Un site alternatif pour le Chemin synodal allemand
Le document préparatoire au synode romain évoque la participation de tous :
La capacité d’imaginer un futur différent pour l’Église et pour ses institutions, à la hauteur de la mission qu’elle a reçue, dépend pour une large part du choix d’entreprendre des processus d’écoute, de dialogue et de discernement communautaire, auxquels tous et chacun peuvent participer et contribuer.
Le synode allemand n’a pas brillé par sa capacité d’écoute.
Le diocèse de Ratisbonne dont l’évêque est Mgr Rudolf Voderholzer, a lancé un site sur le Chemin synodal, ayant pour titre “Contributions synodales”, destiné à fournir un espace pour les voix indépendantes et critiques quant aux éléments déjà en place du processus outre-Rhin. Et permettre aussi la publication de documents alternatifs opposés aux schémas synodaux officiels. Mgr Voderholzer, qui n’a jamais caché son opposition au Chemin synodal, présente ce nouveau site en se demandant :
« Que doit-il se passer pour que le fait d’être Eglise, d’être catholique, n’apparaisse pas comme une tache dont il faut avoir honte ? »
« Que pouvons-nous apporter pour que le fait d’être un chrétien redevienne une raison de marcher droit ?
« Ces objectifs unissent tous les catholiques d’Allemagne. Ces objectifs sous-tendent également le projet de la “Voie synodale” », mais « nous sommes de plus en plus convaincus qu’elle ne peut pas mener au but dans les sentiers que nous avons suivis jusqu’à présent ».
L’évêque de Ratisbonne remet en cause le processus entamé, et se propose de lui faire pièce par le site qu’il présente :
« Sur cette page, vous trouverez, entre autres, des textes alternatifs, des commentaires et des déclarations du Vatican sur les thèmes et les forums du Chemin synodal, dans lesquels nous faisons connaître notre point de vue. »
« Les arguments présentés ici ont été introduits dans le processus du Chemin synodal. Toutefois, en raison de la majorité qui y règne, ils n’ont pas été et ne seront pas pris en compte jusqu’à aujourd’hui. “Nous”, c’est-à-dire les membres de l’Assemblée synodale et des Forums synodaux, qui se sont maintenant réunis en tant que groupe sur ce chemin. »
« Les lecteurs sympathisants y trouveront des arguments susceptibles d’approfondir les discussions et, éventuellement, d’aider à se rapprocher de la vérité plus que ne le permettent les votes. »
MM. Macron et Véran, le passe sanitaire et l’obligation vaccinale : le cynisme des truqueurs
La crise sanitaire a des conséquences beaucoup moins lourdes que sa gestion. D’un côté, une maladie assez peu létale et frappant essentiellement les vieux avec comorbidités (ce qui apparaît plutôt… naturel), une faible surmortalité ; de l’autre, l’emploi généralisé du mensonge, du mépris, de l’infantilisation à l’égard du corps civique. Précisons pour être bien compris : une obligation vaccinale générale pour les personnes à risque (en particulier les personnes de plus de 60 ou 65 ans) aurait sans doute été une décision cohérente, associée à une politique de traitement précoce de la maladie.
Dans le cadre de cette gestion de la crise sanitaire, deux ingrédients sont venus cet été encore ajouter à l’imposture : le passe sanitaire et l’obligation vaccinale pour certaines professions. Le 15 septembre 2021 est la date limite pour la vaccination des personnels soignants.
On se permettra, parce que c’est oublié depuis longtemps, de remonter à l’une des nombreuses déclarations de M.Macron au début de l’épidémie (c’était le 25 mars 2020 à Mulhouse), où il commençait ses gesticulations boursouflées. Ce jour-là, il nous a promis :
« Mes chers compatriotes, je vous ai dit il y a quelques jours que nous étions engagés dans une guerre, une guerre contre un ennemi invisible, ce virus, le Covid-19 et cette ville, ce territoire porte les morsures [sic] de celui-ci… . Le ministre de la Santé reviendra dans les prochains jours, comme il l’a déjà fait et comme il le fait constamment sur les sujets les plus sensibles, en toute transparence….. Je sais les attentes qu’il y a là aussi pour être mieux protégé et le gouvernement fera le maximum pour apporter toutes les réponses avec les contraintes qui sont les nôtres, toujours en transparence ».
La transparence était promise. Pourtant depuis les décisions sont prises en Conseil de défense sanitaire qui offre à ce Président et à ce ministre de la Santé toute possibilité de secret pendant… cinquante ans paraît-il !
L’instauration du passe sanitaire a souvent été rapprochée de la déclaration de M.Macron à la presse quotidienne régionale du 29 avril 2021 : ce passe sanitaire qui
« ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours comme les restaurants, théâtres et cinémas… Il ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français ».
En réalité, cette déclaration avait déjà été précédée par une autre, tenue le 3 décembre 2020 lors d’une assemblée générale des Nations Unies sur le covid-19 (et on sait que la posture internationale plaît à M.Macron). M.Macron avait expliqué doctement :
« Les circonstances exceptionnelles engendrées par la pandémie menacent par ailleurs, dans de nombreux pays, l’acquis de plus de 70 ans de combat international en faveur des droits de l’Homme…. La pandémie ne doit pas servir de prétexte aux restrictions de l’espace de la société civile, au recul de l’Etat de droit, aux atteintes à la liberté d’expression ».
Avec de telles bases pourries, les incohérences ne peuvent pas étonner :
- En juillet et août, les divers contrôleurs de passe sanitaire n’avaient pas l’obligation d’avoir un passe sanitaire eux-mêmes.
- Passe sanitaire dans le TGV mais pas dans les TER ni dans le métro
- Passe sanitaire dans les Flixbus mais pas dans les autobus ni dans le métro
- Passe sanitaire chez les gendarmes mais pas dans la police
- Passe sanitaire dans les restaurants sauf les restaurants routiers
- Dans une église, pour les liturgies, pas de passe sanitaire. Dans la même église, avec éventuellement les mêmes personnes, pour un concert de musique sacrée, passe sanitaire exigé.
- Dans un hôpital, le passe sanitaire est exigé mais pas pour un avortement ni pour donner son sang.
- Validité du test de dépistage passé comme par magie de 48h à 72h.
- Absence de contrôle à l’Assemblée nationale au prétexte que, selon son président, « le lieu n’a pas vocation à accueillir du public» (et des citoyens ? Non plus ?)
La liste est incomplète, que chacun d’entre nous pourrait certainement enrichir.
Mais il faut reconnaître que parmi tous ces délires, il y a une sorte de cerise sur le gâteau à propos de l’état sanitaire jugé tellement catastrophique aux Antilles qu’il a amené M.Macron à monter en première ligne pour défendre la vaccination (Le Figaro, 12 août 2021) :

Le sous-titre de l’article principal est « la situation critique en outre-mer est devenue un argument ans la stratégie vaccinale du gouvernement » :
« C’est d’abord la « situation dramatique » en Guadeloupe et en Martinique que le chef de l’État a décrite en Conseil de défense. Des taux de circulation du virus « jamais connus » en France y sont relevés. Dans ces deux départements antillais, à peine 23 % de la population a reçu une première dose de vaccin, contre 67 % en métropole, selon les derniers chiffres de Santé publique France… « C’est la première fois depuis le début de l’épidémie qu’on fait face à un tel embrasement dans les Outre-mer, s’alarme un conseiller de l’exécutif. C’est précisément ce qu’on essayait d’éviter. »… Le chef de l’État a présenté cette flambée épidémique comme « la démonstration cruelle » que « la vaccination est le moyen le plus efficace » pour lutter contre le virus. Si la situation est si inquiétante aux Antilles, c’est parce que la couverture vaccinale n’est pas suffisante », a enchéri le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal ».
Le même article un peu plus loin explique :
« Face aux opposants de ce dispositif, de plus en plus nombreux dans les rues samedi après samedi, Emmanuel Macron continue de faire le pari de la fermeté ».
Et enfin, derniers éléments du décor :
« La tension hospitalière est extrême dans les deux îles, où il est prévu d’ouvrir une centaine de lits de réanimation supplémentaires grâce aux renforts de soignants venus de métropole ».
Au surplus, le conseil départemental de l’ordre des médecins de Martinique a prévenu les médecins exprimant publiquement une opinion anti-vaccins qu’ils seront passibles de sanctions disciplinaires.
Eh bien, vous le savez peut-être, le 26 août le même M.Véran tient un point presse. Il annonce que la date du 15 septembre pour l’obligation vaccinale des soignants est maintenue fermement…. sauf pour les Antilles. Motif : « on n’allait pas leur rajouter cette contrainte » ! Pour eux, l’obligation est reportée pour après la fin de la quatrième vague, que le ministre avoue ne pas connaître.
Bien sûr, cela n’empêche pas le même Véran de déclarer cinq jours après à propos du maire de Montfermeil, auteur d’un éditorial dans sa publication municipale plein de mesure et de bon sens :
« Le doute [sur les vaccins] tue toujours, j’étais en Martinique il y a une dizaine de jours, et j’ai vu ce que le variant Delta fait au sein d’une population qui refuse en partie (…) la vaccination pour de mauvaises raisons. Quand vous allez dans un hôpital, et que vous voyez des patients qui sont parfois jeunes (…). vous vous dîtes que c’est évitable.» (31 août)
Bien sûr, cela n’empêche pas cette information donnée depuis l’Elysée le 1er septembre : la prorogation de l’état d’urgence sanitaire en Outre-mer.
Truqueurs, menteurs, faussaires, bouffons, clowns, pervers : finalement, les qualificatifs nous manquent.
Les chrétiens afghans n’intéressent personne
Comme le rapporte Carlo Fidanza, député européen de Fratelli d’Italia et co-président de l’Intergroupe parlementaire pour la liberté religieuse, la situation est extrêmement préoccupante.
“Même avant le retrait américain de Kaboul, ces minorités se trouvaient à professer et à vivre leurs religions dans un environnement hostile, et maintenant elles risquent de subir de graves violences de la part des talibans”.
Fidanza a décrit la situation en Afghanistan, soulignant qu’il y a environ 10 000 chrétiens, “dont beaucoup sont “coupables” de s’être convertis de l’islam”, ce qui, selon la charia, est “un crime passible de mort”. Nombre d’entre eux sont contraints d’émigrer vers les pays voisins, comme le Pakistan, et le risque est de passer de la poêle à frire au feu, puisque là-bas, rappelle le député, “la loi contre le blasphème fait chaque jour de nouvelles victimes parmi les chrétiens”.
Fidanza a donc demandé à la Commission européenne de prendre des mesures pour les protéger en donnant un mandat fort à l’envoyé spécial pour la promotion et la protection de la liberté de religion ou de conviction en dehors de l’UE, Chrīstos Stylianidīs. Jusqu’à présent, souligne le député, l’attention portée par la communauté internationale à la situation des chrétiens a été totalement insuffisante.
“Malheureusement, je dirais que le manque d’attention ne concerne pas seulement les chrétiens afghans, mais les chrétiens en général”. “Nous sommes indignés pendant quelques heures à la nouvelle d’un massacre de chrétiens, d’un prêtre tué ou d’une église incendiée, mais ensuite rien n’est fait. C’est comme si l’Occident considérait ces communautés comme quelque chose d’autre et non comme un élément de notre propre culture et civilisation”.
Covid-19 : Les personnes vaccinées sont plus dangereuses que les personnes guéries
Lu sur Breizh.info :
En Israël, sur la base des données de santé de 2,5 millions de personnes, la survenue d’une infection à covidés chez des personnes vaccinées et récupérées a été méticuleusement enregistrée et évaluée scientifiquement sur une période de 17 mois. Les résultats sont frappants et jettent un doute considérable sur les arguments actuels des « experts » et des autorités.
L’étude (à consulter ici) intitulée « Comparaison entre l’immunité naturellement acquise contre le SRAS-CoV-2 et l’immunité induite par le vaccin : réinfections contre percées vaccinales » a été préparée par une équipe de dix médecins et épidémiologistes dirigée par le Dr Sivan Gazit, le Prof. Gabriel Chodick et le Dr Tal Patalon. Il ne s’agit pas de « francs-tireurs » ou d’obscurs « théoriciens du complot », mais de la crème de la crème de l’élite médicale israélienne. Il s’agit de scientifiques de haut niveau des services de santé Maccabi, le deuxième plus grand fournisseur de services médicaux d’Israël, qui dessert plus d’un quart de la population du pays, de l’hôpital universitaire d’Ashdod et de l’université médicale de Tel Aviv.
Résultat de l’étude : le risque d’infection par le Covid-19 chez les personnes vaccinées est 13 fois plus élevé que chez celles qui se sont remises d’une maladie liée au SRAS-CoV-2 et qui ont acquis leur immunité naturellement. Cela incluait explicitement la nouvelle variante delta ; tous les individus vaccinés étaient entièrement vaccinés avec BioNTech/Pfizer (BNT162b2). La probabilité d’une maladie symptomatique grave était 27 fois plus élevée chez les vaccinés que chez les guéris.
