La proposition de loi sur l’euthanasie approuvée en 2e lecture
Avec 299 voix contre 226.

17 députés RN ont osé voté pour, comme 5 Républicains.
La proposition de loi sur les soins palliatifs a été adoptée sans aucun vote contre. Néanmoins les députés LFI se sont abstenus.
Néanmoins, l’écart diminue :
*Première lecture :*
- Pour l’adoption : 305
- Contre : 199
- Abstention : 57
*Deuxième lecture :*
- Pour l’adoption : 299
- Contre : 226
- Abstention : 37
Nous passons d’un écart de 106 à 73. Le “consensus”, qu’on nous vend, recule.
Bravo à tous ceux qui ont œuvré pour gagner ce terrain ! (-20 abstentionnistes / -6 pour / +27 contre)
Ça continue avec les sénateurs !
Derrière le soutien aux soins palliatif,
l’euthanasie divise plus que jamais les députés
Malgré un scrutin nettement plus serré que lors de la 1ère lecture en mai 2025, les députés ont adopté la proposition de loi sur l’euthanasie et le suicide assisté. Le clivage au sein du Parlement révèle celui de la société face à un basculement qui est celui de tous les dangers. Le Syndicat de la Famille appelle les sénateurs à réécrire le texte en profondeur pour faire un choix audacieux, celui de la fraternité et de l’unité en fermant la porte à toute forme de transgression de l’interdit de tuer. L’adoption unanime de l’autre proposition de loi qui porte sur le développement des soins palliatifs montre la voie à suivre pour vivre dans la dignité.
L’idéologie mortifère entraîne un malaise grandissant dans les rangs de l’Assemblée
Ils étaient 305 à soutenir l’euthanasie et le suicide assisté lors du vote en 1ère lecture et sont passés à 299 cette fois-ci. C’est malheureusement encore trop pour faire échouer à ce stade la proposition de loi. Mais il est notable que le rapport de force est en train de s’inverser. L’étude du texte en séance publique à l’Assemblée et au Sénat révèle l’objectif de ses promoteurs. Le refus systématique de tout amendement traduit le jusqu’au boutisme idéologique qui les anime. Conséquence : de plus en plus de parlementaires s’interrogent voire s’opposent à un texte indécent qui va toucher les plus vulnérables. Les familles seront aussi en première ligne avec des fractures inévitables en leur sein.
« Plus que jamais, il est nécessaire de poursuivre avec pédagogie l’explication du contenu d’un texte aussi scandaleux que dangereux. Cette proposition de loi divise en profondeur la société sur un sujet qui devrait nous unir. Vivre dans la dignité, voilà le projet qui rassemble les Français. Cela passe par la prise en charge de la douleur grâce au développement des unités de soins palliatifs et par une fraternité retrouvée » résume Ludovine de La Rochère, Présidente du Syndicat de la Famille. « On ne tue jamais par amour. L’amour ne tue pas » poursuit-elle.
Communiqué de Via :

Communiqué des AFC :

Fin de vie : l’Ordre des médecins interpelle les députés
Communiqué du Conseil national de l’ordre des médecins :
Le Conseil national de l’Ordre des médecins exprime sa très vive préoccupation à la suite de l’adoption d’un amendement à la proposition de loi relative à la fin de vie, ouvrant à la personne le choix de déléguer au médecin le geste final.
Alors que le vote solennel sur l’ensemble du texte doit intervenir cet après-midi à l’Assemblée nationale, le Cnom déplore que plusieurs dispositions majeures aient été adoptées à l’issue de débats marqués par des majorités très étroites et un nombre restreint de députés présents dans l’hémicycle, alors même que cette proposition de loi ébranle les fondements les plus éthiques de notre société. L’amendement donnant la possibilité aux personnes de déléguer au médecin la réalisation du geste létal a été adopté à une majorité si faible que cette adoption ne peut qu’inquiéter. La rédaction de l’article prévoyant la clause de conscience spécifique manque de clarté et n’offre pas de garantie suffisante aux médecins.
Le Cnom appelle les législateurs à mener des discussions à la hauteur des enjeux : transparentes, approfondies et recherchant le consensus.
L’Ordre rappelle avec constance que la responsabilité de chaque médecin est d’accueillir, d’écouter, de soigner, de soulager, d’accompagner et de préserver la dignité de tous les patients tout au long de leur vie.
Parce qu’elle touche à l’essence même du pacte de confiance entre la société et les médecins, la question de la fin de vie concerne l’ensemble de la communauté nationale.
L’Iran, de Cyrus aux Mollahs en passant par Saint Thadée
D’Antoine de Lacoste pour Fideliter :
L’Iran est un grand paradoxe. Territoire perse, et fier de l’être, mais où les turcophones ont joué un rôle majeur, pays adepte de la religion zoroastrienne, mais contraint d’adopter l’islam des conquérants arabes, puis inventeur de la dissidence chiite pour échapper à l’emprise ottomane, rien n’est simple en Iran. Si l’on ajoute que le régime islamiste des mollahs, en place depuis 1979, tolère avec bienveillance les chrétiens arméniens et assyriens ainsi qu’une petite communauté juive, on doit comprendre que le monde chiite est bien différent du sunnite, et que les Perses ne sont pas comme les Arabes.
L’Empire perse fut autrefois le plus grand. Dirigé par les Achéménides, il s’étendait sur tout le Proche-Orient, la Turquie actuelle, une partie des Balkans, l’Egypte et la Libye, le Caucase, et, à l’est, l’Afghanistan et le Pakistan actuels.
De -550 à -330 avant Jésus-Christ, il connut une expansion quasi-continue malgré quelques défaites célèbres contre les Grecs, à Salamine ou à Marathon. Alexandre le Grand mit fin à tout cela et chacun connaît les noms illustres du Granique, d’Issos et de Gaugamèles, trois grandes batailles qui entraînèrent la disparition de l’Empire achéménide. Le lecteur pourra relire avec profit la brillante biographie d’Alexandre écrite de main de maître par Jacques Benoist-Méchin (leslivresdantoine.com)
Après l’intermède des Séleucides, des Grecs finalement, ce sont les Parthes qui recréèrent un Empire iranien en -247 avant Jésus-Christ. Iraniens sans être Perses, ils régnèrent quatre siècles avant d’être chassés par les Sassanides, d’authentiques Perses cette fois. Adeptes convaincus de la religion zoroastrienne, ils persécutèrent le premier pays chrétien du monde, l’Arménie. Après l’avoir envahi et soumis, ils chassèrent le clergé chrétien des églises pour les remplacer par des prêtres adeptes de Zoroastre. Ce « prophète », que Nietzche appela Zarathoustra, apparut sans doute vers 1700 avant Jésus-Christ et développa quelques principes de cette religion fondée sur l’affrontement entre un dieu du bien, Ahura Mazda, et un esprit du mal, Angra Mainyu. Le clergé était notamment chargé de l’entretien du feu, qui ne devait jamais s’éteindre dans les temples du feu.
L’Arménie devint le premier Etat chrétien en 301 grâce à Saint Grégoire l’Illuminateur, qui passa des années au fond d’un cachot, sur décision du roi Tiridate III. Ce dernier finit par faire libérer le saint et se convertir. Un monastère a été bâti à l’endroit où Saint Grégoire passa tant d’années emprisonné. Les Arméniens le visitent en nombre et peuvent par la même occasion contempler, depuis les murs du monastère, le Mont Ararat situé maintenant hélas en territoire turc.
Saint Grégoire, malgré son rôle essentiel dans la christianisation de l’Arménie, n’en fut toutefois pas le premier évangélisateur. Avant lui, l’apôtre Saint Thadée, et peut-être Saint Barthélémy, vinrent prêcher dans toute la région. Saint Thadée alla sans doute jusque dans l’ Iran actuel. Il n’y a pas de traces officielles de son passage mais plusieurs églises et monastères qui furent bâtis, notamment à l’ouest de l’Iran, portaient souvent le nom de Saint Thadée.
L’un de ces édifices, comportant des parties construites au IXe siècle, est parvenu jusqu’à nous et est classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Située tout près de la frontière arménienne, il est un lieu de pèlerinage important pour les Arméniens ainsi que pour la communauté arménienne vivant en Iran, malgré la grande distance à parcourir depuis Téhéran ou Ispahan.
D’autres églises anciennes subsistent en Iran : Saint Stepanos, datant du IXe siècle et située en Azerbaïdjan occidental (région de l’Iran, à ne pas confondre avec le pays voisin), à 15 kilomètres de la frontière arménienne, la chapelle de Dzordzor (XIVe siècle), également à l’ouest, l’église de la Sainte Mère de Dieu (XVIIIe siècle) à Tabriz et surtout la cathédrale Vank (XVIIe siècle), à Ispahan, lieu aujourd’hui emblématique de la communauté arménienne. L’église la plus grande de Téhéran, Saint Sarkis, construite en 1970, est le centre de la petite vie chrétienne d’Iran.
Bien évidemment, la grande œuvre de christianisation de la région par Saint Thadée et Saint Grégoire l’illuminateur, fut presque anéantie par l’invasion arabe du VIIe siècle. Les forces sassanides furent vaincues par les cavaliers d’Allah en 636 à la bataille de Qadisiyya. Ctésiphon, la capitale sassanide, tomba l’année suivante. Si la Perse ne s’arabisa pas, elle fut contrainte d’adopter l’islam sunnite, la religion du vainqueur.
Les adeptes du zoroastrisme, immédiatement persécutés, choisirent en partie l’exil en Inde, où subsistent encore aujourd’hui une petite communauté. Les chrétiens, comme toujours, subirent le statut de dhimi, les soumis, écrasés d’impôts et objets de multiples vexations.
C’est peu dire que les chrétiens ne regrettèrent pas l’empire sassanide. Ils n’avaient pas oublié la prise et le pillage de Jérusalem en 614, et le vol de la Vraie Croix qui suivit. L’empereur byzantin Heraclius entreprit une campagne pour La récupérer. Il vainquit le roi perse Chosroès à la bataille de Ninive en 627 et récupéra ensuite la relique qui fut solennellement remise à Jérusalem. Les amateurs d’art doivent aller à Arezzo en Italie admirer le cycle de la Vraie Croix peint par Piero de la Francesca dans le chœur de l’église Saint François où cet épisode est magnifiquement décrit.
Cette guerre entre Perses et Byzantins, qui fut assez meurtrière, les affaiblit militairement et cela aida les Arabes dix ans plus tard. Les chrétiens, finalement, passèrent de Charybde en Scylla. Persécutés occasionnellement par le zoroastrisme, ils le furent ensuite davantage par l’islam.
En 651, le dernier roi sassanide fut renversé et, dès lors, ce furent les Arabes qui dirigèrent l’Iran, d’abord par la dynastie des Omeyades depuis Damas, puis, celle des Abbassides, cent ans plus tard, depuis Bagdad. Mais les Abbassides sont loin et, progressivement, le monde perse reprit ses droits en Iran. De petites dynasties locales apparurent. Elles se gardèrent bien de remettre en cause la gouvernance officielle de Bagdad, mais dans les faits une certaine autonomie prévalut et la culture perse connut un retour en force.
La situation se complexifia, quand l’Iran oriental se détacha de l’Iran occidental. Une dynastie turcophone, qui régnait en Asie centrale, les Kwarezmiens, s’étendit et l’est de l’Iran passa sous son contrôle. Le pouvoir des Abassides de Bagdad devint de plus en plus théorique, même en Iran occidental, quasi autonome.
C’est alors que les Mongols de Gengis-Khan entrèrent en scène. A la suite d’un conflit avec les Kwarezmiens ils envahirent l’Iran oriental en 1221. Ils attaquèrent ensuite l’Iran occidental puis Bagdad qu’ils prirent en 1258 mettant ainsi fin à la dynastie des Abbassides.
Le pouvoir mongol se relâcha au bout d’un siècle et de petites dynasties locales prirent de l’importance. Elles étaient Perses ou Mongols, puis une nouvelle dynastie turco-mongol, les Timourides (issue de Tamerlan), s’imposa.
Elle dut à son tour s’effacer en 1501 au profit des Safavides qui organisèrent le grand tournant vers le chiisme. Cette nouvelle dynastie, à la fois Perse et Turcomane, notamment son armée, marqua l’Iran de façon décisive.
Hors sa partie militaire turcomane, la dynastie Safavide étaient issue d’un courant religieux proche du chiisme. C’est donc tout naturellement que leur premier roi, Ismaïl Ier, décida que l’Iran quitterait le sunnisme pour devenir une nation adepte du chiisme duodécimain.
