B comme Blasphème
Nous poursuivons la série alphabétique d’extraits du livre de notre ami Bernard Prady: Islam et Islamisation dans une France macronisée:
Suite à ce qui a été appelé l’affaire Mila, suite à la saillie (!) concomitante de Mme Belloubet [lors d’une de leurs manifestations récentes, des avocats chantaient sur l’air de Pirouette/cacahuète: Pirouette, Belloubette – à moins que ce ne fût Pirouette-Belle-ou-Bête.], suite aussi au dossier que l’hebdomadaire France Catholique a de ce fait consacré au blasphème (7 février 2020), il a paru intéressant de rapprocher quelques considérations sur ce sujet concernant judaïsme, catholicisme et islam.
… Un article publié en 2012 sur le site du CRIF fournit deux éléments d’une approche juive du blasphème proposée par le rabbin Rivon Krygier.
Tout d’abord, c’est une constante évolution vers un adoucissement de la peine préconisée face au blasphème, depuis les temps bibliques pendant lequel le châtiment réservé au blasphème pouvait prendre la forme de la peine capitale la plus infâmante, à savoir la lapidation. On rappellera que la date d’écriture du Lévitique (24,16) est estimée entre -1400 et -1000 avant notre ère, soit entre 1600 et 2000 ans avant le Coran. Le châtiment encouru va progressivement s’amenuiser, jusqu’au IXe siècle de notre ère où « on ne parle plus de peine capitale dans les juridictions, mais de hèrèm, de la mise au ban du blasphémateur ». Et encore faut-il qu’il y ait une juridiction juive.
Enfin viennent le siècle des Lumières et l’Émancipation des juifs au XIXe siècle: « Pour dire les choses nettement, le blasphème ne fait plus scandale car la sacralité religieuse n’est plus le référentiel commun, le fondement de la société. Dès lors, le discours religieux n’est plus en position d’être imposé mais proposé. Je citerai ici un grand maître du XXe siècle, le rabbin Abraham Isaac Kook : Les véritables justes n’élèvent pas leurs plaintes contre l’iniquité, mais instaurent la justice; ils n’élèvent pas leurs plaintes contre l’hérésie, mais confortent la foi; ils n’élèvent pas leurs plaintes contre l’ignorance mais propagent la sagesse. »
(Extrait de « Vous avez dit « Blasphème » ? » – Le 25 février 2020)
10 commandements : « Tu ne tueras point »
Aymeric Pourbaix reçoit
- Dr Elie BOTBOL, médecin spécialiste d’éthique biomédicale
- Dr Hubert TESSON, médecin-chef soins palliatifs, clinique Ste-Elisabeth Marseille
- Gregor PUPPINCK, directeur de l’ECLJ
L’Union Lex Orandi, une association de défense de la Tradition
Entretien paru dans L’Appel de Chartres :
Qu’est-ce que l’union Lex Orandi, comment est-elle née ?
Lex Orandi est un cri d’alarme, mais aussi de douleur. Sa naissance date du Motu Propio Traditionis Custodes du 16 juillet 2021, par lequel le pape François a édicté des mesures extrêmement restrictives à l’usage de la liturgie traditionnelle. Immédiatement, des responsables de mouvements de Nantes, Paris, Grenoble, se sont concertés pour coordonner les réactions possibles. Ainsi est née l’Union Lex orandi. Elle regroupe des associations, de droit ou de fait, comme certains collectifs, et s’adresse essentiellement aux fidèles laïcs. Nous sommes en effet les plus concernés par ce Motu Proprio. Tout d’abord parce qu’en tant que fidèles attachés à la liturgie traditionnelle, nous sommes accusés par le Pape de blesser la communion ecclésiale et de refuser le concile Vatican II ; or nous récusons de telles accusations, qui ne sont étayées par aucunes données objectives. Ensuite parce que les mesures que comporte Traditionis Custodes constituent une sorte de punition collective, pour des faits dont nous contestons par ailleurs le bien fondé. Nous sommes donc face à une situation totalement exceptionnelle par son auteur, sa dimension et ses conséquences.
Pourquoi ce nom de Lex orandi ? Que signifie-t-il ?
Le nom de Lex Orandi fait référence à l’adage latin Lex orandi, Lex credendi, qui signifie « la loi de la prière est la loi de la foi ». Le Pape François utilise lui-même cette expression pour indiquer que le missel réformé de Paul VI « est la seule et unique lex orandi de l’Église latine ». Cette affirmation nous semble dangereuse à double titre. Tout d’abord, elle entend nier que la liturgie tridentine, codifiée dans le missel de 1962, puisse être aujourd’hui dans l’Eglise une « loi de la prière ». Le Pape Benoît XVI s’était élevé contre cette prétention lorsqu’il affirmait en 2009 : « Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous » et le Catéchisme de l’Eglise Catholique enseigne : « C’est pourquoi aucun rite sacramentel ne peut être modifié ou manipulé au gré du ministre ou de la communauté. Même l’autorité suprême dans l’Église ne peut changer la liturgie à son gré » (Notice N°1125). En deuxième lieu, l’adage cité par le Pape François renvoie à « la loi de la foi », et nous pouvons légitimement nous demander pourquoi la loi de la prière devrait changer si la foi demeure la même… Nous réclamons donc le retour à la distinction entre les deux formes de l’unique rite latin qu’avait opérée Benoît XVI : à côté de la forme ordinaire, nous demandons à pouvoir bénéficier des célébrations liturgiques dans la forme extraordinaire.
Que représente l’association aujourd’hui ? Est-elle nationale ? Internationale ?
Lex Orandi poursuit trois types d’activités. Nous sommes d’abord un réseau de contacts pour les nombreuses communautés de laïcs qui partagent avec nous l’amour de la liturgie traditionnelle. Nous faisons en sorte de sortir les fidèles de l’isolement que cherche à installer Traditionis Custodes, en interdisant, par exemple, l’accès aux églises paroissiales à nos communautés, ou en prohibant la publication de nos horaires de messes dans les bulletins paroissiaux. Nous sommes aussi un réseau d’entraide pour des communautés menacées par des mesures restrictives, vexatoires ou injustes. Enfin, nous souhaitons agir pour la défense de la tradition par la diffusion d’argumentaires, la publication d’articles ou de livres, la participation à des colloques.
Quel soutien peut-on apporter à Lex Orandi ? Que faut-il faire pour y adhérer ?
Pour s’affilier, c’est extrêmement simple. Il suffit de réunir quelques amis attachés à la liturgie traditionnelle en un même lieu, et de se constituer en association. Nous pouvons fournir des statuts types d’association loi de 1901, mais, encore une fois, une association de fait peut parfaitement demander son affiliation, comme c’est déjà le cas. Nous vérifions cependant l’objet moral ou social des candidats pour valider une demande d’affiliation. Pourquoi s’affilier ? parce qu’il est essentiel que les fidèles laïcs prennent toute leur place dans le combat pour la défense de la tradition. Nous ne pouvons pas nous contenter de nous réfugier sous la soutane de nos prêtres : les instituts religieux ou sacerdotaux mènent déjà des négociations difficiles, à nous, laïcs, de nous unir pour les soutenir, et même les devancer pour résister là où l’on veut les chasser.
Y-a-t-il des projets en cours ou à venir prévus par l’association ?
Cette année 2023, nous lançons une grande campagne de constitution d’associations de laïcs. Dans Summorum Pontificum, le Pape Benoît XVI avait invité les évêques à reconnaître l’existence de « groupes stables de fidèles » comme indicateur de la demande de la liturgie traditionnelle dans un diocèse. Ces « groupes stables » existent toujours, qu’il s’agisse de chapitres du pèlerinage, de groupes Domus, de parents d’élèves d’une école indépendante attachée à la liturgie et au catéchisme traditionnel. Nous les invitons à se faire connaître (en envoyant un mail à contact@lex- orandi.org ou via le site internet www.lex- orandi.org) pour que dans toute la France, les fidèles laïcs soient représentés. Dans cet esprit, nous proposons aussi des modèles de courriers pour les évêques et nous ambitionnons d’ouvrir un canal de communication directe avec la Conférence des Évêques de France. La connaissance mutuelle est la première étape de la compréhension, et de la compréhension peut naître l’acceptation mutuelle.
Quel message adressez-vous aux pèlerins et lecteurs de l’Appel de Chartres ?
