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Une actrice pro-avortement choisie pour incarner la Vierge Marie

Le choix de Katarzyna Smutniak pour incarner la Vierge Marie dans la suite de « La Passion du Christ » a suscité la polémique.

Une pétition lancée par l’Institut de Culture Juridique Ordo Iuris à Mel Gibson concernant le rôle de la Vierge Marie dans le film La Passion du Christ 2 : Résurrection :

Monsieur Gibson,

Nous nous adressons à vous en tant que chrétiens et personnes profondément touchées par le message de votre œuvre La Passion du Christ, qui est devenue pour des millions de croyants à travers le monde un témoignage authentique de foi et de la souffrance et l’amour de Jésus-Christ. Votre courage dans la représentation de la Passion et votre attachement à la vérité de l’Évangile ont fait de La Passion du Christ un film unique sur le plan artistique mais surtout sur le plan spirituel.

C’est pourquoi nous avons été très troublés par les informations parues dans les médias selon lesquelles l’actrice polonaise Katarzyna Smutniak aurait été choisie pour jouer le rôle de la Vierge Marie. Nous pensons qu’il s’agit là d’une décision très malheureuse de nature à blesser les sentiments religieux des catholiques du monde entier et en particulier de Pologne.

Mme Smutniak est connue pour avoir publiquement soutenu des initiatives et des mouvements ouvertement contraires à la sensibilité et à la morale chrétiennes. Elle a apporté un soutien sans équivoque à la « grève des femmes », un mouvement dont les revendications incluent la légalisation de l’avortement et qui, dans sa forme, a souvent pris une tournure vulgaire et agressive contre les valeurs religieuses. Ces « grèves » ont été l’occasion d’interruptions de messes, d’actes de vandalisme, de dégradations contre des églises et même d’incendies criminels visant des lieux de culte catholiques en Pologne. Un tel engagement est en contradiction flagrante avec l’esprit de chasteté et de confiance illimitée en Dieu, incarné par la Vierge Marie qui a reçu Jésus-Christ comme son enfant.

Faire jouer ce rôle à une personne qui soutient publiquement des attitudes si radicalement opposées au message chrétien de vie et d’amour serait un coup de poignard dans le dos des Polonais. Les Polonais sont l’une des dernières nations du Vieux Continent à résister encore à l’omniprésente civilisation de mort. Une civilisation qui accepte le meurtre des enfants à naître au nom de basses motivations. Les cercles de gauche triomphent déjà du fait que le visage de cette Marie avorteuse sera le « porte-parole des droits des femmes », c’est-à-dire du droit de tuer les bébés.

Nous ne doutons pas que vous n’étiez pas pleinement conscient du contexte et des implications symboliques de votre décision. Nous supposons bien sûr qu’un artiste comme vous, qui comprend si profondément l’importance de la foi et de la vérité dans l’art, tient à ce que La Passion du Christ 2 : Résurrection ne soit pas perçu comme une œuvre déformant ou banalisant le mystère du Salut. C’est pourquoi nous vous alertons et vous pressons de reconsidérer votre décision concernant l’attribution du rôle de la Vierge Marie, et de choisir une actrice qui ne soit pas seulement talentueuse et bonne comédienne, mais qui ait aussi une cohérence intérieure avec la dimension spirituelle de ce personnage unique.

Nous espérons que vous prendrez cette décision dans un esprit de responsabilité vis-à-vis des millions de spectateurs qui attendent de la suite de La Passion du Christ une œuvre fidèle à l’Évangile et à la vérité de la Résurrection du Christ.

Veuillez agréer, Monsieur Gibson, l’expression de nos meilleures considérations.

Une église vandalisée la nuit d’Halloween

La porte de l’église d’Ouzouer-sous-Bellegarde, dans le Loiret, a été forcée, sans doute dans la nuit, des bancs, pourtant scellés, retournés, certaines boiseries cassées, des dalles de carrelage arrachées.

Le maire, Claude Fouassier, qui a porté plainte ce lundi en fin de journée au nom de la commune, estime que

“c’est un acte totalement inimaginable. C’est un manque de respect du patrimoine. On se demande pourquoi ce geste. Est-ce quelqu’un sous le coup de la colère ? Car il a fallu que la personne s’acharne.”

La farce grotesque de la taxe Zucman

De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :

La farce grotesque de la taxe Zucman n’en finit pas de rebondir – et la France s’enfonce toujours plus dans le socialisme sous l’autorité d’un Premier ministre prétendument de droite et d’un Président prétendument ultralibéral!

Le principe de cette taxe est, en lui-même, aussi absurde que monstrueux : tous les patrimoines, qu’ils soient liquides ou non, productifs ou non, seraient taxés à hauteur de 2 % par an dès lors qu’ils dépasseraient 100 millions d’euros. On pourrait certes dire que cent millions constituent un joli pactole et que, par conséquent, les intéressés ont de quoi payer. Mais c’est le principe même qui est malsain, puisqu’il détruit l’idée même de propriété privée.

Au demeurant, l’histoire fiscale nous incite à la prudence. Quand la France a instauré l’impôt sur le revenu, en 1914, l’impôt devait être plafonné à 2 %. On sait ce qu’il en advint et cela ne nous incite guère à la confiance dans la parole de l’État. L’idée même d’un impôt sur le patrimoine est profondément contestable: les revenus, qui sont à l’origine du patrimoine, ont déjà été taxés, quelle est donc la justification de cette double peine fiscale? Les épargnants seraient-ils coupables ne pas avoir tout consommé pour constituer ce patrimoine? Mais sans épargne, pas d’investissement. Cette mesure prétendument de « justice fiscale » va donc surtout créer davantage de chômage et conduire à brader notre outil productif à l’étranger. Brillante idée en vérité! L’esprit soixante-huitard (qui invite à consommer tout, tout de suite) a fait décidément des ravages dans les esprits.

Cependant, le bloc central, fasciné par la gauche mais terrorisé devant les conséquences prévisibles, a choisi un moyen terme incohérent en votant ce que les médias appellent une « taxe Zucman allégée », officiellement dénommée « taxe sur la fortune improductive » qui a vocation à remplacer l’Impôt sur la fortune immobilière (IFI) lequel remplaçait lui-même l’ISF. J’avais eu l’occasion de dire, lors de la création de l’IFI, que je ne regrettais pas l’ISF mais que la logique de l’IFI me semblait pernicieuse. La logique de la « taxe sur la fortune improductive » ne l’est pas moins. D’abord ce n’est pas à l’État de dire quel patrimoine est bon. Si quelqu’un veut investir toute sa fortune en actions ou, au contraire, toute sa fortune en immobilier, c’est son problème. La seule légitimité de l’État en ce domaine est de désigner ce qui est mauvais pour la collectivité – en prohibant par exemple les fortunes investies dans la drogue!

Par ailleurs, cette espèce d’animosité contre l’immobilier ne tient pas compte d’une réalité pourtant évidente: les investisseurs sont ceux qui se sentent assez confiants pour investir et, en France, l’immense majorité de ces personnes sont propriétaires au moins de leur résidence principale. Par conséquent, il est inepte d’opposer immobilier et actions. De même, ce que l’on appelle la « fortune improductive » n’est quasiment jamais vraiment improductif. On parle des voitures de luxe, mais ces achats financent des sociétés et des emplois. Pourquoi décider arbitrairement que ceux-ci mériteraient notre mépris ?

Cet impôt, illégitime et inefficace, a été inventé par un député Modem, puis remanié par un député PS et voté par le RN. Ce dernier a raté une occasion de s’opposer aux délires fiscalistes de la macronie et de la gauche – donnant hélas raison (temporairement j’espère!) à ceux qui l’accusent d’avoir un programme économique de gauche.

Des congrégations religieuses hospitalières obligées de pratiquer l’euthanasie ?

Des supérieures de congrégations religieuses hospitalières alertent dans une tribune publiée dans Le Figaro sur l’obligation qui leur serait faite – sous peine de poursuites pénales – d’accueillir la pratique de l’euthanasie dans leurs établissements, selon la proposition de loi sur « le droit à aide à mourir ».

« Si ce texte était adopté, nous n’aurions pas d’autre choix que l’objection de conscience. Nous serions alors des délinquants au regard de la proposition de loi, coupables de « délit d’entrave », et passibles de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. Nous nous exposerions aussi à la sanction des Agences régionales de santé. Il s’agit de la législation la plus répressive au monde en la matière. Aucun autre pays ne prévoit une répression pénale contre les établissements objecteurs. »

Depuis des siècles, des ordres et congrégations catholiques pratiquent « l’aide à mourir » comme le Christ l’enseigne, en respectant la dignité ontologique inaliénable de tout être humain. Elle consiste en une « aide à vivre » à l’approche de la mort, c’est-à-dire à soulager toujours, à montrer aux patients, par les soins, que leur vie est précieuse quel que soit leur état de dépendance ou le stade de leur maladie, à les accompagner par la prière ou une simple présence jusqu’à leur mort naturelle, avec toutes les compétences que cela requiert.

Pour nous, responsables d’établissements catholiques de santé et médico-sociaux, il est donc inconcevable de participer à l’euthanasie des personnes qui nous sont confiées, ou de les assister dans leur suicide. Ce serait une atteinte à leur vie, en complète contradiction avec le bien des patients, notre raison d’être et notre foi. Cela nous est strictement impossible, non seulement en raison de notre foi, mais aussi par respect pour les patients et la médecine. En cela, nous rejoignons tous les soignants opposés à ces pratiques.

Or, la proposition de loi, actuellement examinée par le Sénat, nous ferait l’obligation d’accepter la pratique de l’euthanasie et du suicide assisté dans nos établissements, sur les personnes qui nous sont confiées. Cette obligation s’imposerait à tous les hôpitaux, cliniques, maisons de retraites (EHPAD), foyers d’accueil pour personnes handicapées ou en situations d’urgence, etc., publics comme privés, y compris à tous les établissements confessionnels. La proposition de loi stipule que « le responsable de l’établissement ou du service est tenu d’y permettre » la pratique de l’euthanasie et du suicide assisté.

Une telle obligation serait une violence impossible à supporter, car elle nous obligerait à collaborer personnellement avec la pratique de l’euthanasie et du suicide assisté, en nous en rendant complices. Cela porterait aussi atteinte à toutes les personnes qui choisissent nos établissements parce qu’elles partagent notre foi ou savent que nous respecterons leur vie et celles de leurs proches. Nous voulons rester fidèles au service des patients, à la finalité thérapeutique de la médecine, et à Dieu.

Le Catéchisme de l’Église catholique enseigne clairement à propos de l’euthanasie qu’« une action ou une omission qui, de soi ou dans l’intention, donne la mort afin de supprimer la douleur, constitue un meurtre gravement contraire à la dignité de la personne humaine et au respect du Dieu vivant, son Créateur. » (n° 2277). Quant à la coopération volontaire au suicide, elle « est contraire à la loi morale » et « à l’amour du Dieu vivant » (Catéchisme de l’Église Catholique n° 2280 à 2282).

Si ce texte était adopté, nous n’aurions pas d’autre choix que l’objection de conscience. Nous serions alors des délinquants au regard de la proposition de loi, coupables de « délit d’entrave », et passibles de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. Nous nous exposerions aussi à la sanction des Agences régionales de santé. Il s’agit de la législation la plus répressive au monde en la matière. Aucun autre pays ne prévoit une répression pénale contre les établissements objecteurs.

Une telle obligation mettrait ainsi en péril nos établissements, et notre raison d’être. C’est pourquoi nous demandons instamment que le caractère propre des établissements confessionnels de santé et médico-sociaux soit respecté, si ce texte devait être adopté, ce qu’à Dieu ne plaise. C’est une question de justice.

C’est aussi un droit fondamental. Le respect du caractère propre des établissements confessionnels est reconnu par le droit européen et international des droits de l’homme qui protège notre liberté de fonctionner dans le respect de nos convictions morales et religieuses, « contre toute ingérence injustifiée de l’État ». La Cour européenne des droits de l’homme a souvent souligné que la liberté de religion serait illusoire sans le respect de ce « principe d’autonomie », qui résulte des libertés d’association et de religion. Car la liberté de religion est par nature collective et protège aussi les communautés et institutions fondées sur l’adhésion à une religion.

En outre, le droit à l’objection de conscience est l’un des aspects de la liberté de religion. Il consiste en « une protection contre l’obligation d’agir à l’encontre d’une conviction religieuse sincère », selon les termes du Comité des droits de l’homme des Nations Unies. Or, comme le soulignait le président de ce comité, Sir Nigel Rodley, « le droit de refuser de tuer doit être accepté complètement ». Il serait injuste de ne prévoir une clause de conscience que pour certains professionnels de santé, et d’en exclure les établissements. L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe l’a d’ailleurs rappelé, dans une résolution de 2010 sur « le droit à l’objection de conscience dans le cadre des soins médicaux légaux », en affirmant que « nul hôpital, établissement ou personne ne peut faire l’objet de pressions, être tenu responsable ou subir des discriminations d’aucune sorte pour son refus de réaliser, d’accueillir ou d’assister (…) une euthanasie (…), quelles qu’en soient les raisons ». Nul ne devrait être forcé, de près ou de loin, à donner la mort ou à faciliter un suicide. Ce droit est élémentaire et nous en demandons le respect.

