Nous, Latins, respirons-nous vraiment à deux poumons? (Partie 3)
Du P. Daniel-Ange pour le Salon beige (voir les parties précédentes ici et là):
Du côté de Rome
Au niveau de Rome, de beaux gestes pourraient être dès à présent posés. Par ex :
– La suppression du Filioque dans le Credo. Sans être hérétique, du point de vue latin, cela reste une pierre d’achoppement : c’était inadmissible de toucher au Credo, de plus en dehors de tout Concile effectivement œcuménique (Orient-Occident). S.Jean-Paul II a d’ailleurs déclaré que le seul valide est l’original de Nicée Constantinople. Ce mot est d’ailleurs effectivement supprimé dans les célébrations œcuméniques à Rome, comme à Chevetogne et Bose, ainsi que par les greco-catholiques.
– Pour l’unique date de Pâques : pourquoi ne pas simplement s’aligner sur le comput oriental ?
– Eviter toute décision personnelle du Pape pouvant heurter les Orthodoxes (je pense à ce motu proprio si brutal « Traditionis custodes » annulant le trait de génie de Benoit XVI donnant au rite de S.Jean XXIII le statut de seconde forme du même rite romain, décision applaudie par les orthodoxes). Dans le même et unique rite byzantin, n’y a-t-il pas deux formes différents de célébrer la divine liturgique (S. Jean Chrysostome et S. Basile)
– Célébrer des canonisations communes pour nos martyrs contemporains. C’était la proposition audacieuse de Jean-Paul II dans son chef d’œuvre d’Orientale Lumen. (Etant au Patriarcat de Moscou le jour où arrivait de Rome la traduction russe, le métropolite chargé des relations extérieures m’a demandé de présenter cette lettre apostolique à un congrès international d’une trentaine d’évêques. Quand je me risque à évoquer cette proposition, l’un d’eux réagit en soupirant : « oh, mais votre Pape est trois siècles en avance ! » Pourquoi, par ex. le 14 février ne pas commémorer liturgiquement les 21 martyrs coptes égorgés en Lybie, en murmurant la prière de Jésus, et canonisés une semaine plus tard par Tawadros II.(Alors qu’à Rome on béatifiait un évêque martyr arménien, …un siècle plus tard !) Le Pape a d’ailleurs manifesté toute sa compassion à cette occasion, de même que les Orthodoxes l’ont fait lors du martyre de notre frère Jacques Hamel, comme pour les trois victimes innocentes de Nice.
D’ailleurs, le premier lieu où se vit déjà la pleine communion de nos différentes Eglises-sœurs, ce sont les pays et régions où orthodoxes et catholiques, mais aussi et surtout évangéliques, sont massacrés ou brimés pour leur Foi. Toutes nos Eglises ont des martyrs, d’ailleurs plus vénérés en Orient qu’en Occident.
Les deux autres lieux où se tissent déjà une splendide fraternité : le service des pauvres – (l’Acat, les Arches de Jean Vanier, je les ai visitées en Georgie, Arménie et Ukraine – et surtout les monastères, de manière privilégiée. Nos racines ne sont-elles pas identiques ?
Quelques évocations personnelles
Pour clore, je voudrais rendre grâces pour tous les liens fraternels que le Seigneur me donne de vivre avec des orthodoxes : que ce soient des familles, prêtres ou évêques : en Angleterre, Canada, Russie, Liban, Grèce, Egypte, Arménie, comme en France ou Belgique. Avec des Hiéromoines comme P. Placide, P.Macaire de l’Athos, Mgr Syméon de S.Silouane. Avec des théologiens comme Olivier Clément, Michel Evdokimov, Aleksandr Siniakov , Vladimir Zelinsky, P. Breck, avec des moniales comme celles de Drama, Mère Hypandia de Solan et combien d’autres.. Toutes les rencontres que j’ai eu la grâce de vivre avec évêques ou même patriarches, en Turquie Albanie, Arménie, Roumanie, Liban, même Kazakhstan. Ces visitations en tant de ferventes communautés monastiques : Solan, Buisson ardent, Bussy-en-Othe, S.Silouane, La Faurie, pour ne parler que de la France. Pour tous ces pèlerinages à Sarov, Cronstadt, Sergueï Possad, Athos, Sinai, Deir el Makarios et Deir el-Souriani, etc[1]… Et encore ces missions communes, telle celle-spectaculaire- sur la Volga,de Valaam sur le lac Ladoga jusqu’à la Caspienne. Avec cette inoubliable conférence donnée à bord ou moi-même, prêtre catholique, j’initie mes frères luthériens et évangéliques, aux saints orthodoxes russes, cela sur la demande des passagers orthodoxes.
Autre événement marquant : avec mon cher frère Maxym Lysack de la paroisse orthodoxe de Montréal, prêcher ensemble aux futures épouses de prêtres dans leur séminaire de Smolensk.
Mais la plus bouleversante de toutes ces rencontres : Ce 9 septembre, nous avons commémoré avec émotion le martyre du Père Aleksander Men voici 30 ans, tué à coup de hache à l’aube du dimanche en allant célébrer la Divine Liturgie. (j’ai eu la grâce indicible de vivre une journée avec lui dix jours avant son martyre, et dix jours plus tard d’en parler à 6OOO prêtres de 125 pays, dans l’aula Paul VI au Vatican). Et depuis son départ, de demeurer en lien étroit avec son épouse ainsi qu’avec la paroisse de son si cher disciple, P. Aleksander Borisov.
Trois mots en finale. Le premier de ce Père Boris Bobrinskoy tant aimé :
« C’est du fond du calice eucharistique que l’unité est vécue et proclamée, c’est autour de l’autel ou de la table de la sainte Cène que cette unité se manifeste dans sa plus grande mesure. C’est enfin dans l’impossibilité de l’intercommunion que le drame de la division des chrétiens est ressenti dans sa plus grande intensité. Voilà pourquoi l’Eucharistie est un défi à la situation actuelle de l’Eglise, à son installation dans la division. Elle est un défi à la division des chrétiens, parce que le Christ ne peut être divisé, parce que son Corps, l’Eglise est un par nature, par promesse, par vocation. La division est donc une absurdité et un scandale, l’acceptation de celle-ci comme une règle est une contradiction et une trahison à la volonté du Seigneur. Il faut donc prier avec plus d’ardeur pour que le scandale de la division soit surmonté à la base et à l’origine[2]. »
Le second celui d’Olivier Clément, dans sa préface de Ton Nom de Braise : « Pour cette union du cœur oriental et de la quête occidentale, figure planétaire aujourd’hui de l’union hésychaste de la conscience et du cœur, permettez-moi de vous dire humblement merci. »
Le troisième de Jean-Paul II : « Puisse le Seigneur “raccourcir le temps” pour hâter le jour béni de notre pleine communion ecclésiale, buvant au même saint Calice Eucharistie ». (Orientale Lumen) !
Daniel-Ange
Ce 21 octobre, Anniversaire du 7e Concile œcuménique sur la vénération des saintes icônes
[1] Plusieurs de mes livres ont été préfacés par : P.Boris Bobrinskoy, Olivier Clément, Vladimir Zelinsky, métropolite Joseph de Roumanie, au nom de ce sa Béatitude Daniel qui a traduit en roumain mon ouvrage sur l’icône de la Trinité sainte par Saint Andrey Rubliov.
[2] B. Bobrinskoy, Communion du Saint Esprit, Ed. Abbaye de Bellefontaine, coll. Spiritualité orientale, 56, 1992, p 432-433.
C’est arrivé un 4 décembre…
“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum
Rappelons-nous :
- le 04 décembre : saints du jour français ou en France.
- Ste Adrehilde, abbesse au Mans (VIIe s.)
Sainte Adrehilde (Ada ou Adnette), abbesse du monastère de Sainte-Marie meurt au Mansau VIe siècle.
- le 04 décembre 771 : Charlemagne devient seul Roi des Francs.
Carloman et Charles se sont partagé le royaume de France à la mort de Pépin le bref. Carloman meurt, à son tour, à Samoussy. Son frère Charles Ier, devient dès lors le seul Roi des Francs.
C’est Frédéric 1er Barberousse qui obtient de l’anti-pape Pascal III la canonisation de Charlemagne, le 29 décembre 1165. Le pape Alexandre III, ni aucun successeur ne vont aller à l’encontre de cette décision. Charlemagne a un culte local à Aix-la-Chapelle, où ses reliques sont enchâssées. Le peuple l’a reconnu comme saint. Une tolérance s’installe autour de la Saint Charlemagne. Charles V, Roi de France, veut faire de l’empereur, à côté de saint Louis, le saint patron de la maison royale. Jeanne d’Arc a dit à Charles VII : “Saint Louis et saint Charlemagne sont à genoux devant Lui, faisant sa prière pour vous “. Louis XI fait de la Saint-Charlemagne un jour férié (célébré comme un dimanche sous peine de mort). C’est au XVIe siècle que Charlemagne disparaît de l’ordo et du Bréviaire. Son culte n’est plus intégré dans la liturgie. En 1661, la Sorbonne le choisit comme patron. En 1734, le futur Benoît XIV écrit :
“Rien ne s’oppose, semble-t-il, à ce que le culte de Charlemagne soit célébré dans les Eglises particulières.”
Dans un traité, il précise que cette tolérance assure à Charlemagne le titre de bienheureux. Le pape Pie IX en 1850, dans une lettre au Cardinal de Geissel, archevêque de Cologne, prohibe l’extension du culte. Les pèlerins viennent donc l’honorer et le prier à Aix-la Chapelle et à Metten. En France, la solennité est maintenant purement civile. Dom Guéranger mentionne très longuement Charlemagne dans son année liturgique.
Charlemagne doit être considéré comme un grand bienfaiteur de l’Eglise et de la civilisation. Il arrête pour toujours l’invasion des Barbares et assure une paix durable. En 799, il sauve le pape Léon III. Il s’inspire de la Cité de Dieu de saint Augustin pour concevoir la loyauté et le service de chacun. Il fait passer la réforme des mœurs avant celle des lois. Les marchés publics et les foires coïncident avec des fêtes religieuses, ce qui développe le commerce. Il décide la création d’un hôpital, à côté de chaque monastère, ainsi que la création d’une école gratuite dans chaque paroisse, pour serfs et hommes libres.
Devenu empereur d’Occident, Charlemagne sait respecter le principe naissant de l’indépendance du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel. Il s’intitule ” le défenseur et l’auxiliaire de la sainte Eglise dans tous ses besoins “. Il rend aux papes les plus grands honneurs, respecte leur autorité venant de la foi et cherche à transmettre la foi dans la société.
” Nous savons, dit un capitulaire de Charlemagne, que, suivant la tradition des saints Pères, les biens d’Eglise, don de la piété des fidèles et prix de la rédemption de leurs péchés, sont les patrimoines des pauvres. Nous statuons donc que jamais, ni sous notre règne, ni sous celui de nos successeurs, il ne sera permis de rien soustraire, de rien aliéner de ces biens sacrés. “
Charlemagne est aussi le protecteur des Lieux saints. Le calife de Bagdad, Haroun-Al-Raschid, lui envoie les clefs du Saint-Sépulcre et l¹étendard de Jérusalem.
Il n’a ni barbe fleurie, ni la voix de tonnerre, ni le regard terrible, mais le ventre proéminent, une voix perçante et grêle pour son corps robuste. Charlemagne est un souverain chrétien dont l’apport à la civilisation européenne est indéniable et encore visible aujourd’hui.
Tiré du livre ” Les Saints de souches royales ” (collection Des chrétiens Bienheureux du Seigneur) d’Etienne Lelièvre Edition Le Sarment FAYARD
- le 04 décembre 963 : élection du pape Léon VIII.
- le 04 décembre 1259 : entrée en vigueur du traité de Paris, Saint Louis fait la paix avec l’Angleterre.
Le 28 mai 1258 (voir la chronique du jour), le roi d’Angleterre Henri III Plantagenêt signe avec Louis IX, le traité de Paris, par lequel il se reconnait le vassal du Roi de Rance. Le traité est ratifié le 4 décembre 1259 avec l’hommage d’Henri III à Louis IX.
Louis IX rétrocède à Henri III la suzeraineté sur le Limousin, le Périgord, la Guyenne, le Quercy, l’Agenais et la Saintonge au sud de la Charente. Mais le roi d’Angleterre s’engage, pour ces possessions, à rendre au Roi de France l’hommage féodal dû au suzerain.
Le Roi de France conserve par ailleurs la Normandie et les pays de Loire (Touraine, Anjou, Poitou et Maine). Ces riches provinces ont été confisquées par son aïeul Philippe Auguste au père d’Henri III, le Roi Jean sans Terre. Par ce traité équitable, tissé de concessions réciproques et appuyé par les victoires des armées françaises à Saintes et Taillebourg, le Roi de France apparaît comme le monarque le plus puissant d’Occident.
Le traité de Paris met fin à ce que l’on appelle parfois la première guerre de Cent Ans. Ce conflit entre la France et l’Angleterre avait débuté au siècle précédent avec le mariage d’Aliénor d’Aquitaine et du futur roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt.
- le 04 décembre 1334 : le pape Jean XXII meurt à Avignon.
- le 04 décembre 1370 : bataille de Pontvallain.
Les Anglais ruinés par leur participation à la première guerre civile de Castille, n’ont plus les moyens que se lancer dans des chevauchées qui ont le mérite de s’autofinancer. Édouard III lance donc Robert Knowles dans le nord de la France. Espérant détourner des troupes Française pour soulager la Guyenne et leur infliger une défaite similaire à Crécy ou Poitiers grâce à la supériorité tactique conférée par l’arc long anglais.
Charles V n’est pas dupe et applique la stratégie de la terre déserte: Robert Knolles et Granson ne trouvent que le vide devant eux et des villes solidement défendues et portes closes. Après avoir pillé le nord de la France et la Beauce, l’armée anglaise arrive dans le Maine. Mais les pillages ne laissent pas les français indifférents. Le 1er décembre, après avoir levé une armée en Bretagne et en Normandie, du Guesclin se lance à l’attaque de l’armée anglaise. Le connétable dirige ses troupes vers le Mans, aux mains des Anglais. La ville ouvre ses portes à l’arrivée des Français. Du Guesclin se dirige ensuite sur Viré-en-Champague où il y reçoit un héraut d’armes envoyé par Grantson. Le soir même, par une pluie battante, il franchit à marche forcée les quarante huit kilomètres qui le séparent de l’ennemi et arrive le lendemain matin dans la plaine du Rigalet, près du bourg de Pontvallain.
Du Guesclin sait qu’il ne faut pas laisser les archers se retrancher, sinon ils seront en mesure de décimer leurs assaillants. À l’aube du 4 décembre, après une heure de repos donné à ses soldats, Bertrand du Guesclin et ses compagnons chargent, à pied et par surprise, le camp anglais (les chevaux non protégés sont des cibles faciles particulièrement vulnérables aux flèches de l’arc long) et mettent en déroute les troupes de Knolles et Granson. Les Anglais se replient au château de Vaas.
Bertrand du Guesclin fait soigneusement enterrer ses morts et plaçer sur leur tombe une croix de bois que les habitants ont toujours renouvelée jusqu’en 1828, époque à laquelle M. Dubignon d’Angers fait élever un obélisque en pierre qui porte l’inscription suivante :
« Ici, après le combat de Pontvallain, en novembre 1370, Bertrand du Guesclin de glorieuse mémoire, fit reposer ses fidèles Bretons. Un ormeau voisin, sous lequel on éleva une cabane pour les blessés, une croix de bois plantée sur les morts ont donné à ce lieu le nom d’Ormeau ou de Croix-Brette. Français, que les dissensions intestines, que les invasions étrangères ne souillent plus désormais le sol de notre belle France. »
Le 5 décembre, du Guesclin rejoint les Anglais retranchés au château de Vaas et leur inflige une nouvelle défaite, faisant un grand nombre de prisonniers. Granson lui-même est pris par Olivier de Clisson. Le 6, il enlève Saumur : le Maine est libéré.
