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Guillaume Bernard sur la PMA : «Tôt ou tard, un Nuremberg de la bioéthique arrivera »

A 10 jours de la journée de mobilisation du collectif « Marchons enfants » contre « la PMA sans père », l’universitaire Guillaume Bernard, historien du droit et des idées politiques et opposant à cette loi de bioéthique, explicite les enjeux sociétaux de ce texte sur RCF :

Plus que jamais : ni Charia ni Charlie ! Et non au culte du blasphème

De Bernard Antony :

Voilà que l’on célèbre ce jour dans nos médias le cinquantième anniversaire du misérable périodique nauséabond Charlie Hebdo.

L’abominable attentat qui frappa sa rédaction nous imposerait-il de le qualifier autrement alors que depuis, cet insane torchon a notamment publié en couverture, le 13 mars 2019 la plus ignoble et la plus obscène défiguration du visage du Christ. Ce que, bien sûr, l’Agrif poursuit devant la justice.

Nous, nous n’avions pas attendu cet attentat, ni ceux de l’hyper casher, du Bataclan, de Montauban, de Toulouse et de Carcassone, et tant d’autres encore de par le monde, sans oublier l’effroyable destruction des « twin towers » à New York pour savoir ce que l’islam jihâdiste a perpétré d’atrocités et d’exterminations au long des siècles.

Pensons particulièrement aujourd’hui au génocide des Arméniens et autres populations chrétiennes qui avait été planifié par les dirigeants Jeunes-Turcs et débuta le 24 avril 1915 perpétré méthodiquement au long des trois années suivantes (voir notre livre « le génocide arménien ») dans des délires de cruauté.

Les chrétiens ont pu hélas eux aussi dans leur histoire commettre des crimes et massacres. Mais dans la plus radicale infidélité aux enseignements du Christ.

Le Christ ne fut ni un dictateur, ni un chef de guerre. Mahomet, le prophète de l’islam en fut un, impitoyable et souvent cruel et même tortionnaire de surcroît. Il n’est pour le vérifier que de lire les hâdiths (voir aussi notre livre « l’islam ou la soumission du prophète ») c’est-à-dire les récits de sa vie d’où a été tirée la Charia ( la loi islamique) avec ses châtiments de lapidations, de décapitations, d’amputations toujours appliqués en bien des pays islamiques.

A cela, Charlie, où l’on s’en était pris sans risque, avec cent fois plus d’abjection, au christianisme, opposa les caricatures de Mahomet que l’on sait. A un mahométan qui s’en plaignait, l’avocat de Charlie, Richard Malka  avait rétorqué : «qu’est ce que vous diriez si l’on vous traitait comme les chrétiens qui ont du en avaler cent fois plus que vous ? »

Les chrétiens en effet ne répliquaient avec l’Agrif que par l’action judiciaire arguant du fait que l’abjecte dérision de « Charlie » est aussi propagatrice de haine ; ou exprimant encore leur commisération pour les misérables producteurs de ce périodique.

Les terroristes islamiques ont hélas répondu à leur manière à Malka.

Hélas aussi pour les chrétiens d’Asie ou d’Afrique assimilés par des masses islamiques incultes et fanatiques aux blasphémateurs du prophète. Les caricatures de Mahomet n’ont pas entrainé en effet que le massacre de ceux de Charlie mais aussi de très nombreux chrétiens, lynchés, torturés, égorgés. Mais ceux-là, on ne les évoque pas dans nos médias !

Mais voilà que ce 1er octobre sur France-Inter, dans la « matinale » animée par le camarade anarcho-gaucho Nicolas Demorand a été prônée l’exigence de l’enseignement de l’histoire de Charlie à l’école; autrement dit, la porte ouverte à l’initiation au blasphème désormais valeur fondatrice de la République macronarde.

L’école « laïque et obligatoire » deviendra t-elle aussi celle du blasphème obligatoire ? Peut-être même avec examens de blasphème ?

Tandis qu’ils veulent accroître l’avortement, le nombre des naissances diminue

L’INSEE a publié les chiffres des naissances en 2019 :

  • Avec 753 000 naissances enregistrées en 2019, outre-mer compris, ce sont 6 000 naissances de moins qu’en 2018.
  • En 2019, 59,7 % des naissances ont eu lieu hors mariage
  • Le nombre de mariages a tendance à diminuer – passant de 286 000 en 2009 à 227 000 en 2019 – et le nombre de pacs, lui, augmente progressivement.
  • sur les 714 029 naissances en France métropolitaine, 75 % sont issues de deux parents ayant la nationalité française, contre 85 % en 1999.
  • La part des naissances issues d’un couple à la nationalité mixte passe de 8 % en 1999 à 15 % en 2019 et de 7 % à 10 % pour les parents étant tous deux de nationalité étrangère, sur les mêmes années de référence.
  • Le nombre d’enfant par femme continue de baisser pour s’établir à 1,87 en 2019. Un chiffre qui éloigne la France du seuil de remplacement des générations, établi à 2,05 enfants par femme.

Quelques graphiques de l’INSEE :

Une ville du Texas se déclare «ville sanctuaire» pour les enfants à naître

La ville de New Home (351 habitants) est devenue la 15e ville du pays à interdire l’avortement en adoptant une ordonnance exécutoire interdisant l’avortement dans les limites de la ville. Le vote pour interdire l’avortement a eu lieu le mardi 29 septembre et après plus d’une heure de discussion, il a été unanime. À la suite du vote, aucun enfant à naître ne pourra être assassiné par avortement dans la ville de New Home, au Texas.

Le New Home Ordinance stipule:

«Il est illégal pour quiconque de se procurer ou de pratiquer un avortement de tout type et à tout stade de la grossesse dans la ville de New Home, Texas.» «Il est illégal pour quiconque d’aider ou d’encourager sciemment un avortement qui a lieu dans la ville de New Home, au Texas.»

Cette initiative visant à interdire l’avortement a été menée par le pasteur LJ Wright et sa femme, Tiffani Wright. En novembre dernier, le couple a perdu de manière inattendue son enfant à naître, âgé de 39 semaines, après qu’une visite chez leur médecin a révélé que leur fille n’avait pas de rythme cardiaque. La perte de leur fille, la nouvelle du retour de Planned Parenthood pour pratiquer des avortements dans la ville voisine de Lubbock et le défi lancé par le sénateur Charles Perry à la ville de Lubbock de passer l’ordonnance des villes sanctuaires pour les enfants à naître ont amené le pasteur Wright à réfléchir à la manière dont il pourrait se battre pour la vie des enfants à naître.

L’ordonnance prévoit des amendes contre l’avorteur et toute personne qui aide et encourage l’avorteur pour un avortement se déroulant dans les limites de la ville.

La ville de New Home suit les villes de Waskom, Naples, Joaquin, Tenaha, Gilmer, Westbrook, Rusk, Colorado City, Gary, Big Spring, Wells, Whiteface et East Mountain, Texas, qui ont toutes adopté des ordonnances similaires.

De plus en plus de villes du Texas envisagent d’interdire l’avortement dans les limites de leur ville dans les semaines à venir.

Barbara Pompili s’oppose personnellement à la construction d’une église

Alors que les mosquées se construisent par dizaines avec la bienveillance coupable du gouvernement, Barbara Pompili, ministre de la transition écologique, vient d’ordonner à la préfecture de l’Ardèche de prendre un arrêté pour suspendre la construction d’une église au profit de la communauté catholique du village de Saint-Pierre de Colombier [Source].

Il doit probablement s’agir d’une des seules ou même de la seule église en construction en France.

Depuis qu’elle est ministre, Barbara Pompili a dû avaler de nombreuses couleuvres au nom du libéralisme et de la reprise économique (5G, insecticides, terrasse chauffées). Elle a essayé de survivre médiatiquement avec des décisions frôlant le ridicule (interdiction des pubs sur le Nutella ou sur les voitures à moteur thermique) ou relevant du “en même temps”‘ macronien (interdiction des bêtes sauvage dans les cirques mais rien sur la corrida ou la chasse car trop risqué). N’ayant pas le courage de démissionner comme l’a fait Nicolas Hulot, peut-être s’est-elle trouvé cette cause pour redorer son blason ? 

Quoi de plus facile que de s’en pendre aux chrétiens qui ne seront défendus par personne tout en faisant plaisir à l’extreme gauche locale mais aussi et surtout à son ancienne collègue d’EELV, Michèle Rivasi, député européenne, très engagée contre ce projet mais qui s’est faite ridiculiser localement aux municipales de Valence en 2014. D’ailleurs, cette dernière se serait-elle opposée  avec autant de force à l’obtention du permis de construire d’une certaine très belle et très grande villa, dans un écrin de nature sauvage, dans la Drôme ? Faites ce que je dis, pas ce que je fais. Heureusement que les opposants de Saint Pierre de Colombier ne se renseignent pas trop sur leur héroïne…

Quoi de plus facile que de donner un ordre à une préfète qui n’a pas d’autre choix de s’exécuter, quelles que soient ses certitudes (il se dit qu’elle est consciente de commettre une grave injustice), pour satisfaire un électorat communiste et écologiste. Peut-être prépare-t-elle l’après Macron où elle reviendra toute penaude quémander un strapontin chez EELV. La vie de ministre ne dure qu’un temps…

Et derrière des arguments écologistes fallacieux, il y a la haine des chrétiens tournée en obsession. Voici des photos prises sur place :

Derrière des arguments écologistes dévoyés, il y a un dossier solide et légal attesté par un permis de construire légalement obtenu fin 2018 :

Cette décision, qui fait suite, selon plusieurs sources, à une intervention du ministère de la transition écologique, contredit de façon évidente les précédentes déclarations de la préfecture attestant le sérieux de l’instruction de notre dossier. En ce sens, elle est une décision purement politique, et nous la contestons.