Liste des signataires : 

Sr Maria del Monte Ruiz Garcia, Supérieure Générale des Petites Sœurs des Pauvres ;

Sr Marie-Anne Marot, Filles de Sainte Marie de la Providence de Saintes ;

Hugues Morel, Président, et Edouard Petit, Directeur général de l’Alliance Basile Moreau ;

Sr Clémence Sanon, Supérieure Générale des Sœurs Augustines de la Miséricorde de Jésus ;

Sr Marie Thomas Fabre, Supérieure Générale de l’Institut des Petites Sœurs des Maternités Catholiques, présidente de l’Alliance des Maternités Catholiques ;

Sr Marie-José Villain, Supérieure Générale de la Congrégation des Sœurs Hospitalières de Saint Thomas de Villeneuve.

Tonio Borg, ancien Commissaire européen à la santé, Professeur à l’Université de Malte ;

Javier Borrego, ancien juge à la Cour européenne des droits de l’homme et au Tribunal Supreme d’Espagne ;

Guillaume Drago, Professeur à l’Université de Paris Panthéon-Assas ;

Jean-Christophe Galloux, Professeur à l’université de Paris Panthéon-Assas, Membre de l’Académie nationale de pharmacie ;

Joël Hautebert, Professeur agrégé des facultés de droit,

Jean-Michel Lemoyne de Forges, Professeur émérite de l’Université de Paris Panthéon-Assas ;

Joël Benoît d’Onorio, Professeur émérite de l’Université d’Aix-Marseille, Président de la Confédération des Juristes catholiques ;

Krzysztof Wojtyczek, Professeur à l’Université Jagellonne de Cracovie, ancien juge à la Cour européenne des droits de l’homme ;

Alfred de Zayas, ancien expert indépendant des Nations unies pour la promotion d’un ordre international démocratique et équitable ;

Grégor Puppinck, initiateur de la tribune. Directeur de l’ECLJ, Ancien membre du Panel d’experts de l’OSCE sur la liberté de conscience et de religion.

“L’utilisation du titre de Co-rédemptrice pour définir la coopération de Marie est toujours inopportune”

Le Dicastère pour la doctrine de la foi a publié une Note doctrinale sur certains titres mariaux qui se réfèrent à la coopération de Marie à l’œuvre du salut, Mater Populi fidelis. Ce texte, assez long, signé par le cardinal Víctor Manuel Card. Fernández, Préfet, Mgr Armando Matteo, Secrétaire pour la Section doctrinale, et le pape Léon XIV le 7 octobre, est destiné, comme l’indique la présentation, à répondre

à de nombreuses questions et propositions parvenues au cours des dernières décennies au Saint-Siège – en particulier à ce Dicastère – sur des questions liées à la dévotion mariale et à certains titres mariaux. Ce sont des questions qui ont préoccupé les derniers Pontifes et qui ont été abordées à plusieurs reprises au cours des trente dernières années dans les différentes instances du Dicastère, tels que les Congrès, les Assemblées ordinaires, etc. Cela a permis à ce Dicastère de disposer d’un matériel abondant et riche, fondement de cette réflexion.

Tout en clarifiant le sens selon lequel certains titres et expressions qui se réfèrent à Marie sont acceptables ou non, ce texte se propose également d’approfondir les justes fondements de la dévotion mariale, en précisant la place de Marie dans sa relation avec les croyants, à la lumière du mystère du Christ, unique Médiateur et Rédempteur. Cela implique une profonde fidélité à l’identité catholique et, en même temps, un effort œcuménique particulier.

L’axe qui traverse toutes ces pages est la maternité de Marie à l’égard des croyants, une question qui revient à plusieurs reprises, avec des affirmations sans cesse reprises, en les enrichissant et en les complétant, telle une spirale, de considérations nouvelles.

La dévotion mariale, suscitée par la maternité de Marie, est ici présentée comme un trésor de l’Église. Il ne s’agit pas de corriger, mais bien de valoriser, d’admirer et d’encourager la piété du peuple de Dieu fidèle qui, en Marie, trouve refuge, force, tendresse et espérance parce qu’elle est une expression mystagogique et symbolique d’une attitude évangélique de confiance dans le Seigneur que l’Esprit-Saint lui-même inspire librement aux croyants. En effet, les pauvres trouvent « la tendresse et l’amour de Dieu dans le visage de Marie. En elle, ils voient se refléter le message essentiel de l’Évangile »[1].

En même temps, il existe des groupes de réflexion mariale, des publications, de nouvelles dévotions ainsi que des demandes de dogmes mariaux qui ne présentent pas les mêmes caractéristiques de dévotion populaire, mais qui, en définitive, proposent un certain développement dogmatique et s’expriment fortement à travers les réseaux sociaux, soulevant souvent des doutes chez des fidèles plus simples. Il s’agit parfois de réinterprétations d’expressions utilisées par le passé avec des significations diverses. Le présent document tient compte de ces propositions afin d’indiquer en quelle mesure certaines répondent à une dévotion mariale authentique et inspirée par l’Évangile, ou en dans quelle mesure d’autres doivent être évitées parce qu’elles ne favorisent pas une contemplation adéquate de l’harmonie du message chrétien dans son ensemble.

D’autre part, divers passages de cette Note offrent un large développement biblique qui aide à montrer comment l’authentique dévotion mariale n’apparaît pas seulement dans la riche Tradition de l’Église mais déjà dans la Sainte Écriture. Cette empreinte biblique exceptionnelle est accompagnée de textes des Pères, des Docteurs de l’Église et des derniers Pontifes. De cette façon, plutôt que de proposer des limites, la Note cherche à accompagner et à soutenir l’amour envers Marie et la confiance en sa maternelle intercession.

Ainsi, cette note revient notamment sur le titre de Marie co-Rédemptrice :

16. Parmi les titres sous lesquels Marie a été invoquée (Mère de la Miséricorde, Espérance des pauvres, Aide des chrétiens, Secours, Avocate, etc.), certains se réfèrent davantage à sa collaboration à l’œuvre rédemptrice du Christ, comme par exemple Co-rédemptrice et Médiatrice.

Co-rédemptrice

17. Le titre de Co-rédemptrice apparaît au XVe siècle comme une correction à l’invocation de Rédemptrice (comme abréviation de Mère du Rédempteur) que Marie recevait depuis le Xe siècle. Saint Bernard attribue à Marie un rôle au pied de la Croix qui donne naissance au titre de Co-rédemptrice, qui apparaît pour la première fois dans un hymne anonyme du XVe siècle à Salzbourg[31]. Bien que le nom de Rédemptrice ait été maintenu aux XVIe et XVIIe siècles, il disparut complètement au XVIIIe siècle pour être remplacé par Co-rédemptrice. La recherche théologique sur la coopération de Marie à la Rédemption, au cours de la première moitié du XXe siècle, a conduit à approfondir le contenu du titre de Co-rédemptrice[32].

18. Certains Pontifes ont utilisé ce titre sans trop s’attarder à l’expliquer[33]. D’une manière générale, ils l’ont présenté de deux manières précises: par rapport à la maternité divine, dans la mesure où Marie, en tant que mère, a rendu possible la Rédemption accomplie dans le Christ[34], ou en référence à son union avec le Christ près de la Croix rédemptrice[35]. Le Concile Vatican II a évité d’utiliser le titre de Co-rédemptrice pour des raisons dogmatiques, pastorales et œcuméniques. Saint Jean Paul II l’a utilisé à sept reprises au moins, en le rapportant en particulier à la valeur salvifique de nos souffrances offertes avec celles du Christ à qui Marie est unie avant tout sur la Croix[36].

19. Lors de la Feria IV du 21 février 1996, le Préfet de ce qu’on appelait alors la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le Cardinal Joseph Ratzinger, en réponse à la question de savoir si la demande du mouvement Vox Populi Mariae Mediatrici d’une définition du dogme de Marie comme co-rédemptrice ou médiatrice de toutes grâces était acceptable, a répondu dans son votum personnel : « Négatif. La signification précise des titres n’est pas claire et la doctrine qu’ils contiennent n’est pas mûre. Une doctrine définie de foi divine appartient au dépôt de la foi, c’est-à-dire à la révélation divine véhiculée dans l’Écriture et dans la tradition apostolique. Or, on ne voit pas clairement comment la doctrine exprimée dans les titres est présente dans l’Écriture et dans la tradition apostolique »[37]. Plus tard, en 2002, il s’est exprimé publiquement contre l’utilisation de ce titre : « La formule “Co-rédemptrice” est trop éloignée du langage de l’Écriture et de la patristique et provoque ainsi des malentendus… Tout procède de Lui, comme le disent surtout les Lettres aux Éphésiens et aux Colossiens. Marie est ce qu’elle est grâce à Lui. Le mot “co-rédemptrice” éclipserait cette origine ». Le Cardinal Ratzinger ne niait pas qu’il y aurait de bonnes intentions et des aspects valables dans la proposition d’utiliser ce titre, mais il soutenait qu’il s’agissait d’un « terme erroné »[38]

20. Le Cardinal de l’époque mentionnait les Lettres aux Éphésiens et aux Colossiens, où le vocabulaire utilisé et le dynamisme théologique des hymnes présentent de telle manière la centralité rédemptrice unique et la fontalité du Fils incarné que la possibilité d’y ajouter d’autres médiations est exclue, parce que « toutes sortes de bénédictions spirituelles » nous sont données « dans le Christ » (Ep 1, 3) ; parceque nous sommes pour Lui des fils adoptifs (cf. Ep 1, 5) et en Lui nous avons été comblés de grâce (cf. Ep 1, 6), « En Lui nous trouvons la rédemption, par son sang » (Ep 1, 7) et « Il nous a prodigués » (Ep 1, 8) sa grace. En Lui, « nous avons été mis à part » (Ep 1, 11) et nous avons été prédestinés. Et Dieu a voulu « faire habiter en Lui toute la Plénitude» (Col 1, 19) et, « par Lui, réconcilier tous les êtres pour Lui » (Col 1, 20). Une telle louange sur la place unique du Christ nous invite à mettre chaque créature en situation clairement réceptive, et à une prudence religieuse et délicate lorsque nous envisageons toute forme de coopération possible dans le domaine de la Rédemption.

21. Le Pape François a clairement exprimé sa position au moins trois fois contre l’utilisation du titre de Co-rédemptrice, alléguant que Marie « n’a jamais voulu prendre pour elle quelque chose de son Fils. Elle ne s’est jamais présentée comme co-rédemptrice. Non, disciple »[39]. L’œuvre rédemptrice a été parfaite et n’a besoin d’aucun ajout. C’est pourquoi « la Vierge n’a voulu obtenir aucun titre de Jésus […]. Elle n’a pas demandé d’être elle-même une quasi-rédemptrice ou une co-rédemptrice: non. Il n’y a qu’un seul Rédempteur et ce titre ne se dédouble pas »[40]. Le Christ « est l’unique Rédempteur : il n’y a pas de co-rédempteurs avec le Christ »[41]. Parce que « le sacrifice de la Croix, offert avec un cœur aimant et obéissant, présente une satisfaction surabondante et infinie »[42]. Bien que nous puissions prolonger ses effets dans le monde (cf. Col 1 :24), ni l’Église ni Marie ne peuvent remplacer, ni perfectionner, l’œuvre rédemptrice du Fils de Dieu incarné, qui a été parfaite et n’a pas besoin d’ajouts.

22. Compte tenu de la nécessité d’expliquer le rôle subordonné de Marie au Christ dans l’œuvre de la Rédemption, l’utilisation du titre de Co-rédemptrice pour définir la coopération de Marie est toujours inopportune. Ce titre risque d’obscurcir l’unique médiation salvifique du Christ et peut donc générer une confusion et un déséquilibre dans l’harmonie des vérités de la foi chrétienne, parce qu’« il n’y a de salut en personne d’autre », car « il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés » (Ac 4, 12). Lorsqu’une expression nécessite des explications nombreuses et constantes, afin d’éviter qu’elle ne s’écarte d’un sens correct, elle ne rend pas service à la foi du Peuple de Dieu et devient gènante. Dans ce cas, elle n’aide pas à exhalter Marie comme la première et la plus grande collaboratrice dans l’œuvre de la Rédemption et de la grâce, parce que le danger d’obscurcir la place exclusive de Jésus-Christ, Fils de Dieu fait homme pour notre salut, le seul capable d’offrir au Père un sacrifice d’une valeur infinie, ne serait pas un véritable honneur pour la Mère. En effet, en tant que « servante du Seigneur » (Lc 1, 38), elle nous indique le Christ et nous demande : « Tout ce qu’Il vous dira, faites-le » (Jn 2, 5).

Si les médias traditionnels étaient réellement pluralistes, l’attractivité des réseaux serait sans nul doute plus limitée

Lu dans Les 4 Vérités :

Emmanuel Macron tient manifestement à demeurer dans l’histoire de France comme l’un des plus grands fossoyeurs de nos libertés. Il est une nouvelle fois parti en guerre contre les réseaux sociaux. Il semble surtout leur reprocher le fait que les jeunes vont davantage s’y informer que sur les médias traditionnels. Mais peut-être conviendrait-il de s’interroger sur les raisons de ce désamour.

