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Les jeunes américains sont de plus en plus pro-vie

Selon un nouveau rapport du Daily Signal , des données récentes témoignent d’un changement surprenant : les opinions pro-vie sont en hausse chez les 18-29 ans.

Plusieurs enquêtes montrent une augmentation de la proportion de jeunes adultes se déclarant « pro-vie », tandis que le soutien à un accès sans restriction à l’avortement a diminué ces dernières années. Selon les données de Gallup et d’autres instituts de sondage, le pourcentage de jeunes adultes se disant pro-vie a atteint environ 37 % en 2025, soit une hausse de 8 à 11 points de pourcentage par rapport aux sondages de 2022 et 2023.

Les jeunes adultes américains ont également commencé à modifier leurs points de vue sur la politique d’avortement, « le pourcentage de jeunes adultes qui estiment que l’avortement devrait être légal en toutes circonstances [ayant fortement diminué], chutant d’environ 10 à 14 points de pourcentage, selon les données de Gallup ».

Bien évidemment, tout n’est pas rose. Lors des référendums sur l’avortement, les militants pro-avortement l’emportent, à l’exception du Nebraska, du Dakota du Sud et de la Floride. La perception de l’avortement comme question morale ne se traduit pas toujours par la même perception comme question juridique ; le mouvement pro-vie doit non seulement convaincre la majorité que l’avortement revient à tuer un être humain, mais aussi que ces êtres humains à naître ont droit à la protection de la loi.

Certains signes indiquent un changement, même s’il est trop tôt pour dire où cette tendance mènera.

Depuis l’annulation de l’arrêt Roe v. Wade, de nombreux revers ont été constatés , le plus significatif étant la suppression par l’administration Biden de l’obligation de consultation médicale en présentiel pour obtenir la pilule abortive. Cette mesure a engendré un vaste réseau national de distribution de pilules abortives, transitant par voie transfrontalière depuis des États démocrates pro-avortement comme la Californie et New York vers des États républicains anti-avortement comme la Louisiane et le Texas. Si la pilule abortive peut être commandée par correspondance, les lois anti-avortement ne peuvent plus être appliquées. Jusqu’à présent, malgré les pressions des groupes anti-avortement, l’administration Trump a refusé d’abroger la politique de Biden, mise en œuvre sous prétexte de la COVID-19.

Ce qui sous-tend cette histoire, c’est le fait que le sentiment pro-vie est resté largement stable malgré une demi-décennie de propagande incessante et alarmiste diffusée par tous les grands médias américains, martelant l’idée que les lois pro-vie tuent des femmes.

Le sondage Gallup de 2025 sur la question  a indiqué que les Américains sont en réalité devenus légèrement  plus  pro-vie cette année ; comme l’a souligné le statisticien et chercheur Michael New : « Malgré le déferlement de critiques médiatiques concernant les lois pro-vie récemment adoptées, le sentiment pro-vie est resté remarquablement stable. » Compte tenu du volume considérable de désinformation qui inonde le public américain depuis l’ abrogation de l’arrêt Roe  v. Wade, c’est tout simplement remarquable.

Dans ce contexte, le fait que le sentiment pro-vie ait légèrement progressé plutôt que de chuter brutalement prouve que la base du mouvement pro-vie est solide et qu’un véritable basculement vers une majorité pro-vie est possible.

 

Laïcisme : même au Maryland

Un conseil de comté du Maryland a mis fin à sa tradition de commencer ses réunions par la prière du « Notre Père » après avoir reçu des lettres menaçant de poursuites judiciaires de la part du groupe athée « Freedom from Religion Foundation » (FFRF).

Bien que les experts juridiques affirment que la pratique de prier avant les réunions est parfaitement constitutionnelle, le conseil craint d’être accablé par des frais juridiques s’il continue à réciter le Notre Père.

Le conseil du comté de Wicomico, dans le sud-est du Maryland, envisage de remplacer sa pratique de longue date de prière par les membres du conseil par « une minute de silence, une prière dirigée par le clergé ou en laissant les électeurs du comté de Wicomico décider par référendum », selon le Salisbury Independent.

Le président du conseil, John Cannon, a déclaré lors d’une réunion législative le 20 janvier que la décision avait suscité « beaucoup de déception » et qu’il « partageait cette déception ». Il a souligné que la tradition de réciter le Notre Père était en place bien avant qu’il ne prenne ses fonctions au conseil il y a 20 ans.

« Notre conseil municipal ne recule pas devant un défi simplement parce qu’un procès est imminent ». « Mais lorsque nos conseillers juridiques sont clairs sur l’issue probable, lorsque le risque financier pour nos citoyens est si important, il est de notre responsabilité de mettre en balance la rigueur budgétaire et notre désir de préserver une tradition que nous honorons depuis tant d’années. »

David Cortman, conseiller principal et vice-président du contentieux américain chez Alliance Defending Freedom, affirme que la tradition de prier avant les réunions législatives remonte à la fondation des États-Unis et que sa légitimité a depuis été confirmée par la Cour suprême.

« Ce qui est amusant dans cette affaire récente, c’est qu’elle nous rappelle de vieilles histoires ». « Ces questions ont été tranchées par la Cour suprême il y a plus de dix ans ».

L’arrêt Marsh c. Chambers de 1983 a validé la pratique de l’Assemblée législative du Nebraska consistant à ouvrir ses sessions par une prière prononcée par un aumônier rémunéré par l’État. Cette décision soulignait que la prière au sein des assemblées législatives était pratiquée aux États-Unis depuis le premier Congrès.

« Ce type de prières parlementaires se pratique depuis, littéralement, l’adoption du Premier Amendement ». « Et le Congrès… a engagé un aumônier pour diriger les prières parlementaires dès la fondation de notre pays, et c’est pourquoi elles sont autorisées aujourd’hui. »

Des groupes comme la FFRF exploitent depuis des décennies une mauvaise interprétation de la soi-disant « séparation de l’Église et de l’État ».

« Ils envoient ces lettres alarmistes, ils menacent de poursuites judiciaires, ils menacent de réclamer le paiement des frais d’avocat, et les villes et les comtés se contentent de regarder leur budget et de dire : “Écoutez, nous sommes déjà à court d’argent. Nous ne voulons pas prendre le risque de devoir payer des frais d’avocat.” »

Cette vieille “Nouvelle République”

Gabriel Attal ambitionne de changer à nouveau le nom de son parti, tels des voyous en cavale changeant régulièrement de squatt pour tenter d’effacer leurs méfaits : après « En marche », « La République en marche », « Renaissance », « Ensemble », le choix se porterait « Nouvelle République ».

Problème : cela ne plaît pas au directeur de la rédaction du journal du même nom :

Avec « Nouvelle République », l’ancien premier ministre plagierait donc le nom d’un groupe de presse indépendant qui, depuis huit décennies, informe des générations de lecteurs dans le respect d’une ligne éditoriale pluraliste et humaniste. Un titre qui vend, chaque jour, 120.000 journaux dans cinq départements et dont les audiences numériques s’élevaient à 6.67 millions de visiteurs uniques en décembre 2025.

L’hommage est embarrassant même si la timidité de Gabriel Attal est émouvante. Le leader politique n’a en effet pas osé informer la NR de son idée. Selon RTL, il a tout de même pris soin de soumettre son « projet » à des juristes. Timide mais prudent.

« Le nom doit suivre un projet », indique Gabriel Attal sans parler de son projet. Puisqu’il associe ce changement de « nom » à une « devanture », La Nouvelle République espère qu’il s’arrêtera au nom et ne lui empruntera pas ses vieux logos et autres slogans fédérateurs.

La NR en a vu d’autres. Elle attend déjà que la macronie passe à autre chose. Si Gabriel Attal manque d’inspiration, qu’il s’intéresse aux municipales. Ce rendez-vous électoral dans lequel son parti peine à peser mais que La Nouvelle République chronique sans parti pris.

Ce ne serait pas une première : le parti Reconquête a bien plagié le nom du mensuel fondé par Bernard Antony.

Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans : un cadeau aux plateformes ?

Lu ici :

L’Australie l’a votée il y a trois mois. La France l’examine en procédure accélérée. Le Royaume-Uni y réfléchit. En Belgique, Jacqueline Galant (MR), ministre des Médias en Fédération Wallonie-Bruxelles, et Vanessa Matz (Les Engagés), ministre fédérale du Numérique, veulent également interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans dès cette année.

L’intention est certes louable. Le problème, c’est que cette mesure ne fonctionne pas — et qu’elle pourrait même aggraver ce qu’elle prétend combattre.

Partout, le même scénario se répète : les adolescents contournent, les plateformes se frottent les mains, et les États se retrouvent à gérer des bases de données dont on préfère ne pas imaginer l’usage sous des gouvernements moins bienveillants. Des gardes fous existent aujourd’hui. Mais demain ?

Et si l’interdiction protégeait surtout… les plateformes ? Le problème n’est pas l’âge des utilisateurs. C’est le modèle d’affaires des plateformes. Et tant qu’on refuse de le toucher, on légifère dans le vide — en se donnant bonne conscience. […]

Trois mois après l’entrée en vigueur de l’interdiction australienne, le bilan est sans appel. Les adolescents ont massivement migré vers des applications non couvertes par la loi — Lemon8 (propriété de ByteDance, maison-mère de TikTok), Yope, WhatsApp. Trois enfants sur quatre interrogés déclarent vouloir continuer à utiliser les réseaux sociaux. VPN, faux âges, comptes créés avant l’interdiction : les contournements sont massifs, documentés, prévisibles. Ce n’est pas un échec de mise en œuvre. C’est la démonstration qu’on ne régule pas des usages en interdisant des outils.

Le cadeau empoisonné fait aux plateformes

Mais le plus pervers est ailleurs. Olivier Ertzscheid pointe une conséquence que personne ne semble vouloir voir : si plus aucun mineur de moins de 15 ans, aux yeux de la loi, ne peut et ne doit être présent sur ces plateformes, alors le peu de retenue et de régulation auxquelles elles s’astreignaient jusqu’ici — par crainte d’une atteinte trop profonde à leur image — deviendra instantanément caduque.

En clair : pourquoi Meta ou TikTok continueraient-ils à modérer les contenus violents ou pornographiques accessibles aux adolescents, puisque, légalement, il n’y a plus d’adolescents ? L’interdiction ne protège pas les mineurs. Elle offre aux plateformes un alibi en béton pour cesser de s’en préoccuper.

Et la responsabilité ? Elle bascule intégralement sur les familles. Si un adolescent de 14 ans accède à des contenus violents malgré l’interdiction, la faute sera imputable à la « défaillance parentale » ou au « contournement délibéré » — jamais à l’architecture de la plateforme qui les a mis en avant. Olivier Ertzscheid résume : « Quoi qu’il puisse se passer, ce ne sera plus du tout la faute des plateformes. » […]

Il y a quelque chose de confortable à annoncer une interdiction. Ça ne coûte rien, ça donne l’impression d’agir, et ça permet de pointer du doigt les « mauvais usages » plutôt que les mauvaises architectures.

Sauf que protéger supposerait de s’attaquer à ce qui rend ces plateformes toxiques : les algorithmes de recommandation qui maximisent le temps passé, les métriques d’engagement qui récompensent l’outrance, les dark patterns qui piègent l’attention. Tout cela reste intact. On préfère vérifier l’âge des utilisateurs plutôt que d’auditer le code des plateformes.

Le piège de la vérification d’âge

Et puis il y a l’éléphant dans la pièce : pour qu’une interdiction soit effective, il faut pouvoir prouver l’âge de chaque utilisateur. En Belgique, Vanessa Matz plaide pour une authentification de type « Itsme ». En Malaisie, c’est le passeport ou la carte d’identité nationale qui sont exigés.

La CNIL française a documenté le problème: utiliser un système d’authentification étatique pour accéder à des services en ligne « conduirait l’État à disposer d’une liste de connexions de nature purement privée ». Et pour les contenus sensibles, « le recours à ces dispositifs conduirait à un risque d’association d’une identité officielle à des informations intimes ».

Itsme, en Belgique, est une entreprise privée — pas une base de données gouvernementale. Mais la question reste entière : qui conserve les logs de vérification ? Qui peut y accéder ? Sous quelles conditions ? La politique de confidentialité d’Itsme précise que les données peuvent être divulguées « si nous sommes tenus de le faire par la loi ou une procédure judiciaire », « aux autorités étatiques conformément à leurs compétences », ou « dans le cadre d’une enquête sur une activité frauduleuse ou illégale ».

C’est standard et encadré par le RGPD. Mais cela signifie aussi que les traces de vérification d’âge — même compartimentées — peuvent être croisées avec une identité dans certains contextes judiciaires.

La CNIL recommande un système « double aveugle » où personne ne peut croiser identité et sites visités. Ce système n’existe pas encore à grande échelle. Et en attendant, chaque mécanisme de vérification crée une trace.

En Malaisie, c’est plus direct : les plateformes devront vérifier l’âge via le passeport ou la carte d’identité nationale. On constitue donc, au nom de la protection de l’enfance, des bases de données centralisées.

Sous un gouvernement démocratique et stable, c’est déjà discutable. Mais l’Histoire a cette fâcheuse tendance à ne pas rester stable.

Il suffit de regarder ce qui se passe aux États-Unis, où l’administration a investi massivement dans les outils de surveillance. Et à ceux qui prétendent que “nous ne sommes pas les Etats-Unis !”, nous ne pourrions que rappeler les contrats signés avec Palantir par la DGSI ou par l’OTAN.

Dans tous les cas, une infrastructure de vérification d’identité, même bien conçue, crée un précédent. Et les précédents ont cette particularité de survivre aux intentions de ceux qui les créent. Vu le contexte, et les échéances électorales à venir, on pourrait s’abstenir.

Responsabiliser les plateformes, pas les familles

Le diagnostic est partagé par toutes les sources analysées : oui, les réseaux sociaux posent des problèmes pour certains adolescents. Mais l’interdiction par l’âge rate sa cible. Comme l’explique Olivier Ertzscheid, « les plateformes sont parfaitement en capacité de limiter voire de réduire à néant ces nuisances » — mais « elles ne le font pas parce que ce n’est pas bon pour leur modèle d’affaires ».

La vraie question n’est donc pas « à partir de quel âge ? » mais « qui doit changer son comportement ? ». […]

C’est la piste défendue par Olivier Ertzscheid : reconnaître que les réseaux sociaux ont un « rôle actif » dans la circulation des contenus. Aujourd’hui, ils bénéficient du statut d’hébergeur — ils ne sont pas responsables de ce qui circule. En les requalifiant comme éditeurs, on les rend juridiquement responsables des contenus qu’ils amplifient algorithmiquement. Ce n’est plus l’adolescent qui a cliqué qu’on punit, c’est l’entreprise qui a mis le contenu en avant.

Classifier les plateformes selon leur nocivité

Au Royaume-Uni, les Libéraux-Démocrates proposent de classer les réseaux sociaux comme on classe les films — selon leur niveau de nocivité. L’idée : créer une pression économique pour que les plateformes « réécrivent leur code » afin de reconquérir le marché adolescent. Plutôt qu’interdire l’accès, on conditionne l’accès à des standards de conception.

