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Incendie d’une église à Saint Omer : le parquet conteste la motivation anti-chrétienne

Communiqué de l’AGRIF :

Dans la nuit du 2 septembre 2024, un incendie a dévasté l’église de l’Immaculée-Conception de Saint-Omer (Pas-de-Calais).

Deux jours plus tard, un suspect est arrêté et reconnait les faits.

L’incendie a causé d’immenses dégâts dans cet édifice néo-gothique, inauguré en 1859 et qui constitue un élément majeur du patrimoine audomarois et de ses faubourgs maraichers. L’église avait bénéficié d’important travaux de restauration entre 2014 et 2018 pour assurer sa sauvegarde et lui rendre toute sa splendeur.

Outre le préjudice moral terrible causé aux catholiques et à tous les habitants de Saint Omer et de sa région attachés à leur patrimoine, les travaux de remise en état sont considérables.

Comme le rapportait la presse, le casier judiciaire du suspect porte 26 condamnations, dont deux pour destruction de biens par un moyen dangereux et pour dégradation ou détérioration d’un lieu de culte pour des incendies volontaires de quatre églises du Boulonnais en 2021.

En outre, l’individu avait justifié son acte en déclarant « A chaque fois que j’écoute la télé et tout ça, les curés sont des pointeurs [pédophiles]. Voilà pourquoi je m’en prends aux églises ».

Dès 2024, l’AGRIF s’est, bien entendu, portée partie-civile dans cette affaire au regard du caractère évidemment anti-chrétien de cet acte.

Pourtant, à la fin de l’instruction, le Parquet vient de demander au juge de ne pas retenir le caractère antireligieux !

Bien entendu, l’AGRIF a chargé son avocat de répliquer à ce déni scandaleux.

Affaire à suivre, nous ne lâchons rien !

Aidez-nous, soutenez l’AGRIF : https://www.lagrif.fr/nous-soutenir/

Jeûnons pour la vie avec Va, vis, prie

L’association Va vis prie relance le carême pour la vie avec plus exactement le jeûne pour la vie,  en soutien aux veilleurs de 40daysforlife.
Pour cela, il suffit de s’inscrire sur le lien ci-dessous et de choisir son ou ses jours de jeûne, afin que chaque jour du carême soit jeûné par au moins une personne.
Pour vous inscrire, cliquez ici.
Pour bien démarrer le carême, inscrivez-vous au jeûne du carême pour la vie en soutien à l’action de 40 days for life! Aidons Notre Seigneur à porter sa croix !

Quentin, adjoint chef de chapitre à Lyon, converti depuis peu, mis à mort de manière abjecte

Communiqué de Notre-Dame de Chrétienté suite à la mort de Quentin :

« Il n’y a pas de plus grande preuve d’amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime »
— Jean 15, 13 —

Jeudi 12 février, Quentin, adjoint chef de chapitre à Lyon, converti depuis peu, fidèle de la paroisse Saint Georges et de la Collégiale Saint Just, qui se formait au chant grégorien et servait les pauvres dans les maraudes, a été mis à mort de manière abjecte. Il est décédé de ses blessures le samedi 14 février.

Quentin avait accepté de participer à une manifestation pacifique que des militants politiques ont voulu empêcher. C’est pour cela qu’il a été lynché.

L’association Notre-Dame de Chrétienté assure sa famille et ses proches de toute sa compassion. Elle invite tous les pèlerins à prier pour le repos de son âme, pour la consolation des siens et pour la conversion de ses meurtriers.

Une structure LGBTQXYZ soupçonnée d’accueillir des immigrés clandestins en échange de faveurs sexuelles

Arap-Rubis (Association réflexion, action, prévention, communautaire) est une structure de référence pour l’accompagnement des personnes LGBTQXYZ, installée à Nîmes. Elle a perdu l’agrément et le soutien financier de l’État en raison de graves accusations visant Franck Martin, son directeur. La municipalité de Nîmes vient de prendre la même décision.

Selon les informations de Mediapart, confirmées par le parquet, Franck Martin est mis en examen pour corruption de mineurs depuis février 2025. Une enquête avait été ouverte après des signalements adressés en 2023 à la procureure de la République de Nîmes.

Sur son site, l’association mentionne un certain nombre de partenaires financiers, usant et abusant de l’argent du contribuable : Agence du service civique, ANCT, ARS Occitanie, CAF du Gard, Conseil départemental du Gard, CPAM du Gard, DDETS du Gard, DILCRAH, DRDFE Occitanie, Europe, FIPD, Fondation Dumeste, France Relance, MILDECA, Préfecture du Gard (82 600 euros en 2023), Préfecture Occitanie, Région Occitanie, Sidaction, Solidarité Sida, Ville de Nîmes.

Franck Martin, âgé d’une cinquantaine d’années, tenait des conversations à caractère sexuel avec un jeune se présentant comme un collégien homosexuel de 15 ans, qui avait contacté la structure par le biais des réseaux sociaux. Une autre alerte, émanant de l’inspection du travail, pointait, entre autres, une utilisation « problématique » du compte X d’Arap-Rubis, qui likait « des photos d’hommes – certains peut-être mineurs – largement dénudés ».

Ces cinq dernières années, la structure a fait l’objet de nombreux signalements, d’abord internes puis auprès de l’autorité judiciaire et des institutions ou collectivités locales. Outre les soupçons de corruption de mineurs, ils portaient sur des faits de viol, de harcèlement sexuel et de harcèlement moral sur des salariés. Des soupçons d’abus de faiblesse envers des personnes vulnérables – de jeunes migrants homosexuels accompagnés par la structure – figurent aussi dans des témoignages transmis à la justice.

Ces alertes impliquaient toutes Franck Martin, mais aussi son mari, Alex Tahri-Martin, également salarié d’Arap-Rubis. Ce dernier semblait « endosser le rôle de directeur adjoint de la structure, sans pour autant détenir cette fonction hiérarchique », souligne l’inspection du travail dans son signalement adressé au parquet en septembre 2023.

Un témoin souligne avoir rencontré de jeunes migrants hébergés en contrepartie de relations sexuelles avec un ami du couple Tahri-Martin. D’autres témoignages viennent conforter ces alertes. En 2021, une salariée d’Arap-Rubis a déposé une main courante dénonçant la présence de « jeunes sans-papiers » accompagnés par l’association et logés dans « des caravanes et mobile homes […] en échange de relations d’ordre sexuel » et de travaux agricoles.

La génération Z présenterait, en moyenne, des performances cognitives inférieures à celles des générations précédentes

Un scientifique lance l’alerte sur un fléau qui pourrait coûter très cher à la génération Z. Selon ses dires, les digital natives font face à un changement qui affecte directement leur cerveau.

Même si peu de gens s’en soucient, des scientifiques préservent les données des étudiants depuis plus de 200 ans. L’objectif, bien sûr, est de détecter les failles afin de mieux y remédier. Le Dr Jared Cooney Horvath, un expert en neurosciences, parle d’un « retard cognitif » assez inquiétant. En cause, dit-il, se trouve la technologie ! D’après ce scientifique, la situation est bien plus grave qu’il n’y paraît. La nouvelle génération passe beaucoup de temps en cours et dispose d’internet et de tous les accessoires afin d’accroître leur capacité d’apprentissage. Et ce, que ce soit à la maison ou à l’école ! Pourtant, ces mêmes outils numériques freinent le développement de leur cerveau.

Toujours selon le Dr Horvath, la mémoire et l’attention de la génération Z sont inférieures à celles des Millennials. Il en va de même pour la résolution des problèmes, les mathématiques et la lecture. Pour lui, la responsabilité vient surtout des parents et des enseignants, ainsi que de l’utilisation abusive des « technologies éducatives ».

La théorie du scientifique est simple : au lieu d’aider les enfants à apprendre plus vite, les tablettes et les ordinateurs provoquent l’effet inverse. Leur cerveau serait incapable de comprendre, assimiler et interpréter les informations qu’ils reçoivent. Pour lui, la seule méthode efficace est celle qui utilise des livres et qui privilégie les échanges humains.

« Un adolescent passe plus de la moitié de son temps éveillé à fixer un écran. Les êtres humains sont biologiquement programmés pour apprendre des autres êtres humains et par une étude approfondie, et non pour faire défiler des écrans à la recherche de résumés à puces ».

D’où la baisse de niveau de la nouvelle génération !

Le problème avec la technologie serait l’écran lui-même, qui empêche le cerveau de fonctionner normalement. En le regardant à tout bout de champ, la génération Z serait devenue incapable de se concentrer de manière optimale. L’expert déclare alors :

« La solution semble résider dans les outils que nous utilisons au sein des écoles pour favoriser cet apprentissage ».

Le Dr Horvath termine en disant :

« Que font les enfants sur les ordinateurs ? Ils survolent les écrans. Au lieu de déterminer ce que nous voulons que nos enfants fassent et d’orienter l’éducation en conséquence, nous redéfinissons l’éducation pour mieux l’adapter à l’outil. Ce n’est pas un progrès, c’est une capitulation ».

Fin de vie : Vers une « euthanasie de la solidarité » ?

« L’année dernière, nous étions au bord du gouffre ; cette année, nous avons fait un grand pas en avant. »
Cette boutade de Pierre Daninos illustre avec une ironie tragique le débat sur la mort assistée. À 48h du débat à l’Assemblée Nationale, nous touchons au cœur de notre façon de vivre ensemble.

