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Tribune libre

Etude sur le livre « Prier avec le cycle féminin » : ce livre est-il conforme à la doctrine catholique ? (Partie II sur III)

Etude sur le livre « Prier avec le cycle féminin » : ce livre est-il conforme à la doctrine catholique ? (Partie II sur III)

Image : Les quatre éléments présentés faussement comme pouvant aider à la prière par l’auteur de “Prier avec le cycle féminin”

5) Locution intérieure (?) et charismes : quand le démon se déguise en ange de lumière

Page 15, il semblerait que l’auteur ait eu une locution intérieure (à moins que ce ne soit une personne humaine qui lui ait parlé, ce n’est pas net). Gabrielle Vialla commente ainsi son état d’esprit, après avoir lu la phrase du Chartreux :

« Je prie avec mon cycle. Voilà tout simplement. Il me restait à comprendre comment tout cela s’articule concrètement dans la vie spirituelle. Immédiatement, je perçus la présence de l’Ami qui non seulement pouvait me comprendre mais me comprenait déjà depuis le début. Je m’entendis déclarer un jour : « Bien sûr que le Christ s’intéresse au cycle féminin. Il a guéri la femme hémorroïsse. » Une certitude à partager. »

Il est faux de faire cette interprétation de l’évangile. Jésus voulait guérir cette femme parce qu’elle souffrait, sans vouloir aucunement marquer un intérêt quelconque pour le cycle féminin.

En discernement spirituel, faut se méfier des locutions intérieures, des sensations de présence, qui peuvent venir du démon. Donc s’il y eu une locution intérieure, comme le texte semble le suggérer, il faut la rejeter, car elle promeut une nouveauté dans l’enseignement bimillénaire de l’Eglise, en ne le faisant pas aller dans le même sens que le développement de la Tradition, mais au contraire en introduisant une rupture, ce qui est signe d’hérésie, selon Saint Vincent de Lérins (Commonitorium).

L’auteur parle aussi de recevoir des charismes, p. 129 : Elle dit qu’à une certaine période du cycle féminin, c’est le moment de « recevoir les dons de l’Esprit, recevoir de l’Esprit Saint les fameux charismes, non pour soi mais pour les autres. »

Il faut se méfier de nombreux pseudo charismes qui viennent du démon. L’origine des « charismes » qui refont surface, depuis quelques décennies, est une secte protestante, les Pentecôtistes. Ce sont eux qui ont commencé à ressentir des « charismes ». Puis un jour, ils les ont transmis à des catholiques oecuménistes et le mouvement charismatique catholique est né. Mais étant donné que ce mouvement et ces charismes viennent du protestantisme, nous pouvons être certains que cela ne vient pas de Dieu.

Le Saint Esprit en effet ne peut intervenir chez des protestants ou chez les charismatiques catholiques qui tirent originellement leurs pseudo-charismes de protestants. Dieu ne soutient pas l’hérésie protestante ou ce qui est issu de cette hérésie. Au contraire, il la combat pour sauver les âmes. Dieu combat le protestantisme, comme Saint François de Sales par exemple nous l’a montré, par son zèle à convertir les protestants, pour sauver leurs âmes. Les charismes actuels liés au courant charismatique ne sont donc pas de Dieu, puisqu’ils viennent du protestantisme.

Par exemple, concernant le charisme du parler en langues, plusieurs personnes de différentes assemblées, lors de manifestations de ce type, ont témoigné qu’elles reconnaissaient la langue étrangère dans laquelle parlaient les personnes et qu’il s’agissait de blasphèmes.

Une religieuse qui venait de Papouasie et assistait à une réunion de la communauté du Lion de Juda, a reconnu dans le parler en langue de cette réunion la langue de la Papouasie et elle a dit qu’il s’agissait de blasphèmes.

Il faut donc ne pas chercher à avoir de charismes, qui sont quasiment toujours des pièges du démon. Actuellement, Dieu ne donne qu’extrêmement rarement des charismes authentiques. Il les donne uniquement à de très grands saints comme Padre Pio.

