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« La messe à l’envers »

Paix Liturgique est revenu sur le colloque du Centre International d’Études Liturgiques (CIEL) qui s’est tenu en février à Rome. Lors de ce colloque, l’abbé Claude Barthe a évoqué l’histoire de la célébration versus populum au XXe siècle, montrant que ce mode de célébration s’est imposé de manière quasi universelle dans le rite romain sans qu’il y ait jamais de législation pour le rendre obligatoire :

L’idée d’une célébration « à la romaine », c’est-à-dire pour imiter les messes solennelles du pape, elles-mêmes censées être le dernier témoin d’un antique usage, s’est assurément retrouvée dans l’aménagement de certaines cérémonies pontificales. Ainsi, en 1927, Mgr Harscouet, évêque de Chartres, très favorable au Mouvement liturgique, obtint un indult lui permettant de célébrer pontificalement, lors de certaines fêtes solennelles, à la croisée du transept, versus populum.

Il faut mentionner aussi la messe pontificale célébrée par le nonce Angelo Roncalli, futur Jean XXIII, à Notre-Dame de Paris, le 24 avril 1948, pour célébrer la récente canonisation de sainte Catherine Labouré. Le nonce décrivait l’aménagement dans ses souvenirs : « Trône au fond de l’autel comme à Rome. Autel face au peuple » (Journal de France I 1945-1948, Cerf 2006, p. 494). On peut supposer qu’on avait voulu ainsi offrir une sorte de messe papale au nonce, plus que sacrifier à une nouveauté archéologisante, sachant que le chapitre et les cérémonies à Notre-Dame étaient des plus traditionnels.

En revanche, la messe pontificale versus populum célébrée le 20 août 1953 par Mgr Haas, évêque de Grand Rapids, État de Michigan, aux États-Unis, au Civic Auditorium, à l’occasion de la Conférence Liturgique Nationale, est assurément de style Mouvement liturgique : l’autel est placé sur la scène de l’auditorium face au peuple, le trône de l’évêque est derrière, mais à quelques mètres seulement de l’autel, du fait de l’étroitesse du lieu.

Les traces, dans les articles et conférences relevant de la mouvance, par ailleurs assez complexe, de ce Mouvement liturgique, sur l’aspiration à une célébration versus populum sont relativement rares. Cependant, un article important du chanoine Maurice Michaud, professeur aux facultés catholiques de Lyon, est publié dans le deuxième numéro de la revue La Maison-Dieu, organe du Centre de Pastorale liturgique, un article sur « La célébration de la messe face au peuple » (La Maison-Dieu, 1945 – 2), qui rapporte l’idée commune à l’époque que la célébration versus populum était majoritaire jusqu’au VIe siècle.

Retour à l’antique, donc. « Entre les années 1930 et le Concile, remarquait le cardinal Jean-Marie Lustiger, les spécialistes de la liturgie ont généralement donné en modèle la liturgie basilicale de la belle époque, entre le IVe et le Ve siècle : c’était l’idéal qu’il fallait reconstituer ! Et on a fait de la reconstitution » (Le choix de Dieu. Entretiens avec Jean-Louis Missika et Dominique Wolton, Le Livre de Poche, 1987, p. 429. Dans les séminaires de France, un texte a joué, à cet égard, un grand rôle : la glose de l’Ordo romanus primus donnée par Dom Henri Leclercq, dans le Dictionnaire d’Archéologie chrétienne et de Liturgie, reprise ensuite dans L’Église en prière, manuel composé sous la direction d’Aimé-Georges. Martimort (Desclée, 1961), extrêmement répandu dans les séminaires. L’Ordo primus décrivait, à l’usage des pays francs, une messe stationnale du pape, celle du matin de Pâques à Sainte-Marie-Majeure, vers la fin du VIIe siècle, qui témoignait, avec des retouches franques, du rite romain en son état antique. La glose de Dom Leclercq fournissait ainsi une sorte de rituel que les clercs du XXe siècle rêvaient naïvement de reproduire, non pas dans la splendeur écrasante du culte des basiliques antiques, mais passé au filtre du goût religieux des années trente et cinquante. Au détail près cependant : le texte de l’Ordo primus, parce qu’adapté aux besoins francs, ne décrit pas une célébration versus populum, mais « vers le Seigneur »…

On vit ainsi se développer des expériences de « face au peuple » dès avant la seconde guerre mondiale, spécialement en Belgique, en Allemagne et en France, qui se fondaient sur le désir de reproduire la messe papale antique et, juridiquement, sur la mention de la célébration versus populum existant dans le Ritus servandus. « C’est à l’évêque seul qu’appartient dans son diocèse la direction et le contrôle d’un mouvement tendant à la célébration face au peuple », affirmait, sans autre explication, Maurice Michaud. Mais les évêques y étaient généralement peu favorables. Certains prêtres demandaient pourtant avec insistance des permissions, ou célébraient ainsi en omettant de les demander.

Parce que la célébration face au peuple nécessitait la mise en place d’un autel détaché du mur, les expériences eurent surtout lieu dans le cadre de messes célébrées sur un autel aménagé pour la circonstance, dans les haltes de pèlerinages, dans les activités champêtres des mouvements de jeunesse, spécialement au sein du scoutisme, ou encore, à partir des années 50, dans de nouvelles églises où l’autel était détaché du mur de l’abside de telle sorte que soit possible  – assez souvent, mais pas toujours – cette forme de célébration.

La recherche d’une « participation active »

Maurice Michaud, dans l’article précité, intégrait aussi ce type de célébration versus populum dans l’ensemble des mesures destinées « à rendre vie dans l’esprit de nos « chrétiens moyens » à la sainte messe. » Il liait ainsi le développement possible de la messe face au peuple à celui de la messe dialoguée : « Actuellement, la tendance est de faire participer plus activement les fidèles à la « messe basse ». C’est la messe dite « dialoguée ». Ce genre de messe achemine plutôt à la célébration face au peuple, si certaines conditions sont réalisées. »

Pour la mise en œuvre pratique de cette forme de célébration, Maurice Michaud insistait sur la plus grande prudence à adopter, car « aux yeux des fidèles, eu égard à l’usage quasi universel de l’autel disposé pour la célébration dos au peuple, le retour à la discipline antique a l’aspect d’une innovation. » On connaît à ce propos la réaction de Paul Claudel, dans un article célèbre du Figaro littéraire, le 29 janvier 1955 : « La messe à l’envers ». Il protestait contre « l’usage qui se répand en France de plus en plus de dire la messe face au public », et dont la paroisse Saint-Séverin, à Paris, donnait l’exemple.

En outre, dans les nouvelles églises dont la revue L’Ars sacré diffusait les photos, on faisait en sorte de « revenir » à l’autel unique (ou presque : elles comportaient généralement, un maître-autel et un autel du Saint-Sacrement pour des messes de semaine), aménagement dont on pensait qu’il avait été de règle avant l’époque de la multiplication des messes privées. L’autel permettant la célébration face au peuple, sans gradin supportant les chandeliers et la croix, s’harmonisait aussi tout naturellement avec la concélébration. Ainsi furent conçues des églises emblématiques comme celle d’Aron en Mayenne (1955), du Plateau d’Assy (1946), de Lyon-Vaise (1955), etc.

Lors de grands rassemblements, comme celui de la JAC, en 1950, au Parc des Princes, réunissant 70.000 participants, on prit l’habitude de placer l’autel au centre de l’assemblée. De même, dans la basilique souterraine Saint-Pie-X à Lourdes, conçue par Pierre Pinsart, qui fut achevée et dédicacée en 1958, l’autel avait été édifié au milieu de la nef, ce qui instaurait nécessairement une célébration face au peuple pour une partie de l’assistance. En outre, la nouvelle basilique ne comportait que deux autels, l’autel central et un autel dans la chapelle du Saint-Sacrement.

Conjointement, on assistait à des tentatives dans le sens de la concélébration qui supposaient. un autel face au peuple, ou même au milieu du peuple. Ainsi, furent célébrées des messes synchronisées, par exemple au cours de pèlerinages ou de grandes réunions d’Action catholique : pèlerinage des prisonniers et déportés, à Lourdes, le 8 septembre 1946 ; pèlerinage de la ligue féminine d’action catholique, à Lourdes, en août 1952 ; pèlerinage étudiant à Chartres, à partir de 1945 ; rassemblements à l’occasion de la pérégrination de la statue de Notre-Dame de Boulogne à Colombes et à Rouen, en 1946. Dans ces messes synchronisées, un certain nombre de prêtres disaient individuellement la messe sur divers autels rassemblés in unum, ou en tout cas très proches, en « synchronisant » leurs gestes avec ceux du célébrant principal, en position centrale. Mais cette pratique fut interdite par l’instruction De Musica sacra du 3 septembre 1958.