À quoi ont servi les rencontres du groupe technique mis en place par la préfecture depuis le mois de juillet ? Les conclusions et le cahier des charges élaboré ne sont pas pris en compte par cette décision (…) Enfin, cette décision va à l’encontre de l’État de droit, et pénalise les personnes qui respectent le droit de la République Française. En ce sens, elle n’est pas de bon augure pour l’Ardèche et pour notre territoire.[Extrait du communiqué de la FMND, porteur du projet]

[Source]

Derrière des arguments écologistes répétés à l’infini se dessine le monde d’après : une alliance entre EELV, les communistes et l’extrême gauche la plus radicale et intolérante qui imposera ses vues dans les campagnes après avoir interdit les sapins de Noël, les voitures, les cirques et le tour de France dans les villes, tout en draguant de manière honteuse l’électorat musulman qui, lui, aura le droit à ses mosquées “cathédrales” dans les grandes villes :

Nous constatons que l’Etat veut à tout prix, y compris en commettant une grave  injustice, éviter une nouvelle occupation illégale (ZAD) à l’heure où celles-ci se multiplient en France (Le Carnet, Dijon, Roybon, Entraigues-sur-la-Sorgue, Bure, Lolbsheim…). De nombreux indices connus des services de l’Etat montraient que cette occupation illégale était imminente et dans l’attente d’une reprise des travaux. L’Etat pense acheter ainsi une année de paix sociale.

La gauche écologiste et communiste s’est fortement impliquée sur ce dossier pour des motivations éloignées de la défense de l’environnement : les écologistes régionaux, conduits par Michèle Rivasi, entendent peser de plus en plus sur les dossiers qui concernent les territoires et François Jacquart cherche à s’imposer auprès de l’électorat écolo-communiste en vue des élections régionales (…)

Nous sommes indignés de constater que l’Etat a reculé devant une minorité d’agitateurs radicaux, qui ont utilisé des méthodes malhonnêtes pour atteindre leurs objectifs.

Nous alertons les habitants de Saint Pierre de Colombier et les élus de l’Ardèche de tous bords et attachés au bien commun et à la ruralité, sur le risque de voir le militantisme radical prendre de l’ampleur.

Saint Pierre de Colombier est devenu, dans les faits, un laboratoire sur lequel ces groupes radicaux vont s’appuyer pour imposer leur vision d’une société opposée au développement économique.

Si les élus locaux, les acteurs économiques et la majorité silencieuse favorables au projet ne réagissent pas rapidement, les territoires ruraux risquent de souffrir encore davantage dans les années à venir.. [Extrait du communiqué du collectif défendant le projet]

[Source]

Pour aider à ce que ce projet se réalise, vous pouvez  :

  • Aider la Famille Missionnaire de Notre Dame par la prière ou par les dons
  • Soutenir et rejoindre le collectif qui œuvre pour la défense des intérêts économiques des 61 entreprises (dont 40 ardèchoises) engagée sur le projet mais aussi pour défendre la majorité silencieuse favorable localement à la construction de cette église.

Augmentation du délai légal de l’avortement : l’acharnement idéologique du gouvernement

Communiqué de Choisir la vie :

Alors que la proposition de loi visant à allonger le délai légal de recours à l’IVG de 12 à 14 semaines, présentée hier en Commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale sera examinée par l’assemblée le 8 octobre prochain, le gouvernement manifeste, une fois encore, son acharnement à nier toujours plus la véritable souffrance des femmes enceintes en difficulté en refusant de se pencher sur une réflexion relative aux alternatives à l’avortement.

De surcroît, cette proposition de loi entend également supprimer la clause de conscience des professionnels de santé de telle sorte que ceux qui oseraient encore offrir aux femmes enceintes, indécises sur la poursuite ou non de leur grossesse, un vrai choix en faveur de la vie ne pourront plus le faire sans risquer de tomber sous le coup du délit d’entrave à l’IVG.

Loin de s’interroger sur le taux record des avortements dépassant les 230 000 par an, le gouvernement continue de nier les causes pour lesquelles les femmes y ont recours ( violences psychologiques de l’entourage, précarité etc…) et les précipite vers une issue lourde de conséquences physiques et psychologiques.

Choisir la Vie dénonce cette nouvelle proposition de loi idéologique et demande aux parlementaires de s’y opposer fermement le 8 octobre prochain et au gouvernement de se pencher, enfin, sur l’offre de véritables alternatives à l’avortement qui permettrait de prévenir le drame que constitue toujours l’avortement pour une femme.

Obsèques de Michael Lonsdale : l’hommage de Mgr Dominique Rey

Texte de l’hommage prononcé par Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon lors de la messe de funérailles de M. Michael Lonsdale ce jeudi 1er octobre en l’église St Roch :

La barbe mangeait le visage, les sourcils broussailleux et la chevelure blanche balayée en arrière, masquaient une pudeur flegmatique, un humour taquin et surtout une bienveillance qui le rendait disponible et attentif à tous, aux grands comme aux passants de la rue.

Mais que cachait cette voix singulière, à la fois si profonde, paisible et douce et dont la diction grave emportait les mots jusqu’aux tréfonds du coeur ?

34 ans d’amitié avec Michaël me convinrent d’une réponse que je n’aurais jamais pu improviser lors de notre première rencontre place Vauban, à son domicile.

Quelques jours avant son décès, à son chevet, face à ce corps endolori, de plus en plus gouverné par les impossibilités et que désertait peu à peu la vie, résonnaient les confidences entendues en amont, fruit de sa conversion :

« Mon idéal est de rencontrer le Christ… La chose la plus chère que je possède dans ma vie, c’est l’amour du Christ… J’aimerais partir en paix. Je voudrais mourir en Dieu. Ce qui fonde ma confiance face à la mort, c’est Jésus. »

Michaël ne se contentait pas d’être un croyant affiché, un chrétien assumé, tant l’expérience de Dieu avait transfiguré sa vie, mais il laissait entrevoir à son contact que la beauté nous est intérieure, que notre propre vie doit devenir une œuvre d’art, sculptée par l’amour, pour réfracter en direction d’autrui une lumière qui nous brûle du dedans.

Son art aussi bien déclamatoire que pictural, ne faisait qu’exprimer une quête spirituelle qui enflammait son être profond. Comédien et plasticien, l’artiste se savait prophète. Prophète d’une transcendance qui passait par sa voix ou par son pinceau, et dont il ne voulait être que l’humble serviteur. Les éternels seconds rôles dans James Bond ou en endossant le personnage de frère Luc dans Des Hommes et des dieux, illustraient cette vertu d’humilité dont il était paré. Laisser Dieu passer devant soi était son leitmotiv.

«Le métier de comédien est un travail de passeur», disait Michaël après l’obtention de son César. Et d’ajouter :

« je dois m’efforcer de transmettre la beauté en faisant entendre les mots d’un Autre ».

La beauté extérieure de l’œuvre se présentait pour lui comme un appât pour nous attirer et nous élever vers une beauté supérieure, une beauté incréée. Cette « beauté qui sauvera le monde », dont parlait Dostoïevski. Il nous a aidés à comprendre que l’art n’est qu’épiphanique. A peine esquissée, la clarté que l’on perçoit renvoie à une source lumineuse qui l’explique. Lui qui avait -selon ses mots- « horreur du copinage entre les comédiens », et se méfiait du show business et du star system, bannissait la vacuité des modes. Si le spectateur s’arrête à l’image, s’il la retient en se fixant sur elle, il en devient l’otage. Il devient idolâtre. La vocation de l’artiste, selon Michaël, est simplement de faire signe et de mettre en mouvement vers un au-delà de l’œuvre. Celle-ci s’efface dans le mystère qu’elle ébauche. Comme l’écrivait la philosophe Simone Weil: «La beauté séduit la chair pour obtenir sa permission de passer jusqu’à l’âme » (La pesanteur et la grâce).

Oui Michaël nous conduit à un art oblatif et qui porte une saveur pascale. L’achèvement de l’œuvre tient à ce que l’excès de lumière qu’elle porte ou des convictions qui l’habitent, appelle une ouverture à ce qui la dépasse.

Les philosophes antiques définissaient la beauté comme « la splendeur de la vérité ». Le peintre Matisse intuitionnait ce lien intime qui unit vérité et beauté lorsqu’il confessait :

« toute ma vie je n’ai eu qu’un souci, non pas faire beau, mais faire vrai. »

Une vérité qui n’est pas conceptuelle ou spéculative, mais que Michaël puisait dans les êtres ou dans les choses qu’il côtoyait, et qui avait pour arrière-fond le visage du Christ. Pour Michael, l’art n’avait pas seulement une fonction décorative ou divertissante, mais il avait pour tâche de rendre l’homme à lui-même à partir de sa source et de sa finalité, c’est-à-dire à partir de Dieu. Une telle perception de l’art refuse tout esthétisme.

Michaël n’était pas d’un côté chrétien et de l’autre artiste. Il était témoin et initiateur du Christ par et dans son art. Son attachement au Christ a été le creuset de sa vie et de sa création. Ses engagements successifs dans le festival Magnificat, la diaconie de la beauté, les groupes de prières et les sessions de Paray-le-Monial, soulignaient toujours son désir brûlant de témoigner de sa foi au travers de son talent.

En ce 1er octobre, l’Eglise célèbre Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. « Ma sainte préférée », avouait Michaël. Coïncidence ou Providence ? Le comédien respecté qui eut la chance de travailler avec Beckett, Duras, Truffaut… ; qui était capable d’entrer et de nous faire entrer dans des personnages si différents les uns des autres en fonctionnant à l’improvisation et à l’instinct…, se retrouvait parfaitement dans des chemins de l’enfance spirituelle que la jeune carmélite avait défrichés à Lisieux.

Cette enfance spirituelle ne ressort point de l’infantilisme puéril, mais procède d’une capacité d’émerveillement qui caractérise l’esprit de celui ou celle qui découvre la nouveauté de la vie… Cet esprit d’enfance offrait à Michaël l’audace d’arraisonner les plateaux de tournage et les planches de la scène tout autant que de gravir les chemins pentus de la foi avec désinvolture, innocence, et une infinie curiosité.

