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Unplanned : quelles suites après la saisine du CSA ?

Gènéthique a demandé à Nicolas Bauer, chercheur associé à l’European Centre for Law and Justice (ECLJ) et doctorant en droit à l’université de Strasbourg, de faire le point :

Pourquoi la diffusion d’Unplanned a-t-elle suscité la polémique ?

La force du film est qu’il est fondé sur une histoire vraie, celle d’Abby Johnson qui a été directrice d’une clinique du Planning familial américain. Elle a elle-même avorté à deux reprises et a coopéré à 22 000 avortements, convaincue qu’elle aidait ainsi les femmes. Une sonde échographique lui révèle un jour la réalité in utero d’une IVG par aspiration. Elle découvre alors, concrètement, ce qu’une femme qui avorte ne voit pas. Ce sera pour elle une expérience bouleversante qui l’amènera à changer radicalement de point de vue et… de métier.

Au-delà cette expérience, Unplanned montre l’engrenage qui conduit des femmes à envisager l’avortement, sans jamais juger ces personnes. Il met sur le devant de la scène des communautés et des associations qui œuvrent pour sortir les femmes de cette spirale en leur proposant l’aide concrète qu’elles demandent. En France, ce discours n’est pas vraiment dans l’air du temps. Cela a conduit des personnalités politiques et médiatiques à demander, vainement, la censure de ce film.

La diffusion sur C8 d’Unplanned entre-t-elle dans le cadre de la loi du 20 mars 2017 qui a étendu le délit d’entrave ?

En 1974, Simone Veil avait décidé de maintenir un délit d’incitation à l’avortement, en considérant que « l’incitation à l’avortement par quelque moyen que ce soit […] reste inadmissible ». En 2001, ce délit a été abrogé et il est devenu légal de pousser une femme à avorter. Désormais, c’est uniquement l’ « incitation à ne pas avorter » qui est sanctionnée pénalement, au titre du délit d’entrave à l’IVG. Ce dernier, créé en 1993, a été étendu à deux reprises par des lois de 2004 et 2017, si bien qu’il est aujourd’hui très difficile pour les associations d’exercer leur rôle de prévention des avortements.

Concernant Unplanned, Élisabeth Moreno, ministre déléguée à l’Égalité femmes-hommes, a affirmé que C8 « se rend coupable du délit d’entrave condamné dans notre pays ». À ce jour, le délit d’entrave ne pénalise pourtant pas la diffusion de toutes les opinions ou informations remettant en cause l’avortement. En 2017, le Conseil constitutionnel a très clairement indiqué que la diffusion d’une opinion ou information « à destination d’un public indéterminé » n’était pas constitutive d’un délit d’entrave. Il est donc légal, en France, de diffuser un film comme Unplanned. Aucun juriste n’a de doute sur ce point.

A contrario, C8 est protégée par l’existence d’un autre délit, celui d’entrave à la liberté de la diffusion de la création artistique. Il est réprimé par une peine maximale d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende (article 431-1 du Code pénal).

Elisabeth Moreno parle d’un « outil de propagande anti-avortement abject » au sujet de ce film. Peut-on encore avoir une opinion en France sur l’avortement ?

Une autre polémique concernant C8, en octobre 2018, est très révélatrice de l’attitude de certains face au débat. Cyril Hanouna, l’animateur de « Touche pas à mon poste ! », avait voulu initier un débat sur le sujet « pour ou contre l’IVG en France ? » (cf. « La France ne devrait-elle protéger que les femmes faisant le choix d’avorter et pas les autres ? »). Les réactions politiques ont été comparables à celles contre Unplanned : l’IVG est une question qui ne se discute pas en France. En tout état de cause, plus de 300 000 téléspectateurs ont regardé Unplanned le 16 août dernier ; des milliers d’autres l’avaient visionné l’année dernière grâce aux séances de e-cinéma proposées par SAJE Distribution et suivies de débats participatifs.

La question de l’IVG interpelle en réalité de nombreux Français. À chaque grossesse, les parents peuvent voir leur bébé in utero. À six semaines de grossesse, on vous dit : « votre bébé est magnifique, regardez sa tête, ses oreilles, ses petits bras,… écoutez son cœur, il bat très vite » ; et à dix semaines de grossesse : « le foie, les reins, les poumons de votre enfant sont bien formés ». Les parents vivent en général avec enthousiasme cette rencontre avec leur enfant chez leur gynécologue. Il est difficile ensuite de rester indifférent à l’IVG.

Quelles peuvent être les suites données par le CSA aux plaintes contre Unplanned ?

Le CSA va visionner Unplanned. S’il considère que sa diffusion peut avoir constitué un délit d’entrave à l’avortement, il en informera le procureur de la République. C’est très peu probable. Dans tous les cas, si jamais C8 était poursuivie pénalement pour délit d’entrave, la chaîne ne serait pas condamnée : la loi et les réserves émises par le Conseil constitutionnel sont claires et protègent la diffusion d’Unplanned.

Le CSA s’assurera ensuite que la diffusion d’Unplanned respecte la convention qu’il a signée avec C8 et dont les obligations sont principalement issues d’une loi de 1986. La diffusion d’Unplanned ne viole aucune stipulation de ce contrat. Aucune procédure de sanction ne devrait donc être engagée.

En revanche, il est tout à fait possible que, pour des raisons politiques, le CSA désapprouve publiquement la diffusion d’Unplanned. Dans ce cas, il enverra une simple lettre à C8, rappelant de grands principes tels « l’égalité femmes-hommes » ou la « lutte contre les préjugés sexistes ». Une telle lettre pourrait donner lieu à des réactions politiques mais, sur le fond, n’entraînerait aucune conséquence réelle pour la chaîne.

À l’issue de l’examen de ces plaintes par le CSA, C8 devrait ainsi avoir la confirmation qu’elle peut proposer de nouvelles dates de diffusion d’Unplanned.

Si vous n’aimez pas l’électorat actuel, il suffit d’en “importer” un nouveau

C’est à propos des Etats-Unis, mais c’est la même stratégie en France :

Si vous n’aimez pas l’électorat actuel, il suffit d’en “importer” un nouveau. Tel est le mantra pour le Parti démocrate, et ce depuis un certain temps déjà.

Le chaos rampant aux frontières de l’Amérique depuis l’élection du président Joe Biden est désormais bien connu et il semble que son administration ne fera rien pour l’arrêter. En effet, Biden et les démocrates ont toutes les raisons de vouloir un afflux massif d’immigrants, légaux et illégaux, car cela signifie une augmentation du nombre d’électeurs démocrates.

Chaque année, plus d’un million d’immigrants immigrent légalement aux États-Unis, et l’écrasante majorité est non qualifiée ou peu qualifiée. En conséquence, les immigrés légaux ont tendance à occuper des emplois au bas de l’échelle économique et à avoir des difficultés financières. Ils ont donc tendance à avoir besoin d’un soutien important de la part du gouvernement en matière de soins médicaux, de logement, d’alimentation, de garde d’enfants, d’apprentissage de l’anglais comme seconde langue, de programmes de distribution de petits-déjeuners et de déjeuners scolaires, de frais d’inscription à l’université, etc. Et quel parti politique est le parti du Grand Gouvernement (terme utilisé par les conservateurs pour désigner un gouvernement jugé trop grand, corrompu et inefficace, ndlr) qui fournira ces choses aux immigrants ? Le Parti démocrate bien sûr! Et les immigrés sont bien conscients de cela. En effet, les chiffres d’inscription des migrants sur les listes électorales confirment le soutien écrasant que les migrants apportent au Parti démocrate. Une étude, rassemblant des données entre 1980 et 2012, a révélé que parmi les citoyens naturalisés, plus de 2,5 fois fois plus de ces migrants (65% contre 25%) sont susceptibles de s’inscrire comme démocrates que comme républicains. Selon le Pew Research Center, l’inscription des immigrants sur les listes électorales favorise le Parti démocrate par un ratio de 4 contre 1 ou plus dans le New Jersey (62 % contre 14 %), à New York (60 % contre 15 %) et au Massachusetts (67 % contre 17 %), par un ratio de 2 contre 1 au Texas (44 % contre 18 %) et en Californie (48 % contre 21 %), et par un ratio d’un peu moins de 2 contre 1 en Floride (46 % contre 26 %). Et comme 1 électeur éligible sur 10 dans le pays est un Américain naturalisé, l’impact de l’immigration légale sur les élections est considérable (depuis 2000, le nombre d’électeurs naturalisés a augmenté de 93 %, contre une augmentation de seulement 18 % pour les électeurs nés dans le pays. En effet, depuis 2000, le nombre d’électeurs citoyens naturalisés a presque doublé pour atteindre plus de 23 millions de personnes). De manière significative, l’immigration a été citée comme l’une des principales raisons pour lesquelles la Virginie, le Colorado, l’Arizona et le Nevada – autrefois des États rouges solides – ont connu une tendance bleue au cours de la dernière décennie.

La situation est similaire en ce qui concerne les immigrants illégaux. Chaque année, des dizaines de milliers d’immigrants illégaux (peut-être plus de 100 000) entrent aux États-Unis. De nombreuses personnes avancent aujourd’hui le chiffre de 10 à 11 millions comme étant le nombre d’étrangers en situation irrégulière vivant aux États-Unis, alors qu’une estimation plus précise se situerait entre 20 et 30 millions. Ces immigrants ont tendance à être encore moins qualifiés et peu qualifiés que les immigrants légaux et occupent donc les emplois les moins bien rémunérés de notre économie. En conséquence, les immigrants illégaux ont tendance à être très pauvres, environ 60 % d’entre eux vivant sous le seuil de pauvreté et ayant davantage besoin de l’aide du gouvernement que les immigrants légaux. Alors que de nombreux programmes gouvernementaux ne sont pas accessibles aux étrangers en situation irrégulière, un bon nombre d’entre eux – y compris les soins médicaux, les coupons alimentaires, l’enseignement public de la maternelle à la 12e année, les programmes de petit-déjeuner et de déjeuner à l’école, les frais d’inscription à l’université et autres – leur sont ou peuvent leur être ouverts, alors que tous les programmes d’aide sociale ou gouvernementaux sont ouverts à leurs enfants du moment qu’ils sont nés aux États-Unis.

Si les étrangers en situation irrégulière ne peuvent théoriquement pas voter, ils peuvent néanmoins avoir un impact considérable sur les élections. Comment?