Le face au peuple s’impose dès l’ouverture de la réforme liturgique

De la mort de Pie XII, en 1958, au début de la réforme liturgique, en 1964, les célébrations face au peuple devinrent extrêmement nombreuses. J’ai assisté, pour ma part, à une première messe célébrée face au peuple dans un bourg du diocèse d’Auch, en octobre 1958. En suite du décès du pape, un immense catafalque avait été dressé dans le sanctuaire, qui masquait l’autel majeur. Un autre autel provisoire avait alors été dressé à la hauteur de table de communion, où les célébrations, durant le deuil, furent versus populum.

Lors du couronnement de Paul VI, le 30 juin 1963, pour la première fois, la messe a été célébrée sur le parvis de Saint-Pierre (jusque-là, la messe était célébrée dans la basilique, suivie du couronnement proprement dit à la loggia). La configuration interne de la basilique avait été reproduite à l’extérieur, avec le trône sur le haut des marches d’entrée de la basilique et l’autel face au peuple plus bas.

Pour continuer à relater mon expérience propre, entré en 1964, c’est-à-dire un an avant la fin du Concile, au séminaire Pie XI attaché à l’Institut catholique de Toulouse, j’y ai connu en 1964, la messe face au peuple tous les jours de semaine, la messe solennelle dominicale, avec diacre et sous-diacre, se déroulant encore au maître-autel, le célébrant tourné vers l’abside. Puis, en 1965, l’autel fut placé au centre du chœur des séminaristes.

La réforme conciliaire n’aura de ce fait même pas à traiter du versus populum, la célébration face au peuple s’étant imposée au sein même du mouvement de transition vers la nouvelle liturgie.

L’instruction Inter œcumenici du 25 septembre 1964 porte en son n. 91 : « II est bien de construire l’autel majeur séparé du mur, pour qu’on puisse en faire facilement le tour et qu’on puisse y célébrer vers le peuple ». Ce que reprendra la Présentation générale du Missel romain :

« Il convient, partout où c’est possible, que l’autel soit érigé à une distance du mur qui permette d’en faire aisément le tour et d’y célébrer face au peuple » (n. 262 dans l’édition typique 1970 du nouveau missel, n. 299 dans l’édition typique de 2002).

L’engouement fut tel, que certains évêques tentèrent – bien inutilement – de le réfréner. Ainsi Mgr Garrone, un des artisans majeurs de Vatican II, mettait en garde ses prêtres dans La Semaine catholique de Toulouse du 28 février 1965 : Il apparaît clairement, d’après ces articles [les nn. 91 et 95 d’Inter œcumenici], que la célébration de la messe face au peuple n’est pas cependant requise. Il peut en effet se présenter des cas où la disposition matérielle du chœur et l’architecture la déconseillent expressément. » Et de citer Mgr Jenny, évêque auxiliaire de Cambrai et membre du Consilium pour l’application de la Constitution conciliaire sur la liturgie : « Le prêtre se tourne maintenant délibérément vers les fidèles au cours des lectures et des appels qu’il leur adresse : il n’est pas sans intérêt qu’il soit à l’occasion tourné comme eux vers le Seigneur que l’on adore et que l’on prie ».

De même, la Commission diocésaine d’art sacré du diocèse de Paris, dans un document du 20 juillet 1965 émettait cette remarque : « Si le prêtre doit pouvoir célébrer face au peuple, il n’est pas indispensable qu’il le fasse tous les jours. Quand il célèbre, en semaine, sans assemblée il peut légitimement souhaiter célébrer sans avoir sous les yeux une nef vide. Aussi convient-il de prévoir des deux côtés de l’autel un marchepied assez vaste pour qu’on puisse célébrer dans les deux positions. »

Certains ont même cru pouvoir défendre que les indications de la Présentation généralepouvaient s’interpréter comme considérant le versus populum comme une exception. Mais en fait, au total, on est ainsi arrivé à une situation règle/exception inversée par rapport à l’ancienne législation : alors que le ritus servandus ancien évoquait la messe face au peuple comme une possibilité, l’instruction Inter œcumenici du 25 septembre 1964 et la Présentation générale du Missel romain du 3 avril 1969 supposent comme une possibilité la célébration face au Seigneur.

La procession du Catenacciu

VA+ a réalisé un reportage sur la belle procession pénitentielle du Catenacciu en Corse, avec Charlotte d’Ornellas.

Durant cette procession, un pénitent anonyme et en recherche réelle de contrition, va déambuler dans les ruelles escarpées de Sartène comme le Christ lors de son chemin de croix à Jérusalem. Cette tradition très célèbre en Corse est suivie de près par le peuple de Sartène qui entend perpétuer longtemps cette « tradition vivante ».

Un beau morceau de catholicisme enraciné et solide :

Chronique des cinglés

C’est le ministre canadien des Transports, Omar Alghabra (né en Arabie saoudite), qui a diffusé cette vidéo, en expliquant :

« La violence à l’égard des femmes est encore répandue dans notre société. « Espoir en talons hauts » est un événement qui sensibilise à la violence contre les femmes tout en encourageant les hommes et les garçons à faire partie de la solution. Nous avons porté leurs talons roses emblématiques pour soutenir cette cause importante. »

Les associations de handicapés veulent boycotter une sauterie élyséenne

Lu dans Politico:

La Conférence nationale du handicap (CNH) qui se tient cet après-midi à l’Elysée va-t-elle tourner au fiasco ? Ce grand raout, qui rassemble les acteurs du secteur, n’a lieu qu’une fois tous les trois ans. Or, le collectif Handicaps, qui regroupe tout de même 52 organisations nationales représentatives des personnes en situation de handicap, a indiqué hier soir à mon collègue Antoine Comte qu’il comptait boycotter l’événement.

Il faut avouer qu’il est assez difficile à un gouvernement qui annonce son intention d’éliminer les « improductifs » par l’euthanasie  de discuter sereinement avec les associations représentant les handicapés…

S comme Séparatisme

Nous poursuivons la série alphabétique d’extraits du livre de notre ami Bernard Prady: Islam et Islamisation dans une France macronisée:

Le 1er février, M. Darmanin, ministre de l’Intérieur, ouvrait à l’Assemblée nationale le débat sur le projet de loi confortant le respect des principes de la République . Et il pérorait: « Notre pays est malade. Il est malade d’un séparatisme dont le premier, le séparatisme islamiste, gangrène l’unité nationale. Après s’être attaqué au terrorisme, le Président de la République a souhaité diriger l’action de l’État et des pouvoirs publics contre ce qui en est le terreau. Quand on est malade, il faut savoir nommer sa maladie, identifier ses caractéristiques et étudier ses variants… » Une exigence de clairvoyance et de vérité en quelque sorte. Parfait. Il faut reconnaître que notre état d’esprit était pourtant légèrement dubitatif. Nous nous rappelions son fameux : « Au regard de l’histoire, s’il y a une religion qui a moins de difficulté à travailler avec la République, c’est l’islam… un dialogue plus facile, une discussion plus spontanée qu’avec les autres cultes » énoncé devant d’éminentes personnalités musulmanes à la Grande mosquée de Paris le 18 septembre 2020. Et voilà M. Darmanin qui twitte trois jours après son superbe exorde du 1er février: « L’islamisme que nous combattons n’a ni frontière, ni identité, ni religion. »

(Extrait de « Islam et islamisme : Darmanin pérore et Moussa ment » – Le 12 février 2021)

Islam et islamisation dans une France macronisée

 

Les martyrs de la Commune de Paris

Hier, dans l’émission En Quête d’esprit, Véronique Jacquier a reçu

  • Père Stéphane Mayor, curé de la Paroisse Notre-Dame à Paris
  • Anne Bernet, spécialiste de l’histoire religieuse et auteur
  • Père Philippe Mura, curé de Notre-Dame de La Salette à Paris

Un témoignage saisissant de prêtres qui ont donné leur vie aux Parisiens, y compris à ceux qui allaient devenir leurs bourreaux !

 

Dénaturation du mariage : quel RN êtes-vous ?

