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Tribune libre

Etude sur le livre « Prier avec le cycle féminin » : ce livre est-il conforme à la doctrine catholique ? (Partie I sur III)

Etude sur le livre « Prier avec le cycle féminin » : ce livre est-il conforme à la doctrine catholique ? (Partie I sur III)

Image : Saint Thomas d’Aquin

Gabrielle Vialla, auteur de « Prier avec le cycle féminin, a écrit récemment un article pour défendre son livre contre mon article qui affirmait que « Prier avec le cycle féminin » n’était pas catholique, d’après la publicité qui en était faite. (NB : Il faut noter que le titre même du livre n’est pas catholique car le cycle féminin, fonction physiologique naturelle, ne peut aider à la prière qui est un acte surnaturel).

J’ai donc décidé d’acheter ce livre pour en faire une étude plus approfondie. Je livre ici cette étude, non pour le plaisir de faire de la polémique, mais parce qu’il est très important aux yeux de Dieu que les âmes gardent la bonne doctrine. Dès que l’on s’écarte de la foi catholique, on met son âme en danger de se perdre éternellement. Or ce livre s’écarte de la foi catholique et présente un grave danger pour les âmes, même s’il a été écrit avec une bonne intention.

1) L’auteur a été induite en erreur par un prêtre

Depuis le concile Vatican II, de très nombreux livres contenant des erreurs doctrinales ont été écrits par des prêtres modernistes. L’auteur explique qu’elle a reçu une lumière en lisant le livre d’un Chartreux, intitulé « Le bonheur d’être chaste ». Dans ce livre, se trouvait la phrase suivante : « Mon corps sexué pénètre mes pensées les plus intellectuelles et mes élans les plus spirituels. »

L’auteur explique, p.14 et 15 du livre : « La phrase m’est apparue immédiatement évidente et lumineuse. J’y reviens régulièrement depuis toutes ces années, en ajoutant immédiatement : « Mon corps féminin, marqué par les périodes de mon cycle, pénètre mes pensées les plus intellectuelles et mes élans les plus spirituels ». Oui, toute mon existence, jusque dans sa relation intime avec le Christ, est colorée, vivifiée ou ébranlée par mon cycle. […] Le cycle féminin pénètre les pensées et la prière. Je prie avec mon cycle. »

La phrase de ce Chartreux n’est pas correcte doctrinalement, tant au plan philosophique qu’au plan spirituel.
Au plan philosophique, Saint Thomas d’Aquin nous enseigne que l’intelligence est une puissance de l’âme. Saint Thomas, dans le Traité de l’âme dit que c’est une substance. Mais cette substance est uniquement spirituelle, puisque qu’elle appartient à l’âme. L’intelligence nous permet d’accéder à la vérité. Il est vrai, enseigne Saint Thomas, que nous commençons à connaître par les sens. Mais il ajoute que la connaissance sensible n’est pas la cause totale et parfaite de la connaissance intellectuelle, laquelle s’étend plus loin que la connaissance sensible.

Vouloir faire intervenir le corps sexué dans cet acte de connaissance et affirmer qu’il pénètre les pensées les plus intellectuelles est méconnaître le mode de fonctionnement de l’âme, voulu par Dieu. L’acte d’intelligence est indépendant de la notion de sexe et n’a rien à voir avec lui. Il y a une sorte de perversité à vouloir faire intervenir dans les pensées intellectuelles humaines la notion de sexe. De plus on ne peut dire que le corps pénètre des pensées.

Au plan spirituel, c’est encore pire. Ce Chartreux mêle la notion de « corps sexué » à « [ses] élans les plus spirituels ». Cela vient profaner la prière qui est une relation spirituelle de l’âme avec Dieu, sans aucune notion de sexe. Jésus nous a appris à prier en nous enseignant le Notre Père. Le Notre Père est la prière parfaite. Il n’y a pourtant aucune notion de « corps sexué » dans cette prière.

Gabrielle Vialla a donc pensé de bonne foi qu’elle pouvait en faire autant avec le cycle féminin et mettre le cycle féminin dans ses prières, « dans sa relation intime avec le Christ ». Elle ne s’est pas aperçu que c’était une profanation de la prière, encouragée qu’elle était par la fausse doctrine de ce Chartreux.

Certains diront : « Mais c’est faux, nous prions avec notre corps ».
Il faut distinguer : C’est vrai que nous prions avec notre corps quand nous nous agenouillons ou quand nous chantons, ou quand nous disons à Dieu que nous voulons renouveler telle prière à chaque battement de notre cœur ou à chaque respiration. Mais ces gestes, ces battements de cœur, ces respirations ne servent qu’à exprimer notre adoration, notre amour, notre louange envers Dieu. Ils sont au service de Dieu et ne deviennent pas objet de vénération ou d’introspection en eux-mêmes. Ils restent centrés sur Dieu.

