❗NON à l’euthanasie : Rendez-vous ce mardi à 20h en bas des marches du Château de Chambéry
” Ce qui met en danger la société, ce n’est pas la grande corruption de quelques uns, mais le relâchement de tous”
(Alexis de Toqueville)
Rejoignez la mobilisation des Veilleurs !
À la veille du vote de l’Assemblée nationale sur l’euthanasie et le suicide assisté, nous vous invitons à vous joindre à la mobilisation des Veilleurs pour redire notre attachement au respect de tout vie humaine, de son commencement à sa fin naturelle.
📍 Rendez-vous : ce soir à 20h
📍 Lieu : à Chambéry : sur les marches du Château des Ducs de Savoie
📍 Pensez à apporter des textes à lire.
Invitez largement vos amis et vos proches.
Nous comptons sur votre mobilisation !
L’équipe des Veilleurs de Savoie
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
L’école catholique va-t-elle donc disparaître ?
Alors que l’actualité est particulièrement chargée et dramatique, entre l’assassinat du jeune Quentin et le renforcement de la proposition de loi sur l’euthanasie, le Club des Hommes en noir braque ses projecteurs sur un autre sujet inquiétant et qui risque de passer inaperçu : les menaces contre l’école catholique.
Les deux rapporteurs de la Commission d’enquête sur les violences dans les établissements privés, dont le LFI Paul Vannier, ont déposé une proposition de loi qui se révèle particulièrement inquiétante et qui met directement en cause l’enseignement religieux et jusqu’au secret de confession.
L’école catholique va-t-elle donc disparaître ?
C’est à cette question que répondent l’abbé Marc Guelfucci, l’abbé Grégoire Celier, Jeanne Smits et Jean-Pierre Maugendre réunis par Philippe Maxence au micro du Club des Hommes en noir.
Entre l’islam et le christianisme, qui a le plus de raisons de croire?
Olivier Bonnassies, directeur de Marie de Nazareth, et Bruno Guillot, ancien imam salafiste converti au catholicisme, ont débattu avec Karim al-Hanifi, chercheur musulman (un deuxième musulman était prévu, mais a finalement renoncé à participer à ce débat), sur les raisons de croire à l’islam et au christianisme:
Ce que l’Ontario nous apprend sur la pratique de l’« aide médicale à mourir »
La Fondapol examine de manière critique les pratiques avérées relatives à l’« aide médicale à mourir » (AMM) en Ontario, telles qu’elles sont documentées par le coroner en chef de l’Ontario dans les rapports du Comité d’examen des décès liés à l’AMM (CEDA). S’appuyant sur des récits de cas et des discussions anonymisées résumés dans un récent rapport du Comité sur la démence et dans ses rapports antérieurs, l’auteur met en évidence les aspects préoccupants de la pratique actuelle de l’AMM, en se concentrant particulièrement sur l’AMM pour les personnes atteintes de démence. L’article documente des évaluations de capacité de consentement parfois minimalistes, des procédures de consentement éclairé discutables et des interprétations variables de critères juridiques tels que « mort naturelle raisonnablement prévisible » et « état avancé de déclin irréversible ».
L’analyse révèle comment les pratiques actuelles peuvent contourner les garanties législatives fondées sur le droit pénal, notamment par le recours à des dérogations au consentement final qui s’apparentent à des demandes anticipées d’« aide médicale à mourir », lesquelles sont interdites dans le Code criminel. L’article soutient que les documents d’orientation de l’Association canadienne des évaluateurs et prestataires d’AMM contribuent à des pratiques qui semblent en contradiction avec la loi.
Ceux qui s’inquiètent de l’expansion significative de la pratique de l’« aide médicale à mourir » et des preuves de plus en plus nombreuses de pratiques parfois clairement problématiques, trouveront dans ces rapports du CEDA une confirmation supplémentaire que ce régime d’« aide médicale à mourir » pose de sérieux problèmes. Les rapports fournissent des preuves supplémentaires de l’utilisation de normes peu rigoureuses en matière de capacité et de consentement éclairé, de l’utilisation de l’« aide médicale à mourir » parfois motivée par des pressions structurelles et contextuelles, de la volonté parfois notable d’offrir l’AMM à des personnes suicidaires, qui luttent contre des problèmes de santé mentale, et enfin de l’utilisation des directives de l’ACEPA qui jouent sur les contours de la loi.
Dernière ligne droite pour éviter le tourisme abortif financé par nos impôts
C’est normalement demain que les commissaires européens doivent statuer sur l’initiative européenne My voice, My choice qui prétend faire financer par les contribuables le tourisme abortif à travers l’Europe. Il est encore temps d’écrire et de faire connaître notre opposition. Vous pouvez le faire en cliquant ici.
Euthanasie : le vote à l’Assemblée est repoussé à mercredi
Nous bénéficions d’un délai supplémentaire pour contacter nos députés.
L’Assemblée nationale devait se prononcer sur l’euthanasie ce mardi, mais l’examen des amendements retarde le vote. La présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet a fait savoir sur RTL qu’il aura lieu «probablement demain».
«Il nous reste un peu plus de 200 amendements, on reprendra les débats aujourd’hui à 16h30». «On va décider en conférence des présidents quand est-ce qu’aura lieu le vote».
«Ce sera adopté avant l’été».
Cette nuit l’Assemblée a rejeté la suppression du délit d’entrave, comme elle a rejeté la création d’un délit d’incitation. Ce texte est de plus en plus extrémiste.
De même les amendements visant à laisser les établissements de santé et Ehpad libres de ne pas accepter l’euthanasie et le suicide assisté ont été rejetés.
Les amendements visant à exclure de l’euthanasie les personnes porteuses de déficience intellectuelle ont tous été rejetés.
Le torchon brûle entre la Hongrie et la Commission européenne
Extraits du discours de Viktor Orban en ouverture de la session parlementaire hongroise :
Chers collègues, je dois également informer le Parlement que, dans un geste sans précédent dans l’histoire de notre pays, notre voisin oriental, l’Ukraine, qui est en guerre, a bloqué les livraisons de pétrole via l’oléoduc Amitié depuis le 27 janvier. Je signale à la Chambre que le gouvernement a examiné la situation et conclu qu’il n’y avait aucun obstacle technique à la reprise des livraisons. C’est à l’Ukraine de décider de redémarrer ou non l’oléoduc. Il est de plus en plus évident qu’il s’agit là d’un chantage politique pur et simple. Il est bien connu que les relations diplomatiques entre la Hongrie et l’Ukraine ont atteint un point bas. Les Ukrainiens exigent que la Hongrie se désengage de l’énergie russe, donne de l’argent à l’Ukraine et soutienne l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne. De plus, les Ukrainiens menacent ouvertement le gouvernement hongrois et ses dirigeants. J’informe la Chambre que le gouvernement national ne cédera à aucun chantage.
[…]
L’article 222 du traité sur l’Union européenne oblige l’Union européenne à venir en aide à un État membre qui a subi des dommages causés par un tiers. Bruxelles devrait être tenue de se ranger du côté de la Hongrie, mais ce n’est pas le cas. Les faits montrent que Bruxelles s’est rangée du côté de l’Ukraine, qui n’est pas membre de l’UE, plutôt que du côté de la Hongrie. Chers collègues, il est bien connu que la Hongrie et Bruxelles ont des points de vue opposés sur la guerre, sur le financement de l’Ukraine et sur l’adhésion de l’Ukraine à l’UE. Pourtant, dans la situation actuelle, Bruxelles doit représenter les intérêts de la Hongrie. Le fait qu’elle ne le fasse pas constitue une violation grave du traité au détriment de la Hongrie.