Florilège de réactions aux 10e anniversaire de la dénaturation du mariage et de la destruction de la filiation :

Ceux-là ont quitté le parti :

 

Corentin Clerc : Von der Leyen ne défend pas l’Arménie, au contraire

Un blocus continue de paralyser l’enclave arménienne du Haut-Karabakh. Cela fait maintenant plus de 130 jours que l’Azerbaïdjan bloque tout contact entre l’Arménie et le Haut Karabakh (Artsakh). Un drame qui se joue à 3 500 km de Paris !

Malgré les appels à la communauté internationale et les rodomontades du président Macron, 120 000 Arméniens sont privés de biens de première nécessité. L’Arménie subit une guerre qui ne dit pas son nom. Et pendant ce temps, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission Européenne, négocie les contrats de fourniture de gaz avec les autorités de Bakou (Azerbaïdjan). En poursuivant cette politique, von der Leyen affaiblit l’Union européenne et renforce le régime dictatorial d’Ilham Aliev.

Pour évoquer l’ensemble de cette situation dramatique, TVL a fait appel à Corentin Clerc, chef de mission de l’association humanitaire SOS Chrétiens d’Orient en Arménie. Aidé de dizaines de volontaires, SOS Chrétiens d’Orient est venue en aide à plus de 15 000 bénéficiaires en soutenant des projets de reconstruction mais aussi des projets médicaux et en distribuant des vivres aux populations du Haut-Karabakh, malgré le blocus.

Pour Corentin Clerc : « Par-delà les paysages, les monastères millénaires et l’accueil des Arméniens, je suis impressionné par l’unité et la cohésion de ce peuple. L’Arménie chrétienne devrait être un pays modèle pour l’Occident car elle possède de vraies convictions ». Un témoignage important d’un engagement par l’action pour apporter aide et espoir.

Certains chrétiens imaginent qu’il y aurait à choisir entre la patrie terrestre et la patrie céleste

Laurent Dandrieu a été interrogé dans le nouveau numéro de l’Appel de Chartres, à propos de son ouvrage sur Rome ou Babel. Extrait :

Laurent Dandrieu, vous avez publié récemment Rome ou Babel, pour un christianisme universaliste et enraciné. A l’heure actuelle, ces deux mots semblent presque contradictoires, comment concilie-t-on l’universalisme et l’enracinement ?

Dans son Traité du libre arbitre, Bossuet écrit que le génie du christianisme consiste à tenir ensemble deux vérités qui semblent antagonistes, mais qu’il faut bien pourtant concilier puisqu’elles sont l’une et l’autre des vérités, comme les deux bouts d’une même chaîne, reliés par des maillons que nous ne savons plus voir. Le faux antagonisme entre universalisme et enracinement me semble un cas d’école particulièrement net de cette métaphore. Comme le disait la philosophe Simone Weil, l’enracinement est « un besoin vital de l’âme » : c’est de nos communautés naturelles que nous recevons la quasi-totalité de nos ressources intellectuelles, morales, spirituelles, et cette culture qui nous humanise. Ce sont elles qui nous permettent de mener une vie vraiment humaine, d’être incarné et doté d’une culture qui nous donne notre particularité. Sans enracinement, il n’y a pas de culture, donc pas de civilisation possible. C’est pour cela que le mondialisme est un antihumanisme, une anti-civilisation, le chemin le plus sûr vers la barbarie. L’universalisme chrétien, c’est le contraire du mondialisme. Ce n’est pas une construction socio-politique qui se bâtit sur le saccage des diversités humaines, c’est la conscience que cette diversité des cultures humaines est transcendée par une destinée spirituelle commune, née de notre commune dignité d’enfants de Dieu. Non seulement cet universalisme respecte la diversité  des cultures humaines, mais il en a besoin : c’est par le truchement de sa culture particulière que chacun d’entre nous peut parvenir à l’universalité de la grâce. C’est, disait Jean-Paul II, la leçon de l’incarnation de Jésus dans le peuple d’Israël : le mystère de l’Incarnation passe aussi par l’incarnation de l’Évangile dans les cultures particulières.

Votre titre : Rome ou Babel est-il une interrogation  face à un état de fait ou renvoie-il aux deux possibilités d’un choix qu’il faudrait poser ? Si oui dans quels termes se poserait ce choix pour les chrétiens ?

Certains chrétiens imaginent qu’il y aurait à choisir entre la patrie terrestre et la patrie céleste, qu’on ne pourrait être fidèle à la seconde sans sacrifier la première. C’est en réalité un faux choix : être chrétien, c’est d’abord être membre d’une Église locale, pour nous l’Église de France, qui n’a pas la même identité ni la même tonalité que l’allemande, l’italienne ou la bolivienne. C’est aussi se mettre fidèlement au service de sa patrie, comme nous le commande le Catéchisme de l’Église catholique : « L’amour et le service de la patrie relèvent du devoir de reconnaissance et du service de la charité. » Les chrétiens doivent s’extraire de ce faux choix pour tenir ensemble les deux bouts de la chaîne. Choisir Rome, c’est tourner le dos à la tentation de Babel, c’est-à-dire au mondialisme, qui est le contraire de l’incarnation. Malheureusement, l’Église elle-même cède parfois à cette tentation de Babel et confond son universalisme avec un mondialisme ou un  « sans-frontiérisme”. Or il nous appartient de ne pas caricaturer l’unité spirituelle dont le christianisme est porteur avec une uniformité négatrice des diversités. […]

Grand remplacement, la preuve par l’Aïd

Le Figaro constate que l’absentéisme à l’école a bondi pendant l’Aïd.

Vendredi, jour de rupture du ramadan, certaines écoles d’Île-de-France étaient presque désertes.

Presque désertes… Il y a encore quelques non-musulmans…

Suite à nos photos de Versailles, les élus du groupe d’opposition municipale En Avant Versailles réagit :

Nous avons été sollicités par des riverains du gymnase Remilly, qui a accueilli vendredi dernier une manifestation religieuse de la communauté musulmane. Ce gymnase public payé avec l’impôt des Versaillais a vu affluer des milliers de participants sans lien apparent avec la ville de Versailles, dans le désordre : contrôle de l’accès par des vigiles inconnus, absence d’encadrement de la police, fillettes voilées, etc.

Le conseil municipal, organe délibératif de la ville, n’a pas été informé de cet événement. Il n’est pas inutile de rappeler que le gymnase Remilly est « une installation sportive réservée aux clubs sportifs et établissements scolaires après accord et selon un planning établi par le service des sports de la ville de Versailles ».

Les élus du groupe En avant ! Versailles demandent au maire de communiquer au conseil municipal les documents de mise à disposition du gymnase Remilly au service d’un groupe apparemment étranger à la ville.

Arménie : le génocide se poursuit dans le Haut-Karabagh / Artsakh

Communiqué de l’Oeuvre d’Orient :

Depuis cent trente-trois jours, soit plus de quatre mois, le Haut-Karabagh (Artsakh) est totalement isolé du monde extérieur. Exclusivement peuplée d’Arméniens cette région est enclavée dans le territoire de l’Azerbaïdjan en raison des aléas de l’histoire soviétique.

Le 12 décembre dernier, violant sept articles sur neuf du cessez-le-feu signé en 2020, l’Azerbaïdjan a déployé un blocus armé dans le corridor de Latchine, unique voie reliant le Haut-Karabagh à l’Arménie. Ce blocus isole ainsi le Haut-Karabagh de sa seule source d’approvisionnement en alimentation, en médicaments et en énergie. Depuis plus de quatre mois maintenant, le Haut-Karabagh est plongé dans une situation de pénurie de produits de première nécessité (nourriture, produits d’hygiène, médicaments, carburants et électricité). Aujourd’hui, 20 000 élèves ne sont plus scolarisés dans le Haut-Karabagh et 860 entreprises locales ont suspendu leurs activités économiques. Les 120 000 Arméniens qui peuplent la région sont soumis à de grandes privations.

Par ses prises de parole et par ses actions, le gouvernement de Bakou a manifesté un esprit qui n’est pas sans rappeler celui des acteurs du génocide arménien de 1915. Avec ce blocus, l’Azerbaïdjan entend vider toute la population arménienne du Haut-Karabagh en l’asphyxiant.

Le 15 novembre 2022 déjà, le Sénat français votait à la quasi-unanimité une résolution demandant le retrait des troupes azerbaïdjanaises qui maintenaient une présence dans le corridor de Latchine.