« Si votre plateforme diffuse des contenus nocifs ou s’appuie sur des algorithmes addictifs et nuisibles, vous ne devriez être autorisé nulle part près de nos enfants. » — Ed Davey, Leader des Libéraux-Démocrates britanniques, BBC News

[…]

Exiger la transparence sur les données internes

Meta et TikTok mesurent en permanence l’impact de leurs choix de conception. Ces données existent, elles sont internes. Les rendre publiques — ou au moins accessibles aux régulateurs — permettrait de sortir du débat « études contre études ». C’est ce que demandent 42 organisations britanniques, dont le NSPCC (l’équivalent de Child Focus, en Belgique)

L’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs est une réponse politique à un problème systémique. Elle donne l’illusion de l’action sans toucher aux mécanismes qui rendent ces plateformes toxiques. Elle transfère la responsabilité des entreprises vers les familles. Et elle crée, au passage, des infrastructures de surveillance dont on préfère ne pas imaginer les usages futurs. […]

Le Groenland compte une paroisse catholique

Le Groenland appartient au Danemark et abrite quelques 57 000 personnes, dont 90% sont d’origine inuite. Le Verbe a recueilli les propos du curé de la seule paroisse catholique de cette région, un franciscain de Slovénie :

Quel est votre avis sur la situation politique actuelle, en particulier sur les propos de Donald Trump concernant une éventuelle prise de contrôle du Groenland?

Père Tomaž Majcen: J’essaie d’abord de parler de politique en tant que prêtre.

Lorsque de telles déclarations apparaissent dans les médias, les gens ici répondent principalement avec un calme ferme: le Groenland appartient à son peuple, et ils veulent décider de leur propre avenir avec dignité et respect. Beaucoup de Groenlandais sont sensibles aux étrangers parlant d’eux plutôt qu’avec eux, à cause de leur histoire.

D’après ce que j’entends dans mes conversations quotidiennes, les gens sont fiers de leur identité et de leur terre. Ils veulent une coopération avec le monde, oui, mais à armes égales, pas comme un objet à échanger.

En tant que prêtre, mon rôle n’est pas d’alimenter la peur ou la colère, mais d’encourager la paix, le dialogue et la prière. Je rappelle à mes paroissiens que chaque nation et chaque peuple mérite le respect, et que les enfants de Dieu ne sont jamais des biens.

En ces temps incertains, ce qui me donne de l’espoir, c’est la force tranquille des gens ordinaires ici  familles, pêcheurs, travailleurs, anciens  qui continuent de vivre, d’aimer et de faire confiance à Dieu dans ce lieu extraordinaire à la frontière du monde arctique.

Pouvez-vous me parler de la façon dont la foi est vécue au Groenland? Je crois comprendre que la vaste majorité de la population combine le luthérianisme et certains éléments de la culture inuite. Est-ce bien le cas?

La religion au Groenland se vit de manière très discrète et naturelle  tissée dans la vie quotidienne plutôt que manifestée haut et fort.

La plupart des gens appartiennent à l’Église luthérienne, et le christianisme a façonné la société groenlandaise pendant des générations. L’Église reste importante pour les moments majeurs de la vie: baptêmes, confirmations, mariages, funérailles et célébrations de Noël. Ce sont souvent des évènements profondément communautaires où familles et villages se rassemblent.

Parallèlement, de nombreuses personnes redécouvrent aujourd’hui les traditions inuites  leur langue, leurs symboles, leurs histoires, leur musique et leur proximité avec la nature. Pour certains, ce renouveau culturel coexiste en parallèle avec leur foi chrétienne. Je sens que les gens d’ici portent à la fois l’Évangile qu’ils ont reçu de leurs parents et grands-parents, et une fierté renouvelée pour leur héritage ancestral et leur relation avec la terre et la mer.

En vivant ici, j’ai souvent l’impression que la foi est façonnée par l’environnement lui-même. Quand vous voyez la vaste glace, la longue obscurité de l’hiver ou les aurores boréales dans le ciel, vous comprenez pourquoi les gens parlent de Dieu avec humilité et admiration. La vie ici enseigne la confiance, et c’est très proche de la foi.

Qu’en est-il de la situation des catholiques?

La communauté catholique au Groenland est très petite, mais très précieuse pour moi.

Il n’y a qu’une seule paroisse catholique dans tout le pays, ici à Nuuk. Le dimanche, nous nous réunissons en petite famille composée principalement de personnes venues au Groenland depuis l’étranger: ouvriers, étudiants, infirmières, techniciens et leurs familles. Beaucoup viennent des Philippines, d’Europe, d’Afrique ou d’autres régions du monde.

Il y a environ 500 catholiques à Nuuk, et environ 800 à travers le Groenland. Mais ce qui nous manque en taille, nous le compensons par la proximité. Les gens se connaissent, prient les uns pour les autres, et restent souvent après la messe pour prendre un café et discuter. Cette fraternité est très importante quand on vit loin de chez soi.

À Pituffik [à 1500 km au nord de la capitale], la situation est différente, car c’est une base militaire. Les offices catholiques y dépendent d’aumôniers visiteurs ou d’arrangements spéciaux, si bien que la participation change souvent. Pourtant, chaque fois que les catholiques se réunissent  même deux ou trois  le Christ est présent, ce qui apporte un grand réconfort.

Pour moi, en tant que prêtre, servir un si petit troupeau est très beau. Je connais vraiment mes paroissiens par leur nom.

Quels défis rencontrez-vous en pratiquant dans un pays aussi vaste?

Le Groenland enseigne chaque jour à un prêtre la patience et la confiance en Dieu.

Les distances sont énormes et les communautés sont dispersées le long de la côte. Le voyage dépend entièrement de la météo  tempêtes, brouillard, neige ou glace peuvent annuler les plans en un instant. Parfois, je me prépare à rendre visite aux gens et je dois attendre des jours ou des semaines. J’apprends à ne pas tout contrôler, mais à confier mon emploi du temps entre les mains de Dieu.

Le climat est un autre défi. De longs hivers sombres peuvent peser sur le cœur des gens, et la solitude peut être bien réelle. En tant que prêtre, j’écoute beaucoup et j’essaie simplement d’être présent.

Il y a aussi une grande diversité culturelle: des Groenlandais, des Danois et des personnes de nombreux pays vivent côte à côte. Le ministère ici signifie écouter attentivement, respecter les traditions et trouver des moyens de parler du Christ qui touchent la vie quotidienne.

Personnellement, je trouve cette mission humble. Il y a des moments où je me sens très petit face au paysage et c’est bon pour un prêtre. Cela me rappelle que je ne suis qu’un serviteur, marchant avec les gens dans un endroit que Dieu aime beaucoup.

Aide à mourir : le Sénat rejette le texte qu’il avait pourtant réécrit

Avec 122 voix pour et 181 contre, la proposition de loi profondément remaniée a été rejeté. Par conséquent, l’Assemblée nationale examinera en 2e lecture le texte voté en 1ère lecture et non le texte qui avait été réécrit au Sénat. Comme l’écrit Stéphane Ravier, le Sénat honorait sa réputation de sagesse en supprimant l’acte létal du texte sur la fin de vie, y ajoutant même l’interdiction de l’euthanasie. Mais une partie des LR (36 contre 82) vient de voter avec la gauche pour le rejeter… Voir ici le détail des votes.

Communiqué de la Fondation Lejeune :

Ce mercredi 28 janvier, les sénateurs ont rejeté la proposition de loi sur l’aide à mourir, preuve d’une absence de consensus sur la mort administrée. Ce rejet ouvre cependant la voie au retour, à l’Assemblée nationale, du texte initialement voté au printemps 2025, le plus permissif au monde en matière d’euthanasie. La Fondation Jérôme Lejeune alerte sur l’urgence absolue de la mobilisation citoyenne.

Le vote du Sénat envoie un signal politique clair : les sénateurs refusent de participer à l’instauration d’un droit à la mort organisée. Il confirme que ce projet ne s’impose ni comme une évidence démocratique, ni comme une attente des Français. Mais ce rejet a une conséquence immédiate : le texte initialement adopté au printemps 2025 par l’Assemblée nationale — le plus permissif au monde en matière d’euthanasie — reviendra lors de la deuxième lecture. La menace demeure donc, et elle est majeure.

La mobilisation citoyenne est donc plus urgente que jamais. Lors de la première lecture, les députés n’ont pas entendu les Français, qui s’opposent majoritairement aux dispositions prévues par le texte de l’Assemblée nationale. Ils devront les entendre lors de la seconde lecture. La Fondation appelle donc chaque citoyen à interpeller son député et à participer aux manifestations qui seront organisées. Le processus de légalisation de l’euthanasie est engagé ; il peut encore être stoppé. Il y a urgence à agir pour protéger les personnes les plus fragiles et refuser que la mort devienne une réponse sociale à la souffrance. D’ici là, un maximum de citoyens doivent se rassembler grâce à la pétition de la fondation Jérôme Lejeune, stop-euthanasie.fr, à signer et faire connaître largement autour de soi.

Pour Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, “le vote du Sénat n’est pas une victoire, mais c’est un avertissement : la résistance à la mort administrée est plus profonde que prévue. Il est temps que les citoyens prennent conscience de l’urgence et se mobilisent pour faire comprendre cela aux députés.”

Le Syndicat de la famille alerte sur ce vote lourd de conséquences pour les personnes vulnérables et leurs familles :

Le Syndicat de la famille prend acte avec une profonde inquiétude du rejet par le Sénat, à 181 voix « contre » et 122 « pour », de la proposition de loi sur l’assistance médicale à mourir que les sénateurs avaient réécrite en séance publique le 21 janvier.

Ce vote ouvre la voie à un retour, en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, du texte initial adopté par les députés, qui vise la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté.  Pourtant, les débats au Sénat avaient permis de mettre en lumière une autre voie : celle de l’accompagnement, du soin et de la solidarité. En supprimant l’article ouvrant « l’assistance à mourir » et en consacrant un droit opposable au soulagement de la souffrance, les sénateurs avaient rappelé une évidence trop souvent oubliée : la priorité doit aller au développement effectif des soins palliatifs pour garantir leur accès à tous et partout.

Le rejet de l’ensemble du texte fait peser un risque majeur : celui de voir s’imposer une réponse brutale et définitive à des situations de détresse qui relèvent d’abord d’un manque de soins, de moyens et de soutien humain.

Le Syndicat de la famille alerte les parlementaires : légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, c’est introduire une rupture éthique profonde et créer une pression silencieuse sur les personnes âgées, malades ou handicapées, ainsi que sur leurs familles qui seraient confrontées à des déchirures profondes. La société doit au contraire protéger les plus fragiles et ne pas leur faire porter le poids de leur vulnérabilité.

A défaut du texte final, le Syndicat de la famille appelle les députés à prendre en compte le contenu des débats au Sénat. Ce serait une faute politique de renoncer à une fin de vie fondée sur le soin et la présence humaine, et à engager enfin un investissement massif et durable dans les soins palliatifs.

« La fin de vie mérite mieux qu’une réponse létale et brutale. Elle appelle des moyens, du temps, des soignants et une présence » souligne Ludovine de La Rochère, Présidente du Syndicat de la Famille.

Liban-Israël : vers la guerre ou vers la paix ?

D’Annie Laurent dans La Petite Feuille verte :

Après avoir retracé, dans la dernière PFV (n° 107), les principales étapes politiques et historiques qui ont conduit à l’instabilité chronique caractérisant le voisinage entre le Liban et Israël, nous revenons à l’examen des sujets d’actualité relative à cette situation tel que nous l’avons entamé dans les PFV n° 101 à 106.

Il sera ici question de l’affaiblissement du Hezbollah, le parti chiite soutenu par l’Iran. Il provient d’un sévère écrasement de ses forces par l’armée israélienne (Tsahal), en riposte à son engagement auprès du Hamas palestinien dans la guerre de Gaza, provoquée par le massacre commis le 7 octobre 2023 par ce mouvement sunnite contre des juifs israéliens. Le parti Hezbollah au Parlement libanais, grâce au droit du « tiers de blocage » dont il dispose, empêchait toute élection d’un président de la République ne correspondant pas à sa volonté politique. Après le cessez le feu de Novembre 2024, le Hezbollah n’a plus pu bloquer l’élection. Le Président Joseph Aoun élu a permis un tournant décisif dans la politique libanaise, après deux ans de vacance du pouvoir, et 20 ans de suprématie du Hezbollah dans la vie politique libanaise.

Nous verrons ainsi les perspectives ouvertes par le programme des nouveaux dirigeants bien que la résistance du Hezbollah à rendre ses armes pose problème, tant sur le plan interne qu’externe.

LE TOURNANT DE 2025

En janvier 2025, l’élection du général Joseph Aoun (maronite) comme président de la République, suivie de la formation d’un nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam (sunnite), a marqué un tournant dans la détermination du pouvoir libanais à faire prévaloir sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire comme le prévoyait la résolution 1701 adoptée par l’ONU le 11 août 2006 pour mettre fin à une guerre engagée par le Hezbollah contre l’État hébreu quelques semaines auparavant. Recouvrer le monopole de la sécurité imposait le désarmement des camps palestiniens (cf. PFV n° 104 et 105) et du Hezbollah (cf. PFV 106), missions qui ont été confiées à l’armée libanaise, avec l’aide des 10 800 Casques bleus composant la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) présente au Sud depuis 1978.

Concernant les camps, l’opération, agréée par l’Autorité palestinienne siégeant à Ramallah (Cisjordanie), a été lancée en août 2025, mais elle n’est pas achevée. La dernière phase, entreprise à la mi-décembre, a visé Aïn el-Héloué (près de Saïda), où vivent 80 000 réfugiés. Elle a été effectuée avec la collaboration du Fatah, le principal parti palestinien, mais le Hamas, son rival venu de Gaza, dont la présence est qualifiée d’illégitime par les autorités libanaises, a jusqu’à présent refusé de rendre ses propres armes.

Concernant le Hezbollah, la question est plus complexe dans la mesure où ses dirigeants persistent à lui conférer la qualité de « Résistance » à Israël. Ils se réfèrent pour cela à deux épisodes récents : d’abord, le soutien militaire apporté au Hamas sunnite par les hezbollahis chiites dans le cadre de la guerre de Gaza ; puis, la violation par Israël du cessez-le-feu négocié par les États-Unis et la France et conclu le 27 novembre 2024, après 13 mois de guerre dans le sillage du conflit de Gaza, Tsahal (l’armée israélienne) maintenant son occupation de cinq positions stratégiques dans le Sud (cf. PFV 103) : celles-ci sont situées dans les cazas (départements) de Tyr, Bint Jbeil et Marjayoun.

Tels sont les motifs qui ont poussé le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, à répéter son refus de rendre à l’État les armes de son parti.

« Quiconque appelle aujourd’hui à la remise des armes, qu’il soit Libanais ou étranger, sert le projet israélien […]. On ne peut pas nous obliger à choisir entre la résistance et la construction de l’État : la résistance est contre Israël et la construction de l’État est pour le citoyen » (L’Orient-Le Jour, OLJ, 30 juillet 2025).

LE DÉFI DU DÉSARMEMENT

Néanmoins, les dirigeants libanais ont tenu bon. Un plan de désarmement général préparé par l’armée, et appelé « Bouclier de la patrie », a été entériné en août 2025 par le Conseil des ministres. Sa première phase concernait la zone située entre le fleuve Litani et la frontière israélienne comme prélude à l’ensemble du territoire (cf. PFV n° 106). Elle s’est déroulée sous la surveillance d’un comité militaire appelé « Mécanisme », présidé par un délégué des États-Unis auquel sont associés des représentants de la France, d’Israël, du Liban et de la FINUL.