Source : Georges Minois, La Guerre de Cent Ans, Perrin.
- le 04 décembre 1563 : fin du concile de Trente.
Ouvert par le pape Paul III, le 13 décembre 1545 (voir la chronique du jour), son résultat est capital pour l’Histoire de l’Eglise : affirmation de la Vérité doctrinale, fixation du canon des Ecritures, du péché originel, de la justification, des 7 sacrements, baptême, eucharistie, pénitence, confirmation, ordre, mariage et extrême-onction; de la messe; de l’ordre; du mariage; du Purgatoire et du culte des saints.
- le 04 décembre 1623 : 50 Chrétiens sont brûlés vifs à Edo (Japon).
Depuis 1614, la persécution des Chrétiens et des Jésuites fait rage au Japon. Le fils de Tokugawa Hidetada, Iyemitsu, arrive au pouvoir et instaure une persécution de plus en plus violente et sévère. Son gouvernement commence à offrir des récompenses monétaires pour la dénonciation d’un chrétien. A Edo; le 4 décembre, 50 chrétiens sont brûlés vifs, notamment Jérôme de Angelis, HaraMondo, un chrétien japonais, et le franciscain François Galvez. Le 25 décembre, 37 personnes sont exécutées, dont 24 chrétiens.
Dans certaines régions, à partir de 1623, chaque foyer devait se présenter dans un temple ou devant un magistrat pour déclarer son appartenance à une secte bouddhiste.
- le 4 décembre 1642 : mort du cardinal de Richelieu.
Son Éminence Armand Jean du Plessis Cardinal de Richelieu, Duc et Pair de France s’éteint à Paris après avoir prononcé ces mots : « Je n’ai d’autres ennemis que ceux de l’Etat ». Ce jour là disparait certainement le plus grand homme d’Etat de la France Moderne ; c’est un grand serviteur de la Couronne de Louis XIII qu’il conseilla jusqu’au bout, qui s’éteint.
Né le 9 septembre 1585 à Paris, ou dans le Poitou, ce diffère selon les historiens, fils du Grand Prévôt du Roi Henri III, François du Plessis de Richelieu et de Suzanne de la Porte, Armand-Jean songe d’abord à la carrière des armes ; mais sa famille le force à prendre la barrette et la crosse épiscopale du diocèse de Luçon, dont elle est propriétaire. Il se fait notamment remarqué lors d’un discours éloquent pendant les Etats-Généraux de 1614. En 1624, il réconcilie Louis XIII et Marie de Médicis et se consacre au service du Roi. Son programme vise un but : restaurer l’autorité royale en abaissant la puissance de ses ennemis : les Huguenots, les grands du Royaume, les ennemis de l’extérieur, les Habsbourg.
Il apaise les tensions religieuses grâce à l’édit de Grâce d’Alès (1629), met au pas les Grands du Royaume (édit de 1626 sur l’interdiction du duel, démantèlement des forteresses…), vainc toutes les cabales et conjurations (du Chalais, Thou, Soissons, le Maréchal Louis de Marillac, Cinq-Mars), réforme l’État (création des Intendants de Police, Justice et Finances).
La Journée des Dupes, voir la chronique du 10 novembre, voit le Roi lui accorder définitivement sa confiance et écarter sa mère, Marie de Médicis. Unifiée et pacifiée à l’intérieur la France entre alors dans la Guerre de Trente Ans contre l’hégémonie des Habsbourg aux côtés de la Suède de Gustave-Adolphe (Traité de Ratisbonne de 1631) et des Princes Protestants d’Allemagne.
Enfin, Richelieu fait poursuivre la colonisation du Canada Français entreprise dès le règne d’Henri IV. Il fonde donc la Compagnie des Cent-Associés ou Compagnie de la Nouvelle France qui détient le monopole du commerce des fourrures.
Sur le plan religieux, le Cardinal de Richelieu installe durablement la Réforme du Concile de Trente dans le clergé de France. La moralisation du clergé s’accélère, les ordres réguliers sont réformés, des séminaires sont fondés à Paris comme en province. Le ministre voit son action appuyé par un grand nombre de religieux qui finiront sur les autels : Saint Vincent de Paul, Sainte Jeanne de Chantal, saint Jean Eudes …
En 1635, il fonde l’Académie française et devient son premier protecteur. Il fait construire la ville de Richelieu en Touraine, qui a aussi inspiré Versailles, le Palais-Royal, la Chapelle de la Sorbonne, où il est inhumé. Mais son tombeau est saccagé en 1793.
- le 04 décembre 1851 : répression de Louis-Napoléon Bonaparte.
Deux jours après son Coup d’Etat, le président Louis-Napoléon Bonaparte organise une sanglante répression contre les insurgés (en majorité des ouvriers) s’opposant à sa prise de pouvoir. Les barricades qui se sont élevées depuis la veille sur les boulevards parisiens sont prises d’assaut par l’armée. Les fusillades font environ 400 morts. En deux jours, la police du prince-président procède à plus de 25 000 arrestations. En province, 32 départements sont mis en état de siège, mais la résistance des paysans sera elle aussi écrasée.
- le 4 décembre 1923 : mort de Maurice Barrès.
- le 4 décembre 1993 : monseigneur Lustiger lance un appel à la jeunesse de France.
Sur TF1 le cardinal lance aux jeunes Français :
« Tachez de réussir ce que la génération précédente à manqué. Réhabilitez l’amour, prouvez à vous-mêmes que la fidélité est possible. Vous devez montrez que la chasteté est possible. Etre chaste c’est une manière d’aimer et de respecter son corps»
Eric Zemmour : “ll n’est plus temps de réformer la France, mais de la sauver”
La vidéo est censurée par You Tube mais elle est visible ici et le texte de la déclaration de candidature est désormais en ligne :
Mes chers compatriotes,
Depuis des années, un même sentiment vous étreint, vous oppresse, vous hante : un sentiment étrange et pénétrant de dépossession. Vous marchez dans les rues de vos villes et vous ne les reconnaissez pas. Vous regardez vos écrans et on vous parle une langue étrange et pour tout dire étrangère. Vous jetez un œil et une oreille aux affiches publicitaires, aux séries télévisées, aux matchs de football, aux films de cinéma, aux spectacles, aux chansons, et aux livres scolaires de vos enfants ; vous prenez des métros, des trains, vous vous rendez dans des gares, dans des aéroports, vous attendez votre fille ou votre fils à la sortie de l’école, vous accompagnez votre mère aux urgences de l’hôpital, vous faites la queue à la poste ou à l’agence pour l’emploi, vous patientez dans un commissariat ou dans un tribunal, et vous avez l’impression de ne plus être dans le pays que vous connaissez.
Vous vous souvenez du pays que vous avez connu dans votre enfance ; vous vous souvenez du pays que vos parents vous ont décrit ; vous vous souvenez du pays que vous retrouvez dans les films ou dans les livres ; le pays de Jeanne d’Arc et de Louis XIV, le pays de Bonaparte et du général de Gaulle ; le pays des chevaliers et des gentes dames ; le pays de Victor Hugo et de Chateaubriand ; le pays de Pascal et de Descartes ; le pays des fables de la Fontaine, des personnages de Molière et des vers de Racine ; le pays de Notre-Dame de Paris et des clochers dans les villages ; le pays de Gavroche et de Cosette ; le pays des barricades et de Versailles ; le pays de Pasteur et de Lavoisier ; le pays de Voltaire et de Rousseau ; de Clémenceau et des poilus de 14 ; de de Gaulle et de Jean Moulin ; le pays de Gabin et de Delon, de Brigitte Bardot et de Belmondo ; de Johnny et d’Aznavour, de Brassens et de Barbara ; des films de Sautet et de Verneuil ; Ce pays à la fois léger et brillant, ce pays à la fois littéraire et scientifique, ce pays tellement intelligent et fantasque ; le pays du Concorde et des centrales nucléaires, qui invente le cinéma et l’automobile ; ce pays que vous cherchez partout avec désespoir, dont vos enfants ont la nostalgie sans même l’avoir connu, ce pays que vous chérissez…et qui est en train de disparaître.
Vous n’avez pas déménagé et pourtant vous avez la sensation de ne plus être chez vous. Vous n’avez pas quitté votre pays mais c’est comme si votre pays vous avait quitté. Vous vous sentez étrangers dans votre propre pays. Vous êtes des exilés de l’intérieur.
Longtemps vous avez cru être le seul à voir, à entendre, à penser, à craindre. Vous avez eu peur de le dire, vous avez eu honte de vos impressions. Longtemps, vous n’avez pas osé dire ce que vous voyiez, et surtout vous n’avez pas osé voir ce que vous voyiez.
Et puis, vous l’avez dit à votre femme, à votre mari, à vos enfants, à votre père, à votre mère, à vos amis, à vos collègues, à vos voisins. Et puis, vous l’avez dit à des inconnus, et vous avez compris que votre sentiment de dépossession était partagé par tous.
La France n’était plus la France et tout le monde s’en était aperçu.
Bien sûr, on vous a méprisé. Les puissants, les élites, les bien-pensants, les journalistes, les politiciens, les universitaires, les sociologues, les syndicalistes, les autorités religieuses, vous disaient que tout cela était un leurre, que tout cela était faux, que tout cela était mal. Mais vous avez compris avec le temps que c’étaient eux qui étaient un leurre, que c’étaient eux qui avaient tout faux – que c’étaient eux qui vous faisaient du mal.
La disparition de notre civilisation n’est pas la seule question qui nous harcèle. L’immigration n’est pas cause de tous nos problèmes, même si elle les aggrave tous.
Bien sûr, vous avez souvent du mal à finir vos fins de mois. Bien sûr, nous devons réindustrialiser la France. Bien sûr, nous devons rééquilibrer notre balance commerciale, réduire notre dette qui grossit, ramener en France nos entreprises qui ont déménagé, redonner du travail à nos chômeurs. Bien sûr nous devons protéger nos trésors technologiques et cesser de les brader aux étrangers. Bien sûr, nous devons permettre à nos petites entreprises de vivre et de grandir, et d’être transmises de génération en génération. Bien sûr, nous devons préserver notre patrimoine architectural, culturel, et naturel.
Bien sûr, nous devons restaurer notre école républicaine, son excellence et son culte du mérite, et cesser de livrer nos enfants aux expériences égalitaristes des pédagogistes et des Docteur Folamour des théories du genre et de l’islamo-gauchisme.
Bien sûr, nous devons reconquérir notre souveraineté, abandonnée aux technocrates et aux juges européens qui ont dépouillé le peuple français de sa capacité à décider de son sort, au nom des chimères d’une Europe qui ne sera jamais une nation.
Oui, nous devons rendre le pouvoir au peuple ! Le reprendre aux minorités qui ne cessent de tyranniser la majorité, et aux juges qui substituent leur férule juridique au gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple.
Depuis des décennies, nos gouvernants, de droite comme de gauche, nous ont conduit sur ce chemin funeste du déclin et de la décadence. Droite ou gauche, ils vous ont menti, vous ont dissimulé la gravité de notre déclassement, ils vous ont caché la réalité de notre remplacement.
Vous me connaissez depuis des années. Vous savez ce que je dis, ce que je diagnostique, ce que j’annonce. Je me suis longtemps contenté du rôle de journaliste, d’écrivain, de cassandre, de lanceur d’alerte. Je croyais alors qu’un politicien allait s’emparer du flambeau que je lui transmettais. Je me disais à chacun son métier, à chacun son rôle, à chacun son combat
Je suis revenu de cette illusion.
Comme vous, je n’ai plus confiance.
Comme vous, j’ai décidé de prendre notre destin en main.
J’ai compris qu’aucun politicien n’aurait le courage de sauver le pays du destin tragique qui l’attendait. J’ai compris que tous ces prétendus compétents étaient surtout des impuissants. Que le Président Macron, qui s’était présenté comme un homme neuf, était en vérité la synthèse de ses deux prédécesseurs en pire. Que dans tous les partis, ils se contentaient de réformettes alors que le temps presse.
Il n’est plus temps de réformer la France, mais de la sauver.
J’ai donc décidé de me présenter à l’élection présidentielle.
J’ai donc décidé de solliciter vos suffrages pour devenir votre président de la République. Pour que nos enfants et nos petits-enfants ne connaissent pas la barbarie. Pour que nos filles ne soient pas voilées et que nos fils ne soient pas soumis. Pour que nous puissions leur transmettre la France telle que nous l’avons reçue de nos ancêtres.
Pour que nous puissions encore préserver nos modes de vie, nos traditions, notre langue, nos conversations, nos controverses sur l’Histoire ou la mode, notre goût pour la littérature et la gastronomie.
Pour que les Français restent des Français fiers de leur passé et confiants dans leur avenir. Pour que les Français se sentent de nouveau chez eux et pour que les derniers arrivés s’assimilent à leur culture, s’approprient leur Histoire.
Pour que nous refassions des Français en France et pas des étrangers sur une terre inconnue.
Nous les Français, nous sommes une grande nation, un grand peuple. Notre passé glorieux plaide pour notre avenir. Nos soldats ont conquis l’Europe et le monde. Nos grands écrivains et nos artistes ont suscité l’admiration universelle. Les découvertes de nos scientifiques et les fabrications de nos industriels ont marqué leur époque. Le charme de notre art de vivre fait l’envie et le bonheur de tous ceux qui y goûtent. Nous avons connu d’immenses victoires et nous avons surmonté de cruelles défaites. Depuis mille ans, nous sommes une des puissances qui ont écrit l’histoire du monde. Nous serons dignes de nos ancêtres. Nous ne nous laisserons pas dominer, vassaliser, conquérir, coloniser. Nous ne nous laisserons pas remplacer.
Face à nous, se dressera un monstre froid et déterminé qui cherchera à nous salir. Ils vous diront que vous êtes racistes, ils vous diront que vous êtes animés par des passions tristes, alors que c’est la plus belle des passions qui vous anime, la passion de la France ; ils vous diront le pire sur moi. Mais je tiendrai bon. Les quolibets et les crachats ne m’impressionneront pas. Je ne baisserai jamais la tête, car nous avons une mission à accomplir. Le peuple français était intimidé, tétanisé, endoctriné. Culpabilisé. Mais il relève la tête, il fait tomber les masques, il dissipe les miasmes mensongers, il chasse ses mauvais bergers.
Nous allons continuer la France. Nous allons poursuivre la belle et noble aventure française. Nous allons transmettre le flambeau aux prochaines générations.
Aidez-moi ! Rejoignez-moi ! Dressez-vous ! Nous les Français, nous avons toujours triomphé de tout.
Vive la République et surtout vive la France.
Eric Zemmour
Choisir la Vie condamne fermement le projet de loi Gaillot
Communiqué de Choisir la Vie à propos du projet de loi Gaillot :
Loi Gaillot : plus tard, ils déploreront les effets des causes qu’ils auront chéries…
Une nouvelle fois nous déplorons et condamnons fermement les résultats du vote de la loi Gaillot du 30 novembre dernier. Il est à parier toutefois que la sottise des députés ayant voté favorablement ce texte au nom du droit des femmes devenu obstinément idéologique, risque de desservir cette cause.
En effet comme cela a été courageusement rappelé dans l’hémicycle mardi, l’IVG à 14 semaines, acte réellement barbare dans sa technique, ne sera pas sans graves conséquences sur la santé physique et psychologique des femmes. Et pourtant, ni les rapporteurs de la loi ni les députés concernés n’ont eu l’intelligence et la présence d’esprit d’enquêter auprès de professionnels pour mesurer cette réalité.
