Blogs avec images

Nikola Mirkovic : Le risque avec Biden est clairement le retour à la guerre froide voire la guerre chaude et totale

Questions à Nikola Mirkovic à propos de son nouveau livre, L’Amérique empire. L’Amérique est un empire qui ne dit pas son nom. De leur conquête sur les Indiens aux offensives militaires à travers le monde, les Américains ont constamment été en guerre, non pour créer des colonies comme un empire classique, mais pour étendre leur puissance politique et diffuser l’American Way of Life.

L’Amérique empire raconte l’histoire de cette nation partie de rien et qui domine aujourd’hui tout : finance, culture, technologie, armée, institutions internationales… Peu de grandes décisions dans le monde ne se prennent sans que la Maison Blanche ne soit impliquée. Peu d’empires ont connu un tel rayonnement.

Comment l’Amérique en est-elle arrivée là ? Comment s’est-elle développée ? D’où viennent la fascination et la crainte qu’elle suscite ? L’Amérique empire tente de répondre à ces questions et soulève l’inéluctabilité de tout empire : sa chute.

Nikola Mirkovic, expliquez aux lecteurs assidus et érudits du Salon Beige pourquoi vous avez décidé de sortir ce livre aujourd’hui ?

La France n’a toujours pas réglé un problème avec l’Histoire. Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale la France, progressivement, s’inféode à Washington. De Gaulle avait tenté de freiner ce mouvement qui n’a cessé de s’amplifier depuis sa mort. Les banques françaises paient des amendes à Washington, les Américains ont torpillé le contrat des sous-marins français avec l’Australie, l’Otan impose des commandants américains aux soldats français. Jusqu’où ira la soumission ? L’objectif de L’Amérique empire est de comprendre la construction impériale des États-Unis qui s’étend de l’économie à la culture en passant par l’armée et bien évidemment la colonisation des élites.

Pourquoi la menace impériale est-elle plus grande aujourd’hui avec Biden qu’avec Trump ?

Le Président Trump avait clairement défini une politique d’America First (l’Amérique d’abord). Il a tenté précisément de rompre avec la stratégie impériale développée depuis la fin du XIXe siècle car il a compris les dangers du mondialisme et de ses conséquences pour l’Amérique et même le reste du monde. Le mondialisme ne profite qu’à la petite élite de la superclasse mondiale et Trump s’y est opposé. On a vu ce que cela lui a coûté : médias, oligarques et stars du cinéma se sont tous ligués contre lui. Biden a renoué avec la tradition impériale américain mais le monde de 2021 n’est pas du tout le même que celui de 1945 à la fin de la Deuxième Guerre mondiale ou de 1991 et la chute de l’URSS, autre empire disparu. Washington pense qu’avec la force elle peut faire plier tous ses adversaires alors que des pays comme la Russie, la Chine ou même plusieurs pays d’Amérique du Sud ne comptent plus plier l’échine. Le risque avec Biden et le retour des impérialistes est clairement le retour à la guerre froide voire la guerre chaude et totale. Cela serait une catastrophe pour la France et l’Europe.

Comment la France doit-elle réagir ?

La France est une vielle nation, une des plus vielles sur Terre. Sa vocation est d’être libre et de n’être assujettie à aucun autre pays. Malheureusement une bonne partie des élites françaises, manipulée, soumise ou simplement aveuglée par l’idéologie mondialiste, a bradé la souveraineté française pour une poignée de dollars. La France doit impérativement redevenir un État souverain dont la seule préoccupation doit être l’intérêt des Français.

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous aux candidats à l’élection présidentielle qui arrive ?

La France doit quitter le commandement intégré de l’OTAN et militer impérativement pour la dissolution de l’Alliance sous commandement militaire américain. Elle doit aussi sortir des traités qui confisquent son droit légitime à décider de son orientation politique. Enfin les politiciens français doivent redevenir courageux. Paris ne peut plus accepter les amendes américaines et les coups de poignards dans le dos. La France ne doit plus être traînée dans les aventures militaires américaines en Afghanistan, au Kosovo ou sur la frontière russe. Il faut qu’elle bombe le torse, qu’elle redresse la tête et qu’elle ne se laisse plus faire. Cela ne se fera pas du jour au lendemain mais c’est le prix à payer pour gagner le respect de Washington et montrer à l’Amérique – et au reste du monde – que la France est de retour et qu’elle ne compte plus être un pion dans la stratégie atlantiste américaine qui dessert les intérêts des Français et menace le monde entier. Le prochain Président français doit mettre fin à cette trop longue période de soumission et redonner à la France la place qu’elle n’aurait jamais dû quitter.

L’Age de l’Antéchrist

Paweł Lisicki, rédacteur en chef du deuxième plus important hebdomadaire polonais Do Rzeczy, juriste de formation, écrivain et publiciste, s’est lancé après la chute du communisme dans l’écriture et le journalisme. Czesław Miłosz, prix Nobel 1980 de littérature, a qualifié Lisicki de « plus remarquable essayiste métaphysique polonais depuis la Seconde Guerre mondiale ». Parmi la vingtaine d’ouvrages dont Paweł Lisicki est l’auteur figurent une trilogie en défense du christianisme : Qui a tué Jésus ?, Le Mystère de Marie-Madeleine et Jésus est-Il Dieu ?, ainsi que deux entretiens avec le cardinal Müller (2019) et Mgr Schneider (2020). Il vient de publier un roman apocalyptique, intitulé L’Age de l’Antéchrist.

L’histoire se déroule en 2217. Un nouveau pape élu prend le nom de… Judas. Culte de l’homme, libéralisme radical et libertaire, l’auteur peint une époque qui ressemble à la notre, mais avec une décadence poussée au paroxysme, notamment concernant la culture de mort. Judas, voulant instaurer un nouvel ordre mondial post-chrétien, lance une enquête sur la résurrection du Christ, afin de prouver que le coeur de la foi catholique est une supercherie…

L’Âge de l’Antéchrist est aussi le récit de la chute du clergé ne suivant plus les préceptes divins ni les principes de la loi naturelle, mais le prêt-à-penser médiatique woke et ses idoles, prêt-à-penser d’une société abêtie et esclave du Singe de Dieu.

Restaurer les sanctuaires de Cotignac

Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, lance la rénovation des sanctuaires de Cotignac. Ce projet se déroulera sur 4 ans et coûtera près de 3 millions d’euros, couvrant l’ensemble des travaux depuis les études conduites par les architectes jusqu’aux réaménagements intérieurs et extérieurs des sanctuaires. 4 années de travaux pour redonner tout leur potentiel aux sanctuaires de Cotignac et accroître les capacités d’accueil. Ces deux sanctuaires attirent chaque année jusqu’à 150 000 pèlerins et touristes.

Aux sanctuaires de Cotignac, en plein cœur de la Provence verte, sont apparus la Sainte Vierge et l’Enfant-Jésus, puis saint Joseph. Depuis 500 ans, les pèlerins se succèdent, les miracles aussi. Certaines des plus illustres figures de notre Histoire s’y sont rendues, comme Anne d’Autriche et Louis XIV.

Aujourd’hui, la vétusté des sites de Notre-Dame de Grâces et du Bessillon, joyaux de l’Église du Var, compromet malheureusement leurs capacités d’accueil : l’affluence des visiteurs, l’état des bâtiments datant du début du XIXe siècle et le risque d’incidents (sécheresse et feux de forêt, comme ceux de l’été 2021 dans le Var) nécessitent d’importants travaux de mise aux normes et de réaménagement des espaces.

Dans un premier temps, les mises aux normes « incendies et sanitaires » des sanctuaires constituent le chantier le plus urgent et le plus complexe. Le diocèse de Fréjus-Toulon conduit en même temps la restauration de l’église du monastère du Bessillon et du seuil de la source miraculeuse de Saint-Joseph qui lui est attenante. Ces deux tranches de travaux s’élèvent à 875 000 €.

Fidèles aux messages de Notre-Dame de Grâces et de Saint-Joseph, les sanctuaires veulent répandre les dons de la Sainte-Famille en accueillant les pèlerins, les familles, les visiteurs chaque année plus nombreux.

Faire un don

FX Bellamy : « Nier ce qui nous relie, c’est détruire toute possibilité d’appartenir à une culture commune. Joyeux Noël »

C’est arrivé un 15 décembre…

« A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines. » Léon XIII, Rerum Novarum

Rappelons-nous :

  • le 15 décembre : saints du jour français ou en France.
  • St Mesmin, prêtre et 1er abbé de Micy († VIe s.)

Dans l’Orléanais, au VIe siècle, saint Mesmin, prêtre, que l’on tient pour le premier abbé de Micy.

  • le 15 décembre 687 : saint Serge Ier est consacré pape.

Serge Ier est le pape qui introduit dans l’Église romaine, la célébration de la Dormition de la Vierge Marie le 15 août, fête déjà répandue dans l’Église d’Orient et qui devient par la suite l’Assomption. Il institue également la fête de la Nativité de la Vierge Marie, le 8 septembre. Il meurt d’ailleurs ce jour, cf. la chronique.

  • le 15 décembre 1650 :l’armée royale bat Turenne à Sommepuis.

La bataille de Rethel a lieu durant la période de la Fronde. Elle oppose l’armée royale aux Frondeurs et aux contingents espagnols. Elle se déroule à Sommepuis en France, mais pas à Rethel. L’armée française est commandée par César du Plessis-Praslin et l’armée de la Fronde et des Espagnols par Henri de Turenne. Cette bataille marque la fin de la Fronde des Princes. Pour l’anecdote, la ville se rend aux Espagnols en 1654 et est reprise en 1659 par Turenne, alors revenu dans le parti de la Cour.

  • le 15 décembre 1681 : les Barbaresques capturent un bâtiment de la marine royale française.

Son commandant, le Chevalier de Beaujeu, et l’équipage sont vendus comme esclaves à Alger.

  • le 15 décembre 1685 : Fénelon arrive à Saintes pour convertir les protestants au catholicisme.
  • le 15 décembre 1709 : les troupes françaises reprennent Rome et occupent le royaume de Naples

Après l’appel du Roi Louis XIV aux français le 12 juin 1709 (voir la chronique du jour), où le Roi s’adresse à la nation épuisée et lasse de façon inédite, appel qui est lu dans les 39.000 paroisses du royaume et qui impressionne les peuples de France, l’année 1709 est celle du redressement militaire. Il a été précédé d’un effort spirituel national !

Cet appel au soutien de la politique royale et à l’unité nationale trouve un écho extraordinaire. Le Roi demande avant tout un effort spirituel au Français. L’année 1709 est celle du retournement du rapport de force qui commence avec bataille de Malplaquet (voir la chronique du 11 septembre). La succession de victoires française aboutit au maintien du petit fils du Roi sur le trône d’Espagne.

  • le 15 décembre 1809 : Napoléon divorce de Joséphine

L’empereur Napoléon Ier divorce de Joséphine, épousée 13 ans plus tôt. Le 2 avril 1810, il épouse, à 40 ans, Marie-Louise, 18 ans, fille de l’empereur d’Autriche François Ier et petite-nièce de la reine Marie-Antoinette. Napoléon Ier voit dans ce remariage le moyen d’obtenir l’héritier que Joséphine, la première impératrice, ne lui a pas donné et d’unir sa dynastie naissante aux familles régnantes d’Europe.

  • le 15 décembre 1840 : les cendres de Napoléon Ier aux Invalides.

Le char funèbre sur lequel est placé le cercueil de Napoléon traverse Paris, Louis-Philippe accueille la dépouille. Une cérémonie religieuse a lieu en présence des corps constitués.

C’est au centre de l’église du dôme des Invalides qu’est creusée la crypte, large de 15 mètres et profonde de 6 mètres, appelée à recevoir le sarcophage contenant les restes de Napoléon Ier, après que la France et l’Angleterre se soient entendues sur leur retour de l’île de Sainte-Hélène. C’est Louis XIV qui est à l’origine de l’édification de l’Hôtel des Invalides destiné à soigner et loger les soldats. Dans des chapelles annexes reposent des membres de la famille impériale et des généraux de l’empereur.

  • le 15 décembre 1941 : le Général Juin est convoqué à Berlin par Göring avec le ministre Brinon.

Le Général Juin est convoqué à Berlin par Göring avec le ministre Brinon : Göring demande que les Français laissent l’Axe utiliser la base de Bizerte en Tunisie et accordent à Rommel une liberté de mouvement ; Juin insiste pour que les Allemands autorisent les troupes françaises à renforcer leur armement.

  • le 15 décembre 1948 : « naissance » de Zoé, première pile atomique française.
  • le 15 décembre 1985 : la Vierge Noire est inaugurée au Havre.

La statue érigée après la guerre de 1870, vient d’être refaite par les ateliers de St-Rémy-lès-Chevreuse.

  • le 15 décembre 2008 : Mgr Fellay, supérieur de la Fraternité St-Pie-X écrit à Rome.

Mgr Fellay, supérieur de la Fraternité St-Pie-X, envoie une lettre à la Congrégation catholique dans laquelle il déclare : « Nous acceptons son enseignement [de l’église catholique romaine] filialement. Nous croyons fermement à la primauté de Pierre et à ses prérogatives ».

Un hameau chrétien n’a de sens que s’il tisse des liens avec ce qui l’entoure…

Contribuer à l’essor et au déploiement d’écosystèmes chrétiens au XXIe siècle : voilà la raison d’être de l’entreprise Monasphère, convaincue de la force prophétique de petites oasis où tous pourront venir goûter une vie imprégnée par la foi.

Monasphère développe en ce moment un projet inédit de 17 maisons à L’île-Bouchard, Sanctuaire Marial et Angélique situé en Touraine. Le lancement est prévu le 17 janvier prochain.

Contact : contact@monasphere.fr

Le Frère Charles Desjobert, op, architecte, a répondu aux questions de Monasphère.

Comment l’architecture monastique a-t-elle contribué à façonner notre culture européenne ?