6) Un problème de discernement des esprits

Dans l’article qui a été fait contre mon article, l’auteur écrit : « Mon hypothèse, vous l’avez compris, est que le cycle féminin dans son articulation avec la vie spirituelle, parmi d’autres problématiques corporelles fait peur, particulièrement peur. J’en témoigne dans mon ouvrage. Une vie spirituelle sans corps serait tellement plus facile. Une vie spirituelle en niant le cycle féminin semblerait tellement plus facile. Le démon le susurre aussi à qui mieux mieux… »

L’auteur affirme que c’est le démon qui inspire de refuser l’intrusion dans la prière du cycle féminin. La vérité est que c’est exactement l’inverse : c’est le démon qui inspire de prier avec le cycle féminin. On le sait car cela est une nouveauté en rupture avec la Tradition de l’Eglise, incompatible avec la nature spirituelle de l’âme et la nature spirituelle de l’union avec Dieu, comme nous l’avons étudié précédemment en partie I. De plus, nous verrons en partie III de l’étude que cette intrusion du cycle féminin dans la prière se rapproche d’un courant ésotérique très dangereux.

7) Une perception erronée du cycle féminin, au plan naturel

L’auteur dit que le cycle féminin fait peur. C’est peut-être vrai pour certaines femmes qui ont des problèmes psychologiques, mais je ne vois pas pourquoi nous devrions avoir peur de la physiologie inventée par Dieu.

Par contre, nous devons avoir la crainte de Dieu, premier des dons du Saint Esprit. La crainte de Dieu, c’est la crainte filiale de l’offenser par le péché. Et sur ce point, oui, nous devons craindre la fausse doctrine du cycle féminin qui vient fausser complètement la vie spirituelle en la sexualisant.

L’auteur dit dans le livre p. 36 que nous devons laisser « l’Esprit Saint nous indiquer ce qu’il convient de demander au Christ Sauveur comme guérison de notre féminité blessée. Elle présente le cycle féminin comme une blessure, ce qui est étrange et peu conforme à la réalité. Page 11, elle dit : « ma féminité est blessée, mon cycle est blessé ». Elle dit aussi page 36 que notre « psychologie blessée » a besoin d’être guérie, que notre intelligence est « embrumée sur les sujets du cycle, de la sexualité et de la vie ».

P. 24, elle demande : « Mais désirons-nous alors des guérisons humaines de notre cycle, et que celles-ci aient un certain impact spirituel ? »

Je ne vois pas pourquoi l’auteur présente à plusieurs reprises dans le livre toutes les femmes non initiées à sa doctrine comme étant « blessées » et ayant besoin d’être guéries ou converties. De plus, il ne faut pas établir de lien entre le cycle féminin et la vie spirituelle, en affirmant que celui-ci peut avoir un impact sur celle-là. C’est hérétique.

Page 36, l’auteur affirme : « Le bien-être par et dans le cycle est important et il n’y a rien d’égoïste à le demander. […] La guérison de la féminité va nous obliger à la maternité spirituelle. »

L’auteur établit donc un lien entre le bien-être du cycle féminin et la maternité spirituelle, celle-ci étant présentée comme le fruit du bien-être dans le cycle féminin. C’est hérétique de dire cela et cela dénature complètement la beauté de la véritable maternité spirituelle.

La véritable maternité spirituelle n’a aucun lien avec le cycle menstruel. La maternité spirituelle, c’est sauver les âmes de l’enfer en offrant pour elles au Père céleste Jésus, son Sacré-Coeur, les mérites de toute sa sainte vie, particulièrement les mérites de sa Passion, sa présence dans l’hostie consacrée, sa sainte Face, ses Saintes Plaies. C’est faire nos actions en union avec celles du Christ pour leur donner ainsi une valeur méritoire infinie pour sauver les âmes.

8) Les quatre éléments et les périodes du cycle féminin, présentées comme devant diriger la vie spirituelle de l’âme.

Gabrielle Vialla dit, p.40 : « [J’] ai choisi de décrire le cycle avec les quatre éléments ». L’auteur scinde donc le cycle féminin en quatre périodes correspondant chacune à un élément (air, eau, terre, feu). Cette correspondance des périodes du cycle avec les quatre éléments est une invention de l’auteur, de son propre aveu. Certains courants ésotériques aiment beaucoup utiliser les quatre éléments et l’auteur, sans s’en apercevoir, se fait contaminer.

L’auteur dit p. 64 : « Je vais tâcher de décrire comment chaque élément ou période de cycle peut aider à un type de prière ». Les quatre éléments et le suivi des différentes périodes du cycle féminin deviennent donc la direction spirituelle de l’âme. C’est très nocif et ésotérique. On remplace l’action du Saint Esprit par les hormones et les quatre éléments, pour nous aider nos prières. Il faut se méfier que derrière chacun des quatre éléments, peut se cacher un démon, si l’on commence à se faire aider dans notre prière par ces éléments.

