de la décision :

[…]

7. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que les registres des baptêmes tenus par l’Eglise catholique sont destinés à conserver la trace d’un événement qui, pour elle, constitue l’entrée dans la communauté chrétienne. Le baptême, qui est la condition requise par l’Eglise catholique pour accéder notamment au mariage, ne peut être reçu, selon la foi catholique et l’organisation interne propre à ce culte, qu’une seule fois dans la vie d’une personne, exigence à laquelle pourrait faire obstacle l’effacement définitif de l’enregistrement du baptême dans l’hypothèse où l’intéressé, après avoir obtenu cet effacement, souhaiterait réintégrer la communauté chrétienne et notamment se marier religieusement. La personne baptisée qui entend faire valoir sa volonté de renoncer à tout lien avec la religion catholique peut obtenir que soit apposée sur le registre des baptêmes une mention en ce sens. Il ressort également des pièces du dossier que les registres des baptêmes tenus par l’Eglise catholique sont des documents non dématérialisés, dont les données ne sont accessibles qu’aux intéressés pour les mentions qui les concernent, ainsi qu’aux ministres du culte et aux personnes oeuvrant sous leur autorité, aux seules fins du suivi du parcours religieux des personnes baptisées et de l’établissement éventuel d’actes ultérieurs dans le cadre de l’administration du culte catholique. Ces données ne sont pas accessibles à des tiers et les registres sont conservés dans un lieu clos, avant, au terme d’un délai de 120 ans, d’être versés aux archives historiques du diocèse.

8. Il résulte de ce qui précède que la mention de données personnelles sur le registre des baptêmes, relatives à l’état civil, à la filiation et aux coordonnées de la personne baptisée, qui trouve sa justification dans l’objet même de ce document, ne constitue pas un traitement illicite au regard des dispositions du d) du paragraphe 2 de l’article 9 du RGPD et que la conservation des données ainsi collectées durant une période ne s’achevant qu’après le décès de la personne concernée est nécessaire au regard des finalités de ce traitement. Il ne peut donc être fait droit à une demande d’effacement de ces données sur le fondement des dispositions des a) ou d) du paragraphe 1 de l’article 17 du RGPD. En outre, dès lors que la mention de ces données personnelles sur le registre des baptêmes n’est pas fondée sur le consentement de la personne baptisée au sens du a) du paragraphe 1 de l’article 6 de ce règlement, cité au point 5, notion reprise au a) du paragraphe 2 de l’article 9 du même texte, il ne peut davantage être fait droit à une demande d’effacement de ces données sur le fondement des dispositions du b) du paragraphe 1 de l’article 17 du RGPD relatives au retrait du consentement.

9. S’il résulte des dispositions combinées du c) du paragraphe 1 de l’article 17 et de celles du paragraphe 1 de l’article 21 du RGPD que la personne concernée a le droit d’obtenir du responsable du traitement l’effacement de données à caractère personnel la concernant lorsqu’elle s’oppose au traitement pour des raisons tenant à sa situation particulière, et qu’il n’existe pas de motif légitime impérieux pour le traitement prévalant sur ses intérêts et ses droits et libertés, l’intérêt qui s’attache, pour l’Eglise catholique, à la conservation des données personnelles relatives au baptême figurant dans le registre, doit être regardé comme un motif légitime impérieux, prévalant sur l’intérêt moral du demandeur à demander que ces données soient définitivement effacées, eu égard, d’une part, à l’objet du registre des baptêmes et aux conditions dans lesquelles il est susceptible d’être consulté, tels qu’exposés au point 7, ainsi que, d’autre part, à la faculté ouverte à toute personne baptisée de faire apposer sur le registre une mention faisant état de sa décision de renoncer à tout lien avec la religion catholique.

10. Il résulte de ce qui précède que la CNIL, dont la décision est suffisamment motivée, n’a pas entaché sa décision d’erreur de droit ni d’erreur d’appréciation en considérant qu’aucun des motifs d’effacement prévus par le paragraphe 1 de l’article 17 du RGPD ne trouvait à s’appliquer. En outre, si elle a fait état, dans les motifs de sa décision, d’une jurisprudence du juge judiciaire antérieure à l’entrée en vigueur du RGPD, elle ne saurait être regardée comme s’étant estimant liée par celle-ci, dès lors que, comme il a été indiqué, c’est en se fondant sur les dispositions du RGPD qu’elle a procédé à l’examen de la demande d’effacement formulée par M. B….

11. En second lieu, la CNIL n’a pas davantage entaché sa décision d’erreur de droit ni d’erreur d’appréciation en estimant que l’exercice du droit d’opposition prévu par l’article 21 du RGPD pouvait être satisfait, eu égard à la nature du registre des baptêmes tenu par l’Eglise catholique, par l’ajout d’une mention, en marge de ce registre, exprimant la volonté de l’intéressé de renoncer à tout lien avec l’Eglise catholique.

12. Il résulte de tout ce qui précède que M. B… n’est pas fondé à demander l’annulation de la décision du 2 décembre 2021 par laquelle la présidente de la CNIL a procédé à la clôture de sa plainte. Ses conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent, par suite, qu’être rejetées.

Dimanche de la Sexagésime

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Le semeur sortit pour semer sa semence. Comme il semait, une partie de la semence tomba le long du chemin : elle fut piétinée, et les oiseaux du ciel la mangèrent. … (Saint Luc 8)

Ce dimanche est le deuxième du temps de la Septuagésime, et l’on y retrouve les sentiments de ce temps : conscience de la gravité de nos péchés et du besoin que nous avons du Rédempteur. Mais les chants de ce dimanche de la Sexagésime expriment notre misère d’une façon intense, presque angoissée, particulièrement les trois premiers chants : Introït, Graduel et Trait, qui sont de grandes supplications collectives.

► Introït : Exsúrge

Le texte de l’Introït de ce dimanche de la sexagésime est extrait du psaume 44, dans lequel le peuple d’Israël commence par rappeler tous les bienfaits dont le Seigneur l’a comblé dans le passé, puis il y oppose la triste situation dans laquelle il se trouve présentement, se demandant si Dieu a oublié son peuple ou l’a rejeté à cause de ses fautes, et il se termine par cet appel suppliant :

Exsúrge, quare obdórmis Dómine
Levez-vous, pourquoi dormez-vous Seigneur ?

Exsúrge, et ne repéllas in finem.
Levez-vous, et ne nous repoussez pas à jamais.

L’on songe bien sûr à l’Évangile de la tempête apaisée. Dieu semble dormir quand sa providence permet pour quelque temps que ses ennemis triomphent.

Puis le texte du psaume poursuit :

Quare fáciem tuam avértis, oblivísceris tribulatiónem nostram ?
Pourquoi détourner votre visage ? Oubliez-vous notre détresse ?

Adhǽsit in terra venter noster exsúrge.
Notre ventre est collé à terre.

Dómine, adjúva nos, et líbera nos.
Levez-vous Seigneur, secourez-nous et délivrez-nous.

La première phrase fait évidemment penser à l’Évangile de la tempête apaisée et à l’appel angoissé des apôtres à Notre Seigneur dormant dans la barque.

Il n’est pas besoin de souligner à quel point ce texte est d’actualité. La mélodie le suit pas à pas, en exprimant toutes les inflexions avec sobriété mais intensité. La première phrase monte progressivement du premier encore timide jusqu’au deuxième, plus appuyé, avant de redescendre avec une sorte d’accablement. Même courbe dans la deuxième phrase qui s’achève au grave avec le sombre : Nous sommes prostrés et ne pouvons nous relever. Puis le dernier s’élève, très dépouillé mais suppliant. Le verset est le début du psaume qui rappelle au Seigneur ses bienfaits passés.

Le verset est le début du psaume qui rappelle au Seigneur ses bienfaits passés.

Deus, áuribus nostris audívimus : patres nostri annuntiavérunt nobis.
Ô Dieu nous l’avons entendu de nos oreilles, nos pères nous l’ont raconté.

► Graduel : Sciant gentes

Comme celui de l’Introït, le texte du Graduel du dimanche de la Sexagésime est encore une prière collective. Il est tiré, ici, du psaume 82, dans lequel le peuple d’Israël lance un appel à la toute puissance divine pour qu’elle le délivre de ses ennemis, ceux qui refusent de reconnaître le seul vrai Dieu et de se soumettre à lui, ceux que le texte appelle, les nations païennes.

Sciant gentes quóniam nomen tibi Deus : tu solus Altíssimus super omnem terram.
Que les nations sachent que votre nom est Dieu, vous seul êtes le Très-Haut sur toute la terre

Deus meus, pone illos ut rotam, et sicut stípulam ante fáciem venti.
Mon Dieu, faites-les tourner comme une roue, qu’ils soient emportés par le vent comme un fétu de paille.

Ces paroles s’appliquent particulièrement aujourd’hui à tous ceux qui veulent bâtir un monde sans Dieu et s’opposer à sa loi. Mais en ce temps de la Septuagésime, elles s’appliquent aussi aux ennemis de notre âme qui nous tiennent captifs du péché. Nous demandons au souffle de l’Esprit Saint de les balayer et de les emporter au loin. La mélodie est ample et solennelle avec de grandes vocalises. On remarquera surtout dans la deuxième partie, celle du mot qui s’élève dans l’aigu d’une façon exceptionnelle.

► Trait : Commovísti

Comme dimanche dernier, et comme il en sera ainsi jusqu’à Pâques, le Graduel du dimanche de la Sexagésime n’est pas suivi d’un Alléluia, mais d’un Trait, composé de plusieurs versets sur une psalmodie très ornée. Celui de ce dimanche comporte trois versets tirés du psaume 59. Comme ceux de l’Introït et du Graduel c’est une prière suppliante du peuple d’Israël envahi et persécuté par ses ennemis.

Commovísti, Dómine, terram, et conturbásti eam.
Seigneur, vous avez ébranlé la terre et vous l’avez bouleversée.

Sana contritiónes ejus, quia mota est.
Guérissez ses blessures car elle est ébranlée.

Ut fugiant a facie arcus, ut liberéntur elécti tui.
Que vos élus échappent aux traits de l’arc qu’ils soient délivrés !

Lorsque le texte de ce psaume parle de la terre, il s’agit du pays d’Israël et surtout de ses habitants. On peut dire de cette prière, comme de celle du Graduel, qu’elle s’applique tout à fait à la situation de l’Église et de notre pays, mais elle s’applique aussi à notre âme blessée par le péché dont nous supplions le Seigneur de nous délivrer. La mélodie est faite de formules habituelles aux Traits ; on en retrouve quelques-unes unes qui figuraient déjà dans celui de dimanche dernier, mais d’autres ont été choisies les plus développées et aussi, spécialement dans le deuxième verset, parmi les plus tourmentées.

► Offertoire : Pérfice

Les deux derniers chants du propre de la messe du dimanche de la Sexagésime, l’Offertoire et l’antienne de Communion, sont nettement différents des trois premiers. Nous n’y retrouverons plus les appels suppliants du peuple de Dieu dans sa détresse, ce sont au contraire des prières personnelles pleines de confiance.

Le texte de l’Offertoire est tiré du psaume 16, prière du juste, celui qui accomplit fidèlement la volonté de Dieu et fait valoir cette qualité pour obtenir d’être exaucé. En ce temps de la Septuagésime, même si nous nous efforçons d’être fidèles, nous prenons conscience de la fragilité de notre démarche et demandons au Seigneur qu’il nous soutienne dans cette voie.

Pérfice gressus meos in sémitis tuis, ut non moveántur vestígia mea
Affermissez mes pas dans vos sentiers afin que ma démarche ne soit pas ébranlée.

Inclína aurem tuam, et exáudi verba mea : mirífica misericórdias tuas, qui salvos facis sperántes in te, Dómine.

Cette demande s’exprime par une mélodie très calme et contemplative, comme c’est souvent le cas des Offertoires, avec de nombreuses notes longues qui lui donnent un certain caractère d’immobilité marquant l’assurance du juste dans l’observation de la Loi de Dieu, mais elle est en même temps très expressive avec des accents bien soulignés.

► Communion : Introíbo

Comme l’Offertoire, l’antienne de Communion du dimanche de la Sexagésime est une prière personnelle, et non seulement on n’y retrouve pas la supplication et l’angoisse des premières pièces de la messe, mais cette petite antienne est même plutôt joyeuse. Le texte est bien connu puisqu’il est tiré du psaume 42 que le prêtre récite au début de la messe.

Introíbo ad altáre Dei, ad Deum qui lætíficat juventútem meam.
Je m’avancerai vers l’autel de Dieu, vers Dieu qui réjouit ma jeunesse.

Cependant, il ne faut pas s’y tromper, ce psaume 42, qui n’est d’ailleurs que la suite du psaume 41, est la prière d’un malheureux exilé au milieu d’un peuple impie. Il se souvient de Jérusalem et des magnifiques cérémonies du Temple qui faisaient sa joie dans sa jeunesse, et il aspire à les retrouver. De même en ce temps de la Septuagésime, et de façon générale au milieu du monde impie où nous nous trouvons, et du péché qui nous enserre, nous aspirons à retrouver la jeunesse spirituelle dans la patrie céleste. C’est cet espoir qu’exprime la mélodie de cette antienne, joyeuse et affirmative. Ainsi s’achève la belle progression des chants de ce dimanche, depuis les appels angoissés de l’Introït jusqu’à la confiance et l’espérance finale.

Une analyse de Fiducia Supplicans

Un Docteur en théologie nous adresse cette analyse de Fiducia Supplicans:

Fiducia supplicans présente de nombreux problèmes, intrinsèques et extrisèques.