D’autre part, il aurait été intéressant et judicieux de s’interroger véritablement sur la cause profonde de cette difficulté d’accessibilité à l’IVG qui, comme madame Gaillot et nombreuses de ses consœurs l’ont rappelé est à l’origine de ce texte.
En effet, il semble que trois éléments expliquent cette difficulté d’accessibilité. L’un étant le déni de grossesse dont les causes sont psychologiques, un autre, la découverte tardive des grossesses chez les très jeunes filles qui ne connaissent pas leur corps, faute d’éducation préalable et enfin le refus croissant des professionnels de santé de commettre ces actes d’avortements.
De ce fait, il aurait été nettement plus intelligent de développer dans ce texte, des propositions concrètes de soutien aux femmes enceintes en proie aux doutes ou aux difficultés d’ordre matérielles ou psychologiques. Il serait aussi indispensable de développer et de multiplier les campagnes d’information et de formation des jeunes à une éducation affective et sexuelle responsable, celles-ci permettant de limiter le nombre croissant de grossesses chez les jeunes de filles de 14 à 18 ans.
Choisir la Vie condamne fermement ce texte et tient également à rappeler combien l’avortement dès la conception et quel que soit le stade de la grossesse ne se justifie pas, le droit la Vie n’étant en aucun cas négociable.
Jean-Frédéric Poisson soutient Eric Zemmour et retire sa propre candidature
Jean-Frédéric Poisson dirigera la Commission d’investiture de la future coalition électorale qui va se bâtir autour du parti qui sera fondé par Eric Zemmour dimanche à Villepinte [source] :
«J’ai pris la décision d’aller à son meeting de Villepinte dimanche après-midi, parce que je crois dans la nécessité pour la France de se redresser sur un schéma politique conservateur. Un candidat est porteur de ce type de projet, et il est mieux placé que moi», reconnaît-il, officialisant un choix qu’il avait déjà esquissé dès la rentrée. Avant toutefois de sembler prendre ses distances face à la mauvaise passe récemment traversée par l’essayiste.
Alors qu’il attend une vingtaine de milliers de personnes ce dimanche, Éric Zemmour prévoit de profiter de cette démonstration de force pour annoncer la création de son parti. Une structure propre, à laquelle l’adhésion sera payante [30€], mais qui pourra s’allier à d’autres mouvements. Objectif: former une «coalition électorale», dont Jean-Frédéric Poisson a «accepté» de devenir le «président de la Commission nationale d’investiture».
Jean-Frédéric Poisson a annoncé cette décision dans une interview accordée au Parisien :
Je serai dimanche à Villepinte pour soutenir @ZemmourEric. #Presidentielle2022 #ZemmourVillepinte #Zemmour2022 https://t.co/AMk9EiAbaD
— Jean-Frédéric Poisson (@jfpoisson78) December 3, 2021
Un peu plus tôt sur You Tube, Jean-Frédéric Poisson expliquait ses motivations politiques avec son parti Via sans encore annoncer ce ralliement :
Lettre ouverte de l’abbé Michel Viot aux prêtres de France à propos de la réception par la Conférence des Évêques du rapport de la Ciase
Paris, le 3 décembre 2021
En la fête de Saint François Xavier, prêtre
Chers Frères dans le Christ,
Ne voyez nullement dans mon initiative une forme d’irrespect envers l’autorité de nos Pères évêques. Au contraire, elle voudrait venir au secours de cette autorité grandement mise à mal dans l’opinion publique et dans l’Église. Nous savons tous, et nous devons leur dire, que de nombreux prêtres et laïcs ont ressenti les décisions qui ont été prises lors de la dernière assemblée de Lourdes comme un véritable coup de massue. Je voudrais donc ici résumer brièvement le sentiment de beaucoup d’entre nous sur cette affaire.
1°/ Tout d’abord le rapport de la Ciase nous semble en soi une mauvaise action. En laissant de côté la composition de la Commission Sauvé, sur laquelle il y aurait beaucoup à dire, le ton paternaliste du rapport, ses propositions dont certaines touchent à la structure de l’Église du Christ, nous voudrions seulement relever ce qui saute aux yeux : le caractère discutable, pour parler faiblement, de sa méthodologie.
Un appel à témoignages lui a permis de nouer 6 471 contacts concernant des plaintes : 3 652 entretiens téléphoniques, 2 459 courriels et 360 courriers. Elle n’a cependant réalisé que 153 auditions de personnes plaignantes. Puis avec des méthodes d’évaluation fondées sur des sondages, elle a extrapolé à 330.000 le nombre des personnes qu’elle qualifie non de plaignantes, mais de victimes de clercs, religieux et laïcs au service de l’Église depuis 1950. Elle évalue de même le nombre des prêtres et religieux qualifiés de criminels entre 2900 et 3200. Or, il existe des affaires jugées et d’autres jugeables, dont les victimes, les auteurs, et éventuellement les évêques complices de ces auteurs par leur faiblesse coupable, sont parfaitement identifiables : la justice ecclésiastique et civile s’est exercée et peut s’exercer pour que soit préservé le bien commun gravement lésé par ces crimes odieux. Alors que les 3000 criminels virtuels et les 300.000 victimes virtuelles évoqués par le rapport de la Ciase ne seront, par la force des choses, jamais entendus ni même jamais désignés, mais deviennent une formidable machine de guerre contre l’ensemble des prêtres et religieux de l’Église qui n’en peuvent mais.
2°/ Il nous apparaît que l’acceptation par la CEF du rapport de la Ciase est grosse de très graves conséquences. Ici encore, on peut laisser de côté l’accessoire comme la création d’un tribunal pénal national, alors que ces sortes de crimes, qualifiés canoniquement de delicta graviora¸ sont soit évoqués par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, soit jugés par les tribunaux qu’elle désigne et contrôle.
Ce qui nous semble contraire aux principes les mieux établis est la délégation d’une véritable juridiction, informelle mais souveraine, l’INIRR, Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation, créée pour la circonstance. Parmi les plaignants, elle va décider qui sont des victimes aptes à recevoir des réparations pécuniaires, et elle va, par le fait même, désigner des prêtres et religieux comme coupables. Cette instance tiendra ainsi lieu de tribunal jugeant sans débats contradictoires et émettant des décisions qui ne seront susceptibles d’aucunes voies de recours.
D’autre part, c’est une personne morale indéterminée, l’Église, qui sera condamnée à verser des réparations en lieu et place des coupables, à savoir les criminels et les évêques coupablement négligents. On nous dit que l’Église de France (qui n’est aucunement une personne juridique au regard du droit français) s’acquittera de cette indemnisation par des fonds venant notamment de la vente de biens immobiliers des associations diocésaines. Il faut rappeler que celles-ci ont pour objet social, selon leurs statuts, « de subvenir aux frais et à l’entretien du culte catholique », et nullement d’indemniser d’éventuelles victimes en lieu et place de personnes soupçonnées d’être des criminels.
3°/ Enfin, le plus douloureux pour nous est que cette responsabilité pécuniaire est établie au nom d’une « responsabilité systémique de l’Église ». Ceci a le double inconvénient :
- De diluer dans l’ensemble du corps des évêques, des prêtres et des religieux de France la responsabilité de crimes et de négligences coupables, en exonérant par le fait même ceux qui en portent la responsabilité morale directe, à savoir tels clercs prédateurs et tels évêques laxistes. Tous coupables, mais personne de vraiment coupable.
- Et surtout de malmener le Credo dans lequel nous affirmons que l’Église est sainte. Sous prétexte de fonctionnements dans l’Église qui ont permis des crimes, on affirme la responsabilité de l’Église fondée par Jésus-Christ.
J’espère, Chers Confrères, qu’il ne sera pas fait grief à moi-même et à tous les prêtres qui pensent comme moi, de notre franchise, dont nos évêques comprendront le caractère filial. Je vous prie de recevoir l’expression de tout mon dévouement dans le Seigneur.
Michel Viot, prêtre
NB: Ceux qui veulent se joindre à sa démarche peuvent joindre l’abbé Viot ici. Une association conseillée par un groupe d’avocats et de juristes sera à la disposition de tous les catholiques qui voudront s’opposer à la vente de biens d’Eglise, pour obtempérer aux indemnisations que va décider la commission présidée par Madame Derain de Vaucresson, compte tenu de l’absence de juridiction de cette instance, et de la nullité de ses décisions. En effet, d’une part, seul un tribunal civil peut accorder des indemnisations au titre du pretium doloris, en vertu de l’article 1382 du Code civil, et d’autre part, les ventes de biens d’Eglise pour des besoins autres que cultuels pourront être annulées par le tribunal administratif comme contraire à l’article 2 des statuts types des associations diocésaines.
Rapide actualité chez les bières trappistes
Un petit tour d’horizon des nouvelles chez les bières trappistes, ça vous intéresse ? Nouvelle bière labellisée trappiste, communauté qui ferme, nouvelle abbaye qui se lance dans l’aventure etc… Allez hop, c’est parti, Divine Box vous dit tout sur les infos les plus récentes du monde des bières trappistes !
Une nouvelle brasserie en Angleterre
En 2018, les moines de l’abbaye de Mount Saint-Bernard en Angleterre ont sorti leur première bière : la Tynt Meadow. C’est la 1ère abbaye trappiste anglaise à se lancer dans la bière et la 12ème dans le monde. Une bière brune à la robe rubis foncé, avec des notes de fruits secs et caramél. Miam !
Peut-être aviez-vous déjà eu l’info, car la BBC, The Guardian, le Telegraph etc… avait relayé le lancement de cette bière trappiste ! Pourtant, les moines n’ont pas cédé à l’engouement mondial, et ont conservé de petits volumes « pour vivre notre vie monastique, sans laisser la brasserie interférer trop » résume père Joseph, père abbé. Par exemple, frère Michael (le maître-brasseur) ne brasse la Tynt Meadow que quatre jours par mois – c’est peu mais c’est déjà le principal revenu de l’abbaye ! Le bon sens monastique !

La Tynt Meadow, toute première bière trappiste d’Angleterre, dans sa robe foncée – © AIT
Le suspense à l’abbaye de Tre Fontane (Italie)
A la suite du covid, faute de débouchés, l’abbaye de Tre Fontane en Italie a arrêté l’activité de sa brasserie. A la rentrée (scolaire) 2021, on a même reçu l’information que la communauté de Tre Fontane décidait de “mettre fin à la production de sa brasserie”. L’abbaye prévoyait néanmoins de maintenir sa fabrication d’huile d’olive et de miel. Mais coup de poker quelques semaines plus tard en octobre 2021 : la brasserie va reprendre ! On se réjouit de voir le nombre de brasseries trappistes rester à 12 ! D’ailleurs, pour commander les bières de l’abbaye de Tre Fontane, c’est par ici !
Au revoir, Achel !
L’abbaye Notre-Dame de Saint-Benoît à Achel, tout près de la frontière néerlandaise, nous fait ses adieux. En effet, il n’y avait plus de moines sur place en janvier 2021, et la communauté a ainsi été dissoute. Pourtant, la brasserie sur place continue d’exister, mais les bières d’Achel n’arborent donc plus le label Authentic Trappist Product.
Tiens, c’est donc l’occasion de rappeler ce que garantit le label ATP sur les bières :
- Une production dans l’enceinte de l’abbaye ;
- Une production assurée ou supervisée par les moines ou moniales ;
- Des revenus destinés à la communauté monastique, et, en cas de surplus, à des œuvres caritatives.

Abbatiale de Notre-Dame de Saint-Benoît à Achel, désormais dépourvue de toute présence monastique – © www.divinebox.fr
Une 13e et nouvelle trappiste bientôt ?
En Espagne, l’abbaye de San Pedro de Cardeña distribue déjà une bière à son nom. Mais, brassée chez un ami de la communauté en dehors de l’abbaye, la bière ne peut donc pas avoir le label Authentic Trappist Product. Les bruits courent que la communauté aimerait internaliser cette production pour donner du travail aux frères… Mais pour l’instant ce n’est pas fait, et il est bien compliqué d’avoir des infos à ce sujet. Affaire à suivre de près, donc, dans les prochains mois !
De nouvelles bières trappistes !
Eh oui, dans les abbayes trappistes qui brassent déjà, certaines ont sorti de nouvelles recettes. Voici le détail :
- Abbaye Notre-Dame de Koningshoeven
Une grande première pour les bières trappistes, l’abbaye de Koningshoeven lance la “Trappe Nihilis” : une bière sans alcool ! Son nom est un dérivé du latin “nihil” (rien) et “nullus” (aucun), en référence à son taux d’alcool complètement nul. Cette ambrée à la robe rouge acajou a des notes sucrées et fruitées, et a priori, elle se défend plutôt bien !
- Abbaye Notre-Dame de Scourmont
L’abbaye de Scourmont située à Chimay, un petit village de Belgique, complète son beau panel de bières avec la “Chimay 150”. Fraîchement arrivée dans la famille, cette blonde aux reflets dorés porte une étiquette verte. Elle saura vous séduire par ses saveurs de romarin, de clou de girofle et ses touches florales !
- Abbaye Notre-Dame de Saint-Rémy de Rochefort
À Rochefort en Belgique, est apparue une nouvelle bière trappiste : la Rochefort Triple Extra. C’est la première bière blonde de cette abbaye belge qui brassait déjà une ambrée et deux brunes (dont la Rochefort 10, 12e meilleure bière du monde!). A savourer avec délicatesse, car elle titre à 8,1% vol – commandez en ligne ici la Rochefort Triple Extra.
- Abbaye Notre-Dame du Sacré-Coeur de Westmalle
Encore une blonde qui s’ajoute à la liste des nouveautés trappistes. La “Westmalle Extra” avec ses arômes de foin, d’épices et d’agrumes, est entrée sur le marché cette année ! Jusqu’à présent, l’Extra n’était disponible que le vendredi matin à la porte de l’abbaye – autant vous dire qu’elle était réservée aux connaisseurs et aux motivés !

Avez-vous déjà dégusté les différentes bières de la communauté de Westmalle ? Un vrai délice ! – © AIT
- Abbaye Maria-Toevlucht de Zundert
La numéro 10 a fait son entrée dans la famille des bières trappistes de Zundert en 2018, après la Zundert (rebaptisée Zundert 8 après l’arrivée de la 10 !). Cette bière belge brune foncée, assez riche, est conçue pour être sirotée et savourée. Ses saveurs de chocolat, de banane et de caramel, vous mettront l’eau à la bouche ! D’ailleurs, vous pouvez acheter en ligne les bières de l’abbaye de Zundert sur Divine Box.
- Abbaye Notre-Dame d’Engelszell
Située en Autriche, l’abbaye Notre-Dame d’Engelszell est une abbaye trappiste qui brasse de la bière depuis 2012. Elle en a récemment élaboré deux nouvelles :
- L’Engelszell Zwickl : une ambrée aux arômes de banane, d’orange, de pommes, et même d’abricot et de mirabelle.
- L’Engelszell Weiss : une blanche aux arômes de biscuit, d’épices et de fruits. Elle vous étonnera par son côté très pétillant, et c’est la 2e bière trappiste “blanche”, après la Trappe Witte !
