Succès du documentaire ‘After Death’ au box-office américain
Le documentaire “After Death”, explorant des récits d’expériences de mort imminente, a fait une entrée retentissante au box-office américain le 27 octobre, en se positionnant à la quatrième place. Ce documentaire est produit par Angel Studios, la même équipe derrière la série “The Chosen”.
Dans “After Death”, le pasteur Don Piper, auteur de “90 minutes au paradis” (éd. du Roseau) et John Burke, auteur de “Imagine Heaven” (éd. Baker Books), partagent leurs expériences intimes de mort imminente. Le film juxtapose ces témoignages personnels avec les explications scientifiques de médecins et d’experts sur le sujet.
«Ce film guide les gens vers le paradis», a affirmé Don Piper dans une interview à Christian Headlines. Il poursuit en disant: «Dans le pire des cas, il initie la conversation. Dans le meilleur des cas, il représente le premier pas d’une personne vers la gloire de Dieu».
Ce succès de “After Death” survient peu de temps après que la diffusion de la saison 4 de “The Chosen”. Par ailleurs, un autre documentaire mettant en lumière la mission d’un pasteur en Corée du Nord est en lice pour les Oscars – ce qui confirme le succès des “faith based movies” aux Etats-Unis.
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Complotisme du film Sound of freedom ? Qui, du film ou des médias, a réellement propagé cette théorie ?
Le Monde souligne le succès du film Sound of freedom, qui sort cette semaine sur les écrans français :
C’est le succès le plus improbable du box-office américain en 2023. Sorti le 4 juillet dans une combinaison relativement modeste de 1 500 salles, Sound of Freedom, d’Alejandro Gómez Monteverde (qui sort en France le 15 novembre), a accumulé 185 millions de dollars de recettes pour un budget de production à peine supérieur à 14 millions. Sound of Freedom est inspiré de l’histoire vraie de Tim Ballard, fondateur d’Operation Underground Railroad, une organisation qui lutte contre le trafic d’enfants.
Son distributeur, basé dans l’Utah, Angel Studios, qui s’appuie sur le crowdfunding pour financer ses films et séries télévisées essentiellement à contenu religieux, n’en est pas à son coup d’essai : cette année, le film de David Helling mettant en scène le sacrifice d’Isaac, a rapporté 12 millions de dollars, pour une mise de départ inférieure à 500 000 dollars. Pour Sound of Freedom, Angel Studios a attiré 7 000 investisseurs qui ont apporté 5 millions de dollars et mis au point un système baptisé « Pay It Forward », grâce auquel les spectateurs peuvent acheter des billets de cinéma à l’intention de ceux qui n’ont pas les moyens de se les offrir.
Dans le Journal du Dimanche, Elisabeth Caillemer écrit :
[…] Parce qu’il est soutenu par Donald Trump, Elon Musk et les milieux conservateurs, il est frappé du sceau de l’infamie. Puis il est taxé de complotisme en raison de sa prétendue proximité avec les thèses de la secte QAnon, laquelle affirme notamment qu’une certaine élite mondiale serait complice d’enlèvements d’enfants dont elle abuserait avant de les tuer pour en extraire l’adrénochrome, une substance aux vertus régénératrices. C’est ensuite au tour de Tim Ballard, mormon et père de neuf enfants, d’être pris pour cible, certains de ses pairs lui reprochant ses méthodes de travail douteuses. L’homme est en outre accusé d’extorsion de fonds et d’agression sexuelle par six femmes depuis le début du mois d’octobre. Sur le banc des accusés se trouve aussi Jim Caviezel. Ce catholique conservateur, qui a tenu le rôle principal dans La Passion du Christ de Mel Gibson, est suspecté d’adhérer aux théories conspirationnistes de QAnon. Enfin, arrive le tour d’Angel Studios. Fondée en 2021 par quatre frères mormons, la société est spécialisée dans le financement participatif de films d’inspiration chrétienne. Son tort : avoir ajouté à la fin du film une intervention de Jim Caviezel invitant les spectateurs à financer des places de cinéma pour ceux qui n’auraient pas les moyens de s’y rendre. D’aucuns y ont vu une manœuvre destinée à amplifier artificiellement le nombre d’entrées dans les salles.
Propagées par des médias américains, ces polémiques ont été relayées fissa par certains journaux français qui, pratiquant l’art du copier-coller, ont fomenté des critiques du film avant même de l’avoir vu. La ritournelle a tourné en boucle : l’extrême droite et les complotistes ont aimé ce film, donc c’est un film complotiste d’extrême droite. Une reductio ad hitlerum bien curieuse pour un film dont le sujet devrait normalement faire l’unanimité.
Face à ce déferlement, la société Saje, chargée de distribuer le film en France, s’est dite « sidérée de découvrir la polémique qui a entouré la sortie du film aux États-Unis en juillet dernier, tant l’écart avec le contenu du film était grand ». Ce que les spectateurs constateront sans mal.
Elle a donc publié un argumentaire pour laver le film de tout soupçon de complotisme. « La plupart de ces attaques se sont révélées infondées ou en parfait décalage avec le contenu réel du film », fait-elle valoir en guise d’introduction, avant de démonter un par un les arguments de ses détracteurs. « Le film en lui-même n’a aucune référence politique et ne fait absolument jamais mention des thèses de QAnon », poursuit-elle. Et pour cause : lorsqu’Alejandro Monteverde a écrit son scénario en 2015, personne n’a jamais entendu parler de cette mouvance qui sortira de l’ombre deux années plus tard. Saje met aussi en avant une étude publiée le 31 juillet dernier sur le site Newsweek 90 montrant que 59 % des Démocrates et 65 % des Républicains ont aimé le film. S’agissant des attaques sur les procédés de sauvetage de Tim Ballard, elle souligne que celui-ci a reçu une distinction pour l’opération « Triple Take » (racontée comme le sauvetage sur l’île, dans le film) et que, « par ailleurs, les réalisateurs n’ont jamais eu la prétention de faire un documentaire et ont pris des libertés à des fins créatives ». En revanche, elle ne se prononce pas sur les récentes accusations dont Tim Ballard a fait l’objet, celles-ci n’ayant « pas encore été éclaircies ». Quant à l’invitation à payer des places de cinéma pour d’autres spectateurs, Hubert de Torcy, patron de Saje, explique : « Angel Studios a inventé une nouvelle manière de distribuer un film au cinéma, le Pay it forward. C’est le principe du “café suspendu” : si j’ai aimé le film, je paye pour que d’autres qui n’en n’ont pas les moyens puissent le voir à leur tour. En France, le message de Jim Caviezel ne sera diffusé que dans les salles participant à cette opération basée sur la générosité des spectateurs. »
De son côté, Alejandro Monteverde s’agace de devoir rentrer dans le jeu de ses détracteurs et refuse de porter un jugement sur les accusations portées à l’encontre de Jim Caviezel. « Quand je recrute des acteurs, je ne leur pose pas de questions sur leurs croyances religieuses ou leurs opinions politiques. J’ai choisi Jim parce que c’est un bon acteur et qu’il ressemble physiquement à Tim Ballard. Accuse-t-on une voiture d’être conservatrice ou démocrate parce que l’ouvrier qui l’a construite appartient à l’un ou l’autre de ces partis ? Je ne comprends pas pour- quoi mon film a été attaqué de manière aussi vicieuse », déplore-t-il, avant de conclure : « J’ai fait ce film pour alerter les consciences et provoquer un débat social. Ce qui m’importe c’est de constater que depuis sa sortie je reçois de nombreux témoignages de victimes qui ont été bouleversées par le film, et de spectateurs qui ont décidé de s’engager dans la lutte contre le trafic d’enfants. » Pour Hubert de Torcy « la bonne question à se poser après avoir vu Sound of Freedom est la suivante : qui, du film ou des médias, a réellement propagé ces théories ? »
« Théâtre antifasciste »
Marine Le Pen a été interrogée dans Le Journal du Dimanche, à propos des réticences de la classe politique à défiler aux côtés du RN :

La chute du milliardaire démocrate Sam Bankman-Fried
Un jury a déclaré l’ex-milliardaire disgracié et ancien donateur prolifique du Parti démocrate, Sam Bankman-Fried, coupable de toutes les accusations portées contre lui. Bankman-Fried, âgé de 31 ans, avait alors une fortune évaluée à 26,5 milliards de dollars, ce qui faisait de lui la personne la plus riche de son âge dans le monde. Selon Forbes, il était la 41e personne la plus fortunée aux États-Unis et la 60e à l’échelle mondiale. La majeure partie de sa fortune était liée à sa participation dans sa société d’échange de cryptomonnaies désormais en faillite, FTX Trading Ltd. À son apogée, FTX était valorisée à 32 milliards de dollars. Récemment, en 2022, de nombreux membres de la gauche politique ont salué Bankman-Fried pour son prétendu “altruisme”. Ses partisans citaient les sommes d’argent considérables qu’il donnait aux candidats et aux causes de gauche. Cependant, suite à une chute précipitée et à l’effondrement soudain de son entreprise il y a presque un an, ce criminel condamné risque désormais de passer le reste de sa vie en prison fédérale. Ryan Saavedra du Daily Wire a déclaré que Bankman-Fried “entrera dans l’histoire comme l’un des plus grands escrocs de tous les temps”. Saavedra souligne que les “crimes” de Bankman-Fried “ont coûté aux victimes 10 milliards de dollars […] après que FTX a volé leur argent et l’a utilisé pour financer sa vie luxueuse et ses dons politiques”. Nicholas Roos, l’un des procureurs de l’ancien milliardaire, a qualifié son entreprise de “pyramide de tromperie construite par [Bankman-Fried] sur un fondement de mensonges et de fausses promesses, tout cela pour obtenir de l’argent”. Lorsque la pyramide s’est effondrée, elle a laissé “d’innombrables victimes sur son passage”, a déclaré Roos. En 2022, quelques mois seulement avant que le public ne soit informé de ses activités criminelles, Bankman-Fried avait annoncé son intention de dépenser entre 100 millions et 1 milliard de dollars lors du cycle électoral de 2024.