Sur le plan intrinsèque

  1. La première difficulté est la confusion entre « couple » et « union ». Est-ce la même chose ? Le texte dispose-t-il de bénir les couples ou les unions ? Il manque de clarté. Est-ce la même chose de se présenter pour demander une bénédiction quand on est un jeune homme et une jeune femme qui envisagent vaguement de peut-être se marier un jour, des concubins qui entendent le rester, des divorcés engagés dans une autre relation ou deux homosexuels ? Dans quel cas est-on un « couple », une « union » ?
  2. Deuxième difficulté, aux n° 15 et 16. Dans les exemples scripturaires de bénédiction donnés, à aucun moment, un couple illégitime n’est béni dans ces exemples. Il n’est même pas dit que Pharaon est dans cette situation. Donc en déduire la bénédiction des couples irréguliers est un saut théologique non étayé. En revanche, une foule de péricopes ne « disent pas du bien » (c’est bien le sens de « bénédiction ») du tout de ces relations irrégulières : cf. Gn 19, 1-29 ; Ac 15, 20 ; Rm 1, 24-27 ; 1 Co 6, 10 ; 1 Tm 1, 10; etc.
  3. Au contraire, le Christ ne bénit pas les unions illégitimes : 1) Il dit bien « Va et ne pêche plus » à la femme adultère (Jn 8, 11) et 2) pointe bien, avec délicatesse mais clairement, la situation de la Samaritaine (Jn 4, 17-18). 3) Et quant aux malédictions aux villes du Lac (Mt 11, 23), le fait qu’Il les juge dans une situation pire que Sodome, indique bien que celle de Sodome est mauvaise à ses yeux. Sinon, la comparaison avec les villes du Lac ne voudrait plus rien dire.
  4. Au n° 28, le fait que personne ne soit exclu d’une bénédiction s’il ne se repent pas n’est pas étayé. Pourquoi, alors, le Pape François a-t-il décidé d’excommunier les membres de la Mafia ? Ne doivent-ils pas plutôt être bénis même s’ils n’abandonnent pas leurs conduites criminelles ? Ils peuvent être très pieux à leur façon (cf. par exemple, le film La Vierge des tueurs).
  5. Et, de toute façon, l’exemple des personnes âgées n’apporte rien : le texte précise bien que c’est la personne âgée qui est bénie, quel rapport avec les couples irréguliers ?
  6. Au n° 31, on ne voit pas comment « les relations humaines puissent mûrir et grandir dans la fidélité au message de l’Evangile, se libérer de leurs imperfections et de leurs fragilités » sans y mettre fin, puisque ce sont les relations en question elles-mêmes qui sont problématiques. La prière est donc bien plus une demande de libération que de bénédiction. La prière de guérison intérieure, ça existe, ce n’est pas la bénédiction d’un couple.
  7. N° 36 : qu’est-ce qu’ un « acte semi-liturgique » ? Il est liturgique ou il ne l’est pas.
  8. N° 38 : là aussi, la distinction entre bénédiction liturgique et non-liturgique est fallacieuse. Bien sûr que des bénédictions se font sans rituel. Mais cela ne les différencie pas de celles avec rituel. Prenons l’exemple de la bénédiction des pèlerins. Il existe un rituel et, sur le Chemin de Compostelle, il est souvent utilisé pour bénir les pèlerins. Mais quand je pars de chez moi et que je demande au prêtre de me bénir, le prêtre n’a quasiment jamais le rituel sous la main. Il fait une bénédiction « non liturgique ». Pour autant, dans les deux cas, c’est toujours une bénédiction de pèlerin et le pèlerin est autant béni dans un cas que dans l’autre.
  9. Sur les 31 notes du texte, seules 4 ne sont pas issues de François ou de réponses aux dubia récentes. Moins de 13% du texte se réfère donc au Magistère de l’Eglise en dehors de celui de François. Valeurs actuelles du 4/1/24 peut donc à bon droit parler d’un magistère « auto-référencé » sans enracinement dans le dépôt de la foi transmis dans l’Enseignement de l’Eglise.

Sur le plan extrinsèque

  1. Les évêques de certains pays d’Afrique font savoir que bénir des « couples » (ou paires) homosexuels les mettrait en porte-à-faux avec la législation répressive de leur pays et Fernandez prétend le prendre en compte. Mais l’inverse est aussi vrai dans les pays occidentaux. Bien que présentée comme facultative, comment cette bénédiction pourrait-elle être refusée ? Le ministre qui la refuserait pourrait être poursuivi devant les juridictions profanes pour discrimination et il ne pourrait même plus se défendre en arguant l’interdiction de sa religion. On risque de voir les testings se multiplier pour piéger les prêtres. Le Dicastère pour la Doctrine de la Foi est en train d’organiser la persécution de ses propres prêtres.
  2. A l’inverse, si on se met un peu à la place des couples irréguliers en question, le texte parait insultant. Il semble instituer une bénédiction en mode dégradé, au rabais, « en 10 secondes » (Fernandez). Ils peuvent se sentir fondés à réclamer une « vraie » bénédiction, « liturgique ». La seule réponse cohérente est de refuser de bénir la situation tout court en rappelant la Doctrine, pas de faire une bénédiction dégradée.
  3. L’impression peut même être donnée de réduire la bénédiction à un acte purement formel, vide de sens, qu’on peut « aménager » pour satisfaire au mieux le naïf qui y croit.
  4. Il est aussi curieux de voir surgir un texte qui fait fi des conclusions de 2 synodes (sur la synodalité et sur la famille), qui ont refusé explicitement les bénédictions des couples homosexuels, sans faire de distinctions spécieuses entre bénédictions « liturgiques » et « pastorales ». Un soupçon de cléricalisme et d’absence de synodalité en devient légitime.
  5. Enfin, on pourrait se rappeler qu’il est arrivé qu’un Pape signe un texte contraire à la foi catholique. Il s’agit d’Honorius Ier et de ses errements sur la double volonté du Christ (cf. https://reponses-catholiques.fr/un-pape-heretique/ pour un résumé du problème). Il semblerait bien qu’il s’agissait d’un compromis bancal qu’il aurait signé un peu trop vite, en se laissant abuser. Sans doute qu’une étude plus fine de Fiducia supplicans permettrait de discerner en quoi le Pape François a bien été fidèle au dépôt de la foi mais a validé un document de compromis dont les failles ne lui ont pas été clairement montrées.

Les Belles figures de l’Histoire : Saint Bernard, un moine bâtisseur

Aymeric Pourbaix reçoit le père Jean-François Thomas :

 

Déjà 100 investisseurs engagés ! Rejoignez l’aventure des Mères

« Une finance de visage à visage » qui allie sens et rendement. C’est ce que propose l’entreprise CredoLending, agrée et spécialisée dans le financement de projets Chrétiens au service du Bien Commun.

En ce début d’année 2024, l’équipe de CredoLending accompagne les Dominicaines enseignantes de Fanjeaux dans une levée de fonds de 3 M€ pour l’agrandissement du Cours Sainte Clotilde (78), établissement pour jeunes filles (maternelle à terminale) située entre Paris et Versailles qui connait un véritable succès (42% de Mentions Très Bien) !

Portées par le succès de leur enseignement, les religieuses souhaitent, aujourd’hui répondre aux fortes demandes d’inscriptions et augmenter leurs effectifs pour atteindre 220 élèves en construisant un nouveau bâtiment de 14 classes au cœur du parc du Château de Ternay, ancienne maison du dramaturge Sasha Guitry qu’elles ont rachetée en 2015.

Ce projet ambitieux de construction s’inscrit également dans une réhabilitation globale du parc de la propriété : plus de 132 arbres seront replantés !

La mission d’éducation des Dominicaines enseignantes de Fanjeaux a débuté en 1975 et n’a cessé de se développer depuis. En près de cinquante ans, les Dominicaines se développent et lancent 21 fondations dans 4 pays (France, États-Unis, Suisse, Allemagne). Elles sont aujourd’hui 257 sœurs, dont 23 novices, et accompagnent 2 577 élèves du Primaire au Secondaire.

Avec une réussite de 100% au baccalauréat, les élèves du Cours Sainte Clotilde (78) démontrent l’excellence, la rigueur et la qualité de l’enseignement dispensé par les Dominicaines. Leur mission est un dévouement de tous les instants pour le bien commun auquel vous pouvez participer.

CredoLending vous donne l’opportunité de devenir prêteur pour les mères enseignantes de Fanjeaux dans le cadre d’un prêt participatif rémunéré.

Le prêt sera remboursé par les ressources financières de leurs activités d’enseignement et par leur fonds de dotation Ad Lucem.

Souhaitez-vous accompagner les Mères dans ce projet et faire fructifier votre épargne au service de cette œuvre éducative ?  

Pour s’informer et investir au profit de ce projet, cliquez ici :
https://www.credofunding.fr/fr/cours-sainte-clotilde-dominicaines-fanjeaux

Nous courons après quatre souverainetés perdues : industrielle, juridique, énergétique et agricole

Emission Face à Philippe de Villiers du 2 février :

Les tensions grandissent entre Paris et Moscou

Selon l’accord finalisé, l’Ukraine bénéficiera d’un soutien financier de 50 milliards d’euros de 2024 à 2027. Les versements annuels seront effectués, répondant ainsi aux exigences de la Hongrie, qui avait d’abord manifesté son opposition à l’octroi d’aide au gouvernement de Kiev. De cette somme, 17 milliards d’euros seront attribués sous forme de dons, et les 33 milliards d’euros restants seront accordés en prêts.

En même temps, on apprend que deux volontaires français d’une association protestante ont été tués et trois autres blessés par une frappe russe en Ukraine. L’attaque a eu lieu à Beryslav, près du Dniepr, où un drone a attaqué le groupe de volontaires en opération. Le communiqué de l’ONG suisse qui dispose d’une cinquantaine d’employés (Ukrainiens et expatriés) pour ses opérations dans le sud et l’est de l’Ukraine et dont le bureau principal est installé à Odessa, précise :

“Un groupe de collaboratrices et de collaborateurs a été attaqué (…) durant une intervention humanitaire. À cette occasion, deux des collègues estimés de l’équipe ont perdu la vie tragiquement et d’autres collaboratrices et collaborateurs ont été blessés”.

L’un des deux Français tués serait un agent de sécurité d’origine biélorusse et de nationalité française après avoir passé 15 ans dans la Légion étrangère (1996-2011) dont le 3e REI. Il serait d’ailleurs toujours domicilié à Calvi…

Attaque au couteau à Paris gare de Lyon

Une attaque au couteau a eu lieu à la gare de Lyon ce samedi 3 février, aux alentours de 8 heures. Les forces de l’ordre sont rapidement intervenues, et une personne a été interpellée.

Au moins trois personnes ont été blessées, dont l’une grièvement.

Selon les premiers éléments, l’homme est un homme originaire du Mali, né en 1992, qui a présenté aux policiers un permis de conduire italien.

Apprêtez-vous à découvrir la Saison 4 de THE CHOSEN pour Pâques

La Saison 3 de THE CHOSEN est sortie à Noël dernier en DVD (vous pouvez commander le coffret ici). Elle est également disponible sur Saje+. Saje travaille actuellement sur le doublage de la Saison 4. Voici la bande-annonce en français de cette nouvelle saison qui prend une tournure plus dramatique :

Le chef de l’État portugais oppose son veto à la loi sur l’identité de genre dans les écoles

Le Président de la République Marcelo Rebelo de Sousa a décidé de renvoyer au Parlement la loi qui permettait aux personnes de choisir un nom sans avoir à s’identifier comme homme ou femme. Il a également mis son veto à la loi sur les mesures à adopter par les écoles pour mettre en œuvre la loi établissant l’autodétermination de l’identité et de l’expression de genre.

En renvoyant cette loi au moment où le Parlement est dissous, Marcelo Rebelo de Sousa “renvoie” cette question à la prochaine législature.

Ce que l’on appelle désormais la “loi sur les toilettes” a également été repoussée à la prochaine législature. Le chef de l’Etat estime que le texte

“ne respecte pas suffisamment le rôle des parents, des tuteurs, des représentants légaux et des associations formées par eux, ni ne clarifie les différentes situations en fonction de l’âge”.

Le Président de la République renvoie ce sujet afin que la future Assemblée puisse

“envisager d’introduire plus de réalisme dans une matière où il ne sert à rien d’affirmer des principes qui se heurtent, par leur géométrie abstraite, aux personnes, aux familles et aux écoles au lieu de les gagner à leur cause, dans une école qui est de plus en plus multiculturelle dans le Portugal d’aujourd’hui”.

Monseigneur Guillibert et l’approbation des associations diocésaines par Pie XI

A l’occasion du centenaire de Maximam gravissimamque (18 janvier 1924), les Archives diocésaines du diocèse de Toulon reviennent sur la réception à Fréjus-Toulon de cette Encyclique approuvant les associations diocésaines que les évêques se voyaient désormais autorisés par Pie XI à créer dans leurs diocèses. Si Monseigneur Guillibert se réjouit de la pacification religieuse que permettait cet accord entre le Vatican et la République française, l’évêque de Fréjus sacré à Rome par saint Pie X en 1906, n’en restait pas moins prudent vis-à-vis d’un Etat se revendiquant toujours profondément laïc. Il avait d’ailleurs envoyé au Pape en décembre 1922 un mémoire confidentiel défavorable à l’option des associations diocèses alors en négociation avec la France. De même, Pie XI encourageant, sans les contraindre, les évêques à créer leurs associations diocésaines, celle de Fréjus-Toulon ne fut fondée qu’après la mort de Monseigneur Guillibert.

Emission Mémoire Diocésaine (RCF-Méditerranée) du 31 janvier 2024 sur la réception de l’Encyclique Maximam gravissimamque (18 janvier 1924) dans le diocèse de Fréjus-Toulon à travers les archives et périodiques diocésains

De la liberté religieuse : Vouloir que l’État moderne se soumette à l’ordre naturel n’est-il pas utopique ?

De l’abbé Claude Barthe à propos d’un ouvrage récent de François Huguenin :

Comment est-on passé dans l’Église du rejet de la liberté religieuse à son acceptation ? C’est le sujet de l’ouvrage de François Huguenin, La grande conversion. L’Église et la liberté de la Révolution à nos jours[1]Brillante explicitation sur cinq cents pages d’un changement de cap. Peut-être que sa focalisation sur la liberté, sauf les pages consacrées à l’évolution de la question du salut, donne-t-elle l’impression que le retournement de Vatican II se réduit à ce point. En fait, l’adoption de la liberté religieuse s’intègre à un infléchissement de l’ecclésiologie consistant à voir hors de l’Église catholique des communautés surnaturelles secondes en quelque sorte. D’où l’œcuménisme, qui accorde une « communion imparfaite » aux séparés, le dialogue interreligieux fondé sur un « respect sincère » des autres religions, et la liberté religieuse qui rend obsolète l’idée d’un État défenseur de l’unique Église. Cet anti-exclusivisme est clairement d’inspiration libérale, via le protestantisme où chaque Église se considère comme la plus parfaite sans cependant prétendre s’identifier totalement à l’unique Église du Christ.