A l’inverse, ce Chartreux et l’auteur de « Prier avec le cycle féminin », au lieu de se centrer sur le Christ, se centrent, l’un sur son « corps sexué », l’autre, sur « son cycle féminin ». On est passé d’une prière centrée sur Dieu à une prière centrée sur le corps sexué, ce que nous verrons tout au long de cet article, et cela pervertit toute la prière.

Gabrielle Vialla écrit, p.25 : « Si je nie mon corps, je passe à côté d’une partie de ma vie spirituelle. […] La vie spirituelle ne peut être un prétexte pour supprimer la physiologie, nier le vécu associé à ce cycle. Au contraire, une authentique relation au Christ, une intimité avec le Seigneur par le don de notre vie, sous-entend que soit assumée toute notre féminité incarnée. »

Ces paroles sont fausses. Il ne s’agit pas de supprimer la physiologie, mais de la garder à sa place. Le cycle féminin est une fonction naturelle du corps, mise en place pour avoir des enfants. C’est une fonction purement naturelle, qui ne peut aider en rien notre vie spirituelle. Dire que la femme, pour avoir une authentique relation avec le Christ, doit s’intéresser à son cycle mentruel est une hérésie. Si c’était le cas, la Tradition de l’Eglise nous l’aurait enseigné. Or, la Tradition n’a jamais rien enseigné de tel, l’auteur en convient elle-même dans la quatrième de couverture du livre. Saint Vincent de Lérins enseigne dans son Commonitorium que toute nouvelle doctrine étrangère à la Tradition est une hérésie.

Page 27 du livre, l’auteur continue à élaborer sa doctrine en affirmant : « Dieu n’a pas créé ce cycle seulement pour que nouveaux vivants puissent s’y nicher [c’est-à-dire, dans le contexte, pour faire des enfants]. Il l’a voulu aussi pour la propre croissance de la femme, et – soyons audacieuses – pour la relation que nous avons avec lui. Encore une fois, il n’est pas une dimension de notre existence qui ne soit colorée par le cycle. […] Le défi spirituel est de recevoir ce cycle pour que nous soyons pleinement nous-mêmes afin d’être pleinement à lui [Dieu]. »

L’auteur affirme par ces mots qu’on ne peut ni s’épanouir pleinement soi-même ni s’épanouir dans notre relation avec Dieu sans étudier le cycle féminin et vivre le cycle féminin. Celui-ci devient un moyen nécessaire de bien-être et de sainteté féminine. C’est hérétique. Dieu n’a pas besoin du cycle féminin pour sanctifier les femmes. Affirmer le contraire, c’est s’éloigner gravement de l’Ecriture Sainte et de la Tradition de l’Eglise, qui sont les deux sources de la Révélation. C’est ne plus être catholique et s’engager dans une voie de perdition.

De plus, au plan psychologique, il y a un problème à regarder toute notre vie au travers du prisme du cycle féminin : il est faux et malsain de dire qu’ « il n’est pas une dimension de notre existence qui ne soit colorée par le cycle ». Cela tourne à l’obsession maladive. Si nous adhérions à cela, la perception toute entière de notre vie, au plan naturel, serait gravement faussée. Cela nous mettrait dans le mal-être psychologique.

2) Erreur sur la nature de Dieu enseignée par une partie de l’Eglise conciliaire

L’auteur a été également induite en erreur par l’enseignement faux d’une partie de l’Eglise conciliaire qui donne une mauvaise interprétation des paroles de la Genèse I, 27 : « Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu. Homme et femme Il les créa. »

Certains modernistes pensent que ce verset doit s’interpréter en ce que la complémentarité des sexes masculin et féminin serait à l’image de Dieu. Gabrielle Vialla écrit p. 83 : « Ni l’homme ni la femme ne peuvent prétendre à se suffire, à leur autonomie pour se passer symboliquement de l’autre sexe. Cela est comme inscrit dans l’acte de la prière. Si nous pouvions comprendre cela paisiblement, une gratitude émergerait davantage de cette complémentarité du masculin et du féminin, nous rappelant qu’homme et femme, il les créa à son image. Cette image ne concerne pas « que » le mariage, mais bien aussi l’action de grâces de Jésus, sa prière vécue au sein de l’Eglise son épouse. »

Ce verset de la Genèse I, 27 ne signifie pas que la complémentarité des sexes est l’image de Dieu. La doctrine traditionnelle de l’Eglise enseigne depuis deux mille ans que l’homme est à l’image de Dieu en ce qu’il possède une âme spirituelle, doué d’intelligence et de volonté, à l’image de Dieu qui est Intelligence pure et Volonté pure. Cela fait plusieurs siècles que l’Eglise enseigne explicitement que la complémentarité des sexes n’est pas à l’image de Dieu.