Si des lecteurs de L’Appel de Chartres veulent rejoindre l’Union Lex Orandi, il leur suffit de se constituer en association ou en un simple collectif de fidèles, identifié par un nom et un objet. Il y a urgence à le faire : le 40ème pèlerinage de Notre- Dame de Chrétienté en 2022 a été un événement très observé par l’épiscopat. La réunion de l’assemblée plénière des évêques à Lourdes à la Toussaint s’est ouverte par la lecture d’un message du Cardinal Parolin reconnaissant de la part du Pape la blessure que nous a infligé Traditionis Custodes. Dans plusieurs diocèses, des signes d’apaisement inespérés sont aujourd’hui perceptibles. Mais s’il n’y a personne pour demander, il ne faudra pas attendre de réponse. Nous invitons donc, en accord avec la direction de Notre Dame de Chrétienté que nous remercions vivement ici, tous les chefs de chapitre à entreprendre la constitution d’une association qui puisse nous rejoindre, sous un nom différent de celui du chapitre, bien entendu.
Admettre la différence sexuelle pour évaluer les inégalités
Lors de la discussion des amendements no 739 et 580 pendant l’examen du projet de loi sur les retraites, le député Xavier Breton a constaté que les gauchistes, d’habitude si épris d’idéologie du genre, revenaient à la différence naturelle des sexes :
M. Xavier Breton : S’il doit y avoir un index seniors, il ne vaut pas blanc-seing. Mais il est normal qu’il prenne en compte les différences entre les sexes pour pouvoir y porter une attention particulière. Je voudrais toutefois faire remarquer à nos collègues qu’ils évoquent dans leurs exposés sommaires comme dans la défense de leurs amendements des « indicateurs genrés » ou des « données genrées », alors qu’il s’agit tout simplement d’établir la distinction entre les sexes.
M. Marc Le Fur : Eh oui !
M. Xavier Breton : C’est pourquoi nous sommes pour – comme quoi il y a bien une différence sexuelle en dehors de cette théorie du genre qui conduit à tous les excès.
Mme Sophia Chikirou : Vous ne comprenez toujours rien !
M. Xavier Breton : Si vous aviez été au bout de votre logique, vous auriez proposé de distinguer les genres, mais vous savez bien que cela n’aurait pas tenu juridiquement. C’est une bonne chose d’admettre la différence sexuelle et de travailler à partir de ce constat pour évaluer les inégalités. C’est pourquoi le groupe LR votera ces amendements, en remerciant nos collègues d’avoir employé dans le dispositif les mots : « en distinguant leur sexe ».
L’église Saint-Ambroise à Paris vandalisée
L’église Saint-Ambroise, située dans le XIe arrondissement de Paris, a été victime d’actes de vandalisme dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 février. Le père Pascal Nègre, curé de la paroisse, écrit :
Église Saint-Ambroise à Paris encore forcée, fracturée et dégradée dans la nuit de samedi à dimanche, par un (ou des) individu(s) sans aucun respect pour ces lieux patrimoniaux, sacrés et cultuels.
Pas de vols, pas d’œuvres d’art abimées, mais bien des portes forcées, d’insupportables déjections devant l’autel, des restes de beuverie nocturne…
La Grande Vendée anime les vitraux commémoratifs
D’Enry Renoul :
Il y a déjà eu de nombreux ouvrages qui ont recensé, sur tout le territoire de la Vendée Militaire, les vitraux commémoratifs du soulèvement vendéen de 1793 et de sa terrible répression génocidaire.
La cinéscénie du Puy du Fou montre quelques-uns des vitraux les plus emblématiques, ceux des Lucs-sur-Boulogne notamment, mais jamais ils n’étaient autant représentés et animés que dans ce spectacle très émouvant, « En VERRE et contre Tout ».
En une vingtaine de minutes, sur un fond musical signé Laurent Tixier et sur une voix off sobre et explicative, le spectateur apprend et comprend le message vendéen : la liberté de conscience, le pardon, la volonté de reconstruire après le chaos meurtrier laissé dans le pays par la Terreur et la Révolution.
Techniquement, le spectacle est projeté sur sept écrans disposés en arc de cercle, comme l’abside d’une église, et les 70 vitraux provenant de plus d’une trentaine d’églises et de chapelles des quatre départements insurgés sont découpés puis animés, donnant vie à ces œuvres habituellement figées par le verre et le plomb. On se déplace d’Angers à Saint-Martin-des-Tilleuls, du Loroux à Luçon, des Mauges au Marais breton-vendéen, des Lucs à Saint-Laurent et à Cerizay.
On accompagne les chefs vendéens, Cathelineau, d’Elbée, Bonchamps, La Rochejaquelein, Lescure, Stofflet et Charette mais également André Ripoche, le saint de Bas-Briacé, le curé Voyneau et l’abbé Noël Pinot, et les visages des combattants et des martyrs vendéens, morts pour Dieu et pour le Roi.
Sur place on peut se procurer l’ouvrage de Jean-Louis Sarrazin « Guerres de Vendée, la mémoire du vitrail » qui a servi de base au travail des artistes : particulièrement Laurent et Fanny Tixier, Frédéric Bourgeais, sur une idée de Jean-Michel Mousset, président de Grande Vendée.
Le spectacle est visible au LUDYLAB de Chambretaud, 5 rue du Bocage sur réservations : tél 02 51 63 94 90 ou [email protected] jusqu’au 2 avril 2023.

Un service du Premier ministre fait la promotion de la GPA
La DILCRAH, Délégation Interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT+ qui est placée auprès du Premier Ministre, a publié à la fin du mois de janvier 2023 un guide pour « le respect des droits des familles et futures familles LGBT+», présenté comme un
« guide pratique pour accompagner les parents et futurs parents LGBT+ en leur permettant de connaître leurs droits, de les faire respecter et de les faire valoir ».
Il est étonnant de voir une institution gouvernementale éditer un guide spécifique à l’attention des familles LGBT+. Celles-ci ne sont pas seules concernées par la PMA, l’adoption, la discrimination, les congés maternité, de paternité, parental d’éducation etc. Alors qu’elles sont dites « des familles comme les autres », pourquoi leur dédier un guide spécifique ? Pourquoi le Gouvernement n’a-t-il pas plutôt édité un guide pour le respect des droits des familles en général ? Qu’est-ce qui justifie cette différence de traitement ?
La gestation pour autrui est notamment largement relayée dans ce guide. Dès la page 8, on retrouve ce syntagme dans les définitions clés, sans qu’il soit immédiatement précisé qu’elle est interdite en France : ce n’est indiqué qu’à la fin du document, en page 32, après l’exposé portant sur les moyens de faire établir en France une filiation avec l’enfant né de GPA à l’étranger.
La marchandisation du processus et de l’enfant est totalement passé sous silence, de même que la condamnation de cette pratique par le Parlement européen. Les conseils donnés pour faire établir la filiation de l’enfant né de GPA en page p.31 illustrent une nouvelle fois le double jeu mainte fois dénoncé du Gouvernement vis-à-vis du recours à cette pratique à l’étranger.
De même, au sujet de la PMA et du recours à des gamètes d’un tiers, le guide précise les « méthodes interdites » (p.11) comme l’insémination artisanale et le recours à une banque privée de gamètes. Mais s’agissant de cette dernière, le guide indique immédiatement comment faire établir la filiation avec l’enfant qui serait ainsi conçu. D’une main, il rappelle l’illégalité, et de l’autre, il donne les conseils pour apurer la situation juridique lorsque l’infraction a été commise.
N’est-il pas choquant de voir le Gouvernement prôner les solutions permettant d’éviter les conséquences d’une infraction à la législation ?
Un autre exemple en est donné par le traitement de la question des personnes dites transgenres. Il est précisé que le terme « mère » concerne des personnes inscrites « femme » à l’état-civil. Le guide encourage ainsi la jurisprudence de la Cour d’Appel de Toulouse qui, le 9 février 2022, a fait prévaloir le « ressenti » d’un adulte sur la réalité biologique et l’intérêt de l’enfant de se voir délivrer un acte de naissance correspondant à cette réalité et non à un ressenti. La Cour d’Appel a en effet autorisé un homme biologique qui avait conçu naturellement son enfant dans le cadre d’une relation sexuelle avec son épouse, mais dont l’état-civil avait été modifié dans le sexe opposé, à figurer comme mère sur l’acte de naissance de l’enfant.
Le guide revendique dans le même temps que des personnes inscrites comme homme à l’état-civil, c’est-à-dire des femmes de naissance, puissent bénéficier des droits attachés aux mères de famille, alors même qu’il milite pour qu’elles soient déclarées comme « père » sur l’acte de naissance de leur enfant.
On le voit, seul compte l’intérêt des adultes. L’enfant est toujours sommé de s’adapter aux ressentis ou aux combinaisons mises en œuvre pour assouvir le désir d’enfant.
