Henri Tincq se voit en conseiller du Pape
A le lire, on a l’impression que Benoît XVI est un incompétent hors-pair, accumulant les erreurs parmi lesquelles la future libéralisation du missel de 1962 ne serait pas la moindre. Dans un article qu’on peut qualifier d’antipapiste, Tincq plaide contre la morale, avec notamment la ‘libéralisation’ du préservatif, et pour l’exclusion des cardinaux ‘trop’ catholiques. Mais celà ne lui suffit pas. Tincq se veut l’interprète du Concile Vatican II, estimant que le Pape Benoît XVI -ce pape théologien- n’a pas ‘repris’ les fameuses "inspirations" de ce concile :
"plus grande autonomie des Eglises locales [comprendre indépendance vis-à-vis de Rome], gouvernement plus collégial [donc non soumis au Pape], réforme de la Curie et de la papauté [perte d’autorité], ouverture oecuménique [Tincq n’a retenu du voyage en Turquie que la prière à la Mosquée…]"
Et ceci pour
"que l’Eglise catholique [puisse] s’adapter à son temps et retrouver sa dimension d’universalité".
Question "temps", Tincq souhaiterait surtout que l’Eglise s’adapte à lui. Et visiblement, il rêve de dissoudre le Vatican. Quand le bateau tangue, Tincq fait partie des mutins souhaitant faire passer par dessus bord le capitaine et son équipe…
Référendum au Portugal : déclaration du Cal Policarpo
Le cardinal-patriarche de Lisbonne, Mgr José Policarpo, a déclaré dans un texte intitulé "Référendum : oui ou non" publié à l’occasion du référendum sur la dépénalisation de l’avortement qui aura lieu le 11 février prochain :
"Une loi qui permet la destruction d’une vie humaine constitue une atteinte à la civilisation et un signe préoccupant de déviation de l’ensemble des valeurs éthiques qui sont à la base des sociétés humanistes".
Mgr Policarpo estime par ailleurs "choquants dans l’état actuel des connaissances sur la vie intra-utérine" les doutes exprimés par certains sur le début de la vie humaine dans le sein maternel, estimant que "les spécificités de chaque être humain sont définies dès l’embryon" et que dès le premier moment de formation du corps "l’âme est présente".
155000 étrangers ont acquis la nationalité française en 2005
Selon le rapport 2005 de la Direction des populations et des migrations (DPM), plus d’un million d’immigrés ont obtenus la nationalité française entre 1996 et 2005 (lire le communiqué de presse):
"Depuis 1996, le nombre annuel d’acquisitions de la nationalité française a été constamment supérieur à 100 000."
La synthèse de ce rapport nous apprend que, en 2005, 135900 étrangers ont été admis au séjour à titre permanent, avec une forte proportion d’Africains, parmi lesquels un sur deux est originaire d’Algérie ou du Maroc. La principale cause d’immigration vient du regroupement familial (7 personnes sur 10). 155000 personnes ont acquis la nationalité française en 2005.
Michel Janva (merci à S.)
Un embryon congelé sauvé de l’ouragan
La mère d’un embryon congelé sauvé d’un hôpital de Louisiane après le passage de l’ouragan Katrina fin août 2005 a donné naissance mardi à un petit garçon en bonne santé. Avant son arrivée au monde, sa mère, Rebekah, avait décidé, si c’était un garçon, de le prénommer Noé en référence à l’arche. Le nouveau-né pèse 3,780kg, fait 49,5cm et va bien.
Lorsque Katrina a frappé la Louisiane, le bébé n’était qu’un embryon congelé parmi 1400 autres conservés dans des cuves d’azote liquide dans un hôpital de l’est de la Nouvelle-Orléans. Rebekah Markham, 32 ans, avait évacué la ville avant l’arrivée de l’ouragan avec son premier garçon, Glen Witt, âgé d’un an. Son mari, policier de 42 ans, était resté sur place pour assurer la sécurité. Le Dr Belinda, de la Fertility Institute de la Nouvelle-Orléans, et le directeur du laboratoire de la clinique, Roman Pyrzak, avaient dirigé une expédition destinée à secourir les embryons congelés grâce à des bateaux venus de l’Illinois.
Reste une question : que sont devenus les 1399 autres embryons ?
Georges Frêche en congé du PS
Pour ne pas nuire à la candidate socialiste, le député du Languedoc, connu pour ses déclarations fracassantes, s’est mis en congé du PS, pour 3 ou 4 mois. Au moins jusqu’au 6 mai prochain dirons-nous.