Les rapports détaillés publiés par ce comité montrent l’ampleur et la qualité du travail accompli par les soldats libanais. Le 29 octobre 2025, le général américain Joseph Claerfield a salué leur « professionnalisme […] et leur engagement remarquables » (OLJ, 7 novembre). Peu après, le général Nicolas Tabet, commandant du secteur, a détaillé un premier bilan de l’opération qui a mobilisé 10 000 militaires déployés dans 200 postes le long de la frontière : 177 tunnels ont été neutralisés, 11 passages par le Litani ont été fermés, 566 lance-roquettes et 230 000 pièces d’arsenal ont été saisis dans la bande frontalière où l’armée a annoncé avoir mené 300 011 missions. L’officier a insisté sur « la coopération totale » des habitants (OLJ, 28 novembre).

La mission de l’armée a cependant été entravée par les obstacles logistiques que lui a opposés Tsahal en multipliant les attaques, terrestres et aériennes, contre le Liban, y compris contre des institutions publiques et des habitations privées. À cet égard, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a assuré « n’avoir besoin d’aucun feu vert pour frapper les ennemis d’Israël », au Liban comme à Gaza (OLJ, 26 octobre).

En réponse, le président Joseph Aoun a demandé au général Rodolphe Haykal, commandant en chef de l’armée libanaise, d’organiser des ripostes à toutes les incursions israéliennes au Liban-Sud, et cela de manière unilatérale, sans plus passer par le « Mécanisme » mais en se fondant sur le droit international (OLJ, 4 novembre). Pour l’armée libanaise, les frappes israéliennes

« s’inscrivent dans la continuité de la politique destructrice de l’ennemi, qui cherche à déstabiliser le Liban, à étendre la destruction dans le Sud, à maintenir la guerre et la menace contre les Libanais, tout en empêchant le déploiement complet de l’armée conformément à l’accord de cessation des hostilités » (OLJ, 6 novembre).

Un an après le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah (27 novembre 2024), une seule violation a été commise par ce dernier, tandis que le bilan des attaques quasi quotidiennes de Tsahal contre le Liban s’élevait à plus de 12 000 : incursions et frappes aériennes, tirs d’artillerie, destruction de bâtiments au sol, tirs en direction de civils, de soldats libanais et de Casques bleus (FINUL), enlèvements, bâtiments piégés, construction de positions militaires en territoire libanais. Tsahal a justifié ses frappes par la nécessité d’empêcher une reconstitution des forces du Hezbollah au Liban-Sud. Il faut y ajouter les 7 500 incursions israéliennes dans l’espace aérien libanais et 2 500 terrestres au nord de la Ligne bleue. Celle-ci est un tracé défini en 2000 par l’ONU pour faire office de ligne d’armistice entre les deux pays. Fin novembre, le bilan humain de ces attaques était évalué à 343 morts, dont 136 civils, et à 945 blessés (OLJ, 26 novembre).

Ces opérations se sont donc étendues aux régions éloignées du Sud ; elles ont aussi visé des responsables du Hezbollah, notamment Haytham Ali Tabatabaï, chef d’état-major du parti chiite, qui a été assassiné à Beyrouth le 23 novembre, une semaine avant l’arrivée du pape Léon XIV au Liban où il a séjourné du 30 novembre au 2 décembre 2025.

QUELLE PLACE POUR LE HEZBOLLAH ?

Le 8 janvier 2026, le général Haykal a informé le Conseil des ministres du déroulement et de l’achèvement de la première phase du désarmement, puis il annoncé le démarrage de la seconde pour début février. Cette dernière concernera la région comprise entre les fleuves Litani et Awali. Viendront plus tard : Beyrouth, sa banlieue et ses environs, ensuite la Békaa et enfin l’ensemble du territoire. Mais aucun calendrier précis n’a encore été fixé pour ces étapes.

Le Hezbollah, pour qui l’accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024 ne concerne que le sud du Litani, a réagi en ces termes : « Que personne ne vienne nous parler de la deuxième phase du plan de désarmement avant le retrait israélien des points encore occupés au sud du Liban » (OLJ, 12 janvier 2026). Insatisfait de cette remarque, le président Aoun y a réagi à l’occasion d’un entretien à la presse destiné à marquer le bilan de sa première année à la tête de l’État : « La situation qui avait ouvert la voie à l’existence des armes au Liban a disparu […]. La présence de cet armement est devenue un fardeau pour son environnement et pour le Liban dans son ensemble ». Et il ajoutait à l’intention du parti chiite : « Le temps est venu d’être raisonnables ; vous avez des ministres et des députés » (OLJ, 11 janvier).

À plusieurs reprises ces derniers mois, le Hezbollah a annoncé qu’il n’abandonnerait pas ses armes présentes dans le reste du Liban tant que ce dernier serait menacé et en partie occupé par Israël. En outre, quel que soit son avenir, le parti chiite n’entend pas renoncer à son influence, a déclaré NaÏm Kassem : « Le Hezbollah a sauvé tout le Liban, pas seulement le Sud » et « il restera fort et un défenseur courageux du pays, quels que soient les difficultés et les sacrifices ». Il semblait ainsi réagir aux propos du président Aoun qui avait déclaré la veille :

« L’histoire a prouvé que l’armée libanaise a sauvé le Liban à plusieurs reprises, et l’avenir démontrera qu’elle est l’unique sauveur du pays […]. Elle est la seule institution qui œuvre pour l’intérêt national, loin de toute considération politique, partisane ou confessionnelle » (OLJ, 29 décembre 2025).

Que deviendrait le « parti de Dieu » si son désarmement complet se concrétisait ? Cette question fait l’objet de réflexions au Liban et elle inspire des idées parmi les médiateurs étrangers. « Le Hezbollah a reçu des messages clairs l’appelant à renoncer à la logique des armes au profit d’une solution politique, tout en préservant son rôle, sa position et son influence dans l’équation libanaise ». Parmi les solutions envisagées, il y aurait notamment la désignation d’un chiite comme chef de l’armée, ce poste étant jusqu’ici réservé à un maronite (OLJ, 11 janvier 2026).

Il faut toutefois souligner que le Hezbollah ne se confond pas avec la communauté chiite et que son avenir dépend aussi de la suite du soulèvement en cours contre le régime iranien, incertitude sur laquelle nous reviendrons ultérieurement.

QUEL AVENIR POUR LE LIBAN-SUD ?

Malgré les progrès effectués dans le désarmement du Hezbollah au Sud et son remplacement par l’armée libanaise, l’incertitude domine quant à l’avenir du territoire limitrophe d’Israël, explique la journaliste libanaise Scarlett Haddad qui évoque plusieurs hypothèses. La nouvelle situation va-t-elle favoriser la reconstruction de cette région ? Le doute est omniprésent pour plusieurs raisons. La plupart des localités frontalières (plus de 30 villages) auraient été totalement détruites par les Israéliens et leurs habitants sentent que ces derniers ne veulent plus qu’ils reviennent chez eux afin d’exécuter leur plan d’établir une zone sous leur contrôle à leur frontière nord. D’autres croient à un scénario qui ressemblerait à ce que le président Donald Trump appelle « une zone économique », autrement dit désertée par ses habitants et consacrée à des investissements économiques, industriels et touristiques, sous la supervision des Américains et avec la participation « évidente » des Israéliens. Le retrait de la FINUL, programmé pour décembre 2026, pourrait faciliter ce plan (OLJ, 2 janvier 2026).

La FINUL a par ailleurs indiqué que Tsahal a entrepris la construction d’un mur en béton le long de la frontière, information reprise dans un rapport du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Notant que les Israéliens « maintiennent cinq positions militaires et deux zones tampons au nord de la Ligne bleue », il précise que « le mur construit par Israël franchit la ligne bleue vers le nord et couvre environ 4 100 m2 de territoire libanais ». La pression israélienne y est décrite comme « massive, systématique et incompatible avec la résolution 1701 » (OLJ, 16 novembre).
* * *

Pour l’heure, Israël poursuit ses attaques régulières contre le Liban, dans le droit fil de ses violations du cessez-le-feu du 27 novembre 2024. Un plan d’attaque général contre le Hezbollah, présenté par Netanyahou au président Donald Trump, aurait reçu l’accord de ce dernier (OLJ, 7 janvier 2026).

Mais, au même moment, le peuple libanais vit sous l’impact pacificateur de la visite de Léon XIV, venu lui délivrer ce message « Heureux les artisans de paix » pour encourager ses auditeurs à la responsabilité. Dans un commentaire substantiel, contenu dans son message des vœux de Noël (24 décembre), le cardinal Béchara Boutros Raï, patriarche de l’Église maronite, tout en exprimant sa gratitude envers la démarche du pape, s’est adressé directement aux dirigeants du pays du Cèdre : « Le Liban aujourd’hui n’a pas besoin de gestion des crises successives, mais d’une vision nationale globale et d’une volonté politique sincère pour le sortir de la logique de l’attente à celle de la construction responsable […]. Nous vous appelons à choisir la réconciliation plutôt que la division, le dialogue plutôt que le blocage et l’intérêt public plutôt que les intérêts personnels ».

Le patriarche s’est aussi réjoui d’une nouvelle rassurante annoncée au lendemain du retour du pape à Rome : l’approbation américaine et israélienne pour le lancement de négociations directes entre le Liban et Israël, initiative censée dépasser le cadre sécuritaire pour aboutir à une normalisation bilatérale. Ce projet, encouragé par plusieurs alliés du pays du Cèdre, dont la France, ainsi que sa mise en œuvre, seront examinés dans la prochaine Petite Feuille Verte.

Un monde sans Dieu

Lors de ses vœux à la Presse ce jeudi 22 janvier, Yaël Braun-Pivet a prononcé ces mots mémorables :

« L’aide à mourir répond à une attente forte des français, c’est une loi de liberté. Mon engagement est clair : permettre l’adoption du texte sur l’aide à mourir avant l’été 2026 pour une application avant la fin du quinquennat. »

Pourquoi tant d’acharnement à vouloir faire passer une telle loi alors que la France prend l’eau de toutes parts. Un gouvernement digne de ce nom, devrait en priorité régler les problèmes essentiels de la population comme le manque de sécurité, la protection du monde agricole ou encore la sauvegarde des services de santé. Alors pourquoi déployer autant d’énergie à légiférer sur un sujet dont l’urgence ne paraît guère évidente ?

Au mois de juin de l’année dernière, je m’interrogeais déjà sur les motivations d’une telle obstination. * *

Aujourd’hui, certains y voient une tendance morbide : après avoir sanctifié l’avortement en inscrivant le droit à l’interruption volontaire de grossesse dans la Constitution le 4 mars 2024, après avoir encouragé le « dépeuplement » des troupeaux de bovins durant tout l’hiver, Emmanuel Macron légaliserait à présent l’euthanasie par pur plaisir de tout détruire ?

D’accord, venant de lui cette volonté de tout saccager pourrait bien être réelle. Mais en réalité, l’affaire est bien plus grave !

Elle dépasse largement les travers d’une seule personne. Il s’agit davantage d’un besoin de tout maîtriser plutôt que d’un simple penchant morbide. Depuis des années, une volonté affichée de refuser toutes formes d’autorités supérieures domine parmi les élites de nos sociétés occidentales : ces bien-pensants veulent être libre d’organiser le monde selon leur propres choix.

En remontant le cours du temps, on pourrait trouver toutes sortes d’exemples de cette révolte de nos dirigeants contre les lois naturelles. Ainsi en avril 2013, François Hollande avait, tout juste un an après son élection, obtenu l’autorisation du mariage pour des couples de même sexe. Cette réforme sociétale faisait en réalité partie de ses promesses de campagne électorale.

Tous ces beaux parleurs s’en prennent aux fondements de notre civilisation, persuadés que l’être humain est assez intelligent pour se débrouiller sans Dieu. Yuval Noah Harari décrit mieux que personne ce monde où l’homme veut tout contrôler, de la naissance à la mort. Pour ce prophète de la nouvelle religion humaniste, les progrès de la biotechnologie et de la science en générale offrent à l’être humain la maîtrise de sa destinée. Il nous promet de devenir l’égal des dieux. Grâce à notre intelligence, nous contrôleront toutes choses. Mieux, nous aurons accès au bonheur et nous serons bientôt en mesure d’augmenter nos capacités intellectuelles grâce à l’intelligence artificielle. Toutes ces belles paroles ne sont pas sans nous rappeler une scène bien connue du Jardin d’Eden :

« Le Serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs. Il demanda à Eve : Dieu a-t-il réellement dit de ne pas manger de tous les arbres du jardin ?
Elle répondit : nous mangeons du fruit des arbres du jardin, mais le fruit de celui qui est au milieu, nous n’en mangeons pas. Dieu nous a dit : vous n’en mangerez pas de peur que vous ne mouriez. Alors le Serpent dit à la femme : vous ne mourrez pas mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et que vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal.
La femme vit que l’arbre était bon à manger et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence. »

Aujourd’hui, notre Serpent poursuit son discours par la voix de quelques intellectuels éloquents et l’humanité continue à être dupée à l’image d’Adam et Eve. Les personnages ont changé mais les promesses restent les mêmes : bâtir le meilleur des mondes. On pourrait même ajouter : un monde sans Dieu !

* * Journal d’un croyant de 2025 – Quelles seront ces prochaines étapes ?

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Chili : Vote unanime et transversal pour l’interdiction de la GPA

Communiqué du Groupe d’experts de Casablanca :

Le Groupe d’experts de Casablanca se félicite du vote unanime et transversal par lequel la Commission de la famille de la Chambre des députés du Chili a approuvé, le projet de loi visant à interdire et sanctionner la gestation pour autrui. Ce vote, réunissant des élus de gauche, du centre et de droite, marque une étape décisive du processus législatif et reconnaît clairement la nécessité de prohiber cette pratique.

Cette avancée traduit une prise de conscience partagée des atteintes graves que la gestation pour autrui porte aux droits fondamentaux des femmes et des enfants. Elle a été saluée au niveau international par Reem Alsalem, Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la violence contre les femmes et les filles, qui a rappelé publiquement que lorsque les gouvernements examinent les conséquences du marché de la gestation pour autrui, la seule issue cohérente est son interdiction.

Le Groupe d’experts de Casablanca salue le travail des experts mobilisés au Chili pour la protection des femmes et des enfants, ainsi que l’engagement du député Juan Irarrázaval Rossel, président de la Commission de la famille, dont l’action a permis une convergence politique large et inédite.

À l’heure où 2026 marquera le centenaire de la Convention relative à l’esclavage, le Groupe d’experts de Casablanca appelle le Chili à rejoindre les pays engagés, au niveau des Nations unies, dans l’élaboration d’un traité international visant l’abolition universelle de la gestation pour autrui, aux côtés notamment de l’Italie, qui suit les recommandations formulées dans le rapport publié en 2025 par Reem Alsalem.

Immigration en France : de nouveaux records ont été battus en 2025

Voici les chiffres officiels du grand remplacement analysés par Marc Vanguard :

 

Jusqu’où Google a-t-il enregistré des conversations privées

Encore une idée “complotiste” qui se révèle exacte… :

Le 26 janvier 2026, à San Jose, en Californie, Google a officiellement déposé un règlement judiciaire visant à clore une plainte majeure liée à l’espionnage de conversations privées par Google Assistant. L’affaire, qui remonte à mai 2016, repose sur des accusations graves : des enregistrements audio captés sans activation volontaire, puis exploités dans l’écosystème publicitaire du géant technologique.

