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Daniel Rabourdin invite à soutenir le Salon beige

Notre ami Daniel Rabourdin, réalisateur de La Rébellion cachée (docufiction sur les guerres de Vendée) et de Promesse (film en cours de réalisation sur le scoutisme catholique), nous a adressé cette sympathique vidéo invitant à soutenir le Salon beige.

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Et maintenant les évêques de Hongrie

Les évêques de Hongrie répondent à la déclaration du Vatican :

« Les prêtres doivent toujours éviter de donner des bénédictions aux “couples” qui vivent ensemble sans être mariés à l’Église, ou qui vivent dans un partenariat de même sexe. »

CGT l’argent par les fenêtres

Le syndicat marxiste va devoir réduire ses dépenses s’il veut survivre. Mais qui va défendre les salariés qui vont être licenciés par la CGT ?:

Nigéria : au moins 160 morts et plus de 300 blessés

Plus de 130 chrétiens massacrés au Nigéria pendant la nuit de Noël, par des groupes de mercenaires liés à Boko Haram et à l’État Islamique, dans 20 attaques coordonnées dans des villages.

Parmi les victimes, un grand nombre de femmes, d’enfants et de pasteurs protestants et leurs familles. Ils préparaient les célébrations de Noël.

Cette Basilique est un trésor (trop) méconnu

Un reportage de manemos.com sur la basilique Notre-Dame de Bonne Garde à Longpont-sur-Orge dans l’Essonne :

La «théologie des peuples»

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Les derniers nouvelles sur la possibilité de la bénédiction des couples homosexuels, sous certaines conditions, ont encore une fois jeté le trouble au sein du catholicisme, surprenant même des personnes qui ne sont pas forcément engagées à défendre le dépôt de la foi (https://lesalonbeige.fr/la-surprenante-conception-de-la-synodalite-du-pape-francois/). Heureusement des théologiens comme le cardinal Müller se sont prononcés à propos de cette décision pour éclairer les fidèles (https://lesalonbeige.fr/cardinal-muller-benir-les-couples-homosexuels-constitue-un-acte-sacrilege-et-blasphematoire-contre-le-plan-du-createur/). Il faut saluer aussi l’opposition de beaucoup d’évêques et cardinaux à cette permission (https://lesalonbeige.fr/cardinal-muller-benir-les-couples-homosexuels-constitue-un-acte-sacrilege-et-blasphematoire-contre-le-plan-du-createur/).

Et comme malheureusement ce n’est pas la première fois que cela arrive, il est temps de savoir qui est Jorge Mario Bergoglio Sívori, l’actuel pape.

Beaucoup a été écrit sur lui et sur sa biographie, mais avec les années on a découvert, entre autres, qu’il était influencé par l’immanentisme, à travers une version argentine de la théologie de la libération, à savoir la «théologie des peuples».

Selon l’immanentisme, la nature se suffit, et il n’y a pas besoin d’un être divin extérieur à elle. Dans certaines doctrines relevant de l’immanentisme, Dieu (ou l’Esprit) se confond même avec la nature, comme dans le panthéisme. Parmi les courants marqués par l’immanentisme, il y a eu notamment le panthéisme hégélien, qui a beaucoup influencé Marx, et le marxisme et aussi la théologie de Karl Rahner (https://lesalonbeige.fr/le-synode-des-eveques-et-linfluence-de-karl-rahner/).

Au cours du XXe siècle, à cause de l’influence de Marx, beaucoup de catholiques pensaient qu’il fallait beaucoup intervenir politiquement afin de transformer les conditions matérielles des pauvres. Mais en faisant cela ils ont négligé le rôle important de la proclamation des enseignements de l’Évangile. Ils ont donné trop d’importance au côté social, aux changements sociaux et c’est pour cela que le Vatican, et notamment Saint Jean-Paul II, essayait de mettre en garde les tenants de la «théologie de la libération» contre les dérives.

En fait, bien sûr, beaucoup de catholiques, dont le pape François, ont formellement nié tout soutien au marxisme (https://www.lefigaro.fr/vox/religion/2015/07/17/31004-20150717ARTFIG00362-le-pape-francois-et-la-theologie-de-la-liberation-les-liaisons-dangereuses.php). Mais son influence se fait sentir lorsqu’on remarque qu’on donne actuellement beaucoup d’importance aux causes sociales au détriment de la proclamation claire de la doctrine. Dans un article on peut lire (https://www.lavie.fr/christianisme/eglise/le-pape-franccedilois-est-il-un-theacuteologien-de-la-libeacuteration-30349.php) :

«Néanmoins, comme tant d’autres prélats latino-américains, le cardinal Bergoglio est certainement influencé par la critique sociale utilisée par les théologiens de la libération. En 2011, dans une homélie, il a dénoncé les conditions des travailleurs sans-abris à Buenos Aires. Selon lui, ils sont les victimes d’un « esclavage structurel » contre lequel il faudrait se battre. «

D’un autre côté, on sait que durant sa formation, José Mario Bergoglio a reçu des enseignements du théologien jésuite Juan Carlos Scannone, fondateur de la «philosophie de la libération» (https://fr.wikipedia.org/wiki/Philosophie_de_la_lib%C3%A9ration), et de la «théologie du peuple» qui est une branche autonome de la «théologie de la libération» (https://www.la-croix.com/Definitions/Figures-spirituelles/Pape-Francois/La-theologie-du-peuple). Le Dicastère pour la Doctrine de la Foi avait soupçonné certains des auteurs de ce courant de soutenir le marxisme. En en tout cas ils étaient influencés par Hegel… En 2015 Juan Carlos Scannone a assuré même que la «théologie du peuple» est la base des gestes du pape François ( https://www.europapress.es/sociedad/noticia-jesuita-scannone-asegura-teologia-pueblo-rama-teologia-liberacion-base-gestos-20150210133914.html).

L’autre problème est que ces personnes, ayant eu une certaine influence de l’immanentisme, vont accorder trop d’importance au vécu des personnes, au détriment de la loi qu’il faut suivre. Selon les hégéliens, par exemple, il n’y que l’histoire dans laquelle l’homme évolue, sans un Dieu extérieur qui donnerait des normes. Et ces gens influencés, parfois de loin, par l’immanentisme, vont finir par voir dans la loi morale quelque chose de rigide, qui s’oppose au «flux de la vie» (https://www.lepoint.fr/societe/le-pape-replique-aux-conservateurs-18-11-2016-2083995_23.php). Or, cela va à l’encontre de l’enseignement évangélique.

Le problème aussi est que ces gens influencés par l’immanentisme vont parler d’«idéologie» lorsqu’on parle de loi morale alors que la loi morale vient de la Révélation Divine. En fait c’est le plan de Dieu qui est rappelé, on ne peut pas considérer cela comme une simple «idéologie».
Et c’est cette influence de l’immanentisme qui a pu pousser le pape François à se prononcer pour une union civile d’homosexuels (https://www.famillechretienne.fr/35447/article/2020-11-02/union-civile-pour-les-couples-homosexuels-le-pape-na-pas-change-la-doctrine), alors que cela s’oppose à la loi naturelle que l’Église défend aussi (https://eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/la-famille/369528-quest-ce-que-la-loi-naturelle/).

Le pape François a aussi, à cause de ces influences, favorisé les «théologies indiennes» en Amérique du Sud alors que le pape Saint Jean-Paul II avait dit « «Aujourd’hui, il est beaucoup question de remplacer la théologie de la libération par la théologie indigène, qui serait une autre version du marxisme. La vraie solution réside dans la solidarité» (https://benoit-et-moi.fr/2019/actualite/synode-amazonie-revoila-la-teologia-india.html).

A ce problème de l’immanentisme s’ajoute sa manière de traiter le problème de la crise des abus. Il est lui-même accusé d’avoir protégé un prêtre pédophile en Argentine et de plus, de manière consciente, préméditée et bien réfléchie, il a mis à la tête du Dicastère pour la Doctrine de la Foi le cardinal Víctor Manuel Fernández qui était aussi visé par des accusations pour avoir protégé un prêtre abuseur (https://lesalonbeige.fr/crise-au-vatican-le-bapteme-des-personnes-transgenres-et-les-parrains-homosexuels/). Pour cela, avant l’arrivée du cardinal Fernández, le pape François a créé une section au sein du Dicastère pour la Doctrine de la Foi qui s’occuperait des cas d’abus et qui ne serait pas sous la responsabilité de Mgr Fernández… Tout cela, bien sûr, pour lui éviter des problèmes…

On sait aussi que le cardinal Fernández avait déjà eu des problèmes avec la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et qu’il aide beaucoup théologiquement le pape François à rédiger des textes (https://www.cath.ch/newsf/344132/).

Bref, le pape François accorde plus d’importance à la défense de son idéologie qu’à la lutte contre les abus sexuels. Rappelons que le pape émérite Benoît XVI avait expliqué que la cause de la crise des abus était l’opposition aux enseignements du Magistère en matière de morale sexuelle (https://lesalonbeige.fr/les-causes-de-la-crise-des-abus/). Pour défendre son idéologie, le pape François n’hésite pas à travailler avec quelqu’un qui n’a pas écouté des mineurs qui se plaignaient d’abus en Argentine.

Et beaucoup pensent aussi que le pape François profite aussi du fait que le pape émérite Benoît XVI n’est plus là pour accélérer des changements selon son idéologie marquée par l’immanentisme.

Bref, en tout cas on ne peut pas se réjouir de ces permissions concernant les personnes qui commettent des actes homosexuels. Il est urgent de lutter contre les abus sexuels et continuer à réclamer la démission de Víctor Manuel Fernández. Et il faut aussi continuer à envoyer des dubia au pape François.

Un cadeau de Noël de TV Libertés et Ermonia !

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Pour Noël, jusqu’au 31 décembre, TV Libertés et Ermonia vous proposent de regarder gratuitement “Remissio” !