Vatican II et l’État catholique

Disons tout de suite que la virulence des débats sur la liberté religieuse lors de Vatican II s’explique par le fait que la doctrine subvertie était alors connue de tous et qu’elle animait encore, tant bien que mal, un certain nombre d’entités politiques, étatiques ou militantes. Réactiver ces débats aujourd’hui paraît en revanche lunaire, car il paraît désormais évident, dans le catholicisme postconciliaire, que les rapports du politique et du religieux ne peuvent avoir lieu qu’au sein de la laïcité des instances nationales et internationales.

Pour traiter donc de cette question de la liberté religieuse, qui relève du droit public de l’Église, il convient d’avoir à l’esprit ce qu’elle disait de la « constitution chrétienne des États » (Immortale Dei de Léon XIII du 1er novembre 1885). Son discours traditionnel sur les Cités politiques selon le droit naturel était à deux niveaux : il portait sur ces États qui, avant même la connaissance de la Révélation, avaient ou ont une pleine légitimité dans la mesure où ils tendent au « vivre bien » des citoyens, mais auxquels l’adhésion à l’Évangile confère un « baptême » qui souligne le caractère sacré du pouvoir de leurs magistrats (doctrine du Christ-Roi), et les oblige en retour à des obligations envers la vérité de la Révélation.

Certes, les Cités antiques ont rarement ressemblé à celle de Salente, dans Les aventures de Télémaque, et les princes ou chefs d’États chrétiens ont trop peu pratiqué une imitation de saint Louis, les chefs de guerre, de sainte Jeanne d’Arc, et les ministres des finances, de saint Éloi. Pour autant, en ce monde marqué par le péché, les principes élaborés par la tradition d’Aristote, et plus largement de la philosophie grecque, reprise par saint Thomas et toute la théologie subséquente, notamment des XVIIe et XVIIIe siècles, ne relèvent pas plus de l’utopie que l’énoncé des béatitudes. Gouverner sagement est l’idéal auquel devraient se conformer tous chefs de peuples, ce qui, dans le monde qui a reçu la Révélation, veut dire gouverner selon l’inspiration chrétienne, en tentant plus largement d’organiser une paix de Dieu entre les nations « baptisées ».

Cet idéal, aujourd’hui évacué, de chrétienté et dont le vide est comblé par un mondialisme humaniste, peut se comparer à la surélévation de cette institution naturelle qu’est le mariage à la dignité de sacrement. L’analogie étant imparfaite, car les Cités chrétiennes ne naissent pas, comme la société des époux, d’un acte sacramentel. Mais comme une famille devient chrétienne, ont été « baptisées » ces sociétés qui sont ontologiquement premières pour l’homme, animal politique, par la profession de foi de leurs peuples et de leurs magistrats. Chacune, sans être marquée par un caractère, est comme refondée par cette profession de foi, sans laquelle désormais elle n’est plus elle-même. Chrétienne reste la France, notre mère charnelle et spirituelle, terre de saints, couverte d’un manteau d’églises et de cathédrales, toujours fille aînée de l’Église, aussi défigurée qu’elle soit par le masque laïque dont on l’a affublée.

À l’encontre de cela, de manière apparemment annexe mais en réalité fondamentale, est venu le n. 2 de la déclaration Dignitatis humanæ de Vatican II : « Ce Concile du Vatican déclare que la personne humaine a droit à la liberté religieuse. Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être exempts de toute contrainte de la part tant des individus que des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu’en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience ni empêché d’agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d’autres. »

Que nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience en matière religieuse ne pose pas de problème. Rien, en effet, n’autorise à contraindre les consciences d’accepter la foi divinement révélée, tout simplement parce qu’un acte de foi ne peut être qu’un acte propre d’une âme surélevée par la grâce. L’Église a toujours enseigné que personne ne peut être « amené malgré lui à embrasser la foi catholique[2]. » Et bien évidemment, ne pose aucun problème, au contraire, l’affirmation que nul ne soit empêché d’exprimer la vérité chrétienne : cela relève en fait de la liberté de l’Église, à laquelle participe chaque catholique.

Ce qui fait difficulté est le droit d’agir en public selon sa conscience lorsque celle-ci est dans l’erreur. Autrement dit le droit de diffuser l’erreur au même titre que la vérité. Sans doute, bien avant Internet, les déviations morales, erreurs, hérésies, mensonges se répandaient dans toutes les sociétés chrétiennes. Mais elles étaient frappées, d’une manière ou d’une autre, censure, coaction, du sceau de l’illégitimité. Au reste, que l’erreur soit connue en même temps que contredite et combattue est assurément chose bonne et nécessaire : philosophie et théologie ont toujours vécu dans d’indispensables controverses. Mais pas plus que des parents chrétiens ne sauraient laisser accéder des doctrines erronées à l’esprit de leurs enfants à égalité avec celles leur apportant le pain de la vérité, pas davantage les magistrats d’une Cité faisant profession de catholicisme ne le doivent pour les citoyens dont ils ont la charge. Ils remplissent au mieux ce devoir en développant leur capacité critique de combattre les erreurs. Ce qui est, tout au contraire du laisser-faire laisser passer, une vraie manière de les traiter en adultes libres et forts.

Contre quoi vient l’affirmation découlant du n. 2 de Dignitatis humanæ qui veut qu’en toute hypothèse les hommes ne puissent jamais être empêchés par un pouvoir humain – et donc spécialement le pouvoir souverain de l’État – d’exprimer publiquement une erreur religieuse que leur dicte leur conscience erronée. La déclaration conciliaire précise que cette expression ne doit pas dépasser de « justes limites » (justes limites dont l’État déciderait qu’elles ont été franchies, par exemple, en Occident, par la polygamie, en Afrique par la sodomie, etc.), ce qui ne change rien au principe : un État qui fait profession de catholicisme ne peut plus interdire – frapper d’illégitimité – le culte public, l’expression et la diffusion publique d’erreurs contre la foi ou contre les mœurs.

L’obligation de permettre (ne pas empêcher) à égalité la diffusion paisible du vrai et du faux, qui pèse désormais sur l’État, revient à consacrer sa neutralité religieuse intrinsèque. Selon Dignitatis humanæ, même si l’État se disait catholique, il devrait tout de même accorder des droits identiques à toutes les religions. Ce que confirme le n. 6 de la déclarationqui fait de l’État catholique, au même titre qu’un État anglican, luthérien, musulman, etc., une sorte de singularité dépassée: « Si, en raison des circonstances particulières dans lesquelles se trouvent certains peuples, une reconnaissance civile spéciale est accordée dans l’ordre juridique de la Cité à une communauté religieuse donnée, il est nécessaire qu’en même temps, pour tous les citoyens et toutes les communautés religieuses, le droit à la liberté en matière religieuse soit reconnu et sauvegardé. »

De la sorte, Vatican II a écarté comme obsolète cette doctrine rappelée depuis la Révolution par le magistère pontifical avec une force comme désespérée : le pouvoir civil ne peut pas se montrer indifférent vis-à-vis de la vraie religion. Car, comme la famille, comme toute société naturelle, la Cité ne saurait être athée. Elle doit donc honorer et vénérer Dieu, ce qui, depuis la prédication de l’Évangile, pour les peuples qui l’ont entendue, se fait selon le culte rendu dans et par l’Église du Christ[3]. Par le fait, la puissance civile doit garantir à l’Église une pleine liberté pour remplir sa mission, liberté qui n’est autre que celle du Christ et de l’Évangile.

Tel est le principe, que son exception, la tolérance civile, fait mieux encore comprendre. On prend ici le terme de tolérance dans le sens classique et non dans celui de Locke[4] : tolérer c’est souffrir un mal, parce qu’on ne peut pas ou qu’on ne veut pas l’empêcher, car sa répression créerait de grands troubles, mais qui jamais, même par prescription, ne deviendra un bien. La tolérance civile est ainsi le fait de l’État vis-à-vis de divers maux qui peuvent se propager publiquement parmi les citoyens, spécialement en matière de doctrine religieuse ou morale. Le discours Ci riesce de Pie XII du 6 décembre 1953 (assez surréaliste au reste, dans la mesure où il traite de communautés internationales, de type ONU, UNESCO, censées aptes à se conformer au droit naturel) en contient une formulation précise : « « Dans le champ du monde, laissez croître la zizanie avec la bonne semence à cause du froment » (Mt 13, 24-30). Le devoir de réprimer les déviations morales et religieuses ne peut donc être une norme ultime d’action. Il doit être subordonné à des normes plus hautes et plus générales qui, dans certaines circonstances, permettent et même font apparaître comme le parti le meilleur celui de ne pas empêcher l’erreur, pour promouvoir un plus grand bien. […Ce qui se résume en deux principes :] Premièrement : ce qui ne répond pas à la vérité et à la loi morale n’a objectivement aucun droit à l’existence, ni à la propagande, ni à l’action. Deuxièmement : le fait de ne pas l’empêcher par le moyen des lois de l’État et de dispositions coercitives peut néanmoins se justifier dans l’intérêt d’un bien supérieur et plus vaste[5]. »

Un magistère pontifical de combat

François Huguenin décrit et commente les principaux actes du magistère pontifical depuis la Révolution opposés à la liberté, du moins selon son point de vue (il convient lui-même que Libertas de Léon XIII affirme au contraire que ce magistère est au service de la vraie liberté). La violence congénitale qui fut celle de la Révolution, avant même la Terreur, expliquerait largement la véhémence des condamnations, comme par exemple chez Grégoire XVI : « De cette source empoisonnée de l’indifférentisme, découle cette maxime fausse et absurde ou plutôt ce délire qu’on doit procurer et garantir à chacun la liberté de conscience, erreur des plus contagieuses, à laquelle aplanit la voie cette liberté absolue et sans frein des opinions qui, pour la ruine de l’Église et de l’État t, va se répandant de toutes parts, et que certains hommes, par un excès d’impudence, ne craignent pas de représenter comme avantageuse à la religion[6]. » Excès oratoire ? Force est cependant de constater que ce discours décrit ce que nous avons sous les yeux près de deux cents ans après, à savoir les législations criminelles et contre-nature qu’en viennent à élaborer les sociétés libérales en leur dernier état de décomposition. En fait, la violence révolutionnaire radicale, destructrice de la Cité naturelle et chrétienne, avant d’être celle de la guillotine, a été incluse dans les Droits de l’Homme, qui font que le pouvoir n’émane plus de Dieu, comme l’affirme saint Paul (Rm 13, 1), car « le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la nation » (art. 3 de la Déclaration), et que la loi, « expression de la volonté générale » (art. 6), est par le fait décrochée de sa référence à la loi divine.

C’est d’ailleurs très justement que F. Huguenin insiste sur le fait que les textes pontificaux de condamnation de la liberté, ceux de Pie IX par exemple, ne visaient pas les libéraux extérieurs à l’Église, mais bien les libéraux catholiques ou proches du catholicisme, hommes modérés, comme Montalembert ou Tocqueville, dont le propos, tout mesuré qu’il ait été, n’en était pas moins une défense de la liberté moderne.

Ce que ne prennent pas en compte, en revanche, ni François Huguenin, ni ces catholiques libéraux (ni même, paradoxalement les papes d’avant Vatican II dans leur diplomatie de conciliation qui a semblé parfois prête à tout pour obtenir la liberté de culte, du sacre de Napoléon aux consignes de Ralliement), c’est la nature de l’État nouveau fondé sur ce que Léon XIII qualifie dans Immortale Dei de « droit nouveau », où « l’autorité publique n’est que la volonté du peuple, lequel, ne dépendant que de lui-même, est aussi le seul à se commander. » Ce « droit nouveau » est à ce point subversif du droit naturel que la catégorie classique de tyrannie, qui qualifie le gouvernement substituant un bien particulier au bien commun, n’est pas vraiment adaptée à cette situation complètement nouvelle créée par la Révolution, où les notions de « bien commun » et de « légitimité » en leur sens classique ne sont plus adéquates.

Le retournement est d’autant plus manifeste que l’État, auquel s’est substituée cette nouvelle forme de gouvernement des peuples, était chrétien. De sorte que l’État nouveau évacue tant la référence à la loi naturelle que la confession chrétienne qui soutenait et sacralisait cette référence. Confession catholique exclusive, dans le principe, de toute publicité donnée à l’erreur, même si le principe admettait de larges tolérances. La marque originelle de l’État moderne, fût-il tolérant vis-à-vis du catholicisme et professant une « laïcité positive », voire même intégrant encore dans sa législation un certain respect de l’ordre naturel en raison de l’état de l’opinion publique, est le rejet de principe de la souveraineté sans partage du Christ : « Nous ne voulons pas que celui-là règne sur nous » (Lc 19, 14). Rejet d’autant plus radical que l’ultramodernité a amené une seconde vague de sécularisation, qui a pour ainsi dire sécularisé la modernité elle-même en s’attaquant aux réalités naturelles qu’elle avait encore conservées mais en les réinterprétant à sa manière, État, nation, et même nature et raison.

La doctrine du Christ-Roi

François Huguenin évoque, mais sans lui donner l’importance considérable qu’elle a eu, l’encyclique Quas Primas de Pie XI du 11 décembre 1925, sur la royauté politique et institutionnelle du Christ. Au XXe siècle, elle a servi de référence pour la résistance contre l’État moderne et d’objet d’approfondissement théologique pour les dernières générations des tenants de la doctrine romaine contre-révolutionnaire.