Si les médias traditionnels étaient réellement pluralistes, l’attractivité des réseaux serait sans nul doute plus limitée. Au lieu de quoi, nous constatons que, sur la plupart des sujets importants – y compris les sujets de politique intérieure française –, il n’existe qu’une seule voix médiatique. On parle volontiers de « cercle de raison » pour justifier cette vision uniforme mais la raison pourrait parfaitement s’accommoder de débats et de visions différentes.

L’autre grande accusation d’Emmanuel Macron contre Twitter et Tik Tok (il est d’ailleurs symptomatique qu’aucun des grands réseaux sociaux utilisés par les jeunes Français ne soit français), c’est que ce ne sont pas de « vrais » médias mais des plateformes qui cherchent le « buzz » pour vendre de la publicité. La belle affaire! A-t-il la moindre idée du modèle économique dominant des médias traditionnels ? On peut le regretter mais l’immense majorité des médias ne vivent pas de leurs abonnés, mais de la publicité – au point, précisément, que certains sujets deviennent tabous, de peur de heurter les annonceurs.

Mais le plus extravagant, c’est la conclusion de « Jupiter »: « On doit reprendre le contrôle de notre vie démocratique et informationnelle en régulant. » Pour M. Macron, la démocratie, ce n’est pas donner la parole au peuple, c’est réguler. Nous savions qu’il était un technocrate (bien davantage qu’un homme politique ou a fortiori un homme d’État), mais il est étrange de le revendiquer si nettement. Le modèle de celui qui prétend gouverner aux Français (c’està-dire, étymologiquement, aux hommes libres !), est donc, plus que jamais, le contrôle social à la chinoise. Il est vrai que nous avons si largement abandonné nos libertés publiques qu’il joue sur du velours. Mais il est tout à fait curieux que notre sémillant président nous présente le « nouveau monde » sous les atours un peu nostalgiques de la reconstitution de l’ORTF. De son « nouveau monde », sans liberté ni propriété, nous ne voulons décidément pas !

Succès des pèlerinages traditionnels en province : un effet de mode ?

Provence, Bretagne, Normandie, Pays gascon, lyonnais…, les pèlerinages traditionnels se multiplient en province et rencontrent un succès de plus en plus important.

Pour quelles raisons ? Est-ce un effet de mode appelé à s’essouffler ? Pourquoi les jeunes sont-ils attirés par ces démarches spirituelles avec la liturgie traditionnelle ? Comment réagissent les évêques ?

C’est ce thème que traitent aujourd’hui l’abbé Grégoire Celier et Guillaume de Thieulloy mais aussi deux nouveaux intervenants en la personne de l’abbé Philippe Laguérie, de l’Institut du Bon Pasteur et du professeur Luc Perrin, historien de l’Église.

 

Pour ne pas désespérer de la France : l’heure des bons choix

De Jean-Pierre Maugendre sur Renaissance catholique :

Devenue l’homme malade de l’Europe, la France s’enfonce dans la crise politique, démographique, économique, sociale et spirituelle. Un président déconsidéré (11 % de bonnes opinions fin octobre 2025), dont le seul objectif politique est de survivre, a laissé les clés de la maison à une Assemblée nationale scindée en trois groupes d’importance numérique sensiblement égale qui s’écharpent sur le vote du budget 2026. Abasourdis et hébétés, les Français assistent à des débats et des votes d’assemblées, à des combines d’appareils politiques qui rappellent les pires heures de la IVe République et du parlementarisme triomphant. Quelques-uns en appellent à la dissolution de l’Assemblée nationale qui verrait, enfin, l’émergence d’un bloc national en mesure de redresser le pays. Sans mépriser cet enjeu électoral, ne nous y trompons pas ; il y a, pour redresser le pays, urgence à ce que le personnel politique digne de ce nom s’arrête sur l’origine profonde des maux dont nous souffrons. Pour le moment, il faut bien reconnaître que la précision du diagnostic n’est pas au rendez-vous.

Mettre des mots sur nos maux : les symptômes de la décadence française

Nul médecin ne peut prétendre guérir son patient s’il ne commence par avoir une claire vision de la maladie qui l’atteint. Citons quelques symptômes de ce qu’il faut bien nommer la décadence française.

Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, la France a enregistré plus de décès (651 200) que de naissances (650 400) sur les douze derniers mois, à fin mai 2025. Or, la démographie, c’est l’avenir. Ce sujet, qui devrait être la priorité d’un gouvernement de redressement national, ne semble intéresser personne. Aucun élément du projet de budget 2026 ne prend en compte ce sujet, pas plus qu’aucun des amendements déposés par les uns ou les autres. Il faudrait pour cela remettre en cause le dogme libéral de la diversité légitime des différents modèles familiaux. Or, le fait est que les unions homosexuelles sont par nature stériles, que les familles décomposées puis recomposées sont moins fécondes que les familles stables constituées de l’union pérenne d’un homme et d’une femme. Entre redresser la natalité française et constitutionnaliser l’avortement, promouvoir les unions homosexuelles, faciliter le divorce, soutenir tous types de sexualités précoces et récréatives, etc, il faut choisir.

Les êtres humains ne sont pas des monades interchangeables réduites au statut commun de producteurs-consommateurs. Chaque personne est constituée par son histoire, ses croyances, ses mœurs, son art de vivre. Il en est de même de chaque peuple et de chaque nation. Or, le fait est que la France a été façonnée par le christianisme, ce dont témoignent ses paysages, ses œuvres artistiques, son art de vivre, son droit. « Il n’y a pas de culture française » proclamait Emmanuel Macron. Tragique aboutissement d’un processus entamé depuis plus de deux siècles, niant toute notion d’héritage et de transmission et faisant de la France un terrain vague, ouvert à tous, à condition d’en respecter les mantras promus au rang de vérités universelles : les Droits universels de l’homme « né enfant trouvé et mort célibataire » (Ernest Renan) et la laïcité. Tragiquement, l’échec de ce modèle n’est plus à démontrer alors que se poursuit, benoîtement, l’archipellisation (Jérôme Fourquet) de notre pays et que le nouveau ministre de l’Intérieur se révèle incapable de dire s’il y a 200 000 ou 700 000 clandestins installés sur notre territoire national. Entre se reconnaître l’héritier de 2000 ans d’histoire qui obligent et se prétendre le simple contractant d’un contrat évolutif et révocable, un choix s’impose.

Pol-Pot

La société moderne repose sur le postulat, faux, que l’homme est bon par nature et que c’est la société qui le déprave. Logiquement, en ajustant au mieux les structures de la société et, en particulier, en supprimant les inégalités sociales, le paradis terrestre pourrait, enfin, resurgir. Dangereuse utopie qui assimile inégalité à injustice alors que l’inégalité c’est la vie ; nous n’avons pas tous reçu le même nombre de talents, nous n’aurons pas tous les mêmes comptes à rendre ! Cruelle erreur concernant une liberté d’expression soigneusement balisée qui laisse prospérer la culture de la pornographie et se scandalise de la pédophilie, qui excuse ou place un mouchoir pudique sur les horreurs de la Terreur révolutionnaire de 1793 et s’émeut du génocide cambodgien des années 1975-1979, perpétré par l’ancien étudiant en France, Pol-Pot, ou du pogrom du 7 octobre 2023. Enfin, le culte de l’égalité détourne l’impôt de sa finalité de contribution, proportionnée, au service du bien commun pour en faire un instrument de redistribution et de nivellement social trop souvent au service d’idéologies discutables : écologie punitive ou wokisme. Entre les inégalités protectrices et l’égalité stérilisatrice il faut choisir, comme d’ailleurs entre la liberté absolue et une liberté qui serait d’abord celle de rechercher la vérité. N’est-ce pas Gustave Thibon qui observait que la multiplication des lois est le signe indubitable de l’affaissement des bonnes mœurs qui permettent à une civilisation de perdurer ?

Salle de classe institution Saint Joseph - dévastée - décadence française
Crédits : Thomas Claveirole

Une anthropologie constructiviste, détachée du réel, a envahi tout notre espace politique et conduit à l’effondrement du système scolaire par lequel s’élabore l’avenir d’un pays. Une école qui donne plus de place à l’inclusion, à la lutte contre les stéréotypes de genre et à l’éducation sexuelle qu’à la transmission des savoirs devient une « fabrique de crétins », numériques ou non. Le peu de cas que l’on fait des métiers manuels ou artisanaux fait se traîner sur les bancs des collèges, jusqu’à l’âge de 16 ans, des enfants qui n’ont aucun goût pour les études académiques. Mener 80 % d’une classe d’âge au baccalauréat c’est inéluctablement : dévaloriser ce diplôme, créer des générations d’aigris – les électeurs de LFI – qui ayant passé le bac se croient émules de Pic de La Mirandole ou d’Einstein et aussi réserver les emplois les moins qualifiés à une population immigrée qui n’a pas eu l’opportunité d’obtenir le précieux Sésame.

Yaël Braun-Pivet, Présidente de l’Assemblée nationale - décadence française
Crédits : Vlgvlgvlg 

Les mots responsabilité et travail sont devenus obscènes. L’exemple vient de haut : personne n’est responsable ni de l’incendie de Notre-Dame de Paris ni du vol des bijoux de la Couronne au Louvre. Une fausse conception de la solidarité détruit toute responsabilité. La cigale en appelle à la solidarité de la fourmi dans un système de protection sociale obsolète incapable de distinguer les vrais nécessiteux des réels profiteurs. Quant au travail il n’est plus, trop souvent, considéré que comme un mal incontournable et non plus la contribution, nécessaire, de chacun au service de l’intérêt général, permettant de tenir sa place dans la société. Quant à léguer le fruit de son travail à ses enfants, il n’en est plus question au nom de la sacrosainte égalité qui a érigé l’envie et la jalousie en système. « Les héritages en rebond qui passent de génération, en génération, vous savez le truc qui vous tombe du ciel, il y a un moment où cela suffit (…) il faut taxer davantage les héritages » déclarait ainsi le 15 octobre dernier Yaël Braun-Pivet, Présidente de l’Assemblée nationale.

Les voies du renouveau : refuser les mensonges mortifères

De tout cela il ne sera sans doute pas question lors des débats parlementaires sur le Projet de Loi de Finances 2026. Or l’essentiel est pourtant là, selon la juste formule du baron Louis à Guizot : « Faites-nous de la bonne politique et je vous ferai de bonnes finances ». Dans un monde dangereux pour lequel semble avoir sonné « L’heure des prédateurs » (Giulano da Empoli) ne survivront que les peuples qui auront renoncé aux mensonges mortifères :

  • irréversibilité des avantages acquis,
  • primauté des droits sur les devoirs,
  • refus des identités nationales,
  • expulsion de la religion de la sphère publique,
  • exaltation des droits individuels au détriment du bien commun,
  • mépris de son histoire et de ses racines,
  • culture de l’excuse,
  • intangibilité d’un « modèle social » à la française que, curieusement, personne à l’étranger ne songe à imiter, etc.
Winston Churchill - Programme politique

Venant d’être nommé Premier ministre du Royaume-Uni, Winston Churchill, dans son premier discours à la Chambre des communes le 13 mai 1940, alors que le Royaume faisait face à une situation militaire catastrophique mettant en péril son indépendance et sa pérennité, fixa son programme : « Je n’ai à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur ». Sous bien des aspects la situation de la France aujourd’hui est bien pire que celle du Royaume-Uni en 1940. Alors que le pays s’écroule, l’esprit de jouissance ayant détruit ce que l’esprit de sacrifice avait bâti, c’est tromper les Français que de leur faire croire qu’une sortie de crise indolore est possible, une fois qu’auront été livrés en pâture aux foules des bouc émissaires commodes comme les « riches » ou les « immigrés ».

Pour nous, confortés par la prophétie de Saint Pie X : « Les fautes ne resteront pas impunies, mais elle ne périra jamais, la Fille de tant de mérites, de tant de soupirs et de tant de larmes » (29 novembre 1911),nous nous efforçons de rester fidèles au programme fixé par le père Calmel o.p. (1914-1975) :

La paix est-elle possible avec Netanyahu ?

D’Antoine de Lacoste dans Politique Magazine :

Une fois de plus, Donald Trump a tordu le bras de Benjamin Netanyahu et ce dernier a dû obtempérer. Le même scénario s’était produit au mois de mars, mais il ne s’agissait alors que d’un cessez-le feu. Cela ne dura guère et, sous les prétextes faciles de la destruction du Hamas et de la libération des otages, l’armée israélienne reprit ses bombardements massifs et meurtriers. Trump ne broncha pas.

Cette fois, le président américain ne proposa pas un cessez-le-feu mais un plan de paix. Il comporte 20 points et contient suffisamment d’éléments flous pour être accepté par Israël et un élément précis : la libération des otages. Le Hamas a accepté malgré le déséquilibre des exigences. Le calendrier du retrait israélien de Gaza n’est en effet pas précisé.

La réponse positive du Hamas a surpris. Certes, ses meilleurs éléments ont été tués ainsi que toute sa direction militaire sur place et l’on pouvait le penser épuisé. Toutefois, après des mois de bombardements, de blocus et de famine organisée, le mouvement islamiste n’a aucun mal à recruter de nouveaux combattants, inexpérimentés mais ivres de vengeance.

Alors pourquoi le Hamas a-t-il dit oui à Trump ? Pour une raison très simple : les Palestiniens n’en peuvent plus et, même si cela peut paraître surprenant, le mouvement islamiste doit en tenir compte.

