Bilan des manifestations : +25%
Le ministère de l’Intérieur estime à 500.000 le nombre total des manifestants en France. En fait, il précise de manière un peu ridicule "503.000". Le chiffre est à comparer aux 400.000 du 7 mars : les manifestants seraient 25% plus nombreux, 50% plus nombreux d’après les syndicats (de 1 million à 1,5 millions.) Le pari de ces derniers est donc tenu.
Dans bien des villes de province, les chiffres sont du même ordre que le 7 mars, mais le cortège parisien semble avoir doublé de volume, et le nombre de villes où des manifestations on eu lieu a augmenté. On pourra comparer ville par ville : les chiffres d’aujourd’hui; ceux de jeudi; ceux du 7 mars.
La violence recommence
A Paris, place de la Nation, après 18h30, des ‘jeunes’ se sont mis à lancer des pierres et des canettes de bière sur les forces de l’ordre. Une vitrine d’un magasin a volé en éclats, une voiture a été retournée et incendiée. C’est une mode…
A Clermont-Ferrand, 5 personnes ont été interpellées à la suite d’incidents qui ont éclaté au moment de la dissolution de la manifestation. Les incidents se sont produits devant la préfecture de la région Auvergne vers 17h30. Des voyous ont lancé sur la façade du bâtiment des oeufs, des canettes de bière et autres projectiles.
Plus grave à Marseille où des militants d’extrême gauche ont escaladé la façade de la mairie et ont remplacé le drapeau tricolore par un drapeau frappé des mots "Anticapitalisme et autogestion". 6 personnes ont été interpellées et un policier a été blessé.
Manifs : bilan discutable
La gauche visait le million. A l’heure actuelle et selon les estimations des syndicats, ce sont moins de 500000 manifestants qui ont défilé cette après-midi, dont 300000 à Paris selon la CGT. Malgré cela, les syndicats annoncent déjà que le million serait dépassé.
En attendant les estimations des forces de l’ordre…
Manifestations anti-CPE : comment juger de leur succès ?
Puisque les médias titreront de toute manière que "la mobilisation s’amplifie", quel que soit le nombre de gens dans la rue, il est bon d’avoir quelques repères pour pouvoir juger soi-même.
La gauche anti-CPE espère doubler aujourd’hui la mobilisation par rapport à jeudi : elle avait alors estimé le total des participants à ses manifestations à 500.000 (250.000 pour la police), et vise maintenant le million.
Pour l’instant, les manifestations de ce matin en province marquent une progression par rapport à jeudi, mais pas du simple au double : à Poitiers, 7 à 10.000 personnes ont manifesté, contre 6 à 8000 jeudi; à Toulouse, 14.000 contre 9000 jeudi (chiffres de la police).
Le vrai point de comparaison reste la mobilisation du 7 mars, qui avait rassemblé un total national de 400.000 manifestants pour la police et un million pour les organisateurs.
Pour l’anecdote, les chiffres pour Toulouse avaient alors été de 23 à 30.000 – mais les anti-CPE semblent avoir préféré aujourd’hui manifester le matin, où il est plus dur de mobiliser. Sans doute ont-ils estimé qu’avec le match de rugby Galles-France cet après-midi, la tâche aurait été encore plus difficile…
Les profondes différences entre Islam et Christianisme
…ont été mises en évidence par Mgr Walter Brandmüller, président du Comité pontifical pour les Sciences historiques, lors d’une conférence qui s’est tenue mardi 13 décembre à l’Université pontificale du Latran. Extrait :
"Dans la tradition musulmane, en effet, le concept d’égalité de tous les êtres humains n’existe pas, pas plus que celui de dignité de toute vie humaine. La shariah est basée sur une triple inégalité : entre l’homme et la femme, entre le musulman et le non musulman, entre l’homme libre et l’esclave. En substance, l’être humain de sexe masculin est considéré comme pleinement titulaire de droits et de devoirs seulement lorsqu’il appartient à la communauté musulmane. Celui qui se convertit à une autre religion ou devient athée est par conséquent considéré comme un traître, passible de la peine de mort ou, à tout le moins, de la perte de l’ensemble de ses droits".
