Laurent Wauquiez subventionne un spectacle pour enfants faisant la promotion de l’idéologie du genre
Nous vous disions récemment qu’avec Eric Ciotti et Laurent Wauquiez, le combat des valeurs et de la droite est très mal parti. Nouvel exemple en date avec un spectacle, organisé à Chadrac à l’occasion de la journée de la femme (voir le livret complet) et destiné aux enfants à partir de 5 ans, qui fait la promotion de l’idéologie du genre comme l’explique ce communiqué :
“Il s’agit d’un spectacle qui s’insère dans la semaine des droits de la femme, dont le but est de « lutter contre les stéréotypes de genre dès l’enfance afin de tendre à plus d’égalité des genres » par le biais d’un format interactif permettant aux enfant de débattre et de « s’approprier des stratégies pour faire face au sexisme ». Ce spectacle scandaleux mettra en scène « une enfant qui se pose des tas de questions : C’est quoi être une fille ? Un garçon ? On peut changer ? Qui décide ? Et si je me sens fille, je suis obligée de…? » et qui se transformera en princesse et en chevalier ; les enfants seront invités à rejouer l’histoire « pour créer une fin ni bleu ni rose ». Il sera de plus ouvert à tous, « petits et grands dès 5 ans » (…)
La réalité est, il n’y a aucunement matière à « décider » si un enfant est un garçon ou une fille. Une chose ne peut pas être et ne pas être sous un même rapport. L’esprit humain n’a aucunement la capacité de changer la nature des choses et de faire se conformer la réalité à ses désirs personnels : c’est à l’esprit humain d’adhérer et de se conformer à la vérité, à ce qui est, afin d’agir en conséquence de manière rationnelle et pertinente (…)
La seconde chose qu’il faut remarquer, c’est que ce spectacle s’adresse à un public d’enfants : c’est sans cesse les enfants qui sont ciblés par la propagande de déviance sexuelle. Cette déstabilisation systématique des enfants est véritablement dramatique : c’est toute une jeunesse qui se trouvera bientôt sans repère, sans base solide sur lesquelles s’appuyer, sans modèle de référence. Comme les jeunes plantes qui n’ont pas de tuteur, au lieu de monter vers le ciel, ces enfants intoxiqués s’avachiront bientôt sur la terre, et quand viendra la pluie, ils seront noyés dans la boue au lieu de se maintenir droits et solides. Nous ne pouvons pas accepter cela !”
La maire de Chadrac, Corinne Bringer, était suppléante du député très proche de Laurent Wauquiez, Jean-Pierre Vigier, qui a voté pour la constitutionnalisation de l’avortement. Et cerise sur le gâteau, ce spectacle est financé par la Région AURA présidée par Laurent Wauquiez et par le Conseil départemental à majorité LR.
Sommes-nous donc condamnés à voir nous impôts financer SOS Méditerranée lorsque la gauche est majoritaire et financer la théorie du genre quand la majorité est LR ?
Sur l’affiche ci-dessous, outre la femme voilée qui apparait, vous noterez que sans les subventions de la Région, du département et de l’Etat, ce spectacle n’aurait pas pu avoir lieu :

Leur nouvelle lubie : inscrire l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne
Le 8 mars la Commission des Affaires européennes de l’Assemblée nationale discutera de l’inscription du droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Le député LREM Pieyre-Alexandre Anglade explique qu’il n’y a sans doute pas assez de meurtres d’enfants à naître. Un projet qui va se heurter aux refus des gouvernements polonais et hongrois :
[…] En Europe également, l’accession au pouvoir de gouvernements conservateurs a d’ores et déjà fragilisé le droit des femmes d’accéder à un avortement légal et sûr.
En Pologne, alors que le pays disposait déjà d’une des législations les plus restrictives de l’Union, le Gouvernement a tenté d’interdire totalement l’avortement en 2016, sans succès. C’est finalement l’application en 2021, d’un arrêt du Tribunal constitutionnel du 22 octobre 2020, qui a conduit à la suppression de la possibilité d’avorter en cas de malformation grave du fœtus, alors même qu’il s’agissait de 98 % des motifs d’avortement dans le pays. Désormais, l’avortement n’est autorisé qu’en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère.
Cette quasi interdiction de l’avortement a déjà abouti à des situations dramatiques pour les femmes polonaises. En effet, depuis l’entrée en vigueur de cette nouvelle restriction, au moins trois femmes ont péri faute d’avoir pu bénéficier d’un avortement. Le cas d’Izabela Sajbor, une mère de famille décédée à l’hôpital en septembre 2021, des suites d’un choc septique, a suscité une profonde indignation dans le pays et plusieurs manifestations. Les soignants avaient en effet refuséd’intervenir tant que le cœur du fœtus battait encore alors même que sa vie était en danger.
En conséquence, les avortements clandestins se multiplient, l’association Avortement sans frontière déclare avoir réalisé 44 000 avortements clandestins en 2022. Le nombre total d’avortements clandestins est lui estimé à au moins 100 000 par an.
La Hongrie connaît également d’importantes tentatives de restriction du droit à l’avortement depuis l’accession au pouvoir du Gouvernement conservateur de Viktor Orbán, alors même que l’avortement est autorisé depuis les années 1950.
Le Gouvernement a fait inscrire à l’article 2 de la Constitution que « la vie humaine est protégée depuis la conception », laissant craindre que cette disposition puisse constituer une base juridique pour l’interdiction ou la restriction de l’avortement. En outre, un décret publié en septembre 2022 prévoit désormais que les femmes souhaitant effectuer une IVG devront être confrontées « d’une manière clairement identifiable » aux « fonctions vitales » du fœtus, notamment en « écoutant les battements de cœur du fœtus ».
Au sein d’autres États membres, les régressions sont plus pernicieuses. En Espagne, le gouvernement a présenté un projet de loi prévoyant de limiter l’IVG aux cas de grave danger pour la vie, la santé physique ou psychologique de la mère ou de viol, avant d’y renoncer en 2014 sous la pression d’une importante mobilisation.
Au Portugal, une loi votée en 2021 prévoit désormais que les frais médicaux liés à l’avortement incombent intégralement à la charge des patientes et instaure, en outre, un examen psychologique obligatoire avant de pouvoir y recourir.
En Italie, bien que l’avortement soit légal, son accès est fortement limité par la proportion très importante de médecins faisant valoir une clause de conscience (estimée à 70 %) pour ne pas le pratiquer. De surcroît, les campagnes tendant à dissuader les femmes d’y avoir recours se multiplient depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement de Giorgia Meloni, celle-ci ayant pris publiquement position contre l’avortement.
Ces régressions des droits des femmes au sein même de l’Union européenne démontrent la fragilité du droit à l’avortement et sa réversibilité. Elles doivent alerter sur la nécessité de ne pas sous-estimer l’influence des mouvements « anti-choix » en Europe qui mènent d’importantes campagnes pour inciter les pouvoirs publics à revoir leur législation en faveur des droits sexuels et reproductifs. L’influence de ces mouvements a notamment été analysée par le rapport du Forum parlementaire européen pour des droits sexuels et reproductifs (EPF) intitulé « Restaurer l’ordre naturel », lequel montre l’importance des moyens financiers dont ils disposent et de la grande structuration dont ils font preuve.
B. Face aux menaces qui pèsent sur le droit à l’avortement, son inscription dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne constituerait une garantie forte
L’inscription du droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne constituerait une garantie forte face aux tentatives de remise en cause observées en Europe, tout en permettant de clarifier son statut juridique.
L’inscription du droit à l’avortement dans la Charte permettrait en premier lieu de renforcer la protection juridique de ce droit au niveau européen en l’intégrant pleinement au sein du corpus de droits fondamentaux protégés par l’Union. En effet, la Charte a, depuis l’adoption du Traité de Lisbonne en 2009, la même valeur que les traités et fait donc partie intégrante du droit primaire de l’Union, que doivent respecter l’ensemble des institutions de l’UE et des États membres.
L’inscription dans la Charte permettrait, de plus, de clarifier le statut du droit à l’avortement. En effet, s’il n’est pas consacré en tant que tel comme un droit fondamental par le droit international, il apparaît manifeste que l’on ne peut pénaliser le recours à l’avortement sans engendrer des situations dramatiques pour les femmes qui violeraient de nombreux autres droits humains.
