Terres de Mission : Jean Madiran, défenseur du bien commun
Terres de Mission reçoit Philippe Maxence, directeur de L’Homme nouveau, qui vient de rééditer trois opuscules de Jean Madiran sous le titre global : “Du bien commun”. L’occasion d’évoquer la grande figure de Jean Madiran, philosophe, écrivain et directeur emblématique du quotidien Présent. Et d’évoquer certains points importants de la doctrine sociale de l’Eglise.
Puis, Aymeric Pourbaix, directeur de France catholique, vient parler de cet hebdomadaire fondé par le général de Castelnau et qui s’apprête à fêter ses 100 ans d’existence.
Enfin, Philippe Arnon présente par Skype le roman qu’il vient de publier aux Presses de la Délivrance sur le mystère du mal : “Marie de Coulonges – Sa supplication à Jésus”.
Méditations pour l’été
Prêtre jésuite, Jean-François Thomas fut professeur de philosophie et missionnaire aux Philippines où il se consacra à la sauvegarde des enfants des rues. Il vient de publier chez Via Romana son quatrième tome de Méditations quotidiennes, découpées en 4 saisons (il est possible de commander les 4 saisons en un lot à tarif spécial). A se procurer pour méditer durant l’été, au fil du quotidien. Ce livret très accessible à tous n’a pas la prétention d’égaler les écrits des grands auteurs mystiques ou maîtres spirituels, mais de frayer au fil des jours une voie de conversion intérieure pour tous. À l’école de la direction spirituelle d’éminents représentants de la Compagnie de Jésus, saint Ignace, saint François-Xavier, de l’Écriture sainte et des Pères, des saints et des martyrs, ces méditations pour chaque jour ouvrent l’intelligence au sain discernement, délivrent l’âme des pièges de l’orgueil et du matérialisme, nourrissent l’amour de Dieu et du prochain dans les gestes de la vie ordinaire pour le bien de l’homme, la gloire du Christ, de son Église et le salut de la France et du monde.
Voici un extrait de la méditation du 24 juin, fête de saint Jean-Baptiste :
[…] Comme il ne transigea pas au sujet de la Loi divine, il fut haï par les pécheurs qui refusaient de se repentir, dont Hérode qui, après l’avoir craint, céda à ses attachements charnels et permit, pour plaire à une femme, le meurtre du saint. Ce défenseur de l’ordre naturel, du couple et de la famille, serait de nos jours cloué au pilori sans l’ombre d’une hésitation de la part des puissants. Rien ne change sous le ciel chargé de l’histoire humaine. La figure de ce prophète sans concession ne peut qu’éclairer nos propres combats contre l’iniquité. L’air du désert n’est pas l’air du temps, il ne cesse d’être purifié par le vent de Dieu. […]
Comme le prétexte de cette réforme était pastoral, les héritiers de cette idée de réforme pourraient se prêter à l’exercice du bilan
A la suite de la tribune de l’abbé Louis-Emmanuel Meyer, intitulée « Messe en latin : « La difficulté n’est pas le rite ancien, mais son instrumentalisation » », Cyril Farret d’Astiès, laïc et auteur de Un heureux anniversaire ? Essai sur les cinquante ans du missel de Paul VI (Presses de la Délivrance), propose une réponse sur le site de L’Homme Nouveau :
Cher Monsieur l’abbé,
Décidément, depuis cette édition 2023 du pèlerinage de Chartres, les plumes chauffent et les claviers crépitent. C’est une joie de constater que la question liturgique préoccupe à nouveau les catholiques. Que le pape François et son motu proprio Traditionis custodes en soient remerciés. Ce n’était probablement pas l’objectif poursuivi mais c’en est un résultat indéniable, le seul peut-être. Le Bon Dieu est plein d’humour !
Vous estimez en introduction que cette question est une tempête dans un verre d’eau, et bien poursuivons notre navigation en marins d’eau douce si vous le voulez bien.
Commençons par vous demander quelques éclaircissements sur l’idée que vous formulez dans votre premier paragraphe en affirmant que Summorum pontificum permettait d’user du nouveau lectionnaire en célébrant avec le missel traditionnel — je note que vous utilisez l’expression de « missel de Jean XXIII », reflet d’une incompréhension de ce qui oppose les deux liturgies, l’une attribuable et datée : les experts du Consilium, Paul VI, 1969 ; l’autre héritée et immémoriale : la liturgie traditionnelle qui par une lente et complexe maturation nous relie au Jeudi Saint par un chemin parfois sinueux et raboteux.
Revenons à votre idée de calendrier. Où avez-vous donc pêché que cette chimère était autorisée ? Pas étonnant que vous ayez été peu suivi dans cette interprétation fantasmée de l’enrichissement réciproque. Dans sa lettre aux évêques du 7 juillet 2007, le pape Benoît XVI d’heureuse mémoire, précisait sa pensée sur ce point : « les deux Formes d’usage du Rite Romain peuvent s’enrichir réciproquement : dans l’ancien Missel pourront être et devront être insérés les nouveaux saints, et quelques-unes des nouvelles préfaces. (…) Dans la célébration de la Messe selon le Missel de Paul VI, pourra être manifestée de façon plus forte que cela ne l’a été souvent fait jusqu’à présent, cette sacralité qui attire de nombreuses personnes vers le rite ancien. »
Vous semblez meurtri de ne pas avoir été suivi dans votre idée. Réaction révélatrice de l’esprit de réforme qui souffle sur la liturgie depuis trop longtemps : des idées pastorales, personnelles, qu’il faudrait imposer, expérimenter, pour être plus ceci ou moins cela. Nous ne parlons pas de la même chose. Nous disons pour notre part que nous sommes héritiers de la longue prière cultuelle de l’Église, que nous en usons dans la louange que nous adressons à notre Père et que nous nous efforçons de la transmettre à nos enfants comme à nos voisins de palier.
Vous poursuivez votre argumentation en justifiant l’autodafé liturgique par le mauvais comportement de catholiques de tradition que vous auriez croisés. Vous écrivez que la liturgie traditionnelle est le « véhicule de doctrines erronées ». Pouvez-vous préciser à nouveau votre pensée ? Quel article du Credo, quel point du catéchisme remettons-nous en cause publiquement et collectivement, de l’abbaye de Lagrasse à l’Institut du Bon Pasteur, qui justifierait de supprimer la liturgie qui subsiste et perdure par notre modeste intermédiaire ?
Vous mettez à nouveau sur la table la question de la concélébration comme preuve de votre suspicion. Mais pourquoi ne pas répondre en détail au père de Blignières ou à l’abbé de Massia qui ont argumenté posément sur ce point d’achoppement. Il me semble que se confrontent sur ce sujet comme sur bien d’autres une approche plutôt sentimentale, participative et une approche plutôt dogmatique, théologique.
Un peu plus loin vous suggérez notre duplicité, nous « contesterions en creux » la capacité de l’Église de changer ses expressions rituelles. Ah non ! Monsieur l’abbé, pas en creux ! En plein air et au grand jour, oui ! Nous contestons. Non pas la validité mais la légitimité qu’avait le pape de chambouler, transformer, réécrire, modifier, bouleverser, réformer en l’espace de cinq ans l’ensemble de l’édifice rituel latin qui venait de si loin et qui ne lui appartenait pas. Oui, cela nous le contestons absolument !
Et comme le prétexte de ce grand chambardement était pastoral et que le résultat est celui que nous constatons partout, nous aimerions bien que les héritiers de cette brillante idée de réforme se prêtent un peu à l’exercice du bilan. Pour nous, nous en restons notamment au Bref examen critique que Renaissance Catholique réédite fort opportunément ces jours-ci avec une préface du cardinal Burke.
Dans votre dernier paragraphe vous tancez les évêques en leur faisant remarquer qu’il serait bon qu’en chaque diocèse soit célébrée « convenablement » dans le nouvel ordo au moins une messe avec toutes les formes requises. Que veut dire « toutes les formes requises » ? Par nature et construction, dans la lettre et l’esprit, la nouvelle liturgie est évolutive, laissée à interprétation, sujette à choix et adaptations… comment savoir ce qui est requis ? Personne, pas même le Bon Dieu n’a cette réponse.
Demandez à Flavigny, à Saint-Martin, à la communauté de Saint-Jean, au séminaire des Carmes ou à l’Emmanuel, vous aurez autant d’avis personnels. C’était l’idée des réformateurs pour répondre aux « hommes de ce temps » et les pousser à participer. Mais les inventeurs sont morts, et les hommes de ce temps-là aussi sont morts, quant à la nouvelle liturgie…
Puis vous précisez qu’une telle célébration devrait comporter orientation, langue sacrée, grégorien et « pourquoi pas », quelques « parements » ou « apparences » de l’ancienne liturgie. Depuis longtemps l’abbé Barthe propose précisément comme passerelle des points de convergence rituels : orientation vers le Seigneur, reprise progressive de l’usage de la langue liturgique latine, communion sur les lèvres, usage du canon romain, usage de l’offertoire traditionnel. Il y a fort à parier que cette démarche conduira à la redécouverte du reste du patrimoine liturgique traditionnel et facilitera la réforme de la réforme qu’appelait le cardinal Ratzinger.
En conclusion vous appelez à « sauver la doctrine » en « soignant la forme ». Je souscris bien volontiers à votre appel Monsieur l’abbé : la liturgie traditionnelle par sa profondeur théologique et sa poésie est non seulement un rempart fiable pour la doctrine mais un donjon inexpugnable dressé bien droit et planté profond en terre pour chanter la gloire de Dieu et nous approcher du Ciel.
Fête du Sacré-Cœur de Jésus
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Vendredi 16 juin 2023, vendredi après le 2e Dimanche après la Pentecôte et solennité le dimanche qui suit, le 18 juin. Rappelons toutefois que cette solennisation, selon l’édition typique des Livres liturgiques de 1962, n’est pas obligatoire.