Et il ne s’agit que d’un extrait sur les différences entre l’Islam et le Christianisme…
« Contestation de crimes contre l’humanité » : premier non-lieu pour Bruno Gollnisch
L’affaire était grotesque dès le début. Le secrétaire général du FN, interrogé lors d’une conférence de presse en octobre 2004, avait répété sa position sur la liberté de recherche historique au sujet des crimes nazis : il était contre la loi Gayssot sur le négationnisme, mais ne contestait en rien "les millions de morts du drame de la déportation et de l’univers concentrationnaire".
Il n’en a pas fallu plus pour qu’une campagne politique, médiatique et judiciaire prenne M. Gollnisch pour cible : les journaux n’ont cessé d’évoquer l’affaire en parlant de "propos scandaleux" de Gollnisch sur la Shoah, ou de "déclarations négationnistes" – en évitant de citer lesdits propos, de peur que le lecteur ne se rende compte de la supercherie.
Déjà en 2004, la Police Judiciaire avait conclu que les déclarations de M. Gollnisch n’étaient pas illégales. Ce qui n’avait pas empêché le MRAP et le Parquet (sur injonction du Garde des Sceaux M. Perben, adversaire de Gollnisch à Lyon) de porter plainte.
Hier, la première de ces plaintes a débouché sur un non-lieu, dont les termes sont cinglants (article de Libération, communiqué du FN) : Pour le juge d’instruction, il n’est
…pas douteux que Bruno Gollnisch ait manifesté clairement sa réprobation des crimes nazis évoquant les millions de morts et les massacres perpétrés dans les chambres à gaz […]
La réalité des camps d’extermination organisés quasi-industriellement n’a pas été contestée lors de cette conférence de presse par Bruno Gollnisch qui, sur ce point, répondait à des questions de journalistes.
Malgré la plainte du parquet et de probables appels, il est peu douteux que Bruno Gollnisch sera au bout du compte reconnu innocent. Mais le but de ses ennemis n’était pas tant judiciaire que médiatique : et là, le mal est fait.
Un retour des catholiques en politique ?
L’engagement civique des catholiques ne devra jamais être le simple symétrique de l’activisme politique de la gauche. Comme l’écrivait Jean Ousset dans l’Action : on ne peut pas utiliser les mêmes méthodes pour rétablir l’ordre social qu’utilisent ceux qui veulent le "démolir, [le] dialectiser, [le] massifier."
Mais le peu d’estime qu’ont les chrétiens, et les conservateurs en général, pour l’action politique (dont l’action partisane n’est que la pointe d’iceberg) donne un avantage indu à une gauche minoritaire. Ces témoignages dans Libération le montrent : les parents des jeunes anti-CPE sont "fiers" de l’activisme de leurs enfants – une fierté dont on ne trouve pas toujours l’équivalent chez nous.
Mais certains signes semblent indiquer un réveil politique des catholiques : par exemple des
initiatives telles que la Marche pour la Vie ou la démarche de Liberté politique. Ce réveil sera le thème d’une soirée organisée par l’institut Civitas samedi prochain 25 mars : "Le retour des cathos en politique. Une dynamique à organiser ?"
Y prendront la parole Jacques Trémolet de Villers, Yves-Marie Adeline (royaliste) et Hugues Petit (FN) – montrant que les catholiques n’ont pas vocation à se retrouver dans une action unique et monolithique mais à mener un combat commun malgré la diversité des engagements possibles et légitimes.
Agitation anti-CPE : un témoignage de Nanterre
Liberté politique publie le témoignage d’une étudiante de Paris X, qui corrobore en tout point ce que rapportait hier un autre Nanterrois sur l’émission de Bafweb Radio. "Sophie" témoigne de l’Assemblée Générale du 9 mars :
[A]lors que nous étions majoritairement contre le blocus, on nous a imposé trois heures de faux débats (temps de parole inégal et injustement répartis). On nous a infligé une véritable propagande anti-gouvernementale bien loin du problème du CPE. […]
Faut-il évoquer la sécurité ? Des individus masqués par des foulards circulent sans cacher leur agressivité. Quand vient le vote, à main levée, des syndicalistes inconnus des bancs de la fac mêlent leurs voix aux étudiants. Nous étions 2000 : 750 ont voté pour le blocus… qui fut déclaré adopté !
