Donald Trump annexe le pétrole vénézuélien
D’Antoine de Lacoste pour Le Salon beige :
Le narcotrafic a bon dos. Toute une armada installée à grands frais depuis plusieurs semaines face au Vénézuéla, juste pour couler, tous les deux ou trois jours, un rafiot censé convoyer de la drogue. La ruse était grossière mais elle a permis de préparer en toute quiétude l’intervention des commandos chargés d’enlever Nicolas Maduro et de le déposer aux Etats-Unis où quelques ennuis l’attendent.
Cette opération s’inscrit bien sûr dans la tradition impérialiste américaine où l’on change le dirigeant d’un pays lorsqu’il déplaît ou gêne les intérêts américains. Mais pas seulement. Cette fois, hormis le paravent du narcotrafic, les buts de l’opération sont clairement définis par Donald Trump lui-même.
Il s’agit d’abord d’empêcher la Chine de nouer des accords commerciaux qui lui permettent de s’approvisionner abondamment et facilement en pétrole. Le Vénézuéla dispose des plus grandes réserves du monde, même s’il végète dans une semi-misère en raison de l’incurie et de la corruption du régime, mais aussi des sanctions américaines. La Chine est très bien implantée en Amérique du Sud. Cela a commencé par des accords sur les minerais stratégiques ou le pétrole avec le Chili, l’Equateur, le Brésil et l’Argentine (avant Javier Milei). Des négociations sont en cours avec la Bolivie qui a les plus grandes réserves mondiales de lithium.
Tout cela insupporte Trump, obsédé par la montée en puissance chinoise. Il avait déjà essayé, au cours de son premier mandat, de renverser Maduro, ennemi irréductible des Etats-Unis. L’affaire avait piteusement échoué et son organisateur, John Bolton, avait été limogé.
Cette fois, c’est la bonne et c’est l’armée elle-même qui a fait le travail. Les compagnies pétrolières américaines, évincées il y a quelques années, vont pouvoir enfin exploiter cette manne qui rapportera beaucoup.
Ensuite, cette opération s’inscrit dans le cadre de la nouvelle géopolitique américaine, définie récemment dans le document de sécurité rédigé par la Maison Blanche. Pour l’Amérique du Sud, on reprend la doctrine Monroe que l’on adapte aux temps modernes : le continent américain appartient aux Etats-Unis, mais pas le reste du monde. C’est la nouveauté par rapport aux néo-conservateurs.
Donald Trump raisonne en zones d’influence. Il y a « son » continent, et les autres. C’est pourquoi, l’invasion de l’Ukraine ne le choque pas et il a très bien compris que ses prédécesseurs, russophobes obsessionnels, ont tout fait pour que cette guerre arrive. Alors maintenant, que les Européens se débrouillent, puisqu’ils veulent absolument empêcher la Russie de gagner la guerre. Après, il y aura sûrement des affaires à organiser avec la dite Russie. Ce sera très intéressant à observer.
Si l’on suit ce raisonnement, le jour éventuel où la Chine mettra la main sur Taïwan, l’Amérique ne devrait pas réagir. C’est l’Asie et il n’y a en outre pas d’engagement vis-à-vis de cette île qui n’a d’ailleurs aucun statut au regard du droit international.
A propos de droit international, soyons, une fois de plus, édifiés par la cohérence intellectuel de notre brillant président, Emmanuel Macron. Martial et guerrier contre la Russie parce qu’elle a violé le droit international, il a félicité Trump pour avoir fait la même chose. On a les présidents que l’on mérite.
Beaucoup d’observateurs affirment que Trump a agi pour des raisons de politique intérieure. Les élections de mi-mandat se profilent et les sondages ne sont pas bons. Certes, des milliers de Vénézuéliens réfugiés et naturalisés seront ravis de la chute de Maduro.
Ne perdons toutefois pas de vue que Trump s’est donné pour mission de permettre aux Etats-Unis de conserver leur rang de première puissance mondiale. C’est cela qui compte avant tout et l’adversaire c’est donc la Chine.
Antoine de Lacoste
Les AFC du Val de Marne vous invitent à deux jours de fête, théâtre, messe, repas.. pour célébrer 120 ans au service de la famille
Les Associations Familiales Catholiques, CNAFC, ont fêté récemment leurs 120 ans 🎂d’existence au service de la famille, 120 ans avec la famille au cœur.🫶🏻 🎂 ❤️
Il y a eu deux volets : le national à Paris, le vendredi 21 novembre avec un colloque sur la famille, animée par des invités prestigieux (Chantal Delsol, Gabrielle Cluzel, Joseph Thouvenel, Gabriella Gambino, sous-secrétaire du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, Mgr Aveline…) une messe d’action de grâce à Notre Dame de Paris présidée par Mgr Ulrich et une soirée festive après un repas de gala.
Nous souhaitons informer les nombreux lecteurs du Salon Beige du volet Val de Marnais de cet anniversaire :
Nous avons réservé la Scène Watteau de Nogent/Marne le vendredi 16 janvier en soirée pour le nouveau spectacle de Mehdi Djaadi, “Couleur framboise”; il plonge au cœur de son propre désir de paternité, un parcours semé de doutes et d’interrogations sur l’infertilité, la foi, les convictions personnelles, ainsi que le rôle de la science et de l’écologie dans ces choix de vie. Grâce à son style unique, il touche un public large : ceux qui sont parents, ceux qui ne le souhaitent pas, ceux qui rêvent de l’être et ceux qui en sont empêchés. Un témoignage sincère, empreint de force et de vulnérabilité, qui résonne en chacun de nous. Mgr Blanchet, évêque de Créteil, nous a annoncé sa présence.
Nous compléterons cette partie détente le dimanche 18 janvier par une messe d’action de grâce à 10h30, présidée par Mgr Blanchet, évêque de Créteil, à l’église Saint Saturnin de Nogent, la paroisse de notre conseiller religieux, le père Stéphane Aulard, ancien vicaire général. Cette célébration avec bénédiction des familles sera suivie d’un verre de l’amitié à la sortie, d’un repas tiré du sac avec bien sûr le gâteau d’anniversaire🎂 , dans les salles paroissiales.
Nous clôturerons ces deux journées festives en allant rejoindre (pour les plus courageux) La Marche Pour La Vie au Trocadero. En effet, la défense de la vie fait partie de nos objectifs.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Epiphanie : la fête du roi des rois
Dans En Quête d’esprit, Aymeric Pourbaix reçoit :
- 𝐂𝐡𝐚𝐧𝐨𝐢𝐧𝐞 𝐆𝐫𝐞́𝐠𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐆𝐔𝐈𝐋𝐋𝐄𝐁𝐎𝐍, prêtre de l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre et auteur de “Les Rois Mages dans le mystère chrétien” (Éd. Librim Concept)
- 𝐂𝐚𝐫𝐨𝐥 𝐒𝐀𝐁𝐀, porte-parole de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France
- 𝐍𝐢𝐜𝐨𝐥𝐚𝐬 𝐁𝐈𝐕𝐈𝐋𝐋𝐄, organisateur d’une procession pour l’Épiphanie
Quas Primas et le monde du travail
Notre ami Olivier Debesse, fondateur d’un syndicat libre, nous fait suivre cet article qu’il a publié dans le bulletin “Les deux témoins”:
L’encyclique Quas Primas de Pie XI sur la Royauté sociale du Christ a été publiée le 11 décembre 1925. L’objet de cette encyclique est de rappeler que le Christ doit régner sur les personnes, les familles, la société civile et instaure comme moyen la fête du Christ Roi fixée au dernier dimanche d’octobre.
« Il faut faire connaître le plus possible la doctrine de la dignité royale de notre Sauveur. Or, aucun moyen ne semble mieux assurer ce résultat que l’institution d’une fête propre et spéciale en l’honneur du Christ-Roi » Quas Primas, § 17.
Cette encyclique est souvent occultée dans les ouvrages qui traitent de la doctrine sociale. C’est le cas du Compendium de la Doctrine Sociale de l’Église (Les Éditions du Cerf, 2005). Le Compendium, occulte également lalettre de Saint Pie X Notre charge apostolique, publiée en 1910 sur la condamnation du Sillon, le mouvement fondé par Marc Sangnier. La raison de cette condamnation : le Sillon plaçait l’autorité dans le peuple en oubliant qu’elle vient de Dieu.
Le centenaire de l’encyclique Quas Primas permet de rappeler que le Christ doit régner sur les per- sonnes, les familles, la société civile en conformant les lois et les règlements au droit naturel.
La société civile se rapporte à la Cité et donc au monde politique, et englobe aussi le monde économique et donc l’univers du travail. À notre époque de déshumanisation du travail, de démesure de la technique, d’une économie qui n’est plus au service de l’homme mais de la finance et de la marchandisation de tout, y compris de ce qu’il y a de plus sacré, la doctrine de l’Eglise sur le travail doit être rappelée pour espérer un retour de la civilisation chrétienne respectueuse des personnes et des sociétés naturelles (familles, nations).
L’Église a une doctrine sur le travail
Pour parler d’une épidémie de notre temps qui sévit en entreprise, le burn-out, Paul-Antoine Martin a publié un livre : « Le temps des pervers ». Il dit ceci : « L’univers du travail est une enclave dans la République. Les droits élémentaires des citoyens n’y sont pas reconnus. La liberté d’expression n‘y est, par exemple, pas possible. C’est un fait, non un jugement de valeur. »
On peut ajouter que l’univers du travail est aussi une enclave dans l’Église. L’entreprise se protège du monde extérieur par des tourniquets à badges et le salarié s’autocensure face à la doxa et aux « valeurs » promues par l’entreprise, justifiées par l’idéologie de la productivité et les modes « sociétales ». Dès lors, comment satisfaire la demande que le Christ nous a enseigné dans le Notre Père : « Que Votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel » et pour que le règne du Christ s’applique aussi à l’univers du travail ?
Les grandes entreprises ne s’occupent plus du personnel comme elles le faisaient naguère, mais gèrent les «ressources humaines ». Ces entreprises pratiquent le management et considèrent le salarié comme une simple ressource dans laquelle il est permis de puiser et qu’il est permis d’exploiter jusqu’à son épuisement.
Les Enseignements Pontificaux (Desclée & Cie, 1960) résument la doctrine chrétienne du travail ainsi :
« Le travail devient un instrument de rédemption s’il n’est pas considéré seulement comme le moyen de pourvoir aux besoins de la vie et de gagner un juste salaire, mais comme un acte personnel intégré dans la vie et accompli dans l’ordre et l’amour comme un moyen d’obéir à Dieu et de rendre service au prochain. »
La subsidiarité, thème de la doctrine sociale de l’Église, doit s’appliquer aussi dans l’entreprise
La subsidiarité a été définie par l’encyclique Quadragesimo anno de Pie XI en 1931. À ne pas con- fondre avec la subsidiarité détournée du Traité de Maastricht de 1992.
Erreurs déjà entendues :
- « La subsidiarité ne fait pas partie de la phraséologie de l’Église »,
- « La subsidiarité ne s’applique pas à l’Église catholique elle-même parce que sa nature première est spirituelle »,
- « L’entreprise qui produit des biens et des services ne peut pas appliquer la subsidiarité ».
Il faut donc rappeler que la vraie subsidiarité est fondée sur le respect des personnes (physiques et morales) et de leurs attributions légitimes.
La subsidiarité peut se définir ainsi :
Dans toute communauté humaine, la personne qui est hiérarchiquement au-dessus (qu’elle soit personne physique ou personne morale) doit :
- servir certainement,
- respecter les attributions de chacun,
- aider éventuellement,
- remplacer exceptionnellement.
Le sens chrétien du travail et la vraie subsidiarité font partie de la doctrine de droit naturel et de la doc- trine sociale de l’Eglise. Cette doctrine doit être rappelée, particulièrement dans le cadre du centenaire de Quas Primas.
Contrairement au droit positif (lois, décrets, règlements, accords d’entreprise), le droit naturel est l’ensemble des droits universels et inaltérables, que chaque personne possède du fait qu’elle fait partie du genre humain et non du fait de la société civile ou de l’entreprise dans lesquelles elle vit.
Pour que l’Entreprise ne soit pas une enclave pour l’Église, les salariés fidèles à la foi catholique doivent être instruits de cette doctrine et de ce qu’ils peuvent faire. Cela ramène aux questions des devoirs d’état de chaque personne.
Comment œuvrer pour que le Christ règne dans la Cité et dans l’Entreprise ?
Selon ses charismes et ses disponibilités, dans la cité, le citoyen a le devoir de :
- participer à la vie de la cité (dans son quartier, son village, sa commune) et accomplir son devoir électoral civique,
- respecter les lois justes,
- combattre les lois injustes (atteintes aux libertés individuelles et collectives, spoliatrices par une fiscalité abusive, contraires au respect de la vie humaine : avortement, euthanasie, suicide assisté…),
- être solidaire avec les plus démunis.
Dans l’entreprise, le salarié a le devoir de :
- participer à la vie sociale de l’entreprise et accomplir son devoir électoral professionnel,
- respecter les règlements ou accords d’entreprise justes,
- combattre les accords injustes (accords salariaux spoliateurs des salariés, de financement des syndicats par l’employeur, qui entérinent le désengagement de la Sécurité sociale de sa branche santé au profit des mutuelles, contraires à la nature humaine et au respect de la vie…),
- être solidaire avec les salariés en souffrance et sanctionnés d’une façon injuste.
Comment ?
En œuvrant au plan personnel.
Le R.P. Jean Reynaud (1912 – 1997) religieux de St Vincent de Paul, aumônier du MJCF, disait en 1986 à des salariés d’une entreprise réunis après le travail :
« Le rôle du chrétien est de faire passer dans son milieu l’enseignement de l’Eglise. Pour cela, il doit être attentif à sescollègues comme un frère pour les aider et les secourir. Il doit être de bon conseil. Le chrétien doit avoir l’esprit combatif contre le mal, il doit travailler en sachant ce qu’il veut dans sa profession, il doit soigner sa formation morale et religieuse. »
En œuvrant au plan social.
Avoir l’esprit combatif contre le mal ? C’est possible d’agir avec le syndicalisme à condition qu’il soit restauré dans ses missions originelles de représentation et de défense des salariés. Le mot syndicat vient du grec syn qui veut dire avec, ensemble et diké qui veut dire justice. Ensemble pour la justice ? Syndicat est un joli mot !
Quels sont les enjeux en entreprise: exemples de combats à mener
Le travail, c’est la vie. Le travail permet à la famille de trouver sa subsistance. Défendre le travail c’est donc défendre la vie. C’est une des missions du syndicalisme.
Mais à notre époque, d’autres missions doivent être menées à bien.
Dans Mémoire et identité publié en 2005 après sa mort, Jean-Paul II nous dit page 64 :
« Si, d’un côté, l’Occident continue à donner un témoignage de l’action du ferment évangélique, d’un autre côté les courants de l’anti-évangélisation n’en sont pas moins forts. Cette dernière ébranle les bases mêmes de la morale humaine, impliquant la famille et propageant la permissivité morale : les divorces, l’union libre, l’avortement, la contraception, la lutte contre la vie dans sa phase initiale comme dans son déclin, sa manipulation. Ce programme se développe avec d’énormes moyens financiers, non seulement dans chaque nation, mais aussi à l’échelle mondiale. »
Parmi « les courants de l’anti-évangélisation », comment ne pas penser aux entreprises multinationales qui prônent « l’inclusion et la diversité ». Comme cet ancien PDG de Renault qui publie en 2015 : « En tant que grande entreprise mondiale, l’on doit se préoccuper de ce qui se passe autour de nous. Il est de notre responsabilité de nous impliquer dans les enjeux environnementaux, ainsi que dans la vie sociale et sociétale des pays où nous sommes implantés». Le MEDEF (Mouvement des entreprises de France) publie en 2014 un guide : Manager les singularités, qui comporte comme sous-titre « Identité de genre et orientation sexuelle en entreprise».