Il y a cependant un gros problème avec l’immunité naturelle : elle est gratuite.
Pour une Église synodale: communion, participation et mission
Le document préparatoire au synode sur la synodalité est en ligne ici.
On y lit notamment :
Vivre un processus ecclésial impliquant la participation et l’inclusion de tous, qui offre à chacun – en particulier à ceux qui pour diverses raisons se trouvent marginalisés – l’opportunité de s’exprimer et d’être écoutés pour contribuer à l’édification du Peuple de Dieu.
Cela rassurera-t-il les catholiques attachés à la messe selon le missel de 1962 ? Il est permis d’en douter.
Tous sont invités à parler avec courage et parrhésie, c’est-à-dire en conjuguant liberté, vérité et charité. Comment favorisons-nous, au sein de la communauté et de ses divers organismes, un style de communication libre et authentique, sans duplicités ni opportunismes? Et vis-à-vis de la société dont nous faisons partie? Quand et comment réussissons-nous à dire ce qui nous tient à cœur? Comment fonctionne le rapport avec le système des médias (pas seulement les médias catholiques)? Qui parle au nom de la communauté chrétienne et comment ces personnes sont-elles choisies?
Tous sont invités à parler. Quant à les écouter, c’est une autre affaire.
Expérimenter des modes d’exercice de la responsabilité partagée au service de l’annonce de l’Évangile et de l’engagement à construire un monde plus beau et plus habitable.
La capacité d’imaginer un futur différent pour l’Église et pour ses institutions, à la hauteur de la mission qu’elle a reçue, dépend pour une large part du choix d’entreprendre des processus d’écoute, de dialogue et de discernement communautaire, auxquels tous et chacun peuvent participer et contribuer. En même temps, le choix de “marcher ensemble” est un signe prophétique pour une famille humaine qui a besoin d’un projet commun, en mesure de rechercher le bien de tous.
C’est beau comme un concile printanier…
Mais qu’est-ce que le chemin synodal ? Voici la réponse limpide :
Il présente, en effet, une particularité qui constitue en même temps une extraordinaire ressource: son objet –la synodalité– est aussi sa méthode. En d’autres termes, il constitue une sorte de chantier ou d’expérience pilote, qui permet de commencer à recueillir, dès à présent, les fruits du dynamisme que la conversion synodale progressive distille dans la communauté chrétienne. D’un autre côté, il ne peut que renvoyer aux expériences de synodalité déjà vécues, à différents niveaux et à différents degrés d’intensité: leurs points de force et leurs réussites, de même que leurs limites et leurs difficultés, offrent des éléments précieux pour discerner la direction vers laquelle continuer à évoluer. Certes, nous nous référons ici aux expériences suscitées par le présent chemin synodal, mais aussi à toutes celles à travers lesquelles l’on expérimente déjà des formes de ce “marcher ensemble” dans la vie ordinaire de l’Eglise, même lorsque l’on ne connaît pas ou que l’on n’utilise pas encore le terme de synodalité.
Même le pipotron est dépassé.
Enfin, n’oublions pas que
le but du Synode, et donc de cette consultation, n’est pas de produire des documents, mais de «faire germer des rêves, susciter des prophéties et des visions, faire fleurir des espérances, stimuler la confiance, bander les blessures, tisser des relations, ressusciter une aube d’espérance, apprendre l’un de l’autre, et créer un imaginaire positif qui illumine les esprits, réchauffe les cœurs, redonne des forces aux mains».
Et faire grandir la Foi peut-être ?
Selon Edouard Philippe, le niveau du clergé a globalement baissé
Journaliste à Valeurs Actuelles, Tugdual Denis vient de publier une biographie d’Édouard Philippe. Entre le début de l’automne 2020 et la fin du printemps 2021, il a multiplié les allers-retours au Havre pour échanger longuement avec l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron. Édouard Philippe se livre sur tous les sujets : relations internationales, islam, intégration, avenir de la France… Voici ce qu’il déclare sur l’Eglise et la liturgie :

La Cour suprême du Mexique a jugé inconstitutionnelle la criminalisation de l’avortement
La Cour s’est réunie en séance plénière pendant deux jours pour examiner la constitutionnalité des articles du code pénal de l’État de Coahuila, dans le nord du Mexique, qui punissent les femmes qui se font avorter, avec des peines pouvant aller jusqu’à trois ans de prison. Ces articles ont été déclarés inconstitutionnels à l’unanimité des dix juges présents, ce qui établit une jurisprudence pour les tribunaux dans le pays.
Cet arrêt a une portée nationale car il va permettre aux femmes qui vivent dans des États où l’avortement est criminalisé d’avoir accès à l’avortement sur décision d’un juge.
Le Mexique est un régime fédéral où les États sont autonomes dans l’adoption de leurs lois, mais celles-ci peuvent être invalidées par le biais d’un recours lorsqu’elles contreviennent à des arrêts de la Cour suprême qui font jurisprudence, comme celui de mardi.
La ville de Mexico a dépénalisé l’avortement jusqu’à 12 semaines de grossesse en 2007. Oaxaca, Veracruz et Hidalgo sont d’autres États qui ont dépénalisé l’avortement jusqu’à 12 semaines de grossesse.
Nouveau syndicat Liberté santé
Un lecteur me signale la création du Syndicat Liberté Santé, dont le but est de soutenir le personnel médical faisant face à une obligation vaccinale. Tout personnel médical peut y adhérer, et tout le monde peut y contribuer financièrement.
Extrait du manifeste :
Nous affirmons qu’aucun individu, ni aucun groupe d’individus, pas même l’Etat, n’a le droit de disposer du corps des professionnels membres, ni d’aucune autre personne.
La liberté que nous défendons est celle qui n’enfreint jamais la dignité humaine.
La santé que nous défendons est au sens noble l’état de complet bien-être physique, mental et social et non seulement une absence de maladie ou d’infirmité.
Dans la crise provoquée par la gestion de cette épidémie et au-delà, le Syndicat Liberté Santé a pour but de défendre la qualité des soins, la liberté de prescription, le libre-arbitre de tous ses membres, afin d’apporter la réponse la plus adaptée à chaque patient, en fonction de la situation sanitaire individuelle et globale, tenant compte de l’état actuel des données cliniques et scientifiques indépendantes et exemptes de tout conflit d’intérêt.
Nous affirmons que chaque professionnel contribue par ses compétences, son expérience, son humanité et son engagement à la réussite de notre système de santé.
Nous défendons la diversité des compétences professionnelles de chacun des acteurs du soin, afin d’assurer la valeur absolue du libre choix du patient et du soignant au-delà des recommandations opposables, garantissant ainsi la prévalence de la singularité sanitaire et excluant toute protocolisation systématique.
Le Syndicat appelle à la grève les professionnels de santé, en raison de l’obligation vaccinale, qui doit être effective au 15 septembre.
C’est arrivé un 8 septembre…
“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum.
Alors rappelons-nous :
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le 8 septembre : fête de la Nativité de Notre Dame.
Nativité de la Vierge, vers 1410-1420, Musée de l’Œuvre Notre-Dame, Strasbourg
C’est selon la tradition, à Jérusalem, dans une basilique proche de la piscine probatique, où serait née la sainte Vierge, que s’est d’abord célébrée la Nativité de Notre-Dame.
La Nativité de la Vierge Marie est aussi citée dans les homélies d’André de Crète (660-740):
« Aujourd’hui comme pour des noces, l’Eglise se pare de la perle inviolée, de la vraie pureté. Aujourd’hui, dans tout l’éclat de sa noblesse immaculée, l’humanité retrouve, grâce aux mains divines, son premier état et son ancienne beauté. Les hontes du péché avaient obscurci la splendeur et les charmes de la nature humaine ; mais, lorsque naît la Mère de celui qui est la Beauté par excellence, cette nature recouvre en elle ses anciens privilèges, elle est façonnée suivant un modèle parfait et entièrement digne de Dieu. Et cette formation est une parfaite restauration et cette restauration est une divinisation et cette divinisation, une assimilation à l’état primitif. Aujourd’hui, contre toute espérance, la femme stérile devient mère et cette mère, donnant naissance à une descendance qui n’a pas de mère, née elle-même de l’infécondité, a consacré tous les enfantements de la nature. Aujourd’hui est apparu l’éclat de la pourpre divine, aujourd’hui la misérable nature humaine a revêtu la dignité royale. Aujourd’hui, selon la prophétie, le sceptre de David a fleuri en même temps que le rameau toujours vert d’Aaron, qui, pour nous, a produit le Christ rameau de la force. Aujourd’hui, une jeune vierge est sortie de Juda et de David, portant la marque du règne et du sacerdoce de celui qui a reçu, suivant l’ordre de Melchisédech, le sacerdoce d’Aaron. Pour tout dire en un mot, aujourd’hui commence la régénération de notre nature, et le monde vieilli, soumis à une transformation divine, reçoit les prémices de la seconde création.
C’est à la fin du VIIème siècle, sous le pontificat du pape Serge Ier (cf. plus bas) que l’on trouve la première trace officielle de la célébration de la Nativité de la sainte Vierge. Le Pape, en sandales, mène une procession de la basilique Saint-Adrien à celle de Sainte-Marie-Majeure.
Mille ans plus tard, Benoît XIV (1740-1758), dans l’Histoire des Mystères et des fêtes, raconte que chaque année, au 8 septembre, un solitaire entend des chants célestes ; quand il en demande la cause à Dieu, il lui est répondu que c’est en l’honneur de la naissance de la Vierge Marie qui se célèbre au Ciel et qu’il en est averti car Marie étant née pour les hommes, il devrait faire en sorte que cette fête fût aussi célébrée sur terre. Le solitaire se rendit auprès du Pape qui, au récit de la vision, institue la fête de la Nativité de la sainte Vierge.
En France, la fête la Nativité de sa sainte Vierge porte longtemps le titre de Notre-Dame Angevine, rappelant que la Vierge Marie, apparait, en 430, près de Saint-Florent, au saint évêque Maurille d’Angers pour lui demander l’institution de la fête de sa Nativité. Aidé par le Roi Robert le Pieux, Fulbert, évêque de Chartres fait introduire la fête de la Nativité de la sainte Vierge dans le nord du Royaume.
Tiré du site missel.free.fr.
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le 8 septembre : saints du jour français ou en France.
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Saint Corbinien : Évêque de Freising, en Bavière († 725)
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Il est fêté le 8 septembre dans le diocèse d’Évry et le 20 novembre en Bavière
Corbinien naît entre 670 et 680 à Saint-Germain-de-Châtres (aujourd’hui Saint-Germain-lès-Arpajon dans le département de l’Essonne). Son père Waldechise mourut peu de temps avant sa naissance et il reçut le nom de sa mère qui s’appelait Corbinienne.
Il vécut pendant une quinzaine d’années en reclus, dans une cellule qu’il avait construit à côté d’une église consacrée à saint Germain d’Auxerre (Saint-Germain-lès-Arpajon) où il formait des clercs pour le service pastoral.
Lors d’un pèlerinage à Rome, il fut remarqué par St Grégoire II (715-731) qui lui conféra la consécration épiscopale et l’envoya évangéliser les Gaules puis la Bavière où, aidé par le duc Grimoald de Freising, il devint le premier évêque de ce qui sera plus tard une partie du diocèse de Munich, encore que le premier évêque proprement résidentiel ne fut que son successeur, Erimbert, installé et sacré par saint Boniface en 739.
On suppose qu’il mourut dans son diocèse le 8 ou le 9 septembre 725 : au matin, il prit un bain, se fit refaire la tonsure et, après avoir célébré la messe, fut reconduit chez lui où, après avoir bu un peu de vin et baisé le crucifix, il mourut paisiblement. Il avait demandé qu’on l’enterrât sur le Zeno-Berg, près de Meran où sa dépouille resta jusqu’à ce qu’un de ses successeurs, l’évêque Arbeo, qui fut aussi son biographe, le fit transférer dans la crypte de la cathédrale Sainte-Marie de Freising (20 novembre 768).
En 1711, le curé de la paroisse Saint-Germain de Châtres (Saint-Germain-lès-Arpajon) demanda au chapitre de Freising des reliques de saint Corbinien et il reçut une vertèbre, une côte entière et un fragment de côte qui furent mis dans une châsse de bois doré, exposée dans le mur, derrière le maître-autel ; le cardinal de Noailles permit l’établissement d’une confrérie ; les curés de Saint-Germain furent nommés chanoines honoraires de la cathédrale de Freising dont ils portaient l’habit.
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BBx Antoine de Saint-Bonaventure (prêtre o.f.m.), Dominique Castellet (prêtre dominicain) et 19 laïcs japonais : Martyrs († Nagasaki 1628)
À Nagasaki au Japon, en 1628, les bienheureux martyrs Antoine de Saint-Bonaventure, franciscain, Dominique Castellet, dominicain, tous deux prêtres, et 19 laïcs japonais appartenant au Tiers-Ordre de Saint Dominique : Lucie-Louise, veuve, Jean Tomachi et ses fils, Dominique, Michel, Thomas et Paul, Jean Imamura, Paul Sadayu Aybara, Romain Aybara et son fils Léon, Jacques Hayashida, Matthieu Alvarez, Michel Yamada et son fils Laurent, Louis Higashi et ses fils François et Dominique. Tous, même des enfants, subirent le martyre pour le Christ.