Libération d’un esclave… à Lyon !
Christian, âgé d’une cinquantaine d’années, travaillait depuis 15 ans comme un véritable esclave dans un atelier de confection lyonnais, vivant dans les conditions les plus sordides, et pratiquement sans salaire (5€ par jour). Selon une source policière :
"Il dormait dans un coin du salon de son employeur, sur une paillasse, comme un chien. Il ne mangeait pas. Il se payait du pain, quelques conserves et surtout à boire".
Quant à la victime, elle ne se plaint pas :
"la patronne est gentille, elle me donne parfois un bout de fromage".
Son "employeur", Mohamed B., est poursuivi et devra répondre "d’atteinte à la dignité de la personne humaine" ; il est soupçonné de tentative d’escroquerie à l’assurance et de destruction d’un bien par incendie. Il a également été mis en examen pour travail dissimulé.
La France, membre du Commonwealth
C’était le voeu de Guy Mollet en 1956. Un an avant le Traité de Rome instituant la Communauté Economique Européenne.
Que votre non soit oui
Dominique de Villepin a souhaité lors de ses voeux à la presse que la France "remette en chantier un nouveau projet institutionnel" :
"Même si ce chemin peut paraître long, je pense que dans la nouvelle phase qui s’ouvre, nous ne devons pas hésiter à remettre en chantier un nouveau projet institutionnel en liaison avec nos partenaires européens, en particulier l’Allemagne. [Il est] essentiel que la France prenne la tête d’une nouvelle dynamique européenne [en] se battant sur l’essentiel [pour] arriver à construire une Europe politique plutôt qu’une Europe du marché [et] promouvoir l’harmonisation sociale contre la dérégulation à tout va".
France : 2 enfants par femme
L’Insee devrait annoncer aujourd’hui qu’en 2006 les Françaises en âge de procréer avaient en moyenne deux enfants (le seuil de renouvellement de la population est à 2,1 enfants par femme). On compterait 800000 naissances en 2006 contre 774600 l’année précédente. Un taux de fécondité jamais vu depuis 1974 et qui constituerait «le record européen, puisque la moyenne de l’Europe est à 1,5», assure le directeur de l’Institut national d’études démographiques (Ined), François Héran. Il ne s’agit pourtant pas d’un record puisque la France se situe derrière l’Irlande et la Norvège. Selon Le Figaro, l’immigration a certes contribué à 20% des naissances depuis 1960, mais n’influence qu’à la marge le taux de fécondité. Pourtant, selon La Croix,
"(…) les mères de nationalité étrangère sont responsables de plus du tiers (36 %) de l’augmentation de l’ICF [indice conjoncturel de fécondité] entre 1997 et 2004. [On compte] 40 % d’enfants nés de mères étrangères dans le département de Seine-Saint-Denis [qui détient le plus fort taux de fécondité avec 2,44 enfants par femme]."
Pour permettre aux femmes de travailler tout en ayant des enfants, Nicolas Sarkozy comme Ségolène Royal proposent de créer de nouvelles places de crèche. Le projet socialiste prévoit 200 000 places réservées aux enfants de moins de 2 ans tandis que l’UMP promet 600 000 places pour les moins de 3 ans. Nicolas Sarkozy envisage également de prendre en compte «intégralement» dans le calcul des retraites le temps passé par les mères de famille pour élever leurs enfants. Avec un taux de 1,36 enfant par femme en 2004 contre 2,03 en 1970, l’Allemagne vient d’instaurer un salaire parental. Selon Paul de Viguerie, président des AFC,
"une politique familiale, ce n’est pas seulement une aide matérielle. À notre avis, il faudrait y ajouter une politique d’accueil de la vie et, pour cela, par exemple, une éducation affective des jeunes qui ne soit pas centrée sur les mécanismes permettant d’éviter une grossesse. Il faut redonner confiance aux jeunes ménages dans leur capacité à accueillir un enfant. Enfin, il faut aussi rappeler aux Français que la vigueur de la natalité a une influence bénéfique sur notre système de retraite. On voit d’ailleurs une prise de conscience des jeunes à ce sujet."