Les conflits se multiplièrent avec l’Empire ottoman. Les deux pays se disputaient leur frontière commune et la décision d’Ismaël Ier d’intégrer le chiisme fut influencée par son désir d’échapper à l’emprise ottomane.
Le destin de l’Iran changea avec le règne du Shah Abbas de 1587 à 1629. Cet homme énergique modernisa le pays en profondeur. Il réforma l’armée, désormais au service du pays et non de telle ou telle tribu, il noua des liens commerciaux avec l’Angleterre, les Pays-Bas ou le Portugal, toujours dans le cadre du contournement de l’Empire ottoman et fit d’Ispahan une des plus belles villes du monde de l’époque.
Il fut aussi le maître d’œuvre de la déportation des Arméniens, arrachés à leur pays et « importés » de force en Iran. Abbas avaient deux objectifs : pratiquer la terre brûlée afin d’empêcher les Ottomans de s’appuyer sur les structures arméniennes pour progresser vers l’Iran et attirer les Arméniens à Ispahan pour bénéficier de leurs grandes compétences commerciales. Les conditions de cette déportation hivernale furent terribles et, sur 300 000 personnes, seulement la moitié arriveront à bon port, épuisés mais vivants.
Une majorité venait de la province du Nakhitchevan. Les conséquences furent implacables : vidée de ses Arméniens très majoritaires, la région fut peuplée d’Azéris musulmans. Aujourd’hui, elle appartient à l’Azerbaïdjan avec qui elle n’a aucune frontière commune. C’est une enclave volée à l’Arménie le long de la frontière iranienne (Carte du Nakhitchevan ?). Elle constitue en outre le début du corridor auquel la Turquie rêve pour rejoindre son allié azéri, donc la Mer Caspienne et enfin l’Asie centrale.
Malgré ces conditions terribles, les Arméniens, comme toujours s’adaptèrent très vite. Ils rétablirent leurs circuits commerciaux centrés sur la soie, les tapis et toutes sortes d’étoffes, toujours de haut niveau. Pour les encourager, Abbas, qui fut si dur avec eux, leur concéda beaucoup. Ils bénéficièrent rapidement d’une véritable autonomie politique et religieuse. Dans le vaste quartier qui leur avait été attribués, ils purent construire à leur gré, vivre à l’arménienne, nourriture et vin compris. Dans ce pays d’un islam strict, tout au moins en apparence, les Arméniens purent faire venir du vin, en faire commerce, officiellement entre eux puis officieusement avec les Iraniens. Aujourd’hui encore, le vin consommé clandestinement au pays des Mollahs vient des Arméniens.
Surtout, ils purent construire des églises et aller librement à la messe. La plus célèbre est la cathédrale Vank. L’heureux visiteur d’Ispahan peut s’y rendre en toute quiétude. Il quitte l’Ispahan chiite et pénètre dans ce quartier si reposant, admirant les églises, pouvant (enfin !) prendre un verre dans un café et admirer des commerces modernes. Un autre monde, si près de l’autre. Cette cathédrale, à l’architecture agréable, est célèbre pour ses fresques. Le rare visiteur occidental les jugera intéressantes, mais ne sera pas ébloui et les trouvera sans doute un peu naïves. Ce n’est pas le cas des Arméniens qui viennent en nombre, d’Iran et d’Arménie, admirer le travail de leurs ancêtres déportés. Le plus surprenant est d’y voir de nombreux chiites avec beaucoup de femmes intégralement voilées, d’autres moins lourdement camouflées. Que pensent-elles la tête levée vers les scènes de la vie du Christ ou celles du Jugement dernier ?
En quittant cette cathédrale emblématique de la présence chrétienne, il faut entrer dans un des magasins consacrés aux tapis. Les plus célèbres d’Iran sont là. Des milliers de tapis de soie ou de laine sont exposés et de riches visiteurs achètent pour des sommes parfois considérables. Les Arméniens seront toujours des commerçants hors pair, don qui leur permet de se relever, toujours et partout. Ils sont 100 000 au pays des mollahs et vivent en toute tranquillité, bénéficiant même d’un siège au Parlement.
La dynastie safavide disparut à son tour en 1722.Les dynasties afsharide (1736-1796), puis Zand (1751-1794) s’imposeront brièvement, chacune sur une portion du territoire iranien, avant que la célèbre dynastie Qajar ne s’installe progressivement (1789-1925), sur l’ensemble du territoire cette fois.
Les Qajar, d’origine turque, transférèrent la capitale à Téhéran. Ils poursuivirent la modernisation du pays entamée par les Safavides. Toutefois la pression des Anglais et des Russes se fit de plus en plus forte. Les Iraniens ne surent pas empêcher la Russie de poursuivre ses conquêtes vers le sud et se résigna à leur abandonner la totalité du Caucase. Ils s’installèrent également dans le nord de l’Iran, obtenant des concessions de chemins de fer.
Les Anglais étaient très présents dans le sud. Ils obtinrent des concessions très avantageuses pour les chemins de fer, le tabac, ce qui provoqua d’importants émeutes, les banques et le pétrole. Sans consulter le Shah, l’Angleterre et la Russie passèrent même un accord en 1907 se partageant l’Iran en zones d’influence. Cette dépendance croissante finit par provoquer une réaction dans de nombreux pans de la société iranienne, notamment les intellectuels et les commerçants. Elle déboucha sur la révolution constitutionnaliste (1906-1911) qui permit l’instauration d’une constitution, la création d’un parlement et la liberté de la presse. L’affaire finit par échouer, mais elle avait ébranlé toute la société et mis au jour une grande aspiration à la fin du régime autoritaire.
Toutefois, la découverte du pétrole en 1908 ne fit que renforcer l’emprise des Anglais, découvreurs de la nappe. Ils s’octroyèrent la quasi-totalité des bénéfices et créèrent l’Anglo-Persian Oil Company, ancêtre de la British Petroleum (BP).
L’omniprésence anglaise et la décadence de la dynastie qajar finirent par lasser les Iraniens. En 1921, l’armée déclencha un coup d’Etat. A sa tête, un officier ambitieux, Reza Khan. En 1925, il se fit proclamer Shah et prit le nom de Pahlavi, nom perse qui signifie moyen-perse, langue parlée pendant des siècles en Iran. Ainsi naquit la dynastie des Pahlavi qui régna de 1925 à 1979.
Dans l’intervalle, la petite présence chrétienne fut renforcée par quelques milliers d’Assyro-Chaldéens venus d’Irak en 1915, fuyant le génocide qu’ils subissaient en même temps que les Arméniens. Ils s’installèrent principalement dans l’ouest de l’Iran, non loin des communautés arméniennes historiques, et sont aujourd’hui entre 5 et 10 000 mille.
Lorsqu’éclata la seconde guerre mondiale, Reza Shah Pahlavi adopta une position neutre ce qui inquiéta les alliés. L’Iran avait du pétrole, nerf de la guerre, et était limitrophe de l’Union soviétique qu’il fallait pouvoir ravitailler en toute sécurité.
Anglais et Soviétiques se mirent d’accord pour envahir l’Iran en 1941, les premiers depuis l’Irak, qu’ils contrôlaient alors, les seconds par le nord. Reza Shah fut déposé, envoyé en exil et les alliés choisirent son fils Mohamed Reza pour lui succéder. Il avait 21 ans et accepta sans sourciller ce trône choisi pour lui par les ennemis de son pays.
Après la seconde guerre mondiale, le sentiment nationaliste ne fit que croître dans tout le pays. Un député, Mohammad Mossadegh, prit la tête du mouvement parlementaire favorable à la nationalisation du pétrole, spolié par les Britanniques. Il eut gain de cause en 1953 et les députés votèrent cette nationalisation malgré l’opposition du Shah qui fut obligé de nommer Mossadegh premier ministre aussitôt après. Dépassés, les Anglais firent appel aux Américains qui optèrent pour le coup d’état. Ce fut l’opération Ajax, une des rares opérations de renversement d’un gouvernement revendiquée par la CIA, sans doute pour l’exemple. Un roman de bonne qualité, La librairie de Téhéran, de Marjan Kamali, raconte le déroulement de cette opération (leslivresdantoine.com).
Le Shah, craignant pour sa vie, s’enfuit en Irak, puis à Rome. Après la réussite du coup d’Etat, il put rentrer. Mais c’était tout de même la seconde fois qu’il pouvait s’assoir sur le trône grâce à une intervention étrangère, occidentale qui plus est. Cela resta conne une tâche tout au long de son règne.
Dès lors, l’Iran fut dirigée avec une poigne de fer et Mohamed Reza ne nomma plus jamais un premier ministre nationaliste. Il fut un fidèle allié des Etats-Unis et d’Israël, laissant ainsi la porte ouverte à une contestation croissante alimentée par le clergé chiite. Ce dernier vit ses prérogatives rognées, en particulier dans le domaine de l’éducation. Mais son influence resta forte, notamment dans le monde rural. La bourgeoisie urbaine était fidèle au régime, mais d’autres forces menaient une opposition active comme les communistes du Tudeh.
En 1971, à l’apogée de sa puissance, le Shah décida l’organisation de somptueuses fêtes organisées dans les belles ruines de Persépolis en l’honneur du 2500e anniversaire de l’Empire perse. Une anecdote à propos de ces fêtes fit le tour du pays : un avion français avait été affrété pour apporter un repas préparé par Maxim’s. Ce fut un dîner grandiose réunissant des centaines d’invités prestigieux. Les guides le racontent encore en faisant visiter Persépolis.
Arrêté puis exilé dès 1963 pour son opposition à l’occidentalisation de l’Iran, l’ayatollah Khomeini devint progressivement la figure de proue de l’opposition au Shah. Il vécut en Irak (pays majoritairement chiite) jusqu’en 1978 puis il fut expulsé par Saddam Hussein. Accueilli par la France, il s’installa dans un pavillon de Neauphle-le-Château dans les Yvelines.
A partir de 1978, dans un contexte d’inflation et d’appauvrissement non seulement des zones rurales mais même des classes moyennes citadines, des manifestations éclatèrent dans toutes les grandes villes. Elles prirent de plus en plus d’ampleur malgré la répression, assez hétérogène d’ailleurs. Le 8 septembre, un grand rassemblement à Téhéran fut très durement réprimé. Il y eut des centaines de morts. Une grève générale éclata alors et le processus devint hors de contrôle. Les Américains, comme d’habitude, lâchèrent leur allié et conseillèrent au Shah de quitter le pays. N’ayant plus le choix, malade, il le fit et Khomeiny revint triomphalement en février 1979.
L’Iran bascula alors dans une théocratie totalitaire. Les partis d’opposition furent interdits et un répression féroce s’abattit sur le pays. Des milliers de personnes furent pendues. Un très bon roman, Aria, de Nazanine Hozar, raconte cette période terrible.
Les Américains avaient abandonné leur allié, espérant poursuivre leur alliance avec ce pays stratégique. C’était mal connaître les mollahs. Ils profitèrent de l’ambiance très anti-américaine pour organiser l’assaut contre l’ambassade des Etats-Unis. Les employés pris en otage restèrent captifs plus d’un an. Les Américains se vengèrent en poussant l’Irak de Saddam Hussein à attaquer l’Iran. Ce conflit dura huit ans, se solda par un match nul et fit un million de morts pour rien.
L’Iran s’intéressait au nucléaire depuis longtemps. Le haut niveau de ses ingénieurs lui permit de progresser rapidement. Le but était bien sûr d’acquérir la capacité nucléaire pour son électricité, très défaillante, mais aussi le nucléaire militaire. Inquiets, les pays occidentaux négocièrent un accord avec Téhéran, profitant du passage au pouvoir du mollah Rohani plus modéré que ses congénères. L’accord fut signé à Vienne en 2015.
Malheureusement, Trump, élu en 2016 pour son premier mandat, décida de dénoncer cet accord. Il renforça ainsi le clan des durs et le guide suprême, Ali Khamenei, qui avait succédé à Khomeini en 1989, reprit le dessus. Depuis, l’Iran poursuit ses recherches entre deux bombardements israéliens, et maintenant américains en juin 2025.
Toutefois, l’ambiance change dans le pays avec, comme toile de fond, le symbole du voile. Lors de notre dernière visite, en 2023, nous n’avions observé que quelques dizaines d’Iraniennes se promenant tête découverte, et uniquement à Téhéran. Aujourd’hui, elles sont des milliers et le régime n’ose plus les arrêter. Certes, la police est omniprésente et les 120 000 gardiens de la révolution veillent au grain.