Le film est disponible ici :

https://m.youtube.com/watch?v=R-vK69JAP_osi%3DwiQVyQyeNC9Vy3sH&feature=youtu.be

Au cœur du XIXe siècle, le monde militaire brille de faste et de superficialité. Entrant dans une église pour la première fois depuis longtemps, Joseph de Frénilly, jeune saint-cyrien plein d’ambition, fait le pari d’aller se confesser. Déjoué par le prêtre, il fait une promesse d’honneur qui ne sera pas sans conséquence…

Au cœur de ce court-métrage, nous célébrons le retour à la foi d’un jeune homme “plus étourdi que mauvais” selon les mots de Mgr de Ségur. Chrétiens ou non, nous espérons toucher les cœurs avec cette recontextualisation émouvante de la parabole du fils prodigue.

Vous pouvez faire un don défiscalisé sur Credofunding pour aider Ermonia à distribuer son prochain film, “Magnificat” en cliquant ici :

https://www.credofunding.fr/fr/ermonia

Et pour aider TVL à boucler son budget pour 2024: https://bit.ly/3GjuI1R

Patrick Buisson, RIP

Patrick Buisson est mort à l’âge de 74 ans, a appris Le Figaro ce mardi 26 décembre.

Dès les années 1980, alors journaliste, de Valeurs Actuelles à Minute, Patrick Buisson a milité pour une union des droites afin de faire barrage à la gauche et à l’alliance entre les socialistes et les communistes, qui avait favorisé la victoire de François Mitterrand. Régulièrement en désaccord avec le Front national dès l’époque de Jean-Marie Le Pen, il a dirigé la campagne de Philippe de Villiers pour les élections européennes de 1994 puis l’élection présidentielle de 1995. En 2007 il avait conseillé Nicolas Sarkozy.

En 2016, il avait soutenu François Fillon lors de la primaire LR pour l’élection présidentielle. Également conseiller de Nicolas Dupont-Aignan, il a en revanche régulièrement critiqué le Rassemblement national pour sa stratégie tournée vers l’électorat de gauche, se rapprochant au contraire de Marion Maréchal.

Lors de l’élection présidentielle de 2022, il s’était rapproché d’Éric Zemmour, candidat Reconquête, avec lequel il était apparu aux côtés de Philippe de Villiers.

En 2016, il a  publié La Cause du peuple, dans lequel il jugeait sévèrement le quinquennat de Nicolas Sarkozy. En 2021 et en 2023, il publiait deux livres, La Fin d’un monde, et Décadanse, dans lesquels il décrivait le déclin de l’Occident. De 2007 à 2018, Patrick Buisson a aussi été directeur de la chaîne de télévision Histoire.

A l’occasion de la sortie de La Fin d’un monde, il déclarait au Salon beige :

Je raconte notamment comment nombre de dogmes ont été mis sous le boisseau ou littéralement évacués d’un certain discours clérical : les fins dernières, le paradis et l’enfer, la résurrection des corps, le péché originel etc… Quant aux fonctions sociales, il est vrai que l’Église avait montré à travers vingt siècles d’histoire, son extraordinaire aptitude à créer du lien, à être au sens propre une religion. De religare : ce qui relie. Toutes ces activités, toutes ces œuvres qu’on dirait aujourd’hui chronophages, lui avaient assuré une influence et un rayonnement dont aucune institution ne pouvait se targuer de posséder l’équivalent. Et voilà qu’au moment où les organisations séculières – le parti communiste en tête – empruntaient au catholicisme la recette de ses robustes socialités qui prenaient les individus en charge du berceau jusqu’au cercueil, l’Église, comme l’écrivait à l’époque  le journaliste Georges Suffert, « abandonnait, en bon ordre, tous les terrains sur lesquels elle avait pris un bon millénaire d’avance et se couchait devant les nouveaux dieux comme un chien devant son maître ». Car ce fut bien le plus déroutant et le plus énigmatique des paradoxes de ces années-là que de voir le clergé progressiste, sous couvert de travailler « en pleine masse », à « pleine pâte humaine », se retirer progressivement de toutes les fonctions sociales qui, depuis toujours, le mettaient quotidiennement au contact de tous les milieux – des plus favorisés aux plus modestes – sans exception. En fait ce furent les structures et les mécanismes de transmission de la foi qui furent détruits en l’espace d’une décennie au nom d’une stratégie pour le moins hasardeuse d’une « présence au monde » qui ne fut , en définitive, qu’un prétexte pour s’abstraire du peuple. « On juge l’arbre à ses fruits » dit l’Évangile et le jugement de l’histoire sur ce point aura été cruel.

Entretien avec le supérieur des Missionnaires de la Miséricorde Divine

Retrouvez l’abbé Dubrule dans cette interview originale. Il y présente le défi de la formation d’un séminariste et la confrontation au monde dans une Église en crise. Il s’exprime ici en tant que supérieur des Missionnaires de la Miséricorde Divine.

Votre aide est indispensable pour que les 20 séminaristes puissent poursuivre leur formation.

DÉFISCALISEZ, FAITES UN DON : https://don.misericordedivine.fr

Dormi Jesu

Interprété par la famille Lefèvre :

Les trois messes de Noël

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique :

Le saint jour de Noël est caractérisé par un triple Sacrifice eucharistique. L’ancienne Église de Rome a, en cela, suivi l’exemple vénérable de l’Église de Jérusalem. Les fidèles se rassemblaient, la nuit, dans la grotte de la Nativité et sanctifiaient l’heure de la naissance du Seigneur par la célébration de la messe. A la fin de cette messe ils retournaient à Jérusalem. Que pouvaient-ils faire de mieux que de commémorer l’heure de la Résurrection, dans l’église de la Résurrection, et d’y célébrer en même temps Noël avec les bergers ? C’était la seconde messe. Pendant le jour, ils se réunissaient dans l’Église pour l’Office solennel. Ainsi naquit l’usage de célébrer trois messes le jour de Noël. Cet usage fut imité à Rome. La première Messe était célébrée pendant la nuit dans l’église de la Crèche de Sainte-Marie Majeure (Sainte-Marie Majeure était considérée comme le Bethléem des Romains) : la seconde messe était célébrée dans l’église romaine de la Résurrection, dans l’église palatine grecque dont le nom était Anastasis (c’est-à-dire Résurrection). La troisième était célébrée dans la basilique de Saint-Pierre. De Rome l’usage se répandit dans tout l’Occident. Depuis que les prêtres occidentaux célèbrent la messe tous les jours, la coutume s’est établie que chaque prêtre puisse célébrer la messe trois fois, à Noël.

Trois considérations s’unissent dans chaque messe ; la divine lumière, le temps correspondant du jour ou de la nuit et l’événement évangélique de ce temps. Il y a, dans les trois messes, un développement progressif de la pensée de la fête. L’impression de l’Avent se remarque encore dans la première messe. Le Dieu de Majesté, environné de lumière, s’y manifeste, des anges lumineux volent au-dessus de la terre, et la Mère, la Vierge très pure, est le seul être terrestre qui approche l’enfant divin. L’humanité est encore dans l’attente dans les ombres de la nuit. La pensée de Noël progresse à la seconde messe qui est célébrée à l’aurore, au lever du soleil. La lumière divine qui a paru mystérieusement sur la terre, sous les voiles de la nuit, s’élève pour nous comme un soleil d’une force créatrice puissante, elle entre en relation active avec nous comme « notre Sauveur ». Dans la troisième messe, la pensée de Noël atteint son développement le plus élevé et se manifeste dans toute son efficacité « à tous les hommes ».

Noël est une fête de lumière. […] C’est pourquoi la fête de sa naissance est très bien placée au moment où le soleil recommence son ascension. La pensée de la lumière, qui trouve aussi chez le peuple chrétien une touchante expression dans l’arbre de Noël illuminé, se poursuit à travers les trois messes. Le symbolisme de la lumière est particulièrement saisissant pendant la messe de minuit ; à la seconde messe le soleil qui se lève nous offre un -symbole vivant et c’est pourquoi l’Introït chante avec. allégresse : « Une lumière brille aujourd’hui pour nous. » A la troisième messe le symbole de la lumière se trouve dans l’Évangile lui-même : « La lumière brille dans les ténèbres ».

La messe de minuit (Dominus dixit).

La pensée principale de la messe de minuit est celle-ci : L’Enfant de Bethléem, né de la Vierge Marie, est le Fils consubstantiel de Dieu, engendré de toute éternité, en un mot : la naissance éternelle et la naissance temporelle du Seigneur. Nous sommes réunis en esprit avec tout la chrétienté dans le petit sanctuaire de Sainte-Marie Majeure dont la crypte, derrière l’autel, représente la grotte de Bethléem. L’Introït fait pendant à l’Évangile. L’Évangile nous dit : « Marie enfanta son Fils premier-né » ; l’Introït chante : « Le Père a dit : dans l’éternel aujourd’hui, je t’ai engendré de mon essence. » Le Gloria convient particulièrement aujourd’hui. La Collecte remercie Dieu de la divine lumière dans la foi, mais elle demande aussi la jouissance de cette lumière dans la vision béatifique. L’éclat lumineux des anges et l’illumination de l’église ne sont qu’une faible image de la splendeur de la divinité que nous contemplerons au ciel. — La prière liturgique s’est élevée de la nuit de l’Avent (Kyrie) jusqu’aux plus hautes lumières du ciel. Maintenant, dans l’Épître, l’Apôtre des nations s’adresse à nous. Il a connu la nuit de l’Avent et la lumière de Noël autant que personne au monde. C’est le don de Dieu fait homme, le Sauveur lui-même, qui lui apparut sur le chemin de Damas. Depuis ce jour, il n’y a plus de nuit dans son âme mais la claire lumière. La lumière demande une vie de lumière et c’est ce qu’il nous recommande. L’Épître et l’Évangile nous parlent de l’humanité du Christ. Intercalé entre les deux, le Graduel chante de nouveau le Fils éternel de Dieu. La nuit avant le lever de l’étoile du matin est l’image de l’éternité. Nous sommes dans « la lumière du sanctuaire », environnés des ombres de la nuit. Voici maintenant le point culminant de l’avant-messe, le merveilleux Évangile de la nuit sainte : la naissance du Seigneur. Les bergers font la garde de nuit (nous aussi ; tout l’Office est en réalité une garde de nuit, une vigile). La clarté céleste les environne, elle nous environne, nous aussi, au moment de l’apparition de l’ange. L’Offertoire nous est déjà connu par les Matines, c’est un écho de l’Évangile. Les anges du ciel entourent la crèche et se réjouissent, mais la terre elle-même encore plongée dans l’obscurité tressaille de joie. C’est dans ces sentiments que nous nous approchons de l’autel : donnons joyeusement en cette fête où nous recevons le don de Dieu. La secrète nous parle d’un merveilleux échange ; Dieu s’est fait Homme pour que l’homme devienne semblable à Dieu. Puis le mystère de la fête se réalise dans le sacrifice. Le Christ naît de nouveau pour nous et en lui nous renaissons. A la table du Seigneur, nous entendons chanter l’éternelle naissance du divin Pontife et notre propre renaissance (Psaume 109, Communion).

