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Basses manoeuvres au ministère de la justice, entre vols d’organes et franc-maçons

Valeurs Actuelles dévoile dans une enquête accablante et surréaliste le drame subi par Frédérique Martin-Plé, substitute du procureur à Bordeaux, qui dénonce le harcèlement moral, les représailles et les abus de pouvoir commis contre elle par sa hiérarchie depuis des années.

Avocate, Frédérique Martin-Plé suscite des jalousies dans le petit monde judiciaire local, bourgeois et franc-maçon. Des confrères, soutenus par le bâtonnier, tentent de l’évincer.

Elle poursuit l’hôpital de la ville pour homicide involontaire par imprudence après la mort de son bébé laissé sans surveillance en 2009. Devenue magistrate, Mme Martin-Plé fait condamner l’établissement en 2015, puis en appel en 2016. Ajoutant à l’horreur, elle et son mari découvrent que les organes de leur fille ont été prélevés (certains ont disparu) sans leur autorisation. L’autorité judiciaire fait tout pour étouffer l’affaire. En 2017, un blâme lui est infligée sur avis du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour avoir « mis en cause » le procureur de Saintes dans la gestion du décès de sa fille.

Olivier Le Mailloux, avocat au barreau, membre du conseil de l’ordre et franc-maçon (grade de “prince Rose-Croix”) la met gravement en cause. Elle alerte sa hiérarchie et dépose plainte le 7 décembre 2019 pour diffamation, menace et appels malveillants. Mais le procureur général ignore sa situation puis rédige contre elle, seul et dans son dos, un rapport à charge de 14 pages, transmis à la direction des services judiciaires (DSJ) du ministère, sans jamais l’avoir entendue. ​

Le 27 avril 2021, le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti saisit l’inspection générale de la Justice contre la substitute, qui est enfin entendue, vingt-deux mois après son premier signalement. L’enquête est menée à charge. Le 24 janvier 2022, elle est renvoyée devant le CSM par saisine du ministre. Elle est placée en arrêt durant trois mois, période choisie par sa hiérarchie pour inspecter son service, la contraignant à travailler plus de soixante-dix heures par semaine et aggravant ainsi son état de stress peu après la naissance de sa seconde fille. La convocation par le procureur général en vue d’un avertissement, à laquelle la substitute en congé maladie ne peut se rendre, finit de l’achever.

En congé longue maladie pour burn-out depuis le 5 mars 2022, la substitute, effondrée moralement et physiquement, a fait une déclaration de maladie professionnelle. La DSJ a rejeté ses trois demandes de protection fonctionnelle et refusé toute médiation. Le CSM a diligenté une “expertise psychiatrique”, déclinée par la magistrate.

L’obstination de l’administration est d’autant plus frappante que Mme Martin-Plé est irréprochable professionnellement et ses notations “excellentes”. Le 15 décembre, la magistrate reçoit une convocation pour ouverture d’une information judiciaire devant le juge d’instruction de Saintes.

Avortement en Espagne

Jeudi, le Tribunal constitutionnel espagnol a rejeté à la majorité un recours pour inconstitutionnalité déposé contre la loi qui a légalisé l’avortement en 2010. L’avortement a été dépénalisé en Espagne en 1985, puis légalisé avec la loi de 2010.

En juillet 2010, peu de temps après l’entrée en vigueur de la loi qui avait autorisé l’avortement pour toutes les femmes jusqu’à 14 semaines de grossesse et jusqu’à 22 semaines en cas de malformation du fœtus, le Parti Populaire avait saisi le Tribunal constitutionnel. Le dossier n’avait pas été étudié jusqu’ici.

Récemment, plusieurs réformes ont été votées pour « garantir le droit à l’avortement ». Les manifestations anti-avortement devant les cliniques ont notamment été interdites. Mercredi, un projet de loi a aussi été adopté par le Sénat afin de renforcer l’accès à l’avortement dans les hôpitaux publics, où beaucoup de médecins font valoir leur droit à l’objection de conscience. Il autorise aussi les mineures de seize à dix-sept ans à avorter sans le consentement de leurs parents. Il doit encore être voté par les députés.

En Castille-et-Léon, une proposition a été déposée pour demander aux médecins de proposer aux femmes souhaitant avorter d’écouter le rythme cardiaque et de voir « une vidéo » du fœtus. La mesure a finalement été écartée.

Des élus PCF détournent l’argent public pour faire grève

Selon Omerta :

Alors que les syndicats, les partis politiques de gauche et les grévistes indépendants mobilisent des moyens pour manifester, plusieurs élus de gauche, majoritairement issus du PCF, mobilisent l’argent public pour manifester leur opposition au gouvernement.

Des pratiques répandues

Visiblement, un procès en détournement de fonds publics n’est pas pour effrayer les élus de gauche : ils vont même jusqu’à communiquer sur leurs pratiques illégales. Pour exemple, le maire PCF de Noisy-Le-Sec (93) Olivier Sarrabeyrouse va jusqu’à tweeter pour communiquer sur l’horaire de départ des cars. Il en est de même pour Christian Métairie, maire EELV d’Arcueil (94).

Pourtant, affréter des cars est loin d’être la seule pratique mise en œuvre. En effet, des élus, plus nombreux encore, ont décidé de la fermeture de leur mairie lors des jours de grève. Il en a été ainsi de l’inénarrable Anne Hidalgo. La maire de Paris, qui s’est récemment félicité des nombreux départs des Parisiens chaque année, a visiblement agi à nouveau pour conforter cette dynamique : déployant de grandes banderoles « mairie solidaire avec le mouvement social » en-dessous des drapeaux ukrainiens, devant l’Hôtel de ville, elle a décidé de la fermeture de la mairie le 31 janvier, jour où les manifestations ont atteint leur pic.

Pierre Garzon, maire PCF de Villejuif (94), a également rejoint cette ingénieuse idée : le 31 janvier, les services publics de la ville étaient en grève et les cars étaient disponibles. Il en avait été de même d’Olivier Sarrabeyrouse ce même jour. Encore au PCF, ce sont Philippe Bouyssou, maire d’Ivry sur Seine et Pierre Bell-Loch maire de Vitry-sur-Seine qui ont décidé de la mise en grève des services publics de leur ville le 31 janvier. On pourrait égrener longtemps ces mairies grévistes, mais toutes ont un point commun : elles sont tenues par la gauche, et sont dans l’illégalité.

Des poursuites judiciaires possibles, mais improbables

Si ces pratiques sont illégales, c’est notamment grâce à la décision du Conseil d’État du 19 novembre 1990 qui stipule qu’elles ne présentent pas « un caractère d’utilité communale », appuyé en cela par le principe de neutralité du service public. En théorie, des procédures judiciaires pourraient tout à fait être engagées pour non-respect de ce principe et pour détournements de fonds : après tout, qui sait combien on coûté les banderoles de la mairie de Paris ? Pourtant, il reste peu probable que ces élus soient un jour poursuivis, et ce pour deux raisons. De façon pragmatique, parce que cela exacerberait sans aucun doute les tensions sociales que le gouvernement souhaite atténuer, de façon juridique, parce que le tribunal administratif chargé de ces affaires ne peut statuer dessus en si peu de temps.

Tentative d’incendie de l’église St Roch, à Chanteloup les Vignes

Débats sur le covid et la guerre en Ukraine, qu’ont-ils en commun ?

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Qu’est ce qui rapproche le débat sur le Covid du débat sur l’Ukraine ? A priori, les deux sujets n’ont rien voir : quoi de commun entre une épidémie ou un vaccin et celle de la nouvelle forme prise par le conflit entre la Russie et l’Occident ?

Ce caractère commun vient simplement de l’utilisation du langage de la propagande et de la peur par les gouvernements et mass-médias en Occident. Le débat authentique est banni, remplacé par des injonctions à s’engager pour un camp ou l’autre avec une vision manichéenne du monde.

Concernant le Covid, on était soit pour le vaccin et « la Science » avec un grand S ou un antivax contre les progrès de la médecine, complotiste et infréquentable avec qui il n’était pas nécessaire de dialoguer et qu’il fallait éliminer du débat public, des cafés et restaurants et surtout des grands mass médias comme Elon Musk l’a révélé avec la publication des « Twitter files » concernant la pandémie.

Concernant la guerre en Ukraine, on est soit pour le camp du bien, de la démocratie et de la liberté derrière J. Biden ou E. Macron ou pour le camp du mal, de la dictature derrière V. Poutine, le nouvel Hitler qu’il faut renverser selon V. Zelenski et compagnie, certains jouant même avec l’idée de la fin de la République de Russie qui serait dépecée en divers Etats indépendants.

Concernant le Covid, on nous a expliqué que le vaccin protégeait à 90% contre la transmission de la maladie du temps du slogan « tous vaccinés, tous protégés » puis 80% puis 60% puis 40% puis pas du tout, chaque nouveau mensonge remplaçant le précédent avec quelques mois ou quelques semaines d’intervalle. De même les affirmations sur la protection contre l’infection ou les formes graves ont subi une dérive semblable. Malgré tous ces retournements qui auraient dû amener un peu d’humilité de la part des journalistes véhiculant la doxa officielle, l’humanité selon ces derniers continuait à se diviser en deux camps, celui de la lumière, des bons citoyens, de la vérité vaccinale et celui de l’obscurantisme, des mauvais citoyens qui refusaient de se laisser injecter, objets de « l’envie d’emmerder » du président ou des mauvais soignants qui ne seront pas réintégrés.

De même, on peut penser ce que l’on veut sur la guerre en Ukraine mais résumer ce conflit à « C’est Poutine qui est le responsable car il a commencé la guerre en agressant militairement l’Ukraine, un pays démocratique » et donc, il faut le punir jusqu’à la défaite totale de la Russie ou jusqu’à « provoquer l’effondrement de l’économie russe » par des sanctions selon Bruno Le Maire, correspond à une approche grossièrement simpliste du conflit et de ses causes et des façons d’y remédier.

Une première évidence que cette propagande est mensongère, est l’inefficacité des sanctions alors que selon la Banque Mondiale, les perspectives de croissance économique pour 2024 après un an de guerre sont meilleures en Russie que dans l’UE avec l’Allemagne, centre économique de l’UE qui voit son industrie faiblir et ses grandes entreprises se mettre à délocaliser vers des pays où l’énergie est moins chère.

Ces évènements peuvent paraître sortis d’un livre d’Orwell ou d’Huxley et pourtant, c’est ce que nous avons vécu et vivons toujours sans tenir compte des leçons de l’histoire. On pourrait rappeler que dans le passé, les politiques de sanctions économiques ont rarement conduit à la paix, depuis le blocus continental napoléonien qui a conduit, suite au refus de la Russie entre autres de le respecter, à Waterloo.

Une petite remarque, pour certains, les sanctions économiques ont l’air plus humaines ou civilisées et donc plus acceptables que la guerre violente mais en fait, les sanctions mènent souvent à la guerre et dans les deux cas, il y a de nombreux morts. Ainsi on peut rappeler la déclaration de Madeleine Albright du gouvernement US assumant sans sourciller la mort de centaines de milliers d’enfants Irakiens comme un prix à payer suite aux sanctions US, déclaration qui avait au moins le mérite de la franchise.

