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2024, l’année du Sacré-Coeur

Aymeric Pourbaix reçoit

  • Père Étienne KERN, recteur du sanctuaire de Paray-le-Monial
  • Soeur Margarita-ISLENA, religieuse à Paray-le-Monial
  • Rodrigue TANDU, éducateur

Nouvel an : quelle société idéale en 2024 ?

Du père Danziec dans Valeurs Actuelles :

Une vaste enquête de la CFDT et de la Fondation Jean Jaurès menée par Ipsos s’est intéressée au quotidien que les Français appellent de leurs vœuxCet idéal de société apparaît très éloigné de ce que laisse penser la petite musique médiatique.

Le résultat est sans appel : au no borders de l’idéologie “startup nation”, les Français préfèrent le clos de leur chère maison qui leur est « une province, et beaucoup davantage » pour reprendre les vers du poète. Dans les pages du Figaro, Ronan Planchon ne pouvait mieux résumer la leçon à tirer de cette enquête sur la société idéale de demain telle que se l’imaginent les citoyens de l’hexagone. Elle offre

« la confirmation du décalage abyssal entre l’horizon désirable des Français, celui que nombre des médias leur prêtent et ce que la politique veut pour eux ».

En vrac, l’étude de la Fondation Jean Jaurès témoigne que 70% des sondés préféreraient habiter une petite ville, un village ou à la campagne. Une très large majorité estime qu’il faudrait réduire la place de la publicité dans la société. Fait massif : seuls 5% des Français pensent qu’il faudrait laisser la société dans son état actuel, quand 59% des personnes interrogées jugent nécessaire de « réformer la société en profondeur » ou de « la transformer radicalement ». En matière de rythme de vie, près de 3/4 estiment que la vie va trop vite. Le sentiment d’être dépassé se vérifie aussi à propos du développement des nouvelles technologies. Une majorité se déclare inquiète, voire effrayée, par certaines perspectives liées à la robotisation, au transhumanisme ou aux progrès de la réalité virtuelle explique l’enquête. 70% déclarent qu’à l’idéal de la vie en couple correspond une fidélité sans faille. A cet égard, pour déterminer si une personne a réussi sa vie, les critères comme « vivre en accord avec ses valeurs » (43%) ou « fonder une famille solide » (35%) écrasent celui d’avoir de l’argent (13%). Alors que la disparition du service militaire et le passage à une armée de métier ont réduit les effectifs à seulement 250.000 hommes (l’image forte fait dire que l’ensemble de nos forces armées tiendrait dans le Stade de France), 69% apprécient les commémorations historiques comme le 1er mai ou le 11 novembre. Lorsque l’on voit les polémiques répétitives et stériles autour des crèches dans les mairies ou des formules telles que « Joyeux Noël », 65% considèrent au contraire que les grandes fêtes religieuses fériées ont une grande importance. Dans un pays comme la France où le dogme d’une laïcité combative a valeur de mantra, le résultat peut surprendre.

Connaître le sens de la vie

Quel prolongement donner à ces chiffres ? Gustave Thibon expliquait qu’en psychologie, il n’y a pas de faits vierges, il n’y a que des faits fécondés. D’où la nécessité de veiller sur l’élément fécondant, c’est-à-dire sur l’esprit et la liberté, au moins autant que sur l’élément fécondé. « L’initiation, pour les Anciens, consistait dans un enseignement spirituel et doctrinal plus que dans l’expérience matérielle de la vie. Car il est quelque chose de plus important que de connaître la vie, c’est de connaître le sens de la vie. » écrivait le paysan philosophe dans son essai Notre regard qui manque à la lumière (Fayard, 1970)

Cette quête intérieure que chaque citoyen serait en mesure de combler, voilà le secret d’une société idéale. En 2016, le président de la Fondation Jérôme Lejeune pointait le vague à l’âme de notre société déboussolée – c’est-à-dire au sens propre « sans repères » – n’hésitant plus à fricoter avec l’eugénisme et le racisme chromosomique. Dans son ouvrage Les premières victimes du transhumanisme (Editions Pierre-Guillaume De Roux), il en appelait à retrouver le sens précieux de la vie :

« Nous avons besoin d’une Politique, ou mieux encore d’un Régime politique qui – par principe – ne tient pas la vie humaine pour un hasardeux foisonnement du vivant, ne l’utilise pas comme banc d’essai pour la technoscience et ne l’asservit pas à des finalités lucratives. »

Bernanos, prophète et docteur

En 2024, hier comme demain, autrefois comme en 2050, une société idéale ne peut être que celle qui saura préserver les conditions de sa continuité en investissant sur la jeunesse, l’avenir et les permanences : la famille, les repères moraux, la paix civile. A cet égard, l’association Fipeco, créée pour présenter, en toute indépendance, des informations et des analyses sur les finances publiques et l’économie, faisait récemment remarquer que la répartition des dépenses publiques entre 1995 et 2022 avait été passablement déformée. En trente ans, la proportion de prélèvements obligatoires affectées à la famille, à l’éducation, à la recherche et à la défense n’a eu de cesse d’être revue à la baisse…

Bernanos, en prophète, nous avertissait déjà :

« Une civilisation ne s’écroule pas comme un édifice ; on dirait beaucoup plus exactement qu’elle se vide peu à peu de sa substance, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que l’écorce. »

Comme vœu pour 2024, nous pourrions formuler, pour une France idéale, le souhait de la lucidité et du courage. La lucidité, pour « en finir de prendre la maladie de la civilisation pour la civilisation, le cancer pour l’organe ». Le courage, pour surmonter la tentation du désespoir. Julien Freund indiquait d’ailleurs dans son Histoire sociologique et philosophique de la décadence que Bernanos aimait courir le risque du combat du fait même de sa foi chrétienne.

En vérité, il n’y a de chance que si l’on prend des risques. Mais il s’agit de le faire dans l’honneur qui seul est compatible avec la dignité d’un homme libre. Une poignée d’hommes lucides et courageux peut constituer le sel de la terre. Le sel de la terre ? Oui, « le Bon Dieu n’a pas écrit que nous étions le miel de la terre mais le sel. (…) Du sel sur une peau à vif, ça brûle. Mais ça empêche aussi de pourrir ». A l’abordage d’une nouvelle année, souhaitons avec l’auteur de La France contre les robots que ça brûle un peu en 2024. Et que France reverdisse !

L’affaire de l’affiche de la Vierge Marie tenant un paresseux à Genève et les événements troublants autour de Noël

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Ces derniers jours il y a eu plusieurs incendies à Genève, dont un qui aurait pu être grave car proche de l’aéroport, le 26 décembre. Le soir du 26 il y en a eu un autre et encore un autre la nuit du vendredi 29 au samedi 30 décembre. Et il faut signaler que jeudi 28, le matin, le ciel avait une couleur de feu à Genève. Cela a été aussi remarqué à Toulouse.

Tout cela se passe au moment où l’on parle de cette affiche de Noël où l’on voit la Vierge Marie avec un paresseux à Genève, ce qui a heurté beaucoup de croyants. Une pétition, avec des explications, a été lancée pour faire interdire cette affiche.

D’ailleurs cette année on se rappelait des 50 ans des prophéties d’Akita, au Japon. Le 13 octobre 1973 la Vierge Marie dit à sœur Agnès Sasagawa Katsuko que si les hommes ne se repentaient pas de leurs fautes, le Père enverrait le Feu du Ciel qui détruirait une bonne partie de l’humanité. Les apparitions d’Akita ont été reconnues par l’évêque du lieu et confirmées par le cardinal Ratzinger, futur Benoît XVI.

Les dernières hausses de températures, les incendies de forêts, etc. vont malheureusement dans ce sens…

Le 28 décembre, jour des Saints Innocents, on se rappelait aussi des enfants morts à cause de l’avortement. Et malheureusement on sait que l’ONU continue à soutenir l’avortement. Et c’est ce 28 décembre que le ciel avait cette étrange couleur feu à Genève, où il y a un siège de l’ONU…

Tous ces signes devraient faire réfléchir pour abandonner le péché : avortements, idéologies du genre, relations homosexuelles, adultères, jalousies, etc.

Terres de Mission : La Chine, un “modèle” totalitaire pour l’occident post-chrétien ?

Terre de missions reçoit Philippe Maxence, directeur de “L’Homme nouveau”, et éditeur d’un récent rapport de l’Observatoire cardinal Van Thuan sur la Chine: “Le modèle chinois: capital-socialisme du contrôle social”. Une occasion de réfléchir au contrôle sociale à la chinoise – et à sa diffusion en Occident, notamment à la faveur de la crise du covid – et aux relations entre l’Eglise et le Parti communiste chinois.

Puis Guillaume de Thieulloy présente quelques recensions de livres récents.

Dimanche dans l’octave de Noël

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

La messe du dimanche dans l’octave de Noël prolonge les trois messes de la fête ; elle reprend même l’Alléluia et l’Offertoire de la messe de l’Aurore. Mais elle ouvre en même temps une première perspective sur la mission rédemptrice du Sauveur, pour laquelle il a voulu venir sur terre : on trouve à l’Évangile la prophétie du vieillard Siméon annonçant à la Sainte Vierge le glaive de douleur qui transpercerait son âme, tandis que la Communion, nous le verrons, se rapporte à l’épisode de la fuite en Égypte.

Introït : Dum medium silentium

L’Introït nous replace tout à fait dans l’ambiance mystérieuse de la sainte nuit et du grand événement qui s’y accomplit. Le texte est tiré du livre de la Sagesse dans un passage qui, parmi les manifestations de la sagesse dans l’histoire d’Israël, raconte la dixième plaie d’Égypte, l’extermination des premiers nés des Égyptiens, qu’on appelle la Pâque, c’est à dire le passage du Seigneur.

Dum medium silentium tenerent omnia, et nox in suo cursu medium iter haberet, omnipotens sermo tuus, Domine, de cælis a regalibus sedibus venit.

Tandis que toutes choses se tenaient en silence et que la nuit était parvenue au milieu de son cours, votre parole toute puissante, Seigneur, est descendue de votre trône royal qui est dans les cieux.

Cette parole toute puissante, que Dieu n’a qu’à prononcer pour qu’elle s’accomplisse, c’est aujourd’hui le Verbe, qui est une personne, et qui descend du ciel sur la terre au milieu de la nuit en se faisant petit enfant pour nous sauver. La mélodie de cet Introït commence dans le grave, évoquant de façon mystérieuse le silence de la nuit, puis elle s’élève progressivement de plus en plus affirmative jusqu’à la fin calme et pleine d’assurance. Le verset est formé du début du psaume 92 qui chante la beauté et la puissance du Christ Roi, et que nous retrouverons à l’Alléluia.

Dominus regnavit, decorem indutus est : indutus est Dominus fortitudinem, et præcinxit se.
Le Seigneur est Roi revêtu de splendeur et il s’est ceint de puissance.

Graduel : Speciosus forma

Le Graduel du dimanche dans l’octave de Noël reprend une image qui figurait dans le psaume de l’Introït, celle du Seigneur revêtu de beauté. Le texte est pris cette fois dans le psaume 44, le grand cantique nuptial qui chante les noces mystiques du Christ et de l’Église et qui est utilisé à plusieurs reprises au temps de Noël. Ici le psalmiste s’adresse au roi d’Israël figure du Messie.

 Speciosus forma præ filiis hominum : diffusa est gratia in labiis tuis.
Vous êtes le plus beau des enfants des hommes, la grâce est répandue sur vos lèvres.

Les lèvres sont avec le sourire l’un des éléments principaux de la beauté du visage de l’être humain, mais les lèvres c’est aussi le siège de la parole par laquelle le Seigneur révèle sa sagesse et sa toute puissance.

La deuxième partie de ce Graduel reprend le début du psaume où le psalmiste exprime son enthousiasme d’avoir à chanter les louanges d’un tel roi :

Eructavit cor meum verbum bonum : dico ego opera mea Regi : lingua mea calamus scribæ velociter scribentis.De mon cœur jaillit un beau discours car je dédie mes œuvres au Roi. ma langue est comme la plume d’un scribe à l’écriture rapide.

La mélodie, comme c’est toujours le cas pour les Graduels, est très ornée, mais elle ne contient pas de grandes vocalises. Elle reste assez douce et paisible, déroulant de souples ondulations dans une ambiance de contemplation mystique. Ces formules assez originales se répètent dans les deux parties.

Alléluia : Dominus regnavit, decorem

L’Alléluia et l’Offertoire du dimanche dans l’octave de Noël reprennent ceux de la messe de l’aurore de la fête, messe à laquelle les fidèles ont très rarement l’occasion d’assister, et ils ont ainsi au moins la possibilité d’entendre ces deux pièces ; on y trouve le même thème que dans l’Offertoire de la messe du jour : la contemplation des attributs divins du petit enfant qui vient de nôtre, qui contrastent avec sa faiblesse : beauté, force, puissance… Ils sont tirés du psaume 92, psaume ” théocratique ” célébrant la royauté de Dieu sur son peuple, s’appliquant aujourd’hui au Christ Roi ; on en trouve dans l’Alléluia le premier verset, qui accompagnait déjà l’Introït :

Dominus regnavit, decorem induit : Induit Dominus fortitudinem et præcinxit se virtute.

NB : Vous aurez remarqué que le texte de l’introït est : Dominus regnavit, decorem indutus est : Il est légèrement différent car nous avons là deux versions de la Vulgate utilisées l’une dans le Propre, l’autre dans le Psautier.

Le Seigneur est Roi, il est revêtu de splendeur : Le Seigneur s’est revêtu de force et ceint de puissance.

On retrouve donc le thème de la beauté, que chantait déjà le Graduel, associé à celui de la toute puissance créatrice qui sera celui de l’Offertoire. La mélodie exprime notre admiration pour ces qualités du Seigneur par une mélodie solennelle, très ornée, bien que sans grandes vocalises, et pleine de mouvement, bien que sans grands écarts. Alors que celles des deux autres messes de Noël sont des mélodies type, celle-ci est originale.

Offertoire : Deus enim firmavit

L’Offertoire du dimanche dans l’octave de Noël reprend, comme l’Alléluia, celui de la messe de l’aurore de la fête, et le texte est la suite de celui de verset de l’Alléluia, au début de psaume 92 :

Deus enim firmavit orbem terræ, qui non commovebitur ; parata sedes tua, Deus, ex tunc, a sæculo tu es.
En effet (par sa puissance) Dieu a solidement établi le globe terrestre qui ne sera pas ébranlé. Votre trône, ô Dieu, est préparé depuis toujours, et à jamais vous êtes.

Ce petit enfant que nous adorons est le créateur qui fait sans cesse exister toutes choses, et nous lui retournons le nom que Dieu s’était donné en se manifestant à Moïse : ” Je suis ” avait-il dit, ” Vous êtes ” lui redisons-nous.

La mélodie de cet Offertoire est comme il convient très affirmative et pleine d’assurance ; ses tenues sur la même note et ses intervalles majeurs (il n’y a presque pas de demi-tons) expriment parfaitement la solidité et la plénitude dont parle le texte

Communion : Tolle puerum

L’année liturgique se déroule sur plusieurs plans qui avancent simultanément à des vitesses différentes. Nous sommes encore à quelques jours de l’Épiphanie, mais déjà la Communion de ce dimanche se rapporte à la fuite en Égypte, et l’antienne à Magnificat des Vêpres évoque les 30 ans de vie cachée à Nazareth. Cette antienne de Communion nous fait entendre les paroles de l’ange à saint Joseph, alors que la Sainte Famille se trouve en Égypte :

Tolle puerum et matrem ejus, et vade in terram Israël ; defuncti sunt enim qui quærebant animam pueri.
Prends l’enfant et sa mère, et retourne au pays d’Israël ; en effet ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant sont morts.