La triple nuit de la naissance.

Les grands actes de l’histoire du monde et de l’humanité s’accomplissent d’ordinaire en jour et le monde en fête aussi le souvenir en plein jour. L’Église, par contre, a préféré, dès le début, le silence solennel de la nuit et, dans l’antiquité, elle a célébré toutes ses fêtes pendant la nuit. En agissant ainsi elle se rappelait les saintes prières de son divin Fondateur qui se prolongeaient pendant toute la nuit. La nuit était aussi le symbole de son éloignement du monde et de son ardent désir de la Parousie. Et c’est pourquoi, aujourd’hui encore, elle fait, de sa plus longue prière, une prière nocturne. Ce sont les Matines. Elle sait aussi que les plus grands événements de la Rédemption se sont accomplis dans l’obscurité de la nuit, loin des regards du monde. Et même la figure de la Rédemption : la délivrance de la servitude d’Égypte, la mort des premiers-nés, l’immolation et la manducation de l’agneau pascal, était déjà une vraie nuit sainte. Le Christ, Notre Seigneur, a institué son sacrement d’amour, l’Eucharistie, le soir, c’est-à-dire déjà dans la nuit. Sans doute, il est mort pendant le jour, sur le Golgotha ; mais le soleil s’obscurcit, ce fut la nuit pendant le jour. C’est avant l’aurore du matin de Pâques, alors qu’il était nuit encore, qu’il ressuscita. Quand il vint au monde, il ne choisit pas la clarté du jour, mais la nuit. La liturgie le dit d’une manière très belle : « Pendant que le silence enveloppait la terre et que la nuit était au milieu de son cours, ta « Parole » toute-puissante, Seigneur, est descendue du ciel, du trône royal. » Quand les chrétiens devinrent plus tièdes, l’Église romaine abandonna l’office de nuit, qui consistait dans la vigile, et passa à l’Office de jour. Même la vigile des vigiles, la nuit de Pâques, n’est plus célébrée actuellement. Mais il nous est resté une nuit sainte, avec tout son charme : c’est cette nuit que nous appelons la nuit de Noël, la nuit de la naissance du Sauveur. Et si cette nuit impressionne si fortement les hommes qui ne connaissent le christianisme que par l’extérieur, que ne doit-elle pas être pour nous, chrétiens, qui pouvons retrouver les pensées et les sentiments de l’Église dans sa liturgie ! Les matines ont rempli la nuit de chants sacrés. Nous avons entendu les prophéties et assisté à leur accomplissement ; nous avons écouté les paroles des quatre Pères de l’Église les plus illustres, qui nous ont expliqué la grandeur de cette nuit. Et maintenant nous sommes sur le point de réaliser en nous tout ce qui a été annoncé dans l’office de la parole de Dieu. La messe nocturne d’aujourd’hui nous parle d’une triple naissance, disons d’une triple naissance nocturne.

1. La première nuit. — L’Église nous conduit dans l’éternité, dans la nuit, avant que se levât « l’étoile du matin ». Dans cette nuit de l’éternité, la seconde Personne divine procède substantiellement du sein du Père. « Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu. » La petite intelligence humaine reste stupéfaite devant ce mystère insondable : le Fils de Dieu né du Père avant tous les temps. Et pourtant cette éternité s’approche maintenant mystérieusement de nous, car, dans la sainte Eucharistie, ce Fils éternel est tout près de nous, l’éternité entre dans notre temps. Oui, dans cette nuit, nous sommes remplis d’un saisissement sacré en face de cette nuit éternelle de la naissance du Fils de Dieu.

2. Cependant le souvenir de cette nuit éternelle n’est que le prélude de cette seconde nuit de naissance qui se passa dans le temps et que nous célébrons. Notre sainte Mère l’Église nous prend par la main et nous conduit dans l’étable de Bethléem ; elle nous montre, au milieu de la nuit, le petit Enfant nouveau-né, qui est en même temps le Roi de la paix ; elle nous montre la Vierge-Mère dans son bonheur maternel. Mais maintenant, à la messe, il y a plus qu’un souvenir et une image de cette sainte nuit de naissance. Le mystère de la messe de minuit c’est que ce Roi, ce Fils de Dieu éternellement engendré, paraît aujourd’hui devant nous comme nouveau-né ; bien plus, choisit notre cœur pour crèche et nous permet de participer aux joies maternelles de Marie.

3. Mais où se trouve la troisième nuit de naissance ? La première était la naissance dans la nuit de l’éternité ; la seconde, la naissance temporelle à Bethléem ; toutes les deux rendues présentes. La troisième naissance est notre renaissance. Chrétiens, cela est si émouvant ! Le Christ s’est fait Homme pour faire de nous ses frères et ses sœurs, afin que nous devenions avec lui des enfants de Dieu, des régénérés. Aujourd’hui c’est la nuit de notre renaissance. Pâques est notre nuit baptismale. Mais, tous les ans, à Noël, l’Église voit se lever de nouveau notre nuit de naissance spirituelle. Nous sommes redevenus de nouveau des enfants de Dieu, après avoir crié vers le ciel, pendant quatre semaines, comme des non rachetés : « Cieux répandez votre rosée, faites pleuvoir le Juste. » Aujourd’hui, à la Communion, quand notre cœur est devenu ta crèche, l’Église ne pense pas seulement au Christ quand elle dit : « Dans les splendeurs de ma sainteté. je t’ai engendré avant l’étoile du matin » ; elle pense aussi à nous et fait entendre à chacun : Dans la nuit de l’éternité, tu as été choisi par le Père ; dans la sainte nuit de la naissance du Christ, tu avais place dans le Cœur du Fils de Dieu nouveau-né qui faisait de toi son frère ou sa sœur ; et maintenant le Père te presse de nouveau sur son sein en te disant : Avec mon Fils qui est né dans l’étable, tu es devenu mon enfant bien-aimé. Tu célèbres, avec le Christ, ta nuit de naissance, une vraie nuit sainte. […]

La messe de l’aurore ou messe des bergers (Lux fulgebit)

« L’aurore » indique le temps mais aussi le symbole de la seconde messe. Les deux pensées principales de la messe sont le lever du soleil de Noël et J’événement historique des premières heures du matin (les bergers à la Crèche). A l’Introït, nous contemplons avec étonnement, au lever du soleil, le Roi du monde -qui vient de naître (le psaume 92 convient tout à fait ici : à l’arrière-plan, Dieu nous apparaît mettant un frein à la fureur des flots). L’Oraison est une magnifique prière de lumière. « Environnés des flots de la nouvelle lumière du Verbe incarné », nous demandons la lumière dans la foi et dans les œuvres. L’Épître complète l’oraison. Le bon Sauveur, le Dieu fait homme, est la lumière qui nous a été communiquée au Baptême. Au Graduel, nous louons ce divin Sauveur « qui est venu, qui brille devant nous et qui est admirable à nos yeux », lui le Maître de tout. Puis à l’Évangile, nous suivons, pleins de joie, les bergers dans l’étable. A l’Offrande, nous sommes nous-mêmes les bergers qui nous approchons du Roi nouveau-né que nous sommes admis à contempler. Avec les bergers, nous lui offrons nos présents (ce n’est pas en vain que, dans les représentations des bergers, on les montre les mains chargées de présents) et nous nous retirons le cœur rempli de la joie de Dieu. L’antienne de la Communion nous montre le Roi nouveau-né faisant son entrée dans son Église, dans l’âme. L’attente de l’Avent est remplie : « Tressaille de joie, fille de Sion, jubile, fille de Jérusalem, voici que ton Roi vient, le Saint, le Sauveur du monde. » Cette messe est toute remplie de cette pensée de la lumière et c’est une des plus belles de l’année liturgique.

L’Office solennel : La troisième messe (Puer natus est)

La messe « du jour » est la messe proprement dite de la fête. L’église de Station était primitivement et est encore, conformément à l’idée de la messe, l’église des Gentils, Saint-Pierre de Rome. Cette église est pour les Romains le symbole de la domination du Christ sur le monde païen. Telle est aussi la pensée dominante de la messe : la royauté universelle du Christ.

A l’Introït, nous chantons le petit Enfant dans sa crèche comme l’Imperator (au sens de la Rome antique) du monde, celui « sur les épaules duquel repose la souveraineté ». Au psaume 97 que nous avons déjà rencontré aux Matines, nous chantons : « Le Seigneur a manifesté son salut, devant les yeux des Gentils, il a dévoilé sa justice. » « Toutes les régions de la terre voient maintenant le salut de notre Dieu. » Dans l’Oraison, nous demandons que « la nouvelle naissance » nous fasse secouer « l’antique joug du péché » et nous donne la liberté. Epître s’adapte merveilleusement à la pensée principale. Devant nos yeux apparaît l’image du souverain de l’univers : « Dieu l’a établi héritier et Seigneur du monde qu’il a créé par lui. Comme splendeur de la gloire du Père et image de sa divine essence, le Fils porte et soutient l’univers par sa parole toute-puissante… maintenant il siège dans le ciel, à la droite de la majesté divine. Le Père dit à son Fils : ton trône, ô Dieu, est établi d’éternité en éternité, un sceptre d’équité est le sceptre de ta royauté… » L’Alleluia est un prélude à l’Évangile de lumière, c’est un chant de lumière : le jour sacré a brillé. Le soleil, le symbole du Sauveur du monde, est, au ciel, dans tout son éclat. Nous entendons alors l’Évangile. Quel n’est pas alors l’effet du Prologue de saint Jean ! Le Logos est la divine lumière qui brille dans les ténèbres du monde, mais le monde ne la comprend pas. Mais pour nous, les enfants de Dieu, elle brille aujourd’hui ; bien plus, elle établit aujourd’hui sa demeure parmi nous. L’Offertoire développe le thème de la souveraineté universelle du Christ : « A toi est le ciel, à toi est la terre…, le droit et la justice sont les soutiens de ton trône. » Quand maintenant, à l’Offrande, nous nous approchons de l’autel, nous venons devant son trône et nous chantons la puissance du grand Roi. A la Communion, nous chantons une fois encore le psaume de l’Introït (psaume 97) : « Toutes les régions de la terre voient maintenant (dans l’Eucharistie) le salut de notre Dieu. » Dans la Postcommunion, après avoir rappelé l’un des objets importants de la fête : « Le Sauveur du monde qui vient de naître est l’auteur de notre naissance divine », nous appuyons sur cette considération notre demande : qu’il nous accorde aussi l’immortalité. Le dernier Évangile est déjà une transition avec l’Épiphanie. Nous avons ainsi dans les trois messes un développement progressif de la pensée de Noël : La nuit — l’aurore — le soleil de midi Marie seule — les bergers (quelques privilégiés) — le monde entier Le Rédempteur — notre Rédempteur — le Rédempteur du monde.