« L’agression militaire russe » n’a pas eu lieu parce qu’un beau matin, le président Poutine a décidé sur un coup de tête d’envahir son voisin. Il faut la placer dans le contexte des relations est-ouest sur au moins une décennie, ce qui est rarement fait par les jusqu’au-boutistes de la guerre en Ukraine.

Il faut mentionner que cette intervention russe venait après l’échec des accords de Minsk 2 après Minsk 1, accords qui devaient amener la paix au sein de l’Ukraine entre les régions du Donbass russophones et le gouvernement de Kiev, accords qui ont été violés par Kiev par des bombardements et explosions au Donbass causant plus de 14.000 morts et des mesures gouvernementales vexatoires à l’égard des populations russophones.

Plus grave pour nous, les deux pays garants de Minsk 2 selon ce que l’on a appelé le Format Normandie, la France et l’Allemagne, devaient s’assurer de l’application de l’accord Minsk 2 en promouvant au dialogue entre les parties, or loin d’y veiller, ils ont soutenu unilatéralement le gouvernement ukrainien, la Chancelière allemande Angela Merkel reconnaissant sans aucune honte dans une interview à die Zeit du 7/12/2022 que « Les accords de Minsk devaient donner du temps à l’Ukraine » pour se renforcer militairement en vue d’une confrontation avec Moscou, déclaration confirmée par François Hollande, l’autre représentant de l’Occident, dans un entretien au Kiev Independent.

Ce genre de mensonge, même s’il peut être qualifié de mensonge diplomatique, n’a pas dû être apprécié par V Poutine qui a déjà qualifié l’Occident d’Empire du Mensonge. Cette notion d’empire du mensonge faisait écho à une déclaration du prix Nobel Alexandre Soljenitsyne selon lequel le totalitarisme se maintient par « le mensonge et la violence’ ». Soljenitsyne insistait sur le fait que la violence seule était tout à fait insuffisante, n’aboutissant qu’à une dictature de durée limitée, mais avec la combinaison de la violence avec le mensonge par la propagande à tous les niveaux, on pouvait aboutir à une société totalitaire.

Bien sûr, pour expliquer l’attitude russe, on pourrait aussi remonter à la fin du communisme et la destruction du mur de Berlin. A l’époque, les Occidentaux avaient promis aux Russes représentés par Mikhail Gorbatchev, que suite au démantèlement du Pacte de Varsovie, ils n’étendraient pas l’Otan à l’Est, promesse qui a été confirmé par James Baker, Secrétaire d’Etat de W Bush et Roland Dumas, ministre des affaires étrangères de F Mitterrand et autres diplomates occidentaux, engagement qu’ils se sont empressés de violer un peu à la façon de Merkel et Hollande concernant Minsk 2.

On pourrait aussi rappeler la crise des missiles de Cuba en 1962 au cours de laquelle les USA ont brandi la menace atomique si les Russes installaient des missiles à moyenne portés à Cuba, ou l’action de la CIA en Amérique latine, or l’Ukraine est un pays limitrophe de la Russie de Moscou qui représenterait, s’il joignait l’OTAN, une menace pour la sécurité de la Russie plus élevée que Cuba au moment de la crise des missiles ou bien sûr qu’un gouvernement procubain au Chili du temps du président Salvador Allende pour les Etats-Unis. Il ne s’agit pas là de critiquer la politique étrangère américaine mais de mettre en perspective la défense de ce que les Etats Unis considéraient comme des intérêts vitaux avec la défense des intérêts que le président de la Russie considère comme vitaux.

Une chose frappante dans ce conflit, c’est le peu de place laissée à la diplomatie classique, aux négociations et recherches de solutions pacifiques. Le manichéisme ambiant n’aime pas les négociations une fois qu’il a défini le camp du bien et celui du mal.

Il y aurait bien d’autres choses à dire sur le conflit en Ukraine comme sur le Covid mais la première urgence est de rétablir une atmosphère de dialogue et d’ouverture, aussi bien au niveau diplomatique que dans les mass-médias, sur ces deux sujets sensibles comme pour d’autres, et de sortir de la situation actuelle guidée par ce que la psychologue Marie-Estelle Dupont qualifie de contrôle des masses par la peur. Sinon, on aura droit régulièrement à des campagnes de propagande visant à formater l’opinion publique dans un sens ou un autre.

Bien sûr quand on parle d’atmosphère de dialogue, il ne peut s’agir simplement de bons sentiments mais il est d’abord nécessaire de débusquer les mensonges qui se cachent derrière la propagande. Concernant le Covid, on a rapidement compris qu’il y avait des intérêts économiques puissants derrière l’obligation vaccinale, intérêts de ce que l’on a appelé Big Pharma, au premier rang desquels se trouvait l’entreprise Pfizer. Mais il y avait aussi des intérêts politiques.

De même, pour la guerre en Ukraine, les intérêts économiques, politiques ou géopolitiques représentent les obstacles les plus importants à la recherche de la paix. Récemment, le journaliste américain lauréat du prix Pulitzer Seymour Hersh a attribué le sabotage de Nord Stream2 au président américain J. Biden dans sa volonté d’empêcher un rapprochement entre la Russie et l’Allemagne. Cette théorie semble fondée avec entre autres les menaces de Victoria Nuland du gouvernement américain et de J. Biden avant le sabotage.

Une guerre au niveau international pour ne pas dire mondial avec tout son cortège de tragédie n’est pas déclenchée sans que beaucoup de gens y aient un intérêt.

Aussi la recherche de dialogue et coopération doit s’accompagner d’une recherche de vérité, de ne pas se contenter des narratifs officiels pour permettre de bien saisir les obstacles à la paix.
Comme nous le rappelle l’évangile « La vérité vous rendra libres » Jean 8 :32.

Le vœu de Louis XIII à l’écran : Le vœu de l’épée, dernière production d’Ermonia

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On parle beaucoup de cinéma ces temps-ci, notamment avec la sortie remarquée de Vaincre ou mourir, le film du Puy du Fou.

A une toute autre échelle, celle des amateurs, la jeune association Ermonia vient de diffuser début février sur YouTube son troisième film : Le Vœu de l’épée.

Ermonia est une association de jeunes catholiques passionnés par le cinéma, l’histoire, la musique et les lettres. Leur but est de mettre le cinéma au service de l’histoire de France, de la vérité et du beau.

Après la Première Guerre mondiale avec La lettre du poilu (2021), les guerres de Vendée avec Monsieur Henri, le pardon de la Rochejaquelein (2022), Ermonia a voulu mettre à l’écran le XVIIe siècle.

Le film s’ouvre ainsi sur l’année 1638, année de troubles et d’angoisses pour le royaume de France. Parmi les intrigues qui se nouent au sommet de l’Etat, Louis XIII et Richelieu, servis par quelques fidèles, travaillent pour les intérêts de la France et tentent de déjouer les complots. Le propre frère du roi, Gaston d’Orléans, conspire en effet pour s’emparer du pouvoir.

En point d’orgue de ce film, culmine le vœu de Louis XIII, l’acte de consécration de la France à Notre-Dame, à perpétuité :

« Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut. Dieu, qui élève les rois au trône de leur grandeur, non content de nous avoir donné l’esprit qu’il départ à tous les princes de la terre pour la conduite de leurs peuples, a voulu prendre un soin si spécial et de notre personne et de notre Etat, que nous ne pouvons considérer le bonheur du cours de notre règne sans y voir autant d’effets merveilleux de sa bonté que d’accidents qui nous menaçaient […]

A ces causes, nous avons déclaré et déclarons que, prenant la Très Sainte et Très Glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre état, notre couronne et nos sujets, la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite et défendre avec tant de soin ce royaume contre l’effort de tous ses ennemis, que, soit qu’il souffre le fléau de la guerre, ou jouisse de la douceur de la paix que nous demandons à Dieu de tout notre cœur, il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire ».

C’est ainsi l’un des plus beaux épisodes de l’histoire de la France chrétienne qui est mis à l’honneur : celui où la fille aînée de l’Eglise s’est volontairement offerte et consacrée à la Mère de Dieu, par la voix de son souverain.

Servi par une musique originale de François d’Arjac, ce court-métrage d’une demi-heure est d’une belle qualité pour des amateurs qui n’en sont qu’à leur troisième essai : les acteurs jouant Louis XIII et de Richelieu tiennent fort bien leurs rôles ; le spectateur a droit à de beaux plans ainsi qu’à une BO remarquable d’un jeune compositeur ; quelques plaisantes scènes de batailles entre mousquetaires viennent agrémenter le tout pour donner au film un parfum « de cape et d’épée ».

Bien sûr, les défauts ne manquent pas : le son est par moments de qualité médiocre, certains acteurs ne jouent pas suffisamment naturellement, et quelques passages de l’histoire peuvent manquer de clarté…et sans doute bien d’autres choses encore.

Mais la critique est facile, et l’art est difficile…

On n’oubliera pas qu’il s’agit d’un cinéma d’amateurs et de bénévoles, qu’il faut savoir apprécier à sa juste valeur. L’association Ermonia n’a que deux ans, il ne s’agit que de leur troisième production, la plupart des acteurs ou membres de l’association ont autour de la vingtaine d’années… Qui plus est, une telle production d’une demi-heure (ce qui en fait, si je puis dire, un « moyen-métrage ») avec costumes, châteaux, chevaux, plan drones, musique originale…a été réalisée pour un budget d’à peine 4000 euros…

La performance est donc à saluer. Si, avec aussi peu d’expérience et d’argent, Ermonia peut nous offrir ce Vœu de l’épée, que pourront-ils dans quelque années avec plus de moyens matériels et plus de savoir-faire ? L’avenir est prometteur… « Il faut voir dans une jeune de vingt ans non ce qu’il donne, mais ce qu’il promet » (Mgr Louis Besson).

Voilà tout autant de raisons pour les aider, d’abord en allant visionner le Vœu de l’épée sur YouTube, et vous abonner à la chaîne d’Ermonia :

Vous pouvez aussi aider financièrement pour soutenir les projets futurs d’Ermonia :

Apportez votre pierre à l’édifice pour faire vivre l’histoire au cinéma et transmettre notre belle culture ! Le prochain projet d’Ermonia, en cours de montage, vous emmènera au XIXe siècle…

Un cadeau pour la saint Valentin

Pour la saint Valentin, il est coutume de faire un cadeau à son mari, sa femme, son amoureux ou son amoureuse. Et si cette année, nous prenions le temps d’offrir un cadeau personnalisé et précieux : une neuvaine de prière pour celui ou celle que l’on aime ? Pendant 9 jours, chaque matin ou chaque soir, nous pouvons confier celui / celle que l’on aime à Dieu.