- Abbaye Saint-Joseph de Spencer
Les bières de saison affluent à l’abbaye de Spencer, aux Etats-Unis. En effet, à chaque moment de l’année, sa bière. Même si la majorité de ces nouveautés est réservée au marché américain, cela vous donne une idée du dynamisme des moines de Spencer, et de leurs ambitions dans le marché des bières trappistes ! Voici la liste de leurs dernières créations :
- La Spencer Monkster Mash Pumpkin Ale
- La Spencer Premium Pilsner
- La Spencer Trappist Peach Saison
- La Spencer White
- La Spencer Trappist Vienna Lager
- La Spencer Monk’s IPA
- La Spencer Grapefruit IPA
- La Spencer Winter Warmer ou Amber Lager
- La Spencer Imperial Stout – Oak Aged
- La Spencer x Tre Fontane Sinergia 19

Les bières trappistes de l’abbaye de Spencer se délectent en toute saison ! – © AIT
Penser clairement face à la subversion des mots
Avocat spécialisé en droit des affaires, intervenant régulièrement dans le débat public, Geoffroy de Vries a créé en 2013 l’Institut Famille & République, fort d’une centaine de professionnels, au service du droit des personnes et de la famille. Il présente aujourd’hui aux lecteurs du Salon Beige l’ouvrage essentiel qu’il vient de publier aux éditions de l’Archipel : « Le Hold-up des mots ».
« Au commencement était le verbe, et le verbe était auprès de Dieu, et le verbe était Dieu » Cette citation tirée de l’Évangile de Saint Jean aurait pu (dû ?) être l’introduction de votre ouvrage. Elle en est la conclusion. Pourtant , c’est bien là l’essence de votre travail et de votre livre ?
Effectivement, je conclus en rappelant qu’ « au commencement était le verbe » et j’aurais pu débuter avec cette même citation. En réalité, le début et la fin d’un discours ou d’un essai sont souvent liés. Ce qui importe, c’est le message ou le fil rouge. J’ai souhaité dénoncer la dénaturation du langage propre à notre société qui ne sait plus trop distinguer l’homme de la femme, le père de la mère, l’homme de l’animal, la République de la France, l’égalité de l’égalitarisme…
Vous reconnaissez-vous comme un héritier de George Orwell et d’Aldous Huxley dans ce monde devenu fou, dirigé par un pantin et où les mots n’ont plus aucun sens, comme pour mieux nous aliéner ?
George Orwell, avec son essai Politics and the English language et surtout son roman 1984, et Aldous Huxley, avec Le meilleur des mondes, sont davantage des précurseurs que je ne suis leur héritier. Ils ont eu alors cette capacité et cette intelligence d’imaginer le monde de demain, qui se révèle aujourd’hui.
Dans son essai Politics and the English language, moins connu que 1984, notamment parce qu’il n’est pas traduit en Français, George Orwell explique que « penser clairement est un premier pas vers la régénération politique ». Il y dénonce l’utilisation de mots dénués de sens, les slogans qui tendent à imposer des idées fausses par la simple répétition, le jargon pseudo-scientifique qui tend à donner un air de neutralité à des arguments en réalité idéologiques, ou encore l’utilisation d’expressions toutes faites imprégnant l’esprit du public : « Elles construiront des phrases pour vous – elles penseront même à votre place, dans une certaine mesure – et au besoin elles vous rendront un grand service en dissimulant partiellement, y compris à vous-même, ce que vous voulez dire. C’est ici qu’apparaît clairement le lien qui existe entre la politique et l’avilissement de la langue. » On en a vu les effets avec notamment le « mariage pour tous » et la « PMA pour tous » !
D’autres auteurs ont aussi traité de la subversion des mots. Ainsi, Vaclav Havel, dans son essai politique Le Pouvoir des sans-pouvoirs, revendique la nécessité de « vivre dans la vérité », et dans la pièce de théâtre Memorandum, il parodie la bureaucratie communiste des pays de l’Est en mettant en exergue l’aliénation du langage, avec l’apparition d’une langue incompréhensible, artificiellement construite, le « ptydepe », qui sert à donner des ordres et à rédiger des mémorandums que personne ne comprend. Le père polonais Joseph Tischner, aumônier du syndicat Solidarnosc, dénonce également l’aliénation du langage dans Éthique de la solidarité, texte qui se présente comme un lexique. Bien avant, Lewis Caroll, dans son roman De l’autre côté du miroir, qui est la suite d’Alice au pays des merveilles, traite aussi du pouvoir des mots.
Ces auteurs exposent, de différentes manières, que celui qui a le pouvoir, ce n’est pas celui qui dit les mots, mais celui qui dit ce que les mots veulent dire.
Récemment, lors d’une réception à l’Élysée le dimanche 26 janvier 2020 pour les trente ans de la Convention internationale des droits de l’enfant, Emmanuel Macron affirmait à l’un de ses interlocuteurs : « Votre problème, c’est que vous croyez qu’un père est forcément un mâle » !
Sans s’attarder sur l’emploi du mot « mâle » – qui n’est cependant pas un hasard …-, Emmanuel Macron considère qu’un père n’est pas forcément un homme ; c’est donc qu’il peut être une femme.
Cette tendance à rejeter le réel en dénaturant le langage pour imposer de nouvelles idées n’est certes pas nouvelle. Mais elle s’amplifie de nos jours.
Quels sont les vrais enjeux, plus ou moins cachés d’ailleurs, de cette gigantesque bataille sémantique orchestrée par des élites toujours plus hors sol ?
Nous vivons aujourd’hui une crise de la civilisation occidentale, à la fois politique, économique et sociale, culturelle et anthropologique, pour ne pas dire spirituelle. Ses causes sont multiples et diverses. Il existe cependant une cause première : le rejet de la vérité ou la « crise de la vérité ».
Aujourd’hui, la vérité fait peur ; nous ne la recherchons plus. Pire, nous la rejetons. Parfois en nous mentant à nous même. Car le mensonge flatte où la vérité oblige, le mensonge rassure alors que la vérité dérange ! Ce rejet la vérité apparaît en premier lieu dans le langage qui est détourné. Les mots sont pervertis.
Quand la réalité ne convient pas, il y a trois réactions possibles : l’accepter, tel un stoïque, tenter de la changer, à supposer que cela soit possible, et changer la perception que nous avons de cette réalité afin, si possible, de parvenir à changer cette réalité même. Dénaturer le langage revient à tenter de changer la perception de la réalité et d’une certaine manière la réalité elle-même.
Un exemple. L’idéologie du genre nie les différences, biologiques ou physiques, entre l’homme et la femme, pour faire émerger un être libre de choisir son genre voire son sexe. Etant donné qu’il est difficile de supprimer cette réalité biologique qu’est la différence sexuelle, il est mis en avant le concept de genre (masculin et féminin) pour relativiser cette différence sexuelle puis le sens des mots est modifié ?
Lorsqu’Agnès Buzin, alors ministre de la santé, déclare sur LCP le 24 septembre 2019 qu’un père « peut être une femme » ou une « grand-mère », quand le Président de la République Emmanuel Macron déclare qu’un père n’est pas forcément un homme et donc qu’il peut être une femme, n’est pas un changement de la signification du mot « père », qui a pourtant toujours été le géniteur masculin d’un être humain ? Allons au bout de la logique : si un père peut être une femme, et inversement, si une mère peut être un homme, comment alors justifier qu’un enfant doit pouvoir avoir une mère et un père ou que l’homme et la femme sont différents ?
Poursuivons… Que signifie le mot « animal » quand on remet ainsi en cause la frontière entre l’homme et l’animal, en autorisant, avec la loi Bioéthique de 2021, la création d’embryons chimères animal-homme ?
Que penser du mot « égalité » quand il sert à justifier toujours plus de droits, parfois au profit des minorités sexuelles ou autres ? Du mot « dignité » quand il est utilisé pour faire valoir l’euthanasie ou le suicide assisté ? Quel sens donner au mot « République », tellement rabâché, mis à toutes les sauces, devenant le substantif des politiques en mal d’arguments ? Si les dirigeants politiques osaient parler davantage de la « France » plutôt que de la « République », n’aurions-nous pas plus de facilité à comprendre ce que nous sommes et ce qui nous unit profondément ?
Si le mot « conservateur » ne renvoyait pas à la notion de « rétrograde, hostile au progrès » mais à l’idée de conservation de certaines valeurs ou habitudes, comme en matière d’éducation des enfants ou d’écologie par exemple, le débat public n’en serait-il pas changé ?
Changer le sens des mots influe à terme sur notre manière de penser et ensuite sur nos actions … La sagesse nous enseigne d’ailleurs que nos pensées deviennent nos mots, nos mots deviennent nos actions, nos actions deviennent nos habitudes, nos habitudes forment notre caractère et notre caractère devient notre destin.
Mon essai, Le hold-up des mots, a ainsi pour objectif de redonner du sens aux mots. Pas à tous les mots, bien évidemment – il ne s’agit pas d’un dictionnaire –, mais à certains couramment utilisés dans le langage politique et culturel. Face à la confusion savamment entretenue par ceux qui ont intérêt à ne pas débattre sur les sujets de fond et le sens des mots, il importe d’être bien conscient des enjeux inhérents à l’utilisation politique de la sémantique. Pour rebâtir une pensée intelligente et des idées en adéquation avec la réalité, pour redevenir « maître » des mots et ainsi de soi-même, il faut redéfinir les mots, retrouver leur sens.
Comment selon-vous pourra-t-on sortir de ce piège sémantique et reprendre pieds avec le principe de réalité en reprenant possession du vrai sens des mots ?
Il est nécessaire à mon sens d’abord de prendre conscience de ce « hold-up » des mots. Il faut ensuite redécouvrir le sens profond des mots qu’on utilise pour mieux comprendre les pensées, mieux apprécier les idées, mieux convaincre et peut-être ne plus se laisser manipuler.
Est-ce suffisant ? Hélas non ! Aussi puissants soient-ils, les mots ne seront jamais que des mots. Au cœur de la crise de notre système politique actuel, la crise des actes est infiniment plus dévastatrice que celle des paroles. Si gouverner, c’est communiquer, c’est aussi et avant tout agir. Mais, il faut bien commencer. Avec les mots. Comme vous le rappeliez, au commencement était le verbe…
L’élection de 2022 pourrait-elle se jouer sur cette bataille des mots ?
Cette bataille des mots existe déjà et on constate l’apparition de nouveaux termes tels que racialité, woke, intersectionnalité, … La bataille des idées et des programmes est aussi une bataille des mots car les mots véhiculent les pensées. Il faudrait ainsi découvrir la réelle pensée des candidats en analysant les mots qu’ils utilisent, sans naïveté aucune.
L’empereur romain Marc Aurèle (121-180 après J.-C) en était déjà bien conscient et relevait, dans ses Pensées pour moi-même : « Il faut, mot pour mot, se rendre compte de ce que l’on dit et, en toute action, de ce qui en résulte ; dans ce dernier cas, voir directement à quel but notre action se rapporte ; et, dans le premier cas, veiller à ce que les mots signifient. »
A commander ici.
Eric Ciotti : “les adhérents ont voulu simplement dire que notre famille politique devait être à droite, sans s’en excuser”
Arrivé en tête à la primaire LR, Eric Ciotti souligne dans VA qu’il n’est pas Macron-compatible, contrairement à Valérie Pécresse :
Je crois que les adhérents ont voulu simplement dire que notre famille politique devait être à droite, sans s’en excuser, avec fierté et fidèle à son histoire. J’ai mis le cap à droite dans cette élection. Je suis porteur d’une opposition sans concession, sans compromission au pouvoir macronien. Moi, je n’ai pas voté Emmanuel Macron au second tour en 2017, j’étais présent au Trocadéro. C’est cette droite que j’incarne et que je veux voir gagner au second tour parce que je suis sûr que je suis le seul à pouvoir, demain, incarner le rassemblement des électeurs de droite, de tous les électeurs de droite de France qui adhèrent aux valeurs de droite.
Vous étiez l’outsider. Personne ne s’attendait parmi les observateurs à ce que vous parveniez à l’emporter au terme de ce premier tour. Est-ce une prime à la fidélité et à la constance de vos convictions ?
C’est bien sûr une campagne de vérité sur la situation du pays, de clarté, je le redis, sur les alliances : jamais d’alliance avec Macron. Je l’ai démontré dans ma ville et ma région, et une campagne de courage pour porter le seul projet de rupture profonde dont notre pays a besoin, une rupture avec une forme de conformisme. Moi, je ne souhaite pas qu’on prolonge simplement les lignes, que l’on fasse un peu mieux – ce qui n’est pas très difficile – que n’a fait Emmanuel Macron. Je veux faire radicalement différent au service de la restauration de l’autorité républicaine, de la défense de notre identité et notamment contre l’islamisme et de la promotion d’une véritable liberté économique, avec des baisses massives d’impôts et de dépenses publiques.
Ni Michel Barnier, ni Xavier Bertrand ou encore Philippe Juvin n’a appelé à voter pour vous. Est-ce un barrage ? Est-ce une surprise que personne ne vous rallie ?
Non, parce que je porte une ligne radicalement différente. On l’a vu pendant les débats. Une ligne différente sur le positionnement : je suis le seul à ne pas avoir voté Macron en 2017. J’aurais, malheureusement si les circonstances analogues devaient se produire, la même attitude et je me battrais pour qu’elles n’arrivent pas. Et puis, je suis le seul à porter vraiment, je le dis, un projet de rupture, le seul à parler de la fin du regroupement familial, du retour au droit du sang, du retour de la double peine, le seul à proposer la suppression de l’impôt sur les successions, de la baisse massive de l’impôt sur le revenu, une baisse d’impôt et des charges. […]
Et à propos de Valérie Pécresse :
Elle est plus au centre que moi, c’est sûr ! Contrairement à elle, je n’ai pas voté Emmanuel Macron en 2017. Et puis, moi, je suis toujours resté dans ma famille politique…
Pas elle…
Elle en est partie parce que notre famille était trop à droite. C’est une différence idéologique qui n’est pas négligeable. […]
Il a bâti seul une cathédrale pendant 60 ans
Durant soixante ans, seulement animé par sa foi, Justo Gallego a bâti de ses propres mains une «cathédrale» près de Madrid. Un temple encore inachevé, fait de matériaux destinés au rebut, dont il ne verra jamais la fin de la construction. Qualifié de «fou» au début de son entreprise, cet homme, qui a dû renoncer à sa vocation de moine à cause de la tuberculose, est mort dimanche à 96 ans. Bâtie sur un terrain vague à Mejorada del Campo, la «cathédrale de Justo», qui n’est pas reconnue comme un lieu de culte par les autorités religieuses, a aujourd’hui une superficie de 4.700m², une nef centrale de 50 mètres de long et 20 m de large, une hauteur de 35 m et douze tours de style gothique ou byzantin. Justo Gallego y a consacré plus de la moitié de sa vie, utilisant des briques cassées, des pots de peinture ou des boîtes de conserve et avançant mètre après mètre, sans avoir de plan. […]
Trop affaibli pour travailler ces dernières années, Justo a cédé l’œuvre de sa vie à l’organisation caritative des Messagers de la Paix du Père Angel, un religieux très connu et médiatique en Espagne, qui se chargera de terminer l’édification du temple. […]
Thibault de Montbrial : toutes les menaces ont pour dénominateur commun la question migratoire
Thibault de Montbrial, avocat au barreau de Paris, président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure, a donné le 2 décembre une conférence à l’École de Guerre sur “Sécurité intérieure : le grand défi”. Il aborde notamment le problème de l’immigration et de l’islam, l’ensauvagement et le déchainement de violence, et liste les menaces auxquelles la France est confrontée. Il aborde ensuite quelques solutions et rappelle opportunément que la mission régalienne de l’Etat consiste à assurer la sécurité du peuple français, d’abord. Avant de vouloir aider les autres, il est nécessaire que l’Etat se recentre sur ses missions régaliennes. Une conférence passionnante et sans langue de bois.
I-Média – Journalistes et antifas : la “sainte” alliance
L’image de la semaine
La France rend hommage à Joséphine Baker, chanteuse et actrice afro-américaine devenue vedette pendant notre entre-deux guerres, en la faisant entrer au Panthéon. Une subtile manière pour la gauche de faire de la récupération politique et idéologique.