Comme celles de la Sainte-Trinité et du Saint-Sacrement que nous avons célébrées les deux précédents dimanches, la fête du Sacré-Cœur n’a pas pour but de commémorer un événement, mais de méditer sur un des grands mystères de notre foi, et cette fois-ci sur l’amour infini de Notre-Seigneur Jésus-Christ pour tous les hommes. On sait que cette fête a été demandée par Notre Seigneur lui-même à Sainte Marguerite Marie, religieuse visitandine de Paray-le-Monial qui vivait au XVIIe siècle. Elle est donc d’institution encore plus tardive que les deux précédentes, et ce n’est d’ailleurs qu’en 1856, donc au siècle dernier, qu’elle a été étendue à l’Église universelle. Elle a été fixée à la demande de Notre-Seigneur au vendredi qui suit l’octave de la fête du Saint- Sacrement, en souvenir du Vendredi saint, car c’est en mourant sur la croix que le Christ a donné la plus grande preuve de son amour pour nous. On en fait généralement la solennité le dimanche suivant, bien qu’elle ne soit pas obligatoire, et elle prend donc la place du troisième dimanche après la Pentecôte. La fête du Sacré-Cœur a comporté plusieurs messes. Celle qui est célébrée actuellement date de 1929, et a été composée à l’occasion de la publication par le pape Pie XI de l’encyclique Miserentissimus sur la dévotion au Sacré-Cœur, grande dévotion des temps modernes. Il s’agit donc dans les chants de cette messe de grégorien récent ; ils sont à peu près contemporains de ceux de la fête du Christ-Roi. Mais il faut reconnaître qu’ils sont moins bien réussis…
Introït : Cogitationes
Le texte de l’Introït de la Fête du Sacré-Cœur de Jésus est tiré du psaume 32 Exultate justi in Domino, que nous avons déjà trouvé à l’Introït du deuxième dimanche après Pâques, le dimanche du Bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis ; le rapprochement n’est pas fortuit. Nous avions vu alors que ce psaume est un chant de louange et d’actions de grâce à Dieu pour sa toute puissance et sa bonté, dont il énumère toutes les manifestations dans l’univers. Les deux versets qui ont été ici réunis ne se suivent pas dans le psaume. Ils ont été choisis pour l’application qui peut en être faite au Cœur de Jésus.
Cogitationes Cordis ejus in generatione et generationem, ut eruat a morte animas eorum et alat eos in fame.
Les pensées de son Cœur demeurent d’âge en âge ; ainsi il arrache leurs âmes à la mort et les nourrit pendant la famine.
Les pronoms de la deuxième phrase désignent dans le psaume (le contexte le montre) ceux qui craignent le Seigneur et se soumettent à sa volonté. Ils s’appliquent ici à tous les hommes rachetés par le sang du Christ et nourris par son Eucharistie. La mélodie nous ramène curieusement en plein Carême. L’intonation est exactement celle du Graduel Tribulationes cordis mei du deuxième dimanche de Carême, dont le texte est tiré du psaume 24 comme celui du Graduel de cette messe. Le reste de l’Introït emprunte surtout ses formules à l’Introït Lætare du quatrième dimanche de Carême, dont nous retrouvons ici le caractère joyeux et très affirmatif avec une nuance de douceur à la fin. Bien entendu le verset de cet Introït est le début du psaume 32 :
Exsultate justi in Domino, rectos decet collaudatio.
Justes exultez pour le Seigneur, la louange convient à ceux qui ont le cœur droit
Graduel : Dulcis et rectus
Le texte du Graduel de la Fête du Sacré-Cœur de Jésus est emprunté au psaume 24 qui est un des principaux psaumes de l’Avent et du Carême. C’est la prière du pécheur qui se repent et se confie à la miséricorde divine. Au milieu de sa prière il s’interrompt pour contempler cette bonté infinie du Seigneur qui se manifeste à ceux qui reviennent vers lui :
Dulcis et rectus Dominus ; propter hoc legem dabit delinquentibus in via. Diriget mansuetos in judicio, docebit mites vias suas.
Le Seigneur est doux et juste. C’est pourquoi il donne au pécheur égaré une règle de conduite. Il guide ceux qui sont dociles dans l’accomplissement de sa volonté ; il fait connaître ses voies à ceux qui sont doux.
Ce texte, on le voit, est plein de douceur, cette douceur qui est une qualité du Cœur de Jésus, il va nous le dire lui-même dans l’Alléluia. La mélodie est celle du Graduel Ecce quam bonum du vingt-deuxième dimanche après la Pentecôte, qui chante la douceur de se retrouver ensemble comme des frères dans le temple, avec de grandes courbes gracieuses et très expressives. Elle est très étendue dans la deuxième partie, s’élevant dans l’aigu jusqu’aux extrémités du mode, puis redescendant dans les profondeurs du grave pour une cadence solennelle.
Alléluia : Tollite jugum meum
Le texte de l’Alléluia de la Fête du Sacré-Cœur de Jésus est tiré de l’Évangile selon saint Matthieu. Ce sont les paroles que Notre Seigneur adresse à ses disciples, et à travers eux à tous les hommes, pour les inviter à se soumettre à sa loi :
Tollite jugum meum super vos et discite a me, quia mitis sum et humilis Corde, et invenietis requiem animabus vestris.
Prenez sur vous mon joug et suivez mes enseignements, car je suis doux et humble de Cœur, et vous trouverez le repos pour vos âmes.
Ces paroles célèbres nous rappellent les qualités du Cœur de Jésus que nous fêtons aujourd’hui et que nous devons imiter. La mélodie de cet Alléluia est originale, tout au moins n’a-t-elle pas d’équivalent dans le répertoire actuel. Elle est ample et très développée, surtout dans le verset où son étendue dépasse l’octave. Chose curieuse, c’est sur les mots humilis et requiem que ces grandes vocalises s’élèvent avec le plus d’éclat dans l’aigu, en contraste avec le texte qui parle d’humilité et de repos.
Offertoire : Improperium
L’Offertoire de la Fête du Sacré-Cœur de Jésus reprend celui de la messe du dimanche des Rameaux, qui commémorait la passion et la mort de notre Seigneur Jésus-Christ sur la croix, la plus grande preuve d’amour qu’il ait donné aux hommes. À vrai dire, dans le texte qui figure au missel, l’Offertoire du dimanche des rameaux est amputé de ses deux dernières phrases, ce qui nous paraît incompréhensible, ces phrases étant le sommet de la pièce et tout à fait accordées au mystère de cette fête, demandée par Notre Seigneur spécialement en réparation pour l’indifférence que les hommes opposent à son amour ; or c’est précisément la soif d’une réponse généreuse à cet amour qu’exprime la dernière phrase.
Le texte est extrait du psaume 68 qui est, comme le psaume 21, un des grands psaumes prophétiques de la passion, annonçant tout spécialement la solitude du Christ et l’abandon de tous ses amis :
Improperium exspectavit cor meum et miseriam, et sustinui qui simul contristaretur et non fuit ; consolantem me quæsivi et non inveni ; et dederunt in escam meam fel, et in siti mea potaverunt me aceto.
Mon cœur s’est attendu à l’outrage et au malheur ; j’ai espéré quelqu’un qui s’attristât avec moi, mais il n’y a eu personne ; j’ai cherché un consolateur et je n’en ai pas trouvé ; pour nourriture ils m’ont donné du fiel, et pour étancher ma soif ils m’ont abreuvé de vinaigre.
La mélodie exprime parfaitement cette souffrance. Tous les mots sont soulignés par des neumes longs et lourds ; de nombreuses cadences en demi-ton sonnent douloureusement. Cette mélodie culmine à l’aigu dans la dernière phrase sur le mot siti la soif, qui éclate comme un cri. Ce n’est pas seulement la soif physique dont il est question ici, mais la soif d’une réponse généreuse à l’amour infini dont notre Seigneur a fait preuve en mourant pour nous. *(cf ci-dessous)
Communion : Unus militus
L’antienne de Communion de la Fête du Sacré-Cœur de Jésus est très courte, et ressemble plus à une antienne de l’office qu’à un chant du propre de la messe. Le texte est tiré de l’Évangile du jour dans le récit de la passion selon saint Jean :
Unus militum lancea latus ejus aperuit, et continuo exivit sanguis et aqua.
L’un des soldats lui ouvrit le côté d’un coup de lance, et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau.
L’Église voit dans l’eau et le sang coulant du Cœur de Jésus transpercé par la lance la figure du baptême et de l’Eucharistie, qui répandent sur nous les grâces acquises par son sacrifice. La mélodie de cette petite antienne est simple et légère, soulignant bien les articulations du texte.
* L’offertoire de la fête du Sacré-Cœur reprend celui de la messe des Rameaux, qui commémorait la passion et la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur la croix, la plus grande preuve d’amour qu’il ait donné aux hommes. Dans le texte qui figure au missel, l’offertoire du dimanche des Rameaux est amputé de ses deux dernières phrases.
Les commentateurs de cette pièce sont unanimes pour regretter l’absence de ce verset 22 du psaume 68. « Pour nourriture, ils m’ont donné du fiel et pour étancher ma soif, ils m’ont abreuvé de vinaigre ».
Il semble manifeste qu’on a voulu, en 1929, occulter un peu la souffrance de la Passion pour insister sur ce Cœur divin qui est, selon une expression chère à Sainte Marguerite-Marie « Tout aimant et tout aimable ».
Le texte est tiré du psaume 68 qui est, comme le psaume 21, un des grands psaumes prophétiques de la passion, annonçant tout spécialement la solitude du Christ et l’abandon de tous ses amis.
La mélodie exprime parfaitement cette souffrance. Tous les mots sont soulignés par des neumes longs et lourds : de nombreuses cadences en demi-ton sonnent douloureusement ; Cette mélodie culmine à l’aigu dans la dernière phrase sur le mot síti, la soif, qui éclate comme un cri. Ce n’est pas seulement la soif physique dont il est question ici, mais la soif d’une réponse généreuse à l’amour infini dont Notre Seigneur a fait preuve en mourant pour nous.