En cette nuit

Interprété par Les Petits Chanteurs de Saint-Charles :

Noël polonais

Avec les Petits chanteurs de Saint-Charles :

Joyeux Noël !

Sauver l’esprit de Noël

Du père Danziec dans Valeurs Actuelles :

Il y a les sentences évangéliques du Christ. Il y a les fameux apophtegmes des Pères du désert, les lumineuses pensées de Pascal, les narrations enchanteresses des spectacles du Puy du Fou. Il y a encore les envolées lyriques de Cyrano, les formules mordantes de Bernanos, les prophéties de Soljenitsyne. Et puis, il y a Antoine de Saint-Exupéry. Le pilote écrivain, dans la pleine maturité de sa réflexion, confiaitdans Citadelle : « Je ne connais rien au monde qui ne soit d’abord cérémonial. Car tu n’as rien à attendre d’une cathédrale sans architecture, d’une année sans fêtes, d’un visage sans proportions, d’une armée sans règlements, ni d’une patrie sans coutumes. »

« Je ne connais rien au monde qui ne soit d’abord cérémonial. » Oui, le cérémonial signifie : il inspire une conduite et, mieux encore, guide les âmes. Pour l’auteur du Petit Prince, un monde sans cérémonial, comme une patrie sans coutumes, court à sa perte. Notre univers postmoderne, plus que jamais, a besoin de rituels qui sont autant de phares dans la nuit, de tremplins vers le ciel et d’assises protégeant la vitalité des racines. Héritées de la sagesse des hommes et de pratiques cultuelles venues du fond des âges, nos manières de célébrer la vie, la mort et les mystères de notre destinée disent l’épaisseur de notre culture, la profondeur de nos consciences. Lâchers de ballon ou requiem de Mozart ? Twerk lors des meetings d’EELV ou rigodon, gavotte, farandole et laridé de nos régions ? Culture du débraillé dans l’hémicycle ou maintien royal à la Kate Middleton ? Dis-moi ce que tu célèbres et comment tu le célèbres et je te dirai qui tu es !

« Peut-on prétendre à la fois défendre la France éternelle” et vivre raisonnablement le réveillon de Noël sans honorer Jésus ? »

La crise identitaire qui traverse notre pays ne saurait se cantonner à de simples considérations esthétiques. L’affaire n’est pas cosmétique, elle est spirituelle. Les lancinantesquerelles autour des célébrations de Noël, qui chaque année reviennent, témoignent d’un mal-être civilisationnel installé. Crèche dans les mairies ? Sapin artificiel ? Nativité rebaptisée en “fête de la créativité” ? Toutes ces questions n’ont rien d’anecdotique. Renan avait déjà fustigé l’impasse intellectuelle et morale du citoyen idéal, sans attache et sans lien, « naissant enfant trouvé et mourant célibataire ». Nous y sommes.

« Sauver l’esprit chrétien » titrait Valeurs Actuelles en couverture cette semaine. « Sauver » ? Vraiment ? Les mots ayant un sens, sauver une personne, une cause, une œuvre ne saurait se réaliser dans la demi-mesure. « Sauver » engage tout l’être. Ce peut être même l’ambition de toute une vie. Sauver son pays du péril, sa famille du danger, le graal de l’oubli, son âme des ténèbres éternelles. Chaque petit chrétien est censé l’apprendre dès son plus jeune âge au catéchisme : son baptême l’engage à suivre l’enseignement de Jésus et à imiter ses vertus pour… sauver sa vie. « Si tu veux obtenir la vie éternelle, va, vends tout ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; puis viens et suis-moi » (Mt 19, 21). Parce que notre façon de fêter Noël dit un peu ce que nous sommes, pouvons-nous prétendre à la fois désirer « sauver la France éternelle » et vivre raisonnablement le réveillon de Noël sans honorer Jésus ? La devise des sapeurs-pompiers de Paris, « Sauver ou périr », exprime bien l’enjeu. Il n’y a pas de voie médiane, de terrain neutre, de porte de sortie à la dérobée. « Sauver l’esprit chrétien » tient de la même alternative que celle des soldats du feu. On ne peut défendre le socle civilisationnel de l’Occident des « flammes » du wokisme ou de l’islamisme, proclamer les racines chrétiennes de la France « fille aînée de l’Eglise » eten rester aux simples phrases pour mener un tel combat. « Sauver ou périr », sauver l’esprit chrétien en mettant sa peau au bout de ses idéaux ou périr dans la médiocrité, déserteur de sa propre âme. « Les modérés survivront, seuls les passionnés auront vécu » écrivait Rivarol. Clovis s’est plongé dans l’eau à Reims non pas pour « donner l’illusion », mais pour se transformer. A l’invitation de son épouse Clotilde, il reçut le baptême des mains de l’évêque saint Rémi qui lui adressa une monition d’importance : « Courbe la tête fier Sicambre, adore ce que tu as brûlé et brûle ce que tu as adoré ».

Sauver l’esprit de Noël, et l’esprit chrétien en général, consiste ainsi non seulement à mettre en valeur le message de l’Evangile et de l’Eglise, mais aussi à pointer du doigt tout ce qui contrarie la bonne nouvelle du Seigneur : s’agenouiller, oui, mais pas uniquement. Il faut encore « brûler les idoles ».

Remettre le clocher au milieu du village

« Sauver l’esprit de Noël » commencera donc par remettre le Christ au centre de cet évènement. Une recommandation qui pourrait paraître naïve si elle n’était pas déjà transgressive dans un quotidien occidental transi de timidité religieuse. Le maire d’Asnières-sur-Seine par exemple, Manuel Aeschlimann, ne se trompe pas lorsque dans ses vœux à ses administrés, il constate : « La société de consommation a fait de Noël une fête commerciale. Tant mieux si ce moment departage est aussi une occasion d’échange et de gastronomie. Mais n’oublions jamais qu’avant tout, Noël est une fête qui vient célébrer la naissance de Jésus-Christ. Dans le monde actuel, en manque de repères sérieux et intangibles, il est parfois utile de rappeler que certaines choses ont un sens. »

« Sauver l’esprit de Noël », c’est encore accepter de renouer avec l’esprit d’enfance de ses contes, de ses scintillements et de ses joies simples. Philippe de Villiers, en conteur hors-pair, s’est laissé aller, dans son émission sur CNews, à imaginerune histoire de Noël, plaçant dans l’étable de Bethléem une foule d’adorateurs du Divin Enfant. « Tandis que la musique Douce nuit monte dans l’obscurité, derrière les bergers qui déposent leurs cadeaux sur le lit de paille, arrivent les Rois Mages. Après les mages de l’Orient, arrive depuis la pointe de l’Occident le marchand de quenouille du vieux pays profond qui dépose ses poupées de lin pour envelopper l’enfant qui grelotte. » Et le créateur du Puy du Fou de poursuivre son récit en évoquant le haut lignage qui donne de savoir d’où l’on vient : Blandine, la martyre aux tresses d’or, Martin de Tours avec sa chlamyde de miséricorde, un anonyme – c’est l’architecte de Notre-Dame – offrant au petit Jésus une rosace et les plans d’un vaisseau renversé, saint Louis, le roi croisé aux pieds nus, Michel-Ange déposant en cadeau sa pieta, Pascal ses écrits, Bach son orgue et Verlaine sa romance d’amour, son Noël. Jusqu’à Brassens l’inclassable, mettant en musique les vers de Francis Jammes.

Le regard lucide de Philippe de Villiers ne trompe pas : tant qu’il y aura des personnes pour s’agenouiller dans la crèche, prier le petit Jésus et puiser dans la mangeoire des forces pour mener un combat à la fois spirituel et culturel, les principes qui ont fondé le doux royaume de France continueront à faire germer les croix et les lys. Tant qu’il se trouvera des mères de famille pour lire des contes de Noël à leurs petits auprès de la cheminée, la petite flamme espérance continuera d’alimenter nos permanences.

Les conditions de notre continuité

Depuis la grotte de Bethléem, nous distinguons mieux que jamais l’inattendue pédagogie de Dieu : un Dieu enfant confondant les superbes et les puissants par la médiation des petits et des sans grades. Le roi Hérode déconfit par des bergers comme Goliath l’avait été par les trois petits caillouxdu jeune David. Les hordes mongoles d’Attila repoussées de Paris par les prières de la frêle Geneviève. Les Anglais renvoyés sur leur île par une jeune pucelle en armure.

« Sauver l’esprit chrétien » ne peut se limiter à constater la soif de Dieu chez nos contemporains ». Il faut encore s’engager à offrir à boire le meilleur des élixirs : le décalogue, les béatitudes, les vertus chrétiennes, les liturgies dignes et verticales…

En assistant à la messe de Noël, nous ne réalisons pas simplement une œuvre de piété, nous œuvrons aux conditions mêmes de notre continuité. Nos permanences ont fait leur lit dans la paille de Bethléem. Pourrait-on les préserver en désertant l’étable ? Sauver l’esprit chrétien et sauver Noël invitent en somme à se poser la seule question qui vaille : suis-je désireux de sauver mon âme en allant résolument à la rencontre du Christ ?