Mais l’inflation, les restrictions, la lassitude de cette théocratie étouffante créent une ambiance électrique. L’Iran est encore loin d’un nouveau chemin mais il est clair que son peuple aspire maintenant à autre chose.
Toutefois, les récentes manifestations, très durement réprimées et provoquant des milliers de morts, ont montré que la théocratie savait encore se défendre. Il n’est pas certain que Donald Trump ait bien agi en encourageant ces manifestations vouées à l’échec. C’est de l’intérieur du régime lui-même que la solution peut venir.
Les Veilleurs opposés à l’euthanasie devant l’Assemblée, interpellés [Addendum]
Il vaut mieux être un militant violent de la Jeune Garde qu’un veilleur pacifique devant l’Assemblée.
Une « Veillée spontanée » pour les participants, une « manifestation non déclarée » pour la préfecture : environ 50 opposants à l’euthanasie se sont rassemblés et assis avec des bougies devant l’Assemblée nationale, mardi soir. 8 ont été interpellés.
Une retraitée dénonce, auprès de BV, des moyens publics disproportionnés :
« C’était une veillée calme où l’on lisait et chantait, nous n’entravions pas la circulation. »
Des textes comme « Que dire à un jeune de vingt ans », d’Hélie Denoix de Saint Marc, ont notamment été lus.
Une autre veilleuse juge « lunaire » le dispositif policier déployé : « Les forces de l’ordre étaient plus nombreuses que les manifestants eux-mêmes. »
Euthanasie | Le rassemblement des Veilleurs chante l’Espérance. pic.twitter.com/o7eKsV6Evp
— Boulevard Voltaire (@BVoltaire) February 24, 2026
Addendum :
37 participants au rassemblement des Veilleurs contre l’euthanasie ont été placés en Garde à vue dans quatre commissariat selon plusieurs membres. 35 militants ont été libéré au bout de quatre heure de privation de liberté.
L’un des gardés à vue me signale que les fonctionnaires étaient plein d’égard et ont dit que des interpellés comme nous étaient bien reposant. La garde à vue initialement prévue pour durer 24 heures s’est achevée à 0h35, peut-être grâce à la visite de deux députés.
Record du nombre d’avortements : au Royaume-Uni aussi
Le suicide de l’Europe se poursuit. Le gouvernement britannique a publié ses chiffres en matière d’avortements pour l’année 2023, pour l’Angleterre et le Pays de Galles.
Au total 277 970 avortements ont été recensées, ce qui représente une hausse de 11% par rapport à l’année précédente et le chiffre le plus élevé depuis l’introduction de la loi.
Au total, 89 % des procédures ont été pratiquées entre 2 et 9 semaines de grossesse.
Le taux brut d’avortement a augmenté pour toutes les tranches d’âge, y compris pour les moins de 18 ans, passant de 7,6 en 2022 à 7,8 pour 1 000 femmes en 2023.
Au cours de la dernière décennie, le pourcentage de femmes ayant recours à l’avortement et déclarant avoir déjà subi au moins un avortement a augmenté régulièrement, passant de 37% en 2013 à 42% en 2023.
En 2023, 7% des mineures ont déclaré avoir déjà subi une ou plusieurs avortements. Les femmes de 30 ans ou plus sont 51%.
Les statistiques du ministère de la Santé et des Affaires sociales révèlent en outre que 3 205 avortements ont été pratiqués en raison du handicap du fœtus en 2023, soit une augmentation de 2,59 % par rapport à l’année précédente.
Parmi les causes invoquées pour avorter, on dénombre 685 fœtus porteurs de trisomie 21. 40 présentaient une fente labiale ou palatine. 300 procédures ont été « tardives », pratiquées au-delà de 24 semaines. En 2022, on en recensait 256.
Source : Gènéthique
Le lobby « Ma voix, mon choix » craint le rejet de son initiative sur l’avortement par la Commission européenne
L’association « Ma voix, mon choix » craint que la Commission européenne ne rejette cette semaine l’ initiative visant à garantir l’accès à l’avortement sécurisé dans toute l’UE et lance une ultime campagne de lobbying.
La Commission devrait décider jeudi si elle donnera suite à cette initiative citoyenne européenne qui créerait, avec notre argent, un fonds de contribution volontaire pour aider les femmes à obtenir un avortement dans un autre pays de l’UE si l’accès n’est pas garanti dans leur propre pays.
Les commissaires ont refusé de rencontrer les membres de ce lobby avant de finaliser leur décision.
Dans une tentative pour influencer la Commission, l’initiative « Ma voix, mon choix » a lancé une opération de la dernière chance, appelant les citoyens à contacter la Commission européenne par le biais d’une campagne par courriel.
De notre côté, il est encore temps d’écrire et de faire connaître notre opposition à cette mesure en cliquant ici.
Finalement, les députés ajoutent un délit d’incitation au rabais
Après avoir refusé l’amendement du député Patrick Hetzel, l’Assemblée nationale a finalement adopté un délit d’incitation par 248 voix contre 2. Le vote final de cette loi est prévu mercredi après-midi.
Le délit d’entrave à l’euthanasie prévoit une peine de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende pour « le fait d’empêcher ou de tenter d’empêcher de pratiquer ou de s’informer sur l’aide à mourir », notamment via « la diffusion » d’« allégations » de nature « à induire intentionnellement en erreur ». L’article décline deux catégories de comportements:
- la perturbation de l’accès aux lieux où est pratiquée l’aide à mourir,
- le fait d’exercer « des pressions morales ou psychologiques » via « des menaces » ou un « acte d’intimidation » envers des patients, leur entourage, ou le personnel soignant.
Puis les députés ont adopté un amendement déposé par le président de la commission des affaires sociales de l’Assemblée, Frédéric Valletoux (Horizons), prévoyant une peine d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende pour « le fait d’exercer des pressions sur une personne afin qu’elle ait recours à l’aide à mourir ».
Inciter à mourir est donc deux fois moins grave que d’empêcher la mort…
Le ministre Stéphanie Rist et le député Olivier Falorni s’y sont déclarés favorables. L’amendement précise que fournir des « informations sur les modalités d’exercice du droit à l’aide à mourir » n’entre pas dans le champ d’application.
Sandrine Rousseau a indiqué que son groupe, qui avait jusqu’ici rejeté cette disposition, acceptait désormais de la soutenir « pour donner un gage et faire en sorte qu’il y ait le fameux équilibre que nous cherchons sur ce texte ».
Pourquoi ce retournement ? Comme le souligne L’Opinion, les changements substantiels apportés lors de la deuxième lecture à l’Assemblée nationale ont fait grossir les rangs des indécis.
Olivier Falorni a été dépassé par sa gauche. Exemple avec la question du libre choix donné au patient sur la façon de mettre fin à ses jours. : le texte initial prévoyait un suicide assisté, avec une « exception d’euthanasie » pour les patients en incapacité physique de s’administrer eux-mêmes la substance létale. La nouvelle version permet systématiquement au malade de choisir entre ces deux modalités. L’un des amendements a été adopté à une voix près, contre l’avis du gouvernement. Les députés hésitants, dont la crainte principale est d’ouvrir la voie à des dérives, sont désormais indécis, après avoir voté pour en première lecture. Plusieurs députés pourraient réviser leur position. « Pour moi, ce n’est plus un texte de liberté », tranche la députée Horizons Nathalie Colin-Oesterlé, autrefois abstentionniste.
Par ailleurs, le Sénat, qui a rejeté la réforme d’un bloc fin janvier, a les moyens de faire traîner en longueur les débats dans un calendrier déjà contraint.
Némésis, déesse de la justice
Jeudi 12 février, sept jeunes femmes du collectif Némésis ont déployé une banderole en marge d’un meeting de l’eurodéputée Rima Hassan. Dessus était inscrit le slogan : « Islamo-gauchistes hors de nos facs » !
Devant un tel déploiement de force et face à une telle menace, une trentaine de militants antifascistes, armés, cagoulés, surentrainés au combat de rue sont intervenus pour les disperser. On connaît la suite !
Depuis, on entend sur les médias toutes sortes de déclarations plus hallucinantes les unes que les autres. Ainsi, lundi 16 février, une député LFI a affirmé sur BFM TV :
« Je mets mes deux mains à couper que le collaborateur parlementaire de Raphaël Arnault n’a rien à voir dans cette histoire. J’attends des excuses si aucune des personnes concernées par la mise à mort de Quentin Deranque ne fait partie de la Jeune Garde. »
Ensuite, c’était au tour de Manuel Bompart de déclarer sur France Inter :
« Raphaël Arnault n’a rien à voir avec la Jeune Garde ».
Alors que tout le monde sait pertinemment qu’il est co-fondateur de ce mouvement avec son collaborateur parlementaire, Jacques Elie Favrot !
Mardi 17 février, Aurélien Soucheyre, journaliste à « L’Humanité », a comparé sur France Info Quentin Deranque à un « Nazillon ». De son côté, l’ancien porte parole de la Jeune Garde, candidat aux élections municipales de Strasbourg a demandé suite à la minute de silence prévue à l’Assemblée Nationale :
« Les députés devront-ils tendre le bras pour rendre hommage pleinement à Quentin ? »
On pourrait continuer comme cela pendant des pages entières. Mais le mot de la fin revient à la toujours très délicate Mathilde Panot qui a laissé sur les réseaux sociaux le message suivant :
« Monsieur le Premier Ministre, l’Extrême Droite et les groupuscules fascistes violents glorifient la mort et la brutalité, érigent le racisme en principe. Il faut méconnaitre l’histoire pour accepter la victimisation de l’Extrême Droite et prétendre que les violents seraient à gauche. »
Sans commentaires !
Mais par contre, j’aimerais assez que l’on me donne enfin la définition d’une personne d’Extrême Droite !
Serait-ce un « Nazillon » comme le suggère Aurélien Soucheyre, un « Néonazi », ou juste une insulte à jeter à la figure d’un opposant quand on est à court d’argument ?
En tout cas, c’est une étiquette qui a le mérite de diaboliser l’autre pour le discréditer. Surtout, elle justifie tout déferlement de haine à son égard, on l’a vu récemment avec le lynchage de Quentin. Mais pour savoir ce qu’il y a derrière cette insulte, c’est autre chose.
Quand on considère le profil de Quentin Deranque que la Jeune Garde présente comme un néonazi d’Extrême Droite, on est guère avancé. En effet, sa famille, ses amis parlent de lui comme d’un étudiant en mathématique studieux, amateur de philosophie et de littérature. Récemment converti au catholicisme, il fréquentait assidûment une paroisse traditionnaliste de la région lyonnaise. Animé d’une foi profonde, il manifestait parfois, mais toujours de manière pacifique et non-violente !
Alors, quelle définition donner à cette soi-disant insulte : « Extrême Droite » ?
Pourtant, c’est bien à cause de cette insulte que Quentin est mort. Serait-il d’Extrême Droite juste parce qu’il protégeait ses amies du collectif Némésis ?
Dans la mythologie grecque, Némésis était la gardienne de la justice divine. Sa principale mission était de punir l’arrogance de ceux qui voulaient prendre la place des dieux. De nos jours, elle aurait fort à faire avec tous ces « Bien pensants » qui aimeraient mettre en place leur « Meilleur des mondes », un monde sans Dieu !
Pétris de bons sentiments, ils haïssent, ils insultent et ils tuent pour imposer leur idéologie humaniste. Etonnement, j’ai parlé récemment de tout cela dans un article paru sur le site du Salon Beige au début de ce mois de février, le jour même de l’assassinat de Quentin. * *
* * Journal d’un croyant de 2026 – Le Maître de la Terre
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Nouvelles violences contre des chrétiens en Cisjordanie et en Israël
De nouveaux actes de vandalisme ont frappé l’un des sites les plus importants de la tradition chrétienne en Terre sainte. Ces derniers jours, des graffitis sont apparus sur le mur extérieur de l’église de la Visitation à Aïn Karem, un quartier de l’ouest de Jérusalem. Les phrases en hébreu : « Chrétiens dehors », « Vengeance », « David, roi d’Israël, vit et demeure » et « Le Messie est là », écrites à la peinture rouge pendant la nuit, ont été remarquées au matin par des habitants et des pèlerins qui les ont immédiatement signalées aux autorités. Ces graffitis offensants ont suscité l’indignation de la communauté locale et des responsables du sanctuaire, qui attire chaque année des milliers de fidèles du monde entier.
