Médecine : quand sortirons-nous de la pensée unique ?
Le père Pascal Ide, prêtre du diocèse de Paris et membre de la communauté de l’Emmanuel, docteur en médecine, en philosophie et en théologie, vient de publier un ouvrage sur Les médecines alternatives, des clés pour discerner.
Comment choisir une thérapie ? L’interrogation face aux médecines dites alternatives et complémentaires, douces ou traditionnelles est complexe tant il est difficile de s’y retrouver entre les avis tranchés qui émanent du corps médical, la prudence légitime des autorités religieuses et l’enthousiasme des heureux bénéficiaires, sans compter les informations glanées sur internet… Plutôt que de dresser une liste des bonnes et mauvaises thérapies, le père Pascal Ide offre des critères de discernement en se demandant : ces médecines sont-elles compatibles avec la méthode scientifique ? avec la foi ? avec l’enseignement du Magistère ? Favorisent-elles une influence démoniaque ?
Revenant sur les polémiques autour de la pandémie de Covid et des façons médicales de résoudre le problème, l’auteur écrit :
Sans rentrer dans le détail des polémiques, comment ne pas s’étonner de ce que la norme sanitaire, qui participe du modèle conventionnel, ne soit pas équilibrée par d’autres normes tout aussi importantes, d’ordre humain, psychologique, relationnel, qui, elles, relèvent du modèle alternatif ? Quand sortirons-nous de la pensée unique. Quand, surtout, aurons-nous ce modèle intégrateur dont notre médecine a tant besoin ?
Et plus loin, l’auteur s’inquiète de la multiplication des mesures coercitives :
Que l’on songe au Patriot Act mis en place par les Etats-Unis le lendemain du 11 septembre 2001. Nous ne saurions donc sous-estimer le risque de dérive autoritarisme, d’autant que ce soupçon est aujourd’hui lui-même soupçonné par l’utilisation de deux néologismes qui sont devenus aussi infamants que le terme révisionnisme : complotisme ou conspirationnisme. Mais nous souhaitons plutôt attirer l’attention sur l’attitude du citoyen qui favorise cette mainmise étatique et cette mise en tutelle de nos libertés les plus fondamentales : les gouvernements autoritaires (et cela peut aussi valoir à l’échelle moindre d’une communauté chrétienne !) ne disposent en grande partie que du pouvoir que nous leur donnons ; et en grande partie aussi, le pouvoir que nous leur accordons n’est que celui que nous accordons à nos peurs…
Saint Augustin : “Sans la loi, qu’est-ce que l’État sinon une bande de brigands ?”
Un livre met en lumière l’intense activité législative du Pape François, avec tous les problèmes qui y sont liés, et notamment l’interprétation des lois publiées sans avoir été réellement travaillées, le Conseil pontifical pour les textes législatifs ayant été systématiquement écarté. Le droit canonique a-t-il atteint sa course finale ?
Deux aspects, en particulier, sont à souligner pour comprendre la lettre et l’esprit de cette étude approfondie. D’abord la passion de l’auteur, Geraldina Boni, pour le droit et la justice, manifestations d’une passion plus profonde pour la personne, pour l’Église et pour le Christ. Deuxièmement, sa compétence juridique au niveau international : une qualité pour laquelle elle compte parmi les « consulteurs » du Conseil pontifical pour les textes législatifs.
De plus, comme l’auteur le déclare elle-même, « ce livre est né et s’est développé pas à pas également grâce à une comparaison continue avec le professeur Giuseppe Dalla Torre : comme tous mes écrits, mais celui-ci en particulier, en attendant la délicatesse de nombreux sujets traités » (p.12). En effet, le regretté prof. Dalla Torre, professeur de l’auteur depuis 1989, a été unanimement reconnu comme un collaborateur compétent, équilibré et fidèle du Saint-Siège, c’est pourquoi son encadrement est une garantie unique quant à la nature scientifique et à la finalité de ce travail.
L’enquête de Boni sur la législation canonique récente, pour en vérifier la validité et les questions critiques, en particulier en ce qui concerne les droits fondamentaux des fidèles dans tous les domaines – de la vie sacramentelle à la vie pénale et consacrée – a été menée avec beaucoup d’enthousiasme. En même temps « avec cette fidélité au magistère et au successeur de Pierre sur la chaire romaine qui ne s’oppose pas à la liberté de la recherche scientifique et peut en effet s’y conjuguer fructueusement : en effet, le munus de la recherche est d’aspirer à un diaconat aussi rentable que possible » (P. 9).
Le volume comprend quatre chapitres. La première rappelle l’histoire – faite, comme toutes les réalités de ce monde, d’ombres et de lumières – du Conseil des textes législatifs. Dans le deuxième chapitre, l’auteur saisit, paradoxalement, précisément à partir du constat de l’utilisation de plus en plus réduite de ce département ces dernières années, l’envie d’exiger sa plus grande valorisation afin d’atteindre concrètement le salus animarum. Dans le troisième chapitre, il est précisé que ce dicastère trouve son sens avant tout dans l’aide apportée au Pontife romain en tant que législateur suprême, mais aussi dans l’assistance aux autres dicastères de la Curie romaine. Dans le quatrième chapitre – significativement intitulé “Pour un statut du dicastère” promoteur, garant et interprète du droit de l’Eglise”. La vocation du droit canonique “- l’auteur présente une série de propositions intéressantes, concrètes et pleines de bon sens et d’amour pour l’Église et pour son droit, qui a pour cœur battant l’equitas canonique, la miséricorde.
Boni déclare :
« Je ne me lasserai jamais de proclamer, contre les dénigrants ou les adeptes d’un positivisme juridique de retour, que le ius Ecclesiae n’est pas une superstructure vexatoire glacée, ce n’est pas un monstrum légaliste. Et la formulation technique sans faille des règles n’est pas un nominalisme noyé, l’exhibition ou, pire, l’asservissement à un jargon ésotérique, occulte et élitiste : mais une défense de la justice qui, avec recta ratio, doit être transfusée et doit en briller. […]. De même, il faut réagir avec dédain à la déformation des paroles du Pape François par ceux qui opposeraient – vraiment, et incroyablement, pour la énième fois – de manière schizophrène la pastorale à la loi, la caritas à la justice » (p. 272).
Ce livre est un texte sur lequel, d’une manière particulière, tout juriste-canoniste doit réfléchir, afin de retrouver l’originalité du droit canonique, surmontant ainsi la tentation actuelle de la soumission à des principes, qui lui sont étrangers, d'”auto-suppression” , qui annulent une tradition fructueuse de deux mille ans, qui a aussi beaucoup donné au droit séculier.
L’administration Biden va dépenser 5 millions d’euros pour répandre la contraception et l’avortement dans le monde
Lu sur IFN :
“La secrétaire d’État adjointe Wendy R. Sherman a rencontré aujourd’hui à Washington la directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), le Dr Natalia Kanem. La secrétaire adjointe Sherman et le Dr Kanem ont discuté de la manière dont l’émancipation des femmes et des filles, notamment la promotion de la santé et des droits sexuels et reproductifs, favorise les droits de l’homme, l’égalité des sexes et la santé mondiale, ainsi que de l’importance de la prévention des agressions et des violences sexuelles. Le secrétaire adjoint Sherman a ensuite annoncé une contribution initiale de 5 millions de dollars des États-Unis d’Amérique aux fournitures de l’UNFPA, qui contribuera à garantir que des systèmes contraceptifs modernes et des médicaments vitaux pour la santé maternelle atteignent les femmes et les adolescentes qui ont besoin de planification familiale et de naissances sans risque, dans les pays touchés par des urgences humanitaires”.
Cette annonce, faite en des termes “attribuables au porte-parole, Ned Price”, est apparue le 1er novembre sur le site web du département d’État, organe politique et institutionnel parfois et dans certains dossiers plus influent que la Maison Blanche elle-même.
En d’autres termes, l’émancipation des femmes et des adolescents passe par la contraception et l’avortement, qui sont des droits humains inaliénables (“la santé et les droits sexuels et reproductifs […] font progresser[…] les droits humains“). Ainsi, le pays le plus puissant du monde a décidé de détourner 5 millions de dollars des poches des contribuables américains, donc des besoins du peuple américain pour répandre la contraception et l’avortement dans le monde. En d’autres termes, la solution de l’administration Biden et du FNUAP pour faire face aux urgences humanitaires est de prendre des vies innocentes et d’empêcher qu’il y en ait davantage, au nom d’une nécessité indispensable qu’ils appellent un“besoin“.
En réalité, la liturgie traditionnelle exprime la lex orandi du rite romain par chaque geste et chaque phrase
Voici une traduction de la Lettre ouverte du théologien dominicain P. Wojciech Gołaski : « Je dois témoigner du trésor des saints rites de l’Église ». Cette lettre ouverte au Pape François a été composée en polonais, puis publiée en anglais par Rorate Caeli. Ce dominicain témoigne de la joie qu’il a connu quand il a découvert la messe traditionnelle il y a 16 ans. Il dénonce ensuite Traditionis custodes, qui montre une conception hégélienne de l’Eglise, et annonce enfin rejoindre la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. Traduction :
Fr. Wojciech Gołaski O.P.
Jamna, le 17 août 2021
Sa Sainteté le Pape François
Domus Sanctae Marthae
Le saint-siège
Cité du Vatican
À l’attention de:
Rév. Général Maître de l’Ordre, Gerard Francisco Timoner III OP
Rév. Provincial de la Province de Pologne, Paweł Kozacki OP
IL. Évêque du diocèse de Tarnów, Andrzej Jeż
Rév. Supérieur de la Maison de Jamna, Andrzej Chlewicki OP
Frères et Sœurs de l’Ordre
Rév. Supérieur du District Polonais de la Fraternité Saint-Pie X, Karl Stehlin FSSPX
Omnes quos res tangit
Très Saint-Père,
Je suis né il y a 57 ans et j’ai rejoint l’Ordre Dominicain il y a 35 ans. J’ai prononcé mes vœux perpétuels il y a 29 ans et je suis prêtre depuis 28 ans. Je n’avais que de vagues souvenirs de ma petite enfance de la Sainte Messe dans sa forme antérieure aux réformes de 1970. Seize ans après mon ordination, deux amis laïcs (inconnus l’un de l’autre) me pressèrent d’apprendre à célébrer la Sainte Messe dans sa forme traditionnelle. former. Je les ai écoutés.
Cela a été un choc pour moi. J’ai découvert que la Sainte Messe dans sa forme classique :
– dirige toute l’attention du prêtre et des fidèles vers le Mystère,
– exprime, avec une grande précision de paroles et de gestes, la foi de l’Église dans ce qui se passe ici et maintenant sur l’autel,
– renforce, avec une puissance égale à sa précision, la foi du célébrant et du peuple,
– ne conduit ni prêtre ni fidèle vers aucune invention ou créativité de leur propre chef pendant la liturgie,
– les place, bien au contraire, sur un chemin de silence et de contemplation,
– offre par le nombre et la nature de ses gestes la possibilité d’actes incessants de piété et d’amour envers Dieu,
– unit le prêtre et les fidèles, en les plaçant du même côté de l’autel et en les tournant dans le même sens : contre Crucem, contre Deum.
Je me suis dit : c’est donc ça la Sainte Messe ! Et moi, prêtre de 16 ans, je ne le savais pas ! C’était un eurêka puissant, une découverte, après laquelle mon idée de la messe ne pouvait pas rester la même.
Dès le début, il m’avait frappé que ce rite est à l’opposé du stéréotype. Au lieu de formalisme, libre expression de l’âme devant Dieu. Au lieu de frigidité, la ferveur du culte divin. Au lieu de la distance, la proximité. Au lieu de l’étrangeté, l’intimité. Au lieu de rigidité, la sécurité. Au lieu de la passivité des laïcs, leur lien profond et vivant avec le mystère (c’est à travers les laïcs, après tout, que j’ai été conduit à la messe traditionnelle). Au lieu d’un gouffre entre prêtre et fidèles, une étroite union spirituelle entre tous les présents, protégée et exprimée par le silence du Canon. En faisant cette découverte, il m’est apparu clairement : cette forme même est notre pont vers les générations qui ont vécu avant nous et ont transmis la foi. Ma joie dans cette unité ecclésiale qui transcende tous les temps était immense.
Dès le début, j’ai expérimenté la puissante force d’attraction spirituelle de la messe dans sa forme traditionnelle. Ce n’étaient pas les signes en eux-mêmes qui m’attiraient, mais leur signification, que l’âme sait lire. La seule pensée de la prochaine célébration me remplissait de joie. J’ai cherché toutes les occasions de célébrer avec empressement et nostalgie. Très vite, une certitude complète a mûri en moi, que si je ne célébrais la messe (ainsi que tous les sacrements et cérémonies) que sous sa forme traditionnelle jusqu’à la fin de mes jours, je ne manquerais pas du tout la forme post-conciliaire.
Si quelqu’un m’avait demandé d’exprimer d’un seul mot mes sentiments sur la célébration traditionnelle dans le cadre du rite réformé, j’aurais répondu « soulagement ». Car c’était bien un soulagement, d’une profondeur indescriptible. C’était comme celui de quelqu’un qui, ayant marché toute sa vie dans des chaussures avec un caillou dedans qui frotte et irrite ses pieds, mais qui n’a aucune autre expérience de la marche, se voit offrir, 16 ans plus tard, une paire de chaussures sans caillou et les mots : « Ici », « Mettez-les », « essayez-les ! » Non seulement j’ai redécouvert la Sainte Messe, mais aussi la différence étonnante entre les deux formes : celle qui était en usage depuis des siècles et celle post-conciliaire. Je n’avais pas connu cette différence parce que je n’avais pas connu la forme antérieure. Je ne peux comparer ma rencontre avec la liturgie traditionnelle à une rencontre avec quelqu’un qui m’a adopté et qui est devenu mon parent adoptif. C’était une rencontre avec une Mère qui a toujours été ma Mère, pourtant je ne l’avais pas connue.
J’étais accompagné dans tout cela de la bénédiction des Souverains Pontifes. Ils avaient enseigné que le missel de 1962 « n’avait jamais été légalement abrogé et restait donc, en principe, toujours autorisé », ajoutant que « ce qui avait été sacré pour les générations précédentes restait sacré et grand aussi pour nous, et ne pouvait soudainement devenir complètement interdit. ni même considérée comme nuisible. Il nous appartient à tous de préserver les richesses qui se sont développées par la foi et la prière de l’Église et de leur donner toute leur place » (Benoît XVI, Lettre aux évêques, 2007). On enseignait aussi aux fidèles : « En raison de son usage vénérable et ancien, la forma extraordinaria doit être maintenue avec l’honneur qui lui est dû » ; il a été décrit comme « un trésor précieux à préserver » (Instruction Universae Ecclesiae, 2011). Ces paroles font suite à des documents antérieurs qui ont permis aux fidèles d’utiliser la liturgie traditionnelle après les réformes de 1970, le premier étant le Quattuor abhinc annos de 1984. Le fondement et la source de tous ces documents reste la Bulle de saint Pie V, Quo primum temporaire (1570).
Saint-Père, si, sans oublier le document solennel du Pape Pie V, nous prenons en considération le laps de temps couvrant les déclarations de vos prédécesseurs immédiats, nous avons une durée de 37 ans, de 1984 à 2021, pendant lesquels l’Église a dit au fidèles, concernant la liturgie traditionnelle, et toujours plus fortement : « Il y a un tel chemin. Vous pouvez marcher tout le long.
J’ai donc pris le chemin que m’offrait l’Église.
Celui qui emprunte ce chemin, celui qui veut que ce rite, qui est le vase de la Présence divine et de l’Oblation divine, porte du fruit dans sa propre vie, doit s’ouvrir entièrement pour se confier et confier les autres à Dieu, présent et agissant en nous par le vase de ce saint rite. C’est ce que j’ai fait, en toute confiance.
Puis vint le 16 juillet 2021.
De vos documents, Saint-Père, j’ai appris que le chemin sur lequel je marchais depuis 12 ans avait cessé d’exister.
Nous avons des affirmations de deux papes. Sa Sainteté Benoît XVI avait dit que le Missel romain promulgué par saint Pie V « doit être considéré comme l’expression extraordinaire de la lex orandi de l’Église catholique de rite romain ». Pourtant, Sa Sainteté le Pape François dit que « les livres liturgiques promulgués par les Papes saint Paul VI et saint Jean-Paul II (…) sont la seule expression de la lex orandi du rite romain ». L’affirmation du successeur nie ainsi celle de son prédécesseur encore vivant.
Une certaine manière de célébrer la Messe, confirmée par la Tradition immémoriale et séculaire, reconnue par chaque Pape, y compris vous-même, Saint-Père, jusqu’au 16 juillet 2021, et sanctifiée par sa pratique depuis tant de siècles, peut-elle soudainement cesser d’être la lex orandi du rite romain ? Si tel était le cas, cela signifierait qu’une telle caractéristique n’est pas intrinsèque au rite mais est un attribut extérieur, soumis aux décisions de ceux qui occupent des postes de haute autorité. En réalité, la liturgie traditionnelle exprime la lex orandi du rite romain par chaque geste et chaque phrase et par l’ensemble qu’elles composent. Il est garanti aussi d’exprimer cette lex orandi, comme l’Église l’a toujours soutenu, en raison de son usage ininterrompu, depuis des temps immémoriaux. Nous devons conclure que la première affirmation papale [de Benoît] a des fondements solides et est vraie et que la seconde [de François] est sans fondement et est fausse. Mais bien qu’il soit faux, il est néanmoins doté d’un pouvoir de loi. Cela a des conséquences sur lesquelles j’écrirai ci-dessous.