Quas primas développait au fond une théologie politique christocentrique : les gouvernants tiennent leur pouvoir de Dieu (Rm 13, 1), lequel a remis toutes choses au Christ (1 Co 15, 27), si bien que, du point de vue civil, ils sont les représentants de Jésus-Christ, comme les évêques et le pape le sont du point de vue religieux. Dans la mesure, bien entendu, où ils servent le bien commun. Le pouvoir du Christ en son humanité sur tous les hommes et toutes les sociétés humaines, explique l’encyclique, est la conséquence de l’union de la nature humaine et de la nature divine du Christ dans la Personne du Verbe, l’union hypostatique, et est aussi la conséquence de sa conquête par sa mort sur la Croix des âmes de tous les hommes. De ce fait, princes et magistrats, dont l’autorité découle de celle du Christ Homme-Dieu et Rédempteur, sont revêtus d’un caractère christique qui fait prendre tout son sens au droit divin.

Ceci éclaire le fait qu’il existe une certaine analogie entre la notion de bien commun naturel et celle, d’ordre surnaturel qui se déploie dans la communion du Corps mystique. Ernst Kantorowicz, dans Les deux corps du Roi[7] relève que des relations réciproques entre Église et État permettaient au Moyen Âge des emprunts dans les symboles de l’un et l’autre pouvoir, faisant que le sacerdotium avait une allure impériale et le regnum un aspect religieux. Si bien que l’ensemble des citoyens était aussi désigné comme Corpus mysticum. En effet, même si la communauté constituant un État – fût-il l’empire chrétien – n’a pas les dimensions universelles de l’Église, elle est à son échelle et dans son ordre, un corps qui est blessé par les fautes civiques, injustices, rébellions des citoyens, comme il est enrichi par leur vertu. L’amitié qui lie les citoyens (comme la charité qui joint les membres de l’Église), fondement du patriotisme, a sa plus haute manifestation dans le sacrifice de sa vie pour le corps de l’État tout entier.

Cependant, il est souvent arrivé et il peut arriver, même après la diffusion de l’Évangile, que la majeure partie des citoyens et les gouvernants ne professent pas la foi catholique, ou bien ne connaissent pas le fait de la Révélation. Il reste à ce pouvoir civil non catholique à se conformer aux préceptes de la loi naturelle, que peut, dans l’idéal, lui rappeler l’Église, à laquelle il devait laisser pleine et entière liberté. On pense à l’attitude d’un certain nombre de pouvoirs païens vis-à-vis du catholicisme.

C’est en somme dans ce dernier contexte que se placent les développements du P. Louis-Marie de Blignières dans son article : « Le Christ-roi et la liberté religieuse. La royauté sociale du Christ, doctrine périmée ou pérenne ? »[8], où il explique que « si la loi divine requiert le principe d’une reconnaissance sociale et communautaire de la vraie religion, elle n’exige pas une expression particulière de cette reconnaissance (par exemple dans des constitutions écrites ou des concordats). Dans une société qui ne jouit pas de l’unité de croyance dans la foi catholique, la loi divine exige que les chrétiens (et les hommes de bonne volonté) aient le souci de travailler à ce que la société civile honore la loi naturelle et qu’elle donne à l’Église la possibilité de prêcher l’ordre surnaturel. » Il faut malheureusement considérer que nous ne sommes pas aujourd’hui dans une société païenne « classique », mais dans une société laïque, qui peut d’ailleurs éventuellement respecter encore certains préceptes de la loi naturelle[9].

La Note doctrinale sur certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du 24 novembre 2002, représente bien la pensée romaine d’après Vatican II sur la démocratie moderne, qui n’intègre pas le fait qu’elle soit une société d’apostasie. D’une part, elle présente la laïcité et la non-confessionnalité de l’État comme des évidences : « La promotion en conscience du bien commun de la société politique n’a rien à voir avec le “confessionnalisme” ou l’intolérance religieuse » (n. 6). Et pourtant, d’autre part, elle voudrait que l’État démocratique respectât la morale naturelle : « Pour la doctrine morale catholique, la laïcité, comprise comme autonomie de la sphère civile et politique par rapport à la sphère religieuse et ecclésiastique – mais pas par rapport à la sphère morale [c’est nous qui soulignons] –, est une valeur acquise et reconnue par l’Église, et elle appartient au patrimoine de civilisation déjà atteint. » C’est postuler que la démocratie moderne est faite pour se soumettre à la loi naturelle (en fait à une partie de la loi naturelle, car le devoir pour l’État de rendre à Dieu est de droit naturel), ce que précisément cette démocratie ne fait qu’accidentellement. L’enseignement politique postconciliaire, au moins jusqu’au pape François, s’intègre au projet bien connu de la correction de l’effet (lutter contre les mauvaises lois morales), sans remonter à la cause (un autre type de légitimité qui ignore la loi de Dieu), dans la ligne des directives données par Léon XIII aux catholiques français les engageant à accepter le régime nouveau pour en corriger les lois[10].

L’effort inefficace de l’herméneutique de réforme dans la continuité

La pensée du P. de Blignières résume très justement la royauté sociale du Christ, comme « le rayonnement temporel de l’Incarnation ». Mais il se place sur une ligne de crête très ratzinguérienne. Selon lui la déclaration conciliaire sur la liberté religieuse ne contredit en rien la doctrine du Christ-Roi. Pourtant le caractère exclusif dans le principe – sous réserve, encore une fois, de toutes les tolérances possibles – du droit qu’ont ceux qui expriment la vérité et le bien moral à être librement diffusés dans l’espace public, est contredit par l’affirmation que nul ne peut être empêché d’agir en public, dans de justes limites, en conscience.

Dans son discours bien connu à la Curie du 22 décembre 2005, Benoît XVI distinguait comme on sait deux interprétations de la réforme conciliaire, « l’herméneutique de la discontinuité et de la rupture », qu’il estimait néfaste, et « l’herméneutique de la réforme ou du renouveau dans la continuité », qu’il faisait sienneBenoît XVI défendait, en somme, son interprétation du Concile sur deux fronts : contre l’interprétation « progressiste », mais aussi contre les opposants au Concile (la minorité conciliaire et les traditionalistes).

Et il donnait comme exemple Dignitatis humanæ : « Il fallait définir [lors du Concile] de façon nouvelle le rapport entre Église et État moderne », ce qui fut fait en adoptant « à travers le Décret sur la liberté religieuse un principe essentiel de l’État moderne. » Le pape évoquait les condamnations radicales du libéralisme par les papes qui avaient précédé Vatican II, mais, expliquait-il, ce libéralisme avait changé. Il n’était pas nécessairement antireligieux, car la science moderne était devenue plus modeste dans l’affirmation de sa capacité d’expliquer le monde. Du coup, la laïcité de l’État moderne, plus neutre qu’hostile si on veut, sur le modèle de l’État américain, était devenue plus acceptable. Des hommes d’État catholiques [comprendre les démocrates-chrétiens allemands et italiens des années 50 à 70 du XXe siècle] avaient démontré qu’il pouvait exister un État laïc, respectant l’éthique naturelle. Sauf, encore une fois, que la reconnaissance de Dieu et le culte devant lui être rendu par l’État en font aussi partie[11].

On peut de là, soit appuyer sur l’aspect de « réforme » de l’« herméneutique de réforme dans la continuité », soit appuyer sur son aspect de « continuité ». François Huguenin est dans le premier cas, soulignant que si Benoît XVI, dans ce discours, affirme que Dignitatis humanæ ne contredit pas la foi de l’Église (la déclaration conciliaire, dans son n. 1, rappelle en effet « la doctrine catholique traditionnelle au sujet du devoir moral de l’homme et des sociétés à l’égard de la vraie religion et de l’unique Église du Christ »), il admet bien qu’« ont été corrigées certaines décisions historiques » des papes antérieurs.

Le P. Basile Valuet, à l’inverse, insiste sur la continuité de cette herméneutique  avec sa thèse résumée dans : Le droit à la liberté religieuse dans la tradition de l’Église[12].François Huguenin épingle le P. Valuet, qui explique le fait qu’on soit passé de la tolérance pour la diffusion de l’erreur au droit à cette diffusion en affirmant que la liberté religieuse est un « droit à la tolérance ». Mais François Huguenin lui-même ne procède-t-il pas à un tour de passe-passe en affirmant que la liberté religieuse est une rupture sans en être une : non pas une rupture doctrinale, mais une rupture politique ? Car il faut selon lui distinguer « entre ce qui relève de la foi et ce qui relève de l’ethos, qui est le caractère, la manière d’être, l’ensemble des comportements habituels d’un individu ou d’un groupe ». Dignitatis humanæ « met en cause, non pas la foi de l’Église, identique et immuable, mais son rapport au politique, sa manière d’être vis-à-vis du pouvoir civil, sa manière d’envisager les relations entre celui-ci et les individus[13]. » Solution qui peut sembler un artifice, mais qui reprend au fond sur un autre mode plus ou moins superposable, la distinction de Jean XXIII puis de Vatican II lui-même entre enseignement dogmatique et enseignement pastoral.

Sauf que les papes d’avant disaient expressément qu’ils parlaient doctrinalement des liens entre politique et religieux. Ainsi, Léon XIII dans Immortale Dei : « La première de toutes [les facilités que l’État doit fournir aux citoyens pour aller vers leur fin] consiste à faire respecter la sainte et inviolable observance de la religion, dont les devoirs unissent l’homme à Dieu. […] Dans sa Lettre-Encyclique Mirari vos, du 15 août 1832, Grégoire XVI, avec une grande autorité doctrinale [c’est nous qui soulignons], a repoussé ce que l’on avançait dès lors, qu’en fait de religion, il n’y a pas de choix à faire : que chacun ne relève que de sa conscience et peut, en outre, publier ce qu’il pense. »

* * *

Le fait est que la Cité chrétienne a disparu de la surface de la terre et toute réflexion sur son rétablissement, fût-il très lointain, paraît relever de l’utopie. D’autant que le catholicisme lui-même est devenu comme étranger au monde contemporain.

Mais vouloir que l’État moderne se soumette à l’ordre naturel n’est-il pas aussi utopique ? On s’accordera sur le fait que si cette société est un désordre institutionnalisé, le chrétien qui y est immergé, tout en organisant une survie religieuse et familiale, en même temps qu’une transmission, peut chercher avec prudence à peser sur certains leviers sociaux, politiques. Mais on s’accordera aussi sur le fait que vouloir la fin du désordre relève d’un changement de nature et pas seulement de degré dans l’ordre des choses.

D’ailleurs, une déstabilisation du désordre établi peut bien advenir plus rapidement qu’on ne le pense, du seul fait que la désintégration de l’ordre naturel, économique, social, familial, auquel s’emploie systématiquement la société politique moderne, est par elle-même suicidaire. Ce qui ne veut pas dire qu’un effondrement général toujours possible engendrera comme par miracle une sortie des régimes modernes. Si l’Église divine a besoin des hommes, notamment de pasteurs dignes de ce nom, à combien plus forte raison la Cité des hommes a-t-elle besoin d’hommes pour la relever et la conduire. Peut-être d’ailleurs que la Cité des hommes a elle aussi besoin préalablement d’évêques pour la sortir d’un coma prolongé, tout comme à l’époque de l’effondrement de l’empire romain, mais d’une tout autre manière. En cela aussi, ne faut-il pas espérer contre toute espérance ?

Abbé Claude Barthe


[1]  Cerf, 2023.

[2] Pie XII, Mystici Corporis.

[3] « C’est un devoir [rendre culte à l’unique vrai Dieu] qui oblige en premier lieu les hommes pris en particulier, mais c’est aussi un devoir collectif de toute la communauté humaine basée sur des liens sociaux réciproques, parce qu’elle aussi dépend de l’autorité suprême de Dieu » (Pie XII, Mediator Dei).

[4] Dans sa Lettre sur la tolérance, John Locke dégage l’État de tout devoir religieux, sauf celui d’assurer la liberté à toutes les religions, et aussi de réprouver l’athéisme (et le catholicisme !). Cette conception de la tolérance a largement été adoptée par le catholicisme américain. Son influence, représentée à Vatican II par celle du théologien jésuite John Courtney Murray, a été considérable.

[5] Dans tout ce qui est dit ici de l’État, on pourrait donner de nombreuses références dans le magistère pontificat de Pie VI à Pie XII. C’est volontairement que nous indiquons les derniers témoignages sur cette doctrine.

[6] Grégoire XVI, Mirari vos, 15 août 1832.

[7] Gallimard, 1989.

[8] Claves, 24 décembre 2023,  Le Christ roi et la liberté religieuse – Claves.

[9] Voire y être forcée par la rue, ce qui est rarissime, comme lors du retrait de la loi Savary, restreignant la liberté des écoles catholiques, en 1984.

[10] Léon XIII, Au milieu des sollicitudes, du 16 février 1892.

[11] Le Catéchisme de l’Église catholique, au n. 2105, parle bien du devoir pour les hommes et les sociétés de rendre à Dieu « un culte authentique » à l’égard de « la vraie religion et de l’unique Église du Christ »  (DH 1). Mais le contenu du flacon ne répond pas à l’étiquette. Le CEC baptise « culte » l’évangélisation par laquelle peut être obtenue une imprégnation d’esprit chrétien des institutions : « En évangélisant sans cesse les hommes, l’Église travaille à ce qu’ils puissent « pénétrer d’esprit chrétien les mentalités et les mœurs, les lois et les structures de la communauté où ils vivent » (Apostolicam actuositatem, n. 10). Le devoir social des chrétiens est de respecter et d’éveiller en chaque homme l’amour du vrai et du bien. Il leur demande de faire connaître le culte de l’unique vraie religion qui subsiste dans l’Église catholique et apostolique (cf. DH 1). […] L’Église manifeste ainsi la royauté du Christ sur toute la création et en particulier sur les sociétés humaines. »

[12] Éditions Sainte-Madeleine, 2005.

[13] La grande conversion, op. cit., pp. 377 et 378.


[1] Le présent article est simultanément publié sur les sites de L’Homme nouveau et de Res Novæ.

La plante de l’abbaye de Maylis, aussi fameuse que mystérieuse

Peut-être connaissez-vous ou avez-vous déjà lu quelques lignes sur l’abbaye de Maylis dans les Landes… Mais avez-vous déjà entendu parler de leur fameuse “tisane de Maylis” ? Les moines cultivent en effet sur place une plante étonnante, depuis 1959, qu’ils transforment notamment en tisane pour profiter de ses bienfaits. Mais quels sont-ils ? Quelle est l’histoire de cette plante ? Montez avec Divine Box, direction les Landes, pour découvrir tout ça !