“Qu’elles sont belles, tes amours, ma sœur fiancée ! Qu’elles sont bonnes, tes amours : meilleures que le vin ! L’odeur de tes parfums, une exquise senteur !” (Cantique des cantiques 4,10)

Voici quelques exemples de grâces que nous pouvons demander au Seigneur pour notre couple :

  • Développer une meilleure écoute dans le couple. Quand on se connaît bien, depuis longtemps, on peut avoir l’impression de tout savoir de l’autre, de se comprendre sans se parler. Et pourtant l’autre reste l’Autre ; un vaste continent à découvrir, à redécouvrir, à explorer. Savoir garder son cœur ouvert aux complexités, aux ambivalences de son conjoint, c’est aussi accepter de se laisser toucher, de se laisser séduire à nouveau.
  • Voir son valentin / sa valentine avec les yeux de Dieu. Retrouver nos yeux d’amoureux du premier jour, ceux qui ne veulent voir que la beauté de l’autre. C’est avec ce regard plein d’amour que Dieu nous voit.
  • Confier le cheminement et l’épanouissement de son conjoint à Dieu. En couple, nous avons nos propres projets à deux, qui nous font avancer et partager de belles choses. Mais Dieu a aussi un projet d’amour, unique pour chacun de nous. Nous pouvons demander au Seigneur de nous aider à respecter, à ne pas craindre et à encourager ce qui permet à l’autre de devenir pleinement ce qu’il est appelé à être.
  • Comprendre en quoi il est / elle est un véritable don pour moi, aujourd’hui dans ma vie. Voir l’autre comme un don de Dieu signifie que l’on sait qu’il ou elle fait partie du plan de Dieu pour nous. L’Esprit-Saint peut nous aider à discerner comment – à travers tel ou tel comportement, telle parole ou tel silence – Dieu nous interpelle aujourd’hui. Qu’est ce qu’il nous invite à changer, à affirmer, à partager, à développer chez nous grâce à notre mari ou notre femme ?

“Que ta fontaine soit bénie, qu’elle soit ta joie, la femme de ta jeunesse, biche de tes amours, gracieuse gazelle ! Laisse-toi toujours enivrer de ses charmes, reste éperdu d’amour pour elle !” (Proverbes 5 ; 18-19)

Alice Ollivier pour Hozana.org

L’OQTF du jour

Vendredi soir, à Chatou (Yvelines), un chauffeur-livreur a aspergé d’essence un individu et lui a mis le feu, alors qu’ils s’étaient arrêtés sur la route après avoir failli se percuter.

Alors que le livreur, au guidon d’un scooter, venait de griller un stop, le conducteur de la voiture dans laquelle il avait manqué de rentrer est sorti, accompagné de son passager. Les deux individus, Slimane D. et Jonathan S., connus pour être des trafiquants de drogue, s’en sont alors pris à Ali S. Violenté, ce dernier s’est saisi d’une bouteille d’essence et en a aspergé Slimane D. Avec un briquet, il a ensuite mis le feu à son agresseur. Tandis que celui-ci se débattait, son ami a continué de frapper le livreur.

Arrivées sur place, les forces de l’ordre ont interpellé les deux hommes. Celui qui avait été incendié se trouvait dans un état grave. Lors des vérifications d’identité, les enquêteurs se sont aperçus que le livreur, de nationalité bangladaise, se trouve en situation irrégulière sur le territoire français et qu’une OQTF lui avait été notifiée en février 2022. Il était par ailleurs visé par un mandat d’arrêt émis par les autorités espagnoles, pour une peine de prison de trois ans liée à une condamnation pour des violences avec arme.

En quête d’esprit – Handicapés : rendons-leur leur dignité

Véronique Jacquier reçoit :

  • Louis BOUFFARD, Auteur
  • Chantal DANG, Maman d’une petite fille trisomique
  • Steven GUNNELL, Réalisateur
  • Dom Philippe PIRON, Prieur du monastère bénédictin de Vezin-le-Coquet

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Nicaragua: un évêque condamné à 26 ans de prison

Au Nicaragua, Monseigneur Rolando Alvarez, critique du régime dictatorial du président Daniel Ortega, vient d’être condamné à 26 ans de prison. L’évêque de Matagalpa, dans le nord du pays, avait refusé de monter à bord de l’avion qui a amené 222 prisonniers politiques aux États-Unis. Il a refusé l’exil forcé aux États-Unis.

L’année dernière sa résidence épiscopale avait été assiégée par la police pendant trois semaines avant qu’il ne se fasse arrêter. Depuis août 2021, le prélat était assigné à résidence.

Immédiatement après son refus de monter dans l’avion, Mgr Rolando Alvarez, âgé de 56 ans, a été mis en prison. Le lendemain, il y a été condamné à 26 années de prison ferme pour conspiration. En outre, l’évêque a été privé de sa nationalité nicaraguayenne et de ses droits civiques à perpétuité et condamné à une amende de 1600 dollars.

L’évêque de Matagalpa est accusé de «conspiration visant à porter atteinte à l’intégrité nationale et propagation de fausses nouvelles par le biais des technologies de l’information et de la communication au détriment de l’État et de la société nicaraguayenne». Le procès devait s’ouvrir le 15 février mais le verdict est tombé plus tôt. Outre l’évêque, deux autres prêtres, Manuel García et José Urbina, appartenant au clergé du diocèse de Grenade, sont toujours détenus dans les prisons nicaraguayennes.

Le christianisme se meurt à Bethléem

Le 21 novembre, le magazine en ligne israel3365news faisait état d’« une nette augmentation des attaques à caractère religieux de chrétiens à Bethléem par des musulmans palestiniens ». Et le média de citer quelques exemples :

« Il y a un peu plus de deux semaines, un musulman a été accusé d’avoir harcelé de jeunes chrétiennes dans l’église orthodoxe des Ancêtres à Beit Sahour, près de Bethléem. Peu après, l’église a été attaquée par une foule de Palestiniens qui ont caillassé le bâtiment tandis que les fidèles se terraient à l’intérieur. Plusieurs fidèles ont été blessés pendant l’attaque.

L’Autorité palestinienne, responsable de la sécurité dans la zone, n’a pas levé le petit doigt.

En octobre, des hommes armés non identifiés ont tiré à balles sur l’hôtel Bethléem après qu’une vidéo sur les réseaux sociaux ait associé cet établissement appartenant à des chrétiens à l’exposition de découpes en carton d’une étoile de David et d’une menora (chandelier de prière juif). …

Aucune arrestation en lien avec la fusillade n’a été effectuée.

En avril, la communauté sa subi son plus grand choc avec l’arrestation par les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne du pasteur évangélique palestinien, Johnny Shahwan. Il était accusé de « promouvoir la normalisation » avec Israël. …

En janvier, un fort groupe d’hommes masqués a attaqué à coups de bâtons et de barres de fer la ferme des frères chrétiens, Daoud et Daher Nassar, près de Bethléem. Les tribunaux palestiniens ont déployé tous leurs efforts pour confisquer la ferme qui est dans le patrimoine de la famille Nassar depuis l’Empire ottoman. »

La persécution des chrétiens palestiniens ne date pas d’hier affirme le rabbin Pesach Wolicki, directeur du Centre pour la compréhension et la coopération judéo-chrétienne :

« Malheureusement, ces attaques d’églises n’ont rien de bien original. Les agressions de chrétiens existent à Bethléem depuis de très, très nombreuses années. Il y a eu des attentats à la bombe. Et les attaques physiques ont été constantes même après que l’Autorité palestinienne a pris le pouvoir. »

Kamal Tarazi, un chrétien qui a fui Gaza, affirme qu’au premier jour de leur prise de pouvoir en 2007, le Hamas, « a mis en place un régime de persécutions des chrétiens, ruinant nos églises et nous forçant à nous convertir à l’islam ». Avant de fuir Gaza, Tarazi a tenté de résister et a appelé les musulmans et les chrétiens à s’unir contre les islamistes du Hamas. Mais son unique résultat, « a été d’être emprisonné plusieurs fois ». « Savez-vous ce qu’est une prison du Hamas ? C’est de la pure torture ».

La démographie confirme les mauvais traitements infligés aux chrétiens dans les territoires sous contrôle de l’Autorité Palestinienne (AP). En 1947, les chrétiens représentaient 85 % de la population, ce qui faisait de Bethléem un authentique bastion chrétien. En 2016, les chrétiens ne sont plus que 16% de la population.

Source

Terres de Mission : Actualité du Suaire de Turin

Eglise universelle : L’Eglise dans tous ses états de Mgr André Léonard

Ancien évêque de Namur, puis archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr Léonard, aujourd’hui à la retraite, vient de publier un ouvrage remarquable qui est aussi un témoignage sur 50 années d’histoire de l’Eglise : “L’Eglise dans tous ses états – Cinquante ans de débat autour de la foi”. Il s’exprime ici librement sur la crise de la foi, le rôle des évêques, les suites du Concile Vatican II, ses rencontres avec Benoît XVI, les questions que lui inspire le pontificat du pape François, etc.

Eglise en France : Création d’un tribunal canonique national

Le 1er janvier 2023 a été mis en place, par la conférence des évêques de France, un Tribunal canonique national. Docteur en droit civil et doctorant en droit canonique, l’abbé Guelfucci nous expose les raisons de la création de ce nouveau tribunal et nous précise ses compétences.

Eglise en Marche : Actualité du Suaire de Turin

En prévision du colloque sur le linceul de Turin qui aura lieu le 9 mars prochain à l’église saint Roch puis à la salle de l’ASIEM (Paris VII), de nombreuses publications paraissent sur ce sujet : Cahiers Saint Raphaël No 149, Revue internationale sur le linceul de Turin, etc. Président du CIELT (Centre International d’Etudes sur le Linceul de Turin), Laurent Touchagues présente l’état des recherches, ces publications ainsi que le programme du colloque du 9 mars.

Des propositions spirituelles pour le Carême 2023 sur Hozana

Pour ceux qui, durant le Carême, ne comptent pas se passer d’écran, Hozana a plusieurs propositions spirituelles :

1 pincée de paix, 2 cuillères de bonheur !

Vous en rêviez, la voici : la recette du bonheur ! Recevez chaque jour un contenu audio et texte, du mercredi des cendres au lundi de Pâques, pour apprendre à ne plus avoir peur, à se laisser aimer par l’Amour et à progresser dans sa foi !

Un Carême main dans la main !

On s’aime et on aime le Christ, mais c’est parfois difficile de prier ensemble, de se renouveler dans la prière. L’Instagrameuse Diane_cbt propose à tous les couples de cheminer ensemble vers l’amour véritable. Tout ce qu’on vous souhaite, c’est de vous élever ensemble et de voir le Christ en votre conjoint !

Mamans, écoutez Dieu qui vous parle !

La vie de maman c’est de la folie, tout va à mille à l’heure et on a toujours peur de ne pas être à la hauteur. Saviez-vous que la Bible est pleine de tips pour des mamans qui veulent devenir saintes ? Dieu parle aux mamans ! Marie Bancel vous accompagne pendant tout le Carême pour vous centrer sur l’Essentiel !

Conversio, une application pour suivre le Carême

Pour le Carême 2023, toute l’équipe Conversio est heureuse de vous proposer un nouveau parcours spirituel original. Au programme de cette montée vers Pâques : des propositions d’efforts concrets à vivre en groupe ou en binôme, des méditations sur les vertus pour tous, une série de podcasts inédits avec Famille Chrétienne pour les pères et mères de famille, et un partenariat avec le sanctuaire Notre-Dame de Grâces de Cotignac.