L’église de la Visitation, construite sur le site traditionnellement identifié comme la demeure d’Élisabeth et de Zacharie et liée au récit évangélique de la rencontre entre Marie et sa cousine, constitue l’un des principaux édifices spirituels du quartier d’Aïn Karem, situé sur une colline. « Israël est le seul pays du Moyen-Orient où les chrétiens peuvent pratiquer leur foi en toute liberté et avec tous leurs droits », a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu la veille de Noël l’année dernière, dans un message vidéo adressé aux citoyens israéliens et à la communauté internationale. Cependant, le récent incident a ravivé les inquiétudes concernant la sécurité des lieux de culte à Jérusalem, où, ces dernières semaines, d’autres cas de dégradation d’édifices sacrés appartenant à différentes confessions ont été signalés.
Suite à l’attaque perpétrée par des colons contre la communauté de Taybeh, unique centre entièrement chrétien de Palestine, les responsables des Églises de Jérusalem ont récemment publié un document. « Ces actes constituent une menace directe et délibérée, qui vise avant tout notre communauté locale, mais aussi l’héritage historique et religieux de nos ancêtres et les lieux saints », peut-on lire dans le document. « Face à de telles menaces, le plus grand acte de courage est de continuer à considérer ce lieu comme notre foyer . » En Terre sainte, la communauté chrétienne a toujours été minoritaire, une présence certes modeste, mais animée d’une profonde ferveur et jamais absente du paysage historique et social de la région. Malgré de nombreuses difficultés et transformations, les chrétiens sont aujourd’hui appelés à jouer un rôle de premier plan : témoigner authentiquement de leur foi, maintenir une présence dynamique, attachés à leurs racines et à leurs convictions.
Les colons agissent désormais en toute impunité, profitant du silence complet du gouvernement dirigé par Netanyahu. Lundi 23 février, un nouvel épisode de violence a secoué la Cisjordanie : la mosquée Abou Bakr al-Siddiq, située dans le village de Tell, au sud de Naplouse, a été incendiée et profanée par des graffitis menaçants en hébreu. Selon les premières informations, l’attaque a été perpétrée par des colons israéliens. Des images diffusées par les médias palestiniens montrent l’entrée de la mosquée entièrement calcinée, tandis que des messages de « vengeance » sans équivoque sont visibles sur les murs. Le ministère des Biens religieux de l’Autorité palestinienne a fermement condamné l’attaque, soulignant dans un communiqué que « la tentative d’incendie de la mosquée démontre clairement la barbarie à laquelle se livre l’incitation raciste d’Israël contre les lieux saints musulmans et chrétiens en Palestine ».
Il ne s’agit pas seulement d’attaques contre des chrétiens et des musulmans, mais aussi de l’effacement lent et chirurgical d’un hypothétique État palestinien. Au cœur du nord de la Cisjordanie, la vie de centaines de familles palestiniennes a été bouleversée par une nouvelle opération militaire. À Nur Shams, un camp de réfugiés situé près de Tulkarem, l’armée israélienne a rasé vingt-cinq immeubles d’habitation. Ces maisons démolies abritaient des dizaines de familles, déjà déplacées par le passé, pour qui un retour à la normale semble désormais un mirage de plus en plus lointain. Les bulldozers des forces israéliennes ont rasé un quartier entier, effaçant non seulement les bâtiments, mais aussi la mémoire collective de toute une communauté. Souvenirs, histoires et liens ont été emportés avec les maisons, ne laissant derrière eux que des décombres et un vide difficile à combler. Cette tragédie se déroule dans le silence des institutions internationales et des gouvernements européens, qui restent passifs, tandis que la situation sur le terrain s’aggrave de jour en jour. Malgré les manifestations en cours et les demandes des habitants de rentrer chez eux, l’accès aux camps de Tulkarem et de Nur Shams reste interdit, bloqué par des monticules de terre qui empêchent tout retour. Cette situation risque d’aggraver une crise humanitaire déjà existante.
Au cœur du quartier palestinien de Jabal Jalles, à Hébron, ville importante du sud de la Cisjordanie, les tensions s’exacerbent après qu’un groupe de colons s’est emparé de cinq bâtiments appartenant à des Palestiniens, déclarant unilatéralement la création d’une nouvelle colonie. Selon des témoignages recueillis auprès des habitants, la veille de l’occupation a été marquée par une opération militaire des forces israéliennes (Tsahal) contre les résidents du quartier, au cours de laquelle des dizaines de personnes ont été arrêtées. Un climat de peur et d’incertitude s’est installé parmi la population civile, placée sous le contrôle direct des autorités militaires israéliennes. L’organisation anti-occupation, La Paix Maintenant, a déclaré qu’il est actuellement difficile de déterminer si l’occupation a été officiellement autorisée et a souligné que des incidents similaires se sont déjà produits par le passé : des groupes de colons sont entrés dans plusieurs maisons à Hébron sans permis, avant même le début des procédures d’enregistrement, et parfois en falsifiant des documents. Ainsi, au milieu de la poussière des maisons démolies et du faible espoir qui persiste malgré tout, se déroule le drame d’un peuple contraint de vivre dans l’angoisse, attendant un avenir qui s’assombrit de jour en jour.
Un complotiste au gouvernement
Jean-Noël Barrot, ministre des affaires (qui lui sont complètement) étrangères, sur France intox:
— Est-ce que cette internationale réactionnaire, pour reprendre votre expression, veut peser, arrive à peser, sur la présidentielle française ?
— J’ai le sentiment qu’elle tente de le faire, et je crois que notre responsabilité et de l’en empêcher. Et pour cela de reprendre le contrôle de notre espace public. Et cela passe par une mise au pas des réseaux sociaux, qui servent en quelque sorte de plateforme à un certain nombre de ces mouvements, de ces mouvances de l’internationale réactionnaire pour venir perturber le débat public et venir fragiliser l’intégrité de notre processus démocratique. Il faut bien comprendre que la démocratie repose sur un débat public intègre, vibrant, à la lumière de l’information produite par une presse pluraliste, indépendante, et libre, et que tout ce modèle, qui fait notre fierté et qui est un trésor national, est aujourd’hui menacé. Et c’est pourquoi les règles que nous avons édictées au niveau européen doivent être appliquées avec beaucoup de rigueur et beaucoup de fermeté par la Commission européenne pour protéger nos élections.
Loi fin de vie : La fin de l’interdit qui nous protège tous ?
Aujourd’hui, l’Assemblée Nationale s’apprête à voter un texte de rupture sous l’impulsion d’un gouvernement déconnecté des réalités humaines.
En légiférant sur la mort administrée, Emmanuel Macron engage la France vers une dérive eugéniste et comptable où la fragilité devient une variable d’ajustement.
L’interdit de tuer n’est pas une option, c’est le rempart ultime qui garantit la sécurité de chaque citoyen, surtout le plus vulnérable ; briser ce socle, c’est basculer dans l’arbitraire au lieu de renforcer des soins palliatifs qui savent pourtant supprimer la douleur.
On ne construit pas une nation solidaire en suggérant aux personnes malades ou dépendantes qu’elles sont une « charge » dont la société pourrait légitimement organiser l’effacement.
Monsieur/Madame le Député, ne soyez pas la chambre d’enregistrement d’une vision froide et verticale de la société : reprenez votre liberté de conscience face à un pouvoir affaibli et, pour protéger l’honneur de notre République, votez NON.
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Mgr Athanasius Schneider exhorte le pape Léon XIV à reconnaître les futurs évêques sacrés par la FSSPX
Source en anglais : https://dianemontagna.substack.com/
Voici le texte intégral de cet entretien intitulé « Appel fraternel au pape Léon XIV pour construire un pont avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X » .
La situation actuelle concernant les consécrations épiscopales au sein de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) a soudainement suscité une vive émotion dans toute l’Église. Peu de temps après l’annonce, le 2 février, de la décision de la FSSPX de procéder à ces consécrations, un débat intense et souvent passionné a émergé dans de nombreux milieux catholiques. Les opinions exprimées dans ce débat vont de la compréhension, la bienveillance, l’observation neutre et le bon sens au rejet irrationnel, à la condamnation péremptoire, voire à la haine ouverte. Bien qu’il y ait des raisons d’espérer – et cet espoir n’est en rien irréaliste – que le pape Léon XIV puisse effectivement approuver ces consécrations épiscopales, des propositions de texte pour une bulle d’excommunication de la FSSPX circulent déjà en ligne.
Les réactions négatives, bien que souvent bien intentionnées, révèlent que le cœur du problème n’a pas encore été appréhendé avec suffisamment d’honnêteté et de clarté. On a tendance à rester en surface. Les priorités au sein de la vie de l’Église sont inversées, érigeant la dimension canonique et juridique – autrement dit, un certain positivisme juridique – en critère suprême. De plus, on constate parfois un manque de connaissance historique concernant la pratique de l’Église en matière d’ordinations épiscopales. La désobéissance est ainsi trop facilement assimilée au schisme. Les critères de communion épiscopale avec le Pape, et par conséquent la compréhension de ce qui constitue véritablement un schisme, sont envisagés de manière excessivement unilatérale par rapport à la pratique et à la conception que l’Église avait d’elle-même à l’époque patristique, au temps des Pères de l’Église.
Dans ce débat, de nouveaux quasi-dogmes, absents du dépôt de la foi, sont établis. Ces quasi-dogmes affirment que le consentement du pape à la consécration d’un évêque est de droit divin et qu’une consécration effectuée sans ce consentement, voire contre une interdiction papale, constitue en soi un acte schismatique. Or, la pratique et la compréhension de l’Église, tant à l’époque des Pères de l’Église que pendant une longue période ultérieure, s’opposent à cette conception. De plus, il n’existe pas d’opinion unanime sur ce point parmi les théologiens reconnus de la tradition bimillénaire de l’Église. Des siècles de pratique ecclésiale, ainsi que le droit canonique traditionnel, s’opposent également à de telles affirmations dirimantes. Selon le Code de droit canonique de 1917, une consécration épiscopale effectuée contre la volonté du pape n’était pas punie d’excommunication, mais seulement de suspension. Par là, l’Église a clairement manifesté qu’elle ne considérait pas un tel acte comme schismatique.
L’acceptation de la primauté papale comme vérité révélée est souvent confondue avec les formes concrètes – qui ont évolué au fil de l’histoire – par lesquelles un évêque exprime son unité hiérarchique avec le pape. Croire en la primauté papale, reconnaître le pape actuel, adhérer à l’enseignement infaillible et définitif de l’Église et observer la validité de la liturgie sacramentelle relèvent du droit divin. Cependant, une conception réductrice qui assimile la désobéissance à un ordre papal à un schisme – même en cas de consécration d’un évêque contre son gré – était étrangère aux Pères de l’Église et au droit canonique traditionnel. Par exemple, en 357, saint Athanase désobéit à l’ordre du pape Libère, qui lui enjoignait d’entrer en communion hiérarchique avec l’immense majorité de l’épiscopat, laquelle était en réalité arienne ou semi-arienne. Il fut alors excommunié. Dans ce cas précis, saint Athanase a désobéi par amour pour l’Église et pour l’honneur du Siège apostolique, cherchant précisément à préserver la pureté de la doctrine de tout soupçon d’ambiguïté.
Au cours du premier millénaire de l’histoire de l’Église, les consécrations épiscopales se faisaient généralement sans autorisation papale formelle, et les candidats n’étaient pas tenus d’obtenir l’approbation du pape. Le premier règlement canonique sur les consécrations épiscopales, édicté par un concile œcuménique, fut celui de Nicée en 325, qui exigeait qu’un nouvel évêque soit consacré avec le consentement de la majorité des évêques de la province. Peu avant sa mort, durant une période de confusion doctrinale, saint Athanase choisit et consacra personnellement son successeur, saint Pierre d’Alexandrie, afin de s’assurer qu’aucun candidat inapte ou faible n’accède à l’épiscopat. De même, en 1977, le Serviteur de Dieu, le cardinal Josyf Slipyj, consacra secrètement trois évêques à Rome sans l’approbation du pape Paul VI, pleinement conscient que ce dernier ne le permettrait pas en raison de l’Ostpolitik alors en vigueur au Vatican. Lorsque Rome eut connaissance de ces consécrations secrètes, la peine d’excommunication ne fut cependant pas appliquée.
Pour éviter tout malentendu, dans des circonstances normales — et lorsqu’il n’y a ni confusion doctrinale ni période de persécution extraordinaire —, il faut bien sûr faire tout son possible pour observer les normes canoniques de l’Église et obéir au Pape dans ses justes injonctions, afin de préserver l’unité ecclésiastique de manière à la fois plus efficace et plus visible.