[…]
Le gouvernement a également décidé de réagir. En accord avec la Slovaquie, nous avons arrêté les livraisons de diesel à l’Ukraine. En outre, le gouvernement a opposé son veto au versement de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, qui avait été accordé sans la participation de la Hongrie et sans aucune charge pour nous. Et le gouvernement a décidé d’opposer son veto au 20e paquet de sanctions qui était sur le point d’être adopté à Bruxelles. Aujourd’hui, à Bruxelles, nous avons annoncé que tant que l’Ukraine n’autorisera pas le pétrole russe à entrer en Hongrie, nous bloquerons toute décision pro-ukrainienne à Bruxelles.
L’appel transpartisan de 42 députés contre l’euthanasie
Dans une tribune publiée dans Le Figaro, 42 députés interpellent leurs collègues sur le contenu du texte qui ne comprend plus d’encadrement strict et ne serait pas limité aux situations exceptionnelles de toute fin de vie :
Issus de sensibilités politiques différentes, nous prenons la parole ensemble pour vous interpeller. Beaucoup d’entre vous n’ont pas pu suivre le détail des débats ni pu mesurer la portée des amendements adoptés ces derniers jours. Le texte soumis à notre vote ne correspond en aucun cas à ce qui avait été initialement présenté comme un dispositif strictement encadré, limité aux situations exceptionnelles de toute fin de vie.
Il ne s’agit pas d’un clivage partisan. Il s’agit d’un choix de société qui engage durablement notre droit, notre conception du soin et la protection due aux plus fragiles. C’est le sens des législations précédentes dont la mise en œuvre devrait être une priorité absolue : elles ont été adoptées de façon consensuelle avec des limites qui structurent notre pacte républicain. Les déplacer transforme en profondeur notre droit commun.
Ce n’est pas une loi de fin de vie, mais une loi qui banalise la mort provoquée. L’intitulé et la communication gouvernementale ont installé une confusion : cette loi ne concerne pas uniquement les personnes aux derniers jours de leur existence. Les critères retenus ne se limitent pas aux situations terminales. La suppression de la référence excluant la souffrance psychologique seule élargit encore le champ. Une personne pourra solliciter l’aide à mourir sans être en fin de vie. Le dispositif s’appliquera à des maladies chroniques, évolutives, parfois longues. Il ne s’agit donc pas seulement d’un ultime geste face à l’irréversible immédiat, mais de l’introduction d’un droit nouveau au cœur même du parcours de soins.
Ce n’est pas une loi d’exception, mais une loi d’éligibilité très étendue. Les porteurs du texte parlent d’une solution exceptionnelle. Pourtant, les notions de « phase avancée » et de « souffrance insupportable selon la personne » sont extensives et difficilement objectivables. Aucun seuil médical précis ne permet de déterminer à partir de quel moment une affection deviendrait « suffisamment avancée » pour justifier un geste létal. L’appréciation repose largement sur la subjectivité de la souffrance exprimée. Dans un pays où des millions de citoyens vivent avec des affections graves et incurables, l’éligibilité potentielle est considérable. L’exception annoncée devient une ouverture de principe, appelée à s’étendre par la pratique.
Nous parlons d’un geste irréversible encadré par une procédure allégée et un contrôle après la mort.
Ce n’est pas une procédure rigoureuse, mais une décision solitaire sous contrôle posthume. Un acte consistant à provoquer la mort devrait être entouré des garanties les plus exigeantes. Or la décision finale appartiendra à un seul médecin ; l’avis du second pourra être rendu à distance, sans examen physique du patient. La collégialité est réduite à un minimum de formalité. Les délais de réflexion seraient les plus courts du monde. Le contrôle interviendra uniquement a posteriori, une fois la personne décédée. Aucune validation indépendante préalable n’est prévue. Les proches seront exclus du droit au recours. Les majeurs protégés deviennent éligibles. Pour écarter une demande au motif du discernement, il faudra démontrer une altération « grave ». L’acte pourra être réalisé dans des lieux très variés, et des mineurs pourront être présents lors de l’administration du produit létal. Nous parlons donc au final d’un geste irréversible encadré par une procédure allégée et un contrôle après la mort.
Ce n’est pas une loi qui protège, mais une loi qui expose les plus vulnérables. Nous légiférons dans un système de santé fragilisé, marqué par des inégalités d’accès aux soins palliatifs et par l’épuisement des équipes. Beaucoup de nos concitoyens peinent déjà à obtenir un accompagnement digne et un soulagement effectif de la douleur. Dans un tel contexte, la demande d’aide à mourir ne naît jamais dans le vide. Le sentiment d’être un fardeau, la dépendance, la solitude, la précarité influencent les décisions. En consacrant juridiquement la mort comme réponse possible à la souffrance, la société modifie le cadre symbolique dans lequel s’exerce le choix. Les personnes âgées, handicapées, atteintes de maladies chroniques ou psychiquement fragiles seront particulièrement exposées à cette nouvelle norme implicite.
Ce n’est pas une loi de liberté, mais une loi qui installe une insécurité diffuse. On invoque l’autonomie. Mais une liberté authentique suppose que toutes les alternatives soient réellement accessibles. Tant que l’accompagnement palliatif n’est pas garanti partout, l’autonomie proclamée risque d’être théorique. En introduisant dans le droit commun la possibilité de provoquer la mort, la loi modifie la hiérarchie des réponses collectives à la souffrance. La question ne sera plus seulement de savoir comment mieux soigner et accompagner, mais aussi s’il convient de poursuivre. La possibilité juridique deviendra un repère culturel ; l’option pourra se transformer en attente.
Ce n’est pas une loi qui respecte les consciences, mais une loi qui s’imposera aux lieux de soin. On nous assure que les médecins seront protégés par leur clause de conscience. Pourtant, tous les établissements sanitaires et médico-sociaux de santé, y compris ceux dotés d’un projet d’établissement spécifique, seront tenus d’organiser en leur sein la réalisation de l’acte létal. Autrement dit, même si un praticien peut individuellement refuser de participer, l’institution devra garantir que l’acte puisse être pratiqué dans ses murs. La liberté personnelle du soignant ne compensera pas la contrainte institutionnelle imposée aux structures de soin, sommées d’intégrer la mort provoquée dans leur organisation.
La mort provoquée s’imposera dans les Ehpad, dans tous les lieux de soin, y compris dans les services de soins palliatifs. Elle introduira la possibilité d’un acte létal au cœur des lieux consacrés à l’accompagnement et au soulagement. Le médecin ne sera plus seulement celui qui soigne et accompagne jusqu’au terme naturel de la vie ; il pourra être celui qui administre la mort. En miroir, aucun citoyen ne pourra plus avoir la liberté d’être accueilli dans un établissement qui respecterait les limites fixées par la Loi Claeys Leonetti.
Chers collègues, ce vote ne constitue pas un ajustement technique. Il inscrit dans notre droit commun la possibilité de provoquer la mort sur des critères extensifs, selon une procédure fragilisée, dans un contexte sanitaire et social déjà tendu et où personne ne peut garantir ce qu’il adviendrait de la dignité humaine si notre monde était dominé par des idéologies contraires à nos valeurs humanistes. Au-delà de nos différences, nous avons en partage une responsabilité : celle de ne pas franchir, à la légère, des seuils irréversibles.