Enfin, son inscription dans la Charte serait pleinement cohérente avec l’esprit de ce texte, qui a été conçu précisément pour réaffirmer et actualiser le corpus de droits fondamentaux commun aux États membres à la lumière des progrès sociaux, médicaux et technologiques. À cet égard, l’inscription du droit à l’avortement dans la Charte avait été envisagée dès sa rédaction.
En ce sens, le Parlement européen a, par deux résolutions, du 9 juin et 7 juillet 2022, proposé d’introduire le droit à l’avortement dans la Charte en créant après le droit à la vie privée et familiale consacré à l’article 7 de la Charte, un article 7 bis disposant que « Toute personne a le droit de bénéficier d’un avortement sûr et légal ».
Une telle initiative, qui nécessite une révision des traités, conformément à la procédure prévue à l’article 48 TUE, doit être soutenue. Le Parlement européen a ainsi appelé, dans sa résolution du 9 juin 2022, à la convocation d’une convention à cette fin. Il revient désormais au Conseil européen de décider, à la majorité simple, d’y procéder.
L’inscription du droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux constituerait un signal fort de soutien et de cohérence avec les initiatives nationales qui visent à consacrer le caractère fondamental de ce droit par son inscription dans la Constitution, tout en réaffirmant la place des valeurs dans le projet européen.
D’Antioche à Antakya, des premiers chrétiens à l’annexion turque
D’Antoine de Lacoste pour Politique Magazine :
Le tragique tremblement de terre qui a ravagé le sud-ouest de la Turquie et le nord-ouest de la Syrie a particulièrement touché Antakya, qui n’est plus qu’un champ de ruines.
Antakya est le nouveau nom d’Antioche, ville si importante pour les chrétiens car c’est là que ce mot a été utilisé pour la première fois.
Sous l’Empire romain, Antioche fur la capitale de la Syrie et comptait 500 000 habitants. C’était une ville somptueuse dont la rue principale comportait 3200 colonnes. La tradition a fait de Saint Pierre son premier évêque mais c’est Saint Ignace d’Antioche qui organisera cette église jusqu’à son martyre survenu vers 110.
Ravagée par un tremblement de terre en 526 (il y en eut beaucoup) puis par les Perses en 540, elle perdit de son importance. Turcs et Byzantins se la disputèrent et les Croisés s’y battirent héroïquement. Elle fut définitivement détruite par le sultan mamelouk Baybars en 1268.
Un des rares vestiges de sa glorieuse époque chrétienne est l’église Saint Pierre, qui fut peut-être la première église de l’histoire. Creusée dans la roche, elle a résisté à tout.
Mais comment Antioche est devenue Turque ?
Il faut remonter au mandat français pour comprendre ce qui s’est passé. Au lendemain de la première guerre mondiale, les alliés confient à la France un mandat pour administrer et développer les territoires de la Syrie et du Liban afin de les amener progressivement à l’indépendance. Les accords Sykes-Picot de 1916 avaient déjà réglé la question de la frontière avec l’Irak dont l’administration est confiée aux Anglais. L’Etat islamique abolira d’ailleurs symboliquement cette frontière en 2015 pour montrer que le califat a une vocation universelle.
Pour exercer ce mandat, la France nomme en 1920 le général Gouraud Haut Commissaire au Levant (nom englobant la Syrie et le Liban). Le Général Weygand lui succédera en 1923. Pour composer avec tous les acteurs de cette pièce si orientale, ils vont successivement morceler le territoire en 6 parties : le Liban (dont il proclame l’indépendance symbolique mais qui ne le sera vraiment qu’en 1943), l’Etat de Damas, l’Etat d’Alep, le Territoire autonome des Alaouites (d’où est issue la famille Assad), le Djebel Druze et le Sandjak d’Alexandrette, au nord-ouest, où se trouve Antioche.
Le Général Weygand justifiera cette décision dans ses mémoires :”Pourquoi pas un seul Etat dans lequel on eût réservé au Liban un statut ? C’est que les Libanais refusèrent catégoriquement le maintien d’une servitude dont ils avaient souffert dans le passé; que le pays d’Alep, habitué par les débouchés de son commerce à regarder vers le nord ne tenait pas à lier son sort à celui de Damas; qu’enfin les Alaouites exprimèrent sans détour leur volonté de jouir de l’autonomie sous la protection de la France. Il apparut alors plus avantageux de reconnaître ces autonomies.”
Le Sandjak d’Alexandrette relève d’une autre logique, nettement plus discutable : il faut négocier avec les Turcs après qu’ils nous aient repoussés de Cilicie en 1920 sous l’impulsion de Mustapha Kémal dont l’armée se rapproche alors dangereusement d’Alep. Or une importante minorité turque vit dans ce sandjak (mot qui signifie subdivision administrative) où elle cohabite avec des turkmènes, des arabes sunnites, des alaouites et des chrétiens dont beaucoup d’Arméniens qui ont fui les persécution turques et se sont mis sous la protection de la France.
Mustapha Kémal va tomber amoureux de cette région verte et vallonnée baignée par l’Oronte et veut l’annexer à la Turquie. Pendant des années il va organiser l’implantation de milliers de turcs afin de les rendre majoritaires et la France laisse faire.
En 1936, Ankara devient plus pressante. En effet, le nouveau gouvernement français du Front Populaire signe un traité avec la Syrie organisant la marche vers l’indépendance. Paris cède en outre sur deux points essentiels pour les Syriens : les territoires druzes et alaouites feront partie de la future Syrie.
Les Turcs sont inquiets de l’apparition programmé de ce nouvel Etat et saisissent l’occasion pour exiger une concession sur le Sandjak d’Alexandrette. La France cède, en échange de la neutralité de la Turquie en cas de guerre avec l’Allemagne. Un accord est signé en 1938 et les troupes turques pénètrent aussitôt dans le sandjak. Un referendum est organisé, des milliers de nouveaux électeurs turcs s’installent (de force pour beaucoup d’ailleurs) et le sandjak est officiellement rattaché à la Turquie.
Alexandrette devient Iskenderun et Antioche Antakya…
Pour les Arméniens, un nouvel exode commence et la plupart s’installent au Liban. C’est dans le sandjak d’Alexandrette que quelques centaines d’Arméniens résistèrent héroïquement aux Turcs pendant le génocide, sur la montagne du Mussa Dagh pendant 40 jours (on peut lire le très beau roman de Franz Werfel, Les 40 jours du Mussa Dagh). Les Arabes sunnites s’en allèrent également pour rejoindre Alep notamment. Seuls restèrent les Alaouites, car la plupart étaient ouvriers agricoles et indispensables aux nouveaux dirigeants turcs qui ne les laisseront pas partir.
C’est ainsi qu’Antioche est devenue turque et ce n’est pas à l’honneur de la France. Pour la Syrie c’est une spoliation qui n’a jamais été acceptée.
Aujourd’hui, Antioche est encore détruite. Il ne reste pas grand-chose mais il semble bien que l’Eglise Saint Pierre ait résisté, protégé par la roche. Certes, elle est rudimentaire mais sa pérennité est le témoin d’un glorieux passé qui est aussi le notre.
Antoine de Lacoste
15.000 euros pour les salariés qui veulent fonder une famille
Intéressante initiative de cette société canadienne spécialisée dans le numérique et implantée en France. Le gérant de la nouvelle antenne, installée à Toulouse depuis novembre, compte employer 10 ou 15 jeunes diplômés.
Pour trouver ces personnes, l’entreprise promet de soutenir financièrement les employés qui ont pour projet de fonder une famille avec une aide de 15.000 euros.En outre, les salariés qui restent au moins deux ans dans l’entreprise seront récompensés pour leur fidélité. Ils pourront obtenir deux semaines de congés payés supplémentaires et un chèque de 5.000 euros.
On en est là
Le Sénat du Kansas a adopté le premier projet de loi définissant la « femme » comme une femme biologique, jetant les bases d’une éventuelle interdiction pour les hommes qui s’identifient comme femmes d’utiliser des zones réservées aux femmes.
Le projet de loi, de la sénatrice Renee Erickson, définit une femme comme quelqu’un “dont le système reproducteur biologique est développé pour produire des ovules”, tandis que “mâle” fait référence à toute personne dont le système reproducteur “est développé pour féconder les ovules d’une femme”.