“Les prêtres, les évêques et même le pape n’ont pas le pouvoir de détruire la foi catholique”
Homélie de Mgr Schneider, lors des vêpres au Panthéon, le 27 octobre, lors du pèlerinage Summorum Pontificum :
Saint Thomas d’Aquin nous a laissé ces paroles lumineuses sur la vérité de l’indestructibilité de la foi catholique :
« la preuve de la solidité d’une maison, c’est qu’elle ne peut être renversée, si on l’ébranle. Or jamais l’Eglise n’a pu être détruite. Au lieu de cela, ceux qui l’ont persécutée ont complètement échoué. Quant aux erreurs, en effet, plus celles-ci se présentèrent en grand nombre, plus la vérité fut manifestée avec fermeté. L’Église ne sera jamais détruite par les tentations et les attaques des démons. L’Eglise en effet est comme une tour, vers laquelle on court pour se réfugier, quand on a à combattre contre le diable : « Le nom du Seigneur est une tour extrêmement forte » (Prov. 18,10). Le diable a donc pour intention principale de détruire l’Église, mais il n’y parviendra pas, car le Seigneur a dit : « Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle » (Mt. 16,18) Instructions catéchétiques, article neuf).»
Nous croyons fermement que l’Église catholique et la foi catholique sont indestructibles. Les prêtres, les évêques et même le pape n’ont pas le pouvoir de détruire la foi catholique. Si tel était le cas, la foi catholique et l’Église catholique seraient une œuvre et une institution des hommes et non de Dieu tout-puissant. Le clergé peut nuire à la foi, mais il ne peut pas la détruire. Les fidèles ne suivent pas leurs propres idées ni la mode idéologique de leur temps, mais adhèrent à l’enseignement qu’ils ont reçu à travers la tradition du Magistère constant et immuable de tous les temps. Il existe donc un lien indissoluble entre le sensus fidei des fidèles et le pérenne Magistère de l’Église. Ces deux réalités ne peuvent être séparées. « En raison du don du Saint-Esprit, les membres de l’Église possèdent le « sens de la foi ». Il s’agit d’une sorte d’ « instinct spirituel », qui permet de sentire cum Ecclesia et de discerner ce qui est conforme à la foi apostolique et à l’Esprit de l’Évangile. Assurément, le sensus fidelium ne peut pas être confondu avec la réalité sociologique d’une opinion majoritaire, cela est clair » (Pape François, Discours aux membres de la Commission théologique internationale, 6 décembre 2013).
La vraie foi catholique signifie christocentrisme, elle signifie la primauté du surnaturel, de la prière et de l’œuvre de Dieu. Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme et le seul Sauveur de l’humanité, et doit donc être le centre de la vie de chaque personne et le centre de la vie de l’Église et de la vie de la société humaine. L’anthropocentrisme séculier règne déjà au sein de l’Église et est devenu un anthropocentrisme ecclésiastique. Le Christ est même devenu un obstacle pour certains clercs dans la vie de l’Église. Les fidèles doivent résister courageusement à cette grande hérésie, c’est-à-dire au modernisme dans sa forme actuelle d’anthropocentrisme et de naturalisme ecclésiastique. Quels sont les moyens pour une telle résistance ? Surtout, rester immobile dans l’adhésion et les convictions concernant la sainte foi catholique de tous les temps ; mener une vie de prière sérieuse et profonde ; être des apôtres en diffusant la beauté de la foi catholique à ceux qui ne la connaissent pas ; défendre la foi catholique contre ceux qui la distordent ; faire réparation et expiation pour les péchés contre la foi catholique, c’est-à-dire les péchés d’hérésie et de sacrilège ; avertir avec révérence mais aussi avec clarté et courage ceux qui obscurcissent, sapent ou détordent la vérité catholique et la discipline apostolique de l’Église. Saint Hilaire de Poitiers, qui fut l’Athanase de l’Occident pendant la crise arienne, disait : « Il est impossible, ce n’est pas raisonnable, de mélanger le vrai et le faux, de confondre la lumière et les ténèbres, et d’unir, de quelque sorte que ce soit, la nuit et le jour » (Ad Constantium I, 2).
Aujourd’hui est le temps des fidèles laïcs et Dieu leur a donné la vocation spéciale de témoigner avec courage, de diffuser et de défendre la pureté de la foi catholique, même contre tant de traîtres au sein de l’Église. L’archevêque Fulton Sheen a un jour fait cette observation bien pertinente :
« Qui sauvera notre Église ? Ni nos évêques, ni nos prêtres et religieux. Cela dépend de vous, fidèles laïcs. Vous avez l’esprit, les yeux, les oreilles pour sauver l’Église. Votre mission est de faire en sorte que vos prêtres agissent comme des prêtres, vos évêques comme des évêques et vos religieux comme des religieux » (Conversation avec les Chevaliers de Colomb, juin 1972).
À une époque où l’Église était persécutée de l’intérieur, comme dans le cas de la crise arienne du IVe siècle, saint Hilaire faisait cette déclaration encourageante :
« La particularité de l’Église consiste en ce qu’elle triomphe lorsqu’elle est vaincue, qu’elle se comprend mieux lorsqu’elle est attaquée, qu’elle se relève à nouveau lorsque ses membres infidèles l’abandonnent » (De Trin. 7,4).
Cette fidélité et ce courage des fidèles laïcs constituent la véritable puissance de l’Église. Vivre la véritable tradition du dogme, de la liturgie et de la sainteté est une manifestation de la démocratie des saints, car la tradition est la démocratie des saints. À sainte Elisabeth Hesselblad, convertie suédoise qui a refondé l’Ordre de Sainte Brigitte au XXe siècle, Dieu a infusé une foi si forte au moment de sa conversion qu’elle a pu dire ces mots :
« Même si le Pape et tous les prêtres perdaient la foi catholique, ma foi resterait en tout cas inébranlable. »
Dieu démontrera aussi à notre époque qu’Il choisit ce qui est faible et méprisé (cf. 1 Co 1, 27) aux yeux de beaucoup d’ecclésiastiques hérétiques et infidèles d’aujourd’hui, c’est-à-dire la fidélité des simples fidèles, et que celle-ci amènera la victoire de l’intégrité et de la beauté de la vérité catholique, de la liturgie catholique et de la vie catholique, conscients de ces paroles ardentes du martyr saint Fidel de Sigmaringen :
« Ô foi catholique, comme tu es solide, comme tu es forte ! Comme ils sont profondément enracinés, comme ils sont solidement fondés sur le roc ! Le ciel et la terre passeront, mais tu ne pourras jamais mourir. Dès le début, tous se sont opposés à toi, mais tu as puissamment triomphé de tout. C’est celle-ci la victoire qui triomphe du monde, notre foi. La foi catholique a assujetti des rois puissants à la domination du Christ, et a forcé les nations à se mettre à son service. Qu’est-ce qui a fait souffrir les saints apôtres et les martyrs d’agonies féroces et de tourments amers, sinon la foi ? Qu’est-ce qui pousse les vrais suiveurs du Christ à mettre de côté les luxes, à laisser derrière soi les plaisirs et à endurer les épreuves et la douleur ? C’est la foi vivante qui s’exprime à travers l’amour. C’est ce qui nous fait mettre de côté les biens du présent dans l’espoir des biens futurs. C’est par la foi que nous échangeons le présent contre l’avenir. » Amen.
Ouverture du procès de béatification de Dom Guéranger
Les évêques de France, réunis à Lourdes en assemblée plénière, ont donné leur accord pour l’ouverture du procès de béatification de Dom Guéranger, restaurateur de la vie bénédictine à l’abbaye de Solesmes au milieu du XIXe. Commentaire du père Danziec dans Valeurs Actuelles :
L’histoire nous enseigne qu’à partir du VIème siècle, la règle de Saint Benoît a structuré le quotidien de milliers d’homme dans l’Europe naissante. Indéniablement surtout, ce style de vie, sédentaire et quasi autarcique, a su générer des moines bâtisseurs et éducateurs au point de civiliser l’Occident chrétien. L’écosystème bénédictin a largement inspiré les mœurs européennes et infusé dans ses coutumes les idéaux saints de l’Evangile du Christ. Lors de la restauration de la vie bénédictine par Dom Guéranger en 1833 à Solesmes (Sarthe), cette congrégation n’a pas cessé de semer de nouvelles fondations depuis. Wisques (Pas-de-Calais) en 1889, Kergonan (Morbihan) en 1897, Fontgombault (Indre) en 1948, Keur Moussa (Sénégal) en 1961 pour ne citer que les plus fameuses. L’abbaye de Fontgombault donnera elle-même naissance à quatre monastères en 50 ans : Randol (Puy-de-Dôme) en 1971, Triors (Drôme) en 1984, Donezan (Arriège) en 1994 et Clear Creek aux USA en 1999 !
La règle de Saint Benoît, soucieuse de la destinée éternelle de celui qui prétend vouloir la suivre, regorge de conseils sur la vie d’union à Dieu, la tenue de son âme ou encore les exigeantes implications d’une vie en communauté. Mais ce catalogue de recommandations ne fait pas l’économie de sujets moins mystiques et plus concrets qui regardent le bien commun des résidents du monastère et leur harmonie. Ainsi le moine ne doit pas être un « gros mangeur » (chap. IV, 36), ou encore il doit veiller à « ne pas avoir un rire bouffon » (chap. IV, 55).
Le secret de la réussite bénédictine, et de son rayonnement, au-delà des considérations surnaturelles qui évidemment nous dépassent, réside très certainement dans l’équilibre de la conduite de vie qu’elle propose. C’est ainsi que, par exemple, chaque monastère possède une salle de lecture et de détente appelée « chauffoir ». Comment ne pas voir dans le bon feu qui l’agrémente en hiver, un cadre propice à la récréation ? On l’appelle même dans l’ordre de Saint Benoît Otium Sanctum : la sainte oisiveté ! S’il peut paraître surprenant de qualifier l’oisiveté de sainte, cette étrange association s’avère pourtant d’une consolante réalité. S’il est vertueux, en effet, de s’afférer à son devoir d’état quand cela est exigé, c’est également une vertu de savoir se détendre le moment venu.
Le terme de « récréation » d’ailleurs, davantage que celui de « pause », souligne l’aspect dynamique de la détente. Cette dernière nous invite plus à nous récréer qu’à effectuer un arrêt sur image. Se récréer, ce n’est pas se figer dans l’espace mais au contraire prendre l’air ; suffisamment mais pas trop. « Ne pas manquer d’air » du reste devient vite le signe d’une agitation excessive, ce que la détente n’est pas. On appellera d’ailleurs « paresse » une récréation désordonnée dont les fruits sont stériles. Ce vice capital est tout autant contraire à l’élévation de la nature humaine que celui de l’activisme qui réside à devenir un bourreau de travail.