En quête d’esprit : la joie de Noël

Aymeric Pourbaix reçoit :
Abbé Christian MÉTAIS, curé de Bouillé-Loretz
Gérard Leclerc
vianney Chatillon

 

Terres de Mission: Des curés stables pour des paroisses missionnaires

Pour ce 24 décembre, “Terres de Mission” reçoit l’abbé François Dedieu, curé de La Garenne-Colombes, pour évoquer son livre “Curé à durée indéterminée” (Artège) et, à cette occasion, la mission de curé et le rôle des paroisses dans la formation spirituelle des fidèles et dans la mission de l’Eglise.

Puis, Guillaume de Thieulloy propose quelques pistes de lecture.

Royauté sociale du Christ et État catholique

Du père de Blignières sur Claves :

Le droit à la liberté religieuse affirmé par la Déclaration Dignitatis Humanæ du concile Vatican II s’oppose-t-il à la royauté sociale du Christ sur les sociétés humaines ? Des théologiens et même des évêques l’affirment. Et un bon nombre de fidèles et de pasteurs semblent ne pas avoir d’idées claires à ce sujet.

La liberté religieuse à Vatican II

Le texte même de la Déclaration, comme les explications du magistère subséquent, s’opposent à cette herméneutique de rupture. Au n°1 de Dignitatis Humanae, il est dit que la doctrine exposée « ne porte aucun préjudice à la doctrine catholique traditionnelle au sujet du devoir moral de l’homme et des sociétés à l’égard de la vraie religion et de l’unique Église du Christ ». Le rapporteur du document, Mgr De Smedt, lors de la présentation du schéma final, avait même précisé qu’il s’agissait « des devoirs de la puissance publique envers la vraie religion » (Acta Synodalia, IV, VI, 719).

Le Catéchisme de l’Église Catholique et la liberté religieuse

Le Catéchisme de l’Église catholique traite de la liberté religieuse dans un paragraphe intitulé : « Le devoir social de religion et le droit à la liberté religieuse » (CEC, nn. 2014-2019). Il y précise que « le devoir de rendre à Dieu un culte authentique concerne l’homme individuellement et socialement ». Il demande aux chrétiens de « pénétrer d’esprit chrétien les mentalités et les mœurs, les lois et les structures de la communauté où ils vivent ». Il affirme « la royauté du Christ sur toute la création et en particulier sur les sociétés humaines ». Le CEC fait référence explicite aux grandes encycliques Quanta cura de Pie IX, Immortale Dei de Léon XIII et Quas primas de Pie XI. Il précise que le droit à la liberté religieuse « n’est ni la permission morale d’adhérer à l’erreur, ni un droit supposé à l’erreur » ; et, en se référant à Pie IX, qu’il « ne peut être de soi ni illimité, ni limité seulement par un ordre public conçu de manière positiviste ou naturaliste » ; enfin, que ses limites « doivent être déterminées selon les exigences du bien commun ».

L’enseignement de Jean-Paul II et Benoît XVI

L’encyclique Veritatis splendor de Jean-Paul II, redresse au n° 34 les interprétations relativistes de Dignitatis Humanae qui avaient malheureusement largement prévalu. Un grand controversiste traditionaliste a pu écrire que cette « interprétation rectifiée par rapport au soi-disant “esprit du Concile” » est « explicitement replacée (note 58) dans la perspective et le contexte de Grégoire XVI (Mirari vos), de Pie IX (Quanta cura) et de Léon XIII (Libertas). Les cinquante-huit passages de Vatican II, tels qu’ils sont cités et interprétés par l’encyclique, ne provoquent plus aucun dubium » (Jean Madiran, Itinéraires, décembre 1993).

Benoît XVI, dans l’encyclique Caritas in veritate au n° 55, affirme : « La liberté religieuse ne veut pas dire indifférence religieuse et elle n’implique pas que toutes les religions soient équivalentes. Un discernement concernant la contribution que peuvent apporter les cultures et les religions en vue d’édifier la communauté sociale dans le respect du bien commun s’avère nécessaire, en particulier de la part de ceux qui exercent le pouvoir politique. Un tel discernement devra se fonder sur le critère de la charité et de la vérité ».

La royauté sociale du Christ : rayonnement temporel de l’Incarnation

Que l’Incarnation du Fils de Dieu ait des conséquences jusque dans l’ordre social, c’est ce à quoi la foi et la raison pouvaient s’attendre. On ne voit pas comment un catholique pourrait écarter ce rayonnement temporel du mystère central du christianisme. Les hommes ont une dimension sociale, qui ne peut échapper au rayonnement du Christ. Dignitatis Humanae leur dit que « la plus importante des choses qui concernent le bien de l’Église et de la cité terrestre elle-même […]  c’est que l’Église jouisse de toute la liberté d’action dont elle a besoin pour veiller au salut des hommes » (n° 13). Ailleurs, le Concile ou le CEC leur demande de « faire reconnaître les dimanches et jours de fête de l’Église comme des jours fériés légaux » (CEC, n°2188) ; de travailler à ce que « le pouvoir civil considère comme un devoir sacré de reconnaître la véritable nature [du mariage et de la famille], de les protéger et de les faire progresser, de défendre la moralité publique et de favoriser la prospérité des foyers. » (Gaudium et spes, n° 52).

Agir ainsi, n’est-ce pas travailler à la réalisation d’une chrétienté ? N’est-ce pas, si ce travail est précédé et accompagné comme il se doit de l’évangélisation des personnes, se rapprocher – dans la mesure que permet la prudence politique – d’une « nation catholique » ?

La vraie notion de la liberté religieuse, affirmée par Dignitatis Humanae et précisée par le magistère après le Concile, ne soppose donc nullement à la royauté sociale du Christ.

Royauté sociale du Christ et État catholique

Il ne faut d’ailleurs pas limiter la notion de chrétienté à la forme exclusive de « l’État catholique ». Cette réalisation historique de la chrétienté suppose clairement une société très majoritairement catholique. Et il faut ajouter que, si la loi divine requiert le principe d’une reconnaissance sociale et communautaire de la vraie religion, elle n’exige pas une expression particulière de cette reconnaissance (par exemple dans des constitutions écrites ou des concordats). Dans une société qui ne jouit pas de l’unité de croyance dans la foi catholique, la loi divine exige que les chrétiens (et les hommes de bonne volonté) aient le souci de travailler à ce que la société civile honore la loi naturelle et qu’elle donne à l’Église la possibilité de prêcher l’ordre surnaturel, avec tous les bienfaits indirects qu’il entraîne.

Cela n’implique donc pas de « nostalgie d’un État catholique ». Mais cela implique aussi qu’on ne peut se satisfaire d’un Etat « neutre, passif et inengagé », car l’État ne saurait être neutre par rapport à la loi naturelle, ni indifférent par rapport à la dimension religieuse des hommes qui vivent dans la cité dont il a la charge. Jean-Paul II rappelait aux parlementaires européens la nécessité et le bienfait de « l’acceptation de principes et de normes de comportement imposés à la raison ou émanant de l’autorité de la Parole de Dieu, dont l’homme, individuellement ou collectivement, ne peut disposer à sa guise, au gré des modes ou de ses intérêts changeants » (Discours au parlement européen, 11 octobre 1988, n° 7). Vingt ans plus tard, Benoît XVI affirmait : « La raison a toujours besoin d’être purifiée par la foi, et ceci vaut également pour la raison politique, qui ne doit pas se croire toute puissante » (Caritas in veritate au n° 56).

Le Christ roi et l’évangélisation

Il n’y a là rien qui freine l’évangélisation. Au contraire cet effort de sage christianisation des structures est une forme importante de la charité chrétienne. « Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! À sa puissance salvatrice ouvrez les frontières des États, les systèmes économiques et politiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation, du développement » (Jean-Paul II, Messe d’intronisation du 22 octobre 1978, n. 5).

Messe de la Vigile de Noël

La messe de la Vigile de Noël est peu ou pas chantée dans les paroisses. Les cérémonies de la Nativité suivent le plus souvent le IVe dimanche de l’Avent. Mais quand Noël est un lundi, la veille, le dimanche, ce IVe dimanche de l’Avent doit céder la place à la messe de la Vigile. Ce fut le cas en 1989, 1995, 2000, 2006, 2017 et de nouveau cette année 2023.

Dom Guéranger, l’Année Liturgique :

Enfin, dit saint Pierre Damien dans son Sermon pour ce jour,

« nous voici arrivés de la haute mer dans le port, de la promesse à la récompense, du désespoir à l’espérance, du travail au repos, de la voie à la patrie. Les courriers de la divine promesse s’étaient succédé ; mais ils n’apportaient rien avec eux, si ce n’est le renouvellement de cette même promesse. C’est pourquoi notre Psalmiste s’était laissé aller au sommeil, et les derniers accents de sa harpe semblaient accuser les retards du Seigneur. Vous nous avez repoussés, disait-il, vous nous avez dédaignés ; et vous avez différé l’arrivée de votre Christ [15]. Puis, passant de la plainte à l’audace, il s’était écrié d’une voix impérative : Manifestez-vous donc, ô vous qui êtes assis sur les Chérubins ! [16] En repos sur le trône de votre puissance, entouré des bataillons volants de vos Anges, ne daignerez-vous pas abaisser vos regards sur les enfants des hommes, victimes d’un péché commis par Adam, il est vrai, mais permis par vous-même ? Souvenez-vous de ce qu’est notre nature ; c’est à votre ressemblance que vous l’avez créée ; et si tout homme vivant est vanité, ce n’est pas du moins en ce qu’il a été fait à votre image. Abaissez donc vos cieux et descendez ; abaissez les cieux de votre miséricorde sur les misérables qui vous supplient, et du moins ne nous oubliez pas éternellement.