*Signataires :
Thibault Bazin (Droite Républicaine)
Béatrice Bellamy (Horizons)
Thierry Benoit (Horizons et Indépendants)
Sylvain Berrios (Horizons et Indépendants)
Benoit Blanchard (Horizons)
Anne-Laure Blin (Droite Républicaine)
Sylvie Bonnet (Droite Républicaine)
Jean-Michel Brard (Horizons et Indépendants)
Xavier Breton (Droite Républicaine)
Blandine Brocard (Les Démocrates)
Joël Bruneau (LIOT)
Yannick Chenevard (Ensemble pour la République)
Josiane Corneloup (Droite Républicaine)
Michel Criaud (Horizons)
Charles de Courson (LIOT)
Élisabeth de Maistre (Droite Républicaine)
Lionel Duparay (Droite Républicaine)
Jean-Carles Grelier (Les Démocrates)
Justine Gruet (Droite Républicaine)
Patrick Hetzel (Droite Républicaine)
Sébastien Huyghe (Ensemble pour la République)
Cyrille Isaac-Sibille (Les Démocrates)
Philippe Juvin (Droite Républicaine)
Thomas Lam (Horizons)
Corentin Le Fur (Droite Républicaine)
Constance Le Grip (Ensemble pour la République)
Laure Miller (Ensemble pour la République)
Joséphine Missoffe (Ensemble pour la République)
Louise Morel (Les Démocrates)
Yannick Neuder (Droite Républicaine)
Jimmy Pahun (Les Démocrates)
Astrid Panosyan-Bouvet (Ensemble pour la République)
Jérémie Patrier-Leitus (Horizons)
Maud Petit (Les Démocrates)
Stéphane Peu (Gauche Démocrate et Républicaine)
Dominique Potier (PS)
Marie-Agnès Poussier-Winsback (Horizons)
Charles Rodwell (Ensemble pour la République)
Charles Sitzenstuhl (Ensemble pour la République)
Liliana Tanguy (Ensemble pour la République)
Annie Vidal (Ensemble pour la République)
Anne-Cécile Violland (Horizons)
Protestation Patrick Hetzel sur les propos tenus dans l’hémicycle vendredi : « Ce sont des cathos ! »
Vendredi soir, les députés poursuivaient la discussion, en deuxième lecture, de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir. Extrait des débats, avec un peu de cathophobie, bien banale en cette période de carême :
Christophe Bentz
J’avais indiqué que notre amendement de suppression était défendu, mais je ne résiste pas à l’envie de réagir au vertige dont parle Dominique Potier. Confidence pour confidence, j’éprouve moi aussi ce vertige – personnel, profond. Ce que vous avez dit, cher collègue, était émouvant.
Vous, opposants de gauche à ce texte, êtes peu nombreux ; et pourtant je ne comprends pas, fondamentalement, comment quelqu’un de gauche, pour des raisons de gauche, ne s’oppose pas à ce texte. Nous, conservateurs sociaux – si vous souhaitez utiliser ce terme –, vous écoutons, même si les arguments de Dominique Potier ne sont pas forcément les mêmes que les miens, ni ceux de nos collègues républicains. Collègues favorables du texte, écoutez aussi les voix dissonantes à gauche, celles qui témoignent d’une vraie sensibilité et de convictions tout à fait respectables – Dominique Potier, Pierre Dharréville au cours du mandat précédent. Ils sont très émouvants, très percutants et parlent au nom de la défense des plus fragiles, des plus vulnérables, des plus pauvres. (Exclamations sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.)
M. Michel Lauzzana
Ce sont des cathos !
M. Christophe Bentz
Écoutez Lisa Belluco, écologiste, qui s’est aussi exprimée récemment. Leur position est cohérente avec leurs convictions de gauche. Je ne comprends pas comment, quand on est de gauche, on peut défendre ce texte. (Mme Marine Hamelet applaudit.)
M. Gérard Leseul
Vous ne comprenez pas la gauche !
Mme Dominique Voynet
C’est pour cela que vous n’êtes pas de gauche !
Mme la présidente
La parole est à Mme Océane Godard.
Mme Océane Godard
J’entends parler d’agacement. Mais qu’est-ce qui est agaçant, finalement ?
M. Charles Sitzenstuhl
Qu’on ne réponde pas à nos questions sur les mineurs par exemple !
Mme Océane Godard
C’est que vous nous prêtiez des intentions fallacieuses, comme si ce texte était permissif, comme si nous prenions les choses à la légère.
Or vous nous entendez depuis des heures, des jours, des semaines, ici et en commission. Vous avez entendu le rapporteur général, la ministre ou le président de la commission. Vous nous entendez depuis longtemps. Nous travaillons.
M. Philippe Juvin
Et alors ? Heureusement que nous travaillons !
Mme Océane Godard
On peut ne pas être d’accord – c’est une chose. Mais vous ne pouvez pas nous accuser de légèreté ou de permissivité. (M. Arnaud Simion applaudit.) Cet article est très clair et particulièrement important. Soyons attentifs à la date, au lieu, à l’administration de la substance létale, aux personnes qui peuvent être présentes.
Je pense aux patients, femmes et hommes atteints d’une affection grave et incurable, qui regardent nos débats : ils nous écoutent, et attendent que l’on respecte ce qu’ils vivent. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC. – Mme Stella Dupont applaudit également.)
Rappel au règlement
Mme la présidente
La parole est à M. Patrick Hetzel, pour un rappel au règlement.
M. Patrick Hetzel
Je m’appuie sur l’article 70, alinéa 3, concernant la mise en cause des personnes dans cet hémicycle. Au moment où M. Bentz s’exprimait, et citait notre collègue Potier et notre ancien collègue Dharréville, une voix dans l’hémicycle s’est élevée pour dire : « Ce sont des cathos ! »
Mme Ayda Hadizadeh
Ce n’est pas une insulte !
M. Patrick Hetzel
Ce n’est pas digne ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes DR et RN. – Mme Annie Vidal et M. Benoît Blanchard applaudissent également.) Le respect doit être la règle, quelles que soient nos croyances ou nos convictions. Ce type d’accusations est grave. Nous débattons de questions fondamentales, d’éthique ; nous devons prendre de la hauteur et non essentialiser les uns ou les autres. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes DR et RN. – MM. Dominique Potier et Stéphane Peu applaudissent également.)
Certains sont probablement gênés. Charles Sitzenstuhl pose une question de fond : il faut débattre sur le contenu, argument contre argument, et non jeter l’anathème sur les uns ou les autres – c’est indigne.
Mme Ayda Hadizadeh
Voyons, soyez charitables !
M. Patrick Hetzel
Il me semblait important de protester. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes DR et RN. – Mme Annie Vidal applaudit également.)
Mme la présidente
Tout à fait ! Nos débats sont respectueux et dignes depuis des heures et des jours. Je souhaite que cela continue ainsi. Vous avez tous été élus par le peuple français pour le représenter et chacun est légitime à s’exprimer, avec ses convictions et ses croyances.
Abbé Raffray : « une société a-t-elle le droit de tuer ceux qui sont faibles, malades ou dépendants ? »
L’abbé Raffray, de l’Institut du Bon Pasteur, dans une vidéo du début du mois de février, nous informe et nous forme sur la réalité de l’euthanasie et pourquoi les catholiques ne peuvent pas la soutenir :
- Question 1 : qu’est-ce que l’euthanasie ?