Impropérium exspectávit cor meum et misériam,
Mon cœur s’est attendu à l’outrage et au malheur,Et sustínui qui simul contristarétur et non fuit ;
J’ai espéré quelqu’un qui s’attristât avec moi, mais il n’a eu personne ;Consolántem me quæsívi et non invéni ;
J’ai cherché un consolateur et je n’en ai pas trouvé ;
Tous les mots sont soulignés par des neumes longs et lourds, de nombreuses cadences en demi-ton sonnent douloureusement. C’est peut-être, comme l’affirmait le regretté Yves Gire, la pièce la plus douloureuse de tout le répertoire.
Japon : manifestation contre une loi LGBT
D’un lecteur résidant au Japon :
Aujourd’hui à Tokyo, avec quelques militants Reconquête! Japon et quelques royalistes nous sommes allés soutenir une manif pour protester contre la loi LGBT.
Hier le parlement japonais a malheureusement voté une loi qui est le premier doigt dans l’engrenage LGbête.
90% des Japonais désapprouvent cette loi. Nous étions assez nombreux à cette manifestation. À l’échelle de ce qu’est une manif normalement au Japon, c’était même un gros succès. Seuls 4 à 5 militants LGbêtes complètement excités, limite violents, ont essayé de perturber le cortège mais ils n’ont pas pu faire grand chose et la police japonaise les a empêchés d’agir.
Un journaliste a fait judicieusement remarquer qu’il s’agissait de la première loi au Japon où les termes employés étaient tous des anglicismes, ce qui choque beaucoup de monde et montre que cette loi ne vient pas d’une demande intérieure au pays, mais de l’influence très néfaste de l’ambassadeur US au Japon, qui était pointé du doigt par la manifestation.
Le gouvernement nippon a adopté vendredi 16 juin une loi de « promotion de la compréhension des minorités LGBT ». Ce texte reste extrêmement timide :
« Aucune discrimination déraisonnable n’est acceptée sur la base de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre »
Face au déclin démographique, le Japon se met à soutenir les familles
Mardi 13 juin, le Premier ministre japonais Fumio Kishida a annoncé un nouveau programme d’aides financières destiné aux familles afin de les inciter à avoir des enfants, alors que le Japon a enregistré seulement 799 728 nouvelles naissances en 2022, soit le chiffre le plus bas depuis le début des statistiques dans le pays. Le gouvernement estime que les revenus insuffisants sont la cause principale du déclin alarmant du taux de natalité dans le pays.
Un budget annuel d’environ 3,5 mille milliards de yens (soit 22,84 milliards d’euros) a été alloué sur trois ans (2024-2027) pour ces mesures. Le Premier ministre a notamment évoqué, parmi les causes majeures de cette tendance démographiques dans le pays d’Asie de l’Est, le manque de revenus suffisants parmi les jeunes générations.
« Si nous ne mettons pas un frein très rapidement à la baisse du taux de natalité et au déclin de la population, notre économie nationale se contractera et nos systèmes de sécurité sociale deviendront difficiles à maintenir ».
- L’abattement forfaitaire réservé en cas de nouvelle naissance a été augmenté de 420 000 yens à 500 000 yens (soit environ 3 232 euros).
- les frais liés à l’accouchement seront couverts par l’assurance maladie.
- des allocations familiales mensuelles à hauteur de 15 000 yens (97 euros) seront accordées pour chaque enfant de moins de trois ans,
- les familles recevront 10 000 yens par mois (65 euros) pour les enfants âgés de trois ans jusqu’au lycée.
- Pour les familles ayant un troisième enfant ou plus, une aide mensuelle de 30 000 yens (164 euros) doit être accordée, quel que soit l’âge de l’enfant jusqu’à ce qu’il atteigne le lycée.
Par ailleurs, des restrictions relatives aux revenus pour les foyers recevant des allocations familiales seront supprimées, afin d’assurer une meilleure aide financière. Le Japon projette aussi d’étendre son programme de dispense de frais de scolarité à l’université et d’offrir un meilleur accès à une éducation supérieure gratuite aux étudiants.
Les Belles figures de l’Histoire : sainte Marguerite-Marie Alacoque
Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent le père Jean-François Thomas, jésuite et auteur des Méditations quotidiennes :
Les milices d’extrême-gauche attaquent une séance de dédicace
Le 10 juin, Le Telegramme relayait un appel au rassemblement contre la venue d’Éric Zemmour à Brest. La presse locale peut être satisfaite : ses complices d’extrême-gauche s’en sont donnés à coeur-joie :
Brest : L'attaque de la dédicace d'Eric Zemmour par les antifas pic.twitter.com/Kf42gj9KwJ
— Fdesouche.com est une revue de presse (@F_Desouche) June 17, 2023
🔴 #Brest attaque en cours de la dédicace d’Eric Zemmour par les antifas. @BFMTV @CNEWS @LCI pic.twitter.com/yITIqtOB3e
— Diane Ouvry (@OuvryDiane) June 17, 2023
🚨🚨URGENT ! Attaques en cours durant la dédicace d’Eric Zemmour à Brest. Les antifas et les militants LFI s’en prennent à des personnes âgées et à des adolescents.@CNEWS @BFMTV @morandiniblog @LCI @Valeurs @Le_Figaro @GDarmanin pic.twitter.com/VokK4jTEg7
— Matthieu Louves ن (@LouvesMatthieu) June 17, 2023
Vous attendez quoi pour agir contre ces milices d'extrême-gauche @EmmanuelMacron ?#Zemmour #Brest pic.twitter.com/P0gAd7FMvI
— Samuel Lafont (@Samuel_Lafont) June 17, 2023
📍 Un compte officiel des Insoumis revendique et légitime les agressions qui ont eu lieu à la rencontre de #Zemmour à #Brest !
Qu'en pense @JLMelenchon ? pic.twitter.com/ixq6ofYSIA
— Kylian 🇫🇷 (@KylianFr) June 17, 2023
La presse relativise les faits, permettant l’impunité des agresseurs :
Des heurts ont eu lieu cet après-midi durant la séance de dédicaces d'Éric Zemmour à Brest.
"On a eu un gros moment de panique" indique Matthieu Louves, responsable communication d'Éric Zemmour pic.twitter.com/2oao2te45S
— BFMTV (@BFMTV) June 17, 2023
Manifestation contre la venue d’Éric Zemmour à Brest : échange de coups et vitrine cassée [Vidéo]
➡️ https://t.co/o8SwEfPOsn pic.twitter.com/p83CoO7hj9— Le Télégramme (@LeTelegramme) June 17, 2023
Après des invectives de part et d’autre, anti fa et partisans d’Eric Zemmour en sont venus aux mains. pic.twitter.com/mWCvtsQtRI
— France Bleu Breizh Izel (@Francebleubzh) June 17, 2023
Pour connaître notre avenir, regardons l’actualité au Michigan
Dans une ville du Michigan à majorité yéménite et bangladeshi, la gauche blanche a fait élire un maire musulman en grande pompe en 2021 mais s’étonne maintenant qu’il a décidé d’interdire les drapeaux LGBT sur la voie publique.
“On se sent trahi.” “Nous vous avons soutenu lorsque vous avez été menacé, et maintenant nos droits sont menacés, et c’est vous qui menacez.”
“Quand on était au pouvoir on leur a laissé faire l’appel à la prière 5 fois par jour au haut parleur. Aujourd’hui il n’y a pas de réciproque quand les rôles sont inversés.”
Pendant environ un siècle, les catholiques polonais et ukrainiens ont dominé la politique à Hamtramck, une ville de 28 000 habitants. En 2013, les immigrants bangladais et yéménites en grande partie musulmans ont supplanté les Européens de l’Est blancs, bien que la ville reste le foyer d’importantes populations de ces groupes, ainsi que d’Afro-Américains, de Blancs et d’Américains bosniaques et albanais. Selon le recensement de 2020, environ 30% à 38% des habitants de Hamtramck sont d’origine yéménite et 24% sont d’origine asiatique, en grande partie bangladaise.
Le maire Amer Ghalib, 43 ans, qui a été élu en 2021 avec 67 % des voix pour devenir le premier maire yéménite américain du pays, a déclaré jeudi au Guardian qu’il essayait de gouverner équitablement pour tout le monde, mais a déclaré que les partisans LGBTQ+ avaient attisé la tension en « forçant leur agendas sur les autres ».
En 2021, la BBC se félicitait du caractère multiculturel de cette localité :
Une promenade dans la rue principale de Hamtramck, dans le Michigan, ressemble à un tour du monde.
Un magasin de saucisses polonaises et une boulangerie d’Europe de l’Est côtoient un grand magasin yéménite et un magasin de vêtements bengali. Les cloches des églises résonnent en même temps que l’appel à la prière islamique. “Le monde en deux kilomètres carrés” : Hamtramck est à la hauteur de son slogan, avec une trentaine de langues parlées sur une superficie de 5 km2.
Blaise Pascal et la modernité
France catholique consacre un dossier à Blaise Pascal. A cette occasion, Aymeric Pourbaix a interrogé Pierre Manent. Extrait :

Sainte-Marie à Chartres : un collège catholique ou laïc ? [Addendum]
Au sein du collège Ste Marie à Chartres, la blouse est d’ordinaire l’uniforme obligatoire. Face aux fortes températures de cette semaine, la direction l’avait rendue facultative. Certains élèves se sont donc permis de porter des polos et tee-shirts scouts ou provenant de Notre Dame de Chrétienté. Cela n’a pas l’heur de plaire à la directrice, Laurence Tabbara, arrivée courant d’année dernière qui s’en fendue d’un courriel :
Le collège est un lieu où nous avons le souci de préserver nos jeunes de toute emprise politique, religieuse ou idéologique.
Depuis mercredi, nous constatons malheureusement que quelques élèves portent des tenues par lesquelles ils manifestent ostensiblement une appartenance religieuse.
