Blogs avec images

Cinq syndicats français critiquent Solidarnosc : comme en 1982…

En 1982, la CGT critiquait l’action du syndicat polonais Solidarnosc, dans sa lutte pour les libertés. Georges Séguy, secrétaire général de la CGT, déclarait en effet :

“À partir du moment où un mouvement d’opposition concertée devient une opposition organisée qui veut agir en tant que tendance, cela constitue une infraction à la règle démocratique et il appartiendra donc au congrès et aux instances dirigeantes d’apprécier”.

Près de 40 après, rien n’a changé. La CFDT, la CFTC (!), la CGT, FO et l’UNSA ont saisi la Confédération européenne des syndicats pour discuter de l’hypothèse d’une exclusion du mouvement polonais de l’organisation internationale. Ils reprochent à la direction du syndicat polonais sa complaisance à l’égard de Marine Le Pen et d’Eric Zemmour.

Cet avis survient après plusieurs articles parus récemment dans des organes de presse du syndicat polonais – dont l’hebdomadaire Tygodnik Solidarnosc. Dans son édition du 23 novembre, ce journal met à la « une » Mme Le Pen, tout sourire et présentée sous son meilleur jour. Parce que, en France, il faut toujours la présenter en train de grimacer… La candidate du Rassemblement national dénonce « l’attaque sur la Pologne » de la part des institutions européennes, qui poursuivent le gouvernement conservateur du PiS (Droit et justice), pour ses atteintes répétées aux principes de l’Etat de droit et à la séparation des pouvoirs, depuis son arrivée au pouvoir en 2015.

« La Commission européenne et la Cour de justice de l’Union européenne remplacent progressivement les valeurs européennes (liberté d’expression, nation, famille, racines chrétiennes, etc.) par des valeurs de l’idéologie du progrès (politiquement correct, monde sans frontière, théorie du genre, etc.). Comment percevez-vous cette ingénierie sociale ? »

La dirigeante répond en fustigeant les initiatives des institutions européennes contre le gouvernement polonais, les assimilant à une « sorte de coup d’Etat » contre la souveraineté du pays, ce que l’hebdomadaire met en exergue. Dans plusieurs articles, les journalistes, à la tête de la version française de Tysol, ont exprimé leur admiration pour les idées défendues par Mme Le Pen et M. Zemmour, en relayant largement leurs thèmes de campagne.

Le syndicat Solidarnosc est célèbre pour avoir grandement contribué à abattre le communisme en Pologne et en Europe centrale. Il est toujours resté à la pointe des luttes contre les totalitarismes, la précarité et le chômage. Les syndicats français semblent, quant à eux, avoir oublié ces idéaux pour se concentrer sur la guerre idéologique contre ceux qui pensent différemment.

Addendum: Un ami, excellent connaisseur du syndicalisme, nous fait remarquer que les 5 “syndicats” que nous mentionnons n’en sont pas réalité: il s’agit d’unions de syndicats et non de syndicats – ce qui rend encore plus illégitime leur critique du syndicat polonais (qui, lui, au moins, défend les travailleurs polonais). Par ailleurs, cet ami ajoute à propos de la CFTC (et c’est encore plus triste pour nous, catholiques sociaux…):

La CFTC ne mérite pas le point d’exclamation de nature à faire croire que cette confédération défendrait encore les valeurs chrétiennes. La CFTC, comme d’autres unions syndicales, perçoivent des subsides lorsqu’elles organisent des formations au cours desquelles sont présentées les institutions européennes. Toutes les confédérations, y compris la CFTC, perçoivent des financements des entreprises, de l’Etat, des collectivités territoriales, du système de protection sociale, de Bruxelles. Le produit des cotisations est quantité tout à fait négligeable.Résultats : ce ne sont plus les salariés qui font vivre les confédérations et qui décident des orientations. Que veut dire le dernier “C” ? La CFTC se présente comme “Le syndicat constructif“. Elle ne se présente plus ni comme confédération ni comme chrétienne.

Des maires qui ne lâchent rien face au laïcisme

Chaque année, depuis son élection, en 2014, à la mairie de Béziers Robert Ménard installe une crèche de Noël à l’hôtel de ville. Un collectif d’associations et d’élus de gauche continue inlassablement de demander son retrait. Mais Ménard ne cède pas.

Aux Sables-d’Olonne, des fanatiques antichrétiens de la « Libre Pensée » avaient saisi la justice pour que soit enlevée la statue de saint Michel, place Saint-Michel, devant l’église Saint-Michel. La justice leur a donné raison jeudi : la commune a six mois pour enlever la statue. Le maire Yannick Moreau fait appel :

Au nom du bon sens et de la ville des Sables d’Olonne, j’ai décidé ce matin de faire appel du jugement du tribunal administratif de Nantes et de demander dans l’attente de la décision d’appel un sursis à exécution. Les tribunaux de notre pays ont pourtant autre chose à faire que d’instruire les demandes abusives de laïcistes radicaux complices de la « cancel culture » qui cherchent à déboulonner un par un les attachements culturels millénaires qui ont forgé notre identité collective. Au lendemain d’un acte de vandalisme inacceptable sur une statue municipale de la Vierge Marie et à la veille des fêtes de Noël, ces attaques contre nos racines et notre culture chrétiennes sont insupportables.

Le calvaire municipal du Parc de la Jarrie a été vandalisé et la statue de la Vierge Marie brisée en mille morceaux. Le maire a déposé plainte.

Le régime LGBT macronéronien, une intrinsèque perversion totalitaire

Bernard Antony, président de l’AGRIF, directeur de la revue Reconquête, communique :

Ce jeudi 16 décembre 2021 au Mans, dans les locaux de l’association Homogène (centre LGBT 72) Marlène Schiappa, ministre délégué à la citoyenneté, a présenté à la presse les nouveaux formulaires Cerfa (imprimés administratifs) qui, a-t-elle dit, comporteront à partir du printemps 2022 « à deux reprises la mention « père – mère » (à la place de « parent 1 – parent 2 » !). « Parce que, a expliqué celle qui ne s’est point cachée d’avoir pratiqué la sorcellerie, les enfants ont le droit d’avoir deux papas ou deux mamans » (sic !).

Elle a poursuivi : « Ce nouveau formulaire prendra en compte la diversité des familles ».

Qui ne le voit, avec le gouvernement Macron-Schiappa, l’idéologie déconstructionniste de la famille atteint ainsi ses objectifs ultimes de révolution anthropologique : la destruction même du couple humain de l’homme et de la femme comme essence de l’humanité depuis ses origines.

La diversité de la famille ainsi revendiquée n’est évidemment que celle de sa fin programmée par l’atomisation du couple humain, cellule fondamentale de la société.

Au même moment, la légalisation de la possibilité de supprimer par IVG la vie des enfants à naître vient d’évoluer vers une forme encore plus cruelle de meurtre, relevant désormais, avec l’allongement de la durée légale de l’avortement, d’un véritable infanticide.

Cela, il est vrai, ne choque pas de soi-disant écologistes ne craignant de prôner la sacralité de la nature et de la vie sauf celle de la nature humaine, de la vie humaine.

Mais voilà que la barbarie du « meilleur des mondes macronéronien » va maintenant s’étendre, si le peuple ne réagit pas, à l’obligation dictatoriale, totalitaire, de faire vacciner les enfants.

Alors que l’on sait d’une part que ces derniers ne sont pas menacés par le covid ou dans une proportion infinitésimale ; de l’autre, qu’ils sont proportionnellement bien plus atteints par des effets secondaires graves, voire mortels, des vaccins administrés.

Mais l’argument odieux de la dictature sanitaire, c’est qu’il faut coûte que coûte prémunir les adultes de ce que pourraient leur transmettre des enfants nullement symptomatiques, nullement menacés.

Ajoutons enfin que dans la dernière de ses innombrables émissions de longue complaisance narcissique, le président Macronéron a manifesté une fois encore sa faculté de déni de réalité de la tsunamigration-islamisation, troisième dimension du génocide français : spirituel, culturel, intellectuel et moral, et enfin populicide par la conjugaison de la dénatalité organisée et de l’immigration planifiée.

La survie de la France passera ce prochain printemps par le départ de Micronéron.

La Cour Suprême du Mexique juge que l’”identité” de l’âge prime sur l’âge réel

Encore un délire du wokisme, chèque en blanc intellectuel. On ne souscrit pas seulement à un ensemble d’idées, mais à celles qui suivront, et que l’on ne connaît pas encore. Le progressisme est un totalitarisme. Lu sur IFN :

Depuis des années, les militants LGBT radicaux nous disent que “l’identité prime sur la réalité”. Ainsi, si un homme biologique “s’identifie” comme une femme, il est en fait une femme. De même, si une femme biologique “s’identifie” comme un homme, elle est en fait un homme. Ces militants soutiennent que la croyance “crée” la réalité, malgré le fait que la croyance ne change pas un seul trait physique.

Eh bien, la Cour Suprême libérale du Mexique a poussé ce raisonnement plus loin en décidant que l’âge auquel une personne s’”identifie” est en fait son âge. Dans un jugement rendu le 3 décembre 2021, le tribunal a déclaré :

Si devant la société, une personne s’est constamment identifiée dans ses actes privés et publics par une date de naissance, cela fait partie de sa biographie, de sa “vérité personnelle”, car l’identité se construit tout au long de la vie de l’être humain, en comprenant des éléments et des aspects qui vont au-delà de la “vérité biologique”. Ces éléments doivent être reflétés dans l’acte de naissance, car il s’agit d’un document par lequel une personne est identifiée et individualisée au sein de la société.

Le tribunal a ensuite ajouté qu’une modification de l’acte de naissance en fonction de l’âge auquel on s’identifie ne peut être effectuée que si “la mauvaise foi n’est pas observée dans la volonté d’utiliser cette modification pour créer, modifier ou éteindre des droits ou des obligations au détriment des tiers.” […]

Menace sur les séminaires traditionnels, pèlerinage attaqué, concerts sulfureux dans les églises

La pression sur les séminaires traditionnels s’accroit. Un document devrait être publié sous peu, obligeant la célébration de la messe de Paul VI pour les séminaristes.

À Nanterre une procession a été attaquée par des musulmans, la police a tardé à intervenir.

À Nantes, puis à Paris, les concerts d’Anna von Hausswolff, chanteuse de post-métal, qui devaient se tenir dans des églises ont été annulés sous la pression de fidèles.

Autant de sujets que les abbés Celier et Guelfucci, avec le Père Thomas et Jeanne Smits ont traité lors du Club des Hommes en Noir.

 

C’est arrivé un 17 décembre…

“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum

Rappelons-nous :

  • le 17 décembre : saints du jour français ou en France.
  • St Judicaël, Roi de Bretagne puis moine († 658)

Judicaël Ier, (ou Gaël ou Giguel ou Gicquel ou Juzel), fils de Judaël, roi de Domnonée (au nord de la Bretagne), était l’aîné de quinze enfants dont saint Judoc, sainte Eurielle et saint Onenn.

A la mort de Judhaël, vers 605, Judicaël, pourtant son héritier, préféra se retirer au monastère Saint-Jean de Gaël que saint Méen venait d’ériger. Il quitta cependant le monastère pour prendre la direction du royaume de Domnonée. Pendant vingt ans, il gouverna le royaume avec autorité et sagesse. Ses qualités de diplomate lui permirent de régler des différends avec le roi Dagobert, et en 636, il conclu avec lui un traité de paix entre Bretons et Francs. Deux ans plus tard, il laissa son trône et se fit moine pour les vingt dernières années de sa vie. Il mourut en 658 à St Méen-le-Grand.

  • Saint Jean De Matha, Prêtre et fondateur des Trinitaires (1160-1213)

Jean de Matha, originaire d’une illustre famille, en Provence, fut consacré au Seigneur par un vœu, dès sa naissance. Il brilla, tout jeune encore, par le divin instinct de la charité. On le voyait distribuer aux pauvres l’argent que ses parents lui donnaient pour ses menus plaisirs, et tous les vendredis il allait servir les malades dans les hôpitaux ; là, il pansait leurs plaies et leur procurait tous les secours qui étaient en son pouvoir. C’est par cette conduite admirable, il y a lieu de le croire, que le pieux jeune homme mérita de devenir le père d’un grand ordre de charité.

Le jour où il fut élevé au sacerdoce, une colonne de feu reposa sur la tête du nouveau prêtre et manifesta l’onction du Saint-Esprit qui opérait dans son âme. Le bruit de ce prodige s’étant répandu, une nombreuse assemblée assista à sa première messe. Au moment de la consécration, lorsque Jean élevait l’hostie, on vit le visage du saint resplendir d’une lumière surnaturelle et ses yeux se fixer au dessus de l’autel sur un spectacle invisible aux assistants. « J’ai vu, dit-il plus tard, un ange tout blanc, avec un vêtement brillant, portant sur la poitrine une croix de couleur rouge et bleue ; ses bras se croisaient, et il présentait les mains à deux captifs, l’un chrétien et l’autre maure ; ils étaient à ses pieds dans la posture de suppliants. »

C’était l’annonce claire de l’œuvre qu’il devait établir ; il fut, en effet, le fondateur de l’Ordre de la Sainte-Trinité pour la rédemption des captifs, dont les religieux portèrent le costume indiqué par la vision.

Qui dira tout ce que le saint eut à souffrir dans son pénible apostolat ? « Si je n’ai pas le bonheur d’être martyr, disait-il souvent, puissé-je au moins rester chez les barbares, comme esclave, pour mes frères ! »

Dieu seconda plus d’une fois son zèle par des miracles. Un jour que les habitants de Tunis voulaient l’empêcher de ramener en Europe les nombreux captifs qu’il avait rachetés, il se prosterna et invoqua Marie ; puis, à la grande stupéfaction des infidèles, étendit son manteau en guise de voile sur le navire. Celui-ci, sans rames, sans voiles, sans gouvernail, vogua bientôt en pleine mer et aborda en moins de deux jours à Ostie.

Jean de Matha mourut à Rome, usé de fatigues, dans la pauvreté et la pénitence, mais chargé d’œuvres et de mérites. La pauvre petite cellule qu’il sanctifia par ses dernières années et par sa mort a été conservée jusqu’à ce jour.

  • le 17 décembre 1187 : décès du pape Grégoire VIII.
  • le 17 décembre 1498 : annulation du mariage de Louis XII et de Jeanne de France.
  • le 17 décembre 1600: le Roi Henri IV épouse Marie de Médicis.

Henri IV épouse en secondes noces Marie de Médicis, 6ème enfant du grand-duc de Toscane et de l’archiduchesse d’Autriche. La dote s’élève à 600 000 écus. Elle donne un héritier au trône de France le 27 septembre 1601, le futur Louis XIII.

  • le 16 ou 17 décembre 1770 : naissance de Ludwig van Beethoven.

Ludwig van Beethoven, est l’un des plus grands compositeurs de musique classique. D’une famille modeste de Bonn, il se découvre très rapidement un vrai don pour la musique. Beethoven rencontre rapidement le succès et parvient à surmonter le handicap de sa surdité pour composer de nombreux morceaux, comme la “9e symphonie“. Le compositeur fut séduit un temps par Napoléon Bonaparte et lui dédia la «Symphonie héroïque». Son «Hymne à la joie» est l’hymne officiel de l’Union européenne.