  • En 2020, une douzaine de municipalités américaines du Maryland, du Vermont et de la Californie ont autorisé les étrangers en situation irrégulière à voter aux élections locales ; si cette tendance se poursuit, son impact serait énorme.
  • Si la “réforme globale de l’immigration”, qui bénéficie d’un fort soutien des démocrates et des républicains libéraux, est adoptée par le Congrès des États-Unis et qu’une voie vers la citoyenneté est accordée aux étrangers en situation irrégulière, des millions de personnes supplémentaires viendront s’ajouter aux listes électorales démocrates. Si une réforme complète de l’immigration était adoptée, le Parti républicain serait relégué au rang de minorité pour toujours et ne gagnerait probablement plus jamais d’élections nationales.
  • Même si les étrangers en situation irrégulière n’obtiennent pas le droit de vote, leurs enfants nés aux États-Unis auraient le droit de voter à l’âge de 18 ans. Et après avoir grandi dans des foyers qui ont généralement soutenu le Parti démocrate et ses grands programmes gouvernementaux, ils s’inscriront très probablement comme démocrates.

Si l’immigration, tant légale qu’illégale, n’avait pas augmenté entre 1980 et 2020, le Parti démocrate serait en passe de devenir un parti de second rang qui aurait de grandes difficultés à remporter les élections au niveau des États et au niveau national. Cependant, lorsque les démocrates ont commencé à voir leurs perspectives électorales s’assombrir parmi les électeurs nés dans le pays, ils ont vu une occasion en or de modifier leur chance de changer l’électorat en soutenant l’immigration légale et illégale massive. Et les idiots utiles du Parti républicain, qui ont vu un moyen d’importer de la main-d’œuvre bon marché aux États-Unis, ont soutenu les démocrates dans leurs efforts.

Comme le dit le dicton, les démocrates sont le parti du mal, tandis que les républicains sont le parti de la stupidité. Il est temps pour les conservateurs et les républicains de se réveiller de leur stupeur et de demander un temps mort à l’immigration massive légale et illégale. Leur avenir en dépend littéralement.

Chronique des cinglés

Guillaume Chiche est député des Deux-Sèvres :

 

Eric Zemmour relance le débat sur la peine de mort

Bien qu’absent de l’émission Face à l’info, Eric Zemmour y est présent par les sujets qu’il met sur la table :

La signification liturgique des ordres mineurs et majeurs

Mardi 14 septembre, en la fête de l’Exaltation de la Sainte-Croix, Monseigneur Giovannetti, évêque émérite de Fiesole (Italie), a procédé à Florence à l’ordination de quatre diacres (trois Français et un Portugais) et de quatre sous-diacres (deux Anglais et deux Américains) pour l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre (ICRSP). Mgr Gilles Wach, fondateur et prieur général de cet institut, a été interrogé dans L’Homme Nouveau. Extrait :

[…]

Que signifie exactement le diaconat et le sous-diaconat dans le rit traditionnel ?

Dans le rit traditionnel, les ordres mineurs (ostiariat, lectorat, exorcisat et acolytat) et les ordres majeurs sont des étapes, des degrés préparatoires au sacerdoce. Chacun de ces ordres configure un peu plus le candidat au sacerdoce au Christ Souverain Prêtre et confère un pouvoir sacerdotal, essentiellement cultuel concernant le saint mystère de la messe. Pour prendre une image, chaque ordre mineur ou majeur est une marche à monter pour accéder au sacerdoce.

Dans le rit traditionnel, il y a donc six degrés préparatoires au sacerdoce, ce qui est une très grande richesse. Ces diverses étapes soulignent la grandeur et la dignité de la prêtrise puisqu’il faut passer par chacune d’elle pour atteindre le sacerdoce. De plus, elles permettent de donner du temps, aussi bien à l’Église qu’aux clercs, pour discerner sérieusement s’il y a appel du Seigneur, ou non, à la plus belle, mais plus exigeante, des vocations.

Le rite d’ordination, ainsi que les fonctions liturgiques des diacres et sous-diacres, nous renseignent sur la signification de ces ordres sacrés.

Le sous-diacre incarne bien, me semble-t-il, le serviteur. En effet, le mot diacre vient du grec « δι?κονος, diákonos » qui signifie « serviteur ». Serviteur de Dieu bien entendu, mais aussi serviteur de l’Église et des âmes. Durant la messe, le sous-diacre assiste le diacre et symbolise l’Ancien Testament, alors que le diacre symbolise le Nouveau Testament. C’est pour cette raison que le sous-diacre se voile le visage à partir de l’offertoire, pour montrer que l’ancienne Loi n’était que la préfiguration de la Loi évangélique, et qu’elle ne jouissait donc pas encore de la pleine lumière de la Révélation.

Enfin, c’est au sous-diaconat que, selon l’ancienne discipline de l’Église, l’engagement à la récitation de l’Office divin et au célibat était pris.

Le diaconat est l’ultime degré avant le sacerdoce. Le diacre, à l’autel, assiste directement le prêtre. De plus, il peut distribuer la sainte communion, prêcher, baptiser et recevoir l’échange des consentements lors du mariage.

Ces nouveaux diacres et sous-diacres partent-ils maintenant en apostolat ?

Ces nouveaux ordonnés, excepté l’un d’eux, resteront au séminaire pour poursuivre leur formation. Généralement l’une de leurs années de formation, souvent celle qui sépare la philosophie de la théologie, est consacrée à l’apostolat pour aider nos chanoines. Nos chanoines sont en effet très heureux lorsqu’un séminariste ou un diacre peut les seconder dans leur ministère. Les diacres peuvent prêcher, porter la communion aux malades, et surtout exercer leur fonction liturgique lors des cérémonies solennelles. Certains séminaristes aident également dans nos nombreuses écoles et dans nos missions en Afrique.

Pour finir, comment s’est passé la rentrée au séminaire de Gricigliano ? (combien de séminaristes ?)

Je viens de terminer de prêcher la retraite à nos vingt-six nouveaux séminaristes. Je sais également que de nombreux candidats, c’est-à-dire des futurs séminaristes, ont également rejoint nos apostolats aux États-Unis, en Angleterre ou en Allemagne en vue de se préparer à la rentrée de septembre 2022. Les supérieurs du séminaire et le corps professoral sont heureux de commencer cette nouvelle année pour former, soutenir et aider ces jeunes lévites qui viennent de tous les horizons, aussi bien géographiques que sociaux. Je les ai tous reçus personnellement et suis touché de voir que le Seigneur, même en ces temps difficiles, se réserve de belles âmes pour servir l’Église.

Stéphane Ravier, le bad boy de Marseille

Le sénateur RN de Marseille est l’invité de Livre Noir :

Traditionis custodes : les dernières cartouches conciliaires ?

De l’abbé Claude Barthe dans Res Novae :

La non-réception du concile Vatican II s’est concentrée de manière concrète sur le refus de la réforme liturgique, même si un certain nombre de pratiquants de la messe ancienne affirment leur adhésion aux intuitions conciliaires « bien interprétées ». En tout cas, l’existence de la liturgie traditionnelle est un phénomène persistant et même croissant de non-réception. Marginal ? Le pape Bergoglio, qui veut être le pape de la pleine réalisation de Vatican II, a fini par être convaincu que le phénomène était suffisamment important pour qu’il faille s’employer à l’éradiquer. Avec cette conséquence que le possiblement marginal est devenu certainement central : la messe tridentine est consacrée comme le mal à abattre ; les séminaires formant des prêtres pour la dire, comme des chancres à éliminer. Et ce, toutes affaires cessantes.

Un retour à la violence originelle de la réforme liturgique

Elle est donc de nouveau proscrite, comme sous Paul VI. La Lettre qui accompagne Traditionis custodes explique sans ambiguïté le but ultime du texte pontifical : faire en sorte « qu’on revienne à une forme de célébration unitaire », la liturgie nouvelle. La décision est brutale et péremptoire : le pape décide tant la fin de la messe traditionnelle que celle du monde traditionnel, qu’il accuse – et lui seul ! – d’attenter à l’unité de l’Église.

Vatican II, dont le grand dessein – une ouverture au monde moderne en sa modernité pour être mieux entendu des hommes de ce temps – est une sorte d’entre-deux entre orthodoxie traditionnelle et hétérodoxie (en l’espèce, un relativisme néo-moderniste). L’adoption de quelques propositions ambiguës permet, par exemple, d’affirmer qu’un chrétien séparé peut comme tel, comme séparé, être cependant en une certaine communion avec l’Église : selon Unitatis redintegratio, Luther, qui pensait avoir rompu avec l’Église du pape restait en réalité un catholique « imparfait » (UR 3).

Le pape François, depuis son élection, avance sur cette apparente ligne de crête aussi loin que possible : il transmue la collégialité en synodalité, dépasse Nostra ætate et la Journée d’Assise par la déclaration d’Abou Dhabi, mais il se garde de passer le seuil au-delà duquel on tomberait – ou on tomberait plus vite – dans ce néant où basculent déjà les plus audacieuses des théologies progressistes. Comme Paul VI, il reste fidèle au célibat ecclésiastique et au sacerdoce masculin, mais en contournant la discipline traditionnelle par la voie des ministères laïcs qu’avait ouverte le pape Montini (institution de ministres qui tiennent des rôles cléricaux sans être des clercs, pour arriver probablement au ministère de diaconesse voire de présidente d’eucharistie non formelle), et en confiant à des laïcs, hommes et femmes, des charges quasi-juridictionnelles (postes toujours plus élevés dans les dicastères romains).

Autrement dit, François conserve suffisamment d’institution, mais en continuant à la vider de sa substance doctrinale. Selon son expression, il abat les murs :

  • Humanæ vitæ et un ensemble de textes dans la suite de cette encyclique avaient préservé la morale conjugale de la libéralisation que le Concile avait fait subir à l’ecclésiologie. Amoris lætitia a renversé cette digue : des personnes vivant dans l’adultère public peuvent y demeurer sans commettre de péché grave (AL 301).
  • Summorum Pontificum avait reconnu un droit à ce conservatoire de l’Église d’avant qu’est la liturgie ancienne avec la catéchèse et le personnel clérical qui y sont attachés. Traditionis custodes a balayé cette tentative de « retour » : les nouveaux livres liturgiques sont la seule expression de la lex orandi du rite romain (TC, art. 1).

Il reste que le pape et ses conseillers ont pris de gros risques en prenant ces dispositions aussi violentes que hâtivement rédigées. Les commentateurs stupéfaits parlent de méconnaissance du terrain ecclésial occidental par le pape latino-américain ; ils soulignent le désaveu cinglant de l’œuvre majeure de Benoît XVI ; ils pointent du doigt les contradictions d’un gouvernement chaotique, qui écrase les traditionnels « de l’intérieur » alors qu’il accorde des facultés revenant à une semi-reconnaissance aux traditionnels « de l’extérieur », ceux de la FSSPX ; ils s’étonnent enfin, alors que le feu du schisme est en Allemagne et la tranquille hérésie partout, qu’on s’en prenne à une pratique liturgique innocente de l’un et de l’autre.

