A comme Allah Akhbar
Nous commençons une série (alphabétique!) d’extraits de l’excellent livre de notre ami Bernard Prady: Islam et Islamisation dans une France macronisée:
Le CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France, www.islamophobie.net), l’organisme qui n’a de cesse de vouloir pénaliser la peur de l’islam pour mieux assurer la censure des consciences, a publié un article sur son site internet ce mardi 16 avril qui ressemble presque à un gag. Au lendemain de l’incendie ayant détruit la charpente et la toiture de Notre-Dame de Paris, cet article s’intitule: «Trois mosquées profanées hier à Rennes ». Commentaire du site: « Les fidèles des mosquées de Rennes sont encore sous le choc. En l’espace d’une nuit, trois lieux de culte musulmans ont été la cible de tags islamophobes et haineux. » …
Le site publie aussi les photos des profanations. On a supposé que le reportage était exhaustif. Où l’on voit sur une première photo un tag sur un mur: « Jésus Akbar »; la deuxième photo montre aussi un tag : l’étoile juive, la croix chrétienne et le croissant musulman rassemblés avec la mention « Non merci »; la troisième, un troisième tag avec un smiley plutôt rigolard et la mention « Go home » Comme un vulgaire tag « US GO HOME » lors de la guerre du Vietnam. Mais, à l’époque, on n’avait pas inventé le smiley… Il faut reconnaître: les tags, ce n’est pas correct, c’est malpropre. Mais « Jésus Akbar »! De la haine à l’état pur. Alors que, c’est sûr, le « Allah Akhbar » prononcé par le musulman Cherif Chekatt lors de son attentat à Strabourg était, lui, fraternel. De même d’ailleurs que le « Allah Akhbar » lancé par la compagne du terroriste musulman de Trèbes lors de son interpellation. Et pensez, ce « Allah Akbar », lancé par les assassins musulmans du Père Hamel quand ils ont chargé les gendarmes en sortant de l’église de Saint-Étienne du Rouvray : fraternel aussi !
(Extrait de « Le site islamophobie.net dénonce la « haine » et verse dans le gag » – 18 avril 2019)
Tuer un bébé n’est « jamais nécessaire » pour sauver la vie de la mère
L’avortement est souvent présenté comme le seul moyen de sauver les femmes enceintes. Cette présentation n’est pas enracinée dans le fait médical.
Le Dr John Bruchalski est le fondateur du cabinet médical confessionnel pro-vie Tepeyac et de l’association à but non lucratif Divine Mercy Care. Il « a pratiqué des avortements en croyant qu’il aidait les femmes » pendant sa formation médicale, mais après un réveil spirituel, il a réalisé que l’avortement n’apportait pas la liberté, la santé et le bonheur aux femmes. Le Dr Bruchalski a cessé de pratiquer des avortements, est revenu à la foi et a ressenti l’appel de Dieu pour démarrer une pratique médicale qui a vraiment aidé les femmes.
Écrivant mardi à The Federalist , Bruchalski atteste que pour toutes les complications graves et potentiellement mortelles auxquelles les femmes peuvent être confrontées pendant la grossesse, « le fœticide intentionnel n’est jamais nécessaire, même dans les pires scénarios », et au lieu de cela,
« l’objectif médical devrait être de prendre soin des deux patients et de les amener tous les deux aussi loin que possible dans la grossesse tant que la mère et le bébé vont bien. »
Il cite l’exemple d’une « rupture prématurée du sac amniotique de la mère à 14 semaines », pour laquelle l’avortement peut être présenté comme une possibilité, mais les deux patients peuvent à la place être traités avec des antibiotiques sous une surveillance étroite. Ils ont alors de bonnes chances de stabilisation. S’il arrive à 22 semaines ou plus, le bébé a de bonnes chances de survivre en dehors de l’utérus.
Il admet que de nombreuses circonstances peuvent nécessiter l’accouchement d’un bébé avant qu’il ne puisse survivre en dehors de l’utérus ou mettre indirectement fin à la vie du bébé, comme la chimiothérapie ou le traitement d’une grossesse extra-utérine, mais souligne le fait que ces traitements ne sont pas un avortement ; ils n’impliquent pas de violence directe et intentionnelle sur l’enfant dans le but de mettre fin à ses jours.
« Ces femmes sont et ont été soigneusement soignées et traitées pour leurs complications de grossesse avant, pendant et après Roe v. Wade ». « Mais les défenseurs de l’avortement veulent que vous pensiez que ces complications sont devenues dangereuses pour les femmes dans l’Amérique post-Roe et doivent donc qu’elles doivent être incluse dans le pseudo « droit » à l’avortement pour lesquels ils se battent, afin de maintenir en vie la culture de l’avortement à la demande. »
« Les avortements électifs deviennent plus dangereux à mesure que la grossesse avance, et c’est à ce moment-là que surviennent la majorité de ces complications de santé. Les avortements après 24 semaines provoquent des déplacements massifs de liquide, ce qui peut pousser la mère à une insuffisance cardiaque, pulmonaire ou rénale. Si la vie de la mère est en danger immédiat, une césarienne dure une heure. Un avortement direct après 24 semaines peut prendre de deux à trois jours. On ne peut pas faire valoir qu’un avortement est nécessaire parce qu’il est plus rapide que l’accouchement. »
Bruchalski cite le Dr Byron Calhoun, un gynécologue-obstétricien de Virginie-Occidentale, qui traite régulièrement de tels cas et convient
« qu’il n’est jamais nécessaire de tuer le bébé pour sauver la vie de la mère ».
L’opinion professionnelle du médecin fait écho à celle du Dr Anthony Levatino , qui a pratiqué plus de 1 200 avortements mais a quitté l’industrie et s’est converti à la cause pro-vie après le décès de sa fille, et du Dr William Lile, conférencier qui gère le site Web ProLifeDoc.
Le spectre des femmes mourant en couches parce qu’on leur a refusé l’avortement est l’un des arguments des militants de l’avortement, qui a pris une importance particulière maintenant que Roe v. Wade n’est plus en vigueur et que les États peuvent interdire directement la pratique.
Rapport sur la christianophobie en France en juillet 2022
Nos confrères de l’Observatoire de la christianophobie ont mis en ligne leur rapport sur les actes anti-chrétiens commis en France en juillet dernier.
Pour le télécharger, c’est ici.
Réflexions autour du vocabulaire médical de Luc l’évangéliste 4/5
Suite de l’article de Franck Jullié sur le choix du vocabulaire utilisé par l’évangéliste saint Luc.
4. Médecine hippocratique ou médecine biblique ?
Zacharie 9:13 :
Car je bande Juda comme un arc; j’arme Éphraïm de sa flèche; je ferai lever tes enfants, ô Sion, contre tes enfants, ô Javan !
Si le Serment d’Hippocrate27 présente des aspects très positifs – « Je ne remettrai à aucune femme un pessaire abortif », il s’inscrit néanmoins dans un ensemble de textes du Corpus hippocratique, en particulier Maladies des femmes et Nature de la femme, qui par les nombreuses recettes abortives décrites et les risques associés, ouvrent des possibilités techniques dans l’esprit de leurs contemporains et créent une brèche dans le respect de l’embryon et du fœtus.
Le Corpus hippocratique fait de nombreuses références détaillées aux produits et techniques abortives, trop nombreuses pour ne pas créer une ambigüité une fois le cadre éthique affaibli.
Si les travaux de l’historienne Marie-Hélène Congourdeau28 sur l’avortement chez les médecins grecs mettent en évidence que le Corpus ne propose pas de façon positive les produits ou techniques abortives, il n’en demeure pas moins que – dans la forme, en creux – cet exposé a préparé pour la suite les positions contraceptives d’un Soranos et abortives d’un Dioscoride.
4.1. Ephèse et l’esprit de Soranos
Lorsque l’on considère le ministère apostolique de Paul et de son proche collaborateur Luc, on mesure l’intensité du combat spirituel et moral porté par l’équipe missionnaire et les églises primitives de Galatie et des villes côtières d’Asie Mineure. Car si Luc a puisé dans le Corpus hippocratique des connaissances, il reste un serviteur du Dieu de la Bible pour qui la vie, dès son commencement (Psaume 139), est sacrée et inviolable. La médecine lucanienne est avant tout un art médical qui s’enracine dans les principes du Décalogue – Tu ne tueras (רצּה, ratsah) pas (Exode 20.13). Cette vision de la médecine se heurte frontalement à la mentalité contraceptive et abortive, aux habitudes culturelles, morales et médicales des habitants de ces régions.
Dans sa lettre aux Galates (5:19-20), Paul exprime cette confrontation :
19 : Φανερὰ δέ ἐστιν τὰ ἔργα τῆς σαρκός, ἅτινά ἐστιν μοιχεία, πορνεία, ἀκαθαρσία, ἀσέλγεια, 20 : εἰδωλολατρεία, φαρμακεία, ἔχθραι, ἔρεις, ζῆλοι, θυμοί, ἐριθεῖαι, διχοστασίαι, αἱρέσεις,
Or, les œuvres de la chair sont manifestes, ce sont : l’adultère, la fornication, l’impureté, la dissolution, l’idolâtrie, les enchantements, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes
Le mot φαρμακεία29 (pharmakeia) désigne initialement celui qui fait usage de plantes médicinales, de drogues ou de poisons, par extension de sens dans le grec tardif, il désigne l’empoisonneur, le sorcier, le magicien. Dans Apocalypse 9.21, l’apôtre Jean dénoncent ceux qui pratiquent φαρμακεία et πορνεία (porneia).
Le texte de Soranos d’Ephèse, Traité des maladies des femmes30 (IIème s.) ne laisse aucune ambiguïté sur la profondeur de la mentalité contraceptive et abortive à Ephèse et dans les populations d’Asie Mineure.
Dans son célèbre chapitre XVII, De l’usage des médicaments déterminant l’avortement, de ceux qui produiront la stérilité ; Quand, et de quelle manière ils devront être employés, le Traité nous dit :
Le remède appelé ἀτόκιον31, sans accouchement, diffère de celui appelé (φθορίου, avortement. Le premier empêche la conception de se faire, le second détruit ce qu’elle a produit, d’où la nécessité d’exposer ce qui a trait à ces deux ordres de moyens. Quelques- uns pensent que ἐκβόλιον, expulsion, signifie la même chose que φθορίου, avortement ; d’autres disent que non, quand il ne s’agit pas de remèdes, mais de quelques chocs (sauts). C’est pourquoi ils soutiennent qu’Hippocrate repoussant l’avortement, et ayant dit dans son livre de la nature de l’enfant : « Je n’enseignerai à aucune un moyen abortif qui a pour effet de détruire le produit de la conception », avait cependant procuré à une danseuse l’expulsiondu produit de la conception par des sauts. Il ne voulait pas procurer la destruction du produit de la conception, puisque la mission du médecin est de protéger ce que crée la nature ; il en est qui ont admis avec joie cette proposition. Il en est qui ont la même opinion sur les remèdes qui causent la stérilité, nous partageons aussi cette idée et, à cet égard, nous voulons dire notre opinion : Il y a des femmes qui, par le fait de la conception, sont mises dans un état dangereux à cause de l’étroitesse du col de l’utérus ou parce que la matrice tout entière est trop petite et ne peut suffire à la nutrition de l’enfant, ou parce qu’à l’orifice de la matrice il existe des condylomes, des fissures ou quelque autre défectuosité de nature telle, qu’il eût été plus utile à la femme de n’avoir pas conçu ; que si, pourtant, elle est enceinte, il serait préférable de tuer le fœtus plutôt que de le couper (pour l’extraire). Comme il serait plus utile pour ces femmes n’eussent pas conçu, il est essentiel de dire ici quels sont les moments les plus favorables à la conception pour que les femmes puissent l’éviter dans l’acte du coït.
.. pour éviter aussi la conception avant le rapprochement, elle enduira le col avec de l’huile rance ou avec du miel, … ou bien un flocon de laine douce sera introduit dans l’orifice utérin, ou bien la femme introduira dans le vagin, avant le coït, un pessaire astringent ayant la propriété de durcir la semence.
…
La conception ayant eu lieu, il faudra, pendant les trente premiers jours, pour la contrarier, faire usage des moyens dont nous avons parlé, pour dissoudre la semence ; marcher beaucoup, supporter les secousses des voitures et sauter, et porter des fardeaux très lourds au-dessus de ses forces. Il faudra faire usage de décoctions diurétiques qui aussi provoquent la menstruation…
Si cela ne suffit pas … elle fera des injections d’huile rance seule, …Si l’avortement tarde à se faire, …
Si la semence n’est pas détruite par les moyens que nous venons d’indiquer, il faudra en employer de plus efficaces et en venir à l’avortement (φθορ𝜄𝛼).
4.2. L’ombre pharmaceutique de Dioscoride
Dioscoride (né au début du Ier s.) avait reçu une éducation en grec à Tarse, ville voisine de son lieu de naissance, la ville d’Anazarbe, dans le Sud-Est de l’Asie Mineure.