Je compte sur votre compréhension pour expliquer à vos enfants que les établissements catholiques se montrent extrêmement attentifs à l’esprit de la laïcité : la liberté de conscience et d’expression, la liberté religieuse, la reconnaissance de l’égale dignité de chacun et le refus de toute discrimination.
Visiblement l’appartenance religieuse des élèves catholiques au sein d’un collège catholique pose problème…
Addendum mardi 20 juin : selon un lecteur, la directrice a en effet dispensé les élèves du port de la blouse à cause de la chaleur. Aussitôt, des élèves musulmanes seraient venues dans une tenue que la directrice n’a pas voulu laisser passer. Pour une élève, le père est venu à l’entrée de l’école apporter des vêtements pour que sa fille se change. Pour appuyer sa position, la directrice a publié la note ci-dessus à destination des parents.
La Fraternité sacerdotale Saint Pie X peut construire une église à Meylan (38)
L’association Meydia, qui lutte contre la construction d’une église de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X à Meylan, a vu son recours en annulation du permis de construire rejeté en appel mardi.
Ce permis a été accordé en 2017 à la Fraternité par l’ancien maire de Meylan pour un édifice de 650m² avec 300 places, sur le terrain d’une petite école catholique hors contrat. La nouvelle municipalité divers gauche est également hostile au projet.
Inspections commandos dans les écoles libres
Nous avions évoqué les inspections très intrusives de l’Education nationale au sein des écoles indépendantes. La Figaro s’est penché sur ce dossier :

Celebret : contrôle social des prêtres ?
Que change le nouveau modèle national de celebret ? Quelles conséquences pour les prêtres ? Les réponses du Club des Hommes en noir avec cette semaine autour de Philippe Maxence le père Danziec, les abbés Célier et Guelfucci et le docteur Philippe de Labriolle.
Jean-Frédéric Poisson élu au Conseil d’administration du Mouvement Politique Chrétien Européen
Les 15 et 16 juin, le parti politique européen European Christian Political Movement (ECPM / Mouvement Politique Chrétien Européen) a tenu son Assemblée Générale à Rambouillet. Occasion pour Jean-Frédéric Poisson, président de VIA | la voie du peuple, d’être élu et d’entrer officiellement au « Board » (Conseil d’administration) de ce parti européen fédérant les partis nationaux d’inspiration chrétienne sociale. Il est affilié au groupe parlementaire européen des Conservateurs et réformistes européens. Depuis les élections européennes de 2019, le parti a trois députés européens membres : deux Néerlandais (Peter van Dalen de l’Union chrétienne et Bert-Jan Ruissen du Parti politique réformé) et un Allemand (Helmut Geuking du Parti des familles). Deux autres députés européens rejoignent le parti : Cristian Terheș en 2020 et Ladislav Ilčić en 20215.
Jean-Frédéric Poisson a déclaré :
« Cet engagement au sein du Conseil d’administration de l’ECPM renforce ma détermination à promouvoir aussi sur le plan européen les convictions conservatrices et sociales indispensables à une contre-offensive aux politiques mondialistes ultra-libérales pilotées par l’Union européenne. Je serai ainsi plus à même de participer à la construction d’une coopération européenne alternative, respectueuse des nations et des peuples en opposition avec l’hégémonisme de la Commission européenne. Cette nomination, qui accompagne celle d’un député roumain au Parlement européen, Cristian Terheş, très engagé lui aussi sur la questions de la défense des libertés fondamentales, est une fierté qui m’oblige. Elle permet, par l’entremise de VIA | la voie du peuple que je préside, que la France soit représentée activement dans ce parti d’influence, et plus largement que l’Europe « latine » de l’Ouest y consolide son implantation avec la culture et le patrimoine politique qui la caractérisent. »
Créé en 2002, l’ECPM rassemble près de 100 personnalités membres de partis et d’organisations de plus de 20 pays. Ce mouvement rassemble des partis politiques partageant les mêmes idées sur l’Europe et la politique de l’Union européenne. Il contribue à donner une voix aux partis politiques européens chrétiens, ainsi qu’à tout individu partageant des idées communes, afin d’avoir un impact grandissant sur les institutions européennes. VIA | la voie du peuple est le seul parti politique français adhérent à l’ECPM dont il est membre depuis mai 2015. L’ECPM représente une opportunité pour VIA | la voie du peuple afin de s’ancrer en Europe en amont des élections européennes de 2024.
Quelle différence entre : une abbaye, un monastère, un prieuré, un carmel, ou un couvent ?
Vous avez peut-être déjà croisé la route de différentes abbayes, monastères ou couvents au cours de votre vie ! Mais savez-vous pourquoi ces lieux qui accueillent des religieux, ne portent pas tous le même nom ? Et quelles sont les différences, par exemple, entre un couvent, une abbatiale et un prieuré ? En route, Divine Box vous explique tout ça !
Le monastère : un terme qui regroupe tous les autres
Monastère est un terme générique qui désigne, au sens large, l’ensemble du lieu qui accueille (ou a accueilli) des religieux ! À l’origine, le mot « monastère » trouve son origine dans le verbe grec « monazein » qui signifie « vivre seul ». Il désigne ainsi un bâtiment dans lequel des personnes consacrées vivent coupées du monde. C’est pour cela que, généralement, le monastère abrite des contemplatifs, qui suivent la règle de saint Benoît, et vivent cloîtrés.
L’abbaye : un “grand” monastère
On pourrait dire qu’une abbaye est un “grand” monastère. Pas forcément au niveau de sa taille, mais plutôt au niveau de son indépendance :
- Sur le plan financier : l’abbaye est autonome grâce à la vente des produits que la communauté fabrique ou encore grâce à l’hôtellerie.
- Sur le plan humain : l’abbaye a ses propres règles et un caractère, une ambiance qui lui est propre. C’est elle qui choisit d’accueillir ou non des moines ou futurs religieux.
- Sur le plan spirituel : grâce à l’abbé (ou l’abbesse) qui est chargé de guider sa communauté vers Dieu.
A la tête de l’abbaye, on retrouve évidemment le père abbé ou la mère abbesse. C’est lui/elle qui fixe de manière autonome les règles juridiques, logistiques et spirituelles au sein de la communauté !
Le prieuré : un “petit” monastère
Le prieuré est un monastère à petite échelle. Il a souvent une communauté ou des bâtiments de petite taille. Par ailleurs et surtout, lorsqu’un monastère (bénédictin par exemple) vient d’être créé, il commence d’abord par être un prieuré avant d’être érigé en abbaye.
Le prieuré est donc placé sous l’autorité d’un prieur (bravo Sherlock !). Et si ce prieuré n’est pas encore autonome, alors le prieur est placé sous l’autorité de l’abbé.
C’est par exemple le cas du monastère Sainte-Marie de la Garde près d’Agen : cette communauté, créée par l’abbaye du Barroux, était au départ un prieuré, placé sous l’autorité du Barroux. En 2002, les premiers moines arrivent à La Garde et forment un prieuré : ils sont alors une dizaine et les bâtiments sont modestes. Depuis 2021, Sainte-Marie de la Garde n’est plus un prieuré, mais bien une abbaye autonome !

Les moines de Sainte-Marie de La Garde, dans leur petite église, aux premiers temps du prieuré
Le couvent : un terme qui recouvre plusieurs sens
Le couvent désigne à l’origine (XIIIe siècle) une communauté religieuse d’hommes ou de femmes ! En effet, le mot « couvent » vient simplement du latin « conventus » qui signifie « communauté » ! Les couvents se développent en parallèle avec les franciscains ou encore les dominicains, qui sont des ordres mendiants. Ainsi, ces monastères sont très sobres et ont une architecture simple. De plus, les couvents se trouvent dans les villes, car les ordres mendiants ont besoin d’être au cœur des villes pour vivre de la générosité des gens !
Toutefois, de nos jours, le terme de « couvent » désigne aussi, en langage courant, un monastère où vit une communauté de femmes !
Le carmel : un monastère spécifique aux carmes et carmélites
Un carmel n’est généralement pas une abbaye. Il peut être un prieuré, un couvent ou un monastère, habité par des frères carmes ou des sœurs carmélites, tout simplement !

Photo de l’entrée du Carmel de Micy-Orléans
Conclusion :
Et voilà, vous savez désormais tout sur les différences entre un monastère, une abbaye, un prieuré, un couvent, et un carmel. Vous pouvez cliquer ici pour en savoir plus, notamment pour savoir ce que veut dire “abbatiale”, ou bien ce que sont réellement les “abbayes” dans les moines qui y prient !
Plusieurs de ces monastères produisent de bons produits, que vous pouvez retrouver sur place, ou sur la boutique monastique en ligne de Divine Box !
20 contre-vérités de l’ADMD
Erwan le Morhedec a réalisé un travail de réfutation du document de l’ADMD “20 idées reçues à déconstruire”. Vous le trouverez ici.
Extrait avec l’allégation n°5 : soins palliatifs et euthanasie sont compatibles :
Le fait est que les seuls qui soutiennent la compatibilité entre l’euthanasie et les soins palliatifs sont ceux qui ne les pratiquent pas. Il serait singulier de faire prévaloir l’avis de militants sur celui de praticiens.
Or, les professionnels des soins palliatifs affirment à une quasi-unanimité l’incompatibilité des pratiques. Il semblerait judicieux de respecter l’avis des soignants. Rappelons que 13 organisations de soignants en prise directe avec la fin de vie (gériatres, oncologues, palliatologues, infirmiers), représentant 800.000 soignants, ont signé en février dernier un avis éthique pour réaffirmer fermement que « donner la mort n’est pas un soin« (a fortiori, pas un soin palliatif).
Le fait que dans d’autres pays, certains aient mis à mal la philosophie des soins palliatifs en les dénaturant n’est pas un argument, pas plus que le fait que 94,5% des euthanasies en Belgique ne soient précisément pas pratiquées en unités de soins palliatifs.