La vertu consiste toujours dans un juste milieu. In medio stat virtus. Elle propose d’offrir à l’agir humain des points d’équilibre. Comme l’écolier derrière sa table de travail peut tempérer les excès ou les manques de son étude par la vertu de studiosité, la détente a ses propres modalités pour devenir qualitative. La vertu du repos s’appelle « eutrapélie ». Dans un texte tout à fait plaisant et instructif sur « Comment la détente devient une vertu », voici ce qu’écrivait un prêtre théologien :
« Oh ! ce n’est pas une de ces Dames souveraines, les vertus théologales, ni même une de ces graves dames d’honneur, les vertus cardinales ; c’est une bonne petite vertu toute simple, toute serviable, une soubrette de vertu. Elle ne fait pas beaucoup parler d’elle, les chaires ne retentissent pas de son nom, ignoré même de la plupart de ceux qui l’emploient. Mais se priver de ses soins discrets et anonymes, c’est ce qui ne se peut aucunement. »
La lecture de ce texte, avouons-le, est déjà à elle-seule une détente vertueuse.
S’il est vrai que le corps se repose en changeant d’activités, voire en se dépaysant, l’âme quant à elle refait ses forces dans une activité toute particulière et inchangée depuis des siècles dont le silence forme les frontières : le recueillement. L’incarnation de la vie des moines bénédictins aura montré à leurs contemporains qu’un contact avec le Bon Dieu dans la prière sait contenter les aspirations de l’âme. L’apaiser au besoin. Jusqu’à la sublimer parfois.
L’homo festivus peut s’étourdir dans les vapeurs de l’alcool, l’ivresse des décibels ou les nuages de fumées. Ces sorties nocturnes sont en réalité, le plus souvent, autant de fuites pour s’éviter de faire lumière sur soi-même. Ibiza n’est pas le Nirvana et la clef des champs du bonheur que propose la culture de la fête finit toujours par avoir un goût amer de gueule de bois. Combien sont-ils à ressentir à la fin de leurs loisirs une sorte de vide ? Le corps a certes été excité, mais l’âme se trouve comme étiolée. Les moines nous enseignent que le silence, le recueillement, les mélodies grégoriennes, la lectio divina, la prière liturgique donnent à l’âme de se récréer. Cet ensemble, articulé de façon régulière et ordonné, en devient sa respiration. Loin de la dictature du bruit, ce repos intérieur permet à chaque homme de structurer sa vie mentale et morale. Il participe éminemment à l’établissement d’un corps sain dans un esprit sain.
Dans la vie chrétienne comme dans le cérémonial militaire, un bon « repos » augure toujours d’un parfait « Garde à vous ! ». Ce devrait être là le sens véritable de nos détentes. Vécues ainsi, elles nous éviteraient bien des problèmes.
Larmes d’Ivoire par les élèves de Puy du Fou Académie
Le 11 novembre, l’ensemble des élèves de Puy du Fou Académie et leurs familles se sont réunis afin d’honorer la mémoire des militaires morts pour la France. Pour cette cérémonie, le choeur de l’Académie a préparé une interprétation de Larmes d’Ivoire, un chant qui honore le sacrifice militaire à travers le regard d’un enfant ayant perdu son père.
Une église de l’Oise va pouvoir être rénovée grâce à un legs d’un couple décédé
L’église Saint-Rémi à Laigneville va pouvoir être rénovée grâce à un legs de 250 000 euros d’un couple d’habitants décédés dernièrement. Le couple avait mentionné dans son testament leur volonté de léguer une partie de leurs biens à la commune afin d’entretenir leur tombe, les calvaires de la rue du Cimetière, et de rénover l’église Saint-Rémi, dégradée par les intempéries depuis plusieurs années. le maire indique :
« Ils étaient bouchers-charcutiers, ils étaient très appréciés et impliqués dans la vie locale. On est surpris de la somme, bien sûr, mais pas du geste. Ils n’avaient pas de descendance. Pour eux, il était important que cet argent serve au patrimoine. Ce legs servira à faire des travaux durables ».
Si des subventions seront réinvesties pour l’église, les 250 000 euros vont permettre de travailler à hauteur de quasiment 500 000 euros. L’objectif des travaux : protéger les vitraux cassés et revoir l’étanchéité des joints de la toiture du bâtiment. Une fois les travaux terminés, une plaque sera posée sur le mur de l’église Saint-Rémi pour que le geste du couple de Laigneville « reste dans la mémoire collective ».
Islamofolie
Le monument aux morts de Gentioux, en Creuse, a été tagué ce samedi 11 novembre, jour de commémoration de l’Armistice de 1918. L’inscription “Palestine libre” est visible sur l’un des versants, une autre inscription en arabe sur un autre côté.
Le monument a déjà été dégradé au mois de juillet, le jour du passage du Tour de France en Creuse. Il avait alors été marqué d’une inscription aux noms de Nahel, Adama Traoré, Zyed et Bouna, en référence aux émeutiers.
En quête d’esprit : la Bible, un livre à découvrir
Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent :
- Père Yvan MARÉCHAL, curé de la paroisse de Courbevoie
- Hervé JOACHIM, créateur d’un parcours de formation sur la bible
- Grégor PUPPINCK, philosophe
“Marche contre l’antisémitisme” : L’islam, tabou français
Ce 12 novembre 2023, comme à Paris et dans d’autres lieux de France, pour répondre à l’appel des Présidents des chambres du Parlement, une manifestation réunissait à 11h30 des participants « Contre l’antisémitisme . Pour la République » Place Bellecour à Lyon.
Les manifestants (nombreux certes ; très nombreux ? Pas sûr) étaient orientés vers la statue bien connue des Lyonnais dite « Le Veilleur de pierre », mémorial érigé en l’honneur de la résistance intérieure française où sont inscrits tant les noms de cinq otages fusillés le 27 juillet 1944 qu’une longue liste de lieux d’arrestation dans le Rhône, de camps d’internement en France et de camps de concentration et d’extermination partout en Europe.
Manifestation apparemment a minima, avec certes force représentants parlementaires et même le maire de Lyon, mais avec un micro légèrement défaillant par moments, sans estrade (les orateurs sont restés invisibles) et sans défilé. Les femmes voilées et tous autres signes apparents d’une présence musulmane étant d’une discrétion totale.
Discours entièrement convenus, quoique nécessaires, d’un député, du maire de Lyon, de la présidente de la LICRA Auvergne-Rhône-Alpes, Mme Picot : contre l’antisémitisme, contre la haine, pour la liberté, l’égalité, la fraternité… Discours final et plein de colère de M. Zelmati, président du CRIF Auvergne-Rhône-Alpes, qui s’emporte avec véhémence –et en étant très applaudi- contre la succession de discours sans effets et qui termine en demandant aux parlementaires un engagement de résultat.
C’était aussi pour lui le moment de s’élever contre l’extrême-gauche et contre les réseaux sociaux (qui, c’est vrai, charrient le pire, mais c’est aussi un peu protester contre les couteaux égorgeurs). Et également contre l’extrême-droite (aucune information plus précise n’a été donnée), moment de son discours qui a été conspué. On se demande si M. Zelmati n’a pas été à ce moment victime à son tour de l’effet « discours convenu » qu’il dénonçait si fortement, d’autant plus qu’il n’a rien dit contre l’islam (même dans sa version dite islamiste).
Pourtant, il y a peu, M. Yassin El Himar, imam à Beaucaire, était condamné par la justice pour avoir publié sur son compte Facebook un hadith rapporté par al-Boukhari (auteur fort réputé dans l’espace musulman) : «Vous combattrez les juifs et aurez le dessus sur eux de sorte que la pierre dira: ô musulman ! Voici un juif caché derrière moi… Viens le tuer.» Pourtant, l’articleWikipedia (encyclopédie numérique qui vaut ce qu’elle vaut) a un article intitulé « Antisémitisme dans l’islam » qui fait quand même 16000 mots ce qui démontre qu’il y a matière à discuter. Pour vous donner un point de comparaison, le discours de M.Macron le 30 octobre 2023 pour l’inauguration de la Cité internationale de la langue française en faisait à peine la moitié (7700). Mais pourtant on se rappelle les propos de M. Smaïn Laacher, sociologue, chercheur au CNRS-EHESS, dans un film à l’époque diffusé sur France 3 :
«Cet antisémitisme il est déjà proposé dans l’espace domestique et il est quasi naturellement déposé sur la langue, déposé dans la langue. Une des insultes des parents à leurs enfants quand ils veulent les réprimander, il suffit de les traiter de juifs. Toutes les familles arabes le savent. C’est une hypocrisie monumentale que de ne pas voir cet antisémitisme, il est d’abord domestique. Il est comme dans l’air qu’on respire».
Propos qui, repris par l’historien M. Bensoussan, avaient valu à ce dernier une épopée judiciaire dont il était finalement ressorti blanchi.
Alors, pour obtenir des résultats, peut-être faut-il rappeler à M. Zelmati cette phrase si communément attribuée à Albert Camus : « Mal nommer les choses, c’est augmenter le malheur du monde » ? Quant à M.Macron, encore, il vient juste ce même jour de se donner la petite satisfaction égotiste de publier une Lettre aux Français, sans le mot tabou (dans aucune de ses formulations possibles). Il est à craindre que la Place Bellecour ne puisse être le théâtre d’autres manifestations nécessaires.
Les 35 martyrs catholiques de Kandhamal
Le journaliste indien Anto Akkara, qui a documenté durant quinze ans les massacres antichrétiens du district de Kandhamal, survenus en 2008 dans l’État d’Odisha, dans l’est de l’Inde, revient sur un long parcours depuis les persécutions, des premières enquêtes et campagnes menées contre des injustices et des tentatives de dissimulation jusqu’à la décision du Vatican, en octobre dernier, d’ouvrir l’enquête diocésaine pour les 35 martyrs catholiques de Kandhamal, première étape vers leur béatification :
La jungle reculée du district de Kandhamal, dans l’État d’Odisha, dans l’est de l’Inde – une des régions les moins développées du pays sur 760 districts –, est aujourd’hui connue dans le monde entier. Cette nouvelle notoriété est due aux chrétiens de Kandhamal, pauvres mais braves, qui ont subi le martyre en 2008 durant les massacres antichrétiens d’Odisha, à l’image des premiers chrétiens menacés d’être tués à moins de renoncer à leur foi.
Quand la nouvelle du feu vert du Vatican pour l’ouverture de l’enquête diocésaine, afin de démarrer le processus de béatification des 35 martyrs catholiques de Kandhamal, a été annoncée par Mgr Leopoldo Girelli, nonce apostolique en Inde, j’ai partagé la joie de nombreux fidèles indiens. Le Nihil Obstat accordé par le Dicastère pour la Cause des Saints a ouvert la voie vers la béatification du serviteur de Dieu Kantheswar Digal et de ses 34 compagnons, martyrs de Kandhamal.
