La non-remise en cause de l’UE rend les programmes inapplicables
Pour Paul-Marie Couteaux, les propositions de Ségolène Royal, François Bayrou et Nicolas Sarkozy sont "d’énormes mensonges" :
"Non seulement ils ne remettent pas en cause les principes pourtant récusés de la Constitution européenne, mais encore, ils font semblant de croire que leurs programmes sont compatibles avec les cadres actuels de l’U.E., ce qui est faux :
- le coût de leurs programmes, s’ils étaient appliqués, ferait dépasser de beaucoup les 3% de déficit budgétaire imposé par le traité de Maestricht ;
- l’idée de «gouvernance économique de l’euro» est incompatible avec l’indépendance de la Banque Centrale Européenne qu’ils ont votée ;
- nulle réforme de la politique d’immigration n’est applicable, puisque depuis 2006, date d’entrée en vigueur du traité d’Amsterdam, tous ses aspects, du contrôle aux frontières au droit d’asile, sont du seul ressors de la Commission ;
- le maintien des services publics en milieu rural est incompatible avec les directives de Bruxelles visant à interdire les monopoles, donc les services publics français ;
- toute forme de « préférence communautaire » est également inopérante, la France n’étant représentée à l’OMC que par un Commissaire tout entier dévoué au libre-échange généralisé .
La liste est longue. En réalité, tous les candidats mentent : ils font croire que la République française est souveraine, alors qu’elle ne l’est plus."
Vitalité de l’Eglise au Vietnam
Le Vietnam est l’un des pays d’Asie où l’Eglise est la plus florissante. Il y a plus de six millions de catholiques et ce nombre connaît un accroissement notable. La pratique religieuse est élevée et les séminaires sont pleins malgré le communisme. Vivre en chrétien au Vietnam exige beaucoup de foi et un grand courage. Début avril, un prêtre catholique, Nguyen Van Ly, a été condamné à huit ans de prison pour propagande contre le parti communiste.
Cependant, on peut également percevoir des signes de dégel. Le 25 janvier 2007, pour la première fois, le premier ministre vietnamien, Nguyên Tân Dung, s’est rendu en visite au Vatican, où il a rencontré le pape et les dirigeants de la secrétairerie d’état. Au cours de la première moitié du mois de mars, une délégation officielle du Saint-Siège s’est rendue au Vietnam conduite par le sous-secrétaire pour les relations avec les états, c’est-à-dire le numéro deux des affaires étrangères du Vatican, Pietro Parolin.
En matière de liberté religieuse, de nomination des évêques et de relations diplomatiques, la situation du Vietnam rappelle celle de Chine. La différence est que l’évolution en cours est plus prometteuse. Les signes les plus encourageants viennent toutefois de la communauté chrétienne vietnamienne, comme en témoigne Mgr Pietro Parolin :
"C’est une Eglise courageuse, dynamique, pleine de vitalité, comme en témoignent, entres autres, les très nombreux candidats au sacerdoce et à la vie religieuse."
Hausse des régularisations en 2006
Selon l’Agence nationale de l’accueil des étrangers et des migrations (Anaem), le nombre de personnes régularisées au titre des "liens personnels et familiaux" a atteint, en 2006, 22 018, soit une augmentation de 55 % par rapport à 2005. A l’été 2006, Nicolas Sarkozy a engagé, sous la pression, une régularisation "exceptionnelle" des familles étrangères d’enfants scolarisés mais les 6 924 cartes de séjour attribuées dans ce cadre n’expliquent pas à elles seules une telle hausse. Force est de constater que les régularisations se sont poursuivies à un rythme soutenu au cours des quatre derniers mois de 2006 : deux à trois fois plus nombreuses que pendant la même période de 2005.