Ce projet de loi codifie simplement la définition du sexe en tant qu’homme et femme biologiques. Cela permet de faire la distinction entre les sexes en ce qui concerne les prisons, les refuges pour victimes de violence domestique, les centres d’aide aux victimes de viol et d’autres domaines où la sécurité et la confidentialité sont nécessaires.
Ce projet de loi a déjà déclenché une violente réaction de la part des démocrates du Sénat du Kansas, qui affirment qu’il est “offensant” pour les femmes transgenres et “cisgenres”.
L’adoption de ce projet de loi pourrait conduire à de futures lois interdisant aux athlètes masculins qui s’identifient comme femmes de participer aux sports féminins.
Des mesures similaires ont été envisagées dans l’Oklahoma, le New Hampshire, le Dakota du Nord, le Tennessee et le Texas, tandis que les législateurs de Caroline du Sud envisagent une résolution commune qui modifierait la constitution de l’État pour définir le sexe comme le sexe biologique à la naissance.
Des cabinets de consultants utilisés dans le cadre de la convention citoyenne sur la fin de vie
C’est ce que l’on découvre au détour d’un article dans La Croix, qui évoque un collectif d’animation destiné à rédiger un prérédactionnel,
une sorte de version martyre pour servir de base de travail :
[…] Ce collectif d’animation est composé de 27 consultants privés chargés de faciliter les débats lors des ateliers ou durant les plénières
dans l’hémicycle du palais d’Iéna, siège du Conseil économique, social et environnemental (Cese) qui organise la Convention.
Dans le cadre des marchés publics de l’État, le Cese a recours au prestataire Eurogroup consulting qui avait animé la Convention climat
en 2019-2020. À ses côtés, on trouve trois sociétés plus modestes – Planète citoyenne, Stratéact’dialogue et Ezalen – spécialisées dans
l’organisation de consultations citoyennes. Un créneau porteur : selon le Cese, le poste animation est évalué à environ 25 % d’un budget
total estimé à 4,2 millions d’euros.
Un exemple de « l’inluence croissante » des cabinets privés sur les politiques publiques que pointait un récent rapport du Sénat ? « Une convention est un événement de grande ampleur et d’une durée limitée. Le Cese s’est doté en 2022 d’une direction participation citoyenne qui gère la stratégie, mais doit faire appel à des prestataires pour les aspects opérationnels qui n’ont pas vocation à perdurer », plaide le Cese. « Et la feuille de route fixée au collectif est nette : il s’agit de mettre en forme, pas d’écrire à la place. Le comité de gouvernance et les quatre garants internationaux veilleront à ce que la parole et l’initiative des conventionnels soient respectées. Dans le cas contraire, ceux-ci ne manqueraient d’ailleurs pas de nous le faire savoir », précise Claire Thoury.
Par un vote qui a clos cette session 7, malgré quelques remous minoritaires, les citoyens ont d’ailleurs largement adopté le plan proposé par le collectif. […]
Fin de partie pour Euronews ?
La chaîne Euronews est en pleine crise. Cumulant près de 160 millions d’euros de pertes, elle va réduire ses effectifs (198 salariés sur 478 vont être licenciés) et vendre son siège.
Une saignée brutale malgré trois plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) en six ans, le dernier en 2020, qui avait déjà vu partir une trentaine de personnes.
Lancée en 1993, Euronews, disponible sur le câble, le satellite et Internet (mais pas la TNT), s’appuyait jusqu’ici sur une rédaction multilingue réunie dans un même lieu et composée d’une trentaine de nationalités.
D’abord actionnaires uniques à son lancement il y a trente ans, les groupes de l’audiovisuel public européen, comme France Télévisions ou la Rai, se sont progressivement désengagés au profit d’opérateurs privés. En 2015, la majorité des parts de la chaîne avaient été acquises par un milliardaire égyptien, Naguib Sawiris. Il les a cédées sept ans plus tard, en juillet 2022, à un fonds d’investissement situé au Portugal, Alpac Capital. Mais les problèmes d’Euronews viennent-ils de son actionnaire ou de sa qualité de traitement de l’information ?
30 vivants : Vous allez changer de regard sur la fin de vie et le grand handicap
Le 19 mars, le film documentaire « 30 vivants » sera diffusé sur la chaîne C8. Parallèlement, les citoyens sont invités à s’emparer de ce support pour organiser, partout en France, des projections-débats, afin d’échanger, de façon éclairée, en écho au débat national sur la fin de vie.
La Clinique Sainte-Elisabeth, spécialisée en soins palliatifs et dans l’accompagnement du grand handicap à Marseille, lance une invitation : organiser une projection-débat citoyenne autour du film « 30 vivants ».
« 30 vivants » est un documentaire inédit tourné au cœur de l’établissement marseillais, qui donne à voir et comprendre l’essence même de l’accompagnement de la fin de vie et de la fragilité. Avec un angle original et sensible : la rencontre entre Alban, artiste-peintre, et les résidents de la clinique dont il immortalise le portrait vivant en couleurs. Par ces regards croisés, la parole et le silence des patients et soignants, par leurs rires aussi, ce documentaire singulier vient bousculer nos idées reçues en filmant l’élan de vitalité qui peut surgir au seuil même de la mort.
Depuis le 6 février, à l’initiative de la Clinique Sainte-Elisabeth, chacun peut télécharger gratuitement en ligne, via le site 30vivants-lefilm.com, le documentaire de 27 minutes et son kit de projection. Objectif : permettre à un maximum de nos concitoyens de disposer des moyens concrets d’organiser, partout en France, en salle ou à domicile, une projection-débat lors de laquelle échanger à plusieurs sur les questions fondamentales liées à l’accompagnement de la fin de vie, tout en faisant mieux connaitre la réalité et la richesse des soins palliatifs.
A travers le témoignage de ces visages immortalisés sous le pinceau d’Alban, 30 vivants dessine avec pudeur et dignité le portrait-hommage de celles et ceux qui traversent la grande épreuve de la fin de vie, ainsi que celui des équipes engagées avec humanité et professionnalisme, chaque jour, à leurs côtés.
Quand un acteur holywoodien manifeste ouvertement sa foi catholique
Alors que nous sommes entrés dans les 40 jours du Carême, l’acteur catholique Mark Wahlberg a de nouveau fait les gros titres, en parlant de sa foi catholique.
Interrogé par Savannah Guthrie dans l’émission Today, Wahlberg a déclaré qu’il a toujours été ouvert sur sa foi catholique, mais “je ne veux pas l’enfoncer dans la gorge des gens”. Il a poursuivi en disant que renier sa foi, “c’est un péché encore plus grand”.
“Vous savez, ce n’est pas populaire dans mon industrie, mais je ne peux pas renier ma foi. C’est important pour moi de la partager avec les gens. Mais j’ai des amis de tous les horizons et de tous les types de foi et de religion, alors il est important de les respecter et de les honorer aussi”.
Evoquant le jeûne et la pénitence, il a déclaré :
“Vous savez, nous connaissons tous ces choses qui nous font culpabiliser, qui ne nous font pas nous sentir aussi bien que nous le devrions, donc être capable de se détacher de ces choses et de se concentrer sur, vous savez, les bonnes habitudes par opposition aux mauvaises habitudes”. “Il y a donc des défis pour le jeûne ; comme aujourd’hui, je ne mangerai pas de viande, je prendrai un seul repas aujourd’hui, et je ferai cela tous les vendredis pendant tout le Carême et le Vendredi saint.”
“Il y a beaucoup d’éléments différents dans le jeûne, et je pense que la chose importante à comprendre est – et tout d’abord, si vous avez des problèmes avec la nourriture, il y a d’autres choses – Dieu sait les choses dont il veut que vous vous détachiez.”
“Je pense juste que ça me donne – la discipline a toujours été importante pour moi dans la vie. Une fois que j’ai commencé à faire du cinéma et que je suis passé de la musique, j’ai réalisé que j’avais besoin de beaucoup de discipline dans ma vie, et cette discipline m’a permis de faire tellement d’autres choses, et j’en ai été tellement récompensé, et je veux partager cela avec les gens”.
“Que ce soit par le jeûne, l’exercice physique, le détachement d’autres choses et le fait de passer plus de temps avec Dieu dans la prière ou la réflexion, ces choses sont importantes”.
Père de quatre enfants, Wahlberg a également parlé de l’enseignement de la foi catholique à ses enfants.