Dans les accords d’entreprise négociés par les représentants de l’employeur et les représentants des salariés, on trouve les thèmes suivants :
- Théorie du genre : « Les dispositions de cet accord s’appliquent aux salariés de genre féminin »,
- Transition de genre : « Notre syndicat a demandé et obtenu deux jours de congés pour les salariés en transition de genre »,
- Mutuelle obligatoire : « A la demande des syndicats négociateurs, l’Accord complémentaire santé couvre les frais de pilules contraceptives prescrites non remboursées par la Sécurité sociale »,
- Sécurité sociale : « Désengagement de la Sécurité sociale par la prise en charge des frais de santé ».
Et demain, pour satisfaire le marché important des opérateurs de la santé, avec la loi sur « la fin de vie » qui veut pouvoir administrer la « mort miséricordieuse » pour les personnes qui souffrent, ou pour celles « qui coûtent trop cher à la société » des mutuelles poussent à la loi sur la fin de vie, comme la MGEN qui soutient, selon Wikipédia, l’Association pour le droit de mourir dans la dignité.
Il en résulte que le programme de lutte contre la vie et sa manipulation dénoncé par Jean-Paul II dans Mémoire et identité, passe dorénavant aussi par les entreprises avec la caution des syndicats que ces entreprises financent. Manifester et marcher contre la PMA sans père et la GPA comme certains l’ont fait en 2013, c’est bien, mais cela ne suffit pas. Il s’agit de rendre le pouvoir aux salariés leur permettant de participer aux négociations d’accords d’entreprise pour y apporter, aussi sur ces questions vitales, une voix conforme au droit naturel. Cela ne peut se faire qu’avec des syndicats indépendants du patronat et des confédérations ou unions syndicales subventionnées, donc dépendants des salariés.
Personne ne peut demeurer passif, ni renoncer à changer le monde. Chaque personne doit agir dans son milieu, y compris dans son milieu professionnel. Individuellement c’est déjà bien, mais cela ne suffit pas : il faut le faire aussi collectivement. Agir collectivement et donc militer dans l’entreprise ? Mais c’est pour cela que les syndicats ont été créés !
La question qui nous est posée est celle de savoir si nous voulons survivre, si nous voulons trans- mettre notre héritage culturel qui doit beaucoup au christianisme. Y compris sur notre lieu de travail et dans nos entreprises.
Les lois de l’État français et les accords de nos entreprises ne cherchent plus à être des applications concrètes de la loi naturelle et se détournent du Décalogue. La doctrine de Quas Primas doit inspirer dans la Cité ET dans l’Entreprise toutes les personnes de bonne volonté (y compris les catholiques) pour restaurer la loi naturelle dans nos lois civiles ET dans nos accords d’entreprise.
Travaillons ensemble à cela.
« Puissent les chefs des nations vous honorer par un culte public ; puissent les maîtres et les juges vous vénérer ; puissent les lois et les arts être l’expression de votre Royauté » (6e strophe de l’Hymne des 2e vêpres de la Fête du Christ-Roi, dernier dimanche d’octobre).
Virtus revient pour le Carême 2026
Après une première édition suivie par près de 20 000 participants en 2025, le parcours Virtus revient du 1er février au 12 avril pour le Carême 2026.
Un sondage réalisé à l’issue de l’édition 2025 révèle que plus d’une personne sur cinq ayant suivi le parcours jusqu’au bout déclarent que Virtus a “eu un impact incroyable, il y aura un avant et un après dans ma vie”, marquant un véritable avant et après dans leur relation à Dieu, et plus de la moitié considèrent que ce parcours a eu un impact positif “très notable” dans leur vie.
Proposé par Hozana et Claves.org, en partenariat avec de nombreux acteurs chrétiens, Virtus invite les chrétiens à vivre un Carême exigeant, inspiré des traditions orientales et monastiques, articulé autour de la prière, de la vertu, de l’ascèse et de la vie fraternelle. Il s’agit d’une expérience spirituelle profondément transformatrice, permettant un véritable renouveau intérieur pour chaque participant.
Le parcours repose sur une méthode structurée :
- 5 engagements spirituels autour de la prière quotidienne (chapelet, oraison), la formation et la vie sacramentelle
- 5 engagements de vertu : sobriété numérique, hygiène de vie, service charitable.
- 5 engagements d’ascèse : choix personnalisés d’efforts (jeûne, abstinence, etc.).
Les participants avancent en petites fraternités non mixtes (4 à 8 personnes) qui se retrouvent chaque semaine pour partager, se soutenir et s’encourager. Un binôme (au sein de la fraternité) complète au quotidien ce soutien fraternel.
Ils témoignent de l’impact de Virtus :
- « Virtus a transformé complètement ma vie spirituelle et même ordinaire. Aujourd’hui ma famille est fortement impactée (dans le positif). j’ai l’impression de revivre mes années post-Sacrements…» – Jeanne
- « Ce carême a été pour moi exceptionnel ! Ce fût le carême le plus approfondi et efficace que j’ai jamais fait ! Parcours très bien structuré, enrichissant et d’une grande profondeur. » – Jérôme
- « Sur le plan spirituel, je me suis rendue compte de la profondeur et de la présence de l’Amour de notre Seigneur Jésus dans notre vie terrestre. Ce parcours m’a beaucoup appris sur la confiance, l’abandon, la paix et une certaine libération face à nos problèmes en plaçant tout dans le cœur de Jésus. Je pourrai dire à mon petit niveau, je me suis sentie “LIBRE” des chaînes de ce monde. » – Nicole
Quel droit peut invoquer celui qui ne respecte pas les lois électorales de son pays, emprisonne ses opposants ?
Réflexion du père Michel Viot à propos de ceux qui invoquent le respect du droit international pour condamner l’ingérence des Etats-Unis :
Les propos qui vont suivre n’engagent que moi et ne veulent que susciter une réflexion, rien d’autre. Quand j’entends invoquer le droit international à propos de l’affaire Maduro, je pense à André François Poncet (1887-1978) , ambassadeur de France en Allemagne de 1931 à 1938, auteur d’un livre remarquable (édité en poche) « Souvenirs d’une ambassade à Berlin, septembre 1931-ocobre1938 », Ed Flammarion 1946. Cet ambassadeur, ancien élève de Normale Sup, était non seulement agrégé d’allemand, mais spécialiste de culture allemande. Il a toujours pu parler à Hitler directement, sans interprète, et on sait qu’Hitler était flatté de cela et parlait plus « détendu » et plus complètement à son interlocuteur.
L’ambassadeur assista à l’arrivée d’Hitler au pouvoir en 1933 et écrivit dès 1934 aux dirigeants français « les Allemands nous détestent et leur chef est complètement fou ». Lisez le livre, l’auteur démontre qu’Hitler ne tiendra aucun compte du droit international, ne donne aucune importance aux traités et à la parole donnée. Ainsi il prévient le gouvernement français en mars 1936 de la réoccupation de la Rhénanie, et indique que d’autres coups de force seront possibles, donc la guerre inévitable. Si, après Munich en 1938, Daladier (qui n’était pas dupe de ces accords) l’envoie à Rome, c’est pour essayer de mettre de notre côté Mussolini, en vue de la guerre, mais c’était trop tard ! Hitler, régulièrement élu à la tête de l’Allemagne, dont le programme d’agressions était connu, tout comme les idées criminelles méritait-il d’être protégé par un droit international qu’il ne respectait pas ? Supposons qu’il ait disparu de la scène politique après Munich ? (dès l’été 1939, Hitler commençait l’euthanasie des malades mentaux qui dura jusqu’en août 1941, 70 000 victimes. Notons que c’est le sermon de l’évêque de Münster, Von Galen qui révéla ce crime au grand public, et qu’Hitler arrêta tout officiellement, mais, il continua plus discrètement, puis ajouta la Shoah contre les juifs. L’horreur montait de plusieurs crans, chacun le sait.
Quels droits peuvent invoquer ceux qui ordonnent de telles choses ? En parallèle, et à propos du Venezuela, quel droit peut invoquer celui qui ne respecte pas les lois électorales de son pays, emprisonne ses opposants, oblige les autres à un exil de masse, manipule la justice ? Certes il ne faut pas que des situations d’exceptions justifient toutes formes d’interventions. Sans se précipiter dans des positions définitives, il faut attendre que le temps fasse son oeuvre, qu’on en sache plus sur le Venezuela, mais nous pouvons déjà acter les persécutions anti chrétiennes et l’irrespect des libertés essentielles, et de très graves soupçons sur le narcotrafique. Prions pour que les vénézuéliens retrouvent la paix et la liberté par un gouvernement qu’ils auront pu choisir librement et qui ait le souci du bien commun !
Rappelons que, peu avant Noël, le cardinal vénézuélien Baltazar Porras, archevêque émérite de Caracas, s’est vu notifier une interdiction de quitter le territoire vénézuélien.
Depuis les élections truquées de juillet 2024, Maduro se maintenait au pouvoir alors que l’Uruguay, l’Argentine, le Costa Rica, l’Équateur, le Panama, le Paraguay, le Pérou et la République dominicaine ont rejeté les résultats officiels. La réponse du gouvernement Maduro a été l’expulsion des représentations diplomatiques de ces pays et le retrait de leurs ambassadeurs. La Chine, la Russie et l’Iran ont reconnu la victoire de Maduro.
« À ceux qui prétendent que les États-Unis ne s’intéressent qu’au pétrole, je demande : croyez-vous que les Russes et les Chinois voulaient quoi ? La recette des arepas ? »
– “A quienes dicen que a Estados Unidos solamente le interesa el petróleo, a esas personas les pregunto: ¿Qué creen que querían los rusos y los chinos? ¿La receta de las arepas?”
JJAJAJAJAJJAJAJAJAJJAJAJAJJAJAJJ, se pasó. pic.twitter.com/rg3kQShbZj
— El gordo edición (@GordoEdicion) January 4, 2026
Sarah Knafo a ainsi réagit :
Quand une narco-dictature est une menace directe, notamment par le trafic de drogue, en inondant les Etats-Unis et l’Europe de ce poison, c’est elle qui viole notre souveraineté. Alors, ce n’est plus de l’ingérence que d’agir : c’est de la légitime défense. D’autre part, qu’a fait le droit international pour le peuple vénézuélien depuis 1999 ? Un peuple affamé par un régime criminel qui a détruit l’un des pays les plus riches du monde et déstabilisé toute la région. Le droit international de M. Mélenchon et consorts protège les tyrans contre les peuples, au lieu de protéger les peuples contre la tyrannie. Je préfère un réalisme qui sert la liberté et défend nos intérêts qu’un légalisme qui protège les bourreaux qui nous menacent.
Réaction du vice-président des Etats-Unis JD Vance aux critiques contre l’intervention américaine :
On entend souvent dire que le Venezuela n’a rien à voir avec la drogue car la majeure partie du fentanyl provient d’ailleurs.
Je souhaite aborder ce point : Tout d’abord, le fentanyl n’est pas la seule drogue au monde et il y en a encore qui proviennent du Venezuela (ou du moins il y en avait).
Deuxièmement, la cocaïne, principale drogue exportée du Venezuela, est une source de revenus essentielle pour tous les cartels d’Amérique latine. En supprimant les revenus générés par la cocaïne (ou même en les réduisant), on affaiblit considérablement les cartels. De plus, la cocaïne est un fléau !
Troisièmement, oui, une grande quantité de fentanyl provient du Mexique. Cela demeure un axe prioritaire de notre politique à l’égard du Mexique et explique pourquoi le président Trump a fermé la frontière dès son entrée en fonction.
Quatrièmement, je constate de nombreuses critiques concernant le pétrole. Il y a une vingtaine d’années, le Venezuela a exproprié des propriétés pétrolières américaines et, jusqu’à récemment, a utilisé ces biens volés pour s’enrichir et financer ses activités narcoterroristes. Je comprends les inquiétudes liées au recours à la force militaire, mais devons-nous rester les bras croisés et laisser un pays communiste piller nos ressources dans notre hémisphère ? Les grandes puissances n’agissent pas ainsi.
Les États-Unis, grâce au leadership du président Trump, sont redevenus une grande puissance. Il est bon de le constater.
Pétition pour faire retirer un buste de Ho Chi Minh dans la ville de Montreuil
L’Association Nationale des Anciens Prisonniers Internés Déportés d’Indochine nous alerte sur l’existence d’un buste d’Ho Chi Minh dans un parc public de Montreuil-sous-Bois dans le département de la Seine St Denis et lance une pétition pour le faire retirer :
La présence d’un buste de Ho Chi Minh dans le parc Montreau de la ville de Montreuil est une offense pour les nombreux réfugiés vietnamiens et leurs descendants qui vivent ici ou aux alentours. Pour nous, qui avons fui un régime synonyme de guerre, d’oppression et d’exil, ce monument ranime des souvenirs douloureux au lieu de promouvoir les valeurs de paix et d’humanité que notre ville chérit.
Ho Chi Minh est une figure centrale dans un régime qui a causé des souffrances immenses au peuple vietnamien. Ses actions et conséquences historiques ne peuvent pas être ignorées et encore moins honorées dans un espace public censé rassembler et guérir des blessures du passé. Le respect pour toutes les communautés de Montreuil doit être la priorité, et garder ce buste ne reflète pas cet engagement.
Nous demandons à la mairie de Montreuil de retirer ce buste afin de symboliser l’unité et le respect pour les histoires traumatisantes que certains d’entre nous ont vécues. Ce geste serait un pas vers une réconciliation et un respect mutuel au sein de notre communauté diverse.
Nous sollicitons votre soutien pour ce changement important. Signez cette pétition pour demander à la ville de Montreuil d’enlever le buste de Ho Chi Minh du parc Montreau. Merci de vous joindre à nous pour faire entendre notre voix et encourager le changement.
Le recul du christianisme signe l’affaiblissement de la résistance occidentale aux doctrines antihumanistes
D’Étienne-Alexandre Beauregard dans La Nef de janvier :
Cela ne date pas d’hier, les chrétiens conservateurs figurent parmi les courants politiques qui ont la plus mauvaise presse. On connaît la chanson: ils prôneraient le « retour à l’ordre moral », le rejet de la modernité et une vision rétrograde de la famille et de la société dans son ensemble. Encore à ce jour, la « droite chrétienne » sert d’épouvantail commode, qu’il était facile de critiquer pour marquer quelques bons points auprès des bien-pensants. Comme la politique serait plus simple sans ces moralistes et ces croyants, qui amènent leur vision du bien dans la cité! Pourtant, comme le chroniqueur Ross Douthat du New York Times le faisait remarquer dès 2016, il faut faire attention à ce que l’on souhaite: « Si vous n’aimez pas la droite religieuse, attendez de voir la droite post-religieuse ».