Il meurt à Vienne à 56 ans. Un cortège de près de 30000 personnes accompagne sa dépouille au cimetière de Währing. Le 22 juin 1888, les restes de Beethoven et de Schubert rejoignent le «carré des musiciens» du Zentralfriedhof.

  • le 17 décembre 1777 : la France reconnaît l’indépendance de l’Amérique.

L’éclat de joie avec lequel est accueillie par la France la nouvelle de la capitulation du général Burgoyne à Saratoga, qui avec dix mille hommes s’est rendu aux insurgés, met un terme aux hésitations du Roi ; à la fin de 1777, il consent à se prononcer en faveur des États Unis d’Amérique.

Louis XVI reconnaît l’indépendance des colonies britanniques d’Amérique. Ravie de pouvoir se laver l’humiliation de la défaite de la guerre de Sept Ans et convaincue par la victoire américaine de Saratoga, la France signe deux traités d’engagement avec les colonies, le 6 février 1778. Le premier engage une amitié réciproque et une alliance commerciale. Le second, tenu un temps secret, consiste en une alliance militaire. Ainsi, les Américains recevront des renforts militaires et financiers considérables. Les Insurgents reprendront espoir puisqu’avec le soutien naval des Français, il sera désormais possible de mettre en déroute la flotte britannique. Cette guerre d’indépendance sera payée pour les deux tiers par Louis XVI en personne, argent que les Américains ne rembourseront jamais.

  • le 17 décembre 1793 : Toulon tombe.

Bonaparte et ses hommes se lancent à l’assaut du fort de Malbosquet, pénètrent dans l’enceinte, s’emparent des canons et les tournent contre les vaisseaux anglais : Toulon est conquis.

  • le 17 décembre 1807 : le décret de Milan renforce le blocus.

Napoléon décide de renforcer le blocus continental et d’améliorer son efficacité. Mais pour que celui-ci soit vraiment valable, il faut que l’Empire contrôle la majorité des côtes. Napoléon se lance donc dans de nouvelles campagnes militaires pour s’en assurer la maîtrise. Par ailleurs, ce blocus a pour effet la réorganisation de l’économie continentale, ce qui profite notamment à la France.

  • le 17 décembre 1807 : Napoléon écrit à Fouché au sujet des Pères de la Foi.

“Je ne veux pas qu’ils se mêlent de l’Instruction publique pour empoisonner la jeunesse par leurs ridicules principes ultramontains”.

  • le 17 décembre 1813 : mort d’Antoine Augustin Parmentier.

Pharmacien militaire et agronome français, il est surtout connu pour avoir introduit la pomme de terre en France avec l’aide du Roi Louis XVI.

  • le 17 décembre 1885 : un traité met fin aux hostilités entre la France et Madagascar.

Il accorde à la France la baie de Diégo Suarez et une indemnité de guerre. Il est interprété par les Français comme établissant un protectorat, sans que le terme y figure. Ces derniers parlent d’un « protectorat fantôme »

  • le 17 décembre 1936 : Jorge Mario Bergoglio, pape François 1er, naît à Buenos Aires.

Le Salon Beige souhaite un très joyeux anniversaire au Saint Père, et engage ses lecteurs à prier aujourd’hui encore plus particulièrement aux intentions du Souverain Pontife.

Les fils de la veuve préparent la GPA

Dans la logique maçonnique de la destruction de la famille :

Neuvaine pour la sauvegarde de la liturgie traditionnelle

Alors que les rumeurs de mauvaises nouvelles romaines sur l’application de Traditionis Custodes se font plus insistantes, un prêtre fidèle lecteur du Salon beige nous propose de réciter cette neuvaine jusqu’à Noël:

Très Sainte Trinité, qui nous avez donné le saint sacrifice de la messe pour vivre constamment le mystère de notre salut, nous vous demandons pardon pour nos négligences envers un si grand don et envers les autres sacrements.
Nous Vous implorons pour la liberté d’exercice de la liturgie traditionnelle dans l’Église. Saint Padre Pio qui avez toujours voulu célébrer la Messe traditionnelle en obéissance à l’Église, nous vous prions d’intercéder auprès de Dieu et d’intervenir comme vous l’avez fait de votre vivant auprès du Saint- Père pour que la liberté d’exercice de la liturgie traditionnelle catholique latine soit soit maintenue. Marie Reine des prêtres,  soyez notre avocate devant le trône Divin avec Saint Michel et toute le cour céleste.

Retour critique sur le rapport Sauvé

RCF Anjou vient de mettre en ligne des extraits de l’entretien avec Pierre Manent, que nous avions signalé ici, à propos de la critique du Rapport Sauvé qu’il a cosignée avec 7 autres intellectuels catholiques. Voici quelques passages de l’article de RCF:

Votre principale critique porte sur le chiffre de 330 000 victimes. Pourquoi ?

Ce chiffre est problématique car nous voyons bien que le nombre de cas documentés (victimes, coupables, lieux et dates connus) est beaucoup moindre que le chiffre annoncé de 330 000 victimes. Nous voulions attirer l’attention sur le fait que ce chiffre était obtenu à la suite d’extrapolations statistiques fragiles et non adaptées au type d’actes que l’on veut inventorier.  Nous ne contestons absolument pas la gravité et l’étendue de la pédophilie dans l‘Eglise mais nous disons que c’est une très mauvaise façon de procéder que d’assommer l’opinion publique sous un chiffre qui est censé résumer ce phénomène déplorable. On ne peut pas s’adresser à l’opinion par un chiffre alors que l’on a absolument pas averti l’opinion de la manière dont ce chiffre a été élaboré. Et je rajouterai que l’on ne peut pas, sur la base de ce chiffre, paralyser l’Eglise et lui imposer des recommandations de réformes qui sont, aux yeux de l’opinion, rendues irrésistibles par ce chiffre.

C’est à partir de ce chiffre pourtant que Jean-Marc Sauvé a mis en avant la responsabilité « systémique » de l’Eglise. Comment interprétez-vous ce mot « systémique » ?

Tout d’abord, vous savez bien que les imputations collectives ne sont pas la justice. Les responsables, ce sont les coupables. Ce sont les clercs criminels et, éventuellement des évêques qui ont été aveugles ou sont restés passifs devant des faits de pédophilie. Il ne faut donc pas confondre le membre d’une organisation et l’ensemble de celle-ci.

Maintenant, j’en reviens à la notion de « caractère systémique ». C’est une proposition extrêmement grave ! Qu’est-ce que veut dire « systémique » ? Cela veut dire que la structure même de l’organisation est coupable. Quelles en sont les conséquences ? Tout d’abord, que les membres individuels, c’est-à-dire les véritables coupables, sont exonérés de leur faute puisque c’est l’organisation qui est coupable. D’autre part, si le système est coupable, cela veut dire que la réforme du système ne peut pas venir de l’organisation elle-même. […] C’est cela le plus grave dans l’acceptation du terme de « caractère systémique ». Je le répète, c’est une faute majeure de la part des évêques d’accepter cet adjectif.

Sœur Véronique Margron, présidente de la CORREF a répondu à votre critique dans La Croix en disant « Que la projection soit discutée, qu’elle soit de 200 000 victimes estimées plutôt que de 300 000 ou de 400 000, cela ne change rien… La dimension systémique tient au fait que des agresseurs ont pu agresser pendant trente, voire quarante ans, qu’ils aient été couverts par leur hiérarchie, parfois même que celle-ci se soit rendue complice ». Quelle est votre réponse ?

C’est une curieuse façon de raisonner. On annonce un chiffre qui est l’élément essentiel du rapport, et quand ce chiffre est contesté, on vous répond que ce chiffre n’a pas d’importance ! Si ce chiffre n’a pas d’importance, pourquoi annoncer ce chiffre ? Ce rapport ne nous apprend rien. Le phénomène de la pédophilie dans l’Eglise est connu déjà depuis 15 ans au moins. […] A quel titre cette commission prétend-elle réformer la fonction du prêtre ? Car, pour employer le langage d’aujourd’hui, la grande réforme qu’elle promet, c’est la déconstruction du prêtre catholique.

Le charme discret du “fact checking”

Comme chacun sait, les “fake news” sont une spécialité des réseaux sociaux dont nous protègent le gouvernement et les médias de propagande, pardon les généreux dispensateurs de la vérité. Et l’arme de destruction massive contre lesdites “fake news” (pourquoi est-ce si difficile de dire “fausses nouvelles”?) est le “fact checking”. Désormais, tous les médias bien-pensants ont une rubrique de ce genre. Et la lecture en est souvent soit instructive, soit réjouissante, soit les deux. Instructive quand on découvre de véritables arguments en faveur de la thèse officielle; réjouissante quand on voit les plumitifs officiels du régime se tirer une balle dans le pied. Dans ce dernier cas, la rubrique “Fake off!!!” (le titre et les trois points d’exclamation sont d’origine…) parue dans le quotidien “20 minutes” de ce jour est un monument d’anthologie. Comme le dit le lecteur qui vient de me la transmettre, c’est une véritable boussole qui indique le sud, à la façon de Rantanplan dans Lucky Luke:

Si, après la lecture de cet article, vous avez compris la thèse qu’il fallait critiquer et celle qu’il faut chérir, vous êtes admirablement adapté au monde de la post-vérité!

On comprend que le Dr Blachier a déclaré que le variant Omicron touchait plus les vaccinés – mais, à la fin, la journaliste précise qu’il a dit le contraire. Alors quelle est la thèse problématique? Mystère. Quant aux “arguments” présentés pour contester que le variant Omicron toucherait plus les vaccinés, c’est bien simple, il n’y en a pas un seul dans l’article. Au final, pour ceux qui auront lu avec attention ces quelques lignes, tout ce qui restera, c’est une méfiance accrue dans la parole officielle. Mais, en fait, c’set peut-être à cela que sert le “fact checking”…

Neuvaine pour le diocèse de Paris

Le diocèse de Paris a été durement frappé ces dernières semaines. Nous prions spécialement pour les prêtres du diocèse qui ont été particulièrement touchés. Mais nous prions également,  bien sûr, à la fois pour Mgr Aupetit et pour son successeur. Nous vous proposons donc de réciter à partir d’aujourd’hui et jusqu’à Noël cette neuvaine (que nous a transmise un ami prêtre du diocèse):

Sainte Trinité,  reconnaissant nos péchés, nous implorons votre miséricorde en prenant la Vierge Marie comme avocate, avec sainte Geneviève et la cour céleste, pour obtenir de Vous pour le diocèse de Paris un saint archevêque qui sache conduire le diocèse selon Vos voies. Nous Vous demandons cette grâce en l’honneur de la naissance du Christ à Noël.

“Quel malheur de perdre son âme en flattant trop son corps !”

Yves Chiron a rassemblé cent pensées du père Jean-Édouard Lamy (1853-1931), curé des voyous et des chiffonniers de La Courneuve, ami de Jacques et Raïssa Maritain. Il eut le privilège de nombreuses visions de la Sainte Vierge et des anges, dont une est relatée dans cet opuscule. Il fonde le pèlerinage de Notre-Dame des Bois à Violot en 1919, et en 1930 la congrégation des Serviteurs de Jésus et Marie.

Le père Lamy n’a écrit aucun livre. Ces pensées ont été reprises dans ses sermons, sa correspondance et dans ses conversations.

Pensez à vos fins dernières et vous ne pécherez pas.

Les Antigones et le harcèlement de rue

Une nouvelle vidéo des Antigones sur le harcèlement de rue évitant à la fois de faire du mâle hétérosexuel blanc le grand persécuteur des femmes et de l’immigré une sorte d’animal.

Le cabinet des antiques

Lu sur les 4 Vérités:

Michel De Jaeghere dirige avec talent l’excellent « Figaro Histoire ». Et c’est tout à la fois en historien et en journaliste qu’il s’interroge sur ce que les Anciens ont encore à nous apprendre. D’un côté, en effet, les post-modernes, englués dans leur « wokisme » et leur « cancel culture », ne voient nos prédécesseurs que comme des sauvages (misogynes, racistes, esclavagistes, que sais-je encore ?) indignes d’être lus. Mais, d’un autre côté, une bonne partie de nos concepts politiques, à commencer par celui de démocratie, nous viennent en droite ligne de l’Antiquité.

Peut-on encore lire les grandes œuvres du passé pour nous comprendre nous-mêmes ? C’est à cette question que veut répondre ce passionnant essai.

Le Cabinet des antiques: Les origines de la démocratie contemporaine

En parcourant Traditionis custodes. Une question d’unité

De Cyril Farret d’Astiès:

 

De nouvelles rumeurs romaines (Lettre 838 de Paix liturgique du 12 décembre 2021) parviennent de différentes sources au sujet de l’application de Traditionis custodes.

Rappelons que le pape dans son motu proprio abroge l’ensemble des décisions de ses prédécesseurs (« Article 8. Les normes, instructions, concessions et usages précédents qui ne sont pas conformes aux dispositions du présent motu proprio sont abrogés. »). L’idée du pape est assez limpide : créer une unité rituelle par l’éradication de la liturgie traditionnelle (Article 3. § 6. Les évêques doivent « veiller à ne pas autoriser la constitution de nouveaux groupes. » « Les indications sur la marche à suivre dans les diocèses sont principalement dictées par deux principes : d’une part, pourvoir au bien de ceux qui sont enracinés dans la forme de célébration précédente et ont besoin de temps pour revenir au Rite romain promulgué par les saints Paul VI et Jean-Paul II ; d’autre part, interrompre l’érection de nouvelles paroisses personnelles » est-il précisé dans la lettre aux évêques).

Bien évidemment, ces rumeurs ne sont que des rumeurs (le pire n’est jamais sûr). Bien évidemment, il faut aborder toute chose avec la vertu d’Espérance (qui a le Ciel pour objet et qui est bien différente de l’espoir et de la confiance humaine). Bien évidemment, il faut se garder de tout esprit polémique et de parti (l’Église — Dieu merci ! — n’est pas une démocratie livrée à la versatilité des opinions et coteries). Mais comment ne pas être inquiet de ces rumeurs alors qu’à Rome même, le cardinal Angelo De Donatis, Vicaire du pape, a décidé que les cérémonies du triduum pascal ne pourront plus être célébrées selon la forme traditionnelle ; que les sacrements autres que celui de l’Eucharistie ne sont plus autorisées (baptême, mariage, absolution, extrême-onction, confirmation, ordination)? Ces mesures romaines pourraient être étendues à toute l’Église latine. Pourraient également être nommés des délégués pontificaux chargés de guider les supérieurs afin de faire évoluer leurs communautés (ex Ecclesia Dei) vers l’esprit du Concile. Enfin l’interdiction de l’usage du pontifical romain traditionnel pourrait être prise.