“Je veux qu’ils gravitent vers [la foi] d’une manière très naturelle. Je veux qu’ils comprennent que papa doit commencer la journée en se mettant à genoux, et que, où que je sois, la priorité le dimanche est d’aller à l’église ; donc, être capable de faire ces choses et simplement les voir – avec un peu de chance, ils diront : ‘Bon, d’accord, il doit y avoir quelque chose là’ et les laisseront faire par eux-mêmes.”
“Je pense que, pour les parents et les enfants, il suffit de communiquer les uns avec les autres, d’être honnête sur ce que l’on ressent, surtout les enfants qui sont capables de communiquer leurs sentiments. … Lorsque vous voyez des enfants qui font face à leur souffrance et qui doivent garder des choses à l’intérieur, cela devrait être accepté et embrassé, quoi qu’il arrive. C’était une chose très difficile. … Vous savez, il y a un Juge. Il y a un seul Juge. Et nous sommes tous des pécheurs. Nous sommes tous faibles dans la chair. Et nous avons tous fait des erreurs. Mais nous voulons encourager les gens …”
“Que les trafiquants d’êtres humains soient arrêtés”
Une semaine après le naufrage d’une embarcation qui a coûté la vie à au moins 70 personnes dans le sud de l’Italie, la pape a demandé :
« Que les trafiquants d’êtres humains soient arrêtés, qu’ils ne puissent plus disposer de la vie de tant d’innocents ». « Que ces voyages d’espoir ne se transforment plus jamais en voyages de la mort, et que les eaux claires de la Méditerranée ne soient plus ensanglantées par des incidents aussi dramatiques ».
Trois personnes soupçonnées d’être des passeurs ont été arrêtées. Selon les médias italiens, ils sont soupçonnés d’avoir fait payer entre 5 000 et 8 000 € à chaque migrant qu’ils avaient fait embarquer en Turquie trois jours plus tôt.
Il faudrait aussi fire condamner les associations comme SOS Méditerranée.
Hames-Boucres : bientôt la messe dans la rue ?
Article de Nord littoral traitant du choix de la mairie d’Hames-Boucres de retirer à la FSSPX, après 35 ans, La Chapelle Sainte Victoire pour la réserver aux rares célébrations diocésaines :

La FSSPX a proposé au maire de racheter l’édifice qui fait partie du domaine privé de la commune. Le maire balaye sans explication cette proposition de partager la chapelle Sainte-Victoire pour qu’il puisse s’y tenir des cérémonies d’enterrement.
Pas d’enfant, pas d’avenir
Lu sur Causeur :
Alors que les chiffres d’une baisse effarante de la natalité en 2022 ont été publiés, l’Assemblée nationale a débattu le 28 février sur ce sujet, mais sans conclure par un vote. Chaque parti y est allé de ses propositions: de la baisse des impôts aux conséquences de l’éco-anxiété, chacun a agité ses constats et ses idées. Même si les intentions sont bonnes, la politique se juge aux actes. Il est temps de réaliser l’ampleur des conséquences sociales ! La baisse significative de la fécondité a des répercussions directes sur nos vies, notre modèle social et la solidarité intergénérationnelle. La viabilité de celle-ci dépend de l’équilibre entre la génération qui débute sa vie, celle qui travaille et celle qui s’est retirée de la vie active. La baisse du nombre de mariages, la hausse du nombre des séparations et divorces, des familles monoparentales et des familles recomposées, crée des situations plus complexes et précaires. Par exemple, une famille sur quatre est une famille monoparentale et, d’après l’INSEE, en 2021, 40,5% des enfants vivant dans une famille monoparentale sont en situation de pauvreté. Cette précarité familiale se retrouve à la fin de la vie. Le vieillissement de la population et la diminution du nombre d’enfants créeront des situations difficiles pour les parents âgés, malades ou en fin de vie. Alors qu’il y avait encore, voici quelques années, plusieurs enfants pour s’occuper d’un parent, il n’y en aura bientôt plus qu’un, voire plus du tout. L’équilibre de la natalité a aussi des conséquences sur notre modèle de répartition. À l’heure de la réforme des retraites, les esprits s’agitent pour contrer la baisse du ratio cotisants/retraités.
Hollande et Macron, adversaires de la famille
Depuis sa création, il y a 10 ans cette année, La Manif Pour Tous dénonce la déconstruction radicale de la politique familiale. Or nous ne pouvons plus vivre sur le crédit de la génération de nos parents qui avait une forte natalité. Comme le dit l’adage : « la démographie, c’est le destin ». De quoi cette baisse de la fécondité est-elle le nom ? Elle est d’abord celui d’un choix politique de François Hollande qui a fait instituer, en 2015, des différences très importantes du montant des allocations familiales suivant les revenus des parents. L’accueil et l’éducation des enfants bénéficient pourtant à toute la société, quel que soit le niveau de vie des parents, et les familles qui s’agrandissent sont toutes impactées financièrement. Ce fut aussi la baisse continue du plafond du quotient familial et, peut-être plus impactant encore, les conditions nouvelles accolées au congé parental, en 2015 aussi: elles ont de facto réduit celui-ci d’une année entière (sur les trois années qu’il compte supposément) pour 96% des familles dont l’un des parents prend un congé parental. Une catastrophe. C’est depuis 2015, justement, que la natalité française a décroché. Mais le ministre François Braun prétendait encore récemment, en répondant à une question du député « Renaissance » Bertrand Sorre, qu’il n’est pas possible d’établir un lien de causalité direct entre le taux de fécondité et le montant d’une prestation familiale ou une réforme en particulier. Un prétexte et un mensonge qui perdurent depuis des années. En réalité, toute l’histoire de la politique familiale atteste du contraire. Jusque-là, Emmanuel Macron n’a rien fait pour y remédier. Au contraire, la réforme des retraites pénalise particulièrement les mères parce qu’elle reporte l’âge minimum de la retraite tout en ne tenant pas compte des trimestres pour enfants. Ainsi, même si elles ont acquis tous leurs trimestres avant 64 ans, les mères n’auront pas de retraite à taux plein si elles n’attendent pas l’âge fatidique. Une aberration ! Alors que le texte est discuté au Sénat, les parlementaires et plus particulièrement la droite, ont les moyens de défendre les mères de famille et ainsi de renouer avec une politique familiale. L’ont-ils âprement négocié en amont avec Elisabeth Borne ? Vont-ils se suffire d’une dérisoire surcote de 5% ou vont-ils réellement défendre les mères ? […]
Un ex-élu LREM condamné pour pédopornographie et agressions sexuelles sur mineures
Matheus Branquinho, ex-député suppléant de Valéria Faure-Muntian, du parti présidentiel LREM de la Loire, a été reconnu coupable d’agressions sexuelles sur deux fillettes de six et huit ans et de détention d’images pédopornographiques.
Il a été condamné à trois ans de prison, dont deux ans avec sursis. Pas cher payé.
La représentante du parquet avait requis cinq années d’emprisonnement, dont deux avec sursis probatoire.
Matheus Branquinho se voit imposer cinq années d’inéligibilité, une obligation de soins et une interdiction définitive de toute activité impliquant un contact avec des mineurs.
Les participants à la Convention sur la fin de vie demandent le développement des soins palliatifs
Les 184 participants de la Convention dite citoyenne ont approuvé 67 propositions, avec l’objectif largement partagé d’améliorer le cadre actuel de l’accompagnement de la fin de vie. Il faut améliorer le “cadre actuel d’accompagnement de la fin de vie” en développant notamment les soins palliatifs, et cela indépendamment de l’éventuelle légalisation d’une “aide active à mourir”.
Entre autres propositions, les citoyens participants suggèrent d’inscrire dans la loi un “droit opposable à l’accompagnement à la fin de vie et aux soins palliatifs” et de débloquer pour cela les budgets nécessaires sur le principe du “quoi qu’il en coûte”. Il faudrait également financer des recherches pour mieux soulager la douleur, et développer l’accompagnement des mourants par des psychologues, proposent-ils.
Cette question des soins palliatifs avait déjà été longuement évoquée lors des sessions de travail précédentes, ont souligné les membres de la Convention, dont certains avaient d’ailleurs publiquement regretté que ce point n’ait pas été mis en avant dans les comptes-rendus des travaux.