Les rencontres avec les proches de ces martyrs et avec plusieurs milliers de survivants ont changé le cours de ma vie, après m’être rendu à 35 reprises à Kandhamal au cours des quinze dernières années afin de visiter la « terre sainte de l’Inde », rendue sacrée par le sang des chrétiens d’Odisha. Aujourd’hui, la voie est libre pour Mgr John Barwa, archevêque de l’archidiocèse de Cuttack-Bhubaneswar (qui couvre le district de Kandhamal), afin de mettre en œuvre le processus de béatification.
Les pires violences antichrétiennes de l’histoire moderne de l’Inde
La première étape sera de rassembler le conseil de l’archidiocèse afin de décider des dates du début officiel du processus, qui demande d’intenses planifications car il implique 35 candidats à la sainteté. Comment le district de Kandhamal a-t-il atteint ce statut exceptionnel dans l’histoire chrétienne, y compris au-delà des frontières de l’Inde ?
En août 2008, ce district tentaculaire, éloigné de 200 à 350 km de la ville de Bhubaneswar (capitale de l’État d’Odisha), a subi les pires violences antichrétiennes de l’histoire moderne de l’Inde, après le meurtre mystérieux du leader hindou Swami Lakshmanananda Saraswati, âgé de 81 ans, dans son Ashram de Kandhamal.
Le meurtre a été immédiatement présenté comme un « complot chrétien », et le corps de Swami a été transporté à travers le district durant deux jours de procession funéraire, avec des appels à se venger contre les chrétiens. Des groupes extrémistes hindous appartenant au mouvement Sangh Parivar (une « famille » d’organisations préconisant l’idéologie nationaliste pro-hindoue de l’Hindutva) ont ensuite déclaré le christianisme comme « interdit » à Kandhamal, et les chrétiens ont reçu l’ordre de se rassembler dans les temples afin de renoncer à leur foi dans le Christ. Pour cela, ils ont été pourchassés et parfois même arrachés de bus encore en mouvement.
« J’ai le droit fondamental d’être chrétien dans ce pays »
Parmi ceux qui ont refusé de renier leur foi, certains ont même été brûlés vifs, enterrés vivants et mutilés. Presque une centaine de chrétiens ont été tués immédiatement, et plus de 300 églises et 6 000 habitations ont été pillées à un rythme soutenu, rendant près de 56 000 personnes sans-abri. Parmi les victimes, le jeune pasteur évangélique Rajesh Digal revenait d’Hyderabad quand les violences ont éclaté à Kandhamal. Le bus qu’il a pris depuis Berhampur a été arrêté le 26 août 2008 par une foule.
Celle-ci l’a interrogé en lui demandant « Êtes-vous chrétiens ? ». Devant sa réponse évasive, ils ont vérifié son sac et trouvé une bible. Ils ont ajouté : « Le christianisme est interdit à Kandhamal parce que vous les chrétiens, vous avez tué notre Swami. Vous devez suivre une cérémonie de reconversion et renier à votre foi. » « J’ai le droit fondamental d’être chrétien dans ce pays. Je ne viendrai pas pour la reconversion », a répondu Rajesh. Furieuse, la foule l’a battu et traîné vers un fossé où il a été enseveli jusqu’au cou, afin de lui donner une « dernière chance » de renier. Devant son nouveau refus, il a été lapidé à l’image du meurtre de saint Étienne, premier martyr de la foi chrétienne.
105 martyrs chrétiens dont 36 catholiques
Le père Purushottam Nayak, qui a rassemblé le dossier des martyrs au cours des cinq dernières années depuis 2018 à la demande du Vatican, a visité les habitations de chacun des martyrs chrétiens dans les villages reculés du district, afin de préparer une liste des 105 martyrs, dont deux tiers de non-catholiques. Parmi 36 catholiques, le dicastère du Vatican a approuvé l’ouverture du processus de béatification pour 35 d’entre eux (dont 14 sont morts durant les massacres, les autres étant décédés des suites de leurs blessures).
La Conférence épiscopale indienne (qui regroupe 133 diocèses de rite latin en Inde), durant son assemblée plénière de janvier 2023, a approuvé la liste des 35 martyrs soumise par l’archidiocèse, avant de la transmettre au Vatican. Ce dernier, dans son Nihil Obstat, ne mentionne qu’un seul nom, Kanteshwar Digal et ses 34 compagnons, en raison de son témoignage exceptionnel.
Kanteshwar Digal, un catéchiste de Shankarakole, a refusé de suivre le rituel de reconversion au cours duquel les chrétiens étaient forcés de brûler la Bible. Une semaine après le meurtre du leader hindou Swami, après avoir senti le danger, il a tenté de fuir en bus vers Bhubaneswar, où vivaient sa femme et son fils Rajendra dans un bidonville. Le bus a été arrêté et Kanteshwar Digal a été arraché du véhicule, avant d’être tué cruellement le 26 août au soir en même temps qu’un couple chrétien, Meghnath Digal et sa femme Priatama.
« L’histoire des premiers chrétiens se répète »
Sur la liste des 35 martyrs se trouve aussi le père Bernard Digal, procurateur de l’archidiocèse de Cuttack-Bhubaneswar, qui se rendait à Kandhamal pour suivre les travaux d’une nouvelle église dans sa paroisse natale de Tiangia. Le 23 août au soir, il avait fait halte avec un prêtre âgé, le père Alexander Charalankunnel, quand l’église a été attaquée et sa voiture brûlée. Le père Bernard a cherché un scooter pour emmener le père Charalankunnel en sécurité en dehors de Kandhamal. Les assaillants ont attaqué le père Bernard de nuit alors qu’il dormait dans une église incendiée et sans toit. Le prêtre a été déshabillé, battu et frappé à la tête avec une barre de fer. Il est mort deux mois plus tard de ses blessures à l’hôpital du Saint-Esprit de Mumbai.
« Le sang des martyrs est semence de chrétiens » – la phrase célèbre de l’historien de l’Église Tertullien, qui a décrit les persécutions des premiers chrétiens sous l’empire romain, se répète aujourd’hui à Kandhamal. En effet, des garçons et des filles qui avaient fui dans la jungle avec leurs parents, et survécu dans des camps de réfugiés, sont aujourd’hui devenus religieuses, prêtres et pasteurs.
Ainsi, Kandhamal n’est plus une tragédie mais une Bonne Nouvelle pour le monde chrétien, invité à se réjouir parce que la violence des nationalistes hindous n’a pas suffi à pousser les chrétiens à renier la foi. Au contraire, plusieurs centaines d’hindous, dont des responsables de l’organisation Sangh Parivar, ont rejoint le christianisme qu’ils avaient pourtant essayé d’interdire à Kandhamal. Depuis quinze ans, beaucoup de choses se sont passées, dont certaines expériences choquantes qui ne pourraient être partagées même en privé. Mais cette décision historique d’ouvrir la cause de béatification des martyrs de Kandhamal rappelle à chaque chrétien que « l’histoire des premiers chrétiens se répète ».
Près d’un catholique sur dix est Asiatique
Selon les dernières statistiques sur l’Église dans le monde, publiées le dimanche 22 octobre, les catholiques asiatiques représentaient environ 11 % de l’ensemble des catholiques dans le monde en 2021, soit un total de 153,3 millions de catholiques en Asie (pour 1,3 milliard dans le monde). Selon Mgr Overbeck, délégué de la Commission des Conférences épiscopales de l’Union européenne, l’Église « est en train de s’éloigner de l’Europe et de tendre vers l’Asie et l’Afrique ».
Enfin, sur les plans caritatifs et éducatifs, l’Église catholique en Asie dirigeait près d’1,3 millions d’écoles maternelles, primaires, collèges et lycées en 2021, ce qui représente environ 50 % des institutions similaires gérées par l’Église dans le monde. Par ailleurs, l’Église en Asie dirige environ 12 208 hôpitaux, dispensaires, léproseries, maisons de retraite, centres d’accueil pour handicapés, orphelinats et autres instituts similaires.
11 novembre : la mémoire hémiplégique
De Christian BAECKEROOT, ancien député, pour le Salon beige:
Dans le cadre de la commémoration de l’Armistice du 11 novembre 1918 et de l’hommage à tous les morts pour la France, le Ministre des Armées, Mr Sébastien LECORNU et Mme Patricia MIRALLES, Secrétaire d’Etat chargée des Anciens Combattants et de la Mémoire, nous adressent un message.
Ils retracent de nombreux exemples comme la manifestation des étudiants de Paris le 11 novembre 1940 – sans préciser toutefois que certains des meneurs, Jean Ebstein-Langevin , André Pertuzio ou Alain Griotteray , sont militants de l’Action Française – et rendent hommage à nos morts en citant ceux de 14, ceux de 40 et de 44, ceux de 54 et de 62 et nos morts plus récents… mais je note un oubli !
L’Armée d’Afrique de 1942-1943 oubliée
C’est pourtant au cours de ces années que l’Armée Française retrouve un rôle. Il ne s’agit plus d’une petite unité héroïque comme la 13ème DBLE à Bir-Hakeim ou de l’audace du raid de la colonne LECLERC, mais d’une véritable armée de de plus d’un demi-million d’hommes.
En effet, le 10 novembre 1942, après avoir reçu l’accord secret du Maréchal PETAIN (Robert ARON, Histoire de Vichy, page 560), l’Amiral DARLAN signe avec le Général CLARK, adjoint d’EISENHOWER, la Convention entre les autorités françaises en AFN et les Alliés.
Cet accord permet à l’Armée d’Afrique, préservée par l’Armistice de juin 1940, dynamisée par le Général WEYGAND puis le Général JUIN, de reprendre le combat aux cotés des Alliés.
Sous l’autorité du Général GIRAUD et du Général Juin, l’Armée d’Afrique va ainsi mobiliser un demi-million d’hommes composés pour moitié de troupes « indigènes » (tirailleurs, tabors, goumiers, etc.) et pour moitié de 26 classes « pieds noirs ».
De la mi-novembre 1942 à la fin décembre 1942 ce sont 4 divisions (60.000 h.) de l’Armée d’Afrique qui se déploient immédiatement alors que les Alliés sont encore en cours de débarquement. Ces divisions assurent la couverture à l’est face aux forces germano-italiennes qui débarquent en Tunisie depuis .la mi-novembre. Elles montreront leur combativité malgré un armement limité. Renforcées par la mobilisation qui se poursuit en Algérie, au Maroc et en Tunisie, elles s’illustreront ensuite fin 1943-1944 en Italie au sein du CEF (Corps Expéditionnaire Français) de 125.000 h. toujours commandé par le Général JUIN avant de constituer les 9/10ème de l’Armée (1ère Armée Française), forte de 250.000 h. qui débarquera en août 1944 sous le commandement du Général de Lattre.
Terres de Mission Comment soulager les âmes du purgatoire ?