[…] Les 9 et 10 mars, lorsque des étudiants ont voulu entrer dans leurs facultés, des bagarres ont éclaté à coups de barres de fer, une jeune fille a été poussée dans les escaliers par des représentants de l’Unef et a été sérieusement blessée. Pour renverser le rapport de force et empêcher les étudiants de vouloir travailler, les manifestants minoritaires ont fait appel à des lycéens de Nanterre, mobilisés en masse pour narguer les étudiants empêchés de travailler.
CPE : vers une capitulation par le biais du Conseil constitutionnel ?
Jeudi, les dispositions les plus démagogiques de la loi sur l’égalité salariale adoptée le 23 février (texte, pdf) ont été déclarées inconstitutionnelles.
Ainsi, la presque totalité du titre 3 de ce texte, qui instaurait des quotas de 20 % de femmes dans les conseils d’administration, les comités d’entreprise, les délégués du personnel, les conseils de prud’hommes et les organismes paritaires de la fonction publique, a été retoqué.
Le Conseil réprouve donc les quotas, au nom de l’égalité républicaine. Mais la décision du Conseil ne s’arrête pas là. Les députés socialistes l’avaient à l’origine saisi sur un point en apparence plus technique : le fait que la loi comportât des amendements n’ayant que peu de rapport avec le texte central de la loi. Et le Conseil leur a donné raison.
Invoquant l’absence de lien entre des amendements introduits par le gouvernement et l’objet d’un texte de loi, plusieurs mesures ont été censurées, dont certaines constituaient "le plan emploi" de M. de Villepin […].
Mais quel rapport entre cette décision du Conseil et le CPE ? Mardi, le groupe parlementaire socialiste a saisi le Conseil à propos de la Loi sur l’égalité des chances dont le CPE est un amendement. Et les arguments de ceux qui considèrent que cet amendement est inconstitutionnel s’appuient précisément sur deux points qu’ont retenu les "sages" dans leur décision de jeudi : l’égalité (en l’occurence, selon l’âge) et les limites du domaine de l’amendement.
Cet article dans Libération réfutait certes la critique – mais c’était avant la décision d’aujourd’hui, qui semble ouvrir la voie à la censure du CPE par le Conseil. Le Figaro de mercredi évoquait cette possibilité. Et comme la Lettre de Rastignac d’aujourd’hui, il envisageait que le Président Chirac demandât amicalement à Pierre Mazeaud, président du Conseil, que l’affaire du CPE se termine ainsi :
«Si ça tourne mal, heureusement qu‘on a Pierre Mazeaud…», confie un chiraquien.
Cette phrase, si elle dit vrai, est assez scandaleuse : le président de cette haute cour serait-il au service de l’exécutif ? Bizarrement, elle semble avoir disparu de l’article en ligne du Figaro – mais News Google en a gardé la trace.
Le Pape souhaite canaliser l’énorme pouvoir des médias
Benoît XVI a reçu ce matin l’Assemblée plénière du Conseil pontifical pour les communications sociales, conduite par Mgr John Foley. Le Pape a salué l’importante oeuvre d’apostolat de la communication, comme
"forme directe d’évangélisation et de promotion du bon et du vrai au sein de la société. (…) Le décret conciliaire Inter Mirifica (…) notait déjà l’énorme pouvoir des médias dans l’information des esprits et la formation des opinions. Quarante ans plus tard, il est plus que jamais nécessaire de canaliser ce pouvoir au bénéfice de l’humanité toute entière (…) afin que la promotion du bien commun ne soit jamais sacrifiée à une recherche égoïste du profit, ou à des ambitions idéologiques peu crédibles".
Le Pape a invité les responsables des médias à diffuser le bien et la vérité, "par le respect avant tout du sens de la vie humaine et sociale, par le rejet du mensonge, qui s’exprime notamment dans certaines tendances pernicieuses qui menacent la société civile".
Nous invitons donc nos lecteurs à faire de la publicité pour Le Salon Beige puisque le décret cité plus haut demande notamment : "On commencera par soutenir la presse honnête" (n.14)…
Des membres du MPF passent au FN
Le Monde de demain nous apprend que Pierre Deplanque, coordinateur régional du MPF en Corse, Dolorès Thomas et Eric Gaillot, secrétaires départementaux du MPF en Corse, ont tous rejoint le Front National. Selon Deplanque :
"Philippe de Villiers n’est pas un vrai représentant de la droite nationale. Il ne souhaite que rabattre les voix du FN sur l’UMP."