L’abbaye de Maylis en 1 minute

C’est dans les Landes que se déroule l’histoire de l’abbaye de Maylis. Au cœur de la Chalosse, un sanctuaire marial se dresse en effet ici depuis le XIVe siècle ! Au fil du temps, le lieu a connu plusieurs guerres de Religion puis la Révolution française en 1789. Le lieu est alors mis à sac, puis laissé à l’abandon jusqu’en 1857, date à laquelle une communauté de prêtres a décidé de s’y installer pour y donner un nouveau souffle !

Puis, en 1946, la communauté de Tourtarel déménage pour s’installer définitivement à Maylis. Le monastère s’élèvera très vite au rang d’abbaye, en 1948. C’est le début d’un nouveau rayonnement pour le sanctuaire !

Actuellement, une dizaine de moines vit à l’abbaye de Maylis et suit donc la règle de saint Benoît : prie et travaille (« Ora et labora »). Petite subtilité : ils sont “olivétains”, l’une des trois grandes congrégations bénédictines (avec Solesmes et Subiaco-Mont-Cassin), et ont donc un habit blanc ! Ils chantent sept offices quotidiennement, dont un premier (les Vigiles) qui commence à 5h20 du matin. Et entre temps ces temps de prière en communauté, les moines travaillent de leurs mains pour subvenir à leurs besoin, notamment en produisant de la cire (pour meubles et parquets) et de la tisane dépurative !

Les bénédictins olivétains de Maylis en pleine Messe ​​© Divine Box

Une plante merveilleuse !

La plante de Maylis, ou “Lépidium Latifolium” (nom scientifique), est en réalité déjà connue depuis bien longtemps. Sainte Hildegarde en parlait notamment en ces termes élogieux au XIIe siècle : « ce qu’il contient d’aigre et d’amer n’attaque pas l’homme à l’intérieur, mais le guérit. Un homme qui a un cœur faible et un estomac malade mangera le Lepidium cru et il le fortifiera. De même, celui qui est triste retrouvera sa joie. Si on le mange, il guérit les yeux et les rend limpides ». Rien que ça !

A Maylis en tout cas, tout commence en 1952 : « dans votre enclos, il y a une fortune » annonce alors un vieil homme de passage chez les moines. Après des discussions, la communauté se décide finalement à cultiver cette plante, apparemment anodine. Et quelques années plus tard, la plante va faire parler d’elle : en 1958, un ami du monastère parle au père Emmanuel de douleurs aiguës provoquées par des coliques néphrétiques. Le frère prépare alors une décoction à base de la plante à son ami. Celui-ci est guéri deux jours après. Le Père Emmanuel aimait plaisanter à ce sujet : « Depuis ce jour, je crois en deux choses : en Dieu bien sûr, et en la plante de Maylis ! ». Et c’est donc depuis 1959 que les moines de Maylis commercialisent la plante !

Côté fabrication, les moines font tout à la main, de la plantation jusqu’au triage, en passant par le repiquage, la récolte et le séchage. La marque MONASTIC, présente sur les emballages, certifie d’ailleurs cette authenticité monastique. Seul le conditionnement est réalisé en partie par un ESAT employant des personnes en situation de handicap.

​​

Frère B. en plein repiquage de la plante de Maylis © Divine Box

Les nombreux bienfaits de la tisane de Maylis

La tisane de Maylis n’est pas tant réputée pour son goût, mais plutôt pour ses nombreuses vertus drainantes et détoxifiantes. Elle participe en effet au bon fonctionnement digestif (intestins), biliaire (foie), rénal (reins) et urinaire. Les frères aiment aussi rappeler que la plante possède des propriétés bénéfiques pour la peau, aide à éliminer l’acide urique (déchets du corps humain) et soulage les courbatures.

Pourtant, ironie du sort, impossible de justifier les vertus de la plante grâce à des analyses ! « Nous avons tenté à plusieurs reprises de faire des analyses de la composition de la plante, mais à chaque fois, un événement s’est produit qui nous en a empêché » explique frère J. avec amusement…

En tisane ou en gélules, la plante de Maylis peut se prendre tout au long de l’année, mais elle est recommandée en particulier pendant l’hiver, ou lors des changements de saison, au printemps et à l’automne. Pour une cure de tisane de Maylis de 18 jours, prendre une tasse par jour pendant les trois premiers jours de la cure, puis trois tasses par jour pendant quinze jours. Si besoin, cliquez ici pour lire le guide d’utilisation de la plante de Maylis.

La plante de Maylis existe aussi en gélules © Abbaye de Maylis

En savoir plus

Pour trouver la tisane et les autres produits de l’abbaye de Maylis (comme la cire du Bénédit et la cire du père Fulgence), vous pouvez vous rendre sur place et en profiter pour passer le bonjour aux moines et partager un office avec eux ! Voici leur adresse : Abbaye Notre-Dame, 455 avenue Chalosse, 40250 Maylis. Sinon vous pouvez retrouver en ligne les produits de l’abbaye de Maylis chez Divine Box.

“Aucune vie n’est trop frêle, trop insignifiante pour être ignorée dans le plan du salut par son Créateur et Sauveur.”

Homélie du Très Révérend Père Dom Jean Pateau, Abbé de Notre-Dame de Fontgombault, prononcée ce matin :

Chers Frères et Sœurs,
Mes très chers Fils,
C’est le 2 février 1997 qu’à l’initiative de saint JeanPaul II, eut lieu la première Journée de la vie consacrée, à la suite notamment de l’exhortation apostolique post-synodale Vita consecrata publiée en la fête de l’Annonciation, le 25 mars, un an plus tôt. Le Pape polonais assignait à cette journée un triple but :

  • remercier le Seigneur pour le grand don de la vie consacrée qui enrichit et réjouit l’Église,
  • faire mieux connaître et apprécier cette vie, mémoire vivante du Fils appartenant totalement au Père,
  • inviter les personnes consacrées à célébrer les merveilles que le Seigneur a accomplies en elles, à réfléchir sur le don reçu, à découvrir, dans un regard de foi toujours plus pur, le rayonnement de la beauté divine diffusé par l’Esprit dans leur forme de vie, et à prendre conscience de leur mission incomparable dans l’Église pour la vie du monde.

En choisissant ce jour, le saint Pape ne faisait qu’institutionnaliser un usage, vieux déjà de plusieurs décennies ; des religieux et religieuses se rassemblant traditionnellement autour du pape et
des évêques en ce jour. Citons un peu longuement le message du Pape à l’occasion de cette première journée :

Dans la scène évangélique est révélé le mystère de Jésus, le Consacré du Père, venu dans le monde pour accomplir sa volonté. (cf He 10,5-7) Le vieillard Syméon le proclame “Lumière pour éclairer les nations païennes”, et  par ses paroles prophétiques, annonce l’offrande plénière de Jésus à son Père, et sa victoire finale. (cf Lc 2, 32-35) Marie, la Mère de Jésus, s’associe par le même mouvement d’oblation à la présentation du Christ. Une fois encore est manifestée l’union permanente du Fils et de sa Mère dans leur offrande unique et totale pour le salut du monde.

La Présentation de Jésus au temple est une éloquente icône du don total de soi pour tous ceux qui ont été appelés à reproduire dans l’Église et dans le monde, par les conseils évangéliques, “les traits caractéristiques de Jésus chaste, pauvre et obéissant.” (Vita consecrata 1) La Vierge Marie qui porte Jésus au temple et l’offre au Seigneur, exprime très bien l’attitude de l’Église qui continue d’offrir ses fils et ses filles au Père et les associe à l’unique oblation du Christ, cause et modèle de toute consécration dans l’Église. (Message du 6 janvier 1997)

Dans la pensée du Saint-Père, le consacré conduit sa vie à l’image du Christ, le Consacré du Père. Il se place dans les mains de l’Église, qui offre cette vie au Père et l’associe à l’unique
oblation du Christ. La fête de ce jour nous renvoie au jour de l’Annonciation, au Fiat prononcé par la Vierge Marie et qui est l’icône de chacun de nos propres Fiat. Dans un monde où la lutte semble le meilleur moyen d’affirmer son existence, il n’est plus évident de consentir au Oui libérateur ; au Oui qui ouvre à la communion avec Celui qui est source de la vraie vie. Les paroles d’Élisabeth à Marie lors de la Visitation prennent une clarté nouvelle :

Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. (Lc 1,45)

Le premier acte de l’âme consacrée est de croire, de consentir au plan de Dieu sur sa vie et d’accepter de donner radicalement celle-ci.

Du cœur offert de Marie naît un cantique dont l’Église s’est souvenu et qu’elle redit chaque jour à la fin de l’office des vêpres : le Magnificat. Oui, Dieu se penche sur chaque vie offerte et fait des merveilles pour chacun de ses serviteurs. L’épisode de la Présentation au Temple repris dans son ensemble, ne fait que confirmer cela. Alors que Joseph et Marie s’approchent du Temple pour obéir au rite imposé par la loi, voici qu’un vieillard du nom de Syméon, et qu’une femme prophète, Anne, viennent à eux ; rencontre improbable au milieu d’une foule d’anonymes, rencontre nécessaire à l’accomplissement d’une promesse. Syméon avait en effet « reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. » (Lc 2,26) Dieu est toujours fidèle.

Au moment où notre pays se prépare à légiférer sur l’avortement et sur l’euthanasie, soulignons comment Dieu se penche sur deux vieillards qui consacrent leur vie autour du Temple, le lieu
de la rencontre avec Dieu, le lieu de l’offrande et le lieu de la bénédiction. N’oublions pas que c’est un enfant qui les convoque en ce lieu. Aucune vie n’est trop frêle, trop insignifiante pour
être ignorée dans le plan du salut par son Créateur et Sauveur.

Mais quelle est la première des merveilles que Dieu fait à l’âme consacrée, si ce n’est le don de sa vie, le don de l’Esprit ? Ainsi l’ange Gabriel commence-t-il par annoncer à Zacharie au
sujet de Jean-Baptiste : « Il sera rempli d’Esprit Saint dès le ventre de sa mère. » (Lc 1,15) Il salue ensuite Marie comme la « comblée de grâce » et reconnaît : « Le Seigneur est avec toi ».
À Marie qui l’interroge sur sa conception, il répond : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre. » (Lc 1,35) Lors de la Visitation, Élisabeth, elle
aussi, est remplie de l’Esprit-Saint après que l’enfant a tressailli en elle. (Lc 1,41) C’est rempli de l’Esprit-Saint que Zacharie prononce les paroles prophétiques du Benedictus. (Lc 1,67)
Syméon était de ces âmes. Il « attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. » (Lc 2,25) Sous l’action de ce même Esprit, il vint au Temple. (Lc 2,27) C’est enfin sous la motion
de l’Esprit qu’il prophétise :

Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction et toi, ton âme sera traversée d’un glaive : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. (Lc 2,34-35)

Anne prophétise également, proclamant les louanges de Dieu et parlant de l’Enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. (cf Lc 2,38)

Mais l’appel reçu par Syméon et Anne à venir à la rencontre du Seigneur, ne s’adresse pas, encore aujourd’hui, qu’aux seuls religieux. C’est toute âme, et en particulier toute âme baptisée,
qui est appelée à se mettre en route vers son Seigneur. Nulle âme ne ressortira indemne de la rencontre, de l’accueil de son Seigneur.

Implorons par l’intercession de Marie pour les communautés religieuses le don de vocations ; demandons au Seigneur la grâce de la persévérance dans la fidélité pour les consacrés, afin que le Benedictus et le Magnificat continuent de retentir à travers des vies totalement données, et que la grâce de Dieu rayonne sur le monde. Amen.

L’extrême gauche tente d’agresser le Syndicat de la famille à Marseille

A l’appel de divers lobbies LGBTXYZ et d’élus dont deux adjoints au maire, Sophie Roques, adjointe au maire de Marseille chargée de l’état civil, et Théo Challande Névoret, adjoint au maire de Marseille en charge notamment de la lutte contre les discriminations, une centaine de voyous ont manifesté à Marseille contre Ludovine de La Rochère, venue faire une conférence sur « Le wokisme, un danger pour la famille ? ».

C’est la violence qui primait : ils aspergeaient de farine et de bière les personnes qui osaient vouloir entrer et les insultaient. Sous le regard bienveillant de la police.

Ludovine de La Rochère n’a pas froid aux yeux :

«Je ne céderai pas face à cette pression inacceptable».

«Nous avons déjà éprouvé des difficultés et reçu des insultes par le passé. Mais c’est la première fois qu’il y a des élus municipaux et des partis politiques qui déclarent que ma venue est indue». «On sait bien que c’est le fait d’une minorité agissante, qui refuse tout dialogue et toute forme de liberté d’expression. Toutes ces organisations sont absolument intolérantes. Je crois que c’est l’une de leurs caractéristiques».

Vers un “permis de tuer” constitutionnel

Communiqué de Cécile Edel, présidente de Choisir la vie :

C’est une nouvelle date à marquer d’une pierre noire, dans la chronologie mortifère du droit français à l’avortement. Le 30 janvier, l’Assemblée Nationale a approuvé en première lecture l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution française.

Les termes votés sont ceux de “Liberté garantie” pour les femmes d’avoir recours à l’interruption volontaire de grossesse. Elles sont déjà plus de 230 000 à y avoir recours chaque année en France, où ce “droit” s’est déployé à la faveur de nombreux textes législatifs, toujours plus Permissifs.

Les débats sur ce nouveau projet sont nombreux, tant sur le plan éthique que sur le plan du Droit stricto sensu. La pertinence d’une telle mention dans la constitution est d’ailleurs largement contestée.

Fidèle à ses convictions et aux principes qui sous-tendent son action, l’association Choisir la Vie, veut souligner la plus grave des transgressions éthiques que cet examen de loi annonce.

La Liberté d’éliminer un être humain garantie par la Constitution.

