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“Ce n’est pas une aide à mourir que nos enfants attendent de nous, mais une aide à vivre”

La sénatrice de l’Union Centriste Nadia Sollogoub s’est prononcée contre “l’aide à mourir” à la tribune du Sénat :

« Mourir, c’est éteindre le monde », disait Jules Renard. Comme cela semble simple… Pourtant, quoi de plus complexe que la question de notre propre mort ? Chacun fuit la pensée de ce qui le terrorise : la perspective de souffrir.

Tous blessés par des deuils et des expériences personnelles, nous sommes responsables de nos choix devant les générations futures. Le texte sur le droit à l’aide à mourir doit dire son nom : il pose la question globale du suicide et inscrit dans la loi la possibilité de donner la mort, ce qui marque une modification anthropologique majeure.

Manque d’information du public, de formation des professionnels, de moyens palliatifs : il y a un décalage entre le cadre législatif actuel et la réalité. Dès lors, faut-il changer la loi pour donner suite à une promesse de campagne du Président de la République ? L’origine de la réflexion est la persistance, dans des cas rares, de souffrances extrêmes et réfractaires : face à ces situations dramatiques, n’est-ce pas notre système de soins qui prouve son absence de culture et de moyens palliatifs ? N’est-il pas plus simple de faire disparaître le malade plutôt que la souffrance ?

Ce débat fondamental exige une immense humilité, car chacun est porteur jusqu’à son dernier souffle d’une histoire singulière. Aucune loi ne répondra à la multiplicité des situations individuelles. Par ailleurs, les progrès de la médecine entraînent des situations inédites.

Je suis inquiète que ce texte sensible soit étudié dans une société fracturée où le climat social risque d’influencer irrationnellement des positions éthiques. Le Sénat doit retravailler ce texte. Son rejet pourrait certes entraîner son adoption en l’état, ce qui n’est pas mon souhait, mais c’est un risque.

En Belgique, l’objectif en 2002 était d’apporter une solution à des cas exceptionnels de souffrances inapaisables : vingt ans plus tard, on observe une croissance continue du nombre d’euthanasies. La subjectivité et la non-discrimination conduisent à une normalisation juridique de la mort dans des cas inimaginables au moment du vote de la loi. Au Canada, sur 13 000 personnes ayant bénéficié de l’euthanasie en 2023, 3,5 % n’étaient pas en fin de vie. Aux Pays-Bas, devant l’explosion du nombre d’euthanasies, des voix s’élèvent pour réclamer un allègement du protocole.

Ces constats interpellent : l’euthanasie deviendrait une proposition parmi d’autres dans la planification des soins. Pourtant, depuis la nuit des temps, les médecins prêtent serment avec un interdit de tuer. De plus, ce débat se déroule dans un climat qui met en avant le coût de la prise en charge des personnes âgées. Pourrait-on avoir un jour à se justifier de vouloir rester en vie à n’importe quel prix ?

Vous l’aurez compris, je suis contre cette évolution législative. Je repense à ce que disait le professeur Delfraissy : nous n’aurions peut-être jamais dû légiférer sur la fin de vie et rester dans le dialogue singulier patient-soignant. Avec un certain nombre de mes collègues centristes, je refuse fondamentalement que s’ouvre une voie qui serait sans retour. Ce n’est pas une aide à mourir que nos enfants attendent de nous, mais une aide à vivre.

“Si tuer est un crime, l’euthanasie est un crime contre l’humanité”

Intervention du sénateur Stéphane Ravier à la tribune hier :

Dans la France des Lumières, la patrie des droits de l’homme, le pays de la tolérance, de la bienveillance et du vivre-ensemble la vraie compassion consiste à tuer, le vrai accompagnement à abandonner, le vrai soulagement à se suicider… La mort devient un soin ; ce que l’homme considère comme le plus grand malheur, une douceur. Quelle inversion des valeurs !

La légalisation de l’euthanasie nous fait entrer dans l’ère de la souveraineté individuelle absolue. Plus de limites, tout est possible. Le wokisme et les marchands de mort triomphent. Après avoir déboulonné les statues des figures de notre histoire, ils détruisent une pierre angulaire de notre civilisation helléno-chrétienne, du serment d’Hippocrate au « Tu ne tueras point ».

Cette rupture anthropologique aurait pour conséquence la méfiance et la division dans les familles, la défiance envers le corps médical, un coup d’arrêt à la recherche. Ce serait une dévaluation sans précédent de la vie, la porte ouverte aux pulsions morbides –  bref, la décivilisation.

Face à ce danger, soit le Sénat fait preuve de la sagesse dont il se réclame, soit il n’a aucune utilité et devient lui-même bon pour l’euthanasie. Dans une étude détaillée, la Fondapol montre que les Français ne souhaitent pas l’euthanasie. Mais tout cela serait fait « en responsabilité »… Je crois les rapporteurs sincères lorsqu’ils parlent de garde-fous et autres lignes rouges. Mais, ces lignes prétendument infranchissables, nous les voyons tomber une à une sur tous les textes bioéthiques ! Elles ont pour seul but d’acter une défaite par avance tout en se lavant les mains de la responsabilité de ce qui est décidé.

La perspective d’un homicide légal laisse présager les pires dérives alors que nous ferons face, dans les années qui viennent, à un mur du vieillissement. Une fois que l’interdit de tuer sera levé, quel garde-fou pourra-t-il tenir ? Demain, nous aurons l’euthanasie pour tous. Y seront éligibles les personnes atteintes d’une maladie mentale, les handicapés, les enfants, les encombrants, avant que l’euthanasie ne soit constitutionnalisée.

Certaines personnes en fin de vie connaissent une souffrance extrême. Ce fut le cas de certains de mes proches. Ce sera peut-être le mien. Nous sommes donc appelés à la plus grande humilité, à la plus grande humanité.

Mais, face à cette détresse, je prône, pour ma part, l’aide à vivre ; je suis favorable à un meilleur accompagnement, pas à l’abandon. Je me suis engagé en politique contre l’esprit de défaite, pour servir l’espérance et être un praticien de la solidarité. Voter ce texte serait trahir ma vocation d’élu.

Notre pays commet l’indignité de ne plus parvenir à soigner sur tout son territoire et a pour ambition de faire mourir dans la dignité. Derrière une immense hypocrisie, c’est un renoncement à la fraternité élémentaire, une inversion du sens de l’action politique. Ce qui nous manque, ce ne sont pas des lois, des mots ou des transgressions, mais des soignants, des moyens et des unités de soins palliatifs – 17 départements n’en comptent encore aucune.

Dans ces conditions, nous ferons inévitablement face à des euthanasies par dépit, certaines personnes n’ayant le choix qu’entre l’angoisse d’un hôpital exsangue ou d’un Ehpad déshumanisant et la crainte d’être un poids pour leurs proches.

Mes chers collègues, je vous en conjure : ne cédez pas au chantage, au ringardisme et à l’euthanasie de la conscience. Faisons échec à la culture de mort ! Si tuer est un crime, l’euthanasie est un crime contre l’humanité. C’est donc face à l’histoire de l’humanité que nous devons, en notre âme et conscience, prendre nos responsabilités.

“Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner”

Au nom de la très Sainte Trinité, du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Aujourd’hui vingt-cinquième de décembre mil sept cent quatre vingt douze. Moi, Louis, XVIème du nom, Roi de France, étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple à Paris, par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même depuis le onze du courant avec ma famille. De plus impliqué dans un Procès dont il est impossible de prévoir l’issue à cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune loi existante, n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées, et auquel je puisse m’adresser. Je déclare ici en sa présence, mes dernières volontés et mes sentiments.

Je laisse mon âme à Dieu mon créateur, et je le prie de la recevoir dans sa miséricorde, de ne pas la juger d’après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus Christ qui s’est offert en sacrifice à Dieu son Père, pour nous autres hommes, quelque indignes que nous en fussions, et moi le premier.

Je meurs dans l’union de notre sainte Mère l’Église Catholique, Apostolique et Romaine, qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de Saint Pierre auquel Jésus-Christ les avait confiés. Je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les commandements de Dieu et de l’Église, les Sacrements et les Mystères tels que l’Église Catholique les enseigne et les a toujours enseignés. Je n’ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d’expliquer les dogmes qui déchirent l’Église de Jésus-Christ, mais je m’en suis rapporté et rapporterai toujours, si Dieu m’accorde vie, aux décisions que les supérieurs Ecclésiastiques unis à la Sainte Église Catholique, donnent et donneront conformément à la discipline de l’Église suivie depuis Jésus-Christ. Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en Jésus-Christ suivant ce que la charité Chrétienne nous l’enseigne.

Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés, j’ai cherché à les connaître scrupuleusement, à les détester et à m’humilier en sa présence, ne pouvant me servir du Ministère d’un Prêtre Catholique. Je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite, et surtout le repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom, (quoique cela fut contre ma volonté) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l’Église Catholique à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de cœur. Je prie Dieu de recevoir la ferme résolution où je suis, s’il m’accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du Ministère d’un Prêtre Catholique, pour m’accuser de tous mes péchés, et recevoir le Sacrement de Pénitence.

Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense à personne), ou à ceux à qui j’aurais pu avoir donné de mauvais exemples ou des scandales, de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait.

Je prie tous ceux qui ont de la Charité d’unir leurs prières aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.

Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle, ou par un zèle mal entendu, m’ont fait beaucoup de mal.

Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma Sœur, mes Tantes, mes Frères, et tous ceux qui me sont attachés par les liens du sang, ou par quelque autre manière que ce puisse être. Je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfants et ma sœur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s’ils viennent à me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde périssable.

Je recommande mes enfants à ma femme, je n’ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux ; je lui recommande surtout d’en faire de bons Chrétiens et d’honnêtes hommes, de leur faire regarder les grandeurs de ce monde ci (s’ils sont condamnés à les éprouver) que comme des biens dangereux et périssables, et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l’Éternité. Je prie ma sœur de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfants, et de leur tenir lieu de mère, s’ils avaient le malheur de perdre la leur.

Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrais lui avoir donnés dans le cours de notre union, comme elle peut être sûre que je ne garde rien contre elle si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.

Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu’ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur mère, et reconnaissants de tous les soins et les peines qu’elle se donne pour eux, et en mémoire de moi. Je les prie de regarder ma sœur comme une seconde mère.

Je recommande à mon fils, s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve. Qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement, étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile.

Je recommande à mon fils d’avoir soin de toutes les personnes qui m’étaient attachées, autant que les circonstances où il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c’est une dette sacrée que j’ai contractée envers les enfants ou les parents de ceux qui ont péri pour moi, et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi. Je sais qu’il y a plusieurs personnes de celles qui m’étaient attachées, qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient, et qui ont même montré de l’ingratitude, mais je leur pardonne, (souvent, dans les moment de troubles et d’effervescence, on n’est pas le maître de soi) et je prie mon fils, s’il en trouve l’occasion, de ne songer qu’à leur malheur.

Je voudrais pouvoir témoigner ici ma reconnaissance à ceux qui m’ont montré un véritable attachement et désintéressé. D’un côté si j’étais sensiblement touché de l’ingratitude et de la déloyauté de gens à qui je n’avais jamais témoigné que des bontés, à eux et à leurs parents ou amis, de l’autre, j’ai eu de la consolation à voir l’attachement et l’intérêt gratuit que beaucoup de personnes m’ont montrés. Je les prie d’en recevoir tous mes remerciements ; dans la situation où sont encore les choses, je craindrais de les compromettre si je parlais plus explicitement, mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.