La Convention doit encore se réunir du 17 au 19 mars, puis du 31 mars au 2 avril, date à laquelle elle devra remettre ses conclusions au gouvernement.
La France vieillit, et elle vieillit vite. Le pays a connu à l’issue de la seconde guerre mondiale le plus fort sursaut démographique d’Europe. De 1946 à 1950, il est né en France plus de 850 000 enfants par an, le record étant atteint en 1949 avec près de 900 000 naissances. Un demi-siècle plus tard, les bébés de l’après-guerre ont vieilli et la natalité a chuté. La France de 2023 compte 26 % de personnes de plus de 60 ans, un habitant sur quatre. En 2040, ce sera près d’un sur trois. Un choc démographique qui ira s’accentuant durant les deux décennies à venir. Non seulement le pays vieillit, mais ses seniors sont de plus en plus âgés, et pas toujours en bonne santé. Entre 2,7 millions et 3,7 millions de personnes deviendront dépendantes dans les années qui viennent, selon les estimations du rapport Libault, publié en 2019.
Pour participer à la diffusion du documentaire sur la fin de vie, inscrivez-vous ici :
“La raison de l’agression n’est toujours pas claire”
Enquête difficile pour la police de Suède… Un homme de 36 ans originaire d’Iran a poignardé jeudi au cou et à l’estomac une fillette dans le centre de Göteborg. L’homme a déjà été condamné pour un grand nombre de crimes, dont plusieurs crimes violents. La grand-mère de la fillette a été poignardée au bras en voulant intervenir lors de l’attaque.
La fillette gravement blessée a été transportée en ambulance à l’hôpital. La police déclare que son état est stable.
Selon les témoins, l’homme au couteau a crié “Allahu akbar” avant d’attaquer la jeune fille. Immigré musulman, il a été arrêté mais “la raison de l’agression n’est toujours pas claire”. La police ne voit “aucun lien entre l’auteur et la victime”.
B comme Blasphème
Nous poursuivons la série alphabétique d’extraits du livre de notre ami Bernard Prady: Islam et Islamisation dans une France macronisée:
Suite à ce qui a été appelé l’affaire Mila, suite à la saillie (!) concomitante de Mme Belloubet [lors d’une de leurs manifestations récentes, des avocats chantaient sur l’air de Pirouette/cacahuète: Pirouette, Belloubette – à moins que ce ne fût Pirouette-Belle-ou-Bête.], suite aussi au dossier que l’hebdomadaire France Catholique a de ce fait consacré au blasphème (7 février 2020), il a paru intéressant de rapprocher quelques considérations sur ce sujet concernant judaïsme, catholicisme et islam.
… Un article publié en 2012 sur le site du CRIF fournit deux éléments d’une approche juive du blasphème proposée par le rabbin Rivon Krygier.
Tout d’abord, c’est une constante évolution vers un adoucissement de la peine préconisée face au blasphème, depuis les temps bibliques pendant lequel le châtiment réservé au blasphème pouvait prendre la forme de la peine capitale la plus infâmante, à savoir la lapidation. On rappellera que la date d’écriture du Lévitique (24,16) est estimée entre -1400 et -1000 avant notre ère, soit entre 1600 et 2000 ans avant le Coran. Le châtiment encouru va progressivement s’amenuiser, jusqu’au IXe siècle de notre ère où « on ne parle plus de peine capitale dans les juridictions, mais de hèrèm, de la mise au ban du blasphémateur ». Et encore faut-il qu’il y ait une juridiction juive.
Enfin viennent le siècle des Lumières et l’Émancipation des juifs au XIXe siècle: « Pour dire les choses nettement, le blasphème ne fait plus scandale car la sacralité religieuse n’est plus le référentiel commun, le fondement de la société. Dès lors, le discours religieux n’est plus en position d’être imposé mais proposé. Je citerai ici un grand maître du XXe siècle, le rabbin Abraham Isaac Kook : Les véritables justes n’élèvent pas leurs plaintes contre l’iniquité, mais instaurent la justice; ils n’élèvent pas leurs plaintes contre l’hérésie, mais confortent la foi; ils n’élèvent pas leurs plaintes contre l’ignorance mais propagent la sagesse. »
(Extrait de “Vous avez dit « Blasphème » ?” – Le 25 février 2020)
10 commandements : “Tu ne tueras point”
Aymeric Pourbaix reçoit
- Dr Elie BOTBOL, médecin spécialiste d’éthique biomédicale
- Dr Hubert TESSON, médecin-chef soins palliatifs, clinique Ste-Elisabeth Marseille
- Gregor PUPPINCK, directeur de l’ECLJ
L’Union Lex Orandi, une association de défense de la Tradition
Entretien paru dans L’Appel de Chartres :
Qu’est-ce que l’union Lex Orandi, comment est-elle née ?
Lex Orandi est un cri d’alarme, mais aussi de douleur. Sa naissance date du Motu Propio Traditionis Custodes du 16 juillet 2021, par lequel le pape François a édicté des mesures extrêmement restrictives à l’usage de la liturgie traditionnelle. Immédiatement, des responsables de mouvements de Nantes, Paris, Grenoble, se sont concertés pour coordonner les réactions possibles. Ainsi est née l’Union Lex orandi. Elle regroupe des associations, de droit ou de fait, comme certains collectifs, et s’adresse essentiellement aux fidèles laïcs. Nous sommes en effet les plus concernés par ce Motu Proprio. Tout d’abord parce qu’en tant que fidèles attachés à la liturgie traditionnelle, nous sommes accusés par le Pape de blesser la communion ecclésiale et de refuser le concile Vatican II ; or nous récusons de telles accusations, qui ne sont étayées par aucunes données objectives. Ensuite parce que les mesures que comporte Traditionis Custodes constituent une sorte de punition collective, pour des faits dont nous contestons par ailleurs le bien fondé. Nous sommes donc face à une situation totalement exceptionnelle par son auteur, sa dimension et ses conséquences.
Pourquoi ce nom de Lex orandi ? Que signifie-t-il ?
Le nom de Lex Orandi fait référence à l’adage latin Lex orandi, Lex credendi, qui signifie “la loi de la prière est la loi de la foi”. Le Pape François utilise lui-même cette expression pour indiquer que le missel réformé de Paul VI “est la seule et unique lex orandi de l’Église latine”. Cette affirmation nous semble dangereuse à double titre. Tout d’abord, elle entend nier que la liturgie tridentine, codifiée dans le missel de 1962, puisse être aujourd’hui dans l’Eglise une “loi de la prière”. Le Pape Benoît XVI s’était élevé contre cette prétention lorsqu’il affirmait en 2009 : “Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous” et le Catéchisme de l’Eglise Catholique enseigne : “C’est pourquoi aucun rite sacramentel ne peut être modifié ou manipulé au gré du ministre ou de la communauté. Même l’autorité suprême dans l’Église ne peut changer la liturgie à son gré” (Notice N°1125). En deuxième lieu, l’adage cité par le Pape François renvoie à “la loi de la foi”, et nous pouvons légitimement nous demander pourquoi la loi de la prière devrait changer si la foi demeure la même… Nous réclamons donc le retour à la distinction entre les deux formes de l’unique rite latin qu’avait opérée Benoît XVI : à côté de la forme ordinaire, nous demandons à pouvoir bénéficier des célébrations liturgiques dans la forme extraordinaire.
Que représente l’association aujourd’hui ? Est-elle nationale ? Internationale ?
Lex Orandi poursuit trois types d’activités. Nous sommes d’abord un réseau de contacts pour les nombreuses communautés de laïcs qui partagent avec nous l’amour de la liturgie traditionnelle. Nous faisons en sorte de sortir les fidèles de l’isolement que cherche à installer Traditionis Custodes, en interdisant, par exemple, l’accès aux églises paroissiales à nos communautés, ou en prohibant la publication de nos horaires de messes dans les bulletins paroissiaux. Nous sommes aussi un réseau d’entraide pour des communautés menacées par des mesures restrictives, vexatoires ou injustes. Enfin, nous souhaitons agir pour la défense de la tradition par la diffusion d’argumentaires, la publication d’articles ou de livres, la participation à des colloques.
Quel soutien peut-on apporter à Lex Orandi ? Que faut-il faire pour y adhérer ?