Pendant toutes ses années de gouvernance de la Bande de Gaza, après sa victoire aux élection de 2006 (de justesse), le Hamas n’a pas gouverné que par la terreur. Bien sûr, toute opposition était interdite : quand on est islamiste, on ne se refait pas. Mais pour administrer un territoire aussi petit (365 km2) avec 2,2 millions d’habitants, un minimum de consensus est nécessaire. Une révolte populaire serait en effet totalement incontrôlable. C’est pourquoi, les services sociaux et hospitaliers étaient assurés ainsi que l’aide aux plus démunis. Ceux qui avaient un lopin de terre pouvaient le cultiver tranquillement et la liberté d’entreprise était assurée. Même les chrétiens pouvaient assister à la messe sans problèmes.

L’ACCORD DU HAMAS ET D’ISRAEL

Le Hamas disposait d’argent en bonne quantité. Il venait du Qatar, au nom de la fraternité entre Frères musulmans, puis transitaient par les banques israéliennes. C’est Israël qui assurait ensuite la distribution au Hamas. Ce fait, pas assez connu, confirme que l’Etat hébreu s’accommodait fort bien de la gouvernance de Gaza par le mouvement islamiste.

L’opinion publique palestinienne existe donc, même pour le Hamas. Certes, la détestation d’Israël est telle que la très grande majorité des Gazaouis se sont réjouis du 7 octobre, ignorant volontairement les exactions horribles qui l’ont accompagné. Depuis, le climat a bien changé. Une majorité de la population regrette maintenant amèrement cette pseudo-victoire du 7 Octobre. Car ils ont tout perdu : leur maison, leur travail et des membres de leur famille. Et même si, préoccupés avant tout de savoir ce qu’ils allaient manger et boire le lendemain, ils n’étaient guère en état de se révolter, le Hamas savait que le feu couvait sous la famine.

De l’autre côté, l’histoire ne dit pas encore officiellement comment Trump a convaincu Netanyahou d’accepter son plan de paix alors que toutes les tentatives du pauvre Joe Biden étaient restées lettre morte. Plusieurs hypothèses sont possibles. D’abord les armes. Israël en fabrique certaines, en achète un peu partout, aux Allemands par exemple, mais il reste dépendant de l’Amérique. Peut-être que Trump a agité une menace dans ce domaine. Mais ce n’est pas l’hypothèse la plus vraisemblable car vis-à-vis de son électorat évangélique, messianiquement pro-israélien, il ne peut prendre le risque d’affaiblir l’Etat hébreu.

LE BOMBARDEMENT DU QATAR

La vraie raison est ailleurs : le bombardement du Qatar. Aveuglé par sa croisade vengeresse, Israël a oublié qu’il y avait tout de même un minimum de règles en ce bas monde, même pour lui. Voilà de nombreuses années que la direction politique du Hamas est hébergée par le Qatar. Tout le monde le sait, tout le monde l’a admis, tout le monde connait les noms des dirigeants concernés. Aussi, lorsque le 9 septembre dernier une réunion a, comme souvent, été organisée entre les dirigeants en question et les autorités du Qatar pour discuter du plan de paix en préparation aux Etats-Unis, le bombardement de cette réunion par Israël a provoqué la stupéfaction. L’objectif était, bien sûr, de tuer les dirigeants du Hamas. Raté, ils n’ont même pas été blessés. Trois gardes du corps, un cadre administratif et le fils d’un des dirigeants du Hamas plus un soldat qatari ont en revanche été tués.

Au-delà de ces morts, c’est surtout la violation de la souveraineté du Qatar qui a scandalisé le monde arabe. Une réunion a été organisée le 15 septembre réunissant tous les pays du Golfe qui ont émis une protestation solennelle. Israël a assumé et en a rajouté en affirmant que tout pays qui abritait des membres du Hamas courait le même type de risque. Cette stratégie très agressive est bien imprudente alors qu’Israël devrait se réjouir que les pays arabes n’aient pas davantage réagi à la destruction de Gaza accompagnée de 70 000 morts.

C’est peu dire que Donald Trump fut bien embarrassé. La Maison-Blanche a indiqué qu’elle avait été prévenue de l’attaque, mais tardivement. Trump a aussitôt appelé l’émir du Qatar pour l’avertir mais les frappes étaient déjà en cours. L’émir n’a guère apprécié et a fait savoir par des voies détournées qu’il pourrait revoir son alliance indéfectible avec l’Amérique si son pays n’était pas mieux protégé.

Cette agression contre un des plus fidèles alliés des Etats-Unis est un grave précédent qui tombe en outre au plus mauvais moment, alors que le plan de paix a été accepté par les principaux acteurs, y compris le Qatar.

L’HUMILIATION DE NETANYAHU DANS LE BUREAU OVALE

Pour Trump, il n’est pas question qu’une chose pareille se renouvelle. Il a donc décidé de punir sévèrement l’impudent. Cela tombait bien : une visite de Netanyahu à Washington était prévue de longue date. Le président américain, en le recevant dans le bureau ovale, a décroché son téléphone, appelé l’émir du Qatar et lui a passé Netanyahu en le sommant de s’excuser. Le coupable n’eut d’autre choix que de s’exécuter et demanda pardon à l’émir. La scène est cocasse et il faut bien dire qu’il n’y a que Trump pour faire des choses pareilles. « Il y a un sheriff dans la ville » aurait pu dire J.D. Vance à nouveau.

Cela n’a pas empêché Trump de couvrir d’éloges« Bibi » (le surnom de Netanyahu) lors de son intervention à la Knesset. Ce discours restera dans les annales comme un symbole fort de l’alliance inébranlable entre l’Amérique et Israël.

Pour autant, rien n’est réglé. L’épisode montre que personne ne peut raisonner Netanyahu à part Trump, pour peu qu’il l’ait décidé. Or, lors de la réunion de Charm el-Cheikh où l’Egypte devait accueillir 17 pays plus quelques organisations ou mouvements dont l’Autorité palestinienne (mais pas le Hamas bien sûr), Israël n’était pas représenté. On ne sait pas bien pourquoi. Une fête juive a été évoquée mais personne n’y croit.

Cette absence n’augure rien de bon. Depuis, Israël a rompu la trêve pendant une journée, accusant le Hamas d’avoir violé le cessez-le-feu, chose impossible à vérifier. Gaza a subi 153 tonnes de bombes ce jour-là, chiffre obligeamment fourni par Netanyahu lui-même.

Tout cela est donc d’une grande fragilité et l’après n’est pas réglé, à commencer par l’administration de Gaza : qui et avec quels moyens ?

Et puis, incertitude suprême : une paix durable est-elle possible avec un homme comme Netanyahu, grisé par ses succès et sans aucune retenue désormais. D’autant plus que sa majorité parlementaire très étroite le rend dépendant de ses ministres suprémacistes très hostiles au moindre accord de paix.

Donald Trump a déclaré que « la Terre sainte connaîtrait, si Dieu le veut, une paix éternelle. » C’est un joli propos mais est-ce vraiment le souhait de tout le monde ?

Antoine de Lacoste

La Fraternité Saint-Pierre compte 387 prêtres

La Fraternité sacerdotale Saint-Pierre a publié ses statistiques pour l’année 2025. Instituée en 1988, elle comprend 579 membres, dont 394 incardinés. Parmi les 387 prêtres, on dénombre:

– 365 incardinés
– 16 incorporés ad annum
– 3 postulants
– 3 associés.

Elle compte 30 diacres et 162 séminaristes non-diacres.

La Fraternité publie également le nombre de ses membres selon les différentes nationalités :

Ensemble des membres:

Membres incardinés:

Séminaristes:

Concernant ses implantations :

  • Diocèses desservis : 151
  • Lieux de messes : 251 lieux
  • Paroisses personnelles : 48 (dont zéro en France…)

Encore une personne dans un état « pauci-relationnel » condamnée à mort par le Conseil d’Etat

Lu sur Gènéthique :

Lundi, le Conseil d’Etat a autorisé l’institut Gustave-Roussy à arrêter les traitements d’un homme placé sous ventilation mécanique. Sa famille s’oppose à cette décision, ce qu’elle avait réussi à faire valoir auprès de la justice avant que l’établissement ne fasse appel.

Des lésions « irréversibles » ?

« Les graves lésions neurologiques dont Chabane Teboul est affecté présentent un caractère irréversible », considère le Conseil d’Etat pour justifier sa décision. Pourtant deux experts chargés d’évaluer l’état de l’homme de 64 ans, un anesthésiste-réanimateur et un neurologue, avait attesté que Chabane Teboul se trouve dans un état « pauci-relationnel » mais qu’il présente une véritable « réactivité » bien que « très faible ».

Selon eux, il n’est donc pas possible « d’autoriser, en l’état actuel, une  et continue jusqu’au décès ». Un avis auquel s’était rangé le tribunal de Melun le 30 septembre, enjoignant à l’Institut Gustave-Roussy de maintenir les traitements, et ce « sans limitation de durée ».

Une décision cassée par le Conseil d’Etat qui considère que ce maintien relèverait de l’« obstination déraisonnable ».

Des directives anticipées écartées

Après avoir reçu un diagnostic de cancer, Chabane Teboul avait rédigé des directives anticipées : « Je souhaite que tout soit entrepris pour prolonger ma vie. Je demande à ma famille de se battre pour moi. »

Le Conseil d’Etat a choisi d’écarter ces directives qui auraient été « présentées trop tard aux médecins et, de toute façon, ne pouvaient s’appliquer à une situation aussi désespérée ».

Suite à cette décision Chabane Teboul devrait être placé sous sédation profonde et continue.

Une championne des JO de Paris attaque sa fédération en raison d’une confusion des genres

L’Américaine Margherita Guzzi Vincenti, membre de l’équipe olympique d’escrime aux JO de Paris (elle a été éliminée au 2e tour), a déposé une plainte collective contre USA Fencing, la Fédération américaine d’escrime, l’accusant d’avoir autorisé des athlètes hommes à participer à des compétitions féminines sans en avertir les participantes.

L’affaire remonte à la North America Cup 2025, organisée en janvier à Kansas City. Selon la sportive, l’épreuve était annoncée comme féminine, mais des “hommes biologiques” y auraient pris part, sans que la fédération ne vérifie qu’ils aient complété un an de traitement hormonal, condition pourtant exigée par son propre règlement.

“Je me suis toujours entraînée avec la conviction que les compétitions féminines sont pour les femmes. Il s’agit de justice et de préserver les opportunités pour les filles et les femmes”.

“USA Fencing ne révèle pas combien de transgenres participent. Quand on monte sur la piste, on ne sait pas qui on affronte”.

“Les femmes se retrouvent devant un dilemme : refuser de tirer et être disqualifiées, ou concourir malgré tout. USA Fencing nous met dans une position impossible, où il n’y a pas de victoire possible.”

“Ce n’est pas une question d’exclusion, mais d’équité. Un match contre un homme est plus physique, plus brutal. Contre une femme, c’est plus tactique, plus technique : c’est un jeu complètement différent.”

Dans un communiqué, USA Fencing affirme “rejeter vigoureusement les allégations” et annonce qu’elle “traitera ce dossier par la voie légale”.

Création de bébés génétiquement modifiés

Lu sur Gènéthique :

Un entrepreneur en biotechnologie de la côte ouest des Etats-Unis indique avoir obtenu 30 millions de dollars pour créer une « société d’intérêt général » chargée d’étudier comment créer « en toute sécurité » des bébés génétiquement modifiés. Ce qui représente le plus gros investissement à ce jour dans cette technologie.

Baptisée Preventive, l’entreprise a été fondée pour mener des recherches sur l’édition génomique héréditaire, qui consiste à modifier l’ADN d’embryons « en corrigeant des mutations nocives ou en insérant des gènes bénéfiques ». L’objectif serait de « prévenir les maladies ».

Le premier scientifique à avoir utilisé cette technique l’a fait en Chine. Il a été emprisonné pendant trois ans. La procédure reste en effet illégale à ce jour dans de nombreux pays, y compris aux Etats-Unis.

Le groupe de travail de Trump sur les préjugés anti-chrétiens réexamine le cas d’un militant catholique pro-vie décédé en prison

Mark Thomas Reno, catholique pro-vie originaire de Jefferson City, dans le Tennessee, le 26 avril 2022, a été enregistré à son insu par le FBI lors d’une manifestation pro-vie à Knoxville. Au cours de cet enregistrement, Reno a déclaré qu’il avait participé à la manifestation devant le Capitole le 6 janvier 2021. Par la suite, le FBI a commencé à le surveiller et a installé des dispositifs de géolocalisation sur ses véhicules le 19 juin 2022.

Le 18 juillet 2022, le FBI a arrêté Reno à son domicile de Jefferson City. Il lui est reproché d’avoir, après avoir assisté à la messe à l’église catholique Holy Ghost le dimanche 3 juillet 2022, d’être passé en voiture devant le bâtiment fédéral John J. Duncan et tiré trois coups de fusil sur ses fenêtres.