C’est la mission rédemptrice du petit enfant qui est ici évoquée, avec la mention des persécutions qu’elle va entraîner et qui le conduiront à donner sa vie pour notre salut. La mélodie est pleine d’élan, avec deux phrases qui se ressemblent et se terminent par la même cadence ; mais la deuxième monte plus haut, culminant sur le mot quærebant, qui exprime les mauvaises intentions des persécuteurs.

Les guerriers du rosaire dans les rues de Pologne

Sur Sovereignty, Tomasz Rowiński évoque ces guerriers du rosaire, qui prient en public dans les rues polonaises. Plus personne en Pologne ne s’étonne des reportages des médias sur des groupes de dizaines, voire de centaines d’hommes priant dans les rues des villes polonaises. Le mouvement du Rosaire des hommes fait désormais partie du paysage spirituel du catholicisme polonais. D’autres communautés religieuses masculines bien connues dans le pays, telles que les Guerriers de Marie, les Soldats du Christ et les Hommes de Saint-Joseph, sont liées à ce mouvement. Les hommes en prière se rencontrent dans de plus en plus de villes.

“Vous vous promenez dans la vieille ville de Varsovie. C’est un samedi matin ensoleillé. Soudain, un grand groupe d’hommes apparaît devant vos yeux. Une sorte de procession ? L’armée ? Leur nombre ne cesse d’augmenter. Ils marchent en rangs serrés. Un spectacle vraiment extraordinaire. C’est bien une armée – l’armée de Dieu”, a écrit Jarosław Kumor sur le site aleteia.org en 2019. Et c’est souvent le cas. Même si vous n’avez jamais assisté à un tel événement, ou rencontré les guerriers du rosaire dans la rue, il existe de nombreuses photographies publiées en ligne de ces “réunions de prière”. Elles sont animées par des prêtres, et à leurs côtés, des hommes souriants et bien bâtis – des rangées d’hommes souriants. Des rangées de sourires. Des sourires pour la Sainte Vierge Marie.

Qui sont les membres du Rosaire des hommes ?

“Nous sommes des hommes qui désirent accomplir la volonté de Marie, notre Mère et Reine. Nous voulons faire exactement ce qu’elle a demandé à chacun d’entre nous et qu’elle continue à demander. Sa volonté est celle de son fils Jésus-Christ, notre Seigneur et notre frère. L’accomplissement de ces instructions sert la plus grande louange de Dieu, afin que ses enfants puissent être avec lui pour l’éternité. Cela signifie nous, nos familles et toutes les personnes qui désirent participer à sa grâce”.

On pourrait donc dire que le Rosaire des hommes est formé par des catholiques polonais ordinaires attirés par Dieu, par Marie, par le pouvoir de la prière, mais aussi par le pouvoir de la communauté.

“Nous croyons que notre rôle – le rôle des hommes – dans le plan de Dieu est de protéger pour la vie éternelle tous ceux que Dieu nous a donnés ici sur Terre. Tout comme saint Joseph était le gardien terrestre de la Sainte Famille, nous avons la tâche de défendre la sainteté de nos familles et de nos proches. Nous voulons le faire ensemble, dans une communauté d’hommes. Dans ce groupe, nous renforçons notre identité masculine et nos vertus masculines”.

D’où vient le mouvement du Rosaire des hommes ? Ses racines remontent à 2017. “L’idée était de rassembler des groupes d’hommes au sein de l’Église catholique dans une activité commune”, explique Jan Sienicki, organisateur du Rosaire des hommes, à propos des débuts du mouvement il y a quelques années.

Le “Rosaire aux frontières” a probablement été l’impulsion contemporaine la plus importante pour la naissance des mouvements modernes du rosaire en Pologne. Il a été organisé à deux reprises, en 2017 et en 2020, par deux réalisateurs de films convertis : Maciej Bodasiński et Lech Dokowicz. L’objectif de l’événement était d’organiser des prières du rosaire principalement dans les régions frontalières de la Pologne. Les participants choisissaient l’une des 320 églises des paroisses frontalières et s’y réunissaient pour une prière commune. Selon les organisateurs, environ un million de personnes y a participé.

En mars 2023, le père Chmielewski, interrogé par l’Agence de presse polonaise sur les raisons pour lesquelles les communautés masculines choisissent une forme de prière aussi publique, a déclaré :

“La foi n’a jamais été une affaire privée. Jésus a enseigné publiquement, a prié dans des lieux publics, est mort dans un lieu public, et donc la manifestation de sa foi et l’évangélisation dans des lieux publics sont inscrites dans l’ADN du christianisme. Parfois, lorsque nous prions, nous le faisons publiquement, en récitant le rosaire dans les villes de Pologne, pour confier à Dieu toutes les personnes qui y vivent”.

Dans un article sur le Rosaire des hommes publié sur aleteia.org, Jarosław Kumor écrit que l’un des objectifs du mouvement est de libérer les hommes de la conviction que l’expression publique de la foi n’est plus possible dans le monde d’aujourd’hui, que les questions religieuses ont été enfermées dans l’espace privé. Un autre phénomène mérite d’être souligné : si l’Église est aujourd’hui un lieu où les femmes se sentent encore chez elles, la place des hommes laïcs est difficile à définir. Les communautés d’hommes comblent en partie cette lacune. Le fait que la quasi-totalité du nouveau mouvement religieux masculin en Pologne soit attaqué par les médias libéraux – tantôt moqué, tantôt présenté comme une menace, que ce soit pour les valeurs de la “société moderne” ou pour l’Église elle-même – montre à quel point l’initiative a été couronnée de succès.

Ces dernières années, alors que les processus de sécularisation sont visibles en Pologne comme ailleurs, on aurait pu penser que l’aspiration des Polonais à la Mère de Dieu appartiendrait au passé. Mais ce n’est pas le cas : sa présence est réapparue comme une source sacrée. Marie a retrouvé son peuple, comme d’habitude à l’écart des grandes routes empruntées par les riches et les puissants. Quelque part, parmi les hommes ordinaires, elle a trouvé ses témoins et ses dévots pour porter au monde le message de la paix, car sans repentir, il n’y aura jamais de paix. C’est pourquoi nous disons : Ave Maria !

S’il veut vraiment agir dans le sens du bien commun, l’Etat a le devoir d’abolir le mariage homosexuel

Dans Les Mensonges de l’égalité, Jean-Louis Harouel revient sur la dénaturation du mariage :

Il y avait pourtant toutes les raisons valables de refuser aux homosexuels l’accès au mariage qu’ils revendiquaient au nom de l’égalité. Il est plus qu’évident que deux personnes de même sexe ne sont pas placées dans une situation semblable à celle d’un couple formé d’un homme et une femme, pour cette raison fondamentale qu’elles ne peuvent pas concevoir ensemble un enfant. Si bien qu’en bonne justice, l’égalité arithmétique n’avais pas à s’appliquer. […] Comme le souligne le professeur Yves Lequette, “au nom de l’égalité entre les couples, on crée une inégalité profonde entre les enfants, puisqu’il y aura ceux qui se verront attribuer un père et une mère et ceux à qui on imposera deux pères ou deux mères”. […]

S’il veut vraiment agir dans le sens du bien commun, l’Etat a notamment le devoir d’abolir le mariage homosexuel et de privilégie les conceptions classiques en matière de vie sexuelle et familiale – un père, une mère, des enfants – par le rétablissement d’un cadre juridique favorisant la perpétuation du modèle traditionnel de la famille.

Il n’y a aucune raison valable pour se soumettre au dogme égalitaire imposant que soit accordée la même considération à toutes les options sexuelles et à toutes les revendications de genre. […] Autant il est juste de ne pas persécuter les homosexuels, autant il est injuste de révérer l’homosexualité et de se soumettre aux revendications de groupes de pression développant une propagande homosexualiste visant à imposer les relations contre nature comme un modèle social hautement valorisé.

Le Sacré-Coeur au cinéma

Sabrina et Steven J. Gunnell, producteurs et réalisateurs, veulent faire et refaire découvrir le message du Sacré-Cœur Jésus, ses promesses, sa puissance, son appel à la « Réparation » au monde entier. Ce film, pour lequel une levée de fonds Credofunding est en ligne, est un outil d’évangélisation, un « levier » pour déclencher le désir à toute âme de se CONSACRER au SACRÉ-CŒUR de Jésus, source jaillissante et intarissable de vie nouvelle ! Donc d’une société nouvelle ! Donc un monde nouveau ! Et ainsi rendre Amour pour Amour. Ce film a pour vocation une sortie en salle de cinéma partout en France. Et à l’étranger…

Le 27 décembre 2023, l’Église Catholique célèbre l’ouverture du jubilé des 350 ans des premières apparitions du Sacré-Cœur de Jésus à Marguerite-Marie Alacoque. Ce jubilé se clôturera en juin 2025, soit 18 mois plus tard, date d’anniversaire de la dernière apparition, en 1675.

Au vu du contexte mondial, et particulièrement de celui en France, n’y aurait-il pas urgence à ce que le plus grand nombre se consacre au Sacré-Cœur ? Pour répondre à toutes ces questions, l’enquête commence le 27 décembre à Paray-le-Monial. Elle se poursuivra au fil des semaines à travers la France et au-delà à la rencontre d’experts, d’historiens, de théologiens et de témoins divers qui ont « expérimenté » l’Amour brulant du Divin-Cœur de Jésus… Ce Cœur qui nous aime tant et qui en retour ne reçoit que mépris et ingratitude encore de nos jours !

Au XVIIe siècle, le Christ a découvert son Cœur à sœur Marguerite-Marie, religieuse de l’ordre de la Visitation à Paray-le-Monial en Bourgogne, aujourd’hui département de Saône-et-Loire, diocèse d’Autun. Les 3 apparitions principales ont eu lieu le 27 décembre 1673, le 1er vendredi d’un mois de 1674 et en juin 1675.

Le message comporte trois dimensions :

  1. Jésus montre son Cœur qui a tant aimé le monde, si passionné d’amour pour tous les hommes ;
  2. Il se plaint de ne recevoir en retour qu’ingratitude et indifférence ;
  3. Il demande de réparer ces manques d’amour, notamment par l’institution d’une fête pour honorer son divin Cœur.

Ainsi, rendre amour pour amour c’est accueillir l’amour personnel de Jésus pour chacun de nous, réparer les manques d’amour dont il souffre et entrer dans la compassion de son Cœur pour ceux qui ont tant besoin de consolation.

Casting non prédéfini :

  • Mgr Celestino Migliore – Nonce Apostolique (Le regard et l’approche de l’Eglise sur le SC)
  • Père Etienne Kern – Recteur du Sanctuaire de Paray le Monial (le Message du SC)
  • Père Edouard Marot – Curé en Belgique et Missionnaire du Sacré-Cœur
  • Père Raffray – Professeur de philosophie et de théologie (Le SC dans la tradition)
  • M Arnaud Dumouche – Théologien (le sens théologique du SC)
  • Mlle Clémentine Beauvais – Descendante de Marguerite-Marie Alacoque – Sainte Marguerite-Marie et moi
  • Abbé Fabrice Loiseau – Missionnaire de la Miséricorde Divine
  • Vincent le Mariachi – Musicien Missionnaire et Auteur de « Le Nom du Père »
  • Alicia Beauvisage – Missionnaire laïc autour du monde avec les reliques de MM Alacoque
  • Louis Bouffard – Auteur de « Une Lueur dans les Tranchées »
  • Anne-Geneviève Montagne – Laïc Consacrée, directeur d’Anuncio et du Congrès Mission
  • Jeanne Tayeb-Sachot – Ancienne musulmane convertie par le SC
  • Geneviève Delaboudinière – Auteur « Femmes de France, Femmes de Feu »

Et divers Congrégations et Ordres religieux du Sacré-Cœur.

Gender : le Conseil d’Etat valide la circulaire Blanquer

Le Conseil d’Etat rendu hier 29 décembre sa décision à propos de la circulaire de l’Education nationale du 29 septembre 2021, dite circulaire Blanquer, qui donne la consigne aux établissements scolaires de mettre en œuvre la transition sociale demandée par les élèves s’identifiant « transgenres », autrement dit d’utiliser les prénoms choisis par les élèves et de les identifier dans le sexe qu’ils revendiquent.

Le Conseil d’État a rejeté le recours des Juristes pour l’enfance et celui de SOS éducation : la haute juridiction a raté une opportunité unique, celle de demander au Ministère de l’Education nationale de reprendre sa copie pour tenir compte des données observées durant les deux dernières années : absence de neutralité de la transition sociale, enfants ou adolescents demandeurs présentant pour la plupart des troubles psy ou neurodéveloppementaux, force des réseaux sociaux, conséquences pour tous de la transition sociale (équité sportive, sécurité des espaces intimes, injonction de nier le réel au profit du ressenti de certains), etc.

Le Conseil d’Etat s’était pourtant vu communiquer en délibéré les très récentes recommandations du Ministère de l’Education britannique qui appelle écoles et collèges d’Angleterre à la plus grande prudence lorsqu’un élève demande une “transition sociale”. Le Conseil d’Etat s’est refusé à dire un mot de ces recommandations, tout comme il s’est refusé à répondre aux arguments, se contentant d’affirmations péremptoires comme “la circulaire ne méconnaît pas le principe de neutralité des services publics”.

Un point positif à relever cependant : le Conseil d’État dit clairement que la circulaire ne fait que recommander (ou préconiser) aux personnels de l’Education nationale l’utilisation des prénoms choisis par les élèves et, s’agissant des espaces d’intimité, qu’elle « se borne à identifier différentes options ». C’est une petite victoire face à la pression des militants qui faisaient passer cette circulaire pour “obligatoire” : la décision rend une certaine marge de manoeuvre aux personnels de l’éducation nationale même s’il leur sera encore difficile de faire face à la pression sociale et médiatique et d’agir en conscience pour le bien de leurs élèves.

Education : restaurer l’autonomie des établissements

Tribune de l’IFRAP dans Les Echos :

La dernière étude Pisa, sur la performance des élèves à travers le monde, vient de confirmer la moindre performance des Français et l’effondrement de leurs capacités en compréhension et en mathématiques depuis vingt ans.

Le ministre de l’Education, Gabriel Attal, a annoncé des mesures d’urgence (redoublement, nouvelle épreuve de mathématiques en première pour le bac, obtention obligatoire du brevet pour passer au lycée) qui sont de bon sens. Mais elles ne répondent pas aux failles fondamentales de notre système scolaire.

Des directeurs impuissants

Selon l’OCDE, auteur du classement Pisa, la clé d’une meilleure performance des élèves est l’autonomie des établissements. Sur ce point, la France est très en retard. Toujours selon la dernière édition de Pisa, seuls 31 % de nos directeurs d’établissements estiment avoir la compétence pour s’assurer que les enseignants améliorent la performance des élèves (contre une moyenne de l’OCDE à 67 %). Seuls 36 % estiment être en mesure de soutenir et construire de nouvelles pratiques pédagogiques avec les enseignants.

Le constat, accablant, ne s’arrête pas là. Seul un directeur sur quatre estime pouvoir s’assurer que les enseignants continuent de se former au long que leurs carrières. Idem sur l’évaluation des enseignants : seul un quart des directeurs jugent avoir la compétence pour observer et faire des retours sur leur travail (la moyenne de l’OCDE est à 58 %).

La France est très en retard

Pisa place ainsi la France en dernière position en termes de « leadership des directeurs ». Dans le public, ils n’ont de fait aucune autorité hiérarchique, ni fonctionnelle (un décret d’août 2023 prévoit sa mise en place dans le primaire). Dans le privé, ils n’en ont que sur l’équipe non enseignante… Or, la capacité à manager l’équipe pédagogique est centrale pour déterminer l’autonomie d’un établissement scolaire. Mais en France, seuls 10 % des élèves sont inscrits dans un établissement où le directeur peut recruter les enseignants… contre 60 % dans l’OCDE !