Je croirais calomnier cependant les sentiments de la Nation, si je ne recommandais ouvertement à mon fils MM de Chamilly et Hue, que leur véritable attachement pour moi avait portés à s’enfermer avec moi dans ce triste séjour, et qui ont pensé en être les malheureuses victimes. Je lui recommande aussi Cléry des soins duquel j’ai eu tout lieu de me louer depuis qu’il est avec moi. Comme c’est lui qui est resté avec moi jusqu’à la fin, je prie MM de la Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse, et les autres petits effets qui ont été déposés au Conseil de la Commune.

Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient, les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. J’ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes, que celles-là jouissent dans leur cœur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.

Je prie MM de Malesherbes, Tronchet et de Sèze, de recevoir ici tous mes remerciements et l’expression de ma sensibilité pour tous les soins et les peines qu’ils se sont donnés pour moi.

Je finis en déclarant devant Dieu et prêt à paraître devant Lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi. Ainsi soit-il.

le 25 décembre 1792 dans la Prison de la Tour du Temple à Paris

On lui refuse une aide financière : un patient demande l’euthanasie

Comme l’avortement subi sous pression de l’entourage ou des contraintes financières, l’euthanasie ne serai aucunement libre.

En Australie, un patient souffrant de la maladie de Charcot a demandé l’euthanasie parce qu’on lui a refusé une aide financière dont il a besoin en raison de son handicap.

Tony Lewis, un homme du Queensland âgé de 71 ans, avait sollicité le National Disability Insurance Scheme (NDIS). L’aide lui a été refusée en raison de son âge.

Actuellement, il reçoit une allocation qui ne couvre qu’un « petit nombre de services hebdomadaires de base ». Ses besoins vont bien au-delà. Sa femme, Gill, assure un rôle d’aidante, forte de sa formation d’infirmière. Tony Lewis veut « continuer à vivre », mais il affirme que sa situation financière rend cela impossible.

Confronté à la perspective d’une aggravation de son état sans soutien adéquat, il a choisi d’entamer le processus d’« aide à mourir ».

Source : Gènéthique

Loi fin de vie : l’incohérence fatale

Tugdual Derville, porte-parole d’Alliance VITA, a solennellement pris la parole près du Sénat ce mardi 20 janvier

Le vote solennel ayant lieu le 28 janvier, il est encore temps d’écrire aux sénateurs.

“Tous les sacrements forment un corps complet où chacun d’eux est ordonné à l’Eucharistie”

Dans Res Novae, l’abbé Claude Barthe répond aux critiques formulées par l’abbé Spriet concernant son dernier ouvrage. Extrait :

[…] Je ne prétends pas que tout soit mauvais dans les nouveaux rituels (et notamment je ne conteste nullement leur validité, même si leur malléabilité extrême fait qu’en certains cas on peut se demander si la manière indécente dont ils sont interprétés ne manifeste pas que le célébrant n’a pas l’intention de faire ce que veut l’Église). « La grâce suinte ou ruisselle à travers les décombres de la liturgie détruite », disait Mauriac quelque part dans son Bloc-Notes. Le bouleversement a touché chacun d’eux, à des degrés divers, et tous, comme la nouvelle messe, souffrent d’un amoindrissement de signification. Ainsi, le vice du nouveau missel est-il d’exprimer plus faiblement, en comparaison avec le missel qu’il a prétendu remplacer, le caractère sacrificiel de l’Eucharistie, mais aussi la spécificité du sacerdoce hiérarchique, la transcendance de l’action qui s’y déroule, l’adoration due à la présence réelle. De même, l’ensemble du nouveau rituel du baptême affaiblit-il l’aspect de lutte du Christ contre le démon asservissant l’âme du fait du péché originel qui la souille ; le nouveau rituel de l’onction des malades dévalue le sacramentum extremæ unctionis en une célébration pour personnes âgées. Il y a non pas négation, mais affaiblissement – et cela seul est considérablement dommageable – des arêtes du dogme. Certes, à des degrés divers : le nouveau rituel du mariage verse dans les formules trop bavardes et évacue la grande bénédiction consécratoire de l’épouse ; mais le nouveau rituel de l’ordination appauvrit le symbolisme même de la cérémonie concernant les prêtres et évacue la couronne des ordres mineurs et du sous-diaconat.

La réforme liturgique a été totale, confectionnant, avec des éléments anciens mais à nouveaux frais, la messe, tous les sacrements, tous les sacramentaux. Immense bouleversement opéré en quelques années, dont il faut au minimum convenir qu’il ne fut pas un succès : la nouvelle liturgie n’a pas rempli les églises, ou à tout le moins elle ne les a pas empêchées de se vider. Au contraire, la liturgie ancienne qu’elle voulait remplacer et qui a survécu en maints lieux attire les jeunes fidèles, engendre les vocations, brille par ses pèlerinages. On objectera que ces considérations valent surtout pour l’Occident. Mais c’est à Rome qu’a eu lieu cette grande mutation cultuelle, au sein de cet Occident où l’ultra-libéralisme a triomphé dans les années même où s’est réalisée la grande démolition-reconstruction de la liturgie romaine.

La réforme de Paul VI est ainsi apparue aux analystes critiques et au public des fidèles – « on nous change la messe ! », « on nous change la religion ! » – comme donnant des gages à l’esprit du temps : tonalité plus immanente des cérémonies (face au peuple, emploi de la langue courante, évacuation d’un symbolisme trop traditionnel) ; distinction hiérarchique des ministres du culte et des fidèles laïcs, atténuée ; formes du respect vis-à-vis de la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie, atrophiées ; rappel des grandes vérités (la mort, le jugement) et dogmes « durs » (la messe comme sacrifice sacramentel, le péché originel empêchant l’accès de l’âme à la vision béatifique), adoucis.

Le rite se voulant immuable étant remplacé par un canevas sur lequel chacun brode selon son charisme, sa piété propre. Désormais, « il revient à la communauté de créer elle-même sa liturgie et non de la recevoir de traditions devenues incom­préhensibles : la communauté se représente et se célèbre elle-même », disait le cardinal Ratzinger. L’« esprit » de Vatican II dont procédait ce culte rénové allait dans un sens tout opposé à celui des grandes réformes de l’Église qu’ont été ce qu’on appelle la « réforme grégorienne » ou la contre-réforme tridentine, avec leur restauration exigeante de la discipline, de la piété et de la formation du clergé, de la rigueur de la vie religieuse. Les thèmes des réformateurs de la liturgie d’après le Concile (équilibrer la « table de la Parole » et la « table de l’Eucharistie ; promouvoir la participation active des laïcs ; restaurer la concélébration, la communion à la coupe) étaient en dissonance de style, de spiritualité, de substrat théologique, avec ce qui avait été hérité du passé. Ces mutations ayant un parfum de catholicisme libéral en son dernier avatar, la Nouvelle Théologie que dénonçait Pie XII. Catholicisme libéral qui croit pouvoir faire certaines concessions à la modernité (liberté moderne, effacement des différences entre confessions, adoucissement des croyances qui « passent » mal) en caressant l’espoir – toujours déçu – de se voir reconnaître une place au sein du monde moderne. Les transformations rituelles représentaient ainsi une sorte d’« inculturation », certes modérée, médiocre comme on eût dit au XVIIe siècle. Sauf que la culture dont on se rapprochait était une non-culture.

Ce phénomène d’une réforme que je qualifie de libérale se double d’un autre : un catholicisme libéral subordonné, second par rapport au catholicisme réformateur, qui s’est développé chez certains traditionnels, qu’on pourrait qualifier de tradilibéralisme. La grande inquiétude de l’abbé Spriet – qui me prête assurément beaucoup trop d’influence – est que mon discours « intégraliste » sur la liturgie nouvelle en général et sur les sacrements réformés en particulier, exaspère les autorités ecclésiastiques et leur cache la bonne volonté de certains traditionnels qui, dans l’espoir – toujours déçu – de se voir accorder une certaine reconnaissance, sont prêts à certaines concessions, qu’ils parent de l’expression ratzinguérienne de « réforme de la réforme », qui veut dire pour eux réforme du rite traditionnel, ce que le terme même contredit, comme je le dirai plus loin. […]

Profanation en l’église Saint-Sever de Rouen

Communiqué de Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen et de M. l’abbé Anicet Biloa Ewodo, curé de la paroisse Saint-Sever – Saint-Clément de Rouen :

Vendredi 16 janvier 2026, l’église Saint-Sever de Rouen a été victime d’une très grave profanation : les hosties consacrées ont été volées dans le tabernacle de la chapelle du Saint-Sacrement.

L’auteur de ce sacrilège a violé ce qu’il y a de plus saint pour les catholiques.

L’archevêque de Rouen et le curé ainsi que les paroissiens sont meurtris par cet acte. Nous exprimons notre profonde tristesse, devant ce qui porte atteinte au sacrement qui réunit les fidèles chaque dimanche.

Les autorités compétentes sont informées et nous les remercions pour leur rapide réaction. Une plainte est déposée.

Nous appelons les fidèles à s’unir dans la prière, en particulier pour le respect du Saint-Sacrement, pour la conversion des cœurs et pour la protection de nos lieux de culte.

Un acte de réparation sera accompli avant l’office dominical, ce samedi à 18h.

Le procès de la Famille missionnaire de Notre-Dame : un délit flou, prétexte pour juger une religion exigeante ?

Le procès du père Bernard et de la Famille missionnaire de Notre-Dame, dont il est le supérieur général, se tient depuis lundi 19 au tribunal correctionnel de Privas (Ardèche). Le religieux et sa communauté sont accusés « d’abus de faiblesse » sur cinq personnes. Le procès devait se terminer aujourd’hui mercredi, mais il est prolongé jusqu’à jeudi. Lundi, le Salon beige a été évoqué à l’audience… La communauté est défendue par l’excellent Maître Jérôme Triomphe. Par ailleurs, il faut ajouter que parmi les témoins se trouvent deux évêques, l’un pour l’accusation, Mgr Balsa, l’autre pour la défense, Mgr Ginoux !

Cet article décrit la situation avec pertinence :

Depuis plusieurs années, et de manière accélérée récemment, des communautés religieuses se retrouvent poursuivies non pour des faits clairement délictueux, mais pour des notions beaucoup plus floues telles que « l’emprise », la « sujétion psychologique » ou encore « l’abus de faiblesse ». Le procès intenté à la Famille missionnaire de Notre-Dame (FMND), communauté catholique fondée en 1946 et implantée notamment en Ardèche, s’inscrit pleinement dans cette évolution préoccupante du droit pénal appliqué au fait religieux.

À la lecture attentive des articles consacrés à cette affaire, un point frappe immédiatement : les faits reprochés à la FMND ne relèvent ni de violences physiques systématiques, ni d’abus sexuels, ni de détournements financiers avérés. Ce qui est mis en cause, ce sont avant tout un mode de vie religieux jugé extrêmement exigeant, une discipline communautaire stricte, une vision spirituelle radicale et une séparation volontaire d’avec le monde extérieur, vécues par certains anciens membres comme destructrices.

Les plaignants décrivent une vie rythmée par la prière, le travail, l’obéissance aux supérieurs, une pauvreté matérielle assumée et une limitation des contacts avec l’extérieur. Autant d’éléments qui, pris isolément, ne constituent aucune infraction pénale, mais qui sont présentés par l’accusation comme formant, une fois assemblés, un système d’« emprise » susceptible d’altérer le libre arbitre des membres. Cette logique cumulative, qui transforme des choix religieux en indices de délit, pose un problème majeur pour la liberté de religion.