Cependant, peu d’éléments permettent d’affirmer que des coups de feu ont été tirés sur le bâtiment fédéral John J. Duncan le 3 juillet 2022. Personne n’a entendu de coups de feu. Le service de police de Knoxville n’a enregistré aucune fusillade. Les vitres intérieures étaient intactes. Un rapport du Service fédéral de protection (FPS) concernant l’incident indique clairement qu’aucune balle, aucun fragment ni aucune douille n’a été retrouvé. De plus, un autre rapport du FPS, daté du 18 juin 2022, fait état d’une autre vitre brisée sur le même bâtiment seulement deux semaines auparavant. L’enquêteur du FPS chargé de l’incident du 18 juin a supposé que la vitre avait été endommagée par des débris provenant d’un chantier de construction voisin.

Les procureurs Kyle Boynton et Casey Arrowood ont refusé de communiquer les rapports d’incident du FPS à Mark Reno et à son avocate, Sarah Olesiuk.

Comme les éléments à décharge n’ont pas été communiqués à Reno, la juge Jill McCook a ordonné son maintien en détention jusqu’à son procès. Bien qu’il fût en assez bonne santé au moment de son arrestation, il est décédé en détention fédérale, sans autopsie, le 15 août 2022, soit seulement 28 jours après son arrestation.

Peu après sa mort, le FBI a accusé Reno, par le biais d’un mandat de confiscation civile de biens, d’avoir déclenché l’incendie qui a détruit le centre Planned Parenthood de Knoxville le 31 décembre 2021. L’accusation selon laquelle Reno était l’incendiaire du centre Planned Parenthood reste la version dominante des médias, mais elle est manifestement fausse. L’incendie a été déclenché de l’intérieur du bâtiment par un homme beaucoup plus mince que Reno.

Il convient de noter que l’un des procureurs de Reno, Kyle Boynton, est connu pour poursuivre avec acharnement les chrétiens opposés à l’avortement. Il a notamment poursuivi les manifestants pro-vie du Tennessee que le président Trump a graciés et cités dans le décret instituant ce groupe de travail.

Au sujet des poursuites engagées par Boynton contre les manifestants de Mt. Juliet, le président Trump a écrit :

Parmi les personnes condamnées figuraient un prêtre catholique et une grand-mère de 75 ans, ainsi qu’une femme de 87 ans et un père de 11 enfants, arrêtés 18 mois après avoir prié et chanté des hymnes devant une clinique pratiquant l’avortement dans le Tennessee, dans le cadre d’une campagne de poursuites à motivation politique menée par l’administration Biden. J’ai réparé cette injustice le 23 janvier 2025 en accordant des grâces à ces personnes.

Le groupe de travail de Trump sur les préjugés anti-chrétiens est invité à obtenir les dossiers du FBI concernant Mark Reno. Une plainte au titre de la loi sur la liberté d’information (FOIA) a été déposée, mais les procédures judiciaires sont longues. 

La Cour européenne des droits de l’Homme va-t-elle autoriser la polygamie ?

Saisie par un avocat yéménite réfugié aux Pays-Bas, la CEDH doit se prononcer pour la première fois sur la polygamie. En ayant sans cesse élargi la notion de famille au nom de la liberté individuelle, la Cour se retrouve face au risque d’admettre insidieusement la polygamie, estime Grégor Puppinck, dans une tribune publiée par le JDD :

Pour la première fois, la Cour européenne des droits de l’Homme va se prononcer sur la polygamie. Elle est saisie par Khaled Al-Anesi, un avocat yéménite polygame ayant obtenu l’asile aux Pays-Bas après le Printemps arabe. Dans un premier temps, il y fit venir sa première épouse et leurs huit enfants, au titre du regroupement familial. Dans un second temps, il renonça à demander la venue de ses deuxième et troisième épouses, sachant la polygamie interdite aux Pays-Bas, mais demanda celle des cinq enfants qu’il a eus avec elles. Les Pays-Bas refusèrent cette nouvelle demande en raison de l’interdiction de la polygamie, estimant en outre que ces enfants n’ont pas besoin de venir aux Pays-Bas, car ils bénéficient déjà de bonnes conditions de vie en Turquie, où ils sont réfugiés avec leurs deux mères.

Pour permettre ce regroupement familial, les autorités néerlandaises avaient toutefois suggéré au Yéménite de divorcer de ces deux épouses, ce qu’il refusa. Pour le premier regroupement, les autorités lui avaient déjà demandé de choisir entre ses épouses celle qu’il souhaitait faire venir avec leurs enfants. Ce qu’il fit. Ce réfugié yéménite attaque à présent son pays hôte devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), pour violation du droit au respect de sa vie familiale, en raison du refus d’accueillir ses cinq autres enfants.

Un jugement sans précédent

C’est la première fois que la Cour européenne accepte de juger une affaire de polygamie. Il faut remonter à 1992 pour trouver une décision sur ce sujet, prise par l’ancienne « Commission » européenne des droits de l’homme. Cette affaire est donc très importante, mais aussi pernicieuse, car elle n’attaque pas de front l’interdiction de la polygamie, mais la sape, en contestant le refus du regroupement avec les enfants en raison de l’interdiction de la polygamie. Cette affaire soulève plusieurs problèmes majeurs dans le système de pensée des droits de l’Homme et de la Cour.

Tout d’abord, elle montre l’incapacité du système de protection des droits de l’Homme à déjouer sa propre instrumentalisation. En effet, il paraît évident que l’intention du Yéménite est de faire venir ses enfants pour obtenir ensuite, en leur nom, la venue de leurs mères. En effet, si le regroupement familial des mères est demandé par leurs enfants mineurs, et non par l’époux, il ne peut leur être refusé du fait de la polygamie. Son interdiction serait alors contournée grâce aux droits de l’Homme. Or, les juges ne sont saisis que du cas précis des enfants, et ils ne peuvent pas le juger en fonction d’intentions futures du requérant, d’autant plus que cette stratégie judiciaire de contournement de l’interdit serait parfaitement légale.

Cette affaire révèle ensuite un deuxième problème structurel du système de protection des droits de l’Homme ; son aveuglement sur l’indignité de l’attitude du requérant. En effet, celui-ci a été accueilli et secouru financièrement par les Pays-Bas alors qu’il fuyait le Yémen. Les Pays-Bas lui ont fourni une aide matérielle, puis lui ont permis d’être rejoint par une épouse et leurs huit enfants, lesquels ont bénéficié des conditions de vie de la société néerlandaise. Ingrat, il attaque à présent son « bienfaiteur » pour réclamer le « droit », dont il serait injustement privé, de faire immigrer les autres membres de sa famille.

Ce faisant, il sape en outre l’un des fondements culturels du pays : l’interdit de la polygamie. Cette injustice criante, le système des droits de l’Homme est incapable de le voir, car il ne juge pas plus loin que le bout de son nez. Il juge au cas par cas. Mais quelle est la dette que les Pays-Bas auraient contractée à l’égard de cet homme et de ses 15 femmes et enfants ? N’est-ce pas lui qui est débiteur insolvable à l’égard du peuple qui l’a secouru ? Cette justice supérieure, la CEDH n’est pas capable de la voir, car les droits de l’Homme partent de l’a priori que l’individu a raison, et que la société doit se justifier. L’Homme des droits de l’Homme est « abstrait », il n’a pas de patrie.

La Cour protège-t-elle les familles polygames ?

Cette affaire révèle enfin un troisième problème majeur : l’incapacité de la Cour européenne à justifier – sur le fond – l’interdit de la polygamie. La Cour a tellement déconstruit et étendu la notion de famille, au nom de la liberté individuelle, qu’elle s’étend évidemment aux familles polygames, et les protège. Ainsi, pour la Cour, les États devraient reconnaître les « relations familiales atypiques » et accepter « l’idée selon laquelle il y a plus d’une voie ou d’un choix possible en ce qui concerne la façon de mener une vie privée et familiale ». Dans sa jurisprudence, la Cour a dénié toute autorité aux « considérations d’ordre moral ou tenant à l’acceptabilité sociale », ou « aux traditions ou présupposés d’ordre général dans un pays particulier » pour justifier une interdiction.

Dès lors, il est devenu impossible, dans la pensée actuelle, de justifier le refus de la polygamie au nom de la monogamie, c’est-à-dire au nom d’une norme morale et religieuse. Pourtant, la monogamie est au fondement de la civilisation gréco-latine et chrétienne. Elle est une question de valeur et non de droit. Le rejet des traditions et de la morale rend la Cour aveugle, incapable de reconnaître la valeur civilisationnelle de la monogamie, incapable de concevoir que la préservation de l’identité et de la culture européennes puisse justifier des restrictions aux libertés individuelles.

Quant à l’argument de l’égalité des sexes, la Cour l’a déjà écarté, au nom de la liberté. Saisie de l’interdiction du port public du voile intégral, la Cour, dans sa formation la plus solennelle, a rejeté cet argument invoqué pourtant par la France. Elle a alors déclaré, de façon mémorable, « qu’un État partie ne saurait invoquer l’égalité des sexes pour interdire une pratique que des femmes – telle la requérante – revendiquent dans le cadre de l’exercice des droits que consacrent ces dispositions, sauf à admettre que l’on puisse à ce titre prétendre protéger des individus contre l’exercice de leurs propres droits et libertés fondamentaux. » (S.A.S. c France).

Quelques lignes plus loin, la Cour poursuit en déclamant que « dans sa différence, [le port du voile intégral] est l’expression d’une identité culturelle qui contribue au pluralisme dont la démocratie se nourrit ». On le voit : l’individualisme libéral emporte tout sur son passage. Seule compte l’autonomie individuelle. En fait, la logique de l’individualisme libéral des droits de « l’Homme abstrait » n’a rien à opposer à la polygamie ; au contraire, elle y conduit.

La CEDH démunie

La Cour se retrouve donc totalement démunie. Prête à se laisser instrumentaliser, facilitant ainsi le contournement de l’interdit de la polygamie. Toutefois, elle sait combien certains gouvernements seraient scandalisés par un soutien explicite apporté à la polygamie. Il est donc à craindre que, dans son dénuement intellectuel, la Cour n’en soit réduite à biaiser, c’est-à-dire à prétendre ne pas se prononcer sur la polygamie, mais seulement sur la situation des enfants. Mais ce faisant, elle accepterait implicitement que la polygamie n’est pas un motif suffisant pour refuser le regroupement.

Une autre voie consisterait à reconnaître que la polygamie est un motif suffisant ; ou à se souvenir que la Convention européenne ne garantit « le droit de se marier et de fonder une famille » qu’entre un homme et une femme d’âge nubile. Elle pourrait alors en déduire que les familles polygames ne bénéficient pas de la protection accordée aux familles au titre de cette Convention. S’ils étaient réellement en péril, les enfants pourraient demander l’asile, mais non le regroupement familial.

J.D. Vance affirme que les valeurs chrétiennes ont créé la civilisation la plus morale qui soit

Le vice-président JD Vance, s’exprimant lors d’un événement Turning Point USA à l’Université du Mississippi (Ole Miss) organisé par Erika Kirk, a affirmé que les valeurs chrétiennes sont à la base des États-Unis et a défendu les fruits du christianisme comme étant les « plus moraux » et les « plus justes ».

Vance répondait à une question posée par un homme non identifié, inquiet du projet de l’administration Trump-Vance d’imposer la prière et les valeurs chrétiennes dans les écoles publiques, ce qui, selon lui, violait la liberté de religion. Le vice-président catholique a rétorqué que l’administration n’avait aucune intention d’obliger les écoliers à croire quoi que ce soit, mais a souligné sa conviction que le pays avait été fondé sur des valeurs chrétiennes, que l’administration continuerait de promouvoir.

Vance a également souligné que les sceptiques à l’égard de la foi chrétienne devraient considérer ses fruits, qui ont mis fin aux sacrifices d’enfants et à l’esclavage païens. 

« Il existe une idée répandue chez les libéraux… selon laquelle le libéralisme serait à l’origine de la liberté de religion ». « Or, si l’on se réfère aux textes fondateurs des États-Unis d’Amérique… à la tradition juridique anglo-saxonne, bien antérieure à la création des États-Unis d’Amérique, on constate que la liberté de religion est en réalité un concept chrétien. »

« Si c’est un concept chrétien, c’est parce que le christianisme promeut l’idée que nous sommes tous faits à l’image de notre Créateur, ce qui signifie que nous devons respecter le libre arbitre de chaque personne ». « Avoir le libre arbitre ne signifie pas qu’on n’a pas le droit d’encourager quelqu’un, de parler de sa foi ou d’aborder certaines valeurs à l’école. »

Vance a poursuivi :

Lorsque nos fondateurs parlaient de liberté de religion, ils ne voulaient pas dire qu’il était interdit de réciter une prière chrétienne dans une école publique ou de parler de Jésus-Christ en public ; ils voulaient simplement dire que personne ne pouvait vous forcer à professer la foi chrétienne, que cela devait relever de votre libre arbitre.

Le vice-président a par ailleurs souligné que le respect des valeurs chrétiennes implique le respect de la dignité humaine, ce qui a conduit à l’abolition de l’esclavage en Grande-Bretagne et aux États-Unis, ainsi qu’à la fin des sacrifices d’enfants pratiqués par plusieurs civilisations païennes par les colons chrétiens de ce continent.