Eglise universelle : Prier pour les défunts
Le mois de novembre est traditionnelleme
Eglise en France : Pèlerinage : Summorum Pontificum à Rome
Les 28 et 29 octobre a eu lieu à Rome le 12ème pèlerinage Summorum Pontificum. Cet événement fut précédé d’un colloque à l’Augustianum organisé par l’association Pax Liturgica et honoré de la présence du cardinal Sarah et d’une intervention de Mgr Schneider. Christian Marquant, président de Paix Liturgique, rend compte de ces manifestations.
Eglise en Marche : Fête du livre de Renaissance catholique
Le 10 décembre aura lieu aux pyramides à Port-Marly (78) la fête du livre de Renaissance catholique. Responsable de cet événement, Philippe-Henri Rambaud nous en présente le programme : plus de 100 auteurs, 4 conférences avec Jean Sévillia (Cette Autriche qui a dit non à Hitler), Patrick Buisson (Décadanse), Mathieu Bock-Côté (Le totalitarisme sans le goulag), Philippe de Villiers (Le roman du Roi-Soleil), librairie d’occasion, restauration, garderie, etc.
Il existe un lien intrinsèque entre la culture et la foi
Le Pape François a salué le dévouement des mécènes des Musées du Vatican qui, contrairement à d’autres grands musées, ne reçoivent pas de fonds de l’État pour restaurer leurs trésors. Ils dépendent largement de la générosité de leurs mécènes.
Il existe un lien intrinsèque entre l’art, l’histoire, la culture et la foi, a rappelé le Successeur de Pierre. Veiller à ce que les trésors artistiques des collections vaticanes, dans lesquels se reflète l’immense diversité des cultures, des traditions et des expressions créatives qui enrichissent le monde, puissent continuer à inspirer, élever et révéler les espérances et les aspirations les plus profondes du cœur humain.
Source
Messe pour la Paix dédiée à l’Europe et au Monde
Le mercredi 8 novembre, une messe pour la paix dédiée à l’Europe et au monde a été organisée à Bruxelles, à l’église Notre-Dame des Victoires-au-Sablon, lors de l’Assemblée plénière d’automne 2023 de la COMECE (Commission des épiscopats de l’Union européenne). Célébrée par Monseigneur Mariano Crociata, président de la COMECE, l’office a rassemblé des évêques des conférences épiscopales de l’UE, dont l’archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr Luc Terlinden.
Lors de son homélie, Mgr Crociata a exhorté l’assistance à prier pour l’Europe et pour le monde, et demandé aux fidèles de rester sensibles et mobilisés face à la souffrance d’autrui.
Crise au Vatican: le baptême des personnes transgenres et les parrains homosexuels
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Il y a quelques jours le monde catholique a été fort surpris par cette nouvelle provenant du Vatican: dans un texte publié par le Dicastère pour la Doctrine de la Foi le 3 novembre 2023, on acceptait, entre autres, le baptême des personnes transgenres et la possibilité, pour des personnes homosexuelles, de devenir parrains de baptême, sous certaines conditions. Le texte est actuellement publié seulement en italien et en portugais.
Face à cette nouvelle, la première réaction de beaucoup a été le respect et l’écoute, car il s’agit d’un choix pastoral provenant du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, qui est censé protéger la foi catholique. Et dans le texte on rappelait que les enseignement de l’Église en matière de morale sexuelle ne changent pas. Mais au fond beaucoup se doutaient que quelque chose n’allait pas, surtout parce que l’un des signataires de ce texte, en plus du pape François, n’est autre Mgr Víctor Manuel Fernández, préfet du Dicastère en question. En effet, ce cardinal fait face depuis plusieurs mois à des accusations car il aurait protégé un prêtre abuseur en Argentine et en plus il n’a pas respecté les enseignements du Magistère dans le passé.
Or, durant ces dernières heures, des voix courageuses provenant de théologiens reconnus se sont levées pour dénoncer les dérives en cours. Il y a un texte Mgr Viganò et surtout celui du cardinal Gerhard Müller, qui fut préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi entre 2012 et 2017. Dans ce texte important, il rappelle que le baptême ne peut être effectué que si la personne a vraiment décidé de ne pas pécher. Il cite par exemple «la Tradition Apostolique», du IIIe siècle, qui stipule que les catéchumènes doivent abandonner le péché. Or, la personne qui se dit d’un autre sexe que celui biologique, pèche car elle ne reconnaît pas le plan de Dieu qui nous a créés hommes et femmes. Et le cardinal Müller cite aussi un passage de la Somme Théologique de Saint Thomas d’Aquin où il est écrit clairement que celui qui veut continuer à pécher ne peut pas être baptisé. Il rappelle aussi le problème des homosexuels qui veulent devenir parrains.
Ce rappel sur la «Somme Théologique» est important car, justement, dans le texte de Mgr Víctor Manuel Fernández on cite la «Somme Théologique», mais pas le passage cité par le cardinal Müller.
Comment expliquer ce problème ? En réalité, ce n’est pas la première fois que l’on voit une lecture guidée par des intentions pas forcément bonnes durant l’actuel pontificat. Il y a eu le cas de la lecture de l’œuvre de Pascal par le pape François, guidée par ses options théologiques, ce qu’ont signalé avec courage des académiciens. Et l’on sait que Víctor Manuel Fernández guide théologiquement le pape François. Il a participé notamment à la rédaction d’Amoris Laetitia.
Il est important aussi de se pencher sur la manière dont Víctor Manuel Fernández est devenu préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi. Dans un livre récent, le cardinal Müller parle de son éviction brutal en 2017. Après lui c’est Mgr Ladaria qui a été choisi jusqu’en août 2023. Pendant cette période, le pape François a crée une section au sein du Dicastère pour la Doctrine de la Foi afin de traiter les cas d’abus sexuels. Et dans une lettre qu’il adresse à nouveau préfet, Mgr Víctor Manuel Fernández, il lui rappelle qu’il n’aura pas à se charger du problèmes des abus. Or, beaucoup pensent que tout cela est le résultat d’un plan orchestré depuis des années pour mettre Mgr Fernández à la tête de ce dicastère. En effet, le pape François connaissait les problèmes qu’avait Mgr Fernández avec des prêtres abuseurs.
Et la situation de Mgr Fernández est en réalité beaucoup plus grave qu’on ne le croit. Dans la presse argentine il y a eu aussi des enquêtes sur d’autres cas de protection de prêtres abuseurs.
Le problème aussi est que le pape François est visé par des accusations : il aurait, par exemple, aussi protégé un prêtre pédophile en Argentine, Julio Caesar Grassi. Et l’on s’est demandé si le pape François protégeait le père Rupnik, accusé d’abus.
Tout cela montre encore une fois qu’il y a un lien étroit entre abus sexuels et attaques contre la doctrine. Soit les personnes adonnées au péché attaquent la doctrine, les personnes qui attaquent la doctrine créent un climat de permissivité et des personnes haut placées dans l’Église, et qui veulent attaquer la doctrine, n’hésitent pas à engager des gens qui ont protégé des prêtres abuseurs, etc.
Tout cela montre aussi que nous arrivons au bout d’une période de troubles commencée dans les années 1960 avec les dérives post-conciliaires. Les dérives à Rome sont devenues visibles, grossières et néfastes pour l’Église.
En attendant le départ de Mgr Víctor Manuel Fernández, qui doit évidemment démissionner, il serait bon que les prêtres ne suivent pas les directives du texte en question.
Anti-catholicisme aux États-Unis : une histoire profondément enracinée
Mgr Donald Hying, évêque de Madison (Wisconsin), a écrit un passionnant et courageux article sur l’anti-catholicisme aux Etats-Unis, dont voici quelques extraits traduits et adaptés:
L’anti-catholicisme est en hausse aux États-Unis, avec une augmentation notable des attaques contre l’Église catholique depuis mai 2020. Ces attaques prennent la forme d’actes de violence contre les églises catholiques, tels que des incendies criminels, des statues décapitées, des tombes vandalisées, des vitres brisées, des graffitis favorables à l’avortement, des vols et des profanations du Saint-Sacrement. Cette montée de l’anti-catholicisme s’explique en partie par le fait que l’Église catholique est perçue comme un obstacle à l’agenda pro-avortement, pro-homosexualité et pro-transgenre.
Cependant, l’anti-catholicisme a des racines profondes dans l’histoire des États-Unis. À l’époque coloniale, la plupart des colonies avaient une église protestante soutenue par l’État, ce qui signifie que les églises protestantes étaient favorisées par la loi et que les catholiques étaient exclus du droit de vote et de l’éligibilité à des fonctions publiques. Les pénalités pour désobéissance religieuse étaient lourdes. Par exemple, en Virginie, assister à la messe était passible d’un mois de prison et d’une amende équivalente aujourd’hui à 5000 dollars. En 1699, dans le Maryland, tout prêtre exerçant ses fonctions ou dirigeant une école catholique était passible de la réclusion à perpétuité.
L’anti-catholicisme américain trouve ses origines dans l’antipathie protestante européenne envers les doctrines et le pouvoir de l’Église catholique, en particulier à l’égard de l’autorité papale, de l’importance de Marie et des saints, de la présence réelle dans l’Eucharistie et de la nécessité de la confession sacramentelle. Lorsque Al Smith, gouverneur de New York, est devenu le premier catholique à se présenter à la présidence, un évêque méthodiste de Buffalo a déclaré: “Aucun gouverneur ne peut embrasser l’anneau papal et se rapprocher de la Maison Blanche”. Ce préjugé traditionnel, associé au fait que la grande majorité des immigrants arrivés aux États-Unis au XIXe et au début du XXe siècle étaient catholiques, a alimenté une haine virulente envers les catholiques perçus comme étrangers à la culture blanche protestante. Parfois, cette haine a débordé en violence, comme en mai 1844, lorsque “une foule nativiste a incendié deux églises catholiques à Philadelphie. Les jours suivants, des maisons catholiques ont été incendiées et des catholiques ont été abattus sur leur seuil et pendus aux réverbères”.
Pourtant, les catholiques américains ont fait leurs preuves en tant que citoyens patriotiques et fidèles à leur foi. Ils ont servi dans l’armée en plus grand nombre que leur pourcentage dans la population générale, sont devenus des leaders politiques et économiques à tous les niveaux et ont apporté les ressources de l’Église pour le bien commun et la société en général. De nos jours, les catholiques occupent des postes élevés dans la vie politique et judiciaire américaine. Cependant, malgré leur intégration réussie dans la société américaine, de nombreux catholiques ont adopté des positions qui reflètent celles de la culture séculière dominante, en particulier sur des questions controversées telles que l’avortement.