Hans-Gert Pöttering, bientôt président du Parlement de l’UE
Le Parlement européen devrait élire aujourd’hui à sa présidence l’allemand Hans-Gert Pöttering, 61 ans, en remplacement du socialiste espagnol Josep Borrell. M. Pöttering, qui dirigeait jusqu’ici le plus grand groupe politique du Parlement, le Parti populaire européen (PPE), pourra compter sur le soutien des socialistes et des libéraux -qui n’ont pas présenté de candidat- pour s’imposer face au communiste français Francis Würtz, à l’eurosceptique danois Jens-Peter Bonde et à l’écologiste italienne Monica Frassoni. Le soutien du Parti socialiste européen (PSE), l’autre grand groupe du Parlement, remonte à un accord passé entre les deux partis rivaux pour se partager la présidence lors de la législature 2004-2009.
M. Pöttering est l’un des six eurodéputés qui y siègent sans discontinuer depuis les premières élections au suffrage universel direct en 1979. Selon le baromètre Euro-fam (+11,5), il est mieux noté que son prédécesseur socialiste Josep Borrel (0).
Chine : Ségolène Royal a évoqué Chen Guangchen
Dans un document remis aux autorités lors de son voyage de la semaine dernière, Mme Royal évoquait le cas de cinq opposants emprisonnés – dont Chen Guangchen, l’avocat aveugle qui mène un combat contre les stérilisationset les avortements forcés. Ce qui n’a pas empêché la peine de quatre ans d’emprisonnement qui frappe ce dernier d’être confirmée vendredi dernier.
Dans un communiqué, l’association pro-vie Rivage dit n’être pas dupe de l’intervention de Mme Royal – rappelant qu’elle n’a jamais pris publiquement position contre la loi Neiertz utilisée contre des militants pro-vie français.
Sans être "dupe", on pourra tout de même se réjouir de cette intervention, même timide.
Appel à l’opinion publique pour légiférer sur les chimères
"L’autorité britannique pour la fertilisation et l’embryologie humaine (HFEA) a décidé de consulter la population britannique avant de rendre son avis sur la création d’embryons hybrides humains-animaux […]. Ces "chimères" seraient obtenues en introduisant le noyau de cellules humaines dans des ovocytes d’animaux, de lapins ou de bovins, énucléés. Le gouvernement britannique avait, lui, proposé d’interdire la création de ces "chimères". Des scientifiques travaillant sur les cellules souches ainsi que le lobby de l’industrie pharmaceutique et 45 spécialistes, dont 3 Prix Nobel, plaidaient, eux, pour une autorisation immédiate. […]
Pour Carine Camby, directrice générale de l’Agence française de biomédecine, la décision de la HFEA est "sage". Pour elle, "la loi de bioéthique de 2004 ne permet pas de répondre de manière précise et explicite à la question de la création de telles chimères". Cette loi interdit la création d’embryons pour la recherche, "sans préciser si ces embryons sont ou non «humains»", ajoute Le Monde. Carine Camby estime donc qu’un tel débat pourrait se tenir aussi en France. [NDLR : Pour créer des embryons hybrides humains-animaux, les chercheur ont recours à la technique du clonage. La loi de bioéthique française de 2004 interdit explicitement toute forme de clonage humain.]"
Panique à Bordeaux
Une bande venue de Seine-Saint-Denis a semé la panique une partie de la nuit dans le quartier des boîtes-de-nuit de Bordeaux, agressant et affrontant les policiers, volant au moins un passant et violant une prostituée. Le silence médiatique laisse entendre que ce genre de scènes n’a rien d’extraordinaire.
La défense des “valeurs chrétiennes et de la famille traditionnelle”
… figure officiellement dans la lettre de constitution du nouveau groupe Identité, Souveraineté et Tradition, présidé par Bruno Gollnisch, au Parlement de l’UE.
Ecole à la maison : des soutiens aux Etats-Unis
On apprend sur WorldNetDaily que l’association Home School Defense Fund s’est mobilisée la semaine dernière pour s’opposer aux deux amendements issus du rapport Fenech. L’association, créée pour défendre les familles américaines choisissant l’instruction à la maison, se consacre également de plus en plus à promouvoir la liberté d’instruction là où elle est menacée à travers le monde.
Le Home School Defense Fund a donc appelé ses dizaines de milliers de membres à contacter l’ambassade de France aux Etats-Unis – et s’attribue (c’est invérifiable – mais de bonne guerre) la paternité du rejet des amendements (en fait, seul le plus extrême des deux a été rejeté).
Quoi qu’il en soit… Thank you !
“Cathos, vers la dissidence ?”
C’est le thème du dernier numéro de Permanences, la revue d’Ichtus : la question de fond porte sur l’option du "communautarisme catholique", contre laquelle plaide le dossier.