Le même dénonce "la consigne" qui aurait "été donnée de dissuader les maires de parrainer la candidature de M. Le Pen à l’élection présidentielle".
Et visiblement, ces défections ont réduit à néant les contacts MPF en Corse…
Miracle à Lourdes ?
Un cas de guérison exceptionnelle vient d’être reconnu par le Comité médical international de Lourdes (CMIL), a annoncé ce jeudi son co-président, le professeur François-Bernard Michel. Il s’agit d’une Française, mais "l’autorité épiscopale n’a pas encore franchi le stade nécessaire pour que la guérison soit reconnue comme miraculeuse".
A l’issue de sa réunion fin novembre à Paris, le Comité Médical International de Lourdes a en effet rédigé le communiqué d’information comportant un "avis de reconnaissance du caractère exceptionnel d’une guérison en l’état actuel de la connaissance scientifique". Il s’agit
"d’une malade atteinte en 1992 d’un lymphome malin diffus de la plèvre non hodgkinien de type B, compliqué, un an plus tard, d’une leucémie aiguë myéloblastique avec atteinte méningée et névrite optique traitée par chimiothérapie, mais d’évolution défavorable et guérie sans séquelles ni rechute depuis 13 ans, en coïncidence d’une démarche de foi à Notre-Dame de Lourdes".
Le même communiqué signale que les déclarations spontanées de guérison évaluées durant l’année 2005 sont au nombre de 40. Par ailleurs, 5 dossiers sont en cours d’instruction. Il s’agit de "déclarations de personnes affirmant en conscience claire une guérison survenue dans le contexte de Lourdes, mais dont les critères scientifiques ne permettent pas d’affirmer encore le caractère définitif".
Des témoignages pour notre temps.
Manifs : bilan des blessés
Les violences qui ont éclaté dans la soirée place de la Sorbonne ont fait 92 blessés parmi les forces de l’ordre, 18 du côté des manifestant. Le préfet de police Pierre Mutz a par ailleurs déclaré vendredi sur RTL que 187 personnes avaient été interpellées.
Bernard Carayon : « les Français ne s’aiment plus »
On ne souscrira pas à tout, mais certaines parties de cette tribune du député UMP Bernard Carayon dans Valeurs actuelles montrent une belle lucidité :
Dans tous les domaines […], nous avons collectivement
collectionné les archaïsmes, les retards ou les pusillanimités, créant
les conditions du “déclin français”.
Pourquoi ? D’abord parce que les Français ne s’aiment plus. Trente ans
d’immigration massive, à flot continu, encouragée par la complaisance
de la gauche et la tétanisation de la droite, ont fait sauter les
digues de notre identité nationale. […] [L]e “droit à la
différence” a fait le reste, mettant sur le même pied les fondements de
notre civilisation à la fois judéo-chrétienne, universaliste et
républicaine, avec des cultures importées […].
Ensuite parce que notre gauche est différente de toutes les autres
gauches occidentales : ses courants extrémistes ont irrigué le débat
politique par une sémantique destructrice : exclusion, précarité,
droits multiples à géométrie variable, acquis sociaux, incivilités,
autant de mots […] destinés
à culpabiliser l’adversaire […]
Notre gauche est la dernière au monde à être restée révolutionnaire.
Bernard Carayon (qu’on a remarqué plusieurs fois en bien) est un proche de Pierre Fabre, nouveau propriétaire de Valeurs actuelles : si ses tribunes doivent remplacer celles d’Olivier Dassault, on gagne au change !
Manifestations : les chiraquiens arroseurs arrosés
Au fait, où tous ces jeunes lycéens ont-ils appris à manifester ? Témoignage dans Libération :
"Je ne suis pas dans un parti. J’avais manifesté pour la première fois en 2002, contre Le Pen, dans l’entre-deux-tours de la présidentielle. Ç’a été l’électrochoc. J’ai réalisé qu’on regrettait toujours trop tard d’être resté à râler sans bouger."