En effet, la vie religieuse, dans toutes les traditions, a toujours été un choix radical. Quitter sa famille, renoncer à une carrière, obéir à une règle commune, accepter une autorité spirituelle, vivre dans la chasteté, la pauvreté ou l’ascèse, sont des constantes historiques du monachisme chrétien, du bouddhisme, de l’hindouisme ou encore du soufisme. Ces engagements ont toujours suscité des vocations ferventes, mais aussi des abandons, parfois douloureux, et des déceptions profondes. Il y a toujours eu ceux à qui cela convenait et ceux pour qui cela devenait insupportable.

L’histoire religieuse montre également que des anciens membres se retournent régulièrement contre leur communauté, parfois pour des raisons légitimes, parfois dans le cadre de conflits personnels, de blessures affectives ou de ruptures mal vécues. Jusqu’à une époque récente, ces situations relevaient principalement du discernement pastoral, du débat interne aux religions ou, le cas échéant, du droit civil. Ce qui change aujourd’hui, c’est l’intervention croissante du pénal sur le terrain même de la vie spirituelle.

Dans le cas de la FMND, la justice ne reproche pas à la communauté d’avoir contraint physiquement ses membres à rester, ni de les avoir privés de leur statut juridique. Les membres étaient majeurs pour la plupart, libres de partir, et plusieurs l’ont fait. Ce qui est en cause, c’est l’idée que leur consentement aurait été vicié par un climat spirituel intense, une obéissance religieuse forte et une peur morale de mal agir ou de « perdre son âme ».

Or, si ce raisonnement est poussé jusqu’au bout, il devient impossible de distinguer une religion exigeante d’une religion pénalement suspecte. Toute foi sérieuse engage la conscience, mobilise la peur du mal, la crainte de la faute, l’espérance du salut. Toute communauté religieuse structurée propose des normes, des interdits, des pratiques contraignantes et une hiérarchie spirituelle. Si ces éléments deviennent, en eux-mêmes, des preuves d’emprise, alors la liberté religieuse n’est plus qu’une liberté conditionnelle, accordée seulement aux croyances jugées « raisonnables » ou « modérées » par les autorités civiles.

Le danger est d’autant plus grand que les notions de « sujétion psychologique » et d’« emprise » ne reposent pas sur des critères objectifs clairement définis. Elles sont largement interprétatives, dépendantes du ressenti des plaignants, de l’expertise psychologique et du regard culturel porté sur la religion. Ce qui apparaît comme une vocation libre pour les uns peut être requalifié en aliénation pour les autres. La justice se retrouve alors à arbitrer non plus des faits, mais des expériences intérieures et des convictions spirituelles.

En filigrane, c’est une transformation profonde du rapport entre l’État et les religions qui se dessine. La liberté de religion n’est plus conçue comme le droit de croire, de pratiquer et de s’organiser selon ses convictions, mais comme une liberté sous surveillance, subordonnée à une norme implicite de « bonne religion », compatible avec les valeurs dominantes, le confort psychologique et les attentes sociales contemporaines.

Le procès de la FMND, quel qu’en soit l’issue judiciaire, dépasse donc largement le sort d’une communauté particulière. Il pose une question de principe : une société démocratique peut-elle protéger la liberté de religion tout en pénalisant des formes de vie religieuse simplement parce qu’elles sont jugées trop exigeantes, trop séparées du monde ou trop radicales ? La réponse est non, elle ne le peut pas.

La vraie compassion, c’est de tuer!

Le sénateur Stéphane Ravier, comme souvent dans les débats “sociétaux”, sauve l’honneur. Merci à lui!

Certains démons ne se chassent que par la prière et la pénitence

Communiqué de Renaissance catholique :

A la veille de l’examen au Sénat du projet de loi sur la fin de vie, près de 10 000 Français, dont un très grand nombre de jeunes, rassemblés place Vauban derrière les Invalides, ont arpenté les rues de la capitale dimanche 18 janvier pour redire leur opposition aux lois de mort qui défigurent notre pays depuis plus de cinquante ans. Pour la première fois, un évêque, Mgr Rey, évêque émérite de Toulon a pris la parole pour rappeler le caractère sacré de la vie et l’absolue nécessité de défendre les plus faibles, de la conception à la mort naturelle.

Parmi les autres interventions, une jeune femme a courageusement pris la parole : ayant dû avoir recours à un avortement, elle a témoigné avec émotion de la pression subie, notamment de la part du corps médical qui était insensible à sa détresse.

Une nouvelle fois, Renaissance Catholique, co-organisateur de la journée, avait appelé les catholiques à venir réparer publiquement par la prière le scandale public que constituent les lois de mort votées année après année par nos parlementaires. En fin de cortège, nous étions nombreux à nous regrouper derrière nos bannières et celles de SOS Tout-petits pour réciter le chapelet médité par le père Argouarc’h de la communauté de la Sainte-Croix de Riaumont, ainsi que l’abbé Rabany de la Fraternité Saint Pierre. Certains démons ne se chassent que par la prière et la pénitence et il est réconfortant que Mgr Rey, au début de la marche, ait médité une dizaine de chapelet avec notre cortège de « priants », dont l’effectif n’a fait que grossir tout au long de l’après-midi.

Le souvenir est l’âme de la fidélité

Les éditions Sainte-Madeleine viennent de publier une correspondance entre Dom Gérard, ses frères, sa mère (et quelques amis, notamment André Charlier). Nous y reviendrons, mais d’ores et déjà signalons que le site helvétique Perspective catholique vient d’en donner une longue recension où nous lisons notamment ceci sur le rôle de la mère de famille chrétienne (l’une des vocations les plus importantes sur cette terre… et l’une des plus méprisées par le monde moderne qui ne comprend décidément rien à la nature humaine!):

Enfin, cette remarque sur la place de la maman Calvet. Le père, terriblement absent, d’un caractère difficile et affecté par la maladie, laisse essentiellement à son épouse la responsabilité de l’éducation des enfants. C’est, une fois encore, l’occasion de rappeler le rôle indépassable de la mère de famille profondément chrétienne. Dans son texte En souvenir de ma mère, Dom Gérard relève «son culte pour la prière du soir, son souci de notre éducation, son estime pour le sacerdoce». La fréquentation, pleine d’admiration, d’estime et d’amitié, d’André Charlier et de son école fut une bénédiction méritée pour toute la famille. L’amour et la piété filiale que lui vouèrent ses enfants transparaissent dans cette correspondance. Nous pensons ainsi à toutes les mamans qui surent transmettre la foi à leurs enfants, telle la maman de Mgr Lefebvre, et bien d’autres.

Le souvenir est l’âme de la fidélité

 

Le pape a rencontré le supérieur de la Fraternité Saint-Pierre

Communiqué officiel de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre – Fribourg le 20 janvier 2026 :

À la suite d’une demande présentée par le Supérieur Général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, le Pape Léon XIV a reçu en audience privée au Vatican, le lundi 19 janvier 2026, l’abbé John Berg. Le Supérieur Général était accompagné de l’abbé Josef Bisig, l’un des fondateurs de la Fraternité, ancien Supérieur Général et actuel Recteur du Séminaire Notre-Dame de Guadalupe à Denton (USA).

La rencontre cordiale, d’une demi-heure, a été l’occasion de présenter plus en détail au Saint-Père la fondation et l’histoire de la Fraternité ainsi que les formes variées d’apostolat qu’elle offre aux fidèles depuis bientôt 38 ans. Le droit propre et le charisme qui guident la sanctification de ses membres ont été rappelés.

Cette audience a permis également d’évoquer les incompréhensions et les obstacles que la Fraternité rencontre en certains endroits et de répondre à des questions du Souverain Pontife. À la fin de cet entretien, le Pape Léon XIV a donné sa bénédiction qu’il a étendue à tous les membres de la Fraternité.

La Fraternité Saint-Pierre est reconnaissante au Saint-Père de lui avoir offert cette opportunité de le rencontrer et encourage les fidèles à continuer de prier avec ferveur le trentain de préparation au renouvellement de sa consécration au Cœur Immaculé de Marie, le 11 février prochain.

Il y a 50 ans au Liban : le massacre islamo-progressiste des chrétiens de Damour

Communiqué de Yann BALY, Président de Chrétienté-Solidarité

Il y a 50 ans, le 20 janvier 1976, après un siège de 10 jours, les milices islamo-progressistes palestiniennes entrent dans la ville de Damour au Liban pour y perpétrer un massacre au sein de la population chrétienne.

Aux cris d’”Allah w Akbar“, les brigades de l’Armée de Libération de la Palestine, du Fatah, de la Saïqa (sous contrôle de la Syrie d’Hafez el-Assad) vont se livrer, durant des heures, au pillage, au viol, à la torture et au massacre contre les chrétiens (hommes, femmes, vieillards et enfants) de la ville côtière de Damour, au sud de Beyrouth.

Il y eut près de 600 victimes dans ce massacre occulté depuis 50 ans par les élites bien pensantes de gauche politique et médiatique.

“La chute de Damour signifiait la disparition du littoral maronite de la géographie et de l’histoire. Une nouvelle ère s’annonçait, celle des milices relevant de puissances totalitaires et qui venaient remplacer le pays du Cèdre après avoir exterminé sa population.” écrit le chercheur libanais Amine Jules Iskandar.

Le massacre de Damour était donc un acte méticuleusement préparé, orchestré et mis en oeuvre pour ouvrir la route du sud Liban aux milices palestiniennes et à leurs alliés collabos “progressistes” de la gauche libanaise.

50 ans après, cette tragédie résume le calvaire des chrétiens du Liban, agressés par des Palestiniens qu’ils avaient pourtant accueillis les bras ouverts et qui ont finalement retournés leurs armes contre un pays d’accueil dont ils ont voulu faire une patrie de substitution. C’était sans compter l’héroïque résistance chrétienne qui a combattu sans relâche pour sauver le Liban, sous les ordres de Béchir Gemayel.

Ces événements doivent nous inciter à réfléchir sur l’actualité française et sur l’avenir de la France face à la menace islamo-gauchiste qui ne cesse de monter dans notre pays.

NB : Le 17 février prochain, Chrétienté-Solidarité organisera au Centre Charlier une soirée de conférence sur le massacre de Damour.

Il y a 25 ans Gustave Thibon… une voix d’une actualité étonnante

Gustave Thibon est né le 2 septembre 1903 à Saint-Marcel-d’Ardèche et mort le 19 janvier 2001 dans la même commune. Ecrivain et philosophe français, l’ensemble de son œuvre a été récompensé par l’Académie française.

Frédéric Rouvillois, professeur de droit public et Benoît Dumoulin, enseignant en histoire des idées politiques, coorganisent, dans le cadre de l’Institut du Pont-Neuf et en partenariat avec l’association Ichtus, un colloque sur la figure de Gustave Thibon le samedi 14 mars à Paris. Inscriptions sur ichtus.fr ou sur institut-du-pont-neuf.fr

25 ans après sa mort, survenue le 19 janvier 2001, Gustave Thibon reste une voix essentielle pour lutter contre les dérives idéologiques de notre temps, soulignent Frédéric Rouvillois et Benoit Dumoulin dans une tribune du FigaroVox. Ils nous invitent ici à redécouvrir sa pensée ancrée dans le réel et le bon sens :

« Gustave Thibon nous a quittés il y a 25 ans, le 19 janvier 2001, à l’âge de 97 ans. Inclassable, le philosophe-paysan catholique né à Saint-Marcel-d’Ardèche en 1903 n’appartenait à aucune école de pensée ni ne fréquentait le milieu intellectuel parisien, lui préférant sa terre ardéchoise et les relations de proximité qu’il pouvait y nouer.