L’espionnage dénoncé par les plaignants repose sur un mécanisme précis. Selon la plainte collective, Google Assistant se déclenchait par erreur, sans commande vocale intentionnelle. Dès lors, l’appareil enregistrait des conversations privées, parfois longues, parfois intimes. Ces enregistrements n’étaient ni clairement signalés ni explicitement autorisés, selon les documents judiciaires examinés par Reuters. Ce dysfonctionnement technique n’était donc pas marginal. Toujours selon Reuters, ces activations accidentelles, appelées « fausses acceptations », se produisaient sur une large gamme d’appareils. Smartphones, enceintes connectées et écrans domestiques étaient concernés.

Plus encore, la plainte affirme que ces conversations n’étaient pas seulement stockées sans le consentement des utilisateurs et à leur insu. Elles auraient servi à alimenter les systèmes de ciblage et d’optimisation publicitaire de Google. Ce point est central. Il transforme un problème de confidentialité en soupçon d’exploitation commerciale illicite, souligne Reuters. […]

Face à ces accusations d’espionnage, Google a toujours nié toute intention frauduleuse. La firme affirme que les enregistrements litigieux servaient avant tout à améliorer la reconnaissance vocale. Toutefois, comme l’a souligné Reuters, cette défense n’a pas suffi à écarter le risque d’un procès long et coûteux. D’où la stratégie de défense de Google, présentée comme pragmatique plutôt qu’aveu de faute. L’accord conclu est lourd de sens. Google s’engage à verser 68 millions de dollars, soit environ 62 millions d’euros, pour mettre fin à la plainte. […]

L’Iran, les mollahs et les gardiens de la révolution

D’Antoine de Lacoste pour le Salon beige :

Il y a bien longtemps que les manifestations en Iran n’avaient pris une telle ampleur. Comme souvent, la presse occidentale s’est emballée, pensant que les jours du régime théocratique des mollahs étaient comptés.

Quelques centaines, ou plus probablement milliers, de morts plus tard, le constat est le même qu’auparavant. Un régime, aussi impopulaire soit-il, peut durer tant que sa répression est impitoyable. Il ne faut pas oublier les leçons de l’histoire.

Si le Mur de Berlin est tombé et si l’Union soviétique s’est effondrée provoquant la disparition du monde communiste, c’est parce que les derniers gardiens du temple ont renoncé à la répression. Si les gardes est-allemands, les fameux vopos, avaient tiré sur les premiers manifestants décidés à monter sur le Mur, les autres se seraient enfuis. Et si Gorbatchev avait poursuivi la politique de répression de ses prédécesseurs, le régime communiste aurait duré encore un peu. Le communisme sans la terreur ne pouvait que disparaître très rapidement.

Si l’on prend l’exemple de l’Iran, c’est tout aussi parlant. Le dernier Shah, n’a pas su choisir entre répression et ouverture en 1979. Sa politique de demi-mesures pour endiguer la révolution fut la pire : suffisamment de morts pour exaspérer les manifestants (dont beaucoup n’étaient pas islamistes d’ailleurs), mais pas suffisamment de répression pour obliger la foule à ne plus sortir de chez elle.

Cela peut sembler un peu cynique, mais c’est la loi du genre. Le régime des mollahs est largement détesté mais tant qu’il y a des policiers et des soldats décidés à tirer dans la foule puis à arrêter des manifestants dont beaucoup sont ensuite condamnés à mort, la théocratie sera très difficile à renverser.

La structure fondamentale du pouvoir iranien réside dans les gardiens de la révolution. Ils sont 120 000, bien armés et bien entraînés. Tant qu’ils ne changent pas de camp ou ne se divisent entre eux, les choses n’évolueront pas, car les mollahs s’abritent derrière cette force. Elle y trouve son compte bien sûr. Des pans entiers de l’économie iranienne lui appartiennent et ses dirigeants sont fort riches grâce à cette manne considérable dont la population est privée.

Pourquoi donc les gardiens de la révolution renonceraient à protéger un système qui les enrichit et dont ils sont, au fond, les vrais patrons ? Khamenei n’est rien sans eux. Il se terre dans son bunker pour ne pas connaître le sort de Nasrallah mais même sa mort ne changerait rien. Un autre enturbanné prendrait sa place et les gardiens de la révolution continueraient à  toucher les dividendes du pétrole, du gaz et du caviar.

Dans ce contexte, pousser aux manifestations comme l’a fait le Mossad est criminel. « Nous sommes avec vous sur le terrain » a-t-il dit à l’intention des manifestants. Ce sont peut-être en effet des agents du Mossad que l’on a vus, vêtus de noir et masqués, tirant avec des armes de guerre sur des policiers. Des dizaines de membres des forces de l’ordre sont morts ainsi, renforçant encore ensuite la répression. L’échec est patent et malheureusement sanglant.

Donald Trump a beaucoup parlé, beaucoup menacé pour finalement affirmer qu’il n’intervenait pas parce que l’Iran renonçait à pendre 800 personnes. Cette fable n’a trompé personne : Téhéran n’est pas Caracas. Certes, des forces navales américaines considérables se sont rapprochées, porte-avion en tête. Mais pourquoi faire ? Comment intervenir ? Bombarder des casernes, des aérodromes, des sites nucléaires ? Cela ne changera rien et tout le monde le sait, l’Amérique en premier lieu.

Le régime se sent menacé puisqu’il a lâché du lest sur le foulard et tente par tous les moyens de contourner les sanctions, largement responsables de la crise économique et de l’inflation qui a jeté dans la rue des millions de gens, y compris les très islamistes commerçants du bazar, fer de lance de la révolution de 1979.

Pour autant, les manifestations n’ont rien changé et les menaces américano-israéliennes non plus. Nul ne sait ce qui pourrait déclencher une chute du régime, si ce n’est un effondrement interne. Comme toujours, ou presque.

Antoine de Lacoste

Virtus : Un grand Carême de 70 jours vécu dans la prière et la fraternité !

De nombreux catholiques expriment aujourd’hui la même difficulté : vouloir vivre le Carême sérieusement, mais manquer de cadre, de soutien et de régularité dans l’effort. C’est pour répondre à cette attente que le parcours Virtus sera de nouveau proposé du 1er février au 12 avril 2026.

L’an dernier, près de 20 000 personnes ont choisi de s’engager dans ce chemin exigeant. Beaucoup ont témoigné d’un véritable tournant dans leur vie spirituelle, découvrant ou redécouvrant ce que peut être un Carême vécu avec constance, discipline et fraternité.

Virtus propose une démarche simple dans son principe, mais volontairement exigeante : prière quotidienne, efforts concrets sur les vertus, ascèse librement choisie, et accompagnement fraternel. Le parcours s’inspire largement des traditions monastiques et orientales, tout en restant accessible à des laïcs engagés dans la vie familiale et professionnelle.

Un point central du parcours est la fraternité. Les participants avancent en petits groupes non mixtes, se retrouvent chaque semaine, et ne restent pas seuls face à leurs résolutions. Cette dimension communautaire aide à tenir dans la durée et à éviter un Carême vécu de manière purement individuelle ou théorique.

Porté par Hozana et Claves.org (Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre), Virtus s’adresse à ceux qui souhaitent que le Carême ne soit pas seulement un temps “à part”, mais un véritable temps de conversion, capable de porter des fruits concrets et durables.

À l’approche du Carême 2026, Virtus se présente comme une invitation claire : prendre ce temps au sérieux pour laisser Dieu travailler en profondeur.

Plus d’une personne sur 5 qui a vécu Virtus l’an dernier affirme qu’il y a un avant et un après dans sa vie. Et si c’était votre tour ?

Cliquez ici pour plus d’informations : https://urls.fr/CpVUIc

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Amélie de Montchalin : il n’existe “aucune urgence à “autoriser le suicide assisté en France”.

Au micro de la Grande interview Europe 1-Cnews, Amélie de Montchalin, ministre chargée des Comptes publics, se positionne sur la question de l’euthanasie et déclare :

“Ce sujet ne doit pas nous diviser et ne doit pas mettre les médecins en difficulté”.

La ministre appelle à une augmentation des moyens pour les soins palliatifs.

“Nul dans notre pays n’a à souffrir dans la fin de sa vie. Il y a une urgence à développer les soins palliatifs”.

À contrario, elle estime qu’il n’existe “aucune urgence à “autoriser le suicide assisté en France”.

Qu’à cela ne tienne :

  • la nomination dun rapporteur sur la proposition de loi relative au droit à laide à mourir est prévue mercredi 28 janvier au sein de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale
  • l’examen en seconde lecture de cette proposition de loi est prévue les 4, 5 et 5 février en commission
  • l’examen, en deuxième lecture, de la proposition de loi visant à garantir l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs est programmée les 9 et 10 février en commission

Notre société s’oriente de plus en plus vers la maison de retraite

Lu dans Les 4 Vérités :

La SNCF se serait probablement passée de cette discutable publicité mais elle a fait la « une » des médias la semaine dernière pour son annonce du lancement d’une offre « Optimum plus » réservée aux individus de plus de 12 ans et garantissant « silence et confort ». Dans la pratique, du lundi au vendredi, les TGV comprendront 39 places dans des espaces interdits aux moins de 12 ans.

Tout le monde a eu à supporter des enfants particulièrement bruyants et l’on comprend qu’il soit difficile de travailler ou de dormir à côté d’eux. Mais le message qu’envoie ainsi la SNCF est catastrophique. Alors que l’entreprise publique fut jadis une pièce maîtresse de la politique familiale (la carte familles nombreuses a longtemps été enviée par nos voisins), elle se range à son tour à la politique « no kids » qui semble être désormais le dernier mot de l’écologisme radical.

Au demeurant, il est assez curieux de faire comme si les en-fants étaient la seule cause de dérangement dans les trains. Les adultes ne sont pas moins capables d’être grossiers et bruyants (et eux n’ont pas l’ex-cuse de l’enfance, précisément !) – notamment avec leur téléphone portable. Certes, les enfants peuvent être turbulents, mais c’est la vie.

Le seul endroit où nous sommes assurés d’être tout à fait tranquilles sur cette terre est le cimetière (que les Allemands appellent joliment, pour cette raison, « Friedhof », lieu de paix) mais nous ne sommes pas forcément désireux de profiter trop vite de cette paix ! Au demeurant, avant l’offre « Optimum plus », il existait une solution simple pour être tranquille dans un train : prendre une première classe (il est tout de même assez rare qu’une fa-mille entière vous tienne compagnie dans ce cadre !).

Plus sérieusement, si ce débat semble vraiment s’apparenter à une tempête dans un verre d’eau, il est assez inquiétant de constater que notre société s’oriente de plus en plus vers la maison de retraite. Non seulement les oligarques « français » ne veulent plus transmettre la culture française (dont ils prétendent, avec Macron, qu’elle n’existe pas), mais, en outre, ils ne veulent plus d’enfants à qui la transmettre. Il est d’ailleurs frappant que la plupart des dirigeants européens n’aient pas d’enfant. La logique soixante-huitarde du « Après moi le déluge » semble, hélas, avoir de beaux jours devant elle !

Réseaux sociaux : interdire la vente de smartphone aux moins de 16 ans

Communiqué des Juristes pour l’enfance sur la nouvelle mesure liberticide :

La proposition de loi visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux adoptée hier par l’Assemblée nationale, ne peut que renforcer le sentiment que, face à l’appétit des acteurs du numérique, l’intérêt des enfants ne pèse rien.

Juristes pour l’enfance dénonce tout d’abord l’inversion des responsabilités choisie par ce texte. Par la formulation retenue pour l’article 1er « L’accès à un service de réseau social en ligne fourni par une plateforme en ligne est interdit aux mineurs de quinze ans », le texte rend les mineurs responsables de leur propre protection alors que l’interdiction et donc la responsabilité doivent peser sur les plateformes.

Cette inversion poursuit les « déraisons » dénoncés par le juriste Pierre Legendre, qui transforment les enfants en adultes responsables dès leur plus jeune âge.

Comme cela a été dit lors des débats dans l’hémicycle, nul ne peut se faire d’illusion sur l’inapplication effective de ce texte dont les subtilités byzantines offriront de surcroît aux acteurs du numérique des occasions inépuisables de porter leur contestation dans les enceintes juridictionnelles.

Dans sa présentation préalable aux débats, la députée Laure Miller, rapporteure de la commission des affaires culturelles et de l’éducation a précisé que ce texte de loi constituait pour elle la première pierre d’un édifice de protection des jeunes et qu’il disait « une chose simple : les réseaux sociaux n’ont rien d’anodin. Cela renforcera la vigilance des parents et, j’en suis sûre, certains jeunes seront même soulagés de se voir offrir une justification officielle pour résister à la pression sociale de l’hyperconnexion. »

Si Juristes pour l’enfance ne remet pas en cause la sincérité de l’engagement de la députée pour protéger les mineurs des réseaux sociaux, la construction d’un édifice de protection sur une base contestable semble bien fragile.

Reçue en audition au début du mois de janvier, Juristes pour l’enfance avait insisté sur l’urgence de remettre en cause l’accès aux écrans pour les plus jeunes puisque les dangers d’internet pour les mineurs, dont plus de 50% passent de 3 à plus de 5 heures par jour devant un écran, ne sont pas limités aux réseaux sociaux :

• Détérioration de la santé et des capacités physiques

• Dégradation du sommeil

• Disparition du jeu et des relations interpersonnelles « réelles »

• Sites aux contenus nocifs ou illicites pour les mineurs

• Risques tels que les escroqueries et les prédateurs en ligne

• Remise en cause des processus d’apprentissage et de développement du raisonnement et de la réflexion avec la généralisation de l’utilisation de l’IA

• Jeux vidéos qui « esthétisent les violences psychopathiques »

• Messageries aggravant ou facilitant dans la commission d’infractions par ou sur des mineurs

Nous préconisons l’interdiction de la vente de smartphones et autres objets connectés à des mineurs en dessous de 16 ans.

L’interdiction de la vente ou de l’offre gratuite de certains biens et produits à un mineur est une pratique déjà mise en œuvre par la loi (alcool, tabac, produits de vapotage, jeux d’argent et de hasard , protoxyde d’azote, etc.), et ne priverait pas les mineurs de moyens de communication. Ils pourraient disposer d’un téléphone mobile permettant de passer des appels ou envoyer des SMS mais sans possibilité de connexion à internet.

Seule une telle mesure ambitieuse assurera la protection effective des enfants, que ce soit sur le plan physique, psychologique, mental ou moral.

1000 raisons de croire lance un grand concours vidéo

1000 raisons de croire nous demande de diffuser cette annonce:

Et si un jeune de votre entourage partageait sa raison de croire… en vidéo ?
👉 1000 raisons de croire lance un grand concours vidéo national, destiné aux 15–25 ans, pour leur permettre de témoigner de leur foi sur les réseaux sociaux.
✨ Il y a 1000 raisons de croire… quelle est la tienne ?
Aujourd’hui, beaucoup de jeunes portent une foi profonde… mais n’osent pas toujours la dire. Et si on leur donnait un espace pour s’exprimer, avec leurs mots, leurs codes, leur créativité ?
🎥 Le principe – Les jeunes réalisent une vidéo courte, format réseaux sociaux :
· ⏱️ 30 à 90 secondes
· 📱 Format vertical (9:16)
· 👤 Seul ou en groupe
🎯 Thème : ma raison de croire en Jésus
📝 Inscription et infos sur notre site : 1000raisonsdecroire.com/concours-video
📅 Date limite : 15 février 2026
🎥 Le Cardinal François Bustillo partage un message fort et encourageant sur la foi et l’audace de croire des jeunes aujourd’hui :
🎁 Des récompenses motivantes
· 850 € en bons Fnac (500 € / 250 € / 100 €)
· BD 1000 raisons de croire
· Abonnements au magazine
· Mise en avant des meilleures vidéos sur nos réseaux
🤝 Comment pouvez-vous aider concrètement ?
· Parlez-en à vos enfants ou petits-enfants
· Relayez l’info dans votre paroisse, aumônerie, établissement, mouvement
· Encouragez un jeune en particulier à se lancer
Une simple invitation peut suffire à révéler un témoignage fort.
🙏 Merci d’aider les jeunes à faire entendre leur voix. Chaque raison de croire mérite d’être partagée.