« Qu’ont découvert les colons chrétiens en arrivant dans le Nouveau Monde ? Ils ont trouvé de nombreuses civilisations qui pratiquaient le meurtre de bébés lors de rituels religieux étranges ». « C’est le christianisme qui a dit : “Nous ne tuons pas les enfants simplement parce qu’ils gênent les gens.” »

Vance, citant les Saintes Écritures, a ajouté que les sceptiques de la foi chrétienne pouvaient simplement en regarder les fruits, puisque « c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez ».

« Les fruits de la foi chrétienne sont la civilisation la plus morale, la plus juste et la plus prospère de l’histoire », a-t-il déclaré. « Je n’ai aucun scrupule à croire que le christianisme est le chemin vers Dieu, ni à penser que les valeurs chrétiennes constituent un fondement important de ce pays. »

11 novembre : Plus jamais la guerre aux enfants à naître

Les amis de Jean Bernard Grenouilleau (1929- 2011), fondateur de Laissez-les-Vivre et inventeur du nom, vous invitent à commémorer la 39 ème cérémonie “Plus jamais la guerre aux enfants à naître”.

Le mardi 11 novembre 2025 à 11 heures.

Place du Trocadéro Paris 16ème

Qu’est-ce qu’un Français ? Discussion dans la bonne humeur avec Julien Rochedy et Jean-Eudes Gannat

Dans cette émission, Julien Rochedy reçoit le militant catholique Jean-Eudes Gannat pour un débat passionnant sur la francité :

N. B. : Cette discussion fait suite au débat qui avait eu lieu deux semaines plus tôt dans l’émission « Ligne claire » sur Radio Courtoisie, entre Jean-Eudes Gannat, Bruno Attal et Henda Ayari.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Academia Christiana exclu du congrès Mission

Dans cette vidéo, Victor Aubert, cofondateur d’Academia Christiana, qui devait avoir un stand au Congrès Mission, explique pourquoi l’association a été exclue, à la suite d’un article publié dans Libération.

  • Que s’est-il vraiment passé ?
  • Pourquoi un média d’extrême gauche a-t-il pu faire plier un grand rassemblement catholique ?
  • Et surtout : que révèle cette affaire sur l’état du catholicisme en France, la peur du débat, et la mission des jeunes catholiques d’aujourd’hui ?

Victor revient, sans polémique mais avec franchise, sur :

  • les dessous de l’affaire Academia Christiana – Congrès Mission
  • les réactions des organisateurs et des médias ✦ la question de la liberté, du courage et de la peur dans l’Église
  • l’urgence d’un christianisme incarné, enraciné et missionnaire

Cette prise de parole n’a pas pour but d’alimenter la polémique, mais d’inviter à une réflexion de fond :

  • Comment réagir, en chrétien, face à la peur ?
  • Comment évangéliser sans renier son identité ?
  • Comment retrouver la liberté des enfants de Dieu dans un monde soumis à la peur du regard médiatique ?

Une réponse argumentée face aux accusations des petits pharisiens qui se répandent en ricanant sur les réseaux sociaux.

Jusqu’à quand, Seigneur, jusqu’à quand ?

D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:

Sous le pontificat du pape François, le mot « idéologisé » a été largement utilisé pour décrire ceux qui soutiennent certaines positions sur la liturgie et la doctrine religieuse, en opposition aux tendances dominantes dans l’Église catholique actuelle. Ces personnes seraient incapables de voir au-delà de leurs convictions enracinées. Il est regrettable que beaucoup n’aient pas compris que nombre d’entre elles cherchent simplement un soulagement spirituel face au désastre liturgique qui nous entoure.
Je me suis toujours demandé : pourquoi ne corrige-t-on pas les problèmes désormais désastreux du Novus Ordo ? Je pense que si le Novus Ordo était célébré correctement, beaucoup n’auraient pas une telle attitude. Malheureusement, une idéologie encore plus obstinée existe du côté opposé au traditionalisme : une idéologie qui cherche à maintenir un status quo qui, de fait et de droit, trahit le mandat du Concile Vatican II en ce qui concerne la liturgie.
On pense que la liturgie telle qu’elle est célébrée aujourd’hui dans trop de paroisses est la « messe du Concile » mais, en réalité, c’est une déplorable corruption des intentions des Pères conciliaires. La musique qu’on y entend est totalement indigne de la grandeur du mystère célébré. Ce n’est pas qu’il manque de bons musiciens, mais ils sont tenus à l’écart des paroisses pour laisser la place à des personnes dépourvues de compétence ou de capacité pour la tâche qu’elles accomplissent. Mais qui s’en aperçoit ?
Eh oui, car aujourd’hui les prêtres eux-mêmes, dans leur grande majorité, ne sont plus formés à la véritable musique liturgique ; ils ignorent la grande tradition de l’Église, et pour beaucoup d’entre eux, leur formation musicale s’arrête à la musique commerciale. Que font les séminaires ? Dans nombre d’entre eux, on n’enseigne pas le chant liturgique, ou bien on déséduque par des musiques sentimentales qui corrompent l’âme et le caractère de ceux qui y sont exposés. Malheureusement, nous sommes confrontés au problème de ceux qui exaltent le nouveau pour le nouveau, auxquels (hélas) s’opposent ceux qui exaltent le passé pour le passé.
Mais la tradition liturgique, artistique et musicale de l’Église est quelque chose de bien plus grand que ces blocages émotionnels, qui ne font de bien ni à l’Église, ni aux personnes qui les entretiennent. Il faut innover dans la tradition. Saint Vincent de Lérins nous a enseigné que le vrai progrès se réalise par un développement interne, et nul ne peut me convaincre que beaucoup de ce que nous entendons dans nos églises aujourd’hui représente un développement authentique de la tradition de l’Église.
La responsabilité incombe aux curés, aux évêques, aux recteurs, aux supérieurs religieux ; mais elle n’est que partielle, car ils ne se rendent pas compte du mal causé par des musiques inadaptées, mal exécutées et souvent doctrinalement inexactes, comme celles que l’on entend trop souvent dans nos églises. Ils ne s’en rendent pas compte parce qu’ils ne sont pas éduqués au goût de la véritable musique liturgique, et parfois, ils croient résoudre le problème en le confiant à ceux qui font partie du problème.
Jusqu’à quand, Seigneur ? J’ai répété cette phrase en moi pendant des décennies, mais je sais désormais qu’il ne me sera pas donné de voir la Terre promise : une liturgie enfin digne de Dieu et qui édifie véritablement les fidèles à travers les langages de la beauté et de la prière. J’essaie de semer ; j’espère que les fruits seront un jour récoltés par d’autres.

“Le conservatisme doit d’abord et avant tout reconstruire le socle civilisationnel et national”

Étienne-Alexandre Beauregard est un jeune intellectuel québécois qui vient de publier son premier livre en France, Anti-civilisation. Pourquoi nos sociétés s’effondrent de l’intérieur, dans lequel il analyse les raisons de l’effondrement de la civilisation occidentale. Extrait de son entretien dans La Nef :

[…] Malheureusement, la nation subit présentement la contre-culture et les forces d’éclatement qui nourrissent la méfiance envers les institutions qui dépassent l’individualité. Alors qu’elle représente un formidable acquis civilisationnel, qui permet de transcender le tribalisme pour nourrir la confiance et l’appartenance commune entre de parfaits inconnus, on la dépeint trop souvent comme une structure d’oppression nuisible aux minorités. Au contraire, sans appartenance commune, pas d’État-providence ni de politiques de solidarité qui reposent sur l’idée d’accepter de payer pour ses concitoyens les plus vulnérables au nom de ce que nous partageons. Ceux qui souhaitent déconstruire la nation au nom des marges devraient y penser à deux fois, car sans ce trait d’union qui rassemble le centre et la marge, on pourrait basculer dans une dynamique d’affrontement dont elles seraient les principales perdantes. […]

Le populisme contemporain repose fondamentalement sur la déconnexion croissante entre une élite universitaire progressiste et des classes populaires plus patriotes et conservatrices. À droite, il a certainement eu le mérite de permettre une prise de conscience, et de faire réaliser aux partis institutionnels qu’ils devaient adapter leur message à l’époque, notamment au moyen d’une ligne plus sociale et d’une plus grande insistance sur les enjeux culturels. Cependant, l’opposition de principe entre le peuple et les élites porte en lui la possibilité d’une dérive stérile qui ne ferait qu’accentuer la crise actuelle plutôt que de la résorber. Dans des démocraties représentatives comme les nôtres, il y aura toujours des représentants et des représentés, des gens qui évoluent dans les institutions de pouvoir et d’autres qui n’y ont pas accès. Plutôt qu’un moment révolutionnaire qui abolirait cette différence, tâchons plutôt de penser la complémentarité entre ces classes, surtout via l’émergence d’une élite consciente de ses responsabilités envers la majorité. C’est le vieux principe de « noblesse oblige » ! Je ne crois pas qu’une telle élite ait émergé jusqu’à maintenant, mais ce sera indispensable pour sortir de la crise que traverse l’Occident.

Vous défendez en conclusion de votre livre « un conservatisme axé sur le bien commun et la reconstruction d’une société cohérente autour de la figure de la nation » : pourriez-vous nous expliquer votre idée, et comment la mettre en œuvre?

Foncièrement, il s’agit pour la droite de reconnaître qu’elle n’a plus les mêmes objectifs qu’hier, quand elle luttait avant tout contre le communisme. Considérant la crise de la cohésion actuelle, le conservatisme doit d’abord et avant tout reconstruire le socle civilisationnel et national qui permet l’expression de la liberté, et sans lequel nos sociétés se délitent. Cela implique d’abord d’assumer à nouveau le rôle de l’État comme « entrepreneur de normes », selon le principe aristotélicien qui veut que la loi doive éduquer à la vertu. Il s’agit aussi de renforcer les « petites patries » qui donnent du sens à notre existence et qui protègent de la précarité et de l’isolement, comme la famille, les écoles et les associations. Finalement, sur le plan économique, le renforcement de la classe moyenne, qui s’identifie économiquement et culturellement à la nation, constitue aussi une condition pour des sociétés plus stables et cohérentes. Voyons-y une ligne politique qui s’articule autour de l’idée de bien commun, soit ce qui rassemble collectivement les citoyens, mais aussi le bien des « communs » au sens des plus vulnérables.

2 protestantismes désignés différement : un du nord et l’autre du sud

On pourrait dire que la France occupe une position religieuse particulière, presque miroir, entre deux hérésies :
l’une au Nord, l’autre au Sud — ou bien une seule hérésie déclinée en deux courants, l’un protestant, l’autre coranique (islamique).

Ainsi, la France se trouve encerclée, sur le plan symbolique, par une même religion “opposée” à la sienne, mais exprimée de deux façons différentes.

Si l’on observe les points communs entre le protestantisme — où seule compte l’Écriture — et l’islam, où seul le Livre révélé a autorité, on remarque qu’ils partagent une même logique : celle du texte sacré, de la parole écrite considérée comme absolue, de la désincarnation sacramentelle, par de clergé.

On pourrait donc voir dans le protestantisme du Nord une forme de “coranisme du Nord” ou d’“islamisme du Nord”,
et dans l’islam du Sud, une sorte de “protestantisme du Sud”.

Autrement dit, il existe un protestantisme du Nord et un protestantisme du Sud,
tout comme il y aurait un islam (ou coranisme) du Nord et un islam du Sud.

D’un point de vue symbolique, la France se situe entre deux pôles, deux formes de foi centrées sur l’Écrit :
entre deux protestantismes ou deux coranismes.

L’un est une ouverture à l’infinie qui le dénature le contredit lui-même à l’infini et l’autre est un fatwaisme qui le contraint à l’infini. Les deux s’inventent par le légalisme.

En conclusion on peut écrire comme titre 2 coranismes : un du nord et l’autre du sud, c’est vice-versa.
Positionnellement la France se situe géographiquement à cette endroit.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

25 novembre : Les grandes voix du JDD, de CNews et d’Europe 1 face à vous

L’actualité change chaque jour, mais certaines questions demeurent.

C’est pour y répondre ensemble que les grandes voix du JDD, de CNews et d’Europe 1 vous donnent rendez-vous pour Face à Vous, le 25 novembre au Dôme de Paris.

Au cœur de la soirée : les grands enjeux de demain.
Comment restaurer la confiance dans la justice ?
Quelle place pour l’école dans une société fragmentée ?
Que disent les municipales à venir de l’état du pays ?

Autant de questions qui façonnent notre avenir et qui trouveront, ce soir-là, une scène à la mesure de leur importance.

Vivez une expérience inédite :
Sur scène, des journalistes, des entrepreneurs, des experts et des responsables politiques croiseront leurs regards autour des grands enjeux de notre époque.
Un format à la croisée du talk et du grand plateau : prises de parole, échanges, moments forts et surprises rythmeront la soirée. 
Et avant comme après, un moment pour échanger et prolonger le débat avec vos journalistes et tous les invités.

Réservez votre place dès maintenant

« Imaginez un contrat vous liant à un partenaire qui ne tiendrait aucun de ses engagements»

Le député RN Guillaume Bigot dénonce l’accord franco-algérien de 1968 :

Cette proposition de résolution visant à dénoncer les accords franco-algériens du 27 décembre 1968 a été adoptée à une voix grâce à l’union des droites.