Qui est le supérieur d’un enseignant ? C’est l’inspecteur de l’Education nationale… Sauf qu’avec environ 3.700 inspecteurs pour plus de 825.000 enseignants titulaires, et une année scolaire de 186 jours effectifs, chaque inspecteur a moins d’une journée par an à accorder à chacun des enseignants dont il a la charge. De plus, ces supérieurs ne sont pas les managers des enseignants, dont les carrières et les rémunérations sont gérées… par des agents du rectorat, avec qui ils ont peu de contact !

Refonder le statut d’enseignant

Il est urgent de donner de l’autonomie aux établissements, de refonder le statut des enseignants et de donner aux directeurs un rôle hiérarchique. Le moment est idéal pour mener ces réformes colossales car deux baisses des effectifs (d’élèves et des enseignants) se cumulent d’ici à 2030 et devront permettre d’alléger la pression sur le système scolaire. D’un côté la diminution de 500.000 élèves attendue d’ici à 2027 doit réduire les problématiques des classes surchargées et de la « pénurie » d’enseignants titulaires (en réalité, ces postes « non pourvus » sont affectés à des contractuels, preuve d’un changement déjà acté dans le mode de recrutement). De l’autre, quelque 328.000 enseignants devraient partir à la retraite d’ici à 2030.

S’il est sûrement déjà trop tard pour améliorer la performance de nos élèves pour Pisa 2025, en ouvrant dès maintenant la réforme de notre système scolaire et en implantant les enseignements de l’OCDE sur l’autonomie des établissements, nous pouvons espérer remonter la pente pour l’édition 2028. Les résultats territorialisés des enquêtes Pisa de la France permettraient notamment d’identifier les secteurs prioritaires… mais ils ne sont pas rendus publics. Dommage !

“Je n’en peux plus de cette racaille”

Sandra, propriétaire d’une boutique à Rive-de-Gier (Loire), envisage de quitter la ville. Sa boutique a une nouvelle fois été vandalisée, dans la nuit de mercredi à jeudi. Plusieurs hommes cagoulés et masqués ont cassé les vitres et volé entre 7000 et 8000 euros de vêtements. Il y a six mois, lors émeutes, la même boutique avait été pillée deux soirs de suite.

“Ce n’est plus possible. Vous vous rendez compte que je n’ai même pas fini de payer mes factures des émeutes ! J’étais à découvert et le fait d’avoir fait une semaine vraiment au top avant Noël, ça m’avait remonté mon découvert et là je retrouve à nouveau dans la merde. Je suis épuisée, je suis choquée, je n’en peux plus de cette racaille.”

Victime de l’audimat

Après trois mois sur BFM-TV, Laurent Ruquier annonce son départ, mardi 26 décembre. Il a décidé de mettre fin à l’émission « Le 20h de Ruquier », en raison d’audiences décevantes :

« Je préfère m’arrêter là ». « Je pourrais me cacher derrière la conjoncture et différentes actualités dramatiques qui certes ne m’ont pas facilité la tâche depuis mon arrivée mais force est de constater que le public ne m’a pas suivi dans ce rôle différent pour moi ».

Il a évoqué « des audiences pas à la hauteur de [ses] espérances ni du travail quotidien que cela représente ».

Son émission était en concurrence avec « L’Heure des pros 2 » de Pascal Praud (CNews), « Touche pas à mon poste » de Cyril Hanouna (C8), « Quotidien » (TMC) ou « C à vous » (France 5), en plus des JT de 20 heures des grandes chaînes. BFM-TV (qui appartient à Altice, groupe du milliardaire Patrick Drahi) traverse une passe difficile, désormais talonnée par CNews.

A propos de l’islam dans le patrimoine littéraire français

On le sait, n’est-ce-pas, l’islam et la musulmanité sont tout à la fois le passé glorieux et le futur brillant de l’Europe en général et de la France en particulier. Après tout, M.Debbouze n’affirmait-il pas que « L’islam est en Europe depuis 3000 ans » ? Et le vice-président d’une précédente commission européenne, M.Timmermans, que « l’islam fait partie de l’Europe depuis 2000 ans » ?

Avec d’aussi glorieux parrainages, entendre M.Darmanin déclarer qu’« au regard de l’histoire, s’il y a une religion qui a moins de difficultés à travailler avec la République, c’est l’islam… [avec l’islam, j’ai toujours eu] un dialogue plus facile, une discussion plus spontanée qu’avec les autres cultes », c’est finalement presque service minimum.

Mais les mythes ont toujours besoin d’entretien. Dans ce cadre d’une France quasi-éternellement musulmane à l’insu de son plein gré, la grande mosquée de Paris avait organisé le 29 novembre 2023 une conférence sur « Victor Hugo et l’Islam », animée par M.Louis Blin, auteur d’un récent ouvrage au titre identique.

Une courte présentation indiquait que :

« Le Prophète de l’islam et le Coran reviennent à une centaine de reprises dans l’œuvre de Victor Hugo. Ce dernier a cherché dans le Coran une voie de pénétration du divin et a trouvé dans le Prophète un modèle auquel s’identifier. L’islam a représenté une source pour étancher sa soif eschatologique et un objet d’inspiration et de méditation dans sa quête éperdue de spiritualité. Victor Hugo a surmonté les préjugés islamophobes de sa jeunesse grâce à une maturation et à une ouverture œcuménique qui lui ont permis de découvrir la richesse de la foi musulmane ».

D’où, fin de la présentation, la mise en évidence du rôle joué par l’islam dans l’œuvre hugolienne et « partant, dans le patrimoine littéraire français ». On va pouvoir reconstruire le Lagarde & Michard !

Plaisir des coïncidences, le dénommé Georges Abitbol, au CV totalement inconnu du rédacteur et juste un mois plus tard, proposait sur X une recension de quelques extraits d’auteurs de ce patrimoine littéraire français à propos de l’islam (citations reprises telles quelles, sans vérification) :

De quoi préciser quelque peu ces rapports réciproques.

  • « C’est un malheur pour la nature humaine lorsque la religion est donnée par un conquérant. La religion mahométane, qui ne parle que de glaive, agit encore sur les hommes avec cet esprit destructeur qui l’a fondée ». Montesquieu, De l’esprit des lois
  • « Les musulmans sont animés de la rage de la malfaisance. Rien n’est plus terrible qu’un peuple qui n’ayant rien à perdre, combat à la fois par esprit de rapine et de religion ». Voltaire, Questions sur l’Encyclopédie
  • « La religion de Mahomet condamne à un esclavage éternel et à une incurable stupidité toute cette vaste portion de la terre où elle a étendu son empire ». Condorcet, Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit
  • « Tous les éléments de la morale et de la société politique sont au fond du christianisme, tous les germes de la destruction sociale sont dans la religion de Mahomet». Chateaubriand, Mémoires d’Outre-tombe
  • « L’islamisme est le culte le plus immobile et le plus obstiné. Le Coran arrête toute science et toute culture. Le mahométan ne lit rien, parce que tout ce qui n’est pas dans le Coran est mauvais et qu’il renferme tout. Mahomet eut le sentiment vrai du caractère de sa religion lorsqu’il lui donna pour symbole le croissant de la lune dont la lumière est trompeuse et sans chaleur». Vigny, Journal d’un poète
  • « J’ai beaucoup étudié le Coran à cause surtout de notre position vis-à-vis des populations musulmanes en Algérie et dans tout l’Orient. Je vous avoue que je suis sorti de cette étude avec la conviction qu’il y avait eu dans le monde, à tout prendre, peu de religions aussi funestes aux hommes que celle de Mahomet. Elle est à mon sens la principale cause de la décadence aujourd’hui si visible du monde musulman et quoique moins absurde que le polythéisme antique, ses tendances sociales et politiques étant, à mon avis, infiniment plus à redouter, je la regarde relativement au paganisme lui-même comme une décadence plutôt que comme un progrès». Tocqueville, Œuvres, papiers et correspondances
  • « L’islam, c’est l’union indiscernable du spirituel et du temporel, c’est le règne d’un dogme, c’est la chaîne la plus lourde que l’humanité ait jamais portée». Renan, Conférence à la Sorbonne, ‘L’islamisme et la science », 1883

Un lecteur des tweets de M.Abitbol avait ajouté cette citation de M. Lévi-Strauss :

« Grande religion qui se fonde moins sur l’évidence d’une révélation que sur l’impuissance à nouer des liens au-dehors. En face de la bienveillance universelle du bouddhisme, du désir chrétien de dialogue, l’intolérance musulmane adopte une forme inconsciente chez ceux qui s’en rendent coupables ; car s’ils ne cherchent pas toujours, de façon brutale, à amener autrui à partager leur vérité, ils sont pourtant (et c’est plus grave) incapables de supporter l’existence d’autrui comme autrui. Le seul moyen pour eux de se mettre à l’abri du doute et de l’humiliation consiste dans une « néantisation » d’autrui, considéré comme témoin d’une autre foi et d’une autre conduite. La fraternité islamique est la converse d’une exclusive contre les infidèles qui ne peut pas s’avouer, puisque, en se reconnaissant comme telle, elle équivaudrait à les reconnaître eux-mêmes comme existants » (dans Tristes tropiques).

Et puisque l’islam est européen, ajoutons ce bonus d’Outre-Rhin proposé par M.Abitbol lui-même :

« Le Coran, ce méchant livre, a suffi pour fonder une grande religion, satisfaire pendant 1200 ans le besoin métaphysique de plusieurs millions d’hommes ; il a donné un fondement à leur morale, leur a inspiré un singulier mépris de la mort et un enthousiasme capable d’affronter des guerres sanglantes et d’entreprendre les plus vastes conquêtes. Or, nous y trouvons la plus triste et la plus pauvre forme du théisme. Peut-être le sens nous en échappe-t-il dans les traductions. Cependant, je n’ai pu y découvrir une seule idée un peu profonde ». Schopenhauer, Le Monde comme Vouloir et comme Représentation, 1844

Alors, nous sommes bien obligés de nous incliner : oui, l’islam a parfois été traité par des penseurs et littérateurs français et européens. Pour, apparemment, être irrémédiablement considéré comme totalement incompatible avec leur culture. Et puis, Debermans et Timmbouze sont arrivés et ont apparemment grippé la machine à penser….

Un enseignement confus n’est jamais excusable

Mgr Charles Chaput, archevêque émérite de Philadelphie,  écrit à propos de Fiducia supplicans :

“Le coût de la “mise en désordre” 22 décembre 2023

L’un des critères utilisés par l’Église pour mesurer la qualité de ses dirigeants est un simple passage de l’Écriture : “Dieu n’est pas l’auteur de la confusion, mais de la paix” (1 Cor. 14:33). Il en était ainsi pour Paul. Il en est de même aujourd’hui. Il en va de même pour les pasteurs et les évêques locaux, y compris l’évêque de Rome. La confusion parmi les fidèles peut souvent être le fait d’individus innocents qui entendent la Parole mais ne la comprennent pas. Un enseignement confus, cependant, est une autre affaire. Il n’est jamais excusable. La transmission de la vérité chrétienne exige prudence et patience, car les humains ne sont pas des machines. Mais elle exige aussi de la clarté et de la cohérence. L’ambiguïté délibérée ou persistante – tout ce qui alimente l’incompréhension ou semble laisser une ouverture à un comportement objectivement pécheur – n’est pas de Dieu. Et il en résulte inévitablement des dommages pour les âmes.

Je mentionne ceci pour une raison. Un de mes amis protestants, spécialiste de la Réforme, a envoyé un texte à ses amis catholiques le 18 décembre pour leur annoncer que “François a déclenché le chaos dans votre communion”. Il faisait référence au texte Fiducia Supplicans (“Sur la signification pastorale des bénédictions”). Le Dicastère de Rome pour la doctrine de la foi (DDF), dirigé par le cardinal Victor Manuel Fernández – un proche collaborateur du pape François – venait de le publier ce jour-là. Le document est un double exercice d’affirmation et de réfutation simultanées de l’enseignement catholique sur la nature des bénédictions et leur application aux relations “irrégulières”. Il a rapidement été interprété comme un changement significatif dans la pratique de l’Église.

Le père James Martin, défenseur de longue date des intérêts des LGBTQ, a été rapidement photographié en train de bénir un couple homosexuel dans un article du New York Times qui notait que Le père Martin avait attendu des années pour avoir le privilège de prononcer une telle prière, aussi simple soit-elle, au grand jour. “C’était vraiment bien”, a-t-il déclaré mardi, “de pouvoir le faire publiquement”. La décision du pape a été accueillie comme une victoire historique par les défenseurs des homosexuels catholiques, qui la décrivent comme un geste significatif d’ouverture et d’attention pastorale, et comme un rappel qu’une institution dont l’âge se mesure en millénaires peut changer. L’article du Times poursuit en reconnaissant que “la décision ne renverse pas la doctrine de l’Église selon laquelle le mariage est l’union d’un homme et d’une femme”. Elle n’autorise pas non plus les prêtres à célébrer des mariages homosexuels. Mais la saveur dominante et l’objectif sous-jacent de l’article ont été le mieux saisis par les différents homosexuels interrogés, qui ont parlé de l’Église “se ralliant” à la légitimité des relations entre personnes de même sexe, et des couples de même sexe “revendiquant notre place”.

Par où commencer ? Tout d’abord, l’un des rôles clés du pape est d’unifier l’Église, et non de la diviser, en particulier sur les questions de foi et de morale. Il a le même devoir d’unifier les évêques et non de les diviser.

Deuxièmement, une tâche essentielle d’un pasteur aimant est de corriger et d’accompagner. Les bénédictions doivent encourager, mais aussi, si nécessaire, interpeller. Les personnes vivant dans des unions homosexuelles ou d’autres unions sexuelles non maritales ont besoin d’un accompagnement stimulant de la part de l’Église. Les papes, les évêques, les prêtres et les diacres sont appelés par leur vocation à être des prophètes aussi bien que des pasteurs. Le pape François semble souvent séparer ces rôles, alors que Jésus lui-même a toujours incarné les deux dans son ministère. Les paroles qu’il a adressées à la femme prise en flagrant délit d’adultère n’étaient pas seulement “Tes péchés sont pardonnés”, mais aussi “Va et ne pèche plus”.

Troisièmement, les relations que l’Église a toujours considérées comme des péchés sont aujourd’hui souvent qualifiées d'”irrégulières”. Cela neutralise la réalité d’un comportement moralement défectueux et entraîne une confusion sur ce que nous pouvons et ne pouvons pas appeler “péché”.

Enfin, si le document ne modifie pas en fait l’enseignement de l’Église sur le mariage, il semble modifier l’enseignement de l’Église sur le caractère pécheur de l’activité homosexuelle. Le mariage n’est pas l’objet de Fiducia Supplicans. Il s’agit de la nature morale des unions entre personnes de même sexe, et c’est là une distinction cruciale. Les évêques de ce pays et de l’étranger ont publié des déclarations réitérant l’enseignement catholique sur les questions de sexualité humaine et de relations entre personnes de même sexe. Les évêques du Nigeria ont noté qu’il n’y avait “aucune possibilité dans l’Église de bénir les unions et les activités homosexuelles” parce qu’elles iraient “à l’encontre de la loi de Dieu [et] des enseignements de l’Église”. Des critiques perspicaces du document du Vatican (ainsi que d’autres assez vives) ont déjà été publiées. D’autres sont en cours d’élaboration. Mais tous ces commentaires cherchent à atténuer les dommages déjà causés.

Que l’auditeur soit ravi ou irrité par le dernier texte du Vatican, les retombées pratiques sont une vague de confusion dans la circulation sanguine de l’Église à Noël – une saison destinée à la joie, mais désormais enchevêtrée avec la frustration, le doute et le conflit. En réponse aux réactions contre le document, le pape François a déclaré au personnel du Vatican qu’il était ” important de continuer à avancer et à grandir dans leur compréhension de la vérité. S’en tenir craintivement à des règles peut donner l’impression d’éviter des problèmes, mais ne fait que nuire au service que la Curie du Vatican est appelée à rendre à l’Église”, a-t-il déclaré. “Restons vigilants face aux positions idéologiques rigides qui souvent, sous couvert de bonnes intentions, nous séparent de la réalité et nous empêchent d’aller de l’avant”, a déclaré le pape. “Nous sommes au contraire appelés à nous mettre en route et à voyager, comme les Mages, à la suite de la lumière qui désire toujours nous conduire, parfois par des chemins inexplorés et des routes nouvelles”. Les plaintes concernant les “positions idéologiques rigides” sont désormais la réponse par défaut du Saint-Siège à toute réserve raisonnée ou critique honnête de ses actions.