Mais on imagine que le pape et son entourage n’ont qu’un haussement d’épaule à l’énoncé de ces critiques. La justification de l’assaut répressif qu’ils ont déclenché est pour eux déterminante : la messe tridentine cristallise ainsi l’existence d’une Église dans l’Église car elle représente une lex orandi anté et donc anti-conciliaire. On peut transiger avec les dérives de l’Église Allemande qui sont au pire trop conciliaires, on ne saurait tolérer la liturgie ancienne qui est anti-conciliaire.

Vatican II avec ce qui en relève ne se discute pas ! De manière très caractéristique, la Lettre qui accompagne Traditionis custodes infaillibilise le Concile : la réforme liturgique découle de Vatican II ; or, ce concile a été un « exercice du pouvoir collégial de façon solennelle » ; douter que le Concile est inséré dans le dynamisme de la Tradition c’est donc « douter de l’Esprit-Saint lui-même qui guide l’Église ».

Une répression qui vient trop tard

Sauf qu’en 2021, on n’est plus en 1969, lors de la promulgation fraîche et joyeuse du nouveau missel, ni en 1985, lors de L’Entretien sur la foi et de l’assemblée du Synode qui faisait un bilan déjà inquiet des fruits de Vatican II, ni même en 2005, où l’apparition de l’expression d’« herméneutique de réforme dans la continuité » ressemblait fort à une tentative de recomposition laborieuse d’une réalité qui échappait de plus en plus. Aujourd’hui, il est trop tard.

L’institution ecclésiale est comme énervée, la mission éteinte et, en Occident au moins, la visibilité en prêtres et fidèles évanouie. Andrea Riccardi, personnage principal de la Communauté de Sant‘Egidio, tout le contraire d’un conservateur, dans son dernier livre, La Chiesa brucia. Crise e futuro del cristianesimo, L’Église brûle. Crise et futur du christianisme[1], considère l’incendie de Notre-Dame de Paris comme une parabole de la situation du catholicisme, et analyse pays par pays, en Europe, son effondrement. Son discours est caractéristique de celui des bergogliens déçus, qui deviennent des conciliaires déçus.

Comment s’étonner que des auteurs, bien plus dégagés que lui de l’appareil ecclésiastique, lancent des cris d’alarmes et n’hésitent pas à dire d’où vient le mal. Ainsi l’académicien Jean-Marie Rouart dans Ce pays des hommes sans Dieu[2], qui pense que la bataille de la société occidentale devant l’islam est perdue d’avance, alors que seul pourrait nous sauver un « sursaut chrétien », c’est-à-dire une radicale marche arrière : l’Église, écrit-il, « doit procéder à l’équivalent d’une Contre-Réforme, revenir à cette réforme chrétienne qui lui a permis au XVIIe siècle d’affronter victorieusement un protestantisme qui la mettait en cause »[3]. Ou encore Patrick Buisson dans La fin d’un monde[4], qui consacre deux parties de son gros ouvrage à la situation du catholicisme : « Le krach de la foi » et « Le sacré massacré ». « De façon à la fois déconcertante et brutale, écrit-il, le rite tridentin, qui avait été le rite officiel de l’Église latine depuis quatre siècles, fut, du jour au lendemain, décrété indésirable, sa célébration proscrite et ses fidèles pourchassés[5] ». On est sorti du catholicisme pour aller « à la religion conciliaire ».

Qui plus est, en 2021, le rapport de force est très différent de celui des années 1970 entre ceux qui avaient « fait le Concile » et ceux qui le subissaient. Andrea Riccardi fait comme tout un chacun ce constat réaliste : « Le traditionalisme est une réalité de quelque importance dans l’Église, aussi bien dans l’organisation que dans les moyens ». Le monde traditionnel pour être minoritaire (en France, 8 à 10% des pratiquants) est partout en croissance, notamment aux États-Unis. Il est jeune, fécond en vocations – au moins par rapport à la fécondité du catholicisme des paroisses –, capable d’assurer la transmission catéchétique, attirant pour le jeune clergé et pour les séminaristes diocésains.

C’est d’ailleurs ce que le pape Bergoglio, arrivant d’Argentine, a mis du temps à comprendre, jusqu’à ce que les évêques italiens et les prélats de la Curie lui aient mis sous les yeux l’accroissement insupportable du monde traditionnel, d’autant plus visible qu’il se produit au sein de l’effondrement général. Il fallait donc appliquer les « remèdes » adéquats, les mêmes qu’on a administré au séminaire florissant de San Rafael, en Argentine, à la congrégation des Franciscains de l’Immaculée, au diocèse d’Albenga en Italie, au diocèse de San Luis en Argentine, etc.

Pour une sortie « en avant » de la crise

Pour autant, l’Église conciliaire n’est pas revitalisée et la mission n’a cessé de s’étioler. Une batterie de documents ont traité de la mission : Ad Gentes, le décret conciliaire de 1965, l’exhortation Evangelii nuntiandi de 1975, l’encyclique Redemptoris missio de 1990, le document Dialogue et Annonce de 1991, les exhortations apostoliques qui reprennent inlassablement le thème de la nouvelle évangélisation, Ecclesia in Africa, 1995, Ecclesia in America, 1999, Ecclesia in Asia, 1999, Ecclesia in Oceania, 2001, Ecclesia in Europa, 2003. Un Conseil Pontifical pour la Promotion de la Nouvelle Évangélisation a été créé. Les colloques se sont multipliés parlant de la mission qui doit s’articuler au dialogue, de l’évangélisation qui ne doit pas être prosélytisme, etc. Jamais on n’a autant parlé de mission. Jamais on n’a aussi peu converti.

François Mitterrand disait à propos de la résorption du chômage, « on a tout essayé ». De même pour sauver l’Église d’après Vatican II : la tentative qu’a représentée l’élection du pape Bergoglio, celle d’une maximalisation du Concile, a fait long feu ; comme avait finalement échoué, il faut le reconnaître, la tentative qu’avait représentée l’élection du pape Ratzinger, celle d’un assagissement du Concile. Alors, un retour en arrière ? Oui, mais à la manière d’une sortie « en avant ».

Nombreux sont ceux, y compris parmi les soutiens d’hier au pape Bergoglio, qui jugent indéfendable la répression brutale du monde traditionnel, pour la seule raison, en définitive, qu’il est trop vivant. Peut-on imaginer, avec un prochain pontificat, une mise entre parenthèses de Traditionis custodes ?Assurément, et même mieux, nous semble-t-il : une liberté donnée à ce qu’il est convenu d’appeler les « forces vives » dans l’Église. Concernant cette force essentielle, puisqu’elle représente la tradition multiséculaire, on peut raisonnablement envisager la négociation d’un compromis qui serait plus favorable pour l’Église que n’a été le compromis de Summorum Pontificum. Il faut viser désormais une levée de tout encadrement, autrement dit une franche liberté pour la liturgie ancienne et pour tout ce qui va avec elle. Et ceci, au nom du bon sens. De même qu’un certain nombre d’évêques dans le monde ont laissé se développer dans leurs diocèses toutes ces « forces vives », les communautés, fondations, œuvres, qui portent des fruits missionnaires, de même, au niveau de l’Église universelle, doit venir le temps de la liberté laissée  à tout « ce qui marche ».

Summorum Pontificum peut s’analyser comme une tentative de coexistence des catholiques qui ne reçoivent pas la liturgie de Vatican II avec un monde conciliaire modéré. Une nouvelle tentative pourrait s’établir avec un monde conciliaire apparemment plus « libéral » que celui de Benoît XVI, mais qui prend désormais conscience de l’échec irrémédiable de l’utopie embrassée il y a cinquante ans.

[1] Tempi nuovi, 2021.
[2] Bouquins, 2021.
[3] Op. cit, p. 64.
[4] Albin Michel, 2021.
[5] Op. cit., « La trivialiation du sacré », p. 124.

Jour de colère

Avignon : Manifestation des personnels soignants devant l’ARS :

Des pompiers déposent leur casques :

C’est arrivé un 16 septembre…

“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum.

Alors rappelons-nous :

  • le 16 septembre  1380 : décès de Charles V le Sage, Roi de France.

Le Roi Charles V meurt à Beauté-sur-Marne en pleine épidémie de peste. Né le 21 janvier 1338 à Vincennes, fils du Roi Jean II dit le Bon et de Bonne de Luxembourg, il est Roi de France à partir de 1364.Son règne, court mais brillant, est marqué tant par le spectaculaire redressement de la France Il réussit pendant son règne à réaffirmer l’autorité royale et à reconquérir la quasi-totalité des territoires perdus par ses prédécesseurs contre les Anglais.

Lieutenant du Royaume, puis Régent lors de la captivité de son père, Jean II le Bon en Angleterre, il doit gérer une situation catastrophique : ruine financière due à la rançon du Roi, dans une France déconsidérée en Europe par les défaites militaires, insurrection des Marchands à Paris menée par Étienne Marcel, avec l’assassinat sous ses yeux de ses oncles et conseillers. A son entrée dans Paris, le Dauphin pardonne à la grande majorité des Bourgeois et fait pendre les plus compromis.

Statue de Charles V, exposée aujourd’hui au Louvre

Le 19 mai 1364, Charles est sacré Roi de France à Reims, et voulant placer son règne sous la protection de Notre Dame le Roi part pieds nus en pèlerinage à Chartres. En 1369, le Roi demande à faire partie de la célèbre Confrérie de Notre dame de Pontoise, consacre sa personne, sa famille et ses Etats à Notre Dame ; en 1372, il obtient du pape que soit célébré la fête de la Présentation de la Vierge.

Ayant réussi à redresser l’économie du Royaume, Charles V crée un nouvel impôt baptisé fouage (Levé sur les feux ou foyers) du Domaine Royal, afin de solder un ost permanent de 6 000 chevaliers et piétons. Secondé sur le plan militaire, par des capitaines exceptionnels tels que Bertrand du Guesclin, Olivier V de Clisson, Louis de Sancerre et Jehan de Vienne, le Roi a la satisfaction, à la fin de son règne de voir les Anglais ne conserver qu’une partie de la Guyenne et Calais. Charles V expire le 16 septembre 1380 au manoir de Beauté-sur-Marne. Sur son lit de mort, il demande que les fouages soient abolis pour le bien de ses Sujets.