Nous y voilà désormais. Particulièrement aux États-Unis, nombre de tendances radicales ont en commun le rejet implicite ou explicite de la vision chrétienne de la dignité humaine et de l’attention aux plus vulnérables au profit d’une philosophie nietzschéenne marquée par le ressentiment, prônant la domination du fort sur le faible. C’est l’influenceur Nick Fuentes, qui ramène en grande pompe l’antisémitisme sur les réseaux sociaux. Ou Andrew Tate, proxénète converti à l’islam, qui rejette avec fracas la famille et le mariage au profit d’une malsaine domination de l’homme sur la femme. On oublie d’ailleurs que le phénomène MAGA, qui donne de l’urticaire aux progressistes depuis dix ans, fut d’abord porté par les Républicains athées ou non-pratiquants, qui sans être hégémoniques sont significativement plus nombreux que par le passé.
Il semblerait donc que sécularisme ne rime pas automatiquement avec progressisme, et encore moins avec humanisme. Au contraire, l’abandon du socle de valeurs qui fonde la civilisation occidentale ouvre la voie à tous les excès, pulsions et mauvais instincts de l’âme humaine. Trop souvent, on a oublié que le christianisme agit comme un garde-fou, en plaçant justement un cadre moral autour du politique, de manière à en limiter les pires débordements. Ce n’est pas un hasard si l’Église fut en première ligne de la résistance au communisme, et si elle fut l’un des seuls corps à protester contre l’euthanasie des personnes handicapées sous le IIIe Reich. Le recul du christianisme signifie aussi l’affaiblissement de la résistance occidentale aux doctrines antihumanistes, de gauche comme de droite. S’il y a bien une « radicalité » du christianisme dans le monde contemporain, c’est dans son opposition aux doctrines libérales et nietzschéennes qui ignorent la dignité intrinsèque de la personne humaine et les devoirs que nous avons tous envers les plus vulnérables. Alors que notre existence semble de plus en plus marchandisée, notamment dans le monde numérique, il faut des voix pour rappeler que l’argent ne devrait pas pouvoir tout acheter. Au moment où le lien social et la société civile dans son ensemble s’affaiblissent, particulièrement chez les jeunes générations, les chrétiens prônent toujours une existence enracinée et solidaire, dont l’attrait explique sans doute en partie la hausse marquée des baptêmes d’adultes en France. Surtout, à une époque où tout se vaut et où l’homme semble devenu la mesure de toute chose, certains doivent se lever pour rappeler qu’il existe encore quelque chose comme le bien et le mal.
Face aux conséquences concrètes du « postchristianisme » en politique, on mesure toute la naïveté de ceux qui ont cru qu’il serait plus facile, parfois même salutaire, de bannir la morale de la sphère publique pour la confiner au privé, voire à la conscience individuelle. Dans le débat politique, la « morale » est devenue un gros mot, utilisé presque exclusivement de manière péjorative, pour critiquer ceux qui assument défendre une vision du bien plutôt que de se cacher derrière la neutralité prétendue du relativisme. Pendant longtemps, elle demeurait de manière implicite, mais nous sommes désormais à même de voir vers quoi nos sociétés peuvent dégénérer lorsqu’elle est réellement supplantée. Selon les mots de Rémi Brague, il est temps de se rappeler que la réflexion morale est incontournable pour la « remettre à sa place », c’est-à-dire au cœur de la philosophie et du politique. Au final, il vaut mieux être gouverné par des gens qui défendent une vision morale que par ceux qui prétendent ne pas en avoir…
La FMND invite ses amis à participer à la Marche pour la vie
Communiqué de la Famille Missionnaire Notre-Dame :
Au moment où la France s’apprête à légaliser l’euthanasie, le combat pour la vie est plus que jamais d’actualité. Cette année encore, de nombreux témoins de la vie, et en particulier des jeunes, vont arpenter les rues de la capitale pour demander le respect de la vie des plus faibles : l’enfant à naître et les malades ou les personnes en fin de vie.
La Famille Missionnaire de Notre Dame se joint sans réserve à eux pour témoigner de l’Évangile de la vie et pour s’opposer fermement à l’avortement et à l’euthanasie.
Le pape Léon XIV disait le 4 juin dernier aux pèlerins de langue française : « Notre monde peine à trouver une valeur à la vie humaine, même en sa dernière heure : que l’Esprit du Seigneur éclaire nos intelligences, pour que nous sachions défendre la dignité intrinsèque de toute personne humaine. »
Le concile Vatican II rappelle, à la suite de toute la tradition de l’Église : « Tout ce qui s’oppose à la vie elle-même, comme toute espèce d’homicide, le génocide, l’avortement, l’euthanasie et même le suicide délibéré ; […] toutes ces pratiques et d’autres analogues sont, en vérité, infâmes. Tandis qu’elles corrompent la civilisation, elles déshonorent ceux qui s’y livrent plus encore que ceux qui les subissent et insultent gravement à l’honneur du Créateur. »(Gaudium et spes, nº 27)
Et saint Jean-Paul II, ardent défenseur des droits de l’homme, écrivait : « L’avortement et l’euthanasie sont donc des crimes qu’aucune loi humaine ne peut prétendre légitimer. Des lois de cette nature, non seulement ne créent aucune obligation pour la conscience, mais elles entraînent une obligation grave et précise de s’y opposer par l’objection de conscience. » (Evangelium vitæ, nº 73).
La Famille Missionnaire de Notre Dame invite donc tous ses amis à se joindre à la Marche pour la vie ce prochain dimanche 18 janvier à Paris.
Une Messe dominicale sera célébrée en l’église Saint Dominique (20 Rue de la Tombe Issoire, 75014 Paris) à 12h30 par la Famille Missionnaire de Notre-Dame, vous êtes bien sûr tous invités.
Léon XIV assiste au concert de Noël à la chapelle Sixtine
Très belle intervention à l’issue du concert (traduction google) :
Éminences, Excellences,
autorités ,
chers frères et sœurs !
Je voudrais remercier la Chapelle Musicale Sixtine qui, dans ce concert, nous a fait méditer sur le mystère de Noël avec le langage de la musique et du chant, un langage capable de parler non seulement à l’esprit, mais aussi au cœur. Je félicite le Maître Directeur Monseigneur Marcos Pavan et le Maître de Pueri Michele Marinelli.
Il n’y a pas de Noël sans chants de Noël. Partout dans le monde, dans toutes les langues et dans toutes les nations, l’événement de Bethléem est célébré avec de la musique et des chants. Et il ne peut en être autrement, puisque l’Évangile lui-même raconte que, lorsque la Vierge Marie a donné naissance au Sauveur, les anges du ciel ont chanté « Gloire à Dieu et paix sur la terre » (voir Luc 2, 13-14).
Qui étaient les spectateurs et les témoins de ce premier « concert de Noël » ? Il s’agissait – nous le savons – de bergers de Bethléem qui, après avoir vu l’Enfant dans la crèche, avec Marie et Joseph, revinrent louant et remerciant Dieu (voir Luc 2, 20). Et j’aime penser qu’ils l’ont aussi fait en chantant et peut-être en jouant de la flûte rudimentaire.
Mais il existe un autre endroit où la musique céleste a résonné lors de cette nuit sainte. Un lieu silencieux, recueilli, très sensible : je parle naturellement du cœur de Marie, la femme choisie par Dieu pour être la Mère du Verbe incarné. Nous apprenons d’elle à écouter en silence la voix du Seigneur, à suivre fidèlement la part qu’il nous confie dans la partition de la vie.
Très chers, je voudrais dédier ce concert aux enfants qui, dans de nombreuses régions du monde, ont vécu ce Noël sans lumières, sans musique, sans même les nécessités de la dignité humaine et sans paix. Que le Seigneur, à qui nous avons voulu élever ce soir nos chants de louange, écoute le gémissement silencieux de ces petits, et donne justice et paix au monde, par l’intercession de la Vierge Marie.
Merci encore à la Chapelle Sixtine et meilleurs vœux de bonne année à vous tous !
[Applaudissements]
J’ose nous inviter tous à chanter le Pater Noster dans cette magnifique chapelle Sixtine.
[Chant et bénédiction]
Meilleurs vœux à tous !Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Terre de missions : Actualité des saints Innocents
Le 4 janvier, Terres de mission reçoit Stéphane Glogowski qui présente son ouvrage sur “Les tout petits défunts” (Téqui). Ce livre recueille des témoignages ayant perdu des enfants avant leur naissance et expose les diverses réflexions théologiques sur le sort des enfants morts sans baptême.
Puis Marie-Lys Pelissier, porte-parole de la Marche pour la Vie, explique les raisons de marcher, le 18 janvier prochain à Paris, pour rappeler notre attachement à la dignité humaine de la conception à la mort naturelle.
Fête du Saint Nom de Jésus
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Voici la présentation de la Fête du Saint Nom de Jésus :
Dans la Bible, le nom, c’est la personne. Prononcer le nom, c’est déjà être en présence de la personne nommée, c’est d’une certaine manière entrer dans son intimité ou la révéler, ou encore exercer une maîtrise sur elle. Le Nom propre de Dieu, révélé à Moïse, « Je suis Celui qui suis », qu’on appelle techniquement le tétragramme, YHWH, et que la Septante, par respect, a traduit systématiquement par ὁ Κύριος, le Seigneur, était sacré et ne pouvait être prononcé que par le Grand Prêtre une fois par an, le jour des expiations, au point que sa prononciation s’est perdue.
Ce nom se retrouve dans celui de Jésus, Yehoshua, qui signifie Yahweh sauve. C’est à la suite d’un miracle opéré au nom de Jésus que saint Pierre dira aux Juifs : « Il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés. » (Act 4,12, épître de la fête). Dans le Christ, Dieu nous appelle à son intimité, à Le connaître et à L’aimer comme Il se connaît et s’aime Lui-même, et Il nous permet désormais de l’appeler par son nom. Quel don ! Saint Bernard l’avait magnifiquement chanté, mais ce n’est qu’au XVIe siècle que remonte la fête du saint Nom de Jésus, sous l’influence de l’ordre franciscain et de saint Bernardin de Sienne en particulier. Innocent XIII l’étendit à l’Église universelle en 1721. Cette messe célèbre tout ensemble la sainteté, la puissance et la douceur de l’adorable nom de Jésus.
Ses pièces grégoriennes sont des adaptations de mélodies anciennes à un formulaire récent.
NB : Saint Bernard de Clervaux, Homélie « Le nom de Jésus n’est pas seulement une lumière, c’est aussi un aliment. Jésus est miel à la bouche, mélodie à l’oreille, jubilation au cœur. Mais il est aussi un remède. Quelqu’un de nous est-il triste ? Que le nom de Jésus vienne en son cœur et de là bondisse à ses lèvres ; et voici qu’à l’aurore de ce nom, tout nuage s’enfuit, la sérénité revient. »
► Introït : In nómine Jesu
Qu’au nom de Jésus, tout genou fléchisse au ciel, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue proclame que Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu le Père. Ps. 8 Seigneur notre Dieu, que votre Nom est admirable sur toute la terre. (Ph 2,10-11 ; Ps 8,2)
L’introït de la Fête du Saint Nom de Jésus est tiré de l’hymne célèbre de l’épître aux Philippiens (2,5-11), où saint Paul résume le mystère pascal de Notre Seigneur, mystère d’anéantissement et de glorification du Fils de Dieu, et où la Gloire consiste à recevoir le Nom qui est au-dessus de tout nom, de sorte qu’au Nom de Jésus, tout genou fléchisse etc.
C’est une reprise de l’Introït du Mercredi Saint, avec quelques changements de paroles qui font revenir au texte exact de saint Paul. Le choix du 3e mode (mysticus) n’est pas étonnant : son vaste ambitus et la place des sensibles confèrent aux textes qu’ils animent un caractère de contemplation ardente et de puissante exaltation dont l’objet est souvent le Dieu de miséricorde dont on rappelle les bienfaits pour le supplier ou simplement le louer. En entendant ici le Nom de Dieu qui sauve (Yehoshua), l’âme se dilate à l’extrême et ne peut s’empêcher d’inviter toute la création à accueillir le mystère de l’amour de Dieu dans un acte qui allie une profonde adoration (omne genu flectátur), de louange (confiteátur) et d’espérance. Car si le Christ est dans la gloire du Père, il nous invite à l’y rejoindre par la foi en son Nom. « À tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son Nom » (Jn 1,12)
Ce nom de Jésus est exalté dès l’intonation par un élan rapide et harmonieux qui le pose sur la dominante. Sur genu, l’insistance de la tristropha confirme le sens de omne, tandis que le mouvement descendant puis ascendant de flectátur rappelle que nous n’avons rien à craindre en nous humiliant car, à l’image du Christ qui s’est fait obéissant jusqu’à la mort, « qui s’abaisse sera exalté ». Puis sont énumérés les habitants des trois « lieux » qui constituent l’ensemble de la création : les cieux, où sont ceux qui voient Dieu face à face ; la terre des hommes encore en chemin ; les enfers (le schéol) ou l’enfer (selon saint Jean Chrysostome). Il est intéressant de noter que la mélodie s’élève tandis que l’on descend des cieux aux enfers… Est-ce parce qu’il faut crier plus fort pour s’y faire entendre ? Ou parce que l’invocation du Nom de Jésus élève d’autant plus qu’on est en bas ? Ou tout simplement pour souligner l’insistance de l’énumération ? Sans doute en tout cas pour conduire la voix en un lent crescendo (donc commencer doucement !) jusqu’au sommet de la pièce omnis lingua. Ces deux mots sont l’écho sémantique de omne genu, comme confiteátur l’est musicalement de flectátur. Dóminus (symétrique mélodique de nómine) Jesus sont traités sans aucune ornementation, tant l’intensité de leur signification suffit : Dóminus traduit Κύριος qui remplace le Nom de YHWH, et Jesus est le nom qui dit tout… sur la corde solide et pascale de Sol. Christus, celui qui a reçu l’onction, se chante sur une formule bien connue et cette fois très ornée, comme l’affirmation qu’Il est bien l’Oint, le Messie attendu, dont la vie terrestre fut tournée vers la gloire de son Père où Il se trouve désormais. In gloria est a un accent de triomphe très pascal lui aussi, avec son insistance sur le sol, et précède un Dei Patris où se dit la tendresse du Père qui se penche vers l’humanité.
L’ampleur et la solennité de la pièce ne doivent pas empêcher de la chanter avec allant. L’on remarque dans les manuscrits de l’original du Mercredi Saint que tous les neumes sont légers, en particulier dans la grande énumération caeléstium etc. Seuls les passages syllabiques doivent être détaillés. Petite note d’interprétation sémiologique : la tête du dernier climacus sol-fa-mi de Patris est épisémée. Elle doit être expressive et servir d’aboutissement au chant léger du climacus précédent. Affirmant la prédominance du sol dans cette cadence, elle amortit le mouvement encore vif du dernier élan, et permet ainsi un repos très maîtrisé sur le mi.
► Graduel : Salvos fac nos
Sauvez-nous, Seigneur notre Dieu, et rassemblez-nous d’entre les nations, afin que nous célébrions votre saint nom et que nous nous glorifiions dans la louange de votre gloire. Seigneur, vous êtes notre Père et notre Rédempteur : éternel est votre nom. (Ps 105, 47 ; Is 63, 16)
Le psaume 105 est un psaume de captivité, où les Juifs exilés à Babylone suppliaient Dieu de les ramener à Jérusalem. Chacun de nous est plus ou moins exilé dans la « région de dissemblance » du péché, et doit demander au Seigneur de se retrouver dans la plénitude de la charité, uni à Dieu et à ses frères. « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux ». C’est aussi une prière pour l’unité de l’Église.