Chaque pape a des goûts personnels, des aversions et des irritations. C’est la nature même de l’argile humaine. Comme je l’ai dit ailleurs et souvent, le pape François possède d’importants atouts pastoraux qui ont besoin de notre soutien dans la prière. Mais le fait qu’il se plaigne publiquement diminue la dignité de la fonction de pape et de l’homme qui l’occupe. Il ne tient pas compte non plus du respect collégial dû aux frères évêques qui remettent en question l’orientation actuelle du Vatican. Et encore une fois, ce n’est pas de Dieu. Caractériser la fidélité à la croyance et à la pratique catholiques comme “s’en tenir craintivement aux règles” est irresponsable et faux. Les fidèles méritent mieux qu’un tel traitement. Il convient également de noter que l’emprunt de “chemins inexplorés et de nouvelles routes” peut facilement mener au désert plutôt qu’à Bethléem.

Au cours de la dernière décennie, l’ambiguïté sur certaines questions de doctrine et de pratique catholiques est devenue un style pour le pontificat actuel. Les critiques du pape à l’égard des catholiques américains ont trop souvent été injustes et mal informées. Une grande partie de l’Église allemande est effectivement en schisme, mais Rome a d’abord imprudemment toléré la “voie synodale” de l’Allemagne, puis a réagi trop lentement pour éviter les résultats négatifs. À une époque où la paternité et le rôle spirituel des hommes chrétiens sont en crise, le Saint-Père a demandé à sa Commission théologique internationale de travailler à la “démasculinisation” de l’Église. Le défi le plus urgent auquel les chrétiens sont confrontés dans le monde d’aujourd’hui est d’ordre anthropologique : qui est l’être humain, si nous avons un but supérieur qui justifie notre dignité particulière en tant qu’espèce, si nous ne sommes rien d’autre que des animaux exceptionnellement intelligents capables d’inventer et de se réinventer. Et malgré cela, notre objectif pour 2024 est un synode sur la synodalité. En disant ces choses, bien sûr, on s’expose à des accusations de “déloyauté”. Mais la véritable déloyauté consiste à ne pas dire la vérité avec amour. Et ce mot “amour” n’est pas un ballon gonflé de bonne volonté. Car c’est une coquille vide sans la vérité pour la remplir.

En 2013, au Brésil, le Saint-Père a encouragé les jeunes à “semer le désordre”. Cela s’est concrétisé d’une manière qui n’était certainement pas intentionnelle de la part du pape. Mais en fin de compte, les responsables pastoraux sont responsables de leurs paroles et de leurs actions. Car, comme l’a dit saint Paul il y a si longtemps, “Dieu n’est pas l’auteur de la confusion, mais de la paix”.

Les organisations soignantes contre l’aide à mourir optent pour la chaise vide

Plutôt que de participer à une réunion au ministère de la Santé et de la Prévention, différentes organisations soignantes, toutes signataires d’une déclaration commune, ont tenu une conférence de presse le 18 décembre pour souligner leur désaccord avec les orientations de l’avant-projet de loi sur l’aide à mourir et la fin de vie. Ce choix de la chaise vide n’a pas vocation à s’éterniser. Les attentes de ces acteurs de la santé portent à la fois sur la méthode et la philosophie du texte. Sophie Moulias, gériatre à l’Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), souligne :

“Distinguer, dans deux textes, la mort provoquée et le développement des soins palliatifs serait perçu comme un geste d’apaisement et de réelle écoute des professionnels”.

La dernière réunion avec le ministère de la Santé sur la fin de vie s’est déroulée le 6 septembre. Depuis, les soignants n’ont eu aucune nouvelle sur le contenu du texte de loi en préparation jusqu’à sa diffusion dans la presse. Pour celle du 18 décembre, ils n’ont pas eu connaissance de son contenu. Cette absence d’ordre du jour et de comptes rendus, a été régulière au cours des différentes réunions de l’été, rapportent-ils. Leur déclaration commune souligne au final une “parodie de consultation”, pointant également des “invitations aléatoires et de dernière minute”, un “manque d’écoute”, des “discussions de points mineurs ou accessoires” ou encore l’ajout “inopiné de soignants ne représentant aucune organisation mais favorables” aux orientations de l’avant-projet.

Avec leur boycott, les organisations espèrent un changement de méthode du ministère. Claire Fourcade, présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs, indique :

 “Nous avons l’habitude des situations complexes et de trouver des solutions au quotidien”.

Les parties prenantes en appellent au président de la République pour faire naître deux textes de loi. Le développement des soins palliatifs est, à leurs yeux, indispensable avant de faire évoluer la loi sur l’aide à mourir. La convention citoyenne comme le Comité consultatif national d’éthique ont rappelé ce préalable, pointe Sarah Piazza, psychologue au service de réanimation de l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Sophie Moulias, membre de la Société française de gériatrie et de gérontologie, précise :

“Il faut développer des outils législatifs pour des soins de qualité d’abord. En l’absence de soins palliatifs actifs et accessibles, l’aide à mourir ne sera pas un choix”.

Sur le contenu du texte, la sémantique de l’avant-projet est à corriger de fond en comble. “Soins d’accompagnement, ce terme est un fourre-tout qui ne veut rien dire”, tranche Florian Scotté, vice- président de l’Association francophone pour les soins oncologiques de support (Afsos). “Changer la terminologie, c’est augmenter la confusion”, renchérit Stéphanie Trager, également membre du conseil d’administration de l’Afsos. Elle prédit un “bond en arrière en cancérologie” en cas d’adoption de la nouvelle catégorie de soins d’accompagnement alors que les soins palliatifs ou de support disposent déjà de leur définition internationale.

Sophie Chrétien, ancienne présidente de l’Association nationale française des infirmiers en pratiques avancées, pointe le flou de “l’aide à mourir” qui ne cite pas clairement le suicide assisté ou l’euthanasie. Sur la procédure décrite dans l’avant-projet, elle fustige un processus “effroyable” et “cynique” qui “balaie l’interprofessionnalité”. La psychiatre Faroudja Hocini estime que le terme d’aide à mourir “sculpte un imaginaire” bien éloigné de la réalité du suicide. Elle craint qu’à terme les troubles psychiatriques soient intégrés dans l’aide à mourir. Présidente du Conseil national professionnel infirmier, Evelyne Malaquin-Pavan fait part de sa crainte, parmi ces mots “tricotés” entre eux, sur la future définition des soins non effectués par des professionnels dans le processus.

Enfin, c’est l’attractivité de l’hôpital qui est menacé par cette évolution législative. Spécialiste de la maladie de Charcot à l’hôpital de la Pitié-Salpêtreière de l’AP-HP, Pierre-François Pradat dénonce l’utilisation de cette pathologie dans le débat. Il estime qu’elle est utilisée de manière simplifiée et non conforme à la réalité de terrain. Il n’a reçu qu’une fois une demande répétée et maintenue dans le temps d’euthanasie au cours de sa carrière, rapporte-t-il. Mais il note surtout des “répercussions en cascade” sur la place de cette maladie dans le débat public avec, outre les difficultés des patients,  une perte d’attractivité pour les professionnels, avec comme corollaire une diminution de la recherche.

Dans les rangs infirmiers, le contenu de l’avant-projet suscite une colère immense dont la concrétisation serait, en cas de légalisation, la démission des soignants. “Faire la toilette mortuaire d’un patient euthanasié n’a aucun sens”, explique Jeanne Amourous, infirmière en soins palliatifs à la maison médicale Jeanne-Garnier. Le secourisme à l’envers, mentionné dans l’avant-projet, cristallise aussi la colère. “Aucun soignant n’aurait pu valider” cette expression, juge Feroudja Hocini.

Noël de guerres

Message de Noël du prieur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier :

« Sur ceux qui habitent à l’ombre de la mort, une lumière s’est levée » (Is 9, 1)

Chers amis,

Je voudrais selon l’usage vous porter un message de paix, ce message que les Anges ont chanté au-dessus de la crèche de Bethléem : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et, sur la terre, paix aux hommes de bonne volonté ! » (Lc 2, 14). Mais la symphonie céleste est couverte par le fracas des guerres.

Guerre sur la terre, ici et là ; guerre tout près du lieu où est né le « Désiré des nations » (Ag 2, 8). Guerre dans l’Église, où certains bergers ne savent plus distinguer la droite de la gauche – « Malheur à ceux qui appellent le mal bien et le bien mal ! », dit le prophète (Is 5, 20) – et dispersent le troupeau plutôt que de le conduire et frappent la brebis plutôt que de la soigner ; où la bénédiction est tournée en malédiction ; où l’antique liturgie latine n’a pas encore partout retrouvé le « droit de cité » qui lui revient. Dans la nuit de Noël, quand je célèbrerai les saints mystères, j’aurai une prière particulière pour tous les fidèles qui en sont privés, contre leur vœu légitime.

Guerre dans les cœurs, submergés par le flot incessant d’images et d’informations qui les tiennent sous l’empire de la crainte et la léthargie de l’hébétude ; cœurs asservis par les modes, l’idéologie, la tristesse d’un monde sans beauté, le désespoir d’un monde sans horizon. Mais, dans cette guerre des âmes, il est des cœurs qui résistent à la laideur et au mensonge : fidélité des époux à leur mariage, des prêtres à leurs serments, des religieux à leurs vœux. Tranchées solides où s’abritent les bonnes œuvres et s’épanouissent les mystérieuses germinations de la grâce. Dans cette guerre, il y a la béatitude de tous ceux qui refusent une prétendue liberté sans le Christ et l’Évangile – le plus dur des esclavages ; il y a le front commun de ceux qui veulent vivre libres, sous l’empire du Conseiller-merveilleux, du Dieu-fort, du Père-éternel, du Prince de la Paix (Is 9, 5) !

Malgré les misères de l’homme et la méchanceté qui déborde en torrent de son cœur malade, le miracle de Noël s’accomplit. Le dessein de Dieu brise le plafond de verre de la suffisance et de la malice humaines pour poser le pied sur la terre. Dieu s’incarne, tout est possible. Rien ne peut résister à la puissance de l’amour du Dieu qui vient. « Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous » (Jn 1, 14). Au milieu de nos guerres, il est là, avec nous, l’Emmanuel (Is 7, 14).

À tous, joyeux et saint Noël !
fr. Augustin-Marie Aubry, prieur

En 2024, en finir avec la paresse

Du père Danziec dans L’Homme Nouveau :

A paraître début janvier : nouveau numéro des Cahier Saint Raphaël sur les “méthodes naturelles”.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Qu’entend-t-on exactement par méthodes naturelles ? On utilise en général ce terme pour désigner les méthodes d’espacement des naissances qui ne déconnectent pas l’acte conjugal de la procréation car elles reposent sur une période d’abstinence périodique et non sur un obstacle posé aux conséquences de cet acte. C’est ce point-là qui nous intéresse et que nous voulons traiter dans ce numéro des Cahiers Saint-Raphaël. En effet, c’est du point de vue catholique que nous voulons traiter du délicat problème de la régulation des naissances. Ce n’est pas l’écologie qui nous guide, ni un combat particulier contre l’industrie du médicament ou celle du caoutchouc. Notre objectif est d’aborder cette question à la lumière de la morale catholique qui n’est pas là pour nous gâcher la vie mais pour nous aider à correspondre au plan divin. Comme souvent ses exigences paraissent plus difficiles qu’elles ne le sont en réalité car elles sont là pour notre bien véritable dès ici bas et le concile de Trente nous rappelle que « Dieu ne commande pas de choses impossibles, mais en commandant Il t’invite à faire ce que tu peux et à demander ce que tu ne peux pas, et Il t’aide pour que tu le puisses ». Comme il est des moyens artificiels et naturels pour espacer les naissances, il en est aussi pour faciliter la procréation et il y a eu beaucoup d’évolution dans ce domaine ces dernières années. Là encore, des méthodes font intervenir des médecins et des techniciens de laboratoire qui dénaturent et remplacent l’acte conjugal avec, pour objectif probable lointain, l’ectogénèse, c’est à dire la fécondation et le développement total de l’embryon et du foetus à distance de l’appareil reproducteur féminin permettant de « libérer » totalement la femme de sa condition biologique. Les méthodes naturelles d’aide à la procréation ont simplement pour objet de faciliter la fécondité de l’union conjugale et ses conséquences.

SOMMAIRE
EDITORIAL
Ce que Dieu a uni
DOSSIER
Contraception, avortement, assistance à la procréation, un peu d’histoire
Les méthodes naturelles de régulation des naissances
Portrait d’Adeline de Russé, instructrice en Naprotechnologie et méthodes naturelles de régulation des naissances
Témoignage sur la NaPro Technologie
Réguler naturellement les naissances La réponse de Pie XII
L’utilisation et la promotion des contraceptifs sont un péché grave
Le dessin d’Ignace
PMA, de quoi parle-t-on ?
Aide à la nature ou substitution de personne ?
ACTUALITES
La reconnaissance des guérisons miraculeuses : faut-il rechercher les preuves de l’inexplicable ?
Euthanasie ou suicide assisté ?
Vrac de brèves
LIVRES
Docteur un cheval vous attend
Procréation Médicalement Assisté
MISSION PHILIPPINES
Les suites de la mission Rosa Mystica 2023

Abonnement aux Cahiers Saint Raphaël par Hello Asso : https://www.helloasso.com/associations/association-catholique-des-infirmieres-et-medecins/paiements/abonnement-cahier-saint-raphael

« Les “œuvres vives” du navire France sont atteintes »

Les “œuvres vives” du navire France sont atteintes et nous sommes passés sous la ligne de flottaison :
– Sur le plan financier. Nous sommes en “super faillite” avec une dette de 3.000 milliards d’euros, notre déficit extérieur atteint des niveaux records et les prélèvements obligatoires dépassent les 46% : les Français travaillent pour l’Etat jusqu’à la fin du mois de juin !
– Sur le plan démographique. En 2023, 500.000 migrants sont entrés sur le territoire français. Or, nous sommes au point de bascule puisque la natalité poursuit sa chute.
– Sur le plan diplomatique. Nous avons été chassés de l’Afrique et sommes fâchés avec la Tunisie, le Maroc, l’Algérie. La France a été absente pour sauver les Arméniens du Haut-Karabagh… Pour couronner le tout, le corps diplomatique a été supprimé !

Émission Face à Philippe de Villiers d’aujourd’hui :

Note de Mgr Marc Aillet à propos de la déclaration Fiducia supplicans

De Mgr Aillet :

« Le Dicastère pour la Doctrine de la Foi (DDF) vient de publier, le 18 décembre 2023, avec l’approbation du Pape François, la Déclaration Fiducia Supplicans « sur la signification pastorale des bénédictions ».

Saluée comme une victoire par le monde laïque, et en particulier par les lobbies LGBT qui y voient enfin une reconnaissance par l’Eglise des relations homosexuelles malgré les multiples restrictions rappelées par le document romain, elle fait l’objet d’une désapprobation publique inédite de la part de conférences épiscopales entières, en particulier d’Afrique et d’Europe de l’Est, ainsi que d’évêques de tous les continents. En outre, de nombreux fidèles, y compris des recommençants, et nombre de prêtres, qui font face, dans une société en perte de repères, à des situations pastorales complexes, en faisant preuve d’autant de fidélité à l’enseignement du Magistère que de charité pastorale, expriment leur trouble et leur incompréhension.