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Je suis soignant

Témoignage d’un soignant subissant comme beaucoup les conséquences de l’obligation vaccinale effective ce jour :

Cher lecteur,

Aujourd’hui, 15 septembre 2021, comme des milliers de soignant(e)s, je vais être suspendue dans l’exercice de mes fonctions.

La raison : le refus de me plier à « l’obligation vaccinale » censée s’appliquer le 15 septembre 2021.

« C’est votre choix, il faut en assumer les conséquences », me répondront certains, implacables. C’est tout assumé, qu’on se rassure. Cette lettre n’a d’ailleurs pas l’ambition de faire pleurer dans les chaumières. Juste d’expliquer aux plus curieux d’entre vous ce qui peut pousser un soignant qui aime son métier et ses patients à ne pas obtempérer. Je veux dire, pour ceux qui veulent vraiment comprendre, au-delà des caricatures que l’on trouve ici ou là.

C’est vrai ; tant de foin pour une petite piqûre, franchement … Tout le monde y gagne en plus :

  • Bonne citoyenne, je sauve des vies, et protège mon entourage.
  • Je garde mon emploi, ce qui me permet au passage de nourrir ma famille, de rembourser mon emprunt, etc.
  • Je continue de prendre soin de mes patients, avec qui j’ai tissé une relation personnelle.
  • J’ai même de nouveau accès au restau, au théâtre, … !

Et pourtant, non, je ne compte pas céder à l’injonction de recevoir cette injection. Je ne suis pourtant ni masochiste suicidaire, ni cynique, ni égoïste. Pas même contre le progrès, ni les vaccins.

Alors, pourquoi ?

En tant que médecin, m’appuyant sur mon expérience et celle de bien d’autres médecins et soignants en exercice, je suis bien placée pour observer (non sans une certaine crainte) les nombreux effets secondaires de ces injections anti-Covid, certains pouvant être très graves jusqu’à engager le pronostic vital. Je n’ai pas de statistique à vous présenter mais notre expérience de terrain : nombreux sont les patients qui rapportent des effets indésirables liés aux injections, beaucoup plus nombreux que les chiffres qu’on nous présente. Ces chiffres sont en effet, c’est certain, largement sous-estimés, ce qui se comprend parfaitement quand on voit la longueur du processus de déclaration de pharmaco vigilance et le peu de temps dont on dispose en consultation avec nos patients.

En tant que femme, je crois encore pouvoir disposer de mon propre corps. Du moins, d’en prendre soin. Des suspicions sérieuses existent quant à la possibilité d’infertilité, et de fausse-couche pour les femmes enceintes. Je n’ai nulle intention d’attendre que cela soit formellement établi par les études, pour prendre les précautions nécessaires. Primum non nocere

Par ailleurs, je n’ai pas encore trouvé de réponse satisfaisante aux questions suivantes : si les vaccins protègent des formes graves, que risquent en grande majorité les personnes dites « à risque », pourquoi vacciner les adolescents et les jeunes adultes sans pathologie à risque ? Et pourquoi faire courir le courir le risque d’effets secondaires graves voire létaux à des personnes qui ne courent quasiment aucun risque de Covid grave ? Qu’on leur fiche la paix ! Ils représenteraient un coût potentiel pour la Sécurité Sociale si toutefois ils développaient une forme grave ? Mais jusqu’à nouvel ordre, on traite encore (heureusement …) les fumeurs atteints de cancer. Alors quel est ce nouveau principe qui s’appliquerait pour le COVID ? Quant à l’atteinte de l’immunité collective, le cas d’Israël a montré avec l’apparitions des nouveaux variants qu’elle était illusoire. Vacciner encore plus massivement n’y changera rien.

En bref, pas un argument qui ne résiste à la logique la plus élémentaire. Et l’on voudrait m’imposer ce vaccin en mise en marché conditionnelle dont nul au monde ne peut raisonnablement prédire les effets de moyen – long terme ? Avoir injecté 2 milliards de doses ne change rien au manque de recul sur un organisme. Et le fait que la technologie ARNm existe depuis 5 ou 6 ans ne contredit en rien le fait que cette injection, elle, est tout à fait nouvelle.

Le gouvernement voulait éviter la saturation des lits de réanimation ? Avec l’obligation vaccinale, c’est l’ensemble des services de soin qui vont devoir faire des tris. Si certains établissements se targuent de pouvoir aisément remplacer leur personnel « réfractaire », d’autres vont faire face à une véritable hémorragie. Cela ne semble pas beaucoup inquiéter nos dirigeants. Ils en portent pourtant l’entière responsabilité, avec cette obligation « légale » illégitime. Car tous les soignants ne sont pas prêts de « revenir à la raison », pour reprendre l’expression condescendante de M. Macron.

Outre-mer, les médecins risquent désormais la prison et l’amende pour oser émettre ne serait-ce que des réserves sur le « vaccin ». Je m’empresse donc de publier cette lettre, ne risquant ici que la suspension, qui est déjà effective. Au nom de la justice et de la liberté ; au nom de la santé. Qu’on écoute un peu ceux qui sont sur le terrain, qui se sont battus à votre chevet et ont été applaudis il y a un an, aujourd’hui cloués au pilori pour avoir voulu préserver leur intégrité. Ils ne méritent aucun mépris. Peut-être même qu’on leur prête l’oreille ! En tout cas, qu’on les laisse travailler.

#Jesuissoignant

Jeanne d’Arc, le leadership au féminin

De François Bert sur le site Corpsféminin.com, édité par l’association Lights in the Dark :

Il est des figures de vitrail dont on a parfois du mal à circonscrire l’humanité. Les siècles aidants, en dépit des textes très précis de son procès, on a fait de Jeanne d’Arc une figure de légende, mi-homme, mi-femme, chef de guerre sans épée aux pouvoirs suspects. Après l’avoir brûlée, l’Eglise l’a canonisé en différé, comme si sa personnalité était trop riche pour que la machine à proclamer le sacré puisse réussir à la caser. Sorcière, héroïne, sainte… quelle est, à distance des images d’Epinal, la réalité incarnée de Jeanne ?

Une âme à l’écoute

Ce qui frappe chez Jeanne, bien avant le combat, c’est l’écoute intérieure. La jeune fille qui vit sans malice ni retenue les inspirations de son temps est une âme précoce. Au secret de ses pas, dans la ronde autour des arbres séculaires, sur les chemins de Domrémy ou « dans le jardin de son père », Jeanne s’interroge. Elle a soif de sens, de lumière, de service. Dieu la choisit bien sûr, il y a là une grâce. Mais il m’est d’avis que Dieu n’a pas choisi Jeanne pour rien. Il y a chez elle une pureté d’intention et une clarté de tempérament qui parle à tout le monde, au Ciel et sur la terre. On imagine aisément la pucelle en quelque endroit caché, assise ou cheminant, et se laissant guider au calme par un besoin de solitude et de mystère. Toute son inspiration future aux côtés des grands de ce monde puise au remplissage de ses jeunes années aux sources du silence.

Un instinct sûr

Jeanne a beau être introvertie, elle n’en est pas moins concrète. Elle ne rêve pas, elle entre dans le combat. Ses voix l’aiguillonnent mais c’est bien elle qui prend en main les moyens de faire déboucher la mission qu’on lui a confiée. Elle prend manifestement sur elle quand il s’agit de plaider sa cause en public et semble en revanche tout à son naturel quand il s’agit d’entrevoir l’action. Elle sent, avec une acuité qui déroutera jusqu’à ses juges, le lieu où se joue l’enjeu de la séquence en cours. Au moment de sa rencontre avec Charles VII à Chinon, elle traverse la foule des courtisans, l’un d’entre eux ayant même pris place sur le trône, pour aller jusqu’au roi et lui porter un message intime qui enclenche définitivement sa confiance perdue en sa propre légitimité.

Elle fait ensuite converger l’action du souverain vers Orléans, car la France a besoin de victoire, puis vers Reims — en territoire hostile — pour le faire couronner, car la France a besoin de sacré. Aide céleste diront certains ? Peut-être, mais aussi très sûr instinct. N’avons-nous pas, chacun, des voix à écouter ? Et marier ainsi ses motions intérieures à l’instinct du terrain, n’est-ce pas faire œuvre de discernement (donc de décision) ?

Entêtement et doute

Les décisions de Jeanne ne sont pas dépourvues d’erreur. C’est ce qui rend humaine d’ailleurs sa trajectoire. Or c’est sur une trajectoire que l’on juge un chef : les plans parfaits ne résistent pas aux aléas de la réalité. Jeanne met toute son énergie dans ce qu’elle a décidé avec clairvoyance. Elle concentre ses efforts sur ce qui garantit l’avancée collective. Et elle est ainsi une remarquable pourvoyeuse de victoires. Mais elle passe aussi par des doutes terribles, quand ses juges la tourmentent sur ses habits d’homme notamment, quand elle est prisonnière, quand on la fait attendre avant de la présenter au roi. Un chef n’est pas omniscient, mais il fait mouliner en lui les événements pour leur trouver une portée, même et surtout s’ils sont contrariants.

Une irrésistible inspiration

Frêle, inexpérimentée, non instruite, Jeanne ne cesse pas pourtant d’inspirer et d’entrainer. Elle porte en elle ce que ses voix déposent de divin mais, à hauteur humaine, elle respire aussi ce bon sens calme, prodigieusement percutant, qui fait qu’on veut la suivre. Ce n’est pas par le discours que Jeanne est un chef mais par la clarté de ses vues et de son jugement. Quelle déculottée de vérité donne-t-elle à ses juges !

— Croyez-vous être en état de grâce ? lui demandent-ils.

— Si je n’y suis pas, Dieu veuille m’y mettre, si j’y suis, Dieu veuille m’y tenir.

— Saint Michel était-il nu ?

— Pensez-vous que Dieu n’ait pas de quoi le vêtir ?

— Dieu hait-il les Anglais ?

— De l’amour ou de la haine que Dieu a pour les Anglais, je n’en sais rien ; mais je sais bien qu’ils seront tous boutés hors de France, excepté ceux qui y périront.

C’est un festival de justesse face à la bêtise prétentieuse et mesquine. Jeanne fait vibrer ce qu’il y a de plus fécond dans un chef en action : la réduction des débats vains à leur portée pratique, des échauffements de l’esprit à la simplicité de la vie. Et cette fraicheur engage, irrésistiblement.