On a beaucoup évoqué la dureté, le cléricalisme, l’autoritarisme, l’unilatéralisme des décisions déjà prises. Mais ce qui frappe également, c’est l’argument principal de cette décision fondé sur l’unité du Peuple qui semble être devenue la préoccupation première de la liturgie. Nous ne contestons évidemment pas au Pape d’avoir le souci de l’unité. Mais dans le motu proprio du pape François et dans la lettre aux évêques qui l’accompagne, on est saisi par cette approche de la liturgie comprise prioritairement comme la manifestation d’une communauté priant ensemble au détriment de la liturgie comme culte rendu à Dieu et dont les expressions, conséquemment, forgent la communauté. Il semble qu’une inversion s’opère entre la loi de la prière et la loi de la foi. On passe d’une prière liturgique qui rassemble à un rassemblement pour prier. La différence peut sembler ténue ; mais elle éclaire ce qui nous semble bien être une inversion totale de la compréhension de la liturgie dans l’esprit moderne. Pour dire les choses autrement, la foi, la compréhension des mystères et le besoin de les contempler, la vertu de religion se traduisent depuis l’aube du christianisme par des rites et des prescriptions liturgiques qui se transmettent dans l’espace et le temps et forment l’Église militante à laquelle nous appartenons tous. Le plus beau fruit surnaturel de la liturgie (« source et sommet de la vie chrétienne »), c’est le calendrier des saints ; le plus beau fruit naturel, c’est la Chrétienté.

Depuis la réforme liturgique, la préoccupation de la hiérarchie catholique est avant tout pastorale, l’objectif est de favoriser la participation. Le moyen de parvenir à cette participation est la simplification des rites (Sacrosanctum concilium). Tout est donc envisagé pour souder le Peuple de Dieu, en faire une communauté davantage que de rendre un culte à notre Créateur pour le remercier, l’adorer, lui demander des grâces et réparer nos fautes. La simplification des rites mise en œuvre pour favoriser une participation active ambitionne de rendre immédiatement compréhensibles les mystères célébrés. Il s’en suit insidieusement que la liturgie n’est plus que le vecteur sentimental d’une appartenance de plus en plus vague et de plus en plus horizontale. Au-delà de la réalité sacramentelle que nous ne contestons en rien, la liturgie devient principalement un événement festif où subsistent des îlots surnaturels (principalement par les passages des Écritures saintes, malheureusement dans des traductions parfois un peu mièvres) au milieu d’un vaste édifice inventif, collectif et émotif.

Ce glissement insidieux du vertical à l’horizontal rend aujourd’hui insupportable l’existence de la liturgie traditionnelle qui apparait comme un reproche vivant manifesté à l’encontre des abandons consentis et de l’écroulement sidérant qui se déroule sous nos yeux.

Un autre mouvement accompagne ce premier mouvement : c’est le subtil glissement du pastoral en dogme. En effet, le concile Vatican II, résolument pastoral et non définitoire (Jean XXIII dans son discours inaugural du concile indiquait que le « but principal de ce Concile n’est donc pas la discussion de tel ou tel thème de doctrine. » Pour sa part à la clôture du concile, le pape Paul VI estimait: « il faut reconnaître que ce Concile (…) a été nettement et volontairement optimiste. »), devient l’horizon indépassable du catholicisme, évolue lui-même en super dogme. Phénomène d’autant plus paradoxal que le concile prétendait parler aux hommes de son temps et que ce temps est déjà bien lointain (souvenons-nous qu’en 1960, la première explosion nucléaire française avait lieu à Reggane encore en Algérie française ; les Beatles faisaient leurs débuts sur scène ; le paquebot “France” était lancé ; il n’y avait pas encore d’autoroute en France et le Concorde n’était qu’un bien vague projet…). Là aussi, l’effondrement de tout l’édifice pastoral conçu et mis en œuvre depuis le concile (pourtant censé annoncer un nouveau printemps pour l’Église) rend insupportable aux acteurs de ce déclin (tantôt naïfs, tantôt malveillants) le rappel qu’une voie éprouvée demeure, qu’elle n’est pas le fruit de nos idées mais l’héritage reçu de 2000 ans de christianisme et qui s’appelle la Tradition. Plutôt que de faire un état des lieux des réformes entreprises depuis 60 ans, de modifier ce qui incontestablement est faillible, de revenir sur ce qui dysfonctionne, on accélère la cadence. Et, dans cette fuite en avant, d’un côté on veut supprimer ce qui reste de l’inestimable héritage en éradiquant la liturgie traditionnelle qui vient du fond des âges chrétiens et de l’autre, on se lance avec un enthousiasme de commande dans le Synode sur la synodalité qui offre un curieux goût de réchauffé et de frelaté. Malheureusement, toute discussion de fond est pratiquement impossible car les arguments se heurtent à la sensibilité exacerbée des prêtres et des fidèles, à leur investissement personnel, à leur préférence et manière de faire. En cela, la liturgie nouvelle, incontestablement, est parvenue à rejoindre le monde moderne là où il était, à adopter ses manières, son relativisme, son naturalisme.

Faut-il également rappeler que l’Église comme « sacrement de l’unité » n’est ni manifestée, ni conditionnée par l’uniformité rituelle ? Citons brièvement le pape lui-même le 2 décembre dernier à Chypre : « Dans l’Eglise catholique, il n’y a pas de murs et, s’il vous plaît, qu’il n’y en ait jamais ! Elle est une maison commune, le lieu des relations, la coexistence des diversités. Tel rite, tel autre rite… untel voit les choses de cette manière, telle sœur les voit ainsi, telle autre les voit autrement… C’est la diversité de chacun et, dans cette diversité, la richesse de l’unité. Et qui fait l’unité ? L’Esprit Saint. » Et si la formulation de Benoît XVI des deux formes d’un même rit soulevait quelques questions de fond, il faut reconnaître qu’elle favorisait la paix, la charité et la patience qui ont volé en éclat le 16 juillet dernier. L’unité que l’on nous reproche de fragiliser est, en réalité, une unité toute formelle. L’unité de l’Église, manifestée par la liturgie (la liturgie au sens traditionnel), est bien plus surnaturelle, profonde, sainte. Elle se manifeste par le geste magnifique de la paix du Christ venant du corporal où repose Jésus-Hostie et se propage parmi les clercs comme une traînée de poudre de charité. Elle se manifeste par le chant du credo qui exprime la foi commune. Elle se manifeste par la mention du pape régnant et de l’évêque du lieu au canon. Elle se manifeste par la fraction du pain consacré. Elle se manifeste (miracle !) par la communion sacramentelle ou spirituelle.

Au nom de cette curieuse unité, pour forcer le destin et parvenir à l’éradication de la liturgie traditionnelle et de ceux qui en vivent et veulent partager ce trésor, des prélats mettent en place des soins palliatifs. C’est ainsi qu’apparaissent ces idées farfelues d’interdire l’ancienne messe un dimanche par mois (Grenoble), d’interdire les autres sacrements que l’eucharistie (Rome), la suppression de lieux de cultes (Paris), l’interdiction du triduum pascal (Rome encore)… Comment ne pas voir l’édifice total et admirable de la liturgie traditionnelle qui, des plus menues rubriques jusqu’au calendrier liturgique en passant par la clé de voute rituelle du pontifical, représente le trésor que nous avons la grâce de connaître, dont nous avons la grâce de vivre jour après jour, qui fait le ciment de nos communautés, fait naître la foi de nos enfants et forge la nôtre, favorise les vocations nécessaires à l’Église, rend un digne culte à notre Créateur… Ce que nous défendons, bien maladroitement et peut-être trop vertement, ce n’est pas notre petite rente, notre petite soupe, ce n’est pas notre idée, notre opinion. Ce que nous défendons, c’est ce que l’Église a toujours professé, enseigné, diffusé. Aussi sommes-nous bien sereins, biens résolus. Et l’approche de la Nativité de Notre-Seigneur, malgré ces nouvelles angoissantes, galvanise notre espérance. Nous ne sommes pas prêts de rendre les armes et de troquer l’offertoire pour la présentation des dons, les sous-diacres pour les lectrices même (et surtout) instituées, les prières au bas de l’autel pour un mot d’accueil. Et ce faisant, nous n’en considérons pas moins avec une très sincère affection chrétienne nos frères dans la foi, le clergé diocésain et tous les religieux, nos évêques et le Pape à qui nous souhaitons du fond de notre âme un très saint et très joyeux Noël.

NB: Voir aussi, du même auteur, sur votre blogue préféré: En parcourant Traditionis custodes. Une question de sémantique.

Un heureux anniversaire?

Islam et Occident: où va-t-on?

Mission Ismérie et Clarifier ont récemment organisé un grand colloque sur le thème: “Islam et Occident: où va-t-on?”. Une récente lettre de Mission Ismérie donne un aperçu de ce colloque, dont on peut retrouver un compte rendu plus exhaustif ici.

Annie Laurent, déléguée générale de l’association Clarifier, a présenté les « différences, incompatibilités et incompréhensions » entre islam et Occident : anthropologies et sociologies très éloignées, statut de la personne, citoyenneté, liberté, relations homme-femme… En ce sens, la présence et l’enracinement de l’islam en Europe constituent « un des plus grands défis auquel cette dernière est confrontée ».

Alexandre Del Valle, géopolitologue, a montré l’évolution considérable que vit l’islam mondial depuis plus d’un siècle vers le rigorisme, le littéralisme et une application de plus en plus dure de ses textes, doctrines et principes. Un « islam standard », « d’obédience fréro-salafiste », s’est imposé dans le monde musulman, et infiltre l’Europe, « subvertissant » ses structures et ses principes, jouant de ses failles idéologiques et de la naïveté ou de l’aveuglement coupable de ses élites.

Philippe d’Iribarne, directeur de recherche au CNRS, a expliqué combien l’islam place l’Occident issu des Lumières dans le « piège de ses contradictions ». En particulier celles de son principe d’égalité et « d’égalité des religions, constituant un aspect fondamental de notre vie politique ». Grâce à lui, l’islam peut « faire entrer en contrebande, au nom de la liberté de conscience et de religion, tout un ensemble qui n’a rien à voir avec cela mais qui relève de la construction d’un ordre social et politique refusant la liberté, l’égalité et la fraternité ».

Xavier Lemoine, maire de Montfermeil (93) depuis 20 ans, territoire où « 40% des habitants sont de culture ou de confession musulmane, et 60 à 90% des enfants des écoles », a illustré par son expérience d’élu de terrain qu’il est possible de donner la France à aimer à tous si l’on agit selon des principes de bon sens, de réalité et de respect des personnes. C’est-à-dire en travaillant avec les populations dans des « relations de personne à personne », voire de « cœur à cœur », et surtout pas dans des rapports de « système à système » ou de « communauté à communauté » qui les y enfermeraient.

La table ronde finale a réuni trois personnalités d’arrière-plan musulman, françaises, devenues chrétiennes. A la question posée « proposer la France aux musulmans », elles ont répondu combien la conversion à la foi catholique peut se révéler décisive pour développer l’amour de la France, mais qu’il fallait agir à l’échelle de tous les Français et non des seuls musulmans. Décomplexés, ces convertis nous interpellent tous : quelle France donne-t-on à aimer aux musulmans ? Est-elle vraiment estimable ? Et vous catholiques, osez-vous témoigner de votre foi ? En témoignez-vous tout spécialement auprès des Français ignorants de leurs racines chrétiennes ? Votre foi fait-elle de vous des serviteurs du Bien Commun, et par là, de votre pays ? Car de fait, il ne s’agit pas tant de « proposer la France aux musulmans » que de « proposer la France aux Français, et ensuite les musulmans suivront ».

C’est arrivé un 16 décembre…

“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum

Rappelons-nous :

  • le 16 décembre 714 : décès de Pépin II de Herstal, dit « le jeune ».

Pépin II de Herstal, aussi appelé Pépin le Jeune, souverain des Royaumes francs de Neustrie et d’Austrasie meurt, le 16 décembre 714 à Jupille (près de Liège). Comme Pépin de Herstal n’a plus de fils légitime, Grimoald ayant été assassiné en avril par un Frison ; il a désigné pour successeur son fils illégitime de 26 ans, Charles Martel. Les nobles neustriens se rebellent avec le concours de Plectrude, l’épouse de Pépin II de Herstal, qui souhaiterait hisser sur le trône son petit-fils âgé de 7 ans.

Par précaution, Plectrude fait enfermer Charles, mais celui-ci s’échappe et prend les armes… Les Neustriens tirent d’un couvent un prétendu mérovingien et le proclament roi sous le nom de Chilpéric II. Charles arrache un nouveau mérovingien d’un couvent et le proclame roi de Neustrie et d’Austrasie sous le nom de Clotaire IV. Le nouveau roi fait de lui le maire du palais. Charles doit à son énergie au combat d’être surnommé Charles Martel, en particulier contre les musulmans à Poitier. Son fils Pépin le Bref de maire du palais deviendra Roi, et son petit-fils, de Roi deviendra empereur sous le nom de Charlemagne !

  • le 16 décembre 882 : mort du pape Jean VIII et élection du pape Marin 1er.
  • le 16 décembre 955 : élection du pape Jean XII.
  • le 16 décembre 1431 : sacre d’Henri VI d’Angleterre en tant que roi de France.

En vertu du traité de Troyes (1420) et à la mort de son père, Henri VI d’Angleterre est sacré roi de France, à l’âge de dix ans, à Notre-Dame de Paris par le cardinal Henri de Beaufort. Et cela, en violation de la loi salique.

En effet, la couronne de France ne peut se transmettre par les femmes. Sa mère, Catherine de Valois, ne pouvait donc pas lui transmettre la Couronne. Cet épisode montre bien que la trahison des élites nationales n’est pas une nouveauté en France. Mais la promesse de Saint Rémi à Clovis s’est réalisée : «ce Royaume ne périra pas ». Dieu a suscité Jeanne, deux ans plutôt, pour libérer la France de ses chaînes. Lesquelles ne s’appellent pas, alors, franc-maçonnerie, atlantisme, marxisme, idéologies imbibant l’école, la justice, les média et le microcosme politique, mais plutôt : parti de l’étranger, l’Angleterre, Université, haut clergé, et Bourguignons, ceux que Jeanne surnomme « les Français reniés ».

  • le 16 décembre 1640: les Catalans, en révolte, s’allient à Louis XIII contre l’Espagne.
  • le 16 décembre 1641 : Mazarin devient cardinal.

Né dans les Abruzzes, à Pescina en Italie, le 14 juillet 602 Giulio Mazzarini, Jules Mazarin est d’abord employé dans l’armée pontificale, puis la diplomatie papale, est envoyée en mission en France où il rencontre Richelieu en 1630. Vice-légat d’Avignon, puis nonce extraordinaire à Paris, naturalisé français en 1639, il entre au service de Richelieu ; le chapeau de cardinal lui est accordé en 1641 à la demande de ce dernier. Entré au Conseil royal à la mort de Richelieu en 1642, il devient à la mort de Louis XIII, un an plus tard, le principal ministre de la régente Anne d’Autriche.

  • le 16 décembre 1773 : « Tea-Party » à Boston.

Le 16 décembre 1773 a lieu la « Tea-party » de Boston. En guise de protestation contre une décision arbitraire du gouvernement de Londres, le colon Samuel Adams et quelques amis déguisés en Indiens montent sur un vaisseau à l’ancre et jettent sa cargaison de thé à l’eau. Le roi George III réagit en promulguant cinq « lois intolérables ». C’est le début de la guerre d’indépendance américaine…qui ne réussira que grâce à la France.