Pourtant, le 14 septembre 2006, le ministre de l’intérieur affirmait que les familles non régularisées avaient vocation à quitter la France. Si, en septembre 2006, pour le ministère de l’intérieur, "la parenthèse (était) refermée", et les arrêtés préfectoraux de reconduite à la frontière reprenaient, les préfectures ont continué à régulariser. Celles-ci préfèrent mettre dans l’avion des Roms célibataires pour atteindre les objectifs fixés par le ministère et régulariser discrètement les familles.
Dans l’affaire du squat de Cachan, où M. Sarkozy s’était pourtant prévalu là aussi d’une attitude de fermeté, "tout le monde est en voie d’être régularisé, et beaucoup le sont déjà", affirme Fidèle Nitiéma, porte-parole des Mille de Cachan.
Fermeté devant les caméras. Laxisme dans la réalité.
Bonne année 6757
Les descendants des Assyriens célèbrent depuis le 1er avril et pendant 12 jours leur Nouvel an. Dans l’impossibilité de se regrouper, en raison de l’insécurité, dans leurs anciennes capitales de Babylone ou Ninive, les Assyriens, un peuple dont l’histoire remonte à 3000 ans avant Jésus-Christ, fêtent l’année 6757 au Kurdistan, une zone épargnée par les violences.
Officiellement bannis par les régimes successifs à Bagdad, les chrétiens assyriens du nord de l’Irak célèbrent ouvertement leur Nouvel an dans la région autonome du Kurdistan depuis la première guerre du Golfe en 1991. Le Nouvel An est l’événement le plus important pour cette communauté qui parle l’araméen.
Les célébrations ont débuté avec une parade à l’extérieur de l’église de la Vierge Marie à Dohouk. Conformément à la tradition, ils écoutent des poètes qui retracent l’histoire de la création du monde. Avant de se convertir au christianisme au 1er siècle et d’adopter le calendrier grégorien, les Assyriens célébraient le Nouvel an le 21 mars, marquant l’arrivée du printemps.
Ségolène Royal dans Famille chrétienne
Après Jean-Marie Le Pen et Philippe de Villiers, Ségolène Royal a été interrogée par l’hebdomadaire catholique. Extraits :
"[L]a famille aujourd’hui ce n’est plus une réalité unique, ce sont aussi des réalités nouvelles et différenciées : familles recomposées, monoparentales, homoparentales. Conforter la famille, c’est la conforter dans toutes ses composantes. Aucune ne doit être exclue. […] C’est pour moi une question de refus des discriminations. Deux personnes qui prennent un engagement l’une envers l’autre ou acceptent une responsabilité à l’égard d’un enfant doivent pouvoir le faire dans les mêmes conditions, quelle que soit leur orientation sexuelle. […]
Seriez-vous prêt demain à consentir plus de moyens pour désenclaver un enseignement catholique saturé de demandes ?
L’Etat finance depuis de nombreuses années les emplois dans l’enseignement privé sous contrat à hauteur de 20% des moyens du public. Cet équilibre me paraît raisonnable. […]
Quelle sont les réformes menées jadis en qualité de ministre de la famille (loi contre la pornographie, congé paternité, allongement de la durée légale de l’IVG, etc.) que vous avez l’intention de poursuivre demain ?
Ce sont effectivement des sujets qui me tiennent à cœur. Aujourd’hui, je crois que les priorités en matière familiale sont de mettre en place le service public de la petite enfance, afin de garantir aux familles la garde de leurs enfants, et d’aider les parents désemparés à rétablir leur autorité, en généralisant les écoles de parents. […]
Estimez-vous qu’il faudra réviser la loi Leonetti sur la fin de vie en légalisant demain l’euthanasie. Estimez-vous que les soins palliatifs constituent une autre voie d’avenir ?
Sur ces sujets très délicats, je suis avant tout guidée par le souci de garantir le respect des personnes. Et je pense qu’il faut faire ce qu’ont fait d’autres pays Européens, ouvrir le débat avec les professions de santé et les familles et mettre en place une législation qui permette d’apaiser les souffrances les plus intolérables."