Pour s’affilier, c’est extrêmement simple. Il suffit de réunir quelques amis attachés à la liturgie traditionnelle en un même lieu, et de se constituer en association. Nous pouvons fournir des statuts types d’association loi de 1901, mais, encore une fois, une association de fait peut parfaitement demander son affiliation, comme c’est déjà le cas. Nous vérifions cependant l’objet moral ou social des candidats pour valider une demande d’affiliation. Pourquoi s’affilier ? parce qu’il est essentiel que les fidèles laïcs prennent toute leur place dans le combat pour la défense de la tradition. Nous ne pouvons pas nous contenter de nous réfugier sous la soutane de nos prêtres : les instituts religieux ou sacerdotaux mènent déjà des négociations difficiles, à nous, laïcs, de nous unir pour les soutenir, et même les devancer pour résister là où l’on veut les chasser.
Y-a-t-il des projets en cours ou à venir prévus par l’association ?
Cette année 2023, nous lançons une grande campagne de constitution d’associations de laïcs. Dans Summorum Pontificum, le Pape Benoît XVI avait invité les évêques à reconnaître l’existence de “groupes stables de fidèles” comme indicateur de la demande de la liturgie traditionnelle dans un diocèse. Ces “groupes stables” existent toujours, qu’il s’agisse de chapitres du pèlerinage, de groupes Domus, de parents d’élèves d’une école indépendante attachée à la liturgie et au catéchisme traditionnel. Nous les invitons à se faire connaître (en envoyant un mail à contact@lex- orandi.org ou via le site internet www.lex- orandi.org) pour que dans toute la France, les fidèles laïcs soient représentés. Dans cet esprit, nous proposons aussi des modèles de courriers pour les évêques et nous ambitionnons d’ouvrir un canal de communication directe avec la Conférence des Évêques de France. La connaissance mutuelle est la première étape de la compréhension, et de la compréhension peut naître l’acceptation mutuelle.
Quel message adressez-vous aux pèlerins et lecteurs de l’Appel de Chartres ?
Si des lecteurs de L’Appel de Chartres veulent rejoindre l’Union Lex Orandi, il leur suffit de se constituer en association ou en un simple collectif de fidèles, identifié par un nom et un objet. Il y a urgence à le faire : le 40ème pèlerinage de Notre- Dame de Chrétienté en 2022 a été un événement très observé par l’épiscopat. La réunion de l’assemblée plénière des évêques à Lourdes à la Toussaint s’est ouverte par la lecture d’un message du Cardinal Parolin reconnaissant de la part du Pape la blessure que nous a infligé Traditionis Custodes. Dans plusieurs diocèses, des signes d’apaisement inespérés sont aujourd’hui perceptibles. Mais s’il n’y a personne pour demander, il ne faudra pas attendre de réponse. Nous invitons donc, en accord avec la direction de Notre Dame de Chrétienté que nous remercions vivement ici, tous les chefs de chapitre à entreprendre la constitution d’une association qui puisse nous rejoindre, sous un nom différent de celui du chapitre, bien entendu.
Admettre la différence sexuelle pour évaluer les inégalités
Lors de la discussion des amendements no 739 et 580 pendant l’examen du projet de loi sur les retraites, le député Xavier Breton a constaté que les gauchistes, d’habitude si épris d’idéologie du genre, revenaient à la différence naturelle des sexes :
M. Xavier Breton : S’il doit y avoir un index seniors, il ne vaut pas blanc-seing. Mais il est normal qu’il prenne en compte les différences entre les sexes pour pouvoir y porter une attention particulière. Je voudrais toutefois faire remarquer à nos collègues qu’ils évoquent dans leurs exposés sommaires comme dans la défense de leurs amendements des « indicateurs genrés » ou des « données genrées », alors qu’il s’agit tout simplement d’établir la distinction entre les sexes.
M. Marc Le Fur : Eh oui !
M. Xavier Breton : C’est pourquoi nous sommes pour – comme quoi il y a bien une différence sexuelle en dehors de cette théorie du genre qui conduit à tous les excès.
Mme Sophia Chikirou : Vous ne comprenez toujours rien !
M. Xavier Breton : Si vous aviez été au bout de votre logique, vous auriez proposé de distinguer les genres, mais vous savez bien que cela n’aurait pas tenu juridiquement. C’est une bonne chose d’admettre la différence sexuelle et de travailler à partir de ce constat pour évaluer les inégalités. C’est pourquoi le groupe LR votera ces amendements, en remerciant nos collègues d’avoir employé dans le dispositif les mots : « en distinguant leur sexe ».
L’église Saint-Ambroise à Paris vandalisée
L’église Saint-Ambroise, située dans le XIe arrondissement de Paris, a été victime d’actes de vandalisme dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 février. Le père Pascal Nègre, curé de la paroisse, écrit :
Église Saint-Ambroise à Paris encore forcée, fracturée et dégradée dans la nuit de samedi à dimanche, par un (ou des) individu(s) sans aucun respect pour ces lieux patrimoniaux, sacrés et cultuels.
Pas de vols, pas d’œuvres d’art abimées, mais bien des portes forcées, d’insupportables déjections devant l’autel, des restes de beuverie nocturne…
La Grande Vendée anime les vitraux commémoratifs
D’Enry Renoul :
Il y a déjà eu de nombreux ouvrages qui ont recensé, sur tout le territoire de la Vendée Militaire, les vitraux commémoratifs du soulèvement vendéen de 1793 et de sa terrible répression génocidaire.
La cinéscénie du Puy du Fou montre quelques-uns des vitraux les plus emblématiques, ceux des Lucs-sur-Boulogne notamment, mais jamais ils n’étaient autant représentés et animés que dans ce spectacle très émouvant, « En VERRE et contre Tout ».
En une vingtaine de minutes, sur un fond musical signé Laurent Tixier et sur une voix off sobre et explicative, le spectateur apprend et comprend le message vendéen : la liberté de conscience, le pardon, la volonté de reconstruire après le chaos meurtrier laissé dans le pays par la Terreur et la Révolution.
Techniquement, le spectacle est projeté sur sept écrans disposés en arc de cercle, comme l’abside d’une église, et les 70 vitraux provenant de plus d’une trentaine d’églises et de chapelles des quatre départements insurgés sont découpés puis animés, donnant vie à ces œuvres habituellement figées par le verre et le plomb. On se déplace d’Angers à Saint-Martin-des-Tilleuls, du Loroux à Luçon, des Mauges au Marais breton-vendéen, des Lucs à Saint-Laurent et à Cerizay.
On accompagne les chefs vendéens, Cathelineau, d’Elbée, Bonchamps, La Rochejaquelein, Lescure, Stofflet et Charette mais également André Ripoche, le saint de Bas-Briacé, le curé Voyneau et l’abbé Noël Pinot, et les visages des combattants et des martyrs vendéens, morts pour Dieu et pour le Roi.
Sur place on peut se procurer l’ouvrage de Jean-Louis Sarrazin « Guerres de Vendée, la mémoire du vitrail » qui a servi de base au travail des artistes : particulièrement Laurent et Fanny Tixier, Frédéric Bourgeais, sur une idée de Jean-Michel Mousset, président de Grande Vendée.
Le spectacle est visible au LUDYLAB de Chambretaud, 5 rue du Bocage sur réservations : tél 02 51 63 94 90 ou [email protected] jusqu’au 2 avril 2023.

Un service du Premier ministre fait la promotion de la GPA
La DILCRAH, Délégation Interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT+ qui est placée auprès du Premier Ministre, a publié à la fin du mois de janvier 2023 un guide pour « le respect des droits des familles et futures familles LGBT+», présenté comme un
« guide pratique pour accompagner les parents et futurs parents LGBT+ en leur permettant de connaître leurs droits, de les faire respecter et de les faire valoir ».
Il est étonnant de voir une institution gouvernementale éditer un guide spécifique à l’attention des familles LGBT+. Celles-ci ne sont pas seules concernées par la PMA, l’adoption, la discrimination, les congés maternité, de paternité, parental d’éducation etc. Alors qu’elles sont dites « des familles comme les autres », pourquoi leur dédier un guide spécifique ? Pourquoi le Gouvernement n’a-t-il pas plutôt édité un guide pour le respect des droits des familles en général ? Qu’est-ce qui justifie cette différence de traitement ?