Démocratie & synodalité
De Philippe Mesnard dans Politique Magazine :
[…] Et que dire du pape François ? On n’a jamais vu quelqu’un si attaché aux années 70, au point d’en refuser tout examen critique, fustiger si fortement ceux qui sont eux-mêmes attachés, après examen critique, à une vision de l’histoire de l’Église plus large et plus ample, et non pas resserrée sur les soixante dernières années, ni un démocrate si entiché de démocratie, rebaptisée synodalité, être à ce point autoritaire et dire « L’une des choses les plus laides dans l’Église est l’autoritarisme, qui est alors un miroir de la société blessée par la mondanité et la corruption » (2 février, rencontre avec les jésuites en RDC) en même temps qu’il retire aux évêques la liberté liturgique dont ils avaient toujours joui précisément parce que certains évêques n’appliquent pas Traditionis Custodes comme le pape veut qu’il soit appliqué – autrement dit parce que certains évêques ont correctement appliqué Traditionis Custodes. Mais voilà, François a sa vérité, comme Poutine, comme Biden, comme l’éditeur de Roald Dahl, et il ne souffre pas plus qu’eux qu’on en doute, qu’on en discute, qu’on fasse valoir que les “narratifs” ne sont rien d’autre qu’une manière habile de présenter les choses pour justifier les décisions, ce qui est sûrement légitime quand Darmanin nous parle de ses succès (on salue le talent en n’en pensant pas moins). Mais plus du tout quand il s’agit de déclencher un schisme ou de plonger le monde dans la guerre. Là, il apparaît que la vérité doit être cherchée, à tout prix ; et que ne ce ne sont pas les relativistes qui la détiennent.
La culture de mort toujours assoiffée
SOS Homophobie, Sidaction et le Planning familial ont annoncé saisir le tribunal administratif de Paris contre l’Etat pour contraindre à la mise en place de « trois séances annuelles d’éducation à la sexualité » à l’école, et de « sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles ». Selon les organisations, « seule l’éducation à la sexualité, “dès le plus jeune âge”, doit permettre de “s’attaquer à la racine des inégalités et des violences de genre” ».
C’est toujours ainsi : les associations de la culture de mort sont toujours insatisfaites et en réclament toujours plus. Il s’agit maintenant de détruire toute conscience chez les enfants. La mode des interventions avec des drag-queens se répand dans les maternelles. Mais ils veulent généraliser le détraquage général :

Il faut d’urgence enfermer les idéologues du genre
Yves Daoudal relate les charcuteries de genre :
- Chloé Cole, qui a aujourd’hui 18 ans, mène une campagne active contre l’épidémie de « changement de sexe » qui frappe les Etats-Unis. Maintenant elle porte plainte contre les médecins qui l’ont mutilée. En effet, après avoir été exposée à des influenceurs transgenres en ligne, Chloé a développé l’idée qu’elle était un garçon. Ses parents ont demandé conseil aux médecins. Les médecins ont confirmé la dysphorie de genre et ont fait valoir à la famille que Chloé ne pourrait pas résoudre son problème sans un processus de transition chimique et chirurgical, et qu’il y avait un risque élevé de suicide si elle ne le faisait pas. Et de dire aux parents : « Est-ce que vous préférez avoir une fille morte ou un fils vivant ? » Et ils l’ont bourrée d’hormones, et lui ont coupé les seins à 15 ans.
- En 2014, Susana, 15 ans, plus ou moins autiste, affirme qu’elle est un garçon « parce qu’elle a vu sur YouTube des vidéos de personnes qui avaient changé de sexe et qui disaient que leur santé mentale s’était améliorée ». Un psychologue « spécialisé dans le genre » donne aussitôt son feu vert à la « transition de genre ». La mère est étonnée mais le psychologue lui dit : « Si elle se sent comme un garçon, elle est un garçon. » A 18 ans, elle devient officiellement Sebastian et se fait couper les seins. L’année suivante, comme elle a toujours ses règles malgré trois ans d’hormones, elle subit une ablation de l’utérus et des ovaires, sur les conseils des médecins… Aujourd’hui elle se rend compte qu’elle a été manipulée et qu’on lui a « violé son âme », comme elle dit. Elle porte plainte contre le service de santé de Galice pour « diagnostic erroné de dysphorie de genre » et « absence de soutien psychologique ». C’est une première en Espagne, alors que vient d’être votée une loi qui facilite le « changement de genre » sur simple déclaration et le permet à partir de 14 ans.
Aux Etats-Unis, trois nouveaux Etats, le Tennessee, le Mississippi et l’Indiana ont voté des projets de loi visant à interdire les traitements de changement de genre pour les mineurs. Une dynamique déjà lancée dans d’autres Etats. Alors que le Sénat de l’Indiana a voté avec 36 voix contre 12 un projet de loi visant à interdire l’hormonothérapie, les bloqueurs de puberté et la chirurgie de changement de genre pour les moins de 18 ans, le gouverneur du Tennessee, Bill Lee, doit signer un projet de loi similaire. De son côté, le gouverneur républicain du Mississippi a signé le 28 février un projet de loi, entré en vigueur immédiatement, qui interdit également la chirurgie de changement de genre, la prescription et l’administration de bloqueurs de puberté et d’hormonothérapie croisée pour les moins de 18 ans. La loi prohibe également le fait de « s’engager sciemment dans une conduite qui aide ou encourage la réalisation ou l’incitation de procédures de transition de genre » pour les mineurs. Tout professionnel de santé qui irait à l’encontre de la loi risquerait de voir son autorisation d’exercer la médecine révoquée.
Subvention annulée pour SOS Méditerranée
La Cour administrative d’appel de Paris a annulé vendredi une subvention de 100 000 euros octroyée en 2019 par la Ville de Paris à l’ONG SOS Méditerranée, jugeant que la mairie avait interféré avec la politique étrangère de la France. En accordant cette aide,
«le conseil de Paris doit être regardé comme ayant entendu prendre parti et interférer dans des matières relevant de la politique étrangère de la France et de la compétence des institutions de l’Union européenne, ainsi que dans des différends, de nature politique, entre États membres».
Le tribunal parisien rappelle qu’
«une collectivité territoriale ne saurait (…) méconnaître les engagements internationaux de la France ni, en attribuant une subvention, prendre parti dans un conflit ou un différend international de nature politique ou interférer dans la conduite de la politique extérieure de la France».
Cette décision devrait permettre d’annuler toutes les subventions votées par des collectivités en faveur de cette ONG militante. Si on ne sait pas qui a formulé ce recours, il doit être possible à des entités équivalentes, dans chaque collectivité, d’engager un recours identique.
Tugdual Derville – Euthanasie : une fausse liberté
Gabrielle Cluzel reçoit Tugdual Derville, président d’Alliance VITA qui vient de publier un nouveau livre, Docteur, ai-je le droit de vivre encore un peu ?.
Il dénonce l’initiative d’Emmanuel Macron de remettre en cause l’interdit de tuer qui fonde notre société en confiant la réflexion sur l’euthanasie à une Convention citoyenne, « briefée de façon orientée ». Pour lui, cette démarche constitue « une dérive populiste ». Il n’hésite pas à pointer le « manque de convictions fermes » d’Emmanuel Macron. Les résultats des débats de cette convention sont, pour lui, « effrayants mais prévisibles » : promotion de l’euthanasie, du suicide assisté, y compris pour des enfants. Tugdual Derville décrypte aussi la stratégie politique d’Emmanuel Macron qui « joue des équilibres politiques en fonction des sujets » : à la réforme des retraites qui penche à droite vient s’ajouter cette loi en direction de la gauche. Tugdual Derville fait aussi un tour d’horizon des évolutions à l’étranger : instructif mais inquiétant.
Un roman historique autour de Jeanne d’Arc
Xavier Leloup a entrepris la rédaction d’une saga historique sur la Guerre de Cent ans – et autour de la magnifique figure de sainte Jeanne d’Arc (parmi des visages beaucoup moins aimables de notre histoire!). Trois volumes de cette saga des « Trois pouvoirs » sont déjà parus: « Le prince meurtrier« , « Le chevalier noir » et « La reine de fer« . Nous avons interrogé l’auteur.
Vous avez entamé en 2021 la rédaction d’une saga historique débutant aux débuts du XVe siècle (déjà 3 volumes parus). Qu’est-ce qui vous séduit dans cette période à première vue si sombre ?
Si ce début de XVe siècle est effectivement sombre, il n’est pas moins passionnant. Qu’on en juge plutôt : d’un côté, un roi fou, une reine infidèle et un régent ambitieux, de l’autre, un prince de sang prêt à tout pour accéder au pouvoir, y compris le crime de sang. Tous les ingrédients d’une grande tragédie étaient donc réunis et c’est pourquoi j’ai voulu faire débuter ma saga sous le règne de Charles VI, ce roi méconnu au destin pourtant si shakespearien.
La période est également incontournable en ce qu’elle pose le cadre de l’épopée johannique. Ainsi de l’infidélité notoire de la reine Isabelle de Bavière, qui explique les doutes que Charles VII entretenait sur son ascendance, et donc sa légitimité, lorsque Jeanne d’Arc fait sa rencontre. Ainsi des meurtres du prince Louis d’Orléans puis de Jean Sans Peur, le duc de Bourgogne, qui divisent le royaume de France en deux et aboutissent à cette situation tripartite où Anglais, Français et Bourguignons se disputent le royaume de France. Ainsi de la ville d’Orléans, assiégée par les Anglais en 1429 alors que son seigneur suzerain, le duc Charles d’Orléans, héritier de Louis d’Orléans, est retenu prisonnier en Angleterre depuis Azincourt.