Mgr Vingt-Trois appelle les candidats à la cohérence
L’archévêque de Paris est interrogé dans Le Figaro :
Le Pape vient d’inviter les hommes politiques catholiques à plus de cohérence entre leur responsabilité publique et leur foi personnelle. Quelle résonance peut avoir cet appel dans la campagne présidentielle française ?
On a du mal à comprendre les écarts qui apparaissent parfois entre des déclarations de principe des hommes et des femmes politiques et leurs votes concrets qui vont à l’encontre de ces principes. Sur des sujets qui concernent l’avenir de la dignité humaine et de la cohésion sociale, il est légitime que les électeurs réclament la cohérence, qu’ils puissent faire crédit aux convictions exprimées par leurs élus sans risquer la surprise de les voir changer d’avis au moment de votes importants.
François Bayrou, catholique affirmé, se dit opposé à une mention des racines chrétiennes de l’Europe dans une future Constitution…
Le souci – que je comprends – de vouloir faire progresser une conception laïque de la société ne doit pas nous amener à renier ce qui a été auparavant et qui garde son actualité, le patrimoine judéo-chrétien de l’Europe."
Nicolas Sarkozy croit au déterminisme génétique
Nicolas Sarkozy aurait affirmé :
"J’inclinerais, pour ma part, à penser qu’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a mille deux cents ou mille trois cents jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d’autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l’inné est immense."
Cette citation est issue de la rencontre entre Nicolas Sarkozy et Michel Onfray, publiée dans Philosophie Magazine de mars 2007.
John Billings, RIP
Le docteur John Billings, qui a inventé et développé dans le monde entier la méthode de régulation naturelle des naissances, est décédé le 31 mars à l’âge de 89 ans. De nationalité australienne, il exerçait sa profession à Melbourne quand, en 1953, le Service catholique de Consultation matrimoniale lui a demandé de se consacrer à l’étude de cette méthode.
Les époux Billings avaient expliqué qu’en suivant les préceptes de l’encyclique Evangelium Vitae du pape Jean Paul II, ils continuaient à enseigner leur méthode « dans la vérité et dans l’amour », qui représentent les deux piliers du mariage et l’expression de la loi naturelle pour tout le monde. La méthode Billings est
"une méthode naturelle qui offre la possibilité à la femme de connaître sa période de fertilité et de non fertilité en se basant sur l’observation quotidienne de sa glaire cervicale. Dès le début, la méthode Billings a toujours été pour la promotion de la famille et de la vie, et cela dans toutes les cultures et tous les pays. Son but a toujours été de développer l’amour et le respect dans le couple, de le préparer à accueillir la vie ou de décider, par la connaissance des périodes fertiles et non fertiles, de reporter à plus tard cette possibilité, de manière responsable".
Le pourcentage de succès de la méthode Billings oscille entre 98 et 99%. La méthode Billings met en valeur la dignité de la femme et sert donc à sa promotion.
Christine Boutin influencerait Nicolas Sarkozy
C’est ce qui ressort de son blog : ici et ici. Pourtant, nous lisons toujours dans le projet de Nicolas Sarkozy (pdf, page 11) :
"Je veux, en revanche, reconnaître la sincérité de l’amour homosexuel, en créant une union civile donnant les mêmes droits aux couples de même sexe qu’aux couples mariés, à l’exception de la filiation et de l’adoption, ainsi qu’un statut de beaux-parents, valable pour les familles recomposées et homoparentales."
Sans compter qu’on ne lit rien qui puisse au moins "limiter les préjudices" (Evangelium vitae, n°73) de la loi sur l’avortement, ni rien sur les manipulations embryonnaires…
Les restes de Jeanne d’Arc
… ne sont pas les siens. Nous vous en avions parlé ici.
Les restes présumés de Jeanne d’Arc, conservés à Chinon, sont en fait des fragments d’une momie égyptienne. Des fragments de côte humaine apparemment brûlée, mélangés à des bouts de bois et de tissu et du pollen de pin avaient été présentés comme appartenant à la "pucelle d’Orléans" en 1867.