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Bx Frédéric Ozanam : « Apôtre de la charité », « Époux et père de famille exemplaire » Cofondateur de la « Société de Saint-Vincent-de-Paul »
Frédéric Ozanam naît le 23 avril 1813 à Milan, cinquième d’une famille nombreuse. Son enfance est marquée par la mort de onze de ses quatorze frères et sœurs. Le chagrin de ses parents marquera fortement sa sensibilité, en le rendant particulièrement attentif à la vie et aux douleurs de ses semblables. En 1815, la famille Ozanam rentre en France et finit par s’installer définitivement à Lyon en 1817.
Frédéric, étudiant, est un fervent catholique qui s’affirme comme tel : il n’hésite pas à intervenir en cours pour dénoncer, avec conviction et courage, les thèses rationalistes de professeurs athées qui, à ses yeux, portaient atteinte à Dieu et à son amour pour l’humanité. Il fréquente les catholiques libéraux comme Montalembert et participe aux Conférences d’Histoire fondée par Emmanuel Bailly, où de jeunes étudiants catholiques retrouvent des camarades incroyants pour discuter de sujets divers.
Docteur en droit en 1836, Frédéric devient avocat à la Cour royale de Lyon. Mais, plus attiré par le professorat, il obtient en 1839 la chaire de droit commercial de Lyon. Passionné par la littérature et l’histoire (il avait obtenu son doctorat de lettres en janvier 1839), il est reçu en 1840 à l’agrégation ; on lui propose alors d’être professeur suppléant de littérature comparée à la Sorbonne. Il exercera ce métier avec passion et rigueur, affirmant toujours sa foi. En 1846, il tombe malade et doit arrêter ses cours.
Un jour, lors de l’une de ces conférences, quelqu’un l’apostrophe : « Votre Foi, dit-il, est dans les livres, non dans les œuvres ; que faites-vous pour aider les pauvres, les déshérités ? ».
Timide, mais bien documenté, il se lève d’un bond : « L’Église a toujours été l’amie des pauvres, répond-il. Le Christ est venu pour sauver tous les hommes. Des débuts du christianisme jusqu’à nos jours, l’Église a conjugué tous ses efforts pour bannir l’esclavage, c’est elle qui… ». Mais son adversaire l’interrompt : « Vous parlez du passé, M. Ozanam, moi je vous demande ce que font les catholiques d’aujourd’hui, vous, vos compagnons ? ». Cette conversation fait réfléchir le jeune Frédéric qui choisit de joindre l’action à la parole, en démontrant, par une œuvre concrète, la vitalité de la foi catholique.
Il décide de s’engager en aidant les plus démunis. Accompagné par sept amis, il fonde, le 23 avril 1833, une « Société de charité » dont les membres rendent visite à domicile à des familles pauvres et établissent ainsi une relation directe avec ceux qui souffrent. Il a alors tout juste 20 ans. Avec l’aide et sur les conseils de Sœur Rosalie, Fille de la Charité proche des pauvres du quartier Mouffetard, cette société deviendra, en 1835, la « Société de Saint-Vincent-de-Paul ».
Aujourd’hui, la SSVP est répandue sur tous les continents et compte 800.000 bénévoles agissant dans près de 150 pays.
En cette période troublée de la Révolution de février 1848, Frédéric Ozanam défend la situation des plus pauvres et des ouvriers. Selon lui, cette révolte engendrera « un progrès qu’il faut soutenir. J’y reconnais l’avènement temporel exprimé par ces trois mots : Liberté, Égalité, Fraternité. Je veux donc la souveraineté du peuple. »
Il avance des idées qui, cinquante ans plus tard, seront reprises par l’Église et la société : « La question qui divise les hommes de nos jours n’est plus une question de formes politiques, c’est une question sociale, c’est de savoir qui l’emportera de l’esprit d’égoïsme ou de l’esprit de sacrifice. Il y a beaucoup d’hommes qui ont trop et qui veulent avoir encore ; il y en a beaucoup plus d’autres qui n’ont pas assez, qui n’ont rien et qui veulent prendre si on ne leur donne pas. Entre ces deux classes d’hommes, une lutte se prépare ; et cette lutte menace d’être terrible : d’un côté la puissance de l’or, de l’autre la puissance du désespoir. »
« Il faut donc qu’avec son salaire, l’ouvrier puisse pourvoir aux frais d’éducation et d’instruction de ses enfants. Sa force active est un capital qui doit tarir un jour. L’invalidité et la vieillesse viendront. L’ouvrier a donc droit à la retraite. Car si un travailleur ne trouvait pas dans son salaire les éléments de sa retraite, il aurait placé sa vie à fonds perdus. »
En juin 1841, Frédéric se marie avec Amélie Soulacroix. De leur union naîtra « petite Marie » en août 1845. Malgré leur désir, ce sera leur seul enfant. Le couple Ozanam est rayonnant d’amour, et le restera jusqu’au bout. Frédéric est éperdument amoureux de sa femme : « Je me laisse être heureux, je ne compte plus les moments ni les heures, le cours du temps n’est plus pour moi, que m’importe l’avenir ? Le bonheur dans le présent, c’est l’éternité, je comprends le Ciel ». Amélie est une compagne qui partage tous les choix de son mari ; ce fut un couple d’une belle fécondité que l’amour réciproque et le soutien mutuel n’ont pas rendu sourd aux détresses des pauvres.
La sensibilité et le charisme de Frédéric impressionneront beaucoup ses contemporains. Toute sa vie, familiale, professionnelle et civique, sera tournée vers le profond désir de se mettre au service de la vérité et « d’enserrer le monde d’un réseau de charité. »
À Marseille, le 8 septembre 1853, à l’âge de 40 ans, il quitte sa demeure terrestre pour la rencontre avec Dieu.
Le diocèse de Paris a entamé la procédure de béatification de Frédéric Ozanam en 1925. La cause de béatification a été conclue en juin 1996 et saint Jean Paul II l’a proclamé « bienheureux » le 22 août 1997, en la cathédrale Notre-Dame de Paris, au cours des Journées mondiales de la jeunesse de Paris. Il a déclaré alors : « On peut voir en Frédéric Ozanam un précurseur de la doctrine sociale de l’Église, que le pape Léon XIII développera quelques années plus tard dans l’encyclique Rerum Novarum ».
Ces idées seront reprises dans les encycliques Quadragesimo Anno de Pie XI, écrite en 1931 au lendemain de la grande crise économique de 1929, et Centesimus Annus (1er mai 1991) de saint Jean Paul II.
Œuvres de Frédéric Ozanam
Son œuvre imprimée est importante. Entre 1855 et 1865 ont été publiées en 11 tomes ses Œuvres complètes.
I et II : La Civilisation au Ve siècle. Leçons faites à la Sorbonne en 1850-1851 avec en appendice une étude de 1850 Des écoles et de l’instruction publique en Italie aux temps barbares.
III et IV : Études germaniques dont Les Germains avant le Christianisme (1847) et La civilisation chrétienne chez les Francs(1849). Leçons faites à la Sorbonne et publiées.
V : Les Poètes franciscains en Italie au treizième siècle, réimpression du livre de 1852, suivie d’un mémoire sur Les sources poétiques de la Divine Comédie.
VI : Dante et la philosophie catholique au treizième siècle, thèse du doctorat ès-lettres soutenue en 1839. Essai sur la philosophie de Dante, complétée et remaniée en 1845.
VII et VIII : Mélanges, comprenant de nombreuses études dont Réflexions sur la doctrine de Saint-Simon (1831), Du progrès par le christianisme (1835), Deux chanceliers d’Angleterre : Bacon de Vérulam et St Thomas de Cantorbéry (1836), Discours sur la puissance du travail (1843), La littérature allemande au Moyen Age (1841), Des Niebelungen et de la Poésie lyrique (1842), Sur le bouddhisme (1842), Du divorce, Extraits de l’Ère nouvelle, Un pèlerinage au pays du Cid (1853), Discours aux Conférences de Saint-Vincent-de-Paul (Florence et Livourne, 1853), etc.
IX : Le Purgatoire de Dante, traduction et commentaires, leçons de Sorbonne de 1847 à 1850.
X et XI : Lettres.
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St Pierre de Chavanon : prêtre à Pébrac († V. 1080)
À Pébrac sur le territoire du Puy, vers 1080, saint Pierre de Chavanon prêtre. Désireux d’une vie plus parfaite, il se cacha dans ce lieu de retraite, où il fonda un monastère de chanoines réguliers, dont il fut le supérieur.
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le 8 septembre 701 : décès du pape saint Serge Ier.
Serge Ier est le pape qui introduit dans l’Église romaine, la célébration de la Dormition de la Vierge Marie le 15 août, fête déjà répandue dans l’Église d’Orient et qui deviendra l’Assomption. Il institue également la fête de la Nativité de la Vierge Marie qui lui fait le cadeau d’entrer dans son éternité ce jour là.
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le 8 septembre 1100 : mort du pape Clément III.
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le 8 septembre 1276 : élection du pape Jean XXI.
Après la mort du pape Adrien V, Pedro Hispano est élu pape et prend le nom de Jean XXI. Très intéressé de chirurgie, il est le seul pape médecin et chirurgien. Il meurt huit mois plus tard, le 20 mai 1277, des séquelles, suite à un grave accident survenu dans la cathédrale de Viterbe, dont il dirigeait les travaux. Il y est inhumé.
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le 8 septembre 1565 : délivrance de Malte occupée par les musulmans en la fête de la nativité de la Sainte Vierge.
Ce jour a lieu une dernière bataille entre Chrétiens et musulmans ; battus ces derniers rembarquent. Le siège s’achève.
Levée du Siege de Malte (1843) par Charles-Philippe Larivière (1798-1876). Salles des Croisades, Palais de Versailles.
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le 8 septembre 1612 : fondation d’une ville française au Brésil, par Daniel de la Touche.
Daniel de la Touche, seigneur de la Ravardière, arrive au port de Javiré sur l’île de Maranhão avec de trois bâtiments : la Régente, la Charlotte et la Sainte-Anne. Il y construit un fort, auquel il donne le nom de Saint-Louis (São Luis), en l’honneur du Roi de France Louis XIII. C’est à partir de ce fort que se crée ensuite la ville de Saint-Louis de Maranhão ou São Luis do Maranhão.
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le 8 septembre 1621 : naissance de Louis II de Bourbon-Condé, dit le Grand Condé.
Louis II de Bourbon-Condé, aussi appelé le Grand Condé, porte aussi les titres de prince de Condé, duc de Bourbon, duc d’Enghien, duc de Montmorency, duc de Châteauroux, duc de Bellegarde, duc de Fronsac, gouverneur du Berry, pair de France, premier prince du sang. Il naît à Paris le 8 septembre 1621, et meurt à Fontainebleau le 11 décembre 1686.
Général français pendant la guerre de Trente Ans, il est l’un des meneurs de la Fronde des princes. Elève des jésuites de Bourges, il s’intéresse surtout à l’art militaire auquel il s’initie lors du siège d’Arras. Il commande l’armée de Picardie à 21 ans et barre la route de Paris aux Espagnols de Philippe IV. Il remporte plus tard l’éclatante bataille de Rocroi, peu de jour après la mort du Roi Louis XIII et y gagne une renommée nationale extraordinaire.
Il remporte ensuite envoyé la bataille de Fribourg en 1644, de Nördlingen en 1645 ; prend Dunkerque en 1646; mais échoue en Catalogne, devant Lérida ; renoue avec la victoire de Lens sur l’archiduc Léopold-Guillaume. Pendant la Fronde, il soutient d’abord la régence, durant la minorité de Louis XIV, puis s’oppose au cardinal Mazarin, qu’il appelle « le faquin écarlate ». Remportant toutes les batailles entre 1643 à 1648, il réclame pour lui l’amirauté et pour ses amis tous les postes de responsabilité dans l’armée. Le 18 janvier 1650 (voir la chronique du jour), la Régente le fait jeter en prison avec son frère le prince de Conti et son beau-frère le duc de Longueville. Libéré 13 mois plus tard par les frondeurs, il en prend la tête, et négocie avec les Espagnols et les Anglais, puis marche sur Paris. Mais le Roi et Turenne le battent à la bataille de Bléneau le 7 avril 1652, puis à Étampes en mai, et enfin au faubourg Saint-Antoine à Paris, où la duchesse Anne-Marie-Louise d’Orléans, la Grande Mademoiselle, fait tirer les canons sur les troupes royales pour permettre à son cousin de se réfugier dans la ville (voir la chronique du 2 juillet). Passant côté espagnol, il est encore battu par Turenne à la bataille des Dunes.