L’architecture des monastères est diverse, elle a évolué au fil des règles et des temps. Des laures égyptiennes qui se développent dans le sillage de la vie érémitique de s. Antoine, père des premiers moines, jusqu’à nos immenses couvents du XIXe siècle, il y a un monde ! Cependant, une quête du monastère idéal, du lieu où une communauté évangélique pourrait croître vers le bien, a amené à des propositions architecturales audacieuses.

En France, un des grands moments de cette recherche de la cité sainte, à l’exemple de la Jérusalem céleste, se trouve dans les monastères cisterciens du XIIe siècle. Union de la perfection des proportions, de la puissance des masses de pierre exaltées par la lumière, de la commodité des usages et de l’inventivité technique, ces monastères continuent d’exprimer la justesse des relations des hommes entre eux, avec la nature et avec Dieu.

Répartis sur tout le continent et au-delà, en des sites souvent époustouflants, ils ont proposé un modèle fait de rigueur et de paix, nourri de la simplicité qu’exige la pauvreté volontaire, tout en offrant des lieux propices au travail manuel et intellectuel, au service des petits et à la stabilité si nécessaire au pèlerinage vers Dieu.

Ces maisons de prière, de travail et repos, continuent à parler

En quoi couvents, prieurés et abbayes peuvent-ils encore nous inspirer aujourd’hui ?

Qu’elles soient ou non encore habitées, ces maisons de prière, de travail et repos, continuent à parler. Ces pierres crient aux hommes et aux femmes que nous sommes que nous avons besoin d’un lieu et d’un temps pour être heureux, pour pouvoir donner du fruit. Il nous faut pouvoir ralentir, changer de rythme et oser la contemplation, cette respiration si nécessaire au corps et à l’âme que nous sommes.

Ces bâtisses nous parlent aussi de la communauté humaine qui peut naître d’une vie apaisée et simultanément active et productive. Ce juste tempo, quand il profite du génie du lieu, fait également naître un rapport plus sain à la nature et aux joies et biens qu’elle procure généreusement.

Et Dieu, bien sûr, présent discrètement ou vigoureusement dans un son de cloche, une croix en bord de chemin, l’éclat d’une couleur de vitrail sur la pierre.

Tout lieu chrétien, doit, dans le temps même où il sert Dieu, servir le prochain en se faisant accueillant.

L’architecture peut-elle servir une saine articulation entre la vie fraternelle et l’ouverture sur le monde dans un hameau chrétien ?

C’est une communauté humaine qui fait l’architecture, elle ne peut rien seule. Elle est cependant plus bavarde qu’on ne croit. Elle enseigne ! Elle évoque un rapport au corps et aux autres par le jeu des proportions, elle éduque le regard et invite à la contemplation par le travail de la lumière, elle peut dire la protection et dire l’ouverture.

Un hameau chrétien n’a de sens que s’il tisse des liens avec ce qui l’entoure. Son contre modèle achevé serait les « gated communauties », ces quartiers résidentiels fermés que l’on trouve surtout en Amérique du nord, où se côtoient des gens aisés, protégés par des grilles d’un monde alentour qu’ils perçoivent d’abord comme hostile. Les utopies mal digérées deviennent infernales. La réalité suppose que l’autre me soit présent.

Tout comme les monastères ont des hôtelleries, tout lieu chrétien, doit, dans le temps même où il sert Dieu, servir le prochain en se faisant accueillant. La sphère demeure ainsi ouverte.

Monasphère s’inscrit dans une tradition longue.

Vous avez contribué à concevoir la charte architecturale de Monasphère pour ses programmes immobiliers en neuf. Comment qualifieriez-vous l’approche architecturale de Monasphère ?

En prenant comme modèle le monastère, et en s’implantant à proximité de lieux spirituels, Monasphère s’inscrit dans une tradition longue. C’est audacieux car la promotion immobilière ne prend habituellement guère le temps d’envisager ainsi « l’habité ».

L’enjeu est donc de trouver une manière de traduire avec les mots d’aujourd’hui les intuitions d’hier. Il ne s’agit pas de citer l’architecture passée, en procédant par simple collage d’un vocabulaire ancien sur des bâtiments neufs, mais de retenir les traits saillants et les pierres d’attentes de ces édifices.

Nous avons déjà évoqué le rapport fécond au temps et à l’espace, au patrimoine et à la nature, au cheminement et à la contemplation, que ces lieux proposent. Plus concrètement, ces enjeux peuvent se traduire architecturalement par une réflexion sur le seuil et la porte d’entrée (qui disent ce qu’on entend par accueil), sur le soubassement de la maison (qui dit nos fondations), sur l’épaisseur du mur (qui dit la constance), sur les ouvertures (qui disent la lumière), sur les pièces communes (qui disent famille et bien commun plutôt qu’individualisme). Comme on le dit en liturgie, chercher une « noble simplicité », par des matériaux durables et de justes proportions afin que l’architecture prenne souffle, qu’elle respire et que la matière s’anime. Aux architectes et maçons de mettre cela en musique, aux hommes et femmes qui y vivront de trouver, en ces lieux, la joie.

Quand M.Macron parle des juifs d’Orient, c’est manège enchanteur

M.Macron, le 22 novembre 2021, a prononcé (encore) un discours à l’occasion de l’inauguration de l’exposition « Juifs d’Orient » à l’Institut du monde arabe.

L’exposition fait partie d’une opération de propagande, pardon, d’information  sur les mérites et les grandeurs de la civilisation arabo-musulmane comme le précise d’ailleurs sans fard M.Macron dans son discours :

« Ce n’est pas un hasard si « Juifs d’Orient » ouvre à l’IMA en même temps que le Louvre et la RMN Grand Palais déploient 18 expositions en France sur les arts de l’islam. Face à tous les obscurantismes qui se réclament de l’islam, ce projet vient rappeler l’héritage que la civilisation islamique a légué que ce soit dans la philosophie, la médecine, les sciences ou l’art, autant de reflets de circulation d’idées auxquelles d’ailleurs cette exposition même aussi rend hommage, parce que c’est la meilleure compréhension mutuelle qui permet justement cette coexistence, ce partage ».

Trois composants de la doxa doivent rentrer dans le cerveau des petits Français : rien, à peu près, de ce qui relève des arts, de la pensée ou de la science n’est étranger à l’islam ; l’islam est fondamentalement tolérant et ouvert (voire inclusif) ; et l’islam est une part importante de la France et depuis très longtemps (sinon toujours).

M.Macron, au détour d’une phrase, concède : « sans angélisme aucun, l’histoire des Juifs d’Orient est aussi faite de persécutions, de souffrances, de conflits, d’exode ». Mais c’est une parenthèse. Parce que sinon, tout n’est qu’enchantement pour les Juifs d’Orient, une communauté qui a eu « cette volonté à chaque fois d’épouser, de conjuguer, de tresser, d’hybrider, pour survivre et partager ». Bien sûr, on aura compris que conjuguer, tresser et hybrider pour survivre, en islam, cela s’appelle se soumettre à la charia.

Pourtant, « entre les années les plus sombres, il y eut des périodes de floraison somptueuses, des ponts jetés entre les langues, entre les savoirs, entre les cultures. Il y a une formidable leçon de civilisation tout au long de cette exposition et de ce chemin. Le fait qu’au fond, l’identité est toujours plus complexe qu’on ne le croit, qu’elle se frotte à d’autres identités pour s’en nourrir [NDLR : comprendre que l’identité juive s’est frottée à l’islam pour s’en nourrir], et que la part maudite n’est jamais la part de l’autre [NDLR : comprendre que les juifs ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes]». Le discours de M.Macron est un hymne à la coexistence : on trouve là « tant et tant de symboles croisés, de signes partagés, d’histoires croisées ».

Et d’enfoncer encore le clou de l’incontournable vivre ensemble :

« Nos civilisations, nos cultures sont un accès au spirituel, à des géographies, à des savoirs, mais [NDLR : pourquoi le « mais » ?] toujours un chemin d’émancipation et de dialogue.[NDLR : il faut sans doute comprendre que l’islam est une civilisation de l’émancipation et du dialogue] Un chemin qui nous permet au fond de vivre ensemble parce que nous conjuguons tout cela… [Et] pour vivre ensemble, il faut commencer par nous connaître et nous comprendre ».

De façon définitivement rassurante, M.Macron trouve dans l’histoire des Juifs d’Orient un enseignement, peut-être même un modèle, pour la France :

«Je le dis pour la Nation que nous sommes au moment où nous nous parlons : quelles que soient les difficultés qui sont les nôtres, penser qu’elles viennent de l’autre ou de cette part de l’autre, est une facilité aussi vieille que l’humanité. Penser qu’il faudrait chasser une part de l’autre qui est au fond déjà une part de nous-mêmes, c’est grandir notre malheur et rarement le chasser bien loin. C’est cette leçon profonde de civilisation qu’offre cette exposition ».

D’autant plus que nous sommes plus multiculturels et depuis plus longtemps que nous ne pouvions l’imaginer. M.Macron nous le rappelle :

« C’est cette mémoire plurielle, foisonnante, qui fait aussi, je le dis ici avec beaucoup de conviction, la force de notre République. Parce que ces identités n’existent que dans les capacités à trouver leurs propres harmoniques et à sonner ensemble. Ceux qui veulent en retrancher ou en oublier enlèvent quelque chose à la France et à la République. Ceux qui veulent les rendre dissonantes trahissent le chemin de la France et de la République. Parce qu’elles sont là depuis longtemps et se conjuguent depuis bien avant nous. Ces harmoniques existent, nous les avons déjà entendues ».

Il définit la véritable hospitalité comme « de pouvoir accueillir sur son sol des femmes et des hommes qui avaient déjà à y être, parce qu’on découvre à ce moment qu’ils y étaient depuis très longtemps ». « Ils » n’y étaient pas, mais en fait « ils » y étaient quand même. Cela tient véritablement du prodige. Et puis il y a sous-jacente donc l’idée que les musulmans sont sur le sol français depuis très longtemps. Alors, fixons les idées : en  1872, année du dernier recensement civil en France à avoir comporté officiellement une rubrique religieuse, sur les quelques trente-six millions d’habitants que comptait le pays, près de 98% se sont déclarés « catholiques romains ». 35,4M sur 36,1 M. Auxquels s’ajoutaient près de 600 000 protestants, 50 000 israélites, 80 000 sans culte et… 3000 ressortissants d’autres cultes (parmi lesquels des musulmans) (Guillaume Cuchet  Comment notre monde a cessé d’être chrétien  Ed. du Seuil, p.15). La capacité des harmoniques à sonner ensemble, pour reprendre la logorrhée macronienne, n’avait sans doute pas encore été mise en oeuvre.

Et alors, comme il faut nous connaître et nous comprendre, M.Macron profite de l’occasion pour annoncer

« que la préfiguration du futur Institut français d’islamologie a démarré depuis octobre… je crois en un islam des Lumières et je souhaite le développement d’études de haut niveau sur l’islam à l’université. Nous devons réinvestir l’islamologie ».

Bon, c’est pas tout ça mais on a du vrai travail : à part en Israël, des juifs en Orient, il en reste  où ? Et combien ? Combien en Arabie Saoudite ? Combien en Irak, en Syrie, en Jordanie, en Iran ? Et pour ceux qu’on arriverait à y dénicher, combien sont obligés de payer la djizîa, l’impôt qui pèse sur les dhimmis, ces non-musulmans en terre d’islam soumis pour qu’on les laisse au moins un peu tranquilles et obligés d’accepter des ségrégations sociales ?

Et au fait, à propos d’Israël : la France (présidée par le même M.Macron, celui qui entend les harmoniques, qui vante la mémoire plurielle et foisonnante…) vient de donner sa voix, le 1er décembre 2021 à une résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies qui affirme que les Lieux saints de Jérusalem sont exclusivement musulmans. Elle est où l’hybridation ? Il est passé où le tressage ?

Et dans la France de M.Macron, des musulmans de Nanterre invectivent des catholiques processionnant : « cassez-vous vous êtes pas chez vous» ; « wallah sur le coran je vais t’égorger ». On ne sait pas s’il y a besoin d’un institut d’islamologie, mais certains rudiments de la paix et de la tolérance islamiques sont déjà bien maîtrisés. Une petite dissonance ?

Distinguer les musulmans modérés des musulmans terroristes, c’est confondre foi et engagement politique

Nous avons interrogé Marie-Thérèse Urvoy, suite à la parution de son dernier ouvrage sur Islam et islamisme. Frères ennemis ou frères siamois? (voir aussi notre article ici).

Pourquoi n’existe-t-il pas de magistère en islam ?

Deux raisons principalement expliquent l’absence de magistère en islam; 

1- La première se rattache à la sphère théologale du culte ; l’islam, en effet, est une orthopraxie, c’est à dire que c’est un certain nombre d’actes qui définissent le croyant (le seul musulman, dès le Coran) et jaugent le degré de sa foi. Le premier de ces actes est la profession de foi qui contient toute la dogmatique essentielle : unicité d’Allah et prophétie de Muhammad. Par commodité, on appelle clergé, en islam chiite, ce qui est une hiérarchisation des fonctions de type sacral, telle la classe suprême constituée d’ayatollahs (signes d’Allah), ou celle des hujatolislam (preuves de l’islam), ou celle de simples mollahs (serviteurs d’Allah). L’attachement passionné des fidèles chiites à une autorité religieuse, basée sur le principe de la référence (marjaʽ) va jusqu’à la constitution de nombreuses milices privées.