Nicole Buron, rédacteur-en-chef de la revue, s’en explique dans une entrevue vidéo avec E-Deo.
NB : Nous avons commencé par faire le bilan de ce qui existe, pour voir qu’effectivement nous [les cathos] n’étions pas si peu nombreux qu’on veut bien le dire, et si désorganisés que nous voulions bien le dire.
E-Deo : D’accord, donc un bilan plutôt positif ?
NB : Non, pas un bilan positif parce que … d’une certaine façon les catholiques en France sont des catholiques qui s’ignorent et qui doutent de leurs propres possibilités d’action, et qui ont de plus en plus tendance [à penser] que les institutions leur échappent, souvent parce qu’ils ont tendance à rester devant leur télévision […] et considérant aussi qu’il y a un immense complot des institutions […] et donc que le seul moyen de garder leur honneur, leur dignité, leur identité, est en fait de les quitter pour s’en aller cultiver leur jardin et rester entre eux, ce qui est le gros, le très gros problème qui se pose réellement aux forces catholiques actuellement existant en France.
Un débat qui est certainement loin d’être clos.
Les cellules souches “amniotiques” vont-elle bouleverser la donne bioéthique ?
Quel impact aura la découverte (évoquée la semaine dernière), dans le liquide amniotique qui entoure le foetus, de cellules souches exploitables ? Considérable, selon Charles Krauthammer, un célèbre éditorialiste américain qui, sans être pro-vie, s’avoue gêné par la destruction d’embryons pour la recherche.
Il pense que cette découverte pourrait donner raison au Président Bush, qui a opposé son véto au financement fédéral de ces recherches.
[L]es générations à venir pourraient remercier Bush d’avoir retardé, même pour quelques années, le cours de l’histoire. Cela a donné à la technologie le temps d’avancer et de nous délivrer des dilemmes moraux de la destruction d’embryons. […]
[L]e liquide amniotique pourrait fournir une cellule souche idéale : pas aussi primitive que les cellules embryonnaires, donc moins portée à croître de manière incontrôlée jusqu’à former des tumeurs; mais aussi pas aussi développée que les cellules souches adultes, et donc capable de produire des tissus plus diversifiés.
Espérons que l’optimisme de M. Krauthammer est justifié : rappelons que le président du Conseil pontifical pour la Santé a jugé ce procédé "éthiquement admissible."
Christine Boutin à l’investiture de Nicolas Sarkozy
Hier, lors du congrès de l’UMP, Christine Boutin, en tant que présidente du FRS, a prononcé un discours. Extrait :
"Au F.R.S. nous croyons à la valeur de la vie dès sa conception, nous croyons à la valeur de la famille, de l’altérité, à celle du travail, de l’initiative, de la responsabilité, de la flexibilité et de la réforme, du développement durable. Nous sommes opposés à l’assistanat et à la démagogie, mais nous croyons que puisque tout Homme porte en lui une part de fragilité, il doit pouvoir s’appuyer sur la solidarité et la compréhension nationale pour être aidé, lorsqu’il traverse des difficultés, plutôt que d’ être jugé. Pour nous, tout Homme doit, en toutes circonstances, toujours être considéré comme une personne humaine. C’est sans doute là, notre spécificité. Il faut absolument que notre candidat l’intègre dans son projet présidentiel."
Michel Janva (merci à M.C.)
H2O, chaîne catholique d’informations
Le Vatican soutient le projet de télévision catholique, H2O news, organisée selon le principe d’une coopérative et conçue comme un fournisseur d’informations aux télévisions et site internet catholiques. Le père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican, a précisé que le centre de télévision du Vatican CTV, qui détient le monopole de la production des images des manifestations pontificales, apportera sa collaboration à la nouvelle agence :
"CTV est naturellement disponible pour collaborer avec toutes les initiatives qui servent à une meilleure communication dans l’Eglise et sur l’Eglise. C’est sa finalité".
L’idée de la nouvelle agence H2O est née en octobre 2006 lors du congrès international des télévisions catholiques à Madrid. Son principal initiateur, Jesus Colina, est le directeur de l’agence d’informations religieuses Zenit proche des Légionnaires du Christ. Mais H2O "n’a aucun lien avec les Légionnaires du Christ" et sera "absolument indépendant de Zénit", a assuré le père Lombardi. Jesus Colina a déclaré que H2O prévoit un mécanisme "d’autofinancement" pour ses activités. L’objectif de la future agence est de toucher d’ici deux ans "au moins 20 millions d’utilisateurs dans le monde, par la vidéo, internet ou les téléphones portables".