« Isaïe à son tour, dans la violence de ses désirs, disait : A cause de Sion, je ne me tairai pas ; à cause de Jérusalem, je ne me reposerai pas, jusqu’à ce que le Juste quelle attend se lève enfin dans son éclat. Forcez donc les deux et descendez ! Enfin, tous les Prophètes, fatigués d’une trop longue attente, n’ont cessé de faire entendre tour à tour les supplications, les plaintes, et souvent même les cris de l’impatience. Quant à nous, nous les avons assez écoutés ; assez longtemps nous avons répété leurs paroles : qu’ils se retirent maintenant ; il n’est plus pour nous de joie, ni de consolation, jusqu’à ce que le Sauveur, nous honorant du baiser de sa bouche, nous dise lui-même : Vous êtes exaucés.

« Mais que venons-nous d’entendre ? Sanctifiez-vous, enfants d’Israël, et soyez prêts : car demain descendra le Seigneur. Le reste de ce jour, et à peine la moitié de la nuit qui va venir nous séparent de cette entrevue glorieuse, nous cachent encore l’Enfant-Dieu et son admirable Naissance. Courez, heures légères ; achevez rapidement votre cours, pour que nous puissions bientôt voir le Fils de Dieu dans son berceau et rendre nos hommages à cette Nativité qui sauve le monde. Je pense, mes Frères, que vous êtes de vrais enfants d’Israël, purifiés de toutes les souillures de la chair et de l’esprit, tout prêts pour les mystères de demain, pleins d’empressement à témoigner de votre dévotion. C’est du moins ce que je puis juger, d’après la manière dont vous avez passé les jours consacrés à attendre l’Avènement du Fils de Dieu. Mais si pourtant quelques gouttes du fleuve de la mortalité avaient touché votre cœur, hâtez-vous aujourd’hui de les essuyer et de les couvrir du blanc linceul de la Confession. Je puis vous le promettre de la miséricorde de l’Enfant qui va naître : celui qui confessera son péché avec repentir, la Lumière du monde naîtra en lui ; les ténèbres trompeuses s’évanouiront, et la splendeur véritable lui sera donnée. Car comment la miséricorde serait-elle refusée aux mal-ci heureux, en cette nuit même où prend naissance le Seigneur miséricordieux ? Chassez donc l’orgueil de vos regards, la témérité de votre langue, la cruauté de vos mains, la volupté de vos reins ; retirez vos pieds du chemin tortueux, et puis venez et jugez le Seigneur, si, cette nuit, il ne force pas les Cieux, s’il ne descend pas jusqu’à vous, s’il ne jette pas au fond de la mer tous vos péchés. »

Ce saint jour est, en effet, un jour de grâce et d’espérance, et nous devons le passer dans une pieuse allégresse. L’Église, dérogeant à tous ses usages habituels, veut que si la Vigile de Noël vient à tomber au Dimanche, le jeûne seul soit anticipé au samedi ; mais dans ce cas l’Office et la Messe de la Vigile l’emportent sur l’Office et la Messe du quatrième Dimanche de l’Avent : tant ces dernières heures qui précèdent immédiatement la Nativité lui semblent solennelles ! Dans les autres Fêtes, si importantes qu’elles soient, la solennité ne commence qu’aux premières Vêpres ; jusque-là l’Église se tient dans le silence, et célèbre les divins Offices et le Sacrifice suivant le rite quadragésimal. Aujourd’hui, au contraire, dès le point du jour, à l’Office des Laudes, la grande Fête semble déjà commencer. L’intonation solennelle de cet Office matutinal annonce le rite Double ; et les Antiennes sont chantées avec pompe avant et après chaque Psaume ou Cantique. A la Messe, si l’on retient encore la couleur violette, du moins on ne fléchit plus les genoux comme dans les autres Fériés de l’Avent ; et il n’y a plus qu’une seule Collecte, au lieu des trois qui caractérisent une Messe moins solennelle.

Entrons dans l’esprit de la sainte Église, et préparons-nous, dans toute la joie de nos cœurs, à aller au-devant du Sauveur qui vient à nous. Accomplissons fidèlement le jeûne qui doit alléger nos corps et faciliter notre marche ; et, dès le matin, songeons que nous ne nous étendrons plus sur notre couche que nous n’ayons vu naître, à l’heure sacrée, Celui qui vient illuminer toute créature ; car c’est un devoir, pour tout fidèle enfant de l’Église Catholique, de célébrer avec elle cette Nuit heureuse durant laquelle, malgré le refroidissement de la piété, l’univers entier veille encore à l’arrivée de son Sauveur : dernier vestige de la piété des anciens jours, qui ne s’effacerait qu’au grand malheur de la terre.

Parcourons en esprit de prière les principales parties de l’Office de cette Vigile. D’abord, la sainte Église éclate par un cri d’avertissement qui sert d’Invitatoire à Matines, d’Introït et de Graduel à la Messe. C’est la parole de Moïse annonçant au peuple la Manne céleste que Dieu enverra le lendemain. Nous aussi, nous attendons notre Manne, Jésus-Christ, Pain de vie, qui va naître dans Bethléhem, la Maison du Pain.

Hódie sciétis quia véniet Dóminus : et mane vidébitis glóriam eius. Sachez aujourd’hui que le Seigneur viendra ; et dès le matin vous verrez sa gloire.

Les Répons sont remplis de majesté et de douceur. Rien de plus lyrique ni de plus touchant que leur mélodie, dans cette nuit qui précède la nuit même où le Seigneur vient en personne.

A l’Office de Prime, dans les Chapitres et les Monastères, on fait en ce jour l’annonce solennelle de la fête de Noël, avec une pompe extraordinaire. Le Lecteur, qui est souvent une des dignités du Chœur, chante sur un ton plein de magnificence la Leçon suivante du Martyrologe, que les assistants écoutent debout, jusqu’à l’endroit où la voix du Lecteur fait retentir le nom de Bethléhem. A ce nom, tout le monde se prosterne, jusqu’à ce que la grande nouvelle ait été totalement annoncée.

LE HUIT DES CALENDES DE JANVIER.

L’an de la création du monde, quand Dieu au commencement créa le ciel et la terre, cinq mille cent quatre-vingt-dix-neuf : du déluge, l’an deux mille neuf cent cinquante-sept : de la naissance d’Abraham, l’an deux mille quinze : de Moïse et de la sortie du peuple d’Israël de l’Égypte, l’an mille cinq cent dix : de l’onction du roi David, l’an mille trente-deux : en la soixante-cinquième Semaine, selon la prophétie de Daniel : en la cent quatre-vingt-quatorzième Olympiade : de la fondation de Rome, l’an sept cent cinquante-deux : d’Octavien Auguste, l’an quarante-deuxième : tout l’univers étant en paix : au sixième âge du monde : Jésus-Christ, Dieu éternel et Fils du Père éternel, voulant consacrer ce monde par son très miséricordieux Avènement, ayant été conçu du Saint-Esprit, et neuf mois s’étant écoulés depuis la conception, naît, fait homme, de la Vierge Marie, en Bethléhem de Judée : LA NATIVITÉ DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST SELON LA CHAIR !

Ainsi toutes les générations ont comparu successivement devant nous. Interrogées si elles auraient vu passer Celui que nous attendons, elles se sont tues, jusqu’à ce que le nom de Marie s’étant d’abord fait entendre, la Nativité de Jésus-Christ, Fils de Dieu fait homme, a été proclamée.

« Une voix d’allégresse a retenti sur notre terre, dit à ce sujet saint Bernard dans son premier Sermon sur la Vigile de Noël ; une voix de triomphe et de salut sous les tentes des pécheurs. Nous venons d’entendre une parole bonne, une parole de consolation, un discours plein de charmes, digne d’être recueilli avec le plus grand empressement. Montagnes, faites retentir la louange ; battez des mains, arbres des forêts, devant la face du Seigneur ; car le voici qui vient. Cieux, écoutez ; terre, prête l’oreille ; créatures, soyez dans l’étonnement et la louange ; mais toi surtout, ô homme ! Jésus-Christ, Fils de Dieu, naît en Bethléhem de Judée ! Quel cœur, fût-il de pierre, quelle âme ne se fond pas à cette parole ? Quelle plus douce nouvelle ? Quel plus délectable avertissement ? qu’entendit-on jamais de semblable ? Quel don pareil le monde a-t-il jamais reçu ? Jésus Christ, Fils de Dieu, naît en Bethléhem de Judée ! O parole brève qui nous annonce le Verbe dans son abaissement ! Mais de quelle suavité n’est-elle pas remplie ! Le charme d’une si mielleuse douceur nous porte à chercher des développements à cette parole ; mais les termes manquent. Telle est, en effet, la grâce de ce discours, que si j’essaie d’en changer un iota, j’en affaiblis la saveur : Jésus-Christ, Fils de Dieu, naît en Bethléhem de Judée ! »

Dans la Collecte, l’Église semble encore préoccupée de la venue du Christ comme Juge ; mais c’est la dernière fois qu’elle fera allusion à ce dernier Avènement. Désormais, elle sera toute à ce Roi pacifique, à cet Époux qui vient à elle ; et ses enfants doivent imiter sa confiance.

ÉPITRE.

Dans l’Épître, l’Apôtre saint Paul, s’adressant aux Romains, leur annonce la dignité et la sainteté de l’Évangile, c’est-à-dire de cette bonne Nouvelle que les Anges vont faire retentir dans la nuit qui s’approche. Or, le sujet de cet Évangile, c’est le Fils qui est né à Dieu de la race de David selon la chair, et qui vient pour être dans l’Église le principe de la grâce et de l’Apostolat, par lesquels il fait qu’après tant de siècles, nous sommes encore associés aux joies d’un si grand Mystère.

Si la Vigile de Noël tombe un Dimanche, on ajoute l’Alléluia avec son Verset, ainsi qu’il suit :

« Alléluia, alléluia. V/. Demain sera effacée l’iniquité de la terre, et le Sauveur du monde régnera sur nous. Alléluia. »

ÉVANGILE.

L’Évangile de cette Messe est le passage dans lequel saint Matthieu raconte les inquiétudes de saint Joseph et la vision de l’Ange. Il convenait que cette histoire, l’un des préludes de la Naissance du Sauveur, ne fût pas omise dans la Liturgie ; et jusqu’ici le lieu de la placer ne s’était pas présenté encore. D’autre part, cette lecture convient à la Vigile de Noël, à raison des paroles de l’Ange, qui indique le nom de Jésus comme devant être donné à l’Enfant de la Vierge, et qui annonce que cet enfant merveilleux sauvera son peuple du péché.