Dans son étude sur l’avortement et les abortifs dans la médecine grecque postérieure à Hippocrate32, Marie-Hélène Congourdeau distingue la tradition de médecine populaire à laquelle se rattache Dioscoride et la médecine de tradition hippocratique.
Sur la médecine populaire, elle écrit :
La première tradition nous est moins accessible. Elle existait avant Hippocrate et s’est poursuivie après lui, parallèlement à la médecine savante. Il s’agit de la médecine populaire, qui s’appuie davantage sur des pratiques séculaires que sur l’étude de traités.
On trouve des traces de cette médecine populaire dans les écrits de Dioscoride, qu’il y ait eu accès par interrogations orales ou par consultation de recueils antérieurs. Indépendante de la tradition hippocratique, cette tradition ne semble pas émettre de jugement moral ou déontologique sur des pratiques contraceptives ou abortives fort anciennes. Son seul critère est l’efficacité des recettes.
D’autre part, Dioscoride indique un certain nombre de plantes ou de recettes emménagogues (dont il précise qu’elles déclenchent les règles et les embryons) ou d’expulsifs destinés à faciliter l’accouchement, à expulser les embryons morts ou à faire sortir l’arrière-faix retenu à l’intérieur. Enfin, il indique des abortifs proprement dits, c’est- à-dire des substances ou des compositions qui détruisent (φθείρει) ou tuent (κτείνει) des embryons vivants. Ce faisant, il n’omet pas de signaler le danger de la plupart de ces toxiques : certains « troublent l’esprit » d’autres sont qualifiés de violents33.
Si la médecine de tradition hippocratique a une vision négative de l’avortement, qui plus est exercée dans un cadre éthique strict, elle n’offrait pas une métaphysique capable de neutraliser la dérive de la médecine populaire incarnée par des figures comme celles de Dioscoride ou de Soranos.
D’une certaine façon, le Serment d’Hippocrate est insuffisant dans ses fondements.
La démarche lucanienne, tout en intégrant les précieux éléments de la médecine hippocratique, s’élabore dans une vision Création-Chute-Rédemption où la technique, aspect de la connaissance du monde créé par Dieu, doit s’intégrer dans un ordre créationnel plus large. La médecine s’inscrit ainsi dans un cadre théologique.
4.3. La nécessité d’une théologie de la médecine
Dans son remarquable ouvrage Faith & Wellness: Resisting the State Control of Healthcare by Restoring the Priestly Calling of Doctors34 (Foi & Bien-être : Résister au contrôle de l’État des soins de santé en rétablissant la vocation sacerdotale des médecins), le théologien Rousas John Rushdoony nous rappelle la nécessité d’une théologie de la médecine – non seulement une théologie du corps, mais une théologie de la médecine :
En examinant la profession médicale d’un point de vue chrétien, il apparaît que le travail d’un médecin est étroitement lié à la foi biblique. Dieu est le Créateur de toutes choses, et le monde physique est son œuvre. Le corps de l’homme est destiné à être ressuscité et glorifié, de sorte que tous les hommes doivent considérer leur corps comme une réalité religieuse importante, créé pour servir Dieu, ordonné pour une vie glorieuse et éternelle, mais maintenant temporairement sous les effets néfastes et limitatifs de la chute.
La relation entre la pratique médicale et la foi biblique est essentielle. Le mot même de « salut » indique ce fait : il signifie délivrance, préservation, victoire et santé, à la fois matérielle et temporelle, mais aussi personnelle, nationale et éternelle. Ainsi, la guérison, tant physique que spirituelle, est un ministère.
Dans les Écritures, les deux sont étroitement liés. Quelle que soit l’aide apportée à un homme infecté (c’est-à-dire l’aide médicale), son retour à la plénitude et à la santé était considéré comme un fait religieux. Le prêtre, dans Lévitique 14, déclare l’homme guéri et donc apte à reprendre sa place en tant qu’homme de l’alliance qui prie dans le sanctuaire. Bien avant que la médecine psychosomatique ne soit reconnue, la Bible parlait du lien inséparable entre l’esprit et le corps en matière de santé. Ainsi, Proverbes 17:22 déclare : « Un cœur joyeux fait du bien comme un médicament, mais un esprit brisé dessèche les os ». Et encore : « L’espérance différée rend le cœur malade, mais quand le désir vient, c’est un arbre de vie » (Prov. 13:12). On ne peut échapper à ce fait de l’unité de notre être. Ainsi, la pratique médicale est liée à la foi biblique et constitue un ministère.
…
Il devrait y avoir, dans toutes les écoles de médecine, un cours sur la doctrine biblique du salut et toutes ses ramifications. La médecine psychosomatique ne va pas assez loin. Il y a une dimension religieuse, théologique, dans la guérison et la santé. La négliger, c’est s’attirer des ennuis. Il n’est pas du tout surprenant que la médecine holistique, avec sa profonde implication dans les religions orientales, ait été si influente il y a quelques années ; de nombreux médecins s’y sont engagés parce qu’elle répondait à un besoin de relier la médecine à une vision du monde et de la vie.
…
Mais il faut faire plus. Les séminaires doivent avoir un cours de formation sur la philosophie et la théologie de la pratique médicale et des soins médicaux. Il y a quelques années, un effort dans ce sens a été fait par le Dr Pedro L. Entralgo dans Mind and body, psychosomatic pathology: A short history of the evolution of medical thought. Le Dr Entralgo, alors professeur à la faculté de médecine de l’université de Madrid, y abordait l’histoire de la médecine et ses racines dans les idées religieuses et philosophiques. Contrairement à d’autres chercheurs, il voyait la médecine grecque ancienne dans une impasse qu’elle avait elle-même créée, et le christianisme comme une force de rajeunissement. À ma connaissance, personne n’a donné suite à l’étude du Dr Entralgo. En 1964, Lord Brain, dans Doctors Past and Present, intitulait son chapitre de conclusion « The Need for a Philosophy of Medicine ». Une telle philosophie, disait-il, énoncerait « les principes généraux de la médecine », mais cela ne suffisait pas. Elle doit également prévoir » la critique de la médecine et de ses propres principes généraux au moyen des principes plus larges incarnés par la philosophie » (p. 251). En d’autres termes, s’il n’y a pas de normes reconnues, il ne peut y avoir de critique efficace. Partant de prémisses très différentes des miennes, Lord Brain voyait toujours le même besoin, celui d’un langage philosophique commun au sein de la médecine. Il faut, dit-il, une philosophie de l’organisme et une reconnaissance que la médecine doit avoir une perspective sur « la relation corps-esprit ». Certaines personnes, a-t-il admis, diront :« Pourquoi s’embêter avec des subtilités philosophiques ? » À court terme, cela pourrait faire peu de différence. À long terme, cela ferait « une différence fondamentale, non seulement pour les individus, mais aussi pour l’ensemble d’une culture, que l’esprit soit considéré comme pouvant être expliqué en termes de neurophysiologie ou non » (p. 263).
Une pratique médicale est une philosophie en action. Aussi sérieuse, compétente et professionnelle que soit la pratique, si la philosophie de la médecine est en faillite, la pratique en souffrira à terme.
4.4. La profession médicale comme vocation sacerdotale
Toujours dans ses remarquables articles publiés dans les années 70 et 80 et réunis dans le livre Faith & Wellness, Rousas John Rushdoony écrit :
L’une des difficultés de l’ancienne vision grecque de la médecine, et de la vision moderne également, a été son matérialisme. Ce point de vue a parfois été poussé si loin par certains que, à une occasion, il a été fait référence aux médecins comme à des « mécaniciens remarquables ». Dans un sens très limité, c’est un mécanicien très remarquable, mais tous les mécaniciens ne sont pas des chirurgiens ! Nous ne pouvons pas confondre la partie avec le tout.
L’identité et la nature du médecin sont très confuses à notre époque, comme d’ailleurs la plupart des « images ». Il est donc important d’attirer l’attention sur la signification du médecin dans la tradition biblique et de la raviver. Dans la Bible et la tradition chrétienne, le médecin a un rôle sacerdotal. Son domaine de prédilection, la santé, l’exige. Dans l’héritage hébraïque et chrétien, le médecin, à l’origine un lévite, s’occupe de la santé, et la santé est un aspect du salut. Le mot latin salve a la même signification. Le salut est une santé totale, spirituelle et matérielle ; il signifie, dans sa forme finale, la résurrection du corps ; dans son commencement, la régénération ; et entre les deux, la croissance dans les principes de santé. Par conséquent, pour la foi biblique, le soin du corps est une préoccupation religieuse, et la santé un devoir et une bénédiction divine. L’homme qui s’occupe du corps a donc une vocation sacerdotale, tout comme l’homme qui s’occupe de l’esprit. Le médecin et le pasteur ont tous deux une vocation ou un ministère sacerdotal.
Selon la doctrine biblique de la chute, l’homme tout entier est tombé, et l’homme tout entier est affecté par le péché. Cela signifie que le spirituel n’est pas nécessairement bon. Après tout, Satan est un être purement spirituel ! C’est le néoplatonisme qui a déprécié le physique et exalté à tort le spirituel. La doctrine de la résurrection du corps signifie que la doctrine biblique est la rédemption totale : une nouvelle création est le but, dans le temps et dans l’éternité. La guérison est donc religieuse, qu’elle soit physique ou spirituelle dans ses domaines d’intervention. Les professions de guérisseur, qu’elles soient médicales ou pastorales, sont donc des vocations sacerdotales.
Les communications privilégiées avec un médecin, un prêtre ou un pasteur sont différentes : ce sont des communications religieuses. En nous confessant à un pasteur, nous nous confessons en fait à Dieu par l’intermédiaire de ses serviteurs, et nous recherchons la guérison et la santé spirituelles. En parlant à un médecin, le patient se confesse en ouvrant son être physique à l’examen et, là encore, le but est la guérison et la santé. Dans les deux cas, le but est religieux au sens biblique du terme et fait partie du processus de rédemption. Dans les deux cas, la « confession » est une communication privilégiée et est fermée aux autres hommes, ainsi qu’aux diverses agences de l’homme et de l’État.
La violation de cette communication privilégiée par l’État est religieuse : l’État usurpe la place de Dieu et revendique le droit d’être au courant de tout ce qui se passe entre l’homme et l’homme, et entre l’homme et Dieu, car il prétend être le dieu agissant de ce monde. Il faut donc considérer que l’ingérence de l’État dans l’Église ou la médecine est une question très grave, une question religieuse et une menace pour la liberté de l’homme.
L’aspect sacerdotal et confessionnel de la relation médecin-patient a été négligé, car notre époque est devenue de plus en plus ignorante de son héritage religieux. En dépit de cette ignorance, le caractère religieux du médecin persiste, car il est inhérent à sa vocation. Les gens attendent « quelque chose de plus » d’un médecin et d’un pasteur en vertu de leur vocation.
C’est pourquoi l’avortement est si dommageable pour l’image du médecin. Être bourreau est une fonction légitime et, au fil des siècles, il y a eu des bourreaux de toutes sortes qui étaient des membres normaux et quotidiens de leur société. Toutefois, si un prêtre ou un pasteur avait assumé la fonction de bourreau, la réaction aurait été un choc des plus justifiés et un sentiment d’horreur. La fonction religieuse du prêtre et du pasteur consiste à sauver des hommes, pas à les tuer. Même lorsque le clergé doit fermement approuver une exécution, il ne peut modifier le caractère de sa vocation en devenant un bourreau. La fonction de bourreau, cependant, est légitime et nécessaire au regard de l’Écriture et de son exigence de punition capitale. Il est clair que l’avortement ne l’est pas : il est contraire à la loi biblique (Exode 21:22-23), et c’est un meurtre. Pour ceux dont la vocation est de guérir, tuer est une violation flagrante de leur fonction, et cela laisse des cicatrices psychologiques même chez ceux qui demandent l’avortement. (Quiconque a parlé ou conseillé des femmes qui croient en l’avortement et qui l’ont pratiqué sait que leur attitude envers leur médecin est radicalement différente de celle des mères qui sont contre l’avortement. Ces femmes favorables à l’avortement m’en voudront et m’en veulent, mais elles considèrent leur médecin avec mépris).
La confiance qui est nécessaire au médecin pour réussir dans sa pratique est une confiance religieuse. Une peinture autrefois populaire montrait un médecin de famille près du lit d’un enfant, profondément préoccupé. Ce que beaucoup de gens oublient, lorsqu’ils se souviennent de ce tableau, c’est que le médecin n’est pas présenté comme ayant toutes les réponses. Il est très inquiet en regardant l’enfant, et l’artiste a considéré que c’était là l’essence même du médecin de famille. Il met les enfants au monde, et leur santé est sa préoccupation. Les parents considèrent le médecin avec confiance : il fera tout ce qu’il peut, et personne ne peut faire plus. Le peintre montre le médecin, non pas comme un faiseur de miracles médicaux, mais comme un ami de la famille et un pasteur médical. De plus, il est évident que l’attrait de ce tableau est dû au fait que le médecin a un statut honoré et aimé. Le tableau a une saveur fortement religieuse, et il était très apprécié parce que le médecin était considéré comme un homme ayant une vocation, une vocation essentiellement religieuse.