Remarques à propos de la réforme liturgique
A l’occasion de la réédition du Bref examen critique du nouvel Ordo Missæ, préfacée par le cardinal Burke, les éditions Contretemps ont complété ce texte par une série de huit questions ou objections les plus couramment entendues à l’encontre de la célébration de la messe romaine traditionnelle.
Les voici, avec leurs réponses.
La messe de Paul VI, c’est la messe de Vatican II.
Oui et non. Comme dans tout processus révolutionnaire, la machine s’est emballée à partir des derniers temps du Concile. La constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium (4 décembre 1963), comme beaucoup de textes conciliaires, soufflait le chaud et le froid. Elle avait souhaité promouvoir « la participation pleine, consciente et active (des fidèles) aux célébrations liturgiques » (art. 14). Pour cela il était demandé une révision des livres liturgiques (art. 25). Les prescriptions traditionnelles — « L’usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins » (art. 36), « On veillera à ce que les fidèles puissent dire ou chanter ensemble en langue latine aussi les parties de l’ordinaire de la messe qui leur reviennent » (art. 54) — coexistent avec des propositions plus novatrices ayant pour points communs : la préférence pour les célébrations communautaires (art. 27), la reconnaissance du prêtre comme président de l’assemblée (art. 33), la « simplicité, brièveté et abrogation des répétitions inutiles » (art. 34), la multiplication des lectures (art. 35), l’extension de la faculté de concélébrer (art. 57). La consigne est claire : « En gardant fidèlement la substance des rites on les simplifiera ; on omettra ceux qui au cours des âges ont été redoublés ou ont été rajoutés sans grande utilité » (art. 50). Notons qu’il n’est nulle part question de célébration face au peuple (qui en fait allait de soi pour les novateurs : elle était courante dès l’ouverture du Concile) ou de communion dans la main.
La Commission pour la réforme liturgique a commencé à siéger en 1964. Dès lors a commencé une période intermédiaire jusqu’à la publication du nouveau missel en 1969. Les modifications se sont multipliées et le grand désordre a commencé. Le 7 mars 1965 la Congrégation des rites publiait un missel qui n’était plus un missel de saint Pie V (dont, pour la première fois, la bulle Quo primum n’était pas reproduite en tête), mais un missel hybride, reprenant une partie des demandes de Sacrosanctum Concilium. Si l’offertoire et le canon étaient pour l’instant inchangés (trois nouvelles prières eucharistiques s’y ajoutent en 1968), les prières au bas de l’autel étaient supprimées ainsi que le dernier évangile, le vernaculaire est permis partout sauf, théoriquement, dans l’offertoire et le canon (qui pourra être officiellement dit à voix haute et en langue vulgaire en 1967). De la même année date le rituel de la concélébration. Les résistances étaient déjà fortes. En 1966, le professeur Ratzinger, à propos des réformes auparavant promulguées, avait prononcé deux conférences en Allemagne pour tirer la sonnette d’alarme. Au synode des évêques du 24 octobre 1967 fut présentée, par le père Bugnini, une messe normative, « expérimentale », qui fut refusée par une majorité des évêques présents. Cette version sera néanmoins imposée, dans ses grandes lignes, par la constitution Missale Romanum. Sur ce sujet, on pourra se reporter utilement au documentaire américain Mass of the Ages, épisode 2.
On reproche à la mise en place du missel de Paul VI d’avoir été radicale. Mais ce fut le cas aussi de la mise en place du missel tridentin.
Il existe une différence majeure entre ces deux événements. La bulle Quo Primum instaurant le missel dit tridentin (mais qui n’était rien d’autre que le missel en usage à la Curie romaine) permet la célébration de tous les rites qui peuvent justifier de 200 années de célébration ininterrompue. Beaucoup d’usages diocésains auraient pu ainsi subsister. En fait, se sont ainsi pérennisés les rites cartusiens (pour les chartreux), dominicains (pour les dominicains), ambrosien (à Milan), mozarabe (à Tolède), etc. Il ne s’agit pas d’interdire la célébration de rites puisant leurs origines dans une longue Tradition, mais de faire que, dans un univers latin qui était déjà liturgiquement très romanisé depuis l’époque carolingienne, le missel romain utilisé à Rome soit, plus que jamais, la norme, la lex orandi par excellence. La promulgation du missel de Paul VI s’accompagne, quant à elle, de l’interdiction de toutes les formes liturgiques antérieures quelles que soient leurs anciennetés. La réalité est que toutes les innovations liturgiques même les plus ébouriffantes sont tolérées. La seule messe interdite est la messe romaine traditionnelle.
Les « tradis » sont fixés sur des détails. La messe en français peut aussi être célébrée avec le sens du sacré.
Bien sûr, et heureusement, cependant ce n’est pas la logique propre de cette célébration. Fondamentalement ce qui est sacré est figé, ne peut changer tout le temps et selon le style de chaque célébrant. Le sens du sacré ne s’accorde pas avec le changement et la créativité, mais il exige la fixité du rite. Or une des caractéristiques majeures de la réforme liturgique est de proposer une multitude de choix possibles à l’occasion des actions liturgiques : choix des prières eucharistiques, choix des attitudes, etc. De plus la célébration face au peuple et en langue vernaculaire contribue, par nature, à la désacralisation de l’action liturgique. Plus gravement, sous un rituel plus « fluide », l’expression des données de foi rappelées par le Concile de Trente (caractère sacrificiel de la messe, Présence réelle, sacerdoce hiérarchique) est notablement affaiblie. C’est Louis Salleron, dans son ouvrage La nouvelle messe, qui a sans doute le mieux défini la caractéristique majeure du Novus Ordo. Il s’agit d’un rite, par nature, « équivoque », pouvant être célébré en conformité avec la foi de l’Église sur l’eucharistie mais tout aussi légitimement par des personnes qui ne croient pas en la présence substantielle du Christ sous les apparences du pain et du vin.
Le pape François fait œuvre d’autorité parce qu’il estime qu’il y avait un risque d’Église parallèle avec les fidèles attachés à la messe traditionnelle.
Ce qui fait l’unité de l’Église c’est l’unité de foi, la soumission aux autorités légitimes et la participation aux mêmes sacrements. À l’occasion des restrictions apportées au culte à l’occasion de la pandémie de Covid-19, Jean-Marie Guénois, chroniqueur religieux du Figaro, rapportait les propos d’un évêque observant « une foi catholique eucharistique théologiquement divergente » jusque chez les évêques. Si l’attachement à la liturgie romaine traditionnelle procède d’une autre foi que celle que le cardinal Benelli appelait l’Église « conciliaire », il conviendrait d’expliciter en quoi consiste cette nouvelle foi. Quand le cardinal Roche, préfet du dicastère pour le culte divin, affirme le 19 mars 2023 : « Vous savez, la théologie de l’Église a changé. Alors qu’auparavant le prêtre représentait, à distance, toutes les personnes – celles-ci étaient pour ainsi dire canalisées par cette personne qui était la seule à célébrer la messe – ce n’est pas seulement le prêtre qui célèbre la liturgie, mais aussi ceux qui sont baptisés avec lui. Il s’agit là d’une affirmation très forte », on peut légitimement se demander qui est en « communion » avec ce que l’Église a toujours cru et enseigné. Le drame de notre temps n’est pas celui de la création d’une éventuelle Église parallèle mais celui de l’occupation de l’Église par des fonctionnaires ecclésiastiques opposés à sa Tradition doctrinale, spirituelle, liturgique et disciplinaire.
Les « tradis » n’en font-ils pas toujours un peu trop en jouant sans cesse aux victimes ?
Le 26 juillet 2022, un prêtre célébrait, à Bari en Italie, la messe en maillot de bain dans la mer sur un matelas pneumatique. Ce prêtre n’a été ni sanctionné ni frappé de suspens. Il est en revanche de plus en plus difficile de bénéficier des sacrements selon la forme traditionnelle. Les exemples se multiplient à travers la France de parents ne pouvant faire célébrer les baptêmes de leur nourrisson selon la forme traditionnelle ou faisant face à des difficultés ou des interdictions pour faire célébrer des mariages avec la messe selon la forme traditionnelle du rite romain. Ce n’est pas de la victimisation, c’est une réalité. Faire célébrer une messe de mariage selon le nouvel Ordo alors qu’il s’agit en fait d’une régularisation de plusieurs années de vie commune ne pose aucune difficulté. Souhaiter pour son mariage la célébration de la messe traditionnelle, après avoir vécu des fiançailles conformément à la loi de l’Église, est trop souvent un véritable parcours du combattant.
Le traditionalisme est un phénomène réduit à la France et aux États-Unis. La réforme liturgique n’a pas posé de difficulté ailleurs.
Les « gros bataillons » traditionalistes se positionnent effectivement en France et aux États-Unis. En France, grâce à de nombreux prêtres de paroisse qui ont continué à célébrer la messe traditionnelle, et au rôle de Mgr Lefebvre dans la résistance traditionaliste, de même qu’à l’existence d’une école intellectuelle antilibérale, qualifiée par ses détracteurs d’intransigeante, illustrée par des figures comme l’abbé Berto, l’abbé Dulac, le père Calmel (o.p.) ou le laïc Jean Madiran autour de la revue Itinéraires. Aux États-Unis, les évêques américains, en bons Américains, sont d’abord des pragmatiques : la messe traditionnelle remplit les églises et donne des vocations donc ils sont pour la messe traditionnelle. Notons à l’échelle de la planète le cas particulier du Brésil avec Mgr de Castro-Mayer, évêque coconsécrateur des sacres du 30 juin 1988, et des personnalités comme Gustavo Corçao ou Plinio Correio de Oliveira. Pour résister à la volonté clairement affirmée du pape Paul VI de voir disparaître la célébration de la messe romaine traditionnelle il fallait avoir de bonnes raisons très étayées doctrinalement et du tempérament. Tous les pays ne disposaient pas du personnel ecclésiastique intellectuellement, spirituellement et moralement prêt à cette résistance. Résistance qui nécessitait également des moyens matériels que seul des laïcs pouvaient fournir.
