La Marche pour la vie recrute ses bénévoles
Chers amis de la Marche pour la Vie,
Cette année encore nous avons besoin de vous dans l’organisation de la plus grande manifestation Pro-Vie de France !
Cette année, la marche aura lieu le 18 janvier, au Trocadéro (Paris), et il nous faut recruter de nombreux bénévoles pour assurer une bonne organisation le jour-j. Dans un contexte où l’euthanasie est au au cœur des débats sociétaux et alors que les avortements sont toujours plus nombreux, voici une belle occasion de défendre la vie, de sa conception jusqu’à sa mort naturelle.
Pour nous aider, donnez nous votre disponibilité au plus vite, il vous suffit de vous inscrire ici.
Le Monde découvre ces immigrés qui viennent profiter de la Sécurité sociale française
Pour le moment Le Monde ne dénonce que ces voyous d’Américains :
Il ne se passe pas un mois sans que la chaîne d’info en continu CNN diffuse des sujets mettant en avant l’accueil à la française. Moins pour ses paysages et son art de vivre que pour les soins qui y sont prodigués gratuitement aux retraités américains. Ces derniers, protégés depuis 1995 par une convention entre leur pays d’origine et la France, n’y payent pourtant pas leur impôt sur le revenu.
Fin août, Chiara Adorno racontait au média américain combien elle était comblée de vivre à Marseille. « Ici je suis traitée comme un œuf de Fabergé. Je ne suis pas riche du tout, je vis grâce aux prestations de la Sécurité sociale. » Aux Etats-Unis, cette retraitée de 66 ans originaire du Connecticut et atteinte d’une maladie chronique, s’inquiétait constamment de « s’endetter pour ses frais médicaux ».
Carole Carson (80 ans) s’est, elle, installée dans l’Hérault. « J’ai consulté certains des meilleurs médecins au monde, je trouve que les soins médicaux sont meilleurs ici. » Aux Etats-Unis, Debra et Eric Stillwell payaient chacun 500 dollars mensuels pour soigner leur diabète. Désormais, ils vivent sans bourse délier.
Bientôt un article sur les profiteurs Algériens ou Afghans ?
Ce que nous avons lu du pape Léon XIV sur la Croix
Réagissant à la tribune libre publiée hier par BarthelemyLP, un prêtre m’envoie une sélection de textes de Léon XIV sur la Croix :
9 juin 2025 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe en la fête de Marie Mère de l’Eglise. Jubilé du Saint-Siège
[…] Commençons par le récit fondamental, celui de la mort de Jésus. Jean, le seul des Douze présent au Calvaire, a vu et témoigné que sous la croix, avec les autres femmes, se trouvait la mère de Jésus (v. 25). Et il a entendu de ses oreilles les dernières paroles du Maître, parmi lesquelles celles-ci : « Femme, voici ton fils ! », puis, s’adressant à lui : « Voici ta mère ! » (v. 26-27).
La maternité de Marie, à travers le mystère de la Croix, a fait un bond en avant inimaginable : la mère de Jésus est devenue la nouvelle Ève, car le Fils l’a associée à sa mort rédemptrice, source de vie nouvelle et éternelle pour tout homme qui vient en ce monde. Le thème de la fécondité est très présent dans cette liturgie. La « collecte » l’a immédiatement mis en évidence en nous invitant à demander au Père que l’Église, soutenue par l’amour du Christ, « soit toujours plus féconde dans l’Esprit ».
La fécondité de l’Église est la même que celle de Marie ; elle se réalise dans l’existence de ses membres dans la mesure où ils revivent “en petit” ce qu’a vécu la Mère, c’est-à-dire qu’ils aiment selon l’amour de Jésus. Toute la fécondité de l’Église et du Saint-Siège dépend de la Croix du Christ. Autrement, ce ne serait qu’apparence, voire pire. Un grand théologien contemporain a écrit : « Si l’Église est l’arbre qui a poussé à partir du petit grain de sénevé de la croix, cet arbre est destiné à produire à son tour des grains de sénevé, et donc des fruits qui répètent la forme de la croix, car c’est précisément à la croix qu’ils doivent leur existence » (H.U. von Balthasar, Cordula ovverosia il caso serio, Brescia 1969, 45-46).
Dans la Collecte, nous avons également demandé que l’Église se réjouisse « de voir grandir en sainteté » ses enfants. En effet, cette fécondité de Marie et de l’Église est inséparablement liée à sa sainteté, c’est-à-dire à sa configuration au Christ. Le Saint-Siège est saint comme l’Église, dans son noyau originel, dans la fibre dont elle est tissée. Ainsi, le Siège apostolique conserve la sainteté de ses racines tout en étant gardé par elles. Mais il n’en est pas moins vrai qu’il vit aussi de la sainteté de chacun de ses membres. C’est pourquoi la meilleure façon de servir le Saint-Siège est de s’efforcer d’être saint, chacun selon son état de vie et la tâche qui lui est confiée.
Par exemple, un prêtre qui porte personnellement une lourde croix en raison de son ministère, et qui pourtant se rend chaque jour à son bureau et s’efforce de faire son travail du mieux qu’il peut avec amour et foi, ce prêtre participe et contribue à la fécondité de l’Église. De même, un père ou une mère de famille qui vit une situation difficile à la maison, un enfant qui a des soucis, ou un parent malade, et qui poursuit son travail avec engagement, cet homme et cette femme sont féconds dans la fécondité de Marie et de l’Église.
Nous en arrivons maintenant à la deuxième icône, celle écrite par saint Luc au début des Actes des Apôtres, qui représente la mère de Jésus avec les apôtres et les disciples au Cénacle (1,12-14). Il nous montre la maternité de Marie à l’égard de l’Église naissante, une maternité « archétypale » qui reste d’actualité en tout temps et en tout lieu. Surtout, elle est toujours le fruit du mystère pascal, du don du Seigneur crucifié et ressuscité.
L’Esprit Saint qui descend avec puissance sur la première communauté est le même que celui que Jésus a rendu dans son dernier souffle (cf. Jn 19,30). Cette icône biblique est inséparable de la première : la fécondité de l’Église est toujours liée à la Grâce qui a jailli du Cœur transpercé de Jésus avec le sang et l’eau, symbole des Sacrements (cf. Jn 19, 34).
Marie, au Cénacle, grâce à la mission maternelle reçue au pied de la croix, est au service de la communauté naissante : elle est la mémoire vivante de Jésus et, en tant que telle, elle est, pour ainsi dire, le pôle d’attraction qui harmonise les différences et rend d’un seul cœur la prière des disciples. […]
30 juillet 2025 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale
[…] Pour vraiment connaître Jésus, il faut accomplir un cheminement, il faut rester avec Lui et passer aussi par sa Passion. Quand nous l’aurons vu humilié et souffrant, quand nous aurons fait l’expérience de la puissance salvifique de sa Croix, alors nous pourrons dire que nous l’avons vraiment connu. Pour devenir disciples de Jésus, il n’y a pas de raccourcis. […]
15 août 2025 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe de l’Assomption
[…] Sur la croix, Jésus a librement prononcé le “oui” qui devait vider de son pouvoir la mort, cette mort qui sévit encore lorsque nos mains crucifient et que nos cœurs sont prisonniers de la peur, de la méfiance. Sur la croix, la confiance a vaincu, l’amour qui voit ce qui n’est pas encore a vaincu, le pardon a vaincu.
Et Marie était là : elle était là, unie à son Fils. Nous pouvons aujourd’hui deviner que Marie, c’est nous quand nous ne fuyons pas, c’est nous quand nous répondons par notre “oui” à son “oui”. Dans les martyrs de notre temps, dans les témoins de la foi et de la justice, de la douceur et de la paix, ce “oui” vit encore et continue de lutter contre la mort. Ainsi, ce jour de joie est un jour qui nous engage à choisir comment et pour qui vivre. […]
15 août 2025 – Message du Pape Léon XIV aux Cad Schonborn à l’occasion du 350 ans du sanctuaire de la Vierge Noire à Cologne
Nous invoquons la Mère de Dieu, la Vierge Noire, afin qu’en cette Année Sainte elle obtienne pour nous tous une foi sincère, forte et inébranlable en Jésus-Christ, son Fils et notre Seigneur. De lui, né de la Mère, a resplendi sur la terre une étoile nouvelle ; né du Père, il a façonné le ciel et la terre. En naissant, une lumière nouvelle a brillé dans l’étoile ; en mourant sur la croix, l’ancienne lumière fut voilée dans le soleil (cf. saint Augustin, Sermon 199). Dans les ténèbres et les incertitudes, nous implorons donc cette foi patiente et constante que l’apôtre saint Jean déclare être notre victoire, celle qui triomphe du monde (cf. 1 Jn 5, 4).
17 août 2025 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe célébrée dans le sanctuaire marial Santa Maria della Rotonda (Albano)
Nous recherchons la paix mais nous avons entendu : « Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division » (Lc 12, 51). Et nous lui répondrions presque : “Comment cela, Seigneur ? Toi aussi ? Nous avons déjà trop de divisions. N’est-ce pas toi qui as dit lors de la dernière Cène : “Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ? ” “Oui – pourrait nous répondre le Seigneur – c’est moi. Mais souvenez-vous que ce soir-là, mon dernier soir, j’ai immédiatement ajouté au sujet de la paix : « ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé » (cf. Jn 14, 27)”.
Chers amis, le monde nous habitue à confondre la paix avec le confort, le bien avec la tranquillité. C’est pourquoi, afin que sa paix, le shalom de Dieu, vienne parmi nous, Jésus doit nous dire : « Je suis venu apporter le feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! » (Lc 12, 49). Peut-être que nos propres familles, comme l’annonce l’Évangile, et même nos amis, seront divisés à ce sujet. Et certains nous recommanderont de ne pas prendre de risques, de nous ménager, car il est important d’être tranquilles, et les autres ne méritent pas d’être aimés. Jésus, au contraire, s’est plongé courageusement dans notre humanité. C’est le “baptême” dont il parle (v. 50) : le baptême de la croix, une immersion totale aux risques que comporte l’amour. Et lorsque, selon l’expression, “ nous communions”, nous nous nourrissons de son don audacieux. La Messe nourrit cette décision. C’est la décision de ne plus vivre pour nous-mêmes, d’apporter le feu dans le monde. Non pas le feu des armes, ni celui des paroles qui réduisent les autres en cendres. Cela non. Mais le feu de l’amour, qui s’abaisse et sert, qui oppose à l’indifférence le soin et à l’arrogance la douceur ; le feu de la bonté, qui ne coûte pas comme les armes, mais qui renouvelle gratuitement le monde. Cela peut coûter l’incompréhension, la moquerie, voire la persécution, mais il n’y a pas de plus grande paix que d’avoir en soi sa flamme.
Ne laissons pas le Seigneur hors de nos églises, de nos maisons et de notre vie. Dans les pauvres, au contraire, laissons-le entrer et alors nous ferons aussi la paix avec notre pauvreté, celle que nous craignons et que nous refusons lorsque nous recherchons à tout prix la tranquillité et la sécurité. […]
20 aout 2025 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale
Arrêtons-nous sur l’un des gestes les plus bouleversants et lumineux de l’Evangile : le moment où Jésus, lors de la Dernière Cène, tend une bouchée à celui qui s’apprête à le trahir. Ce n’est pas seulement un geste de partage, c’est bien plus : c’est l’ultime tentative de l’amour de ne pas se rendre.
Saint Jean, avec sa profonde sensibilité spirituelle, nous décrit ainsi ce moment : «Au cours d’un repas, alors que déjà le diable avait mis au cœur de Judas Iscariote, fils de Simon, le dessein de le livrer […] Jésus, sachant que son heure était venue […] les aima jusqu’à la fin» ( Jn 13, 1-2). Aimer jusqu’au bout : telle est la clé pour comprendre le cœur du Christ. Un amour qui ne s’arrête pas face au rejet, à la déception, ni même à l’ingratitude.
Jésus connaît l’heure, mais ne la subit pas : il la choisit. C’est lui qui reconnaît le moment où son amour devra endurer la blessure la plus douloureuse, celle de la trahison. Et au lieu de se retirer, d’accuser, de se défendre… il continue d’aimer : il lave les pieds, imbibe le pain et l’offre.
«C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper» (Jn 13, 26). Par ce geste simple et humble, Jésus montre pleinement son amour. Non pas qu’il ignore ce qui se passe, mais précisément parce qu’il voit clairement. Il a compris que la liberté des autres, même quand on se perd dans le mal, peut encore être atteinte par la lumière d’un geste doux. Car il sait que le véritable pardon n’attend pas le repentir, mais s’offre d’abord, comme don gratuit, avant même d’être reçu.
Judas, malheureusement, ne comprend pas. Après la bouchée — dit l’Evangile — «Satan entra en lui» (v. 27). Ce passage nous frappe : comme si le mal, jusque-là caché, se manifestait après que l’amour eut montré son visage le plus désarmé. Et c’est précisément pour cela, frères et sœurs, que cette bouchée est notre salut: parce qu’elle nous dit que Dieu fait tout — absolument tout — pour aller vers nous, même à l’heure où nous le rejetons.
C’est ici que le pardon se révèle dans toute sa puissance et manifeste le visage concret de l’espérance. Il n’est ni oubli, ni faiblesse. Il est la capacité de laisser l’autre libre, tout en l’aimant jusqu’au bout. L’amour de Jésus ne nie pas la vérité de la douleur, mais il ne permet pas au mal d’avoir le dernier mot. Tel est le mystère que Jésus accomplit pour nous, auquel nous aussi, parfois, nous sommes appelés à participer.
Combien de relations se brisent, combien d’histoires se compliquent, combien de non-dits restent suspendus. Pourtant, l’Evangile nous montre qu’il y a toujours une façon de continuer à aimer, même lorsque tout semble irrémédiablement compromis. Pardonner ne signifie pas nier le mal, mais l’empêcher d’engendrer un autre mal. Il ne s’agit pas de dire qu’il ne s’est rien passé, mais de tout faire pour que le ressentiment ne décide pas de l’avenir.
Quand Judas quitte la pièce, «il faisait nuit» (v. 30). Mais aussitôt après, Jésus dit: «Maintenant, le Fils de l’homme a été glorifié» (v. 31). La nuit est encore là, mais une lumière a déjà commencé à briller. Et elle brille parce que le Christ reste fidèle jusqu’au bout, et ainsi son amour est plus fort que la haine. […]
24 août 2025 – Méditation du Pape Léon lors de la prière mariale de l’Angelus
Au cœur de l’Évangile d’aujourd’hui (Lc 13, 22-30), nous trouvons l’image de la “porte étroite”, utilisée par Jésus pour répondre à quelqu’un qui lui demande si peu de gens seront sauvés. Jésus dit : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas » (v. 24).
À première vue, cette image soulève quelques questions : si Dieu est le Père de l’amour et de la miséricorde, qui reste toujours les bras ouverts pour nous accueillir, pourquoi Jésus dit-Il que la porte du salut est étroite ?
Certes, le Seigneur ne veut pas nous décourager. Ses paroles servent surtout à ébranler la présomption de ceux qui pensent être déjà sauvés, de ceux qui pratiquent la religion et qui, par conséquent, se croient déjà en règle. En réalité, ils n’ont pas compris qu’il ne suffit pas d’accomplir des actes religieux si ceux-ci ne transforment pas le cœur : le Seigneur ne veut pas d’un culte séparé de la vie et n’apprécie pas les sacrifices et les prières s’ils ne nous conduisent pas à vivre l’amour envers nos frères et à pratiquer la justice. C’est pourquoi, lorsqu’ils se présenteront devant le Seigneur en se vantant d’avoir mangé et bu avec Lui et d’avoir écouté ses enseignements, ils entendront cette réponse : « Je ne sais pas d’où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice » (v. 27).
La provocation qui nous vient de l’Évangile d’aujourd’hui est belle : alors que nous jugeons parfois ceux qui sont éloignés de la foi, Jésus remet en question “la sécurité des croyants”. En effet, Il nous dit qu’il ne suffit pas de professer la foi avec des mots, de manger et de boire avec Lui en célébrant l’Eucharistie ou de bien connaître les enseignements chrétiens. Notre foi est authentique lorsqu’elle embrasse toute notre vie, lorsqu’elle devient un critère pour nos choix, lorsqu’elle fait de nous des femmes et des hommes qui s’engagent pour le bien et qui risquent dans l’amour, tout comme Jésus l’a fait. Il n’a pas choisi la voie facile du succès ou du pouvoir, mais, pour nous sauver, Il nous a aimés jusqu’à franchir la “porte étroite” de la Croix. Il est la mesure de notre foi, Il est la porte que nous devons franchir pour être sauvés (cf. Jn 10, 9), en vivant son amour et en devenant, par notre vie, des artisans de justice et de paix.
Parfois, cela signifie faire des choix difficiles et impopulaires, lutter contre son égoïsme et se dépenser pour les autres, persévérer dans le bien là où la logique du mal semble prévaloir, etc. Mais, une fois ce seuil franchi, nous découvrirons que la vie s’ouvre devant nous d’une manière nouvelle et, dès à présent, nous entrerons dans le cœur immense de Dieu et dans la joie de la fête éternelle qu’Il a préparée pour nous.
Invoquons la Vierge Marie afin qu’elle nous aide à franchir avec courage la “porte étroite” de l’Évangile, afin que nous puissions nous ouvrir avec joie à la largeur de l’amour de Dieu le Père.
25 août 2025 – Discours du Pape Léon XIV aux 360 Servants d’autel français venus à Rome
[…] Il y a une preuve certaine que Jésus nous aime et nous sauve : Il a donné sa vie pour nous en l’offrant sur la croix. En effet, il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime (cf. Jn 15, 13). Et voilà la chose la plus merveilleuse de notre foi catholique, une chose que personne n’aurait pu imaginer ni espérer : Dieu, le créateur du ciel et de la terre, a voulu souffrir et mourir pour les créatures que nous sommes. Dieu nous a aimés à en mourir ! Pour le réaliser, Il est descendu du ciel, Il s’est abaissé jusqu’à nous en se faisant homme, et Il s’est offert sur la croix en sacrifice, l’évènement le plus important de l’histoire du monde. Qu’avons-nous à craindre d’un tel Dieu qui nous a aimés à ce point ? Que pouvions-nous espérer de plus ? Qu’attendons-nous pour l’aimer en retour comme il le mérite ? Glorieusement ressuscité, Jésus est vivant auprès du Père, il prend désormais soin de nous et nous communique sa vie impérissable.
Et l’Église, de génération en génération, garde soigneusement mémoire de la mort et de la résurrection du Seigneur dont elle est témoin, comme son trésor le plus précieux. Elle la garde et la transmet en célébrant l’Eucharistie que vous avez la joie et l’honneur de servir. L’Eucharistie est le Trésor de l’Église, le Trésor des Trésors. Dès le premier jour de son existence, et ensuite pendant des siècles, l’Église a célébré la Messe, de dimanche en dimanche, pour se souvenir de ce que son Seigneur a fait pour elle. Entre les mains du prêtre et à ses paroles, “ceci est mon Corps, ceci est mon Sang”, Jésus donne encore sa vie sur l’Autel, Il verse encore son Sang pour nous aujourd’hui. Chers Servants d’Autel, la célébration de la Messe, nous sauve aujourd’hui ! Elle sauve le monde aujourd’hui ! Elle est l’événement le plus important de la vie du chrétien et de la vie de l’Église, car elle est le rendez-vous où Dieu se donne à nous par amour, encore et encore. Le chrétien ne va pas à la Messe par devoir, mais parce qu’il en a besoin, absolument ! ; le besoin de la vie de Dieu qui se donne sans retour ! […]
27 août 2025 – Paroles du Pape Léon XIV dans la Basilique Saint Pierre, au terme de l’Audience Générale
Souvent dans la vie, nous aimerions recevoir une réponse immédiate, une solution immédiate, et pour une certaine raison, Dieu nous fait attendre, et il y a beaucoup à apprendre. Cependant, comme Jésus lui-même nous l’enseigne, nous devons avoir cette confiance qui vient uniquement du fait que nous savons que nous sommes fils et filles de Dieu, et que Dieu nous donne toujours sa grâce. Il ne nous enlève pas toujours la douleur, il n’enlève pas toujours la souffrance, mais il nous dit qu’il est près de nous. Dieu est toujours avec nous, et nous devons renouveler cette foi. Dieu est toujours avec nous, et c’est pourquoi nous sommes heureux.
3 septembre 2025 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale
Au cœur du récit de la Passion, au moment le plus lumineux et en même temps le plus sombre de la vie de Jésus, l’Évangile de Jean nous livre deux mots qui renferment un immense mystère : « J’ai soif » (19,28), et aussitôt après : « Tout est accompli. » (19,30). Ultimes paroles, mais chargées d’une vie entière, qui révèlent le sens de toute l’existence du Fils de Dieu. Sur la croix, Jésus n’apparaît pas comme un héros victorieux, mais comme un mendiant d’amour. Il ne proclame pas, ne condamne pas, ne se défend pas. Il demande humblement ce qu’il ne peut en aucun cas se donner à lui-même.
La soif du Crucifié n’est pas seulement le besoin physiologique d’un corps meurtri. Elle est même, et surtout, l’expression d’un désir profond : celui d’amour, de relation, de communion. C’est le cri silencieux d’un Dieu qui, ayant voulu tout partager de notre condition humaine, se laisse aussi traverser par cette soif. Un Dieu qui n’a pas honte de mendier une gorgée, car dans ce geste, il nous dit que l’amour, pour être vrai, doit aussi apprendre à demander et pas seulement à donner.
J’ai soif, dit Jésus, et c’est ainsi qu’il manifeste son humanité et la nôtre. Aucun de nous ne peut se suffire à soi-même. Personne ne peut se sauver seul. La vie “s’accomplit” non pas lorsque nous sommes forts, mais lorsque nous apprenons à recevoir. Et c’est précisément à ce moment-là, après avoir reçu des mains étrangères une éponge imbibée de vinaigre, que Jésus proclame : Tout est accompli. L’amour s’est fait nécessiteux, et c’est précisément pour cela qu’il a accompli son œuvre.
C’est là le paradoxe chrétien : Dieu sauve non pas en agissant, mais en se laissant faire. Non pas en vainquant le mal par la force, mais en acceptant jusqu’au fond la faiblesse de l’amour. Sur la croix, Jésus nous enseigne que l’homme ne se réalise pas dans le pouvoir, mais dans l’ouverture confiante à l’autre, même lorsqu’il nous est hostile et ennemi. Le salut ne réside pas dans l’autonomie, mais de reconnaitre avec humilité son propre besoin et de savoir l’exprimer librement.
L’accomplissement de notre humanité dans le dessein de Dieu n’est pas un acte de puissance, mais un geste de confiance. Jésus ne sauve pas par un coup de théâtre, mais en demandant quelque chose qu’il ne peut se donner à lui-même. Et c’est là que s’ouvre une porte sur la véritable espérance : si même le Fils de Dieu a choisi de ne pas se suffire à lui-même, alors notre soif – d’amour, de sens, de justice – n’est pas un signe d’échec, mais de vérité.