Il obtient le pardon royal, lors du traité des Pyrénées (voir la chronique du 7 novembre). Il combat à nouveau aux côtés des armées royales de Turenne lors de la guerre de Hollande, en 1672 et bat le prince d’Orange Guillaume III d’Angleterre à la bataille de Seneffe en 1674.
Il décède dans son château de Chantilly, entouré de musiciens et de poètes, cultivant les lettres et les arts. Voltaire lui reproche comme un signe de sénilité sa conversion au parti dévot et ses deux dernières années de sa vie profondément pieuses. C’est Bossuet qui prononce sur son cercueil une oraison funèbre, un chef-d’œuvre du genre : Oraison funèbre de très haut et très puissant prince Louis de Bourbon.
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le 8 septembre 1760 : capitulation de Montréal.
Peu de temps après la capitulation de Québec, Montréal, dirigée par le gouverneur Vaudreuil, capitule à son tour. La totalité de la Nouvelle-France passe désormais aux mains des Anglais avec le traité de Paris, en 1763.
La capitulation de Montréal, document rédigé en français, a lieu le 8 septembre 1760. François de Lévis, commandant militaire, rend les armes, brûlant ses drapeaux au lieu de les remettre aux Anglais. Les 55 articles sont presque tous accordés par Amherst, sauf ceux qui font référence aux Acadiens. Les Français ont demandé un large éventail de garanties quant-à la protection des habitants de la Nouvelle France: les Français, les Canadiens, les Acadiens et les Sauvages (Amérindiens). Vaudreuil demande que tous les habitants se voient reconnaître les mêmes droits et privilèges que les autres sujets de la couronne britannique.
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le 8 septembre 1793 : bataille d’Hondschoote, victoire de l’armée française commandée par Houchard contre les armées coalisées.
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le 8 septembre 1796 : victoire française à la bataille de Bassano.
La bataille de Bassano, en Italie, a lieu durant la guerre entre la France révolutionnaire et l’Autriche. La France récupère alors 30 canons, 200 chariots et fait 2 000 prisonniers.
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le 8 septembre 1914 : apparition de Notre Dame à Paris.
Le 8 septembre 1914, à 10 heures du matin, à l’intérieur de la chapelle Notre-Dame des Armées, à Versailles, la Mère de Dieu apparaît à Marcelle Lanchon, 23 ans à l’époque, future religieuse sous le nom de sœur Marie-France :
“Si, en union avec mon divin Fils, j’aime toutes les nations qu’il a rachetées de son Sang, vois comme je chéris particulièrement ta chère patrie. Mon Fils désire que l’on fasse des images et des statues me représentant ainsi, et qu’on m’invoque sous le vocable de Reine de France. Si l’on répond à ce nouveau désir de son divin Cœur, la France redeviendra tout particulièrement mienne. Je la prendrai à jamais sous ma maternelle protection et mon Fils se plaira à répandre sur elle d’abondantes bénédictions.” Puis elle se mit à prier Jésus-Christ : “Mon Fils, pardonnez-lui, elle vous aime toujours puisqu’elle n’a jamais cessé de m’aimer.”
Le 8 septembre 1914, est aussi le jour où a lieu ce que l’on a appelé « le miracle de la Marne » voir les chroniques des 5, 6 et 12 septembre.
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le 8 septembre 1943 : libération d’Ajaccio, première ville française libérée.
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le 8 septembre 1946 : naissance du Secours Catholique.
Dont la directrice en 2014, Véronique Fayet, s’affirme catholique pratiquante sur sa fiche Wikipédia. Elle y affirme aussi : « qu’il ne faut pas s’arrêter aux questions morales (avortement, etc.…) qui divisent mais qu’il faut aider les pauvres parce que c’est le moyen de se réunir.
Elle a aussi été une des fondateurs et secrétaire générale du réseau ELISAN de 2008 à 2013, European local inclusion and social action network.
ELISAN est une de ces milliers d’organisations européennes qui « diffusent l’esprit européen à travers des actions de sensibilisation aux merveilles de la solidarité bâtisseuse de paix » et dont le but est : « d’Etablir la dimension sociale de la cohésion territoriale en Europe », établir « une société cohésive, communauté solidaire composée d’individus libres poursuivant des buts communs par des voies démocratiques ».
Le président fondateur de cette association, Patrick KANNER, est un franc-maçon, membre de la loge La Lumière du Nord depuis 1984, adhérent du PS depuis des décennies, homme lige de Martine Aubry, et président du Conseil Général du Nord.
Voir Riposte Catholique du 26 juillet 2014.
Etat d’urgence sanitaire prolongé jusqu’au 15 novembre
L’Assemblée nationale vient d’adopter en première lecture un projet de loi prolongeant l’état d’urgence sanitaire dans les départements d’outre-mer jusqu’au 15 novembre, par 90 voix pour et 13 contre.
Le groupe LR semblait absent et Marine Le Pen a voté pour.
Bientôt la métropole ?

Censure : un film pro-vie doit être interdit aux moins de 18 ans
Hystérique, Bérengère Poletti, député LR, a interrogé le ministre des solidarités et de la santé sur la diffusion à la télévision du film Unplanned, pouvant constituer un délit d’entrave d’accès à l’interruption volontaire de grossesse.
Le 16 août 2021, la chaîne C8 a diffusé, à une heure de grande écoute, un film intitulé Unplanned. Ce dernier, produit par un studio chrétien évangélique et déconseillé à un public âgé de moins de 10 ans, relate le parcours d’une ancienne directrice du planning familial aux États-Unis d’Amérique devenant militante anti-IVG. La diffusion de ce film a provoqué une importante vague de contestations sur les réseaux sociaux. Les associations et de très nombreux internautes défendant l’IVG dénoncent une « propagande anti-avortement » basée sur des mensonges et accusent la chaîne de se rendre coupable du délit d’entrave d’accès à l’IVG. En effet, ce film présente une vision biaisée de ce qu’est l’avortement et cherche à manipuler les téléspectateurs en montrant des images dénuées de toute véracité. Alors que le droit à l’IVG est sans cesse menacé et remis en question, des structures associatives demandent la réévaluation du sigle « moins de 10 ans » en « moins de 18 ans » pour ces contenus et exigent que la diffusion de ces derniers soit accompagnée d’un documentaire expliquant objectivement le déroulement de l’IVG et du rôle joué par le planning familial. Afin d’éviter toute situation similaire et menaçant un droit acquis après de longues années de lutte en France, elle lui demande comment il entend contrôler davantage la diffusion à la télévision de ces contenus à la propagande anti-avortement avérée.
Où l’on découvre le lien entre le rituel satanique et l’avortement
La nouvelle loi pro-vie du Texas, qui interdit la plupart des avortements, est attaquée par le groupe The Satanic Temple [TST], basé dans le Massachusetts, qui affirme que la loi porte atteinte à la liberté de religion du groupe. Dans une lettre adressée à la Food and Drug Administration, Matthew A. Kezhaya, avocat du Temple satanique, a demandé que l’organisation bénéficie d’une exemption religieuse lui permettant d’accéder sans ordonnance aux médicaments abortifs mifepristone et misoprostol dans le cadre de son rituel « sacramentel » d’avortement.
« Les membres de TST utilisent ces produits dans un cadre sacramentel. Le rituel satanique d’avortement est un sacrement qui entoure et inclut l’acte abortif. Il est conçu pour combattre les sentiments de culpabilité, de doute et de honte et pour permettre au membre d’affirmer ou de réaffirmer son pouvoir et son contrôle sur son propre esprit et son propre corps. Les restrictions sur ces médicaments interfèrent substantiellement avec le rituel d’avortement satanique, parce que le gouvernement empêche les membres d’avoir accès aux médicaments impliqués dans le rituel ».
« la bataille pour le droit à l’avortement est en grande partie une bataille de points de vue religieux concurrents, et notre point de vue selon lequel le fœtus non viable fait partie de l’hôte fécondé est heureusement protégé par les lois sur la liberté religieuse ».
Le temple a déjà tenté d’utiliser la liberté religieuse pour lutter contre les lois sur l’avortement dans le Missouri, en vain.
Éric Zemmour aide puissamment à clarifier le débat
De Guillaume de Thieulloy dans les 4 Vérités :

Ajoutons que, côté RN, Marine Le Pen, qui avait dans un premier temps refusé de débattre avec l’écrivain, a annoncé avoir accepté de dîner avec Éric Zemmour et Robert Ménard. Robert Ménard, à la fois proche de Zemmour et de la présidente du Rassemblement national, a appelé les deux à dialoguer à l’approche de la présidentielle. Gilbert Collard et Thierry Mariani ont également plaidé en faveur d’une rencontre entre Marine Le Pen et Éric Zemmour. Selon Emmanuelle Ménard, la rencontre ne devrait pas se faire “sous les projecteurs”, le dîner devant être privé.
La Commune de Paris ou Le carnaval sanglant du Général Ambert

Nous commémorons cette année le tragique anniversaire de la Commune de Paris.
Ce mythe sanglant servit de laboratoire aux bolcheviques de Lénine, mais il fut d’abord une tragédie française – et il est surprenant que des Français continuent à y voir un événement porteur d’espoir, alors que le nihilisme de ces révolutionnaires avinés n’a obtenu qu’un résultat : doubler la défaite militaire d’une guerre civile dont nous ne sommes pas vraiment sortis.
Il faut remercier les éditions Edilys d’avoir reproduit l’ouvrage du général Joachim Ambert publié dans la chaleur des événements.
Il remet ceux-ci en perspective, sans concession pour les assassins et les tribuns de tavernes
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Paru dans les 4 Vérités hebdo
Daniel-Ange, un « prophète » du Très-Haut ?
De notre envoyé spécial Antoine Bordier

A près de 90 ans, il garde une éternelle jeunesse. Dès qu’il s’éveille, il semble bondir d’allégresse. Il transforme toute pensée en prière, toute parole en louange, toute blessure en guérison. Comme si une eau vive jaillissait de lui. Dans un petit ermitage des Monts-Voiron, chez les sœurs de la communauté de Bethléem, au-dessus de Genève, il est là, presque caché, voilé. A près de 1 369 mètres d’altitude, il est en retraite-active. Reportage sur un homme de Dieu, que certains appellent « le prophète ». Première partie de notre trilogie.
Sur le GPS, le monastère Notre-Dame de la Gloire-Dieu, est à 33 kms de Genève, et, à 69 d’Annecy. La route est belle, elle monte vite vers les hauteurs majestueuses où les collines avoisinantes rivalisent de beautés verdoyantes. La route devient montagneuse à partir du village de Boëge. Il reste une dizaine de kilomètres. Les lacets se multiplient. Il n’y a personne sur la route, en cette après-midi d’été. La forêt vous encercle soudain, comme pour vous montrer que vous entrez dans un nouveau monde : celui de la montagne, de la montagne de Dieu. Vous êtes dans les Préalpes du Chablais. La fenêtre ouverte, le parfum des épicéas mêlé de bois, d’épines, et de terre calcaire et sablonneuse, s’engouffre dans la voiture et rivalise avec les senteurs de mélèze. Vous stoppez net, lorsqu’un chevreuil traverse la route. Il est jeune, tout de brun-clair vêtu. A travers une percée entre les arbres, vous apercevez plus bas, au loin, le lac Léman, Genève, et, toute la vallée. Puis, une pancarte indique : Monastère de Bethléem.
Les sœurs sont une vingtaine à vivre dans ce lieu où Jack London, le célèbre écrivain américain, aurait aimé écrire l’un de ses romans. Discrètes, elles sont affairées entre les travaux, les offices, et, l’accueil. Elles n’ont pas une minute à elles. D’ailleurs, n’ont-elles pas tout donné ? C’est en 1967, qu’elles choisissent de s’établir dans ce haut-lieu marial, où aimait se rendre saint François de Sales. Cet évangélisateur du 16è et du 17è siècle était, aussi, un homme de cœur, un apôtre. Il se rendait dans les montagnes, sans doute comme le Christ, pour rencontrer Dieu, loin des hommes et du monde. Lui-aussi avait son ermitage. C’est un point commun avec Daniel-Ange. Il y en a d’autres. Ce qui réunit les deux hommes, c’est, certainement, ce don de soi. Ils ont tout donné. Ils sont devenus des disciples. Leurs vies sont des prophéties. En ces temps qui sont les derniers, et où « les signes se multiplient », comme aime le répéter le père, les paroles de celles et de ceux qui tutoient le Très-Haut sont très certainement à rechercher, pour les chasseurs de trésors, du Trésor. A Lourdes, en 1858, sainte Bernadette, la voyante analphabète et illettrée, disait : « Je suis chargée de vous le dire, pas de vous convaincre. » Les voyants de Fatima diront la même chose, le miracle du soleil et les secrets en plus.