Le Concile Vatican II et la réforme liturgique promettaient un nouveau printemps de l’Église. C’est à une débâcle que nous avons assisté : l’Europe est de plus en plus déchristianisée, l’Amérique latine se rallie chaque jour plus à l’évangélisme protestant, le Moyen-Orient se vide de ses chrétiens, l’Extrême-Orient affronte la sinisation voulue par le gouvernement chinois. Reste l’Afrique où se développent de nombreuses communautés fidèles à la liturgie traditionnelle. Notons enfin que les communautés traditionnelles à vocation universelle (FSSPX 675 prêtres – FSSP 341 prêtres – ICRSP 130 prêtres – IBP 50 prêtres) n’ont pas assez de prêtres pour répondre aux demandes des évêques ou des fidèles qui leur parviennent des quatre points du monde.
La volonté de réconciliation de Benoît XVI s’est conclue par un échec. Le pape François ne fait que le constater et régler ce constat par ses différents textes.
L’enrichissement mutuel des deux rites a effectivement fait long feu. L’objectif de la « réforme de la réforme » était de traditionnaliser la nouvelle messe. Sans que les résultats ne soient spectaculaires il est néanmoins certain que le motu proprio Summorum Pontificum a permis à des prêtres et des évêques de se familiariser avec « l’ethos liturgique » de la messe traditionnelle, et ainsi de traditionnaliser leur manière de célébrer les saints mystères : messe ad Orientem, utilisation du latin, communion donnée dans la bouche, etc. Beaucoup de ces prêtres diocésains ont appris à dire la messe traditionnelle. Et de 2007 à 2017, le nombre de messes dominicales tridentines a doublé dans le monde. Mais le terme de réconciliation ne semble pas très heureux. Il ne s’agit pas de réconcilier des personnes qui ont eu un différend mais de traiter des questions doctrinales fondamentales sur la nature de la messe et la réalité de la réforme liturgique. Les graves questions doctrinales posées dans leur Bref Examen Critique par les cardinaux Ottaviani et Bacci restent, à ce jour, sans réponse. Quant au pape François c’est une illusion, pour lui, de croire qu’il parviendra à obtenir la suppression de la célébration de la messe traditionnelle. Paul VI régnant sur une Église encore puissante et soumise à l’autorité pontificale n’y est pas parvenu, ce n’est pas un pape affaibli régnant sur une Église exsangue qui y parviendra. De plus beaucoup de clercs et de laïcs ont accepté la réforme liturgique faisant confiance à l’autorité suprême et en espérant, avec elle, de bons fruits. Les fruits sont là et, hélas, ils ne sont pas bons !
Les persécutions/limites/vexations que subissent les prêtres et fidèles attachés à l’usus antiquior montrent que la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X avait bien raison et qu’elle seule mène le bon combat.
La situation de la FSSPX aujourd’hui est effectivement assez confortable. Les autorisations accordées par le pape François de confesser et de célébrer les mariages ont donné aux prêtres de la Fraternité Saint Pie X une quasi-reconnaissance canonique. De plus, dans leurs implantations, ils ne dépendent pas des évêques diocésains. Précieux atout alors que le développement de beaucoup de communautés ex-Ecclesia Dei est bloqué par les restrictions imposées par les ordinaires à l’augmentation du nombre de prêtres, à la célébration des messes, etc. De là à être la seule institution à mener le bon combat il y a plus qu’une marge, un abîme. Il ne faut pas oublier non plus que les communautés traditionnelles (FSSPX, communautés ex-Ecclesia Dei) ne sont que des secours hautement estimables mais provisoires – un provisoire qui peut durer un long temps – pour pallier la déficience liturgique des diocèses. Mais le but que poursuivent tous ceux qui ne reçoivent pas la réforme liturgique est la restauration d’une liturgie indubitablement catholique à Rome, dans les diocèses et dans les paroisses. Les malheurs des temps font que chaque catholique souhaitant rester intégralement fidèle à la foi de son baptême, au nom du sensus fidei, est confronté à deux risques. Accepter d’être un peu en marge de l’Église et de sa hiérarchie, au risque, un jour, de s’en séparer. Refuser une prise de distance d’avec cette hiérarchie, souvent hostile à la Tradition de l’Église, au risque d’être contaminé par son modernisme. L’Église est par nature hiérarchique : toute action d’apparente désobéissance au nom du sensus fidei est en attente – une attente qui peut être longue – d’une confirmation de son bien-fondé par le pape et les évêques unis à lui. Plus que jamais, « Le juste milieu c’est le chemin des crêtes » (Saint Grégoire de Nysse).
I-Média – Annecy : l’horreur migratoire et la diversion médiatique
Michel Geoffroy et Floriane Jeannin reviennent sur les deux héros médiatiques du moment : un héros sportif, Novak Djokovic, qui a remporté 23 tournois du Grand Chelem, et un héros du quotidien, Henri d’Anselme, qui a su faire face à un assaillant armé d’un couteau, lors de l’attaque d’Annecy.
Le dossier de la semaine est consacré à toute la diversion médiatique qui a fait suite à cette affaire.
Sans oublier les pastilles de l’information et le portrait piquant du jour par Claude Chollet en partenariat avec l’OJIM, consacré à Claude Askolovitch.
“Ô France ! Voici venu le jour où il te faut rendre des comptes. Prépare-toi !”
Un décret du président algérien (photo) paru au Journal officiel algérien du 21 mai 2023 a modifié les circonstances dans lesquelles l’hymne national algérien, Kassaman (« Nous jurons »), doit être joué en version abrégée à un couplet, ou dans sa version intégrale de cinq couplets.
Le troisième couplet est celui-ci :
« Ô France ! Le temps des palabres est révolu. Nous l’avons clos comme on ferme un livre. Ô France ! Voici venu le jour où il te faut rendre des comptes. Prépare-toi ! Voici notre réponse. Le verdict, notre révolution le rendra. Car nous avons décidé que l’Algérie vivra. Soyez-en témoin ! »
Datant de 1955 et adopté en 1963 comme hymne national, Kassaman a été écrit par le poète algérien Moufdi Zakaria (1908-1977), militant indépendantiste plusieurs fois incarcéré par les autorités françaises. Après la mort de Houari Boumediene fin 1978, il y a eu des débats en Algérie autour de la suppression de ce couplet ou du choix d’un nouvel hymne. Un compromis a été trouvé en 1986. Il a été décidé que l’hymne intégral serait réservé aux congrès du FLN et à l’investiture du président de la République. Autant dire que le troisième couplet disparaissait de la vie publique. Le décret de mai 2023 l’inscrit désormais au protocole pour toutes les commémorations et cérémonies officielles en présence du président de la République, actuellement Abdelmadjid Tebboune. En cas de visite officielle de chefs d’État étrangers, français compris, une version abrégée de l’hymne algérien peut être jouée, pas forcément une version complète en cinq couplets.
Pagnol viré du Château de ma mère : la dernière idée de la gauche marseillaise
Le petit-fils de l’écrivain, Nicolas Pagnol, et son équipe sont sommés de quitter le château de la Buzine. Benoît Payan, maire de Marseille, souhaite confier ce lieu à une association ouvrière dont le cœur de métier est la gestion de centres sociaux.
Mercredi 14 juin, Jean-Marc Coppola adjoint à la Culture (PC) de la mairie de Marseille lui a annoncé que le comité en charge de la délégation de Service Public du château de la Buzine a décidé ne pas lui renouveler son contrat.
«La mairie de Marseille nous vire pour nous remplacer par une association ouvrière dont le cœur de métier est la gestion de centres sociaux et n’a aucune expérience en équipements culturels. Ils vont transformer ce lieu mythique du patrimoine de Provence en Maison de Quartier. Ce château ce n’est pas juste quatre murs et un toit. C’est l’histoire de mon grand-père. J’y suis extrêmement attaché. Au-delà de mon cas personnel, c’est un lieu phare pour tous les Provençaux. Ce château symbolise leur langue, leur culture, leur patrimoine.
Je défendrai mon bilan et celui de mes équipes coûte que coûte. Il est impensable que Marcel et la Buzine soient dissociés. C’est l’identité provençale que l’on cherche à détruire!https://t.co/enzZQ4hoTr
— Nicolas Pagnol (@npagnol) June 15, 2023
Nice : des prières musulmanes dans plusieurs écoles primaires
Dans un courrier adressé à Élisabeth Borne, le maire de Nice indique que l’inspecteur académique lui a fait remonter «plusieurs faits extrêmement graves» dans des classes de CM1 et CM2. Il s’agirait «de prière musulmane» effectuée par des enfants entre 9 et 11 ans dans la cour de leur établissement et «de minutes de silences organisées en mémoire du prophète Mahomet».
À ce stade, on ne connaît pas encore le nombre exact d’écoles concernées. Mais des faits similaires se seraient également produits dans des collèges et des lycées.
Nouvelle opération pro-vie sur les Vélib’ à Paris
Pour la deuxième fois dans la nuit du 14 au 15 juin, les vélib’ parisiens ont été recouverts d’autocollants pro-vie.
Nouvelle nuit de collage à #Paris sur les #Vélib contre le crime de l’#Avortement avec @lessurvivantsfr.
En avant la victoire ! pic.twitter.com/gpwCuX0yh9
— Mathieu MG GOYER (@mg12gm) June 15, 2023
Paris : des Vélib’ à nouveau pris d’assaut par une campagne anti-avortement
➡️ https://t.co/gby9uv3OUh pic.twitter.com/k7Imuxqwey— Le Parisien | Paris (@LeParisien_75) June 15, 2023
Nouvelle rafale des Survivants sur les @Velib Parisiens ! #Velibs #IVG pic.twitter.com/OGE1VjO5Pm
— Le Pen Provie (@ZProvie) June 15, 2023
Paris : une nouvelle campagne anti-avortement découverte sur des Vélib'https://t.co/uWKDkoDNIi
— franceinfo (@franceinfo) June 15, 2023
L’organisateur de l’opération témoigne pour L’Homme Nouveau :
“Pourquoi ne pas accueillir le succès de notre pèlerinage comme un signe de la Providence ?”