De nouveau un 3e mode, le graduel de la Fête du Saint Nom de Jésus reprend en grande partie la mélodie du graduel du 1er dimanche de la Passion Eripe me, Domine. Comme d’autres de la même période liturgique, il est d’abord un appel à la délivrance pour, dans un deuxième temps, réaliser le plan de Dieu. Ainsi pour la Passion : Eripe me… doce me facere voluntatem tuam ; c’est aussi le cas ici où le salut est ordonné à l’unité des enfants de Dieu et à la louange de son Nom.
Salvos fac nos est tout entier ramassé autour des cordes fa et mi, comme une supplication intense en laquelle se concentre tout l’élan de la prière qu’elle introduit. Cette retenue demeure tout le temps de la première phrase qui ne culmine qu’au sib. C’est le sol qui domine, corde forte entourée de deux tons, qui convient bien à l’invocation du Seigneur notre Dieu, comme le ré final de la cadence, aux mêmes caractéristiques. Dieu est notre rocher, et c’est sur lui que prend appui l’élan de quartes qui va amener la mélodie sur la dominante do autour de laquelle elle va se déployer avec tant de variété jusqu’à la fin de la pièce.
Cóngrega nos, avec ses la-do, rappelle le congregáte du graduel Ex Sion (2e dimanche de l’Avent), qui ressemble à la sonnerie d’un rassemblement, un « appel » qui constitue étymologiquement, et concrètement, l’Église. De natiónibus : les neumes de -ónibus semblent évoquer un oiseau qui se dégage d’un piège à tire-d’ailes (-óni-), prend de l’altitude (torculus épisémés), puis se met à tournoyer dans la joie de la liberté retrouvée. Toute cette phrase doit donc être interprétée avec vie et légèreté. Les pirouettes prennent fin sur la solide cadence pascale sol-do-la-si-la-la-sol, et l’heure de la louange, Ut confiteámur, est évoquée dans une mélodie solennelle structurée autour de sol, do et la. Le sancto est empreint d’une particulière majesté, complétée par l’atmosphère tamisée et mystérieuse du tuo (sib). Un nouveau saut de quartes prend appui sur la cadence en ré : la gloire de Dieu rejaillit en gloire sur son peuple. Cet échange de gloire n’est pas sans rappeler l’éternel face-à-face du Père et du Fils dans la sainte Trinité, surabondant de vie, révélé dans le Christ : « Père, l’heure est venue : glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie » (Jn 17,1), et il n’est pas étonnant qu’il soit chanté sur une mélodie qui allie si magnifiquement l’éclat et la liberté dans l’ivresse de l’Esprit. A bien travailler, et mettre toute sa joie sur l’accent de glória. Tua se chante sur un jubilus, bien léger lui aussi.
Notes d’interprétation de la dernière incise : l’édition vaticane groupe les strophae par deux pour mieux compter et rythmer, mais il n’en est pas ainsi dans les anciens manuscrits2 où elles sont espacées de façon égale. Une juste interprétation évitera donc des répercutions trop fortes à chaque distropha. Au contraire : les voix onduleront selon la délicate alternance des levés et des posés, en un crescendo qui les conduira au grand climacus.
Celui-ci porte un ictus sous la première note losangée (la), en référence au tractulus de Saint-Gall et au t (tenete) de Laon. Cette note est expressive, et par le fait même, légèrement allongée. Il en est de même du la suivant, que l’épisème affecte davantage que le fa avec lequel il forme un pes quassus, suivi d’une belle coupure neumatique. Ainsi l’incise sera-t-elle une descente par paliers : 7 do ; puis 2 la reliés par une courbe inférieure fluide ; 4 sol (marquer surtout le deuxième du torculus) ; enfin le mi.
Verset : Tu, Domine : très intérieur et plein d’une douce familiarité, de nouveau la cadence sur ré suivie d’une envolée de quartes ouvrant sur un jubilus fantastique, la danse d’un enfant devant son père dont il se sait aimé, comme David devant l’Arche. Deux incises se répètent : les ré qui précèdent les clivis mi-si sont évidemment à traiter de la même manière (épisémés dans les manuscrits) : ils portent en eux toute l’énergie qui fera jaillir la clivis et sa suite, très légère. Leur laisser le temps de la générer. Ensuite, il y a un motif bien distinct : do-si-do-la-sol-do-sol-si-do, très fluide encore, dont on doit laisser planer le dernier do (pes quassus épisémé sur la deuxième note). Enfin un dernier motif sol-la-do-…-ré, simple. Et Redémptor : celui qui nous tire de la fange pour nous élever jusqu’à Lui. Un beau crescendo, détailler le pes sol-la. Noster : exclamation… Incroyable, il est à nous ! A saeculo : attention au solfège sur fa-mi. Idem sur le do-sol-fa-sol de nomen, dont la mélodie originale dit la profonde saveur du nom de Dieu. Tuum reprend le jubilus de tua pour chanter l’éternité du nom divin.
► Alléluia : Laudem Dómini loquétur
Alléluia, alléluia. Ma bouche publiera la louange du Seigneur, et que toute chair bénisse son saint nom. Alléluia. (Ps 144,21)
Ce verset de l’Alléluia de la Fête du Saint Nom de Jésus est la conclusion d’un psaume de louange et d’action de grâces où David chante la tendre paternité de Dieu. La mélodie est une adaptation de l’Alléluia du 2e dimanche après la Pentecôte.
Le jubilus, dont la corde est plus le sol que le la, se situe dans le grave et est construit en trois membres. Le premier est une intonation qui conduit avec énergie vers le sol. Cela requiert de ne pas s’arrêter sur le premier mi (qui n’est pas une note modale), mais plutôt de prendre appui sur le do qui précède, comme le suggère le manuscrit d’Einsiedeln (neume désagrégé). Le 2e membre est une lente descente par cordes conjointes : la, sol, fa, mi, do… manque le ré qui se fait attendre et ne conquière sa place prépondérante qu’au terme du 3e membre. Belle construction.
Verset : Le caractère de 1er mode s’affirme avec le la du Laudem. Ce mot commence à l’aigu, comme si la louange plaçait d’emblée notre âme au niveau supérieur de la réalité, tout en nous faisant entrer profondément dans la paix du Seigneur (descente de Dómini). Loquétur os meum : une parole d’abord tout intérieure, mais si prégnante qu’elle ne pourra se satisfaire de rester seule. D’où cet appel à toute chair benedícat omnis caro / nomen sanctum ejus !, dont la mélodie se déploie enfin sur tout l’ambitus du 1er mode, en deux grandes courbes, comme pour être sûr d’envelopper toute la création, comme un flux et un reflux incessant de prière et de louange, dont l’invocation du Nom qui résume tout est le centre. A l’intérieur de chacune de ces courbes, mettre en valeur les neumes quilismatiques qui se répondent et laisser glisser les détentes qui les suivent.
► Offertoire : Confitébor tibi, Dómine
Seigneur mon Dieu, de tout mon cœur je chanterai vos louanges et je glorifierai éternellement votre nom : car vous êtes suave et doux, Seigneur, et votre miséricorde déborde sur tous ceux qui vous invoquent, alléluia. (Ps 85,12.5)
Ce psaume de David chanté à l’Offertoire de la Fête du Saint Nom de Jésus est un chant de confiance et de demande. Comme dans l’Alléluia, une première partie exprime l’amour personnel du psalmiste, avant que le trop-plein de son âme ne se manifeste dans une sorte d’explosion mélodique où l’évocation du nom de Dieu atteint les sommets du mode. La suite, plus douce, comme une retombée, confirme tout autant le besoin d’annoncer à tous la bonté et la miséricorde du Seigneur.
La première partie (Confitebor… aeternum) est une adaptation de l’offertoire Jubilate Deo universa terra, où il est aussi question d’annoncer la bonté de Dieu et de chanter son nom. Le psalmiste s’adresse au Seigneur auquel il confesse sa totale adhésion de foi et d’amour, dans un grand élan de quinte où l’âme semble se fixer instantanément en Dieu. Sa confiance est totale (Dómine Deus sur les cordes fortes sol et la) et son intimité avec Lui est très profonde : il l’appelle « mon » Dieu, avec un si bémol de tendresse, avant de parler de « tout mon cœur » dans une phrase passionnée qui traverse l’ambitus sans demi-ton pour atteindre les profondeurs, puis remonte le long d’épisèmes pleins d’ardeur, ajoute une note à l’aigu, avant de s’achever sans se reposer sur un porrectus la-sol-la plus intense que jamais.
« Je glorifierai votre nom ». Nul besoin de commentaire, sinon une petite remarque sémiologique : les porrectus, légers, sont précédées de notes épisémées d’où ils tirent leur énergie, et qui doivent être expressives. In aetérnum répond à corde – amour rime avec toujours !… Même ferveur.
Quóniam… C’est le lieu de citer l’hymne des laudes de la fête : « Jésus, miel merveilleux dans la bouche : qui vous goûte a faim de vous, qui vous boit a encore soif ; il ne saurait plus rien désirer que Jésus, son bien-aimé. » Le sib de Dómine nous replonge dans l’intimité, tandis que la cadence en fa de mitis es avec sa quarte augmentée exprime la plénitude.
Et multae misericórdiae…: le solfège doit être bien préparé pour développer en un seul mouvement souple cette très gracieuse mélodie, où les accents verbaux sont admirablement traités comme de joyeuses élévations de l’âme.
Alleluia : Formule habituelle du temps pascal. NB Si la corde fa est prédominante, il semble que la note importante avant le quart de barre soit le ré, qui mériterait bien de porter l’ictus… voire un point, suivi d’une ritournelle très légère jusqu’au double-fa… Essayez !
► Communion : Omnes gentes, quascúmque fecísti
Toutes les nations que vous avez créées viendront ; elles se prosterneront devant vous, Seigneur, et célébreront votre nom ; car vous êtes grand et vous accomplissez des merveilles ; vous êtes seul Dieu, alléluia. (Ps 85, 9-10)
Les pièces antérieures exprimaient le souhait que toutes les nations adorent le Seigneur. La communion de la Fête du Saint Nom de Jésus l’annonce comme une certitude, sur le 8e mode qui est celui de la perfection, de la victoire. La mélodie est adaptée de la communion Domine memorábor, chant du juste qui marche docilement sous la conduite de Dieu depuis sa jeunesse. Nous pourrions faire ici le lien déjà évoqué plus haut entre l’amour intime du juste pour Dieu et sa fécondité universelle.
Il s’agit d’un chant de communion, et c’est bien ce mouvement d’adoration qui se déroule sous nos yeux : les gens de toutes conditions s’avancent vers le Seigneur, ils glorifient son Nom en recevant dans la foi le sacrement du salut, merveille incomparable opérée par le Dieu grand, et source de toutes sortes d’autres merveilles visibles ou cachées.
Omnes… fecísti : le mouvement horizontal est celui de la marche, allant, résolu. Adorabunt : arc gracieux qui dit l’élévation de l’âme (tractulus fa-sol-la : détaillés et expressifs) conduisant naturellement à l’abaissement devant le Seigneur, dont le nom est chanté au sommet sur un ton d’admiration. En écho : le torculus d’un glorificabunt très élancé. La barre qui le précède n’est pas très heureuse, une demie-barre devrait suffire. Nomen tuum : la douceur du sib rappelle que le nom de Jésus est « miel merveilleux dans la bouche, nectar céleste pour le cœur ».
Magnus es tu : la grandeur de Dieu dans les aigus, à chanter avec noblesse ; les merveilles qu’il opère ici-bas dans le grave, mais en gardant un bon tempo. Tu es : la corde forte ; Deus solus : affirmation convaincue en 7 temps binaires bien charpentés. Alleluia : bienvenu pour le sens, il l’est moins pour la musicalité qui s’achevait bien sur solus. Du coup : vif et léger, sans demie-barre, comme s’il jaillissait de la note pointée de solus, comme une résonance.
Halleluyah ! Louez YHWH ! C’est bien l’écho, la résonance profonde, la réponse adéquate et éternelle au Nom béni de Jésus, YHWH sauve, Yehoshua. Chantons-le dès maintenant sans nous lasser, car il est le chant du Ciel.
Divorce catho : pire que pire
“Où sont les pères ?” se demande la société.
“Où sont les pères catholiques ?”, pouvons-nous demander de plus en plus souvent.
Un mariage sur 2 finit par un divorce, en France. Mais chez les cathos ? Ou même : chez les tradis ?
Pas de statistiques disponibles. Assez rarement… mais cela arrive.
Et, quand cela arrive, c’est souvent très conflictuel.
Analysons les raisons de ce conflit, et ses conséquences.
DEPART DES FEMMES EN GENERAL : « MON CHOIX, MA VIE, ETC. »
75% des divorces sont initiés par les épouses, en France.
Pour les cathos, pas de statistiques ici non plus, mais la tendance semble la même.
La différence fondamentale est ailleurs. Pour des femmes non-cathos, inutile de justifier le départ : c’est leur « liberté », la famille n’est pas un absolu.
DEPART DES FEMMES CATHOS : « IL EST VIOLENT »
Pour beaucoup de femmes cathos, c’est radicalement différent. La famille est la cellule de base de la société. Pour partir et faire exploser la famille, il faut une raison présentable aux proches, à la paroisse, à l’école, etc. La raison invoquée est souvent celle-ci : le père serait violent. Violent envers la mère (qui est témoin de l’intimité conjugale ?), violent avec les enfants (quel père n’a jamais donné une fessée ou crié sur les enfants ?). Autre vocabulaire commun : manipulateur, pervers, etc.
Dans certains cas, le fait est vrai, avec témoignages directs, par des personnes de confiance, dont des prêtres solides, des médecins honnêtes.
Dans d’autres cas, c’est « parole de la mère contre parole du père ». Dans le contexte des #MeToo, la société est toute prête à appuyer la mère, les juges aussi. Pour certains avocats et juges gauchistes, il y a même le plaisir de participer à la destruction d’une famille catho…
Parfois, la raison est justifiée ex post : la décision de partir est prise, et l’épouse provoque l’époux. Dans plusieurs cas par exemple, l’épouse est partie avec les enfants. Le père cherche l’aide de la force publique pour voir ses enfants, cela lui est refusé, il s’énerve… et finit en garde-à-vue. Ou bien le père écrit moult messages à la mère… qui porte plainte contre lui pour harcèlement.
Il ne s’agit pas de justifier ici un comportement du père : tout ce qui est délictueux est à proscrire, encore plus s’il s’agit de menaces contre la mère, de coups, etc.
Il faut donc conserver calme et patience.
Mais… force est de constater que calme et patience conduisent aussi au piège suivant… Aucune solution ne semble alors exister, la mécanique est inarrêtable…
LE CHANTAGE DES ENFANTS OTAGES
Souvent, constatons-nous, la mère quitte le foyer, avec les enfants. Elle va « se réfugier », loin du mari « violent », en « protégeant aussi les enfants ».
Quand cela est vrai, quand il y a eu factuellement violence, c’est légitime.
Mais quand cela est faux ?
Cela peut durer des mois, avant qu’une procédure JAF (juge aux affaires familiales) n’arrive. Pendant cette période, légalement, la mère est dans son droit : rien ne lui interdit d’emmener et cacher les enfants. Le père pourrait théoriquement faire la même chose, mais en pratique cela n’existe pas (hormis quand il s’agit d’un étranger qui repart dans son pays avec les enfants ? autre cas ?).