L’auteur conseille certains types de prières pour chaque période du cycle. Il y a par exemple la période du cycle propice aux psaumes, parce qu’ils permettent d’exprimer la détresse ou la joie des différentes moments du cycle féminin (p. 93), la période propice à la lecture spirituelle, la période propice à la contemplation, etc. Ce sont donc non plus le Saint Esprit et le cycle liturgique institué par Lui, qui dictent la vie spirituelle mais le cycle féminin et les quatre éléments. Les psaumes ne sont plus la prière du Christ, mais servent à exprimer les états d’âme de la femme liés à ses cycles hormonaux.

9) Le problème de la théorie de l’estime de soi, très à la mode en psychologie

A deux reprises, l’auteur, influencée par un courant actuel de la psychologie, affirme qu’il est important d’avoir l’estime de soi. Page 75, elle dit que la période du cycle menstruel correspondant à l’eau est le moment « pour grandir dans une juste estime de soi ».

Cela s’oppose à la doctrine de l’Eglise qui dit que nous devons nous mépriser. Saint Augustin dit que la cité de Dieu, c’est l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi et que la cité de Satan, c’est l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu.
Les maîtres spirituels nous enseignent que nous devons nous mettre à la dernière place. Jésus nous le dit aussi dans l’évangile. La Sainte Vierge nous enseigne que Dieu exaltera les humbles, dans son Magnificat. Prôner l’estime de soi est donc mauvais pour la vie spirituelle.

Mais le mépris de soi n’empêche pas d’attendre de Dieu la sainteté pour nous, bien au contraire. C’est parce que nous nous serons méprisés que nous obtiendrons la sainteté. L’humilité va de pair avec les grands désirs et la confiance de les voir réalisés un jour. C’est par exemple la spiritualité de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus qui sait qu’elle est un petit enfant qui ne peut même pas franchir la première marche de l’escalier de la perfection, mais qui a confiance que Jésus viendra un jour la prendre dans ses bras et la porter tout en haut de l’escalier.

10) Le problème de l’identité spirituelle de la femme

P. 15, on peut lire : « Seigneur me voici. Je désire venir déposer mes fardeaux liés à mon cycle et apprendre de vous qui je suis, et ce que je dois devenir. »

p. 109, un paragraphe s’intitule : « rendre grâce d’être femme avec les psaumes ». P. 110, l’auteur écrit : « Recevoir notre féminin cyclique est une occasion extraordinaire d’amour de Dieu »

La relation à Dieu est donc sexualisée, ce qui modifie la prière en profondeur, la pervertit en la rendant dépendante du cycle féminin. Le féminin cyclique ne peut produire la charité théologale. C’est impossible.

Pour l’auteur, l’étude et la contemplation du cycle féminin révèlent la femme à elle-même, lui donnent son identité spirituelle et sa vocation face au Christ, ce qui est faux et malsain. Il n’y a pas de spiritualité chrétienne du cycle féminin.

Notre identité spirituelle nous sera donnée par Jésus, en fonction de la participation qu’il veut nous donner à ses mystères. Nous verrons en partie III de cette étude les explications de Dom Marmion à ce sujet.

11) Une doctrine hérétique présentée comme obligatoire pour l’épanouissement spirituel complet de la femme.

Page 54 : « Faisons-nous de notre cycle féminin un obstacle ou une école pour notre vie intérieure ? Tel est le défi qui se présente pour chaque femme lorsqu’elle a son cycle inscrit en elle. »

Ce pseudo-défi se présente à « chaque femme », selon l’auteur : cela implique donc que si nous refusons de prier avec le cycle féminin, nous faisons obstacle à notre vie intérieure, dans l’esprit de l’auteur. Elle ne présente pas d’alternative.

Elle poursuit encore, p. 54 : « La connaissance fine du cycle féminin est une école d’acceptation de soi, de réceptivité, une école pour l’altérité du masculin et du féminin. A l’instar du cycle liturgique, nous l’avons déjà dit, à son humble place, il peut pourtant être une école de vie spirituelle. Conjointement, il m’est évident que le cycle féminin, nié, non accepté dans sa réalité prosaïque, peut aussi devenir une gêne pour la vie spirituelle. »

Comparer le cycle féminin au cycle liturgique et le présenter comme école de vie spirituelle est faux. L’auteur fait pression à plusieurs reprises sur ses lectrices en leur présentant que si elles refusent sa doctrine, elles seront moins saintes.