Dès le 12 décembre, L’Œuvre d’Orient a fermement condamné ce blocus armé inacceptable. Les actions de l’Azerbaïdjan dans le corridor de Latchine bafouent les droits humains les plus fondamentaux.

Ces quatre derniers mois, de nombreuses instances gouvernementales et non-gouvernementales se sont jointes à cette condamnation. Le 19 janvier 2023, le Parlement européen a adopté une résolution sur les conséquences humanitaires du blocus dans le Haut-Karabakh, appelant l’Azerbaïdjan à ouvrir immédiatement le corridor. La Cour internationale de justice a rendu un arrêt le 22 février 2023 pour les Nations unies, demandant à l’Azerbaïdjan d’ouvrir immédiatement le corridor. Amnesty international a également fait part de ses préoccupations et appelé à lever le blocus sans plus attendre pour mettre fin à la crise humanitaire.

Face à cette situation dont l’urgence ne cesse de s’amplifier, L’Œuvre d’Orient en appelle à toutes les instances nationales, européennes et internationale. Laisser l’Azerbaïdjan vider en toute impunité le Haut-Karabagh de sa population ouvrirait la voie à toutes les pires transgressions des droits de l’Homme à l’avenir. Avec le blocus du corridor de Latchine, c’est le génocide arménien qui se poursuit. Les Arméniens ont acquis par leur sang le droit de vivre en paix.

L’Œuvre d’Orient lance une pétition pour la réouverture du corridor de Latchine et la libre circulation des hommes et des biens. Vous la trouverez ici.

Terres de Mission: Charles Maurras et sa lente conversion à la foi de son enfance

Terres de Mission reçoit Thomas Belleil, jeune missionnaire laïc, pour son dernier livre : « Prêts, feu, aimez ! ».

Puis, l’abbé Michel Viot, du diocèse de Paris, évoque le sujet de l’euthanasie et le fait qu’il n’y a pas de place dans l’Eglise pour une quelconque complicité avec cet acte, quoi qu’en pensent certains théologiens relativistes !

Enfin, Christian Franchet d’Esperey présente la correspondance entre Charles Maurras et les carmélites de Lisieux qui vient d’être éditée et dont il a rédigé l’avant-propos.

Censure (suite)

Comme l’avait imaginé George Orwell dans 1984, la réécriture des romans n’est désormais plus une invention de romancier.

Les traductions françaises d’Agatha Christie vont faire l’objet de « révisions », notamment la suppression de termes jugés offensants sur le physique ou l’origine de personnages.

Par exemple dans Mort sur le Nil (1937), où le personnage de Mrs Allerton se plaignait d’un groupe d’enfants et se moquait de leur nez, ou dans La Mystérieuse Affaire de Styles (1920), dans lequel Hercule Poirot soulignait qu’un autre personnage était « un Juif, bien sûr ».

En 2020, le roman policier les Dix petits nègres, un des plus lus et vendus au monde, avait été rebaptisé Ils étaient dix et l’appellation , citée 74 fois dans la version originale, avait été ôtée de la nouvelle édition.

24 avril : commémoration du génocide arménien

Communiqué de L’Oeuvre d’Orient :

Ce 24 avril a lieu la journée de commémoration du génocide arménien. Perpétré durant la Première Guerre mondiale par l’Empire ottoman contre les Arméniens de son territoire, ce génocide a fait plus d’un million de victimes. Cette année, les commémorations du génocide prennent une teinte particulière, marquées par le blocus organisé par l’Azerbaïdjan contre les Arméniens du Haut-Karabagh depuis plus de 4 mois maintenant.

L’Œuvre d’Orient s’unit à cette journée de commémoration et réaffirme tout son soutien au peuple arménien. Elle proteste vivement contre le blocus en cours dans le Haut-Karabagh.

  • EN ARMENIE :

Monsieur Jean-Yves Tolot, Président du conseil d’administration de L’Œuvre d’Orient, sera en Arménie ce weekend du 24 avril, accompagné d’une délégation. Il se rendra notamment à l’entrée du corridor de Latchine, côté arménien, pour manifester le soutien de L’Œuvre d’Orient aux Arméniens du Haut-Karabagh. Le lendemain, la délégation sera conviée aux commémorations du génocide arménien à Erevan.

  • EN FRANCE :
    • L’Œuvre d’Orient participera notamment à la Divine Liturgie célébrée en mémoire du génocide en l’église de la Madeleine, le 23 avril à 15h30. La messe sera présidée par Mgr Élie Yéghiayan, évêque pour les Arméniens catholiques de France, en présence de Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris et ordinaire pour les catholiques orientaux de France.
    • Le Service Jeunes de L’Œuvre d’Orient sera présent à la veillée organisée par les jeunes de la diaspora arménienne, le 23 avril de 17h à 22h, place Baudoyer (Paris 4e).
    • Mgr Pascal Gollnisch, Directeur général de L’Œuvre d’Orient sera présent au rassemblement organisé par le Comité de Coordination des Arméniens de France lundi 24 avril à 18h, Place du Canada (Paris 8e).
  • EN EUROPE :

À travers le réseau de ses associations sœurs, L’Œuvre d’Orient organise des rassemblements dans toute l’Europe : en Pologne, en Autriche, en Belgique, en Suisse …, une déclaration sera lue suivie d’une prière pour le peuple arménien et une bougie sera allumée aux couleurs de l’Arménie pour perpétuer le souvenir du génocide.

  • PRIERE pour le peuple arménien :

« Seigneur, en ce jour de commémoration du génocide arménien, nous te confions tous les Arméniens, d’Arménie et du monde. Qu’ils aient à cœur d’entretenir la mémoire de leur peuple, et qu’ils continuent d’enrichir l’Orient et l’Occident de leur héritage. Nous te prions tout particulièrement pour les 120 000 Arméniens du Haut-Karabagh victimes du blocus. Donne-leur l’espérance et la persévérance face à cette épreuve, et inspire les cœurs des dirigeants internationaux pour qu’ils contribuent au rétablissement de la paix dans le Haut-Karabagh. »

31ème université d’été – Crises et renouveaux dans l’Eglise

La 31ème université d’été de Renaissance Catholique se déroulera au Château des Termelles à Abilly (37), sur le thème Crises et renouveaux dans l’Eglise.

Programme prévisionnel des conférences

  • L’Église catholique : du mystère au miracle – Père Danziec
  • « L’univers gémissant fut étonné de se réveiller arien » – Côme de Prévigny
  • Mettre en œuvre un concile : l’exemple du concile de Trente – Guillaume Bergerot
  • Le redressement de l’Église de France au XIXe siècle
  • Des catholiques privés de sacrements par l’Église : la condamnation de l’Action Française – Stéphane Blanchonnet
  • Histoire du concile Vatican II – Roberto de Mattei
  • L’Église conciliaire et la révolution sexuelle – Patrick Buisson
  • Le magistère selon le pape François – Abbé Guillaume de Tanouärn
  • L’obéissance dans l’Église : aveugle ou clairvoyante ? – Jean-Pierre Maugendre
  • De l’Église et du pape – Philippe Maxence
  • Où en est l’herméneutique de réforme dans la continuité ? – Abbé Claude Barthe

Quand ?

L’Université d’été commence le 13 juillet 2023 avec un accueil prévu à partir de 11h00. Apéritif et déjeuner à 12h. Elle s’achève le 16 juillet après le déjeuner.

Où ?

Dans le cadre verdoyant du Château des Termelles à Abilly (37)  avec salle de conférences, repas et quelques logements sur place.

Inscriptions

R comme Responsabilité

Nous poursuivons la série alphabétique d’extraits du livre de notre ami Bernard Prady: Islam et Islamisation dans une France macronisée:

Nous recommandons de se reporter à un très bel article d’Aurélien Marq, paru dans Causeur le 16 septembre 2020 et intitulé « En France, on peut choisir de croire (ou pas) ».  Face au padamalgam, il ose poser la question de la responsabilité du musulman face au contenu de sa religion, en partant du principe qu’ « il y a dans cette volonté de déresponsabilisation des musulmans un terrible mépris. Comme s’ils étaient ontologiquement incapables d’exercer leur liberté de conscience, incapables de choisir une religion, seulement bons à se plier passivement à celle qu’ils ont héritée de leurs parents ».