Le diocèse de Tours a rappelé que ces n’ont jamais été considérés "comme des reliques par l’église".
"L’église, le diocèse et la paroisse qui en étaient propriétaires s’en désintéressaient depuis des années. Ils n’ont jamais fait l’objet d’une quelconque dévotion".
Pour l’association des Amis du vieux Chinon qui détenait les ossements, "ce n’est pas une surprise".
Comment peser sur les candidats ?
La Note doctrinale sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique, de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, suscite une controverse. Suite à l’article de Thierry Boutet dans Liberté politique, Thibaud Collin nous fait part de son analyse dans La Nef d’avril :
"Le coeur de la Note dit ceci :
"la conscience chrétienne bien formée ne permet à personne d’encourager par son vote la mise en œuvre d’un programme politique ou d’une loi dans lesquels le contenu fondamental de la foi et de la morale serait évincé par la présentation de propositions différentes de ce contenu ou opposées à lui. Parce que la foi est un tout indivisible, il n’est pas logique d’isoler un de ses éléments au détriment de la totalité de la doctrine catholique" (n.4)
La seule exception licite, reprise de l’encyclique Evangelium vitae, est de soutenir par son vote une nouvelle loi qui, sans supprimer totalement les attentats à la vie […], en limiterait les préjudices. […] la Note permet-elle à la conscience chrétienne bien formée de voter pour un programme dans lequel il se trouverait une moindre aggravation de la législation en vigueur ? […] est-il possible d’interpréter le texte magistériel comme permettant de voter au second tour de l’élection présidentielle pour un candidat qui ne serait que pour la reconnaissance de la "conjugalité de l’union homosexuelle" mais contre l’homoparentalité afin d’empêcher l’élection d’un candidat qui serait pour les deux ? […]
Que le vote soit en cohérence avec un engagement au service d’une culture dans laquelle la foi, la morale naturelle et la raison ne sont plus relativisées mais reconnues comme la mesure des actes humains. […] Mais alors comment témoigner ? En manifestant à chaque candidat en lice le caractère non négociable de ce que la conscience chrétienne des citoyens considère comme le fondement même de la vie politique. Comment peut-on, en effet, en même temps vouloir peser sur les candidats et affirmer que l’on votera de toute façon pour le moins mauvais ? La Note donne comme exemple de la rectitude de l’engagement au service du bien commun, saint Thomas More qui
"a refusé tout compromis, bien que soumis à diverses formes de pressions psychologiques. Sans renier la fidélité constante à l’autorité et aux institutions légitimes qui l’avait distingué, il a affirmé par sa vie et par sa mort que l’homme ne peut séparer de Dieu, ni la politique, ni la morale". (n°1)"
Ajoutons à ces extraits, suite à certaines polémiques récentes (ici et ici), ce passage du Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise :
"l’adhésion à un parti ou à une mouvance politique est considérée comme une décision personnelle, légitime du moins lorsque les partis et les positions ne sont pas incompatibles avec la foi et les valeurs chrétiennes" (n°574)
Le sud de la Serbie, nid d’islamistes
Les services de renseignement occidentaux redoutent l’apparition d’un foyer d’islamistes dans le sud de la Serbie. La police serbe y a arrêté le mois dernier six musulmans locaux accusés d’appartenir à la mouvance wahhabite. Le Sandzak, région musulmane, et la Bosnie voisine constitueraient des terreaux fertiles pour le recrutement d’un "Al-Qaïda blanc", des radicaux aux traits occidentaux, capables de se fondre dans la population des villes européennes ou américaines en vue de commettre des attentats.
La présence d’islamistes radicaux au Sandzak est liée à l’arrivée de combattants étrangers qui ont rejoint les musulmans bosniaques luttant contre les Serbes durant la guerre de Bosnie (1992-95). Les musulmans de cette région s’estiment liés ethniquement à la Bosnie plutôt qu’à la Serbie.