« Je viens ici depuis une dizaine d’années, explique Daniel-Ange. Mais, la première fois, c’était il y a 50 ans. J’étais étudiant à Fribourg, et, je venais souvent le we. J’ai écrit un de mes premiers livres, sur l’icône de la Trinité de Roublov, qui s’appelle : L’étreinte de feu. »
Enfant, serviteur et témoin
A peine voûté, Daniel-Ange de Maupeou d’Ableiges, comme son nom l’indique, appartient à la noblesse aristocratique de France et de Belgique. Né le 17 octobre 1932, dans une fratrie de 4 garçons, il baigne, dès le plus jeune âge, dans une vie de famille riche de valeurs, où son père, Gaston, est officier de la marine française, et, sa mère, Hedwige, est pilote de l’air, dans l’armée belge. C’est pour cela qu’il a la nationalité franco-belge. Il vit, déjà, entre terre, mer et ciel, entre la France et la Belgique. Le sang qui coule dans ses veines est bleu, marqué par une renommée politique, puisque deux de ses aïeuls ont été Garde-des-Sceaux de Louis XV et de Louis XVI. La branche d’Ableiges est l’une des 2 branches généalogiques encore existantes. Mais son roi à lui, c’est le Roi des rois. C’est comme cela qu’il se présente : « Je suis un enfant de Dieu, heureux de l’être. » Et, il rajoute : « Je suis, aussi, un serviteur et un témoin de Dieu. » Avec ses 80 livres, cet homme infatigable, est un vrai chouan, un évangélisateur hors-pair. Sa guerre n’est pas celle de Vendée, même s’il rêve d’un roi et du Royaume de France. Il bataille depuis longtemps pour la vérité. C’est, aussi, un aventurier. Comme sa mère, qui a été la première femme pilote de Belgique, à l’âge de 18 ans, et, qui a pris le risque de rallier la route (il n’y en avait pas !) entre Dakar et Alger. Il s’en souvient encore. Elle avait, alors, 20 ans. Ses yeux brillent à son évocation. Lui, l’aventure, il décide de la faire en répondant à l’appel de Dieu.
« Je me souviens, j’avais 13 ans. A 21h35 du soir, ce 13 juillet 1946, j’ai été bouleversé par Dieu. Son appel était très clair. Il m’appelait à Le suivre. »
Son appel est monastique. Il rentre à l’abbaye bénédictine Saint-Maurice et Saint-Maur de Clervaux, au Grand-Duché du Luxembourg.
« A l’époque, nous étions 80 moines. C’était magnifique. Aujourd’hui, cela me fend le cœur, ils sont moins d’une dizaine. Je suis, donc, devenu moine. J’ai appris à aimer la règle de saint Benoît, qui n’a pas pris une ride. »
Entré en 1950, il fait ses études de philosophie au séminaire d’Aix-en-Provence. En 1954, il fait son service militaire en Belgique. En 1957, son père-abbé l’envoie dans les Landes pour fonder une vie monastique. Il y co-fonde la Fraternité de la Vierge des Pauvres. Puis, c’est le grand départ.
La Vierge des Pauvres au Rwanda
Après les Landes, le père-abbé de Clervaux l’envoie au Rwanda, en 1958. Il a 25 ans. Il va vivre 12 ans dans le pays « aux mille collines », à 2 000 mètres d’altitude, au milieu des Hutus (majoritaires) et des Tutsis. La population est chrétienne à 90%, avec la moitié qui est catholique. Il s’y rend en bateau, depuis Marseille, jusqu’à Mombassa, au Kenya, puis, il fait du stop. A la frontière, il tombe littéralement amoureux de ce pays, qui deviendra indépendant en 1962.
« J’ai eu un coup de foudre pour ce pays, pour cette nation. J’ai vécu sur la crète du Congo-Nil, là où sont toutes les sources qui se déversent, au nord, jusque dans la Méditerranée, après une course de 6000 kms, celle du Nil. Et, à l’est, le fleuve Congo, après une course de 4 000 kms se déverse dans l’Atlantique. Avec une douzaine de frères, nous avons fondé la fraternité de la Vierge des Pauvres. »
Ils vivent dans une certaine pauvreté, la vie monastique. Entre prières et travail, entre ‶ ora et labora ″, ils confectionnent des petits meubles artisanaux en bois, pour se procurer leur pain quotidien. Daniel-Ange évoque avec grandiloquence « le peuple extraordinaire du Rwanda, d’une grande culture et d’une grande finesse. Il a une des langues les plus riches du monde. La moitié de sa population est chrétienne. » Sur place, il mettra 6 mois pour apprendre cette fameuse langue, qui chante. Il s’en souvient encore, et, prononce ces quelques mots en rwandais : « Le cœur d’amour, le cœur de lumière ». Après la crête où l’évêque local lui demande d’organiser le premier pèlerinage marial dédié à Notre-Dame de Banneux, il part vivre 6 ans sur une île du lac Kivu, qui sert de frontière naturelle avec le Congo. Le lac est une véritable mer intérieure, grand comme 5 fois le lac Léman. Au milieu des vaches, il y fonde une nouvelle fraternité monastique.
En 1971, il rentre, définitivement, en Europe. Après le génocide de 1994, il y est retourné plusieurs fois pour recueillir des témoignages sur les actes héroïques de celles et ceux qui ont survécu. En 1984, il participera à la Commission d’Enquête théologique sur les apparitions mariales de Kibeho (officiellement reconnues en 2000).
Prêtre, prophète et roi
En rentrant en Europe, il est choqué par la jeunesse délaissée et les conséquences de la crise de mai 68, qui a abîmé gravement l’Eglise, et, qu’il résume ainsi : « On n’avait plus le droit de se mettre à genoux… » Après 15 ans d’interruption, il reprend ses études de théologie à l’université catholique de Fribourg, en Suisse. Puis, il fait la rencontre avec le Renouveau Charismatique. Et, il rejoint la Fraternité Demeure Notre Père, en Ardèche. Il se souvient très bien de ses cours de théologie et notamment de son professeur : le cardinal Charles Journet.
« Il n’aimait pas qu’on l’appelle cardinal. Sur son cours sur la Trinité, il avait commencé par cette phrase : « La Trinité est un océan de lumière et d’amour. Et, il éclate en sanglot. Et, il sort. Il nous restait encore 53 minutes du cours, et, nous sommes tous allés adorer le Saint-Sacrement. »
Monastique et mystique, Daniel-Ange aspire à une vie d’ermite. Il a besoin d’être seul avec Le seul, avec « Je suis ». Entre 1976 et 1984, il part vivre dans un ermitage près de Nice. Quelques jeunes, assoiffés de Dieu et esseulés, viennent le voir. En même temps, il poursuite ses études pour devenir prêtre. Dans l’arrière-pays niçois, il retrouve les montagnes qui le rapprochent de Dieu. Il adore, chante, loue, et prie les psaumes. Il jeûne et se forme. Le 23 juillet 1981, à Lourdes, il est ordonné prêtre au Congrès International de l’Eucharistie, par le légat du Pape Jean-Paul II, le cardinal Gantin. « C’est le plus beau jour de ma vie, après ma naissance et mon baptême », raconte-t-il. Puis, il retrouve son ermitage. Il y vit de son potager, et, de sa source d’eau. Ascétique, il relit souvent la vie des pères du désert, comme Antoine le Grand, Cyril d’Alexandrie, Grégoire de Nazianze, etc. Un jour, alors avoir terminé sa lectio divina, il reçoit un courrier poignant d’un jeune.
« C’était un SOS lancé par Martin. Il m’écrivait une petite lettre que j’ai publiée comme préface de mon livre : Les saints de l’an 2000, pourquoi les massacrer ? Il disait mourir de peur, avec le sentiment morbide d’être abandonné, de ne pas être écouté. Il parlait de suicides. Il concluait ainsi : ‶ Eglise n’oublie pas tes enfants″. Il parlait de son lycée de 1500 élèves. »
Daniel-Ange sort alors de sa retraite. Il en parle à son prieur et à son évêque, qui à la lecture de cette lettre, lui donne une nouvelle mission : celle d’évangéliser cette jeunesse en détresse. Le moine-ermite-timide devient évangélisateur.
« C’était incroyable. A chaque fois, dans ce lycée agricole près d’Angers, il y avait 3 ou 4 classes réunies. Ils refusaient de repartir après une heure. Les professeurs étaient furieux. »
La vie de Daniel-Ange se transforme sous l’impulsion de ces jeunes et de l’Esprit Saint. 3 ans plus tard, il fonde l’école internationale de prière et d’évangélisation Jeunesse-Lumière…
A suivre dans la seconde partie de notre trilogie.
Reportage réalisé par Antoine Bordier, consultant et journaliste indépendant – Copyright photos A. Bordier
Un taux record de démission des enseignants dans l’Éducation nationale
Selon Anne Coffinier, interrogée dans L’Incorrect :
L’Éducation nationale traverse une grande crise identitaire, en témoignent les réformes successives des programmes et du baccalauréat. Dans ce climat confus, la création d’écoles hors contrat est, quant à elle, particulièrement dynamique. Quelles en sont les raisons profondes ?
Il y a plusieurs facteurs. Plus personne ne pense que l’Éducation nationale ne saura se relever de l’état de crise structurelle dans lequel elle se trouve. Les parents cherchent donc des alternatives, et chose nouvelle, les professeurs aussi. C’est pour cela qu’il y a un taux record de démission des enseignants dans l’Éducation nationale. S’ajoute un désir d’avoir une école sur-mesure adaptée aux singularités de son enfant. La culture dominante du « c’est mon choix ! » pousse les parents à considérer comme fondé leur désir de choisir le type de pédagogie adaptée à leur enfant et à leur vision éducative. La culture technocratique qui prévaut au sein de l’école publique fait office de repoussoir pour les parents travaillés par un désir de davantage d’humanité, de respect de la singularité de l’enfant, de pluralité d’utilisation sociale des lieux mais aussi de caractère intégral de l’éducation.
Toutes ces tendances alimentent l’intérêt pour les pédagogies alternatives, d’autant que l’école publique n’offre plus une pédagogie classique « à la Jules Ferry » : la rigueur, le récit national fédérateur, la culture du respect de l’autorité et de la morale traditionnelle. Tout cela a intégralement disparu de l’école publique. Elle ne possède au final ni les atouts du hors-contrat ni la rigueur et l’efficacité de la communale d’antan. Cela explique largement le développement des écoles hors-contrat depuis dix ans. Pas besoin d’un prétendu désir de repli sur soi ou d’une haine de la diversité pour alimenter l’essor des écoles libres !
Quelles sont les caractéristiques principales des créations de cette année ?
Certes, la Covid a compliqué les créations d’écoles : 73 sont repoussées à 2022 quand 104 ouvrent tout de suite, et une quinzaine d’autres a priori d’ici Noël. Mais, inversement, elle aura alimenté les créations d’écoles à fort ancrage dans la nature et ayant une approche de la crise sanitaire fondée sur davantage de bon sens pédagogique.
La cuvée de création d’écoles de cette année se caractérise par une forte poussée des ouvertures de secondaire (près de la moitié des créations contre un tiers habituellement), des établissements à fort ancrage dans la nature (20% des ouvertures en 2021), un maintien des écoles bilingues ou à spécificité linguistiques (21%) et de celles pour les publics spécifiques (handicaps, jeunes sportifs, etc : 17 %). S’agissant de la pédagogie, les écoles Montessori représentent 17% des créations, tandis que les écoles classiques 15%, les écoles mixant différentes pédagogies alternatives 53% et les écoles démocratiques 15%. […]
Emmanuel Macron, argent de liaison de Libération…
Les “journalistes” militants de Libération reprochent à Charles Gave d’utiliser sa fortune à des fins politiques, dans un article qui ne révèle pas grand chose :

Le journal Libération est détenu à près de 100 % par la société SAS Presse Media Participation (PMP). PMP est détenue à hauteur de 85 % par la société SAS Presse Media Participation Holding (PMP Holding). PMP Holding est détenue à hauteur de :
- 50 % par la société BLHM (Bruno Ledoux Holding Media) représentée par Bruno Ledoux.
- 50 % par la société Holco B représentée par Marc Laufer (représentant les intérêts du millionnaire Patrick Drahi).
En 2016, le journal a reçu 4 887 544 € de subventions directes de la part de l’État. En 2020, on parle de près de 10 millions d’euros. Sans doute pour remercier le quotidien d’avoir fait campagne en faveur de Macron :

Zemmour : « On ne veut toujours pas admettre le lien entre immigration, islam et terrorisme… »
Eric Zemmour revient sur les attentats du 13 novembre 2015, dont le procès s’ouvre.
Il revient ensuite sur la personnalité de Jean-Paul Belmondo.
Une rentrée paroissiale… Pour la Vie
C’est la rentrée et c’est maintenant que se décide l’emploi du temps de votre paroisse pour les mois à venir…
N’hésitez pas à solliciter votre curé pour inscrire la date du 27 novembre dans les activités de votre paroisse. Il faut aussi lui apporter la garantie que vous l’aiderez à organiser cette veillée en téléchargeant le kit sur le site et en faisant de la pub avec ces affiches, en organisant la chorale, etc.