C’est là, bien sûr, le cœur du problème. Il doit y avoir un retour à une vision biblique de la médecine en tant que vocation, et en tant que vocation sacerdotale et pastorale, mais il doit également y avoir un retour à la foi chrétienne de la part de la population, ou des demandes fausses et déraisonnables seront faites à la médecine.
4.5. Une philosophie biblique de la technique
La médecine est un lieu de savoir, mais aussi un lieu de combat spirituel où s’exprime une vision du monde, de l’homme, et de la technique au service de l’homme.
Un détail, en apparence anecdotique, permet de mesurer l’influence de la philosophie grecque de la technique sur la mentalité hébraïque. Comparons le Texte Massorétique et la Septante dans deux passages très connus :
Genèse 1:28 (TM) : Croissez et multipliez, et remplissez la terre, et l’assujettissez.
Genèse 1:28 (LXX) : Croissez et multipliez, remplissez la terre, et dominez (κατακυριεύσατε) sur elle Genèse 9:1 (TM) : Croissez et multipliez, et remplissez la terre.
Genèse 9:1 (LXX) : Croissez et multipliez, remplissez la terre et dominez (κατακυριεύσατε) sur elle
La reprise du verbe dominer ne figure pas dans le texte massorétique en Genèse 9:1, mais la Septante l’y ajoute abusivement. Or un changement radical est intervenu entre Genèse 1 et Genèse 9, la Chute. Les conditions du mandat de domination sur la Création sont devenues beaucoup plus délicates en raison de la nature pécheresse de l’homme et de sa capacité à détourner la technique de sa finalité originelle, qui est de témoigner de la Gloire de Dieu en étant au service des hommes et de la Création.
Cette addition textuelle de la Septante est assez significative de l’influence de la culture grecque sur la mentalité hébraïque dans sa tendance à maîtriser le monde par la technique, et a consécutivement influencé le christianisme du monde gréco-romain dans son rapport à la technique.
C’est bien l’enjeu des techniques contraceptives exposées par Dioscoride ou Soranos : maîtriser son corps par la technique, ou se maîtriser soi dans la compréhension fine des lois de la création manifestées dans le corps. Organiser sa planification familiale par la technique contraceptive – et au besoin en corriger les aléas par la technique abortive, ou bien l’organiser dans un système bioculturel qui discerne les signes naturels de la fécondité – par exemple les variations du col de l’utérus (dur et sec, mou et humide) et les sensations produites à la vulve par les variations hormonales et l’activité qu’elles déclenchent dans la production et l’évolution de composition de la glaire cervicale (G, L, S, P)35 par les cryptes du cervix36.
Si l’Occident a rompu avec le christianisme authentique et renversé la position historique condamnant la contraception il y a maintenant bientôt un siècle, certaines sociétés nous rappellent que d’autres attitudes bioculturelles sont possibles, en particulier en pratiquant l’allaitement prolongé.
La société des Kung37 du Kalahari n’utilisent pas de contraception et pratique un allaitement fréquent et prolongé. Les femmes ont en moyenne 4,7 enfants. Les naissances sont espacées de 48 mois.
Sheila Kippley38, dans ses publications sur l’allaitement et les méthodes naturelles de planification familiale, rappelle les travaux du Dr Otto Schaefer sur les attitudes bioculturelles des Esquimaux dans leur pratique de l’allaitement prolongé. Le Dr Otto Schaefer39 (1919-2009) est considéré comme l’un des grands pionniers de la médecine arctique.
« Un médecin se distingue de tous les autres par la durée de ses recherches sur l’allaitement et l’espacement naturel des naissances, des années 1950 aux années 1970. Le Dr Otto Schaefer a étudié les taux de conception par allaitement chez les Esquimaux canadiens pendant plus de vingt ans et a montré comment l’allaitement peut avoir un impact sur une nation aussi bien que sur une famille individuelle. Il a conclu que la petite taille de la famille esquimaude traditionnelle était due à une lactation prolongée. Du milieu des années 1950 au milieu des années 1960, il a enregistré une augmentation de 50 % du taux de natalité chez les Esquimaux en raison de la présence de biberons dans les lieux de commerce. « Plus la distance [aux lieux de commerce] était courte, plus ils avaient fréquemment des enfants ». (Schaefer 1971, 15-16)40 Les femmes esquimaudes plus âgées, de 30 à 50 ans, avaient conçu leurs bébés 20 à 30 mois après l’accouchement en raison d’une lactation prolongée, tandis que les femmes plus jeunes, de moins de 30 ans, concevaient 2 à 4 mois après l’accouchement en raison de l’alimentation au biberon et d’une lactation raccourcie. (Schaefer/Hildes 1971, 6)41
A l’inverse, on peut trouver certaines communautés qui, par pruderie excessive, interdisent aux femmes l’allaitement en société et les condamnent de facto à enchaîner les grossesses et possiblement de nombreuses fausses couches, ce jusqu’à épuisement. Certaines habitudes sociales, culturelles et économiques éloignent les femmes de l’allaitement prolongé, et parfois même de l’allaitement tout court dans le recours aux nourrices, les conduisant à des pratiques contraceptives comme seul moyen de planification familiale.
La Bible nous trace une autre perspective, sans pratique contraceptive et valorisant la pratique de l’allaitement prolongé.
Et l’enfant grandit, et fut sevré. Et Abraham fit un grand festin le jour où Isaac fut sevré (Genèse 21:8)
Je n’irai point jusqu’à ce que l’enfant soit sevré ; alors je le mènerai, afin qu’il soit présenté devant l’Éternel, et qu’il y demeure à toujours. Et Elkana, son mari, lui dit : Fais ce qui te semble bon ; demeure jusqu’à ce que tu l’aies sevré. Seulement, que l’Éternel accomplisse sa parole ! Ainsi cette femme demeura, et allaita son fils, jusqu’à ce qu’elle l’eût sevré (1 Samuel 1:22-23)Oui, c’est toi qui m’as tiré du sein de ma mère, et qui m’as fait reposer en paix sur sa mamelle (Psaumes 22:10)
N’ai-je pas soumis et fait taire mon âme, comme un enfant sevré fait envers sa mère ? (Psaumes 131:2)Afin que vous soyez allaités et rassasiés du lait de ses consolations ; afin que vous buviez avec délices de sa glorieuse abondance (Esaïe 66:11)
Puis, quand elle eut sevré Lo-Ruchama, elle conçut et enfanta un fils (Osée 1:8)
Sheila Kippley estime cette période à trois ans42.
A suivre
27 https://fr.wikipedia.org/wiki/Serment_d%27Hippocrate
28 À propos d’un chapitre des Éphodia : l’avortement chez les médecins grecs https://www.persee.fr/doc/rebyz_0766-5598_1997_num_55_1_1943
29 https://www.lueur.org/bible/strong/pharmakeia-g5331
30 https://ia903103.us.archive.org/22/items/BIUSante_21157/BIUSante_21157.pdf
31 http://ldysinger.stjohnsem.edu/@texts/0130_soranus/02_gyn_60-65.htm
32 À propos d’un chapitre des Éphodia : l’avortement chez les médecins grecs, paragraphe III
33 https://archive.org/details/Dioscorides_Materia_Medica/page/n431/mode/2up
34 https://chalcedon.edu/store/42066-faith-and-wellness
35 https://www.methode-billings.com/sites/default/files/E_Odelblad_decouverte_glaire_cervicale.pdf
36 http://billingsmethod.org/bom/cervix/index_fr.html
37 Timing and Management of Birth among the Kung: Biocultural Interaction in Reproductive Adaptation:
https://anthrosource.onlinelibrary.wiley.com/doi/pdf/10.1525/can.1987.2.1.02a00030
https://www.jstor.org/stable/656392
38 https://www.nfpandmore.org/nfpcomparision.shtml
39 https://journalhosting.ucalgary.ca/index.php/arctic/article/download/64044/47979/183066
40 Schaefer, Otto: « When the Eskimo Comes to Town, » Nutrition Today (November-December 1971) 6:8-16.
41 Health of Igloolik Eskimos and changes with urbanization:
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/0047248473900808
42 https://www.nfpandmore.org/bfscriptural.shtml
Pour lire l’article complet, vous pouvez laisser votre courriel ci-dessous:
I-Média : Victoire par KO de Ron DeSantis sur Disney
Cette semaine dans I-Média, Jean-Yves Le Gallou et Floriane Jeannin reviennent sur le conflit qui a opposé le lobby LGBT+, le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, et le géant du divertissement, Disney. Et dans cette guerre culturelle, le pouvoir médiatique « woke » aura finalement été pourfendu par le pouvoir politique.
L’image du jour, c’est Noël Le Graët évincé par le ministre des sports, Amélie Oudéa-Castéra, élue miss menteuse par les supporters de Liverpool.
Dans la revue de presse, I-Média revient sur les Français racistes et envieux des riches selon Roselyne Bachelot, puis sur le Covid qui serait un incident de laboratoire selon le FBI dans un contexte tendu avec la Chine, mais aussi sur l’ARCOM qui met la pression sur CNews et enfin sur l’Intelligence Artificielle en route pour déclasser le journalisme.
Les religieuses de la Fraternité apostolique bénédictine fuient le centre ville de Nantes en raison de l’insécurité
Elles ont annoncé leur départ de la paroisse Notre-Dame de Nantes, où elles étaient accueillis depuis plus de huit ans.
Elles témoignent de l’impossibilité d’exercer leur mission dans des conditions sereines, exemple à l’appui :
« Mardi dernier encore , lors de mon enseignement à l’église, nous avons dû solliciter l’auditoire pour faire sortir de la rue une personne qui était entrée en état d’ébriété. Et ça sentait le cannabis devant l’église. C’est une triste réalité de notre quotidien. »
« Nous ne sommes pas des « franciscains du Bronx » et nous ne sommes pas censés être des agents de sécurité, bien que nous ayons pris quelques leçons d’« autodéfense. Nous avons non seulement cherché des solutions, mais aussi agi de multiples façons pour essayer de temporiser et de réguler ces problèmes quotidiens. »
« On dit ce qu’on voit. L’insécurité croissante est un fait. »
Chronique des pervers
Plutôt que d’inciter à la chasteté, ce gouvernement pousse à la débauche. Et tente ensuite de trouver des parades aux conséquences :
.@EmmanuelMacron l’a annoncé : nous proposerons à tous les élèves de 5ème, dès la rentrée prochaine, la vaccination contre le papillomavirus. C’est un tournant majeur, pour mieux prévenir la maladie et éradiquer les cancers qu’elle cause en France chaque année. pic.twitter.com/XRoskvPXVu
— François Braun (@FrcsBraun) February 28, 2023
Les enfants de 5e ont 13 ans !
Réflexions autour du vocabulaire médical de Luc l’évangéliste 3/5
Suite de l’article de Franck Jullié sur le choix du vocabulaire utilisé par l’évangéliste saint Luc.
3. Le vocabulaire médical de Luc
Le livre The Medical Language of St. Luke16 (1882) de William Hobart est un examen détaillé du vocabulaire technique médical utilisé par Luc dans ses écrits.
Lorsque Luc parle des paralytiques, il n’utilise pas le mot populaire παραλυτικός utilisé par Matthieu (4:24, 8:6, 9:2) et Marc (2:3-5-9), mais le mot savant παραλελυμένος (Luc 5:18,24 ; Actes 9:33,).
Il est le seul à parler de la guérison d’un hydropique (ὑδρωπικὸς, Luc 14:2).
Il utilise un terme technique médical pour décrire un malade qui se lève, ανακαθιζω (Luc 7:15 et Actes 9:40).
On est émerveillé de la précision de ce vocabulaire pour caractériser le moment de la mort. Luc utilise deux mots différents pour expirer, ἐκψύχω17 (Actes 5:5,1018, Actes 12:23) et ἐκπνέω19 (Luc 23:4620).
Enfin comme le souligne Yves Petrakian21 dans ses réflexions sur le texte de Luc :
La préface de l’évangile, construite sur le type régulier des prologues grecs, offre d’étroites coïncidences avec celles des traités médicaux ; ainsi celui sur l’ancienne médecine, attribué à Hippocrate (460-350 av. J. -C.) : « Que de gens ont entrepris de parler ou d’écrire sur la médecine, etc. », et surtout celui Sur la matière médicale, de Dioscoride, médecin militaire qui devait être originaire de Cilicie comme saint Paul et peut-être son contemporain : « Beaucoup d’anciens et aussi de modernes ayant écrit sur la préparation des remèdes, leurs vertus et la façon de les contrôler, je vais m’efforcer, très cher Horeïos, de t’offrir pour traiter ce sujet un zèle qui ne soit ni vide ni irréfléchi… ».