Le 16 mars, un raid de la police sur un camp terroriste de montagne au sud de Novi Pazar a mis au jour une vaste cache abritant armes, munitions, grenades, explosifs et masques. Selon un récent rapport du Bureau international des narcotiques et d’application des lois, le Sandzak est "le point central" d’une route de la drogue dans les Balkans qui relie l’Afghanistan à l’Europe de l’Ouest via la Turquie.
La famille, fondement de la société
Suite à l’appui de plus de 1000 ONG internationales de 60 pays à la manifestation pour la famille du 18 juin 2005 à Madrid, “les différentes associations internationales ont ressenti l’urgence d’une structuration et d’une coordination entre tous”. Un des fruits a été la signature, au siège du Parlement européen, par 20 fédérations d’une Résolution sur la famille en Europe qui sous le titre “La famille est le pilier du modèle social européen”, reconnaît à la famille le rôle de “fondement de la société”.
La signature a eu lieu le 28 mars dans le cadre d’un séminaire préparatoire au IVe Congrès mondial de la famille qui aura lieu du 11 au 13 mai à Varsovie. La résolution reconnaît six principes de base de la famille :
- le mariage est le fondement de la famille, par conséquent “la reconnaissance juridique de formes différentes de famille affaiblirait les bases nécessaires à l’équilibre de la société”.
- les droits des enfants : c’est-à-dire la reconnaissance du droit à la vie depuis la conception jusqu’à la mort naturelle, et du droit d’être accueilli et éduqué par son père et par sa mère.
- la complémentarité homme-femme, et l’on rappelle que “l’égalité homme-femme doit être réaffirmée et réalisée, mais sans nier les différences”.
- fondement de la société, parce qu’elle est “le premier lieu d’accueil de la vie; le lieu de la transmission des valeurs matérielles, morales, culturelles et spirituelles; le lieu des premières expériences de la vie en société; celui de la solidarité entre ses membres et entre les générations”.
- le lien social et la solidarité entre les générations,
- investissement économique et social, car “la famille rend service à toute la société et assure sa survie et son avenir”.
Pour tout cela, la résolution demande que “toutes les décisions européenne prennent en considération la perspective de la famille puisque la famille est le pilier du modèle social européen”.
Quand Jean-Marie Le Pen répond au Monde
Interrogé dans Le Monde, Jean-Marie Le Pen affirme ne pas croire à une nouvelle mobilisation contre lui s’il accède au second tour. Il ne souhaite pas d’alliance avec "la droite actuelle" pour la présidentielle. Sur le reste, on sent que le candidat du FN aime peu les journalistes du Monde :
"Qu’est-ce que vous ferez de l’euro ?
J’en fais des confitures ! L’euro a été institué parce qu’on voulait créer un Etat supranational. Manque de pot, l’Etat supranational s’est pris les pieds dans la Constitution et s’est cassé la gueule. Moi, je dis que l’euro périclitera."
Le reste de l’entretien -leçon de remise à sa place des journalistes de la bien-pensance – mérite le détour.
Voter pour ou voter contre ?
Les élections ne se présentent pas sous un bon jour. C’est le constat que fait Bruno de Cessole sur le blog de Valeurs Actuelles. Et les incertitudes dans tous les domaines font que l’
"on votera moins pour un candidat […] que contre […] le candidat que l’on ne veut à aucun prix voir s’imposer. Et l’on ne part pas la fleur au fusil pour devoir choisir entre le choléra et la peste…"
Rappelons-nous simplement les points non négociables. C’est à partir de ceux-ci qu’il convient de se prononcer.
Les revendications des religions
Mathieu Grimpret, auteur de Dieu est dans l’isoloir, a donné un entretien au site Oumma.com, qui doit paraître la semaine prochaine. Il nous en a livré l’exclusivité. Extraits :
"Quelles sont les principales revendications des religions ?