Verticalité

C’est par son intelligence de la vie que Jeanne, chef incontestable, est aussi profondément femme. C’est l’erreur de ce siècle de vouloir faire des femmes des « hommes comme les autres ». Le règne féminin est vertical. Il hisse vers le spirituel, certes, mais pas exclusivement : il enracine surtout dans la profondeur du vivant. Il redonne au temps son juste cours, il permet l’incarnation que bouscule fréquemment la conquête masculine, impatiente d’aller plus loin. Jeanne a le sens de l’être individuel et collectif, royal et national. On s’indigne que les femmes soient souvent secondes dans les organigrammes : elles sont secondes dans l’action parce qu’elles sont généralement moins soucieuses des idées que de leur incarnation.

Elles préfèrent se mettre au lieu discret de la réalisation effective plutôt qu’au lieu apparent du lancement, dont elles apprécient ce-faisant qu’il soit pris en main par les hommes.  La reine Clotilde a sans doute fait davantage que son époux Clovis pour que la future France s’extraie du temps des barbares. A notre époque où les chiffres sont rois, il faut un contrepoids des profondeurs que le leadership féminin doit revendiquer avec force. Jeanne a su imposer à la fébrilité attentiste puis débridée de Charles VII la marche lente de l’essentiel invisible. Il lui doit que son titre de « victorieux » ne se réduise pas à une liste de bataille gagnées mais traduise la moisson visible d’une France réconciliée avec son souffle et sa vitalité.

Des soignants protestent contre l’entrée en vigueur de la vaccination obligatoire

Récidivistes

On aimerait avoir le nom des juges…

Dans le Maine et Loire :

Au regard d’un casier judiciaire déjà lourd d’une dizaine de condamnations, liées à des histoires de stupéfiants, le préfet de Maine-et-Loire avait ordonné en avril l’expulsion immédiate d’un Soudanais de 21 ans, venu avec sa famille en France en 2012, et depuis bénéficiaire du statut de réfugié.

Devant le juge des référés son avocat, Me Hamid Kaddouri, a plaidé en expliquant que cette mesure d’expulsion est une décision extrême et disproportionnée, alors qu’il ne s’agit que de répondre à des difficultés de droit commun.

Vendredi dernier, le tribunal lui a donné raison en rappelant que la loi pose que l’étranger en question doit constituer une menace grave pour l’ordre public pour faire l’objet d’une mesure d’expulsion. Le juge souligne aussi que l’expulsion serait une atteinte au droit de mener une vie familiale normale, protégé par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme, et alors même que toute la famille du garçon vit désormais en France.

Et le maire de Neuilly :

Le 13 septembre, Emmanuel Macron a clos son projet de réforme des forces de l’ordre, son “Beauvau de la sécurité”, en annonçant toute une série de mesures parmi lesquelles un “Contrôle plus strict et plus transparent de l’action de nos forces de l’ordre”.

Le contrôle de l’action des juges, c’est pour quand ?

« Les sociétés à forte fécondité… ont tendance à être ferventes… Inversement, plus le taux de fécondité est bas… plus la tendance à se détacher de toute religion …est grande»

Daniel Pipes évoque un ouvrage de Philip Jenkins sur la Foi et la fécondité, Révolution démographique et transformation des religions dans le monde :

La majeure partie de l’étude de Jenkins développe ensuite les aspects parfois peu évidents de cette thèse. Ainsi « ce qui, dans l’économie religieuse, distingue les gagnants des perdants n’est pas la solidité de leur théologie mais leurs taux de fécondité » ou « les religions doivent développer de nouvelles méthodes de présentation de leurs opinions » si elles veulent survivre et réussir, ou encore « la sécurité et la stabilité tendent à réduire la fécondité » (et donc la foi).

Concernant les musulmans, Jenkins se concentre sur ce qu’il appelle « l’islam à deux niveaux », et distingue pour ce faire les pays à forte fécondité comme le Yémen et l’Afghanistan, et les pays à faible fécondité comme l’Albanie et l’Iran. Le premier niveau se caractérise par un « ensemble de valeurs » caractérisé par le communautarisme, une mentalité traditionnelle, une conception des sexes moins égalitaire et plus régentée, un sens plus aigu de l’honneur, une plus grande propension à l’agressivité et à l’instabilité ainsi qu’une adhésion inconditionnelle à des valeurs religieuses. Le second niveau se caractérise par une mentalité plus occidentale, une grande stabilité et un sens développé de l’individualisme. Les dirigeants iraniens méprisent tellement cette mentalité de plus en plus occidentale qu’en 2010, Mahmoud Ahmadinejad a décrit le désir de consommer plus plutôt que d’avoir des enfants comme « un acte de génocide ».

Contre toute logique, Jenkins observe que « même l’Arabie saoudite se trouve désormais sous le seuil de remplacement [des générations] », et insiste dans le même temps sur le fait que « aucun critère rationnel ne permet d’affirmer que l’Arabie saoudite … est en voie de sécularisation ». Or, les preuves manifestes d’un tel mouvement ne manquent pas. Pour ne citer qu’une statistique, un sondage WIN/Gallup de 2012 a montré que les « athées convaincus » représentaient 5 % de la population en Arabie saoudite tandis que les personnes « non religieuses » représentaient 19 %.

Jenkins émet plus d’une observation perspicace. En voici trois. La démographie signifie que « les chrétiens du Sud du globe sont à bien des égards plus proches de leurs voisins musulmans que de leurs coreligionnaires européens. » « L’idéologie de l’honneur [est] un indicateur de développement rarement pris en compte par les décideurs politiques. » Le déclin démographique de l’Iran « rend moins probable l’hypothèse d’une chute du régime à la suite d’une agitation populaire ».

Sous prétexte d’égalité on instaure le totalitarisme

Originaire de Russie, où il a grandi sous le régime soviétique, le prêtre et religieux assomptionniste Édouard Shatov vit aujourd’hui à Québec où il dirige le Centre culture et foi Le Montmartre. Il a été interrogé par Le Verbe sur notre rapport à la liberté. Extrait :

En Russie, vous avez connu le régime soviétique communiste. Qu’est-ce qui était le plus difficile au quotidien dans cette société ?

 On n’imagine pas jusqu’à quel point, sous le prétexte de l’égalité, on instaurait le totalitarisme, c’est-à-dire l’égalitarisme total, et sous le prétexte du bien commun, on instaurait la destruction de la confiance et la surveillance de tout le monde.

Comment brisait-on la confiance ?

Mais par des choses toutes simples : les parents surveillaient leurs enfants et dénonçaient leurs enfants ; les enfants surveillaient leurs parents et dénonçaient leurs parents ; les collègues de l’université faisaient des rapports mutuels les uns sur les autres.

Je n’oublierai jamais l’histoire d’une de mes professeures à l’université qui est allée faire un stage pour étudier en Allemagne de l’Est avec d’autres collègues. Est alors née une belle histoire d’amour entre elle et un garçon. Mais quand ils sont rentrés en Russie, le recteur de l’université l’a convoquée dans son bureau, il a ouvert un tiroir et sorti tous les rapports que le garçon écrivait sur elle, sur ce qu’elle disait, en public, mais aussi aux moments les plus intimes de leurs rendez-vous.

Dans ce régime, rien ne reste privé. Tout est dévoilé, et surtout, tout est exposé au regard de l’autre. Tout peut servir, sans aucune preuve ou cause d’ailleurs, contre vous. Évidemment, cette atteinte à la liberté se fait souvent sous la perversion du langage, en présentant cela par exemple comme une mesure nécessaire « pour le bien commun ».

Vous comprendrez que même si je ne veux pas dresser un parallèle avec nos sociétés, des clignotants rouges s’allument en moi d’une manière automatique quand j’entends certaines phrases, par exemple : « Surveillez-vous les uns les autres » et « dénoncez-vous les uns les autres », toujours au nom du bien commun.

Est-ce qu’on se sent libre dans une société communiste ?

Je pense que oui malgré tout. Car comme disait la philosophe anglaise Iris Murdoc : « Nous sommes toujours libres, tout dépend de quelle liberté nous parlons ». Il y a la liberté extérieure qui peut être limitée dans certains cas, mais même là, nous avons toujours la possibilité d’opérer des choix, et ça, c’est la liberté intérieure.

Très souvent aussi, quand on parle de la liberté dans la société d’aujourd’hui, on parle seulement de la liberté « de » : je suis libre « de » ne pas faire ceci, ou bien je ne suis pas libre « de » faire cela.

Mais il y a une autre manière de vivre la liberté, c’est la liberté « pour » : je suis libre « pour » aider quelqu’un, je suis libre « pour » l’idéal qui me fait vivre, je suis libre même « pour » donner ma vie « pour » ceux que j’aime.

Dans la société communiste, comme dans la société démocratique, il y a toujours ce discernement à opérer entre la liberté extérieure et la liberté intérieure, la liberté « de » et la liberté « pour ». Et il ne faut jamais oublier non plus que tout choix porte des conséquences.

Est-ce qu’on a la liberté de vivre sa foi en régime communiste ?

On peut toujours vivre sa foi, mais il faut cependant être prêt à en assumer les conséquences justement.

Tout dépendait des régions de l’Union soviétique, mais dans la plus grande partie, si vous étiez repéré comme vivant activement votre foi, vous pouviez perdre votre travail, vous ne pouviez pas entrer dans certaines facultés de l’université, vous ne pouviez pas exercer certaines fonctions publiques.

Je connais une femme qui, par exemple, seulement parce qu’elle était baptisée, a été dénoncée et a été condamnée à 14 ans de travaux forcés dans le Goulag, c’est-à-dire le camp de concentration communiste.

Est-ce exagéré de dire que notre société a des tendances au totalitarisme ?

Toutes les sociétés tendent toujours vers le totalitarisme ou vers l’anarchie.

Il y a toujours comme deux extrêmes : ou bien on fait ce qu’on veut, peu importe les conséquences, parce que « moi je décide que c’est bon de le faire », ou bien il nous faut une main forte, un homme ou une femme forte, qui règlera tous nos problèmes, qui dira comment il faut faire, et on instaurera l’ordre où tout le monde sera « heureux ».

Il y a toujours cette tension. Et précisément, c’est entre ces deux tensions que se situe l’éducation du libre arbitre pour faire les choix libres, responsables et constructifs. […]

Daniel-Ange, un «prophète» pour la jeunesse ?

De notre envoyé spécial Antoine Bordier

Après onze années passées dans un ermitage situé dans les montagnes de l’arrière-pays de niçois, le père Daniel-Ange décide de revenir dans le monde et de répondre à la détresse de Martin, qui lui a parlé de suicide. Nous sommes en 1984. Le moine devenu ermite devient éducateur-évangélisateur. Il fonde l’école Jeunesse-Lumière. Deuxième partie de notre trilogie sur un homme de Dieu, que certains appellent « le prophète ».