Cette vérité, apparemment si simple, est difficile à accepter. Nous vivons à une époque qui récompense l’autosuffisance, l’efficacité, la performance. Pourtant, l’Évangile nous montre que la mesure de notre humanité n’est pas donnée par ce que nous pouvons conquérir, mais par notre capacité à nous laisser aimer et, quand cela est nécessaire, aussi aider.
Jésus nous sauve en nous montrant que demander n’est pas indigne, mais libérateur. C’est le moyen de sortir de la dissimulation du péché, pour retourner dans l’espace de la communion. Dès le départ, le péché a engendré la honte. Mais le pardon, le vrai, naît lorsque nous pouvons regarder en face notre besoin et ne plus craindre d’être rejetés.
La soif de Jésus sur la croix est donc aussi la nôtre. C’est le cri de l’humanité blessée qui cherche encore l’eau vive. Et cette soif ne nous éloigne pas de Dieu, elle nous unit plutôt à Lui. Si nous avons le courage de la reconnaître, nous pouvons découvrir que notre fragilité est aussi un pont vers le ciel. C’est précisément en demandant – et non en possédant – que s’ouvre une voie de liberté, car nous cessons de prétendre nous suffire à nous-mêmes.
Dans la fraternité, dans la vie simple, dans l’art de demander sans honte et de donner sans calcul, se cache une joie que le monde ne connaît pas. Une joie qui nous ramène à la vérité originelle de notre être : nous sommes des créatures faites pour donner et recevoir de l’amour.
Chers frères et sœurs, dans la soif du Christ, nous pouvons reconnaître toute notre soif. Et apprendre qu’il n’y a rien de plus humain, rien de plus divin, que de savoir dire : j’ai besoin. N’ayons pas peur de demander, surtout quand nous pensons ne pas le mériter. N’ayons pas honte de tendre la main. C’est précisément là, dans ce geste humble, que se cache le salut.
6 septembre 2025 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale
[…] La grande « invention » d’Hélène fut de retrouver la Sainte Croix. Voici le trésor caché pour lequel tout vendre ! La Croix de Jésus est la plus grande découverte de la vie, la valeur qui modifie toutes les valeurs.
Hélène put le comprendre, peut-être, car elle avait porté sa propre croix pendant longtemps. Elle n’était pas née à la cour : on dit qu’elle était une aubergiste d’origine modeste, dont le futur empereur Constance tomba amoureux. Il l’épousa, mais pour des jeux de pouvoir, il n’hésita pas à la répudier, l’éloignant pendant des années de son fils Constantin. Devenu empereur, Constantin lui-même lui causa beaucoup de peines et de déceptions, mais Hélène resta toujours elle-même : une femme qui cherche. Elle avait décidé de devenir chrétienne et pratiquait toujours la charité, n’oubliant jamais les humbles dont elle était issue.
Une telle dignité et fidélité à la conscience, chers frères et sœurs, changent encore aujourd’hui le monde : elles rapprochent du trésor, comme le travail de l’agriculteur. Cultiver son cœur demande des efforts. C’est le plus grand travail qui soit. Mais en creusant, on trouve, en s’abaissant, on se rapproche toujours plus de ce Seigneur qui s’est dépouillé lui-même pour devenir comme nous. Sa Croix est sous la croûte de notre terre.
Nous pouvons marcher fièrement, piétinant distraitement le trésor qui se trouve sous nos pieds. Si, au contraire, nous devenons comme des enfants, nous connaîtrons un autre Royaume, une autre force. Dieu est toujours sous nos pieds, prêt à nous soulever vers les hauteurs.
10 septembre 2025 – Enseignement du Pape Léon lors de l’Audience Générale
Contemplons le sommet de la vie de Jésus dans ce monde : sa mort sur la croix. Les Évangiles attestent un détail très précieux, qui mérite d’être contemplé avec l’intelligence de la foi. Sur la croix, Jésus ne meurt pas en silence. Il ne s’éteint pas lentement, comme une lumière qui s’éteint, mais il quitte la vie avec un cri : « Jésus, poussant un grand cri, expira » (Mc 15, 37). Ce cri résume tout : la douleur, l’abandon, la foi, l’offrande. Ce n’est pas seulement la voix d’un corps qui cède, mais le signe ultime d’une vie qui se donne.
Le cri de Jésus est précédé d’une question, l’une des plus déchirantes qui puissent être prononcées : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». C’est le premier verset du Psaume 22, mais sur les lèvres de Jésus, il porte une gravité unique. Le Fils, qui a toujours vécu en communion intime avec le Père, fait maintenant l’expérience du silence, de l’absence, de l’abîme. Il ne s’agit pas d’une crise de foi, mais de la dernière étape d’un amour qui se donne jusqu’au bout. Le cri de Jésus n’est pas un cri de désespoir, mais de sincérité, de vérité poussée à l’extrême, de confiance qui résiste même lorsque tout fait silence.
À ce moment-là, le ciel s’assombrit et le voile du temple se déchire (cf. Mc 15, 33.38). C’est comme si la création elle-même participait à cette douleur et révélait en même temps quelque chose de nouveau : Dieu n’habite plus derrière un voile, son visage est désormais pleinement visible dans le Crucifié. C’est là, dans cet homme déchiré, que se manifeste le plus grand amour. C’est là que nous pouvons reconnaître un Dieu qui ne reste pas distant, mais qui traverse jusqu’au bout notre douleur.
Le centurion, un païen, le comprend. Non pas parce qu’il a écouté un discours, mais parce qu’il a vu Jésus mourir de cette manière : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! » (Mc 15, 39). C’est la première profession de foi après la mort de Jésus. C’est le fruit d’un cri qui ne s’est pas perdu dans le vent, mais qui a touché un cœur. Parfois, ce que nous ne pouvons pas dire avec des mots, nous l’exprimons avec la voix. Quand le cœur est plein, il crie. Et ce n’est pas toujours un signe de faiblesse, cela peut être un acte profond d’humanité.
Nous avons l’habitude de considérer le cri comme quelque chose de désordonné, à réprimer. L’Évangile confère à notre cri une valeur immense, en nous rappelant qu’il peut être une invocation, une protestation, un désir, un abandon. Il peut même être la forme extrême de la prière, lorsque nous n’avons plus de mots. Dans ce cri, Jésus a mis tout ce qui lui restait : tout son amour, toute son espérance.
Oui, car il y a aussi cela dans le cri : une espérance qui ne se résigne pas. On crie quand on croit que quelqu’un peut encore entendre. On crie non par désespoir, mais par désir. Jésus n’a pas crié contre le Père, mais vers Lui. Même dans le silence, il était convaincu que le Père était là. Et ainsi, il nous a montré que notre espérance peut crier, même quand tout semble perdu.
Crier devient alors un geste spirituel. Ce n’est pas seulement le premier acte de notre naissance – lorsque nous venons au monde en pleurant – : c’est aussi une façon de rester en vie. On crie quand on souffre, mais aussi quand on aime, quand on appelle, quand on invoque. Crier, c’est dire que nous sommes là, que nous ne voulons pas nous éteindre dans le silence, que nous avons encore quelque chose à offrir.
Dans le voyage de la vie, il y a des moments où tout garder à l’intérieur peut nous consumer lentement. Jésus nous enseigne à ne pas avoir peur du cri, pourvu qu’il soit sincère, humble, orienté vers le Père. Un cri n’est jamais inutile s’il naît de l’amour. Et il n’est jamais ignoré s’il est confié à Dieu. C’est un moyen de ne pas céder au cynisme, de continuer à croire qu’un autre monde est possible.
Apprenons aussi cela du Seigneur Jésus : apprenons le cri de l’espérance lorsque vient l’heure de l’épreuve extrême. Non pas pour blesser, mais pour nous confier. Non pas pour hurler contre quelqu’un, mais pour ouvrir le cœur. Si notre cri est sincère, il peut être le seuil d’une nouvelle lumière, d’une nouvelle naissance. Comme pour Jésus : quand tout semblait fini, en réalité, le salut était sur le point de commencer. Si elle se manifeste avec la confiance et la liberté des enfants de Dieu, la voix souffrante de notre humanité, unie à la voix du Christ, peut devenir source d’espérance pour nous et pour ceux qui nous entourent.
10 septembre 2025 – Paroles du Pape Léon XIV aux pèlerins venus d’Allemagne, au terme de l’Audience Générale
Regardant la Croix, reconnaissons le Mystère de l’Amour de Dieu qui a donné sa vie pour nous. N’ayons pas peur de proclamer au monde la foi en Jésus-Christ, Fils de Dieu et notre Sauveur.
10 septembre 2025 – Paroles du Pape Léon XIV aux pèlerins de langue portugaise, au terme de l’Audience Générale
Il n’y a d’amour plus grand que celui de Jésus sur la Croix, s’offrant au Père pour chacun de nous. Ouvrons sans peur nos cœurs à cet amour qui est la raison de notre Espérance.
10 septembre 2025 – Paroles du Pape Léon XIV aux pèlerins de langue arabe, au terme de l’Audience Générale
Je vous invite à transformer votre cri des moments d’épreuves et de tribulations en une prière confiante, parce que Dieu écoute toujours ses enfants et répond au moment le meilleur nous nous.
14 septembre 2025 – Méditation du Pape Léon lors de la prière de l’Angelus
Aujourd’hui, l’Église célèbre la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, qui commémore la découverte du bois de la Croix par Sainte Hélène, à Jérusalem, au IVe siècle, et la restitution de la précieuse relique à la Ville sainte, par l’empereur Héraclius.
Mais que signifie pour nous, aujourd’hui, la célébration de cette fête ? L’Évangile que nous propose la liturgie (cf. Jn 3, 13-17) nous aide à le comprendre. La scène se déroule de nuit : Nicodème, l’un des chefs des Juifs, homme droit et ouvert d’esprit (cf. Jn 7, 50-51), vient rencontrer Jésus. Il a besoin de lumière, de conseils : il cherche Dieu et demande de l’aide au Maître de Nazareth, car il reconnaît en lui un prophète, un homme qui accomplit des signes extraordinaires.
Le Seigneur l’accueille, l’écoute et lui révèle finalement que le Fils de l’homme doit être élevé, « afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle » (Jn 3, 15), et ajoute : « Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle » (v. 16). Nicodème, qui peut-être ne comprend pas pleinement le sens de ces paroles à ce moment-là, le comprendra certainement lorsqu’après la crucifixion, il aidera à enterrer le corps du Sauveur (cf. Jn 19, 39) : il comprendra que Dieu, pour racheter les hommes, s’est fait homme et est mort sur la croix.
Jésus en parle à Nicodème, en rappelant un épisode de l’Ancien Testament (cf. Nb 21, 4-9), lorsque dans le désert, les Israélites, attaqués par des serpents venimeux, se sauvaient en regardant le serpent d’airain que Moïse, obéissant au commandement de Dieu, avait fait et placé sur une hampe.
Dieu nous a sauvés en se manifestant à nous, en s’offrant comme notre compagnon, notre maître, notre médecin, notre ami, jusqu’à devenir pour nous le Pain rompu dans l’Eucharistie. Et pour accomplir cette œuvre, il s’est servi de l’un des instruments de mort les plus cruels que l’homme ait jamais inventé : la croix.
C’est pourquoi nous célébrons aujourd’hui son “exaltation” : pour l’amour immense avec lequel Dieu, l’embrassant pour notre salut, l’a transformée d’un moyen de mort en instrument de vie, nous enseignant que rien ne peut nous séparer de Lui (cf. Rm 8, 35-39) et que sa charité est plus grande que notre péché (cf. François, Catéchèse, 30 mars 2016).
Demandons donc, par l’intercession de Marie, la Mère présente au Calvaire près de son Fils, que son amour salvateur s’enracine et grandisse en nous aussi, et que nous sachions nous donner les uns aux autres, comme Lui s’est donné tout à tous.
14 septembre 2025 – Paroles du Pape Léon XIV lors de la Commémoration des martyrs et témoins de la foi du XXème siècle, en la Basilique Saint Paul Hors les Murs
« Pour moi, que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste ma seule fierté. Par elle, le monde est crucifié pour moi, et moi pour le monde » (Gal 6, 14). Ces paroles de l’apôtre Paul, près de la tombe duquel nous sommes réunis, nous introduisent à la commémoration des martyrs et des témoins de la foi du XXIème siècle, en cette fête de l’Exaltation de la Sainte Croix.
Aux pieds de la croix du Christ, notre salut, décrite comme “l’espérance des chrétiens” et la “gloire des martyrs” (cf. Vêpres de la Liturgie byzantine pour la Fête de l’Exaltation de la Croix), je salue les Représentants des Églises Orthodoxes, des Anciennes Églises Orientales, des Communions chrétiennes et des Organisations œcuméniques, que je remercie d’avoir accepté mon invitation à cette célébration. À vous tous ici présents, mon accolade de paix.
Nous sommes convaincus que le martyre jusqu’à la mort est « la communion la plus vraie avec le Christ qui répand son sang et qui, dans ce sacrifice, rend proches ceux qui jadis étaient loin (cf. Ep 2, 13) » (Lett. enc. Ut unum sint, n. 84). Aujourd’hui encore, nous pouvons affirmer avec Jean-Paul II que, là où la haine semblait imprégner chaque aspect de la vie, ces audacieux serviteurs de l’Évangile et martyrs de la foi ont démontré de manière évidente que « l’amour est plus fort que la mort » (Commémoration des Témoins de la foi au XXème siècle, 7 mai 2000).
Nous nous souvenons de ces frères et sœurs le regard tourné vers le Crucifié. Par sa croix Jésus nous a révélé le vrai visage de Dieu, son infinie compassion pour l’humanité ; il a pris sur lui la haine et la violence du monde, pour partager le sort de tous ceux qui sont humiliés et opprimés : « c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé » (Is 53, 4).
Aujourd’hui encore, de nombreux frères et sœurs, à cause de leur témoignage de foi dans des situations difficiles et des contextes hostiles, portent la même croix du Seigneur : comme Lui, ils sont persécutés, condamnés, tués. Jésus dit d’eux : « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi » (Mt 5, 10-11). Ce sont des femmes et des hommes, des religieuses et des religieux, des laïcs et des prêtres, qui paient de leur vie leur fidélité à l’Évangile, leur engagement pour la justice, leur lutte pour la liberté religieuse là où elle est encore violée, leur solidarité avec les plus pauvres. Selon les critères du monde, ils ont été “vaincus”. En réalité, comme nous le dit le Livre de la Sagesse : « Au regard des hommes, ils ont subi un châtiment, mais l’espérance de l’immortalité les comblait » (Sa 3, 4).
Frères et sœurs, au cours de l’Année jubilaire, nous célébrons l’espérance de ces témoins courageux de la foi. C’est une espérance pleine d’immortalité, parce que leur martyre continue à diffuser l’Évangile dans un monde marqué par la haine, la violence et la guerre ; c’est une espérance pleine d’immortalité, car, bien qu’ayant été tués dans leur corps, personne ne pourra étouffer leur voix ou effacer l’amour qu’ils ont donné ; c’est une espérance pleine d’immortalité, parce que leur témoignage demeure comme une prophétie de la victoire du bien sur le mal.
Oui, leur espérance est désarmée. Ils ont témoigné de leur foi sans jamais recourir à la force et à la violence, mais en embrassant la faible et douce force de l’Évangile, selon les paroles de l’apôtre Paul : « C’est très volontiers que je mettrai plutôt ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en mois sa demeure. […] Car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » (2Cor 12, 9-10). […]
15 septembre 2025 – Méditation du Pape Léon XIV lors du Jubilé de la Consolation, dans la Basilique Saint-Pierre
« Consolez, consolez mon peuple » (Is 40, 1). Telle est l’invitation du prophète Isaïe, qui nous interpelle aujourd’hui de manière exigeante : elle nous appelle à partager la consolation de Dieu avec tant de frères et sœurs qui vivent des situations de faiblesse, de tristesse, de douleur. Pour ceux qui sont dans les larmes, le désespoir, la maladie et le deuil, résonne clairement, fortement, l’annonce prophétique de la volonté du Seigneur de mettre fin à la souffrance et de la transformer en joie. Toute douleur peut être transformée par la grâce de Jésus-Christ. Cette Parole compatissante, incarnée dans le Christ, est le bon Samaritain dont nous parle l’Évangile : c’est Lui qui apaise nos blessures, c’est Lui qui prend soin de nous. Dans les moments sombres, même contre toute évidence, Dieu ne nous laisse pas seuls ; au contraire, c’est précisément dans ces moments-là que nous sommes appelés plus que jamais à espérer en la proximité du Sauveur qui ne nous abandonne jamais.
Nous cherchons quelqu’un pour nous consoler et souvent nous ne le trouvons pas. Parfois, la voix de ceux qui, sincèrement, veulent partager notre souffrance nous devient même insupportable. C’est vrai. Il y a des situations où les mots ne servent à rien et deviennent presque superflus. Dans ces moments, il ne reste peut-être que les larmes, si elles ne sont pas encore épuisées.
Les larmes sont un langage qui exprime les sentiments profonds d’un cœur blessé. Les larmes sont un cri muet qui implore compassion et réconfort. Mais avant tout, elles sont libération et purification des yeux, des sentiments, des pensées. Il ne faut pas avoir honte de pleurer ; c’est une façon d’exprimer notre tristesse et notre besoin d’un monde nouveau ; c’est un langage qui parle de notre humanité faible et mise à l’épreuve, mais appelée à la joie.
Là où il y a de la souffrance, la question se pose inévitablement : pourquoi tout ce mal ? D’où vient-il ? Pourquoi cela m’est-il arrivé à moi ? Dans ses Confessions, saint Augustin écrit : « je cherchais d’où, vient le mal […] Quelle est sa racine et quel est son germe? […] D’où vient donc le mal, puisque Dieu a fait toutes ces choses bonnes, lui qui est bon? […] Telles étaient les pensées que je roulais dans un cœur misérable […] Cependant, solidement était fixée en mon cœur dans l’Église catholique, la foi de ton Christ, notre Seigneur et Sauveur; en bien des points sans doute, elle était encore vague et fluctuante » (VII, 5).
Le passage des interrogations à la foi est celui auquel nous éduque la Sainte Écriture. Il y a en effet des questions qui nous replient sur nous-mêmes et nous divisent intérieurement et par rapport à la réalité. Il y a des pensées qui ne peuvent rien engendrer. Si elles nous isolent et nous désespèrent, elles humilient aussi notre intelligence. Mieux vaut, comme dans les Psaumes, que la question soit une protestation, une plainte, une invocation de cette justice et de cette paix que Dieu nous a promises. Alors, nous jetons un pont vers le ciel, même lorsqu’il semble muet. Dans l’Église, nous recherchons le ciel ouvert, qui est Jésus, le pont de Dieu vers nous. Il existe une consolation qui nous atteint alors, lorsque cette foi qui nous semble “vague et fluctuante” comme un bateau dans la tempête reste “solide et fixé”.
Là où il y a le mal, nous devons rechercher le réconfort et la consolation qui en triomphent et ne lui laissent aucun répit. Dans l’Église, cela signifie : jamais seuls. Poser sa tête sur une épaule qui vous console, qui pleure avec vous et vous donne de la force, est un remède dont personne ne peut se priver, car c’est le signe de l’amour. Là où la douleur est profonde, l’espérance qui naît de la communion doit être encore plus forte. Et cette espérance ne déçoit pas. […]
17 septembre 2025 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale
Dans notre cheminement de catéchèse sur Jésus, notre espérance, nous contemplons aujourd’hui le mystère du Samedi Saint. Le Fils de Dieu repose dans le tombeau. Mais cette “absence” n’est pas un vide : c’est une attente, une plénitude retenue, une promesse gardée dans l’obscurité. C’est le jour du grand silence, où le ciel semble muet et la terre immobile, mais c’est précisément là que s’accomplit le mystère le plus profond de la foi chrétienne. C’est un silence lourd de sens, comme le sein d’une mère qui garde son enfant non encore né, mais déjà vivant.
Le corps de Jésus, descendu de la croix, est soigneusement enveloppé, comme on le fait avec ce qui est précieux. L’évangéliste Jean nous dit qu’il a été enterré dans un jardin, dans « un tombeau neuf dans lequel on n’avait encore déposé personne » (Jn 19, 41). Rien n’est laissé au hasard. Ce jardin rappelle l’Eden perdu, le lieu où Dieu et l’homme étaient unis. Et ce tombeau jamais utilisé parle de quelque chose qui doit encore arriver : c’est un seuil, pas une fin. Au début de la création, Dieu avait planté un jardin, maintenant la nouvelle création commence aussi dans un jardin : avec un tombeau clos qui, bientôt, s’ouvrira.
Le Samedi Saint est également un jour de repos. Selon la Loi juive, on ne doit pas travailler le septième jour : en effet, après six jours de création, Dieu se reposa (cf. Gn 2, 2). Maintenant, le Fils aussi, après avoir accompli son œuvre de salut, se repose. Non pas parce qu’il est fatigué, mais parce qu’il a terminé son travail. Non pas parce qu’il a abandonné, mais parce qu’il a aimé jusqu’au bout. Il n’y a plus rien à ajouter. Ce repos est le sceau de l’œuvre accomplie, la confirmation que ce qui devait être fait a vraiment été porté à terme. C’est un repos rempli de la présence cachée du Seigneur.
Nous avons du mal à nous arrêter et à nous reposer. Nous vivons comme si la vie n’était jamais suffisante. Nous courons pour produire, pour prouver, pour ne pas perdre de terrain. Mais l’Évangile nous enseigne que savoir s’arrêter est un geste de confiance que nous devons apprendre à accomplir. Le Samedi Saint nous invite à découvrir que la vie ne dépend pas toujours de ce que nous faisons, mais aussi de la façon dont nous savons nous détacher de ce que nous avons pu faire. […]
20 septembre 2025 – Message du Pape Léon XIV à “WALK FOR LIFE”, promue par “LES TURNER ALS FOUNDATION”
Vous avez reçu un lourd fardeau à porter. Comme j’aimerais qu’il n’en soit pas ainsi. Cependant, vos souffrances vous offrent l’occasion de découvrir et d’affirmer une vérité profonde : la qualité de la vie humaine ne dépend pas des résultats obtenus. La qualité de notre vie dépend de l’amour. Dans votre souffrance, vous pouvez expérimenter une profondeur de l’amour humain qui vous était auparavant inconnue. Vous pouvez grandir dans la gratitude pour tout ce qui a été et pour les personnes qui prennent maintenant soin de vous. Vous pouvez maintenant développer un sens profond de la beauté de la création, de la vie dans ce monde et du mystère de l’amour.
Je prie pour vous. Je prie pour qu’au lieu de vous laisser submerger par la frustration, le désespoir ou le désespoir, vous vous abandonniez au mystère de l’existence humaine, à l’amour de vos soignants et à l’étreinte du Divin.