  • le 16 décembre 1774 : mort de François Quesnay, médecin et économiste français.

Né en 1694, François Quesnay est un médecin et économiste. Après ses études de médecine, il devient maître dans la communauté des chirurgiens de Paris en 1718. Chirurgien royal en 1723, médecin de Madame de Pompadour en 1749, il guérit le Dauphin de la petite vérole et est anobli par Louis XV. Dans les années 1750, il se tourne vers l’économie et forme l’école des Physiocrates. Il quitte Versailles à la mort de Louis XV.

  • le 16 décembre 1792: la Convention décrète la peine de mort contre quiconque proposerait de rompre l’unité de la République.
    • le 16 décembre 1793: les Vendéens remportent une victoire à Ancenis.

En pleine retraite l’Armée Royale Catholique s’empare de Savenay, se reconstitue vaille que vaille et reprend des forces. La pause est de bien courte durée. Pourtant, c’est là que ce jouera le drame final.

  • le 16 décembre 1835 : le Gouvernement décide la création d’une nouvelle Légion étrangère.

La Légion étrangère est créée par l’ordonnance du 9 mars 1831 par le roi des Français Louis-Philippe, à l’instigation du maréchal Soult, ministre de la Guerre. Elle rassemble, à cette date, différents corps étrangers de l’armée française, dont les gardes suisses, issus de la paix perpétuelle signée après la bataille de Marignan, et le régiment Hohenlohe. Cette troupe nouvelle est destinée à combattre hors du Royaume particulièrement en Algérie. La Première Guerre mondiale en est la première exception.

Le 16 décembre 1835, après avoir cédé la Légion étrangère à la reine Isabelle II d’Espagne, pour l’aider dans sa lutte contre la rébellion carliste, Louis-Philippe décide de la création d’une nouvelle Légion afin de renforcer les troupes françaises en Algérie. Trois bataillons sont alors créés. En 1840, les 4e et 5e bataillons, sont formés à Pau et Perpignan avec les survivants de l’aventure espagnole. Ces bataillons sont immédiatement projetés pour renforcer l’armée d’Afrique.

  • le 16 décembre 1854 : Faidherbe part à la conquête du Sénégal.

Le 16 décembre 1854, le colonel Faidherbe est nommé gouverneur du Sénégal. Il entreprend la conquête de la vallée du fleuve pour protéger les arrières du comptoir de Saint-Louis-du-Sénégal, où les commerçants français se plaignent des exactions des indigènes.

  • le 16 décembre 1897 : décès d’Alphonse Daudet.

Né à Nîmes en 1840, Alphonse Daudet est célèbre pour avoir écrit des œuvres comme “Le Petit Chose”, “Les Lettres de mon moulin” ou “Tartarin de Tarascon“. Ami de Frédéric Mistral, il est fortement inspiré par la Provence et ses légendes. Atteint de la syphilis, il meurt à Paris à la suite de complications.

  • le 16 décembre 1921 : mort de Camille Saint-Saëns.

Camille Saint-Saëns naît le 9 octobre 1835 à Paris. Dès son enfance, il se révèle être un virtuose, donnant son premier concert à onze ans, où il fait sensation avec un concerto de Wolfgang Amadeus Mozart. Il entre au Conservatoire à 13 ans. À l’âge de 18 ans, il est nommé organiste de l’église Saint-Merry, à Paris. Il acquiert très vite une très bonne réputation et suscite l’admiration de musiciens tels Hector Berlioz et Franz Liszt, qui le décrit comme le « premier organiste du monde ». Il compose douze opéras, cinq symphonies, des musiques de chambre et des concertos. Ses œuvres les plus célèbres sont l’opéra « Samson et Dalila », « La Symphonie numéro 3 avec orgue » et « Le Carnaval des animaux ». Camille Saint-Saëns est également le premier compositeur célèbre à composer une musique de film (L’Assassinat du duc de Guise).

Il meurt le 16 décembre 1921 à Alger.

  • le 16 décembre1921 : la France rétablit ses relations diplomatiques avec le Vatican.
  • le 16 décembre 1929 : Eugenio Maria Giuseppe Giovanni Pacelli, futur Pie XII, est créé cardinal par Pie XI.
  • le 16 décembre 1944 : contre-offensive allemande dans les Ardennes.

Les Allemands, sous le commandement du maréchal Von Rundstedt, lancent une ultime et puissante contre-offensive contre les Alliés dans les Ardennes. Au cours de cet assaut, a lieu la bataille de Bastogne. Un certain nombre de SS sont infiltrés derrières les lignes alliées avec des uniformes ennemis pour désorganiser leur défense et faciliter la percée allemande. Dès le 26, les troupes allemandes sont contraintes à battre en retraite. Elles stoppent l’opération en janvier. Elles ont perdu des dizaines de milliers d’hommes dont leurs meilleures unités. Von Rundstedt lui-même est fait prisonnier par les Anglais.

  • le 16 décembre 1995 : le sommet de Madrid décide d’appeler la monnaie unique « euro ».

Cette monnaie devait s’appeler l’Ecu ; mais les Allemands opposèrent un veto car «ein Ecu , proche de « eine Kuh » signifie en allemand« une vache ».

  • le 16 décembre 2004 : ouverture à la circulation du Viaduc de Millau.

Après quatre ans de travaux, le viaduc de Millau est ouvert à la circulation. Avec un pilier de 343 mètres et une chaussée de 270 mètres, c’est le plus haut pont du monde. Traversant la vallée du Tarn et long de 2 500 mètres, il complète le réseau autoroutier qui jusqu’alors faisait défaut, engendrant d’importants bouchons à Millau.

Une critique du film Fatima de Marco Pontecorvo

La lettre de Cap Fatima a publié une critique très documentée du film Fatima de Marco Pontecorvo, diffusé en France par nos amis de la société Saje. Ceux qui voudraient se replonger dans l’histoire de ces belles apparitions peuvent se reporter à la page du site Brève histoire des apparitions de Fatima.

L’actualité nous conduit à interrompre momentanément nos réflexions sur le message et le secret de Fatima. En effet, plusieurs personnes nous ont récemment demandé ce qu’il fallait penser du dernier film de Marco Pontecorvo, Fatima, diffusé en France depuis le 6 octobre par la société Saje.

Au départ, nous n’étions pas très chaud pour publier une critique de ce film, car il est diffusé par une société qui a le mérite de diffuser de très bons films. Pourtant, devant les demandes reçues, il était difficile de se taire. Après réflexion, il nous a semblé qu’une critique faite le plus charitablement possible pouvait s’avérer utile. En effet, un point de désaccord analysé avec honnêtement et le plus objectivement possible peut conduire à un approfondissement de nos connaissances. L’Église n’a jamais eu peur des critiques et les hérésies l’ont toujours conduite à approfondir sa doctrine. C’est pourquoi nous avons accepté de tenter le difficile exercice d’analyser ce film, espérant que cette analyse qui se veut plus une réflexion sur le message de Fatima qu’une critique du film, puisse être utile aussi bien à ceux qui ont vu le film qu’à ceux qui ne l’ont pas vu.

Pour commencer, il faut reconnaître que ce film a d’indéniables qualités : c’est un très beau film, pourrait-on dire dans le langage courant. Les paysages sont beaux ; l’ambiance de l’époque est très bien rendue ; les personnages sont dans l’ensemble très vrais ; les enfants jouent de façon étonnamment naturelle. Aussi ne s’ennuie-t-on absolument pas en regardant le film, bien au contraire. Mais à côté de ces qualités artistiques et cinématographiques méritées, il a quelques défauts qui ont gêné certains de ceux qui l’ont vu, ce qui les a conduits à nous demander notre avis.

Il faut reconnaître que, si l’histoire est en grande partie inspirée des apparitions de 1916 et 1917 à Fatima, elle n’est pas toujours fidèle. Le film commence avec la première apparition de l’Ange en 1916 et se termine à la fin de la dernière apparition de 1917. Certes, faire un film sur des événements aussi denses nécessite forcément d’adapter plus ou moins les faits pour les faire rentrer dans une durée définie et avec des moyens techniques qui, s’ils sont devenus impressionnants de nos jours, conservent malgré tout des limites, surtout lorsqu’il s’agit de représenter des réalités surnaturelles. Faire quelques adaptions par rapport à la réalité était donc inévitable. Toutefois, ces adaptions ne doivent pas conduire à travestir les faits ou en modifier l’esprit. Or si, en général, le film respecte ce principe, force est de constater que ce n’est pas toujours le cas. En particulier, il y a des coupures dans l’histoire pas toujours bien choisies, des modifications de certains faits profondément regrettables et des scènes totalement inventées. Si elles sont trop nombreuses, ces adaptations peuvent aller jusqu’à dénaturer le message de Fatima. Voyons ce qu’il en est. (Pour ne pas être trop long, nous n’analyserons que les apparitions proprement dites.)

Les apparitions de l’Ange

Le film commence avec la première apparition de l’Ange. Pour ceux qui ne sont pas forcément familiers des apparitions de Fatima, voici comment Lucie rapporte cette apparition dans ses mémoires.

Nous étions montés sur le versant à la recherche d’un abri, et après avoir goûté et prié, nous avons commencé à voir à quelque distance, au-dessus des arbres qui s’étendaient vers l’est, une lumière plus blanche que la neige, ayant la forme d’un jeune homme. (…) Nous étions surpris et à demi absorbés. Nous ne disions mot. En arrivant près de nous, l’Ange nous dit : « N’ayez pas peur. Je suis l’Ange de la Paix. Priez avec moi. » Et s’agenouillant à terre, il baissa le front jusqu’au sol. Poussés par un mouvement surnaturel, nous l’imitâmes et nous répétâmes les paroles que nous lui entendions prononcer : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime. Je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas, qui ne Vous aiment pas. » Après avoir répété cette prière trois fois, il se releva et nous dit : « Priez ainsi. Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications. » Et il disparut.

La scène présentée par le film, la toute première du film, est très différente. Lucie est seule dans une grotte souterraine en train de nettoyer des gravures rupestres. L’Ange apparait et dit : « N’aie pas peur. Ne crains rien. Je suis l’Ange de la paix, l’ange du Portugal. » Dans la réalité, l’Ange ne révèle qu’il est l’ange du Portugal qu’au cours de sa deuxième apparition. Puis l’Ange ajoute : « Regarde. » Lucie a alors une vision de la guerre au cours de laquelle elle voit son frère Manuel pendant un combat. L’Ange continue en disant : « Ils ne semblent pas prêts de s’arrêter. » Puis il ajoute : « Nous devons prier » et sans se prosterner jusqu’à terre, il fait réciter la prière « Mon dieu, je crois … » mais en omettant la deuxième partie : « Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas qui n’adorent pas et qui n’espèrent pas. » (Jean-Paul II fit la même omission en citant cette prière de l’Ange dans le sermon qu’il prononça lors de son pèlerinage à Fatima le 13 mai 1982.) Pourquoi avoir supprimé une partie si courte et qui est si importante pour bien comprendre le message de Fatima ? Car cette première prière de l’Ange donne la raison principale de toutes les apparitions Fatima : la conversion des pécheurs.

Juste avant de disparaître, l’Ange ajoute : « Prie pour la paix. » Cette phrase est une invention, car au cours de ses trois apparitions, l’Ange n’a jamais demandé de prier pour la paix, mais pour la conversion des pécheurs, ce qui est bien différent. Dans la réalité, avant de disparaître, l’Ange confia aux petits voyants : « Priez ainsi. Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications », précision importante omise dans le film.

Ainsi, dès le début, le film s’écarte sensiblement de l’histoire réelle et les changements apportés modifient profondément l’esprit de cette première apparition. Or aucune contrainte cinématographique n’imposait de telles modifications : il était parfaitement possible de respecter les faits.

Le producteur a, ensuite, choisi de ne pas représenter les deux autres apparitions de l’Ange, celle de l’été près du puit des parents de Lucie, puis celle de l’automne, à nouveau au Cabeço. Dans le film, l’Ange apparaît bien deux autres fois, mais très brièvement et de façon totalement inventée : il apparaît uniquement à Lucie, sans dire un mot, une première fois sur la place du village pendant que l’administrateur égrène la dernière liste de morts, puis au cours d’un interrogatoire des petits voyants après la troisième apparition de 1917.

Ainsi les si riches paroles de l’Ange au cours de ces deux apparitions ne sont pas dans le film. Or dans celle de l’été, l’Ange donne la définition des sacrifices à faire pour les pécheurs. Et dans celle de l’automne, il donne un très bel enseignement sur l’eucharistie. La suppression de ces deux apparitions est très regrettable, car c’est un petit résumé du message de Fatima. De plus, lorsqu’un peu plus tard la mère de Lucie refuse de danser pour fêter le retour du front de plusieurs soldats, on comprend mal d’où vient la réponse de Lucie : « Maman doit faire des sacrifices pour faire revenir Manuel. » Et cette réponse est incorrecte pour plusieurs raisons :  d’une part, dans ses mémoires, sœur Lucie ne parle jamais de son frère Manuel, sauf dans le deuxième pour signaler qu’elle était la dernière d’une fratrie de cinq filles et un garçon ; d’autre part, au cours de sa deuxième apparition, l’Ange demanda de faire des sacrifices pour obtenir la conversion des pécheurs : « Offrez constamment au Très-Haut des prières et des sacrifices. (…) De tout ce que vous pourrez, offrez à Dieu un sacrifice en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. (…) Surtout, acceptez et supportez, avec soumission, les souffrances que le Seigneur vous enverra. »

Cette première partie du film met donc mal à l’aise. Heureusement, la suite corrige ce début malheureux, mais pas complètement.

Lire la suite.

Irons-nous tous vraiment au paradis?

Une vidéo de l’abbé Guy Pagès, à propos de déclarations pour le moins étranges du Pape François dans l’avion:

Nikola Mirkovic : Le risque avec Biden est clairement le retour à la guerre froide voire la guerre chaude et totale

Questions à Nikola Mirkovic à propos de son nouveau livre, L’Amérique empireL’Amérique est un empire qui ne dit pas son nom. De leur conquête sur les Indiens aux offensives militaires à travers le monde, les Américains ont constamment été en guerre, non pour créer des colonies comme un empire classique, mais pour étendre leur puissance politique et diffuser l’American Way of Life.

L’Amérique empire raconte l’histoire de cette nation partie de rien et qui domine aujourd’hui tout : finance, culture, technologie, armée, institutions internationales… Peu de grandes décisions dans le monde ne se prennent sans que la Maison Blanche ne soit impliquée. Peu d’empires ont connu un tel rayonnement.

Comment l’Amérique en est-elle arrivée là ? Comment s’est-elle développée ? D’où viennent la fascination et la crainte qu’elle suscite ? L’Amérique empire tente de répondre à ces questions et soulève l’inéluctabilité de tout empire : sa chute.

Nikola Mirkovic, expliquez aux lecteurs assidus et érudits du Salon Beige pourquoi vous avez décidé de sortir ce livre aujourd’hui ?