Les concessions concernant l’utilisation du Missel de 1962 ont désormais un caractère différent des précédentes. Il ne s’agit plus de répondre à l’amour avec lequel les fidèles adhèrent à la forme traditionnelle, mais de donner aux fidèles le temps — combien de temps, on ne nous dit pas — pour « revenir » à la liturgie réformée. Les paroles du Motu Proprio et de votre Lettre aux Evêques montrent bien que la décision a été prise, et est déjà mise en œuvre, de retirer la liturgie traditionnelle de la vie de l’Eglise et de la jeter dans l’abîme de l’oubli : elle ne peut pas être utilisé dans les églises paroissiales, de nouveaux groupes ne doivent pas être formés, Rome doit être consultée si de nouveaux prêtres doivent le dire. Les évêques sont bien désormais Traditionis Custodes, « gardiens de la Tradition », mais pas au sens de gardiens qui la protègent, mais au sens de gardiens d’une prison.
Permettez-moi d’exprimer ma conviction que cela n’arrivera pas et que l’opération échouera. Quels sont les motifs de cette condamnation ? Une analyse minutieuse des deux Lettres du 16 juillet expose quatre composantes : l’hégélianisme, le nominalisme, la croyance en la toute-puissance du Pape et la responsabilité collective. Chacun est un élément essentiel de votre message et aucun d’entre eux ne peut être reconcilié au dépôt de la foi catholique. Ne pouvant se réconcilier avec la foi, ils ne s’y intégreront ni en théorie ni en pratique. Examinons chacun d’eux à tour de rôle.
1) L’hégélianisme. Le terme est conventionnel : il ne signifie pas littéralement le système du philosophe allemand Hegel, mais quelque chose qui dérive de ce système, à savoir la compréhension de l’histoire comme un processus bon, rationnel et inévitable de changements continus. Cette façon de penser a une longue histoire, depuis Héraclite et Plotin, jusqu’à Joachim de Fiore, jusqu’à Hegel, Marx et leurs héritiers modernes. La particularité de cette approche est de découper l’histoire en phases, de telle sorte que le début de chaque nouvelle phase se conjugue à la fin de la précédente. Les tentatives pour « baptiser » l’hégélianisme ne sont rien d’autre que des tentatives pour doter ces phases historiques supposées de l’autorité du Saint-Esprit. On suppose que le Saint-Esprit communique à la génération suivante quelque chose dont il n’a pas parlé à la précédente, ou même qu’il communique quelque chose qui contredit ce qu’il a dit auparavant. Dans ce dernier cas, nous devons accepter l’une des trois choses suivantes : soit dans certaines phases l’Église n’a pas obéi au Saint-Esprit, soit le Saint-Esprit est sujet au changement, soit il porte en lui des contradictions.
Une autre conséquence de cette vision du monde est un changement dans la façon dont nous comprenons l’Église et la Tradition. L’Église n’est plus vue comme une communauté unissant les fidèles en transcendant le temps, comme le veut la foi catholique, mais comme un ensemble de groupes appartenant aux différentes phases. Ces groupes n’ont plus de langue commune : nos ancêtres n’avaient pas accès à ce que le Saint-Esprit nous dit aujourd’hui. La tradition elle-même n’est plus un message continuellement étudié ; elle consiste plutôt à recevoir encore et encore des choses nouvelles de l’Esprit Saint. On en vient alors à entendre plutôt, comme dans Votre Lettre aux Evêques, Saint-Père, parler de « la dynamique de la Tradition », souvent avec une application à des événements particuliers. Un exemple en est lorsque vous écrivez que la « dernière étape de cette dynamique est le Concile Vatican II, au cours duquel les évêques catholiques se sont réunis pour écouter et discerner la voie montrée à l’Église par l’Esprit Saint ». Ce raisonnement implique qu’une nouvelle phase requiert de nouvelles formes liturgiques, car les anciennes étaient adaptées à l’étape précédente, qui est terminée. Puisque cette séquence d’étapes est sanctionnée par le Saint-Esprit, à travers le Concile, ceux qui s’accrochent aux anciennes formes malgré l’accès aux nouvelles s’opposent au Saint-Esprit.
De telles vues, cependant, sont contraires à la foi. L’Écriture sainte, norme de la foi catholique, ne fournit aucune base pour une telle compréhension de l’histoire. Au contraire, il nous enseigne une compréhension tout à fait différente. Le roi Josias, ayant appris la découverte de l’ancien livre de la Loi, ordonna que la célébration de la Pâque se déroule conformément à celui-ci, malgré une interruption d’un demi-siècle (2 R 22-23). De la même manière, Esdras et Néhémie à leur retour de la captivité babylonienne ont célébré la Fête des Tabernacles avec tout le peuple, strictement selon les anciens registres de la Loi, malgré plusieurs décennies après la célébration précédente (Neh 8). Dans chaque cas, les anciens documents de la loi ont été utilisés pour renouveler le culte divin après une période de troubles. Personne n’a exigé un changement dans le rituel au motif que des temps nouveaux étaient arrivés.
2) Le nominalisme. Alors que l’hégélianisme influence notre compréhension de l’histoire, le nominalisme affecte notre compréhension de l’unité. Le nominalisme implique que l’introduction de l’unité extérieure (au moyen d’une décision administrative descendante) équivaut à atteindre une unité réelle. En effet, le nominalisme abolit la réalité spirituelle en cherchant à la saisir et à la régler par des mesures matérielles. Vous écrivez, Saint-Père, que : “C’est pour défendre l’unité du Corps du Christ que je suis contraint de retirer la faculté accordée par mes prédécesseurs.” Mais pour atteindre ce but, la véritable unité, vos prédécesseurs ont pris la décision inverse, et non sans raison. Quand on comprend que la vraie unité comprend quelque chose de spirituel et d’intérieur, et diffère ainsi de la simple unité extérieure, on ne la cherche plus simplement par l’uniformité des signes extérieurs. On n’obtient pas ainsi la vraie unité, mais plutôt l’appauvrissement, et le contraire de l’unité : la division.
L’unité ne résulte pas du retrait des facultés, de la révocation du consentement et de l’imposition de limitations. Le roi Roboam de Juda, avant de décider comment traiter les Israélites, qui souhaitaient qu’il améliore leur sort, consulta deux groupes de conseillers. Les plus âgés préconisaient la clémence et l’allégement des charges du peuple : l’âge, dans l’Ecriture Sainte, symbolise souvent la maturité. Les jeunes, contemporains du roi, recommandent d’alourdir leurs fardeaux et d’employer des mots durs : la jeunesse, dans l’Écriture, symbolise souvent l’immaturité. Le roi suivit les conseils des jeunes. Cela n’a pas réussi à apporter l’unité entre Juda et Israël. Au contraire, il a commencé la division du pays en deux royaumes (1 R 12). Notre Seigneur a guéri cette division par la douceur, sachant que le manque de cette vertu avait causé la scission.
Avant la Pentecôte, les apôtres évaluaient l’unité selon des critères externes. Cette approche a été corrigée par le Sauveur lui-même, qui, en réponse aux paroles de saint Jean : « Maître, nous avons vu un homme chasser les mauvais esprits en ton nom, et nous ne l’avons pas laissé faire, car il n’était pas un de nous », répondit « Qu’il le fasse, car celui qui n’est pas contre vous est avec vous » (Lc 9,49-50, cf. Mt 9,38-41). Saint-Père, tu as eu plusieurs centaines de milliers de fidèles qui « n’étaient pas contre » toi. Et vous avez tant fait pour leur rendre les choses difficiles ! N’aurait-il pas été préférable de suivre les paroles du Sauveur indiquant un fondement spirituel plus profond de l’unité ? L’hégélianisme et le nominalisme deviennent fréquemment des alliés, puisque la compréhension matérialiste de l’histoire conduit à la conviction que chaque étape doit irrévocablement se terminer.
3) La croyance en la toute-puissance du Pape. Lorsque le pape Benoît XVI a accordé une plus grande liberté à l’utilisation de la forme classique de la liturgie, il a fait référence à une coutume et à un usus séculaires. Ceux-ci ont fourni une base solide à sa détermination. La décision de Votre Sainteté n’est basée sur aucun de ces fondements. Au contraire, elle révoque quelque chose qui existe et dure depuis très longtemps. Vous écrivez, Saint-Père, que vous trouvez un appui dans les décisions de saint Pie V, mais il a appliqué des critères qui sont exactement à l’opposé des vôtres. Selon lui, ce qui avait existé et avait duré des siècles continuerait sans être perturbé ; seul ce qui était plus récent était abrogé. La seule base qui reste à votre décision est donc la volonté d’une personne dotée de l’autorité papale. Cette autorité, si grande soit-elle, peut-elle empêcher les anciennes coutumes liturgiques d’être l’expression de la lex orandi de l’Église romaine ? Saint Thomas d’Aquin se demande si Dieu peut faire que quelque chose qui a existé n’ait jamais existé. La réponse est non, car la contradiction ne fait pas partie de la toute-puissance de Dieu (Summa Theologiae, p. I, qu. 25, art. 4). De la même manière, l’autorité papale ne peut pas faire que les rituels traditionnels qui ont exprimé la foi de l’Église (lex credendi) pendant des siècles, soudain, un jour, n’expriment plus la loi de la prière de la même Église (lex orandi). Le Pape peut prendre des décisions, mais pas celles qui violent une unité qui s’étend au passé et à l’avenir, bien au-delà de la durée de son pontificat. Le Pape est au service d’une unité plus grande que sa propre autorité. Car c’est une unité donnée par Dieu et non d’origine humaine. C’est donc l’unité qui prime sur l’autorité, et non l’autorité sur l’unité.
4) Responsabilité collective. Indiquant les motifs de votre décision, Saint-Père, vous faites des allégations diverses et graves contre ceux qui exercent les facultés reconnues par le Pape Benoît XVI. Il n’est toutefois pas précisé qui commet ces abus, ni où, ni en quel nombre. Il n’y a que les mots “souvent” et “beaucoup”. On ne sait même pas s’il s’agit d’une majorité. Probablement pas. Pourtant pas une majorité, mais tous ceux qui font usage des facultés précitées ont été touchés par une sanction pénale draconienne. Ils ont été privés de leur chemin spirituel, soit immédiatement, soit à un moment futur indéterminé. Il y a certainement des gens qui abusent des couteaux. Faut-il donc interdire la production et la distribution de couteaux ? Votre décision, Saint-Père, est bien plus grave que ne le serait l’absurdité hypothétique d’une interdiction universelle de fabriquer des couteaux.
Saint-Père : pourquoi faites-vous cela ? Pourquoi avez-vous attaqué la sainte pratique de l’ancienne forme de célébration du Très Saint Sacrifice de Notre-Seigneur ? Les abus commis sous d’autres formes, si répandus ou universels qu’ils soient, ne mènent à rien au-delà des mots, à des déclarations exprimées en termes généraux. Mais comment enseigner avec autorité que « la disparition d’une culture peut être tout aussi grave, voire plus grave, que la disparition d’une espèce végétale ou animale » (Laudato si 145), puis quelques années plus tard, avec un seul acte, voue-t-il à l’extinction une grande partie du patrimoine spirituel et culturel de l’Église ? Pourquoi les règles de « l’écologie profonde » formulées par vous ne s’appliquent-elles pas dans ce cas ? Pourquoi ne vous êtes-vous pas plutôt demandé si le nombre sans cesse croissant de fidèles assistant à la liturgie traditionnelle pouvait être un signe de l’Esprit Saint ? Vous n’avez pas suivi les conseils de Gamaliel (Actes 5). Au lieu de cela, vous les avez frappés d’une interdiction qui n’avait même pas de vacatio legis.
Le Seigneur Dieu, le modèle pour les dirigeants terrestres et, en premier lieu, pour les autorités ecclésiastiques, n’utilise pas sa puissance de cette manière. L’Ecriture Sainte parle ainsi à Dieu : « Car ta puissance est le commencement de la justice : et parce que tu es le Seigneur de tous, tu te fais grâce envers tous (…) : toi qui disposes de la force, tu juges avec indulgence, tu nous gouvernes avec beaucoup de ménagement, car tu n’as qu’à vouloir pour exercer ta puissance. » (Sg 12, 16-18). Le vrai pouvoir n’a pas besoin de se prouver par la dureté. Et la dureté n’est un attribut d’aucune autorité qui suit le modèle divin. Notre Sauveur lui-même nous a laissé un enseignement précis et fiable à ce sujet (Mt 20, 24-28). Non seulement le tapis a été tiré, pour ainsi dire, sous les pieds des gens qui marchaient vers Dieu ; on a tenté de les priver du sol même sur lequel ils marchent. Cette tentative n’aboutira pas. Rien de ce qui est en conflit avec le catholicisme ne sera accepté dans l’Église de Dieu.
Saint-Père, il est impossible d’expérimenter la terre sous ses pieds pendant 12 ans et d’affirmer soudain qu’elle n’est plus là. Il est impossible de conclure que ma propre Mère, retrouvée après de longues années, n’est pas ma Mère. L’autorité papale est immense. Mais même cette autorité ne peut pas faire cesser ma Mère d’être ma Mère ! Une seule vie ne peut supporter deux ruptures mutuellement exclusives, dont l’une ouvre un trésor, tandis que l’autre prétend que ce trésor doit être abandonné parce que sa valeur a expiré. Si j’acceptais ces contradictions, je ne pourrais plus avoir de vie intellectuelle, ni donc de vie spirituelle non plus. De deux déclarations contradictoires, toute affirmation, vraie ou fausse, peut être faite pour suivre. Cela signifie la fin de la pensée rationnelle, la fin de toute notion de réalité, la fin de la communication efficace de n’importe quoi à n’importe qui. Mais toutes ces choses sont des éléments fondamentaux de la vie humaine en général, et de la vie dominicaine en particulier.
Je n’ai aucun doute sur ma vocation. Je suis fermement résolu à continuer ma vie et mon service au sein de l’Ordre de Saint Dominique. Mais pour cela, je dois être capable de raisonner correctement et logiquement. Après le 16 juillet 2021 cela ne m’est plus possible au sein des structures existantes. Je vois en toute clarté que le trésor des saints rites de l’Église, le sol sous les pieds de ceux qui les pratiquent, et la mère de leur piété, continue d’exister. Il est devenu également clair pour moi que je dois en témoigner.
Il ne me reste plus d’autre choix que de me tourner vers ceux qui, dès le début des changements radicaux (des changements, notons-le, qui dépassent de loin la volonté du Concile Vatican II) ont défendu la Tradition de l’Église, ensemble avec le respect de l’Église pour les exigences de la raison, et qui continuent à transmettre aux fidèles le dépôt immuable de la foi catholique : la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X. La FSSPX s’est montrée prête à m’accueillir, dans le plein respect de mon identité dominicaine. Cela me donne non seulement une vie au service de Dieu et de l’Église, un service qui n’est pas entravé par des contradictions, mais aussi une occasion de m’opposer à ces contradictions qui sont un ennemi de la Vérité et qui ont attaqué si vigoureusement l’Église.
Il y a un état de controverse entre la FSSPX et les structures officielles de l’Église. Il s’agit d’un différend interne au sein de l’Église, et il concerne des questions de grande importance. Les documents et les décisions du 16 juillet ont fait converger ma position sur ce sujet avec celle de la FSSPX. Comme pour tout litige important, celui-ci aussi doit être résolu. Je suis déterminé à consacrer mes efforts à cette fin. J’ai l’intention que cette lettre fasse partie de cet effort. Les moyens employés ne peuvent être qu’un humble respect de la Vérité et de la douceur, tous deux issus d’une source surnaturelle. Ainsi, nous pouvons espérer la solution de la controverse et la reconstruction d’une unité qui embrassera non seulement ceux qui vivent maintenant, mais aussi toutes les générations, passées et futures.
Je vous remercie de l’attention que vous avez accordée à mes paroles et vous prie, Très Saint-Père, de votre bénédiction apostolique.
Avec une dévotion filiale en Christ,
Voler un enfant à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Enfance
Lu sur IFN :
Le 4 septembre 2021, les médias sociaux étaient en ébullition avec la photo de deux hommes assis côte à côte et se souriant l’un à l’autre, chacun berçant un nourrisson dans ses bras. C’était le secrétaire aux transports Pete Buttigieg et son mari, Chasten, tenant dans leurs bras leurs jumeaux récemment adoptés. Le fait que le film ait été largement applaudi ne changeait rien au fait qu’il manquait quelque chose d’essentiel, tout comme dans le célèbre conte de Hans Christian Andersen “Les habits neufs de l’empereur”. Comme le résume Wikipedia,
Deux escrocs arrivent dans la capitale d’un empereur qui dépense sans compter en vêtements au détriment des affaires de l’État. Se faisant passer pour des tisserands, ils lui proposent de lui fournir des vêtements magnifiques mais invisibles pour les personnes stupides ou incompétentes. L’empereur les engage, ils installent des métiers à tisser et se mettent au travail. Une succession de fonctionnaires, puis l’empereur lui-même leur rendent visite pour vérifier leurs progrès. Chacun voit que les métiers à tisser sont vides mais fait semblant de voir quelque chose pour ne pas être pris pour un idiot. Enfin, les tisserands rapportent que le costume de l’empereur est terminé. Ils miment son habillage et il part en procession devant toute la ville. Les habitants de la ville acceptent sans broncher de faire semblant, ne voulant pas paraître ineptes ou stupides, jusqu’à ce qu’un enfant s’exclame que l’empereur ne porte rien du tout. Le peuple se rend alors compte que tout le monde a été trompé. Bien que surpris, l’empereur continue la procession, marchant plus fièrement que jamais.
Pour ceux qui se laissent séduire par l’image de deux hommes se souriant l’un l’autre tout en privant deux enfants sans défense d’une mère, la voix de Katy Faust est comme la voix de l’enfant dans le conte d’Andersen. Privée de père pendant les années où elle a été élevée par deux “mères” lesbiennes, Katy a fait part de son expérience dans une lettre ouverte adressée au président de la Cour Suprême, M. Kennedy, alors que la Cour Suprême délibérait dans l’affaire Obergefell.
C’est très difficile de parler de ce sujet, car j’aime ma mère, comme la plupart d’entre nous, enfants de parents gays. Nous aimons aussi leur(s) partenaire(s). Vous n’entendez pas beaucoup parler de nous car pour les médias, il est impossible que nous puissions à la fois aimer notre ou nos parents homosexuels et nous opposer au mariage homosexuel. Beaucoup sont d’avis que je ne devrais pas exister. Mais j’existe, et je ne suis pas la seule…. Ce débat, au fond, porte sur une seule chose. Il s’agit d’enfants….