Et enfin, quelques mots à ceux qui sont en deuil. Après avoir pris soin de vos proches atteints de la SLA, vous pleurez maintenant leur disparition. Vous ne les avez pas oubliés. Et, en fait, votre amour a été purifié par votre service, puis par votre deuil. Vous avez appris, et chaque jour, vous pénétrez plus profondément dans le mystère le plus profond : la mort n’est pas la parole définitive. L’amour triomphe de la mort. L’amour triomphe de la mort. L’amour triomphe de la mort.
1er octobre 2025 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale
Le centre de notre foi et le cœur de notre espérance sont fermement enracinés dans la résurrection du Christ. En lisant attentivement les Évangiles, nous réalisons que ce mystère est surprenant non seulement parce qu’un homme – le Fils de Dieu – est ressuscité des morts, mais aussi pour la manière choisie pour le faire. En effet, la résurrection de Jésus n’est pas un triomphe pompeux, ce n’est pas une revanche ou une vengeance contre ses ennemis. C’est le merveilleux témoignage de la capacité de l’amour à se relever après une grande défaite pour continuer son irrépressible chemin.
Lorsque nous nous relevons après un traumatisme causé par d’autres, la première réaction est souvent la colère, le désir de faire payer à quelqu’un ce que nous avons subi. Le Ressuscité ne réagit pas ainsi. Sorti des enfers de la mort, Jésus ne se venge pas. Il ne revient pas avec des gestes de puissance, mais manifeste avec douceur la joie d’un amour plus grand que toute blessure et plus fort que toute trahison.
Le Ressuscité n’éprouve aucun besoin de rétablir ou d’affirmer sa supériorité. Il apparaît à ses amis – les disciples – et il le fait avec une extrême discrétion, sans les forcer leur capacité à l’accepter. Son unique désir est d’être à nouveau en communion avec eux en les aidant à surmonter leur sentiment de culpabilité. Nous le voyons très bien au cénacle, où le Seigneur apparaît à ses amis enfermés dans la peur. C’est un moment qui exprime une force extraordinaire : Jésus, après être descendu dans les abîmes de la mort pour libérer ceux qui y étaient emprisonnés, entre dans la chambre fermée de qui est paralysé par la peur, en apportant un don que personne n’aurait osé espérer : la paix.
Sa salutation est simple, presque ordinaire : « La paix soit avec vous ! » (Jn 20,19). Mais elle s’accompagne d’un geste si beau qu’il en est presque inconvenant : Jésus montre aux disciples ses mains et son côté avec les marques de sa passion. Pourquoi dévoiler ces blessures devant qui, en ces heures dramatiques, l’a renié et abandonné ? Pourquoi ne pas cacher ces signes de douleur et éviter de rouvrir la blessure de la honte ?
Pourtant, l’Évangile dit que, voyant le Seigneur, les disciples se réjouirent (cf. Jn 20, 20). La raison en est profonde : Jésus est maintenant pleinement réconcilié avec tout ce qu’il a souffert. Il n’y a pas d’ombre de rancœur. Les blessures ne servent pas à faire des reproches, mais à confirmer un amour plus fort que toute infidélité. Elles sont la preuve qu’au moment même de notre échec, Dieu n’a pas reculé. Il ne nous a pas abandonnés.
Ainsi, le Seigneur se montre nu et désarmé. Il n’exige rien, il ne fait pas de chantage. C’est un amour qui n’humilie pas, c’est la paix de celui qui a souffert par amour et qui peut finalement affirmer que cela en valait la peine. […]
1er octobre 2025 – Message du Pape Léon XIV à l’occasion du 10ème anniversaire de la canonisation de Louis et Zélie Martin
[…] Voici donc le modèle de couple que la Sainte Église présente aux jeunes qui souhaitent – peut-être avec hésitation – se lancer dans une si belle aventure : modèle de fidélité et d’attention à l’autre, modèle de ferveur et de persévérance dans la foi, d’éducation chrétienne des enfants, de générosité dans l’exercice de la charité et de justice sociale ; modèle aussi de confiance dans l’épreuve… Mais surtout, ce couple exemplaire témoigne du bonheur ineffable et de la joie profonde que Dieu accorde, dès ici-bas et pour l’éternité, à ceux qui s’engagent sur ce chemin de fidélité et de fécondité. En ces temps troublés et désorientés, où tant de contre-modèles d’unions, souvent passagères, individualistes et égoïstes, aux fruits amers et décevants, sont présentés aux jeunes, la famille telle que le Créateur l’a voulue pourrait sembler périmée et ennuyeuse. Louis et Zélie Martin témoignent qu’il n’en est rien : ils ont été heureux – profondément heureux ! – en donnant la vie, en rayonnant et transmettant la foi, en voyant leurs filles grandir et s’épanouir sous le regard du Seigneur. Quel bonheur que celui de se réunir le dimanche après la messe, autour de la table où Jésus est le premier invité et partage les joies, les peines, les projets et les espérances de chacun ! Quel bonheur que celui de ces moments de prières en commun, de ces jours de fête, de ces événements familiaux qui marquent le temps ! Mais aussi quel réconfort d’être ensemble dans l’épreuve, unis à la Croix du Christ lorsqu’elle se présente ; et enfin quelle espérance de se retrouver un jour réunis dans la gloire du ciel !
4 octobre 2025 – Paroles du Pale Léon XIV aux jeunes, malades et nouveaux époux, au terme de l’Audience Générale
Aujourd’hui, nous célébrons la fête de Saint François d’Assise. Pour vous, jeunes, qu’il soit un modèle de vie évangélique. Pour vous, malades, un exemple d’amour de la Croix de Jésus. Pour vous, jeunes mariés, une invitation à avoir toujours confiance dans la Providence Divine.
7 octobre 2025 – Message du Pape Léon XIV pour la 40ème Journée Mondiale de la Jeunesse, solennité du Christ Roi, le 23 novembre 2025
[…] Il est vrai qu’il n’est pas toujours facile de témoigner. Dans les Évangiles, nous trouvons souvent la tension entre l’accueil et le rejet de Jésus : « La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée » (Jn 1, 5). De même, le disciple-témoin fait l’expérience directe du rejet et parfois même de l’opposition violente. Le Seigneur ne cache pas cette douloureuse réalité : « Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi » (Jn 15, 20). C’est précisément cela qui devient l’occasion de mettre en pratique le commandement suprême : « Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent » (Mt 5, 44). C’est ce qu’ont fait les martyrs depuis les débuts de l’Église.
Chers jeunes, cette histoire n’appartient pas seulement au passé. Aujourd’hui encore, dans de nombreux endroits du monde, les chrétiens et les personnes de bonne volonté souffrent de persécutions, de mensonges et de violences. Peut-être avez-vous vous aussi été touchés par cette expérience douloureuse et peut-être avez-vous été tentés de réagir instinctivement en vous mettant au niveau de ceux qui vous ont rejetés, en adoptant des attitudes agressives. Mais rappelons-nous le sage conseil de saint Paul : « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien » (Rm 12, 21).
Ne vous laissez donc pas décourager : comme les saints, vous êtes appelés vous aussi à persévérer avec espérance, surtout face aux difficultés et aux obstacles.
[…]
Chers jeunes, face aux souffrances et aux espérances du monde, fixons notre regard sur Jésus. Alors qu’il était sur le point de mourir sur la croix, il a confié la Vierge Marie à Jean comme mère, et lui à elle comme fils. Ce don extrême d’amour est pour chaque disciple, pour nous tous. Je vous invite donc à accueillir ce lien sacré avec Marie, Mère pleine d’affection et de compréhension, en le cultivant en particulier par la prière du Rosaire. Ainsi, dans chaque situation de la vie, nous ferons l’expérience que nous ne sommes jamais seuls, mais toujours des fils aimés, pardonnés et encouragés par Dieu. Témoignez-en avec joie !
8 octobre 2025 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale
Je voudrais vous inviter à réfléchir sur un aspect surprenant de la Résurrection du Christ : son humilité. Si nous réexaminons les récits évangéliques, nous réalisons que le Seigneur ressuscité ne fait rien de spectaculaire pour s’imposer à la foi de ses disciples. Il ne se présente pas avec une armée d’anges, il ne fait pas de gestes d’éclat, il ne prononce pas de discours solennels pour révéler les secrets de l’univers. Au contraire, il s’approche avec discrétion, comme un simple passant, comme un homme affamé qui demande à partager un peu de pain (cf. Lc 24, 15.41).
Marie de Magdala le prend pour un jardinier (cf. Jn 20, 15). Les disciples d’Emmaüs le prennent pour un étranger (cf. Lc 24, 18). Pierre et les autres pêcheurs le prennent pour un simple passant (cf. Jn 21, 4). Nous aurions attendu des effets spéciaux, des signes de puissance, des preuves flagrantes. Mais le Seigneur ne cherche pas cela : il préfère le langage de la proximité, de la normalité, de la table partagée.
Il y a là un message précieux : la Résurrection n’est pas un coup de théâtre, c’est une transformation silencieuse qui remplit de sens chaque geste humain. Jésus ressuscité mange une portion de poisson devant ses disciples : ce n’est pas un détail marginal, c’est la confirmation que notre corps, notre histoire, nos relations ne sont pas un emballage à jeter. Ils sont destinés à la plénitude de la vie. Ressusciter ne signifie pas devenir des esprits évanescents, mais entrer dans une communion plus profonde avec Dieu et avec nos frères, dans une humanité transfigurée par l’amour.
Dans la Pâque du Christ, tout peut devenir grâce. Même les choses les plus ordinaires : manger, travailler, attendre, s’occuper de la maison, soutenir un ami. La Résurrection ne soustrait pas la vie au temps et à l’effort, mais elle en change le sens, la “saveur”. Chaque geste accompli dans la gratitude et dans la communion anticipe le Règne de Dieu. […]
[…] La prière de l’Église nous rappelle que Dieu fait justice à tous, en donnant sa vie pour tous. Ainsi, lorsque nous crions au Seigneur : “Où es-tu ?” nous transformons cette invocation en prière, et reconnaissons alors que Dieu est là où souffre l’innocent. La croix du Christ révèle la justice de Dieu. Et la justice de Dieu c’est le pardon : Il voit le mal et le rachète, en le prenant sur lui. Lorsque nous sommes crucifiés par la souffrance et la violence, par la haine et la guerre, le Christ est déjà là, sur la croix pour nous et avec nous. Il n’y a pas de pleurs que Dieu ne console ; il n’y a pas de larmes qui restent loin de son cœur. Le Seigneur nous écoute, nous étreint tels que nous sommes, pour nous transformer tel qu’il est. Ceux qui refusent la miséricorde de Dieu, en revanche, restent incapables de miséricorde envers leur prochain. Ceux qui n’accueillent pas la paix comme un don ne sauront pas donner la paix.
Chers amis, nous comprenons maintenant que les questions de Jésus sont une invitation vigoureuse à l’espérance et à l’action : quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi en la providence de Dieu ? C’est cette foi, en effet, qui soutient notre engagement pour la justice, précisément parce que nous croyons que Dieu sauve le monde par amour, nous libérant du fatalisme. Demandons-nous donc : lorsque nous entendons l’appel de ceux qui sont en difficulté, sommes-nous témoins de l’amour du Père, comme le Christ l’a été envers tous ? Il est l’humble qui appelle les tyrans à la conversion, le juste qui nous rend justes, comme en témoignent les nouveaux saints d’aujourd’hui : non pas des héros ou des chantres d’un idéal quelconque, mais des hommes et des femmes authentiques.
Les médias du système minimisent les attaques contre les chrétiens au Nigéria
Samedi, le gouvernement nigérian a été pris au dépourvu par une publication sur Truth Social du président américain Donald Trump.
« Si le gouvernement nigérian continue de tolérer le massacre de chrétiens, les États-Unis cesseront immédiatement toute aide au Nigéria et pourraient bien intervenir dans ce pays désormais déshonoré, armes au poing, afin d’anéantir complètement les terroristes islamistes responsables de ces atrocités ». « Je donne par la présente instruction à notre département de la Guerre de se préparer à une éventuelle action. »
« Je donne pour instruction à notre ministère de la Guerre de se préparer à une éventuelle intervention. Si nous attaquons, ce sera rapide, brutal et efficace, tout comme les terroristes s’en prennent à nos chers chrétiens ! AVERTISSEMENT : LE GOUVERNEMENT NIGÉRIAN A INTÉRÊT À AGIR VITE ! »
Le secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, a répondu à la publication : « Oui, monsieur. » Dimanche, Trump a précisé sa pensée :
« Ils tuent un nombre record de chrétiens au Nigéria. Ils tuent les chrétiens, et en très grand nombre. Nous ne laisserons pas cela se produire. »
Comme prévu, la presse traditionnelle s’est immédiatement emparée d’un argument qu’elle répète depuis des années : il n’y a pas de massacres ciblés de chrétiens au Nigéria, et il n’y a certainement pas de génocide en cours. La BBC a publié en couverture que « des allégations de génocide contre les chrétiens du Nigéria circulent depuis quelques semaines et quelques mois dans certains milieux d’extrême droite américains ».
Il s’agit là d’une tromperie manifeste. De nombreux journalistes et organisations chrétiennes s’efforcent depuis des années d’alerter la communauté internationale sur le massacre des chrétiens au Nigéria. Un long rapport intitulé « Le génocide au ralenti des chrétiens du Nigéria » pour The European Conservative date de 2021. Certains se souviendront peut-être également des enlèvements massifs d’écolières chrétiennes par Boko Haram et des horreurs qu’elles ont subies de la part de leurs ravisseurs islamistes. Certaines sont toujours portées disparues.
La BBC, dans son reportage sur les propos de Trump, a rapporté que « les groupes de surveillance des violences affirment qu’il n’existe aucune preuve suggérant que les chrétiens soient tués plus souvent que les musulmans au Nigeria, pays où la population est répartie de manière à peu près égale entre les adeptes des deux religions ». Ce point de vue n’est guère surprenant, étant donné que la BBC avait justement consacré un article à l’un des principaux groupes responsables de massacres de chrétiens, les Peuls, en 2021, sous le titre : « Les bergers branchés du Nigeria : les Peuls originaux ». Cet article ne faisait qu’une brève mention de la propension des Peuls à attaquer les chrétiens et à incendier des églises.
En réalité, un simple examen des reportages en provenance du Nigéria au cours de l’année écoulée montre clairement que, contrairement à ce qu’affirme la BBC, les chrétiens sont systématiquement pris pour cible, enlevés et tués. Au total, 7 800 chrétiens avaient été enlevés en août.
« Plus de 7 000 chrétiens ont été tués au Nigéria durant les 220 premiers jours de 2025, selon une organisation de défense des droits humains », rapportait récemment Newsweek . « Cela représente en moyenne 35 meurtres par jour, d’après un rapport publié par l’ONG nigériane de défense des droits humains Intersociety (Société internationale pour les libertés civiles et l’État de droit)… Ces violences ont déplacé au moins 12 millions de chrétiens depuis 2009, année qui a marqué le début de l’insurrection de Boko Haram visant à établir un califat au Nigéria et dans l’ensemble du Sahel. »
Depuis 2009, ce groupe estime que 125 000 chrétiens et 60 000 musulmans libéraux ont été tués. Affirmer que chrétiens et musulmans sont tués en nombre « à peu près égal » est totalement faux ; si les médias avancent cette affirmation, c’est précisément pour masquer la réalité de la situation sur le terrain. En effet, nombre d’entre eux ont maintes fois imputé les attaques islamistes contre les chrétiens au changement climatique, insistant sur le fait que ces massacres sont avant tout des conflits pastoraux liés aux pâturages, et non motivés par des raisons religieuses ou idéologiques.
Malgré cela, la BBC est allée jusqu’à affirmer que
« Trump avait précédemment annoncé avoir déclaré le Nigéria “pays particulièrement préoccupant” en raison de la “menace existentielle” qui pèse sur sa population chrétienne. Il a déclaré que des “milliers” de personnes avaient été tuées, sans fournir la moindre preuve. »
La BBC aurait pu trouver ces preuves en effectuant une simple recherche en ligne, et je soupçonne qu’elle a également la capacité de mener des entretiens sur le terrain.
Que l’administration Trump mette ou non sa menace à exécution, ses propos en défense des chrétiens du Nigeria ont eu un impact immédiat. « La menace de Trump a semé l’inquiétude au Nigeria », a noté la BBC. « Sur les réseaux sociaux, nombreux sont ceux qui ont exhorté le gouvernement à intensifier sa lutte contre les groupes islamistes afin d’éviter l’envoi de troupes étrangères dans le pays. » Les porte-parole du gouvernement se sont empressés d’assurer à la presse internationale que la lutte contre les violences islamistes était une priorité absolue.
« Alors que les chrétiens n’étaient autrefois vulnérables que dans les États du nord à majorité musulmane, ces violences continuent de s’étendre à la région du Centre et même plus au sud », a récemment constaté Portes Ouvertes, qui surveille la persécution des chrétiens dans le monde .
« Les attaques sont d’une brutalité effroyable. De nombreux croyants sont tués, notamment des hommes, tandis que les femmes sont souvent enlevées et victimes de violences sexuelles. C’est au Nigéria que l’on compte le plus grand nombre de croyants tués en raison de leur foi au monde. »
« Ces militants détruisent également des maisons, des églises et des moyens de subsistance. Plus de 16,2 millions de chrétiens en Afrique subsaharienne, dont un grand nombre au Nigéria, ont été chassés de leurs foyers par la violence et les conflits. Des millions vivent désormais dans des camps de déplacés. »
Mark Houck, militant pro-vie visé par une perquisition du FBI, remercie le cardinal Müller pour son soutien
Le samedi 1er novembre, solennité de la Toussaint, le cardinal Gerhard Müller a célébré une messe au sanctuaire Notre-Dame de Czestochowa à Philadelphie, en Pennsylvanie, pour Mark Houck, en remerciement de son acquittement des accusations qui avaient conduit à un raid du FBI en septembre 2022.
Lors de ce raid, des agents du FBI ont arrêté Houck sous la menace d’une arme, devant sa femme et ses sept enfants, qui se trouvaient dans la maison familiale. Le cardinal Müller a rendu visite à la famille Houck le 12 octobre 2022. Houck et sa famille avaient été perquisitionnés au motif que Houck avait repoussé une escorte pro-avortement qui harcelait son fils, que le père tentait simplement de « protéger ».
Houck a été acquitté de deux chefs d’accusation de crime après qu’il a été établi qu’il n’avait pas enfreint la loi sur la liberté d’accès aux entrées des cliniques (FACE).
Après la messe, Houck a parlé du cardinal Müller :
« Quelques semaines après cette épreuve [le raid du FBI] qui nous était imposée – je ne sais pas comment il l’a su, mais il l’a su – il est venu chez nous, il a béni nos enfants. Il a réclamé notre maison pour notre famille au nom de Jésus. Et ensuite ? À l’église, en tant que prêtre, il nous a réconfortés. Il nous a fortifiés. Il a pris soin de nous pastoralement. » « Et ma femme et moi nous sommes dit : ne serait-il pas juste de le ramener parmi nous ? »
Au terme d’un parcours judiciaire qui a abouti à l’acquittement de Houck, les Houck ont invité le cardinal Müller chez eux et ont souhaité le remercier publiquement.
Houck a également souligné la présence de l’évêque Joseph Coffey à la messe, le qualifiant d’« ami cher » et le remerciant de son soutien. « Il a été le premier évêque à nous contacter ».
L’autre évêque qui avait pris contact à l’époque, en 2022, était Mgr Joseph Strickland, qui avait été invité mais n’avait pas pu assister à la messe.
Brian Brown, un des soutiens de Mark Houck, a publié sur Instagram une courte vidéo du cardinal Müller bénissant les enfants de la famille Houck et a écrit :
Lors de la messe d’action de grâce pour la liberté du héros pro-vie Mark Houck, célébrée au sanctuaire Notre-Dame de Czestochowa par le cardinal Müller et l’évêque Coffey, j’ai eu la joie d’accompagner le cardinal Müller auprès de Mark Houck et de sa famille après son arrestation et son raid injustes menés par le FBI sous l’administration Biden en 2022. Je suis si heureux que Mark ait été reconnu innocent et soit libre, et que le cardinal Müller ait pu revenir en Pennsylvanie trois ans plus tard pour célébrer son acquittement.
Après son acquittement début 2023, Houck a tenté en 2024 de poursuivre le ministère de la Justice pour le préjudice subi par sa famille et lui-même, et de défendre les droits civiques des militants pro-vie. Cependant, l’affaire a été classée sans suite début 2025.
“Je crois profondément au dialogue et à la confrontation d’idées, et je déplore le cloisonnement intellectuel”
À l’occasion des 10 ans du Congrès Mission, Academia Christiana devait tenir un stand, mais une polémique née dans le journal Libération a poussé les organisateurs à congédier cette organisation catholique. Alors que le catholicisme connaît un léger renouveau avec une augmentation du nombre de baptêmes d’adultes et l’organisation croissante de pèlerinages, l’épisode témoigne de tensions persistantes dans l’Église. Alors, sommes-nous vraiment tous « Fratelli tutti » ? Pour Liberté politique, Olivier Frèrejacques a interrogé le président d’Academia Christiana, Victor Aubert :
Quand a été créée Academia Christiana et quel est le but de cette organisation ?
Nous sommes des enfants de « La Manif pour tous ». À l’époque étudiants, certains convertis, d’autres nés dans des familles chrétiennes, nous prenions conscience du fait que les catholiques, ayant déserté l’espace public, avaient perdu toute influence dans le débat public. Nous avons donc créé Academia Christiana en 2013 pour inviter notre génération et les suivantes à s’engager au service du bien commun, en assumant notre foi.
Vos détracteurs dénoncent une porosité avec ce qu’ils nomment la « nouvelle droite ». Qu’est-ce que cette « nouvelle droite » et que leur répondez-vous ?
La « Nouvelle Droite » est née dans les années 1970, c’est avant tout un mouvement intellectuel qui s’attache à défendre la civilisation européenne, à critiquer le capitalisme et l’influence américaine, mais qui considère le christianisme comme responsable du déclin de l’Occident, et propose donc un retour au paganisme. Il est vrai que nous avons toujours voulu être un lieu de rassemblement et de dialogue, et donc que nous avons, à plusieurs reprises, invité des figures intellectuelles de la Nouvelle Droite pour s’exprimer sur des sujets politiques, entourés aussi évidemment d’intervenants issus des sphères catholiques. Notre volonté n’était pas de subvertir la jeunesse chrétienne avec des idées païennes, mais d’engager un débat, plutôt que de s’ostraciser mutuellement. À titre personnel, je crois profondément au dialogue et à la confrontation d’idées, et je déplore le cloisonnement intellectuel, surtout à « droite ».
S’agit-il d’un conflit de génération ?
En effet, notre génération n’a pas vécu certains combats, mais surtout elle a été confrontée beaucoup plus tôt aux nouveaux enjeux qui touchent notre pays, à commencer par les tensions ethniques, culturelles et religieuses, mais aussi la précarisation, la faiblesse du marché du travail et la crise de la transmission. La figure des « déshérités », dépeints par François-Xavier Bellamy, illustre parfaitement la situation des jeunes générations. Nous n’avons rien reçu, ni à l’école, ni à l’Église, et l’islam représente une altérité qui nous renvoie à notre déracinement. Voilà pourquoi une partie de la jeunesse française d’aujourd’hui cherche dans le vide spirituel ambiant une religion de substitution qu’elle place dans l’amour de la France.