🤔 1. Le mythe du « cadre strict » : l’engrenage fatal.
Prétendre limiter la mort provoquée est une illusion. Dès qu’elle devient un droit, toute limite devient une injustice. L’exception d’aujourd’hui sera la norme de demain : des malades terminaux aux mineurs, jusqu’aux personnes épuisées par la solitude. Quand la mort devient un droit, la vie devient une option.

🤔 2. Du soignant au subordonné : la fin de la liberté éthique.
Le projet transforme les soignants en exécutants administratifs aux ordres de l’État :
* Le médecin « prestataire » : En l’obligeant à organiser l’acte létal, on en fait un rouage technique. La médecine ne peut devenir un outil de suppression sans vider les hôpitaux de leur âme.
* Le pharmacien « petit soldat » : Réduit à délivrer du poison sans clause de conscience explicite, il trahit son serment. Un système où le soignant perd le droit de dire « non » pour protéger la vie est un système qui renonce à l’humain.

🤔 3. L’illusion du progrès par l’imitation.
Le vrai progrès, c’est de ne laisser personne seul face à la souffrance. Regardons nos voisins : en Belgique, l’euthanasie répond à la dépendance ; au Canada, à la précarité économique. La France doit refuser la mort comme solution publique.

🤔 4. L’arbre de l’exil cache la forêt du manque de soins.
On invoque l’exil de quelques-uns pour occulter une réalité : 300 000 Français sont privés de soins palliatifs chaque année. La réponse à la détresse n’est pas l’injection, mais l’excellence de l’accompagnement. Le manque de moyens ne justifie pas la transgression de l’interdit de tuer.

🤔 5. Le danger du « devoir de disparaître ».
Voter la mort assistée quand 20 départements n’ont aucune unité de soins palliatifs est une inversion des priorités. La tentation sera grande de privilégier la solution la moins coûteuse. Une vie fragile n’est pas un « poids budgétaire », c’est le miroir de notre fraternité.

🤔 Un choix de civilisation
La dignité n’est pas négociable. Nous avons le choix : une société de la performance qui évacue le souffrant, ou une société de la fraternité qui renforce la présence là où la vie vacille.
En brisant l’interdit de donner la mort, notre société ne progresse pas ; elle bascule.
Monsieur le Député, Madame la Députée, quel héritage choisirez-vous de nous laisser ?

 

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

La tempête perturbe l’activité de Livres en famille

Livres en Famille nous prie de prévenir son aimable clientèle :

L’Europe pourrait devenir un « musée industriel »

Le Premier ministre belge Bart De Wever a averti, lors du Sommet européen de l’industrie à Anvers, que l’Union européenne risquait de sombrer dans la désindustrialisation, car les coûts élevés de l’énergie, la réglementation stricte et la concurrence mondiale des États-Unis et de la Chine entraînent des fermetures d’usines et découragent les investissements.

M. De Wever a déclaré que l’Europe pourrait devenir un « musée industriel » si Bruxelles ne mettait pas en œuvre des réformes urgentes, ne réduisait pas les formalités administratives, ne baissait pas les prix de l’énergie et ne traitait pas l’industrie comme un atout stratégique pour la sécurité, en liant la base manufacturière européenne à la résilience économique, à la préparation à la défense et au pouvoir géopolitique.

Dans des pays comme la Belgique, l’Allemagne, les Pays-Bas ou la France, l’état de l’industrie est « tout simplement dramatique ». Le chef du gouvernement fédéral a longuement évoqué les prix de l’énergie et une réglementation « excessive ». En raison de ces facteurs, la situation de l’industrie européenne dans des pays comme la Belgique est désormais « dramatique ».

« Nous sommes au bord d’une crise existentielle ».

« L’Europe doit cesser de vouloir tout faire, partout et tout le temps. » « La décarbonation de l’Europe deviendra synonyme de sa désindustrialisation. Et, finalement, de sa pauvreté et de sa perte de pertinence ».

« Si l’Europe veut compter dans le monde, notre industrie doit d’abord compter pour l’Europe ».

En hommage à Quentin

La semaine passée, un militant nationaliste a été tué par des militants Antifas à Lyon, capitale des Gaules. Son nom était Quentin. Selon les témoignages, c’était un garçon valeureux.

Un jeune converti, comme on en voit de plus en plus ces dernières années. Il fréquentait une paroisse traditionnelle. Il engagea à sa suite, dans le Christ, ses parents et fut même le parrain de son propre père, tout un symbole ! Ce jeune homme est le symptôme d’un état d’esprit qui traverse notre jeunesse française.

Celle d’une génération qui allie l’amour de la patrie à celui du Christ. Il était de la même veine que celle du glorieux Clovis, preux guerrier franc converti au christianisme. Cet homme, Quentin, nous rappelle notre engagement.

Il nous rappelle que rien ne sera obtenu sans sacrifice, et que ce sacrifice peut nous coûter la vie. Il est issu d’une race de héros. De Hector, tombant sous les coups d’Achille devant les murailles de Troie, à Quentin, la défense de la cité doit être un absolu, une cause qui nous dépasse. Une cause qu’il sut incarner en nous donnant, à nous vivants, une raison de continuer la bataille contre les forces du mal déchaînées contre le beau, le bien, le vrai. Nos prières accompagnent son âme et le cœur meurtri de sa famille.

Repose en paix, jeune camarade, jeune héros, jeune chrétien. Tes amis, si semblables, à travers l’Europe, n’oublieront ni ta mémoire ni ton nom.
RIP

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Lucy Pevensie, figure de l’Église à Narnia

Troisième épisode de la nouvelle série sur Narnia et C. S. Lewis produite par la Fraternité Saint-Ephrem, “Lucy Pevensie, une lionne” cherche à comprendre en quoi ce personnage central est un modèle de sainteté, par sa foi inébranlable en Aslan, une figure de l’Eglise par sa qualité sponsale avec Aslan, et un témoin johannique de l’Apocalypse de Narnia. Et en tant que catholiques, on ne peut que penser à ses similitudes avec sainte Lucie de Syracuse, dans l’hagiologie chrétienne ou dans la Divine Comédie de Dante.

La vidéo en question est disponible ci-dessous :

https://www.youtube.com/watch?v=C1YcJqEfzo4

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Carême : pourquoi faut-il faire pénitence ?

Aymeric Pourbaix reçoit :

  • 𝐏𝐞̀𝐫𝐞 𝐉𝐞𝐚𝐧-𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜̧𝐨𝐢𝐬 𝐓𝐇𝐎𝐌𝐀𝐒, jésuite
  • 𝐍𝐚𝐝𝐢𝐚 𝐏𝐈𝐂𝐂𝐀𝐑𝐑𝐄𝐓𝐀, mère de famille et auteur
  • 𝐂𝐮𝐫𝐭𝐢𝐬 𝐂𝐑𝐀𝐍𝐄, président de l’association “Porta Fidei”

 

Le langage inclusif marginalise le français diplomatique

Malgré son statut de langue officielle, la langue française est de moins en moins pratiquée au sein des institutions internationales. Le langage inclusif risque d’accentuer ce déclin, jusqu’à la disparition du français diplomatique, prévient dans Valeurs Actuelles Nicolas Bauer, chargé de plaidoyer au Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), ONG accréditée à l’ONU et au Parlement européen :

« Le français figure parmi les langues officielles des Nations unies et du Conseil de l’Europe : c’est un privilège pour les francophones qui y travaillent au quotidien. J’en fais partie. Malheureusement, ces institutions ont ajouté une nouvelle exigence à la pratique du français, qui doit dorénavant respecter des lignes directrices sur l’inclusivité. Cette langue devient difficile à maîtriser, y compris pour les francophones, et ce n’est ni du français ni “inclusif”. Le français diplomatique, déjà en déclin, pourrait ne pas survivre à cette évolution » […]

Face à ce français inclusif des institutions internationales, la seule réaction publique du gouvernement est une réponse à une question écrite posée par la députée Marie-France Lorho. Le gouvernement a affirmé s’engager pour défendre les fondements et la lisibilité de la langue française au sein des institutions internationales. Il a indiqué notamment que le Représentant permanent de la France au Conseil de l’Europe, Pap Ndiaye, se chargera de cette mission. Cette réponse n’est qu’à moitié rassurante, quand on sait que M. Ndiaye s’était exprimé en faveur du « français inclusif » lors de son passage au ministère de l’Éducation nationale.

Terres de Mission : Sainte entrée en carême

Eglise universelle : Entrée en carême

A l’occasion du mercredi des Cendres, le 18 février, l’Eglise entrera en Carême. Prêtre de la Fraternité Saint Pierre, l’abbé Thibault Desjars nous rappelle le but du carême : se rapprocher de Dieu et les moyens d’y parvenir.

Eglise en France : 2ème Session familiale Transmissio

Vice-président de l’association Transmissio, Xavier Fruleux, nous présente la 2ème session familiale qui aura lieu du 22 au 24 août sur le thème de la Mission au château de Chalès à Nouan-le-Fuzelier (41).