Avis à l’UMP : il est difficile de jeter les écoliers dans la rue en 2002 pour protester contre le verdict du suffrage universel, et de leur demander de respecter un vote parlementaire 4 ans plus tard…
Images de la libération de la Fac de Toulouse
… dont nous parlait Michel hier, sur TF1 : une vidéo qui fait plaisir à voir (Via Le Conservateur).
Blocage des universités : témoignages et analyses
… sur Bafweb Radio : pour sa première émission, Adrien de Riedmatten a reçu Roland Richard, étudiant à Nanterre, où la résistance au blocage s’est appuyée sur des blogs spontanés (dont celui de M. Richard), et Sébastien Bordman, porte-parole de l’UNI.
Outre son témoignage sur les agissements des bloqueurs à Nanterre, le premier intervenant a présenté une analyse fine et informée de la situation générale. Il fait partie des organisateurs du sit-in de dimanche (Place de l’Hôtel de Ville de Paris, de 15h à 17h) qu’a évoqué Lahire.
L’émission peut être réécoutée ici.
Christine Boutin à la présidentielle : « Seule la menace du Front national au second tour me ferait renoncer »
On s’est pincé en lisant ce passage de cet article du Monde :
Présente elle aussi en 2002 – elle a recueilli 1,20 % des voix -, Christine Boutin est aussi sur la ligne de départ pour 2007. "Seule la menace du Front national au second tour me ferait renoncer", affirme celle qui entend représenter "la droite sociale". Elle sillonne la France pour des soirées- débats sur des sujets divers, parmi lesquels : le travail précaire, l’environnement ou la santé.
Dans Présent de demain, Jean Madiran consacre un éditorial à cette déclaration contre-nature.
Sur les questions politiques réellement les plus importantes [respect de la vie, famille...][…], Christine Boutin professe pourtant des idées plus proches de celles du Front national que de n’importe quel autre grand parti, UMP comprise.
Témoignage personnel : aucun de ceux qui, parmi mes amis, avaient voté pour Mme Boutin en 2002 ne me dit envisager de faire de même en 2007. A force de multiplier des déclarations semant la confusion quant à ses véritables priorités, Mme Boutin risque de découvrir qu’on peut faire beaucoup moins encore que 1,20%.
Le cache-misère de la presse française
Les chiffres de diffusion de la presse quotidienne nationale française chutaient depuis plusieurs années (exemples : 2002/2003; 2004/2005). Un tour de passe-passe offre à nos journaux un répit statistique : l’enquête change de prestataire (la Sofres succède à Ipsos), ainsi que la méthodologie. Avec un résultat bien commode :
[C]es changements de méthodologie interdisent – pour six mois – toute comparaison avec les études précédentes.
La nouvelle méthodologie semble mettre systématiquement en avant un nombre de lecteurs estimé, qui cachera peut-être mieux la chute de diffusion que le nombre, plus objectif, des exemplaires diffusés. Ces chiffres impressionneront peut-être les annonceurs, mais paraissent optimistes : ils considèrent qu’un exemplaire du Figaro est lu en moyenne par 4 personnes…
Mobilisation anti-CPE : le bilan décevant est camouflé par les médias
– Les manifestations à travers le pays ont rassemblé 250.000 personnes selon la police, 500.000 pour les organisateurs (33.000 à 120.000 à Paris, respectivement). En tout cas, moins que prévu – rappelons ce qu’écrivait l’AP avant que l’on connaisse ces chiffres :
Le gouvernement s’attend à des manifestations plus importantes que celles du 7 mars, qui avaient réuni entre 396.000 et plus d’un million de personnes selon les sources.
Une chute de 30 à 50% par rapport à la semaine dernière… ce qui n’empêche pas Reuters de titrer : "La mobilisation anti-CPE s’amplifie" ! Les étudiants pro-UMP de l’UNI ont raison : "la mobilisation piétine".
– 212 fauteurs de troubles ont été arrêtés, dont 147 à Paris.
– 18 policiers ont été blessés.
Ces derniers chiffres peuvent encore évoluer, les affrontements étant toujours en cours dans le quartier de la Sorbonne.
Enfin, un sondage estime que 68% des Français seraient favorables au retrait du CPE, 27% opposés.
Ce soir : lancement de BAF radio
L’indomptable Bafweb se lance dans la radio par internet, les mardi, mercredi et jeudi… et la première émission est ce soir, à 20 heures : elle aura pour thème l’agitation étudiante en France, et donnera la parole aux étudiants de la majorité silencieuse qui veut travailler. L’émission pourra ensuite être réécoutée en format mp3.