L’islam sunnite est géré par une catégorie d’experts, car le principe entendu est que toute communauté, si réduite ou isolée (deux croyants représentent déjà la communauté , Umma), doit avoir au moins une personne susceptible de garder et de transmettre le savoir religieux. Dans les sociétés islamiques ordinaires, il y a une répartition selon les disciplines : exégètes, juges, prédicateurs, etc. Les personnes sont choisies selon des critères moraux et techniques, tels que la capacité de mémoriser les textes sacrés, la connaissance solide de l’arabe, et des règles de traitement des textes fondamentaux. Appartiennent à cette catégorie :

  • l’imam, il est recteur d’une mosquée, assure le prêche du vendredi, et dirige la prière collective du vendredi ;
  • le mufti, il prononce des fatwas. La fatwa est une consultation juridique, analogue à la consultation du prudens en droit romain. Une fatwa est prononcée sur n’importe quel sujet, civil ou religieux ; c’est abusivement que média et journalistes la réduisent à une condamnation à mort. 
  • Le cadi, est le juge qui prononce les sentences au tribunal islamique et fait appliquer les peines légales. Ici, il convient de rappeler qu’en islam, le péché est transgresser la loi de Dieu, et non offenser Dieu comme en christianisme.

Ces trois titres sont des fonctions et non des grades. Ils donnent des qualifications : un faqîh, jurisconsulte, connaisseur des textes en matière juridique. Un shaykh (francisé en cheikh) est le sage et pieux, souvent – mais pas nécessairement – l’aîné du groupe. Il peut vivre à la mosquée après avoir accompli le Pélerinage (hajj). On peut l’appeler hajjî, musulman ayant fait le hajj.

2- La seconde raison est d’ordre théologique. Elle est d’une importance capitale puisqu’il s’agit de la Révélation même en islam, qui est sans progression.

L’islam se heurte cependant à la question fondamentale de tout monothéisme : comment la transcendance peut-elle intervenir dans l’immanence. Aussi, l’ange Gabriel est-il l’intermédiaire qui dicte le texte au Prophète.  Mais cela ne suffit pas lorsqu’il faut expliquer l’apparition même du texte.  Or l’islam qui se présente souvent comme une religion sans mystères, ne peut éluder le mystère fondamental de l’irruption du divin dans le monde. Le débat théologique restera figé tant que la fixité du texte sacré coranique de l’islam n’ait pas cédé à une évolution progressive. C’est seulement de nos jours qu’en Occident une critique historique a vu le jour. 

S’il n’y a pas de magistère, comment un politicien non croyant peut-il estimer que telle ou telle pratique ne relève pas de l’islam ? 

Il n’y a pas de magistère en islam, mais il y a ses textes et ses référentiels qui détaillent scrupuleusement, dans une casuistique phénoménale, pour renseigner ce qui est islamique et ce qui ne l’est pas. Bien sûr, pour accéder aux textes-sources, cela exige un lourd investissement intellectuel et une ascèse désintéressée. 

Au fond, l’islam est-il compatible avec notre pays de religion chrétienne et de tradition gréco-latine ?

Tant que l’islam se présentera arrimé farouchement à un Coran où les versets prônant la paix et les versets exhortant à la guerre ont la même valeur théologique, sans espoir de réel aggiornamento, l’islam demeure résolument incompatible. C’est la projection dans le monde de « la promesse (rétribution) et la menace divines », lesquelles font partie de l’appareil dogmatique et son déterminantes dans la praxis islamique. Car l’amère réalité nous rappelle chaque jour qu’à force d’être sécularisé et laïcisé, l’Occident a rendu les occidentaux – et pas seulement en France – étrangers à leur propre société historique et traditionnelle.  Plus la France cédera de son identité et plus elle laisse de l’espace à l’identité islamique conquérante. Distinguer les musulmans modérés des musulmans terroristes, c’est confondre foi et engagement politique. Nul ne peut enjoindre à un croyant d’être modéré dans sa foi, en regard comment présumer qu’un bon musulman est un musulman modéré, quand tous les musulmans, du plus violent au plus pacifique, sont nourris et vivent des mêmes textes sacrés fondamentaux ?

Les musulmans sur lesquels on peut compter, même très rares, sont ceux qui ont ramené leur croyance à la sphère privée et personnelle, à une morale et une spiritualité sans juridisme, sans revendications propres à l’islam religion de la masse et de la foule. Ces musulmans, bien que tristement minoritaires, sont compatibles avec toute société moderne. Ils se sont affranchis de tout ethnocentrisme ravageur ou sociocentrisme vindicatif caractéristique de l’islam.

Dans les années 50 un éditorialiste arabe et musulman, vivant chez lui et non en France, dit : « l’islam est une religion agressive et conquérante … Comme Robespierre il condamne jusqu’aux indifférents ». De nos jours, Boualem Sansal, depuis son Algérie où il vit, ne nous dit pas moins.

M.Macron, un néant ? Un mannequin de plastique ? Un automate ? Et si c’était encore plus grave que ça ?

M.Zemmour a, paraît-il, été très violent à l’égard de M.Macron, lors de son discours à Villepinte. Citons-le (à 1h18’) :

« Personne ne sait qui il est car il est personne. Derrière le masque de la parfaite intelligence technocratique, derrière la montagne d’idées superficielles, derrière les slogans contradictoires, derrière le en même temps synonyme de désordre, et le quoi qu’il en coûte synonyme de ruine, il n’y a personne. Il n’y a rien… Macron est à lui seul le grand vide. En 2017, la France a élu le néant et est tombé dedans. Nous laisserons dans sa vitrine ce mannequin de plastique, cet automate qui erre dans les labyrinthes de miroirs, ce masque sans visage qui défigure le nôtre. Nous laisserons cet adolescent se chercher éternellement. Oui, laissons-le avec son obsession pour lui-même ».

Violence verbale ? Mais si ce qu’il décrit est vrai ? Pour nous qui avons déjà traité le Président de la république de faussaire, d’agent de corrosion nationale, de verbigérateur, rien de bien nouveau. A vrai dire, le plus difficile est de trouver le qualificatif capable d’embrasser en un mot tout ce que M.Macron contient de faux voire de pervers. Sauf à se référer à la qualification de Talleyrand faite par Napoléon, qui semble grossière mais assez juste. Et il faut reconnaître que la soiemacronienne est tout à la fois abondante et chatoyante. L’actualité en donne encore une illustration parfaite.

M.Macron déambulant ces jours derniers dans les rues agréables de Vichy en a profité, lors d’un entretien avec France  Bleu,  pour répondre indirectement indirecte à M.Zemmour ; avec toute la cautèle sournoise, façon bienveillance, qu’il sait prendre avec tellement d’efficacité. Son côté soyeux. Il a dit :

« Vichy nous renvoie également à une histoire. Et je pense qu’à cet égard il faut juste se dire que cette histoire, nous l’avons vécue, elle est écrite par des historiennes et des historiens [sic]. Et c’est une bonne chose de s’y tenir. Et je pense que l’histoire, nous gagnons à la respecter, à l’apprendre, à permettre à nos historiennes et nos historiens [re-sic] sur la base de traces, de documents, de construire une vérité historiographique ; et gardons-nous de la manipuler, de l’agiter, de la revoir ».

Premier élément étonnant, M.Macron laisse entendre qu’après le travail des zistorienneuzédézistoriens, il y aurait accréditation d’une sorte d’histoire officielle, close, achevée, indépassable. Une vérité historique irréfragable. Au moment même où une zistorienne chercheuse au CNRS expliquait à sa façon :

«être historien, c’est donner de la signification au passé et en proposer une vision. Une fonction de l’historien est de distinguer le vrai du faux, mais aussi le légitime de l’illégitime, les coupables des non-coupables».

Comme cette chercheuse de coupables est spécialiste de la Guerre d’Algérie, tout est bien dans le meilleur des mondes macroniens…

Deuxième élément tout aussi étonnant : M.Macron ne se laisserait, lui, jamais aller à agiter, ni à revoir, ni à manipuler l’histoire ? Essayons d’approfondir.

L’histoire est à l’évidence une obsession macronienne. Nous recommandons à cet égard la lecture d’un article publié dès novembre 2018 par le zistorien Marc-Olivier Baruch (EHESS), intitulé : Emmanuel Macron et l’histoire (de France). Dès le début de l’article (et après deux ans seulement de présidence Macron), l’auteur remarquait sa dilection à discourir (« Emmanuel Macron est un président qui non seulement parle souvent mais parle aussi longuement ») ainsi que « la diversité des sujets – comme si toute prise de parole, ou presque, donnait à Emmanuel Macron matière à distiller sa vision de l’histoire ». Pour quelqu’un qui se flatte de ne pas agiter l’histoire, c’est bizarre.

M.Baruch distingue même quatre épisodes à consonnance historique dans le déroulement de la campagne électorale de M.Macron :

« C’est d’abord, en juillet 2015, un entretien avec Éric Fottorino, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Le 1. Le jeune ministre – à tous les sens du terme, il n’est entré au gouvernement qu’en août 2014 – y développe déjà sa conception du pouvoir présidentiel : « La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n’est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d’y placer d’autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l’espace. On le voit bien avec l’interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du général de Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au cœur de la vie politique. Pourtant, ce qu’on attend du président de la République c’est qu’il occupe cette fonction. Tout s’est construit sur ce malentendu ». Commentaire de M.Baruch : « Comment ne pas être frappé, à la lecture de ces quelques phrases, par leur exagération manifeste ? ».

Le deuxième épisode se situe le 8 mai 2016 à Orléans. « Invité d’honneur des 587e fêtes johanniques, Emmanuel Macron ne parle que de lui en évoquant Jeanne d’Arc, qui « n’était qu’un rêve fou [et] s’impose comme une évidence ». ». Après avoir parlé de lui, M.Macron parle de la République et trouble M.Baruch :

« Et au fond, qu’est-ce qui fait que ce 8 mai à Orléans est si singulier ? C’est parce que, fidèles à notre histoire, fidèles à cette histoire, le désir de justice, l’énergie du peuple, la volonté de rassemblement, le triptyque de Jeanne d’Arc, c’est celui qui scelle notre République. Ce fil qui nous relie à Jeanne, en passant par Michelet, Jaurès, Gambetta ou Péguy, c’est celui de l’esprit républicain. Car notre République ne commence pas avec la République, elle commence bien avant. Elle s’ancre dans cette histoire millénaire avec laquelle nous devons avoir renoué, du sacre de Reims à la fête de la Fédération, comme le disait Marc Bloch. Jeanne d’Arc est beaucoup plus qu’elle-même ou que son époque. Elle contribue à forger cette identité française. Cette identité, c’est une langue, c’est un territoire, c’est une nation, c’est aussi le fruit de notre passé, car elle est faite de celui-ci. ».

Toute la soie macronienne se déploie déjà à l’envi ! Mais M.Baruch  ne s’y laisse pas prendre :

« Mais comment écrire raisonnablement comme le fait Emmanuel Macron que « la République ne commence pas avec la République, elle commence bien avant [et] s’ancre dans cette histoire millénaire avec laquelle nous devons avoir renoué » ? »

Le troisième épisode relève de la lecture par M.Baruch du livre-programme écrit par M.Macron, Révolution (publié à l’automne 2016, XO). Au chapitre « Ce que nous sommes », Emmanuel Macron définit à grands traits ce que sont, à ses yeux, la France et les Français. Pour définir sa « France de toujours », l’auteur ne recule pas devant l’emphase :

« Je ne me lasserai jamais de contempler l’âme immobile et fugitive de la France. C’est le temps fait géographie. C’est un héritage antérieur à la mémoire consciente, et le goût d’un avenir qui resterait fidèle aux espoirs du passé. Pays faits de mots, de terres, de roches et de mers. C’est cela la France. Mais pas uniquement. ».

La conclusion du livre commence par la phrase : « Chacun d’entre nous est le fruit de son histoire ». Et aussi (petit florilège de citations extraites par M.Baruch) :

« Notre pays a la force d’avancer, il a l’histoire et le peuple pour le faire ; Oui, la France est une volonté. La France ne se recrée pas chaque jour à partir de rien. Cette volonté s’appuie sur l’héritage de notre histoire qui structure nos réponses aux nouveaux défis ; Notre histoire et notre culture [NDLR : tiens, une « culture » ?], tout ce que les générations précédentes ont à nous transmettre, constituent notre socle commun ; Certes, les temps sont durs et l’histoire est tragique ; Sauf à nous perdre, nous ne pouvons pas prendre, dans ces temps si difficiles, une autre voie que la nôtre [NDLR : petit exercice recommandé : relisez soigneusement la phrase précédente…]. La richesse que nous avons à défendre, c’est la marque de la France, sa vertu, son message dans l’histoire ».

La France est donc une marque ! Comme Amazon ou Apple ?

Et ailleurs dans son livre, M.Macron de définir encore la France (il adore ça) :

« C’est un projet ouvert, qui a toujours su accueillir l’autre et les plus faibles, dont Jeanne d’Arc faisait partie. C’est un projet fou, au fond, forgé sur une culture, et recherchant l’universel, exigeant et généreux. C’est cela notre identité, ce n’est rien d’autre. C’est cela notre espoir, au fond. Cela n’a rien d’évident, mais c’est nous ».

Après la marque, la France comme un projet. Finalement, l’ambition de M.Macron pourrait être managériale, au profit d’une start-up nation.

M.Baruch, pour bien souligner l’obsession de M.Macron pour l’histoire, rapporte encore cette citation de l’auteur : « L’histoire instruit toujours : je pense souvent à ce que la République de Venise a dû vivre en 1453 lorsque Constantinople est tombée aux mains des Turcs ». A considérer la situation française, cela demanderait peut-être l’appui d’un psychanalyste…

Pour terminer sur ce livre, M.Baruch cite encore M.Macron :

« [Ma] décision de [me] présenter aux plus hautes charges de la République est le fruit d’une conviction intime et profonde, d’un sens de l’Histoire… Je veux que mon pays redresse la tête et, pour cela, retrouve le fil de notre Histoire millénaire : ce projet fou d’émancipation des personnes et de la société ».

Encore un projet fou direz-vous. On se demande ce qui est le plus fou, en fait.