…Et de rappeler aussi que « Être musulman, choisir d’être musulman, c’est donc choisir consciemment d’adhérer à la seule religion au monde au nom de laquelle l’apostasie, l’athéisme, le blasphème et l’homosexualité soient légalement punis de mort. Être musulman en France, c’est choisir en toute connaissance de cause d’adhérer à la seule religion au nom de laquelle une de nos concitoyennes est soumise à des dizaines de milliers de menaces de viol et de mort. Interroger ce choix, critiquer ce choix et critiquer ceux qui le font ne doivent pas être des tabous. » Il en appelle donc aux musulmans et leur rappelle que « Faire aujourd’hui le choix de l’islam oblige au minimum à lutter contre tout ce qui dans cette religion en fait un danger pour le reste du monde: poison de la tentation théocratique et totalitaire, mais aussi poison plus insidieux de cette autre tentation que sont la fuite et le déni. Le “cépaçalislam” qui, mêlé à une forme de solidarité clanique, permet si facilement aux fanatiques de s’abriter au sein de l’Oumma. Dans la situation actuelle, le silence de la majorité silencieuse est un silence complice, et ce n’est plus acceptable.»

(Extrait de « Saint-Étienne-du-Rouvray, Conflans-Sainte-Honorine, Nice : abattages hallal ? » – Le 12 novembre 2020)

Islam et islamisation dans une France macronisée

 

Deuxième dimanche après Pâques – Dimanche du Bon Pasteur

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Les sept semaines du temps pascal, jusqu’à la Pentecôte inclusivement, sont consacrées à la joie et à l’action de grâces pour le grand bienfait de la Rédemption, joie qui se traduit principalement dans la liturgie par le mot Alléluia revenant sans cesse dans tous les chants. Cependant en ce deuxième dimanche après Pâques l’expression de cette joie se fait moins extérieure et plus contemplative. Ce dimanche est appelé ” Dimanche du Bon Pasteur ” en raison de l’Évangile qui est lu en ce jour, et nous allons trouver deux fois dans les chants de cette messe la phrase centrale de cet Évangile ” je suis le bon pasteur, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent “.

La dévotion à Jésus Rédempteur sous les traits du Bon Pasteur pénétra de bonne heure dans le cœur des premiers fidèles. Abercius, dans son inscription funéraire, parle du Bon Pasteur qui, de ses yeux toujours vigilants, regarde son troupeau.

L’architecture de la messe est d’une belle unité comme vous allez le constater…

Introït : Misericordia Domini

Le texte réunit deux versets du psaume 32 Exsultate justi. Ce psaume est un chant de louange et d’action de grâces à Dieu pour sa toute puissance et sa bonté, dont il énumère toutes les manifestations dans l’univers. Le premier verset se rapporte à la terre, c’est-à-dire toute la création visible, qui chante la magnificence et l’amour infini du Créateur ; le deuxième se rapporte au ciel, c’est-à-dire tout l’univers invisible qui nous entoure, œuvre également de la parole créatrice.

Misericordia Domini plena est terra ; verbo Dei cæli firmati sunt.
La terre est pleine de la miséricorde du Seigneur, et les cieux ont été créés par la parole de Dieu.

La mélodie donne à ce chant d’action de grâces un caractère de joie douce et intime. Le point culminant de cette œuvre d’amour divin est la Rédemption dans laquelle le Bon Pasteur a donné sa vie pour nous, nous accordant la grâce de le connaître et de l’aimer à notre tour, et c’est principalement pour cette grâce que nous exprimons ici notre reconnaissance. Bien entendu cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 32 suivi du Gloria Patri.

Exsultate justi in Domino, rectos decet collaudatio.
Justes, exultez pour le Seigneur car la louange convient aux cœurs droits.

Alléluia : Cognoverunt

Comme pour tous les dimanches du Temps pascal, il n’y a pas aujourd’hui de Graduel, mais deux Alléluias, et comme c’est souvent le cas à cette époque de l’année, les versets de ces deux Alléluias sont tirés de l’Évangile. Celui du premier Alléluia est pris dans l’Évangile des pèlerins d’Emmaüs, à la fin du passage qui a été lu à la messe du lundi de Pâques, lorsque les deux disciples, revenus à Jérusalem, racontent aux apôtres leur rencontre :

Cognoverunt discipuli Dominum Jesum in fractione panis.
Les disciples ont reconnu le Seigneur Jésus à la fraction du pain.

En quoi a consisté exactement cette fraction du pain ? Notre Seigneur a-t-il prononcé les paroles sacrées du Jeudi saint ? Ou bien l’évangéliste a-t-il voulu dire seulement que c’est au moment où ils ont partagé le pain que les yeux des deux disciples s’ouvrirent et qu’ils reconnurent  leur compagnon ? On ne peut le savoir avec certitude, mais ce qui compte ici c’est que les disciples ont reconnu le Seigneur, et c’est volontairement que cette phrase a été rapprochée de celle de l’évangile du Bon Pasteur qui sera chantée au deuxième Alléluia :
Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent.

On retrouve dans les deux cas le même verbe ” connaître “. Nous avons la grâce de connaître le Christ notre rédempteur et nous l’en remercions : c’est le thème principal de ce dimanche. La mélodie exprime cette reconnaissance avec un enthousiasme vibrant ; par trois fois, dans l’Alléluia et dans chacune des deux phrases du verset, elle part du grave et s’élance vers l’aigu en un grand élan, et elle s’y tient joyeusement avant de redescendre doucement vers une cadence mystique et contemplative.

Alléluia : Ego sum pastor

Dans le deuxième Alléluia du deuxième dimanche après Pâques, nous trouvons la phrase de l’Évangile du jour que nous avons déjà citée :

Ego sum pastor bonus, et cognosco oves meas, et cognoscunt me meæ.
Je suis le Bon Pasteur, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent.

Ici ce ne sont plus les disciples, ce ne sont plus les brebis qui expriment leur reconnaissance, c’est le Bon Pasteur qui parle, et sa voix est douce et pleine de tendresse. On remarquera que la mélodie de l’Alléluia se répète deux fois dans le verset, une fois sur et cognosco oves meas et une fois sur et cognoscunt me meæ, les deux verbes cognosco et cognoscunt se reproduisant identiquement.

Offertoire : Deus, Deus meus

Le chant de l’Offertoire du deuxième dimanche après Pâques est composé de deux versets du psaume 62, qui est la prière d’un exilé. Jour et nuit il veille en pensant à Dieu et à son temple, qu’il espère revoir, et où il aspire à offrir sa prière en levant les mains au ciel.

Deus, Deus meus, ad te de luce vigilo, et in nomine tuo levabo manus meas.

Dieu, mon Dieu je vous cherche dès l’aurore. En votre nom je lèverai les mains.

En ce dimanche cette prière exprime notre désir de connaître toujours davantage le Bon Pasteur qui est venu nous sauver. La mélodie, comme nous l’avons souvent remarqué pour les Offertoires, est une méditation intérieure et contemplative avec un faible développement et des notes longues très calmes.

Communion : Ego sum pastor

Nous retrouvons dans la Communion du deuxième dimanche après Pâques la phrase centrale de l’Évangile du Bon Pasteur qui formait déjà le texte du deuxième Alléluia.

Ego sum pastor bonus, et cognosco oves meas, et cognoscunt me meæ.
Je suis le Bon Pasteur, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent.

C’est donc toujours le Bon Pasteur qui parle et sa voix est toujours douce. Mais ici la mélodie est moins développée que dans l’Alléluia ; elle est plus syllabique et suit davantage le texte dont elle souligne toutes les inflexions. Par ailleurs elle possède un caractère plus mystique et contemplatif.

Les leçons de l’affaire Hugo Clément

De Geoffroy Lejeune, directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles, revient sur la polémique qui a entouré la venue d’Hugo Clément au grand débat des Valeurs :

Il se tient juste à côté de la scène du palais des sports. Légèrement en retrait, déjà absorbé par ce qu’il écoute – à cette heure de la soirée, c’est Tugdual Denis qui prononce son discours (un sketch, plus exactement) d’introduction. Ses bras sont croisés mais il n’a pas l’air fermé.

Je ne connais pas Hugo Clément. Je sais juste qu’il est un journaliste et militant écolo radical, qu’il pratique le name and shame, du nom de cette pratique horrible visant à salir la réputation de quelqu’un pour faire avancer sa cause, et que certains de mes amis ont été victimes de ses cabales. Ce n’est pas pour rien que nous l’avions attaqué il y a quelques années en couverture de Valeurs actuelles; ce n’est pas pour rien non plus que nous l’avons invité ce soir. Il est aussi un puissant influenceur et un des visages les plus connus de la mouvance écolo, c’est notre Greta Thunberg à nous. Un adversaire idéologique pour un débat qui s’annonce musclé avec Jordan Bardella.