Cette distinction dans l’observation du phénomène de la mort entre les termes médicaux ἐκψύχω et ἐκπνέω ne doit rien au hasard. La mort de Jésus ἐκπνέω est un phénomène complet et abouti. Mais ἐκψύχω peut exprimer un processus de mort débuté et irréversible mais non achevé, un état de coma.
Revenons au texte biblique Actes 12:23 décrivant la mort d’Hérode :
Παραχρῆμα δὲ ἐπάταξεν αὐτὸν ἄγγελος κυρίου, ἀνθ’ ὧν οὐκ ἔδωκεν δόξαν τῷ θεῷ: καὶ γενόμενος σκωληκόβρωτος, ἐξέψυξεν.
Et à l’instant, un ange du Seigneur le frappa, parce qu’il n’avait pas donné à Dieu la gloire ; et, rongé des vers il expira.
Cet Hérode22 Agrippa 1er dont nous parle Actes 12 est le petit-fils d’Hérode le Grand, auteur du massacre des Innocents, et neveu d’Hérode Antipas, qui fit décapiter Jean le Baptiste et laissa crucifier Jésus. Ce troisième Hérode fut le persécuteur de l’église naissante, exécuta Jacques par décapitation et fit emprisonner Pierre.
La mise en perspective du récit de Luc rapportant la mort de cet Hérode avec le récit qu’en fait l’historien juif Flavius Josèphe dans ses Antiquités juives23 (19, 343-350) donne une profondeur de compréhension à cette triste fin :
[346] II fut saisi d’une subite douleur d’intestins qui, dès le début, fut extrêmement vive. [347] S’élançant donc vers ses amis : « Moi, votre dieu, dit-il, je suis déjà obligé de quitter la vie, car la destinée a immédiatement convaincu de mensonge les paroles que vous venez de prononcer à mon sujet ; et moi, que vous avez appelé immortel, je suis déjà entraîné vers la mort. … » [348] Tout en disant cela, il était torturé par la violence du mal. Il se fit donc porter en hâte au palais et le bruit se répandit partout qu’il allait bientôt mourir. … [350] Après avoir été éprouvé sans arrêt pendant cinq jours par ces douleurs abdominales, il quitta la vie à l’âge de cinquante-trois ans passés et dans la septième année de son règne.
Le même souci de précision n’aurait-il pas dirigé Luc dans le choix du vocabulaire médical pour décrire les situations de stérilité ? Lui qui parle des choses par ordre et « qui les a toutes examinées avec soin » (Luc 1:3).
3.1. La stérilité d’Elisabeth
Considérons le texte en Luc 1 : Luc 1:7
Καὶ οὐκ ἦν αὐτοῖς τέκνον, καθότι ἡ Ἐλισάβετ ἦν στεῖρα, καὶ ἀμφότεροι προβεβηκότες ἐν ταῖς ἡμέραις αὐτῶν ἦσαν.
Et ils n’avaient pas d’enfant, parce qu’Elisabeth était stérile, et qu’ils étaient tous deux avancés en âge.Luc 1:36
Καὶ ἰδού, Ἐλισάβετ ἡ συγγενής σου, καὶ αὐτὴ συνειληφυῖα υἱὸν ἐν γήρει αὐτῆς: καὶ οὗτος μὴν ἕκτος ἐστὶν αὐτῇ τῇ καλουμένῃ στείρᾳ.
Et voici, Elisabeth, ta parente, elle aussi, a conçu un fils en sa vieillesse ; et c’est ici le sixième mois pour celle qui était appelée stérile
Parmi la dizaine de mots possibles, ἄφορος, ἄτοκος, ἄτεκνος, … Luc a choisi στείρα24. Ce mot revêt deux sens possibles, celui de la dureté et celui de la stérilité. C’est cette extension de sens de dureté qui caractérise d’ailleurs cette forme de stérilité. Doit-on y voir un indice clinique ?
Nous savons qu’une des clefs de la fécondité est le col de l’utérus et ses évolutions de sécheresse et d’humidité, de dureté et de souplesse, sous l’effet des hormones. Les variations des taux d’œstrogène et de progestérone au cours du cycle menstruel activent les cryptes du col de l’utérus, aussi appelé cervix, et déclenchent la sécrétion de glaire cervicale25.
Sous l’effet de l’œstrogène, la glaire devient filante et le col se ramollit, ouvrant une fenêtre de fertilité pour la femme. Passé l’ovulation, la production de progestérone entraîne un durcissement du col et une modification de la sécrétion et de la composition de la glaire cervicale, reformant un bouchon au niveau du col et fermant la fenêtre de fertilité du cycle, c’est la période post-ovulatoire. Or il existe une forme de stérilité ou d’hypo-fécondité liée à une mauvaise qualité de glaire, une insuffisance dans le fonctionnement des cryptes cervicales et dans la production de glaire fertile. Les ovulations ont bien lieu, les cycles ne sont pas anovulatoires – ce qui serait une autre forme de stérilité, mais la glaire n’atteint jamais la qualité de composition filante nécessaire pour laisser passer les spermatozoïdes.
Sans être en capacité d’expliquer scientifiquement le lien entre variations de taux d’hormones, constitution de la glaire, évolution de la dureté du col et de son angle au fond du vagin, une femme peut ressentir dans son corps les signes naturels de sa fécondité et de son évolution. Elle peut établir un lien entre l’évolution de la sensation de sécheresse ou d’humidité produite au niveau de sa vulve par la glaire cervicale et discerner un temps particulier dans son corps et dans son cycle féminin.
Une femme exercée, le milieu familial et culturel pouvant être un facteur facilitant dans l’apprentissage, peut discerner l’état général de son col et de la qualité de glaire produite.
Il est à noter par exemple que les jeunes filles qui prennent la pilule dès l’âge de 15 ans ne permettent pas aux cryptes de leur cervix de se développer convenablement, le composé progestatif de la pilule – qu’elle soit composée ou purement progestative, empêchant les amplitudes hormonales favorables à leur croissance en maturité.
Le monde biblique ne semble pas étranger à cette intelligence que les femmes ont, indépendamment de leurs qualités morales, des signes dans leur corps. Les filles de Lot savent discerner le moment favorable de leur fécondité pour coucher avec leur père. (Genèse 19:33-35). N’est-ce pas aussi intéressant de constater entre ces deux sœurs l’effet de synchronicité des cycles de femmes qui vivent très proches, effet mis en évidence par Martha McClintock26 et qui est expliqué par le biais des phéromones.
Il parait difficile d’imaginer qu’une femme comme Elisabeth, une femme pieuse et intelligente, n’ait pas cherché à comprendre les raisons de son infertilité. On ne peut pas exclure l’idée qu’elle ait compris que sa difficulté à concevoir ne venait pas de son incapacité à garder un enfant une fois conçu en faisant une fausse couche, situation évoquée d’ailleurs dans les cas de stérilité du Corpus hippocratique, mais bien d’un problème plus en amont, l’incapacité à garder la semence de son mari et à concevoir, et cela en lien avec l’état dur de son col et trop sec de sa glaire.
On peut aussi penser que sa grossesse, possible à la suite d’une action divine, a suscité en elle une intense expérience d’intériorité corporelle dont elle a pu s’ouvrir à Marie sa cousine ou à d’autres femmes qui comprenaient la nature de ce miracle. Luc, un des plus proches collaborateurs de l’apôtre Paul et témoin direct des premières communautés chrétiennes, médecin réputé et apprécié, s’est trouvé en situation de rencontrer et d’entendre ce témoignage que sa connaissance médicale pouvait analyser. Le mot qu’il a choisi n’est pas le fruit du hasard mais bien celui d’un choix, dans la continuité inspirée de la Septante, στείρα.
A suivre
16 https://archive.org/details/medicalstluke00hoba/page/n11/mode/2up
17 https://www.lueur.org/bible/strong/ekpsucho-g1634
18 Actes 5:5
Ἀκούων δὲ ὁ Ἀνανίας τοὺς λόγους τούτους, πεσὼν ἐξέψυξεν
Ananias, entendant ces paroles, tomba et expira
19 https://www.lueur.org/bible/strong/ekpneo-g1606
20 Luc 23:46
Καὶ φωνήσας φωνῇ μεγάλῃ ὁ Ἰησοῦς εἶπεν, Πάτερ, εἰς χεῖράς σου παραθήσομαι τὸ πνεῦμά μου: καὶ ταῦτα εἰπὼν ἐξέπνευσεν.
Et Jésus, s’écriant d’une voix forte, dit : Père, je remets mon esprit entre tes mains. Et ayant dit cela, il expira.
21 http://yves.petrakian.free.fr/456-bible/westphal/3202.htm
23 http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Flajose/juda19.htm
24 https://www.lueur.org/bible/strong/steiros-g4723
25 https://www.methode-billings.com/sites/default/files/E_Odelblad_decouverte_glaire_cervicale.pdf
26 https://en.wikipedia.org/wiki/Martha_McClintock
Pour lire l’article complet, vous pouvez laisser votre courriel ci-dessous:
Reconquête voudrait en finir avec le duo/duel avec Marine Le Pen et le RN.
Lu sur Atlantico :
Changement de paradigme en vue. Eric Zemmour souhaite fuir la perpétuelle comparaison avec Marine Le Pen et la marginalisation à l’extrême droite de l’échiquier politique. Un cadre zemmouriste l’affirme : « On veut en finir avec le duo/duel avec Marine Le Pen et le RN. C’est mortifère pour nous ». Philippe Vardon, ancien lepéniste, précise, sans ambiguïté : « L’objectif de Reconquête! est de remplacer les Républicains ». Le but est clair, incarner la droite à la place de la droite.
Le double choc de la défaite à la présidentielle et aux législatives s’est estompé. L’arrivée de 88 députés RN au Palais Bourbon en juin dernier ? Selon le chef de Reconquête, cela n’empêche absolument pas Emmanuel Macron de mener ses réformes. « Ils passent leur temps à chercher leurs voix pour une motion de censure, une motion référendaire, un projet de loi, un amendement, pointe un cacique du parti zemmourien. Alors qu’en réalité, on attendrait plutôt d’eux qu’ils soient un rempart idéologique contre La France Insoumise et le wokisme ! ». Pour Eric Zemmour et ses proches, Marine Le Pen et ses élus mettent surtout l’accent sur le social, les problèmes de la vie quotidienne, plutôt que sur l’immigration.
Le point de rupture entre le RN et Reconquête a eu lieu au moment de la réforme des retraites. Quand Marine Le Pen affirme vouloir faire échouer le projet d’Emmanuel Macron, Eric Zemmour passe à la télé pour assumer… l’inverse. « Je la voterais, d’abord, parce que c’est ma réforme », déclare-t-il sur BFMTV, début février. Avant d’ajouter : « Je pense que ceux qui sont pour la retraite à 60 ans sont des irresponsables ».
Aujourd’hui, Eric Zemmour poursuit son itinéraire à droite. Et Reconquête! regarde clairement vers LR. En ligne de mire, les européennes de 2024. « Pour cela, il faut aller chercher un électorat qui n’a rien à voir avec le marinisme : les seniors, les urbains, les catégories moyennes et aisées, les chefs d’entreprise. Leurs points communs : être réceptifs aux discours civilisationnel et sur le « grand remplacement » d’Eric Zemmour », précise un élu Reconquête!.
Union des droites : l’interview des « jeunes » qui fâchent les « vieux »
L’Incorrect a réuni les trois responsables des mouvements de jeunesse de LR, du RN et de Reconquête pour un débat qui a duré deux heures et qui a vocation à être publié. Mais sans même être publiée (elle le sera vendredi), l’initiative déchaîne déjà des réactions épidermiques notamment de la part de vieux caciques de LR, qui veulent décidemment continuer à perdre les élections :
Si cette interview, prévue dans le numéro de mars, n’est pas encore disponible, L’Opinion a pu la lire. Et consulter notamment la réponse à la question: « Diriez-vous que vous appartenez au même camp que l’on pourrait qualifier de national et que vous avez plus de points communs que de divergences? »
Pierre-Romain Thionnet, président du Rassemblement national de la jeunesse (RNJ), répond par l’affirmative : « Avec Stanislas (Rigault), nous avons un fond programmatique quasiment identique« , estime-t-il, indiquant ensuite que « pour Guilhem (Carayon), la question est plus une question de génération ». « Je ne me sens pas proche de nombre d’aînés de son parti, mais quand je discute avec lui ou d’autres jeunes LR, j’ai le sentiment que nous appartenons au même camp et que nous parlons le même langage« , détaille l’homme de 28 ans. Et de terminer son propos par un appel à l’union: « Pour ne pas vivre quinze ans de notre vie sous ce régime macronien, j’espère que nous combattrons ensemble« .