Malgré toutes les souffrances de tant de femmes et la violence d’une telle vérité, il est de notre devoir de ne pas la nier. Il ne s’agit pas ici de condamner mais de chercher à éviter que notre pays s’enfonce dans cette voie mortifère et autodestructrice.

L’idéologie dominante nie contre toutes les évidences scientifiques et empiriques que l’embryon et le foetus sont déjà des vies humaines. Le législateur s’apprête donc purement et simplement à inscrire la liberté de tuer les plus fragiles de nos semblables dans la Constitution.

Que dire de plus, sinon que ce droit de vie ou de mort serait un terrible “contresens constitutionnel”, révélateur du lâche consentement de nos élites diligentes, enfermés dans une idéologie dont les déploiements sont purement et simplement totalitaires.

Le texte doit encore être adopté dans les mêmes termes au Sénat, avant la réunion d’un Congrès pour entériner la réforme constitutionnelle.

Lorsqu’il est question de l’interruption volontaire de grossesse, il est légitime d’évoquer l’eugénisme

Voici différentes interventions du député LR Patrick Hetzel en séance mardi dernier, sur le projet de loi visant à constitutionnaliser l’avortement :

Permettez-moi pour défendre cet amendement en commençant par une citation : « Je vous renvoie au comité Veil qui a aussi pointé, en 2008, le danger qu’il y aurait de constitutionnaliser […] “des principes qui peuvent apparaître aujourd’hui comme intangibles mais qui pourraient fort bien se révéler ne plus l’être demain”. Les sujets de bioéthique ne gagneraient pas à être inscrits ainsi dans la Constitution, au risque d’interdire tout débat et toute évolution en la matière. »

Il s’agit d’une intervention de Mme Yaël Braun-Pivet (Applaudissements et sourires sur plusieurs bancs du groupe LR.), alors présidente de la commission des lois, qui, en tant que rapporteure du projet de loi constitutionnelle pour un renouveau de la vie démocratique, s’est exprimée à plusieurs reprises pour indiquer qu’il ne fallait surtout pas constitutionnaliser l’IVG.

Je vous invite à reprendre les débats en question, vous verrez que ces propos ont été tenus et répétés. Madame la présidente, nous défendons ces amendements pour être totalement en phase avec vos déclarations de 2018 ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RN et LR.)

Mme la présidente : Merci monsieur Hetzel, mais, si vous citez mes propos, il faut les reprendre dans leur intégralité ! Ceux-là datent de 2018. J’ai indiqué publiquement et à de très nombreuses reprises que ma réflexion avait évolué et que j’étais à présent favorable à la constitutionnalisation de l’interruption volontaire de grossesse ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RE, Dem et SOC.) J’espère que c’est maintenant clair pour tous.

Patrick Hetzel :

La loi Veil relative à l’IVG que vous proposez de constitutionnaliser, cela a été rappelé plusieurs fois, notamment par notre oratrice Émilie Bonnivard, était une loi d’équilibre : elle évoquait également la préservation et la protection de la vie à naître, tout en se préoccupant de la clause de conscience des professionnels. Ma question est très simple, monsieur le garde des sceaux : à partir du moment où vous constitutionnalisez l’un des éléments constitutifs du triptyque de la loi Veil et non pas les deux autres, n’allez-vous pas créer, hiérarchie des normes oblige, une asymétrie juridique au profit du droit à l’IVG ?

Patrick Hetzel

Le Conseil constitutionnel s’est déjà prononcé à quatre reprises sur la question de l’IVG : en 1975, en 2001 et, plus récemment, en 2014 et en 2016. Ses conclusions, qui sont reprises dans l’avis du Conseil d’État, ont toujours jugé l’IVG conforme à la Constitution.

L’amendement reprend la décision du Conseil constitutionnel du 27 juin 2001, laquelle indique que le respect de la Constitution impose un équilibre « entre, d’une part, la sauvegarde de la dignité de la personne humaine contre toute forme de dégradation et, d’autre part, la liberté de la femme qui découle de l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ». La loi fondamentale doit garantir l’équilibre entre le respect de la liberté de la femme et la protection de la vie à naître. Il est troublant de constater à quel point vous êtes gênés lorsque nous évoquons l’asymétrie que provoque la constitutionnalisation de l’une sans celle de l’autre.

Patrick Hetzel

Il reste une question de fond à laquelle aucune réponse n’a été apportée ; je me permets de la réitérer parce que c’est un point clé. Pouvez-vous nous garantir que le principe constitutionnel de respect de la dignité humaine englobe la protection de la vie à naître ? Si tel était le cas, ce serait de nature à nous rassurer. Pouvez-vous juste nous garantir cela ?

Patrick Hetzel

Vous serez d’accord avec nous pour affirmer qu’en l’état du droit, les deux clauses de conscience – la clause de conscience générale et celle qui s’applique spécifiquement à l’IVG – sont inscrites dans la loi ordinaire.

Pour le reste, il y a débat : si certains constitutionnalistes estiment que ces clauses sont également constitutionnellement protégées – c’est la thèse que vous semblez développer –, nous n’en avons pas la garantie. C’est pourquoi nous défendons ces amendements de précision afin que le respect de la liberté de conscience figure dans la réforme constitutionnelle. Je ne vois vraiment pas pourquoi vous vous y opposeriez !

Patrick Hetzel

Nous avions, dans le prolongement des débats portant sur la loi du 2 août 2021 relative à la bioéthique, engagé un recours auprès du Conseil Constitutionnel afin d’en obtenir l’avis sur l’eugénisme, question importante s’il en est.

Le Conseil Constitutionnel avait alors indiqué qu’il ne lui appartenait pas de se prononcer sur le sujet, que cela revenait au constituant. Or, comme nous discutons d’un projet de loi constitutionnelle, il nous semble pertinent d’évoquer la lutte contre l’eugénisme. Notre amendement vise donc à compléter l’alinéa 2 par les mots : « Elle garantit la lutte contre l’eugénisme. »

Patrick Hetzel

Il est vrai que les débats s’accélèrent, mais son importance justifierait que le Gouvernement s’exprime au sujet de l’eugénisme.

Monsieur le ministre, vous le savez : nous examinons un projet de loi constitutionnelle. Nous n’avons déposé aucun amendement qui déborde du périmètre du projet de loi, mais lorsqu’il est question de l’interruption volontaire de grossesse, il est légitime d’évoquer l’eugénisme.

Il est regrettable que vous ne vouliez pas répondre : la représentation nationale mérite mieux !

Avortement : “Pourquoi avez-vous peur du débat ?”

Voici les interventions du député LR Xavier Breton, lors de la discussion du projet de loi sur l’avortement, mardi dernier :

Xavier Breton à propos d’un amendement de suppression de l’article :

Je veux être très clair : je défends cet amendement à titre personnel. Seule Émilie Bonnivard est habilitée, en tant qu’oratrice du groupe Les Républicains, à s’exprimer au nom de ce dernier. Si vous devez vous en prendre à quelqu’un, adressez vos reproches aux députés à titre individuel et non au groupe.

Nous déposons un amendement de suppression car, même après les débats en commission, nous n’y voyons pas clair. Un équilibre doit être recherché entre la liberté de la femme et la protection de la vie à naître. La formulation que vous souhaitez introduire dans la Constitution changera-t-elle quoi que ce soit ? Si cet ajout est sans conséquences, à quoi bon ? S’il en a, il faut nous expliquer lesquelles. Nous n’avons toujours pas compris ! Cela ne peut modifier que l’équilibre entre la liberté…

Est-ce que cela change l’équilibre entre la protection de la vie à naître et la liberté de la femme ? Nous pensons que oui. Si vous n’êtes pas d’accord, dites-nous en quoi consiste le changement. Nous avons besoin d’y voir clair ! Si cette modification relève du pur symbole, le moment nous paraît mal choisi. Si, au contraire, elle a des conséquences, dites-nous lesquelles. Nous attendons des réponses claires. Comme nous ne les avons pas obtenues en commission, nous demandons la suppression de ce texte, qui manque de clarté.

Planning familial

Xavier Breton

Nous abordons ici la question des délais, et elle n’a rien de théorique. Je rappelle qu’il y en a, dans ce pays, qui milite pour la suppression des délais et qu’ils sont très proches de vous : j’ai entendu les compliments que vous faisiez au Planning familial, en vous prosternant devant lui. Mais, à voir son plan stratégique 2023-2025, il me semble que si le Planning familial est normalement le bras armé du Gouvernement, les rôles s’inversent pour lui permettre dorénavant de faire passer son idéologie.

En effet, le Planning familial s’engage à « défendre la suppression totale du délai de recours à l’IVG » et à « lutter pour l’allongement des délais d’IVG ». Je note que l’IMG n’est certes pas soumise à des conditions de délai, mais qu’elle ne peut s’appliquer que sous conditions médicales. Or, pour le planning familial, seule la personne enceinte a le droit de décider pour son corps et devrait donc avoir le droit, si elle le souhaite, de mettre fin à une grossesse non désirée. Êtes-vous d’accord avec ces positions ? Je vous le demande parce que vous semblez à la remorque du planning familial sur toutes ces questions. Ou bien est-ce que vous prenez l’engagement de ne jamais aller dans le sens d’un allongement du délai de l’IVG ?

On avait déjà eu droit au critère de la détresse psychosociale – notion confuse – pour justifier cet allongement, lequel a, heureusement été supprimé par le Sénat. Il y en a qui ne veulent aucune limite à l’avortement et je respecte la cohérence de leur choix car eux, au moins, ne sont pas hypocrites !

Opposition au planning familial

Xavier Breton

Continuons à voir ce que sont les préconisations du Planning familial dans son plan stratégique. Il y a une pensée unique qui interdit de le mettre en cause, mais je m’y oppose ! Et je souhaiterais que vous soyez aussi clairs que moi sur votre position, mes chers collègues. Pour ma part, je suis contre la suppression de tout délai pour l’IVG et je m’oppose aussi à ce que « le Planning familial s’engage à lutter contre la stigmatisation de l’avortement, notamment à travers la demande de la suppression de la double clause de conscience ». Dites que vous êtes d’accord ou non, mais soyez clairs ! On voit bien que vous êtes vraiment à sa disposition, que vous êtes les larbins du Planning familial pour mettre en œuvre son idéologie. Sinon, réagissez un petit peu ! Dites-nous que vous êtes contre la suppression de la double clause de conscience !

Au titre de votre tutelle sur le Planning familial, demandez-lui qu’il renonce à ses propositions inadmissibles ! L’avortement jusqu’à 9 mois et inconditionnel est inadmissible dans notre pays. Mais que ceux qui défendent ces propositions au nom de leur propre cohérence le disent aussi.

Clause de conscience

Xavier Breton

Cet amendement porte sur la clause de conscience : nous avons besoin de connaître vos positions, monsieur le garde des sceaux et monsieur le rapporteur. Êtes-vous pour ou contre sa suppression ?

Vous me répondrez que cet élément ne figure pas dans le texte. Dont acte. Cependant, tel qu’il est actuellement rédigé, celui-ci autoriserait la suppression de la clause de conscience si elle devait être votée. Une telle disposition serait conforme à la Constitution car, pour reprendre les termes du garde des sceaux, vous renforcez ici la liberté de la femme par rapport à la protection de la vie à naître.

De la même manière, notre collègue Panot s’est dite favorable au droit inconditionnel à l’avortement jusqu’à neuf mois de grossesse. Dont acte.  Je suis contre une telle éventualité, mais je la respecte.

Mais ce que j’attendais de vous, monsieur le rapporteur, c’est que vous vous positionniez contre l’avortement inconditionnel. Vous avez été choisi comme rapporteur par votre majorité, alors que vous êtes favorable à l’avortement inconditionnel – sinon, prenez le micro et dites-le !

Il faut avoir ce courage afin de concilier deux principes. Si l’on ne défend que la liberté de la femme, où sont les limites ? La protection de la vie à naître ne saurait rester du seul ressort de l’article 16 du code civil – de niveau législatif donc – car c’est aussi un principe d’ordre supérieur.

Monsieur le garde des sceaux, vous rappelez les décisions du Conseil constitutionnel qui font référence à la liberté de conscience. Mais il ne s’agit pas d’une référence explicite aux clauses de conscience, qui pourraient être amputées avec la constitutionnalisation à venir. Et je ne parle pas de celle de l’IVG, mais de la liberté de la femme. C’est le chemin que vous préparez. Soyez clair !

Il est hypocrite de votre part de ne pas l’assumer. Enfin, nous attendons également – nous y tenons – votre réponse sur le sens du mot « femme ».

Avortement Yougoslavie

Xavier Breton

Avec l’examen des amendements, nous allons pouvoir entrer dans le vif du sujet et nous atteler à la rédaction du texte.

Il faut dédramatiser le débat autour de ce projet de loi. J’ai à nouveau entendu parler de première historique.

Or, comme je l’ai indiqué à M. le garde des sceaux et à M. le rapporteur en commission des lois, il existe un précédent : il y a cinquante ans, l’article 191 de la nouvelle Constitution yougoslave de 1974 disposait que « c’est un droit de l’homme de décider librement de la naissance de ses enfants ».

La Constitution de la Yougoslavie socialiste consacrait donc un droit à l’avortement en même temps qu’elle conférait des pouvoirs à vie au président Tito.

Marc Le Fur

Ça leur a réussi ! (Sourires.)

Xavier Breton

Voilà qui relativise la portée historique de votre texte : contrairement à ce que vous prétendez, nous ne serons pas le premier pays à inscrire un droit à l’avortement ou une liberté d’avorter dans sa Constitution, mais le deuxième ! Vous vous en contenterez peut-être, mais cela met les choses en perspective.

Mais passons aux choses sérieuses : il faut maintenir un équilibre entre la liberté de la femme, qui est reconnue, et la protection de la vie à naître, qui est également protégée. Cet équilibre a été douloureusement atteint lors du vote de la loi Veil en 1975, avant d’être consacré par la jurisprudence du Conseil constitutionnel.

L’équilibre sera-t-il rompu par la révision constitutionnelle que vous proposez ? Les questions sont nombreuses à ce sujet. Nous allons maintenant les poser en défendant nos amendements. Nous attendons des réponses car elles serviront, comme tout notre débat, à l’interprétation de la Constitution.