Pendant ce temps, les enfants n’entendent que la version de leur mère.
Mécaniquement, cette version ne peut que se renforcer dans leur esprit, consciemment ou non. La mère ne fréquente plus que ceux qui adhèrent à son discours. Le temps joue pour elle. L’enfant condamne son père, soit parce qu’il l’imagine trop faible pour arriver à organiser une sortie de crise, soit parce qu’il pense que le père l’a abandonné. Un père faible ou lâcheur, dans tous les cas c’est un père dégradé dans l’œil de l’enfant.
L’ENFANT LUI-MEME NE VEUT PLUS SON PERE
Rapidement, l’enfant prend donc lui-même à son compte le narratif maternel.
C’est d’ailleurs une question de survie pour lui : comment pourrait-il vivre dans un contexte où tout le monde lui fait sentir la nocivité de son père ? Une sorte de syndrome de Stockholm.
Ainsi, quand le JAF finit par octroyer un droit de visite au père, il est souvent trop tard. L’enfant ne veut pas. Le JAF peut alors essayer de mettre en place une rencontre « médiatisée » (avec un médiateur). Cela fonctionne parfois. Mais, bien souvent, cela produit l’effet inverse. Cette mesure semble confirmer la dangerosité du père : certes la justice lui dit de voir son père, mais en même temps cette justice lui dit subtilement « ne t’inquiète pas, nous sommes présents pour te protéger ». « Pour me protéger ? Cela prouve que Papa est vraiment violent, comme le dit Maman depuis le début ! Au secours, je ne veux plus jamais voir mon père ! »
CONSEQUENCE PARTICULIERE : RUPTURE DU LIEN ENFANTS-PERE
Notre société se plaint régulièrement de l’« absence des pères », provoquant l’impossibilité de construire des enfants équilibrés et des adultes responsables.
Certes.
Mais la société favorise cette absence des pères, avec « les juges et les lois » qui favorisent la mère (cf la belle chanson de Balavoine « Mon fils, ma bataille »).
Plus encore, dans le milieu catho, comme vu ci-dessus, la seule raison acceptable est l’accusation de violences. Cette accusation est donc souvent considérée comme nécessaire pour la mère qui veut partir.
Il faut mentionner aussi la prudence (lâcheté ?) de chacun d’entre nous, quand nous constatons une telle situation dans notre entourage. Même les prêtres sont très frileux à entrer dans ces questions. Chacun se réfugie faussement derrière l’impossibilité d’aider le couple, alors qu’en réalité il s’agit uniquement d’essayer de préserver le lien enfants-père. La confusion entre la relation de couple et la relation enfants-père permet souvent toutes les excuses et toutes les lâchetés.
Comme dans la parabole du Bon Samaritain, le sort du père « à terre, bafoué, nié, souffrant » nous fait tourner la tête et poursuivre notre chemin…
Notre lâcheté trouve son ultime excuse dans le long terme. Si, à la fin, les enfants finissent par renouer avec leur père, c’est que « tout est bien qui finit bien ». Si le lien est définitivement coupé, c’est qu’il y avait des raisons… Nous jugeons après coup, et dans les deux cas nous sommes rassurés…
CONSEQUENCE GENERALE : DESTRUCTION DE LA VOLONTE D’ETRE PERE
Quand tout se passe mal, le résultat est simple : une relation enfants-père détruite, et un père condamné à payer des pensions alimentaires sans jamais voir les enfants.
Dans la société en général, tout le monde connait de tels cas. Cela ne donne pas envie de s’engager dans la paternité… C’est une des raisons de la dénatalité de notre peuple.
Dans le milieu catho, cela arrive moins souvent, tant mieux. Mais, lorsque cela arrive, les dégâts sont multipliés. Notre attachement légitime à la famille et aux rôles complémentaires des 2 parents est bafoué. Notre admiration du rôle héroïque des mères se fissure : celle qui semblait si solide, voilà comment cela se termine ? En qui puis-je mettre ma confiance, pour fonder un foyer ?
Plus les cas sont nombreux, plus le doute s’installe. Celle que j’épouse aujourd’hui, m’abandonnera-t-elle dans 15 ans, avec le sort que connaît Oncle Albert ?
LA DEMISSION TOTALE DES EVEQUES
Dans ce domaine comme dans tant d’autres, les évêques ne font pas leur travail.
Le code de droit canon (1152 et 1153) leur donne l’obligation de juger les séparations. En pratique, ils n’ont organisé que le « divorce catho », autrement dit la déclaration de nullité.
Si vous avez connaissance de cas tels que décrits ci-dessus, vous pouvez écrire à [email protected] , nous essayerons de les aider.
Charles Rosiers, ancien chroniqueur au quotidien Présent, [email protected]
(en étant conscient de n’évoquer ici que les cas où la mère quitte le foyer ; nous étudierons prochainement les cas où c’est le père qui quitte le foyer)
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Le retour de la guerre scolaire ?
Lu dans Les 4 Vérités du 26 décembre :
La mairie de Paris a annoncé, pour la deuxième année consécutive, son refus de payer le forfait d’externat au Collège Stanislas.
Depuis plus d’un an, cet établissement catholique prestigieux, dans le collimateur de l’extrême gauche depuis longtemps, est en butte aux tracasseries en tout genre.
La municipalité socialo-écolo-communiste a ainsi justifié sa décision :
« Puisque les engagements pris ne sont pas tenus, la ville a décidé de ne pas verser le forfait. C’est le rectorat qui le dit : le compte n’y est pas, en particulier sur les cours d’éducation à la culture chrétienne ou sur les questions liées à l’éducation à la vie affective et relationnelle (Evars). »
D’abord, on ne voit pas bien en quoi la municipalité serait compétente pour apprécier l’enseignement et la pédagogie. Si, réellement, il y a un problème à Stanislas, l’État peut sanctionner l’établissement – et même aller jusqu’à rompre le contrat d’association –, ce qu’il n’a pas fait malgré une enquête à charge.
Ensuite, à supposer que l’enseignement de Stanislas soit problématique, cela ne justifie nullement que la mairie se mette elle-même dans l’illégalité. Car ce forfait d’externat n’est pas une libéralité, mais une obligation pour la ville de Paris.
Au demeurant, l’année dernière, le préfet avait contraint la ville à payer – ce qu’elle avait fait en catimini, selon la méthode éprouvée (on fait beaucoup de bruit pour montrer quel indomptable défenseur des « valeurs de la république » on est, puis on s’écrase discrètement, mais plus personne n’y prête attention !).
Mais le plus curieux est ailleurs : en me renseignant sur cette triste affaire, j’ai découvert (dans « Libération », s’il vous plaît !) que l’État avait été attaqué en justice pour non-respect de la loi sur l’éducation sexuelle : on attaque donc Stan pour une loi qui n’est appliquée nulle part – et qui, d’ailleurs, est extrêmement contestable car, que je sache, l’État n’a pas à se faire maître ès sexualités.
Ayant abandonné ses fonctions régaliennes, l’État a sans doute les moyens de faire du social, de l’éducation sexuelle, de la vente de drogue « safe » et mille autres choses passionnantes…
En attendant, rallumer la guerre scolaire sur une base aussi fragile me semble assez aventureux.
La nuit calme du 31 décembre…
1 173 véhicules ont été brûlés en France lors du Nouvel An selon le ministère de l’Intérieur. C’est plus que les 984 incendiés l’an dernier.
Il y a eu 505 interpellations et 403 placements en garde à vue contre 420 et 310 il y a un an.
Le ministère de l’Intérieur se veut rassurant :
Le ministre de l’Intérieur remercie l’ensemble des forces de sécurité intérieure et de sécurité civile et des membres d’associations agréées de sécurité civile pour leur implication dans la gestion de la sécurisation de la nuit de la Saint-Sylvestre.
L’arrestation de Nicolás Maduro marque une rupture nette dans la politique américaine à l’égard du Venezuela
De Jean-Baptiste Noé dans Conflits :
Sur le plan tactique, l’opération apparaît comme une réussite incontestable. Elle a été préparée de longue date, avec une montée en pression progressive : blocus maritime, déploiement de la flotte américaine et intensification de la lutte contre les narcotrafics. À cela s’est ajoutée une infiltration du territoire vénézuélien par les forces spéciales et les services de renseignement.
L’intervention elle-même, menée de nuit, a été fulgurante : frappes ciblées sur des points stratégiques, arrestation rapide de Nicolás Maduro, de son épouse et de membres clés de son entourage par les forces spéciales américaines. D’un point de vue strictement militaire, l’opération constitue un succès.
L’après-Maduro : un défi politique majeur
Le plus difficile reste toutefois à venir. Une fois le régime renversé, se pose la question cruciale de l’après : comment établir un nouveau gouvernement ? Comment garantir la stabilité politique et économique du pays ? Et surtout, comment reconstruire un État affaibli par près de vingt-cinq ans de chavisme, entre Hugo Chávez et Nicolás Maduro ?
Les raisons de l’intervention américaine
Contrairement à une lecture simpliste souvent avancée, l’intervention ne répond pas principalement à des considérations pétrolières. L’enjeu central est sécuritaire. Le Venezuela est devenu un narco-État, marqué par des trafics massifs, drogue, êtres humains, et par une grave crise humanitaire. Plus d’un million de Vénézuéliens ont fui le pays, provoquant une déstabilisation régionale majeure.
Cette instabilité dépasse largement les frontières vénézuéliennes. La Colombie, le Chili et d’autres États d’Amérique latine subissent les conséquences directes de l’effondrement vénézuélien. Au Chili, par exemple, les bandes criminelles venues du Venezuela ont profondément déstabilisé le nord du pays, au point de devenir un thème central de la campagne présidentielle.
Par ailleurs, le Venezuela constituait un pilier économique pour plusieurs régimes anti-américains, en particulier Cuba, à qui Caracas fournissait du pétrole à prix réduit. Aux yeux de Washington, la question vénézuélienne s’inscrit donc dans une stratégie globale de stabilisation du continent latino-américain.
Des répercussions régionales en cascade
À l’échelle régionale, les conséquences pourraient être rapides. Cuba, qui recevait environ 40 000 barils de pétrole par jour du Venezuela, risque une dégradation économique et sociale brutale. Privé de ce soutien, le régime cubain pourrait vaciller dans les semaines à venir, ouvrant la voie à un possible changement de gouvernement.
Le Nicaragua, également dépendant des subsides vénézuéliens, pourrait suivre une trajectoire similaire.
Venezuela et Irak : une comparaison trompeuse
Certains observateurs comparent déjà l’intervention américaine au Venezuela à celle menée en Irak en 2003, redoutant un scénario de chaos prolongé. Cette comparaison est pourtant largement infondée.
L’Irak n’était pas un État-nation homogène ; il ne tenait que par la force d’une dictature et par l’idéologie du parti Baas. Le Venezuela, à l’inverse, est une nation dotée d’une forte cohésion culturelle, ethnique et religieuse. Il dispose d’une classe éduquée capable de gérer les institutions administratives et économiques du pays. Les conditions d’une reconstruction étatique y sont donc bien plus favorables.
Un avenir entre espoir et incertitudes
Comme toujours après la chute d’un dictateur, l’avenir du Venezuela oscille entre promesses et défis. La fin du régime de Nicolás Maduro ouvre une opportunité historique de redressement démocratique. Mais reconstruire un pays profondément affaibli par vingt-cinq ans de mauvaise gouvernance exigera du temps, des compromis politiques et un accompagnement international durable.
L’arrestation de Nicolás Maduro n’est ainsi pas une fin en soi : elle marque le début d’une nouvelle phase, décisive pour le Venezuela et pour l’équilibre de toute l’Amérique latine.
Mgr Dollmann encourage les agriculteurs à ne pas céder au découragement
L’évêque de Cambrai Mgr Dollmann a exprimé son soutien aux agriculteurs, pris en étau entre plusieurs crises (dermatose nodulaire bovine, grippe aviaire, Mercosur, effondrement de la rentabilité des exploitations, suicides etc.) :
Beaucoup d’entre vous traversent une période de grande difficulté. Je soutiens vos initiatives qui cherchent à faire connaître vos situations et à trouver des solutions politiques et économiques qui respectent votre travail. Je vous encourage également à ne pas céder au découragement. La terre, qui nous nourrit, reste un lieu de vie et d’espérance.
Que votre travail, humble et noble, continue à être reconnu et soutenu.
Les communautés chrétiennes s’engagent à prier pour vous, vos familles et vos exploitations.
En ce temps de Noël, que le Seigneur vous accompagne et vous donne force et courage : que cette lumière du Christ venu en notre chair soit, pour chacune et chacun d’entre vous, un signe d’espérance.
Nouvelle victoire judiciaire pour la liberté d’expression
Lu dans Le Bien commun :

Vous pouvez commander ou vous abonner au Bien commun ici ou le retrouver chaque mois sur Le Club de la Presse.
Une grand-mère écossaise arrêtée pour avoir proposé de discuter avec des femmes envisageant l’avortement
Une grand-mère écossaise a comparu devant le tribunal après avoir été accusée d’avoir brandi une pancarte à moins de 200 mètres de l’hôpital universitaire Queen Elizabeth sur laquelle on pouvait lire : « La coercition est un crime, je suis là pour parler, seulement si vous le souhaitez. »
En 2024, le Parlement écossais a adopté une loi instituant des « zones d’exclusion » ou « zones tampons » de 200 mètres de large autour de toutes les cliniques pratiquant l’avortement en Écosse. Cette loi interdit le harcèlement, l’intimidation et toute forme d’influence sur les personnes souhaitant accéder à l’avortement.
Rose Docherty, 75 ans, a été accusée d’« influence » dans la zone tampon « alors qu’elle s’est contentée de se tenir paisiblement et silencieusement en offrant une conversation consensuelle et n’a approché personne, ni fait aucune déclaration sur l’avortement », selon le groupe d’avocats Alliance Defending Freedom (ADF), qui représente Docherty. Docherty est la première personne à être inculpée en vertu de cette nouvelle loi.
Après son arrestation, cette grand-mère de 75 ans a été placée en garde à vue pendant plusieurs heures. On lui a refusé une chaise dans sa cellule, bien qu’elle ait indiqué avoir subi une double arthroplastie de la hanche.
« Je n’arrive pas à croire que je sois ici aujourd’hui. Je me suis simplement tenue là, avec amour et compassion, offrant une conversation consensuelle à quiconque souhaitait s’engager ».
« Personne ne devrait être criminalisé simplement pour avoir engagé la conversation ». « Discuter n’est pas un crime dans les rues de Glasgow. »
Suite à l’arrestation de Docherty, le département d’État américain a exprimé son inquiétude :
L’arrestation de Rose Docherty est un autre exemple flagrant de la répression tyrannique de la liberté d’expression qui sévit à travers l’Europe.
Quand des grands-mères de 75 ans sont arrêtées pour avoir simplement manifesté pacifiquement et engagé la conversation, c’est le bon sens et les notions élémentaires de civilité qui sont mis à mal.
Les États-Unis dénonceront toujours ces violations des droits fondamentaux.
Lutte contre l’infertilité: Juristes pour l’enfance oeuvre pour replacer l’intérêt de l’enfant et ses droits au coeur des processus de décision
Communiqué du 23 décembre :
Le 28 novembre dernier, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié ses premières recommandations relatives à la prévention, au diagnostic et au traitement de l’infertilité (ICI).