Pendant la Communion, l’Église se réjouit de goûter déjà dans le Sacrement Eucharistique Celui dont la chair purifie et nourrit notre propre chair, et elle puise dans la consolation que cet aliment divin porte avec lui, la force d’attendre jusqu’à ce moment suprême où les Anges vont l’appeler à la Crèche du Messie.

Jésus est-il né un 25 décembre ?

Par l’abbé de Massia (FSSP), sur Claves :

Les évangiles ne disent pas en quel mois est né Jésus : pourquoi cette date du 25 décembre fut-elle retenue ? Pour certains, le seul fondement de la fixation de la date de Noël – étendue à toute l’Église au IVe siècle – serait la christianisation d’une fête païenne. Qu’en est-il réellement ?

Fête chrétienne ou fête païenne : la fête du Sol invictus

La nativité était commémorée dans les premiers siècles – à Jérusalem et plus largement – au 6 janvier. Le choix de cette date, puis de celle du 25 décembre serait lié pour certains à la nécessité de christianiser ou de contrecarrer des fêtes païennes : une fête égyptienne du soleil début janvier, la fête romaine du Sol invictus (« soleil invaincu ») au moment de l’équinoxe d’hiver.

L’argument du Sol invictus, souvent entendu, semble séduisant : à l’équinoxe d’hiver les jours commencent à rallonger, l’instant a été vu par les anciens comme la « renaissance » du soleil, souvent considéré comme un dieu. Il semble cependant que la fête romaine du Sol invictus soit relativement récente, et même plus récente que la fixation chrétienne de la date de Noël : la célébration païenne semble être liée à l’empereur Septime Sévère et son fils Elagabal (218-222). Leur tentative maladroite d’imposer le soleil comme dieu suprême du panthéon impérial irritera le sénat et les notables, au point qu’Elagabal sera assassiné par les prétoriens. Ce culte restera modeste jusqu’au règne d’Aurélien (270-275), qui en fera une arme pour restaurer l’unité de l’empire et asseoir son pouvoir. Par décret impérial, Aurélien fit du soleil une divinité officielle de l’empire et lui fit construire un temple, solennellement dédicacé le 25 décembre 274. Cette célébration fut reprise par l’empereur apostat Julien (358-361) dans sa tentative de faire renaître un culte impérial concurrent de la religion chrétienne.

Est-ce pour concurrencer la liturgie impériale que les chrétiens fixèrent au 25 décembre la célébration de la nativité du Sauveur ?

Célébrait-on déjà Noël à l’époque de Septime Sévère et d’Aurélien ? L’officialisation et l’extension de la date de la fête sous Constantin ne signifie pas que la nativité n’ait pas été précédemment fêtée à la fin de décembre. Vers 202-204 l’écrivain ecclésiastique Hippolyte (175-235) donne déjà dans son commentaire sur Daniel les 25 décembre et 25 avril comme dates possibles pour la naissance et la mort du Christ. À la même époque Tertullien citait le 25 mars comme date de l’Incarnation (Annonciation). Certains suggèrent ainsi qu’Aurélien puis Julien fixèrent la date de la fête du soleil précisément au 25 décembre pour contrecarrer la célébration chrétienne de la nativité.

Un argument en faveur du 25 décembre : le calendrier sacerdotal de Qumran

Saint Luc nous apprend que le Christ est né 6 mois après son cousin Jean-Baptiste, dont la conception intervint peu après le service accompli par son père Zacharie, prêtre de la classe d’Abia, dans le Temple, où eut lieu l’annonciation de l’ange. En 1995, les chercheurs Shemaryahu Talmon et Israel Knohl publiaient une étude sur un calendrier liturgique retrouvé dans la grotte 4 du complexe de Qumran et numéroté 4Q321, identique à celui du premier livre d’Hénoch ou des Jubilés, deux écrits religieux juifs très répandus et influents au Ier siècle. Dans ce calendrier cyclique sur six ans, on trouve l’organisation du service au Temple des 24 classes sacerdotales dans les années 50-25 avant Jésus-Christ. Grâce à un autre rouleau publié en 2001 (noté 4Q328) on a découvert que la classe d’Abia était en charge au troisième trimestre de la troisième année du cycle, au mois de tishri (fin septembre – début octobre). La source correspond bien à la tradition, qui place la conception de Jean-Baptiste au 23 septembre et sa naissance neuf mois plus tard, au 24 juin.

Ces découvertes récentes permettent ainsi d’apporter une confirmation à la formation à la fixation de la date de la nativité au 25 décembre.

Datations d’après la tradition

La liturgie témoigne de la pertinence des dates retenues par la tradition pour la célébration des mystères de l’Incarnation : du 23 septembre (conception de saint Jean-Baptiste) au 25 décembre. On peut y ajouter une raison supplémentaire, parfois rapportée par les Pères de l’Église.

À l’autre extrémité de la vie du Christ, on a essayé de déterminer la date de la crucifixion, soit le 14 Nisan (veille de la Pâque), qui aurait pu correspondre à un vendredi 25 mars. Les Pères ont aimé penser que le Christ aurait vécu un nombre parfait d’années (33 selon la tradition), serait mort un 25 mars, et aurait par conséquent été conçu un 25 mars dans le sein virginal de Marie, et serait né un 25 décembre.

“Il y a toujours de l’espoir : avec les Français, tout est toujours possible”

Emission Face à Philippe de Villiers :

La Quête de la Musique Perdue

La famille Soodt se lance dans le long métrage.

Nous sommes en 1915, Jean, Henri et leurs cousines doivent enquêter pour retrouver un mystérieux musicien… Située entre le réel et le rêve, cette épopée familiale “à la Narnia” entraine le spectateur à la suite d’intrépides enfants pendant plus d’une heure dans une aventure fraîche et cocasse en Beaujolais, en Mâconnais, dans l’Ain et dans le Nord… dans l’esprit de Noël !

 

Le Cardinal Burke n’a pas le droit à la trêve hivernale

Selon Cardinalis Magazine, le prélat américain a officiellement été sommé de quitter son logement au plus tard en février 2024.

Le cardinal Burke, comme une majorité de cardinaux présents à Rome, dispose de son appartement de fonction depuis plusieurs années. Le cardinal Burke est sommé de quitter son appartement au plus tard à la fin du mois de février 2024.

Il lui serait toutefois permis d’y demeurer, à la seule condition de payer personnellement un loyer. Il semble toutefois y avoir une certaine incohérence à demander à un cardinal de payer un loyer si on lui ôte en même temps le salaire qui lui permettrait de le faire.

Des collégiens restaurent avec leur professeur de menuiserie un autel pour leur oratoire

Le collège Notre Dame de l’Aurore grandit et connaît cette année une augmentation des effectifs de 30% !

Tout cela ne serait pas arrivé sans la générosité des donateurs qui comprennent plus que jamais l’enjeu de l’éducation catholique dont les campagnes françaises doivent aussi pouvoir bénéficier. Le collège les en remercie chaleureusement.

En cette veille de Noël voici le témoignage des collégiens ayant restauré avec leur professeur de menuiserie un très bel autel pour leur oratoire. Bien sûr, Notre Dame de l’Aurore a encore besoin de dons pour rester un collège indépendant au coeur de la campagne lauragaise. Il est encore temps pour défiscaliser !

La véritable joie chrétienne c’est de tout recevoir de la main de Dieu

Voici l’homélie prononcée par l’abbé Courtois (FSSP), dimanche dernier, juste après la lecture par le Chancellier de l’évêque de la lettre annonçant l’expulsion de la FSSP du diocèse de Quimper. En ces temps troublés et à l’approche de Noël, cette homélie sur la joie chrétienne nous rappelle que la paix ne vient pas du monde :

Chers fidèles,

Il est bien difficile de prêcher sur la joie après la lecture de cette lettre. Mais cela nous donne l’occasion d’approfondir la notion de joie chrétienne.

Elle n’est pas d’abord une joie qui nous donne un certain plaisir une certaine satisfaction, un certain enthousiasme. Elle peut l’être, mais ce ne serait alors que l’écorce visible. Elle serait d’ailleurs vide de sens si elle était purement extérieure. Un peu à la manière d’une écorce sans tronc ni sève.

La joie chrétienne est d’abord intérieure. On peut la trouver dans le cœur, là où siègent nos affections. Nous pouvons le voir, par exemple dans les familles unies, où tout le monde se porte une vraie affection qui fait grandir l’amour filial et l’amour fraternel. Vous voyez le lien qu’il y a entre la joie profonde et l’amour du prochain. Il faut aussi la relier à la paix, « qui est la tranquillité de l’ordre » nous dit saint Augustin. Cette véritable paix du cœur car toutes ces affections y sont en ordre pour un bien supérieur qui nous dépasse : le bien de la famille. Et ce bien mérite que certaines choses, que nous affectionnons peut-être plus, passent au second plan afin de préserver ce bien. Ainsi une mère n’hésitera pas à se lever la nuit pour aller nourrir son nourrisson ou lui apporter du réconfort, plutôt que de rester dormir, ce qui est légitime. Un père de famille n’hésitera pas à faire un travail pénible, pour pouvoir loger et nourrir sa famille. Des grands-parents n’hésiteront pas à changer leur programme pour venir en aide à leurs petits-enfants en difficulté. Et plus largement, un chrétien n’hésitera pas à sacrifier son confort, et même ce qui lui est nécessaire, à l’exemple du bon samaritain, pour s’occuper de celui qui git au bord du chemin.

J’accomplis devant Dieu en premier ce qu’Il me demande pour le pour le bien de la famille et de la communauté, et non ce qui me plait davantage. Voilà l’ordre véritable qui m’apporte la paix du cœur. Et ma conscience est dans la joie d’avoir fait ce que j’avais à faire. Je peux me retourner et me dire que j’ai bien fait et que c’est pour un plus grand bien que ma satisfaction personnelle. Voilà la joie intérieure du chrétien.