Saint Thomas d’Aquin explique cela dans la Somme théologique :

« On dit que l’homme est créé à l’image de Dieu non pas selon son corps, mais selon sa supériorité sur les autres animaux. […] Or, l’homme est supérieur aux autres animaux par la raison et l’intelligence. C’est donc selon l’intelligence et la raison, qui sont incorporelles, que l’homme est à l’image de Dieu.[…] « c’est par son âme que l’homme est à l’image de Dieu. […] « Si l’on considère la réalité dans laquelle réside principalement la qualité d’image, à savoir la nature intellectuelle, l’image de Dieu se trouve aussi bien chez la femme que chez l’homme. »

Saint Thomas dit un peu plus loin : « la Trinité incréée se distingue selon la procession du Verbe à partir de celui qui le profère, et la procession de l’Amour à partir des deux autres […] On pourra donc pour la créature dotée de raison, chez laquelle on trouve la procession du verbe dans l’intelligence et la procession de l’amour dans la volonté, parler d’une image de la Trinité incréée en vertu d’une certaine représentation spécifique. » […] « On appelle l’homme image de Dieu, non parce qu’il serait image lui-même par son essence, mais parce que l’image de Dieu a été imprimée en lui au niveau de l’âme spirituelle, à la façon dont on appelle un denier l’image de César ; en tant qu’il porte l’image de César. Et ainsi il n’est pas nécessaire de trouver l’image de Dieu dans n’importe quelle partie de l’homme. » […] « Aussi faut-il dire que si l’Écriture, après avoir dit : ” A l‘image de Dieu il le créa “, ajoute : ” Homme et femme il les créa “, ce n’est pas pour inviter à découvrir l’image de Dieu dans la distinction des sexes, mais parce que l’image de Dieu est commune à l’un et à l’autre sexe, puisqu’elle se réalise au niveau de l’âme spirituelle dans laquelle il n’y a pas de distinction des sexes. C’est pourquoi S. Paul (Col 3, 1 0) après avoir dit : ” A l’image de son Créateur “, ajoute : ” là il n’est plus question d’homme ou de femme “. »

Pour retrouver toutes ces citations, aller sur ce lien : http://docteurangelique.free.fr/livresformatweb/sommes/1sommetheologique1apars.htm
Faire ctrl + F et rentrer dans la fenêtre : « à l’image de Dieu ». Faire défiler ensuite toutes les occurrences de cette expression dans le texte.

La complémentarité des sexes n’est donc pas à l’image de Dieu. Cette doctrine nouvelle de la féminité comme source de vie spirituelle me semble en bonne partie causée par cette fausse interprétation de la Genèse. En effet, p. 133, l’auteur écrit par exemple : « Le vis-à-vis véritable du cœur féminin, c’est le cœur du Sauveur. ». Page 134 : « que je vive pleinement le privilège d’être une femme vis-à-vis du Christ mon sauveur »

Page 82, elle cite Mère Térésa qui dit : « Pourquoi Dieu nous a-t-il créés, les uns hommes, les autres femmes ? Parce que l’amour d’une femme est l’un des visages de l’amour de Dieu. L’amour d’un homme est un autre visage de ce même amour […] tous les deux ensemble manifestent l’amour de Dieu beaucoup mieux qu’ils ne le pourraient chacun séparément. »

Mère Térésa semble donc faire la confusion que nous avons évoquée. Il est faux de dire que l’amour entre un homme et une femme manifeste beaucoup mieux l’amour de Dieu qu’ils ne le pourraient le faire chacun séparément. En effet, l’amour conjugal commun entre deux personnes qui peuvent ne pas être en état de grâce est un amour naturel qui n’a pas de valeur spirituelle surnaturelle, au plan du salut, si les conjoints ne sont pas en état de grâce.

Par contre, un célibataire en état de grâce qui vit saintement et aime Dieu de tout son cœur, cherche tous les jours à lui sauver des âmes par l’offrande des mérites du Christ, en les appliquant aux pécheurs, a une valeur très grande aux yeux de Dieu. Ce célibataire vit d’une vie divine et son amour surnaturel le fait ressembler à Dieu. Le couple marié en état de péché mortel ne ressemble pas à Dieu.