Comme pour symboliser le passage de relais entre des vieux médias sur la défensive et les pionniers de la révolution médiatique, la Radio Suisse Romande enjoint le même jour Bafweb… de ne plus faire de lien vers ses productions, sous peine de poursuites !
PS : le lien pour écouter en direct.
Life Parade 2006
La Life Parade 2006 se déroulera le samedi 20 mai sur le thème de l’Enfance. Le cortège partira de 14h30 place Saint-Sulpice à Paris.
Fait-elle doublon avec la traditionnelle Marche pour la vie de janvier ? Non : la manifestation de janvier est l’indispensable rendez-vous annuel unitaire de mobilisation pro-vie, l’équivalent français de la March for Life de Washington, la démonstration de force annuelle du mouvement abolitionniste américain. La Life Parade, rendez-vous festif, cherche à promouvoir les expressions culturelles d’un message pro-vie et pro-famille plus global. N’opposons pas les deux : toute initiative ayant pour objet de promouvoir la culture de vie doit unir les catholiques !
La Turquie pour anéantir l’Europe puissance
Dans la Revue française de géopolitique, Aymeric Chauprade s’en prend à la Turquie. Battant en brèche les poncifs sur la vocation européenne de la Turquie, l’ouvrage débute par un "tableau historique de l’affrontement entre Européens et Turcs", qui montre que l’empire ottoman a toujours été perçu comme radicalement étranger par ses voisins de l’ouest. Dans le chapitre suivant, "civilisations turque et européenne : 3000 ans d’opposition", Chauprade affirme que "le projet d’intégration de la Turquie vise à anéantir l’idée d’Europe puissance". L’ouvrage se termine par une analyse de la présence turque en Europe occidentale, où Ankara compte sur la présence d’une immigration de plus en plus active pour faire avancer la cause de sa candidature à l’Europe.
Le Monde dresse le portrait de Guillaume Peltier
Le jeune (30 ans) secrétaire général du MPF intrigue les journalistes et Le Monde de demain revient sur son "étrange" parcours :
Ses parents, issus de la petite-bourgeoisie, étaient babas cool avant de "se ranger" au milieu des années 1980.(…) En 1981, Stéphane et Anne Peltier "applaudissent la victoire de François Mitterrand". Mais ils font aussi "partie des premiers déçus du socialisme". Le père est au chômage, ne le supporte pas et tombe gravement malade (…). "C’est à cette époque que mes parents sont devenus catholiques pratiquants", raconte leur fils. Lui ne trouvera la foi, "tout en restant plutôt anticlérical", que plus tard (…).
Ce cheminement l’amène en terminale à créer des soupes populaires avec une bande de copains. En khâgne, au lycée Lakanal, il se passionne pour l’histoire et prend goût aux joutes oratoires. Le soir, il organise des conférences dans des bistrots pour parler du "nécessaire engagement dans la cité, au service du bien commun" auprès des plus pauvres. (…) En 1996, il fonde le JAC (Jeunesse-Action-Chrétienté), un mouvement de jeunes chrétiens qui se mobilisent contre le pacs, la pilule du lendemain et la contraception à l’école.
[Puis] il prend sa carte au Front national de la jeunesse (FNJ). Philippe Rouger, alors assistant du directeur du FNJ, Samuel Maréchal, se souvient d’un "garçon ambitieux" sans "corpus doctrinal établi". (…) Il apprend à faire des tracts, s’entraîne à répondre à des entretiens, à argumenter. Bon élève, il sort major de l’université d’été 1998 du FNJ (…). Samuel Maréchal en fait un de ses adjoints. (…) Quand Bruno Mégret et ses lieutenants quittent le parti pour créer le Mouvement national républicain, il les suit. 6 mois plus tard, Guillaume Peltier (…) rencontre notamment Charles Millon alors président de La Droite.
(…) Des amis lui présentent Guillaume de Villiers, l’aîné des fils de Philippe. Le courant passe entre les deux hommes, un repas est organisé avec le président du MPF. (…)"C’est un dîner de franchise, raconte Guillaume Peltier. Philippe de Villiers discute action politique. Je lui dis ce qui ne va pas : il n’a jamais voulu rompre avec la majorité et n’a pas créé d’appareil politique, il manque de cohérence dans son action."