«Quand je me présenterai devant Dieu, c’est l’enfant que je fus qui me précédera. » écrivait Bernanos. « Dominique, je suis un grand enfant » me confiait encore Michaël lors de notre ultime tête-à-tête.

Chers amis, Michaël n’est plus devant nous. Il est en nous, dans notre mémoire et dans notre cœur. Il est surtout en Dieu. Celui qu’il a toujours cherché jusqu’au bout de lui-même, et parfois dans la nuit. Il fut sa passion. Il est désormais sa Paix.

+ Dominique Rey Eglise St Roch
1er octobre 2020

Zemmour : “Tous les mineurs isolés ne sont pas des voleurs et des violeurs”

Depuis hier, tout le politiquement correct tombe sur Eric Zemmour, de la LICRA à SOS Racisme, en passant par le ministre de l’Intérieur, pour des propos qu’il a pourtant nuancé, comme il explique dans l’extrait ci-dessous :

Dominique Sopo, président de SOS Racisme, n’a cure de la vérité et tronque volontairement le propos d’Eric Zemmour. Il y voit l’opportunité de gagner de l’argent sur une condamnation.

Le parquet de Paris a aussitôt ouvert une enquête contre Eric Zemmour pour « provocation à la haine raciale » et « injures publiques à caractère raciste ».

Comme l’avouait hier Geoffroy de Lagasnerie sur France Inter, la gauche ne veut pas débattre, elle veut censurer. C’est sa façon de détourner l’attention du dernier attentat commis au hachoir par un immigré musulman pakistanais, qui avait menti sur son âge.

Aucune des bonnes consciences, qui appellent aujourd’hui à condamner Eric Zemmour, n’a dénoncé la politique d’immigration de la France, laquelle a permis l’entrée de cet islamiste, par ailleurs encensé dans son pays par sa famille et son village. Politique d’immigration qui est la cible d’Eric Zemmour dans l’extrait mentionné. Mais les faits, ils s’en moquent.

Comme le révélait Le Parisien, dans certains départements 80% des migrants mineurs isolés sont en réalité majeurs. Et à Paris, les riverains n’en peuvent plus de ces “mineurs”.

Faudra-t-il condamner le Parisien ?

Non à “Cuties”!

Nos amis de l’International Organization for Family ont lancé une pétition contre la diffusion par Netflix du film “Cuties” (littéralement “mignonnes”) qui met en scène de façon pour le moins équivoque des très jeunes filles – c’est-à-dire un film à la lisière de la pédomanie. C’est un énorme débat aux Etats-Unis, mais il serait bon que Netflix sache qu’en Europe aussi, des téléspectateurs sont écoeurés par ce type de film.

Vous pouvez protester ici.

COVID et Marseille : les intox de Monsieur Castex

M. Castex a menti quand il a voulu justifier les interdictions récemment imposées à la métropole marseillaise et concernant les bars et les restaurants.

Nous voulons parler du tweet qu’il a émis le 24 septembre :

Comme on peut le constater, M. Castex veut se faire pédagogique dans ce tweet qu’il illustre d’une courbe. C’est cette courbe qui nous intéresse. Que représente-t-elle ? Eh bien en fait, il faut commencer par réfléchir parce que le schéma entretient étrangement de prime abord une confusion entre son titre « Prévision des hospitalisations » et une ligne rouge horizontale intitulée « capacité de réanimation ». Alors, s’agit-il de toutes les hospitalisations COVID ou bien seulement des hospitalisations en réanimation ? Heureusement, un indice nous aide : il s’agit des chiffres pour le département des Bouches-du-Rhône. Or, la courbe bleue est à l’indice 200 au 22 septembre, alors que les chiffres officiels (on y reviendra) donnés par le gouvernement (de M.Castex, donc) indiquent qu’au 22 septembre, il y a 515 hospitalisations. Jamais M.Castex, dans sa grande entreprise de domestication sanitaire, n’aurait eu la coupable pensée de minorer un chiffre par un facteur 2,5 (515/2,5 = 206) !

Donc, M. Castex explique sa décision en s’appuyant sur de cette courbe prévisionnelle du nombre de malades du COVID en réanimation dans les Bouches-du-Rhône, à partir d’un chiffre de 200 le 22 septembre qui ne peut donc être que le réel. On voit sur son schéma que la croissance est rapide. D’après les dates en abscisse de 7 jours en 7 jours, au 29 septembre le nombre est supposé être d’environ 269, au 6 octobre d’environ 375, de 500 au 13 octobre et de rapidement dépasser les 1200 (« capacité exceptionnelle maximale ») à la fin du mois d’octobre.

Or un site gouvernemental bien fait donne tous les chiffres quotidiens pour la France, par région et par département. Le descriptif de ce site précise qu’il est « développé au sein de la direction interministérielle du numérique » et renvoie pour d’autres informations relatives à l’épidémie à la page d’information du gouvernement (de M.Castex) sur le COVID-19. Ce sont les chiffres de ce site que nous utilisons.

Ce site est bien fait : il commence par présenter les chiffres pour la France. Si vous cliquez sur la région de votre choix sur la carte qui les accompagne, puis cliquez encore sur le nombre donné pour la région, vous obtenez le chiffre pour le département de votre choix.

De plus, les signes < et > placés de part et d’autre du titre de l’ensemble territorial considéré (sur nos extraits, le département des Bouches-du-Rhône) permettent d’avoir accès aux données des jours suivants ou précédents.

Complétons maintenant ce tableau des données hospitalières dans les Bouches-du-Rhône toujours au 22/09 : il montre que le nombre de malades en réanimation était en réalité de 118. M.Castex en annonçait 200 ! Une différence de 70% (82 par rapport à 118). Clairement un mensonge (On ne peut en effet penser que quelqu’un de son envergure, qui plus est ayant été Monsieur Déconfinement, puisse se tromper sur le sujet sensible des statistiques de santé concernant le COVID).

Il y a le point de départ. Il y a ensuite l’évolution de la courbe.

Nous avons suivi l’évolution de ce même chiffre, avec le même outil, pendant une semaine pour se retrouver au 29 septembre. Sur la courbe prévisionnelle de M.Castex : 269 personnes en réanimation au 29/09.

Le chiffre réel est de 122 au 29/09 (après être passé par 113 le 23, 121 le 24, 125 le 25, 128 le 26, 126 le 27, 120 le 28), à comparer avec le 269 anticipé : 120% d’erreur !

Et voilà le schéma du Premier ministre complété par le réel pour la période du 22 au 29 septembre :

On savait déjà que M.Véran, ministre constamment énervé, était incompétent. N’est-ce pas lui qui a fondé sa décision de demande d’une interdiction totale de la prescription d’hydroxychloroquine dans les 24 heures ayant suivi la publication d’une étude dans The Lancet ; publication d’un tel niveau d’incohérence qu’elle a été retirée d’urgence dans les jours qui ont suivi ? Encore le 29 septembre à l’Assemblée Nationale, M.Véran a encore justifié les mesures prises pour la métropole marseillaise par

« des études internationales [qui attesteraient] que les gens ont entre deux et quatre fois plus de risque d’être contaminés au covid-19 quand ils ont fréquenté un bar ou un restaurant la semaine précédente que quand ils ne l’ont pas fait ».

Quelles études ? Le Salon beige a publié une critique d’une étude américaine sans doute utilisée par M.Véran [y en a-t-il eu d’autres ? Pas sûr, on aimerait les connaître] et qui montre que les conclusions en sont très incertaines. Au moins n’était-elle pas publiée par The Lancet

On sait maintenant aussi que M.Castex est un menteur.

(N.B. : une actualisation de la courbe des malades réellement en réanimation dans les Bouches-du-Rhône sera fournie pour la prochaine période du 29 septembre au 6 octobre).

Explosion de la pauvreté en France

Pendant les deux mois du confinement, 1 270 000 personnes ont sollicité l’aide du Secours populaire dans ses permanences d’accueil – contre 3,3 millions sur toute l’année 2019. Parmi ces demandeurs, 45 % étaient jusque-là inconnus de l’association. Henriette Steinberg, secrétaire générale de l’association, déclare :

« Un chiffre absolument énorme ». « Mais j’ai bien peur que ce soit encore en train d’augmenter ». « Nous n’avons jamais vécu une situation pareille depuis la Seconde Guerre mondiale, et il y a urgence ». « Beaucoup n’avaient jamais demandé d’aide à personne. Et là, non seulement ils n’ont plus de quoi se nourrir, mais ils ne peuvent plus payer leur loyer ni l’électricité. »

Dans les rues de Paris, les files d’attente pour les distributions alimentaires continuent de s’allonger, face à l’afflux de nouvelles personnes venant s’ajouter aux précaires, dont la situation a empiré. Familles monoparentales, personnes âgées, étudiants, mais aussi intérimaires, ou travailleurs indépendants : personne ne semble plus à l’abri de la précarité.

« Ce qui nous inquiète particulièrement, c’est la fermeture de petites entreprises, comme celles du bâtiment ou de la restauration, qui représentent beaucoup d’emplois et qui sont obligées de licencier ». « Vous n’avez qu’à regarder le nombre de rideaux baissés qui n’ont pas rouvert après le déconfinement. Ces anciens salariés, que personne n’aide aujourd’hui, ce sont eux les nouveaux visages de la pauvreté. Des gens qui vivaient modestement et discrètement mais qui subvenaient à leurs besoins et qui aujourd’hui n’ont plus de quoi manger ».

La forte hausse du chômage déjà enregistrée en 2020 risque de continuer, avec 800 000 suppressions d’emplois attendues cette année selon la Banque de France.

L’étude du Secours Populaire est accessible ici.