p. 56 : « Le monde, l’Eglise a besoin des femmes qui, n’ayant pas pu vivre pleinement leur cycle ou en ayant souffert, désirent toucher le Christ et tout remettre à sa miséricorde. Elles sauront alors témoigner de la Vie reçue et souhaiter aux autres femmes de faire une rencontre personnelle avec le Sauveur. »

L’auteur affirme donc que vivre pleinement son cycle féminin permet de recevoir la Vie (avec une majuscule) de la part du Christ et permet de le rencontrer personnellement. Le cycle féminin est donc présenté comme donnant la grâce sanctifiante (la Vie) et comme procurant une expérience mystique. C’est hérétique de dire cela et cela présente des parentés avec le mouvement ésotérique dont nous parlerons en partie III de l’étude.

La vérité est que la grâce sanctifiante vient des sacrements et peut augmenter en nous de degré en degré si nous faisons des actes de ferveur explique Tanquerey dans son « Précis de théologie ascétique et mystique ». Mais notre ferveur doit être orientée selon la doctrine catholique et ne doit pas s’égarer dans de fausses doctrines, sinon, nous mettons notre âme en danger de se perdre. Les expériences mystiques des saints authentiques viennent d’une conformité au Christ dans ses mystères et d’une union de volonté avec Lui.

p. 56, l’auteur écrit : « Lorsqu’il nous a été donné de connaître suffisamment jeune la beauté du cycle, gardons-nous du moindre jugement sur nos aînées, et remercions celles qui donnent un témoignage généreux verbalement ou implicitement. Souhaitons à toutes les femmes qui peuvent le vivre d’unifier en elles toutes les dimensions de leur être, au plus tôt. Rappelons qu’il n’est jamais trop tôt ou trop tard pour se tourner vers le Christ. »

Donc pour l’auteur, on se tourne vers le Christ quand on connaît la « beauté » du cycle féminin. C’est faux. En se tournant vers le cycle féminin, on quitte au contraire le plan surnaturel pour s’abaisser à l’étude d’un processus physiologique qui n’a aucune valeur spirituelle. On avilit sa spiritualité. Les femmes qui refusent la pseudo-spiritualité du cycle sont présentées par l’auteur comme étant moins avancées dans la vie spirituelle et comme n’ayant pas unifié toutes les dimensions de leur être. Si l’on tape dans google entre guillemets : « unifier les dimensions de l’être », on tombe sur des sites ésotériques. Cette notion ne se trouve pas dans la spiritualité catholique.

p. 59, de nouveau la fausse spiritualité du cycle féminin est présentée comme indispensable pour avoir une vraie relation à Dieu et pour se sentir bien. L’auteur affirme :

« Dieu n’impose jamais sa présence, pourtant il est la Présence même, présent car Créateur, présent car Rédempteur par la grâce des sacrements. En retour, comment puis-je être présente à lui, si je ne le suis pas à moi-même ? Comment puis-je être présente à moi-même, si je fuis une dimension dynamique essentielle de mon être [c’est-à-dire le cycle féminin], qui va impliquer mes capacités corporelles, intellectuelles, relationnelles ? »

La notion moderne et psychologisante d’ « être présent à soi-même » désigne un faux développement personnel. D’après un centre de sophrologie et de yoga, « Être présent à soi-même signifie être à l’écoute de son corps, de ses émotions. » Or dans la spiritualité authentique, il faut au contraire s’oublier, comme nous le verrons plus loin avec la très belle prière d’Elisabeth de la Trinité. De plus, Gabrielle Vialla, trompée par la phrase de ce Chartreux, donne une importance exagérée au cycle féminin en disant qu’il implique même les capacités intellectuelles et relationnelles.

p. 133 : « Il n’y a pas d’espoir que la femme soit à sa place dans l’Eglise, si la femme ne tire pas de Dieu une notion d’elle-même et du féminin cyclique, bien supérieure à ce qu’elle en tire communément aujourd’hui. »

Cette affirmation implique donc que jusqu’à présent les saintes n’étaient pas bien à leur place dans l’Eglise, parce qu’il leur manquait la connaissance du cycle féminin. C’est un affront fait à la Tradition de l’Eglise et fait aux innombrables saintes qui sont dans l’Eglise depuis des siècles. C’est (sans le vouloir et de façon inconsciente de la part de l’auteur) une injure faite à Dieu qui n’aurait soi-disant pas bien veillé à l’épanouissement de la femme dans l’Eglise jusqu’à présent.