Il est important pour les catholiques de rester fidèles à leur doctrine et de témoigner d’une vie de sainteté en incarnant l’amour de Dieu dans leurs actions. En vivant pleinement la foi catholique et en reflétant l’amour de Dieu, les catholiques peuvent montrer à ceux qui les entourent que l’Église catholique n’est pas l’ennemie du progrès culturel, mais au contraire, la plus grande garante de la dignité humaine et de l’épanouissement. L’objectif est de convaincre nos concitoyens de la vérité de la foi catholique, qui embrasse tous les aspects de la vie humaine et permet une véritable vie de joie et de paix.
Vingt-quatrième dimanche après la Pentecôte – Ve Dimanche qui est resté après l’Épiphanie
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Bien que nous soyons au vingt-quatrième dimanche après la Pentecôte, c’est la messe du XXIIIe dimanche qui est chantée ce dimanche.
Il n’est pas toujours aisé de s’y retrouver en cette fin d’année liturgique. Dans le Missel tridentin de 1962, l’Antiphonaire grégorien n’assigne que 24 dimanches à la période qui s’étend de la Pentecôte à l’Avent. Mais comme la durée de ce cycle dépend de la date de Pâques, si l’on a dû omettre quelques dimanches après l’Épiphanie, leurs collectes et lectures sont reprises après le XXIIIe dimanche après la Pentecôte. Les chants de ce dernier dimanche du cycle d’automne sont alors répétés à chacune de ces messes dominicales supplémentaires.
Cette année 2023, entre le XXIIIe dimanche (29 octobre pris par la fête du Christ-Roi) et le XXVIe et dernier dimanche après la Pentecôte sont insérés deux dimanches. On prend les lectures des Ve et VIe dimanche après l’Épiphanie (les 12 et 19 novembre). Les autres textes sont du dernier dimanche.
Dom Guéranger nous donne les explications suivantes:
Quoi qu’il en soit, et en tout état de cause, l’Antiphonaire se termine aujourd’hui ; l’Introït, le Graduel, l’Alléluia, l’Offertoire et la Communion ci-après, devront être repris en chacun des dimanches qui peuvent se succéder encore plus ou moins nombreux, suivant les années, jusqu’à l’Avent. On se rappelle qu’au temps de saint Grégoire, l’Avent étant plus long que de nos jours, ses semaines avançaient dans la partie du Cycle occupée maintenant par les derniers dimanches après la Pentecôte. C’est une des raisons qui expliquent la pénurie de composition des Messes dominicales après la vingt-troisième.
Introït Dicit Dominus
Nous avions observé depuis plusieurs semaines que la pensée de l’Église se tournait de plus en plus vers la fin des temps ; c’est la période dans laquelle nous sommes en ce moment, même s’il doit s’écouler un certain nombre de siècles avant le retour du Seigneur, ce que nous ignorons. C’est un temps d’angoisse et d’incertitude, nous nous en apercevons : la foi s’est refroidie sur terre, de faux prophètes surgissent, les hommes sont désemparés. Aussi la liturgie de ces dimanches est-elle pleine d’appels angoissés vers le Seigneur, notamment par l’emploi du psaume 129 De profundis, qui était déjà celui de l’Introït du vingt-deuxième dimanche, et que nous allons retrouver cette fois à l’Alléluia et à l’Offertoire.
Mais en réponse à ces appels nous trouvons aussi des paroles du Seigneur pleines de paix et d’espérance : si nous sommes fidèles, et si nous mettons en lui notre confiance, nous n’aurons rien à craindre. Ainsi dans l’Introït de ce vingt-troisième dimanche, Dieu s’adresse à nous par la bouche du prophète Jérémie, qui se trouve à Jérusalem alors que la plus grande partie du peuple d’Israël est en captivité à Babylone, et le moral de ces captifs n’est évidemment pas brillant ; ils sont tentés par le désespoir, des prophètes de malheur leur annoncent toutes sortes de calamités… Aussi Jérémie s’efforce-t-il de les rassurer et de les inciter à la confiance en Dieu, qui veut leur bien et qui les délivrera, en leur envoyant ce message :
Dicit Dominus : ego cogito cogitationes pacis, et non afflictionis : invocabitis me, et ego exaudiam vos : et reducam captivitatem vestram de cunctis locis.
Voici ce que dit le Seigneur : mes pensées sont des pensées de paix et non de malheur. Vous m’invoquerez et je vous exaucerai, et je ramènerai vos captifs de tous lieux.
Jérémie annonçait ainsi aux exilés leur prochain retour, qu’il prophétisait d’ailleurs d’une façon plus précise dans la suite de ce passage. Ce texte est tout à fait d’actualité : nous aussi nous sommes dans un temps d’épreuves et d’inquiétude, mais le Seigneur nous invite à garder en Lui notre confiance, et il nous délivrera de la captivité du péché qui nous retient prisonniers.
La mélodie de cet Introït est pleine de calme et de paix, avec une certaine solennité : c’est Dieu qui parle. On remarquera le bel élan sur le mot pacis, puis une invitation pressante sur invocabitis me, et beaucoup de douceur sur exaudiam vos, toute la fin étant de plus en plus paisible et assurée.
Cet Introït est accompagné par le premier verset du psaume 84, dans lequel le peuple d’Israël remerciait le Seigneur pour le retour de captivité annoncé par Jérémie :
Benedixisti Domine terram tuam : avertisti captivitatem Jacob.
Seigneur, vous avez béni votre terre (c’est-à-dire votre peuple), vous avez ramené Jacob de captivité.
Graduel : Liberasti nos
Le texte du Graduel du vingt-quatrième dimanche après la Pentecôte est tiré du psaume 43, dans lequel le peuple d’Israël rappelait à Dieu tous les bienfaits dont il l’avait comblé dans le passé pour le supplier de ne pas l’abandonner maintenant dans sa détresse. Nous avons trouvé cette supplication finale dans l’Introït du dimanche de la Sexagésime ; les deux versets qui figurent ici expriment la reconnaissance et la louange de tout le peuple pour les victoires d’autrefois :
Liberasti nos, Domine, ex affligentibus nos : et eos qui nos oderunt, confudisti. In Deo laudabimur tota die, et nomini tuo confitebimur in sæcula.
Vous nous avez délivrés, Seigneur, de nos persécuteurs, et vous avez confondu ceux qui nous haïssaient. En Dieu nous nous glorifierons tout le jour, et nous célébrerons votre nom à jamais.
Nous pouvons faire nôtres les sentiments de reconnaissance exprimés ici, en nous souvenant des grâces répandues par Dieu sur son Église, sur notre pays, et sur chacun de nous individuellement, et nous y puiserons une plus grande confiance au milieu des épreuves présentes. La deuxième partie nous invite même à prolonger notre regard avec espoir, par-delà le jugement dernier, vers la bienheureuse éternité qui nous attend si nous sommes fidèles.
Cette perspective donne à ce Graduel un caractère de louange joyeuse et enthousiaste, traduite par de grandes vocalises légères montant et descendant avec souplesse et élégance.
Alléluia : De profundis
Après les paroles apaisantes du Seigneur dans l’Introït du vingt-quatrième dimanche après la Pentecôte, et dans le Graduel les élans d’enthousiasme et d’espoir des élus enfin délivrés du péché et louant éternellement le Seigneur dans le ciel, nous allons retrouver dans les deux chants suivants de cette messe l’ambiance d’angoisse et d’incertitude de la fin des temps avec le psaume 129 De profundis dont le premier verset constitue le texte de l’Alléluia et de l’Offertoire :
De profundis clamavi ad te, Domine : Domine exaudi vocem meam.
Du fond de l’abîme je crie vers vous, Seigneur, Seigneur écoutez ma voix.
Un Alléluia n’est pas toujours joyeux, nous l’avons déjà vu à propos de celui du dix-septième dimanche, dont celui d’aujourd’hui, texte et mélodie, est très proche, mais plus développé. La vocalise de l’Alléluia est assez longue et très suppliante, avec un motif répété deux fois et amorcé une troisième. Le verset, comme celui du dix-septième dimanche, comporte deux grandes montées très expressives, ici sur les deux verbes clamavi et exaudi, avant de retrouver la longue vocalise de l’Alléluia.
Offertoire : De profundis
Le texte de l’Offertoire du vingt-quatrième dimanche après la Pentecôte est le même que celui du verset alléluiatique, avec cependant une petite différence, le mot vocem étant remplacé par orationem ; au lieu de : écoutez ma voix, on a : exaucez ma prière. Les dons que nous présentons à Dieu doivent être enveloppés du parfum de l’humiliation. Nous offrons à Dieu de suis donis ac datis sans que rien puisse être vraiment nôtre. De plus Dieu n’a pas besoin de nos dons et de nos adorations, mais nous, suprême misère, nous avons un ineffable besoin de Lui.
La mélodie est en rapport avec ce changement ; ce n’est plus comme dans l’Alléluia la voix qui fait entendre sa supplication d’une façon extérieure, intense et vibrante. On a ici une prière encore très expressive, mais plus intérieure et plus retenue, comme c’est d’ailleurs généralement le cas dans les Offertoires. On voit comment la mélodie grégorienne peut donner à un même texte des expressions différentes.
Comme celui du seizième dimanche, cet Offertoire a la forme d’un triptyque, la troisième phrase reprenant identiquement la première ; elles encadrent une deuxième phrase nettement plus longue, avec sur le mot meam une grande vocalise qui semble ne pas vouloir finir.
Communion : Amen dico vobis
L’antienne pour la Communion est tirée de saint Marc (XI, 24) Il s’agit d’une parole prononcée par Notre Seigneur le Mardi Saint, après l’épisode du figuier stérile et l’allusion à la foi capable de transporter les montagnes, et peu avant l’annonce de la ruine de Jérusalem et de la fin du monde. Mais elle doit être hors de place. Dans l’Antiphonaire grégorien venait le premier verset du psaume 129. « Je vous dis en vérité : Quand vous priez, croyez avec une foi vive que vous obtiendrez ce que vous demandez, et cela vous sera accordé. »
C’est une petite antienne assez courte.
Amen dico vobis, quidquid orantes petitis, credite quia accipietis, et fiet vobis.
En vérité je vous le dis, tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous le recevrez et cela vous arrivera.
C’est donc encore, comme l’Introït, une réponse divine très encourageante aux appels angoissés de cette fin des temps ; mais la mélodie est beaucoup plus légère, c’est un simple petit récitatif où tous les mots sont bien mis en valeur, seule la fin et fiet vobis est une affirmation un peu plus solennelle. Ainsi les chants de cette messe, et ceux de toute l’année liturgique, s’achèvent dans une ambiance de paix, de confiance et d’espérance, où la méditation des textes liturgiques doit toujours nous maintenir, quelles que soient les épreuves que nous avons à traverser.