Présidentielles : l’avis des candidats sur l’éducation
Les parents d’élèves de l’école catholique vont adresser aux candidats à la présidentielle une plaquette sur les enjeux éducatifs, a annoncé lundi Véronique Gass, présidente de l’Union nationale des associations de parents d’élèves de l’enseignement libre (Unapel) :
"L’éducation est un des gros dossiers de la présidentielle. Nous sommes une association de parents, apolitique, de toutes les origines sociales et culturelles. Si les candidats ne veulent pas nous répondre, nous le signalerons".
Cette plaquette intitulée "L’éducation, un enjeu majeur", aborde les questions de l’égalité, des aides aux familles défavorisées, de l’intégration professionnelle et du financement des écoles privées. Le document indique :
"Les parents doivent pouvoir choisir librement l’établissement scolaire qui correspond le mieux à leur propre projet familial d’éducation".
La famille, absente du discours de Nicolas Sarkozy
Hormis l’énormité relevée par Henri, on pourra lire l’analyse du Conservateur sur le discours du candidat de l’UMP. On relève que certains silences sont plus éloquents que les 13 pages du discours (pdf) :
"Pas un mot sur la famille, la crise alarmante de la natalité […]. Pas un mot sur le mariage homo et sur l’adoption pour les "couples homos"."
Nicolas Sarkozy emploie le mot "famille" comme synonyme de "UMP" (sa "famille politique") ou juste pour affirmer que la "République réelle", celle qu’il souhaite (par opposition à une "République virtuelle"), c’est celle qui s’emploie à garder après la classe les enfants de ceux qui ne peuvent pas s’en occuper car ils travaillent (p.6). Une République qui se veut substitut de la famille plutôt que soutien véritable, car l’Etat devrait permettre aux familles d’accomplir leur mission -l’éducation- plutôt que de s’imposer comme remplaçant à des parents qui n’ont matériellement pas le choix.
Marche pour la vie : J-6
Voici le comité de soutien du collectif 30 ans ça suffit qui organise la Marche pour la Vie de dimanche prochain, 21 janvier. On note parmi ce comité, la présence de 3 évêques catholiques ainsi que du métropolite grec-orthodoxe en France.
Le rendez-vous est fixé à 14h30, Place de la République. L’itinéraire de la Marche, 3 kms adaptés aux poussettes, est accessible ici.
Si vous venez de Province, vous pouvez vous inscrire pour voyager en car.
Ne rien attendre de l’Etat
Philippe Maxence publie la deuxième partie de son entretien avec Denis Sureau (1ère partie ici) sur l’Etat :
"Vous estimez que la modernité a perverti la notion de pouvoir, en donnant naissance à l’État moderne. Pouvez-vous nous expliquer la perversion de l’État moderne ?
«Etat moderne», c’est redondant : l’Etat est moderne. Le prince médiéval n’est pas l’Etat. A moins de l’employer abusivement dans un sens tellement large qu’il s’applique à toute forme d’organisation politique (y compris la tribu !), le concept d’«Etat» est une création relativement récente. Cet élément clé de la modernité politique a été élaboré entre 1450 et 1650, théorisé à partir de Jean Bodin (inventeur de la notion de souveraineté) puis développé par les penseurs du libéralisme tels que Hobbes, Locke. D’abord conçu à travers le modèle de la monarchie absolue, la souveraineté étatique et nationale a pris une dimension encore plus subversive au XVIIIe siècle en s’appuyant sur la souveraineté du peuple exprimée dans le contrat social et dont le totalitarisme fut au XXe siècle l’ultime développement.
L’espace politique et social antérieur à l’Etat est un espace «complexe», pour reprendre l’expression de John Milbank en opposition à l’espace «simple» unitaire moderne. Il présente une richesse de relations personnelles et sociales, une variété de libertés et de droits qui appartiennent aux différentes communautés et s’enchevêtrent : la souveraineté est conjuguée au pluriel. Tandis que l’Etat s’est constitué, notamment à l’occasion des guerres qu’il ne cesse d’attiser à son profit (l’Etat fait la guerre, la guerre fait l’Etat), en absorbant progressivement les droits de ces communautés (guildes, provinces etc.), en s’octroyant le monopole de la violence à l’intérieur d’un territoire déterminé, selon la définition classique.Face à l’État, comment doit agir le catholique aujourd’hui ? Comment notamment faire renaître vraiment de véritables communautés intermédiaires ?