Nous sommes toujours dans les hauteurs du monastère Notre-Dame de la Gloire-Dieu, entre Genève et Annecy. Les sœurs, ce matin, ont accueilli une colonie de Polonais : « Ils viennent nous aider à couper du bois pour l’hiver, qui sera rude cette année », dit l’une d’entre-elles. Après l’abbaye bénédictine Saint-Maurice et Saint-Maur de Clervaux, au Grand-Duché du Luxembourg où il entre à 18 ans. Après le Rwanda, où il vit pendant 12 ans. Après son temps de formation à Fribourg avec le cardinal Charles Journet, ses années d’ermite, et, la pause de son ordination à Lourdes, le 23 juillet 1981, le revoilà. Comme dans le Cantique des cantiques, il descend de la montagne. Il redescend pour servir la jeunesse de France abandonnée, délaissée, esseulée, au bord du suicide.

« J’ai été très heureux dans mon ermitage. Au début, j’étais vraiment seul. J’étais connecté à l’Eglise du Ciel et de la terre. Puis, une fois par mois, des jeunes montaient me voir. Et, un jour, il y a eu ce SOS de Martin. Dans sa lettre, il me parlait du suicide. »

Depuis qu’il est prêtre, Daniel-Ange sort de temps en temps de sa retraite. Il part en mission au Canada, en Pologne, au Liban.

Dans les années 80, l’ex-URSS devient un colosse au pied d’argile qui vacille. Et, les premiers signes ont lieu en Pologne. Il s’y rend l’année de son ordination, et, rencontre les héros de cette époque. Puis, il part au Liban, en pleine guerre civile, et, au Canada.

« C’est au Canada que j’ai rencontré la première école d’évangélisation catholique, dont on ne parle plus aujourd’hui. Elle a été fondée par un prêtre Trinitaire charismatique, le père Regimbal. A ce moment-là, il n’y avait que les évangéliques qui faisaient cela. »

Au retour, en 1984, il fonde une école avec un prêtre et trois couples, Georges et Marie-Josette Bonneval, Alex et Maud Lauriot-Prevost et Jean-Louis et Monique Fradon. Au début cette école de formation à l’évangélisation, qui n’a aucun précédent en France, est hébergée dans le foyer de charité de Roquefort les Pins.

Jeunesse-Lumière, une école de Feu 

Depuis 1987, l’école est installée dans le Tarn, à Pratlong, dans le diocèse de Mgr Jean Legrez. Pour lui, la présence de l’école est une grâce.

« Chaque année, je viens rencontrer les jeunes et je peux témoigner de la qualité de la formation qui leur est proposée. Je suis aussi frappé de constater l’évolution positive de chacun et l’acquisition d’une réelle maturité spirituelle, qui s’affermit au cours de leur année de présence à Pratlong. »

Il faut dire que l’évêque mouille la soutane pour ces jeunes qui viennent du monde entier, attiré par un charisme, une formation, une pédagogie, une équipe, une vie hors du commun.

« Nous avons formé, ici, plus de 1000 jeunes de 58 pays différents, explique Daniel-Ange. Il y a eu des jeunes de l’Azerbaïdjan, de l’Arménie, et, même, du Kazakhstan. Certains jeunes restent 3 ans chez nous. Mais la plupart font un an et repartent. C’est une école qui a perduré parce qu’elle est encadrée par des adultes, mais, surtout par des jeunes. Il ne faut pas que les adultes soient trop nombreux. Les secondes années sont responsables des premières années. Sur place, la vie est une alternance entre la vie monastique, la journée au désert, le silence, et, puis, la formation et l’évangélisation. »

A raison d’une fois par trimestre, la vingtaine de jeunes répond à un appel en mission d’un évêque pour son diocèse. Ils partent en mission auprès d’autres jeunes, en France et à l’étranger.

La formation reçue s’est musclée au fil du temps. La pédagogie y est innovante : elle alterne cours, prières, sans note et sans bulletin. L’année scolaire correspond à une année normale d’étudiant, avec un calendrier qui s’étend de septembre jusqu’au mois de juin. Parmi les intervenants venus de toute la France, il y a des prêtres, des religieux, mais, aussi, des laïcs. La théologie, la philosophie, l’anthropologie, l’écriture sainte, la spiritualité, l’histoire de l’Eglise, les religions, y sont enseignées.

Au fil des années, cette école, qui s’adresse aux jeunes, garçons et filles, de 18 à 30 ans, s’est installée patiemment dans le paysage ecclésial français. Mieux, elle a essaimé à l’étranger. « Nous avons fondé des écoles en Pologne, en Italie, au Bénin, au Cameroun. Et, dans un mois nous allons ouvrir en Hongrie. Nous avons des projets en Haïti et en Ukraine. » 

Des fruits par milliers

Dans cette deuxième partie de notre trilogie sur Daniel-Ange, « le prophète » ? il est bon de se replonger dans la Bible, dans le Nouveau Testament, et d’écouter saint Matthieu (chap.7, versets 15 à 20) qui dit :

« Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, alors qu’au-dedans ce sont des loups voraces. C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Va-t-on cueillir du raisin sur des épines, ou des figues sur des chardons ? C’est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits, et que l’arbre qui pourrit donne des fruits mauvais. Un arbre bon ne peut pas donner des fruits mauvais, ni un arbre qui pourrit donner de beaux fruits. Tout arbre qui ne donne pas de beaux fruits est coupé et jeté au feu. Donc, c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. »

Cette mise en garde posée, il est vrai que des fruits, il y en a eu par millier. Pas de faux prophètes, ici. C’est, d’abord, le nombre d’apprentis-évangélisateurs venu se former à Pratlong qui parle. Des centaines d’anciens élèves sont devenus moines, moniales, prêtres, religieux, religieuses. A Pratlong, leur vocation est née ou est passée au creuset du feu de Dieu, qui parle au cœur de l’homme dans des lieux et des temps appropriés. Et, puis, il y a les fruits de ces dizaines de milliers de personnes évangélisées, qui ont rencontré Dieu, changé de vie, pour la consacrer à Dieu, se convertir, demander pardon…Combien sont-elles ces brebis égarées, qui ont été touchées dans leur âme, dans leur cœur, dans leur corps, dans leur humanité toute entière, et, qui sont revenues vers le Père ?

« Ce n’est pas facile de compter les fruits, explique le père. Mais, ils sont nombreux. Cela n’a pas été facile, non plus, de fonder Jeunesse-Lumière et d’essaimer. Il faut, d’abord, que les jeunes viennent vivre deux années avec nous, à Pratlong. Et, qu’ils soient encore disponibles pendant deux ans pour fonder l’école dans leur pays. »

De futurs saints heureux ?

Parmi les jeunes formés, la moitié, à peu près se sont mariés (plus de 400). Le père Daniel-Ange en est ravi, et, semble, en même temps, soucieux :

« Grâce à Dieu, nous avons très peu de divorces. Le divorce est un naufrage, celui de nos sociétés modernes construites sans Dieu, contre Dieu. Il y a des raisons d’espérer, car nous préparons les belles familles de demain. Elles ont toutes 4, 5, 6, 7 enfants. Elles adoptent des enfants orphelins, handicapés. »

La petite graine plantée en 1984 est devenue grande, très grande, mondiale. Elle a permis à de nombreuses communautés nouvelles de naître et/ou de se développer. De plus, ces centaines de jeunes semblent avoir répondu aux nombreux appels lancés par Jean-Paul II tout au long de son pontificat « Vous les jeunes, n’ayez pas peur d’être les saints du nouveau millénaire ! » C’était le 7 mai 2001, à Damas, en Syrie. Quelques années auparavant, au début de son pontificat, le 1er juin 1980, en embrassant la terre de France, il avait interrogé les millions de Français par ses quelques mots, au Bourget :

« France, Fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? Permettez-moi de vous demander : France, Fille de l’Eglise et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, à l’alliance avec la sagesse éternelle ? Pardonnez-moi cette question. Je l’ai posée comme le fait le ministre au moment du baptême. Je l’ai posée par sollicitude pour l’Eglise dont je suis le premier prêtre et le premier serviteur, et par amour pour l’homme dont la grandeur définitive est en Dieu, Père Fils et Saint-Esprit. »

Les jeunes sont en marche, non pas vers eux-mêmes, vers plus d’égoïsmes. Non, ils sont en marche vers Dieu et vers leur prochain. Ils donnent leur vie, un an, deux ans, trois ans. Toute leur vie. Les témoignages sont nombreux, ce sont des pépites vierges de toute impureté. Elles sont authentiques. Elles brillent dans cette nuit où les ténèbres semblent s’amonceler. Là-haut, tout en haut, naissent de nouvelles étoiles. Les jeunes témoignent de leur bonheur, comme Claire : « Oui, je suis heureuse d’avoir donné cette année. J’ai appris à aimer en vérité. » Pour Arnaud, cette année l’a fait grandir : « J’ai grandi dans ma soif de prière. J’ai grandi en douceur. Et, j’essaye de voir le monde et mes frères et sœurs avec le regard de Jésus, qui ne voit que le plus beau en nous. » Quant à Marie, son témoignage est une véritable symphonie : « J’ai l’impression d’avoir pris des racines, d’être devenue un arbre de vie. Et, je n’ai pas fini d’en voir les fruits ». Que du bonheur. Cela fait du bien en ces temps de pandémie, où la folie de quelques-uns domine.

Là-haut, dans l’ermitage que leur prête les sœurs de Bethléem, à près de 1 369 mètres d’altitude, la course de Daniel-Ange n’est pas terminée. Il sort de son ermitage fait de bois. Contemple la création. Puis, il entre et se dirige vers sa table de travail, remplie de papiers et de brouillons d’écriture. Il reprend sa plume…Et, prépare la fête de Notre-Dame des Douleurs…

Suite et fin dans la troisième partie de notre trilogie : Daniel-Ange, « le prophète » ?

Reportage réalisé par Antoine Bordier, consultant et journaliste indépendant

Copyright des photos A. Bordier et Jeunesse-Lumière

Le mauvais coup anti démocratique contre Zemmour doit le persuader d’être le candidat du sursaut national français

Bernard Antony, président de l’Agrif, président de l’Institut du Pays Libre communique

Total soutien à Eric Zemmour !

La République française se transforme toujours plus en une « République des conseils », à l’évidence en une sorte de République soviétique (conseil se traduit en russe par « soviet ») ! Dans ce système, les deux assemblées parlementaires (chambre des députés et Sénat) n’ont plus, de facto, le dixième des pouvoirs dont disposent désormais dans tous les domaines de la vie politique, sociale, administrative, judiciaire, sanitaire, les différents soviets de hauts fonctionnaires disposant de prérogatives allant bien au-delà d’une activité de conseil.