  • Téléchargez les applications sur les Apple et Google stores.
  • Ecoutez les bandes annonce des podcasts de Famille Chrétienne ici et
  • Visitez le site du sanctuaire Notre-Dame de Grâces de Cotignac

CARÊME40 2023 – votre carême avec le message de Fatima

Inscrivez-vous gratuitement à CARÊME40 sur www.careme40.org pour vivre le carême avec les moines de la Fraternité Saint-Vincent Ferrier.

Chaque jour du carême, à 5 heures du matin (pour ceux qui doivent se lever tôt…) vous allez recevoir un courriel avec la vidéo du jour.

Chaque vidéo restera accessible pendant 72 heures. Il faut donc s’accrocher pour ne pas perdre le fil ! C’est pour cela que les vidéos ne dépasseront pas une durée de 10 minutes.

Tout cela se passe sur www.careme40.org

Le traditionalisme : une fidélité, une résistance, une œuvre d’Église

Conférence de Jean-Pierre Maugendre, directeur général de Renaissance Catholique, prononcée le 24 septembre dernier :

« Cène » et « Eucharistie » : Le sens de la communion de Benoît XVI

Des quinze textes rédigés par Benoît XVI après sa renonciation à la papauté et dont il a souhaité la publication après sa mort, dans le volume édité chez Mondadori « Che cos’è il cristianesimo. Quasi un testamento spirituale », quatre sont inédits et l’un d’entre eux se distingue de tous les autres. Il se compose de 17 pages et s’intitule « Il significato della communione ». Il a été achevé le 28 juin 2018, au moment même où un conflit faisait rage entre l’Église allemande et celle de Rome sur la question de donner ou pas la communion eucharistique aux époux protestants, dans le cas de mariages interconfessionnels.

Sandro Magister a publié la première partie de l’essai du Pape Benoît. Extraits :

Au cours des derniers siècles, la célébration de la Cène n’a pas vraiment occupé une place centrale dans la vie ecclésiale des Églises protestantes. Dans bon nombre de communautés, la Sainte Cène n’était célébrée qu’une fois par an, le Vendredi saint. […] Il est évident que, face à une pratique de ce genre, la question de l’intercommunion n’a aucune pertinence. Seul un conformisme sensible à la forme actuelle de vie en commun catholique est susceptible de rendre cette question humainement urgente.

Dans l’Église antique, étonnamment, la célébration quotidienne de la Sainte Messe fut très tôt considérée comme étant évidente. Pour ce que j’en sais, il n’y eut aucune discussion autour de cette pratique, qui s’est imposée pacifiquement. Ce n’est qu’ainsi que l’on peut comprendre la raison pour laquelle [dans le « Notre Père »] le mystérieux adjectif « epiousion » ait été presque naturellement traduit par « quotidianus ». Pour le chrétien, le « supersubstantiel » est le quotidiennement nécessaire. La célébration eucharistique quotidienne s’est révélée nécessaire surtout pour les presbytres et les évêques en tant que « prêtres » de la Nouvelle Alliance. En cela, l’état de vie célibataire a joué un rôle important. Le contact direct, « corporel » avec les mystères de Dieu déjà à l’époque de l’Ancien Testament jouait un rôle significatif dans l’exclusion de la pratique conjugale les jours où le prêtre préposé exerçait sa charge. Toutefois, étant donné que le prêtre chrétien traitait avec les saints mystères non plus seulement de manière temporaire, mais qu’il était responsable pour toujours du corps du Seigneur, du pain « quotidien », s’offrir complètement à lui devint une nécessité.

En ce qui concerne les laïcs, la pratique de la réception de la Communion fut toutefois soumise à des évolutions notables. Certes, le précepte dominical exigeait que tous les catholiques participent à la célébration des mystères le jour du Seigneur, mais la conception catholique de l’Eucharistie n’incluait pas nécessairement la réception hebdomadaire de la Communion.

Je me souviens qu’à l’époque qui a suivi les années Vingt, il y avait, pour les différents états de vie dans l’Église, des jours de Communion qui, comme tels, coïncidaient presque toujours avec les jours de la Confession et qui de ce fait occupaient une place importante même dans la vie de famille. Il était de précepte de se confesser au moins une fois l’an et de communier au Temps pascal. […] Quand le fermier, le chef de famille, s’était confessé, il régnait à la ferme une atmosphère particulière : chacun évitait de faire quoi que ce soit qui aurait pu le contrarier et mettre de la sorte en péril sa condition de pureté en vue des saints mystères. En ce temps-là, la Sainte Communion n’était pas distribuée durant la Sainte Messe mais à part, avant ou après la célébration eucharistique. […]

Mais il a toujours également existé des courants orientés vers une Communion plus fréquente, davantage liée à la liturgie, qui ont gagné en puissance avec le début du mouvement liturgique. […] Le Concile Vatican II en a reconnu le bien-fondé et a par conséquent cherché à mettre en évidence l’unité interne entre célébration communautaire de l’Eucharistie et réception personnelle de la Communion. […]

En ce qui concerne la situation actuelle de la vie eucharistique dans l’Église catholique, quelques éléments peuvent suffire. Un processus lourd de conséquence est la disparition quasi complète du sacrement de la Pénitence qui, à la suite de la controverse sur la sacramentalité ou pas de l’absolution collective, a en pratique disparu dans de larges parties de l’Église, ne réussissant à trouver refuge que dans les sanctuaires. […] Avec la disparition du sacrement de Pénitence, une conception fonctionnelle de l’Eucharistie s’est répandue. […] Celui qui assiste à une Eucharistie considérée purement et simplement comme repas reçoit tout naturellement le don de l’Eucharistie dans la foulée. Dans une telle situation de protestantisation très avancée de la compréhension de l’Eucharistie, l’intercommunion apparaît naturelle. Mais d’un autre côté, la compréhension catholique de l’Eucharistie n’a pas totalement disparu et les Journées mondiales de la jeunesse ont entraîné une redécouverte de l’adoration eucharistique et donc également de la présence du Seigneur dans le sacrement.

[…] célébrer l’Eucharistie dans l’Église antique a depuis le début été associée à la communauté des croyants et de ce fait à de rigoureuses conditions d’accès, comme on peut le constater dans les sources les plus anciennes : la « Didachè », Justin Martyr, etc. Cela n’a rien à voir avec un slogan du type « Église ouverte » ou « Église fermée ». Plutôt, le profond devenir de l’Église vers une chose unique, un corps unique avec le Seigneur, est une condition pour qu’elle puisse porter sa vie et sa lumière avec force dans le monde.

Dans les communautés ecclésiales issues de la Réforme, les célébrations du sacrement s’appellent « Cène ». Dans l’Église catholique, la célébration du sacrement du corps et du sang du Christ s’appelle « l’Eucharistie ». Il ne s’agit pas d’une simple différence anodine, purement linguistique. La distinction des appellations manifeste au contraire une profonde différence liée à la compréhension du sacrement lui-même. […]

Il n’est pas nécessaire de discuter ici ce qui depuis lors est une donnée acquise, c’est-à-dire que d’une perspective purement historique, même la Cène de Jésus a été très différente d’une célébration de la Cène luthérienne. Il est juste en revanche d’observer que déjà l’Église primitive n’avait pas phénoménologiquement répété la Cène mais avait, à la place de la Cène du soir, célébré consciemment le matin la rencontre avec le Seigneur qui dans les tout premiers temps ne s’appelait déjà plus Cène mais Eucharistie. Ce n’est que dans la rencontre avec le Ressuscité au matin du premier jour que l’institution de l’Eucharistie est complète, parce que ce n’est qu’avec le Christ que l’on peut célébrer les mystères sacrés.

[…] Le plus ancien récit de la célébration de l’Eucharistie dont nous disposons – celui qui nous est parvenu vers l’an 155 par Justin Martyr – montre déjà que s’était formée une nouvelle unité comprenant deux parties fondamentales : la rencontre avec la Parole de Dieu dans une liturgie de la Parole et ensuite « l’Eucharistie » en tant que « logiké latreia ». « Eucharistie » est la traduction du mot hébreu « berakah », remerciement, et désigne le noyau central de la foi et de la prière juive à l’époque de Jésus. […]

Quand on appelle Eucharistie la célébration de l’institution de Jésus qui s’est déroulée dans le cadre de la Dernière Cène, on exprime validement par ce terme tant l’obéissance à l’institution de Jésus que la nouvelle forme du sacrement qui s’est développée dans la rencontre avec le Ressuscité. Il ne s’agit pas d’une reproduction de la Dernière Cène de Jésus, mais du nouvel avènement de la rencontre avec le Ressuscité : nouveauté et fidélité s’embrassent. La différence entre les dénominations « Cène » et « Eucharistie » n’est donc pas superficielle ni anodine, elle désigne au contraire une différence fondamentale dans le mandat de Jésus.

Euthanasie, soins palliatifs et sens de la souffrance

L’Homme nouveau consacre un dossier à l’euthanasie et sur la façon de mieux vivre la mort, avec bien entendu le développement nécessaire des soins palliatifs, mais aussi le sens de la souffrance, cette souffrance qu’il est vain de vouloir évacuer absolument. Soulager la souffrance autant que possible est un devoir pour une société civilisée et chrétienne, mais elle restera malgré tout présente. Il convient alors de lui donner un sens et une valeur.

Dimanche de la Sexagésime

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir. Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Le semeur sortit pour semer sa semence. Comme il semait, une partie de la semence tomba le long du chemin : elle fut piétinée, et les oiseaux du ciel la mangèrent. … (Saint Luc 8)

Ce dimanche est le deuxième du temps de la Septuagésime, et l’on y retrouve les sentiments de ce temps : conscience de la gravité de nos péchés et du besoin que nous avons du Rédempteur. Mais les chants de ce dimanche de la Sexagésime expriment notre misère d’une façon intense, presque angoissée, particulièrement les trois premiers chants : Introït, Graduel et Trait, qui sont de grandes supplications collectives.

Introït : Exsúrge

Le texte de l’Introït de ce dimanche de la sexagésime est extrait du psaume 44, dans lequel le peuple d’Israël commence par rappeler tous les bienfaits dont le Seigneur l’a comblé dans le passé, puis il y oppose la triste situation dans laquelle il se trouve présentement, se demandant si Dieu a oublié son peuple ou l’a rejeté à cause de ses fautes, et il se termine par cet appel suppliant :

Exsúrge, quare obdórmis Dómine
Levez-vous, pourquoi dormez-vous Seigneur ?

Exsúrge, et ne repéllas in finem.
Levez-vous, et ne nous repoussez pas à jamais.

L’on songe bien sûr à l’Évangile de la tempête apaisée. Dieu semble dormir quand sa providence permet pour quelque temps que ses ennemis triomphent.

Puis le texte du psaume poursuit :

Quare fáciem tuam avértis, oblivísceris tribulatiónem nostram ?
Pourquoi détourner votre visage ? Oubliez-vous notre détresse ?

Adhǽsit in terra venter noster exsúrge.
Notre ventre est collé à terre.

Dómine, adjúva nos, et líbera nos.
Levez-vous Seigneur, secourez-nous et délivrez-nous.