Norvège: les écoles chrétiennes menacées
Les écoles chrétiennes de Norvège sont confrontées à une réduction significative des subventions gouvernementales selon le budget présenté le 6 octobre. Cette décision pourrait entraîner la fermeture d’établissements scolaires et des licenciements de personnel. Au moins 110 écoles chrétiennes seraient affectées par cette mesure, ce qui représenterait une économie de 42 millions d’euros sur cinq ans. Sidsel Høland Olausson, conseillère principale de l’Association des écoles chrétiennes libres, exprime sa consternation face à cette situation. Jan Tore Sanner, ancien ministre des Finances, exhorte le gouvernement à retirer cette proposition et à proposer un ajustement dans le budget, soulignant le manque de dialogue avec les organisations d’écoles indépendantes. Selon lui, la proposition envoyée aux établissements en janvier 2022 est peu documentée et mal formulée. Cette réduction des subventions a suscité des inquiétudes quant à l’avenir des écoles chrétiennes en Norvège.
Les Belles figures de l’Histoire : Claire de Castelbajac
Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent Bertrand Lethu, éditeur et auteur de Mon avent 2023 avec Claire de Castelbajac :
Mgr Strickland « miséricordié » par le pape
Le pape a relevé Mgr Joseph Strickland de la gouvernance du diocèse de Tyler (États-Unis) et a nommé Mgr Joe Vásquez d’Austin, comme administrateur apostolique du diocèse. Le diocèse avait fait l’objet d’une visite canonique, suite aux propos tenus par l’évêque sur les réseaux sociaux…
Mgr Strickland a refusé de démissionner, obligeant le pape à prendre la responsabilité de le destituer.
A Rome, quand un prélat est viré par le Souverain Pontife, ce qui arrive souvent, la coutume est désormais de dire qu’il a été « miséricordié »…
Réaction de Mgr Strickland :
Réjouissez-vous toujours que… peu importe ce que le jour vous apporte, Jésus-Christ est le Chemin, la Vérité et la Vie, hier, aujourd’hui et pour toujours. Que les saints et la Bienheureuse Vierge Marie nous incitent toujours à revenir au Christ, peu importe la façon dont nous errons dans les ténèbres. Jésus est Lumière issue de la Lumière.
Rejoice always that…no matter what the day brings Jesus Christ is the Way, the Truth and the Life, yesterday, today and forever. May the saints and the Blessed Virgin Mary always inspire us to return to Christ no matter how we may wander into darkness. Jesus is Light from Light. pic.twitter.com/BInqtESYaH
— Bishop J. Strickland (@BishStrickland) November 11, 2023
Vivent les “guerriers culturels”!
Le Cardinal Timothy Dolan, archevêque de New York, a fait valoir que tous n’apprécient pas les “guerriers culturels”, surtout quand ils abordent des sujets qui ne figurent pas sur notre agenda. “Nous aimons les ‘guerriers culturels’ quand ils sont de notre côté”, a-t-il déclaré. Il offre l’exemple de Saint Paul, souvent perçu comme un ‘guerrier culturel’, et rappelle combien Jésus a été loin d’être doux en prévenant ses disciples que “le monde vous haïra comme il m’a haï”.
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Le Vatican met en garde contre la présence de “faux prêtres” en Ouganda
Le Vatican met en garde les fidèles catholiques ougandais contre la présence de “faux prêtres” dans les diocèses d’Ouganda. Ces imposteurs invitent les paroissiens chez eux et dans d’autres lieux pour des prières et bénédictions. Parmi eux, un certain “père” Hillary organise des séances de prière tous les mardis et vendredis à Kakukuzi, tandis qu’un autre, Kiyemba, les organise tous les mercredis et jeudis de chaque mois à son domicile de Kakyeeka, dans la ville de Mbarara.
Les fidèles de l’église des Martyrs de l’Ouganda sont mis en garde : “Toute personne qui continue à fréquenter les domiciles et les autres lieux indiqués par ces ‘faux prêtres’ doit cesser de recevoir les saints sacrements”, a prévenu le père Kasapuri dans un communiqué. Il précise que toute personne souhaitant bénéficier de services religieux à domicile est priée d’en informer le bureau du curé. Par mesure de précaution, le prêtre a également suspendu tous les pèlerinages en dehors du diocèse, y compris les visites aux lieux saints tels que Kibeho au Rwanda, Bukalango à Kampala et Kiwamirembe à Wakiso. Cette suspension est en vigueur depuis le 5 novembre et jusqu’au 31 décembre. Le père Kasapuri demande instamment à ceux qui prévoient de faire des pèlerinages indépendants de les signaler à la paroisse.
Il convient de noter que le phénomène des individus se faisant passer pour des pasteurs touche également d’autres confessions chrétiennes en Ouganda, en particulier l’Église anglicane.
Appel du Pape François à la Paix en Terre Sainte
Le Pape François a appelé à la paix dans son discours adressé aux membres de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Il a fait part de sa profonde tristesse face à la tragédie qui se joue dans ces lieux saints, soulignant le nombre croissant de victimes innocentes. Le clergé doit partager la douleur immense de l’Eglise Mère de Jérusalem et unir ses prières pour obtenir la paix, a déclaré le Saint-Père.
Face à cette crise humanitaire grandissante au Moyen-Orient, l’Ordre, unique institution laïque du Vatican, a pour mission d’assister le Patriarcat latin de Jérusalem et soutenir la présence chrétienne en Terre Sainte. François a insisté sur la nécessité pour l’Ordre de répondre aux exigences du Seigneur à travers l’éducation et la solidarité envers les plus fragiles.
Selon lui, l’Ordre doit clairement afficher son engagement envers le prochain sous toutes ses formes, en prenant soin des plus défavorisés. «La veuve, l’orphelin et l’étranger. Nous devons prendre soin d’eux», a-t-il insisté.
Quant à la formation de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, elle devrait comporter quatre aspects : initiale, continue, pratique et spirituelle, a détaillé le Pape François. Ces aspects, symbolisés par les quatre branches de la croix, rappellent la nécessité d’une vie de prière et un service dévoué à la communauté, ancré dans les réalités du monde et visant le bien-être de chaque personne.
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Quand M. Souleymane développe son idée de la loyauté et de l’obéissance en islam
Les lecteurs attentifs du Salon beige ont déjà entendu parler de M.Vincent Souleymane. Converti formé à l’IESH (Institut Européen des Sciences Humaines), cette « université » de Château-Chinon qui forme les imams européens à l’idéologie « fréro-salafiste »), M.Souleymane est tout à la fois enseignant, référent en chari’a, imam et auteur (« Savoir lire le Coran » ; « L’islam. Le Message Suprême »). Bref, une référence.
Nous avions déjà rapporté l’un de ses propos typique du vivre-ensemble musulman :
« Par exemple, en France, un musulman ou une musulmane qui irait dans un village où il n’y a pas de musulmans, il n’y a pas de mosquée, pas de boucherie hallal, rien ! Y’a pas de cimetière. Si il meurt, y’a personne pour faire [mots en arabe]. Eh bien, ça, c’est interdit ».
En juin dernier, M.Souleymane avait légèrement défrayé la chronique car il devait traduire en direct une conférence devant être donnée par le cheikh Ad Dedew au centre islamique Tawhid (Rue Notre-Dame à Lyon, ça ne s’invente pas…) sur le thème : « L’identité musulmane, une fierté ».

Or, ce cheikh était connu notamment pour avoir soutenu l’attaque contre Charlie Hebdo. Cela faisait désordre. La conférence avait été interdite par le ministère de l’intérieur.
Voilà-t-il pas que nous sommes tombés au hasard de la navigation sur le web sur un enseignement du sieur Souleymane, mis à disposition par Instagram interposé. Avouons immédiatement n’être pas un expert de ce réseau social : nous n’avons pas trouvé le moyen de faire apparaître la durée totale de l’enregistrement (sans doute plus d’une heure ; notre esprit de sacrifice n’a pas de limite…) ni le décompte du temps (de telle sorte que nous ne sommes pas capables, pour ceux qui auraient envie de se reporter à un passage précis de la vidéo, de déterminer le moment minuté des paroles rapportées ci-après). Ci-dessous, l’écran qui apparaît avec des commentaires assez représentatifs d’une ambiance, quoique complètement déconnectés du sujet traité, allez savoir pourquoi…

En tout cas, une chose sûre, c’était le 14 décembre 2022 parce que cela commence par : « Demande pour commencer après le match. Pendant le match, j’aurais eu deux personnes » et continue ensuite pendant dix minutes en particulier pour savoir si c’est autorisé (haram, bien sûr) de se divertir en regardant un match de foot. Il s’agissait, vous l’aurez peut-être deviné, de la demi-finale du championnat du monde France Maroc.
De l’écoute attentive de ce long commentaire sur un hadith fourni en arabe, nous retirons deux idées représentatives de l’islam.
Première idée : les non-musulmans sont exclus du champ de la loyauté musulmane.
« La religion, c’est la sincérité, la loyauté. La religion c’est ça. Bien sûr donner le bon conseil à quelqu’un, ça fait partie de la sincérité. Les compagnons ont dit : « Envers qui ? ». Et le prophète a dit : « envers Allah ». Envers son livre, envers son messager, les imams et la masse des musulmans. Ca résume la religion : donner son droit à autrui, être sincère et véridique ».
On comprend alors que « autrui », ça n’inclut pas les non-musulmans. Mais on se dit qu’on a peut-être mal compris. Donc on continue d’écouter M.Souleymane qui, dans une présentation structurée, déroule son raisonnement. Il explique d’abord la loyauté envers la sunna [la tradition et les pratiques de Mahomet] qu’il faut suivre absolument. Mais le musulman peut cependant faire preuve de bon sens : « Si le prophète se déplaçait à dos de chameau, ce n’est pas parce qu’il y avait une sunna faisant partie du message prophétique. Non, c’est parce qu’à son époque, ça se faisait comme ça et c’était le meilleur moyen de traverser dans le désert… On n’est pas obligé d’avoir les mêmes goûts que le prophète ». Et de raconter ainsi que, même si le prophète a refusé un jour de manger de l’iguane [sic], ce n’est pas parce que c’est interdit mais pour une question de goût : Et « il [Mahomet] aimait l’épaule d’agneau. Eh bien celui qui n’aime pas l’épaule d’agneau, il ne le fait pas contre la sunna ».Nous sommes rassurés.
M.Souleymane parle ensuite de la loyauté à l’égard des imams, qu’il distingue en deux catégories : les savants (« Ce sont les héritiers du prophète qui nous transmettent les éléments e la révélation. Ce sont les cadres de la communauté ») et les gouverneurs.