« Tout le pouvoir aux soviets » était le slogan de la révolution d’octobre 1917. Aujourd’hui, les nouveaux soviets du système politique français sont comme autant de tentacules de l’Etat « Big Brother » et de son idéologie totalitaire.

L’éviction, hier, d’Eric Zemmour de l’émission « face à l’info » sur CNews,  sur les prétextes ubuesques invoqués par le président du CSA, Olivier Maistre fera date dans la tentative d’étouffement de la liberté d’expression pour la défense de notre civilisation, de notre culture, de notre identité, de notre peuple, perpétrée par le régime macronéronien.

Même si l’on pouvait émettre jusqu’ici quelques réserves sur l’éventualité d’une candidature d’Eric Zemmour à la présidence de la République, l’ukase liberticide du CSA en a fait désormais le champion de la cause du peuple de France face à l’entreprise sciemment menée d’un génocide spirituel, culturel, démographique de la nation française.

L’ukase liberticide contre Eric Zemmour a été infligé alors qu’il n’était pas encore candidat et qu’il ne contrebalançait quantitativement que bien peu le constant déferlement de la massive propagande de gauche diffusée par des milliers de « journalistes » de la bien-pensance. Ce mauvais coup anti démocratique doit maintenant le persuader d’être sans plus attendre le candidat du sursaut national français.

François et Macron : « interchangeables idéologiquement » ? Encore une preuve en Hongrie

Dans son très bref passage en Hongrie qu’il aurait manifestement voulu rendre le plus humiliant possible pour le grand gouvernant patriote qu’est Victor Orban, le très gauchiste et immigrationniste pape François en a profité aussi pour jeter encore un caillou de discorde catholique dans la mémoire de son illustre prédécesseur, Saint Jean-Paul II.

Il a en effet émis l’affirmation selon laquelle « l’identité nationale ça n’existe pas ! » Allégation surprenante, aux antipodes de celle de Jean-Paul II lançant à l’UNESCO en juin 1980 :

« Veillez, par tous les moyens à votre disposition, sur cette souveraineté fondamentale que possède chaque Nation en vertu de sa propre culture. Protégez-la comme la prunelle de vos yeux. »

L’identité nationale d’un peuple, c’est en effet essentiellement son identité civilisationnelle, religieuse, linguistique, c’est-à-dire tout simplement l’identité culturelle, fondement même de sa souveraineté.

On mesure ici le bien fondé de notre « Une » de Reconquête de ce mois de septembre présentant l’accolade de François et de Macron accompagnée de ces trois mots : « Quasiment interchangeables idéologiquement !».  Et en effet, François n’a fait que reprendre la stupéfiante affirmation nihiliste de Macron : « la culture française ça n’existe pas ! ».

Mais pour ce qui est de l’humiliation n’est-ce-pas François qui a dû en encaisser une lorsque Victor Orban lui a offert la copie de la belle lettre du roi de Hongrie de 1250 envoyée au Pape Innocent IV pour implorer l’aide de l’Occident contre les hordes des tatars menaçant d’anéantissement la Hongrie chrétienne.

Aujourd’hui hélas, c’est envers les « tatars » de toutes sortes que va la préférence du pape régnant qui préfère réserver toute sa sollicitude pour le dictateur islamiste turc Erdognan.

Ainsi, les modèles préférés de François ne sont évidemment pas saint Bernard, sainte Catherine de Sienne ou encore saint Pie V, le pape de Lépante, ni saint Vincent de Paul, tous et bien d’autres encore appelant à combattre les envahisseurs islamistes ottomans.

Notre entière liberté politique de chrétien consiste donc aujourd’hui à ne pas accepter les préférences suicidaires du pontife régnant et à ne pas vouloir pour nos enfants les inéluctables tragédies du grand remplacement génocidaire.

Tentative d’incendie dans la basilique de Guingamp

Mardi 14 septembre, à la basilique de Guingamp (Côtes-d’Armor), la statue de la Vierge Noire a été endommagée par un incendie. La piste accidentelle est écartée.

Le patron de la crêperie, voisine de l’édifice, s’est saisi de son extincteur pour circonscrire le début d’incendie.

« Les premières constatations l’excluent totalement. C’est clairement un incendie volontaire. Nous n’avons pour l’instant aucun élément sur le ou les auteurs. Les investigations vont se poursuivre. »

« Une plainte a été déposée par la mairie et la paroisse ».

Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier, dans un communiqué, assure

« la communauté catholique et tous les habitants de Guingamp de sa proximité de cœur et de prière. Il semble que le feu ait été allumé volontairement. »

« L’enquête de gendarmerie en déterminera les circonstances. L’attachement à Notre-Dame de Bon-Secours va bien au-delà des seuls pratiquants. Ne nous laissons pas diviser par de tels actes, cherchons à créer les conditions de la paix et la fraternité. »

Addendum : un lecteur nous précise qu’il ne s’agit pas de la statue de la Vierge Noire (elle est située dans une petite chapelle à l’extérieur des murs), mais une autre statue de la Vierge située à l’intérieur de l’édifice.

Le site de la FSSP en Saône-et-Loire fait peau neuve

Le site internet de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre en Saône et Loire fait peau neuve.

La FSSP dessert des lieux de culte à Chalon-sur-Saône et à Vinzelles.

C’est arrivé un 15 septembre…

“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum.

Alors rappelons-nous :

  • le 15 septembre 655 : décès de Martin Ier, pape.

Ou le 13 avril 656 selon les sources. L’empereur Constant II l’a fait juger et condamner à être écartelé; puis sa peine est commuée en exil perpétuel en Chersonèse Taurique (actuelle Crimée). Les conditions d’internement terrible entraînent sa mort rapidement.

  • le 15 septembre  1440 : à Machecoul en Bretagne, Gille de Rais est arrêté à la demande de Malestroit, évêque de Nantes.

Le 13 septembre 1440, Gilles de Rais est cité à comparaître devant le tribunal ecclésiastique de Nantes, pour répondre des accusations de « meurtres d’enfants, de sodomie, d’évocations de démons, d’offense à la Majesté divine et d’hérésie ». Il est accusé d’avoir massacré et abusé environ 140 enfants.

Il est arrêté en son château de Machecoul deux jours plus tard par Jean Labbé, capitaine d’armes au service du duc de Bretagne. Deux des gens de Gilles de Rais sont également arrêtés, Henri et et Étienne Corillaut dit « Poitou » (ou « Pontou »). Certains de ses complices, dont Gilles de Sillé et Roger de Briqueville, ont déjà pris la fuite.

Voir les chroniques des 25 et 26 octobre.

  • le 15 septembre  1505 : fin du Tro-Breizh d’Anne de Bretagne.

En février 1505, le Roi tombe malade et on craint pour sa vie. Le 8 juillet 1505, la reine Anne commence son “Tro-breizh” par une descente de la Loire, de Blois à Nantes. Anne a décidé de faire un Tro-Breizh, un Tour de Bretagne à la fois pour des raisons religieuses, afin de prier pour la guérison du Roi au Folgoët, et pour retrouver ses chers Bretons. La Duchesse-Reine n’a pas apprécié les fiançailles de Claude avec François 1er et elle se dit que si le Roi mourait, elle serait mieux en Bretagne pour défendre les intérêts de son duché.

Le terme “Tro-breizh” désigne un pèlerinage en hommage aux sept Saints fondateurs de la Bretagne : Saint Samson, Saint Malo, Saint Brieuc, Saint Tugdual, Saint Pol (Paul) Aurélien, Saint Corentin et Saint Patern. Ce voyage se termine inachevé en septembre, à la demande de Louis XII, son mari.

[Lire plus]

Entretien sur le motu proprio Traditionis Custodes avec le père Augustin-Marie Aubry

Le père Augustin-Marie Aubry, de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, a été invité par Radio Fidélité Mayenne pour évoquer Traditionis Custodes :  une suspicion jetée, des restrictions prises, une sorte de répression se déploie à l’encontre d’une catégorie de prêtres et de fidèles.

Adveniat : les inscriptions sont encore ouvertes

Adveniat recrute :

Animés par le désir d’œuvrer à la Royauté Sociale du Christ, notre objectif est de transmettre la doctrine de l’Eglise, afin de préparer les jeunes à un engagement efficace dans la Cité, assumant le Christ.

Nous lançons un cycle de formation à l’action catholique, ouvert à tous ceux qui désirent rejoindre ce combat, dont l’urgence et la nécessité ne font qu’augmenter avec le temps. Cette formation sera centrée sur la doctrine du Christ Roi, doctrine énoncée dans l’encyclique Quas Primas par Pie XI en 1925, et merveilleusement explicitée par Jean Ousset dans son ouvrage à destination des laïcs catholiques « Pour qu’Il Règne ».

Il est interdit de quitter la secte LGBT

Une proposition de loi LREM interdisant les  “thérapies de conversion”, pour que les personnes inverties puissent retrouver un comportement normal, sera débattue en octobre par les députés. Pilotée par le député LREM Laurence Vanceunebrock, la proposition de loi sera inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale pour la semaine du 4 octobre.

La secte LGBT refuse que vous aidiez une personne ayant des tendances contre-nature à se maîtriser.

La proposition de loi prévoit la création d’un délit spécifique punissable de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende, voire trois ans d’emprisonnement et à 45 000 euros d’amende lorsqu’il s’agit d’un mineur. 

Dans le même temps, le ministre chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, a annoncé confier à la Miviludes une mission “sur la pratique indigne” de ces “thérapies de conversion”.

Parallèlement (mais il n’y a pas de complot LGBT), le Parlement européen a débattu et voté par 387 voix contre 161 et 123 abstentions une résolution qui « insiste sur la nécessité, pour l’Union, d’adopter une approche commune pour la reconnaissance des mariages et partenariats homosexuels » et

« rappelle que le droit de l’Union a primauté sur tout droit national, y compris sur les dispositions constitutionnelles, et que, dès lors, les États membres ne sauraient invoquer une interdiction constitutionnelle du mariage homosexuel ou une protection constitutionnelle de “la morale” ou des “politiques publiques” pour faire entrave au droit fondamental à la libre circulation des personnes au sein de l’Union et bafouer les droits des familles arc-en-ciel qui s’installent sur leur territoire »,

Cette nouvelle résolution est d’abord un acte de propagande LGBTIXYZ, et une nouvelle occasion de condamner la Hongrie et la Pologne.

Vers la fabrication d’enfants en batterie ?