- Question 2 (9e minute) : le rapport entre la souffrance et la dignité humaine
- Question 3 (12e minute) : y a-t-il un droit à mourir ?
- Question 4 (15e minute) : quelles sont les conséquences de l’euthanasie ?
- Question 5 (19e minute) : qu’est-ce que la vie ?
Deux phrases synthétiques :
« La vie n’est pas un bien, mais un don. Nous sommes les dépositaires de notre vie, non les propriétaires. »
« Aimer celui qui souffre, non le supprimer. »
Insolite: un tract “progressiste” contre l’euthanasie
Un contact à l’Assemblée nous transmet ce tract (en écriture inclusive s’il vous plaît!) contre l’euthanasie. Voici un renfort un peu inattendu mais qui vaut la peine d’être connu. Il n’y a plus qu’à prier pour que les députés de gauche écoutent leurs électeurs…


Mgr Aillet invite les fidèles à prier et faire prier pour les députés et les parlementaires
Communiqué de Mgr Marc Aillet concernant le vote demain de la proposition de loi sur « l’aide à mourir » :
À la veille du vote solennel, mardi 24 février 2026, à l’Assemblée nationale, de la proposition de loi sur « l’aide à mourir » qui prévoit ni plus ni moins de légaliser le suicide assisté et l’euthanasie, j’attire, une fois encore, l’attention des fidèles sur l’extrême gravité d’une telle loi ainsi que sur les terribles conséquences qu’entraînerait son adoption.
Il ne saurait en effet y avoir de limite qui tienne si l’interdit de tuer, fondement sur lequel repose toute vie en société, et la protection des plus vulnérables, est aboli : cette transgression majeure ouvre inévitablement la porte à toutes les dérives possibles et imaginables.
N’est-ce pas ce qui s’est produit en Belgique, aux Pays-Bas ou au Canada, où l’euthanasie, qui devait être rigoureusement encadrée, est désormais largement accessible aux mineurs ou aux enfants, aux personnes handicapées, aux malades mentaux, comme à certaines personnes âgées ou simplement dépressives ?
De fait, il s’avère que la proposition de loi sur « l’aide à mourir » sur lequel l’Assemblée nationale est appelée à se prononcer, et que divers amendements ont considérablement aggravé, n’a rien d’un texte « équilibré » ou d’un texte de « compromis » : il s’agit au contraire du texte de loi le plus expéditif et le plus permissif qui soit.
Les amendements visant à s’assurer des capacités de discernement, de consentement ou de l’absence de pressions ont en effet tous été rejetés, les députés ayant notamment refusé d’exclure de « l’aide à mourir » les personnes en souffrance « seulement psychologique » ou les personnes sous tutelle.
Dans le même esprit, « l’aide à mourir » serait ouverte aux patients atteints d’une maladie grave et incurable au stade « avancé ou terminal », qui ne sont pas nécessairement en fin de vie (soit plusieurs centaines de milliers de personnes potentiellement éligibles : diabétiques, malades d’Alzheimer, etc.)…
Les amendements qui entendaient permettre aux hôpitaux et maisons de retraite de refuser de pratiquer l’euthanasie si cela contredit leurs valeurs éthiques ou religieuses ont été rejetés. A l’inverse, le fait d’empêcher ou de tenter de dissuader un proche de se suicider ou d’être euthanasié serait passible de deux ans d’emprisonnement et de 30.000€ d’amende (« délit d’entrave ») …
Tout cela fait dire à M. François Braun, ancien ministre de la Santé et médecin urgentiste, qu’il sera demain plus facile (et infiniment moins onéreux pour la collectivité) d’accéder à l’euthanasie qu’à une unité de soins palliatifs.
Cette situation est d’autant plus incompréhensible que la quasi-totalité des patients qui demandent à mourir, y renoncent dès lors qu’ils sont pris en charge dans une unité de soins et qu’on s’efforce de soulager leurs souffrances : c’est en tout cas ce qui ressort du témoignage de tous les professionnels de santé concernés.
Faut-il d’ailleurs rappeler que l’euthanasie ne saurait être assimilée à un soin, qu’elle est contraire au « serment d’Hippocrate », incompatible avec la vocation des personnels de santé qui consiste à soigner, accompagner et soulager leurs patients, mais certainement pas à leur administrer la mort ?
Mais si l’on en croit Dominique Reynié, président de la Fondapol (Fondation pour l’Innovation Politique) qui est à l’origine d’une enquête particulièrement rigoureuse et d’un sondage détaillé sur la fin de vie : « Les Français ne demandent pas la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté ; ils veulent que les pouvoirs publics assurent l’équipement de tout le pays en soins palliatifs auxquels aujourd’hui la moitié de la population n’a pas accès ».
Dans ces conditions, je ne peux qu’inviter les fidèles à prier et faire prier pour les députés et les parlementaires qui, demain et dans les semaines qui viennent, sont appelés à se prononcer sur ce texte de loi dont l’adoption marquerait un véritable basculement civilisationnel. Puisse le Seigneur éclairer les consciences de tous les acteurs de la vie politique de telle sorte qu’ils aient à cœur de « répondre concrètement aux situations de fragilité, en promouvant des politiques de solidarité authentique, plutôt que des formes de compassion illusoires comme l’euthanasie » (Pape Léon XIV devant les représentants du corps diplomatique du Vatican le 9 janvier 2026).
+Marc Aillet
évêque de Bayonne, Lescar et Oloron
Fait à Bayonne, le 23 février 2026
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À la veille du vote de l’Assemblée nationale sur l’euthanasie et le suicide assisté, nous vous invitons à vous joindre à la mobilisation des Veilleurs pour redire notre attachement au respect de tout vie humaine, de son commencement à sa fin naturelle.
📍 Rendez-vous : ce soir à 20h
📍 Lieu : Place de la Concorde, Paris
Invitez largement vos amis et vos proches.
Nous comptons sur votre mobilisation !
L’équipe de la Marche pour la Vie
Loi « Fin de vie » : Le sacrifice silencieux de la conscience des pharmaciens
En tant que médecin, je ne peux rester muet face au silence médiatique assourdissant qui entoure un point crucial du projet de loi porté par Olivier Falorni : le déni pur et simple de la liberté de conscience pour les pharmaciens.
Comment accepter que, dans une même chaîne de soin, la loi protège la conscience du médecin qui prescrit et de l’infirmier qui administre, tout en traitant le pharmacien comme un simple automate dépourvu de discernement éthique ? Ce n’est pas une simple « fluidité administrative », c’est une rupture d’égalité brutale et une insulte à l’unité de nos professions.
Pendant les débats parlementaires, des figures comme Olivier Falorni et l’ancienne ministre Agnès Firmin Le Bodo ont défendu l’idée que le rôle du pharmacien serait trop « indirect » pour justifier une clause de conscience. Cette vision est aussi méprisante que dangereuse.
Elle réduit un docteur en pharmacie à un fournisseur logistique, alors que sa responsabilité déontologique est engagée à chaque préparation, surtout lorsqu’il s’agit d’une substance dont l’unique finalité est de donner la mort. Ce mépris politique s’est manifesté de manière flagrante par le rejet systématique de tous les amendements protecteurs, au motif qu’une telle liberté pourrait créer des « ruptures d’accès » au produit létal. En clair, on admet officiellement que la liberté de conscience des soignants est sacrifiée au nom de l’efficacité technique.
Pourtant, la réalité de terrain crie son malaise : le syndicat Synprefh a révélé que 81 % des pharmaciens hospitaliers réclament cette clause de conscience, refusant d’être les « exécuteurs silencieux » d’une procédure qui heurte leur vocation première de soigner.