Elles sont de deux ordres : des revendications de contenu et des revendications de participation. Les revendications de contenu consistent en des convictions précises – principalement liées aux moeurs, à la liberté religieuse, au soutien envers les plus pauvres […]. Les revendications de participation consistent à […] être reconnu comme acteurs de la vie en société […]. Aujourd’hui, certaines religions brandissent des revendications de contenu parce qu’elles se croient suffisamment installées dans le paysage pour pouvoir négliger les revendications de participation : c’est le cas des catholiques, qui n’ont pas encore pris conscience de leur situation de minorité parmi les minorités, car ils ont toujours été habitués à représenter 90 % de la population. Certaines religions, en revanche, mettent l’accent sur les revendications de participation, alors qu’elles pourraient oeuvrer davantage à promouvoir des revendications de contenu, compte tenu de leur poids politique et démographique croissant : c’est le cas de l’islam, qu’on n’entend pas beaucoup sur les questions de moeurs par exemple. […]
Y a-t-il un vote religieux ? Si oui comment ce vote se répartira-t-il sur les différents candidats ?
[…] Tout le monde sait qu’il y a de grandes tendances et qu’il faut analyser, non le vote de tous ceux qui se réclament vaguement de l’une ou l’autre de ces religions, mais le noyau dur de chaque religion, c’est à dire les croyants les plus engagés, les plus "cohérents" comme dirait le théologien catholique Jean Miguel Garrigues. Les juifs intellectuels plus ou moins assimilés […] votent plutôt à gauche, mais le gros des troupes votera Sarkozy, c’est sûr. Un récent sondage de La Croix montrait que le noyau dur catholique voterait massivement à droite. Les archéo-protestants libéraux voteront certainement au centre ou à gauche, tandis que les néo-évangéliques privilégieront sans doute les candidats de droite. Quant aux musulmans […] [i]l y a fort à parier, tout de même, qu’ils rejettent la gauche, qui les a instrumentalisés et lobotomisés pour qu’ils sacrifient leur identité religieuse sur l’autel de l’intégration républicaine – qui n’existe pas, on le sait bien. […]
Une alliance entre les religions sur des questions de société est-elle possible en France ?
Non seulement elle est possible – comme l’a récemment montré la déclaration commune sur le mariage homosexuel des responsables religieux de la région lyonnaise, à l’initiative du Cardinal Barbarin – mais elle est souhaitable."
16 avril : parution du livre de Benoît XVI
Le livre annoncé de Benoît XVI sur Jésus sortira en librairie en Italie, Allemagne et Pologne le 16 avril, jour du 80ème anniversaire du pape. Dans la préface du livre, déjà rendue publique en novembre 2006, Benoît XVI a indiqué "qu’il ne s’agit pas d’un document du magistère", mais de son "cheminement personnel intérieur à la recherche du +visage de Dieu+". "Ainsi chacun est libre de me contredire".
Dans l’extrait de Die Zeit consacré à la parabole du "fils prodigue", le pape évoque "la rebellion actuelle contre Dieu et contre la loi de Dieu".
"L’homme qui comprend la liberté comme la possibilité de faire radicalement ce qu’il veut, (…) vit dans le mensonge. Une fausse autonomie conduit à l’esclavage: l’histoire nous l’a montré de manière plus qu’évidente".
Les candidats et la laïcité
Les candidats se sont livrés sur leur relation à Dieu, à la foi et à la religion dans la société, dans un entretien à La Vie à paraître demain :
- Jean-Marie Le Pen estime que "l’équilibre réside dans une saine laïcité qui ne sépare ni ne confond les pouvoirs spirituel et temporel, mais établit entre eux une distinction". Il est "catholique" et reconnaît qu’il prie.