La situation actuelle de l’Église peut être illustrée par la parabole suivante : un incendie se déclare dans une grande maison. Le chef des pompiers n’autorise que l’utilisation de nouveaux équipements, bien qu’il soit prouvé qu’ils sont moins efficaces que les anciens, qui ont fait leurs preuves. Un groupe de pompiers désobéit et continue d’utiliser les équipements éprouvés ; et, de fait, le feu est circonscrit en de nombreux endroits. Pourtant, ces pompiers sont qualifiés de désobéissants et de schismatiques, et ils sont punis.
Pour filer la métaphore : le chef des pompiers n’autorise que les pompiers qui reconnaissent le nouvel équipement, respectent les nouvelles règles de lutte contre les incendies et se conforment au nouveau règlement de la caserne. Mais face à l’ampleur manifeste de l’incendie, à la lutte acharnée qu’il suscite et à l’insuffisance de l’équipe officielle, d’autres volontaires – malgré l’interdiction du chef – interviennent avec dévouement, compétence, savoir-faire et bonne volonté, contribuant ainsi au succès de l’opération menée par le chef des pompiers.
Face à un comportement aussi rigide et incompréhensible, deux explications possibles se présentent : soit le chef des pompiers nie la gravité de l’incendie, un peu comme dans la comédie française Tout va très bien, Madame la Marquise ! ; soit, en réalité, le chef des pompiers souhaite que de larges parties de la maison brûlent, afin qu’elle puisse être reconstruite ultérieurement selon un nouveau plan.
La crise actuelle liée aux consécrations épiscopales annoncées – mais non encore approuvées – au sein de la FSSPX expose, aux yeux de toute l’Église, une plaie qui couve depuis plus de soixante ans. Cette plaie peut être comparée à un cancer ecclésial, plus précisément au cancer ecclésial des ambiguïtés doctrinales et liturgiques.
Récemment, un excellent article a paru sur le blog Rorate Caeli, d’une rare clarté théologique et d’une grande honnêteté intellectuelle, sous le titre : « La longue ombre de Vatican II : l’ambiguïté comme cancer ecclésial » ( Canon de Shaftesbury : Rorate Caeli, 10 février 2026 ). Le problème fondamental de certaines déclarations ambiguës du Concile Vatican II réside dans le fait que ce dernier a privilégié un ton pastoral à la précision doctrinale. On ne peut qu’approuver l’auteur lorsqu’il affirme :
« Le problème n’est pas que Vatican II ait été hérétique. Le problème, c’est son ambiguïté. Et c’est dans cette ambiguïté que nous avons vu germer les germes de la confusion, qui ont donné naissance à certains des développements théologiques les plus troublants de l’histoire moderne de l’Église. Lorsque l’Église s’exprime en termes vagues, même involontairement, ce sont des âmes qui sont en jeu. »
L’auteur poursuit :
« Lorsqu’un « développement » doctrinal semble contredire ce qui a précédé, ou lorsqu’il nécessite des décennies de gymnastique théologique pour se réconcilier avec l’enseignement magistériel antérieur, nous devons nous demander : s’agit-il d’un développement, ou d’une rupture déguisée en développement ? » (Chanoine de Shaftesbury : Rorate Caeli, 10 février 2026).
On peut raisonnablement supposer que la FSSPX ne désire rien de plus que d’aider l’Église à sortir de cette ambiguïté doctrinale et liturgique et à retrouver sa clarté salvatrice et éternelle, tout comme le Magistère de l’Église, sous la conduite des Papes, l’a fait sans équivoque tout au long de l’histoire après chaque crise marquée par la confusion et l’ambiguïté doctrinales.
En réalité, le Saint-Siège devrait être reconnaissant envers la FSSPX, car elle est actuellement quasiment la seule entité ecclésiastique majeure à dénoncer ouvertement et publiquement l’existence d’éléments ambigus et trompeurs dans certaines déclarations du Concile et du Novus Ordo Missae. Dans cette démarche, la FSSPX est guidée par un amour sincère pour l’Église : si elle n’aimait pas l’Église, le Pape et les âmes, elle n’entreprendrait pas cette œuvre, ni ne dialoguerait avec les autorités romaines – et sa vie serait sans aucun doute plus facile.
Les paroles suivantes de l’archevêque Marcel Lefebvre sont profondément émouvantes et reflètent l’attitude de la direction actuelle et de la plupart des membres de la FSSPX :
« Nous croyons en Pierre, nous croyons au Successeur de Pierre ! Mais comme le dit si bien le pape Pie IX dans sa constitution dogmatique, le pape a reçu le Saint-Esprit non pour créer de nouvelles vérités, mais pour nous maintenir dans la foi de tous les temps. Telle est la définition du pape donnée par Pie IX lors du premier concile Vatican I. C’est pourquoi nous sommes persuadés qu’en conservant ces traditions, nous manifestons notre amour, notre docilité, notre obéissance au Successeur de Pierre. Nous ne pouvons rester indifférents face à la dégradation de la foi, des mœurs et de la liturgie. C’est hors de question ! Nous ne voulons pas nous séparer de l’Église ; au contraire, nous voulons qu’elle continue ! »
Si quelqu’un considère ses difficultés avec le Pape comme l’une de ses plus grandes souffrances spirituelles, cela prouve sans équivoque l’absence d’intentions schismatiques. Les véritables schismatiques se vantent même de leur séparation du Siège apostolique. Jamais ils n’imploreraient humblement le Pape de reconnaître leurs évêques.
En quoi les paroles suivantes de l’archevêque Marcel Lefebvre sont-elles véritablement catholiques ?
« Nous le regrettons infiniment, c’est une immense douleur pour nous, de penser que nous sommes en difficulté avec Rome à cause de notre foi ! Comment est-ce possible ? C’est quelque chose qui dépasse l’entendement, que nous n’aurions jamais dû pouvoir imaginer, que nous n’aurions jamais dû pouvoir croire, surtout dans notre enfance – alors que tout était uniforme, que toute l’Église croyait en son unité générale et professait la même foi, les mêmes sacrements, le même sacrifice de la messe, le même catéchisme. »
Il nous faut examiner avec honnêteté les ambiguïtés manifestes concernant la liberté religieuse, l’œcuménisme et la collégialité, ainsi que les imprécisions doctrinales du Novus Ordo Missae . À cet égard, il convient de lire l’ ouvrage récemment paru de l’archimandrite Boniface Luykx, consultant conciliaire et éminent liturgiste, intitulé avec éloquence « Une vision plus large de Vatican II. Souvenirs et analyse d’un consulteur conciliaire ».
Comme l’a dit G.K. Chesterton : « En entrant dans l’Église, on nous demande d’ôter notre chapeau, non notre tête. » Ce serait une tragédie si la FSSPX était complètement exclue, et la responsabilité d’une telle division incomberait avant tout au Saint-Siège. Le Saint-Siège devrait accueillir la FSSPX, en lui offrant au moins un minimum d’intégration ecclésiale, puis poursuivre le dialogue doctrinal. Le Saint-Siège a fait preuve d’une générosité remarquable envers le Parti communiste chinois, en lui permettant de choisir des candidats à l’épiscopat ; pourtant, ses propres enfants, les milliers de fidèles de la FSSPX, sont traités comme des citoyens de seconde zone.
La FSSPX devrait être autorisée à apporter une contribution théologique afin de clarifier, compléter et, le cas échéant, corriger les passages des textes du Concile Vatican II qui soulèvent des doutes et des difficultés doctrinales. Il convient également de tenir compte du fait que, dans ces textes, le Magistère de l’Église n’a pas entendu se prononcer par des définitions dogmatiques empreintes d’infaillibilité (cf. Paul VI, Audience générale , 12 janvier 1966 ).
La FSSPX prononce exactement la même Professio fidei que celle des Pères du Concile Vatican II, connue sous le nom de Professio fidei tridentino-vaticane. Si, selon les paroles explicites du pape Paul VI, le Concile Vatican II n’a présenté aucune doctrine définitive, ni n’a eu l’intention de le faire, et si la foi de l’Église demeure la même avant, pendant et après le Concile, pourquoi la profession de foi valable dans l’Église jusqu’en 1967 ne serait-elle plus considérée comme une marque de la véritable foi catholique ?
Pourtant, la profession de foi tridentine-vaticane est jugée insuffisante par le Saint-Siège pour la FSSPX. Cette profession de foi ne constituerait-elle pas, en réalité, le minimum requis pour la communion ecclésiale ? Si tel n’est pas le cas, qu’est-ce qui, honnêtement, pourrait constituer un minimum ? La FSSPX est tenue, comme condition sine qua non , de prononcer une profession de foi par laquelle elle accepte les enseignements pastoraux, et non définitifs, du dernier concile et du magistère subséquent. Si telle est véritablement cette prétendue « exigence minimale », alors le cardinal Victor Fernández semble jouer avec les mots !
Le pape Léon XIV a déclaré, lors des vêpres œcuméniques du 25 janvier 2026, à la clôture de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, qu’une unité existe déjà entre catholiques et chrétiens non catholiques, car ils partagent le minimum de la foi chrétienne : « Nous partageons la même foi en un seul Dieu, le Père de tous les hommes ; nous confessons ensemble un seul Seigneur et vrai Fils de Dieu, Jésus-Christ, et un seul Esprit Saint, qui nous inspire et nous pousse à la pleine unité et au témoignage commun de l’Évangile » ( Lettre apostolique In Unitate Fidei , 23 novembre 2025, p. 12). Il a ajouté : « Nous sommes un ! Nous le sommes déjà ! Reconnaissons-le, vivons-le et rendons-le visible ! »
Comment cette déclaration peut-elle être conciliée avec l’affirmation faite par des représentants du Saint-Siège et certains hauts dignitaires du clergé selon laquelle la FSSPX n’est pas doctrinalement unie à l’Église, étant donné que la FSSPX professe la Professio fidei des Pères du Concile Vatican II — la Professio fidei tridentine-vaticane ?
L’octroi de nouvelles mesures pastorales provisoires à la FSSPX pour le bien spirituel de tant de fidèles catholiques exemplaires témoignerait profondément de la charité pastorale du Successeur de Pierre. Ce faisant, le pape Léon XIV ouvrirait son cœur paternel à ces catholiques qui, d’une certaine manière, vivent en marge de l’Église, leur permettant de ressentir que le Siège apostolique est véritablement une Mère, y compris pour la FSSPX.
Les paroles du pape Benoît XVI devraient éveiller la conscience de ceux qui, au Vatican, décideront d’autoriser les consécrations épiscopales pour la FSSPX. Il nous rappelle :
« En repensant au passé, aux divisions qui, au cours des siècles, ont déchiré le Corps du Christ, on a constamment l’impression qu’aux moments critiques où ces divisions se manifestaient, les responsables de l’Église n’ont pas fait assez pour maintenir ou retrouver la réconciliation et l’unité. On a l’impression que les omissions de l’Église ont porté une part de responsabilité dans le durcissement de ces divisions. Ce regard sur le passé nous impose aujourd’hui une obligation : celle de tout mettre en œuvre pour que tous ceux qui désirent véritablement l’unité puissent y demeurer ou la retrouver. » ( Lettre aux évêques à l’occasion de la publication de la Lettre apostolique « motu proprio data » Summorum Pontificum sur l’usage de la liturgie romaine avant la réforme de 1970 , 7 juillet 2007)
« Peut-on rester totalement indifférent à une communauté qui compte 491 prêtres, 215 séminaristes, 6 séminaires, 88 écoles, 2 instituts universitaires, 117 frères religieux, 164 sœurs religieuses et des milliers de fidèles laïcs ? Devons-nous les laisser s’éloigner de plus en plus de l’Église ? Et la grande Église ne devrait-elle pas, elle aussi, se montrer généreuse, consciente de son immense étendue, consciente de la promesse qui lui a été faite ? » ( Lettre aux évêques de l’Église catholique concernant la levée de l’excommunication des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre , 10 mars 2009). [1]
Des mesures pastorales provisoires et minimales pour la FSSPX, entreprises pour le bien spirituel de ses milliers de fidèles à travers le monde – y compris un mandat pontifical pour les consécrations épiscopales – permettraient de créer les conditions nécessaires pour dissiper sereinement les malentendus, les questions et les doutes d’ordre doctrinal suscités par certaines déclarations des documents du Concile Vatican II et du Magistère pontifical subséquent. Parallèlement, ces mesures offriraient à la FSSPX l’opportunité de contribuer de manière constructive au bien de toute l’Église, tout en maintenant une distinction claire entre ce qui relève de la foi divinement révélée et de la doctrine définitivement proposée par le Magistère, et ce qui, ayant un caractère essentiellement pastoral dans des circonstances historiques particulières, est donc ouvert à une étude théologique approfondie, comme cela a toujours été la pratique au sein de l’Église.