Dans l’interview, Guilhem Carayon ne dément pas vraiment les propos de son collègue. Le président des jeunes LR juge que « l’avantage de notre génération de droite est que l’on se connaît tous ». « Nos différends peuvent être clairs mais nous traitons les uns avec les autres avec respect et sans tabou« , estime-t-il. Celui qui a perdu aux dernières législatives dans le Tarn estime que lui et ses deux collègues ont « en commun d’avoir souvent dû affronter les milices d’extrême gauche à l’université, leur intolérance et leur violence« . Pour autant, il « reste convaincu que le candidat de LR sera non seulement le seul capable de remporter une élection présidentielle mais aussi et surtout de relever les défis immenses auxquels est confronté notre pays » (…)
Sans surprise, Stanislas Rigault ne fait pas preuve de la même prudence. Il déclare: « Si des divergences réelles existent, je mets au défi tous les lecteurs de cet entretien croisé de nous classer comme adversaires« . « Au fond, je suis certain que face à l’enjeu de civilisation qui attend notre génération, nous finirons par travailler ensemble, pour gagner ensemble« . Selon le président de Génération Z, « si ce n’est pas la raison, ce sont les dangers qui nous l’imposeront ». En conclusion, il glisse: « Ce dialogue est un premier chemin » (…)
Le vice-président des Républicains, Guilhem Carayon, est particulièrement dans la tourmente. « Inadmissible de mettre en avant des points communs avec les partis d’extrême droite sans parler de ce qui nous différencie d’abord fondamentalement. Ces propos amènent une confusion funeste. Je demande à Éric Ciotti de démettre Guilhem Carayon », a tweeté, notamment, François Durovray, président du conseil départemental de l’Essonne (…)
« Le problème est qu’il n’y a que des représentants de l’extrême droite et que cette interview accrédite l’idée de l’union des droites. C’est Philippe Séguin qui m’a donné envie de faire de la politique : il était un rempart contre l’extrême droite, pas une passerelle », a, pour sa part, déclaré l’ancien député LR Éric Diard.
On se parle et les personnes que vous citez sont des gens avec qui on a tous grandi politiquement, on était dans les mêmes soirées étudiantes et on savait qu’on finirait par se retrouver (…) La France est menacée de disparition, les Français veulent que la France reste la France. Je souhaite que tous les amoureux de la France puissent se rassembler, car s’ils sont unis, nous remporterons la prochaine présidentielle. »
Bravo à eux. Le dialogue entre les jeunes de droite est la première étape avant l’union des droites.@MagLincorrect pic.twitter.com/Oj1ysohqBX
— Eric Zemmour (@ZemmourEric) March 1, 2023
Abbé Raffray, institut du Bon-Pasteur : « Les évêques doivent faire appel à nos communautés »
L’abbé Raffray est interrogé sur RCF suite au récent rescrit sur la messe traditionnelle :
« Ce rescrit, il faut faire attention, il ne faut pas l’interpréter comme une nouvelle restriction qui serait imposée à la messe traditionnelle, ce que fait ce rescrit c’est simplement limiter le pouvoir de dispense des évêques uniquement sur les nouveaux prêtres qui seraient intéressés par la célébration de la messe traditionnelle, et sur le fait qu’il y a des paroisses qui puissent avoir la célébration de la messe traditionnelle. »
« Tout le reste est tout à fait permis pour les évêques ».
« En raison de nos statuts, nous nous sommes spécialisés dans cette célébration de la forme ancienne. Et donc moi j’en déduis que les évêques doivent faire appel à nos communautés pour ce genre de célébration. »
Retraites : ce gouvernement hait les mères
Dans Le Figaro, Ludovine de La Rochère dénonce :
[L]e gouvernement compte appliquer le nouvel âge de 64 ans à tous les salariés (hors carrière longue), y compris aux mères qui ont travaillé toute leur vie, sans aucune interruption (hors congé de maternité, qui dure quelques semaines) et à temps plein.
La conséquence de cette rigidité sur l’âge de la retraite est qu’une mère aurait donc la totalité des trimestres requis à 61, 62 ou 63 ans (suivant le nombre d’enfants) mais devrait continuer à travailler jusqu’à 64 ans.
Cela revient à supprimer, de facto, leurs trimestres pour enfant à toutes les femmes actives qui ont assuré à la fois l’éducation de leurs enfants et leur vie professionnelle !
Et cela impliquera un nombre de femmes toujours plus important au fil des années puisqu’elles sont de plus en plus nombreuses à travailler sans discontinuer et jusqu’à l’âge de la retraite.
Les jeunes mères seront en outre d’emblée victimes de cette mesure puisque leurs propres mères travailleront plus longtemps et ne seront plus en mesure de les aider lorsque leurs enfants sont petits, c’est-à-dire entièrement dépendants, à l’âge des maladies infantiles et des vacances scolaires longues et à répétition.
Quant à ces mères en fin de carrière, qui auront eu des enfants (lesquels cotisent depuis des années lorsqu’elles arrivent elles-mêmes à l’âge de 60-62 ans) et qui auront travaillé toute leur vie, n’ont-elles pas le droit de se consacrer enfin pleinement à leur famille, de profiter de ce temps, qui peut être merveilleux, avant d’aborder le grand âge ?
Cette réforme est contraire à la nécessité de soutenir la famille et – peut-être plus grave encore – contraire à la reconnaissance que devrait avoir la société vis-à-vis des femmes qui ont des enfants au bénéfice de tous les Français. […]
L’aide active à mourir viole les droits de l’homme
Tribune de Nicolas Bauer, chercheur associé à l’ECLJ, publiée hier dans Le Figaro :

Vous pouvez organiser une séance de projection du documentaire choc sur l’euthanasie en vous inscrivant ici:
Réflexions autour du vocabulaire médical de Luc l’évangéliste 2/5
Suite de l’article de Franck Jullié sur le choix du vocabulaire utilisé par l’évangéliste saint Luc.
2. Le riche vocabulaire obstétrique d’Hippocrate et de la médecine grecque
2.1. Le cas de la stérilité
On soupçonne mal la richesse du vocabulaire médicale hippocratique, en particulier l’extraordinaire lexique du vocabulaire obstétrique. Il suffit de lire le mémoire de 252 pages de Claude Goffart, L’obstétrique et le vocabulaire du grec ancien4, pour se persuader de la profondeur d’observation de cette médecine.
Prenons le cas de la stérilité et de sa description. Il existe plus de dix mots pour la décrire :
- άγονία (Plutarque, Vie de Romulus)5
- άγονέω (Hippocrate, Epidémies II)
- άπαιδίά (Euripide, Ion 512)
- άτεκνία (Platon, De la génération des animaux, III)
- άπαις (Euripe, Ion 485)
- άτεκνος (Sophocle, Electre 164)
- άτοκος (Hippocrate, Airs Eaux Lieux III)
- άφορος (Hippocrate, Maladies des femmes)
- στείρα (Soranos, Maladies des femmes ; Septante, Juges, 1 Samuel, Nouveau Testament, Galates)6
- στέριφος (Hippocrate, Airs Eaux Lieux). Ce mot veut dire à la fois stérile et dur.
- στεροῦμαι (Septante, Siracide 42, 10)7
- στερέω (Septante, Genèse 30.2-3, 1 Samuel 1.5)8
- άτεκνέω (Septante, Osée 9:14)9
Il est intéressant de regarder également des expressions comme celle de 1 Samuel 1:5 dans la Septante :
καὶ κύριος ἀπέκλεισεν τὰ περὶ τὴν μήτραν αὐτῆς·
et le Seigneur avait clos ses entrailles
Littéralement : Le Seigneur ferma les (choses) à côté de sa matrice.
Claude Goffart évoque le sens possible de « Et le Seigneur lui obtura les trompes », ce qui est une cause fréquente de stérilité
Dans son étude sur La stérilité dans la Collection hippocratique : une maladie ?10, Florence Bourbon rappelle que les mots stérile (ἄφορος, ἄτοκος, ἄτεκνος) cités dans le traité de gynécologie hippocratique le plus ancien Nature de la femme, décrivent les femmes qui risquent de rester ἄτεκνοι, « sans avoir d’enfant » ou ἄτοκοι, « sans enfanter » ou ἄφοροι, « sans porter d’enfant ». Cette richesse lexicale reflète autant la variété que la complexité des situations de stérilité observées (Nature de la femme, Maladies des jeunes filles, Femmes stériles).
Cette observation des situations de stérilité s’articule autour d’une description anatomique non moins élaborée. Examinons la description de l’appareil utérin, l’utérus et son col, le cervix dans le Corpus et d’autres textes anciens.
2.2.Précisions anatomiques
L’utérus a une bouche, στόμα (stoma), l’orifice utérin (Hippocrate, Maladies des femmes).
Il a des lèvres, χειλη (cheilê) – le mot désigne les lèvres du col de l’utérus (Aristote, Histoire des animaux).
Il a un col, αυχήν (auchên) ou τράχηλος (trachêlos), le cervix (Maladies des femmes).
Sans compter ces développements dans Nature de la femme11 (21,24) sur la dureté ou l’humidité du col utérin :
21. Ἢν δὲ τὸ στόμα τῶν ὑστερέων σκληρὸν γένηται ἢ ὁ αὐχὴν, τὸν δάκτυλον παρεισάγων, γνώσῃ, καὶ ἐπὴν πρὸς τὸ ἰσχίον ἔωσιν ἀπεστραμμέναι.
(Dureté du col utérin. Obliquité.) Si l’orifice utérin ou le col deviennent durs, vous reconnaîtrez cet état en introduisant le doigt, de même que la déviation de la matrice vers la hanche.
24. Ἢν ὑγρότερον τοῦ καιροῦ τὸ στόμα τῶν ὑστερέων ᾖ, προστιθέναι τὰ δριμέα, ὅκως δηχθῇ, καὶ φλεγμῆναν σκληρὸν γένηται.
(Orifice utérin, trop humide, trop dur.) Si l’orifice des utérus est plus humide qu’il ne convient, on appliquera les substances âcres afin qu’elles mordent et qu’enflammant l’orifice elles le durcissent.
Hippocrate s’intéresse aux nombreuses causes de stérilité féminine dans ses traités Maladies des femmes12 et Des femmes stériles.
Ces préoccupations concernant la stérilité ne doivent pas nous étonner. Simon Byl, dans son texte L’étiologie de la stérilité féminine dans le Corpus hippocratique rappelle : « Si nous voulions définitivement être convaincu de l’importance cruciale de la procréation dans la mentalité antique, nous devrions nous souvenir que l’examen des ex-voto d’Epidaure nous révèle que la stérilité est le fait de 15% des consultants, ce qui représente plus de la moitié des femmes s’étant rendues au temple. Les médecins du Corpus hippocratique, en étudiant la question de la fécondité, répondaient donc en fait à un problème de société.
Au IIIe siècle av. J.C., Hérophile de Chalcédoine13 (330-320 av. J.-C., 260-250 av. J.-C) et Erasistrate14, médecins de l’Ecole alexandrine, font des découvertes majeures concernant les organes génitaux féminins. Hérophile décrit avec précision les ovaires et les trompes de Fallope, qu’il dénomme respectivement « testicules » de femmes (didymoi) et conduits spermatiques, même s’il ne comprend pas encore leur rôle.
Ce corpus ne cessera de s’approfondir comme on l’observe dans les écrits plus tardifs de Soranos d’Ephèse15 (Né en 98).
A suivre
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4 https://www.biusante.parisdescartes.fr/ressources/pdf/medicina-goffart.pdf
5 άγονία (Plutarque, Vie de Romulus)
ἁπτόμενος δὲ καὶ καρπῶν ἀφορίαις καὶ θρεμμάτων ἀγονίαις.
elle s’étendit sur les arbres et sur les troupeaux,qu’elle frappa de stérilité
6 στείρα (Soranos, Maladies des femmes ; Septante, Juges, 1 Samuel)
Septante, Juges 13:3
Ἰδοὺ δὴ σὺ στεῖρα καὶ οὐ τέτοκας· καὶ ἐν γαστρὶ ἕξεις καὶ τέξῃ υἱόν.
Femme stérile, toi qui n’avais point enfanté, voilà que tu concevras un fils.
Septante, 1 Samuel 2:5
ὅτι στεῖρα ἔτεκεν ἑπτά, καὶ ἡ πολλὴ ἐν τέκνοις ἠσθένησεν.
Ainsi la stérile a enfanté sept fois, et la féconde (la nombreuse en enfant) a perdu sa fécondité.
Galates 4:27
γέγραπται γάρ, Εὐφράνθητι, στεῖρα, ἡ οὐ τίκτουσα: ῥῆξον καὶ βόησον, ἡ οὐκ ὠδίνουσα: ὅτι πολλὰ τὰ τέκνα τῆς ἐρήμου μᾶλλον ἢ τῆς ἐχούσης τὸν ἄνδρα
Car il est écrit : Réjouis-toi, stérile, toi qui n’enfantais point ; éclate et pousse des cris, toi qui n’avais point été en travail d’enfantement, car les enfants de la délaissée seront plus nombreux que les enfants de celle qui a son mari.