- François Bayrou est "catholique" pratiquant, va "à la messe" et prie et remercie Dieu pour ce qu’il possède. "Je n’obéis pas à l’Eglise lorsque je vote une loi. J’obéis à ma conscience de citoyen. Je ne confonds pas la foi et la loi. Cela s’appelle la laïcité".
- Pour Ségolène Royal "la religion est une affaire privée. C’est à chaque personne qui se reconnaît dans une religion de dire en quoi cette religion est utile". Elle a reçu une éducation catholique et "certaines des valeurs que je porte en moi, je les dois, bien sûr, à mon éducation".
- Nicolas Sarkozy a également "été élevé dans la culture catholique" et se dit "catholique". "La religion est évidemment d’abord une affaire privée. Nul ne doit être contraint ni de croire, ni de révéler sa croyance ou son incroyance. Les religions ont leur mot à dire dans les grands débats de société. Parfois, je regrette qu’elles ne le fassent pas assez".
- Philippe de Villiers est croyant : "Je suis citoyen français, élevé dans la religion catholique". La religion "n’est pas une affaire privée mais personnelle".
- José Bové se sent "proche du christianisme" même si "aujourd’hui" il se retrouve "plutôt sur une conception agnostique".
- Marie George Buffet a "été élevé dans un milieu catholique". Elle se reconnaît dans "tous ceux et de toutes celles qui ont la dignité de chaque homme et de chaque femme au coeur", mais est "sans complaisance à l’égard des intégrismes".
- Dominique Voynet a également été élevée dans une famille catholique mais se dit aujourd’hui "athée" et ne se sent "proche d’aucune religion". "Dans une société laïque, la pratique religieuse doit relever de la sphère privée".
- Olivier Besancenot est athée mais confie: "je me sens plus près d’un croyant engagé dans le soutien des sans-papiers que d’un athée… adorateur du Dieu profit".
- Frédéric Nihous est "athée" et "très attaché à la loi de 1905 et à tout ce qui peut séparer l’Etat des religions".
- Gérard Schivardi se déclare "laïc" et juge que "les religions n’ont pas à être utiles à la société, mais aux individus, si cela leur chante".
- Arlette Laguiller affirme ouvertement être athée. Elle a refusé de répondre aux questions.
Les lecteurs pourront comparer ces propos avec ceux du Cardinal Bertone ou de Benoît XVI, qui rappelait :
"l’Etat ne peut considérer la religion comme un simple sentiment individuel qui peut être confiné à la seule sphère privée (…) [la religion] devrait être reconnue comme une présence communautaire publique".
Quand la France préfère des mosquées
La première pierre de la mosquée de Bagnolet a été posée samedi dernier, par le maire communiste Marc Everbecq et les président et vice-président de l’"Association de Bienfaisance et de Fraternité" qui porte le projet. Le terrain a été cédé par la municipalité à l’association pour un euro symbolique.
Entre la "nécessité de cette construction" et le "travail accompli avec l’association islamique", tous les élus se sont félicités de ce grand pas. Même le père Gérard Toussaint a souligné le lien fort qui existe entre toutes les communautés de la ville…
Marie-George Buffet a dit à propos de ce projet
"qu’il permettra à toute la population de mieux vivre ensemble"…
Merci à Yves Daoudal pour la conclusion qu’il donne dans son blog:
"Le communisme est l’islam du XXe siècle, disait Monnerot. On peut dire aujourd’hui que l’islam est le communisme du XXIe siècle. En tout cas les deux font bon ménage".
Lech Kaczynski: visite au Vatican
Le pape Benoît XVI a reçu en audience dimanche dernier, Lech Kaczynski, arrivé à Rome en visite privée pour les célébrations du 2 avril en l’honneur de Jean-Paul II.
Le président a participé aux trois célébrations du lundi 2 avril : à midi, au Latran, à la clôture de la phase diocésaine de l’enquête en vue de la béatification, à 17 h 30 à la messe place Saint-Pierre, et à la prière du soir dans les grottes vaticanes.