Lorsque deux adultes qui ne peuvent pas procréer veulent élever des enfants ensemble, d’où viennent ces bébés ? Chaque enfant est conçu par une mère et un père auxquels cet enfant a un droit naturel. Lorsqu’un enfant est placé dans un foyer dirigé par une personne du même sexe, il est privé d’au moins une relation parentale essentielle et d’une influence bisexuelle vitale. La nature de l’union des adultes le garantit. Que ce soit par l’adoption, le divorce ou la reproduction par un tiers, les adultes dans ce scénario satisfont les désirs de leur cœur, tandis que l’enfant supporte le coût le plus important : la perte d’un ou plusieurs de ses parents biologiques…..
Maintenant que je suis parent, je vois clairement les belles différences que mon mari et moi apportons à notre famille. Je vois la plénitude et la santé que mes enfants reçoivent parce que leurs deux parents vivent avec eux et les aiment. Je vois combien le rôle de leur père est important et combien je suis irremplaçable en tant que mère. Nous jouons des rôles complémentaires dans leurs vies, et aucun de nous n’est jetable. En fait, nous sommes tous deux irremplaçables. C’est presque comme si Mère Nature avait tout compris à cette histoire de reproduction.
La conclusion de Katy fait écho à ce que les Nations Unies ont déclaré dans leur rapport de 1989. Convention relative aux droits de l’enfant: ” l’enfant, pour l’épanouissement complet et harmonieux de sa personnalité, doit grandir dans le milieu familial, dans un climat de bonheur, d’amour et de compréhension “, la famille étant ” l’élément fondamental de la ]\/.’iété et l’élément de base de la société “. environnement naturel pour la croissance et le bien-être de tous ses membres et en particulier des enfants” (soulignement ajouté).
Auparavant, dans sa Déclaration des Droits de l’Enfant de 1959, l’ONU avait également souligné que “l’enfant, pour l’épanouissement complet et harmonieux de sa personnalité, a besoin d’amour et de compréhension. Il doit autant que possible, grandir sous la garde et la responsabilité de ses parents”.
Ces documents fondamentaux des Nations Unies, à trois décennies d’intervalle, ont tous deux été approuvés par l’Assemblée Générale le 20 novembre, date également désignée par les Nations Unies comme la Journée Mondiale de l’Enfance. C’est un rappel sobre que, comme le souligne la Déclaration des Droits de l’Enfant, “l’humanité doit à l’enfant ce qu’elle a de meilleur à offrir”.
Mais comment appelez-vous cela lorsque des adultes omettent sciemment de le faire en plaçant un enfant avec des parents de même sexe ? Notre collègue australien, le Dr David van Gend, appelle cela “voler un enfant”. Dans son livre incisif du même titre, van Gend mentionne le terrible avertissement de G. K. Chesterton concernant l’irremplaçabilité d’une mère et d’un père : “Ce triangle du père, de la mère et de l’enfant, ne peut être détruit ; il ne peut que détruire les civilisations qui le méconnaissent.”
Nous demandons instamment que cette Journée Mondiale de l’Enfance soit l’occasion de prendre une résolution et de s’engager à nouveau à cesser de voler les enfants et à donner à chacun ce que l’humanité a de mieux à offrir : la possibilité d’être élevé par une mère et un père. Chaque enfant en a besoin – et notre civilisation en dépend.
Grand remplacement : la parole aux remplaçants
« Le Grand Remplacement » : ce concept indique qu’il existe en France et plus largement en Europe un processus de substitution des populations de souches par des peuples d’Afrique, et notamment du Maghreb. Un bouleversement démographique, donc. De l’ultra-gauche à une large partie de la droite, beaucoup contestent la véracité de ce phénomène.
Livre Noir est allé poser directement la question au coeur des cités, aux habitants de Trappes, à la cité des 3 000 à Aulnay-sous-Bois, à Saint-Denis et Barbès, pour connaitre l’opinion des habitants à ce sujet.
Pologne : “L’indépendance n’est pas à vendre”
Chaque année le 11 novembre de nombreux Polonais participent à la “Marche de l’Indépendance”, marquant l’anniversaire de la résurrection de la Pologne. Le maire « libéral » de Varsovie a réussi à faire interdire la manifestation par la justice. Alors le gouvernement a décrété que c’était une « manifestation d’Etat »…
« Dieu, honneur, patrie » a donc une fois de plus retenti dans les rues de Varsovie, et le mot d’ordre cette année était, face aux chantages de Bruxelles, « L’indépendance n’est pas à vendre ».

Wiecie jak wygląda 150000 osób?
Dokładnie tak!!!
Jest moc!!! 😮#MarszNiepodleglosci #MarszNiepodległości2021 #MarszNiepodległości#ŚwietoNiepodległości pic.twitter.com/Z1RYoMDfM7— Patryk Osowski (@Patryk_Osowski) November 11, 2021
Les chiffres ne mentent pas…mais les hommes politiques oui
Témoignage suisse publié sur Breizh-info :
Hier j’ai amené mon fils de 8 ans à son tournoi de basket à 55km de chez nous. En entrant dans la salle, un monsieur m’a demandé mon certificat covid. Je lui ai dit que je n’en avais pas. Il m’a répondu que je ne pouvais pas entrer. Pendant que je disais à mon fils d’attendre et de regarder s’il trouvait ses entraineurs ou ses coéquipiers, je sentais le regard suspicieux de celui qui m’avait refusé l’entrée. Cette sensation extrêmement humiliante de passer pour un dangereux pestiféré, je l’ai encore en travers de la gorge ce matin. Et tout se bouscule dans mon esprit…
Je repense au conseiller d’Etat valaisan, Mathias Reynard (qui habite mon village, que j’apprécie et avec lequel j’ai déjà discuté brièvement par le passé), qui déclarait il y a dix jours sur le plateau de l’émission Infrarouge, lors du débat sur la votation du 28 novembre (sur la modification de la loi Covid-19), que « 95% des hospitalisés sont des non-vaccinés ». Ce pourcentage choc, prononcé sur la principale chaîne de Suisse-Romande (RTS), rappelle ceux du gouvernement français cet été (« 8 français sur 10 hospitalisés sont des non-vaccinés »). « Les chiffres ne mentent pas » disait leur campagne. Et ils ont raison, les chiffres ne mentent pas…mais les hommes politiques oui. Dans le cas français ces chiffres ont été récemment corrigés et il ne s’agissait finalement que de 6 français sur 10. Dans le cas suisse, je n’ai pas encore trouvé de journaliste pour rectifier les propos tenus devant une grande audience. Alors que les chiffres sont consultables sur le site de l’OFSP (Office fédéral de la santé publique), et ils indiquent que sur les 7 derniers jours, la part des non-vaccinés dans les hospitalisations est de 54%. Bien loin des 95% annoncés et servant d’argument pour la votation décisive qui approche. Pour la petite histoire, et comme nous sommes dans les chiffres, les non-vaccinés représentent en Suisses ces 7 derniers jours 29% des décès (54% pour les vaccinés double-dose, 2% pour les vaccinés une dose et 15% de statut vaccinal inconnu). Alors bien entendu, plus la part des vaccinés dans la population augmente, plus il conviendrait d’aller au fond des choses et d’analyser les chiffres afin d’avoir une idée plus précise de l’efficacité du vaccin. Mais à travers ces deux exemples, je démontre simplement que des chiffres erronés (et on ne parle pas de quelques pourcents) peuvent être avancés par des personnes à qui l’ont est censés faire confiance.
Une partie des médias et des politiciens n’hésite plus à taxer de « complotiste » et d’ « anti-vaxx » quiconque s’interroge, soulève certains points ou s’étonne du traitement de l’information. Ainsi, le débat est immédiatement stoppé et la (les) personne(s) concernée(s) sont décrédibilisée(s). Si une partie de la population a perdu confiance dans les discours officiels ou dans les médias, ce n’est pas sans raison.
Au début de l’année 2020, alors que le pangolin était désigné comme le point de départ de ce virus en Chine, certains se sont demandé si l’origine n’était pas le laboratoire de Wuhan qui manipulait des coronavirus. « Complotistes » ! Et pourtant, deux ans après cette thèse n’est plus écartée – même par les voix officielles – et de nombreuses zones d’ombre demeurent.
En mars 2020, le ministre français de la santé, Olivier Véran, déclarait : « J’insiste, l’usage du masque en population générale n’est pas recommandé et n’est pas utile. Si vous n’êtes pas malade ou qu’un médecin ne vous le recommande, il ne faut pas en porter. ». Comment voulez-vous qu’ensuite la population puisse avoir confiance dans un ministre qui a rendu ce masque obligatoire ?
Restez chez vous…voire en France « vous ne pouvez sortir qu’une heure par jour avec une attestation ». Alors que le virus se propage beaucoup en milieu fermé au sein d’un foyer. Alors que le fait d’être en bonne santé, et donc notamment avoir une activité sportive, vous rend bien plus résistant aux virus.
Lorsqu’au journal télévisé de 19h30 de la RTS, Frédéric Beigbeder – invité – met en avant l’impact des confinements sur la santé mentale, le présentateur rétorque « alors quoi ? il ne fallait rien faire, comme en Amérique du Sud, avec les chiffres que l’on connait. ». Une fois encore, qui se renseigne un tant soit peu sait que des mesures, parfois très restrictives, ont été prises sur ce continent.
Hippocrate à la trappe
Pas un jour ne se passe sans chiffres sur le Covid-19. Quand les hospitalisations et les décès sont très bas, ce sont les cas qui sont mis en avant. Quand un pays comme la Suède décide de suivre une stratégie moins restrictive que ses voisins, on agite des taux à court terme, puis des mois après on ne vient pas (ou peu) analyser avec du recul l’épidémie dans ce pays. Quand l’Inde subit un pic au printemps, on a le droit à un déluge d’images parfois insoutenables et des discours apocalyptiques. L’accent est mis sur le fait que cela démontre que leur stratégie de prévenir/soigner avec un médicament (l’ivermectine) ne fonctionne pas. Quelques mois plus tard, personne là encore pour analyser leurs courbes à ce jour très « plates » (cas/hospitalisations/décès). On vit dans l’instant, le court terme, on annonce le chiffre du jour le plus inquiétant, on cumule les chiffres et on ne remet plus les compteurs à zéro chaque année, on passe de pays en pays et forcément on trouve chaque jour de quoi maintenir sous pression et justifier des mesures restrictives.
Et si on parlait vaccin et traitement ? Dans cette pandémie, le serment d’Hippocrate est passé à la trappe. Les autorités de pays comme la France et la Suisse ont tout simplement interdit ou découragé tout traitement lié à ce virus. Un des plus brillants spécialiste des maladies infectieuses du monde a été traité de charlatan et accusé de promouvoir un traitement inefficace et dangereux. Là encore, en se renseignant, on est loin du tableau sombre dressé par les médias et les autorités. Dans le même temps, on nous a imposé un vaccin à ARN Messager, présenté comme efficace à 95% et sûr et surtout comme étant « la seule et unique solution pour vaincre le virus ». Aujourd’hui on se rend compte que ce vaccin est assez comparable à un traitement, dans le sens où il évite de moins en moins la transmission et où il protège plutôt bien (notamment à court terme) des formes graves pour les personnes à risque. Mais alors que les témoignages d’effets secondaires graves se multiplient, et où en discutant autour de soi on se rend compte qu’ils ne sont pas si rares et bénins, et qu’on serait en droit légitime de s’interroger sur son utilité pour les personnes n’ayant pas de facteurs de comorbidités, on est finalement en train d’assister à une pression accrue sur la vaccination (étendue aux enfants, 3ème dose pour tous à terme, etc.). Comment ne pas être sceptique quand on voit comment on a interdit aux médecins de traiter leurs patients (alors que ce sont eux les mieux placés pour savoir comment les soigner) et comment on déroule le tapis rouge à un vaccin ? Comment ne pas douter de l’intégrité des autorités quand on voit que quand c’est Pfizer qui lance un nouveau traitement (« pilule efficace à 89% contre les formes graves ») dont le coût est conséquent, il y a tout d’un coup beaucoup moins de voix qui s’élèvent que lorsqu’il s’agit de traitements existants depuis des dizaines d’années et qui coûtent nettement moins ?
Est-ce insensé de se dire que les enjeux financiers sont colossaux et que comme c’est le cas lors de l’attribution de grandes compétitions internationales (jeux olympiques, coupe du monde de football, etc.) la corruption ne peut pas être écartée, le risque de conflits d’intérêts existe tout comme l’intervention des lobbyistes ?
Est-ce déraisonnable de dire que certains hommes politiques exerçant de grandes responsabilités sont avant tout motivés par le pouvoir (plus que l’argent), et que cette pandémie a placé dans leurs mains un pouvoir gigantesque (sentiment tout-puissant de pouvoir « sauver le monde ») et qu’ils auront du mal à y renoncer ?
Se poser des questions, un crime ?
Est-il naïf de se demander, étant donné que le Covid-19 est dangereux pour les personnes présentant des facteurs de comorbidités (obésité, diabète, problèmes cardiaques, cancer, etc.), s’il n’aurait-il pas été, et ne serait-il pas plus utile et rationnel de concentrer tous les efforts sur cette catégorie de la population ? En mettant en avant les moyens de booster leur système immunitaire (vitamine D, activité sportive, bonne alimentation, etc.), en leur proposant un vaccin tout en leur expliquant les risques et les bénéfices pour eux, et en les traitant dès l’apparition de symptômes. Plutôt que de continuer dans cette stratégie de pays comme la France et la Suisse, à restreindre et tout miser sur le vaccin (observez les chiffres de Singapour, pays l’un des plus vaccinés au monde et qui vient de connaitre une « vague » comme on l’appelle) ?
Est-il anormal de s’interroger l’apparition ces derniers temps d’une surmortalité hors-covid, allant jusqu’à +30%, dans certains pays (Etats-Unis, Israël, Ecosse, etc.) ?
Est-il surprenant pour un citoyen de constater que des politiciens qui déclarent « il n’y a pas d’argent magique » à une infirmière française demandant plus de moyens pour l’hôpital, ou que « l’économie du pays sera mise en difficulté » au peuple suisse devant se prononcer sur une initiative sur les aides aux familles les moins aisées ; disent désormais « quoiqu’il en coûte » et prennent des mesures telles que les générations futures devront se serrer la ceinture en raison d’un endettement ayant explosé ?
N’est-il pas temps d’arrêter de dresser les gens les uns contre les autres ? De repousser sans cesse les limites, en se demandant même s’il faut soigner les non-vaccinés atteints du Covid ? Alors que soit dit en passant, personne n’a jamais remis en cause la prise en charge des fumeurs en cas d’hospitalisation (7 millions de morts par an dans le monde lié au tabac).
Hier, alors que j’étais en parfaite santé, je n’ai pas été autorisé à voir mon fils marquer ses premiers paniers en tournoi. Alors qu’un parent vacciné, mais présentant des débuts de symptômes d’une maladie, aurait quant à lui pu voir son enfant jouer. Où est la logique ? Le « pass sanitaire », en plus d’être discriminatoire, n’a pas démontré de réelle efficacité si l’on observe les courbes des pays l’appliquant, des pays l’ayant stoppé et des pays n’y ayant jamais eu recours. Sans oublier que le fait d’avoir un test sérologique démontrant qu’on a eu le virus et que notre corps possède les anticorps, n’est même pas intégré au pass soi-disant « sanitaire ».
J’invite du fond du cœur chaque citoyen à s’informer, à faire le tri des informations, à observer les courbes des différents pays du globe, à relativiser certains chiffres en les comparant avec ceux des autres causes de mortalité, à réfléchir par soi-même, et à décider librement de chaque choix qu’il fera à l’avenir. Ne culpabilisez pas de vous poser des questions, comme on voudrait vous le faire croire, c’est votre droit et c’est même sain.
La vaccination des enfants
Après “tous vaccinés”, puis “l’affaire astrazeneca”, Armel Joubert des Ouches a réalisé un documentaire sur la vaccination des mineurs contre la Covid. Jamais la question du rapport bénéfice-risque n’est posée lorsque l’on évoque la vaccination des mineurs. Jamais les drames directement liés à la vaccination d’enfants ne sont relayés par les grands médias. Le journaliste indépendant Armel Joubert des Ouches est parti à la rencontre de proches de victimes et de professionnels de santé. Ils témoignent face caméra. En raison des risques professionnels qu’ils encourent, certains spécialistes ont choisi de ne pas apparaitre à l’image.
C’est arrivé un 11 novembre…
“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum
Rappelons-nous :
- le 11 novembre 397 : mise en terre de saint Martin à Cande; 1600 ans de vénération
Saint Martin de Tours est vénéré depuis 16 siècles dans nos régions. Près de 4.000 églises lui sont dédiées en France, soit l’équivalent du nombre des églises dans tous les autres pays ! Et pas loin de 450 en Belgique dont plus de 250, rien qu’en Wallonie, sans compter les multiples chapelles.
Il s’éteint à l’âge de 81 ans en 397, à Cande. Sa dépouille est ramenée au cimetière gallo-romain situé à l’ouest de la cité de Tours, et enterrée le 11 novembre. Il devient très vite le premier saint non martyr vénéré en occident.
Son corps fait l’objet d’une extraordinaire dévotion à tel point que l’évêque Perpetus fait construire un grand sanctuaire. A une première chapelle succède une première basilique que visiteront les Rois mérovingiens.
C’est sous le signe de Saint Martin et Saint Hilaire que Clovis place sa victoire de 507. Saint Martin devient le patron des Francs. Et il l’est toujours.
Les Rois de France Capétiens se déclarent “abbés laïcs de St Martin de Tours”, c’est à dire protecteurs officiels du sanctuaire.
Sa chape est attestée dès 678 dans le trésor royal de France et portée comme talisman dans les batailles (Chape; cape, d’où provient le mot chapelle) sa couleur donnera, selon certains auteurs, le bleu au drapeau de la France.