La première phrase fait évidemment penser à l’Évangile de la tempête apaisée et à l’appel angoissé des apôtres à Notre Seigneur dormant dans la barque.

Il n’est pas besoin de souligner à quel point ce texte est d’actualité. La mélodie le suit pas à pas, en exprimant toutes les inflexions avec sobriété mais intensité. La première phrase monte progressivement du premier encore timide jusqu’au deuxième, plus appuyé, avant de redescendre avec une sorte d’accablement. Même courbe dans la deuxième phrase qui s’achève au grave avec le sombre : Nous sommes prostrés et ne pouvons nous relever. Puis le dernier s’élève, très dépouillé mais suppliant. Le verset est le début du psaume qui rappelle au Seigneur ses bienfaits passés.

Le verset est le début du psaume qui rappelle au Seigneur ses bienfaits passés.

Deus, áuribus nostris audívimus : patres nostri annuntiavérunt nobis.
Ô Dieu nous l’avons entendu de nos oreilles, nos pères nous l’ont raconté.

Graduel : Sciant gentes

Comme celui de l’Introït, le texte du Graduel du dimanche de la Sexagésime est encore une prière collective. Il est tiré, ici, du psaume 82, dans lequel le peuple d’Israël lance un appel à la toute puissance divine pour qu’elle le délivre de ses ennemis, ceux qui refusent de reconnaître le seul vrai Dieu et de se soumettre à lui, ceux que le texte appelle, les nations païennes.

Sciant gentes quóniam nomen tibi Deus : tu solus Altíssimus super omnem terram.
Que les nations sachent que votre nom est Dieu, vous seul êtes le Très-Haut sur toute la terre

Deus meus, pone illos ut rotam, et sicut stípulam ante fáciem venti.
Mon Dieu, faites-les tourner comme une roue, qu’ils soient emportés par le vent comme un fétu de paille.

Ces paroles s’appliquent particulièrement aujourd’hui à tous ceux qui veulent bâtir un monde sans Dieu et s’opposer à sa loi. Mais en ce temps de la Septuagésime, elles s’appliquent aussi aux ennemis de notre âme qui nous tiennent captifs du péché. Nous demandons au souffle de l’Esprit Saint de les balayer et de les emporter au loin. La mélodie est ample et solennelle avec de grandes vocalises. On remarquera surtout dans la deuxième partie, celle du mot qui s’élève dans l’aigu d’une façon exceptionnelle.

Trait : Commovísti

Comme dimanche dernier, et comme il en sera ainsi jusqu’à Pâques, le Graduel du dimanche de la Sexagésime n’est pas suivi d’un Alléluia, mais d’un Trait, composé de plusieurs versets sur une psalmodie très ornée. Celui de ce dimanche comporte trois versets tirés du psaume 59. Comme ceux de l’Introït et du Graduel c’est une prière suppliante du peuple d’Israël envahi et persécuté par ses ennemis.

Commovísti, Dómine, terram, et conturbásti eam.
Seigneur, vous avez ébranlé la terre et vous l’avez bouleversée.

Sana contritiónes ejus, quia mota est.
Guérissez ses blessures car elle est ébranlée.

Ut fugiant a facie arcus, ut liberéntur elécti tui.
Que vos élus échappent aux traits de l’arc qu’ils soient délivrés !

Lorsque le texte de ce psaume parle de la terre, il s’agit du pays d’Israël et surtout de ses habitants. On peut dire de cette prière, comme de celle du Graduel, qu’elle s’applique tout à fait à la situation de l’Église et de notre pays, mais elle s’applique aussi à notre âme blessée par le péché dont nous supplions le Seigneur de nous délivrer. La mélodie est faite de formules habituelles aux Traits ; on en retrouve quelques-unes unes qui figuraient déjà dans celui de dimanche dernier, mais d’autres ont été choisies les plus développées et aussi, spécialement dans le deuxième verset, parmi les plus tourmentées.

Offertoire : Pérfice

Les deux derniers chants du propre de la messe du dimanche de la Sexagésime, l’Offertoire et l’antienne de Communion, sont nettement différents des trois premiers. Nous n’y retrouverons plus les appels suppliants du peuple de Dieu dans sa détresse, ce sont au contraire des prières personnelles pleines de confiance.

Le texte de l’Offertoire est tiré du psaume 16, prière du juste, celui qui accomplit fidèlement la volonté de Dieu et fait valoir cette qualité pour obtenir d’être exaucé. En ce temps de la Septuagésime, même si nous nous efforçons d’être fidèles, nous prenons conscience de la fragilité de notre démarche et demandons au Seigneur qu’il nous soutienne dans cette voie.

Pérfice gressus meos in sémitis tuis, ut non moveántur vestígia mea
Affermissez mes pas dans vos sentiers afin que ma démarche ne soit pas ébranlée.

Inclína aurem tuam, et exáudi verba mea : mirífica misericórdias tuas, qui salvos facis sperántes in te, Dómine.

Cette demande s’exprime par une mélodie très calme et contemplative, comme c’est souvent le cas des Offertoires, avec de nombreuses notes longues qui lui donnent un certain caractère d’immobilité marquant l’assurance du juste dans l’observation de la Loi de Dieu, mais elle est en même temps très expressive avec des accents bien soulignés.

Communion : Introíbo

Comme l’Offertoire, l’antienne de Communion du dimanche de la Sexagésime est une prière personnelle, et non seulement on n’y retrouve pas la supplication et l’angoisse des premières pièces de la messe, mais cette petite antienne est même plutôt joyeuse. Le texte est bien connu puisqu’il est tiré du psaume 42 que le prêtre récite au début de la messe.

Introíbo ad altáre Dei, ad Deum qui lætíficat juventútem meam.
Je m’avancerai vers l’autel de Dieu, vers Dieu qui réjouit ma jeunesse.

Cependant, il ne faut pas s’y tromper, ce psaume 42, qui n’est d’ailleurs que la suite du psaume 41, est la prière d’un malheureux exilé au milieu d’un peuple impie. Il se souvient de Jérusalem et des magnifiques cérémonies du Temple qui faisaient sa joie dans sa jeunesse, et il aspire à les retrouver. De même en ce temps de la Septuagésime, et de façon générale au milieu du monde impie où nous nous trouvons, et du péché qui nous enserre, nous aspirons à retrouver la jeunesse spirituelle dans la patrie céleste. C’est cet espoir qu’exprime la mélodie de cette antienne, joyeuse et affirmative. Ainsi s’achève la belle progression des chants de ce dimanche, depuis les appels angoissés de l’Introït jusqu’à la confiance et l’espérance finale.

Déprédations de crèche à la Noël 2022

Au moins 14 crèches ont été vandalisées avant et après les fêtes de Noël 2022: l’Observatoire de la christianophobie vient d’en faire une recension (et il ne s’agit que de celles dont la presse locale a parlé: peut-être avez-vous connaissance d’autres faits, n’hésitez pas, alors, à les signaler à support[at]christianophobie.fr). Vous pouvez consulter cette recension ici.

Les belles figures de l’Histoire : Saint Grégoire l’Illuminateur

Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent Philippe SUKIASYAN, Historien et Diacre de l’Eglise apostolique arménienne :

 

Deux députés européens interpellés pour corruption

Il ne s’agit pas d’élus de la strème-droâte…

Marc Tarabella, député belge privé de son immunité parlementaire depuis le 2 février, a été interpellé vendredi, tout comme le député européen italien Andrea Cozzolino.

Marc Tarabella a été placé en garde en vue vendredi dans l’enquête sur des soupçons de corruption au sein du Parlement européen impliquant le Qatar et le Maroc.

Andrea Cozzolino a également été arrêté alors qu’il sortait d’une clinique où il suivait des examens.

Parallèlement, plusieurs bureaux de la mairie d’Anthisnes – où Marc Tarabella est bourgmestre – ont été perquisitionnés. Une autre perquisition a ciblé « un coffre bancaire situé à Liège » lui appartenant.

Andrea Cozzolino est soupçonné d’avoir participé à un accord avec d’autres personnes qui prévoyait une collaboration afin de protéger les intérêts d’États étrangers au Parlement européen.

Avortement : combattre sur le bon terrain

De Grégor Puppinck, docteur en droit et directeur de l’ECLJ, sur L’Homme Nouveau :

Il ne suffit pas de mener un bon combat, encore faut-il combattre sur le bon terrain. Les soldats et les politiciens le savent bien, le choix du terrain confère un avantage stratégique, qui peut se révéler déterminant. Cela est vrai aussi du combat sur l’avortement. Plutôt que d’accepter le combat sur le terrain idéologique des droits de l’homme, nous devrions le ramener sur celui, humain, de la politique sociale.

A lire ici.

Un climat de guerre civile règne sur l’Amérique

Article d’Antoine de Lacoste publié par la Revue d’Histoire Européenne :

La démocratie américaine connaît une crise majeure. Un climat de guerre civile y règne sur fond de vague woke terrorisant ses adversaires. Le système électoral, totalement archaïque et opaque, autorise toutes les suspicions. Les électeurs trumpistes, des « gens déplorables », refusent de voir mourir leur Amérique tandis que les élites ont adopté une nouvelle religion qui doit remplacer le vieux socle protestant.

Depuis l’élection de Donald Trump en 2016, l’Amérique s’est divisée en deux camps qui s’invectivent, se haïssent et ne se côtoient plus. D’un côté, il y a le parti du bien : les intellectuels, les journalistes, les universités, les libéraux et libertaires des « côtes », est et ouest. De l’autre, le petit peuple blanc du centre complété par des bastions conservateurs comme le Texas, moins blanc celui-là. Clairement, l’appartenance à un camp a remplacé l’appartenance à un pays, ce qui est l’exact contraire de toute l’histoire américaine.

Les médias, presque totalement acquis au premier camp, ont fait de Trump le responsable de cette situation qui fracture l’Amérique comme elle ne l’a jamais été. Chacun sait qu’il n’en n’est rien : l’élection de Donald Trump n’a été que le révélateur d’une situation qui couvait depuis bien longtemps. La désindustrialisation, la crise financière de 2008, l’invasion fulgurante du wokisme et des théories du genre ont mis de côté une Amérique qui, en 2016, a trouvé son champion, celui qui la défendait et la comprenait.

Ce phénomène fondamental n’a pas été perçu par les élites, trop occupées à s’enrichir grâce à la marche triomphale de la mondialisation et à la suprématie totale de l’Empire américain. La rancœur couvait pourtant. Obama et son administration ont déployé une énergie considérable pour sauver Wall Street en 2008 mais ont laissé des millions d’Américains se faire saisir leurs maisons et entrer dans l’ère de la pauvreté. L’immigration massive venant d’Amérique centrale ou latine a engendré une inquiétude grandissante chez ceux qui sont le socle historique de l’Amérique. Marqués par un protestantisme souvent rigoureux, persuadés de « la destinée manifeste » dont ils sont les héritiers, ces petits blancs exècrent ces vents nouveaux qui leur semblent diaboliques et ne veulent pas disparaître dans les poubelles de l’histoire.