Eglise en Marche : La traversée – Journal de mon cancer

Atteint d’un cancer, aujourd’hui guéri, l’historien Yves Chiron nous fait partager, dans un témoignage émouvant : “La traversée – Journal de mon cancer”, son parcours de guérison, soutenu par sa foi, la prière de ses amis et la présence agissante de son épouse.

Lettre ouverte d’un médecin gériatre au député Olivier Falorni, rapporteur de la proposition de loi sur “l’aide à mourir”

Lettre du Dr Bourgeois, médecin gériatre exerçant en Hôpital de Gériatrie avec une activité variée, dont les soins palliatifs :

La croix les rend hystériques

Le tribunal administratif de Nîmes a ordonné au début du mois au maire de la commune de Robion dans le Vaucluse d’enlever une croix en bois se trouvant sur les hauteurs de la commune.

Le maire a annoncé faire appel de cette décision.

L’affaire remonte à 2022, lorsque l’association La libre pensée a demandé au maire de Robion d’enlever la croix afin de “restaurer la neutralité de l’espace public” puisqu’elle aurait été installée après 1905. Le maire de Robion, Patrick Sintes, avait refusé l’enlèvement de la croix, estimant notamment qu’il était difficile de connaître la date précise de son installation. Selon l’édile, la croix, en plus de faire partie de l’histoire locale, a une portée mémorielle car elle a été restaurée après le meurtre en 2017 d’une jeune femme de 18 ans originaire du village.

Une pétition pour le maintien de cette croix a été lancée.

Contre l’euthanasie, journée de prière et de jeûne le 20 février

En communion avec le pape Léon XIV qui nous appelle à « défendre la dignité intrinsèque de toute personne humaine alors même que notre monde peine à trouver une valeur à la vie humaine, même en sa dernière heure », les évêques invitent tous les catholiques à une journée de prière et de jeûne le 20 février, premier vendredi de Carême, pour que, par le jeûne et la prière, nous nous rendions toujours plus disponibles au don de l’Esprit et que les consciences de tous, libres de toute idéologie et précipitation, soient éclairées en vue du bien commun.

Dimanche de la Quinquagésime : Annonce de la Passion

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Bien que nous soyons toujours dans le temps de la Septuagésime, les chants de ce dimanche de la Quinquagésime sont très différents de ceux de dimanche dernier, qui étaient en grande partie des appels suppliants du fond de notre misère, avec toutefois la lueur d’espérance apportée par la Communion Introibo. C’est cette espérance qui rend tous les chants de ce jour confiants, paisibles et même joyeux. Avant d’aborder les austérités du Carême, et pour nous donner courage, l’Église veut nous faire entrevoir la victoire finale et les bienfaits de la rédemption. Ce dimanche correspond d’ailleurs aux réjouissances du carnaval à la veille du mercredi des Cendres. De nos jours on ne sait plus très bien ce qu’étaient autrefois les rigueurs du Carême, que les plus âgés ont encore connues dans leur enfance. Il y avait jeûne et abstinence tous les jours sauf le dimanche. Toutes les festivités et réjouissances étaient suspendues. Aussi était-il naturel qu’on voulût faire la fête une dernière fois avant d’entamer ce temps de pénitence : c’était le carnaval. Ce qui reste de ces jours de détente a pris trop souvent un caractère païen, mais la liturgie nous en rappelle les raisons profondes.

► Introït : Esto mihi

L‘Introït du dimanche de la Quinquagésime est tiré du psaume 30 qui revient souvent dans la liturgie; nous l’avions déjà trouvé à la Communion du dimanche de la Septuagésime il y a deux semaines, et nous avions dit que c’était un de ceux où David exprime le mieux son abandon total à la divine Providence. C’est le psaume de l’In manus tuas.

Esto mihi in Deum protectórem, et in locum refúgii, ut salvum me fácias : quóniam firmaméntum meum, et refúgium meum es tu : et propter nomen tuum dux mihi eris, et enútries me.
Soyez pour moi un Dieu protecteur et un lieu de refuge pour me sauver, car vous êtes mon appui et mon refuge, et à cause de votre Nom Vous serez mon guide et vous me nourrirez.

«À cause de Votre Nom » , dans la Bible, signifie toujours : à cause de votre promesse. Cet abandon plein de confiance, comme celui du petit enfant entre les bras de sa mère, est exprimé par une mélodie simple, légère, paisible, utilisant le 6e mode grégorien que l’on a appelé le mode de l’enfance spirituelle ; mais elle s’anime à la fin avec un bel élan sur les mots dux mihi eris (vous serez mon guide). Cet Introït est accompagné par le premier verset du psaume 30.

 In te Dómine, sperávi, non confúndar in ætérnum : in justítia tua líbera me.
En Vous Seigneur je mets mon espérance, je ne serais pas déçu : dans votre justice délivrez-moi.

► Graduel Tu es Deus

Le chant de l’Introït du dimanche de la Quinquagésime exprimait notre confiance en Dieu, notre protecteur. Celui du Graduel exprime notre louange et notre reconnaissance au Seigneur pour le bienfait de la Rédemption que nous entrevoyons déjà. Il est tiré du psaume 76, où le psalmiste supplie le Seigneur dans sa détresse en lui rappelant les bienfaits passés, spécialement ici la sortie d’Egypte et le passage de la Mer Rouge, figure de la Rédemption.

Tu es Deus, qui facis mirabília solus : notam fecísti in géntibus virtútem tuam. Liberásti in bráchio tuo pópulum tuum, fílios Israël et Joseph.
Vous êtes, Dieu, le seul qui fasse des merveilles, vous avez fait connaître aux nations votre puissance ; vous avez délivré votre peuple, les fils d’Israël et de Joseph.

Encore une fois nous retournons à Dieu la définition qu’il a donné de lui-même :  » Je suis  » a-t-il dit à Moïse ;  » Tu es, Vous êtes « , lui disons-nous. Quant aux fils d’Israël et Joseph, c’est le peuple élu, qui est comme toujours la figure de l’Église ; c’est donc nous tous qui allons être libérés à Pâques du joug du péché. La mélodie est commune à plusieurs Graduels de cette période de l’année. Nous en avions entendu certains éléments dans le Graduel du dimanche de la Septuagésime, et surtout nous allons la retrouver deux fois en Carême. Elle est ample et très étendue, avec de grandes vocalises, et pleine d’ardeur mystique.

► Trait : Jubiláte Dómino omnis terra

Comme ce fut le cas lors des deux précédents dimanches, le Graduel du dimanche de la Quinquagésime est suivi d’un Trait. Il est formé des premiers versets du psaume 99, qui est une acclamation à la majesté et à la toute puissance divine dans le style de celle que nous avons entendue pendant les dimanches après l’Épiphanie.

Jubiláte Dómino omnis terra : servíte Dómino in lætítia. Intráte in conspÉctu ejus, in exsultatióne. Scitóte quod Dóminus ipse est Deus. Ipse fecit nos, et non ipsi nos : nos autem pópulus ejus, et oves páscuæ ejus.
Acclamez le Seigneur, toute la terre : servez le Seigneur avec joie ; entrez en sa présence dans l’allégresse, sachez que le Seigneur est Dieu. C’est Lui qui nous a fait et non pas nous-mêmes ; nous, nous sommes son peuple et les brebis de son pâturage.

Cette acclamation jaillit aujourd’hui après le chant de confiance de l’Introït et le cantique d’action de grâce du Graduel, et exprime par avance la reconnaissance des rachetés dans la joie de Pâques. D’ailleurs la mélodie faite de psalmodie très ornée est exactement la même que celle des Traits de la vigile pascale. Elle est plus affirmative encore et plus joyeuse que celle des Traits des deux précédents dimanches.

► Offertoire Benedíctus es

Comme c’est le cas le plus fréquent pour les Offertoires, celui du dimanche de la Quinquagésime est un chant de méditation, intérieur et contemplatif. Le texte est tiré du psaume 118, que nous trouvons ici pour la première fois depuis le début de l’année liturgique, mais que nous retrouverons assez souvent. C’est le psaume le plus long du psautier ; il ne compte pas moins de 176 versets, consacrés à la méditation sur la loi de Dieu et sa volonté : contemplation admirative qui se prolonge comme une rumination. Cette loi du Seigneur est désignée par de nombreux substantifs, tous synonymes, qui reviennent les uns après les autres : ici justificationes et judicia qui ont tous deux la même racine, celle de la justice, c’est à dire la perfection de la volonté divine.

Benedíctus es Domine, doce me justificatiónes tuas : in lábiis meis pronuntiávi ómnia judícia oris tui.
Vous êtes béni, Seigneur, enseignez-moi vos commandements ; de mes lèvres j’énonce tous les préceptes de votre bouche.

La mélodie est certes contemplative, mais mouvementée ; elle se rapproche de celle du Graduel avec la même ardeur mystique. On remarquera que la première phrase est répétée deux fois comme dans le grand Jubilate du deuxième dimanche après l’Épiphanie, mais ici la répétition se fait exactement sur la même mélodie avec seulement une formule de cadence plus développée.