Soucieux de l’unité de l’Église et du bien spirituel de tant d’âmes, je lance un appel empreint de respect et de charité fraternelle à notre Saint-Père le pape Léon XIV :
Très Saint-Père, accordez le mandat apostolique pour les consécrations épiscopales de la FSSPX. Vous êtes aussi le père de vos nombreux fils et filles – deux générations de fidèles qui, jusqu’à présent, ont été pris en charge par la FSSPX, qui aiment le Pape et qui aspirent à être de véritables fils et filles de l’Église romaine. Aussi, tenez vous à l’écart des partis pris et, avec un grand esprit paternel et un esprit véritablement augustinien, montrez que vous bâtissez des ponts, comme vous l’avez promis devant le monde entier lors de votre première bénédiction après votre élection. Ne laissez pas l’histoire de l’Église vous marquer comme celui qui a échoué à construire ce pont – un pont qui aurait pu être bâti en ce moment véritablement providentiel, avec une volonté généreuse – et qui, au contraire, a permis une division supplémentaire, inutile et douloureuse, au sein de l’Église, alors même que se déroulaient des processus synodaux se targuant d’une ampleur pastorale et d’une inclusivité ecclésiale maximales. Comme Votre Sainteté l’a récemment souligné : « Engageons-nous à développer davantage les pratiques synodales œcuméniques et à partager entre nous qui nous sommes, ce que nous faisons et ce que nous enseignons (cf. François, Pour une Église synodale, 24 novembre 2024) » ( Homélie du pape Léon XIV , Vêpres œcuméniques pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens , 25 janvier 2026).
Très Saint-Père, si vous accordez le mandat apostolique pour les consécrations épiscopales de la FSSPX, l’Église de notre temps n’y perdra rien. Vous serez un véritable bâtisseur de ponts, et plus encore, un bâtisseur de ponts exemplaire, car vous êtes le Souverain Pontife, Summus Pontifex .
+ Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie d’Astana
24 février 2026
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Rejet à une voix d’un délit d’incitation à l’euthanasie, destiné à protéger les personnes les plus vulnérables
Le député Patrick Hetzel avait déposé un amendement à l’article 17 de la proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie, visant à protéger les personnes les plus vulnérables. Par symétrie avec le délit d’entrave, ce délit d’incitation est destiné à protéger les personnes les plus vulnérables. Il reprend les sanctions applicables à la provocation du suicide :
« Le fait d’inciter une personne, par pression, manœuvre ou influence indue, y compris par voie électronique ou en ligne, notamment par la diffusion ou la transmission d’allégations ou d’indications de nature à induire intentionnellement en erreur, à demander une aide à mourir, est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Lorsqu’il est commis à l’encontre d’une personne particulièrement vulnérable en raison de son âge, de sa maladie, de son handicap ou de son état de dépendance, ce délit est puni de trois ans de prison et de 45 000 euros d’amende. »
Cet amendement mis aux votes n’a pas été adopté : 97 députés ont voté pour, 97 députés ont voté contre !
Le détail des votes des députés est ici. N’hésitez ps à écrire aux opposants et aux abstentionnistes pour qu’ils votent mieux demain sur l’ensemble du texte.
Le loup qui veut empêcher les moutons de s’informer
De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 vérités :
C’est devenu une « tradition », quand Emmanuel Macron part en déplacement officiel à l’étranger, il en profite pour annoncer (en anglais, le plus souvent!) un nouveau méfait, dont pâtiront les citoyens français qu’il est censé gouverner et protéger. Ainsi, participant à un sommet sur l’intelligence artificielle en Inde, « Jupiter » a déclaré: « Free speech is pure bullshit if nobody knows how you are guided through this. » (C’est-à-dire « La liberté d’expression n’est que pure foutaise si personne ne sait comment on est guidé dans ce processus » – le processus en question renvoyant aux algorithmes des plateformes de réseaux sociaux.)
Passons sur la discutable élégance du propos. Passons même sur le fait que le chef de l’État annonce son intention de censurer les Français en anglais et depuis l’Inde. Mais le propos lui-même est ahurissant. Bien sûr que les réseaux sociaux ont des « biais ». Bien sûr qu’ils sont « clivants ». Bien sûr qu’ils ont un impact considérable sur la vie publique. Mais est-ce une raison pour les interdire? Et notre sémillant « Conducator » ignore-t-il que tous les médias (oui, oui, y compris les médias « mainstream », si chers à son cœur – et à qui il doit son élection puisque ces derniers ont « vendu » un parfait inconnu comme le « produit miracle » en 2017) présentent des biais idéologiques, « clivent » pour « faire de l’audience » et ont pour objectif d’avoir un impact sur la vie publique. Si l’on interdit les réseaux sociaux pour cette raison, faudrat-il aussi interdire tous les médias ?
Cela étant, une autre « séquence médiatique » qui s’est également déroulée à New Delhi, explique un peu la psychologie du président Big Brother. Vexé que Giorgia Meloni ait évoqué l’assassinat de Quentin Deranque par des nervis d’extrême-gauche, Emmanuel Macron l’a sommée de cesser de « commenter ce qui se passe ailleurs », ajoutant: « Que chacun reste chez soi et les moutons seront bien gardés ! » Il est vrai que le donneur de leçons le plus détesté et le plus méprisé du monde occidental est fort qualifié pour se plaindre d’une quelconque ingérence d’un dirigeant étranger! Mais tout devient clair lorsqu’on lit et relit que l’objectif de « Jupiter » est de garder les « moutons » – et, dans le contexte, on voit mal qui pourrait être désigné par cette flatteuse appellation hormis les citoyens français. M. Macron considère ses propres compatriotes comme des « moutons ». Comment, dès lors, s’étonner qu’il veuille leur imposer une stricte censure pour les empêcher de penser de façon autonome? Un mouton ne pense pas par lui-même; il bêle en attendant l’abattoir! Décidément, ce personnage ne nous aura rien épargné – et la comparaison avec Giorgia Meloni a toutes les raisons de nous rendre jaloux des Italiens !
❗NON à l’euthanasie : Rendez-vous ce mardi à 20h en bas des marches du Château de Chambéry
” Ce qui met en danger la société, ce n’est pas la grande corruption de quelques uns, mais le relâchement de tous”
(Alexis de Toqueville)
Rejoignez la mobilisation des Veilleurs !
À la veille du vote de l’Assemblée nationale sur l’euthanasie et le suicide assisté, nous vous invitons à vous joindre à la mobilisation des Veilleurs pour redire notre attachement au respect de tout vie humaine, de son commencement à sa fin naturelle.
📍 Rendez-vous : ce soir à 20h
📍 Lieu : à Chambéry : sur les marches du Château des Ducs de Savoie
📍 Pensez à apporter des textes à lire.
Invitez largement vos amis et vos proches.
Nous comptons sur votre mobilisation !
L’équipe des Veilleurs de Savoie
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L’école catholique va-t-elle donc disparaître ?
Alors que l’actualité est particulièrement chargée et dramatique, entre l’assassinat du jeune Quentin et le renforcement de la proposition de loi sur l’euthanasie, le Club des Hommes en noir braque ses projecteurs sur un autre sujet inquiétant et qui risque de passer inaperçu : les menaces contre l’école catholique.
Les deux rapporteurs de la Commission d’enquête sur les violences dans les établissements privés, dont le LFI Paul Vannier, ont déposé une proposition de loi qui se révèle particulièrement inquiétante et qui met directement en cause l’enseignement religieux et jusqu’au secret de confession.
L’école catholique va-t-elle donc disparaître ?
C’est à cette question que répondent l’abbé Marc Guelfucci, l’abbé Grégoire Celier, Jeanne Smits et Jean-Pierre Maugendre réunis par Philippe Maxence au micro du Club des Hommes en noir.
Entre l’islam et le christianisme, qui a le plus de raisons de croire?
Olivier Bonnassies, directeur de Marie de Nazareth, et Bruno Guillot, ancien imam salafiste converti au catholicisme, ont débattu avec Karim al-Hanifi, chercheur musulman (un deuxième musulman était prévu, mais a finalement renoncé à participer à ce débat), sur les raisons de croire à l’islam et au christianisme:
Ce que l’Ontario nous apprend sur la pratique de l’« aide médicale à mourir »
La Fondapol examine de manière critique les pratiques avérées relatives à l’« aide médicale à mourir » (AMM) en Ontario, telles qu’elles sont documentées par le coroner en chef de l’Ontario dans les rapports du Comité d’examen des décès liés à l’AMM (CEDA). S’appuyant sur des récits de cas et des discussions anonymisées résumés dans un récent rapport du Comité sur la démence et dans ses rapports antérieurs, l’auteur met en évidence les aspects préoccupants de la pratique actuelle de l’AMM, en se concentrant particulièrement sur l’AMM pour les personnes atteintes de démence. L’article documente des évaluations de capacité de consentement parfois minimalistes, des procédures de consentement éclairé discutables et des interprétations variables de critères juridiques tels que « mort naturelle raisonnablement prévisible » et « état avancé de déclin irréversible ».
L’analyse révèle comment les pratiques actuelles peuvent contourner les garanties législatives fondées sur le droit pénal, notamment par le recours à des dérogations au consentement final qui s’apparentent à des demandes anticipées d’« aide médicale à mourir », lesquelles sont interdites dans le Code criminel. L’article soutient que les documents d’orientation de l’Association canadienne des évaluateurs et prestataires d’AMM contribuent à des pratiques qui semblent en contradiction avec la loi.
Ceux qui s’inquiètent de l’expansion significative de la pratique de l’« aide médicale à mourir » et des preuves de plus en plus nombreuses de pratiques parfois clairement problématiques, trouveront dans ces rapports du CEDA une confirmation supplémentaire que ce régime d’« aide médicale à mourir » pose de sérieux problèmes. Les rapports fournissent des preuves supplémentaires de l’utilisation de normes peu rigoureuses en matière de capacité et de consentement éclairé, de l’utilisation de l’« aide médicale à mourir » parfois motivée par des pressions structurelles et contextuelles, de la volonté parfois notable d’offrir l’AMM à des personnes suicidaires, qui luttent contre des problèmes de santé mentale, et enfin de l’utilisation des directives de l’ACEPA qui jouent sur les contours de la loi.
Dernière ligne droite pour éviter le tourisme abortif financé par nos impôts
C’est normalement demain que les commissaires européens doivent statuer sur l’initiative européenne My voice, My choice qui prétend faire financer par les contribuables le tourisme abortif à travers l’Europe. Il est encore temps d’écrire et de faire connaître notre opposition. Vous pouvez le faire en cliquant ici.
Euthanasie : le vote à l’Assemblée est repoussé à mercredi
Nous bénéficions d’un délai supplémentaire pour contacter nos députés.
L’Assemblée nationale devait se prononcer sur l’euthanasie ce mardi, mais l’examen des amendements retarde le vote. La présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet a fait savoir sur RTL qu’il aura lieu «probablement demain».
«Il nous reste un peu plus de 200 amendements, on reprendra les débats aujourd’hui à 16h30». «On va décider en conférence des présidents quand est-ce qu’aura lieu le vote».
«Ce sera adopté avant l’été».
Cette nuit l’Assemblée a rejeté la suppression du délit d’entrave, comme elle a rejeté la création d’un délit d’incitation. Ce texte est de plus en plus extrémiste.
De même les amendements visant à laisser les établissements de santé et Ehpad libres de ne pas accepter l’euthanasie et le suicide assisté ont été rejetés.
Les amendements visant à exclure de l’euthanasie les personnes porteuses de déficience intellectuelle ont tous été rejetés.
Le torchon brûle entre la Hongrie et la Commission européenne
Extraits du discours de Viktor Orban en ouverture de la session parlementaire hongroise :
Chers collègues, je dois également informer le Parlement que, dans un geste sans précédent dans l’histoire de notre pays, notre voisin oriental, l’Ukraine, qui est en guerre, a bloqué les livraisons de pétrole via l’oléoduc Amitié depuis le 27 janvier. Je signale à la Chambre que le gouvernement a examiné la situation et conclu qu’il n’y avait aucun obstacle technique à la reprise des livraisons. C’est à l’Ukraine de décider de redémarrer ou non l’oléoduc. Il est de plus en plus évident qu’il s’agit là d’un chantage politique pur et simple. Il est bien connu que les relations diplomatiques entre la Hongrie et l’Ukraine ont atteint un point bas. Les Ukrainiens exigent que la Hongrie se désengage de l’énergie russe, donne de l’argent à l’Ukraine et soutienne l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne. De plus, les Ukrainiens menacent ouvertement le gouvernement hongrois et ses dirigeants. J’informe la Chambre que le gouvernement national ne cédera à aucun chantage.