Le règne de Charles VI constitue donc le ferment de l’épopée johannique, sa matrice. L’autre intérêt était pour moi de raconter l’histoire de Jeanne d’Arc sous un angle nouveau en l’inscrivant dans le temps long.
Voyez-vous des similitudes entre cette période et la nôtre ?
Maladie du roi, guerre civile, meurtres politiques, défaites militaires : le royaume de France réalise en 30 ans, de Charles VI à Charles VII, une sorte de descentes aux enfers. Cette longue agonie, à certains égards, n’est pas sans rappeler les maux de tous ordres qui s’abattent aujourd’hui sur notre pays.
Mais ce qui me frappe le plus, c’est la tendance récurrente d’une certaine élite dirigeante à vouloir se vendre aux ennemis de la France. Une trahison qui, hier comme aujourd’hui, se fait d’ailleurs le plus souvent sur le dos et à l’insu du peuple qui, au contraire, entretient un rapport plus charnel avec la mère patrie. Comme si, à intervalles réguliers, les « Grands » décidaient que la France ayant fait son temps, il était temps de la liquider.
Dans ces ténèbres de la guerre de cent ans, dans une Europe déchirée par le Grand schisme d’Occident, la figure lumineuse de Jeanne d’Arc apparaît fondamentale pour comprendre la survie de la France. Comment le romancier que vous êtes comprend-t-il cette épopée presque irréelle ?
Alexandre Dumas disait : « Jeanne d’Arc est le Christ de la France ; elle a racheté les crimes de la monarchie, comme Jésus a racheté les péchés du monde : comme Jésus, elle a eu sa passion ; comme Jésus, elle a eu son Golgotha et son Calvaire. »
A l’instar de Saint Louis, Jeanne d’Arc est donc à la fois une femme de prière et d’action, une guerrière et une martyre. Elle représente pour moi l’intervention du surnaturel dans le destin des hommes et confirme la place particulière que tient la France dans le plan de Dieu.
Le parcours de Jeanne d’Arc est également un bon exemple du patriotisme qui animaient les femmes de cette époque. Comme j’ai eu l’occasion de le montrer dans Les Grandes Dames de la guerre de Cent Ans, la Pucelle ne constituait pas, de ce point de vue-là, un cas isolé. Outre la duchesse d’Anjou Yolande d’Aragon, nombreuses furent les femmes à se battre avec la plus grande énergie contre l’envahisseur anglais.
Jeanne d’Arc, enfin, présente pour moi un paradoxe. Alors qu’elle est sans nul doute l’un des personnages les mieux documentés du Moyen Âge, certaines zones d’ombre entourent encore son parcours ; zones d’ombre, qu’en tant que romancier, je me suis fait un plaisir d’exploiter.
Vous annoncez la parution prochaine d’un 4e volume : L’envoyée de Dieu. Pour quand l’envisagez-vous ?
La sortie de ce nouvel opus est prévue pour mai 2023.
L’envoyée de Dieu met en scène les premiers exploits de Jeanne d’Arc en les imbriquant dans l’univers romanesque de ma saga, c’est-à-dire en y mêlant mes héros que sont Guillaume de Gaucourt et Yolande d’Aragon.
La principale originalité tient au rythme de la narration. Plutôt que de passer rapidement d’un événement à l’autre, j’ai préféré m’attarder sur deux étapes clefs de l’épopée de la Pucelle : sa présentation au roi Charles VII, à Chinon, où toute la cour de France est réunie et l’attend de pied ferme, puis sa reconquête d’Orléans, où elle va parvenir en seulement quelques jours à faire lever un siège qui durait depuis sept mois.
Dans la plus pure tradition littéraire, je me suis ainsi efforcé de bâtir un imaginaire plausible autour d’événements historiques que tout le monde connaît, ou du moins croit connaître ; avec, en contrepoint, une bonne dose de romance et d’humour.
Offre spéciale: Les 3 premiers volumes de la saga médiévale des « Trois pouvoirs »
Le Panama ne dénature pas le mariage
Dans un arrêt du 16 février, la Cour suprême du Panama, saisie de plusieurs recours depuis 2016, a rejeté la reconnaissance du mariage homosexuel estimant que
« le droit au mariage égalitaire n’est rien de plus qu’une aspiration qui, bien que légitime pour les groupes concernés, n’entre ni dans la catégorie d’un droit humain ni d’un droit fondamental ».
Six des neuf magistrats de la Cour ont estimé que le mariage homosexuel « ne jouit pas d’une reconnaissance conventionnelle et constitutionnelle ».
La décision précise que l’exigence du mariage entre un homme et une femme est objective et justifiée
« par l’intérêt général de donner la préférence à ces unions qui peuvent fonder des familles, préserver l’espèce humaine et par conséquent la société ».
Vaincre ou mourir, le film survivant
Un mois après la sortie du film Vaincre ou mourir au cinéma, Thomas Debesse propose une réflexion sur certaines choses qui ont été dites et des éléments de réponses à certains arguments parfois surprenants. Il compare le film Vaincre ou mourir avec d’autres films. En effet, beaucoup d’arguments utilisés contre le film semblent être des arguments ad hoc qui ne tiennent pas la comparaison. Par exemple certains argumentaires présupposent de ce que devrait être le cinéma pour affirmer que Vaincre ou Mourir ne répondrait pas aux attentes ou aux exigences… Sauf qu’en comparant avec d’autres films on se rend vite compte que ces conditions n’existent pas ou ne peuvent être exigées ainsi (sophisme du vrai écossais).
C’est aussi l’occasion de recommander le documentaire de Daniel Rabourdin, La Rébellion cachée. Et pour ceux qui n’auraient pas pu voir Vaincre ou Mourir, le DVD du film est désormais disponible en précommande.
Le film survivant
[…] Dans la vidéo de la chaîne Intercut sur Vaincre ou Mourir l’animateur de la chaîne aborde avec raison le fait que Vaincre ou Mourir a été financé par le CNC et Canal+ […] et ajoute : « serai-je en train de dire que Vaincre ou Mourir s’inscrit en fait parfaitement dans le système dénoncé par tout ceux qui en font son argument artistique principal, celui d’être exclu du système, ben écoutez, oui. »
[…] Mais si ce film a réussi à valider toutes les étapes de la production et de la distribution dans ce système, on ne peut pas pour autant se servir de ce film pour affirmer qu’il n’y aurait donc pas d’opposition ni de difficulté systémique. Il s’agit d’un biais de sélection qu’on appelle le « biais du survivant ». […] Parce qu’il y a une confusion entre le fait que quelque chose soit parfaitement intégrée à son environnement et le fait que l’environnement lui soit favorable de manière générale. Il est possible que l’intégration parfaite de quelque chose à son environnement, ce soit la mort en général, et l’éventualité d’une survivance exceptionnelle
[…] On ne peut pas à la fois qualifier le résultat de téléfilm comme certains l’ont fait, invoquer les soutiens extra-ordinaires qu’il a reçu dans son développement, et en même temps, affirmer qu’il serait le fruit parfaitement intégré de son environnement. En fait il faut choisir. Parce que si on affirme que ça ressemble un téléfilm, alors ça suppose que l’industrie pour produire ce genre de film en est encore à l’étape du balbutiement.
[…] Quand Daniel Rabourdin a réalisé son docufiction La Rébellion cachée sorti en 2017 sur le sujet des guerres de vendées, il a pu lui aussi faire participer Reynald Sécher comme l’a fait Vaincre ou Mourir. Dans le générique de son docufiction on voit citer comme consultant Hubert de Torcy, le président de Saje Distribution qui est justement la société qui distribue Vaincre ou Mourir, et qui distribue aussi La Rébellion cachée. Mais avec ce réseau pour faire un film sur le même sujet, Daniel Rabourdin n’a pas réunit ces soutiens-là, ni les financements qu’a reçu Vaincre ou Mourir.
Ce qui s’est passé avec Vaincre ou Mourir est une exception […] le film […] est un survivant.
Pourquoi Saje distribution ?
[…] On ne peut pas à la fois vouloir expliquer que ce film serait confidentiel à cause du fait que sa société de distribution serait confidentielle, et en même temps affirmer que ce film serait parfaitement intégré au système dans lequel il est produit, parce que dans ce cas-là, soit le Puy du fou aurait choisi une autre société de distribution que Saje, soit Saje serait un pilier incontournable de la distribution de film en France […].