La grande offensive journalistique sur Zemmour
Eric Zemmour a mis fin au suspense et s’est officiellement déclaré candidat à la présidence de la République. La diabolisation bat son plein et Gilles Bouleau, le présentateur du JT de TF1, fait du zèle.
Revue de presse
Antifas : l’impunité totale, quoiqu’il arrive
Les agressions menées par les groupes dits “antifascistes” ne se comptent plus. Ces derniers ont encore fait des ravages à Marseille, en frappant une journaliste. Alice Coffin légitime cette violence politique sur les plateaux télé.
“Vaccins” Covid : 24 % des effets secondaires considérés comme graves
Le Quotidien du Médecin titre : “Vaccins Covid : 76 % des effets secondaires considérés sans gravité”. Donc, en toute logique, 24 % des effets secondaires sont considérés comme graves.
Plus troublant encore :
alors qu’en période hors Covid, seulement 10 % des déclarations émanent des patients, ce taux passe à 40 %, voire à 60 %, pour les vaccins anti-Covid.
L’agence du médicament a dressé le bilan de pharmacovigilance des vaccins Covid depuis le début de la campagne vaccinale, en décembre 2020.
Les signalements d’effets indésirables ont été détaillés vaccin par vaccin. Ainsi, Comirnaty (Pfizer-BioNTech) a fait l’objet de 68 000 signalements d’effets indésirables sur 80 millions d’injections, Spikevax (Moderna) de 15 000 cas sur 11 millions d’injections, Vaxzevria (AstraZeneca) de 27 000 cas sur 8 millions d’injections et enfin, le vaccin Janssen de 1 000 effets indésirables pour 1 million d’injections.
L’ANSM a rappelé que le caractère de gravité en pharmacovigilance répond à des critères bien précis : hospitalisation, mise en jeu du pronostic vital… Au total, moins de 500 cas de myocardites ont été répertoriés. L’ANSM a par ailleurs fait état de 64 cas de thromboses rares atypiques après injection du vaccin AstraZeneca. Autre effet indésirable plus inédit : des troubles menstruels, et notamment des perturbations de cycle en lien avec les vaccins Pfizer et Moderna, ont fait l’objet de quelques centaines de signalements.
Le projet de réaménagement de la cathédrale Notre-Dame est mauvais, indigne de Notre-Dame et doit être fermement combattu
Selon Didier Rykner de La Tribune de l’art, le projet de réaménagement de la cathédrale Notre-Dame de Paris
qui sera présenté pour avis consultatif à la commission nationale du patrimoine et de l’architecture le 9 décembre prochain est effectivement mauvais, indigne de Notre-Dame et il doit être fermement combattu par les amoureux du patrimoine.
Il indique en effet que les autels de Viollet-le-Duc seront entièrement dépouillés :
non seulement de leurs garnitures (ostensoirs, candélabres…), mais aussi des sculptures dessinées par l’architecte et sculptées par ses collaborateurs Geoffroy-Dechaume et Corbin. Quant aux confessionnaux, eux aussi dessinés par Viollet-le-Duc, ils seront enlevés de toutes les chapelles des bas-côtés : quatre d’entre eux étant déplacés dans des chapelles du déambulatoire.
Et ce n’est pas tout :
la plupart d’entre elles se verront dotées, en pendant d’une œuvre ancienne, dont certains des Mays encore conservés dans la cathédrale, d’œuvres contemporaines dont on ne sait rien sinon qu’il faut faire confiance au génie des artistes si ce n’est à celui du clergé. Ce que l’on demande d’ailleurs à la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture, ce sera de valider un principe dont on ne connaîtra pas les détails, alors que le diable s’y loge selon l’adage bien connu, même dans un édifice religieux.
Les visuels et les descriptions prévoient notamment des projections lumineuses sur les murs et un environnement sonore. Mais aussitôt que l’on parle de cela au père Drouin, il affirme que ce ne sont que des « hypothèses » (nous en présentons une – ill. 6 – montrée par lui dans une [vidéo mise en ligne en mai dernier). Mais il s’agit bien de lutter contre ces hypothèses de peur qu’elles ne soient retenues. D’autant que parmi celles qui avaient été envisagées, il y avait bien le remplacement des vitraux qui a finalement été interdit par la ministre de la Culture.
Et qui va financer ces réaménagements ? Les iconoclastes comptent sur les fidèles :
On demande de l’argent aux fidèles sans que ceux-ci soient vraiment informés de ce que l’Église veut y faire et il est peu probable que cette souscription fût un succès s’ils en avaient connaissance.
La Cour suprême a annoncé qu’elle autoriserait les États à interdire l’avortement
Analyse de Frank Schubert sur IFN :
La plaidoirie a été présenté à la Cour Suprême des États-Unis dans l’affaire capitale Dobbs contre Jackson Women’s Health Organization, qui remet en cause le droit constitutionnel à l’avortement aux Etats-Unis. Il est toujours difficile d’interpréter les plaidoiries en fonction de la manière dont les juges pourraient statuer dans une affaire si particulière. Avec cette mise en garde à l’esprit, voici mes prédictions et hypothèses auxquelles je suis parvenu jusqu’à présent : les arguments montrent clairement que c’est quitte ou double pour Roe et Casey. Il semble y avoir peu d’intérêt pour un “juste milieu”. Et les chances sont clairement en faveur de l’annulation de ces deux décisions horribles.
Permettez-moi tout d’abord de dire que je pense que le solliciteur général du Mississippi, Scott Stewart, a fait un excellent travail en présentant la position pro-vie selon laquelle les arrêts Roe et Casey ont été décidés à tort et devaient être annulés. Ils étaient erronés le jours où ils ont été décidés et ils le sont encore aujourd’hui. Il n’y a rien dans la constitution, l’histoire ou la tradition de l’Amérique qui crée un droit fédéral à l’avortement. Les cinquante années de conflit qui ont suivi Roe et les trente années qui ont suivi Casey ont démontré que non seulement les décisions sont erronées, mais qu’elles ne peuvent être administrées de manière prévisible et équitable. Le moment est venu pour la Cour de renvoyer la question de l’avortement là où elle doit être – aux États.
Les trois juges libéraux de la Cour ont clairement indiqué qu’il était hors de question pour eux d’annuler Roe et Casey, ou de changer quoi que ce soit à ces arrêts. Selon eux, cela aurait des conséquences désastreuses pour les femmes et les priverait essentiellement du droit de participer à la société sur un pied d’égalité. Les ‘avocats’ pro-avortements, Jackson Women’s Health Organization, et le Solliciteur General de l’administration Biden ont fait écho à ces propos. Cette stratégie semble exclure toute idée d’un compromis qui préserverait le “droit” constitutionnel à l’avortement tout en modifiant les règles relatives à la manière et au moment où il peut être restreint. C’est une stratégie légale du tout ou rien.
Le président de la Cour Suprême, John Roberts, a été considéré par beaucoup comme quelqu’un qui pourrait favoriser une position de compromis, et il l’a fait à plusieurs reprises au cours de la plaidoirie, suggérant qu’il pourrait être ouvert à l’idée d’éliminer la norme de viabilité actuelle – le moment où un enfant à naître est considéré comme capable de survivre en dehors de l’utérus, actuellement à 24 semaines. Si la viabilité n’était pas le critère d’examen, et qu’il s’agissait plutôt de déterminer si une loi représente une charge excessive pour le “droit” d’une femme à l’avortement, alors l’interdiction de 15 semaines du Mississippi pourrait bien être jugée constitutionnelle. Toutefois, comme nous l’avons mentionné, cette position de “compromis” proposée par Roberts n’a trouvé aucun soutien auprès des partisans de l’avortement ou des trois libéraux de la Cour.
On a dit que le juge Brett Kavanaugh pourrait également constituer un vote décisif, mais ce dernier a indiqué à plusieurs reprises que la Constitution ne dit rien sur le droit à l’avortement et a semblé adopter la position du Mississippi selon laquelle la Cour devrait être “scrupuleusement neutre” sur la question, permettant aux États de régler les problèmes comme leurs citoyens et leurs représentants élus le jugent bon. Il a souligné qu’il y a des intérêts critiques des deux côtés de cette question. Les femmes ont un intérêt pour l’intégrité corporelle et la liberté, tandis que l’enfant à naître a un intérêt pour le maintien de sa vie. Ces intérêts sont irréconciliablement en conflit ; un intérêt doit prévaloir sur l’autre à tout moment. La question, a-t-il demandé de manière rhétorique, est de savoir ce que dit la Constitution pour résoudre ces questions difficiles. Pourquoi cette Cour devrait-elle être l’arbitre plutôt que le Congrès, les législatures des États et le peuple ?
Comme prévu, l’un des principaux objectifs des partisans de l’avortement était de faire reposer leur position sur la doctrine juridique du “stare decisis” (règle du précédent, ndlr), le principe selon lequel, puisque les gens s’appuient sur les décisions de la Cour Suprême pour organiser leur vie, ces décisions doivent être préservées même si l’on pense qu’elles ont été prises à tort. Cette notion a été directement remise en question par le juge Alito, qui a demandé au Solliciteur General des États-Unis et à l’avocat de la société d’avortement de répondre par oui ou par non à la question de savoir si une décision qui était clairement erronée au moment où elle a été rendue devait être annulée sur cette seule base. Les avocats ont fini par dire que non, même les précédents clairement erronés devraient être maintenus en raison de la confiance que les citoyens leur accordent.
Le juge Kavanaugh, qui a énuméré une longue série d’arrêts majeurs de la Cour Suprême des États-Unis qui ont renversé des précédents erronés, a totalement démenti cette affirmation. Pour moi, cela a été dévastateur pour la position des partisans de l’avortement.
J’ai la forte impression que les juges Thomas, Alito, Gorsuch et Kavanaugh ont tous posé des questions suggérant fortement qu’ils rejettent l’idée que les verdicts devraient être confirmés dans les cas des cas où ils ont été mal décidés comme Roe et Casey. Si on essaie de lire l’avenir, on dirait donc que ce sont quatre des cinq juges nécessaires pour une majorité.
Cela m’amène à la juge Amy Coney Barrett. D’une part, elle a évoqué à plusieurs reprises les lois omniprésentes sur les “refuges” qui permettraient aux femmes de laisser les nouveau-nés non désirés dans divers endroits tels que les casernes de pompiers et d’être libérées de toute obligation parentale ultérieure. Son questionnement sur ce point met à mal tout le défilé d’horreurs soulevées par les partisans de l’avortement sur les conséquences de la “parentalité forcée” et de la “maternité forcée” – impacts supposés sur la carrière, les revenus futurs, la future formation d’une famille, etc. Elle a reproché à l’avocat de Jackson Women’s Health d’avoir mis l’accent sur ces supposés problèmes sans reconnaître que les femmes pouvaient facilement les éviter grâce aux possibilités de refuge existantes.
D’autre part, M. Barrett s’est également demandé ce qui se passerait si un État avait une disposition constitutionnelle identique au 14e amendement et si un tribunal d’État décidait que les avortements étaient protégés jusqu’au deuxième trimestre, soit 27 semaines. Une telle décision augmenterait effectivement le droit à l’avortement au-delà de la norme de viabilité de Casey (généralement considérée comme étant de 24 semaines). Ses hypothèses m’ont fait dresser l’oreille, et je me suis demandé si elle ne serait pas prête à envisager l’approche du “juste milieu” de Roberts. Mais je m’inquiète peut-être pour rien. Un analyste juridique que je respecte beaucoup, Ed Whelan, a déclaré : “Rien de la part des juges Thomas, Alito, Gorsuch, Kavanaugh ou Barrett n’a déclenché la sonnette d’alarme dans mon esprit. Au contraire.”
Encore une fois, dans la plupart des cas il est difficile de lire l’avenir, et ça l’est encore plus dans un cas aussi important que celui de Dobbs. Cela dit, je ne vois pas comment Roberts pourrait obtenir 5 voix pour son approche “intermédiaire”, à moins qu’il ne parvienne à convaincre les trois libéraux de se rallier à une idée à laquelle ils sont tous fermement opposés. Il y a au moins quatre juges qui, à mon avis, abrogeront Roe et Casey. Barrett en ferait cinq. Sommes-nous face à une décision de 5-4 ?
Je vous laisse avec l’observation de l’analyste juridique de la National Review, Dan McLaughlin,
“Maintenant, nous attendons jusqu’à la fin juin, et bien sûr, nous espérons que rien n’arrivera aux juges dans cet intervalle. Mais il est difficile de voir comment les pro-vie pourraient être plus optimistes quant à la façon dont les plaidoiries ont été menées… Par le passé, dans bien des cas on nous a retiré le ballon juste avant de marquer le but, alors prenons tout cela avec du recul. Mais si on devait envisager que la Cour renverse finalement Roe, c’est à peu près cette plaidoirie que l’on aurait attendu.”
Prions pour que cesse l’abomination qu’ont été Roe et Casey. Les âmes de quelque 60 millions d’enfants à naître sacrifiés se joignent à nous dans la prière.
Le cléricalisme menace dangereusement toute la structure et les membres de l’Église : depuis le pape jusqu’aux laïcs
Le cardinal Sarah a été interrogé dans La Nef du mois de décembre. Extrait :
Vous écrivez à juste titre que l’on assiste à une « laïcisation » des clercs et à une « cléricalisation » des laïcs : pourriez-vous nous expliquer ce double mouvement en nous donnant quelques exemples ? Et comment remettre les choses à l’endroit ?
L’esprit du monde s’infiltre dans l’Église. Or l’esprit du monde est tissé de peur, de jalousie et de désir de domination. Dans l’Église, on a vu germer les rivalités et les luttes de pouvoir. J’en vois une des manifestations les plus terribles dans la rivalité entre les états de vie. Les clercs jalousent le caractère séculier des laïcs, ils les imitent servilement dans leur habillement, et renoncent à la soutane. Ils se mettent à vouloir investir l’action politique qui est le champ propre du laïcat. Beaucoup publient des textes, non pas sur la Parole de Dieu, mais sur la démocratie, la bonne gouvernance, la justice et la paix, sur l’écologie. Certains clercs refusent de se penser comme mis à part pour Dieu et l’Église. N’a-t-on pas vu récemment des prêtres revendiquer de siéger avec les laïcs dans la nef pendant la liturgie ?
De même, les laïcs jalousent les clercs. Ils veulent les imiter, présider les liturgies, gouverner les paroisses, prêcher durant la liturgie dominicale. Voilà maintenant que l’on encourage une vaine et inutile lutte de pouvoir entre femmes et hommes. Certaines femmes veulent être prêtres et les prêtres reculent devant leur paternité spirituelle. D’où vient tant de confusion ?
Je crois que l’on a introduit dans l’Église l’idée fausse et destructrice selon laquelle chaque charge, chaque état de vie est avant tout un pouvoir ou un droit. Dès lors, l’ensemble de la vie de l’Église est analysé en termes de lutte de pouvoir et de rapport de force. Cette structure de pensée héritée du marxisme a été popularisée à travers la French theory par les milieux universitaires américains. Selon cette herméneutique, toute société est fondamentalement un rapport de force et de domination. Les comportements ne sont dès lors plus que des luttes pour abolir ou préserver les structures de domination et de privilèges.
Il est temps que cesse cette lutte entre les états de vie ! Ils n’ont pas à se partager un pouvoir de domination ! Dans l’Église, les états de vie (clérical, religieux, laïc) sont appelés à la communion et non à la compétition. Pour collaborer chacun doit être à sa place. C’est un des grands enseignements de Vatican II.
Vous dénoncez vous aussi le « cléricalisme », mais pas dans le sens où on l’entend habituellement : quel est ce cléricalisme que vous dénoncez ?