Vous êtes évincés du Congrès Mission : comment avez-vous pris cette décision ?
Suite à un article totalement diffamatoire paru dans Libération, le Congrès Mission a pris peur et nous a demandé de renoncer à tenir un stand pour éviter la polémique. Dans le fond, cette affaire ne nuit pas outre mesure à notre travail auprès de la jeunesse. Nous n’avons pas attendu d’aller au Congrès Mission pour toucher plusieurs milliers de jeunes à travers nos événements chaque année. Néanmoins, cette affaire est révélatrice d’un malaise dans l’Église. D’une part, on peut constater, encore une fois, que la sidération que provoque Libération chez la droite républicaine est la même dans les rangs des catholiques conservateurs. Si Libé grogne, ils sont terrorisés et ne veulent surtout pas être amalgamés à une prétendue extrême droite. Qu’avons-nous fait du fameux « n’ayez pas peur » ?
D’autre part, on peut déplorer aussi une sorte de néo-pharisaïsme, à l’œuvre dans l’Église : les convertis qui viennent de la France périphérique sont d’abord tombés amoureux de la France avant de tomber amoureux du christianisme, puis du Christ. Mais ce sont des infréquentables, ils votent RN, ce sont des beaufs qu’on caricature facilement comme des débiles haineux et racistes. Et s’ils se convertissent, ils resteront toujours suspects aux yeux de ceux qui ont acquis une position de notables respectables dans l’Église. On mettra en doute leur sincérité et on leur reprochera d’instrumentaliser la foi à des fins politiques et d’alimenter « l’extrême droite ». Tout cela, malheureusement, renforce les fractures au sein de l’Église de France et entretient le dialogue de sourds.
Que diriez-vous à vos détracteurs au sein de l’Église ?
Nous parlons à une jeunesse que l’Église de France ne parvient pas à toucher, c’est-à-dire ces fameux « déshérités ». Academia Christiana n’est ni un mouvement, ni un parti politique, mais d’abord un institut de formation. Notre rôle est donc à la fois d’aiguiller la jeunesse catholique vers des engagements dans la vie publique, mais aussi de parler à cette jeunesse qualifiée par Libération d’« identitaire », afin de répondre à ses questionnements spirituels. Évidemment, cela implique de mettre les mains dans le cambouis, d’oser parler avec ceux que les médias parisiens, politiquement corrects, désignent comme des infréquentables. Mais venez et voyez, osez sortir de l’entre-soi, vous serez surpris de constater que cette jeunesse a réellement soif de Dieu et qu’elle est souvent très éloignée des caricatures que l’on fait d’elle. Osez nous rencontrer et dialoguer avec nous, nous sommes aussi prêts à écouter vos conseils.
Quels sont les projets d’AC pour les mois et les années à venir ?
Nous vivons une phase de développement qui a parfois tendance à nous dépasser, puisque nous avons créé l’an dernier le label « Communitas Christiana » qui permet de créer, dans sa région, un petit cercle local autour des 5 piliers de l’éducation intégrale que nous promouvons : les mains (redécouverte des savoir-faire manuels), le corps (sport et hygiène de vie), la tête (formation philosophique, historique et littéraire), le cœur (sens du service) et l’âme (pèlerinages et vie spirituelle). Nous recevons des demandes de partout : Toulouse, Lyon, Paris, Versailles, Bordeaux, Vannes, Tarbes, Clermont-Ferrand, Brive-la-Gaillarde… et nous espérons pouvoir recruter une équipe de permanents pour accompagner ce développement. Nous organisons aussi, au cours de l’année, un « Congrès du Bien Commun » à Paris qui aura pour thème en 2026 : « Le monde qui vient : enjeux, périls et motifs d’espérance », ainsi que deux universités d’été en Provence et en Anjou auxquelles vos lecteurs sont les bienvenus.
Marie Co-Rédemptrice : fidélité au Calvaire
La récente note Mater populi fidelis invite à ne plus employer le titre de « Co-Rédemptrice ». On comprend l’intention d’éviter toute confusion. Mais l’Église ne progresse jamais en renonçant aux vérités reçues de la Tradition. Il ne s’agit pas ici d’une dévotion secondaire, mais d’un regard sur la Croix elle-même : comment Dieu a-t-Il voulu accomplir le Salut ? Et quelle place a tenue la Vierge dans cette œuvre unique ? Rappelons avec calme et certitude ce que l’Église a toujours enseigné.
Marie Co-Rédemptrice : ce que la Tradition affirme
La note doctrinale Mater populi fidelis, publiée le 4 novembre et approuvée par le pape Léon XIV, recommande de ne plus employer le titre de « Co-Rédemptrice », par crainte « d’obscurcir l’unique médiation salvifique du Christ ». Le cardinal Víctor Manuel Fernández et Mgr Armando Matteo proposent ainsi une clarification pastorale.
Nous accueillons cette note avec respect. Mais pour la vérité et la paix des consciences, rappelons sereinement l’enseignement constant de la Tradition. Car la véritable piété mariale jaillit de la contemplation de l’Incarnation et du Calvaire. Et c’est précisément là que se fonde le titre de Marie Co-Rédemptrice.
Le Christ est l’unique Rédempteur
La foi catholique affirme que seul le Christ sauve :
« Il y a un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus. »
(1 Tm 2, 5)
Jésus est Rédempteur par nature, car Il est le Verbe incarné, Prêtre et Victime. Aucune créature ne partage sa dignité divine ni son pouvoir rédempteur.
La question est donc : Dieu a-t-Il voulu associer une créature à l’offrande rédemptrice du Christ ?
La Tradition répond : oui.
« Par l’obéissance de la Vierge, le genre humain a été délié de la chaîne du péché. »
Saint Irénée, Adversus Haereses, III, 22.
« Elle offrit son Fils sur l’autel de la Croix, participant à l’œuvre du salut. »
Saint Bernard, Sermon sur la Vierge Mère, 14.« La Bienheureuse Vierge a coopéré à l’œuvre de la rédemption par un mérite de convenance. »
Saint Thomas d’Aquin, ST III, q. 48, a. 1, ad 3.
La voix constante des papes
Marie coopère non par puissance, mais par amour et offrande.
« Nul n’a coopéré autant qu’elle à la rédemption du genre humain. »
Léon XIII, Iucunda Semper, 1894.
« On peut dire qu’elle a racheté le genre humain avec le Christ. »
Saint Pie X, Ad Diem Illum, 1904.
« Elle a racheté le genre humain avec le Christ. »
Benoît XV, Inter Sodalicia, 1918.
Nous sommes ici dans l’enseignement ordinaire, sûr et répété.
Le cœur du mystère
« Stabat Mater juxta crucem » (Jn 19, 25)
La Mère n’est pas spectatrice : elle est unie au Sacrifice. Son cœur s’offre avec le Cœur du Fils.
Là où se tient la Sainte Église de Dieu
Confesser Marie Co-Rédemptrice, ce n’est ni égaler la Vierge au Christ ni multiplier les médiations. C’est reconnaître la manière même dont Dieu a voulu sauver le monde.
Là où se tient le Rédempteur, se tient la Mère : sans confusion, mais sans distance.
Nous gardons donc ce titre, non par attachement polémique, mais par fidélité reconnaissante au Calvaire.
Avec gratitude, fidélité et paix.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Il est interdit de critiquer l’immigration. En revanche l’Eglise, pas de souci…
Alors qu’à Moissac, le procureur a décidé de ne pas poursuivre l’islamiste provocateur, dans le Maine et Loire, Jean-Eudes Gannat est en garde à vue, suspecté d’« incitation à la haine raciale » pour avoir filmé des « réfugiés afghans » à Segré (49). Il sera jugé en comparution immédiate.
Voici l’objet du délit :
CONVOQUÉ À LA DEMANDE DU PARQUET dès cet après-midi pour cette vidéo anodine postée hier soir sur Tiktok. Possiblement pour une garde à vue d’après mon interlocuteur.
Décrire le réel est interdit !
Puisque la vérité dérange, je vous demande de la faire tourner au maximum et me… pic.twitter.com/1UTXx135zV
— Jean Eudes Gannat 🐝 (@gannat_JEG) November 5, 2025
Les lois sur l’euthanasie se heurtent aux libertés de conscience et de religion
Tribune de Grégor Puppinck, Juriste, directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), dans La Croix à propos de la proposition de loi sur la fin de vie, qui porte une atteinte considérable à la liberté des établissements confessionnels :
La proposition de loi relative au « droit à l’aide à mourir », telle qu’adoptée par l’Assemblée, porte une atteinte considérable à la liberté des établissements confessionnels. Si elle était définitivement, aucune législation au monde ne serait aussi sévère, en prévoyant expressément l’obligation pour tout établissement d’accueillir au son sein l’euthanasie et le suicide assisté. Cette obligation s’appliquerait à tous les établissements de santé et médico-sociaux, publics comme privés, financés ou non par l’argent public.
Par ailleurs, aucun autre texte au monde ne serait aussi répressif. La proposition de loi prévoit que les responsables de maisons de retraite ou d’établissements de santé qui refuseraient la pratique de l’euthanasie et du suicide assisté au sein de leurs établissements se rendraient coupables de délit d’entrave et seraient passibles à ce titre de deux ans de prison et de 30 000 € d’amende. Un établissement qui refuserait ces pratiques s’exposerait en outre aux sanctions de l’Agence régionale de santé (ARS).
Certes, le texte reconnaît le droit à l’objection de conscience des médecins et du personnel de santé face à l’euthanasie et au suicide assisté. Mais elle ignore volontairement la liberté des établissements de refuser ces pratiques en leur sein.
Or cette liberté est essentielle, en particulier pour les établissements confessionnels fondés et dirigés par des congrégations religieuses. Sans le respect de cette liberté, ces établissements seraient obligés d’agir contre leurs convictions religieuses, et leur raison d’être. Ce serait une grave injustice et une atteinte à leur liberté religieuse.
Certains pays l’ont bien compris. C’est le cas des États-Unis où les États fédérés concernés protègent explicitement le droit de tout établissement de refuser la pratique du suicide assisté.
La législation de l’Oregon a d’ailleurs inspiré une résolution de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe de 2010 affirmant que
« nul hôpital, établissement ou personne ne peut faire l’objet de pressions, être tenu responsable ou subir des discriminations d’aucune sorte pour son refus de réaliser, d’accueillir ou d’assister (…) une euthanasie (…), quelles qu’en soient les raisons ».
C’est aussi le cas des Pays-Bas, où l’euthanasie a été dépénalisée en 2002, mais sans constituer un « droit » individuel. Dès lors, aucun établissement n’est tenu d’y procéder. De même, en Nouvelle-Zélande, la Haute Cour a jugé que la loi « n’oblige pas les hospices ou autres organisations à fournir des services d’aide à mourir. Ils ont le droit de choisir de ne pas fournir ces services. » Le gouvernement ne peut pas contraindre, ni sanctionner financièrement, des établissements refusant cette pratique. Dans ces pays, il est suffisant de permettre le transfert vers d’autres établissements des patients désirant mourir.
Dans d’autres pays, en revanche, la liberté des établissements est moins explicitement garantie. Au Portugal, par exemple, la loi de mai 2023 est silencieuse sur la liberté des établissements. Cela a conduit la Conférence des évêques à réclamer cette liberté dans une lettre pastorale du 1er mai 2025. Les évêques y soulignent que « la liberté de conscience a aussi une dimension communautaire et institutionnelle. Une institution fondée sur une éthique (comme un hôpital catholique) ne devrait pas être contrainte à pratiquer des actes contraires à son identité éthique fondatrice ». La situation est encore incertaine.
En Espagne, la situation est aussi confuse. Alors que l’euthanasie a été légalisée en 2021, de grands établissements catholiques ont déclaré refuser d’accueillir cette pratique, après que le tribunal constitutionnel a validé la loi en mars 2022.
En Suisse, la situation varie selon les cantons. Dans celui de Neuchâtel par exemple, seuls les établissements financés par l’État ont alors l’obligation d’accueillir les organisations d’aide au suicide, mais uniquement lorsqu’il est impossible de déplacer ou de renvoyer chez elles les personnes désirant mourir. Cette « solution » fut acceptée par le tribunal fédéral le 13 septembre 2016 au motif qu’un tel établissement peut encore se soustraire à l’obligation litigieuse en renonçant à son financement public.
Dans un troisième groupe de pays, enfin, l’accès à l’euthanasie est devenu une arme, utilisée contre les établissements catholiques pour les obliger à renoncer à leurs valeurs. C’est le cas de la Belgique et du Canada.
Alors que le silence de la loi belge de 2002 sur cette question permettait aux établissements confessionnels d’éviter la pratique de l’euthanasie et du suicide assisté, une loi de 2020 est venue leur interdire de demander à leurs employés de ne pas réaliser ces pratiques en leur sein. Au même moment, 15 hôpitaux psychiatriques des Frères de la Charité ont perdu leur caractère catholique, sur décision du Vatican, pour avoir accepté l’euthanasie.
Au Canada, la situation est tendue. Alors que « l’aide à mourir » a été légalisée en 2016, une juge de la Cour supérieure du Québec a jugé le 1er mars 2024 que le droit à l’euthanasie prime sur la liberté de religion des établissements catholiques. Saisie en référé par l’archevêque de Montréal, Christian Lépine, elle a dénié à la Maison St-Raphaël, un centre de soins palliatifs installé dans une ancienne église, le droit de refuser « temporairement » d’accueillir la pratique de la mort volontaire en son sein, le temps que l’affaire soit jugée sur le fond. L’affaire serait encore pendante.
En Colombie-Britannique, le Home Irene Thomas, un autre établissement qui accueillait des personnes en fin de vie, a perdu son financement public, soit 94 % de son budget, en raison de son refus de l’euthanasie. Quant au grand hôpital Saint-Paul de Vancouver, également en Colombie-Britannique, il est actuellement poursuivi en justice. Il lui est reproché de refuser l’euthanasie alors qu’il est financé par l’État, après avoir transféré un patient désireux de mourir dans un autre établissement acceptant l’euthanasie.
Les lois sur l’euthanasie sont relativement récentes, et elles se heurtent aux droits anciens que sont les libertés de conscience et de religion. Les législateurs feraient bien de regarder la jurisprudence des Comités des Nations unies et de la Cour européenne des droits de l’homme, qui reconnaissent la liberté des établissements confessionnels et protègent leur « autonomie ».
Les gouvernements américain et européens s’affrontent au sujet de la censure dans une résolution de l’ONU
Une résolution actuellement débattue à l’Assemblée générale de l’ONU inclut la lutte contre la désinformation et les discours de haine. L’administration Trump considère cette résolution comme une incitation à la censure. Cette formulation avait initialement été ajoutée aux résolutions de l’ONU avec le soutien de l’administration Biden.
Les Européens et d’autres gouvernements occidentaux soutiennent ce texte sur la censure. La résolution engage les gouvernements et les agences internationales à imposer des normes de censure à toutes les plateformes technologiques et à concevoir l’intelligence artificielle de manière à ce qu’elle ne produise que des résultats politiquement corrects sur des sujets tels que le genre, le climat et les migrations.
Même si l’administration Trump a réalisé des progrès dans le démantèlement du complexe de la censure aux États-Unis, il reste encore beaucoup à faire pour mettre fin aux efforts de censure à l’échelle mondiale.
Les programmes internationaux de censure continuent d’être mis en œuvre sous l’égide d’accords de l’ONU précédemment soutenus par l’administration Biden, notamment le Pacte pour l’avenir, le Pacte numérique mondial et plusieurs résolutions de l’ONU, dont une résolution sur les droits de l’homme et les technologies numériques qui est en cours de renégociation et devrait être adoptée dès la semaine prochaine.
La résolution sur les droits humains et les technologies numériques appelle les entreprises technologiques à concevoir les médias sociaux et l’intelligence artificielle de manière à éviter que « les algorithmes et les systèmes de classement n’amplifient la désinformation et les discours de haine », et les exhorte à adopter des « politiques de contenu et de publicité visant à lutter contre la désinformation ». La résolution proposée stipule que les États ont la responsabilité d’adopter des lois sur la censure qui « contrent la diffusion de la désinformation, laquelle peut être conçue et mise en œuvre de manière à induire en erreur, à violer et à bafouer les droits humains ». Elle exige également des gouvernements qu’ils collaborent avec les Nations Unies, les entreprises technologiques et le monde universitaire à la mise en place d’un dispositif de censure complet.
Le langage de la résolution est très proche du système de censure élaboré de l’Union européenne. La directive européenne sur les services numériques et la directive européenne sur l’intelligence artificielle régissent la censure en Europe. Ces lois européennes obligent les entreprises technologiques à censurer toute opinion qui remet en cause les priorités politiques de la Commission européenne en matière de climat, d’égalité des sexes et de migration. Les outils de censure comprennent la modération des contenus, la démonétisation, la vérification des faits et la contre-information.
L’administration Trump a critiqué à plusieurs reprises ce système de censure en raison de son impact potentiel sur les Américains et les entreprises technologiques américaines. L’été dernier, Reuters a rapporté que l’administration envisageait même des sanctions contre les responsables européens chargés de l’application des lois draconiennes de l’UE en matière de censure.
Les politiques de modération des contenus inscrites dans la directive européenne sur les services numériques et les politiques de l’ONU en matière d’intégrité de l’information sont similaires à celles utilisées par l’administration Biden pour censurer les Américains jusqu’à très récemment. Selon les informations révélées par la sous-commission spéciale de la Chambre des représentants sur l’instrumentalisation du gouvernement fédéral, des dizaines de millions d’Américains ont été censurés pour avoir partagé des opinions jugées politiquement défavorables à l’administration Biden.
Parmi les opinions censurées figuraient les critiques formulées à l’encontre de Biden lors de l’élection présidentielle américaine de 2020 et les inquiétudes concernant le bien-fondé des politiques relatives à la COVID-19, notamment l’obligation vaccinale. Le système de censure mis en place par l’administration Biden comprenait des pressions directes sur les réseaux sociaux pour censurer les Américains, ainsi qu’une censure indirecte via les agences de notation, les agences de publicité et les partenariats entre entreprises technologiques et universités. Ces politiques de censure ont finalement conduit à l’exclusion de Donald Trump de toutes les principales plateformes de médias sociaux en janvier 2020.
Un fond européen pour financer l’avortement
La commission des Droits de la femme du Parlement européen a voté par 26 voix contre 12 en faveur de la création d’un mécanisme permettant « d’aider les femmes contraintes de se rendre à l’étranger pour interrompre leur grossesse ».
Le Parlement européen votera en décembre une résolution sur le sujet. Laquelle sera transmise à la Commission.
S’il faut exclure de l’enseignement de l’Eglise des expressions susceptibles d’interprétations fausses, il y a du ménage à faire dans le Concile
Réagissant au récent texte du Dicastère de la Doctrine de la Foi, l’abbé Nicolas Cadiet (FSSPX) ironise :
On est ravi d’apprendre qu’il faut exclure de l’enseignement de l’Eglise des expressions susceptibles d’interprétations fausses. Pourrions-nous à ce propos suggérer une révision – assez complète – du Concile Vatican II ? Les théologiens romains peuvent compter sur une vaste documentation accumulée depuis 60 ans. Mais peut-être y a‑t-il des inopportunités plus opportunes que d’autres !
De son côté, La Bussola juge que le Vatican entretient plus de confusion, alors que le cardinal Newman, qui soutenait le titre de Marie Corédemptrice, a été fait Docteur de l’Eglise samedi dernier :
Le mardi 4 novembre, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a publié une Note Doctrinale de 80 paragraphes, approuvée par le pape Léon XIV, dans laquelle il est expliqué que « compte tenu de la nécessité d’expliquer le rôle subordonné de Marie au Christ dans l’œuvre de la Rédemption, il est toujours inapproprié d’utiliser le titre de Corédemptrice pour définir la coopération de Marie » (§ 22, italiques dans le texte). Toujours inapproprié, nous dit le Dicastère ; du moins pour les lecteurs des principales langues dans lesquelles le document a été publié, car le texte anglais se limite à « il ne serait pas approprié », omettant l’adverbe et préférant le conditionnel. Mais puisque quelqu’un a dû décider que les documents originaux de l’Église ne devaient plus être écrits en latin, il est laissé au choix du lecteur quant à la version à privilégier.
Trois jours plus tôt seulement, le samedi 1er novembre, Léon XIV avait proclamé saint John Henry Newman Docteur de l’Église. Un détail important : Newman était parmi ceux qui avaient défendu la possibilité d’utiliser le titre de Corédemptrice. La proclamation du dogme de l’Immaculée Conception (1854) avait troublé, entre autres, le monde anglican. Edward B. Pusey, ami et compagnon de John Henry Newman au sein du Mouvement d’Oxford, formula les objections du monde anglican dans son Eirenicon, auquel Newman répondit par la célèbre Lettre au révérend E.B. Pusey au sujet de son récent Eirenicon, qui constitue son traité mariologique par excellence. Pusey déplorait que la corédemption ne soit pas affirmée « dans des passages isolés d’un auteur de dévotion […], mais dans les réponses officielles adressées par les archevêques et les évêques au pape concernant leurs souhaits quant à la déclaration de l’Immaculée Conception comme article de foi » ( An Eirenicon , Londres, 1865, p. 151-152). Et il ajouta avec déception que « cette doctrine, à laquelle il est fait allusion ici, est développée par les théologiens catholiques romains de toutes les écoles ».
Newman était parfaitement conscient de la connaissance approfondie que Pusey avait de l’enseignement des Pères de l’Église. Il fut donc surpris de pouvoir accuser le monde catholique d’une « quasi-idolâtrie » envers la Vierge Marie, en raison de l’abondance de titres honorifiques et de la densité théologique qui lui sont attribués, car c’était précisément l’« Église indivise », à laquelle Pusey faisait appel, qui se montrait si généreuse en titres mariaux. « Quand on voit que vous, avec les Pères, donnez à Marie les titres de Mère de Dieu, Seconde Ève et Mère de tous les vivants, Mère de la Vie, Étoile du Matin, Nouveau Ciel Mystique, Sceptre de l’Orthodoxie, Mère Immaculée de Sainteté, et autres, on pourrait interpréter vos protestations contre ceux qui lui donnent les titres de Corédemptrice et de Grande Prêtresse comme une maigre compensation pour de tels propos. »
Newman n’aurait jamais imaginé qu’un jour il devrait défendre le titre de Corédemptrice non pas devant un anglican, mais devant le préfet de l’ancien Saint-Office. Rien de moins. La raison pour laquelle le Dicastère supprime le titre de Corédemptrice est son potentiel à engendrer « confusion et déséquilibre dans l’harmonie des vérités de la foi chrétienne, car “il n’y a de salut en aucun autre, car il n’y a sous le ciel aucun autre nom donné parmi les hommes par lequel nous devions être sauvés” » ( Actes 4, 12). Et encore : « le danger d’obscurcir le rôle exclusif de Jésus-Christ […] ne serait pas un véritable honneur pour la Mère ». Ces affirmations ne sont pas originales, puisqu’elles sont typiques des objections protestantes, mais sont certainement très curieuses dans un document officiel qui vise à répondre à des questions qui « suscitent fréquemment des doutes chez les fidèles les plus simples » ; car, à l’époque de l’administration Fernández, les Notes doctrinales n’ont plus pour but de clarifier ce qui pourrait paraître confus, mais d’obscurcir ce qui était déjà clair.