Saje a commencé à distribuer des films en 2012 et s’est notamment fait connaître en 2014 en important le film Cristeros. […] Ce qui rapproche Vaincre ou Mourir et Cristeros c’est que le sujet de Cristeros est celui de la persécution anti-catholique au Mexique au début du XXe siècle. Le conflit se transforme en conflit armé suivi d’une épuration. En 1935, 17 états du Mexique ne comptent plus un seul religieux sur leurs sols.
En 2014 on aurait pu dire… franchement, pour distribuer Cristeros, faire appel à une société de distribution inconnue qui existe depuis un an et demi, est-ce qu’on a pas un réseau de distribution existant en fait ? Ben il faut croire que non.
En 2023, presque dix ans après, pour distribuer Vaincre ou Mourir c’est toujours Saje qui s’y colle en fait. […]
En 2004 déjà, il y a presque 20 ans, il n’a pas été facile d’importer et distribuer en France le film La Passion du Christ de Mel Gibson. C’était le Tunisien Tarak Ben Ammar qui avait pris en charge la distribution en France.
Il y a un point supplémentaire sur lequel on peut comparer Vaincre ou Mourir et Cristeros, c’est le fait que dans certains endroits, des gens ont organisé les séances eux-mêmes pour qu’ils puissent voir ce film. C’est-à-dire qu’il y a des gens qui ont négocié avec un cinéma la projection du film qu’ils veulent voir, et ont fait eux-mêmes la prévente de la séance avec leur propre réseau, ça peut être par exemple une paroisse. Ça nous dit qu’il y a un besoin de ce genre de film qui n’est pas satisfait. Il y a un besoin de production et un besoin de distribution qui ne sont pas satisfaits, et là ce n’est pas la faute de Saje […]
Le souvenir d’une souffrance réelle
[…] La question de la pudeur et de la délicatesse est importante parce que ce film aborde des faits qui ont été vécus par une population qui en a encore aujourd’hui la mémoire.
[…] Quelqu’un qui serait un peu attentif à notre héritage culturel français, régional, va entendre des bribes de ces histoires. Le groupe Tri Yann a fait redécouvrir au grand public dans son album La découverte ou l’ignorance de 1976 la chanson en langue bretonne La levée des 300 000 hommes (Galvadeg en tri kant mil soudard). De très nombreuses personnes connaissent cette chanson aujourd’hui, car l’album est disque d’or. […] C’est cette même levée des 300 000 hommes, cette fois-ci en Vendée, que l’on voit au début du film Vaincre ou Mourir. Au refus suit la révolte. À la révolte suit de violentes représailles. La population a vécu ces choses et s’en souvient.
[…] Dans la chanson « les bleus sont là » on chante « Les bleus sont là, le canon gronde, dites les gars avez-vous peur, vos corps seront jetés à l’onde, vos noms voués au déshonneur ». Quand Écran Large affiche « Vaincre ou Vomir », les gens qui ont écrit cela actualisent 230 ans après cette volonté de vouer au déshonneur les noms de ces gens. […] Dans Écran Large Antoine Desrues écrit « À la vue de Vaincre ou mourir, on espérerait presque que l’enfer existe réellement pour y voir ses responsables prosélytes et réactionnaires y brûler avec délectation », […] ce qu’il décrit là, c’est le concept de base de ce que l’on a appelé en Vendée la colonne infernale, où les villages ont été incendiés, et où les gens ont été littéralement jetés au four, au feu, pour y voir avec délectation y brûler ces dits prosélytes et réactionnaires.
Le massacre des Lucs-sur-Boulogne a fait entre 500 et 590 victimes, y compris de très nombreuses victimes civiles. Le 28 février 1794, 110 enfants âgés de 15 jours à sept ans sont massacrés dans l’église du Petit-Luc. […] En fait on connaît le prénom, le nom et l’âge de chacun de ces enfants. Ce n’est pas un souvenir lointain, anonyme. Certaines personnes en lisant la liste retrouverons leur propre nom, et ont peut-être dans leur famille, un cousin, une cousine qui font partie de ces enfants assassinés […] par des soldats de l’armée française.
La pudeur du réel
J’avais de l’appréhension avant de voir Vaincre ou Mourir, mais j’ai été agréablement surpris de ne jamais ressentir de malaise, pas par rapport aux événements du film mais par rapport à sa réalisation. […] Vaincre ou mourir a trouvé la pudeur nécessaire pour traiter d’un sujet historique de mon pays, dont les personnages sont de mon pays, ont vécu des événements réels, sur une terre à laquelle je peux me rattacher.
[…] certains diront que la voix off est peut-être trop présente, que le film pourrait plus montrer que dire, peut-être, mais au moins le film ne fait pas cette erreur très gênante de suggérer un ressenti puis de dire tout haut ou de montrer bien grassement ce que le spectateur a ressenti dans l’intimité de son affect et de son imaginaire.
Trop souvent dans un film français il y a un moment où […] l’acteur se sent obligé de trahir qu’il est un acteur, qui a honte de lui-même, et qui a besoin d’exprimer un peu de distance avec ce qu’il fait parce qu’il n’assume pas […]. Vaincre ou mourir ne fait pas ça. Il y a une différence entre agir français dans son jeu et jouer un français, et dans le film ils ont agi français. […]
Vaincre ou mourir touche à des faits réels et à l’imaginaire que l’on construit au contact de ces faits réels pour internaliser la connaissance, et à aucun moment le film ne m’a manqué de la délicatesse nécessaire.
Le traitement de la violence et le traitement de l’histoire
[…] Le film Vaincre ou Mourir est économe dans la violence graphique qu’il présente à l’écran. Il peut y avoir beaucoup de raisons à cela. Beaucoup ont dit que cela révélait à leurs yeux un manque de moyens, ce qui est bien possible étant donné le budget de ce film. Une deuxième raison pourrait être la volonté de conserver un large public […].
Il y a une troisième raison qui peut motiver à limiter la représentation de la violence, de recourir plus à la suggestion et à user d’ellipses, c’est que le film relate une histoire vraie, avec des spectateurs qui peuvent s’identifier aux personnages par des attachements familiaux ou territoriaux réels, et avec, c’est très important, la particularité que ce film raconte l’histoire du vaincu. Parce que si le film s’intitule Vaincre ou Mourir, le personnage à la fin il est vaincu et il meurt, et ce n’est pas une fiction.
Cette façon de faire des ellipses et de montrer certains tableaux, presque statiques, ou lointains, me font énormément penser au film Le tombeau des lucioles d’Isao Takahata. Le tombeau des lucioles est un film japonais racontant comment deux enfants japonais vivent les bombardements américains et l’impact que ça a sur leur vie. Ils sont les vaincus de l’histoire, et ils meurent à la fin. Quand Isaho Takahata nous montre les corps des victimes de bombardements, il nous les pose simplement, comme le fait le film Vaincre ou Mourir. On ne voit pas les gens mourir, on voit les gens morts.
Parfois les films jouent sur les deux plans. Dans le film The Patriot (2000) avec Mel Gibson, certains combats sont explicites, on voit par exemple un boulet de canon qui arrache la jambe d’un soldat, au premier plan. Par contre quand Anne qui vient d’épouser Gabriel est enfermée avec le village dans l’église paroissiale et que l’église est incendiée, le film ne nous montre pas cette mort et fait une ellipse. On comprend la mort quand son beau-père Benjamin ramasse dans les cendres le collier qu’elle portait. Cette différence de traitement est alignée sur la proximité que le spectateur peut affectivement développer avec les personnages.
Dans le film Elle s’appelait Sarah sorti en 2010 sur le sujet de la rafle du Vel d’Hiv’, quand Sarah rouvre le placard, on ne nous montre pas le contenu du placard. Ce n’est pas nécessaire, et ce n’est pas utile. On n’en a pas besoin pour comprendre ce qui se passe, et on n’a pas besoin de s’infliger ce spectacle.
Et autant certains films mélangeront l’explicite et l’implicite, d’autres films comme Le tombeau des lucioles et Vaincre ou mourir font le choix de l’implicite et de la pudeur sur toute la ligne. Ces deux films présentent l’histoire racontée par le vaincu, et l’histoire va être entendue par la population même qui a la mémoire douloureuse de ces événements.
Si parfois le manque de moyen a pu encourager ces ellipses, […] un film n’est pas toujours à 100% un divertissement. C’est précisément ce qui se passe avec Le tombeau des lucioles et Vaincre ou mourir. […]
On ne peut pas réclamer de tous les films d’être à 100% un divertissement et on ne peut prétendre que le spectateur est nécessairement détaché de la violence qui y serait représentée. Je reprends cette comparaison, mais quand on va voir le Tombeau des lucioles, est-ce que ces gens [d’Écran Large] nous disent que l’on est censé « vouloir vivre impérativement dans le déni en dépolitisant le film et vouloir se vider le crâne devant un grand spectacle » ? C’est ça leur seul horizon du cinéma en fait ? Est-ce que lorsqu’Hayao Miyazaki a réalisé le film Le vent se lève où il nous raconte l’histoire d’un concepteur d’avion de guerre Japonais dans une guerre que le Japon à perdu, est-ce qu’ils nous disent que pour regarder cet autre film, il faut « vouloir vivre impérativement dans le déni en dépolitisant le film et vouloir se vider le crâne devant un grand spectacle » ?