Je m’approche et le salue. Il est d’abord sympathique, nous parlons un peu de l’émission de Léa Salamé sur France 2, dont il est le producteur, de deux ou trois autres choses. Je le remercie d’être là: sans contradicteurs, il n’y a pas de débat et le palais des sports serait bien triste ce soir. C’est Tugdual qui l’a convaincu de venir ce soir. Sur scène, il s’avèrera malin et plus ouvert d’esprit que je pensais. Après la soirée, tout le monde en parle, et quelques spectateurs m’avoueront avoir été intéressés par certains de ses arguments.

Jonathan Moadab, le journaliste de VA plus qu’il l’interroge à côté de la scène, lui demande s’il est surpris par la polémique causée sur sa venue. « Ah bon, y’a une polémique? » s’étonne-t-il en riant presque. Attends la suite, camarade…

Trois jours plus tard, il ne peut plus se gausser. Polémique il y a, polémique nationale, même. La gauche (merci Aurélien Taché), les écologistes (merci Sandrine Rousseau), l’extrême gauche (merci Sandrine Rousseau), les médias (merci Libération), s’indignent en chœur. Et posent des questions aussi pertinentes, courageuses et audacieuses que : faut-il débattre avec l’extrême droite ? Peut-on parler au Front National (c’est signe de résistance que de continuer à appeler ce parti par son ancien nom car ni oubli ni pardon) sans le légitimer ? Le service public organise un débat sur le débat.

Hugo Clément assume. Si c’était à refaire, il le referait, assure-t-il. Il porte sa croix. Avec des arguments qui, pardonnez-moi, sonnent juste: au nom de quoi faudrait-il renoncer à convaincre 41% de l’électorat français ? Si on croit à ses idées, et qu’on ne se renie pas, pourquoi renoncer à les porter face à une contradiction, fut-elle radicale ? J’ajoute pour lui que, ce faisant, Hugo Clément a fait mentir Valeurs actuelles et s’est révélé, même s’il a des convictions plus que contestables, beaucoup moins sectaire que prévu.

De rares pisse-froid venus de la droite ont dit qu’il était indigne qu’on se mette à ce point à plat ventre devant un adversaire politique. Il me semble plutôt qu’en invitant des gens avec qui on n’est pas d’accord, on prouve que le sectarisme existe surtout à gauche et que c’est la droite qui permet a l’air du temps de rester vaguement respirable. Et je n’ai pas l’impression qu’inviter un adversaire et ne l’insultant pas à la tribune et en lui reconnaissant du talent ne revient pas à valider ses thèses. Pour preuve : une semaine à passé depuis le 13 avril et j’ai toujours envie de défendre les chasseurs, les éleveurs d’animaux sauvages, la hiérarchie entre l’homme et l’animal et je n’ai pas prévu de me mettre tout de suite au régime quinoa.

Reste un constat, un peu triste : la gauche politique, médiatique et intellectuelle est en train d’orchestrer la mort du débat en France. Elle ne supporte plus l’idée de la contradiction, préfère ostraciser, ignorer, accabler. Elle censure les intellectuels qui l’ont quitté en leur interdisant l’accès aux universités. Elle ne pratique plus le pluralisme dans ses médias. Elle n’argumente plus, mais invective. Je dis la gauche car rien de tel ne peut être observé sur l’autre rive. L’été dernier, Rachida Dati était invitée à la tribune de l’université d’été de la France insoumise et il ne s’est trouvé personne à droite, Dieu merci, pour s’en offusquer. Personne.

Nous voulions prouver en organisant ce grand débat des valeurs, volume 2, que cette défaite de la pensée trouve quelques opposants sur son chemin. Nous continuerons donc: rendez-vous très vite pour un grand débat des valeurs, volume 3.

Euthanasie : Des raisons d’espérer et donc de redoubler dans notre mobilisation

Communiqué de Tout mais pas ça :

Tout d’abord, des responsables politiques de poids ont pris récemment position contre les projets de changement de législation sur la fin de vie.

François Braun, Ministre de la Santé, s’est dit réservé sur une loi sur «l’aide active à mourir». Gérard Larcher se dit « extrêmement réservé » sur la question de l’euthanasie et du suicide assisté. François Bayrou plus nettement encore : « J’ai passé des dizaines d’heures avec les soignants des soins palliatifs. Aucun n’a dit ‘il faut changer la loi’. Tous disent : ‘si on nous obligeait à donner la mort, on partirait’”, “Appliquons la loi”. Olivier Marleix, Président du Groupe Les Républicains à l’Assemblée a publié une tribune très forte « Et si le modèle français” pour la fin de vie était celui d’une société fraternelle ? ».

Ensuite, la multiplication des sujets pourrait-elle encombrer l’agenda politique au point de retarder les sombres perspectives sur l’euthanasie ?

Le “modèle français de la fin de vie” souhaité par Emmanuel Macron aura-t-il une place dans la feuille de route pour les 100 prochains jours que présentera Elisabeth Borne la semaine prochaine ? On peut en douter. Qu’en sera-t-il au-delà, après un printemps politique très dense alors que le projet de loi sur la fin de vie était annoncé “d’ici la fin de l’été” ?

Autant de raisons de continuer à convaincre et mobiliser autour de vous !

Je souhaite
(Indiquer le numéro - pour l'outre-mer: 97 - pour l'étranger: 99)

Petite précision à propos de la disparition du « patriarcat » décrite par M.Patrick Buisson

Le nouveau livre de M.Buisson, DECADANSE (Albin Michel, 2023), qui décrit la révolte individualiste au nom de l’hédonisme des soixante dernières années, de même que les multiples interventions dans les médias de son auteur, soulignent à l’envi ce qui est appelé « la disparition du patriarcat ».

Pour une bonne compréhension des choses et du monde, il nous semble nécessaire de rappeler simplement que ce patriarcat disparu était celui de la culture chrétienne.

En effet, et au-delà du nombre toujours croissant de femmes en France portant voile islamique et pantalon fasseyant gracieusement sur des baskets blanches, nous avons aussi à l’esprit ces propos d’un jeune (28 ans) imam M.Mohamed Nadhir, qui a fait partie en 2020 des 50 étudiants sélectionnés par l’Union des mosquées de France pour suivre un enseignement tous frais payés d’imamat au Maroc (ah, cet islam marocain modéré… !), imam parfaitement intégré à la société française (c’est-à-dire parfaitement apte à en utiliser tous les avantages pour travailler à son islamisation), maîtrisant également parfaitement toutes les technologies des réseaux sociaux permettant un meilleur impact sur le web. Ces propos récents (septembre 2022 pour le premier extrait, décembre 2021 pour le deuxième) décrivent assez bien quelques présupposés du patriarcat à la mode musulmane (nous n’avons pas l’intention d’en faire un exposé exhaustif) :

  • En réponse à la question « Pourquoi une femme ne peut pas diriger la salat [la prière]? » [et rappelons qu’il n’y a pas de clergé en islam], M.Nadhir répond :

« Ne réussira pas un peuple qui a chargé des affaires à une femme et les affaires, ça concerne les affaires de l’Etat ou les affaires de la salat. La femme ne peut pas diriger la salat, parce qu’elle ne peut pas diriger tout court. Ni un état, ni une province, ni une ville, ni la prière, ni rien du tout, sauf une association caritative, quelque chose [petit sourire un peu méprisant de l’imam sur son enregistrement video] où y a pas de grande envergure politico-religieuse ».

  • En réponse à la question : « Est-ce vrai que la femme musulmane ne peut pas se marier avec un homme non-musulman ? », M.Nadhir répond :

« L’homme peut se marier avec une chrétienne ou une juive pieuse. Et la femme, non. Il lui est strictement interdit de se marier avec un autre qu’un musulman. Tout simplement parce que la société islamique est une société patriarcale où la prédominance dans le foyer est donnée à l’homme. Et à partir du moment où on donne la prédominance à un homme, si on donne la prédominance à un non-musulman, ça veut dire que le foyer sera géré par un non-musulman. Et le son de cloche de ce foyer, ce sera la mécréance ».

Voilà, voilà….

Deux victoires judiciaires pour l’AGRIF

À deux jours d’intervalle, l’AGRIF a obtenu deux succès remportés par son avocat Maître Jérôme Triomphe devant la quatrième chambre de l’Instruction de la Cour d’appel de Paris.