Retiré de l’école à 13 ans pour relayer aux champs son père appelé à rejoindre les tranchées, il perd sa mère de la grippe espagnole deux ans plus tard. Menant un temps une vie itinérante de fils prodigue, il fait l’expérience du deuil et de la solitude, lui qui fut marié deux fois pour se retrouver deux fois veuf. Bien que généralement considéré comme conservateur, Thibon refusera toujours de se situer sur le clivage droite-gauche qu’il considère comme une rupture artificielle de l’unité organique du bien commun. De même, il était trop indépendant d’esprit pour accepter la francisque que lui proposa en 1941 le régime de Vichy qui, voyant l’importance qu’il accordait à l’enracinement, aurait voulu en faire son philosophe officiel.

Autodidacte, il apprend par lui-même le grec, le latin, l’allemand, l’italien et l’espagnol afin de lire les grands auteurs dans leur langue originelle. Son éclectisme le conduit à se nourrir de la pensée classique (Platon, Thomas d’Aquin) tout en entreprenant un compagnonnage intellectuel avec Nietzsche, ce qui lui permet de déconstruire magistralement, dans Nietzsche ou le déclin de l’esprit (1948), la pensée du philosophe au marteau, tout en tirant profit de sa critique du christianisme pour purifier celui-ci de toute idolâtrie. Il était également un grand lecteur de Sénèque, Cervantès, Pascal, Saint-Jean-de-la-Croix, Mistral, mais aussi de Victor Hugo dont il pouvait réciter des vers à l’infini, servi par sa prodigieuse mémoire et son sens de la déclamation, faisant délicieusement chanter la langue française avec son accent méridional. C’est Gustave Thibon qui fera connaître au grand public les manuscrits que Simone Weil avait laissés avant de partir pour Londres

Originale, son œuvre est à l’opposé du jargon universitaire qui rend parfois inaccessible la pensée d’un auteur. Chez lui, l’expression est claire, limpide et accessible, ramassée sous forme d’aphorismes qui concentrent en un minimum de mots une pensée profonde et poétique qui va directement à l’essentiel. Sur le plan intellectuel, c’est Jacques Maritain qui lui ouvre les colonnes de la Revue Thomiste et contribue à le faire connaître du grand public dans les années trente. Plus tard, il rencontre Jean de Fabrègues, et par son entremise, le philosophe Gabriel Marcel qui préface son premier ouvrage d’envergure, Diagnostics, publié en 1940.

Mais la grande affaire de sa vie fut, en 1941, sa rencontre avec Simone Weil qu’un dominicain de Marseille, le père Perrin, lui demande d’héberger pour l’initier aux travaux des champs. Tout oppose apparemment la normalienne d’extrême-gauche, bourgeoise et citadine, ancienne volontaire des Brigades internationales en Espagne, et le philosophe-paysan royaliste. Pourtant, une grande amitié naît et c’est Gustave Thibon qui fera connaître au grand public les manuscrits que Simone Weil avait laissés avant de partir pour Londres, regroupé et préfacés par ses soins sous le titre La pesanteur et la grâce (1947). On ne saura jamais dans quelle mesure les conversations entre Thibon et Simone Weil auront influencé chez elle l’écriture de son chef-d’œuvre inachevé, L’Enracinement que publiera Albert Camus en 1949 – ou, chez lui, les grands textes qu’il publie après leur rencontre, comme Retour au réel (1943), Notre regard qui manque à la lumière (1955), ou encore Vous serez comme des dieux (1959). Dans cette pièce de théâtre en forme de dystopie, d’une saisissante actualité, Thibon imagine un monde où l’homme réussirait à ne plus mourir. Eprouverait-il toujours le besoin de quitter ce monde pour contempler Dieu dans l’éternité alors qu’il a conquis l’immortalité sur terre ? L’Académie Française le récompensera par deux fois pour son œuvre, en lui donnant le grand prix de littérature en 1964 et le grand prix de philosophie en 2000.

Injustement négligée, la pensée de Thibon reste un phare pour notre temps, car elle constitue le meilleur rempart qui soit contre l’idéologie, c’est-à-dire la déconnexion entre les constructions théoriques et le monde réel. « La plupart des maux qui rongent notre civilisation, explique Gustave Thibon, tiennent à l’hypertrophie de l’intelligence abstraite au détriment du bon sens. Et le salut n’est pas dans la construction de quelque nouvelle idéologie aussi vaine que les autres, mais dans le retour à cette sagesse élémentaire qui sait distinguer la paille des mots du grain des choses ». Car l’idéologie engendre l’idolâtrie : « Devant chaque idole, nous défendons la réalité trahie par l’idolâtrie. Nous sommes pour le social contre le socialisme, pour la communauté contre le communisme, pour la nation contre le nationalisme, pour l’amour contre l’érotisme. Nous sommes pour chaque chose à sa place et dans ses limites. »

LIVERS EN FAMILLE consacre un rayon important à Gustave Thibon, et présente tous les livres qui parlent de ce grand penseur. N’hésitez pas à le consulter :
https://www.livresenfamille.fr/module/ambjolisearch/jolisearch?s=GUSTAVE+THIBON

Lire Thibon aujourd’hui, c’est quitter les idéologies stériles pour revenir au réel qui ouvre la porte à la contemplation, au mystère et à la joie.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Saint Paul, persécuteur devenu apôtre

Emission Les Belles figures de l’Histoire sur CNews samedi 17 janvier :

 

“Je ne voterai pas pour quelqu’un qui ne proclamerait pas en préalable à son projet de société qu’il veut sortir de Maastricht et de l’OTAN”

Déclaration politique de Michel Onfray :

Quiconque prétend aujourd’hui disposer d’une solution pour sortir la France du trou dans lequel elle croupit sans dire clairement qu’il faut, en matière de politique nationale, sortir de l’Europe maastrichienne, et, en matière de politique internationale, sortir de l’OTAN, rejoue la partition du joueur de flûte de Hambourg qui cherche à attraper des rats.

Voilà vingt-quatre ans que je défend le souverainisme ce qui, dans le paysage médiatique français, équivaut à célébrer Adolf Hitler, défendre le massacre d’Oradour-sur-Glane, bénir les millions de morts de la Shoah, adouber les chambres à gaz, excusez du peu ! À la création de Front Populaire, avant même la parution du premier numéro d’une revue dont on avait seulement dit qu’elle serait souverainiste, BHL n’a-t-il pas écrit dans Le Point que j’étais désormais Marcel Déat, c’est-à-dire un collaborationniste français, créateur d’un parti fasciste ayant porté l’uniforme nazi de la Légion des Volontaires Français sur le front soviétique. Dans la foulée, Jean-François Kahn et Jacques Julliard avaient embouché la même trompette dans Marianne.

La récente signature du traité du Mercosur par l’Europe maastrichienne, malgré l’avis négatif de pure opportunité de politique intérieure d’Emmanuel Macron, montre que, depuis 1992, la France ne peut plus mener la politique que souhaiterait le peuple, ce qui, je le rappelle, définit la démocratie, le régime politique dans lequel le peuple, et non la commission de Bruxelles, est souverain.

De même, je m’étais élevé en son temps, en 2008, contre le choix politique fait par le président Sarkozy de réintégrer la France dans le commandement de l’Otan. C’est le même chef de l’État qui a jeté à la poubelle le référendum de 2005 contre le Traité européen pour l’imposer au peuple avec le Traité de Lisbonne en 2008. Je m’étais également opposé à ces deux faces d’une même pièce antigaulliste : faire voter les représentants du peuple contre le peuple, il y avait là forfaiture susceptible d’un vrai procès en haute trahison, et se donner aux Etas-Unis.

Le récent projet déclaré par Trump d’envahir le Groenland pour de prétendues raisons de sécurité nationale, en fait : pour faire main basse sur les métaux rares qui lui permettraient de reprendre le leadership sur la Chine qui en dispose actuellement, montre que c’est souvent notre meilleur ami qui devient notre plus violent ennemi, leçon donnée par l’observation de la nature humaine.

Voici donc aujourd’hui le principal membre de l’OTAN qui menace d’envahir et d’annexer un pays ami de l’Otan associé à lui via sa relation avec le Royaume du Danemark. Que fait la France ? Elle envoie un peu plus qu’une équipe de football pour dissuader donc menacer les Etats-Unis, première puissance militaire au monde. Si le ridicule devait tuer, nous aurions perdu Emmanuel Macron depuis longtemps.

Je le dis dès à présent car je serai sollicité bien vite : je ne voterai pas pour quelqu’un qui ne proclamerait pas en préalable à son projet de société qu’il veut sortir de l’Europe de Maastricht et sortir de l’OTAN pour contracter des alliances nationales pour le seul bien de la France et des Français.

Le mode d’emploi est simple : lire ou relire le général de Gaulle.

“Ce type de rassemblement peut paraître vain et sans lendemain. Il n’en est rien.”

Editorial d’Olivier Frèrejacques pour Liberté politique :

La Marche pour la vie du 18 janvier a rassemblé une dizaine de milliers de personnes à Paris pour promouvoir une politique pro-vie, donc hostile à l’euthanasie et à l’avortement. À contre-courant, ce type de rassemblement peut paraître vain et sans lendemain. Il n’en est rien. Manifester, se rassembler, exister comme groupe humain cohérent et interagir est vital.

Une voix dans le désert… ou plutôt une voie pour sortir du désert ! La dizaine de milliers de manifestants qui ont participé à la manifestation annuelle de la Marche pour la vie ne changera peut-être pas la donne à court terme, mais elle témoigne d’une réelle capacité de mobilisation et de l’existence de réseaux idéologiquement relativement cohérents. Le combat pour la vie est mal embarqué : la culture de l’avortement qui s’est installée en France en quatre décennies et l’offensive en faveur de l’euthanasie témoignent d’une lame de fond. Et pourtant, dans les ténèbres d’une société discrètement violente et mortifère, voir des milliers de familles capables de marcher à contre-courant est à la fois enthousiasmant et porteur d’espoir.

De la même manière que La Manif Pour Tous a débouché sur une défaite politique conjoncturelle mais a engendré une génération militante et plus radicale, la persévérance dans le combat pro-vie témoigne d’une capacité, pour beaucoup, à tenir bon quoi qu’il en coûte.

Ces rassemblements « militants » sont aussi l’occasion de se rencontrer, de se compter et de former ce que l’écrivain Jean Raspail appelait des « isolats » : des espaces où les autochtones continuent de vivre selon leur culture et, ici, selon leurs principes. Sans tomber dans une dérive qui consisterait en un repli total, un juste équilibre doit être trouvé, permettant de préserver notre intégrité tout en continuant de mener des combats publics qui nous permettent d’essaimer et d’avoir une existence dans le pays.

Sans élus, sans personnalités connues, sans prélats (ou presque), les manifestants de dimanche, ceux qui tiennent bon depuis 40 ans, ceux qui s’investissent dans leurs communautés, auprès des leurs mais aussi des plus faibles et des plus démunis, et qui refusent la fatalité, sont les sentinelles de notre temps.

Quel principe spirituel ?

À l’occasion du bicentenaire du Figaro, François Lecointre, l’ancien chef d’état-major des armées, grand chancelier de la Légion d’honneur, et Luis Fernandez, ancien entraîneur du PSG, ont échangé au Grand Palais sur l’art de commander et de diriger. Extrait :

Luis Fernandez – Quand je suis arrivé en France à l’âge de 5 ans, après la mort de mon père, ma mère nous répétait souvent : « À la maison, vous pouvez parler espagnol, mais dehors, vous parlerez français. Et vous direz merci à la France. »

Le jour où j’ai porté le maillot de l’Équipe de France, j’ai ressenti une immense fierté. En 1984, lors de la finale de l’Euro contre l’Espagne, j’ai subi des critiques très dures, mais je me suis tu et j’ai joué pour la France. J’ai chanté La Marseillaise plus fort que les autres, parce que j’étais fier d’être français.