Ordre de Malte : servir les plus fragiles, est-ce encourager l’avortement ? [Addendum]
L’Ordre de Malte dans son catalogue d’automne (extrait ici en pdf), propose un choix de huit ouvrages, parmi lesquels le catalogue, rédigé par Constance de Gaulmyn et Olivier Rozenberg, de l’exposition intitulée “Nous vous aimons Madame”, consacrée à Simone Veil et présentée à l’Hôtel de Ville de Paris du 28 mai au 21 août 2021.
Nolens volens, le nom de Simone Veil est attaché à la légalisation de l’avortement. L’Ordre de Malte se rend-il compte qu’en promouvant cet ouvrage, d’une certaine façon, il participe à la banalisation de l’avortement ?
Quand, en plus, ce catalogue affiche le slogan “Donnez-nous la force de servir les plus fragiles“, il y a de quoi s’étrangler.
[Addendum 14h30] Suite à ce post, l’article en question a été retiré de la vente, le catalogue est en train d’être corrigé pour être remplacé.
C’est arrivé un 7 septembre…
"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum
Alors rappelons-nous :
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le 7 septembre : saints du jour français ou en France.
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St Clodoald (Cloud) : Prince, moine et prêtre († 560)
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Clodoald, plus connu sous le nom de Cloud, était le fils du Roi Clodomir et petit-fils de Clovis et de sainte Clotilde. Après la mort de son père, ses oncles, Childebert et Clotaire, firent demander à leur mère Clotilde, de leur envoyer les enfants de Clodomir pour les proclamer successeurs de leur père. La sainte veuve revêtit Cloud, qui n'avait que deux ans, et ses deux frères de leurs plus beaux habits et les envoya avec confiance, ne se doutant pas que ses petits-enfants allaient être égorgés sans pitié par ses propres fils. Cloud fut sauvé du massacre et put échapper à toutes les recherches de ses oncles.
Le jeune prince grandit en paix dans un monastère, et, trouvant toute sa joie au service de Dieu, il préféra la tonsure à la couronne. Il choisit plus tard, pour y finir ses jours, le monastère d'Agaune, dont les neufs cents religieux partagés en neuf chœurs, se succédaient tour à tour devant l'autel et chantaient l'office sans interruption, le jour et la nuit.
Dieu ne voulut pas laisser longtemps ce trésor enfoui, car il accompagna les vertus du prince du don des miracles. Un jour qu'il se promenait aux environs de sa cellule, un mendiant à moitié nu se présente à lui, implorant sa charité. Le prince, devenu moine, n'avait rien ; les pauvres vêtements qu'il portait étaient les seuls objets qu'il eût à sa disposition ; il ne voulut pas cependant rebuter un membre du Sauveur Jésus, et, se dépouillant de son manteau, il en revêtit le mendiant. Le soir, celui-ci reçut l'hospitalité dans une chaumière voisine, et, pendant qu'il dormait, ô prodige ! Le vêtement qu'il avait reçu rayonnait d'un éclat plus merveilleux que les brillants habits des princes.
Cloud fut ordonné prêtre malgré les protestations de son humilité, et fut le premier des princes de France qui gravit les degrés de l'autel. C'est à Paris qu'avait eu lieu l'ordination ; il obtint du Roi Childebert, son oncle, une propriété voisine de la capitale pour y finir ses jours dans la solitude. Dès qu'on sut le lieu de la retraite du serviteur de Dieu, on y accourut de toutes parts pour se mettre sous sa direction ; quelques cellules furent d'abord bâties, bientôt un monastère devint nécessaire ; Cloud y vécut sept ans au milieu de ses frères, leur donnant l'exemple de toutes les vertus. Les vertus de saint Cloud avaient attiré vers lui de nombreux disciples ; ses miracles firent accourir des foules immenses à son tombeau, autour duquel se forma la ville de Saint-Cloud.
La piété naïve de nos pères a porté les cloutiers à le choisir pour patron.
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Ste Reine (Régine) : vierge et martyr († IIIE S.)
Son culte est ancien mais on ne sait plus rien d'elle. Ste Reine est vénérée depuis au moins 628 à Alise-Sainte-Reine (Côte d'Or), près d'Alésia. On y trouve une basilique mérovingienne ainsi qu'un monastère qui lui sont consacrés. Ses reliques sont à Flavigny-sur-Ozerain (Côte d'Or).
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St Euverte : évêque d'Orléans († IVE SIÈCLE)
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St Grat : évêque d'Aoste dans les Alpes († VE S.)
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Sts Memorius et compagnons : martyrs († VE S.)
A Breuil dans la région de Troyes, au Ve siècle, saint Mémorius et ses compagnons, martyrs, que l'on croit avoir été massacrés par les Huns d'Attila.
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St Alpin : évêque de Chalons en Champagne († VE S.)
À Châlons en Champagne, au Ve siècle, saint Alpin, évêque, qui fut disciple de saint Loup de Troyes.
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Ste Carissime : vierge recluse († VIE OU VII S.)
À Albi, au VIe ou VIIe siècle, sainte Carissime, vierge recluse.
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Ste Madelberte : abbesse († V. 705)
À Maubeuge, vers 705, sainte Madelberte, abbesse. Fille de saint Vincent Madelgaire et de sainte Waudru, elle succéda à sa sœur sainte Aldetrude à la tête du monastère fondé par sa tante sainte Aldegonde.
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St Hilduard : évêque en Flandre († V. 760)
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St Gauzelin : de Toul († 962)
À Toul, en 962, saint Gauzelin, évêque, qui favorisa la vie monastique.
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St Étienne de Châtillon : évêque de Die († 1208)
À Die, dans la vallée de la Drôme, en 1208, saint Étienne de Châtillon, qui fut arraché à sa solitude de Portes-en-Bugey pour devenir évêque, mais ne relâcha rien de l'austérité de la Chartreuse et dirigea son diocèse avec le plus grand soin.
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Bx Claude-Barnabé Laurent : prêtre et martyr († 1794)
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Bx François d'Oudinot de la Boissière : prêtre et martyr († 1794)
Sur l'île Madame, au large du port de Rochefort, en 1794, les bienheureux Claude-Barnabé Laurent de Mascloux et François d'Oudinot de la Boissière, prêtres de Limoges et martyrs. Sous la Révolution française, à cause de leur sacerdoce, ils furent reclus, dans des conditions inhumaines, sur un bateau négrier et moururent frappés par la contagion qui régnait à bord.
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le 7 septembre 878 : sacre de Louis II le Bègue.
À Troyes, lors du Concile, le pape Jean VIII sacre et couronne une deuxième fois Louis II le Bègue, en l'église St-Jean.
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le 7-8 septembre 1101 : début de la bataille de Ramla.
Les armées franques du roi Baudouin de Jérusalem avec 260 chevaliers et 900 fantassins défont les Égyptiens qui sont plus de 10.000 hommes. Le roi a divisé son armée en cinq corps et prend le commandement des deux derniers, avec la chevalerie de Jérusalem accompagnée de la Vraie Croix. Les trois premiers attaquent successivement, le 7 au matin, et sont détruits. Avec le restant de ses troupes Baudouin écrase les Egyptiens qui lui sont plus de dix fois supérieurs, puis revient le 8 à Ramla s'emparer de leur camp.
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le 7 septembre 1254 : Louis IX entre à Paris après la VIIème croisade.
Le Roi et son armée rentrent à Paris, après six années de croisade. Seize ans plus tard, il repart en croisade pour prendre sa revanche en Terre Sainte. La peste emporte Saint Louis le 25 août. Charles d'Anjou ramène alors en France le corps du Roi qui est enterré à Saint-Denis. Voir les chroniques du 6 mai, des 23 et 28 août, du 28 novembre, sur la septième croisade.
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le 7 septembre 1303 : arrestation du pape Boniface VIII par les hommes de Philippe IV le Bel.
Les livres d'histoire que l'on trouvait dans les écoles françaises, il y a encore 20 ans, parlaient des tensions entre le Roi de France Philippe IV le Bel et le pape Boniface VIII. Ce dernier y était souvent décrit comme d'un caractère et d'un orgueil démesurés, voulant mettre les rois et empereurs sous son autorité.
Jean Guiraud dans, Histoire Partiale, Histoire Vraie, (Editions Beau-Chesne-Croit, tome 1 page 186 à 188) rappelle la vérité. Le Roi de France est infidèle à sa vocation et à celle de la France ; il agresse le pape et l'Eglise
« Là, ils [Nogaret et ses adjoints] convoquèrent tous les seigneurs toscans ou romains qui conspiraient contre l'Église Romaine et le pape Boniface VIII, en particulier les Colonna. Sciarra Colonna, « qui portait aux derniers excès les haines de sa famille », forma une troupe de trois cents cavaliers qui bientôt fut portée à huit cents hommes. « Tout ce monde était payé par le roi, portait l'étendard des lis, criait : Vive le Roi ! »
Commandée par Sciarra et Nogaret, grossie de pillards et de contingents communaux, cette petite armée se dirigea vers Anagni, où Boniface VIII était venu passer l'été dans ses possessions de famille. Profitant de la trahison des gens d'Anagni, elle entra sans difficulté dans la ville aux cris de « Mort au pape Boniface ! Vive le Roi de France! » […]
Les portes du château pontifical étaient fermées ; ce fut par la cathédrale qui lui était contiguë que les conjurés résolurent d'y pénétrer. « Ils mirent donc le feu aux portes de la cathédrale ; les fleurs de lis du petit-fils de saint Louis entrèrent par effraction dans le parvis sacré, l'église fut pillée, les clercs, chassés et dépouillés, s'enfuirent, le pavé fut souillé de sang, en particulier de celui de l'archevêque élu de Strigonie… les agresseurs se précipitèrent de l'église profanée et éclairée par les flammes dans le manoir papal » […]
Le dessein de Nogaret était d'intimider le pape, de l'amener à se démettre ou à convoquer le concile qui l'eût déposé. « A ses sommations », Boniface ne répondit pas, aux gestes furieux de Sciarra, il n'opposa que ces mots : « Voici ma tête, voici mon cou ! » Chaque fois qu'on lui proposa de renoncer à la papauté, il déclara obstinément qu'il aimait mieux perdre la vie. Sciarra voulait le tuer, Nogaret, l'en empêcha : seulement, pour intimider le vieillard, il parlait de temps en temps de le faire amener garrotté à Lyon….
Pendant que cette scène étrange se passait, le manoir papal ainsi que les maisons de Pierre Gaëtani et des cardinaux amis du pape, étaient livrées au pillage. Le trésor pontifical qui était très considérable, les reliquaires, tous les objets précieux furent la proie des Colonna et de leurs partisans, les vins du cellier furent bus ou enlevés. Simon Gérard, « marchand du pape », eut peine à s'échapper, la vie sauve…. Villani parle d'outrages adressés au pape par Nogaret…. Une tradition, fort acceptée, veut que Sciarra ait frappé Boniface de son gantelet.
Le lendemain, dimanche 8 septembre, la troupe de Sciarra se débanda ; satisfaits de leur butin, les pillards qui la composaient, allèrent le mettre à l'abri. Le 9 septembre, un revirement se produisit dans la ville. Honteux d'avoir abandonné le pape, les habitants s'armèrent et chassèrent les agents du roi de France. Le pape repartit pour Rome, mais ses quatre-vingt-six ans ne purent résister à d'aussi tragiques émotions. « Il avait des moments d'aliénation mentale…, mais comme son âme était grande et forte, il retrouva, ce semble, le calme à ses derniers moments, il mourut le 11 octobre ».
Le roi récompensa Nogaret de cette expédition. « Au don de trois cents livres de rentes qu'il lui avait fait avant le départ pour l'Italie, il ajouta cinq cents nouvelles livres de rente sur le trésor royal de Paris ; le jour des Cendres 1304, il lui donna plein pouvoir de mettre en liberté toute personne, laïque ou ecclésiastique, détenue en prison pour n'importe quel motif ».
Et Jean Guiraud de conclure :
[…] Un seul, M. Calvet, a déclaré « détestables » ces moyens employés par Philippe le Bel dans sa lutte contre Boniface VIII. Les autres ont jeté un voile sur les scènes révoltantes et leur ont trouvé d'heureuses conséquences ; pas un blâme n'est tombé de leur plume contre Sciarra et Nogaret, ces deux forbans, insulteurs de la faiblesse et de la vieillesse ! Et comme si la fin justifiait les moyens, ils ont célébré les magnifiques résultats de cette campagne d'Anagni que personne avant eux n'avait osé inscrire parmi les titres de gloire et les victoires de la France !
MM. Gauthier et Deschamps déclarent qu'elle marque « une date solennelle dans l'histoire de la civilisation ! » M. Calvet salue en elle le triomphe de la liberté de conscience, et MM. Aulard et Debidour la défaite de la papauté !
Pour la jeunesse à laquelle ces livres s'adressent, ce sont des leçons immorales puisqu'elles glorifient devant elle des coups de force et la brutalité s'acharnant contre ce qu'il y a de plus respectable au monde : la faiblesse, la vieillesse, l'autorité morale.