[…] Parce que ce que certains expriment, là, dans certains médias, c’est leur comportement de junkie qui fuient le réel dans une consommation de drogue et qui se plaignent que la dose n’est pas assez forte, qu’elle arrache pas assez, et pire encore, qu’ils sont encore lucides avec ça. Et ça, pour eux, c’est un échec.
Celui qui regarderait le Tombeau des lucioles en se disant « on va voir un film de guerre, ça va être l’éclate », il va complètement passer à côté du film, son expérience sera complètement ratée, mais ça ne sera pas la faute du film. Si le spectateur pose comme condition qu’il ne doit y avoir ni empathie ni compassion ni toute autre forme d’investissement affectif, c’est le spectateur qui a un problème, pas le film. […]
Je me souviens d’un film sur Jeanne d’Arc qui était en deux parties. C’était Jeanne La Pucelle de Jacques Rivette sorti en 1994. Il y avait un film intitulé Les Batailles, et un autre intitulé Les Prisons. Peut-être que ça aurait été une bonne idée de faire quelque chose comme ça pour Charette, avec deux atmosphères, une plus glorieuse à grand spectacle, et une plus intimiste et plus dans la tragédie.[…]
Même si l’histoire de Charette est propice à représenter des combats épiques avec lesquels on pourrait prendre une certaine distance émotionnelle, le film en lui-même n’est pas facile pour une certaine population. Ce n’est pas une question de violence graphique. […] Dans un film comme John Wick on a un personnage imaginaire évoluant dans un univers imaginaire et qui trucide des personnages imaginaires. Dans Vaincre ou Mourir avec Charette ce sont nos cousins qui trucident nos cousins dans notre pays. Si la relation du spectateur au film est la même dans les deux cas, c’est que le spectateur ne prend pas le risque de sortir de sa zone de confort.
La pudeur du réel est aussi demandée parce que le sujet est traité correctement. Si je prends le film Le dernier samouraï avec Tom Cruise, […] il y a un problème fondamental : dans le film le personnage principal est présenté comme un américain vétéran des guerres indiennes et traumatisé par les massacres des indiens aux États-Unis, alors que le personnage réel dont s’inspire l’histoire est un Français officier sous Napoléon III, ayant vécu l’expédition du Mexique, la guerre franco-prussienne de 1870 et la Commune de Paris. Alors oui il y a une différence. Dans un cas le fait historique nourrit le scénario d’une autre histoire fictive avec toute la distance que cela met, et dans un autre cas l’histoire racontée essaie de représenter le fait historique.
Les figurants
[…] J’ai entendu plusieurs fois que ce film manquait de figurant à l’écran. […] C’est vrai que le cinéma peut nous montrer des choses plus grandioses. […] Mais ce n’est pas un manque de figurants, mais un manque d’effets spéciaux. On a du mal à s’en rendre compte parfois mais énormément de choses que l’on voit désormais au cinéma ne sont plus des choses filmées. À commencer par les figurants. […]
Certains films, parfois à très gros budgets, ne se posent même plus la question de la crédibilité des figurants. Black Adam sorti en 2022, avec 185 millions de dollars de budget, nous met une poignée de personne pour représenter la population d’une ville. Vaincre ou Mourir fait mieux que ça en fait.
Et en parlant de cohérence, même le traitement des décors est correct. Si je compare avec John Wick 3 Parabellum (2019), il y a énormément de décors dans cet autre film qui n’ont aucun sens, qui ne peuvent pas être justifiés physiquement, ne serait-ce qu’en se posant la question, qui dans l’univers, paie pour ça, et pourquoi ? Ce film a eu 75 millions de dollars de budget […]. Vaincre ou Mourir a des décors plus cohérents que ça en fait, peut-être parce qu’ils sont réels, tout simplement.
[…] Oui, comparé à certaines grosses productions à gros moyens on voit moins de gens à l’écran, mais ce sont de vraies personnes que l’on voit, et ça fait du bien de voir ça. […] Est-ce que cette impression de téléfilm que certaines personnes ont ressentie ne viendrait pas en partie du fait que ce sont des vrais gens qui ont joué, et que donc la caméra a due être placée comme on place une caméra quand on tourne avec de vrais gens d’une part, et d’autre part qu’on ne multiplie pas ces gens avec de la modélisation ?
L’Histoire de France, ce n’est pas sale
[…] Il y a des gens qui nous expliquent qu’il ne faudrait pas voir le film Vaincre ou Mourir. […] On dirait que ce genre de personne aurait peur que ce film corrompe la jeunesse. En fait ils en parlent comme s’ils défendaient à un enfant d’aller voir un film porno. […]
L’histoire d’un peuple chrétien en France et l’histoire de ce qu’il a vécu, dans ses victoires et ses défaites, dans sa gloire et son anéantissement, ce n’est pas sale. Je ne pense pas qu’on a besoin d’eux comme clergé douteux avec leurs interdits religieux bien à eux, et qui ne font rien de plus que nous expliquer que ce film est à leurs yeux une œuvre licencieuse, dissolue et dépravée.
Molière se moquait de la pudibonderie de son siècle et du signalement de vertu du personnage qu’il nomme Tartuffe. […] Dans la pièce de Molière, le Tartuffe s’est emparé de la maison, et en a chassé le propriétaire dont il a obtenu les richesses et la confiance par ses tromperies. […] Dans la pièce de Molière c’est le roi qui rétablit la justice et qui rend au malheureux ce qu’il avait perdu, mais dans cette nouvelle pièce de Tartuffe que l’on voit jouée dans nos médias aujourd’hui, le roi étant mort, c’est peut-être bien le Tartuffe qui règne sur le domaine et qui administre les richesses. Pour voir la fin alternative du Tartuffe, il suffit de lire Libération ou Télérama.
La Rébellion cachée
Beaucoup ont relevé que le film Vaincre ou mourir était un peu le cul entre deux chaises, entre le cinéma et le documentaire, ce qui s’explique d’ailleurs par l’histoire de sa production. Si vous avez envie d’approfondir le sujet, et cette fois-ci c’est vraiment un documentaire que je propose, vous pouvez regarder le documentaire de Daniel Rabourdin, la Rébellion cachée : https://vimeo.com/ondemand/larebellioncachee
Colloque sur le Linceul de Turin
Le colloque du Centre international d’études sur le Linceul de Turin, un temps annoncé à Saint-Roch, aura finalement lieu à l’ASIEM (6 rue de l’Apparent 75007 Paris).


Terres de Mission : Demain, une Eglise sans prêtre ?
Terres de Mission reçoit l’abbé Viot pour évoquer l’idée évoquée en Belgique (et plus largement dans plusieurs pays d’Europe, en marge du synode sur la synodalité) d’une Eglise sans prêtre.
Puis, Alexis Maillard, directeur du site jesusmarie.com, présente ce site qui offre à l’internaute de nombreuses ressources théologiques et spirituelles.
Enfin, Guillaume de Thieulloy recense l’ouvrage collectif dirigé par Ludovic Laloux et Gautier Filardo : « Eglise et pouvoir politique ».
2e dimanche de carême
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
La messe célébrée ce dimanche est celle du IIe dimanche de Carême. Notre Seigneur avant d’entrer dans la douloureuse épreuve de sa Passion nous laisse paraître, dans l’Évangile de ce dimanche la splendeur de sa gloire par la Transfiguration devant trois de ses disciples.
Cet état de béatitude auquel nous sommes également appelés ne se réalisera que par l’infinie miséricorde de Dieu que tous les chants de cette messe réclament…
| Reminíscere miseratiónum tuárum, Dómine, et misericórdiæ túæ, quæ a sæculo súnt // ne únquam dominéntur nóbis inimíci nóstri // líbera nos, Déus Israel, ex ómnibus angústiis nóstris. | Souvenez-vous Seigneur de votre bonté et de votre miséricorde qui sont de toujours // Que nos ennemis ne l’emportent pas sur nous // Délivrez-nous, Dieu d’Israël, de toutes nos angoisses. |
Le verset de cet introït est bien entendu le début du psaume 24 que nous avons souvent entendu au temps de l’Avent.
| Ad te Dómine levávi ánimam méam : Déus méus in te confído, non erubéscam. | Vers vous, Seigneur, j’élève mon âme, mon Dieu c’est en vous que je mets ma confiance et je n’aurai pas à en rougir. |
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Le texte du graduel de ce IIe dimanche de Carême qui suit l’introït provient également du psaume 24.