7 στεροῦμαι (Septante, Siracide 42:10)
καὶ συνῳκηκυῖα, μήποτε στειρωθῇ.
habitant avec lui, peut-être restera-t-elle stérile.
8 στερέω (Septante, Genèse 30:2-3) Genèse 30:2,3
ἐθυμώθη δὲ Ιακωβ τῇ Ραχηλ καὶ εἶπεν αὐτῇ Μὴ ἀντὶ θεοῦ ἐγώ εἰμι, ὃς ἐστέρησέν σε καρπὸν κοιλίας ;
Jacob, irrité contre Rachel, lui dit : Suis-je l’égal de Dieu, qui t’a privé de fruits de tes entrailles ? Littéralement : Lui qui a privé ton fruit de sein (cavité utérine)
9 άτεκνέω (Septante, Osée 9:14)
δὸς αὐτοῖς μήτραν ἀτεκνοῦσαν καὶ μαστοὺς ξηρούς
Donne-leur un sein stérile et des mamelles taries.
10 https://www.persee.fr/doc/reg_0035-2039_2016_num_129_2_8418
11 http://remacle.org/bloodwolf/erudits/Hippocrate/naturefemme.htm
12 http://remacle.org/bloodwolf/erudits/Hippocrate/femmes.htm
13 https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9rophile
14 https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89rasistrate
15 https://fr.wikipedia.org/wiki/Soranos_d%27%C3%89ph%C3%A8se
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Se confier à saint Joseph
Le 19 mars, les catholiques fêtent saint Joseph, le père nourricier de Jésus. C’est d’ailleurs tout le mois de mars qui est consacré au saint patron de l’Eglise universelle.
Le mois de mars est donc l’occasion de rentrer dans l’intimité de celui qui est avant tout un modèle de sainteté. L’observer nous permet de prendre exemple sur son humilité, son intériorité, son écoute de Dieu (il est plusieurs fois averti par songes de la conduite à mener), sa capacité à se mettre en action (lors de la fuite en Egypte par exemple), sa force tranquille. Il est un modèle proche de nous ; en effet, le plus grand saint de l’Eglise – avec la Vierge Marie – n’est pas un martyr, n’est pas un thaumaturge, n’est pas un évêque. C’est un charpentier silencieux, époux et père doux, qui a accueilli Dieu au cœur même de sa vie.
Le mois de mars est également l’occasion de prier saint Joseph, intercesseur puissant. Joseph a pris soin de Marie et de Jésus dans leurs besoins quotidiens. A lui, sont confiés les soucis et préoccupations matérielles : de logement, de travail, de santé, notamment à travers la prière du Je vous salue Joseph.
Protecteur de la sainte famille, il est également le saint patron de la famille.
En ce mois de mars, confiez votre famille à saint Joseph et découvrez la recette d’une famille heureuse et rayonnante en vous inscrivant dès à présent à cette neuvaine en ligne sur Hozana qui se déroulera du 11 au 19 mars !
Alice Ollivier pour Hozana.org
Réflexions autour du vocabulaire médical de Luc l’évangéliste 1/5
Franck Jullié nous propose cette réflexion sur le choix du vocabulaire utilisé par l’évangéliste saint Luc, notamment pour parler de la stérilité et des possibles indices d’une compréhension à son époque des signes naturels de la fécondité de la femme, signes observés par les méthodes naturelles de régulation des naissances. En raison de sa longueur, cet article sera publié en plusieurs fois.
Sommaire
- La médecine au temps de Luc
- Le riche vocabulaire obstétrique d’Hippocrate et de la médecine grecque
- Le cas de la stérilité
- Précisions anatomiques
- Le vocabulaire médical de Luc
- La stérilité d’Elisabeth
- Médecine hippocratique ou médecine biblique ?
- Ephèse et l’esprit de Soranos
- L’ombre pharmaceutique de Dioscoride
- La nécessité d’une théologie de la médecine
- La profession médicale comme vocation sacerdotale
- Une philosophie biblique de la technique
- Conclusion
1. La médecine au temps de Luc
Dans son ouvrage de 1893, La Médecine au temps de saint Luc1, le docteur et historien biographe Henri Dauchez trace un tableau de la médecine et de son développement au temps de l’évangéliste Luc. Il rappelle l’importance du Corpus hippocratique (Hippocrate, 460 – 377 av JC), une connaissance médicale conservée dans des centres culturels comme la bibliothèque d’Alexandrie et diffusée dans le monde méditerranéen au travers des nombreuses écoles des colonies grecques, en particulier par des médecins grecs sur la côte d’Asie-Mineure.
Pline l’Ancien (Histoire naturelle) rapporte que les élites romaines, en particulier des responsables militaires, sont à l’origine de l’installation de médecins grecs à Rome à la suite de leurs conquêtes en Orient. Certains médecins seront médecins des empereurs et de leur famille, le plus célèbre étant Galien (Pergame 129, Rome 201), médecin de Marc-Aurèle.
L’approche hippocratique est considérée comme une étape de rupture avec la médecine mystico- magique babylonienne par son effort de rationalité2. Hippocrate est un fin observateur des lois naturelles, des phénomènes pathologiques et des réalités psychologiques. Le patient est envisagé comme un tout. Il n’est pas guéri via des formules magiques mais sur la base d’un examen clinique rigoureux et dans le respect d’un art, c’est-à-dire dans le respect de règles précises et dans un cadre éthique, le Serment d’Hippocrate.
Luc est contemporain du célèbre médecin, pharmacologue et botaniste grec Dioscoride3 (né en Cilicie près de Tarse aux environs de 25). Dioscoride dédie son travail sur les plantes médicinales à Areius, un enseignant respecté de Tarse qui l’a encouragé dans son travail. Il pourrait avoir fait ses études médicales à Tarse, à Pergame et Alexandrie.
La tradition rapporte que Luc serait lui aussi né en Cilicie, à Antioche. Les Ecritures nous présentent un médecin cultivé, rompu à la pratique du grec littéraire et maîtrisant le grec hébraïsé de la Septante et de la Synagogue de la diaspora juive. C’est dans ce contexte de culture et de formation médicale imprégnée du Corpus hippocratique que Luc va apprendre la médecine. Compagnon de l’apôtre Paul, il sera aussi ultérieurement un témoin privilégié du premier cercle de l’apôtre et de l’implantation d’églises en Asie-Mineure.
A suivre
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1 https://data.bnf.fr/fr/13777116/henri_dauchez/
2 https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Hippocrate-dune-medecine-magique-medecine-rationnelle-2021-11-22-1201186408
3 https://fr.wikipedia.org/wiki/Dioscoride
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L’Ukraine est déjà prête à rejoindre l’Union européenne
Cet article intitulé, “On casse les stéréotypes” : en Ukraine, les soldats LGBT+ espèrent la légalisation du mariage homosexuel », montre que l’Ukraine a compris comment intégrer l’Union européenne…contrairement à la Turquie qui a encore des efforts à faire :
Pacha Iagoyda se bat dans les rangs de l’armée ukrainienne depuis l’invasion russe le 24 février. Il est tireur anti-aérien. Mais s’il lui arrive quelque chose, son compagnon n’aura pas le droit de lui rendre visite à l’hôpital ou de récupérer son corps. En tant que couple de même sexe, ils ne sont pas légalement liés l’un à l’autre selon la loi ukrainienne. Comme de nombreux hommes et femmes homosexuels qui se battent en Ukraine, ils espèrent une future légalisation (…)
Volodymyr Zelensky a indiqué le 2 août qu’il était impossible de modifier la constitution en temps de guerre. Mais il a promis d’étudier la possiblité de mettre en place une “union civile”, qui pourrait servir d’alternative au mariage, afin de garantir le droit de visite aux couples de même sexe, pendant la guerre.
Le Prieuré Saint-Joseph de l’abbaye de Solignac lance son site internet
En 2021, les moines bénédictins de l’abbaye Saint Joseph de Clairval (diocèse de Dijon) ont fondé une nouvelle communauté en reprenant les bâtiments de l’ancienne abbatiale Saint-Pierre-Saint-Paul de Solignac dans le diocèse de Limoges.
Le Prieuré Saint-Joseph de l’abbaye de Solignac accueille désormais ces moines vivant selon la règle de Saint Benoit.
Les moines viennent d’ouvrir leur site internet.
4 décennies après « La salsa du démon » et « les démons de minuit ». Le satanisme dans la civilisation post-chrétienne…
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Réconforté par les mots de Mgr Aillet, évêque de Bayonne suite à l’assassinat d’Agnès Lassale à Saint-Jean-de-Luz, manifestant la compassion et la prière de l’Eglise catholique, je me souvins qu’une effigie du même Mgr Aillet avait été brûlée en public le 20 février 2016, lors du carnaval de Saint-Jean-de-Luz. La fumée dans et à l’extérieur de l’Église… Imaginez une seconde que l’effigie d’un représentant religieux d’une autre religion soit brûlée en public en France. « Il n’est pas indifférent que ce drame absolu se soit déroulé le mercredi des Cendres, alors que les catholiques entrent dans le temps du Carême, ce temps d’épreuve et de combat spirituel contre l’esprit du mal », déclarait dans sa lettre Mgr Aillet.
Un commentaire apporté à ma tribune précédente « Assassinat de Saint-Jean-de-Luz et le satanisme dans une civilisation post-chrétienne » m’a conforté dans ma perception du drame que vit ce monde qui se plait à ne pas vouloir croire en Dieu en se riant du diable et en ignorant les tactiques de ce dernier pour nous faire tomber dans son escarcelle. Selon Anne que je salue, : « L’explication trompe l’oeil et bien commode de “troubles psychiatriques” devrait faire réagir les professionnels de la santé mentale. En effet, étant psychomotricienne, de mémoire de ce que j’ai appris en cours et de part mon expérience de plusieurs années de soins auprès de personnes psychotiques (autistes, schizophrènes, bipolaires…), je n’ai jamais vu ce genre de passage à l’acte. Dieu sait pourtant si la psychose occasionne des “voix” de toutes sortes, mais les malades ne passent pas à l’acte ainsi… Il y aurait des centaines de morts… Nos jeunes sont biberonnés aux séries glauques peuplées de vampires, de démons, de “héros” sataniques…et ils deviennent possédés… Nos jeunes respirent l’érotisation omniprésente de la société (pornographie etc etc etc) et ils violent, font des tournantes… Nos gouvernants, quand il-y-a “mort d’homme”, versent leur larmichette devant les caméras. Ils sont en fait des pompiers pyromanes qui jouent les ingénues. Ce “spectacle” pathétique est insoutenable! »
Cela ne date pas d’hier. Sans remonter aux racines occultiste et ésotériques des nombreuses pratiques des 19 et 20e siècles – qui perdurent dans le yoga, le reiki et autres pratiques du genre, les années 1980 en France on été le grand moment de relâchement de la culture face au diable.
Le Grand Orchestre du Splendid chantait en 1981 « La salsa du démon ». Selon la description de Wikipedia, « Trois personnages diaboliques, Belzébuth (satyre poilu et grossier), Vampirella (nymphomane sadique) et la sorcière se présentent tour à tour, énonçant leurs défauts et leurs vices, de façon grotesque. Ils sont réunis pour une fête, la salsa du démon. »
Je vous épargnes l’exégèse des paroles mais elle valent le coup d’une lecture brève, le chapelet à la main.
On se souvient également du groupe Images et de son célèbre « Les démons de minuit », « Je cherche un peu de chaleur à mettre dans mon coeur : ils m’entrainent, au bout de la nuit, les démons de minuit ! M’entrainent, jusqu’à l’insomnie, les fantômes de l’ennuie ». L’ennuie, comme l’oisiveté, n’est-il pas le père de tous les vices ? Disque de platine, meilleure vente en 1986, une chanson qui fait danser la France lors des fêtes de mariage (que l’on sait de plus en plus rares et de moins en moins solides, faut-il s’en étonner ?)
Bizarrement, face à la promotion du diable, pouvait-on remarquer une croyance béate en l’accès automatique au paradis.
« On ira tous au paradis », chantait en 1972 Michel Polnareff, sans nous préciser les fondements théologique de sa pensée. Pas si surprenant : il s’agit d’un effondrement de la formation des Français qui, même si majoritairement baptisés à l’époque, n’avaient pas bénéficié d’une transmission efficace. La France est désormais redevenue une terre de mission, de « nouvelle évangélisation. »
Le diable bénéficiera d’idiots utiles qui, plutôt que de vraiment croire en lui, ou à minima en son existence et en son pouvoir de nuisance, auront pour priorité de provoquer le peu dont ils se souviennent de l’ordre catholique. C’est s’acheter un costume d’esprit libre à peu de frais en giflant une vieille grand-mère, l’Église, qui ne répondra pas.