François Lecointre. – Ce témoignage me touche profondément. Beaucoup de nos soldats sont issus de l’immigration. Ils s’engagent avec un sentiment de « surcitoyenneté », celui de s’inscrire pleinement dans la communauté nationale. Le drapeau, dans l’armée, porte les noms des batailles et le souvenir des sacrifices. Il incarne l’héritage de ceux qui sont morts pour la France.

Cela renvoie à la définition de la nation selon Renan : le souvenir des grandes choses accomplies dans le passé et la volonté d’en accomplir de nouvelles ensemble. La patrie n’est ni une race, ni une langue, ni des frontières, mais un principe spirituel, une aspiration commune à poursuivre et à élever l’héritage reçu. C’est exactement ce que vous exprimez. Cette conception de la nation est profondément française, éminemment politique, et elle reste largement partagée aujourd’hui, y compris par celles et ceux qui viennent d’ailleurs et choisissent de rejoindre notre beau pays.

Covid, une simple aspirine aurait suffi : une étude déconstruit le récit de la pandémie

L’Institut Mario Negri a démontré que le principe actif de l’aspirine modifie la protéine Spike du COVID-19, réduisant ainsi l’inflammation et les lésions pulmonaires. C’est précisément ce qu’avaient prédit les médecins qui ont défié l’injonction de ne pas traiter le virus et qui ont été insultés. 

Tout le monde se souvient du triste mantra répété à l’envi pendant la pandémie de Covid : « Il n’y a pas de remède. » Les médecins locaux, en particulier, le martelaient, engorgeant les services d’urgence de patients symptomatiques. Certains hôpitaux ont expérimenté des traitements avec des antiviraux coûteux, sans grand succès.

Les traitements existaient pourtant, ils étaient simples et peu coûteux, à commencer par les anti-inflammatoires. Quiconque osait s’exprimer était insulté et réduit au silence. Aujourd’hui, cependant, l’efficacité de ces médicaments est incontestablement démontrée scientifiquement.

La prestigieuse revue scientifique Frontiers of Immunology a publié les résultats d’une étude menée par l’Institut Mario Negri. L’étude a examiné les mécanismes moléculaires de l’effet de l’aspirine sur la structure de la protéine Spike, la particule désormais bien connue, également produite par les cellules des personnes vaccinées avec des vaccins à ARNm, qui permet au virus de se lier aux cellules hôtes.

Les travaux de Mario Negri ont démontré que l’acide acétylsalicylique, ou aspirine, induit des modifications structurales de la protéine Spike du SARS-CoV-2 , limitant ainsi sa capacité à se lier au récepteur ACE2 des cellules épithéliales. Ces observations ont été réalisées sur des cultures cellulaires et dans des modèles expérimentaux, où l’aspirine s’est avérée réduire les lésions pulmonaires, la fibrose et l’inflammation induites par la protéine Spike du SARS-CoV-2.

L’aspirine, en résumé, constitue une protection efficace contre la Covid-19 ; plus précisément, elle limite la capacité du virus à se fixer aux cellules hôtes et à limiter les lésions pulmonaires. L’étude actuelle de Mario Negri confirme simplement les résultats d’autres recherches menées ces cinq dernières années et publiées dans des revues scientifiques prestigieuses telles que Frontiers in Medicine et The Lancet . C’est La Bussola, en 2021 et 2022 ( ICI et ICI ), qui a été le premier à documenter l’efficacité des anti-inflammatoires, anticipant ainsi la publication d’articles dans des revues scientifiques comme The Lancet et interviewant le professeur Fredy Suter, qui a mené la première étude avec Remuzzi.

En effet, l’Institut Mario Negri, par la voix de son directeur, le professeur Remuzzi, affirmait déjà dès 2020 que les anti-inflammatoires, dont l’aspirine, pouvaient être utiles contre la Covid-19. Malheureusement, le discours du « pas de remède » a prévalu, de même qu’une attitude attentiste, fondée sur l’attente d’un vaccin censé résoudre la pandémie. Ceux qui sont aujourd’hui appelés à juger les événements de l’époque, à l’instar des membres de la Commission d’enquête bicamérale sur la Covid-19, doivent prendre en compte l’énorme perte de vies humaines, qui aurait pu être évitée grâce à des traitements simples et précoces.

Il n’était pas nécessaire d’attendre des recherches scientifiques rigoureuses, qui n’ont fait que confirmer ce que les médecins traitants constataient empiriquement dès le départ, à partir de simples observations cliniques. Le professeur Remuzzi, fort de son autorité, aurait peut-être dû insister davantage sur le fait que l’utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens, comme l’aspirine, aux premiers stades de la Covid-19 réduisait la gravité de la maladie et, par conséquent, le besoin d’hospitalisation, peut-être trop tard, lorsque l’état des patients s’était irrémédiablement dégradé.

Sans oublier un autre effet fondamental de l’acide acétylsalicylique : son effet antithrombotique, étant donné que c’était l’une des conséquences les plus redoutées de la maladie Covid.

Enfin, ces résultats, obtenus par l’institut de recherche, pourraient ouvrir des perspectives intéressantes pour le traitement des lésions post-vaccinales. Il serait possible de vérifier si l’action de l’acide acétylsalicylique contre la protéine Spike virale est également efficace contre la protéine Spike dérivée du vaccin, responsable d’inflammations touchant divers tissus et organes.

Elles avortent en raison du coût de la vie

C’est ce qui s’appelle ne pas avoir le choix ? Qu’en pensent les “pro-choix” ?

Les données du gouvernement britannique publiées le 15 janvier indiquent que le nombre d’avortements a atteint un « niveau record » en Angleterre et au Pays de Galles, « en raison du coût de la vie ». Les praticiens évoquent également le manque d’accès à la contraception comme une « autre raison » de l’augmentation de 11% du nombre d’IVG en 2023.

Le taux d’avortement s’est établi à « 23,0 avortements pour 1 000 habitants », ce qui est le taux le plus élevé depuis l’introduction de la loi en 1967.

« Aucune femme ne devrait avoir à interrompre une grossesse qu’elle aurait autrement poursuivie pour des raisons purement financières », s’insurge Katie Saxon, directrice de la communication stratégique au BPAS, l’un des plus grands « prestataires d’avortement » du pays. « Le gouvernement peut faire beaucoup plus pour garantir que les femmes puissent faire le choix qui leur convient », estime-t-elle.

Les pressions économiques et la hausse du coût de la vie conduisent de nombreuses femmes à « retarder leur  » ou à avoir moins d’enfants, pointe le Dr Alison Wright, présidente du Collège royal des obstétriciens et gynécologues.

Le taux d’avortement chez les femmes âgées de 35 ans et plus est passé de 7,1 pour 1000 femmes en 2013, à 12,3 pour 1000 femmes en 2023. Le taux le plus bas, 7,8 pour 1000 femmes, a été enregistré chez les mineures. Les avortements sont le plus fréquents chez les femmes âgées de 20 à 24 ans.

Au cours de la dernière décennie, le pourcentage d’avortements pratiqués avant neuf semaines, est passé de 79% à 89%, tandis que les interruptions de grossesse pratiquées entre 10 et 19 semaines sont en baisse. Le nombre d’avortements pratiqués après 20 semaines est quant à lui resté « stable », entre 1% et 2%. Les IVG après 24 semaines sont autorisées dans certains cas.

Les avortements « à domicile » ont quant à eux représenté 72% de l’ensemble des interruptions de grossesse en 2023. « Une femme sur trois aura recours à l’avortement au cours de sa vie », indique Katie Saxon.

Source : Gènéthique

“Si le but de la loi est de protéger les plus vulnérables, celle-ci représente pour eux une réelle menace”

Xavier Ducrocq, docteur en médecine et spécialiste en neurologie, publie sur Gènéthique une lettre ouverte aux sénateurs :

C’est en tant que médecin que, d’abord et avant tout, je m’adresse à vous. Tous les arguments de raison ont été formulés, répétés, étayés, je ne veux pas les reprendre. Je parle en tant que témoin de terrain, après plus de 40 ans d’exercice de la neurologie, une spécialité particulièrement exposée (maladies neurologiques, dégénératives – Parkinson et maladies apparentées, Alzheimer et autres démences, maladie de Charcot, … – tumeurs cérébrales, AVC, …), en hôpital public.

Je suis témoin de la situation dramatique du système de santé (délais de consultations, accès à un médecin traitant ou à un spécialiste, déserts médicaux, accès à une consultation douleur, pénurie de médicaments, …), situation qui ne cesse de s’aggraver et à laquelle il est urgent de remédier. Faites l’exercice de vous programmer quelques rendez-vous médicaux ou paramédicaux par Doctolib ! La désaffection des professions de santé témoigne de la perte de sens des professionnels en exercice, largement affectés par l’épuisement professionnel et les contraintes d’une gouvernance obsédée par les objectifs économiques, malgré une conscience et un dévouement professionnels dont les citoyens ont été les témoins lors de la crise du COVID.

« Sera-t-il demain plus facile de recourir à une euthanasie ou un suicide assisté qu’à des soins appropriés et légitimes ? »

Sera-t-il demain plus facile de recourir à une euthanasie ou un  qu’à des soins appropriés et légitimes ?

La consécration des  par la loi date de 1999, laquelle n’est pas encore appliquée et applicable dans une vingtaine de départements et pour environ 50% des patients éligibles du fait de leur état. Sans compter la difficulté à maintenir les équipes pérennes et à recruter. La menace, depuis de nombreuses années, d’une légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté impliquant les professionnels n’y est certainement pas pour rien. C’est une loi de programmation des soins palliatifs qu’il faut voter.

Quant à la proposition de loi relative à l’« aide à mourir » (quel euphémisme ! – digne de la novlangue annoncée par George Orwell dans 1984 – l’expression ne saurait cacher la violence de la réalité), elle signe la mort de la médecine hippocratique, fondée au sein d’une société grecque élitiste, individualiste et eugéniste qui n’est pas sans rappeler l’évolution de notre société occidentale. Une médecine hippocratique fondée sur :

  • La confiance ; comment continuer de faire confiance si la main qui soigne peut devenir la main qui tue ? Je suis le témoin de l’évolution d’une confiance acquise (aveugle ?) à un climat de méfiance, voire de défiance, avec des comportements d’agressivité envers les soignants de plus en plus fréquents. Et je crains qu’elle continue de s’aggraver ;
  • L’interdit de tuer : « Je ferai tout pour soulager les souffrances, je ne prolongerai pas abusivement les agonies, je ne provoquerai jamais délibérément la mort », affirme le serment médical prononcé lors de l’élévation au grade de Docteur en médecine lors de la soutenance de thèse d’exercice. Cet interdit s’avère hautement protecteur des patients, comme des soignants. Il est le garant du pacte de confiance : pas de médecine sans confiance ;
  • La vérité : quelle information objective – laquelle se doit de présenter toutes les alternatives, risques et conséquences possibles – le praticien s’autorisera-t-il à donner à son patient sous la menace d’un délit d’entrave ? Quid de la prévention du suicide ? Que devra faire l’urgentiste devant un patient qu’il serait amené à prendre en charge pour une tentative de suicide : le sauver, ou l’achever ?

