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Sacrilège

Sacrilège

Le diocèse de Coire a annoncé dans un communiqué du 17 avril avoir terminé son enquête sur un incident survenu lors d’une bénédiction des animaux qui s’est tenue le 4 octobre dernier à la paroisse du Bon Pasteur à Zurich.

« En raison des mauvaises prévisions météorologiques, la bénédiction a été déplacée à l’intérieur et combinée avec une célébration eucharistique. Au cours de cette célébration, trois personnes ont partagé une partie de leurs hosties avec leurs chiens ».

L’évêque diocésain Joseph Bonnemain avait ouvert une enquête.

« Les conclusions de l’enquête ont clairement démontré que les trois individus n’ont pas agi avec une intention sacrilège. Par conséquent, ils ne peuvent être accusés de sacrilège, puisqu’ils n’avaient pas cette intention. Ils n’ont donc pas encouru l’excommunication réservée au Siège apostolique comme sanction pour leurs actes ».

Le droit canonique stipule que

« Celui qui jette les espèces consacrées ou qui, dans un but sacrilège, les emporte ou les conserve, encourt une excommunication latae sententiae réservée au Siège apostolique. »

La question en litige, selon la déclaration du diocèse, est de savoir si une personne peut commettre un sacrilège contre l’Eucharistie sans le vouloir. Selon le commentaire canonique de la Canon Law Society of America :

« Le canon envisage trois situations délictuelles possibles : jeter irrespectueusement les espèces sacrées (généralement des hosties consacrées) ou les disperser dans un lieu inapproprié, les prendre intentionnellement du tabernacle à des fins sacrilèges (par exemple, un rituel satanique), ou les conserver à de telles fins obscènes alors qu’elles ont été obtenues légitimement (par exemple, lors d’une eucharistie). »

L’évêque de Coire a conclu qu’un délit, ou crime canonique, n’aurait pu avoir lieu sans intention sacrilège de la part des catholiques impliqués.

Le droit canonique établit que les catholiques qui enfreignent une loi ne peuvent être punis s’ils sont « sans faute, ignorant qu’ils ont violé la loi ou le précepte ». Cependant, « l’ignorance grossière, passive ou affectée » n’exclut pas la possibilité d’une punition.

Si ces catholiques ne sont pas coupables car ils ignoraient la gravité de leur acte, faut-il alors condamner les clercs qui les ont gardés dans cette ignorance ?

Le diocèse a qualifié l’incident de « profondément regrettable » et a déclaré que l’évêque avait organisé une retraite avec toute l’équipe paroissiale pour approfondir l’exhortation apostolique du pape François sur l’Eucharistie, Desiderio desideravi.

Selon le site web local SwissCath, un chapelet de réparation a été récité le 3 janvier dans l’église même où l’incident s’est produit. Ce chapelet, organisé à l’initiative de laïcs locaux, a rassemblé une quarantaine de participants.

Mgr Bonnemain, prêtre de l’Opus Dei nommé par le pape François en 2021 à la tête du diocèse de Coire, a été confronté à un certain nombre de controverses ces dernières années. Il a essuyé des critiques de la part des prêtres diocésains après avoir publié un code de conduite enjoignant au clergé d’éviter « les jugements négatifs généraux sur des comportements prétendument non bibliques fondés sur l’orientation sexuelle » et de s’abstenir de poser des « questions offensantes sur la vie intime et la situation amoureuse » ou sur « les mariages et divorces antérieurs ». Plus de 40 prêtres ont refusé de signer le document, arguant que les normes les empêcheraient d’enseigner la doctrine catholique sur la sexualité, d’assurer une préparation adéquate au mariage et à l’ordination, et de poser des questions appropriées à leur rôle dans la confession sacramentelle. Les prêtres ont également critiqué les normes qui les obligeaient à « reconnaître les droits sexuels comme des droits humains, en particulier le droit à l’autodétermination sexuelle ».

L’évêque a également essuyé une vague de critiques après avoir déclaré qu’il ne sanctionnerait pas les prêtres bénissant les unions civiles entre personnes de même sexe , et pour sa proposition (retirée par la suite) de donner un nouveau nom au mariage entre un homme et une femme, tel que « mariage biologique », afin de le distinguer des autres types d’unions.

Le diocèse de Coire lui-même a également fait l’objet de nombreux incidents. En août 2022, une responsable paroissiale a récité des prières aux côtés d’un prêtre pendant la liturgie eucharistique lors d’une messe, ce qui a incité Mgr Bonnemain à ouvrir une enquête canonique préliminaire et à signer une lettre épiscopale conjointe le 5 janvier dernier, appelant au respect des normes liturgiques.

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