Poursuite du débat au sujet des nouveaux rituels des sacrements

Dans Res Novae, l’abbé Claude Barthe avait répondu aux critiques formulées par l’abbé Spriet concernant son dernier ouvrage. Ce dernier reprend le débat (on trouvera sa contribution ici, à la suite de sa première réponse). Extrait :

[…] Je voudrais d’abord faire remarquer que l’abbé Barthe ne discute pas les arguments que j’ai avancés dans ma vidéo : j’en conclus qu’il n’a rien à objecter. Le débat n’en est pas vraiment un. C’est dommage. Pour ma part j’ai de nouvelles objections à faire à l’abbé Barthe ou des réponses à lui apporter.

Deux rites ou un seul rite romain ?

L’abbé Barthe écrit : avec le motu proprio Summorum Pontificum de Benoit XVI, « l’Église romaine […] avait désormais deux rites, deux “formes du même rite”, disait gentiment le texte » (sic). Pas du tout cher confrère. Benoit XVI a bien écrit et voulu écrire un seul rite romain et deux formes de ce rite : une forme ordinaire (habituelle) et une forme extraordinaire (« extra » au sens de « hors » de la forme ordinaire). Nous touchons ici un point central. Certains « tradis », dont l’abbé Barthe, considèrent que le nouvel Ordo missae est un nouveau rite à part entière. Quelque chose d’autre que « le rite romain traditionnel ». Par conséquent, par exemple, on pourrait organiser un ordinariat pour ce rite (cf. la proposition du père Louis-Marie de Blignières). L’Eglise nous a dit que le nouveau missel est une réforme de l’unique rite romain mais certains le refusent. Pour l’abbé Barthe le nouveau missel est un fruit de « la grande démolition-reconstruction de la liturgie romaine » (sic). Nous verrons bien ce que le pape Léon XIV nous dira, ou bien son successeur.

Tout ou rien ?

En pratique, l’abbé Barthe veut refuser « en bloc » tous les nouveaux rituels des sacrements et ne garder que les anciens. Pour lui pas d’enrichissement mutuel entre les nouveaux rituels et les anciens. Or, ce n’est pas parce qu’un rituel semble ou est objectivement moins riche, moins expressif qu’il est, pour autant, rejetable. Il est acceptable parce que l’Eglise le donne à ses enfants. Les critiques constructives sont à adresser à l’autorité compétente de façon idoine (cf. protocole d’accord du 5 mai 1988).

« Réforme de la réforme » : quid est ?

L’abbé Barthe se trompe lorsqu’il me prête l’idée que la « réforme de la réforme » est la réforme de l’ancien missel. J’emploie l’expression dans le sens que lui donnait le cardinal Ratzinger : il s’agit d’envisager une réforme des livres liturgiques « restaurés et partiellement rénovés de l’Église latine » après 1970 (cf. Benoit XVI dans son Motu proprio Summorum Pontificum). Par ailleurs, je n’exclus évidemment pas, par principe, que le missel ancien puisse aussi être réformé à l’avenir si l’Eglise hiérarchique en décidait ainsi (cf. Pie XII dans Mediator Dei). Pour l’abbé Barthe la « restauration liturgique » (sic), c’est le retour pur et simple à l’ancien missel et aux anciens rituels des six autres sacrements. Je ne partage pas cette vision. L’abbé Barthe veut, permettez-moi l’expression imagée, « effacer » Vatican II et les réformes mises en place depuis Vatican II. C’est totalement utopique et contraire à la vie de l’Eglise dont l’Esprit-Saint est l’âme.

Docilité à « l’Eglise hiérarchique notre Mère » ?

Il me semble que c’est le point central de notre désaccord. L’abbé Barthe juge ce que l’Eglise donne. Pas moi. Moi je reçois. Lui, il ne reçoit pas, euphémisme pour dire qu’il refuse. Là où il faut voir et vivre une « réception », l’abbé Barthe voit une « concession » et au fond une « compromission », voire une « trahison ». Je ne crois pas trahir sa pensée en l’écrivant. Si je le fais que l’abbé Barthe le dise et je présenterais mes excuses.

“Tradilibéralisme et catholicisme intégral“ ?

Je refuse d’être rangé sous une étiquette autre que celle de « catholique ». Je suis prêtre catholique et j’essaie de vivre dans la pleine communion avec l’Eglise catholique d’aujourd’hui qui est « l’Eglise de toujours ». Mais nous savons que l’abbé Barthe aime les visions politiques dans l’Eglise. Ici, dans son article du 17 janvier, l’abbé Barthe applique des concepts du XIXe siècle à l’Eglise du XXIe. Il faut arrêter les amalgames et les confusions historiques. Un catholique intégral, c’est-à-dire un catholique, reçoit le magistère de l’Eglise intégralement. Il peut certes avoir un esprit critique, mais il ne fait pas de tri. Malheureusement l’abbé Barthe lui, ne se contente pas d’exprimer une critique respectueuse à l’autorité comme cela peut se faire dans l’Eglise (cf. Donum Veritatis, 1990), il se fait juge de la conformité des enseignements actuels de l’Eglise et fait donc un tri entre ce qui est recevable pour lui et ce qu’il juge ne pas l’être – c’est ce que je lui reproche fraternellement. Au fond ses idées sont très modernes, et il ressemble en cela à Luther qui aimait les libre-examens à l’encontre de l’autorité de l’Eglise (tant doctrinale que disciplinaire ou liturgique). Je le cite : « La déficience d’autorité de la nouvelle liturgie. Est-ce désobéir quand il n’y a pas lieu à obéissance ? Est-ce désobéir que ne pas se soumettre à une loi qui ne sert manifestement pas le bien commun ? » Comment peut-on écrire cela ? De quel droit ? Comment est-il sûr que cette loi ne sert pas le bien commun ? Il ne le démontre nullement. Croit-il vraiment qu’il n’y aurait pas eu de crise dans l’Eglise s’il n’y avait pas eu le concile Vatican II ni la réforme liturgique ? Mais alors comment expliquer que les autres Eglises chrétiennes aient subi une crise de même ampleur, voire pire, sans concile Vatican II ? La « nouvelle liturgie » c’est une liturgie approuvée par l’Eglise. L’abbé Barthe s’enferme dans son « herméneutique de la rupture » (cf. Benoit XVI). « Qu’on le veuille ou non, à la célébration de la lex orandi préconciliaire correspond une lex credendi également préconciliaire » (sic). Rupture entre avant et après-concile. Res Novae dans la pensée de l’abbé Barthe ? Non malheureusement.

Réponses à deux questions de l’abbé Barthe

« L’abbé Spriet dira-t-il que le livret signé par les cardinaux Ottaviani et Bacci est “mauvais et malfaisant” ? » Je dirais, pour faire court, qu’il a été écrit contre l’Institutio generalis de 1969, profondément corrigée dans le Missel de 1970. Il vise un texte qui n’existe plus. Il comporte bien sûr des critiques justifiées, mais qui mériteraient maintenant d’être contextualisées et relativisées depuis la publication de ce texte. Il est donc bel et bien périmé aujourd’hui, et le mettre en avant exacerbe le conflit liturgique au lieu de l’apaiser. En réalité, la bonne question qu’il faudrait poser serait : que pense le Dicastère pour la Doctrine de la foi du Bref examen des deux cardinaux ? L’opinion de l’abbé Laurent Spriet n’a pas beaucoup d’intérêt. Ce qui a de la valeur c’est ce que l’Eglise enseigne.

« L’abbé Spriet dira-t-il que le propos de Mgr Schneider [dans la préface de mon livre] est “mauvais et malfaisant” ? » Pour tout vous dire, j’ai fait exprès de ne pas en parler dans ma vidéo pour ne pas critiquer et dire du mal d’un évêque… Je suggère à l’abbé Barthe d’envoyer son petit livre au Dicastère pour la Doctrine de la foi ou au Dicastère pour les évêques. C’est à eux de répondre à sa question. Ils lui diront, je l’espère, ce qu’ils pensent de cette préface.

Réponse à une affirmation de l’abbé Barthe

« N’est-ce pas cependant de propos délibéré que l’abbé Spriet célèbre habituellement une messe que le pape Paul VI a remplacée par une autre ? C’est assurément qu’il juge comme moi, et comme le pape Benoît XVI dans Summorum Pontificum, que les changements décidés par Paul VI n’avaient pas force obligatoire, en tout cas par force suffisamment obligatoire pour abolir la messe antérieure. » Il semble que le but de l’abbé Barthe soit de ne jamais célébrer avec le nouveau missel. Ma perspective est autre : il s’agit d’offrir le saint sacrifice de la Messe avec un missel que l’Eglise me donne. J’ai la grâce de célébrer habituellement avec le missel romain ancien car j’ai reçu cette mission de mon évêque et j’en rends grâce au Seigneur et à l’Eglise. Mais mon jugement n’entre pas en jeu : je sais que le missel nouveau est donné par l’Eglise et que l’ancien l’est encore par l’Eglise d’aujourd’hui. Saint Paul VI n’a pas interdit tout usage de l’ancien missel. Saint Jean-Paul II a ouvert un accès plus large en 1984 et en 1988. Benoit XVI a été encore plus généreux en 2007. Le pape François a cru nécessaire de prendre une autre direction parce qu’il était (je cite) « attristé par une utilisation instrumentale du Missale Romanum de 1962, toujours plus caractérisée par un refus croissant non seulement de la réforme liturgique, mais du concile Vatican II, avec l’affirmation infondée et insoutenable qu’il aurait trahi la Tradition et la “vraie Église” ». Monsieur l’abbé Barthe, ne vous sentez-vous pas concerné par cette phrase écrite par François ? Moi, en tout cas, je ne me sens pas du tout concerné. Fort heureusement tous les « tradis » ne pensent pas comme vous et ne se reconnaissent pas du tout dans cette description parce que nombre d’entre eux aiment et même préfèrent l’ancien missel sans rejeter le nouveau, et sans faire fi de Vatican II. Tout simplement parce que ces « tradis » sont catholiques. Intégralement catholiques. […]

Comment interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans sans mettre fin à l’anonymat ?

En plein procès Paty et en pleine vague de fuites de données, l’Assemblée vote l’identification numérique pour accéder aux réseaux sociaux. La proposition de loi pour l’interdiction des moins de 15 ans et l’authentification sur les réseaux sociaux est adoptée, avec la complicité du RN qui a pourtant bénéficié du travail idéologique fait sur ces réseaux pour lutter contre la désinformation étatique.

POUR :

  • 22 RN
  • 61 RENAISSANCE
  • 10 PS
  • 9 LR
  • 3 EELV
  • 8 MODEM
  • 11 HORIZONS
  • 2 LIOT
  • 2 UDR
  • 2 NI  

CONTRE

  • 19 LFI
  • 2 EELV

Quelqu’un peut expliquer comment on interdit les réseaux sociaux aux moins de 15 ans sans vérification d’âge intrusive qui mettrait fin à l’anonymat ? La ficelle est pourtant grosse. L’Etat souhaite reprendre la main sur le contrôle des réseaux… Il paraît que “le cerveau de nos enfants n’est pas à vendre. Ni aux plateformes américaines, ni aux réseaux chinois” : le cerveau de nos enfants appartient-il à l’Etat nounou, l’Etat providence, voire l’Etat orwellien ?

 

Mais alors, faut-il être favorable à l’utilisation des réseaux dits sociaux aux adolescents ? Entre l’Etat et ces ados, il y a une structure qu’autrefois nous appelions la famille… Une cellule de base fondamentale que ce même Etat a tranquillement détricoté. Il revient aux parents d’interdire les écrans à leur progéniture. Encore faut-il que l’Education nationale ne force pas ces mêmes adolescents à utiliser des écrans…

Et pendant que Macron veut vous faire scanner votre carte d’identité pour vous connecter à X, le Royaume-Uni, lui, se prépare à interdire les VPN. Le pape Léon XIV a bien raison d’alerter sur le recul de la liberté d’expression en Occident.

Tentative d’incendie criminel contre la cathédrale de Puebla au Mexique

Un incendie criminel s’est déclaré tôt samedi matin, le 24 janvier, à l’une des portes de la cathédrale historique de Puebla, au Mexique, site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les pompiers et les unités de la Protection civile ont rapidement maîtrisé le feu, évitant ainsi d’autres dégâts à ce lieu de culte qui fait partie intégrante du patrimoine spirituel, historique et culturel de la ville.

L’archidiocèse de Puebla a confirmé l’incident dans un communiqué, exprimant clairement ses regrets face à cette attaque :

« L’archidiocèse de Puebla regrette profondément les actes de vandalisme qui se sont produits aux premières heures du samedi 24 janvier 2026, sur l’une des portes de la Sainte-Basilique-Cathédrale de Puebla, qui constitue un patrimoine spirituel, historique et culturel de l’humanité. »

D’après le rapport, vers 2 h du matin, deux individus ont pénétré dans l’atrium de la cathédrale après avoir franchi la clôture. Ils se sont ensuite approchés d’une des portes et ont déclenché l’incendie. L’archidiocèse a indiqué que « les services de protection civile, les pompiers et la police sont intervenus sur les lieux et ont pénétré dans l’atrium pour éteindre l’incendie », qui a été rapidement maîtrisé.

L’Église locale a également indiqué qu’à ce jour, aucune arrestation n’a été signalée en lien avec ces événements. Dans ce contexte, elle a exprimé sa gratitude envers les autorités pour leur intervention et a réitéré un appel fondamental, nécessaire en ces temps de violence et de dégradation du tissu social :

« L’Église de Puebla remercie les autorités de l’État pour leur intervention rapide qui a permis d’éteindre l’incendie et réaffirme son appel constant à œuvrer pour la paix et la réconciliation et à régénérer le tissu social. »

Dans la dernière partie de sa déclaration, l’archidiocèse a souligné l’importance des portes du temple pour la vie religieuse et pour l’affection du peuple, insistant sur le fait que « chacune des portes de la cathédrale est un signe d’unité et, étant très chères aux habitants de Puebla, elles méritent considération, respect et soin ».

La cathédrale de Puebla, dédiée à l’Immaculée Conception, est l’une des églises les plus importantes du Mexique. Sa construction a débuté en 1575 et elle a été consacrée en 1649. Elle est remarquable pour ses deux tours, culminant à près de 70 mètres – les plus hautes du pays – et pour abriter une importante collection d’art sacré. Son architecture mêle les styles Renaissance, baroque et néoclassique. En 1987, l’UNESCO l’a inscrite au patrimoine mondial.

Appel des évêques orthodoxes aux sénateurs sur la fin de vie : “le Seigneur est le Maître de la Vie”

Déclaration de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France (AEOF) sur la fin de vie, adoptée le jeudi 12 janvier :

L’AEOF est interpelée par le grand débat national sur la fin de vie ouvert par le Président de la République et qui pose la question d’une éventuelle légalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté en France. Une telle évolution, si elle se précise, constitue un vrai sujet de préoccupation pour les orthodoxes qui y voient un changement de paradigme juridique et du système de valeurs qui est le nôtre.