Ce sont aussi des leçons de mensonge ; car les manuels essaient de justifier par des erreurs historiques l'attentat d'Anagni. « Le pape, disent-ils, ne voulait pas que le clergé payât l'impôt au roi ». Rien n'est plus faux.
[…] Que voulait donc Boniface VIII, sinon maintenir contre l'absolutisme, chaque jour grandissant, de Philippe le Bel, le grand principe libéral du Moyen Age — principe d'où sont sorties les libertés politiques de l'Angleterre—que l'impôt, avant d'être levé par l'autorité royale, devrait être consenti par le contribuable ? »
La suite page 188 du tome 1 de Histoire Partiale, Histoire Vraie, (Editions Beau-Chesne-Croit). Voir la chronique du 24 décembre.
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le 7 septembre 1341 : par l'arrêt de Conflans-Sainte-Honorine le Roi Philippe VI de France reconnaît Charles de Blois, duc de Bretagne.
La guerre de Succession de Bretagne éclate aux débuts de la guerre de Cent Ans, entre Charles de Blois, partisan du Roi de France Philippe VI, et Jean de Montfort, partisan du roi Édouard III d'Angleterre, prétendant à la couronne de France. Philippe VI de Valois officialise son appui en faveur de Charles de Blois par un arrêt de la Cour des Pairs à Conflans, le 7 septembre 1341. Jean de Montfort, remportant le duché de Bretagne, le Roi de France envoie alors son fils, Jean Le Bon, avec une armée de 5000 hommes.
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le 7 septembre 1469 : entrevue entre le Roi Louis XI et son frère Charles.
Le Roi Louis XI se rend en Bas-Poitou pour avoir une entrevue avec son jeune frère Charles alors en conflit contre lui. Les deux princes se rencontrent au passage du Braud, sur la Sèvre niortaise, et se réconcilient. Le Poitou est donné en apanage au frère du Roi, pour le dédommager de la perte de la Normandie et du Berry, auxquels il renonce. Louis XI lui échange la Champagne contre la Guyenne, afin de le séparer de Charles le Téméraire.
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le 7 septembre 1651 : le Roi Louis XIV est proclamé majeur.
C'est la fin de la régence d'Anne d'Autriche, alors que la Fronde n'est pas terminée et que Condé a été libéré et ne songe qu'à se venger de la régente. L'une des premières actions du jeune Roi est de lever une armée contre le prince de Condé, qui, de son côté, veut marcher sur Paris avec ses troupes, après avoir demandé le soutien de l'Espagne. Le Roi et sa mère sont bientôt rejoints par Mazarin à Poitiers, alors en Rhénanie. Turenne se voit confier la direction des troupes royales.
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le 7 septembre 1707 : naissance de Buffon.
Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon, naît le 7 septembre 1707 à Montbard. Il est célèbre pour ses travaux en mathématiques, en botanique et en biologie, et pour avoir écrit les 36 volumes de l'« Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roy ». Intendant du jardin du Roi, en 1739, il améliore le Jardin des Plantes de Paris pour en faire un lieu d'étude et de recherche.
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le 7 septembre 1761 : le Parlement de Paris fixe au 1er avril 1762 la date ultime de fermeture des collèges gérés par les jésuites.
Jean Guiraud dans, Histoire Partiale, Histoire Vraie, (Editions Beau-Chesne-Croit, tome 4 pages 153 et 154) décrit l'acharnement du Parlement de Paris contre la Compagnie de Jésus :
« Et le 1er avril 1762, à l'expiration du délai de six mois qu'il avait donné aux Jésuites, il fit fermer tous ceux de leurs collèges qui étaient dans son ressort — lequel s'étendait sur la moitié du royaume. Poursuivant son exécution jusqu'au bout, il mit sous séquestre les biens des Jésuites, leur défendit à eux-mêmes de vivre en commun dans leurs anciennes maisons, de porter l'habit de leur Ordre, d'entretenir aucune correspondance à l'étranger, c'est-à-dire avec leur général, et leur prescrivit enfin de prêter serment de fidélité au roi et aux quatre articles de 1682, sous peine d'être inhabiles à toute fonction ecclésiastique.
Réuni en assemblée extraordinaire à Paris, le 1er mai 1762, le clergé de France fit un dernier effort pour conjurer les effets de ces mesures. Une adresse lue en son nom au roi par le cardinal de La Roche-Aymon fit le plus grand éloge de la Compagnie de Jésus et demanda son maintien en France ; mais cette démarche n'eut aucun effet. Louis XV, de plus en plus dominé par Mme de Pompadour et par Choiseul, ne s'opposa pas à l'exécution des arrêts du Parlement. Et ainsi, se poursuivit rapidement, en 1762, la suppression de la Compagnie dans le ressort du Parlement de Paris, suppression qui fut finalement prononcée, le 6 avril 1762, par un nouvel arrêt d'une extrême violence. »
Voir la chronique du jour.
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le 7 septembre 1812 : victoire de Napoléon à la bataille de la Moskova.
Victorieux sur la Moskova, Napoléon entre dans un Moscou vidé de ses habitants et ravagé par des incendies. C'est la principale confrontation de la Campagne de Russie ; les Français battent l'armée commandée par Alexandre Ier de Russie.
Koutouzov a perdu 45 000 soldats russes, tués ou blessés, du côté français, 6 560 hommes ont été tués et plus de 21 000 blessés. En revanche, les Français ramassent peu de prisonniers. Une semaine plus tard, Napoléon entre dans Moscou, vidée d'une grande partie de ses habitants. L'hiver approche, il va anéantir la Grande Armée, privée de ravitaillement et harcelée par les cosaques et les partisans, lors de la retraite ordonnée le 19 octobre.
La bataille de la Moskova du 7 septembre 1812
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le 7 septembre 1855 : bataille de Malakoff.
Grâce à cette victoire, les alliés font tomber la ville de Sébastopol et s'assurent la victoire de la guerre de Crimée.
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7 septembre 1936 : naissance du premier foyer de charité
La première retraite spirituelle à Châteauneuf-de-Galaure se déroule du lundi 7 au dimanche 13 septembre 1936. Elle constitue une étape importante dans la croissance des l'œuvre des Foyers de Charité. Dès le premier jour, l'abbé Finet devient le père spirituel de Marthe. Il accompagnera Marthe Robin jusqu'au bout, dans ce qu'elle vit avec le Christ, et leurs deux vies seront liées profondément.
« Alors là, elle [la Très Sainte Vierge] me dit : « Ce sera quelque chose de tout nouveau dans l'Eglise ; cela ne se sera encore jamais fait. Ce sera du laïcat consacré, ce ne sera pas un ordre religieux. Les Foyer de charité seront dirigés par un prêtre, le Père, et ils comprendront des laïcs engagés. […] Ces Foyers de charité auront un rayonnement dans le monde entier. Ils seront une réponse du Cœur de Jésus après la défaite matérielle des peuples et les erreurs sataniques. » Elle m'a dit que parmi les erreurs qui allaient sombrer, il y aurait le communisme, le laïcisme, et la Franc-maçonnerie. Elle m'a parlé de ces trois choses là, notamment. Elle m'a dit cela en 1936. Mais elle m'a dit que ce serait après une intervention de la Sainte Vierge. »
Le père Finet rapportant des propos de Marthe Robin, cité par François Marie ALGOUD dans Histoire de la volonté de perversion de l'intelligence et des mœurs (Editions de Chiré, pages 195 et 196)
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le 7 septembre 1939 : les troupes françaises pénètrent en Sarre.
Elles avancent sur 8km, occupent une quarantaine de villages désertés et en restent là.
Grande consultation des familles pour les élections 2022
Les élections de 2022 approchent. Les AFC organisent une grande consultation pour connaître vos attentes pour la famille et votre famille.
Vos réponses étayeront et illustreront les propositions politiques que les AFC font aux candidats à chaque échéance électorale.
Le sondage est articulé en 4 thématiques :
- la famille est vivante
- la famille est solidaire
- la famille est écologique
- la famille est durable
A chaque étape, vous pouvez indiquer vos préoccupations et les sujets que vous souhaitez que les candidats travaillent en priorité.
Qui finance les experts de l’ONU ?
Quelles sont les ressources de ces personnes qui produisent des rapports pour défendre les droits de l’homme dans le monde ? Certains experts reçoivent beaucoup d’argent de fondations privées, ce qui met gravement en cause leur statut d’experts « indépendants »… Le rapport complet de l’ECLJ
Jean-Paul Belmondo, RIP
L’acteur s’est éteint à l’âge de 88 ans, a annoncé ce lundi son avocat.
Ce n’est pas parce que 38 millions de mecs font la même connerie que c’est pas une connerie
Valérie Pécresse aime brasser du vent
Un article d’Economie Matin souligne le militantisme pro-éolien de Valérie Pécresse, présidente de la région Ile de France et candidate à la candidature LR pour la présidentielle :
Le rôle déterminant de Valérie Pécresse dans la politique actuelle de pollution éolienne lors de son passage au gouvernement a été souligné récemment dans une enquête fouillée du magazine l’Incorrect, qui a publié en juillet 2021 un article édifiant dévoilant son rôle essentiel non seulement dans la mise en place des projets de centrales éoliennes aux large des côtes françaises mais aussi dans la commande d’éoliennes pour ces projets à Alstom Renouvelable puis GE Renouvelable dont le patron des deux entités successives n’était autre que Jérôme Pécresse, son mari.
Le quotidien souligne que son rôle ne compte pas se limiter au passé :
Lors de son déplacement récent à St Brieuc pour aborder la question de la centrale éolienne prévue au large des côtes bretonnes, celle-ci indiquait que ce projet était mal ficelé et devait être repris depuis le début sans envisager le moins du monde la décision désormais attendue par les Français de l’arrêt définitif des centrales éoliennes au larges des côtes françaises et dans les terres. Sa position pro éolien est parfaitement incompatible non seulement avec l’aspiration des Français à voir s’arrêter le saccage de la France mais aussi au vu des enjeux géopolitiques majeurs de guerre économique entre la transition énergétique allemande et le modèle industriel décarboné nucléaire français que le monde nous envie.
Or, Valérie Pécresse l’affirme : « Elle veut sortir du nucléaire », répétant à l’envie les éléments de langages des promoteurs éolien et des ONG environnementales. Dans une dépêche de l’AFP, la Président de la région IDF devait s’engager en Ile de France à mettre en place 40% d’énergies renouvelables d’ici 2030 et 100% en 2050 dans le souci de répondre à la décarbonation de la région par les énergies renouvelables. Elle devait préciser vouloir « tendre vers une région zéro carbone”, avec la promesse qu’en 2050, “on sera à 100% d’énergie renouvelable, on sera sorti du nucléaire … ».
GPA : le député Hetzel attend toujours une réponse à sa question posée en août
Le gouvernement est resté muet. Pourtant, la question semble simple :
M. Patrick Hetzel alerte M. le garde des sceaux, ministre de la justice sur la promotion et commercialisation illégale de la gestation pour autrui en France. En effet, les 4 et 5 septembre 2021, une opération commerciale appelée « Désir d’enfant » convie une nouvelle fois les entreprises étrangères du business de la fertilité à venir proposer aux Français leurs prestations pourtant interdites en France : achat de gamètes avec sélection du fournisseur de sperme ou de la vendeuse d’ovocytes en fonction de ses caractéristiques physiques, de sa personnalité, de ses centres d’intérêt, etc. ; fécondation in vitro sans limite d’âge et avec détermination du sexe de l’enfant, diagnostic préimplantatoire élargi et bien sûr Gestation pour autrui, c’est-à-dire exploitation reproductive du corps de la femme et remise d’enfants contre argent. Sur les 5 pages énumérant les partenaires de cette opération commerciale, on peut compter pas moins de 8 entreprises de GPA. On trouve aussi 3 banques de gamètes et même un transporteur spécialisé dans l’acheminement de sperme, ovules et embryons à travers la planète.
Pourtant, lors des débats précédant l’adoption de la loi de bioéthique, le Premier Ministre et son ministre de la justice affirmaient haut et fort que de GPA il ne saurait être question en France, et que la « bioéthique à la française » tenait fermement l’absence de patrimonialisation du corps humain, de ses éléments et de ses produits. Patrick Hetzel souhaite donc savoir ce que le gouvernement qui a, au cours des débats parlementaires, été informé à de nombreuses reprises sur l’organisation de cette manifestation illégale en France, compte prendre comme mesures afin que le droit soit respecté. D’autant plus que Parlement européen a inclus le sujet de la GPA dans la stratégie nécessaire pour « l’éradication de la traite des êtres humains » et a reconnu que « l’exploitation sexuelle à des fins de gestation pour autrui et de reproduction (‘) est inacceptable et constitue une violation de la dignité humaine et des droits de l’homme [Résolution du 21 janvier 2021]». En effet, on ne saurait admettre que l’Etat français collabore par son silence et son inertie à une violation aussi caractérisée du droit et de la dignité de la personne humaine.