Définition de la femme

Xavier Breton

J’aimerais tout d’abord revenir sur le mot « femme » dont il a été question lors de l’examen des amendements de Mme Panot, il y a quelques instants.

Les mots ont-ils encore un sens ? Ou bien on considère que des personnes, quel que soit leur état civil, peuvent être enceintes, ce qui peut arriver, nous le savons ; dans ce cas, employons le mot « personnes ». Ou bien on considère que seules les femmes peuvent être enceintes ; dans ce cas, nous devons nous mettre d’accord sur la définition juridique d’une femme.

L’extrait de l’avis du Conseil d’État que vous avez lu – « sans considération tenant à l’état civil, l’âge […] » –, c’est du blabla !

D’un point de vue juridique, une femme est définie comme telle en fonction de l’état civil, un point c’est tout, à moins que M. le garde des sceaux nous donne une autre définition juridique du mot « femme ».

Vous avez choisi d’employer le mot « femme » dans votre rédaction. Dont acte. Allez jusqu’au bout. Un homme, défini comme tel par l’état civil, fût-il transgenre et enceint avant son changement de sexe, ne peut pas avoir accès au droit tel que vous l’avez prévu, puisque vous avez choisi de l’accorder à une « femme ».

Si, à présent, vous êtes perméable à l’idéologie woke, libre à vous d’accorder ce droit. Mais quand vous considérez que, en vertu d’un changement de sexe à l’état civil – une mesure que vous avez décidée et que nous avons condamnée –, des hommes peuvent être enceints, nous répondons qu’il n’est pas possible d’employer le mot « femme » car celui-ci répond a une définition bien précise.

Vous dites que la définition du mot « femme » n’a rien à voir avec l’état civil. Dans ce cas, donnez-nous la vôtre. J’attends votre réponse, elle me semble importante.

J’en viens à l’amendement. Il prévoit que la loi mentionne le respect de l’équilibre entre la liberté de la femme et la protection de la vie à naître. J’en profite pour indiquer au rapporteur que nous n’avons jamais utilisé l’expression « droit à la vie à naître » mais bien « protection de la vie à naître ».

Vous avez dit tout à l’heure que la protection de la vie à naître ne faisait pas partie du bloc de constitutionnalité. Cela signifie bien que la liberté de la femme l’emportera sur celui du respect de la vie à naître. Par conséquent, ce qui nous attend, c’est une suppression des délais et des clauses de conscience.

Rupture équilibre

Xavier Breton

Cet amendement, que Thibault Bazin a rédigé et que j’ai cosigné, vise à inscrire expressément dans le texte qu’il ne faut pas rompre l’équilibre entre deux principes, d’une part la sauvegarde de la dignité de la personne humaine contre toute forme de dégradation, d’autre part la liberté de la femme.

Le Conseil constitutionnel se fonde sur ces deux principes dans sa jurisprudence.

Monsieur le garde des sceaux, vous avez indiqué tout à l’heure que le texte visait à donner davantage de force à la liberté de la femme et à l’élever dans la hiérarchie des normes. Cela veut bien dire que le ou les principes qui restent au même rang seront moins forts par rapport à la liberté de la femme. Il y a donc une rupture de l’équilibre existant. Assumez-le ! Vous ne pouvez pas dire que cela ne change rien.

Monsieur le rapporteur, vous avez affirmé que le texte ne modifierait en rien le cadre législatif et réglementaire en vigueur. Donc acte. Le Conseil d’État estime effectivement que la constitutionnalisation de la liberté de la femme de recourir à l’IVG n’impose aucune modification de la législation. Toutefois, les choses peuvent changer à l’avenir, en raison du déséquilibre créé en faveur de la liberté de la femme, au détriment de la protection de la vie à naître.

Vous pouvez dire « des femmes » ; pour ma part, je dirai « de la femme ». Chacun fait ce qu’il veut.

Votre idéologie élitiste, sachez-le, j’y suis complètement imperméable.

Ne vous épuisez pas, menez d’autres combats ! Vous pouvez y revenir à l’envi, vous pouvez vociférer, je ne changerai pas sur ce point.

Si j’ai envie de dire « l’homme » pour faire référence aux hommes et « la femme » pour faire référence aux femmes, je continuerai à le faire, ne vous en déplaise.

Je parle donc de la liberté de la femme. Pour ma part, je ne vous reproche pas de dire « les femmes ».

Vous rendez-vous compte qu’il s’agit d’atteintes à la liberté d’expression ? Vous nous obligez à utiliser des mots…

Sens du mot femme

Xavier Breton

Ce qui montre que vous êtes sous l’emprise de l’idéologie woke, monsieur le garde des sceaux, c’est qu’on attend toujours votre réponse sur le sens du mot « femme ».

Si j’ai bien suivi, du fait de votre législation sur le changement de sexe dans l’état civil, cela ne concernera pas que des femmes. Alors, assumez-le, et reconnaissez que des hommes enceints pourront demander à avorter ! On peut même voir dans le métro des affiches sur le sujet !

Tout cela découle de l’idéologie dont vous êtes le complice.

Le problème, c’est que vous n’osez pas le dire. Vous êtes à la dérive, il n’y a plus de repères. Au moins, à la NUPES, ils sont cohérents, ils ont des convictions, les choses sont claires. Le Planning familial affiche ses revendications, il a un plan. Alors que vous, vous suivez sans oser le dire.

Je répète donc ma question. Que doit-on entendre par « femme » ? S’agit-il de toutes les femmes, rien que les femmes ? Apparemment, non : cela concernerait également celles qui ne le sont plus, etc. Quelle est la définition juridique du terme ?

Voilà le niveau du débat. Je demande au garde des sceaux de préciser la signification du mot « femme », qui n’a plus son sens historique, et tout ce que vous trouvez à dire, c’est « Foutez-nous la paix » !

C’est typiquement votre conception du débat.

Non, madame, nous n’allons pas vous foutre la paix. Votre idéologie woke, nous allons la combattre !

GPA

Xavier Breton

Si le sujet que j’aborde présente peu de liens avec l’IVG, il concerne tout de même la question de la procréation. Nous attendions que le Gouvernement se place à la tête d’un mouvement d’opposition à la gestation pour autrui (GPA).

Il me semble que le pays a besoin d’une parole gouvernementale claire, alors que les positions des ministres fluctuent au gré de l’actualité et des modes.

On attendrait qu’une position très claire soit exprimée face au risque de marchandisation du corps des femmes. Ainsi, au lieu d’un débat aussi compliqué que celui auquel nous avons participé ce soir, une clarification sur la question de la GPA aurait été bienvenue. Il y va du respect de la liberté des femmes, qui devrait être réaffirmé ; mais sur ce sujet, on ne risque pas de vous entendre.

Limites de l’IVG

Xavier Breton

Pourquoi avez-vous peur du débat, cher collègue ? Nous examinons un projet de loi constitutionnel qui fera l’objet d’une seule lecture. Si le processus législatif devait aller jusqu’au bout, le texte sera examiné par le Parlement réuni en Congrès à Versailles, où nous n’aurons pas la possibilité de nous exprimer : nous nous contenterons de voter. Nous avons consacré deux heures à la discussion générale et trois heures à la discussion des amendements, que nous poursuivons ce soir. Est-ce encore trop pour vous ? Souhaitez-vous pratiquer l’entrave aux débats ? Auriez-vous peur de discuter de ces questions ?

Pourquoi refusez-vous d’organiser un référendum sur un tel sujet ? Parce que vous ne voulez pas que nos concitoyens entendent des conceptions différentes des vôtres, vous qui vous prétendez les tenants du pluralisme et de la liberté d’expression ? Débattons, même si nous ne sommes pas d’accord ! N’ayons pas peur ! Nous sommes en train de nous prononcer sur une révision de notre Constitution : chaque mot compte.

Nous proposons, dans cet amendement, d’adjoindre la notion de « limites » à celle de « conditions dans lesquelles s’exerce » le recours à l’interruption volontaire de grossesse. Aucun principe n’est absolu : ils doivent toujours s’appliquer au regard des autres principes existants. Ainsi, la liberté de la femme doit être conciliée avec la protection de la vie à naître. En mentionnant explicitement ces limites dans la Constitution, nous assurerions cet équilibre, dont nous voyons bien que vous voulez le rompre mais que nous souhaitons maintenir.

Menace sur la conscience des soignants

Emmanuel Sapin, professeur en chirurgie pédiatrique et néonatale, écrit dans une tribune du Figaro :

« Si l’Etat français entend accorder au recours à l’IVG le rang de liberté garantie par la Constitution, il serait prudent qu’il confirme dans le même texte sa détermination à garantir de manière tout aussi claire le droit, pour tout soignant, de ne pas concourir à une interruption de grossesse ».

« En l’état de sa rédaction, ce projet est muet sur les conséquences de cette évolution sur la protection de la clause de conscience qui vise à garantir aux professionnels de santé le droit de refuser de participer à la réalisation d’un acte contraire à leurs convictions personnelles, professionnelles ou éthiques ».

« Le recours à sa conscience est une liberté essentielle de toute personne exerçant une profession avec responsabilité ». Il serait « dramatique que certains, une fois la réforme constitutionnelle menée à son terme, obtiennent du législateur la suppression dans le code de la santé publique de la clause de conscience au motif que l’avortement, devenu un droit constitutionnellement garanti, impose que chaque soignant, au mépris de son éthique personnelle, participe à une IVG ».

« S’est-on posé la question de savoir, au-delà de la constatation, pourquoi un nombre croissant de médecins et de sages-femmes refusent de pratiquer des interruptions de grossesse ? ». « C’est qu’elles et eux savent que l’IVG n’est pas un acte banal ». « La disparition de la clause de conscience conduirait des soignants à démissionner, sans compter l’incertitude pour les futurs soignants sans garantie constitutionnelle de la clause de conscience. Dans la situation actuelle de crise des effectifs des professions de la santé, cela aggraverait encore la situation déjà très précaire de notre système de santé ».

« Notre devoir de soignants est d’entendre les femmes dans leur détresse ou difficultés lorsque certaines situations de vie les amènent à demander un geste qu’elles réprouveraient dans tout autre moment. Mais cela ne doit pas entraîner l’obligation pour le personnel de santé d’effectuer ce qui heurte sa conscience pour des raisons personnelles ou professionnelles ».

Source : Gènéthique

Mgr Morandi élu à la tête de la conférence des évêques d’Émilie-Romagne

Benoit et moi évoque les tensions entre une partie de l’épiscopat italien et le Pape :

L’archevêque Giacomo Morandi, 58 ans, a été démis de ses fonctions par le Saint-Père peu après que la Congrégation pour la doctrine de la foi, dont Morandi était le secrétaire, se soit prononcée en 2021 contre la légitimité des bénédictions liturgiques pour les couples de même sexe.

Mais le 15 janvier, Morandi a été élu à la tête de la Conférence des évêques d’Émilie-Romagne, une région clé du nord de l’Italie dont le centre est Bologne.

Quand la CDF a publié un responsum ad dubium en réponse à une question sur la légitimité des bénédictions liturgiques pour les couples de même sexe, l’archevêque Morandi a été considéré comme la force motrice du rejet par le Vatican des bénédictions pour les couples de même sexe .

La déclaration a été publiée avec l’autorité du pape François seulement après que l’archevêque Morandi ait insisté pour que la question soit abordée en réponse aux appels répétés de plusieurs évêques allemands en faveur des bénédictions liturgiques pour les couples de même sexe.

Morandi, éminent canoniste, a rejoint la CDF en tant que sous-secrétaire en 2015 et a été promu secrétaire – le numéro 2 – deux ans plus tard.

En réponse à la question : « L’Église a-t-elle le pouvoir de donner la bénédiction aux unions de personnes de même sexe ? », la CDF, sous sa direction, a répondu : « Non ».

Dans une explication jointe, la CDF a déclaré : « Dieu ne bénit pas et ne peut pas bénir le péché ».

L’archevêque Morandi a été identifié comme l’auteur du document de mars 2021, qui est toujours contraignant, mais à la fin de l’année, il a été rétrogradé au rang d’évêque diocésain de Reggio Emilia-Guastalla, en Italie. Il a été autorisé à conserver son rang archiépiscopal « ad personam », càd seulement de nom.

L’archevêque Morandi s’est également opposé à l’imposition de nouvelles restrictions à la célébration de la messe traditionnelle en latin, introduites en décembre de la même année avec Traditionis custodes, un motu proprio papal, ou acte « d’initiative » du pape, une façon d’exercer un gouvernement autocratique au sein du Saint-Siège.

À l’époque, les rumeurs selon lesquelles le départ de Morandi était lié au responsum ont été démenties par des sources vaticanes, qui les ont qualifiées d’ « absurdes ».

Selon ces sources, il s’agissait d’une première étape dans un remaniement visant à permettre au pape de réformer et de nommer un nouveau chef du département doctrinal, désormais connu sous le nom de Dicastère pour la Doctrine de la Foi.

Le Père Daniel Brottier, « moi, je ferai pleuvoir des billets de banque » !

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Les éditions Salvator ont eu l’idée précieuse de rééditer la vie du Père Brottier , “En confiance” du père Alphonse Gilbert.

Daniel Brottier, né le 7 septembre 1876 à La Ferté-Saint-Cyr en Loir-et-Cher et mort le 28 février 1936 à Paris, est un missionnaire spiritain français, ensuite nommé directeur de la fondation des orphelins apprentis d’Auteuil (par le cardinal Dubois), puis béatifié par Jean-Paul II le 25 novembre 1984.

Depuis son enfance, Daniel voulait être prêtre. Et son amitié pour Jésus cultivée dans le terreau de la foi familiale s’exprime naïvement dans un dialogue intérieur fréquent qui ne le quittera plus. « En confiance », la devise du père Brottier. Ce mot confiance cristallise pour lui sa personnalité spirituelle et l’influx vital qu’il a communiqué à son œuvre. Dans cet ouvrage, le père Alphonse Gilbert nous livre Daniel Brottier dans l’une de ses dimensions trop méconnues : sa relation profonde à Dieu.