La France n’a toujours pas réglé un problème avec l’Histoire. Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale la France, progressivement, s’inféode à Washington. De Gaulle avait tenté de freiner ce mouvement qui n’a cessé de s’amplifier depuis sa mort. Les banques françaises paient des amendes à Washington, les Américains ont torpillé le contrat des sous-marins français avec l’Australie, l’Otan impose des commandants américains aux soldats français. Jusqu’où ira la soumission ? L’objectif de L’Amérique empire est de comprendre la construction impériale des États-Unis qui s’étend de l’économie à la culture en passant par l’armée et bien évidemment la colonisation des élites.

Pourquoi la menace impériale est-elle plus grande aujourd’hui avec Biden qu’avec Trump ?

Le Président Trump avait clairement défini une politique d’America First (l’Amérique d’abord). Il a tenté précisément de rompre avec la stratégie impériale développée depuis la fin du XIXe siècle car il a compris les dangers du mondialisme et de ses conséquences pour l’Amérique et même le reste du monde. Le mondialisme ne profite qu’à la petite élite de la superclasse mondiale et Trump s’y est opposé. On a vu ce que cela lui a coûté : médias, oligarques et stars du cinéma se sont tous ligués contre lui. Biden a renoué avec la tradition impériale américain mais le monde de 2021 n’est pas du tout le même que celui de 1945 à la fin de la Deuxième Guerre mondiale ou de 1991 et la chute de l’URSS, autre empire disparu. Washington pense qu’avec la force elle peut faire plier tous ses adversaires alors que des pays comme la Russie, la Chine ou même plusieurs pays d’Amérique du Sud ne comptent plus plier l’échine. Le risque avec Biden et le retour des impérialistes est clairement le retour à la guerre froide voire la guerre chaude et totale. Cela serait une catastrophe pour la France et l’Europe.

Comment la France doit-elle réagir ?

La France est une vielle nation, une des plus vielles sur Terre. Sa vocation est d’être libre et de n’être assujettie à aucun autre pays. Malheureusement une bonne partie des élites françaises, manipulée, soumise ou simplement aveuglée par l’idéologie mondialiste, a bradé la souveraineté française pour une poignée de dollars. La France doit impérativement redevenir un État souverain dont la seule préoccupation doit être l’intérêt des Français.

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous aux candidats à l’élection présidentielle qui arrive ?

La France doit quitter le commandement intégré de l’OTAN et militer impérativement pour la dissolution de l’Alliance sous commandement militaire américain. Elle doit aussi sortir des traités qui confisquent son droit légitime à décider de son orientation politique. Enfin les politiciens français doivent redevenir courageux. Paris ne peut plus accepter les amendes américaines et les coups de poignards dans le dos. La France ne doit plus être traînée dans les aventures militaires américaines en Afghanistan, au Kosovo ou sur la frontière russe. Il faut qu’elle bombe le torse, qu’elle redresse la tête et qu’elle ne se laisse plus faire. Cela ne se fera pas du jour au lendemain mais c’est le prix à payer pour gagner le respect de Washington et montrer à l’Amérique – et au reste du monde – que la France est de retour et qu’elle ne compte plus être un pion dans la stratégie atlantiste américaine qui dessert les intérêts des Français et menace le monde entier. Le prochain Président français doit mettre fin à cette trop longue période de soumission et redonner à la France la place qu’elle n’aurait jamais dû quitter.

L’Age de l’Antéchrist

Paweł Lisicki, rédacteur en chef du deuxième plus important hebdomadaire polonais Do Rzeczy, juriste de formation, écrivain et publiciste, s’est lancé après la chute du communisme dans l’écriture et le journalisme. Czesław Miłosz, prix Nobel 1980 de littérature, a qualifié Lisicki de « plus remarquable essayiste métaphysique polonais depuis la Seconde Guerre mondiale ». Parmi la vingtaine d’ouvrages dont Paweł Lisicki est l’auteur figurent une trilogie en défense du christianisme : Qui a tué Jésus ?, Le Mystère de Marie-Madeleine et Jésus est-Il Dieu ?, ainsi que deux entretiens avec le cardinal Müller (2019) et Mgr Schneider (2020). Il vient de publier un roman apocalyptique, intitulé L’Age de l’Antéchrist.

L’histoire se déroule en 2217. Un nouveau pape élu prend le nom de… Judas. Culte de l’homme, libéralisme radical et libertaire, l’auteur peint une époque qui ressemble à la notre, mais avec une décadence poussée au paroxysme, notamment concernant la culture de mort. Judas, voulant instaurer un nouvel ordre mondial post-chrétien, lance une enquête sur la résurrection du Christ, afin de prouver que le coeur de la foi catholique est une supercherie…

L’Âge de l’Antéchrist est aussi le récit de la chute du clergé ne suivant plus les préceptes divins ni les principes de la loi naturelle, mais le prêt-à-penser médiatique woke et ses idoles, prêt-à-penser d’une société abêtie et esclave du Singe de Dieu.

Restaurer les sanctuaires de Cotignac

Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, lance la rénovation des sanctuaires de Cotignac. Ce projet se déroulera sur 4 ans et coûtera près de 3 millions d’euros, couvrant l’ensemble des travaux depuis les études conduites par les architectes jusqu’aux réaménagements intérieurs et extérieurs des sanctuaires. 4 années de travaux pour redonner tout leur potentiel aux sanctuaires de Cotignac et accroître les capacités d’accueil. Ces deux sanctuaires attirent chaque année jusqu’à 150 000 pèlerins et touristes.

Aux sanctuaires de Cotignac, en plein cœur de la Provence verte, sont apparus la Sainte Vierge et l’Enfant-Jésus, puis saint Joseph. Depuis 500 ans, les pèlerins se succèdent, les miracles aussi. Certaines des plus illustres figures de notre Histoire s’y sont rendues, comme Anne d’Autriche et Louis XIV.

Aujourd’hui, la vétusté des sites de Notre-Dame de Grâces et du Bessillon, joyaux de l’Église du Var, compromet malheureusement leurs capacités d’accueil : l’affluence des visiteurs, l’état des bâtiments datant du début du XIXe siècle et le risque d’incidents (sécheresse et feux de forêt, comme ceux de l’été 2021 dans le Var) nécessitent d’importants travaux de mise aux normes et de réaménagement des espaces.

Dans un premier temps, les mises aux normes « incendies et sanitaires » des sanctuaires constituent le chantier le plus urgent et le plus complexe. Le diocèse de Fréjus-Toulon conduit en même temps la restauration de l’église du monastère du Bessillon et du seuil de la source miraculeuse de Saint-Joseph qui lui est attenante. Ces deux tranches de travaux s’élèvent à 875 000 €.

Fidèles aux messages de Notre-Dame de Grâces et de Saint-Joseph, les sanctuaires veulent répandre les dons de la Sainte-Famille en accueillant les pèlerins, les familles, les visiteurs chaque année plus nombreux.

Faire un don

FX Bellamy : “Nier ce qui nous relie, c’est détruire toute possibilité d’appartenir à une culture commune. Joyeux Noël”

C’est arrivé un 15 décembre…

“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum

Rappelons-nous :

  • le 15 décembre : saints du jour français ou en France.
  • St Mesmin, prêtre et 1er abbé de Micy († VIe s.)

Dans l’Orléanais, au VIe siècle, saint Mesmin, prêtre, que l’on tient pour le premier abbé de Micy.

  • le 15 décembre 687 : saint Serge Ier est consacré pape.

Serge Ier est le pape qui introduit dans l’Église romaine, la célébration de la Dormition de la Vierge Marie le 15 août, fête déjà répandue dans l’Église d’Orient et qui devient par la suite l’Assomption. Il institue également la fête de la Nativité de la Vierge Marie, le 8 septembre. Il meurt d’ailleurs ce jour, cf. la chronique.

  • le 15 décembre 1650 :l’armée royale bat Turenne à Sommepuis.

La bataille de Rethel a lieu durant la période de la Fronde. Elle oppose l’armée royale aux Frondeurs et aux contingents espagnols. Elle se déroule à Sommepuis en France, mais pas à Rethel. L’armée française est commandée par César du Plessis-Praslin et l’armée de la Fronde et des Espagnols par Henri de Turenne. Cette bataille marque la fin de la Fronde des Princes. Pour l’anecdote, la ville se rend aux Espagnols en 1654 et est reprise en 1659 par Turenne, alors revenu dans le parti de la Cour.

  • le 15 décembre 1681 : les Barbaresques capturent un bâtiment de la marine royale française.

Son commandant, le Chevalier de Beaujeu, et l’équipage sont vendus comme esclaves à Alger.

  • le 15 décembre 1685 : Fénelon arrive à Saintes pour convertir les protestants au catholicisme.
  • le 15 décembre 1709 : les troupes françaises reprennent Rome et occupent le royaume de Naples

Après l’appel du Roi Louis XIV aux français le 12 juin 1709 (voir la chronique du jour), où le Roi s’adresse à la nation épuisée et lasse de façon inédite, appel qui est lu dans les 39.000 paroisses du royaume et qui impressionne les peuples de France, l’année 1709 est celle du redressement militaire. Il a été précédé d’un effort spirituel national !

Cet appel au soutien de la politique royale et à l’unité nationale trouve un écho extraordinaire. Le Roi demande avant tout un effort spirituel au Français. L’année 1709 est celle du retournement du rapport de force qui commence avec bataille de Malplaquet (voir la chronique du 11 septembre). La succession de victoires française aboutit au maintien du petit fils du Roi sur le trône d’Espagne.

  • le 15 décembre 1809 : Napoléon divorce de Joséphine

L’empereur Napoléon Ier divorce de Joséphine, épousée 13 ans plus tôt. Le 2 avril 1810, il épouse, à 40 ans, Marie-Louise, 18 ans, fille de l’empereur d’Autriche François Ier et petite-nièce de la reine Marie-Antoinette. Napoléon Ier voit dans ce remariage le moyen d’obtenir l’héritier que Joséphine, la première impératrice, ne lui a pas donné et d’unir sa dynastie naissante aux familles régnantes d’Europe.

  • le 15 décembre 1840 : les cendres de Napoléon Ier aux Invalides.

Le char funèbre sur lequel est placé le cercueil de Napoléon traverse Paris, Louis-Philippe accueille la dépouille. Une cérémonie religieuse a lieu en présence des corps constitués.

C’est au centre de l’église du dôme des Invalides qu’est creusée la crypte, large de 15 mètres et profonde de 6 mètres, appelée à recevoir le sarcophage contenant les restes de Napoléon Ier, après que la France et l’Angleterre se soient entendues sur leur retour de l’île de Sainte-Hélène. C’est Louis XIV qui est à l’origine de l’édification de l’Hôtel des Invalides destiné à soigner et loger les soldats. Dans des chapelles annexes reposent des membres de la famille impériale et des généraux de l’empereur.

  • le 15 décembre 1941 : le Général Juin est convoqué à Berlin par Göring avec le ministre Brinon.

Le Général Juin est convoqué à Berlin par Göring avec le ministre Brinon : Göring demande que les Français laissent l’Axe utiliser la base de Bizerte en Tunisie et accordent à Rommel une liberté de mouvement ; Juin insiste pour que les Allemands autorisent les troupes françaises à renforcer leur armement.

  • le 15 décembre 1948 : “naissance” de Zoé, première pile atomique française.
  • le 15 décembre 1985 : la Vierge Noire est inaugurée au Havre.

La statue érigée après la guerre de 1870, vient d’être refaite par les ateliers de St-Rémy-lès-Chevreuse.

  • le 15 décembre 2008 : Mgr Fellay, supérieur de la Fraternité St-Pie-X écrit à Rome.

Mgr Fellay, supérieur de la Fraternité St-Pie-X, envoie une lettre à la Congrégation catholique dans laquelle il déclare : “Nous acceptons son enseignement [de l’église catholique romaine] filialement. Nous croyons fermement à la primauté de Pierre et à ses prérogatives”.

Un hameau chrétien n’a de sens que s’il tisse des liens avec ce qui l’entoure…

Contribuer à l’essor et au déploiement d’écosystèmes chrétiens au XXIe siècle : voilà la raison d’être de l’entreprise Monasphère, convaincue de la force prophétique de petites oasis où tous pourront venir goûter une vie imprégnée par la foi.

Monasphère développe en ce moment un projet inédit de 17 maisons à L’île-Bouchard, Sanctuaire Marial et Angélique situé en Touraine. Le lancement est prévu le 17 janvier prochain.

Contact : contact@monasphere.fr

Le Frère Charles Desjobert, op, architecte, a répondu aux questions de Monasphère.

Comment l’architecture monastique a-t-elle contribué à façonner notre culture européenne ?

L’architecture des monastères est diverse, elle a évolué au fil des règles et des temps. Des laures égyptiennes qui se développent dans le sillage de la vie érémitique de s. Antoine, père des premiers moines, jusqu’à nos immenses couvents du XIXe siècle, il y a un monde ! Cependant, une quête du monastère idéal, du lieu où une communauté évangélique pourrait croître vers le bien, a amené à des propositions architecturales audacieuses.

En France, un des grands moments de cette recherche de la cité sainte, à l’exemple de la Jérusalem céleste, se trouve dans les monastères cisterciens du XIIe siècle. Union de la perfection des proportions, de la puissance des masses de pierre exaltées par la lumière, de la commodité des usages et de l’inventivité technique, ces monastères continuent d’exprimer la justesse des relations des hommes entre eux, avec la nature et avec Dieu.

Répartis sur tout le continent et au-delà, en des sites souvent époustouflants, ils ont proposé un modèle fait de rigueur et de paix, nourri de la simplicité qu’exige la pauvreté volontaire, tout en offrant des lieux propices au travail manuel et intellectuel, au service des petits et à la stabilité si nécessaire au pèlerinage vers Dieu.

Ces maisons de prière, de travail et repos, continuent à parler

En quoi couvents, prieurés et abbayes peuvent-ils encore nous inspirer aujourd’hui ?

Qu’elles soient ou non encore habitées, ces maisons de prière, de travail et repos, continuent à parler. Ces pierres crient aux hommes et aux femmes que nous sommes que nous avons besoin d’un lieu et d’un temps pour être heureux, pour pouvoir donner du fruit. Il nous faut pouvoir ralentir, changer de rythme et oser la contemplation, cette respiration si nécessaire au corps et à l’âme que nous sommes.

Ces bâtisses nous parlent aussi de la communauté humaine qui peut naître d’une vie apaisée et simultanément active et productive. Ce juste tempo, quand il profite du génie du lieu, fait également naître un rapport plus sain à la nature et aux joies et biens qu’elle procure généreusement.

Et Dieu, bien sûr, présent discrètement ou vigoureusement dans un son de cloche, une croix en bord de chemin, l’éclat d’une couleur de vitrail sur la pierre.

Tout lieu chrétien, doit, dans le temps même où il sert Dieu, servir le prochain en se faisant accueillant.

L’architecture peut-elle servir une saine articulation entre la vie fraternelle et l’ouverture sur le monde dans un hameau chrétien ?

C’est une communauté humaine qui fait l’architecture, elle ne peut rien seule. Elle est cependant plus bavarde qu’on ne croit. Elle enseigne ! Elle évoque un rapport au corps et aux autres par le jeu des proportions, elle éduque le regard et invite à la contemplation par le travail de la lumière, elle peut dire la protection et dire l’ouverture.