« L’interdit nous a rendus intelligents »

Ce que les Français, de bon sens, redoutent légitimement à plus de 90% dans les sondages répétés depuis 30 ans, c’est de mourir dans des souffrances épouvantables. C’est mon expérience, et elle est partagée par l’immense majorité des professionnels qui se tuent à répéter que les demandes d’euthanasie maintenues dans le temps se comptent sur les doigts d’une main, en plus de 40 ans.

L’interdit nous a rendus intelligents. Intelligents dans la recherche de remèdes, notre arsenal thérapeutique et législatif (lois Kouchner et Leonetti) n’a jamais été aussi fourni. Intelligents en humanité pour accompagner les personnes qui demandent avant tout d’être entourées, d’être soulagées, d’être aimées.

Si le but de la loi est de protéger les plus vulnérables, celle-ci représente pour eux une réelle menace, comme j’ai pu le constater en Belgique. Et souvenons-nous de l’affaire Dr Bonnemaison.

Aussi, je vous invite à réfléchir avec la plus grande vigilance aux conséquences humaines, anthropologiques et sociétales d’un tel changement, et à vous prononcer contre cette proposition de loi. C’est à mes yeux une loi de régression, de progregression, pour faire dans la novlangue et le « en même temps ». Une loi qui consacre le droit du plus fort, une loi instituant la « mort sur ordonnance ».

Réponse à Jean-Luc Roméro

Pour discréditer la Marche pour la Vie d’hier, Jean-Luc Roméro m’a fait le discutable honneur d’un tweet :

Favorable à la peine de mort, éditeur des Mémoires de Jean-Marie Le Pen, condamné pour injure homophobe, contre toutes les libertés individuelles… N’en jetez plus ! Il a, semble-t-il, oublié de préciser que je mangeais des enfants au petit-déjeuner. Mais je ne doute pas que ce soit pour la prochaine fois.

Plus sérieusement, pour que cet énergumène se sente obligé de mentionner la Marche pour la vie ou votre serviteur, il faut croire que la journée d’hier a été un succès. Nous le pensions. Mais je suis ravi qu’un observateur aussi « avisé » le confirme. Cependant, je voudrais préciser tout de même quelques éléments – les inepties non contredites ayant la fâcheuse habitude dans le monde bizarre où nous vivons à devenir des « vérités ».

Tout d’abord, je ne vois pas bien en quoi mes défauts ou mes péchés (que je connais, hélas, mieux que M. Roméro) devraient être assumés par tous ceux qui marchaient avec nous hier. Je ne pense pas, par exemple, que tous étaient « pour la peine de mort ». Et donc, à supposer que ce soit scandaleux, pourquoi donc cela devrait-il concerner tous les manifestants ? Avec ce genre de « raisonnement », on peut dire tout et le contraire de tout. Par exemple, ceci : la fiche Wikipédia de M. Roméro montre que c’est une girouette qui a été élue tour à tour sous l’étiquette UMP et sous l’étiquette PS (sans doute pour justifier l’existence de l’UMPS que dénoncent régulièrement certains adversaires des deux partis…). Comme il a été président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), devrais-je, pour suivre sa brillante « logique », supposer que tous les militants de l’ADMD sont des girouettes ? C’est tout simplement idiot.

Mais, à vrai dire, si je suis donc bien conscient d’avoir des défauts (et j’aurais par conséquent été ravi que de meilleurs que moi prennent la présidence de la Marche pour la vie – je ne désespère d’ailleurs pas : croyez-moi, il y a dans ce merveilleux vivier de jeunes et magnifiques militants de quoi assurer mieux que la relève et là, le sieur Roméro aura autrement plus de souci à se faire !), j’ai beaucoup de peine à voir pourquoi ce qu’il me reproche constituerait des défauts. Je crains même qu’il ait imprudemment attiré l’attention sur la logique totalitaire que je soupçonne précisément dans la loi euthanasie contre laquelle nous marchions particulièrement cette année.

Alors, prenons ses griefs un par un.

Je suis donc « pour la peine de mort ». C’est vrai. Mais il est assez paradoxal qu’un militant de l’ADMD me le reproche. Car, pour ma part, je suis favorable à ce que les coupables de certains crimes particulièrement graves puissent subir cette peine. Mais je suis très hostile à ce que des innocents soient mis à mort. Lui tient à nous faire savoir qu’il est pour l’euthanasie et pour l’avortement, c’est-à-dire pour la mise à mort des innocents, tout en la refusant pour les coupables. Je dois être idiot mais j’avoue que je ne comprends pas sa position. En tout cas, s’il y a quelqu’un qui devrait s’interroger sur l’incohérence de sa doctrine, je ne suis pas sûr que ce soit moi…

J’ai été l’éditeur des Mémoires de Jean-Marie Le Pen. C’est encore vrai. Le vieux royaliste, le plus vieux encore militant « catho » que je suis a eu mille sujets de désaccord avec Jean-Marie Le Pen – y compris certains que j’ai publiquement exposés – mais je confirme que j’ai trouvé ahurissant qu’aucun grand éditeur ne veuille publier ces Mémoires. Cela ne me semble pas un excellent signe de la santé de notre débat public. Comment expliquer qu’un personnage politique de cette importance soit ignoré et censuré ? Au passage, il est assez singulier que quelqu’un qui m’accuse de refuser « toutes les libertés individuelles » m’accuse ici d’avoir défendu la liberté d’expression. A moins que M. Roméro ne soit, en réalité, pour certaines libertés individuelles et contre d’autres…

Ce qui m’amène à la « condamnation pour injure homophobe ». D’abord, sauf erreur de ma part (et l’erreur est loin d’être exclue car j’ai dû dépasser la vingtaine de procédures…), la condamnation de 2024 à laquelle il fait allusion n’est pas définitive. Je suis en tout cas en première instance, en appel et même en cassation dans plusieurs procès pour « homophobie » parce que je ne crois pas que la légalisation du “mariage pour tous” a rendu caduc l’enseignement du Catéchisme de l’Eglise catholique. J’imagine que cela aggrave mon cas. Mais, cela pourrait également aggraver celui de mon censeur. Car figurez-vous que dire de quelqu’un qu’il est condamné alors que la condamnation n’est pas définitive relève de la diffamation. Seulement voilà, personnellement, je ne suis pas un grand fanatique de ces méthodes totalitaires qui consiste à demander à la justice de régler les différends politiques. Décidément, nous n’avons effectivement pas la même conception de la liberté.

Mais il y a plus grave. Ces procès pour « homophobie » que je subis de la part des petits camarades du sieur Roméro sont des conséquences plus ou moins lointaines de la loi Taubira – dont on nous avait pourtant clamé, la main sur le cœur, comme à chaque loi « sociétale », et en particulier comme on nous le serine aujourd’hui sur l’euthanasie, qu’elle ne faisait que donner de nouveaux droits à certains sans en enlever à personne. Nous disions nous – et, malheureusement pour moi, la justice, instrumentalisée par le lobby LGBT, nous donne raison – qu’au contraire, la loi Taubira enlèverait des droits à beaucoup. Bien sûr, d’abord, aux enfants le droit d’avoir un père et une mère. Mais aussi à nous tous, et notamment aux religieux, le droit de défendre le mariage traditionnel. Nous y sommes donc, M. Roméro a la délicatesse de nous le rappeler. Et, naturellement, il attire ainsi l’attention des distraits sur le fait que la légalisation de l’euthanasie ne fera pas exception : elle créera peut-être de nouveaux droits pour certains, mais elle en enlèvera aussi à beaucoup. Par exemple, si la version de l’Assemblée est adoptée, elle entraînera la fermeture de tous les hôpitaux liés à des congrégations religieuses et donc supprimera des milliers de lits dans un système de santé déjà exsangue : croit-on vraiment que cela n’aura aucune conséquence sur personne ? Et, bien sûr, tôt ou tard, nous aurons des situations sordides où l’on dira aux vieillards : à votre âge, ce traitement n’est plus remboursé, mais rassurez-vous l’euthanasie est remboursée par la Sécurité sociale. D’ores et déjà, certains diabétiques sont éligibles à l’euthanasie. Et tout le monde sait bien que, dès le vote de la loi, les promoteurs de la culture de mort sont prêts pour l’étape suivante : il y aura l’euthanasie des mineurs, des dépressifs, et combien d’autres lois permissives… A chaque fois en n’enlevant aucun droit à personne, naturellement !

M. Roméro dit s’être senti insulté par la Marche pour la vie. C’est tout à fait regrettable pour lui. Mais, personnellement, j’ai trouvé magnifique cette jeunesse ardente, joyeuse, priante (car oui, pour aggraver notre cas, nous avions aussi une veillée de prière pour la vie le samedi soir et une messe des bénévoles le dimanche matin, sans parler de manifestants qui récitaient le rosaire en fin de cortège, comme chaque année !…). Dimanche était l’une de ces journées qui nous donnent de l’espérance pour l’avenir de notre France. Je comprends que ce soit douloureux pour des individus qui n’ont que la mort à contempler. En tout cas, il est désormais évident que, si nous n’avons pas gagné – loin de là ! –, eux, du moins, ont déjà perdu : la jeunesse de France est pro-vie. Eh bien, oui, M. Roméro, je n’ai aucune honte à le reconnaître : je préfère être avec ces merveilleux marcheurs d’hier que dans vos cénacles morbides et macabres !

Guillaume de Thieulloy

Législative partielle dans la 1ère circonscription du Loiret : un second tour Renaissance vs RN

Ministre de la Santé depuis la mi-octobre, son suppléant a refusé de la remplacer à l’Assemblée nationale, provoquant ainsi une législative partielle dans le Loiret. Stéphanie Rist a promis de démissionner de son poste en cas de défaite.

Stéphanie Rist est arrivée en tête avec 33,9% au premier tour de la législative partielle organisée dimanche dans la 1ère circonscription du Loiret, devant la candidate RN (27,2%), qui devance de 11 voix seulement la candidate socialiste Ghislaine Kounowski (27,1%). Cette dernière ne peut pas se maintenir au second tour en raison de la forte abstention.

Le candidat LFI, Houari Belgherbi, a rassemblé 7,1% des voix et la candidate Reconquête!, Nicole Maurice, 4,8%.

En cas de victoire à cette élection législative, Stéphanie Rist a annoncé qu’elle laisserait sa place à une nouvelle suppléante, Marie-Philippe Lubet, maire Horizons de la commune de Saint-Denis-en-Val. Ministre de la santé, Stéphanie Rist est en première ligne face à la proposition de loi sur l’euthanasie.

En juillet 2024, Stéphanie Rist avait devancé de 69 voix Ghislaine Kounowski, candidate de la gauche et des écologistes, au premier tour (31,6% contre 31,5%). Cette dernière s’était alors désistée pour faire barrage à la candidate RN Tiffanie Rabault, arrivée troisième (28%). Le second tour est prévu dimanche prochain.

Proposition de loi sur l’euthanasie : “un ouragan silencieux et dévastateur”

Dans Ouest-France, Jeanne-Emmanuelle Hutin rapporte les propos du médecin Magali Jeanteur, fondatrice des Éligibles, portant la voix des personnes souffrant d’un handicap :

« Cette loi est très violente pour nous. Elle nous met en danger. Notre vie est difficile. Il y a des jours où on peut être tenté de baisser les bras. Si ce jour-là, l’aide à mourir est plus facile que l’aide à vivre, on craint que beaucoup d’entre nous soient tentés de mettre fin à leurs jours ».