Interpellé par ces réactions et après avoir pris le temps de la réflexion, je souhaite adresser, comme évêque, aux prêtres et aux fidèles de mon diocèse, une note en vue des les aider à accueillir cette déclaration dans un esprit de communion avec le Saint-Siège apostolique, en donnant quelques clés de compréhension, tout en interrogeant respectueusement certains points de la déclaration susceptibles de clarification. Enfin, je voudrais inviter les prêtres de mon diocèse à la prudence, vertu par excellence du discernement. J’ai conscience que cette note est dense, mais il me semble important de traiter la question avec suffisamment de hauteur théologique et pastorale.

Une doctrine inchangée sur le mariage

Fiducia supplicans commence par rappeler que l’enseignement de l’Eglise sur le mariage, comme union stable, exclusive et indissoluble entre un homme et une femme, naturellement ouverte à la génération de nouvelles vies, reste ferme et inchangée (n. 4). C’est la raison pour laquelle, insiste le texte, il est impossible de donner une bénédiction liturgique ou rituelle à des couples en situation irrégulière ou de même sexe, ce qui risquerait d’induire une grave confusion entre le mariage et les unions de fait (n. 5). Il est ainsi précisé que c’est la raison pour laquelle l’ancienne Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dans une réponse ad dubium, le 22 février 2021, avait conclu à l’impossibilité de donner une bénédiction aux « couples » de même sexe.

Distinction entre les bénédictions liturgiques et les bénédictions pastorales

Il est proposé ensuite tout un parcours biblique pour fonder la distinction entre les bénédictions liturgiques (n. 10) et les bénédictions que l’on qualifiera de pastorales, en vue d’éclairer la possibilité d’une bénédiction accordée à une personne qui, quelle que soit sa condition de pécheur, peut la demander à un prêtre, hors contexte liturgique ou rituel, pour manifester sa confiance en Dieu et sa demande d’aide afin de « mieux vivre » et de mieux ajuster sa vie à la volonté de Dieu (n. 20). Cela fait d’ailleurs partie d’une pratique pastorale élémentaire et bimillénaire de l’Eglise, en particulier dans le cadre de la dévotion populaire (n. 23-24), où il ne s’agit jamais d’exercer un contrôle sur l’amour inconditionnel de Dieu envers tous ni d’exiger un certificat de moralité, étant entendu qu’il s’agit ici d’un sacramental, qui n’agit pas comme un sacrement ex opere operato, mais dont l’efficacité de grâce dépend des bonnes dispositions de celui qui la demande et la reçoit. Jusqu’ici, le texte n’apporte rien de nouveau à l’enseignement ordinaire de l’Eglise, en ces matières.

Une bénédiction pastorale étendue aux couples de même sexe

De la pratique multiséculaire de bénédictions spontanées et informelles, qui n’ont jamais été ritualisées par l’autorité ecclésiale, on passe à ce qui a été présenté dans l’introduction du document comme son objet propre : « C’est précisément dans ce contexte [ celui de la « vision pastorale du Pape François ] que l’on peut comprendre la possibilité de bénir des couples en situation irrégulière et les couples de même sexe, sans valider officiellement leur statut ni modifier en quoi que ce soit l’enseignement pérenne de l’Eglise sur le mariage » (Présentation). Il sera même précisé que « ce geste ne prétend pas sanctionner ni légitimer quoi que ce soit » (n. 34).

C’est ainsi que dans la troisième partie de la déclaration, on glisse subrepticement de la possibilité de bénir une personne, quelle que soit sa situation, à une bénédiction accordée à un « couple » en situation irrégulière ou de même sexe.

Malgré toutes les précisions sur le caractère non liturgique de ces bénédictions et l’intention louable « de s’associer ainsi aux prières des personnes qui, bien que vivant une union qui ne peut en aucun cas être comparée au mariage, désirent se confier au Seigneur et à sa miséricorde, invoquer son aide et être guidées vers une plus grande compréhension de son dessein d’amour et de vérité » (n. 30), on est bien obligé de constater que cela a été reçu, quasi unanimement par les pro comme par les contra, comme une « reconnaissance par l’Eglise des relations homosexuelles » elles-mêmes. Or, c’est malheureusement souvent dans ce sens qu’est comprise la pratique – déjà en usage dans certaines Eglises locales – de bénir des « couples » de même sexe, notamment en Allemagne ou en Belgique, et de manière parfaitement publique. Il est à craindre qu’ils se sentent ainsi encouragés, comme en témoigne déjà un certain nombre.

Questions qui mériteraient des éclaircissements

On comprend le souhait légitime du Saint-Père de manifester la proximité et la compassion de l’Eglise envers toutes les situations, même les plus marginales : n’est-ce pas en effet l’attitude du Christ dans l’Evangile, « lui qui faisait bon accueil aux publicains et aux pécheurs » (cf. Mt 9, 11), et qui constitue une bonne part de notre ministère ordinaire ? Il y a néanmoins quelques questions qui restent en suspens et demanderaient de vrais éclaircissements, tant du point de vue doctrinal que pastoral.

Ces bénédictions ne seraient-elles pas en contradiction avec la notion de « sacramental » qu’assume toute bénédiction ?

Il convient de souligner que la raison avancée par le Responsum ad dubium de 2021 mettait moins en avant le contexte liturgique de la bénédiction que sa nature de « sacramental » qui demeure quel que soit le contexte : « Pour être cohérent avec la nature des sacramentaux, lorsqu’une bénédiction est invoquée sur certaines relations humaines, il est nécessaire – outre l’intention droite de ceux qui y participent – que ce qui est béni soit objectivement et positivement ordonné à recevoir et à exprimer la grâce, en fonction des desseins de Dieu inscrits dans la Création et pleinement révélés par le Christ Seigneur. Seules les réalités qui sont en elles-mêmes ordonnées à servir ces plans sont compatibles avec l’essence de la bénédiction donnée par l’Eglise » (Note explicative du Responsum). C’est la raison pour laquelle l’ancienne Congrégation pour la Doctrine de la Foi déclarait illicite « toute forme de bénédiction » à l’égard des relations qui impliquent une pratique sexuelle hors mariage, comme c’est le cas des unions de personnes de même sexe. Il faut certes reconnaître et valoriser les éléments positifs que comportent ces types de relations, mais ils sont mis au service d’une union qui n’est pas ordonnée au Dessein du Créateur.

N’y a-t-il pas une distinction à faire entre bénir une personne et bénir un « couple » ?

L’Eglise a toujours tenu que « Ces bénédictions s’adressent à tous et que personne ne doit en être exclu » (n. 28). Mais, si l’on se réfère au Livre des Bénédictions et au Directoire sur la piété populaire et la liturgie, on constate qu’ils concernent essentiellement, sinon exclusivement, des personnes individuelles, même réunies en groupes, comme des personnes âgées ou des catéchistes. Mais dans ces cas, ce n’est pas la relation qui les unit, et qui n’est d’ailleurs qu’extrinsèque, qui est l’objet de la bénédiction, mais bien la personne.

Ainsi, nous touchons là à la nouveauté de la déclaration Fiducia supplicans qui ne réside pas dans la possibilité de bénir une personne en situation irrégulière ou homosexuelle, mais d’en bénir deux qui se présentent en tant que « couple ». C’est donc l’entité « couple » qui invoque la bénédiction sur elle. Or, si le texte prend soin de ne pas utiliser les termes d’union, de partenariat ou de relation – utilisés par l’ancienne Congrégation pour son interdiction –, il ne fournit pas pour autant une définition de la notion de « couple », devenu ici un nouvel objet de bénédiction.

Une question sémantique s’impose donc qui n’est pas résolue : la dénomination de « couple » peut-elle raisonnablement être donnée à la relation de deux personnes de même sexe ? N’a-t-on pas intégré un peu hâtivement la sémantique que le monde nous impose mais qui jette la confusion sur la réalité du couple ? Dans son exhortation apostolique Ecclesia in Europa (2003), Jean Paul II écrit : « On observe même des tentatives visant à faire accepter des modèles de couples où la différence sexuelle ne serait plus essentielle » (n. 90). Autrement dit : la différence sexuelle n’est-elle pas essentielle à la constitution même d’un couple ? C’est une question anthropologique qui mériterait d’être précisée pour éviter toute confusion et ambiguïté, car si le monde a élargi cette notion à des réalités qui n’entrent pas dans le Dessein du Créateur, la parole magistérielle ne doit-elle pas assumer une certaine rigueur dans sa terminologie pour correspondre le mieux possible à la vérité révélée, anthropologique et théologique ?

Quid des relations homosexuelles ?

Accorder une bénédiction à un « couple » homosexuel, non plus seulement à deux personnes individuelles, semble cautionner par le fait même l’activité homosexuelle qui les relie, même si, encore une fois, on précise bien que cette union ne peut pas être assimilée au mariage. Cela pose donc la question, qui n’est pas abordée dans cette déclaration, du statut moral des relations homosexuelles. Or l’enseignement de l’Eglise, conformément à l’Ecriture Sainte et à l’enseignement constant du Magistère, tient ces relations pour « intrinsèquement désordonnées » (Catéchisme de l’Eglise Catholique n. 2357) : si Dieu ne répugne pas à bénir le pécheur, peut-il dire du bien de ce qui n’est pas conforme concrètement à son Dessein ? Cela ne contredirait-il pas la bénédiction originelle de Dieu quand il crée l’homme à son image : « homme et femme il les créa. Dieu les bénit et leur dit : ‘soyez féconds et multipliez-vous’ » (Gn 1, 28) ?

N’y a-t-il pas des actes qui sont intrinsèquement mauvais ?

Pour mettre un terme aux controverses qui avaient agité les moralistes catholiques depuis les années 70, sur l’option fondamentale et la moralité des actes humains, le pape Jean Paul II a publié une encyclique magistrale, Veritatis splendor (1993), sur quelques questions fondamentales de l’enseignement moral de l’Eglise, et dont nous avons célébré en 2023 le 30ème anniversaire. Cette encyclique, qui vient confirmer la Partie morale du CEC et en développer certains aspects, a rappelé

en particulier l’enseignement constant du Magistère sur l’existence d’actes intrinsèquement mauvais (n. 79-83) qui demeurent interdits semper et pro semper, c’est-à-dire en toutes circonstances. Cet enseignement est loin d’être facultatif et il donne une clé pour le discernement des situations auxquelles nous sommes confrontés dans le ministère pastoral. Sans doute un comportement qui est objectivement en désaccord avec le Dessein de Dieu n’est pas nécessairement imputable subjectivement – d’ailleurs « qui suis-je pour juger ? », pour reprendre la célèbre expression du pape François –, mais il n’en devient pas moralement bon pour autant. La déclaration Fiducia supplicans évoque souvent le pécheur qui demande une bénédiction – « ceux qui se reconnaissent humblement pécheurs comme tout le monde » (n. 32) –, mais reste muette sur le péché particulier qui caractérise ces situations. L’expérience montre d’ailleurs qu’il n’est pas certain que cette possibilité de bénédiction « sans condition » soit une aide à la conversion.

L’exercice de la charité pastorale peut-il être déconnecté de la mission prophétique d’enseignement ?

Il est heureux que cette déclaration renvoie au ministère du prêtre et il faut rendre grâce au Saint-Père de susciter toutes sortes d’occasions pour permettre à des personnes, éloignées de l’Eglise et de sa discipline, de rencontrer un prêtre, comme il en exprime le souhait dans son exhortation apostolique Amoris laetitia (2016), pour faire l’expérience de la proximité d’un « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour » (Ps 144, 8). Mais alors, il ne saurait être question pour deux personnes de même sexe engagées dans une activité homosexuelle et se présentant comme telles, ou pour des couples en situation irrégulière, de recourir à une bénédiction accordée, même de manière informelle, sans un dialogue pastoral auquel le pape François encourage précisément souvent les pasteurs.

En ce sens, on ne saurait séparer, dans le ministère du prêtre, l’exercice de la charité pastorale de sa mission prophétique d’enseignement. Et le cœur de la prédication de Jésus demeure l’appel à la conversion, dont on peut regretter qu’il n’en soit pas question dans cette déclaration. Quand Jésus manifeste sa compassion vis-à-vis du pécheur, il l’exhorte toujours à changer de vie, comme on le voit, entre autres exemples, dans le récit de la femme adultère : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus » (Jn 8, 11). Que serait une sollicitude pastorale qui n’inviterait pas le fidèle, sans juger ni condamner personne, à évaluer sa vie et son comportement par rapport aux paroles de l’Alliance et à l’Evangile ? Ces paroles disent le dessein bienveillant de Dieu à l’égard des hommes, en vue d’y conformer leur vie, avec la grâce de Dieu, et selon un chemin de croissance, appelé par Jean Paul II : « loi de gradualité ou voie graduelle » (cf. Familiaris Consortio n. 34). La bénédiction accordée à deux personnes unies par une relation homosexuelle ou à un couple en situation irrégulière ne risquerait-elle pas de leur faire croire que leur union est une étape légitime dans leur cheminement ? Or Jean Paul II a bien pris soin de préciser : « C’est pourquoi ce qu’on appelle loi de gradualité ou voie graduelle ne peut s’identifier à la gradualité de la loi, comme s’il y avait, dans la loi divine, des degrés et des formes de préceptes différents selon les personnes et les situations diverses » (Ibid.).

Peut-on opposer pastorale et doctrine ?

Par ailleurs, peut-on opposer accompagnement pastoral et enseignement doctrinal, comme si l’intransigeance était du côté de la doctrine et des principes, au détriment de la compassion et de la tendresse que nous devons pastoralement aux pécheurs ? Face aux pharisiens qui le mettent à l’épreuve, à propos du divorce et de l’acte de répudiation consenti par Moïse, Jésus renvoie sans concession à la « Vérité du commencement » (cf. Gn 1 et 2), affirmant que si Moïse a consenti à leur faiblesse, c’est en raison de « la dureté de leur cœur » (cf. Mt 19, 3-9). C’est Jésus qui apparaît même comme le plus intransigeant. Il faut dire que la loi ancienne ne rendait pas juste : mais avec Jésus, nous sommes désormais sous le régime de la Loi nouvelle que saint Thomas d’Aquin définissait, en s’inspirant de saint Paul, comme « la grâce de l’Esprit Saint donnée à ceux qui croient au Christ » (Somme de Théologie I-II 106, 1). Tout acte de ministère, y compris les bénédictions, devrait donc être placé sous le régime de la loi nouvelle, où nous sommes tous appelés à la sainteté, quelle que soit notre condition de pécheur.

Comme le précisait le Cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dans une lettre adressée aux évêques de l’Eglise catholique sur la pastorale à l’égard des personnes homosexuelles (1986) : « Il convient de bien faire comprendre que l’éloignement de l’enseignement de l’Eglise ou le silence à son sujet n’est, dans un effort de prise en charge pastorale, ni la marque d’un vrai sens de la responsabilité ni celle d’un véritable ministère pastoral. Seul ce qui est vrai peut finalement être pastoral. Ne pas prendre en compte la position de l’Eglise, c’est priver des hommes et des femmes homosexuels de l’attention dont ils ont besoin et qu’ils méritent » (n. 15).