La gestation pour autrui est notamment largement relayée dans ce guide. Dès la page 8, on retrouve ce syntagme dans les définitions clés, sans qu’il soit immédiatement précisé qu’elle est interdite en France : ce n’est indiqué qu’à la fin du document, en page 32, après l’exposé portant sur les moyens de faire établir en France une filiation avec l’enfant né de GPA à l’étranger.
La marchandisation du processus et de l’enfant est totalement passé sous silence, de même que la condamnation de cette pratique par le Parlement européen. Les conseils donnés pour faire établir la filiation de l’enfant né de GPA en page p.31 illustrent une nouvelle fois le double jeu mainte fois dénoncé du Gouvernement vis-à-vis du recours à cette pratique à l’étranger.
De même, au sujet de la PMA et du recours à des gamètes d’un tiers, le guide précise les « méthodes interdites » (p.11) comme l’insémination artisanale et le recours à une banque privée de gamètes. Mais s’agissant de cette dernière, le guide indique immédiatement comment faire établir la filiation avec l’enfant qui serait ainsi conçu. D’une main, il rappelle l’illégalité, et de l’autre, il donne les conseils pour apurer la situation juridique lorsque l’infraction a été commise.
N’est-il pas choquant de voir le Gouvernement prôner les solutions permettant d’éviter les conséquences d’une infraction à la législation ?
Un autre exemple en est donné par le traitement de la question des personnes dites transgenres. Il est précisé que le terme « mère » concerne des personnes inscrites « femme » à l’état-civil. Le guide encourage ainsi la jurisprudence de la Cour d’Appel de Toulouse qui, le 9 février 2022, a fait prévaloir le « ressenti » d’un adulte sur la réalité biologique et l’intérêt de l’enfant de se voir délivrer un acte de naissance correspondant à cette réalité et non à un ressenti. La Cour d’Appel a en effet autorisé un homme biologique qui avait conçu naturellement son enfant dans le cadre d’une relation sexuelle avec son épouse, mais dont l’état-civil avait été modifié dans le sexe opposé, à figurer comme mère sur l’acte de naissance de l’enfant.
Le guide revendique dans le même temps que des personnes inscrites comme homme à l’état-civil, c’est-à-dire des femmes de naissance, puissent bénéficier des droits attachés aux mères de famille, alors même qu’il milite pour qu’elles soient déclarées comme « père » sur l’acte de naissance de leur enfant.
On le voit, seul compte l’intérêt des adultes. L’enfant est toujours sommé de s’adapter aux ressentis ou aux combinaisons mises en œuvre pour assouvir le désir d’enfant.
Démocratie & synodalité
De Philippe Mesnard dans Politique Magazine :
[…] Et que dire du pape François ? On n’a jamais vu quelqu’un si attaché aux années 70, au point d’en refuser tout examen critique, fustiger si fortement ceux qui sont eux-mêmes attachés, après examen critique, à une vision de l’histoire de l’Église plus large et plus ample, et non pas resserrée sur les soixante dernières années, ni un démocrate si entiché de démocratie, rebaptisée synodalité, être à ce point autoritaire et dire « L’une des choses les plus laides dans l’Église est l’autoritarisme, qui est alors un miroir de la société blessée par la mondanité et la corruption » (2 février, rencontre avec les jésuites en RDC) en même temps qu’il retire aux évêques la liberté liturgique dont ils avaient toujours joui précisément parce que certains évêques n’appliquent pas Traditionis Custodes comme le pape veut qu’il soit appliqué – autrement dit parce que certains évêques ont correctement appliqué Traditionis Custodes. Mais voilà, François a sa vérité, comme Poutine, comme Biden, comme l’éditeur de Roald Dahl, et il ne souffre pas plus qu’eux qu’on en doute, qu’on en discute, qu’on fasse valoir que les “narratifs” ne sont rien d’autre qu’une manière habile de présenter les choses pour justifier les décisions, ce qui est sûrement légitime quand Darmanin nous parle de ses succès (on salue le talent en n’en pensant pas moins). Mais plus du tout quand il s’agit de déclencher un schisme ou de plonger le monde dans la guerre. Là, il apparaît que la vérité doit être cherchée, à tout prix ; et que ne ce ne sont pas les relativistes qui la détiennent.
La culture de mort toujours assoiffée
SOS Homophobie, Sidaction et le Planning familial ont annoncé saisir le tribunal administratif de Paris contre l’Etat pour contraindre à la mise en place de « trois séances annuelles d’éducation à la sexualité » à l’école, et de « sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles ». Selon les organisations, « seule l’éducation à la sexualité, “dès le plus jeune âge”, doit permettre de “s’attaquer à la racine des inégalités et des violences de genre” ».
C’est toujours ainsi : les associations de la culture de mort sont toujours insatisfaites et en réclament toujours plus. Il s’agit maintenant de détruire toute conscience chez les enfants. La mode des interventions avec des drag-queens se répand dans les maternelles. Mais ils veulent généraliser le détraquage général :

Il faut d’urgence enfermer les idéologues du genre
Yves Daoudal relate les charcuteries de genre :
- Chloé Cole, qui a aujourd’hui 18 ans, mène une campagne active contre l’épidémie de « changement de sexe » qui frappe les Etats-Unis. Maintenant elle porte plainte contre les médecins qui l’ont mutilée. En effet, après avoir été exposée à des influenceurs transgenres en ligne, Chloé a développé l’idée qu’elle était un garçon. Ses parents ont demandé conseil aux médecins. Les médecins ont confirmé la dysphorie de genre et ont fait valoir à la famille que Chloé ne pourrait pas résoudre son problème sans un processus de transition chimique et chirurgical, et qu’il y avait un risque élevé de suicide si elle ne le faisait pas. Et de dire aux parents : « Est-ce que vous préférez avoir une fille morte ou un fils vivant ? » Et ils l’ont bourrée d’hormones, et lui ont coupé les seins à 15 ans.
- En 2014, Susana, 15 ans, plus ou moins autiste, affirme qu’elle est un garçon « parce qu’elle a vu sur YouTube des vidéos de personnes qui avaient changé de sexe et qui disaient que leur santé mentale s’était améliorée ». Un psychologue « spécialisé dans le genre » donne aussitôt son feu vert à la « transition de genre ». La mère est étonnée mais le psychologue lui dit : « Si elle se sent comme un garçon, elle est un garçon. » A 18 ans, elle devient officiellement Sebastian et se fait couper les seins. L’année suivante, comme elle a toujours ses règles malgré trois ans d’hormones, elle subit une ablation de l’utérus et des ovaires, sur les conseils des médecins… Aujourd’hui elle se rend compte qu’elle a été manipulée et qu’on lui a « violé son âme », comme elle dit. Elle porte plainte contre le service de santé de Galice pour « diagnostic erroné de dysphorie de genre » et « absence de soutien psychologique ». C’est une première en Espagne, alors que vient d’être votée une loi qui facilite le « changement de genre » sur simple déclaration et le permet à partir de 14 ans.
Aux Etats-Unis, trois nouveaux Etats, le Tennessee, le Mississippi et l’Indiana ont voté des projets de loi visant à interdire les traitements de changement de genre pour les mineurs. Une dynamique déjà lancée dans d’autres Etats. Alors que le Sénat de l’Indiana a voté avec 36 voix contre 12 un projet de loi visant à interdire l’hormonothérapie, les bloqueurs de puberté et la chirurgie de changement de genre pour les moins de 18 ans, le gouverneur du Tennessee, Bill Lee, doit signer un projet de loi similaire. De son côté, le gouverneur républicain du Mississippi a signé le 28 février un projet de loi, entré en vigueur immédiatement, qui interdit également la chirurgie de changement de genre, la prescription et l’administration de bloqueurs de puberté et d’hormonothérapie croisée pour les moins de 18 ans. La loi prohibe également le fait de « s’engager sciemment dans une conduite qui aide ou encourage la réalisation ou l’incitation de procédures de transition de genre » pour les mineurs. Tout professionnel de santé qui irait à l’encontre de la loi risquerait de voir son autorisation d’exercer la médecine révoquée.
Subvention annulée pour SOS Méditerranée
La Cour administrative d’appel de Paris a annulé vendredi une subvention de 100 000 euros octroyée en 2019 par la Ville de Paris à l’ONG SOS Méditerranée, jugeant que la mairie avait interféré avec la politique étrangère de la France. En accordant cette aide,
«le conseil de Paris doit être regardé comme ayant entendu prendre parti et interférer dans des matières relevant de la politique étrangère de la France et de la compétence des institutions de l’Union européenne, ainsi que dans des différends, de nature politique, entre États membres».