Pourquoi les grands médias ignorent-ils cette mobilisation massive ?
Pourquoi cache-t-on que des voisins comme la Belgique ou l’Espagne respectent, eux, la conscience de TOUS leurs soignants sans que cela n’entrave leur législation ?
Je m’inquiète de voir la France s’engager dans une voie de coercition unique en Europe, où la dignité professionnelle est piétinée pour ne pas froisser un calendrier politique. En tant que médecin, je refuse de cautionner cette segmentation de la conscience : si l’un de nous est contraint d’agir contre son éthique, c’est toute la déontologie médicale qui s’effondre. Le « droit de mourir » ne peut pas s’acheter au prix de la soumission forcée de ceux qui ont dédié leur vie au soin. Brisons ce silence, car la liberté de conscience ne doit jamais être une variable d’ajustement.
Gabriel Metsu (1629–1667)
L’Apothicaire
Musée du Louvre.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Bannissons les mots qui mentent!
Anne Brassié, courageux écrivain et animatrice d’émission, nous autorise à reproduire cette chronique qu’elle vient de publier:
Par pitié cessons de répéter : Quentin a été lynché. Non il a été massacré à terre par trois barbares payés par des “anti fas”. Le lynchage était une pratique des premiers temps de la nation américaine quand une population en colère décidait de pendre immédiatement un criminel. Quentin n’était pas un criminel.
La liturgie traditionnelle et les conversions
Philippe Pélissier, auteur de “Ils sont entrés dans l’Eglise par la voie de la liturgie latine”, organise le 3 mars un colloque en partenariat avec Ictus et Lex Orandi. Il a bien voulu répondre à nos questions:
Le mouvement de conversion dont on parle beaucoup dans l’Eglise de France en ce moment concerne-t-il les paroisses dans lesquelles se célèbre la liturgie traditionnelle?
Mais pourquoi le ministre Charlotte Parmentier-Lecocq est de retour à l’Assemblée nationale ?
D’un lecteur :
Vous ne la connaissez sans doute pas, mais elle était jusqu’au 22 février dernier « ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées ». Parachutée dans la 6ᵉ circonscription du Nord par La République en marche (LREM), Charlotte Parmentier-Lecocq y fut élue une première fois en 2017, avec pour suppléant Nicolas Blaringhem. En 2022, non seulement ce dernier refusa de se représenter à ses côtés, mais il alla jusqu’à appeler publiquement les électeurs à voter contre elle. Elle fut malgré tout réélu, avec les voix de La France insoumise (LFI), qui appela à voter pour elle dans le cadre du «barrage républicain». Aujourd’hui, alors qu’elle devrait se battre pour « sa » loi Grand Âge, déjà repoussée à maintes reprises malgré des promesses répétées, elle choisit de quitter le gouvernement pour retrouver son poste de député, pourtant abandonné en 2024 au profit de son très inexpérimenté (et très jeune !) suppléant.
La raison ? Non pas un désaccord de fond — encore faudrait-il pour cela afficher des convictions propres, non dictées par le parti — mais une « stratégie de la place chaude », pour reprendre l’expression employée par France 3. Car le calendrier ne doit rien au hasard. Son nouveau et jeune suppléant — qui est également son conjoint, de près de vingt ans son cadet (il y a décidément des constantes en Macronie) — est candidat aux municipales à Templeuve-en-Pévèle, en Flandre française. Or, en raison de la loi sur le non-cumul des mandats, si celui-ci venait à être élu maire, une législative anticipée deviendrait inévitable. Or une telle échéance serait très périlleuse, car année après année, le Rassemblement national progresse dans la circonscription !
Ouste la démocratie, donc — trop incertaine. Ouste la continuité de l’action publique — trop orientée vers le bien commun, du moins en théorie, et pas assez vers les intérêts de carrière. Et l’on quitte le gouvernement pour regagner la soupe du Palais-Bourbon et retrouver son fauteuil bien chaud avant qu’il ne devienne brûlant.
Mais le diable porte pierre. Paradoxalement, cet opportunisme cynique et peu soucieux de l’intérêt général pourrait presque apparaître comme un soulagement, tant la Ministre s’est illustrée comme l’une des chevilles ouvrières du projet de loi euthanasie et de son ouverture aux personnes handicapées, placées sous sa protection ! Le comble du glauque ! N’assumant d’ailleurs pas pleinement cette orientation — et à ce stade, ce serait presque rassurant — elle a affirmé, dans une vidéo diffusée en mai 2025, que la Convention relative aux droits des personnes handicapées des Nations unies soutenait la légalisation de l’euthanasie pour les handicapés. Autrement dit, elle et la Macronie ne feraient qu’appliquer une dynamique impulsée, voire imposée, par l’ONU.
Or il n’en est rien — et la réalité est même inverse ! Comme l’a souligné la Fondation Lejeune, dénonçant une « fake news » et une « instrumentalisation inacceptable », la Convention ne reconnaît aucun « droit à mourir ». Elle affirme au contraire avec force le droit à la vie des personnes handicapées et impose aux États l’obligation de le protéger. Plus encore, le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU (CRPD), chargé de veiller à l’application de ce texte, a exprimé son « extrême préoccupation » et condamné les politiques qui étendent l’euthanasie ou le suicide assisté aux personnes handicapées.
Alors, Madame Parmentier-Lecocq s’en va… Bon débarras ! On risque néanmoins de retrouver cette pasionaria de cette loi digne de l’Aktion T4 lors des prochaines élections présidentielles, aux côtés d’Édouard Philippe, dont elle est l’un des plus fervents soutiens, alors même qu’il appelait il y a peu à la démission du Président de la République dont elle était la ministre et, en apparence, la servante la plus fidèle et servile (sans doute l’« en même temps » macronien). Démissionner à un an du scrutin, comme pour effacer d’ici là son lien avec une Macronie moribonde — alors qu’elle avait été systématiquement reconduite à son poste, malgré les dissolutions successives — n’est sans doute d’ailleurs, une fois encore, pas étranger à sa tactique de carrière. La boucle est bouclée…
Mardi, les dés seront jetés : un vote de meute est un vote sans homme.
On veut faire une loi sur la mort, comme si la mort était un décret. On parle de « liberté », de « choix », de « dignité », mais ces mots-là sont des masques. Dès que l’on commence à légiférer sur l’exception, l’exception devient la règle, et la règle devient un fardeau. Il faut ici se méfier de l’éloquence qui simplifie tout et revenir au métier, au geste, à l’homme.
Regardez d’abord le médecin. Son métier n’est pas de juger si une vie vaut d’être vécue ; son métier est de maintenir les conditions de l’existence. Si vous lui donnez le droit de tuer, vous changez la nature de sa main. La confiance du patient repose sur cette certitude : « Cet homme ne me fera aucun mal. » Si cette certitude vacille, l’hôpital devient une administration de la fin, et le soin, une simple gestion de stock. La vraie compassion n’est pas d’éteindre la lumière, mais de rester dans la chambre. On invoque la douleur comme un paravent, alors que la médecine sait déjà la taire par la sédation ; la vraie souffrance que l’on fuit, c’est celle de l’accompagnement. Tenir la main, reconnaître l’homme sous l’agonie, c’est un travail de paysan, patient et obstiné, qui refuse de déraciner ce qui est encore vivant.