“Il est conforme au sens catholique de prier pour l’abrogation de Traditionis custodes”
Suite au communiqué d’une douzaine de supérieurs de communautés « Ecclesia Dei », Anne Le Pape a interrogé pour Présent le père Augustin-Marie, de Chéméré, dont le supérieur général, le père Louis-Marie de Blignières, est l’un des signataires :
Avez-vous été surpris par le contenu du motu proprio Traditionis Custodes ?
Oui, mais au risque de vous surprendre, je vous dirai que je l’ai reçu dans la joie. Non dans la joie d’une bonne nouvelle, mais dans cette « joie parfaite » dont parle saint François d’Assise, quand vous sentez que tout s’écroule et que le cœur ne tient plus que par une grâce puissante du Saint-Esprit. J’ai médité sur le sort de Job, j’ai rendu grâce à Dieu de pouvoir connaître l’amertume de celui à qui on retire ce qui lui est le plus cher : le culte divin, la sainte liturgie. Et j’ai prêché en ce sens : souvenez-vous de la fin, gardez la paix du cœur, battez-vous dans l’honneur et la dignité pour transmettre ce que vous avez reçu.
Reconnaissez-vous vos fidèles dans le portrait de catholiques méfiants, tournés uniquement vers le passé ?
La réalité est souvent plus intéressante que la caricature (même si j’apprécie les dessins humoristiques, ceux de Chard par exemple). Quand je pense par exemple aux fidèles qui fréquentent notre couvent, je ne vois pas des membres d’une association de reconstitution historique, mais des hommes et des femmes, des jeunes et des anciens, qui veulent vivre avec sérieux et profondeur leur vie chrétienne. Sur ce chemin, le grand nombre a découvert la liturgie traditionnelle et y a trouvé la source rafraîchissante et toujours abondante pour pèleriner jusqu’au Ciel. Un élément qui échappe à la discussion sur le motu proprio, c’est l’immense vertu apostolique de la liturgie traditionnelle : elle attire et convertit.
La liturgie traditionnelle constitue-t-elle le cœur de votre vie religieuse ?
Vous touchez un point important. La liturgie traditionnelle met en lumière, plus nettement que le nouvel ordo, la dimension sacrificielle de la messe. La vie religieuse, c’est-à-dire l’état de vie constitué par les vœux publics de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, est pour une grande part un renoncement, une offrande, un sacrifice. La messe et l’office divin qui l’entoure comme un écrin enchâsse sa perle ont donc une profonde affinité avec la finalité de notre vie. Nous nous sommes offerts à Dieu, pour son service, et cette offrande est incorporée à la grande offrande du Christ, « le grand-prêtre des biens à venir » (Hb 9, 11). Notre sacrifice d’hommes dans son sacrifice d’homme-Dieu. Le Royaume de Dieu, dit l’Evangile (Mt 13, 46), c’est comme celui qui trouve une perle fine et qui vend tout ce qu’il possède pour l’acheter. Comme religieux, nous avons tout donné pour la messe.
Avez-vous déjà la certitude de recevoir une visite apostolique disciplinaire, visant à mettre en œuvre les déclarations du motu proprio ?
Dans cette affaire du motu proprio, qui a vu le jour le 16 juillet dernier, mais qui s’élaborait dans les officines et les coulisses depuis des années, nous n’avons aucune certitude. Le texte est tombé comme un aérolithe et n’est pas particulièrement le fruit d’un dialogue bilatéral.
Qu’en sera-t-il des décrets d’application ? Il serait hélas dans la logique du texte de l’été de favoriser tout ce qui peut permettre d’empêcher que vive et se développe la liturgie traditionnelle, il serait dans la logique du texte de stopper les entrées des candidats aux séminaires et noviciats, il serait dans la logique du texte de bloquer les ordinations. Cette logique de mort programmée est-elle la logique de l’Evangile ?
Quel peut être le rôle des laïcs dans les circonstances actuelles ?
D’abord, vivre toujours plus profondément de la liturgie traditionnelle. Il faut faire mentir ceux qui estiment à tort qu’elle est un objet mort, une curiosité de musée. C’est en vivant de cette liturgie que l’on manifeste qu’elle est vivante, et qu’elle est la vie de nos vies. Donc, pas de paresse à la messe, mais adoration, louange, action de grâces et joie spirituelle de vivre les mystères du Christ. S’édifier de sa présence et de son sacrifice et le faire rayonner dans nos vies, notamment par les œuvres de miséricorde envers le plus démunis.
Ensuite, adopter la juste attitude dans le combat qui commence : dignité et fermeté. Fermeté, car on défend un bien commun de toute l’Eglise ; dignité, car un noble combat ne souffre pas des âmes viles. Il est capital en l’occurrence de fuir le zèle amer, de garder le respect des personnes et de cultiver le sensus Ecclesiæ.
Enfin, manifester par tous les moyens compatibles avec la foi et les bonnes mœurs notre attachement aux « pédagogies traditionnelles ». Il sera important dans les prochains jours et semaines que les laïcs fédèrent leurs actions autour des associations et mouvements qui vont œuvrer pour que le trésor de la liturgie traditionnelle reste accessible à tous les fidèles.
À tous les fidèles ?
Oui, la messe pour tous. Les Instituts érigés depuis le motu proprio Ecclesia Dei, qui forment des prêtres pour le rite antique, doivent pouvoir continuer sans entrave leur mission, non pour une « réserve d’Indiens », mais pour le bien de tous, dans la paix de l’Eglise. C’est le sens du communiqué des supérieurs daté du 31 août. A un niveau plus fondamental, la liturgie traditionnelle est un élément indisponible du patrimoine de l’Eglise. Sa légitimité, reconnue canoniquement en 1988 après une période de déni et renforcée en 2007 par Summorum Pontificum, est d’abord un fait ecclésial et une donnée théologique. Personne n’a le pouvoir de la supprimer. En ce sens, il est conforme au sens catholique de prier pour l’abrogation de Traditionis custodes.
Une note positive pour finir. Le drame du 16 juillet a été l’occasion d’une belle manifestation de charité ecclésiale. Une partie notable de l’épiscopat et du peuple chrétien a été stupéfaite de ce motu proprio. Une vague d’intérêt pour le rite traditionnel, et de solidarité pour les prêtres qui le célèbrent, s’est manifestée. Des fidèles pratiquants du rite de Paul VI ont rejoint les communautés où se célèbre la liturgie traditionnelle. Cela traduit, dans une société individualiste qui fait naufrage, l’étonnante vitalité du corps ecclésial.
“Laissons les théologiens commenter sans se lasser les textes et interprétations de Vatican II et son fameux esprit printanier”
Entretien de Jean de Tauriers, président de Notre-Dame de Chrétienté
Quelle est l’ambiance pour cette rentrée de Notre-Dame de Chrétienté ?
Une ambiance particulière et studieuse en raison du motu proprio Traditionis Custodes du 16 juillet 2021. Après réflexion, ne représente-t-il pas exactement ce que pense le monde catholique progressiste, aujourd’hui à la tête de l’Eglise ? Les traditionalistes attachés à la messe tridentine sont durement sanctionnés mais ils avaient été épargnés de manière providentielle depuis le motu proprio Summorum Pontificum de 2007. L’Eglise a-t-elle, pendant ces temps de paix, condamné les erreurs doctrinales, liturgiques, pastorales commises ces dernières décennies ? L’enseignement magistériel de Jean-Paul II et Benoît XVI, largement utilisé dans les différents enseignements du pèlerinage de Chartres, a bien rectifié certains sujets mais peut-on dire que les « expériences » des années soixante ont été clairement condamnées par la plus haute autorité de l’Eglise ? Les catholiques s’indignent à juste titre de Traditionis Custodes mais la déclaration d’Abu Dhabi du 4 février 2019, où le Pape justifie la diversité des religions, n’est-elle pas encore plus inquiétante ?
Quelles conséquences aura ce motu proprio sur Notre-Dame de Chrétienté ?
Nous avons reçu de nombreux messages d’encouragement après ce motu proprio. Je remercie encore une fois tous nos amis, clercs et laïcs, de tous les bords de l’échiquier, pour tous ces soutiens que je vois comme les fruits de Summorum Pontificum.
Le pèlerinage de Chartres est né en 1983, a grandi très régulièrement avec les années pour atteindre des chiffres de participation extrêmement élevés en 2019. La période Covid a montré l’attachement au pèlerinage de milliers de familles qui ont su organiser des pèlerinages locaux. Le pèlerinage réunit ainsi aujourd’hui des catholiques dits traditionalistes pour la plus grande part, mais la croissance de ces dernières années vient des milieux « observants » selon la dénomination de Yann Raison du Cleuziou. Je ne crois pas que Traditionis Custodes arrêtera ce mouvement.
Cet été, dans une paroisse du sud de la France lors d’une messe en forme ordinaire concélébrée par un évêque et son curé à l’occasion d’une manifestation régionale réunissant beaucoup de monde, pas toujours catholique et pour certains, manifestement éloignés de la pratique religieuse. Aucun enseignement sur la Sainte Eucharistie, aucun avertissement, aucune précaution avant la communion où les fidèles ont tous été invités ! Devant de tels scandales, comment voulez-vous qu’il n’y ait pas de réaction traditionaliste au sein de l’Eglise ?
Faire de tous ces sujets autour de la tradition à la suite de Traditionis Custodes une histoire de réception ou non des textes de Vatican II éloigne du sujet de fond qui est, je le répète, la foi. Laissons les théologiens commenter sans se lasser les textes et interprétations de Vatican II et son fameux esprit printanier. Nous sommes des catholiques de base, nous vivons en 2021 dans une Eglise que nous aimons et voulons servir. L’étude des différentes interprétations de Vatican II ne sont vraiment pas utiles à la vie spirituelle des pèlerins de Notre-Dame de Chrétienté qui vivent dans le monde post-chrétien et post-conciliaire (églises vides, séminaires vides, ignorance religieuse des catholiques, société déchristianisée, cathophobie, scandales au sein de l’Eglise, lois contre nature).
Certes, il est vrai qu’un pèlerin de NDC devrait se renseigner, se cultiver, lire les textes du Concile et aussi beaucoup d’autres livres. Cela va de soi. Il serait bien aussi de faire un doctorat de théologie (avec thèse sur les bienfaits de Vatican II, évidemment) pour pouvoir en parler avec la science requise.
Mais il se trouve que notre pèlerin de NDC a charge de famille, quelques enfants, un travail, divers engagements associatifs (dont le pèlerinage de Chartres). Il est un peu occupé en fait et puis aussi légèrement inquiet. Quand notre pèlerin a trouvé pour sa famille une paroisse, de bons prêtres, un catéchisme solide, une école catholique, des troupes scouts, des activités spirituelles enrichissantes, le plus souvent : il est dans une paroisse traditionaliste (pas uniquement Dieu soit loué !) et pour tout ce dont il bénéficie, il remercie le Bon Dieu et les prêtres qui se dévouent. Le problème est que ce catholique de terrain vient d’apprendre avec Traditionis Custodes qu’il faisait partie d’une espèce en voie d’extermination et que cette entreprise était souhaitée et encouragée par le Pape François. Il est devenu très perplexe.
NDC a-t-elle des initiatives en préparation ?
Le pèlerinage 2022, bien sûr. Il faudra peut-être davantage craindre les foudres administratives anti-Covid que l’autoritarisme clérical !
Nous aurons rapidement à décider de la poursuite ou non des pèlerinages régionaux, immenses succès en 2021. Nos pèlerins doivent bien comprendre que l’association NDC engage sa responsabilité dans l’organisation de tels pèlerinages et doit donc rester vigilante.
L’édition 2022 sera particulière : notre quarantième anniversaire ! Les églises seront-elles ouvertes ou fermées aux pèlerins ? Nous verrons bien mais je reste optimiste. Les pèlerins seront là et s’adapteront aux contraintes Covid et vaticanes.
Le 8 octobre 2022, notez bien la date, NDC organisera un grand événement où tous nos amis seront invités, comme je vous l’avais annoncé le dernier dimanche de Pentecôte. Une grande personnalité de l’Eglise, fidèle ami du pèlerinage, sera avec nous à Dieu ne plaise.
Avez-vous une dernière demande particulière ?
Dans ces moments délicats nous devons faire un triple effort spirituel, intellectuel et de pédagogie. D’abord, spirituel car sans vie intérieure, nos actions perdent leur sens. Mais aussi intellectuel car même si nous manquons de temps, nous devons par l’effort de l’intelligence comprendre nos choix liturgiques, pastoraux, doctrinaux, qui forment un tout. Nous devons aussi savoir expliquer nos choix. Cet effort pédagogique est très exigeant et réclame beaucoup de qualités ; elles peuvent s’acquérir. Apprenons à faire aimer ce que nous croyons.
Notre-Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous,
Saint Joseph, protégez l’Eglise,
Notre-Dame de Chartres, protégez-nous.
Jean de Tauriers
Président NDC