Ce livre prétend donc apporter à l’Eglise quelque chose de nouveau, quelque chose que l’Eglise n’avait soi-disant jamais compris auparavant. L’enseignement vient donc non plus de la Révélation et des autorités de l’Eglise qui l’explicitent, mais il vient de la base. Il vient d’une fidèle, induite en erreur par un prêtre Chartreux.

La foi catholique est réinventée et réinterprétée et, en fait, des erreurs graves sont diffusées, parce que les fidèles de l’Eglise conciliaire ne sont plus formés doctrinalement selon l’enseignement traditionnel de l’Eglise. Ce n’est donc pas la faute de Gabrielle Vialla. Elle a seulement reçu avec confiance de mauvais enseignements. Il faut nous rappeler que la Révélation est close depuis la mort du dernier apôtre. Il est donc impossible d’introduire dans l’Eglise une nouvelle doctrine sans dévier de la foi catholique.

12) Tout homme est-il le temple de l’Esprit Saint ?

Dans l’Eglise moderniste actuelle, il est une autre erreur qui est souvent affirmée. C’est l’erreur de croire que Dieu serait présent dans le cœur de tout homme. L’auteur de « Prier avec le cycle féminin » croit peut-être cela, car elle dit, p. 96 : « Avec Saint Paul nous croyons que notre corps est le temple de l’Esprit Saint », sans préciser qu’il faut pour cela être en état de grâce.

Donc je préfère préciser la doctrine de l’Eglise, au cas où elle aurait été trompée également sur ce point : l’Esprit Saint n’est présent surnaturellement en l’homme que si l’homme est en état de grâce (grâce sanctifiante). Saint Paul parlait dans son épître uniquement pour les premiers chrétiens en état de grâce, quand il affirmait qu’ils étaient le temple du Saint Esprit.

Avant le baptême, nous ne sommes pas en état de grâce. Dans la liturgie traditionnelle du baptême, l’Eglise prononce des exorcismes sur le futur baptisé en disant : « Sors de cet enfant, esprit impur et cède la place à l’Esprit Saint Paraclet. » Donc on ne possède pas le Saint Esprit, quand on n’est pas baptisé, sauf pour quelques fidèles des fausses religions faisant partie de l’Eglise in voto (appartenance à l’âme de l’Eglise), parce qu’ils sont dans l’ignorance invincible, ont une très grande volonté de plaire à Dieu et suivent la loi naturelle. Ils sont considérés alors comme ayant le baptême de désir implicite, s’ils sont dans l’erreur sans faute de leur part.

Mais la Tradition de l’Eglise enseigne que les personnes qui appartiennent à l’âme de l’Eglise ne sont pas très nombreuses. Pie IX, dans la proposition 17 du Syllabus, condamne la proposition suivante : « on peut au moins avoir bon espoir pour le salut éternel de tous ceux qui ne se trouvent pas dans la véritable Eglise du Christ. » Jésus dans l’Evangile dit que « large est la voie qui mène à la perdition » et que beaucoup sont appelés mais peu sont élus.

Si après le baptême on perd l’état de grâce par le péché mortel et que l’on ne se confesse pas, le Saint Esprit n’habite plus en nous. Mais nous pouvons retrouver sa présence et l’état de grâce par une bonne confession.

13) Une notion fausse de la confession

Page 32, l’auteur écrit : « Lorsque nous sommes catholiques, nous avons la médiation du prêtre pour recevoir les sacrements, en particulier la confession. C’est magnifique mais aussi exigeant sur le plan humain. Cela implique, lorsqu’on est femme, d’assumer en plus la rencontre avec l’autre sexe, puisque le prêtre est un homme. L’altérité blessée du féminin et du masculin y est aussi présente. L’enjeu est de tout remettre à Dieu […] ».

C’est une conception fausse et trop humaine de la confession. L’Eglise catholique enseigne que lorsque nous allons nous confesser, ce n’est pas au prêtre que nous disons nos péchés, mais au Christ. Le prêtre est un autre Christ, dans le sacrement de confession. Il nous donne l’absolution « in persona Christi ». Cela veut dire que le Christ Lui-même nous donne l’absolution à travers le prêtre.

Il n’y a pas d’altérité blessée du masculin et du féminin. Il ne faut pas voir des blessures et créer des problèmes psychologiques là où il n’y en a pas.

Fin de la deuxième partie de l’article sur 3.

Lire la réponse de Gabrielle Vialla.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

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