► Communion : Manducavérunt

emission_radio_quinquagesimeaveugleLe texte de la Communion du dimanche de la Quinquagésime est tiré du psaume 77, qui fait suite au psaume 76, celui du Graduel de cette messe. C’est un des plus longs du psautier après le psaume 118 que nous avons trouvé à l’Offertoire. C’est un chant d’action de grâce qui raconte longuement tous les bienfaits dont le Seigneur a comblé son peuple, depuis la sortie d’Égypte jusqu’à l’entrée dans la terre promise. Les versets que nous trouvons ici s’appliquent à la nourriture envoyée du ciel pendant la traversée du désert :

Manducavérunt, et saturáti sunt nimis, et desidérium eórum áttulit eis Dóminus : non sunt fraudáti a desidério suo.
Ils mangèrent et furent complètement rassasiés, et le Seigneur combla leur désir. Leur désir ne fut pas déçu.

Cette nourriture céleste est évidemment la figure de l’Eucharistie, un des grands bienfaits des fêtes pascales que nous entrevoyons déjà avant d’aborder les austérités du Carême, et il convient parfaitement bien de l’évoquer au moment de la Communion. La mélodie de cette antienne est légère et joyeuse avec des rythmes assez larges exprimant le bonheur d’être rassasiés.

“Mes enfants handicapés seront directement menacés”

Fille d’un père tétraplégique et mère de deux enfants handicapés, Véronique Bourgninaud dénonce dans le JDD la proposition de loi sur l’euthanasie :

La Commission des affaires sociales a donc rendu sa copie – a bâclé sa copie devrait-on dire tant la désinvolture avec laquelle les députés qui en sont membres ont cyniquement traité ce deuxième examen de la proposition de loi légalisant l’euthanasie et le suicide assisté suscite l’indignation en même temps qu’elle mérite le mépris et la fronde de tout un peuple. Mais nous y voilà : un texte toujours plus permissif arrive ce lundi dans l’Hémicycle.

Pouvait-on attendre autre chose d’un tel texte qui n’a jamais caché la scandaleuse inhumanité de ses motivations ? Je ne le crois pas. Dès l’exposé des motifs, le mépris de caste est posé : « Que veut dire « vivre » quand vivre n’est plus que souffrir, sans espoir de guérison ? » Il y a dans cette indécente question quelque chose d’injurieux que je vis comme une gifle, moi la fille d’un père tétraplégique et mère de deux enfants handicapés, qui ploie sous le poids formidable de ces vies souffrantes que je côtoie depuis mon enfance.

À deux reprises, j’ai été auditionnée par cette même commission des affaires sociales. À deux reprises, j’ai alerté ses membres sur le danger considérable qu’une dérégulation irresponsable de l’interdit de tuer ferait peser sur les personnes vulnérables.

Aujourd’hui, je suis révoltée. Les députés sont coupables dans leur déni de réalité des personnes en situation de handicap, de dépendance et de fragilité. À défaut de prendre en compte la parole des citoyens pourtant concernés, la probité de leur fonction aurait dû les conduire à considérer les mises en garde de l’ONU qui a dénoncé sans détour, dans un courrier adressé au gouvernement français l’été dernier, les « formes croisées de discrimination qui pèseront sur les personnes handicapées si le projet de loi était adopté ».

Faisant fi des alertes de la plus grande instance internationale dédiée aux personnes handicapées (le CRPD), ils décident de supprimer toutes protections relatives aux personnes protégées. Aveuglés par leur obsession de maîtriser la vie, la leur mais surtout celle des autres, ils dérivent impunément de la maîtrise à l’emprise, faisant semblant de ne pas comprendre le danger des pressions implicites et des abus de confiance qui pèseront d’abord sur nos proches handicapés et dépendants et sur les pauvres. Enhardis par la caution que le président de la République – impuissant à orienter les vrais sujets régaliens mais soucieux de donner des gages aux Loges – a donné à la proposition de loi sur la mort administrée, ils ont persisté dans le rejet des quelques amendements qui visaient à incriminer l’abus de faiblesse dans ce contexte de mise à mort à la demande, qui cherchaient à exclure les personnes déficientes intellectuelles et les malades psychiatriques pour les protéger du dispositif euthanasique.

Dans la folie de leur dénégation, ils ont même osé, le 9 février dernier, envisager pour les personnes protégées juridiquement, l’affranchissement de toute protection de la tutelle afin de décider de leur fin de vie par des directives anticipées. Pour justifier cette rupture de protection inqualifiable, l’exemple explicite a été donné d’une personne trisomique 21, présentée comme capable d’exprimer ce qu’elle « peut supporter » et ce qu’elle « souhaite pour sa fin de vie ». Contre l’avis du rapporteur, la commission a donc établi ce droit, au nom de l’autonomie.

Une autonomie aussi sacralisée qu’illusoire et hypocrite. Ainsi, la personne handicapée, pourtant présumée vulnérable et légitime à être protégée par la Loi, sera laissée seule face à la décision de la mort provoquée, sans juge, sans conseil de famille, sans protection renforcée – alors même que la tutelle demeure obligatoire pour des actes infiniment moins engageants. L’expression « un petit truc en plus », popularisée à juste titre par le film, devient ici tragiquement « un petit truc en trop » : en trop pour avoir le droit de naître, en trop pour avoir droit à une protection quand la mort est en jeu.

Mon père savait bien que le grand paralytique, le vieillard et le handicapé n’ont pas les moyens de faire entendre leur voix. Il savait qu’il coûtait cher et qu’il ne pourrait jamais être réinséré utilement dans la société. Il avait expérimenté que seul l’interdit de tuer donne une limite objective à la liberté du médecin et des institutions et le mettait à pied d’égalité avec les autres citoyens. Aujourd’hui, j’ai la preuve qu’il avait raison : alors que l’interdit de tuer est sur le point de tomber, je sais que mes enfants handicapés seront directement menacés. Je tremble par avance pour eux : qui les protégera quand je viendrai à disparaître, eux qui ne savent ni se défendre, ni identifier une douleur quand ils sont malades, ni exprimer leur consentement ?

Le triste spectacle arbitraire auquel nous assistons illustre, s’il était nécessaire, que le pouvoir se rit de la vérité. Quand les puissants ont décidé de nuire, la logique et l’innocence de la victime semblent ne rien peser. Mais la marche de l’histoire le rappelle invariablement : personne ne reste au sommet éternellement.

Carême avec les missionnaires de la Miséricorde Divine : “l’Église, corps mystique du Christ, Elle a les paroles de la vie éternelle”

Pour la 10eme année consécutive les missionnaires de la Miséricorde Divine vous accompagnent pour le carême.

Profitez de méditations sur l’Église, corps mystique du Christ, Elle a les paroles de la vie éternelle.

A partir du mercredi des Cendres, retrouvez-les par courriel, YouTube ou sur l’appli *Conversio* .

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Saint Valentin et l’amour

D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:

Comme nous le savons tous, le 14 février on célèbre la fête de saint Valentin, « le saint des amoureux ». Il s’agit d’un saint du deuxième siècle, originaire de Terni (Ombrie), qui, en effet, semble avoir réellement protégé les couples et les avoir guidés vers un mariage chrétien. Le pape Gélase Ier, au cinquième siècle, utilisa la fête de saint Valentin pour la substituer à une fête romaine célébrée le 15 février, les Lupercales, une fête en l’honneur du dieu de la fertilité Lupercus, qui comportait des célébrations débridées et sans retenue. On peut dire que, d’une certaine manière, l’amour apollinien était opposé à l’amour dionysiaque.
Nous sommes bien conscients que notre société consumériste a transformé cette fête en une occasion de faire de l’argent, comme cela est arrivé pour d’autres fêtes chrétiennes, par exemple Noël. Évidemment, le consumérisme a obscurci le sens profond de cet événement ; il ne sera donc pas inutile de profiter de cette occasion pour réfléchir à ce que signifie l’amour aujourd’hui.
Tout d’abord, nous savons bien combien ce mot, « amour », a été utilisé de manière si abondante et dans des situations si diverses qu’il semble aujourd’hui avoir perdu sa densité sémantique. Si tout est amour, alors rien n’est vraiment amour.
Dans le sens originel du mot, la signification de « désir, attraction » paraît très forte. Certes, dans l’amour il y a et il doit y avoir aussi cela. Les Romains utilisaient le mot diligere, qui implique le concept de « choix ». Ce concept nous paraît particulièrement intéressant, car nous savons bien que l’amour naît comme attraction et désir, mais qu’il implique ensuite de nombreux choix — non seulement celui de la personne aimée, mais aussi celui de continuer la relation même lorsque la passion décline inévitablement. À un certain moment, l’amour se transforme en alliance qui unit deux personnes ayant un projet de vie commun.
Jamais comme aujourd’hui nous ne nous rendons compte que les mariages chrétiens sont en grave crise, et cela est une conséquence du fait que l’idée même de l’amour est en grave crise. Comme nous l’avons dit plus haut, on confond l’amour avec la passion.
Le 14 février 2014, le cardinal Carlo Caffarra, célébrant à Terni la fête de saint Valentin, affirmait entre autres dans son homélie :
« Ce que nous dit la parole de Dieu devient d’une brûlante actualité si l’on pense que votre saint patron est connu et vénéré dans le monde entier par ceux qui se préparent au mariage et par les époux. Il est appelé le “saint des amoureux”. Dans quel état se trouve aujourd’hui le mariage ? Chers amis, il traverse le désert de la non-reconnaissance. Je m’explique. La capacité de l’homme et de la femme à percevoir la beauté et la valeur précieuse de l’amour conjugal s’est gravement affaiblie. Je ne mentionne que deux symptômes de cette incapacité perceptive : la baisse des mariages et l’assimilation progressive de la communauté conjugale à des agrégats d’individus liés essentiellement par des affections privées. Pourquoi ai-je appelé “désert” cette progressive non-reconnaissance de la valeur unique de l’amour conjugal ? Parce qu’elle conduit progressivement l’homme et la femme à perdre conscience de la vérité de leur féminité et de leur masculinité. C’est le désert où tout est égal et indifférent ; où les sources de la vie s’éteignent. »
Comme ces paroles de l’illustre cardinal nous paraissent significatives. Elles nous invitent à réfléchir au fait que nous aussi, enfants de cette société, nous vivons avec une idée malade du concept d’amour — une idée qui ne nous permet pas de voir la beauté réelle de cette réalité.