(…) Philippe de Villiers le met au défi de rassembler 100 jeunes à Paris, il en réunit sans difficulté 200. Nommé président du Mouvement des jeunes pour la France au printemps 2001, le professeur se met en disponibilité de l’éducation nationale. Deux ans plus tard, il devient secrétaire général du MPF."
Cette promotion a été la cause de départs au sein du MPF. Les déçus parlent d’une "ambition débordante" et dénoncent des "méthodes frontistes". Ses anciens amis du FNJ évoquent un "jeune homme ambitieux et opportuniste". Philippe de Villiers vante des qualités de "stratège". Lui se déclare attaché à la nation et à "un souci de justice sociale". Il affirme "détester les idéologies". "Une société qui ne fait pas appel aux racines, à l’ordre, à l’équilibre, est vouée à disparaître."
91% des lois ne sont pas appliquées
…car leur décret d’application n’a pas été publié. C’est ce qu’a révélé Minute hier, prouvant ainsi que les lois votées par l’Assemblée sont purement incantatoires… Le Conseil d’Etat rejoint ce constat dans son rapport annuel.
Yves Daoudal nous en livre son analyse. Parmi les causes, il y a celles qui "échappent à la seule responsabilité des pouvoirs publics" (et sur lesquelles on n’aurait donc aucune prise). "Le premier des facteurs de complexité et d’instabilité du droit" est constitué par "le caractère foisonnant du droit communautaire". Bel aveu de la perte de l’indépendance de la France. Une autre "série de causes" relève de l’organisation de nos institutions : la décentralisation, avec des "ajustements permanents de la législation" qui, "par-delà leur excessive fréquence, n’ont pas contribué à dessiner un paysage administratif lisible pour le citoyen" ; et la multiplication des autorités administratives indépendantes, dont la première fut la CNIL, en 1978, et qui sont aujourd’hui une cinquantaine.
Le rapport examine ensuite les causes "qui tiennent à nos mœurs". "Les Français" ne cessent de réclamer de nouvelles lois, "comme si chaque problème nouveau nécessitait un traitement particulier, comme si un droit de principes se révélait inhabile à régler des cas que l’on croit inédits". La loi est vue comme une "thérapeutique". En réalité, ce ne sont pas tant les citoyens que le monde politico-médiatique, les syndicats et les lobbies qui exigent de nouvelles lois. Le résultat est que le Parlement vote des lois "purement incantatoires ou déclaratives" (celles qui prétendent dire l’Histoire), des lois complexes, inutiles (la loi d’orientation agricole comporte 105 articles alors qu’en cette matière tout dépend de Bruxelles et de l’OMC) ou des lois qui, n’étant suivies d’aucun texte d’application, resteront lettre morte.
Sur les 48 lois votées lors de l’année parlementaire 2004-2005, 15 étaient d’application directe et 33 prévoyaient des mesures d’application. Sur ces 33 lois, 17 ne sont pas du tout applicables, 13 le sont très partiellement : il n’y a donc que trois lois qui ont… force de loi. Le rapport cite l’exemple ahurissant de la loi du 2 août 2005 en faveur des PME et dont aucune des 53 mesures d’application n’a été prise. En matière d’inflation législative, le recueil des lois de l’Assemblée nationale est passé de 433 pages en 1973 à 3.721 en 2004. Il en résulte une "insécurité juridique". Le rapport énumère par exemple les 19 contrats de travail spéciaux créés ces dernières années, dont 6 pour la seule année 2005, auxquels vient de s’ajouter le fameux CPE. Il souligne aussi que le crédit d’impôt recherche a été modifié 23 fois en 23 ans.
Le rapport préconise enfin d’élever le niveau de contrainte en encadrant la procédure d’élaboration des textes par… une loi organique. Daoudal conclue que c’est "un excellent rapport, que l’on va pouvoir mettre dans un tiroir en attendant le suivant" !