Logiquement, si un terme désormais largement employé – non seulement dans la dévotion des fidèles, mais aussi dans les interventions papales et épiscopales et dans les documents officiels de l’Église (pensons aux deux décrets du Saint-Office de 1913 et 1914) – est mal compris et non conforme à la doctrine, le Saint-Siège intervient pour clarifier et confirmer, et non pour alimenter la confusion et rejeter un titre déjà établi sur le plan théologique et magistériel.
Car quiconque possède une connaissance même minimale de l’évolution de la réflexion théologique sur la corédemption mariale et de ses clarifications fondamentales sait pertinemment qu’elle ne soutient ni une rédemption parallèle à celle du Christ, ni une nécessité absolue de la collaboration mariale (de condigno) ni que la Vierge Marie n’ait eu besoin d’être rachetée par le Verbe incarné, son Fils, ni que la Rédemption soit acquise. Autant de points déjà largement établis, mais que Tucho et ses collègues persistent à présenter comme sources de confusion et de danger.
La note va même jusqu’à avancer un critère, tiré de nulle part, qui serait tout simplement risible s’il ne figurait pas tragiquement dans un document officiel du Saint-Siège : « Lorsqu’une expression requiert des explications nombreuses et continues pour éviter qu’elle ne s’écarte de son sens correct, elle ne sert pas la foi du Peuple de Dieu et devient inappropriée . » Il convient de demander au cardinal Fernández et à Mgr Matteo s’ils croient réellement ce qu’ils écrivent ; car, suivant ce principe, il faudrait abroger pratiquement tous les dogmes mariaux. Et ce n’est pas tout. Le titre de Théotokos n’a-t-il jamais exigé – et exige-t-il toujours – de telles explications ? Le dogme de l’Immaculée Conception ne nécessite-t-il pas d’être constamment expliqué pour éviter de penser que la Vierge Marie est exemptée de la rédemption du Christ ? Les formulations du dogme trinitaire ou christologique n’exigent-elles pas elles aussi de « nombreuses et continues explications » ? Seraient-elles pour autant « inappropriées » et nuisibles à la foi du Peuple de Dieu ? Le principe énoncé par cette note sonne le glas de toute définition dogmatique et de la théologie elle-même.
La présentation de l’histoire de la doctrine de la corédemption est totalement erronée. L’extraordinaire contribution de nombreux saints et théologiens est balayée d’un revers de main en un seul paragraphe (§ 17), signe évident que l’intention de cette note n’était certainement pas de faire le point sur la situation, mais de s’attaquer à la corédemption. Un autre mépris se manifeste dans la maigre mention de l’enseignement des pontifes, en particulier celui de saint Jean-Paul II, avant de consacrer deux longs paragraphes à la position de Ratzinger (alors cardinal).
La raison de ce choix est facile à comprendre : Ratzinger, de concert avec le pape François, auquel l’intégralité du paragraphe 21 est dédiée, serait l’ autorité compétente pour affirmer que le titre de Corédemptrice est inapproprié. À y regarder de plus près, dans son vote de 1996, en tant que préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Ratzinger ne rejetait pas le titre, mais estimait que la réflexion théologique n’était pas encore suffisamment mûre pour attribuer à la Vierge Marie le titre de Corédemptrice et Médiatrice ; son opposition à ce titre, cependant, se limite à une simple interview de 2002 (dans laquelle, entre autres, il se déclarait favorable à la doctrine sous-jacente, comme expression du fait que le Christ veut tout partager avec nous, même sa qualité de Rédempteur). Une opinion est privilégiée dans la Note plutôt que, par exemple, la présentation de l’enseignement plus systématique de Jean-Paul II sur la corédemption mariale ; le pontife polonais (comme ses prédécesseurs) n’avait pas hésité à employer à maintes reprises ce titre, que Tucho nous explique maintenant être inapproprié et malvenu. Jean-Paul II, de toute évidence, prenait plaisir à « obscurcir l’unique médiation salvifique du Christ ».
Une fois de plus, le cardinal Fernández se confirme comme un instigateur de doutes et d’erreurs, comme ce fut déjà le cas avec les réponses à certaines questions soulevées par Amoris Lætitia, avec la bénédiction des couples homosexuels , avec la peine de mort et la dignité humaine . Il aurait dû être le premier préfet à être démis de ses fonctions avec le nouveau pontificat, et au lieu de cela, nous le voyons enhardi à poursuivre son œuvre de confusion. Le mal a encore le temps de mettre à l’épreuve la patience divine et de tester la foi des chrétiens.
Haute Autorité de Santé : la quasi-totalité des experts choisis pour étudier la question trans étaient des militants transactivistes
Le Figaro vient de remporter son procès contre un militant LGBTQXYZ :
Victoire !
En couvrant le travail réalisé par la Haute Autorité de Santé sur la question trans, nous avions révélé dans Le Figaro que la quasi-totalité des experts choisis pour étudier le sujet étaient des militants transactivistes, et qu’une large part étaient eux-mêmes trans.… pic.twitter.com/MDTeLPg6Ui
— Paul Sugy (@PaulSugy) November 6, 2025
L’euthanasie examinée au Sénat en janvier
Le ministre chargé des Relations avec le Parlement vient d’annoncer que les propositions de loi sur la fin de vie seront examinées au Sénat à partir du 12 janvier. Face aux pressions du lobby pro euthanasie, il est essentiel de se former, de dialoguer et d’oser parler de la fin de vie.
🃏Comment ? Avec un outil de formation inédit et original créé par Alliance VITA : Fin de vie – Les cartes en main.
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🗣️ Vos retours sont précieux :
« Ces cartes permettent de poser des mots justes et percutants sans se lancer dans de grandes explications. »
« Cela nous a permis d’ajuster notre discours et d’oser s’exprimer face aux autres. »
I-Média : Macron la fin du dialogue démocratique ?
L’image de la semaine : L’insécurité, les voitures et les couteaux fous !
Alors que la France subit une nouvelle attaque à la voiture bélier sur l’île d’Oléron par un caucasien radicalisé et que le Royaume-Uni fait face à une attaque au couteau choquante dans un train, les médias ont écarté immédiatement la thèse terroriste.
Le dossier du jour : Macron, la politique du vide pour cacher la politique du pire !
Le président Emmanuel Macron annonce vouloir “lâcher le manche” sur la politique intérieure : assistons-nous à un abandon de poste ? Loin de là si l’on considère sa croisade contre les réseaux sociaux, pour organiser la censure du débat public.
Les pastilles de l’info :
– Audiences en chute libre du JT de France 2 : l’effet Salamé
– Jordan Bardella comparé à Hitler dans “C dans l’air”
– Le maire de New York, un démocrate musulman porté par la presse
– France Info = CNews ? Les contradictions médiatiques
– La “croissance française” : réalité ou manipulation ?
– Libération : un journal né avant la honte en perte de crédibilité !
Portrait piquant
Jean-Baptiste Marteau, le journaliste qui fait trembler les audiences
Les AFC à l’Assemblée sur la natalité : Investir dans la famille, c’est investir pour l’avenir
Communiqué des AFC :
Dans le cadre de la mission d’information sur les causes et les conséquences de la baisse de la natalité en France, la Confédération Nationale des AFC a été auditionnée le 6 novembre par les députés.
Les AFC alertent depuis plusieurs années sur la chute de la natalité et le danger que cela représente pour l’avenir de notre société.
Parmi les causes notoires qui ont considérablement impacté la natalité, le premier est d’ordre économique et directement lié aux mesures politiques défavorables aux familles touchant au quotient familial, aux prestations familiales et aux congés parentaux liés à l’arrivée d’un enfant. Le deuxième facteur est d’ordre sociétal : la crainte d’accueillir un enfant, la progression constante, depuis ces vingt dernières années, de la solitude et la diminution des perspectives d’avenir des jeunes ont également contribué à faire régresser le nombre de naissances.
A côté de ces causes objectives, la quasi-absence de valorisation de la famille, de messages d’estime envers les pères et les mères et d’encouragement à l’accueil de nouveaux enfants constitue une cause culturelle importante. Au cours de la crise du Covid, nous avons constaté que lorsque tout vacille, seule la famille tient bon. Pourtant, à l’issue de l’épidémie, nous n’en avons pas tiré les conséquences pour exprimer la gratitude de la nation envers les parents et les familles, cellules vitales de la société.
Par conséquent la baisse de la natalité met en danger le modèle social français qui repose sur la solidarité intergénérationnelle, fragilise nos perspectives économiques et affaiblit notre influence et notre rayonnement dans le monde sans répondre aux attentes des jeunes couples.
Alors que le désir d’enfants par Français est de 2,27 (sondage UNAF 2023), le nombre effectif d’enfants nés en 2024 était de 1,62 par femme. Force est de constater que les Français n’ont pas le nombre d’enfants qu’ils désirent.
Pour agir utilement sur la natalité des couples, il est impératif d’offrir aux familles les moyens et la liberté de s’organiser comme elles le souhaitent. Il est tout aussi important de valoriser les familles qui font le choix de mettre au monde et d’élever la nouvelle génération.
Investir dans la famille, c’est investir pour l’avenir.
15 novembre : Salon du livre de Noël en Vendée
Cher amis du Salon Beige,
Nous avons le plaisir de vous inviter le 15 novembre prochain à la Roche-sur-Yon au premier Salon du livre des écrivains de la « Vendée, Province de l’Esprit ».
«L’Esprit de la Vendée » c’est d’abord un ancrage profond dans l’histoire. En particulier l’histoire tourmentée et douloureuse des « Guerres de Vendée » qui a de fait concerné quatre départements du sud de la Loire, sans compter la chouannerie au nord du fleuve. L’histoire d’un peuple qui a voulu rester libre, attaché à ses traditions, à sa manière de vivre, à ses structures sociales séculaires. Et attaché viscéralement à sa foi, foi propre au peuple de Vendée, fortement renouvelée un siècle auparavant par Saint Louis-Marie Grignon de Montfort.
Histoire qui a forgé une résistance à une certaine modernité, humanisme débridé, hérité des « Lumières », qui a voulu construire un « homme libre », détaché de tous ses liens historiques, familiaux, sociaux, spirituels… Un homme en quelque sorte né de sa propre volonté !
Résistance toujours d’actualité, ne l’oublions pas. En 2008 Vincent Peillon, devenu ministre de l’Éducation nationale quatre ans après, écrivait sans pudeur dans son livre La Révolution française n’est pas terminée : « La Révolution française… est un commencement absolu, c’est la présence et l’incarnation d’un sens, d’une régénération et d’une expiation du peuple français. 1789, l’année sans pareille, est celle de l’engendrement par un brusque saut de l’histoire d’un homme nouveau… La révolution implique l’oubli total de ce qui précède la révolution. Et donc l’école a un rôle fondamental, puisque l’école doit dépouiller l’enfant de toutes ses attaches pré-républicaines pour l’élever jusqu’à devenir citoyen. »
Vaste programme !
Par anticipation, François Athanase Charette lui répondait deux siècles avant : ” Notre Patrie à nous, c’est nos villages, nos autels, nos tombeaux, tout ce que nos pères ont aimé avant nous. Notre Patrie, c’est notre Foi, notre terre, notre Roi… Mais leur Patrie à eux, qu’est-ce que c’est ? Vous le comprenez, vous ? Ils veulent détruire les coutumes, l’ordre, la tradition… Alors, qu’est-ce que cette Patrie narguante du passé, sans fidélité, sans amour ?… Et il est vieux comme le diable leur monde qu’ils disent nouveau et qu’ils veulent fonder dans l’absence de Dieu… Vieux comme le diable… Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu.”
Le 2 septembre 2023 nous avons marqué cet ancrage dans l’Histoire par une mémorable journée au Mont des Alouettes, commémorant les 200 ans de la demande de la duchesse d’Angoulême, fille de Louis XVI, pour ériger dans un esprit de réconciliation la Chapelle du Souvenir en mémoire de tous les combattants des guerres de Vendée.
« L’Esprit de la Vendée », c’est ensuite un ancrage profond dans le réel, une acceptation du réel, condition nécessaire pour préparer un avenir prometteur.
Le président du Conseil départemental de la Vendée, Alain Leboeuf, déclarait en 2023 aux étudiants de l’ICES : « La Vendée aurait pu s’enfermer dans une posture victimaire, avec des revendications ou des demandes de réparations… Mais elle a fait le choix de la résilience ; elle a fait le choix de la pulsion de vie ; de cette pulsion de création, d’entrepreneuriat ; elle a fait le choix de se retrousser les manches ; elle a fait le choix de chasser en meute ; elle a fait le choix de ne jamais tout attendre de Paris… ».
C’est un esprit de responsabilité individuelle tout autant que de sens collectif démontré par le développement heureux de nombreuses associations et entreprises. C’est un esprit attaché aux corps sociaux ancestraux en vue d’un bien commun, la famille, le métier, la paroisse, la commune, la région, et la nation, le plus vaste cercle communautaire garant de nos libertés. C’est un esprit impertinent, sans sectarisme, non-conformiste, fuyant toute idéologie, généreux, joyeux et enthousiaste, à l’image d’une jeune génération conquérante.
Nous avons souhaité par ce premier Salon du livre réunir des auteurs représentatifs de cette « Province de l’Esprit », qui déborde largement le cadre du département, décrivant chacun à leur manière l’histoire, la foi ou la pensée intellectuelle d’un peuple libre.
De plus nous avons la grande joie d’accueillir trois conférenciers qui ont chacun largement apporté leur pierre à cet esprit de la Vendée, à ce panache vendéen !
Venez nous rejoindre nombreux le 15 novembre prochain, et préparer ainsi avec des livres dédicacés de beaux cadeaux de Noël.
Semper Fidelis !
Le bureau Jubilé de la Vendée
https://jubiledelavendee.fr/
Liste des participants sur notre site : jubiledelavendee.fr
Vous y retrouverez également le reportage de notre mémorable journée au Mont des Alouettes : https://jubiledelavendee.fr/retrospective
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Dénatalité et atteintes à la vie, 2e partie
Retrouvez la première partie ici.
Cet article est tiré du numéro 301 de la revue de l’Action Familiale et Scolaire
Il est la suite du texte publié le 30/10/2025 sur le site de Renaissance catholique :
3. Société transformée
En France, les résultats du « choc de deux mondes » se manifestent aujourd’hui par divers constats. La baisse des naissances (1,67 enfant par femme), une fécondité hors mariage la plus élevée d’Europe (65,2 %), la diminution de la nuptialité, le mariage tardif qui fait qu’une femme attend en moyenne 31 ans pour avoir son premier enfant, l’explosion du divorce, de la monoparentalité et du célibat sont autant de constats qui caractérisent le tissu social français.
Les causes peuvent être en lien direct avec les personnalités : célibat égoïste ou pusillanimité, refus moral de s’engager, infantilisme réducteur de la vie aux distractions et aux loisirs, irréalisme idéologique…
Mais il ne faut pas négliger la force des institutions et des principes qui les inspirent. Ceux-ci sont par nature porteurs de références, de principes positifs ou négatifs, éducateurs d’attitudes morales ou instigateurs d’immoralité, générateurs de modes saines ou insanes. La société n’est jamais neutre, la neutralité n’existant que dans les propos électoralistes des politiciens : les principes et les institutions sont ce qu’en font les élites qui œuvrent dans tous les domaines. Ils impriment une forme à la société.
3.1. Un projet de société, non une vision
« L’individu n’est pas encore au pouvoir, mais déjà la société prend le pas sur la transcendance » (Dr Simon, p. 86).

Une (re)lecture du livre de Pierre Simon, 46 ans après sa parution, est riche de leçons pour comprendre les origines de ce qui a contribué à la situation actuelle de notre pays. L’ensemble de ses propos, loin d’être ceux d’un visionnaire, apparaissent bien comme les lignes directrices d’un projet dont nous voyons aujourd’hui l’aboutissement.
« La bataille de la contraception fut beaucoup plus longue[17] et pénible que la lutte pour l’avortement… L’opinion n’y était pas prête. Aussi notre premier objectif fut-il de dissoudre cet amalgame, de le réduire. Une fois la contraception entrée dans les mœurs et reconnue par la loi Neuwirth[18], l’avortement fut examiné en son temps. L’avenir nous donna raison. Pour inverser une formule célèbre : nous avions gagné la guerre,il ne nous restait plus qu’à livrer une bataille. » (p. 98)
3.2. La légalisation de la contraception : guerre victorieuse
La contraception est de tout temps ; mais institutionnalisée, de plus, prise en charge financièrement par l’État, elle a gravé peu à peu dans les esprits que l’homme peut se rendre maître de la vie, et de la source de vie qu’est la sexualité ; cette victoire est celle d’un principe qui allait progressivement bouleverser toute la vie sociale :
« Ce combat n’est pas seulement technique, mais philosophique. La vie comme matériau, tel est le principe de la lutte. La révision du concept de vie par la contraception transformera la société dans son intégralité (…). Ce n’est pas la mère seule, c’est la collectivité tout entière qui porte l’enfant en son sein. C’est elle qui décide s’il doit être engendré, s’il doit vivre ou mourir. » (p. 15)
Une telle insistance sur la contraception légalisée peut surprendre, mais le propos est illustré par l’observation des mœurs actuelles.
« La contraception libératoire a fait tomber le mur des fatalités traditionnelles (…), ouvre un champ libre où il va falloir installer la nouvelle morale. » (p. 194)
Mariage, fidélité conjugale, procréation, stabilité de la famille (« fatalités traditionnelles ») sont mis à mal ; cohabitation temporaire, sexualité stérile, nomadisme sexuel, divorce s’y substituent :
« La régulation des naissances institutionnalisée aboutit à une mutation de la morale », (p. 146) « (…) à un nouveau code éthique. »(p. 199)
3.3. Famille « modulée »

Jusqu’au milieu du XXe siècle, loi naturelle et catholicisme imprégnaient suffisamment encore la société pour que ne soient pas niés principes et pratiques qui en découlaient. Malgré les multiples transgressions du fait de l’être humain, une large convergence de vue existait sur la nature de l’homme, le concept de vie et sur les références naturelles de base nécessaires à une vie commune. Ainsi, dans les têtes, il n’y avait pas lieu de distinguer amour et conjugalité, procréation et sexualité, personne et société familiale. C’est ce qu’allait changer la loi de 1967, dont un des rôles essentiels, affirme P. Simon, fut « la modulation du nouveau schéma de la famille » (p. 96).
Ainsi, 58 ans plus tard, l’enfance, la jeunesse et les familles sont aux bons soins de la ministre, Mme Sarah El Haïry. La famille, institution née du mariage d’un homme et d’une femme, a cédé la place à diverses sortes de regroupements plus ou moins temporaires et « modulables » à souhait, d’êtres interchangeables, à la sexualité elle aussi modulable, selon les humeurs, les circonstances, les envies de chacun. On voit poindre l’idéologie du genre.
La contraception légalisée renvoie au second plan ce qui était la conséquence naturelle de la sexualité : la procréation cède la priorité à l’épanouissement des « partenaires », à une sexualité sans limite. Les termes ‘mari’ / ‘femme’, ‘époux’ / ‘épouse’ qui marquaient une union conjugale, scellée par l’institution du mariage, sont remplacés par ‘compagnon’ / ‘compagne’. L’enfant, devenu « projet parental » est pris en charge par « parent 1 », « parent 2 », voire 3, en lieu et place des père et mère, termes trop chargés du lien biologique. La filiation, colonne vertébrale d’une société forte, devient obsolète. La porte est grande ouverte à la PMA et à la GPA… et déjà, semble-t-il, à l’utérus artificiel.

Une fois les « fatalités traditionnelles » éliminées par la loi sur la contraception, c’est une nouvelle sexualité qui se faisait jour…
« (…) une nouvelle nature humaine et un nouveau concept de vie (…). La nature, la vie sont plus que jamais une production humaine. » (p. 255)
« La révision du concept de vie, induite par la contraception, peut donc, par la vertu du systémique, transformer la société dans son intégralité. Le moyen : poser le principe que la vie est un matériau, au sens écologique du terme, et qu’il nous appartient de le gérer, là est l’idée motrice. »(p. 85)
Ce nouveau concept de vie n’est pas l’invention du Dr Simon. Dans un entretien de la revue de la GDLF, traitant de l’attention portée par la FM dès la fin de la guerre 39-45 à la « promotion de la femme », il insiste sur l’importance de la contraception légalisée :
« La fin poursuivie a été pour nous [francs-maçons] de lui [la femme] conférer une fonction équivalente à celle de son compagnon. Mais, pour cela il fallait d’une part asseoir la maîtrise de la fécondité, d’autre part il fallait assurer à cette maîtrise un statut juridique[19]. Enfin il convenait d’insérer la femme dans le monde du travail avec une parité qui puisse se mesurer sur l’évaluation de ses partenaires. C’est pourquoi dans les différentes associations, en particulier dans le planning familial, pour la promotion de l’éducation sexuelle et familiale, les Francs-maçons ont tout naturellement estimé qu’il était de leur devoir d’œuvrer dans ce sens, ce qui aboutit à une transformation de la société ; non seulement au niveau de la condition de la femme elle-même, mais encore au bénéfice de l’ensemble de la nation. Il devenait enfin possible de désacraliser une certaine conception de la vie (désacraliser dans le sens profane du terme). En quelque sorte, on allait gérer la vie comme on gère les produits les plus précieux de notre environnement : l’air, l’eau, l’oxygène, la nature[20] ».