Un capitulaire de Charlemagne spécifie en 810-813 que St Martin fait partie des fêtes d’obligation et les pèlerinages à son tombeau se succèdent.
Ce qui suit est tiré du blog : sur les pas des saints :
http://surlespasdessaints.over-blog.com/
Lisons le récit de l’Eglise, qui s’étend avec complaisance sur les derniers moments de son illustre fils, vraiment dignes en effet d’être admirés par tous.
«Martin était né à Sabarie en Pannonie. Comme il atteignait sa dixième année, il courut malgré ses parents à l’Eglise et s’y fit inscrire parmi les catéchumènes. Parti à quinze ans pour l’armée, il servit sous Constance d’abord et ensuite sous Julien. Un jour qu’à Amiens, un pauvre mendiant nu lui demandait l’aumône au nom de Jésus-Christ, n’ayant rien que ses armes et le vêtement dont il était couvert, il partagea sa chlamyde avec le pauvre. Or, la nuit suivante, le Christ lui apparut couvert de cette moitié de manteau, et il disait : Martin catéchumène m’a revêtu de ce vêtement. [La moitié du paquetage des officiers leur appartenait, l’autre était la propriété de l’empereur ; en d’autres termes, le futur St Martin a donné TOUT ce qui était à lui.]
A dix-huit ans, il fut baptisé. Renonçant dès lors à la vie militaire, il se rendit près d’Hilaire, évêque de Poitiers, qui le mit au nombre des acolytes de son église. Fait par la suite évêque de Tours, il mena une vie très sainte avec quatre-vingts moines, dans le monastère qu’il y bâtit. Saisi à Cande, bourg de son diocèse, d’une fièvre très grave, il priait instamment Dieu qu’il le délivrât de cette prison mortelle. Ce qu’entendant, ses disciples le suppliaient : Père, pourquoi nous abandonnez-vous ? A qui nous laissez-vous dans notre malheur? Et Martin, ému de leurs larmes, disait à Dieu : Seigneur, si je suis encore nécessaire à votre peuple, je ne refuse pas le travail.
Et comme, malgré la violence de la fièvre, ses disciples le voyaient prier constamment tourné vers le ciel, ils le supplièrent de se laisser changer de position quelque temps, pour que le mal prît quelque relâche et lui permît de reposer. Mais Martin: Laissez-moi, dit-il, regarder le ciel plutôt que la terre, pour que mon âme sur le départ trouve son chemin vers le Seigneur. Comme la mort approchait, voyant l’ennemi du genre humain, il dit : Que fais-tu là, bête cruelle ! Tu ne trouveras rien en moi pour toi. Ce fut en prononçant ces mots, qu’âgé de quatre-vingt-un ans, il rendit à Dieu son âme. Elle fut reçue par le chœur des Anges, dont plusieurs personnes ouïrent les divines mélodies, spécialement l’évêque de Cologne saint Séverin.
Oraison de saint Martin, l’un des saints protecteurs de la France
O vous st Martin, qui fûtes si charitable avec le pauvre, venez au secours de notre pauvre France ! Vous dont le tombeau est glorieux, auprès duquel Clovis s’est définitivement converti et où sont venus se recueillir tant de nos Rois, intercédez encore pour la conversion des français afin que, la Fille aînée de l’Eglise, puisse accomplir sa mission rédemptrice sur le monde. Nous vous en supplions. Ainsi soit-il.
St Martin est le patron : des hôteliers, des cavaliers, des tailleurs, des chapeliers, des faïenciers et des papetiers. La chape de saint Martin servait d’étendard aux rois francs.
Il était jadis invoqué par les femmes soumises aux brutalités des maris ivrognes ; c’est pourquoi il est devenu le principal intercesseur pour les problèmes d’alcoolisme.
Extraits de l’homélie prononcée à l’occasion du rétablissement de l’Ordre de saint Benoît à Ligugé, le 25 novembre 1853 (St MARTIN et les miracles):
« Toutefois, je ne crains pas de le dire, l’apôtre populaire de la Gaule, le convertisseur des campagnes restées en grande partie païennes jusque-là, le fondateur du christianisme national, fut principalement saint Martin. Et d’où vint à Martin, sur tant d’autres grands évêques et serviteurs de Dieu, cette prééminence d’apostolat ? Placerons-nous Martin au-dessus de son maître Hilaire ? S’il s’agit de la doctrine, non pas assurément; s’il s’agit du zèle, du courage, de la sainteté, il ne m’appartient pas de dire qui fut plus grand du maître ou du disciple ; mais ce que je puis dire, c’est qu’Hilaire fut surtout un docteur, et que Martin fut surtout un thaumaturge. Or, pour la conversion des peuples, le thaumaturge a plus de puissance que le docteur; et, par suite, dans le souvenir et dans le culte des peuples, le docteur est éclipsé, il est effacé par le thaumaturge.
« On parle beaucoup aujourd’hui de raisonnement pour persuader les choses divines : c’est oublier l’Ecriture et l’histoire; et, de plus, c’est déroger. Dieu n’a pas jugé qu’il lui convînt déraisonner avec nous. Il a affirmé, il a dit ce qui est et ce qui n’est pas ; et, comme il est Dieu; par des œuvres, non par des raisons : non in sermone, sed in virtute ; non par les arguments d’une philosophie humainement persuasive : non in persuasibilibus humanae sapientiae verbis, mais par le déploiement d’une puissance toute divine : sed in ostensione spiritus et virtutis. Et pourquoi ? En voici la raison profonde : Ut fides non sit in sapientia hominum, sed in virtute Dei : afin que la foi soit fondée non sur la sagesse de l’homme, mais sur la force de Dieu. On ne le veut plus ainsi aujourd’hui ; on nous dit qu’en Jésus-Christ le théurge fait tort au moraliste, que le miracle est une tache dans ce sublime idéal. Mais on n’abolira point cet ordre, on n’abolira ni l’Evangile ni l’histoire. N’en déplaise aux lettrés de notre siècle, n’en déplaise aux pusillanimes qui se font leurs complaisants, non seulement le Christ a fait des miracles, mais il a fondé la foi sur des miracles ; et le même Christ, non pas pour confirmer ses propres miracles qui sont l’appui des autres, mais par pitié pour nous qui sommes prompts à l’oubli, et qui sommes plus impressionnés de ce que nous voyons que de ce que nous entendons, le même Jésus-Christ a mis dans l’Eglise, et pour jusqu’à la fin, la vertu des miracles. Notre siècle en a vu, il en verra encore ; le quatrième siècle eut principalement ceux de Martin.
« Opérer des prodiges semblait un jeu pour lui ; la nature entière pliait à son commandement. Les animaux lui étaient soumis : Ah Hélas! s’écriait un jour le saint, les serpents m’écoutent, et les hommes refusent de m’entendre. » Cependant les hommes l’entendaient souvent. Pour sa part, la Gaule entière l’entendit ; non seulement l’Aquitaine, mais la Gaule Celtique, mais la Gaule Belgique. Comment résister à une parole autorisée par tant de prodiges? Dans toutes ces provinces, il renversa l’une après l’autre toutes les idoles, il réduisit les statues en poudre, brûla et démolit tous les temples, détruisit tous les bois sacrés, tous les repaires de l’idolâtrie. Etait-ce légal, me demandez-vous ? Si j’étudie la législation de Constantin et de Constance, cela l’était peut-être. Mais ce que je puis dire, c’est que Martin, dévoré du zèle de la maison du Seigneur, n’obéissait en cela qu’à l’Esprit de Dieu. Et ce que je dois dire, c’est que Martin, contre la fureur de la population païenne, n’avait d’autres armes que les miracles qu’il opérait, le concours visible des anges qui lui était parfois accordé, et enfin, et surtout, les prières et les larmes qu’il répandait devant Dieu lorsque l’endurcissement de la multitude résistait à la puissance de sa parole et de ses prodiges. Mais, avec ces moyens, Martin changea la face de notre pays. Là où il y avait à peine un chrétien avant son passage, à peine restait-il un infidèle après son départ. Les temples du Dieu vivant succédaient aussitôt aux temples des idoles ; car, dit Sulpice Sévère, aussitôt qu’il avait renversé les asiles de la superstition, il construisait des églises et des monastères. C’est ainsi que l’Europe entière est couverte de temples qui ont pris le nom de Martin. »
La mort ne suspendit pas ses bienfaits ; eux seuls expliquent le concours ininterrompu des peuples à sa tombe bénie. Ses nombreuses fêtes au cours de l’année, Déposition ou Natal, Ordination, Subvention, Réversion, ne parvenaient point à lasser la piété des fidèles. Chômée en tous lieux, favorisée par le retour momentané des beaux jours que nos aïeux nommaient l’été de la Saint-Martin, la solennité du XI novembre rivalisait avec la Saint-Jean pour les réjouissances dont elle était l’occasion dans la chrétienté latine. Martin était la joie et le recours universels. »
Aussi Grégoire de Tours n’hésite pas à voir dans son bienheureux prédécesseur le patron spécial du monde entier ! Cependant moines et clercs, soldats, cavaliers, voyageurs et hôteliers en mémoire de ses longues pérégrinations, associations de charité sous toutes formes en souvenir du manteau d’Amiens, n’ont point cessé de faire valoir leurs titres à une plus particulière bienveillance du grand Pontife. La Hongrie, terre magnanime qui nous le donna sans épuiser ses réserves d’avenir, le range à bon droit parmi ses puissants protecteurs. Mais notre pays l’eut pour père : en la manière que l’unité de la foi fut chez nous son œuvre, il présida à la formation de l’unité nationale ; il veille sur sa durée; comme le pèlerinage de Tours précéda celui de Compostelle en l’Eglise, la chape de saint Martin conduisit avant l’oriflamme de saint Denis nos armées au combat. Or donc, disait Clovis, « où sera l’espérance de la victoire, si l’on offense le bienheureux Martin ? »
Les dictons populaires de la SAINT MARTIN
De nombreux dictons se rapportent à la fête de Saint Martin.
Certains se rapportent aux travaux des vignerons; constatant que la fermentation du vin est terminée :
- “A la St Martin, tout moût est vin”
- “A la St Martin, le moût passe le vin.”
D’autres admettant implicitement ce fait rappellent que le moment est venu de goûter le vin :
- “Pour la St Martin, Enferme ta paille et taste ton vin “
- “A la St Martin faut gouster le vin, Nostre Dame après (21 nov), pour boire il est prêt”
S’il n’est pas nécessaire d’attendre la fête de Notre-Dame pour le boire, il est sage de ne pas abuser du vin nouveau:
- “Pour la Saint Martin, âne qui ne boit du vin, âne deux fois, qui trop en boit”
Quelques dictons conseillent de tirer le vin et de bonder les tonneaux en ce jour:
- “A la St Martin, bonhomme bonde ton vin “
- “A la St Martin, tire ton vin”
Si la récolte a été satisfaisante, on peut maintenant boire “le bon vin” celui qui est resté des années précédentes:
- “A la St Martin, boit-on le bon vin”
- “St Martin boit le bon vin, et laisse l’eau courre au moulin”
Il était d’usage anciennement, et ce l’est encore dans certaines régions, de manger une oie grasse à la St Martin:
- “A la St Martin, bonde ta barrique, vigneron fume ta pipe, mets l’oie au toupin et convie ton voisin”
Selon la tradition, l’os du bréchet de cette oie permet de prévoir le temps qu’il fera en hiver; s’il est très rouge, la saison sera froide, s’il est blanc, elle sera douce. Cela nous amène tout naturellement au temps généralement particulièrement clément aux alentours du 11 novembre. Les dernières journées de temps ensoleillé et relativement doux sont habituellement observées en novembre dans cette période appelée “l’été de la Saint Martin”.
- “En novembre, quand il fait bia timps on dit que c’est l’été de Saint Martin”
- “A la Toussaint Commence l’été de la Saint Martin”
- le 11 novembre 1215 : le pape Innocent III ouvre le concile Latran IV.
Les issues en sont :
- la réglementation de la confession (confession auriculaire mais non publique ; confession et communion sont obligatoires au moins une fois l’an, à Pâques ;
- la mise en place des curés par l’affectation d’un prêtre à une paroisse et ayant en charge les âmes de celle-ci ;
- une « révolution féminine » : Seuls les mariages où les deux conjoints (hommes et femmes) ont publiquement exprimé leur consentement sont autorisés. Avant l’avis de la femme était impensable. L’Eglise aura beaucoup de mal à changer les mentalités
- le 11 novembre 1417 : fin du grand schisme d’Occident, élection du pape Martin V.
Le 11 novembre 1417, à Constance, un concile met fin au Grand Schisme d’Occident. Oddone Colonna est élu pape et prend le nom de Martin V. Il doit remplacer les trois papes rivaux Grégoire XII, décédé le 18 octobre précédent, Benoît XIII et Jean XXIII. Il réinstalle définitivement la papauté à Rome.
- le 11 novembre 1500 : traité de Grenade.
Louis XII, Roi de France, et Ferdinand, roi de Castille, se partagent le royaume de Naples qu’ils ont conquis sur les princes Aragonais.
- le 11 novembre 1903 : suppression des religieuses infirmières dans les hôpitaux de la Marine.
Puis la république les supprime dans tous les hôpitaux militaires, le 1er janvier 1904.
- le 11 novembre 1918 : à Rethondes, signature de l’armistice.
L’Allemagne capitule. La Première Guerre mondiale aura fait près de 9 millions de morts.
- le 11 novembre 1940 : manifestation interdite sur les Champs Elysées.
L’occupant nazi interdit tout rassemblement et manifestation autour de la tombe du soldat inconnu pour l’anniversaire de l’armistice. Interdit perçu comme un outrage pour beaucoup de jeunes élevés dans le culte des morts de la Grande Guerre. La mobilisation est immédiate, spontanée : la rumeur d’un rassemblement le 11 novembre à l’Etoile se propage de bouche à oreille dans les lycées parisiens. Quelques milliers de jeunes de tous horizons politiques et sociaux, accompagnés de moins jeunes osent aller au tombeau du Soldat inconnu crier leur hostilité à l’occupant allemand, et scander « Vive de… , vive de… » Ils le paient de nombreuses arrestations.
- le 11 novembre 1942 : occupation de la zone « libre »
Le 11 novembre 1942, Hitler déclenche l’opération « Attila ». En réponse au débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, l’armée allemande franchit la ligne de démarcation qui sépare la France occupée de la France dite « libre » depuis l’armistice de 1940. À Toulon, sur ordre de l’amiral Jean de Laborde, la flotte française se saborde pour échapper aux Allemands sans pour autant tomber entre les mains de ses alliés les Anglais !
A Vichy, le gouvernement cherche à faire partir le Maréchal pour Alger. Celui-ci refuse en pleine cohérence avec son discours du 13 juin 1944 :
«En ce qui me concerne, hors du gouvernement s’il le faut, je me refuserai à quitter le sol métropolitain. Je resterai parmi le peuple français pour partager ses peines et ses misères. »
Alors que ses détracteurs affirmeront qu’il avait peur de l’avion, le maréchal refusant de partir, dit à son secrétaire général :
« Je brûlerais ma gloire ! »
Il fait le sacrifice absolu ; celui de sa réputation. Et le 24 décembre suivant, dans son message aux Français il rappelle :
« En juin 1940, je vous avais promis de rester parmi vous. J’ai tenu ma promesse […] Mon honneur à moi est de rester à ce poste face au danger […] au milieu d’une population malheureuse. »
le 11 novembre 1946 : premier vol du SO.6000 Triton, le premier avion à réaction français.
Mathias Vicherat à Sciences coco
Le nouveau directeur de Sciences Po sera Mathias Vicherat. Un camarade de promotion de Macron à l’ENA. Au hasard.
Et il a tout pour plaire : il a créé une antenne d’Attac à l’UNEF, il a été le collaborateur de Mélenchon, puis de Delanoë, puis d’Hidalgo, et après un passage à la SNCF il était secrétaire général de Danone, où il a succédé à Emmanuelle Wargon, la fille de Stoléru, aujourd’hui ministre comme papa. Et il est à la colle avec Marie Drucker qui a déjà beaucoup servi (avant elle était avec Cyril Lignac, et avant avec Gad Elmaleh, et avant avec Matthieu Pigasse, et avant avec François Baroin, et avant avec Marc Lévy…)
Cela dit Mathias Vicherat n’a jamais rien fait en rapport avec l’enseignement supérieur. Mais qu’importe. Comme le soulignent des étudiants de Sciences Po, il a écrit un livre sur le rap, donc il est cool, et on espère qu’il sera inclusif et écolo. Ce qui est l’essentiel.
‘Celles et ceux’
Fabrice Luchini était l’invité de l’entretien de Sonia Mabrouk mardi matin, pour évoquer notamment “La Fontaine et le confinement”, sa nouvelle pièce :
Fabrice Luchini : “Les hommes politiques je ne les aborde que dans leur manière de ne pas avoir des tics de langage, par exemple ‘celles et ceux’, j’ai envie de les étrangler”#Europe1 pic.twitter.com/89s6fBLNGe
— Europe 1 🎧🌍📻 (@Europe1) November 11, 2021
Contre l’avortement, rendez-vous devant l’Assemblée nationale le 29 novembre
L’Assemblée nationale vient de mettre à son agenda au 29 novembre, l’examen en deuxième lecture, de la proposition de loi (PPL) n°3879 relative au renforcement du droit à l’avortement.
Adopté en 1ère lecture à l’initiative du groupe minoritaire Ecologie, démocratie et liberté et porté par la députée Mme Albane GAILLOT, le texte avait été rejeté par le Sénat par le vote d’une motion opposant la question préalable à la délibération.
Le groupe Ecologie Démocratie et Liberté ayant disparu par manque de membres fin décembre 2020, le texte a été repris par le groupe LREM après un bras de fer avec le gouvernement.
Prétendant que l’accès à l’avortement serait, aujourd’hui, de plus en plus difficile, le texte prévoit l’allongement des délais légaux d’accès à l’avortement de douze à quatorze semaines et la suppression de la clause de consciences des professionnels de santé.
