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Nuit Blanche à Paris : la réponse du curé de l’église Saint-Laurent

Nuit Blanche à Paris : la réponse du curé de l’église Saint-Laurent

Communiqué de l’abbé Paul Dollié, curé de l’église Saint-Laurent à Paris, à propos de la participation de sa paroisse à la Nuit Blanche :

La vérité vous rendra libres (Jean 8,32)

Pourquoi ai-je accepté l’œuvre de Marie-Luce Nadal Sous la peau du ciel à l’église Saint-Laurent ?

Voici les faits. L’association « Art, culture et foi », intermédiaire entre la mission Nuit Blanche de la Ville de Paris et le diocèse, est venue vers moi le 3 février 2026 pour me proposer d’accueillir une œuvre sonore dans le cadre de la Nuit Blanche. Voici comment la proposition m’a été faite : « Parmi les œuvres retenues par la Ville, nous cherchons à sélectionner celles qui présentent un caractère de spiritualité ou, à défaut, au moins de méditation. Nous y voyons l’occasion de montrer que le monde religieux est ouvert à l’art contemporain, qui est lui aussi une façon de rendre sensible l’invisible. »

J’ai vu que cette œuvre était respectueuse du lieu, qu’il n’y avait pas d’éléments contraires à la foi. L’autel, l’espace liturgique et les confessionnaux, qui représentent le tiers de l’église, n’ont pas été occupés et, dans les souhaits ou vœux émis tout au long de la soirée sur le « tissu sonore », il n’y avait pas de propos blasphématoires (CEC 2148).

J’ai accepté, car l’œuvre artistique, dans sa mise en place, n’empêchait pas l’adoration du Saint-Sacrement, qui est continue dans notre église. Pour information, je n’accepte aucun concert pendant les heures d’ouverture de l’église, qui sont des heures consacrées à la prière.

J’ai vu dans cette proposition une chance pour notre paroisse d’accueillir un public différent, une façon d’offrir à des personnes qui visitent rarement les églises d’amorcer un chemin vers un questionnement sur le sens de leur vie et la vérité de l’Évangile. Bref, pour reprendre le canon 1210 du Code de droit canonique, d’être un lieu de religion, au sens étymologique, re-ligare, un lieu qui relie à Dieu. J’ai eu, durant la Nuit Blanche, des rencontres dans ce sens.

Face à ce projet, sans chercher à me rencontrer, des défenseurs de la pureté du lieu, qui n’ont aucun lien avec mes paroissiens, ont, en début de soirée, empêché l’accès à l’église en utilisant le nom de Dieu à faux (Ex 20,7 ; CEC 2146). Quel dommage ! N’étaient-ils pas ceux qui pouvaient montrer à ses visiteurs que l’Église n’est pas simplement un édifice de pierres, mais une communauté capable de mettre le pied du visiteur sur la première marche de la foi ?

Pour information, je n’ai pas reçu un centime pour avoir ouvert mon église ; l’intérêt n’était pas lucratif mais pastoral : puisque nous sommes si timides pour rencontrer le monde, acceptons que le monde vienne à nous sans lui fermer la porte.

Je fais un vœu. Que tous ceux qui ont un zèle pour la pureté de nos temples de pierre aient la même passion pour le temple de chair que sont nos frères en humanité (Mt 25,40 ; 1 Co 12,27).

J’aimerais que nous, chrétiens, défenseurs du sacré, nous ayons la même énergie pour prendre concrètement en charge ceux qui croisent notre route, dans leurs besoins matériels et spirituels.

J’ai malheureusement, sur mon territoire paroissial, plusieurs visages bien concrets qui, aujourd’hui, attendent une main tendue pour sortir de l’humiliation.

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