C’est une humble prière de l’âme repentante bien placée après l’épître qui vient de nous donner divers moyens de mortification.
| Tribulatiónes córdis méi dilatátæ sunt : de necessitátibus méis éripe me, Dómine. Et voici le verset :
Víde humilitátem méam, et labórem méum ; et dimítte ómnia peccáta méa. |
Les angoisses de mon cœur se sont multipliées. Arrachez-moi à mes tourments.
Voyez mon humiliation et ma peine et remettez tous mes péchés. |
Le contexte du psaume replace ces paroles dans un climat de confiance en la miséricorde divine.
M. Yves Gire qui avait publié son maître-ouvrage « L’Année Grégorienne », n’avait jamais voulu aborder l’aspect technique ni dans ce livre, ni dans l’émission « Chant grégorien du jour » qu’il avait créée en 1987. C’est pourquoi il avait écrit ses « Compléments techniques » à l’adresse des choristes, chefs de chœur et spécialistes.
Voici ce qu’il écrivait sur ce graduel du IIedimanche de Carême :
On retrouve (comme à celui de la messe du jour de Noël par exemple) un 5e mode sans partie grave empruntée au 6e mode, avec les trois notes importantes Fa-La-Do énoncées dès le départ. Dans la première partie il y a peu de grandes vocalises, seulement sur Dómine ; dans la deuxième partie, il y a surtout celle de Labórem, typique des graduels du 5e mode ; à noter dans cette vocalise, à la fin de la deuxième incise, l’épisème sur le Sol qui n’indique qu’un petit soulèvement de la note au levé avant de retomber sur la longue, le léger élargissement correspondant devant commencer sur le losange qui précède. Sur ómniaon trouve une formule de graduel du 2e mode (en La), ce qui est assez fréquent, les deux modes ayant la même dominante.
Le Trait du IIe dimanche de Carême Confitémini Dómino comporte quatre versets qui sont les premiers du psaume 105, psaume de louange à la miséricorde divine en laquelle nous autres pécheurs nous mettons notre confiance. La suite du psaume raconte longuement toutes les infidélités dont le peuple d’Israël s’est rendu coupable au cours de son histoire, et comment, à chaque fois, le Seigneur en a eu pitié et lui a pardonné, ce qui justifie cette louange et cette confiance.
Voici la traduction de ce texte :
Louez le Seigneur car il est bon, car sa miséricorde est éternelle. Qui racontera tous les hauts faits du Seigneur, qui fera entendre toutes ses louanges ? Heureux ceux qui gardent ses commandements et qui accomplissent sa volonté en tout temps. Souvenez-vous, Seigneur, de votre peuple dans votre bienveillance, visitez-nous pour nous sauver.
La mélodie, comme celle de tous les Traits, est une psalmodie très ornée avec des formules qui reviennent aux différentes cadences du texte. Elle s’apparente beaucoup à celle du Trait Dómine non secúndum du mercredi des Cendres. On y retrouve en particulier la même progression d’un verset à l’autre depuis le grave vers l’aigu.
Deux versets du long psaume 118, le psaume de la fidélité à la Loi divine, fournissent le texte de l’offertoire.
| Meditábor in mandátis túis quæ diléxi válde, et levábo mánus méas ad mandáta túa quæ diléxi. | Je méditerai sur vos commandements car je les aime de tout mon cœur, et je lèverai les mains vers vos commandements que j’aime. |
L’expression levábo mánus méas = je lèverai les mains exprime la prière de l’âme vers son Créateur.
La mélodie correspond tout à fait à cette atmosphère méditative, avec son faible développement et ses longues tenues. [On remarquera comme est souligné le mot diléxi = j’aime qui revient deux fois, d’abord par une simple accentuation, puis par une grande vocalise très expressive].
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L’antienne de communion du IIe dimanche de Carême est encore une prière personnelle, suppliante mais pleine de confiance, avec un grand élan d’amour et d’adoration. Elle est tirée du psaume 5, une des nombreuses prières de David en butte aux persécutions de ses ennemis et qui s’en remet à la protection divine :
| Intéllige clamórem méum, inténde vóci oratiónis meæ, Réx méus, et Déus méus : quóniam ad te orábo, Dómine. | Entendez mon appel, soyez attentif à la voix de ma prière, mon Roi et mon Dieu, car c’est vous, Seigneur que je supplie. |
On remarquera dans la mélodie les grands élans de Intéllige au début et orábo à la fin, ainsi que la douceur pleine de tendresse sur l’invocation Réx méus, et Déus méus (mon Roi et mon Dieu).
« Il n’y a pas de sens de l’Histoire »
Pour les 60 ans de l’exécution du colonel Bastien-Thiry, une soirée commémorative était organisée, au prieuré Saint-Irénée à Lyon (FSSPX).

Après la messe célébrée par M. l’abbé Cyprien du Crest, le chant de la cavalcade résonna dans l’église, unissant les voix de toutes les générations.

Après avoir écouté M. Louis de Condé déclamer avec émotion un poème en hommage au colonel, madame Hélène Bastien-Thiry donne une conférence retraçant la vie héroïque de son père.


Quelque 200 personnes, pieds noirs, amis de l’Algérie Française auxquels se mêlaient de très nombreux étudiants étaient présents pour rendre hommage au colonel Bastien-Thiry, défenseur de la civilisation chrétienne et française comme son magnifique testament en témoigne:
« Il n’y a pas de sens de l’Histoire, il n’y a pas de vent de l’Histoire, car ce qui fait l’Histoire, selon notre conception occidentale et chrétienne, qui est vérifiée par tous les faits historiques, c’est la volonté des hommes, c’est l’intelligence des hommes, ce sont leurs passions bonnes ou mauvaises ».
Le sacrifice
Auteur d’une Théologie du sacrifice, l’abbé Jean de Massia, FSSP, est interrogé dans France catholique. Extrait :

« Que leurs noms ne soient pas même prononcés parmi vous !
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Mgr Giraud, évêque de Sens-Auxerre et prélat de la Mission de France, dans le journal La Croix du 14.02.2023 a publié un article intitulé « Sur l’homosexualité, le pape François invite à sortir de l’impasse du silence ».
Avant tout, il semble nécessaire de distinguer deux acceptions du terme « homosexualité » :
• Soit le terme désigne le fait d’avoir des tendances homosexuelles, ce qui est une infirmité de notre nature humaine créée par Dieu sexuée en vue de la perpétuation de l’espèce, et dans ce cas, ces tendances n’enlèvent rien à la dignité de la personne, mais peuvent même lui être source de mérite s’il leur résiste.
• Soit le terme désigne le fait de commettre des actes homosexuels, et dans ce cas il s’agit d’un péché contre nature, qui doit être dénoncé comme tel.
Personnellement, je ne vois pas à quel silence le Pape et Mgr Giraud font allusion, tant j’entends au contraire une publicité de plus en plus assourdissante au sujet de l’homosexualité, et d’autant moins faudrait-il se plaindre du silence qu’il a justement été donné par Saint Paul comme prophylaxie en pareil cas :
« Quant à la fornication, à l’impureté sous toutes ses formes, ou encore à la cupidité, que leurs noms ne soient même pas prononcés parmi vous : c’est ce qui sied à des saints. (Ep 5.3) » …
L’article commence par cette phrase :
« Depuis le début de son pontificat, François s’est exprimé à de multiples reprises sur la question de l’homosexualité : « Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? », avait-il répondu à une journaliste, en 2013. »
Ce propos est un modèle du genre en matière de manipulation : l’Évêque présente le Pape comme traitant de l’homosexualité alors qu’il parle d’une personne gay. L’amalgame entre homosexualité et personne sert évidemment à transférer le bien de la personne humaine à l’homosexualité, et sert ainsi à faire admettre l’homosexualité comme une chose bonne, au même titre que la nature humaine, en sorte qu’il faille « abandonner toute tentation de jugement [de qui ? de quoi ? Des homosexuels, ou de l’homosexualité ?], pour lui substituer une attitude d’écoute des personnes telles qu’elles sont. [Dans quel but ? Se contenter d’écouter ?] » Le Seigneur ne nous demande pas de seulement écouter, mais « de réprimander notre prochain pour n’avoir pas la charge de son péché. (Lv 18.17 ; Mt 18.15-17 ; Col 3.16) »
Suite : https://www.islam-et-verite.com/que-leurs-noms-ne-soient-meme-pas-prononces/
Manipulation à la convention citoyenne
Non content de manipuler l’opinion en faisant appel à une convention non élue, il s’avère que la convention elle-même est manipulée. Le Figaro révèle que plus d’une quarantaine de citoyens (environ un quart des 184 qui ont été tirés au sort) ont adressé une lettre au comité de gouvernance de la convention citoyenne et à sa présidente, Claire Thoury, membre du Cese.