Par ailleurs d’autres mesures sont venues aggraver ce texte :
- Allongement du délai d’avortement à domicile de 5 à 7 semaines de grossesse ;
- Pratique de l’avortement chirurgical par les sages-femmes avant 10 semaines de grossesse ;
- Suppression du délai de 48 heures entre les deux consultations d’avortement pour les mineures.
Quelle est la justification d’une telle revendication de l’allongement des délais ? « 3000 à 5000 femmes dépasseraient le délai légal et seraient alors contraintes d’aller avorter à l’étranger ».
Ces chiffres ont fait l’objet d’une enquête par la délégation aux droits des femmes à l’Assemblée et par le Comité consultatif national d’éthique qui a été saisi pour avis sur la question des délais : ces deux instances démentent les chiffres.
En 2018, 31 femmes se seraient rendues en Grande Bretagne, 810 aux Pays-Bas, un chiffre en constante diminution (diminué de moitié depuis 2011), une estimation de 250 en Espagne. Au total c’est une peu plus d’un millier. Le CCNE en conclut avec une approximation très large que cela pourrait représenter entre 1500 et 2000 femmes.
En réalité nous ne disposons aujourd’hui d’aucune analyse fiable, ni sur les chiffres, ni sur les raisons pour lesquelles un certain nombre de femmes iraient à l’étranger, ce que reconnait le CCNE. Ces données pourraient pourtant nous éclairer sur les carences éventuelles des politiques publiques et les politiques de prévention à conduire.
Depuis le vote l’examen de cette PPL en 1ère lecture, la DREES a apporté récemment la preuve que la crise sanitaire n’a pas provoqué d’avortements plus tardifs en 2020. D’autre part, si le CCNE dit ne pas voir d’objection sur le plan médical à cet allongement de délais, il reconnaît pourtant, que plus l’avortement est tardif, plus ses conséquences psychologiques sont lourdes pour les femmes et aussi pour les soignants.
Et le CCNE s’est clairement exprimé contre la suppression de la clause de conscience spécifique des soignants. Il « considère que la clause de conscience spécifique souligne la singularité de l’acte médical que représente l’IVG ; qu’il est favorable au maintien de la clause de conscience spécifique. » Cette instance rejoint la position du Conseil de l’ordre des médecins et du Syndicat des Gynécologues et obstétriciens. Contrairement à ce qu’affirment les auteurs de la loi il n’y a pas une « double clause de conscience »,l’une spécifique à l’IVG et l’autre de nature générale.
Pour Caroline Roux, directrice générale adjointe d’Alliance VITA :
« Il est très inquiétant que le gouvernement ait cédé au bras de fer avec La République en Marche pour faire de la question si délicate de l’avortement une question politicienne. Les positions excessives d’une minorité qui revendique toujours plus de dérégulation de l’avortement détournent la société des détresses réelles que peuvent vivre les femmes enceintes confrontées à une grossesse inattendue. Nous nous opposerons y compris dans la rue contre cette loi injuste et appelons les soignants à défendre leur liberté de conscience garantie par la clause de conscience spécifique. »
Source: Alliance Vita
La Marche pour la vie appelle à se rendre devant l’Assemblée nationale le 29 novembre à 19h. Et d’ici là, prions pour la vie à l’occasion de l’entrée en Avent.
Mais au fait, le passe sanitaire est actionné jusqu’à quand ?
9 novembre 2021. Ca y est : il a encore verbigéré pendant près d’une demi-heure. Ca le maintient en forme. Il a à nouveau justifié le passe sanitaire comme moyen de pression.
Il y a quand même très étonnant : le cadre juridique voté par le Parlement et accepté par le Conseil constitutionnel, permettant au Gouvernement de mettre en œuvre, si nécessaire, ce passe sanitaire est maintenant en place jusqu’au 31 juillet 2022.
Mais, sauf erreur de notre part, avez-vous entendu le grand Verbigérateur préciser jusqu’à quelle date limite cette possibilité va être à nouveau actionnée ? Peut-être pense-t-il que c’est pour toujours ?
(Nous avouons notre dette auprès de Mme Riocreux qui a magnifiquement trouvé ce qualificatif de verbigération, mot relevant du vocabulaire de la psychiatrie et signifiant Dévidage automatique de mots ou de phrases entières, sans suite et incohérents, que l’on rencontre surtout dans les états démentiels, qui nous paraît si bien adapté. Elle l’a utilisé dans le glossaire consacré à Macron Droit d’inventaire, hors-série magnifique tout juste publié par FRONT POPULAIRE)
Rome tente d’interdire un missel
Une lettre du cardinal Angelo de Donatis, vicaire de Rome, restreint sensiblement la célébration de la messe traditionnelle. Il ne sera plus possible de célébrer les autres sacrements selon les anciens rituels, qu’il s’agisse du mariage ou du baptême. Par ailleurs, les célébrations du Triduum pascal ne pourront plus se faire selon la forme antérieure à la réforme de 1969.
Curieusement, il sera toujours possible de recevoir ces sacrements selon les rites traditionnels dans les communautés de la Fraternité Saint-Pie X, dont l’usage, y compris pour la célébration des mariages, a été reconnu par la même Rome il y a quelques temps.
Le cardinal Vincent Nichols, archevêque de Westminster (Angleterre), a écrit au nouveau préfet de la Congrégation pour le Culte Divin, Mgr Arthur Roche, pour demander quelques éclaircissements aux termes du Motu Proprio. A la lecture de la réponse de Mgr Roche, traduite par Jeanne Smits, il apparait que pour lui la messe traditionnelle a été abrogée par le Pape Paul VI lors de la publication du Ordo missae en 1969. Rappelons qu’en 1986 à la demande du Pape Jean-Paul II, une commission cardinalice avait établi le contraire.
Clairement, il s’agit d’un moment qui exige des pasteurs une délicatesse de soin et de direction à l’égard de ceux qui sont les plus affectés par les lois désormais en vigueur. L’usage des textes liturgiques antérieurs a été régulé et non supprimé. La fausse interprétation et la promotion de l’usage de ces textes, à la suite de concessions purement limitées accordées par des pontifes antérieurs, a été utilisée en vue d’encourager une liturgie qui diverge de la réforme conciliaire (et qui a été, en fait, abrogée par le pape saint Paul VI), et une ecclésiologie qui ne fait pas partie du Magistère de l’Eglise.
Benoît XVI écrivait dans Summorum Pontificum :
Il est donc permis de célébrer le Sacrifice de la Messe suivant l’édition type du Missel romain promulguée par le Bienheureux Jean XXIII en 1962 et jamais abrogée, en tant que forme extraordinaire de la Liturgie de l’Église.
Tout cela est bien contradictoire.
De même, Mgr Roche affirme explicitement que la concession de la messe traditionnelle n’est que temporaire pour permettre un retour de tous à la pratique de la liturgie réformée par Paul VI. Là aussi la réponse mais aussi le Motu Proprio du Pape François prennent le contre-pied des deux précédents Motu Proprio.
Il est clair que le principal commentaire de la nouvelle loi qui gouverne la possibilité d’accorder d’utilisation de textes liturgiques antérieurs, par voie de concession exceptionnelle, et non par voie de promotion, est constitué par la lettre du pape François aux évêques. Il est également évident que ces concessions exceptionnelles ne doivent être accordées qu’à ceux qui acceptent la validité et la légitimité de la réforme liturgique du Concile Vatican II et du magistère des souverains pontifes. Tout le contenu de la nouvelle loi est orienté vers le retour et la stabilisation de la liturgie telle que décrétée par le Concile Vatican II.
Ces décisions apparaissent pour ce qu’elles sont : des magouilles brinquebalantes prises par une équipe tyrannique et malintentionnée, dans une ambiance de fin de règne. Elles n’ont sans doute aucune valeur.
Un lecteur du Forum catholique souligne d’ailleurs que, alors que l’article 1 du motu proprio Traditionis custodes du 16 juillet établit que “Les livres liturgiques promulgués par les saints Pontifes Paul VI et Jean-Paul II, conformément aux Décrets du concile Vatican II, sont la seule expression de la lex orandi du Rite romain“, en 2015, le même pape avait promulgué le Divine Worship, le missel de l’Ordinariat à l’usage des ex-Anglicans, en le définissant comme an “clearly and recognizably an expression of the Roman Rite” (Rubrical Directory, n. 6, indique Joseph Shaw de la Latin Mass Society). En décembre 2019, François célébrait lui-même en la basilique Saint-Pierre selon le “missel romain pour les diocèses du Zaïre” approuvé en 1988.
Fuite des décrets d’application de la loi sur l’école à la maison : carton rouge pour le ministère
Communiqué de Liberté éducation :
Le jour même de la déclaration télévisée du Président de la République qui a déclaré que “La France est une grande puissance éducative”, les décrets d’application de la loi revenant à interdire l’instruction en famille, qui se développe pourtant au niveau mondial, ont fuité dans la presse.
Une fois de plus, les associations nationales de l’instruction en famille, regroupées en inter-association, n’ont pas été consultées. Ces associations, dont la nôtre, Liberté éducation, qui compte désormais plus de 1000 familles adhérentes sur tout le territoire national, avaient demandé au Ministère, lors de leur audition du 5 octobre dernier, d’être associées à la rédaction des décrets d’application, compte-tenu de leur expérience de terrain, depuis de longues années.
Comme nous l’avions indiqué ici, nous avions essuyé une fin de non-recevoir du ministère de l’Education nationale. La Direction générale de l’éducation scolaire (Dgesco) s’était bornée, suite à l’article du journal Le Monde du 28 septembre indiquant une forte croissance de l’école à la maison à la rentrée 2022, à nous promettre la publication, après les vacances de la Toussaint, des chiffres réels du nombre d’enfants instruits en famille depuis le mois de septembre, chiffres toujours inconnus à ce jour.
Aujourd’hui, les décrets d’application ont fuité dans la presse et montrent que les engagements pris par le Ministère ne sont absolument pas respectés. Nos avocats étudient en ce moment même comment attaquer ces décrets, qui, comme nous le craignions au moment du vote de la loi, dépassent largement le cadre prévu initialement. Nos associations envisagent également d’autres actions pour que cette liberté fondamentale des parents, premiers éducateurs de leur enfant, droit garanti par la Déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen, soit un minimum respectée.
Par ces décrets d’application découverts par voie de presse, le ministère de l’Education nationale affiche au grand jour ses difficultés à comprendre un phénomène mondial en forte expansion et son incapacité à dialoguer avec ses premiers interlocuteurs naturels que sont nos associations. Un mépris pour une liberté qui existe en France depuis plus de 140 ans, sanctuarisée par Jules Ferry en 1882, et que de nombreux autres pays dans le monde encouragent de plus en plus.
Parmi les nombreux points de ces décrets qui posent problème, citons la question des enfants harcelés (700.000 par an), que les parents pouvaient jusqu’ici retirer de l’école à tout moment pour leur faire l’école à la maison. Désormais, il faudra, selon ces décrets, obtenir “une attestation du directeur de l’établissement d’enseignement public ou privé dans lequel est inscrit l’enfant” ainsi que tout document utile établissant “que son intégrité “y est menacée” ! In fine, il s’agit d’une autorisation d’autorisation, et qui risque d’être difficile à obtenir quand on sait qu’un certain nombre d’enfants harcelés sont déscolarisés pour une instruction en famille contre l’avis du chef d’établissement, qui sera ici juge et partie.
De plus, le fait qu’une commission ad hoc examinera les recours en cas de refus d’autorisation de pratiquer cette liberté fondamentale n’est pas sans nous inquiéter, car cela aura pour effet de rallonger les délais en cas de contentieux. Or ce contentieux risque de s’avérer très volumineux, au regard de ces décrets et du risque d’arbitraire induit par des motifs d’autorisation manifestement beaucoup trop restrictifs. Par ailleurs, le fait pour les familles de devoir justifier chaque année d’un projet pédagogique va générer beaucoup de stress chez les parents avec un grand nombre de pièces justificatives à fournir avant le 31 mai de l’année précédant une rentrée en instruction en famille, et une autorisation délivrée – dans les meilleurs des cas – au cœur de l’été.
Rappelons enfin que dans l’esprit des hautes sphères du ministère, faire l’école à la maison est du séparatisme en soi. Une des nombreux autres idées reçues sur cette pratique est qu’il existerait un problème de socialisation pour les enfants instruits en famille, un a priori pourtant réfuté par la totalité des chercheurs en sciences sociale sur la question, comme le démontre l’enquête de notre secrétaire général et de son épouse, L’école à la maison, une liberté fondamentale.
Enfin, concernant la radicalisation, les derniers rapports Dgesco n’en font pas état (seulement 32 enfants rescolarisés pour la dernière période prise en compte, soit 0,09% des enfants, et non pour une question de radicalisme). De même, comme l’ont rapporté nos deux auteurs dans ce livre, les plus éminents chercheurs en radicalisation, y compris au sein du Ministère de l’Intérieur à travers son Institut des Hautes Etudes, n’ont aucun chiffre sur le sujet, la mesure d’Emmanuel Macron dans son discours des Mureaux n’était donc fondée que sur du vent.
Solidarité avec la Pologne libre et résistante
Bernard Antony, Président de l’AGRIF, Président de Chrétienté-Solidarité, communique :
Il y a 82 ans, le 1er septembre 1939, la Pologne était envahie sans sa partie occidentale par l’armée d’Hitler. Quelques jours après, sa moitié orientale était envahie par l’armée de Staline. Les deux compères criminels, ces deux jumeaux hétérozygotes comme les qualifiait l’historien Pierre Chaunu, avaient concocté cela en application de leur « pacte germano-soviétique » approuvé notamment par le Parti communiste français qui ouvrait ainsi son ère de près de deux ans doublement collaborationniste, avec l’armée d’Hitler chez nous et en faveur de l’armée de Staline dans sa propagande.
Aujourd’hui, la Pologne est à nouveau attaquée simultanément par deux ennemis :
- d’une part l’ennemi idéologique de l’eurocratie bruxelloise prétendant lui imposer la domination des lobbies de l’avortement et de la camarilla LGBT (etc.) ;
- de l’autre, sur sa frontière orientale, par la Biélorussie du dictateur Loukachenko visant à la déstabiliser par la pression de milliers de migrants venus d’Afrique et d’Asie, transportés par le régime et exigeant que la Pologne leur ouvre sa frontière.
Notons que cette tentative d’invasion ne se fait pas sans connivence avec la Turquie d’Erdogan aux relations désormais resserrées avec la Russie de Poutine selon la traditionnelle complexité subtile des rapports russo-ottomans.
Malgré l’effondrement catholique au sommet de l’Église en Europe occidentale et en France en particulier, la Pologne, après avoir survécu au nazisme et au communisme, retrouve à nouveau son rôle séculaire de défense de la civilisation européenne et chrétienne, du moins ce qu’il en reste.
Aujourd’hui comme hier, les patriotes français ne peuvent qu’être fraternellement unis aux patriotes polonais dans la même identité chrétienne.
Les assassins : “Nous savions que dans le flux de réfugiés, il y avait des terroristes”
François Hollande a témoigné au procès des attentats du 13 novembre. Il devrait se retrouver sur le banc des accusés. Il a avoué que la politique d’immigration est criminelle :
« Je sais que la lutte contre le terrorisme peut toujours être améliorée. Rien ne pourra convenir aux parties civiles, j’en conviens. Mais sachez bien que tous les services ont fait tout ce qu’ils pouvaient ».
« Nous savions qu’il y avait des opérations qui se préparaient, que dans le flux de réfugiés, il y avait des terroristes ». « La veille ou l’avant-veille, nous avions connaissance des individus, mais nous ne pouvions imaginer qu’ils allaient agir ».
Et il a ajouté cette stupidité :
« Les plus grandes victimes du terrorisme islamiste sont les musulmans ».
Le rapport Sauvé ne va pas assez loin
D’Eulalie Laroche sur Renaissance catholique :
Le mardi 5 octobre 2021, Jean-Marc Sauvé, président de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (CIASE) a remis au président de la conférence des évêques de France, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, un rapport imposant et accablant, fruit de deux années de travail, présentant les forfaits les plus abjects qui puissent avoir été commis contre des enfants innocents, avançant que 330 000 personnes avaient été abusées dans le cadre de l’Église de France, depuis soixante-dix ans. Le choc est immense.
Ce jour-là, Alice Casagrande, membre de la commission, rapporte au micro des extraits d’audition dévastateurs. Dans l’un d’eux, elle relaie les propos d’une femme de cinquante ans qui interroge son interlocuteur pour savoir « si la CIASE est vraiment indépendante ». À vrai dire, la réponse n’est pas claire. La commission est-elle indépendante de l’Église ? Assurément oui. Ses membres n’ont absolument aucune complaisance avec le personnel ecclésiastique et la plupart d’entre eux n’épousent certainement pas les principes catholiques traditionnels sur les dogmes, sur la morale, sur l’ecclésiologie. Mais la CIASE est-elle absolument libre, c’est-à-dire neutre, au point de pouvoir restituer une vérité affranchie de toute complaisance institutionnelle avec les bourreaux ainsi que de tout parti pris contre le catholicisme ? Ce serait particulièrement malhonnête que de répondre par l’affirmative.
Une commission particulièrement orientée
Lorsqu’on gratte un peu le pedigree de chaque membre de la commission et des quatre « experts » de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) qui ont élaboré les chiffres de victimes, on ne peut qu’écarquiller les yeux. On aurait souhaité monter de la même manière une commission pour gérer un poulailler qu’on aurait convoqué une assemblée de renards. Quand on lit le texte ou lorsqu’on écoute les interventions de la remise du rapport, pas à un seul moment, on ne retient le fait que les prêtres ont, dans leur immense majorité, sacrifié leur vie pour sanctifier les âmes et leur venir en secours. À la lecture ou à l’audition, les membres du clergé ne seraient que des monstres refoulés ou des rabatteurs cyniques. Cette grande impression d’amalgame humiliant est à lui seul une honte. Devant un drame aussi grave que les actes pédophiles, il aurait été de bon ton de désigner une commission vraiment affranchie de toute idéologie. Or ce ne fut manifestement pas le cas.