 

Dénatalité et atteintes à la vie

Cet article est tiré du numéro 301 de la revue Action Familiale et Scolaire

Au XVIIIe siècle, la France était le pays le plus peuplé d’Europe. Aujourd’hui les signaux d’alerte se multiplient en raison de l’accélération de la dénatalité ; les médias s’en font l’écho : « Un désastre national : suicide par dénatalité »« Pente démographique », « Urgence nationale », « La France face au défi de sa démographie » … à tel point que le président Macron, et, à ce titre, chef suprême des armées, a lancé l’offensive (verbale) d’un nécessaire « réarmement démographique », dans un discours du 16 janvier 2024, à ce jour resté sans effet pratique. La situation doit être gravissime pour que soit évoqué au sommet de l’État, en termes guerriers, un sujet sur lequel, depuis des décennies, démographes, sociologues et historiens ont attiré l’attention des pouvoirs publics. Et se référer aux données chiffrées de l’INED et de la DREES[1] le confirme : il y a urgence !

Le fait est révélateur de divers maux qui ont progressivement atteint le corps social dans le plus profond de son être. Il en est un qui est très peu et très prudemment évoqué, comme s’il s’agissait d’un tabou, dont la caractéristique est d’engendrer silence et respect par crainte de représailles. Il est en effet paradoxal de constater que, mis à part certains médias dits « alternatifs » et donc pourchassés car non conformes à la « vérité » qui a cours, peu se risquent à établir un rapprochement entre une démographie agonisante et les plus de dix millions d’enfants[2] non nés officiellement du seul fait de l’application de la loi Veil-Chirac-Giscard. Certes, il serait réducteur et inexact de n’attribuer l’effondrement démographique qu’aux 50 ans de la légalisation de l’avortement. Mais chacun sait qu’au cours du temps, le légal tend à créer une « nouvelle moralité », dont les effets ne se limitent pas à l’objet de la loi, mais à l’ensemble des composantes structurant les fondements de la vie sociale : vie morale et intellectuelle, perspectives et espérances, raisons de vivre et de mourir.

1. « Choc de deux mondes »

Simone Veil

La loi Veil a pris force juridique le 17 janvier 1975, sous l’euphémisme conçu par ses promoteurs d’ »interruption volontaire de grossesse » (IVG)au premier abord moins connoté du point de vue moral que le terme « avortement », chargé alors d’opprobre et de honte. Tout changement profond ne peut se faire qu’en douceur.

1.1. Rappel historique

La préparation de cette loi avait donné lieu depuis des années [3] à une mise en scène bien conçue : des défis publics du type « manifeste des 343″(1971) ou du procès de Bobigny (1972) et à un matraquage éhonté sur le nombre supposé des avortements clandestins : utilisant un coefficient de l’ordre de six pour en multiplier le nombre, les tenants de l’avortement brandissaient quelque 800 000 avortements en 1973 et 1974 pour en dénoncer l’insalubrité et l’horreur [4]. En 1976, soit un an après la dépénalisation, l’INED estimait à 246 000 le nombre d’avortements légaux.

Il faut aussi se référer aux propos du Dr Pierre Simon, co-concepteur, promoteur et artisan d’une conception particulière de la médecine. Son livre au titre dérisoire et trompeur, De la vie avant toute chose[5] permet de comprendre le mécanisme­­ subversif élaboré et mis en œuvre par l’idéologie maçonnique dans les loges pour changer l’état des esprits à l’égard de la vie :

Pierre Simon

« La polémique autour de la loi Veil (…) c’est le choc de deux mondes »
(p. 211)

Il est également instructif de remarquer comment ce qu’il est convenu d’appeler les libéraux, politiciens et intellectuels, se sont abstenus d’affirmer leurs convictions, voire n’ont pu trouver une quelconque argumentation dans leur libéralisme qui n’est précisément qu’un vide doctrinal.

Il est enfin scandaleux de constater le mutisme de la hiérarchie de l’Église catholique en France dont les chefs n’ont pas cru bon de rappeler les réalités exigeantes de l’ordre naturel et de l’ordre surnaturel. Pierre Simon évoque la collaboration de religieux jésuites qui voyaient certainement dans la campagne pour l’avortement un signe indubitable de modernité (p. 204). Il est vrai qu’au moment même où se déroulaient des débats houleux à l’Assemblée Nationale et dans les médias, des négociations se tenaient entre le ministère de la santé et les instances épiscopales en vue de … l’intégration des prêtres, religieux et religieuses au système français de Sécurité sociale. Peut-être s’agissait-il de ne pas compromettre l’avenir ? Simone Veil le mentionne, non sans ironie, dans ses mémoires[6].

En février 1983, à l’initiative de Yvette Roudy ministre des « Droits de la femme » du premier gouvernement Mitterrand, les députés décidaient, à la quasi-unanimité, du remboursement à 80 % de l’avortement par le système de protection sociale : la négation pratique de l’ordre naturel, et donc de Dieu qui en est l’auteur, transcende largement les courants politiques ! Par la loi du 17.12.2012, la prise en charge passa à 100 % au titre de la maladie, la grossesse étant ainsi déclarée un mal qu’il fallait absolument éradiquer.

Yvette Roudy

Par ailleurs, un délit d’entrave à l’avortement fut instauré (loi du 27 janvier 1993) et depuis, la loi du 20 mars 2017, élargissant l’infraction, punit le fait…

« … d’empêcher les femmes d’accéder à l’IVG par quelque moyen que ce soit ou de s’informer sur une IVG, y compris en ligne (internet), notamment par la diffusion ou la transmission d’informations erronées de nature à induire intentionnellement en erreur, dans un but dissuasif, sur les caractéristiques ou les conséquences médicales d’une IVG[7]. »

Les deux ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende à la clef sont à même de dissuader toute expression manifestant une opposition au dogme de la libération de la femme par l’avortement.

1.2. Les effets de la loi

Dès les premières données statistiques, des experts attiraient l’attention sur les conséquences démographiques en réponse aux allégations du président Giscard d’Estaing qui niait le lien entre avortement et chute de la natalité[8].

Berceau bébé

Jean Legrand, démographe[9], apportait les preuves irréfutables du contraire :

« La baisse de la fécondité date de 1964 en FranceMais cette baisse fut relativement lente de 1964 à 1973 (…). Elle s’est accélérée à partir de 1973. Cette date est significative, puisque le verdict de Bobigny, qui a libéralisé de fait l’avortement bien avant la loi, est intervenu en novembre 1972. Donc, de 1964 au milieu de 1973, soit en neuf ans, la fécondité passe de 2,90 à 2,35 marquant une baisse de 0,55. Mais, du milieu de 1973 à la fin de 1975, la fécondité passe de 2,35 à 1,83, soit une baisse équivalente (0,52), mais en deux ans et deux mois seulement. Le bilan démographique de l’avortement est donc plus sévère qu’on ne le dit, d’autant plus que les mesures d’aide à la famille n’ont jamais été promulguées. » (Le Point, 07.05.1979)

Pierre Chaunu, historien, analysant les données chiffrées et leur chronologie, livrait une synthèse sans langue de bois, montrant les prolongements et fruits empoisonnés de la loi :

« Le printemps et l’été 1973 sont à l’apogée de la formidable campagne pour l’avortement (…). La baisse rapide de la natalité commence en septembre 1973 (…). La seconde rupture est due à la mise en application de la loi (…) du 17 janvier 1975 (qui) était applicable aux conceptions postérieures au 09 novembre 1974, concernant des accouchements postérieurs, donc au mois d’août 1975 (…). L’encouragement au meurtre est reçu. Juillet 1975 est à 4,9 % en dessous de juillet 1974. En août et septembre 1975, l’incidence prévue toujours observée (en Allemagne de l’est, en Angleterre, partout) se trouve fidèle au rendez-vous. 67 548 naissances en août 1974, 60 598 en août 1975 (-10,3 %). L’écart est maximal en sept. et oct. 1975 (-13,5 %). En septembre 1974, 65 449 naissances, en septembre 1975, 56 642[10]. »  

Le Professeur JH. Soutoul, gynécologue-obstétricien n’hésitait pas à établir un lien direct entre les deux :

« À quel degré place-t-on le niveau d’intelligence du Français moyen pour oser lui assurer que des centaines de milliers d’embryons et de fœtus jetés dans les incinérateurs des hôpitaux ou des cliniques ne peuvent manquer dans le maintien du taux de natalité ? L’argument qui consiste à dire : « l’avortement libéralisé influence peu une courbe décroissante de naissances constatée en Occident ou en Europe depuis quelques années » correspond à peu près à l’argument que soutiendrait un protecteur de la nature ou des éléphants : leur nombre décroît naturellement[11]

Cinquante ans après ces propos, on peut apprécier l’effondrement du « niveau d’intelligence du Français moyen » qui, sous l’effet de la propagande ininterrompue, du relâchement moral, du confort matériel, de la paresse intellectuelle est dans l’incapacité d’ouvrir les yeux sur la situation du pays réel et du proche avenir matériel – entre autres – qu’il se prépare et réserve aux siens.

2. Un nouveau monde

La France détient aujourd’hui le record des avortements en Europe. Première sur la planète, elle a indiqué la voie de la déchéance en inscrivant ce droit à une nouvelle liberté[12] dans le marbre (friable !) de sa Constitution.

2.1. État des lieux

L’INED et la DREES annoncent 243 623 avortements pour 2023.  C’est dire qu’officiellement, en termes démographiques et administratifs, près de 670 citoyens potentiels sont quotidiennement privés d’état-civil, sans tenir compte de ceux qui par l’effet de la « pilule du lendemain » sont avortés en toute quiétude et discrétion.

Pour l’ensemble du pays, y compris l’outre-mer, le taux officiel est de 17 avortements pour 1000 femmes âgées de 15 à 49 ans en 2023. L’importante augmentation touche les tranches d’âges pour lesquelles la fécondité est à son maximum ; en effet, le recours à l’avortement se produit essentiellement entre 20 et 34 ans : 30 femmes pour 1000 entre 25 et 29 ans. Enfin, il est à remarquer que la loi du 02.03.2022, qui a prolongé le délai légal de 12 à 14 semaines de grossesse, a encouragé l’avortement tardifqui représente 2,5 % des IVG en établissements hospitaliers.

Malgré les dénégations, le lien entre dénatalité et avortement apparaît nettement quand les médias de grand chemin osent laisser passer quelques informations provenant de l’étranger, où ont été prises des décisions restrictives à la pratique l’avortement :

« Au Texas, la législation stricte sur l’avortement aurait entraîné 10 000 naissances supplémentaires sur les neuf derniers mois de 2022, d’après une étude publiée par la revue médicale américaine JAMA[13].

Une étude estime que le nombre de naissances a augmenté de 2,3 % en moyenne dans les États américains où l’avortement a été interdit. Les femmes âgées de 20 à 24 ans et les Hispaniques sont les plus concernées. Ce sont les premiers effets de l’annulation de l’arrêt Roe v. Wade par la Cour suprême des États-Unis qui a abrogé en juin 2022 le droit constitutionnel à l’avortement. Depuis, environ 32.000 bébés de plus naissent chaque année aux États-Unis, selon une nouvelle étude[14].«

Quant à l’hebdomadaire Le Point, il se risque à dévoiler…

«  ce qui se cache vraiment derrière la baisse des naissances en France. Les politiques familiales [???] peinent à enrayer la chute des naissances, et sont contredites par celles sur l’avortement, la contraception et le divorce. Une incohérence coûteuse qui interroge sur l’action de l’État[15]«

Bien entendu, ce ne sont pas des considérations morales ou religieuses qui conduisent ces médias à mentionner l’avortement et oser enfreindre du bout des lèvres le tabou, mais le simple réalisme économique, qui veut que le vieillissement d’une population fait encourir de hauts risques à la société :

« Outre celui de l’émergence d’une gérontocratie, ce phénomène peut engendrer des difficultés financières et économiques majeures, avec un nombre croissant d’inactifs pesant sur les actifs, gonflant ainsi les dépenses de santé et de retraite.« (Le Point)

2.2. L’esprit de la loi

Pour adoucir la rudesse des chiffres, et rendre plus aimable le profil de ses géniteurs, il est répété à l’envi, même chez les catholiques, que l’esprit de la loi Veil-Chirac-Giscard, a été dénaturé. C’est faux.

Que S. Veil n’ait pas voulu les conséquences actuelles, c’est possible ; nous ne pouvons juger des intentions. Mais, ministre de la Santé, elle avait la responsabilité et les pouvoirs afférents à sa fonction. Or les orientations qui guidaient les acteurs du projet lui étaient connues et particulièrement celles du Dr Simon[16], alors en plein exercice de ses deux mandats de Grand Maître de la GLDF (1969-71 et 1973-75). Sollicité par S. Veil, il rejoignit le ministère de la Santé de 1974 à 1979 en tant que conseiller technique. Il put ainsi assister en bonne place au couronnement de la pensée élaborée par les « frères » depuis 30 ans et déjà solidement entrée dans les mœurs depuis 1967. En effet, si la société est comparée à un chêne, cette loi ne fut que le coin enfoncé dans l’entaille du tronc déjà bien entamé par la légalisation de la contraception ; l’éclatement en résulta qui transforma la société au sujet de laquelle P. Simon écrivait :

« Les solutions que nous fournit la morale traditionnelle ne peuvent plus nous contenter. Elles reposent sur une sacralisation du principe de vie dont l’essence est superstitieuse et la démarche fétichiste ». (p. 233)

La loi de 1967 avait ouvert la plaie. Il est patent que la loi de 1975 n’a été que le symptôme et l’accélérateur d’un bouleversement profond voulu et préparé depuis des décennies, la « révolution » de 1968 en ayant été un signe avant-coureur.