Ils expriment leur regret de voir publiés les résultats du vote provisoire en faveur de l’euthanasie :
« Il s’agissait d’un vote sur les idées et non sur l’écriture précise de propositions. Les questions ont pu évoluer pendant la session, pouvant entraîner de la confusion parfois, mais cela n’enlève en rien la valeur et la solidité de nos travaux. »
Le compte rendu publié par le Cese n’évoque pas le consensus qui s’est dégagé parmi les citoyens pour renforcer l’offre des soins palliatifs en France. Un sujet auquel ils ont pourtant accordé « autant d’importance qu’à l’aide médicale à mourir ». Une omission qu’ils ont demandée au comité de gouvernance de rectifier. Sans résultat.
Il y a eu aussi une confusion entre les personnes qui estiment qu’il faudrait faire évoluer le cadre légal sur la fin de vie et les personnes favorables à l’ouverture à l’aide active à mourir.
Certains ont créé un groupe « dissident » pour organiser la contestation :
« Pour le moment, on essaie de faire entendre nos doutes sur certaines des modalités de la consultation. Si ça ne suffit pas, il faudra que l’on prenne les devants ».
Une autre avoue :
« J’ai l’impression que les dés sont pipés. Et je ne suis pas la seule : depuis quelques sessions, disons qu’il y a une gêne qui s’est installée… Alors, à présent, on va réfléchir à se faire entendre autrement. »
« Par moments, j’ai l’impression que c’est de la manipulation. »
Est-ce étonnant ?
« Des citoyens se demandent s’ils ne sont pas manipulés par le Cese, se posent des questions sur l’orientation imposée. Certains d’entre nous pensent que les votes sont conçus pour nous orienter vers l’aide active à mourir. Cela fait passer sous silence tout le travail qui a été fait jusqu’à maintenant pour améliorer la loi actuelle. Il ne reste plus que trois séances et on va encore beaucoup travailler sur l’euthanasie et le suicide assisté, notamment pour des personnes qui n’ont plus la possibilité de s’exprimer… Ces sujets prennent le dessus. »
En attendant vous pouvez organiser une séance chez vous où près de chez vous pour voir le documentaire sur l’euthanasie. Inscrivez-vous ici :
La natalité est la grande oubliée du gouvernement
La natalité est la grande oubliée des politiques du gouvernement. Elle est pourtant cruciale pour la survie de toute nation et permet le renouvellement des générations. Il est urgent de mettre en place des politiques de soutien au maillon essentiel de toute société : la famille ! pic.twitter.com/C7vlmncGeF
— Christophe Bentz (@BentzChristophe) February 28, 2023
Rapport sur la haine anti-chrétienne au Nigéria au premier semestre 2022
Nos amis de l’Observatoire de la christianophobie ont mis en ligne un rapport sur les actes anti-chrétiens commis au Nigéria au premier semestre 2022.
Pour le télécharger, c’est ici.
6 vertus à faire fleurir pour Pâques
Nous sommes entrés dans le temps du Carême depuis le mercredi 22 février, mercredi des Cendres. Le Carême est un temps de conversion et une occasion, pour les chrétiens, de cultiver leur jardin intérieur pour y faire fleurir des vertus.
A travers nos relations aux autres durant cette période, à travers un effort de Carême offert à Dieu, et dans nos temps de prière, nous pouvons, cette année, nous concentrer sur une vertu particulière. Choisissons-en une qui nous fait plus particulièrement défaut et, avec l’aide de l’Esprit de Dieu, laissons-la se développer en nous.
Cela peut être :
- l’humilité : “Ne soyez jamais intrigants ni vaniteux, mais ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes.” (Philippiens 2, 3)
- la gratitude : “Rendez grâce en toute circonstance : c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus.” (1 Thessaloniciens 5, 18)
- le courage : “Ne t’ai-je pas commandé : “Sois fort et courageux !” ? Ne crains pas, ne t’effraie pas, car le Seigneur ton Dieu sera avec toi partout où tu iras.” (Josué 1, 7)
- la patience : “Mais je sais, moi, que mon rédempteur est vivant, que, le dernier, il se lèvera sur la poussière, et quand bien même on m’arracherait la peau, de ma chair je verrai Dieu.” (Job 19, 25-26)
- l’obéissance : “Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux.” (Matthieu 7, 21)
- l’espérance : “Mais j’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. * « Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur. »” (Psaumes 26, 13-14)
Bon Carême à tous !
Alice Ollivier pour Hozana.org
Réflexions autour du vocabulaire médical de Luc l’évangéliste 5/5
Suite et fin de l’article de Franck Jullié sur le choix du vocabulaire utilisé par l’évangéliste saint Luc.
5. Conclusion
L’examen attentif du vocabulaire médical de Luc, en particulier dans l’examen de la fertilité et de la santé génésique, exprime – au-delà de la compréhension technique, une théologie de la médecine, plus encore une théologie du corps et de son salut, une théologie où l’expérience du corps et la restauration de la conscience de sa signification originelle sont fondamentales.
Au-delà de la destruction de la signification du corps dans la pratique contraceptive, porte ouverte à l’avortement, la démarche lucanienne nous invite à rehausser les standards du Serment d’Hippocrate dans un cadre éthique et métaphysique, celui du Décalogue et de la Parole-Loi du Dieu de la Bible43.
C’est sans doute cette vision qui a inspiré les scientifiques, protestants de confession, Erik Odeblad et James B. Brown44, à collaborer avec les médecins John et Evelyn Billings, catholiques, pour apporter les éléments de preuve endocrinologiques et de structuration physico-chimique de la glaire cervicale45 pour constituer le corpus anthropologique de ce que l’histoire connait comme la méthode Billings.
Dans la traversée temporelle de Genèse 2 et 3 s’élaborent pour l’homme et pour la femme, créés à l’image de Dieu, une conscience de la signification de leur corps au creuset de la nudité originelle, puis de la solitude originelle, puis de la découverte de la dimension sponsale du corps, puis de l’expérience de la honte après la chute.
La médecine et ses moyens techniques doivent s’inscrire dans la perspective de la Création, de la Chute et de la Rédemption. La médecine doit s’inscrire dans un cadre théologique qui lui permette la redécouverte et la restauration du sens du corps – dans son expression objective et son vécu subjectif, et de sa santé intégrale.
Franck Jullié, le 30 janvier 2023
Pour lire l’article complet, vous pouvez laisser votre courriel ci-dessous:
Profanation de l’église Saint-Eustache à Paris
Message du curé :
Ce jeudi 2 mars 2023, à l’heure même où la messe quotidienne de 12h30 dans la chapelle de la Vierge était célébrée, une personne a brisé, à coups d’extincteur, la vitre de protection du brocart de l’autel de célébration dans le chœur de notre église. L’ampleur exacte des dégâts reste à cette heure à établir avec plus de précisions. L’auteur est recherché et les intentions de son acte restent inconnues.
Cet autel est au coeur de l’église comme le Christ est au coeur de nos rassemblements et de la vie, si riche, de notre communauté paroissiale. Sa profanation – puisque tel est le nom que porte la violence qu’il a subie – nous touche profondément. Les témoins de la scène en ont été très affectés et nous le sommes avec eux.
Je sais votre attachement à notre église. Je sais aussi tout ce que signifie Saint-Eustache, non seulement pour la communauté qui s’y rassemble de dimanche en dimanche, mais aussi pour tant de gens pour qui le témoignage de cette communauté est significatif et important. Toutes et tous nous partageons la même très vive émotion.
Il me semble utile de préciser que, suite à cette action de malveillance, l’autel ne pourra plus être utilisé jusqu’à ce qu’une célébration de réparation ait eu lieu. Nous vous tiendrons bien sûr informés au plus tôt.
D’ores et déjà je vous remercie de votre soutien et de votre proximité. Nous demeurons en communion les uns avec les autres.
Au-delà de ce moment pénible, la vie de notre paroisse continue dans ce temps de carême et je sais pouvoir compter sur tous et toutes pour que la sérénité et l’esprit de service demeurent pleins et entiers dans le coeur de chacun, de chacune et dans toutes nos équipes.
Yves Trocheris, prêtre de l’Oratoire
« Il n’y a pas le moindre risque ou la moindre chance que l’union des droites se fasse avant 2027 »
Selon Alexis Brezet, directeur du Figaro :
« Il n’y a pas le moindre risque ou la moindre chance que l’union des droites se fasse avant 2027 »
➡️ C’est l’édito politique de @abrezet sur #Europe1 pic.twitter.com/SJkCxZpzKy
— Europe 1 🎧🌍📻 (@Europe1) March 3, 2023
Comment évangéliser aujourd’hui ?
Quelle est la nécessité de l’évangélisation
Les réponses du Club des Hommes en noir avec cette semaine autour de Philippe Maxence, les abbés Barthe et Guelfucci, le père Thomas et Jean-Pierre Maugendre.