Suite à l’extension de la fabrication d’enfants par PMA, le gouvernement veut réduire les délais d’attente d’un an aujourd’hui à six mois avec un nouvel investissement de 8 millions d’euros. L’entourage du ministre de la Santé, Olivier Véran, souligne :

“Il y a un afflux considérable de demandes dans les centres”. “On s’attendait à 1.000 demandes supplémentaire en 2021, on est déjà plutôt autour de 3.500”.

Le gouvernement annonce consentir un investissement de 8 millions d’euros, avec nos impôts, qui concerne les équipements et les moyens humains des centres jusqu’en 2023: 4 millions dès cette année, dont 2 millions pour l’équipement et 2 pour le personnel, lesquels seront renouvelés en 2022 et 2023.

Afin de suivre les délais et accompagner la montée en charge, un comité de pilotage sera mis en place dès l’automne. Cela va devenir industriel…

Face au risque de pénurie de sperme, une campagne de communication pour inciter au don devrait être lancée par le ministère de la Santé…

Lettre aux catholiques du monde entier – Stop Traditionis Custodes

En ce 14 septembre, fête de l’exaltation de la Sainte Croix, 14e anniversaire de l’entrée en vigueur du Motu proprio Summorum Pontificum, le site : stoptraditioniscustodes.org est lancé.

La Lettre aux Catholiques du Monde entier est publiée en plusieurs langues.

Près d’une centaine de personnalités du monde entier ont signé cette Lettre, qui appelle à l’abrogation de Traditionis custodes.

Désormais, chacun peut la signer également.

Remplacer des recherches sur l’animal par des recherches sur des embryons humains ?

Dans les  “Temps forts” de cette semaine pour les eurodéputés de la délégation française du Groupe PPE au Parlement européen, on découvre que le député Anne Sander propose d’interdire les expériences sur les animaux. Et sur les petits d’hommes ?

L’imagier de la Reine de Léone Mahler

Nos amis des éditions Bulle d’Or viennent de publier un très beau roman pour nos enfants (à partir de l’âge de 10 ans environ).

Il s’agit d’une réédition de « L’imagier de la reine », récit de Léone Mahler, qui écrivit plusieurs romans pour la jeunesse française des années 1950.

Le héros en est Jehan Picou, enlumineur qui rêve de chevalerie, au temps de Saint Louis.

Alors qu’aujourd’hui, les médias, comme le ministère dit par antiphrase de « l’Éducation nationale », offrent à nos enfants des récits orduriers, les invitant à se repentir d’être Français, quand on ne les pousse pas à changer de sexe à l’âge de 8 ans, ce récit est d’une langue fleurie, fera rêver les plus jeunes et les rendra fiers de leurs aïeux.

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Paru dans les 4 Vérités hebdo

Infidel

De Bruno de Seguins Pazzis

Journaliste et blogueur américain, chrétien, Doug Rawlins part donner une conférence au Caire où il se fait kidnapper par des membres du régime iranien qui l’accuse d’espionnage. Il est aussitôt condamné à une lourde peine de prison, loin de son pays et des proches. Fonctionnaire au département d’État des USA, son épouse Liz se rend compte qu’elle est la seule à se soucier de son cas. En effet, le gouvernement américain ne semble pas motivé pour négocier sa libération et l’oublie rapidement. Déterminée à le libérer coûte que coûte, Liz se rend dès lors en Iran toute seule où elle est confrontée à un système politiquement retors… Avec Jim Caviezel (Doug Rawlins), Claudia Karvan (Elizabeth Rawlins), Hal Ozsan (Ramzi), Stelio Savante (Pierre Barthes), Aly Kassem (Javid), Bijan Daneshmand (Dr. Hossein Tehrani), Isabelle Adriani (Maria Landi) J.R. Cacia (sergent Knebel), Nadeem Srouji (Larijani), Noor Taher (Meena), Rula Khoury (journaliste). Scénario : Cyrus Nowrasteh. Directeur de la photographie : Joel Ransom. Musique : Natalie Holt.

Sorti il y a un an aux Etats-Unis, Infidel est la deuxième collaboration (La Lapidation de Soraya M. en 2008) entre  le cinéaste américain Cyrus Nowrasteh d’origine iranienne et Jim Caviezel, l’inoubliable interprète de Jésus dans La Passion du Christ (2004) de Mel Gibson. Une nouvelle fois le cinéaste d’origine iranienne parle de  la corruption et des violations des droits de l’homme par le régime iranien en se concentrant sur les journalistes étrangers (ici le blogueur Doug Rawlins) dont les droits sont violés. Il ne s’agit pas d’une reconstitution de faits authentiques, mais Cyrus Nowrasteh a connu plusieurs exemples réels de ressortissants américains emprisonnés par le gouvernement iranien , parmi lesquels Xijue Wang, un sino-américain qui a été emprisonné en Iran de 2016 à 2019 après avoir été accusé d’espionnage   et Robert Levinson, un agent de la CIA dont il est à peu près certain à ce jour qu’il est mort en Iran pendant sa détention. Ainsi, à partir des détails de certains faits vécus, en les amalgamant, il construit son propos. Ce propos plutôt politique est enrobé dans un récit qui prend la forme d’un « thriller » qui après un départ un peu lent retient fortement l’attention du spectateur  après l’arrivée du personnage principal au Caire et l’entretien qu’il accorde à la télévision égyptienne. L’ensemble ne fait pas vraiment dans la dentelle mais, à une action efficace, qui sans réserver d’extraordinaires surprises mène à une grande séquence finale qui plaira aux plus jeunes, se superpose une réflexion sur l’opposition frontale entre le monde chrétien et le monde islamique. Ce thème est sous-jacent tout le long du film par le biais du positionnement très clivant du personnage principal, Doug Rawlins qui est un chrétien engagé et pour lequel l’Islam est une imposture. Mais le thème de l’opposition entre Islam et Christianisme est également évoqué  au travers du groupe d’iranien chrétiens, essentiellement composé de femmes, opposés au régime et qui vient en aide à Elizabeth Rawlins venue à Téhéran pour essayer de sauver son mari. Cet aspect un peu manichéen se trouve nuancé par le fait que ce sont finalement des agents israéliens qui permettront le succès de l’exfiltration de Doug Rawlins. Ce cocktail d’action, de suspense parfois et de réflexion sur le totalitarisme religieux fait d’Infidel un film agréable à voir aussi bien pour des jeunes adolescents que pour des adultes. Un thriller mouvementé et engagé.

Bruno de Seguins Pazzis

Traditionis custodes : lisons les Méditations sur la Messe de l’abbé de Tanoüarn

De Cyril Farret d’Astiès :

La sidération qui a frappé l’Église le 16 juillet, comme la foudre avait frappé le dôme de Saint-Pierre de Rome le soir du renoncement de Benoît XVI, ne se dissipe pas. Qu’une telle méchanceté (pour reprendre la juste expression de Jean-Pierre Maugendre) puisse s’exprimer sous couvert de vivre ensemble et de fraternité laisse pantois !

Mais le monde traditionnel ne reste pas désemparé, ce n’est pas la première fois qu’il doit se battre pour la messe, pour le catéchisme et l’Écriture comme le scandait Jean Madiran dès les années 1960, ce n’est pas la première fois qu’il est malmené par la hiérarchie, ce n’est pas la première fois qu’il doit choisir entre les honneurs du monde et la Vérité.

Et cette résolution paisible et inconditionnelle qui est celle du monde traditionnel d’un bout à l’autre de l’échiquier (de la fraternité Saint-Pie-X aux prêtres diocésains « bi-formalistes »), n’est pas l’attitude d’enfants gâtés préoccupés par leur privilèges et enfermés dans une pratique sociale surannée et stérile. Cette résolution jaillit au contraire de l’intime conviction que l’ancienne messe, et tout ce que la grande liturgie latine recouvre de trésor théologique et surnaturel, est le bien commun de toute l’Église. Que la liturgie ancienne, fruit ininterrompu d’une lente et paisible maturation depuis les premiers siècles du christianisme, est comme nul autre à même de louer Dieu, de lui demander des grâces, de le remercier pour ses bienfaits et de réparer nos fautes. Qu’elle est comme nul autre le chemin de notre sanctification et de la transmission de la foi à nos enfants, à nos proches et à tout le genre humain, demain comme hier.

Pour répondre à cet acte législatif et autoritaire difficilement qualifiable, la meilleure chose que nous puissions faire, c’est d’aimer plus profondément et de mieux comprendre ce trésor que le Bon Dieu nous a fait la grâce insigne de connaître et qu’il nous confie pour le transmettre intact ; redoutable mission que la nôtre ! Comme nous y invite le père Augustin-Marie de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrié dans une belle interview donnée au quotidien Présent :

« Il faut faire mentir ceux qui estiment à tort qu’elle est un objet mort, une curiosité de musée. C’est en vivant de cette liturgie que l’on manifeste qu’elle est vivante, et qu’elle est la vie de nos vies. »

C’était déjà le sens de l’essai que j’avais voulu écrire à l’occasion des cinquante ans de la nouvelle messe.

Ces derniers mois un livre d’une très grande profondeur spirituelle et d’une grande richesse théologique est providentiellement paru. Cet ouvrage très profitable pour tous les catholiques qui vivent de la liturgie traditionnelle ou qui s’interrogent à son sujet a été publié chez Via Romana : il s’agit des Méditations sur la Messe de l’abbé Guillaume de Tanoüarn. Ce petit ouvrage par la taille et le prix (12 euros, somme modique qui permet d’en offrir à nos curés de paroisses, à nos amis et à nos évêques) est d’un très grand profit spirituel. Qu’il soit lu d’une traite tant il est captivant, ou qu’il soit lentement goûté au jour le jour dans l’ordre de ses 73 petits chapitres qui offrent autant de méditations sur chaque partie de la messe, le lecteur est élevé par la plume savante autant qu’inattendue et amoureuse de l’abbé de Tanoüarn vers les sommets de la vie chrétienne et de la contemplation du sacrifice eucharistique. On ne vit plus la messe de la même manière après avoir lu ces pages profondes, graves, poétiques et mystiques. Ce petit livre spirituel, loin des querelles, mais démontrant par le haut la supériorité surnaturelle de notre chère liturgie, est appelé à produire de grands fruits.

Achetons-le, méditons-le, prêtons-le, offrons-le. Sans négliger le recours puissant de la prière, le soutien à nos prêtres, ou encore l’action (comme les rassemblements hebdomadaires devant la nonciature à Paris), voilà une bien belle résolution à prendre en cette rentrée ! Cette épreuve que permet le Bon Dieu nous oblige à regarder plus haut, plus loin, plus profond, l’abbé de Tanoüarn nous y aide.

Cyril Farret d’Astiès

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