Le quatrième épisode relaté par l’auteur de l’article est un ensemble de propos macroniens sur l’histoire et son enseignement développés le 9 mars 2017 sur France Culture face à Emmanuel Laurentin, en participant à l’émission La Fabrique de l’histoire[tout un symbole !].

Lors de cette émission qui a lieu en pleine campagne électorale, l’animateur rappelle à M.Macron les propos qu’il vient de tenir à Alger, le 15 février 2017 qualifiant la colonisation de crime contre l’humanité (mais bien sûr, on ne manipule pas l’histoire…) pendant la campagne électorale et s’interroge [déjà] sur l’incohérence de ce propos avec ceux que M.Macron avait donné quelques mois plutôt, en novembre 2016, dans Le Point, quand il avait évoqué « les éléments de civilisation et les éléments de barbaries que composaient la colonisation, et aussi l’émergence d’un État, de richesses, de classes moyennes ». Et M.Laurentin de demander :

« On s’est dit : comment peut-on tenir ensemble ces deux discours ? ».

M.Macron répond :

« Je pense qu’on ne peut pas parler de bienfaits de la colonisation, ça on le sait bien c’est une revendication extrêmement classique de celles et ceux qui veulent revenir sur ce passé et le revisiter. Mais, je reconnais qu’en même temps il y a eu des femmes et des hommes qui dans le cadre de la colonisation ont eu un rôle, une humanité, ont fait des choses. De l’autre côté, le discours que j’ai tenu a essayé à chaque fois de rappeler la complexité des expériences et des mémoires de cette période. Des faits qui se sont passés à l’époque relèvent du crime contre l’humanité. Quand je tiens ce discours, je ne dis à aucun moment que toutes celles et ceux qui ont eu à voir avec la colonisation sont des criminels contre l’humanité ».

Un crime sans criminel, la classe !

M.Macron dévie ensuite toujours sur France Culture dans tout un passage sur un mot qui aura été l’un des marqueurs obsessionnels de son quinquennat : les « mémoires » :

« En même temps, il y a d’autres mémoires. Il y a la mémoire des harkis trahis par la France… Il y a la mémoire des pieds noirs…. Il y a la mémoire des appelés, des anciens combattants. … Vous avez ensuite les Françaises et les Français issus de l’immigration, ou binationaux, qui sont des millions, venus d’Algérie, qui disent : on n’a jamais reconnu ma part d’histoire et de mémoire. Parce que la France a décidé de rester dans le refoulé après cette période, nous avons bloqué tout cela. Nous devons pacifier cette histoire et avoir une politique de reconnaissance des mémoires dans leur complexité, y compris dans ce qu’elles ont parfois d’irréconciliable entre elles ».

Mémoire, réconciliation de mémoires irréconciliables, autant d’obsessions macroniennes qui justifieraient peut-être là encore un petit traitement psychanalytique, et qui, en tout cas, rendent son affirmation de ne pas agiter l’histoire, de ne pas la revoir, de ne pas la manipuler, totalement incohérente. Et d’ailleurs se demande M.Baruch :

« Faut-il vraiment faire de la réconciliation des mémoires le point de fuite de l’histoire nationale ? ».

Sortons de l’article de M.Baruch et regardons d’autres traces des incohérences (certains diront mensonges) macroniennes :

– M.Macron, qui ne manipule pas l’histoire, est allé à Oradour-sur-Glane le 28 avril 2017 entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2017 et avant d’affronter Mme Le Pen.

M.Macron qui n’agite pas l’histoire a pourtant commandé au Camerounais Achille Mbembe, théoricien du post-colonialisme, une contribution (présentée le 5/10/201) pour refonder les rapports entre la France et l’Afrique . Dans cette contribution, étonnamment…, l’auteur arrive à la conclusion que la France doit reconnaître ses racines africaines.

M.Macron qui ne veut pas revoir l’histoire a pourtant commandé un rapport sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie  au zistorien Benjamin Stora : demander à M.Stora un rapport sur la colonisation en Algérie, c’est comme confier les clés du comité d’éthique au Dr Delfraissy : M.Macron (qui ne souhaite pas manipuler l’histoire…) en obtient toujours ce qu’il souhaite. C’est le 20 janvier 2021 que M.Macron a réceptionné cette commande. Il a, à cette occasion, a souligné sa volonté de poursuivre le travail de mémoire, de vérité et de réconciliation engagé au cours des dernières années dans notre pays et dans ses liens avec l’Algérie.

Parmi les recommandations du rapport figurait la reconnaissance par la France de l’assassinat d’Ali Boumendjel, avocat et dirigeant politique du nationalisme algérien. C’est chose faite dès le 2 mars 2021 par M.Macron qui n’agite jamais l’histoire :

 « Aujourd’hui, le Président de la République a reçu au Palais de l’Elysée quatre des petits-enfants d’Ali Boumendjel pour leur dire, au nom de la France, ce que Malika Boumendjel aurait voulu entendre : Ali Boumendjel ne s’est pas suicidé. Il a été torturé puis assassiné ».

Le Président a

« également dit sa volonté de poursuivre le travail engagé depuis plusieurs années pour recueillir les témoignages et encourager le travail des historiens par l’ouverture des archives, afin de donner à toutes les familles des disparus, des deux côtés de la Méditerranée, les moyens de connaître la vérité. … C’est pour eux désormais, pour la jeunesse française et algérienne, qu’il nous faut avancer sur la voie de la vérité, la seule qui puisse conduire à la réconciliation des mémoires ».

M.Macron qui ne souhaite pas manipuler l’histoire et qui a déclaré le 20 septembre 2021 lors d’un discours aux harkis « Je ne jugerai pas devant vous aujourd’hui le choix des dirigeants d’alors, ce n’est pas le rôle d’un président de la République »,  a en même temps commémoré les 60 ans de la manifestation du 17 octobre 1961 en se « rendant sur les lieux  de mémoire » et en reconnaissant des crimes inexcusables à l’égard d’Algériens.

« M.Macron  a reconnu les faits : les crimes commis cette nuit-là sous l’autorité de Maurice Papon sont inexcusables pour la République ».

M.Macron qui n’agite pas l’histoire a organisé une politique de restitution d’œuvres d’art d’origine africaine au Bénin (pour la petite histoire, il semblerait qu’au-dit Bénin, 90 % des actions culturelles sont financées par… la France).

M.Macron, qui ne manipule pas l’histoire, a, le 11 mars 2020, célébré (!) la 1ère journée nationale d’hommage aux victimes du terrorisme et annoncé dans la foulée la création du Musée-mémorial du terrorisme en confiant une mission de préfiguration au zistorien Henry Rousso. Le 11 mars 2021, rebelote. Encore une occasion pour M.Macron de discourir:

« le devoir de la France est de rappeler que les femmes et les hommes qui ont été visés par des attaques terroristes demeurent au cœur de notre fraternité nationale et de notre souvenir, d’honorer leur mémoire et de faire vivre leurs histoires et leurs engagements ».

Et la mémoire des victimes étant une occupation apparemment florissante, deux mois plus tard, le 11 mai 2021, le même Président, lors d’une autre cérémonie officielle, annonce qu’il a retenu une implantation du Musée-mémorial à Suresnes :

« La symbolique du site répond à la volonté de créer à la fois un lieu de résilience et de résistance » [sic].

M.Macron, qui ne veut pas revoir l’histoire, a, le 5 avril 2019, demandé au zistorien Vincent Duclert, de présider une commission de recherche sur « Le rôle et l’engagement de la France au Rwanda entre 1990 et 1994 ». Le rapport a été remis à M.Macron le 26 mars 2021. Ce rapport (qui pointait les « responsabilités accablantes » de la France) a nourri le discours (encore un) que M.Macron a prononcé le 27 mai 2021 au Mémorial du génocide perpétré contre les Tutsis. M.Macron, qui affirme qu’il ne faut pas revoir l’histoire, y explique :

« La France a un rôle, une histoire et une responsabilité politique au Rwanda. Et elle a un devoir : celui de regarder l’histoire en face et de reconnaître la part de souffrance qu’elle a infligée au peuple rwandais en faisant trop longtemps prévaloir le silence sur l’examen de vérité ».

S’ensuivent tous les éléments pointant les responsabilités françaises, parce qu’on sait que M.Macron, au-delà de son goût pour les côtés négatifs de l’histoire de France, a aussi, et pour une raison inconnue du rédacteur de cette note, l’obsession d’être bien vu (aimé ?) par M.Kagamé :

« En me tenant, avec humilité et respect, à vos côtés, ce jour, je viens reconnaître l’ampleur de nos responsabilités. C’est ainsi poursuivre l’œuvre de connaissance et de vérité que seule permet la rigueur du travail de la recherche et des historiens…. Reconnaître ce passé, notre responsabilité, est un geste sans contrepartie. Exigence envers nous-même et pour nous-même. Dette envers les victimes après tant de silences passés. Don envers les vivants dont nous pouvons, s’ils l’acceptent, encore apaiser la douleur. Ce parcours de reconnaissance, à travers nos dettes, nos dons, nous offre l’espoir de sortir de cette nuit et de cheminer à nouveau ensemble. Sur ce chemin, seuls ceux qui ont traversé la nuit peuvent peut-être pardonner, nous faire le don de nous pardonner ».

M.Macron qui ne veut surtout pas agiter l’histoire a commandé un (autre) rapport à une commission présidée par le zistorien Pascal Blanchard pour proposer des noms de personnalités issues de la diversité pour constituer une sorte de portefeuilles de noms à usage des maires pour baptêmes de rues. L’objectif principal de ce rapport avait été énoncé par Emmanuel Macron au site Brut :

« il déplorait qu’une partie de notre histoire ne soit pas représentée et affirmait qu’une partie de notre jeunesse cherchait des héros qui lui ressemblent ».

M.Macron qui laisse aux zistorienneuzéôzistoriens le soin d’étudier l’histoire a dit le 18 avril 2021 dans l’émission « Face the Nation » sur CBS : « nous devons déconstruire notre propre histoire » (ou plutôt : « « We have in a certain way to deconstruct our own history »)

M.Macron, qui n’agite pas l’histoire, a présidé le 10 mai 2021 la cérémonie pour la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, suite à l’adoption de la loi dite Taubira du 21 mai 2001, celle qui exclue soigneusement les traites intra-africaines en particulier. A cette occasion du 20ème anniversaire de cette loi, « un extrait du discours de Christiane Taubira, prononcé à l’Assemblée nationale en 1999, a été lu ». Sans doute un exemple de cette vérité historique que les politiques peuvent en toute certitude endosser.

On aura compris que l’incohérence est la chose que le Président de la république partage le mieux avec lui-même. On ajoutera quelques instantanés illustratifs et tout récents, qui dénotent comme une sorte d’accélération encore –si c’est possible- de la production d’incohérences :

  • Le 2 septembre 2021, dans un même mouvement, M.Macron rend hommage au professeur S.Paty et exhibe la photo de McFly et Carlito.
  • Le 16 septembre 2021, pour bien montrer l’importance qu’il accorde à l’histoire, M.Macron a inauguré l’Arc de Triomphe empaqueté. Il avait, avec enthousiasme, approuvé ce projet sur un

« monument symbolique de l’histoire de France et de Paris : l’Arc de Triomphe sera empaqueté dans 25 000m2 de tissu recyclable en polypropylène argent bleuté, et ceinturé avec 3 000m de corde recyclable en polypropylène rouge».

  • Le 20 septembre 2021, M.Macron, au détour de son discours à l’occasion de la réception consacrée à la mémoire des harkis et annonçant un texte de loi de reconnaissance et de réparation, arrive à juxtaposer à quelques phrases d’écart les deux positions suivantes pourtant totalement antagonistes :

« Je le disais, ce texte n’a pas vocation à dire ce qu’est l’histoire, ce n’est pas le travail d’un texte de loi» et « Ce qui est vrai, c’est qu’il y a une singularité pour ce qui est des Harkis. C’est l’abandon militaire et c’est ensuite l’abandon et la maltraitance des familles sur notre sol. Ça, c’est une spécificité. Et donc, la reconnaissance de ces deux faits, qui sont des caractéristiques historiquement établies qui sont des singularités de la question harki doivent être mises dans cette loi ».

  • Le 1er décembre 2021, M.Macron laisse la représentation française à l’ONU voter une résolution définissant les lieux saints de Jérusalem comme une entité exclusivement musulmane.
  • Le 9 décembre 2021, lors de sa conférence de presse et à propos du référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie qui a lieu le 12 décembre, le Président de la république (garant de l’intégrité du territoire au titre de l’article 5 de la Constitution) a affirmé : « Le rôle du Président n’est pas d’être dans un camp». Voilà qui est clair : pour M.Macron, la France, ce projet fou, est un camp comme un autre.

Voilà quelques éléments du paysage. C’est vraiment grave, docteur ?

Monseigneur, quel dédommagement pour un juste relèvement ?

Le dévoilement des défaillances et autres abus commis par des ecclésiastiques ou religieux doit susciter une prise de conscience profonde des vraies causes de ces abus. Il en va du renouvellement du peuple chrétien.

Réparer c’est :

  • Célébrer avec une attention toujours plus grande la sainte messe en développant une attitude intérieure toute de silence et d’humilité. Que l’offrande du Saint-Sacrifice prennent toute la vie du prêtre, en amont par la préparation et en aval par l’action de grâce.
  • Porter l’habit ecclésiastique malgré le regard qui pourra être indifférent voire agressif: accepter la défiance comme une permission de Dieu et l’offrir en réparation pour le préjudice causé aux victimes et pour le salut des coupables.
  • C’est en raison de la perte de la foi et de la morale que de tels actes ont pu être commis. En réparation : réaffirmer avec courage et assumer en profondeur la force et l’exigence de la doctrine catholique dans toute son amplitude.
  • Réciter le rosaire chaque jour, en ayant au cœur une intention spéciale pour les âmes scandalisées, sans oublier le bréviaire et l’oraison quotidienne.
  • Considérer le peuple chrétien comme un trésor. Ne pas le scandaliser par des décisions en vendant hâtivement des biens de l’Eglise offerts par les fidèles. Sans doute faut-il trouver une manière de matérialiser la réparation. L’argent ne pourra jamais restaurer ce qui a été détruit. Ce serait très dégradant pour les victimes de se dire que les autorités ecclésiales sont quittes après avoir déboursé une somme. Dieu seul peut restaurer l’âme et le corps blessés. Quoi qu’il en soit, s’il faut un dédommagement financier effectué sous la forme d’un cadeau en réparation,  cela pourra faire jurisprudence… et introduire des jalousies ou discordes en tous genres. Car comment évaluer financièrement un abus par rapport à un autre ? Les conséquences psychologiques sont incalculables dans tous les cas.