Un hameau chrétien n’a de sens que s’il tisse des liens avec ce qui l’entoure. Son contre modèle achevé serait les « gated communauties », ces quartiers résidentiels fermés que l’on trouve surtout en Amérique du nord, où se côtoient des gens aisés, protégés par des grilles d’un monde alentour qu’ils perçoivent d’abord comme hostile. Les utopies mal digérées deviennent infernales. La réalité suppose que l’autre me soit présent.

Tout comme les monastères ont des hôtelleries, tout lieu chrétien, doit, dans le temps même où il sert Dieu, servir le prochain en se faisant accueillant. La sphère demeure ainsi ouverte.

Monasphère s’inscrit dans une tradition longue.

Vous avez contribué à concevoir la charte architecturale de Monasphère pour ses programmes immobiliers en neuf. Comment qualifieriez-vous l’approche architecturale de Monasphère ?

En prenant comme modèle le monastère, et en s’implantant à proximité de lieux spirituels, Monasphère s’inscrit dans une tradition longue. C’est audacieux car la promotion immobilière ne prend habituellement guère le temps d’envisager ainsi « l’habité ».

L’enjeu est donc de trouver une manière de traduire avec les mots d’aujourd’hui les intuitions d’hier. Il ne s’agit pas de citer l’architecture passée, en procédant par simple collage d’un vocabulaire ancien sur des bâtiments neufs, mais de retenir les traits saillants et les pierres d’attentes de ces édifices.

Nous avons déjà évoqué le rapport fécond au temps et à l’espace, au patrimoine et à la nature, au cheminement et à la contemplation, que ces lieux proposent. Plus concrètement, ces enjeux peuvent se traduire architecturalement par une réflexion sur le seuil et la porte d’entrée (qui disent ce qu’on entend par accueil), sur le soubassement de la maison (qui dit nos fondations), sur l’épaisseur du mur (qui dit la constance), sur les ouvertures (qui disent la lumière), sur les pièces communes (qui disent famille et bien commun plutôt qu’individualisme). Comme on le dit en liturgie, chercher une « noble simplicité », par des matériaux durables et de justes proportions afin que l’architecture prenne souffle, qu’elle respire et que la matière s’anime. Aux architectes et maçons de mettre cela en musique, aux hommes et femmes qui y vivront de trouver, en ces lieux, la joie.

Quand M.Macron parle des juifs d’Orient, c’est manège enchanteur

M.Macron, le 22 novembre 2021, a prononcé (encore) un discours à l’occasion de l’inauguration de l’exposition « Juifs d’Orient » à l’Institut du monde arabe.

L’exposition fait partie d’une opération de propagande, pardon, d’information  sur les mérites et les grandeurs de la civilisation arabo-musulmane comme le précise d’ailleurs sans fard M.Macron dans son discours :

« Ce n’est pas un hasard si « Juifs d’Orient » ouvre à l’IMA en même temps que le Louvre et la RMN Grand Palais déploient 18 expositions en France sur les arts de l’islam. Face à tous les obscurantismes qui se réclament de l’islam, ce projet vient rappeler l’héritage que la civilisation islamique a légué que ce soit dans la philosophie, la médecine, les sciences ou l’art, autant de reflets de circulation d’idées auxquelles d’ailleurs cette exposition même aussi rend hommage, parce que c’est la meilleure compréhension mutuelle qui permet justement cette coexistence, ce partage ».

Trois composants de la doxa doivent rentrer dans le cerveau des petits Français : rien, à peu près, de ce qui relève des arts, de la pensée ou de la science n’est étranger à l’islam ; l’islam est fondamentalement tolérant et ouvert (voire inclusif) ; et l’islam est une part importante de la France et depuis très longtemps (sinon toujours).

M.Macron, au détour d’une phrase, concède : « sans angélisme aucun, l’histoire des Juifs d’Orient est aussi faite de persécutions, de souffrances, de conflits, d’exode ». Mais c’est une parenthèse. Parce que sinon, tout n’est qu’enchantement pour les Juifs d’Orient, une communauté qui a eu « cette volonté à chaque fois d’épouser, de conjuguer, de tresser, d’hybrider, pour survivre et partager ». Bien sûr, on aura compris que conjuguer, tresser et hybrider pour survivre, en islam, cela s’appelle se soumettre à la charia.

Pourtant, « entre les années les plus sombres, il y eut des périodes de floraison somptueuses, des ponts jetés entre les langues, entre les savoirs, entre les cultures. Il y a une formidable leçon de civilisation tout au long de cette exposition et de ce chemin. Le fait qu’au fond, l’identité est toujours plus complexe qu’on ne le croit, qu’elle se frotte à d’autres identités pour s’en nourrir [NDLR : comprendre que l’identité juive s’est frottée à l’islam pour s’en nourrir], et que la part maudite n’est jamais la part de l’autre [NDLR : comprendre que les juifs ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes]». Le discours de M.Macron est un hymne à la coexistence : on trouve là « tant et tant de symboles croisés, de signes partagés, d’histoires croisées ».

Et d’enfoncer encore le clou de l’incontournable vivre ensemble :

« Nos civilisations, nos cultures sont un accès au spirituel, à des géographies, à des savoirs, mais [NDLR : pourquoi le « mais » ?] toujours un chemin d’émancipation et de dialogue.[NDLR : il faut sans doute comprendre que l’islam est une civilisation de l’émancipation et du dialogue] Un chemin qui nous permet au fond de vivre ensemble parce que nous conjuguons tout cela… [Et] pour vivre ensemble, il faut commencer par nous connaître et nous comprendre ».

De façon définitivement rassurante, M.Macron trouve dans l’histoire des Juifs d’Orient un enseignement, peut-être même un modèle, pour la France :

«Je le dis pour la Nation que nous sommes au moment où nous nous parlons : quelles que soient les difficultés qui sont les nôtres, penser qu’elles viennent de l’autre ou de cette part de l’autre, est une facilité aussi vieille que l’humanité. Penser qu’il faudrait chasser une part de l’autre qui est au fond déjà une part de nous-mêmes, c’est grandir notre malheur et rarement le chasser bien loin. C’est cette leçon profonde de civilisation qu’offre cette exposition ».

D’autant plus que nous sommes plus multiculturels et depuis plus longtemps que nous ne pouvions l’imaginer. M.Macron nous le rappelle :

« C’est cette mémoire plurielle, foisonnante, qui fait aussi, je le dis ici avec beaucoup de conviction, la force de notre République. Parce que ces identités n’existent que dans les capacités à trouver leurs propres harmoniques et à sonner ensemble. Ceux qui veulent en retrancher ou en oublier enlèvent quelque chose à la France et à la République. Ceux qui veulent les rendre dissonantes trahissent le chemin de la France et de la République. Parce qu’elles sont là depuis longtemps et se conjuguent depuis bien avant nous. Ces harmoniques existent, nous les avons déjà entendues ».

Il définit la véritable hospitalité comme « de pouvoir accueillir sur son sol des femmes et des hommes qui avaient déjà à y être, parce qu’on découvre à ce moment qu’ils y étaient depuis très longtemps ». « Ils » n’y étaient pas, mais en fait « ils » y étaient quand même. Cela tient véritablement du prodige. Et puis il y a sous-jacente donc l’idée que les musulmans sont sur le sol français depuis très longtemps. Alors, fixons les idées : en  1872, année du dernier recensement civil en France à avoir comporté officiellement une rubrique religieuse, sur les quelques trente-six millions d’habitants que comptait le pays, près de 98% se sont déclarés « catholiques romains ». 35,4M sur 36,1 M. Auxquels s’ajoutaient près de 600 000 protestants, 50 000 israélites, 80 000 sans culte et… 3000 ressortissants d’autres cultes (parmi lesquels des musulmans) (Guillaume Cuchet  Comment notre monde a cessé d’être chrétien  Ed. du Seuil, p.15). La capacité des harmoniques à sonner ensemble, pour reprendre la logorrhée macronienne, n’avait sans doute pas encore été mise en oeuvre.

Et alors, comme il faut nous connaître et nous comprendre, M.Macron profite de l’occasion pour annoncer

« que la préfiguration du futur Institut français d’islamologie a démarré depuis octobre… je crois en un islam des Lumières et je souhaite le développement d’études de haut niveau sur l’islam à l’université. Nous devons réinvestir l’islamologie ».

Bon, c’est pas tout ça mais on a du vrai travail : à part en Israël, des juifs en Orient, il en reste  où ? Et combien ? Combien en Arabie Saoudite ? Combien en Irak, en Syrie, en Jordanie, en Iran ? Et pour ceux qu’on arriverait à y dénicher, combien sont obligés de payer la djizîa, l’impôt qui pèse sur les dhimmis, ces non-musulmans en terre d’islam soumis pour qu’on les laisse au moins un peu tranquilles et obligés d’accepter des ségrégations sociales ?

Et au fait, à propos d’Israël : la France (présidée par le même M.Macron, celui qui entend les harmoniques, qui vante la mémoire plurielle et foisonnante…) vient de donner sa voix, le 1er décembre 2021 à une résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies qui affirme que les Lieux saints de Jérusalem sont exclusivement musulmans. Elle est où l’hybridation ? Il est passé où le tressage ?

Et dans la France de M.Macron, des musulmans de Nanterre invectivent des catholiques processionnant : « cassez-vous vous êtes pas chez vous» ; « wallah sur le coran je vais t’égorger ». On ne sait pas s’il y a besoin d’un institut d’islamologie, mais certains rudiments de la paix et de la tolérance islamiques sont déjà bien maîtrisés. Une petite dissonance ?

Distinguer les musulmans modérés des musulmans terroristes, c’est confondre foi et engagement politique

Nous avons interrogé Marie-Thérèse Urvoy, suite à la parution de son dernier ouvrage sur Islam et islamisme. Frères ennemis ou frères siamois? (voir aussi notre article ici).

Pourquoi n’existe-t-il pas de magistère en islam ?

Deux raisons principalement expliquent l’absence de magistère en islam; 

1- La première se rattache à la sphère théologale du culte ; l’islam, en effet, est une orthopraxie, c’est à dire que c’est un certain nombre d’actes qui définissent le croyant (le seul musulman, dès le Coran) et jaugent le degré de sa foi. Le premier de ces actes est la profession de foi qui contient toute la dogmatique essentielle : unicité d’Allah et prophétie de Muhammad. Par commodité, on appelle clergé, en islam chiite, ce qui est une hiérarchisation des fonctions de type sacral, telle la classe suprême constituée d’ayatollahs (signes d’Allah), ou celle des hujatolislam (preuves de l’islam), ou celle de simples mollahs (serviteurs d’Allah). L’attachement passionné des fidèles chiites à une autorité religieuse, basée sur le principe de la référence (marjaʽ) va jusqu’à la constitution de nombreuses milices privées.

L’islam sunnite est géré par une catégorie d’experts, car le principe entendu est que toute communauté, si réduite ou isolée (deux croyants représentent déjà la communauté , Umma), doit avoir au moins une personne susceptible de garder et de transmettre le savoir religieux. Dans les sociétés islamiques ordinaires, il y a une répartition selon les disciplines : exégètes, juges, prédicateurs, etc. Les personnes sont choisies selon des critères moraux et techniques, tels que la capacité de mémoriser les textes sacrés, la connaissance solide de l’arabe, et des règles de traitement des textes fondamentaux. Appartiennent à cette catégorie :

  • l’imam, il est recteur d’une mosquée, assure le prêche du vendredi, et dirige la prière collective du vendredi ;
  • le mufti, il prononce des fatwas. La fatwa est une consultation juridique, analogue à la consultation du prudens en droit romain. Une fatwa est prononcée sur n’importe quel sujet, civil ou religieux ; c’est abusivement que média et journalistes la réduisent à une condamnation à mort. 
  • Le cadi, est le juge qui prononce les sentences au tribunal islamique et fait appliquer les peines légales. Ici, il convient de rappeler qu’en islam, le péché est transgresser la loi de Dieu, et non offenser Dieu comme en christianisme.

Ces trois titres sont des fonctions et non des grades. Ils donnent des qualifications : un faqîh, jurisconsulte, connaisseur des textes en matière juridique. Un shaykh (francisé en cheikh) est le sage et pieux, souvent – mais pas nécessairement – l’aîné du groupe. Il peut vivre à la mosquée après avoir accompli le Pélerinage (hajj). On peut l’appeler hajjî, musulman ayant fait le hajj.

2- La seconde raison est d’ordre théologique. Elle est d’une importance capitale puisqu’il s’agit de la Révélation même en islam, qui est sans progression.

L’islam se heurte cependant à la question fondamentale de tout monothéisme : comment la transcendance peut-elle intervenir dans l’immanence. Aussi, l’ange Gabriel est-il l’intermédiaire qui dicte le texte au Prophète.  Mais cela ne suffit pas lorsqu’il faut expliquer l’apparition même du texte.  Or l’islam qui se présente souvent comme une religion sans mystères, ne peut éluder le mystère fondamental de l’irruption du divin dans le monde. Le débat théologique restera figé tant que la fixité du texte sacré coranique de l’islam n’ait pas cédé à une évolution progressive. C’est seulement de nos jours qu’en Occident une critique historique a vu le jour. 

S’il n’y a pas de magistère, comment un politicien non croyant peut-il estimer que telle ou telle pratique ne relève pas de l’islam ? 

Il n’y a pas de magistère en islam, mais il y a ses textes et ses référentiels qui détaillent scrupuleusement, dans une casuistique phénoménale, pour renseigner ce qui est islamique et ce qui ne l’est pas. Bien sûr, pour accéder aux textes-sources, cela exige un lourd investissement intellectuel et une ascèse désintéressée. 

Au fond, l’islam est-il compatible avec notre pays de religion chrétienne et de tradition gréco-latine ?

Tant que l’islam se présentera arrimé farouchement à un Coran où les versets prônant la paix et les versets exhortant à la guerre ont la même valeur théologique, sans espoir de réel aggiornamento, l’islam demeure résolument incompatible. C’est la projection dans le monde de « la promesse (rétribution) et la menace divines », lesquelles font partie de l’appareil dogmatique et son déterminantes dans la praxis islamique. Car l’amère réalité nous rappelle chaque jour qu’à force d’être sécularisé et laïcisé, l’Occident a rendu les occidentaux – et pas seulement en France – étrangers à leur propre société historique et traditionnelle.  Plus la France cédera de son identité et plus elle laisse de l’espace à l’identité islamique conquérante. Distinguer les musulmans modérés des musulmans terroristes, c’est confondre foi et engagement politique. Nul ne peut enjoindre à un croyant d’être modéré dans sa foi, en regard comment présumer qu’un bon musulman est un musulman modéré, quand tous les musulmans, du plus violent au plus pacifique, sont nourris et vivent des mêmes textes sacrés fondamentaux ?

Les musulmans sur lesquels on peut compter, même très rares, sont ceux qui ont ramené leur croyance à la sphère privée et personnelle, à une morale et une spiritualité sans juridisme, sans revendications propres à l’islam religion de la masse et de la foule. Ces musulmans, bien que tristement minoritaires, sont compatibles avec toute société moderne. Ils se sont affranchis de tout ethnocentrisme ravageur ou sociocentrisme vindicatif caractéristique de l’islam.