François Mauriac journaliste : quand le passé éclaire le présent

De Marion Duvauchel pour Le Salon beige :

La lucidité est la blessure la plus proche du soleil (René Char)

En 2022, Annie Ernaux recevait le prix Nobel de littérature. On était en droit d’en être consterné. En 1957, c’était François Mauriac. On est en droit de s’en féliciter encore aujourd’hui. Que l’on aime ou pas l’univers romanesque de ce « grand seigneur gascon », qui a lu son œuvre, (tout ou partie) ne peut que mesurer l’abîme de déchéance dans lequel a sombré la littérature française, et la littérature en général. François Mauriac a « fini » journaliste dit-on, terme bien malheureux quand il avoue qu’il en éprouvait de la fierté et en tirait beaucoup de joie.  La sève romanesque s’était-elle épuisée comme on l’a prétendu ? Ouvrons le Bloc-notes. Celui qui a écrit ces pages d’une « indomptable sagacité » ne vivait pas dans l’Italie de la Renaissance, comme on l’a prétendu. Il a commenté le siècle dans lequel il vivait avec une pertinence et une efficacité politique sans égales, dont aujourd’hui on pourrait tirer quelques leçons, à commencer par des leçons de style.

Le pays va se déchristianisant lui dit-on. « Il est vrai, répond-t-il, que les habitudes chrétiennes, les mœurs chrétiennes n’apparaissent presque plus dans ce stupide monde motorisé qui s’agglutine sur les plages, se déshabille, montre ses varices, fait l’amour comme on éternue, et où la jeune fille est une espèce en voie de disparition. Il est trop vrai que les paroisses meurent une à une (on est le 5 octobre 1956) dans la campagne française où trop souvent les églises désertes ne pressent plus autour de leurs murs délités que des tombes qui ne voient plus s’agenouiller personne ». Mais ajoute-t-il, ce ne sont pas les « puissantes assises politiques du catholicisme » qui reflètent la sainteté d’une nation christianisée. Ces puissantes assises se sont effondrées. Elles avaient quelques vertus. Sans doute étaient-elles trop vermoulues.

Les habitudes comme les mœurs chrétiennes ont aujourd’hui quasiment disparu. Elles reviendront, comme les marguerites de la chanson, lorsque le printemps revient… Et le printemps revient toujours. Les empires s’effondrent en laissant bien des décombres, mais ils finissent toujours par s’effondrer.

Le tome 1 du Bloc-notes éclaire tout un pan d’histoire que l’on connait au fond très mal. Le 15 novembre 1954, on assistait à l’assassinat politique de Pierre Mendes France. Avec cette trahison du meilleur des hommes politiques d’alors, « cinquante années d’efforts pour rompre entre l’Eglise de France et les partis de droite une solidarité mortelle » se voyaient ruinés. Cette solidarité a tout de même fini par se désagréger mais c’est pour nouer une solidarité nouvelle avec l’idéologie de la Gauche et de l’Européisme. Solidarité non seulement mortelle mais aussi criminelle. Saint Augustin eût parlé d’Etat voyou. C’est un euphémisme.

La situation de la France que décrit Mauriac est toujours la nôtre. C’est une « nation dépendante des oligarchies intérieures et du dollar à l’extérieur. Elle pourrait, ajoute -t-il, s’épargner l’étalage des crises de conscience au Palais-Bourbon. Ayons le courage d’en convenir, si nous voulons nous fortifier dans la résolution d’arracher notre peuple à cette dépendance intolérable ». Le seul homme politique qui assume aujourd’hui cette résolution s’appelle François Asselineau. J’ai beau chercher, je n’en vois pas d’autre qui le formule clairement : puisque nous avons cédé notre souveraineté à l’Europe et que l’Europe est à la botte des Etats-Unis, il faut reprendre notre souveraineté nationale, et donc sortir de l’Union Européenne. Cela s’appelle le Frexit, qu’il est seul à ma connaissance à prôner avec courage et détermination, et cela fait frissonner de réprobation la bien-pensance politique. Les Français appelés à se prononcer par référendum avaient dit non à l’Europe. Il se taisent aujourd’hui, résignés.

Que peut-on tirer, en termes de pastorale, des valeurs évangéliques de ce mouroir piétiné qu’est cette Europe qui a largement apostasié le christianisme. Le pape Jean-Paul II, cet Européen de Pologne, s’en préoccupait. Benoit XVI l’aimait cette Europe qu’il a représenté aussi humblement que magnifiquement, ce qui est admirable. Le pape François la dédaignait majestueusement. Le pape actuel, on ne sait pas…

Le contraire d’un peuple chrétien, c’est un peuple triste, un peuple vieux. Nous sommes un peuple vieux qui a oublié qu’il est un vieux peuple, donc un peuple de vieille civilisation.  Dans le bateau qui l’emmenait en Amérique, Freud disait à Ferencsy : « ils ne savent pas que nous leur apportons la peste ». Lui, il le savait et selon toute apparence il s’en frottait les mains.

Personne ne peut croire que la vie et la mort n’ont pas de sens et continuer à vivre. Ceux qui se penchent aujourd’hui sur notre époque – enfin – découvrent avec effroi qu’elle est une des plus tristes, une des plus secrètement désespérées de l’Histoire, une des plus massivement idolâtres. Pour preuve, la grande flambée des dépressions, le suicide massif des jeunes, la vie détruite dès le départ – par milliers, par millions ; la jouissance obligatoire et forcenée, la pathologie sécuritaire (désormais fondée), le culte du corps, la socialisation forcée, la vieillesse abandonnée en attendant le cordial de la fin de vie, la finance souveraine, un futur sans lendemain. L’iniquité partout et la justice bafouée ou absente.

Et nos Évêques de France ?

Pendant ce temps-là, nos Evêques font toujours vivre la sirupeuse théologie de la récupération des « valeurs du monde ».  Concile pastoral et affiché comme tel, Vatican II a accouché d’une théologie de pacotille qui consistait à parer le monde d’admirables qualités évangéliques – fruits de l’Esprit Saint – et de le doter d’une force divine le faisant aller de l’avant. On peut voir aujourd’hui la nature de cette force qui a donné aux idéologies mortelles de « puissantes assises » capables d’assourdir voire de faire taire les voix dissidentes, comme aussi de laisser délibérément se dégrader ces assises anciennes dont la France s’est vue couverte au cours de son histoire : son blanc manteau d’églises.

Hurlez, sapins, pleurez, fontaines. Dressons l’inventaire :

L’œuvre de l’Esprit Saint la vieillesse bientôt euthanasiée en toute quiétude, OMS à l’appui, lâcheté de l’ordre médical en sous-main ; le suicide massif des jeunes et pas seulement des indécis en matière d’identité sexuelle dont l’Éducation nationale prend un soin jaloux ?  L’œuvre de l’Esprit Saint, la reprogrammation des enfants en matière sexuelle, dès le primaire et l’illettrisme grandissant ? L’œuvre de l’Esprit Saint encore les couteaux qu’on sort en classe pour frapper et frapper encore, le meurtre et l’assassinat dans nos trains, nos rues, devant nos lycées, la violence endémique, brutale, sadique parfois L’œuvre de l’Esprit les tik tok en tous genre qui n’offrent plus seulement les anatomies de « people », assorties de l’étalage de leurs loisirs d’une consternante pauvreté et de leur vie sexuelle abêtissante mais aussi tout ce que l’imagination la plus sotte ou la plus vile peut proposer ?

Une jeunesse perdue et sur vaccinée, invitée à ne pas admettre le corps dans lequel elle va grandir, aimer, se développer. Une vieillesse qu’on va persuader qu’il lui faut quitter, pour son bien, un monde qui la tient pour inutile et onéreuse. Et s’il existe quelque hiérarchie dans l’horreur, la destruction à grande échelle de la fragile existence qui tressaille sous le voile de la chair maternelle.

La nouvelle guerre de religion alimentée par la détestation du catholicisme et un culte de la laïcité au service de la destruction du monde chrétien a fait de la France une terre de violence barbare excusée et de servitude pour un peuple assommé de taxes et abreuvé d’une propagande mensongère.

Et pendant ce temps, dans nos paroisses de France, la culture de la niaiserie, la geignardise généralisée, l’infantilisation forcée, l’autosatisfaction autiste, l’écologie intégrale dont on s’est emparé « à la suite du pape François » comme on le bêlait dans les prières universelles, et des synodes, beaucoup de synodes, car il faut que le petit peuple des chrétiens participe. Mais à quoi ? En vue de quoi ? Pour qui ?