Les amis du père Brottier sont tous frappés par l’auréole teintée de merveilleux et de réussite qui l’a marqué tout au long de sa vie :

  • ses initiatives multiples, à la limite de la provocation à Saint-Louis du Sénégal ; alors que les lois Combes expulsent les religieux des écoles et des hôpitaux, il fonde patronages et chorales, jardins d’enfants et fanfares, …
  • l’invraisemblable « baraka » qui l’accompagnera quotidiennement pendant les cinquante-deux mois de la Grande Guerre ; bien qu’il soit exempté, Daniel Brottier se porte volontaire comme aumônier militaire. Il passe l’intégralité de la guerre en première ligne sans pourtant jamais être blessé, un « miracle » qu’il attribue à sainte Thérèse de Lisieux car l’évêque de Dakar lui a déclaré, après la guerre, l’avoir « secrètement confié à la protection de Thérèse de Lisieux » et avoir régulièrement prié la carmélite de « protéger son curé ».
  • la création de l’Union nationale des combattants, qui rassembla une foule d’hommes de tous horizons ;
  • la construction de la cathédrale de Dakar, événement considérable pour l’Eglise missionnaire ;
  • enfin et surtout la dimension spectaculaire donnée à Apprentis d’Auteuil, en douze ans à partir du fantastique pari sur la construction du sanctuaire de sainte Thérèse de Lisieux. Premier sanctuaire parisien dédiée à la Petite Sainte.

Ce bilan nous confond et nous serions tentés de l’attribuer aux seules qualités humaines, aux seules vertus naturelles de Daniel Brottier. C’est tout ignorer des étranges chemins de la Providence. Et c’est la grâce du père Alphonse Gilbert de nous faire découvrir, au grand jour, cette intimité du père Brottier avec Dieu. Son Dieu. Cette intimité est influencée par deux spiritualités qui se rejoignent sans cesse : celle de François Libermann, qui façonne la congrégation du Saint-Esprit ; celle de sainte Thérèse de Lisieux, qui a fait redécouvrir à un monde désespéré l’amour fou de Dieu pour les hommes.

Le père Brottier est pétri pendant tout son noviciat des principes du père Libermann : union habituelle à Dieu par la prière, le sacrifice, l’amour des plus pauvres, vécue au quotidien dans les moindres détails de la vie de communauté et de l’action missionnaire. Il reprend à con compte la fameuse phrase de sainte Thérèse « Je n’ai jamais passé plus de trois minutes sans penser à Dieu ». Tout comme François Libermann et tout comme sainte Thérèse, le père Brottier est marqué dans sa chair par des épreuves de souffrances terribles. Les épreuves spirituelles sont pires. Mais cette souffrance est le tremplin que Dieu propose pour entrainer davantage les âmes choisies, dans son intimité. Un mystérieux « étau d’amour » étreint le père, qui à travers l’étonnante panoplie de ses activités lui fera atteindre l’essentiel : l’union constante à Dieu.

Avec la direction dynamique du père Brottier, les Apprentis d’Auteuil se développent dans toute la France. Il crée 7 nouvelles maisons. En 1936, l’ensemble de ces maisons accueillent 1400 orphelins. Ces 12 années de travail intensif ont achevé d’épuiser le père. Le 2 février 1936, c’est consécration de la cathédrale de Dakar, ce sera sans lui.

Il a passé sa vie à chercher de l’argent pour la mission, pour les enfants abandonnés, pour la chapelle de Thérèse qu’il a tant aimée. Alors que Thérèse avait promis de faire pleuvoir des pétales de roses depuis le ciel, le père Brottier, très pragmatique, a dit : « Moi, je ferai pleuvoir des billets de banque ! »

Il s’éteint le 28 février 1936, à l’hôpital Saint-Joseph. Il est enterré au sanctuaire Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus à Auteuil.

SUR LIVRES EN FAMILLE, retrouvez d’autres ouvrages pour enfants et adultes sur LE PERE BROTTIER. Père Daniel Brottier, en confiance, du père Alphonse Gilbert, 378 pages, Editions Salvator, 21.90 €

Nos ancêtres les Celtes

La version anglaise :

La version française :

Le nouveau « congé de naissance », une mesure en trompe-l’œil

Pascale Morinière, présidente des Associations familiales catholiques (AFC), est interrogée par Fabrice Madouas dans France catholique, à propos des annonces gouvernementales. Extraits :

[…] Les mesures annoncées vous semblent-elles à la hauteur de ce défi démographique ?

Je crains que l’on ait pris les choses à l’envers. Pour que la natalité reparte, il faut d’abord analyser les raisons de son recul. En France, un adulte de moins de 50 ans sur trois a renoncé à avoir un enfant, ou d’autres enfants s’il en avait déjà. Pourquoi ? L’enquête que nous avons confiée à l’Ifop en juillet 2023 permet d’identifier les freins à la natalité. Les deux premières raisons avancées tiennent aux modes de garde, trop chers ou inexistants, et aux problèmes d’emploi et de ressources financières. L’inquiétude liée à la crise climatique, dont on parle tant, n’arrive qu’en cinquième position. On voit bien quelles sont les priorités.

Fort de ce diagnostic, que pensez-vous des mesures envisagées ?

La principale concerne la garde de l’enfant. Le gouvernement dit vouloir créer un nouveau « congé de naissance ». Il s’agirait de remplacer les congés parentaux jusqu’à 3 ans, rémunérés environ 429 € par mois, par un congé de 6 mois. La rémunération se ferait en fonction du salaire et n’excéderait pas 1 800 € par mois.

Première remarque : en réalité, ce congé de naissance n’est pas de 6 mois, car il inclurait les 2 mois et demi de l’actuel congé maternité. C’est donc un congé de 3 mois et demi seulement, et même de 2 mois pour le troisième enfant puisque le congé maternité est plus long dans ce cas. C’est donc une mesure en trompe-l’œil.

Deuxième remarque : le congé parental, qui peut durer jusqu’aux 3 ans de l’enfant, serait supprimé puisqu’il s’agit de remplacer l’un par l’autre. Où est le progrès ?

En réalité, cette mesure est un leurre. Rien de plus que de l’affichage. Ce n’est pas ainsi que l’on permettra aux Français d’avoir autant d’enfants qu’ils le souhaitent. La vérité, c’est que le gouvernement cherche à faire des économies de toutes les manières possibles. Je rappelle que la branche « famille » de la Sécurité sociale est largement bénéficiaire – ce qui se comprend aisément : moins il y a d’enfants, moins il y a de prestations familiales à verser – et qu’elle est régulièrement prélevée pour abonder la branche « autonomie-vieillesse », en déficit puisque la population française vieillit… C’est un expédient, une « vision » comptable à courte vue qui néglige l’avenir. S’il n’y a plus d’enfants, comment pourra-t-on s’occuper des personnes âgées ? La politique familiale est un investissement. Le démographe et sociologue Gérard-François Dumont a démontré que le taux de natalité était corrélé au pourcentage du produit intérieur brut consacré à la famille. C’est pourquoi nous nous battons, au niveau européen, pour une modification des règles comptables : les mesures de politique familiale doivent être considérées comme un investissement et non comme une dépense, comme c’est aujourd’hui le cas – ce qui aggrave la dette des pays soucieux de relancer la natalité. […]

Enceinte d’un viol à 15 ans elle garde son bébé

Ayala Isenberg, 20 ans, a donné son témoignage sur le fait de devenir défenseur de la vie suite à une conception par viol. En tant que jeune adolescente et en choisissant de ne pas avorter.

« Honnêtement, je trouve assez insultant d’utiliser des femmes comme moi et nos enfants comme aliment politique pour le discours [pro-avortement], et surtout pour un gain économique pour l’industrie de l’avortement ». «Je trouve cela insultant parce que je pense que c’est parler au nom de femmes comme moi et de nos enfants.»

La jeune mère engagée de Charlotte, en Caroline du Nord, que les animateurs du podcast ont décrite comme « féroce » et « en pétard », a partagé son histoire dévastatrice d’avoir été « violée plus de fois que je ne peux en compter » au cours de quatre années d’abus commençant quand elle était juste une petite fille.

Lorsqu’elle a conçu sa fille, Rachel, à la suite d’une agression sexuelle à l’âge de 15 ans seulement, elle a rejeté l’avortement après avoir vu « un dépliant pour un centre de grossesse d’urgence » qui « m’a aidée à réaliser qu’il y avait des gens qui voulaient m’aider, comme : vraiment en désespérance.

C’est à ce moment-là qu’elle a commencé à s’identifier comme une défenseur de la vie, ce qui, selon elle, « a été la chose la plus importante dans ma vie » et a suscité le désir de se lancer en politique pour lutter pour les enfants à naître.

Elle a déclaré que sa grossesse l’avait obligée à

« prendre en compte la réalité [de] l’humanité du bébé à naître, une chose à laquelle nous n’avons pas souvent à penser en tant que société ».

Elle a déclaré qu’elle avait souvent été « critiquée » par des partisans de l’avortement « qui n’ont pas connu de grossesse, de viol ou d’agression sexuelle », mais qui sont néanmoins l’objet de son point de vue pro-vie, même s’il découle de ses propres expériences.

Ayala Isenberg a partagé une expérience dans laquelle elle a répondu au soutien d’une jeune femme en faveur de l’avortement en cas de viol en expliquant qu’elle était elle-même tombée enceinte de cette façon et qu’elle estimait néanmoins que son bébé « méritait de vivre ».

Selon Ayala Isenberg, la femme pro-avortement « a complètement changé son comportement et elle a dit : « tu es dégoûtante ». Pour A. Isenberg, l’expérience a été « déchirante ».

« Je pense que c’est ce que beaucoup de gens pensent des femmes comme moi ».

Malgré les réactions négatives, A. Isenberg est restée ferme dans sa conviction que les enfants à naître méritent la vie malgré les circonstances de leur conception et a reçu des commentaires positifs de la part d’autres survivantes de viol qui se sont senties réduites au silence.

Elle a déclaré que les femmes souffrent parce qu’elles n’entendent pas souvent parler des autres options disponibles, car ces options vont à l’encontre du discours pro-avortement.

« Vous savez, on entend rarement parler d’une réalité horrible d’abus sexuels, puis l’enfant qu’ils ont décidé de garder et d’aimer et, vous savez, de le placer en adoption ou de l’élever eux-mêmes ».

Sur la base de ses expériences personnelles et des histoires partagées avec elle par d’autres survivantes de viol, Isenberg a lancé un défi à ceux qui feraient de la publicité pour l’avortement comme solution au viol.

« Honnêtement, je leur demanderais simplement : que pensez-vous que l’avortement apporte aux victimes de viol ? « À votre avis, qu’est-ce que cela leur apporte ? Parce que beaucoup de gens n’y ont pas vraiment réfléchi, je suppose, mais ils supposent inconsciemment qu’une fois qu’on enlève le « bébé violé », qui est un terme que je n’apprécie pas dans la situation, ça, du coup, ça rend la situation meilleure.

Elle a déclaré que les femmes subissent encore des traumatismes dus à l’agression qui persisteront après l’avortement et nécessiteront une guérison grâce à une thérapie.

« L’avortement n’a rien à voir avec la guérison d’un viol ». « Je ne vois aucune manière dont cela puisse guérir, ou progresser de quelque manière que ce soit, pour cette femme, cette survivante comme moi, d’aller dans une clinique d’avortement, d’être attachée à une table, de se faire enlever violemment son enfant, ce qui est souvent très traumatisant, puis jeté sur le bord de la route » et le centre d’avortement lui a dit de simplement « nous appeler si quelque chose arrive ».

« Cela ne guérit pas ». « Rien de tout cela ne ressemble à ce qu’une survivante voudrait ressentir après avoir été agressée sexuellement. En fait, pour moi, l’avortement ressemble beaucoup à ce que l’on ressent après avoir été agressé sexuellement.

Endurant les horribles abus qu’elle a infligés, A. Isenberg a déclaré qu’elle était capable de ressentir une profonde empathie avec d’autres femmes et filles qui tombent enceintes à la suite d’un viol. Et elle sait que l’avortement n’est pas la seule issue.

« C’est pénible. C’est effrayant. Vous voulez juste vous en sortir ». « Et je sais ce que ça fait d’être prêt à faire quelque chose que l’on ne serait pas normalement à l’aise de faire, parce qu’on a juste besoin de s’échapper. Tu dois arrêter d’être blessé comme ça.

« Mais je dirais aussi que les conséquences de la perte de ce bébé vont durer toute une vie ».

Elle encourage les femmes à dénoncer leurs agresseurs aux autorités et à « échapper à ce qui s’est passé sans mettre fin à la vie de leur bébé, car ces conséquences sont éternelles ».

Elle a conseillé aux membres du mouvement pro-vie de s’informer sur les abus afin de mieux aider et de communiquer avec les femmes tombées enceintes à la suite d’un viol afin d’éviter de « traumatiser à nouveau » les survivantes, notant qu’il est extrêmement important pour celles qui sont en mesure de aider à « voir » et à « comprendre » la situation de la mère.

« Je pense que cela peut aussi éviter l’idée fausse selon laquelle on se dit : ‘Oh, je vais voir à travers toi et me soucier juste de ton bébé’ », a-t-elle déclaré, évoquant une accusation fréquemment utilisée par les militants pro-avortement contre les partisans de l’avortement, même si les organisations pro-vie font des efforts extraordinaires pour prendre soin et soutenir les mères ainsi que leurs bébés.

S’adressant aux jeunes mères, A. Isenberg les a exhortées à reconnaître que « si vous vous contentez de tendre la main et de demander de l’aide, il y a tellement de gens, en particulier au sein de la communauté pro-vie » qui « veulent vous aider dans votre démarche » dans cette situation et vous devez tendre la main et la demander.

« Vous avez toujours le choix. L’avortement n’est pas votre seule option ». « Ne laissez personne vous dire ça. Ni votre petit ami, ni votre mère, ni votre agresseur, ni personne dans cette situation, car, en fin de compte, c’est votre choix. Tu peux garder ce bébé.

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Paramètres de confidentialité sauvegardés !
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services