Le premier arrêt prononcé le 5 avril a décidé du renvoi devant le juge d’instruction de la plainte initialement déposée, le 12 août 2020, contre Manon Monmirel, suppléante du député de la France insoumise Éric Coquerel. Cette dernière avait publié sur son compte tweeter, le 26 mai 2019, les hallucinants propos suivants :

« Que la France et tous les Français aillent niquer leurs mères. Pays de fascistes ».

Propos poursuivis par l’AGRIF sous la qualification des faits suivante :

« injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion par parole, écrit, image ou moyen de communication publié par voie électronique ».

Le deuxième arrêt prononcé en chambre du conseil a décidé du renvoi devant le tribunal correctionnel d’Evreux d’une association de promotion de l’architecture gothique de la « discrimination à raison de la religion et refus d’embauche ». Cette affaire, la plus ancienne, remonte à la plainte déposée le 29 novembre 2013 par un jeune diplômé contre une association de promotion de l’architecture gothique pour fait de discrimination à l’embauche exercée contre lui en raison de son profil de « catholique militant ». Ceci pour avoir simplement mentionné dans son CV son activité en tant qu’écuyer de l’ordre équestre du Saint-Sépulcre, activité purement caritative et ne relevant en rien d’un prosélytisme militant. Il avait aussi mentionné dans sa lettre de motivation et dans son CV qu’il avait été un chef louveteau, ayant à ce titre participé à des « maraudes » pour aider des sans-logis et autres déshérités. Et c’est cela, incroyablement, qui motivait le refus d’embauche prononcé par le président de cette association sous le prétexte d’un « profil de catholique militant ». Notons que ce jeune diplômé que défend l’AGRIF a surtout mentionné dans son CV ses diplômes en droit et en sciences politiques, de ses réalisations culturelles, de sa spécialisation dans le tourisme culturel et dans la valorisation du patrimoine avec ses riches expériences en Roumanie, à Madagascar, au Burkina Faso, et même un cycle d’études en Chine.

D’ordonnance de non-lieu (07-11-2016) en arrêts de chambres d’instruction (31-01-2017, 05-09-2018, 06-02-2019, 25-11-2019, 17-02-2021), en arrêt de la Cour de cassation du 31-05-2022, cette bataille judiciaire vient donc de connaître une victoire d’étape ainsi libellée :

« La Cour, en la forme déclare l’appel (de l’AGRIF) recevable… au fond… ordonne le renvoi de X devant le tribunal correctionnel d’Evreux … du chef suivant : refus d’embaucher Y …  « en lui opposant que son profil de catholique militant faisait obstacle à l’acceptation de sa candidature ».

Abbaye de Rieunette : presque 900 ans d’histoire, et des produits bio

L’histoire de l’abbaye Sainte-Marie de Rieunette commence en 1162, dans l’Aude, près de Carcassonne. Comme vous le devinez, son l’abbaye a connu nombre de péripéties, obstacles et incendies au fil des siècles… Depuis la fin du XXe siècle, ce sont des religieuses cisterciennes qui y sont installées, surnommées parfois “green sisters” en raison des produits bio (baumes, huiles essentielles…) qu’elles fabriquent dans leur petit atelier. Dans cet article, Divine Box vous raconte l’histoire de l’abbaye de Rieunette, et vous parle rapidement de cet artisanat monastique bio. En avant !

Les débuts de l’abbaye de Rieunette

L’histoire de l’abbaye de Rieunette commence donc en 1162. À cette époque, la reine de Castillon, alors jeune veuve, décide de s’installer à Rieunette. Son projet ? Fonder une communauté avec quelques amies ! Tout va ensuite très vite… Le monastère devient rapidement une abbaye, et la communauté suit la réforme cistercienne (de Cîteaux !)

Vers 1432, l’abbaye est placée sous la protection des moines cisterciens de Villelongue. Durant cette longue période de tranquillité, l’abbaye de Rieunette aurait compté jusqu’à quarante moniales !

Une soeur de Rieunette en prière au bord de l’eau © Rieunette

La guerre et ses conséquences désastreuses

En France, la montée du calvinisme (forme de protestantisme) va être la cause de guerres de religion… Les sœurs de l’abbaye de Rieunette se réfugient donc à Carcassonne en 1528. C’était moins une ! En effet, quand les guerres éclatent, l’abbaye subit rapidement de graves dégâts : elle est même incendiée en 1568 ! De plus, quelques années après, l’abbaye de Villelongue, qui gère toujours le domaine, vend les terres et se désintéresse de l’abbaye de Rieunette…

En 1648, après plusieurs années passées à Carcassonne, les sœurs décident de revenir dans leur propre abbaye, et lancent un grand chantier de construction ! Et là, l’aventure tourne mal… Les propriétaires des terres ne sont pas tout à fait en faveur du chantier, car ils ne veulent pas restituer les biens acquis quatre-vingt ans plus tôt. Le chantier est donc détruit en un rien de temps. La mère abbesse est même assassinée le 13 juin 1671…

Rien ne va plus pour la communauté, qui décide d’abandonner Rieunette et de retourner à Carcassonne. En 1761, l’abbaye est même officiellement supprimée et deviendra, après la Révolution de 1789, une exploitation agricole. Décidément, les mésaventures continuent !

L’abbaye des moines de Villelongue qui se trouve aujourd’hui en ruines a longtemps été chargée de la protection de l’abbaye de Rieunette

L’heure de la reconstruction ! 

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, certains groupes d’amis, des scouts, et même des parachutistes se motivent et décident de rénover l’église abbatiale, conservée miraculeusement depuis le XIIe siècle ! Incroyable, non ? Chacun ajoute sa pierre à l’édifice !

Quelques décennies plus tard, en 1992, l’abbaye de Boulaur rachète les bâtiments pour lancer de grands travaux, et envoie les premières moniales à Rieunette en 1998. Il était temps ! C’est le début d’une nouvelle activité religieuse au sein de l’abbaye !

Cliquez ici pour en savoir encore plus sur l’histoire de l’abbaye de Rieunette.

Après la seconde Guerre mondiale, de nombreux volontaires ont aidé à rénover l’abbaye de Rieunette © Abbaye de Rieunette

La communauté aujourd’hui

Aujourd’hui, sept sœurs vivent à l’abbaye de Rieunette : elles sont cisterciennes de la commune observance, comme Boulaur, Lérins ou Castagniers par exemple. Elles suivent donc la règle de saint Benoît, et vivent de prière et de travail. “Sept fois par jour, nous nous retrouvons pour prier ensemble” nous disent-elles par exemple, et les offices sont chantés dans un grégorien pur, sublimé par l’acoustique exceptionnelle de leur abbatiale ! En plus de leur laboratoire, où elles fabriquent des produits bio, les sœurs s’occupent du verger, de leurs poules et des deux ânesses de l’abbaye ! Bien évidemment, la communauté a aussi une hôtellerie où scouts, retraitants, et familles peuvent venir séjourner – allez donc y faire un tour à l’occasion !

Les soeurs de Rieunette en février 2023, devant leur petit atelier ©couleur.ciel (Instagram)

Un artisanat monastique de produits bio

Parfois surnommées “green sisters”, les soeurs de Rieunette sont aussi connues depuis 2009 pour leurs produits de beauté et de soin.

Mais d’où leur est venue cette idée ? Remontons un peu dans le temps… En 2006, sœur M., ancienne docteure en pharmacie spécialisée dans les plantes, fait la connaissance d’un couple venu passer quelques jours à l’abbaye de Rieunette. Lui est ostéopathe, elle est esthéticienne. À ce moment, les sœurs cherchent justement à diversifier leur activité d’artisanat monastique. De leurs échanges, naît l’idée de créer des produits aromatiques et cosmétiques avec des plantes ! Pas de temps à perdre, dès 2009, les sœurs ouvrent un laboratoire au sein même du monastère ! Les huiles essentielles de Rieunette sont déjà connues, mais les soeurs ont aussi des baumes, des huiles végétales ou encore des hydrolats !

Soucieuses de préserver la création, les soeurs travaillent en respectant toujours deux grands principes qu’elles se sont fixés :

  1. Se fournir en plantes auprès de producteurs bio.
  2. Autant que possible, s’approvisionner auprès de producteurs français, principalement dans le sud pour la lavande, le romarin ou le cyprès. Cependant, pour les plantes plus exotiques comme le Tea-Tree (Afrique du Sud), le Géranium Bourbon (Madagascar), la Gaulthérie (Népal) et d’autres, les sœurs se fournissent auprès de coopératives bio, majoritairement océaniennes ou africaines.