[…]
L’article 222 du traité sur l’Union européenne oblige l’Union européenne à venir en aide à un État membre qui a subi des dommages causés par un tiers. Bruxelles devrait être tenue de se ranger du côté de la Hongrie, mais ce n’est pas le cas. Les faits montrent que Bruxelles s’est rangée du côté de l’Ukraine, qui n’est pas membre de l’UE, plutôt que du côté de la Hongrie. Chers collègues, il est bien connu que la Hongrie et Bruxelles ont des points de vue opposés sur la guerre, sur le financement de l’Ukraine et sur l’adhésion de l’Ukraine à l’UE. Pourtant, dans la situation actuelle, Bruxelles doit représenter les intérêts de la Hongrie. Le fait qu’elle ne le fasse pas constitue une violation grave du traité au détriment de la Hongrie.
[…]
Le gouvernement a également décidé de réagir. En accord avec la Slovaquie, nous avons arrêté les livraisons de diesel à l’Ukraine. En outre, le gouvernement a opposé son veto au versement de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, qui avait été accordé sans la participation de la Hongrie et sans aucune charge pour nous. Et le gouvernement a décidé d’opposer son veto au 20e paquet de sanctions qui était sur le point d’être adopté à Bruxelles. Aujourd’hui, à Bruxelles, nous avons annoncé que tant que l’Ukraine n’autorisera pas le pétrole russe à entrer en Hongrie, nous bloquerons toute décision pro-ukrainienne à Bruxelles.
L’appel transpartisan de 42 députés contre l’euthanasie
Dans une tribune publiée dans Le Figaro, 42 députés interpellent leurs collègues sur le contenu du texte qui ne comprend plus d’encadrement strict et ne serait pas limité aux situations exceptionnelles de toute fin de vie :
Issus de sensibilités politiques différentes, nous prenons la parole ensemble pour vous interpeller. Beaucoup d’entre vous n’ont pas pu suivre le détail des débats ni pu mesurer la portée des amendements adoptés ces derniers jours. Le texte soumis à notre vote ne correspond en aucun cas à ce qui avait été initialement présenté comme un dispositif strictement encadré, limité aux situations exceptionnelles de toute fin de vie.
Il ne s’agit pas d’un clivage partisan. Il s’agit d’un choix de société qui engage durablement notre droit, notre conception du soin et la protection due aux plus fragiles. C’est le sens des législations précédentes dont la mise en œuvre devrait être une priorité absolue : elles ont été adoptées de façon consensuelle avec des limites qui structurent notre pacte républicain. Les déplacer transforme en profondeur notre droit commun.
Ce n’est pas une loi de fin de vie, mais une loi qui banalise la mort provoquée. L’intitulé et la communication gouvernementale ont installé une confusion : cette loi ne concerne pas uniquement les personnes aux derniers jours de leur existence. Les critères retenus ne se limitent pas aux situations terminales. La suppression de la référence excluant la souffrance psychologique seule élargit encore le champ. Une personne pourra solliciter l’aide à mourir sans être en fin de vie. Le dispositif s’appliquera à des maladies chroniques, évolutives, parfois longues. Il ne s’agit donc pas seulement d’un ultime geste face à l’irréversible immédiat, mais de l’introduction d’un droit nouveau au cœur même du parcours de soins.
Ce n’est pas une loi d’exception, mais une loi d’éligibilité très étendue. Les porteurs du texte parlent d’une solution exceptionnelle. Pourtant, les notions de « phase avancée » et de « souffrance insupportable selon la personne » sont extensives et difficilement objectivables. Aucun seuil médical précis ne permet de déterminer à partir de quel moment une affection deviendrait « suffisamment avancée » pour justifier un geste létal. L’appréciation repose largement sur la subjectivité de la souffrance exprimée. Dans un pays où des millions de citoyens vivent avec des affections graves et incurables, l’éligibilité potentielle est considérable. L’exception annoncée devient une ouverture de principe, appelée à s’étendre par la pratique.
Nous parlons d’un geste irréversible encadré par une procédure allégée et un contrôle après la mort.
Ce n’est pas une procédure rigoureuse, mais une décision solitaire sous contrôle posthume. Un acte consistant à provoquer la mort devrait être entouré des garanties les plus exigeantes. Or la décision finale appartiendra à un seul médecin ; l’avis du second pourra être rendu à distance, sans examen physique du patient. La collégialité est réduite à un minimum de formalité. Les délais de réflexion seraient les plus courts du monde. Le contrôle interviendra uniquement a posteriori, une fois la personne décédée. Aucune validation indépendante préalable n’est prévue. Les proches seront exclus du droit au recours. Les majeurs protégés deviennent éligibles. Pour écarter une demande au motif du discernement, il faudra démontrer une altération « grave ». L’acte pourra être réalisé dans des lieux très variés, et des mineurs pourront être présents lors de l’administration du produit létal. Nous parlons donc au final d’un geste irréversible encadré par une procédure allégée et un contrôle après la mort.
Ce n’est pas une loi qui protège, mais une loi qui expose les plus vulnérables. Nous légiférons dans un système de santé fragilisé, marqué par des inégalités d’accès aux soins palliatifs et par l’épuisement des équipes. Beaucoup de nos concitoyens peinent déjà à obtenir un accompagnement digne et un soulagement effectif de la douleur. Dans un tel contexte, la demande d’aide à mourir ne naît jamais dans le vide. Le sentiment d’être un fardeau, la dépendance, la solitude, la précarité influencent les décisions. En consacrant juridiquement la mort comme réponse possible à la souffrance, la société modifie le cadre symbolique dans lequel s’exerce le choix. Les personnes âgées, handicapées, atteintes de maladies chroniques ou psychiquement fragiles seront particulièrement exposées à cette nouvelle norme implicite.
Ce n’est pas une loi de liberté, mais une loi qui installe une insécurité diffuse. On invoque l’autonomie. Mais une liberté authentique suppose que toutes les alternatives soient réellement accessibles. Tant que l’accompagnement palliatif n’est pas garanti partout, l’autonomie proclamée risque d’être théorique. En introduisant dans le droit commun la possibilité de provoquer la mort, la loi modifie la hiérarchie des réponses collectives à la souffrance. La question ne sera plus seulement de savoir comment mieux soigner et accompagner, mais aussi s’il convient de poursuivre. La possibilité juridique deviendra un repère culturel ; l’option pourra se transformer en attente.
Ce n’est pas une loi qui respecte les consciences, mais une loi qui s’imposera aux lieux de soin. On nous assure que les médecins seront protégés par leur clause de conscience. Pourtant, tous les établissements sanitaires et médico-sociaux de santé, y compris ceux dotés d’un projet d’établissement spécifique, seront tenus d’organiser en leur sein la réalisation de l’acte létal. Autrement dit, même si un praticien peut individuellement refuser de participer, l’institution devra garantir que l’acte puisse être pratiqué dans ses murs. La liberté personnelle du soignant ne compensera pas la contrainte institutionnelle imposée aux structures de soin, sommées d’intégrer la mort provoquée dans leur organisation.
La mort provoquée s’imposera dans les Ehpad, dans tous les lieux de soin, y compris dans les services de soins palliatifs. Elle introduira la possibilité d’un acte létal au cœur des lieux consacrés à l’accompagnement et au soulagement. Le médecin ne sera plus seulement celui qui soigne et accompagne jusqu’au terme naturel de la vie ; il pourra être celui qui administre la mort. En miroir, aucun citoyen ne pourra plus avoir la liberté d’être accueilli dans un établissement qui respecterait les limites fixées par la Loi Claeys Leonetti.
Chers collègues, ce vote ne constitue pas un ajustement technique. Il inscrit dans notre droit commun la possibilité de provoquer la mort sur des critères extensifs, selon une procédure fragilisée, dans un contexte sanitaire et social déjà tendu et où personne ne peut garantir ce qu’il adviendrait de la dignité humaine si notre monde était dominé par des idéologies contraires à nos valeurs humanistes. Au-delà de nos différences, nous avons en partage une responsabilité : celle de ne pas franchir, à la légère, des seuils irréversibles.
*Signataires :
Thibault Bazin (Droite Républicaine)
Béatrice Bellamy (Horizons)
Thierry Benoit (Horizons et Indépendants)
Sylvain Berrios (Horizons et Indépendants)
Benoit Blanchard (Horizons)
Anne-Laure Blin (Droite Républicaine)
Sylvie Bonnet (Droite Républicaine)
Jean-Michel Brard (Horizons et Indépendants)
Xavier Breton (Droite Républicaine)
Blandine Brocard (Les Démocrates)
Joël Bruneau (LIOT)
Yannick Chenevard (Ensemble pour la République)
Josiane Corneloup (Droite Républicaine)
Michel Criaud (Horizons)
Charles de Courson (LIOT)
Élisabeth de Maistre (Droite Républicaine)
Lionel Duparay (Droite Républicaine)
Jean-Carles Grelier (Les Démocrates)
Justine Gruet (Droite Républicaine)
Patrick Hetzel (Droite Républicaine)
Sébastien Huyghe (Ensemble pour la République)
Cyrille Isaac-Sibille (Les Démocrates)
Philippe Juvin (Droite Républicaine)
Thomas Lam (Horizons)
Corentin Le Fur (Droite Républicaine)
Constance Le Grip (Ensemble pour la République)
Laure Miller (Ensemble pour la République)
Joséphine Missoffe (Ensemble pour la République)
Louise Morel (Les Démocrates)
Yannick Neuder (Droite Républicaine)
Jimmy Pahun (Les Démocrates)
Astrid Panosyan-Bouvet (Ensemble pour la République)
Jérémie Patrier-Leitus (Horizons)
Maud Petit (Les Démocrates)
Stéphane Peu (Gauche Démocrate et Républicaine)
Dominique Potier (PS)
Marie-Agnès Poussier-Winsback (Horizons)
Charles Rodwell (Ensemble pour la République)
Charles Sitzenstuhl (Ensemble pour la République)
Liliana Tanguy (Ensemble pour la République)
Annie Vidal (Ensemble pour la République)
Anne-Cécile Violland (Horizons)
Protestation Patrick Hetzel sur les propos tenus dans l’hémicycle vendredi : « Ce sont des cathos ! »
Vendredi soir, les députés poursuivaient la discussion, en deuxième lecture, de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir. Extrait des débats, avec un peu de cathophobie, bien banale en cette période de carême :
Christophe Bentz
J’avais indiqué que notre amendement de suppression était défendu, mais je ne résiste pas à l’envie de réagir au vertige dont parle Dominique Potier. Confidence pour confidence, j’éprouve moi aussi ce vertige – personnel, profond. Ce que vous avez dit, cher collègue, était émouvant.
Vous, opposants de gauche à ce texte, êtes peu nombreux ; et pourtant je ne comprends pas, fondamentalement, comment quelqu’un de gauche, pour des raisons de gauche, ne s’oppose pas à ce texte. Nous, conservateurs sociaux – si vous souhaitez utiliser ce terme –, vous écoutons, même si les arguments de Dominique Potier ne sont pas forcément les mêmes que les miens, ni ceux de nos collègues républicains. Collègues favorables du texte, écoutez aussi les voix dissonantes à gauche, celles qui témoignent d’une vraie sensibilité et de convictions tout à fait respectables – Dominique Potier, Pierre Dharréville au cours du mandat précédent. Ils sont très émouvants, très percutants et parlent au nom de la défense des plus fragiles, des plus vulnérables, des plus pauvres. (Exclamations sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.)
M. Michel Lauzzana
Ce sont des cathos !
M. Christophe Bentz
Écoutez Lisa Belluco, écologiste, qui s’est aussi exprimée récemment. Leur position est cohérente avec leurs convictions de gauche. Je ne comprends pas comment, quand on est de gauche, on peut défendre ce texte. (Mme Marine Hamelet applaudit.)
M. Gérard Leseul
Vous ne comprenez pas la gauche !
Mme Dominique Voynet
C’est pour cela que vous n’êtes pas de gauche !
Mme la présidente
La parole est à Mme Océane Godard.
Mme Océane Godard
J’entends parler d’agacement. Mais qu’est-ce qui est agaçant, finalement ?
M. Charles Sitzenstuhl
Qu’on ne réponde pas à nos questions sur les mineurs par exemple !