C’est pourtant les exorcistes qui accueillent croyants et incroyants quand il faut réparer les pots cassés.
Le père américain Chad Ripperger est prêtre, théologien, philosophe et exorciste, que les anglophones connaissent grâce à ses nombreuses contributions de qualité disponibles sur Youtube, est l’auteur d’un ouvrage de 800 pages dénommé « Diabolic influence » dans lequel il décrit les ressorts de la vexation, de l’oppression, de la possession, de l’obsession, les subjugations, et des infestations diaboliques ; 800 pages à destination du clergé « et des professionnels de santé ». Les anglophones apprécieront l’interview de Father Chad Ripperger par le Dr Taylor Marshall, l’occasion d’apprendre l’existence et les ressorts des « abus par rituels sataniques » (satanic ritual abuse), souvent des cérémonies catholiques inversées.
Dans son livre, l’exorciste explique l’efficacité « Ex Opere Operantis Ecclesiae » du rituel de l’exorcisme : il n’agit pas en son nom propre mais comme agent « public » de Notre Sainte Mère l’Église, son pouvoir est renforcé par la force de cette dernière. Si un nombre important de Chrétiens prient et jeûnent, les exorcismes seront efficaces. Au contraire, si la pratique de la prière et du jeûne baisse, il est probable que les exorcismes soient plus fastidieux et longs.
Selon l’exorciste, les occasions par lesquelles un esprit mauvais peut nous tourmenter par obsession, ou nous posséder sont nombreuses. Il s’agit de ruptures de l’ordre naturel et divin que sont les 7 péchés capitaux. Et le père de mentionner l’exposition à la pornographie et la fornication, ou encore la fierté, le plus important des péchés pour son prédécesseur le père Gabriel Amorth, désormais rappelé à Dieu, comme portes d’entrées les plus courantes. Que ces trois éléments que sont pornographie, fornication et fierté fassent l’object d’un festival auquel le mois de juin, pour l’Église catholique « mois du Sacré-Coeur », devrait nous remplir d’effroi.
À la question « pourquoi Dieu laisse-t’il faire ? », le père Ripperger répond que les vertus développées dans la lutte contre le diable rapprochent les personnes de la Sainteté. Voilà qui devrait nous motiver à ne pas nous laisser abattre. Un chiffre effroyable cependant : le père suspecte qu’un quart de la population américaine serait – au moins – sujette à des influence diaboliques extraordinnaires en raison de leurs pratiques et consommations.
Sur ce sujet, et en français ,voir sur Youtube :
– Tactiques du Diable, par les Dominicains de Bordeaux, conférence de Carême 2019 – L’intervention commence notamment sur la torture faite aux animaux et les invocations au diable par des adolescents. Lien : https://youtu.be/JSe0mitMXKM
– Anges déchus (démons) : conférence du Père Ange Rodriguez (ancien exorciste du diocèse de Lyon).
« Quand on a commencé à désacraliser l’Église, avec les dévotions, les anges et les démons sont passés à la trappe. Ça fait 40 ans qu’on n’écrit rien sur les anges et les démons. » Lien : https://youtu.be/XXiSgQsYB2Y
En nous rangeant derrière le Christ pour nous protéger du diable en reconnaissant son existence et son pouvoir néfaste, ainsi que sa présence partout dans notre société, nous serons discrédités sans arguments, ou avec des arguments faussés, trompeurs, comme notre Seigneur Jésus en son temps.
« Je vous ai parlé ainsi, afin qu’en moi vous ayez la paix. Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde. »
Lucie, François et Jacinthe de Fatima, priez pour nous !
Vierge Marie, terreur des démons, priez pour nous, et pour nos évêques !
Les mangas, quels dangers ?
Le numéro de février de l’Action Familiale et Scolaire comprend un article sur les Mangas, cette littérature venue du Japon et proche de la bande dessinée. Les auteurs, un groupe de professeurs, mettent en garde les parents. Extrait :
[…] Les meilleurs mangas ne présentent pas ou peu de texte, mais une série d’onomatopées exprimant l’émotion ou la violence des sentiments. Les Japonais sont des dessinateurs très précis et des professionnels de l’imitation en tout domaine, grâce à leur sens de l’observation très aiguisé, sollicité depuis leur plus tendre enfance : leur écriture en effet demande une grande précision graphique (un trait de trop entraîne un autre sens).
L’exercice de la dictée en Occident sollicite l’esprit analytique qui cherche à comprendre le sens de la phrase et des mots pour les accords, même les plus simples. Au Japon, l’orthographe se limite au dessin et à la précision du trait, sans recours à l’analyse. Les Japonais procèdent par imitation d’un modèle donné. Ils n’expriment point des idées mais des émotions et des sentiments. Il n’y a donc pas de philosophe, ni de véritable penseur au Japon, mais de très bons imitateurs et dessinateurs. L’imagination est leur faculté maîtresse.
Or, en utilisant les images, on s’adresse à l’imagination et non à l’intelligence. Ainsi, le premier danger des mangas est le manque de rationalité ; la démarche est uniquement émotionnelle et non plus rationnelle. On bascule du mode analytique au mode intuitif par association d’images, dont les messages flous et ambigus s’opposent à la précision de la raison.
Le premier danger des mangas est donc cette absence de toute rationalité, relative à leur écriture même (c’est la marque de la culture asiatique, avec des variantes selon les pays). Les mangas, c’est le règne de l’image, avec tout ce que cela implique de barrière dressée contre l’intelligible, et plus profondément, comme logique associative dressée contre la logique analytique. […]
Les mangas japonais cassent l’emprisonnement de la case. Celle-ci devient de dimensions très variables et le personnage peut en sortir. Les visages et les attitudes sont très déformés, voire tronqués. L’être humain n’est pas perçu dans son intégrité (intégrité qui est, rappelons-le, un des critères de la beauté), mais il est défiguré par des détails grossis à l’excès, par l’exagération des proportions – celle des yeux en particulier – du texte ou de l’image, exprimant au premier coup d’œil la violence des émotions, quand ce n’est pas le scabreux des situations. Les Japonais ont une grande habileté technique pour guider l’œil du lecteur sur un point précis de l’image. Ils utilisent un mécanisme subtil pour attirer l’œil, en utilisant la technique des gros plans (voir planche page suivante). De plus, la lecture des mangas se fait à l’envers : on commence le livre à la dernière page et on avance « à l’envers », de droite à gauche. […]
L’histoire racontée en images avec peu de texte et beaucoup d’onomatopées, défile à toute allure. La technique du déroulement accéléré des images ne permet pas à l’esprit de se poser, ni de réfléchir. Tout va très vite, comme dans un film. Pendant ce temps, la mémoire visuelle, elle, a saisi ces images et les a intégrées. Ces images restent dans le lecteur malgré lui et forment une réserve de « repères » auxquels il se réfère ensuite dans son agir moral sans même le réaliser. Le manga, par cette technique d’avalanche d’images très souvent laides et caricaturales (et qui atteint sa perfection probablement dans les dessins animés), transmet un message qui échappe au lecteur et qui peut, à son insu, devenir le moteur de son action, quand bien même il s’en croit préservé. C’ est le principe du message « subliminal ». On connaît ce procédé utilisé dans les publicités.
Le second danger des mangas est donc la disparition de tout ordre, de toute soumission au réel et la transmission d’un message subliminal. […]
Le Japon est le seul pays industrialisé à être animiste. C’est le shintoïsme2 qui est la religion propre au Japon et à la civilisation japonaise. Aujourd’hui encore, il existe plus de 80 000 sanctuaires où l’on vénère les esprits, les kamis (animaux, sources, chutes d’eau, montagne). Ainsi, au-delà des techniques d’ hameçonnage psychologique produisant l’addiction, la lecture des mangas contient tout d’abord une initiation pure et simple au syncrétisme asiatique : culte des esprits – dont le culte des ancêtres – confucianisme, taoïsme, bouddhisme, mais adaptée au monde dans lequel vivent ses lecteurs et poussée à l’extrême. On se retrouve dans un univers fantasmagorique, aberrant et absurde où tout est dans tout et au même niveau, sans ordre, et où tout peut se transformer en tout, on est en plein panthéisme, qui de surcroît entraîne la négation totale du principe d’identité et de nature humaine. […] Or, on le sait, l’univers mental asiatique est sous l’emprise démoniaque depuis des millénaires ; le catholicisme n’y a jamais pu prendre racine en raison des deux obstacles majeurs, semble-t-il, que sont le syncrétisme et la contrefaçon , servis par une rationalité plutôt intuitive ou associative qu’analytique. Le quatrième danger des mangas est donc l’imprégnation démoniaque qui n’est pas simplement accidentelle (fréquentation d’un univers païen, conçu et réalisé par des païens) ; il y a très probablement une intention arrêtée, dès le départ, d’envoûter par le biais des mangas, que cette intention vienne des concepteurs eux- mêmes ou directement de l’esprit angélique qui les inspire. […]
En quête d’esprit : Peut-on rétablir l’autorité sans la foi ?
Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent :
Général Pierre DE VILLIERS, ancien chef d’État-Major des armées
Jérôme LACAILLE, PDG du Crédit Immobilier de France
Rodrigue TANDU, éducateur spécialisé
Terres de mission : Des propositions spirituelles pour le Carême
Le 26 février, Terre de missions reçoit Alexis Maillard qui travaille à la réédition de la fameuse Bible Crampon. C’est l’occasion de parler des différentes traductions françaises, des différences entre les bibles catholiques et protestantes, et de la possibilité d’imprimer en masse des bibles au coût le plus bas possible.
Puis, Inès de Noray présente les différentes propositions spirituelles de la plateforme Hozana pour le Carême.
La recette d’une famille heureuse avec St Joseph
Neuvaine du 11 mars 2023 au 19 mars avec Hozana.
Comment être une famille heureuse et rayonnante ? Saint Joseph, choisi pour être le chef de la sainte famille, est l’exemple à suivre par excellence pour guider sa famille vers le bonheur !
Comment s’inspirer du modèle de la sainte famille au XXIème siècle ?
Dans notre société moderne où l’individualisme croît terriblement, il est difficile de construire un foyer saint, où chaque membre trouve sa place et où règne le partage et l’amour mutuel. Le plus souvent, nos agendas surchargés nous amènent à avoir des vies parallèles, et nous perdons le trésor de se construire en famille.
Comment y remédier ? Comment remettre au sein de sa famille des vertus trop longtemps égarées ?
Posons notre regard sur la sainte famille et imitons là !
Demandons à saint Joseph, chef de la sainte famille, de faire de nous des familles saintes et véritablement heureuses, où règnent la joie, le service, la prière, la bienveillance, l’écoute, l’unité, la patience, le partage et la présence.
9 méditations sur 9 vertus (en texte et vidéo) de saint Joseph
- La joie et l’humour
- Le service
- La Prière
- La bienveillance et l’amour
- L’écoute
- L’unité
- La partage
- La présence
- La patience
Par 9 prêtres influenceurs
- Frère Benjamin, prêtre salésien et chanteur
- Père Benoît Pouzin, prêtre diocésain et frère de Benjamin et Thomas Pouzin, membres du groupe Glorious
- L’abbé Raffray, prêtre catholique, docteur en philosophie, professeur d’université, à Rome
- L’abbé Martial Merlin, prêtre diocésain et président de l’Observatoire Socio-Politique
- Le père Grégoire Sabatié-Garat et le père Jean-Baptiste Siboulet de Padre Blog
- Le père Mustapha de la communauté du chemin neuf
- Les pères de la communauté saint Martin
- Le père René-Luc, prêtre fondateur de CapMissio
Belle neuvaine à tous !
Confiez dès maintenant votre famille à saint Joseph en cliquant ici !
Gloria, même pendant le carême
Le magazine Gloria consacre dans son 4e numéro un article au temps liturgique du Carême et propose également une analyse de l’Évangile des tentations du Christ au désert. Deux fêtes viennent éclairer cette période de pénitence, celles de saint Joseph et de l’Annonciation, que vous trouverez également au sommaire.
Le côté thématique s’articule autour de la figure de Moïse :
- un dossier pour connaître l’histoire de Moïse
- une analyse de l’Évangile de la Transfiguration
- une grande question trouve sa réponse : Pourquoi Moïse porte-t-il des cornes ?
- deux rubriques pour découvrir Moïse dans les arts
À l’occasion de la parution du n° 4, 3 formules d’abonnement sont proposées. Leurs avantages face à la vente aux numéros ? Des prix ronds et les frais de port offerts (pour la France métropolitaine) !
- Abonnement de 3 mois : 3 numéros pour 20 €
- Abonnement de 6 mois : 6 numéros pour 40 €
- Abonnement d’un an : 11 numéros pour 70 €, soit un numéro offert
Ces différentes offres sont idéales pour faire un cadeau aux baptisés de la vigile pascale, comme aux jeunes qui feront leur première communion, profession de foi ou confirmation au printemps.