Chute du niveau des écoliers en mathématiques, sauf dans les écoles sous contrat

Selon une étude de la direction des statistiques du ministère de l’éducation nationale (Depp) Cedre (cycle des évaluations disciplinaires réalisées sur échantillon), publié le 30 septembre, le niveau des écoliers de CM2 a fortement baissé entre 2014 et 2019 en mathématiques alors que leurs performances étaient restées stables entre 2008 et 2014. La Depp a sélectionné 200 écoles, tant publiques que privées, soit un échantillon de 6000 élèves de CM2.

L’évaluation portait en partie sur les programmes publiés en 2015 et mis en application à la rentrée scolaire de 2016, à l’époque de François Hollande et du ministre de l’éducation, Najat Vallaud-Belkacem. Les trois champs mathématiques du programme ont fait l’objet d’une investigation: nombres et calculs, grandeurs et mesures et espace et géométrie. Alors qu’entre 2008 et 2014, le score moyen était resté stable, il baisse de 17 points en 2019 pour atteindre 232 points. Les groupes les plus faibles (< 1 et 1 et 2) voient leurs effectifs augmenter : ils comprennent 54,4 % des élèves en 2019 contre 42,4 % en 2014. À l’inverse, la proportion d’élèves dans les groupes les plus performants (groupes 4 et 5) diminue : 20,2 % en 2019 contre 29 % en 2014. Enfin, les 25,4 % des élèves appartiennent au groupe intermédiaire (groupe 3), contre 28,6 % en 2014.

Cette baisse ne concerne pas les élèves appartenant aux écoles les plus favorisées. Elle n’affecte pas par exemple les élèves des écoles du secteur privé sous contrat. En revanche, la baisse est importante et significative dans les écoles du secteur public: moins 17 points dans les écoles publiques hors éducation prioritaire (score moyen de 233 en 2019) et moins 26 points dans les écoles publiques relevant de l’éducation prioritaire (score moyen de 202 en 2019).

L’étude s’est également penchée sur 300 collèges, s’attardant sur les performances des élèves de troisième. La baisse du score moyen constatée en 2014 se poursuit en 2019 avec une baisse de 6 points du même ordre que celle déjà constatée cinq ans plus tôt entre 2008 et 2014.

Tandis que les comptes de la Sécu plongent, l’Etat consacre plus d’argent à l’immigration

Le budget 2021 du gouvernement prévoit une hausse de près de 100 millions d’euros pour l’Aide médicale d’État (AME), qui permet aux immigrés clandestins d’accéder aux soins.

Dans le projet de loi de finances (PLF) présenté lundi, la contribution de l’État à l’AME de droit commun atteint 990 millions d’euros, soit 80% des crédits de la mission santé et 97 millions de plus que l’enveloppe allouée pour 2020 (893 Millions d’euros). La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, s’est indignée :

«En pleine crise sanitaire, l’État entend faire passer une augmentation de presque 100 millions de l’AME, réservée aux étrangers en situation irrégulière. On approche ainsi du milliard consacré à cette aide. Imaginez, si ça partait dans une réforme de l’hôpital public…».

Selon les dernières données officielles disponibles, quelque 318.000 immigrés clandestins sont éligibles à l’AME. Le PLF indique par ailleurs

«Malgré une fermeture temporaire des frontières induite par la crise sanitaire en 2020, la hausse continue des dépenses constatée ces dernières années justifie la poursuite en 2021 des mesures engagées depuis le début du quinquennat».

Dans le même temps, le Covid-19 a plongé les comptes de la Sécurité sociale dans le rouge, avec un déficit de 44,7 milliards d’euros en 2020, un record, loin des 5,4 milliards prévus avant l’arrivée du coronavirus. Plus de 27 milliards d’euros de déficit sont également prévus en 2021.

Le chômage partiel (l’État prend en charge les salaires et l’employeur ne paie plus les cotisations sociales) aggrave aussi le déficit des retraites, l’une des branches de la Sécurité sociale. Il est de 7,9 milliards d’euros pour le régime des retraites.

Si le gouvernement promet de ne pas augmenter les impôts, les passages aux urgences ne nécessitant pas d’hospitalisation feront l’objet à partir de l’an prochain d’un “forfait” payant à montant fixe. Cette participation nommée Forfait Patient Urgences (FPU) serait due par tous les assurés à chaque passage aux urgences non suivi d’une hospitalisation, telle que le prévoit le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).

Michael Lonsdale, le petit prince des arts a rejoint les étoiles

D’Antoine Bordier pour Le Salon beige :

Il s’en est allé, sur la pointe des pieds. Comme s’il s’attendait au clap de fin, il a terminé ses jours entouré de ses fidèles amis. Chez lui, il marchait à petits-pas, lents et hésitants. Il tombait parfois. Dans les dernières semaines de son existence vécue au ralenti, depuis son hospitalisation de juillet dernier, il avait dû adopter un fauteuil roulant. Il sortait peu de son vieil appartement de la place Vauban, situé près des Invalides à Paris. Depuis deux ans, Michael Lonsdale, le pèlerin russe, le comédien césarisé en 2011, se faisait plus rare. Ses voisins s’appelaient Simone Veil, et Antoine de Saint-Exupéry. Ils se sont éteints avant lui. Projecteur sur une star mystique du cinéma, qui aimait tendrement les autres, et, qui avait su garder un cœur d’enfant. Son étoile brille désormais dans le Ciel.

Sa poignée de main était devenue fragile, il avait du mal à parler. Mais sa voix rocailleuse et douce, sifflotante parfois, alors qu’il tapote de la main l’accoudoir de son vieux fauteuil, restera légendaire. La dernière interview, le dernier enregistrement que j’ai réalisé de lui, date du 10 septembre 2020. Depuis le 21 septembre, il est devenu précieux, comme une relique. Il dure une minute et quarante-neuf secondes. C’est ma plus courte interview, jamais réalisée. Je préparais un reportage sur Mgr Dominique Rey, qui fêtait les 20 ans de son ordination épiscopale. Ils étaient, d’ailleurs, les meilleurs amis du monde. Ils se sont rencontrés, il y a plus de 30 ans, dans le cadre du lancement du festival Magnificat à Paray-le-Monial. Puis, ils se sont perdus de vue. Par la suite, ils se sont retrouvés chez lui, lors des groupes de prières qui réunissaient des artistes, dans les années 90. Depuis, une amitié véritable, libre et solide, sincère et pure s’est construite entre les deux hommes.

Ce jour-là, le 10 septembre, Michael n’est pas en forme, il est vrai. Je m’occupe de lui, et, je l’aide à avaler son repas frugal. Je le revois 6 jours plus tard. Il va mieux. Nous sommes une demi-douzaine, avec Mgr Rey, à passer trois heures avec lui. Michael écoute beaucoup, et, parle un petit peu. Il semble aller mieux, et, revivre. Il accepte de sortir pour déjeuner au Vauban, qui était devenu sa cantine. Le temps est idéal pour lui. Il sort en portant son nouveau chapeau gris, qu’il porte même à l’intérieur. Il ressemble à une légende. Ses cheveux coiffés en arrière, comme il a l’habitude de le faire lui-même avec son peigne rouge, sa jolie barbe blanche soignée, et, ses sourcils aux ailes de colombe, lui donnent un air de patriarche. 5 jours plus tard, le lundi 21 septembre, vers midi, Michael s’éteint chez lui, alors qu’il vient de se réveiller tout doucement.

Les Récits d’un pèlerin russe

Difficile de revenir sur ses, presque, 90 années de vie. Essayons. Alors que je lui servais de chauffeur, en juin 2011, pour sa venue en Seine-et-Marne, dans le cadre du 29è festival d’Art-Sacré, de la Collégiale de Champeaux, près de Melun, il m’a raconté les grandes lignes de sa vie, pendant 4 heures. Je l’avais rencontré la première fois en 1993, alors que j’étais étudiant, lors des représentations des Récits d’un pèlerin russe, dans la crypte de Saint-Sulpice, à Paris. Là, le metteur en scène jouait modestement le pèlerin russe dans la pénombre. Qui cherche à donner un sens à la vie de Michael Edward Lonsdale-Crouch, le trouvera dans ce récit où l’énigmatique, et, la tragédie (son personnage devient pèlerin après la mort de sa jeune femme) rejoignent la vie mystique du pèlerin qui veut voir Dieu. Michael me raconte sa vie, alors que les paysages seine-et-marnais défilent. L’émotion et la concentration sont vives. Nous passons à côté du château de Vaux-le-Vicomte, là où il a tourné une partie de Moonraker, en 1979. Il me parle de sa naissance, du 24 mai 1931. Et me dit :

« je suis un fils adultérin. Mon père, Edward était un officier britannique, et, ma mère, Simone, une intellectuelle française. Ils se sont connus à Paris, où je suis né, le jour de la Pentecôte. Mon père était protestant et ma mère catholique. Mais, ils ne pratiquaient pas. Puis, nous sommes partis pour Jersey. Ensuite, nous quittons l’île pour Londres. Au moment de la guerre, nous partons vivre au Maroc. Là mon père, qui a dû abandonner sa carrière militaire, devient négociant. Un jour, il est accusé de traîtrise, par le gouvernement de Vichy. Il est enfermé à la prison de Casablanca, et, sera libéré deux ans plus tard, par les Américains. Cela m’a marqué, j’en ai souffert. »

Un dessinateur et un peintre avant-tout

Au Maroc, le petit Michael, malgré cette situation, découvre les reliefs de l’Atlas, les jardins, la beauté des paysages, avec leurs couleurs solaires, qui marqueront ses premiers dessins, et, ses premiers coups de pinceaux. Avant d’être un acteur, il est d’abord un dessinateur. Il a démarré sa carrière artistique de façon précoce.

« J’ai commencé à dessiner au Maroc vers l’âge de 10 ans. Je suis tombé amoureux des aquarelles de Cézanne, et, puis, je me suis mis à la peinture ».