Mme Océane Godard
C’est que vous nous prêtiez des intentions fallacieuses, comme si ce texte était permissif, comme si nous prenions les choses à la légère.
Or vous nous entendez depuis des heures, des jours, des semaines, ici et en commission. Vous avez entendu le rapporteur général, la ministre ou le président de la commission. Vous nous entendez depuis longtemps. Nous travaillons.
M. Philippe Juvin
Et alors ? Heureusement que nous travaillons !
Mme Océane Godard
On peut ne pas être d’accord – c’est une chose. Mais vous ne pouvez pas nous accuser de légèreté ou de permissivité. (M. Arnaud Simion applaudit.) Cet article est très clair et particulièrement important. Soyons attentifs à la date, au lieu, à l’administration de la substance létale, aux personnes qui peuvent être présentes.
Je pense aux patients, femmes et hommes atteints d’une affection grave et incurable, qui regardent nos débats : ils nous écoutent, et attendent que l’on respecte ce qu’ils vivent. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC. – Mme Stella Dupont applaudit également.)
Rappel au règlement
Mme la présidente
La parole est à M. Patrick Hetzel, pour un rappel au règlement.
M. Patrick Hetzel
Je m’appuie sur l’article 70, alinéa 3, concernant la mise en cause des personnes dans cet hémicycle. Au moment où M. Bentz s’exprimait, et citait notre collègue Potier et notre ancien collègue Dharréville, une voix dans l’hémicycle s’est élevée pour dire : « Ce sont des cathos ! »
Mme Ayda Hadizadeh
Ce n’est pas une insulte !
M. Patrick Hetzel
Ce n’est pas digne ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes DR et RN. – Mme Annie Vidal et M. Benoît Blanchard applaudissent également.) Le respect doit être la règle, quelles que soient nos croyances ou nos convictions. Ce type d’accusations est grave. Nous débattons de questions fondamentales, d’éthique ; nous devons prendre de la hauteur et non essentialiser les uns ou les autres. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes DR et RN. – MM. Dominique Potier et Stéphane Peu applaudissent également.)
Certains sont probablement gênés. Charles Sitzenstuhl pose une question de fond : il faut débattre sur le contenu, argument contre argument, et non jeter l’anathème sur les uns ou les autres – c’est indigne.
Mme Ayda Hadizadeh
Voyons, soyez charitables !
M. Patrick Hetzel
Il me semblait important de protester. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes DR et RN. – Mme Annie Vidal applaudit également.)
Mme la présidente
Tout à fait ! Nos débats sont respectueux et dignes depuis des heures et des jours. Je souhaite que cela continue ainsi. Vous avez tous été élus par le peuple français pour le représenter et chacun est légitime à s’exprimer, avec ses convictions et ses croyances.
Abbé Raffray : « une société a-t-elle le droit de tuer ceux qui sont faibles, malades ou dépendants ? »
L’abbé Raffray, de l’Institut du Bon Pasteur, dans une vidéo du début du mois de février, nous informe et nous forme sur la réalité de l’euthanasie et pourquoi les catholiques ne peuvent pas la soutenir :
- Question 1 : qu’est-ce que l’euthanasie ?
- Question 2 (9e minute) : le rapport entre la souffrance et la dignité humaine
- Question 3 (12e minute) : y a-t-il un droit à mourir ?
- Question 4 (15e minute) : quelles sont les conséquences de l’euthanasie ?
- Question 5 (19e minute) : qu’est-ce que la vie ?
Deux phrases synthétiques :
« La vie n’est pas un bien, mais un don. Nous sommes les dépositaires de notre vie, non les propriétaires. »
« Aimer celui qui souffre, non le supprimer. »
Insolite: un tract “progressiste” contre l’euthanasie
Un contact à l’Assemblée nous transmet ce tract (en écriture inclusive s’il vous plaît!) contre l’euthanasie. Voici un renfort un peu inattendu mais qui vaut la peine d’être connu. Il n’y a plus qu’à prier pour que les députés de gauche écoutent leurs électeurs…


Mgr Aillet invite les fidèles à prier et faire prier pour les députés et les parlementaires
Communiqué de Mgr Marc Aillet concernant le vote demain de la proposition de loi sur « l’aide à mourir » :
À la veille du vote solennel, mardi 24 février 2026, à l’Assemblée nationale, de la proposition de loi sur « l’aide à mourir » qui prévoit ni plus ni moins de légaliser le suicide assisté et l’euthanasie, j’attire, une fois encore, l’attention des fidèles sur l’extrême gravité d’une telle loi ainsi que sur les terribles conséquences qu’entraînerait son adoption.
Il ne saurait en effet y avoir de limite qui tienne si l’interdit de tuer, fondement sur lequel repose toute vie en société, et la protection des plus vulnérables, est aboli : cette transgression majeure ouvre inévitablement la porte à toutes les dérives possibles et imaginables.
N’est-ce pas ce qui s’est produit en Belgique, aux Pays-Bas ou au Canada, où l’euthanasie, qui devait être rigoureusement encadrée, est désormais largement accessible aux mineurs ou aux enfants, aux personnes handicapées, aux malades mentaux, comme à certaines personnes âgées ou simplement dépressives ?
De fait, il s’avère que la proposition de loi sur « l’aide à mourir » sur lequel l’Assemblée nationale est appelée à se prononcer, et que divers amendements ont considérablement aggravé, n’a rien d’un texte « équilibré » ou d’un texte de « compromis » : il s’agit au contraire du texte de loi le plus expéditif et le plus permissif qui soit.
Les amendements visant à s’assurer des capacités de discernement, de consentement ou de l’absence de pressions ont en effet tous été rejetés, les députés ayant notamment refusé d’exclure de « l’aide à mourir » les personnes en souffrance « seulement psychologique » ou les personnes sous tutelle.
Dans le même esprit, « l’aide à mourir » serait ouverte aux patients atteints d’une maladie grave et incurable au stade « avancé ou terminal », qui ne sont pas nécessairement en fin de vie (soit plusieurs centaines de milliers de personnes potentiellement éligibles : diabétiques, malades d’Alzheimer, etc.)…
Les amendements qui entendaient permettre aux hôpitaux et maisons de retraite de refuser de pratiquer l’euthanasie si cela contredit leurs valeurs éthiques ou religieuses ont été rejetés. A l’inverse, le fait d’empêcher ou de tenter de dissuader un proche de se suicider ou d’être euthanasié serait passible de deux ans d’emprisonnement et de 30.000€ d’amende (« délit d’entrave ») …
Tout cela fait dire à M. François Braun, ancien ministre de la Santé et médecin urgentiste, qu’il sera demain plus facile (et infiniment moins onéreux pour la collectivité) d’accéder à l’euthanasie qu’à une unité de soins palliatifs.
Cette situation est d’autant plus incompréhensible que la quasi-totalité des patients qui demandent à mourir, y renoncent dès lors qu’ils sont pris en charge dans une unité de soins et qu’on s’efforce de soulager leurs souffrances : c’est en tout cas ce qui ressort du témoignage de tous les professionnels de santé concernés.
Faut-il d’ailleurs rappeler que l’euthanasie ne saurait être assimilée à un soin, qu’elle est contraire au « serment d’Hippocrate », incompatible avec la vocation des personnels de santé qui consiste à soigner, accompagner et soulager leurs patients, mais certainement pas à leur administrer la mort ?
Mais si l’on en croit Dominique Reynié, président de la Fondapol (Fondation pour l’Innovation Politique) qui est à l’origine d’une enquête particulièrement rigoureuse et d’un sondage détaillé sur la fin de vie : « Les Français ne demandent pas la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté ; ils veulent que les pouvoirs publics assurent l’équipement de tout le pays en soins palliatifs auxquels aujourd’hui la moitié de la population n’a pas accès ».
Dans ces conditions, je ne peux qu’inviter les fidèles à prier et faire prier pour les députés et les parlementaires qui, demain et dans les semaines qui viennent, sont appelés à se prononcer sur ce texte de loi dont l’adoption marquerait un véritable basculement civilisationnel. Puisse le Seigneur éclairer les consciences de tous les acteurs de la vie politique de telle sorte qu’ils aient à cœur de « répondre concrètement aux situations de fragilité, en promouvant des politiques de solidarité authentique, plutôt que des formes de compassion illusoires comme l’euthanasie » (Pape Léon XIV devant les représentants du corps diplomatique du Vatican le 9 janvier 2026).
+Marc Aillet
évêque de Bayonne, Lescar et Oloron
Fait à Bayonne, le 23 février 2026
Rejoignez la mobilisation des Veilleurs !
Chers amis,
À la veille du vote de l’Assemblée nationale sur l’euthanasie et le suicide assisté, nous vous invitons à vous joindre à la mobilisation des Veilleurs pour redire notre attachement au respect de tout vie humaine, de son commencement à sa fin naturelle.
📍 Rendez-vous : ce soir à 20h
📍 Lieu : Place de la Concorde, Paris
Invitez largement vos amis et vos proches.
Nous comptons sur votre mobilisation !
L’équipe de la Marche pour la Vie
Loi « Fin de vie » : Le sacrifice silencieux de la conscience des pharmaciens
En tant que médecin, je ne peux rester muet face au silence médiatique assourdissant qui entoure un point crucial du projet de loi porté par Olivier Falorni : le déni pur et simple de la liberté de conscience pour les pharmaciens.
Comment accepter que, dans une même chaîne de soin, la loi protège la conscience du médecin qui prescrit et de l’infirmier qui administre, tout en traitant le pharmacien comme un simple automate dépourvu de discernement éthique ? Ce n’est pas une simple « fluidité administrative », c’est une rupture d’égalité brutale et une insulte à l’unité de nos professions.
Pendant les débats parlementaires, des figures comme Olivier Falorni et l’ancienne ministre Agnès Firmin Le Bodo ont défendu l’idée que le rôle du pharmacien serait trop « indirect » pour justifier une clause de conscience. Cette vision est aussi méprisante que dangereuse.
Elle réduit un docteur en pharmacie à un fournisseur logistique, alors que sa responsabilité déontologique est engagée à chaque préparation, surtout lorsqu’il s’agit d’une substance dont l’unique finalité est de donner la mort. Ce mépris politique s’est manifesté de manière flagrante par le rejet systématique de tous les amendements protecteurs, au motif qu’une telle liberté pourrait créer des « ruptures d’accès » au produit létal. En clair, on admet officiellement que la liberté de conscience des soignants est sacrifiée au nom de l’efficacité technique.
Pourtant, la réalité de terrain crie son malaise : le syndicat Synprefh a révélé que 81 % des pharmaciens hospitaliers réclament cette clause de conscience, refusant d’être les « exécuteurs silencieux » d’une procédure qui heurte leur vocation première de soigner.
Pourquoi les grands médias ignorent-ils cette mobilisation massive ?
Pourquoi cache-t-on que des voisins comme la Belgique ou l’Espagne respectent, eux, la conscience de TOUS leurs soignants sans que cela n’entrave leur législation ?
Je m’inquiète de voir la France s’engager dans une voie de coercition unique en Europe, où la dignité professionnelle est piétinée pour ne pas froisser un calendrier politique. En tant que médecin, je refuse de cautionner cette segmentation de la conscience : si l’un de nous est contraint d’agir contre son éthique, c’est toute la déontologie médicale qui s’effondre. Le « droit de mourir » ne peut pas s’acheter au prix de la soumission forcée de ceux qui ont dédié leur vie au soin. Brisons ce silence, car la liberté de conscience ne doit jamais être une variable d’ajustement.
Gabriel Metsu (1629–1667)
L’Apothicaire
Musée du Louvre.
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Bannissons les mots qui mentent!
Anne Brassié, courageux écrivain et animatrice d’émission, nous autorise à reproduire cette chronique qu’elle vient de publier:
Par pitié cessons de répéter : Quentin a été lynché. Non il a été massacré à terre par trois barbares payés par des “anti fas”. Le lynchage était une pratique des premiers temps de la nation américaine quand une population en colère décidait de pendre immédiatement un criminel. Quentin n’était pas un criminel.
La liturgie traditionnelle et les conversions
Philippe Pélissier, auteur de “Ils sont entrés dans l’Eglise par la voie de la liturgie latine”, organise le 3 mars un colloque en partenariat avec Ictus et Lex Orandi. Il a bien voulu répondre à nos questions:
Le mouvement de conversion dont on parle beaucoup dans l’Eglise de France en ce moment concerne-t-il les paroisses dans lesquelles se célèbre la liturgie traditionnelle?