Création du Conseil des droits de l’homme
Le nouvel organisme a recueilli 170 voix, contre 4 avis négatifs et 3 abstentions. Aux côtés des Etats-Unis, Israël a voté contre la création du nouveau Conseil, ainsi que les Iles Marshall et Palau, deux petits archipels du Pacifique. Et les abstentions sont venues de la Bélarus, de l’Iran et du Venezuela. Cette absence d’unanimité est une première s’agissant de la création d’un organe des Nations Unies et cela inquiète Adrien-Claude Zoller, directeur de Genève pour les droits de l’homme, une ONG active dans la formation aux droits humains, selon qui "cela crée un dangereux précédent".
Le Conseil sera une instance plus forte que l’actuelle Commission des droits de l’homme, discréditée. Ses membres seront élus à la majorité absolue par l’Assemblée générale et un membre qui violerait massivement les droits humains pourra être suspendu. La première session se tiendra à Genève dès le 19 juin. L’élection des membres aura lieu le 9 mai.
Côté américain, l’ambassadeur John Bolton explique que les Etats-Unis souhaitaient une élection des 47 pays membres du Conseil par une majorité des deux tiers, et non à la majorité absolue de l’Assemblée générale. Washington proposait aussi d’exclure les pays soumis à des sanctions de la part de l’ONU, suggestion non retenue.
Blocage des facs : coup de poing à Toulouse
D’après la police, les 200 étudiants grévistes qui occupaient la faculté de droit depuis la veille ont été délogés par une dizaine d’étudiants qui ont forcé les portes afin de libérer l’université. Des bagarres se sont déroulées dans les couloirs pendant plusieurs minutes.
Les militants de l’UNI (proche UMP) ont affirmé avoir "libéré la fac". Une assemblée générale doit se tenir à 12h30 pour décider de la suite à donner au blocus de la faculté.
Les déboires de Libération
Je tiens à rassurer Henri, qui me le signalait en privé, sa difficulté d’accéder au site de Libération n’est pas le fait de son ordinateur. L’Express nous apprend en effet que "le site de Libération est depuis plusieurs jours l’objet d’attaques informatiques répétées." Depuis lundi après-midi, il est difficile d’accéder à certaines pages de libération.fr. Ces bugs à répétition se sont traduits par une chute de 15 à 20 % de l’audience. Les 320 000 visites uniques quotidiennes, en moyenne, sont tombées selon le quotidien à 250 000 environ. Les journalistes ignorent encore s’il s’agit d’une attaque informatique…
Accès difficile à l’avortement en Ile-de-France
Aujourd’hui, c’est le quotidien gratuit 20 Minutes qui nous annonce, à contre-coeur, une bonne nouvelle : "les conditions d’accès à l’avortement se dégradent en Ile-de-France", selon Michèle Loup, conseillère régionale (Verts). Aussi, un nombre croissant de femmes part subir une IVG en province ou à l’étranger car le délai légal pour interrompre une grossesse – 12 semaines – "devient très court au regard des difficultés rencontrées par les patientes pour obtenir un rendez-vous avec un médecin".
Les Verts de Paris présenteront demain au conseil régional un projet pour améliorer l’accès à l’IVG et à la contraception. Le temps d’attente entre la première consultation et l’opération "peut être de 2 à 3 semaines au lieu des 5 jours recommandés", retardant ainsi l’opération de telle sorte que celle-ci, devenue illégale car hors délai, ne puisse être effectuée. La cause c’est que le nombre de centres réalisant des IVG en Ile-de-France a diminué de 20 % depuis 1999. Mais il en restait encore 126 en 2005.
Un autre fait serait cause de cette difficulté d’accès à l’avortement : pratiquer l’IVG "n’est valorisé ni socialement, ni financièrement". Là est bien le problème, l’acte en question n’étant pas médical et franchement contre-nature. Henri nous rapportait hier le témoignage d’un médecin avorteur (espèce qui serait en voie de décroissance…). La vocation médicale se marie en effet difficilement avec ‘la chirurgie abortive’ (attention photos crues).
Royaume-Uni : le projet de Blair sur l’Education
… a été adopté cette nuit aux Communes. Il ne passe toutefois que grâce à l’appoint des voix conservatrices : même édulcoré, le texte prévoit une décentralisation et une plus grande liberté des parents qui, s’il vont dans le sens de l’enseignement de l’Eglise, vont à l’encontre des préjugés travaillistes et des revendications des syndicats d’enseignants.