Dans son appartement situé au 4è étage, où vivait ses grands-parents, le visiteur découvre ses dizaines de tableaux, quelques dessins, ses livres éparpillés, ses pinceaux, ses tubes de gouache, sa palette. Dans le long couloir, où on a dû mal à se faufiler, Michael marche comme le pèlerin russe, lentement, un peu voûté. Plus tard, en 2018, juste avant la béatification des moines de Tibhirine, où il s’était rendu pour la première fois en avril de la même année, il me montrera la crécelle de frère Luc, devenue depuis une relique. Lorsque j’ai revu Michael la dernière fois, 5 jours avant son envolée vers le Ciel, ce désordre « michaelien » n’existait plus. Tout avait été rangé, comme si l’on avait voulu tourner une page trop vite, la sienne.

Sa conversion et Tania Balachova

Dans les années 50, à 20 ans, Michael vit à la fois une conversion personnelle, et, ses premiers amours au théâtre. Il rencontre une vieille dame aveugle, qui lui parle de Dieu, et, un dominicain, le père Raymond Regamey, qui deviendra son conseiller spirituel. Il se convertit et reçoit le baptême, à 22 ans. Comme il le répétait, encore récemment : « C’était le plus beau jour de ma vie ! ». A cette époque, il suit des cours de théâtre : ceux de Tania Balachova. Une fois, nous avions discuté longuement sur le sujet de la formation des comédiens. Même s’il disait beaucoup de belles choses sur la Comédie Française et les Cours Florent, il regrettait que « les cours de Tania Balachova ne soient pas enseignés ». Il se souvenait très bien d’une anecdote, qui mettait en lumière sa qualité d’enseignement. Lors de l’un de ses cours, il avait été pris de panique.

« Tania m’avait demandé de jouer le rôle du méchant. Très timide, j’avais eu du mal à l’interpréter. Après plusieurs hésitations, elle m’avait poussé, avec une grande habilité, dans mes retranchements, et, je m’étais énervé. Elle avait réussi à me sortir de moi-même. Pour jouer le rôle, j’ai pris une chaise, et, je l’ai cassée devant elle. »

Tania Balachova est certainement celle qui lui a permis de devenir ce qu’il a été pendant 70 ans : un comédien atypique, mystique, unique, et, très talentueux ! 

Le théâtre, le cinéma et son premier amour

C’est, donc, par le théâtre que Michael monte sur scène. En 1955, il joue dans la pièce de Clifford Odets, Pour le meilleur et pour le pire, au théâtre des Mathurins. C’est là qu’il rencontre Gérard Oury. Ils se retrouveront quelques années plus tard, en 1959, sur le tournage de La Main Chaude. Quand on l’interroge, Michael se souvient qu’il préférait nettement le théâtre au cinéma.

« Ma vie, à cette époque, c’était le dessin, la peinture, et, le théâtre. Le cinéma est venu après. Au Maroc, j’avais vu beaucoup de films américains. Mais, à Paris, ce qui m’intéressait c’était le théâtre. »

Pourtant, il ne faut pas une année pour que ce soit le cinéma qui s’intéresse à lui. En 1956, Michel Boisrond l’appelle pour jouer le rôle de Sinclair dans son film, C’est arrivé à Aden. Au théâtre, il continue et enchaîne les pièces : La Pensée, Le Tableau, Comédie, L’Amante anglaise, Une tempête, etc. Il joue du Beckett, du Duras, du Shakespeare, du Péguy. Il triomphe en toute humilité sur les planches, et, le soir il rentre seul. Michael est un solitaire et vivra célibataire tout au long de sa vie. Son premier, et, son seul amour s’appelle Delphine Seyrig. Il tombe véritablement amoureux lorsqu’il tourne avec elle dans le film India Song, de Marguerite Duras, en 1975. Les deux acteurs sont magnifiques. Lui, joue le rôle du vice-consul, qui tombe amoureux de l’épouse de l’ambassadeur. Leur vie ressemblera au film, comme il le raconte : « C’est mon seul amour, un amour impossible car elle avait, déjà, quelqu’un dans sa vie. » Ce quelqu’un n’est autre que Sami Frey.

Une star internationale est née, Moonraker l’a propulsé

Michael Lonsdale devient une véritable star internationale en 1979. Il tourne avec Roger Moore, le 11è James Bond, Moonraker. Auparavant, Michael a tourné dans des films à succès comme Paris brûle-t-il ?, Hibernatus, Chacal, Stavisky, La Traque, Monsieur Klein. Puis, ce seront Enigma, Le Nom de la rose, Les vestiges du jour, Don Juan, Ronin, Munich, etc. Il a tourné avec les plus grands metteurs en scène et réalisateurs : Jean-Pierre Mocky, Gérard Oury, Yves Robert, François Truffaut, Orson Welles, Steven Spielberg, etc. Les chiffres clés qui pourraient résumer sa carrière sont hallucinants. Au théâtre, d’abord, il a, ainsi, joué dans 80 pièces, entre 1955 et 2019. Il a mis en scène une vingtaine de pièces, entre 1974 et 2019. Au cinéma, entre 1956 et 2020, il a joué dans près de 140 longs-métrages, et, 50 courts-métrages. A la télévision, il a joué dans 70 films. Michael est un acteur infatigable. Il a aussi prêté sa voix inoubliable dans des doublures et des voix-off, pour une centaine d’œuvres, au cinéma, à la radio, à la télévision, et, pour des livres-audio. Enfin, Michael a aussi écrit, co-écrit et participé à la réalisation d’une trentaine d’ouvrages. Ses trois livres qu’il aimait le plus : L’Amour sauvera le monde, Belle et douce Marie, Jésus, j’y crois.

Des hommes et des dieux

1Quel film pourrait le mieux définir, représenter, symboliser Michael Lonsdale ? Ce n’est pas un hasard si Michael n’a reçu que très peu de récompenses. Lui, l’homme du 7è art, aimait l’humilité, l’ombre, la retraite, la froidure d’une abbaye, la chaleur d’une vieille église romane du Var. Il aimait la musique classique, le grégorien. Il n’aimait pas tellement le flamboyant. En 2010, dans le film de Xavier Beauvois, Des hommes et des dieux, qui retrace le martyre des moines de Tibhirine, Michael y interprète un second rôle : celui de frère Luc, le médecin du monastère qui soigne aussi bien la population locale, ses frères moines, que les terroristes en fuite. Il raconte qu’il « aime jouer des rôles différents », et, que ce qu’il préfère c’est « l’improvisation ». Il explique que la scène tournée avec la petite algérienne est « totalement improvisée. Nous étions assis sur un banc, et, ils ont tourné ».

La foi est très importante pour lui. Quand il se convertit en 1950-1952, Michael pense à la prêtrise. On connaît la suite…En avril 2018, Michael se rend pour la première fois, à l’invitation de l’Ambassadeur de France à Alger, de l’Institut Français et des éditions Salvator, à Tibhirine. Il en écrira l’un de ses derniers ouvrages, Pèlerin à Tibhirine. Lors d’une interview sur ce sujet, il disait :

« C’est curieux, mais mon histoire familiale, mon enfance et ma vie d’aujourd’hui sont très liées à Tibhirine. Le film a été tourné au Maroc, où j’ai vécu une grande partie de mon enfance. Tibhirine se situe à une cinquantaine de kilomètres au sud d’Alger où l’arrière-grand-père de ma mère a vécu : il était viticulteur et possédait le château de Draria. Maman est née là-bas, à une dizaine de kilomètres au sud d’Alger… »

Il terminait cet entretien en disant :

« J’ai été très ému de mettre pour la première fois mes pas dans ceux du « toubib », de frère Luc et de ses compagnons…Je me dis, maintenant, qu’une vie réussie, finalement, c’est quand on a le souci des autres… »

« J’aime Dieu, j’aime Sa Lumière »

Aussi bien dans sa vie privée que dans sa vie professionnelle, Michael, non seulement, a eu « le souci des autres », mais il s’est donné aux autres. Dans les années 80, Michael vit une dépression, qui aurait pu être très grave. Il raconte qu’il « a remonté la pente grâce à la Communauté de l’Emmanuel, et, à Dominique Rey. » A ce moment « Dieu m’a sauvé ». En 1986, Michael est invité à participer au lancement du festival artistique Magnificat à Paray-le-Monial. Il a un coup de cœur pour ce lieu :

« j’aime beaucoup cet endroit où s’est révélé le Cœur de Jésus. J’essaye d’y aller chaque année. »

Pudique et mystique, il raconte rarement le rôle qu’a joué dans sa vie sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face.

« Thérèse aussi m’a sauvé. Une année, à Paray-le Monial, j’ai prié, pendant la nuit, aux côtés de la châsse de ses reliques. C’était magnifique. »

Michael Lonsdale nous a quitté le lundi 21 septembre, chez lui, vers midi. Il était passionné par Paul Claudel. Il aimait relire son texte de la Vierge à midi : « Il est midi. Je vois l’église ouverte. Il faut entrer. Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier. Je n’ai rien à offrir et rien à demander. Je viens seulement, Mère, pour vous regarder. » Après cette lecture, il concluait :

« J’aime Dieu, j’aime Sa Lumière, Sa Splendeur, quelque chose qui touche non seulement notre intelligence, mais aussi notre cœur. Je Le regarde, Il me regarde. Il m’attire vers Lui. »

Il aimait aussi Charles Péguy. Très marial, Michael portait à la fin de sa vie un chapelet autour du cou. Le 1er octobre, à 10h00, ses obsèques sont célébrées, à l’Eglise Saint-Roch, la paroisse parisienne des artistes. Ce 1er octobre, l’Eglise fête aussi la petite Thérèse. Le petit prince mystique des arts a dû recevoir une pluie de roses. Que ton repos soit éternel et lumineux. Ton dernier ouvrage, Mes étoiles : les rencontres qui ont éclairé mon chemin, sonne comme un adieu. A Dieu Michael !

Textes et photos réalisés par Antoine BORDIER

A l’ONU, Ludovine de La Rochère dénonce la GPA : “on n’encadre pas l’esclavage”

Organisme consultatif à l’ONU, La Manif Pour Tous, par la voix de sa présidente Ludovine de La Rochère, a pris position contre l’exploitation reproductive des femmes le 25 septembre 2020 à Genève.