Mais il y une joie du chrétien qui est encore plus profonde, c’est celle qui vient de la sève de l’arbre. Une joie surnaturelle qui se trouve dans l’âme. Parfois seulement dans la plus fine pointe de l’âme. Cette joie que « personne ne vous enlèvera », nous dit Jésus Jn 16,22. Cette joie vient de ce que Jésus vit en mon âme, que Dieu a voulu vivre dans ma pauvre âme, la faire sienne, et qu’il prend de la joie à vivre en moi. « J’ai trouvé mon Ciel sur la terre puisque le Ciel c’est Dieu, et Dieu est en mon âme » disait Elisabeth de la Trinité. Cette joie de la présence de Dieu en mon âme est toute surnaturelle, c’est le commencement de la béatitude éternelle. Savoir que Dieu est en moi et que c’est mon plus grand bien.  Cette joie est d’ordre surnaturelle et seul Dieu peut nous la donner. C’est cette joie surnaturelle qui habitait Jésus en sa Passion : dans la fine pointe de son âme humaine, il vivait de cette union à son Père et au Saint-Esprit, cette béatitude infinie. La joie surnaturelle de l’union à la sainte Trinité, Jésus veut la donner à tous. Du moins à tous ceux qui veulent la recevoir. Même dans l’épreuve cette joie demeure.

Écoutez ce que raconte saint Alphonse de Liguori au sujet du père Jean Tauler, dominicain du XVIème siècle, dans son petit livre que je vous recommande la volonté de Dieu :

« Le père Jean Tauler rapporte ce trait arrivé à lui-même. Depuis des années, il priait le Seigneur de lui envoyer quelqu’un qui lui enseignât la vraie vie spirituelle. Un jour, il entendit une voix qui lui disait : « Va-t-en à telle église, et tu trouveras celui que tu cherches. » Il obéit et, à la porte de l’église, il rencontra un mendiant nu-pieds et couvert de haillons. « Bonjour, mon ami », lui dit-il en le saluant. « Maître, répond le pauvre, je ne me souviens pas d’avoir jamais connu un jour mauvais. » Le père reprend : « Que Dieu vous donne une vie heureuse. » « Je n’ai jamais été malheureux », dit le mendiant. Et il ajoute : « Écoutez, mon père : ce n’est pas sans motif que je vous ai dit n’avoir jamais eu de jour mauvais ; car, lorsque j’ai faim, je loue le bon Dieu ; quand il neige ou qu’il pleut, je le bénis ; si on me méprise, si on me chasse, si j’éprouve quelque autre disgrâce, je ne manque pas d’en rendre gloire à mon Dieu. Je vous ai dit aussi que je n’ai jamais été malheureux, et cela encore est vrai, car j’ai coutume de vouloir tout ce que Dieu veut, sans aucune réserve : aussi, ce qui m’arrive, que ce soit doux ou amer, je le reçois de sa main avec joie, comme étant le meilleur pour moi ; et c’est là ce qui fait mon bonheur. – Et si jamais – qu’à Dieu ne plaise ! – il voulait que vous fussiez damné, que diriez-vous ? – Si Dieu voulait cela ? J’ai deux bras avec lesquels je l’enlacerais : l’humilité et l’amour ; et je le serrerais si fort que, voulant me précipiter en enfer, il serait forcé d’y venir avec moi. Or, il me serait bien plus doux d’être avec lui en enfer, que de jouir sans lui de toutes les délices du ciel. – Où avez-vous trouvé Dieu ? – Je l’ai trouvé là où j’ai laissé toutes les créatures. – Mais qui êtes-vous donc ? – Je suis roi. – Où est votre royaume ? – Dans mon âme, où je tiens tout en bon ordre : les passions soumises à la raison, et la raison à Dieu. » Enfin, Tauler demanda au mendiant ce qui l’avait conduit à une si haute perfection. « Le silence, répondit-il, – le silence avec les hommes pour m’entretenir avec Dieu – et l’union avec mon bien-aimé Seigneur : en lui j’ai trouvé la paix, et je la trouve à jamais. » En somme, c’est grâce à son union avec la volonté divine que cet indigent devint ce qu’il était ; et il était, assurément, plus riche, dans son dénuement, que les plus opulents monarques » et plus heureux, dans ses épreuves, que ne le sont, avec leurs jouissances, les mondains les plus fortunés. »

Voilà donc mes biens chers amis où se trouve la véritable joie chrétienne : c’est de tout recevoir de la main de Dieu. Les premiers chrétiens allaient au martyre en chantant en priant pour ceux qui leur faisaient du mal. Nous chanterons donc à la fin de la messe, comme nous l’avions prévu car nous savons que tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu, un Te Deum, cette hymne d’action de grâce à la Sainte Trinité qui appliquera un baume sur nos âmes. « Qu’en tout chose Dieu soit glorifié. » était la devise de saint Ignace.

Peut-être certains penseront que nous sommes fous. Nous répondrons comme saint Paul aux Corinthiens « Nous sommes fous à cause du Christ »

Mes Frères : Réjouissez-vous dans le Seigneur en tout temps ; je le répète, réjouissez-vous. Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute circonstance faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâce. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus.

Terminons en répétant la prière de la collecte que l’Eglise met sur nos lèvres aujourd’hui : Seigneur, prêtez l’oreille à nos prières : et quand vous nous ferez la grâce de venir parmi nous, apportez votre lumière dans l’obscurité de nos âmes.

Abbé Courtois

Secourisme à l’envers et inversement des valeurs

L’équipe Tout mais pas ça !  de la fondation Jérôme Lejeune :

“Aide à mourir”, “Secourisme à l’envers”, “recensement des volontaires”, le pré-projet de loi qui a fuité récemment intègre des notions et des procédures tragiques et caricaturales. Cette inversion des valeurs aurait pu justifier la démission de bien des Ministres de la Santé voulant assurer la médecine d’Hippocrate, mais M. Rousseau est parti pour d’autres raisons.

Le psychodrame politique et médiatique généré par le vote de la loi sur l’immigration va-t-il contrarier le calendrier des promoteurs de l’euthanasie ? Le seul changement à ce jour laisse penser le contraire puisque Mme Firmin Le Bodo, membre du gouvernement le plus engagé pour légaliser la mise à mort à la demande, vient d’être désignée pour assurer l’intérim du ministre de la santé.

Les deux étapes qui vont marquer l’amorce du parcours conduisant à la légalisation de l’euthanasie seront franchies avant l’été :

  • le projet de loi sera présenté en conseil des ministres en mars, après avoir été dévoilé par le président de la République en  février
  • le débat au Parlement débutera en juin, après les élections européennes.

C’est pourquoi il est important que chacun demeure attentif : le combat pour la vie sera à mener en 2024.

Ne laissons pas la ferveur (et la torpeur qui peut suivre) des jours festifs à venir atténuer la motivation pour une mobilisation d’ampleur : nous devons assurer le maintien de l’interdit de tuer protecteur des plus vulnérables, mur porteur des valeurs humanistes qui nous font vivre ensemble.

Le report du projet dans le temps nous conduit à décaler l’interpellation des élus de quelques semaines, c’est pourquoi nous vous proposerons un outil en ligne en janvier.

En revanche, sans attendre la fin de l’année, mobilisez vos proches, familles, amis : pour faciliter cette urgence nous offrons à tous l’accès au documentaire « Mourir n’est pas tuer – Enquête au cœur de la fin de vie ». Vous le trouverez sur notre chaîne Youtube « Tout mais pas ça ! ». Organisez des soirées, diffusez l’information, faites circuler le lien : ce documentaire donne les repères pour comprendre l’enjeu de l’euthanasie.

Heurt

Une erreur s’est glissée dans ce titre d’Aleteia. Saurez-vous la débusquer ?

Bravo ! il aurait évidemment fallu écrire pour être juste : « Comment recevoir une conviction qui vient heurter le Magistère ? »

On perçoit depuis quelques jours le grand trouble qui se répand chez les catholiques encore fidèles. La volonté pourtant farouche d’éluder les difficultés successives et cumulatives vient tout de même se briser sur ce nouvel épisode de déconstruction et d’extinction des lumières.

Fiducia supplicans n’est pourtant que la suite logique, effroyablement logique et fortement prévisible d’une révolution qui est à l’œuvre depuis longtemps. Et le Bon Dieu, qui se sert de tout, se sert de cette nouvelle péripétie pour déciller le regard de nombre de ses enfants.

Pourtant, d’autres mettent toujours autant d’énergie à ne pas voir, à ne pas vouloir voir, à ne pas laisser voir.

Mais il est de plus en plus difficile de faire croire que toutes ces lubies pseudo pastorales, amourachées du monde, ont le moindre lien avec le Magistère authentique ou les Saintes Écritures elles-mêmes.

Il faut à présent en tirer les conclusions : comment recevoir une conviction qui vient heurter le Magistère ?

Cyril Farret d’Astiès

Et maintenant les évêques du Cameroun et de Pologne

Les évêques du Cameroun ont à leur tour pris position avec une fermeté renouvelée contre les bénédictions accordées aux couples homosexuels. Dans leur déclaration, les évêques soulignent la sacralité de l’identité sexuée homme-femme, évoquant les principes bibliques de la création de l’homme et de la femme à l’image de Dieu. Ils réitèrent l’enseignement de l’Église sur la différence fondamentale entre les sexes et l’importance du mariage comme fondation de la famille.

Les évêques soulignent également que l’homosexualité est considérée comme une falsification de l’anthropologie humaine, détournant la sexualité, le mariage et la famille de leur essence originelle. Ils insistent sur le fait que cette pratique va à l’encontre des valeurs traditionnelles et historiques de la société africaine, la considérant comme une violation flagrante de l’héritage ancestral. La déclaration met l’accent sur la conception chrétienne du mariage en tant qu’union entre un homme et une femme, soulignant que l’union homosexuelle ne peut être considérée comme un mariage authentique, mais plutôt comme une distorsion de cette institution sacrée. En déclarant que l’homosexualité est contraire à la loi naturelle et en rejetant toute forme de bénédiction accordée aux couples homosexuels, les évêques affirment leur position conforme à l’enseignement traditionnel de l’Église catholique.

De son côté, la Conférence des évêques de Pologne corrige Fiducia Supplicans en disant non à la bénédiction des couples homosexuels.

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