Au micro de Radio Vatican, le président polonais a confié, à l’issue de sa rencontre avec Benoît XVI :
"J’ai parlé avec le Saint-Père en tant que fidèle, et je me suis aussi comporté comme tel. Nous avons bien sûr parlé de la cause de béatification de Jean-Paul II. J’ai répété une nouvelle fois quelle énorme signification cet événement aura pour la Pologne, mais aussi pour les questions liées à la constitution européenne, et à la présence des racines chrétiennes dans le Traité constitutionnel. J’ai assuré au Saint-Père que nous resterions fidèles à nos promesses à ce sujet".
Puissent nos élus affirmer aussi clairement leurs convictions!
Le parler vrai de Mgr Léonard
Dans un entretien, l’évêque de Namur en Belgique dénonce en vrac l’euthanasie "inutile", l’avortement "loi antidémocratique". Mgr Léonard condamne l’homosexualité, le mariage des homosexuels et l’adoption dans ces couples-là. Enfin, face au SIDA, le préservatif n’est pas la solution. Il est poreux, perméable au virus.
Michel Janva (via Bafweb)
Jérôme Rivière veut des accords avec le FN
Interrogé dans Le Figaro, le député UMP rallié au MPF affirme :
"Tant que la droite repoussera le Front national, les triangulaires permettront à la gauche de gagner les législatives alors qu’elle est minoritaire dans le pays. C’est ce qui s’est passé en 1997 après la dissolution de l’Assemblée nationale : sans les 76 triangulaires qui ont opposé un candidat RPR-UDF à un candidat du FN, la droite aurait conservé la majorité à l’Assemblée, évitant ainsi cinq années de gouvernement de gauche à la France. […] La question d’un accord avec le FN ne doit plus être taboue. […]
Je ne fais que dire publiquement ce que la majorité des députés UMP pensent. […] [L]orsqu’un homme obtient plus de 5 250 000 voix à l’élection présidentielle, on ne peut réduire ce résultat à un mouvement de mauvaise humeur. Et l’honnêteté exige de donner acte à Jean-Marie Le Pen de ses efforts actuels pour améliorer son image."
Au-delà de la demande adressée à l’UMP, cela signifie-t-il que le MPF est prêt à s’unir au FN lors des législatives?
Addendum : Guillaume Peltier affirme que, pour les élections législatives de juin, il n’y aura pas de partage des circonscriptions entre candidats FN et villiéristes. En cas de second tour opposant Ségolène Royal et Jean-Marie Le Pen, pour qui le MPF appellerait-il à voter ? "Ni pour l’un ni pour l’autre", a affirmé Guillaume Peltier.
Nicolas Sarkozy refuse le débat
… proposé par François Bayrou et accepté par Ségolène Royal et Jean-Marie Le Pen.
MJ
Le programme officiel de François Bayrou est paru
- Maintenir le principe de la carte scolaire
- Créer une union civile pour les couples homosexuels donnant lieu aux mêmes droits fiscaux et patrimoniaux que le mariage. Lorsqu’un enfant est élevé exclusivement par un couple homosexuel, reconnaître par l’adoption simple le lien d’éducation qui l’attache au deuxième parent.
Nicolas Sarkozy ne révisera pas la loi de 1905
C’est ce qu’il affirme dans un entretien à La Croix. Il dit aussi :
"Et je regrette l’absence de grandes voix chrétiennes. Des intellectuels engagés comme André Frossard ou Jean Guitton ont apporté beaucoup au débat public. Ces voix manquent, même si les évêques s’expriment. Je reconnais une légitimité aux évêques de France pour prendre la parole".
S’il ne dit pas ce qu’il a pensé de la lettre ouverte de Mgr Cattenoz ou des points non négociables de Benoît XVI, il affirme néanmoins :
"La religion catholique est l’un des fondements de l’identité française. Mais l’identité, ce n’est pas une notion figée. Elle se construit par strates successives. La France est une synthèse."