Selon le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, l’infertilité touche une personne sur six en âge de procréer et constitue un défi majeur de santé publique. Les lignes directrices:
- préconisent 40 recommandations visant à renforcer la prévention, le diagnostic et le traitement de l’infertilité.
- proposent un cadre pour les étapes nécessaires à une prise en charge clinique de l’infertilité et recommandent de renforcer les investissements dans la prévention, notamment par la diffusion d’informations sur la fertilité et l’infertilité, y compris l’influence de facteurs de risques comme l’âge, le tabac, les IST, le mode de vie au sein des écoles et des structures de soins.
- décrivent les parcours cliniques pour identifier les causes biologiques de l’infertilité chez l’homme et la femme et orienter, selon les résultats et les préférences des patients, vers des traitements progressifs allant des conseils de base aux techniques plus complexes comme l’insémination intra-utérine ou la FIV.
Juristes pour l’enfance souhaite apporter les commentaires suivants :
➡️ On s’étonne que les méthodes de restauration naturelle de la fertilité ne soient pas mentionnées comme une des solutions à ce défi majeur de santé publique et une alternative possible à la procréation médicalement assistée.
Par exemple, la naprotechnologie est une prise en charge naturelle pour restaurer la fertilité, fondée sur la connaissance précise du cycle féminin complétée par un suivi médical classique, avec des examens (prises de sang, bilans hormonaux, échographies, spermogramme, etc.), des consignes hygiéno-diététiques (régime pauvre en sucres par exemple) et des traitements médicamenteux, voire chirurgicaux.
Cette prise en charge permet d’obtenir des résultats probants en matière de restauration de la fertilité, tout en épargnant aux enfants les risques médicaux et les atteintes à leurs droits résultant de la PMA (voir encart ci-dessous): c’est pourquoi elle devrait être privilégiée.
➡️ L’OMS continue de qualifier les techniques de procréation médicalement assistée de « traitements » de l’infertilité. Or, ces techniques ne guérissent pas l’infertilité, mais la contournent éventuellement en cas de succès. Il est donc inexact de les présenter comme un traitement de l’infertilité.
En outre, la PMA emporte de nombreux inconvénients, médicaux comme juridiques :
➡ le recours à la FIV expose les femmes à des risques médicaux importants et emporte des conséquences médicales pour les enfants (voir encart ci-dessous) ;
➡ la congélation des embryons devrait être abandonnée comme constituant un traitement inhumain et dégradant, contraire à la dignité humaine ;
➡ la PMA avec donneur expose les enfants à des troubles dans leurs conditions d’existence, et méconnait leur droit à la filiation (droit pour tout enfant, dans la mesure du possible, de connaitre ses parents et d’être élevé par eux, proclamé par l’article 7 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE) de l’ONU, texte international pourtant le plus ratifié au monde).
C’est pourquoi Juristes pour l’enfance appelle de ses voeux de véritables études sur les causes réelles de l’infertilité et le développement de recherches visant à traiter les causes pour restaurer la fertilité, dans le respect des droits, de la dignité et de la santé de l’enfant.
Alors que le processus de révision de la loi de bioéthique va se déployer en 2026, Juristes pour l’enfance porte dans le débat législatif français les propositions suivantes :
➡️ La fin à la congélation des embryons, remplacée par la généralisation de la conservation des gamètes.
➡️ La prise au sérieux des droits de l’enfant dans la PMA et notamment la PMA avec donneur et la PMA pour les femmes seules, en vue de l’abandon à terme de ces pratiques.
➡️ L’introduction dans le code pénal d’un délit sanctionnant le recours à la GPA par des Français, que la GPA soit réalisée en France ou à l’étranger.
Mon petit Jésus. Le “Kervizic” pour le mois de janvier. Vite, vite, déjà deux histoires racontées !
C’est pour le mois de janvier, juste après Noël, avec des histoires qui nous emmèneront jusqu’à la belle fête de la Chandeleur. Ce petit livre est dédié « à tous les prêtres qui nous sont chers ». Quelle bonne idée de prier pour nos prêtres : « Jésus s’est fait tout petit à Noël dans une mangeoire grâce au « oui » de la Vierge Marie, plus petit encore à la messe dans le saint ciboire, parce que le prêtre a dit « oui ».
Cet album est tourné vers Jésus, tout petit. De belles histoires vraies illustrées aideront toute la famille à méditer devant la crèche jusqu’à la Chandeleur !
Aurélie Kervizic a mis son talent merveilleux d’écrivain et de dessinatrice au service des plus jeunes, pour les aider à vivre sous le regard du Bon Dieu. Et quand la plume et le pinceau s’allient pour un tel idéal, c’est enchantement pour le cœur et l’âme. Pas seulement pour les plus jeunes, mais aussi pour les parents, les grands-parents réquisitionnés pour la lecture. Quelle douce obligation !
Déjà des milliers de petites mains ont tourné les pages de ces albums ravissants. Dessins clairs, frais illustrant à merveille des vies de saints, des anecdotes véridiques. Un texte aéré, des mots choisis pour accompagner l’enfant et lui faire lever les yeux vers le ciel. Une reliure solide pour les petites mains. Un format à l’italienne permet une lecture partagée et animée en découvrant ces dessins fourmillants de détails.
Autres titres de cette collection, d’Aurélie Kervizic :
https://www.livresenfamille.fr/3077_aurelie-kervizic
Ma petite histoire de Noël
Mon petit livre de carême,
Ma Semaine Sainte
Mon petit livre de l’été, juillet
Mon petit livre de l’été, août
Mon meilleur ami,
Mes amies les âmes
Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/de-5-a-8-ans/26605-mon-petit-jesus-janvier-jour-apres-jour-avec-l-enfant-jesus.html
Mon petit Jésus, Aurélie Kervizic, 108 pages, Editions Maélic, 17€
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“Il a tenu sa croix dans sa main et le feu l’a esquivé”
Témoignage suite au drame de Crans-Montana :
«J’ai un ami qui n’arrivait pas à sortir, il a tenu sa croix dans sa main et le feu l’a esquivé. Le feu était tout autour de lui, mais pas sur lui», témoigne une survivante pic.twitter.com/c3E2WOQ8Z4
— CNEWS (@CNEWS) January 2, 2026
Amsterdam : un incendie ravage la première église dédiée au Sacré-Cœur
Un gigantesque incendie a détruit, dans la nuit du mercredi 31 décembre au jeudi 1er janvier, la Vondelkerk, ancienne église catholique située dans le quartier d’Amsterdam-Ouest. Le sinistre s’est déclaré aux premières heures de la nouvelle année, dans un contexte de Saint-Sylvestre particulièrement agitée aux Pays-Bas. Les causes exactes du feu demeurent, à ce stade, inconnues.
Selon les autorités locales, les flammes ont rapidement embrasé la toiture de l’édifice, provoquant l’effondrement de la tour, haute d’environ cinquante mètres, après plusieurs heures de combustion. Si le toit et l’intérieur du bâtiment ont été presque entièrement détruits, les murs extérieurs et la structure principale « devraient rester intactes », d’après les services municipaux.
Construite entre 1872 et 1880, la Vondelkerk fut la première église au monde dédiée au Très Saint Cœur de Jésus. Œuvre de l’architecte néerlandais Pierre Cuypers, figure majeure du renouveau néogothique, elle servit pendant près d’un siècle de lieu de culte pour la paroisse catholique du Sacré-Cœur.
À partir de 1977, l’église cessa d’être utilisée pour le culte et fut officiellement désacralisée. L’édifice connut alors une lente dégradation, avant d’être vendu par le diocèse de Haarlem-Amsterdam pour la somme symbolique d’un florin. Après une période d’occupation illégale, il fut finalement restauré dans les années 1990 et transformé en espace multifonctionnel, accueillant concerts, réceptions privées et événements culturels.
Les statues des saints, les stations du chemin de croix et plusieurs éléments du décor liturgique avaient été retirés ou dispersés dès les années 1970, témoignant d’un abandon progressif de l’identité religieuse du lieu.
L’incendie de la Vondelkerk s’inscrit dans un climat général de tensions extrêmes ayant marqué le passage à l’année nouvelle aux Pays-Bas. Deux personnes ont trouvé la mort à la suite d’accidents liés aux feux d’artifice, et plusieurs blessés graves sont à déplorer. De nombreuses violences contre les forces de l’ordre et les services de secours ont également été signalées.
Le gouvernement polonais s’attaque à l’institution du mariage
L’Institut polonais Ordo Iuris a publié une analyse du projet de loi annoncé le 12 novembre par le Conseil des ministres polonais, modifiant le Code de la famille et de la tutelle ainsi que certaines autres lois. Ce projet de loi vise à introduire dans le système juridique polonais une nouvelle institution : le « divorce extrajudiciaire » ou « divorce par consentement mutuel ». Le ministère polonais de la Justice, dans un communiqué de presse officiel, précise qu’« une procédure de divorce extrajudiciaire sera accessible aux couples dont le lien conjugal est totalement et définitivement rompu. Il s’agit d’une condition essentielle à laquelle le divorce est impossible. Par ailleurs, plusieurs conditions doivent être remplies : (1) les époux doivent consentir à dissoudre leur mariage sans faute, (2) ils ne doivent pas avoir d’enfants mineurs en commun, (3) leur mariage doit avoir duré au moins un an, (4) aucune procédure de divorce, de séparation de corps avec demande de divorce ou d’annulation de mariage ne doit être en cours entre les époux. »
En réaction à l’adoption du projet de loi par le Conseil des ministres, l’Institut Ordo Iuris a publié un avis juridique affirmant que ni la Constitution de la République de Pologne ni le cadre international des droits de l’homme ne prévoient de « droit au divorce ». Si le divorce existe dans les systèmes juridiques de certains pays, il n’y est considéré que comme une exception au principe de protection du mariage, lequel doit, par défaut, être traité comme une institution durable et indissoluble. Le mariage, soumis à la protection et à la vigilance particulières de la République de Pologne, ne constitue pas un « contrat ordinaire ». L’État ne peut se soustraire à son devoir de statuer, en toute souveraineté, sur la question de savoir si le potentiel social et démographique d’un mariage donné est irrémédiablement perdu, même si les époux le pensent à ce moment-là. Cela ne signifie pas pour autant que les procédures de divorce doivent être prolongées indéfiniment. Toutefois, le lieu approprié pour statuer sur des questions aussi fondamentales reste celui du pouvoir judiciaire – le tribunal.
La réglementation proposée par le gouvernement de Donald Tusk n’est pas la première tentative visant à rendre le divorce plus attractif pour les citoyens et, par conséquent, à réduire l’attrait de l’institution du mariage. Parmi les mesures législatives précédentes qui ont effectivement dissuadé des milliers de Polonais de se marier (et dont les conséquences se font encore sentir aujourd’hui), on peut citer la mise en place d’une allocation pour les parents isolés (2003) et la suppression des audiences de conciliation après 60 ans d’existence (2005). En conséquence, bien que durant les 35 premières années de la Troisième République polonaise (1990-2024) qui a succédé à la République populaire de Pologne communiste, le nombre annuel de divorces ait initialement diminué (de 42 436 en 1990 à 27 891 en 1993), puis augmenté lentement pour atteindre 56 332 en 2004, ce chiffre a bondi à 67 578 en 2005 et à 71 912 en 2006 après la mise en œuvre des réformes susmentionnées. Après 2007, le nombre de divorces a sensiblement diminué, mais n’est pas descendu en dessous du seuil des 50 000 fixé en 2004 ; en 2023, la Pologne comptait 56 892 divorces et, en 2024, 57 463. De même, par exemple, l’indicateur Eurostat du nombre de divorces pour 1 000 habitants est resté relativement stable entre 1990 et 2002, oscillant entre 0,7 et 1,2, puis a augmenté de 1,3 à 1,9 entre 2003 et 2006. Il a ensuite commencé à diminuer pour atteindre 1,5 en 2024, un chiffre toujours supérieur à celui de 2002, avant l’introduction des modifications.
Par ailleurs, les expériences du Portugal, de l’Espagne, de l’Italie et de la France, analysées dans le cadre de l’Ordo Iuris (qui a introduit le divorce express respectivement en 2001, 2005, 2015 et 2016), suggèrent que la simple mise à disposition de cette option provoque une véritable « catastrophe conjugale » irréversible. Les changements introduits dans ces pays ont non seulement accéléré la procédure, mais ont également entraîné une baisse de la stabilité conjugale globale. Au Portugal, le taux de divorce est passé de 1,8 en 2001 à 2,7 en 2002 ; en Espagne, de 1,2 en 2004 et 1,7 en 2005 à 2,9 en 2006 ; en Italie, de 0,9 en 2014 à 1,4 en 2015 et 1,6 en 2016. Le taux de divorce dans ces pays n’a diminué qu’avec la pandémie de COVID-19. En ce qui concerne cet indicateur, les chercheuses Libertad González et Tarja K. Viitanen, dans leur étude de 2009 portant sur 18 pays européens sur la période 1950-2003, indiquent que « l’introduction du divorce unilatéral sans faute a augmenté le taux de divorce d’environ 0,6 ».
Le projet de loi risque également de nuire au bien-être des enfants conçus pendant le mariage (ainsi qu’à celui de leurs mères). Il permet en effet à des parents de consentir à un divorce accéléré sans savoir qu’ils attendent un enfant et sans avoir la possibilité de revenir sur leur décision. De telles situations peuvent être évitées en incluant explicitement la conception d’un enfant parmi les motifs permettant de déposer une requête en annulation d’un divorce extrajudiciaire. Le second groupe concerné par la formulation actuelle du projet de loi est celui des enfants adultes handicapés ou en situation de dépendance qui restent à la charge de leurs parents. Dans ces cas, tout divorce devrait également rester sous le contrôle compétent du pouvoir judiciaire, comme c’est le cas, par exemple, au Brésil, en Italie et en Espagne. L’omission totale de cette question par le gouvernement de gauche libérale de Donald Tusk est incompréhensible, d’autant plus que la Fédération polonaise des mouvements pro-vie l’avait soulevée lors des consultations publiques.
L’Institut Ordo Iuris conclut son avis en affirmant qu’une véritable « protection et une véritable attention » au mariage impliquent que le système judiciaire dispose d’outils appropriés permettant aux époux en conflit d’examiner tous les arguments pour et contre une éventuelle séparation et la formalisation de cette procédure, mais surtout de déterminer si le mariage ne remplit plus sa fonction sociale et ne pourra plus la remplir à l’avenir, même si des mesures correctives appropriées sont prises. Ces outils sont également présents dans les procédures de divorce actuelles, notamment le pouvoir du tribunal d’orienter les parties vers une médiation s’il existe des perspectives de maintien du mariage (article 436 du Code de procédure civile) et la suspension automatique de la procédure s’il est convaincu de l’existence de perspectives de maintien de la vie commune (article 440 du Code de procédure civile). Parallèlement, le projet de loi du gouvernement transfère la responsabilité de l’ensemble de la procédure au chef de l’état civil, tout en le privant de toute possibilité de vérifier effectivement le statut réel du mariage en question, ce qui soulève des doutes légitimes quant à la compatibilité de ces dispositions avec l’article 18 de la Constitution de la République de Pologne.