Et saint Jean Paul II de prévenir : « La doctrine de l’Eglise et, en particulier, sa fermeté à défendre la validité universelle et permanente des préceptes qui interdisent les actes intrinsèquement mauvais est maintes fois comprise comme le signe d’une intolérable intransigeance, surtout dans les situations extrêmement complexes et conflictuelles de la vie morale de l’homme et de la société aujourd’hui, intransigeance qui contrasterait avec le caractère maternel de l’Eglise. Cette dernière, dit-on, manque de compréhension et de compassion. Mais, en réalité, le caractère maternel de l’Eglise ne peut jamais être séparé de la mission d’enseignement qu’elle doit toujours remplir en Epouse fidèle du Christ qui est la Vérité en personne (…) ‘’En réalité, la vraie compréhension et la compassion naturelle doivent signifier l’amour de la personne, de son bien véritable et de sa liberté authentique. Et l’on ne peut certes pas vivre un tel amour en dissimulant ou en affaiblissant la vérité morale, mais en la proposant avec son sens profond de rayonnement de la Sagesse éternelle de Dieu, venue à nous dans le Christ, et avec sa portée de service de l’homme, de la croissance de sa liberté et de la recherche de son bonheur’’ (Familiaris Consortio n. 34). En même temps, la présentation claire et vigoureuse de la vérité morale ne peut jamais faire abstraction du respect profond et sincère, inspiré par un amour patient et confiant, dont l’homme a toujours besoin au long de son cheminement moral rendu souvent pénible par des difficultés, des faiblesses et des situations douloureuses. L’Eglise, qui ne peut jamais renoncer au principe ‘’de la vérité et de la cohérence, en vertu duquel elle n’accepte pas d’appeler bien ce qui est mal et mal ce qui est bien’’ (Reconciliatio et paenitentia n. 34), doit toujours être attentive à ne pas briser le roseau froissé et à ne pas éteindre la mèche qui fume encore (cf. Is 42, 3). Paul VI a écrit : ‘’Ne diminuer en rien la salutaire doctrine du Christ est une forme éminente de charité envers les âmes. Mais cela doit toujours être accompagné de la patience et de la bonté dont le Seigneur lui-même a donné l’exemple en traitant avec les hommes. Venu non pour juger, mais pour sauver (cf. Jn 3, 17), il fut certes intransigeant avec le mal, mais miséricordieux envers les personnes’’ (Humanae vitae n. 29). » (Veritatis splendor n. 95).

« Ne vous modelez pas sur le monde présent »

J’ai bien conscience que la question est délicate et je souscris pleinement à la volonté du Saint-Père d’insister sur la charité pastorale du prêtre appelé à rendre proche de tout homme l’amour inconditionnel de Dieu, jusqu’aux périphéries existentielles de l’humanité si blessée d’aujourd’hui. Mais je pense à cette parole lumineuse de l’Apôtre Paul à Tite, que nous entendons proclamer dans la liturgie de la nuit de Noël, qui résume toute l’Economie du Salut : « Car la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. Elle nous apprend à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde, et à vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété (…) Car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien » (Tt 2, 11-12. 14). La charité pastorale qui nous presse – « Caritas Christi urget nos » (2 Co 5, 14) – de rejoindre tous les hommes pour leur montrer combien ils sont aimés de Dieu – la preuve, c’est que le Christ est mort et ressuscité pour tous –, nous presse, de manière indissociable, de leur annoncer la Vérité de l’Evangile du Salut. Et la Vérité est ainsi formulée par Jésus à tous ceux qui veulent devenir ses disciples : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera » (Mt 16, 24). Saint Luc précise qu’il le disait « à tous » (Lc 9, 23) et pas seulement à une élite.

Une parole de saint Paul résonne encore en moi pour éclairer notre attitude pastorale : « Ne vous modelez pas sur le monde présent, mais que le renouvellement de votre jugement vous transforme et vous fasse discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait » (Rm 12, 2). Tous les hommes, y compris les couples en situation irrégulière ou de même sexe, aspirent au meilleur, car l’inclination au bien, au vrai et au beau est inscrite par Dieu dans le cœur de tout homme : c’est respecter sa dignité et sa liberté fondamentale que de le reconnaître. Et cela vaut la peine de « mouiller sa chemise » pour aider tout homme, quelle que soit sa situation de péché ou de contradiction avec le Dessein de Dieu tel qu’il est révélé dans le Décalogue et l’Evangile, à le découvrir et à cheminer, moyennant des processus de croissance et l’aide de la grâce de Dieu, pour y parvenir. Et cela ne peut pas se faire en faisant l’économie de la Croix.

Attitude pastorale pratique

Aussi, en conclusion, et vu le contexte d’une société sécularisée où nous connaissons une crise anthropologique inédite, qui conduit immanquablement à des ambiguïtés tenaces :

– J’invite les prêtres du diocèse, face aux couples en situation irrégulière ou aux personnes engagées dans une relation homosexuelle, à faire preuve d’un accueil plein de bienveillance : il faut que les personnes ne se sentent pas jugées, mais accueillies par un regard et une écoute qui disent l’amour de Dieu pour elles.

– Je les invite ensuite à instaurer un dialogue pastoral et à avoir le courage, pour le bien des personnes et avec la délicatesse qui convient, sans les juger et en s’impliquant personnellement dans la relation pastorale, de leur dire clairement la Vérité que l’Eglise enseigne sur leur situation.

– Enfin, je les invite, si les personnes le demandent, à leur donner une bénédiction, à condition que ce soit à chaque personne individuellement, en les appelant à la conversion et en les invitant à demander le secours de la grâce que le Seigneur accorde à tous ceux qui le lui demandent pour conformer leur vie à la Volonté de Dieu ».

Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron

Bayonne, le 27 décembre 2023

En la fête de saint Jean, Apôtre

L’année de l’élection américaine

D’Antoine de Lacoste dans Politique Magazine :

​Deux grands conflits retiennent l’attention du monde, en Ukraine et dans la bande de Gaza. Nous ne savons pas quand ils se termineront : peut-être jamais en Israël, peut-être en 2024 en Ukraine. Pour ce dernier, cela dépendra, entre autres,du bras de fer opposant républicains et démocrates aux Etats-Unis.

​Ce bras de fer va être d’une intensité croissante en raison des élections présidentielles à venir en novembre prochain. D’ici-là, la longue litanie des primaires va démarrer le 15 janvier dans l’Iowa et s’étirer sur des mois.

​Côté démocrate, tout est suspendu à la décision finale de Joe Biden dont l’état de forme n’éblouit pas le citoyen américain. Le président est d’ailleurs en baisse dans les sondages tant chez les jeunes que chez les Latinos (expression usuelle et non péjorative faut-il le rappeler). Même l’électorat noir s’effrite dangereusement, de plus de vingt points selon les sondages, mais en partant de très haut il est vrai.

​​​UN BILAN PEUT-IL SUFFIRE ?

​Les commentateurs pro-Biden se désespèrent : comment avec un bilan aussi bon l’électorat peut-il-être aussi ingrat ? Le plein emploi est là, les investissements sont au plus haut, la réindustrialisation en route grâce aux très protectionnistes Chips Act et Inflation Reduction Act. L’Allemagne, qui est économiquement en train de couler, voit même des fleurons de son industrie renoncer à construire des usines sur son territoire au profit des Etats-Unis en raison des très nombreux avantages promis. Ces Acts protectionnistes sont un incontestable succès. Peu importe qu’ils créent des distorsions de concurrence avec l’Europe, cette dernière adore se faire maltraiter par le maître tout puissant et n’a émis que de timides remarques.

​Les démocrates exagèrent tout de même les succès économiques du terne locataire de la Maison Blanche. L’inflation reste élevée et affaiblit le pouvoir d’achat des Américains. C’est au fond le cœur de leurs inquiétudes et Biden n’a pas su y répondre. De plus, la hausse des taux d’intérêt rend de nouveau difficile l’accès à l’immobilier, secteur par ailleurs fragile et qui suscite bien des inquiétudes chez les banques.

​Et puis l’économie ne suffit plus à sauver un président. Il faut un élan, un projet enthousiasmant, des réunions où l’impétrant se fait acclamer, son adversaire huer, bref tout le folklore électoral américain nécessaire à une présidentielle où pas un cliché ne doit être absent. Or, lorsque l’on se demande si un candidat va réussir à marcher sans trébucher ou à trouver la bonne sortie, il est tout de même difficile de scander son nom avec enthousiasme.

​Le piège est là pour les démocrates. On ne peut contraindre un sortant à jeter l’éponge, surtout lorsqu’il a derrière lui des décennies de carrière politique. Ce qui était un atout il y a quatre ans devient un poids. Il semble d’ailleurs difficile pour l’intéressé d’être lucide sur l’image qu’il renvoi. C’est humain au fond.

​De plus, si un accident de santé venait changer la donne au cours de l’année, les démocrates n’ont pour l’instant guère de solution de rechange. La vice-présidente, Kamela Harris, n’a montré aucune compétence particulière pendant quatre ans. La victime de Trump en 2016, Hillary Clinton, ne semble plus dans le coup et elle représente jusqu’à la caricature, l’arrogance sociale de la côte est. Et, bien sûr, aucune jeune pousse d’envergure n’osera se lancer dans l’aventure, ce crime de lèse-président sortant coûterait cher.

​Enfin, Biden lui-même a fermé la porte à tout retrait volontaire de sa part. Sans rire, il a déclaré qu’il devait se porter candidat pour empêcher l’élection de Donald Trump. Ce dernier doit s’en réjouir et attendre avec gourmandise les futurs débats télévisés de la campagne.

​Mais le vaincu de 2020 doit, lui, compter sur des adversaires lors des primaires. Cinq se sont déclarés face à lui : Ron DeSantis, Vivek Ramaswamy, Chris Christie, Tim Scott et Nikki Haley. Ils ont déjà débattu ensemble à trois reprises. Trump, en tant qu’ancien président a estimé qu’il ne devait pas participer à ces débats. L’ancien vice-président de Trump, Mike Pence, a déjà jeté l’éponge.

​DeSantis semblait bien parti. Vainqueur de son bras de fer antiwoke contre Walt Disney, il a été triomphalement réélu en Floride il y a deux ans. Mais la mayonnaise n’a pas pris. Lourd, peu souriant, ses interventions n’ont guère suscité l’enthousiasme et il n’a pas pesé sur les débats. Les riches donateurs républicains anti-Trump se sont finalement détournés de lui et lui préfèrent maintenant la sémillante Nikki Haley. Cette femme d’origine indienne coche beaucoup de cases du politiquement correct.

​​​NIKKI HALEY NOUVELLE EGERIE DES ANTI-TRUMP

Nommée par Trump ambassadrice à l’ONU, elle fit preuve de pugnacité et on la remarqua beaucoup. Mais sa russophobie obsessionnelle la range dans le camp des néoconservateurs, ce qui n’est plus un atout aux Etats-Unis depuis les désastres irakien, libyen et afghan. De plus, censée être une spécialiste de politique étrangère, elle a été incapable, au cours du dernier débat, de citer un seul des oblast de l’est ukrainien occupés (ou libérés selon son prisme) partiellement ou totalement par la Russie. Son embarras était presque gênant, à la grande satisfaction de Vivek Ramaswamy, qui l’a ainsi piégée, connaissant ses insuffisances techniques.

Ce dernier s’est révélé excellent débatteur mais il semble partir de trop loin, tandis que les autres n’ont plus de chances de percer.

Même si Halley a le vent en poupe et a rattrapé DeSantis à environ 15%, Trump semble définitivement loin devant. Crédité de 45% d’intentions de vote aux primaires, la victoire, sauf cataclysme, lui semble promise.

Le face à face Biden-Trump est donc aujourd’hui l’hypothèse la plus probable, même si les Américains n’en veulent pas. Trump est légèrement devant, grâce notamment à ses victoires possibles dans plusieurs Etats tangents, les « swing states » : ces Etats ne sont d’ailleurs pas toujours les mêmes d’une élection à l’autre et pour 2024, les observateurs estiment que le futur vainqueur doit impérativement l’emporter en Pennsylvanie, en Géorgie, dans le Michigan, en Arizona, dans le Nevada et dans le Wisconsin. A l’exception de ce dernier, Trump est donné gagnant dans tous les autres.

C’est ce qui a fait dire beaucoup d’observateurs qu’il était maintenant le grand favori de l’élection. Les choses sont plus complexes. Tout d’abord les écarts sont faibles dans ces Etats charnières qui peuvent encore changer de vainqueur bien des fois. Et puis il y a les affaires judiciaires qui enserrent Trump de tous côtés. Elles concernent pour l’instant ses entreprises privées mais c’est le volet politique et pénal qui sera bientôt sur le devant de la scène avec l’assaut du Capitole. Personne ne sait ce qui peut en sortir mais il est certain que jusqu’à présent chaque fois que Trump est attaqué par un juge, sa popularité augmente. Cela en dit long sur le rapport entre les élites et l’électorat de base républicain : ces deux mondes n’ont jamais été aussi éloignés et se font face dans un contexte de haine inédit aux Etats-Unis.

Le président sortant a lui aussi ses soucis avec les frasques de son délicieux rejeton, Hunter : drogue, sexe, corruption, le jeune homme est un joyeux cumulard sous le regard attendri de son papa. Le plus gênant est peut-être ses liens financiers douteux avec de grandes entreprises ukrainiennes, ce qui fait un peu désordre dans le contexte actuel.

Pour compliquer encore le scénario, un nouveau venu fait beaucoup parler de lui : Robert F. Kennedy. Fils du sénateur Robert assassiné et neveu du président, il est d’origine démocrate mais vient de claquer la porte du parti et veut se présenter en tant qu’indépendant. Il est crédité de plus de 15% des voix, principalement au détriment de Trump. Ses positions antivax et anti-tyrannie sanitaire l’ont rapproché d’un électorat rejetant tout ce qui vient des élites pour restreindre ses libertés.

Ainsi, malgré l’affolement des médias occidentaux se demandant sans rire si l’élection de Trump ne mettrait pas fin à la démocratie en Amérique, l’élection présidentielle est loin d’être jouée d’autant que quelques milliers de sacs postaux de vote par correspondance peuvent, à la dernière minute, inverser un résultat.

​​​​Antoine de Lacoste

Du plan turc dans le Caucase (1919) au projet turc d’aujourd’hui

De Marion Duvauchel, historienne, pour Le Salon beige :

Les loups de Touran sont-ils de retour ?

La plupart des articles spécialisés dans les affaires du Caucase ne cessent d’évoquer les « haines ethniques » ou « raciales ». Presque tous les articles disponibles se gardent bien d’aller au-delà de 1993, censé constituer le début des hostilités entre Azéris et Arméniens. C’est un silence irresponsable pour ne pas dire coupable.

Or, le problème du Haut Karabakh est une affaire ancienne dont les semences de mort ont été répandues par les Anglais lorsqu’ils ont attribué le Haut Karabakh à l’Azerbaïdjan. Staline ne fera qu’entériner leur décision.

Dans le chaos des faits, des alliances, des combats, des violences, des ruses, des trahisons et des mensonges diplomatiques, un éclairage sur la question du Haut Karabakh peut s’avérer d’autant plus difficile que c’est aussi le moment où se joue le sort du Caucase entre les intérêts des Alliés, l’effondrement de la Russie tsariste, la soviétisation et le grand projet turc. Mais il faut essayer.

Fin 1918, la Grande-Bretagne s’installe dans le Caucase. Elle compense par le jeu diplomatique le peu de moyens matériels dont elle dispose dans une région « turbulente » comme disent les experts. De cette Angleterre de l’empire finissant, on connaît la rouerie, la fourberie, le cynisme et  l’intérêt bien compris. Le sien, bien sûr. Le prétexte invoqué par les milieux les plus impérialistes de Londres pour justifier cette présence dans le Caucase, c’est qu’il s’agit d’un des boulevards de l’Inde. En réalité c’est à cause du pétrole de Baku. Pendant la domination britannique en 1919, l’Azerbaïdjan disposait encore du pétrole qui traversait la Géorgie pour aboutir au port de Batoum (promis à la Géorgie, mais occupé par les Britanniques). Quant à l’Arménie, on lui avait promis de vastes territoires anatoliens. Mais sans les moyens de les conquérir ni de les conserver. Pendant ce temps, des centaines de milliers de réfugiés arméniens s’entassaient dans un territoire minuscule. De ce qu’on appelait alors « l’Arménie turque », il ne restait qu’un vilayet, celui de Sivas, et il ne restait qu’une poignée d’Arméniens.