L’abbaye Sainte-Marie de la Garde se développe et lance une campagne de financement participatif
L’abbaye Sainte-Marie de la Garde est une fondation de l’abbaye bénédictine Sainte-Madeleine du Barroux. Depuis vingt ans, elle est implantée dans le Diocèse d’Agen.
Florissante, la communauté de Sainte-Marie de la Garde lance un grand projet de construction. L’agrandissement est devenu indispensable, tant pour la vie monastique que pour l’accueil des fidèles. Ce développement est le signe que la communauté-fille du Barroux continue de s’enraciner et de rayonner !
« Dans le contexte d’une société où le catholicisme perd chaque jour de sa visibilité et de son influence, c’est une joie profonde et un motif d’action de grâce que de voir s’édifier une maison de Dieu, uniquement destinée à Sa gloire et au bien des âmes. » Mgr Hubert Herbreteau, évêque d’Agen
Une nouvelle chapelle avec son grand clocher : telle est la première phase d’un ambitieux projet de construction à Sainte-Marie de la Garde.
Situé au centre de la future abbaye, ce bâtiment mettra nos cloches au cœur du monastère. Dans nos campagnes, le son des cloches est aussi le puissant signe d’une vie chrétienne.
Dès ce printemps 2023 commenceront les terrassements nécessaires à cette nouvelle chapelle et à son clocher. Suivront ensuite des travaux plus importants encore… Car notre monastère Sainte-Marie de la Garde ne cesse de grandir depuis 2002. Une première phase de travaux en 2009-2013 a permis d’augmenter la capacité du monastère à une vingtaine de moines.
Plusieurs vocations arrivées depuis, ainsi que notre érection en abbaye en 2021, nous incitent à construire aussi les autres bâtiments manquant encore à ce jour à une abbaye complète : cloître, chapitre, réfectoire, cellules, ateliers et même un jour, une abbatiale… !
Tous nos bâtiments seront construits dans un esprit roman, empreint de simplicité et de noblesse, tout en harmonie et en lumière. Nous faisons appel à des entreprises locales et bâtissons avec des matériaux naturels et durables.
Les dons issus de cette campagne de financement participatif sont destinés au clocher attenant à la chapelle. Nous espérons lever 75 000€ et fixons un premier palier de collecte à hauteur de 50 000€.
Pour toute information et contribuer à cette œuvre d’Espérance, cliquez ici :
Découvrir saint Joseph
L’abbé Billot, du Centre Saint Paul (Paris), nous prie de publier le message suivant:
31 jours pour découvrir saint Joseph durant le mois de mars. (Qui est-il ? -Les différents domaines où il peut nous aider-Témoignages ). inscription : [email protected] (A diffuser)
Premier dimanche de Carême
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir. Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Introït : Invocábit me…
En ce premier dimanche du Carême, toute la liturgie nous rappelle que ce Carême est un combat que nous allons avoir à mener pendant ces quarante jours pour parvenir à la victoire finale de Pâques. Dans ce combat nous avons des adversaires qui sont les mauvais anges ou démons, et des alliés qui sont les bons anges, nos anges gardiens. Dans l’évangile d’aujourd’hui, nous voyons Notre Seigneur s’enfoncer dans le désert pendant quarante jours pour lutter contre Satan, chef des démons et nous voyons les anges s’approcher de Lui pour le servir.
Les chants du propre de la messe de ce Dimanche présentent une particularité unique dans la liturgie, c’est qu’ils sont tous tirés du même psaume, le psaume 90 Qui hábitat in adjutório Altíssimi ; il chante la protection que le Seigneur nous accorde dans notre combat, et la certitude de la victoire grâce à cette protection si nous sommes fidèles. Les anges gardiens que le Seigneur nous envoie pour nous aider y sont explicitement mentionnés, nous le verrons au Graduel.
Le chant de l’Introït est emprunté aux derniers versets du psaume, dans lesquels Dieu lui-même prend la parole pour promettre la victoire, qu’il accordera à ceux qui se confient en lui, et la vie éternelle. Il est assez rare dans les Introïts que ce soit Dieu qui parle. Cela ne se produit que deux ou trois fois dans l’année.
Invocábit me, et ego exáudiam eum : erípiam eum, et glorificábo eum : longitúdine diérum adimplébo eum.
Il m’invoquera et je l’exaucerai, je le délivrerai et je le glorifierai, je le comblerai d’une longue suite de jours.
On remarquera l’insistance sur le mot eum, qui revient après chaque verbe, ce qui montre bien l’attention que le Seigneur porte à chacun de nous. Comme il convient pour la parole de Dieu, la mélodie de cet Introït est très affirmative et pleine d’une calme assurance. Il est accompagné, bien entendu, par le premier verset du psaume 90 que nous retrouverons tout à l’heure au Trait :
Qui habitat in adjutorio Altíssimi, in protectione Dei cæli commorabitur.
Celui qui demeure avec le secours du Très-Haut restera sous la protection du Dieu du ciel.
Lisons un très beau commentaire de l’abbé Portier dans la revue Una Voce au sujet de ce chant d’entrée :
« Commencez votre Carême avec ardeur, continuez-le dans la ferveur, et si vous êtes inquiets, moroses, chantez de nouveau cet introït ; il vous mettre dans la joie profonde et vous acheminera sûrement à celle de Pâques, à cette glorification qui commence pour ne plus jamais cesser ».
Graduel : Ángelis suis….
Le texte du Graduel du premier dimanche de carême est tiré du psaume 90. Comme tous les autres chants de cette messe, et nous allons y trouver les versets de ce psaume qui parlent explicitement des anges Gardiens.
Ángelis suis mandávit de te, ut custódiant te in ómnibus viis tuis.
Dieu a donné ordre à ses anges de te garder dans toutes tes voies.
Et le verset :
In mánibus portábunt te, ne únquam offéndas ad lápidem pedem tuum.
Ils te porteront dans leurs mains afin que ton pied ne heurte pas la pierre.
Bien entendu il faut entendre ce texte au sens spirituel ; les pierres que nos pieds peuvent heurter ce sont les tentations et toutes les embûches que l’ennemi diabolique sème sous nos pas. Le rôle des anges gardiens est essentiellement spirituel, comme notre combat de Carême dans lequel nous pouvons compter sur leur aide. La mélodie de ce Graduel est une mélodie type, c’est à dire qu’elle n’est pas seulement composée de diverses formules que l’on retrouverait ailleurs, mais qu’elle est la même d’un bout à l’autre dans un certain nombre de Graduels du répertoire. Elle est en particulier identique note pour note à celle du Graduel Requiem de la messe des défunts, et on remarquera comment ses vocalises s’adaptent avec une grande souplesse à des textes différents et à l’expression de sentiments divers, ici la tranquille sécurité que nous ressentons sous la protection des bons anges.
Trait : Qui hábitat…
Pendant le Carême, comme au temps de la Septuagésime, le Graduel est suivi d’un Trait. Celui de ce dimanche présente une particularité, c’est qu’il est d’une longueur tout à fait inhabituelle. Rares sont les chorales qui le chantent car son exécution intégrale dure près d’un quart d’heure. Il reprend la plus grande partie du psaume 90, treize versets sur seize, longue méditation sur la protection que le Seigneur nous accorde dans notre combat contre les esprits infernaux et leurs tentations. C’est le psaume dont tous les chants de cette messe sont tirés, mais il est aussi connu comme étant un des psaumes des complies du dimanche, car il convient tout à fait d’invoquer la protection du Seigneur et le secours des anges gardiens avant de s’endormir.
Les premiers versets chantent sous forme d’un dialogue la protection que le Seigneur accorde à ceux qui mettent leur confiance en Lui. Les versets suivants expriment cette protection divine avec de belles images que nous allons retrouver à l’Offertoire et à la Communion. Puis ils mentionnent les attaques perfides du démon qui est explicitement nommé et ses ténébreuses manœuvres auxquelles échappe celui qui met sa confiance en Dieu alors que les autres tombent à ses côtés.
V/. Qui hábitat in adjutório Altíssimi, in protectióne Dei cæli commorántur.
Celui qui habite sous l’assistance du Très-Haut demeurera sous la protection du Dieu du ciel.V/. Dicet Dómino : Suscéptor meus es tu et refúgium meum : Deus meus, sperábo in eum.
Il dira au Seigneur : Vous êtes mon défenseur et mon refuge. Il est mon Dieu ; j’espérerai en lui.V/. Quóniam ipse liberávit me de láqueo venántium et a verbo áspero.
Car c’est lui qui m’a délivré du piège du chasseur, et de la parole âpre et piquante.V/. Scápulis suis obumbrábit tibi, et sub pennis eius sperábis.
Il te mettra à l’ombre sous ses épaules et sous ses ailes tu seras plein d’espoir.V/. Scuto circúmdabit te véritas eius : non timébis a timóre noctúrno.
Sa vérité t’environnera comme un bouclier ; tu ne craindras pas les frayeurs de la nuit.V/. A sagítta volánte per diem, a negótio perambulánte in ténebris, a ruína et dæmónio meridiáno.
Ni la flèche qui vole pendant le jour, ni les maux qui s’avancent dans les ténèbres, ni les attaques du démon de midi.V/. Cadent a látere tuo mille, et decem mília a dextris tuis : tibi autem non appropinquábit.
Mille tomberont à ton côté, et dix mille à ta droite ; mais la mort n’approchera pas de toi.V/. Quóniam Angelis suis mandávit de te, ut custódiant te in ómnibus viis tuis.
Car le Seigneur a commandé pour toi à ses anges de te garder dans toutes leurs voies.V/. In mánibus portábunt te, ne umquam offéndas ad lápidem pedem tuum.
Ils te porteront dans leurs mains, de peur que tu ne heurtes ton pied contre la pierre.V/. Super áspidem et basilíscum ambulábis, et conculcábis leónem et dracónem.
Tu marcheras sur l’aspic et le basilic, et tu fouleras au pied le lion et le dragon.V/. Quóniam in me sperávit, liberábo eum : prótegam eum, quóniam cognóvit nomen meum.
Parce qu’il a espéré en moi, je le délivrerai ; je le protégerai, parce qu’il a connu mon nom.V/. Invocábit me, et ego exáudiam eum : cum ipso sum in tribulatióne.
Il criera vers moi, et je l’exaucerai ; je suis avec lui dans la tribulation.V/. Erípiam eum et glorificábo eum : longitúdine diérum adimplébo eum, et osténdam illi salutáre meum.
Je le sauverai et je le glorifierai. Je le comblerai de jours et je lui ferai voir mon salut.
Offertoire : Scápulis suis…
Les deux derniers chants du propre de la messe du premier dimanche de Carême, l’Offertoire et la Communion, ont exactement le même texte, ce qui est encore une autre particularité de ce dimanche, unique dans la liturgie, mais la mélodie grégorienne peut donner à un même texte deux expressions différentes. Il s’agit des versets du psaume 90 qui traduisent la protection divine par de belles images :
Scápulis suis obumbrábit tibi Dóminus, et sub pennis ejus sperábis : scuto circúmdabit te véritas ejus.
Le Seigneur te mettra à l’ombre de ses épaules et sous ses ailes tu espéreras, sa fidélité t’entourera d’un bouclier.
La mélodie de l’Offertoire s’apparente à celle de l’Introït. Elle est pleine de calme et d’assurance paisible. C’est vraiment le sentiment de sécurité sous la protection du Seigneur qui domine.
Communion : Scápulis suis
Le texte de l’antienne de Communion du premier Dimanche de Carême est identique à celui de l’Offertoire. Scápulis suis obumbrábit tibi …
Mais alors que la mélodie de l’Offertoire était assez statique, pleine de calme assurance, celle-ci est plus dynamique ; on y sent passer un grand élan mystique, nécessaire pour triompher dans le combat qui est engagé.
Coeur de Père, un documentaire sur saint Joseph
Le mois de mars est consacré à saint Joseph. Mais qui est vraiment Joseph de Nazareth ? Est-il toujours à l’œuvre aujourd’hui ? Partez à la découverte de ce charpentier discret et silencieux au cours d’une vaste enquête dans différents sanctuaires répartis sur les cinq continents, à la rencontre de témoins dont la vie a basculé grâce à saint Joseph.
De Cotignac à Fatima, en passant par des sanctuaires en Espagne, aux Philippines, des convertis aux Etats-Unis, des miracles en Italie, …, le réalisateur espagnol Andrés Garrigó nous entraîne sur les traces du Patriarche.
Le film documentaire Cœur de Père, dédié à la figure de Saint Joseph, sera disponible en DVD dans toutes les librairies (et en ligne sur La Boutique SAJE) et également en VOD sur la plateforme lefilmchretien.fr à partir du 19 mars.