Le Front de gauche anti-validiste, lui aussi, s’alarme :

 « Si la loi est définitivement adoptée, la demande de mort via l’accès à l’aide à mourir deviendra donc la démarche la plus simple et la plus rapide auxquelles les personnes handicapées auront accès. »

Le Comité des droits des personnes handicapées des Nations unies (CRDP) a interpellé la France. Car, « les conditions d’éligibilité recoupent indirectement la définition du handicap »« En l’absence d’alternatives à l’aide médicale à mourir il n’y a pas de réel choix pour les personnes handicapées » , résume la Fondapol.

 « Ce texte privilégierait l’autodétermination individuelle sur la prise en charge des personnes vulnérables. Il produirait des effets dévastateurs sur les personnes en situation de handicap. »

Fin de vie : l’espérance chrétienne face à la mort

Dans l’émission En Quête d’esprit sur CNews, Aymeric Pourbaix recevait hier

  • 𝐆𝐫𝐞́𝐠𝐨𝐫 𝐏𝐔𝐏𝐏𝐈𝐍𝐂𝐊, directeur du Centre européen pour le droit et la justice
  • 𝐒œ𝐮𝐫 𝐀𝐠𝐧𝐞̀𝐬 𝐝𝐮 𝐁𝐨𝐧 𝐏𝐚𝐬𝐭𝐞𝐮𝐫, religieuse chez les petites sœurs des pauvres de Rennes
  • 𝐃𝐨𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐆𝐞𝐧𝐞𝐯𝐢𝐞̀𝐯𝐞 𝐁𝐎𝐔𝐑𝐆𝐄𝐎𝐈𝐒, médecin gériatre et porte-parole de la Marche pour la vie

L’intox de l’art islamique

De Marion Duvauchel, historienne des religions, pour Le Salon beige :

Aujourd’hui encore, tout un discours universitaire s’évertue à saluer les merveilles que l’islam aurait prodigué au monde et en particulier au monde européen. Jusqu’aux manuels d’histoire de la classe de 5ème qui ont modifié les dates de périodisation admises jusqu’à ces dernières années. Le Moyen Age s’inaugurait avec la chute de Rome et celle de Byzance ouvrait une ère nouvelle ; désormais, il s’ouvre avec l’avènement de Mahomet et se clôt avec la chute de Bagdad, symbole d’une civilisation aussi prestigieuse qu’enviable.

Tout cela vient de loin… L’un des protagonistes principaux de la construction imaginaire d’un Orient de pacotille s’appelle Antoine Galland, auteur en 1704 de la première traduction des Mille et une nuits, assortie de la prétention de livrer au lecteur « un Orient à l’état pur ». L’ouvrage va connaître un succès ininterrompu, perpétué au XIXe avec la version extraite de l’original arabe par le grand orientaliste allemand Joseph von Hammer-Purgstall. Le monde arabe et musulman mis à l’honneur devint la référence de l’Orient littéraire, sous la séduisante apparence d’un Orient de l’exotisme, du plaisir, de la fantaisie, des fastes, du luxe, d’une lascivité désordonnée mais tellement séduisante, et paradoxalement de la sagesse et du mysticisme. Bref, une pure chimère.

L’engouement s’affirme ensuite avec l’édition de grands auteurs arabes des premiers siècles de l’Hégire et du Moyen âge, traduits par d’éminents orientalistes ; il se prolonge dans les écrits, la poésie et la peinture exaltants le mystère et l’exotisme, ce qu’on va appeler le courant orientaliste. LeVoyage en Orient de Gérard de Nerval (1851) constitue un solide antidote qui n’a rien d’une construction poétique comme l’explique Wikipédia : c’est un récit sans fard fondé sur la seule observation, qui décrit les hommes, les femmes, les faits, les circonstances, les expériences, l’achat d’une esclave musulmane noire dont il ne réussit pas à se débarrasser, les ruses, l’entregent nécessaire, la vie réelle dans l’Orient musulman d’alors.

Elie Faure est le neveu d’Elisée Reclus, cet anarchiste notoire, franc-maçon ponctuel, auteur de la Géographie universelle qui connut un succès retentissant et international). En 1909, Elie Faure publie l’Art antique, le premier volume de son Histoire de l’Art. Wikipédia décrit cette œuvre comme une étape historiographique importante dans la discipline, ce qui est une manière élégante et sournoise de la discréditer. Tâchons d’être à la fois plus juste et plus mesuré et commençons par reconnaître que le style est somptueux : fastueux sans pédanterie, du rythme, de l’ampleur, puissamment incarné, une prose qui prend parfois une tournure poétique… L’ennui, c’est que ce style charrie autant d’alluvions que le Nil ou les fleuves d’Asie… des idées sans fondement, d’autant plus séduisantes qu’elles sont formulées avec une certaine majesté et un art incontestable de la synthèse.

Le volume sur l’Art médiéval paraît en 1964. C’est celui qui nous intéresse. Par ordre d’apparition on trouve : les Indes, la Chine, le Japon, les Tropiques, Byzance, l’islam, le christianisme et la commune (!), l’expansion de l’idée française et une introduction à l’art italien. C’est l’islam qui est notre guest star.  Il le mérite. Ouvrons le bal des rêveries de ce génial autodidacte un peu halluciné avec les premières lignes de ce chapitre qui ne comporte que quelques pages, mais quelles pages ! Aussi flamboyantes qu’erronées.

« Quand leur confrontation dramatique s’ouvrit, l’islam, on doit le dire, apportait aux civilisations occidentales des réalisations autrement vivantes que celles offertes par le christianisme aux civilisations d’Orient. L’islam, qui s’était lancé, dans un élan sauvage de foi désintéressée, à la conquête de la terre, pauvre et libre, ayant pour patrie ses tentes, et l’infini d’un rêve qu’il poursuivait au galop des chevaux, dans le vent des burnous et la poussière soulevée, l’islam, au cours du Moyen Age, fut le véritable champion de l’idée jamais atteinte dont la recherche nous enfonce toujours plus loin dans l’avenir ».

L’expansion de l’Islam a réellement brisé une unité européenne, qui n’était pas gréco-romaine mais à la fois occidentale et orientale. La frontière romaine (arrêtée sur la rive de l’Euphrate) distingue et sépare deux univers linguistiques : l’univers gréco-romain et l’univers hébréo-araméen et persan, que l’islam a arasé à partir du VIIIe siècle lorsqu’il est arrivé sur le plateau iranien après la bataille de Nihavend. La « confrontation dramatique » bien réelle, et pluri-séculaire, entre la Croix et le Croissant a eu des conséquences incalculables, en particulier pour ces chrétiens d’Orient (de l’Orient romain) dont l’histoire se résume depuis lors en une alternance de dominations, de persécutions plus ou moins sévères et de martyres. Jusqu’à un véritable génocide perpétré sous nos yeux dans l’indifférence des grands médias, et qui est bien le fait du monde musulman.

L’islam primitif, que Jacqueline Chabbi a qualifié avec pertinence « d’islam des tribus », n’a pas encore de dogme constitué lorsqu’il apparaît sur le théâtre de l’histoire ; et cette foi bien improbable n’a rien de désintéressée comme l’écrit Faure : le but principal, c’est de razzier en vue de s’emparer des richesses et de réduire en esclavage hommes, femmes et enfants, pour en jouir, les exploiter ou les vendre; quant à cette idée jamais atteinte qui nous enfonce dans l’avenir, on doit supposer que c’est celle de Dieu, et que ce « nous » englobe aussi les autres religions… C’est joliment formulé mais ça ne veut pas dire grand-chose. La réalité, c’est qu’une grosse poignée de bédouins féroces, entraînés par des siècles de luttes intertribales et pour le compte d’autrui (Rome d’un côté, la Perse de l’autre), fanatisés par l’appât des butins et une sauvagerie native dont l’histoire n’est pas avare, s’est vue suffisamment unifiée pour se lancer à la conquête des terres riches et mettre en coupe réglée les populations sédentarisées, donc pacifiées – autant qu’il est possible de l’être sur cette terre.

Trois siècles ont passé… L’islam va désormais par l’Afrique du Nord, « de la rampe iranienne aux Pyrénées ». On chercherait en vain une seule date précise dans cette grande fresque de l’art, des civilisations et de l’histoire. C’est une grande saga romantique qui galope à travers les périodes et les espaces, avec des zooms ici et là, dans une prose réjouissante qui soutient une vision aussi passionnante qu’extravagante. Ici et là, quelques éclairs de lucidité zèbrent le ciel de ce grand rêve éveillé qui évoque sans ciller le « miracle de l’esprit arabe «, « qui fut chez lui partout et partout domina sans rien créer par lui-même ». « Le nomade jouit des domaines conquis, y réveille les énergies lasses, consent à animer de son esprit le génie plastique des vaincus fanatisés ». Quelle magnanimité…

Corrigeons tout cela… D’abord, ce n’est pas l’esprit arabe, mais le génie persan et syrien (donc chrétien), greffé sur des conquérants incultes qui a su garantir la survie de la culture de ces quatre grands royaumes issus de la Mésopotamie. D’où diable pourrait bien provenir le génie d’une bande de bédouins nomades et incultes ? Poursuivons : « Copte en Egypte, Berbère au Moghreb – on écrit ainsi à l’époque-, Espagnol en Espagne, Persan en Perse, Indien aux Indes. « Partout où il s’est arrêté, il est resté maître des cœurs ». Il n’en est rien. Les sectateurs d’un certain Mahomet sont restés maîtres, non pas des cœurs, mais des richesses, des terres, des populations qu’ils ont soumises par le sabre, instaurant une domination politique et économique inaugurée dans le sang et appuyée ensuite sur les structures existantes. Si génie, il y eut, c’est le génie administratif des Perses assorti du désir de survivre. Et ce moment s’appelle l’islam califal, célébré dans nos livres d’histoire de la classe de 5ème… Mais il y a au moins une idée juste, c’est celle du rôle historique des Persans qui « fût de perpétuer dans l’avenir un peu des civilisations immémoriales de la contrée des fleuves » (la Mésopotamie).

Le conte de fée digne des studios Disney en ses débuts continue : « Toutes les oasis qui sèment les déserts d’Afrique et d’Espagne se transforment en villes blanches, s’entourent de murs crénelés, voient surgir des palais pleins d’ombre où les Emirs viennent chercher la fraîcheur après la traversée des sables ». Et l’Art dans tout ça ? On y vient… « Le plein cintre trapu des basiliques est devenu déjà l’arc brisé qui s’élance (ah bon, c’est les musulmans ça aussi ?). La coupole sphérique montera comme lui. Elle retrouvera les vieilles formes assyriennes que la Perse sassanide a prolongées jusqu’au seuil de l’islam ». Mais oui, tout cela vient des artisans byzantins, persans et syriens.

Pour décrire la Perse, Elie Faure s’appuie sur Pierre Loti (Vers Ispahan) : « Le vent y moire des prairies blanches, des prairies roses, des nappes de pavots, des champs de céréales qui parcourent, du printemps à l’automne, toutes les nuances incertaines allant du vert tendre au jaune d’or. (…) Les villes y sont noyées de rose ». Allons donc, toutes ces cultures de céréales et de pavots ne sont pas le fruit du travail des bédouins. Au zénith de la gloire de Loti, Léon Bloom écrivait tranquillement ce dont personne aujourd’hui ne doute : « Ce n’est pas du tout un grand écrivain. Il écrit mal ». Son charme ajoute François Mauriac, (qui rapporte le propos de Bloom dans son Bloc-notes), tient « à une nostalgie, à une obsession, à cette plainte de chien qui hurle à la lune ».