En programmant la mort, on vole au mourant son ultime cheminement : ce temps précieux de la relation, du pardon et du dernier échange que nulle procédure technique ne saurait remplacer. Mais pour nous faire accepter ce renoncement, on déploie l’artillerie des nombres. On vous jette à la face des sondages fabriqués, où la question posée contient déjà la réponse voulue. On interroge l’homme bien portant sur sa peur de souffrir, et l’on fait passer son effroi pour une adhésion politique. Ces chiffres sont les béquilles d’un pouvoir qui ne sait plus parler au cœur.
Pourtant, la réalité des chiffres est ailleurs : là où l’euthanasie s’installe, elle devient l’exutoire de la misère. Il y a une pression des familles, des assureurs, les traitements coûtent cher. Le constat est implacable : parmi les personnes euthanasiées, pauvres et solitaires sont sur-représentées. Ce signal envoyé aux plus fragiles est terrible : il leur dit qu’ils sont un poids. Ce n’est plus une loi de liberté, c’est une loi d’élimination sociale et budgétaire qui ne dit pas son nom.
On crée un climat, on sature l’air de certitudes frelatées pour que le député se dise : « La foule le demande, je ne fais que lui obéir. » C’est là le geste de Ponce Pilate : livrer le juste au nom de la clameur publique. C’est ici que le député doit s’examiner lui-même. À l’Assemblée, on vote trop souvent « en meute », l’œil rivé sur le voisin, l’oreille tendue vers la consigne. On se persuade que l’on pourra, le vote passé, se laver les mains de ses conséquences.
Pourtant, ce gouvernement qui vous presse est fragile. Est-il raisonnable de briser l’interdit de tuer — un socle millénaire — pour plaire à un pouvoir qui ne tiendra peut-être pas l’été ? Celui qui livre la vie des plus fragiles pour sauver son propre siège fait un marché de dupe. Car si la main qui tient la seringue est celle du médecin, la main qui autorise le geste est celle du législateur. Et cette main-là, au moment du vote, est terriblement seule. La « discipline de parti » est un vêtement de parade qui ne protège pas du froid de la conscience. Le vote est un acte personnel, inaliénable.
La dignité n’est pas dans l’acte de disparaître, elle est dans le regard que la société porte sur celui qui est affaibli. Plutôt que la rupture de l’euthanasie, la République doit offrir l’abri des soins palliatifs. Un vote de meute est un vote sans homme. Sur un tel sujet, la République n’a pas besoin de soldats dociles, mais de consciences debout. Le député doit savoir qu’une fois la séance levée, il rentrera seul avec son vote. Et ce vote-là, aucun stratège ne l’aidera à le porter s’il devient, dans le silence de la nuit, le poids d’un remords. Le progrès n’est pas d’accélérer l’hiver, mais de construire des abris. Protégez la fragilité, car c’est là votre seul véritable honneur.
Le vote ne lave pas les mains ; il les engage pour toujours.
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Ecole catholique : “Notre ambition est de faire se lever de nouvelles générations pour suivre le Christ”
Le secrétaire général de l’Enseignement catholique, Guillaume Prévost, a été interrogé dans France catholique. Extrait :
Il y a une forme de myopie, dans le débat public, entre ceux qui voudraient opposer le projet éducatif chrétien et l’ouverture à tous, comme si être chrétien était réservé à quelques-uns, et être ouvert à tous renvoyait forcément à l’école publique. C’est tout le contraire. Notre mission, c’est d’être pleinement chrétiens et pleinement ouverts à tous. Le soin et l’éducation sont au cœur de la présence au monde de l’Église. Sa mission, selon moi, se résume en cette phrase de l’Évangile : « Le Christ trouvera-t-il la foi quand il reviendra sur terre ? » Notre ambition est donc de faire se lever de nouvelles générations pour suivre le Christ. L’enjeu est de parler aux chrétiens, mais aussi aux autres avec le langage de l’Évangile. Dans le débat public, il y a une perte de culture de ce qu’est la singularité du message chrétien. Il faut que nous arrivions à réexpliquer pourquoi nous avons quelque chose à dire à tous en matière éducative. […]
Soins palliatifs : un débat escamoté au profit d’idéologues
Directeur général de la Fondapol, Dominique Reynié a été interrogé dans La Vie à propos de la proposition de loi sur l’euthanasie. Extrait :
[…] Mon hypothèse est que plus les gens réfléchissent au sujet, plus ils s’orientent vers les soins palliatifs plutôt que l’euthanasie ou le suicide assisté. Or, ce débat n’a pas eu lieu : une personne sur deux n’en a pas entendu parler. Mais aujourd’hui, le sujet monte, et la crainte aussi.
Le lien est rapidement fait avec la crise des finances publiques, notamment sur les réseaux sociaux : légaliser l’euthanasie fera faire des économies. Cette crainte n’est pas aberrante tant on insiste lourdement ces temps-ci sur le déficit public, les déserts médicaux, etc.
Pourquoi dites-vous que le débat n’a pas eu lieu ? Il y a eu l’avis du Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé, la convention citoyenne, les discussions parlementaires…
L’importance du sujet aurait dû donner lieu à un débat social porté pendant des mois pour que chacun puisse vraiment réfléchir. Il aurait fallu, par exemple, que l’audiovisuel public s’y penche sérieusement, et non pas seulement en évoquant l’euthanasie comme l’expression d’une mort élégante et libre. Cette pression médiatique s’explique par le fait que le sujet a été arrimé dès le début à une position progressiste ; s’opposer est donc considéré comme un conservatisme, devenu pour certains illégitime, voire soupçonnable.
Quant à la convention citoyenne, elle a servi à dispenser les Français de réfléchir eux-mêmes, en tirant au sort des personnes pour le faire à leur place. J’ai la conviction que cela a été organisé par crainte qu’un véritable débat donne lieu à une hostilité plus manifeste. Depuis le rejet du texte par le Sénat, on voit que l’Assemblée nationale cherche à aller très vite. Pourquoi ?
[…]
Le créneau est serré avant les municipales. Les sénateurs et les députés sont de plus en plus souvent pris à partie sur le sujet. Il y a une radicalisation du côté des soutiens au texte. Et on sent que le monde du soin et de la médecine se cabre. Mais il manque à ce débat les grandes voix morales qu’il y aurait eues autrefois : je vois peu d’universitaires, de professeurs de droit constitutionnel, parler de l’interdit de tuer, qui est un interdit pénal et non pas seulement religieux.
Il y a la crainte, dans la sphère politique aussi, de rester dans le monde d’avant, de rater le monde d’après. Or, les élus se trompent quand ils imaginent que la société est inerte ou consentante sur ce sujet. On vient toucher avec ce texte à une conciliation française merveilleusement réussie entre une tradition religieuse ancienne et une tradition humaniste, consistant à ne pas donner la mort. Cela fait naître une inquiétude chez les Français, même si les systèmes d’alerte de relais vers le politique ne fonctionnent pas.
Ils regrettent d’avoir divorcé
Le Figaro a recueilli des témoignages de quadragénaires qui pensaient à tort que le divorce était une affaire simple qui allait résoudre leurs problèmes.
“je me croyais lucide alors que j’étais aveuglé par le ressentiment”
Ils pensaient tourner la page pour enfin vivre pleinement, avant de découvrir, trop tard, que certaines histoires ne se remplacent pas.
La charité, un feu qui convertit la société ?