Les traités de Batoum n’étaient pour la Turquie que des façades juridiques servant de prétexte à l’invasion du Caucase. Au début du mois d’août 1918, Nuri Pacha avait demandé l’annexion du Karabakh à l’Azerbaïdjan. La République arménienne refusa. Une fois. Une deuxième fois. Les Turcs envoient un détachement turco-azeri contre Chouchi, la capitale, où les Turcs entrent le 8 octobre. Les villages entrent en sédition et le mois suivant profitant de leur retrait, les Arméniens reprennent le contrôle de la région.

En octobre 1918, Enver Pacha envoya des instructions précises à l’armée du Caucase pour les régions situées entre les républiques transcaucasiennes et la ligne de retraite des forces turques. Avant  de se retirer, l’armée devait armer les populations kurdes et turques, en laissant également derrière elle des officiers capables d’organiser politiquement et militairement la région. L’objectif principal était d’empêcher le rapatriement des Arméniens.

Le commandant en chef des forces britanniques du Caucase, le général Thomson, est alors dans les meilleurs termes avec le gouvernement azerbaïdjanais, ce qui permet à la Grande-Bretagne d’obtenir de très grandes quantités de pétrole. Considérant que les montagnes du Karabakh constituent le lieu de pâturage estival des éleveurs azéris, il autorise le 15 janvier 1919 la nomination d’un gouverneur azéri pour les provinces du Karabakh (165000 Arméniens contre 59 000 Azéris) et du Zanguezour (101000 Arméniens contre 120 000 Azéris).

Février 2019, l’administration azerbaïdjanaise pénètre sous protection britannique au Karabakh tandis que les Arméniens tiennent à Chouchi leur quatrième assemblée, qui refuse toujours de se soumettre. Les pourparlers se poursuivent lors de la cinquième assemblée, tenue fin avril avec la participation du gouverneur azéri et du général Shuttleworth, successeur de Thomson.

Le refus arménien persista et les relations s’envenimèrent. Le 2 juin, les Azéris passèrent à l’attaque.

En août 1919 les Arméniens acceptèrent l’autorité azérie. Avaient-ils un autre choix ?

Le 8 janvier 1920, les Arméniens signent avec le général Forestier-Walker, commandant des forces britanniques à Batoum, un accord pour l’établissement d’une administration civile arménienne à Kars. Quand elle arrive, escortée par les Anglais, les musulmans refusent de se soumettre et, à l’issue d’un grand congrès proclament le gouvernement national provisoire du sud-ouest du Caucase. Le général Thomson arrive alors à Kars et reconnaît de fait ce gouvernement, tandis que l’administration arménienne fait demi-tour. Les Turcs et les Kurdes rendant impossible tout rapatriement arménien vers l’ouest, les Arméniens décident alors, en janvier, d’attaquer le Nakhitchevan.

Thomson propose aux Arméniens de les aider pour prendre le contrôle de Kars et de Nakhitchevan s’ils acceptent de céder aux Azéris le Karabakh et le Zanguezour. Suite à un accord de principe, Thomson occupe Kars le 13 avril et dissout le gouvernement du sud-ouest du Caucase. Les Anglais se retirent de Nakhitchevan, laissant l’administration aux Arméniens. En juillet, les musulmans du Nakhitchevan attaquent les Arméniens et les obligent à évacuer le district.

Lorsque le colonel Rawlinson visita la région de Kars en juillet, il constatait qu’en dehors des villes tout le reste du territoire est tenu par les Kurdes, depuis la vallée d’Araxe jusqu’à Oltu et Ardahan.

Et les Français ? Ils sont au courant bien sûr.

Le 10 décembre 1918, le lieutenant colonel Chardigny, commandant le détachement français au Caucase adresse un courrier de six pages au Ministre de la guerre, courrier dans lequel il dresse un état de la situation au Caucase et le projet d’organisation du pays.

Il souligne que « les récentes tentatives de colonisation russe ont produit un mélange complet des races et une dispersion incroyable des populations » et se demande si l’organisation du Caucase en 4 républiques indépendantes, « consécutive à l’effondrement de la puissance russe et à la menace de l’invasion turque est susceptible de procurer aux populations la paix et la prospérité auxquelles elles aspirent » ?

Ce n’est pas une question rhétorique. Voici la réponse in extenso. Quelle est donc cette organisation ?

1 Elle n’est autre que la réalisation du plan de nos ennemis qui peut se résumer ainsi :

a) Constitution au Caucase d’un grand État musulman, réunissant sous le protectorat turc les montagnards du Caucase du Nord et les Tatars d’Azerbaïdjan. Cette conception, d’origine purement panislamique, en cas de victoire des puissances alliées, aurait amené le Croissant jusqu’au bord de la Mer Caspienne. La république d’Arménie, née par la force des choses, réduite du reste à d’infinies proportions, n’aurai eu qu’une durée éphémère, la disparition de ce qui reste du peuple arménien étant la conséquence directe et fatale du plan turc.

b) Création d’une Géorgie indépendante, sous le protectorat de l’Allemagne qui serait chargée elle-même de l’exploitation des richesses naturelles, le plus favorisé de tout le Caucase.

2 Qu’aucune des 4 républiques nouvelles ne disposent de ressources suffisantes pour se créer une vie indépendante, assurant le développement ultérieur du pays. Deux d’entre elles, celle de l’Azerbaïdjan et celle des montagnards, ne disposent même pas d’une classe instruite assez nombreuse pour assurer la direction des affaires, la masse du peuple étant restée jusque là dans un état de profonde ignorance.

En note, le lieutenant colonel signalait que, alors qu’en Géorgie tous les fonctionnaires russes avaient été remplacés par des Géorgiens, en Azerbaïdjan, vu le manque absolu de musulmans instruits, on avait conservé les fonctionnaires russes.

(…)

Géorgiens et Tatares (Azerbaïdjanais) soutenus par les baïonnettes allemandes et turques ont incorporé à leurs territoires respectifs une partie des régions arméniennes.

Le lieutenant colonel Chardigny concluait avec une proposition inédite autant qu’intelligente : celui de calquer le modèle suisse sur le Caucase et de l’organiser en « cantons ».

Et il terminait avec réalisme que pour sauver l’ordre dans ce pays, il fallait un maître étranger, qui ne pouvait être que les Alliés, agissant au nom de la Russie, en attendant que le calme soit revenu dans les esprits.

Il concluait ce courrier empreint d’intelligence sur le sort de l’Arménie russe (l’Arménie caucasienne) et sur celui de l’Arménie turque, « pays dévasté et désert dont la reconstitution serait une œuvre de longue haleine ».

La Constitution au Caucase d’un grand État musulman, réunissant sous le protectorat turc les montagnards du Caucase du Nord et les Tatars d’Azerbaïdjan est toujours d’actualité. C’est le projet du président Erdogan. La « quatrième république », celle du Caucase du Nord n’a pas duré, mais il reste l’Azerbaïdjan, protectorat russe qui amène le Croissant jusqu’à la Caspienne.

Le grand État musulman du Caucase, dans une zone turcophone qui irait du Bosphore à l’Asie centrale, voilà sa vision géopolitique. Erdogan avance à peine masqué avec la même détermination de ses grands prédécesseurs, les fossoyeurs du Caucase chrétien qui ont fait l’essentiel du travail, avec la complicité duplice des puissances de l’Entente.

Le miracle… oublié de la Seine (Marie VS. Vikings)

A la découverte de notre histoire et de notre patrimoine, ce petit documentaire de manemos.com explore l’Epte de Notre Dame de la Mer à St Clair sur Epte. Découvrons comment cet affluent de la seine qui marque la frontière historique entre la France et la Normandie est à l’origine d’une cascade de conséquences dont l’origine serait…La vierge Marie.

Massacre des innocents par « IVG » : qu’avez-vous fait du fœtus au sourire et de la main de l’espoir ?

De Rémi Fontaine pour Le Salon beige :

Alors que s’annonce la constitutionnalisation du « crime abominable » voulu par Emmanuel Macron et présenté le 12 décembre au Conseil des ministres en la fête de Notre-Dame de Guadaloupe (avec un chiffre record de 234 300 avortements légalisés en 2022, soit 17 000 de plus qu’en 2021 !), retour à l’approche des saints Innocents sur une réalité trop souvent occultée, malgré des images échographiques anciennes plus que prophétiques…

« Quand je vois un fœtus sourire, je me dis que c’est un peu tard pour avorter », déclare le professeur Campbell qui avoue son trouble en considérant les clichés dont il est lui-même l’auteur. Des images « in utero » montrent notamment le fœtus ayant le réflexe de la marche, croisant ses mains ou… souriant. Ancien chef du service d’obstétrique dans un hôpital universitaire, Stuart Campbell a fondé depuis la clinique privée Create consacrée à la procréation. C’est là qu’il a effectué ses échographies aux teintes orangées en 3D-4D, unetechnique qui existe depuis 2001 mais peu connue du public.“3D” signifie que la photo montre les trois dimensions. Le “4D” y ajoute l’animation vidéo qui permet d’étudier les mouvements de l’embryon en temps réel.

Semblables à d’autres vues disponibles depuis plusieurs années, ces clichés du professeur Campbell ont été publiés fin juin 2004 par la plupart des journaux britanniques, relançantalors, comme ils disent, le « débat » sur l’avortement… Les premiers clichés publiés par la presse montraient un fœtus de douze semaines s’étirant et donnant des coups de pied, dans une espèce de mime de la marche. Un autre, âgé de quatorze à quinze semaines, suce son pouce et baille, puis ouvre les yeux à dix-huit semaines. Un dernier embryon sourit, vingt-deux semaines après sa conception.

C’est à vingt-et-une semaines, par ailleurs, qu’avait été prise la fameuse photo de la « main de l’espoir ». Avec cette légende éloquente de l’éditeur de la photo : « La main de Samuel Alexander Armas est apparue hors de l’utérus de sa mère pour agripper le doigt du docteur Bruner comme pour le remercier du don de la vie. » Il s’agissait d’une opération pratiquée en 2002 par la chirurgien Joseph Bruner sur un fœtus de 21 semaines. Le bébé, Samuel, était atteint d’une grave maladie du nom de spina bifida. Il n’aurait sans doute pas survécu sans cette opération pratiquée à l’intérieur de l’utérus, légèrement incisé. Or, pendant l’intervention en question, Samuel a sorti sa petite main (complètement formée) par l’ouverture et il a attrapé le doigt du chirurgien qu’il a serré très fermement. Plus qu’un symbole au moment ou l’on fait de la loi Veil et du slogan féministe “Mon corps, ma décision” des tabous !

Ces images « prises bien avant la limite (du délai légal) vont susciter un malaise chez beaucoup de gens », écrivait le quotidien Evening Standard s’attendant à une demande politique de l’abaissement du délai légal de l’avortement en Grande-Bretagne (jusqu’à la vingt-quatrième semaine après les règles – aménorrhée –, sur l’indication de deux médecins).

« Je ne peux bien sûr pas dire ce qu’il y a derrière le sourire mais je pense que cela peut être une indication de contentement dans un environnement sans stress », avait prudemment déclaré Stuart Campbell à la BBC en 2003. Rappelant que les bébés ne sourient que vers leur sixième jour de vie après des premiers jours « assez traumatisants ».

Qui dit contentement dit aussi souffrance ou douleur possible et probable du fœtus lors de l’intrusion, dans cet environnement, de l’appareil ou du poison abortifs. Images épouvantables pour le coup du film historique du professeur Bernard Nathanson, Le cri silencieux (1985), qui montrent l’enfant reculer, se débattre comme pour fuir l’engin de mort : les battements de son cœur s’accélèrent et on l’aperçoit qui ouvre la bouche comme pour pousser un cri étouffé qui glace les sangs. Le tube aspirant le broiera mais il faudra aussi écraser son crâne pour l’extirper de l’utérus maternel au-delà de douze semaines de grossesse. Un terrible traumatisme qui se transférera d’ailleurs psychologiquement très souvent chez la maman sous l’aspect du syndrome post-abortif bien connu. Ces attitudes anthropomorphiques, complètement inattendues pour le pro-choice qui les découvrirait pour la première fois, témoignent bien évidemment de l’humanité du fœtus. Si le (sou)rire est le propre de l’homme, le fœtus est un homme ! Et sa vie est sacrée. Ce sourire nous évoque irrésistiblement un certain tressaillement évangélique lors de la Visitation.

Bien sûr, nous n’avons pas besoin de ce sourire de Tom Pouce pour croire et espérer en l’embryon comme un être humain unique, irremplaçable – pas plus que nous n’avons besoin du Saint Suaire pour croire en la Résurrection du Christ –, mais reconnaissons que cela peut sérieusement nous aider à convaincre les saint Thomas de notre temps. En l’occurrence,il ne s’agit pas de foi, mais d’un signe visible dans la constatation la plus scientifique qui soit depuis la fécondationet que le professeur Jérôme Lejeune résumait par cette formule imparable :

« Au commencement, il y a un message, ce message est dans la vie, et ce message est la vie. Et ce message est un message humain ; alors, cette vie est une vie humaine. »

De même que l’ange au sourire de Reims est comme unmessager énigmatique entre le Créateur et l’homme, ce fœtus au sourire est le messager de ce message humain parmi nos contemporains. Il est à la fois le message et le messager. Son sourire résonne alors paradoxalement comme un appel de détresse à notre monde : un appel à l’amour, à l’amour de l’embryon pour le salut de l’homme…

Rémi Fontaine (d’après Le livre noir de la culture de mort, Renaissance catholique, 2007)

Le testament spirituel et intellectuel de Patrick Buisson

Ce fut sa dernière intervention publique. Le 10 décembre dernier, Patrick Buisson prenait la parole, pour la dernière fois en public, à l’occasion de la 31ème Fête du livre de Renaissance Catholique aux Pyramides à Port-Marly (78).

Dans une brève (19′) et dense conférence, il analysait les causes du suicide collectif auquel la modernité conduit l’Occident qui fut chrétien.

Comme toujours se conjuguent harmonieusement:

  • la richesse de la documentation
  • la puissance et la pertinence de l’analyse
  • la qualité de la langue et le sens aigu de la formule qui fait mouche.

Tout cela au service d’un amour passionné et exigeant de la France, de sa terre, de son histoire, de son peuple, de sa civilisation.

Eu égard aux circonstances il n’est pas interdit de voir dans cet enregistrement, réalisé en partenariat entre Radio-Courtoisie et Renaissance Catholique, le testament intellectuel et spirituel de Patrick Buisson.

L’idéologie de l’égalité

Jean-Louis Harouel agrégé de droit, professeur émérite de l’Université Panthéon-Assas, vient de publier un pamphlet pour dénoncer Les Mensonges de l’égalité, ce mal qui ronge la France et l’Occident.

Dans nos sociétés occidentales et en particulier en France depuis la Révolution, la lutte contre les inégalités s’affiche comme le but le plus noble de toute action politique. Cette passion pour l’égalité est devenue une sorte de religion de l’Humanité. Mais, à rebours de l’idéologie officielle, l’auteur demande si l’inégalité constitue un mal et, inversement, si l’égalité est toujours un bien ?

De la terreur révolutionnaire aux crimes du communisme, l’auteur rappelle que l’égalité forcée s’est révélée inefficace et humainement terrible tandis que l’inégalité n’est en rien responsable de la pauvreté, qui est la conséquence du retard technique et de la faiblesse des capacités de production. Plus encore, Harouel montre en quoi les inégalités sont bel et bien indispensables au progrès scientifique et aux arts.

Parmi les nombreux sujets évoqués, l’auteur souligne que la transformation de l’avortement en droit de l’homme s’est faite au nom de l’égalité.