« Amen, Amen, je vous le dis, si vous ne vous convertissez pas, vous mourrez dans votre péché ».

Votre péché.

Le péché du monde et non « les péchés » comme on doit désormais réciter pendant l’office. Le pivot de l’Histoire, c’est toute la vie du Verbe incarné. Mais c’est toute l’histoire qui s’est arrêtée un instant, un bref moment, terrible, pendant lequel la face du Père s’est détournée de celle du Fils bien aimé, Celui en Qui Il s’est désiré : on appelle ce moment « la kénose », quand l’Homme-Dieu assume en lui le « péché du monde » et qu’Il entre dans la déréliction ultime. Le péché du monde… Entendez : un maelstrom d’infâmies, de turpitudes, de concussions, d’atrocités sans nom dont la puissance technique et la perversité des hommes donne aujourd’hui un effroyable aperçu ; le péché du monde : un Himalaya de bêtise et d’ignorance, de noire vulgarité, de violence et de cruauté ; un fleuve de noirceur, de férocité et d’ignominie. Il a pris en Lui et Il l’a enlevé, ce péché du monde. L’Eglise est là pour continuer cette œuvre de salut. Faut-il un nouveau concile pour le lui rappeler, avec les devoirs qui y affèrent ?

Laissons hurler les sapins et pleurer les fontaines. Dans ce présent organisé et promu par la technocratie européenne et ses lois scélérates, – un présent bien proche des victoires de l’enfer -, brille pourtant l’invincible lumière de Pâques et l’Espérance souveraine qui en jaillit. Espérance de foi, mais levain de justice, ferment de courage et de lucidité, impérieuse condition pour un retour à la paix civile et ses bienfaits.

Le chrétien n’est pas un catholique d’habitude, c’est un agnostique qu’on a pris par la main : cela s’appelle la Grâce. La vocation de l’Eglise est de faire se lever des hommes et des femmes capables de prendre par la main ceux qui ne voient plus que l’horizon funèbre qu’on leur a désigné pour seul futur, – un futur sans avenir -, et leur montrer le ciel. Un ciel ouvert où les anges montent et descendent, comme ils le font au-dessus de Jacob endormi qui se voit proposer d’adopter son Créateur. Il serait temps que les Evêques de France le rappellent, ainsi que tous les pasteurs qui ont vocation le dimanche à prononcer la parole autorisée de l’Eglise. Souvenons-nous du cardinal Saliège, en des temps sombres. Le nôtre exige autre chose que les bavardages de la pastorale de la synodalité initiée par le pape François et reprise par les assises de la médiocrité dans les diocèses où l’idéologie gauchisante continue d’inspirer discours vains et propositions creuses.

Il est encore temps, il est toujours temps. Le temps de Dieu n’est pas celui des hommes. Il n’est jamais trop tard pour opter (ou re-opter) pour Celui qui a dit : “Moi, Je suis la lumière du monde” :”אנא אנא נוהרה דעלמא.

Brahim Bahrir ne menacera plus personne

Né en 1978 à Mantes-la-Jolie, Brahim Bahrir, de confession musulmane, s’était rendu le 8 juin 2012 à Bruxelles. Muni d’un couteau, il s’était précipité sur trois policiers effectuant un contrôle de routine dans une station de métro du quartier de Molenbeek, avant de porter des coups à deux d’entre eux.

Il avait été condamné en 2013 à 17 ans de prison. Il était également inscrit au Micas français (mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance), placé sous contrôle judiciaire et était géolocalisé par la police.

Treize ans après sa condamnation en Belgique, Brahim Bahrir a récidivé vendredi sous l’Arc de Triomphe. Armé d’un couteau et d’une paire de ciseaux, il s’est jeté sur un gendarme, dont la vie a été épargnée «grâce à sa tenue». Les collègues du gendarme menacé ont répliqué avec des tirs d’arme à feu et ont interpellé l’assaillant.

Après avoir été neutralisé par les forces de l’ordre, il est mort des suites de ses blessures. Il ne menacera plus personne.

Samedi 21 mars : la marche de Saint-Joseph en Ile-de-France

Samedi 21 Mars, plusieurs milliers d’hommes de Paris et d’Ile-de-France se retrouvent pour marcher, échanger et prier ensemble.

Le but : vivre la fraternité, partager et redécouvrir la vocation d’homme, d’époux et/ou de père pour mieux la comprendre, l’apprécier, l’estimer, sous le patronage de saint Joseph dont la fête est le 19 mars.

  • Marcher : une marche d’abord en petits groupes (les chapitres) depuis les paroisses parisiennes et de proche banlieue, vers Montmartre, puis tous ensemble vers Saint Sulpice. Une colonne d’hommes qui marchent avec l’espérance dans leur cœur et leur sourire.
  • Échanger : chaque instant de cette Marche est une occasion d’échanger, à deux ou plus, sur des sujets légers ou sérieux. Les sujets qui, en tant qu’hommes, touchent, questionnent, tourmentent ou réjouissent. Accompagner certains dans leurs souffrances, se réjouir de rencontrer de nouvelles personnes, et qui sait, de nouveaux amis. Un enseignement lors d’une table ronde à la Basilique du Sacré Cœur sur le thème « comment accueillir les catéchumènes » est une occasion de nourrir la réflexion et de méditer sur comment faire fraternité.
  • Prier : seul ou à plusieurs, parfois tous ensemble, chanter Dieu, rendre grâce au Créate ur, adorer. Chaque chapitre est accompagné quand cela est possible par un aumônier. La journée se terminera par une messe à l’église Saint Sulpice, célébrée par Monseigneur Rougé, évêque de Nanterre.

Cette Marche s’adresse à tous les hommes, étudiants, jeunes pros, fiancés, célibataires, consacrés, époux, pères, grands-pères, prêtres, qui désirent nourrir ou mûrir leur vocation d’homme, quels que soient leur foi et leur proximité avec l’Église.

Sur le thème « Et qui est mon prochain ? », la Marche de cette année sera particulièrement tournée vers ceux qui, chrétiens depuis peu ou pas encore baptisés, sont en recherche profonde de spiritualité. L’objectif est de faire écho au thème du concile provincial Catéchumènes et néophytes, de nouvelles perspectives pour la vie de notre Église dans nos diocèses.

Concrètement, les chapitres sont organisés sur une paroisse, une école, ou sur une thématique : contacts sur le site www.marche-de-st-joseph.fr

Avec les 2200 hommes rassemblés l’an dernier à Notre-Dame de Paris, cette Marche de saint Joseph accompagne, pour la 16ème année, l’élan de conversions, la quête spirituelle et les demandes de baptême qui ne cessent de croître à Paris, en Ile-de-France et plus généralement dans notre pays.

Un mythe de l’histoire économique : la Grande dépression aurait été réglée par l’intervention publique et le New Deal

Dans Conflits, Jean-Baptiste Noé démonte ce mythe raconté dans tous les lycées et universités :

Les États-Unis connaissent une grande dépression en 1929 et, grâce au New Deal et à l’intervention de l’État mise en place par Roosevelt, le pays s’en sort et retrouve la prospérité. Cette histoire relève de la fable, voire du mensonge. C’est exactement l’inverse qui s’est produit : la politique de relance initiée par Hoover et poursuivie par Roosevelt a aggravé la crise. Mais peu importe, depuis un siècle, et alors même que la recherche en histoire économique à démêler le vrai du faux, le mythe continue d’être diffusé.

Retour sur l’histoire et sur la construction d’une fable politique.

La Grande Dépression de 1929 demeure l’un des événements les plus structurants de l’histoire économique contemporaine. Elle constitue encore aujourd’hui le point de référence central de tous les débats sur les crises, la régulation financière et le rôle de l’État dans l’économie. Dans l’interprétation dominante, cette crise serait la conséquence directe des excès du capitalisme libéral, révélés par le krach boursier d’octobre 1929, et corrigés par l’intervention massive de l’État fédéral à travers le New Deal. Rien n’est plus faux. La Grande Dépression n’est pas l’échec du marché, mais celui d’une succession d’erreurs politiques, monétaires, commerciales et réglementaires, qui ont transformé une récession sévère en une dépression longue et destructrice.

Une crise d’une ampleur inédite

Entre 1929 et 1933, l’économie américaine subit un choc sans précédent en temps de paix. Le produit intérieur brut réel recule d’environ 30 %, la production industrielle chute de près de 50 %, et le revenu réel par habitant diminue d’environ 33 %. L’investissement privé s’effondre de près de 90 %, révélant un arrêt brutal de l’accumulation du capital. Le chômage, qui s’élevait à 3,2 % de la population active en 1929, dépasse 25 % en 1933, soit environ 13 millions de chômeurs sur une population de 125 millions d’habitants.

Cette catastrophe tranche avec les crises antérieures. Les États-Unis avaient déjà connu des récessions sévères en 1873, 1893 ou 1907, mais celles-ci avaient été absorbées en deux à quatre ans, grâce à un ajustement relativement rapide des prix, des salaires et de la production. La singularité de la crise des années 1930 ne réside donc pas seulement dans sa violence initiale, mais dans sa durée : il faudra attendre le début des années 1940 pour que le chômage repasse durablement sous la barre des 10 %.