Et que dire du préjudice de ceux qui n’ont pas reçu un bon catéchisme, qui ont été scandalisés et, pour certains, ont perdu la foi à cause des errements liturgiques et doctrinaux des clercs ? Quel dédommagement ?…

Benoît de Rougnoux

Marie, inspiratrice des artistes et pont entre Dieu et les hommes

De Marc Alibert, Architecte du Patrimoine, Prix Renaissance des Arts, pour Le Salon beige :

Tout art chrétien est l’expression de la beauté et de la vérité et  reflète en quelque sorte le mystère de l’Incarnation par lequel la visibilité du Christ nous introduit dans le domaine de l’invisible. Ce grand mystère est une source intarissable d’inspiration  : les Saintes Ecritures représentent un immense atlas iconographique où les artistes continuent à puiser.

Depuis 2000 ans, Celle qui a mis au monde le Rédempteur, Marie de Nazareth, est connue, aimée, chantée, célébrée sur tous les continents plus qu’aucune autre créature ; Elle est la perle du Créateur ; la beauté, la bonté, la pureté, l’humilité et l’amour qui rayonne de Marie peuvent facilement rejoindre toutes les âmes qui cherchent Dieu et veulent donner un sens à leur vie.

Notre monde souffre de l’absence de Beau.

Mais la beauté dépasse le cadre artistique, elle est liée au Bien et au Vrai. L’art participe à quelque chose de surnaturel puisqu’il a pour objet de créer de la beauté ; ce n’est ni une agression, ni un jeu ni une provocation. C’est la reproduction libre du beau, non de la seule beauté naturelle, mais de la beauté idéale,  un lien secret entre des solitudes qui s’ignorent, un vieux langage qui nous parle des choses éternelles. Marie est là, toute proche, pour guider les hommes de l’art dans leurs recherches ; les plus grands génies de l’univers ont mis leurs pinceaux et leurs plumes au service de la Très Sainte Vierge.

« les arts confessent Dieu, et tout en cherchant la Beauté, ils trouvent le plus souvent des motifs pour rencontrer la Vérité. » Jean Paul II

Mais comment tirer l’infini du fini ? comment fonder l’objectivité sur la subjectivité, la transcendance sur l’immanence ?

Là est la difficulté de l’art, mais aussi sa gloire : arriver à l’âme par le corps. Ce que l’artiste réussit à exprimer dans ce qu’il crée n’est qu’une lueur de la splendeur qui lui a traversé l’esprit pendant quelques instants. Il contemple l’œuvre de son inspiration, y percevant comme l’écho du mystère de la création, auquel Dieu, seul Créateur de toutes choses, veut en quelque sorte l’associer. Et s’il y a quelque chose de divin dans tout art, c’est parce que justement l’art est une création : c’est le fruit d’un souffle, une étincelle de  divinité qui affecte le cœur et les sens.

Une œuvre d’art qui amène les larmes aux bords des yeux ne provoque pas de jouissance, mais  dans notre nature exilée dans l’imparfait, elle évoque déjà sur notre terre un paradis révélé. L’art est avec la religion ce qui nous communique le sentiment de l’éternité, et  tout œuvre d’où ressort quelque reflet de beauté chante, sans le savoir bien souvent, la gloire du Père.

Marie est  là pour purifier et recentrer notre imaginaire ; il n’y a que sous sa protection que l’inspiration est juste. Confions donc notre travail à celle qui est la porte du ciel et  nous conduit à son fils.

Nos œuvres ne seront belles que si elles débordent d’un cœur possédé par la grâce :« pour peindre les choses du Christ, il faut vivre avec le Christ. » s’exclamait le bienheureux Fra Angelico.

Le langage de l’art est un langage d’amour : « Je cherche deux notes qui s’aiment… » disait Mozart. La beauté comme la vérité met la joie dans le cœur de l’homme, c’est le fruit précieux qui résiste à l’usure du temps, suscite l’enthousiasme et unit les générations.

Le beau est ce qui nous réunit le plus facilement et le plus mystérieusement.

Aussi pour qu’une œuvre soit belle et délecte l’intelligence, Saint Thomas d’Aquin énumère trois conditions :

  • L’intégrité, car l’intelligence ne goûte pas l’être incomplet.
  • La proportion, « ce rien qui est tout et donne le sourire aux choses. »
  • Le resplendissement, qui laisse transparaître la splendeur de l’âme, la pensée de l’homme, la pensée divine qui s’y reflètent.

Le bon goût, comme la vérité ne s’impose pas, il persuade ; il possède ce privilège de s’inscrire dans la durée. Eduquer à la beauté, à l’admiration, c’est développer la faculté de contempler mais aussi éveiller le sens critique, créer une passerelle entre représentation et signification, apprendre à communier à l’esprit des choses, s’en nourrir, méditer, comparer pour choisir.

C’est aussi apprendre à maîtriser nos sens : car tout ce qui diminue l’homme, ne peut servir l’art, fruit propre de l’homme. En morale, une très haute vertu rayonne toujours de beauté : ne parlons-nous pas d’une belle âme ?

L’œuvre d’art est donc un pont jeté entre Dieu et les hommes, entre le surnaturel et le matériel ; elle doit manifester les choses invisibles par les visibles,  nous conduire à l’adoration, à la méditation et nous permettre d’approfondir notre Foi notre Espérance, notre Charité. En art il faut tout aimer : la nature, la science, son prochain.

Prions Marie pour prendre le chemin par lequel on atteint son amour qui fait pleuvoir sur nous ses grâces  et dilater les puissances créatrices. Dans un monde de décomposition du sens esthétique et de tâtonnements des expressions artistiques, où l’individualisme semble rejeter l’objectivité du beau, interrogeons nous sur la finalité de l’art. Celui- ci est d’abord le témoignage d’une quête spirituelle car l’art est le beau surnaturel, et les choses ne sont belles qu’en vue du bien, le beau étant lui-même un bien.

Marc ALIBERT

Corporations et corporatismes

Lu dans les 4 Vérités:

Le corporatisme n’a pas bonne presse : il semble s’opposer aux libertés économiques, quand on ne le soupçonne pas de protéger les privilèges illégitimes de certaines catégories de travailleurs. Pourtant, sous ce vocable se dissimule une abondante diversité de situations. Le corporatisme de Vichy n’a pas grand-chose à voir avec celui de l’État fasciste italien et moins encore avec les corporations médiévales.

L’économiste Guillaume Travers se penche, dans cette courte étude, sur ces réalités diverses – et note en particulier que les corporations ne peuvent pas être ressuscitées par l’État, puisqu’elles sont précisément une forme d’organisation de la société en dehors de la contrainte étatique.

Corporations et corporatisme: Des institutions féodales aux expériences modernes

La vente d’Alstom : ce secret entre Valérie Pécresse et Emmanuel Macron est une véritable bombe à retardement

Il est plus que surprenant que les médias n’enquêtent pas de manière plus approfondie sur la vente d’Alstom en 2015 et les rôles respectifs d’Emmanuel Macron et de Valérie Pécresse. Voici ci-dessous un extrait de la chronique de Patrick Edery :

Mais surtout et avant tout, il faut lire les enquêtes de l’Incorrect et de Marianne sur les liens du couple Pécresse et Alstom. Selon le magazine l’Incorrect les nominations simultanées de « Valérie, ministre du Budget, et, son mari, Jérôme, président d’Alstom Renouvelables ont permis un déblocage soudain et surprenant de l’éolien en mer [en France]. Qui a coûté cher à l’État et s’est terminée en fiasco, mais a été rentable pour l’avancement de monsieur Pécresse au sein d’Alstom. »

Puis il y a eu le scandale de la vente du fleuron industriel et stratégique français qu’est Alstom. La vente des activités énergie à l’américain Général Electric a été une perte de souveraineté sans égale pour la France, qui a remis entre les mains des Américains nos technologies et activités les plus sensibles pour faire tourner, non seulement nos centrales nucléaires, mais aussi nos sous-marins nucléaires. Le mari de Pécresse, Jérôme Pécresse, est au cœur de ce scandale, il était le bras droit du PDG d’Alstom, Patrick Kron, lors de l’intégration d’Alstom à General Electric. D’ailleurs Jérôme Pécresse est le seul dirigeant clef que les américains n’ont pas viré suite à l’opération de rachat, il a même été promu PDG de GE Renewable Energy. Hors rémunérations, le mari de Valérie aurait touché, minimum, 2 millions d’euros.

Cette Affaire Alstom-General Electric, ne touche pas que Mme Pécresse mais aussi M. Macron et toute l’élite financière parisienne qui se serait mise dans les poches 1/2 milliards € en  frais de conseil divers.  le député LR, Olivier Marleix, avait saisi la justice en janvier 2019 pour qu’elle enquête sur les circonstances de cette affaire. Le député émettait  notamment l’hypothèse d’un possible « pacte de corruption » au bénéfice de celui qui a favorisé la vente, le ministre de l’économie d’alors : Emmanuel Macron. Ce dernier aurait bénéficié indirectement du demi milliards d’euros pour sa campagne de 2017, via son parti En Marche. Aujourd’hui Olivier Marleix soutient Valérie Pécresse.

La nomination de Valérie Pécresse est ainsi une très bonne nouvelle pour les bénéficiaires de la vente d’Alstom, ils sont assurés que Les Républicains ne remettront pas sur le tapis ce scandale. D’ailleurs ce n’est pas la 1ère fois que Macron et Pécresse collaboraient sur cette affaire. Ainsi, selon Marianne, quand le mari de Pécresse a décidé de licencier 800 personnes en Ile de France, avec Emmanuel Macron ils se seraient gardés tous deux de faire publiquement des annonces avant les élections régionales qui auraient pu compromettre l’élection de Valérie à la tête de la même région.

Pour la nomenklatura le couple Pécresse-Macron est l’assurance de garder les pleins pouvoirs. En effet en 2022, les législatives vont être décorrélées des présidentielles car elles vont avoir lieu 2 mois plus tard. Aussi avec le morcellement actuel des Français il sera difficile pour le Président nouvellement élu d’avoir une majorité au parlement. Par contre, LREM et LR, à deux, et quelles que soient les configurations, sont quasi assurés d’avoir la majorité au Parlement. Aussi les chances sont grandes que Macron, Pécresse et Edouard Philippe se partagent les postes de Président, 1er ministre et Président de l’Assemblée nationale. Tout cela se faisant, bien sûr, au nom d’une Union nationale contre les lépreux, les complotistes, les extrêmes, au nom de notre République bananière et ses valeurs progressistes, défendues par le barnum habituel des prostitués, qui nous donnent des leçons de vertus à longueur d’année. Si cela devait arriver, vous devez vous préparer à une grande braderie de la France.

Le Conseil d’Etat rejette les recours contre le passeport sanitaire

5 recours avaient été déposés par des particuliers et des associations (dont VIA)  pour suspendre les nouvelles règles pour obtenir ou conserver son passe sanitaire :

  • réduction à 24 h de la durée de validité des tests covid-19
  • obligation d’un rappel vaccinal entre 5 et 7 mois pour les personnes de 65 ans ou plus.

Le juge des référés constate que les tests antigéniques permettent d’avoir un résultat en ½ heure et que le calendrier de l’obligation du rappel vaccinal permet à tous ceux qui le souhaitent de le faire dans les délais impartis. Dans ce contexte d’hystérie hypocondriaque, le juge des référés juge que ces nouvelles règles sont justifiées pour limiter les contaminations.

Pour en savoir plus : Lire la décision en référé n°458876

Le conseil d’état est devenue une juridiction qui n’est plus là pour dire le droit ni défendre des libertés mais rendre des services.

La Manif Pour Tous dénonce l’intox sur la proposition de loi présentée comme interdisant les thérapies de conversion

Alors qu’à l’issue d’un commission mixte paritaire, le Parlement vient de donner son feu vert à la proposition de loi « interdisant les pratiques visant à modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne », La Manif Pour Tous s’étonne du traitement médiatique et politique de ce texte.

 Cette proposition de loi a été présentée uniquement comme visant à interdire les « thérapies de conversion », « ces pratiques visant à imposer l’hétérosexualité aux personnes lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT) », suivant Public Sénat par exemple.

Evidemment, tout le monde est opposé aux pratiques ainsi décrites (mais qui n’existent guère en France), et ce d’autant plus que le terme de « thérapie de conversion » rappelle les « traitements » terribles qui furent utilisés à une époque aux Etats-Unis (mais pas en France).

Cette proposition de loi a pourtant rencontré une certaine opposition, y compris chez les parlementaires.

Pourquoi ? Parce que son objectif réel n’était pas cette interdiction affichée. En effet, la proposition de loi ne cible pas les organisateurs de telle thérapie, et d’ailleurs, ni ce terme de « thérapie de conversion », ni leurs éventuels organisateurs, ne sont mentionnés dans le texte. Elle cible en particulier « les ascendants directs » d’un mineur, c’est-à-dire ses parents et grands-parents, ainsi que les professionnels de santé.