Dans les années 50 un éditorialiste arabe et musulman, vivant chez lui et non en France, dit : « l’islam est une religion agressive et conquérante … Comme Robespierre il condamne jusqu’aux indifférents ». De nos jours, Boualem Sansal, depuis son Algérie où il vit, ne nous dit pas moins.

M.Macron, un néant ? Un mannequin de plastique ? Un automate ? Et si c’était encore plus grave que ça ?

M.Zemmour a, paraît-il, été très violent à l’égard de M.Macron, lors de son discours à Villepinte. Citons-le (à 1h18’) :

« Personne ne sait qui il est car il est personne. Derrière le masque de la parfaite intelligence technocratique, derrière la montagne d’idées superficielles, derrière les slogans contradictoires, derrière le en même temps synonyme de désordre, et le quoi qu’il en coûte synonyme de ruine, il n’y a personne. Il n’y a rien… Macron est à lui seul le grand vide. En 2017, la France a élu le néant et est tombé dedans. Nous laisserons dans sa vitrine ce mannequin de plastique, cet automate qui erre dans les labyrinthes de miroirs, ce masque sans visage qui défigure le nôtre. Nous laisserons cet adolescent se chercher éternellement. Oui, laissons-le avec son obsession pour lui-même ».

Violence verbale ? Mais si ce qu’il décrit est vrai ? Pour nous qui avons déjà traité le Président de la république de faussaire, d’agent de corrosion nationale, de verbigérateur, rien de bien nouveau. A vrai dire, le plus difficile est de trouver le qualificatif capable d’embrasser en un mot tout ce que M.Macron contient de faux voire de pervers. Sauf à se référer à la qualification de Talleyrand faite par Napoléon, qui semble grossière mais assez juste. Et il faut reconnaître que la soiemacronienne est tout à la fois abondante et chatoyante. L’actualité en donne encore une illustration parfaite.

M.Macron déambulant ces jours derniers dans les rues agréables de Vichy en a profité, lors d’un entretien avec France  Bleu,  pour répondre indirectement indirecte à M.Zemmour ; avec toute la cautèle sournoise, façon bienveillance, qu’il sait prendre avec tellement d’efficacité. Son côté soyeux. Il a dit :

« Vichy nous renvoie également à une histoire. Et je pense qu’à cet égard il faut juste se dire que cette histoire, nous l’avons vécue, elle est écrite par des historiennes et des historiens [sic]. Et c’est une bonne chose de s’y tenir. Et je pense que l’histoire, nous gagnons à la respecter, à l’apprendre, à permettre à nos historiennes et nos historiens [re-sic] sur la base de traces, de documents, de construire une vérité historiographique ; et gardons-nous de la manipuler, de l’agiter, de la revoir ».

Premier élément étonnant, M.Macron laisse entendre qu’après le travail des zistorienneuzédézistoriens, il y aurait accréditation d’une sorte d’histoire officielle, close, achevée, indépassable. Une vérité historique irréfragable. Au moment même où une zistorienne chercheuse au CNRS expliquait à sa façon :

«être historien, c’est donner de la signification au passé et en proposer une vision. Une fonction de l’historien est de distinguer le vrai du faux, mais aussi le légitime de l’illégitime, les coupables des non-coupables».

Comme cette chercheuse de coupables est spécialiste de la Guerre d’Algérie, tout est bien dans le meilleur des mondes macroniens…

Deuxième élément tout aussi étonnant : M.Macron ne se laisserait, lui, jamais aller à agiter, ni à revoir, ni à manipuler l’histoire ? Essayons d’approfondir.

L’histoire est à l’évidence une obsession macronienne. Nous recommandons à cet égard la lecture d’un article publié dès novembre 2018 par le zistorien Marc-Olivier Baruch (EHESS), intitulé : Emmanuel Macron et l’histoire (de France). Dès le début de l’article (et après deux ans seulement de présidence Macron), l’auteur remarquait sa dilection à discourir (« Emmanuel Macron est un président qui non seulement parle souvent mais parle aussi longuement ») ainsi que « la diversité des sujets – comme si toute prise de parole, ou presque, donnait à Emmanuel Macron matière à distiller sa vision de l’histoire ». Pour quelqu’un qui se flatte de ne pas agiter l’histoire, c’est bizarre.

M.Baruch distingue même quatre épisodes à consonnance historique dans le déroulement de la campagne électorale de M.Macron :

« C’est d’abord, en juillet 2015, un entretien avec Éric Fottorino, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Le 1. Le jeune ministre – à tous les sens du terme, il n’est entré au gouvernement qu’en août 2014 – y développe déjà sa conception du pouvoir présidentiel : « La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n’est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d’y placer d’autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l’espace. On le voit bien avec l’interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du général de Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au cœur de la vie politique. Pourtant, ce qu’on attend du président de la République c’est qu’il occupe cette fonction. Tout s’est construit sur ce malentendu ». Commentaire de M.Baruch : « Comment ne pas être frappé, à la lecture de ces quelques phrases, par leur exagération manifeste ? ».

Le deuxième épisode se situe le 8 mai 2016 à Orléans. « Invité d’honneur des 587e fêtes johanniques, Emmanuel Macron ne parle que de lui en évoquant Jeanne d’Arc, qui « n’était qu’un rêve fou [et] s’impose comme une évidence ». ». Après avoir parlé de lui, M.Macron parle de la République et trouble M.Baruch :

« Et au fond, qu’est-ce qui fait que ce 8 mai à Orléans est si singulier ? C’est parce que, fidèles à notre histoire, fidèles à cette histoire, le désir de justice, l’énergie du peuple, la volonté de rassemblement, le triptyque de Jeanne d’Arc, c’est celui qui scelle notre République. Ce fil qui nous relie à Jeanne, en passant par Michelet, Jaurès, Gambetta ou Péguy, c’est celui de l’esprit républicain. Car notre République ne commence pas avec la République, elle commence bien avant. Elle s’ancre dans cette histoire millénaire avec laquelle nous devons avoir renoué, du sacre de Reims à la fête de la Fédération, comme le disait Marc Bloch. Jeanne d’Arc est beaucoup plus qu’elle-même ou que son époque. Elle contribue à forger cette identité française. Cette identité, c’est une langue, c’est un territoire, c’est une nation, c’est aussi le fruit de notre passé, car elle est faite de celui-ci. ».

Toute la soie macronienne se déploie déjà à l’envi ! Mais M.Baruch  ne s’y laisse pas prendre :

« Mais comment écrire raisonnablement comme le fait Emmanuel Macron que « la République ne commence pas avec la République, elle commence bien avant [et] s’ancre dans cette histoire millénaire avec laquelle nous devons avoir renoué » ? »

Le troisième épisode relève de la lecture par M.Baruch du livre-programme écrit par M.Macron, Révolution (publié à l’automne 2016, XO). Au chapitre « Ce que nous sommes », Emmanuel Macron définit à grands traits ce que sont, à ses yeux, la France et les Français. Pour définir sa « France de toujours », l’auteur ne recule pas devant l’emphase :

« Je ne me lasserai jamais de contempler l’âme immobile et fugitive de la France. C’est le temps fait géographie. C’est un héritage antérieur à la mémoire consciente, et le goût d’un avenir qui resterait fidèle aux espoirs du passé. Pays faits de mots, de terres, de roches et de mers. C’est cela la France. Mais pas uniquement. ».

La conclusion du livre commence par la phrase : « Chacun d’entre nous est le fruit de son histoire ». Et aussi (petit florilège de citations extraites par M.Baruch) :

« Notre pays a la force d’avancer, il a l’histoire et le peuple pour le faire ; Oui, la France est une volonté. La France ne se recrée pas chaque jour à partir de rien. Cette volonté s’appuie sur l’héritage de notre histoire qui structure nos réponses aux nouveaux défis ; Notre histoire et notre culture [NDLR : tiens, une « culture » ?], tout ce que les générations précédentes ont à nous transmettre, constituent notre socle commun ; Certes, les temps sont durs et l’histoire est tragique ; Sauf à nous perdre, nous ne pouvons pas prendre, dans ces temps si difficiles, une autre voie que la nôtre [NDLR : petit exercice recommandé : relisez soigneusement la phrase précédente…]. La richesse que nous avons à défendre, c’est la marque de la France, sa vertu, son message dans l’histoire ».

La France est donc une marque ! Comme Amazon ou Apple ?

Et ailleurs dans son livre, M.Macron de définir encore la France (il adore ça) :

« C’est un projet ouvert, qui a toujours su accueillir l’autre et les plus faibles, dont Jeanne d’Arc faisait partie. C’est un projet fou, au fond, forgé sur une culture, et recherchant l’universel, exigeant et généreux. C’est cela notre identité, ce n’est rien d’autre. C’est cela notre espoir, au fond. Cela n’a rien d’évident, mais c’est nous ».

Après la marque, la France comme un projet. Finalement, l’ambition de M.Macron pourrait être managériale, au profit d’une start-up nation.

M.Baruch, pour bien souligner l’obsession de M.Macron pour l’histoire, rapporte encore cette citation de l’auteur : « L’histoire instruit toujours : je pense souvent à ce que la République de Venise a dû vivre en 1453 lorsque Constantinople est tombée aux mains des Turcs ». A considérer la situation française, cela demanderait peut-être l’appui d’un psychanalyste…

Pour terminer sur ce livre, M.Baruch cite encore M.Macron :

« [Ma] décision de [me] présenter aux plus hautes charges de la République est le fruit d’une conviction intime et profonde, d’un sens de l’Histoire… Je veux que mon pays redresse la tête et, pour cela, retrouve le fil de notre Histoire millénaire : ce projet fou d’émancipation des personnes et de la société ».

Encore un projet fou direz-vous. On se demande ce qui est le plus fou, en fait.

Le quatrième épisode relaté par l’auteur de l’article est un ensemble de propos macroniens sur l’histoire et son enseignement développés le 9 mars 2017 sur France Culture face à Emmanuel Laurentin, en participant à l’émission La Fabrique de l’histoire[tout un symbole !].

Lors de cette émission qui a lieu en pleine campagne électorale, l’animateur rappelle à M.Macron les propos qu’il vient de tenir à Alger, le 15 février 2017 qualifiant la colonisation de crime contre l’humanité (mais bien sûr, on ne manipule pas l’histoire…) pendant la campagne électorale et s’interroge [déjà] sur l’incohérence de ce propos avec ceux que M.Macron avait donné quelques mois plutôt, en novembre 2016, dans Le Point, quand il avait évoqué « les éléments de civilisation et les éléments de barbaries que composaient la colonisation, et aussi l’émergence d’un État, de richesses, de classes moyennes ». Et M.Laurentin de demander :

« On s’est dit : comment peut-on tenir ensemble ces deux discours ? ».

M.Macron répond :

« Je pense qu’on ne peut pas parler de bienfaits de la colonisation, ça on le sait bien c’est une revendication extrêmement classique de celles et ceux qui veulent revenir sur ce passé et le revisiter. Mais, je reconnais qu’en même temps il y a eu des femmes et des hommes qui dans le cadre de la colonisation ont eu un rôle, une humanité, ont fait des choses. De l’autre côté, le discours que j’ai tenu a essayé à chaque fois de rappeler la complexité des expériences et des mémoires de cette période. Des faits qui se sont passés à l’époque relèvent du crime contre l’humanité. Quand je tiens ce discours, je ne dis à aucun moment que toutes celles et ceux qui ont eu à voir avec la colonisation sont des criminels contre l’humanité ».

Un crime sans criminel, la classe !

M.Macron dévie ensuite toujours sur France Culture dans tout un passage sur un mot qui aura été l’un des marqueurs obsessionnels de son quinquennat : les « mémoires » :

« En même temps, il y a d’autres mémoires. Il y a la mémoire des harkis trahis par la France… Il y a la mémoire des pieds noirs…. Il y a la mémoire des appelés, des anciens combattants. … Vous avez ensuite les Françaises et les Français issus de l’immigration, ou binationaux, qui sont des millions, venus d’Algérie, qui disent : on n’a jamais reconnu ma part d’histoire et de mémoire. Parce que la France a décidé de rester dans le refoulé après cette période, nous avons bloqué tout cela. Nous devons pacifier cette histoire et avoir une politique de reconnaissance des mémoires dans leur complexité, y compris dans ce qu’elles ont parfois d’irréconciliable entre elles ».

Mémoire, réconciliation de mémoires irréconciliables, autant d’obsessions macroniennes qui justifieraient peut-être là encore un petit traitement psychanalytique, et qui, en tout cas, rendent son affirmation de ne pas agiter l’histoire, de ne pas la revoir, de ne pas la manipuler, totalement incohérente. Et d’ailleurs se demande M.Baruch :

« Faut-il vraiment faire de la réconciliation des mémoires le point de fuite de l’histoire nationale ? ».

Sortons de l’article de M.Baruch et regardons d’autres traces des incohérences (certains diront mensonges) macroniennes :

– M.Macron, qui ne manipule pas l’histoire, est allé à Oradour-sur-Glane le 28 avril 2017 entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2017 et avant d’affronter Mme Le Pen.

M.Macron qui n’agite pas l’histoire a pourtant commandé au Camerounais Achille Mbembe, théoricien du post-colonialisme, une contribution (présentée le 5/10/201) pour refonder les rapports entre la France et l’Afrique . Dans cette contribution, étonnamment…, l’auteur arrive à la conclusion que la France doit reconnaître ses racines africaines.

M.Macron qui ne veut pas revoir l’histoire a pourtant commandé un rapport sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie  au zistorien Benjamin Stora : demander à M.Stora un rapport sur la colonisation en Algérie, c’est comme confier les clés du comité d’éthique au Dr Delfraissy : M.Macron (qui ne souhaite pas manipuler l’histoire…) en obtient toujours ce qu’il souhaite. C’est le 20 janvier 2021 que M.Macron a réceptionné cette commande. Il a, à cette occasion, a souligné sa volonté de poursuivre le travail de mémoire, de vérité et de réconciliation engagé au cours des dernières années dans notre pays et dans ses liens avec l’Algérie.

Parmi les recommandations du rapport figurait la reconnaissance par la France de l’assassinat d’Ali Boumendjel, avocat et dirigeant politique du nationalisme algérien. C’est chose faite dès le 2 mars 2021 par M.Macron qui n’agite jamais l’histoire :

 « Aujourd’hui, le Président de la République a reçu au Palais de l’Elysée quatre des petits-enfants d’Ali Boumendjel pour leur dire, au nom de la France, ce que Malika Boumendjel aurait voulu entendre : Ali Boumendjel ne s’est pas suicidé. Il a été torturé puis assassiné ».

Le Président a

« également dit sa volonté de poursuivre le travail engagé depuis plusieurs années pour recueillir les témoignages et encourager le travail des historiens par l’ouverture des archives, afin de donner à toutes les familles des disparus, des deux côtés de la Méditerranée, les moyens de connaître la vérité. … C’est pour eux désormais, pour la jeunesse française et algérienne, qu’il nous faut avancer sur la voie de la vérité, la seule qui puisse conduire à la réconciliation des mémoires ».