Phase I. L’expansion monétaire des années 1920

L’origine profonde de la Dépression réside dans la politique monétaire menée par la Réserve fédérale après la Première Guerre mondiale. Entre 1921 et 1929, la masse monétaire américaine augmente de plus de 60 %, alors que la production réelle progresse à un rythme bien moindre. Les taux d’intérêt réels sont maintenus artificiellement bas, favorisant une expansion rapide du crédit.

Cette politique alimente un boom économique fragile. La construction résidentielle et les investissements industriels progressent rapidement, tandis que les marchés financiers connaissent une forte hausse. Entre 1921 et 1929, l’indice Dow Jones est multiplié par près de six. Mais cette expansion repose sur des signaux de prix faussés : l’abondance du crédit oriente le capital vers des projets qui ne sont rentables qu’en apparence.

À partir de 1928, la Réserve fédérale change brutalement de cap afin de freiner la spéculation. Les taux sont relevés, la liquidité se contracte et l’économie entre dans une phase de retournement. Entre 1929 et 1933, la masse monétaire diminue d’environ 30 %, provoquant une déflation cumulée proche de 25 %. Les prix agricoles chutent parfois de 40 à 60 %, étranglant des exploitants déjà fortement endettés.

Le krach boursier d’octobre 1929, avec une chute d’environ 40 % du Dow Jones en quelques semaines, apparaît ainsi davantage comme un catalyseur psychologique que comme la cause fondamentale de la crise.

Le rôle central du système bancaire et de la déflation

La contraction monétaire se transmet rapidement à l’économie par le biais du système bancaire. Entre 1930 et 1933, les États-Unis connaissent plusieurs vagues de paniques bancaires. En l’absence d’assurance fédérale des dépôts, les retraits massifs provoquent la faillite d’environ 9 000 banques, soit près d’un tiers du système bancaire américain. Pour des millions de ménages, cela signifie la disparition pure et simple de l’épargne.

La déflation devient alors un puissant amplificateur de la crise. Une baisse générale des prix de 25 % augmente mécaniquement le poids réel des dettes. Les emprunteurs doivent rembourser des montants nominaux inchangés avec des revenus en chute libre. Les faillites se multiplient dans l’agriculture, la construction et l’industrie, tandis que les banques, déjà fragilisées, voient leurs bilans se détériorer encore davantage.

L’effondrement de la bourse n’explique pas, à lui seul, la profondeur de la crise. La détention d’actions reste concentrée, alors que la contraction du crédit, la chute des revenus et la désorganisation bancaire touchent l’ensemble de l’économie. C’est cette dynamique monétaire et financière qui transforme un choc initial en crise systémique.

Phase II. Le protectionnisme aggrave la crise

La récession aurait pu rester sévère mais temporaire si elle n’avait pas été aggravée par des décisions politiques majeures. L’adoption du Smoot-Hawley Tariff Act en 1930 constitue l’une des erreurs les plus coûteuses. Les droits de douane sont relevés sur plus de 20 000 produits, portant le niveau moyen des tarifs à près de 60 %, un record historique.

Les représailles sont immédiates. Le Canada, l’Europe et de nombreux pays latino-américains adoptent des mesures similaires. Entre 1929 et 1933, le commerce mondial chute de 65 % en valeur. Les exportations américaines passent de 5,2 milliards de dollars à 1,7 milliard, frappant durement l’industrie et l’agriculture.

Le revenu agricole chute de près de 60 %, provoquant une vague massive de faillites rurales. Les banques locales, très exposées au crédit agricole, s’effondrent à leur tour, alimentant la spirale de la contraction monétaire. À l’échelle internationale, l’effondrement du commerce contribue à déstabiliser les économies européennes, notamment l’Allemagne de Weimar.

Hoover : l’intervention avant Roosevelt

Contrairement à l’image d’un Herbert Hoover (1929-1933) adepte du laissez-faire, l’intervention publique commence dès les premières années de la crise. Les dépenses fédérales passent de 3,1 % du PIB en 1929 à près de 6 % en 1933. Hoover exerce des pressions directes sur les entreprises afin qu’elles maintiennent les salaires nominaux, malgré l’effondrement des prix et de la demande. Cette rigidité empêche l’ajustement du marché du travail et contribue à l’explosion du chômage.

La Reconstruction Finance Corporation injecte plus de 2 milliards de dollars dans les banques et les grandes entreprises. Sur le plan fiscal, le Revenue Act de 1932 double quasiment l’impôt sur le revenu : le taux marginal supérieur passe de 25 % à 63 %, tandis que de nouvelles taxes frappent les entreprises. En pleine dépression, ces mesures découragent l’investissement privé, qui s’effondre de près de 90 % entre 1929 et 1932.

Phase III. Le New Deal et l’économie administrée

Avec l’élection de Franklin Roosevelt en 1932, l’intervention de l’État change d’échelle. Entre 1933 et 1939, les dépenses fédérales augmentent de plus de 70 %. Le New Deal se traduit par la création de dizaines d’agences fédérales et par une régulation étroite de l’économie.

La National Recovery Administration (NRA) impose des codes industriels fixant prix, salaires et quotas de production. Dans certains secteurs, plus de 500 codes encadrent l’activité. Loin de relancer l’économie, ces mesures rigidifient la production et augmentent les coûts. En 1939, la production industrielle reste encore 25 % inférieure à son niveau de 1929.

Dans l’agriculture, l’Agricultural Adjustment Act conduit à la destruction volontaire de millions d’hectares de cultures et de têtes de bétail afin de soutenir les prix, alors même que des millions d’Américains vivent dans la pauvreté.

Malgré des programmes massifs de travaux publics, le chômage ne descend jamais durablement sous les 15 % durant les années 1930. En 1938, neuf ans après le krach, il dépasse encore 19 %.

Phase IV. Syndicalisation et rechute de 1937

Le Wagner Act de 1935 renforce considérablement le pouvoir des syndicats. Le nombre d’adhérents passe de 3 millions à plus de 10 millions en cinq ans. Les grèves se multiplient, culminant en 1937, année marquée par une nouvelle récession. Cette année-là, le PIB chute d’environ 10 %, la production industrielle recule de 30 %, et le chômage repart à la hausse.

Les connivences, y compris financières, entre les syndicats et les démocrates assurent à ces derniers un large réservoir de voix aux élections, qu’elles soient locales ou nationales. L’État entre dans un socialisme de connivence bien rodé : le gouvernement fait adopter des mesures en faveur des syndicats qui, en retour, s’assurent que leurs membres votent bien pour les candidats du parti. Le clientélisme électoral et l’achat de voix fonctionnent à plein, notamment dans les syndicats liés aux transports.

Cette rechute est la preuve que l’économie américaine n’a jamais retrouvé une dynamique autonome de reprise. L’instabilité réglementaire, la fiscalité lourde et l’hostilité affichée envers les entreprises nourrissent une véritable « grève de l’investissement », empêchant le redémarrage durable de l’activité.

Roosevelt a également conduit une politique de contrôle de la monnaie en cherchant à s’approprier l’or détenu par les particuliers. Par l’Executive Order 6102, il interdit la détention privée d’or monétaire et oblige les citoyens américains à remettre leurs réserves à la Réserve fédérale au prix officiel de 20,67 dollars l’once, sous peine de lourdes sanctions pénales. Quelques mois plus tard, le Gold Reserve Act de 1934 permet à l’État de relever unilatéralement le prix de l’or à 35 dollars l’once, ce qui revient à une dévaluation de près de 41 % du dollar et à un enrichissement de l’État par la spoliation des épargnants.

Cette décision poursuit plusieurs objectifs : accroître mécaniquement la masse monétaire, faire remonter les prix par l’inflation et alléger le poids réel des dettes publiques et privées. Dans les faits, la base monétaire augmente sensiblement entre 1933 et 1936, et les prix cessent effectivement de baisser. Toutefois, cette politique s’accompagne d’une profonde insécurité juridique et monétaire. Les contrats libellés en or sont annulés par la Cour suprême, remettant en cause la stabilité des engagements privés et publics. L’État se réserve désormais le droit de modifier unilatéralement les règles du jeu monétaire.

Cette captation de l’or accroît la déstabilisation économique. L’épargne privée se détourne des placements de long terme, tandis que la confiance dans la monnaie repose désormais sur la seule crédibilité politique de l’exécutif. Cette rupture monétaire ne constitue pas une solution durable à la dépression : elle masque temporairement certains déséquilibres sans restaurer les conditions fondamentales d’une reprise autonome fondée sur l’investissement productif et la stabilité institutionnelle.

La sortie de crise et le mythe de la guerre salvatrice

Contrairement à une idée largement répandue, il est faux que la Seconde Guerre mondiale aurait mis fin à la Dépression par la relance. La mobilisation militaire gonfle artificiellement le PIB, mais la consommation civile est rationnée et le niveau de vie reste contraint. La véritable reprise s’amorce après 1945, lorsque les dépenses publiques chutent de plus de 60 %, que la fiscalité est allégée et que la réglementation est progressivement assouplie.