Je crois que le cléricalisme est une attitude qui touche aussi bien les clercs que les laïcs. Il menace dangereusement toute la structure et les membres de l’Église : depuis le pape, en passant par les prêtres, jusqu’aux derniers des laïcs. Il se caractérise comme une lutte pour le pouvoir et la domination : les laïcs se « cléricalisent » pour ravir le supposé pouvoir des clercs. Ils réclament des « ministères », conçus comme des privilèges extérieurs. Le cléricalisme est une attitude qui transforme un état de vie, un ministère ou une charge en propriété privée et en marchepied pour un ego complexé. Le pape François nomme cela l’auto-référencialité. Alors que chaque état de vie est une forme spécifique de référence au mystère du Christ et d’identification à un aspect de ce mystère, le cléricalisme s’approprie les missions qu’elles confèrent et en fait un instrument de pouvoir.
Vatican II avait eu l’intention géniale et prophétique de mettre en lumière la complémentarité entre les états de vie et non pas leur concurrence ou leur rivalité agressive. Il faut relire Lumen gentium qui décrit les formes multiples d’exercice de la sainteté. La vocation propre des prêtres consiste à représenter sacramentellement le Christ-Pasteur au milieu de son peuple principalement par le don des sacrements, la prédication de l’Évangile, et le service de l’autorité mais aussi par toute leur vie. L’Église n’est pas un lieu de pouvoir mais de service. Je le redis : bien des laïcs sont plus compétents et mieux formés que les clercs en théologie ou en pastorale. Mais ils ne seront jamais capables de « tenir la place du Christ-Pasteur et d’agir en sa personne ».
Nous, Latins, respirons-nous vraiment à deux poumons? (Partie 2)
Du P. Daniel-Ange pour le Salon beige (voir la première partie de ce texte ici):
Concrètement, aujourd’hui, du côté orthodoxe, où en est-on ?
Au niveau de l’humble peuple de Dieu, qu’est-ce qui a vraiment changé ? En partie dû aux siècles de dhimmitude puis des décades de persécution communiste, il reste tant de préjugés, d’idées fixes, d’ignorance sur les « hérétiques latins », non dans la haute hiérarchie, mais dans le petit peuple !
Mais ici, voici qu’une brèche timidement s’ouvre. Devant, d’un côté, l’islamisation galopante de l’Europe occidentale, de l’autre, la sécularisation rampante de la société entrainant la paganisation fulgurante de la jeunesse, les instances orthodoxes sont saisies de vertige, et sentent l’urgence – sans attendre la pleine communion ecclésiale – d’œuvrer avec les catholiques, pour ne pas être submergés par ce tsunami , éradiqués par ce bulldozer, KO dans le duel apocalyptique entre l’homicide et le Prince de la Vie. Bref, calcinés par cette éruption volcanique.
Un fait frappant. J’ai reçu l’insigne grâce d’être invité par l’Higoumène de Simonos Petra, un des plus prestigieux des 20 monastères de l’Athos. Accueil plus que fraternel : royal ! L’Higoumène de réunir toute la sainte communauté en synaxe pour que je leur parle de quoi ? De notre école Jeunesse-Lumière. De même, dans un autre monastère de l’Athos et dans leurs metochia (dépendances) de moniales sur la côte, ainsi qu’avec l’évêque de Drama. Tous flashés par une école formant de jeunes apôtres pour leur propre génération. Pouvant donc aller dans boites de nuit et quartier de prostitution d’Athènes ou Salonique, rejoindre cette génération montante qui ne met plus les pieds à l’église, infectés qu’ils sont par nos virus mortels d’Occident.
Et voilà le projet d’une école similaire à l’ombre des quelques 200 moniales d’Ormylia, notre livre-de-vie déjà traduit, et les jeunes de Jeunesse-Lumière invités à y aller en stage. Cela, alors qu’en France si peu d’évêques semblent intéressés par cette formidable expérience d’une année ou deux, complètes, à se plonger en Dieu, puis à clamer l’Evangile dans collèges et lycées.
Cette ouverture quasi-miraculeuse rappelle le fait qu’à la veille de la chute de Constantinople, devant le danger imminent, Latins et Byzantins ont concélébrés la dernière divine liturgie dans la Hagia Sophia, comme me le rappelait naguère Mgr Kallistos Ware métropolite d’Oxford.
Concrètement, aujourd’hui, du côté Catholique, où en est-on ? Suggestions, propositions, aspirations encore à réaliser…
Bien sûr, prêtres et religieux ont leur bréviaire avec 50% des lectures patristiques tirées des Pères d’Orient, et ont à leur disposition les grandes collections des Sources chrétiennes et des Editions de Bellefontaine, comme celles de Chevetogne et de Bose. Il y a aussi les colloques théologiques, les rencontres sporadiques entre hiérarques, les gestes durant la semaine de prière pour l’unité, mais finalement dans le petit peuple de Dieu si peu est fait, pour connaitre nos frères des Saintes Eglises Orientales, collaborer avec eux, les fréquenter, les aimer surtout. (Un journaliste au Cardinal Schönborn de Vienne : « Que pensez-vous des Orthodoxes ? – Je n’en pense rien, je… les aime ! »)
Un fait stupéfiant : des séminaristes vivent sept ans de formation sans jamais qu’un prêtre ou évêque oriental – catholique ou orthodoxe – soit invité à y célébrer une divine liturgie! Alors que ces séminaires inter-diocésains sont dans de grandes villes qui toutes ont des paroisses de différentes juridictions orientales. Alors qu’au Concile Vatican II, chaque samedi était célébré une divine liturgie, un rite après l’autre, cela en séance plénière à S.Pierre ! Ceci à l’exception du séminaire interdiocésain d’Issy-les-Moulineaux en liens si étroits et fraternels avec le séminaire orthodoxe du patriarcat de Moscou, à Epinay-sous-Sénart (Chorale commune, fêtes célébrées ensemble) Cela grâce à Mgr Didier Berthet d’un côté, au P.Aleksandr Siniakov de l’autre.
Autre symptôme : dans combien de nos paroisses, même de nos monastères, entend-on parler des saints orthodoxes contemporains, ayant un tel rayonnement là-bas. Par exemple en Russie, l’Archevêque chirurgien Lukas Voïno-Yassenetski[1] : un P Aleksandr Men, martyr pour l’Unité et pour l’évangélisation.
En Grèce : Un Geronda Paissios de la Sainte Montagne, né au Ciel en 94, déjà canonisé : figure rayonnante, douée de charismes sans nombre (bilocation,lévitation,vision des âmes etc), aux nombreux écrits savoureux. Ou bien l’Higoumène qui a ressuscité Simonos Petra et fondé Ormylia : Aimilianos, mort récemment, aux homélies et conférences d’une indicible beauté (Déjà 6 volumes en français). Je m’en nourris.
En Serbie : l’évêque Vélimirovitch aux ardentes lettres missionnaires[2] ou le rayonnant starets Thaddée (+ 2003)[3].
En Égypte : le grand Matta-el-Maskin, sauveur du monastère du Deir el Makarios, (où j’ai été reçu avec tant de délicatesse). … Oui, comment pouvons-nous les ignorer à ce point ? Si proches qu’ils sont dans l’espace et le temps et surtout dans l’Esprit-Saint.
Le cher Père Boris Bobrinskoy – théologien, pasteur, staretz de première grandeur ( 1925-2020) – pensait que l’unité, par-delà les déchirures réelles, est toujours vivante dans la communion des saints . « Ainsi fait-il de la sainteté, comprise comme épanouissement des dons de l’Esprit, un aspect essentiel tant de la continuité de l’Église que de sa catholicité. Une sainteté qu’il n’hésite pas à reconnaitre hors des Églises Orthodoxes. Il regrettait que les Églises Orthodoxes en Europe de l’Ouest n’intègrent pas suffisamment dans leur calendrier liturgique les saints d’Occident et notamment ceux du IIe millénaire, commentant avec ironie :’Comme si en 1054, le souffle de l’Esprit s’était arrêté en Occident ». Cette sainteté librement répandue par l’Esprit dans l’ensemble du corps du Christ déchiré est en soi un ferment d’unité, puisqu’elle constitue un héritage et un trésor commun qu’il convient d’apprendre à découvrir et à partager1» N’avait-il pas dans son petit salon des photos de Mère Teresa, de Jean-Paul II, et de ce Père de Foucauld qu’il admirait tant[4] ?
Autres questions :
Dans combien de facs de théologi,e s’inspire-t-on des grands théologiens orthodoxes contemporains (Schmemann en liturgie, Bobrinskoy en dogmatique, Breck en Christologie, etc.)? Dans combien de noviciats et de séminaires se nourrit-on d’un Syméon le Nouveau Théologien, d’un Grégoire Palamas, d’un Nicolas Cabasilas, sans parler de la Philocalie? D’une innombrable richesse. Sans parler de la lumineuse lettre apostolique de Jean-Paul II : Orientale Lumen.
Le Cardinal Schönborn aime avouer que, dans la débâcle-sabordage de Mai 68, ce sont les grands théologiens de l’Institut S. Serge qui ont sauvé sa foi du naufrage généralisé. N’en serait-il pas de même aujourd’hui ?
Combien de prêtres en paroisse signalent-ils les différentes fêtes liurgiques, célébrées en Orient ? Au moins celles de la Théophanie, du dimanche de l’Orthodoxie. (En 2021, le 21 Mars)? Et pourquoi ne pourrions-nous pas célébrer quelques-uns de leurs grands saints (Un Serge de Radonège le 24 Sept ? Serafim Sarovski, Jean Cronstadtsky, Elisabeth Fedeorovna la nouvelle martyre, Innocent d’Alaska, etc. Jean-Paul II signalait parfois leurs fêtes à l’Angelus dominical). Les années où le cycle pascal se célèbre à d’autres dates, ou bien les fêtes avec le décalage-horaire de 13 jours pour certaines juridictions, combien de catholiques vont-ils dans les églises-orthodoxes ou greco-catholiques ne fût-ce qu’ à Pâques et Pentecôte – s’unir physiquement à la joie de leurs frères d’Orient ?
Combien de nos évêques à ces occasions manifestent-ils leur communion fraternelle à leurs différents métropolites ou exarques ? Combien manifestent leur compassion fraternelle lors d’événements infiniment douloureux comme le schisme Moscou- Constantinople, l’islamisation de Haghia Sophia, l’interdiction du gouvernement turc à sa Béatitude Bartholomaos de porter son titre de patriarche œcuménique. Ou les événements joyeux comme le Concile panorthodoxe de Crête (joie hélas voilée par les quatre patriarcats se désistant in extremis).
Combien d’entre nous vont en pèlerinage dans les nombreuses petites communautés monastiques orthodoxes constellant notre pays ?
Il faudrait que de nombreux monastères se jumellent avec ceux-ci ou avec des monastères en Russie, Ukraine, Serbie, Egypte, Grèce. (Sans pour autant avoir la vocation de Chevetogne ou Bose.) Simplement commencer par inviter de leurs moines, surtout de leurs higoumènes à faire un séjour, à donner homélies et cours, à célébrer dans leur rite. Combien le font déjà ? Combien de moniales ont-elles tissé des liens privilégiés avec celles de Minsk, de Drama, d’Ormylia (monastère S.Jean Baptiste), de Souroti sur la frontière bulgare,). Combien de nos communautés sont-elles abonnées à des revues orthodoxes (Contacts, etc…) ou consultent-ils des sites orthodoxes ?
Il faudrait que de nombreux séminaires, paroisses ou même diocèses proposent de tels jumelages, avec leurs équivalents en France où à l’étranger.
Plus simplement, dans toutes nos paroisses : prier régulièrement leurs différents hymnes Acathistes, vénérer leurs saintes icônes. Et surtout soigner davantage la célébration de notre rite romain : au moins tous les dimanches et fêtes : eau bénite, encensements,chant des oraisons, du saint Evangile, de la préface, des paroles consécratoires, si ce n’est de l’épiclèse et du supplices te rogamus. (Tout cela si rarement chanté même par des évêques !) Et pourquoi pas plus souvent la célébration ad Orientem comme proposé par Benoit XVI. Nos célébrations sont si souvent « rikiki ! ».Nous devrions en rougir devant nos frères d’Orient.
[1] Voir Anton Odaysky, L’exploit de toute une vie, Cerf 2007, synthétisé par Nektarios Antonopoulos, Ed Archontariki, Athènes, 2021.
On peut commander ces ouvrages au monastère de Solan, metochion de Simonos Petra : 3O33O La Bastide d’Engras
[2] (Des Syrtes Editions).
[3] Paix et joie dans le Saint Esprit, l’Age d’homme, Lausanne, 2010
[4] A.S Vivier-Muresan.L’horizon oecuménique dans la vie et l’œuvre du P.B.Bobrinskoy. In :Contacts. Revue française de l’Orthodoxie.Sept 2021.
C’est arrivé un 3 décembre…
“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum
Rappelons-nous :
- le 03 décembre 1154 : décès du pape Anastase IV.
- le 03 décembre 1368 : naissance de Charles VI.
Charles VI de France naît à Paris de l’union de Charles V et de Jeanne de Bourbon. Il a 11 ans quand il succède à son père, le 16 septembre 1380. Il est sacré à Reims selon l’antique coutume le 4 novembre 1380. Les habitants de la ville saluent le sacre par les cris de «Vive le roi de France ! Montjoie Saint Denis !» Mais le Roi étant mineur, ses puissants oncles, Louis d’Anjou, Jean de Berry, Louis de Bourbon et Philippe de Bourgogne, assurent la régence et en profitent pour dilapider les ressources du royaume et instaurer de nouveaux impôts pour leur profit personnel. Plusieurs révoltes comme celle des Maillotins secouent le pays. Il est sacré à Reims le 4 novembre 1380 (voir la chronique du jour).
En 1388, le Roi prend en main les affaires du royaume. Il chasse ses oncles prévaricateurs et rappelle les sages conseillers de son père, gens de modeste extraction que les princes surnomment avec mépris les «Marmousets». Le jeune Roi est alors appelé par ses sujets Charles VI le Bien-Aimé et le royaume entre dans une longue «embellie».
Charles VI règne sur le royaume de France jusqu’à son décès, le 21 octobre 1422. Ce règne, est l’un des plus longs de l’Histoire de France ; malheureusement il s’achève en 1422 dans la guerre civile avec la querelle entre les Armagnacs et les Bourguignons, la révolte des Cabochiens, la défaite d’Azincourt et l’humiliant traité de Troyes, qui déshérite le fils du Roi et d’Isabeau de Bavière au profit de l’héritier de la couronne d’Angleterre !
- le 03 décembre 1552 : mort de Saint François Xavier.
Issu de la noblesse de Navarre, François Xavier, naît en 1506 au château de Javier (ou Xavier). En pension au collège Sainte Barbe où il rencontre d’Ignace de Loyola, un Basque de Guipúzcoa. Ensemble, ils vont fonder l’ordre des Jésuites (ou Compagnie de Jésus) en 1534. L’ordre va jouer un grand rôle dans la rénovation de l’Église catholique après le schisme protestant.
Il a 46 ans. Reçu à Rome, par le pape en 1540, François Xavier part pour les Indes. Il veut évangéliser la Chine.
Ordonné prêtre, François Xavier est désigné pour convertir les peuples de l’Orient. De Goa (Inde) au Japon, il se montre jusqu’à sa mort, en 1556, un missionnaire infatigable. Sa foi et son ardeur lui valent de convertir en deux ans, de 1549 à 1551, des villages entiers. Trente ans après son passage, on compte 150.000 convertis et 200 églises, principalement autour de Nagasaki, sur l’île méridionale de Kyushu.