Le tribunal parisien rappelle qu’
«une collectivité territoriale ne saurait (…) méconnaître les engagements internationaux de la France ni, en attribuant une subvention, prendre parti dans un conflit ou un différend international de nature politique ou interférer dans la conduite de la politique extérieure de la France».
Cette décision devrait permettre d’annuler toutes les subventions votées par des collectivités en faveur de cette ONG militante. Si on ne sait pas qui a formulé ce recours, il doit être possible à des entités équivalentes, dans chaque collectivité, d’engager un recours identique.
Tugdual Derville – Euthanasie : une fausse liberté
Gabrielle Cluzel reçoit Tugdual Derville, président d’Alliance VITA qui vient de publier un nouveau livre, Docteur, ai-je le droit de vivre encore un peu ?.
Il dénonce l’initiative d’Emmanuel Macron de remettre en cause l’interdit de tuer qui fonde notre société en confiant la réflexion sur l’euthanasie à une Convention citoyenne, « briefée de façon orientée ». Pour lui, cette démarche constitue « une dérive populiste ». Il n’hésite pas à pointer le « manque de convictions fermes » d’Emmanuel Macron. Les résultats des débats de cette convention sont, pour lui, « effrayants mais prévisibles » : promotion de l’euthanasie, du suicide assisté, y compris pour des enfants. Tugdual Derville décrypte aussi la stratégie politique d’Emmanuel Macron qui « joue des équilibres politiques en fonction des sujets » : à la réforme des retraites qui penche à droite vient s’ajouter cette loi en direction de la gauche. Tugdual Derville fait aussi un tour d’horizon des évolutions à l’étranger : instructif mais inquiétant.
Un roman historique autour de Jeanne d’Arc
Xavier Leloup a entrepris la rédaction d’une saga historique sur la Guerre de Cent ans – et autour de la magnifique figure de sainte Jeanne d’Arc (parmi des visages beaucoup moins aimables de notre histoire!). Trois volumes de cette saga des “Trois pouvoirs” sont déjà parus: “Le prince meurtrier“, “Le chevalier noir” et “La reine de fer“. Nous avons interrogé l’auteur.
Vous avez entamé en 2021 la rédaction d’une saga historique débutant aux débuts du XVe siècle (déjà 3 volumes parus). Qu’est-ce qui vous séduit dans cette période à première vue si sombre ?
Si ce début de XVe siècle est effectivement sombre, il n’est pas moins passionnant. Qu’on en juge plutôt : d’un côté, un roi fou, une reine infidèle et un régent ambitieux, de l’autre, un prince de sang prêt à tout pour accéder au pouvoir, y compris le crime de sang. Tous les ingrédients d’une grande tragédie étaient donc réunis et c’est pourquoi j’ai voulu faire débuter ma saga sous le règne de Charles VI, ce roi méconnu au destin pourtant si shakespearien.
La période est également incontournable en ce qu’elle pose le cadre de l’épopée johannique. Ainsi de l’infidélité notoire de la reine Isabelle de Bavière, qui explique les doutes que Charles VII entretenait sur son ascendance, et donc sa légitimité, lorsque Jeanne d’Arc fait sa rencontre. Ainsi des meurtres du prince Louis d’Orléans puis de Jean Sans Peur, le duc de Bourgogne, qui divisent le royaume de France en deux et aboutissent à cette situation tripartite où Anglais, Français et Bourguignons se disputent le royaume de France. Ainsi de la ville d’Orléans, assiégée par les Anglais en 1429 alors que son seigneur suzerain, le duc Charles d’Orléans, héritier de Louis d’Orléans, est retenu prisonnier en Angleterre depuis Azincourt.
Le règne de Charles VI constitue donc le ferment de l’épopée johannique, sa matrice. L’autre intérêt était pour moi de raconter l’histoire de Jeanne d’Arc sous un angle nouveau en l’inscrivant dans le temps long.
Voyez-vous des similitudes entre cette période et la nôtre ?
Maladie du roi, guerre civile, meurtres politiques, défaites militaires : le royaume de France réalise en 30 ans, de Charles VI à Charles VII, une sorte de descentes aux enfers. Cette longue agonie, à certains égards, n’est pas sans rappeler les maux de tous ordres qui s’abattent aujourd’hui sur notre pays.
Mais ce qui me frappe le plus, c’est la tendance récurrente d’une certaine élite dirigeante à vouloir se vendre aux ennemis de la France. Une trahison qui, hier comme aujourd’hui, se fait d’ailleurs le plus souvent sur le dos et à l’insu du peuple qui, au contraire, entretient un rapport plus charnel avec la mère patrie. Comme si, à intervalles réguliers, les « Grands » décidaient que la France ayant fait son temps, il était temps de la liquider.
Dans ces ténèbres de la guerre de cent ans, dans une Europe déchirée par le Grand schisme d’Occident, la figure lumineuse de Jeanne d’Arc apparaît fondamentale pour comprendre la survie de la France. Comment le romancier que vous êtes comprend-t-il cette épopée presque irréelle ?
Alexandre Dumas disait : « Jeanne d’Arc est le Christ de la France ; elle a racheté les crimes de la monarchie, comme Jésus a racheté les péchés du monde : comme Jésus, elle a eu sa passion ; comme Jésus, elle a eu son Golgotha et son Calvaire. »
A l’instar de Saint Louis, Jeanne d’Arc est donc à la fois une femme de prière et d’action, une guerrière et une martyre. Elle représente pour moi l’intervention du surnaturel dans le destin des hommes et confirme la place particulière que tient la France dans le plan de Dieu.
Le parcours de Jeanne d’Arc est également un bon exemple du patriotisme qui animaient les femmes de cette époque. Comme j’ai eu l’occasion de le montrer dans Les Grandes Dames de la guerre de Cent Ans, la Pucelle ne constituait pas, de ce point de vue-là, un cas isolé. Outre la duchesse d’Anjou Yolande d’Aragon, nombreuses furent les femmes à se battre avec la plus grande énergie contre l’envahisseur anglais.
Jeanne d’Arc, enfin, présente pour moi un paradoxe. Alors qu’elle est sans nul doute l’un des personnages les mieux documentés du Moyen Âge, certaines zones d’ombre entourent encore son parcours ; zones d’ombre, qu’en tant que romancier, je me suis fait un plaisir d’exploiter.
Vous annoncez la parution prochaine d’un 4e volume : L’envoyée de Dieu. Pour quand l’envisagez-vous ?
La sortie de ce nouvel opus est prévue pour mai 2023.
L’envoyée de Dieu met en scène les premiers exploits de Jeanne d’Arc en les imbriquant dans l’univers romanesque de ma saga, c’est-à-dire en y mêlant mes héros que sont Guillaume de Gaucourt et Yolande d’Aragon.
La principale originalité tient au rythme de la narration. Plutôt que de passer rapidement d’un événement à l’autre, j’ai préféré m’attarder sur deux étapes clefs de l’épopée de la Pucelle : sa présentation au roi Charles VII, à Chinon, où toute la cour de France est réunie et l’attend de pied ferme, puis sa reconquête d’Orléans, où elle va parvenir en seulement quelques jours à faire lever un siège qui durait depuis sept mois.
Dans la plus pure tradition littéraire, je me suis ainsi efforcé de bâtir un imaginaire plausible autour d’événements historiques que tout le monde connaît, ou du moins croit connaître ; avec, en contrepoint, une bonne dose de romance et d’humour.
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Le Panama ne dénature pas le mariage
Dans un arrêt du 16 février, la Cour suprême du Panama, saisie de plusieurs recours depuis 2016, a rejeté la reconnaissance du mariage homosexuel estimant que
« le droit au mariage égalitaire n’est rien de plus qu’une aspiration qui, bien que légitime pour les groupes concernés, n’entre ni dans la catégorie d’un droit humain ni d’un droit fondamental ».
Six des neuf magistrats de la Cour ont estimé que le mariage homosexuel « ne jouit pas d’une reconnaissance conventionnelle et constitutionnelle ».
La décision précise que l’exigence du mariage entre un homme et une femme est objective et justifiée
« par l’intérêt général de donner la préférence à ces unions qui peuvent fonder des familles, préserver l’espèce humaine et par conséquent la société ».