Et il termine ainsi son enregistrement :
« Ensuite, et je vais finir avec la loyauté, envers tous les musulmans. C’est la base du comportement du musulman. Aider son frère lorsqu’il en a besoin. Envers tous les musulmans, être de bon conseil. Bref, on peut résumer : vouloir pour l’autre ce qu’on voudrait pour soi-même. Agir avec les autres comme on aimerait que les autres agissent envers nous. Et ça, c’est rapporté par le célèbre hadith : « Personne ne croira tant qu’il ne veut pas pour son frère ce qu’il veut pour lui-même ». Voilà. On va s’arrêter là pour l’explication du hadith [le hadith du tout début ayant provoqué tous les commentaires ci-dessus] ».
On ne peut pas être plus clair sur le fait que l’ « autre », le « frère », c’est un musulman. Nous avions donc bien compris. Pour les non-musulmans, oualou, en quelque sorte.
Deuxième idée : l’obéissance au gouverneur est conditionnée à son obéissance à Allah.
Revenons maintenant au passage sur ces gouverneurs, une des catégories des imams. Voilà ce qu’en dit M.Souleymane :
« Il y a unanimité sur le fait d’obéir au gouverneur qui gouverne selon les lois d’Allah. Ca n’empêche pas de le conseiller, mais l’obéissance est obligatoire. Mais celui qui ne gouverne pas est gouverné par les lois d’Allah. Ne pensez pas seulement couper la main du voleur, les peines légales, c’est pas que ça. C’est surtout qui établit la justice de l’islam. Parce qu’avant tout ça et même ces peines légales, elles sont au service de la justice. L’islam, c’est la justice sur terre. Donc qui applique vraiment les principes de l’islam. Mais si le gouverneur, il mène une politique qui ne s’inspire pas du tout des valeurs de l’islam, qui transgresse les règles, alors en théorie l’obéissance, elle ne lui est plus dûe. L’obéissance au gouverneur est conditionnée à son obéissance à Allah. ».
Et M. Souleymane de s’interroger alors sur ce qu’on doit faire si le gouverneur n’obéit pas à Allah. Eléments de réponse :
« La révolution armée ne donne jamais rien de bon. Ca donne une guerre civile, ça donne quelque chose dont le pays ne se remet pas. Regardez la Révolution française : ça a mis des années de terreur pour finalement ne pas changer grand-chose [sic]. Quelqu’un a dit : c’est possible si on est sûr d’avoir des gens qui reprennent le pouvoir derrière. Ca c’est bien en théorie mais c’est un peu difficile à appliquer ».
Ah, au fait, M.Souleymane a fait une petite remarque au cours de son enseignement : « Une minorité peut causer la perte de toute une nation », qu’il a même répétée.
Les évêques africains au synode
Alors que la crainte régnait que le document final du synode ouvre la voie à la bénédiction des couples homosexuels, les évêques africains ont rappelé avec constance leur opposition à tout changement de la doctrine catholique sur le sujet. Mgr Andrew Nkea Fuanya, président de la Conférence épiscopale du Cameroun, a expliqué au synode que les évêques africains s’opposaient continuellement au mariage homosexuel. Mgr Nkea a précisé: “Nous avons insisté sur cela pour ne pas changer la théologie de la personne humaine. C’était quelque chose de très important pour nous et je pense que le synode a très bien compris que l’Afrique est différente du reste du monde. De plus, le synode a appris quelque chose de nous.” Le document final du synode ne mentionnait aucune bénédiction de couples de même sexe ni aucun effort de sensibilisation à la communauté LGBTQ. Ce qui a été une victoire pour l’Afrique, a laissé entendre Mgr Nkea. Mgr Nkea a par ailleurs déclaré au synode que l’adoration perpétuelle avait été d’une aide considérable pour cultiver la foi au Cameroun. Lui-même a demandé à chaque paroisse de construire une chapelle d’adoration perpétuelle pour promouvoir la dévotion au Saint-Sacrement. “Je ne peux pas expliquer ici combien de temps les jeunes passent devant le Saint-Sacrement.” “Je pense que si tous les diocèses du monde entier avaient ces chapelles d’adoration perpétuelle où les jeunes vont adorer Jésus, ce serait une expérience incroyable”, a-t-il ajouté.
Le cardinal Müller revient sur son éviction brutale
Le cardinal Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, est réputé tout autant pour sa parole libre que sa profonde fidélité à l’Église et au pape. Il a accepté de se livrer sans fard dans un long entretien avec le vaticaniste Franca Giansoldati.
Théologien, le cardinal allemand livre une analyse lucide et pénétrante des évènements marquants pour l’Église aujourd’hui : les caractéristiques du pontificat du pape François, son entourage qui l’influence, le renoncement de Benoît XVI, ce qu’on peut attendre du prochain pape, notre relation à l’intelligence artificielle, l’avenir de l’Église chinoise, le rôle de l’Église face aux puissances d’argent, la question féminine, les Amériques, la théologie de la libération, les abus, la question du pape émérite… Sans langue de buis, le cardinal, mis à la retraite par le pape, se confie “en toute bonne foi“. Par exemple sur son éviction brutale :
Ma mise à l’écart s’est produite en 2017. Ce fut un coup de tonnerre. La veille, c’était le 29 juin, fête solennelle de Saints-Pierre-et-Paul, et je me souviens que le pape François m’avait embrassé sur le parvis de la basilique devant tout le monde, à la fin de la messe, en me disant qu’il avait toute confiance en moi. Voilà ce qu’il m’a dit. Le lendemain, je me suis rendu au Palais apostolique à l’heure fixée pour une audience afin de lui présenter une série d’affaires en attente, un rendez-vous de routine pour un préfet de la congrégation de la Foi. A la fin de cette brève entrevue, il m’a dit succinctement : “Votre mandat s’achève. Merci pour votre travail”, sans me donner d’explications, et il n’en a pas donné non plus par la suite. Il a simplement ajouté qu’après l’été de l’année en cours, il me confierait une autre tâche. Rien ne s’est passé depuis lors.
Interrogé sur les abus, il critique sévèrement la CIASE lorsqu’on lui pose la question des commissions nationales indépendants :
Je suis favorable à ce qu’il soit analysé dans son intégralité, mais il faut éviter les erreurs grossières qui se sont produites en France, avec cette commission indépendante, la CIASE, approuvée par l’épiscopat. L’initiative a été sévèrement attaquée sur les critères de recherche et de statistiques utilisés. Peut-être fallait-il les affiner avant de les appliquer. Le résultat final est un nombre exceptionnel, exagéré, manifestement gonflé de victimes. Cela saute aux yeux. Une analyse exhaustive a besoin de règles, de personnes compétentes, et aussi d’une démarche non idéologique.
Les guerres du Haut Karabagh
De Marion Duvauchel :
Les bons livres sont rares, et les ouvrages clairs et concis le sont plus encore. L’opuscule de Jean-Marie Lorgé Les guerres du Haut Karabagh (éditions Baudelaire, 2021) présente ces deux qualités.
Pour comprendre ce conflit tragique, il convient de connaître la vision de l’échiquier international d’Erdogan, telle que l’auteur la décrit. Et nous pouvons lui faire confiance.
Erdogan ancre la Turquie dans deux socles : « Patrie bleue » et « Panturquisme ». La Patrie bleue » est une sorte de patriotisme gazier et pétrolier visant à prendre le contrôle du sud et de l’est de la mer Méditerranée et des ses ressources. Voilà qui devrait mettre l’Europe sur le qui-vive. Le pendant de cette « Patrie bleue », c’est la réalisation du grand dessein d’Enver Pacha : la coalition des régions turcophones du Bosphore aux monts Altaï, sous le leadership de la Turquie. L’Azerbaïdjan, pays à majorité musulmane, ethniquement, culturellement et linguistiquement le plus proche de la Turquie constitue le deuxième maillon de cette chaîne pontique : de la Turquie à la Kirghizie en passant par l’Azerbaïdjan, la Turkménie, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan.
La première guerre du Haut Karabakh (1990) l’oppose à l’Azerbaïdjan.
La seconde guerre (2020) voit l’entrée en jeu de la Turquie. Son appui sans faille pour l’Azerbaïdjan s’inscrit dans cette politique d’Ankara. À cela s’ajoute, ce que personne n’ose dire, la haine séculaire de l’islam pour les chrétiens.
En septembre-novembre 2020, l’offensive azerbaïdjanaise « poing d’acier » a pour but immédiat de faire sauter le verrou de Chouchi, de verrouiller le corridor de Latchin (10 km de long) par où passe la seule route qui relie le Karabakh à l’Arménie ; de couper la seconde route reliant deux villes d’Arménie.
Autrement dit, il s’agit d’asphyxier le Nagorno Karabakh.
La défaite, militaire comme politique, a été alors totale. Il ne restait plus à l’Arménie que le choix entre mettre une sourdine à son désir d’occidentalisation et accepter le renforcement de ses relations politiques et militaires avec la Russie, l’Iran, la Chine ou accepter la voie esquissée par Erdogan le 10 décembre 2020 lors du défilé de la Victoire à Bakou » : un statut de vassal au sein d’une coalition régionale dominée par une Turquie ivre de son passé ottoman.
Et ce passé ottoman, nous le connaissons : il va de l’oppression islamique aux massacres et au génocide.
Il restait une troisième voie : recommencer une guerre désespérée. C’est ce qu’on a vu récemment. Avec une nouvelle débâcle.
La deuxième guerre s’inscrivait dans la vision erdoganienne d’un continuum territorial Bosphore/Altaï dont la continuité territoriale Turquie/Azerbaïdjan constituait la première étape. Pour cela il fallait faire sauter le verrou du Nagorno Karabagh. C’est fait.
Il reste encore un verrou : la Siounie, arménienne depuis deux millénaires que les Azéris revendiquent aussi mais en prenant comme point de départ les XIXe et XXe siècles. La prise de la partie centrale et méridionale de la Siounie par la Turquie, par Azerbaïdjan interposé verrait la réalisation de l’objectif politique majeur du panturquisme : une masse turco-azerbaïdjanaise avec trois fenêtres maritimes.
La troisième guerre du Haut Karabagk a bel et bien eu lieu. Mais pas celle à laquelle on pouvait s’attendre.
Cela peut vouloir dire que ce n’est pas fini.
Sur les territoires récupérés par l’Azerbaïdjan aux termes de l’accord du 9 novembre 2020, quelque 80 édifices religieux chrétiens ont été détruits. (voir mon article publié sur le site : les Églises albaniennes et la propagande musulmane).