Terrorisme ordinaire

Après Utoya, La France Orange mécanique, La France Big Brother et Guérilla, Laurent Obertone publie un nouvel ouvrage : Éloge de la force : renverser l’Histoire, dans lequel il donne dix clés pour « changer le monde » et permettre à l’individu de s’affranchir de ce contexte d’ultra-violence, de confiscation de la souveraineté par l’État, du musellement de l’individu.

Extrait de son entretien donné à Boulevard Voltaire :

Un attentat a encore frappé près des anciens locaux de Charlie Hebdo. Plusieurs journalistes et techniciens qui travaillent pour l’émission Cash Investigation ont été attaqués au hachoir par un terroriste vraisemblablement pakistanais. L’histoire se répète et l’ensauvagement n’est pas qu’un sentiment…

On peut m’expliquer un tel acte de toutes les manières que l’on veut, mais on ne peut pas me dire que qualifier un tel acte de sauvage est aberrant. C’est de la sauvagerie pure. On s’exclut automatiquement de toute forme de civilisation. Ce type a l’air d’être un solide abruti puisqu’il mène un attentat où Charlie Hebdo n’est plus. Il se trompe de cible et fait n’importe quoi.

À partir du moment où l’imbécile a des idées et des armes, il est dangereux. Malheureusement, ils sont nombreux dans ce pays. Cette violence terroriste fait souvent la une des médias, sauf qu’aujourd’hui, vous avez dû avoir dans le pays des dizaines de coups de couteau, des types ont été massacrés pour un regard ou une cigarette. Ce ne sont pas des actes terroristes, mais c’est une forme de terrorisme ordinaire, une insécurité qui est latente et énorme, dont on ne prend pas la mesure. On est encore en train de se battre sur des termes. Est-ce que sauvage n’est pas trop fort ? Non, parce que c’est le quotidien. Il est vraiment urgent de prendre la mesure de ce quotidien.

Unplanned : l’engagement de défenseurs de la vie à naître, chrétiens, a préparé la conversion d’Abby Johnson

Abby Johnson, après avoir travaillé huit ans au Planning familial américain, a démissionné en 2009 et est devenue une personnalité pro-vie incontournable. Son livre autobiographique a été adapté au cinéma en mars 2019, sous le titre Unplanned (en français : « déplanifié »). La société SAJE Distribution diffuse ce film en France à partir d’octobre 2020. Alors que l’avortement jusqu’à la naissance est actuellement discuté au Parlement, il est utile de voir et promouvoir ce film.

Voici une tribune de Nicolas Bauer, publiée dans La Nef du mois d’octobre :

La carrière, la vie familiale et les idées d’Abby Johnson étaient « planifiées ». Directrice d’une clinique du Planning familial au Texas, elle était aimée de ses collègues et de sa hiérarchie. Le sens de sa vie était d’« aider les femmes », en leur donnant accès à la contraception et à l’avortement. Jusqu’à un jour de septembre 2009, où sa vie bascule. Tout est alors « déplanifié » :

« dix minutes ont ébranlé le fondement de mes valeurs et ont changé le cours de ma vie [1] »…

Une conversion face à un avortement

Un médecin lui montre un avortement guidé par sonde échographique. Cette méthode permet de voir une IVG par aspiration in utero. Abby Johnson découvre alors, concrètement, ce qui est habituellement invisible :

« Le docteur inséra le tube d’aspiration, qui n’était pas encore allumé. Quand il toucha le bébé, le bébé sursauta, il commença à bouger, et à gesticuler ses bras et ses jambes, en essayant de se débattre et de se dégager. La machine s’est allumée […]. J’ai vu cet enfant être démembré dans le ventre de sa mère […], avec cette petite colonne vertébrale, parfaitement formée, tourbillonner dans le ventre de sa mère. Puis je l’ai vu finalement être aspiré et l’écran est devenu noir […]. J’ai réalisé à ce moment-là que le Planning familial m’avait menti ».

Traumatisée, Abby Johnson réalise brutalement que l’opération qu’elle a planifiée pour plus de 22 000 femmes est en réalité le meurtre d’un bébé innocent. En larmes, elle décide de traverser la haute clôture du Planning familial et de se rendre à l’association pro-vie la plus proche. Elle sonne à la porte : « Coalition for Life. Comment puis-je vous aider » ;

« Je suis Abby Johnson. Je veux en sortir, je ne veux plus faire ça [2] ».

Le témoignage fidèle de chrétiens

L’engagement de défenseurs de la vie à naître, chrétiens, a préparé la conversion d’Abby Johnson. Des dizaines sont présents devant sa clinique chaque jour où se pratiquent des avortements. Ils prient et multiplient les gestes d’affection pour elle, et bien sûr pour les femmes enceintes qui viennent avorter. Abby Johnson les observe et se laisse toucher par leur bienveillance et leur humilité.

Le film montre l’importance de ces manifestations, régulières et patientes. D’une part, elles rappellent chaque matin aux employés du Planning familial que leur travail n’est pas banal. D’autre part, lorsque des chrétiens se manifestent devant une clinique, 75% des avortements sont annulés [3]. La force de la prière et de la présence physique a donc des effets concrets. Les directeurs des cliniques américaines le savent.

Un mémorial pour les enfants non nés

Le film donne un bon aperçu du contexte culturel, politique et juridique américain, qui a été un terreau indispensable à la conversion d’Abby Johnson. Aux États-Unis, les manifestations devant les cliniques d’avortements sont organisées par des associations, mais aussi par des paroisses, des églises et des écoles chrétiennes.

Cette liberté de manifester est protégée par le premier amendement de la Constitution des États-Unis et a été confirmée en 2014 par la Cour suprême (McCullen v. Coakley). Les juges constitutionnels avaient alors défendu le droit de manifester à moins de dix mètres des cliniques et d’entrer en relation avec les personnes s’y rendant [4]. Toutefois, d’après l’American Center for Law and Justice (ACLJ), organisation défendant la liberté d’expression à la Cour suprême, des restrictions inconstitutionnelles contre les manifestations pro-vie persistent dans plusieurs États américains [5].

Quatre ans après la démission d’Abby Johnson du Planning familial, les efforts des militants pro-vie ont abouti à la fermeture de son ancienne clinique. Encore mieux, la Coalition for Life s’est installée dans les locaux de cette clinique et l’a transformée en un centre accueillant les femmes enceintes. À l’entrée, un magnifique mémorial a été édifié ; il est dédié à tous les enfants morts avant leur naissance dans ce lieu. Deux grands anges veillent sur eux.

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[1] Abby Johnson, Unplanned: The Dramatic True Story of a Former Planned Parenthood Leader’s Eye-Opening Journey across the Life Line. Colorado Springs: SaltRiver/Focus on the Family, 2010, p. 3

[2] Abby Johnson, Unplanned, précité, p. 146

[3] Ces statistiques internes du Planning familial sont citées dans le film.

[4] Voir : Christophe Foltzenlogel, « Avortement et liberté d’expression », séminaire de l’ECLJ, Bruxelles, 22 juin 2017.

[5] Voir par exemple : Geoffrey Surtees, “ACLJ Asks Supreme Court to Defend Pro-Life Free Speech”, mai 2020.

Marchons Enfants manifestera samedi 10 octobre à 14 h à Toulouse, place du salin

Fin juillet, 23 associations dont Alliance Vita,  Associations Familiales Catholiques, Comité Protestant Evangélique Pour La Dignité Humaine (CPDH), La Manif Pour Tous etc… regroupés sous le label « Marchons Enfants » alertaient sur l’adoption par l’Assemblée nationale en 2ème lecture du projet de loi Bioéthique.

Aujourd’hui, ils appellent à manifester le 10 octobre prochain dans toute la France, par attachement aux droits des plus fragiles, contre le marché de la procréation avec la PMA sans Père et l’engrenage eugénique, contre la création de chimères homme-animal, contre ce projet de loi qui est Ni Bio, Ni Éthique.

En Occitanie, les associations Marchons enfants vous donnent rendez-vous pour une manifestation régionale

Samedi 10 octobre à 14 h à Toulouse, place du salin

Retrouvez toutes les manifestations sur cette carte :

La 3e édition du Feiz e Breizh a bien eu lieu

Feiz e Breizh, « Foi en Bretagne » : le pèlerinage breton vers Sainte Anne d’Auray s’est déroulé fin septembre, en nombre restreint en raison des mesures sanitaires. Retrouvez le récit des pèlerinages 2018 et 2019.

Ainsi, une trentaine de membres de l’organisation du pèlerinage Feiz e Breizh, accompagnés par leurs familles, ont-ils pu pèleriner, sous un soleil de circonstance, sur les chemins de Bretagne, pour plaire à Dieu et perpétuer dans la Tradition notre œuvre missionnaire.

Détournement de mineures

Lu dans Présent :

Le décret a été publié au Journal officiel le 27 août dernier et rend la contraception gratuite pour les mineures de moins de 15 ans (elle l’était déjà depuis 2013 pour les adolescentes de 15 à 18 ans). Le but affiché de cette mesure est de faire baisser le taux de recours à l’avortement chez les 12-14 ans. Il serait certainement plus efficace d’apprendre à ces adolescents à se respecter eux-mêmes et les autres en favorisant une réelle éducation affective et sexuelle – dispensée par les parents dont c’est le rôle – qui ne soit pas la liste exhaustive de toutes les positions et perversions sexuelles possibles et imaginables et qui considère la fécondité comme un frein à une sexualité débridée.