Assommés par l’élection surprise de Trump, les élites ont déclenché pendant quatre ans une guerre qui n’a laissé aucune place au compromis, y compris parlementaire ce qui est tout à fait nouveau. Elles étaient encouragées par le mépris abyssal dont les dirigeants démocrates faisaient preuve à l’égard de leurs adversaires : les gens qui soutiennent Trump sont « déplorables » n’a pas craint d’affirmer la délicieuse Hillary Clinton.

Les médias ont été les chefs de file de cette croisade du bien : « Certains jours, le Washington Post publia plus de douze articles sur Trump contre seulement un ou deux sur le reste du pays » (Le Monde Diplomatique, mars 2021). Une sorte de « fureur idéologique » s’est emparée de l’Amérique  (Le Figaro, 25/09/2020).

FUREUR IDEOLOGIQUE ET WOKISME TRIOMPHANT

Cette fureur s’est, aussitôt après l’élection de Trump, traduite par la non-reconnaissance de la légitimité de sa victoire. Trop prudents pour remettre en cause le décompte des votes (il ne faut surtout pas ouvrir la boîte de Pandore), les démocrates se sont activement lancés dans des tentatives de procédures d’impeachment qui n’ont jamais eu l’ombre d’une chance d’aboutir. Le principal grief était la supposée interférence de Moscou dans la campagne électorale, le « Russiegate ». Pendant des années les médias ont alimenté le feuilleton et la montagne a finalement accouché d’une souris : le Rapport Mueller a conclu qu’il n’y avait rien. Cela n’a pas empêché certains journalistes de décrocher le Prix Pulitzer pour des enquêtes finalement erronées : comme le Goncourt ou le Nobel, le Pulitzer est depuis longtemps la marque du néant accaparée par la bien-pensance.

Dans ce contexte, la vague woke a pris une ampleur incroyable et a submergé la plupart des universités américaines. Des professeurs ont été renvoyés (Evergreen, Georgetown) pour des motifs surréalistes, d’autres ont été harcelés et ont préféré démissionner, tous doivent suivre des cours de remise à niveau idéologique. Les injonctions les plus baroques se sont multipliées, l’auto-censure bride toute parole publique. Un parlementaire a même conclu une prière publique par Amen et Awomen. Il fallait y penser…

Tout cela a évidemment été accompagnée de violences multiples, surtout après l’affaire George Floyd, ce noir tué par un policier blanc, et le développement du mouvement Black Lives Mater. Des groupes de militants ont chassé des étudiants coupables de ne pas baisser la tête ou de ne pas plier le genou, d’autres ont envahi des restaurants (comme à Washington) obligeant les clients blancs à lever le poing. Le paroxysme a été atteint à Portland, dont le centre-ville a été occupé pendant des semaines par des militants anti-racistes et wokistes. La terreur a régné sur la ville en toute impunité.

Cette « polarisation de l’opinion » est telle que des Américains quittent leur région pour s’installer sur des terres plus hospitalières. De nombreux électeurs trumpistes quittent la Californie, devenue étouffante, pour s’installer en Idaho ou plus loin au Texas. Changer de vie pour changer de voisins, cela en dit long sur la volonté de ne plus vivre ensemble.

Pour accompagner tout cela, les médias se sont mis en ordre de marche comme jamais. Ce n’est pas une surprise : 95% de la presse et de la télévision ont soutenu Clinton puis Biden contre Trump. Mais ils sont allés très loin, la palme revenant au New-York Times qui a publié en 2019 un manifeste (le projet 1619) dans lequel il affirme que l’histoire américaine est fondée sur la racisme et l’esclavagisme. Cette vision est aujourd’hui enseignée dans de très nombreuses écoles à travers tout le pays.

L’élection de Biden, censée apaiser l’ambiance selon les médias américains et européens, n’a rien changé, bien au contraire. Le doux Biden, dans une de ses phases de lucidité, a déclaré en janvier 2022 : « Choisissons-nous la démocratie plutôt que l’autocratie, la lumière plutôt que les ombres, , la justice plutôt que l’injustice ? ». Nous sommes bien loin d’un Président « de tous les Américains ». Il est vrai que pour le camp du bien, ceux d’en face sont « déplorables ».

LE VOTE SOUS LE SIGNE DU DESORDRE ET DE L’OPACITE

Bien évidemment, les doutes autour de la véracité des comptages du scrutin de 2020 qui a vu la victoire de Biden d’une courte tête, ont terriblement envenimé les choses. La fameuse invasion du Capitole le 6 janvier 2021, loin d’être une tentative de coup d’Etat, n’est autre que le symbole de l’exaspération d’un peuple (la moitié de l’Amérique), persuadé de s’être fait voler la victoire.

Les arguments ne manquent certes pas pour mettre en cause le résultat du vote. Le système électoral américain est en effet d’un invraisemblable archaïsme désordonné, sans parler de son opacité. Chaque Etat a sa propre procédure, voire plusieurs car cela peut changer d’un comté à l’autre. On peut voter par anticipation ou non, plusieurs jours après, le nombre de jours étant extrêmement variable, par correspondance avec autorisation pour des militants de parcourir les immeubles à la recherche de bulletins (qui les remplit ?). Les machines électroniques ne sont pas toujours les mêmes et, dans bien des cas, l’électeur ne peut lire le résultat de son vote après avoir appuyé sur le bouton. Certains ont affirmé avoir lu Biden après avoir appuyé sur le bouton Trump. Et que dire de ces bulletins perforés, plus ou moins bien, autorisant toutes les interprétations. La cerise sur le gâteau étant l’absence de contrôle d’identité dans bien des votes par correspondance.

Lorsqu’on sait que Trump avait partie gagnée avant le décompte des votes par correspondance qui ont, dans certains bureaux, donné 90% des voix à Biden, la suspicion est bien légitime.

Tout cela n’est pas nouveau certes. Certains spécialistes de l’Amérique affirment que Kennedy avait déjà volé son élection en 1960… Dans son livre Un homme, un vote ? (Edition du Rocher, 2007), Jacques Heers raconte l’élection de 2000 :

« On a compté et recompté. Pendant des jours, les journaux ont publié des photos où l’on voyait un scrutateur, perplexe et circonspect, occupé à examiner très soigneusement un bulletin, tenu délicatement entre ses doigts, face à la lumière, pour dire si un confetti à demi-détaché devait compter ou non pour une perforation. On n’en sortait pas. Chaque jour les chiffres changeaient. Les juges de la Cour suprême eurent le dernier mot et, par cinq voix contre quatre, déclarèrent que Bush l’emportait en Floride. »

La différence avec l’époque actuelle, c’est que personne ne contesta ensuite la légitimité de Kennedy ou de Bush. Ce ne fut pas le cas pour Donald Trump, et c’est la grande nouveauté. Biden est aujourd’hui dans le même sac pour l’électeur trumpiste.

Aujourd’hui les Américains n’ont plus confiance et ils ne sont plus que 50% à être fiers de la façon dont fonctionne leur démocratie contre 90% en 2002.

Les réseaux sociaux de leur côté ont joué leur partition guerrière avec Twitter comme symbole qui expulsa Trump. Son rachat par Elon Musk et le renvoi de la moitié de ses employés marque un tournant important et les théories du genre ont perdu un fidèle relais.

Malgré la victoire des progressistes, la haine est toujours là. La revue Forbes par exemple a demandé aux entreprises, sous peine de dénonciation, de ne pas embaucher d’anciens membres de l’administration Trump après leur éviction conforme au spoil system.

UNE NOUVELLE RELIGION

Mais d’où vient ce vent de folie qui a fait d’une grande partie de la jeunesse américaine des propagandistes acharnés du wokisme ou du Black Lives Mater ?

Interrogé par le Figaro (25/09/2020) Joseph Bottum, professeur d’université, avance une grille d’analyse intéressante. Pour lui l’effondrement du protestantisme, notamment dans les zones urbaines, a laissé la place à un post-protestantisme dont les adeptes sont des nouveaux puritains sans Dieu qui pratiquent la religion de la culture woke. Une partie des fidèles de ces églises protestantes qui furent le socle de l’Amérique ont rejoint les évangéliques ou les catholiques, mais la plupart sont devenus des post-protestants qui ont inventé des nouveaux péchés : le racisme, l’intolérance, les atteintes à l’environnement, l’oppression. Et de conclure joliment : « Nous avons maintenant une église du Christ sans le Christ. Cela veut dire qu’il n’y a pas de pardon possible. » D’où cette ambiance de guerre civile « à feux doux ».

Dans leur aveuglement idéologique, presque religieux donc, les progressistes veulent réduire leurs adversaires à de petits blancs racistes et aigris. La réalité est toute autre : en 2020, Trump a perdu des électeurs blancs mais en a gagné dans les communautés noires et surtout hispaniques. Ainsi, Juan Ciscomani, fils d’immigrés mexicains et candidat républicain victorieux en Arizona a bâti sa campagne sur la destruction du rêve américain par Biden et Pelosi, coupables de laisser entrer une immigration excessive et de permettre aux écoles de ne plus enseigner « les bons côtés de l’Amérique ».

Cette crise identitaire et religieuse se conjugue toujours avec une crise sociale. Certes, elle a commencé il y a bien longtemps mais elle prend une tournure inattendue depuis le covid. Ce n’est pas un hasard si les Américains ont eu un nombre important de morts, et Trump n’y est pour rien même si cela lui a sans doute coûté l’élection.

Les Américains sont en mauvaise santé. De 2014 à 2022, ils ont perdu trois ans d’espérance de vie : les overdoses d’opioïdes et l’obésité font des ravages. On estime que 40% des adultes américains sont obèses et beaucoup, affaiblis, sont morts du covid. Mais le débat est impossible : la peur d’être taxé de grossophobe empêche la parole. La situation est si grave que l’armée a averti que 2021 avait été l’année la plus difficile de son histoire pour le recrutement des marines : les jeunes ne réussissent plus les tests physiques.

Ainsi, comme dit le New York Times, qui y a largement contribué, les Américains « vivent dans une nation cassée ». Le consensus, provisoire, sur l’Ukraine n’y change rien : c’est à l’intérieur que le ver est dans le fruit.

L’Amérique vit un climat de guerre civile, « à feu doux » certes, mais la haine est palpable.

Antoine de Lacoste

L’éternel complexe de la droite

Lu dans France catholique à propos du vote du Sénat à majorité LR sur la constitutionnalisation de l’avortement :

Le diable existe-t-il vraiment ?

