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L'Eglise : Léon XIV

Le pape va célébrer la messe sur la place où furent guillotinées 1 119 personnes

Le pape va célébrer la messe sur la place où furent guillotinées 1 119 personnes

Du père Jean-François Thomas dans France catholique :

[…] Parmi les différentes étapes de la visite de Léon XIV en France, un des moments essentiels sera la messe célébrée en plein air place de la Concorde à Paris, tandis que les fidèles occuperont une partie des Champs-Élysées. Le lieu est sans doute choisi pour des raisons pratiques mais il est toujours possible de relever à quel point il est symbolique, la divine Providence se révélant également dans les moindres détails. […]

La Révolution prit naissance ici, le 12 juillet 1789, lorsque les bustes de Jacques Necker et de Philippe d’Orléans y furent portés en triomphe, provoquant la charge des dragons du prince de Lambesc. Le lendemain, la populace pilla les armes déposées au Garde-Meuble de la Couronne, actuel hôtel de la Marine, avant de s’attaquer à la Bastille le 14. La « place de la Concorde » est donc, géographiquement, le centre de la fièvre révolutionnaire et elle le sera d’autant plus lorsque la guillotine y sera dressée à plusieurs reprises, d’abord ponctuellement, comme en octobre 1792 ou le 21 janvier 1793 pour l’exécution de Louis XVI, avant de s’y installer définitivement jusqu’à la fin de la Terreur.

En tout, sur cette place, 1 119 têtes tombèrent dans le panier du bourreau, celles des victimes de la Révolution, à commencer par le roi et par la reine, Charlotte Corday, Madame Rolland, Olympe de Gouges, Madame du Barry, Malesherbes, Lavoisier, mais aussi des acteurs de cette Révolution qui mangea ses enfants : Danton, Philippe d’Orléans, Camille Desmoulins, Saint-Just, les Girondins, pour finir avec le grand ordonnateur de la Terreur, Robespierre, et ses amis. Bain de sang dont, jusqu’à ce jour, il n’est fait nulle part mention sur cette place, alors que le « devoir de mémoire » s’impose souvent de façon désordonnée. Pour que la concorde règne, encore faut-il se pencher sur les divisions afin de les surmonter et d’arriver au pardon. […]

Peut-être, de manière fort providentielle, la célébration de la Sainte Messe par le Souverain pontife, au lieu même de ce déchirement que fut pour la France chrétienne la décapitation de son roi, sera-t-elle un sacrifice efficace pour recoudre la tunique déchirée de notre pays. Louis XVI, du haut de l’échafaud, avait adressé à la foule ces ultimes paroles, couvertes par le battement des tambours : «Je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France.» À peine le couteau tombé, «un citoyen monta sur la guillotine, rapporte Prudhomme, journaliste révolutionnaire, dans Les Révolutions de Paris, n° 185, et plongeant son bras nu dans le sang de Capet qui s’était amassé en grande abondance, il en prit des caillots plein la main et en aspergea par trois fois la foule des assistants qui se pressaient au pied de l’échafaud pour en recevoir chacun une goutte sur le front« Frères, disait le citoyen en faisant son aspersion, frères, on nous a menacés que le sang de Louis Capet retomberait sur nos têtes ; eh bien ! qu’il y retombe. » »

Ces terribles mots, résonnant encore sur cette place, peuvent être retournés et effacés par les mots sacrés de la célébration pontificale, le sacrifice du Christ, de nouveau sur l’autel, donnant sens au sacrifice de toutes les victimes de notre tragédie nationale. Ainsi la concorde pourra-t-elle être réelle et non point seulement un mot sur une plaque d’émail.

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