Jean de Tauriers, président de Notre-Dame de Chrétienté, a été interrogé dans La Nef. Extrait :
[…] Que retenez-vous plus particulièrement de cette édition 2023, quel bilan en tirez-vous ?
Le nombre exceptionnel, la ferveur, la piété, l’amitié mais aussi les inquiétudes devant la situation de l’Église, de notre pays, les attaques contre la vie, les écoles, les familles.
Parmi les satisfactions, je voudrais mentionner le développement rapide de nos anges gardiens, les pèlerins non marcheurs, cette année plus de 6000. Le dimanche sur le lieu de messe dit des Courlis, nous avons érigé un calvaire avec l’association SOS Calvaires. Depuis sa création, le long de sa route, Notre-Dame de Chrétienté parsème son chemin de croix.
Le chapitre Emmaüs a poursuivi ses actions d’évangélisation autour de la colonne de pèlerins afin d’expliquer aux passants ce que nous faisons et recueillir leurs intentions de prières.
La présence des reliques de saint Thomas d’Aquin cette année placée sous le thème de « l’Eucharistie, salut des âmes » a été une grande joie pour les pèlerins. Nous remercions de tout cœur le père Philippe-Marie Margelidon de sa confiance.
Le Père Benoît de Sinety a, en quelque sorte, jeté un pavé dans la mare en soulevant une question légitime peu connue du grand public : l’obligation pour les prêtres accompagnateurs de célébrer leur messe privée, seul, dans la « forme extraordinaire » ; pourquoi une telle obligation qui empêche certains prêtres sympathisants de venir marcher avec vous – alors même que vous manquez de prêtres eu égard au monde présent –, dès lors où les trois messes publiques sont célébrées dans la « forme extraordinaire » selon le charisme propre et reconnu de ce pèlerinage ?
Cette question est, tout au contraire, très bien connue au sein de notre association puisque nos statuts spécifient que la seule liturgie célébrée lors du pèlerinage est la liturgie traditionnelle. Nous n’interdisons aucune liturgie mais une seule forme est célébrée, la forme extraordinaire. Comment comprendre cette exigence ? Depuis le premier jour, notre pèlerinage a voulu répondre à l’appel de Jean-Paul II au Bourget en 1980 et rechristianiser notre pays. Nous sommes missionnaires grâce à la messe tridentine. Nos méditations reviennent souvent sur cette question au centre des charismes de notre pèlerinage. Les prêtres qui participent au pèlerinage connaissent bien ces spécificités et les aiment d’ailleurs. Ils viennent pour célébrer la forme extraordinaire, ils nous soutiennent et nous encouragent comme de très nombreux catholiques de toutes les préférences. Parmi les prêtres, particulièrement nombreux cette année (environ 200), le clergé diocésain était en hausse de plus de 10 %. Cette progression montre leur courage dans le climat actuel de persécutions.
Dans notre fonctionnement un prêtre n’est pas affecté à un groupe marchant de pèlerins mais appelé à circuler dans les régions en fonction des besoins. Il sera ainsi amené à commenter des méditations, à répondre aux pèlerins. Comment un prêtre ne connaissant pas la liturgie traditionnelle, ne la célébrant pas, pourrait-il répondre aux différentes questions des pèlerins sur un thème fondamental de notre œuvre ?
Quand un prêtre ne sait pas célébrer la messe traditionnelle et souhaite participer au pèlerinage en adhérant à sa spiritualité, il lui est proposé de l’apprendre. Tout se passe très bien, notre pèlerinage étant très connu.
Rappelons que participer au pèlerinage de chrétienté n’est en rien une obligation. Un prêtre voulant absolument célébrer le Nouvel Ordo trouvera certainement un autre excellent pèlerinage catholique.
L’autorisation cette année – pour la première fois ? – donnée à un prêtre de célébrer sa messe privée selon le nouvel Ordo inaugure-t-elle une nouvelle règle sur ce plan pour l’avenir ?
Encore une fois, nous sommes une association de laïcs et nous ne donnons aucune autorisation. Nous expliquons aux prêtres qui ne nous connaissent pas encore ce que nous sommes et le sens de notre exclusivité liturgique. Nous avons constaté que nos choix, bien expliqués, étaient très bien compris et acceptés.
Quant à savoir si une messe privée (300 sont célébrées lors de chaque pèlerinage) a été célébrée cette année sur le pèlerinage selon le nouvel Ordo, mes services n’en ont pas entendu parler. Je ne vois pas comment cela serait possible d’ailleurs si mon explication sur le choix des prêtres au pèlerinage a été claire et bien reçue.
Alors que les « tradis » vivent une période difficile avec de très sévères mesures de Rome contre la messe traditionnelle – que l’on peut juger injustes et disproportionnées en faisant des « tradis » un bloc homogène –, au prétexte, selon le pape François, qu’ils rejettent la messe de Paul VI et le concile Vatican II, en quoi la grande popularité du pèlerinage de Chartres peut-elle favoriser une paix liturgique si nécessaire dans l’Église ?
Comme le dit le pape François « la réalité est plus importante que l’idée » : Pourquoi ne pas accueillir le succès de notre pèlerinage comme un signe de la Providence ? Pourquoi ne pas croire que toutes ces vocations décidées chaque année au pèlerinage sont l’œuvre de Dieu ? Pourquoi vouloir changer les charismes d’une œuvre qui porte à l’évidence du fruit grâce à Dieu en exigeant la célébration du Nouvel Ordo pour les messes privées ? Pourquoi ne pas montrer un minimum de considération, de prudence et de charité pour les organisateurs de ce pèlerinage « extraordinaire » ? Nous sommes désolés de cette guerre liturgique, de ces incompréhensions, de ces sacrements refusés dans certains diocèses. Les persécutions actuelles marqueront durablement les intelligences et les cœurs, notamment des jeunes générations.
Comment pourrions-nous favoriser cette paix liturgique à notre petite place ? Dans son dernier article, le père Benoist de Sinéty proposait une discussion fraternelle. Nous le remercions de ce geste auquel nous répondrons avec joie.
Ne dites pas à M. Macron qu’il est un chef de projet technique fou, il croit être Président de la République Française
On sait que la grande idée de M.Macron est de considérer la France tantôt comme un « projet », tantôt comme une start-up Nation. C’est ramener le pays depuis les hauteurs du Bien commun et de la grandeur à des organigrammes, des procédures et des outils (du genre tableur ou PERT), c’est insensé mais ça permet de briller dans les salons technologiques.
Nous étions donc habitués au coup du Numéro Vert : un problème ? Hop, un Numéro Vert et ç’est réglé. De la maltraitance animale à la violence conjugale, de l’orientation Parcours Sup au soutien aux personnes illettrées, de l’addiction au tabac (ou aux jeux de hasard) jusqu’au chèque énergie, de l’avortement au signalement des discriminations : rassurez-vous bonnes gens, toute rugosité de votre vie sera effacée grâce à un Numéro Vert mis en place sous l’égide du chef de projet technique fou.
Un internaute farceur en a même tiré un schéma légèrement humoristique mais bien renseigné quoique devant être enrichi bien sûr car datant de 2020.
https://twitter.com/Velivreur_e_s/status/1309126128578244610

Il restait un très léger problème avant d’arriver à l’idéal d’un pays prospère et joyeux : celui de l’immigration.
Et c’est là que le génie du chef de projet technique fou s’est encore manifesté ce 14 juin 2023. En effet, un Numéro Vert ne pouvait raisonnablement suffire à résoudre le problème. Alors, M.Macron a déclaré au Salon Viva Tech à propos de l’intelligence artificielle :
« C’est hyper important. Comment l’État et la collectivité en tirent tous les bénéfices. L’idée, c’est qu’on puisse avoir un rapprochement : à chaque public, usage interne de l’État et intelligence artificielle… Il y a des tas de choses qu’on peut rendre beaucoup plus efficaces. Quel est le principal problème qu’on a sur l’immigration? C’est très peu un problème de principe, c’est un problème de capacité de traitement de données. On a beaucoup de gens qui arrivent. On a des règles qui sont anciennes et on les traite comme au début du 20ième siècle. »
Des esprits chagrins feront remarquer que le 5 janvier 2023, le même chef de projet technique fou, rencontrant des boulangers écœurés par le prix de l’énergie, avait déclaré qu’il « en avait ras-le-bol des numéros verts » proposés « dans tous les sens » aux Français : « ça ne marche pas ».
Vous croyez peut-être que ça le gêne ? Pensez-y, dans chef de projet technique fou, il y a le mot « fou ». Et imaginez un moment qu’avec le recours à l’intelligence artificielle, on pourra traiter un volume encore plus grand d’immigrants y compris clandestins. La France est décidément bien dirigée. Vers l’abîme.
Le Planning familial radie son antenne de Saint-Étienne
Le Planning familial de Saint-Étienne ne fait plus partie du Planning familial. La structure nationale vient de la radier pour ne pas avoir engagé les actions nécessaires après des accusations d’agression sexuelle.
Début novembre lors du congrès du Planning familial à Saint-Étienne, une salariée de l’association de la Loire aurait agressé sexuellement une autre salariée, venue d’un autre département. Une plainte est déposée. Une enquête est en cours.
Suite à cette affaire, “aucune action n’aurait été engagée” par l’antenne de Saint-Etienne, aucune enquête interne, encore moins de licenciement ou de mise à pied de la suspecte.
Il est interdit de s’opposer aux pervers
Sur le parvis de la médiathèque de Bordeaux, où des drag-queens lisaient à de jeunes enfants des contes LGBTQI+ destinés à «casser les normes de genre et à remettre en question l’hétéronormativité des familles pour faire réfléchir les enfants», 6 parents tractaient sans tentative d’intrusion ou de perturbation du spectacle.