3.4. « Matériaux » à gérer
L’emploi renouvelé du terme « matériau » est révélateur des tenants et aboutissants de « la certaine conception de la vie » développée par l’idéologie maçonnique dont Pierre Simon est le porte-parole. Un matériau n’est qu’un élément d’un ensemble qui peut être stocké (congélation des gamètes), rejeté ou détruit (avortement, euthanasie) suivant les besoins ou circonstances. Outre celui de « moduler » la famille, l’un des rôles de la contraception est…
« (…) la préservation du patrimoine génétique, propriété de tous les humains, Français, Européens, ou citoyens du monde, et dont nous sommes comptables pour le présent, responsables pour l’avenir. Bloquer la transmission des tares héréditaires transmissibles connues, c’est un devoir d’espèce (…). La santé est devenue propriété collective. Nous cotisons à la Sécurité sociale pour la qualité de la vie et la santé de la collectivité. Chacun est solidaire de tous[21]. »(p. 96)
En français, cela a pour nom ‘eugénisme’, dont Wikipédia dit :
« C’est forcer la sélection naturelle par une sélection artificielle contre des tares supposées, préjugeant une dégénérescence de la société et des individus. »
Et si « la gestion qualitative de la vie » (p. 96) par le moyen de la contraception s’est avérée déficiente :
« Aimer véritablement la vie, la respecter, implique qu’il faut avoir parfois le courage de la refuser. »
« L’euthanasie est souvent l’objet d’une demande très profonde des parents, des mères surtout. (…) Paradoxe de notre fonction d’obstétricien, dans ce cas précis : laisser mourir n’est-ce pas préserver la vie ? » (p. 234)

Là, Pierre Simon entrouvre la porte à la solution ultime, même s’il préfère l’expression « laisser mourir »à« faire mourir ». Lors de la loi sur l’avortement en 1975, l’opinion n’était pas prête à accepter la légalisation de l’euthanasie (aujourd’hui « aide à mourir »), tout comme en 1967 avec la contraception, l’avortement était impensable pour le plus grand nombre. Il en va différemment en 2025, en témoignent les « débats citoyens » et autres tartuferies, où le plus grand nombre est convaincu de ce qu’affirmait alors l’auteur :
« Mettre au monde des enfants non handicapés, c’est cela donner la vie. » (p. 54) (La formulation est remarquable !)
Alors, avortement et euthanasie ne sont que les suites logiques d’une mauvaise gestion du matériau.
4. Conclusion
En France, 75 ans de propagande pour promouvoir un « nouveau concept de vie », en appui à près de 60 ans de pratiques contraceptives et 50 d’avortement, ont effectivement transformé nos sociétés, de la plus petite à la plus grande. Mais le fait touche quasiment tous les continents et se manifeste, entre autres, par une démographie qui inquiète les gouvernements.
Des universitaires, experts, journalistes se penchent sur les raisons de cette crise internationale. Sont mis en cause, outre les carences liées aux personnes, les politiques familiales, le féminisme, la planète, le nomadisme sexuel, la crise de l’éducation, l’éclatement de la famille, la peur du lendemain, le coût de la vie, l’infertilité et même l’avortement[22] ! Ne confondrait-on pas les effets avec la cause première ? Pierre Vermeren ouvre la voie en mettant en exergue ce constat :
« Procréer a cessé d’être naturel depuis le contrôle de la natalité, ce qui est nouveau dans notre histoire. » (id)
Il s’est agi par la loi de 1967 d’affranchir l’homme des « fatalités traditionnelles ». C’est dire que la loi a institutionnalisé, et donc, permis, facilité, encouragé la transgression (péché originel aidant) des contraintes auxquelles sa nature le soumet. Ainsi s’est « ouvert le champ libre » (p. 94) où se sont installés un « nouveau concept de vie » (p. 15, 85…), une « nouvelle morale » (p. 194), un « nouveau code éthique » (p. 199), une « nouvelle nature humaine » (p. 255).
Si les principes qui inspirent nos institutions sont à l’origine du mal, ce ne sont pas des mesurettes d’ordre social ou financier qui suffiront à redresser la situation. Seul le changement des orientations et trajectoires politiques, et donc des institutions, peuvent avoir un effet sur l’ensemble de la société. Transmettre la vie suppose d’avoir des raisons de vivre et de mourir ; c’est d’abord une question de foi, d’espérance et de charité avant d’être un ramassis de conditions matérielles et économiques. Il s’agit alors de reconnaître et d’accepter les lois inhérentes à la nature de l’homme et à l’ordre social, tenant compte ainsi des conditions établies par notre Créateur.
C’est le fondement de la seule politique familiale possible. On ne peut que douter de la volonté et de la capacité de politiciens et gouvernants qui n’ont cure que de gérer les retraites, de promouvoir l’avortement, d’inculquer dès l’école un état d’esprit contraceptif et d’organiser ou planifier la fin de vie sous prétexte de dignité. Ce n’est pas ainsi qu’ils peuvent inciter à donner au peuple le goût de la vie et le désir de la transmettre. Ils ne font que le conduire à la mort.
Jacques Héliot
[17] Selon l’auteur, le travail en loge a commencé dès les années 1950. Les années 60 voient se développer la propagande internationale contre le risque de surpopulation.
[18] Lucien Neuwirth, député appelé « père de la pilule », était membre de la GLDF.
[19] Remarque essentielle : la force des institutions pour changer les mœurs. De la qualité des institutions dépendent le bien ou le mal âmes, enseigne Pie XII.
[20] GLDF – Point de vue initiatique (n° 37, 2e trim. 1980, https://www.ledifice.net/ P037-6.html)
[21] L’argument justifie la prise en charge de la contraception par la loi et les organismes sociaux, donc à en « renforcer le statut juridique ».
[22] Cf. Pierre Vermeren(normalien, historien) – De l’enfant roi à la mise en accusation de la famille : les 10 causes de la dénatalité française (Le Figaro, 15.05.2025)
Interdiction de la prière en classe et obligation de la dévotion au sexualisme
S’exprimant devant la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale, mardi 4 novembre, le ministre de l’éducation Édouard Geffray s’est montré ferme sur l’interdiction de la prière en classe sur le temps d’enseignement et sur l’obligation d’appliquer les nouveaux programmes d’éducation à la sexualité.
« Lorsque l’État paie un professeur, il le paie pour enseigner. Ça me semble l’évidence. Donc une minute payée par l’État, c’est une minute d’enseignement, ça ne sert pas à autre chose. Et donc je ne vois pas comment sur un temps d’enseignement, on pourrait faire une prière ».
« J’aurai cette même clarté, parce qu’une fois encore, elle me semble évidente, et juridiquement et en bon sens, avec le Secrétaire général de l’enseignement catholique, que je dois rencontrer prochainement ».
L’argent de l’Etat, c’est l’argent du contribuable. Donc si le contribuable met ses enfants dans une école catholique, il a droit de demander qu’une prière quotidienne y soit récitée.
Le nouveau secrétaire général de l’Enseignement catholique Guillaume Prévost s’était déclaré en faveur de la prière en classe et d’une éducation à la sexualité spécifique dans ses établissements. Il avait défendu la possibilité pour les enseignants de prier avec leurs élèves en classe, estimant qu’ils en « ont parfaitement le droit, parce que c’est leur liberté pédagogique et leur liberté de conscience ».
Au sujet du nouveau programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, mis en place en cette rentrée, Édouard Geffray a indiqué avoir aussi une réponse « en loi et en bon sens ».
« Un programme, c’est un programme, c’est obligatoire partout. Ce n’est ni discutable, ni négociable, ni amendable. On ne fait pas son marché dans un programme, on ne commence pas à dire je le fais, je ne le fais pas, etc. ».
« Je ne suis pas inquiet en réalité sur la capacité de l’institution à mettre en œuvre. Je veux m’assurer que ce soit partout. Et j’ai bien dit partout ».
Guillaume Prévost avait assuré que l’Enseignement catholique mettrait en œuvre ce programme, mais avait défendu la possibilité d’avoir un « projet de réseau » spécifique sur le sujet.
Pourtant, la liberté d’enseignement est constitutionnelle.
Ils se filment en criant « Allah Akbar » dans la cathédrale de Bordeaux
Trois adolescents de 16 et 17 ans ont été interpellés par la police mercredi 5 novembre, aux alentours de midi, dans la nef de la cathédrale de Bordeaux. Ils sont accusés d’apologie du terrorisme pour s’être filmé criant “Allah Akbar”.
Placés en garde à vue, la piste terroriste a été écartée.
Un travailleur est ponctionné trois fois : sur son salaire, sur sa consommation, puis sur sa transmission. C’est un véritable hold-up légal
Alors que les discussions sur le budget se poursuivent au Parlement, Christophe Machard, chef d’entreprise, s’oppose à la taxe sur les successions, dans une tribune publiée dans Le Figaro :
L’Assemblée nationale offre un spectacle infernal, un concours morbide de la nouvelle taxe. On a beau chercher, il n’existe plus une seule parcelle de création de richesse qui ne soit pas déjà visée par l’appétit sans fond de l’État. Dans ce pays, on taxe les gens qui travaillent, qui prennent des risques, qui se lèvent tôt et bâtissent, pour favoriser deux castes de parasites, les assistés chroniques, entretenus à vie par le système, et la noblesse républicaine, ces « kleptocrates » modernes qui vivent grassement du fruit du labeur des autres. Pendant qu’un salarié au SMIC peine à survivre, il découvre qu’il vit à peine mieux que celui qui ne travaille pas. Les aides sociales finissent par niveler par le bas toute motivation, créant une société où l’effort est puni et la paresse subventionnée.
Et l’État ne s’arrête jamais : sa dernière trouvaille ? Taxer davantage l’héritage. En France, chaque enfant bénéficie d’un abattement de 100 000 €. Au-delà, c’est une descente aux enfers : 5 % jusqu’à 8 000 €, 10 % jusqu’à 12 000 €, 20 % jusqu’à 550 000 €, 30 % jusqu’à 900 000 €, 40 % au-delà, et même 45 % pour les transmissions supérieures à 1,8 million d’euros. Autrement dit, presque la moitié du fruit d’une vie de travail peut être confisquée par l’État à la mort. Un travailleur, avant même de léguer quoi que ce soit, aura déjà été ponctionné trois fois : sur son salaire, sur sa consommation, puis sur sa transmission. C’est un véritable hold-up légal. Et cela, dans un pays où le revenu est déjà taxé jusqu’à 45 %, sans compter les cotisations sociales (près de 25 % du salaire brut) et la TVA à 20 % sur chaque achat.
Nous, nous sommes partis de rien. Mon épouse et moi n’avions aucun capital, rien d’autre que le courage et l’envie d’entreprendre. Nous avons connu les galères, les fins de mois impossibles, les nuits à compter les euros. Nous avons créé une entreprise, ma femme enseigne à côté, et nous travaillons sans relâche. Ce que nous gagnons, nous voulons simplement le transmettre à nos quatre enfants, ceux-là mêmes qui paieront demain la retraite de ceux qui n’ont rien voulu construire. Mais l’État, après nous avoir saigné toute notre vie, vient tendre la main au moment même où nous voulons transmettre. L’impôt sur les successions est un vol : un vol moral, un vol économique, un vol contre la famille. Ce n’est pas de la redistribution, c’est de la spoliation organisée.
En 2025, la France reste le pays développé où la taxation des successions est parmi les plus fortes. L’OCDE le rappelle : seuls 24 % des États membres imposent encore significativement l’héritage, et la France est dans le peloton de tête, loin devant l’Allemagne, l’Italie ou les États-Unis. Là où la moyenne des recettes issues de ces droits représente 0,5 % du PIB dans l’OCDE, la France dépasse 1,3 %. Autrement dit, notre pays taxe deux à trois fois plus la mort que la plupart de ses voisins. Pendant ce temps, la « noblesse républicaine » – hauts fonctionnaires, élus à vie, dirigeants d’agences publiques – s’auto-attribue privilèges, retraites dorées et salaires supérieurs à 95 % des chefs d’entreprise. Ceux qui produisent, innovent, embauchent : eux, on les taxe, on les méprise, on les épuise. Nous sommes arrivés au point où le pays tout entier fonctionne à l’envers. Les cigales triomphent : elles chantent, profitent, réclament, pendant que les fourmis croulent sous les charges, les taxes, les formulaires et la culpabilisation permanente. Ce pays, paradis des parasites, devient un enfer pour les travailleurs et les entrepreneurs. Un jour, il faudra bien que cela cesse. Un jour, il faudra rappeler que la richesse vient du travail, pas de la prédation. Et que le droit de transmettre à ses enfants ce qu’on a bâti est le dernier refuge de la dignité.
Ce que nous avons lu du pape Léon XIV : beaucoup de fraternité, peu de Croix
Lire avant de juger. Voilà une règle de bon sens, trop souvent oubliée. Il fallait donc prendre le temps de parcourir la première exhortation apostolique, plusieurs homélies et interventions récentes du pape Léon XIV, afin d’écouter sa voix elle-même, et non l’écho de commentaires partisans.
Ce que nous avons découvert se présente d’abord sous la forme d’un langage chaleureux, insistant sur la dimension reçue de la vie humaine. Le pape rappelle que « nous avons reçu la vie avant même de la vouloir » et que nous avons dépendu dès l’origine des soins d’autrui. De là, il décrit la famille comme le premier lieu où se tisse la relation, où l’on apprend à se reconnaître, à accueillir, à consoler. « Nous vivons grâce à une relation », affirme-t-il, invitant les familles à devenir signe de paix dans la société. Sur ce point, l’harmonie avec l’enseignement traditionnel est réelle : Léon XIII, Pie XI et Pie XII ont eux aussi magnifié la famille chrétienne comme sanctuaire de l’amour et cellule fondamentale de la cité.
Mais il ne suffit pas de saisir ce qui est affirmé : il faut aussi considérer ce qui reste en retrait. Or, dans ces textes, l’amour est décrit presque exclusivement sous l’angle de la fraternité humaine et du soin mutuel. La source surnaturelle de cet amour – la grâce, la Croix, la Rédemption – y apparaît rarement, parfois fugitivement, et jamais comme principe directeur. La famille n’est plus abordée comme réalité élevée par le sacrement, mais comme expérience humaine universelle. Ce déplacement n’est pas secondaire : il change la structure du discours.
Le même mouvement apparaît dans les interventions adressées aux autres religions. Léon XIV affirme que « les traditions religieuses ont un rôle décisif dans la construction de la paix » et qu’il faut « prier côte à côte » pour « faire respirer au monde l’espérance ». C’est là la continuité assumée de Nostra aetate et de l’« esprit d’Assise ». L’intention peut sembler généreuse, mais elle repose sur une vision de l’unité humaine qui ne passe plus par la conversion à la vérité, mais par l’harmonie des différences. Pourtant, la Tradition de l’Église enseigne que la paix véritable ne peut naître que « du règne du Christ » (Pie XI, Ubi Arcano), et que « la société ne peut être solidement ordonnée que dans la vérité » (Pie XII, Summi Pontificatus). L’unité religieuse n’est pas concertation, mais conversion.
Le silence sur la Croix devient alors déterminant. On parle de soin, de pardon, de réconciliation ; mais jamais du péché originel qui blesse l’homme au cœur même de sa vie familiale. On évoque l’amour comme force humaine, mais non comme fruit de la grâce surnaturelle. On montre Jésus priant pour l’humanité « comme un baume », mais l’on ne rappelle pas que c’est par son Sacrifice, et lui seul, que le salut est donné aux hommes. Ainsi, sans le dire explicitement, le discours passe peu à peu d’une sotériologie à une éthique, d’un mystère de salut à une pédagogie du vivre-ensemble.
Ce qui manque ici est clair :
le péché originel, la nécessité de la grâce, la Croix comme cause du salut.
Sans la Croix, l’amour devient sentiment.
Sans la grâce, la fraternité devient slogan.
Sans la vérité, la paix devient décor.
Le christianisme n’est pas d’abord un humanisme fraternel : il est l’adhésion à Jésus-Christ, Fils de Dieu, mort sur la Croix pour nous sauver. Le cœur de l’Évangile ne dit pas « aimons-nous simplement », mais :
« Si quelqu’un veut venir après Moi, qu’il prenne sa Croix » (Mt 16, 24).
La charité chrétienne n’est pas un sentiment généreux ; elle est « l’amour de Dieu répandu dans les cœurs par l’Esprit Saint » (Rm 5, 5), c’est-à-dire la grâce. La paix chrétienne n’est pas un consensus spirituel ; elle est « la paix du Christ par le règne du Christ » (Pie XI).
Ce que nous avons lu du pape Léon XIV n’est donc pas à rejeter ; il contient des élans justes et des appels sincères. Mais il manque la colonne verticale, l’axe théologique, la clef de voûte : la Croix rédemptrice, qui fonde la famille, sanctifie l’amour, guérit l’homme et sauve le monde.
Nous pouvons accueillir ce qui est bon.
Mais nous devons nommer ce qui est absent.
Car le Christ n’est pas un facilitateur de fraternité.
Il est le Sauveur.
Il ne s’ajoute pas aux autres voies.
Il est la Voie.
Le monde n’a pas seulement besoin d’être consolé ; il a besoin d’être sauvé.
Et ce salut vient de la Croix du Christ, ou il ne vient pas.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Invoquer la liberté non pour donner la vie, mais pour la retirer, c’est trahir l’humanité
A ceux qui lui demandent “que pensez-vous du Pape Léon XIV ?”, l’abbé Lelièvre répond : “Qu’avez-vous lu du Pape Léon XIV ?”
C’est pour cela qu’il a publié ce petit livre, 31 jours avec Léon XIV, compilation d’extraits de textes récents prononcés par le nouveau pape.
Exemple avec cet extrait de l’homélie du 1er juin pour le Jubilé des familles :
Très chers amis, nous avons reçu la vie avant même de la vouloir. Comme l’enseignait le pape François, « tous les hommes sont des enfants, mais aucun de nous n’a choisi de naître » Mais ce n’est pas tout. Dès notre naissance, nous avons eu besoin des autres pour vivre, seuls nous n’y serions pas y arriver : c’est quelqu’un d’autre qui nous a sauvés, en prenant soin de nous, de notre corps comme de notre esprit. Nous vivons donc tous grâce à une relation, c’est-à-dire à un lien libre et libérateur d’humanité et de soin mutuel.
Il est vrai que parfois cette humanité est trahie. Par exemple, chaque fois que l’on invoque la liberté non pour donner la vie, mais pour la retirer, non pour secourir, mais pour offenser. Cependant, même face au mal qui s’oppose et tue, Jésus continue de prier le Père pour nous, et sa prière agit comme un baume sur nos blessures, devenant pour tous une annonce de pardon et de réconciliation. Cette prière du Seigneur donne pleinement un sens aux moments lumineux de notre amour les uns pour les autres, en tant que parents, grands-parents, fils et filles. Et c’est cela que nous voulons annoncer au monde : nous sommes ici pour être “un” comme le Seigneur veut que nous soyons “un”, dans nos familles et là où nous vivons, travaillons et étudions : différents, mais un, nombreux, mais un, toujours, en toutes circonstances et à tous les âges de la vie.
Mes très chers amis, si nous nous aimons ainsi, sur le fondement du Christ, qui est « l’alpha et l’oméga », « le commencement et la fin » (cf. Ap 22, 13), nous serons un signe de paix pour tous, dans la société et dans le monde. Et n’oublions pas : c’est dans les familles que se construit l’avenir des peuples.
Un chant venu du Ciel… Le Gloria et la collecte (épisode 8/23) – La messe, trésor de la foi
Revenu au milieu de l’autel, le prêtre entonne certains jours le Gloria in excelsis, aussi appelé « grande doxologie », par opposition à la « petite doxologie », le Gloria Patri[1].
1. Histoire et usage
Initialement, cette hymne d’origine grecque n’a pas été composée pour la messe, mais elle y sera progressivement intégrée.
Pendant un temps assez long, il ne fut permis de le chanter qu’à la Messe de minuit à Noël[2], en référence à ses premiers mots. Puis, au début du VIe siècle, on l’autorisa les dimanches et aux fêtes des martyrs, et ce seulement pour les évêques, les prêtres ne pouvant le réciter qu’à Pâques. À la fin du XIe siècle, il n’y avait plus de limitation pour les prêtres et la règle actuelle se généralisait : « on récite le Gloria à chaque messe dès qu’elle a un caractère de fête. »[3]
Concrètement, il s’agit des dimanches – hormis ceux de l’Avent et du Carême – des fêtes de Notre-Seigneur, de la Bienheureuse Vierge Marie et des saints, ainsi que des féries du temps de Noël et du temps pascal.
2. Attitudes rituelles
En entonnant le Gloria, le prêtre étend et élève les mains, avant de les rejoindre :
« C’est un geste que l’amour des choses célestes a toujours fait faire, pour montrer qu’on voudrait les embrasser et les posséder. »[4]
On s’incline à plusieurs reprises pendant la récitation du Gloria, pour témoigner la révérence envers Dieu, et notamment en disant Deo, « par respect pour le saint nom de Dieu », également au nom de Jésus, de même que pendant le reste de la messe :
« Comme le crucifix [placé au centre de l’autel] représente l’homme Dieu, et non pas la personne du Père et du Saint-Esprit, le prêtre ne s’incline qu’aux [noms] de Dieu ou de Jésus-Christ, et non pas quand il prononce le nom du Père ou du Saint-Esprit. »[5]
Le Gloria s’achève par un signe de croix.
3. Structure
On peut discerner trois parties dans le Gloria[6] :
1° – le chant des anges dans la nuit de Noël [de Gloria à bonae voluntatis] ;
2° – la louange à Dieu [de Laudamus te à Deus Pater omnipotens] ;
3° – l’invocation du Christ [à partir de Domine Fili unigenite].
| 1°
Chant des anges |
Glória in excélsis Deo et in terra pax homínibus bonæ voluntátis. | Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. |
| 2°
Louange à Dieu |
Laudámus te. Benedícimus te. Adorámus te. Glorificámus te. Grátias ágimus tibi propter magnam glóriam tuam. Dómine Deus, Rex cœléstis, Deus Pater omnípotens. | Nous vous louons, nous vous bénissons, nous vous adorons, nous vous glorifions et nous vous rendons grâces pour votre gloire immense, Seigneur Dieu, Roi du ciel, Dieu Père tout-puissant. |
| 3°
Invocation du Christ |
Dómine Fili unigénite, Iesu Christe. Dómine Deus, Agnus Dei, Fílius Patris. Qui tollis peccáta mundi, miserére nobis. Qui tollis peccáta mundi, súscipe deprecatiónem nostram. Qui sedes ad déxteram Patris, miserére nobis. Quóniam tu solus Sanctus. Tu solus Dóminus. Tu solus Altíssimus, Iesu Christe. Cum Sancto Spíritu in glória Dei Patris. Amen. | Seigneur Fils unique, Jésus-Christ, Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, Fils du Père, vous qui enlevez les péchés du monde ayez pitié de nous, vous qui enlevez les péchés du monde accueillez notre prière, vous qui siégez à la droite du Père, ayez pitié de nous. Car c’est vous le seul Saint, vous le seul Seigneur, vous le seul Très-Haut, Jésus-Christ, avec le Saint-Esprit, dans la gloire de Dieu le Père. Ainsi soit-il. |
Ainsi, le Gloria tout entier est un développement des deux thèmes essentiels du chant des anges qui en constitue la première partie :
– à Dieu, la gloire : dans la deuxième partie, nous faisons chœur avec la louange chantée par les chœurs angéliques ;
– aux hommes, la paix : dans la troisième partie, nous nous adressons à Celui en qui la paix du ciel est venue à nous, le suppliant d’achever son œuvre[7].
4. 1re partie : Le chant des anges.
« Glória in excélsis Deo et in terra pax homínibus bonæ voluntátis. » (Lc 2, 14)
Est-ce un souhait ou un fait ?
« … le cantique des anges ne renferme pas seulement un souhait, mais exprime la situation de fait : voici que gloire est donnée à Dieu et paix aux hommes.