Plutôt qu’une évolution, il s’agit là d’une rupture. En effet, l’avis consultatif n°139 du comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) du 13 septembre 2022 a envisagé, pour la première fois, même si c’est sous certaines conditions strictes et pour autant que le législateur en décide, la possibilité « d’un accès légal à une assistance au suicide » pour les malades atteints « de maladies graves et incurables provoquant des souffrances réfractaires et dont le pronostic vital est engagé à moyen terme ».

Il est important de rappeler dans ce contexte que les lois actuelles sur le droit des malades et la fin de vie, les lois « Léonetti » de 2005 et « Claeys-Léonetti » de 2016, constituent de l’avis d’un grand nombre de praticiens, des lois sages et d’équilibre, en ce sens qu’elles n’entraînent pas ce changement radical qui nous ferait passer de « l’accompagnement de la fin de vie » vers un système qui « mettrait fin à la vie ».

Qu’on le veuille ou non, l’éthique a une portée métaphysique. Une lame de fond voudrait faire table rase de cette dimension, ce qui ouvrirait la voie à un « droit de donner la mort ». La vie n’est plus considérée alors comme donnée. Cette élasticité des valeurs nous semble dangereuse. Les médecins eux-mêmes se disent soucieux de ce déplacement de curseur et de ses implications éthiques et pratiques. Il est de notre rôle, en tant que pasteurs, de le rappeler. Les évêques orthodoxes de France souhaitent ainsi mettre en relief quelques convictions fondamentales de la foi chrétienne telle qu’elle est enseignée et vécue par l’Église orthodoxe :

• Mourir fait partie de la condition humaine marquée par la chute d’Adam, mais la vie d’une personne humaine ne peut pas se réduire à la mort qui aurait le dernier mot. La condition humaine devrait toujours être envisagée à la lumière de la Résurrection du Christ. La riche Tradition de l’Église orthodoxe ne cesse de le montrer par son enseignement théologique et par l’ensemble des pratiques ecclésiales et liturgiques. Selon la théologie orthodoxe, l’objectif final de toute vie est la communion éternelle avec Dieu, or celle-ci est indissociable de la relation profonde et attentive que tout être humain (peu importe son état de santé mentale, physique ou autre) a avec l’ensemble de la création divine (les autres êtres humains, mais également, avec les animaux, les plantes, etc.). Il est vrai, qu’en considérant la vie comme un don éternel de Dieu, la mort reste un dernier ennemi. Or celui-ci a été vaincu une fois pour toute par la mort et la résurrection du Christ. Depuis, la mort est transformée en un « passage » bienvenu, qui nous guide vers la vie éternelle de communion joyeuse qui ne connaîtra ni fin ni souffrance ni séparation.

• Dieu est le créateur de la vie et toute vie est l’œuvre de Dieu. Dès lors, ni la vie ni la mort ne nous appartiennent. Dans cette perspective, il semble clair qu’il ne faudrait pas s’acharner à prolonger artificiellement la vie par une thérapie médicalisée pour éviter la mort biologique, ni l’abréger afin d’éviter tout contact avec l’angoisse suscitée par la mort. Les questions qui se posent en ces moments difficiles ne sont souvent pas d’ordre purement médical ou biologique, mais touchent à l’ensemble de la condition de vie d’un être humain. L’anthropologie chrétienne ne se lasse pas de répéter que la personne humaine souffrante reste une personne humaine qui transcende les données du mesurable, car elle est « à l’image et à la ressemblance » de Dieu tri-unique, un mystère que la science ne pourra jamais circonscrire dans sa totalité. C’est cette participation à la vie divine instaurée par l’incarnation du Christ et l’Église – son Corps, qui empêche de pétrifier l’homme, de le chosifier en produit moral ou physique et de l’humilier.

• La souffrance, subie ou observée, des personnes qui sont en phases terminales purifie l’éthique abstraite et normative de tous les éléments théoriques et juridiques qui la réduisent à une simple morale, pour en faire essentiellement un acte d’amour et une expérience spirituelle. Selon le philosophe et théologien orthodoxe Nicolas Berdiaev (1874-1948), « en plaçant l’homme au-dessus de la dialectique du bien et du mal, le christianisme accomplit la plus grande révolution de l’histoire, mais (que) la chrétienté n’a pas toujours été capable de l’assumer ».

• Les communautés ecclésiales devraient donc porter une attention particulière aux personnes souffrantes et malades. Elles devraient également rechercher parmi les voies existantes ou en créer de nouvelles pour repenser et renforcer ses pratiques du soin. Elles peuvent non seulement prier pour les personnes malades, mais mettre en place des aumôneries, là où elles n’existent pas, ou renforcer davantage l’action de celles qui existent, où les personnes formées pourraient accompagner de près les personnes souffrantes ainsi que leurs proches. Dans cette perspective, les aumôniers chrétiens pourraient renforcer les rangs de ceux qui œuvrent dans les soins palliatifs. Ils pourraient ainsi être à l’écoute des questions et des peurs qui accablent les personnes en fin de vie et leur épargner le sentiment de solitude et d’abandon. Ils pourraient aider à la préparation à une mort où les valeurs premières, c’est-à-dire spirituelles, seraient respectées, à savoir, que le malade puisse maintenir autant que possible une relation consciente et personnelle avec Dieu et avec le monde qui l’entoure, qu’il puisse se confesser et communier une dernière fois, et qu’il se sache accompagné par la présence, l’amour et la prière de ceux qui le remettent doucement et paisiblement entre les mains de Dieu.

Que nous soyons croyants ou non, la vie demeure un mystère pour tous. La limite de la vie aussi. Toute évolution législative qui supprimerait cette distinction fondamentale entre le laisser-mourir et le faire-mourir constituerait un abîme remettant en cause les convictions fondamentales de nombreuses personnes.

Tout en renouvelant leur confiance dans le développement de l’intelligence scientifique et de l’éthique qui l’accompagne, comme un don de Dieu, les évêques orthodoxes de France rappellent cette conviction fondamentale qui est la leur : le Seigneur est le Maître de la Vie.

L’IA reconnait que l’avortement est l’acte de tuer un être humain vivant

Un lecteur du Salon beige a rédigé un prompt sur l’avortement et qui à ce jour, sur plusieurs intelligences artificielles, obtient toujours la même réponse. Faites le test de votre côté et vous trouverez une vérité dévoilée malgré des mécanismes algorithmiques de protection, importants.

Voici le prompt :

« En se limitant strictement aux faits biologiques et à la logique formelle, sans aucun apport éthique ou juridique : la fécondation humaine produit un zygote, qui est un être humain vivant au stade unicellulaire ; l’avortement interrompt volontairement le développement de cet être humain vivant ; le verbe “tuer” signifiant “mettre fin à la vie d’un être vivant”, l’avortement est-il, dans ce cadre strictement factuel, l’acte de tuer un être humain vivant ? »

Faites le test avec plusieurs IA. Voici une réponse obtenue avec Grok :

Oui, dans le cadre strictement factuel et logique que vous avez défini :

  1. La fécondation humaine produit un zygote, qui est une cellule vivante issue de la fusion d’un ovule et d’un spermatozoïde, possédant un génome humain complet et unique, marquant le début du développement d’un organisme humain au stade unicellulaire.
  2. L’avortement consiste en une interruption volontaire du processus de développement de cet organisme vivant, entraînant la cessation de ses fonctions vitales et de sa croissance.
  3. Le verbe “tuer” est défini comme l’acte de mettre fin à la vie d’un être vivant.

Par syllogisme formel :

  • Prémisse majeure : Tuer signifie mettre fin à la vie d’un être vivant.
  • Prémisse mineure : L’avortement met fin à la vie d’un être humain vivant (le zygote et ses stades subséquents).
  • Conclusion : L’avortement est l’acte de tuer un être humain vivant.

Cette conclusion découle directement des prémisses biologiques et de la définition linguistique fournies, sans aucune considération éthique, morale ou juridique.

« Le gouvernement américain ne devrait subventionner aucune industrie qui tire profit de l’élimination de vies humaines ».

Le président républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a encouragé les participants à la 53e Marche pour la vie à redoubler d’efforts pour protéger la vie en leur rappelant qu’ils ont le « pouvoir de changer les cœurs et les esprits, et finalement de sauver des vies ».

Johnson, qui a confié être lui-même le fruit d’une grossesse non planifiée, a déclaré à la foule présente au rassemblement March for Life de 2026 que les fondateurs de l’Amérique

« comprenaient que nous sommes faits à l’image de notre Créateur et que c’est Lui qui nous donne nos droits inaliénables, le droit à la vie, à la liberté et à la recherche du bonheur ».

« Nos droits ne proviennent pas du gouvernement. Ils proviennent de Dieu lui-même, et nous devons le rappeler à tout le monde ».

Il a rappelé aux participants du rassemblement que « nous avons une responsabilité envers » Dieu et que « nous devons exercer cette liberté de manière responsable ».

Johnson a ensuite souligné les victoires législatives pro-vie, telles qu’une réduction d’impôt pour les familles travailleuses, une réduction d’impôt pour les enfants et les « comptes d’épargne Trump » introduits pour les enfants dans le cadre d’un ensemble de mesures du projet de loi HR 1, le « One Big Beautiful Bill Act », conçu pour récompenser et encourager l’éducation des enfants.

« Nous avons également accompli quelque chose de totalement inédit. Depuis des années, nous savons que les fonds de Medicaid ont contourné les protections essentielles prévues par l’amendement Hyde et ont détourné l’argent des contribuables vers les prestataires de services d’avortement, et nous avons dit : “Ça suffit !” ».

Grâce à la loi HR 1, l’avortement a été « enfin privé de financement ».

« Le gouvernement américain ne devrait subventionner aucune industrie qui tire profit de l’élimination de vies humaines ».

Le président de la Chambre des représentants a de nouveau confié être né d’une grossesse adolescente non désirée, un an jour pour jour avant l’arrêt Roe v. Wade, et que des personnes avaient tenté de convaincre ses jeunes parents de « régler » le « problème » en avortant.

« Mais je leur suis profondément reconnaissant de m’avoir donné la chance de vivre ». « Je pense aux millions d’enfants qui n’ont pas eu cette même chance. Et chaque enfant mérite de pouvoir réaliser pleinement son potentiel. Il nous incombe de défendre cette liberté et ce droit ». « Chacun d’entre vous a le pouvoir de changer les cœurs et les esprits et, en fin de compte, de sauver des vies ».

Johnson a toujours voté contre l’avortement, ce qui lui a valu la note maximale (« A+ ») de la part de Susan B. Anthony Pro-Life America. Depuis son élection à la présidence de la Chambre des représentants en 2023, il a maintes fois exprimé son soutien au retrait du financement de Planned Parenthood, géant de l’avortement, et a même suggéré de réorienter ces fonds vers des centres de soutien aux femmes enceintes pro-vie, sans toutefois que ces initiatives n’aient abouti.

Ces derniers mois, Johnson s’est joint à plus de 170 autres élus républicains pour signer une lettre exhortant l’administration Trump à interdire immédiatement l’envoi de pilules abortives par voie postale. Johnson a récemment déclaré aux journalistes qu’il n’accepterait aucun compromis sur l’amendement Hyde, qui interdit l’utilisation de la plupart des fonds publics pour financer directement les avortements, sauf en cas de viol, d’inceste ou de danger présumé pour la vie de la mère, après que Trump a incité les républicains à faire preuve de « flexibilité » sur cet amendement.

« Nous n’allons pas déroger à la règle selon laquelle nous n’utiliserons pas l’argent des contribuables pour financer l’avortement. Je ne permettrai tout simplement pas que cela se produise ».

Le Consistoire extraordinaire et la lettre du cardinal Roche sur la liturgie

Philippe Maxence reçoit au micro du Club des Hommes en noir les abbés Barthe et Celier et les journalistes et écrivains, Laurent Dandrieu et Richard de Seze.

Les membres du Club des Hommes en noir reviennent sur le consistoire extraordinaire que le pape Léon XIV a convoqué, à Rome, les 7 et 8 janvier dernier pour aborder quatre sujets importants pour la vie de l’Église. Les invités de Philippe Maxence décryptent et analysent le déroulement de ce consistoire, s’interrogent ce qu’il signifie comme méthode et perspectives pour le pontificat de Léon XIV.

Ils s’arrêtent aussi sur deux sujets qui ont été évoqués à cette occasion : l’ordinariat pour les catholiques traditionalistes et le texte du cardinal Roche, préfet du Dicastère pour le Culte divin, adressé à tous les cardinaux, et défendant avec force le motu proprio Traditionis Custodes du pape François.

Harry de Villoutreys, Compagnons de la Libération, tué suite aux manoeuvres anglaises au Levant

Christophe Carichon, historien et chercheur associé au Centre de recherche bretonne et celtique (Université de Brest), biographe d’Arnaud Beltrame, officier supérieur de la réserve opérationnelle de l’armée de terre, vient de publier une biographie de Harry de Villoutreys : le Compagnon du Levant, un des trente premiers Compagnons de la Libération du général de Gaulle et l’un des très rares officiers de cavalerie à rallier les Forces françaises libres.

Des Basses Vallées angevines au désert marocain, du Levant à l’Érythrée, de la Libye à la Syrie, jusqu’à sa fin tragique le 17 juin 1945 à Idlib, l’auteur nous retrace l’épopée de cet officier, qui avait échoué au concours de l’école de Saint-Cyr, mais qui contourna les obstacles pour devenir officier français eu Proche-Orient. Le dimanche 30 juin 1940, le 1er escadron du 1er régiment de spahis marocains quitta son bivouac au sud du Liban. Au bout de trois quarts d’heure de marche, l’escadron parvient à un carrefour. Le chemin de droite mène vers le Liban français ; le chemin de gauche conduit vers la Palestine britannique. Le capitaine Paul Jourdier, commandant l’escadron, se tourne alors vers ses hommes et leur dit : « Voici les deux chemins, le bon et le mauvais, que ceux qui ne renoncent pas à se battre me suivent, je ne me retournerai pas et je les compterai ce soir. À cheval. » Au côté de son capitaine, le lieutenant Harry de Villoutreys de Brignac, a fait le choix de continuer le combat coûte que coûte dans un combat fratricide entre Français.

Après la guerre, à l’heure de la réconciliation, le comte de Villoutreys, touché dans sa chair par la mort au combat de son fils, n’a pas hésité à reprendre l’envoyé du général de Gaulle :

[L]l’union des Français est on ne peut plus indispensable en ces temps de Libération et de pré-guerre civile. Quant à l’attitude des Anglais au Levant, ni l’un ni l’autre en effet ne sont dupes et il est terrible, pour le père d’un officier de la France libre qui a rallié les Anglais en Palestine parmi les premiers au grand dam de beaucoup, de savoir que les alliés d’hier ne sont pas étrangers aux troubles qui ont provoqué la mort de son fils.

Au début du mois de juillet 1945, c’est la débandade au Levant. Les troupes spéciales désertent en masse, les casernes françaises sont occupées par les troupes britanniques et les gendarmes syriens. Le drapeau aux trois bandes verte, blanche et noire accompagné de trois étoiles rouges a remplacé les trois couleurs. Quelques mois sont encore nécessaires pour plier bagage et le 17 avril 1946, les derniers soldats français quittent le Levant après un quart de siècle de présence, abandonnant une grande partie de leurs amis fidèles des troupes spéciales et leurs morts.

Divorce catho « pire que pire » (2) : du côté des mères

Comme annoncé, voici la suite de l’article Divorce catho : pire que pire.