« Le projet de loi du gouvernement réduirait le mariage à un simple contrat, en contradiction avec le principe constitutionnel de protection et de préservation de cette institution. L’État ne saurait se dérober à sa souveraineté quant à l’avenir du mariage. Le pouvoir de statuer sur des questions aussi fondamentales relève néanmoins de la compétence du tribunal. Par conséquent, ce projet de loi, dans sa forme actuelle, devrait être rejeté par la Diète de la République de Pologne ou faire l’objet d’un veto du Président de la République de Pologne », déclare l’avocat Nikodem Bernaciak, analyste principal au Centre de recherche et d’analyse de l’Institut Ordo Iuris.
Contes de Noël
Fabrice Hadjadj publie quatre contes de Noël, parmi lesquels Le berger perdu, ce personnage, qui pourrait être nous-même et qui manque toujours à la crèche, car il a toujours quelque chose d’important à faire. “Ne voyez-vous pas qu’il travaille ?”…
Chacun de nous l’a ressenti : il devrait y être, il était attendu, mais sa place reste vide. Il fallait résoudre cette énigme, retrouver l’histoire de ce berger absent. D’autant qu’elle se noue sur cette intrigue : s’il n’a pas répondu à l’appel des anges, c’est parce qu’il était parti à la recherche de la brebis perdue.
Il y a aussi l’histoire de cette mère qui, chaque fois qu’elle retourne chez ses parents à Noël, redevient une petite fille de 5 ans , celle de ce père qui préfère ses poules à son fils qui dessine des oiseaux, et celle de Parka, toujours emmitouflé dans son manteau, dont on ne sait s’il est un garçon ou une fille…
Quatre contes d’hier et d’aujourd’hui, à lire seul ou ensemble, des grands-parents aux petits-enfants, afin de renouer le fil des générations au mystère éternel.
Les lecteurs sont de droite
Selon le décompte en date du 21 décembre, le livre de Philippe de Villiers, Populicide, a été vendu à plus de 161 504 exemplaires.
142 764 exemplaires du Journal d’un prisonnier de Nicolas Sarkozy ont été vendus.
Le dernier livre de Jordan Bardella, Ce que veulent les Français, atteint, quant à lui, les 89 797 ventes.
Ces données ne prennent pas en compte les ventes directes de l’éditeur, notamment lors de salons ou de dédicaces.
Et à côté de ça :
Les gauchistes, biberonnés aux méthodes pédagogiques qui ont fait l’échec de l’Education nationale, ne savent pas lire…
Homélie de la messe des 40 ans de la mort du chanoine Roussel

Monseigneur, Monsieur l’abbé, Chers choristes, Mes bien chers frères,
« Le chef n’est pas un simple délégué de la communauté, mais son guide à la poursuite de ses fins les plus hautes. Le chef n’est là que pour aider [les membres de la communauté] à vouloir. »
Ces paroles viennent d’un autre Gaston (je veux parler de l’abbé Gaston Courtois), mais illustre bien quel homme fut le chanoine Gaston Roussel, qui eut la charge d’exercer plusieurs fonctions de chef au sens large : maître de chapelle de la cathédrale de Versailles, directeur de la revue « la musique sacrée – l’organiste », chapelain de la chapelle royale du château de Versailles, curé de Saint-Louis de Port-Marly, président de l’Association des chœurs et organistes de France, directeur-fondateur des Chœurs MichelRichard Delalande, et j’en oublie peut-être.
Cette Messe est célébrée à l’occasion du 40e anniversaire de la mort du chanoine Roussel, à la fois pour prier pour le repos de son âme et pour lui rendre hommage. Il a quitté cette vie il y a maintenant 40 ans, le 19 décembre 1985, et sa mémoire dans nos cœurs est encore bien vive ! Mémoire bien vive chez ceux qui l’ont connu, comme chez ceux qui n’en ont entendu parler que par ceux qui l’ont connu. Autrement dit, sa mémoire traverse les générations.
Lors de ses obsèques, Mgr Simonneaux le qualifiera de « personnage légendaire ». Pourquoi parle-t-on encore de lui 40 ans après ? C’est qu’il a marqué profondément ses contemporains, il était admiré par beaucoup, craint aussi par d’autres, et souvent aussi critiqué… Il ne craignait pas en effet d’essuyer les critiques, car il savait qu’il servait, qu’il défendait, une cause qui le dépassait. Je dis une cause, mais je devrais dire des causes.
La principale qualité qui le décrit est la fidélité.
En tant qu’homme, il a été fidèle à la terre de ses racines, en Lozère, fidèle à sa région d’élection (le diocèse de Versailles, où il entra au petit séminaire de Marines, puis de Versailles, avant de suivre ses études ecclésiastiques dans cette même ville et d’être ordonné prêtre en 1938 par Mgr Roland-Gosselin ; son frère écrira de lui qu’il a été chantre de Versailles toute sa vie), fidèle en amitié (un de ceux qui l’ont connu témoigne que « l’amitié de l’abbé Roussel était parfois rude mais toujours grande, sincère, affectueuse, sensible et chaude, infiniment précieuse pour ceux qui en bénéficient »), fidèle à la France (j’en veux pour preuve les nombreuses décorations militaires qu’il reçut à l’issue du 2e conflit mondial, notamment – la moins connue de toutes – la médaille des évadés, qui en dit long sur son caractère pugnace).
En tant que prêtre, il fut fidèle à la phrase qu’il fit figurer au dos de son image d’ordination : « Que notre vie soit un champ de louange à la gloire de Dieu ». Il fut donc fidèle à Dieu, fidèle à rendre à Dieu le culte qui lui est dû, notamment par le soin qu’il apportait – dans tous ses détails – à la grande musique liturgique (il aurait dit musique liturgique tout court, sans préciser « grande »), fidèle à la sainte Eglise, fidèle au sacerdoce qu’il avait reçu d’Elle pour l’éternité, fidèle au pape, fidèle à son évêque (Mgr Roland-Gosselin, puis Mgr Renard, qui le nomma curé à Port-Marly, et enfin Mgr Simonneaux, qui dira de lui qu’il a été prêtre, allant toujours droit devant lui, qu’il a été fidèle à son évêque. Mgr Simonneaux ajoutait même que chaque année, et le seul à la fin, le chanoine Roussel continuait de protester par écrit de son obédience).
Sa fidélité à toutes ces causes s’explique par le fait qu’il se considérait comme ayant beaucoup reçu (soit des dons naturels de Dieu, soit de ses maîtres), et donc comme devant transmettre ce qu’il avait reçu. Il parlait par exemple avec grande vénération de son maître à l’orgue, Monsieur de Saint-Martin, organiste de Notre-Dame de Paris. Preuve qu’il ne voulait pas attirer à lui, mais à Dieu et à de nobles sentiments, voici ce qu’il disait aux jeunes gens qui l’entouraient : « Formez-vous, puisez à pleines mains dans les trésors religieux, musicaux, historiques, artistiques et culturels de la tradition française et chrétienne ». Il écrivait encore en 1967, au sujet des choix qu’il avait posés pour sa paroisse et qui pouvait attirer les critiques : « J’ai la conviction de défendre un dépôt sacré, un trésor issu d’une civilisation bimillénaire et pétri de christianisme ». Sa loyauté était sans faille, ce qui explique qu’il était exigeant avec lui-même et donc avec les autres, le poussant parfois à être intransigeant sur des points importants, mais aussi sur des moindres. Dans le feu des répétitions, il pouvait arriver qu’un prie-dieu s’envole à cause d’un dièse un peu trop grave (le chef savait se montrer mauvais tireur, heureusement…) ou que le chanoine referme la console de l’orgue à peine ouverte et quitte les lieux si la chorale manquait de concentration, laissant là les chanteurs consternés.
C’était un chef qui aidait ses choristes à vouloir : vouloir faire toujours mieux, toujours plus beau pour le bon Dieu. Imperturbable – quoi que souvent profondément blessé – le chanoine poursuivait son œuvre. C’est parce qu’il était loyal et fidèle à ces nobles causes que le chanoine pouvait être qualifié de résistant devant ce qu’il estimait être des obstacles, ou même des ennemis, à la poursuite des fins les plus hautes. Résistant à l’occupation allemande, résistant au communisme, résistant au modernisme dans l’Eglise et aux abus liturgiques, résistant au soi-disant « esprit » du concile Vatican II, résistant à la dictature du relativisme musical. Il voulait que la musique sacrée soit au service de la foi, qu’elle s’adresse au cœur, non point de façon trop sensible ou sentimentale, mais au cœur de chair et d’âmes, qui s’émeut certes, mais qui s’engage. Il écrivait en 1967 : « Oui, la mystique du sanctuaire, celle de toujours jusqu’à nos jours, la vraie, l’immuable, est la martyre du siècle parce qu’elle exige un ascétisme dont on ne veut plus. »
Certains ont pu critiquer ses combats, mais force est de constater aujourd’hui qu’il n’avait pas tout à fait tort sur le fond, et même qu’il avait raison sur beaucoup de points. … sur le fond… même si sur la forme, il ressemblait plus à un don Camillo qu’à un François de Sales. Très finement, en parlant de l’obéissance et de la fidélité du chanoine Roussel, Monseigneur Simonneaux précisait que cette obéissance devait lui coûter beaucoup. S’il a accepté généreusement les souffrances et si son œuvre lui a survécu, c’est que ce n’était pas la sienne. Malgré ses défauts de caractère et ses « coups de gueule », nous savons que le chanoine Roussel – et c’est là l’essentiel – était entier, loyal, fidèle, un exemple de droiture. Il a accepté de souffrir pour la France pour Dieu pour l’Église. En fils aimant et fidèle, il a souffert pour l’Eglise, mais aussi par l’Église, comme de nombreux prêtres obéissants et loyaux à cette époque (le saint padre Pio par exemple, le cardinal Siri, ou encore l’abbé Montarien plus proche de nous). Son sacrifice a été agréé par Dieu, très certainement, à en croire les fruits de son œuvre et le nombre impressionnant de ses fils spirituels dont une grande partie se trouve présente ce soir à la tribune.
L’amitié que nous portons tous au chanoine Roussel n’est pas seulement une amitié humaine : elle trouve sa source en Dieu, puisque c’est la louange de Dieu qui nous unit à lui, et c’est pourquoi l’amitié que nous lui portons traverse les générations. En conclusion, permettez-moi de citer le chanoine, qui s’adressait en 1970 à ses choristes en tant que directeur des chœurs Michel-Richard Delalande :
« il me reste à remercier tous ceux qui m’ont apporté leur concours à notre chère chorale. On comprendra que je ne puisse nommer personne : je courrais le risque de regrettables oublis. Mais que tous ceux qui m’ont fait l’honneur de chanter sous ma direction sachent bien que je leur garderai, jusqu’à la fin de mes jours, le meilleur de ma reconnaissance et de mon affection. La louange de Dieu a fait naître entre nous des liens que l’éloignement ou la séparation ne sauraient rompre.»
http://chanoine.roussel.free.fr/index.php

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La gauche dénonce le “Banquet savoyard”, la droite dénonce la récupération politique de la gauche et de l’extrême gauche
La gauche dénonce le “Banquet savoyard”, organisé par le Canon français, qui aura lieu le 17 janvier à la Roche-sur-Foron, en Haute-Savoie. Il affiche complet, avec plus de 4000 inscrits. Le Parti socialiste de la Haute-Savoie s’est fendu d’un communiqué publié le 27 décembre. Le maire écologiste d’Annecy, François Astorg, a écrit au maire de la Roche-sur-Foron.
Un courrier que n’a pas apprécié Pierrick Ducimetière, qui avait participé au banquet de mars dernier, et qui ne se laisse pas impressionner :
“Ce que j’ai vu, c’est 2500 personnes qui se regroupent pour faire la fête”. “On mange, on boit, on s’amuse. Il y a une grande récupération politique de la part de la gauche et de l’extrême gauche. On peut ne pas être d’accord avec l’actionnaire, le financeur, ce qui est mon cas. Je suis très loin de son positionnement politique, pour autant, je ne crois pas qu’il faille vouloir tout politiser tout le temps.”
La sénatrice LR de Haute-Savoie, Sylviane Noël, abonde :
“Nous avons affaire ici à une partie de la gauche contemporaine qui est très idéologisée, qui est moralisatrice, bien pensante. Je pense qu’on ne doit pas accepter cela. Il y a dans notre pays, des principes fondamentaux qui sont la liberté d’expression, la liberté de pensée, de conscience, la liberté de réunion.”
Au Canada, on élimine les filles avant la naissance
Par avortement… C’est un eugénisme dont on ne parle pas :
Ce sont des fœtus féminins, et pour cette raison, on les empêche de naître. Aux dernières nouvelles, l’avortement sexo-sélectif est présent au pays, mais Radio-Canada a découvert que le phénomène ne fait l’objet d’aucun suivi, ni du gouvernement fédéral ni des provinces. Même les chercheurs peinent à étudier l’évolution de cette pratique controversée.
En 2012, une étude du Journal de l’Association médicale canadienne révélait qu’en Ontario, les femmes nées en Inde sont plus susceptibles de donner naissance à un garçon que les femmes nées au Canada. D’autres études ont suivi, suggérant l’existence de la pratique de l’avortement sexo-sélectif au Canada.
On savait par exemple, toujours en 2012, que les Ontariennes nées au Canada accouchaient d’environ 105 garçons pour chaque groupe de 100 filles. Chez les immigrantes indiennes, le rapport était de 138 garçons pour 100 filles. On savait aussi que les femmes d’origine indienne qui avaient déjà 2 filles donnaient ensuite naissance à 196 garçons pour 100 filles.
Une sage-femme torontoise avait d’ailleurs confirmé à Radio-Canada, en 2012, qu’on lui a déjà explicitement demandé des avortements en raison du sexe féminin du fœtus.
On ne sait pas ce qu’il en est aujourd’hui. Depuis une dizaine d’années, ni le fédéral, ni les provinces, ni les chercheurs ne se penchent sur l’évolution du phénomène au Canada.
C’est ce que nous avons découvert après avoir multiplié les demandes d’accès à l’information, de même que les questions aux gouvernements ainsi qu’aux chercheurs susceptibles de s’être penchés sur le phénomène.
[…] Une députée du Parti conservateur du Canada, Cathay Wagantall, avait tenté sans succès de faire interdire l’avortement sexo-sélectif en 2021. Son projet de loi a été rejeté à sa deuxième lecture à la Chambre des communes. Le résultat du vote : 82 pour et 248 contre. Les libéraux, bloquistes et néo-démocrates voyaient tous dans ce projet de loi une tentative insidieuse de criminaliser l’avortement tout court. Cathay Wagantall est revenue à la charge en 2023, toujours sans succès.
Les dernières études sur les avortements sexo-sélectifs au Canada se basaient entre autres sur les données des recensements de la population, notamment ceux des années 2011 et 2016. Celui de 2021 n’a pas encore fait l’objet d’une telle analyse.
En raison de l’aspect délicat du sujet, d’un manque de temps et des obstacles à la publication des résultats, des chercheurs qui s’étaient autrefois penchés sur les chiffres entourant ces avortements ne l’ont pas fait depuis plusieurs années.
Statistique Canada confirme par courriel qu’elle ne mènera pas de sa propre initiative une enquête à ce sujet.
Au fédéral, Santé Canada ne dispose d’aucune documentation sur le sujet. L’action du fédéral en matière d’avortement vise principalement à s’assurer que les personnes de partout au Canada aient accès à des services sûrs et légaux
, écrit le ministère dans une réponse par courriel.