Il meurt d’épuisement sur l’île de Sancian, proche de Canton, à la veille d’entrer en Chine. Ses restes reposent à Goa, dans la basilique Bom Jesus (le Bon Jésus). Sa canonisation est prononcée en 1622, simultanément à celle d’Ignace de Loyola.
- le 03 décembre 1563 : affirmation de l’existence du Purgatoire.
Le Concile de Trente affirme l’existence du Purgatoire en tant que “Sainte doctrine.” Lieu de purification temporaire en attente du jugement dernier, le “purgatorium” est rejeté par les protestants.
- le 03 décembre 1702 : les armées françaises occupent Nancy.
- le 03 décembre 1792 : procès de Louis XVI.
Le procès du Roi s’ouvre devant la Convention. Prénommé dès son arrestation Louis Capet, il est défendu par Desèze, Malesherbes et Tronchet. Pendant ce procès, Louis XVI est déclaré “coupable de conspiration contre la liberté de la nation et d’attentats contre la sûreté générale de l’Etat”. Il est condamné à mort avec une faible majorité : une voix, celle de son cousin, Philippe l’Egalité, grand Maître de la franc-maçonnerie!
Robespierre déclare :
“Vous n’avez point une sentence à rendre pour ou contre un homme, mais une mesure de salut public à prendre, un acte de providence nationale à exercer (…) Louis doit mourir, parce qu’il faut que la patrie vive”.
La révolution maçonnique ne peut accepter que vive celui qui personnifie l’alliance de la France avec Dieu.
- le 03 décembre 1800 : les Autrichiens battus à Hohenlinden.
Les Autrichiens sont défaits à Hohenlinden, en Bavière, par l’armée du Rhin, sous le commandement de Moreau. Fort de sa victoire inattendue, le général poursuit son chemin vers Vienne. Pris de panique à la perspective de perdre sa capitale, l’empereur François II se résigne à négocier contre l’avis de ses alliés anglais. C’est la fin de la deuxième coalition…
- le 03 décembre 1805 : proclamation de lavictoire d’Austerlitz.
Napoléon dicte une proclamation : “Soldats, je suis content de vous… Vous avez décoré vos aigles d’une immortelle gloire… Mon peuple vous reverra avec joie et il vous suffira de dire “J’étais à la bataille d’Austerlitz” pour que l’on vous réponde : “Voila un brave !”.
- le 03 décembre 1808 : conquête de Madrid
L’armée française arrive aux portes de Madrid. Napoléon envoie un parlementaire au marquis de Castellare, lui annonçant que sans réponse de sa part, il va bombarder la ville.
- le 03 décembre 1810 : les Anglais prennent les îles françaises.
Suite à la victoire de Grand Port en août contre la France, les troupes du lieutenant-colonel Keating s’emparent des îles de la Réunion et de Maurice. Aux Antilles, la Guadeloupe est elle aussi occupée par les Britanniques. Après les guerres napoléoniennes, en 1815, la Réunion et la Guadeloupe sont rendues à la France; l’île Maurice reste anglaise.
- le 03 décembre 1877 :Cros demande à l’Académie des Sciences d’ouvrir et de lire en séance publique son pli décrivant le paléophone.
Cros veut ainsi apporter la preuve de sa découverte avant celle d’Edison
- le 03 décembre 1913 : la Grande Loge Unie d’Angleterre (UGLE) reconnait la Grande Loge Indépendante et Régulière pour la France et les Colonies Françaises [GLNF], lors d’une tenue au Freemason’s hall.
- le 03 décembre 1956 : la France et la Grande-Bretagne acceptent de retirer leurs troupes de Port-Saïd.
Absence de Philippe de Villiers à Villepinte : lâcheté, jalousie ou prudence ?
Tous les médias hostiles à Eric Zemmour répètent à l’infini que l’absence de Philippe de Villiers au meeting de Villepinte serait la preuve absolue du déclin de sa campagne. Pierre Robin livre son analyse dans l’Incorrect :
Philippe de Villiers ne se rendra pas au meeting de son « ami » Éric Zemmour au Zénith de Paris, début décembre. Le vicomte a motivé sa décision par la crainte qu’un « soutien trop affiché ne nuise à la réputation du parc du Puy du Fou ». On suppose que c’est la même préoccupation de type « entrepreneurial » qui était la raison du silence assourdissant de Philippe de Villiers dans l’entre-deux-tours de la dernière présidentielle.
Suivez mon panache blême ! C’est vrai que le Puy du Fou est une belle réussite économique et même, allez, métapolitique, et ce depuis longtemps.
Amusant néanmoins que celui qui scénographie à longueur de temps de preux chevaliers, de vaillants chouans et de courageux poilus soit si timide dans la vraie vie (politique). Au fait, ce n’est pas Philippe de Villiers qui appelait, il n’y a pas si longtemps (en mai ), les Français à l’« insurrection » ? Dans le genre « commencez sans moi j’arrive », c’est pas mal, et plus digne d’un personnage d’un film de Jean Yanne ou d’un sketch des Inconnus que d’un son et lumière sur Monsieur de Charette, je trouve.
C’est entendu : il était mille fois plus facile d’être Bayard au XVIe siècle qu’en ce début de troisième millénaire. N’empêche qu’il faut espérer qu’il y ait encore d’autres panaches blancs à suivre que celui, bien défraîchi, du vicomte (…)”
L’Express avance une autre explication à cette absence par avance remarquée :
“(…) Ceux qui le connaissent bien avancent une autre explication. Philippe de Villiers serait “jaloux comme un pou” de son ami, et surtout de ces sondages qui placent l’ancien journaliste au-dessus de la barre des 10%. En 1995, le Vendéen avait récolté 4,74% des suffrages à l’élection présidentielle et seulement 2,23% en 2007.”
D’une manière plus générale, on assiste à quelques lâchages du candidat Eric Zemmour par ceux qui l’adulaient il y a encore quelques mois ou qui l’avaient invité lourdement et avec insistance à se présenter comme Robert Ménard (qui était prêt à voter Xavier Bertrand au 2ème tour). En réalité ces lâchages n’ont que peu d’importance par rapport au phénomène politique en devenir. La droite “hors les murs” a enfin un candidat crédible avec un véritable potentiel électoral capable de réunir les différentes droites. Et certains font la fine bouche ?
Eric Tegnér (Livre Noir) pousse un coup de gueule sur son compte twitter et en apelle à l’esprit de responsabilité de la droite “hors les murs” :
Ça devient usant le truc du “l’entourage de Zemmour c’est des parisiens”. Ceux qui sont frustrés de n’avoir aucun rôle peuvent aussi se bouger le cul et avoir des idées originales au lieu de critiquer des soi-disant parisiens. Tellement facile le coup de critiquer l’entourage…alors que personne ne sait vraiment qui entoure qui d’ailleurs (…)
La droite dite hors les murs est un conglomérat de gens qui prônent la radicalité idéologique pour finir par se défausser le jour où quelqu’un cherche à les représenter. Ils sont tellement nostalgiques qu’ils seraient malheureux de gagner.
En plus ça fait 2 mois que Zemmour va dans toute la France. C’est juste débile de dire qu’il est tenu par une caste parisienne. Bref. À ce train là, je continue à parier sur Macron perso. Je pense que Macron sera réélu. Non pas parce que Zemmour, MLP ou autres ne sont pas à la hauteur. Mais parce que le camp conservateur est faible : il refuse de faire ce qu’il faut pour gagner. Se salir les mains. Se mouiller. Prendre son risque. Il est lâche. Mou. Soumis.
Notons que la presse relève que la liste Zou, qui avait récolté 19 500 voix en PACA aux régionales, ne soutient plus Eric Zemmour mais omet de mentionner que Jacques Bompard, ancien maire d’Orange, et son fils Yann, nouveau maire et conseiller départemental, se mettent à son service :
On donnera un coup de main si besoin. Une équipe et en train de se monter, très dynamique. Si il y a besoin de notre aide on sera ravi.
Ce n’est pas un question d’ambition c’est une question de survie (…) il y a des causes qui doivent être réglées au niveau de l’Etat. Et pour ça, à droite, il n’y a qu’un seul candidat qui est suffisamment courageux et franc pour relever le défi, pour redresser et pour apporter des solutions aux maux qui font souffrir la France. Et c’est Eric Zemmour“.
Charlotte d’Ornellas : La question de l’âme des Européens ne semble pas préoccuper le pape autant que celle de leur “égoïsme”
Charlotte d’Ornellas commentait ce soir, dans Face à l’Info, les nouvelles prises de position politiques du pape François pour l’accueil des immigrés clandestins en Europe (à partir de 27’40”):
L’ancien n°2 de l’Armée de Terre et l’ancien patron de la DGSE soutiennent et conseillent Eric Zemmour
Eric Zemmour n’est visiblement pas seul. On apprenait hier que Charles Millon s’apprête à le soutenir publiquement après avoir participé à plusieurs réunion de campagne. Europe 1 fait un sujet aujourd’hui sur les hauts-fonctionnaires et ambassadeurs en activité qui le conseillent, anonymement pour l’instant afin d’éviter les sanctions.
“On apprend également que le général Bertrand de la Chesnais, ancien Major Général de l’Armée de Terre (n°2 de l’Institution), et ancien candidat soutenu par le RN aux municipales à Carpentras, ainsi que l’ancien patron de la DGSE, Pierre Brochand, faisaient partie de ses équipes programmatiques :
Ils sont nombreux à travailler, dans l’ombre, sur le programme d’Éric Zemmour (…) A la tête de l’équipe (…) se trouve un homme : Jonathan Nadler, un banquier d’affaires. Ces derniers mois, il a mis en place 28 pôles thématiques qui sont autant de ministères potentiels : Éducation, Industrie, ou encore “Souveraineté juridique”. Avec pour mission de produire des notes, des analyses, et des propositions pour le candidat. Chaque pôle se compose de huit à 30 personnes.
Ce sont donc de nombreux contributeurs qui passent leurs soirées à plancher sur le programme d’Éric Zemmour. Le fonctionnement est bien rodé : les 28 chefs de pôles se réunissent en visio tous les dimanches soirs (…) Et il y a, dans chaque groupe, des membres des administrations publiques. Ils sont chargés de vérifier la faisabilité technique des propositions, avec l’objectif d’aboutir à des mesures concrètes.
Certains hauts fonctionnaires prennent des risques pour leurs carrières. Dans cette équipe qui travaille pour Éric Zemmour, il y a en effet des ambassadeurs en exercice et des diplomates soumis à un devoir de réserve très strict. Ils ne veulent pas que l’on connaisse leur nom pour ne pas être sanctionnés. D’autres contributeurs, eux, ne sont pas exposés parce qu’ils sont à la retraite.
C’est le cas du général de la Chesnais, général quatre étoiles et ancien numéro deux de l’armée de terre, ou de Pierre Brochand, ancien patron de la DGSE. Cette équipe a déjà produit des propositions concrètes : 75 à 80 depuis le début de la tournée littéraire d’Éric Zemmour.
Le programme complet du candidat sera rendu public début 2022.”
Michel Barnier et Xavier Bertrand éliminés de la primaire LR
Ainsi que Philippe Juvin.
C’est Eric Ciotti qui arrive en tête de la primaire LR, preuve de la droitisation de l’électorat LR, suivi de Valérie Pécresse.
Eric Ciotti, le député des Alpes-Maritimes, termine en tête au premier tour avec 25,58% devant Valérie Pécresse avec 25%. Ils se qualifient tous les deux pour le second tour.
Michel Barnier est troisième (23,93%), devant Xavier Bertrand (22,36%) et Philippe Juvin (3,13%).
Après un second tour vendredi et samedi, le nom du candidat sera annoncé samedi à 14 h 30.
Transition énergétique : le troisième choc pétrolier a commencé
Cette fois c’est probablement malheureusement la bonne. L’explosion des prix du gaz et les nombreuses tensions autour de cette énergie carbonée, jusqu’ici restée dans l’ombre du tout puissant pétrole, révèle que le délicat mix énergétique mondial, déjà en surchauffe, est au bord de l’explosion.
Jean-Baptiste Giraud est directeur de la rédaction d’EconomieMatin.fr, et auteur de « Dernière crise avant l’Apocalypse », paru le 16 septembre chez Ring. Le troisième choc énergétique fait l’objet de tout un chapitre de l’ouvrage, co-rédigé avec l’économiste et universitaire Jacques Bichot.
Depuis que la transition énergétique s’est invitée dans le débat politique, c’est toujours la même histoire. Le noir pétrole est systématiquement opposé à la lumineuse électricité, l’un devant céder sa place à l’autre pour sauver la planète, et fissa encore. Entre les deux, comme des cousins lointains dont on aurait honte, le gaz et le charbon sont priés de rester cachés derrière les nuages de vapeur ou de fumées noires des cheminées d’usines qu’ils alimentent.
Pourtant, dans le mix énergétique mondial, gaz et charbon occupent une place de choix. 25 % pour le premier, et 27 % pour le second. Autrement dit, plus de la moitié du total des énergies consommées dans le monde ! Mais on n’en parle pas ou très peu, du moins en France.
Pourquoi ?
TOUT LE MONDE CONFOND ENERGIE ET ELECTRICITE
Parce que chez nous, en France, l’électricité est d’abord nucléaire. 72,6 % d’après le dernier pointage du ministère de la Transition écologique, n’en déplaise aux verts de toutes les nuances, contre 8,6 % d’électricité produite avec du gaz, et un tout petit peu de charbon et de fuel.
Et à cause de cela, la plupart des intervenants dans les débats consacrés à la transition énergétique confondent justement énergie, et électricité. Et donc, ils opposent toujours le pétrole à l’électricité, comme si la seconde allait remplacer le premier. En France donc, mais aussi partout dans le monde !
C’est malheureusement totalement impossible, ce n’est même pas une utopie.
A l’instant où vous lisez ces lignes, la quasi-totalité de ce qui vole ou roule dans le monde utilise du pétrole, sous ses différentes formes raffinées. Le charbon et le gaz sont quant à eux omniprésents dans l’industrie, mais servent aussi à chauffer, à parité avec le fuel. Et l’électricité dans tout cela ? On pourrait caricaturer en disant qu’elle éclaire, anime les ascenseurs, les lave-linge, les réfrigérateurs et les data-centers. Et les box Internet. Les trains et les voitures électriques ne sont pas la norme, mais l’exception, toujours à l’échelle de la planète. Seuls les Français (un bon tiers) se chauffent à l’électricité, un accident (nucléaire) de l’histoire de l’énergie mondiale. Et une aberration totale, qui panique un peu plus les ingénieurs d’EDF tous les hivers, dès que la température s’installe sous zéro.
L’EXPLOSION DES PRIX DU GAZ, UN SIGNAL D’ALARME
Que nous dit en réalité l’explosion des prix du gaz, contre laquelle le gouvernement tout entier va se dresser pour préserver-le-pouvoir-d’achat-des-Français-? Non pas que cette ressource est devenue rare : elle est au contraire abondante. On parle en centaines d’années pour les réserves de gaz. Mais ce qui fait son prix, c’est l’impérieuse nécessité d’avoir stocké suffisamment de gaz pour passer l’hiver. Et quand tout le monde stocke et même sur-stocke en même temps, ça ne passe pas, ça casse.
La Chine a acheté deux fois plus de gaz cette année que l’an dernier, et pourtant, elle est obligée de couper l’éclairage urbain sur des pans entiers de son immense territoire, et de contraindre des milliers d’entreprises à ralentir ou arrêter leurs chaînes de fabrication, là encore en leur coupant l’électricité. Électricité produite, vous l’avez compris, essentiellement par du gaz, ou du charbon, qu’elle importe également en quantités astronomiques.