Il y a un préalable d’ordre intellectuel : déconstruire les concepts de la modernité séculière et restaurer une véritable théologie politique. Certes, cela ne suffit pas, mais sans cet exercice, comment concevoir une action politique juste ? Et puis, il faut resocialiser les chrétiens, recommunautariser leur mode de vie. Cela passe par la multiplication d’initiatives de toutes sortes (entreprises, associations, réseaux…) y compris dans le champ économique et social. C’est ce qu’ont fait les militants de Communion de Libération en créant des milliers de coopératives. Ou les entrepreneurs s’inspirant de l’économie de communion des Focolari. Deux exemples parmi beaucoup d’autres. La communauté ecclésiale peut devenir, en tant que contre-société, le site à partir duquel la véritable société peut renaître. Pas demain : dès aujourd’hui. Sans rien attendre de l’Etat."
Soyez les sentinelles de la dignité et de l’avenir de la vie !
Jeanne Smits a traduit l’intégralité de l’homélie prononcée par l’évêque de Fatima, à l’occasion de la messe pour la vie célébrée samedi, premier "13" de l’année. A lire ici en attendant dimanche.
Simone Veil soutient Nicolas Sarkozy
Pour rebondir sur le post d’Henri, signalons que, outre le "comité stratégique" et le "comité politique" chargés d’encadrer la campagne du candidat de l’UMP, ce dernier compte développer également un comité de soutiens, rassemblant diverses personnalités et qui sera présidé par Simone Veil.
Discours de Sarkozy : le pire moment
[La France] a la voix, la figure, la dignité d’une femme, d’une mère, rescapée des camps de la mort, qui s’écrie à la tribune de l’Assemblée : "Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les 300.000 avortements qui, chaque année, mutilent les femmes de ce pays." Ce jour-là, elle s’appelle Simone Veil. (Discours pdf)
Ce que ne précise pas M. Sarkozy, c’est que ce chiffre de 300.000, avancé par les pro-avortement, était une pure intoxication. L’estimation de l’INED est de 55.000 avortements par an avant la loi Veil… contre 220.000 aujourd’hui. La France a surtout la voix de ceux qui, dimanche prochain, diront qu’on ne peut plus fermer les yeux sur ces derniers.
Les médias disqualifiés
Près de neuf Français sur dix estiment que le traitement accordé par les médias à Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy est anormalement déséquilibré, selon un sondage CSA (réalisé par téléphone auprès d’un échantillon de 1003 personnes) publié par Le Parisien Dimanche.
L’émission de la Réplique reçoit Jean Madiran
On peut écouter ici l’émission de mercredi dernier sur radio Courtoisie, où Bernard Antony et David Fontey ont évoqué avec leur invité les efforts du communisme soviétique pour subvertir l’Eglise.
L’avortement est une “plaie sociale”
Quelques centaines de personnes ont participé samedi à une messe et une procession pour la vie à Fatima. La messe a été concélébrée par douze évêques et une vingtaine de prêtres dans le cadre de deux journées de pèlerinage placées sous le thème "accueillir la vie comme un don de Dieu", à quatre semaines du référendum sur l’avortement. Dans l’homélie qu’il a prononcée au cours de la messe, l’évêque de Fatima, Mgr Antonio Marto, a estimé que l’avortement est une "plaie sociale" conséquence "d’une vision matérialiste qui réduit le concept de la vie humaine à un produit biologique".
"N’ayez pas peur et n’ayez pas honte d’être les champions de la sympathie, de l’estime et de l’amour pour toute forme de vie humaine".
L’évêque a affirmé comprendre le "drame vécu par beaucoup de femmes qui décident d’avorter" mais a affirmé "qu’un drame ne se règle pas par cet autre drame que constitue la destruction d’une vie humaine qui commence".
Dans l’après-midi, quelques dizaines de personnes, en majorité âgées, menées par un prêtre et une religieuse, ont parcouru en procession les rues de la ville. Face à la basilique, douze affiches de grande dimension ont été apposées qui appellent au "respect de la création". L’une d’elles indique, sous la photographie d’un foetus :
"L’avortement provoqué est un meurtre délibéré et direct d’un être humain dans la phase initiale de son existence qui dure de la conception à la mort".
Pour soutenir les Portugais, rendez-vous dimanche prochain, 21 janvier, place de la République à Paris.