Plutôt que de lire les commentaires trumpophobes, regardez le débat

Le premier de trois débats entre le président Donald Trump et l’ex Vice-président Joe Biden, mardi soir à Cleveland, d’une durée de 90 minutes, peut être revu ici, CNEWS ayant assuré la traduction en direct :

 

Trump est tranchant, parfois moqueur :

« Tu as eu 47 ans pour faire quelque chose et tu n’as rien fait, Joe ; moi, j’ai construit la meilleure économie en un temps record. »

Biden est resté lui-même : flou :

« Combien parmi vous ont perdu un être cher à cause du COVID-19 ? »

Concernant les émeutes, Trump a souligné l’intenable position de Biden qui a considéré comme « légitimes » et « pacifiques » les pillages et les incendies. Il rappela que sur vingt villes en proie au chaos, dix-huit étaient dirigées par des maires démocrates…

Dieu merci ! La France est chrétienne même si les Français l’ont parfois oublié…

Excellent texte de Gabrielle Cluzel sur Boulevard Voltaire :

Jean Castex est-il bien laïquement correct ? Le Huffington Post entend visiblement prouver le contraire, vidéo à l’appui : « Jean Castex aime beaucoup remercier Dieu… » « Pour parler de l’épidémie de coronavirus, de l’insécurité ou de l’attaque à Paris, le Premier ministre a une expression favorite : Dieu merci ! »

Le journaliste interroge : “ républicaine et évocation divine font-elles bon ménage ? “,  et répond aussitôt : « En arrivant à Matignon, Jean Castex a situé la laïcité au centre des valeurs qui guideront son action. Mais depuis, le Premier ministre a régulièrement recours à l’expression “Dieu merci” dont l’usage peut apparaître en contradiction avec le principe de neutralité de l’État qui s’impose à tous ses représentants. » Et pourquoi pas, tant qu’on y est, Doux Jésus ou Bonté divine ?

C’est un tic de langage involontaire, bien sûr, mais c’est sans doute presque pire, vu de la fenêtre du Huffington Post : tellement naturel et intériorisé que le Premier ministre n’y pense même plus. Monsieur Jourdain fait de la prose sans le savoir, Monsieur Castex de la louange sans s’en apercevoir. Peut-être, somme toute, peut-on voir dans ce « Dieu merci », même inconscient, une forme d’humilité réaliste. Sans l’intervention du Ciel, s’il n’avait fallu compter que sur les ordres, les contre-ordres et les désordres de l’État, la situation en matière de Covid-19 ou de terrorisme pourrait être bien pire. Une sorte de petit miracle, vous voyez. Et donc Jean Castex épingle discrètement un ex voto sur chaque plateau télé, fait son action de grâce médiatique (…)

Quel « chemin de croix » que le Covid-19 pour nos restaurateurs qui, bien que trimant à la « sueur de leur front », ont le sentiment d’être pauvres comme « Job », ils sont parfois tentés de « baisser les bras » et même d’être les « boucs émissaires » de cette crise, et le gouvernement, qui n’a rien vu venir, devrait faire son « mea culpa » plutôt que de nous imposer ses « jérémiades », en s’en « lavant les mains », tandis que, dans les maisons de retraite, les pensionnaires privés de visite pleurent comme des « Madeleine »…

 

Quand la gauche radicale assume tranquillement vouloir interdire à la droite de s’exprimer

Cela se passe sur une radio publique (qui se plaint par ailleurs de prises de parole de droite trop nombreuses ailleurs) sans que personne ne s’émeuve. Imaginez que Marion Maréchal ou Eric Zemmour ait dit à peu près la même chose. On crierait au retour des heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire :

“(…) dans la matinale de France Inter présentée par Léa Salamé, c’était bien une figure de la gauche radicale qui a pu développer sa pensée dans un long monologue.

« Le but de la gauche, c’est de produire des fractures, je suis contre le paradigme du débat, de la discussion et je l’assume […] Je pense que nous perdons notre temps dans des chaînes d’info à débattre avec des gens inconvaincables et que nous ratifions la possibilité qu’ils fassent partie de l’espace du débat. La politique est de l’ordre de l’antagonisme », glisse-t-il dans un premier temps. Avant d’aller encore plus loin dans son argumentaire : « Il faut reproduire un certain nombre de censures dans l’espace public pour rétablir un espace où les oppositions justes prennent le pouvoir sur les opinions injustes », lance Geoffroy de Lagasnerie devant une Léa Salamé quelque peu interloquée.

« Ça veut dire quoi rétablir une forme de censure dans l’espace public ? », lui demande-t-elle alors. « Ça veut dire […] Plus qu’à la censure, je suis plutôt favorable à une forme de mépris que la gauche doit avoir pour les opinions de droite », continue-t-il sans sourciller « On se met à être contaminés dans nos espaces de gauche par ces prises de parole complètement délirantes plutôt que les laisser tranquille dans leur coin, dans leur silence, les mépriser, les renvoyer à leur insignifiance » (…) [Le thème de la contamination est visiblement à la mode pour la gauche intolérante, NDPC]

Dans la foulée, Geoffroy de Lagasnerie a déploré que l’« on sacralise deux choses : le travail et la famille. Quand vous faites régner une politique qui, au nom de la santé, s’appelle Travail Famille Patrie, vous rentrez dans un mood pas très sympathique », dit-il, ajoutant que « les gens de sa génération » vivent « depuis 40 ans sous la droite et on en peut plus » (…)

La bonne nouvelle, c’est que sommes dirigés par la droite depuis 40 ans. Cela nous avait malheureusement échappé…

La mauvaise nouvelle, c’est que les adeptes du goulag sont toujours bien présents.

Le visage du bolchévisme

Au début c’est amusant, on croit avoir affaire à un humoriste :

Et puis ensuite ça devient moins drôle :

Et puis ça devient franchement inquiétant :

Mais c’est cela la gauche :

Geoffroy de Lagasnerie, philosophe et sociologue, est Professeur à l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy. A ses heures perdues, il doit sans doute rejoindre les antifas.

Mineurs isolés

L’agresseur au hachoir, à proximité des anciens locaux de “Charlie hebdo”, était vraisemblablement arrivé en France au titre de la prise en charge des “mineurs isolés”. Bien qu’il ait, semble-t-il, 25 ans. Et il paraît que la “justice” refuse régulièrement de faire faire les tests qui permettraient de vérifier l’âge de ces pseudo “mineurs isolés”. D’où notre enquête (qui ne risque pas de se voir dans les médias “mainstream”): pensez-vous que la France devrait systématiquement vérifier l’âge des “mineurs isolés”?

Vous pouvez répondre ici.

L’islam est-il une religion ?

La Petite Feuille Verte se pose la question :

La question posée par le titre peut surprendre. Elle mérite pourtant d’être examinée de près, compte tenu des implications de plus en plus nombreuses et variées de l’islam dans des domaines qui sortent du cadre strictement religieux (sociaux, juridiques, militaires, politiques et géopolitiques). En fait, la dimension religieuse de l’islam est en principe inséparable de ses aspects temporels. C’est pourquoi, s’il est impossible de nier à l’islam la qualité de religion, il convient d’en préciser le sens et les spécificités afin de le situer dans le concert des religions du monde.

QU’EST-CE QU’UNE RELIGION ?

Le Petit Larousse propose deux définitions conjointes pour le mot «religion»: «Ensemble de croyances et de dogmes définissant le rapport de l’homme avec le sacré»; «Ensemble de pratiques et de rites propres à chacune de ces croyances». Dans la religion, il y a donc une «orthodoxie» (ce qu’il faut croire) et une «orthopraxie» (ce qu’il faut faire).

Pour Rémi Brague, le monde des religions se présente sous une forme plus complexe:«Le fait qu’on admette l’existence d’un principe suprême de l’Être, qu’il s’agisse d’un absolu abstrait ou du personnel d’un Dieu, ne constitue pas encore une religion. Pour que celle-ci naisse, il faut aussi que l’on soit au clair sur la voie qui permet d’atteindre cet Absolu ou à un Dieu. Cet élément manque, par exemple, chez les philosophes grecs de la période classique. Aristote, qui admet l’existence d’un premier moteur immobile et l’appuie sur des démonstrations, allant jusqu’à lui donner le nom de «dieu» (theos), ne conçoit pas ce dieu comme constituant l’objet d’une religion “. Aristote était donc l’adepte d’un« monothéisme non religieux »(Sur la religion, Flammarion, 2018, p. 18 et 48). Brague souligne aussi l’existence de religions inventées,

Alain Besançon s’intéresse lui aussi à la diversité religieuse dans le monde. « Beaucoup de religions païennes connaissent, au-dessus du peuple des dieux, un dieu supérieur qui tend à absorber en lui les divinités subordonnées […]. Le vieux dualisme de la religion perse se résout, dans la doctrine de Zoroastre, au monothéisme autour d’Ahoura Mazda. Les Sikhs croient en un seul Dieu, absolu, éternel, créateur, transcendant » (Problèmes religieux contemporains, Éd. de Fallois, 2015, p. 173).

L’approche chrétienne

Le monde du religieux est varié et ne revêt pas toujours la conception que s’en font les chrétiens dans leur approche des religions. Car ils n’en restent pas spontanément à la simple phénoménologie qui les décrit: monothéistes, polythéistes, païennes, et même civiles (la laïcité serait-elle la religion de la République française?). Si l’on privilégie l’expression «traditions religieuses de l’humanité», comme le fait le magistère catholique depuis quelques décennies, on opère un premier tri à partir du «contenu» relativement transcendant ou, au contraire, sécularisé, du phénomène religieux . On évite ainsi l’indifférenciation avec les opinions philosophiques et métaphysiques. Mais la ligne de partage, dans l’approche chrétienne, est plus profonde et se situe dans la réalité de ce que sont les religions: l’une est révélée, les autres sont naturelles. Il faut ajouter que certaines religions mêlent en une seule dénomination plusieurs de ces caractéristiques.

Dans un souci de clarté, il convient donc de s’interroger sur les particularités de l’islam comme religion, et ceci dans un certain nombre de registres.