Les ministères de la Santé des provinces et territoires ont répondu qu’ils n’étudiaient pas le phénomène. La plupart ont donné la raison suivante : on ne demande pas la raison qui motive un avortement.
L’Ontario et le Nunavut n’ont pas répondu à nos questions sur le sujet.
C’est difficile d’avoir des données, parce que la femme n’a pas besoin de donner de raisons pour avoir un accès à l’avortement au Québec et au Canada
, explique la gynécologue obstétricienne Marie-Eve Murray, du CIUSSSdu Nord-de-l’Île-de-Montréal. D’après son expérience, les femmes ne font pas toujours part de leurs raisons auprès des professionnels de la santé, et elles n’ont pas à le faire, insiste-t-elle. […]
Du Sanctus à la Consécration
Avant la consécration elle-même, le canon romain comporte six prières de préparation.
1. Te igitur
Outre les nombreux signes de croix que nous avons déjà évoqués, les prières du canon sont accompagnées par divers gestes qui soulignent ou renforcent le sens des paroles prononcées par le prêtre. Ainsi, ce n’est pas par une parole, mais par un geste que commence le canon :
Après la préface, le prêtre étendant, élevant et joignant les mains, lève les yeux vers le ciel et les abaisse aussitôt, s’inclinant profondément vers l’autel, les mains posées sur lui…[1]
Alors seulement le prêtre commence la prière Te igitur… et les gestes qu’il vient de faire appuient les paroles qu’il prononce :
Te ígitur, clementíssime Pater, per Iesum Christum, Fílium tuum, Dóminum nostrum, súpplices rogámus, ac pétimus… Père très clément, c’est donc vous que nous prions, suppliants, et à qui nous demandons, par Jésus-Christ votre Fils, notre Seigneur…
L’élévation des yeux et des mains correspond à l’appel fait à Dieu, par la médiation du Christ, tandis que l’inclination profonde peut marquer la supplication, la conscience que le prêtre a de son indignité, ou encore les abaissements mystérieux du Christ dans son agonie.
Puis le prêtre baise l’autel et poursuit :
… uti accépta hábeas et benedícas hæc ✠ dona, hæc ✠ múnera, hæc ✠ sancta sacrifícia illibáta. … d’accepter et de bénir ces ✠ dons, ces ✠ présents, ces ✠ offrandes saintes et immaculées. »
En prononçant ces dernières paroles, il trace trois signes de croix sur les oblats. Ainsi, le baiser à l’autel souligne que ce n’est lui-même mais Dieu, le Christ, qui peut sanctifier, bénir et consacrer ces dons.
Quant au sens général de cette prière, remarquons que l’adverbe igitur [donc] marque un enchaînement logique, non pas avec ce qui précède immédiatement, c’est-à-dire le chant du Sanctus[2], mais avec la préface et la secrète, l’oraison sur les oblats dont la conclusion ouvrait le dialogue de la préface.
Il s’agit donc « de lier l’acte sacrificiel imminent, impliqué dans la demande d’acceptation, à la prière d’action de grâce qui en est la “préface” et la phase initiale »[3]. En outre, bien que les prières de l’offertoire soient plus récentes que celles du canon, il est légitime d’envisager la demande d’acceptation des offrandes que constitue le Te igitur dans la ligne, non seulement de la préface, mais également de l’offertoire. Cette insistance sur l’agrément du sacrifice est remarquable. En effet :
C’est une façon discrète, respectueuse, d’offrir que de demander que soit accepté le don ; tel est le sens du mot supplices et de l’inclination profonde qui l’accompagne. Les oblats ne sont pas encore consacrés, mais nous savons que c’est de Dieu qu’ils doivent recevoir et l’agrément, et la consécration ; de là : uti accepta habeas et benedicas. La demande de bénédiction, [quant à elle], inclut déjà, à proprement parler, une demande de transsubstantiation[4].
Enfin :
« Les oblats eux-mêmes sont désignés par trois expressions [que l’on retrouve dans les secrètes] : haec dona [ces dons], haec munera [ces présents], haec sancta sacrificia illibata [ces offrandes saintes et immaculées].
[…] On discerne nettement une gradation ascendante.
Alors que dona [dons] ne désigne les oblats que comme des dons, tels qu’il s’en échange sous les modes les plus divers entre humains,
munera [présents] les présente déjà comme une prestation conforme à un ordre établi, comme un service officiel,
sacrificia [offrandes sacrificielles] enfin les caractérise comme oblations saintes, consacrées à Dieu. »[5]
2. In primis
La prière qui suit n’est en fait que la seconde partie du Te igitur, mais, après la demande d’acceptation, il s’agit désormais d’énoncer ceux pour qui le sacrifice est offert à Dieu. C’est donc une prière d’intercession, non pas la seule du canon, mais la première, qui est naturellement dirigée vers l’Église :
Le sacrifice que nous offrons à Dieu avec humilité, et qui doit être d’abord notre action de grâces et notre tribut à notre Créateur et Père, va précisément, en tant que sacrifice, en tant que ce sacrifice, faire descendre sur nous la bienveillance et la grâce de Dieu. Puisse celle-ci, avant tout [in primis], profiter à toute l’Église sainte et catholique[6].
Voici le texte de la prière :
| « in primis, quæ tibi offérimus pro Ecclésia tua sancta cathólica: quam pacificáre, custodíre, adunáre et régere dignéris toto orbe terrárum: una cum fámulo tuo Papa nostro N. et Antístite nostro N. et ómnibus orthodóxis, atque cathólicæ et apostólicæ fídei cultóribus. » | « Tout d’abord, nous vous les offrons pour votre sainte Église catholique : daignez lui donner la paix, la protéger, la réunir et la gouverner par toute la terre ; et en même temps pour votre serviteur notre Pape N., notre évêque N., tous ceux qui enseignent la vraie doctrine, et ceux qui gardent la foi catholique et apostolique. » |
Remarquons que les quatre notes de l’Église, proclamées lors du Credo, sont ici présentes :
– l’unité, puisque l’on demande qu’elle soit « réunie » [adunare] ;
– la sainteté, qui la qualifie [sancta], ainsi que la catholicité [catholica], c’est-à-dire l’universalité ;
– l’apostolicité, avec la mention de la hiérarchie ecclésiastique – le pape et les évêques, dont la charge de garder, conserver et fidèlement transmettre la foi apostolique [apostolica] est explicitement mentionnée[7].
Soulignons et rappelons que ce sont la foi et les sacrements de la foi qui font l’Église, en particulier l’unité de l’Église[8]. Il y a donc un lien éminent entre l’eucharistie que l’on s’apprête à offrir et l’unité de l’Église.
Il faut enfin noter la mention nominative du pape et de l’évêque du lieu. Dans le canon, cinq prières mentionnent des personnes, soit celles pour lesquelles on prie – c’est le cas des deux Memento, soit celles avec lesquelles on s’unit – c’est le cas du Communicantes et du Nobis quoque. Dans l’In primis, c’est à ces deux titres que le pape et l’évêque sont mentionnés, puisque l’on prie pour eux, mais on manifeste également que c’est en union avec eux que le Saint-Sacrifice est offert.
3. Memento des vivants
La prière d’intercession générale pour l’Église et la hiérarchie ecclésiastique est logiquement suivie d’une prière d’intercession, plus spécifique. Celle-ci commence par le mot qu’employa le bon larron sur la Croix : Memento, Domine…, « Souvenez-vous de moi, Seigneur »[9].
Meménto, Dómine, famulórum famularúmque tuarum N. et N. Souvenez-vous, seigneur de vos serviteurs et servantes N. et N.
Le prêtre s’arrête ici quelques instants et mentionne les personnes de son choix ou du choix de celui qui lui a demandé la célébration de la messe à une intention particulière. Le Saint-Sacrifice, dont les fruits sont infinis, opère cependant d’une manière spéciale pour ceux qui font l’objet d’une intention spécifique.
Le prêtre poursuit en mentionnant ceux qui assistent physiquement à la messe qui est célébrée ainsi que celui qui a offert l’intention de messe et se trouve de ce fait associé à un titre spécial à l’offrande du Saint-Sacrifice :
et ómnium circumstántium, quorum tibi fides cógnita est et nota devótio, pro quibus tibi offérimus : vel qui tibi ófferunt hoc sacrifícium laudis, pro se suísque ómnibus : pro redemptióne animárum suárum, pro spe salútis et incolumitátis suæ : tibíque reddunt vota sua ætérno Deo, vivo et vero. et de tous ceux qui nous entourent : vous connaissez leur foi, vous avez éprouvé leur attachement. Nous vous offrons pour eux, ou ils vous offrent eux-mêmes, ce sacrifice de louange pour eux et pour tous les leurs : afin d’obtenir la rédemption de leur âme, la sécurité et le salut dont ils ont l’espérance ; et ils vous adressent leurs prières, à vous. Dieu éternel, vivant et vrai.
4. Communicantes
C’est par un enchaînement remarquable qu’est introduite la prière suivante.
Communicántes, Unis dans une même communion…
En effet, les fidèles que l’on vient d’évoquer ne sont pas des individus isolés, mais ils sont membres de l’Église et appartiennent de ce fait à la communion des saints. Ainsi, l’idée de communion dans l’Église militante, qui dominait les deux prières précédentes – In primis et Memento – s’élargit jusqu’à la communion avec l’Église triomphante[10], avec les saints du ciel, dont les noms de certains vont être mentionnés.
Toutefois, la conscience de la distance qui nous sépare encore d’eux dicte aussitôt les mots suivants : et memoriam venerantes [« nous vénérons la mémoire »] ; elle transforme cette communion en un regard respectueusement levé vers eux[11].
Communion et vénération, donc, auxquelles s’ajoutera une troisième idée au terme de l’énumération, le recours à l’intercession des saints en notre faveur :
quorum méritis precibúsque concédas, ut in ómnibus protectiónis tuæ muniámur auxilio. Par leurs mérites et leurs prières, accordez-nous en toute occasion le secours de votre force et de votre protection.
Quant à la liste des saints, elle consiste en deux groupes de douze noms : douze Apôtres et douze martyrs, ayant à leur tête la Reine de tous les saints, la Bienheureuse Vierge Marie et son époux saint Joseph. Parmi les martyrs, on compte cinq papes, un évêque, deux clercs et quatre laïcs :
Dans le sanctuaire du canon, les chœurs des saints martyrs devaient être représentés par une sorte de députation harmonieusement composée[12].
Le fait que seuls des martyrs aient été choisis est un signe de l’antiquité de la liste : elle remonte à une époque où le culte des confesseurs n’avait pas encore suffisamment d’envergure pour s’imposer dans le canon de la messe. Il semble que la version finale de cette liste soit due à saint Grégoire le Grand, à la fin du VIe siècle.
Ces deux groupes de douze noms, choisis dans l’antiquité chrétienne et dans la ville de Rome, l’Église-mère, ont donc le privilège d’être prononcés à l’autel comme « représentants de l’Église triomphante »[13].
La fin du Communicantes est ponctuée par la conclusion Per Christum Dominum nostrum [« Par le Christ Notre-Seigneur »] employée ici pour la première fois au cours du canon, qui indique donc que s’achève la première phase de la prière d’intercession et nous indique que toutes nos requêtes et recommandations sont présentées à Dieu « par le Christ Notre-Seigneur ».
5. Hanc igitur
Le prêtre étend alors les mains sur les oblats. Bien que ce rite se soit imposé tardivement, au XIVe siècle[14], il devait exister auparavant ici ou là, car on le trouve sur une fresque de la catacombe de Calixte datant du IIIe siècle[15]. De plus, c’est un geste associé au sacrifice depuis l’Ancien Testament. Par exemple, nous lisons au livre du Lévitique :
Il mettra la main sur la tête de la victime et celle-ci sera agréée pour que l’on fasse pour lui le rite d’expiation[16].
Ce geste se pratiquait pour diverses catégories de sacrifices et c’est généralement, non le prêtre lui-même, mais celui qui apportait la victime qui le pratiquait, comme pour s’approprier le sacrifice qui allait être offert.
Nous pouvons donc envisager que par ce geste est signifié le fait que le sacrifice du Christ est en même temps notre sacrifice. Cette imposition des mains souligne donc judicieusement le sens de la prière Hanc igitur qui est, elle, très antique, puisqu’elle semble pour l’essentiel antérieure au VIe siècle :
Hanc ígitur oblatiónem servitútis nostræ, sed et cunctæ famíliæ tuæ, quǽsumus, Dómine, ut placátus accípias : Voici donc l’offrande que nous vous présentons, nous vos serviteurs et avec nous votre famille entière[17], acceptez-la, Seigneur, avec bienveillance :
L’offrande ayant été désignée comme la nôtre, on retrouve l’incessante demande d’acceptation, suivie de la demande des bienfaits escomptés :
diésque nostros in tua pace dispónas, atque ab ætérna damnatióne nos éripi, et in electórum tuórum iúbeas grege numerári. Per Christum, Dóminum nostrum. Amen. disposez dans votre paix les jours de notre vie, veuillez nous arracher à l’éternelle damnation et nous compter au nombre de vos élus. Par le Christ notre Seigneur. Ainsi soit-il.
C’est donc, la perspective d’ensemble de la messe qui est résumée dans l’Hanc igitur et l’imposition des mains, avec une insistance particulière sur le caractère propitiatoire du Saint-Sacrifice.
6. Quam oblationem
La dernière prière de préparation remonte pour l’essentiel au IVe siècle, et sa version actuelle date du VIe siècle. Il s’agit d’une de ces prières que les liturgistes appellent une épiclèse, c’est-à-dire un appel de la puissance divine sur les offrandes pour les sanctifier. Cette idée était déjà présente dans la première prière du canon (Te igitur), mais la demande de consécration est ici tout à fait explicite.
| Quam oblatiónem tu, Deus, in ómnibus, quǽsumus, bene + díctam, adscríp + tam, ra + tam, rationábilem, acceptabilémque fácere dignéris : ut nobis Cor + pus, et San + guis fiat dilectíssimi Fílii tui Dómini nostri Iesu Christi. | Cette offrande, daignez, vous, notre Dieu, la bé+nir, l’agré+er et l’approu+ver pleinement, la rendre parfaite et digne de vous plaire ; et qu’elle devienne ainsi pour nous le Cor+ps et le Sa+ng de votre Fils bien-aimé, notre Seigneur Jésus-Christ. |
Remarquons que la demande d’acceptation, l’agrément divin, demeure comme thème fondamental, mais il est parfaitement net que c’est Dieu lui-même qui rendra l’offrande parfaite et digne de lui, précisément par la transsubstantiation, la conversion des oblats au Corps et au Sang du Christ :
La conversion au corps et au sang du Christ [peut être conçue comme] impliquée dans l’agrément divin élevant nos dons jusqu’à lui ; étant le résultat attendu de cet agrément [que l’on appelle], elle ne se distingue en somme de celui-ci que par la pensée, qui précise : faites de ces oblats un sacrifice tellement parfait qu’il devienne le corps et le sang du Seigneur[18].
La formule à cinq termes – « bene + díctam, adscríp + tam, ra + tam, rationábilem, acceptabilémque fácere dignéris » – est conforme aux précautions de la langue juridique romaine[19].
Enfin, « il est remarquable qu’au moment de prononcer le nom du Sauveur, à l’approche du mystère de grâce, ose percer un frémissement d’émotion : dilectissimi »[20].
