Maître Jérôme Triomphe, avocat de deux victimes du bal de Crépol et membre de l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne (Agrif), a été interrogé dans le JDD sur la reconnaissance du caractère raciste du drame. Extrait :
Dans le débat public, certains nient l’existence même d’un racisme anti-Blancs. Quelles actions en justice de l’Agrif témoignent de ce phénomène en France ?
Je pourrais citer plusieurs affaires emblématiques que l’Agrif a plaidées, par exemple contre le clip de rap Pendez les Blancs qui avait donné lieu à une condamnation en première instance mais à une annulation de procédure en appel, du fait d’une erreur du parquet.
Le 11 septembre prochain seront jugés devant la 17e chambre correctionnelle de Paris, à l’initiative de l’Agrif, les propos de monsieur Madjid Messaoudene, ancien élu de Saint-Denis, qui écrivait : « Nous sommes antiracistes contre tous les racismes », précisant : « Sauf contre le racisme anti-Blancs évidemment. » Cette affaire sera particulièrement d’actualité puisque certains s’évertuent à nier le racisme anti-Blancs.
Vous évoquez aussi le « racisme » antichrétien. La justice y est-elle réceptive ?
Nous rencontrons les mêmes problèmes. Dans un dossier que j’ai plaidé pour l’Agrif il y a quelques années, les jeunes auteurs de la profanation d’un cimetière chrétien avaient reconnu avoir agi avec une motivation antichrétienne. Contre l’évidence, le tribunal avait déclaré l’Agrif irrecevable en prétendant que les actes n’avaient pas été commis avec une motivation antichrétienne. Sur appel de l’Agrif, la cour d’appel avait rétabli la justice. La récente affaire de l’incendie de l’église de Saint-Omer est tout aussi révélatrice. Nous sommes en septembre 2024. Le mis en cause pour cet acte dévastateur a déjà six incendies d’églises à son actif. Le procureur général demande expressément au procureur de la République de retenir le caractère antichrétien dans le réquisitoire, démarche rare qui témoigne d’une volonté ferme. Malgré cette demande, et toutes les observations que l’Agrif a fournies pour démontrer le caractère antichrétien, le juge d’instruction refusera dans son ordonnance de règlement de retenir cette circonstance aggravante et décidera de renvoyer le mis en cause devant le tribunal correctionnel pour un simple délit. C’est parce que nous avons fait appel que la justice nous a donné raison en retenant la circonstance aggravante et en requalifiant le délit en crime.
Faire reconnaître ces circonstances aggravantes a donc un effet direct…
Évidemment. Au-delà de l’aggravation légale des peines, on ne peut pas juger sans examiner l’ensemble des circonstances et des motivations qui ont entouré l’acte poursuivi. C’est une question de justice.