C’est, simplement à une autre phase de son développement, le fait que Notre-Seigneur décrit lui-même à la fin de sa vie dans sa prière sacerdotale, en ces mots : “Je t’ai glorifié sur terre, j’ai accompli l’œuvre que tu m’avais chargé d’accomplir.”[8]
Mais justement parce que la glorification de Dieu et le salut de l’humanité ne seront “accomplis” que par le sacrifice de la Passion du Seigneur et parce que ses fruits auront encore à mûrir et mûriront jusqu’à la fin du monde, il reste exact que le cantique des anges dans l’Évangile ne célèbre pas encore l’événement effectif, mais le plan de salut, le dessein, ce qui doit maintenant se réaliser graduellement : gloire soit à Dieu là-haut et paix aux hommes de sa grâce.
Ceci s’applique à plus forte raison au cantique tel que nous le répétons pendant la vie terrestre de l’Église. Chaque jour de la vie de l’Église, chaque fois qu’elle rassemble ses enfants pour la prière, et surtout pour la célébration de l’Eucharistie, une lumière nouvelle se répand dans le monde ; elle voit avec une exaltation joyeuse, mais en même temps avec une nostalgique impatience, le royaume de Dieu approcher ; elle voit approcher, en dépit de toutes les résistances, la réalisation du dessein grandiose gloire à Dieu, et, aux hommes qu’il a élus, paix et salut. »[9]
De quelle « bonne volonté » s’agit-il ?
Les commentateurs sont partagés sur un point : la bonne volonté – eudokia en grec – évoquée ici est-elle celle celles des hommes, ou bien celle de Dieu ?
Pour les uns, ce mot doit s’entendre d’un sentiment humain, en sorte que le sens du texte, sans nier la grâce, toujours nécessaire pour que la volonté humaine soit bonne, « constate simplement que la paix sera le partage des hommes bien intentionnés »[10].
Pour d’autres, « [bona voluntas] n’est pas la bonne volonté des hommes, mais la bonne volonté de Dieu, sa complaisance, sa faveur et sa grâce. Les [homines bonae voluntatis] sont donc les hommes de sa grâce, de son choix, les hommes à qui est apporté l’annonce du royaume de Dieu. »[11]
5. 2e partie : La louange à Dieu
« Laudámus te.
Benedícimus te.
Adorámus te.
Glorificámus te.
Grátias ágimus tibi propter magnam glóriam tuam.
Dómine Deus, Rex cœléstis, Deus Pater omnípotens. »
L’accent fondamental de cette louange est l’« hommage adressé à un Dieu si grand ». Même lorsqu’il s’agit de rendre grâces [grátias ágimus tibi], le motif de cette action ne réside pas d’abord dans les bienfaits reçus, mais dans la gloire de Dieu elle-même [propter magnam glóriam tuam]. Ainsi, l’hommage rendu à Dieu va jusqu’à le remercier de sa grande majesté
On ne prétend pas « calculer le tribut dont la créature est redevable à Dieu, ni lui rendre grâces en reconnaissance des seuls bienfaits reçus. […] le regard se fixe d’abord sur la gloire et la beauté de Dieu ; nous sommes heureux de pouvoir louer sa majesté »[12]
À cette louange contribue la liste des noms divins : Seigneur, Roi du ciel, Dieu, Père, Tout-Puissant.
6. 3e partie : L’invocation du Christ
« Dómine Fili unigénite, Iesu Christe. Dómine Deus, Agnus Dei, Fílius Patris.
Qui tollis peccáta mundi, miserére nobis. Qui tollis peccáta mundi, súscipe deprecatiónem nostram. Qui sedes ad déxteram Patris, miserére nobis.
Quóniam tu solus Sanctus. Tu solus Dóminus. Tu solus Altíssimus, Iesu Christe.
Cum Sancto Spíritu in glória Dei Patris. Amen. »
Le regard qui s’est élevé vers la gloire de Dieu se porte ensuite sur le Christ, en qui cette gloire s’est révélée et communiquée à nous. Le plan est le suivant : adresse de louange ; triple invocation en forme de litanie ; triple confession par Tu solus ; conclusion trinitaire.
Adresse de louange et triple invocation
Parmi les titres employés, on notera particulièrement celui d’« Agneau de Dieu » [Agnus Dei], agneau du sacrifice, venu de Dieu, auquel font références les deux premières des trois invocations qui suivent [Qui tollis peccat mundi…] :
« Ce n’est pas un hasard si le titre d’Agneau de Dieu, expression la plus profonde de la miséricorde de Notre-Seigneur, [est uni] à l’appel à sa pitié. […] l’appel à l’Agneau de Dieu est suivi d’une courte litanie. […] elle est à la fois hymne de louange et invocation suppliante reprenant les mots de saint Jean-Baptiste, nous rappelons au Seigneur, par une discrète allusion, l’humiliation volontaire qu’il a prise sur lui en tant qu’Agneau de Dieu, la Passion expiatrice par laquelle il a “enlevé” les péchés du monde, mais aussi son triomphe et son exaltation “à la droite du Père”, où, précisément comme Agneau de Dieu, il reçoit des élus la jubilation du chant des noces. Alors peut éclater dans l’hymne angélique, comme auparavant dans le Kyrie, l’appel à la miséricorde : “Aie pitié de nous, agrée notre supplication !” »[13]
Triple confession (Tu solus) – Conclusion trinitaire
« À l’origine de notre hymne, on a sûrement perçu très vivement dans ces déclarations l’opposition aiguë aux cultes païens avec leurs attributs divin prodigués à la légère, leur foule de [seigneurs] et en particulier leur culte de l’empereur. Au-dessus de tous ces produits de l’imagination humaine se dresse, rayonnant de grandeur, Jésus-Christ, le Seigneur “unique” [Tu solus]. »[14]
La conclusion trinitaire nous ramène à la gloire de Dieu qui est à l’origine et à la fin de toutes choses.
7. Le Gloria et les fins de la messe
Concluons en observant que le Gloria explicite les quatre fins du Saint-Sacrifice de la messe :
– L’adoration, la glorification de Dieu en raison de son excellence même : laudamus te, adoramus te, benedicimus te … propter magnam gloriam tuam.
– L’action de grâce, la reconnaissance pour les bienfaits reçus : gratias agimus tibi…
– La propitiation, le pardon de nos péchés : qui tollis peccata mundi, miserere nobis…
– La supplication, la demande de nouveaux bienfaits : suscipe deprecationem nostram…
8. Le nom de « collecte »
Nous avons déjà évoqué la distinction entre l’ordinaire et le propre. Ce dernier contient en particulier trois oraisons qui se distribuent au début, au milieu et à la fin de la messe. La première d’entre elles, qui arrive après le Gloria (ou le Kyrie, si l’on n’a pas chanté le Gloria), n’a pas de nom particulier dans le missel, où elle est tout simplement appelée « oraison ». Mais l’usage veut que l’on appelle cette oraison « collecte », pour la distinguer des deux autres oraisons, à savoir, la secrète et la postcommunion.
Ce nom vient du verbe latin colligere qui signifie « rassembler » et a donné en français le verbe « collecter ». En effet:
Cette oraison est appelée collecte car elle rassemble en un résumé concis les demandes que l’on doit adresser à Dieu. »[15]
La collecte est, de fait, la prière où le prêtre résume et présente à Dieu la prière du peuple. Ceci est particulièrement sensible à la grand-messe, où la collecte est la première occasion où le célébrant prend solennellement la parole au nom de l’assemblée réunie. Ce qui précède en effet, se compose soit de chants qui, hormis l’intonation du Gloria, sont confiés à la chorale, soit de prières que le prêtre récite avec ses assistants pendant l’exécution des chants.
9. Dominus vobiscum et Oremus
Conformément à ce rôle, la collecte est introduite par une invitation à prier – « Oremus » [« Prions »] – et précédée d’une salutation adressée au peuple : « Dominus vobiscum » [« Le Seigneur soit avec vous »] :
Au moment même où le prêtre présente à Dieu la prière de tous, [le prêtre souhaite que] le Seigneur soit proche d’eux, et que la grâce de Dieu accompagne leur prière. »[16]
Mais il y a plus, car « le Dominus vobiscum revient à chaque fois qu’une invitation ou un avis doit être adressé au peuple : invitation à s’unir en esprit à la prière du prêtre, […] annonce de la fin, […] »[17].
Le Dominus vobiscum remplit donc la fonction d’une interpellation, qui a d’abord pour but d’attirer l’attention sur l’avis qui va être adressé au peuple (en l’occurrence, l’invitation à la prière) et qui signale chaque fois un point important dans le déroulement de la liturgie[18]. En effet :
Avec [la collecte] nous atteignons un premier sommet dans le cours de la messe. Le rite d’entrée s’achève par l’oraison du prêtre, comme la présentation des offrandes [l’offertoire] et la réception de la communion par la secrète et la postcommunion. »[19]
Quant aux formules employées pour le salut – « Dominus vobiscum » – et la réponse – « Et cum spiritu tuo » –, elles remontent aux origines chrétiennes et même au-delà[20].
« Dominus vobiscum » ou, au singulier « Dominus tecum » est une salutation que l’on retrouve dans l’Ancien Testament et dans le Nouveau, par exemple, dans le livre de Ruth, Booz salue les moissonneurs d’un « Dominus vobiscum »[21]. C’est également la formule employée par l’ange Gabriel à l’Annonciation : « Dominus tecum benedicta tu in mulieribus »[22], ou encore par saint Paul s’adressant aux Thessaloniciens : « Que le Seigneur soit avec vous tous. » [Dominus cum omnibus vobis.][23]
La réponse se trouve chez le même apôtre, s’adressant par exemple à Timothée : « Que le Seigneur Jésus-Christ soit avec ton esprit. » [Dominus Iesus cum spiritu tuo.][24]
Par « ton esprit » [spiritu tuo], il faut simplement entendre « ta personne », c’est-à-dire « toi ». Tel est le naturel de la réponse : « Quel le Seigneur soit aussi avec toi. » Toutefois, il n’est pas interdit, avec saint Jean Chrysostome, d’appliquer « ton esprit » au Saint-Esprit habitant dans l’âme de celui à qui l’on s’adresse[25]. Le saint docteur voit même dans le mot « Esprit » l’indication que le prêtre accomplit le sacrifice par la vertu du Saint-Esprit[26].
Quoiqu’il en soit, « la meilleure interprétation de l’Et cum spiritu tuo est celle qui y voit l’assemblée non pas d’abord comme conférant au prêtre un pouvoir ou une délégation, mais reconnaissant en lui le porte-parole qui doit la conduire et auquel elle veut s’unir pour s’approcher de Dieu. »[27]
10. Attitudes rituelles : orientation de la prière et position des mains
En récitant l’oraison, le prêtre se tient debout, tourné vers l’orient [liturgique], les mains levées.
Tourné vers l’orient…
Nous avons déjà eu l’occasion de signaler l’importance symbolique des points cardinaux dans la liturgie. Dans ce domaine, ce n’est pas le nord qui tient lieu de référence, mais l’est, l’orient.
C’est en effet la direction du soleil levant (oriens en latin), symbole du Christ, ainsi que le suggère l’antienne à Magnificat des vêpres du 21 décembre (solstice d’hiver) :
Ô soleil levant, splendeur de la lumière éternelle et soleil de justice, venez et illuminez ceux qui sont assis dans les ténèbres et les ombres de la mort.
D’après l’évangile selon saint Matthieu, c’est également de l’orient que le Christ doit revenir[28].
Ainsi, l’orientation de la prière et, par conséquent, des églises prit dès les Ve et VIe siècles une grande importance.
Si les premières églises, du moins certaines d’entre elles, étaient orientées à l’occident, c’est qu’elles reprenaient le modèle des temples païens, qui permettait au soleil de passer par l’entrée le matin et d’éclairer la statue du dieu. C’est encore le cas de certaines basiliques romaines, comme Saint-Pierre de Rome. Dans ces églises donc, le célébrant, faisant face à l’orient, faisait donc matériellement face au peuple. Mais il ne s’agissait pas de se tourner vers le peuple, mais bien de se tourner vers l’orient. D’ailleurs, le peuple lui-même se tournait vers l’orient à différents moments de la messe : Gloria, collecte, préface, …
Toutefois, l’orientation des églises vers l’orient devint la règle si bien que lorsque, pour une raison quelconque, cette orientation n’est pas respectée, on considère tout de même que, dans l’église c’est l’autel qui indique l’orient « liturgique » vers lequel le prêtre et tous les fidèles se tournent.
… les mains levées
[Citation] Quant à l’élévation des mains, elle accompagne la parole qui monte vers Celui qui réside dans les cieux. [Elle est susceptible d’exprimer], selon l’accent de la prière, aussi bien l’imploration passionnée que la vénération et le respect.[29]
On en trouve des exemples dans l’Ancient Testament, ainsi le prophète Jérémie :
Élevons nos cœurs avec nos mains vers le Seigneur, dans le ciel. »[30]
[On reconnaît également], dans cette position de l’orant, l’image du Crucifié, au nom de qui le chrétien se présente devant Dieu.[31]
Tertullien et saint Cyprien invitent le prêtre à ne pas exagérer ce geste : l’extension et l’élévation des mains doivent être mesurées et stylisées[32].
Cette attitude, est adoptée par le prêtre pour les plus anciennes prières de la messe : oraisons, préface, canon et Pater noster. Une autre attitude rituelle, empruntée à la tradition germanique, accompagne les prières plus récentes : les mains jointes.
Notons que l’invitation à la prière – Oremus, « Prions » – est dite par le prêtre qui étend et rejoint les mains en s’inclinant vers la croix : comme pour rassembler les prières diverses en une. Ce même geste de rejoindre les mains accompagne la conclusion de la collecte.
11. Forme et contenu de la collecte
Structure
La collecte suit généralement une structure précise, dont saint Thomas d’Aquin[33] nous explique qu’elle correspond à la nature même de la prière.
Trois conditions, enseigne-t-il, sont requises à la prière :
1° – Il faut s’approcher de Dieu que l’on prie. C’est ce que signifie le mot “oraison” [oratio], puisqu’il désigne l’élévation de l’esprit vers Dieu.
2° – Il faut aussi demander : ce qu’exprime les mot “postulation” [postulatio] ou “supplication” [supplicatio].
3° – Il faut enfin un motif d’obtenir ce qu’on demande, et on le prend du côté de Dieu et du côté de celui qui prie :
– du côté de Dieu, c’est sa sainteté, à raison de quoi nous demandons d’être exaucé : c’est le rôle de l’ “obsécration” [obsecratio], qui implore au nom de réalités saintes ;
– du côté de l’homme, la raison qu’il peut avoir d’obtenir ce qu’il demande, c’est l’ “action de grâce” [gratiarum actio] : « En rendant grâce pour les bienfaits reçus, puissions-nous en recevoir de plus grands », dit une oraison du missel.
Ces quatre éléments se retrouvent dans la plupart des collectes. Prenons par exemple celle de la fête de la Trinité,
| Oraison | Omnípotens sempitérne Deus, | Dieu tout-puissant et éternel, |
| Action de grâce | qui dedísti fámulis tuis in confessióne veræ fídei, ætérnæ Trinitátis glóriam agnóscere, et in poténtia maiestátis adoráre Unitátem : | qui avez donné à vos serviteurs, dans la confession de la vraie foi, de reconnaître la gloire de l’éternelle Trinité, et d’adorer une parfaite Unité en votre majesté souveraine : |
| Postulation / Supplication | quǽsumus ; ut, eiúsdem fídei firmitáte, ab ómnibus semper muniámur advérsis. | accordez, nous vous en prions, qu’affermis par cette même foi, nous soyons constamment munis contre toutes les adversités. |
| Obsécration | Per Dóminum nostrum Iesum Christum Fílium tuum, qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti, Deus, per ómnia sǽcula sæculórum. | Par Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui avec vous vit et règne dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu, pour les siècles des siècles. |
C’est la postulation ou supplication qui constitue l’élément principal de ces oraisons : ce sont des prières de demande.
Que demande-t-on ?
« Beaucoup d’oraisons [de collecte] ne contiennent aucune demande précise autre que de voir exaucer les intentions des fidèles.
Ailleurs, on formule l’une ou l’autre des intentions permanentes et sans cesse renouvelées :
on demande le secours du bras divin,
la victoire sur l’erreur et le danger,
l’ardeur pour le bien,
la rémission des péchés,
l’obtention du salut.
On voit aussi apparaitre, dans les oraisons, les puissances qui s’affrontent dans le combat spirituel ; et cela spécialement sous la forme d’antithèses, représentant les courants opposés, qui se disputent notre route terrestre :
le corporel et le spirituel,
la pensée et l’action,
le poids de notre responsabilité et l’intercession des saints,
l’abstinence et le jeûne de nourriture et de péché,
la libération du mal et le service du bien,
la vénération et l’imitation,
la foi et la réalité,
vie terrestre et béatitude éternelle.
Particulièrement fréquente est la profonde opposition entre, d’une part, l’action extérieure, le service temporel, le don de soi dans la foi et, d’autre part, la réussite intérieure, le salut éternel, la réalité sans fin ; un peu comme l’exprime la collecte du XXIIe dimanche après la Pentecôte :
“ut quod fideliter petimus – efficaciter consequamur : ce que nous implorons avec foi, puissions-nous un jour dans la réalité y parvenir.” »[34]
Qui prie ?
« C’est l’Église qui prie : Ecclesia tua, populus tuus, familia tua, famuli tui, fideles tui, [ton Église, ton peuple, ta famille, tes fidèles] ainsi est désigné, dans l’oraison, l’être qui prie et le bénéficiaire des dons divins.
Dans tous les cas, le sujet est un “Nous” : quaesumus, rogamus, deprecamur. […] Si réduite que soit l’assemblée groupée autour du prêtre à l’autel, ce ne sont pas seulement quelques chrétiens qui sont là, mais l’Église même en sa structure hiérarchique, le peuple de la Nouvelle Alliance tel que le Christ l’a groupé et organisé. »[35]
Ancienneté
Terminons en mentionnant l’ancienneté des oraisons du missel, en particulier des collectes, dont le noyau essentiel – c’est-à-dire les oraisons de la plupart des dimanches et grandes fêtes – a dû se constituer du IIIe au VIe siècle, à l’époque où la liturgie vit le passage du grec au latin[36].
“Une rupture anthropologique est à l’œuvre: elle consiste à redéfinir ce que signifie être humain”
Réflexion de Patrick Hetzel, député LR du Bas-Rhin :
“En ce jour de la « Toussaint », alors que nous sortons tout juste du tumulte de l’hémicycle de l’Assemblée nationale, où le débat budgétaire a fait rage durant toute la semaine et jusqu’à minuit dans la nuit de vendredi à samedi, je ne peux m’empêcher de revenir sur un autre débat qui a eu lieu l’an dernier dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale autour de la fin de vie. Depuis, cette question ne me quitte plus. En l’occurrence, je n’arrive toujours pas à comprendre comment nous pouvons en arriver à vouloir considérer collectivement et le consacrer dans la loi, que donner la mort relèverait d’un acte « fraternel » d’autant qu’en amont nous n’avons pas entrepris tout ce qu’il fallait pour généraliser les soins palliatifs et que la loi actuelle prévoit un triptyque essentiel: pas d’acharnement thérapeutique, personne ne doit mourir dans la solitude et enfin, personne ne doit souffrir.
En effet, je reste profondément marqué par ces débats au cours desquels d’aucuns ont d’une part cherché à redéfinir ce que cela signifie que d’ « être humain » et d’autre part, à promouvoir une vision exclusivement matérialiste de la fraternité.
Je reviens donc ici sur ces deux aspects qui continuent de me préoccuper surtout au moment où l’on nous indique que les débats sur cette question devraient être de retour au parlement dans les prochains mois.
Une rupture anthropologique est à l’œuvre: elle consiste à redéfinir ce que signifie être humain !
Une rupture anthropologique signifie un changement profond dans la manière dont une société conçoit la dignité, la valeur et le sens de la vie humaine. Légaliser l’euthanasie n’est pas simplement une question de droit médical ou de liberté individuelle : c’est une transformation du regard sur l’homme.
a) Du principe d’inviolabilité à celui de disponibilité de la vie
Traditionnellement, dans la culture occidentale (inspirée à la fois par le droit naturel, la philosophie grecque, le droit romain et le judéo-christianisme), la vie humaine est considérée comme inviolable. Elle est un bien premier, non négociable, que ni l’État ni l’individu ne peuvent détruire volontairement. L’euthanasie rompt ce principe : la vie devient un bien disponible, dont on peut disposer selon des critères de souffrance, d’utilité ou de volonté. Ce glissement transforme la personne en objet de décision, et non plus en sujet possédant une dignité intrinsèque. Cela interroge.
b) Une mutation de la relation à la vulnérabilité
L’humanité s’est toujours définie par la solidarité envers le faible, le malade, le mourant. Légaliser la mort administrée comme réponse à la souffrance revient à dire : « certaines vies ne valent plus d’être vécues ». C’est donc un renversement : la vulnérabilité n’appelle plus l’accompagnement, mais l’élimination du vulnérable — au nom de la compassion.
c) Une modification du rôle du médecin et du lien social
Le serment d’Hippocrate engage le médecin à soigner sans jamais donner la mort. En légalisant l’euthanasie, la société fait du soignant le dispensateur de mort « compassionnelle ».
C’est une rupture dans la symbolique de la médecine : de gardien de la vie, il devient gestionnaire de la mort.
À terme, cela modifie la confiance entre soignants et patients, mais aussi le lien collectif : la fraternité devient conditionnelle, fondée sur l’utilité ou la souffrance.
Pourquoi une vision exclusivement matérialiste de la fraternité me semble très dangereuse ?
Face à une vision purement matérialiste — où l’homme n’est qu’un organisme biologique dont la valeur dépend du plaisir ou de l’absence de douleur —, plusieurs arguments politiques et philosophiques peuvent être opposés et ils n’ont hélas pas été suffisamment pris en compte lors des débats.
a) L’État ne peut devenir arbitre de la valeur de la vie
Un État qui légalise la mise à mort « compassionnelle » devient le juge de la vie digne ou indigne. C’est une pente dangereuse : ce pouvoir de décider qui doit mourir n’appartient à aucune institution humaine sans menacer la liberté et la dignité fondamentales.
On peut invoquer ici une argumentation républicaine classique : dans un régime fondé sur les droits de l’homme, la vie est un droit inaliénable, non une variable d’ajustement à la souffrance.
b) La fraternité politique suppose le soin, pas la suppression
La fraternité, au sens politique, signifie que la communauté reconnaît la valeur de chaque membre, surtout du plus fragile. L’euthanasie, en prétendant soulager, remplace la solidarité par la suppression. Elle transforme une obligation collective (accompagner, soulager, entourer) en une solution individuelle (donner la mort).
La vraie fraternité, politiquement parlant, suppose la présence, le soin, le soutien, non l’abandon travesti en compassion.
c) La liberté sans transcendance devient autodestruction
Une conception matérialiste de la liberté — « je dispose de mon corps, donc je peux choisir ma mort » — oublie que la liberté n’a de sens que dans le rapport à autrui et à une valeur supérieure à soi-même.