A cause de cette fausse doctrine de la complémentarité des sexes comme étant l’image de Dieu, l’auteur affirme, p. 82 : « il est bon et beau pour la femme d’offrir son cycle par la prière. Et l’homme qui ne peut vivre cela, peut, quelque soit son état de vie, être reconnaissant de cette part invisible donnée à la femme. »

Or la vérité est que le cycle féminin se situe au plan naturel et n’a aucune valeur spirituelle. Ce qui a de la valeur, dans la prière, c’est la participation aux mystères de la vie du Christ, exprimés dans l’année liturgique, car chaque mystère contient des mérites infinis que l’on peut appliquer à soi et aux âmes, pour les sauver.

3) Problème d’interprétation de l’épître aux Ephésiens, V, 31-32

Bien que le livre ne parle pas de cette épître, on retrouve de façon sous-jacente une mauvaise interprétation des versets de l’épître aux Ephésiens qui disent : Ephésiens V, 31-32 : « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ce mystère est grand; je dis cela par rapport à Christ et à l’Eglise. » Fillon, dans une note de sa Bible explique : « Ce mystère, […] est relatif au Christ et à l’Eglise, c’est-à-dire d’après les détails qui précèdent, à leur union mystique, qui a tant d’analogie avec le mariage humain. »

Cette note nous donne la clé de la bonne interprétation. La comparaison entre le mariage humain et l’union mystique est seulement une analogie, c’est-à-dire une comparaison imparfaite pour exprimer l’intimité de l’union mystique du Christ avec l’Eglise mais il ne faut surtout pas croire qu’il soit nécessaire de faire intervenir une notion de « cycle féminin » ou de « corps sexué » dans notre relation avec le Christ, pour accéder à une plus grande union avec Lui. Ce serait pervertir toute la vie spirituelle et mettre notre âme gravement en danger.

En effet, les âmes sont unies au Christ dans l’Eglise le jour du Baptême, au moment où elles reçoivent la grâce sanctifiante, lors de la cérémonie du Baptême. La grâce sanctifiante est la vie trinitaire de Dieu dans l’âme. Elle est uniquement spirituelle, sans aucun rattachement de quelque façon que ce soit à la sexualité.

Sainte Thérèse d’Avila, Saint Jean de la Croix et le Père Marie-Eugène de l’Enfant Jésus, dans son livre « Je veux voir Dieu » enseignent que de rares personnes, lorsqu’elles progressent dans la vie spirituelle, obtiennent aux cinquièmes demeures l’union de volonté (fiançailles spirituelles) puis, aux septièmes demeures le mariage mystique (mariage spirituel). Mais comme l’indique le terme « union de volonté », cette union de l’âme avec le Christ est entièrement et uniquement spirituelle, au niveau de la volonté et il en va de même pour le mariage mystique, où l’âme est divinisée et est devenue un autre Christ. Aucune notion de sexualité ne rentre dans cette union ni n’est nécessaire pour y accéder. Vouloir faire intervenir une notion de sexualité serait blasphémer et faire courir à l’échec toute la vie spirituelle.

4) Le problème du libre examen, dans l’Eglise moderniste

Depuis Vatican II, beaucoup de personnes, dans l’Eglise conciliaire, inventent de nouvelles interprétations de l’Ecriture Sainte. Cela vient du protestantisme. Le libre examen protestant prône le rejet de l’argument d’autorité en matière d’interprétation de l’Ecriture Sainte.

L’auteur fait donc une interprétation personnelle erronée et sexualisée de l’évangile, au sujet de la guérison de l’hémorroïsse et de la fille de Jaïre. Elle interprète le fait que la guérison de l’hémorroïsse intervient avant la résurrection de la fille de Jaïre comme une preuve de l’intérêt de Jésus pour le cycle féminin.

Elle affirme, p.23 : « Dans un service d’urgence médicale, un enfant mourant est prioritaire sur une femme qui saigne depuis 12 ans. Logiquement, la femme hémorroïsse aurait dû passer derrière pour que Jésus aille voir en priorité la fille de Jaïre. L’Evangéliste nous indique l’inverse : la fille de Jaïre est reléguée en second dans l’épisode de la femme hémorroïsse. Cela devrait nous interroger. Nous pouvons nous mettre quelques secondes à la place de cette femme qui souffre de son cycle. »

Le fait que Jésus ait guéri l’hémorroïsse avant la fille de Jaïre ne signifie aucunement qu’il veuille attirer notre attention sur l’importance du cycle féminin. Jésus guérissait les malades dans l’ordre où ils se présentaient, il ne faut pas chercher plus loin.