Juge à la Cour suprême des Etats-Unis de 1993 à 2020, Ruth Bader Ginsburg faisait du droit à l’avortement une question de “citoyenneté égale”, considérant que ce droit était nécessaire aux femmes pour “participer en tant que partenaires égales des hommes à la vie sociale, politique et économique de la nation”. De même, en France, la résolution de 2014 affirme que la garantie d’un droit à l’avortement est une “condition indispensable pour la construction de l’égalité réelle entre les femmes et les hommes et d’une société de progrès”.  Cet argument n’avait pas été invoqué par Simone Veil en novembre 1974 en faveur du vote de sa loi en France, mais une autre exigence d’égalité avait alors été exprimée : celle de l’égalité sociale entre les femmes. Puisque certaines femmes qui en avaient les moyens financiers pouvaient s’offrir à l’étranger un avortement dans de bonnes conditions, l’égalité exigeait que cette possibilité fût offerte à toutes les femmes de France par la légalisation de l’avortement. D’abord au nom de l’égalité entre les femmes puis de l’égalité entre hommes et femmes, la religion des droits de l’homme aura privé la France et l’ensemble des pays occidentaux de millions et de millions de naissances.

Les Mensonges de l’égalité: Ce mal qui ronge la France et l’Occident

 

Comment ne pas songer à tous ces innocents que la société sacrifie ?

« 1968-2018 : vers une société sans père ? » : entretien exclusif avec Patrick Buisson

A l’occasion du décès de Patrick Buisson, je vous propose de relire un entretien qu’il nous avait accordé en 2018 :

À quelques jours de la conférence qui le fera débattre avec le père Louis-Marie de Blignières sur le thème « 1968-2018 : vers une société sans père ? », Patrick Buisson donne un entretien exclusif au Salon Beige.

Pourquoi parler aujourd’hui de la paternité, alors que d’autres sujets paraissent beaucoup plus “d’actualité”, tels que l’islam, l’immigration, le libéralisme libertaire, etc.

Patrick Buisson : Il est des événements majeurs qui se déroulent à bas bruit. Le lent déclin de la figure paternelle est de ceux-là. Là est l’une des grandes conquêtes de la modernité : dans la dévalorisation du père comme instance culturelle, dans sa destitution biologique et politique, dans la disparition progressive des fonctions rituelles qu’il exerçait jusque-là. Demain la PMA, dite « PMA pour toutes », si elle devait être adoptée, franchirait une étape supplémentaire en consacrant à travers l’institutionnalisation de la naissance d’enfants sans père, la suppression juridique de la généalogie paternelle. Soit un basculement décisif dans le processus de décivilisation qui est en train de tout broyer.

Pourquoi avoir accepté d’en parler avec un ecclésiastique, qui plus est un ecclésiastique assez “marqué” ?

Patrick Buisson : Je ne sais pas ce qu’est un « ecclésiastique marqué ». Ce que je sais en revanche, c’est qu’après Vatican II, des prêtres sont restés fidèles au symbole de Nicée, tandis qu’une minorité agissante du clergé français a expérimenté une nouvelle religion : abandon de pans entiers du dogme, renoncement à la prédication des fins dernières, malthusianisme sacramentel, remise en cause de la fonction sacerdotale. Ces prêtres-là sont passés d’une religion du salut à une religion du bonheur, d’une religion théocentrée à une religion anthropocentrée, qui place l’épanouissement des personnes avant la gloire de Dieu. La Fraternité Saint-Vincent-Ferrier maintient quant à elle ce qui fut et reste l’essence du catholicisme, c’est-à-dire une religion macrocosme et une religion microcosme. Une religion qui relie les hommes à Dieu et une religion qui relie les hommes entre eux.

Selon vous, la rupture de la paternité date-t-elle de mai 68 ou faut-il rechercher des racines beaucoup plus lointaines, comme 1793 avec la décapitation de Louis XVI ?

Patrick Buisson : C’est le mouvement des Lumières qui a ouvert l’ère de la révolte moderne des fils contre l’autorité du père. Tout est déjà dans l’Œdipe de Voltaire, l’Émile de Rousseau, l’exclamation fameuse de Diderot : « Des pères ! Des pères ! Il n’y en a point… Il n’y a que des tyrans ». En ce sens, le régicide de 1793 est bien un parricide que Balzac analyse parfaitement quand il écrit qu’« en coupant la tête à Louis XVI, la Révolution a coupé la tête à tous les pères de famille ». La décapitation du souverain est bien une mutation capitale de notre civilisation. On passe d’une société des pères à une société des pairs devant la loi, une société de frères, une société de frères sans père.

N’oubliez pas de vous inscrire.

Benoît XVI continue à nous enseigner

Le père Federico Lombardi, président de la Fondation Ratzinger, a expliqué qu’il existe une collection d’homélies «privées» de Benoît XVI, enregistrées et transcrites par les “Memores Domini”, les femmes consacrées qui ont vécu avec lui.

Le recueil contient plus de trente homélies, en italien, des années de son pontificat et plus d’une centaine des premières années après sa renonciation. Le père Lombardi les publiera prochainement en un volume à la Librairie éditrice vaticane (LEV). L’homélie qui suit a été prononcée un quatrième dimanche de l’Avent, le 22 décembre 2013. Elle est consacrée à saint Joseph.

BENOÎT XVI

Chers amis,

À côté de Marie, Mère du Seigneur, et de saint Jean-Baptiste, la liturgie nous présente aujourd’hui une troisième figure, qui est presque celle de l’Avent: saint Joseph. En méditant le texte de l’Évangile, nous pouvons voir, me semble-t-il, trois éléments constitutifs de cette vision.

Le premier et décisif est que saint Joseph est appelé «un homme juste». C’est pour l’Ancien Testament la plus haute caractérisation de celui qui vit vraiment selon la parole de Dieu, qui vit l’alliance avec Dieu.

Pour bien comprendre cela, nous devons réfléchir à la différence entre l’Ancien et le Nouveau Testament.

L’acte fondamental du chrétien est la rencontre avec Jésus, en Jésus avec la parole de Dieu, qui est Personne. En rencontrant Jésus, nous rencontrons la vérité, l’amour de Dieu, et ainsi la relation d’amitié devient amour, notre communion avec Dieu grandit, nous sommes vraiment croyants et devenons saints.

L’acte fondamental dans l’Ancien Testament est différent, car le Christ était encore à venir et il s’agissait donc, au mieux, d’aller à la rencontre du Christ, mais il ne s’agissait pas encore d’une véritable rencontre en tant que telle. La parole de Dieu dans l’Ancien Testament a essentiellement la forme de la loi – “Torah”. Dieu guide, c’est le sens, Dieu nous montre le chemin. C’est un chemin d’éducation qui forme l’homme selon Dieu et lui permet de rencontrer le Christ. En ce sens, cette justice, cette vie selon la loi est un cheminement vers le Christ, une extension vers Lui; mais l’acte fondamental est l’observance de la Torah, de la loi, et donc le fait d’être «un juste».

Saint Joseph est un juste, exemplaire de l’Ancien Testament.

Mais il y a ici un danger et en même temps une promesse, une porte ouverte.

Le danger apparaît dans les discussions de Jésus avec les pharisiens et surtout dans les lettres de saint Paul. Le danger est que si la parole de Dieu est fondamentalement une loi, elle doit être considérée comme une somme de prescriptions et d’interdictions, un ensemble de règles, et l’attitude doit donc être d’observer les règles et d’être ainsi correct. Mais si la religion est ainsi, c’est tout ce qu’elle est, la relation personnelle avec Dieu ne naît pas, et l’homme reste en lui-même, cherche à se perfectionner, à être parfait. Mais cela donne lieu à l’amertume, comme nous le voyons chez le deuxième fils de la parabole du fils prodigue, qui, après avoir tout observé, finit par être amer et même un peu envieux de son frère qui, comme il le pense, a eu la vie en abondance. Tel est le danger: la simple observance de la loi devient impersonnelle, un simple acte, l’homme devient dur et même amer. À la fin, il ne peut plus aimer ce Dieu qui ne se présente qu’avec des règles et parfois même avec des menaces. Tel est le danger.

La promesse, au contraire, est la suivante: nous pouvons également voir ces prescriptions, non pas comme un simple code, un ensemble de règles, mais comme une expression de la volonté de Dieu, dans laquelle Dieu me parle, je lui parle. En entrant dans cette loi, j’entre en dialogue avec Dieu, j’apprends le visage de Dieu, je commence à voir Dieu, et ainsi je suis sur le chemin de la parole de Dieu en personne, du Christ. Et un vrai juste comme saint Joseph est ainsi: pour lui, la loi n’est pas simplement l’observance de normes, mais elle se présente comme une parole d’amour, une invitation au dialogue, et la vie selon la parole consiste à entrer dans ce dialogue et à trouver derrière les règles et dans les règles l’amour de Dieu, à comprendre que toutes ces règles ne sont pas pour elles-mêmes, mais qu’elles sont des règles d’amour, qu’elles servent à ce que l’amour puisse grandir en moi. C’est ainsi que l’on comprend qu’en fin de compte, toute loi n’est que l’amour de Dieu et du prochain. Ayant trouvé cela, on a observé toute la loi. Si quelqu’un vit dans ce dialogue avec Dieu, un dialogue d’amour dans lequel il cherche le visage de Dieu, dans lequel il cherche l’amour et fait comprendre que tout est dicté par l’amour, il est en route vers le Christ, il est un vrai juste. Saint Joseph est un vrai juste, donc en lui l’Ancien Testament devient Nouveau, parce que dans les mots il cherche Dieu, la personne, il cherche son amour, et toute observance est une vie dans l’amour.

Nous le voyons dans l’exemple proposé par cet Évangile. Saint Joseph, fiancé à Marie, apprend qu’elle attend un enfant. Nous pouvons imaginer sa déception: il connaissait cette jeune fille et la profondeur de sa relation avec Dieu, sa beauté intérieure, l’extraordinaire pureté de son cœur; il voyait briller en elle l’amour de Dieu et l’amour de sa parole, de sa vérité, et voilà qu’il se trouve gravement déçu. Que faire? Voici que la loi offre deux possibilités, dans lesquelles apparaissent les deux voies, celle dangereuse, fatale, et celle de la promesse. Il peut intenter une action en justice et ainsi exposer Marie à la honte, la détruire en tant que personne. Il peut le faire en privé avec une lettre de séparation. Et saint Joseph, un homme vraiment juste, même s’il a beaucoup souffert, prend la décision d’emprunter ce chemin, qui est un chemin d’amour dans la justice, de justice dans l’amour, et saint Matthieu nous dit qu’il a lutté avec lui-même, en lui-même avec la parole. Dans cette lutte, dans ce voyage pour comprendre la véritable volonté de Dieu, il a trouvé l’unité entre l’amour et la règle, entre la justice et l’amour, et c’est pourquoi, sur son chemin vers Jésus, il est ouvert à l’apparition de l’ange, ouvert au fait que Dieu lui donne la connaissance qu’il s’agit d’une œuvre de l’Esprit Saint.

Saint Hilaire de Poitier, au IVe siècle, traitant de la crainte de Dieu, disait à la fin: «Toute notre crainte est placée dans l’amour», ce n’est qu’un aspect, une nuance de l’amour. Nous pouvons donc dire ici pour nous: toute la loi est placée dans l’amour, elle est une expression de l’amour et doit être accomplie en entrant dans la logique de l’amour. Et ici, nous devons garder à l’esprit que, même pour nous chrétiens, il existe la même tentation, le même danger que dans l’Ancien Testament: même un chrétien peut en arriver à une attitude dans laquelle la religion chrétienne est perçue comme un ensemble de règles, d’interdictions et de normes positives, de prescriptions.

On peut arriver à l’idée qu’il ne s’agit que d’exécuter des prescriptions impersonnelles et donc de se perfectionner, mais cela vide l’arrière-plan personnel de la parole de Dieu et conduit à une certaine amertume et dureté de cœur. Dans l’histoire de l’Église, nous voyons cela dans le jansénisme. Nous aussi, nous connaissons tous ce danger, nous savons tous personnellement qu’il nous faut toujours à nouveau surmonter ce danger et retrouver la Personne et, dans l’amour de la Personne, le chemin de la vie et la joie de la foi. Être juste, c’est trouver ce chemin, et nous sommes donc nous aussi toujours en route de l’Ancien Testament vers le Nouveau Testament, à la recherche de la Personne, du visage de Dieu dans le Christ. C’est précisément ce qu’est l’Avent: sortir de la norme pure pour aller à la rencontre de l’amour, sortir de l’Ancien Testament qui devient Nouveau.

Tel est donc le premier élément fondamental de la figure de saint Joseph, telle qu’elle apparaît dans l’Évangile d’aujourd’hui. Quelques mots à présent sur les deuxième et troisième éléments.

Le deuxième: il voit l’ange en songe et entend son message. Cela présuppose une sensibilité intérieure pour Dieu, une capacité à percevoir la voix de Dieu, un don de discernement, capable de distinguer entre les songes qui sont des songes et une véritable rencontre avec Dieu. Ce n’est que parce que saint Joseph était déjà en route vers la personne du Verbe, vers le Seigneur, vers le Sauveur, qu’il a pu discerner; Dieu a pu lui parler et il a compris: ce n’est pas un songe, c’est la vérité, c’est l’apparition de son ange. C’est ainsi qu’il pouvait discerner et décider.

Cette sensibilité à Dieu, cette capacité à percevoir que Dieu me parle, cette capacité de discernement est aussi importante pour nous. Bien sûr, Dieu ne nous parle pas normalement comme il a parlé à Joseph par l’intermédiaire de l’ange, mais il a aussi ses manières de nous parler. Ce sont des gestes de tendresse de Dieu, que nous devons percevoir pour trouver la joie et la consolation, ce sont des paroles d’invitation, d’amour, voire de demande dans la rencontre avec des personnes qui souffrent, qui ont besoin de ma parole ou de mon geste concret, d’un acte. Ici, nous devons être sensibles, connaître la voix de Dieu, comprendre que c’est maintenant que Dieu me parle et y répondre.

Nous arrivons ainsi au troisième point: la réponse de saint Joseph à la parole de l’ange est la foi, puis l’obéissance, accomplie. La foi: il a compris que c’était vraiment la voix de Dieu, que ce n’était pas un songe. La foi devient un fondement sur lequel agir, sur lequel vivre, c’est reconnaître que c’est la voix de Dieu, l’impératif de l’amour, qui me guide sur le chemin de la vie, et ensuite faire la volonté de Dieu. Saint Joseph n’était pas un rêveur, bien que le songe ait été la porte par laquelle Dieu est entré dans sa vie. C’était un homme pratique et sobre, un homme de décision, capable d’organisation. Il n’a pas été facile de trouver à Bethléem, parce qu’il n’y avait pas de place dans les maisons, l’étable comme lieu discret et protégé et, malgré la pauvreté, digne de la naissance du Sauveur. Organiser la fuite en Égypte, trouver un endroit où dormir chaque jour, vivre longtemps: cela exigeait un homme pratique, avec un sens de l’action, avec la capacité de répondre aux défis, de trouver des moyens de survivre. Et puis, à son retour, la décision de retourner à Nazareth, d’établir ici la patrie du Fils de Dieu, cela aussi montre qu’il était un homme pratique, qui, en tant que charpentier, vivait et rendait possible la vie de tous les jours.

Ainsi saint Joseph nous invite d’une part à ce cheminement intérieur dans la parole de Dieu, pour être toujours plus proches de la personne du Seigneur, mais en même temps il nous invite à une vie sobre, au travail, au service quotidien pour faire notre devoir dans la grande mosaïque de l’histoire.

Rendons grâce à Dieu pour la belle figure de saint Joseph. Prions:

«Seigneur, aide-nous à être ouverts pour Toi, à trouver toujours plus ton visage, à T’aimer, à trouver l’amour dans la norme, à être enracinés, comblés dans l’amour. Ouvre-nous au don du discernement, à la capacité de t’écouter et à la sobriété de vivre selon ta volonté et dans notre vocation». Amen!

Et maintenant les évêques de Côte d’Ivoire

Déclaration de la Conférence des Evêques Catholiques de Cote d’Ivoire sur ”fiducia supplicans”

 

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