Cette proposition de loi interdit « les pratiques, les comportements ou les propos répétés visant à modifier ou à réprimer l’orientation ou l’identité de genre, vraie ou supposée, d’une personne » : concrètement, les parents ne pourront plus jouer leur rôle d’éducateur en apportant leurs conseils avisés sur l’idée éventuelle de leur enfant de « transitionner », c’est-à-dire de changer de genre ou même de sexe. Là est le cœur de ce texte : dissuader les parents et les médecins d’intervenir par la menace de sanctions pénales lourdes sur des bases largement arbitraires telle qu’est écrite la proposition de loi.

Il n’y a rien d’extraordinaire à ce qu’un enfant ou un ado se pose des questions, plus ou moins poussées, sur son identité sexuelle, en particulier pendant l’adolescence et la puberté qui l’accompagne, avec ses conséquences physiques. Avec cette loi, les parents n’auront d’autre choix que de soutenir l’idée d’une transition envisagée par leur propre enfant sans pouvoir échanger en profondeur avec lui et sans pouvoir, le cas échéant, tenter de les sortir d’une emprise idéologique. Les termes de l’article 1er de la proposition de loi étant vagues, toute mise en garde ou invitation à réfléchir pourrait être interprétée comme une entrave à la transition.

« Dans ces situations, il est fréquent que les enfants soient en souffrance, vulnérables, anxieux. Mais les parents, qui sont les éducateurs de leur enfant, qu’il connaisse mieux qui quiconque, qui en sont responsables, se retrouveront désarmés et condamnés à le voir souffrir sans pouvoir l’aider. Au nom de quoi, la seule voie profitable à l’enfant serait-elle celle de la transition et non de l’abandon de cette hypothèse d’adolescent ? » interroge Ludovine de La Rochère, Présidente de La Manif Pour Tous.

A quelques rares parlementaires près – qui ont été victimes d’une scandaleuse campagne de presse et de désinformation par certains médias et collègues politiques ignorant le contenu réel du texte -, députés et sénateurs se sont laissés berner par l’interdiction des thérapies de conversion qui ne sont pas, loin de là, le seul enjeu du texte. Et ils contribuent ainsi à renforcer la vulnérabilité des enfants mineurs qui sont la cible d’une propagande croissante de la transidentité sur les réseaux sociaux et les plateformes de streaming.

Certes, deux amendements votés par le Sénat ont légèrement amélioré le texte en préservant un peu la liberté d’intervention des parents et des médecins, mais ces articles restent trop facilement interprétables pour être une garantie suffisante pour eux.

Pour La Manif Pour Tous, il est plus que jamais urgent de réaffirmer l’importance de l’identité sexuelle pour aider les jeunes à se construire, à s’épanouir comme garçon ou comme fille, sans s’imaginer que leur mal-être éventuel viendrait nécessairement du fait « d’être nés dans le mauvais corps ».

N’en déplaise aux idéologues, l’humanité est composée d’hommes et de femmes, différents, égaux et complémentaires. C’est toute la richesse de notre humanité.

C’est arrivé un 14 décembre…

« A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines. » Léon XIII, Rerum Novarum

Rappelons-nous :

  • le 14 décembre 557 : Constantinople touchée par un séisme.

Constantinople est frappée par un tremblement de terre, qui ne la détruit pas. Les témoignages de religieux évoquent un séisme qui les a finalement épargnés. Toutefois, si l’Eglise Sainte-Sophie, consacrée seulement vingt ans plus tôt, n’a pas été rasée, elle est sérieusement endommagée : son dôme s’effondre un an plus tard.

  • le 14 décembre 867 : élection du pape Adrien II.
  • le 14 décembre 872 : mort du pape Adrien II et élection du pape Jean VIII.
  • le 14 décembre 1515 : rencontre entre le Roi de France, François 1er et le Pape Léon X, qui aboutira au concordat de Bologne.

François 1er, vainqueur de Marignan, fait à cheval, le 11 décembre 1515, une entrée élégante et triomphale en la cité italienne de Bologne, où le pape Léon X l’attend. Le Roi de France est en position de force. Ses victoires italiennes lui ont permis d’acquérir le duché de Milan. En contrepartie de son soutien à Florence, gouvernée par les Médicis, la famille de Léon X, le Saint Siège lui a offert Parme et Plaisance. Signé quelques mois plus tôt, le 13 octobre, le traité de Viterbe a officialisé ces accords.

Au cours de l’automne, François 1er accomplit un voyage triomphal dans ses nouvelles possessions ; puis il prend la route pour Bologne où va se tenir un sommet au cours duquel doivent être réglées les relations entre le royaume de France et la papauté. Précédant le cortège papal, vingt deux cardinaux viennent à la rencontre de François 1er, vêtu de velours bleu à fleurs de lys. Le Roi est reçu par Léon X en « fils aîné de l’Eglise ». Contrairement à l’usage, il ne baise pas les pieds du souverain pontife. En guise de salutations, les deux chefs d’Etat s’étreignent, puis échangent discours et maintes politesses…

Depuis 1438, la Pragmatique Sanction, promulguée à Bourges par Charles VII, empoisonne les relations entre la papauté et la monarchie. Déjà, Philippe le Bel, au début du XIVème siècle, a tenté de limiter l’autorité du Saint Siège sur l’Eglise de France. La Pragmatique Sanction a, de fait, donné un statut d’autonomie à cette dernière au travers de deux dispositions importantes. D’abord, les conciles généraux priment sur l’autorité du pape en matière de foi et de réforme. Ensuite, évêques et abbés sont élus et non plus désignés par Rome. Le plus souvent, l’élection devient un moyen déguisé de désignation par le Roi.

Le plus cher souhait de Léon X, soucieux de rétablir le pouvoir de Rome sur l’ensemble de l’Eglise, est d’obtenir la suppression de la Pragmatique Sanction. Après de longues discussions, le concordat de Bologne, qui règle les relations entre Rome et Paris jusqu’à la Révolution. Il est signé le 18 août 1516, approuvé le 19 décembre 1516 par le concile du Latran. Il remplace la Pragmatique Sanction de Bourges et, en ce qui concerne les affaires de l’Eglise de France, détermine clairement la part du Roi et celle du pape. En France, le concordat soulève une vive opposition de la part des gallicans (qui militent pour la restriction de l’autorité papale) et du Parlement qui ne l’enregistre qu’en mars 1518.

Désormais, le système d’élection aux postes ecclésiastiques (archevêques, évêques, abbés, prieurs) est rendu caduc. Le Roi de France présente ses candidats, à qui la papauté accorde l’investiture canonique, si le pape les accepte. L’approbation est soumise à des critères, en particulier d’âge et de formation.

Le concordat de Bologne est aboli unilatéralement par l’Assemblée Constituante, en août 1790.

  • le 14 décembre 1591 : mort de saint Jean de la Croix

Mort au couvent d’Úbeda en Andalousie, saint Jean de la Croix, ou Juan de Yepes naît en 1542 à Fontiveros, en Castille. Carme, poète et mystique, issu d’une famille aristocratique, il se destine à une vocation de Chartreux.

Avec sainte Thérèse d’Ávila, rencontrée en 1587, il participe à la réforme des carmels espagnols, et à la fondation de l’ordre apostolique et contemplatif des Carmes déchaussés. Il a écrit entre autre quatre traités mystiques dont : La montée du mont Carmel, La nuit obscure…). Il est béatifié en 1675 par le pape Clément X, puis canonisé par Benoît XII en 1726.

  • le 14 décembre 1670 : la tragédie « Bérénice » de Racine est jouée à la cour devant Louis XIV.
  • le 14 décembre 1791 : André Mercier, conventionnel rédige une adresse au Roi Louis XVI.

Cette adresse rédigée, au nom du Conseil général, enjoint au Roi d’obliger les prêtres réfractaires à prêter le serment. C’est ce même Mercier, adepte de la secte maçonnique qui a écrit en 1771 un livre aujourd’hui difficile à trouver : L’an 2440.

Au chapitre 1er, intitulé, « Pas si éloigné qu’on pense ! » on y lit :

« La Souveraineté absolue est abolie par les Etats Généraux. La Monarchie n’est plus. La Bastille est renversée. Les monastères sont abolis. Les moines mariés. Le divorce permis. Le pape dépossédé de ses Etats. O Rome, que je te hais ! »

Cité par le Marquis de La Franquerie dans La Vierge Marie dans l’histoire de France, ED. Résiac, page 198.

  • le 14 décembre 1804 : un rapport de police signale une anagramme circulant dans Paris.

« Napoléon, empereur des Français » y devient « Ce fol empire ne durera pas son an ».

Qui fera une anagramme sur la présidence d’hollande?

  • le 14 décembre 1848 : 7 loges de la Grande Loge Centrale (le Suprême Conseil de France) créent la Grande Loge Nationale de France afin de donner à la Franc-maçonnerie un esprit républicain.

 

  • le 14 décembre 1900 : une loi supprime la messe du Saint-Esprit à la rentrée des tribunaux, en France.

116 ans plus tard, nos juges ont l’esprit tellement embrumés qu’ils absolvent les criminels voire les protègent, condamnent les victimes et les stigmatisent en les mettant à l’index sur un ignoble « mur des cons ».

Rappelons que les 7 dons du Saint Esprit sont :

– le don de Sagesse ;

– d’Intelligence ;

– de Conseil ;

– de Force ;

– de Science ;

– de Piété ;

– de Crainte de Dieu.

Tout un programme, qui résume bien ce qu’attendent les Français de leur Justice, en qui ils n’ont plus confiance. Elle est loin l’image de Saint Louis sous son chêne !

  • le 14 décembre 1914 : début de la première bataille de Champagne.

Le front Ouest s’est stabilisé et les tranchées sont creusées de part et d’autre de la mer du Nord à la Suisse. Le 14 décembre 1914, les alliés, en supériorité numérique, lancent une offensive générale sur toute la longueur du front. Mais cette guerre de tranchées est plus compliquée que prévu et il est difficile d’y progresser. Les combats s’achèvent le 24 décembre, sauf en Champagne où ils continuent tout l’hiver. Sur le reste du front, on s’observe ; chacun a compris que cette guerre ne se serait pas « fraiche et joyeuse ».

  • le 14 décembre 1965 : De Gaulle et l’Europe.

De Gaulle déclare, lors d’un entretien durant la présidentielle :

« On peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant l’Europe ! l’Europe ! l’Europe ! Mais cela n’aboutit à rien et cela ne signifie rien.

Agression et menace islamo terroriste anticatholique à Nanterre : l’Agrif poursuit

Bernard Antony, président de l’Agrif, directeur de la revue Reconquête, communique

Le mercredi 8 décembre, fête catholique de l’Immaculée Conception, la procession à Nanterre de quelques dizaines de fidèles en direction de l’église Sainte Marie a fait l’objet d’une agression tardivement médiatisée mais très significative.

Des jeunes gens appartenant à l’oumma islamique s’en sont pris au père Aniceto Diogo, curé de l’Eglise Sainte Marie  crachant sur lui et lui hurlant : « Sur le Coran, je vais t’égorger ! Ici, c’est la terre d’Allah ! » ; et traitant les fidèles de Kouffars (mécréants) insulte communautariste massivement usitée contre les derniers habitants des quartiers conquis ou en voie de conquête.

Après l’égorgement du père Hamel et la tuerie des fidèles dans la cathédrale de Nice ce fait très grave est révélateur de ce que, à côté du terrorisme jihâdiste aux victimes innombrables, se développe chez de nombreux « jeunes » des quartiers sociologiquement islamisés une explicite haine raciste antichrétienne.

Bien sûr, l’Agrif, première des organisations de lutte contre les racismes antifrançais et antichrétiens et à avoir depuis longtemps dénoncé les menaces de l’islamo-gauchisme, se constitue partie civile.

J’ai chargé à ce jour à cette fin, son avocat coordinateur, Maître Jérôme Triomphe, avocat à la cour, du barreau de Paris.

Libération nous rejoue le psycho-traumatisme Buttiglione

En 2004, l’italien Rocco Buttiglione avait été nommé commissaire chargé de la Justice, des Libertés et de la Sécurité. Sa nomination avait entraîné une vive polémique, ses opposants lui
reprochant notamment ses prises de position publiques, présentées comme hostiles à l’homosexualisme, et sa vision de la famille. La commission des Libertés civiques, de la Justice et des Affaires intérieures du Parlement européen avait voté une motion de défiance à l’égard du commissaire pressenti. Pour éviter que sa nomination soit rejetée par le Parlement européen, Rocco Buttiglione avait fini par présenter sa démission.

Dans Libération de ce jour, Jean Quatremer s’inquiète de la possible élection comme présidente du Parlement, en janvier 2022, de la Maltaise pro-vie Roberta Metsola.

En janvier, cela fera deux ans et demi que l’inexistant socialiste italien David Sassoli occupera le perchoir. Or, en vertu de l’accord de coalition conclu en juin 2019 entre les conservateurs du PPE, les socialistes et les libéraux de Renew (où siègent les élus de LREM), il doit alors céder sa place à un membre du Parti populaire européen. Tout le monde, à l’époque, pensait qu’elle reviendrait à l’Allemand de la CSU Manfred Weber, patron du groupe PPE et candidat malheureux à la présidence de la Commission. Mais il a finalement jeté l’éponge.

Et c’est là où les plus radicaux du PPE ont décidé de faire un coup tordu à leurs partenaires en présentant la candidature de Roberta Metsola, députée européenne depuis 2013, qui s’oppose avec constance à toutes les résolutions défendant le droit à l’avortement et à la contraception et a même été jusqu’à s’abstenir, en septembre, sur une résolution demandant à la Commission de criminaliser les violences faites aux femmes… Pour elle, Malte, qui est le dernier pays européen à interdire totalement l’avortement, a le droit absolu de choisir son modèle de société. Mais que les Maltaises, elles, n’aient pas le droit de disposer librement de leur corps et de le protéger contre la violence des hommes, cela ne semble pas la gêner outre mesure.