Conclusion

La Grande Dépression n’est pas la preuve de l’échec du capitalisme, mais celle d’une accumulation d’erreurs politiques. Expansion monétaire excessive suivie d’une contraction brutale, protectionnisme, fiscalité punitive, rigidification du marché du travail et économie administrée ont transformé une récession sévère en catastrophe historique. Démystifier cet épisode n’est pas seulement un exercice historique : c’est aussi une nécessité intellectuelle afin d’éviter que les mêmes erreurs ne soient reproduites face aux crises contemporaines.

Un autre aspect central de la Grande Dépression, souvent négligé dans les récits simplifiés, concerne ses conséquences sociales et budgétaires à moyen terme. Contrairement à l’idée selon laquelle l’intervention publique aurait rapidement stabilisé la société américaine, les années 1930 sont marquées par une dégradation profonde des conditions de vie. Entre 1929 et 1933, les salaires réels chutent d’environ 30 %, tandis que la pauvreté s’étend rapidement. En 1933, près de 40 % des ménages américains connaissent une baisse significative de leurs revenus, et des millions de familles dépendent de l’aide privée ou locale, souvent insuffisante. Les programmes fédéraux de secours, bien que spectaculaires dans leur mise en scène, restent limités au regard de l’ampleur de la crise.

Sur le plan budgétaire, la dépression marque un tournant durable. La dette fédérale américaine, qui représentait environ 16 % du PIB en 1929, atteint près de 45 % du PIB en 1940. Cette hausse reflète à la fois la chute des recettes fiscales et l’augmentation des dépenses publiques. Cette dynamique budgétaire, loin de restaurer la confiance, contribue à entretenir l’incertitude économique. Les entreprises anticipent des hausses d’impôts futures et retardent leurs investissements, tandis que les ménages privilégient l’épargne de précaution.

L’analyse gagne encore en clarté lorsqu’elle est replacée dans une perspective internationale. Les pays qui s’écartent le plus rapidement de l’étalon-or, comme le Royaume-Uni dès 1931, connaissent une reprise plus précoce que ceux qui maintiennent des politiques monétaires et commerciales rigides. En revanche, les pays qui combinent protectionnisme, contrôle des prix et rigidités du marché du travail, comme la France du Front populaire à partir de 1936, connaissent à leur tour une stagnation prolongée. Ces comparaisons renforcent l’idée que la durée de la crise dépend moins du choc initial que des réponses politiques apportées.

Aujourd’hui, la Grande dépression s’inscrit dans un héritage intellectuel et politique. L’épisode devient le fondement d’un récit durable selon lequel toute crise majeure justifierait une extension du rôle de l’État. Cette lecture s’impose dans les manuels, les discours politiques et les institutions internationales, souvent au prix d’une simplification extrême des causes réelles de la crise. Le New Deal de Roosevelt est présenté comme un succès, alors qu’il a lourdement aggravé la crise, et la politique keynésienne de relance comme la solution, alors qu’elle et l’origine du problème. Cette mémoire biaisée constitue un risque en soi : en interprétant la dépression américaine comme une défaillance intrinsèque du marché, on occulte le rôle des politiques publiques qui ont amplifié les déséquilibres et retardé la reprise.

La démystification de la Grande Dépression n’est donc pas seulement un débat historique. Elle éclaire directement les choix contemporains en matière de politique monétaire, de commerce international, de régulation financière et de dépense publique. Comprendre pourquoi la crise des années 1930 a duré plus d’une décennie permet de mieux mesurer les dangers d’une réponse politique mal calibrée face aux chocs économiques majeurs.

Le Parlement européen condamne les expulsions de chrétiens en Turquie

La question des chrétiens étrangers expulsés de Turquie vient de franchir un cap décisif au niveau européen, grâce au travail de plaidoyer de l’ECLJ:

  • Un débat s’est tenu au Parlement européen
  • Une résolution a été adoptée dénonçant les expulsions ciblées
  • Une question écrite a été adressée à la Commission européenne

Ces avancées résultent de l’engagement constant de l’ECLJ auprès des députés européens, notamment au sein de l’intergroupe sur la liberté de religion. L’ECLJ soutient tous les chrétiens de Turquie depuis plus de 20 ans, qu’ils soient orthodoxes, protestants et catholiques.

Pour le député Bert-Jan Ruissen, il était urgent que la «violation grave de la liberté religieuse dont sont victimes les communautés protestantes délibérément marginalisées soit enfin portée à l’attention de l’Union européenne, alors même que la Commission renforce ses relations avec la Turquie».

Un autre député européen, Tomislav Sokol, appelle lui aussi à une réaction politique claire:

«Les chrétiens sont la communauté religieuse la plus persécutée dans le monde. La crédibilité de l’Europe se mesure à sa capacité à défendre la liberté de religion de manière cohérente, partout et sans double standard.»

Cette mobilisation des députés européens prolonge le rapport «La persécution des chrétiens en Turquie», qui documente les violences, les discriminations, les spoliations patrimoniales et les mesures administratives visant les communautés chrétiennes.

Depuis 2019, plus de 300 chrétiens étrangers, parfois installés légalement depuis plus de trente ans, ont été écartés du territoire au nom de la «sécurité nationale». Aucun procès. Aucune preuve rendue publique. Un simple code administratif a anéanti leur vie. C’est une atteinte directe à la liberté de religion.

La Turquie est pourtant candidate à l’adhésion à l’Union européenne et membre du Conseil de l’Europe. À ce titre, elle est tenue de respecter la Convention européenne des droits de l’homme.

Le combat se déroule donc également devant la CEDH, où deux affaires majeures sont pendantes:

  • Wiest, dans laquelle l’ECLJ est déjà intervenu et qui pourrait devenir prochainement un arrêt de principe;
  • Wilson, regroupant vingt requêtes similaires, dans laquelle nous interviendrons également.

L’enjeu est clair: faire reconnaître une discrimination religieuse systémique, et non un simple contentieux administratif.

De Darwin à la Franc-maçonnerie : l’origine idéologique du militantisme pro-euthanasie

Grégor Puppinck expose l’origine idéologique et l’histoire du militantisme pro-euthanasie, de Darwin à la proposition de loi actuelle, en passant par l’eugénisme anglo-saxon, le nazisme et la franc-maçonnerie. Une émission de 75 minutes avec Arthur de Watrigant du  magazine L’Incorrect sur Radio Courtoisie.

 

Euthanasie : les établissements sanitaires et médico sociaux en danger

Isabelle Lesage, Présidente du Conseil d’Administration de la Maison médicale Jeanne Garnier, maison qui depuis 150 ans soigne les personnes malades dans la phase ultime de leur maladie et les aide à mourir, écrit aux députés pour les alerter au moment de voter la légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie :

Nous vous demandons instamment de prendre en considération la demande des patients qui, pour l’immense majorité de ceux que nous rencontrons à Jeanne Garnier, rempliraient les conditions pour une euthanasie mais ne souhaitent pas avoir à choisir s’ils doivent ou non continuer à vivre et encore moins se l’entendre demander. Et de bien vouloir entendre aussi la demande des établissements comme le nôtre pour qui donner la mort est incompatible avec leur philosophie des soins, leur histoire, le cœur de l’engagement et de la cohésion de leurs équipes.

La proposition de loi en cours d’examen ne concerne nullement des cas exceptionnels. On peut estimer, sur la base de l’expérience de pays tels que le Canada, qu’elle entrainera près de 50.000 euthanasies par an en France. La banalisation sera rapide : il est souvent plus facile d’accepter la demande de mort d’un patient que de rechercher avec lui les voies d’apaisement qui vont lui permettre de vivre jusqu’au bout cette période de la fin de la vie. Nous savons pourtant, par les centaines de témoignages reçus, combien elle est riche de possibilités ignorées des bien portants, de relations profondes, de réconciliations, de moments imprévus et précieux pour apprécier la vie, de petits et grands moments qui sont sources de paix tant pour ceux qui partent que pour ceux qui restent.

Aujourd’hui une loi qui légaliserait la mort provoquée aurait des conséquences gravissimes, allant à l’inverse du but légitimement recherché.

Loin d’être une proposition défensive, conservatrice, archaïque ou religieuse, notre demande est résolument moderne et solidaire, pour nous qui avons connu dans les années 80 en France les cocktails lytiques posés pour donner la mort. Commençons par développer les soins palliatifs car les patients n’ayant pas réellement le choix seront poussés à recourir à la mort provoquée faute de mieux. Alors que bien soulagés et accompagnés, ce que les progrès récents de la médecine nous permettent de faire, la quasi-totalité des malades qui parlaient de suicide ou d’euthanasie changent de projet et souhaitent vivre jusqu’au bout ce temps où, quand il n’est plus possible d’ajouter des jours à la vie, on peut ajouter de la vie aux jours.

Si un jour une telle loi devait toutefois être votée, ne mettez pas en danger les établissements sanitaires et médico sociaux déjà très fragilisés dans leur mission de soins. Ce serait prendre un risque inconsidéré de les déstabiliser encore davantage et de leur imposer des obligations qui s’avèreront prioritaires, pour des raisons de délai et de complexité, par rapport aux demandes des autres patients souhaitant être soulagés et accompagnés en soins palliatifs. Ce serait inéquitable et destructeur pour ceux, pourtant reconnus pour la qualité de leurs soins, dont le projet institutionnel est incompatible avec la mort provoquée.

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