M.Macron qui ne souhaite pas manipuler l’histoire et qui a déclaré le 20 septembre 2021 lors d’un discours aux harkis « Je ne jugerai pas devant vous aujourd’hui le choix des dirigeants d’alors, ce n’est pas le rôle d’un président de la République »,  a en même temps commémoré les 60 ans de la manifestation du 17 octobre 1961 en se « rendant sur les lieux  de mémoire » et en reconnaissant des crimes inexcusables à l’égard d’Algériens.

« M.Macron  a reconnu les faits : les crimes commis cette nuit-là sous l’autorité de Maurice Papon sont inexcusables pour la République ».

M.Macron qui n’agite pas l’histoire a organisé une politique de restitution d’œuvres d’art d’origine africaine au Bénin (pour la petite histoire, il semblerait qu’au-dit Bénin, 90 % des actions culturelles sont financées par… la France).

M.Macron, qui ne manipule pas l’histoire, a, le 11 mars 2020, célébré (!) la 1ère journée nationale d’hommage aux victimes du terrorisme et annoncé dans la foulée la création du Musée-mémorial du terrorisme en confiant une mission de préfiguration au zistorien Henry Rousso. Le 11 mars 2021, rebelote. Encore une occasion pour M.Macron de discourir:

« le devoir de la France est de rappeler que les femmes et les hommes qui ont été visés par des attaques terroristes demeurent au cœur de notre fraternité nationale et de notre souvenir, d’honorer leur mémoire et de faire vivre leurs histoires et leurs engagements ».

Et la mémoire des victimes étant une occupation apparemment florissante, deux mois plus tard, le 11 mai 2021, le même Président, lors d’une autre cérémonie officielle, annonce qu’il a retenu une implantation du Musée-mémorial à Suresnes :

« La symbolique du site répond à la volonté de créer à la fois un lieu de résilience et de résistance » [sic].

M.Macron, qui ne veut pas revoir l’histoire, a, le 5 avril 2019, demandé au zistorien Vincent Duclert, de présider une commission de recherche sur « Le rôle et l’engagement de la France au Rwanda entre 1990 et 1994 ». Le rapport a été remis à M.Macron le 26 mars 2021. Ce rapport (qui pointait les « responsabilités accablantes » de la France) a nourri le discours (encore un) que M.Macron a prononcé le 27 mai 2021 au Mémorial du génocide perpétré contre les Tutsis. M.Macron, qui affirme qu’il ne faut pas revoir l’histoire, y explique :

« La France a un rôle, une histoire et une responsabilité politique au Rwanda. Et elle a un devoir : celui de regarder l’histoire en face et de reconnaître la part de souffrance qu’elle a infligée au peuple rwandais en faisant trop longtemps prévaloir le silence sur l’examen de vérité ».

S’ensuivent tous les éléments pointant les responsabilités françaises, parce qu’on sait que M.Macron, au-delà de son goût pour les côtés négatifs de l’histoire de France, a aussi, et pour une raison inconnue du rédacteur de cette note, l’obsession d’être bien vu (aimé ?) par M.Kagamé :

« En me tenant, avec humilité et respect, à vos côtés, ce jour, je viens reconnaître l’ampleur de nos responsabilités. C’est ainsi poursuivre l’œuvre de connaissance et de vérité que seule permet la rigueur du travail de la recherche et des historiens…. Reconnaître ce passé, notre responsabilité, est un geste sans contrepartie. Exigence envers nous-même et pour nous-même. Dette envers les victimes après tant de silences passés. Don envers les vivants dont nous pouvons, s’ils l’acceptent, encore apaiser la douleur. Ce parcours de reconnaissance, à travers nos dettes, nos dons, nous offre l’espoir de sortir de cette nuit et de cheminer à nouveau ensemble. Sur ce chemin, seuls ceux qui ont traversé la nuit peuvent peut-être pardonner, nous faire le don de nous pardonner ».

M.Macron qui ne veut surtout pas agiter l’histoire a commandé un (autre) rapport à une commission présidée par le zistorien Pascal Blanchard pour proposer des noms de personnalités issues de la diversité pour constituer une sorte de portefeuilles de noms à usage des maires pour baptêmes de rues. L’objectif principal de ce rapport avait été énoncé par Emmanuel Macron au site Brut :

« il déplorait qu’une partie de notre histoire ne soit pas représentée et affirmait qu’une partie de notre jeunesse cherchait des héros qui lui ressemblent ».

M.Macron qui laisse aux zistorienneuzéôzistoriens le soin d’étudier l’histoire a dit le 18 avril 2021 dans l’émission « Face the Nation » sur CBS : « nous devons déconstruire notre propre histoire » (ou plutôt : « « We have in a certain way to deconstruct our own history »)

M.Macron, qui n’agite pas l’histoire, a présidé le 10 mai 2021 la cérémonie pour la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, suite à l’adoption de la loi dite Taubira du 21 mai 2001, celle qui exclue soigneusement les traites intra-africaines en particulier. A cette occasion du 20ème anniversaire de cette loi, « un extrait du discours de Christiane Taubira, prononcé à l’Assemblée nationale en 1999, a été lu ». Sans doute un exemple de cette vérité historique que les politiques peuvent en toute certitude endosser.

On aura compris que l’incohérence est la chose que le Président de la république partage le mieux avec lui-même. On ajoutera quelques instantanés illustratifs et tout récents, qui dénotent comme une sorte d’accélération encore –si c’est possible- de la production d’incohérences :

  • Le 2 septembre 2021, dans un même mouvement, M.Macron rend hommage au professeur S.Paty et exhibe la photo de McFly et Carlito.
  • Le 16 septembre 2021, pour bien montrer l’importance qu’il accorde à l’histoire, M.Macron a inauguré l’Arc de Triomphe empaqueté. Il avait, avec enthousiasme, approuvé ce projet sur un

« monument symbolique de l’histoire de France et de Paris : l’Arc de Triomphe sera empaqueté dans 25 000m2 de tissu recyclable en polypropylène argent bleuté, et ceinturé avec 3 000m de corde recyclable en polypropylène rouge».

  • Le 20 septembre 2021, M.Macron, au détour de son discours à l’occasion de la réception consacrée à la mémoire des harkis et annonçant un texte de loi de reconnaissance et de réparation, arrive à juxtaposer à quelques phrases d’écart les deux positions suivantes pourtant totalement antagonistes :

« Je le disais, ce texte n’a pas vocation à dire ce qu’est l’histoire, ce n’est pas le travail d’un texte de loi» et « Ce qui est vrai, c’est qu’il y a une singularité pour ce qui est des Harkis. C’est l’abandon militaire et c’est ensuite l’abandon et la maltraitance des familles sur notre sol. Ça, c’est une spécificité. Et donc, la reconnaissance de ces deux faits, qui sont des caractéristiques historiquement établies qui sont des singularités de la question harki doivent être mises dans cette loi ».

  • Le 1er décembre 2021, M.Macron laisse la représentation française à l’ONU voter une résolution définissant les lieux saints de Jérusalem comme une entité exclusivement musulmane.
  • Le 9 décembre 2021, lors de sa conférence de presse et à propos du référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie qui a lieu le 12 décembre, le Président de la république (garant de l’intégrité du territoire au titre de l’article 5 de la Constitution) a affirmé : « Le rôle du Président n’est pas d’être dans un camp». Voilà qui est clair : pour M.Macron, la France, ce projet fou, est un camp comme un autre.

Voilà quelques éléments du paysage. C’est vraiment grave, docteur ?

Monseigneur, quel dédommagement pour un juste relèvement ?

Le dévoilement des défaillances et autres abus commis par des ecclésiastiques ou religieux doit susciter une prise de conscience profonde des vraies causes de ces abus. Il en va du renouvellement du peuple chrétien.

Réparer c’est :

  • Célébrer avec une attention toujours plus grande la sainte messe en développant une attitude intérieure toute de silence et d’humilité. Que l’offrande du Saint-Sacrifice prennent toute la vie du prêtre, en amont par la préparation et en aval par l’action de grâce.
  • Porter l’habit ecclésiastique malgré le regard qui pourra être indifférent voire agressif: accepter la défiance comme une permission de Dieu et l’offrir en réparation pour le préjudice causé aux victimes et pour le salut des coupables.
  • C’est en raison de la perte de la foi et de la morale que de tels actes ont pu être commis. En réparation : réaffirmer avec courage et assumer en profondeur la force et l’exigence de la doctrine catholique dans toute son amplitude.
  • Réciter le rosaire chaque jour, en ayant au cœur une intention spéciale pour les âmes scandalisées, sans oublier le bréviaire et l’oraison quotidienne.
  • Considérer le peuple chrétien comme un trésor. Ne pas le scandaliser par des décisions en vendant hâtivement des biens de l’Eglise offerts par les fidèles. Sans doute faut-il trouver une manière de matérialiser la réparation. L’argent ne pourra jamais restaurer ce qui a été détruit. Ce serait très dégradant pour les victimes de se dire que les autorités ecclésiales sont quittes après avoir déboursé une somme. Dieu seul peut restaurer l’âme et le corps blessés. Quoi qu’il en soit, s’il faut un dédommagement financier effectué sous la forme d’un cadeau en réparation,  cela pourra faire jurisprudence… et introduire des jalousies ou discordes en tous genres. Car comment évaluer financièrement un abus par rapport à un autre ? Les conséquences psychologiques sont incalculables dans tous les cas.

Et que dire du préjudice de ceux qui n’ont pas reçu un bon catéchisme, qui ont été scandalisés et, pour certains, ont perdu la foi à cause des errements liturgiques et doctrinaux des clercs ? Quel dédommagement ?…

Benoît de Rougnoux

Marie, inspiratrice des artistes et pont entre Dieu et les hommes

De Marc Alibert, Architecte du Patrimoine, Prix Renaissance des Arts, pour Le Salon beige :

Tout art chrétien est l’expression de la beauté et de la vérité et  reflète en quelque sorte le mystère de l’Incarnation par lequel la visibilité du Christ nous introduit dans le domaine de l’invisible. Ce grand mystère est une source intarissable d’inspiration  : les Saintes Ecritures représentent un immense atlas iconographique où les artistes continuent à puiser.

Depuis 2000 ans, Celle qui a mis au monde le Rédempteur, Marie de Nazareth, est connue, aimée, chantée, célébrée sur tous les continents plus qu’aucune autre créature ; Elle est la perle du Créateur ; la beauté, la bonté, la pureté, l’humilité et l’amour qui rayonne de Marie peuvent facilement rejoindre toutes les âmes qui cherchent Dieu et veulent donner un sens à leur vie.

Notre monde souffre de l’absence de Beau.

Mais la beauté dépasse le cadre artistique, elle est liée au Bien et au Vrai. L’art participe à quelque chose de surnaturel puisqu’il a pour objet de créer de la beauté ; ce n’est ni une agression, ni un jeu ni une provocation. C’est la reproduction libre du beau, non de la seule beauté naturelle, mais de la beauté idéale,  un lien secret entre des solitudes qui s’ignorent, un vieux langage qui nous parle des choses éternelles. Marie est là, toute proche, pour guider les hommes de l’art dans leurs recherches ; les plus grands génies de l’univers ont mis leurs pinceaux et leurs plumes au service de la Très Sainte Vierge.

« les arts confessent Dieu, et tout en cherchant la Beauté, ils trouvent le plus souvent des motifs pour rencontrer la Vérité. » Jean Paul II

Mais comment tirer l’infini du fini ? comment fonder l’objectivité sur la subjectivité, la transcendance sur l’immanence ?

Là est la difficulté de l’art, mais aussi sa gloire : arriver à l’âme par le corps. Ce que l’artiste réussit à exprimer dans ce qu’il crée n’est qu’une lueur de la splendeur qui lui a traversé l’esprit pendant quelques instants. Il contemple l’œuvre de son inspiration, y percevant comme l’écho du mystère de la création, auquel Dieu, seul Créateur de toutes choses, veut en quelque sorte l’associer. Et s’il y a quelque chose de divin dans tout art, c’est parce que justement l’art est une création : c’est le fruit d’un souffle, une étincelle de  divinité qui affecte le cœur et les sens.

Une œuvre d’art qui amène les larmes aux bords des yeux ne provoque pas de jouissance, mais  dans notre nature exilée dans l’imparfait, elle évoque déjà sur notre terre un paradis révélé. L’art est avec la religion ce qui nous communique le sentiment de l’éternité, et  tout œuvre d’où ressort quelque reflet de beauté chante, sans le savoir bien souvent, la gloire du Père.

Marie est  là pour purifier et recentrer notre imaginaire ; il n’y a que sous sa protection que l’inspiration est juste. Confions donc notre travail à celle qui est la porte du ciel et  nous conduit à son fils.

Nos œuvres ne seront belles que si elles débordent d’un cœur possédé par la grâce :« pour peindre les choses du Christ, il faut vivre avec le Christ. » s’exclamait le bienheureux Fra Angelico.

Le langage de l’art est un langage d’amour : « Je cherche deux notes qui s’aiment… » disait Mozart. La beauté comme la vérité met la joie dans le cœur de l’homme, c’est le fruit précieux qui résiste à l’usure du temps, suscite l’enthousiasme et unit les générations.

Le beau est ce qui nous réunit le plus facilement et le plus mystérieusement.

Aussi pour qu’une œuvre soit belle et délecte l’intelligence, Saint Thomas d’Aquin énumère trois conditions :

  • L’intégrité, car l’intelligence ne goûte pas l’être incomplet.
  • La proportion, « ce rien qui est tout et donne le sourire aux choses. »
  • Le resplendissement, qui laisse transparaître la splendeur de l’âme, la pensée de l’homme, la pensée divine qui s’y reflètent.

Le bon goût, comme la vérité ne s’impose pas, il persuade ; il possède ce privilège de s’inscrire dans la durée. Eduquer à la beauté, à l’admiration, c’est développer la faculté de contempler mais aussi éveiller le sens critique, créer une passerelle entre représentation et signification, apprendre à communier à l’esprit des choses, s’en nourrir, méditer, comparer pour choisir.

C’est aussi apprendre à maîtriser nos sens : car tout ce qui diminue l’homme, ne peut servir l’art, fruit propre de l’homme. En morale, une très haute vertu rayonne toujours de beauté : ne parlons-nous pas d’une belle âme ?

L’œuvre d’art est donc un pont jeté entre Dieu et les hommes, entre le surnaturel et le matériel ; elle doit manifester les choses invisibles par les visibles,  nous conduire à l’adoration, à la méditation et nous permettre d’approfondir notre Foi notre Espérance, notre Charité. En art il faut tout aimer : la nature, la science, son prochain.

Prions Marie pour prendre le chemin par lequel on atteint son amour qui fait pleuvoir sur nous ses grâces  et dilater les puissances créatrices. Dans un monde de décomposition du sens esthétique et de tâtonnements des expressions artistiques, où l’individualisme semble rejeter l’objectivité du beau, interrogeons nous sur la finalité de l’art. Celui- ci est d’abord le témoignage d’une quête spirituelle car l’art est le beau surnaturel, et les choses ne sont belles qu’en vue du bien, le beau étant lui-même un bien.

Marc ALIBERT

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Paramètres de confidentialité sauvegardés !
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services