Bien entendu, à la tête de la commission, Jean-Marc Sauvé a tout pour sauver les apparences. Le costume est impeccable. L’allure et la stature sont presque gaulliennes et les aveux de catholicisme de celui qui avait souhaité devenir jésuite ne peuvent que rassurer les esprits soumis. Mais comment imaginer un instant une once d’objectivité chez cet homme lorsqu’on apprend que cet ancien membre du Parti Socialiste fut pendant douze ans à la tête du Conseil d’État où il s’est attaché à interdire le crucifix de Ploermel surplombant la statue de Jean-Paul II. Le même homme a signé les deux arrêts des 14 février et 24 juin 2014 condamnant Vincent Lambert à mourir par arrêt de son alimentation et de son hydratation ? Derrière lui, au milieu de quelques spécialistes scientifiques, voisinaient des anciens membres des cercles socialistes, des titulaires de chaires universitaires spécialisées dans le « genre », avec des promoteurs de l’avortement ou des chantres d’une laïcité exacerbée. Et quand ils étaient catholiques, il s’agissait essentiellement de progressistes dont le but non dissimulé était une réforme idéologique de l’Église. Comment imaginer un instant qu’ils allaient traiter de l’affaire en mettant de côté tous leurs a priori ?
Citons en particulier Nathalie Bajos, qui se trouvait à la tête de la commission de statistiques. Dans ses prises de position, elle se présente comme un défenseur de la sexualité débridée ou de l’IVG et elle ne s’est pas cachée de minimiser, en conférence, les méfaits de la pornographie sur les enfants. À ses côtés, Julie Ancian communie dans le même engagement sur le droit à l’avortement, tandis que les dissentiments militants, à l’égard de l’institution ecclésiastique, de Josselin Tricou, universitaire en « études de genre et de sexualité », sont connus depuis maintenant longtemps.
Des suggestions contrastées
Certainement, les préconisations du rapport ne sont pas toutes à jeter aux orties. Pointer du doigt le danger de la théologie des charismes, les abus d’autorité, la déformation des Écritures, le danger que constitue la suppression de la séparation au confessionnal sont des rappels importants et les réformes de l’Église ont été particulièrement néfastes sur tous ces points au cours du demi-siècle qui vient de s’écouler. On pourrait même insister sur les mauvais effets qu’a pu, en certains cas, générer la familiarité grandissante à l’égard du prêtre, certaines proximités (tutoiements trop faciles, similarité du costume, abolition de la clôture) mettant à mal la distance qui, en bien des cas, aurait rendu suspecte toute tentative tactile d’un copinage trop prononcé.
Néanmoins, en voulant s’en prendre à la vertu d’obéissance, en souhaitant détruire l’identification du prêtre au Christ, en s’attaquant à la vertu de pureté, la commission a montré son objectif idéologique qui vise à saper les fondements essentiels de la religion catholique. En mettant en cause l’un de ses piliers, le sacrement de confession, elle rejoignait le grand rêve de l’homme qui se fait Dieu en récusant les attributs divins, démontrant par là même l’incapacité à comprendre le fonctionnement de cette instance qui n’est pas une conversation entre deux hommes, qui ne relève pas d’un simple secret professionnel, et en révélant les limites évidentes d’une commission qui est tellement indépendante qu’elle ne comprend tout simplement pas la réalité de ce sacrement.
Silence sur le monde libertin soixante-huitard
L’enjeu est pourtant grave. Des milliers d’enfants ont été détruits dans leurs chair par les méfaits d’adultes, au cours des dernières décennies. Derrière leur nombre anonyme impressionnant se cachent des individualités dont les âmes ont été salies, voire détruites. S’il ne faut pas se leurrer et bien réaliser que de telles inconduites ont déjà eu lieu par le passé, l’histoire ancienne en rapporte finalement peu de cas. L’une d’entre elles est pourtant tristement célèbre. Il s’agit de celle du puissant Gilles de Rais qui a utilisé des jeunes garçons prépubères pour assouvir ses pulsions dégradantes et qui fut, pour cela, traduit devant un tribunal d’Église. L’Inquisition, dès qu’elle a eu vent des sévices, a instruit son procès qui a débouché sur son excommunication malgré le fait qu’il fût maréchal de France et ancien compagnon de Jeanne d’Arc, tandis que le bras séculier du duc de Bretagne condamnait le seigneur de Tiffauges à la pendaison et au bûcher. Si la Justice du XVe siècle pouvait paraître expéditive dans ses conclusions, il faut tout de même lui reconnaître d’être à l’époque plus compatissante pour les enfants que ne l’est notre monde contemporain, toujours soucieux du salut des bourreaux plutôt que de celui des victimes. Triste époque que la nôtre où on milite pour l’abolition de la peine de mort des bourreaux, tandis que la vie des victimes est souvent ignorée. On notera au passage que le fait que Gilles de Rais fût marié n’eût absolument aucune influence sur son délire psychiatrique qui le conduisit à détruire les enfants, partageant ainsi le sort matrimonial de Marc Dutroux et Michel Fourniret, démontrant que le mariage n’est pas une solution à la pédophilie.
Depuis cinquante ans, nous vivons dans une société où la pornographie est banalisée, où la sexualité débridée fait chuter les politiques, où les esprits les plus obscurs ont essayé un temps de légitimer la pédophilie. Le silence qui préserve tout cet univers, dès lors que les élites se complaisent à ne pas le condamner sévèrement, est inique. Il ne saurait gommer la culpabilité de responsables ecclésiastiques, qui ont, par bêtise ou par grave naïveté, proposé des mesurettes sans proportion avec les crimes perpétrés. Néanmoins, ce monde libertin qui a eu pour devise « jouir sans entrave », qui a cautionné les actes pédophiles, qui a exercé un appel d’air dans toute la société, qui a favorisé les pères violant leurs filles, permis que des prêtres supplicient des gamins, a une responsabilité systémique encore plus marquée. Ne pas mentionner cette évidence et faire comme si le haut clergé était seul à devoir comparaître, c’est tenter de faire disparaître la principale culpabilité.
On pourrait presque déplorer chez les membres de la CIASE le même travers que celui qu’ils attribuent aux hommes d’Église, c’est-à-dire d’être trop silencieux. Comment ne pas voir, de façon évidente, que les prédateurs, ayant qualité de prêtre ou pas, ont pratiqué leurs atroces forfaits au cours des dernières décennies, parce que la société permissive dans laquelle ils vivaient dédouanaient leurs actes alors même que la religion continuait à les condamner ? Comment ne pas remarquer que lorsque l’Église promettait la damnation éternelle aux pédophiles, le monde soixante-huitard leur assurait des pétitions de défense dans les journaux en vogue ? Comment ne pas avouer que, lorsqu’ils s’adonnaient à des aventures sexuelles avec des enfants, les prédateurs étaient davantage confortés par les écrits de jeunesse de Daniel Cohn-Bendit que par ceux du curé d’Ars ?
À quand un second rapport Sauvé, plus exhaustif ?
Oui, il faut soutenir les innocentes victimes des prédateurs qui ont abusé de leur fonction de prêtre en dénonçant tout ce qui, dans la société a, de près ou de loin, contribué à dédouaner les attouchements sur mineurs, en exigeant des institutions qui se sont tues, et qui se taisent encore, qu’elles réparent. Certainement, par souci de plaire au monde de leur époque, des responsables ecclésiastiques ont-ils pêché par pusillanimité en ne sachant pas proposer les condamnations nécessaires. Heureusement, les cadres traditionnels de l’Église permettaient de pallier en partie ces manques. En rappelant aux auteurs de tous ces méfaits que, ce faisant, ils commettaient un péché mortel, les examens de conscience du sacrement catholique de la confession étaient salutaires. Ils ont certainement sauvé des vies en bien des cas.
En revanche, les pétitions du quotidien Le Monde ou les monstrueux dessins du journal Libérationbanalisaient dans le même temps les crimes sur les enfants. Ces revues devraient donc logiquement constituer des fonds de réparation pour avoir incité une génération de pervers, avant de publier dignement un dernier numéro pour acter leur contrition définitive. L’intégralité des auteurs et signataires des pétitions appelant à dépénaliser la pédophilie devraient être traduits devant la justice et subir le sort de l’indignité nationale, abandonnant toute charge et tout honneur de la Nation. Honte à ceux qui ont osé écrire à propos des méfaits sur les enfants : « Trois ans de prison pour des caresses et des baisers, cela suffit » ! En signant des propos si dégradants, ils ont indirectement banalisé toutes les horreurs des hommes perdus de leur temps, de Polanski à Preynat. La complaisance à leur égard doit cesser et les voix silencieuses des victimes crient vengeance.
Au cours de ces dernières semaines, l’institution qu’est l’Église a été traînée dans la boue et présentée comme un cloaque de vice, alors même que, pendant deux millénaires, elle est à la seule à avoir toujours invité à la pureté. Elle est la seule à avoir favorisé des millions d’âmes d’élite dans les monastères qui ont, par leur existence, démontré qu’une vie affranchie de la chair était possible. Dans le même temps, le monde post-soixante-huitard, qui a invité à la débauche, à « jouir sans entrave », quitte à présenter les victimes mineures d’attouchements sexuels comme des individus consentants, était entièrement dédouané. Que les membres de la CIASE osent avaliser cette injustice de traitement ôte une grande partie de crédibilité à leur analyse et à leurs suggestions. Qu’ils se présentent comme les contempteurs les plus sévères des auteurs des grandes tribunes écrites en faveur de la pédophilie et ils pourront alors être écoutés.
Bien des suggestions sont désormais données à l’Église dans tous les médias. Mais on ne peut être que dubitatif lorsque ces appels proviennent d’hommes et de femmes qui ont, par le passé, témoigné d’une hostilité au catholicisme et qui, par leur silence, s’interdisent de condamner les méfaits qui nous entourent et auxquels sont toujours exposés les enfants dans la société. L’appel à la sainteté que promeut l’Église, l’invitation à se sanctifier, à ressembler toujours davantage aux modèles de pureté qu’elle propose, de la Vierge Marie à sainte Thérèse, est le meilleur antidote pour contrer la perversité de notre temps. Cette ambiance du siècle a d’ailleurs été trop souvent protégée de façon systémique pour que les militants de l’avortement, de la pornographie ou les défenseurs de Messieurs Duhamel et Matzneff puissent donner des leçons à l’Institution fondée par le Christ.
Changement de lieu imposé pour la cérémonie du 11 novembre: “Plus jamais la guerre contre l’enfant à naître”
En raison de la fermeture au public demain 11 novembre de toute la zone ouest parisienne, les amis de Jean Bernard Grenouilleau, ont à regret deplacé la traditionnelle cérémonie du 11 novembre de la place du Trocadéro à la place de Catalogne à proximité de la gare Montparnasse.
Pour cette 35 ème année nous prierons pour les 8 millions d’enfants à naître avortés en France depuis la légalisation de l’avortement en 1975
Rendez-vous demain 11 novembre à 11 heures . Renseignements 06 52 20 59 33.
C’est arrivé un 10 novembre…
“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum
Rappelons-nous :
- le 10 novembre 461: mort du pape saint Léon Ier.
Il est élu le 29 septembre 440 ; voir la chronique du jour.
- le 10 novembre 1241 : décès du pape Célestin IV.
- le 10 novembre 1449 : libération de la ville de Rouen.
Le 10 novembre 1449, après plus de 30 ans d’occupation anglaise, la ville de Rouen est libérée par le Roi de France Charles VII qui fait une entrée solennelle dans la ville. Cette victoire du Roi de France fait partie d’une plus grande liste de reconquêtes de territoires français abandonnés aux Anglais durant la guerre de Cent Ans. D’autres victoires permettront au Roi Charles VII de mettre progressivement fin à cette guerre entre la France et l’Angleterre.
- le 10 novembre 1549: décès du pape Paul III.
- le 10 novembre 1555 : le Brésil colonie française ?
L’amiral français Nicolas Durant de Villegagnon accompagné 600 colons débarque dans la baie de Guanabara (Brésil). Il y fait construire Fort-Coligny et Henryville. Mais des disputes théologiques éclatent au sein de la colonie. En 1567, les Portugais détruisent ce qui reste des établissements et fondent Rio de Janeiro. Un des membres de l’expédition française, le moine André Thévet, rentrera avec une herbe encore inconnue : le tabac. Mais c’est à un familier de Catherine de Médicis, Jean Nicot, que l’herbe empruntera son nom (nicotine)…
- le 10 novembre 1597 : Montmorency bat les protestants à St-Denis.
- le 10 novembre 1630 : Richelieu et la «Journée des Dupes»
Le 10 novembre 1630, en présence de Louis XIII, le cardinal de Richelieu se confronte à la reine mère Marie de Médicis qui est devenue son adversaire le plus déterminé. Il l’emporte le lendemain, au terme d’une «Journée des Dupes», et peut dès lors mettre toute son intelligence au service de la monarchie.
À la tête du Conseil du Roi, ou Conseil d’En Haut, depuis 1624 grâce à la reine mère, Armand Jean du Plessis, cardinal et duc de Richelieu, a mis au pas la noblesse, prompte aux duels et aux révoltes. Il a aussi combattu avec efficacité les protestants de l’intérieur et leurs alliés anglais. Après le siège de La Rochelle et l’Édit d’Alès, il ne reste plus grand-chose de l’ancienne grandeur des protestants français.
Richelieu voudrait maintenant garantir la tranquillité de la France sur ses frontières. Il se dispose à combattre la maison catholique des Habsbourg qui, d’un côté, gouverne l’Espagne et, de l’autre, les États autrichiens.
Le 10 novembre, en son palais du Luxembourg (l’actuel siège du Sénat), la reine-mère sermonne son fils et l’adjure de se séparer de Richelieu. Elle lui reproche en vrac de ménager les protestants, d’opprimer la noblesse et de se désintéresser du bien-être du peuple. Richelieu entre et à genoux défend sa cause. Louis XIII tourne les talons et se retire à Versailles, où il possède un modeste relais de chasse. Les courtisans croient en la victoire de la reine et s’inclinent devant elle.
Là-dessus, le Roi fait appeler Richelieu…lui renouvelle sa confiance dans l’intimité de son relais de chasse, promettant de ne jamais se séparer de lui ; il tiendra parole.
Un courtisan, Bautru, comte de Serrant, prononce alors la fameuse phrase: «C’est la journée des dupes !»
Ayant les mains libres en France, Richelieu entre tardivement dans la guerre de trente ans. Elle s’achèvera par le traité de Westphalie qui :
- règle les problèmes religieux allemands,
- règle l’organisation politique allemande sous garanties française et suédoise (libertés allemandes),
- assure la paix européenne (cas de l’Alsace),
- fait du Français la langue diplomatique.
- le 10 novembre 1793 : Notre Dame de Paris temple de la Raison.
Après avoir subi le vandalisme de la Révolution, Notre-Dame de Paris se voit imposer une nouvelle religion et devient « temple de la Raison ». La Commune de Paris décide d’y installer le culte de l’Etre suprême. Instaurée par les déistes pour surplomber et incarner la république et ses valeurs, cette nouvelle religion est dans l’esprit de la Convention le moyen de remplacer définitivement la foi catholique.
La révolution montre par là qu’elle est avant tout un mouvement religieux et non politique. Si Louis XVI a été guillotiné dix mois plus tôt c’est à cause de son refus de la constitution civile du clergé qui transformait aussi les dogmes de la foi Catholique.
- le 10 novembre 1859 : Traité de Zurich.
La signature du traité de Zurich vient mettre un terme à la guerre qui oppose l’empire d’Autriche à la France et au Royaume de Piémont-Sardaigne. Les Autrichiens cèdent à la France la province de Lombardie, qu’elle donne à son tour à la Savoie. En contrepartie, l’Autriche peut conserver la Vénétie, ainsi que les forteresses de Mantoue et Peschiera. En 1860, le Royaume de Piémont-Sardaigne donnera à la France le comté de Nice et le duché de Savoie, condition ayant motivé sa participation à la campagne d’Italie.
- le 10 novembre 1994 : le journal “Paris-Match” révèle la fille “cachée” de Mitterrand, Mazarine Pingeot.
- le 10 novembre 1994 : Rome soutien Dom Gérard Calvet, traîné devant les tribunaux pour avoir lutté contre l’avortement.
Le cardinal Silvio Oddi écrit à Dom Gérard traîné devant la justice française à cause de la loi Neiertz.
« Parce que divine, l’Eglise défend les droits de la personne humaine. La vie de l’innocent est un don précieux de Dieu. Comme ce fut rappelé au Mont Sinaï, nul homme n’a le droit de tuer l’innocent, sinon il en répondra devant le tribunal de Dieu. Par votre action pacifique et priante, vous avez voulu, avec vos amis à Grenoble défendre le faible et l’opprimé.
De telles manifestations pourront-elles réveiller la conscience du peuple de France ? Que Dieu vous aide, je suis avec vous par la prière avec Jean Paul II. »
Cité par François Marie Algoud dans Histoire de la volonté de perversion de l’intelligence et des mœurs (Editions de Chiré pages 418 et 419). Voir les chroniques du 24 octobre, du 6 décembre, du 10 juin et du 4 juillet,)
- le 10 novembre 2001 : inondations à Alger.
Les inondations de Bab el Oued font plus de 800 morts. Valeurs Actuelles est le seul journal français, et un des rares média français, à reprendre une dépêche de l’AFP soulignant que le maire d’Alger se trouve à Paris pour le week-end, où il venait de toucher le RMI !