L’abbé Pagès réagit contre ceux qui croient que les démons ont été chassés de l’enseignement de l’Eglise :

La merveilleuse revue chrétienne des personnes malades ou handicapées, Ombres et Lumière, écrivait récemment, au détour d’un article, que les personnes présentées par la Bible comme possédées étaient en fait des « malades psychiques(n°251, p.35) ». Ce propos m’a rappelé celui, il y a plus de vingt ans, d’un prêtre diocésain ayant moult responsabilités, à qui je demandai s’il pouvait toutes parfaitement les assumer, notamment celle d’exorciste, et qui me répondit que lorsqu’il était sollicité à ce titre, il assurait que tout allait bien et que la personne repartait en pensant que tout allait bien, car cela était « une affaire de psychologie ». Comme je lui faisais remarquer que Jésus avait Lui-même accompli des exorcismes, il me fit valoir que Jésus « parlait avec la culture de son temps ». Autrement dit, Jésus avait beau être Dieu né de Dieu, LA Vérité en personne (Jn 14.6), nous connaissions mieux que Lui aujourd’hui la réalité, et cela grâce à ? La science ! Et comme je rapportais ensuite à l’évêque cette conversation, celui-ci soupira : « Que voulez-vous … Il nous faut attendre que ces prêtres meurent … » Je crus percevoir dans sa voix la peine immense de l’impuissance jointe à une affreuse solitude existentielle, triste fardeau que j’attribuais à son apathie, sa mission d’évêque ne consistant certainement pas à attendre que meure le clergé infidèle et que disparaissent les scandales qu’il cause, sans user du pouvoir qu’il a reçu pour faire que les choses soient ce qu’elles doivent être. Est-il possible d’être appelé « père » et de rester insensible aux souffrances des âmes torturées par les démons ? Car les démons existent bel et bien, et on ne peut nier, enseignait saint Jean-Paul II, que « l’esprit malin parvienne à exercer son influence non seulement sur les choses matérielles, mais aussi sur le corps de l’homme(Audience générale 13 août 1986) », et on peut ajouter : sur son psychisme. Pour autant, un évêque comme celui de Coire, Mgr Bonnemain, n’a pas rougi de supprimer le service de l’exorcisme en son diocèse, pour le remplacer par ? « des solutions classiques: médicales, psychologiques, psychothérapeutiques »… scientifiques !

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L’avortement les rend fous : le Sénat ne joue absolument pas son rôle de garant de la Constitution

Extrait d’une tribune de Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin et vice-président du Groupe Les Républicains dans Famille chrétienne suite au vote du Sénat en faveur de l’inscription de la « liberté d’avorter » dans la Constitution :

[…] Autre aspect qui est très troublant dans ce qui vient de se passer, c’est que non seulement le Sénat prend, avec ce vote, une décision strictement orthogonale à un vote précédent pourtant effectué il y a simplement quelques semaines, mais on ne reconnait pas dans cette décision l’« ADN » du Sénat. En effet, habituellement le Sénat prend ses distances par rapport aux tumultes et aux fracas médiatiques, pour se concentrer sur l’essentiel. Habituellement, les sénateurs, plus encore que les députés, savent que l’on ne doit toucher à la Constitution que d’une main tremblante, pour reprendre cette formule chère à Montesquieu. Dans le cas présent, force est de constater que le Sénat ne joue absolument pas son rôle de garant de la Constitution puisque, comme nous l’avons mentionné plus haut, avec sa décision, il contribue même à significativement l’affaiblir. Habituellement, les sénateurs sont très attachés à la rigueur juridique et ils cherchent à légiférer de façon rationnelle et raisonnable, sans être sous la pression de telle ou telle opinion publique. Or ce qui vient de se passer là, est le strict opposé de tout cela : ce n’est ni rationnel ni raisonnable. Si l’on tire les fils de cette décision, allons-nous demain voir apparaître dans la Constitution française tous les sujets sociétaux ? Franchement, tout ceci n’est pas très sérieux et je formule des vœux pour que la Chambre Haute se ressaisisse car si elle n’est plus capable de faire preuve de tempérance et de mesure alors on peut même se demander si le bicamérisme a encore un sens dans nos institutions françaises.

La diversité c’est bien, mais sans la droite

Tugdual DenisDirecteur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, analyse l’amende hors norme contre C8 et les propos délirants du ministre de la Culture :

“T’es une merde”. On ne va pas se mentir, il y a des moyens plus courtois de s’adresser à un député de la République. En s’enguirlandant en novembre avec le lui-même souvent discourtois Louis Boyard, de la France insoumise, Cyril Hanouna a transformé son plateau de télévision en loge. Les deux hommes ont en effet eu une explication qu’on a habituellement en coulisses. L’animateur ne s’encombrant pas du langage châtié qu’on use à l’écran. En même temps, c’est le principe de ses émissions, et la quintessence de son style. Qu’on aime, ou pas.

L’Arcom, l’ancien CSA, a décidé qu’on ne parlait pas comme ça devant des enfants ou autres téléspectateurs. Soit. Et vient d’infliger 3,5 millions d’euros d’amende à la chaîne C8 pour non maîtrise de son antenne. Pardon ? 3,5 millions d’euros ?

Si seulement l’Etat et ses organismes se montraient sévères en toutes circonstances, on ne s’étonnerait pas. Mais il y a dans le traitement de défaveur sur tout ce qui touche de près ou de loin à Vincent Bolloré quelque chose de profondément ridicule, et, in fine, d’anormal.

Quel était l’objet de la dispute entre le LFI Louis Boyard et l’animateur de Touche pas à mon poste ? Une digression hors sujet du premier sur l’actionnaire du second. Ce soir-là, Louis Boyard a absolument voulu parler de Vincent Bolloré, de ses activités en Afrique, des accusations dont il fait régulièrement l’objet.

Le 16 janvier, la même ministre de la Culture a donné une interview hallucinante dans Le Monde. Une interview qui aurait dû faire bondir plus d’un démocrate. Répondant à une question sur l’annulation par le groupe Indochine d’un concert à Perpignan, ville dirigée par le RN Louis Aliot, Rima Abdul Malak a d’abord affirmé que ce n’était pas forcément une bonne manière de montrer ses désaccords idéologiques. Nous étions agréablement surpris par cette tempérance. La suite allait nous donner tort:

“C’est un combat politique, que je porte notamment au Parlement. J’essaie de sensibiliser le milieu de la culture, qui, parfois, ne voit pas arriver cette vague de l’extrême droite. (…) Cette vague du populisme sera très violente pour la culture, si on ne lutte pas contre elle sur le terrain et politiquement.”

Oui, bien sûr, le milieu de la Culture lutte sous les assauts de l’extrême droite. Il est d’ailleurs déjà infiltré par les tenants d’une France réactionnaire. Quand on sait le monolithisme politique qui émane des milieux culturels, on se pince en lisant la paranoïa et la mauvaise foi de la ministre…

Cela, c’était la première salve, finalement assez politique même si malhonnête intellectuellement, de l’entretien. Quelques lignes plus bas, en revanche, la ministre se montrait plus précise dans son sectarisme. Au sujet du droit de C8 et CNews à pouvoir être diffusées gratuitement sur la TNT, elle brandissait sa menace, avec la gourmandise de celle qui pense pouvoir appuyer sur un bouton rouge:

“Lorsqu’on arrivera, en 2025, au moment de l’analyse de leur bilan pour la reconduction de leurs autorisations de diffusion, l’Arcom saura regarder comment elles ont respecté leurs obligations.”

Dans le même journal, Le Monde, qui se gargarise de ces oukases, l’écrivain Erik Orsenna a détaillé le 7 février le contenu de son prochain livre consacré à Vincent Bolloré. “Histoire d’un ogre” paraîtra chez Gallimard et s’attaquera, détaille Le Monde, “avec férocité, mais, sans le nommer, à l’homme d’affaires qu’il accuse de vouloir régner sur les médias et l’édition”. L’académicien Erik Orsenna, à l’oeuvre qualitativement sinusoïdale, trace là une ligne droite vers sa cible:

“La particularité de Vincent Bolloré, c’est son interventionnisme extrêmement brutal dans les médias et les maisons d’édition et ce, au service d’une cause politique qui en fait pour moi un adversaire. (…) Il met son pouvoir au service d’une parole de haine. C’est unique à ce niveau dans le capitalisme français. Vincent Bolloré est dangereux pour la démocratie.”

Faut-il que ces gens soient aveugles pour ne pas se rendre compte qu’il s’agit a maxima d’un simple rééquilibrage ? Que la presse n’est que très minoritairement de droite, que les écoles de journalisme sont peuplées d’apprentis qui se disent ouvertement opposés à la droite, que la publicité n’est pas de droite, que le monde du cinéma n’est pas de droite, que le monde de l’édition n’est pas de droite, que le monde de la chanson ne penche pas à droite. Et que pour tous ceux qui dominent ces mondes, il ne peut en être autrement.

Les progressistes proclamés sont incapables de deux choses : légitimer d’autres gens qu’eux, et proclamer la liberté comme principe.

Nous sommes pour que Jean-Luc Mélenchon puisse défendre comme ce fut le cas jeudi 9 février sur BFM TV, avec la ferveur d’un ami et le talent d’un ténor, son camarade Adrien Quatennens.

Nous sommes pour que le journal L’Humanité paraisse, vende et rayonne. Nous sommes pour que la télé soit de droite et de gauche, pour que des chanteurs de droite puissent chanter dans des villes d’extrême gauche, pour que les Français aient le choix entre Arte et Hanouna, pour que des milliardaires macronistes possèdent des journaux et qu’un autre, breton, puisse se lancer dans l’édition. Nous sommes pour que ceux qui n’ont que le mot diversité à la bouche cessent d’étouffer dans leur entre-soi.

L’idéologie du genre s’invite chez les Anglicans

Après la dénaturation du mariage, les Anglicans se penchent non sur le sexe des anges mais sur le genre de Dieu. Ils viennent de créer une nouvelle commission pour mener une réflexion sur la désignation de Dieu par le genre masculin ou celui féminin. Selon le Rt Rev Dr Michael Ipgrave, évêque de Lichfield et vice-président de la commission liturgique responsable de la question, la communion anglicane avait « exploré l’utilisation d’un langage du genre par rapport à Dieu depuis plusieurs années ».

« Après un dialogue entre les deux commissions dans ce domaine, un nouveau projet conjoint sur le langage du genre débutera ce printemps ». « Comme pour d’autres modifications potentielles des dispositions liturgiques autorisées, la modification du libellé et du nombre de formes d’absolution autorisées nécessiterait un processus synodique complet pour approbation. ».

L’intervention de ce responsable fait suite à la question soulevée par la révérende Joanna Stobart, vicaire d’Ilminster et de Whitelacington dans le Somerset, sur les progrès réalisés dans le développement d’un “langage plus inclusif” dans les services.

La branche conservatrice n’est pas allée par quatre chemins pour réagir face à cette déclaration. Selon des confidences qui ont été faites par le révérend Dr Ian Paul au Telegraph, tout ceci serait l’abandon de la doctrine.

« Le fait que Dieu soit appelé ‘Père’ ne peut être remplacé par ‘Mère’ sans changer de sens, ni ne peut être neutralisé en tant que ‘Parent’ sans perte de sens ». « Ce n’est pas nouveau. Les chrétiens ont reconnu depuis les temps anciens que Dieu n’est ni un homme ni une femme, mais la variété des façons d’aborder et de décrire Dieu trouvée dans les Écritures n’a pas toujours été reflétée dans notre culte ».

Vatican II : fruits en germes ou fruits gâtés ?