Et les efforts paient puisque les produits des sœurs de Rieunette sont reconnus par le très exigeant label de l’association « Nature et Progrès ». Pour l’avoir, il faut que les produits soient naturels, bio, et fabriqués en France. Il est très exigeant, mais le défi à été relevé haut la main par les sœurs !

Soeur A. en plein conditionnement d’hydrolats © Divine Box

Où se procurer les produits de l’abbaye de Rieunette ?

Vous pouvez vous rendre directement au magasin de l’abbaye (Abbaye Sainte-Marie de Rieunette, 11250 Ladern sur Lauquet) et en profiter pour dire bonjour aux sœurs, ou partager quelques offices dans cette abbatiale bientôt millénaire… Mais si l’abbaye est trop loin de chez vous, vous pouvez aussi cliquer ici pour acheter en ligne les produits de l’abbaye de Rieunette chez Divine Box !

« Face au déclin anthropologique, vivre en Européen »

Samedi 15 avril avait lieu le Xe colloque de l’Institut Iliade : « Face au déclin anthropologique, vivre en Européen ».

Jean-Yves Le Gallou ouvrait la journée, suivi d’Anne Trewby qui est revenue sur l’artificialisation croissante de nos modes de vie portée par des politiques transhumanistes. L’intervenante a tenu à réfuter l’aspect inexorable de cette marche vers le déclin anthropologique en rappelant que la nature humaine ne pourrait jamais être abolie, et que nous pouvions insuffler aux techniques la direction que nous souhaitions, voire refuser certaines techniques aux conséquences dévastatrices comme ont pu le faire d’autres civilisations avant nous.

Baptiste Rappin a évoqué les risques d’une société dans laquelle le manager se substitue à l’homme politique, cherchant à « enrôler le désir de ses employés » afin qu’ils épousent les buts de l’entreprise, quitte à mettre en place une « réorganisation de la cognition humaine ». Dans une communauté où la poursuite absolue de la performance est devenue le maître étalon, toutes nos valeurs sont nécessairement soumises à cette finalité.

Hubert Calmettes a souhaité partager avec son auditoire sa vision de l’Europe en 2028… si nous nous soumettions définitivement à la technique : il s’agit d’une société où les capacités cognitives ont régressé, où l’exercice de la lecture est devenu difficile, où les « cyberpsychiatres » gèrent les pathologies mentales issues de la surexposition aux écrans, où les intelligences artificielles remplacent nos relations humaines. Face à l’altération de notre esthétique, de notre affect, de nos opinions politiques et de nos comportements, il préconise de redonner son importance à l’esprit critique, aux efforts de concentration et de mémoire, à la lecture, à la confrontation des idées. Il souhaite également valoriser le rôle des parents afin qu’ils évitent à leurs enfants la consommation de contenu inapproprié pour leur santé mentale. Afin que l’homme ne se laisse pas dépasser par la technique, il évoque enfin la création de nouveaux métiers dans le domaine virtuel afin de dominer nos nouveaux outils technologiques.

Fabien Niezgoda a souhaité mettre en garde contre « le piège de la quantité », qu’il oppose à « la solution de la qualité ». Dans leur histoire, même quand les Européens ont été minoritaires par rapport au reste du monde, ils ont su résister aux menaces extérieures grâce à l’affirmation de soi et à la culture de l’excellence. À travers la pensée des auteurs antiques, il rappelle que, si un minimum d’hommes est nécessaire à la vie d’une cité, une limite doit aussi être posée afin de conserver une familiarité entre membres d’une même communauté.

Julien Rochedy est intervenu sur la dégénérescence de l’homme. Pour lui, l’absence d’espace, la surindustrialisation et l’abondance ont des conséquences biologiques sur notre comportement : nihilisme, lassitude de vivre, refus de la reproduction, refus des inégalités pourtant inhérentes à tous les êtres humains, refus de défendre notre espace propre. Cependant, nous conservons le choix de refuser ce déclin par la recherche de l’ordre, de la beauté et de l’excellence.

Mariano Bizzarri a mis en garde contre la « théologie » du transhumanisme dans laquelle la science est vue comme une religion alors qu’elle ne peut pas rendre compte de tout. Il appelle à tirer profit des « réservoirs inexplorés de la nature » et à la redécouverte des procédés utilisés par nos anciens dans la médecine à l’image d’Hyppocrate ou d’Hildegarde de Bingen.

Audrey d’Aguanno a souhaité remettre en valeur des modèles forts, à l’image de Jeanne d’Arc, de La Rochejaquelein ou de Cornelia, fille de Scipion. Ceux-ci doivent nous permettre de reprendre en main le fil de notre destin et de cultiver les vertus telles que la droiture, le sens de l’honneur, de dévouement, le courage et la volonté.

José Javier Esparza s’est concentré sur notre principale mission qui consiste à « nous raconter sans cesse, nous-mêmes » dans le but de transmettre les points forts de notre identité. Ceux-ci nous permettront de reconstituer la forteresse Europe, et de multiplier les espaces de résistance afin d’amorcer la reconquête de notre civilisation.

Olivier Rey a souhaité avertir sur la disparition des barrières morales et éthiques dont l’aboutissement pourrait être le puçage des cerveaux.

L’ambassadeur de Chine en France qualifie de « racontars » les millions de morts victimes de Mao

Mère Teresa, il n’y a pas de plus grand amour

SAJE diffuse un documentaire très émouvant, qui offre un accès sans précédent aux archives institutionnelles et aux apostolats des Missionnaires de la Charité. Il révèle avec quel dévouement infatigable Mère Teresa a servi toute sa vie le Christ et les pauvres et dévoile l’impact extraordinaire qu’elle a eu sur le monde entier jusqu’à aujourd’hui. Forte femme malgré les apparences, Mère Teresa était vraiment la voix des sans voix qui n’a eu de cesse, tout au long de sa vie, de servir le Christ dans le visage des plus pauvres parmi les pauvres. Parmi les différents passages très émouvants retraçant la vie de la fondatrice des missionnaires de la charité, il y a son fameux discours à la tribune du prix Nobel de la paix en 1979. C’est vers la 9e minute :

Jeudi dernier, dans le très beau cinéma Le Balzac, près des Champs-Elysées, la salle de 385 places était comble pour découvrir pour la première fois le documentaire de David Naglieri sur MERE TERESA, IL N’Y A PAS DE PLUS GRAND AMOUR, en présence du réalisateur, du père Brian le postulateur de la cause de canonisation de Mère Teresa et de nombreuses sœurs Missionnaires de la Charité.

Vous pourrez découvrir bientôt ce documentaire produit par les Chevaliers de Colomb aux Etats-unis à l’occasion d’une séance E-Cinema qui aura lieu samedi 29 avril à 20h sur la plateforme Cuult. La séance sera suivie d’un temps d’échange en direct avec Arnaud Bouthéon, le responsable France des Chevaliers de Colomb. Vous pouvez d’ores et déjà réserver votre E-Billet ici.

Les élus NUPES, ces nouveaux collabos…

Le front républicain a du plomb dans l’aile :

La Première ministre en a après les députés de la Nupes, et ce courroux est remonté jusqu’au oreilles de Playbook lors du passage dans l’hémicycle de la proposition de loi sur “le bien-vieillir“, la semaine dernière. Entre autres, la PPL souhaitait permettre un droit de visite pour les personnes âgées en EPHAD ou à l’hôpital (faute de temps, les députés n’ont pu examiner que six des 14 articles du texte).

Que s’est-il passé ? Comme pour chaque PPL présentée par la majorité ou presque, une motion de rejet préalable a été déposée, portée cette fois-ci par les communistes. L’ensemble de la Nupes, qui déplorait le manque d’ambition du texte, a voté pour — y compris le socialiste Jérôme Guedj, engagé sur la question du grand âge et auteur de sa propre proposition sur le sujet. Cette motion n’a toutefois pas été adoptée, grâce aux voix des députés de la majorité et du… RN. De quoi exaspérer la PM, donc, qui s’en plaignait hier midi: “A croire qu’ils [les élus Nupes] font tout pour faire passer les députés RN pour les députés responsables !”

Grand remplacement : à Versailles aussi

La fête de l’Aïd permet aux nombreux musulmans de sortir du bois et de manifester leur puissance démographique. A Versailles, le maire leur a mis à disposition le gymnase de Rémilly. Même les fillettes sont voilées.