Mais c’était déjà trop pour l’une des responsables de l’établissement les accusant de s’adonner à «une manifestation sauvage». La police est intervenue mais la patrouille a estimé que la brochure distribuée n’avait rien de répréhensible. Elle dénonce «une tribune politique transactiviste à destination d’enfants, la normalisation de la théorie du genre et des dérives wokistes», ainsi que «le financement des drag-queens par la mairie de Bordeaux».
Ce sont les ouvrages des pervers qu’il fallait controler.
“Lyon fit la guerre à la liberté, Lyon n’est plus”, dixit Barrère ! – Perles de Culture
Anne Brassié reçoit Gerbert Rambaud pour son livre “Qu’il est dur d’aimer et d’être aimé en 1793“, chez Via Romana. Amateur éclairé d’histoire, l’auteur a recueilli 8 récits authentiques de drames vécus par des familles lyonnaises et à l’entour, qui nous montrent une société très civilisée, décentralisée, dont les élites industrielles ou commerciales se comportaient très noblement. L’on pleure et l’on rit, l’on admire aussi la force d’âme de ces couples qui affrontent la terreur révolutionnaire avec une belle force d’âme. Le style de l’auteur, inspiré du XVIIIème siècle, est lui aussi remarquable.
Pays de Galles : un “évêque” anglican se convertit et va être ordonné prêtre
Richard Pain, qui a été “évêque” anglican de Monmouth, rejoindra l’Église catholique le dimanche 2 juillet et servira comme prêtre au sein de l’Ordinariat anglican, créé par Benoît XVI en 2011.
Il est le premier “évêque” anglican gallois à se convertir au catholicisme par le biais de l’Ordinariat personnel de Notre-Dame de Walsingham. Cet ordinariat est structuré de la même manière qu’un diocèse et permet aux anciens prêtres et évêques anglicans d’entrer en pleine communion avec l’Église catholique tout en conservant certaines traditions anglicanes. Il a sa propre liturgie, qui incorpore des éléments du Livre de la prière commune (Book of Common Prayer) qui ne sont pas en conflit avec la doctrine catholique.
Aux États-Unis et au Canada, l’ordinariat est connu sous le nom d’ordinariat personnel de la chaire de Saint-Pierre et accueille les convertis anglicans et méthodistes.
Dans une déclaration, Richard Pain a déclaré :
“L’appel à la conversion qui suit m’a conduit à me convertir à l’Église catholique par le biais de l’ordinariat”. «J’ai beaucoup de raisons d’être reconnaissant pour l’expérience acquise tout au long de ma vie en tant qu’anglican. Pourtant l’appel au catholicisme semble à la fois naturel et spirituel. Recommencer à zéro est un défi qui sera le bienvenu et je viens – comme nous le faisons tous – en tant qu’apprenant et disciple. L’ordinariat, à travers la vision du pape Benoît, offre un chemin généreux pour parcourir un chemin de pèlerinage et je demande vos prières.
Né à Londres en 1956 et ordonné prêtre dans l’Église anglicane du Pays de Galles en 1986, il a été ordonné évêque de Monmouth en 2013 et a pris sa retraite en 2019.
Au moins 15 évêques anglicans se sont convertis au catholicisme par le biais de l’ordinariat anglican depuis sa création.
Hashim Thaçi, le Kosovo et les trafics d’organes
D’Antoine de Lacoste dans Politique Magazine :
L’ouverture du procès à La Haye de l’ancien président du Kosovo, Hashim Thaçi, est l’occasion de rappeler comment s’est déroulée une des plus belles manipulations de l’Amérique et de ses vassaux européens : « le plus gros bobard de la fin du XXe siècle », comme l’avait hardiment titré Le Monde Diplomatique d’avril 2019.
L’opération s’est déroulée en trois temps. Tout d’abord, les sanglantes guerres en Yougoslavie (1991-1995). Il y en eut beaucoup, en même temps ou pas, mêlant de nombreux acteurs : Serbes, Croates, Bosniaques, Slovènes et Monténégrins. Si les armées croates et serbes s’affrontèrent, il y eut de féroces combats entre les Croates et les Serbes vivant en Croatie, par exemple dans l’enclave de Krajina. Près de 200 000 Serbes durent finalement quitter la Croatie.
Les combats furent aussi rudes en Bosnie entre Croates et Bosniaques d’un côté et Serbes de l’autre. Ces trois communautés étaient presque à parité (supériorité numérique pour les Bosniaques, tout de même) et c’est l’influence occidentale qui permit l’alliance croato-bosniaque contre les Serbes.
En effet, l’ennemi commun à l’Occident était la Serbie : slave, orthodoxe et proche de la Russie, elle était l’ennemie par essence. Les exactions furent nombreuses et, bien sûr, l’on n’en retint qu’une, celle du massacre de Srebrenica commis par des Serbes contre des musulmans bosniaques. L’inverse eut également lieu, mais ce n’est pas le sujet. Ce conflit des nationalités se doublait d’un conflit religieux : les Serbes sont donc orthodoxes, les Bosniaques, musulmans et les Croates, catholiques. L’Occident avait tous les ingrédients pour souffler sur les braises.
Les maquis islamistes de Bosnie
On ne s’étendit guère sur la présence de Ben Laden en Bosnie et la naissance des premiers maquis islamistes avec des combattants venant notamment d’Afghanistan mais aussi d’autres pays : ce fut le premier et pour l’instant le seul djihad international se déroulant sur le théâtre européen. Il y eut des Français, d’ailleurs, avec Lionel Dumont, chef du fameux gang de Roubaix. La Turquie joua également un rôle important et fournit en nombre financement, armes et imams. Erdogan a toujours rêvé de reprendre pied dans les Balkans qui furent longtemps ottomans. Il continue d’ailleurs à y financer la construction de grandes mosquées, au Kosovo, en Bosnie et en Albanie.
En 1995, et 150 000 morts plus tard, les accords de Dayton furent signés sous la houlette américaine et quatre nouveaux pays apparurent sur les décombres de la Yougoslavie : la Serbie, la Croatie, la Slovénie et la Bosnie-Herzégovine composée elle-même de trois parlements tant ce pays est artificiel. Peu importe, la stratégie du chaos avait fonctionné et la Serbie devint un petit État.
Mais cela ne suffit pas et il fallait un deuxième chapitre : extirper la province du Kosovo de la Serbie pour l’offrir à l’UCK, la prétendue Armée de libération du Kosovo, les maquisards mafieux issus de l’immigration albanaise.
Pendant des décennies, l’immigration albanaise s’était déversée sur le Kosovo au point d’en changer l’équilibre démographique et les albanophones étaient devenus majoritaires. Financés par l’Occident, les plus durs déclenchèrent une insurrection à travers le mouvement de l’UCK dirigé par Hashim Thaçi. Leurs exactions furent effroyables et s’exercèrent d’abord contre leurs rivaux albanais de la Ligue Démocratique du Kosovo dirigée par Ibrahim Rugova. Des centaines de militants de cette Ligue furent assassinés par l’UCK. Les opinions occidentales n’étant pas mûres pour une intervention aidant l’UCK à prendre le pouvoir, une somptueuse campagne de désinformation fut organisée, comme l’Occident sait le faire avec des médias aux ordres.
Le faux massacre de Racak
Les deux plus beaux fleurons en furent d’abord « l’opération fer à cheval », imaginaire offensive serbe prenant en tenaille les maquisards pour ensuite les massacrer. Le ministre des Affaires étrangères allemand en parla gravement. Tout était faux. Ensuite un massacre : il en faut toujours un pour faire basculer l’opinion. Ce fut celui de Racak. On montra les cadavres proprement alignés de civils albanais du Kosovo. L’opinion s’émut, les médias en firent des tonnes, la situation était mûre pour une intervention.
Une équipe de médecins envoyée par l’Union européenne confirma en outre la réalité du massacre. La responsable, la Finlandaise Helena Ranta, avouera plus tard qu’elle avait subi des pressions de son gouvernement et des Américains. On sait, depuis le début, que les cadavres étaient ceux de combattants de l’UCK tués lors d’un accrochage avec l’armée serbe. Pendant 72 jours les Serbes furent bombardés par l’OTAN (dont la France). Ils cédèrent et évacuèrent leur province historique (celle de la bataille du Champ des merles contre les Turcs, en 1389).
Troisième et dernier chapitre, le Kosovo proclama son indépendance en 2008 et le tour était joué. Aujourd’hui, le Kosovo abrite le plus grand camp militaire américain d’Europe, appelé Bondsteel. Ça en valait tout de même la peine. Hashim Thaçi, chef politique et militaire de l’UCK, devint premier ministre du Kosovo indépendant puis président jusqu’en 2020. Il dut alors démissionner car inculpé par le tribunal spécial de La Haye pour ses multiples crimes. Le plus grave étant le trafic d’organes dont furent victimes de jeunes Serbes enlevés et assassinés à cette fin.
Il a fallu des années pour que la vérité soit enfin admise. Entre les multiples témoignages, le rapport du diplomate Dick Marty ou le livre-enquête de Pierre Péan (Kosovo. Une guerre « juste » pour un État mafieux, Fayard, 2013), tout était connu et tous les dirigeants occidentaux niaient. Mention spéciale pour Bernard Kouchner, le délicieux ministre des Affaires étrangères de Sarkozy (pourquoi ce dernier s’étonne-t-il d’avoir raté son quinquennat et perdu ses électeurs ?) qui éclata d’un rire mauvais lorsqu’un journaliste serbe aborda la question du trafic d’organes. L’image peut encore être vue sur internet.
Le criminel mafieux Hashim Thaçi va donc être jugé après avoir été reçu par de nombreux dirigeants occidentaux dont Biden, Sarkozy ou Macron. Nous verrons quel sera le verdict de ce procès qui prendra des années, mais au fond peu importe. L’opération Balkans a parfaitement réussi et l’Amérique, après les échecs retentissants de ses guerres en Irak ou en Afghanistan se console en pensant au Kosovo où la vie des derniers Serbes est devenu un enfer.