De Côme de Prévigny sur Renaissance catholique :

Jean XXIII voulait « faire entrer un peu d’air frais dans l’Église » et, il y a soixante ans, les esprits les plus échauffés promettaient au monde catholique un véritable « printemps », un renouveau inespéré qui allait indubitablement redonner espérance et jeunesse à la vénérable institution. Les foules devaient investir les sanctuaires tandis que les ouvriers devaient retrouver, nous promettait-on, le chemin des baptistères. Évidemment, les décennies ont passé et les promesses n’ont pas été tenues. Dans les grandes nefs, on ne respire plus que les odeurs de fiente des pigeons et les moisissures des champignons favorisées par l’humidité. Les églises ont été désertées, les séminaires ont fermé et les rêves ont été déçus. Avec le temps, les prophètes de bonne aventure ont terriblement courbé le front et ils masquent leurs rides pour suggérer chaque jour d’attendre encore une année pour voir une aube nouvelle luire sur la Chrétienté. Il y a encore quelques temps, quelques observateurs bien avisés s’aventuraient à nous dire qu’il fallait bien cinquante ans pour escompter recevoir les fruits du fameux Concile. Désormais, il faudrait attendre cent ans. « Il est vrai qu’il faut un siècle pour qu’un Concile prenne racine. Nous avons encore quarante ans pour le faire prendre racine ! » prévenait sans se décourager le pape François[1]. Qu’en est-il vraiment ? Faut-il garder patience ou bien l’essentiel du message de l’aggiornamento a-t-il été reçu ?

La comparaison avec le Concile de Trente

Le grand argument invitant les chrétiens à la pondération en attendant le renouveau de l’Église après Vatican II consiste à recourir à l’histoire du concile de Trente qui s’est tenu pendant deux décennies, de 1545 à 1563, mobilisant l’énergie de cinq papes successifs. Répondant au grand bouleversement de la Réforme protestante, cet évènement majeur du monde catholique recentra le clergé sur sa mission, précisa la foi sur plusieurs points de la doctrine du salut et de la Sainte Eucharistie, produisit un catéchisme rénové et améliora considérablement la vie de l’Église. Les secousses qu’il produisit dans l’Institution furent telles que, à la fin du XVIIe siècle, les saints vivaient encore du souffle qu’avait lancé la Contre-Réforme pour revivifier le christianisme moderne. D’ailleurs, en France, le fameux Concile de Trente n’était-il pas encore appliqué en 1610 alors même que Louis XIII montait sur le trône ? Les premiers grands séminaires favorisés par les pères conciliaires n’ont-ils pas attendu de voir le jour des décennies plus tard, à la faveur des grandes intuitions de saint Vincent de Paul ou de Messieurs Ollier et Bourdoise ?

Voilà bien un raccourci. Sans doute n’avions-nous ni presse, ni radio, encore moins internet au XVIe siècle. Pour autant, les canons et décrets du Concile n’ont pas tardé à être mis en pratique. Il suffit de constater la fougue de saint Charles Borromée pour s’en persuader. Dès la clôture du Concile, il demanda à être déchargé de ses mandats romains pour être pleinement consacré à ses prêtres. Il regagna Milan pour multiplier les tournées diocésaines, y fonder un séminaire et combattre partout les dérives du clergé peu assidu. Une bonne partie des évêques de son temps imitèrent ce grand confesseur de la foi dès la fin du XVIesiècle. Non seulement aucun ne fit obstacle aux points doctrinaux qu’avaient précisés les Pères réunis à Trente mais ils en adoptèrent rapidement les recommandations pastorales pour solidifier la spiritualité catholique. L’un des modèles de cet épiscopat particulièrement entreprenant fut saint François de Sales qui sillonna la Savoie au cours des deux premières décennies du XVIIesiècle.

Cependant, il est de coutume d’affirmer que les canons du Concile ont rencontré une forte résistance en France et, à vrai dire, les parlements ne l’ont finalement jamais complètement agréé de façon officielle. La raison ne provient pas d’une opposition doctrinale de notre pays, loin de là, mais plutôt de la fierté gallicane désireuse de conserver une tutelle temporelle sur les hôpitaux. Ce point de détail, joint au souci des rois de France de ne pas trop contrister les partisans huguenots au cœur d’un pays meurtri par les Guerres de religion fit que les parlements rechignèrent très longtemps à entériner les canons du Concile de Trente tandis que légats et nonces s’évertuèrent à faire approuver les décisions romaines. Mais, dans les faits, les décrets du Concile avaient été adoptés par les évêques français dès la décennie 1580. Par ailleurs, une bonne partie des nouvelles mesures avaient été reprises à son compte par le roi Charles IX lors de l’ordonnance de Blois en 1579 puis lors de l’édit de Melun en 1580. Aussi peut-on affirmer que le Concile de Trente a été appliqué dès le xvie siècle à travers le monde, à commencer par l’Italie ou l’Espagne. Même dans la France gallicane, la contre-réforme avait été instaurée dans les diocèses. Les fruits s’en faisaient ressentir et, cinquante ans après la clôture des sessions, la pratique religieuse avait été considérablement solidifiée.

Le Concile aurait-il été mal interprété ?

On ne peut imaginer que Vatican II ne fût pas appliqué dans la foulée des sessions qui réunirent deux mille cinq cent pères entre 1962 et 1965. La mobilité des évêques traversant le monde en quelques heures et les moyens de communication avertissant la catholicité toute entière des grandes décisions facilitèrent largement la pénétration des esprits. D’ailleurs, les mesures prises ne tardèrent pas. La plus emblématique, touchant à la liturgie, fut la promulgation d’un nouveau missel qui fut diffusé dans les diocèses du monde entier cinq ans seulement après la clôture du Concile. Sur ce point, l’application de Vatican II fut tellement violente qu’à partir de cette date, les prêtres qui refusaient de célébrer les saints mystères selon la forme rénovée étaient condamnés les uns après les autres, à moins de pouvoir revendiquer un âge avancé. De même, les catéchismes anciens étaient interdits pour laisser place aux livres rénovés. Le Droit Canon fut également réformé. Tous les aspects de l’Église furent touchés, depuis l’habit religieux jusqu’aux chants sacrés, en passant par les relations avec les États, le dialogue avec les autres religions ou l’organisation des communautés religieuses. En quelques années, le Concile avait changé le visage de l’Église.

Devant les bouleversements provoqués, nombreux furent ceux qui constatèrent des erreurs de transmission. Paul VI avouait qu’il avait le sentiment « que, par quelque fissure, la fumée de Satan, était entrée dans le peuple de Dieu » à l’occasion de ce grand évènement. Dans un discours devenu célèbre, Benoît XVI chercha à distinguer le vrai Concile, dont les principaux acteurs étaient les évêques, du faux Concile, celui que les médias avaient fantasmé et qu’ils auraient, d’une certaine manière, imposé au monde entier : « Il y avait le Concile des Pères – le vrai Concile – mais il y avait aussi le Concile des médias. C’était presqu’un Concile en soi, et le monde a perçu le Concile à travers eux, à travers les médias. Donc le Concile immédiatement efficace, qui est arrivé au peuple, a été celui des médias, non celui des Pères. » Pourtant, si Vatican II a été mis en application dans les séminaires immédiatement à la fin des débats, ce n’était pas du fait des médias. Si des textes ont été promulgués pour réformer la liturgie en un temps record, si la mise à jour de la vie des congrégations a été actée dès les années 1960, c’est bien du fait des prélats de Curie et des évêques diocésains qui portaient la plume et non des journalistes.

À l’objection selon laquelle le Concile aurait été mal interprété et qu’il faudrait en connaître le véritable esprit, Jean Madiran objectait que, dans le cas de Vatican II, il ne pouvait justement pas exister d’équivoque dans la mesure où le législateur et l’exécutif étaient un seul et même corps. Ce sont les évêques catholiques qui ont à la fois décidé des changements et qui les ont mis en pratique. Par conséquent, ils pouvaient bien être certains de la façon dont il fallait appliquer le fameux Concile dont ils étaient à la fois les auteurs et les interprètes.

La déchristianisation à marches forcées

Lors du Concile de Trente, l’Europe chrétienne a connu un regain de ferveur, comme l’a analysé l’historien Alain Tallon, spécialiste de la question. À partir du XVIIe siècle, l’assiduité du clergé, l’élan des nouvelles congrégations comme les Jésuites, les Lazaristes, les Oratoriens puis les Montfortains ont véritablement rechristianisé des régions entières puis évangélisé le monde alors que des secteurs avaient commencé à connaître une déchristianisation marquée à l’occasion des Guerres de religion. Or, on peine à remarquer l’élan de ferveur qui aurait suivi Vatican II. Dans son livre publié en 2018, Guillaume Cuchet a analysé la chute de la pratique en France et expliqué « Comment notre monde a cessé d’être chrétien ». Or, pour lui, l’année de cassure fut précisément 1965, au cours de laquelle la pratique s’est effondrée pour ne jamais retrouver ses niveaux d’antan. Inutile d’épiloguer sur le sujet, l’époque post-conciliaire est dramatique pour le catholicisme. Dans notre pays, les vocations se tarissent désormais et les églises d’Europe sont vouées, tôt ou tard, à la reconversion profane ou à la destruction.

Avec l’internationalisation de l’Église, les cœurs tentent un instant de ne pas se laisser gagner par le désespoir et ils considèrent les foules provenant de l’autre bout du monde. Désormais l’hémisphère sud vient à la rescousse du Vieux Continent essoufflé et le pape ne nous arrive plus de nos latitudes désabusées. Mais gardons-nous des mirages des promesses conciliaires. Depuis soixante ans, le catholicisme d’Amérique latine est en terrible perte de vitesse. Pas un seul de ces pays n’a augmenté sa proportion de catholiques depuis le Concile. Par exemple, la Colombie qui l’avait vue augmenter de 15 % entre 1910 et 1970 a perdu tous ces gains entre 1970 et 2014. L’Église romaine ne revendique même plus deux tiers des Brésiliens alors qu’ils étaient quasiment tous catholiques à la veille de Vatican II. Un pays comme le Honduras où la part avoisinait les 100 % a vu ce chiffre dégringoler sous la barre des cinquante ces dernières années. Les évangéliques et les agnostiques y sont devenus majoritaires. C’est dire à quel point nous devrions être particulièrement circonspects à l’égard du catholicisme d’Amérique latine qui vit des feux que les siècles missionnaires lui avaient jadis conférés.

Samuel Beckett avait écrit sa plus célèbre pièce au tout début des Trente Glorieuses, au cours desquelles les pères conciliaires avaient promis monts et merveilles sur cette terre. Sans doute était-ce dans l’air du temps. Après les années de guerre, les hommes de ce siècle, enivrés par un irénisme sans faille, ont souhaité nous garantir le paradis ici-bas par de pieuses intentions. Mais tout cet esprit s’est évanoui et les défenseurs invétérés de Vatican II ressemblent, soixante ans plus tard, aux personnages de En attendant Godot qui tout au long de la pièce guettent l’arrivée d’un personnage qui ne vient jamais. Les jours passent, les années aussi et nos amis continuent à nier les faits en croyant dur comme fer à l’éclosion de fruits qui ne germeront raisonnablement plus. Recourir aux comparaisons historiques douteuses ou aux promesses qui n’engagent à rien pour sauver un texte daté n’est plus de saison. Sans doute la riche histoire de l’Église nous apprend-t-elle à tenir des attitudes autrement plus courageuses.

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