Dès lors, les socialistes et Renew se trouvent confrontés à un choix cornélien : soit honorer l’accord de 2019, le PPE refusant de changer de candidate, soit présenter un candidat pour tenter de battre Metsola au risque de déclencher une guerre avec le PPE. Car, dans cette affaire, il n’y a pas que la présidence du Parlement en jeu, mais aussi les postes de vice-présidents, de questeurs, de présidents de commission, etc. Sans accord global, tout deviendra imprévisible lors de ces élections de mi-mandat. Sans compter que le PPE risque de faire payer à ses partenaires la rupture de l’accord de 2019 lors des votes des textes législatifs.

Emmanuel Macron, qui prendra la présidence tournante de l’UE en janvier, s’est ingéré dans la partie :

«Je défends et défendrai toujours avec la plus grande force le droit des femmes et en particulier le droit des femmes à disposer librement de leur corps […] Sur ce sujet, je suis cohérent et je le serai jusqu’au bout». S’adressant sans les nommer aux députés européens de LREM, il a poursuivi : «Je défends ces valeurs avec force et je souhaite que tous et toutes puissent les défendre dans les enceintes où ils ont à les porter qui en mon nom, qui au nom de combat commun. C’est aux parlementaires européens de choisir leur président ou leur présidente. J’espère qu’ils le feront avec l’esprit de cohérence et en fidélité avec les combats qui sont les leurs.»

Affaire à suivre.

Messe de requiem pour Daniel Hamiche

Chers amis,

Vous savez que, l’année dernière, nous avons perdu mon cher ami Daniel Hamiche, avec lequel nous avons mené tant de campagnes.

Nous allons faire célébrer par l’abbé Iborra une messe de requiem à son intention à Sant-Roch à Paris, samedi 18 décembre à 10 heures (dans ce rite romain traditionnel pour la liberté duquel il a tant combattu). Ceux d’entre vous qui sont parisiens y seront bien sûr les bienvenus. Pour les autres, puis-je vous demander, à cette occasion, une prière pour le repos de son âme?

Guillaume de Thieulloy

Hollande : deux églises ferment chaque semaine

Lu sur Dreuz :

De 1970 à 2008, 400 églises catholiques ont été démolies ou transformées. Depuis lors, le rythme s’est accéléré de façon spectaculaire. En moyenne, deux églises ferment chaque semaine. Un cinquième de toutes les églises de Hollande ont déjà été converties.

Les chiffres sont catastrophiques :

  • Il y a cinquante ans, les Pays-Bas comptaient 2,7 millions de catholiques « actifs ».

  • En 2016, ils étaient 173 000.

  • En 2030, ils seront un peu plus de 63 000.

  • Entre 1970 et 1985, le nombre de catholiques néerlandais a chuté de 70 %.

Le cardinal Wim Eijk lui-même a expliqué au journal De Gelderlander que le christianisme en Hollande est proche de sa fin.

  • D’ici dix ans, a-t-il dit, dans l’archidiocèse d’Utrecht, le plus grand et en théorie le plus actif de toute la Hollande, seules 15 des 280 églises actuelles continueront à célébrer la messe.

  • Un cinquième de toutes les églises néerlandaises ont déjà été converties à d’autres usages.

  • Et une étude de Trouw montre que 25 églises ont été converties en mosquées.

La proposition de loi LGBT en commission mixte paritaire

Communiqué des Juristes pour l’enfance :

Dans la foulée de l’adoption par le Sénat de la proposition de loi « interdisant les pratiques visant à modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne », une commission mixte paritaire (CMP) se réunit mardi 14 décembre.

Deux précisions indispensables au texte voté en première lecture à l’Assemblée Nationale le 5 octobre 2021 ont été apportées par le Sénat le 7 décembre 2021, à l’article 1er et à l’article 3 de la proposition.

A l’article 1er, l’alinéa 11 prévoit que l’infraction prévue au premier alinéa n’est pas constituée lorsque les propos répétés ont seulement pour objet d’inviter à la prudence et à la réflexion la personne, eu égard notamment à son jeune âge, qui s’interroge sur son identité de genre et qui envisage un parcours médical tendant au changement de sexe.

A l’article 3, un alinéa 3 prévoit des dispositions similaires à celles mentionnées ci-dessus lorsque la personne qui invité à la réflexion et à la prudence est un professionnel de santé.

Ces précisions sont impérieuses pour permettre aux titulaires de l’autorité parentale, à un professionnel de santé ou même à un simple tiers ami par exemple de la personne concernée, de pouvoir discuter de son projet médical avec elle, d’attirer son attention sur les conséquences irréversibles et les effets secondaires importants inhérents aux parcours de transition médicale.

Le défaut de maintien de la possibilité d’un tel espace de dialogue entraînerait la disparition de l’existence des conditions nécessaires au recueil du consentement éclairé des personnes concernées.

Aussi, Juristes pour l’enfance demande la sauvegarde en commission mixte paritaire de ces améliorations essentielles qui ont été apportées au texte la semaine dernière.

Charlotte d’Ornellas : «En France, les actes qui sont contre les religieux sont majoritairement contre les chrétiens et contre les églises»

Intervention de Charlotte d’Ornellas dans Face à l’Info, hier soir, à propos de l’agression contre les catholiques en procession à Nanterre le 8 décembre :

 

Intégralité de l’émission :

La Suisse autorise l’utilisation de capsules de suicide

On n’arrête pas le progrès…

La Suisse a récemment autorisé l’utilisation d’une machine à suicide. Une expertise correspondante a confirmé que celle-ci pouvait être utilisée légalement en Suisse.

Le Sarco-Pod d’Exit International est une grande capsule qui se ferme hermétiquement. La personne qui souhaite mourir répond d’abord à une série de questions qui visent à garantir que la personne est capable de donner un consentement éclairé. Si elle réussit ce test, elle reçoit un code d’accès et peut monter à bord de la capsule. La capsule se ferme et la personne peut alors actionner un levier qui déclenche une inondation d’azote. L’azote chasse l’oxygène dans la capsule, la personne s’assoupit alors sans douleur en à peine 30 secondes et meurt ensuite par manque d’oxygène.

En Suisse, le suicide assisté est légal. Chaque année, environ 1.300 personnes se suicident. Avec l’introduction des Sarco-Pods, ce nombre pourrait augmenter de manière flagrante, car les personnes souffrant de troubles psychiques pourront à l’avenir se suicider de manière autonome, même sans expertise médicale ou psychothérapeutique.

«Le goût est l’habitude du beau et du bien ; pour être homme de goût, il est donc essentiel de discerner le bien du mal, le beau du laid»

Jeudi 9 décembre, les membres de la Commission nationale du patrimoine et d’architecture (CNPA) ont rendu, après délibération, un avis positif sur le programme de réaménagement intérieur préparé par le diocèse de Paris. Le projet a trait en particulier au mobilier et à l’aménagement de l’espace intérieur de la cathédrale, classé monument historique. Le programme du diocèse prévoit en particulier un nettoyage complet des 24 chapelles de la cathédrale, déjà en mauvais état au moment de l’incendie.

Mais la CNPA a aussi refusé certaines propositions, ou émis des réserves sur d’autres. Par exemple, ses membres ont écarté la mise en place d’un espace de prière au niveau du chœur, en raison de la fragilité du sol qui remonte à l’époque médiévale. Les membres de la CNPA ont également refusé le déplacement des statues de saints présents sur les autels des chapelles. De même, ils n’ont pas accepté une partie du nouveau mobilier, comme un modèle de bancs à roulettes équipés de lumignons pour faciliter les déplacements en cas d’affluence.

Mais la CNPA n’a pas rejeté le retrait d’une partie du mobilier dessiné par Viollet-le-Duc, comme les confessionnaux ou encore l’installation d’œuvres d’art contemporain dans chaque chapelle de la cathédrale, la mise en place d’un parcours catéchuménal, au moyen de projections vidéo sur les murs.

En juin 2019, Marc Alibert, architecte honoraire des Bâtiments de France, avait plaidé dans Valeurs Actuelles contre la dénaturation de Notre-Dame. C’est toujours d’actualité :

Le manque de goût conduit au crime, nous dit Viollet-le-Duc, dans son dictionnaire médiéval et il poursuit :

« Le goût est l’habitude du beau et du bien ; pour être homme de goût, il est donc essentiel de discerner le bien du mal, le beau du laid. […] [Il] n’est que l’empreinte laissée par une éducation bien dirigée, […] le reflet du milieu dans lequel on vit. Savoir, ne voir que de belles choses, s’en nourrir, comparer ; arriver, par la comparaison, à choisir […] . Le respect pour le public est, de la part d’un artiste qui produit une œuvre, la première marque de goût. Or la sincérité est la meilleure façon d’exprimer le respect. »

Ses milliers de dessins l’ont conduit à s’occuper de Notre-Dame où son génie s’est manifesté par une magnifique flèche en plomb repoussé, la plus belle des réalisations conçues dans la manière du XIII siècle. Viollet-le-Duc n’a fait que remplacer celle qu’on avait démontée à la Révolution en s’inspirant des flèches des cathédrales d’Amiens et d’Orléans, cette dernière venant tout juste d’être édifiée en 1856. Il imagina deux niveaux ajourés et conféra à l’ensemble une dynamique ascensionnelle par l’étagement des statues des apôtres à la base.

L’ensemble est là tout entier, d’une parfaite proportion sans ajout parasite. Car dessiner le patrimoine, c’est non seulement faire preuve d’un savoir ou d’une pratique, mais c’est aussi acquérir une solide culture. Notre-Dame de Paris est l’une des plus belles œuvres sorties de la main de l’homme. Elle est la “ perle ” de Paris dédiée à la “ perle ” du Créateur. Nos ancêtres y ont mis tous leurs savoirs, leur cœur et leurs prières. Leurs âmes étaient remplies de la grâce : « Pour peindre les choses du Christ, il faut vivre avec le Christ », disait le bienheureux Fra Angelico. Ce chef d’œuvre est l’élévation même de la pensée chrétienne, ses défauts ajoutant à sa puissance expressive. Ainsi le chevet de la cathédrale avec son éventail d’arcs-boutants de 15 mètres de volée et où le point d’application des forces est encore empirique, est une des plus admirables productions du génie français. C’est sous l’allure d’un vaisseau majestueux qu’apparaît l’abside de Notre-Dame. « Fluctuat nec mergitur. »

Plus la structure d’un site est achevée, plus sa force est évidente en sorte qu’aucun changement n’apparaît possible ; ainsi, dans un beau poème on ne peut changer un seul mot. La cathédrale de Paris est le cœur de notre civilisation, et l’on s’y précipite pour revivre l’histoire engrangée dans cette musique pétrifiée. Ainsi Viollet-le-Duc n’a pas trahi la cathédrale, il l’a magnifiée par les symboles des quatre évangélistes et les douze apôtres. Ils sont partis avant l’incendie du 15 avril dernier pour retrouver leur belle couleur d’antan, le cuivre rouge.

Notre époque choisit l’éphémère contre la durée

C’est pourquoi nous devons reconstruire cette flèche à l’identique avec ses fleurons qui grimpent jusqu’au coq et qui sont un rappel de la modénature. L’intrusion d’éléments contemporains dans cet ensemble ancien prendrait à contre-courant la spiritualité des lieux. « Une œuvre d’art prétendu religieux qui n’inspire pas la prière est aussi monstrueuse qu’une belle femme qui n’allumerait personne », disait Léon Bloy. Car notre époque choisit l’éphémère contre la durée, le virtuel contre le réel, la culture de la fête contre la transmission du savoir. Certains artistes essaient de trouver une légitimité en s’appropriant maintenant les monuments historiques. Mais peut-on faire dialoguer des artistes aux pleins pouvoirs avec des monuments sans défense ? Il y a comme une complicité des maîtres d’œuvre et des maîtres d’ouvrage pour se passer de la sanction du public. L’art n’est pas une distraction, il est une élévation. La tradition et la discipline sont les vraies nourrices de l’originalité.

Le bon goût, comme la vérité, ne s’impose pas, il persuade ; il possède ce privilège de s’inscrire dans la durée. Éduquer à la beauté, à l’admiration, c’est développer la faculté de contempler. L’architecture, art majeur, a pour mission d’apporter à l’humanité des satisfactions sensorielles indispensables à son bien-être spirituel. Si le progrès technique améliore son confort, la présence permanente du beau lui procure un équilibre mental générateur de l’amour de la vie.

Avec l’art contemporain, nous sommes passés d’un art contemplatif à un art idéologique : on crée aujourd’hui sur la table rase de son moi. L’individualisme postmoderne semble rejeter l’objectivité du beau, tout est relatif. Le beau met la joie dans le cœur de l’homme. La culture doit redevenir un art et non un commerce, une séduction et non une provocation. Cette révolte de l’art a cependant une excuse : l’angoisse des praticiens devant l’accablante richesse des œuvres du passé. Comment créer encore après de tels sommets ? Ne sachant plus comment dépasser la tradition, on l’a niée. Ce nombrilisme nous rend conscients de la laideur angoissante voire déconcertante de presque tout ce qui se crée, du vide artistique dans lequel nous vivons, et du désert culturel qu’engendre l’explosion du divertissement de masse. « Personne ne peut vivre sans délectation. C’est pourquoi celui qui est privé de délectations spirituelles se tourne vers les charnelles », expliquait saint Thomas d’Aquin.

L’art est avec la religion ce qui nous communique le sentiment de l’éternité. Il se moque de la modernité : ce n’est ni une agression, ni un jeu, ni une tactique, ni un trucage. C’est la libre reproduction du beau, non pas de la seule beauté naturelle, mais de la beauté idéale, un lien secret entre des solitudes qui s’ignorent, un vieux langage qui parle à voix basse des choses éternelles de l’homme. Mais comment tirer l’infini du fini ? Là est la difficulté de l’art, mais aussi sa gloire : arriver à l’âme par le corps. Ce que l’artiste réussit à exprimer dans ce qu’il peint, ce qu’il sculpte, ce qu’il crée n’est qu’une lueur de la splendeur qui lui a traversé l’esprit pendant quelques instants. La finalité de l’art ne serait-elle pas l’expression de la beauté morale à l’aide de la beauté physique ? Les œuvres d’art contemporaines réellement réussies sont celles qui savent prendre en compte le passé pour mieux le prolonger et l’enrichir. « L’artiste qui ne professe pas les vérités de la foi ou qui vit éloigné de Dieu dans sa mentalité et dans sa conduite ne doit en aucune manière toucher à l’art religieux ; il lui manque en effet cette sorte d’œil intérieur capable de lui montrer ce qui est requis par la majesté de Dieu et par son culte », disait le pape Pie XII.