Si la Chine, la deuxième économie mondiale mais la première usine du monde, alors que l’hiver n’ a pas encore débuté, est déjà en manque d’énergie, cela signifie que l’humanité dans son ensemble va manquer en même temps d’énergie, au moment où les uns après les autres, les pays industrialisés frappés par la pandémie sortent de la crise sanitaire.
L’explosion des prix du gaz est donc un signal avancé des tensions à venir sur le pétrole, le charbon, et donc, bien évidemment, l’électricité. Quand on parle d’énergie, qui dit tension, dit hausse des prix, ou rationnement, ou les deux. C’est pour cela que l’on peut dire aujourd’hui : nous sommes probablement au seuil d’un troisième choc, mais cette fois, pas pétrolier, mais énergétique, car global.
Le pape accepte la renonciation de Mgr Aupetit
Le Saint-Père a accepté la renonciation de la charge pastorale de l’archidiocèse métropolitain de Paris présentée par S.E. Monseigneur Michel Aupetit et nommé parallèlement S.E. Mgr Georges Pontier Administrateur apostolique Sede vacante et ad nutum Sanctæ Sedis du même archidiocèse.
Nous, Latins, respirons-nous vraiment à deux poumons? (Partie 1)
Du P. Daniel-Ange pour le Salon beige:
Quelques événements d’actualité ecclésiale tournent nos yeux vers nos frères des saintes Églises Orientales. En premier lieu : le pèlerinage – très inattendu – du Pape François en Grèce et dans l’île de Chypre, deux terres éminemment, fondamentalement orthodoxes.
Récemment, le 7 septembre, le Patriarche œcuménique Bartholomeos Ier était présent sur le podium lors de la messe de clôture du Congrès eucharistique international à Budapest. Et, le 7 octobre, devant un groupe de théologiens orthodoxes et catholiques, il a encouragé à «cultiver une unité enrichie par les différences qui ne cède pas à la tentation d’une uniformité normalisatrice ».
Nous sommes encore tellement débranchés de la dimension orientale de l’Eglise[1]. Autant dans le domaine théologique, spirituel que liturgique. La grande déchirure (schisma) ou fracture au seuil du deuxième millénaire a eu des conséquences dramatiques, entrainant un terrible appauvrissement pour notre tradition occidentale, dont nous ne sommes pas encore remis. Notre Eglise, dans sa dimension latine, en demeure handicapée. Elle ne respire qu’à un seul poumon, c’est-à-dire qu’elle vivote, survit tant bien que mal. Mais elle ne peut que danser d’un pied, ne peut pas courir sans être vite à bout de souffle, encore moins monter en varappe sur une cime. Cela parce que, ne respirant qu’à un seul poumon, sa mission, sa créativité, son dynamisme en sont lourdement entravés.
Ces profondes blessures non encore cicatrisées
1. La fracture de 1054. Bien sûr, il y a eu la levée – mutuelle et simultanée – des excommunications en 1964, au Phanar comme à Saint-Pierre Pierre de Rome. Et l’agenouillement de S.Paul VI sur le sol de Sainte-Sophie. Mais qui le sait ?
- En 1204, le saccage et massacre sauvage de la cité – sainte entre toutes – de Constantinople, avec viol de Sainte-Sophie et vol des reliques, dont la plus sacrée de toutes : le saint linceul de Jésus. Bien sûr, le Pape avait excommunié les brigands et crié sa condamnation horrifiée, et S.Jean-Paul II demandé pardon à Athènes en 2000. Mais qui le sait ?
- En 1439, au Concile de Florence, l‘arrogance romaine a été hyper humiliante pour les Byzantins. Bien sûr, S.Paul VI a baisé les pieds du métropolite délégué du Patriarche de Constantinople, en pleine Sixtine. Mais, qui le sait ?
- En 1453, la chute dramatique de Constantinople et l’effondrement de l’empire chrétien d’Orient après 1400 ans d’existence et de rayonnement, sous les hordes djihadistes, suivi des siècles d’oppression et de persécution ottomanes. Cela, parce que, malgré leurs SOS dramatiques et les supplications du Pape, aucun pays d’Occident n’est venu à leur secours. Indifférence que notre silence devant Sainte-Sophie reconvertie en mosquée par Erdogan, a récemment douloureusement réveillée.
Ces quatre tragédies – que l’Occident relègue dans le passé – demeurent des blessures toujours vives et saignantes dans le peuple orthodoxe.
Bien sûr, le 5 janvier 1964 (toujours des dates avec 4 ! Y aura-t-il un événement majeur en 2024 ?), cette étreinte bouleversante entre Paul VI et le Patriarche Athénagoras sur le mont des Oliviers[2], suivie des visitations mutuelles chaque 30 novembre du Pape ou de ses légats à Constantinople, et chaque 29 juin, du Patriarche Œcuménique ou de ses délégués à Rome, toujours si fraternellement et chaleureusement reçus. Il en est résulté : les visitations de Jean-Paul II à chaque patriarcat (hormis Moscou: il faudra attendre la rencontre de Pape François et Patriarche Alexis à… La Havane !). Les fréquentes visitations de patriarches à Rome, les colloques théologiques annuels, etc.
Mais quel impact dans le peuple de Dieu en Orient ?
[1]Symptomatique, ce qui ne semble qu’un détail liturgique, entre tant d’autres : de la Transfiguration (6 août) et de la Croix glorieuse (14septembre) ne sont dans le rite latin même pas des solennités l’emportant sur le dimanche, alors, qu’en Orient, elles sont précédées des jours d’ « avant-fête » et suivies des « après-fêtes » avec, à la clé, « agrypnie » de toute la nuit.
[2] J’ai publié le texte intégral de leur dialogue confidentiel que la RAI a enregistré par mégarde – dans mon Paul VI, vol II, Un amour qui se donne, Ed. St Paul.
(à suivre)
Dans les cités de Marseille avec Stéphane Ravier
Marseille, le Pastis, le vieux-port, la culture, la cuisine, la pétanque… Oui, mais pas que. Parce que Marseille c’est aussi – malheureusement – le trafic de stupéfiants, un taux de délinquance ahurissant, des quartiers entièrement possédés par les délinquants, et une islamisation visible de certains territoires. Le sénateur (RN) Stéphane Ravier fait faire le tour de la ville, embarqués en voiture. Des images inédites de certaines zones et une tension palpable à certains moments.
Impact de la protéine spike du virus SARS-CoV-2 sur le système immunitaire adaptatif : autour de l’article de deux universitaires suédois
D’Esther Louis pour Le Salon beige.
Cet article utilise quelques termes techniques. Pour le lecteur qui souhaiterait se renseigner davantage sur ce sujet, des liens mènent vers les pages de définition des concepts clés. Ces pages correspondent à des articles et vidéos facilement compréhensibles pour le grand public.
Un article publié le 13 octobre 2021, par deux auteurs de l’université d’Umeå, Hui Jiang et Ya-Fang Mei [1], apporte un nouvel éclairage et une compréhension approfondie de l’impact du virus SARS-CoV-2 sur certains mécanismes du système immunitaire. Les conclusions de cette étude amènent également les auteurs à réfléchir sur de possibles effets secondaires de certains vaccins actuellement disponibles sur le marché. En effet, d’après les expériences menées, il semble que la protéine Spike (entière) puisse avoir un effet inhibant sur certains mécanismes de réparation de l’ADN (un système majeur de défense de l’organisme [2]).
Dans une introduction bibliographique, Jiang & Mei rappellent que des études précédentes ont montré qu’une infection au SARS-CoV-2 affectait le nombre et le fonctionnement des lymphocytes (cellules jouant un rôle majeur dans le système immunitaire [3]). De manière étonnante, des patients atteints d’une forme sévère de COVID-19 présentent un nombre total de lymphocytes T, lymphocytes T auxiliaires et lymphocytes T régulateurs plus faible que celui des patients atteints de formes plus légères. De plus, la COVID-19 retarde la montée des taux d’IgG et IgM [3], après l’apparition des premiers symptômes. Il semble donc que le SARS-CoV-2 affecte le système immunitaire adaptatif [3]. L’objectif de cette étude est alors de comprendre quels sont les mécanismes responsables de cet impact du virus.
Les auteurs poursuivent ensuite en rappelant que deux systèmes de défense majeurs de l’organisme sont le système immunitaire et le système de réparation de l’ADN, qui sont interdépendants, notamment lors du développement et de la maturation des lymphocytes. Le mécanisme de réparation de l’ADN NHEJ (jonction d’extrémités non homologues [2]) joue ainsi un rôle majeur permettant de créer par exemple une grande diversité de récepteurs des lymphocytes T (localisés sur la membrane des lymphocytes T et nécessaires à la reconnaissance des antigènes étrangers). Certains défauts au niveau de ce système de réparation NHEJ peuvent par exemple conduire à une immunodéficience, en inhibant la production de lymphocytes B et T.
Afin de déterminer si les protéines du SARS-CoV-2 piratent effectivement le système de réparation de l’ADN, les auteurs ont donc mené des expériences in vitro. Ces expériences conduisent aux conclusions suivantes. Comme observé dans d’autres études scientifiques, certaines protéines (Nsp1, Nsp5, Nsp9, Nsp13, Nsp14, and Nsp16) sont localisées dans le noyau des cellules hôtes. De manière étonnante, une abondance de protéines Spike a également été observée dans le noyau des cellules hôtes. Il est par ailleurs montré que certaines de ces protéines, dont la protéine Spike, ont un effet inhibant sur les mécanismes de réparation de l’ADN (en particulier mécanismes NHEJ et HR [2]). Or, comme expliqué plus haut, certains mécanismes de réparations de l’ADN (essentiellement le mécanisme NHEJ) sont essentiels à la recombinaison V(D)J, elle-même à la base de l’immunité via les lymphocytes B et T. A noter toutefois, que dans le cas des protéines Spike, cet effet a été observé uniquement pour des protéines entières. Mais à ce jour, beaucoup de vaccins contre le SARS-CoV-2, comme les vaccins à ARN ou à adénovirus ont été développés en utilisant les protéines Spike entières. Dans un souci de sécurité et d’efficacité, les auteurs suggèrent alors d’utiliser des épitopes (c’est-à-dire des parties de la protéine) préférentiellement à la protéine Spike entière.
Les auteurs soulignent également que, bien qu’il ne soit pas certain que le SARS-CoV-2 infecte directement les précurseurs lymphoïdes, certains articles ont montré que les cellules infectées produisent des exosomes, qui peuvent alors délivrer de l’ARN du SARS-CoV-2 ou des protéines à des cellules cibles.
Cette étude a donc montré comment une infection au SARS-CoV-2 peut conduire à un endommagement des mécanismes d’immunité adaptative de l’hôte. Cette étude a également indiqué de potentiels effets secondaires des vaccins développés en utilisant la protéine Spike entière.
[1] Jiang, H., & Mei, Y. F. (2021). SARS-CoV-2 Spike Impairs DNA Damage Repair and Inhibits V(D)J Recombination In Vitro. Viruses, 13(10), 2056. https://doi.org/10.3390/v13102056
[2] Présentation des différents mécanismes de réparation de l’ADN sur la vidéo TED-Ed suivante : https://ed.ted.com/lessons/what-happens-when-your-dna-is-damaged-monica-menesini, possibilité de choisir des sous-titres en français, dans les paramètres de la vidéo.
[3] Présentation et définition de l’immunité adaptative, ainsi que les lymphocytes et les anticorps (regarder en particulier IgG et IgM) : https://www.msdmanuals.com/fr/accueil/troubles-immunitaires/biologie-du-syst%C3%A8me-immunitaire/immunit%C3%A9-acquise#v778743_fr
Vers l’obligation vaccinale ?
Début novembre, la présidente de la Commission européenne, Ursula van der Leyen, et le directeur général de Pfizer, Albert Bourla, ont reçu le prix des « dirigeants distingués » du Conseil de l’Atlantique, à Washington, lors du gala du 60e anniversaire de cette organisation. C’était très touchant :

Hier, Ursula a déclaré, en réaction à la propagation du nouveau variant :
“Si vous regardez les chiffres, nous avons maintenant 77% des adultes de l’Union européenne vaccinés ou si vous prenez l’ensemble de la population, c’est 66%. Et cela signifie qu’un tiers de la population européenne n’est pas vacciné. Ce sont 150 millions de personnes (…) Donc je pense qu’il est compréhensible et approprié d’avoir cette discussion maintenant : comment pouvons-nous encourager et potentiellement penser à la vaccination obligatoire au sein de l’Union européenne ? Il faut en discuter, cela nécessite une approche commune, mais c’est une discussion qui, je pense, doit être menée.”
Le nouveau chancelier allemand Olaf Scholz a apporté son soutien à l’obligation vaccinale et a appelé à un vote parlementaire. La Grèce, quant à elle, impose une amende mensuelle de 100 euros aux personnes de plus de 60 ans qui ne sont pas vaccinées. En Autriche l’obligation est pour tout le monde. Selon l’avant-projet de loi sur la question, toute personne qui n’aura pas répondu à deux convocations pour se faire piquer devra payer une amende de 3600 €. Amende qui pourra ensuite monter jusqu’à 7200 €. Tous les six mois.
Pourtant, le dr Sucharit Bhakdi, professeur émérite de microbiologie médicale et d’immunologie, ancien président de l’Institut de microbiologie médicale et d’hygiène de l’université de Mayence en Allemagne, a souligné de son côté :
Ce que nous avons vu et ce dont nous sommes témoins actuellement, c’est ce que nous vous avions annoncé il y a près d’un an. Il n’existe pas de vaccin que vous mettez dans votre muscle et qui puisse vous protéger contre une infection des voies respiratoires. Un point, c’est tout.
Quiconque dit le contraire est ou bien ignorant, ou bien il ment. Malheureusement, 99,9 % des personnes qui disent cela sont ignorantes. Elles ne savent pas cela parce qu’elles ne l’ont jamais appris, elles ne l’ont jamais étudié, elles n’ont jamais fait de recherches. Et les 0,1 % qui le savent, soit ils sont achetés, soit ils sont criminels.
Ursula, achetée ?…
Du côté des Etats-Unis, le procureur général du Missouri, Eric Schmitt, avait mené une coalition de dix Etats contre l’obligation vaccinale des soignants décrétée par Jo Biden. Le juge fédéral Matthiew Schelp (nommé par Donald Trump) a rejeté ce dispositif vaccinal, non voté par le Congrès, comme contraire au fédéralisme et contraire aux « décisions médicales personnelles de millions d’Américains ». Les dix Etats concernés sont, outre le Missouri, le Nebraska, l’Arkansas, le Kansas, l’Iowa, le Wyoming, l’Alaska, les Dakota du Sud et du Nord et le New Hampshire.
Le ministre Djebbari : « E.Macron a un problème de comportement et ça commence à se voir »
Sur CNews, le 1er décembre 2021. Illustrations :

Erratum : nous présentons nos excuses à nos aimables lecteurs. Nous apprenons que M.Djebbari parlait de M.Zemmour.
Joséphine Baker : “Il faut croire en Dieu. Je crois, il n’y a pas de meilleure force. On dira ce que l’on voudra. Tous les soirs, je fais ma prière”
Au Panthéon repose désormais une femme qui croyait en Dieu et qui priait tous les soirs. Mais Emmanuel Macron a “oublié” de le dire dans son discours.
“Il faut croire en Dieu. Je crois, il n’y a pas de meilleure force. On dira ce que l’on voudra. Tous les soirs, je fais ma prière, une prière que j’imagine et que je chante sur un air de chanson.”
Dans Les mémoires de Joséphine Baker

Joséphine Baker est récupérée par les militants de l’antiracisme. Mais en 1975, Libération insultait Josephine Baker. Elle était accusée de réunir un public réac…