Aymeric Pourbaix reçoit :
- 𝐑𝐨𝐦𝐚𝐢𝐧 𝐝𝐞 𝐂𝐇𝐀𝐓𝐄𝐀𝐔𝐕𝐈𝐄𝐔𝐗, fondateur de l’œuvre catholique de développement “Misericordia”
- 𝐏𝐞̀𝐫𝐞 𝐏𝐡𝐢𝐥𝐢𝐩𝐩𝐞 𝐌𝐔𝐑𝐀, religieux de Saint-Vincent-de-Paul
- 𝐒𝐭𝐞́𝐩𝐡𝐚𝐧𝐞 𝐅𝐄́𝐕𝐑𝐈𝐄𝐑, ancien prisonnier
« Le bien des âmes ne peut jamais passer par une désobéissance délibérée »
Dans une tribune publiée dans le JDD, la cardinal Sarah appelle la FSSPX à l’unité, tout en reconnaissant qu’il y a bien des loups déguisés au sein de l’Eglise :

Charlie Kirk et la jeunesse chrétienne
Le 22 février, Terres de mission reçoit Corentin Dugast, jeune converti au catholicisme qui vient de publier “Mourir pour la vérité” (Via Romana), réflexion sur la vie et l’assassinat de Charlie Kirk – et, surtout, ce que Charlie Kirk peut dire aux jeunes Français désireux de partager leur foi.
Puis, Guilhem Golfin, philosophe, présente son dernier ouvrage: “Autorité, pouvoir & souveraineté” (Hora Decima)
Quatrième centenaire de la consécration de la basilique Saint-Pierre à Rome
Une série d’initiatives sont lancées pour célébrer le IVe centenaire de la dédicace de la basilique. Outre les projets d’innovation et de recherche, le programme culminera le 18 novembre avec la messe célébrée par le Saint-Père.
- 20 février : inauguration du nouveau Chemin de Croix de la basilique
- Élévations spirituelles, c’est-à-dire des rencontres hebdomadaires de prière et de chant polyphonique animés par la Chapelle Julia ;
- des conférences historico-culturelles, théologico-liturgiques et pastorales-spirituelles (24 mars, 26 mai et 13 octobre)
- à l’approche de la solennité des saints Pierre et Paul, le spectacle « Pierre et Paul à Rome » de Michele La Ginestra.
Autres initiatives :
- une nouvelle application pour les liturgies dans la basilique, avec des lectures, des chants et un service de traduction simultanée en plusieurs langues, développée en collaboration avec le Dicastère pour la communication et la société Translated ;
- la retransmission en direct, toujours en collaboration avec le même Dicastère et avec l’aide de bénévoles de la RAI, des célébrations les plus importantes de la basilique.
Consécration épiscopale : peut-on vraiment séparer le pouvoir d’ordre de celui de juridiction ?
Dans une note, la Fraternité Saint-Pie X se défend de toute accusation de schisme et considère qu’une consécration épiscopale non autorisée par le Saint-Siège, lorsqu’elle ne s’accompagne ni d’une intention schismatique (puisque la FSSPX reconnaît le pape à qui elle a demandé audience), ni de la collation de la juridiction (puisque les évêques ordonnés sont considérés comme auxiliaires pour dispenser les sacrements sans aucun pouvoir de juridiction, à l’inverse de ce qui se fait en Chine), ne constitue pas une rupture de la communion de l’Église.
Le père Louis-Marie de Blignières, Fondateur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, écrit à propos des sacres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X :
Les défenseurs des sacres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X [FSSPX] insistent sur la différence de nature, dans l’épiscopat, entre le pouvoir d’ordre, qui est transmis par les rites sacrés de la consécration ; et le pouvoir de juridiction, qui est transmis, chez les latins, par l’injonction du Souverain Pontife, et chez les orientaux unis à Rome par le synode. Ils affirment une « parfaite séparabilité » de ces deux pouvoirs. Le schisme, selon eux, consisterait seulement à vouloir transmettre (comme les évêques chinois dans les années cinquante) le pouvoir de juridiction sans l’accord du pape. La pure transmission du pouvoir d’ordre constituerait au maximum une désobéissance, et elle serait, en certains cas, licite car justifiée par un « état de nécessité ».
Ce raisonnement est invalidé par plusieurs considérations.
1° Si nous admettions (par hypothèse) une parfaite séparabilité de l’ordre et de la juridiction, il faudrait pourtant ajouter que, dans un sacre légitime, intervient en fait toujours l’exercice d’une juridiction. En effet, l’acte par lequel est désigné le sujet à sacrer ne relève pas du pouvoir d’ordre, mais du gouvernement de l’Église. « De droit divin – écrit l’abbé Berto, théologien (peritus) de Mgr Lefebvre durant le concile Vatican II –, les évêques, même dispersés, sont un corps constitué dans l’Église » [1] et l’agrégation à ce corps est un acte de juridiction. Durant le premier millénaire de l’Église, la désignation était faire ordinairement par les évêques de la Province. Le « mandat apostolique » n’existait pas, mais un sacre épiscopal opéré contre la volonté du propre patriarche, ou a fortiori du pape, était un acte schismatique.
Dans le catholicisme, depuis longtemps, c’est le pape qui opère ce choix (chez les latins) ou le confirme (chez les orientaux unis à Rome). Un évêque qui sacre un prêtre non légitiment désigné (par le pape ou le synode oriental), même s’il entend ne pas transmettre à ce prêtre de juridiction, usurpe bien une juridiction en choisissant ce prêtre-là pour évêque. C’est une désobéissance en matière grave et, selon le critère mis en avant par les défenseurs des sacres FSSPX (« le schisme est uniquement dans l’usurpation de juridiction »), c’est bien un acte schismatique.
2° La séparabilité dont parlent les défenseurs des sacres n’est pas totale. Certes, il y a des évêques qui ne jouissent pas d’une juridiction actuelle, mais tous (à la différence des simples prêtres) ont, en vertu même de leur sacre, une aptitude, de droit divin, à cette juridiction. Il y a, dans la dignité épiscopale elle-même, une relation au Corps mystique, qui ne se réduit pas au pouvoir d’ordonner et de confirmer des baptisés. Cette relation porte sur la régence même de l’Église, en incluant dans cette notion le pouvoir d’enseigner et de gouverner. « L’évêque – écrit saint Thomas d’Aquin – a un Ordre par rapport au Corps mystique du Christ, qui est l’Eglise, sur laquelle il reçoit une charge principale et quasi royale »[2].
Ce pouvoir ne devient juridiction actuelle ou effective que par la désignation et le gouvernement de sujets déterminés. Mais il appelle cette désignation, il y est intrinsèquement ordonné, de par la volonté même du Christ, à tel point que la destination à la juridiction (du for externe) fait partie de la notion même de l’épiscopat. « Ce serait une contradiction dans les termes de concevoir un évêque consacré qui n’aurait, dans le caractère même, aucune relation au gouvernement de l’Église [3]. » Cette vérité est indépendante de la question de la sacramentalité de l’épiscopat.
Celui qui reçoit l’épiscopat sans investiture légitime (par le pape ou le synode oriental) reçoit ainsi un pouvoir spirituel intrinsèquement ordonné au gouvernement de l’Église, en dehors de toute injonction de ceux qui ont autorité dans l’Église. Il reçoit une puissance essentiellement ordonnée à un acte réservé, de droit divin, à ceux qui dans l’Église sont revêtus de l’autorité. Il y a là une grave viciosité qui est dans la ligne même du schisme. C’est pourquoi Pie XII qualifie la consécration ainsi reçue de « très grave attentat à l’unité même de l’Église [4] ».