Invasion migratoire
D’Olivier Bault dans Présent :
Dimanche en fin d’après-midi, le navire allemand Sea-Eye 4 débarquait sous les applaudissements 843 « migrants » dans le port italien de Trapani, en Sicile. Lundi, un autre bateau, l’Ocean Viking de l’ONG française SOS Méditerranée, attendait encore au large de Lampedusa de pouvoir débarquer ses 308 immigrants illégaux. Lundi toujours, à la frontière orientale de l’UE, les forces polonaises repoussaient un bon millier d’immigrants arabo-musulmans amenés en Biélorussie par le régime de Loukachenko. C’était le plus gros assaut migratoire qu’ait jamais connu la Pologne qui, comme la Hongrie depuis 2015 et les pays Baltes depuis le mois d’août, a choisi de repousser ces nouveaux colons à tout prix pour dissuader leurs compatriotes de tenter de passer par la nouvelle route migratoire ouverte par le plus proche allié de la Russie.
Dès lundi matin, les autorités polonaises annonçaient l’approche d’une colonne de plusieurs centaines de « migrants » moyen-orientaux côté biélorusse près du point de passage de Kuznica. Leur nombre dans l’après-midi de lundi à proximité de la ligne de barbelés dressée à la hâte par l’armée au mois d’août, en attendant une clôture plus difficile à franchir (voir « Pologne : bientôt une barrière anti-migrants » dans Présent d’hier), était estimé à un millier environ, mais d’autres ont rejoint dans la nuit de lundi à mardi le campement établi par ces candidats à l’immigration illégale, malgré les températures négatives. Depuis mardi matin, le point de passage de Kuznica, où un groupe de « migrants » s’était également attroupé, a été fermé jusqu’à nouvel ordre.
Le nombre de militaires polonais déployés à la frontière pour assister les milliers de policiers et gardes-frontières est désormais passé de dix mille à douze mille, et deux unités de la défense territoriale proches de la frontière ont été mobilisées lundi. Ces unités, créées il y a quelques années, sont constituées de volontaires qui allient vie civile et entraînement militaires réguliers pour pouvoir assurer dans leur région de résidence des missions de sécurité civile, de soutien aux forces armées régulières ou de guerre de partisans sur les arrières d’un envahisseur.
Du côté biélorusse, des coups de feu ont été entendus à plusieurs reprises lundi. Il s’agissait apparemment de militaires ou policiers biélorusses qui tiraient en l’air pour dissuader les immigrants de rebrousser chemin vers l’intérieur de la Biélorussie. Mardi matin, la situation semblait s’être inversée, avec les mêmes Biélorusses qui dissuadaient les nouvelles vagues d’arrivants de s’approcher de la frontière polonaise. D’après le porte-parole du gouvernement polonais, il y aurait entre trois et quatre mille de ces immigrants à proximité de Kuznica et au moins quinze ou vingt mille en ce moment en Biélorussie. […]
Et pendant ce temps, La Croix se veut bien inspirée :

Jean-Joseph Chevalier , sculpteur et peintre, présentation de l’artiste par Paul Rhoads
Par cette vidéo, on entre dans l’intimité familial et artistique de Jean-Joseph Chevalier, terreau propice au dévoilement d’oeuvres offertes à la contemplation. Le regard de Paul Rhoads sur son élève plus de vingt ans après son apprentissage s’inscrit dans la fidélité à la grande tradition de l’Art occidental.
Site de l’artiste : http://www.jeanjosephchevalier.fr/
Saint Jean-Paul II, le héraut de la jeunesse, de la famille, et, de la sainteté
Troisième partie de notre trilogie : Saint Jean-Paul II, le pape de l’Apocalypse
Par Antoine Bordier
Dans la première partie de notre trilogie, nous avons remonté rapidement le fil de sa vie, et, nous nous sommes arrêtés en 1968, l’année de tous les dangers en Pologne. Puis, dans la seconde partie, nous avons évoqué le pape libérateur du communisme, le pape de Fatima. Dans cette dernière partie, nous allons à la rencontre du pape évangélisateur, qui aime le couple, la famille, la jeunesse, et, le sacrement de mariage. Il est un des rares papes à les avoir autant défendus, face à l’avortement, aux divorces, et, à l’euthanasie. Que dirait-il aujourd’hui ? A la fin de sa vie, dans la faiblesse de son âge et de sa maladie, il a ouvert les portes de l’Eglise au 3è millénaire.

Il fait froid, ce soir-là. La nuit a commencé à recouvrir la cité sainte du Vatican. Le vent glacial ne décourage pas les milliers de pèlerins encore présents sur la place Saint-Pierre, comme si un évènement important allait subvenir. Cette nuit, c’est celle de Noël, celle du 24 décembre 1999. Le pape Jean-Paul II se tient debout devant la basilique Saint-Pierre. Un peu voûté, revêtu de sa belle chasuble pailletée aux couleurs rouge et or, il ouvre d’un geste lent la Porte sainte. Il va présider la célébration œcuménique qui suivra cet instant plus que solennel. Derrière-lui, c’est toute l’Eglise catholique, le monde entier qui fait son entrée dans le Jubilé de l’an 2000. Cet évènement planétaire se terminera le 6 janvier 2001. Auparavant, le pape a refermé le millénaire précédent en écrivant, travaillant sans cesse pour rendre plus sainte la jeunesse de notre temps. A travers ces centaines de voyages apostoliques, il a visité presque tous les pays de la planète. Cet infatigable apôtre a initié et lancé les Journées Mondiales de la Jeunesse. Il s’est rappelé ses années où il officiait en tant qu’aumônier des étudiants de Cracovie. Il n’a pas oublié, non plus, ses années, où il s’est retrouvé seul, sans famille, à l’âge de 20 ans.
Dans les années 80, à l’occasion de l’Année Sainte proclamée en 1983-1984, le pape lançait le Jubilé international des jeunes, prélude aux futurs JMJ. Puis, le 31 mars 1985, dans sa lettre apostolique à tous les jeunes du monde il leur adressait ses vœux. Extraits :
« ‶ Toujours prêts à justifier l’espérance qui est en vous devant ceux qui vous en demandent raison ″. Tel est le vœu que je vous adresse, à vous les jeunes, depuis le début de cette année…Si l’homme est la route fondamentale et la route quotidienne de l’Eglise, on comprend bien pourquoi l’Eglise accorde une importance particulière à la période de la jeunesse : elle est une étape-clé dans la vie de tout homme. Vous, les jeunes, vous incarnez précisément cette jeunesse : vous êtes la jeunesse des nations et des sociétés, la jeunesse de toute famille et celle de l’humanité entière ; vous êtes aussi la jeunesse de l’Eglise. Tous, nous portons notre regard sur vous, car tous, grâce à vous, nous redevenons sans cesse, pour ainsi dire, jeunes avec vous. C’est pourquoi votre jeunesse n’est pas seulement votre propriété, propriété personnelle ou celle d’une génération : elle fait partie de l’ensemble de cette durée que tout homme parcourt au long de son itinéraire pendant sa vie, et, en même temps, elle est un bien propre à tous. Elle est le bien de l’humanité elle-même. »
Ses 20 JMJ
Autour de lui, dans la curie romaine, il y avait ceux qui y croyaient, et, ceux qui n’y croyaient pas. Ces-derniers étaient les plus nombreux. Au final, les JMJ ont été un temps béni, un temps de grâces pour l’Eglise et le monde entier. En invitant la jeunesse mondiale à se réunir pendant quelques jours, dans l’un des 15 pays qui les ont organisées, le pape Jean-Paul II aura permis d’endiguer la déchristianisation qui était en cours, dans les années 70-80. Et, notamment, la fuite des jeunes qui trouvaient « les messes ringardes ».
Lors des deuxièmes JMJ, la première s’étant tenue en 1984 à Rome, le pape se rend en Argentine, où l’attendent plus d’1 million de jeunes. Nous sommes les 11 et 12 avril 1987. Auparavant, début d’avril, il s’est rendu au Chili, dans le régime dictatorial d’Augusto Pinochet, qu’il a qualifié de « transitoire ». Puis, à Buenos Aires, il a voulu se rendre proche des victimes des pouvoirs successifs, qui de coups d’Etat en coups d’Etat, ont fait de l’Argentine un pays autoritaire où l’Eglise est restée très divisée entre les partisans du pouvoir et ceux proches du peuple. En 1989, il réunit pour la première fois la jeunesse mondiale en Espagne, à Santiago de Compostella, Saint-Jacques de Compostelle. Là, sur le monte del Gozo (le mont de la Joie), il déclare : « Je suis le Chemin, la Vérité, et, la Vie. » La célèbre phrase de l’apôtre saint Jean, qui fera le tour du monde. Comme il l’avait fait en posant les pieds en France, en 1980, il reprend la formule du questionnement pour s’adresser à la jeunesse. Ils sont plus de 500 000 à l’écouter.
Les jeunes ont soif de Dieu
« – As-tu déjà découvert le Christ, qui est la Voie ? Oui, Jésus est pour nous une voie qui mène au Père – la Voie unique. Quiconque veut atteindre le salut, doit s’acheminer par cette voie. Vous, les jeunes, vous vous trouvez très souvent à un carrefour, ne sachant pas quelle route choisir, où aller; il y a tant de fausses routes, tant de propositions faciles, tant d’ambiguïtés. A ces moments n’oubliez pas que le Christ, avec son Evangile, son exemple, ses commandements, est toujours et seulement la voie la plus sûre, la voie qui débouche sur un bonheur entier et durable.
– As-tu déjà découvert le Christ, qui est la Vérité ? La Vérité est l’exigence la plus profonde de l’esprit humain. Les jeunes surtout sont affamés de la Vérité sur Dieu et sur l’homme, sur la vie et le monde. Dans ma première Encyclique Redemptoris hominis j’ai écrit : « L’homme qui veut se comprendre lui-même jusqu’au fond ne doit pas se contenter pour son être propre de critères et de mesures qui seraient immédiats, partiaux, souvent superficiels et même seulement apparents ; mais il doit, avec ses inquiétudes, ses incertitudes et même avec sa faiblesse et son péché, avec sa vie et sa mort, s’approcher du Christ » (n. 10).
– As-tu déjà découvert le Christ, qui est la Vie ? Chacun de vous désire tellement vivre la vie dans sa plénitude. Vous vivez animés de grands espoirs, de tant de beaux projets pour l’avenir. N’oubliez pas cependant que la vraie plénitude de vie ne se trouve que dans le Christ, mort et ressuscité pour nous. Seul le Christ est capable de remplir jusqu’au fond l’espace du cœur humain. Lui seul donne la force et la joie de vivre, et cela malgré toute limite ou tout empêchement extérieur. Oui, découvrir le Christ est la plus belle aventure de votre vie. Mais il ne suffit pas de Le découvrir une seule fois. Chaque découverte que l’on fait de Lui, devient une invitation à Le chercher davantage, à Le connaître mieux encore à travers la prière, la participation aux sacrements, la méditation de sa Parole, la catéchèse, l’écoute des enseignements de l’Eglise… »

Ses coups de cœur pour la France
En 1996, le pape se rend, pour la 6è fois, en France. Le 19 septembre, il atterrit à Tours, puis, direction Saint-Laurent-Sur-Sèvre, en Vendée. Là, il rend hommage à saint Louis-Marie Grignion de Montfort. Il célèbre, également, les martyrs des guerres de Vendée. Le lendemain, à Sainte-Anne-d’Auray, devant plus de 100 000 fidèles, il exhorte les chrétiens à défendre les valeurs de la famille. Le 21, il revient à Tours pour célébrer l’ouverture des festivités du 1600è anniversaire de la mort de saint Martin, l’apôtre des Gaules. Et, le lendemain, sur la base aérienne de Reims, devant plus de 200 000 fidèles, il commémore le baptême de Clovis. Pendant 4 jours, il a célébré la France, son histoire, son évangélisation. Au même moment, les francs-maçons célèbrent la 1ère République, à Valmy, et, 7 000 personnes, à Paris, manifestent contre la commémoration du baptême du Franc.
Un an plus tard, en 1997, à Paris, c’est l’effervescence. La bannière des JMJ qui représente la tour Eiffel servant d’ostensoir eucharistique, comme si les poutrelles métalliques de la célèbre dame de fer s’élançaient vers le Ciel pour accueillir en son sein « Jésus caché », comme aimait à l’appeler la petite voyante de Fatima, Jacinta, flotte un peu partout dans les paroisses parisiennes. Dès les mois de juin et de juillet, le métro et les rues de Paris se parent, aussi, d’affiches aux couleurs et logo des JMJ français. Le cardinal Lustiger, le juif converti qui aurait pu devenir pape, après Jean-Paul II, a soulevé des montagnes de manque de foi et de tiédeur de la part de ses confrères évêques et prêtres qui ne voulaient pas relever le défi d’accueillir la jeunesse. La France, et, son épiscopat seraient-ils devenus méprisants vis-à-vis de l’évêque de Rome et de la jeunesse ? Si l’on peut répondre par la positive, il faut dire que la France a été tancée à plusieurs reprises par les papes. Comme dit l’adage : « Qui aime bien châtie bien. » Le pape Jean-Paul II, lui, a juste voulu réveiller le vieux pays chrétien. Il avait commencé à le faire en embrassant le tarmac de l’aéroport du Bourget en 1980. A l’époque, le président de la république n’était autre que Valéry Giscard d’Estaing, le président de l’avortement et du divorce.

Un appel à la sainteté
Il avait conclu son premier voyage en tant que pape en France, en posant cette question :
« France, Fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? Permettez-moi de vous demander : France, Fille de l’Eglise et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, à l’alliance avec la sagesse éternelle ? Pardonnez-moi cette question. Je l’ai posée comme le fait le ministre au moment du baptême. Je l’ai posée par sollicitude pour l’Eglise dont je suis le premier prêtre et le premier serviteur, et par amour pour l’homme dont la grandeur définitive est en Dieu, Père Fils et Saint-Esprit. »
A Paris, en 1997, c’est le président Jacques Chirac qui l’accueille. A 77 ans, le pape a une santé incroyable car son emploi du temps est surchargé. Lors ce 79è voyage, le 21 août, il rencontre Chirac, puis, les jeunes au Champ de Mars. Il passe sa nuit en veillée de prières pour les vocations. Le lendemain, il procède à la béatification de Frédéric Ozanam, à Notre-Dame de Paris. Il se rend, ensuite, dans la cathédrale toute neuve d’Evry. Le 23 août, il célèbre plusieurs offices, dont la Messe à Saint-Etienne du Mont. Puis, dans la nuit, il rejoint les 1,2 millions de jeunes agglutinés sur la pelouse de Longchamp. Le lendemain matin, lors de la Messe de clôture, Marie-Laure, une jeune mariée a fait le déplacement : « Oui, avec mon mari, nous sommes venus de la porte Maillot à vélo. Ce n’est pas très raisonnable, car je suis enceinte. Mais, c’est formidable d’être-là. » Le pape, lui, est venu en papa-mobile blindée. Il a revêtu sa belle chasuble offerte par le couturier français Jean-Jacques de Castelbajac. Il s’adresse aux jeunes :
« Très chers jeunes, soyez saints, car le manque de sainteté est ce qui rend le monde triste ! Les saints auxquels vous vous inspirez continuent d’exercer une fascination extraordinaire, car ils ont consacré sans relâche leur existence au Christ. Et, sans le vouloir, ils ont donné origine à un style évangélique “révolutionnaire” qui continue, aujourd’hui encore, à fasciner tant de jeunes, et pas seulement les jeunes. »

Un écrivain hors-pair qui défend la famille et le mariage
L’évangélisateur-voyageur est, aussi, un amoureux des lettres. De JMJ en JMJ, de voyages en voyages, de discours en discours, l’homme en blanc transforme ses souffrances – celles de 1981 et de 1982, où à Fatima, lors d’une deuxième tentative d’assassinat, qui échoue de peu, le colosse de la liberté ressort blessé. Son sang versé se mêle à l’encre d’écriture. Il écrira 14 encycliques, dont les plus célèbres restent Redemptoris Hominis, au début de son pontificat, Redemptoris Mater, en 1987, Redemptoris Missio, en 1990, Centesimus Annus, en 1991, Veritatis Splendor, en 1993, Evangelium Vitae, en 1995, et, Ecclesia de Eucharistia, en 2003. A travers ses écrits, ses 23 livres, ses 15 exhortations apostoliques, ses 12 constitutions, ses 28 motu proprio, ses 42 lettres apostoliques et ses 26 lettres aux prêtres pour le Jeudi Saint, il traite principalement des sujets de la doctrine familiale, de la doctrine sociale, des sacrements, et, de la vocation. Il est infatigable pour défendre la famille et le sacrement de mariage. Il parle, aussi, de la sexualité, du corps, de la contraception. Au sujet du mariage, il invite le futur couple, l’homme et la femme « à apprendre à être ensemble avant de s’engager dans une relation plus intime. Ils devraient apprendre à se comporter l’un vis-à-vis de l’autre, à être patients, à s’entendre, à se comprendre mutuellement». En 1962, il publie, alors qu’il n’est pas encore pape, « Amour et responsabilité ».