La domination politique requiert des soldats et des guerriers, pas des paysans.  Le récit merveilleux reprend : « Ce fut comme un songe enchanté où se confondirent pour une heure l’ardente sensualité de l’Inde, le maniérisme des Persans, la science lente des Chinois, la grande rêverie féérique des Arabes » (sic).  

Fin XVIe, « le grand Abbas fait élever d’un coup la féérie d’Ispahan ». N’exagérons rien… La magie des studios Disney c’est pour les enfants. Abbas fit transférer des milliers d’artisans d’Arménie à Ispahan en plusieurs vagues de déportations. D’autres seront envoyés dans le nord du pays pour y pratiquer l’agriculture et l’élevage du ver à soie. Oserai-je ajouter que cet Abbas le Grand eut quatre fils, qu’il fit exécuter l’aîné et aveugler deux autres.

Pour conclure ce chapitre édifiant sur une page de l’histoire et de l’art, Faure s’aventure sur le terrain glissant de l’analyse religieuse. Les choses se brouillent un peu autour de l’idée d’idolâtrie qui « sauve le monde quand il ne reste plus rien qu’un peu d’invisible poussière des grands rêves sans contrepoids qu’ont vécus les peuples prophètes façonnés par le désert ». Qu’est-ce que l’idolâtrie pour l’auteur ? C’est « le fait d’aller chercher dans la nature extérieure le trésor inépuisable de ses enseignements ».

Elie Faure n’est pas dénué d’une certaine logique mais elle demande à être reconstituée sous le fatras poétique. Nous sommes bien d’accord que « défendre à l’art de s’alimenter à une source quelconque, c’est tarir toutes ses sources à la fois ». Il reste l’architecture, la psalmodie lancinante, la sèche géométrie pour toute décoration…Or l’une des sources de l’art, ce sont les formes du monde, les images qui entourent le sculpteur, le peintre ou le dessinateur, images dont il s’inspire ou qu’il reproduit. Et c’est pourquoi, en toute logique, dans une société qui interdit de retrouver le sens des choses du monde et de les figurer dans les différents arts, l’idolâtrie c’est de transgresser cet interdit et de recommencer à intégrer, en art, le monde des formes. Y-a-t-il un art de l’islam, autrement dit un art religieux façonné par la religion de Mahomet ? Si oui, c’est un art qui doit à peu près tout aux cultures et aux sociétés que l’islam a mises en coupe réglée en leur imposant un interdit majeur, asphyxiant toutes les fois qu’il a été respecté. « A partir du XIXe siècle, les coupoles disparaîtront, la nudité des grandes nefs évoquera le désert avec l’horizon circulaire et la voûte du ciel pour seul repos aux yeux levés. Dehors, au-dessus des murs verticaux aussi dépouillés que le sol, on la voit monter, toute pure accompagnée du vol des minarets d’où, par la voix des muezzins, tombent les paroles d’en haut à l’heure de la prière ».  C’est peut-être de la poésie mais ces paroles d’en haut qui tombent à l’heure de la prière, on les entend aujourd’hui dans certaines villes où les maires n’ont, selon toute apparence, jamais ouvert un livre d’histoire. Qu’on ne s’illusionne pas, il ne s’arrêtera pas en si bon chemin cet islam à qui nous devons tant et qui a pris conscience non seulement de sa force, de sa puissance et de sa spécificité mais surtout de la faiblesse des nations d’Europe de l’Ouest qui ont abdiqué leur souveraineté pour la chimère européenne.

Et qui sont-ils ces peuples prophètes façonnés par le désert ? Avant Mahomet et sa prétention d’être le sceau des prophètes et d’annoncer la religion qui récapitule toutes les autres, il y a les prophètes de l’Ancien Testament. Alors ces grands rêves sans contrepoids, quels sont-ils ? Ceux du judaïsme ou celui de l’islam ? Si pensée de l’art il y a, convenons qu’elle est fondée sur une instabilité conceptuelle regrettable.

L’islam a repris les armes qu’il avait partiellement déposées pendant quelques siècles, d’abord arrêté et stabilisé dans sa marche victorieuse, puis progressivement dominé par la supériorité technique, militaire et financière de l’Europe de l’Ouest. En se radicalisant, il s’est privé du levain chrétien et il ne prétend plus aujourd’hui qu’à s’emparer de la technique, âprement convoitée parce que source de puissance politique et de développement économique, en vue de son idéal utopique (de son eschatologie dans le langage religieux) : mettre le monde sous la loi de Mahomet, burka à l’appui et mémorisation du Coran à coups de bâton sur la plante des pieds.

Saint Augustin disait que « le diable est accroché comme un vampire aux flancs de l’Histoire ». Il est agrippé tout aussi âprement aux flancs de l’histoire de l’art.  (Art et) Histoire avancent quand même et avancent ainsi ».

Le Christ est Roi ! Documentaire-entretien avec Mgr Bernard Fellay

Comme l’a souligné le pape Pie XI, la fête du Christ Roi, célébrée chaque année par tous les peuples, est « particulièrement efficace pour condamner et réparer, d’une certaine manière, cette apostasie publique, si désastreuse pour les nations, engendrée par le laïcisme ».

Si, au XXᵉ siècle, on observait déjà un laïcisme non seulement latent, mais clairement opérant, aujourd’hui nous assistons à un laïcisme qui, de fait, « règne ». La souveraineté du Christ n’est pas seulement niée sur les nations ; l’Église elle-même n’est plus seulement mise sur un pied d’égalité avec les fausses religions. Ce qui s’impose, de nos jours, c’est un véritable ostracisme de la foi catholique.

Ainsi, en célébrant le Centenaire de « Quas Primas », nous réaffirmons une fois de plus ce zèle apostolique qui nous pousse à lever les étendards du Christ Roi !

« Il n’y a de salut en aucun autre, car il n’y a sous le Ciel aucun autre nom donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés » (Ac 4,12).

Le Christ est Roi !

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

“J’appelle également à accepter qu’il existe un ordre dans toute chose, que ce soit au sein du foyer ou dans la société en général”

Engagée depuis ses travaux universitaires (maîtrise, DEA et thèse) sur des thématiques liées à la femme, à l’enfant et à la société en général, Dr Pauline Sawadogo/Ouédraogo est docteur en sciences du langage et professeur de français. Elle s’est récemment lancée dans l’écriture avec la publication de son premier ouvrage intitulé « Les délires de la théorie du genre ». Dans ce livre, elle propose une lecture critique de la théorie du genre, mêlant analyse scientifique, réflexion sociétale et prise de position assumée. Dans cet entretien, elle revient sur les motivations de son œuvre, ses principales thèses et les réactions qu’elle suscite :

Les délires de la théorie du genre est né d’une réflexion que je mûrissais depuis longtemps autour de la question du genre, un thème que j’ai toujours abordé dans mes recherches universitaires. Dans mon mémoire de maîtrise, j’ai travaillé sur la condition féminine. Mon mémoire de DEA (Diplôme d’études approfondies) portait sur la célébration du 8-Mars, et ma thèse abordait à la fois le 8-Mars et le 11-Décembre. Au fil de ces recherches, j’ai constaté que nous étions tous engagés dans une responsabilité collective concernant la question du genre. J’ai longtemps sensibilisé à l’égalité entre l’homme et la femme, sans me douter qu’il existait des aspects sous-jacents qu’il fallait éclairer. C’est ce constat qui m’a conduite à écrire cet ouvrage consacré à la théorie du genre. Nous avons tenté de montrer qu’il existe aujourd’hui une vision mondiale qui prône une égalité totale entre l’homme et la femme, alors que, selon nous, cette égalité ne peut pas être absolue. L’égalité doit se situer au niveau des droits et dans certains domaines précis, et là-dessus, nous sommes d’accord. En revanche, vouloir placer l’homme et la femme sur un pied d’égalité en tout et en tous points relève, à nos yeux, d’un délire.

Ce que j’appelle également un délire trouve ses racines dans les travaux du docteur John Money, sexologue, qui a développé l’idée selon laquelle le monde serait meilleur s’il était peuplé uniquement de femmes, les hommes devant être castrés. Toutefois, à travers l’évolution de ses recherches, ses expérimentations et les résultats obtenus, il est finalement arrivé à la conclusion que cette vision ne pouvait pas fonctionner. Même s’il ne l’a jamais reconnu publiquement, il l’aurait admis en interne avant sa mort.

Ce sont ensuite ses disciples qui ont poursuivi ces réflexions sur l’égalité entre les sexes, ce qui a contribué, selon moi, à la vision actuelle de l’homosexualité. C’est l’ensemble de ces éléments que je développe dans mon ouvrage, d’où le titre Les délires de la théorie du genre.

Dans le contexte actuel du Burkina Faso, la question de l’homosexualité suscite de nombreux débats. Quel message votre œuvre souhaite-t-elle faire passer ?

À travers cet ouvrage, j’invite chacun à se référer à nos valeurs, notamment celles qui concernent la place de l’homme et de la femme dans la société. Ces valeurs doivent être préservées et améliorées. J’appelle également chacun à éviter de s’inscrire dans une posture homosexuelle au regard de la question du genre.

Plus d’un an après la parution de l’ouvrage, quels retours avez-vous reçus ?

J’ai le sentiment que l’œuvre aborde un sujet que certaines personnes préfèrent éviter, notamment parce que des financements sont en jeu. Lorsque j’échange avec certaines personnalités, elles adhèrent pourtant au fond du propos, mais reconnaissent que le sujet reste tabou et que peu osent en parler ouvertement.

Beaucoup admettent que nous devons continuer à valoriser la relation homme-femme et que le mariage est une union entre un homme et une femme. D’autres, en revanche, me considèrent comme extrémiste, notamment sur les questions de l’homosexualité et de la prostitution. Certains vont jusqu’à dire qu’il s’agirait d’un manque d’amour envers ces personnes.

Toutefois, plusieurs finissent par comprendre qu’il ne s’agit pas de haine, mais bien de sensibilisation. Pour ceux qui sont déjà concernés, il existe des structures spécialisées pour leur prise en charge. De notre côté, en tant que chercheurs, notre rôle est d’alerter, d’informer et de montrer qu’il existe un danger. J’estime qu’il y a un « poison » dissimulé dans certains financements, et cela m’est apparu clairement lorsque j’ai constaté que, dans certains extraits d’actes de naissance, les mentions « masculin » et « féminin » n’apparaissent plus, contrairement à ce que nous connaissions chez nous.

Les points de vue sont certes divers, mais je pense que nous avons une direction claire : celle de la morale. Cette morale est africaine et peut aussi être qualifiée d’humanitaire, car dans d’autres pays et sur d’autres continents, des voix s’élèvent également contre la pratique homosexuelle. Nos autorités s’inscrivent d’ailleurs dans cette même dynamique.

Je crois donc que l’ouvrage arrive à point nommé et qu’il peut servir de boussole pour la sensibilisation des populations. Ceux qui ne partagent pas mon point de vue ne sont pas nécessairement homosexuels ; ils sont souvent simplement sensibles à la situation de ces personnes et souhaitent qu’on leur laisse la liberté de vivre.

Un dernier mot ?

J’invite chacun à lire cet ouvrage et à le faire lire autour de lui. Le volume n’est pas important et il peut être parcouru rapidement, ce qui permet de se faire une idée claire de son contenu. Ce contenu, je le crois sincèrement, peut être bénéfique pour nous-mêmes et pour nos enfants.

J’appelle également à accepter qu’il existe un ordre dans toute chose, que ce soit au sein du foyer ou dans la société en général. Il ne s’agit pas d’une question de domination du plus fort, mais d’un ordre divin. Et l’on ne peut pas dire que Dieu ne soit pas un Dieu d’ordre.

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