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Tribune libre

La Vie Chrétienne Victorieuse – Le péché originel dissous par une théologie du genre

La Vie Chrétienne Victorieuse – Le péché originel dissous par une théologie du genre

Comme beaucoup, j’ai lu l’article de Madame Perroni, et je comprends le trouble qu’il a pu susciter. Qu’il me soit permis d’y apporter ma réflexion, non dans un esprit de polémique, mais par souci de fidélité à ce que l’Écriture nous a transmis, et à ce qu’une telle lecture engage pour notre foi. Car retirer la faute d’Adam, c’est retirer la nécessité même du Christ.

La Genèse nous dit quelque chose de très simple, mais de très important : Dieu avait donné une interdiction, et cette interdiction n’a pas été respectée. « Tu ne mangeras pas », dit Dieu, et pourtant, l’homme mange. Ce n’est pas un détail qu’on pourrait retirer de l’histoire sans que rien ne change : c’est justement ce qui fait tout le sens du récit. Si on enlève cet interdit, il n’y a plus de désobéissance, plus de rupture entre Dieu et l’homme, et donc plus besoin de réconciliation. Or c’est exactement sur cette réconciliation que repose toute notre foi.

L’apôtre Paul l’écrit avec une clarté qui traverse les siècles : « comme par la désobéissance d’un seul homme la multitude a été rendue pécheresse, ainsi par l’obéissance d’un seul la multitude sera rendue juste » (Romains 5 :19). Retirer la faute d’Adam, c’est retirer la nécessité du Christ. Ce n’est pas une nuance parmi d’autres : c’est toucher à l’architecture même de notre salut.

Je sais que certains diront que le serpent n’est qu’un serpent, que le diable n’apparaît « que plus tard ». Mais l’Écriture elle-même dément cela : Jésus s’adresse directement à Satan comme à un être réel, notamment lors de la tentation au désert : “Retire-toi, Satan !”( Matthieu 4:10). Il évoque aussi le diable comme père spirituel de ceux qui s’opposent à lui : “Vous avez pour père le diable” (Jean 8:44). Dans ses paroles, Satan et le diable ne sont donc pas présentés comme de simples symboles, mais comme des figures actives et personnelles.

Enfin, le livre de l’Apocalypse nomme sans détour « le serpent ancien, appelé le Diable et Satan » (Apocalypse 12:9). Ce n’est pas une invention tardive : c’est le témoignage cohérent de l’Écriture.

J’invite donc à ne pas laisser le trouble s’installer. C’est un article, signé par une personne, qui propose une lecture partielle et qui n’assume pas jusqu’au bout ses propres conséquences ; car si elle l’avait fait, elle aurait dû dire clairement qu’il n’y a plus besoin de rédemption. Elle ne le dit pas. C’est peut-être le signe qu’elle-même hésite devant l’abîme que sa thèse ouvre.

Restons debout sur le roc qui ne bouge pas : le péché existe, la grâce aussi, et l’un ne se comprend que par rapport à l’autre. Ne laissons donc pas un article, même largement diffusé, remplacer ce que le Christ et l’Écriture nous ont donné de plus précieux : la certitude d’être aimés malgré la faute, et sauvés par grâce.

Fraternellement en Christ,
Berny

Nota bene :

Satan & le Diable

Satan, aussi appelé le diable, est présenté comme l’Adversaire réel et redoutable dont il ne faut ni sous-estimer la puissance ni ignorer l’existence. Il porte plusieurs noms bibliques : Satan (l’adversaire, celui qui s’oppose à Dieu et aux siens), le diable (l’accusateur, le calomniateur), et le serpent, en référence à sa ruse et à la séduction d’Ève en Éden. L’Apocalypse le nomme aussi « serpent ancien » et « accusateur des frères ».

Certains passages du prophète Ézéchiel (28:11-19) sont traditionnellement interprétés comme une évocation voilée de la chute de Satan, bien que le texte s’adresse formellement au roi de Tyr. On y décrit un être d’une perfection et d’une sagesse exceptionnelles, séjournant en Éden, le jardin divin, et occupant la fonction de chérubin protecteur aux ailes déployées. Puis le récit bascule : cet être, grisé par sa propre beauté, laisse son cœur s’enorgueillir et sa sagesse se pervertir sous l’effet de son éclat ; ce qui entraîne sa chute et sa précipitation sur la terre.

Définition du péché originel

Le péché originel, c’est l’état de chute dans lequel se trouve toute la race d’Adam depuis la désobéissance de notre premier père en Éden. Cet acte historique de révolte contre Dieu a introduit le péché dans le monde et placé l’homme sous la puissance du mal et de la mort.

Depuis Adam, tous les hommes naissent dans cette nature corrompue, séparée de Dieu, inclinée au mal et incapable de lui plaire. Ce péché originel n’est donc pas un acte que chaque enfant commet, mais la condition spirituelle dans laquelle il vient au monde, parce qu’il appartient à une race déjà tombée.

Cette solidarité avec Adam entraîne à la fois culpabilité devant Dieu, mort spirituelle et incapacité morale. C’est pourquoi il ne suffit pas de corriger l’homme ancien : Dieu doit donner une nouvelle vie et placer le croyant dans une nouvelle position « en Christ », second Homme et dernier Adam.

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