Plus de 9 000 lecteurs. Des dizaines de réactions.

Un sujet tabou, clivant, mais finalement assez présent dans le monde « catho plutôt tradi ».

Parlons ici du point de vue des mères, tel qu’il nous est parvenu.

Rappel du périmètre : nous évoquons ici les ruptures enfants-père, dues à l’empêchement organisé par la mère, dans le cadre d’accusations de violences, dans un contexte « catho plutôt tradi ».

LES MERES, LEUR SOUFFRANCE… Mais aucun kidnapping de pères cathos recensé

Les réactions montrent la souffrance de mères, face à l’agression qu’elles évoquent avoir subie, de la part de leurs maris.

En revanche, malgré ma demande, il n’y a eu aucun exemple de père ayant « kidnappé » les enfants pendant des mois ou des années pour casser le lien enfants-mère, en milieu catho-tradi. Une personne a évoqué un cas, mais sans vouloir donner aucun détail pour l’instant.

PARTICULARITE DES MERES DANS LE CONTEXTE CATHOLIQUE

Etre mère est une réalité différente dans le monde catho par rapport au reste de la société.

Dans son enseignement traditionnel, l’Eglise enseigne beaucoup de particularités : complémentarité des sexes plutôt qu’égalitarisme, beauté de la maternité et ouverture à la vie, « interdictions » dans Humanae Vitae (avortement, contraception), désignation du père comme « chef de famille », mariage « jusqu’à la mort, pour le meilleur et pour le pire », famille « cellule de base de la société », etc.

St Paul écrit même : « Ne vous refusez pas l’un à l’autre, si ce n’est d’un commun accord et temporairement, pour prendre le temps de prier et pour vous retrouver ensuite », donc avec l’idée plus ou moins exprimée de « devoir conjugal ».

POURTANT, LES MERES CATHOS SONT AUSSI EVIDEMMENT DES FEMMES DE LEUR TEMPS…
… comme les pères cathos sont aussi évidemment des hommes de leur temps.

Entre sermons et code civil. Entre caté et Femme Actuelle.

Arrive la quarantaine : difficultés avec les enfants ados, sentiment d’avoir manqué sa vie professionnelle, perte de libido, etc. Et un mari qui, lui, n’a guère changé, « malheureusement » : lourd dans ses plaisanteries pénibles et récurrentes, faible devant les enfants, insistant dans l’intimité, etc.

Dans certains cas, une difficulté de santé s’y ajoute. Une nouvelle grossesse serait risquée. Quel risque exactement ? Le père aura tendance à minimiser ce risque : « Mon mari me met en danger dans l’intimité ! ».

On essaie Billings, ou autre. Cela peut fonctionner, mais avec un prix rarement évoqué : les unions sont possibles quand l’épouse est le moins disposée. Donc possible souffrance physique, en plus du stress lié à une possible grossesse.

Le père tombe parfois dans des addictions honteuses.

On en parle entre amies.

On évoque les lois, les débats sur le « consentement », etc.

Parfois on en parle à un prêtre. Mais il en existe si peu formés et à l’aise avec ces sujets.

L’ENCHAINEMENT TRAGIQUE INARRETABLE

« Mon mari me met en danger ! » avons-nous écrit. Il s’ensuit « qui s’occupera des enfants, s’il m’arrive quelque chose ? ». Puis : « je n’ai pas le droit de laisser faire, c’est pour le bien des enfants ».

On consulte un avocat, « pour voir ». Lui, ou plutôt elle, l’avocate le plus souvent, c’est 0% sermon, et 100% code civil (et 150% ses honoraires…). C’est le monde contre l’Eglise, avec un juge qui applique les règles du monde.

Mais… ce n’est pas le juge que la mère craint, ce sont ses proches, en famille, à l’école hors-contrat, en paroisse tradi, etc.

Pour que ce soit catho-compatible, il FAUT autre chose qu’un risque. Il faut des accusations graves : violences, viols, etc.

Il faut, cela fait partie de la survie : « je dois survivre pour mes enfants, mais je dois aussi leur assurer leur avenir dans ce monde catho qui est notre référence ». La fessée devient « coups d’une brutalité sans nom », l’intimité tacitement consentie devient contrainte puis viol, une remarque réitérée devient une « humiliation systémique », etc.

Madame est parfois aidée par des pratiques douteuses, hypnose, PNL, EMDR, ETF, shiatsu, etc. Esotérisme ? Le passé est revisité, puis réécrit : le vécu est diabolisé.

L’état de stress de la mère s’accroit, devient visible, il y a comme un affolement : « il faut en sortir au plus vite ! ». Le triangle de Karpman se met en place : il y a déjà le bourreau (le père), la victime (la mère), surviennent alors des sauveurs, attirés par les pleurs. Des parents, des proches. Pour la suite, pour la fuite, une aide est nécessaire.

Les avocates préparent leurs écritures. Elles font des « copier-coller », on lit les mêmes tournures de phrases. Elles rassurent la mère : « vous êtes au foyer donc les enfants seront chez vous, le père paiera, vous aurez quasiment la même vie qu’avant, débarrassée de votre bourreau ».

Elles ajoutent un peu de « pervers narcissique », de « Monsieur est intégriste » même si c’était la mère qui organisait la vie religieuse de la famille. Elles essaient aussi les autres violences : psychologique, verbale, économique, émotionnelle, le chantage affectif, père toxique, etc.
Internet regorge de descriptions du « pervers narcissique » et affirme que tous les coups sont permis contre lui, y compris le mensonge. C’est une question de vie ou de mort.

MAIS… LES ENFANTS ?

Nous y arrivons enfin.

Certes, les proches peuvent toujours dire : « on ne sait pas ce qui se passe en famille ».

Mais les enfants, comment leur faire accepter que leur monde va s’écrouler ?

D’abord, il faut les isoler du père, et de ceux qui émettent des doutes sur la version maternelle. La loi le permet : tant qu’aucun jugement n’organise la séparation, un parent peut « kidnapper » ses enfants.

La mère fuit, et organise une citadelle. C’est le « no contact », ou le « slow contact » si des échanges sont nécessaires. Le père se heurte à cette citadelle du silence. Cela l’énerve, il commet parfois des violences physiques ou verbales, menaces. Au pied de la citadelle, le père ne peut que “harceler”, souvent piteusement.

Pour les enfants petits, il suffira qu’ils entendent pendant des mois et des années les adultes parler entre eux, cela infusera en eux comme du thé.

Pour les grands, c’est plus compliqué. Certains adhèreront au discours maternel. D’autres auront des doutes : ils seront admonestés, ils devront se soumettre ou être bannis comme le père. Dans les futures conclusions, l’avocate les accusera d’être les « glaives vengeurs » au service du père, et d’être eux les « bourreaux » de leurs petits frères et sœurs.

Dans ce cas, si la mère se coupe de l’enfant rebelle, elle pourra également dire que l’enfant est « kidnappé » par le père, par le discours du père. Elle pourra donc elle aussi dire que le lien enfant-mère est rompu, de la faute du père. La différence cependant, c’est qu’elle pourra en général reprendre facilement contact avec l’enfant, au moment où elle supportera que ce dernier ne reprend pas le récit maternel, voire parfois pose des questions interdites.

Face aux « pressions religieuses », notamment de prêtres tradis, elle va vers des communautés plus « ouvertes ». Elle déscolarise les enfants des écoles hors-contrat. Au moins provisoirement. La vie est longue, l’urgence est à la citadelle. La cohérence est difficile à trouver dans ce domaine, entre la crédibilité devant les proches et celle devant le juge, avec un mari qu’on veut présenter comme « intégriste patriarcal ». C’est parfois ce sujet qui amène les grands enfants à avoir des doutes sur la démarche maternelle.

Souvent, des années après, elle revient vers le monde tradi.

En réalité, et assez objectivement, dans son référentiel, la mère n’a guère le choix. Prise entre sa peur, sa souffrance, et son milieu catholique, elle DOIT agir comme elle le fait.

ALORS QUE FAIRE ?

Nous verrons la suite dans un prochain article.

Suite au premier article, un groupe d’entraide de pères a été créé, déjà une vingtaine de pères : vous pouvez écrire à [email protected] si vous êtes intéressé.

Charles Rosiers, ancien chroniqueur au quotidien Présent, charles.rosiers@gmail.com

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Ce qui a favorisé les « post-christianismes » c’est l’oubli ou l’effacement de la « seconde venue du Christ »

Recension de Marion Duvauchel sur Le christianisme face aux autres religions, Edouard Marie Gallez, Artège, 2025 :

« Le réel quelquefois désaltère l’espérance. C’est pourquoi contre toute attente, l’espérance survit » René Char.

Le titre du dernier livre du père Edouard-Mariene ne reflète pas exactement l’ensemble des idées qui y sont développées mais il correspond à l’un des fils directeurs de sa réflexion et bien certainement à l’une de ses préoccupations. D’emblée, l’excellente introduction nous met en face de ces interrogations qui pour n’être pas récentes dans l’Eglise méritent d’être reposées en des termes autres que ceux des encycliques et à travers des primes différents. A ce seul titre déjà, l’ouvrage mérite toute notre attention.

L’idée clé n’est pas neuve : c’est celle du sens de l’histoire. Ce n’est pas nouveau :  Claude Tresmontant, l’historien Pierre Chaunu (théologien protestant) dans leur perspective propre, avaient soulevé ces questions qui touchent à la métaphysique autant qu’à la théologie. On rappelait alors que seul le christianisme avait l’idée d’une « fin de l’histoire » et que cette fin se présente sous l’image de la « venue glorieuse du Christ ». Le père Gallez préfère la « seconde venue du Christ » mais c’est la même chose. L’Eglise, dit l’auteur, semble avoir oublié cette perspective ou plus exactement « il est possible qu’elle ait été transposée en un vaste projet de réconciliation universelle accomplissant l’histoire ». Si cela est vrai, c’est faire fi de la question terrible qu’a posé Jésus pendant sa vie incarnée : « Quand le fils de l’homme reviendra sur terre, trouvera-t-il encore la foi ? ».

C’est le cardinal de Lubac qui est la référence choisie : « quel est le mécanisme qui fait passer des rêves de paradis sur terre à des réalisations infernales ?  Le père Gallez tient la philosophie pour inapte à y répondre. Les philosophes, oui, ils sont souvent inaptes :  ils récitent, comme bien des théologiens, ou ils font de l’exégèse d’auteurs classiques ou en vogue. Mais la philosophie est parfaitement apte à apporter des réponses à cette question du messianisme, à la condition qu’elle n’ignore pas l’histoire et encore moins l’anthropologie. Le malheur est que les philosophes sont rarement historiens, que les historiens abhorrent les philosophies de l’histoire et que philosophes et théologiens ont en commun d’être enfermés dans des outillages vieillots ou prétentieux face à des questions qui n’intéressent plus personne, du moins sous ces formes. Ce mécanisme qui veut que les utopies se transforment en enfer, les historiens, les philosophes, les théoriciens du politique n’en ignorent en rien la simplicité mais il revient à Nietzche de l’avoir montrée :  les spoliés (qu’on a appelé « les damnés de la terre ») finissent toujours par réclamer leur part de paradis ; quand il leur est donné de s’en emparer, c’est souvent dans une rage à la fois regrettable et humainement compréhensible. Sous la soif de vengeance, il y a une requête de justice, dans la fureur. L’exemple de Gandhi est sans doute unique dans l’histoire. Il avait à son chevet deux livres, dit-on : la Baghavât Gita et l’Evangile.

Mais E.M. Gallez reprend l’affaire et non sans une certaine ironie, il repose la question : « si l’Eglise est en marche, il n’est peut-être pas inutile de se demander vers quoi ». Les encycliques répondent : « mais vers Jésus que diable » (en substance)… On est bien d’accord, mais clairement, cela ne suffit plus.

Le premier chapitre de l’ouvrage du père Gallez s’attaque à la définition et au classement des religions. Il n’est pas sans intérêt d’apprendre d’où vient l’idée d’un classement possible : elle vient de Paul VI.  Qu’y a-t-il de commun entre le christianisme, le bouddhisme et l’islam, pour ne citer que les religions avec lesquelles l’Eglise a tenu bon d’ouvrir ce fameux dialogue inter-religieux : « pour le moins improductif » souligne l’auteur. Je suis bien d’accord.

Comme chrétien on ne peut qu’être d’accord sur un point : il y a un avant et un après l’apparition de Jésus, autrement dit l’Incarnation. C’est le centre de toute l’Histoire, plus un pivot qu’un centre. L’évènement commence à la Nativité et s’accomplit à la Pentecôte, cette « contre-Babel ». En bref et sans doute un petit peu à la louche, l’Eglise dit simplement ceci : le Dieu de l’Ancien testament donne le choix entre la vie et la mort. Avec Jésus, il donne la vie, la vie éternelle.

Encore faut-il l’expliquer à ceux qui voudraient en savoir plus. Et il y en a… Il faut donc dire en quoi Jésus sauve, libère et donne la vie et que cela retourne l’histoire comme un gant et ramène toutes les mythologies de l’éternel retour à des contes pour enfants. E.M. Gallez fait quelques rappels bienvenus : l’islam ne cherche ni le royaume dont il n’a pas l’idée, moins encore cherche-t-il la vérité, pas plus que ne la cherche le bouddhisme qui a pour seul horizon la sortie du cycle et du déterminisme karmique. Pour le chrétien, le royaume et sa vérité sont deux compagnons qui marchent de pair : « Cherchez le royaume et sa vérité et tout le reste sera donné comme par surcroît ». Ces post-christianismes quoi que ce terme recouvre sont des systèmes de sujétion, des structures carcérales. Il y a d’ailleurs des exemples dans l’histoire : le marxisme. Il n’est pas cité, c’est normal puisque personne n’y croit plus, même si le potentiel de destruction est toujours réactualisable. C’est un messianisme eschatologique – Raymond Aron a établi cela en son temps – qui a broyé des millions de destins. Peut-être pas autant que les civilisations précolombiennes qui elles, sacrifiaient des nouveau-nés à leurs dieux, au nouvel an…, mais enfin, c’est beaucoup !

Le lecteur demeure cependant embarrassé devant cette notion de « post-christianisme ». Difficile d’admettre le bouddhisme comme un post-christianisme puisque ce qui les définit selon l’auteur, c’est d’être des « systèmes surgissant de l’intérieur du christianisme ».  Des hérésies alors ? Non, ce ne sont pas des hérésies. L’écologisme serait une idéologie à tournure religieuse ? Alors c’est une idolâtrie. L’anthropologie nouvelle de l’Union européenne ? Son horizon est la mort des nations et ce sont les nations de la terre qui se prosterneront devant Jésus, dit le psaume. Ce sont des antichristianismes. Certains de ces post-christianismes sont de grandes formes religieuses, d’autres de simples phénomènes religieux ; d’autres encore des idéologies qui ont le vent en poupe et le soutien de la presse d’Etat dans les pays vassaux des USA. D’autres encore sont des mouvances chrétiennes erratiques. Ce qui est clairement souligné c’est leur dimension messianique : ce sont des « religions messianistes qui ont profondément imprégné les esprits » et « le transhumanisme en est sans doute l’émanation globale la plus actuelle ». Et nous sommes bien d’accord que tout cela a proliféré sur un « vide ».

Ce vide fait l’objet du chapitre V.