Jacques Héliot

Ardennes : incendie à l’ancien monastère de la chartreuse du Mont-Dieu

Un incendie s’est déclaré dimanche 2 novembre au matin dans l’ancien monastère de la chartreuse du Mont-Dieu, dans les Ardennes. Près de 50 pompiers ont été mobilisés pour contenir les flammes, mais l’édifice a subi de lourds dégâts. Les charpentes et les toitures sont complètement détruites, tout comme les peintures du XVIIe siècle. Une première estimation du sinistre chiffre à plusieurs millions d’euros les réparations.

La cause de l’incendie n’est pas encore connue, et une enquête officielle permettra de faire la lumière sur les raisons du sinistre.

L’ancien monastère est inscrit aux Monuments historiques depuis 1927 et classé depuis 1946. Il n’abrite plus de moines chartreux depuis la Révolution française, et appartient à un particulier de nationalité belge, qui devait prochainement engager des travaux de restauration. Après l’expulsion des moines à la Révolution, les bâtiments avaient été convertis en prison d’État pendant la Terreur.

27 églises dégradées, 40 objets pillés, quatre hommes condamnés

3 Landais, deux voleurs et un guetteur, ont été reconnus coupables ainsi que le receleur des objets dérobés dans plus d’une vingtaine d’églises dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques. Quatre personnes ont été condamnées à de la prison ferme dans cette affaire de vols en série dans les églises du Sud-Ouest.

Deux sont condamnés à trois ans de prison, dont deux avec sursis probatoire. Ce sont eux qui ont effectué les vols avec effraction dans les églises. Le sursis probatoire implique qu’ils ont d’autres obligations. Ils devront effectuer 105 h de Travaux d’Intérêt Général et ont une obligation de soins. La peine de prison ferme est prévue sous bracelet électronique.

Le guetteur a écopé de deux ans de sursis probatoire (105 heures de TIG et soins).

Quant au receleur, il est condamné à deux ans de sursis simple et 5 000 euros d’amende.

Les trois hommes de 21, 26 et 32 ans, étaient inconnus de la justice. Ils étaient jugés devant le tribunal correctionnel de Dax pour “vols de biens dans des édifices affectés au culte accompagnés d’actes de dégradations”, dans 27 églises des Landes, du Béarn et du Pays basque. Les diocèses de Dax et Bayonne s’étaient constitués parties civiles.

Commémoration de tous les fidèles défunts

Homélie du pape Léon XIV :

Nous sommes réunis en ce lieu pour célébrer la commémoration de tous les fidèles défunts, en particulier de ceux qui sont enterrés ici et, avec une affection particulière, de nos proches. Le jour de leur mort, ils nous ont quittés, mais nous les portons toujours dans notre cœur. Et chaque jour, dans tout ce que nous vivons, ce souvenir est vivant. Souvent, quelque chose nous renvoie à eux, des images qui nous ramènent à ce que nous avons vécu avec eux. De nombreux lieux, même les parfums de nos maisons, nous parlent de ceux que nous avons aimés et qui nous ont quittés, et gardent leur souvenir vivant en nous.

Aujourd’hui, cependant, nous ne sommes pas seulement ici pour commémorer ceux qui ont quitté ce monde. La foi chrétienne, fondée sur la Pâque du Christ, nous aide en effet à vivre la mémoire non seulement comme un souvenir du passé, mais aussi et surtout comme une espérance future. Il ne s’agit pas tant de se tourner vers le passé que de regarder vers l’avenir, vers le but de notre cheminement, vers le port sûr que Dieu nous a promis, vers la fête sans fin qui nous attend. Là, autour du Seigneur Ressuscité et de nos proches, nous goûterons la joie du banquet éternel : « En ce jour-là – a-t-on entendu dans la lecture du prophète Isaïe – le Seigneur de l’univers préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses […]  Il fera disparaître la mort pour toujours. » (Is 25, 6.8).

Cette “espérance future” anime notre souvenir et notre prière en ce jour. Ce n’est pas une illusion qui sert à apaiser la douleur de la séparation d’avec les personnes aimées, ni un simple optimisme humain. C’est l’espérance fondée sur la résurrection de Jésus, qui a vaincu la mort et nous a ouvert le passage vers la plénitude de la vie. Il est, comme je l’ai rappelé dans une récente catéchèse, « le point d’arrivée de notre marche. Sans son amour, le voyage de la vie deviendrait une errance sans but, une erreur tragique sans destination. […] Le Ressuscité nous garantit un abri sûr, il nous ramène à la maison, où nous sommes attendus, aimés, sauvés » (Audience générale, 15 octobre 2025).

Et cette destination finale, le banquet autour duquel le Seigneur nous réunira, sera une rencontre d’amour. Dieu nous a créés par amour, dans l’amour de son Fils, il nous sauve de la mort, dans la joie de l’amour avec Lui et avec nos proches, il veut nous faire vivre pour toujours. C’est précisément pour cette raison que nous marchons vers le but et que nous l’anticipons, dans un lien invincible avec ceux qui nous ont précédés, uniquement lorsque nous vivons dans l’amour et que nous pratiquons l’amour les uns envers les autres, en particulier envers les plus fragiles et les plus pauvres. Jésus nous y invite en effet par ces mots : « j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! » (Mt 25, 35-36).

La charité triomphe de la mort. Dans la charité, Dieu nous réunira avec nos proches. Et si nous cheminons dans la charité, notre vie devient une prière qui s’élève et nous unit aux défunts, nous rapproche d’eux, dans l’attente de les retrouver dans la joie de l’éternité.

Chers frères et sœurs, alors que la douleur de l’absence de ceux qui ne sont plus parmi nous reste gravée dans nos cœurs, confions-nous à l’espérance qui ne déçoit pas (Cf. Rm 5, 5) ; regardons le Christ ressuscité et pensons à nos chers défunts comme enveloppés de sa lumière ; laissons résonner en nous la promesse de la vie éternelle que le Seigneur nous adresse. Il éliminera la mort pour toujours. Il l’a vaincue à jamais en ouvrant un passage vers la vie éternelle – c’est-à-dire en célébrant Pâques – dans le tunnel de la mort, afin que, unis à Lui, nous puissions y entrer et le traverser.

Il nous attend et, lorsque nous le rencontrerons, à la fin de cette vie terrestre, nous nous réjouirons avec Lui et avec nos proches qui nous ont précédés. Que cette promesse nous soutienne, sèche nos larmes, tourne notre regard vers l’avenir, vers cette espérance future qui ne faillit pas.

Honorer les morts, un signe de foi

Du père Danziec dans Valeurs Actuelles :

La religion catholique s’attache, chaque mois de novembre, à faire prier plus avantageusement pour les défunts. Derrière cette pratique se cache la plus élémentaire des piétés : la piété filiale, celle qui nous invite à honorer ceux qui nous ont précédé en priant pour eux.

Le 29 octobre dernier, à l’occasion d’un événement organisé à l’université du Mississipi et dédié à la mémoire de Charlie Kirk, le vice-président américain en personne se confiait sur le génie du christianisme. Avec conviction et assurance, JD Vance affirmait en effet à la tribune :

« L’un de mes versets préférés de la Bible est : “C’est à leurs fruits que vous les reconnaitrez”. Je pense que les fruits de la foi chrétienne sont la civilisation la plus morale, la plus juste et la plus prospère de l’histoire. Je n’ai aucune honte à penser que les valeurs chrétiennes sont un fondement important dans ce pays. »

La religion chrétienne civilise les mœurs

Il y aurait beaucoup à écrire sur ce que, non seulement les Etats-Unis mais aussi les pays du monde entier doivent à l’Eglise. Pour cela, il suffirait de se plonger dans le superbe livre de l’historien Christophe Dickès, sobrement intitulé Pour l’Eglise, mais prolongé d’un sous-titre significatif : Ce que le monde lui doit (Perrin, 2024). Pourtant, c’est peu de le dire, entre des scandales en tout genre qui éclaboussent l’institution ecclésiale et un personnel ecclésiastique en manque de repères et de figures fédératrices, l’Eglise peine à s’imposer dans le paysage politico-médiatique actuel. Le message de l’Evangile ne porte-t-il pas en lui les mêmes vertus dynamiques d’il y a 2000 ans ? Au contact de l’enseignement du Christ, tout homme est censé trouver à sa disposition une rampe de lancement inouïe : celle seule qui est en capacité de tirer ce qu’il y a de meilleur en lui. Encore faut-il prendre du temps pour son âme.

Aussi, lorsque JD Vance affirme voir dans le christianisme un génie particulier, le responsable politique n’a pas pour ambition de se cantonner à un prosélytisme civilisationnel. En homme de foi, il sait qu’une telle attitude se révélerait vite sèche et stérile. Il précise donc, à bon droit, que le Nouveau Monde, avant d’avoir été civilisé par la croix, l’Evangile et l’enseignement de l’Eglise, était en proie à un paganisme éhonté qui pratiquait les sacrifices humains. Cette réalité historique, qui s’oppose en tout point au mythe rousseauiste du “bon sauvage” (l’homme nait naturellement bon, c’est la société qui le corrompt ensuite), avait déjà été filmée par la caméra de Mel Gibson, dans Apocalypto (2006). Oui, la religion chrétienne a fait œuvre de civilisation. Comment ? En commençant par infuser la charité dans les mœurs des hommes.

Le christianisme confère à l’existence un sens et se propose d’en anoblir le cours.

Alors que nous entrons de plein pied dans le mois de la grisaille et de la mélancolie, ce fameux mois de Novembre, qui selon les vers d’Emile Verhaeren « en son manteau grisâtre, se blottit de peur au fond de l’âtre », nous donne l’occasion de méditer sur une réalité à laquelle la tradition culturelle et cultuelle de l’Eglise nous invite à nous élever : la mort, la vie, la filiation et la sainteté.

L’Eglise civilise nos coutumes en nous rappelant sans cesse – dans sa liturgie, dans ses prières et dans son patrimoine esthétique – que nous ne venons pas de nulle part. Se méprendre sur la piété filiale qui doit être la nôtre à l’endroit de ceux qui nous ont précédés ici-bas ne relève pas seulement de l’ingratitude. L’attitude adolescente de “révolté qui ne doit rien à personne” est surtout dangereusement mortifère. Comment se donner soi-même si l’on n’a pas appris à remercier ? Comment célébrer le présent si l’on se refuse à honorer le passé ? Dans un entretien donné au Figaro Magazine, le directeur du département Opinion de l’Ifop, Jérôme Fourquet, constatait, lucide :

« La citrouille d’Halloween n’a pas encore remplacé le chrysanthème mais on s’en approche. (…) Le substrat chrétien est en voie d’effacement. »

« Le héros est un homme qui se croit au-dessus des autres, le saint est un homme qui se sait avec les autres » Georges Bernanos

Au-delà du sujet de la piété filiale, comprenons que le corpus du christianisme s’avère proprement en mesure de réchauffer l’enthousiasme de la vie. En conférant à l’existence un sens, il propose à tout homme de se dépasser sans cesse pour en anoblir le cours.

Entre la civilisation païenne et la civilisation chrétienne, la différence est de taille. La première conduit au transhumanisme et la deuxième conduit, plus humblement quoique plus avantageusement, à devenir plus humain. Dans un recueil de textes épars de Bernanos, Les Prédestinés, la sainteté est une aventure (Le Passeur Editeur), ce contraste est souligné :

« Le monde admire les héros et persécute les saints. Le monde réclame des idoles, car il a peur des témoins. »

Et l’auteur d’expliquer que les saints ne sont pas des héros, à la manière des héros de Plutarque. Pour Bernanos, le héros donne l’illusion de dépasser l’humanité quand le saint, lui ne la dépasse pas mais l’assume. Il s’efforce même de la réaliser le mieux possible :

« Le héros est un destin, le saint est une vocation. Le héros est seul, le saint est solidaire. Le héros se fait admirer, le saint se fait aimer. Le héros est un homme qui se croit au-dessus des autres, le saint est un homme qui se sait avec les autres, dans la même misère, dans la même espérance. […] Le héros est un homme qui se fait dieu, le saint est un homme qui laisse Dieu se faire homme en lui. […] Le héros finit toujours par se trahir lui-même, car il porte en lui la contradiction de vouloir être plus qu’homme sans Dieu. Le saint, lui, ne se trahit jamais, car il n’a rien à défendre que la vérité de Dieu en lui. »

En ce mois de novembre, honorer nos défunts consistera pour les plus initiés – les plus catéchisés, j’entends – à prier pour le repos de leur âme, à faire célébrer des messes à leur mémoire pour appeler sur chacun d’eux la miséricorde de Dieu. Mais il y aura toujours tout à gagner que de visiter les cimetières, de fleurir les tombes de ses aïeuls et de se rappeler à leur bon souvenir. Tous ces gestes, tous ces rites, justement parce qu’ils peuvent paraître les plus inutiles ont leur pesant de noblesse. Ils permettent de s’inscrire sur le temps long, et nous rappeler que le pari de la foi ouvre la voie à la plus belle des expériences : l’élargissement de notre horizon.

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