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Culture de mort : Euthanasie

Permis de tuer, surtout les vieux, les faibles, les déprimés, les sous-tutelle, et les pauvres…

Permis de tuer, surtout les vieux, les faibles, les déprimés, les sous-tutelle, et les pauvres…

De Marion Duvauchel pour Le Salon beige :

Il semblait acquis que la valeur d’une civilisation se mesure moins à sa capacité de conquérir et de s’armer qu’à celle de protéger la veuve et l’orphelin, (figure métonymique pour les plus fragiles). Jose Luis Borges avait écrit une Histoire universelle de l’infâmie. La cécité isolait ce vieil argentin élevé dans une bibliothèque. Son livre est un recueil délicat pour les bobos parisiens et leurs échanges mondains. L’histoire vraie de l’infâmie reste à écrire et la France y occupera une place centrale. En dehors de la noire période au cours de laquelle l’Allemagne nazie organisait son Aktion 4, je ne vois pas où on aura fait pire que sous la France de 2027, sous le mandat d’Emmanuel Macron ; je ne vois pas quand on sera allé aussi loin dans l’organisation légale du crime. Même les civilisations précolombiennes ne tuaient – par milliers – les nourrissons que rituellement.

Par les réseaux sociaux, qu’on s’apprête à mettre en coupe réglée, on peut écouter l’intervention du député Philippe Juvin. Il n’a pas la sirupeuse intonation du pape Léon XIV ni son sourire de Bouddha serein. Dans son juste emportement, il liste quelques points que la presse se garde bien de commenter… Délai de réflexion en Belgique pour mourir, un mois ; au Canada, deux mois ; en France… deux jours. L’avis souhaité, demandé, requis, du médecin traitant et d’un psychiatre ? refusé. C’est que le temps que la consultation se mette en place avec les deux experts, le patient aura eu le temps de changer d’avis douze fois, ou tout simplement de décéder paisiblement. Non, ce n’est pas une loi d’ultime recours : même les patients qui ne sont pas dans la dernière étape de la maladie pourront entrer sous le coup de cette loi d’une fabuleuse générosité.

Il était proposé une commission de contrôle avant le geste. Refusé. Elle se réunira ensuite. Il était proposé qu’un déficient mental, un bipolaire ne puisse être euthanasié. Refusé. Mais un majeur sous tutelle qui ne peut signer un chèque pourra demander l’euthanasie. Qui peut prétendre ignorer que toutes les familles ne sont pas aimantes, qu’il y a des héritages qui se font attendre et des maladies bien contraignantes pour des familles aux valeurs élastiques ? Il était proposé qu’un juge vérifie l’absence de pression ou d’abus de faiblesses. Refusé.

Quand on connaît les lenteurs de la justice et de la santé, ces restrictions auraient permis de mettre à cette loi de solides bâtons dans les roues. Aujourd’hui, même les enfants peuvent être euthanasiés. Les Pays-Bas ont ouvert le bal, les autres suivront, n’en doutons pas.

Quant à voir un prêtre ? Un membre habilité de sa confession d’appartenance ? ça n’a même pas été évoqué.

Que nous dit la presse « catho » ? Jetons un œil sur le Pèlerin. On chercherait en vain une analyse un peu sérieuse, un rappel de l’anthropologie chrétienne : « Tu ne tueras pas »… Mais on peut lire ce titre plein d’éclatant venin : En Belgique, l’euthanasie a changé le quotidien des soignants, titre qui ouvre sur tout un ensemble de témoignages divers. Allons sur le site Zénith où on peut lire ce propos du pape Léon XIV : La vérité est un bien à partager et non un territoire à défendre. La vérité n’est pas seulement un bien à transmettre et à communiquer, elle est aussi un bien à défendre. Comme la vie.

Devant cette littérature pour niaiseux, il est bon d’aller lire ou relire un « vieux » qui a gardé jusque dans la grande vieillesse l’invincible jeunesse de l’esprit et la sève de la jeunesse : François Mauriac. En 1969, (il était âgé de quatre-vingt-quatre ans), il commentait dans son Bloc-Notes la grande découverte du Danemark cette année-là : le mariage à quinze…  Ce qui a frappé Mauriac, c’est le ton du reporter, un ton neutre, qui ne juge pas, ne critique pas : « ils cherchent un remède à la solitude des couples et à la lassitude conjugale ». Pourquoi ? Ils ont eu le temps de la connaître ? Et le reporter note qu’« il n’est pas obligatoire que toutes les filles couchent avec tous les garçons mais c’est presque toujours le cas ».

Cette voix d’outre-tombe nous rappelle que « la jeunesse n’est pas un état durable mais une vague qui ne reste nouvelle que le temps d’écumer et d’être recouverte par une autre ». Du haut de sa longue vie et depuis son âme chrétienne, il porte alors un jugement sans appel sur ce « mariage à quinze » : « toute considération morale ou religieuse écartée, il reste que cette folie dont vous traitez si gravement ne correspond pas à la condition humaine et ne pourra être le fait que de quelques privilégiés, si la chiennerie peut être considérée comme un privilège ».

Le grand obstacle du « mariage à quinze » c’est l’instinct de jalousie. C’est pourquoi assure le reporter, « rien n’aide mieux que la littérature porno qui habitue les garçons à l’amour en commun ».

Voilà pourquoi l’Education Nationale s’est employée depuis quelques décennies à libérer les instincts et en particulier l’instinct sexuel. « Ceux qui ont l’expérience de Dieu savent que la pureté de cœur est la première condition à l’union avec Lui ». Cette libération des instincts – et donc des mœurs – dont on voit aujourd’hui, me semble-t-il, le dernier acte (peut-on aller plus loin dans l’ignominie ?) a été facilitée parce que l’Eglise employait ses forces ailleurs : à développer sa nouvelle image, ses nouveaux outils, sa vision synodale, etc….

On tue, messieurs les curés, on a commencé par organiser la grande corruption des âmes à partir de la perversion de l’instinct sexuel et de l’identité sexuelle. Bientôt on tuera les corps vieux, les corps malades, les inutiles. Non pas pour la liberté, personne n’est dupe, mais parce que le pays est ruiné, qu’il faut rembourser la dette et qu’il n’y a plus d’argent. Or, les vieux, ça coûte et ça coûte cher.

De quoi nous bassine-t-on en ce moment sur les chaînes publiques ? De la clim. Mais pourquoi vouloir faire installer des clims dans les EPHAD ? Puisqu’on veut euthanasier les vieillards : qu’on les laisse mourir simplement de la canicule…

Croit-on qu’une société qui opte aussi délibérément, ouvertement, méthodiquement pour l’assassinat programmé de tous les faibles, les vieillards, les malades, et aussi les enfants, peut continuer à vivre ? Quand une société est devenue trop radicalement mauvaise, elle est rayée de la face de la terre. L’Eglise a consacré bien trop de temps à courir après le tramway appelé « modernité ». Elle y a gagné un schisme et une assistance à la messe qui est tombé à 2%. Et un immense discrédit. Il est temps pour elle de remettre en état et en circulation le vieux train qui courait à travers montagnes et vallées en sifflant, pas seulement trois fois : « justice et fidélité, justice et paix, préparez le chemin du Seigneur, car Il vient…. Car les choses vont par deux dans l’Ancien Testament. Et quand elles vont par trois c’est le Seigneur qui parle :  Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie. Un chemin n’est pas un territoire, il le traverse et il le constitue.

N’en doutons pas, Il viendra.

En attendant, un collectif de solides couillons se mobilise pour demander la canonisation de Robert Schumann.

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