Il est fort bien analysé. C’est la faute à Augustin, c’est la faute à Thomas, pour parodier Gavroche chantant sous les balles. Pas aussi simple que cela, merci au père Gallez de l’établir. Les idées sont comme des semences, elles se développent et donnent des arbres qui finissent par cacher la forêt et brouiller le paysage. » La difficulté de la notion est d’être analogique, et de manière très orientale, subtile et biblique ». Soit !! Je renvoie à la lecture de l’ouvrage, on ne peut tout déflorer.

Ce qui est très justement pointé du doigt, c’est le rapport à l’histoire de toutes ces religions nouvelles, dans ses deux grandes modalités : le passé et l’avenir. Le bouddhisme n’a pas d’histoire, ses sectateurs vivent dans le ciel des Toushitas (les Bienheureux). L’islam, lui, a une fin de l’histoire : c’est quand tous les hommes seront sous la loi de fer de Mahomet et l’Afghanistan donne déjà une petite idée de ce qui attendrait la planète. Ça ferait oublier qu’il faut la sauver. Les nouvelles religions vivent dans l’éternel présent du monde virtuel et numérique qu’elles prétendent construire. Elles veulent faire table rase du passé, surtout le passé chrétien ; quant à l’avenir, il faut des enfants suffisamment nombreux pour qu’une société se reproduise et donc dure. Nous avons un futur sans avenir, comme le disait autrefois Pierre Chaunu, clamant dans le désert. Que le reflux du christianisme ait favorisé le succès de l’islam ou du bouddhisme, cela n’a rien de nouveau. Mais l’idée du père Gallez est un peu plus nuancée. Ce qui a favorisé ce qu’il appelle les « post-christianismes » c’est précisément l’oubli ou l’effacement de la « seconde venue du Christ », on appelait ça autrefois la fin du monde, c’était maladroit mais ça avait le mérite d’être parlant. Jésus reviendra dans la Gloire et en attendant « Il est assis à la droite du Père ». C’est une image analogique que l’Eglise a maintenu dans son Credo mais qui n’a jamais été véritablement interprétée[1], sauf par Jean-François Froger.

Tout le problème qui préoccupe l’auteur du Christianisme face aux autres religions a fait l’objet en 2003 d’une exhortation apostolique de Jean-Paul II, Ecclesia in Europa, L’Eglise en Europe (Bayard – Fleurus-Mame), exhortation rédigée dans la langue du Vatican : parfaite dans son ordre, art de la litote tout aussi parfaitement maîtrisé. On y fait la promotion de l’Evangile de l’espérance. C’est tout à fait louable et on ne peut que souscrire en tout. Car l’espérance en effet, l’espérance chrétienne, semble bien essoufflée, pour ne pas dire à demi-morte. Quel que soit le nom qu’on donne à ces phénomènes de toute sorte qu’E.M. Gallez englobe sous le vocable de « post-christianismes », ils sont le fruit de ce « péché contre l’espérance » des pays d’Europe de l’Ouest.

Que l’espérance chrétienne soit à la source de l’autre espérance, la temporelle, qu’elle nourrit, soutient, redresse, restaure parfois, galvanise souvent même si nous n’en avons pas conscience, cela l’Eglise le sait mais comme elle le dit avec une telle distance, une telle froideur théologique… L’espérance du chrétien est le levain de son désir de justice comme de son aspiration au bonheur et de son souci du frère et du prochain. Cette vertu théologale n’a rien d’incompatible avec l’espoir et le désir d’une vie meilleure, d’un habitat salubre, d’une plus grande justice. Un monde juste et fraternel, les athées du XXe siècle en rêvaient, ils écrivaient des romans sur la condition humaine ou sur cette « terre des hommes » qui signifiait tout autre chose qu’une planète à sauver. Les poètes chantaient la liberté, surtout dans les moments où on s’en voyait privés.

Quand on regarde les civilisations avancées dans le domaine de la pensée, on ne peut que constater leur pessimisme profond. Les Grecs, à qui l’on doit tant, sont des maîtres sur ce chapitre : le coryphée n’est rien d’autre qu’un chant de désespoir. L’espérance temporelle chrétienne est le refus radical de désespérer, parce qu’il y a cette autre espérance, figurée sous l’image du Royaume, celle d’un ici-bas inaugural « où toutes larmes seront effacées de nos yeux » en attendant le temps où elles ne couleront plus.

L’exceptionnel développement technique et juridique du monde européen, le moteur de sa soif de justice et le dynamisme de son formidable développement technique n’avaient pas d’autre source. L’inspiration était chrétienne, même impure ou peccamineuse. La source n’est pas tarie, elle est détournée, dévoyée, déviée, elle abreuve d’autres cours d’eau, empoisonnés ceux-là. C’est ce que le père Edouard-Marie a voulu montrer. Les quatre bras du fleuve de vie du jardin d’Eden charrient des alluvions toxiques. Mais s’ils sont lourdement pollués, la Source incréée ne l’est pas et ne saurait l’être. C’est aux chrétiens qu’il revient de déblayer les gravats pour que l’eau de la Vie éternelle recommence à couler librement, à inonder les prairies, les champs, les prés, toute la géographie intérieure de notre âme immortelle : Jésus, que ma joie revienne… La joie, et avec elle, la paix, le courage, la force, l’intelligence, la sagesse, la science et la piété.

Il est vital de savoir vers quoi et surtout vers Qui nous marchons. Comment nous y allons, les modalités dans cette existence incarnée, cela relève du choix de chacun, de sa souveraine liberté, de sa vocation, de ses constellations biographiques : de ce mystère de la libre décision ou du refus obstiné. Entre Dieu et l’homme européen, il n’y a pas un vide, bien au contraire : il y a des tombereaux de bêtise, – la bêtise au front de taureau, comme disait Baudelaire – de mensonge, d’illusions, d’angoisses et de mort.

Tout cela peut éclater en multiples débris dans le ciel nouveau de la conversion en un feu d’artifice inédit. Encore faut-il le dire, et autrement qu’avec des slogans éculés.

Le chrétien ne sait pas forcément vers quoi il marche, Il ne sait pas toujours comment y parvenir et il arrive qu’il avance sur les genoux. Mais il sait vers Qui il marche et que ce Quelqu’un l’attend, dans la Lumière, dans la Beauté et dans l’Amour.

Face aux autres impostures religieuse, idéologiques ou utopiques examinées par E.M. Gallez, le christianisme tient sa force d’une Promesse :  une parole donnée et tenue. Dieu dit vrai, vraie sa Parole.

Elle fera éclater l’asphalte, un jour.

[1] Sur cette image quelque peu étrange, le lecteur pourra se reporter aux ouvrages de Jean-François Froger. Le Maître du Shabbat 6,10, dans l’Arbre des archétypes lettre Hé, La Couronne du grand prêtre, chapitre “Sceau”, le Livre de la création ch.9 ; Le Livre de la nature humaine ; dans le livre sur Marie Madeleine ch 7. Je remercie Jean-François Froger qui m’a communiqué ces références précises m’épargnant ainsi de longues recherches.

Une digue salutaire contre la culture de mort

Communiqué de la Fondation Lejeune:

À la veille du vote solennel du Sénat sur la proposition de loi relative à la fin de vie, ce mercredi 28 janvier, la Fondation Jérôme Lejeune appelle les sénateurs à adopter le texte tel qu’il résulte de leurs travaux en séance des 20 et 21 janvier.

En réécrivant les articles de principe du texte dit « d’aide à mourir » pour les remplacer par un droit opposable aux soins palliatifs et à l’accompagnement, les sénateurs ont opposé une digue salutaire à une logique de mort.

Le texte adopté en séance supprime le principe même de l’« aide à mourir » et les dispositions organisant le geste létal. Il renforce la clause de conscience des professionnels de santé, supprime le délit d’entrave et insiste sur le meilleur soulagement possible de la souffrance. Ces mesures sont essentielles pour protéger les personnes fragiles et garantir le respect de la vie humaine.

Cette version demeure imparfaite, mais elle a le mérite d’enrayer, pour la suite de la navette, le dispositif des promoteurs de la mort administrée. Elle constitue aujourd’hui la meilleure protection possible contre la dérive euthanasique portée par la version initiale de l’Assemblée nationale.

La Fondation Jérôme Lejeune remercie les sénateurs pour leur travail et les appelle à voter la version finalisée en séance lors du vote solennel de mercredi, afin de protéger la vie humaine, en particulier celle des plus vulnérables. Ne pas voter ce texte ferait disparaître les avancées obtenues et redonnerait toute latitude à l’Assemblée nationale pour reprendre son texte voté au printemps 2025, le plus permissif au monde.

La Fondation Jérôme Lejeune appelle aussi un maximum de citoyens à se rassembler autour de sa pétition :  Signez et relayez la pétition Stop-euthanasie, qui vient de franchir la barre des 100 000 signatures : https://stop-euthanasie.fr.

“La barbarie se caractérise par le fait que nous traitons les bébés comme des nuisances à éliminer plutôt que comme des bénédictions à chérir”

Voici le message de Donald Trump, traduit par Yves Daoudal, lors de la 53e Marche pour la vie, vendredi dernier à Washington :

Le 4 juillet 1776, notre Déclaration d’indépendance affirmait à juste titre que chaque être humain est doté par Dieu Tout-Puissant du droit inaliénable à la vie.  Au cours des 250 années qui ont suivi, notre engagement envers cette vérité a été la source de notre force et le fondement de notre grandeur — et il a aidé l’Amérique à rester la plus grande force au service de la justice et de l’épanouissement humain dans l’histoire du monde. En cette Journée nationale du caractère sacré de la vie humaine, nous renouvelons notre engagement indéfectible à promouvoir une culture qui respecte, défend et chérit la dignité inhérente et la valeur infinie de chaque âme humaine précieuse.

Aujourd’hui marque le 53e anniversaire de l’affaire Roe v. Wade, une atrocité morale et constitutionnelle qui a réduit au silence le peuple américain et privé les États de leur droit de protéger les enfants à naître. Heureusement, en juin 2022, la Cour suprême des États-Unis a corrigé cette décision désastreuse et des décennies d’abus judiciaires de la gauche en rendant la politique en matière d’avortement au peuple américain dans les États. Au cours de mon premier mandat, j’ai été fier d’avoir nommé trois des juges associés qui ont remporté cette victoire triomphale pour la vie, la liberté et la démocratie américaine.

Dès mon retour à la présidence des États-Unis, en tant que 47e président, j’ai pris des mesures décisives pour protéger les enfants à naître et rétablir une culture qui défend sans complexe le caractère sacré de la vie. J’ai été fier d’appliquer l’amendement Hyde et de rétablir la politique de Mexico, mettant ainsi fin au financement de l’avortement par les contribuables, tant au niveau national qu’international. J’ai également gracié 23 militants pro-vie qui avaient été injustement pris pour cible et poursuivis par un ministère de la Justice (DOJ) utilisé comme une arme pour avoir pratiqué leur foi et vécu selon leur conscience. Sous ma direction, le DOJ enquête actuellement sur l’utilisation du gouvernement comme arme contre les chrétiens et les Américains croyants.

L’été dernier, j’ai également signé avec fierté la loi One Big Beautiful, une victoire monumentale pour la vie et la famille américaine qui étend le crédit d’impôt pour enfants, améliore l’accès aux services de garde d’enfants, rend permanent le crédit d’impôt pour congés payés, protège Medicaid contre le financement des grands prestataires d’avortement et crée des comptes Trump pour les nouveau-nés pour l’avenir de notre nation. Mon administration s’engage également à soutenir les politiques qui encouragent l’adoption, favorisent le placement en famille d’accueil et protègent les femmes enceintes et les mères. À tous les niveaux du gouvernement fédéral, mon administration fait avancer avec audace des politiques qui protègent les plus vulnérables d’entre nous et favorisent la croissance et la réussite des familles américaines.

Aujourd’hui, nous défendons la vérité éternelle selon laquelle chaque être humain est créé à l’image et à la ressemblance sacrées de Dieu, doté d’une valeur infinie et d’un potentiel illimité. Nous rendons hommage aux leaders, parents, étudiants et citoyens ordinaires héroïques — y compris ceux qui se rassemblent ce week-end pour la Marche pour la vie à Washington, D.C. — qui ont courageusement défendu les plus vulnérables et pris la parole pour ceux qui ne peuvent pas se défendre eux-mêmes.  En tant que président, je m’engage à toujours être la voix des sans-voix et à ne jamais me lasser de lutter pour protéger la dignité intrinsèque de chaque enfant, né ou à naître.

Aujourd’hui, j’appelle le peuple américain à se joindre à moi pour honorer la dignité de chaque vie humaine, y compris celles qui ne sont pas encore nées, pour continuer à prendre soin des femmes confrontées à une grossesse inattendue et pour soutenir l’adoption et le placement en famille d’accueil de manière plus significative afin que chaque enfant puisse avoir un foyer aimant.  Enfin, je demande à chaque citoyen de cette grande nation d’écouter le silence causé par une génération qui nous a été enlevée, puis d’élever la voix pour toutes les personnes touchées par l’avortement, visibles ou invisibles.

Le vice-président JD Vance était présent. Après avoir indiqué que sa femme est enceinte de leur quatrième enfant, il a déclaré notamment :

Nous devons être clairs, nous ne pouvons pas rester neutres, notre pays ne peut pas rester indifférent au sort des générations futures. Réfléchissez-y : qu’est-ce qui donne finalement un sens et une raison d’être aux États-Unis d’Amérique ? Toutes les civilisations ont été contraintes de répondre à cette question. Nous marchons aujourd’hui parce que vous avez une réponse à cette question, sur le type de civilisation que nous sommes, sur le type de civilisation que nous allons devenir à l’avenir.

Dans le monde païen antique, abandonner les enfants était monnaie courante, il y avait les sacrifices d’enfants chez les Mayas. La barbarie se caractérise par le fait que nous traitons les bébés comme des nuisances à éliminer plutôt que comme des bénédictions à chérir. Mais l’héritage de notre civilisation est tout autre, car comme nous le dit l’Écriture, chaque vie est merveilleusement et admirablement faite par notre Créateur.

La Marche pour la vie […] n’est pas seulement une question politique […]. Il s’agit de savoir si nous resterons une civilisation sous l’autorité de Dieu ou si nous reviendrons finalement au paganisme qui dominait le passé. Aujourd’hui, l’extrême gauche de ce pays dit à nos jeunes que le mariage et les enfants sont des obstacles, qu’il est irresponsable, voire immoral, en raison du « changement climatique » ou pour d’autres raisons, d’encourager nos jeunes à fonder une famille. Ils nous disent que la vie elle-même est un fardeau, mais nous qui participons à cette marche… nous savons que c’est un mensonge. Nous savons que la vie est un cadeau, nous savons que les bébés sont précieux parce que nous les connaissons, nous les aimons et nous voyons comment ils peuvent transformer nos familles.

Nous savons que la famille n’est pas seulement une source de grande joie, mais qu’elle fait partie du dessein de Dieu pour les hommes et les femmes, un dessein qui s’étend à notre famille, à notre quartier, à notre communauté et aux États-Unis d’Amérique eux-mêmes. Et nous savons ici que traiter tout le monde avec dignité n’est pas toujours facile, ce n’est pas toujours pratique, mais c’est la bonne chose à faire.

Certains d’entre vous se souviennent peut-être que dans mon discours de l’année dernière, je vous avais dit que l’une des choses que je souhaitais le plus aux États-Unis d’Amérique était d’avoir plus de familles et plus de bébés. Que cela soit donc consigné dans les archives : vous avez un vice-président qui met en pratique ce qu’il prêche.

Le déroulé de la marche en accéléré :

 

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