La flèche de la cathédrale est venue comme une lance transpercer le cœur enflammé de l’édifice, allusion au sacrifice du Christ ; et que dire du départ, quatre jours plus tôt, des douze apôtres qui avaient abandonné le Seigneur. Quel signe et quel avertissement !

2 milliards d’euros par an : le coût scandaleux des mineurs non accompagnés

Ce n’est ni Eric Zemmour, ni Marine Le Pen qui le dit mais Agnès Verdier Mollinier. Alors, stop ou encore ?

Quand le lys affrontait les aigles

Lu dans les 4 Vérités:

Daniel de Montplaisir est un historien rigoureux, doublé d’un talentueux conteur. Après un passionnant « Quand le lys terrassait la rose » sur les relations franco-anglaises depuis sept siècles, il vient de publier un non moins passionnant récit sur mille ans de relations franco-allemandes. Il est assez remarquable que le récit s’arrête à la veille de la guerre de 1870 et de cette longue guerre entrecoupée de fragiles armistices qui finira (momentanément ?) en 1945. C’est que l’auteur est plus admiratif de la tranquille affirmation de soi par la nation capétienne que du nationalisme cocardier qui naquit à la Révolution, jeta le chaos en Europe avec Bonaparte, et multiplia les erreurs (souvent doublées d’héroïsme) sous la IIIe République.

Quand le lys affrontait les aigles

A quoi sert-il que Pécresse succède à Macron si c’est pour qu’elle conduise la même politique ?

Extrait de l’éditorial de l’hebdomadaire Rivarol incitant à ne pas sous-estimer la candidature de Valérie Pécresse et mettant en garde contre la tentation d’un vote utile anti-Macron qui irait à l’encontre des convictions profondes du peuple de droite :

« (…)  La présidente de la région francilienne succédera-t-elle au printemps prochain à Emmanuel Macron ? La route est encore très longue pour elle, comme d’ailleurs pour tous les autres candidats à la magistrature suprême, bien des événements peuvent se passer en cinq mois de campagne (…) Mais si nous devions aujourd’hui faire un pari pour savoir qui sera le futur vainqueur de cette onzième élection présidentielle au suffrage universel direct, nous serions assez tentés de voir en cette femme de 54 ans la prochaine présidente de la République (…)

C’est une grave erreur de sous-estimer ou de mépriser un adversaire. Contrairement à ce que je lis ou j’entends ici dans nos milieux (…), Valérie Pécresse est, à notre sens, une candidate redoutable pour le camp dit national et populiste. Car s’il est vrai que, sur le fond, elle est une Macron en jupon, centriste (elle avait soutenu Juppé aux primaires de la droite et du centre de 2016 et avait quitté LR en 2019 car elle jugeait le parti trop à droite sous la présidence de Laurent Wauquiez !), européiste, mondialiste (…), qu’elle est une de ces grandes bourgeoises conservatrices qui au final ne conservent rien, sinon leur ambition, qu’elle a incarné toute sa carrière politique de manière superlative le principe du cliquet selon lequel la “droite” ne remet jamais en question une réforme sociétale mise en œuvre par la gauche (ainsi, hostile au mariage pour tous et souhaitant même démarier les “couples” homosexuels, Valérie Pécresse a depuis changé d’avis, considérant avec un rare courage qu’il n’était pas possible humainement de revenir en arrière), elle peut toutefois donner le change auprès d’une partie du peuple dit de droite. Lorsqu’on fait une analyse, il faut toujours s’efforcer d’être honnête et objectif et ne pas se laisser aveugler par des intérêts, des désirs ou des passions qui faussent le jugement et obscurcissent l’intelligence.

Valérie Pécresse est une femme, et elle pourrait même être la première personne du sexe féminin à devenir chef de l’Etat depuis la création de la France, républiques et monarchies confondues, ce qui n’est pas rien sur le plan symbolique. Or aujourd’hui être une femme est un plus. C’est une mode. De même que Macron avait pu apparaître comme un homme neuf, jeune et souriant en 2017, comme le gendre idéal, ce qui lui avait beaucoup servi à une époque médiatique où l’apparence est hélas si importante et où la forme l’emporte largement sur le fond,  Valérie Pécresse est une personne du sexe, comme le disaient joliment les traités de morale autrefois. Qui plus est, disons-le honnêtement, c’est une belle femme, qui en jette, élégante, brillante (elle a fait HEC, et a fini deuxième à l’ENA, ce qui n’est pas rien, elle fut auditrice puis maîtres des requêtes au conseil d’Etat, ministre, elle a conquis en 2015 la présidence de la région francilienne face à la gauche qui l’occupait solidement avec un certain panache et une réelle efficacité, réussissant en juin 2021 à se faire réélire et surtout à obtenir au second tour des soutiens allant du socialiste Valls jusqu’au souverainiste Dupont-Aignan, signe de son savoir-faire), distinguée, très bien vêtue, portant de magnifiques tailleurs, ayant une compétence technique incontestable (ce n’est pas elle qui se tromperait entre SFR et Alstom, entre l’euro et l’écu comme Marine Le Pen en 2017 (…)

Pécresse a également une expérience ministérielle (elle fut ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a conduit à son terme l’autonomie des universités malgré de sérieuses difficultés, preuve de sa ténacité et de sa détermination, puis fut ministre du Budget et porte-parole du gouvernement sous Sarkozy). Bref, elle a de quoi rassurer (et hélas leurrer) une partie non négligeable de l’électorat conservateur et peut s’avérer d’ici la fin de la campagne présidentielle redoutable tant pour Zemmour et Le Pen que pour Emmanuel Macron auquel elle peut retrancher de son électoral la bourgeoisie de droite, capitalisant sur l’usure du président sortant (depuis l’instauration du quinquennat, aucun président n’a réussi à se faire réélire, ni Sarkozy en 2012, ni en 2017 Hollande qui fut même obligé de renoncer (…). Il est tout à fait possible que, gardant un mauvais souvenir de ce quinquennat, si noir, si déprimant, les Français aient envie d’essayer quelque chose de nouveau (…) Et qui mieux que Valérie Pécresse pourrait apparaître alors comme une alternative auprès d’un public qui, pour une bonne part, souhaite au fond que tout change pour que rien ne change ?

Il ne faut pas non plus négliger le fameux vote utile qui peut jouer un rôle dévastateur à droite, et même à droite de la droite. Nous connaissons ainsi des personnes sincèrement de droite nationale, conscientes du positionnement centriste, européiste et modéré de Pécresse, sans grande illusion sur sa personne et son programme, mais qui détestent tellement Macron, qui font de sa défaite en 2022 la priorité des priorités, qu’elles se disent prêtes à voter pour Pécresse dès le premier tour  du scrutin car, argumentent-elles, seule la candidate des Républicains peut l’emporter face à Macron au second tour, ce qui est impossible, disent-elles, tant pour Marine Le Pen que pour Eric Zemmour du fait de leur diabolisation, du fait qu’ils sont considérés à l’extrême droite sur l’échiquier politique, ce qui effraie et tétanise une majorité des électeurs (…). Du point de vue strictement arithmétique, le raisonnement se tient (…)

Le raisonnement du vote utile (…) a en revanche l’inconvénient majeur de sacrifier les convictions, les idées à l’efficacité électorale. A quoi sert-il en effet que Pécresse succède à Macron si c’est au final pour qu’elle conduise la même politique ? Or il est évident que sur l’essentiel elle fera la même chose que l’actuel président. Hormis quelques mesurettes en matière d’immigration, qui agiront comme un cataplasme sur une jambe de bois (elle est contre le retour au droit du sang, contre la préférence nationale, contre l’immigration zéro et contre la réémigration), elle ne changera rien. Ce sera encore cinq ans de perdu pour la France (…) »

L’obligation vaccinale imposée aux militaires et gendarmes a-t-elle un lien avec le financement du service de santé des armées (SSA) par l’industrie pharmaceutique ?

C’est la question que pose l’association « Gendarmes libres ». Cette association est un « mouvement citoyen apolitique dirigé par des familles de gendarmes (…) soutenus par des militaires de toutes les Armées (…) pour mener tous les recours nécessaires afin de faire tomber l’obligation vaccinale qui est faite aux gendarmes et militaires. »

Cette obligation vaccinale a été formalisée par une instruction de la direction centrale du service de santé des armées, publiée en catimini le 29 juillet 2021, à une période où l’ensemble des grands chefs étaient en permissions et où les états-majors tournent souvent au ralenti. En clair, cette directive aurait pris tout le monde de court et n’aurait été déclinée de manière claire, notamment en termes de sanctions encourues pour les récalcitrants, qu’en septembre.

Cette instruction rend de fait la vaccination quasi-obligatoire pour les militaires au regard des critères fixés :

Art.1. Conformément aux textes réglementaires (première et deuxième références), la vaccination contre la COVID-19 s’ajoute au calendrier vaccinal des armées.

Art.2. Cette vaccination a pour objectifs de préserver la santé des personnels et de maintenir la capacité opérationnelle des forces armées.

Art.3. Outre les obligations vaccinales définies par la loi, la vaccination contre la COVID-19 est obligatoire pour tout militaire :

  • à l’incorporation ;
  • en formation, en stage ou servant dans les écoles ou centres de formation ;
  • servant ou projeté pour raison de service hors du territoire métropolitain, quelles que soient la durée ou la nature de la mission ;
  • embarqué pour raison de service sur un bâtiment de la marine nationale quels qu’en soient le port base, la durée ou la nature de la mission ;
  • participant ou concourant aux postures permanentes de sauvegarde maritime ou de sureté aérienne, à des missions de service public, ainsi qu’ à la dissuasion ;
  • servant, à compter du 15 septembre 2021, sur le territoire métropolitain au titre d’un engagement opérationnel décidé par l’état-major des armées ou la direction de la gendarmerie nationale ;
  • faisant l’objet d’une demande d’aptitude au service à la mer ou aux OPEX par le commandement (…)

Gendarmes Libres publie donc un article évoquant les subventions versées par l’industrie pharmaceutiques au service de santé des armées. Le montant de ces subventions (plus de 22 millions d’euros de 2013 à 2021) est conséquent. L’enjeu pourrait donc être conséquent au regard des difficultés financières rencontrées par le ministère des armées pour son fonctionnement courant (à ne pas confondre avec le budget de la loi de programmation militaire dont une grande partie est consacrée à l’acquisition de matériel modernes et très couteux).

Voici quelques extraits :

Le Service de Santé des Armées (SSA) a bénéficié :

  • de plus de 22 500 000€ d’euros de 2013 à 2021 provenant des industries pharmaceutiques ;
  • de 209 conventions dont les rémunérations ne sont pas déclarées pour la majorité d’entre-elles ;
  • et de 61 « avantages ».

Ses plus grands bienfaiteurs étant par ordre d’importance : Novartis, Roche, Takeda Pharmaceutical, MSD, Johnson & Johnson, PAREXEL International, Kappa Santé, Boehringer Ingelheim, Bayer…

L’association publie également quelques témoignages de militaires confrontés à des effets secondaires liés à cette obligation vaccinale imposée à une population jeune, sportive et en bonne santé :

Gilles Platret, vice-président de LR, dénonce la bal des faux-semblants au sein de son parti

Va-t-il être démis de sa fonction de vice-président de LR, comme Guillaume Peltier ? Il n’a pas aimé le retournement de veste spectaculaire de Marie-Claude Jarrot, la très macroniste maire de Montceau-les-Mines,  qui, après avoir critiqué la ligne droitière de son propre parti LR, a été subitement nommée responsable départementale du comité de soutien de Valérie Pécresse. Il le lui a fait savoir en réponse à la demande d’aide de cette dernière. Toute allusion à Valérie Pécresse serait fortuite… :

Bonjour Marie-Claude,

J’ai pris bonne note de ton message et je t’informe que je n’y donnerai pas suite. En effet, pour reprendre une expression du mentor dont tu t’es toujours revendiquée avec emphase pour mieux servir tes intérêts, Jacques Chirac, « je ne suis pas rancunier, mais j’ai bonne mémoire ».

Je n’ai rien oublié de tes palinodies ni des manœuvres détestables que tu as déployées pour affaiblir les Républicains de Saône-et-Loire toutes ces dernières années.

Rien oublié de l’ignoble double jeu que tu as joué à l’occasion des législatives de 2017, faisant mine de me soutenir du bout des lèvres quand tu aidais en sous-main mon adversaire Marcheur, favorisant ainsi son élection et confortant par la même la majorité d’un président de la République qui a fait tant de mal à la France.

Rien oublié de tes condamnations publiques quand j’ai pris la décision de rétablir la laïcité dans les cantines scolaires de Chalon ou quand j’ai dénoncé l’épuration ethnique en cours dans nos quartiers.

Je n’ai pas vocation à travailler avec quelqu’un qui a son rond de serviette à l’Élysée et qui s’en est toujours glorifié.
Quiconque s’est, comme toi, compromis avec En Marche, est à mes yeux, même sous le vernis trompeur d’un discours subitement redevenu de droite, disqualifié pour porter nos couleurs.

La France crève de ce manque perpétuel de sincérité et de ces discours qui, comme les tiens, changent au gré du vent. Tu trouveras donc d’autres interlocuteurs, plus amnésiques que moi, à qui seriner ton boniment.

Cordialement
Gilles Platret »