Une société qui ne fonde plus la liberté sur le respect de la vie se condamne à nier la liberté des plus faibles, car ceux-ci seront poussés à « choisir » la mort sous pression sociale ou économique.
d) La dignité ne se réduit pas à l’autonomie
L’argument souvent avancé pour l’euthanasie est : « mourir dans la dignité ». Mais si la dignité dépend de l’autonomie, alors les dépendants, les malades, les handicapés perdent leur dignité. Une conception politique et humaniste plus juste est celle où la dignité est inhérente à la personne, quelles que soient sa souffrance ou sa dépendance. C’est cette vision — non matérialiste, mais humaniste — qui fonde l’État de droit.
Pour toutes ces raisons, une question reste posée: légaliser l’euthanasie, n’est-ce pas en réalité, vider l’humanité de son âme ? Je formule le voeu que cette dimension puisse pleinement être prise en compte sous peine de nier le sens véritable de notre belle devise nationale.”
Une contre-proposition radicale au projet de centralisation de l’UE
Face au projet « eurofédéraliste » de Bruxelles, la résistance s’organise.
Pour rappel, après la Conférence pour l’avenir de l’Europe que le président français avait appelée de ses vœux dans un simulacre d’exercice démocratique, et après le rapport du groupe « indépendant » d’experts franco-allemands sur les réformes de l’Union européenne publié en septembre 2023, le Parlement européen a adopté en novembre de la même année un projet de 267 amendements aux traités européens. Des amendements qui, s’ils sont adoptés et ratifiés comme l’a finalement été le traité de Lisbonne malgré l’échec des referendums français et néerlandais, conduiront à la perte définitive de ce qu’il nous reste de souveraineté nationale.
Sans attendre une telle réforme des traités de l’UE, les institutions bruxelloises s’approprient toujours plus de compétences en empiétant toujours plus sur les domaines réservés aux États membres, en instrumentalisant la notion d’État de droit, en poussant à l’endettement conjoint et aussi par une interprétation abusive des traités et du droit européen à la Cour de Justice de l’UE. C’est aussi ce qu’il faut changer pour préserver la démocratie en Europe et redonner aux nations européennes les moyens de prendre les décisions importantes pour leur avenir en ces temps de crises.
C’est dans ce contexte qu’est né un projet de réforme de l’Union européenne.
Lors de la présentation du projet à Budapest, Balázs Orbán, directeur du cabinet politique du premier ministre hongrois Viktor Orbán, a déclaré :
« Je suis fier de présenter un rapport conjoint du MCC et d’Ordo Iuris intitulé ‘The Great Reset’ (La grande réinitialisation). Ce rapport soutient que l’UE a perdu sa place dans le monde et qu’elle a besoin de réformes fondamentales pour survivre. Make Europe Great Again ! »
Et Jorge Buxadé, vice-président du parti conservateur espagnol Vox, après la présentation du projet de grande réinitialisation de l’UE à Madrid :
« Maintenant, nous avons un projet. »
À ce jour, les propositions de l’Institut Ordo Iuris et du Mathias Corvinus Collegium (MCC) ont déjà été publiées en cinq langues et présentées à Varsovie, Budapest, Bruxelles et Madrid. Elles ont reçu le soutien du gouvernement hongrois et du parti espagnol Vox, ainsi que de certains dirigeants du parti Droit et Justice (PiS) et des autres partis de droite en Pologne. L’institut Ordo Iuris est également en pourparlers avec les principaux thinks tanks italiens proches des partis de Matteo Salvini et de Giorgia Meloni, afin de poursuivre les travaux sur le projet et de le présenter prochainement à Rome, ainsi qu’avec les milieux proches de Chega pour une présentation au Portugal, tandis que des cadres du parti roumain AUR et des députés de l’AfD ont eux aussi exprimé leur grand intérêt pour ce projet.
Ce projet a été présenté à Paris hier 4 novembre par un de ses co-auteurs, Rodrigo Ballester, directeur du département d’études européennes du MCC de Budapest et ancien haut fonctionnaire de la Commission européenne, ainsi que par Olivier Bault, directeur de la communication à l’Institut Ordo Iuris de Varsovie.
Le document « La grande réinitialisation : rétablir la souveraineté des Etats membres dans l’Union européenne » constitue en effet la première étape de la préparation d’une proposition détaillée de modification des traités européens, en collaboration avec un plus grand nombre de think tanks et d’organisations de toute l’Union européenne. L’initiative visant à préparer un projet alternatif de réforme des traités a été annoncée en septembre 2024 par Ordo Iuris lors d’une conférence internationale organisée à Varsovie par l’Institut Ordo Iuris et le think tank conservateur américain Heritage Foundation, intitulée « À l’aube de l’État Europe. Économie, défense, idéologie et protection de la souveraineté dans une perspective transatlantique ».
En juin dernier, ce projet de réforme de l’Union européenne était présenté au Parlement européen dans le cadre d’un événement organisé par le groupe Patriotes pour l’Europe, et a été transmis par courrier aux eurodéputés, aux fonctionnaires de la Commission européenne et aux juges de la CJUE.
L’objectif est d’aider les partis conservateurs et patriotes d’Europe à aborder avec leur propre contre-proposition les négociations autour de la réforme des traités européens voulues par Emmanuel Macron comme par les élites dirigeantes encore en place à Bruxelles et Berlin. Plutôt que de simplement résister encore un temps à la création d’un super-État européen et de nous satisfaire de ne céder qu’une partie des pans supplémentaires de souveraineté que les « eurofédéralistes » souhaiteraient transférer à Bruxelles, il s’agit cette fois de mettre à profit la renégociation voulue par les partisans d’une Union européenne plus centralisée pour, au contraire, réparer ce qui ne va pas dans cette UE en redonnant plus de souveraineté à ses États membres et en leur restituant la maîtrise des traités.
De Maurras à Zemmour : entre tentations identitaire et dévote
Le dernier livre d’Eric Zemour (La messe n’est pas dite, Fayard) et quelques polémiques récentes ont fait ressurgir le vieux débat entre identité française (culturelle) et foi catholique (évangélique) dans une aporie souvent mal posée. Il n’est pas inutile de rappeler l’approche que faisait Jean Madiran de cette question disputée, telle que la résume ici Rémi Fontaine dans cet extrait de son essai Itinéraires de Chrétienté avec Jean Madiran (Presses de la Délivrance).
… Si la vertu de piété est rattachée comme devoir à la vertu principale de justice, sa qualité dépend aussi du secret propre à l’amitié que ces vertus appellent : « Aime et fais ce que tu veux », résume parfaitement saint Augustin. Nous en venons ainsi, indirectement mais analogiquement, à la grande leçon et au dessein politiques du Pius Maurras mis en relief et repris par Madiran, selon son interprétation catholique : faire en sorte que les Français recommencent à s’aimer. Non pas entre eux – cela va de soi comme impératif – mais eux-mêmes, en tant que fils de France, héritiers du même être historique, d’un patrimoine matériel et moral, un capital transmis, avec l’esprit de civilisation et de piété que cela suppose. Le reste, alors, ne viendrait-il pas de surcroît ?
Voilà qui peut paraître, certes, insuffisant pour un catholique qui ne veut pas le demeurer à moitié. Car cela semble s’opposer directement à l’apostrophe du Christ : « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu… ». Peut-on, comme Maurras, défendre le catholicisme sans avoir la foi, au nom du « politique d’abord » ? Ou plus exactement : peut-on défendre les effets temporels du catholicisme, la culture chrétienne de la France sans avoir la foi, en chrétiens sociologiques « se rattachant davantage aux marqueurs rituels et culturels qu’à la foi » ?
C’est la question que pose Erwan Le Morhedec dans un pamphlet retentissant – Identitaire : le mauvais génie du christianisme (Seuil, 2017) – à l’adresse de ceux qu’il appelle les (chrétiens) identitaires, reprenant à sa manière les accusations anciennes faites contre les maurrassiens avec leur fameuse loi du rempart : « Catholiques par calcul et non par conviction, (ils) se servent de l’Eglise, ou du moins, ils espèrent s’en servir, mais ils ne la servent pas » (cardinal Andrieu).
Assurément, il manque incontestablement un « supplément d’âme », une dimension de vie surnaturelle à de tels avocats de la Chrétienté et leurs dérives naturalistes ou positivistes sont fréquentes. Madiran, comme le rappelle Danièle Masson dans la biographie intellectuelle qu’elle lui a consacrée, n’a pas ignoré de telles dérives et de telles tentations qui, « au lieu d’aller, comme lui [Maurras], du “politique d’abord” à la conversion, fait reculer des catholiques… de la foi vécue en Jésus-Christ jusqu’au “politique d’abord” ». C’est la tentation de surseoir à la réforme intérieure (« commencer par soi ») au prétexte de la priorité (à un autre degré dans l’ordre des moyens) de la réforme politique. Tentation d’un rempart pour protéger la cathédrale mais seulement comme un musée ! Tentation d’une croisade sans croix. De crucifix ou de crèches sans Jésus : vrai Dieu et vrai homme ! Que vaut la priorité politique sans la primauté intérieure et vécue du spirituel ? Mais ce n’est pas Maurras qui est ici en cause : le reproche s’adresse non pas aux agnostiques ou aux incroyants « identitaires » mais aux catholiques pratiquants qui ne savent pas assumer Maurras en le dépassant, surnaturellement. Et qui deviennent, coupablement en effet, une certaine catégorie de pharisiens de la religion.
Or la même objection vaut en sens inverse pour les catholiques qui oublient d’« inculturer » leur foi dans la nation, par un surnaturalisme désincarné ou un universalisme hors-sol, dédaignant la sagesse charnelle des nations. C’est, face à Le Morhedec, l’argumentation par exemple de Laurent Dandrieu dans son livre L’Eglise et l’immigration : le grand malaise (Presses de la Renaissance). Lequel s’oppose pour le coup à la tentation de la croix sans croisade, de la grâce sans la nature, désirant la semence sans un terrain préparé ! « Mieux vaut prud’homme que bigot », avertissait déjà saint Louis. Tentation « dévote » que stigmatise remarquablement Péguy pour sa part :
« Parce qu’ils n’ont pas la force d’être de la nature ils croient qu’ils sont de la grâce. Parce qu’ils n’ont pas le courage temporel ils croient qu’ils sont entrés dans la pénétration de l’éternel. Parce qu’ils n’ont pas le courage temporel ils croient qu’ils sont entrés dans la pénétration de l’éternel. Parce qu’ils n’ont pas le courage d’être du monde ils croient qu’ils sont de Dieu. »
N’est-ce pas là le cœur de « l’hérésie du XXème siècle » démasquée par Madiran qui est le rejet de la loi naturelle par inadvertance ou disqualification délibérée de la part des clercs et des évêques eux-mêmes ?
Oui, à strictement parler, on ne naît pas chrétien, on le devient. Oui, la foi est un don libre que nous recevons librement : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi. C’est moi qui vous ai choisis » (Jn 15, 16). Mais, comme dit Jean Madiran :
« Notre liberté s’exerce, même ici, selon la condition humaine et non selon la condition angélique ; c’est-à-dire qu’elle s’exerce à l’intérieur et par l’intermédiaire d’un statut historique et social ; par les parents qui ont la liberté, le droit, la charge de décider du baptême… »
Nonobstant les baptêmes d’adultes, qui auront toujours lieu par conversion, on devient ainsi chrétien le plus souvent par la volonté libre et responsable de ses parents. Et c’est par le statut culturel et la transmission qui en découle, qu’il appartient aussi aux nations chrétiennes de demeurer ou non fidèles à leur « baptême national » par métaphore, fortifié ou non par le don de la foi reçu librement par chaque fidèle. La citoyenneté du Royaume, parce qu’elle rencontre et croise temporellement la citoyenneté des nations, est aussi à sa manière un fait d’héritage, qui n’empêche pas, bien au contraire, le don et le choix de conscience de la foi. Le nom de baptême n’enlève pas le nom de famille. Si le baptême d’une nation ne lui retire pas son identité, l’apostasie de cette nation chrétienne entraîne inversement sa perte d’identité, contre laquelle il est juste est salutaire de résister, comme y incitait Jean-Paul II. « Dites-leur de rester arméniens pour rester chrétiens », pouvait dire ce fils de la nation polonaise à Mgr Ghabroyan, invitant aussi les Français à le demeurer en préservant le « trésor de l’âme française ».
La grâce n’abolit pas la nature, y compris la nature politique de l’homme qui s’exprime dans la vérité du bien commun des nations et des civilisations. On préfère bien sûr ceux qui défendent par exemple la culture des crèches de Noël avec foi que sans foi. Mais pourquoi reprocher à ces derniers cette défense, même insuffisante, et ne pas s’allier avec eux dans cette promotion culturelle, sur ce que Benoît XVI appelait le « Parvis des Gentils » : un espace de concorde où les hommes contemporains puissent en quelque sorte accrocher leur charrue à l’étoile du vrai Dieu « sans le connaître et avant d’avoir trouvé accès à son mystère » ? Pourquoi pourrait-on s’allier œcuméniquement avec des musulmans et des athées contre le « mariage pour tous » et non avec des agnostiques dits « identitaires » contre le laïcisme ou l’islamisme conquérants, menaçant à la fois notre culture chrétienne et notre nature humaine ?
Madiran l’avait dit : le problème n’est pas celui des incroyants, surtout lorsqu’ils sont de bonne volonté, défendant l’ordre naturel et culturel (chrétien) à leur niveau temporel de citoyens. Il est celui de citoyens catholiques qui, en tant que citoyens, défendent ce même ordre en faisant l’impasse sur l’ordre surnaturel (eschatologique), comme s’il n’y avait pas eu de Révélation et de Rédemption. Ou qui, en tant que catholiques, défendent au contraire l’ordre surnaturel, mais comme s’il n’y avait pas d’ordre naturel et culturel, confondant la société des nations qu’est le monde avec la société surnaturelle de personnes qu’est l’Eglise. Il faudrait être citoyen du monde comme on est dans l’Eglise universelle : « Il n’y a plus ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme… » (saint Paul).
Si le Corps mystique de l’Eglise, présent dans la cité, société naturelle de familles, doit forcément agir sur elle, c’est comme une âme dans un corps temporel, qui lui n’est pas mystique ni glorieux ! On ne saurait, par un mondialisme ou un universalisme absurdes, emprunter ici-bas et dès maintenant l’universalité de l’autre monde : « A la résurrection on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme les anges dans le ciel » (Mat, 22, 30).
L’abbé Ratzinger l’écrivait ainsi en 1977 : « Le royaume de Dieu n’est pas une norme de l’action politique, mais une règle morale de cette action. » Autrement dit : si le christianisme a apporté le principe nouveau de la loi d’Amour en morale, assumant surnaturellement la loi naturelle, il n’a pas changé le principe du bien commun temporel en politique tel qu’explicité par Aristote avec ses exigences propres, notamment en matière d’immigration. L’ordre de la grâce agit indéniablement sur le terrain politique en charité politique sans transformer la consistance propre du politique, comme tel, qui n’est pas la morale surnaturelle. C’est ce qui permet l’union politique des catholiques et des non-catholiques sur cette base de la loi naturelle, en dehors d’un parti confessionnel, car l’unité politique d’esprit catholique intègre les incroyants à ce niveau-là, sans que les catholiques aient besoin pour cela, au contraire, de mettre leur foi dans la poche. La loi naturelle, depuis la Rédemption, devient « participation » à l’ordre surnaturel où convergent nature et grâce, comme l’a dit le Pasteur commun Pie XII.
« Les pas des légions avaient marché pour lui… Les rêves de Platon avaient marché pour lui. » Rome et Athènes préparaient la venue du Christ. Ce que Péguy a admirablement développé dans Eve ne se produit plus dans le passé mais plus mystérieusement dans le présent avec des artisans de la droite raison ou de l’ordre naturel et chrétien… sans la foi. En dépit du fait historique de la Rédemption – « Il est venu dans son domaine et les siens ne l’ont pas reçu » ! –, ceux-là marchent toujours malgré tout pour lui, sans le connaître surnaturellement dans sa plénitude. Ils marchent non plus avant (comme hommes de l’adventus) mais derrière lui, dans l’empreinte civilisationnelle et sociétale qu’a laissé son passage, « apologètes de l’extérieur », comme dit Gérard Leclerc. Il n’empêche que cette alliance de tels défenseurs « identitaires » de la loi naturelle avec les témoins universels de la loi surnaturelle (ratio et fides) rejoint l’intuition de Péguy. L’arbre de la nature et l’arbre de la grâce (« raciné profond ») « ont lié leurs troncs de nœuds si solennels » :
« Ils ont tant confondu leurs destins fraternels
Que c’est la même essence et la même nature. »
N’en déplaisent à Le Morhedec et à ses porte-voix, le « compromis nationaliste » n’est pas une compromission catholique, comme l’a démontré Madiran par son œuvre. Ce compromis propose en l’occurrence non pas un rempart mais un pont ou un « parvis », où puissent se retrouver les coopérateurs de la vérité, fidèles et « infidèles » ou agnostiques, à différents niveaux, afin d’ordonner autant que possible le bien commun temporel au Bien commun surnaturel qui est le Dieu d’Amour.
Rémi Fontaine
Un ravissant livre sur l’Avent pour les jeunes enfants
Les Éditions de l’Espérance lancent une nouvelle collection d’albums illustrés ! Destiné aux enfants dès l’âge de 3 ans, chaque tome s’articulera autour d’un thème spirituel fort (fête liturgique, sacrement…), mais à hauteur de nos tout-petits, qui reconnaîtront avec bonheur les rites de leur vie familiale.
Résumé de ce premier tome sur le temps de l’Avent : Avec les frimas de décembre approchent les merveilleuses fêtes de Noël. Suivis partout du chien Tartiflette, Joseph et Joséphine, jumeaux espiègles au grand cœur, ont beaucoup à faire. Chaque jour, une fenêtre du calendrier de l’Avent s’ouvre sur un progrès à accomplir et d’amusants préparatifs.
Du sapin à la crèche, des cartes de vœux aux sablés odorants, que de travail pour habiller la maison et s’habiller le cœur !
À la suite de ces plumes catholiques qui ont accompagné notre enfance, telles que la comtesse de Ségur ou T. Trilby, la romancière Marie Vigneaud a voulu proposer dans un langage soigné des textes nourrissants moralement, irrigués d’amour de la vie, et faisant l’éloge de la vie quotidienne de nos foyers en marche vers le Ciel.
Et puisque le Beau nourrit les yeux et l’âme, ces ouvrages à l’élégance atemporelle sont illustrés par le crayon tendre et poétique de la dessinatrice à succès by.bm.
Une lecture du soir substantielle et gaie pour les familles pratiquantes, ou bien un joli cadeau qui saura discrètement guider celles qui cherchent encore…
À venir : l’accueil et le baptême d’un petit frère chez Joseph et Joséphine !
Le premier tome est à se procurer dès à présent sur le site des Editions de l’Espérance : https://www.editionsdelesperance.com/albums-tout-petits/53-joseph-et-josephine-le-joli-temps-de-decembre.html
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Face à l’extrême-gauche, les fondateurs du Canon français ne se laissent pas faire
Les fondateurs du Canon français, que nous avions interrogé lors de la création de leur marque, ont déposé plainte contre 13 élus d’Ille-et-Vilaine, après la publication d’un communiqué appelant à l’interdiction de leurs banquets. La société d’événementiel dénonce une campagne de désinformation et une atteinte à ses libertés fondamentales.
La plainte vise les élus pour diffusion de fausse nouvelle, mise en danger de la vie d’autrui, entrave à la liberté d’entreprendre et de se réunir, ainsi que provocation à un attroupement risquant un trouble à l’ordre public. Elle fait suite à un texte signé le 31 octobre par plusieurs parlementaires et maires d’Ille-et-Vilaine, demandant au préfet d’interdire les banquets géants du Canon français programmés les 8 et 9 novembre au château de Blossac, à Goven. Les signataires, parmi lesquels les députées NFP Marie Mesmeur et Mathilde Hignet, ou encore le sénateur écologiste Daniel Salmon, accusent les organisateurs «d’instrumentaliser les fêtes populaires à des fins de propagande pour faire la promotion de l’idéologie d’extrême droite». Ils affirment également que l’entreprise est «financée par le milliardaire réactionnaire Pierre-Édouard Stérin » et citent des «saluts nazis» ou des «chants à la gloire du Rassemblement national» qui auraient été observés lors de précédents banquets.
Des accusations «gravement diffamatoires», selon les responsables du Canon français. Géraud de La Tour, cofondateur de l’entreprise, déclare au Figaro :
«Ils diffusent de fausses informations nous concernant». «Tout ce qui est évoqué sur de prétendus chants politiques à la gloire de Bardella ou des symboles d’extrême droite n’a jamais eu lieu lors de nos événements. Et si cela s’était produit, notre service de sécurité aurait immédiatement exclu les fauteurs de troubles. Nous avons une charte stricte : nos banquets sont des fêtes apolitiques et conviviales.»
«Nos événements sont publics, nous les filmons, et jamais je n’ai constaté le moindre débordement. Il n’y a par ailleurs jamais eu de problème de quelque nature que ce soit.»
Quant au rattachement présumé au projet Périclès, un programme d’influence financé par Pierre-Édouard Stérin :
«C’est complètement faux. Nous avons traité avec un fonds d’investissement qui appartient effectivement à ce monsieur, mais il n’a jamais rien investi dans notre entreprise. Il a simplement acheté des titres, nous ne l’avons jamais rencontré». «Une fois encore, ce sont de fausses rumeurs.»
Créé en 2021, le Canon français revendique une célébration de la convivialité et du terroir. Ses grands repas festifs, inspirés de l’Oktoberfest ou des fêtes de Bayonne, réunissent plusieurs centaines de convives autour de musiques et produits régionaux.
«Nous sommes des entrepreneurs», «nous organisons des événements inspirés des grandes fêtes populaires françaises, qui plaisent au public. Nous ne souhaitons pas alimenter une polémique : nos banquets sont avant tout des moments de partage et de convivialité qui mettent en avant la gastronomie et la France, un pays que nous aimons.»
Le banquet du 9 novembre, déjà complet, est maintenu.
Après Sacré-Coeur, voici Le Roi des rois
Alors que le film SACRE CŒUR termine sa 5e semaine à près de 350 000 entrées et démarre sa 6e semaine sur plus de 400 écrans, Saje lance le film d’animation LE ROI DES ROIS, adapté d’une œuvre trop peu connue de Charles Dickens, est à l’affiche dans plus de 270 salles, partout en France et en Belgique.
C’est l’histoire de Jésus-Christ, racontée par un père (Charles Dickens) à son fils.
LE ROI DES ROIS est l’outil idéal pour transmettre la foi à des enfants (et aux adultes qui les accompagnent). Je suis certain qu’il aidera de nombreuses familles qui aimeraient transmettre à leurs enfants cette part d’héritage commun que constitue l’histoire de Jésus, mais qui ne se sentent ni compétentes, ni légitimes pour cela. Pensez dès maintenant aux familles amies à qui vous allez proposer de vous accompagner au cinéma pour voir ce film !