L’auteur affirme également, p. 33, en parlant de la guérison de la fille de Jaïre juste après la guérison de l’hémorroïsse : « Les deux miracles sont imbriqués. Les douze ans sont repris à la fois pour le flux de sang et l’âge de la fillette. Comme si la conversion et la guérison de la femme hémorroïsse rejaillissaient sur la petite. La fille de Jaïre a douze ans, c’est l’âge de la puberté, peut-être l’âge des premières règles. Encore une enfant mais bientôt une jeune femme. »

Une notion de sexualité est donc introduite sans aucune justification dans le miracle de la guérison de la fille de Jaïre. L’auteur a tendance à tout voir au travers du prisme du cycle féminin.

De plus, elle parle de la « conversion » de la femme hémorroïsse, alors qu’il n’y a pas eu besoin de conversion, la femme croyant en Jésus dès le début. Mais si j’ai bien compris, il s’agit dans l’esprit de l’auteur d’une « conversion » liée au cycle féminin, au sujet duquel l’hémorroïsse aurait dit la « vérité » à Jésus. Voici ce qu’on peut lire : « Véronique [l’hémorroïsse] n’est pas dans une complaisance face à son malheur mais dans une vérité face au Christ ». Page 11 du livre, l’auteur imagine l’attitude de l’hémorroïsse quand elle parle à Jésus. Elle la décrit ainsi : « Elle s’approcha en tremblant [de Jésus qui venait de la guérir]. Elle parla. Un flot de paroles, décrivant toute sa vie, de ses pensées les plus secrètes à ses actes les plus honteux, se déversaient sans peine pour rejoindre l’âme du Seigneur, l’étendue de son infinie miséricorde. »

Cette façon imaginaire de présenter le comportement de l’hémorroïsse est une offense envers elle, qui nous regarde du haut du ciel. L’évangile ne dit pas qu’elle avait fait des « actes honteux » et il ne dit pas non plus qu’elle a déversé sur Jésus un flot de paroles inconvenantes ou indiscrètes dans la rue.

Page 83 du livre, l’auteur interprète, sans s’en apercevoir, de façon très offensante pour la Sainte Vierge, la parole de Siméon à Marie : « Et toi, ton âme sera traversée d’un glaive ». Elle met cette parole juste sous le titre d’un paragraphe intitulé : « Quand les cycles semblent se contredire ». Elle met ensuite la parole de Siméon à Marie, puis commente, sous la parole de Siméon : « Avec son cycle, particulièrement lors de la grossesse, la femme peut se trouver écartelée entre d’apparentes contradictions intérieures. »

La souffrance inimaginable de Marie, sa compassion au vu des souffrances de Jésus lors de sa Passion sont comparées à des problèmes de cycle féminin. C’est un affront à la Sainte Vierge, fait sans s’en apercevoir et de bonne foi, je le répète. Mais le mal est là.

P. 97, l’auteur écrit : « dans le livre d’Esdras qui traite de la reconstruction du Temple et de la restitution du culte, on assiste à une véritable montée en intensité jusqu’au 14e jour. Et cela peut interpeller la femme consciente de l’œuvre de louange qui se fait en elle jusqu’à l’ovulation, si elle y consent. » […] « Par analogie avec l’ancien Temple, nous pouvons contempler les merveilles que Dieu fait dans l’espace de notre corps, l’ordre qu’il y met selon un calendrier mensuel, et l’intimité qu’il désire vivre avec nous. »

On n’a pas le droit d’interpréter la Bible ainsi. Il n’y a aucun rapport entre la construction du Temple et le cycle féminin. C’est très inconvenant de l’affirmer. De plus, ce n’est pas une spiritualité catholique de contempler le cycle féminin en soi. C’est rabaisser l’âme à contempler des processus physiologiques qui n’ont aucune valeur surnaturelle pour le salut. Enfin, il est hérétique de croire que la contemplation du cycle féminin augmente notre intimité avec Jésus. Il ne faut pas non plus sacraliser le cycle féminin en le comparant à la construction du Temple. Aucune « œuvre de louange » ne se fait en la femme dans les jours qui précèdent l’ovulation car le cycle féminin est dans l’ordre de la nature et non dans l’ordre de la surnature. La louange envers Dieu est surnaturelle et ne peut venir d’un processus physiologique naturel.

Fin de la première partie sur 3.

Lire la réponse de Gabrielle Vialla.

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