Au sujet du mariage et du divorce, il écrit dans sa lettre Mulieris Dignitatem, à l’occasion de l’Année mariale de 1988 : « Jésus fait référence au « commencement » devant ses interlocuteurs qui connaissaient la Loi en professionnels : les scribes ! La question posée est celle du droit de l’homme de ‶répudier sa femme pour n’importe quel motif″ (Mt 19, 3); et donc aussi du droit de la femme, de sa juste place dans le mariage, de sa dignité. Les interlocuteurs pensent avoir pour eux la législation de Moïse en vigueur en Israël: ‶ Moïse a prescrit de donner un acte de divorce quand on répudie″ (cf. Mt 19, 7). Jésus répond: ‶C’est en raison de votre dureté de coeur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes; mais dès l’origine il n’en fut pas ainsi″ (Mt 19, 8). Jésus se réfère au « commencement », à la création de l’être humain comme homme et comme femme, et à la disposition de Dieu qui a pour fondement le fait que tous les deux ont été créés ‶à son image et à sa ressemblance″. C’est pourquoi, lorsque l’homme « quitte son père et sa mère » pour s’attacher à sa femme, au point que les deux deviennent « une seule chair », la loi qui vient de Dieu lui-même demeure en vigueur : « Ce que Dieu a uni, l’homme ne doit point le séparer » (Mt 19, 6) »
Le lutteur de Dieu termine sa course
Après avoir autant alerté, autant écrit, autant exhorté, autant prié, autant voyagé, le vieil homme en blanc aurait le droit de se reposer. Certains de ses proches lui ont soufflé à l’oreille : « Pourquoi ne démissionneriez-vous pas ? » Il répondait : « Jusqu’à la fin ». Il est vrai que la fin de sa vie a été un chemin de croix, parsemé de chutes, de douleurs et de maladies. La première des chutes est, très certainement, d’ordre eschatologique et géo-politique à la fois. Certes, il ne parlait pas de « 3è guerre mondiale », celui qui a fait entrer l’Eglise dans le 3è millénaire. Mais, il n’a pas pu empêcher que Georges Bush déclare sa guerre à l’Irak. On connaît, malheureusement la suite et les mensonges, qui pourraient faire l’objet d’une condamnation sans précédent d’un tribunal international, sur l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis. Il n’avait pas pu empêcher, non plus, la guerre des Balkans. Une autre guerre est à l’œuvre depuis quelques années : celle qu’il mène pour sa propre guérison. Il lutte contre la maladie, depuis son attentat de 1981. Il a été transfusé avec du sang contaminé. Puis, dans les années 90, il lutte contre la maladie de Parkinson. Il a chuté physiquement à plusieurs reprises, et, s’est cassé le col du fémur. Il se déplace désormais comme un lutteur.
L’année 2005 est l’année de son départ vers le Ciel. Le lutteur de Dieu termine sa course planétaire. Il est hospitalisé plusieurs fois, à la suite de crises de spasmes du larynx. Le 2 avril, la sœur polonaise, qui l’accompagne depuis qu’il est pape, lui lit l’Evangile de saint Jean. Il est 21h37, en Italie, quand il meurt à la suite de son coma, dans sa chambre, au Vatican. Il part vers le Ciel, la veille de la fête de la Miséricorde Divine.
Son dernier message
Peu le savent, mais celui qui a eu le 3è plus long règne de la papauté, avait un dernier message pour le monde. Lui, qui avait du mal à parler distinctement, voulait vivre au moins jusqu’au 3 avril 2005. Ce dimanche, vers midi, l’amoureux de la Vierge Marie, le jour de la fête de la Miséricorde Divine, voulait prononcer ces quelques mots :
« Le joyeux alléluia de Pâques résonne encore aujourd’hui. La page de l’Evangile d’aujourd’hui, de saint Jean, souligne que le ressuscité, le soir de ce jour-là, est apparu aux apôtres et ‶leur a montré ses mains et son côté″ (Jn 20,20), c’est-à-dire les signes de sa douloureuse passion, imprimés de façon indélébile dans son corps même après la résurrection. Ses plaies glorieuses, qu’il a fait toucher à Thomas l’incrédule huit jours plus tard, révèlent la miséricorde de Dieu, qui ‘a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils’ (Jn 3,16). Ce mystère d’amour est au centre de la liturgie d’aujourd’hui, en ce dimanche in Albis, dédié au culte de la miséricorde divine ».
Il ajoute que : « l’humanité qui parfois semble perdue et dominée par le pouvoir du mal, de l’égoïsme et de la peur, le Seigneur ressuscité offre le don de son amour qui pardonne, réconcilie, et rouvre l’âme à l’espérance. C’est un amour qui convertit les cœurs et donne la paix. Combien le monde a besoin de comprendre et d’accueillir la miséricorde divine ! »
Puis, il termine par une prière :
« Seigneur, qui par ta mort et ta résurrection révèle l’amour du Père, nous croyons en toi et avec confiance nous te répétons aujourd’hui : ‶Jésus, j’ai confiance en toi. Aie miséricorde de nous et du monde entier″ ».

Des saints par millier
Il aura tout fait. Il aura soulevé des montagnes, réchauffé la foi qui s’affadissait, fait près de 30 tours du monde, prononcé plus de 20 000 discours, et, écrit près de 100 000 pages, soit 50 bibles. Mais, surtout, ce qu’il a fait en béatifiant près de 1400 personnes, et, en officiant près de 500 canonisations, est inimaginable. Comme si le pape Jean-Paul II avait vu et anticipé le monde déboussolé, sans repère qui allait s’avancer dans la nuit. A titre de comparaison, le pape Paul VI qui a eu un pontificat plus court, mais de 15 ans quand-même, aura béatifié et canonisé, en tout, près de 150 personnes.
Le champion du monde de la sainteté a élevé au plus haut degré de la vie chrétienne ordinaire, des couples, des enfants, des célibataires, des mères, des pères, des prêtres et des religieux, des novices, des convertis. Citons-en quelques-uns. Parmi les bienheureux, il y a, en cette année dédiée à saint Joseph, André Bessette. Ce religieux canadien est devenu saint en 2010. A travers une vie d’épreuves et de souffrances, l’Eglise lui doit la dévotion au père adoptif du Christ. Et, la célèbre basilique du Mont-Royal, au Québec. Il y a, aussi, les 99 martyrs de la ville d’Angers, béatifiés en 1984. Ils furent exécutés entre 1793 et 1794 lors de la folie meurtrière et génocidaire révolutionnaire. En 1990, il béatifie Pier Giorgio Frassati, dont la cause de canonisation est toujours en cours. Lors des JMJ de 1989, en Espagne, il l’avait donné en exemple à la jeunesse du monde entier. Le 13 mai 2000, il béatifie les voyants de Fatima, Jacinta et Francisco Marto (frère et sœur). Le pape François les canonisera en 2017. A plusieurs reprises, il béatifie des martyrs de la guerre d’Espagne, du Mexique. Il béatifie Mère Teresa, devenue sainte en 2016.
Parmi les saints, retenons Maximilien Kolbe, les 103 martyrs de Corée. Claude La Colombière, le confesseur de sainte Marguerite-Marie Alacoque. La très célèbre Faustine Kowalska, l’apôtre de la Miséricorde Divine. Joséphine Bakhita fut enlevée à l’âge de 5 ans, au Soudan. Vendue comme esclave, elle est torturée à plusieurs reprises. Elle devint religieuse, et, pardonna à ses bourreaux. Le 16 juin 2002 était canonisé Padre Pio. Il a porté les stigmates du Christ pendant 50 ans. Le pape Jean-Paul II l’avait rencontré alors qu’il était un jeune prêtre. Le 6 octobre 2002 était canonisé le fondateur de l’Opus Dei, l’abbé Josemaria Escrivá de Balaguer. Pour finir, citons Jeanne Beretta Molla, épouse et mère de famille qui est morte à l’âge de 39 ans d’une tumeur à l’utérus, parce qu’elle avait refusé des soins, qui auraient provoqué la mort de l’enfant qu’elle portait. Jean-Paul II, quant à lui, est béatifié le 1er mai 2011 par le pape Benoît XVI. Le 27 avril 2014, il est canonisé par le pape François.
Des zones d’ombre ?
Terminons cette trilogie par une zone d’ombre : celle de la pédophilie. Si Jean-Paul II n’a pas dénoncé comme il aurait dû faire, les agissements de certains prêtres comme le fondateur des Légionnaires du Christ, l’abbé Marcial Maciel Degollado, il a travaillé sur le sujet. En 2002, il déclarait :
« Il n’y a pas de place dans la prêtrise et dans la vie religieuse pour ceux qui feraient du mal aux jeunes ».
Aujourd’hui, alors que l’Assemblée plénière de la Conférence des Evêques de France vient de terminer ses travaux sur le sujet, le pape, s’il était encore en vie, leur demanderait sans doute « de réduire à l’état laïc tous les prêtres qui ont commis de telles fautes. Et, à faire réparation sans délai. »
Texte réalisé par Antoine Bordier, auteur, consultant et journaliste
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Des « bêtises »…
C’est comme ça, on n’y peut rien : de temps à autre, un mot vous saute à la figure, non pas une fois, mais deux voire trois au même moment provoquant alors des associations d’idées. C’est le cas pour le mot « bêtise » apparu concomitamment dans deux situations bien différentes. La première est à l’occasion de la lecture du numéro hors-série de la revue FRONT POPULAIRE, intitulé « Macron. Droit d’inventaire » ; la seconde à l’occasion de la déambulation dans le Drancy de son enfance d’un journaliste-éditorialiste quelque peu sous les feux de l’actualité et à la faveur d’une émission pilotée par M.Morandini.
Dans la revue, M.Onfray s’adresse à M.M. avec comme un soupçon de familiarité gouailleuse :
« Mon cher Manu, Mon Chéri, je me permets en effet cette familiarité, mon cher Manu, car des photos t’ont récemment montré partout sur la toile aux Antilles enlaçant un beau black bodybuildé en prison et luisant de sueur tropicale, ce qui semblait te ravir jusqu’au plus profond » (Article Obscénité).
Et à l’article Verbigération [NDLR : Dévidage automatique de mots ou de phrases entières, sans suite et incohérents, que l’on rencontre surtout dans les états démentiels], Mme Ingrid Riocreux précise que M.M. a dit à ce beau black :
« Il faut pas refaire des bêtises, hein ? Les braquages, c’est fini ! Tu me l’as dit, t’oublies pas » (p.109).
Dans l’émission de CNews, M.Z. est confronté à un homme d’une trentaine d’années, dont l’animateur expose qu’il est né en Algérie, a la double nationalité et « a fait quatre ans de réclusion criminelle pour vol en bande organisée avec arme et a eu plusieurs condamnations pour violence aggravée ». Dans le cadre de la conversation (les propos dudit trentenaire sont très peu audibles ; on entend cependant qu’à un moment, il dit : « C’est à cause de mon père aussi que j’ai fait beaucoup de bêtises »), M.Z. lui répète avec force deux propos : « ce n’est pas à cause de votre père, c’est à cause de vous, c’est vous qui êtes responsable » et « c’est pas des bêtises, c’est des délits, arrêtez de tout banaliser… arrêtez ce langage enfantin et puéril » (entre 23’ et 27’).
Il se trouve que, présentement, c’est M.M. qui est Président de la République. C’est bête….
Les fidèles de Notre-Dame du Travail (Paris 14e) restent mobilisés en attendant la réponse de Mgr Aupetit
Le collectif Paris Tradition 14e communique :
En ce 8ème dimanche consécutif de mobilisation des fidèles de Notre-Dame du Travail, le chapelet a été récité devant l’église où la messe traditionnelle était célébrée jusqu’à la décision brutale d’interdiction prise par Mgr Aupetit. Cette prière publique était dite pour l’unité de l’Eglise catholique et la restauration de la messe traditionnelle à Paris. Le chapelet sera reconduit dimanche prochain 14 novembre à 17h45.
Lettre à Mgr Aupetit
A l’issue du chapelet, les fidèles ont évoqué la lettre commune envoyée à Mgr Aupetit (voir ici), dont le collectif Paris Tradition 14 est signataire, lui demandant de laisser les fidèles vivre l’expérience de la Tradition dans le diocèse de Paris. La lettre étant assortie d’une demande explicite de rendez-vous avec le chef du diocèse de Paris.
De plus, le collectif invite les fidèles à se rendre ou à s’unir par la prière aux prochains chapelets organisés pour la défense de la messe traditionnelle devant les bureaux de l’archevêché 10 rue du Cloître Notre-Dame mardi 09/11 à 13h, en l’église St-Georges de La Villette à 17h, devant St-François-Xavier mercredi 10/11 à 19h15, ainsi qu’à la manifestation devant la nonciature apostolique (10 av. du Pdt Wilson) samedi 13/11 à 12h.
Ad Majorem Dei gloriam.
Collectif Paris Tradition 14
L’affaiblissement du droit pénal dans l’Eglise, une conséquence du sacro-saint Concile Vatican II
Dans Res Novae, le père Alexis Vernet analyse les vicissitudes contemporaines du droit pénal de l’Église, qui ont permis de laisser faire les abus que que l’on sait; Extrait :
[…] Le Code de 1983 se limite à 89 canons et 2 parties en son Livre VI consacrées aux sanctions dans l’Église en excluant toute définition doctrinale. En comparaison celui de 1917 traitait du droit pénal en 220 canons et 3 parties dans son livre V des délits et peines. La matière a donc été nettement remaniée d’un Code à l’autre avec une attention accentuée sur l’utilité pastorale du droit pénal sous la poussée du courant dit « pastoraliste » du jésuite Peter Huizing animé par la revue Concilium. Seuls les exceptions aux lois, les non recours éventuels aux procès et aux sanctions canoniques, l’allégement des formalités juridiques ont une importance pastorale.
C’était oublier que la justice, les normes générales, les procès, les sanctions, chaque fois qu’ils s’avèrent nécessaires sont requis dans l’Église pour le bien des âmes. Le canon 6 du nouveau Code avait abrogé expressément toute autre loi pénale existant auparavant. Les travaux préparatoires ont été longs et les discussions retracées dans la revue Communicationes publiée par le Conseil pontifical pour les textes législatifs dans ses livraisons des années 2012-2017. Ces débats ont mis en lumière des questions fondamentales, à commencer par l’existence même d’un droit pénal de l’Église. La question a été posée lors des travaux d’élaboration du Code de l’utilité de maintenir un droit pénal après le Concile Vatican II.
Pour l’école du droit public ecclésiastique, qui a connu son apogée dans les années précédant le Code de 1917 qu’elle a profondément marqué, l’existence d’un droit pénal dans l’Église était évidente. Outre la tradition historique de la discipline pénitentielle dans l’Église ancienne et durant le Moyen Age, cette école soutenait que l’Église constitue une société juridiquement parfaite tout comme l’État et que le propre de toute société est de posséder un pouvoir coercitif sur ses membres. Le Code de 1917 s’inscrivait dans cette perspective, spécialement son livre V dont le c. 2214 § 1 affirmait le droit propre et originel de l’Église d’user d’un pouvoir coercitif.
A cette ecclésiologie fondée sur l’idée de société parfaite s’oppose une ecclésiologie fondée sur la notion de communion dont les grands promoteurs sont le cardinal Antonio Rouco Varela, Libero Gerosa et Eugenio Correco[3]. Cette école, partisane d’une Église-Peuple de Dieu contre l’Église-hiérarchie du Code de 1917, s’interroge sur le maintien d’un pouvoir coercitif dans l’Église. Ce pouvoir empiète sur la compétence du pouvoir civil et contredit la déclaration sur la liberté religieuse du Concile Vatican II.
« C’est donc tout le droit pénal qui, dans cette théorie, doit perdre sa nature rétributive, pour devenir un système pénitentiel sui generis dans lequel la sanction principale, l’excommunication latæ sententiæ, n’a plus qu’un effet déclaratif d’une situation de non communion dans laquelle l’intéressé s’est lui-même placé. »[4]
Malgré tout, le droit pénal est maintenu in extremis, mais au rabais. Le premier canon du Titre I de la Première Partie du Livre VI c. 1311, dont la présence même tient du miracle, ne serait qu’un vestige suranné de nature « jusnaturaliste » incompatible avec la lecture du Concile Vatican II et la nouvelle conception du droit ecclésial ; ce canon « mal aimé » mais fondamental est formulé ainsi : « L’Église a le droit inné et propre de contraindre par des sanctions pénales les fidèles délinquants ». Mais ce droit pénal est relégué à un rôle supplétif. Ainsi le droit pénal « apparaît-il repoussé aussi loin que possible derrière l’impérieuse loi de charité » (Olivier Échappé).
La réforme « réactionnaire » de 2021, préparée par Benoît XVI
Le pape Benoît XVI a jeté un regard critique en ces termes :
« Le droit pénal ecclésiastique avait fonctionné jusqu’à la fin des années 1950 ; il n’était certes pas parfait – il y a là beaucoup à critiquer – mais quoi qu’il en soit, il était appliqué. Mais depuis le milieu des années 1960, il ne l’a tout simplement plus été. La conscience dominante affirmait que l’Église ne devait plus être l’Église du droit mais l’Église de l’amour, elle ne devait plus punir. On avait perdu la conscience que la punition pouvait être un acte d’amour. […] Il y a eu dans le passé une altération de la conscience qui a provoqué un obscurcissement du droit et masqué la nécessité de la punition. En fin de compte est intervenu un rétrécissement du concept d’amour […] qui existe aussi dans la vérité. »[5]
Une Église méprisant son droit aurait toute chance d’être non pas une Église de charité mais une Église de l’arbitraire.
Le remaniement de l’ordonnancement canonique était donc tel que le nouveau système pénal partit pratiquement « de zéro » après 1983.
« Le nombre des délits caractérisés avait été réduit de manière drastique aux seuls comportements d’une gravité spéciale, et l’imposition de sanctions, soumises aux critères d’appréciation de l’Ordinaire [l’évêque pour faire court], qui étaient inévitablement différents. »[6]
Le Secrétaire du Conseil Pontifical pour les Textes législatifs ajoute :
« Certains canons du Code lui-même contiennent en effet des invitations à la tolérance qui pourraient parfois être indûment vues comme une volonté de dissuader l’Ordinaire de l’utilisation des sanctions pénales, là où cela serait nécessaire pour des exigences de justice ».
Le regretté cardinal De Paolis parlait d’« inadéquation du système pénal. » Le cardinal Ratzinger a adressé une requête dès le 19 février 1988, soit 5 ans après la promulgation du Code, où sont dénoncées les conséquences négatives produites par certaines options du nouveau système pénal. L’incurie des évêques est compensée par une forte centralisation vers les congrégations romaines (pour la Foi, pour le Clergé et pour l’Évangélisation des Peuples dont relèvent 50% des Églises particulières) et une inflation de textes correctifs. Concrètement, au ras des officialités, les procédures pénales ont été si rares que les juges balbutient, la jurisprudence étant quasi inexistante.
C’est pourquoi devant la misère du droit pénal Benoît XVI s’est attelé à une réforme en profondeur du livre VI. Après 12 ans de travaux le nouveau Livre pénal a été promulgué et entre en vigueur le 8 décembre 2021 : c’est de fait un retour à l’esprit du droit pénal de 1917 tant décrié durant les années postconciliaires.