L’ISLAM : MONOTHÉISME ET RÉVÉLATION

Les musulmans croient en un Dieu unique, créateur et juge (Allah), auquel ils vouent un culte approprié et prescrit. Ils croient aussi que leur religion est celle qu’Allah a voulu pour tous les hommes, au point de l’avoir inscrite dans leur nature dès la création d’Adam, et qu’Il l’a « rappelée » (Coran 19, 51) aux peuples égarés (juifs, chrétiens, païens) par le Coran incréé, en se servant de Mahomet, chargé de clore le cycle prophétique au VIIème siècle.

Quel lien avec la Bible ?

L’islam est fréquemment classé parmi les religions monothéistes, abrahamiques ou religions du Livre. Ces formulations servent à le présenter comme apparenté au judaïsme et au christianisme. Pourtant, des différences essentielles opposent l’islam au christianisme.

  • Dans le christianisme, Dieu Se révèle à travers l’histoire biblique, Il se fait connaître aux hommes par l’Incarnation de son Verbe, Jésus-Christ, sauveur du monde. Il est Amour dans son Être même, ce qui s’exprime par la Trinité des Personnes divines.
  • L’islam présente un Dieu Un et seulement Un. « Impénétrable» (Coran 112, 2), « Incommunicable » (6, 50), Il reste étranger aux hommes, inconnu en son mystère. Les musulmans adorent un Dieu qu’ils ne peuvent pas connaître en Lui-même.

C’est pourquoi, souligne R. Brague, « la façon même dont Dieu est supposé être un est loin d’être identique pour toutes les religions dites “mono-théistes” : “mono-” n’y a pas toujours le même sens. Il y a, si l’on peut dire, plus d’un “un” » (op. cit., p. 49).

« Toute la richesse de l’autorévélation de Dieu, qui constitue le patrimoine de l’Ancien et du Nouveau Testament, a été, en fait, laissée de côté dans l’islam », notait le pape Jean-Paul II (Entrez dans l’espérance, Ed. Plon-Mame, 1994, p. 152).

Pas de théologie en islam

Significative est à cet égard l’ignorance par l’islam du concept de théologie, science qui consiste à scruter le mystère de Dieu. Les musulmans reçoivent une doctrine dictée par le Coran qui reprend une partie des éléments de la Bible en les déformant pour les inscrire dans une perspective qui n’est pas celle du salut. De fait, cette « dictée » ou « descente » de l’écrit sur Mahomet, comme la conçoit l’islam, exclut la participation active de celui-ci qui n’est qu’un « transmetteur » selon la volonté d’Allah.

  • Allah a fait descendre sur toi [Mahomet] le Livre et la Sagesse et t’a enseigné ce que tu ne savais pas(Coran 4, 113).
  • Ô Envoyé ! Transmets ce qu’on a fait descendre sur toi de la part de ton Seigneur (Coran 5, 67).

 Pour sa part, l’Eglise a retenu le concept essentiel d’inspiration des Ecritures . L’humanité des auteurs bibliques comme instrument est activement assumée dans le processus de révélation : c’est un mystère d’alliance, d’emblée dialogal, continuellement renoué et repris. Le dominicain islamologue Guy Monnot peut en déduire : « Souvenons-nous que pour l’islam, la religion révélée est la religion du Livre et non de la Parole ! » (France Catholique, n° 2475 – 18 novembre 1994, p. 23).

La conclusion s’impose alors : « L’islam, qui ne reconnaît pas la Bible comme authentique, n’a pas le même dieu que le judaïsme et le christianisme, parce qu’il ne raconte pas sur Lui les mêmes histoires » (R. Brague, op. cit., p. 49). Cf. PFV n° 58 – L’islam est l’Histoire : un rapport ambigu.

Ne faut-il pas dès lors considérer le Coran comme une élaboration humaine ? Telle est l’opinion du jésuite et islamologue égyptien Samir-Khalil Samir : « L’islam est l’œuvre d’un homme qui a vécu une expérience spirituelle réelle, mais qui vivait en son temps, dans son contexte socio-culturel désertique fait de guerres et d’attaques de tribus contre tribus » (Site Aleteia, 10 janvier 2018).

Islam et paganisme

A.Besançon va jusqu’à voir dans l’islam une forme de paganisme : « L’idée de Dieu, telle qu’elle se forme dans diverses régions du monde païen, ne semble pas si différente de celle que se forme l’islam […]. Allah ressemble à l’Un de Plotin par son éloignement radical » (op. cit., p. 174). Pour lui, l’islam instaure un rapport idolâtrique au divin (ibid., p. 31, 178, 231). R. Brague, qui le rejoint sur ce point, ajoute : « L’idolâtrie n’est jamais plus dangereuse et mortifère que là où l’idole est unique» (op. cit., p. 89).

N’est-ce pas dans ces registres – païen et idolâtrique – que s’inscrivent les gestes de vénération des pèlerins de La Mecque envers la Pierre noire encastrée dans l’angle oriental de la Kaaba (Cube), ancien temple païen dont Mahomet a fait la « Maison d’Allah » ? Pensons aussi à l’inflation des prescriptions extérieures et ostentatoires des rites (il faut être vu priant et jeûnant), considérées comme supérieures à l’intériorité, ou encore à l’association entre le djihad et la piété pour l’établissement de la religion dans le monde.

Enfin, cela ne concerne-il pas aussi le Coran et Mahomet ?

D’une part, le Livre est coéternel et consubstantiel à Allah

  • La Mère du Livre se trouve auprès de Lui (Coran 13, 39).

D’autre part, le nom de « l’Envoyé d’Allah » figure dans la chahâda (profession de foi islamique) : « Il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah et Mahomet est son Prophète ».

Les lois qui punissent le blasphème, en vigueur dans certains pays musulmans, concernent le Coran et Mahomet au même titre qu’Allah.

FOI ET CROYANCES

 La religiosité marque profondément l’attitude des musulmans. Elle s’exprime en tout temps et en tout lieu – avec un puissant sens du sacré, peut-être lié à l’absolue transcendance divine -, suscitant parfois l’étonnement des non-croyants, voire l’admiration des chrétiens.

On sait que ce fut le cas de Charles de Foucauld lors de son voyage au Maroc, comme il en a lui-même témoigné. « L’islam a produit en moi un profond bouleversement. La vue de cette foi, de ces hommes vivant dans la continuelle présence de Dieu, m’a fait entrevoir quelque chose de plus grand et de plus vrai que les occupations mondaines » (Pensées intempestives, dérangeantes et incorrectes, L’œuvre éd., 2011, p. 17). Cette expérience l’a renvoyé, paradoxalement à son Baptême enfoui – et c’est emblématique –, telle une préparation lointaine de son retour au Christ et à l’Eglise.

Religiosité et vertu de religion

La religiosité se réfère à la vertu de religion, déjà admise chez les philosophes de l’Antiquité païenne. Besançon cite à ce propos Cicéron : « La religion présente ses soins et ses cérémonies à une nature d’ordre supérieur que l’on nomme divine » (op. cit., p. 181). Saint Thomas d’Aquin la considère comme une vertu morale inhérente à la Justice : il s’agit de rendre à la divinité, connue par la raison naturelle, ce qui lui est dû. Le mot dîn, qui désigne en arabe la religion, signifie d’ailleurs également « dette ».

La vertu de religion n’est donc ni surnaturelle ni théologale. Elle n’implique pas la foi. C’est d’ailleurs ce qu’a précisé la Déclaration Dominus Iesus sur l’unicité et l’universalité salvifique de Jésus-Christ et de l’Eglise, publiée le 6 août 2000 à l’occasion du grand jubilé par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, alors présidée par le cardinal Joseph Ratzinger.

  • « On doit donc tenir fermement la distinction entre la foi théologale et la croyance dans les autres religions. Alors que la foi est l’accueil dans la grâce de la vérité révélée, qui permet de pénétrer le mystère, dont elle favorise une compréhension cohérente, la croyance dans les autres religions est cet ensemble d’expériences et de réflexions, trésors humains de sagesse et de religiosité, que l’homme, dans sa recherche de la vérité a pensé et vécu, pour ses relations avec le Divin et l’Absolu.
  • Cette distinction n’est pas toujours présente dans la réflexion actuelle, ce qui provoque souvent l’identification entre la foi théologale, qui est l’accueil de la vérité révélée par le Dieu Un et Trine, et la croyance dans les autres religions, qui est une expérience religieuse encore à la recherche de la vérité absolue, et encore privée de l’assentiment à Dieu qui se révèle. C’est là l’un des motifs qui tendent à réduire, voire même à annuler, les différences entre le christianisme et les autres religions » (§ 7).

« La confusion entre foi et religion est certainement une des plus graves de celles qui gênent les chrétiens dans leur perception de l’islam » (A. Besançon, op. cit., p. 183).

POUR CONCLURE 

Rémi Brague affirme : « Le christianisme est la seule religion qui ne soit qu’une religion et rien d’autre. Toutes les autres religions ajoutent au religieux une dimension supplémentaire » (op. cit., p. 40).

Le Christ a réalisé dans sa Personne et sa Pâque la démythisation de toute religion. Il instaure le culte en esprit et en vérité, en s’offrant lui-même au Père pour racheter les hommes du péché. La religion ne consiste donc plus en des sacrifices d’animaux ni en des rites extérieurs (comme dans l’islam), mais dans le sacrifice de la volonté propre et de sa propre vie par amour en retour ; afin de s’inscrire par Lui, avec Lui et en Lui, dans la communion trinitaire. Tel est l’enseignement de l’Eglise jusqu’au Concile Vatican II inclus (cf. notamment la Constitution dogmatique sur la Révélation divine, Dei Verbum).

Ce n’est donc pas par hasard, mais par une juste compréhension de la foi des chrétiens, que les dirigeants païens condamnaient les disciples du Christ comme « sans dieu » (athées) et « sans religion ». Et ce n’est pas par hasard que le martyre chrétien repose sur l’amour et la gratuité et non sur la recherche d’un triomphe temporel, à la manière des djihadistes.

Annie LAURENT

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