3° Le schisme intervient lorsque les consécrations sont faites dans le dessein de se soustraire à la juridiction pontificale ou à la communion de l’Église universelle. C’était le cas pour la constitution de l’« Église patriotique » chinoise. C’est ce qui s’est passé pour les sacres de Mgr Lefebvre du 30 juin 1988 et qui est envisagé pour les sacres de la FSSPX du 1er juillet 2026. Ces sacres n’entendent peut-être pas transmettre une juridiction, mais ils visent à se soustraire à une juridiction : se dérober aux « autorités modernistes », pour faire une « opération-survie de la Tradition » hors des structures hiérarchiques.
Le motif donné par l’abbé Jean-Michel Gleize [FSSPX] pour les sacres de 2026 comporte sans aucune équivoque la séparation de la FSSPX d’avec les évêques de l’Église catholique.
Ces consécrations épiscopales sont l’acte rendu nécessaire à l’Eglise en raison d’un « état de nécessité », car la situation présente, qui est celle d’une invasion généralisée et permanente du modernisme dans l’esprit des hommes d’Eglise, réclame, pour la sanctification et le salut des âmes, un épiscopat véritablement catholique et indemne des erreurs du concile Vatican II, tel qu’il ne saurait de fait se rencontrer en dehors de l’œuvre suscitée par Mgr Lefebvre.[5]
C’est pourquoi Jean-Paul II, dans le motu proprio Ecclesia Dei, a parlé à bon droit d’« acte schismatique ». Il ne s’agissait pas seulement de promouvoir quelques prêtres à l’épiscopat, mais le but revendiqué était de se donner les moyens de dispenser les sacrements et l’enseignement dans l’indépendance par rapport à la hiérarchie catholique, pape et évêques en communion avec lui.
De fait, la FSSPX, depuis 1988, et encore plus depuis 2018, où l’abbé Pagliarani est Supérieur général, se comporte comme si elle n’avait aucune subordination à la hiérarchie catholique. Aucune autorisation (en dehors de l’utilisation d’une basilique pour un pèlerinage) n’est demandée pour quelque activité pastorale, apostolique ou enseignante que ce soit. Aucune directive de la hiérarchie comme telle n’est suivie. Aucun document du magistère postérieur à 1962 n’est reçu. Ils sont même parfois d’autant plus critiqués qu’ils contiennent de bons éléments qui pourraient être des « pièges » (ainsi le Catéchisme de l’Église catholique, Veritatis splendor, Dominus Jesus).
Plus grave encore, la FSSPX accorde des dispenses d’empêchement de mariage et juge elle-même en interne de la nullité des mariages. Ce qui est manifestement s’attribuer un pouvoir de juridiction. Depuis 1991, du vivant de Mgr Lefebvre, la FSSPX s’est arrogé sur ses fidèles (et potentiellement sur tous les catholiques), par la création de la « Commission Saint Charles Borromée », le « pouvoir de lier et de délier », usurpant le pouvoir de juridiction que le pape seul peut donner. En mai 2017, huit doyens du District de France de la FSSPX et trois supérieurs religieux affirmaient : « Nous continuerons à ne reconnaître comme ultime juge de ces questions [matrimoniales] que la Commission Saint Charles Borromée […] » [6].
4° La définition que les défenseurs des sacres FSSPX donnent du schisme est incomplète. Ils restreignent le schisme au rapport avec l’autorité, et ils oublient une autre dimension du schisme : l’atteinte à la communion entre les fidèles. « On appellera schismatiques ceux qui refusent de se soumettre au Souverain Pontife, et ceux qui refusent la communion avec les membres de l’Église qui lui sont soumis », écrit le Docteur commun [7].
La FSSPX revendique justement sa séparation d’avec les autres membres de l’Église. L’abbé Pagliarani, en 2016, évoquait « le fait objectif que la vie catholique dans les structures officielles est actuellement impossible [8] ». Selon les directives des supérieurs, il ne faut pas assister aux offices des Instituts Ecclesia Dei, en tout cas ne pas y communier. Il faut s’écarter, non seulement des fidèles qui fréquentent le nouveau rite, mais aussi des « ralliés », pour ne pas être contaminés par l’esprit « moderniste » que ces derniers seraient censés véhiculer. Les prêtres qui se trouveraient présents à une cérémonie religieuse des « ralliés » doivent y assister en dehors du chœur, et en tout cas sans l’habit de chœur, in nigris.
Les fidèles ou les prêtres qui suivent ces directives ne se comportent pas comme des parties dans l’Église. Le grand théologien Cajetan rappelait à ce sujet :
Celui-là est schismatique qui refuse d’agir comme partie de l’Église. Peu importe les motifs : dès qu’on en vient à refuser de se comporter comme partie d’une unique Église catholique, on tombe dans le schisme. Quelque variées que soient les raisons et les passions qui poussent les chrétiens à se soustraire à la communion, à vouloir sanctifier et être sanctifiés, à instruire et à être instruits, à diriger et à être dirigés […], non plus comme parties de l’Église catholique, mais comme s’ils étaient eux-mêmes des « touts » à part, ils sont schismatiques [9].
Conclusion
Ces quatre raisons montrent que les sacres sans mandat pontifical (et a fortiori contre la volonté expresse du pape) ne sont pas légitimes et constituent un très grave attentat à l’unité de l’Église. Effectués avec l’intention de se soustraire à la juridiction du pape et des évêques, ils constituent bien un « acte schismatique ». Le fait que le groupe auquel ils ont donné naissance se refuse à la communion hiérarchique est une confirmation claire de cette situation de dissidence voulue.
Ce qui vient d’être dit n’empêche nullement d’être conscient de la situation dramatique de crise dans l’Église ; ni de constater que certains pasteurs ne font pas leur devoir, quand ils ne donnent pas l’exemple de scandales dans la foi et les mœurs. Cela n’empêche pas de voir que certains actes et certaines omissions de la hiérarchie favorisent à des degrés divers l’hérésie et la destruction des structures. On peut comprendre, dans ces circonstances, que des fidèles du rang, désorientés, se raccrochent aux prêtres qui dispensent les sacrements sous leur forme traditionnelle. Il ne s’agit donc pas d’accuser les personnes ni de considérer que celles qui adhèrent à la FSSPX sont toutes subjectivement schismatiques.
Mais on ne combat pas une erreur par une autre erreur, ni l’hérésie par le schisme. On ne saurait partager le point de vue de ceux qui disent en substance : « Pas d’ennemis à droite, on veut les sacrements et la catéchèse de la Tradition, point à la ligne ! » Ce primat de l’efficacité est une sorte de « primat du pastoral » en version traditionaliste. Ce pragmatisme néglige la primauté de la doctrine et finit par déformer les esprits des fidèles.
Une note personnelle pour terminer. Comme prêtre et comme fondateur, j’ai le devoir de témoigner qu’il faut, quoi qu’il en coûte, rester fidèles à tous les aspects de la doctrine catholique : l’importance de la Tradition, et celle de la communion hiérarchique. Cela est possible et, de fait, en dépit de difficultés nombreuses et d’incompréhensions, cela dure depuis trente-huit ans. Je rends grâces pour les beaux fruits que, par la grâce de Dieu, cette double fidélité a porté.
Rosaire devant Notre-Dame de Paris lundi 23 février 19h30
A la veille du vote des députés sur la loi “d’aide à mourir”, venons tous aux pieds de Notre-Dame la prier en récitant le Rosaire !
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